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Full text of "Horticulteur belge, journal des jardiniers et amateurs"

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-t. 3 



L'HORTICULTEUR 

BELGE. 

JANVIER, 1836. 




Discours prononcé par M. le vicomte Hkricart de Tiiury, VrésmsMdê^ 
Société royale d'HorlkuHure de Paris , à V ouverture de la sixième exposition 
publique des produits de V Horticulture, du V au 1 juin 18315, dans l'oran- 
gerie des Tuileries. 

Messieurs , il fut un temps , et ce temps n'est pas tellement éloigné que 
nous en ayons pu perdre le souvenir, où les nations les plus puissantes, pour 
un coin de terre , pour un propos , et souvent pour un rien , levaient des ar- 
mées innombrables , et quelquefois se levaient en masse pour ravager im- 
pitoyablement les villes et les campagnes. 

Aujourd'hui, plus calmes, mieux éclairées, ou dirai-je plus sages, je ne 
sais , mais enfin aujourd'hui par un esprit de gloire et de rivalité mieux en- 
tendu, les nations forment entre elles des congrès scientifiques. 

Nationaux et étrangers. Français, Anglais, Allemands, Suédois, Russes , 
Danois , Américains , enfin tous les peuples s'envoient réciproquement leurs 
élus, leurs savans , et , dans leurs doctes et nombreuses réunions, les inté- 
rêts des sciences sont exposés , sont discutés mieux que jamais ont pu l'être 
les intérêts des nations dans leurs congrès politiques. 

Après et comme les sciences , les fleurs ont également eu leurs congrès , 
leurs concours, et, dans celte enceinte où, les années dernières, nous expo- 
sions entre nous les produits de nos serres et de nos établissemens horticoles, 
nous voyons , cette année , deux villes étrangères venir partager nos jeux 
floraux, franchir les frontières, affronter, pour les plantes les plus précieuses, 
tous les dangers d'un long voyage , les obstacles , les inconvéniens d'une sai- 
son souvent contraire , présenter dans la lice de riches envois de fleurs , 
admirables de beauté , de santé et de fraîcheur , malgré les distances et le 
transport , enfin venir lutter glorieusement avec nos premiers horticulteurs , 
et leur disputer la palme de la victoire. 

Honneur leur soit , honneur soit à la nation belge , notre alliée , à cette 
nation plus qu'à demi- française par ses liens, par ses mœurs, son urbanité, 
son langage, et son amour pour les sciences, les arts et l'horticulture! 
Puisse le noble exemple des villes de Gand et de Tournai se propager ! Puis- 
sent désormais les nations ne plus connaître d'autres rivalités, d'autres divi- 
ToME ni. 1. 



— 2 — 

sions , et ne lutter entre elles que pour des roses blanches ou des roses rouges, 
et toujours pour des roses sans épines l 

Puissent-elles enfin ne plus ambitionner d'autres couronnes que celles de 
fleurs et de verdure que décernait le peuple le plus aimable et le plus policé, 
ce peuple plein d'esprit, de grandeur, de légèreté, d'inconstance, et tou- 
jours agité par les factions, liàtons-uous de le nommer de crainte de fausse in- 
terprétation , le peuple athénien. Ce peuple ornait le front des vainqueurs de 
couronnes^ d'Oljj^icr sauvage dans les jeux Olympiques, de couronnes de Lau- 
rier dans les jeux Pylhiques , de couronnes d'Ache verte dans les jeux 
Néméens , enfin de celles d'Ache des montagnes dans les jeux Islhmiques, 
bel exemple de la touchante simplicité de ce peuple vraiment héroïque, et de 
son ardent amour pour la gloire. 

Chez nous tel est aujourd'hui l'amour , telle est l'influence des sciences , 
de ces sciences dont l'étude rapproche les nations les plus éloignées ; mais 
telle est surtout et plus particulièrement l'influence de la culture des fleurs , 
de notre horticulture , qui calme les passions , qui apaise les inimitiés et les 
fureurs, qui charme, qui console les affligés. Que d'infortunés, que de captifs, 
ont oublié leurs peines et l'injustice des hommes en cultivant des fleurs ! 
C'est, permettez-moi de vous le rappeler , c'est l'auteur de la Nouvelle He- 
loïse , dans les illusions du printemps de la vie , cultivant des fleurs au ha- 
meau des Charmettes , et plus tard Rousseau, philosophe malheureux , Rous- 
seau demandant qu'on le ramène à la Bastille , pourvu qu'il y puisse soigner 
et arroser quelques plantes; c'est un père , dans sa profonde douleur , plan- 
tant lui-même un Cyprès sur la tombe de son fils ; c'est une mère inconsola- 
ble , couvrant de Roses et d'Immortelles la sépulture d'une fille chérie ; enfin , 
ce sont des enfans , mêlant leurs larmes à l'onde bienfaisante qu'ils répan- 
dent sur la pelouse émaillée qui recouvre les cendres chéries d'un père et 
d'une mère adorés 1 

Mais jusqu'où peuvent s'étendre cette influence, cet effet salutaire et bien- 
faisant de la culture des fleurs? Voyez ce malheureux aliéné : il a tout brisé, 
tout détruit , tout anéanti. D'un œil sec , il voit, il contemple les débris épars 
autour de lui. Au dernier degré de l'exaspération de son délire , il sourit 
de cet amas de ruines ; cependant , au milieu de cet épouvantable désordre , 
son œil égaré rencontre une fleur, que, dans un moment de calme , il dédia à 
la pensée qui domine son esprit, qui subjugue son cœur. Aussitôt, quel chan- 
gement s'opère ! Il s'attendrit ; son œil se mouille, il verse des larmes, il en ar- 
rose cette fleur': la tempête s'apaise, le calme renait dans son cœur, la 
raison dans son esprit , et c'est la seule vue , la simple vue d'une plante 
qui l'a rendu à lui-même. Telle est l'influence des fleurs et de leur culture. 

Aussi le ten.. 'est plus où, parce que quelques riches amateurs, par faste 
ou par amour-propre, dépensaient follement des sommes énormes pour une 
fleur , les horticulteurs , sous le nom de florimanes , étaient tous indistincte- 
ment considérés comme atteints de manie. 



_ 3 ~ 

Mais étaient-ils donc si insensés , ceux auxquels la science doit ses progrès 
et son avancement , l'établissement des serres chaudes et des conservatoires ; 
ceux auxquels nous devons les plus belles plantes de nos jardins, vous, mes- 
dames, ceux auxquels vous devez vos plus belles, vos plus élégantes parures, 
ces fleurs enchanteresses qui vous empruntent leurs grâces, leurs charmes, 
leurs attraits les plus séduisans , ces fleurs ravissantes sans lesquelles il n'est 
point de réunion , de soirée , de fêtes de famille , enfin ces fleurs admirables, 
dont l'art semblait ne pouvoir jamais approcher, et dont l'imitation artificielle 
est cependant devenue une profession , une branche d'industrie de la plus 
haute importance entre les mains de MM. Nattier , Battou , Bernardière , 
Huard, Nevers, llouger, etc., etc., dont les succès merveilleux rivalisent 
avec ceux de nos plus célèbres horticulteurs? 

Ah! si notre horticulture, aux yeux de quelques savans trop austères, 
fut une manie , où donc auraient-ils classé certains amateurs d'histoire na- 
turelle, de livres, de tableaux, de gravures, de médailles ou de curiosités, 
dont les collections et les goûts sont bien autrement dispendieux que les 
fleurs ? 

Non , l'horticulture n'est point une manie, et nous en pouvons juger par 
l'approbation de cette foule immense qui se presse , qui vient applaudir à nos 
travaux. L'horticulture est un art , est une profession , disons mieux , est une 
science , et même une science exacte et profonde , comme toutes celles qui 
procèdent de l'histoire naturelle. Elle se lie à l'agriculture et à la botanique, 
elle en fait le lien , elle en est inséparable. 

A l'agriculture, elle emprunte ses moyens, elle les développe à son proflt, 
elle les perfectionne , elle les rend plus actifs, elle en crée de nouveaux. 

Quant à la botanique , l'horticulture , en faisant l'application de la physi- 
que végétale dans la conduite des semis , des boutures , des greffes et de tous 
les moyens de reproduction , l'horticulture lui présente presque journelle- 
ment de nouveaux sujets d'observations dignes des plus hautes et des plus 
profondes méditations. Aussi plus juste et se dépouillant de cette austère gra- 
vité que lui inspirait l'étude un peu trop sévère des fleurs simples et sauva- 
ges de la nature , le botaniste ne dédaigne plus aujourd'hui l'horticulture ; il 
ne la considère plus comme ne produisant que des superfluités mondaines et 
insignifiantes pour la science , et, passez-moi l'expression , elle est, du reste, 
d'un savant botaniste , comme ne produisant que de belles monstruosités ; il 
reconnaît tout ce qu'elle est, tout ce qu'elle fait, enfin foute sa supériorité; 
il sait que , pour être horticulteur et bon horticulteur , il faut d'abord être 
botaniste , il faut connaître les plantes , leurs mœurs , leur histoire , il faut 
savoir les cultiver , avancer, retarder leur floraison à volonté, les allier en- 
semble, les féconder l'une par l'autre ; il faut réunir la lh'''<^^'\', à la pratique ; 
il faut enfin, entre autres qualités, une patience à toute épreuve, et surtout un 
esprit exact et fidèle observateur. 

Tels furent les pères, les auteurs de notre belle horticulture, de notre 



science chérie; (0I3 soiil kj plupart de nos honorables confrères praliciens, dont 
vous connaissez les travaux, les succès, les importantes découvertes, et que 
je me serais fait un devoir do nommer, si je n'avais craint de blesser leur 
modestie; tels sont enfin les maîtres de ces beaux établissemens modèles où se 
professe avec tant de succès l'horticulture : les établissemens du Jardin des 
Plantes, du prince d'Essling, de Charles de l'Escalopier , de Soulage Bodin , 
de Cels , de Vilmorin , de Jacques , de Godefroy , de Jacquin , de Tamponnet, 
de Lémou , de l.odi , de Mathieu de Morel et tant d'autres qui font la gloire de 
l'horticulture française. 

Je viens de dire ce qu'est aujourd'hui l'horticulture. Je vais plus loin. Sa- 
vez-vous, Messieurs, quelle est l'importance de cette branche d'industrie; 
quelqu'un de vous pourrait-il approximativement nous dire la valeur de ses 
produits? peut-être personne ne s'en est encore rendu raison. Eh bien ! Mes- 
sieurs, cette exposition, que vous avez tant admirée , cette exposition, à elle 
seule, vous présente pour plus de cent mille francs de fleurs et de plantes, 
et songez encore à quelle dépense elle a dû donner lieu, avant d'être en étal 
de paraître ici sous vos yeux. 

Notre brillant Marché aux Fleurs , qui , dans certains jours de grandes 
fêles, de ces fêtes patronales qui exigent tant de fleurs, notre marché qui , 
dans ses beaux jours, expose pour plus de vingt-cinq mille francs de fleurs de 
la plus grande beauté , ce marché présente par an une valeur de plus d'un 
million; or, pour donner un million de fleurs, quel mouvement de fonds se 
fait chaque jour! Encore n'ai-je pas compris dans cette valeur, 1" la vente 
des fleurs faite journellement dans les serres , les dépôts et les conservatoires 
sans cesse fleuris , qui se multiplient dans tous les quartiers de cette caplitale; 
et 2' la vente non moins importante de cette foule d'arbres et d'arbustes de 
tout genre, qui a lieu dans les nombreuses pépinières de tous les établissemens 
horticoles de Paris et de ses environs. 

Enfin, qui de vous me dira, ne fùl-ce que par aper^^u, la valeur des fruits, 
des légumes, des plantes maraîchères et généralement de tous les produits 
d'horticulture consommés journellement dans Paris ? Il faut avoir vu , il faut 
avoir parcouru, avant l'heure de leur ouverture, les grands marchés de cette 
capitale, pour avoir seulement une idée de son immense approvisionnement. 
Il faut avoir vu ces milliers de voilures , ces nombreux fournisseurs arrivant 
chaque nuit de toutes parts , et pour repartir de suite, se hâtant de déposer les 
produits de leurs veilles et de leurs sueurs sur la voie publique encombrée 
dans tous les sens. Il faut avoir vu la rapidité avec laquelle ce prodigieux 
amoncellement de fruits , de légumes et de produits horticoles et maraîchers 
se divise , s'écoule et disparaît en peu d'heures; et lorsque ensuite, calculant 
et résumant froidement toutes les données recueillies auprès des autorités , 
auprès des syndics et des principaux fournisseurs, ou veut se rendre raison 
du prix de cet approvisionnement journalier, on veut totaliser la valeur de 
la consommation annuelle , auprès avoir dépassé le chiffre énorme de cin- 



_ y — 

(luanlc millions , l'cspril s'arrête (ilonné d'èlrc encore au-dessous de la valeur 
rebelle des produits horticoles et des fruits de toute espèce , consommés annuel- 
lement dans Paris : après cela qui pourra se flatter de pouvoir apprécier le 
montant des capitaux journellement mis en mouvement pour produire de tels 
approvisionnemens , pour fournir à une aussi grande consommation ! 

Voilà , Messieurs , voilà ce qu'est aujourd'hui , encore n'est-ce que par 
aperçu , voilà ce qu'est notre horticulture. 

Notre honorable confrère , M. Poiteau , vous rendra compte du jugement 
porté par votre Commission sur notre exposition. Je me bornerai à adresser 
les remercimens de la Société à tous les horticulteurs qui ont bien voulu con- 
courir avec nous à son embellissement et à son succès. 

Cependant je ne puis me dispenser de citer ici particulièrement , 1 le beau 
Géranium obtenu de semis et cultivé au château du Lys par M. Bergman, sous 
les yeux du vénérable marquis de Latour-Maubourg , ancien gouverneur des 
Invalides , surnommé le Brave des Braves par le plus grand capitaire de no- 
tre siècle. Cette admirable tîeur, nommée, par madame de Latour-Maubourg, 
Marie-Louise-Thérèse, nous rappelle les fleurs cultivées par les mains du grand 
Coudé , à l'abri des Lauriers sous lesquels fléchissait son cousin , disait le 
grand Roi ; 2" la belle collection de fleurs de madame la comtesse Hocquarl 
de Louveciennes ; et â° celle de notre confrère Uterhart de Farcy-les-Lys , 
dont les jardins et les serres sont confiés à la direction de M. Etienne , l'un 
de nos praticiens les plus éclairés. 

Dans vos dernières expositions , Redouté et Bessa s'étaient successivement 
chargés de prouver que l'art du célèbre Van-Spaendonck n'avait rien perdu 
parmi nous et que ces deux habiles peintres soutenaient dignement sa gloire. 
Cette année, mademoiselle Bessin , une des premières élèves de Redouté, a 
bien voulu , à notre demande , exposer son beau tableau de Camélia et de 
Dahlia, couronné à l'exposition du Louvre. La Société m'a chargé de lui ex- 
primer le regret que son règlement ne lui ait pas permis de loi offrir le, té- 
moignage authentique d'admiration qu'elle. aurait voulu lui décerner pour 
son beau talent qui, déjà , la place si près de son maître. 

Vous avez également regretté , Messieurs , qu'une omission dans le pro- 
gramme de votre concours, vous ait empêchés de décerner une médaille d'hon- 
neur aux célèbres horticulteurs de Gand et de ïournay qui , sur l'invitation 
de notre confrère M. Le Brument de la Quesaoy , sont venus cette année lut- 
ter avec nous. Vous leur eussiez décerné avec empressement une médaille 
d'honneur si votre règlement nous l'eût permis. Vous aurez à prendre à cet 
égard une délibération, pour ne plus éprouver désormais les regrets que vous 
m'avez chargé d'exprimer publiquement à M. le Baronnet Oakesde Tournay 
et M. Mechelinck de Gand , en leur déclarant que vous les avez jugés dignes 
de la médaille d'honneur de première classe , qui aurait dû être décernée aux 
collections étrangères présentées au concours et que vous leur dieernerez 
dorénavant. 



— — 

Enfin, Messieurs, celte exposition , arrangée avec tant de goût par nos 
confrères MM. Paupaille , Dever et Boussière, celte exposition si brillante , si 
remarquable par elle-même , sera distinguée particulièrement , dans vos an- 
nales, de toutes celles qui l'ont précédée , par la visite dont le Roi et la fa- 
mille royale vous ont hier honorés. 

Vous avez vu, vous avez été témoins de l'attention avec laquelle le Roi a 
tout vu , tout examiné , les détails dans lesquels il est entré , le compte qu'il 
s'est fait rendre sur chaque collection. 

Vous avez vous-mêmes recueilli , Messieurs , les témoignages du puissant 
intérêt que le Roi vous a dit prendre à vos travaux , lorsque , répondant à vo- 
tre demande d'investiture en Société royale , S. M. vous a publiquement ré- 
pondu : 

« Je saisis avez autant de plaisir que d'empressement cette occasion devons 
prouver le puissant intérêt que je prends à vos travaux de culture et d'accli- 
matation, qui doivent contribuer au bonheur de notre pays. » 

Vous consignerez dans vos archives les détails de cette mémorable séance 
et la réponse du Roi vous accordant, à votre neuvième anniversaire, le titre de 
Société royale d'Horticulture que vous sollicitiez depuis votre fondation. 



PHYSIQUE ET PHYSIOLOGIE VEGËT/VLES. 

Notice sur les graines de l'Ananas. 
Par M. Auguste Pïr. De Cakdolle. 

Tout le monde sait que ce qu'on appelle le fruit de l'Ananas est composé 
des fruits et des bractées de plusieurs fleurs disposées en épis serrés, origi- 
nairement distinctes et qui se soudent pendant la maturation. Cette soudure 
est facilitée par la consistance charnue des ovaires partiels et des parties qui 
les avoisinent. En général , les fruits partiels dont l'Ananas se compose of- 
frent , à la maturité , les rudimens des loges destinées à renfermer les grai- 
nes; mais les graines elle-mêmes avortent, et la plante ne se reproduit que 
par les surgeons qui naissent près du collet, ou par la plantation de la cou- 
ronne foliacée, qui surmonte le fruit général, résultant de la soudure des fruits 
partiels. L'absence habituelle des graines dans le fruit de l'Ananas est un fait 
connu de tous les cultivateurs , et elle paraissait d'autant plus naturelle 
qu'elle semblait conforme à ce qui se passe dans l'arbre à pain cultivé. 

Cependant on a déjà quelques témoignages positifs sur l'existence des grai- 
nes dans ce fruit. Ainsi Van Rheele [Hort. Malab. xi, p. S) atteste l'exi- 
stence des graines , au nombre de trois , sous chacun des tubercules visibles 
à l'extérieur, et la description qu'il donne de leur situation, peu intelligible 



— 7 — 

quand on n'a pas vu ces graines , devient assez claire lorsqu'on les connait. 
Tournefort atteste aussi {Instit. p. 653) l'existence des graines dans l'Ananas, 
et les représente (pi. 428) d'une manière assez tolérable pour l'état où la car- 
pologic était à cette époque. La figure 1568 de l'herbier de BlackAvell, repré- 
sente aussi un fruit d'Ananas coupé en travers et les graines situées à l'inté- 
rieur; mais si les taches brunes représentent réellement des graines , ou peut 
dire qu'elles ressemblent peu à la réalité , soit pour leur position , soit pour 
leur forme et leur grosseur. Commelin ( Ilort. Amstcl. v. i , t. S7 ) a aussi vu 
les graines d'Ananas , et il assure les avoir vu semer et en avoir obtenu de 
jeunes plants , mais il ne donne aucun détail sur la structure et la position de 
ces graines. Ruraphius [Amboin. 8, t. 81 ), Loureiro [FI. Cochinch. i, p. 237), 
Arruda [Diss. pi. bras. p. 18), et quelques autres mentionnent les graines sans 
les décrire. Gartner n'a décrit que le Bromelia Pinguin, et la plupart des 
modernes , quoiqu'ils aient beaucoup écrit sur la culture et la propagation de 
l'Ananas , n'ont fait aucune mention de ses graines. 

A la fin de l'été de 1833 , M. Auguste Saladin a obtenu , dans ses serres 
de Prégny, prés Genève, plusieurs fruits qui , lorsqu'on les coupait en travers, 
à la maturité , présentaient des graines bien conformées. Un de ces fruits mu- 
nis de graines, ayant été communiqué à M. D. Candolle, celui-ci l'a fait immé- 
diatement dessiner par M. Heyland , et il en a donné , dans le Mémoire que 
nous publions pi'esqu'en totalité , deux planches gravées réprésentant les dé- 
tails de l'organisation. Voici l'analyse de la description de ce fruit. 

La coupe de l'Ananas , faite vers le quart ou le tiers de sa longueur, pré- 
sentait l'aspect ordinaire de ces fruits. Mais on y remarquait çàet là, sous les 
tubercules visibles à l'extérieur, quelques graines solitaires et qui semblaient 
éparses. On y voyait de plus , comme à l'ordinaire , des cavités superficielles 
qui sont les traces des fleurs partielles , et où l'on reconnaît les rudimens des 
pistils et des étamines plus ou moins déformés. 

Pour comprendre la vraie structure du fruit, M. De Candolle a fait enle- 
ver la portion correspondante à chaque tubercule externe ; en insérant le dos 
d'un scalpel sous la bractée des tubercules voisins de la branche , on enlève 
avec facilité le fruit partiel tout entier. On obtient ainsi un corps en forme de 
cône renversé, qui se compose : 1° de la bractée qui était au-dessous de la 
fleur et qui s'est soudée avec elle ; 2° des débris de la fleur ; 3° d'une sorte 
de disque écailleux recouvert par les débris floraux , et qui est le sommet du 
véritable ovaire : -4° d'un corps charnu qui est le corps même de l'ovaire. 
Lorsqu'on coupe cet ovaire verticalement, on découvre, selon le hasard de la 
coupe , une ou deux loges dans lesquelles on trouve une graine pendante. 
Lorsqu'on le coupe en travers, on reconnaît l'existence de trois loges propres 
à la classe dont l'Ananas fait partie. 

Pour reconnaître le mode d'attache des graines dans chaque loge , 
M. Heyland a eu l'heureuse idée de soulever par en bas une portion char- 
nue de l'ovaire, portion qui représente un segment charnu formé du calice 



— 8 — 

( l du péricarpe ; ce segment se détache de bas en haut, à peu près comme ou 
!o fait quand on pèle une figue. Ce segment étant soulevé et rabattu sur le 
disque, on découvre un corps blanc , ovale, divisé en sept ou neuf lobes 
comme rayonnans. C'est le placenta , et il est vraisemblable que chacun des 
lobes est un cordon ombilical avorté. Un seul d'entre eux , ou, plus rarement, 
deux des ces filets portent des graines pendantes. Chacun de ces placentas nait 
au-dessous du corps calleux que M. De Candolle désigne comme étant la par- 
lie supérieure de l'ovaire , et répondant à ce que plusieurs nomment disque 
ou aréole apicilaire dans d'autres familles, llheede décrit assez bien cet ar- 
rangement , cl le compare à la position de la glande pinéale entre les notes 
du cerveau humain. 

Les graines, à l'étal de maturité, sont ovoïdes, oblougues , un peu com- 
primées , de manière que leur coupe transversale est ovale ; leur surface ex- 
terne est d'un roux tirant sur le brun et marquée de très-petites stries longi- 
tudinales. Sur le côté le plus étroit de l'ovale, on aperçoit une petite bande 
blanche et cellulaire , qui part de l'insertion du cordon ombilical et vient jus- 
qu'au sommet : on serait tenté de la prendre pour une sorte d'arille , mais 
son rôle nep.iraU pas clair à M. De Candolle. La sommité de la graine porte 
un ombilic proéminent, petit, un peu conique. 

L'intérieur de cette graine offre un grand albumen très-blanc et très-fari- 
neux , et un petit embryon d'un blanc moins pur, situé à l'extrémité la plus 
voisine de l'ombilic : cet embryon isolé présente une forme oblongue; il est un 
peu plus épais du côté de l'ombilic qui représente la radicule , et légèrement 
aminci vers l'autre extrémité ; il est droit ou à peine courbé et indivis. 

Il résulte de cette dissection, que les graines sont à un état parfait de matu- 
rité , et qu'ainsi qu'il est arrivé à Commelin , on devait espérer de les voir 
germer. C'est en effet ce qui a eu lieu; semées à l'entrée de l'hiver , dans un 
vase de terre de bruyère placé dans la serre-chaude , elles ont levé à la fin 
de mai, c'est-à-dire au bout d'environ cinq mois et demi. M. De Candolle 
a donné les figures de cette germination ; on y voit la jeune plante de gran- 
deur naturelle , au moment où elle développe sa sixième ou septième feuille. 
La graine a donné sortie à l'embryon par celle de ses extrémités qui tenait 
au cordon ombilical. La jeune plante présente «ne radicule un peu rameuse, 
qui sort abruptcmentde la base de la fige; celle-ci porle latéralement la graine 
où il est vraisemblable que le vrai cotylédon est resté enfermé dans l'albu- 
men , dont il tire probablement les sucs par une sorte d'imbibilion. La tige 
porte de plus des écailles qui sont des rudimens de feuilles ; l'écaillé infé- 
rieure est très-petite et se fend à son sommet, de manière à simuler un double 
cotylédon : les supérieures sont entières , disposées en spirale peu prononcée, 
et se transforment graduellement en feuilles de l'apparence des feuilles ordi- 
naires. Cette germination n'a pas paru à M. De Candolle différer notablement 
de celle du Maranla zehrina qu'il a eu sous les yeux en même temps. 

Si l'on compare celle descriplion du fruit de l'Ananas cultivé avec celle 



— 9 — 

queGaertner a donDôe (vol. I , pi. xi) du Bromelia Pinguin, on voit évidem- 
ment que ces deux plantes ne peuvent rester dans le même genre. Plumier, 
qui les a le premier étudiées avec soin, dans leur sol natal , avait senti leurs 
différences et avait très-justement formé le genre Ananas, composé des es- 
pèces connues aujourd'hui sous les noms de B. Pinguin et de B. Ungulata. Il 
avait été moins bien inspiré en établissant, sous le nom de Karatas, un troi- 
sième genre qui ne peut se séparer de son Bromelia. Linné a réuni ces trois 
genres en un seul , justement quant aux deux derniers , mais sans motifs suf- 
fisans pour le premier. Dès lors , Miller a admis la séparation du genre de 
Linné en deux, VÀnanas et le Karalas, qui comprenait le Bromelia et le 
Karatas de Plumier. P»ichard a aussi admis cette division, mais il a, sans 
aucun motif , transporté les noms , en donnant à V Ananas le nom de Bromelia, 
et à l'autre genre celui de Karalas. Plus récemment M. Lindiey {Bot. reg.^ 
n. 1068), et, à son exemple, MM. Schuîtz [Syst. Ff^r., n. 1-48G) oat admis la 
même division, avec une nomenclature plus conforme aux règles, en établis- 
sant les genres Ananas et Bromelia. 

Ces genres n'étaient jusqu'ici distingués que par la soudure des fruits dans 
VAnanas et leur liberté dans le Bromelia. L'analyse de la structure des grai- 
nes et de leur germination , en confirmant la nécessité de la division , ajoute 
quelques nouveaux caractères plus intimes, savoir : le placenta charnu et 
palmalifide, la direction pendante des graines et la rectitude de l'embryon 
de VAnanas, qui contrastent avec le placenta plus apparent , la direction 
horizontale des graines et la courbure abrupte de l'embryon du vrai genre 
Bromelia. 

Sur la fécùndalion, la fructificalion , le semis et la germination des orchidées; 

Par M. Ch. TiIotr.EN. 

La culture des orchidées est en pleine vogue ; aussi y a-t-il peu de nos grands 
horticulteurs qui ne possèdent une serre spéciale pour ces plantes qui toutes 
se font admirer par leur forme singulière, quelquefois bizarre, mais toujours 
intéressante ; par la ressemblance qu'elle offre tantôt avec un casque , tantôt 
avec un papillon, une mouche, un singe, etc. Il faut avouer cependant que, jus- 
qu'ici , remarquer ces formes et les voir naître est à peu près tout ce que font 
nos amateurs et nos jardiniers. MM. Piobert Brownet Lindiey en Angleterre, 
et Adolphe Brongniart en France, ont, depuis quelques années, augmenté l'in- 
lèrét que les orchidées inspirent par leur beauté , d'un autre genre de plaisir, 
celui de voir passer la fleur à l'état de fruit ; et, par suite, la graine à l'état de 
plante parfaite ; ajoutons à ceci que ce mode de multiplication présente fou- 
jours des chances pour obtenir des variétés, et que la nouveauté de celles-ci 
devient, entre les mains d'un horticulteur, un objet de lucre , sinon d'araour- 
propre. 

Tome lil. 2. 



— 10 — 

Nous avons été surpris de ne trouver, dans nos établissemens d'horlicul- 
ture , aucun homme qui se fût familiarisé avec les moyens qu'emploient chez 
nos voisins ceux qui fécondent artificiellement les orchidées , et néanmoins 
l'état de nos serres convient très-bien à la réussite de ces sortes d'expé- 
riences. 

A peine avions-nous montré à quelques personnes le mécanisme de cette 
opération , et à peine l'avions-nous faite nous-mêmes , que nous avons vu 
plusieurs plantes de cette famille porter des fruits qui tous ont étonné par leur 
volume, leur disposition et leur forme. Certes, nous n'avons pas toujours 
réussi ; mais sur douze espèces , trois seulement ont résisté à nos efforts. Le 
Brassia maculata, VAngrœcum maculalum, Y Epidcndrum cochleatum , le Cymbi- 
dium chinense, le Calanlhe veratrifoUa, trois espèces de Calanthe du Japon, 
le Vanda prœmorsa, ont donné de fort beaux fruits ; VOncidium bifolium a èlè 
fécondé, mais la fructification ne s'est pas opérée. VOrnilhidium coccineum, 
VEpidendrmn fragrans et le Catasetiim Iridenlalum n'ont présenté ni fé- 
condation , ni fructification. Nous ferons remarquer que si le temps ne 
nous eût manqué , nous aurions essayé de féconder un plus grand nombre 
d'espèces, et tout nous fait présager que nos tentatives n'auraient pas été 
vaines. 

En général , nous remarquons que les jardiniers ont quelque difficulté de 
faire réussir Topéralion ; cela tient chez quelques-uns à la vue ; les presbytes 
voient mal les objets de près, et comme la principale condition, dans cette 
opération , est de bien distinguer les parties, ils les manquent ou les combi- 
nent mal. Chez d'autres, c'est la rudesse des mouvemens manuels qui devient 
l'obstacle ; mais chez le plus grand nombre, c'est le défaut de connaissances 
botaniques. Là est la grande pierre d'achoppement , et c'est à la détruire 
que nous consacrons principalement ces lignes. 

Pour les presbytes ils feront bien de se servir d'une loupe et de la faire 
tenir fixement entre la fleur et l'œil , parce qu'il ne faut pas que l'opérateur 
soit gêné dans les mouvemens de ses mains. 

Les personnes qui ont une maladresse ou une rudesse habituelle dans les 
.mouvemens des doigts, celles qui tremblent des mains, éprouveront une diffi- 
culté difficile à surmonter. Il faut avoir grand soin d'agir avec propreté , de 
,ne pas salir les fleurs, et on fait très-bien d'avoir à sa disposition et sous la 
main deux ou trois grandes épingles , un canif , des ciseaux et surtout une 
bonne pince à disjeclion , semblable à celle que les chirurgiens emploient 
dans l'autopsie des cadavres. 

Pour donner les connaissances scientifiques indispensables au succès de cette 
opération , nous allons communiquer à nos lecteurs une légère digression 
sur la structure de la fleur chez les orchidées ; nous l'appliquerons surtout à 
une plante commune dans nos serres : le Calanlhe veratrifoUa (R. Br. Bot. 
Reg. t. 720), dont nous représentons ici les organes. Il sera bon, pour les 
/personnes qui ne sont pas familières avec le langage de la science et la 



— 11 — 

distinction des parties, do s'exercer sur quelques fleurs do cetto plante. 

Une fois la distinction des parties bien connue pour une orchidée, on peut, 
avec un peu d'intelligence, appliquer ses connaissances à la presque totalité 
des espèces. Il y a pourtant des exceptions, et il sera bon d'examiner aussi 
un Epidcndrum, un Calasetum, un Cypripedium, etc., où la structure est sen- 
siblement différente. Le botaniste saisit de suite ces distinctions, mais nous 
faisons observer que nous écrivons ceci pour les jardiniers et les amateurs 
qui n'ont pas fait de la botanique une étude spéciale. 

Les fleurs , chez presque toutes les orchidées, sont disposées en épi, en 
grappe ou en panicules; rarement elles sont solitaires. Quand on veut fécon- 
der ces fleurs avec succès, il faut préférer celle du bas de l'épi , de la grappe 
ou de la panicule, c'est-à-dire celles qui se trouvent placées le plus bas sur 
l'axe de la plante. C'est ainsi que nous avons remarqué, sur un long épi du 
Calanthe vcralrifoUa, dont beaucoup de fleurs avaient été fécondées, celles du 
bas devenir fruit , tandis que celles du haut avaient résisté à la fructification. 
C'est comme si la sève arrivait plus facilement aux fleurs inférieures. 

Le pédoncule ou le pied de la fleur [a fig. 1) est généralement assez court ; 
il faut s'habituer à bien le reconnaître, parce que, lorsque la fécondation 
a réussi , celte partie subit plusieurs changemens qui font juger de la 
réussite de l'opération ; en effet ce pied s'alonge et se penche quand l'ovaire 
a été fécondé. Comparez sous ce rapport la position de la fleur fig. 1 , a, avec 
celle de la fleur fig. 13, a. La première n'est pas fécondée , la seconde l'est. 
En outre , la distinction du pédoncule est utile, parce que , lorsque la fleur 
est fécondée , on voit que cet organe se sépare nettement de l'ovaire qui est 
la partie qui deviendra le fruit. Ainsi , dans la fig. 1'% le pédoncule a et l'o- 
vaire b sont d'une venue, tandis que, dans la fig. 13, on voit après l'ovaire un 
étranglement qui provient de ce que cette dernière partie a pris un plus 
grand volume. 

Avant la fécondation , le pédoncule , qui se distingue difficilement de l'o- 
vaire, à l'extérieur , présente quelques sillons qui se continuent sur l'ovaire , 
comme on le voit en c fig. 2 ; et comme la fleur , lorsqu'elle s'ouvre , se re- 
tourne de haut en bas , elle tord le pédoncule et l'ovaire ; tous ces sillons 
deviennent autant de stries spirales. Ce n'est qu'en coupant une fleur, longi- 
tudinalement en deux, qu'on voit intérieurement la cavité où sont contenues 
les jeunes graines encore infécondes , et qu'on distingue bien l'ovaire du 
pédoncule. Voyez la fig. S qui représente une fleur coupée en deux parties : a 
est le pédoncule , d la cavité de l'ovaire avec les jeunes graines ( ovules ) , e 
le sommet de l'ovaire. Or , il faut remarquer maintenant que lorsque la 
fécondation est assurée , le pédoncule seul conserve ses stries en spirale ; 
celles de l'ovaire sont devenues des lignes droites , dont trois en sillons : ce 
sont les sutures du fruit ou de la capsule, et trois en côtes saillantes : ce sont 
les côtes de la capsule. Voyez, pour ces changemens, les figures 2 et 13, b,b,c. 
Il convient donc , comme on le voit , de distinguer ces stries en spirale , 



— 12 — 

pour posséder encore 1:11 moyen de reconnaîtra si la fécondation a réussi 
ou non. 

Au bout de l'ovaire est la fleur proprement dite du vulgaire , c'est-à-diro 
le périanihe du botaniste ; ce sont six folioles , dont trois externes et trois 
internes. Les trois externes sont étendues comme des ailes, dans un plan f,g, 
h, figure 1 ; ce sont les sépales. Aussi longtemps que la fécondation n'est pas 
accomplie , ils conservent leur direction ; mais à peine est-elle faite , qu'ils 
se courbent et convergent vers le centre de la fleur. Comparez sous ce rap- 
port la figure 1 et la figure 13, f,g,h. Ce mouvement est un des premiers 
signes de la fécondation , mais il ne faut pas toujours conclure que la fructi- 
fication s'accomplira après l'influence du sexe mule. Ainsi, les sépales auront 
pu se fermer sur une fleur et indiquer que l'imprégnation de l'organe femelle 
a eu lieu , et la fleur tout entière peut se faner après cela. Ceci provient de 
ce que le travail ne s'est pas continué. 

En dedans des sépales, on voit trois autres folioles, dont deux dirigées ho- 
rizontalement entre les sépales latéraux et le supérieur, et une autre dirigée 
en bas (quelquefois en haut, comme dans les CaCaselum, les Epidendrum, etc.). 
Ce sont les pétales des botanistes. Le pétale inférieur, qui dans le Calanthe 
vcratrifolia a quatre lobes, m,n,o,p, fig. 1, est dirigé en avant; il est très-plat 
avant la fécondation et s'appelle le lahellum, le tablier oula^ètTe; il présente 
en haut quelques gibbosités q. Ce tablier, après s'être soudé avec la partie 
centrale et charnue de la fleur {colonne, gynostème des botanistes, s, fig. 1, 
2, 5), fournit un long prolongement (qui manque pourtant chez quelques or- 
chidées) que l'on appelle V éperon ei qui est figuré en r, fig. 1, 2, 5, 10, 13, 14). 
Il devient très-utile de savoir distinguer ces parties pour s'assurer que la 
fécondation s'est effectuée dans une fleur. 

En effet, avant cet acte , les deux pétales [i, k, fig. I) latéraux sont raides 
et étendus dans le même plan que les sépales ; le lahellum est dirigé en avant 
et plat ; l'éperon est droit et en arrière (voyez ^ et r, fig. 1). Après la fé- 
condation , toutes ces directions sont changées : les pétales latéraux s'incli- 
nent en avant et viennent, avec les sépales, fermer la fleur ; l'éperon se recourbe 
en avant (fig. 14, r ), et le lahellum surtout se replie sur lui-mêmeet se rejette 
au devant du centre de la fleur ; il semble protéger ainsi la colonne; en même- 
temps ses gibbosités ou caroncules s'enflent et paraissent défendre les organes 
de la génération. Il suffira de comparer les figures 1,2,5 avec les figures 13 
et 14 pour saisir de suite les différences qui existent entre les fleurs fécondées 
et celles qui ne le sont pas. 

11 est donc évident, par ce qui précède, qu'il y a un grand nombre de phé- 
nomènes par lesquels il devient aisé de s'apercevoir que la fécondation a 
eu lieu. Ce ne sont pas les seuls, et, pour en rendre la listecomplète, nous de- 
vons énumèrer encore plusieurs changemens. 

Au centre de la fleur des orchidées est un corps charnu , épais, qui s'a- 
vance en avant , est plus ou moins long et développé ; il résulte de l'union 



/. Ilpr'tifttftrftf- Hi/f/t 



Junififf iJiJû. 




Fâ- 



m 



m 






Zr-7'-rffrz^, db'rr^'Oi^ -r-àjT^^^à^. 






— 13 — 

d'j l'appareil niûl3 avec l'appareil femelle; c'est la colonne des botanistes an- 
glais et le gxjnostème des botanistes français (voyez s, v, fig. 2 et 3 ). La co- 
lonne présente parfois des ailes latérales ou des tubercules, comnaeeni-, fig. 3. 
Or, dès que la fécondation a lieu, ces tubercules ou ces ailes se recourbent 
eu dedans et semblent fermer l'ouverture à la surface de laquelle s'étend le 
stigmate, c'est-à-dire la partie de l'organe femelle , destinée à recevoir la ma- 
tière mâle. Sur VOncidium bifolium il n'a fallu que 6 heures pour voir opérer 
ces mutations. 

De toutes les parties de la fleur, c'est la colonne que le jardinier ou l'a- 
mateur doit s'efforcer de connaître le mieux , parce quç c'est elle qui porte les 
organes sexuels qu'il s'agit de mettre en rapport. 

En effet, à son sommet, on rencontre un petit corps arrondi qui, lorsqu'on le 
touche tombe oa saute avec élafticité ; on dirait un petit capuchon qui en de- 
dans a plusieurs replis. Entre ces replis et dans les compartimens qu'ils lais- 
sent entre eux, on voit de petites masses de matière cireuse jaune , blanche, 
brune ou orange , quelquefois verdàtre, tantôt au nombre de deux , de quatre, 
tantôt au nombre de huit, etc. Lorsqu'on examine une fleur avec attention, on 
voit le petit capuchon attaché à la colonne , mais , comme une espèce de cou- 
vercle , il s'ôte facilement. Voyez en t, fig. 3 , ce capuchon en place ; en x, 
fig. 4, on l'a détaché ; \\ reste alors un petit plan qui était destiné à soutenir 
l'appareil dont nous parlons maintenant. On voit en y, fig. 7, le capuchon isolé. 
La figure 6 représente le capuchon tombé, avec les petites masses cireuses en 
dedans ; et la figure 8 donne une idée de ces masses réunies par une petite 
glande centrale et inférieure. La figure 9 représente les petites masses séparées 
et en leur nombre propre au Calanthe veratrifolia qui en possède huit. 

Le capuchon est ce que les botanistes appellent Vopercule ou le couvercle ; 
les masses qu'il contient sont les masses pollimques ; elles sont contenues dans 
les cavités de l'opercule que l'on nomme les locelles. Chaque masse pollini- 
que a un petit pied qui se réunit au pied d'une de ses voisines et souvent à 
plusieurs pour former ce que l'on désigne sous le nom de caudicule ou petite 
queue. Enfin, ces caudicules aboutissent aune petite glande visqueuse (voy. y, 
fig. 8), qui est le retinaclc, la glande ou la glandule des botanistes. 

Il ne faut pas que celui qui institue la fécondation artificielle des orchidées 
perde de vue ces détails, car il a besoin de les connaître pour assurer le succès 
de ses opérations. 

En effet , l'opérateur détache avec une épingle ou un canif l'opercule, et de 
manière à la faire tomber soit sur le creux de la main , soit sur un morceau 
de papier ou un linge propre que l'on tient sous la plante. L'opercule en tom- 
bant entraîne presque toujours les masses polliniques. Quand cet organe est 
détaché on saisit avec la pince une des masses polliniques qu'on retire des lo- 
celles ; cette masse fait suivre après elle toutes ses voisines , parce que toutes 
sont attachées par le rétinacle. On pose ces masses sur l'ongle du pouce et de 
sorte que le rétinacle touche l'ongle. Ce rétinacle est toujours humiùc, vis- 



— u — 

queux, et il adhère si fortement au doigt qu'après y être séché, on l'en sépare 
avec difOculté. Cette glande colle à l'ongle et permet de séparer avec le canif 
les diverses masses polliniques qu'on saisit avec la pince ou qu'on attache à 
l'épingle, non en les piquant avec cet instrument, mais eu en mouillant l'extré- 
mité. 

Tout est préparé pour l'organe mâle; mais avant de l'appliquer sur l'or- 
gane femelle, il faut avoir soin de bien reconnaiire celui-ci. 

En général, l'organe femelle se dénote par une surface humide et vis- 
queuse. Sa position n'est pas toujours la même chez les orchidées , mais la 
présence d'une humidité particulière, qui se déclare à l'époque delà puberté , 
est un moyen facile de la reconnaître. Chez le Calanlhe comme chez beaucoup 
d'orchidées elleesten haut du labellum, en dessous de l'opercule et de l'appareil 
mâle, et dans une cavité qui se trouve en avant delà colonne (voyez w, fig. 3, 
4, ïï). Chez d'autres plantes de cette famille, la surface humide se trouve 
dans une cavité quadrangulaire , creusée dans le corps même de la colonne 
[Calaselum, etc.) . Ailleurs c'estla colonne qui se prolonge en deux filets portant 
à leur extrémité l'organe destiné à recevoir Tinfluence du pollen ou de la 
matière mâle {Bonalea,e\.c.). Enfin, cette position varie et l'habitude comme les 
connaissances botaniques sont des guides excellens pour la faire reconnaître. 

Quand le stigmate est bien connu do l'opérateur, celui-ci s'assure si cet or- 
gane se trouve dans l'état requis pour recevoir avec succès la matière mâle ; 
il le dira dans cet état , lorsque toute la surface stigmatique est abondamment 
lubrefiée par une humeur visqueuse, gluante, gommeuse et quelquefois un 
peu sucrée. Alors il posera avec la pointe d'une épingle ou une brucelle , qui 
vautmieux, une des masses polliniques sur le stigmate, et fera attention que la 
matière mâle, prise par l'humeur, colle avec ferme té au stigmate (voy. fig. 10). 

La fécondation s'opère chez les orchidées en peu de temps ; on le sait, parce 
qu'aussitôt que l'imprégnation a eu lieu , on observe dans la fleur de notables 
changemens. En effet , chez le Calanlhe que nous avons pris pour exemple, 
la colonne s'enfle , les rebords du stigmate se replient en avant, l'éperon se 
recourbe. Sur Voncidium bifoUum nous avions opéré la fécondation le matin à 
9 heures ; à 3 heures du même jour les ailes du stigmate étaient repliées en 
avant et l'ovaire était enflé. Chez le Calanlhe, l'ovaire grossit en deux jours , 
la fleur se penche (fig. 13), le tablier ou le labellum se replie en avant de la 
colonne , les autres parties du calice et de la corolle ferment la fleur. Dans 
toutes les orchidées, cet acte important se dénote au dehors , par des manifes- 
tations si extraordinaires que l'amateur les saisira de suite (voyez figu- 
res 13, U). 

L'ovaire enflé , on y reconnaît bientôt les graines; mais il faut au fruit un 
temps fort long pour mûrir. Sur un Calanlhe du Japon que nous avions fécondé 
au jardin botanique de Gand , le fruit est resté plus d'un an pour mûrir. Plu- 
sieurs autres orchidées sont dans ce même cas. Le jardinier fait bien d'atten- 
dre le commencement de la déhiscence naturelle du fruit pour le cueillir. 



— 13 — 

On sème les orchidées sur du vieux bois de saule ou sur un arbre pourri 
el humide , en serre chaude. Nousavons vu semer d'une autre manière et par 
faitemcnt réussir. On prend une feuille de papier fort, ou mieux de parclicrain ; 
on saupoudre la surface d'une terre très-fine , et formée d'humus en poudre ; 
on mouille cette couche qui ne peut avoir que 2 millimètres de hauteur ; on 
pose l'appareil sur un large pot rempli de terreau, d'humus et de débris de 
bois pourri. On sème les graines d'orchidées, qu'on entoure d'une atmosphère 
chaude et humide , dans une serre ad hoc. Quand elles germent on les aper- 
çoit facilement à la surface de cette terre unie ; on retire alors avec adresse 
la feuille de parchemin humide en glissant la terre sur la surface du pot ; 
les jeunes plants dirigent bientôt leurs radicules entre les sinuosités du bois, 
du terreau et des débris des pierres qu'on a eu soin d'y mêler. 

Nous ne disons pas que cette méthode convienne toujours mais nous l'a- 
vons vu employer avec succès pour quelques orchidées, et notamment pour le 
CalatUhe veratrifoUa dont nous avons parlé dans cet article. 



CULTUHE. 

Fructification des arbres. 

Il existe, parmi les arbres fruitiers, quelques variétés qui fleurissent abon- 
damment chaque année , et dont les fleurs tombent bientôt sans qu'aucun 
fruit noue, quoique le sol, l'exposition et les soins du cultivateur semblent 
concourir au succès de la récolte. Toute la sève de ces arbres, généralement 
plus vigoureux que les autres , semble s'épuiser en une production surabon- 
dante de fleurs, et si l'art n'y porte secours, il ne reste pas assez de force à 
l'arbre pour développer les fruits. On remédie avec succès à un tel inconvé- 
nient, en coupant avec des ciseaux une partie des fleurs ou boutons à fleurs 
formant le corymbe, aussitôt qu'ils se sont suffisamment alongés pour qu'on 
puisse faire passer entre eux la pointe de l'instrument, quelques jours avant leur 
épanouissement ; on laisse seulement cinq ou six fleurs sur chaque corymbe, 
selon sa force , ayant la précaution de conserver , de préférence , les 
fleurs portées par les pédoncules les plus vigoureux et qui se trouvent en même 
temps le plus près du centre. Cette opération a pour effet de faire refluer la 
sève aux fleurs consei'vées et de leur donner assez de force pour produire 
deux ou trois fruits sur chaque ombelle ; ce produit suffit pour indemniser 
des soins qu'il demande. — On peut aussi faire une auti'e opération plus 
simple, qui est pratiquée avec succès sur les jeunes arbres ; elle consiste à re- 
tarder la taille ouïe raccourcissement des nouveaux rameaux, jusqu'au moment 
où les fleurs soient parvenues au degré de développement ci-dessus indiqué , 
et de les couper alors à la longueur habituelle. Le retard que cela occasionne 
dans le mouvement de la sève, fait nouer le fruit en abondance. 



— 16 — 

De la muUiplicalion , par la greffe, du Kimosa loxgifolia ; 

Par M. Petit. 

Le Mimosa longifolia , arbrisseau charmant que la mode a adopté pour la 
coiffure des dames et la composition des bouquets, ne se multiplie ordinaire- 
ment que par le semis ou par le marcottage ; le premier de ces deux procédés 
est lent, et le second incertain. On sait, en effet, que, sur cent couchages, 
vingt réussissent à peine , et encore arrive-t-il assez souvent à la plante de 
fondre avant de faire de nouvelles racines : des insectes qui s'attachent aux 
yeux de la branche marcottée , sont généralement la cause de son dépérisse- 
ment. Convaincu que \q Mimosa longifolianepouyail se propager par boutures, 
et que le couchage , l'incision à strangulation étaient des moyens qui don- 
naient des résultats trop peu sûrs, j'ai eu recours à la greffe par approche sur 
le Robinia pseudo-acacia, et une réussite complète a couronné mes essais. J'ai 
pris , à cet effet , des jeunes plantes de robinier faux-acacia, je les ai mis sé- 
parément dans des pots, et, après la reprise, j'y ai greffé, par approche, du 
Mimosa longifolia. Après trois mois , les greffes ont commencé à pousser ; puis 
elles ont crû avec une rapidité extraordinaire (1). 

Sur les boutures herbacées. 

La greffe herbacée n'a plus besoin d'être vantée : depuis le baron Tschndy, 
M3Î. Larminatet Soulange-Bodin ont proclamé son mérite, ses avantages, et 
vraisemblablement il n'y a plus guère de cultivateurs qui ne l'aient pratiquée 
avec succès. Mais il n'en est pas de même des boutures herbacées ; Tusageen 
est peu répandu. Il est bien entendu qu'il n'est pas question ici des boutures de 
Dahlia , de Chrysanthème , de Séneçon , etc. , mais des végétaux ligneux dont 
on ne bouture habituellement les rameaux que quand leur bois est durci. 
Parmi ces derniers nous ne parlerons que des végétaux de serre , et ferons 
même une exception en faveur de ceux dont les boutures réussissent, quoique 
longues de 6 à IS pouces, et produisent de suite une piaule apparente et li- 
vrable au commerce. Parmi les végétaux ligneux qu'on essaierait vainement 
de bouturer avec de longs rameaux , il en est encore qui sont très-longtemps 
à s'enraciner ou qui manquent souvent , quoique le rameau soit très-court : 
c'est dans cette catégorie que les boutures herbacées doivent être essayées 
plus en grand qu'on ne l'a fait jusqu'aujourd'hui. Un cultivateur, qui ne se 
nomme pas , a inséré une note dans le Journal des Connaissances usuelles , 
dans laquelle il rend compte de ses succès et des espérances qu'il conçoit 
pour ses expériences ultérieures. On sent bien que la première condition pour 
réussir est de faire les boutures à l'étouffée, sous une cloche, dont la grandeur 

(l) nous apprenons qu'un amateur , qui av:iit eu cotins;ssance Je l'essai tenté par >J. PetJ», 1 ;i 
rOpOlé de son côté av?f un épal succès. 



— 17 — 

soit proportionnée au nombre et à la hauteur des boutures, et que les soins 
minutieux: qu'exige l'opération ne soient point négligés. Tous les essais de ce 
genre, pratiqués depuis quatre ou cinq ans, dans les serres du jardin botanique 
de Bruxelles , ont parfaitement réussi. 

Noie sur le Yucca aloifoma ; 

Par M. PoirEAD. 

En 1834, le jardinier de madame Bicquelin avait deux Yucca aîoifolia, l'un 
haut de 8 pieds, et l'autre de 10. Dans la pensée de les rendre égaux en hau- 
teur , il a coupé la tige du plus grand , à 2 pieds au-dessus de la caisse , et a 
bouturé le morceau supérieur, long de 8 pieds. La bouture s'est parfaitement 
enracinée, ainsi qu'il s'y attendait, et a donné des fleurs en 1835. Cette 
plante n'avait pas fleuri depuis plusieurs années, parce qu'elle manquait de 
nourriture et qu'elle avait une grande plaie au pied. 

Ce fait n'a rien de nouveau par rapport à la culture, puisque tous les jours 
on bouture des têtes de plantes grasses avec certitude du succès ; mais l'idée 
de raccourcir de cette manière des plantes grasses ou des liliacées caules- 
centes , dont la grande hauteur devient incommode , me semble assez ingé- 
nieuse pour mériter d'être signalée aux amateurs. Le vieux pied de ce Yucca 
n'a pas repoussé, il est mort très-peu de temps après l'opération, et il en 
est de même assez ordinairement , quant aux vieux pieds d'aloës caulescens 
dont on coupe la tête pour bouturer. Cela vient sans doute de ce que les bour- 
geons axillaires ou prédisposés de ces monocotylédones s'éteignent prompte- 
ment , et que les plantes n'ont pas la propriété de produire des bourgeons 
adventifs. C'est en outre un fait de plus à l'appui de l'opinion que les plantes 
grasses , dans leur état de nature , tirent plus de nourriture de l'air que de la 
terre. 

Sur une modlficalion pratiquée dans la culture d'une plante èpiphyte; 

Pnr M. PoiTEAU. 

Dans beaucoup d'endroits de la Zône-Torride , il pleut rarement de mai à 
septembre ; un grand nombre de végétaux paraissent en souffrance; on ne 
sème ni on ne plante pendant cette saison ; les plantes épiphytes n'ont plus que 
la rosée des nuits pour aliment ; elle seule les empêche de mourir , et leur 
végétation est suspendue ; quoique la chaleur soit extrême , la sécheresse pro- 
duit à peu près là, sur beaucoup de plantes , ce que l'hiver produit dans les 
contrées septentrionales , c'est-à-dire un repos dans la végétation. 

Soit d'après cette connaissance , soit d'après tout autre raison , M. Pierre 
Kendall , amateur et cultivateur zélé de plantes de serre chaude , ayant reçu 
du Brésil un Tillandsia stricfa , qui est l'une des plus belles espèces du genre 
Tome 111. 3. 



— 18 — 

et même de la famille des broméliacées , l'a présenté à la Société Ilorticul- 
turale de Londres, avec l'exposé suivant de sa culture. 

« En juin je tire cette plante de la serre chaude ; je la sors de son pot , 
je secoue la terre attachée à ses racines, puis je la pends contre un mur, à l'air 
libre, et l'y laisse sans eau , sans aKenlion et sans aucune protection jusqu'au 
mois d'octobre suivant ; elle se trouve ainsi dans une posilion à-peu-prcs pa- 
reille à celle qu'elle éprouve dans son pays, pendant la saison sèche. Quand le 
tcnipsde remetire la planteenserrechaude est arrivé, onla trouve flétrie, déco- 
lorée; cite paraît à moitié morte. Mais aussitôt qu'elle a éprouvé les effets com- 
binés de la chaleur et de l'humidité de la serre elle se refait promptement, pro- 
duit une nouvelle et vigoureuse végétation , et , dans l'espace de quelques 
semaines, de nouveaux œilletons naissent sur ses côtés ; elle pousse des épis de 
fleurs d'un bleu luisant, qui commencent à s'épanouir en mars et durent jus- 
qu'à la fin d'avril. Lorsque la période de sa végétation est terminée, quand sa 
hampe et ses fleurs sont flétries , juin arrive , et je la soumets derechef au trai- 
tement indiqué précédemment. » 

Ce traitement est rationnel ; mais on ne peut y soumettre que les Tillandsies, 
quelques autres genres qui en sont le démembrement , et tout au plus un petit 
nombre d'orchidées parasites à petites racines, qu'il faudrait avoir vues dans 
leur station naturelle. En outre , pour entreprendre de cultiver ainsi les Til- 
landsies , il faut déjà être très-fort en culture, et posséder une serre chaude 
basse , humide et que l'on puisse ombrager facilement. 

Sur le Glavecl de Dahlen, Gladiolus Dahlcni {Sert. Botan.);par M. le comte 
A. De Rouvroy, à Foumes, arrondissement de Lille. 

On m'a envoyé un bulbe de ce glayeul, en avril 183S, au prix de S francs -, 
ce bulbe, planté en terre de bruyère, à l'air libre, m'a donné, en octobre 1 833, 
une touffe de cinquante gros bulbes et cent quarante petits. Replantés en 
avril 1834, ces cent cinquante gros bulbes et les cent quarante petits ont 
produit cent soixante-cinq gros bulbes et mille cinq cents petits. Si , l'année 
prochaine, je plantais ces mille six cent soixante-cinq bulbes, j'en obtiendrais 
plus de quatre cent mille. Mon jardinier s'engage, si on lui en fait la demande, à 
en fournir cent mille à 1 centime la pièce. Ce serait un bel ornement pour un 
vaste jardin. 

Quand la nature est aussi prodigue de ses dons , c'est toujours dans un but 
de bienfaisance; on devrait donc faire des expériences pour découvrir si l'ognon 
du glaïeul de Dahlen ne serait pas de quelque utilité dans les arts, la médecine, 
la cuibine , etc. 

N. B. Nous répondrons à M. le comte de Rouvroy, que les expériences 
qu'il invoque, ont été faites depuis longtemps à Bruxelles, avec les bulbes 
de la plupart desgiayeuls ; quelques espèces , et do ce nombre le G. Dahlcni, 



— 19 — 

oui offert à réconomie domestique une substance alimentaire dont elle pour- 
rait peut-être tirer un parti avantageux. Les bulbes de ces glayeuls, ainsi que 
ceux du Crocus venms cuits dans l'eau ou sous la cendre , peuvent être 
mangés comme les châtaignes , dont ils ont à peu près le goût et les pro- 
priétés. 

Sur la cuHure des plantes grasses. 

l'jl' M. bOLSSlÈRE. 

C'est un axiome assez général dans la pratique , que les plantes grasses 
veulent peu d'arrosement en été , point du tout en hiver ; qu'il leur faut peu 
de terre, et ne les rempoter que lorsque les vases qui les contiennent, sont rem- 
plis de leurs racines. 

En cultivant d'après ces principes, on n'obtient que des plantes de triste 
apparence , qui ne croissent que de quelques lignes par année , fleurissent dif- 
ficilement, et sont d'un vert qui dénote leur souffrance, parce que ce traite- 
ment leur est contraire. 

Toutes ces plantes étant, eu général, originaires des contrées où régnent 
des sécheresses de plusieurs mois, la nature, prévoyante et attentive à leur 
conservation , leur a donné la faculté de supporter ces sécheresses sans mou- 
rir; et lorsque la saison des pluies succède, leur végétation suspendue reprend 
avec une vigueur extraordinaire : ainsi, elles peuvent supporter la sécheresse 
sans y succomber, comme le feraient nos autres plantes. De là, l'erreur 
qu'il ne leur faut pas d'eau ou du moins très-peu. 

L'expérience et l'observation m'ont convaincu que les plantes grasses ne 
craignent nullement l'humidité, surtout l'été : aussi je ne laisse jamais sécher 
leur terre en temps ordinaire , et je les arrose copieusement dans les séche- 
resses. 

Un indice naturel et, par conséquent certain , que ces plantes aiment l'hu- 
midité , c'est que dans les mois de septembre et octobre leur végétation a 
le plus de développement , alors que le hâle des sécheresses est passé. L'hi- 
ver , il ne faut que tenir leur terre dans une très-légère humidité, seulement 
pour empêcher qu'elle ne desséche. ' 

Quant aux rempotages, je les effectue annuellement, en augmentant toujours 
le diamètre des vases ; il m'arrive même souvent de rempoter , à la rentrée , 
de jeunes individus qui l'avaient été, la même année à la sortie de la serre, 
tant leur végétation a eu de développement. Je me garde bien d'attendre que 
toute la terre soit remplie de racines. 

En résumé, il leur faut, en été, humidité constante en temps ordinaire , et 
grands arrosemens dans la sécheresse; l'hiver, empêcher seulement la terre 
de se dessécher : rempotages annuels et progressifs. Par ces procédés, j'ai des 
plantes qui croissent rapidement , qui sont dans un état de santé satisfaisant, 
et fleurissent bien. 



— 20 — 



ÉCONOMIE. 

Produit surprenant du Blé géant de Sainte-Hélène. 

Les résultais des expériences que nous avons entreprises avec la plus grande 
exactitude, sur le Blé de Sainte-Hélène , furent non-seulement des plus satis- 
faisans , mais outre-passèrent de bien loin notre attente. Nous sommes ravis 
que nos espérances aient été couronnées de succès. 

Le produit de ce froment, qui parait surprenant à plusieurs, ainsi qu'à 
nous-même , a été , l'an passé , de cent quatre-vingts pour un, de très-beaux 
grains. Pour confirmer l'expérience , on a semé, en novembre dernier, une 
once de ce Blé en bonne terre, sans addition d'aucun engrais , et cette once a 
donné, en juillet de l'année courante, 180 onces, ou bien 1 S livres, exemptes de 
tous mauvais grains. Il n'y a pas à dire que le terrain avait été beaucoup 
fumé ; ce n'était pas même une bonne terre à froment. Cette grande récolte 
ne dépend pas autant de la longueur et du poids des épis, que de la grande 
facilité qu'a ce Blé de pulluler abondamment du pied : c'est pourquoi nous 
conseillons de le semer à la manière ordinaire , mais beaucoup plus clair. 

Ces 15 livres semées produiront 2, 700 livres, qui, à 90 livres par boisseau, 
formeront 30 boisseaux; semées une seconde fois, elles produiront 3,400 bois- 
seaux , résultat vraiment surprenant ; mais quand même ce produit se rédui- 
rait de moitié , c'est-à-dire à 2,700 boisseaux , par quelque accident , ce sera 
toujours une récolte surprenante et de beaucoup supérieure à celle de tous 
les fromens connus jusqu'aujourd'hui. Les expériences faites par quelques au- 
tres personnes auxquelles nous avons distribué de ce Blé , obtiendront à peu 
près les mêmes résultats. 

Matelas de Zostère. 

Le Zoslera marina est une plante de la famille des fluviales, extrêmement 
abondante sur nos côtes , où ses feuilles , longues de huit à dix pieds , mais 
larges seulement de quatre à six lignes , sont rejetées en si grande quantité 
par les marées, que , ne pouvant les employer comme engrais favorable, on 
est obligé de les brûler pour tirer la soude de leurs cendres. Souvent aussi 
on les fait servir à l'emballage des marchandises les plus fragiles, du verre, 
de la faïence, etc. Beaucoup de digues, en Hollande, sont construites avec 
cette Zostère. Depuis bien des années, M. Hauff, professeur en retraite de 
l'université de Gand , a recommandé l'emploi des feuilles du Zostère pour la 
confection de matelas que l'expérience a fait reconnaître supérieurs à ceux qui 
sont bourrés de laine ou de crin. Or, comme ces dernières substances sont 
aujourd'hui fort chères, il convient d'appeler l'attention sur l'économie que 
la substitution des feuilles de la Zostère au crin et à la laine peut procurer aux 



— 21 — 

administrations des casernes, des hôpitaux, des prisons et de tous les éta- 
blissemeus d'utilité publique. On a l'habitude, dans notre pays, d'employer 
au couchage des enfans, les feuilles de fougères ; celles de la Zostère sont in- 
finiment préférables en ce qu'elles jouissent de plus de mollesse , d'élasti- 
cité , et qu'en outre elles absorbent moins d'humidité , et sont à peu près 
incorruptibles. 

Sur le Bambod illt ; Bambusa arundinacea. Arundo Bambos. L. 

Le Bambou , que Linnée avait cru devoir assimiler au faible roseau , est 
une des plantes les plus extraordinaires et les plus majestueuses, non-seule- 
ment de la famille des graminées , mais encore de toute la superbe végéta- 
tion des tropiques. On voit ses tiges percer l'humble sol qui emprisonne les 
racines , s'élever presque par enchantement , et rivaliser bientôt en hauteur 
avec ces beaux palmiers, résultat d'une végétation lentement réfléchie. A la 
vue de ces chaumes gigantesques , qui pourrait croire qu'ils ont mis moins do 
temps à s'élever qu'il n'en faut au simple fétu , qui pare nos champs et nos 
gueréts , pour accomplir la courte période de sa vie? C'est cependant un fait 
de la plus sévère exactitude et dont onpeutmêmese procurer la conviction, dans 
nos climats presque subpolaires. Il y a, dans les serres du jardin botanique de 
Bruxelles , des Bambous qui atteignent , un mois après leur sortie de la terre 
où ils végètent en liberté, huit à dix pieds de hauteur, et qui n'ont à leur base 
guère moins d'un pied de circonférence ; au bout de trois mois ces mêmes 
chaumes étaient parvenus à cinquante pieds, et à cette élévation, rencontrant 
les vitraux supérieurs, ils les auraient infailliblement traversés si l'on n'avait 
pris le parti de pencher leur noble sommité, et même de la retrancher dans 
les jets les plus forts. 

Cette plante très-curieuse , comme on peut en juger, est également inté- 
ressante par les ressources qu'elle fournit aux indigènes des contrées oii elle 
croit, où elle a pu être transplantée; elle contribue singulièrement à la 
physionomie pittoresque des paysages équinoxiaux. Dans l'Inde, sol originaire 
des Bambous , comme dans toutes les colonies européennes des deux hémi- 
sphères où elles ont pénétré à la suite de la civilisation , ces puissantes gra- 
minées forment les clôtures naturelles des grandes habitations. Ce sont des 
haies immenses que l'on appelle des balisages; il est difficile de s'en faire une 
idée quand on n'en a point vu . Le frottement de leurs chaumes , qui se confon- 
dent dans leur épaisseur divergente, et qui , tout gros qu'ils sont, n'en demeu- 
rent pas moins flexibles, produit, quand le vent agite le balisage, un bruit 
tout particulier qui ne laisse pas d'être fort effrayant, surtout pendant les 
nuits orageuses telle qu'on les passe souvent aux Antilles. 

Les Bambous ont leurs rameaux piquans dans leur jeunesse ; leurs feuil- 
les sont du plus beau vert , et très-mobiles sur leur insertion , ce qui con- 
tribue à donner tant de jeu à leur verdure, quand les vents y pénètrent. Leurs 



22 

fleurs présentent une panicule imparfaite , composée d'épillels interrompus et 
sans ordre; elles se montrent rarement , et jamais sur les individus vigoureux, 
qui sont en pleine végétation. 

Les Bambous rivalisent encore avec les palmiers, pour les avantages qu'ils 
procurent à l'économie générale. Leurs jeunes pousses renferment une moelle 
spongieuse, d'une saveur agréable et sucrée, qui plait beaucoup aux indigènes > 
plus tard il découle des articulations des tiges un fluide fermenlcscible qui 
parait être le Tabaxir que les anciens peuples de l'Asie ont rendu célèbre par 
les propriétés qu'ils lui accordaieut. Le bois de ces tiges est d'une extrême 
dureté ; les Indiens l'emploient à la fabrication d'une foule de meubles d'une 
grande solidité ; il sert également à la construction des palanquins , seules 
voitures qui soient encore en usage chez la plupart des orientaux; il con- 
court à l'édification des temples, des palais, comme des simples cases. Divisé en 
lanières très-minces , il est converli en nattes que leur finesse fait quelque- 
fois admettre pour le couchage et même pour le vêtement. Les tiges les plus 
grêles, coupées et séchées dans des circonstances favorables , deviennent pour 
l'élégant citadin un maintien que l'habitude rend indispensable. 

Divers essais tendent à faire espérer que Ton parviendra à naturaliser le 
ïiambou dans le midi de l'Europe : un pied, qui avait environ douze pouces de 
hauteur, a été planté , vers les premiers jours d'avril l^itè, dans un jardin à 
Ilières, et a donné plusieurs liges qui se sont élevées jusqu'à vingt-six pieds; 
le terrain dans lequel il est placé a été arrosé, par irrigation , pendant tout 
l'été. On ne sait pas encore quel degré de froid il pourra supporter , car jus- 
qu'ici les hivers ont été peu rudes. Une tige qui ne faisait que sortir de terre 
le 3 septembre 18^-4 , avait, le 29 octobre, 2o pieds d'élévation ; sa circonfé- 
rence à la base était de 9 pouces et à hauteur d'homme de 7 1/2 pouces. 

Le Bambou se multiplie par marcottes, par boutures , ou même par la sé- 
paration des rejetons. \\ croit dans les terrains sablonneux les plus maigres, 
comme dans les sols les plus substantiels. 



INDUSTRIE ET COASTRUCTIONS HORTICOLES. 

Sur les serres, les cultures et la înachine à vapeur de M- Ch. de L'Escalopier, 
au château de Plessier, près Saint-Just [Oise) ; 

l'ar M. Cel.s. 

M. Ch. de L'Escalopier, connu déjà à plus d'un titre par ses connaissances 
variées, a fait construire au printemps dernier, à son château de Plessier près 
de St.-Just (Oise), un appareil à vapeur, servant au chauffage d'une serre 
de 60 pieds de long. Elle est divisée en trois parties : serre pour les Ananas, 
serre chaude, et serre tempérée ou jardin d'hiver. 



— 23 — 

Cet appareil, dont le succès outrepasse toute attente, est disposé de manière 
que l'on peut porter la chaleur dans telle partie de la serre que l'on di'sire, 
sans l'augmenter dans les autres , quoique les conduits les traversent , et il est 
possible de produire à volonté une chaleur humide ou sèche. Le fourneau se 
compose d'un foyer, qiii reçoit la chaudière génératrice, et d'un cendrier La 
fumée circule autour de la chaudière et entre dans la cheminée par un re- 
gistre destiné à régler l'intensité du feu. 

A la chaudière sont superposées deux soupapes de sûreté, chargées à une 
atmosphère et garnies de rondelles fusibles à 127 degrés. 

Entre les deux soupapes s'élève le tuyau conduisant la vapeur dans les ap- 
pareils de chauffage, et aboutissant à celui qui ramène, dans la chaudière, 
l'eau qui se produit par la condensation. Un manomètre à air libre indique 
la pression , et un niveau d'eau montre le point d'élévation de ce fluide dans 
la chaudière. En une heure , l'effet de cet appareil est produit , depuis le mo- 
ment où le fourneau est allumé , jusqu'à celui de l'évaporalion. 

Pour porter la chaleur où l'on veut , il faut connaître les fonctions de di- 
vers robinets, dont les uns doivent être ouverts, elles autres fermas; quand, 
le soir, on a un degré de chaleur sufûsant, on peut laisser l'eau dans les con- 
duits , qui entretiennent la température pendant la plus grande partie de la 
nuit. 

On peut aussi faire revenir l'eau dans la chaudière à volonté. Lorsque 
celle-ci a été remplie une fois , il n'y a pour ainsi dire plus nécessité de 
s'en occuper , car il suffit de remplacer , une fois seulement dans tout le cours 
de l'hiver, la déperdition d'eau qui s'y est opérée. 

La serre est disposée avec une élégance qui atteste le goût éclairé de 
M. de L'Escalopier , qui a été lui-même son architecte. Les portes de com- 
munication sont garnies de glaces , et les dalles qui soutiennent les plates- 
bandes de derrière sont en marbre blanc. Dans la serre tempérée se trouve 
un petit rocher avec cascade, dont toutes les fissures sont garnies de plantes 
qui produisent un effet très-agrèable. 

Ces serres sont meublées des plantes les plus rares et les plus remarqua- 
bles de toutes les parties du globe : telles sont entre autres l'arbre à pain , 
l'Acajou, le Ravenala, le Cacaotier, le Santal, le Cookia anisata,\e Quin- 
quina , l'Ébénier , le Cicas circinalis , le Mikania Huaco. 

On y trouve une collection des plus beaux Palmiers, parmi lesquels il suffit 
de signaler les Cocos Nucifera et Âmara , ainsi qu'une grande quantité de 
plantes à propriétés économiques et autres, que M. de L'Escalopier s'est pro- 
curées à grands frais , et qu'il serait trop long d'énumérer ici. 

Toutes ces plantes , pleines de vie et de fraîcheur , attestent de la manière 
la plus efficace , la supériorité du procédé de chauffage que M. de L'Escalo- 
pier vient d'introduire dans sa propriété. 



Description de l'établissement scientifique de MM. Vandermàelen d Bruxelles. — 

Jardins. 

Nous trouvons dans la correspondance de l'Horticulteur Belge des re- 
proches quelque peu sévères sur le silence qu'il a gardé, touchant des établis- 
seniens particuliers d'horticulture et de magnifiques jardins , où brillent des 
plantes rares et précieuses , que l'on observe peu fréquemment dans les col- 
lections publiques , quoiqu'elles soient instituées autant pour témoigner aux 
regards de tous, de la marche toujours croissante des découvertes en bota- 
nique , que pour procurer aux jeunes élèves dans l'étude de cette belle 
science, les moyens de faciliter leurs progrès. En prenant la direction de 
l'horticulteur, nous eussions pu décliner ces reproches, qui ne s'adressent 
qu'à nos devanciers; nous les acceptons au contraire, afin d'en saisir l'occa- 
sion de joindre à quelques mots de justification , l'assurance que de notre 
part rien ne sera négligé pour satisfaire des désirs qui sont aussi les nôtres. 

Sans doute l'on devait s'attendre à ce que l'Horticulteur Belge eut cherché 
à pénétrer dans ces belles villas, jetées au sein de nos fertiles campagnes pour 
ainsi dire comme de gracieuses broderies sur un riche tissu pour en rehausser 
l'éclat , et qu'il eut fait connaître à ses souscripteurs les objets nouveaux qui 
auraient principalement attiré son attention. H s'en était imposé l'obligation , 
et nous n'ignorons pas qu'à plusieurs reprises il a tenté de la remplir ; mais 
nous savons aussi , qu'intimidé par quelques obstacles qu'il ne comptait pas 
rencontrer, il s'est laissé aller trop vite en découragement, et que dans cet 
état de choses, il ne lui est resté d'autre ressource que de promener ses lec- 
teurs dans quelques établissemens publics, dont l'accès n'est interdit à per- 
sonne. Nous nous permettrons plus de hardiesse , nous aurons plus de persé- 
vérance , et avec cette noble franchise qu'inspire toujours l'amour du bien 
général, nous nous présenterons à St.-Josse-Ten-Noode, chez M. Reynders ; à 
Wilrick , chez M. le chev. Parthon-Devon; à Deurne , chez M. Desmet; 
à Anvers , chez M. De Callers, chez M. De Kniff-de-Meulenaere; à 
Wondeghem , chez M. "Van de Woestyne-d'Hane ; à Gend-Brugge , chez 
M. Burgraeve, chez M. Van Tieghera; à Gand chez M. Mechelinck ; au parc 
d'Enghien , où S. A. le duc d'Aremberg , fait cultiver dans des serres répu- 
tées les plus belles de la province , des plantes du plus haut prix et par leur 
croissance , et par leur rareté ; à Soie, chez M. le baron de Blomard ; à Feroz, 
chez M. le marquis Ch. de Trazegnies; comme chez beaucoup d'autres hor- 
ticulteurs que nous pourrions encore citer. Là, avec l'éloquence naturelle que 
nous prêtera le sujet, nous solliciterons de ces opulens propriétaires botanistes 
par inclination ou portés par entraînement à la culture des plus jolies plantes, 
la faveur de divulguer des trésors que la modestie ne prescrit point de tenir 
cachés ; nous évoquerons leurs souvenirs sur la formation primitive de leurs 
collections ; nous établirons avec eux un parallèle de ce qu'elles furent alors 
et de ce qu'elles sont maintenant. En ressemblant ainsi des faits pour servir à 




VUE DE L ETABLISSEMENT GiEO GRAPHIQUE DE Bai'XELLES 

Tri se dti coté des SaTes. 



— 23 — 

l'hisloirc do rhorlicullure en Belgique , nous obtiendrons , nous n'en dou- 
ions pas , l'aulorisalion de les publier et de mettre ainsi à la disposition de 
qui voudra les employer, des matériaux pour cette histoire. 

Une première démarche a déjà obtenu un très-heureux résultat que, sans 
plus tarder, nous consignons ici; elle a été faite auprès de M. François Van- 
dermaelen qui, avec une extrême obligeance, nous a introduits dans ses inté- 
ressantes serres : il nous en a même procuré la vue perspective que nous 
reproduisons dans la planche 1'" de ce volume, et nous a offert tous les ren- 
seigncmens qu'il était en son pouvoir de nous donner. 

Les jardins d'agrément, ainsi que ceux d'expérience, font partie du vaste 
établissement scientifique fondé et érigé , de 1829 à 18^0 , par M. Philippe 
Vandcrmaelen , de l'autre côté du canal nouveau qui, à la porte de Flandres , 
longe le boulevard de Bruxelles. Ceux que l'amour des sciences portent à en 
visiter les sanctuaires partout où il s'en trouve, connaissent ce précieux dépôt 
de productions naturelles de toutes les classes, de tous les ordres et de tous 
les climats (1), rangés méthodiquement d'après les meilleurs auteurs systé- 
matiques dans chaque partie ; ils ont pu apprécier cette bibliothèque remar- 
quable par le nombre et la rareté des ouvrages dont elle se compose; ainsi 
que cette Mappolhèque (2), que l'on ne trouve aussi complète chez aucun autre 
particulier. Les amateurs sont admis au musée de MM. Vandermaelen chaque 
jour, depuis dix heures jusqu'à quatre , et aucun d'eux n'en sort sans avoir 
éprouvél'admiralion que commande toute chose grande, généreuse et vraiment 
utile, sans témoigner encore son étonnement de ce que deux simples citoyens , 
n'ayant d'autres but que celui de concourir à l'instruction générale, y sacri- 
fiant leurs veilles et leur fortune , soient parvenus en si peu de temps à élever 
un tel monument aux sciences. Honneur I . . . Honneur, à ces véritables 
patriotes ! ils sont dignes de cette belle qualification trop souvent usurpée de 
nos jours par une tourbe d'intrigans qui ne savent rougir , pas même de leur 
pitoyable nullité. 

Ne fut-ce que pour contribuer à la publicité que méritent les vues éminem- 
ment philanthropiques de MM. Vandermaelen , nous devrons bien des fois, 
et sans nous écarter de notre ligne, revenir sur leur important établissement; 
aujourd'hui nous nous concentrerons dans leurs serres , nous y ferons un 
aperçu de leurs richesses , et plus tard nous entrerons dans l'école de botani- 



(1) En 1832, Messieurs Vandermaelen frères, ont. envoyé au Brésil, deux élèves de leur établisse- 
ment, MM. (i. Crabbe, jardinier, et Deyrolle, zoologiste, avec les instructions et les moyens nécessaires 
pour colliger des productions naturelles des trois régnes. Ces deux jeunes gens, après deux ans et 
demi de laborieuses recherches, sont revenus chargés d'une récolte des plus précieuses. 

En 1835, M. GaleoUi, autre élève de rétablissement et minéralogiitc distingué, dont l'académie 
de Bruxelles vient tout récemment de couronner un beau mémoire, est parti pour le JIe.\ique 
avec des instructions semblables à celles qu'ont si bien remplies MM. Crabbe et Deyrolie. 

(2) le savant baron de Zach a employé le mot Mappolhèque, pour désigner un dépôt de cartes 
géographiques. 

Tome \\\. 4. 



— 26 — 

que, nous parcourrons les divers jardins donl nous offrirons un plan général 
que nous sommes occupés à lever. 

Les serres , totalement construites en fer , sont adossées à l'une dos ailes 
du bâtiment ; la plus grande a trois mètres d'élévation au dessus du niveau 
du jardin , trente mètres de longueur, sept mètres de profondeur, et huit 
mètres de hauteur. Elle est divisée par un diaphragme en vitraux, de manière 
à pouvoir maintenir l'une des deux parties à la température de forte orangerie 
et donner à l'autre une chaleur constante de dix à douze degrés de Réaumur. 
Dans la première partie , sont établies trois rangées de gradins de 6 à 1-4 
étages, sur lesquels les pots sont placés avec tant de calcul et d'art que les 
plantes qu'ils contiennent , se font valoir réciproquement , sans qu'aucune 
d'elles puisse échapper à la vue. 

C'est dans cette première partie que nous avons admiré une collection 
magnifique de trois cents espèces ou variétés de Camellies , parmi les- 
quelles se trouvent celles qui ont été obtenues le plus récemment et dont 
le prix , dans le commerce , est encore extrêmement élevé. La collection des 
Pelargones , dont le nombre dépasse cinq cent, tant espèces que variétés ou 
hybrides, est sans contredit l'une des plus belles et des plus complètes de 
celles qui existent dans le pays. On remarque ensuite quatre cents Rosiers du 
Bengale , tous variés, et d'une superbe végétation , viennent encore d'autres 
collections non moins importantes, parmi lesquelles nous citerons celle des 
Rhododendron arboreiim, où nous avons compté dix-sept variétés nouvelles, 
provenues d'un semis fait en Belgique , qui ont fleuri pour la première fois , 
vers le commencement de cette année (1 8-)l5), et que l'éclat des corolles a dé- 
cidé M. Vandermaelen , à faire représenter ; un artiste des plus habiles a 
été chargé de ce soin , et nous espérons pouvoir , plus tard , comprendre quel- 
ques-unes de ces variétés dans les Iconographies de l'Horticulteur Belge. 
Un Araucaria excelsa, de la plus haute taille , un Araucaria brasiliensis , des 
Melaleuca, des Eucalyptus, des Mclrosidcros , des Banksia, et une foule d'au- 
tres plantes, toutes au plus intéressantes et parvenues à de très-grandes 
élévations , garnissent cette serre tempérée qui a l'aspect d'un magnifique 
jardin d'hiver. 

Aliénante à l'orangerie se trouve la grande serre chaude ; elle est divisée 
en deux comparlimens ; dans celui du fond les plantes sont en pleine terre 
ou dans la tannée; dans l'autre toutes sont en tannée. Les bâches y sont 
construites en pierre bleue desÉcaussines. Sur le devant, une planche, à hau- 
teur du miir d'appui, est destinée à recevoir, près du jour, un grand nombre 
dépôts; au dessous est le conduit de chaleur. Pour renouveler l'air, on a 
pratiqué des fenêtres à bascule, à la partie supérieure de la serre et des ouver- 
tures, qu'on ferme à volonté, le long du mur d'appui, sur le devant. Une pompe 
fournit l'eau nécessaire aux arrosemens. En dehors de ce mur, règne unegal- 
lerie de ^0 mètres de longueur ; au centre communique un escalier en fer , 
par lequel on descend dans le jardin. 



27 

Aux deux extrcinilùs de cette serre, se trouvent d'autres escaliers dérobés , 
au moyeu desquels on se rend dans une autre serre qui a ;50 mètres de lon- 
gueur , ÎD mètres de profondeur , 3 mètres de hauteur ; elle est comme la 
première , partagée en serre chaude et eu serre tempérée. 

Dans la pleine terre de la grande serre chaude , nous avons remarqué les 
plantes suivantes : Caryofn viens ; Ckamœrops palmata, humilis et autres ; 
Phœnix dactylifera ; Areca rubra; Zama lamiginosa; Saccharum officinarum ; 
trois espèces de 3Iusa; les Coccoluha microstachya , pubescens; punctata, 
uvifera, excoriata ; deux Latania rubra , dont un très-fort; plusieurs Latania 
chinensis ; Ardisia paniculala ; Vraniaspeciosa ; Calamus niger; Chamœrop^ 
fexilis; des Arum nouveaux; des Ixora; des Potkos cordata; un superbe 
Bromelia karatas , dont le fruit à 2S centimètres de diamètre ; plusieurs 
Pandanus odoratissimus , dont deux très-forts; 25 à âO Zamia, dont un 
Z. horrida, de 1 mètre de hauteur et de 1 mètre 10 centimètres de circonfé- 
rence , et un grand nombre d'autres qui nous ont paru indécrits ; pres- 
que toutes les espèces de Strelitzia, et parmi elles un S. juncea, fort 
extraordinaire pour sa taille ; les Croton picfus , discolor et autres ; le§ 
Pasiflora elata,, Princeps, Glauca, etc.; les Dracœna brasiliensis , picta, 
terminalis, paniculata , draco : celui-ci, qui a h mètres de hauteur, a 
donné en 18â-4, une panicule longue de 4 pieds, dont la plupart des fleurs 
ont fructifié et produit une grande quantité de semences; les Coco nucifera, 
elata sylrestris; Thrinax parvifolia; Coffea arabica; Euphorbia latifolia , 
plusieurs Crinunt amabile extraordinairement forts; les Crinum scabrum , 
Bronsonetti , et un grand nombre d'autres nouveaux ou peu connus , expédiés 
du Brésil, par M. Crabbe, en 18âS ; Myrtus pimenta ; Aletris fragans; Phyl- 
lanthtis grandiflora, Ficîis citrifolia, elastica, populifolia, efc; des Tamus 
d'énormes dimensions, dont un inconnu, venant du Mexique; plusieurs 
Cycas revoluta, dont deux très-forts; un Astrapiawallichii, à fleurs blanches, 
de 4 à 5 mètres de hauteur; un Astrapia pubescens; un Cycas circinalis ; 
probablement le plus fort qu'il y ait dans le pays ; deux Cactus speciosissimus , 
dont l'un a donné , en 181^5, 70 à 80 fleurs; une collection de 60 espèces ou 
variétés à' Amaryllis; un Littœa geminiflora , qui a fleuri en 18 -34 , et dont 
la hampe, garnie de plus de douze cents fleurs, avait environ -4 mètres de lon- 
gueur; un Ardisia, encore inconnu, provenant du Brésil; un Dillenia spe- 
ciosa; différentes espèces de Mimosa, de Theophrasta et une foule d'autres 
plantes vraiment admirables ; enfin un très-grand arbrisseau , qui parait ap- 
partenir aux malvacées, ou à quelque famille analogue, et qui est le résultat 
du semis d'une graine, parvenue du Brésil en 1814 ou 1815. 

La petite serre chaude offre également une multitude de plantes rares ; nous 
mentionnerons particulièrement une nombreuse collection d'orchidées , dont 
la floraison successive décèle souvent des espèces inconnues , pour lesquelles 
on doit même quelquefois créer des genres , ainsi que l'a fait dernièrement 
M. Dumortier , pour le Maelenia paran'oxa , hommage bien mérité parle 



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zélé propriétaire du jardiu que nous explorons. Une de ces orchidées, précisé- 
ment en fleur, au moment où nous jetons sur la serre ce coup d'œil investi- 
gateur , justifiera l'intérêt que présente cette collection ; nous l'avons nommée 
Oncidium venustum , et nous la mettons au nombre des planches coloriées de 
l'Horticulteur (1). 

La collection des plantes, dites grasses, fait aussi partie de cette serre et ne 
contribue pas peu à son importance ; c'est dans cette collection que nous avons 
vu tout ce que les découvertes en botanique ont produit de plus nouveau et 
de plus singulier; aussi plus delà moitié des espèces, est-elle encore sans 
ooms, Les Cactiers y comptent au moins pour trois cents; les Cereus, n'y 

(1) ONCIDIUM VENUSTUM. — OPCCIDIE mIGSONE. (pi. color. 49). cynamlrie monandric. 
Famille des orchidées. — caractère générioue : Labellum explanatum , lobatum, basi tii- 
berculatum. Sepala et i'elalai pâte ntia. Co\umna alata. Massas pollinis 2, posticè biLobœ, 
medio ajjixœ processu commuiii stigmalis. caractère spécifique : Scapo gracili ra- 
mifero ; sepalis petalisque ouatisjjlexuosis f paulo brevioribus labello undulato, trt- 
lobato : lobis lateralibus emarginatis; bulbo elongato, compressa ;JbUis 3^ oblongo- 
lanceolalis, acuminatis. 

Cette Oncidie faisait partie d'un envoi adressé du Brésil, à M. F. Vandermaelen , dans le cou- 
rant de 1834, et elle a fleuri au mois de juillet dernier. 

Son pseudobulbc est alongé , comprimé, d'un vert pâle, mais fort brillant j il donne naissance 
à trois feuilles oblongues , lancéolées, acuminées, épaisses, d'un vert assez pur, longues d'un 
peu plus de cinq pouces , et larges de dis à onze lignes. La hampe sort de la base inférieure du 
pseudobulbe , et s'élève latéralement â la hauteur de huit pouces environ ; elle est grêle , cylin- 
drique , d'un vert tendre, entourée à sa base d'une spalhe membraneuse , lancéolée , aiguë , d'un 
jaune brunâtre , longue de douze à quinze lignes , et qui se repète â plusieurs distances ou arti- 
culations , mais en diminuant insensiblement d'étendue ; elle se termine par une belle grappe 
composée d'une douzaine de fleurs assez brillantes, portées chacune sur un pédoncule de la lon- 
gueur de l'étendue de la fleur, c'est-à-dire, huit à neuf lignes. Les trois folioles extérieures du 
périanthe ou les sépales , sont étalées et creusées en gouttière, surtout la supérieure qui est 
presque orbiculaire ; les deux latérales inférieures sont ovales-lancéolées et toutes trois d'un 
jaune verdâtre , marquées de plusieurs taches irrégulières et centrales, d'un brun fauve ; les 
deux folioles inférieures ou sépales , sont aussi étalées , presque planes, ondulées, ovales , avec 
les bords lobés ou échancrés en forme de violon , jaunâtres , traversées par trois ou quatre 
bandes plus ou moins interrompues et d'un brun pouri)ré. Le lahelle est ondulé, trilobé : les 
lobes latéraux ont deux échancrures, dont uiie plus profonde ; ils sont d'un beau jaune doré , 
marqués d'une bande marginale, inférieure, brunâtre, qui prend de la naissance du lobe et 
s"étend jusqu'à l'échancrure ; le lobe inférieur ou intermédiaire est arrondi , presque orbiculaire, 
échancré à l'exlrémité , jaune , avec une bande iransverse, brune à sa base. Le gynosième est 
dressé, divisé en trois lobes, à bords tuberculeux, d un jaune vif, parsemé de points fauves, 
adhérent par sa base au lahelle, terminé par une anthère operculée , dont la partie supérieure, 
globuleuse, arrondie, prolongée en bec et légèrement recourbée , renferme deux masses polli - 
niques ovoides, solides, portées par une caudicule commune , et recouvertes par une coiffe qui 
les enveloppe ainsi qu'une partie de l'anthère. 

Explication de la planche 49. — Fig. 1. La fleur vue par derrière. Fig. 2. Le sépale inter- 
médiaire vu de face et de côté. Fig. 3. Un pétale. Fig. 4. Le gynosième et l'anthère vus de face. 
Fig. 5. L'anthère vue de côté. Fig. 6. Les deux masses polliniqucs attachées sur l'anthère et vues 
de face. Fig. 7. Les mêmes vurs de côté. Fig. 8. La coiffe qui recouvre les masses polliiiiques et 
une portion de l'anlhère. 



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— 29 — 

sontguére moins nombreux et l'on admire, parmi eux, plusieurs 5em7/s, de la 
plus grande rareté , parmi les Epijjhyllum , nous avons remarqué une Hybride 
que M. F. Vandermaelen a obtenue de la fécondation du Cereus speciosis- 
simus , par le pollen de VEpiphyllum ackermauîii (1). Les Mesembryanthc- 
mu7n; les Crassula ; les Euphorhia ; les Slapclia ; les Aloe ; etc. ; etc. ; com- 
plètent celte riche collection. 

Nous avons admiré, dans cette même serre, un très-fort Strelitzia reginœ, 
qui est en fleur en ce moment; deux S. Spathulata ; un S. Augusta; un 
S. humilis; plusieurs Crinum; huit espèces de Zammia; un Areca borbo- 
nica; un Pandanus amersii, très-rare; un Bonapartia gracillis;xine espèce 
de Tillandsia, qui a fleuri pour la première fois, en 1835 ; un Tamus elephan- 
tipes, ayant 75 centimètres de diamètre; un Phœaix paludosa; plusieurs 
Calanthe, reçus directement de la Chine, en 1835; des Clerodetidron, de la 
plus grande rareté, etc. 

Nous avons observé principalement , dans la petite serre tempérée , 20 es- 
pèces du genre Mimosa; 8 du genre Protea; 36 du genre Banksia; 10 du 
genre Hakea; 12 du genre Driandia; 12 du genre Diosma; 7 du genre 
Melaleuca ; 9 du genre Metrosideros ; 3 du genre Epimedium, envoyées 
du Japon ; etc. 

Toutes les serres réunies , nous ont paru renfermer environ quinze mille 
plantes bien choisies. 

Le jardin n'est pas moins riche en plantes rares acclimatées , en arbres et 
arbustes des différentes zones, que les serres que nous venons de parcourir. 
Nous avons remarqué une superbe collection de Pivoines de la Chine, dont 
plus de 200, provenant de semis et n'ont pas encore fleuri; un grand 
nombre de Rhododendron , d'Azalea, de Magnolia y forment d'épais buis- 
sons, qui se garnissent pendant l'été d'un nombre prodigieux de fleurs ; des 
Kalmia ,d.e?, Lonicera , des Andromeda, plusieurs espèces d'^sc»/MS; vingt- 
huit de P/i/oo? ; quatre-vingt-huit d'Aster; vingt-cinq de Saxifraga; vingt- 
cinq de Sedum; beaucoup d'espèces ou variétés de Dahlia, deSpirea, de 
Canipanula, d'Iris , de Chelone, de Veronica, de V aie riana; des Quercus 
des États-Unis; vingt-quatre espèces de Fruxinus ; un grand nombre de Ca- 
talpa; des Lijriodendron ; des Pyrtis japonica et une foule d'autres qu'il est 
impossible de comprendre dans une simple notice. 

Nous reviendrons, comme nous l'avons dit, faire une inspection plus dé- 
taillée de ce beau jardin qui intéresse non-seulement les botanistes, mais 
aussi les agriculteurs. 

M. F. Vandermaelen, ne s'en tenant pas à une fastidieuse démonstration , 
vient de créer un jardin de naturalisation el de botanique, qui sera entière- 
ment consacré à l'étude de cette belle science; les plantes y sont rangées 
d'une manière pittoresque , d'après le système sexuel de Linné. 

(1) Voyez pi. 50, de l'icoiiosraphic de l'Horliculleur Belge. 



— àO — 

L'élang du gr<iiid jardiu est desliné aux piaules aquatiques ; et un empla- 
cement a été réservé pour un essai de distribution des plantes par familles 
naturelles. 

Le fondateur de cette école de botanique , y a attaché un savant professeur, 
M. Scheidweiler, qui donne , deux fois par semaine, des leçons graluiles de 
botanique et de physiologie végétale. 

Comme on le voit , l'immense quantité de plantes de pleine terre , d'oran- 
gerie , de serres chaude et tempérée, réunies par les soins de M. F. Vander- 
maelen , mettent son établissement horticole au rang des plus beaux de 
l'Europe , et les nouvelles résolutions qu'a prises ce généreux citoyen , font 
espérer qu'il en sortira des élèves capables d'agrandir et de propager nos 
connaissances en horticulture. 



PLANTES UTILES ET CULINAIRES. 

Sur /'Ansérine qlinoa. Clienopodium quituoa. Willd. 

Après la Porame-de- Terre, après l'Oxalide à fleurs crénelées, voici une 
plante qui parait se présenter avec assez d'avantages pour que M. Loudon 
ait cru devoir lui consacrer un long article dans son Gardener's Magazine. 

C'est une plante potagère au Mexique, où elle croit sans culture , et que l'on 
juge susceptible d'être cultivée , avec utilité , dans les régions tempérées de 
l'Europe. M. de Humboldt place cette plante au rang de la Pomme-de-Terre, 
du Mais et du Blé , quant aux avantages qu'en tirent les Mexicains. Ses 
feuilles sont employées comme celles de l'Épinard, de l'Oseille et autres ana- 
logues. Ses graines peuvent remplacer le riz dans les potages ; données aux 
gallinacées , elles ont la propriété de les échauffer, et conséquemment de les 
faire pondre plutôt. La plante est annuelle; elle a l'apparence de VÂlriplex 
hortensis; elle atteint la même hauteur , c'est-à-dire quatre ou cinq pieds; ses 
figes sont droites, rameuses, garnies de feuilles pétiolées, ovales, un peu 
triangulaires ; les supérieures lancéolées, plus étroites, un peu pulvérulentes 
dans leur jeunesse ; les fleurs sont disposées en grappes touffues, serrées, axil- 
laires, plus courtes que les pétioles. Les graines sont petites, d'un blanc jau- 
nâtre , rondes , légèrement aplaties , n'ayant qu'environ une ligne de diamè- 
tre : elles pourraient être prises, si on n'y regardait de près, pour des graines 
de Millet. 

L'Ansérine quinoa avait déjà été introduite en Angleterre, en 18^2, et 
avait mûri ses graines, dans le jardin de Kew. Mais on ne l'avait point cultivée 
dans l'intention d'en faire une application quelconque à l'économie domesti- 
que ; ce n'est qu'en 1 834, que, dans cette vue , M. A. B. Lambert, l'a semée à 
Boyton , où elle a produit des graines en abondanre. M. LaraberJ , nous n'en 



— ^1 — 

douions pas , va s'empresser de distribuer ces graines à ses nombreux corrcs- 
pondans , et nous espérons que , sur tous les points de l'Europe civilisée, des 
essais de culture seront entrepris. Les expériences doivent être tentées en plein 
champ, afin d'obtenir une récolte abondante. Il faudra la semer très-clair, en 
rayons espacés de trois pieds, et à la même époque que l'orge, ensuite éclaircir 
les semis , de manière que les plantes se trouvent à un pied l'une de l'autre , 
dans chaque ligne. 

« Le botaniste voyageur Dombay, à son retour du Pérou , a beaucoup vanté 
l'Ansèrine quinoa, comme plante nutritive; il s'est même donné beaucoup de 
peines pour la naturaliser en France ; mais les graines qu'il avait apportées 
n'ont réussi qu'imparfaitement ; il est même probable que, maintenant, la 
plante a été entièrement perdue. On doit donc de la reconnaissance à M. Lam- 
bert , pour avoir ramené l'attention sur ce végétal important et pour avoir 
prouvé le premier, que le Quinoa peut croître en Angleterre, tout aussi bien 
qu'au Mexique et au Pérou. 

Chanipignons mxmslru^us. 

La halle de Paris a offert, l'automne dernier, des champignons comesti- 
bles, Âgaricus edulis , d'une grosseur extraordinaire , provenant de crois- 
sance spontanée. Un de ces champignons a été vendue fr. SOc. ; son volume 
était celui d'un petit melon, et il pesait huit livres. Son entier développement 
n'était point encore atteint car sa forme était sphèrique , et il n'y avait en des- 
sous , autour de son énorme pédoncule , qu'une faible ouverture , par oii l'on 
apercevait la belle teinte rose de ses feuillets ; son odeur de bon champignon 
était parfaite. Les couches de la société d'horticulture de Bruxelles , produi- 
sent assez fréquemment de ces champignons monstrueux , mais on a observé 
qu'en général ces produits, remarquables par leurs dimensions, l'étaient 
beaucoup moins par leurs qualités, aussi s'empresse-t-on de prévenir ces crois- 
sances prodigieuses, qui sont toujours préjudiciables à ceux qui les provo- 
quent. 

Truffes récoltées dans ta foret de Villers-Coticrets . 
Par M. MÉRAT. 

Ces truffes ont été remises à M. Bailly de Merlieux , qui les a présentées à 
la société d'horticulture de Paris. 

Elles étaient petites , à peine du volume de l'extrémité du petit doigt , et le 
plus communément grosses comme un pois. Elles étaient irrégulières, glo- 
buleuses , de consistance presque ligneuse , et au moins de celle du Liège. 

A l'extérieur, et dans les enfoncemens, on apercevait avec le secours de la 
loupe, quelques poils fins et assez longs, à l'intérieur des grosses veines 



— 32 — 

blanches, anastomosées, avec une chair rosée dans les interstices; elles 
n'offraient aucune odeur ni saveur. 

Ces petites Truffes sont, sans aucun doute, le Tuber album de BuUiard et 
le Rhizopogon albus de Fries, qu'il ne faut pas confondre avec le Tuber albidum 
de Cesalpin , ou grosse Truffe blanche , que l'on a trouvée en abondance 
au bois de Vincennes , il y a deux ou trois ans. 

A la première exposition publique de la Société d'horticulture de Paris , 
feu M. le comte Demurinais, présenta des petites Truffes, de la nature de 
celles de Périgord , venues artificiellement et dans les environs de Paris , par 
les soins d'un de ses amis. Il eût été curieux de publier le procédé que l'on 
avait employé pour les faire croître ; malheureusement on n'y songea pas , 
et il a échappé à la mémoire de ceux à qui il a été confié. 

Il a paru en 1826, la traduction d'un mémoire Allemand de Bornholz, sur 
la culture artificielle des Truffes; mais ce mémoire ne renferme rien de 
bien satisfaisant sur ce sujet. Le roi des Français en avait fait distribuer deux 
cents exemplaires à ses inspecteurs et garde-de-forêts, pour essayer ce genre 
de propagation artificielle, mais il n'a point été dit ou imprimé qu'aucun 
d'eux ait réussi à propager la Truffe , par les moyens indiqués dans ce mé- 
moire. 

Moyen de se procurer des Choux-fleurs pendant l'hiver. 

Un journal Allemand , annonce qu'on peut se procurer des Choux-fleurs , 
pendant l'hiver, en semant la graine au commencement de juillet, sur couche, 
au midi. Quand les plantes sont trop nombreuses, on les éclaircit de manière 
à laisser entre chacune d'elles un espace de douze à quatorze pouces ; et 
comme elles ne peuvent supporter que trois ou quatre degrés de gelée, on 
les rentre vers la mi-novembre , et on les met dans du terreau, en laissant à 
leur racine le plus de terre possible ; on enlève les feuilles, à mesure qu'elles 
se forment et on coupe successivement les plantes qui paraissent ne plus 
pouvoir se soutenir. C'est ainsi qu'on en conserve jusqu'en février. M. Cock- 
burn , en a envoyé à la Société horticulturale de Londres , une tête dont le 
diamètre était d'environ trente pouces. 

Variété nouvelle de Haricot. 

Jusqu'ici , on ne connaissait que deux variétés du Haricot d'Espagne 
( Phaseolus multiflorus L. ) : l'une à fleurs rouges et l'autre à fleurs blanches ; 
mais en 183-4, M. Laffay a obtenu une troisième variété de ce Haricot, 
dont la fleur a l'étendard rouge et les ailes blanches. Les graines sont variées 
de brun et de blanc et fort agréables au goût , après la cuisson. 



ARBRES FRUITIERS. 

POMMr-CoiNG. 

La variété à laquelle on vient de donner ce nom , provient , à ce que l'on 
assure , de la Reinette d'Angleterre. Elle existe à Paris , chez M. Noisette 
qui la cultive depuis 1826. La forme de ce fruit est si alongée qu'on a de 
la peine à la reconnaître pour une pomme. Sa chair est blanche , fondante , 
sucrée, relevée d'une acidité agréable. La peau reste jaune dans l'ombre ; elle 
se nuance d'un beau rouge , sur les points exposés aux rayons solaires. Il est 
probable que les bonnes qualités de cette variété , plus que sa forme 
curieuse et singulière , lui donneront bientôt accès dans nos pépinières. 

POMJIE DIVINE. 

Il paraît que cette variété a pris naissance au midi de l'Europe ; du 
moins c'est de Naples qu'elle a été envoyée , en 1830, à M. Jacques, direc- 
teur des Jardins royaux à Neuilly , qui l'a communiquée à M. Filette , à 
Ruelle; celui-ci en possède un certain nombre de pieds en plein rapport, dans 
ses pépinières. Sa chair est ferme, sucrée , d'une saveur qui approche de celle 
du fenouillé. 

Poire de vin (Sageret); Poiee betterave. 

Le seul mérite de cette poire consiste dans la singularité d'avoir la chair 
marbrée de rouge, comme une betterave, singularité qu'elle partage avec 
une autre poire anciennement connue, sous le nom de Poire sanguine. Elle a 
été obtenue de graines, par M. Sageret, et a donné son fruit en 1835. Il est 
petit, turbiné, régulier, lisse, lavé de rouge et finement piqueté de nom- 
breux points jaunes , dans le rouge ; l'œil est gros , saillant , à divisions 
épaisses, conniventes, fermées, blanchâtres en dehors; la chair est gros- 
sière , d'abord granuleuse , puis fondante , marbrée de rouge, comme une 
betterave, plus encore sous la peau et autour des loges qu'ailleurs; l'eau est 
sucrée, assez abondante ; les pépins sont courts et noirs. 

Poire Edouard [Sageret). 

Cette Poire est digne de la culture ; elle serait plus méritante si elle ne 
mûrissait pas en même temps que l'Épargne. Elle a été obtenue de graines 
par M. Sageret. Sa forme affecte celle d'un fuseau ventru ; elle est haute de 
2 pouces et demi , pendue à une queue longue et mince; sa peau est lisse , 
d'un jaune clair, se lavant et se piquetant d'un peu de rouge, du côté du soleil ; 
son œil est presque à fleur , large , ouvert , à divisions longues et diver- 
Tou E lli. 5. 



— 34 — 

gentes. Sa chair est d'un blanc jaunâtre , demi-fine , fondante ; l'eau sapide , 
sucrée, fort lionne; les loges petites; les pépins noirs, ovales, petits, très- 
courts. 

Poire silvange verte. 

Depuis plusieurs années, M. Piérard, chef de bataillon du génie à Verdun, 
parle d'une silvange verte , dont il fait grand cas , et qu'il désirerait voir mul- 
tiplier davantage ; il en offre des greffes à tontes les personnes qui lui en de- 
manderont. 

Goyave poire, Psidium pyriferum L. 

M. De Beauregard ayant apporté du Fort-Royal, à la Martinique, des 
graines de Goyavier , et de l'espèce connue dans le pays sous le nom 
de Goyavier de Cayenne, ces graines ont été semées au mois d'avril 1826 , 
dans le Jardin de M. De Beauregard , à Hyères , où elles ont produit quatre 
Goyaviers qui ont été plantés en pleine terre, contre un mur, où ils ont 
maintenant de dix à douze pieds de haut , quoiqu'on les ait recépés rez de 
terre, après l'hiver de 1829 à 18â0. Ils ont déjà donné plusieurs fois des fruits 
qui sont venus à leur parfaite maturité , et qui avaient un goût fort agréa- 
ble ; on s'en est servi aussi pour faire des confitures et des marmelades, d'un 
goût délicieux. Ces fruits ressemblaient à de moyennes poires ; quatre ensem- 
ble pesaient une livre ; on en a retiré beaucoup de graines qu'on destine à 
de nouveaux semis. On peut aussi multiplier cet arbre, par marcottes qui 
s'enracinent facilement. 

Chaque année, l'on obtient des fruits du Psidium pyriferum, que l'on cultive 
dans les serres du Jardin botanique de Bruxelles ; mais ces fruits sont loin de 
mériter l'éloge qui en est fait dans l'article précédent; peut-être cela tient -il 
au mode de culture auquel on est obligé de soumettre , dans notre climat, les 
arbres ou arbustes qui les produisent. 



EXPOSITIONS HORTICOLES. 

Salons d'exposition des Plantes et autres produits de l'Horticulture. 

Nous allons présenter dans un seul article le résultat des expositions faites 
par les diverses Sociétés de Botanique et d'Horticulture dans le courant de 
l'année 1833. Nous saisissons cette occasion pour inviter avec instance Mes- 
sieurs les secrétaires de ces honorables Sociétés, à vouloir dorénavant nous 
adresser le plutôt et leplus régulièrement possible, les procès-verbaux imprimés 
qui transmettent au public les décisions des juris d'examen pour la distribution 
des prix , afin que nous puissions les comprendre successivement dans 
l'Horticulteur Belge , et contribuer de tous nos moyens à encourager, à pro- 
pager des institutions qui justifient au plus haut degré l'épigraphe d'un ancien 
philosophe, et qu'ont adoptée quelques-unes de ces Sociétés: utile duki. 



— 3o — 

L'exposllion d'hiver de la Société d'agriculture et de botanique deLouvain, 
a eu lieu les 6, 7 et 8 février; elle se composait do 388 plantes brillantes de 
fleuraison ; de 60 espèces ou variétés de Pommes toutes rares ou nouvelles , 
récoltées et conservées par MM. Demeester et J. Deheen. On y remarquait 
eu outre un moulin à cylindre , avec engrenage en fer, destiné à fouler le 
raisin : à l'aide de celte machine, de l'invention ou perfectionnée par M. Vannes 
Delhaye, un seul ouvrier peut, en dix minutes, fouler assez de grappes et ex- 
primer assez de jus pour remplir une futaille ordinaire , et ce qui est d'un 
avantage inappréciable, pour la qualité du vin, c'est qu'aucun pépin n'est 
écrasé et que l'opération se fait avec une propreté dont on croit pouvoir se 
dispenser dans bien des pays à vignobles. — M. Hensmans a produit, avec l'in- 
tention de diriger les cultivateurs, dans le choix des Pommes-de-Terre , une 
collection de 142 variétés de ce précieux tubercule, la plupart cultivées par lui 
et dont il a fait un examen comparatif des produits en fécule. La Société de 
Louvain eut rendu un service signalé aux industriels en publiant le tableau 
des opérations de M. Hensmans et de leurs résultats particuliers. 

Le juri, présidé par M. le vicomte Descrhynmakers, a décerné les prix 
mis au concours , de la manière suivante : 

1° Pour la collection la plus complète en plantes parfaitement cultivées, à 
M. le vicomte Deschrynmakers de Dormael. L'accessit a été obtenu par 
M. Deswert. 

2' Le Camellia speciosa, exposé, sous le n° 208, par M. Deswert, a été 
jugé digne du prix de belle culture. Les n"' 22, Camellia imbricata, apparte- 
nant à M. Deschrynmakers, et 308, Camellia Donkelarii, à M. Pascal d'Onin, 
ont remporté les deux accessit. 

La médaille pour une plante de grande rareté n'a pu être décernée. 

La Société royale d'Agriculture et de Botanique de Gand , a tenu son 
exposition d'hiver, qui était la cinquante-deuxième , les 6, 7, 8 et 9 février ; 
on y comptait 2-43-4 plantes, et le juri, sous la présidence de M. Vancrom- 
brugghe , a distingué comme le contingent le plus riche en plantes fleuries et 
parfaitement cultivées , celui de M. Ch. A. Maes ; en conséquence la médaille 
d'or lui a été adjugée ; la collection offrait un ensemble de 104 plantes. Ve- 
naient ensuite les collections de MM. J.-J. Delehaye-Dael et Van de Woestyne- 
D'hane qui ont obtenu chacun une médaille d'argent ; des médailles de bronze 
ont été accordées comme second accessit aux collections de MM. Amand De 
Leu , J. De Cock et J. Wortman. 

Le prix de belle culture a été mérité par un Limodorum lankervillœ , n^ 865, 
exposé par M. A. De Cock, à Loochristi. Le n" 347, azalea indica, coccinca, 
de M. J. De Cock , à Malle, a obtenu le premier accessit ; le second a été donné 
au n" 1738, Acacia decurrens ,de M. J. Van Berghen , à Leerne-Sainte-Marie. 

Un concours extraordinaire avait été proposé pour la fleuraison du Lychnis 
chalcedonica , fl. Rubropleno, mais aucune plante de celle variété n'a été 
présentée. 



— 36 — 

On remarquait à cette exposition un Cyprès funéraire ; il indiquait le nom 
de Jean Henri Mussche , jardinier en chef du jardin de Gand , et membre de 
la société. Cetliorame respectable, descendant de jardiniers inlelligens , était 
doué d'un excellenl esprit , d'une des mémoires plus heureuse et d'un jugement 
sain; il avait acquis par sa longue pratique , une connaissance Irès-étenduo 
des plantes et des modifications de culture dont elles sont susceptibles ; il en- 
tendait parfaitement le latin ; il savait par'cœur son Linné et son Willdenow, et, 
avec une modeste réserve, il se permettait quelquefois de judicieuses critiques 
sur la classification et la nomenclature. Il était considéré de tous les jardi- 
niers des environs, qui venaient le consulter avec une sorte de respect filial. 
Le souverain récompensa d'une honorable distinction cet homme qui tenait 
tous ses talens de la nature et dont les vertus étaient la seule richesse. 

A Bruges, dans son exposition d'hiver, les 6, 7, 8 et 9 février, la Société 
PROVINCIALE d'Agriculture, d'Horticultcbe et de Botanique de la Flandre- 
Occidentale, sous la présidence de M. Coppieters-Twallant, a offert aux re- 
gards du public, S06 plantes parfaitement choisies , parmi lesquelles le juri a 
considéré comme digne du prix proposé pour la plante ou l'arbuste en fleur le 
mieux cultivé, un Aslrapea Wallkhii, portant le n^âSS , et faisant partie de 
la collection de madame Passeller. Le second prix a été voté en faveur d'un 
Camellia Japonica , anemoneftora, exposé sous le n" 278, par M. Jorris. Les ac- 
cessit ont été accordés l" Au Camellia Japonica, variété Prcssis éclipse, de la 
collection de M. Anthierens et au Slrelilzia rcginœ , présenté par M "' Pashel- 
ler. C'est au contingent de cette même dame , qu'est échu le prix pour la plus 
belle collection envoyée à l'exposition , et le second prix a été adjugé à 
M. Anthierens qui a , de plus, obtenu celui destiné à la plus belle collection de 
Camellies en pleine floraison. 

Mais un prix non moins important , voté avec sagesse par la Société de 
Bruges, est celai pour le jardinier qui, pendant le cours de l'année, aura ap- 
porté aux marchés hebdomadaires de la ville , les collections les plus riches en 
plantes d'agrément et d'utilité : Il a été acquis au sieur Huyttens , puis le 
sieur Durny a été mentionné honorablement. 

La Société de Flore de Bruxelles, a tenu son exposition d'hiver du 22 au 2-4 
février; elle a offert aux regards des amateurs 848 plantes de la plus belle 
floraison. Le juri , présidé par M. le baron Vandenvenued'Ophem, a décerné 
le prix pour la plus belle collection à M. F. Reynders ; l'accessit a été mé- 
rité par M. J. Gillot. M. Reynders a en outre obtenu le prix pour la plus belle 
collection de Caïuellies dans laquelle on admirait tout ce que ce beau genre 
peut offrir de rare et de magnifique. L'accessit a été donné à la collection de 
M""" Meeus-Vandermaelen , collection qui n'était guère inférieure à la précé- 
dente. Un Garrya clliplica, exposé par M. Reynders, sous le n°6^1 a été dé- 
signé comme la plante la plus rare ou la plus remarquable par la nouveauté 
de son introduction dans le royaume ; en conséquence le prix lui a été adjugé et 
l'accessit au n" 43G, qui était un Macradcnia lutescens, faisant partie du contin- 



07 

genl de M. F. Vandermaelen. Un Mimosa pubescens , de M. Reynders, et un 
Bégonia papillosa, de M. Symon-Brunelle ont remporté les prix de belle culture. 

799 plantes ont figuré à l'exposition d'hiver de la Société d'Horticlltcrb 
d'Anvers, les 1,2 et 3 mars; et parmi les contingens envoyés au concours 
spécial, pour la plus belle collection de plantes en fleur, le juri , présidé par 
M. De Caters, a distingué celui de M. J. VanHal, comme méritant leprix et ceux 
de MM. LeBrasseur-VandenBogaertetlechev., Parthon-Devon comme dignes 
del'accessil. La plante en fleur la mieux cultivée, fut VEkianlhus quinqueflorus, 
exposé, sous le n» 681, par M. J. VanHal: le prix lui a été décerné etl'accessit 
à un Acacia Dodoncœfolia, de M. Le Brasseur- Vanden Bogaerd , n" 284. Un 
concours avait été ouvert pour des plantes d'une culture difficile : le prix a 
été ad\agè au Laiirm persca , n" 93, de M. De Caters, et l'accessit partagé entre 
le Theophrasta serrala , n" -436 , de M' Morelus-Van Colen et VHeliconia 
speciosa, (Sert. Bot.), 723, de M. J. VanHal. Les collections qui présentaient 
le plus grand nombre d'espèces, en fleur, d'un même genre, étaient celles des 
Camellies, présentées par MM. Le Brasseur- Vanden Bogeard, le chev. Parthon- 
Devon et Lemmens. La première a eu le prix, les deux autres l'accessit. 

L'exposition d'hiver de la Société de Flobe d'Alost , les 1, 2 et 3 mars, 
se composait de -i79 plantes, et le juri de six horticulteurs choisis par la société 
et présidés par son titulaire M. Chalillon. Le prix de belle culture a été donné 
au n" 277, Azalca phœnicea , de la collection deM. Mechelynck, de Gand ; 
l'accessit a été partagé entre les n" lOo, CameUia Jap. var., Chandleri, à 
M. De Moor, et 271 , Blelia lankerviUœ , à M. Maes , de Gand. Des médailles 
d'honneur et des mentions honorables ont été accordées aux brillantes col- 
lections de MM. Verleuwen , de Gand ; Van Langenhove ; Josse Boone ; 
Ligot et Noy. 

La Société royale d'Horticclture de Mons , a aussi tenu son exposition 
d'hiver les 2S , 26 , et 27 mars ; il y avait 681 plantes, et d'après la décision 
du Juri que présidait M. Dumont-Ricart , les prix pour la plante la plus re- 
marquable par la beauté de sa fleur ou par sa culture soignée , ont été adjugés 
aux n°' 14o, Banksia ericifolia, présenté au concours par M. Dethuin, à Mor- 
lanwelz , et 6ol, Cypripedium insigne, appartenant à M. Verschaffelt fils, jar- 
dinier à Gand ; l'accessit a été mérité par le n' 318, Epacris impressa, de 
M. Hoste jardinier fleuriste à Gand. La Collection du prince de Ligne a été 
jugée la plus importante, parmi celles des amateurs, et a remporté le prix ; 
celles de MM. Decat-Vanmiert etGossart ont obtenu l'accessit. Enfin un con- 
cours spécial a été ouvert pour les jardiniers, et les collections deM. A. Ver- 
schaffelt , à Gand , et Hoste , ont eu , la première le prix , l'autre l'accessit. 

Est venu ensuite le tour de la Société royale d'Horticultire de Bruxelles, 
qui tient régulièrement son exposition tous les dix mois ; celle-ci offrait, les 
1 , 2 et 3 avril, 10o3 numéros sous lesquels se trouvaient des plantes, des 
fruits, des légumes, des instrumens et ustensiles, des ouvrages relatifs à 
l'horticulture. Le juri , sous la présidence de M. Meeus-Woutcrs , a distingué 



— 38 — 

comme la plus remarquable, par la nouveauté de son Introduclion en Belgi- 
que , une plante non encore décrite, du genre Maxillaria , n" 984, apparte- 
nante à M. le chev. Parlhon-Devon à Anvers. Le choix pour l'accessit, est 
tombé sur le n" 723, Epacris campanulata, fl. roseo, présenté par M. Reynders. 

Le prix pour la plus belle collection de plantes en fleur, a été décerné 
unanimement à celle présentée par M. Reynders ; et l'accessit à la collection 
de M. Stevens. Un second accessit a été voté en faveur d'une collection d'Ama- 
ryllis, de M. Knyff, d'Anvers. 

Le jury a également émis le vœu qu'une médaille en bronze fût accordée à 
une collection de plantes grasses , quoiqu'elle ne remplisse pas strictement 
les conditions du concours , ces plantes n'étant pas fleuries; mais , la beauté 
et la rareté des espèces, ont paru mériter cette distinction. La collection a été 
reconnue appartenir à M. Vanderaey , de Bruxelles. 

Le jury n'a pas cru devoir décerner le prix pour la plante dont la floraison 
a éprouvé beaucoup de difficultés; mais il a voté des accessit aux numéros 
7'â8 , Banksia speciosa, présenté par M. Reynders , et 914 , Camélia Japonica 
giganlca, de la collection de M'\ Meeus-Vandermaelen. 

Le prix pour les plus beaux frui ts de dessert, a été remporté par M. De Rasse, 
jardinier-fleuriste, à Tournay ; et l'accessit par M. Lebrun, à Lessine. 

Enfin, un dernier scrutin a été ouvert pour le fruit de dessert, dont l'état 
de maturité parfaite , est le plus éloigné de l'époque où il y arrive naturelle- 
ment, dans nos climats. Ce scrutin est unanime en faveur des raisins noirs 
présentés par M. le comte Amédée De Beaufort. L'accessit est accordé aux 
raisins blancs envoyés par M. Vandersende, jardinier, àMeysse. 

L'exposition d'été de la Société de Flore de Bruxelles, a eu lieu les 1 B, 1 4 
et 1 S juin ; elle présentait 1 123 plantes , parmi lesquelles le jury a considéré 
comme la plus rare ou la plus i écemment introduite , celle présentée 
par M. Reynders , sous le n° 829, c'était un Bosmelia ruhra; l'accessit a été 

donné au n" 692 ri/r^;>of7/»?n , espèce non décrite appartenante à 

M. Mechelynck de Gand ; un Banksia speciosa , n° 82-4 , et un Cactus acker- 
wa«m, n" 107â, choisis dans le concours de bonne culture et de belle florai- 
son , ont obtenu le prix et l'accessit. La première plante appartenait à 
M. Reynders , l'autre à M. le baron Vanvolden. Le prix pour le contingent 
le plus remarquable par la beauté et la nouveauté des plantes qui le compo- 
saient , a été remporté par M Reynders, et l'accessit par M. Hermans-Lub- 
bers , à Ixelles. 

Le prix pour la plus belle collection de Pelargones , en pleine floraison, 
a été dévolu à M. Hubert Gillot , et l'accessit à M. Kips , de Saint-Josse- 
Teu-Noode. 

{La suite nu numéro prochain). 



— S9 — 



BIBLIOGRVPHIE. 

Arbres fruitiers; leur culture en Belgique et leur propagation par la graine; 
on Pomonomie belge expérimentale et raisonnée , avec le catalogue des- 
criptif, abréqé, des bons fruits nouveaux , procréés et cultivés à la pépi- 
nière d'expérience de l auteur, à Louvain ; par Jean-Batiste Van Mons, 
des Sociétés d^ Horticulture de Londres , Massachusset et Paris , et de 
la Société Pomologique d'Altenburg , Louvain, chez L. Dusart et 
H. y a7ide7throeck , l8Z5;in-l2 , tome premier. 

« Vous avez l'intention de parler de mon ouvrage ; si vous le faites, rendez- 
» lui justice , en oubliant que vous êtes mon ami , car avec ce souvenir vous 
» ne manifesteriez par votre pensée tout entière. J'ai écrit ce livre pendant 
» ma maladie, et sous l'influence des idées de mort ; je me suis hâté d'ex- 
» traire de ma tête quelques axiomes, quelques maximes qu'une prati- 
» que de 4o années m'a rendu familières; . . . Aussi quelle distribution 
» vicieuse , quel style barbare 1 . . . Cependant un Français, au langage pur 
» et élégant, M. Poiteau.apu lire ce livre d'un bout à l'autre sans le déposer; 
» l'amitié seule a pu le soutenir dans la tâche qu'il s'était imposée. » Cet 
arrêt , beaucoup trop sévère , et que nous avons extrait de notre correspon- 
dance, en nous permettant de n'examiner l'ouvrage que sous le point de vue 
de son utilité , ne nous dispense pas de payer à son auteur le tribut d'éloges 
que mérite un zèle bien remarquable et que n'ont pu attiédir des contrariétés 
inouies dans les fastes paisibles de l'horticulture. Inébranlable dans sa résolu- 
tion, surmontant des obstacles sans cesse renaissans , M. Van Mons est enfin 
arrivé à son but, et nous lui devons la solution de plus d'un problème, dont, 
avant lui , on avait désespéré. 

Déjà le savant horticologue cité plus haut , par un exposé parfait de la 
théorie Van Mons, exposé que nous nous sommes empressés de reproduire 
dans l'Horticulteur Belge (tome 2, p. 201 et suiv.) Nous a prévenus et a pré- 
venu M. Van Mons lui-même, dans la publicité qu'il a donnée à sa notice 
historique. Agité par la crainte, heureusement dissipée, que le professeur 
n'eut point le temps de réunir en un corps de doctrine , tous les faits impor- 
lans que sa longue expèriencelui avait acquis, M. Poiteau a cru devoirprendre 
l'initiative; nous lui en avons d'autant plus de reconnaissance qu'il a déter- 
miné la publication d'un livre du plus haut intérêt pour la pratique du jardinage. 

M. Van Mons, pour satisfaire à l'impatience de ses amis et des nombreux 
amateurs de la propagation des bons fruits , leur a d'abord donné son premier 
volume , sans attendre qu'il pût être accompagné du second , dont nous sa- 
vons l'impression déjà fort avancée. Ce jireniier volume contient des considé- 
rations sur l'établissement d'une pépinière de vente ; sur les sujets propres à 
être greffés ; sur les semis pour greffe et sur la greffe proprement dite. Vien- 
nent ensuite les formes des arbres en pépinière; les formes des arbres plantés 



— 40 — 

à demeure; la transplantation des arbres ; la transplantation en pépinière des 
sujets pour greffe et des pieds greffés ; la transplantation des arbres qui 
doivent rester en place ; la taille sur arbres en pépinière ; la taille sur arbres 
en place ; la mise en fruit de l'arbre en place; l'influence du sujet sur le fruit 
de la greffe ; le point de maturité des fruits ; la forme et la taille de la vigne ; 
les maladies des arbres fruitiers; la restauration des arbres fruitiers et l'amé- 
lioration des fruits ; les semis à l'usage des recherches ; le choix de la graine 
pour les semis d'expérience ; les formes des arbres fruitiers en pépinière 
d'expérience ; la taille de ces arbres ; la greffe pour recherche ; la mise à fruit 
des francs en retard de marquer; la stérilité des arbres soumis à l'expérience ; 
le point de maturité des fruits nouveaux ; les maladies des variétés nouvelles 
d'arbres fruitiers ; la variation , sa nature et ses effets. 

Voici maintenant l'énoncé des articles dont traitera le second volume. Déca- 
dence des arbres fruitiers par l'âge ; de la variété et de la détérioration de leurs 
fruits; cause de la décadence de l'arbre et de la détérioration du fruit; défauts 
des fruits anciens; rajeunissement des arbres et amélioration du fruit par le 
semis ; cause de l'amélioration ; but de l'amélioration : sa marche progres- 
sive ; embellissement de l'arbre , marchant de pair avec l'amélioration du 
fruit; mérite des variétés nouvelles; caractères distinctifs des sortes vieilles et 
des sortes nouvelles ; remise sur la voie des améliorations ; perfectibilité con- 
tinue des fruits; suppression des variétés anciennes; règles à suivre pour le 
remplacement des variétés supprimées ; amélioration de la vigne ; fruits à 
noyaux sur sujets étrangers ; cause particulière du retard en rapport; durée de 
la germinabilité des pépins et noyaux; pépinières de recherche; arbres- 
étalons ; augure et triage ; épines ; dégustation des fruits nouveaux; étiquettes; 
plombs; noms et méthode de les appliquer; descriptions et flgures des bons 
fruits nouveaux ; expéditions de greffes; police des marchés à fruits; noms 
désormais sans objet ; pratique de la greffe devenue inutile. 

L'ouvrage sera terminé par un catalogue descriptif de tous les arbres gagnés 
et cultivés par l'auteur; et l'on sait que le nombre en est considérable. 

Nous recourrons bien des fois aux excellens préceptes que l'on trouve à 
chaque ligne de ce guide fidèle du jardinier pépiniériste. L'abondance des 
matières nous force aujourd'hui à nous restreindre à l'exposé sommaire des 
chapitres qui le composent. 



BoTANiCAL Register, or Gmaniental Flower-Garden, and shnibhery, efo. 
Continué par J. Lindley. vol. vin. n" 11 de la nouvelle série. Décembre 18âS. 

181-4. Elichbyscm bicolok. Afinmwi; foliis linenri-lanceolafis , acumi- 
natis, hasi obtusis , scahro ciliniis : superiorihus suhidatis; caule gîabro, 
ramoso; ramulis monocephalis , esquamatis ; bracteis involucri fulvis aureis- 
qtie acittis. 

Cette brillante Elichryse , qui a beaucoup de rapport avec certains Gnapha- 



- H - 

les , a été découverte en Australie, à la (erre de Van Diemcn , par M. Gunn 
qui en a enrich les collections européennes , dans le courant de l'année pas- 
sée. Elle est venue , par ses jolies fleurs , ajouter un charme nouveau à nos 
parterres , où nous la voyons étaler ses riches couleurs , pendant les mois de 
juin et de juin et de juillet. 

La plante est annuelle; Les tiges sont hautes de deux pieds , rameuse au 
sommet. Les feuilles sont lancéolées , linéaires , acuminées , sessiles , ciliées , 
longues de deux à frois pouces et d'un vert assez foncé. La calathide est 
solitaire à l'extrémité delà tige; les écailles de soninvolucre sont imbriquées, 
oblongues , scarieuses , persistantes, vertes à leur base, puis d'un beau jaune 
d'or, avec le sommet externe rougeâtre; le réceptacle estfovéolé , à réseau 
denticulé; le disque est large , formé de fleurs nombreuses , régulières , her- 
maphrodites , d'un jaune orangé , foncé , avec des anthères pourvues de longs 
appendices basilaires, membraneux et subulès ; les ovaires sont oblongs , mu- 
nis de papilles et surmontés d'une aigrette longue , composée de poils libres, 
égaux et faiblement plumeux. Les fleurs marginales ressemblent beaucoup 
à celles du disque. 

1815. Macradenia triaisdra; Foliis corinceis , Uneari-ohlomjis acumi- 
natis ; racemo prostrato ; lahello in medio trilamellato ; clinandrio serrato ; 
antheris duahus sterilibus. 

M. Lance vient d'envoyer à la société d'horticulture de Londres, cette Macra- 
dénie, la troisième connue du genre, qui a été trouvée dans les forêts voisines 
de Surinam , et dont les fleurs ont paru vers les premiers jours de l'année. 

Le pseudobulbe estoblong, atténué au sommet d'où s'élève une seule 
feuille oblongue, lancéolée, aiguë, coriace, striée, longue d'un peu plus de 
quatre pouces , large de huit à neuf lignes , et d'un vert foncé. La hampe 
est plus courte que la feuille ; elle s'élance d'un point latéral de la base du 
pseudobulbe et rampe à la surface du sol ; les sépales et les pétales sont 
oblongs, lancéolés, linéaires, pointus, d'un beau rouge sanguin à l'inté- 
rieur , bordé de verdâtre qui est la couleur de la surface externe. Le la- 
belle , plus court que les pétales , est sessile , obové , concave , divisé très- 
superficiellement en trois lobes , dont l'intermédiaire , beaucoup plus étroit 
et plus long, se réfléchit extérieurement; les deux lobes latéraux ont leurs 
bords recoquillés en dedans. Le gynostcme est libre , à peu près de la lon- 
gueur du labelle, cylindrique, s'évasant insensiblement vers le sommet qui 
est denté ; il est vert à l'intérieur et d'un gris pourpré extérieurement. L'an- 
thère est alongée , accompagnée à sa base et de chaque côté, d'un corps éga- 
lement alongé , mais qui en diffère par sa stérilité ; ces deux anthères stériles 
sont ovales , entières , verdâtres, bordées de rouge. Les masses polliniques 
sont pyriformes , légèrement comprimées , portées sur un caudicule arqué , 
grêle et fort alongé. 

1816. CoccoLOBA viRENS : Foliis ovato-lanceolatis , obtusis , hasi nt 
petioliim aucjiifilatis ; racemis nutant'ihus ; floribus decandris. 

Tome 111. 6. 



— 42 — 

On n'a que des données incertaines sur l'origine de ce coccoloha , qui fait 
partie de la collection de sir A. Hume, à Wormleybury , mais tout porte à 
croire qu'il appartient au climat des Antilles. Il a fleuri au mois d'août 18M. 

C'est un arbrisseau de sept à huit pieds de hauteur , dont la tige , recou- 
verte d'une écorce brunâtre , se divise en rameaux étalés ; ses feuilles sont 
ovales-lancéolées , obtuses au sommet, rélrécies à la base en une sorte de pé- 
tiole très-court, nervurées, d'un vert très-intense, longues de cinq pouces 
environ et larges de deux. Les fleurs sont petites , d'un blanc verdâtre , pé- 
donculées, rassemblées au nombre d'une trentaine, en une grappe lâche, 
axillaire et pendante . Le calice est monophylle , turbiné, partagé en cinq lo- 
bes concaves, à bords sinueux; la corolle est nulle. Les étamines ont leurs 
filamens plus courts que les divisions calycinales, insérés à leur base, élar- 
gis et un peu confluens à leur partie inférieure; les anthères sont jaunes , 
arrondies et biloculaires. L'ovaire est presque supère, renflé, surmonté de trois 
styles, divergeus, terminés chacun par un stigmate simple et infléchi. 

1817. Ox\Lis P10TT.E. Colla Hort. rip. p. 98. t. 1. 

1818. Galatella pcnctata. Galatea pcnctata. Cass. Dict. des se. nat. 
18. 57. 

Aster punctatcs. W. et Kit. Pi. Euncj. 2. 113. t. 109. — Spreng. Sysl. 
veget. â. 530. 

Nous donnons cette plante sous le nom que nous lui trouvons dans le Bota- 
nicnl Register, où nous présumons que l'on a susbiitué par erreur, Galatella 
à Galatea. Cassini, en désignant dans le genre Aster, cinq ou six espèces, 
dont les fleurs neutres de la circonférence et l'involucre composé de folioles 
coriaces, sans appendices, appliquées et vraiment imbriquées, établissent 
une légère différence avec les caractères que présentent les autres astères , 
n'a pas prétendu élever ce groupe au rang de genre mais bien de sous-genre ; 
or , comme telle n'a point été l'intention de l'auteur , nous ne voyons pas 
la nécessité de distraire du genre Astère , des espèces qui ne peuvent consti- 
tuer un genre distinct, et de surcharger inutilement la nomenclature géné- 
rique. Quoiqu'il en soit , l'Astère ou la Galatée à feuilles ponctuées , a été 
signalée en 1805, par Waldstein et Kitaibel , dans leurs descriptions des 
plantes rares de la Hongrie ; elle est cultivée depuis dans nos jardins, où elle 
fleurit vers les mois de juillet et d'août. 

1819. Ochranthe. nat. ord. nvPERicACCiE. Pent. frig. Calyx inembra- 
naceus , 5-phyllits, imbricatiis, corollœ pentapetalœ simillimus. Stamina. 6, 
hypogyna. Discus urceolatus , pentagonus. Carpella 3, basijunctis. Ovula 
miique carpello 6, placentœ centrait affiieœ. 

0. ARGLTA : Foliis oppositis , serratis , latis ; stipulis interpetiolaribus 
serratis ; floribus terminalibus , pallidis. 

Cette plante , originaire de la Chine , existe depuis une dizaine d'années, 
dans les serres de la Société d'Horticulture de Londres, où elle vient de fleu- 
rir pour la première fois. M. Lindley, lui ayant reconnu des caractères qui 



- 4? — 

ne se rapporlaieut ù aucun genre connu, a dû en créer un auquel, il 
a appliqué un nom dérivé des mots grecs oxpog , pâle et avQo^ , fleur , faisant 
allusion à la couleur blanchâtre de la corolle. La floraison s'est effectuée au 
mois de mars. 

Sa tige est frutescente; ses feuilles sont opposées, glabres, pétiolées, 
ovales-lancéolées, acuminèes, finement dentées, entières vers la base, 
longues de cinq pouces environ , larges de deux, et d'un vert intense; les sti- 
pules sont axillaires , ovales , blanchâtres , bordées de jaunâtre. Les fleurs, 
en petit nombre, sont réunies en thyrse terminal , portées sur des pédicelles 
glabres ; chacune d'elles est composée d'un calice droit , étalé, irrégulier, à 
cinq divisions : les sépales sont concaves , obtus, inégaux ; les extérieurs un 
peu plus courts. Les cinq pétales sont hypogynes , avec une tendance à se 
rouler , oblongs , obtus , onguiculés, marqués de trois yeines près du milieu et 
d'un blanc jaunâtre. Les cinq étamines ont leurs filamens alternes avec les 
pétales ; les anthères, qui les couronnent, sont attachées par le centre, bilo- 
culaires et déhiscentes dans le sens de leur longueur. Le disque est cyathi- 
forme , à cinq angles charnus et épais. L'ovaire est supère, ovale, à trois côtes 
obtuses , surmonté de trois styles subulés et droits. 

1820. RnoDODENDUoN PuLCHELLOM. Brillante variété résultant de la fécon- 
dation du Rhododendron arborcutn, par le pollen du Rhododendron caucor- 
sicîim. Elle a été obtenue par M. Waterer de Knaphill, et fleurit en abon- 
dance , dès les premiers jours de mars. 

1821. EuLOPHiA. Nat.ord. Orchid^je. Gyn. mon. PelalaS, distincta, con- 
formia, adscendentia , patentia. LabeWam basi calcaratum; lamina sessili 
cristatâ trilobâ, postice indivisâ. Massae poUinis 2, bilobœ ; lobuïo posticè 
indiviso. 

E. Ltirida ; Foliis lanceolatis, scapo ramoso midto brevioribus ; bracteis 
minimis , subidatis ; sepalis lineari-spathulaiis , obtusis ; petalis paulo 
latioribus ; labelU 'è-partiti basi callosi lobis lateralibus obtusis, recurvis ; 
intermedio obcordato ; calcare cylindraceo , inflexo, obtuso. 

La formation du genre Eulophia est encore récente ; nous la devons à 
M. Robert Brown, qui en trouva le type dans une plante qui venait d'être 
observée en Afrique , dans la province de Sierra-Leone. Le nom choisi par 
M. Brown est dérivé de cuchfoç, qui veut dire portant une belle crête, en 
considération de certaine conformation particulière du labelle , qu'offrait la 
première espèce observée. L'Eulophie luride est également originaire de 
Sierra-Léone , où elle paraît être fort commune; elle a été ajoutée aux sept 
ou huit autres qui composent actuellement le genre , par MM. Loddiges qui 
l'ont reçue l'an passé. Elle a fleuri au mois de janvier. 

Le pseudobulbe est conique , pyramidal , étage , cannelé , garni à chaque 
articulation de membranes écailleuses , larges à la base , acuminèes au som- 
met , d'un vert encore plus terne que celui du pseudobulbe , et même bru- 
nâtre. La feuille est alongée, réfléchie, striée et même plissèe, longue de six 



à sept pouces, large de douze àquiaze ligues , d'un vert olivâtre. De la basedu 
pseudobulbe, et se redressant contre sa surface, part une hampe grêle, ra- 
meuse, presque aussi longue que les feuilles, chargée de fleurs assez petites, 
réunies en grappes élégantes. Les trois pétales extérieurs ou les sépales sont 
linéaires, lancéolés, spatules, obtus, d'un pourpre foncé en dehors, beaucoup 
plus pâles en dedans : les pétales sont presque semblables pour la forme , un 
peu plus larges et entièrement blancs. Le labelle est jaune, uni par sa base 
au g}'nostéme , divisé en trois lobes , dont l'intermédiaire presque cordé et les 
deux latéraux obtus, recourbés et calleux à leur base. Le gynostéme est plus 
court que le labelle, arrondi, concave, purpurin , recevant, dans leur loge 
les deux masses polliniques, qui sont arrondies, déhiscentes longitudinale- 
ment et portées chacune sur un caudicule trés-gréle , attaché au centre de la 
glandule qui a la forme d'un disque. 



CcRTis BoTAMCAL Magazine ; OT Floiver Gatden displaijed ; in tchichthe most 
ornainental forcing plants cuUicafed in the open g round , tlie green- 
house, and the stove , ar accurateîij represented and coîored. , e/c. ; par 
W. J. HooEERL.L.D.,etc.,vol.ix,n' 108, delanouv. série. Décembre 1833. 

34S1. Brassia CAUDATA. LiNDL. Bot. Reg. 832. — Hook. Ex. Fl. t. 179.— 
Spreng. Sijst. reget. v 3. p. 729. — Lixdl. Gen. et Sp. Orchid, p. 212. 

Malaxis cacdata. Willd. Sp.,pl. v. 4. p. 83. 

Epidesdrcm cacdatcm, Linn. Sp. pi. p. 1349. 

Helleegrine RAMosissiMA. Caulihus et florihus maculosis. Plcm. ic. t. 277. 

3-4o2. Phacelia congesta. Pubescens ; foliis inœqualiter pinnatis : pinnis 
inciso-lobatis; racemis corymbosis, multifloris. 

Espèce nouvelle , découverte dans la province du Texas , au Mexique , par 
le botaniste voyageur M. Drummond, qui Ta fait parvenir, en 1833, au Jar- 
din Botanique de Glasgow. — C'est une plante annuelle, dont la tige, assez 
grêle , rameuse , cylindrique et pubescente, ne s'élève guère au delà de deux 
pieds. Les feuilles sont alternes , inégales , composées de quatre à cinq fo- 
lioles, profondément découpées, et dont la terminale , beaucoup plus grande, 
est en outre trilobée. Les fleurs sont réunies en un beau corymbe terminal ; 
le calice est profondément divisé en cinq lanières étroites, subulées et poin- 
tues; la corolle est subcampanulée,à cinq lobes, d'un bleu pâle, faiblement 
pourpré. Les cinq étamines sont saillantes hors de la corolle : elles ont leurs 
filamens très-grèles , insérés à l'orifice du tube et accoa>pagnés à leur base de 
deux petites écailles membraneuses. 

â4o3. Rrurs nutkaxcs. De Cand. Prodr. v. 2. p. o66. — Lindl. Bot. 
Regist. t. 1368. — Hook. Fl. Bor. Amer. v. \.p. 183. 

34o-i. Rhododendron MAXi3rr3i. ffî/5;ic?e^wj. LiNDL. Bot. Regist. t. 19.3. 

Rhododendron fra(;ra:<s.. Uortidan. 



84SS. Bellis iNTi-GuiroLiA. MiCH. Am. v. 2. p. 2ol. — Pirsh. FI. Am. 
V. 2. p. 527. 

EcLIPTa INTKGRIFOLIA. SpRENG. SlJSt. VCgct. V. 'i.p. 602. 

BrACHTCOME XANTHOCOMOIDES. LeSS. Comp. p. 192? LlNN^A. ». 9. p. 26S? 

3456, Veltheîmia giauca. (Var. flotibus rubescenti-jmrpureis). Jacq. 
Hort. Schœnhr. v. l. p. 40. t. 77. — Willd. 5/>. pi. v. 2. p. 182.— Zîo^ 
Magaz. t. 1091. {Flore albo). — Spreng. 5'i/s#. vegct v. 2. p. 75. 

Aletris glauca. Ait. Hort. Kew. éd. 1. v. 1.^.485. 

Var. florihus rubescenti-pnrpiireis. Bot. Magnz. t. iÂM. 

Veiltheimia glauca. Redouté. Pi. Liliacées. v. 8. t. 440. 

La Veltheimie à feuilles glauques est anciennement connue; on la cultive 
en Europe depuis 1781, et elle y a été apportée du cap de Bonne-Espérance, 
d'où elle est originaire , par F. Masson. — C'est une plante bulbeuse, garnie 
d'une dizaine de feuilles opposées, engainantes, étalées, lancéolées, ondu- 
lées, acuminées , d'un vert glauque et brillant en dessus, verdàtres en des- 
sous; elles entourent une hampe cylindrique, d'un pourpre brunâtre, élevée 
de dix à onze pouces , supportant un bel épi composé d'une cinquantaine de 
fleurs pendantes , dont le périanthe , tubuleux , cylindrique , un peu renflé , 
a son limbe partagé en six divisions obtuses. La belle variété que décrit 
M. Hooker, ne diffère de l'espèce primitive , que par la couleur de la corolle 
qui est entièrement d'un beau pourpre foncé , dans la première , tandis que 
dans la seconde , elle se nuance du blanc au rouge de chair. Du reste toutes 
deux ont la même origine. 

3457. EpiDENDRrM conopseum. Brown. In Ait. Hort. Ketv. éd. 2. v. 6. 
p, 219. — NcTT. Gen. Am. v. 2. p. 198. — Ell. Carol. v. 2. p. 506. — 
Sprexg. Sijst. veget. v. S. p. 757. — Lindl. Gen. et Spec. Orchid, p. 106. 

EpIDENDRTJM MAGNOLliE. MuHL. Cot. 81. 



British Flower Garden ; and ornamenfal shrubbery, etc. ; par Robert 
Sweet. F. L. S., etc. Seconde série n" LXXVII, décembre 1835. 

§13. SiLEivE REGiA. SiMS. in Bot. Magaz.-f. 1724. — Nutt. Gen. 1. p. 288. 
— DeCand. Prodr. l.p. 382.— G. Don. Gen. Syst. Gard, et Bot. 1. p. 413. 

314. LiJPiNis EiMACtJLATUs. Perentiis , proctwihens ; foliolis 5, oblongo- 
spathulatis ; calycibus appendiculatis ; lubio superiore bi-partlto ; inferiore 
indiviso , acuto, longiore ; legutninibiisteretibus, ionientosis, sub-'S-spermis. 

Ce Lupin a le Mexique pour patrie , et a été découvert en 1833 , dans la 
province de Texas , par M. Thomas Drummont , qui en a apporté des graines 
en Angleterre. Quelques-unes des plantes ont fleuri dans les serres du 
Dr. Neill, à Canonmill, près d'Édinbourg, au mois de septembre dernier. — 
Les racines sont vivaces; elles produisent des tiges herbacées, ordinairement 
couchées, rameuses, cylindriques, solides et longues d'un pied environ ; les 
feuilles sont alternes, composées de cinq folioles ovales-oblongues , glabres 



— 46 — 

el d'uu vert très-pâle ; le pétiole est long d'un à deux pouces. Les fleurs , ras- 
semblées en grappe terminale , sont serrées , portées sur des pédicelles fili- 
formes , soyeux et longs de quatre lignes ; ils sont accompagnés de bractées 
lancéolées. Le calice est de la longueur des pédicelles , soyeux, divisé profon 
dément en deux lèvres : la supérieure à deux lobes , l'inférieure entière. La 
corolle est papilionacée , d'un bleu pourpré vif à l'étendard , dont le centre 
est d'un jaune orangé ; les ailes sont pourprées , et la carène est bleue. Les 
dix étamines sont monadelphes , avec cinq de leurs filamens plus courts que 
les autres. 

âlS. Calliopsts Drcmmondii. — Syngénésie polygamie frustranée. — Fa- 
mille des synanthérées. — Caractère cÉNÉRiauB : Achcenium obcompres- 
sum , omnino calvum , intàs curvafum , apice tnincatiim , angiiste bilabia- 
tum ; disco epigyno, minuto ; alis concoloribus , integerrimis. Stylus disci 
ramls truncatis apiceque solo penicillatis. — Caractère SPÉciFiatJE : pi- 
losa; foliis superioribus ternatis : segmentis ovatis ; flasculis disci ^-denta- 
fis ; achœniis venfricosis , tuberculatis. 

Linné a retiré des genres Bidcns et Corona-solis , de ïournefort, quelques 
espèces dont il a composé un genre nouveau sous le nom de Coreopsis. Ce 
genre, peu nombreux d'abord, et bien caractérisé , s'est accru successive- 
ment d'une multitude d'espèces que des botanistes , moins scrupuleux que 
Linné , y ont introduites assez légèrement. Il en est résulté une telle incer- 
titude dans le caractère générique que la nécessité d'une épuration s'est 
bientôt fait sentir. Le professeur Reichenbach , s'est particulièrement occupé 
de ce travail , et dans ses élaborations il a du créer quelques genres nou- 
veaux ; celui qui a reçu les Coréopsides à akènes comprimes , mais entière- 
ment nus et tronqués au sommet , a été nommé Calliopsis, de kxXXh; , très-beau 
et o-l^iq, figure , sans doute parceque les fleurs , en général , sont douées d'une 
grande beauté et font dans nos parterres l'effet le plus riche. La Calliopside 
de Drummond , a été observée par ce savant et infatigable collecteur , dans la 
partie septentrionale de la république mexicaine ; et les graines qu'il en a 
rapportées ont produit les plantes que l'on a vu fleurir au mois de septembre 
passé, dans la collection du Dr. Neill, cité dans l'article précédent. Cette Cal- 
liopside , est la quatrième cultivée maintenant en Europe. 

C'est une plante annuelle , dont les racines, fibreuses, donnent naissance à 
une tige droite , cylindrique, striée , rameuse, d'un vert tendre, et élevée de 
deux pieds environ. Les feuilles sont opposées , partagées en trois segmens ou 
folioles, linéaires-oblongs ou lancéolés , dont l'intermédiaire est beaucoup 
plus grand que les latéraux ; les feuilles radicales sont plus longues et assez 
souvent composées de cinq ou sept segmens : leur couleur est le vert tendre , 
légèrement veiné et pubescent en dessous. La Calathide est terminale, soli- 
taire, portée sur un pédoncule fort élevé, filiforme et poilu à sa base; elle 
est entourée d'un involucre double, formé de huit segmens foliacés, linéai- 
res, aigus, glabres et d'un vert assez souvent sali de brunâtre ; elle est ra- 



— 47 — 

(liée , avec les ileurons du disque lubulcux , nombreux , liormapluodiles el 
jaunes; les fleurons de la circonférence sont au nombre de huit, disposés sur 
un seul rang , grands , cunéiformes , à trois lobes , à bord supérieur irrégu- 
lièrement découpé et d'un beau jaune doré ; cette couleur Iranclie de la ma- 
nière la plus agréable avec celle de l'onglet qui est d'un brun pourpré , fort 
profond , et présente , lorsque les fleurons sont bien étalés , un disque dont la 
circonférence paraît repéter les cinq découpures du limbe. Le réceptacle 
est plane et paléacé. Les akènes sont renflés et tubercules. 

Cette belle espèce , destinée comme le Calliopsis ^mc^oWo , à devenir l'un 
des plus beaux ornemens de nos plate-bandes, demande à y être semée d'assez 
bonne heure, aussitôt que l'on prévoit n'avoir plus à redouter les gelées tar- 
dives. Elle produit des fleurs en abondance. 

316. Phlox druîiimondii. Pentandrie monogynie. — Famille des polémo- 
niacées. — Caractère GÉNÉRiauK : Câlys. prismaticus , 5-fidvs.CoTo\\a.tuho 
elongato ; limho hijpocrateriformi, 5-lobato. Stamina inœqualia, tuho inserfa. 
Capsula %-locularis , 'è-valvis , subtrisperma. — Caractère spÉcinauE : 
Annua; patenti-pilosa, erecta ; foliis oblongis , acutis , aristaiis , basi sub- 
cordatis, semi-amplexicmilibiis , infimis subspaihulatis ;floribus conjmbosis ; 
corollœ laciniis sîibulatis, acvininatisnimis , reflexis corollœque tubo {calycis- 
tubum ter excedente) hirsutissimis. 

Ce Phlox est originaire de la partie orientale du Mexique , qui constitue le 
Texas. Ses graines y ont été recollées par M. Drummond , durant son séjour 
dans cette partie de l'Amérique septentrionale et à son retour en Angleterre , 
il en fit -le semis , de sorte que dans le courant du mois d'août 1830 , il a pu 
jouir de ses jolies fleurs. — L'espèce est annuelle , et c'est vraisemblable- 
ment la seule du genre , qui présente une existence aussi limilée ; ses tiges 
sont simples ou divisées seulement au sommet ; elles spnt cylindriques , her- 
bacées , velues, hautes d'un à deux pieds, garnies d'un petit nombre de 
feuilles sessiles, presque cordées à la base, demi-engaînantes, lancéolées, 
aiguës, ciliées en leurs bords, d'un vert assez agréable, longues de deux 
pouces et larges de six lignes ; les radicales sont plus longues de près du 
double , spalhulées et glabres dans leur partie antérieure. Les fleurs forment 
un brillant corymbe terminal; chacune d'elles est portée sur un pédicelle 
court et velu. Le calice est tul;uleux avec son limbe divisé en cinq segmens 
subulés, très-aigus, et réfléchis; la corolle offre une brillante couleur pour- 
prée , beaucoup plus pâle à l'extérieur; son tube est hispide à l'extérieur; le 
limbe est rotacè , étalé , divisé en cinq folioles ovales , presque rhomboïdales , 
rétrécies à leur base et pointues au sommet , l'onglet est d'un pourpre plus 
obscur , mais l'orifice du tube s'éclaircit brusquement de sorte qu'il en résulte 
un petit disque très-pâle , lorsque la fleur est pleinement épanouie ; ce disque 
laisse apercevoir les cinq anthères qui couronnent un pareil nombre de fila- 
mens staminaux , insérés à la naissance du tube. L'ovaire est ovale, surmonté 
d'un style court et blanchâtre que terminent trois stigmates alongés. 



— 48 — 



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L'HORTICULTEUR 



BELGE. 



FÉVRIER 1336. 



yolice sur la Volvària conchylioides; joar M. Léon Dufour , correspondant 
de l'institut, à Saint-Sever. 

Sans adopter toutes les conséquences de la morphologie des Lichens, ex- 
posée par MIM. Walrolh , Meyer et Fries , il est néanmoins bien démontré à 
l'observateur attentif et consciencieux que les formes variées, sous lesquelles 
se jouent ces Protées de la cryptogamie , ont amené dans la détermination des 
espèces, d'innombrables erreurs. Les sources principales de celles-ci se trou- 
vent dans l'âge de ces productions , dans la nature du support où elles crois- 
sent, et dans les influences météorologiques. Ce n'est pas ici le lieu de se lais- 
ser entraîner dans des dêveloppemens à ce sujet : je rentre dans la spécialité 
de ma notice. 

C'est dans mon herbier même , et sur un échantillon (que je conserve en- 
core) cueilli par mon ami le docteur Villermé, aujourd'hui membre de 
l'Institut , sur un grès friable , aux environs d'Élampes , que M. De Candolle 
fonda la Voharia conchylioides de la Flore française. « Cette espèce de 
Lichen , dit-il , n'offre pas de croûte sensible ; on y remarque des tubercules 
arrondis, aplatis , blancs et légèrement enfoncés, qui s'ouvrent au sommet et 
mettent à découvert un réceptacle noir, orbiculaire, en forme de lentille. Dans 
cet état , on croirait voir un très-petit Lichen foliacé, dont chaque feuille porte 
un seul tubercule ; à la fin de vie de la plante le réceptacle tombe , et l'on 
voit alors une coupe concave, blanche, crustacée et qui ressemble à une petite 
coquille (1). » M. Duby, dans le Boianicon qallicum (2), n'a pu que cal- 
quer une phrase spécifique sur la description de l'illustre auteur de la Flore 
française, et il a placé cette production dans le genre Thelotrema. Enfin, le sa- 
vant cryptogamiste , M. Fries, a compris , sans l'avoir vue, la Voharia con- 
chylioides parmi les modifications de la Parmelia coarctata. (3) . 



(1) Flore franc. 3' édit. (1805), t. ii, p. 373. 

(2) Botanic. gallic. Pars seciinda (1830). p. 073. 

(3) Lirheitngrnph. Europ (1831), p. 105. 

Tome III. 



— liO — 

Les bolanisles qui se sonl livrés à une élude suivie des Lichens , auront pu 
remarquer que , soit par les progrés de l'A^'o, soit par l'influence desfruclive 
des agens extérieurs, le disque coloré ou la lame proligére des apothccies de 
certaines espèces, notamment des Parmelin snlfuscn et atra, est sujet ou à se 
détacher et à disparaître entièrement, de manière qu'il ne reste alors qu'une 
cupule blanchâtre d'une texture analogue à celle de la croûte, ou, dans une 
décrépitude avancée et par l'action prolongée de l'humidité, à tomber dans 
une sorte de déliquescence qui , surprise plus tard par une chaleur intense , so 
concrète de nouveau , mais devient informe. Le Lichen rcvèl, dans ces divers 
états , un aspect étrange, une physionomie insidieuse, qui en imposent faci- 
lement à des yeux peu exercés. 

C'est précisément ce qui est arrivé pour l'établissement de la V oh aria con- 
cliylioides. Dans l'échantillon qui a servi à la description de M. DeCandoUe, 
lethallus ou la croûte , usé par l'action météorologique que favorisaient les 
petites aspérités caduques du support , est assez vaguement répandu et pres- 
que nul. Les apolhécies s'y observent dans les divers états de détérioration 
dont je viens de parler. Il en est même un petit nombre avec le type normal 
inaltéré , qui achèvent de nous mettre sur la voie de l'espèce légitime à la- 
quelle appartient la Volvarin. Celle-ci se rattache évidemment aux innom- 
brables polymorphies de la Parmelin subfuson , ou Lichen subfuscus. Lin., et 
plus spécialement aux individus saxatiles de ce groupe. La Volvarin con- 
chylioides doit donc disparaître du catalogue déjà surchargé des Lichens , et 
ne devra désormais figurer que pour mémoire, dans la synonymie inextricable 
de ceux-ci. 

La f.ecnnora Icucopis d'Acharius, à en juger par des échantillons reçus de 
M. Schleicher, qui communiqua primitivement l'espèce au célèbre fondateur 
de la Lichénographie , ainsi qu'on peut le voir dans sa Lichenocjraphia uni- 
versalis ( p. S3Â ) ; présente les mêmes traits que la Volvarin dont je viens de 
parler , et doit éprouver le même sort. Seulement son état de détérioration 
est bien moins avancé, et sa croûte, qui repose sur une roche granitique, 
support plus dur, moins altérable que le grès, est assez épaisse et continue, 
mais j'y vois, comme dans la Volvarin conchylioides , des apothécies , les 
uns bruns, régulièrement arrondis, adultes, entourés d'un rebord blan- 
châtre, les autres noirâtres, informes, décrépits, comme difiiuens ; enfin 
j'observe à la croûte des fossettes conchoïdes d'où la lame proligére a dis- 
paru. M. Pries (1. c. pag. 142) , qui parait avoir eu sous les yeux des échan- 
tillons de la Lecanora leiicopis avec une croûte épaisse, blanche, inégale, 
sorédiifcre , tels que ceux que j'ai reçus d'Acharius lui-même , a rangé celte 
dernière production dans les variations de la Parmelin atra. Ainsi, il y a une 
grande conformité dans notre manière de voir sur ce point; et si ce profond 
lichônographe eût vu , comme moi , les apolhécies bruns de la L. Icucopis, il 
;n'aurait pas balancé à la placer dans les polymorphies de la Parm. sub- 
fnsca. 



— SI — 
Sur le sommeil des plantes; par M. Meter. 

Dans son coup-d'œil annuel sur les résultats des travaux faits en botaniqua 
physiologique, pendant l'année 1834, M. Le professeur Meyer, de Berlin, 
rapporte d'intéressantes observations sur le sommeil des plantes. Ce sommeil, 
tant nocturne qu'hibernal, est comparé à celui des animaux ; les différences 
que l'on remarque entre eux , ne sont que le résultat de l'organisation par- 
ticulière des plantes. Suivant M. AJeyer, on peut étudier dans une mêmeplante, 
toutes les dégradations du phénoracue du sommeil variant avec l'âge des feuil- 
les: si l'on s'est bien pénétré de l'aspect d'une plante pendant la journée, et 
qu'on l'examine à la nuit , on s'aperçoit aussitôt que les feuilles les plus éle- 
vées et les plus jeunes retournent presque entièrement à l'état de bourgeon , 
et que la modification de forme et de position qui constitue le sommeil , est de 
moins en moins sensible vers la base, de sorte que souvent on ne reconnaît pas 
la moindre altération aux feuilles iuférleures. Plus la plante est jeune, plus 
son sommeil est profond; de même que, chez les animaux, tous les organes 
ne sont pas également soumis au sommeil. Le sommeil des plantes , comme 
celui des animaux, s'exprime par une modification journalière, par l'état du 
corps , qui se rapproche de celui qu'il affectait de préférence dans un âge moins 
avancé, et par une diminution d'intensité et de durée dans le phénomène à 
mesure que l'âge augmente. 

L'influence des sucs nourriciers sur le changement périodique de la veille et 
du sommeil , n'est pas très-évidente. M. Meyer a observé que la tige , crois- 
sant avec vigueur , s'accroît presque deux fois aussi vite le jour que la nuit, et 
il en conclut que la nuit arrête l'accroissement , et par conséquent l'alUuence 
des sucs , tandis qu'elle est accélérée par le jour; on pourrait faire quelques 
objections à cette manière de voir. M. Meyer remarque très-bien que dans les 
plantes, comme chez les animaux, il y a quelques espèces qui dorment le jour 
et veillent la nuit, circonstance qui rend quelquefois très-difficile la détermi- 
nulion du sommeil. 



CULTURE DES PLKNTES GRASSES. 

Extrait d'une lettre de M. schcltfss , nu Linde/ujarten , à Zurich. 

« C'est avec le plus grand intérêt que j'ai lu le système que suit M. Bous- 
fière (1) , dans la culture des plantes grasses ; il esi absolument semblable à 
celui que je mets en pratique, depuis un nombre d'années, avec le meilleur 

(, ! ) /^(>> cr- ci-dessiis p. 19. 



52 

succès. L'exposition de mes plantes succulentes est vers l'est, appuyées contra 
un mur qui les garantit des coups de vent du nord et nord-ouest. Couvertes 
d'un toit vitré, elles jouissent du soleil jusqu'à trois heures après midi. 
Chaque pot a sa soucoupe pour de fréquens arrosemens pendant les mois de 
juin, juillet et août, suivant le temps plus ou moins chaud. Pendant ces trois 
mois , une pluie artificielle les rafraîchit de temps en temps, c'est ce qui les 
nettoie en même temps des insectes et de la poussière ; pendant tout l'hiver , 
elles ne reçoivent que deux à trois fois de l'eau dans les soucoupes. Quant à 
la forme et à la grandeur des pots , j'observe que les Cereus fleurissent plus 
abondamment quand les pots sont remplis de racines ; les Mamillaria , les 
Echiîiocactus , préfèrent un rempotage si leurs racines ont consumé beau- 
coup de terre. 

» Des essais faits , depuis deux années par la fécondation croisée , me réus- 
sissent assez bien, et je possède plusieurs individus hybrides cultivés de graines 
du Cactus speciosissiwîts fécondé par le pollen de r-Epip/jy//Mr« alattnn , et 
vice versa ; quelques-uns fleuriront sans doute l'été prochain. » 

On voit, que M. Schultess pratique en Suisse, avec succès, exactement 
la même culture que suit M. Boussière , et l'on aura remarqué , sans doute, 
qu'il laisse les vases de ses plantes sur leurs soucoupes, à l'air libre, pendant 
l'été; M. Boussière les plonge dans la terre d'une plate-bande jusqu'au collet; il 
pense que cela est préférable , en ce que cette méthode procure aux plantes 
une humidité plus égale et plus continue : il faut les arroser moins souvent ; 
ensuite cela donne à celles qui ne sont pas toujours en rapport d'équilibre 
avec leurs vases , plus de solidité et de résistance aux vents; enfin, en lais- 
sant les vases exposés aux ardeurs excessives du soleil , ils s'échauffent trop , 
et quelquefois les racines en souffrent. Les soucoupes ne sont utiles qu'en 
hiver ; elles donnent la facilité d'arroser en dessous sans risquer de mouiller 
les tiges ou feuilles, ce qui est quelquefois mortel, pour ces plantes, dans 
celte saison. 

Notice sur le Haricot du Cap, de Lima, Phaseoluslunatus , Li?«.; 
par M. PoiTEAc. 

Cette espèce serait originaire du Bengale, selon Liuné; elles noms de Hari- 
cot du Cap, Haricot de Lima, et enfin de Haricot ligneux de Saint-Domingue, 
indiqueraient que ce serait de ces divers pays, où elle est cultivée depuis 
longtemps , que nous l'aurions obtenue pour la faire entrer dans nos cultures 
économiques. Si ce n'est que depuis peu d'années que l'on vante les bonnes 
qualités de ce Haricot , ce n'est pas qu'il ne fût depuis longtemps cultivé dans 
les jardins botaniques; mais alors la botanique appliquée n'existait pas ; les 
botanistes ne s'occupaient que des caractères physiques des plantes , et nulle- 
ment de leurs propriétés alimentaires. Ce ne fut que vers 1800 , qu'un bota- 



— Si — 

niste célèbre, M. De Candolîe , en remaniant les principes de la science , y 
introduisit la botanique appliquée , c'est-à-dire l'étude des plantes sous le 
rapport de leur culture et de leur utilité dans l'économie domestique , dans 
les arts agricoles et industriels. Depuis lors , les voyageurs ont mieux observé 
les usages et l'emploi des végétaux des pays qu'ils parcouraient. C'est ainsi 
que le célèbre M. de Humboldt a signalé un Froment qui mûrit en soixante- 
dix jours au Pérou , et les usages de beaucoup de plantes chez les peuples 
qu'il a visités. C'est ainsi que plusieurs voyageurs nous ont fait connaître le 
grand cas que l'on faisait du Haricot, dont je m'occupe, au Cap , à Bourbon, 
en Amérique et dans diverses colonies , et nous ont ouvert les yeux sur le 
mérite de celte plante, connue et cultivée depuis peut-être plus de cent ans 
dans les jardins botaniques de l'Europe , où elle ne figurait que comme un 
végétal de collection. 

Aujourd'hui, le Haricot du Cap figure parmi les plantes potagères, confiées 
aux soins de M. Dalbret , au Jardin du Muséum d'histoire naturelle de Paris; 
et, quoiqu'il n'y soit qu'en petite quantité, les individus sont cependant assez 
nombreux pour qu'il m'ait été possible de le décrire de manière à en donner 
une idée assez exacte. 

Sous le nom de Haricot, on confond en jardinage, deux genres de plantes 
que les botanistes distinguent par les noms de Dolichos et de Pkaseolus. Le 
caractère du premier de ces genres est que l'étendard de la fleur, ou le pétale 
supérieur , a deux appendices saillans vers sa base intérieure. Dans le second, 
le caractère est que la carène , les étaraines et le style sont contournés en spi- 
rale. Or, le Haricot du Cap, ayant la carène et les organes sexuels contour- 
nés en spirale, appartient évidemment au genre Phaseolus; et son fruit ayant 
quelque ressemblance avec un croissant , Linné a nommé la plante Phaseoîus 
lunatus. Ces deux caractères étant très-faciles à voir et à distinguer, tous les 
jardiniers devraient se les rendre familiers , afin de ne plus confondre deux 
genres que les botanistes distinguent. 

Le Haricot du Cap est , comme je l'ai dit , originaire du Bengale , où sa 
tige devient ligneuse et s'élève sur les arbres à une grande hauteur, ainsi que 
dans l'Amérique méridionale, où il a été porté, à cause de l'excellence de 
ses graines. Dans nos jardins , il n'est qu'une plante annuelle , cultivé en 
pleine terre et à l'air libre , dont la tige volubile , pubescente et plus grosse 
que celle de nos autres Haricots, s'élèveraitjusqu'à la hauteur de 8 à 10 pieds 
si on lui donnait des rames assez longues. Ses feuilles et leur pétiole , légè- 
rement pubescens comme la tige, ont les trois folioles ovales, alongées en 
pointe , d'un vert mat à cause de leur pubescence. Les stipules caulinaires et 
péliolaires sont très-petites. Les fleurs sont petites , d'un blanc sale , réunies 
au nombre de quatre à six sur un pédoncule axillaire qui ne prend guère plus 
de 2 pouces de longueur. A ces fleurs succèdent des gousses longues de 3 à 
5 pouces, larges d'un pouce et plus , courbées en manière de sabre , compri- 
mées ou très-aplaties , lisses, d'un vert foncé, excepté le long des deuxsutu- 



— u-i — 

res , où il y a une Lande moius verte. En uiûrissanl et en si-chant, ces gousse» 
prennent la couleur Isabelle ou jaunâtre des autres Haricots. Elles ne con- 
tiennent que trois graines parfaites, et même fréquemment qu'une ou deux, 
qui sont grandes, ovales, aplaties, blanches lorsqu'elles n'ont pas varié, 
mais le plus souvent roses , bigarrées, tout à fait rouges ou violettes. Ce n'est 
qu'en mûrissant que la robe de ces graines prend ces diverses couleurs ; en 
naissant elle est verdàtre, passe ensuite au blanc et y reste pendant tout 1& 
reste de sa croissance. Ce Haricot a une grande tendance à varier ainsi, car 
quand on en sème de parfaitement blancs , on en recueille qui sont diverse- 
ment colorés; mais cela ne diminue pas son mérite, puisque c'est en vert et 
toujours dérobés qu'il faut les manger sous notre climat , pour jouir de leur 
moelleux et de leur saveur supérieurs à tous les Haricots connus. 

Culture du Haricot du Cap. Un préjugé et une ignorance ont retardé jus- 
qu'ici l'extension de la culture de cet excellent Haricot : le préjugé, en ce 
que l'on disait qu'il ne peut pas mûrir sous notre climat; l'ignorance, en ce 
qu'on ne savait pas que c'est en vert et dérobé qu'il faut le manger pour sa- 
vourer toutes ses qualités. Madame Délateur est parvenue à faire taire le 
préjugé et à nous éclairer sur ce que nous ignorions. Voilà six ans qu'elle le 
fait cultiver dans son jardin à Saint-Leu , près de Montmorency , qu'elle en 
recueille chaque année de la semence pour l'année suivante , et que sa table 
en est pourvue depuis le mois d'août jusqu'aux gelées. Je dois avertir d'abord 
que le jardin de madame Délateur est une terre sablonneuse , douce et favo- 
rable à la culture de tous les Haricots ; que le Haricot du Cap étant à rame 
et s'élevant très-haut , il faut n'en mettre qu'un ou deux à la touffe , et les 
espacer plus que nos autres Haricots; que, quoique volubile, il s'entortille 
moins autour des rames que les autres, et qu'il s'affaiserait sur lui-même et 
produirait moins de fruits, si on ne lui donnait que de courtes rames peu ou 
point ramifiées. 

Dans la dernière quinzaine d'avril , madame Délateur fait semer, sur un 
bout de couche tiède , ou même en terre douce et sous châssis , ce qu'il faut 
de Haricots du Cap pour pouvoir en former ensuite une ou deux planches 
dans un carré de son jardin. On peut les semer en pot pour faciliter la tran- 
splantation, ou à nu dans la terre ou le terreau sous châssis, et les lever en- 
suite eu motte pour les replanter en place, dans le carré oii ils doivent fructi- 
fier. Ce Haricot, vivace et ligneux dans son pays, forme naturellement de 
longues racines qui causent quelques difficultés dans cette première éduca- 
tion ; car, si ces racines se contournent dans le fond des pots, la plante a de 
la peine à reprendre sa vigoureuse végétation lorsqu'on l'a mise en place, et 
lorsqu'on le sème à nu sous le châssis , sa racine pivotante , ne trouvant pas 
d'obstacle à son élongation , la plante se lève en motte avec difficulté lorsqu'on 
veut la planter au lieu qui lui est destiné. Dans l'un et l'autre cas, il ne faut 
pas le laisser trop grandir en pépinière ; et c'est à l'intelligence du jardinier 
à faire coïncider son serais avec la saison, de manière que son jeune plant 



ne reste pas trop longtemps sous châssis. Sous notre climat , c'est vers la 
mi-mai que les gelées cessent ordinairement, et c'est aussi à cette époque 
qu'il convient que le Haricot du Cap, de première saison, soit en état d'être 
mis en place dans le jardin, à l'air libre. Si cependant , lorsqu'il est en place, 
on craignait la plus petite gelée pendant les nuits , il faudrait, chaque soir, le 
couvrir , soit avec les pots dans lesquels on l'aura élevé , soit avec un peu de 
litière soutenue par de petits bâtons fichés obliquement au-dessus des plantes. 
Le jour où l'on mettra les Haricots élevés sous châssis en pleine terre , on 
sèmera de suite la provision que l'on voudra en pleine terre ; et comme 
ceux-ci ne lèveront que huit ou dix jours après , ils n'auront pas de gelées à 
craindre. Le Haricot du Cap, ayant de fort longues racines , n'a pas besoin 
d'être rechaussé ; mais il faut le biner soigneusement , ne pas laisser durcir 
la terre , et le ramer à propos. 

Si tout a été bien fait, ceux élevés sous châssis et rais ensuite en pleine 
terre fructifieront plus tôt que les autres, et on se gardera bien de cueillir 
leurs premiers fruits , car ce sont eux qu'on doit laisser mûrir pour produire 
la semence de l'année suivante ; on en ménagera donc une quantité suffisante 
pour cet objet , aprèé quoi on cueillera les autres quand leur grain sera assez 
gros pour être mangé, ce qui se reconnaît quand sa robe est passée du vert 
au blanc. 

Le Haricot du Cap produit une assez grande quantité de gousses ; mais 
comme chacune d'elles ne contient que d'un à trois grains , fort gros , il est 
vrai , ce Haricot n'est pas très-productif, du moins dans notre pays ; et je 
pense que cette considération , jointe aux soins qu'il faut prendre pour hâter 
sa végétation autant que possible , restreindra toujours sa culture parmi nous, 
et qu'on ne le verra guère que dans les jardins de bonnes maisons , où l'on 
donne au jardinier les moyens d'exercer toute son intelligence. Cependant, 
je suis persuadé que si toutes les personnes riches connaissaient les bonnes 
qualités du Haricot du Cap , sa grande supériorité sur tous les autres, elles 
n'en voudraient plus manger d'autres. 

On dit que ce Haricot est également bon mangé sec : je ne l'ai pas éprouvé 
de cette manière , mais je puis assurer que , quand le grain a pris toute sa 
croissance, si on le dérobe, qu'on le fasse cuire légèrement et sauter dans 
le beurre à la manière des petits Pois, c'est un manger délicieux et d'un moel- 
leux que ne possède aucun autre Haricot. C'est le 1*'" septembre que j'ai fait 
cette expérience. Le 18 octobre, il y avait encore beaucoup de cosses et beau- 
coup de fleurs sur les tiges, les plantes poussaient toujours, tandis que 
tous les autres Haricots avaient été tués par la sécheresse ou avaient fini na- 
turellement leur végétation. Le Haricot du Cap doit cet avantage à ce que sa 
tige est de nature ligueuse, à ce que sa racine a un très-long pivot qui lui fait 
braver la sécheresse, à ce qu'il n'a pas perdu chez nous la propriété qu'il a 
dans son pays, de fleurir et fructifier continuellement , et à ce qu'il vivrait 
un grand nombre d'années si nos hivers ne le tuaient pas. 



Sur la Canne à Sucre; par M. Bacman , directeur du jardin hotanique 

d'Iéiia. 

J'ai cultivé avec succès, en plein air, la canne à sucre , Arundo snrchari- 
fera. L.; et cinq kilogrammes delà lige , coupés sur une plante de deux ans, en 
septembre dernier , m'ont donné, par une forte expression, 3, kil. S d'un suc 
légèrement acide, dontle poids spécifique était l,Oo.Cesuc mêlé avec un peu 
de lait de chaux , puis doucement chauffé, s'est débarrassé de l'albumine, que 
j'en ai séparée. Après plusieurs clarifications opérées au moyen du charbon 
animal, et après la précipitation d'une certaine quantité de mucilage, par 
l'alcool , très-concentré, j'ai soumis le suc à l'évaporation , jusqu'à ce qu'il eut 
acquis la consistance d'un sirop épais ; puis je l'ai abandonné à la cristallisa- 
tion. Au bout de quinze jours j'ai recueilli des petits cristaux aciculaires , 
hexaèdres , qui pesaient un peu plus de 6 grammes : le résidu consistait en 
1 83 grammes et demi d'un très-bon sirop, dont j'attends encore des cristaux de 
sucre, du travail de la cristallisation. 

Depuis, M. Bauman, a comparé les produits de son expérience avec ceux 
qu'on obtient en Amérique , et il a trouvé que la canne à sucre cultivée à lena, 
sous le 50* degré de latitude , contient environ quinze centièmes de suc en 
plus; que le poids spécifique de ce suc est exactement semblable à celui fourni 
par les cannes d'Amérique , une plus grande quantité de mucilage et d'albu- 
mine et qu'en raison de celte circonstance , le produit en sucre a été inférieur 
de dix à onze pour cent. 

Sur la greffe du pêcher et de l'abricotier , par la méthode de l'écusson à 
niche; par M. J.-B. Van Mons. 

On sait que l'écusson à niche n'est autre que l'écusson ordinaire , auquel 
reste adhérente une lamelle du tissu ligneux ou bois , détachée du sujet avec 
l'œil, et replacé sur un autre sujet avec les mêmes circonstances, c'est-à-dire 
après avoir enlevé un volume de bois en tout semblable à celui que l'on ap- 
porte. Voici comment les horticulteurs américains pratiquent cette greffe : 
ils détachent latéralement l'écusson qui , étant levé par section , est néces- 
sairement étroit; ils l'insèrent dans une entaille faite préalablement, et avec 
soin, sur le sujet qu'ils veulent greffer , et l'assurent avec un lien de jonc; ils 
enduisent la partie opérée de savon d'alumine (c'est du savon blanc décom- 
posé par l'alun) , afin de la rendre imperméable à l'eau , aussi bien qu'à l'air. 
On voit qu'il ne faut point user de grande adresse dans cette opération ; il 
suffit que l'extrémité de la lame de la serpette glisse entre l'écorce et le bois, et 
n'emporte que très-peu de celui-ci, et même pour le sujet il est bon que son 
bois ne soit qu'à peine enlamé. Les bourgeons, pour celte greffe, doivent 
être coupés au premier dégel, après le solstice et fichés en terre, jusqu'au mo- 
ment de les employer, et l'on peut opérer dès que les yeux du sujet commen- 




friJl-i^f iHSe 



rauielli.'L .Xqiomrii A^ut.iI/iK 



X Sortii-^t Um t.BeJ<fr 



— .) / — 



cent à se gouder. Lorsque les greffes soûl deslinées à voyager, qu'elles ne peu- 
vent conséquemment arriver que fort fard , on est forcé de différer l'opéra- 
tion, et on le peut jusqu'en mai , quand la couche corticale éclate ; alors on 
insère l'écusson levé sur le bourgeon reçu sous l'écorce détachée , au lieu de 
le placer dans une niche. C'est encore un moyen de faire voyager l'abricotier 
et le pêcher en bourgeons et de leur faire parcourir, sans grand danger, des 
distances considérables. Un dernier moyen et qui manque rarement dans les 
cas de longs voyages, consiste à écussonner à œil dormant sur des bourgeons 
(de l'année) du prunier Saint-Julien dont, à dessein, on a provoqué la pousse 
par une taille large; on coupe les bourgeons écussonnifères, comme si on avait 
des pruniers à greffer , et on ente sur de bons drageons de ces derniers. On 
a soin de s'assurer à l'avance, que l'œil de l'écusson ne s'est point détaché en 
route. 

J'ai fait cette expérience sur le pêcher, en employant le franc de son espèce 
et l'abricotier; je l'ai répétée sur l'abricotier, en faisant concourir son pro- 
pre franc et le pêcher; enfin tous deux ont été portés sur des drageons du pru- 
nier Saint-Julien , à défaut d'amandier ; j'ai coupé l'écusson comme on 
est obligé de le faire à la fin de la saison , lorsque l'écorce refuse d'éclater, et 
je me suis parfaitement bien trouvé de cette méthode. Je me propose de don- 
ner, sous peu, une suite étendue à mes expériences, en les variant autant que 
je le croirai convenable aux intérêts des horticulteurs. 



PLANTES D AGREMENT. 

Description et culture du Camellii Japomca-warbatah , var, Kcetzii. 

(PI. color. SI.) 

M. Edouard Kurlz, de Baltimore, a présenté à la Société d'Horticulture du 
Maryland, un Camellia Japonica, provenu de ses semis, et dont la première fleur, 
qui a paru le 2o mars dernier, lui avait annoncé une variété nouvelle. En effet, 
la société, après un mûr examen , a reconnu que le Camellia Japonica, qui lui 
était présenté, appartenait à la catégorie appelée par les amateurs TVarratah, 
et constituait une variété nouvelle, qui, au jugement de la société, devait rece- 
voir comme nom distinctif, celui du cultivateur aux soins duquel on la devait. 

M. E. Kurtz assure que la graine, qui a produit la variété dont nous nous oc- 
cupons , avait été récoltée sur un ancien pied de Camellia Japonica, anémo- 
niflora ; le feuillage de la plante nouvelle offre en effet quelque ressemblance 
avec celui de V Anemoniflora , seulement ou observe que les dentelures sont 
plus fines, plus aiguës et plus profondes. Les pétales aréolaires, au nombre 
de cinq , sont étalés , orbiculaires, échancrés au sommet, onguiculés à labase 
et d'un rouge de rose fort intense , tirant même au pourpré ; Ils sont réticulés 
par des veines très-fines qui se croisent et s'anastomosent en sens divers. Les 
Tome 111. • 8. 



— 38 — 

pétales du disque sont petits, dressés, très-nombreux, serrés, plissés, d'un 
blanc assez pur, veinés de bleu violàlre, avec quelques taches de cette même 
nuance, et pour la plupart bordés de jaunâtre. 

Il est inutile de pousser plus loin celle description, un simple coup d'œil jeté 
sur la figure , fera beaucoup plus que tout ce que nous pourrions dire, mais 
nous rapportons volontiers la méthode recommandée par M. E. Kurtz , pour 
le semis et la culture de ces beaux arbustes. 11 est essentiel , selon ce cultiva- 
teur, que la graine soit semée immédiatement après sa récolte et sans atten- 
dre qu'elle soil arrivée à un élat complet de dessiccation. Le semis s'opère 
dans des pots ordinaires de quatre à cinq pouces de diamètre ; chacun d'eux 
ne reçoit qu'une graine que l'on enterre à la profondeur d'un pouce environ , 
dans un bon compost formé de deux parties de terre substantielle et grasse et 
d'une partie de terreau de bruyère , ou de terreau de feuilles bien consommé, 
on place les pots dans l'orangerie, et on les maintient dans un état d'humidité 
modérée. Un bon châssis peut fort bien remplacer l'orangerie ou la serre tem- 
pérée. La jeune plante commence à se montrer en avril, mais son développement 
s'effectue assez lentement. Ce n'est que lorsque la lige a atteint la hauteur de 
dix à douze pouces que l'on songe au dépotement : il s'opère avec toutes les pré- 
cautions possibles afin de ne point blesser les racines, et l'on transporte la motte 
dans un pot plus grand, où la plante demeure jusqu'à la fleuraison, qui n'a lieu 
ordinairement qu'au bout de quatre ou cinq années de végétation ou plutôt à 
dater de l'apparition de la première pousse (il est rare que, dans nos climats, 
les semis deCamellies soient aussi précoces; il leur faut bien le double de ce 
temps avant de porter fleurs). En été on lient les plantes en plein air, à l'ex- 
position du midi, et l'on s'en trouve beaucoup mieux que de les garder renfer- 
mées dans l'orangerie. On a soin de les séringuer deux ou trois fois la semaine 
afin de les rafraîchir, de donner de la vigueur aux rameaux et surtout de dé- 
barrasser les feuilles d'une multitude d'œufs qu'y déposent de petits insectes 
qui pullulent autour de ces plantes. C'est par ce procédé que l'on obtient des 
pieds presque aussi forts que ceux que les voyageurs ont pu admirer au pays 
natal. V. M. 



INDUSTRIE ET CONSTRUCTIONS HORTICOLES. 

Notice sur les Jardins du prince de Scdm-Dyck; tirée de /'Hortus Botanicus- 
Dyckeusis, in-8'' de SQ8 pages. Dusseldorf. 1834. 

Le château et les jardins de Dyck sont situés à deux lieues des bords du 
Rhin, sur la route de Dusseldorf à Aix-la-Chapelle, au milieu d'un vaste 
pays de plaine , où le terrain ne présente que de légères ondulations ; le 
sol en est argilleux et favorable à la végétation des plantes qui n'exigent 



~ 6d — 

pas exclusivement un terrain calcaire ou sablonneux. La fondation de ces 
jardins remonte à l'année 1800, époque à laquelle les événemcns politiques 
et l'occupation de la rive sauche du Rhin par les armées françaises, menaraient 
d'une destruction complète beaucoup d'aulros jardins publics et particuliers 
de ces contrées, et surtout ceux de Bonn et de Brulil, apparlcnans à l'Electeur 
de Cologne. Le gouvernement provisoire, qui existait alors, n'ayant point de 
fonds à allouer pour leur entretien, ces beaux jardins ne se soutenaient que 
par les efforts constans des Sieurs Lenné et Weyhe, qui leur étaient pré- 
posés; mais les serres enfin tombant en ruines, il ne leur fut plus possible d'y 
conserveries belles plantes qui en faisaient l'ornement , et surtout une assez 
ricbe collection d'Aloès et de Cactées que le prince de Salm s'empressa de 
recueillir chez lui. Celte circonstance est à observer car elle a eu une grande 
influence sur la détermination qu'a prise depuis, l'illustre botaniste défaire 
de la culture des plantes grasses l'objet principal de ses soins et de son étude. 

Il avait déjà enrichi ses jardins de tout ce que le commerce des plantes 
avait pu lui fournir en France , en Belgique et dans toutes les contrées avec 
lesquelles il était possible de communiquer à cette époque. Il avait également 
établi des relations d'échanges avec beaucoup de jardins publics et particuliers 
tels que ceux de Paris , Bruxelles , Gand , Harlem , etc. Les efforts du prince 
ne tardèrent pas à être couronnés du succès le plus flatteur, car c'est à sa cor- 
respondance avec le célèbre Cavanilles, et à un voyage qu'il fit à Madrid, que 
nos jardins sont redevables de la possession daCohaea scnndens,à\iM(i'minil- 
laria coronaria , du Cereus speciosissimus et de plusieurs autres plantes qui 
en font aujourd'hui l'ornement. Sa collection de plantes grasses , cependant, 
ne se composait encore en 1809, que de 3'âS espèces ou variétés , presque 
toutes mal déterminées. 

En 1814 et 181S, il visita les jardins de Vienne et ceux de Berlin. Les 
barons Jacquin père et fils , MM. Boose et Antoine , jardiniers en chef des 
jardins impériaux, ainsi que le Professeur Link, Directeur, et M. Otto, 
Inspecteur du jardin botanique de Berlin , s'empressèrent de lui faire voir 
jes richesses botaniques confiées à leurs soins, et il trouva dans ces jardins, 
non-seulement l'occasion d'augmenter beaucoup sa collection de plantes 
grasses; mais celle, plus précieuse encore pour lui, de voir de ses propres 
yeux les espèces que Jacquin et Willdenow avaient déterminées. Il possédait 
ainsi déjà, en 1817, SSO espèces ou variétés de plantes grasses; dont 11-4 
appartenaient au genre J loê. L'étude de ces plantes le mit à même de rectifier 
quelques erreurs, et de faire connaître plusieurs espèces nouvelles , dans le 
Catalorjue des espèces et varioles dAloës, qu'il publia à cette époque. Ce 
premier essai d'une monographie devait nécessairement être très-imparfait; 
aussi n'était-il destiné qu'à faciliter les relations de l'auteur avec d'autres 
jardins, et surtout avec ceux de l'Angleterre. Kaworlh, qui possédait alors 
une belle collection de plantes grasses, à Chelsca, lui envoya toutes celles 
dont il pouvait disposer. MM. Alton , Directeur du jardin de Kew, Hitchin de 



— GU — 

Norwich, et plus tard Huntley de Kimbolton eurent la même complaisance, et il 
dut à ces relations nouvelles un grand nombre de plantes précieuses qui , 
en 1822, portèrent sa collection de plantes grasses à plus de 900 espèces ou 
variétés constantes. 

Si, alors, cette collection n'était pas très-nombreuse encore, elle avait du moins 
l'avantage d'être en quelque sorte classique , puisque le prince tenait presque 
toutes les plantes , dont elle se composait , des mains des botanistes mêmes 
qui les avaient déterminées ; et cette circonstance, à laquelle il était redevable 
de la connaissance exacte de leurs travaux , lui permit de faire connaître dans 
les Observations botaniques, qu'il publia en 1820, 21 et 22, quelques 
espèces nouvelles qui avaient échappé à leur attention. Enfin, en 1829, cette 
collection s'éleva à 11 50 espèces et variétés, et la libéralité avec laquelle les 
jardins botaniques de Berlin, de Munich, de Genève, de Charlsruh, de Bonn, 
de Hambourg et de Leyde ont continué à lui faire part des richesses qu'ils 
possèdent, porte en ce moment sa collection à près de 1300 plantes grasses, 
en y comprenant celles qui ne sont pas encore déterminées. 

Cette collection ne fait cependant qu'une partie d'un plan plus étendu. 
Outre les familles des Poitulacées , Crassulées , Ficoidées , Cactées, et les 
genres Aloê, Bégonia, Euphorbia, Stapelia et autres, que l'on comprend 
sous la dénomination vulgaire de plantes grasses , le prince de Salm a voulu 
réunir encore dans ses jardins, toutes les espèces appartenantes aux familles 
des Aroldées , des S citaminées , des genres Dracœna , Yucca, Iris, 
Saxifraqa , Pœonia , ainsi que tous les arbres et arbustes qui peuvent vivre 
en pleine terre dans ces contrées, et en former, en quelque sorte, autant de mo- 
nographies vivantes; enfin il est aussi entré dans son plan de cultiver au moins 
une espèce de tous les autres genres intermédiaires, afin de conserver autant 
que possible leur série scientifique. C'est ainsi qu'au P' novembre 1834, épo- 
que de l'impression du catalogue , les collections du prince de Salm offraient 
sept mille , deux cent soixante-quatorze espèces , prises dans tous les genres 
et dans toutes les familles. 

Tels sont le but et les limites que le prince a cru devoir assigner à ses cul- 
tures; et un jardin particulier, qui ne peut être conçu sur le plan de ces vastes 
ètablissemens botaniques voués à l'instruction publique, ne peut en effet espé- 
rer de devenir utile aux progrès de la science, qu'en se bornant à n'en em- 
brasser qu'une partie , et en se vouant à quelque spécialité. 

Le prince avait en outre conçu le projet de donner à son jardin botanique 
(restreint dans l'origine à l'espace marqué K et L sur le plan ci-joint) une 
beaucoup plus grande étendue, et d'en faire un jardin pittoresque, dans lequel 
les arbres et arbustes plantés par familles et par genres , devaient trouver 
l'exposition qui leur était convenable , et former en même temps un ensemble 
agréable. Il a confié à Mr. Blakey , l'un des jardiniers les plus célèbres de 
l'ancienne école anglaise, l'exécution de ce projet , et l'on pourra juger par 
le plan topographique , le parti qu'il a su tirer du terrain. La lettre Q indique 



— Gl — 

les limites du jardin botanique, et les numéros de 1 jusqu'à 40 la place as- 
signée à chaque famille. Ces plantations sont abritées par de grandes parties 
boisées , composées de vieux chênes ou de hêtres ; elles sont entremêlées de 
bosquets d'ornement , plantés sans ordre systématique , et dans le seul but de 
produire des effets pittoresques par l'opposition des formes et de la couleur du 
feuillage des arbustes qui les composent. Quant à l'espace K et L , consacré 
primitivement au jardin botanique , il est réservé aujourd'hui à l'exposition 
des plantes de serre et d'orangerie pendant la belle saison, et à la culture des 
plantes annuelles: ainsi qu'à celle de quelques genres privilégiés auxquels le 
prince désire donner des soins plus particuliers. 

Nous terminerons ce court aperçu , que nous nous proposons d'étendre da- 
vantage lors d'une excursion projeltée chez le savant créateur des magnifiques 
jardins de Dyck, par l'énumération des différentes familles groupées dans les 
jardins, et indiquées sur le plan par des chiffres correspondans : 



1. 


Aristolochiëes. Juss. 


24. 


Vignes. Juss. 


3. 


EIxagnées. Jass. 


25. 


Malvacëes. Juss. 


3. 


Thjmélées. Juss. 


26. 


Tiliacëes. Juss. 


4. 


Laurinées. Juss. 


27. 


Rutacëes. Juss. 


.5. 


Jasminées. Juss. 


28. 


Saxifragëes. Juss. {hydrangea ). 


6. 


Vilicëes. Juss. 


29. 


Grossulariëes. Juss. 


7. 


Solanées. Juss. ( Lycium V 


30. 


Myriëes. Juss. 


8. 


Bigaoniacées. Juss. 


31. 


Rosacëes. Juss. 


9. 


Apociuées. Juss. 


32. 


Lëgumineuses. Juss. 


11). 


GuTacanées. Juss. 


33. 


TérëbinlLacëes. Juss. 


11. 


Rtodoracées. Juss. 


34. 


Rhamnëes. Juss. 


12. 


Ericëes. Juss. 


35. 


Ephorbiacées. Juss. 


13. 


Radialées. Juss. (Aster). 


36. 


Urticëes. Juss. 


14. 


Caprifoliacées. Juss. 


37. 


Hamamëlidëes. 


15. 


Araliëes. Juss. 


38. 


a. Amentacëes, Juss. {ulmus et ceilis). 


16. 


Renonculacëes. Juss. 




b. id. {Salix). 


17. 


Magnoliacëes. Juss. 




c. id. ( Populus , belula, carpi- 


18. 


Aiionacëes. Juss. 




nus , fagus ). 


19. 


Menispermacëes.; 




d. id. ( Qiierciis ). 


20. 


Berbéridëes. Juss. 




e. id. {^Corylus , liquidambar , 


21. 


Sapindacëes. Juss. [Kalrenlcria"). 




plalanus). 


22. 


Acërinëes. Juss. 


39. 


Conifères. Juss. 


23. 


Hypëricinëes. Juss. 


40. 


Gênera incrlœ sedis. 



Indications particulières au plan. 

A. Le château. B. Ecuries, remises et autres bâtimens accessoires. C. Porte 
d'entrée. D. Orangerie. E. Serre tempérée. F. Grande serre chaude. G. Petite 
serr echaude. H. Bâches. I. Pavillon. K. Ancien jardin botanique, actuellement 
destiné à divers groupes de plantes herbacées et vivaces. L. Parterre. M. Pé- 
pinière. N. jardin potager. O. Vignoble. P. jardin fruitier. Q. Limites du 
jardin botanique. 



C2 — 



MÉLANGES. 

On fait en ce moment en France et en Angleterre, des expériences tendantes 
à remplacer les perches des houblonnières par des liges et des fils en fer. Sous 
le rapport de l'économie, il n'est pas douteux qu'on n'arrive à de bons résultats; 
mais il en est un encore plus satisfaisant que l'on attend d'une autre cause. En 
France, on croit qu'à l'aide des ces fils , on pourra se dispenser d'élever au- 
tant les tiges, et qu'en faisant pour ainsi dire tracer la plante , autour de fils 
horizontaux, le sol réchauffera davantage, et les cônes mûriront plus tôt. 

En Angleterre, ce n'est pas sous ce dernier point de vue qu'on a envisagé l'em- 
ploi des tiges enfer ; on les fait aussi longues au moins que les gaules actuel- 
les , et on les termine en pointe. On a remarqué avec satisfaction que l'action 
électrique qui résulte de ces conducteurs métalliques, avance considérable- 
ment la végétation. Les effets sont tellement marqués , qu'on peut voir une 
différence sensible dans la houblonniére, avant et après le passage d'un 
nuage électrique auquel les conducteurs n'ont pas cessé de soutirer du fluide- 
Ces conducteurs se comportent donc en tout comme les paratonnères, ils ren- 
dent neutres les nuages électriques qui passent à leur portée ; or, les agricul- 
teurs, en les employant , rendent un double service à la contrée : ils diminuent 
les chances d'orages, et augmentent celles de cultures lucratives. 

Pommes-de-Terre. 

Un habitant de Grimberge , a déterré des Pommes-de-Terre parmi lesquelles 
s'en trouvaient plusieurs de trois livres. 

La Société agricole tirlemontoise en a obtenu une du poids de quatre li- 
vres et quelques onces. 

M. le prince deRohan cultive une variété de Pomme-de-Terre dont les tu- 
bercules pèsent de neuf à treize livres et demie, l'histoire de cette Pomme-de- 
Terre ou plutôt la manière dont elle s'est répandue, offre quelques singula- 
rités : celui qui l'a obtenue de graines, il y a quatre ans, la montrait, mais ne 
voulait en donner à personne ; il en a refusé au roi Guillaume; il la faisait cul- 
tiver dans un enclos muré ; il n'en voulait que pour sa consommation et poar 
le semis de l'année suivante ; il les faisait récolter devant lui , les tenait sous 
clé , et ne les sortait qu'après s'être assuré de leur emploi. C'est par un ha- 
sard heureux que le prince de Rohan a pu en obtenir deux tubercules. L'ama- 
teur exclusif ayant appris que le prince venait de recevoir quelques cactiers 
qu'il desirait beaucoup, pria qu'on lui en cédât; on y consentit, mais en 
échange d'un échantillon de la Pomme-de-Terre merveilleuse, dont deux tu- 
bercules furent enfin lâchés, avec promesse solennelle de n'en jamais donner 
en Hollande, ni en Belgique, ni en Angleterre, ni en Prusse, ni en Allemagne. 
Ce fut-il avec intention que la Suisse et la France ont été oubliées? cela n'est 



— (35 — 

point présuraable ; toujours est-ce à cette circonstance que I'od doit la propa- 
gation d'une culture qu'un caprice semblait devoir ensevelir dès sa naissance. 
Pour cultiver cette Porarae-de-terre , il convient de défoncer le terrain de 
vingt pouces , d'espacer les Irons de quatre pieds et d'y déposer deux ou trois 
œils. On butte ensuite. Les tiges atteignant une hauteur de six à sept pieds, il 
devient indispensable de les soutenir par des perches transversales , attachées 
à des piquets. L'espèce est assez tardive, et ne se récolte que vers la Saint- 
Martin, à l'époque où les tiges se flétrissent. 

— On a récolté dans l'année qui vient de s'écouler une grande quantité de 
Betteraves monstrueuses , et qui surpassent dit-on en volume celle qui fut 
exposée en juillet 1824, dans le Salon de Flore de Bruxelles, et qui n'avail 
pas moins de 44 pouces de circonférence. 

— Le duc de Buckingham a obtenu de sa culture, à Avington, une Citrouille 
dont la circonférence était de huit pieds quatre pouces. 

— La culture du Thé, Thea Chinensis, à Java, promet les plus grands avan- 
tages aux consommateurs de cette denrée devenue en quelque sorte de pre- 
mière nécessité, surtout dans les régions septentrionales; nous espérons le 
prouver bientôt par la publication d'un travail assez étendu , dont nous 
sommes occupés en ce moment, et dans lequel nous traiterons non-seule- 
ment de toutes les espèces de thés , mais encore des divers succédanés qui 
lui ont été substitués jusqu'à ce jour. Dernièrement , dans une vente faite à 
Amsterdam, d'une cargaison de Thé de Java , les prix élevés auxquels ont 
été portés, par les connaisseurs, ces produits nouveaux des possessions 
hollandaises, ont prouvé que le Thé cultivé et préparé à Java , pouvait sou- 
tenir la concurrence avec les meilleurs thés de la Chine , et que même parmi 
les qualités vendues , il s'en est trouvé d'aussi fines que celles que la Chine 
n'expédie que très-rarement. La réussite de cette culture est un grand bien- 
fait pour les peuples d'Europe en ce qu'elle les rendra moins tributaires des 
orientaux qui poussent ordinairement très-loin leurs prétentions. 

— Dans une des dernières séances de la Société d'Horticulture de Paris 
(juillet 18iîo) , M. Losh , a déposé sur le bureau , des Pommes de la récolte 
de 1833, dans l'étal le plus parfait de conservation, et M. Deslonchamps a 
dit , qu'il espérait en présenter de trois récolles, à la séance suivante. 

— M. Ragonat-Godefroy a présenté un Chironia frutesceus, à fleurs blanches, 
provenant de ses semis. 

■ — Un magnifique individu du Gn'fjfinia hyaciîithina , a fleuri chez M. Ver- 
leeuwen , jardinier fleuriste à Gand. Quoique cette Amaryllidée, du Brésil, 
soit déjà un peu ancienne (son introduction en Europe date de 181S), il n'est 
pas ordinaire de lui voir parcourir aussi heureusement toutes les phases de sa 
floraison. 

— On admire en ce moment dans les nouvelles serres de M. F.Eeynders. à 
Saint-Josse-Ten-Zscode , près de Bruxelles , un Amaryllis aulica, qui surpasi^e 
en éclat tout ce que l'on a vu jusqu'à présent de cette plante superbe. On sait 



— (iA — 

qu'elle est origiDaire du Brésil d'où le docteur Griffin l'apporta en 1816 , à 
M. Lambert , à Londres, chez qui , pour la première fois en Europe, elle a dé- 
ployé ses brillantes corolles. Le bulbe cultivé par M. Reynders, n'a pas moins 
de dix-huit pouces de circonférence ; il s'en élève deux hampes énormes, qui se 
couronnent chacune de trois fleurs dont l'étendue dépasse sept pouces ; c'est 
sur ces gigantesques pétales que se nuancent toutes les gradations de pureté 
du plus riche carmin. 

Nous avons sollicité de M. Reynders, la permission de décrire son beau 
jardin, et de publier les plantes précieuses qu'il renferme; cette notice ornera 
l'uD de nos prochains cahiers. 

Floraison de T Agave Americafia. 

M. G. Claes, d'Herkenrode, qui , depuis plus de quinze ans nous assure- t-on, 
a mis en pratique tous les moyens imaginables pour faire fleurir F Agave 
Americana , qui a fait construire expressément des serres dont il peut élever 
la température à des degrés déterminés pour ses essais, a enfm vu son incroya- 
ble constance récompensée au gré de ses désirs. Vers la fin de l'été dernier 
sa plante énorme a poussé une hampe qui s'est élevée à la hauteur de vingt- 
quatre pieds, et qui s'est successivement couverte d'une quantité prodigieuse 
de fleurs. La période de cette floraison remarquable a duré plus de quatre 
mois ; elle n'est pas même entièrement expirée au moment où nous traçons 
ces lignes ; pendant tout ce temps, les fleurs ont sécrété une telle abondance 
de mucoso-sucré , que l'on eut pu , comme en Amérique , le recueillir et le 
soumettre à la fermentation alcoolique , pour en obtenir un produit vineux 
qu'il eut peut-être été intéressant d'examiner sous plus d'un rapport. 

Il est excessivement rare que Y Agave Americana parvienne à fleurir 
dans nos climats; nous en connaissons beaucoup dans les collections, et qui y 
existent depuis plusieurs siècles , mais nous avons ouï dire peu de fois qu'on 
les ait vu fleurir. Dans la Nouvelle-Espagne , entre Toluca et Cholula , 
WM. De Huraboldt et Bonplaud, ont vu cette plante donner, à l'âge de huit ans , 
des signes du développement de leur hampe; c'est le moment où commence 
la récolte du suc dont on fait la liqueur que les indigènes nomment Pulque. 
A cet effet ils coupent le corazon (faisceau de feuilles centrales) des Magueys 
( agaves ) ; ils élargissent insensiblement la plaie , et ils la couvrent par les 
feuilles latérales qu'ils relèvent en les rapprochant et en les liant aux extré- 
mités. C'est dans cette plaie que les vaisseaux paraissent déposer tout le suc 
qui devait former la hampe colossale , chargée de fleurs. C'est une véritable 
source végétale, qui coule pendant deux à trois mois , et à laquelle on puise 
trois fois par jour ; communément un pied donne, en vingt-quatre heures, cinq 
litres, ce qui fait le volume énorme de plus de deux futailles ordinaires pour 
chaque pied, pendant sa floraison. Cette abondance de suc est d'autant plus 
étonnante que l'Agave croit dans les terrains les plus arides , souvent sur des 
rochers à peine couverts de terre ou de humus. 



— Co — 

Le suc de l'Agave est d'un aigre-doux assez agréable ; il fermente facile- 
ment à cause du sucre et du mucilage qu'il contient ; pour accélérer cette fer- 
mentation , on y ajoute un peu de pulque vieux , alors l'opération peut élro 
terminée en quatre jours. La boisson vineuse qui en résulte , ressemble assez 
au cidre , mais elle a une odeur désagréable , que les européens parviennent 
difficilement à surmonter. On prétend que cette odeur est moins forte et même 
presque nulle , lorsqu'on a eu soin de ralentir la marcbe de la fermentation. 

Les fleurs de l'Agave d'Amérique forment, au sommet de la hampe, une pa- 
nicule pyramidale, fort élégante; elles sont grandes, blanchâtres ou plutôt 
d'un jaune verdàtre pâle (1). Les èlamines , au nombre de six, sont plus 
longues que le périanthe , et le pistil dépasse encore la longueur des èlami- 
nes. Les feuilles sont radicales, nombreuses, épaisses, longues de plus de 
quatre pieds, creusées en gouttière, bordées de dents épineuses et terminées 
par une pointe très-dure et très-acérée. C'est avec les fibres renfermées dans 
ces feuilles que l'on fabrique des fils, des toiles et des cordages d'une solidité 
bien supérieure à celle de tous les autres tissus analogues. Ce genre d'indus- 
trie a dernièrement donné naissance à une société anonyme, formée à 
Bruxelles, et qui promet les plus heureux résultats. 

— Il parait que M. De Coster, receveur des revenus de S. A. le duc 
d'Aremberg, à Louvain, est parvenu à force de soins et de persévérance, à faire 
doubler la variété capucine de la Rose jaune , Rosabicolor; Jacq. H. K. Nous 
l'en félicitons et nous espérons qu'il daignera communiquer aux amateurs 
les résultats d'une aussi heureuse culture , car il est bien peu d'exemples 
que d'autres amateurs, et des plus patieus aient obtenu un semblable succès. 

— On nous annonce que la Vanille , Vanilla aromatica , Swartz , est en ce 
moment en floraison à l'Université de Liège , et que beaucoup d'amateurs 
s'empressent d'aller voir un fait peu commun dans nos cultures de plantes 
exotiques. En effet, la floraison de cette orchidée est pour nous une sorte 
de phénomène, qui, à notre connaissance, ne s'est produit qu'une seule fois, 
etMl y a déjà longtemps, dans les serres de M. Vilain XIIII, à Wetteren. 
Nous connaissons au jardin botanique d'Anvers un pied de Vanille , d'une 
vigueur extraordinaire , et qui tapisse de ses nombreux rameaux , une très- 
grande paroi de la serre, mais la plante n'a point encore donné de fleurs. 



EXPOSITIONS HORTICOLES. 

[Suite de V article du cahier de janvier. ) 

La Société royale d'Horticcltcbe de MoNsa tenu son exposition d'été, les 
14 , lo et 16 juin. Le nombre des plantes était de 702. 

(l) Comme il n'existe que Irès-peu de nsurps <le Vjgai^e americana el que la plupart sont 
ili^fectucuses , il eut élé A désirer que M. Clacs fit dessiner le pied qui a fleuri cbez lui ; nous 
ignorons s'il en a eo la pensCe. 

ToH« m. 9. 



— 6<5 — 

Le prix pour la collection la plus belle et la plus importante , il con- 
sistait en une médaille d'or, a été remporté par M. P. E. Depuydt. 

Le prix de belle culture est échu au n° 110, Rosa tnuUiflora , exposé par 
M. Dominique Coppée ; et au n» 11 , Pimelea decussata, de M. Blaivie, jardinier 
à Espinois ; accessit au n° 376 , qui est aussi un P. decussata, de M. Decat- 
Vanmiert ; A18, Andersonia sprengelioideSy de M. P. E. Depuydt; 16 Cactus 
ackermanni et 13, Pimelialinifolia, tous deux à M. Blaivie. 

Les contingensdeMM. Coppée, DeBecker, Gossart, Georges et Vangelder, 
ont obtenu ou des prix , ou des accessit. 

A la même époque , c'est-à-dire aux 14 , le et 16 juin , l'exposition d'été , 
de la Société d'Hoeticcltlre d'Anvers s'est ouverte; on y comptait 1036 
plantes ou fruits. 

Résultats des concours : prix pour la plus belle collection de plantes en 
fleurs, de genres différons, à M. le chev. Parthon-Devon ; accessit à MM. Van 
Hal et De Knyff. 

Prix pour la collection de plantes en fleurs , qui présente le plus grand 
nombre d'espèces et de variétés d'un seul genre, à M. Moens ; collection de 
Pelargones. Accessit à MM. Decaters et Van Geertpère. 

Prix pour la plante en fleur la mieux cultivée , au n° 934 , Erythrina Crista^ 
gain, de M. Van Hal, Accessit au n" 267, Gladiohis colvillii, de M. De 
Knyff-Delafaille , et Pimelea decussata , de M. Moens. 

Prix pour la plante en fleur, le plus nouvellement introduite dans le 
royaume, au n" 676 , Gesîîena espèce non décrite , de M. Parthon- 
Devon. Accessit aux n°^ ^61 , Calandrina discolor ; 262, SalpicjlossisUnearis, 
tous deux de la collection de M. De Knyff-Delafaille ; 636, Oncidium hifolium, 
de M®. Moretus-Van-Colen ; 982, Cactus grandiflora coccinea, de M.Verheyen. 
L'exposition d'été de la Société d'Horticclture et de Botanique de Locvain, 
qui était la trente-unième que tenait cette société , a eu lieu les 28 , 29 et 
30 juin ; elle se composait de SI 6 plantes. Un prix pour la plus belle collec- 
tion de plantes en fleur, a été adjugé à M. le vicomte de Deschrynmakers. Le 
prix de belle culture a été décerné au Lilium eximium , n" 313 , présenté par 
M. Paschal d'Onyn ; et l'accessit au Fuchsia glohosa, n' 386, de M. Deschryn- 
makers. Mention honorable a été faite de plusieurs autres plantes exposées par 
différons membres de la société, et il a été voté des remerciemens particuliers 
à MM. Jean Deheen et Vannes-Delhaye , pour les beaux échantillons des pro- 
duits de leurs magnanières. 

Le salon d'été de la Société provinciale de Brcges, offrait , les 28, 29 et 
SO juin ,419 plantes parfaitement fleuries. Le premier prix était destiné pour 
la plante ou l'arbuste en fleur, le mieux cultivé ; il a été partagé entre un 
Boronia serratu/a, sous le n° 2o9, faisant partie du contingent de M" Pasheller^ 
et un Amaryllis rntilans , n" 381 , de la collection de M. Van Heerswinghels- 
Janssens. Les accessit ont été volés en faveur de M. Snauwaert et de M'' Pas- 
heller, pour un Jatropha pandurœfolia , n" 311, et un Alpinia nutans , 



— 67 — 

u" 2t)7. Un second prix pour le plus beau et le plus riche contingent de piaules 
et arbustes en Heur, a été remporté par M. Snauwaert, et les accessit par 
M. Naert et M'. Pasheller. 

La Société royale d'Agriccltcre et de Botanique de Gand, a tenu sa cin- 
quante-troisième exposition les 29 et ^0 juin, 1" et 2 juillet, en offrant aux 
regards des nombreux amateurs et jardiniers que renferme cette ville essen- 
tiellement industrielle, 2698 plantes remarquables par leur belle culture et 
leur immense variété. Après les formalités d'usage, les prix, consistant en des 
médailles d'or, d'argent et de bronze, ont été distribués ainsi qu'il suit : 

1" Pour la plante réunissant le plus de mérite, parmi celles récemment 
importées, au Cosmelia ntbra, exposé par M. Alex. Verschaffelt fils. 

2° Pour la collection la plus riche en plantes remarquables et nouvelle- 
ment introduites, à celle présentée par le dit S. Alexandre Verschaffelt. 
L'accessit a été adjugé à M. J. Van Geert. 

3° Pour le contingent le plus riche de plantes en fleur, distinguées par leur 
belle culture , leur diversité et leur nombre, à celui de M. A. Leu. 1''. acces- 
sit à M. A. Van de Woestyne-d'Hane ; 2° à M. Mechelynck. 

■4° Pour la plus belle culture, à VOncidium flexuosum , exposé sous le 
n' 13S2, par M. Aug. Mechelynck. V' Accessit : Ixora coccinea, n° 494, de 
M. Aug. De Cock ; 2« Jatropha pandurœfolia, du même. 

S" Pour la plus belle collection de Pelargones, à celle de M. P. Verleeuwen. 
Les accessits à MM. Coene , J. De Cock et J. Van Hove de Caigny. 

Nous savons que la Société d'horticulture de Tournay , a eu deux exposi- 
tions ; mais les catalogues ne nous en sont point parvenus , et malgré tous 
nos efforts , nous n'avons pu nous les procurer. 

Il nous reste à rendre compte d'un autre genre d'expositions, celles qui sont 
entièrement consacrées aux fruits de toute espèce. L'idée en est extrêmement 
heureuse , et elle appartient à la Société d'horticulture d'Anvers. Un premier 
essai tenté en novembre 1834 , avait donné en quelque sorte à la société la 
mesure de ses espérances, et il faut avouer qu'elle a été complètement 
remplie à la seconde exposition , qui a eu lieu les 2S, 26 et 27 octobre 183S ; 
on y voyait réunies sous 903 numéros, des collections de fruits de tous les 
climats et de toutes les saisons ; tous les points du globe s'y trouvaient repré- 
sentés par des produits de la culture anversoise. Plusieurs espèces avaient 
franchi l'intervalle de deux récoltes, et l'on pouvait admirer un potiron du 
poids de soixante-six kilogrammes. 133 variétés de pommes provenant des 
semis de M. Van Mons, à Louvain, y figuraient et semblaient attendre leur 
baptême. Les Coings du Japon , ceux du Portugal , les Melons d'eau de 
Buenos-Ayres, les Pampelmouses des Indes, les cerises du Nord, le Maïs 
géant du Chili , le Raisin de Tokey , les Châtaignes d'Amérique , des Cônes 
du pin pignon, des Noix de la Caroline , des Amandes de Cette , des Épine- 
Vinettes du Népaul , des Gouyaviers du Nouveau-Monde , des Oranges , des 
Cédrats , des Citrons , des Olives , des Ananas , alternaient avec nos plus 



— en — 

belles sortes de Pommes, de Poires, de Pèches, de fileloas, de Fraises, de 
Framboises , de Groseilles, aussi belles, aussi fraîches que dans les plus beaux 
jours de l'été. 

Le premier concours , pour la plus belle colleclion de poires cl de pommes 
était fort nombreux ; la médaille à été décernée à M. le baron J. Osy; et les ac- 
cessit à M. De Koyff- Van-Havre , et à M\ Van den Bergh-Moretus. Ont 
été mentionnées honorablement les collections de MM. Aug. Delafaille , 
Leramens , Alb. Moretus , Muys et Van Immerseel. 

Le 2' Concours était pour la plus belle colleclion de raisins d'espèces dif- 
férentes; le prix a été remporté par M. Mertens-Vloers , de Brasschaet, et 
les accessit par M. le baron J. Osy et Meeusen , fils. 

Le â" Concours pour le contingent le plus riche en fruits d'espèces diffé- 
rentes a accordé la palme à M. J. De Knyff, à Waelhem, et les accessit à 
MM. Aug. Delafaille et baron Osy. 

Le -4° Concours avait pour objet les fruits le plus nouvellement introduits 
dans le royaume. La médaille a été unanimement adjugée à M. E. Dewaeî. 

Enfin un cinquième et dernier concours , pour le plus bel envoi de fruits 
par des personnes étrangères à la Société, a fait distinguer la colleclion 
de pommes de M. Van Mons, de Louvain, et M. D'Esperen de Matines. Cha- 
cun d'eux a obtenu une médaille. 

Cette seconde exposition a surpassé de beaucoup la première et par la quan- 
tité , (il n'y avait que SG3 n%) et par la qualité des fruiits, par leur beauté 
et par la rareté des espèces. Telle est l'utilité de ces expositions publiques 
que les horticulteurs , sollicités par une honorable émulation , s'empressent 
d'étaler aux regards des amateurs, les produiîs de leur culture, qui naguère 
restaient presque absolument ignorés. La connaissance des plus belles acquisi- 
tions se répand parmi les jardiniers, et il leur devient plus facile de meubler 
les jardins et les vergers des meilleurs fruits, par le choix qu'ils peuvent en 
faire aux salons d'exposition. 

Ce serait manquer d'égards envers les Sociétés d'horticulture étrangères 
à la Belgique, que de ne point consigner aussi dans noire revue , les résultats 
de leurs louables efforts; nous savons que les villes de Lille , Douai, Nantes 
ont eu leurs expositions ; vraisemblablement d'autres villes ont rendu aussi de 
semblables hommages à Flore et à Pomone ; mais les procès-verbaux de ces 
séances solennelles nous sont iuconnus. La SocirTf; royale D'IlorxTicuLTURR 
DE Paris a fait, daus l'orangerie des Tuileries et du V' au 7 juin 18iS, sa 
sixième exposilion qui fut ouverte par le discours de M. le vicomte ïlcricart 
de Thury , président, que nous avons reproduit textuellement en tète de ce 
cahier. Il y avait 1 386 plantes. Le prix pour la plante la plus belle et la plus 
intéressante fut accordé à un Oncldium flexuosiim, de la colleclion de 
MM. Cels frères. La plus riche colleclion de plantes fleuries a été reconnue 
appartenir à MM. Jacquin frères qui ont obtenu le prix ; venaient ensuite celles 
de MM. Lemon père et fils, et Madale auxquelles il a été décerné de sem- 



/ Jl' 




levricT -tSJr' . 



[^fvîïnliitLS barbcT-tus 



LStrnr^iUff'- fifi^- 



— 69 — 

blables distinctions. Le Pentsiemon spéciosum , exposé par M. Lolh a rem- 
porté le prix destiné à la plante la plus nouvellement introduite dans le 
royaume. Enfin M. Godefroy, jardinier du prince de Beauvais, a obtenu un prix 
pour des raisins, des abricots des pêches et des patates forcées. 

Des médailles de reconnaissance ont été volées en faveur de : 

M. Tamponet, pour ses bonnes cultures. 

M. Guichenot, pour son voyage dans l'Inde, comme jardinier collecteur. 

M' Desfosses-Courlin , pépiniériste à Orlé^ans, pour ses bonnes cultures. 

M. Cappe, jardinier, pour ses bonnes cultures et ses bons services. 

M. Delaire, au jardin des plantes, pour ses fécondations artificielles. 

M. C. De L'Escaloppier , pour avoir, le premier en France, fait usage 
d'une machine à vapeur dans le chauffage des serres. 

M. Gordon pour avoir établi des cressonnières artificielles à Senlis. 



Extrait du procès-verhal de la séance du conseil d'administration, de la 
Société royale d'Horticcltcke de Bruxelles. ( Exposition (jénérale du 
l*', 2 ef â février 1836), où sont relatées les opérations du jury désigné 
pour prononcer sur les dijj'érens objets admis à concourir pour les prix 
offerts par la société. 

Les produits de l'horticulture, plantes, fruits, légumes, etc., compo- 
sant l'exposition , sont rangés sous 907 numéros. 

La séance est ouverte à deux heures de relevée , le 31 janvier 1836. 

Les Membres du Conseil d'administration reçoivent successivement 
MM. Vanderey, Dumorlier , Kips , Constant, Lamquet, formant le jury, et 
les invitent à vouloir procéder à leurs opérations. 

D'après l'article 1 '> , de la délibération du conseil, le jury doit désigner une 
plante très-remarquable par la nouveauté de son introduction dans le royaume. 
Après un examen attentif de toutes les pîanles exposées, le scrutin est ouvert 
en faveur de deux d'entre elles, et la majorité des suffrages se prononce pour 
le n' 723; c'est un Myanthus barhatus (1), appartenant à M. F. Reynders. 
En conséquence , le prix lui est décerné. Le n° 6S-4 , A gave filamenfosa , de 
M. Vanderhey, est mentionné honorablement. 

(1) MYANTHUS BARBATUS. — MYAIVTHE a FLELrS BAKHCES. (pi. color. 50). Cynandrie 
rnonandrie. Famille des orchidées. — caractère générique : Perianthiiim explanatum. Sepala 
libéra cequalia, laleralibus paululum ascendentibus . Petala conformia , angustiora; sepalo su- 
premo subopposita. Labellum planutn, obovatum, Z-dentatum; sepalis brevibus. Columna erecta, 
teres, baU bicirrhosa, posticocardinem antlierœ longé prodtccla. Caractère spécifique : Labello 
in pilis succulent.s barbœ formlbus dis.toliilo basi supra unicorni. 

l.e Slyanihe à fleurs barbues est une plante fort remarquable, produite par les forêts de Dcme- 
rary, voisines des cataractes de la rivière qui porte le même nom; elle y a iXè observée par M. John 
Henchnian , dans les crevasses des vieux troncs sur lesquels elle croit parasite , et Penvoi en a 
été fait , Pan passé , à M. Lowe , chez qui elle a fleuri au mois de février. 

I.es tiges anciennes sont cylindriques , fusifurraes, nues, articulées et longues de qiMtre à cinq 



— 70 — 

Le second scrutin a pour objet le choix de la collection de plantes en fleur, 
la plus méritante par sa composition et sa belle culture. Deux collections 
sont distinguées; mais aucune d'elles n'a paru mériter le prix. Le jury vote, à 
l'unanimité, l'accessit en faveur de celle portant le n" 1 ; elle esta M. Ch. Reyn- 
ders. La collection n°% de M. Stevens fils, reçoit une mention honorable. 

Le jury trouve convenable de s'occuper ensuite du scrutin pour le choix de 
la plus belle collection de fruits de dessert, envoyée à l'exposition, et il dé- 
signe à l'unanimité, comme digne du prix, la collection exposée par M. Louis 
De Rasse, jardinier, à Tournai. La collection du D"^ Lebrun , à Lessine , obtient 
l'accessit. 

Les conditions des autres concours n'ayant point paru avoir été atteintes ou 
remplies par les objets envoyés à l'exposition , le jury ne croit pas devoir s'y 
arrêter. 

Après lecture du procès-verbal , dont la rédaction est approuvée , le con- 
seil lève la séance. 



Procès-verhal de la séance d'exposition de la Société d'Agricultcre et de 
BoTAMQrE DE LouvAiN , le o février 18*6. 

Messieurs les juges entrent en fonction : 

Le prix de belle culture est adjugé à l'unanimité au n» 202 , Beaufortia 
decussata, exposé par M. Vermeylen ; l'accessit est partagé par les n" 179, 



pouces ; à leur base en poussent de nouvelles , pseudobulbeuses , ovales alongées , garnies de 
cinq ou six feuilles ondulées , réfléchies , oblongues-lancéolées , marquées de trois fortes côtes ou 
nervures , rétrécies vers la base, acuminées au sommet, d'un vert agréable et assez intense eu 
dessus, plus pâles et presque glauques en dessous , longues de six pouces environ , larges de 
quinze lignes. Le pédoncule florifère , naît de la base latérale du pseudo-bulbe; il est cylindrique, 
assez grêle , rougeâtre , muni inférieurement d'écaillés vertes , embrassantes , lancéolées et poin- 
tues j les fleurs , au nombre de neuf ou dix , présentent une belle grappe lâche, elles sont portéCj 
sur des pédicelles rouges , accompagnés chacun d'une bractée membraneuse , linéaire, lancéolée, 
presque aussi longue. Le périanthe est bllabié; les sépales et les pétales sont presque semblables, 
dun vert intense , parsemés de taches sanguines , obscures : le sépale intermédiaire , réuni en 
partie aux pétales, forme avec eux une sorte de casque ; les autres sont étendus. Le labelle, infé- 
rieurement articulé avec le gynostème , est linéaire , brisé ou pour ainsi dire coupé vers le 
milieu , d'un rouge de rose avec les bords garnis de fines lanières blanches , extrêmement nom- 
breuses, imitant une frange à longs brins ou une crête d'oiseau ; on remarque à sa base une corne 
recourbée, blanche et tridentée. Le gynostème est dressé, un peu ondulé , acuminé ou cornu, 
aussi long que le sépale intermédiaire dans la cavité duquel il s'emboite en partie ; il est d'un 
rouge sanguin à l'intérieur , roulé, avec ses bords latéraux échancrés, garnis inférieurement, de 
chaque côté, d'un appendice cirrheux, droit et d'un rouge pourpré. L'anthère a deux loges 
adossées au prolongement en forme de corne du gynostème; la glandule est très-grande , cartila- 
gineuse, oblongue, contournée, se séparant avec élasticité du stigmate. 

On cultive le jiyanlheà fleurs barbues en serre chaude , dans le terreau de bruyère peu hu- 
mecté, et on le propage par la séparation des speudobulbes. 



— 71 — 

Camellia striata, de M. Adolphe Carolus , et 10, Camellia anemoniflora de 
M. le vicorafe De Schrynmakers. 

Les prix pour la plante la plus rare et pour le contingent de collection la 
plus complote n'ont pu être décernés. 

Celui pour la plus belle collection de fruits a été remporté par M. De Meester. 

Le jury a cru devoir mentionner honorablement les plantes suivantes : 
1. StreUtzin re(jinœ, exposé par M. Vanbockel. 

3. Cyprijjedkim vemistmn, par le même. 

4. Pfotea cxjnaroides , id. 

49. Azaïea indica, V. f. alho. par M. Cranincx. 
129. Strelitzia hîiniills , i)3lt M. H. Carolus. 

5. Camellia pœoniflorn, par M. le vicomte de Schrynmakers. 
9. » alihœiflora, par le même. 

8. » imhricata , id. 

7. » striata , id. 

1-49. Citrtis aurantium , par M. Deswert. 

10-4. A zalen indica, V. fl. «/io, par M. Peemans. 

199. .^ma;i///tsJo/inso»i, par Vermeylen. 



Extrait du procès-verbal de la séance tenue par le conseil d'administration 
de la Société royale d'Agricultube et de Botanique de Gamd, le 6 fé- 
vrier 1836. 

MM. C. Billiet, P. Buyck-Van der Meersch, P. de Cock, J. de Herdl, 
Ferdinand D'hoop, P. Verleenwen, G. de Rycke, F. Spae et F. vanDamme, 
juges désignés , se sont réunis au conseil d'administration. 

La Plante désignée pour être épanouie le 6 février 18â6 , à dix heures du 
matin, était le Lijchnis chalcedonica , fl. rub. pi.; aucune plante n'ayant été 
envoyée , le concours a été prorogé. 

MM. les juges s'occupent d'abord du contingent le plus riche de plantes en 
fleurs , distinguées par leur belle culture, leur diversité et leur nombre, au- 
quel la médaille d'or est destiné. Cette médaille a été décernée , à la collec- 
tion de M. Aug. van de Woestyne-D'Hane ; elle offre un ensemble de 101 
plantes , la médaille d'argent , a été accordé au premier accessit, la collection 
de M. Aug. van Tieghem. 

Plusieurs juges ayantproposé d'accorder une médaille de bronze au deuxième 
accessit, elle a été adjugée à la collection de M. A. de Leu, digne de rivaliser 
avec la précédente. 

La mention honorable a été votée en faveur des collections de MM. Joseph 
de Cock , Lacombe et Royer. 

La médaille d'argent , pour la plus belle collection d'Amaryllis, a élé ob- 
tenue par M. Aug. de Cock. 

MM. les juges charmés de la riche et belle collection de Camellias de 



— 72 — 

M. Charles Heye , ont proposé de lui décerner une médaille d'or en remplace- 
ment de celle d'argent, ce qui a été adopté. 

Le prix de belle culture a été remporté par le n° 67b , Azalea indien, fl. 
purp. pi., de M. Charles de Loose. Le premier accessit par le n° 1060 , C'a- 
mellia reiiculata , de M. Charles Heye ; et le deuxième accessit par le 
n" 1%11, Glyci7ie sinensis , de M. Auguste Mechelynck. 

Les autres plantes et arbustes admis à l'honneur de coconurir pour le 
prix de belle culture, emportent par celte seule distinction la viention hono- 
rable ; ils sont désignés ci-dessous , d'après le numéro d'ordre du catalogue : 

on«» i .,. I- i Me la collection de M. Jos. de Cock, 

N" S92 Amaryllis aulica superba, ) • \i n 

» -418 Ixora coccinea, jdeM. Aug. de Cock, à Loochristi. 

» 677 Azalea indica,'phœnicea, i 

» 681 )) )) fl.alb, [de la collection de M. Ch. de Loose.. 

» 682 » )) pulchra , \ 

>. 1092 CamclliaJap slriala, ^^^^^ Charles Heye. 

» 110/ » jJonkelaarn, ) •' 

» 1371 Eyidcndrum fragrans , 

» 1372 Macradenia hUescens, 

)) 1376 Clivca nohilis , ) de M. Aug. Mechelynck. 

)) 1-376 Euphorbia splendens, 

» 1380 CamelUa futlung, 

» 2218 Asirapœa WalUchi, \ 

» 2260 Rhodondmdron superbiss. (delacollectiondeM. Aug. vanTieghem. 

» 2269 Epacris impressa , \ 
Le nombre des plantes exposées «tait de 2461. 



Procès-verhal de la séance d'exposition de la Société de Flore dtAlost; 
du 13 février 1836. 

L'exposition se composait de 383 plantes en fleurs. 

La commission nommée pour procéder au jugement des différens con- 
cours , s'ètaut réunie dans la grande salle de l'Hôtel-de-Ville , a décerné, aa 
scrutin secret, les prix suivans : 

La médaille d'or destinée à la collection la plus riche en belles plantes ou 
arbustes en fleurs , remarquables par la culture et la diversité des individus , 
a été adjugée à la collection de M. Verschaffelt père , jardinier-fleuriste à 
Gand. 

La médaille d'argent, pour la plante en fleurs la mieux cultivée , a été dé- 
cernée au n" 28 , Camélia striata de la collection de M. Josse Boone. 

Le premier accessit au u° 186, Vœonia papaveracea de M. Nooy , secré- 
taire de la Société. 

Le deuxième accessit au n° 209 , Camellia maidenhlusch, du même. 

Les plantes et arbustes , admis à l'honneur de concourir pour le prix de 



belle cuUurc, emportent par celte seule distinclion la mention honorable • iU 

sont désignés ci-dessous, d'après le numéro d'ordre du Catalogue. 

N» 1 Camellia roi des Paijs-Bas, de M. Albert lioone. 

» 174 Cypripeditim insigne, de M. Mechelynck , à Gand. 

» 188 Epacris imprcssn , ^ • m ht 

,cio n 77- 1,1 •/• /• ( deJVI. JNooy. 

), lUo Larncllia ntthœijolia, > •' 

» 247 Mimosa decurens, | de M. Van Damme, jardinier-fleuriste , 

» 249 Erica linoides , j à Gand. ', 

» 296 Dryaiidra qiicrcifolia, i 

« 312 RhoJodend. suvcrhissim.ï , ,, ,r i « w - .... 

QiK /. 7 , ■'. . \ deM. Verschaffelt, père, lardimer-fleu- 

» 315 Lombretum purpiireuvi , > . , . i-. j 

oiG r- 7 • 7 iv- 7- à nste, a Gand. 

M -olo halmia lalijoiia, | 

» 317 Strelifzia reginœ , "j 

» 3156 Camellia minuta , de M. Verschaffelt , fils. 

La médaille d'argent, pour la plus belle collection de Camellies en fleurs , 
a été adjugée à celle de M. Nooy. 

Le premier accessit à la collection de M. Josse Boone. 

Le deuxième accessit à celle de M. De Moor. 

A été mentionnée honorablement la collection de M. Sleleman. 



BIBLIOGIWPHIE. 

Quelques souvenirs autour d'un tombeau , notice consacrée à rappeler la mémoire 
et les services de Jean Henri Missche, Jardinier en chef à l'Université de 
Gand. Gand, D. Duvivier , rue aux Marjolaines , n" SI , m-8° avec deux 
planches. 

Sous ce titre modeste, un littérateur profond, dont l'originalité du style trahit 
l'incognito qu'il veut en vain garder, a tracé avec chaleur, la vie privée de 
l'homme de bien qu'il honora d'une considération méritée. Respect à la mé-- 
moire de celui qui n'est plus; honneur à l'ami généreux dont les souvenirs 
épanchent de si nobles sentimens ! En faisant l'histoire du plus savant jardi- 
nier de la Belgique , M. Cornelissen y a lié celle de la botanique chez les 
Belges, et particulièrement chez les Gantois, que l'on cite toujours en pre- 
mière ligne, partout où il est question de la culture des fleurs. 

Nous aurons occasion de revenir sur ce beau discours qui rappelle ceux 
de ce bon Charles Van-Hultem , et dans lequel une multitude de faits ignorés 
ressortent avec l'art et l'esprit de philanthropie que l'auteur sait répandre 
dans tous ses écrits. 



BoTAMCiL Register , or omamentalFlower-Garden , etc. Par J. Lindlet. 
Nouvelle série, tome IX ; n" I et II; janvier et février 1836. 

)1822. Cosmelia. Ord. naf. epacbidace^. Pent. mon. Calyx foliaceus. Co- 

To:,iE lil. 10- 



rolla tuhulosa.. Stamiaa epipelala ; antkerœ apicibus ciliatis /ilaineiitarum 
ndnntœ. SquamulîES, hypocjynœ. Capsula placcntis coluinnœ cenlrali ad- 
natis. 

C. RcBRA : Fruiescens; foliis basibus ciwullaiis, serni-vacjinantibus ; flori- 
hnsramos latérales brèves terminantibus , solitariis ; corollâ rubrerimd. 

lÎROWN. Prodr. So3. 

Le D' Brown ainslitulé le genre Cosmelia , pour une plante de la famille 
des èpacridées , qu'il a observée sur les rivages bas et marécageux de la partie 
méridionale de la Nouvelle-Hollande , pendant son séjour sur cette terre si 
vaste , si peu connue encore, mais qui laisse présager d'immenses trésors pour 
l'élude de la botanique. Le savant auteur du prodrome des plantes de l'Aus- 
(ralasie a choisi, pour le genre nouveau, un nom évidemment dérivé de Kca-junu, 
qui signifie ornement, faisant allusion à la beauté des fleurs de la seule espèce 
que renferme encore ce genre. La Cosmelie rouge a été introduite en Europe 
par messieurs Loddiges, en 182G, et elle y fleurit assez difficilement pen- 
dant le mois de juin. 

C'est un petit arbrisseau dont les tiges , d'une belle couleur purpurine , sont 
cylindriques, lisses, munies de feuilles demi-embrassantes, courtes, épaisses, 
raides , lancéolées , pointues , cuculliformes à leur base et d'un vert agréable. 
Les fleurs, d'un rouge de carmin très-vif , ont leur calice foliacé; la corolle 
est lubuleuse, renflée , divisée au sommet en cinq dents courtes et presque ob- 
tuses. Les cinq ètamines ont leurs anthère? biloculaires, alongées , aduées au 
sommet cilié des filamens; on remarque en outre cinq petites écailles hypo- 
gynes. Le fruit consiste en une capsule à placentas adués à une colonne cen- 
Irrale, libres à chaque extrémité. 

182^. Lasthenia.. nat. ort. Svnanther^. Syn. pohjq. snp. \n\o\acvi\m mo- 
nophylluin, mnltidentatum , ebraçteatum. Receptaculum conicum, scrobicula- 
tum. YlosdnW radii fceminei ligiilatl ; disci hermaphroditi infundibulares. 
AnlheroD apice ftppçndicidafœ , basi muticce. Stigraata rhombeo-lanceolata 
ad anqvlos barbala. Pappus nulliis. Achenia compressa , lœvia , apice disco 
hrevi , semi-cylindracco mucroiiata, 

L. Californica : sub pubesccns ; ful'às integerrimis ; capituUs basi umho- 
natis. 

Il y a peu de différence entre celte espèce el celle dont nous avons parlé 
précédemment, I. Glabrafa; toutes deux sont originaires de la même région 
de l'Amérique septentrionale et faisaient vraisemblablement partie du même 
envoi. La plante est annuelle et fleurit au bout de six semaines à partir du jour 
du semis. 

Toutes ses parties sont faiblement pubescentes ; les tiges sont diffuses , 
comme articulées, cylindriques et d'un vert pâle. Les feuilles sont opposées , 
irrègulières , très-eniières , amplexicaules à leur base, presque obtuses au 
sommet , d'un vert assez agréable , longues de quinze à dix-huit lignes et 
larges de deux. Les capitules sont solitaires à l'extrémité d'un long pedon- 



— /o — 



•cule assez grêle ; l'involucre esl monophyllc , avec le bord découpé en un 
grand nombre de dents aiguës ; le réceptacle est conique , garni de fossettes 
dans lesquelles sont implantés les fleurons hermaphrodites du disque ; ceux 
de la circonférence sont ligules el échancrés; la couleur des uus et des autre» 
est le jaune doré. 

1824. AiusTOLucniA foetfns : Foliis lalocordatis, acutis ; caiilc voluhili ; 
pedunculis solitariis , bracted perfolinià ; limbo calycis maxiino , intcgro, 
cordato labio longissimè caudato ; tuho extus glabro. 

C'est une piaule grimpante, rerue l'an passé, des Antilles, par M. Marryat. 
Ses tiges , presque ligneuses , ont leurs feuilles cordées, entières, longuement 
pètiolèes, veinées et réticulées, d'un vert pâle tirant sur le glauque en dessus, 
pubescentes en dessous, de cinq à six lignes d'étendue. Les bractées sont soli- 
taires , orbiculaires et perfoliées. Les fleurs sont extrêmement grandes ; elles 
n'ont pas moins de cinq à six pouces d'étendue, non compris l'appendice en 
languette qui la termine , et qui l'égale en longueur ; le calice est coloré en 
jaune verdàtre, maculé et nuancé de pourpré et de brun, ventru à sa base qui 
est d'un noir pourpré, tubuleuse et glabre; le limbe est arrondi, un peu cor- 
diforme , se prolongeant en une lanière très-longue et Irès-élroite, en forme de 
ruban verdàtre, bordé de pourpre foncé. Les anthères, au nombre de six, sont 
presque sessiles , insérées en dessous des divisions du stigmate. Celui-ci est 
^talé, ouvert, découpé en six parties, presque sessile sur lovaii-e. La capsule 
est arrondie , à six côtes et à six loges renfermant un grand nombre de 
graines. 

1823. Plf.iîrothallis picta : Folio spatliulato,marginato , retuso , racemis 
Iaxis duplà breviore ; bracfeis minimis ; sepalis acuminatis , lateralibus 
apice tanthm sejunctis; petalis lineari-lanceolatis , acuiis, labello lineari 
obtiiso , carnoso , siipra l-sulcato. 

Cette petite Pleurolhalle se rapproche beaucoup de celle de Groby , tant 
par sa taille que par son existence parasite ; elle est aussi originaire de De- 
merary doù MM. Loddiges l'on rcrueen 18B-4; elle a fleuri l'année suivante 
au mois de mars. ■> > 

1826. Hiciscrs bosa sixf.S'sis ; Caiile inermi , arboreo; foliis ovalis , actimi- 
nalis, glabris, basi intcgerrimis , apice grosse denlalif, subcinctis ; pedicellis folii 
longitudinè , involucello , l-phyllo. 

H. Ros V siNENsis. Lr^N. Sp. pi. 977. — Loor. FI. Cochinch. 2. 419. — Cav. 
Biss. 3. ï . 69. f. 2. — WiLD. Sp. pi. 3. 812. — Lam. Dicl. Encycl. 3. â74. 
— Bot. Hïag. lo8. — DeCand. Prodr. 1. 448. 

1827. PnirLi-A ligcstrina : Foliis ovalibus, oppositis, venosis; capilulofer- 
niinali; involucro Mraphyllo, foliis rameis dissimili, foliolis ovatis exlùs venosis 
inlùs pubcscenlibus ; perianthiis senceis; receptaculis fructiferis, ovalis , pube brc- 
vissima. 

P. LiGt'STRiNA. Lab. FI. Nov. Holl. I. 9. t. 3. 

CetfePiraélée, comme toutes ses congénères connues, appartient à l'Auslra- 



lasie ; elle a été Iroovée dans les Landes qui environnent le port Jackson, à la 
terre de Uiemen, par le botaniste voyageur Labillardiere, qai faisait partie de 
l'expédition envoyée à la recherclie de Lapeyrouse. Depuis, en 18i4. elle 
est parvenue à M. Guna de Lauuceston, qui l'a vu fleurir dans ses serres au 
mois de mars. 

1828. Df.ndrobium densiflorum. CaiiUbus articulalis , clavatts , pendulis 
apice foliosis; foliis oblongis , acuiis,nervosis; racemis laleraUbusmuUifloris foliis 
longioribus ; junioribus strobiliformibus ; bracteis oblongis, plicalts, reeurvis, pedi- 
cellis longioribus ; sepalis palentissimis ovalis , obtusis ; petalis conformibus majon- 
btis, labcllo majore, rhomboidco , tingukulalo serrulalo reluso. Lixdl. Gen. et 
sp. orch. p. 90. — Wall. Pt. as. rar. ti" -40. 

1829. aEvoTHERA HUMiFi'SCA : Tota villosa ; cauUbus prostralis; foliis ex 
ovato basi anguslis acuminalis, denlalis ; spicis foliosis terminalibus; calycis Ittbo 
gracili ovario duplo longiore; petalis bilobis, venosis slaminibus longioribus ; slig- 
matis lobis brevibus, cruciatis; capsulis prismaticis> 

M. HCMiFCSA. NcTT. GcH. Amer. 2-4d. 

M. coNciNNA. Don inBrit. FI. Gard. n. s, 183. 

BoiSDtvALiA coNcix.VA. SpACH. in Atiti. dcs Sc.scr.ft. -4. 161. 

\%}tQ.O'HciD\VTAV.\i?,sz\AAi>AVTiiPseudobulbisovatis,costalis,diphyllùi foliis ligu- 
lato-lanceolatis,patentibns; racemo paucifloro radicali ; sepalis petalisque conformi- 
bus , ovato-oblongis , subundulatis ; labello postico oblongo-cuneato , reluso , apicu- 
lato, subsinualo , lamellis disci truncatis. 

Quoique cette Oncidie s'éloigne un peu de l'aspect général des orchidées , 
elle n'en appartient pas moins véritablement à ce genre , par l'analyse de ses 
caractères. Elle a été envoyée en 1833 au duc de Bedford, par MM. Moke, qui 
possèdent à Tejuca, dans les environs de lUo-Jaueiro . un beau jardin où ils 
cultivent les productions les plus rares du Brésil ; elles leur sont apportées de 
tous les points de ce vaste empire. 

18âl. Bartonia. Ord. nat. Loase.e. Polyand. monog. Sepalu 5. Petala 
5-10, iiunc 6 staminibus totidem alternantibuspetaloideis. Stamina numerosa. 
Capsula subclavata , sessilisy apice è-7-valvis. 

B. Atrea : Foliis ovato-lanceolxxtis , simplieiter pinnatifidis , laciniis in- 
feriorum grosse serratis ; bracteis ovatis , pinnatifidis flores obvallaniibvs ; 
petalis o , obovaiis , cuspidatis , nuinerosissimis , omnibus filiforriiibus. 

Ce genre, institué par Michaux sous le nom de Centanrella, dans son Flora 
boreali Americana, était, presque en même temps, dédié par Pursh au doc- 
teur B. S. Barlon , professeur d'histoire naturelle à l'université de Pensyl- 
vanie. Cette dernière dénomination, acquittant en quelque sorte une dette de 
reconnaissance , a dû prévaloir sur celle proposée par Michaux , qui était pres- 
que insignifiante. Jusqu'ici le G. Bartonia, ne s'est composé que de deux 
espèces extrêmement grêles : en voici une troisième , qui compense par sa 
vigueur ce qu'il manque à ses deux congénères. Xous en devons la découverte 
à M. Douglas , qui l'a observée en Californie , et en a envoyé des graines à la 



Socièlé d'HorlicuUurc do Londreâ^, eo 1834. Elle fleurit au mois de juillel- 
C'cst une plante annuelle , qui s'élève à deux ou trois pieds ; ses tiges sont 
droites, rameuses, velues, garnies do feuilles d'un vert assez intense; les infé- 
rieures longues de trois pouces , sessilcs , découpées do chaque côté en quatre 
ou cinq lobes, à dents aiguës; les supérieures beaucoup moindres, à pinnules 
moins profondes, ne formant en quelque sorte que de grandes dents. Les fleurs 
sont longues de plus de deux pouces, d'un beau jaune doré et rassemblées vers 
rextrémitè des rameaux ; le calice est couvert de poils blanchâtres; son tube, 
ovale et renflé, est adné à l'ovaire; son limbe est divisé eu cinq segmens 
lancéolés, aigus, plus cour(s que la corolle. Celle-ci est composée de cinq 
pétales , larges, étalés, arrondis , ondulés et pointus au sommet. Les étamincs 
sont très-nombreuses , insérées au calice, avec les filamens extérieurs beau- 
coup plus longs : L'ovaire est uniloculaire, avec trois placentas pariélaux, 
linéaires, polyspermes. 

1832. Sarcocuills. ord. nat. orchidée. Gyn. mor. Perianlhiura jua/ens. 
Sepala lateralia ciim uiigue lahelli subfàs connata. Pelala conformia. Label- 
lum ecalcaratum f cum unque colmnnœ continuum, calceiforme ; lobo inter~ 
medio , carnoso , solido ,• laternlihus asoendentibus petaloideis. Columna 
brevissima , marqinibus tenuibiis, iiiflexis. Anthera bilocularis , valvis 
antherœ inferioribus deflexis, erosis. Pollinia caudicula lineari afjîxa glanduld 
deltoïde â. 

S, Falcails : Brevissimè caulescens; foliis distichis , lineari-lanceolatis, 
subcoriaceis ; racemis axillaribus, erectia, S^Q-floris , secimdis ; bracleis bre- 
vibus, latis, ovatis. 

S. FALCATUS. R. Brown. Piodr. 332. — LiNDL. Gen. et sp. orch. 142. 
Une jolie petite orchidée , trouvée par M. Robert Brown , aux environs du 
port Jackson, lui a fourni les éléraens d'un genre nouveau , qu'il a nommé 
Saicocliyhis, de (T::px::, chair, et de ^t'/A;;, lèvre ; parce que son labelle est 
fort épais ou charnu.Cette plante, l'unique du genre, est encore très-rare, même 
à la Nouvelle -Hollande; elle n'existe que depuis l'année passée dans les 
collections européennes ; M. Bateman l'a fait parvenir à Messieurs Loddiges, 
qui en ont obtenu des fleurs au mois d'avril. 

18BB. Brunonia. Ord. nat. Bruno.mace/E. Peut, monog. Capitulum invo- 
lucratmn. Calyx Sfidus, 4-bracteatus. Corolla monopetala , inftmdibuli- 
formis : îimbo 5-partiio , laciniis 2 superioribus altius divisis. Staraina «■ 
hypogyna. Antherœ connaiœ. Ovarium monospermum. Stigmatis indusiuvi 
bivaltœ. U(riculus*«c/iASî<s tubo aucto indurato calycis superne patulilaciniis 
plumosis. Semen exalbuminosum. 

B. ATJSTKALis. FolUs undiquo scapisque infernè villosis : pilis patulis, cahjcis 
laciniis longitudinaliter jjlumosis ; apice acutiusciilo. 

B. AusTRALis. B-. Brown. Prodr. 590. — Spreng. Syst. vegcf. t. S38. 
Smith a établi et dédié le genre Brunonia, à sir Robert Brown, pour 
deux plantes singulières, que cet illustre bolaniste avait observées à la Nou- 



velle-iEollande ; mais dont la place , dans la série des ordres naturels, lui 
avait paru très-difficile à trouver. Ces plantes , qui, par leur port ont une res- 
semblance marquée avec les scabieuses et les globulaires, semblent devoir 
être rapproclièes de la famille des dipsacées , cependant elles n'offrent pas 
moins d'analogie avec celles des Goodenoviées etdesCorymbifères ; or , dans 
le doute ou a fini par établir une famille nouvelle , que l'on a placée entre ces 
deux dernières. La Brunonie australe croît aux environs du port Jackson , 
elle en a été reçue , en 1834 , par M. James Backhouse. 

1834. Celosi/V cocciNEA : Fo/iis anquste lanceolatis, acuminatis ; caulc 
sulcato • spicis multiplicihus, compressis, acuminnlis , pijramidalibus ; stnmi- 
nibus caîyce brevioribiis. 

C. COCCINEA. MlLL. Dicf. — WiLLD. Sp. pi. l.l 199. E.0E5I. ET ScH. 5. 46S. 

C. Cristata. Spreng. Syst. veget. 1, 814. 

1835. CooPERiA. Ord. nat. AaiABYLLiDiE Kexand. monog. Tubus cylin- 
dricns , erectiis ; liinbns regularis païens. Filamenta tuho consolidata. An- 
therae erectœ in fauce tuhi sessiles. Pollen difforme. Scapus cavus. Semiua 
testa tenui nigrâ, complnnata , cuinulata. 

C. Drujimondii : Scapo iinvjloro ; spatha univahi) florihiis alhis ; tuho gracili 
longissimo , purpureo. 

Le genre Cooperie , très-voisin du G. Zepbyranthe , dont il parait même nfe 
différer essentiellement que par la forme des grains polliuiques, a reçu de 
M. William Herbert, a qui la science en est redevable , le nom du botaniste 
qui a découvert la première espèce, M. Cooper. M. Drummond a trouvé celle 
qui fait le sujet de cet article , au Mexique , dans la province de Texas , et 
en a adressé -, l'an passé , au jardin botanique d'Edimbourg , des bulbes qui 
sont en fleurs en ce moment. 

Ces bulbes sont de la grosseur d'une forte noisette; les feuilles sont grêles, 
canaliculées , glabres , d'un vert agréable , longues de douze à treize pouces 
et larges d'une ligne. La hampe, qui n'a que quatre pouces et demi, est cylin- 
drique , creuse , enveloppée d'une spathe engainante , terminée par une seule 
fleur dont le tube, d'un rouge pourpré, a quatre pouces et demi de longueur ; 
le limbe est divisé très-profondément en six lobes ovales, étalés et blancs, 
dont trois intérieurs un peu plus étroits , lancéolés , et trois extérieurs 
presque ovales, terminés vers la pointe par un petit corps calleux ; ces lobes 
sont striés et marqués d'une bande intermédiaire et longitudinale, rose , sur 
leur face postérieure. Les anthères, longues de trois lignes, sont portées sur 
des filamens un peu plus courts. Le style est couronné par un stigmate obtus , 
à trois lobes. La capsule est alongée et polysperme. 

1836. Kageneckia crat-ïoifolia. Florihiis coryinhosis ; foliis ohlongis^ 
serratis , acufis ; sepalis margine tomentosis , subdenticulatis. 

K. Cbat.«goides. Don in Edinh. Phil. Journ. n. s. 10. 229. 
LvdjEa iaday. Mo lin. Hist. nat. Chil. éd. 2. 300. * 

(La suite an prochain cahiei.) 



~ 79 — 
Sialuts do la Société anony7nc iVIIoiticidiurc et do Bofaniqito de Gniid. 

Article 1. La Sociclè portera la dénoiuinalion de Société An.onymc d'Hor- 
ticulture et de Botanique de Gand. 

Art. 2. Lo fond social se compose de deux mille cinq cents actions , cha- 
cune de cent francs ; les actions sont au porteur. 

Art. 3. Aussitôt que les souscriptions auront complété le fonds social 
chaque actionnaire sera tenu de verser le montant de sa souscription entre les 
mains du caissier de la Société qui aura été nommé par la direction , dont il 
sera parlé à l'article suivant. 

Akt. a. Dans une assemblée générale les actionnaires procéderont h la 
nomination, à la majorité absolue des suffrages, de douze d'entre eux pour 
composer la direction de la Société. Dans cette assemblée générale comme 
dans toute autre qui aura lieu par la suite , les votes des actionnaires seront 
comptés par le nombre de leurs actions. 

Art. s. Pour être membre de la direction il faut être actionnaire de la 
Société Anonyme et membre de la Société Royale d'Agriculture et de Botani- 
que actuellement établie à Gand. 

Art. 6. La direction nommera dans son sein un président , un caissier et 
un secrétaire. 

Art. 7. La direction sollicitera sans délai l'autorisation royale pour l'éta- 
blissement de la Société Anonyme , et aussitôt l'autorisation obtenue , elle 
convoquera la généralité dos actionnaires, pour passer le contrat de Société 
devant notaire. 

Art. 8. La direction recevra la cession gratuite de la butte de Moulin et 
du terrain adjacent que la régence est autorisée à faire à la Société ; elle fera 
aussi les acquisitions des terrains ultérieurs nécessaires pour la construction 
du bâtiment et du Jardin d'après les plans qu'elle aura arrêtés sur l'avis de 
l'architecte qu'elle est autorisée à nommer ; elle passera au nom delà Société 
les contrats d'acquisition et effectuera les paiemens stipulés entre elle et les 
vendeurs. 

Art. 9. La direction adjiigera publiquement la construction du bâtiment, 
soit en un seul, soit en plusieurs lois , sauf qu'elle ne devra pas s'arrêter au 
dernier rabais, mais qu'elle pourra prendre l'avant-dernier ou tout autre sou- 
missionnaire , qu'après avoir pris l'avis de l'architecte elle jugera le plus apte 
à exécuter l'ouvrage. 

Art. 10. La direction arrêtera aussi le plan du jardin et le fera planter, 
soit par adjudication publique de la manière et sous les clauses énoncées à 
l'article précédent, soit par entreprise de gré à gré, soit en confiant cet objet 
à la Société Royale d'Agriculture et de Botanique, moyennant une somme à 
convenir, soit par économie, de la manière enfin qu'elle jugera la plus con 
venable et la plus uli'e aux intérêts de la Société. 

[La suile au prochain cahier).. 



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Jours 

du 
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L'HORTICULTEUR 



BELGE. 



MARS 1836. 



PHYSIQUE ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALES. 

Ififluence du sujet sur le fruit de la greffe; par D. T. (New-York farmer and 
horticuUural reposilory.) 

Il y a quelques années, je me suis procuré des rameaux de la poire jargo- 
nelle ; j'en ai écussonné plusieurs sur des sujets de poirier, mais comme 
j'avais peu de ces sujets, j'ai placé aussi quelques écussons de jargonelle sur 
les branches d'un pommier de Spitzenbourg {oti the branches of a Spitzcn- 
hurg apple tree) ; toutes ces greffes ont porté fruit cette année en quantité 
considérable : l'une des greffes sur poirier, placée dans une terre basse et apla- 
tie, fut de quelques jours plus hâtive qu'une autre placée dans un sol plus 
sec ; et toutes celles sur poirier, furent au moins quinze jours plus hâtives 
que celles faites sur pommier. Je ne sais à quoi attribuer cette différence. 
Les poires des unes et des autres étaient à peu près de la même grosseur, mais 
celles provenues des greffes sur pommier étaient plus astringentes et consi- 
dérablement plus rouges et plus aigres que celles provenues des greffes sur 
poirier. 

Il est aisé d'imaginer que ces poires aigres s'étaient imbibées des sucs du 
pommier de Spitzenbourg, mais il est difficile d'expliquer de quelle manière. 
Quand on met une tige de lis blanc dans une eau colorée en rouge par le suc 
de quelques fruits ou graines , la tige absorbe la couleur sans la décomposer, 
et les pétales du lis deviennent rouges; mais ce cas n'a pas d'analogie avec les 
poires en question. La sève qui coule dans les branches du pommier de Spit- 
zenbourg n'a ni l'acidité ni la saveur de son fruit ; c'est un liquide différent du 
jus de la pomme , et je ne sais comment il pourrait donner à la poire des qua- 
lités qu'il ne possède pas quand il est contenu dans les branches, et qu'il ac- 
quiert seulement par l'élaboration dans les glandes de la pomme. 

Les branches du pommier de Spitzenbourg formaient la plus grande partie 
de l'arbre , et quelques-unes étaient très-près des branches de la jargonelle : 
c'est pourquoi un de mes amis a conçu l'idée que celte différence dans les poires 
Tome lll. !'• 



— 82 — 

aurail bien pu avoir 616 produite par le pollen des fleurs du pommier. Il parait 
généralement admis, en effet, que le pollen d'une variélé appliqué sur 
le stigmate d'une autre variè(ô, peut produire une nouvelle plante différente 
de l'une et de l'autre ; et je pense qu'il n'y a pas de raison pour que cet effet 
ou ce changement ne puisse s'étendre jusqu'à la pulpe du fruit aussi bien 
qu'aux graines qu'il contient. Probablement quelques lecteurs du New-York 
/armer pourront ajouter d'autres faits à ce même sujet. D. T. 

Les faits extraordinaires rapportés dans l'article qui précède , sont mis en 
doute par M. Poileau (P»evue Horticole, 1 . 18 315), qui cite de nombreuses expé- 
riences desquelles il résulte que la greffe du poirier sur pommier a bien pu, il 
est vrai, se maintenir vivante pendant trois ou quatre ans, mais qu'il ne l'avait 
jamais vu dépasser ce terme ni produire des fruits. Néanmoins , comme la 
théorie de la greffe est encore très-peu avancée , et qu'elle ne peut être éta- 
blie sur un trop grand nombre de faits , nous avons cru devoir ne pas dé- 
daigner celui dont nous doutons ainsi que M. Poiteau, mais que nous trouvons 
signalé comme positif dans le journal américain. Nous espérons d'ailleurs qu'il 
soulèvera de précieuses objections de la part de nos correspondans , et nous 
nous empresserons de les consigner dans l'Horticulteur Belge. 

Sur Tincision annulaire comme moyen de faire naître des branches aux 
arbres à fruits par M. Chopin. 

» J'ai planté dans un jardin attenant à ma maison, des quenouilles-poiriers 
greffées sur coignassier, et des quenouilles-pommiers greffées sur doucin. 
Cette plantation est faite depuis dix ans; mes arbres, de 18 à 24 pieds de 
hauteur , sont parfaitement verticaux et bien garnis de branches , brandilles 
et lambourdes du bas en haut, sans aucun vide. Ils ont dans leur plus grande 
circonférence quinze pouces au plus de diamètre , diminuent graduellement 
jusqu'à l'extrémité , et presque chaque année ils se chargent de beaux fruits 
qui, n'étant point cachés sous de longues branches horizontales , sont parfai- 
tement colorés et profitent de toutes les influences atmosphériques. L'élévation 
de ces arbres et leur peu de circonférence m'ont engagé à leur donner le nom 
de fuseau. Cette forme, très- agréable à l'œil, orne bien un jardin. Le petit 
espace qu'occupe chacun d'eux permet de les planter à des dislances rap- 
prochées, et de réunir ainsi un grand nombre de sujets, dans un terrain peu 
étendu. Taillés suivant ma méthode , ils produisent des récoltes plus abon- 
dantes que lorsqu'ils sont soumis à la taille dont les préceptes sont consignés 
dans les traités d'horticulture. Mais pour arrivera ces résultats, il faut raison- 
ner les opérations d'après les lois et la marche de la végétation , qu'il est essen- 
tiel d'étudier judicieusement. 

» Lorsque , sur un arbre dont les tailles de la branche principale ou tige 
ont été fortement alongées, pour l'élever promptement en quenouille ou en 
fuseau à la hauteur de Ifi ou 20 pieds, il se trouve une ou plusieurs lacunes 



— 83 — 

sans brauches, je lais , au commencement de l'ascension de la sève, une inci- 
sion annulaire au-desèus du point dégarni , et je suis certain qu'il poussera im- 
médiatement au-dessous de cette incision plusieurs brandies très-vivaces. Eu 
effet, la sève ascendante , arrêtée par cette incision, se fait jour au travers do 
l'écorce et donne naissance à des bourgeons. Celte opération peut se répéter 
différentes fois sur le même arbre, d'année en année , et par ce procédé on est 
certain de faire naître des branches partout où elles sont nécessaires pour 
obtenir une parfaite régularité , et cela sans que l'arbre en souffre. J'en ai 
auxquels jai fait quatre incisions à la branche mère , ils sont très-bien porlans 
et me donnent de beaux fruits. - 

» Je ne considère pas seulement l'incision annulaire comme devant servir 
à faire naître des branches, mais je l'emploie aussi avec succès pour rétablir 
l'équilibre dans la végétation, et mettre à fruits les arbres trop vigoureux. Par 
exemple , sur une quenouille de calville blanche, j'ai fait, il y a trois ans , à 
S pieds de hauteur , une incision annulaire, qui a produit au-dessous quatre 
fortes branches , tandis que tous les bourgeons au-dessus n'ont donné que des 
"brindilles, des lambourdes et des fruits. L'année suivante j'ai taillé à deux 
ou trois yeux les quatre branches qu'avait fait naître l'incision , et j'en ai pra- 
tiqué une nouvelle à 10 pouces au-dessous de la première. Elle m'a procuré 
cinq branches, et les quatre que j'avais taillées, comme je viens de le dire, 
se sont couvertes de boutons à fruits. Enfin la troisième année j'ai fait encore 
une nouvelle incision au-dessous des précédentes ; elle a de même produit 
plusieurs branches très-vigoureuses au-dessous de l' incision, elViivhrc n'eu 
est pas moins bien portant. 

» On pourra remarquer, d'après ces expériences, que l'incision annulaire 
a fait croître des branches où j'en voulais, et qu'elle a mis à fruits la partie 
supérieure de l'arbre, qui n'en avait pas encore produit. Je crois néanmoins 
devoir faire observer que , lorsqu'on soumet à l'incision un arbre jeune et 
vigoureux , cette opération ne l'empêche pas défaire de très-fortes pousses au- 
dessus de l'incision dont la cicatrice s'opère promptement. Mais quand on 
la pratique sur un arbre formé , dont la végétation est moins fougueuse , les 
pousses au-dessus de l'incision ne donnent plus que des lambourdes et des 
fruits, d'où je conclus qu'il ne faut pas multiplier cette opération sur un arbre 
qui n'est plus dans sa jeunesse , et qu'il faut s'en abstenir sur les sujets faibles 
ou malades. 

)) Presque tous mes arbres ont été incisés une ou deux fois à 6 ou 8 pouces 
des racines pour ralentir leur trop grande vigueur; il en est même dont la plu- 
part des branches ont subi cotte opération afin de les mettre à fruits, ce qui 
m'a toujours bien réussi sans que les arbres en ressentent aucune altération. 
J'ai fait encore l'incision à des branches verticales sur plusieurs pêchers, pour 
diminuer l'action de la sève qui s'y porte presque toujours avec trop de vi- 
gueur , aux dépens de la branche mère et des membres inférieurs, et la gomme 
ne s'y est point mise. J'ai aussi soumis avec succès des abricotiers à cette opé- 



— 0-* 

raliou, el jo l'ai employée sur des pommiers et poiriers eu espalier , soit pour 
obtenir des branches là où il en fallait, soit pour rétablir l'équilibre entre ces 
mêmes branches , soit enfin pour obtenir des fruits. 

» J'ai la certitude , d'après les résultats obtenus , que l'incision , dont la 
pratique remonte à des temps reculés , est d'une application avantageuse, 
quand elle est faite avec discernement et par des horticulteurs qui raisonnent 
leurs opérations. 

» Je conçois bien, que les physiologistes qui prétendent que la sève 
monte par le bois et redescend par l'écorce, trouveront difficile d'accorder leurs 
opinions avec les résultats de l'incision ; car si telle était , comme ils le perr 
sent, la marche de la sève, l'incision, qui n'enlève que l'écorce, n'empêche- 
rait pas son ascension , et lorsqu'elle redescendrait par celte écorce elle se 
trouverait arrêtée et produirait des scions mi-dessus ùe cette incision, tandis 
que cela a toujours lieu au-dessous. Par suite des mes expériences , je pense 
que la sève monte entre l'écorce et le bois , et que, arrêtée par une solution 
de continuité , elle fait éruption au travers de cette écorce et donne naissance à 
des bourgeons là où il n'y en avait pas la moindre apparence. Il est à remar- 
quer cependant que la partie supérieure de l'incision éprouve un gonflement 
considérable , et devient plus grosse que la partie inférieure , et que la cica- 
trice se forme par la croissance du bourrelet de haut en bas et jamais de has 
en haut, le tout sans que les branches et brindilles de cette partie supérieure 
prennent une croissance marquée en proportion du renflement du bord supé- 
rieur de l'écorce. Ces branches et brindilles ne recommencent à prendre leur 
croissance ordinaire que lorsque l'incision est entièrement cicatrisée. Cette 
particularité me porte à croire qu'il y a deux natures de sève : l'une ascen- 
dante, formée par les racines et destinée à la formation du bois ; l'autre des- 
cendante , produite ou modifiée par les gaz atmosphériques , et propre à la 
formation des boutons à fruits ; car toutes les fois que l'on arrêtera ou dimi- 
nuera l'ascension de la sève, soit par le retranchement des racines, soit par 
l'incision , soit enfin par tout autre moyen , on obtiendra des fruits en abon- 
dance , mais aux dépens de la vigueur de l'arbre. 

» Une expérience que j'ai faite il y a deux ans, vient encore à l'appui de la 
conviction où je suis qu'il y a deux modifications de sève. Sur une branche que 
je voulais supprimer et qui était placée verticalement sur l'une des deux bran-- 
ches-mères d'un pêcher de six ans, j'ai fait au mois d'avril une incision de dix 
à douze lignes à six pouces de la naissance de cette branche , . parce que , 
avant de la supprimer , je désirais encore en obtenir la récolte. La partie placée 
au-dessous de l'incision a cessé de croître, et la partie supérieure s'est forte- 
ment gonflée. A la fin de l'automne le bourrelet avait un diamètre triple de 
celui de la branche avant l'opération. Elle a conservé une belle verdure pen- 
dant toute l'année. Les fruits ont été plus gros et plus tôt mûrs que sur les 
autres parties de l'arbre. La cicatrice ne s'est point formée avant l'hiver, la 
partie du bois dépourvue d'écorcc paraissant enlicrenjcnl desséchée : néan- 



— 8o — 

moins au prinlenaps suivaul , la partie supérieure de celle branche lleuril en- 
core, mais ue développa que quelques peliles pousses jaunes et sans force, et 
alors je la supprimai. J'ai observé que la sève ascendante , enlièrement arrêtée 
par une large incision , s'èlail portée dans les branches voisines de celle in- 
cisée et en avait beaucoup augmenté la croissance. On sait que l'incision annu- 
laire a la propriété d'augmenter le volume des fruits et d'activer leur maturité. 
Chaque expérience que j'ai faite m'en a donné la certitude. 

» L'incision que l'on fait pour se procurer des branches doit se praliquerau 
commencement de la sève, c'est-à-dire en avril. Elle consiste à enlever un 
anneau d'écorce au-dessus de l'endroit où l'on veut faire pousser des branches. 
(]et anneau aura deux ou trois lignes de largeur si le sujet a un pouce de 
diamètre à la place de l'incision, quatre lignes pour un sujet de deux pouces, 
et sixlignes pour les arbres ou branches qui ont trois pouces et plus de diamètre. 
Elle se fait avec une serpette ou tout autre instrument tranchant. Lorsqu'on 
pratique l'incision pourmellre les arbres à fruits, on peut la différer jusqu'aux 
mois de mai ou de juin. Il faut cependant la calculer de manière à ce que la 
cicatrice puisse être bien formée pour le mois de septembre , car si cela n'a- 
vait pas lieu, l'arbre mourrait infailliblement l'année suivante. Enfin , quand 
on pratique l'incision sur de petites branches, ou doit se servir de l'inciseur , 
qui abrège beaucoup ce travail. » 



CULTURE. 

Sur l'oxalide à fleur & crénelées. Oxalis crenata, Car. 

On a commencé à cultiver celte plante en Angleterre , il y a environ sept 
ans; elle avait été envoyée de Lima, sa patrie, comme produisant en terre 
une grande quantité de tubercules gros comme des noix et très-bons à manger- 
Les Anglais l'ont cultivée et la cultivent toujours sous ce rapport , et il paraît 
qu'ils en sont assez conleus. On cite entre autres expériences un seul tubercule 
pesant 28 grains, qui, planté le 7 avril, avait produit le 1-i décembre 60o tu- 
bercules pesant ensemble 1 1 livres l-4dragmes 22 grains. Jusqu'en 183-4, les 
tubercules ne se formaient qu'en octobre, novembre et décembre ; mais voilà 
que M. Pringle, fort habile jardinier , est parvenu à obtenir des tubercules 
dès le mois d'août ; c'est une découverte importante pour les Anglais, et ils 
espèrent que M. Pringle ne cachera pas longtemps son secret. 

JM. Poiteau,qui a calculé les probabilités de réussite de cette culture, d'après 
un examen physiologique de la plante, croit qu'elle peut être avantageuse 
dans noire pays, si l'on a soin de dèterminerpréalablement en serre chaude la 
germination des bulbes-semence. Alors, vers la fin d'avril, on pourrait , selon 
lui , les mettre en pleine terre légère, bien préparée , à deux pieds et demi 



— 86 — 

les uns des autres, dans de larges fossettes , profondes de trois pouces ; il s'a- 
girait d'en bien soigner la végétation , et de coucher les tiges dans la fossette, 
lorsqu'elles auraient atteint la longueur de trois ou quatre pouces ; on couvri- 
rait ces tiges de terre, en ne laissant que l'extrémité et l'on continuerait au fur 
et à mesure que celle-ci s'alongerait , jusqu'à ce qu'elle eut acquis un pied; 
alors on n'opposerait plus d'obstacle à sa végétation aérienne. D'après cette 
méthode, il se pourrait que les tubercules se formassent aux. articulations cau- 
linaires , devenues radicales , et grossissent ; ce dont on s'assurera en fouillant 
de temps en temps les racines. 

Culture des orchidées épiphytes;parM. Poiteau, 

La culture des orchidées qui croissent sur les arbres morts ou vivans , ou 
parmi la mousse , dans leur pays , a été longtemps imparfaite et tàtonneuse 
en Europe. Ces plantes , à fleurs toujours singulières ou bizarres dans leur 
conformation, et souvent très-belles par leur volume et leurs couleurs va- 
riées , étaient rares et négligées dans nos cultures, quoiqu'elles soient très- 
faciles à faire voyager, parce que leur succulence peut les faire vivre long- 
temps au sec et sans soin. Mais arrivées chez nous, nous les plantions en 
terre de bruyère où elles languissaient et ne tardaient pas à périr. Enfin , 
d'après l'avis des voyageurs qui les avaient observées ou recueillies dans 
leur station naturelle, on les a plantées dans la mousse, et la plupart ont 
mieux végété. Nous avons pourtant encore quelques études à faire sur la 
meilleure manière de les traiter; ce serait une erreur de croire que nous 
pourrons un jour les soumettre toutes au même régime , car celles qui , dans 
leur pays natal , appliquent fortement leurs racines contre l'écorce lisse des 
arbres vivans, telle que la vanille , et dans les fissures des roches les plus ari- 
des, ne peuvent vivre dans de la mousse ; heureusement celles-ci sont en petit 
nombre, tandis que l'on compte par centaines celles dont les racines rampent 
seulement sur les écorces des arbres, se dirigent dans l'air ou se cachent 
dans la mousse. Aussi sont-ce ces dernières qu'on voit le plus fréquemment 
dans nos serres , et vers lesquelles le goût des amateurs se porte plus parti- 
culièrement. 

Non-seulement on les cultive avec succès dans de la mousse humide, mais 
pour les rapprocher encore autant que possible de la position aérienne qu'elles 
ont dans leur pays, on commence depuis peu à les suspendre, dans des 
paniers , aux tablettes ou à d'autres endroits des serres chaudes , où l'air 
également les frappe de tous côtés, et l'on remarque que cette position 
leur convient mieux que toute autre. Les expériences faites à Gand, et 
qui se continuent chez les nombreux jardiniers de cette ville, de même que 
dans toute la Belgique, confirment la bouté de ce procédé. La forme et la 
matière du panier dans lequel on les place est assez indifférente; mais il 



— 87 — 

faut qu'il soit à claire-voie, afin que les racines puissent en sortir à volonté 
car la plupart se plaisent à l'air et souffriraient si on les maintenait cachées. 

Voici la forme, (fig. 8), de l'un des paniers employés à Gand, qui est très- 
propre , peu coûteux , et qu'un jardinier peut faire lui-même ; il est ovale 
et d'environ huit pouces de diamètre (il peut être plus petit ou plus grand 
en raison de la grandeur de la plante) , fabriqué en lil de fer et muni d'une 
anse du même métal. On humecte de la mousse que l'on saupoudre de terre 
de bruyère, seulement assez pour la noircir; on môle dans cette mousse des 
morceaux de branches de bois avec leur écorce, et on en emplit le panier; 
ensuite on place la plante au milieu , en recouvrant sa base de la même 
mousse, et on suspend le panier par son anse, soit à un clou , soit à un fil 
de fer qui descend du haut de la serre. 

Comme c'est dans la saison des pluies que la plupart des épiphytes vé- 
gètent vigoureusement et fleurissent, entre les tropiques, il convient, sous 
notre climat, de les placer dans une serre chaude, humide ou que l'on 
humecte aisément ; elle ne doit pas être très-élevée ni très-grande. 



CONSTRUCTIONS HORTICOLES, OUTILS, etc. 

Fourneau du greffeur imaginé et mis en usage par M. Billtard, pépiniériste 
à Fonlenay-aux-Roses. (Fig. 1.) 

Cet appareil se compose d'une sorte de petite table portative, fixée sur un 
piquet ferré par le bout , et que l'on fiche en terre à l'endroit où on travaille. 
La tablette supporte un fourneau sur lequel est posé et arrêté , par des crochets, 
un pot en cuivre dans lequel se trouve la cire à greffer, chauffant au bain- 
marie. Cette tablette sert aussi à poser les objets utiles à la greffe. 

Couteau à décaisser. (Fig. 2.) 

Quand un arbre est dans une caisse, ses racines, au bout d'un certain temps, 
et quand la surface intérieure du bois est pourrie , font corps avec le bois au 
point d'avoir besoin d'en être détachées au moyen d'un instrument tranchant; 
celui-ci nous paraît remplir parfaitement le but. On peut en construire dans 
différentes proportions ; le modèle que nous proposons a IS pouces de lon- 
gueur, la lame IS lignes de largeur et % lignes d'épaisseur au milieu. La lame 
doit avoir toujours 3 ou A pouces de longueur de plus que la hauteur de la 
caisse. Le couteau est tranchant dans toutes ses parties. Le manche en bois 
a 9 pouces. 



— 08 — 
Emtirpntettr pour les racines nuisibles, dans les pelouses- (Fig. 3.) 

Cet inslrument est d'une grande utilité pour extirper toute racine pivotante, 
nuisible. La lame peut avoir de 8 à 9 pouces de longueur, à partir du marche- 
pied h. Ce marche-pied sert à appuyer pour enfoncer , comme on ferait avec 
une bêche. Le crochet c peut être mis en usage , dans d'autres cas, pour attirer 
des branches d'arbres; on ne l'a mis là que pour profiter de la place et rendre 
l'instrument utile à plus d'un objet. 

Cisailles. (Fig. 4.) 

Ces cisailles peuvent avoir 3 pieds de longueur et servir pour tondre les 
haies et tout ce que l'on devra atteindre de loin en rameaux menus ou jeunes. 
Les branches sont en bois et le taillant seul , en lames d'acier. 

Émondoir. (Fig. 6.) 

En poussant, ou en tirant, la lame coupe en a a et fait l'office d'un petit 
croissant. En i est un crochet pour attirer des branches. Dans l'enfourchement 
c on peut prendre et cueillir des noix ou des amandes, en choisissant les 
fruits les plus mûrs. La pointe sert à conduire l'instrument dans l'arbre. Cet 
instrument peut avoir de 12 à IS pouces de long, compris la douille et la 
pointe. 

Paillasso7is pour abris. 

Voici les dessins des paillassons dont M. Victor Paquel , de Tour, près 
Bayeux, fait usage avec beaucoup de succès pour mettre ses végétaux à l'abri 
des intempéries des saisons. La fig. 6 en représente un dans la position où 
il doit être placé ; il est composé de deux membres qui doivent être enfoncés 
en terre jusqu'en aa; comme il n'a qu'une longueur de paille, 4 demi-cer- 
ceaux sont suffisans pour en composer la carcasse. Cette paille est attachée 
sur les cerceaux h b ; une ficelle faisant tension sur les cerceaux ce est autant 
qu'il en faut pour la propreté et la solidité du paillasson. 

Il varie ces paillassons à l'infini ; il en a depuis 18 pouces de diamètre jus- 
qu'à 4 pieds , et depuis 2 pieds de Iiaut jusqu'à G et 8. Il est impossible 
d'avoir de meilleurs abris contre le vent pour les arbrisseaux et les petits 
arbres. 

La (Fig. 7.) est un paillasson de même genre, mais plus long, et dont il 
se sert pour couvrir ses planches de haricots, de pois, etc., etc., pendant les 
nuits froides du printemps, et pour les préserver de la grêle et des pluies pour- 
rissantes. La barre a a en rend le maniement facile. On peut appliquer un 
paillasson plat à chaque bout. 



i n.rj/i.ultt !,J- B.lc, 



'U<ii:y j,:./ù 




— 09 — ' 

P ompc-scrinqit c . 

M. Ferrel, lampiste, rue des Bourguignons, à Paris, vient de présenter à la 
Société d'Horticulture une pompo-scringue qui peut être utilement appliquée 
à une foule de besoins horticoles. Quoique cet instrument soit d'un très-bon 
usage en ce sens qu'il produit comme une véritable rosée sur les plantes, sans 
que l'eau surabondante vienne mouiller les pots qui n'en ont pas besoin , 
depuis longtemps, selon M. Jacques (1) , on aurait pu produire le même effet 
avec nos anciennes seringues : il ne s'agissait, comme dans celle-ci, que de 
percer l'arrosoir ou la pomme de trous excessivement fins, et de lui donner un 
bombement combiné de manière à produire plus ou moins la gerbe ; car, si la 
pomme est aplatie, nécessairement les jets du fluide, en s'écbappant, se 
heurtent, se choquent et se réunissent presque en une masse compacte, tan- 
dis que le bombement plus ou moins grand fait d'autant diverger les jets, et 
rend leur rassemblement de plus en plus impossible. Mais, dans le perce- 
ment de trous aussi fins que nous le désirions, gisait une difficulté : l'as- 
piration de l'eau se serait faite avec difficulté , vu la ténuité des ouvertures, 
et c'est ici, que M. Ferret a innové ; car, au centre de la pomme et au milieu 
d'une partie d'environ 1 S lignes de diamètre, non criblée de trous, il s'en trouve 
un d'à peu près 3 lignes. A linlèrieur de la pomme est adaptée une sorte de 
clapet qui n'est pas conformé comme ceux adaptés aux pompes ordinaires. C'est 
un morceau de cuir mou, libre, mais retenu seulement par deux petites bandes 
de métal, 'placées en croix, et qui ne lui laissent que bien peu de jeu, cependant 
assez pour que , dans l'aspiration, l'eau puisse s'introduire facilement ; mais 
aussitôt que la pression se fait, ce clapet s'applique hermétiquement, par ses 
bords, contre la partie concave de la pomme , ne permet à l'eau de s'échapper 
que par les nombreuses ouvertures latérales, et produit ainsi une pluie douce 
et fine. Du reste, la construction de cette seringue ne diffère en rien de celles 
dont on se sert depuis longtemps. 

Jusqu'ici, les seringues-pompes livrées par M. Ferret aux amateurs, culti- 
vateurs ou autres, ne sont confectionnées qu'en zinc, et d'un prix peu en rap- 
port avec la matière confectionnante. Espérons que M. Ferret pourra, dans 
peu, leur substituer des tubes en cuitrc rouge ou en laiton, bien calibrés, qui , 
avec un pas de vis ajouté dans le bas, donneront la facilité de changer les 
pommes à volonté , et qu'il pourra, malgré cette dernière amélioration, les 
livrer toujours au même prix , et doter ainsi l'horticulture d'un instrument qui 
ne peut être que d'une grande utilité. 



A propos d'arrosemens dans les serres , nous consignons avec plaisir ici , 
une lettre qui vient de nous parvenir, et que les horticulteurs ne trouveront 
probablement point dépourvue d'intérêt. Elle est conçue en ces termes : 

(1) Extrait lie son rapport à la Société. 

ToMF. m. 12. 



' — 90 — 

M. Poiteau a dit , au sujet des plantes de serres : « Quand on les sort c'est 
» pour les placer en gradins ou à plat, à une exposition chaude et abritée, où le 
» soleil darde ses rayons la plus grande partie du jour; dans cet étal on so 
» contente d'en arroser le pied, mais leurs rameaux et leur feuillage se trouvant 
» dans une atmosphère sèche , où ils font de grandes déperditions sans trouver 
» rien à absorber , durcissent promptement , perdent leur fraîcheur , leur 
» éclat et l'aspect agréable que nous recherchons. 

« Il semble que pour maintenir ces plantes dans un état satisfaisant de 
» santé , il faudrait, outre les arrosemens obligés , établir en pratique , non- 
» seulement de faire tomber sur elles l'eau divisée en pluie au moyen d'une 
» pompe appropriée à cet usage, mais encore de mouiller la terre avec la même 
» pluie , jusqu'à une distance de 6 à 8 pieds des plantes, dans les temps chauds 
» et secs , afin que , le soleil venant à darder, il puisse, en vaporisant l'eau, 
)) la transformer en une petite atmosphère vaporeuse et humide, qui entourera 
» les plantes, lesquelles en absorbant une partie de ces vapeurs , le feront au 
» profit de leur santé et de leur beauté. » 

Rien de plus clair et de plus exact que ces observations, car, en effet, si à 
volonté on pouvait obtenir une pluie artificielle , bien douce et bien divisée, 
qui arroserait le feuillage, les tiges et le pied des plantes, d'abord de haut en 
bas par la chute, ensuite de bas en haut par l'évaporation, il est certain qu'on 
obtiendrait des avantages admirables. 

M. Poiteau n'est pas le premier qui ait compris ces avantages et ait émis le dé- 
sir de les voir se réaliser, et si déjà l'on n'a pas mis en pratique un tel genre d'ar- 
rosement, c'est que les moyens ont manqué pour l'effectuer, car les pompes 
qui existent, remplissent si imparfaitement le but proposé qu'on y a renoncé. 
Au surplus, il est probable que des pompes quelque bien imaginées qu'elles 
puissent être , ne réussiront jamais à faire tomber l'eau en pluie , qu'elles 
agiront toujours très-imparfaitement et surtout très-inégalement, en lais- 
sant retomber pesamment des filets d'eau, non divisés, qui flétriront et meur- 
triront les plantes , même les moins délicates. 

Ce qu'il faudrait , ce serait un appareil qui pût effectuer une chute d'eau ar- 
tificielle en tout semblable a une pluie naturelle, conséquemment qui fût bien 
divisée, et dès lors légère, tombant à volonté, sans travail , sans apprêts et sans 
embarras. ... Eh bien Monsieur , j'ai trouvé un moyen de faire tomber 
l'eau bien autrement divisée que celle qui sort de l'arrosoir ordinaire, qui 
est jusqu'à présent ce qui a été de mieux imaginé pour l'arrosement. Mon 
procède peut être appliqué d'un seul jet, pendant des heures entières, au de- 
hors comme au dedans des serres les plus vastes, avec la facilité , au moyen 
d'une clef, de presser ces pluies en averses ou de les retenir en ce qu'on appelle 
pluies douces et bienfaisantes. Voilà donc les vœux de M. Poiteau accomplis 
puisque ces eaux , divisées en gouttelettes, tombant de haut en bas, en dehors 
comme en dedans des serres, pourront dès lors êlre évaporées par l'action des 
rayons solaires ou seulement par celle de l'air, et former ainsi autour des plan- 



— 91 — 

les celle atmosi>hére humide qu'il suppose, avec raison, devoir leur être si 
favorable. 

Ces appareils, peu couleux coraparalivement à leur imporlance, et d'une 
extrême solidité puisqu'ils sont en fonte et en plomb, sont dirigés sous terre 
et ne peuvent causer aucun embarras dans les serres ; mais ils exigent un ré- 
servoir d'eau à une certaine élévation ; et ce sont ces eaux qui , passant dans les 
appareils posés à 8 ou 10 pieds, produisent à volonté ces pluies généraleset 
bien divisées, au moyen des diviseurs adaptés aux appareils, sans qu'il soit 
besoin d'autre attention que d'ouvrir la clef et de la fermer quand on le juge 
nécessaire. L. Bouglinval , 

Mcoanicicn actuellement à Liège , rue devant la Madelaine, 273. 



FRUITS NOUVEAUX ; FRUITS COMESTIBLES. 

Description d'une nouvelle variété de poire, nommée Beurré-Seutin; par 

M. Van Mons. 

Celte excellente variété est l'un des produits de mes semis. L'arbre qui la 
porte est fort élégant; ses bourgeons soat droits , coudés à leur base , un peu 
repliés au sommet , faiblement cannelés et régulièrement distribués. L'écorce 
des rameaux est d'un brun rougeàtre, lisse et très-peu picotée. Les yeux à bois 
sont alongés et implantés sur de gros supports ridés. Les yeux à fruits sont 
pointus, écailleux, ne se développant que tard et après deux années de lente 
croissance. Les feuilles sont ondulées, ovales, lancéolées, aiguës au sommet 
et finement dentées en leurs bords, d'un vert luisant en dessus , jaunâtre en 
dessous; leur pétiole les surpasse quelquefois en longueur qui est de près de 
trois pouces. Les fleurs sont belles et grandes, d'un blanc très-pur. Le fruit a 
la forme barillée , obronde ; sa mesure moyenne , est trois pouces de hauteur 
sur deux pouces et demi d'épaisseur; son ombilic est large et profond, son 
pédoncule est assez épais, eu massue à sa base , long d'un pouce, verdàfre, 
nuancé de brun. La peau est lisse , d'un beau vert qui passe au jaune verdàtre 
à l'époque de la maturité ; elle est légèrement et finement tiquetée de gris bru- 
nâtre. Sa chair est blanche, beurrée, très-tendre, fort sucrée, d'un goût franc 
et nullement musqué. Ses pépins sont noirs, assez gros et nombreux , elle 
mûrit régulièrement vers la fin de l'automne, et se conserve jusqu'en février , 
quelquefois même , et surtout lorsque les chaleurs de l'été ont été modérées, 
elle peut aller jusqu'au mois d'avril. 

J'ai dédié cette poire à mon savant ami , le docteur Seulin, professeur de 
clinique à la faculté de médecine de l'université libre de Bruxelles, et prési- 
dent du congrès médical , qui se tient annuellement en cette ville. 



— 92 — 

Sut diverses espèces ou rariétcs de Prunes, par M. Toukrès, pépiniériste 
àMacheleaux, près Tonneins , département de Lot-et-Garonne. 

La Prune-Robe-de-Sergenl est connue dans le commerce sous différens 
noms; dans diverses contrées de la France, en Angleterre, dans le nord do 
l'Europe, et même dans les colonies, on lui donne le nom de Prune d'Agen 
(chef-lieu de département); le nom de Prune d'enle, sous lequel on la 
désigne encore, surtout à Bordeaux, indique une espèce greffée, parce 
qu'autrefois on ne multipliait celte intéressante variété que par ce moyen. 

Le nom de Prune-Datte ( P. dactylifera) lui fut imposé par Gouan , à cause 
de la grande ressemblance de ce fruit avec les Dattes du commerce ; la Prune 
que l'on nomme quelquefois, Prune d'Agen est la variété nommée Prune de 
Saint-Antouin (Saint-Amaks, Flore agetiaise) , qui est principalement culti- 
vée dans la partie orientale du département, d'où on l'exporte, pour être 
employée dans les hôpitaux. Le fruit est noir, acide, assez gros, mais de 
peu de valeur. 

Quant à la soi-disant variété Robe-de-Sergent à fruit blanc, ce n'est qu'une 
variété même bien médiocre de la Dame-Aubert , qui , comme tout le monde 
le sait , ne mérite guère d'être cultivée. 

Enfin , la variété dite de Cornemuse , que feu M. de Saint-Amans avait 
remarquée dans les environs de Villeneuve-d'Agen , est connue sous trois 
noms différens, sous celui de Cornemuse à Villeneuve-d'Agen, d'Ambre à 
Monpezat, et de Chypre à Macheteaux, Clairac et Tonneins. 

Cette variété est bien peu cultivée, et je puis affirmer positivement que, 
sur sept à huit mille individus de la variété Robe-de-Sergent ( surtout de- 
puis que l'on a reconnu la supériorité d'élever cet arbre franc de pied) , qui 
sortent annuellement de mes cultures, à peine m'esl-il demandé une cenlaine 
de la Cornemuse, dont les arbres sont d'un si faible produit, que leur cul- 
ture est presque abandonnée partout. 

Le fruit est bon , sucré , moins gros et moins long que celui de la Robe- 
de-Sergent; les individus atteignent en quelques années une taille vraiment 
extraordinaire; mais, je le répète, c'est un arbre bizarre , qui fructifie dif- 
ficilement, et qui meurt au moment où l'on s'y attend le moins. 

Bien que la Prune-de-Roi soit aussi d'un faible produit, elle mérite, sous 
tous les rapports, d'être cultivée pour la consommation du ménage; ses 
fruits gros, ronds et charnus, sont agréablement parfumes; cette variété, 
immédiatement après la Robe -de -Sergent, doit être mise en première 
ligue. 

Pour donner à peu près un aperçu de l'extension de la culture du Prunier- 
Robe-de-Sergenl, depuis une vingtaine d'années, il suffirait dédire que la 
petite commune où j'habite a été ravagée par le froid du là avril dernier, la 
moitié des Prunes ont été emportées; les experts délégués par l'autorité 
supérieure ont évalué le dommage de ce seul article à 130,000 fr. 




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— 93 — 

l>o tous les arbres fruitiers; c'est celui dont la culture est la [ilus simple 
et la plus facile, il s'accommode de toutes sortes de terres et d'expositious; 
des friches calcaires, réputées jadis comme incultes, sont aujourd'hui trans- 
formées en maiînifiques plantations, et récompensent chaque année avec 
usure , la main laborieuse qui leur a prodigué les premiers soins. 

MM. les amateurs qui dési rêvaient cultiver les variétés que je viens de 
désigner, peuvent compter que je me ferai un devoir et un sensible plaisir de 
leur en envoyer des greffes par la voie qu'ils m'indiqueront, les priant do 
compter aussi sur l'idenlitô des espèces; comme également on pourra se 
procurer, dans mon établissement, des plants de divers âges, francs de 
pied , de la variété llobe-de-Sergent et de Cornemuse , à des prix modérés. 



EXPOSITIONS HORTICOLES. 

Société d'Horticlltcre d'Anvers. 

Extrait du procès verbal de la séance du 27 février 1836. 

La commission des juges, se trouvant réunie au salon d'exposition, s'oc- 
cupe successivement des différons concours, dans l'ordre suivant : 

l' Concours poiir la plus belle collection do plantes en -fleur, de genres 

différens. 

Le prix a été obtenu par la collection de M. le Chevalier Parthon-Devon . 
1 " Accessit par celle de M. IMeeusen, fils. 2^ Accessit, par celle de M. Moretuî^- 
Van Colen. 

Les collections suivantes ont été mentionnées honorablement et sont di- 
signées d'après l'ordre du catalogue : 

De MM. De Calers, président ; De Caters, Constantin ; De Calers, Ernest ; 
De Knj ff-Dellafaille ; Le Brasseur- Van den Bogaert et Moeus. 

2« Concours pour la collection de plantes en -fleur , qui présentera le plus 
grand nombre d'espèces et de variétés du même genre. 

La médaille a été adjugée à la collection de Camellia de M. J. Lemmeus. 
1" Accessit, à celle de M. le Chev. Parlhoa-Devon. 2^ Accessit, à celle de 
M. De Caters, Constantin. 

%" Concours pour la plante en fleurs la mieux cultivée. 

La médaille a été dùcernée au n" SOI , Camellia Donkelarii , de Y., le 
Chevalier Parthon-Dovon. 1" Accessit , au n" 87, Camellia striata, de M. J. 



— 94 — 

DeBoey. 2"= Accessit , au u" o4-4, Mimosa dcctirrens, de M. Sommé , vice- 
président. 

A' Concours pour la jiiante en fleur la j>lus rare, ou le plus nouvellement 
introduite dans le Royaume. 

Ce prix n'a pas été adjugé , cependant le jury désire que les plantes sui- 
vantes soient mentionnées honorablement ; savoir : 
N" 97 Camellia Rachel-Ruysch , de M. De Calers, Constantin. 

— 100 Rodriguezia speciosa , idem. 

— 38-4 Camellia claritas, de M. Moens. 

— -414 - — if ac/te/-it2<ysc/t , de M. Moretus-Vau Colen. 

— 486 — Sp.^' de M. Parthon-Devon. 

— 307 — plalipetala , idem. 

i}'' Concours pour la floraison difficile. 

La médaille a été adjugée au n. 43S his, Rosa hijhrida{ la Nubienne), de 
M. Moretus-Van Colen. 1' Accessit, au n" 430 Lilium martagon, de M. le 
baron Osy. 2'= Accessit, au n° 111 , Clivia nobilis , de M. Ernest De Catcrs. 

Les juges ont eu à regretter de ne pouvoir donner le prix au n" 329 Aga- 
panthus utnbellatus, de M. Meeusen, fils, celte plante ayant été déjà cou- 
ronnée l'année dernière ; sans cette circonstance elle eut sans doute obtenu 
tous les suffrages. 

Société royale d'Acricdlture et d'IIorticultcue de Tournai. 

Le jury de la Société royale d'Agriculture et d'Horticulture , de 
Tournai , a procédé , le 6 février , au concours des prix. Celui de collection 
a été décerné à M. B. Nève ; le 1" accessit à M. Dehulst , et le 2« à M. Errem- 
Lault-Dumaisnil. 

Le prix de culture a été accordé au Camellia Donklarii de M. B. Névc ; 
le 1"' accessit au Cypripedium insigne, de M. Errembault-Dumaisnil, et le S" au 
Mimosa fdicifolia exposé par M. Dehults. 

Le prix pour la plus belle collection de fruits de dessert a été décerné à 
M. AUard-Kuppens ; le V' accessit à M. Dumon , jardinier de M'"" de Pamele, 
et le 2^ à M. Hubert Claes. 

Mention honorable avec médaille d'encouragement est accordée à 
M. J.-B. Milliô, jardinier de M"'" Piat-Lefebvre, pour avoir exposé une magni- 
fique botte d'asperges. 

On a remarqué à celte exposition 40 Camellia très-bien fleuris, apparte- 
nant à M. B. I^iéve. 

Société de Flore de Bruxelles. Vingt-huitième exposition; les 13, 14 

eM5 mars 183G, 

Le nombre de plantes exposées se monte à 891. 



— 9o — 

Le 1"^ prix, pour le plus bel envoi de plantes, est décerné à M. F. Reynders, 
de Sainl-Jossc-Ten-Noode ; sa coUeclion se compose de quatre-vingts plantes 
également riches de végétation comme de floraison. Le 2° prix est accordé à 
M. Herraans-Lubbers, d'Ixelles, qui a envoyé cinquante plantes. M. Moens, 
d'Anvers obtient l'accessit. 

Le prix pour la plus belle collection de Camellies en pleine floraison est 
mérité par celle de M. Reynders, qui présente le choix le plus agréable de 
quarante espèces ou variétés. 

Une seule collection d'Amaryllis fleuries a été exposée; elle est formée de 
vingt-deux espèces ou variétés , et appartient à M. Donkelaer, de Louvain ; 
le jury la trouve digne du prix. 

La plante la plus rare ou introduite le plus nouvellement en Belgique est 
reconnue pour appartenir au genre Gesneria; elle est exposée sous le 
nom spécifique de Faucinlis (1) , n° 628 , et fait partie du contingent 
de M. le Chev. Parthon-Devon , de Wilryck , près d'Anvers. Le 2" prix est 
donné au n" 700, Euphorhia pnlcherrima, exposé par M. Reynders qui ob- 
tient aussi 1 accessit pour un Epiinediuni (jrandiflorum , portant le n» 699. 

Le premier prix de belle floraison et de meilleure culture a été adjugé 
à M. Parthon-Devon , pour nn Camellia Parthoniana, n° 627 ; et le second 
prix à M. Reynders, qui a exposé, sous le n° 714, un magnifique Proteaylahra. 

Une médaille d'encouragement a été offerte à M. le baron Ch. Vander- 
linden d'Hoogvorst, pour un Rosa pomponia , placé à l'exposition, sous le 
n° S36, et que d'une voix unanime le jury a déclaré très-remarquable. 

Le 12 mars, la Société d'Horticulture de Liège a confié à un jury spécial 
la distribution des prix proposés en concours , pour l'exposition des plan- 
tes et collections diverses qui ornaierU son salon. 

Voici la décision du jury. 

Le premier prix est accordé à l'unanimité au n" S2 , Euphorbia pnlcher- 
rima (Exp. heterophylla, auct.). Cette plante, si remarquable parla beauté de 
ses grandes bractées, du rouge le plus vif, a été rapportée du Mexique au prin- 
temps de 183-4, par M. le baron Carwinshy, et donnée en présent , au jardin 
de Hurlach près d'Augsbourg. Le pied couronné est .exposé par M. Vander- 
straeten. 

Un second prix consistant en une médaille d'argent a été accordé aussi à 
l'unanimité au n° 276, qui est une orchidée nouvelle de la tribu des Vandces, 
voisine des Catasetum , et reprise au catalogue sous le nom de Monacanthiis 
viridis (2). Cet individu est delà collection de M. Jacob-Makoy. 



(1) L'abondance des matières nous force à remettre au prochain caliier la description et la figure 
de cette belle plante qui sera comprise dans notre Iconograpliie. 

(2) Sous donnerons également dans le proctiain cahier , la description et la figure de celle 
plante. 



— OG — 

Le premier accessit est décerné au n» 483, Oncidium ampUattim de la col- 
lection de M"c Vossius, à Engis ; le second au n° 360, Camellia gloi-ia Anqilœ 
dit LordCrewe, de la colleclion de M. le professeur Leroy. On se rappelle qu'à 
la vente de plantes, qui eut lieu, au mois de février dernier, dans la maison 
mortuaire de milord Crewe, sur Cointe-lez-Liége, cette superbe variété deCa- 
mellie fut vendue SOO francs. 

Le premier prix pour la plante en fleur la mieux cultivée est voté par ac- 
clamaliou générale au n- 392 , Rosa thea lutescens , de M. François Marck, 
jardinier de M"'^ Simonis, à Verviers. Ce pied est magnifique. Le premier ac- 
cessit est accordé au n" 69 , Heliotropium peruvianum de la collection de 
M. Borsu. V Acacia paradoxa, n" 12B, de la collection de M. Dozin, remporte 
le second accessit. 

Une forte majorité aaccordéle premier prix pour la collection la plus riche 
en belles plantes en fleur, à M. Jacob-Makoy ; sa colleclion se compose de SB 
plantes aussi variées que remarquables par leur beauté et leur belle culture. 
Le premier accessit a été voté au contingent fourni par M. Terwagne, qui est 
formé de 27 belles plantes. La collection de M. Vanderstraeten , composée 
de -43 plantes, a remporté le second accessit. 

Le jury a décerné des mentionshonorables à la collection de M. Legrayeà 
qui la commission d'administration et le jury expriment la reconnaissance de 
la société pour le grand nombre de plantes qu'il a bien voulu exposer au nom 
des membres absens ou qui ne cultivent pas , et aux collections de MM. de 
Coune, Dozyn et de M"e Vossius. 

Il y a S14 plantes exposées. 

Extrait du programme publié par la Société d'horticulture de Paris , pour 
ï exposition du 3 au 9 octobre 1836. 

Art. 7. La Société désirant engager les étrangers à contribuer à enrichir 
l'exposition , décide qu'il sera décerné une médaille spéciale à la plus riche 
colleclion de belles plantes rares , les mieux cultivées et en fleur, qui seront 
exposées par les étrangers. Il est entendu que ces derniers ne concourront 
qu'entre eux. 

Art. 8. Il pourra être accordé autant de mentions honorables qu'il y aura 
de prix. 



MËL\NGES. 

Dans une des dernières séances de la Société d'Horticulture, M. Bailly de 
Merlieux a présenté une poire de Crassane qui offre le phénomène de deux 
poires superposées, l'une sortant du calice de l'autre. Cette poire double s'est 



— 97 — 

trouvée d'excellente qualité , et n'a offert ni loges ni pépins dans son ihlfe- 
rieur. Un membre a dit, à ce sujet, qu'il a vu un arbre dont une branche 
porte constamment des fruils doubles, et qu'il a eti la curiosité d'en prendre 
des greffes qu'il a mises sur un poirier, afin de savoir si la monstruosité se 
propagera. 

Sur la patrie du marronnier d'Inde (Mscitîus hîppocastanum, L.). 

M. Royle publie en Angleterre, ou peut-être à Calcula, la Flore de Ca- 
chemire et des monts Himalaya , et M. Loudon donne une légère analyse 
des cahiers de cet ouvrage, au fur et à mesure qu'ils paraissent. Dans l'ana- 
lyse de la quatrième patlie , il est question du marronnier d'Inde , Ilorsc- 
chestmit , que Linné dit habiter l'Asie septentrionale , et Sprengel le Tibet , 
ce qui est beaucoup plus précis; eh bien, les explorateurs anglais ne l'ont 
pas encore trouvé dans ce vaste pays qu'ils parcourent dans tous les sens 
depuis longtemps. Ils y ont trouvé des pavias, mais non le marronnier qui est 
aujourd'hui si commun dans toute l'Europe , où , selon Linné , il a été intro- 
duit en ISSO. M. Loudon ne balance pas à dire que la patrie de cet arbre est 
encore inconnue. 

C'est une chose assez singulière que l'origine des deux seuls marronniers, 
MscuK^ que nous connaissions, soit encore un problème 1 car aucun voyageur, 
aucun botaniste ne dit avoir trouvé le marronnier rubicond croissant natu- 
rellement dans telle ou telle contrée du globe. M. Loudon l'indique bien 
comme étant de l'Amérique septentrionale; mais je ne sais sur quoi cet 
auteur se fonde, puisque le fait publié par M. Camuset, en août 18â3, no 
pouvait être connu de M. Loudon en 1830 , époque où il a publié son Hortus 
hritannicus. Selon M. Camuzet, M. Michaux aurait reçu en 1812, des graines 
de pavia de l'Amérique septentrionale ; ces graines auraient été semées de 
suite au Jardin des Plantes de Paris, et parmi les arbres qui en provinrent se 
serait trouvé un individu différent des autres, qui est V/Esculus ruhicuhda, 
et qui a donné ses premières fleurs à l'âge de trois ans, c'est-à-dire en 181S. 
Ce même arbre existe toujours dans la pépinière du Jardin des Plantes; c'est 
probablement l'individu de son espèce, le plus âgé de tous ceux qui se 
trouvent en Europe. 

— Il s'est formé à Paris, à l'hôtel de iVésle, rue de Beaune, un cercle 
agricole où les sommités agronomiques et agriculturales , les sommités en 
science et en dignité , qui habitent Paris et ses environs , se réunissent sous 
la présidence de M. le duc Doudeauville, pour s'entretenir de l'agriculture 
et de ses intérêts. On est reçu membre du cercle, au moyen d'une cotisation, 
après avoir été proposé par deux membres fondateurs ou déjà admis. Les 
éalons du cercle sont ouverts tous les jours , depuis neuf heures du matin 
jusqu'à minuit, on s'y occupe d'agriculture et de sciences, et chacun, en 
communiquant ses connaissances, en apprend qui lui étaient inconnues. 
ToiiE ni. i;j. 



— 98 — 

Traiter ainsi des sciences en conversation, est une chose infiniment plut 
ulile et plus instructive que toutes les séances prétendument académiques où 
il n'est permis de faire aucune question ni de présenter aucune objection 
aux auteurs des mémoires qui y sont lus. 

Sur la vente des greffes. 

On s'étonne et avec raison que, dans notre pays, l'on n'ait point encore 
adopté l'usage de vendre des greffes aussi bien que des arbres greffés. Il y 
a des amateurs qui payeraient une greffe tout aussi cher qu'un arbre greffé; 
et, dans plusieurs cas, une greffe est préférable. Les Anglais, meilleurs 
nègocians que nous, et qui nous précédent toujours, sinon en inventions , du 
moins dans l'application des inventions utiles, vendent des greffes et les 
annoncent même dans les journaux. Ainsi, l'on voit dans le Gard. Mag., 
mai 1834, pag. 2âo : «M. Saul de Lamastre prévient le public qu'il a à 
vendre des greffes des meilleures variétés de pommes et de poires, à 8 sous 
la pièce. Pourquoi , dit M. Loudon , les pépiniéristes et les sociétés d'horti- 
culture, qui ont un jardin, ne font-ils pas de même? » 



BIBLIOGRAPHIE. 

BoTANîCAL Register , or or^amentaî Floiver-Garden, etc. Par J. Lindlet. 
Nouvelle série, tome IX. n" 3, mars 1836. 

18â7. Staîîhopka i^siGms« Parasita ; pseudohulho globoso, cosiato; foliis 
iatissimis, acutis, plicatis ; scapo squamoso; florihus amplissimis. 

S. iNsiGNis. Bot. Mag. 2948 et 2949. — Drap, in Sert. Bot. liv. 92. 

Caratochitxis insignis. Sweet. lïort. Brit. éd. 2. 490. 

Le genre Stanhopea^ institué par Frost, a été dédié au président de la 
société botanico-médicale de Londres, Lord P. H, Slanhope, l'un des hommes 
les plus recoramandables de l'Angleterre , et les plus sincèrement dévoués à 
la propagation des sciences utiles. La Stanhopée brillante a été découverte 
en 1818 , dans les grandes forêts de l'intérieur du Brésil , où elle vit parasite 
sur les troncs usés et rongés par le temps. M. Frost en a d'abord enrichi le jar- 
din royal de Kew , et depuis M. H. Harisson en a fait parvenir plusieurs à son 
frère, à Aigburg, près Liverpool. Cette magnifique espèce à fleuri au mois 
d'octobre dernier, dans les serres de M. F. Vandermaelen , à Bruxelles. 

1838. Kexnedya glabbata. FolioHs 3 ctmeatis, miicronatis , glabris; pe- 
tiolis caidibusqiie pilosis ; stipulis late ovatis , acutis; bracteis deciduis, 
pedimculis foliorum longitudine , suhse.vfloris 

Originaire de la Nouvelle-Hollande, où elle a été découverte tout.récem- 



— 99 — 

ment, celte jolie Kennedye, a été communiquée en 1833, à M. Ruight, qui l'a 
vu fleurir, dans ses serres, au mois de mai dernier. 

1839. Tristaxia macrophylla. Arborea; foliis oblongo-laticeolatis , acutii, 
iuh verticillatis , ramuîis calycibusque pubesccntlbus ; Phalangibus poîtjan- 
dris , capsula omnino infrâ. 

On doit la formation du genre Tristania , au savant auteur du prodromo 
d'une flore delà Nouvelle-Hollande, qui l'a établi pour des plantes qu'avant 
d'avoir pu en faire une étude profonde, aux lieux mêmes de leur croissance, on 
avait hasardeusement placées parmi les melaleuques. Huit espèces le compo- 
sent maintenant ; ce sont des arbres ou des arbustes à feuilles simples, entières, 
lancéolées , ayant leurs fleurs disposées en corymbes pédoncules. Le nom gé- 
nérique adopté par sir R. Brown , parait être formé des deux mots grecs -cf;,-, 
trois et igtxvsci, qui signifie se tenir droit; il fait allusion à la disposition par- 
ticulière de l'inflorescence dont les corymbes sont toujours composés de trois 
fleurs, superposées autour des rameaux, près de leur extrémité, se tenant 
dressées sur leurs pédoncules, presque à égales dislances. La Tristanie à gran- 
des fleurs, envoyée en 183o, à M. Richard Harisson, de Liverpool, sous le 
nom de Tristania lauriîia , a été immédiatement reconnue comme espèce 
distincte et nouvelle ; elle fleurit au mois d'août. 

C'est un arbre élevé, dont les rameaux, légèrement pubescens vers l'extrè- 
mllè, divergent en tous sens. Les feuilles sont coriaces, ovales, lancéolées, 
aiguës , pèliolées , couvertes d'une mullitude de très-petits points transparens, 
longues de quatre à cinq pouces et larges de dix-huit à vingt lignes. Les fleurs 
sont blanchâtres; le calice est monophylle, partagé jusqu'à moitié, en cinq décou- 
pures aiguës, lancéolées, ciliées et réfléchies. La corolle consiste en cinq pé- 
tales onguiculés, concaves, étalés. Les étaminessont très-nombreuses , réunies 
en cinq phalanges, par la base des fllamens qui, libres à l'extrémité seule- 
ment, semblent ramifiés sur deux rangs étendus le long de chaque pétale; les 
anthères sont globuleuses et jaunes. L'ovaire est à cinq loges, contenant un 
très-grand nombre d'ovules attachés à leur angle interne ; il est surmonté d'un 
style et d'un stigmate simples. Le fruit estcapsulaire, à cinq loges polyspermes. 

1840. OEnothera sebotina. Caule adscendente ; internodiis subœqualibus; 
foliis lineari lanceolutis , subdeniatis , pubescentibus; capsulis pedicellatis 
obovatis , tetrapferis , pubescentibus. 

OE. Serotina. Svteet. Fl. G. 1 . Ser. 2. 184. 

L'Onagre à fleurs tardives, a été découvert par M. Nuttal , dans le nord de 
l'Amérique , et envoyé, il y a quelques années, au jardin botanique de Liver- 
pool, où on l'avait considéré d'abord comme une simple variété de l'Onagre 
frutescent. Comme l'indique son nom spécifique, cette plante fleurit l'une des 
dernières de toutes ses congénères, et presque toujours les gelées de la fin de 
novembre viennent mettre brusquement un terme au développement des nom- 
breux boulons, que l'on aperçoit encore au sommet des rameaux. 

1841. Coryanthes. Ord. nat. Orchide.e. Gyn. mo?i. Perianthinm ^a/en/i«- 



— 100 — 

simum. Sepala dilatata , flexuosa , cofiduplicata ; lateralibus maximis basi 
distinctis. Petala multo minora, erecta. Labellum unguiculatum, maximum, 
galeaium, cum basi coîumnœ continuum, nullo modo articulatum, tridenta- 
tiim, in medio ungiiis appendice jJocuHformi circumdatum. Golumaa .teres , 
basi bicornis , elongata , apicerecurva, bilabiata. Stigmate rma /fawscerso. 
Anihera bilocularis. Pollinia 2 , compressa , postice sulcata ; caiidiculâ li- 
neari, arcuçttâ : glandulâ lunatâ , apicibus approximato-recurvis. 

C. MACBANTHA. FolUs a?igusto-lanceolatis ; psoudobulbis , ovatç-conicis, 
altè suloatis ; labello utrinque quater plicato : plicis dcflexis. 

C. Macrantha. IIook. Bot. Mag. Fol. 3102. in textu. — Linpl. Gen. et $p. 
of Orch. pi 159. 

GONGORA MACRANTA. HoOK. 5o^ MisC. 2. lol. t. 80. 

Cette singulière orchidée, la secoade du genre Coryanthe, a 6lè trouvée aux 
environs de Carracas, par M. Lockhart qui en a fait l'envoi à M. Knigt, d^nsla 
collection duquel elle a fleuri au mois d'octobre dernier. Sa fleur est sans con- 
tredit l'une des productions les plus extraordinaires et les plus bizarres du 
règne organique végétal. 

Son pseudobulbe est ovale, alongé, cannelé, long de deux pouces, épais de 
dix lignes, d'un vert jaunâtre, orné supérieurement d'une couronne d'un 
brun fauve ; il donne naissance à deux feuilles lancéolées , longues de six à 
sept pouces, larges de quinze à dix-huit lignes, marquées de stries qui se des^ 
sinent longitudinalement vers les bords et entre trois côtes parallèles , épais - 
Bes et rougeàtres ; la couleur des feuilles est un vert plus pur et plus prononcé 
que celui des pseudobulbes; leur base est engainante. La tige ou plutôt la 
hampe s'élance de l'extrémité inférieure du pseudobulbe et prend une direc- 
tion latérale et horizontale , cherchant à surmonter les obstacles qu'elle ren- 
contre, traversant les mailles ou interstices, qui laissent entre eux les brins 
d'osier dont se compose le panier dans lequel on fait ordinairement végéter 
la plante ; elle a le double de longueur des feuilles ; ses articulations sont à la 
distance de plusieurs pouces et recouvertes chacune d'une bractée spathiforme, 
membraneuse, engainante, lancéolée, presque obtuse, striée et d'un vert fauve 
verdàtre ; elle est cylindrique , et présente assez souvent quelques bifurca- 
tions ; à son extrémité se développe une fleur de six pouces d'étendue. Les 
sépales implantés sur un ovaire rigide, cylindrique, cannelé, long de trois 
pouces , épais de trois lignes au plus , sont très-dilatés , ondulés et plissés, 
d'une forme très-irrégulière et bizarre , à bords roulés , d'un jaune ochracé , 
parsemés de taches et de points d'un rouge pourpré , foncé et moins apparens 
sur la face extérieure. Les pétales sont beaucoup plus petits , lancéolés , on- 
dulés, à bords roulés intérieurement, de la même couleur que les sépales, 
mais nuancés de blanchâtre, pointillés de rouge purpurin ou sanguin. 

18-42. LoiiELiA DEcuRREiNs. FolUs ovato-lanceolatis , decurrentihus, con- 
fertis, duplicato-scrralis, glabris; floribus axillaribus , brevilcr pedunculaiis; 
calycis villosi laciniis lanceolaiis, inciso-serratis; corollœ laciniis apice pilosis. 



.A .'al 




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V^ 



U„- „ru 



Vovxivailxt f> TUiicrannicL. 



/- E.rHi.nli.'j^,- Brifjr 



_ 101 — 

L. DfCf RRESS. Spbexg. Syst. vcget. 1. 712. — Sweet. Brit. Fl. Gard. n. s. 1 . 
86. — Cavan. te. 6. 13. t. 321. — Roem. etSciiult. Syst. 6. 42. 

1843. Alstpoimeria AiRAXTiACA. £/-ec/a;/b/m lanceolatis, obtusis, ylabris, 
obsolète dcnticidatis; perianthii laciniis iutegenimis : intcrioiihus lanceola- 
tis, acuminaiis, erectis. 

A. AuiiANTiACA. Don in Sweet. Fl. Gard. 2-^ série. 3. 205. t. 208. 

J^'Alstrœmérie à fleurs orangées a élc envoyée du Chili, à AIM. Low do 
Clapton , en juin 1833 ; et celte partie de raonée correspond à l'époque de sa 
floraison. 



CcKTis BoTAXiCAL IMagazine ; or Floiver Garden displayed , eto., etc.; par 

W. J. HooKER ; nouvelle série ; tome x. n ' 109, 110 et 111. Janvier, 

février et mars, 1836. 

34S8. Cereus Napolfoxis. 

Cerecs triangelaris , var. majus. Salm-Dïck. — Otto, aîgemeine Garlen- 
zeitung. 1833. 

Cactus Napoleoms. Hortul. 

3439. PiaiELEA HispiDA. Brqwn Prodr. p. 360. — Spreng. Syst. t-eget. 
1.^:9%. — Bot. Regist. 1378. 

3460. CoREOPSis coviOSXTA.. Annua; caule erecto, debili , flexuoso, glabro; 
foliis spafludatis integrisvelternatiinpiiinatimve sectis,integerrimis,flaccidiSf 
basi ciliatis, infimis longe petiolalis; pedtmculis elongafis; involucro intefiore 
piloso; radii coroUis profimde quadrifidis; coronâ macularum airo-sanguineâ 
achenio bi-tripalaceo. 

Linné a formé le genre Coreopsis aux dépens des G. Bidens et Corona- 
solis de Tournefort; et le nom qu'il lui a imposé , dérivé des deux mots grecs 
K:piç, punaise et c'4^i: , figure , a été suggéré par la forme particulière des 
graines concaves d'un côté et convexes de l'autre , puis garnies d'un rebord 
membraneux et de deux appendices au sommet, ce qui leur donne quelque 
ressemblance avec les insectes hémiptères qui composaient, au temps de Linné, 
le genre nombreux des punaises, où de savantes élaborations n'ont plus laissé 
que le dégoûtant perturbateur du sommeil des malheureux. Sprengel, dans son 
système des végétaux, décrit vingt-huit espèces de Coréopsides, appartenan- 
tes, une seule exceptée, aux deux Amériques. Plusieurs de ces espèces ont 
formé des genres nouveaux , mais en revanche d'autres sont venues les rem- 
placer, et de ce nombre est la Coréopside à couronne , découverte dans le cou- 
rant de l'année dernière , au Texas , par M. Drummond , qui en a envoyé des 
graines en Angleterre. Les plantes qu'elles ont produites étaient en fleur au 
commencement d'octobre. 

3461. Veroxica labiata. Broavn Prodr. 4d4. — Sprexg. Syst. veg. 1. 74, 
V. Derwestea. andr. rep. t. o31. 

3462. Troxihon GLACCU3I : f o/iis lanceolatis , infernè attenuatis, glaucis, 
integerrimis dcntative , fore 7iia.vimo , flaco ; corollce fauce valdè pilosa. 



— 102 ~ 

T. GtArccM. NuTT. In Fraze'rs cat. 1813. — Pcrsh. Fl. am. 2. 505. — 
Spreng. Syst. ■verjet. 3. 623, 

Le genre Troxiraon a été établi par Gaertner, aux dépens du genre Tra- 
gopogon, de Linné , dont deux espèces ont paru différer assez notablement 
pour ne pouvoir être plus longtemps confondues. Le genre nouveau a été 
adopté par la plupart des botanistes, et de plus augmenté de deux espèces 
par Pursh et Nuttal. Plus tard Sprengel faisant une élude particulière de ce 
genre, a trouvé que les deux premières espèces, ne pouvaient point rester assf- 
millées aux deux dernières introduites, et lésa rejetées dans le genre Krigia , 
où elles paraissent en effet beaucoup plus analogiquement placées. L'espèce 
que nous décrivons et le T. Marginaium, sont donc les'seules du genre. 
Toutes deux sont originaires de l'Amérique septentrionale , et leur introduc- 
tion date de la même époque, 1811. Le Troximon à feuilles glauques, fleurit 
en juillet et août. 

3463. GiLiA TRicoLOR. Benth. in Bot, Regist. fol. 1622. (in text.) — 
Eorf. Trans. N. S. v. 1. /. 18./: â. —Botan. Regist. 170-i. 

3464. Vesicaria. Nat. ord. Cruciferœ. Silicula glohosa, inflata; valvis 
kemîsjikœricis. Semina. jyliirima [tilfi à 8) , sœpius marginata. Petala intégra. 

V. Grandiflora : Annua ; stellatini pubesceus ; caulibus erectis,flejcuosis; 
foUis oblongis, radicalibus siihhjrafo-pinnatifidis, petiolatis : cauUnis sinuato- 
denfails , sessilibus; racemis elongatis, viutifloris ; petalis rotundatis y pa^ 
tentibus, brevissimè unguiculatis; silicuUs substipitafis , memb ranaceis , glo- 
hosis,globerrim%s ^-Q-spermis , stylo longioribiis ; stigmate capitato. 

Le genre Vesicaire , dont le nom a été tiré de la forme et du renfle- 
ment de la silicule, a été établi primitivement par Tournefort , mais Linné 
ne l'ayant point adopté, en a relègue les espèces dans sou genre A lyssum. L'opi- 
nion de Linné n'a point prévalu chez les botanistes modernes, qui, à l'exem- 
ple de Lamarck , ont rétabli le genre de Tournefort en y ajoutant même plu- 
sieurs espèces dont les caractères ne semblent pas avoir été suffisamment 
étudiés. M. De Candolle a décrit six vésicaires sur lesquelles il ne peut 
B'èlever aucun doute ; il n'en est pas de même des six autres qu'il ne présente 
qu'avec beaucoup de réserve. Celle qui fait l'objet de notre article, est 
douée de caractères assez nettement tranchés pour que l'on puisse sans 
crainte la placer en tête du genre; elle est originaire de la province de Texas, 
au Mexique, où elle a été découverte par M. Berendier , en 1833; l'année 
suivante, M. Drummond en a envoyé des graines à ses amis, en Angleterre, 
Elle lleurit du mois de juillet à celui d'octobre. 

La plante est annuelle. Il s'élève d'une racine presque fusiforme , une tige 
droite , herbacée , pubescente , haute de plus d'un pied. Les feuilles radicales 
sont longues de quatre pouces, pennées et pètiolées ; celles de la tige sont 
sessiles, seulement dentées et ondulées, d'un vert brillant, tirant un peu 
sur le glauque. Les fleurs sont grandes de près d'un pouce et d'un beau jaune 
doré ; le calice est conuivent, à divisions alongèes et verdàtrcs; les quatre 



— 103 — 

pétales sout beaucoup plus longs, onguiculés , à limbe obtus ou faiblement 
échancrè. Les étamines sont libres , à filamens fortement renflés à leur base ; 
les antbères sont droites , cordées à leur base, lancéolées, à sommet réfléchi. 
La silicule est globuleuse, renflée, renfermant quatre à six graines dans 
chaque loge. 

346?7. PrxsTEMON coB.ïA , Elatus puheruleus ; foliis ohloncjo-ovatis , denti- 
ctiîatis, nitidis ; paniciila tenninali j^i^osa; pedunculisS-5 florîs; corollapu- 
bescente ; tiibo inflato , limho bilabiato, quinque-Iobo. 

P. CoE.'EA. Nt'TT. Fl. of Aliansain Amer. Phil. Journ. 1834. p. 182. 

Cette belle espèce à laquelle la ressemblance de ses tleurs avec celle du 
Cobœa scandens, à faitdonner le nom qui sert à la distinguer de ses congénères, 
est native du Texas , l'une des parties septentrionales du Mexique; elle y a 
été découverte par M. Nullal qui en a envoyé des graines en Angleterre , au 
commencement de 18âS ; et vers l'automne de la même année on jouissait déjà 
de ses jolies fleurs. 

34C6. Tf.lekia speciosa. Caille supernè ramoso ; foliis amplis, cordatis , 
inœqualiter serratis, scabris ; inferioribus petiolatis ; superioribus sessilibus; 
squamis anthodii , foliaceis subsquarrosis. 

T. Speciosa. Baubjc. Enuni stiip. Transylv. — Lessing. Compos. p. 209. 

MOLFODIA SUAYE0LENS. Cassini. In Dict. des Sc. N nt. 33. 400. 

Blthtalmuh sPECiostai. Schr. /c. et Descr. Dec. 1 . p. 11. t. 6. 

BuPHTALMUM coRDiEOLiuM. Waldst. ET KiT. lo, et Descr, pi. Tor. Uung. 2. 
117. t. 113. — Spreng. Sijst. veget^. 605. 

Inula caucasica. Pers. Syn. pi. 2. 450. 

3467. LupiNTJS suBCARNOS'js. Anniius, herbaceus; caule ptihescenti-sericeo; 
foliolis quinis, ovafo-lanceolatis , subcaniosis ; racemo pyramydali ; calyci- 
hiis sericeis, bihracteatis , bilahiatis : labio swperiore breviore, bifïdo , infe- 
riore lajiceolato, apice tridentato , dente hitermedio longiore , vexillo orbi- 
culari, intense cœruîeo , medio macidâ alhâ plicâ loticjitudinali divisa, 

M. Berendier a découvert ce joli Lupin , en 1 828, près de Bejar, au Texas ; 
et M. Drummond l'a observé depuis, dans la même contrée, entre Bruzoria et 
le fort Saint-Philippe ; ce sont les graines qu'il y a récoltées, qu'il a envoyées 
l'an passé en Angleterre, où elles ont fleuri dans le courant du mois de juillet, 

3468. CoLLOMiA CAVANiLLESii. Fo/iis lanceolato-Unearibiis : supremis ototo- 
lanceolatis, infegenimis vel apice profundèS-4:-dentatis ; calyce semi 5-fido; 
laciniis lato-lanceolatis , oblusis ; corollis calyce plus dtiplo longioribus j 
staminibus inclusis ; capsulœ loculis monospermis. — Hook. et Abn. Bot. of 
Beech voy. v. 1. p. 37. 1831. 

CoLLOBiiA cocciNEA. Lehm. Moft. havtb. 1832 — Bot. regist. 1662. 
Collosita lateritia. Sw. Br. fl. garden, t. 206. 
PhLOX LINEARIS. Cavan. Ig. V. 6. p. 17, t. 527. 

3469. Petrophila acictjlaris : Foliis filiformibus, supra obsolète svlcatis; 
squamis strobili nervosis, ovaiis. 



— 10^ — 

p. AcrcrLARis. Brotvn. Trans. Linn. soc. v. 10. p. 69. — Ïd. Prodr. Fl. Nor. 
Iloll. 364. — ■RoEM. ET ScHt'LT. St/sf. vecf. S. 338. — SpRr.NG. Sijst. veget. 
1. 439. 

M. Robert Brown a institué ce genre, à son retour de la Nouvelle-HoUaude, 
pour une plante qu'il avait considérée d'abord comme devant appartenir au 
genre Profea, mais qu'après un examen plus soigné , 11 a reconnu constituer 
un genre nouveau qu'il a nommé Petrophila de TrsTpoç, rocher et y;Aco, feuille, 
parce qu'il avait observé qu'elle ne croissait que sur les rochers et parmi les 
pierres. Le colonel Lindesey en a enrichi les serres européennes, en 1830 , 
par les graines qu'il a rapportées, et qu'il avait recueillies sur les bords du ca- 
nal du roi Georges. Les arbustes qui en sont provenus , ont fleuri au mois 
d'avril dernier, dans le jardin botanique d'Edimbourg. M. R. Brown a dé- 
crit dix espèces de Petrophiles, qu'il a réparties en quatre sections. La Petro- 
phile aciculaire fait partie de la première qui se caractérise par un stigmate ar- 
ticulé, ayant l'article supérieur cotonneux , l'inférieur anguleux et glabre; là 
noix est lenticulaire , comprimée, ornée de longs poils à l'intérieur et sur les 
bords ; les feuilles sont filiformes et non divisées. 

3470. PoTENTiLLA. ATRO-SANGUINEA. Hijhricla RusselHana. 

3471. Trifouum BEFLExrM. Linn. Sp. pi. 1079. — Mich. Amer. 2. 39. — • 
PcRSH. Fl. am. 2. 477. — Spreng. Sysf. veget. 3. 205, — De Cand. Prod. 2. 
201. — PoiR. Dict. Encycl.8. 6. 

3472. Pentstemoh mtjrrayant's. Elatus, glaberrimiis, gîaucus ; foliis integer' 
rimis, oblongis : mferioribiis spathulatis; superioribtis seu bracteatis connato- 
perfoliatis j fioribus racemosis ; coroUis glaberrimis ; hibo subcylindraceo 
longitudine stamimim ; filameiito quinto nudo. 

Le Pentstemon de Murray a été découvert en 1834, par M. Drummond, 
dans les environs du fort St. -Philippe au Texas; et des graines qu'il a en- 
voyées, l'année suivante, au jardin botanique de Glasgow, sont provenues des 
plantes dont les fleurs ont commencé à paraître en automne. 

La plante est vivace ; ses tiges ont environ trois pieds ; elles sont simples , 
arrondies et d'un vert pourpré. Les feuilles sont larges, opposées , entières et 
veinées, les radicales sont spathulées , longues de huit à neuf ponces; les cau- 
linaires, beaucoup plus petites et toujours décroissantes jusqu'au sommet des 
liges, soutamplexicaules, connées base à base et perfoliées. Les fleurs sont pé- 
doncûlèes, disposées axillairement , quatre par quatre, le long de la tige oii 
elles présentent une belle grappe terminale. Le calice est court, profondément 
divisé en cinq lanières acumiaées. Le tube de la corolle est renflé, jaune à sa 
base, puis d'un pourpre écarlate à l'extérieur et d'un rouge blanchâtre inté- 
rieurement ; le limbe qui a tout au plus le quart de l'étendue du tube est de 
la même couleur que lui, partagé en cinq divisions réfléchies, étalées, dont 
les trois supérieures, plus grandes et plus larges , sont presque lancéolées. 
Des cinq étamines quatre seulement sont fertiles et anthèrifères. L'ovaire 
est ovale, le style filiforme et le stigmate oîHus. 



— lo;-) ^ 

3473. LiNARiA CASADENSis. Drec/a , glabra, glauca ; foliis linearibus, ohtu- 
sis ; floribus racemosis ; îabio inferiore niaximo , j^olatQ ob&oleto ; ealcars 
subiilato ; stolonibtis procumbentibus. 

L. Canadensis. Si'Reng. Stjst. veget. 2. 197. 

Antirrhinum canadknse. Lin.\. Sp. pi. 861. — Pcrsh. Fl. am. sept. 2. 
421. — EtLioT. Car. % 113. 

3474. CoREOPSis DiA'ERSiFOLiA. FolUs tematis, pinnatis, etiam bipinnatis : 
foliolis rhombeo-rotundatis , integerrimis ; pedunculh unifions ^ involucro 
monophyllo , suhoctopartito; radiis apice U^fidis ; acheniis ovalibu?, n^utic^f. 

C. AuRicuLATA. Var. diversifolia. Elliott. Carol. 2. 437. 

C'est M. Elliott quia découvert cette Coroopside, dans le nord de rAmêri- 
que; mais, soit qu'il n'ait point porté dans son examen, toute l'attention que 
demandait la plante, soit qu'il ait eu la ferme croyance qu'elle n'était qu'une 
variété de la Coréopside auriculée , toujours est-il vrai , qu'il ne l'a point pro- 
duite aux yeux des botanistes, comme espèce distincte. Il était réservé à 
M. Drummond, de nous en tracer les véritables caractères et c'est à lui que 
nous sommes redevables de sa possession. Les graines qu'il a envoyées du Texa=, 
sont arrivées en Angleterre au mois de février 183o. Elle fleurit en juillet. 

La plante est annuelle ; sa tige a un pied et demi environ de hauteur et se 
divise en plusieurs branches dont le sommet porte une fleur ou plutôt une 
calathide. Les feuilles sont pétiolées et très-sujettes à varier dans leurs formes; 
elles sont ou ternèes ou ailées et même quelquefois doublement ailées ; ea 
général les folioles qui les composent sont ovales, sessiles ou spathulèes avec 
l'intermédiaire constamment plus grande. Les calalhides ont leur involucre 
composé d'une double rangée de segmens linéaires et faiblement acuminès. 
Les fleurons du disque sont tubuleux, courts, nombreux, hermaphrodites et 
d'un brun pourpré ; ceux du rayon ou delà circonférence, au nombre dehuit, 
sont disposés sur un seul rang, présentant chacun une languette, longue et 
large, découpée au sommet en quatre dents irrégulières, les deux intermé- 
diaires , étant plus rapprochées entre elles ; ces languettes sont d'un beau 
jaune, tirant sur l'orangé, avec une tache sanguine à la base. Le réceptacle 
est plane et paléacè. Les akènes sont comprimés , avec deux barbes persistaa- 
tes au sommet. 

â47d. RosA cENTiFQLiA MijscosA Var. Cristata. 

3476. EtJPHORBiA ECPLEVRiFOLiA. Coule bulbiformt , tuberculato, areelsio; 
foliis termiiialib us , fasoiculatis, inpetioîum attenuatis; peduticulis axillari- 
bus . monocephalis; involueri universalis foliolis subrotundatis , baai coadur 
natig. 

E. BcPLEVRiFOLiA. Jacéi. Hoft. Schœtïb. 1. SS, t. 106. — Spbesg. Sysi. 
veget. S. 787. 

8477. A.NCHCSA VEBsicoLOR. Calycibtis -k-fidis, fructiferis, maaime inflatis , 
eernuis; corollis œqualibus ; foliis oblongis, obtusiuseulis : floralibus; latiori- 
<pts ; eaulibus prostratis ; nucibus ritgoais. 

Toxr. III. 14. 



— lOG — 

A. V£RSicoLon. Stev. Act. il/osg. p. 21. — Roem. Schult. -4. 93. 

Lvcopsisrosea.Reich. /c. Bot. t. 330. — Spreng. syst. vetjct. 1. 55o, 

3-478. Pereskia bleo. Foliis ellipticis , aciitis; aciileis nxillarihus , fascicu- 
latis ; peduncuUs in axillis siipremis S-5-floris ; petalis ohovatis , retusis , 
demum reflexis. 

P. Bleo. llusin. et Ktjnth. Nov. Gen. G. 69. — DeCand. Prodr. 3. -47-4. 
— LiNDL. Bot. /Jejf. 1473. 

Par l'instilulion de ce genre, Plumier a fait preuve d'une grande perspica- 
cité dans la science qui lui doit tant de dûcouverles précieuses; et par le nom 
qu'il a imposé, il a rempli un devoir honorable pour la mémoire de celui dont 
Tournefort a dit : qiiem vimm vel nominare Inudare est. En effet Peyresc, 
conseiller au parlement d'Aix , était un homme bien remarquable par la pro- 
fondeur et l'universalité de ses connaissances ; il cultivait les plantes en vérita- 
ble botaniste dans son jardin, l'un des plus beaux et des plus vastes de l'épo- 
que. C'est par ses soins qu'une multitude de plantes nouvelles sont venues à 
grands frais, de toutes les parties du monde, enrichir les collections européen- 
nes encore si pauvres alors. Honneur à la mémoire de ceux qui ont si bien 
mérité de leurs contemporains. Le sort du genre Pereskia , successivement 
supprimé par Linné, rétabli par d'autres , puis supprimé encore, a été défi- 
nitivement fixé par Ilawordt qui en a établi les caractères d'une manière cer- 
taine; il se compose maintenant d'une dizaine d'espèces toutes originaires de 
l'Amérique du sud et principalement du 31exique. C'est sur les bords du fleuve 
Madelaine que MM. Humboldt et Bonpland ont découvert la Pereskie Bleo qui 
est parvenue en 1827, en Europe, où elle fleurit pendant la plus grande 
partie de l'année, dans les serres chaudes. 



British Flower-G.vrden; and ornamental. shnihhery, etc.; par Robert Sweet, 
2« série. n°' 78, 79 et 80. Janvier février et mars 1836. 

317. Agrostemma exingeana. Floribus solitariis ; cnhjcihus tubiilatis , 
pedunculo longioribus : dentibus setaceo-mucronatis ; petalis inciso-lobatis; 
foliis lanceolatis , acutis , pubescentibus, bnsi nngustntis. 

Linné a séparé des Lychnides avec lesquelles on les avait confondues, les 
premières espèces qui ont constitué le genre Agrostemma , dont le nom, 
dérivé de aypoc, champ, et de (j~e/ic/u.cc, couronne, exprime, dit-on, l'usage que 
les heureux villageois faisaient habituellement de cette jolie parure de nos 
champs, pour en tresser des couronnes qu'ils entremêlaient de Barbeaux. Peut- 
être serait-il aussi judicieux de penser que Linné a pris pour sujet de son éty- 
mologie, la réunion des petits appendices à l'onglet des pétales, qui figure 
.assez exactement la couronne à dents aiguës qui ceignait la tète des anciens 
souverains. Quoiqu'il en soit de l'origine du nom, le genre n'en a pas moins 
été créé et s'il a survécu , ce n'est point sans vicissitudes , car de nos jours 



— 107 — 

même le professeur De CandoUe persiste à ne le considérer que comme une 
simple division du genre Lychnis. Ce genre n'est point nombreux, il ne 
renferme guère plus d'une douzaine d'espèces herbacées, annuelles ou viva- 
ces, originaires de l'Europe, et cultivées presque toutes dans nos parterres. 
L'espècenouvelle,plHS jolie sans contredit que toutes ses congénères, a pour 
patrie les confins de l'Asie et de la Russie européenne, où elle a été découverte 
il y a quelques années seulement , par le docteur Bunge qui a accompagné le 
professeur Ledebour dans ses excursions scientifiques aux monts Altaïs. Elle 
fleurit au mois de juillet. 

Ses racines sont vivaces; sa tige est droite, simple, pubescente haute, de 
deux pieds environ! Les feuilles sont opposées , oblongues , lancéolées. Les 
fleurs sont solitaires au sommet d'un long pédoncule; le calice est tubuleux , à 
cinq divisions linéaires. La corolle est composée de cinq pétales onguiculés, 
munis de deux appendices aigus, dentiformes à l'origine du limbe qui est 
d'un rouge éclarte vif, cunéiforme et profondément divisé en six ou huit lobes 
très-irréguliers, obtus ou acuminès et dentés. Les dix étamines sont exsertes. 
L'ovaire est surmonté par cinq stigmates. 

318. Verbi:na rugosa. Perennis, erecta , pilosa ; foliis cordato-ohlongis , 
acutis, senafis , rugosis; spicis densis, abhreviatis; corollâ pilosâ calyce 
duplô lojicjiore ; laciniis cuneatis , cmarqinntls. 

Des graines de cette verveine ont été envoyées , en 183-4, de Buenos Ayres^ 
au jardin botanique de Birmingham , où elles ont été cultivées. Des fleurs 
remises au mois de juillet , par M. Cameron , à M. D. Don , ont facilité à ce 
dernier la détermination exacte de la plante. 

Elle est herbacée, mais vivace ; ses tiges sont droites , simples, quadran- 
gulaires, velues, d'un vert purpurescent, élevées de deux pieds environ. Les 
feuilles sont opposées , oblongues, cordées, dentées et ridées. Les fleurs sont 
sessiles, réunies en épis ou panicules denses à l'extrémité de pédoncules longs 
et velus; les bractées sont assez petites et lancéolées. Le calice, tubuleux et 
alongé , a cinq rides ou plis et cinq dents dont une un peu plus courte. La co- 
rolle est infondibuliforme, d'un bleu pourpré , avec l'onglet violet-obscur; son 
limbe est profondément divisé en cinq découpures irrégulièrement échancrées 
et réfléchies au sommet. Les quatre étamines sont didynames. L'ovaire est 
supère, tétragone, surmonté d'un style simple filiforme, comprimé, que cou- 
ronne latéralement un stigmate obtus. Le fruit est une drupe sèche, glabre, 
à quatre akènes repartis chacun dans une loge. 

819. NiEBEMBEBGTA CALYciNA. pubcscenti-glandulosa ; cauîibus herbaceis 
procumbenfihus ; foliis oppositis alternisque ohovntis, petiolatis; pedunculis 
solitaiiis, lateraUhiis ,calijcihus mngiiis,campanulatis; lobis obovatis foliaceis- 

N- Calyci>a. Bo^an. ij/ag. 3371. 

820. Daphm odora; Var. rubra. Capitulo terminali ; foliis sparsis , lan~ 
ceolatis , acutis , raviulisqite glabris, nitidis; perianthio leviter sericeo : lact- 
niia ovatis, margine involutis ; stigmate sessili. 



— 108 — 

D. Odoba. Thcnb. Jap. 1Ô9. — Ilort. Kew. 2. 26. — Banks ic Kœmpf. 
t. 16. — L'HÉRiT. Stirp. nov. 2. t. 7. — Bot. Mag. 1587. — Willd. Sp. 
pi. 2. 241. — WicKSTB. Monog. p. 19. — Dox. Prodr. fl. Népal. ^. 68. 

D. Cannabina. Walt, in asiaf. res. 13. p. 315. 

321. Iris. Spuria. Linn. Sp. pi. 58. — Mill. Dicf. 14. — JAca. Fl. Austr. 
t. 4. — Tbdnf. Diss. 32. — OEder. F/. Dan. t. 784. — W/lld. Sp. pi. 1. 
g37. — Vahl. En. 2. 140. — Eoort. Kew. éd. 2. v. 1 . 1 15. — Redouté. LU. 
349. — ^Mabsch. à Bieb. fl. Taur. Cauc. — Spreng. syst. vegef. 1. 161. 

322. Adesmiapendtjla. Perennis, glabriusciila , repens;foliolis7-l2-jugis, 
ellipticis, mucromilatis, integris ; racemis elongatis , Iaxis, setosis ; lomentis 
pendulis ; articiilis 7-9, orbiculatis , hispidis. 

A. Pendula. De Cand. Prodr. 2. 319. — Hoor. et Arn. In Bot. Mise. 3. 
188. — G. Do:» Gen. sijst. Gard, et Bot. 2. 282. 

Hedisarum FEMiuLuai. PoiR. Dict. Encycl. 6. 449. 

82^. Saracaa viscosa; (pi. color. S4), glanduloso-ptibescens, foliis cor- 
datis , acuminatis , simiuto-dentatis , corollœ fauce lanatâ ; eaule suffruti- 
coso. 

Ruiz et Pavon , dans leur Flore du Pérou, odI institué ce genre qu'ils ont 
dédié à Isidore Saracha, religieux de l'ordre des bénédictins, zélé partisan des 
sciences boîaniques , et qui a enrichi le jardin royal de Madrid d'une multi- 
tude de plantes rares et nouvelles. Le genre Saracha est voisin des Physalis, 
des TMcandra et des Atropa; il se compose de six espèces auxquelles il faut 
ajouter celle qui fait le sujet de cet article; toutes sont des plantes herbacées ou 
faiblement ligneuses , propres au Pérou et au Chili. C'est M. Andersen , direc- 
teur du jardin botanique de Berlin qui a reçu, il y a quelques années, les 
graines de la Saracha Visqueuse et l'espèce a été déterminée par le professeur 
Link. La plante fleurit au mois de septembre. 

324. Lrciuji AFRrM. LiNN. Sp.2'1. — Mill. /c. t. 171. f. 1. — Lam. Dict. 
Êncyc. 3. 509.— Id. ///. t. 112. f. l.— Willd. Sp. pl.^, 1057.— Dpha*. 
Arb. éd. nov. 107. — Pers. Syn. 1. 231. — Roem et Sgh. Syst. 4. 690. — 
Spreng. Syst. veget. 1. 700. 

Jasminoides africanum. Niss. Act. par. 1711. p. 420. 

Rhamncs alter. Bauh. Pin. 477. 

32o. Mandragora actcmnalis. Foliis oblongiS) pibsis; calycibus densèpapil- 
loso-pilosis : segmcnlis lanccolalis , acuminatis; corollœ laciniis ellipticis , oblusis ; 
baccà oblongâ mucronulalâ. 

M. AcTcsrvALis. Sprexg. Syst. veget. 1. 699. 

Atropa mandragora. Sibht. et Smith. Fl. Grœc. 3. p. 26. t. 2â2. 

Mxvcfpxyocx;. Diosc. Lib. 4. Cap. 26. 

Il est peu de plantes qui aient obtenu dans l'antiqne superstition médicale, 
une célébrité égale à celle de la Mandragore, et cette célébrité , ne peut être 
attribuée qu'à la ressemblance que l'on s'est efforcé de trouver entre les 
racines très-volumineuses en effet de cette plante , et l'ensemble d'une figure 



— 100 — 

humaine. Delà les conséquences à perte de vue que l'on a tirées des intention* 
du créateur , et les propriétés surnaturelles que l'on a attribuées à une plante 
de si haut favorisée. Poussant le ridicule jusque dans ses limites extrêmes , 
on a été jusqu'à penser qu'une racine qui était l'emblème cl l'image de la 
figure de l'homme devait aussi participer à son organisation ; on en a fait un 
être sensible et raisonnable, mais condamné par une puissance rivale de la 
divinité , à n'exhaler que des gèmissemens, à ne faire entendre que des cris 
plaintifs quand la main de l'homme troublait son repos, lui portait atteinte, 
ou lui faisait quelque blessure. Nous laissons aux amateurs, le plaisir de 
rechercher les mille et une fables débitées à propos de la Mandragore ; nous 
nous bornerons à dire que son nom dérivé de fxz-^S'pc'., étable et cjccypoq, nui- 
sible , exprime que les propriétés malfaisantes de ce végétal étaient connues 
des anciens , puisque , par son nom seul , ils recommandaient de ne point le 
souffrir dans le voisinage des étables où les bestiaux auraient pu le brouter 
avec les plantes nutritives. Tournefort n'a placé dans son genre Mandragore , 
repoussé par Linné , qu'une seule espèce ; et Jussieu , en rétablissant le genre» 
ne semble pas y en admettre davantage; cependant d'autres botanistes, et 
Sweet que nous répétons dans cet article , distinguent de la Mandragore 
officinale , la M. Automnale qui pourrait bien aussi n'en être qu'une simple 
variété provenue d'une culture plus soignée et surtout plus nourrissante. Du 
reste l'une et l'autre ont pour patrie les contrées orientales de l'Europe , et 
toutes deux semblent exister depuis une époque très-reculée, dans nos jardins , 
comme objet de curiosité , quoique leurs fleurs , surtout dans l'espèce qui 
nous occupe et que l'on voit se développer en août et septembre , puissent 
bien aussi contribuer à leur ornement. 

326. Narcisscs coNSPiccus. Coronà plicatâ , repandâ , segmentis îongiore ; stylo 
foliolis erecUs; scapo compressa. 

CoRBCLARiA. coNSPiccA. Hawokth. Monogr. p. 1. 

Cette espèce , dont on ne nous a pas encore révélé l'origine et la patrie , 
non plus que la date de son introduction au jardin botanique de Chelsea , 
près de Londres , y fleurit assez régulièrement au mois de mai. 

Son bulbe est ovale et gros comme un œuf de pigeon. La hampe a trois ou 
quatre pouces de hauteur, elle est entourée dès la base de quatre feuilles li- 
néaires , presque filiformes, aiguës. La fleur est solitaire et d'un jaune doré, 
fort éclatant , portée sur un pédoncule comprimé , aussi long que l'ovaire. 
La spathe est engainante à la base, acuminée et fendue au sommet. Le périan- 
the externe est turbiné , campanule , long d'un pouce et demi , avec son tube 
d'un vert jaunâtre , rayé de jaune , et son limbe jaune , partagé en six divi- 
sions beaucoup plus courtes que lui, lancéolées , aiguës et réfléchies à angle 
droit; la couronne, périanlhe interne, est plus grafide que le périanlhe 
externe, à bords largement crénelés. 

S27. Phacelia congesta. (V. Cahier, de janvier p. -4-4). 

328. ZrpHYBANTHESDBîJMMOSDi. Perianthu limbo coarclato, lubo 1er breriore: 



— no — 

laciniis ovalls, mvcronalis, marginc involutis ; capsula subtrilobâ; foliis glaucit 
scapo brevioribus. 

Celle élèganle espèce a èlé observée parM.Drummond dans les plaines ferli- 
les du Texas , il a y quelques années seulement ; elle lleurit au mois de juillet. 

Son bulbe est presque sphérique , un peu surbaisse ; il s'en élève une hampe 
dehuil pouces, enlourrée à sa base de deux feuilles un peu moins longues, 
linéaires, creusées en goullière , presque obtuses au sommet et d'un vert glau- 
que. La fleura son pédoncule cylindrique, long de cinq à six lignes, enve- 
loppé d'une spathe membraneuse. Le pèrianthc est long de deux pouces et 
demi avec son tube infondibuliforme, un peu évasé, puis brusquement divisé en 
six sections réfléchies et ouvertes, qui forment le limbe : trois sont extérieures 
et un peu plus larges; toutes sont ovales, acuminées, à bords roulés , striées, 
d'un blanc jaunâtre, nuancé de rose. 



Le Règne végétal disposé en tableaux méthodiques; par M. J. Sheidweiler, 

et publié par l'Etablissement Géographique de M' Vandermaelen, près la porte 
de Flandres à Bruxelles. Grand in folio, piano. 

L'utilité des tableaux synoptiques, dans l'étude des sciences, a été depuis 
longtemps si généralement appréciée que nous pouvons nous dispenser de 
l'invoquer en faveur de ceux qui se publient en ce moment à Bruxelles, et qui 
sont dus aux connaissances profondes de M. le professeur Sheidweiler , dont 
le cours de botanique, donné gratuitement dans le vaste établissement scienti- 
fique de M". Vandermaelen , est suivi avec le plus grand empressement par 
un nombreux concours d'auditeurs. 

Nous comprendrons avec bien du plaisir dans l'Horticulteur Belge , l'expo- 
sition sommaire de chacun des tableaux au fur et à mesure qu'ils paraîtront et 
nous commençons aujourd'hui par le premier. Il présente les formes diverses 
des racines, que l'auteur range, d'après le système deWilldenow et de Link, 
sous cinqdivisionscomprenant : l»lesrhizomaloïdées; 2"lesfibrilleuses;3°les 
tubéreuses ; -4° les bulbeuses ; S" enfin les racines fausses; ce sont presque 
toutes les plantes parasites qui en sont pourvues. 

Cinquante trois formes de racines sont réparties dans ces cinq divisions; 
elles sont désignées en plusieurs langues , distribuées dans un ordre très-mé- 
thodique et accompagnées de figures tellement exactes , enluminées avec 
tant de vérité que l'on n'a pas besoin de recourir au texte ; un simple coup- 
d'œil jeté sur le tableau , conduit aussitôt l'élève ou l'étudiant vers le but de 
ses recherches. 

Toujours dominés par un dévoûment et un désintéressement sans bornes , 
M". Vandermaelen ont fait distribuer à tous les élèves qui suivent régu- 
lièrement le cours de botanique de M. Sheidweiler, un exemplaire des 
tableaux que nous annonçons. Les leçons se donnent les lundis et jeudis à cinq 
heures du soir. 



— 111 — 

Le nombre des tableaux du Règne Végétal sera de huit. On peut se les pro- 
curer , soit détachés , soit on collection , à l'Ëtablissenieat Géographique et 
chez les principaux libraires, à un prix très-modique. 



£e Bon Jardinier, pour l'année 1836. Paris, Atjdot, libraire-éditeur, 
rue du Paon, n" 8. 

Il est peu de livres d'une plus utilité grande et plus réelle que ne l'est le Bon 
Jardinier. Cet ouvrage qui ne fut, à son origine, qu'un véritable almanacb 
s'est accru d'année en année , de tant de choses et d'idées nouvelles , qu'il est 
maintenant le Manuel complet de l'horticulteur, chez lequel l'art du jardinier 
ne peut plus être séparé de la science élémentaire du botaniste. Aussi le Bon 
Jardinier se trouve-t-il entre les mains de tout le monde, et le meilleur éloge 
que Ton puisse en faire, est de dire que chaque année, il se lire à six mille 
exemplaires et au delà. Il serait sans doute superflu de présenter ici l'ana- 
lyse de ce livre qui, dans ses onze cents pages, renferme au moins un nombre 
quatruple d'articles, nous n'en avons point eu l'intention, mais nous nous 
proposons de profiter de plusieurs de ces articles , de les développer, de les 
modifier selon les besoins de l'Horticulteur Belge, et d'en saisir l'occasion de 
renouveler à l'auteur, l'estimable M. Poiteau, nos témoignages de satisfaction 
pour les soins qu'il apporte à la propagation de connaissances qu'il possède 
au plus haut degré. 

Le Bon Jardinier se trouve à Bruxelles, à la libraire Encyclopédique de 
PÉRicHON, rue des Alexiens, n" 714. Quoique le livre augmente tous les ans 
en volume , l'éditeur n'a pas voulu en augmenter le prix qui est toujours de 
7 francs. 



Statuts de la Société anonyme d^ Horticulture et de Botanique de Gand. 

[Suite.) 

Art. 11, La direction sera ultérieurement chargée de l'entretien et do 
l'embellissement du bâtiment et du jardin , avec la faculté à l'égard du jardin 
d'en abandonner l'entretien , l'embellissement et les soins à la Société Royal© 
d'Agriculture et de Botanique. 

Art. 12. La direction aura la gestion des affaires de la Société , elle fera 
la recette et la dépense ; aucune dépense ne pourra être payée par le caissier 
que sur mémoire visé de la direction par le président de la séance. 

Art. 13. La direction s'assemblera au moins une fois par mois, elle ne 
pourra délibérer que lorsqu'il y aura sept membres présens ; en cas de pa- 
rité de voix , celle du président de la séance sera prépondérante. 

Art. 1-4. Lorsque dans les séances de la direction le président en titre sera 
absent , il sera remplacé par le premier membre qui suivra dans l'ordre du 
tableau. {La suite au prochain cahier). 



112 — 






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L'HORTICULTEUR 



BSiIiGEa 



AVRIL 1836. 



PHYSIQUE ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALES. 

Sur T évaporation constante 2^ ('^''i' ^^'s organes des végétaux^ et sur les avan- 
tages quelle peut procurer dans certaines pratiques de F horticulture ; par 
le D^ Ch. Maktins. 

Si l'eau que les végétaux absorbent constamment par leurs racines reslait 
déposée dans leur tissu, ces racines ne tarderaient pas à devenir véritablement 
hydropiques ; mais une évaporalion constante qui a lieu par la surface des 
feuilles les débarrasse de la partie surabondante du liquide et maintient 
l'équilibre. L'évaporation ne se fait pas avec une intensité égale dans toules 
les plantes ; elle est principalement en rapport avec l'étendue de la surface 
totale des feuilles , la nature de l'épiderme, le nombre des stomates, la pré- 
sence ou l'absence des poils et l'état de santé ou de maladie des stomates. 

Mariolle chercha le premier à se faire une idée juste du phénomène en 
s'éclairant par l'expérience. 11 plaça dans un bocal clos une branche chargée 
de feuilles et recueillit au bout de deux heures deux cuillerées d'eau déposée 
sur les parois du vase. 

Musschenbroeck procéda d'une manière plus rigoureuse ; il prit une plaque 
de plomb circulaire , la divisa en deux parties égales et fit une échancrure 
demi-circulaire à chaque section , de telle manière qu'en rapprochant les 
deux morceaux, la plaque présentait une surface ronde, percée au milieu 
d'un trou circulaire ; il appliqua la plaque sur la terre, fit passer par le centre 
une tige de pavot, recouvrit la fente d'un vernis, afin de ne donner aucune 
issue aux émanations qui pourraient s'élever de la terre. Il recouvrit cet appa. 
reil d'une cloche de verre, qu'il luta sur place. Le lendemain, les feuilles 
de la plante étaient couvertes de gouttelettes d'eau. Cette expérience, tout en 
prouvant l'évaporation végétale , répondait à une objection qui avait été faite : 
on avait prétendu que les gouttelettes qui se trouvaient sur les feuilles des 
plantes n'étaient autre chose que l'eau vaporisée pendant le jour, qui se préci- 
pitaitpendant la nuit. 

Haies alla plus loin que Musschenbroeck , il voulut mesurer la quantité 
Tome 111. 15. 



— 114 — 

d'eau évaporée par une plante, et connaUre le rapport entre la quantité d'eau 
absorbée et la quantité d'eau exhalée. Le 3 juillet 1724, il prit un pot de terre 
vernissée, dans lequel était un II. Tournesol , haut de 'î pieds et demi ; il cou- 
vrit le pot d'une plaque de plomb laminé, et ferma exactement toutes les join- 
tures ; mais l'air communiquait librement , do dehors en dedans , sous la pla- 
que, par le moyen d'un tube de verre très-étroit et long de 9 pouces. 11 
adapta ainsi et cimenta sur la plaque un autre tube de verre, long de 2 pouces 
et d'un pouce de diamètre. Par ce tube, il arrosait la plante et fermait en- 
suite l'ouverture avec un bouchon de liège. Ayant mis cet appareil dans une 
balance , il trouva que la transpiration était de 30 onces , pendant douze 
heures d'un jour sec et fort chaud, et que le terme moyen était de 20 onces 
pendant douze heures. Pendant une nuit sèche, la transpiration fut d'envi- 
ron 3 onces ; s'il y avait un peu de rosée, il ne se faisait plus de transpiration, 
et si la rosée était abondante, ou qu'il tombât un peu de pluie, la plante 
augmentait en poids , depuis 2 jusqu'à 3 onces. Ayant ensuite détaché toutes 
les feuilles delà plante, il en forma cinq tas , suivant leurs différentes gran- 
deurs ; il mesura la surface d'une feuille de chaque tas en appliquant dessus 
un réseau de fils , qui se croisaient à angles droits et formaient de petits car- 
rés d'un quart de pouce , et en additionnant tous les produits , il trouva que 
la surface de la plante, hors de terre, était d'environ 5,6 1 6 pouces, ou 39 pieds 
carrés- Il compara ensuite le résultat de ses expériences avec celles de San- 
torius sur la transpiration humaine, et il trouva que la transpiration d'un 
homme était à celle d'une plante , comme 19:1, c'est-à-dire qu'un Tournesol 
(les masses étant supposées égales) transpire dix-sept fois plus qu'un homme- 
Deux expériences semblables furent faites au Jardin des Plantes, en août 1811, 
par MM. Desfontaines, Mirbel et Chevreul; les résultats obtenus confirmè- 
rent ceux de Haies. Celui-ci s'assura, par un procédé semblable , qu'un Chou 
évaporait 19 onces d'eau par jour. Plenck pense qu'une lige de Maïs exhale 
7 onces, un Héliotrope 24, et Guettart estime qu'une branche de Cornouiller, 
pesant S gros et demi et plongeant par sa base dans l'eau, perd, en vingt- 
quatre heures , une quantité d'eau égale en poids à 1 once 3 gros. Toutes ces 
expériences ont fait voir que Tévaporation était en raison de la surface éva- 
porante. On comprend que l'absence de cuticule ou d'épiderme doit favoriser 
singulièrement l'exhalation. Les feuilles habituellement immergées dans l'eau 
se détachent très-promptement, lorsqu'elles en sont retirées : ce qui s'expli- 
que depuis que M. Ad. Brongniart a fait voir que toutes ces feuilles sont 
privées d'épiderme. Si l'on compare entre eux les végétaux , sous le point de 
vue de la présence, de l'absence , ou du nombre des stomates , on verra que les 
différences qui existent entre eux, sous ce rapport, exercent une influence 
incontestable sur l'évaporation. Les feuilles charnues des plantes grasses, 
qui ont peu de pores, n'exhalent presque pas : celles de la Vigne ne présen- 
tent des gouttelettes qu'à la face inférieure, qui seule est munie de stomates. 
Les parties qui en sont totalement dépourvues, telles que les racines, les 



— 116 — 

fruits charnus , les pétales , perdent à la vérité en poids avec le temps, et dé- 
posent de l'eau à la surface des vases qui les renferment ; mais cette déper- 
dition lente, résultat de la tendance de l'eau à s'évaporer, et qui a été désignée 
par M. De Candollc, sous le nom de déperdilioit insensible, est uu phéno- 
mène purement physique et nullement vital. 

Pendant longtemps , on avait cru que les poils qui couvrent les végétaux 
avaient pour usage principal d'augmenter la surface évaporante , et par con- 
séquent de favoriser la déperdition ; M. De Candolle a émis dernièrement une 
opinion contraire; il fait remarquer que les plantes qui évaporent le moins, 
telles que les plantes grasses et celles qui viennent à l'ombre, sont ordinai- 
rement glabres. Au contraire , des poils nombreux hérissent les végétaux à 
tissu sec , munis de beaucoup de stomates et vivant dans des lieux exposés 
au soleil. D'après cela , les poils seraient plutôt des organes propres à s'op- 
poser à une trop forte évapora tion, que destinés à la favoriser : placés sur les 
nervures des feuilles dans le voisinage des stomates, ils forment, en s'enlre- 
croisanl au-dessus de ces ouvertures, une sorte de treillis qui les protège 
contre l'action du soleil. 

Ce n'est que dans ces derniers temps , qu'on s'est occupé des maladies des 
stomates et de leur iniluence sur la fonction de l'évaporation. Ces recherches 
sont dues au docteur Unger , de Vienne , et consignées dans son ouvrage sur 
les E.vantkèmes des plantes. Ce savant a fait voir qu'un grand nombre de pro- 
ductions parasites , telles que les TJredo , les Puccinia , qui jusqu'ici étaient 
considérées comme des Champignons, devaient être regardés comme de vé- 
ritables maladies analogues aux maladies de la peau chez l'homme : il les 
désigne, à l'exemple de Fries, sous le nom (ïEntophtjtes. De nombreuses 
observations microscopiques l'ontconvaincu que ces pustules végétales tiraient 
leur origine des stomates, et qu'elles sortaient par leur orifice béant pour 
faire saillie à l'extérieur. La constance avec laquelle ces parasites se mon- 
trent à la surface inférieure des feuilles aurait pu faire prévoir ce résultat. 
Parmi les feuilles affectées de ces maladies, on remarque que ce sont les plus 
jeunes, les plus vertes, celles dans lesquelles les fonctions d'évaporation se 
font avec le plus d'énergie, qui sont spécialement affectées. On a aussi observé 
que les plantes jeunes et vigoureuses étaient beaucoup plus exposées à ces ma- 
ladies que celles qui sont vieilles et languissantes. Ainsi, certains Uredo, celui 
du Saule en particulier, ne se montrent que sur des individus très-jeunes 
Que conclure de là? C'est qu'il existe une relation intime entre la production 
des Enlophyles et les fonctions d'expiration. Mais ici se présente une grande 
question , celle de savoir si la formation de ces parasites est due à l'augmen- 
tation ou à la diminution de la transpiration. Les planîes grasses, celles à 
feuilles luisantes et persistantes , qui expirent fort peu , ne sont pas affectées 
de ces maladies; d'après cela, il semblerait qu'une évaporation active est la 
condition indispensable à la production des Entophytes : cela parait d'autant 
plus probable que les plantes qui exhalent beaucoup d'humidité, telles que 



— 11(5 — 

les Légumineuses, les Composées, lesLabiées,y sont très-sujettes. Mais il ne 
faut pas oublier , d'un autre côté , que c'est dans les pays froids et humides, 
tels que l'Angleterre, la Hollande, que l'on observe le plus souvent ces mala- 
dies. Il est donc probable qu'elles sont produites , non par une évaporation 
active (car alors on les observerait dans les pays chauds), mais qu'elles sont 
le résultat d'une exhalation qui n'est plus en rapport avec l'absorption du 
végétal. 

Outre les causes modificatrices de l'évaporation, que nous venons d'indi- 
quer et qui tiennent à la plante elle-même , il en est d'autres très-puissantes, 
ce sont les agens extérieurs qui agissent sur elles , la chaleur, la lumière, etc. 
L'influence de la chaleur n'est pas aussi forte qu'on pourrait le croire au pre- 
mier abord ; elle agit plutôt sur la déperditioninsensible que sur l'exhalaison 
par les stomates. Ceci établit une immense différence entre la transpiration 
végétale et la transpiration animale , celle-ci étant continuellement sous l'in- 
fluence directe de la température. L'action de la lumière est beaucoup plus 
sensible : tous les expérimentateurs , Senebier , Haies , Guettard , ont vu que 
l'expiration est plus active pendant le jour. Des plantes exposées comparative- 
ment à la lumière, ou placées dans l'obscurité , ont exhalé beaucoup dans le 
premier cas, très-peu dans le second. La lumière artificielle, celle des lampes, 
par exemple, produit le même effet que la lumière solaire. Aussi, tout le 
monde sait-il que des fleurs se conservent fraîches plus longtemps dans un 
endroit obscur que dans un lieu éclairé. L'état hygrométrique de l'air est une 
seconde cause extérieure qui modifie la transpiration. Un vent sec et froid 
hmle les plantes, comme le soleil le plus ardent, en déterminant chez elles 
ime trop grande évaporation : un air humide et dense conserve leur fraîcheur 
en réparant les pertes d'une exhalaison trop active. La végétation de l'Angle- 
terre, de la Hollande est là pour le prouver. 

D'après tout ce que nous venons de dire sur l'évaporation végétale , on ne 
voit pas encore quelle liaison intime existe entre elle et la nutrition végétale ; 
l'exhalaison parait uniquement destinée à débarrasser le végétal de l'eau su- 
perflue qui abreuverait ses tissus; mais en examinant le phénomène de plus 
près , on reconnaît qu'il est un des principaux agens de la nutrition. En effet , 
l'eau absorbée par les plantes est, comme nous l'avons vu , toujours chargée 
de substances étrangères; l'eau exhalée, au contraire, est toujours parfaite- 
ment pure. Senebier a fait tremper des branches dans de l'infusion de coche- 
nille : l'eau évaporée était incolore , quoique l'infusion eût pénétré dans la 
plante. L'eau recueillie sur des plantes dont les racines trempaient dans une 
dissolution de sulfate de fer ne s'est pas colorée en bleu par l'addition du prus- 
siate dépotasse. Par conséquent, toutes les substances étrangères dont l'eau 
est chargée, en pénétrant dans la plante, restent dans son tissu et contribuent 
à son accroissement. Sous ce point de vue , ou peut comparer avec Hedwig 
cette sortie de l'eau à la sortie des excrémens des animaux ; sous un autre, on 
peut dire avec Haies qu'elle est analogue à la transpiration animale. Quelque- 



— 117 — 

fols elle devient sensible comme la sueur, sous la forme de goultelelles qu'on 
voit souvent suspendues à la pointe des feuilles des Gramiuèes , avant les pre- 
miers rayons du soleil ; elles sont rangées circulairement à l'extrémité des 
nervures de la feuille de la Capucine : longtemps ou les croyait dues à la rosée, 
l'expérience de Musschenbroeck a démontré le contraire. 

Les applications de tout ce que nous venons de dire aux méthodes de l'horli- 
cuUure sont sans nombre. Dans tous les préceptes sur l'abritement , l'insola- 
tion et l'arrosement des plantes , la fonction de l'évaporation doit entrer en 
ligne de compte ; mais aucune des pratiques de l'horticulture ne démontre plus 
son influence et n'éclaire plus la théorie que celle des boutures étouffées : 
une évaporation trop abondante dessécherait le Jeune scion et empêcherait la 
formation d'un bourrelet ; mais la cloche dont il est recouvert , conserve 
autour de lui l'atmosphère humide qu'il s'est lui-même formée , le protège 
contre l'action trop forte delà lumière et communique plus d'énergie à la vie 
souterraine de la plante en diminuant l'activité de ses fonctions aériennes. 



CULTURE. 

Sui- le rempotage des plantes; par M. V. Vebdier. 

Le rempotage des plantes n'exige pas rigoureusement d'époque fixe pour 
son exécution ; il est nécessité par l'état des plantes et par la considération de 
l'époque de leur végétation. Dans quelques jardins , on a l'habitude de com- 
mencer ce travail vers les premiers jours de septembre , et de le continuer 
pendant tout ce mois, et même jusqu'en octobre, et là on rempote toutes les 
plantes sans exception , et sans considération pour celles auxquelles , à cette 
époque , ce travail peut être dangereux et même mortel , ce qui n'est pas dif- 
ficile à concevoir par tout homme qui observe tant soit peu la végétation. On 
peut rempoter depuis février jusque et pendant toute la belle saison , et même 
en hiver ; mais, pendant cette dernière saison , on ne le fera que dans les serres 
tempérées et dans les serres chaudes, encore ne sera-ce que pour les plantes 
auxquelles il est absolument nécessaire. 

Il y a de grands inconvéniens à rempoter en saison trop avancée ; il vaudrait 
beaucoup mieux attendre le printemps suivant, si on ne pouvait finir ce travail 
avant les premiers jours de septembre; car, après cette époque les plantes , 
n'ayant plus assez de temps pourformer uneassez grande quantité de nouvelles 
racines avant leur rentrée en serre, seront, par conséquent, beaucoup plus sen- 
sibles aux contrariétés de l'hiver; et il est certain que les plus délicates ne ré- 
sisteront pas, surtout si on n'a pas le soin de ménager scrupuleusement les 
arrosemens. J'ai vu souvent au printemps des plantes même non délicates, 



— 118 — 

<li!i, ayant ètô rempotées eu septembre, n'avaient pas encore fait une seule 
racine nouvelle, et qui , au moindre coup de vent, se trouvaient arrachées de 
leur pot. On conçoit que des plantes ainsi traitées, si elles ne périssent pas, 
doivent être nécessairement dans un état de langueur; il y aurait beaucoup 
moins de danger pour elles; si elles étaient destinées à être mises sur couche 
chaude à l'approche de l'hiver ; mais ceci n'est applicable qu'aux plantes de 
serre chaude, et il serait pernicieux pour celles d'orangerie et de serre tem- 
pérée; car dans ces deux dernières, il faut toujours se garder d'exciter la 
végétation en hiver. 

La principale époque du rempotage est quelque temps avant que les plantes 
entrent en végétation. Ceci n'est pas absolument indispensable pour toutes les 
plantes; mais c'est de rigueur pour toutes celles à feuilles caduques, qui 
sont pourvues , pour la plupart , de radicelles qui se renouvellent chaque 
année, au moment de leur entrée en végétation, et qui se dessèchent à 
la chute des feuilles. Une grande partie des plantes bulbeuses et tubéreu- 
ses sont à feuillage caduc et à racines annuelles , et elles nous indiquent 
assez que c'est au moment où ces radicelles vont se développer, qu'on doit 
leur donner de la nouvelle terre. Si l'on rempotait une plante en végétation, 
ou qui eût assez poussé pour faire craindre que le rempotage ne la fit souffrir, 
il faudrait en même temps rapprocher sa tète et ne blesser ses racines que le 
moins possible. 

Je parlerai peu de la préparation des terres ; je me bornerai à celles qui 
sont le plus généralement mises en usage, et m'abstiendrai de parler des terres 
à orangers ni d'aucun genre de rencaissage, vu que ces opérations sont à peu 
près les mêmes que celles du rempotage, et exigent moins de soins, puis- 
que l'on n'opère que sur des sujets forts. 

La terre de bruyère est la principale pour les plantes délicates et celles 
qui généralement poussent peu en racines; la meilleure est grisâtre, sa- 
bleuse, fine et douce au toucher ; celle qui est noire et un peu tourbeuse est 
cependant préférable pour quelques plantes, d'abord pour celles de nature 
marécageuse ; les différentes variétés des Nerium oleander et indicum , ainsi 
que les Hortensia, s'y plaisent beaucoup. La terre de bruyère que l'on em- 
ploiera pour les rempotages devra être brisée aussi fin que possible; mais on 
se gardera de la passer au crible ; on en retirera seulement avec la fourche et 
le râteau la plus forte partie des racines non consumées, et tout le chiendent 
qui s'y trouve très-communément. Pour les plantes moins délicates , on ajou- 
tera à la terre de bruyère moitié terre franche ou terre normale, avec un quart 
de bon terreau de couche ; ces deux dernières seront passées à la claie fine ; 
enfin , pour les plantes rustiques et voraces, on se contentera d'une bonne terre 
à potager, dans laquelle on fera entrer un peu plus ou moins, en raison de ce 
qu'elle sera plus ou moins forte, environ un cinquième de terre de bruyère et 
un quart de bon terreau de couche. Si l'on se trouvait à portée de se procurer 
de bon sable fin et sans graviers, on pourrait en ajouter environ un douzième 



— 119 — 

à ces deux préparations de terre, en diminuant d'une égale quantité la terre 
de bruyère. On aura soin de tenir en las, à l'exposition du nord , les terres 
ainsi préparées et assez éloignées des arbres pour que leurs racines ne pénè- 
trent pas dans les tas; on réunira aussi en tas toutes les terres et racines ex- 
traites des plantes que l'on soumet au rempotage , et , au bout de deux ans, 
cette terre pourra entrer comme partie principale, dans les terres mélangées, 
mentionnées ci-dessus. 

Je dois dire ici que plus les plantes sont jeunes, moins elles paraissent dis- 
posées à pousser en racines, et qu'on doit d'autant plus les mettre en terre 
légère. 

Le rempotage exige quelques différences dans la manière de le pratiquer : 

1° Selon l'âge des plantes ; 

2" Selon leur plus ou moins de délicatesse ; 

3° Selon leur genre de racines. 

1° Selon Vâcje des plantes. Les jeunes plantes, soit de semis, soit de bou- 
tures, soit de marcottes, seront empotées séparément cbacune dans un petit 
pot proportionné à la force des plantes, en observant que , plus leurs poisse- 
ront petits, plus leur reprise sera facile et prompte; si ce sont des plantes inter- 
tropicales , elles seront mises aussitôt qu'empotées , sous clocbe ou sous châs- 
sis bien clos, placé à Tavance sur une couche échauffée à 20 ou 2o degrés 
(Réaumur). Ensuite on les bassinera légèrement, et on les ombrera, pendant 
le jour, d'un paillasson plus ou moins épais , selon l'ardeur du soleil ; au bout 
de deux ou trois jours, les plantes commenceront déjà à s'attacher, c'est-à- 
dire à faire quelques nouvelles racines ; alors on commencera à leur donner 
un tant soit peu d'air , et à diminuer aussi un peu l'ombre pendant le jour. Si 
les jeunes plantes n'étaient pas assez attachées, on verrait alors leur feuil- 
lage s'incliner et se faner, et il faudrait les bassiner bien légèrement, leur 
retirer l'air, et leur rendre leur premier ombrage; deux jours après, étant 
bien assuré de leur reprise, on augmentera l'air de jour en jour, et on dimi- 
nuera de même l'ombrage jusqu'à ce qu'elles soient assez bien attachées pour 
occuper une place dans la serre basse qui doit leur être destinée. Si l'on faisait 
cet empotage en hiver, il faudrait que les cloches ou châssis qui doivent les re- 
couvrir fussent dans une serre ; mais cela est inutile en belle saison, la couche 
peut être en plein air. On aurait soin, si elle perdait sa chaleur, de la rap- 
peler par un réchaud en fumier que l'on placerait tout autour. On arrosera 
légèrement au besoin. 

Les jeunes plantes de la Nouvelle-Hollande , du Cap, etc., dites plantes 
d'orangerie ou de serre tempérée, seront traitées de la même manière que 
celles dont je viens de parler, seulement la couche devra être moins chaude : 
15 à 18 degrés suffiront. 

Les jeunes plantes destinées à rester en plein air, peuvent être mises sous 
châssis froid, et même les plus faciles à la reprise pourront rester en plein air, 
à l'ombre. 



— ]20 — 

Ces jeunes plantes, ainsi traitées, ne seront pas long temps sans avoir besoin 
(l'être placées dans des pots plus grands. On devra , dans ce travail, ménager 
autant que possible les jeunes racines. Si elles tapissaient déjà la circonférence 
de leur motte, il faudrait, avec un petit bâton pointu, soulever légèrement les 
racines tout autour, avec la précaution de n'en casser que le moins possible; 
car, si on rempotait une motte ainsi tapissée sans avoir donné un peu de li- 
berté aux racines, l'humidité que produirait la terre qui doit se trouver, après 
le rempotage , entre ce tapissage et les parois du pot, entraînerait la pourri- 
ture des racines, et il pourrait en résulter la perte de beaucoup de plantes. J'ai 
vu très-souvent, au bout d'un an, de ces rempotages dont les plantes avaient 
fait à peine quelques racines , et dont toute la terre du rempotage se détachait 
lorsqu'on retournait le pot ; il ne restait que l'ancienne motte encore entière, 
et des racines presque entièrement pourries. Il serait également dangereux 
de retrancher ce tapissage, car la suppression des extrémités des "acines entraî- 
nerait la perte d'une grande partie des jeunes sujets. Les plantes dont les ra- 
cines ne feraient qu'atteindre le tour de la moite , et que l'on voudrait cepen- 
dant replacer dans des pois plus grands, exigeraient que l'on picotât leur motte 
avec la pointe d'un petit bâton, afin que la nouvelle terre pût se lier avec l'an- 
cienne. Sans ce picotage , la nouvelle terre s'unirait difficilement avec celle de 
la motte , et la plante n'aurait aucune solidité. La motte étant ainsi picotée , 
on prendra un pot assez grand pour qu'il puisse passer, entre la motte et ses 
parois , environ 8 à 12 lignes d'épaisseur de nouvelle terre ; il faudra , avant 
d'y mettre la plante, couvrir le trou qui se trouve au fond du pot avec un tes- 
son de pot cassé , et (si la plante parait délicate , ou que ce soit une plante 
grasse) le couvrir d'un lit de 6 à 8 lignes d'épaisseur avec d'autres tessons de 
même sorte, mais cassés très-petits, afin de faciliter l'écoulement de l'eau 
dans les temps de pluie. Les morceaux de pots sont préférables au sable de 
rivière et autres graviers , parce qu'étant plus poreux , ils attirent à eux le 
trop d'humidité que peut contenir la terre ; ils ont en outre la faculté de se res- 
suyer promptement lorsqu'ils sont trop humectés. Au-dessus de cette couche 
de débris de tessons , on mettra un lit de terre d'une épaisseur convenable , 
afin que, quand la motte sera placée dessus, la superficie de cette motte se 
trouve de quelques lignes au-dessous du bord du pot. La plante ainsi placée , 
on passera de la terre entre les parois du pot et la motte , en ayant soin de 
faire entrer autant de terre que possible entre les racines qui ont été soule- 
vées ; ensuite on secoue le pot deux ou trois fois sur la table , on presse mo- 
dérément la terre avec les doigts ou avec un bâton arrondi par le bout, ap- 
pelé fouloir, et l'on remplit de terre , toujours en la pressant et en ayant soin 
de ne pas laisser d'intervalle entre la motte et le pot; l'on continue ainsi jus- 
qu'à quelques lignes au-dessous du bord du pot, afin qu'il reste un peu de 
creux pour les arrosemens. La nouvelle terre devra être assez pressée pour 
qu'on ne puisse y enfoncer le doigt. 

[La siiile au prochain cahier). 



Juril l":''l' 



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— 121 — 
. Sur la forme la plus avantageuse à donner aux pots. 

Selon M. Poileau les Anglais et les Belges emploient pour leurs plantes, des 
pots à diamèlre i'gal,mais plus profonds que ceux dont on fait assez générale- 
ment usage en France , et il indique , par une figure que nous reproduisons ici 
sous le n" 1 , les proportions de la plupart des pots usités dans les cultures en 
Belgique ; il est certain dit M. Poiteau que les plantes s'y portent mieux que 
dans des pots plus larges et moins profonds (1). Un amateur a imaginé de les 
perfectionner encore en faisant pratiquer à l'extérieur de leur fond , deux sil- 
lons ou rigoles eu croix (fig. 2), alin que l'eau des arrosemens , qui s'échappo 
parle trou du milieu du fond, puisse s'écouler et ne pas séjourner sous le pot, 
où elle produit ordinairement une humidité qui, dans certain temps , devient 
nuisible à plusieurs plantes. 

On fabrique aussi en Belgique des pots au moyen desquels les marcotte» 
paraissent à l'abri des accidens qui en empêchent souvent la parfaite réussite ; 
cespoîs (fig. 3), ouverts longitudinalement, sont percés au côté opposé , d'un 
trou dans lequel on passe un fil de fer, que l'on tourne autour d'un tuteur ou 
de la tige sur laquelle on marcotte , quand elle est assez forte pour le sou- 
tenir. 

Sur le pincement des plantes, par M. Puilippar. 

Les avantages du pincement , pour donner aux plantes de serres, cultivées 
en pot ou en caisse, une forme gracieuse, sont inappréciables; c'est par le pin- 
cement que les fleuristes parviennent à avoir d'aussi jolies plantes basses, bien 
garnies et couvertes de fleurs ; c'est en pinçant les rameaux dans leur plus 
tendre jeunesse qu'on obtient d'aussi bons résultats. 

Le pincement est une opération qui se pratique en toute saison , qui offre 
un avantage réel et qui peut être considérée sous deux points de vue : 1° le 
pincement des plantes qui se maintiennent basses, qui ne nécessitent pas ce 
que nous nommons rapprochement ; et 2° pincement qui précède ce rappro- 
chement , comme je le décrirai plus tard. 

Le pincement , comme on le sait , consiste à supprimer l'extrémité du ra- 
meau, et il a pour but de refouler la sève , afin de la fixer à la partie infé- 
rieure; en effet, comme la sève aune tendance naturelle et constante à se 
porter à la partie supérieure , ne trouvant plus de canal qui puisse faciliter 
son ascension, elle se trouve arrêtée, refoulée dans la partie inférieure. Celte 



(1) Koiis ferons observer à M. Poiteau que, si pour certaine culture on a trouvé avantageuse 
la forme cylindrique que Ton a donnée aux pots , les avantages ont en quelque sorte disparu devant 
les difficultés que Ton éprouve à sortir les plantes de ces pots, lors du rempotage , et que l'on a 
été forcé d'en revenir à des proportions un peu plus rapprochées du cône. C'est ainsi que se con- 
fectionnent maintenant les pots, à Boom, où se trouvent les fabriques les plus renommées Un 
pay-s. 

ToMi. 111. 16. 



— 122 — 

dèvialion du mouvement ascensionnel de la sève dilermine la formalioa de 
nouveaux rameaux , qui , par ce moyen , se mulliplienl à rinfini et , dans cer- 
taines plantes, deviennent autant de rameaux llorifères. Je' donnerai pour 
exemple le Chrysanihemum indicuvi , Y Acacia juilcheîln, les Phylica , les 
Senecio Ulacînus et venustus ,\e. Canlua coronopifolia : ces plantes et plu- 
sieurs autres, n'ètaut point traitées ainsi , ne forment pour ainsi dire, qu'unn 
seule tige et, par conséquent, ne présentent que peu de fleurs; taudis qu'en 
pratiquant le pincement , elles se garnissent d'un plus grand nombre de liges 
et, par conséquent, deileurs. Ces plantes, connues par leur beauté, et qui sont 
d'un très-bel ornement pour les jardins , méritent bien de devenir l'objet de 
tous nos soins. Je cite ces plantes seulement comme exemple, car j'aurais pu 
m'ètendre sur une infinité de jolies espèces qui tiennent une fort belle plaça 
dans les serres des jardiniers et des amateurs. 

Ou rapproche une plante quand , trop élancée, on veut la réduire à une 
moindre stature. Il résulte , de ce rapprochement , un développement assez 
abondant de rameaux qui rend la plante ainsi traitée plus Irapue. Alors il n'e«t 
pas sans avantage de pincer ces nouveaux rameaux. Si on ne pinrait pas , les 
rameaux prendraient un trop grand développement qui occasionnerait une perte 
considérable de sève ; et ce développement , au lieu d'clre profitable à la 
plante, tournerait plutôt à son détriment ; je dis sou détriment, car à quoi ser- 
virait d'avoir une ou plusieurs branches d'une grande dimension, maigres et 
étiolées, qu'il faudrait nécessairement rabattre. N'est-il pas préférable d'avoir 
de plus nombreuses ramifications et d'une certaine force, qui puissent donner 
une plante bien formée et sur laquelle ou obtienne de belles fieurs et en 
grand nombre? Les IJetrosideros , les Acacia et autres arbustes de la Nou- 
velle-Hollande peuvent être donnés pour exemple. 

Si le pincement est fait avec attention, il y aura pour la formation de la 
plante une très-grande facilité, celle surtout, de pouvoir lui faire une belle 
tête bien garnie , et d'avoir des plantes qui se soutiennent d'elles-mêmes. 
Il n'y aurait rien de plus beau à voir, dans une serre, qu'un gradin, 
dont les plantes se tiendraient sans appui; on n'aurait pas le désagrément 
de voir de vilains tuteurs ou soutiens qui s'aperçoivent malgré la quantité 
de rameaux et le vert du feuillage : tout le monde sait que, quelque pré- 
caution que l'on prenne , l'humidité et la sécheresse font presque toujours 
pousser ces tuteurs, soit en avant , soit en arrière, et qu'il est difficile de les 
cîiîretenir dans une position parfaitement verticale. Je suis convaincu qu'en 
prenant ces précautions on obtiendra une amélioration notable; et ce n'est 
qu'en mettant cette pratique en usage qu'on pourra parvenir à avoir un plus 
grand nombre de plantes auxquelles on n'aura plus besoin de donner de 
soutien. 

Greffe par copulaiion joraiiqucc chez M. Van Sîons. 

M. Van Mons a toujours employé, dan? ses pépinières, la greffe par copu- 



— 123 — 

lalioi) el il la préfère à toutes les autres ; il la pratique môme avec une racine 
biir racine , pour en fournir à un arbre qui en manque. Quand un arbre 
vient de périr de mort violcute , ses rameaux ridés , morts pour bien des gens, 
se greffent avec succès par copulation ; cette gr«-ffc facilite la reprise des 
sujets plantés tardivement; elle réussit avec un scion berbacé sur un 
sujf t ligneux , et peut par conséquent , se pratiquer en été comme en hiver. 

Quoique la meilleure condition pour la réussite soit que le sujet et la greffe 
aient le même diamètre , le sujet peut cependant être plus gros que la greffe 
ou la greffe plus grosse que le sujet. 

Voici l'explication des figures au moyen desquelles nous croyons faire 
mieux comprendre la pratique de la greffe par copulation. 

Fig. 8. Exemple où le sujet et la greffe sont de même diamètre : l'un 
et l'autre sont taillés en biseau fort aîongé dans un sens opposé, et les plaies 
s'appliquent l'une sur l'autre aussi exactement que possible, avec la précau- 
tion surtout que les libers ou les couches les plus intérieures de l'écorce, coïn- 
cident entre eux , en tout ou en grande partie. Pour attirer la sève, il est avan_ 
tageux de ménager un œil a dans le haut du sujet et un autre œil h dans le 
Las de la greffe; mais elle réussit également Lien sans celte précaution qui, 
d'ailleurs , n'est pas toujours possible. Quand les deux pièces sont ajustées , 
M. Van Mons les ligature avec du jonc, et recouvre les plaies de mastic jaune, 
fondu au baiu-Marie. Notre cire à greffer serait sans doute aussi benne. 

Fig. 9. Exemple où le sujet est plus gros que la grefi'e. On coupe également 
le sujet a et la greffe b en biseau alongô, on ménage un œil tout près du bord 
supérieur de la greffe, et on applique la plaie de celle-ci sur la plaie du sujet, 
comme on le voit fig. 10 , et de manière que l'intérieur du liber du sujet et 
celui de la greffe se touchent et coïncident dans la plus grande étendue pos- 
sible , puisque c'est seulement entre le bois et l'écorce que l'union organique 
peut s'effectuer dans les dicotylèdonèes ligneuses , à couches concentriques. 

On conçoit aisément que, dans cet exemple, la grande plaie a doit è^e 
longtemps à se recouvrir, et que la greffe serait exposée à être décollée par 
le vent si elle était pratiquée à haute tige. 

Fig. 1 1 . Autre exemple où le sujet est aussi plus gros que la greffe. Ici il y 
a une modification que M. Van Mons ne m'a pas expliquée ; mais je suppose 
que le biseau a est plutôt pour faciliter le recouvrement que pour recevoir une 
greffe , comme celle de la fig. 8; quoi qu'il en soit, la greffe h sera toujours 
dans une meilleure condition que celle qui serait placée sur le biseau a, quoi- 
qu'en raison du plus grand diamètre du sujet , la greffe h ue puisse s'y atta- 
cher que par uu côté. 



— 121 — 

- -' 

PLANTES UTILES FOURRAGÈRES, etc. 

Sur le Prangos des Indiens. 

Daus le nord de l'Inde, aux environs d'Imbal ou Draz , croît une planle ap- 
pelée Prangos ; elle y est employée comme fourrage pour les bestiaux , et les 
avantages que lui attribuent les habilans sont si merveilleux, que leur récit a 
excité plus d'un doute dans l'esprit des Européens , comme étant empreint de 
l'exagéralion orientale. Malbeureusement , la difficile et rare correspondance 
avec les pays peu fréquentés où croit cette planle, avait empêché qu'on se pro- 
curât des renseignemens plus exacts jusqu'à l'année 1Q22, pendant laquelle 
M. Moorcroft , surintendant des' haras delà compagnie des Indes, chargé 
d'une misson dans la Haute- Asie , ayant eu occasion d'entrer en communica- 
tion avec les autorités chinoises d'Ella , entreprit un voyage à Draz , dans le 
but de s'assurer de la vérité des propriétés attribuées au Prangos par les habi- 
tans. 

Les renseignemens qu'il se procura lui parurent si importans, qu'il s'em- 
pressa de les communiquer au gouvernement du fort William. Deux caisses de 
graines et des plantes de Prangos furent adressées aux directeurs de la com- 
pagnie, qui les présentèrent à la Société d'Horticulture, ainsi que la cor- 
respondance de M. Moorcroft avec le gouvernement de l'Inde. Ce sont ces 
documens qui ont servi à M. Lindley , dans sa notice sur cette plante qui peut 
devenir un objet d'une grande importance, sous le point de vue agricole , pour 
les pays où elle sera introduite , surtout si l'on considère ses produits étonnans. 
ses avantages pour la nourriture des bestiaux, et le peu de soins qu'elle re- 
quiert dans sa culture. 

Voici l'extrait d'une lettre de M. Moorcroft à ce sujet. 
^<( La plante appelée Prangos est employée comme fourrage d'hiver pour 
les moutons, les chèvres et fréquemment pour les bœufs; mais on dit que lors- 
que les chevaux mangent de sa graine , elle leur cause l'inflammation des 
yeux et une cécité temporaire. Ce fourrage parait avoir des propriétés échauf- 
fantes ; il engraisse les bestiaux dans un très-court espace de temps, et semble 
efGcacecontre le faciola hepatica, maladie qui, après les automnes humides , 
fait périr par milliers les moutons, et qui passe pour incurable lorsqu'elle est 
à un degré avancé. Si la plante conserve cette propriété en Angleterre, et il 
n'y a pas de raison pour penser le contraire, son introduction aura des résul- 
tats très-avanlageux ; mais ce qui augmente encore son ulilité, ce sont ses qua- 
lités éminemment nutritives, son grand produit, sa culture facile, son aptitude 
à végéter et fleurir dans les terres de la plus inférieure qualité et tout à fait 
impropres au labourage. Quand une fois elle est plantée , elle n'exige aucun 
sarclage ni aucune autre opération de culture . si ce n'est la coupe pour con- 
verlir son feuillage en foin. J'ai deux exemples de la longue durée de celle 



— 12û — 

piaule ; dans le premier , ses graines ont é(é apporl6es vers Touesl avec des 
graines de Luzerne jaune, el semées après plus de quarante années sur la frou- 
licre orientale de Cachemire, où elles ont végété et où leurs plants ont con- 
tinué à fleurir; dans le second cas, les graines ont été transportées vers l'est et 
semées sur un terrain rocheux, près de Molbec : leurs plants y ont fleuri pen- 
dant quarante années ; mais à la suite d'une longue sécheresse, pendant la- 
quelle il ne tomba qu'une petite quantité de pluie ou de neige, le Prangos a \)(tn 
avec toutes les récoltes du district en général. 

n Ces faits tendent à faire présumer que, par la culture de cette plante 
dans les landes et les marais jusqu'à présent improductifs, on pourra se procu- 
rer une masse énorme de fourrage d'hiver, et que le produit de certaines terres 
situées sur des hauteurs ou dans des bas-fonds dont le sol a une profondeur 
considérable, pourra être triplé. J'ai pris toutes les précautions qu'il était en 
mon pouvoir poui; récolter, sécher, empaqueter et transporter une grande 
quantité de graines , et j'ai laissé à M. Guthrie le soin de veiller aux opérations 
ultérieures. Une caisse sera envoyée dans le Cachemire, et deux autres à 
Busheher. J'ai soumis au gouverneur général la probabilité que celte plante 
serait d'un grand usage dans les nouveaux établissemens coloniaux en général, 
et particulièrement aux colons du cap de Bonne-Espérance, Comme le Prangos 
a jusqu'ici été observé seulement à l'état sauvage, la meilleure pratique pour 
sa culture ne sera connue que plus tard , et on l'adaptera à la nature de la 
plante ou de la contrée ; mais si j'en juge par la manière dont cette plante se 
comporte à l'état sauvage, je me permettrai de conseiller de planter les graines 
une à une, dans des trous, à un pouce de profondeur et à un pied de distance, 
peu de temps après la saison pluvieuse. 

» Pendant trois années, les plants seront peu productifs; mais du moins 
pendant cet intérim, ils n'occuperont la place d'aucune autre récolte. » 

A enjuger par les échantillons envoyés par 31. Moorcroft, chaque pied de 
Prangos doit produire d'une demi-livre à une livre de fourrage sec , et en sup- 
posant que chaque plant occupe 4 pieds de terrain quand il est entièrement 
développé, le produit, dans une mauvaise terre , sera de plus d'un tonneau et 
trois quarts par acre ; ce qui est presque égal au produit du foin dans les meil- 
leures prairies; mais si la distance (d'un pied) recommandéeparM. Moorcroft 
est suffisante pour le développement de chaque plante, et en admettant qu'elle 
donne seulement une demi-livre de fourrage, le produit d'un acre s'élèvera 
à l'énorme quantité de plus de 9 tonneaux et demi , quantité qui parait surpas- 
ser toute croyance. 

Il est à craindre que , vu la longueur du temps qui s'écoulera entre le départ 
des graines, annoncé par M. Moorcroft et leur arrivée en Europe , le pouvoir 
végétatif de ces graines ne s'épuise , et rende ainsi très-douteux le succès des 
expériences que l'on pourra tenter sur leur culture. Aujourd'hui , cependant, 
que l'attention est attirée sur cette plante, d'autres moyens d'expédition et de 
conservation de ses graines peuvent être employés, et l'on n'éprouvera pas 



— l^Q — 

de difliciiltè pour s'en procurer, M. Moorcroft ayaul fait ilos arrangemen» 
avec les autorités des pays où croît le Prangos, pour eu obtenir une grande 
quanlilô. 

En effet les graines annoncées par M. Moorcroft ne sont point parvenues 
en assez bon état pour les soumettre aux expériences que l'on s'était propo- 
sées; mais le général français AUard, (dont il est assez parlé dans la corres- 
pondance de Victor Jacqueraout. 2 vol. in-18, à Bruxelles, librairie de 
Cumont), au service de S. M. Runjet-Siugli, Rajah de Lahore, vient d'envoyer 
à la Société d'Horticulture de Calcutta , une quantité suffisante de bonnes 
graines du Prangos, pour les faire parvenir en Europe , avec tout le soin pos- 
sible. En conséquence, M. Cordier, gouverneur de Chandcrnagor, a envoyé à la 
Société d'Horticulture de Paris , une bouteille remplie de ces graines qui ont 
été distribuées aux horticulteurs français, et principalement à ceux habitant 
les provinces méridionales ; un envoi semblable est adressé au muséum de Pa- 
ris, qui, sans doute, y fera participer ses correspondans. 

Le Prangos, d'après la description qui en a été faite par plusieurs savans 
botanistes , appartient à la famille des ombellifères; il a beaucoup d'aftinitès 
avec le genre Cachnjs, tant par la nature subéreuse de son péricarpe, que 
par l'absence des côtes secondaires et par son albumen enroulé; mais le C. 31 o- 
risoni, qui est le type du genre Cackrys , a un péricarpe lisse et sans côtes 
apparentes. On peut donc considérer la Prangos comme appartenant à un 
genre différent ; il ne peut être réuni au genre Krubcra d'Hoffmann , qui lui 
ressemble par l'apparence de son fruit , à cause de son albumen enroulé, non 
solide , de ses nombreuses vUtœ et de ses pétales lancéolés et non écbancrès. Il 
diffère du Laserpitùnn par son albumen enroulé , ses nombreuses vittœ, l'ab- 
sence des côtes secondaires , et par ses côtes primaires , qui sont la partie la 
plus apparente du fruit, tandis qu'au contraire ces côtes primaires sont à peine 
visibles dans le Laserpitmm. On ne peut pas non plus le rapporter au genre 
îlumia d'Hoffmann, à cause de son péricarpe solide, muni de côtes manifes- 
tement ailées, et de ses akènes longs et aplatis ; enfin le genre Hippomara- 
thrum, de Bauhin , que Sprengel a réuni au Cachnjs , ne peut être assimilé au 
Prangos, parce que celui-ci a ses involucres entiers et non pinnatifides, ses 
côtes ailées et non arrondies, avec un segment roulé en dedans, caractères im- 
portans parmi les ombellifères. 

M. Lindley a donc jugé nécessaire de former un genre nouveau pour la plante 
fourragère de l'Inde, et lui a conservé le nom vulgaire de Prangos. Le genre 
Prangos a été admis par M. De Candoîle dans le 4^ volume de son Prodroinus. 
Outre le Prangos pabularia, le genre renferme cinq autres espèces qui crois- 
sent dans le bassin de la Méditerranée et dans l'Orient. La plus remarquable 
de cesplantes est le Prangos fendacen{Laserpiiium ferulaceuvi de Linné, et 
Cachrys alata, Marsch. Bieberts.), que l'on rencontre non-seulement en Perse, 
en Crimée, mais encore dans l'Italie et la Sicile. L'habitation de ces espèces 
dans des climats peu différens du nôtre , surtout de la France méridionale , 



— 127 — 

fait prèsuiuer que la naturalisation du Prangos pahularia pourra facilenienl 
s'opérer chez nous. 



FRUITS NOUVEAUX. 

Noos tirons des annales do la Société d'Horticulture de Paris, du mois 
d'avril dernier, la description suivante d'une variété nouvelle de cerise. 

Cerise Lemercieb. 

« Il y a cinq ou six ans que M. Lemercier a rencontré celte Cerise en Bra- 
hant , où elle n'est cultivée qu'en espalier, parce que, dit-on, elle ne réussit 
pas en plein vent dans ce pays ; mais il est probable qu'elle réussira mieux à 
Paris. C'est la plus grosse Cerise que nous ayons jamais vue. Elle est presque 
en cœur, au moyen du mamelon qui la termine. Parmi les échantillons que 
nous en avons re^us , quelques-uns avaient la queue comme quadrangulaire 
vers le fruit, et glanduleuse vers l'autre bout : la Cerise est Irès-comprimèe 
sur deux faces opposées ; la peau est fort luisants, transparente, marbrée de 
rouge, et l'on voit au travers que la chair est aussi marbrée, réticulée de 
gris rougeàtre d'un côté , et de rouge brun foncé de l'autre. Avant que la Cerise 
soit très-mûre, sa chair est jaunâtre; à la maturité, celte chair est assez 
consistante, quoique fondante; elle se coupe aisément avec un couteau, et 
contient une grande quantité d'eau sucrée et légèrement acidulée, mais d'un 
parfum particulier auquel nous ne connaissons pas de nom. Le noyau adhère 
(rès-peu à la chair ; il est gros, mais petit en raison du volume du fruit, lisse, 
strié du côté de l'ombilic. » 

Il paraît bien probable que la Cerise Lemercier a été gagnée par l'un des 
nombreux horticulteurs que la Belgique compte sur tous les points de son 
territoire, conséquemment le nom qu'on lui a donné, rappelle tout au plus la 
peine que l'on a prise d'en détacher un scion de nos espaliers, pour aller 
l'enter sur un sauvageon parisien. Nous n'attachons aucune importance à ce 
que ce nom soit français plutôt que belge; mais nous ne pouvons nous dis- 
penser d'exprimer nos regrets de ce qu'en celte circonstance, comme en mille 
autres, la plupart desfails horticoles dont les Beiges pourraient se glorifier, ou 
restent inaccessibles à la renommée, ou passent dans des mains étrangères, qui 
n'ont pas toujours la bonne foi de citer la source où elles ont puisé. Est-ce 
modestie ou indifférence ? nous ne le pensons pas ; mais nous croyons que les 
Belges trouveraient grand profit s'ils pouvaient acquérir quelque peu de celle 
jactance méridionale qui , d'habitude, sait faire ressortir jusqu'aux moindres 
objets. Nous ne cesserons de les engager à faire eux-mêmes leur part de gloire, 



— 123 — 

en révélant une rauUilude de faits précieux et utiles dont on ne pent profiter ni 
leur tenir compte parce qu'ils ont toujours négligé de les publier, en ne 
craignant pas enfin de mettre leurs noms en évidence, surtout lorsqu'il yen a 
tant qui ne sonnent que par usurpation. L'Horticulteur s'est posé leur organe; 
([u'ils lui confient toutes leurs découvertes même celles qui peuvent leur 
paraître les plus minutieuses , il se chargera de les propager , d'en doter l'éco- 
nomie générale, et d'établir ainsi les droits des cultivateurs belges à la re- 
connaissance , droits qu'on ne peut, sans injustice, leur contester. 



ANIMAUX NUISIBLES. 

Moyen de détruire le puceron lanigère, qui attaque et ruine les pom- 
miers (1); par M- Pkevost. 

Les divers moyens proposés jusqu'à ce jour, n'ayant obtenu aucun résultat 
satisfaisant , j'en suis revenu à l'usage de l'huile. On sait que les corps gras 
mis en contact avec les insectes , les tuent à Tiostant , et si l'huile n'a pas été 
plus tôt employée pour la destruction du puceron lanigère , cela tient sans 
doute à celte prévention que l'application de l'huile sur l'ècorce des arbres 
leur est nuisible. 

J'ai vu pour la première fois, en juillet 1832, employer l'huile à la des- 
truction du puceron lanigère, à Maromme , chez M. Berrubé. Ce propriétaire 
en faisait alors l'application sur des pommiers déjà grands. Il m'a fait voir 
des arbres sur lesquels lapplication de Ihuile avait eu lieu en 1830, et 
j'ai remarqué qu'après deux ans, le puceron n'avait reparu sur aucune partie 
de l'arbre où l'huile avait été appliquée. 

J'avais à celte époque, dans mes pépinières , plus de deux mille pieds de 
pommiers attaqués par le puceron lanigère. Je me suis hàtê d'user de la 
recette de M. Berrubé; elle m'a réussi complélement , et depuis je n'ai pas 
eu deux arbres attaqués par le puceron. Quant à l'huile , j'en considère le 
choix comme étant très-indifférent. J'ai employé celle de Babette. 

La manière d'opérer est fort simple; on applique l'huile avec un pinceau 
sur toutes les parties de l'arbre où il y a des pucerons. Ces insectes périssent 
sur-le-champ , et il n'en reparait plus sur les parties huilées ; mais il s'en 
représente quelquefois ultérieurement sur celle où l'application n'avait pas 
encore eu lieu, ce qui oblige à une seconde visite vers l'automne. 

(l) Fig. 4. Puceronlanigère mâle, fortement grossi : sa grandeur naturelle est dun millimëtre 
environ. 

Fig. 6. La Temelle également grossie. 

Fig. 6. Cocons renfermant chacun une trentaine d'œufs appliqués conlr« une branche de 
pommier. 

Fig. 7. rn de ces cocons ouvrrt longllndinalement. le tout très-forlpment gro>»i. 



— 127 — 

L'huile ne nuil aucunement à l'écorce des pommiers, mais elle détruit le» 
feuilles ; c'est pourquoi il faut éviter d'appliquer, sans nécessité, le pinceau sur 
une trop grande quantité de feuilles. 

N. D. R. ayant appris que Ion s'était bien trouvé de l'emploi de l'ammo- 
niaque liquide ou de sa combinaison avec certain acide , pour éloigner ou pour 
détruire le puceron lanigère, nous avons pensé qu'un des produits de la décom- 
position de la houille, toujours imprégné d'ammoniaque , aurait pu être 
substitué avec avantage aux liqueurs ammoniacales. Or, ayant à notre disposi- 
tion, du goudron provenant de l'atelier où se dégage le fluide qui sert à l'é- 
clairage de Bruxelles, nous en avons fait appliquer une couche légère sur 
l'écorce des pommiers infectés par la présence des insectes qui, on le sait, 
se rassemblent toujours à la surface opposée à celle qui est frappée des rayons 
directs du soleil, et nos conjectures se sont réalisées. Tous les insectes parfaits 
ont péri sous l'imprégnation, elles larves ainsi que les œufs n'ont pu parvenir 
à leur développement. Le succès est-il dû à l'application pure et simple du 
goudron ou à l'influence de ses émanations , peu importe ? l'essentiel est l'in- 
faillibilité d'un moyen qu'on peut employer sans grande dépense, car le gou- 
dron que l'on distribue à l'établissement du gaz est de peu de valeur ; il n'y a 
qu'un seul inconvénient c'est l'odeur désagréable que répandent pendant 
quelques jours , les arbres imprégnés de goudron. 



PLANTES D'AGRÉMENT. 

Camellia Japomca. Yar. Tamponea. 

Feuilles ovales , rapprochées , grandes , à nervures très-apparentes , d'un 
vert mat. Bois blanchâtre, arrondi, tige branchue; port élégant; bouton gros, 
oblong , écailles du calice , vert-pâle. Fleur très-grande , bien faite , double , 
couleur ponceau; pétales ronds : ceux de la circonférence appuyés également 
sur le calice, ceux du second rang relevés régulièrement avec grâce, ceux 
du centre petits , chiffonnés , avec quelques taches blanches , entremêlés de 
quelques élamines courtes, avortées. Cette Camellîe porte des fleurs non-seu- 
lement à l'extrémité des branches, mais encore dans presque toutes les ais- 
selles des feuilles qui garnissent les rameaux supérieurs. 

€amellia Japomca. Yar. Adélaïde. 

Feuilles rapprochées , ovales , pointues, dentelées surtout vers le sommet , 
et d'un vert foncé. Bois ferme, gris, vigoureux; port pyramidal ; bouton 
très-gros; écailles calicinales verdàtres. Fleur très-grande, double, d'une 
forme presque entièrement ronde ; couleur ponceau, éclatante et un peu 
veloutée ; pétales ronds, bien imbriqués : quelques-uns du centre légèrement 
ToïE m. ' !/• 



— 128 — 

tourmentés, avec trois ou quatre petites élaniines, presque invisibles; rangs 
séparés : les uns horizontaux , les autres relevés; corolle de quatre pouces de 
diamètre. 

— A propos de ces deux Camellies, et dans la description de culture de 
M. Tamponet, qui les a semées en 1823, M. Berlèze, dit que les fleurs 
qu'elles viennent de produire, peuvent être regardées comme ce qui existe 
jusqu'à présent, de plus beau dans les variétés obtenues en France, et que si 
M. Tamponet s'avisait de les multiplier à la manière des Belges , chacune 
de ces Camellies, d'après les calculs qui ont pu être établis sur la force des 

. sujets , donnerait au bout de deux mois , cinq cents individus complets qui, à 
dix francs pièce, rapporteraient cinq mille francs, ce qui fait dix mille 
pour les deux. Mais, ajoute M. Berlèze, M. Tamponet ne se livre point à des 
spéculations hazardeuses, modéré dans ses goûts, dépourvu d'ambition et réglé 
dans ses affaires , il aime l'horticulture à la passion , mais il la pratique sans 
faste, sans éclat et sans charlatanisme, et il pousse si loin ce principe, que si 
ou ne l'eut vivement prié de permettre que l'on parlât de ces deux nouvelles 
productions, leur existence serait peut-être restée longtemps encore 
ignorée. 

Nous sommes loin de vouloir critiquer aucune manière de voir des hommes 
généreux, qui se livrent à la pratique ou aux préceptes de l'horticulture, et 
nous avons particulièrement pour M. Berlèze, l'estime la plus sincère ; mais 
nous nous empressons de justifier la conduite des horticulteurs Belges, dans 
les moyens qu'ils mettent en usage pour propager leurs plus belles plantes , 
car c'est à la faveur de ces moyens, bien rarement hazardeux , que l'on voit 
la Belgique rivaliser avec l'Angleterre , pour répandre dans toute l'Europe , 
les produits d'une heureuse et nouvelle culture qui, chez elle, assure 
l'existence et l'indépendance de nombreuses familles. D'ailleurs, de combien 
ne seraient point réduites les jouissances des amateurs de l'horticulture si 
l'activité des jardiniers se trouvait dominée par une prétendue modestie ou 
modération dans les goûts, qui les porterait à cacher pour ainsi dire les trésors 
que leur industrie leur aurait acquis ? Les horticulteurs Belges , ne trouvent 
pas qu'il y ait du faste, de l'éclat, du charlatanisme à multiplier dix, cent et 
même s'il se pouvait cinq cent fois une plante qu'ils auraient gagnée à force de 
travaux et de persévérance ; aussi les voit-on couver en quelque sorte ces plan- 
tes, les reproduire dans le silence jusqu'à ce qu'ils soient arrivés au point de 
pourvoir, sans mécontenter personne, à toutes les demandes qui leur en 
seront faites et de propager au même instant ces plantes, à des prix modérés, 
chez tous les amateurs qui, heureux de les posséder et peu jaloux d'imiter 
ce florimane écrasant le second bulbe d'une tulipe de très-haut prix et qu'il 
voulait posséder exclusivement , éprouvent un plaisir vrai , à multiplier pour 
propager à leur tour. 

— Puisque nous en sommes sur l'article CameUia , on ne trouvera pas 
déplacée ici la réponse qu'a faite M. Soulange-Bodin, à une question adressée 



— 129 — 

aux éditeurs de Vllorticultural Register, el conçue à peu près en ces Icrnies : 
« l'erineltez-moi de vous demander si les Cauiellia doubles ne peuvent pas se 
multiplier par boutures aussi bien que les simples, et, s'ils le peuvent, 
pourquoi il n'esl fait mention de ce moyen ni dans la notice que vous avez 
publiée sur cette plante , ni dans VEncijclopédic du jardinmje de Loiidon? n 
Nous nous trouvons depuis longtemps en mesure de répondre nous mêmes à 
cette question , et d'abord nous sommes persuadés , avec les habiles éditeurs 
de Vllorticultural licqister , que presque toutes les plantes que nous cultivons 
peuvent se propager par boutures; mais, pour assurer le succès de l'opéra- 
lion, il faut faire attention à deux choses : 1" au temps le plus convenable 
pour lever les boutures sur les pieds-mères; 1" au moyen le plus propre à les 
entretenir vivantes el saines jusqu'à ce que la nature ait pu former les racines 
qui doivent les nourrir. Quant au premier point , il serait impossible d'établir 
une règle générale et invariable; sans passer en revue toutes les plantes con- 
nues; chaque genre ou même chaque espèce diffère plus ou moins d'un autre: 
par exemple, la Pivoine en arbre commune {Pœonia moutan) s'enracinera en 
six semaines, si les bouturessont mises en serre aussitôt que la fleur est passée, 
tandis que la variété odorante ne s'enracinera que si les boutures sont faites 
avant l'épanouissement de la fleur. Chaque groupe, et quelquefois chaque divi- 
sion d'un groupe exigeront donc un traitement particulier, qui ne pourra bien 
s'apprendre que par l'observation, et le malheur est que les praticiens devan- 
ciers ne veulent pas s'astreindre à constater seulement les faits tels qu'ils se 
présentent à leurs yeux dans leurs travaux courans ; ce qui permettrait à leurs 
successeurs de se livrer à d'autres recherches, et de consacrer aux progrès de 
l'art, sous d'autres rapports, un temps qu'ils perdent à acquérir péniblement 
des connaissances qui pourraient leur arriver par tradition. Quant au moyen 
de conserver la vitalité des boutures, il résulte principalement.de la perfec- 
tion des appareils destinés à ce genre de multiplication ; et leur forme , ainsi 
que les détails de leur disposition intérieure, y contribuent beaucoup. Par 
exemple , la tablette du devant de ces sortes de serres doit être réservée pour 
les plantes qui ne supportent pas l'humidité atmosphérique qui s'exhale d'une 
bâche , comme les Epacris , les Erica , etc. La bâche proprement dite , con- 
tiendra donc les Camellies et d'autres plantes à feuillage persistant dont l'enra- 
cinement exige un peu de chaleur. Quand ces plantes sont bien enracinées, 
on les porte dans une autre serre , ce qui donne de la place sur les tablettes. 
C'est l'occasion de remarquer que les pots contenant des boutures ne peuvent 
pas être trop bien égouttés, à l'effet de quoi ils doivent être à moitié remplis 
de tessons broyés , recouverts d'un petit lit de terre de bruyère ou de mousse, 
qui soutient le sable et l'empêche de s'enfoncer ou de se perdre dans leurs 
interstices. Sur le derrière de la bâche on place des supports en fer soutenant 
des tablettes destinées pour conserver en hiver les plantes bulbeuses ou tuber- 
, cules, comme les Ferraries, les Dahlias, les Glaïeuls, etc. Les pots de boutures 
doivent être seulement posés sur le tan et ne pas y être enfoncés, parce que 



— 130 — 

la nécessité de les arroser constamment pourrait les exposer à une humidité 
trop stagnante. 18 pouces de tan neuf placé sur la couche suffisent pour y 
entretenir, pendant environ deux mois, une chaleur modérée et propice. Au 
bout de ce temps , on renouvelle la couche , en enlevant un peu de la vieille 
tannée du dessous, en mêlant avec le reste celle qui vient de servir, et en ajou- 
tant par dessus 18 pouces de tan frais. Nous avons parlé ailleurs des autres 
soins généraux que les boutures exigent, suivant qu'elles sont ou ne sont pas 
recouvertes par des cloches. 

Pour arriver actuellement à la solution de la question proposée , nous 
dirons qu'ayant fait en grand , il y a deux ans, l'expérience de la bouturation 
des Camellies doubles sur plusieurs espèces ou variétés, dont nous possédions 
de très-gros pieds qui pouvaient, d'un seul coup, nous donner beaucoup de 
boutures, nous avons généralement réussi, seulement avec quelqu'inégalitô 
dans le temps que chacune d'elles a mis à s'enraciner, mais dans une propor- 
tion tellement avantageuse, que nous possédons en ce moment environ deux 
raille de ces boutures qui, après avoir subi, suivant notre système d'éducation 
des boutures, un premier empotage, tendant à bien former et consolider leurs 
mottes , au moyen de l'enchevêtrement de leurs racines moulées, en quelque 
façon, etcontrainles à se contourner sur elles-mêmes parlarésistance première 
de la paroi intérieure des pots , ont été , l'année dernière , mises en pépinière 
dans une plate-bande de terre de bruyère recouverte, en hiver, par un coffre 
à châssis vitré, d'où elles seront extraites , l'an prochain , après la pousse du 
printemps, époque où elles présenteront des plantes déjà toutes formées. On 
les rempotera alors de nouveau , dans la vue de rendre à leur abondant che- 
velu la forme restreinte et compacte, propre à la plus grande sûreté des expé- 
ditions lointaines. Les sujets se présenteront alors sous la forme de jolis buis- 
sons plus ou moins branchus , suivant la végétation naturelle des espèces, 
lesquels, perpendiculairement assis sur une tige cramponnée au sol par un 
èpatement régulier de racines, sont bien préférables aux sujets francs de pied 
que l'on obtient par la voie des marcottes. 

Gesneeia FAUCULis. — Gesjiérie évasée. (PI. color. 55). 

Didynamie angiospermie. Famille des Gesnériées. — Caractère GÉNÉRiaoE ; 
Calyx l-phylltts, ^-fi du s. Cor oWa. tuhulosa; tiibo crassmsciilo, suprà coarctato; 
limbo S-lobo, inœqiiali. Slamina 4, diclynama. Ovarium inferum ; skjlo slin- 
plici; stigmate capitato. Capsula ^-locidaris, calyce coronaia : loculis poïy- 
spermis. — Caractère spÉciFiauE et synonymie. Herbacca ; foliis subsessili- 
bus, cordatis, obîongis ; racemo terminali ; corollis tomentosis : labio 
superiore oblongo, bilobo. — G. Fadciaeis. LiNni.. Bot. Regist. 178S. 

Conrad Gesner , l'un des hommes les plus célèbres de son siècle , profes- 
sait à Zurich, sa patrie , la médecine et l'histoire naturelle, vers 1530, et c'est 
à cette époque, qu'entre autres ouvrages sur la littérature et les sciences, il 




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— 131 — 

publia son Histoire des animaux en quatre volumes in-folio, cl ses OEuvres 
de botanique. La science des végétaux est redevable à Gesner du premier 
projet de classification des plantes d'après des caractères invariables , tirés 
de la forme et du nombre de leurs organes, principalement de la fleur et du 
fruit. Gesner mourut en lS6o, victime de son dévouement à secourir les mal- 
heureux atteints de la peste qui faisait alors de funestes ravages , et, comme la 
plupart des savans de ce temps, il légua à sa famille une glorieuse pauvreté. 
Plumier honora la mémoire du professeur de Zurich en lui dédiant un genre 
de plantes dont il avait découvert le type dans ses excursions aux An- 
tilles. Le genre Gesnérie , que Plumier composa de trois espèces , s'est 
augmenté successivement, de sorte que l'on en compte aujourd'hui une tren- 
taine. La Gesnérie évasée est originaire du Brésil d'où elle a été envoyée à 
M.Tate, en juillet 1834, par M.Selloi. La plante, couronnée à l'exposition de la 
société de Flore, a été recueillie, cultivée et rapportée, il y a quelques mois, 
par M. Vanhoulte actuellement directeur de l'établissement de la Société 
Royale d'Horticulture de Bruxelles , oti d'autres plantes semblables pro- 
mettent une floraison prochaine. 

Cette espèce dont l'inflorescence, aux dimensions près, ressemble beaucoup 
à celle de la Gesnérie bulbeuse, est élevée de deux à trois pieds : ses liges sont 
herbacées, cylindriques , vertes et velues, garnies de feuilles sessiles , presque 
opposées, cordiformes, oblongues , aiguës, crénelées, rugueuses, fortement 
nervurées , pubescentes , d'un vert agréable en dessus, presque glauques en 
dessous, longues de trois à quatre pouces, larges de deux à trois. Les bractées 
ont la même forme, mais dans de plus petites dimensions. Les fleurs présentent 
au sommet de la tige, un épi ou plutôt une grappe d'un fort bel effet ; elles sont 
d'une nuance écarlale Irès-vive , portées sur des pédoncules cylindriques , 
velus , contournés et terminés en massue vers le calice ; celui-ci est mono- 
phylle, épais , arrondi, divisé au delà de moitié en cinq dents ou lanières 
fort étroites. La corolle est lubuleuse , fortement renflée , rétrécie, étranglée 
vers la base, très-dilatée à la gorge, avec son limbe partagé en deux lèvres 
dont la supérieure , fort alongée et refléchie intérieurement , est divisée en 
deux lobes égaux et arrondis; la lèvre inférieure est réluse, trilobée , à bords 
petits et roulés en dedans Toute la surface de celte corolle, qui a au delà de 
deux pouces de longueur, est parsemée de poils glanduleux. Les quatre 
ètamines ont leur insertion à la base du lube ; leurs filamens, cylindriques et 
purpurins, atteignent presque la longueur de la lèvre supérieure et sout ter- 
minés par des anthères biloculaires et jaunes. L'ovaire est conique , surmonté 
d'un style un peu plus long que les ètamines que couronne un stigmate 
c api té. 

On cultive cette Gesnérie en serre chaude; on lui donne le terreau de 
bruyère, et comme elle est presque toujours en végétation , on règle les ar- 
rosemens en conséquence. On la propage par la séparation des racines ainsi 
que par le moyen des boutures. 



— 132 — 
MoNACHAMTUS viRiDis. — Monachante à fleurs vertes. (PI. color. S6). 

Gynandrie Monandrie. Famille des Orchidées. — CARACTÈBEGÉNÉRiauE : Pe- 
riauthiuQi ej-planatum. Sepala etpetala deorsum versa. LàhcMum posticum ^ 
carnosîim, indlvîsum, ve?itricosum , sepalis multo majus. CoXamna. b revis , 
c rassa, mutica. Anlhera cornuta,hilocularis. VoUinià posticè biloba, infilo 
maxinio, dentidato , transverso, dcmùm elastice contractili, inserta. — Ca- 
BACTÈRE sPKCiFiacE ET SVN0NY81IE : Racemo multifloro; labello oblongo , ciis- 
pidato, marçiine lœvi; sepalis petalisque rigidis ovatis. — M. ViRiDis. LiNBL. 
Gen. etSp. Orchid. p. 1S7. — le. Botan. Regisf. 1752. 

Le professeur Lindley a institué le genre Monacanthus pour une plante 
parasite, qui lui a été adressée du Brésil, en 183-4, et qui se distingue de toutes 
les autres plantes de la nombreuse famille des orchidées , par les caractères 
que nous avons rapportés plus haut. Le nom imposé au genre nouveau signifie 
littéralement fleurs de Moine : il est dû sans doute à la ressemblance que l'on 
a trouvée entre la forme du labelle de ces fleurs , et celle du capuchon qui 
couvrait la tête des fervens solitaires, au moyen âge, et que quelques ordres 
religieux ont conservé comme signe dislinctif. On ne connaît jusqu'ici que 
deux espèces de Monacanthes, et celle qui fait le sujet de cette description, 
reçue primitivement par le docteur Hooker, commence à fleurira la fin de 
l'automne , vers le mois de novembre. C'est une plante semblable, existante 
dans les serres de M. Jacob Mackoi, à Liège, qui, à l'exposition du 12 mars 
dernier, a obtenu le prix (Voyez le cahier de mars). 

La tige est élevée de deux pieds environ , cylindrique , verte et épaisse de 
cinq à six lignes ; elle sort du milieu d'une touffe composée de sept à huit 
feuilles alongêes , plissées , un peu ondulées , repliées eu leurs bords et lon- 
gues de huit à dix pouces; elle est garnie à distance d'écaillés engainautes, 
lancéolées et pointues, puis terminée par une belle grappe composée de sept 
ou huit grandes fleurs vertes, épaisses et d'une forme très-bizarre. Les sépales 
sont ovales, raides, lancéolés, pointus , longs de dix lignes et largesde six ; 
les pétales, parallèles aux sépales, sont ovalaires, ondulés, médiocrement 
réfléchis, aigus, 'un peu plus longs et pluslarges que les sépales, d'un vert pâle, 
parsemés de taches sanguines. Le labelle est postérieur, renflé, ventru , épais, 
long d'un pouce et demi, d'un jaune brunâtre intérieurement, et vert à l'exté- 
rieur, avec de fortes veines parallèles sur toute sa longueur. La colonne est 
courte, ovale charnue et rautique. L'anthère est biloculaire, prolongée en 
forme de corne; les masses polliniques sont bilobées. 

Ou cultive le Monachante à fleurs vertes , dans le terreau de bruyère, sur 
un lit de gravier , ou dans la mousse ; on lui choisit une place bien favorable 
dans la serre chaude, et on ménage les arrosemens. 



m — 



MÉLANGES. 

M. Sagcrct a obtenu des poires dites de curé, d'une greffe placée sur Azc- 
rolier ; le fruit est plus petit que d'ordinaire, mais il est de qualité supé- 
rieure et s'est bien conservé jusqu'aux premiers jours de janvier, résultats que 
M. Sageret attribue aux qualités essentielles de l'Azerolicr. 

— Ou cultive en Suède une pomme dont la chair est assez translucide pour 
laisser apercevoir les pépins qui y sont renfermés et enveloppés de leur en- 
docarpe cartilagineux ; cette pomme est désignée sous le nom vulgaire de 
pomme de Sibérie, et M. Poiteau pense que ce doit être la pomme d'Astracan. 
M. Berlèze croit que cette pomme perd de sa transparence par sa culture dans 
les régions tempérées, et nous pouvons lui certifier le fait, ayant cultivé 
nous-mêmes celte pomme du nord, et ayant suivi sa marche progressive vers 
l'opacité complète de sa chair. Nous avons reconnu ce fait comme beaucoup 
plus curieux qu'important, mais nous ne le jugeons pas moins digne de fixer 
un moment l'attention des physiologistes. 

— On cultive le Palmier-Dattier (Phœnix Dactylifera) dans le royaume de 
"Valence , en Espagne ; M. Lasteyrie dit à ce sujet , que les arbres y sont 
d'une très-grande hauteur, mais qu'ils ne commencent à fructifier qu'à l'âge 
de quinze à vingt ans , tandis que les Dattiers cultivés en Arabie et sur 
la côte de Barbarie produisent dès la cinquième ou sixième année de bouture. 
Il est bien rare que les Dattiers cultivés dans nos serres parviennent à fructi- 
fier; nous ne l'avons vu que deux fois : d'abord dans la collection de M. Fesch, 
en Hollande, et puis au jardin impérial de Schœnbruun. Nous ignorons si 
l'on a obtenu des dattes des nombreux Phœnix disséminés dans les serres 
de la Belgique, et nous serions charmés de recevoir des documens précis à cet 
égard. 

— M. Hittorf a formé à Paris , rue Ferme-des-Mathurins n" S2, un établis- 
sement de peinture, en émail , sur la pierre volcanique de Volvic. Les pein- 
tures que nous avons vues en ce genre nous ont fait naitre l'idée que peut- 
être les étiquettes de botanique que l'on fabriquerait avec cette pierre, résis- 
teraient complètement aux atteintes du choc ou de la gelée, et conserveraient 
constamment leur beauté et leur fraîcheur primitives , ce que n'ont pu faire 
jusqu'à présent les étiquettes en verre , faïence ou porcelaine , qui d'ailleurs 
revenaient à des prix trop élevés. S'il en était ainsi , le problème tant de fois 
proposé en faveur de l'horticulture, se trouverait résolu. 

Tableau de la plupart des plantes utiles dont l' introduction a été faite ou du 
moins essayée depuis %0 à -40 ans. Par M. Soulanges-Bodin (l). 

Fromens. Très-peu de Céréales nouvelles se sont établies d'une manière 

(1) Ce tableau se trouve à la suite d'un brillant travail historique sur les progrès de rhorticulture en 
France, depuis 1789, dont nous nous proposons d'extraire successivement plusieurs autres passages. 



— \U — 

étendue. Le Blé rouge anglais a été iniporlé d'Angleterre dans le Calvados 
Ters la fin du dernier siècle , d'où il s'est propagé dans quelques cantons de 
l'intérieur; mais il y a peu tenu. Vilmorin a importé d'Angleterre , en 1810, 
un Froment de Hongrie , qui se répand aujourd'hui dans les environs de 
Blois, sous le nom de Blé anglais. — Le Talaveira et divers Blés de mars 
étrangers, également introduits par lui , ont pris un peu d'essor parmi les ama- 
teurs, mais ne se sont pas établis d'une manière générale. — Le Blé géant de 
Sainte-Hélène paraît, aux meilleurs agronomes, n'être qu'une ancienne espèce 
d'Europe, transportée dans cette ile ; il ressemble de si près aux gros Foulards 
ronges du Midi, que rien ne semble justifier le prix excessif auquel il se tient. 

Seigles. Le Seigle de la Saint-Jean, introduit et cultivé en grand , en 178S, 
par Lebrelon, à Saint-Germain-en-Laye, puis perdu tout à fait en France, et 
réintroduit par Vilmorin, de la Haute-Saxe, vers 1805, n'a pas fait plus de 
progrès marquans la seconde fois que la première. 

Orges, Avoiiies. On en peut dire autant de quelques variétés d'Orges et 
d'Avoines, dont aucune n'a pris quelque extension. L'Avoine noire de Hon- 
qrie, à laquelle l'exemple et les écrits de Morel de Vindé avaient donné de 
la vogue , a été abandonnée comme elle l'avait été déjà vingt ou trente ans 
auparavant. \J Avoine Patate et celle de Géorgie ne se trouvent que çà et là 
sur quelques exploitations. 

Maïs, Le fetit Maïs à poulet a été introduit par Lelieur vers 1802; c'est 
une variété intéressante pour les pays du Nord, à cause de sa grande précocité; 
mais elle tfest pas sortie du cercle des cultures d'amateurs, non plus que le 
Maïs de Pi/wsi/feame et quelques autres. 

Riz. La Société d'Horticulture vient de faire répéter, sans résultat, les 
essais réitérés inutilement depuis trente ans , sur le Riz sec de la Chine. 

Betterave champêtre. Vers 1785, l'abbé de Commerelle en a fait l'objet d'un 
mémoire , et Vilmorin père et Planche en ont introduit des graines. 

Betterave blanche de Silésie. De Lasteyrie en a présenté, vers 1809, les 
premiers échantillons. Ch. Derosne et de Sey l'ont cultivée ensuite pour la 
graine et pour le sucre. Peu après, Vilmorin l'a cultivée en grand pour graine, 
et a fait venir de la graine de Silésie. Vers 1813, Mathieu de Dombasle en a 
fait une nouvelle importation et l'a appliquée à une fabrication étendue. 

Carotte. Son application à la grande culture , en France, ne remonte guère 
qu'à une dizaine d'années, Vilmorin a introduit, il y a sept ou huit ans, la 
variété dite grosse blanche à collet vert, dont la vigueur et le produit sont 
considérables. 

Chicorée sauvage. Introduite dans l'agriculture, vers 1786, par Cretté de 
Palluel. 

Chicorée sauvage à café. Cultivée vers 1800, à Valenciennes particulière- 
ment , et sur quelques autres points de la Flandre. 

Rutabaga ou Navet de Suède. Introduit, vers 1789 , par de Lasteyrie et 
Vilmorin père. 



Pomme de Terre. Elle a fait , depuis Parmcalier, de grands progrès sneeei- 
sifs. La grosse jaune a clé gènéralcrnent subslituéc à l'anciemw blanche. 
Sageret , Vilmoria et beaucoup d'autres en ont obtenu des variétés nouvelle» 
marquantes. 

Topinambour. Ce fut Victor Yvart, principalement, qui vers 1790, l'ap- 
pliqua à la grande culture. 

Sainfoin à deux coupes, connu vers la même époque et cultivé surtout par 
Pincepré, de Bréda. 

Trèfle incarnat, connu de temps immémorial en Roussillon ; il a été trans- 
porté dans le nord de laFrance vers 1815; feu Ch. Pictet a beaucoup fait 
pour sa propagation. 

Trèfe incarnat tardif. Introdml à Toulouse vers 1830. 

Pimprenelle. Cultivée vers 179i), eu Champagne particulièrement. 

Ray-cjrass. Son emploi, dans la grande culture, ne remonte guère qu'à une 
trentaine d'années , Duprè de Saint-Maur est un des premiers qui l'ait cuUivô 
en grand à Argens , en Berry. 

Ivraie d'Italie. La graine en a été importée en grand vers 1828. Le? notes 
de Mathieu de Dombasle ont beaucoup contribué à fixer l'attention sur cette 
plante. {La suite au prochain cahier.) 



EXPOSITIONS HORTICOLES. 

Société royale d'Horticulture de Moins. — Extrait du procès-verhaî de la 
séance du ^4 mars 1836. 

A deux heures et demie , M. Dumont-Ricart, vice-président, introduit le 
jury dans le salon d'exposition pour qu'il puisse procéder à ses opérations; 
il se retire ensuite dans la salle des séances du conseil. 

DÉCISION DO JURY. Le Rosa cetitifolia vulg. avait été désigné pour être offert 
en fleurs à cette exposition. Un pied de cette plante, en boutons avancés, 
mais non en fleurs épanouies , ne pouvant obtenir la médaille, a été , vu sa 
culture remarquable, mentionné honorablement. 

Concours des amateurs. Le prix pour la plante la plus remarquable par 
la beauté de sa fleur , sa culture soignée ou sa récente introduction , a été 
accordé au n" 3S9 : Camellia Donkelari , exposé par M. Nève , de Tournai ; 
l'accessit au Camellia elegans chandleri n» 181 , de M. Decal-Vanmiert. 

Ont été mentionnés honorablement : 

Le n° â-4 , Hydrangea hortensis, à M. Coppée. 

Le n° 3â4 , Rhododendrum alta clerens , à M. Nève , déjà nommé. 

La médaille pour la plus belle collection est décernée à celle portant la 
lettre C; elle appartient à M. Decat-Vanraiert. Les collections A et D : la 
lOME m. 18- 



— lîO — 

première à M. D. Coppèe et la seconde à M. Fr. Bolaz, ont pailagè l'ac- 
cessit. 

Concours des jardiniers. Le prix deslinô t'ila plante la plus remarquable, 
est accorde au n° 408 : Epncris canipamdata alh., exposé par M. A. Ver- 
schaffelt, de Gand. L'accessit est remporté parle n" 412 Epacris impressa, 
du mùme exposant 

A été mentionné honorablement, le n° 170 Berleris aquifolia, de M. G. De 
Becker , jardinier-deurisle , au BJguinage , à Mons. 

Le prix pour la plus belle collection est décerné à celle portant la lettre F, 
qui est reconnue appartenir à M. Alex. Verschaffelt. L'accessil à la collec- 
tion G, à M. De Becker. P.-E, De Plydt, Secrétaire. 



Société de Flore de Xamcb. 
Proccs-verhal de la séance du 8 avril 1836. 

Le conseil des juges est composé de MM. Bouesnel , Baslien, Colle-Closon, 
Colle, Lamquet, Mathieu, Fiorps et De Severin. Le nombre des plantes ex- 
posées est de 976. 

Le jury a décidé qu'il ne pouvait y avoir de concours entre les jardiniers- 
fleuristes, attendu que M. Hoste, de Gand, seul, a envoyé des fleurs au con- 
cours; mais il a accordé une mention honorable à ce jardinier-fleuriste pour 
sa collection. 

Concours des amateurs. V' prix; à la collection n" 1, exposée par M"^ le 
prince d'Aremberg. 2 prix; à la collection n" 2, exposée par M. Gérard 
(Dieudonnè). 

Prix pour la plante la mieux cultivée. l°- prix Bosa Banksia exposée 
sous le n 690 par M. De Coux. 2''prix : iîes^r/rtOf/ora/ff, exposèsousle n 771 
par M. Dejey, à Huy. l'" mention honorable : Rosa thé lulcscens, exposée 
sous n' 562 par M. le baron De Blommart. 2*-" mention honorable : Epacris 
microphylla, exposé sous le n" 1 1 3 par M. Gérard (Dieudonnè). 

Piix pour la fleur dont la floraison est la plus éloiijnée de son époque 
naturelle. Prix unique : Agapanthus umbellaius , exposé sous len"" 721, par 
M. Michaux. 

Collection deCamellia.Le l" prix est accordé à la colleclion exposée sous 
le n" 1*S par M. Gérard (Dieudonnè). Une mention honorable est accordée à 
la collection n" 2, exposée par M. Beckers. 

Fruits et légumes. Le l"' prix a été décerné à l'unanimité aux fruits expo- 
sés !-ous len" 1", par M. Colle-Closon. Mention boni rable aux fruits exposés 
par M. Wilgotet par M"° la baronne De Pilteurs De Budingen. D'autres men- 
tions honorables ont été accordées : 1' A une corbeille de champignons, 
exposée par M. le prince D'Aremberg. 2' Au Cramhe tnaritima ( chou 
marin), exposé par M. Servood. 



— 139 — 



BIBLIOGRAPHIE. 

BoTAMCAL Register , or omameittal Flower-Garden, etc. Par J. Lindlet. 
vol. IX. n» 3, de la Nouvelle série, avril 1836. 

1S44. AxGR.îCCM CALDATUM. FolHs loralis, canaliculatis, emarginatis; spicd 
radicnli-pciiJiilcî, flcxuosâ , •i-forâj lahcllo obovalo, rostrato, seirulaio ; cal- 
care lonf,issimo , apice biloho. 

Il n'est aucun Angrec qui ne se fasse remarquer par une singularUé quel- 
conque dans la slruclure de ses fleurs , et celui qui fait le sujet de cet article a 
dans l'extrêuie prolongement de l'éperon qui termine son labelle , un caractère 
qui ne permettra jamais de le confondre avec ses congénères. 11 a été trouvé 
récemment à la cote de Guinée , non loin de Sierra-Léone , et introduit en 
Angleterre par MM. Loddiges. Il fleurit au n'ois d'août. C'est une piaule épi- 
phyte dont les racines épaisses, cylindriques et contournées, s'éleudent en 
tous sens dans la mousse qui recouvre les vieux troncs et pénétrent même 
récorce de ces derniers , sans paraître néanmoins y puiser aucune nour- 
riture. La tige est simple ; les feuilles sont distiquement imbriquées , épaisses 
et canaliculôes. L'épi floral a douze ou treize pouces et une direction pendante; 
les sépales et les pétales, qui ne différent entre eux que par un peu plus de lon- 
gueur dans les premiers, :ont étroits, lancéolés, planes, Irès-acuraiuès , d'un 
vert agréable, fauves à leur base , et longs d'un peu plus d'un pouce et demi. 
Le labelle est ovale, à bords serratulés, terminés par une pointe prolongée 
et verdàtre ; le reste du limbe est blanc, nuancé de jaune ; il est adhérent au 
gynoslèrae par deux écailles marginales et mucronées garnissant les deux 
côtés de sa base qui se prolonge en un éperon cylindrique et brunâtre , long 
de huit ou neuf pouces , bilobé à l'extrémité. Le gynoslème est court, dressé, 
plus épais et anguleux à sa base, rétréci et bordé vers le haut, avec le gynize 
plane et fauve , moins long que le bec qui est subulé. On suspend cette épi- 
phyte en serre chaude dans un panier garni de mousse imprégnée de terreau 
de bruyère et on Tarrose modérément lorsque le besoin s'en fait sentir. On la 
propage par la séparation des rejetons qui poussent du pied. 

184o. Kennedya stirlixgi. Foliolis tribus siib rotitndis-ovatis, nutcronu- 
latis , fjlnbriusculis ;pqtiolis caulibusque pilosis ; latè oratis, aciitis; bracteit 
fasciciilatis vel verticillatis , nunc trilobis , in involucrum conniventibus; 
floribus (jcminis ; cahjcibus pedunculisque pilosis. 

Le genre Kennedye dont, jusqu'ici , toutes les espèces nous ont été fournies 
par la Nouvelle-Hollande, vient aussi de se recruter dans l'Amérique septen- 
trionale ; M. Robert Mangles, y a découvert, l'an passé, le Kennedija stir- 
lingi sur les bords de la rivière Swan, qui arrose le pays des KereslinauX 
dansla Nouvelle-Rretagne, et sir James Slirling , gouverneur de la colonie, 
s'est empressé d'en faire parvenir des graines en Angleterre. La plante 



— 140 — 

fleurit au mois d'avril ; tout porte à croire qu'elle continuera à Tégéter en 
pleine terre, et qu'elle figurera avec beaucoup d'avantage dans nos plate-bande». 
18-46. Cr.AT^EGUs MicROCARPA. Subsptuosa; foliis fasciciilatis , loncjè cu- 
neatis , ^-fidis , lohatisque crenatis, glabris, niiidis ; corymhis midtifloris; 
cahjcibus glabris : laciniis ovatis , integerrimis; pomis ovato-subrotundis , 
glabris, ^-locidaribis ; piitamine Icnui. 

C. Spatiiulata. Elliot. FI. S. Carol. 1 . SI52.— Loueon's Arbor.Brit. X.%\.îi. 
Cet Alisier a été découvert il y a déjà quelque temps , dans les districts do 
la Géorgie et de la Caroline par M. Elliot , qui l'avait d'abord considéré 
comme l'analogue de celui que Micliaux et Pursh avaient décrit sous le nom 
de Cratœgus spalhulata; mais M. Drunimond, ayant retrouvé cet arbrisseau 
dans la province du Texas, s'est assuré qu'il différait essentiellement de l'es- 
pèce d'Alisier de Michaux et de Pursh , et qu'il en constituait véritablement 
une nouvelle, qu'il a appelée Microcarpn , vu le peu de volume de ses fruits. 
La culture de cet Alisier n'exige pas plus de soins que celle de nos espèces 
indigènes, ce qui fait espérer que l'on pourra faire entrer cet arbuste dans la 
composition de nos bosquets d'agrément. Il se multiplie avec facilité par le 
semis de ses graines, lequel doit se faire immédiatement après la maturité des 
fruits, car les graines desséchées passent une année de végétation sans mon- 
trer les premières feuilles. 

18-47. Cratœgus hetkrophylla. Foliis lucidis, tardé deciduis, lanceoïatis, 
cuneatis, apice dentatis pinnatifidisve ; tubo calycis fusiformi ; cymis multi- 
floris ; foribus monogynis ; stipulis ma.vimis, pinnaii/îdis. 

C. HcTEROPUYLLA. Flugge. Aiiii. dit Miis. 12. -423. — DeCand. Prodr. 
2. 629. 

C. ARONtA. Watson dendrolocf. 167. Not. ofJVilld. 

18-48. Maxillaria bufescens. Pseudohuîbis ovatis, subtefragonis , viono- 
phyllis ; foliis lanceoïatis ,titrinque acuminatis ; scapis iinifloris (prostratis), 
vaginis distantibus ; sepalis petalisque oblongis, conformibus, obtusis; labello 
oblongo , trilobo , etnberculato ; laciniis lateralibus minimis , acntis : inter- 
mediâ elongatâ, eviarginatu. 

Cette Maxillarie , originaire de l'ilc de la Trinité , a été importée en 
Angleterre, dans les premiers jours de l'année 183-4, par M. Lowe de Clapton , 
et a fleuri au mois de décembre de la même année, dans les serres du duc de 
Devonshire. 

1849. GoDETTA. Nat. Ord. Onagrari^. Oct. monog. Calyx tubttlosa , 
ik-pnrtitus, deciduus. Corolla Â-petala. Capsula cijïindrica, ovata; seminibus 
angulatis qncis comœ rudimentitm adest marginis dentatœ forma chaîasam 
circumdatis. 

G. LrpiDA. Erecta; foliis ovato-lnnceolatis, integerrimis ;petalis stib rhom- 
beis, obtusis, denticulatls ; staminibus petalis tripla brevioribus ; capsulis 
sessilibus, ovnto-oblongis , villosis. 

Parmi les plantes découvertes récemment par M. Douglas , en Californie, il 



— Ul — 

s'en esl trouvée uno très-voisine des Onagres, et qui a prôsenlô à M. Spach , 
dans la conformation particulière de ses graines , les élômens d'un genre 
nouveau qu'admettront vraisemblablement les botanistes systématiques, quoi- 
que les caractères assignés jusqu'ici à ce genre ne paraissent pas très-nette- 
ment tranchés. La Godètie gracieuse a fleuri au mois de juillet lUi'ô, dans la 
collection de la Société d'Horticulture de Londres. 

C'est une plante annuelle , à tige rameuse et d'un pied et demi environ. 
Les feuilles sont ovales-lancéolées, pubescentes , longues de deux pouces et 
larges de cinq lignes. Les fleurs ont un peu plus d'un pouce d'étendue ; les 
sépales sont acuminés, et les pétales d'une forme arrondie, un peu rhom- 
boïdale , èchancrès au sommet, avec le limbe étalé, d'un rouge pourpré , clair ; 
ils sont marqués d'une tache triangulaire , supérieure, d'un rouge vineux. 
Il est probable que cette jolie plante va devenir l'un des ornemens de nos 
plate-bandes , car elle pousse avec vigueur dans toutes les variétés de sols. 
Le grand nombre de graines qu'elle produit, promet une prompte multipli- 
cation. 

1830. OxYURA. Nat. Ord. composite. Syng.pol.-sup. Involucrum simpUci 
terie verticillalum ; foliolis herhaceis , patentibus , hasihtis suis cucullatis , 
flosctilos radii involventihus. Flosculi radii ferè neiiiii;pappo. 0. Stylo biloho; 
corollâ Ikjulatâ, trllohâ. Flosculi disci hcnnaphroditi ,bracteis basi membra- 
naceis apice herbaceis stipati ; pappo 0; corollâ infundibulari , pubescente , 
hasi paulà gibbosâ ; antheris muticis ; stijli ramis subulatis, acuiis , dorsô 
villosis. Receptaculum planiim. 

0. Chrysanthejioides. Foliis inferioribus pinnatifidis ; superioribus inte^ 
gris; capitulo solitario, involucro planiuscnlo. 

Le professeur De Candolle a institué ce genre , pour une plante nouvelle, 
trouvée dans la Californie par M. Douglas , qui , l'an passé, en a envoyé des 
graines à la Société d'Horticulture de Londres ; elles ont produit des fleurs aux 
mois d'aoùl et de septembre. Le nom générique Oxyura , est évidemment 
formé de cÇyç, aigu et de cvpcc, queue. 

La plante est annuelle; ses tiges sont dressées, et les feuilles découpées en 
lanières étroites. Les capitules sont solitaires, portés sur un long pédoncule 
cotonneux , qui s'épaissit en massue vers l'extrémité. L'involucre est pla- 
niuscule, formé de folioles verlicillées, herbacées, ligulées, obtuses, disposées 
en dessous des fleurons du rayon. Ceux-ci sont larges , oblongs , dépassant un 
peu en longueur les languettes de l'involucre, à trois lobes dont l'intermé- 
diaire plus petit, d'un jaune d'or, très-vif à la base, d'un jaune blanchâtre 
vers l'extrémité. Les fleurons du disque sont infondibulaires, implantés sur un 
ovaire glabre , sans aigrette et comprimé ; leur tube est cylindrique, très-peu 
renflé à la base, aussi long que le limbe qui est dressé. Cette plante n'est point 
difficile sur la nature du terrain ; elle vient partout où on la sème pourvu que 
les graines soient recouvertes d'un peu de humus végétatif. 



— U2 — 

BaiTiSH Floweb Garden, and ornamental shritbbery, etc. Par R. Sweït. 
Seconde série n» LXXX, avril 1836. 

329. Nkmophila insignis (1). 

S30. ZfiNobia. Nat. Oïd. Ericixe/E. Dec. Monog. — Calyx S-dentatus. 
CoroWa campaniilata: limho revoliitOf S -Zo5o. Slarnina 10 : fdmnentis hrevis' 
simis, (jlabris, hnsi dilaiatis; antherœ locnlis elongatis , tiihidosis , ftnlce 
hiaristalis. Sligma truncntuni. Capsu\a loculicido-dekiscens. Placenta ^6-loba: 
îobis cuneniis, crassis subnrcuaiis. 

Z. SpEcrosA. D. Don. in Edinb. Joum.juill. 1834. p. 1152. 

Andromeda speciosa.Mich. fi. Amer.bor. 1. 2o6. — Pubsh. Fl. Am. 1. 
294. — LoDD. Bot. Cab. t. 351 . 

A. Cassikefolia. Vent. .lard, de Ccls.GQ. — Bot. 3Iagaz. 970. — Eorf. 
Kew. éd. 2. 3. p. S2. — Spreng. Syst. veget. 2. 290. 

A. PcLVERULENTA. Bartr. Tfav. p. 47G. t. 7. — Bot. Mag. t. 667. —Vent. 
Malin . t. 79. 

Michaux, qui , pendant son long séjour dans le nord de l'Amérique , avait 
rassemblé dans un jardin aux environs de Charles-Town , toutes les plantes 
indigènes de ce nouveau confinent , qu'il avait pu réunir afin de les cultiver 
lui-même etde pouvoir lesétudier à loisir, s'était déjà assuré que rJwc?ron?cc?a, 
figurée par Barfram comme nouvelle, dans la description de son voyage, et sous 
le nom spécifique de Piilrende?itn, était identique ou du moins une variété 
accidentelle de VAiidromeda cassinefolia que M. Michaux avait de son côté, 
et le premier, appelé yl/irZ/owcrtffl speciosn. Or, comme les botanistes avaient à 
choisir entre ces trois noms, on a paru s'arrêter au dernier. Depuis M. D.Don, 
en s'occupant plus attentivement de cette plante , lui a reconnu des caractères 
particuliers, qui ne sympatisaient plus avec les véritables Andromèdes; il s'est 
donc vu obligé de créer un genre nouveau, très-voisin des Andromèdes, et 
auquel il a donné un nom tout au moins aussi célèbre que celui de l'épouse de 
Persée , soit qu'il rappelle la femme courageuse de Rhadamiste , soit qu'il 
présente à notre mémoire les vertus héroïques de la dernière reine des Pal- 
rayrèniens. Le genre Zanobie ne se compose encore que d'une seule espèce; 
elle a été introduite en 1800 , par MM. Fraser, et fleurit au mois de juin. On 
cultive cette plante dans la plate-bande de terreau de bruyère, à l'air libre, 
abritée de la grande ardeur du soleil. On la multiplie de marcottes et de bou- 
tures, et beaucoup plus sûrement encore par le semis. 

331 . RiîonoDFNDRON FI Avrîi ; Var. conoNAr.îuM. Belle variété de l'Azalée 
pontique , dont les fleurs sont extrêmement serrées et réunies en boule ; elle 
a été obtenue de semis, par les jardiniers et horticulteurs de la Hollande, 
qui, comme on le sait, font leur principale occupation industrielle du croi- 
sement des espèces ou des variétés. La plante se cultive aussi chez M. Knight, 
à Chelsea, et chez divers autres jardiniers, 

(1) La description et. la (Igurc coloriée Je cfite plante, feront partie du procliain cahier , ainsi 
tliu; Tanalyse du Bntanical iMi^^/izùtc. 



SS2. Campancla. Loreyi. Annua, diffusa, ramis uiiifloris; foliis sessi- 
libus , laiiccolatis, aciitis, denticulatis, glahris; calycis tiiho globoso, IQ-cos- 
tato, seioso ; secjmcntis Innceolatis, acuminaiis, denticulatis; corollâ subro' 
tatâ, cahjce hreviore; capsula triçjosd. 

C. LoiiEîi. PoLL. Elem. Bot. 2. 148. Cum. fig. f. Veron. l."p, 271. — 
PoiR. Dici. Fiicycl. Svpp. !j. 394. — Rot-m. ft Sch. Syst. 5. lUO. — Bot. 
Mag. 2o81. — Si'ri:ng. Syst. vegct. 1. 729. — ■ Alph. De Cand. ij/on. 333. 
— G. Don Gen. syst. gard. et bot. 3. 766. 

C. Badensis. Balr. Cat. Hort. Taiir. 1813. p. 20. 

C. RAMosissniA. HosT. Fl. Aust. 1. 264. 

Celle jolie Campanule a élédècouverle sur les bords de l'Adige, au pied du 
Monl Baldo , dans la province de Vérone, royaume Lombard-Venilien , par 
le docleur Lorcy , en 1819 ; la beaulê de ses lleurs l'a fail admettre aussiiôt 
dans nos parterres où elle étale ses brillantes corolles , pendant la plus grande 
partie de l'été. Elle n'est nullement difficile sur la qualité du terrain; elle 
pousse également dans le sol compacte et argileux , comme dans le sable 
gubstanliel; elle produit des graines eu abondance, qui assurent sa propagation. 

Flore Luxembourgeoise , ou description des plantes phanérogames , recueil- 
lies et observées dans le Grand-Duché de Luxembourg, par F. A. Tinant. 

En publiant cet ouvrage , qui est le fruit de quinze années de recherches et 
de courses dans un pays où les productions végétales étaient, pour ainsi 
dire, entièrement inconnues jusqu'à présent, M. Tinanl paye un important 
tribut aux progrès des sciences naturelles. 

Chaque province, chaque département voisin a sa flore particulière ; mais 
jusqu'ici, lesproductions végétales du Grand-Duché n'avaient pas encore trouvé 
d'explorateur. 

Limitrophe de la France et de l'Allemagne, le Luxembourg nourrit sur un 
sol varié el dans ses différentes expositions, une foule de plantes que l'on 
chercherait vainement dans les contrées voisines. Les Ardennes surtout, cette 
partie si sauvage de notre province, presqu'enlièrement couverte de forêts, de 
marais, de bruyères , et où l'agriculture n'a pas encore beaucoup empiété sur 
la nature, offrent au botanophile un grand nombre de végétaux remarqua- 
bles. Faire connaître d'une manière claire et précise les productions végétales 
de cette province, est le but de cet ouvrage. 

La Flore luxembourgeoise comprendra la description de lëOO espèces de 
plantes, sans compter un grand nombre de variétés, classées d'après le sys- 
tème sexuel de Linnée. Les localités, la durée, le temps de la floraison, y se- 
ront indiqués avec soin. Elle sera publiée en deux parties, lesquelles réunies 
pourront former un fort volume in-8", on souscrit à Bruxelles chez le libraire 
Dumont, rue Fossè-aux-Loups. 

L auteur fournit aussi /'Herbier de la Province; les échantillons bien dcs- 
aécnés , avec les indications taxonomigues, etc., au prix de dix francs la cen- 
turie. — Jl parait une demi-centurie par mois. 



144 — 



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L'HORTICULTEUR 



BELGE. 



MAI 1836. 



PHYSIQUE ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALES. 

Sur les moyens de faire naître des végétaux à feuilles panachées ; par 

M. Sageret. 

La panachure , dans les végétaux , peut avoir lieu sur plusieurs parties : sur 
les fruits , la tige, les fleurs , les fouilles , etc. ; mais comme c'est surtout sur 
ces dernières qu'elle se fait le plus remarquer, c'est de celle des feuilles que 
je vais m'occuper plus particulièrement. 

Bien qu'on ait remarqué ces accidens dans l'état sauvage , cependant ils y 
sont assez rares, et, le plus souvent , on peut les regarder comme produits par 
la culture : cela , néanmoins , ne fait pas loi. 

La plupart des physiologistes et des horticulteurs ont considéré la pana- 
chure comme un indice d'affaiblissement ou de maladie ; on a dit la même 
chose des fleurs doubles ; mais il y a des individus à fleurs doubles , très- 
vigoureux. Je reviendrai une autre fois sur ce cas particulier. 

Quant aux individus à feuilles panachées, il y en a d'assez vigoureux; 
néanmoins, on peut dire que, toutes choses égales d'ailleurs, ils le sont 
moins que leurs analogues à feuilles non panachées : telle est mon opinion , 
et c'est d'après elle que mes observations et mes expériences ont été 
dirigées. 

La panachure des feuilles produit incouteslablement des effets très-variés 
et très-agréables ; il serait donc intéressant pour l'horticulture d'avoir les 
moyens de la faire naître, et je crois pouvoir les indiquer; j'entrevois en outre, 
et pour cette partie de la science et pour la physiologie végétale, un intérêt 
plus réel et plus important , c'est le perfectionnement possible et probable de 
l'odeur des fleurs et de la saveur des fruits, qui pourrait apparaître dans 
la suite de ces recherches ; je réserve encore ces dernières considérations 
pour un autre article. 

J'ai déjà traité ces divers sujets, dans ma Pomologie physiologique : j'en- 
gage ceux qui y portent quelque intérêt, à vouloir recourir aux détails dans 
lesquels je suis entré. 

To5îr. ni. 19. 



— UG — 

Depuis la publication de cet ouvrage , je me suis occupé un peu plus parti- 
culièrement de la panachure des feuilles, j'ai cherché à me rappeler les obser- 
vations que m'avait procurées ma longue carrière agronomique , et j'ai essayé 
d'y ajouter quelques nouvelles expériences plus positives. 

En me promenant dans un bois , j'ai rencontré des rejets d'Orme , dont un 
rameau était à feuilles panachées, je ne pensai pas à en rechercher la cause : 
on rencontre quelquefois cet effet ou d'autres analogues dans la campagne , il 
serait à désirer qu'ils fussent observés. 

Ou voit quelquefois dans les jardins de la Bourrache à feuilles panachées ; 
dans ce cas, les lleurs m'ont paru d'un bleu plus pâle. 

Dans un semis de Papangaye ( que je cultive de temps à autre), j'ai remar- 
qué un individu à feuilles panachées sur quelques rameaux ; je n'en ai point dé- 
terminé lacause, mais je sais que ma graine était vieille, etpeut-ètre peu mûre. 

Il y a quelques années , dans un champ de Cucurbitacèes , que je cultivais 
alors en grand, je vis dans un semis de Coloquintes (variétés du Giraumont) 
un individu dont quelques rameaux étaient à feuilles panachées, ce qui pro- 
duisait un assez joli effet : j'essayai de les propager par le marcottage , mais 
n'ayant pas de serre à cette époque , je ne pus les conserver l'hiver ; cet indi- 
vidu était le produit de graines très-vieilles d'un fruit très-galeux , à grosses 
verrues très-irrégulières , fruit d'ailleurs peu mûr, bizarre et mal conformé. 

M'occupant, il y a quelques années, d'expériences sur le Seigle, je semai, 
à dessein, des graines très-petites, très-imparfaites, prises à la sommité d'un 
petit épi faible , coupé sur un pied de Seigle mal venant ; sur six de ces grains, 
trois pieds furent non pas simplement panachés , mais absolument blancs; ils 
végétèrent quelque temps , mais ils périrent pendant l'hiver. 

Je possède une variété de Vigne de Judée [Solanum scandens) à feuilles pa- 
nachées ; le semis de ses graines m'a produit des individus absolument blancs, 
que je n'ai pu conserver. 

Un semis de graines de Pommes de terre m'a produit un pied à feuilles 
panachées, qui se reproduisait semblable par ses tubercules; j'en ai pré- 
senté dans le temps à la Société d'horticulture ; je présume que la graine qui 
l'avait produit était peu mûre. 

Il existe une variété de Géranium zonale , à feuilles panachées; quelque- 
fois le même pied offre des branches non panachées, d'autres panachées, 
d'autres absolument blanches. Le semis de ses graines m'a produit ces acci- 
dens : le panaché est moins vigoureux, le blanc encore moins ; il me semble 
qu'on peut comparer cette blancheur à celles des Albinos, dans le règne animal. 

Dans un semis de noyaux de pêches, j'ai trouvé un individu à feuilles pana- 
chées : il avait sa tige contournée , ses feuilles crispées , ses sommités rabou- 
gries, couvertes de pucerons : il a péri l'hiver; il est évident que cette plante 
avait été maltraitée par plusieurs insectes, et je pense que c'était la cause de 
sa panachure. 

Dans le temps où je m'occupais de fécondations artificielles, un semis de 



— U7 — 

graines de Navets fôcondées par le Chou frisé panaché, me donna des Choui- 
Navels à feuilles panachées. J'oLlius à la même époque un Radis à feuilles 
panachées sur quelques-uns de ses rameaux , d'autres furent absolument 
blancs ; le semis de ses graines me donna des individus également blancs, mais 
que je ne pus élever ; j'ignore quelles étaient les causes de cette pauachure. 
A celte époque, j'obtins un Chou-Raifort , Hybride, produit du Radis fécondé 
par le Chou : peut-être le Chou frisé panaché avait-il joué un rôle dans 
cet accident , peut-être aussi l'imperfection du pollen, employé pour féconder 
l'ascendanl du Radis panaché, en était-elle la cause. 

Quelques-uns de ces faits indiquent assez une faiblesse dans les individus 
panachés, et l'on sait d'ailleurs que, lorsqu'une certaine vigueur leur est 
rendue par une température chaude et humide et un terrain substantiel , plu- 
sieurs d'entre eux perdent leur panachure. 

J'ai lu , dans les Transactiojis philosofkiques de la Société royale de Lon- 
dres, qu'un Jasmin non panaché, ayant reçu une greffe de Jasmin panaché > 
et ayant perdu par accident, cette tète panachée, avait repoussé , au-dessous 
de l'insertion de la greffe , des branches à feuilles panachées. Ce fait me pa- 
raissant très-singulier , je l'avais cité dans ma Pomologie , sans y ajouter une 
foi entière. Depuis lors , sur la lecture de mon ouvrage , M. Yibert , horticul- 
teur dislingue , m'a dit avoir observé un fait analogue : il a vu dans un jardin 
plusieurs Pommiers-Paradis qui , ayant reçu la greffe de Pommiers panachés, 
et ayant aussi perdu leur lèle, avaient plus bas et de même au-dessous de l'in- 
sertion de la greffe, repoussé des branches panachées. Peut-on en expliquer la 
cause? je le crois. Il me semble que la panachure pouvant être regardée comme 
une maladie ou comme une contagion . la sève descendante a pu communi- 
quer celle affection à la partie inférieure. La même action peut être exercée 
sur d'autres sujets par la greffe ; elle est donc dans nos mains. 

Il y aurait des moyens plus surs de l'obtenir : ce serait de greffer l'individu 
non panaché sur le sujet panaché , ou , mieux encore , de placer sur le corps 
de l'individu panaché une greffe à laquelle on voudrait faire prendre la pana- 
chure , sans couper la tête du sujet ; dans ce dernier cas , la sève , tant ascen- 
dante que descendante, nourrissant la greffe, cette dernière recevrait ainsi 
doublement la contagion. 

La panachure reconnaît donc plusieurs causes que nous allons résumer : 

1" La vieillesse ; l'incomplète maturité des graines et leur conformation 
défectueuse , principalement quand elles viennent de pieds qui présentent 
déjà quelques irrégularités, quelques bizarreries; 

2° La panachure dans les ascendans ; 

â° Un accident, comme lésion quelconque ou piqûre d'insecte, arrivé à 
une branche d'un individu déjà formé , ou frappant, dès sa naissance uu indi- 
vidu exempt d'ailleurs de panachure ; 

■4' L'hybridation ou fécondation artificielle d'une plante non panachée par 
une panachée ; 



— 148 — 

S^ Une fécondation imparfaile , c'esl-à-dire l'iniperfeclion du pollen ; 

6° La contagion inoculée par la greffe. 

Sans doute il est d'autres causes encore que nous pourrions attribuer au 
hasard ; mais comme le hasard est le voile dont nous couvrons notre igno- 
rance , nous aimons mieux n'en point parler. 

J'arrive actuellement à mes expériences. 

Depuis quelques années, j'ai travaillé sur plusieurs plantes, notamment 
sur le Soleil [Helianthus annuns); j'en obtiens à volonté des graines dont 
une partie notable donne des individus panachés. Les panaches ne m'ont offert 
jusqu'ici que deux couleurs, tantôt le jaune , lantùt le blanc , et tantôt l'albinos 
pur; les deux premières variétés ont pu se reproduire par la semence ; quant 
aux albinos , ils ont péri dès leur jeunesse. 

Comme les expériences dontV Eclianthus a été l'objet sont complexes, j'ai 
bien le droit de leur attribuer la panachure , sans pouvoir cependant assigner 
quelle a été la plus efficace. 

Ainsi, j'ai pratiqué à la fois sur lui la torsion , le bouturage , le marcot- 
tage, la ligature et l'incision annulaire. A laquelle de ces opérations attribuer 
l'anomalie dont nous cherchons la cause ? 

Observons , toutefois , que ce n'est pas dès la première année que se pro- 
nonce cet accident : le premier semis n'offre que lrès>-peu d'individus où l'on 
surprenne quelque irrégularité , et ce sont ceux-là que l'on choisit , afin de 
poursuivre l'expérience ; ce n'est qu'à la deuxième ou troisième génération 
qu'on obtient quelques résultats prononcés. 

La même expérience faite sur le Potiron n'observe pas la même marche, ce 
sera l'objet d'un article particulier. 

En cherchant la panachure , il m'est souvent arrivé , comme à tant d'autres 
investigateurs de la nature , de trouver autre chose. Déjà , je viens de remar- 
q[«et que la marche n'était pas la même dans les divers sujets soumis à mes 
expériences ; à plus forte raison doit-oo s'attendre à trouver de la diversité 
dans les résultats auxquels j'ai été conduit. 

Ainsi, sans oser rien spécifier encore, plusieurs bizarreries, plusieui-s 
monstruosités ont été les résultats de mes tentatives; j'espère qu'un jour ces 
indications , offertes par la nature elle-même , me mettront , moi ou d'autre?;, 
sur la voie pour obtenir quelque chose de plus satisfaisant. 



CULTURE. 

Sur le rcmpotacjc des plantes ; 'pds M. V. Vkrdier. {Suite). 

Avant de rempoter, on aura soin d'arroser la motte des plantes dont la 
terre serait trop sèche, et aussi de les laisser quelque temps pour se ressuyer; 



— I-i9 — 

car, si la terre tlait trop sècLe ou trop humide, il pourrait s'en détacher puis- 
qu'on ne voudrait, eu préparant les racines. Il faut aussi que la terre que 
l'on emploie soit fraîche sans être humide ; étant trop sèche, il serait difficile, 
après la rempotage, de la mouiller jusqu'au fond , étant trop humide, on ne 
pourrait la faire passer entre les racines. Dans tous les cas , il faut que la terre 
d'une plante nouvellement empotée soit humide , mais non délayée. On aura 
grand soin , dans les jours de pluie , de visiter ces plantes , afin de déboucher 
le trou du fond des pots , qui souvent s'obstrue et empêche l'écoulement de 
l'eau : les nouveaux rempotages auront aussi besoin d'être seringues souvent, 
dans les temps de chaleur et de sécheresse. 

2' Selon leur plus on moins de délicatesse. Une chose bien contraire à 
la santé des plantes est le peu d'attention que l'on apporte à la grandeur des 
pots relativement à leur force et à leur avidité; il faut bien considérer si la 
plante que l'on veut rempoter est douée parla nature d'une végétation active 
et vigoureuse , et si elle est disposée à faire beaucoup de racines et de chevelu. 
Si elle a ces dispositions, il faudra lui donner un pot plus grand et une terre plus 
substantielle, sans cependant exagérer, car il vaudrait mieux rempoter lamême 
plante plusieurs fois dans la même année que de lui offrir subitement trop de 
nourriture, ce qui pourrait peut-être occasionner sa perte, surtout si elle 
m trouve exposée à la pluie , ou si on n'a pas grand soin de ménager les 
arrosemens; car les racines n'étant pas en quantités suffisantes pour aspirer 
toute l'humidité que contiendrait cette terre , elles chanciraient bientôt et 
finiraient par pourrir. Si , au contraire, la plante, quoique bien portante, n'est 
pas douée d'une végétation active, il faut la tenir serrée dans son pot, c'est-à- 
dire lui en donner un seulement un peu plus grand que celui qu'on lui retire, 
et une terre légère, car autrement, les effets fâcheux que je viens de signaler 
pour l'autre n'échapperaient pas à celle-ci. S'il arrivait qu'en dépotant une 
plante pour la rempoter on trouvât sa terre décomposée et comme changée 
de nature, ce qui est occasionné ordinairement par les vers rouges (lombrics), 
il faudrait retirer autant que l'on pourrait de cette terre , sans cependant 
trop dégarnir les racines, ôter les vers et les nids d'insectes , s'il y en avait, 
couper les racines mortes et celles attaquées de chancres et de pourriture, 
lui donner un pot neuf de même grandeur que celui qu'elle avait, ou, à défaut, 
nettoyer le sien bien proprement et le lui rendre; et, si elle était très- 
souffrante , on la mettrait dans un pot plus petit , jusqu'à ce qu'elle fut bien 
rétablie. On facilite la reprise des plantes de serre chaude ainsi malades , 
en les plaçant sur une couche demi -chaude en serre basse ou sous châssis 
à l'étouffé; celles d'orangeries et de serre tempérée se rétablissent aussi 
très-bien de celte manière ; mais il en est d'autres aussi pour lesquelles ce 
moyen est mortel en très-peu de jours. J'ai cru remartjiier que celles qui 
s'en accomodeiit le mieux sont les plantes à racines charnues ou qui ne 
font pas ou presque pas de chevelu , telles que les M^onoUa , les Pivoines 
en arbres, les Orangers, etc., tandis que les Rosages, Bruyères, Profef/, 



— ISO - 

Epachris^ etc., soumis à ce traitement, périssent en deux ou trois jours. 

Les plantes cultivées en pot sont sujettes à avoir quelquefois leurs racines 
attaquées de blanc, qui est une espèce de Champignon, probablement 
du genre Isaire. Quand le blanc s'étend beaucoup , il peut faire périr la 
plante, et pour éviter cet accident, il faut dépoter de suite, faire tomber 
toute la motte, laver et brosser toutes les racines, couper toutes celles 
qui sont endommagées, et rempoter en terre neuve. Comme cette opération 
est violente, on devra rapprocher ou diminuer le volume de la tète delà plante? 
la placer à l'étouffée ou à l'ombre dans un coffre , et ne lui rendre l'air et la 
lumière qu'au fur et à mesure qu'on la verra repercer. La présence du blaria 
sur les racines des plantes en pots me parait provenir des bouts des tuteurs 
pourris qu'on laisse trop communément dans la motte. Les vieilles tannées en 
développent aussi quelquefois abondamment , qui peut s'étendre jusque dans 
les pots qu'elle contient. 

Quelques plantes en pots montrent sur leurs racines des exostoses dont l'o- 
rigine ou la cause n'est pas encore bien connue , mais qui paraissent nuisibles 
à leur santé , en ce que les racines qui en sont affectées, ne se développent pas 
comme les autres, et restent en souffrance. Il me paraît donc utile de sup- 
primer de telles racines quand on les découvre. 

Les Géranium sont particulièrement sujets à produire des exostoses ou des 
renllemens charnus sur leurs racines ; ce sont des sortes de loupes qui dé- 
rangent la marche de la sève, et nuisent à la beauté de la plante ; mais elles 
ont cela de particulier dans les Géranium, que, séparées, et plantées comme 
des bulbes, elles développent un bourgeon et forment une nouvelle plante. 

Quand j'ai conseillé de ménager le lapissage des racines dans le rempo- 
tage et de se borner à picoter la motte, je n'entendais parler que de jeunes 
plantes; mais , quand elles sont âgées , plusieurs n'exigent plus un tel ména- 
gement. 11 en est un assez grand nombre auxquelles on retranche impuné- 
ment 1, 2 et 'è pouces de terre sur toute la circonférence de leur motte , ainsi 
que toutes les extrémités des racines qui se trouvent dans la terre à suppri- 
mer, sans que les plantes eu souffrent aucunement, surtout quand on décharge 
leur tête en raison du raccourcissement de leurs racines ; mais aussi il en est 
que ce retranchement de racines ferait périr sur-le-champ. Ce sont particuliè- 
rement celles dont les racines sont capillaires, telles que les Protea , Erica, 
Epachris, Chironia, Elichrysiini et autres que l'expérience apprend à con- 
naître ; les racines de celles-ci craignent beaucoup le fer, et il faut se conten- 
ter de picoter leur motte , lorsqu'elles ont besoin d'être rempotées. Elles 
exigent d'ailleurs la terre de bruyère pure ou presque pure , pour bien végé- 
ter dans nos cultures. 

3° Selon la nature de leurs racines. Les plantes bulbeuses, à feuillage caduc 
demandent aussi quelques soins particuliers pour leurs rempotages. 

Aussitôt que la hampe et les feuilles de ces plantes commencent à jaunir 
pour se dessécher et tomber ensuite , il faut suspendre entièrement les arrose- 



— 1151 — 

mens et les abriler des pluies, jusqu'à ce que leurs bulbes aient allciiit 
leur parfait degré de maturité ; ensuite on les dépotera , on secouera toute la 
terre pour mettre les bulbes entièrement à nu , et on les nettoiera de leur» 
vieilles racines. Il est une espèce de ver ou de larve , qui se met quelque- 
fois dans les oignons de ces plantes; on les en purge toutes les fois qu'on 
s'en aperçoit , et on conserve les bulbes en lieu sec , jusqu'au moment plus 
ou moins éloigné de les remettre en terre , soit de bruyère pure, soit mé- 
langée , soit de toute autre consistance, en raison de la nature ou du besoin des 
tubercules. 

Les bulbes sont répartis en trois catégories , selon leur composition : 

La V^ comprend les bulbes d'une seule pièce ou tubercules (exemple : le» 
Cyclamen , Colcbiques, Glaïeuls, Orchis, etc.). 

La 2" comprend les bulbes ècailleux (exemple : les Lis, etc.). 

La S« comprend les bulbes tuniques (exemple : les Jacinthes , Tulipes, 
AmarylliSy etc.). 

Les tubercules se renouvelant plus ou moins promptement , au moyen de 
nouveaux tubercules qu'ils produisent sur divers points de leur surface , plus 
souvent par les côtés , et quelquefois en dessus , doivent nécessairement être 
enfoncés entièrement en terre, et plus ou moins recouverts , eu raison de ce 
qu'ils seront plus ou moins gros , en ayant soin de les recouvrir un peu plus 
que moins , si c'est une espèce qui doit développer ses nouveaux tubercules 
en dessus. Le Cyclamen seul fait exception : son tubercule grossit longtemps , 
en produit rarement d'autres , et demande que sa surface ne soit recouverte 
que d'une ou deux lignes de terre , dont môme il se débarrasse bientôt. Les 
bulbes ècailleux se recouvrent de deux à quatre pouces de terre , selon leur 
force et le poids de la tige et des fleurs qu'ils auront à soutenir ; mais , 
parmi les bulbes tuniques, il y a de grandes différences dans la profondeur 
que les uns réclament avec celle exigée par d'autres. Ainsi, les Tulipes et les 
Jacinthes peuvent être recouvertes de deux, trois et quatre pouces de terre , 
tandis que beaucoup d'Amaryllis, de Crinum, de Pancratiiim , veulent n'a- 
voir d'enterré que leur plateau. Si, dans nos cultures, nous les enterrons un 
peu plus , ce n'est que pour la solidité , jusqu'à ce que les nouvelles racines 
qui doivent sortir du plateau attachent fortement l'ognon à la terre. D'ailleurs, 
plus les ognons sont gros , plus , ils sont sujet à se gâter , et moins on les 
enfonce, soit en pot, soit en pleine terre. 

L'arrosement des ognons nouvellement rempotés doit être très-modéré ; on 
doit se borner à empêcher la terre de se trop dessécher , jusqu'à ce que les 
feuilles commencent à pousser ; alors on augmentera peu à peu les arrose- 
mens, qui , plus tard , ne devront pas être plus ménagés que ceux des autres 
plantes vigoureuses; car, pour les plantes délicates ou mal portantes, les 
arrosemens doivent leur être administrés avec ménagement et beaucoup do 
circonspection. 

Les plantes bulbeuses à feuillage persistant ont aussi les racines persistanles 



par la môme raison ; consèqucmmeDl elles oe peuvent pas être traitées dans le 
rempotage comme les plantes bulbeuses, à feuilles caduques ; elles appartien- 
nent toutes à la classe des Monocotylôdones , et l'on sait que les racines de la 
plupart des plantes de cette classe ne s'alongent plus lorsqu'elles sont coupées, 
qu'elles n'envoient plus de nourriture à la plante, qu'elles sont devenues inu- 
tiles et même nuisibles, en ce que souvent elles pourrissent : il est donc im- 
portant de ne pas les raccourcir ni les blesser dans le rempotage. Pour 
atteindre ce but, j'ai un couteau dont le bout du manche opposé à la lame est 
muni d'un petit crochet de trois dents : avec la lame , je pratique plusieurs 
fentes autour de la motte du haut en bas, éloignées d'environ deux pouces 
l'une de l'autre, et pas plus profondes que le fapissage des racines , et avec le 
crochet je dégage les racines et fais tomber la terre usée, que je remplace par 
de la terre nouvelle en rempotant et en remplissant le pot. 

Règles de culture applicables aux plantes exotiques ; par M. Soulaxge- 

BODIN. 

Une plante en pot, dans quelques circonstances favorables qu'elle se trouve, 
est cependant dans un état contre nature; elle est plus sujette à périr que ses 
congénères vivant en plein air dans le sol commun , et elle demande par con- 
séquent des soins artificiels beaucoup plus délicats, beaucoup plus assidus que 
ces dernières. Si cette plante est placée sur une tablette ou sur un gradin, on 
conçoit qu'elle est exposée à plus d'accidens qu'une autre semblable aussi 
cultivée en pot , mais plongée dans le sol , et entourée de terre, de terreau, de 
tannée , ou seulement de feuilles et de lilière. La partie la plus affaiblie , la 
plus maltraitée , la plus susceptible de leur individualité, est précisément 
celle qui, dans leur condition naturelle aurait offert le plus de force, le plus 
de résistance à la destruction , le plus de dispositions vivaces : la Racine. C'est 
donc surtout cet organe, d'ailleurs si robuste, si tenace, si éminemment vital, 
et qui, dans les plantes à tiges caduques , supporte et nourrit ce plateau qu'on 
appelle nœud vital, d'où, comme du fond d'un berceau , surgit annuellement 
une postérité indéfinie, une race créée sans mère apparente ; c'est cet organe, 
disons-nous , auquel le défaut d'une température constante, d'un degré d'hu- 
midité convenable, est beaucoup plus contraire que toutes les vicissitudes 
atmosphériques. En effet, dans la culture en pleine (erre, le sol, surtout s'il 
est tenu par la culture, en état d'ameublissement et de porosité, reçoit et 
rend avec lenteur la chaleur et l'air ; et tandis qu'en pleine campagne la tem- 
pérature de l'air pourra varier de 20 à SO degrés, dans le cours de vingt-quaire 
heures , on trouvera que la température du sol , à la profondeur de 2 pouces 
seulement, présentera à peine un degré de différence. Quanta l'humidité , il 
n'est point de cultivateur qui ne sache que dans une terre de bonne composi- 
tion, tenue constamment meuble, quelle que soit la quantité de pluie qui tombe 
sur la surface, le sol n'est jamais saturé d'eau , pas plus que , dans les temps 



— lo-i — 

(le sécheresse , il ne sera Lrùlé par la clialeur , al tendu que la lexlurc poreuse 
du sol et du sous-sol est à la fois favorable à l'écoulement de l'eau surabon- 
dante, et contraire à sa trop grande ôvaporation ; un sol bien divisé s'échauf- 
fant d'ailleurs beaucoup moins à la surface , et se laissant moins profondé- 
ment pénétrer par la chaleur que ne le ferait un sol , compacte et serré. Or il 
est aisé de voir que ces propriétés du sol , dans leurs rapports avec les plantes 
ne peuvent pas être mises à profit dans leur éducation en pots, et moins encore 
lorsque les pots sont placés de manière à être constamment environnés d'air. 
Dans cet état , en effet , quelque soin que le jardinier y mette , une alternative 
continue de températures différentes s'opère et se succède autour des parois 
extérieures du pot, et la matière compacte, dont ce pot est lui-même composé, 
étant un conducteur de chaleur plus rapide qu'une terre spongieuse, ces vicis- 
situdes de température doivent promptement atteindre et affecter le réseau de 
racines qui tapisse les parois intérieures. Il en sera de même de l'eau , par 
rapport à une plante cultivée dans un vase environné d'air. Si la terre qu'il 
contient est convenablement composée, et qu'il puisse facilement s'égoutter, 
l'eau passe et s'écoule à travers la masse aussitôt qu'elle a été versée sur la 
surface, et le sol se trouve, à l'instant même , dans un état favorable à la 
végétation ; mais comme l'èvaporation continue à la surface et par les côtés 
du pot , aussi bien que la transpiration de la plante, cet état momentanément 
favorable le devient par degrés de moins en moins, et si l'on n'y remédie par 
un prompt arrosage , la terre se dessèche , la plante se fane, et celle-ci est 
exposée à périr soit parle manque d'eau, soit par son application soudaine et 
trop répétée. C'est ainsi que les racines d'une plante cultivée dans un pot envi- 
ronné d'air , comme ceux que l'on dépose sur les gradins d'une serre tempérée, 
sont tour à tour transies ou brûlées par le froid ou par la chaleur , et noyées 
ou altérées par l'excès ou le manque d'eau , et il ne faut en vérité rien moins 
que la vigilance continue d'un jardinier habile et dévoué pour préserver cette 
plante d'une complète destruction. C'est là , sans contredit , une des causes 
qui contribuent le plus au mauvais état et à l'aspect misérable des plantes , 
dans les serres mal tenues. Cela démontre l'avantage de tenir les pots plongés 
dans du sable, des cendres, delà terre , de la sciure de bois , du tan, ou toute 
autre substance non conductrice ; de les tenir ombragés avec des feuilles , de 
la paille ou de la mousse , ou même de les placer sur des plates-formes re- 
couvertes d'une pierre froide , qui ne permettent pas l'accès de l'air inférieur, 
comme font les gradins à jour des amphithéâtres. On se trouve très-bien aussi, 
lorsqu'à l'aide d'une petite tringle en bois, rapportée le long des deux côtés 
des tablettes , on peut y étendre et y retenir une légère couche de sable mêlé 
de petites pierres poreuses, sur laquelle ou place les pots, qui reprennent dou- 
cement, par leur paroi inférieure, l'eau qui s'est répandue hors des vases 
au moment de l'arrosage , eau qu'aspirent doucement, avec un grand avantage 
pour le végétal , les radicules qui tendent à s'échapper par l'ègout du fond. 
Une imitation exacte des procédés de la nature ne conduit pas toujours au 
TOME 111. 20. 



trailenicnl le plus propre à des plantes que l'on peut dite appartenir au do- 
maine de l'art. Celte imitation est évidemment erronée et fautive lorsqu'on 
l'applique à des plantes de culture, telles que la plupart des végétaux culi- 
naires et des arbres fruitiers ; mais elle est rationnelle et correcte lorsqu'on 
l'applique à des plantes dont les habitudes sont invariables, comme les 
Bruyères , ou à des plantes dont on est intéressé à conserver les caractères et 
les habitudes quelles ont à l'état sauvage, comme, par exemple, les plantes 
médicinales, dont les vertus sont d'autant moins énergiques et efficaces qu'elles 
sont plus soumises à la culture. 

Mais, quoique l'imitation de la nature ne soit pas toujours le meilleur 
mode à suivre , cependant aucune espèce de culture ne peut réussir si elle ne 
se fonde pas sur la connaissance et l'application des principes naturels. Ainsi, 
il ne faut attendre aucun bon résultat d'une culture qui ne considère pas l'im- 
portance des racines et des feuilles , comme principe et base de toutes les 
autres productions de la plante, et comme l'agent réciproque du développe- 
ment des unes et des autres ; qui ne reconnaît pas l'action de la lumière sur la 
maturation des feuilles, l'influence de la chaleur et de l'humidité sur l'ac- 
croissement du végétal, etc., etc. 

Le principe vital cesse d'exister dans la plupart des plantes, quand elles sont 
détachées du sol et environnées d'air. Ou peut dire la même chose des par- 
ties de plantes détachées artificiellement , comme branches , scions , feuil- 
les , etc. ; mais il n'en est pas ainsi des bulbes et tubercules , qui sont des 
plantes entières en embryon, et qui, comme les semences, qui sont une 
même chose , peuvent être tenus hors du sol pendant un certain temps. Le 
principe vital , dans les plantes détachées du sol et dans les bourgeons, feuilles 
ou fleurs détachées de la plante, peut être conservé pendant une longue période 
en diminuant l'évaporation de leurs surfaces, soit en les enfermant dans une 
boite ou dans une caisse , soit en les empaquetant dans de la paille rompue , 
de la mousse, etc.; et c'est là ce qui fonde l'utilité et la théorie des différentes 
sortes d'emballages. La vie peut se conserver plus longtemps encore en insé- 
rant les racines ou les terminaisons radicales des bourgeons ou des feuilles 
dans le sol, dans de la mousse humide, de la pBÎUe, ou toute autre substance 
qui peut leur fournir un degré modéré d'humidité. On voit ainsi que les plantes 
à l'état dormant ne le sont pas autant qu'elles paraissent , mais qu'il existe 
toujours une certaine circulation ou mouvement de sève , une dissipation de 
la vie , qui demande une restauration proportionnelle, 

[La suite au prochain cahier). 

Sur une manière encore feu connue de greffer la Vigne; par M. LoiSELEtiR- 

Deslonscha^ips. 

Les annales de la Société d'Horticulture contiennent un article extrait du 
Gardner'''$ Magasine, sur la manière dont M. Pillans, horticulteur anglais, 



— lo.> — 

cultive la Vigne en serre chaude, dans lequel il est dit que ce jardinier écus- 
soune un œil de Vigne en niars, cl que quatorze mois aprrs, en avril ou en 
juai , il en obtient une très-belle plante portant plusieurs grappes de Raisin. 
M. Laurence, auteur de l'article cité, regarde comme une découverte im- 
portante, ce procédé auquel il donne des éloges extraordinaires; il le présente 
comme pouvant être d'un grand avantage, et il dit que, par ce moyen, M. Pil- 
lans espère , en le pratiquant en différentes saisons, obtenir des Raisins mûrs 
pendant toute l'année. Je suis loin de vouloir contester les éloges que M. Lau- 
rence donne au procédé de M. Pillans, je suis au contraire tout prêt à y 
souscrire , et je désire que celte pratique devienne assez familière à nos jardi- 
niers français pour qu'elle puisse, entre leurs mains , produire lous les avan- 
tages qu'on s'en promet en Angleterre; mais je suis obligé d'averliren même 
temps que j'ai ouï dire, à plusieurs praticiens, que jusqu'à présent on avait 
peu réussi , en France , à pratiquer la greffe en écusson sur la Vigne , et que 
c'était une chose très-difficile en elle même. En engageant nos horticulteurs 
à faire de nouveaux essais de la méthode de M. Pillans, je crois devoir aussi 
leur indiquer une autre sorte de greffe qui est beaucoup plus facile, et au 
moyen de laquelle on obtient des Raisins mûrs , au bout de six à sept mois 
seulement, c'est-à-dire à l'autorano , quand on a greffé à la fin de l'hiver ou 
au commencement du printemps. Celle sorte de greffe , si elle n'est pas 
entièrement nouvelle, est au moins encore peu connue et peu répandue, à ce 
que je crois; c'est ce qui m'engage à la publier, avec l'assentiment de M. Fil- 
lietle , qui , depuis plusieurs années , la pratique avec beaucoup de suc- 
cès dans ses pépinières situées dans la commune de Ruelle , à deux lieues et 
demie de Paris sur la route de Saint-Germain, et, celle année encore, il a eu 
une nouvelle occasion de s'assurer de la bonté de son procédé, ainsi que je 
vais le dire. 

J'avais reçu, au mois de janvier dernier, de M. Robert, directeur du 
Jardin de la Marine , à Toulon , des sarmens de huit variétés de Vignes , que je 
donnai à M. Fillielte pour qu'il en fit des boutures; mais comme chaque 
variété se composait de plusieurs brins , cet habile cultivaleur employa trois 
à quatre de chacune d'elles à faire des boutures, et il réserva de chacune un 
autre remeau pour s'en servir à greffer. Ces boutures et ces greffes avaient 
d'abord été, pendant six semaines, séparées de leur lige, avant que M. Fil- 
lielte pût les melîre en terre; ensuite elles restèrent environ deux mois et 
demi avant qu'il les employât pour greffes , de sorte qu'on peut bien croire 
qu'après avoir éié séparées du cep, pendant quatre mois, elles avaient fort 
peu de sève. Cependant cela n'a pas empêché la plupart de ces greffes de 
réussir, et quoiqu'elles n'aient commencé à entrer que fort lard en végélation, 
une d'elles avait poussé, le 2-4 août dernier, des sarmens de plus de 8 pieds 
de longueur ; dans les autres , ils s'élevaient à 4 ou 6 pieds et deux d'entre 
elles portaient même du fruit. La variété dite plant de Marseille n'avait qu'une 
seule grappe; mais celle appelée Tribourin perlait quatre belles grappes 



l'ÔÔ 

de 8à 9 pouces do longueur. La maturité de toutes ces grappes est à la vérité 
un peu retardée, mais je viens d'en dire la cause , et on ne peut guère douter 
que si M. Fillielte eût coupé ses greffes sur des Vignes, au moment même , 
ou peu de temps avant de les insérer sur les sujets, ses Raisius ne fussent 
aujourd'hui beaucoup plus avancés. 

La greffe de la Vigne est une chose connue depuis longtemps, puisque 
Catou l'Ancien [de Re rusticâ , cap. 41) en parle. L'agronome romain indique 
même trois manières de faire cette greffe. La première est la greffe en fente 
ordinaire, comme on la pratique pour les arbres fruitiers; la seconde est celle 
par approche, entre deux ceps voisins, et la troisième consiste à percer un 
sarment avec une tarière pour y introduire deux brins d'une autre Vigne , de 
2 pieds de longueur ; ensuite on fixe le tout au sol après avoir lié la greffe , 
l'avoir enduite d'un mastic , et on finit par la recouvrir de terre. Cette greffe 
couchée et enterrée se rapproche sous ces derniers rapports , de celle que 
pratique M. Filliette; mais le procédé de ce dernier, que je vais décrire , est 
beaucoup plus facile à exécuter et probablement bien plus sur. 

M. Filliette greffe sur sarmens , en mettant en pratique une modification 
de la greffe en fente à double encoche, dite à VAiicjlaise , et pour cela, il 
taille, à un pied et demi du cep ou environ, tous les sarmens vigoureux 
qu'un pied de Vigne a pu fournir l'année précédente ; il coupe ensuite entre 
deux yeux chaque sarment en bec de flûte, en donnant à sa coupe environ 
deux pouces de longueur; puis il dispose , par une coupe faite de même en 
bec de flûte, sa greffe qu'il forme d'un sarment d'un an , ayant 10 à 12 pouces 
de longueur et trois à quatre yeux. Le tout étant ainsi préparé, il fait, avec la 
serpette , tant dans le sujet que dans la greffe , une fente autant que possible 
perpendiculaire à la moelle, en la commençant au milieu de la coupe des 
deux sarmens, et en lui donnant 10 lignes ou au plus un pouce de profondeur. 
Après cela , il oppose l'une à l'autre les deux coupes du sujet et de la greffe, 
de manière que, se trouvant en sens opposé , elles puissent s'appliquer im- 
médiatement, et que les deux languettes qui résultent de la fente pratiquée à 
la greffe et au sujet, soient introduites dans les encoches qui se trouvent natu- 
rellement vis à vis, et de manière qu'après que chaque languette a pénétré 
dans l'encoche qui lui est opposée , la greffe adhère dès lors assez bien au sujet; 
mais pour l'y maintenir plus intimement unie , M. Filliette y applique quel- 
ques tours d'un mince osier ou d'un gros fil de laine, et il termine l'opèralion 
en recouvrant de o à 6 pouces de terre sa greffe couchée et fixée sur le sol , 
dans un petit sillon suffisamment profond, en ne laissant sortir qu'un ou deux 
yeux hors de terre. 

C'est dans la dernière quinzaine de mars que M. Filliette fait ses greffes, et, 
au mois de novembre suivant, chacune d'elles peut être séparée du pied-mère » 
lequel a fourni autant de sujets enracinés, qu'il y avait de sarmens sur le cep» 
et ce qui forme, par conséquent, autant de marcottes greffées, lesquelles ont 
poussé des racines, non-seulement du sarment placé au-dessous de la greffe, 



— 137 — 

mais de la greffe elle-même; ce qui assure , autant que possible , la reprise, 
lorsqu'on a besoin d'en faire la transplantation. 

Sur la (jrc/Te du Miirier; par M. Van Mons. 

M. Bonafous, de Turin , a employé, pour multiplier le Mûrier blanc , dont 
la croissance est si lente, la greffe en flûte ou en chalumeau, sur le mûrier 
des Philippines {morus inculta). Il a pratiqué cettQ greffe d'abord sur des 
boutures d'une année , coupées à deux ou trois pouces au-dessus du sol , et 
ensuite sur les tiges retranchées do ces mêmes boutures, coupées par mor- 
ceaux de sept à huit pouces, qu'il plante immédiatement après les avoir greffées. 

Les greffes sur boutures enracinées ont fourni, dans une année, des tiges 
de cinq à six pieds de longueur et de 3 à i pouces de circonférence; les 
autres, quoique moins fortes, surpassaient encore beaucoup les plants 
de 4 à 5 ans de semis du Mûrier ordinaire. 

Le Mûrier des Philippines, dont la feuille, quoique plus boursoufflée et 
moins substantielle, peut suppléer elle-même à celle du Mûrier blanc, croit 
très-rapidement, et se propage de boutures aussi facilement que le Saule et 
le Peuplier. Cent boutures de cet arbre peuvent déjà fournir, à la seconde 
année, plus de deux mille boutures propres i\ être enracinées. 

L'année dernière un essai de greffe du Mûrier mullicaule et du Mûrier 
d'Inde a été fait sur franc de Mûrier blanc, et a donné le résultat suivant : 
de IS greffes placées par copulation, 2 seulement ont repris (1) ; de 12 pra- 
tiquées par fente , 8 ont eu du succès, et de 13 opérées de côté (greffe de côté 
pour remplacement ), 14 ont réussi et ont poussé à la hauteur que le plant 
de semis atteint la seconde année. Le multicaule a poussé beaucoup de bois 
latéral; r/«f/tca a produit peu de cette pousse : ses feuilles sont plus am- 
ples, plus épaisses et d'un vert plus foncé que celles du muKicaule, avec 
lesquelles du reste, elles ont beaucoup de rapport. Les sujets opérés par co- 
pulation avaient deux ans, les autres quatre. L'opération a été faite vers 
la fin d'avril. Les greffes du multicaule avaient été cueillies en hiver, celles 
de l'/«c?ica a provenaient d'un pied reçu dans le moment d'Amérique. J'attri- 
bue le plus grand succès de la greffe sur côté , à ce que la tête du franc n'a 
pas dû être amputée. La greffe de côté a été modifiée comme celle de rempla- 
cement. Une portion de boisa été excisée pour le logement de l'œil inférieur, 
qui doit regarder la tige. La flûte par anneau ou l'écusson circulaire et à 
œil poussant, dispenserait également de l'étêtement ; mais la circulation en 
serait plus généralement interceptée; il est vrai que le bois serait épargné. 
La flûte présente l'inconvénient du frottement qui écrase l'aubier, et expose 
l'œil à être ridé, ce qu'on évite en divisant le tuyau d'écorce longitudina- 
lement avant de l'appliquer. 

(1) I. 'essai a <Hé fait par le sieur De Mrestcr , lrt;-.-liabiIe dans la greffe par copulation. 



138 



PLANTES D'AGRÉMENT. 

Pivoine moutan. Vab. a pétales étendus; Pœonia moiitan; V. extcnsa. 

PI. col. 57. 

M. F. Vandermaelen persévère , et avec succès , dans sa méthode des semis. 
Parmi les productions nouvelles qui se sont déjà montrées, cette année, nous 
avons remarqué une belle suite de variétés de la Pivoine Moutan apparte- 
nantes à la calhégorie dite Papnveracen , et toutes plus remarquables les unes 
que les autres, soit par l'éclat et la vivacité des couleurs, soit par la beauté et 
l'amplitude des formes. Nous donnons ici , sous le n" 61 de nos planches 
coloriées , la figure de l'une de ces variétés , qui , à cause de la grande 
étendue de ses pétales , a reçu le surnom de extenso. La ligure supplée à 
toutes les descriptions que nous pourrions faire de cette charmante fleur ; seu- 
lement la peinture , pas plus que nos phrases descriptives, ne saurait rendre 
cette suavité de couleurs qui donne le beau pourpre du lilas dans toute l'in- 
tensité qu'on peut lui supposer, sans sortir des limites de cette nuance. 

Une autre variété que nous avons surnommée amplissima , donne l'idée de 
la corolle de la pivoine dans des dimensions vraiment gigantesques. Nous 
avons compté sept fleurs sur une plante de quatre ans de croissance, à partir 
du semis , et qui fleurit pour la première fois; la moindre de ces corolles me- 
surait neuf pouces. Les pétales, médiocrement nombreux, quoique la fleur 
soit assez pleine , ont leur onglet d'un pourpre cramoisi , entouré vers le limbe 
de stries courtes et divergentes de la môme nuance ; les bords des pétales 
irrégulièrement, mais agréablement festonnés, sont d'un rose très-tendre, 
presque blanc. Les anthères sont d'un beau jaune doré. Les feuilles sont 
pétiolèes, biteruées, à folioles irrégulières et réticulées, d'un vert presque 
uniforme , avec une faible teinte purpurine à la base des pétioles seulement. 

Une variété Carnea se distingue de toutes celles que nous avons observées 
jusqu'à présent , par un ton de couleur que l'on ne rencontre que dans les plus 
belles carnations. Les dimensions de la corolle sont beaucoup moindres que 
dans les deux variétés précédentes, néanmoins elles surpassent encore celles 
des plus grandes fleurs de la Pivoine officinale. La foliaison est aussi d'un bel 
éclat; le vert intense des folioles est relevé par des veines et une légère bor- 
dure d'un pourpre assez vif. 

La pureté de l'incarnat des pétales , que l'on ne peut comparer qu'à la 
fraîcheur du coloris qui brille sur les joues d'une jeune vierge, nous a porté 
à donner à une quatrième variété le surnom de Virqinca. Son feuillage, 
presque conforme à celui de la variété qui précède , ne lui cède ni en élé- 
gance, ni en vivacité. 

Enfin nous mettons, à regret , un terme à nos citalions que nous craignons 



\ 




lo9 — 



niOino d'avoir rendu trop nombreuses, par celle d'une variété que nous sem- 
blent pouvoir faire surnommer Occllnta , les nuances extrêmement vives et 
intenses qui décorent les onglets, et les font ressortir comme autant d'yeux 
accumulés autour et sur le placenta. 



CONSTRUCTIONS HORTICOLES. 

Clôtures, grilles, barrières, etc. 

Plusieurs correspondans , en nous témoignant leur gratitude de nos efforts 
pour varier autant que possible , la matière de l'Horticulteur Selge , sans 
nuire aucunement aux articles d'utilité principale , nous rappellent la pro- 
messe que nous leur avons faite de consacrer, de temps à autre , quelques 
pages du journal à la reproduction et à la description des moyens d'embellir 
les jardins. Nous nous empressons des ce moment, de nous rendre à leurs 
désirs, et nous entamerons cette partie de nos obligations par quelques re- 
cherches sur les grilles et barrières qui sont, après le tracé de l'enceinte 
d'un jardin ou d'une propriété , les premiers objets qui doivent fixer l'atten- 
tion de l'architecte et de l'homme de goût. 

Une clôture générale est toujours indispensable ; il faut qu'elle garantisse 
la propriété de toutes les dégradations auxquelles elle peut être exposée et 
c'est à quoi ne suffisent pas toujours les haies ; les plantations auxquelles 
on a recours d'habitude comme étant le moyen le moins coûteux ; mais 
celte clôture naturelle ne peut être rendue complète et efficace que par le 
temps , et le temps est toujours à regretter. 

Quant aux moyens artificiels , ils se présentent en foule , mais il est indis- 
pensable que l'usage et la disposition soient parfaitement convenables, 
qu'elles n'offrent rien de choquant à la vue, et c'est là que, souvent , se trouve 
recueil. 

La clôture en bois ou en briques, convient à la ferme et au manoir bour- 
geois ; le jardin de plaisance , le château ou le parc réclament la clôture en 
fer et en pierres de taille ; et il faut toujours les établir de manière qu'elles 
puissent concourir au décor comme à la sûreté. La clôture en bois peut être 
à claire -y oyes , c'est-à-dire formée de perches en sapin, et assujelies entre 
elles par des traverses clouées, ou pleine, en planches de chêne, d'égale 
hauteur, unies par une emboiture : des contreforts et des poteaux placés à 
distances sur l'un de ses côtés donnent à cette clôture une grande solidité. 

Sans doute, pour la défense, les clôtures en briques sont préférables à 
toutes celles en bois , mais la monotonie d'une longue muraille a ses désa- 
grcracns; son aspect est bien triste , à moins que l'uniformité ne soit rompue 



— 160 — 

par quelques accidens pittoresques, tels que des éperons, des tours, des ruines 
gothiques, couronnées de Lierres vénérables dont la couleur se marie si har- 
monieusement avec les vestiges mousseux , qui attestent les ravages du 
temps, etc. ; alors ces accidens, s'ils sont employés avec intelligence, viennent 
rendre supportable le froid parallélisme d'un cordon de muraille. 

La grille d'enceinte, quoique peu susceptible de variations est sans con- 
tredit ce qu'il y a de plus admirable : entre d'éîégans pilastres , l'œil peut 
se récréer de charmans tableaux , de magnifiques point-de-vuQ , ou de riches 
paysages. 

Tels sont les quatre moyens principaux d'enclore évidemment une pro- 
priété ; on peut leur en substituer d'inaperçus et même ce sont ceux auxquels 
on donne la préférence dans la plupart des constructions modernes ; c'est 
avec d'autant plus de raison qu'ils sont mieux à la portée de toutes les posi- 
tions sociales. Les moyens inaperçus de clôtures sont des tranchées dont le 
fond peut être couvert d'eau, ou garni d'un mur qu'on laisse à peine affleurer 
le sol. Quelquefois la limite de la propriété peut, avec les déblais et à 
l'aide de terres rapportées, se trouver plus ou moins exhaussée, et c'est un 
grand avantage, car, de l'habitation, la vue peut planer sur tous les envi- 
rons, tandis que le parc n'est jamais dominé. C'est surtout quand les bâli- 
mens ne sont point à de grandes distances de la clôture, que l'on apprécie 
l'avantage de ce moyen qui permet d'adapter au terrain tous les embellisse- 
mens dont il est susceptible ; les terrasses se prêtent admirablement à rece- 
voir ou un parapet ou une balustrade qui lient d'une manière élégante les 
bâtimens aux parterres et en font ressortir tous les effets; mais l'application 
de ces moyens exige une grande étendue et ne peut conséquemmentêtre faite 
qu'à certaines propriétés où la perte de terrain n'est que de peu d'importance. , 
Dans celles d'une superficie médiocre et où rarement l'on a des sources ou 
des eaux courantes à sa disposition, il faut se contenter de tranchées sèches, 
alors il est avantageux d'en restreindre le plus possible la largeur et de les 
rendre inaccessibles par des pieux enfoncés , inclinés , serrés solidement , liés 
et dont on effile l'extrémité , afin que la barrière ne puisse être impunément 
franchie. 

Les clôtures qui ne doivent point servir à la défense , mais seulement inter- 
dire tout accès aux bestiaux , peuvent être construites avec beaucoup de légè- 
reté et rendues presque invisibles à l'aide d'encadremens en fer, établis et 
scellés sur des dalles et garnis d'un trillage en fils de même métal que l'on 
recouvre d'une couleur verte , autant pour rendre la dissimulation plus par- 
faite que pour préserver le métal de l'action continue et simultanée de l'air et 
de l'eau. 

Les divers modèles que nous esquissons dans les deux planches de ce 
cahier suffiront, nous aimons à le croire, pour faire naître une multitude 
d'idées nouvelles et le mieux appropriées aux sites que l'on voudra clore 
et décorer. 






{iil^^î^ll 



— 161 - 

EXPLICATION DES PLANCHES. 

Fig. 1 . Clôlure d'enceinte en planches avec contreforts plus ou moins distans. 

Fig. 2. Grille en bois, avec barrière idem et pilastres en briques ou en pierres. 

Fig. S. Grille en fer, avec pilastres èlégans en pierre. 

Fig. -4, b, 6, 7, 8. Treillages pour haies ou clôtures à claires voies. 

Fig. 9, 10. Barrières en bois de grume, dont on peut varier considérable- 
ment le dessin. 

Fig. 11. Porte de jardin dont les jambes servent de volière, tant de haut 
que de bas. 

Fig. 12. Grille d'entrée en fer, d'un ordre très-simple. 

Fig. 13. Grille en fer, entourant un monument. 



MËLVNGES. 

Tableau de la plupart des plantes utiles dont ^introduction a été faite ou 
du moins essayée depuis 30 ou 48 ans. Par M. Soclanges-Bodin. (Fin), 

Timothy. Ce n'est qu'en 1817 ou 1818 que les écrits du comte d'Ourchea 
ont rendu un peu étendu l'emploi de ce fourrage connu dès 1780. 

Monique laineuse, Herd-grass, Vulpin des prés, Dactyle, Fétuque de diver- 
ses espèces, Pafurin de diverses espèces , l'7oMi7e odorante, etc. C'est depuis 
vingt-cinq à trente ans seulement, que l'emploi des espèces ci-dessuset de quel- 
ques autres bonnes graminées indigènes, a pris une certaine extension pour 
la formation des prairies naturelles. Celte amélioration est due surtout aux 
récoltes étendues et aux cultures ad hoc que Vilmorin a faites de ces 
plantes fourragères. 

Moha de Hongrie, fourrage annuel ; vers 1818; aux environs de Metz 

d'abord. 

Arachide. Sa culture avait bien réussi dans le département de Landes, vers 
1804, par les soins du préfet Méchin; mais, depuis , cette culture est tombée. 

Phormium tenax. Essayé en petit, depuis environ quinze ans ; il offre quel- 
ques espérances de succès pour le raidi de la France. 

Chicorée à café (citée plus haut). 

Un grand nombre d'autres plantes fourragères , céréales et économiques 
ont été introduites, recommandées ou essayées depuis trente et quarante ans. 
Les cultures de ce genre, que Vilmorin a réunies, contiennent plus de cent 
cinquante espèces ou variétés , que nous ne possédions pas auparavant (sans 
parler des grandes séries de Fromens, de Pommes de terre, etc., qui double- 
raient ce nombre) ; mais la grande majorité de ces plantes ne s'est pas établie 
jusqu'ici dans la culture, ou n'y a fait que peu de progrés. Parmi celles qui 
sont citées plus haut, il en est qui ne sont connues et cultivées que locale- 
ToMF. m. 21. 



— 102 — 

inenî . Peu de nouvelles espèces potagères Irès-marqiiantes ont été obtenues de- 
puis la ménse date. La Tétragonie e7o/ee, introduite en Europe par sir Joseph 
Banks, vers 1772, n'a commencé à se cultiver en France» comme légume, que 
depuis 1819, par suite des distributions du Jardin des Plantes , et des notes 
du comte d'Ourdies. — Quelques Pommes de terre hâtives ou d'une qualité 
supérieure, telles que la jaune lott'jue de Hollande , et la S liaiv, rapportée 
d'Angleterre par Vilmorin, en 1810, se trouvent aujourd'hui en abondance 
sur les mai'chés. Mais plusieurs autres plantes d'une introduction antérieure 
ont commencé, seulement depuis cette époque , à devenir très-usuelles , tel- 
les que : 

La Carotte courte hâtive , qui a fait des progrès immenses dans la culture 
maraîchère ; — le Chou d'York ; — le Chou à jets ; — le Chou marin ou 
Crambé maritime; — la Chicorée d'été, adoptée par les maraîchers de Paris; 

— l'Aubergine et la Tomate , transportées du Midi à Paris et dans le Nord, 

— la Patate, et cette année-ci même la Patate-Igname , envoyée de la Guade- 
loupe à Vilmorin; un grand nombre de Choux, Melons, Haricots, Fraisiers 
et divers autres légumes; enfin, à aucune époque, nos jardins n'ont fait autant 
de ces petites acquisitions de détails, parmi lesquelles il en est d'excellentes. 

Sur l'emploi de la soude factice comme engrais; par M. Van Mons. 

Nous trouvons dans l'Hermès , journal scientifique publié à Londres, que 
l'on fait usage en Angleterre de la solution de soude factice, comme engrais 
très-avantageux dans les localités où l'engrais animal est fort rare. Des 
plantes potagères arrosées avec une solution de carbonate de soude, ont 
dépassé en vigueur celles cultivées sur une couche de fumier. La dose est d'un 
kilogramme de soude par hectolitre d'eau. La soude factice est préférée à 
celle de varec. 

Je ne crois pas que la soude agisse comme engrais; il n'y a que les 
débris de matières organiques , fumier et autres , ayant subi la décompo- 
sition putride , qui puissent être admis dans la composition des plantes. Les 
autres substances stimulent et activent la végétation. L'acide carbonique ne 
peut se désunir de la soude pour se porter aux racines ; et si le carbonate 
indècomposé était aspiré , on ne sait quel bien il pourrait en résulter pour la 
végétation. La soude de varec ne contient pas d'alcali à l'état de carbonate : son 
sel consiste entièrement en un peu de sel d'iode et beaucoup de sel de cuisine. 

Effets de t hiver de 1835-1836, sur quelques plavtes exotiques, laissées en 
pleine terre; par M. P. E. De Pdydt. 

La plupart des hivers qui se sont succédés depuis 1830-1831 , n'ont donné 
que des résultats peu décisifs pour les acclimatemens, à cause delà douceur 
de leur température. Celui de 1833-36 au contraire , long, variable et sou- 
vent très-froid , a donné lieu à des observations importantes , et l'on peut con- 



— 163 — 

sidérer comme dôcidèmenl acclimatées chez nous, la plupart des plantes ou 
arbustes qui l'ont supporté. 

Voici le le résultat de quelques essais tentés à Mons, dans mon jardin qui 
est entièrement garanti des vents du nord et ouvert au midi. 

Des Canicllia Japonica, plantés en plein air, sans aucune couverture, et 
en terre de bruyère , ont paru supporter très-bien la gelée, et devoir en être 
quittes pour la chute de quelques feuilles seulement; mais après les derniers 
froids ils sont morts : l'écorce s'élant détachée près de terre. Un seul pied, 
très-chétif et de la même espèce , abandonné dans un coin , en terre ordi- 
naire , a survécu et commence à végéter. Il est à remarquer que celui-ci n'est 
que très-peu exposé aux rayons du soleil. 

Un autre pied de la variété surnommée Altheœflora, avait résisté à la gelée, 
quoique sa pousse n'eut pas été bien aoùtée, mais le premier soleil a des- 
séché l'écorce immédiatement en dessous de la greffe. Il me parait résulter de 
celte dernière observation, que les variétés de Camellies à fleurs doubles peu- 
vent être plus robustes que celles à fleurs simples. 

En général les arbustes délicats ne supportent que très-difficilement les 
alternatives de gelées sombres et de soleil; l'exposition du nord, parfaite- 
ment abritée , paraît leur convenir beaucoup mieux que toute autre. 

Deux Grenadiers {Punica granatum), l'un de 10 et l'autre de 1 S ans de 
semis , placés également en plein jardin , sans abri ni couverture , n'ont au- 
cunement souffert de l'hiver; ils sont actuellement en végétation. 

Un pied de Fuchsia (jracilis, planté en terre ordinaire, à l'ombre, repousse 
vigoureusement du collet ; il n'a été garanti par aucune couverture. 

Quelques petits arbustes de la Nouvelle-Hollande , tels que Chorizema , 
Brachisema, etc., des Erica, des Iwla, des GlacUolus, et autres plantes du 
cap de Bonne-Espérance, ont péri aux premières gelées. 

Les Yuccas, indiqués dans le Bon Jardinier, comme passant l'hiver en plein 
air sous le climat de Paris , se comportent de même sous le nôtre ; mais il 
faut les abriter des grands vents qui détruisent complètement leur feuillage 
si lent à se reproduire. 

Un Figuier, placé contre un mur au midi, mais sans aucune couverture, 
n'a pas souffert le moindre dommage; il est maintenant couvert de feuilles. 
L'histoire de ce Figuier est assez curieuse : il fut trouvé entre les pavés d'une 
cour au commencement de l'été de 18 Jd ; il y avait levé de graine et grâces , 
sans doute, à un toit qui le garantissait, il avait passé dans cette situation , 
son premier hiver, en perdant seulement la partie supérieure de sa tige. Mis 
en pot cl en serre l'hiver suivant , il se fortifia et fut placé au lieu où il 
est encore maintenant, et où il vient de supporter son deuxième hiver. La 
feuille de ce Figuier , est fortement laciniée et comme palmée ; on présume 
qu'il provient d'une graine de la figue connue , dans le commerce, sous le nom 
de Fujus do Sinyrne. 

Le Lohclla cocolnen , variété plus nouvelle et non moins brillante que 



— 164 — 

le Cardinalis, le Fulgens, etc., supporte très-bien le froid, sans aucun des soins 
qu'exigent plus ou moins impérieusement les autres. 

Quelques plantes herbacées ou sous-ligneuses , dont les tiges périssent 
chaque hiver, jusqu'à la racine, n'ont point encore reparu , mais la tempé- 
rature constamment sévère du mois de mai en est peut-être la seule cause ; 
nous verrons bientôt. 



BIBLIOGUAPIIIE. 

BoTANiCAL Register , or ornamenfal Floicer-Garden, etc. Par J. Lindlky. 
Nouvelle série, tome IX, n" -4. Mai 1856. 

1851. ONCiDiua ALTissiMLM. Pseudohulbïs suhrotandis, compressis, ancipi- 
iibus ; foliis distichis , ensiformibus , carinatis , aciitis, scapo decurvo multo 
brevioribus; racemo simplici ; sepalis petalisqne libelli longitudine lineari- 
tanceoîatis, undiilatis; labello apice dilatato , bilobo, medio contricto, basi 
aunciilato ; crisfâ enneadactijlâ ,• columnœ aîis rotundatis, crenulatis. 

Epidendbum ALTissiMUM. Jaco, Stlip. Am. 229. t. 141. 

Il paraît, d'après des observations récentes du professeur Lindley, que l'on a 
confondu sous le nom de Oncidium altissimum , deux espèces réellement 
distinctes, et que la véritable , connue de Jacquin et produite par lui sous 
le nom d'Epidendrum altissimum , n'est pas celle qui a été donnée dans 
notre recueil , d'après len- 16S1 du Botanical Register, et qui fait partie de 
notre cahier du mois de février 1834, mais bien celle que nous figurons 
aujourd'hui. La première a dû en conséquence, changer de dénomination spé- 
cifique, et l'on a substitue au mot altissimum , celui de Baueri. En compa- 
rant attentivement ces deux èpiphytes , on observe bien quelques différences 
non-seulement dans l'étendue des corolles , mais encore dans la forme et la 
disposition des taches sur les sépales et les pétales; cependant les fleurs des 
orchidées en général sont sujettes à de si grandes variations, surtout dans nos 
températures factices, que l'on ne doit point s'étonner que les deux espèces 
aient été confondues jusqu'à ce jour; et ce qui portait encore plus à l'erreur^ 
c'est que toutes deux ont les Antilles pour patrie. 

1852. Crat.i.gus okikntalis. Foliis siihtrifidis , inciso-serratis , basi cu- 
ncafis, iomeniosis ; fructibiis 4^S-pyrenis , glabris, sphœricis, midis; pii- 
t aminé crassisaimo. 

MiSPILUS 0RIF.NTALIS. TorRXtF. It. Vol. 2. 172. 

Cet Alisier, dont nous ne trouvons, dans l'ouvrage anglais , que des fruits 
représentés sur un rameau, aurait , selon Tournefort qui parait avoir observé 
l'arbre pendant son voyage au Levant, des fleurs peu différentes de celles 
de notre aubépine. Pu resle comme l'espèce se trouve en ce moment dans la 



— 16S — 

coUcclion (les plantes vivantes de la Société d'horticulture de Londres, rien 
ne s'opposera désormais à sa propagation et nous serons plus tard à même 
d'en donner une figure complète. 

18oî. OrnitiiOoALxjm ciiLOROLKucua. Foliis acumiualis , cnnaliculatis , 
strictis , racemi corymbosi longitudlne ; filamenlis ovato-laiiceoîatis , acunii- 
natis, conformihiis, laciniis perianthii brevioribus : sepalis petalisque oblott- 
gis , obfusis. 

J/Ornilhogale à fleurs verdAtres, est originaire des environs de Valparaiso 
au Chili, d'où son bulbe, avec beaucoup d'autres non moins intéressans, a 
été envoyé, vers le commencement de l'année passée, à M. Cuming. La 
plante a fleuri au mois de juillet. 

1834. Camellia aponica. Var. Donckelaeri. On trouvera, page 63 du 
2« volume de l'Horticulteur Belge, la figure (pi. color. 29) et la descrip- 
tion de cette belle variété de Camellie du Japon qui a été obtenue par M. Van 
Donckelaer, jardinier en chef de l'Université de Louvain. La graine lui en 
avait été remise par le savant voyayeur M Van Sieboldt, qui l'avait recueillie 
lui-même , pendant son séjour au Japon. 

1833. Crat-eghs iuaroccana. Foliis cuneatis ^ glabris, ^-^-fidis, %-lobis- 
qtte : lobis integris , subfalcatis ; caltjcibus glabris ; fructlbus subrotundis , 
glabris, dipyrenis ; putamino crnssissîmo. 

C. Maroccana. De Cand. Prodr. 2. 628. — Pers. Encyc. 2. p. i7. 

C, Aronia. Decaisne. in Ann, se. nat. ser. 3, 264. 

MeSPILUS ARONIA. WlLLD. 11. 1007. 

1830. GoDETiA RXJBicuNDA. Erectu ; foUis Hiieari-lanceolatis , subdentatis. 
viridibus ; peialis stihrotundo-cimeatis, medula immaculaiis ; siaminibus 
alternis minoribiis ; antheris igncis , apice liiteis cassis; stigviatibus pallidis; 
capsulis linearibus, sessilibus, tnincatis; seminibus elongaiis . cuneatis. 

Cette espèce, avec celle décrite sous le n' 1849 , faisait partie d'un envoi 
de graines, adressé de Californie, à la Société d'Horticulture de Londres, par 
M. Douglas, qui l'a découverte en 18â4, dans les vallées de cette province 
septentrionale du Mexique. C'est une plante d'un aspect très-agréable, cl 
dont les jolies fleurs promettent d'ajouter un charme de plus aux plate-bandes 
de nos jardins. Sa tige, élevée de deux pieds environ, rameuse et légèrement 
pubescente , est garnie de feuilles linéaires , lancéolées , largement et faible- 
ment dentées, d'un vert éclatant , longues de deux à trois pouces. Les fleurs 
ont au delà de deux pouces d'étendue dans leur épanouissement ; le calice est 
presque conique , à tube court ; la corolle est composée de quatre pétales on- 
dulés, arrondis, un peu cunéiformes, d'un rouge de lilas tendre, avec l'on- 
glet d'un rouge de feu. Les huit ètamines sont allernalivcmenl plus grandes 
et plus petites; leurs anthères sont alongèes, dressées, avec leur extrémité ré- 
fléchie ; leur couleur à la base est la même que celle de l'onglet des pétales et 
jaune au sommet. Le style, plus long que les élamines, est terminé par uu 
stigmate à quatre lobes étalés , réfléchis ou roulés, d'un 1 1 inc pur. 



— 108 — 

18S7. Zygopetalom cochleare. Foliis plicatis , pedunculis unifions, radi- 
calihus , solitariis duplo lomjiorihus; scpalis pctnlisque ovalo lanccolatis , 
connivenfibus : inferioribus majoribiis ; lahello cochleato bilobo ; cristâ tians- 
versâ crenatâ. 

On doit à M. Knight , la connaissance de cette belle orchidée qu'il a reçue , 
l'an passé, de l'île de la Trinité, et qu'il a eu l'avantage de voir fleurir 
dans ses serres , au mois d'août. 



CuRTis BoTANicAL Magazine; or Flower Garden displayed , etc.; par 
W. J. HooKER, nouvelle série ; tome X, n"" 112 et 113, avril et mai 1836. 

â-479. Pekisteria. Nat. ord. oRCHinEjs. Gyn. mon. Perianthium gloho- 
sum. Sepala concava, suhcarnosa, hasi connata; ila calyx submonophylhs. 
Petala conformia paulà minor. Labellum camosum, medio articulatum ; 
dimidio superiore erecto apioe reflexo ; inferiore lobo titrinque dilatato. 
Columna hasi petalorum adnata , infeinè producta et labello continua, 
tdiinque in alam vcl lohum producta. Anthera ecristata, hilocularis, PoUi- 
nia 2 postice fissa; glnnduîâ sessili nudâ.. 

P. PENDULA. Scapo brevi , paucifloro ; columnœ alis seu lobis parvis por- 
rectis ; lahclli hasi disco cristato, crasso ; lobo superioro disco canaliculato 
ecristata. 

La ressemblance qu'a trouvée le professeur Hooker, entre la forme du 
gynostème d'une orchidée qu'on lui avait envoyée du Pérou , et la structure 
d'un pigeon l'a amené à proposer le mot Feristeria, dérivé de TspKTztpx , 
colombe, pour nom du genre nouveau dont cotte plante devait être le type; 
huit ans après, une seconde espèce est venue consolider le genre Peristérie; 
celle-ci a été découverte dans les forêts de Demerarie , et envoyée , l'an 
passé , à M. John Allcard , dans les serres duquel , à Stratford , elle a fleuri 
au mois de janvier 1836. 

Le pseudo-bulbe est grand, oblong, et profondément sillonné. Les feuilles, 
au nombre de trois ou quatre, sont lancéolées, ondulées, striées, longues 
d'un pied et larges de vingt lignes. De l'extrémité inférieure du pseudo-bulbe 
sort une hampe pendante, de cinq ou six pouces, cylindrique, épaisse de 
trois à quatre lignes, anuelée d'écaillés spathiformes peu distantes, et ter- 
minée par cinq grandes fleurs sphèroïdales , portées, chacune sur un pédon- 
cule épais et contourné, vert, avec sa base pourprée. Les sépales el les 
pétales sont orbiculaires, concaves, d'un jaune verdàtre , parsemés de points 
purpurins. Le labelle est d'une forme remarquable el toute particulière, 
gros, épais, charnu, avec son tube supérieur dressé jusqu'au delà de la 
moitié , puis réfléchi vers le sommet; le lobe inférieur est dilaté de chaque 
côté. L'un el l'autre sout jaunes, (inement pointillés de pourpre. Le gynos- 
tème est demi-cylindrique, adné à la base des pétales, formant en quelque 
sorte le prolongement du labelle sur lequel il semble se replier: il est aussi 



_ 167 — 

ililaliï de chaque côté on forme d'ailes , jaunâtre avec des taches purpurines 
irioins nombreuses que sur le lahelle. Les deux loges de l'anthère sont jaunes 
déprimées et les deux masses poUiniques obovales et d'un jaune doré. 

On cultive cette plante en serre chaude, dans le terreau de bruyère on 
dans la mousse qui en est saupoudrée , et on l'arrose souvent, mais avec mo- 
dération. On la propagé par la séparation des pseudo-bulbes immédiatement 
après que les fleurs sont flétries. 

3-480. LiPîuM Berf.ndif.ri. Annuum , monocjynum, imiUicaule , rnviosnm; 
caille angulata ; foliis alicrnis , Uncaribus , rirjiditisculis, çjlahris, nlucro- 
nnto-acuminatis , mnrginihits lœvibiis; floribiis &uhcorymhosis ; friiciihus 
rncemosis; sepalis bracleisque lanceolato-acmninatis , marginibus èerra- 
tulo-scabris ; capsiilis globoso acutis. 

Cette jolie et nouvelle espèce de Lin a été trouvée en 1828, dans le 
Texas, province du Mexique, par M. Berendier qui l'a cultivée dans son 
jardin où M. Drummond a pu l'étudier et la caractériser. Des graines en ont 
été envoyées par ce dernier , l'an passé , en Angleterre où les plantes qui en 
sont provenues étaient en fleur au mois d'août. 

â-481. CiijïiTOGASTRA. Nat. ord. MelastoîiacE-ï;, Dec. ^non. Calycis fîi&ns 
tutbinatus , pilosus mit squamosus ; lobi 6 persistentes. Pefala 8 obovata. 
Slaniinum filamenta glabra. Anthera; 10, elongatœ, consimiles , -porosœ ; 
connectivo basi producto , nunc in cnlcar simplex aut bifidum niinc in tii- 
berculn "2, obtusa , interdnm minima. Ovarinm libcrnm , apice setosum et 
sœpe dentlculatum. Capsula ^-loGuîaris. Semina cochîeata. 

C. GRACTLis. Herbacea , erecta, sub situ pie x , apice nuda; caule tereti 
tetmgono, villoso ; foliis snbsessilïbus, lanceato-linearibus , acutis, integer- 
rimis S-S-nerviis, villosis ; pedicclUs axillaribus, l-floris et ierminalibus 
ternis; calycis tubo ovato : lobis lanceolalis, acuminatis subœqiinli. 

C. Gracilis. De Cand. Prodr. 3. 133. — Chah, in Linneâ. 9. 407. 

Rhexia gracilis. Humb. pt Ktjnth. Rhex. l. S2. 

Le genre que De Candùlle à établi sous le nom de Cliœtognstra a , en com- 
mun avec toutes les Osbékiées, delà famille des mélastomacèes, un ovaire 
hérissé de soies raides à son sommet et c'est de ce caractère qu'il a tiré le 
nom formé de Xccirccr>j, soie et yaavijp, ventre ou ovaire. Ce nom devrait 
s'étendre à toutes les Osbékiées, puisque DeCandolle lui-même a reconnu que 
toutes étaient munies de soies , mais cette dernière observation étant venue 
après la formation du genre , on n'a pas cru devoir pour cela en changer 
la dénomination ; ce genre comprend un assez grand nombre d'espèces anté- 
rieurement reparties dans le genre Rhexia, celle que nous décrivons est 
dans ce cas, elle a été recueillie sur les rives de Rio-Grande, dans la partie 
méridionale du Brésil , par M. Tweedie qui en a envoyé des graines au jardin 
botanique de Glasgow. Elle fleurit au mois de juin; 

3482. CoopERiA ciiLOROSOLEX. Scopo vii'idi , i'nfra rubcscente ; foliis ca- 
nnliculatis , tortilibus , acutis; gcrmine stisile; spnlhâ tubntâ, apice fenes- 



— 100 — 

/ifilo ; porinnthii lubo viiidi^ limho albo; scpdlis viiidi-apiculatis,cxlùs 
viridi lincatis ; pvtnlis nlbis. 

Celle seconde cs|)rcc du genre Cooperie n'est pas moins remarquable que 
la première, donl nous avons donne la doscriplion dans noire caliier de 
février (I*. 78) ; elle a aussi 616 (rouvre dans la province Mexicaine du Texas 
par M. Drummond, el son envoi accompagnait celui de la précédente. Elle 
fleurit en mars. 

'•ijiîVÎ. RiioPANTiiF. Nnt. ord. Composit.i;. Syng, œq. Capilulum multiflo- 
rum y homo(jatnum. Pappus uniscrialis, pilifonnis , plumosus , distinctas. 
Acliauiiura crostre , lanatum. Roccplaculum nudum. 

H. Mangi-ksii. Annna ; foliis ohluiKjis , ohtusis , amplexicaiilibus; invo- 
liicri sqnatnis memhrnnaceis, ovalis , aculis , apico dcnticalalis. 

Le capilaine Manglesa rapporté, en 18-5i, des bords de la rivière Swan où 
cstélablic une colonie anglaise delà Nouvelle-lfollande , des graines d'une 
très-jolie plante annuelle, qui rivalise en éclat et en structure avec les plu» 
belles Ilelichryses du Cap. M. Lindlcy lui a reconnu des caractères particu- 
liers, qui autorisaient l'établissement d'un genre nouveau qu'il a appelé Rho- 
donantbe, dérivé de pzXcv, rose et jcvrtas, Heur, exprimant la belle nuance de 
l'involucre, Les plantes cultivées par la Société d'horticulture do Londres ont 
fleuri au mois de juillet , et fourni leurs graines mûres en août. 

'.i-VH-'l. Coui'orsis simiolia. Pcn'iiins, crccla; foliis oppositis , sessilibua 
adbasin usquc tnpartitis laciniis lanccolntis , intcqorrimis , rigidiusculis j 
floribus plorumqii'C indivisis , radii floscnlis intcqerrimis. 

C. srNiioMA. MicH. Avi. 2. 1 JS. — Wim.t). .V/>. j»/. îi. 20i)4. — Pdrsh. 
FI. Am. 2. yOO. — Ell. Corol. 2. 4.VJ. — vSriu ng. Sijst, vcget. '<i. 614. — 
Poin. Die t. Encycl. 10. 'ilîl. 

Celle Coréopside, originaire de la Caroline cl de la Géorgie , où elle a élé 
observée par Miciiaux, a élé introduite en Angleterre, en 1812. Par M. John 
Lyon ; elle fleurit aux mois d'août cl de septembre. 

;.i4815. NuMOPniLA insignis. (PI. color. S8.) Foliis oppositis, pinnati/îdis, 
hnsi in j^cliolitnt angnslntis : Inhis inleqcrrimis , l-^-dentntisvo : calyci» 
sintibiis rvflcxin; corollis calycc dnplo lonqioribiis, ovaiiis mulli-ovulalis, 

N. INSlf.MS. RllNTUAM Itl IJoit. Ticms. Vol. 1. 11. s. p. G-i-i. 

Il chI bien à regrcKor ([ue celte jolie Némophilc soit d'une culture el d'une 
conservation aussi difficiles, car c'est réelleinenl une des plantes de l'aspect 
le plus agréable, dans nos parterres. Nous la devons à M. Douglas, qui l'a 
découvcrie en Californie , el a fait l'envoi de ses graines A la Société d'Horti- 
culture de Londres, dans le courant de 18.}3. Elle fleurit au mois d'aoûL 

3^«80. Oncidium conNicrnuM. Foliis ovnlibus, strinlis, nciitis, sessilibus, 
scnpo brcvioribus ; lahelli lohis latcralibvs cornulis; ciisld anticc vcnucosâ, 
posticc lamellâ crcnatà coninid. 

0. CoRNiGERtiM. LiNDi.. Bot. Jicfj. t. l.')-J2.— In. Gcn. cf. xp. Oich.p. 199 

Il y a environ trois ans cl demi , que M. Lindley nous a fait connailro 




ol» 



^^ 



— 109 — 

celle Oncidie, originaire du livts'û , et que I.ord ïilz William \ienl de rece- 
voir de celle conlrée du nouveau monde, par les soins de M. W. llerberl. 
Elle lleurit au mois d'aoùl. 

Son pseudo-bulbe est long de (rois pouces , avec sa base cnlouréc d'une 
grande écaille spalliiforme et bifide; il s'en élève une seule feuille ovale, 
engainante, pointue, cannelée ou striée. La hampe prend naissance à la 
partie inférieure et latérale du pseudo-bulbe; elle est grêle, cylindrique, 
articulée, rameuse au sommet qui forme une belle et grande panicule com- 
posée d'une multitude de fleurs d'un beau jaune doré. Les sépales ainsi que 
les pétales sont obovales , concaves , ondulés et écbancrès au sommet ; les 
deux sépales inférieurs sont plus petits et plus étroits; tous sont ornés de 
la:hes ou de petites lignes transverses, d'un jaune orangé. Le labelle est i»ar- 
lagô en cinq lobes dont l'inférieur plus large, arrondi et plane, l'intermé- 
diaire plus épais et en forme de cuirasse , l'antérieur élargi , crête au sommet 
cl prolongé latéralement en deux sortes de cornes; enfin deux autres lobes 
s'étendent en se contournant de chaque côté. Le gynostème est demi-cylin- 
drique, avec deux ailes qui se dilatent latéralement et se terminent en pointe 
rétléchie. 

3487. Senecio AMPULLACEus. llerbaccHS, crcctus; foliis oblougis, ohtusis, in- 
feinèprœcipuè dentatis, basi subcordatis, semi-amplcxicaulibus ; paniculâ co- 
rymbosâ;i7ivolHCiis demain a7nptiiliforniihus,nifidis;radiisj)aucispate?itibiis. 

Ce Séneçon a été découvert au Texas, l'une des provinces du Mexique, 
par M. Drummond qui en a remis de graines, l'an passé, à la Société d'Hor- 
ticulture de Londres; il est remarquable par la forme ampulacée ou vésicu- 
leuse que prend l'involucre, pendant la maturation des graines. Il fleurit vers 
la fin de l'été. 

â-488. COLLINSU BICOLOR. 

â4^89. Jaborosa integrifolia. Acaulis ; radice repente ; foliis petiotatis ; 
ovalibus, subite integerrimis ; corollâ longe tubulosn : limbi laciniis valdi 
acuminatis. 

J. Integrifolia. Lam. Dict. Encyc. 3. 189. — In. le. t. 114. — Spreng. 
StjsL Veget. I. 700. — HooK. Bot. Mise. 1. â48. 

Lamarck a institué le genre Jaborose, pour deux plantes de la famille des 
solanôes, voisines par le port et par d'autres caractères plus essentiels, du 
genre Mandragore , qu'exprime dans la langue arabe le mot Yaborohh , dont 
Lamarck a fait Jaborosa. Les deux seules espèces dont se compose encore 
le genre Jaborose , ont été découvertes par Commerson, dans les environs de 
Jîuenos-Ayres et de Montevideo. Les collections européennes ne possèdent 
que depuis très-peu de temps , le J. Integrifolia , dont les graines ont été re- 
cueillies à Pompas, par M. Tweedie ; il a fleuri au jardin botanique de Glasgow 
aux mois de juillet et d'août. 

ei490. Rosa MicROPHYLLA. FoUolis nitîdis , nrgiitè serratis ; calyce aculeis 
densissimis muricata; sepalis brevibus latè ovaiis npiculatis. 

T..«n 111. 22. 



— 170 - 

R. MicROPHYLLA. RoxB. Fl. Ind. Incd. — LixD. Ros. Mono-jr. p. 9. — 
Bot. Req. 919. 

Celle belle rose, dont la cullure a si bien développé (ouïes les qualilés, 
est originaire de la Chine, d'où elle est parvenue d'abord au Jardin Bolanique 
de CalcuUa. On la vit paraître pour la première fois , en Europe , dans le 
courant de l'année 1822 , et grâces aux soins et aux heureuses pratiques de 
M. Collville, elle ne se trouve guère moins répandue, maintenant , que les 
autres belles espèces ou variétés de Roses du Bengale. Elle fleurit assez abon- 
damment, du mois de juin à celui de septembre. 

3-i91. LePTOSIPHON ANDROSACEUS. 

S492. LupiSTis TEXPNsis, Herhaceus, anmius ; caule serriceâ; foliolis quinis 
lanceolatis ; stipiilis suhuîatis ; racemo pyramidali ; caîycibus sericeis ; 
coroUis cœndeis. 

Ce Lupin , dont le nom spécifique indique l'origine , a beaucoup de ressem- 
blance avec celui que nous avons publié dans notre avant dernier cahier, 
sous le n" â467, [Lupinus subcnrnosus) et qui provenait également du 
Texas. Sa floraisons'opère vers le milieu de Tété. 



BniTisH Elo"\ver Garden, and ornaviental shrubbory, etc. Par R. Saveet, 
2= série, n" 82. Mai 1836. 

333 Latuyrus ROTUNDiFOLixjs. Cinhis diphtjllis; foliolis subrotundis ellip- 
tisve, 3-5-jierrus, glabris ; stipulis semi-sagitfatis , infegerrimis ; pedunculis 
intdfiforis ; leguniinibus glabris, polyspermis ; seminibtcs globosis, obscure 
ptinclatis. 

L. RoTLNDiFOLU'S. WiLLD. Sp. pi. 2). 1088. — Marsch. à Bieb. Fl. Taur. 
(Jnuc. 2. 156. — De Cand. Prodr. 2. 370. G. Don Gen. syst. gard. et bot. 
% 332. 

L. Orientalis, rolundifolius, Fl. iîtife ? Tournée. Cor. p. 26. 

33-4. EuTOCA. iYflf. Ord. Hydrophylle.e. Peut, inonog. Corolla decidua, 
Osuriam ovoideo-globosH)n , jnlosiim-hisjndum. Placentae lineares , dorso 
parietibus ovarii adnalce , ^-midti-ovulatœ . Capsula dissepimentis , incom- 
pletls, semi-bilocularis. 

E. Menziesii. Erecta;foliis linearibus lanceolatisve, integerrimis , quando- 
que trifidis pinnatifîdisve ; placentis IQ-multi-ovulatis. 

E. Menziezi. Broatn in Frankl. Journ. app. 764. — Spreng. Syst. vegel. 
1. 1509. 

E. MuLTiFLor.A. DouGL. in Botan. Regisf. 1180. — Drap. Herb. de 
VA m. 806. 

La formation du genre Eutoca appartient à Robert Brown, qui l'a placé 
dans sa famille des liydrophyllées. Ce genre ne se compose encore que de cinq 
espèces, toutes de la partie tempérée du nord de l'Amérique. Celle que nous 



— 171 — 

décrivons, a été trouvée par M. Douglas qui , d'abord, lui avait donné le nom 
spécifique de Mnliifora, on lui substitua celui de Me7i:iiesii, en reconnais- 
sance sans doute de l'inlroduction qu'en a faite M. Menzies, dans les jardins 
de l'Angleterre , en 182G, peu avant l'arrivée des graines envoyées par 
M. Douglas, à la Société d'Horticulture de Londres. Cette Eutoque est origi- 
naire des bords du Missouri ; et on la trouve très-comraunement dans toute 
l'aride vallée d'Oregan. Elle fleurit à la fin du printemps. Le nom générique 
Eutoca, est dérivé de fjr:z:,- , qui signifie fertile; c'est probablement en 
raison de l'abondance des graines renfermées dans les capsules de ces plantes, 
que ce nom a été choisi par Robert Brown. 

'33S. Clematis CALTCI5A. Scandcns; 'peduncuUs tinifloris, suhflare involii- 
cratis ; foliis teniatim sectis ; secjmentis jy^fiolatis , %-lobis , dentato- 
incisis. 

C. Caltcina. Jloit. Kew. 2. %5d.— Bot. Mag. 9o9. — Willd. Sp. pi. 2. 
1289. — ScHRANK Ilort. Monac. lo. — XxnhSimh. 2 7o. 

C Balearica Rich. Journ. Phijs. 1779. — Laîi. Dict. Enc.1. 43. — Dr 
Caîid. Sy$t. 1. 163. — Id. Prodr. 1.9. — Sprexg. Syst. veget. 2. 664. 

Atragexe ealearica. Pers. Syn. 2. 98. 

^%Q. Orithya. 'Sat. ord. Asphodel e. Hexand. Monoy^ Perianthium 6-phyL 
luni , canipanulafiim , coloratum , deciduiim; foliolis basi midis lœvihits. 
StaminaG, erecia, suhœqiialia ; flamentis infcrnè dilatatis , glabris ; antheris 
linearibus , obtitsis , hasi insertis, erectis. 0\arh\m api ce in sfylum distinc- 
tum , angiistatum. S'igma oèso/efe S-lobnm. Capsula S-gona , S-locularis 
polyspcnna. — Caractère spécifique et syxonyîiie : Foliis lanceolatis, scapo 
diiplô longiorihus; Perianthii foliolis ohovatis , obtusiusciilis ; antheris fila- 
mentorum tertio longitudine. 

OllMTHOGAEEM EMELORC?!. Ll.\N. Hant.GÛ. WiLLD. Sp . p?. 2. 111. 

Pers. 5)/n. 1. 363. — Sprexg. Syst. veget. 2. 29. — Ledeb. FI. ail. 2. 26- 
Gagea EStFLORA. G. Don in Lond. Hort. Brit. 134. — Schult. Til. Syst, 
7. 333. 

Nous ignorons les motifs qui ont porté Robert Browu , à donner à un dé- 
membrement du genre Ornithogale, le nom d'une reine des Amazonnes, 
enlevée par Borée qui la transporta dans la Thrace où il régnait ; serait-ce 
parce que la plante qui en est le type , originaire des montagnes de l'Hyma- 
laya et des hautes chaînes septentrionales de l'Asie , semble y braver la fu- 
reur des vents? nous n'eu devinons guère d'autre. Au reste le choix nous 
semble d'autant moins heureux que déjà le nom d'Ocitliyie a été appliqué, en 
zoologie, à un genre de Môdusaires , et qu'il est toujours désavantageux de 
trouver deux parties différentes d'une même science, sous une dénomination 
semblable. L'Orilliyie à une fleur, placée depuis longtemps, parmi les Orni- 
Ihogales, a trouvé accès dans les jardins, vers 1780; elle y a été introduite par 
le baron d'Alstrœraer. Elle fleurit aux mois de mai et de juin. 



Statuts de la Société anonyme cTIIorticulturo et de Bolniiiiinc de G'and. 

{Fin.) 

Art. 16. La direclioQ est tenue et expressément chargée de louer les 
bàlimens et jardin à construire, à la Société Royale d'Agriculture et de Bota- 
nique actuellement établie en celte ville , pour une somme annuelle de ICOO 
francs, à prendre cours au l^' janvier 18^G, sous la condition expresse que 
cette Société sera tenue de laisser donner dans les bàlimens et jardin, par la 
Société dlTarmonie de Sainte-Cécile, actuellement établie en cette ville» 
douze concerts par année, comme aussi de mettre à la disposition exclusive 
de la même Société , deux chambres pour son conseil d'administration et 
sa collection de musique, et un local convenable pour ses répétitions , moyen- 
nant une somme annuelle de 1200 francs, à prendre cours au premier 
janvier 1836, laquelle somme devra, comme celle due par la Société 
d'Agriculture et de Botanique, être payée directement au caissier do 
la direction de la Société Anonyme en deux portions égales de six en six 
mois. 

Art. 16. La direction louera, soit publiquement, soit de gré à gré, les 
parties du bâtiment nécessaires pour un restaurant; le locataire pourra en 
même temps être chargé des fonctions de concierge et gardien de l'établis- 
sement. 

La direction fixera par un tarif le prix des boissons à débiter et pourra 
changer ce tarif de la manière et lorsqu'elle le jugera convenable. 

Art. 17. La direction se réservera la disposition des bàlimens et jardin 
pour six jours de l'année à fixer par elle , soit pour y donner ou laisser donner 
des fêtes champêtres dont elle fixera l'entrée, soit pour tout autre usage 
qu'elle trouvera convenable. 

Art. 18. La direction se réservera aussi le droit d'affecter une partie des 
bàlimens, ne servant pas spécialement à l'usage des deux Sociétés d'Agricul- 
ture et de Botanique et de Sainte-Cécile, pour y laisser faire des ventes 
publiques de plantes ou autres objets, moyennant une rétribulion à con- 
venir. 

Art. 19. a dater de l'année 18d7 , il y aura tous les ans, au mois de sep- 
tembre , une assemblée générale des actionnaires , dans laquelle la direction 
rendra ses comptes ; il y sera procédé au tirage au sort des actions à rem- 
bourser de la manière indiquée ci-après article 2o. 

Art. 20. Dans cette assemblée générale annuelle , la direction sera renou- 
velée par sixième ; là premier renouvellement aura lieu d'après le tableau 
de sortie, formé en assemblée de la direction ; les membres sortans pourront 
toujours être réélus. La direction pourra en outre convoquer des assemblées 
générales extraordinaires , lorsqu'elle le jugera convenable. 

Art. 21. Les membres de la direction rempliront leurs fonctions gratuite- 
ment , ils administreront en bons pères de famille et sans autre responsabililé. 



— 173 — 

Art. 22. Les membres do la Sociélô Royale d'AgricuUuic el de liolatiique 
pourront frèquciiler les bûlimens et jardin et y conduire des dames, tous les- 
jours de l'année, sauf les six jours réservés à la direction de la Société Ano- 
nyme el les douze concerts à donner par laSociété de Sainte-Cécile; cependant 
ils auront, moyennant une rétribution de cinq francs par année, à payer à la 
Société de Sainte-Cécile, leur entrée personnelle aux dits concerts, mais sans 
cartes pour dames. Les membres delà Société de Sainte-Cécile pourront aussi 
fréquenter les bûlimens et jardin et y conduire des dames tous les jours dv) 
l'année, autres que les jours de concert et sauf les six jours réservés à la di- 
rection de la Société Anonyme , moyennant une rétribution de cinq francs par 
année , à payer à la Société Royale d'Agriculture et de Rolanique. 

Art. 2 3 . Ceux qui , aux termes de l'article précédent , sont admis à fréquen- 
ter les bàtimens et jardin tous les jours do l'année, pourront seuls assister el 
conduire des dames aux fêtes champêtres que la direction delà Société Ano- 
nyme y fera donner, moyennant le paiement de l'entrée qui sera fixée. 

Ils pourront seuls aussi présenter des étrangers non domiciliés à Gand , pour 
fréquenter l'établissement pendant un mois, sans rétribution; après un nmis 
de présentation ces étrangers pourront être reçus pour trois mois , par la 
direction de la Société Royale d'Agriculture et de Botanique , moyennant une 
rétribution de cinq francs, à payer à cette Société et ainsi de suite par chaque 
trimestre. 

Art. 24. La Société ne pourra ètro dissoute que par le consentement una- 
nime des actionnaires; ses statuts ne pourront être changés que dans une 
assemblée générale, convoquée ad hoc extraordinairemcnt , en vertu d'une 
délibération de la direction prise à la majorité de huit voix; l'objet de la con- 
vocation sera énoncé dans les lettres de convocation , envoyées quinze jours 
avant celui fixé pour l'assemblée générale , laquelle ne pourra délibérer si 
les deux tiers des actions n'y sont pas représentés et seulement à la majorité 
des trois quarts de voix des actionnaires présens, votant par le nombre de leurs 
actions. 

Akt. 2o. L'amortissement des actions aura lieu de la manière suivante : 
L'excédent de la récette sur la dépense, constaté par le compte annuel ù ren- 
dre en assemblée générale , sera divisé , autant que possible , en portions do 
cent cinquante francs , et il sera procédé dans la même assemblée générale 
au tirage au sort d'un nombre égal d'actions , de manière que chaque action 
sortante jouira d'une prime de oO p^/^ ; lorsque par l'effet du tirage annuel 
les actions se trouveront réduites au nombre de vingt , les bàtimens et jardin 
appartiendront en pleine propriété aux porteurs de ces vingt dernières actions, 
mais ceux-ci seront tenus de louer les dits bàtimens et jardin à la Société 
Royale d'Agriculture et de Botanique , ou à son défaut à la Société de Sainte- 
Cécile, à charge, dans lepreraier cas, pourla premièrede ces Sociétés,de se con- 
former aux stipulations de l'art, lo au profil delà Société de Sainte-Cécile, de 
manière que le loyer annuel sera toujours de trois mille francs à payer, soit par 



— 174 — 

les deux Sociétés comme il est dit à l'art. 13, soit par l'une d elles si l'autre 
avait cessé d'exister , ce outre les avantages au profit des vingt dernières 
actions , stipulés par les articles 16, 17 et 18 ci-dessus. 

Art. 26. Si la Société d'Harmonie dite de Sainte-Cécile se refuse à souscrire 
aux Conditions qui la concernent et qui sont mentionnées aux articles qui 
précèdent, la Société Royale d'Agriculture et de Bolanique^payera seule un 
loyer annuel de deux mille cinq cents francs , et établira dans l'intérêt de l'art 
musical des concer(s dont elle réglera les conditions d'abonnement ainsi que 
celles d'admission dans les bâlimens et jardin tous les jours de Tannée , au- 
tres que les six jours réservés à la direction de la Société Anonyme, pour ceux 
qui ne seraient pas membres de la dite Société Royale d'Agriculture et de 
Botanique. 

Art. 27. Il est interdit à la direction de la Société Anonyme ainsi qu'à 
celle delà Société Royale d'Agriculture et de Botanique de faire du jardin un 
élablissement de commerce de plantes. 

Art. 28. La convocation des assemblées générales aura lieu par une an- 
nonce, émanant de la direction insérée dans un des journaux publics dans la 
ville de Gand, 15 jours au moins avant celui pour l'assemblée. 

Art. 29. Ceux qui à l'avenir deviendront propriétaires d'actions, à quel- 
que titre que ce soit, ne seront admis aux assemblées générales que pour 
autant qu'ils se seront fait inscrire avant le mois d'août de cbaque année, au 
registre de mutations , qui sera tenu à cet effet au secrétariat de la direction , 
l'inscription se fera sans frais, sur la simple exliibilion des actions ac- 
quises. 

Art. 30. Les actionnaires prôsens aux assemblées générales représente- 
ront les absens et pourront délibérer, quelque puisse être le nombre des suf- 
frages qu'ils aient droit d'émettre; quant aux élections à faire dans ces assem- 
blées, si la majorité absolue, voulue par l'article 4, ne s'obtenait pas au 
premier tour de scrutin, il serait procédé i\ un nouveau ballotage entre les deux 
candidats qui auraient obtenu le plus grand nombre de suffrages; dans tous les 
cas où plusieurs candidats réuniraient un nombre égal de votes, le plus âgé 
serait préféré au plus jeune. 

Art. !31. 11 n'est rien innové aux dispositions de l'article 2-i, sauf cepen- 
dant le mode de convocation de l'assemblée générale qui aura lieu de la ma- 
nière réglée par l'article 28. 

Art. â2. Dans les assemblées générales, le bureau, formé des membres 
de la direction dirigera les délibérations et aura la police de l'assemblée ; 
dans ce cas néanmoins il suffira de la présence de trois directeurs, les dispo- 
sitions des articles 1:5 et 1-4 seront au surplus applicables au bureau. 

Le procès -verbal sera rédigé , séance tenante , par le bureau, il en sera 
donné lecture à l'assemblée ; ce procès- verbal , signé par les membres com- 
posant le bureau , fera pleine foi et sera obligatoire pour tous les aclion- 
naires. 



— 175 — 

lin l'absence du secrélaire , le plus jeune des directeurs présens , d'après 
l'ordre du (aldeau, en remplira les fonctions. 



Art de ccltiver les jardins ou anmiaire du Bon Jardinier. 1S3G. — Paris, 
Lihrairie Encycîopcdiquc de Korf-t ; « Bruxelles au hureau de l Horti- 
culteur Belge. 1. vol. in- 18 de 6oQ pages. Prix 3 fr. oO c. 

Le goût, généralement répandu, de la culture des jardins, rend assuré le 
succès de tous les livres qui tendent à mettre cette culture à la portée de 
toutes les classes de la société. Le débit de l'almanach du Bon Jardinier a 
toujours été en croissant, celui d'un annuaire qui , depuis plusieurs années , 
se publie sous un titre presque semblable, paraît n'être pas moins grand. On 
j)eut considérer ce livre comme le Vade mecum des liorticulleurs ; moins 
volumineux que l'almanach, il n'a point cessé d'être un livre de poche et 
cependant il ne renferme pas moins de bons préceptes, accompagnés des 
figures indispensables à leur application. 

L'ouvrage est divisé en deux parties : la première est un exposé succinct, 
clair et méthodique des diverses pratiques qui constituent l'art du jardinier , 
■et l'on relit avec autant de plaisir que de profit les chapitres qui enseignent 
le choix et la disposition d'un terrain , l'amendement par le mélange le mieux 
approprié des terres, l'à-propos des arrosemens, la véritable science du jar- 
dinier, c'est-à-dire, la raulliplicalion des plantes par les divers moyens ap- 
l)licables à chacune d'elles , la théorie de la taille des arbres à fruit et autres, 
la destruction des insectes nuisibles, la tenue des serres et des orangeries, 
les soins que l'on doit y apporter, les amélioralions dont elles peuvent être 
susceptibles, etc., etc.; un calendrier du jardinier ou précis des travaux 
essentiels à faire dans les jardins et les serres, pendant lesdifférens mois de 
l'année, termine cette première partie de l'ouvrage. 

La seconde renferme, dans l'ordre alphabétique, un traité complet de la 
culture des végétaux connus, qui peuvent entrer dans la composition des 
jardins de tous genres, la synonymie française etlalinede tous ces végétaux, 
enfin l'indication des noms triviaux ou vulgaires qu'ils peuvent avoir reçus 
en diverses contrées. Chaque espèce ou variété a une description courte , 
mais suffisante pour faire connaître la hauteur des tiges, la forme du feuil- 
lage, la couleur de la fleur et les particularités qui la distinguent de ses con- 
génères. 

Sous tous les rapports, ce petit livre, par la manière dont il est rédigé, se 
recommande autant à la bienveillance de l'horticulteur pour lequel il est 
d'une utilité réelle , qu'à celle de Thomme du monde , qui ne peut le lire sans 
fruit et sans agrément ; c'est du moins l'impression que nous en avons éprouvée. 



176 — 



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L'HORTICULTEUR 



BELGE. 



JUIN 1836. 



PHYSIQUE ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALES. 

Sur la respiration des plantes ; par M. Dotrocuet. 

Avant qae M. Adolphe Brongniart eut publié ses recherches microsco- 
piques sur la structure des feuilles, j'avais découvert comme lui que la face^ 
iuférieure de ces organes est spécialement occupée par des cavités aériennes ; 
mais j'étais arrivé à cette découverte par une autre voie. J'avais observé que 
certaines feuilles perdaient assez promptement la teinte blanchâtre de leur 
face inférieure lorsqu'elles étaient plongées dans l'eau ; je soupçonnai que 
cela tenait à l'introduction de l'eau dans des parties de la feuille, précédem- 
ment occupées par l'air. Ce soupçon me fut confirmé par des expériences 
que je rapporterai plus tard en détail ; ces expériences me montrèrent de 
plus que les parties de la feuille, qui ne sont point séparées par de grosses 
nervures , offrent des communications aisées entre les cavités aériennes ; j'ai 
reconnu encore que les taches blanches qu'on voit à la surface de quelques 
feuilles, doivent celle couleur à la présence de l'air, et qu'elles la perdent 
quand on les expose à l'action de la pompe pneumatique. D'après mes expé- 
riences , l'introduction de l'air dans le parenchyme des feuilles a lieu par 
l'ouverture des stomates, ce qui n'empêche pas que ces ouvertures ne puis- 
sent servir en môme temps à la transpiration de la feuille et à l'absorption 
du fluide atmosphérique. 

Les poils qui se trouvent fréquemment sur les feuilles , et principalement 
à leur partie inférieure, m'ont paru comme remplis d'air et je les ai consi- 
dérés comme étant les conduits respiratoires des nervures sur lesquelles ils 
sont placés , tandis que les stomates se voient dans l'intervalle que ces ner- 
vures laissent entre elles. Dans le Laurier-Rose , ainsi que l'a observé 
M. Brongniart, la face inférieure des feuilles n'offre point de stomates, et 
ce sont des poils qui les remplacent. 

D'autres expériences m'ont conduit à reconnaître que les cavités aériennes 
de la feuille correspondent directement avec des canaux aériens situés dans 
le pétiole. 

ToiiE m. 23. 



. — 178 — 

Les tubes aériens des IXymphœa sont lêgèremenl hexagones , et leurs 
angles naissent des poils qui , se trouvant à la même hauteur dans les diffé- 
rens tubes accolés, forment, pour chaque système ternaire de tubes, la 
figure étoilée signalée par M. Amici. Je considère ces poils comme des con- 
duits qui absorbent, par leur capillarité , l'air contenu dans les canaux , et le 
portent dans le tissu végétal , comme les ramifications des trachées le portent, 
chez les insectes, dans toutes les parties vivantes. D'autres présentent une 
disposition différente , mais qui a toujours pour objet de puiser l'air dans les 
cavités aériennes et de le conduire jusque dans les dernières parties du 
végétal. 

Je me suis encore occupé de l'air contenu dans les organes aériens des 
plantes; et en prenant toutes les précautions convenables pour empêcher que 
l'air contenu dans l'eau ne vient se mêler à celui que j'extrayais de ces 
réservoirs , j'ai trouvé des différences dans les proportions de l'oxigène et 
de l'azote, selon les plantes soumises à l'examen. Mais en général, le mé- 
lange était plus pauvre en oxigène que l'air atmosphérique ; ce qui m'a paru 
dépendre de la consommation d'oxigène qui se fait dans la respiration. J'ai 
remarqué que l'air contenu dans les trachées des insectes présentait la même 
circonstance , ce qui établit une ressemblance de plus dans les fonctions 
respiratoires pour ces deux classes d'êtres. L'azote qui n'est point absorbé 
dans la respiration intérieure des plantes doit être nécessairement expulsé, 
et nous voyons en effet que les fleurs en exhalent beaucoup tandis qu'elles 
absorbent de l'oxigène, surtout sous l'influence de la lumière. Les feuilles 
au contraire, exhalent de l'oxigène lorsqu'elles sont frappées par la lumière 
solaire et ne respirent qu'à l'ombre ou pendant la nuit. 

L'oxigène qui sort par les stomates lorsque la feuille est soumise à l'action 
solaire, n'est qu'une partie de celui qui se produit; alors l'autre passe des 
cellules aériennes dans les conduits du pétiole , et de là dans tout le tissu 
végétal. Comme il y en a production continuelle dans la matière verte ex- 
posée au soleil, les parties d'oxigène poussent, à mesure qu'elles se forment, 
celles qui ont été formées précédemment , et ce mode de circulation supplée 
à celui qui est produit dans les animaux supérieurs , par les contractions 
musculaires. Les végétaux ont ainsi un double moyen de respiration , tant 
par l'oxigène contenu dans l'air qui pénètre de l'extérieur, que par celui qui 
se forme au-dedans par une action chimique. 

Je n'entrerai point aujourd'hui dans tous les détails des faits sur lesquels 
sont basés mes raisonnemens , je me cojitenterai de dire que recherchant les 
causes qui influent sur la respiration des plantes, j'en suis venu à reconnaître 
que l'absence de la lumière, en diminuant l'irritabilité dans les êtres appar- 
tenant au règne végétal , devient pour eux une cause d'asphyxie. 



— 179 



CULTURE. 

Règles de culture applicables aux j)lniiles exotiques; par M. Soulanges- 

lioDi.\. (Fin). 

Tous les slimulans exlraordinaires que l'on applique aux plantes, comme 
engrais Irès-aclifs, chaleur administrée à contre-saison, elc , jettent la plante, 
lorsqu'on les retire, dansun élatd'affaiblissementproporlionnéaux effetsqu'ils 
ont produits. Toute production extraordinaire de fleurs ou de fruits, dans une 
saison quelconque, est ordinairement suivie, la saison d'après, par une récolte 
qui est au-dessous de la production ordinaire. 

Les deux grands stimulans de la végétation sont l'eau et la chaleur. L'une 
ne doit jamais être employée sans l'autre avec quelque étendue, et l'une el 
l'autre doivent être employées plutôt pour seconder les efforts de la nature 
que pour forcer son activité. Ainsi, quand des plantes végètent avec vigueur, 
il faut les arroser copieusement ; si elles poussent lentement , il faut leur 
épargner l'eau ; si elles sont à l'état de repos , on ne doit leur en donner que 
rarement et avec parcimonie; et s'il s'agit de bulbes ou tubercules dans un état 
dormant , il ne faut point en donner avant l'époque où ils entrent en végéta- 
tion. 

De même que l'eau et la chaleur sont les plus grands slimulans de la vé- 
gétation , la lumière est l'agent qui contribue le plus efficacement à son per- 
fectionnement et à sa maturité. Des plantes pousseront pendant quelque temps 
au moyen de l'eau, de la chaleur et de l'air seulement; mais, privées delà 
lumière , elles n'auront qu'une courte durée , leurs productions ne prendront 
point la couleur verte , el leurs fruits n'atteindront jamais le plus léger degré 
de perfection. 

L'art peut tout procurer aux plantes , excepté la lumière. Lors donc 
qu'on est dans le cas de placer des plantes dans une condition artificielle , la 
lumière est la première chose à laquelle on doive faire attention. Les plantes 
ne peuvent jouir complètement du bienfait de la lumière si elles ne la reçoi- 
vent pas directement du soleil. La lumière dont les rayons seront considéra- 
blement dérangés parla réfraction ou la décomposition, comme, par exemple, 
sous l'action du prisme , ne produira pas dans les feuilles le même verl, dans 
les fruits le même coloris que celle qui n'aura pas passé par le verre. Mais 
comme toutes les plantes renfermées dans une serre ne peuvent jouir de la 
lumière , ou au moins d'une grande partie de la lumière qui leur est destinée, 
qu'en la recevante travers les vitres , il résulte de là la nécessité de choisir 
le meilleur verre, celui qui est le plus clair et qui a le moins d'inégalités dans 
sa surface , afin que la lumière , en le traversant , éprouve le moins de dé_ 
rangement possible. D'un autre côté , l'expérience prouve que les rayons de 



— 100 — 

lumière , après avoir passé à travers les vitres , sont beaucoup plus décom- 
posés, et par conséquent moins favorables h la végétation , à une certaine 
distance du verre que tout près de sa surface. De là la très-grande importance 
de placer les plantes tout près du vitrage. 

La lumière étant nécessaire pour porter les feuilles des plantes à leur per- 
fection, il s'ensuit que les plantes qui végètent toute l'année, comme quel- 
ques Géraniacées , demandent pendant toute l'année une grande abondance 
de lumière; tandis que d'autres qui ne poussent qu'une fois dans l'année, 
comme les Camellies et les Orangers, peuvent passer une partie de l'année avec 
moins de lumière qu'à l'époque où elles sont en état de végétation. La nature 
agit conformément à cette loi , et nous montre en général les plantes entrant 
en végétation à l'époque de l'année où le plus de lumière vient aider à leur 
maturité. Il n'y a qu'un petit nombre de plantes qui poussent continuellement, 
et ce sont principalement celles qui sont natives des pays où la lumière est 
presque égale pendant toute l'année. La conclusion pratique qui est à tirer de 
ces remarques, c'est que celles des plantes, contenues dans une serre, qui 
sont actuellement en végétation , doivent être placées le plus prés de la lu- 
mière , autant que d'autres arrangemens le permettent, et que celles qui ont 
achevé leur végétation annuelle , et dont les feuilles ont acquis leur pleine 
maturité , peuvent être ramenées dans des situations moins éclairées que 
d'autres. 

Les habitudes des plantes , en ce qui regarde la chute de leurs feuilles, sont 
différentes. Les unes les perdent toutes à la fois chaque année, et restent nues 
pendant un certain temps, comme les piaules à feuilles caduques; les autres 
ne perdent annuellement qu'une partie de leurs feuilles, et en conservent 
toute l'année une plus grande quantité , comme les arbres verts. Les pre- 
mières n'éprouvent aucun dommage à être tenues dans une situation où il 
•n'arrive que peu ou point de lumière , aussi longtemps qu'elles restent dé- 
pouillées. Ainsi quelques plantes de serre, comme la Fuchsie, l'Aloysie, etc., 
peuvent, sans inconvénient, être enlevées de dessus leurs gradins et placées 
dessous ou dans quelque coin obscur de la serre, ou même dans un cellier 
ou sous un hangar , pendant toute leur saison de repos. 

L'air, considéré indépendamment de son mouvement qui constitue le veut, 
est esseniiel à toutes les fonctions des plantes, depuis la germination jusqu'à 
la maturité des graines. Une libre circulation d'air est nécessaire pour donner 
de la saveur aux fruits ou pour dissiper, dans les serres, ces vapeurs humides et 
malsaines ou cet excès d'humidité dans l'atmosphère , qui , quand ils ne sont 
pas accompagnés et corrigés par l'intensité de la lumière et de la chaleur, en- 
gendrent les moisissures sur les liges des plantes et sur la surface des pots, et 
favorisent le développement des Mousses et des Champignons, doublement 
funestes aux plantes , soit eu empêchant leur transpiration , soit en s'empa- 
rant de leur nourriture. Comme, à raison de l'état constamment humide de la 
terre contenue dans les pots, et de l'élévalion de la température de la serre 



— 181 — 

comparai! vemenl à la tciupèralurô de l'air extérieur dans l'hiver , son atmos- 
phère doit être constamment saturée d'une humidité pernicieuse, on no sau- 
rait apporter trop d'attention à y renouveler l'air journellement, et à exciter 
sa circulation par les procédés connus. 

Si la présence de l'air est essentielle à la végétation des plantes , son renou- 
vellement ne l'est pas moins à leur santé , et l'action du vent influe considé- 
rablement sur leur vigueur. La force de la tige n'est pas nécessaire à toutes le.s 
plantes, et celles qui grimpent et qui rampent , par exemple , quelque avan- 
tage qu'elles doivent à l'air , n'en retirent que peu ou point de l'action du 
vent ; et en effet , elles n'ont pas besoin de celle force que le vent donne à la 
tige , puisque la nature leur a donné d'autres moyens de s'attacher elles- 
mêmes fortement aux autres plantes à forte lige, ou aux corps qui leur prêtent 
un point d'appui. Le vent imprime aux plantes contenues dans la serre tem- 
pérée cette forme ramassée et buissonneuse qui consiste dans le rapprochement 
plus ou moins compacte de leurs branches serrées, qui est toujours la meil- 
leure forme pour les arbustes , comme une lige unique supportant une petite 
tête est la meilleure pour les petits arbres , tels que l'Oranger. Or, on intro- 
duit un degré de vent salutaire dans les serres , pendant le temps que les 
plantes s'y trouvent, en lenaul ouverts, non-seulement les portes et les fenêtres 
latérales, mais aussi les châssis mobiles qui font partie du toit vitré, au 
moment où il régne au dehors un vent modéré; et , pendant les nuits d'été, 
elles jouissent à leur aise , dans les plates-bandes où elles sont placées en plein 
air, du bon effet du vent. Une observation importante se présente dans ce 
dernier cas , c'est que, lorsqu'on veut que de grandes plantes jouissent réelle- 
ment de l'action du vent , il ne faut pas les attacher par leurs têtes mêmes 
aux bâtons ou traverses qui leur servent de soutiens , comme on le fait 
ordinairement, mais près des parties les plus basses de leurs tiges. Cette dis- 
position permet au vent d'imprimer un mouvement continuel aux parties 
supérieures et branchues de la lige, et de produire ainsi l'effet qu'on en attend. 
Lorsque la tige d'une plante est assujettie suivant le procédé ordinaire , le 
vent peut rendre les branches assez vigoureuses pour qu'elles deviennent un 
trop lourd fardeau quant à la tige dont elles sont issues , et sur laquelle le 
vent, d'après ce mode d'attache, n'a pas assez de prise pour la fortifier elle- 
même. 

Les habitudes des plantes peuvent être changées par l'art à un degré sur- 
prenant. L'arbre de la constilulion la plus vigoureuse, palissé horizontale- 
ment contre un mur, à la manière d'un Poirier disposé en espalier, ne 
développe pas son tronc volumineux comme s'il croissait exposé de toutes 
paris à l'influence (Je l'air. La lige dune simple fleur , telle que l'OEillet ou le 
Kèséda et autres, conservée seule sur le pied et tenue droite à l'aide d'une 
baguette, prend l'aspect , qui n'est pas dépourvu de grâce , d'un petit arbre 
toujours vert. Des plantes annuelles prennent un caractère vivace, si on 
retranche assidûment leurs fleurs aussilùt qu'elles commencent à poindre, et 



— 102 — 

des piaules vivaces deviennent annuelles ou bisannuelles quand on les force à 
fleurir avant l'époque naturelle. 

Les plantes qui ont une disposition naturelle à se propager par leurs bul- 
bes, rejetons ou boutures, sont, en général , plus avares que les autres dans la 
production de leurs graines. Les plantes annuelles , au contraire , à qui la 
courte durée de leur existence laisse à peine d'autre moyen de propagation 
que leurs graines, en produisent presque toujours avec autant de facilité que 
d'abondance. Dans les plantes ligneuses , qui se propagent abondanoment par 
extension , on augmentera la tendance à produire des Heurs en retranchant 
soigneusement tous les drageons, rejetons et branches naissant près de terre , 
afin de faire refluer et accumuler dans les parties supérieures toute la vigueur 
dont la plante est douée , et les parties supérieures de presque toutes les 
plantes sont celles sur lesquelles les fleurs commencent à paraître. 

Lorsque des plantes ligneuses, ainsi traitées, ont cependant encore de la 
peine à se mettre à fleur , on peut développer en elles cette faculté en enlevant 
un anneau d'écorce sur leur tige , ou seulement sur une branche , si l'on veut 
borner cet effet à une branche seule. La saison favorable à cette opération est 
le printemps, dans le mouvement de la végétation. L'anneau ou cercle de 
l'écorce ne doit pas excéder un quart de pouce eu largeur , afin que la cica- 
trice puisse être fermée à la fin de la même saison , ou dans le courant du 
printemps qui suit, Dans les plantes de serre tempérée , la partie de la (ige 
la plus propre à subir l'opéralioû est celle qui se trouve immédiatement sous 
la surface du sol , parce qu'à ce moyen l'entaille demeure cachée. L'incision 
doit pénétrer le bois , mais pas trop profondément. 

La théorie de l'incision annulaire est celle-ci. La sève des plantes , quand 
elles commencent à pousser au printemps, monte des racines aux extrémités 
supérieures des branches, à travers les vaisseaux du bois, et principalement 
du jeune bois. Elle est élaborée et préparée par les feuilles, et elle redescend 
ensuite par l'écorce, nourrissant dans sa marche chaque partie du végétal , et 
ramenant une ample provision de m;ttiére nutritive jusqu'aux racines , où elle 
reste en dépôt pour l'année suivante. Or l'incision annulaire faite à propos 
intercepte cette matière nutritive dans sou retour vers les racines , et l'oblige 
à rester déposée dans les bourgeons des branches, dont elle excite et facilite 
ainsi le développement , de manière à ce qu'un certain nombre d'entre eux 
sont changés eu boutons à fleurs, ce qui n'aurait pas lieu autrement. Ces 
boutons à fleurs , une fois que leur marche a été ainsi déterminée et en quel- 
que sorte forcée, prennent naturellement, dès l'année suivante, le dévelop- 
pement qui leur est propre, et parviennent à un épanouissement floral parfait, 
en même temps que l'incision se cicatrise, et que, l'obstacle disparait, la cir- 
culation de la sève reprend son cours habituel. Mais si la solution de continuité 
ne se comble pas , et que l'incision reste ouverte , soit parce qu'elle a été 
faite trop large, ou par quelque autre cause, la piaule deviendra chaque année 
plus faible, et finira par périr. L'emploi de ce slimulant , quoique utile à 



— Ui — 

pratiquer sur les plantes d'une végétation très-généreuse , exige donc en gé- 
néral quelque précaution. 

La pratique de l'incision sur une plante qui est déjà en fleur, ayant lo même 
résultat , qui est d'arrêter et de rejeter dans les branches cette partie de sève 
élaborée qui allait se porter aux racines, offre encore cet avantage que par là 
elle aide les fleurs à mieux nouer et les graines à mûrir, et qu'appliquée aux 
arbres fruitiers, elle donne plus de volume aux fruits qu'ils portent l'année 
suivante. 

La partie d'une plante qui a le plus de tendance à augmenter son accroisse- 
ment naturel , et de dispositions à produire des fleurs est la moins propre à être 
employée soit pour boutures, soit pour greffes. Ainsi la pousse terminale de la 
tète principale des bruyères, et les têtes des brandies vigoureuses, des forts 
rejetons et des gourmands des Rosiers, Camellies, Orangers et autres plantes 
qu'on a coutume de propager par boutures, ne s'enracineront pas aussi facile- 
ment que les pousses latérales et horizontales; et, parmi celles ci , les plus 
propres à la reproduction sont celles qui se trouvent le plus rapprochées 
du sol. 

Quoique la plantation, la transplantation, la greffe et d'autres opérations 
importantes de l'horticulture s'exécutent avec plus de facilité , de promptitude 
et de certitude de succès , dans certaines saisons que dans d'autres, cependant 
il y a à peine une époque de l'année où l'on ne puisse avantageusement les 
pratiquer, si l'on prend les soins convenables à l'opération, et si l'on s'ap- 
plique à bien régler , pendant tout son cours , l'emploi des agens de la végé- 
tation , tels que la chaleur, la lumière, l'air, l'eau, etc. 

Les principes qui viennent d'être présentés se rapportent principalement à 
la serre tempérée. Leur simple exposé peut contribuer à ouvrir l'esprit et à 
étendre un peu les idées de ceux des lecteurs qui n'auraient qu'une connais- 
sance superficielle de l'horticulture pratique et de la physiologie végétale. 
Quant aux jeunes jardiniers, qui ont la louable ambition d'appuyer leurs 
opérations sur des principes raisonnes, leur étude réfléchie, constamment 
mêlée avec leurs essais pratiques, contribuera certainement beaucoup à 
généraliser leurs idées dans les différentes parties de leur art. 

Sur les arbres qui résistent le plus à la sécheresse dans les sols chargés de 
calcaire, et particulièrement sur le Vernis du Japon (Aylanthus sinensis) ; 
par M. RENnc. 

La longue sécheresse de l'été derfiier a eu des résultats désastreux pour 
toutes les plantes en général , et particulièrement pour les arbres à 
fruit, d'ornement et forestiers. Dans les diverses excursions que j'ai eu le 
loisir de faire, j'ai remarqué, dans des terrains secs et arides, dont la couche 
superficielle, peu épaisse, est assise sur un sol de roches calcaires et 
de pierres meulières, la mort complète d'un assez grand nombre de Cerisiers, 



— 184 — 

rie quelques FrÔDcs , de Syringas , de Merisiers à grappe, de Sycomores , de 
jeunes Dèlres, de Peupliers d'Italie, de quelques Sapinelles eC Sapins. 

Dans ces mêmes sols, j'ai également reconnu que le faux-Ébénier , le 
Genêt d'Espagne , le Baguenaudier, le Sainte Lucie , le Staphylè, le Marsault, 
le Prunier sauvage, l'arbre de Judée , le Catalpa, le Peuplier suisse, avaient 
beaucoup souffert , et que plusieurs de ces arbres , ainsi fatigués , nécessite- 
raient probablement un recepage complet, pour récupérer à la saison pro- 
chaine leur belle végétation. 

Enfin rOrmille, l'Orme, le Charme, le Bouleau, le Chêne, ce vieil habitant 
et la gloire de nos forêts , le chêne dont on abandonne trop généralement 
la culture , par suite de l'esprit de notre siècle désireux de jouir sans peine et 
sans attente , et trop égoïste pour penser aux jouissances de nos successeurs, 
le Micocoulier, l'Érable à feuilles de Frêne , le Platane, le Noyer noir d'Amé- 
rique, les divers Acacias épineux et sans épines, les Gleditschia triacanthos 
et non épineux, ont très-bien résisté à l'ardeur du soleil de cette année, et 
à la longue sécheresse que nous avons éprouvée ; mais l'arbre qui m'a paru 
mériter la préférence dans le sol que j'ai dépeint plus haut est, sans con- 
tredit, le Vernis du Japon. 

Vieux, il a végété avec beaucoup de force; jeune et nouvellement re- 
planté , non-seulement , il n'a aucunement souffert , mais les pousses ont 
atteint jusqu'à â et 4 pieds de longueur; quelques-uns même ont fait des 
pousses plus considérables. Je ne connais pas d'arbre qui ait offert une force 
de résistance plus évidemment démontrée , contre l'action de la chaleur et 
de la sécheresse, que ce bel arbre , qui, sans contredit, mérite d'être cul- 
tivé , non-seulement dans nos jardins d'agrément , mais encore dans nos 
forêts. 

J'en ai fait, cette année, un semis dans une terre bonne et généreuse, 
mais exposée à toute l'ardeur du soleil. Je ne lui ai donné aucun arrosement 
depuis la levée du plant, et néanmoins aucun pied n'a péri; j'ai lieu de 
croire que , l'année prochaine , quand je lui aurai donné, dans la pépinière, 
l'espace nécessaire pour son développement , j'aurai la satisfaction de le voir 
prospérer et répondre à mon attente. Je compte en recueillir, cette année, 
une quantité de graines suffisante pour en faire un semis assez considérable 
en 18B6 , et je me propose de garnir les places vides de mes bois et le bord 
des allées avec les jeunes sujets que je me procurerai par mes semis. Je ne 
pense pas que les Chênes , que je me plais à conserver, soient déshonorés par 
le voisinage du Vernis du Japon. 

Des calamités produites par la sécheresse de l'été de 183o, il résultera 
toujours une conséquence pratique fort utile, celle de connaître les arbres 
les plus capables de résister à son action , et par conséquent les espèces qui 
doivent être préférées pour les sols où l'on sait qu'elle peut exercer une très- 
srande influence. 



— 185 — 

Possibilité do multiplier V Ahricolier et le Pécher , par le moyen de la greffe 
en fente; par M. E. Dewael-Yebmoelen. 

M. Dewael, l'un de nos horticulteurs les plus distingués, et qui voyage actuel- 
lement dans l'Amérique du nord , pour se bien pénétrer de l'état de l'horti- 
callure dans ces régions presque vierges encore , donnait, il y a peu de temps, 
au professeur Van Mons , qui le lui avait demandé , un résumé de ses expé- 
riences relatives à la greffe en fente de l'Abricotier et du Pêcher. Nous allons 
extraire de celte intéressante correspondance, les faits qui nous ont paru les 
plus imporlans; et pour ne pas prendre les choses de trop loin, nous parti- 
rons de 1830. Ce fut à cette époque que M. Dewael acquit la certitude que 
l'Abricotier pouvait se greffer en fente, quoique plus d'un grand maître en 
culture aient affirmé positivement le contraire; mais , dans ce bas monde , et 
en fait de pratique , on doit être bien réservé sur les impossibilités du jour, 
trop rarement on les voit résister aux épreuves du lendemain. M. Dewael pa- 
rait avoir étayé ses expériences de ce principe , reconnu incontestable par 
tout bon jardinier, que l'Abricotier est un bois d'avant-sève et que le Prunier 
est plus tardif ; en outre le prunier est d'une nature sèche et partout aspi- 
rante, ce qui le rend d'une grande ressource et beaucoup plus propre pour 
l'insertion à œil dormant : tandis que l'Abricotier , fort abondant en sève, ne 
peut néanmoins en céder dans son état de greffe. Ce raisonnement porta 
M. Dewael à choisir pour ses essais , soit des Pruniers susceptibles de se met- 
tre de bonne heure en sève ou naturellement ou par un abri quelconque 
contre les abaissemens de température, soit du bois d'Abricotier greffé en 
retard par ces mêmes clauses ou , par défaut , du bois d'avant saison ; en con- 
séquence il a greffé en fente , plaçant à la fois quelques scions sur des pieds 
retardés et sur d'autres qui ne l'étaient pas. Ceux de jeune bois sur pieds re- 
tardés manquèrent tous sans exception ; sur pieds en primeur il y eut une 
reprise sur trois, et sur bois d'avant saison deux reprises sur cinq. En 1831 , 
l'expérience acquise l'année précédente, a procuré une réussite complète : 
M. Dewael avait remarqué que sur les scions retirés des pieds manques , 
l'écorce était non pas ridée mais desséchée , et qu'aucune moelle ne s'y était 
conservée ; de plus le sujet lui-même se trouvait desséché dans une étendue de 
deux à six pouces à partir de l'endroit du couronnement. Il était clair que la 
greffe, trop riche en sève , et dans un état de végétation exagérée comparati- 
vement au sujet-prunier, avait donné du suc à celui-ci, tandis qu'il était in- 
dispensable qu'elle en reçut ; le sujet-prunier avait donc épuisé la sève de la 
greffe-abricotier et paralysé ainsi les organes aspirateurs, de sorte que l'ascen- 
sion de la sève ne pouvait plus s'opérer du sujet dans la greffe. Néanmoins 
M. Dewael a conservé quelqu'espoir de réussite au moyen du vieux bois d'Abri- 
cotier que l'on sait être d'une nature plus sèche et plus aoùté, et moins pourvu 
de moelle, ce qui lui permet de se maintenir en sève et d'en aspirer à l'é- 
poque favorable. Il restait la seule crainte que les yeux dont le touffu de 
Tome 111. 24. 



— Ï8G — 

l'arbre n'avait pas dégarni enlièrcment les branches, ne fussent trop cndolorées 
par les insectes ou amenées à un état maladif, par le manque d'air et de soleil- 

M. Dewael opéra donc sur des pieds amenés à différens degrés de maturité, 
de même que sur des bois d'arrière et d'avant saison , puis sur des bois de 2 
de 3 et de 4 ans; ces essais furent des plus satisfaisans. Les bois de 2, S et 4 ans, 
reprirent tous indistinctement , mais la croissance fut plus ou moins dévelop- 
pée et hardie. Le bois de 2 ans était garni de ses œilletons, mais desséchés 
ou étouffés par le manque d'air, recelant d'ailleurs, pour la plupart , des petits 
vers qui ne cessaient de les ronger au fur et à mesure de leur développement. 
Le bois de 3 ans n'offrait plus de ces œilletons , mais il s'en développa en 
foule dans la partie inférieure. Le bois de 4 ans se comportait de même , 
à l'exception que les œilletons étaient moins nombreux et plus inégaux dans 
leur production, comme si par place le germe n'avait plus la force de les faire 
percer ; parfois même on les voyait s'évanouir presque en paraissant. C'est donc 
le bois de 3 ans qu'il faut prendre quoique la myriade d'yeux qui s'y dévelop- 
pent obligent à de frôquens pincemens. Depuis qu'un succès aussi complet a 
prouvé à M. Dewael la facilité de la greffe en fente de l'Abricotier, il l'em- 
ploie sans aucune hésitation , et même de préférence à l'œil dormant. L'hiver 
dernier il a rapporté de Londres quinze variétés d'Abricots, et presque 
toutes ces greffes, vu leur peu de longueur , ont dû être placées sans dou- 
ble, sur les sujets : néanmoins une seule sur les quinze a manqué. On trouvera 
l'exposé de la méthode de M. Dewael dans le 2° volume de l'Horticulteur, 
p. 101 ; où , pour l'intelligence de l'article , il faut lire Prunier au lieu de pre- 
mier; (p. 102 ligne T') , faute typographique quia échappé à la correction. 

M. Dewael dit en terminant : « J'ai essayé l'année dernière et fait répéter 
» cet hiver, la greffe de l'Abricotier sur son bois sauvage, mais infructueuse- 
» ment : les lèvres de l'incision se sont contournées et l'écorce s'est tellement 
» rétrécie qu'aucun point coïncident n'est resté entre le liber du sujet et celui 
» du scion, malgré les ligatures ; je doute de la réussite de la copulation que 
» je projette pour celte année. 

« Quant aux Pêchers, les essais ont été faits concurremment , et quelques- 
» uns reprirent; mais je n'ose encore eu déduire aucune certitude avant que des 
» secondes et troisièmes expériences les aient confirmées ; d'autant plus que les 
» réussites n'ont été que de 2 sur 7, cependant je pense qu'avec du temps et de 
» la patience on viendra à bout , si pas de tout au moins de beaucoup. » 

PLANTES UTILES ET CULINAIRES. 

Sur la décoxiverte du Thé dans une province de VInde anglaise ; 
par M. Alpii. De Candollt;. 

Une société fondée à Calcutta pour la culture du Tlié , s'occupait de re- 
chercher, dans l'immense étendue du territoire anglo-indien, quelle serait la 



— 187 — 

meilleure localité pour essayer la culture du précieux arbuste de la Chine. 
Dans ce but, le comité avait jeté les yeux sur la province d'Assam, qui con- 
fine à l'empire chinois, et il demandait aux officiers européens qui y sont 
en station, des renseigneracns sur la nature du pays. En réponse, le capi- 
taine F. Jenkins , dans une lettre du 7 mai 1834, affirme que la région 
montagneuse, située entre Cachar et Assam, doit être extrêmement favo- 
rable à la culture du Thé, que l'on y voit un grand nombre d'espèces de 
Camellia, genre qui ressemble beaucoup au Thé, et que, dans le district 
de Beesa , on trouve une sorte de Thé commun sauvage. 

Cependant le célèbre doctçur Wallich, directeur du jardin botanique de 
Calcutta, paraissait douter de cette assertion émise par un officier qui n'est 
point botaniste. Il savait combien la feuille du Thé ressemble à celle de 
certains Camellia qui croissent dans les montagnes du nord de l'Inde , et il 
désirait voir des échantillons pour se décider. M. Jenkins n'a pas tardé 
à lui en adresser. D'après l'examen qu'il a pu faire alors de la feuille 
et du fruit du Thé d'Assam, M. Wallich ne conserve plus aucun doute. C'est 
bien le Thé de la Chine qui croit dans cette partie du territoire anglais, 
comme le dessin contenu dans le court mémoire de M. Wallich (1) que nous 
avons sous les yeux , le démontre aisément. Reste à savoir si ce Thé sau- 
vage sera aussi parfumé que celui que l'on cultive en Chine, et si la province 
d'Assam présente des conditions favorables, soit à la culture, soit à la pré- 
paration délicate des feuilles du Thé. 

Le capitaine Jenkins ayant communiqué la circulaire du comité de Cal- 
cutta au lieutenant Charlton, établi dans la province de l'Assam supérieur, 
celui-ci lui procura promptement des détails pleins d'intérêt. Il connaissait 
déjà l'existence du Thé d'Assam ; il en avait môme envoyé des pieds vivans 
au jardin de Calcutta trois ans auparavant ; mais ils y avaient péri. C'est sur 
les collines de Beesa qu'il les avait fait prendre. Plusieurs atteignaient la 
hauteur de 12 à 14 pieds. Il les décrit de souvenir, dans sa lettre du 19 
mai 1 834 , à M. Jenkins , et il affirme qu'il ne doutait pas alors que ce ne 
fût une espèce de Thé. « Je n'ai pas eu l'occasion, dit-il , de faire l'essai de 
ces feuilles; on prétend qu'elles acquièrent le parfum du Thé de la Chine 
quand elles sont desséchées. Les Singphos et les Kamtees en tirent une 
infusion après les avoir préparées de la manière suivante. Ils les coupent par 
petits morceaux et enlèvent les pétioles ou queues et les fibres; ensuite ils les 
font bouillir, les pressent, et leur donnent la forme de boulettes qu'ils font 
sécher au soleil et qu'ils conservent pour l'usage. » 

Cette façon grossière de préparer le Thé n'est pas rare dans les pays qui 
entourent la Chine. On sait que les Tartarcs pétrissent le Thé avec une sorte 
de terre argileuse , qu'ils le transportent sous forme de gâteau , et qu'ils 

(1) Discoi'eiy nf ihe genuine tea plant in Uppcr Assam; .loiirn. of tlie A.sialic Soc. 
Janv. 183.'5. 



— 180 — 

le maugenl accommodé comme légume , ou lo boivent eu infusion. Nous 
pouvons certifier par expérience que c'est une boisson détestable ; mais le 
palais de ces barbares est plus flatté de la partie acre de la feuille de Thè, 
que de l'arôme délicieux qu'elle exhale quand elle est bien choisie et bien 
préparée. La même espèce d'hommes, chez nous, préfère l'eau-de-vie gros- 
sière au bouquet fugitif d'un vin choisi. 

Les Birmans se servent du Thé de toutes les manières. Comme leur pavs 
confine, vers le nord, à la province d'Assam , et que leur capitale, Ava, 
n'en est éloignée que de cent lieues, il ne sera pas inutile de citer un frag- 
ment du voyage de Crawfurd, relatif au Thé indigène de ces régions (1). 
a Le Thé est cultivé sur les collines par quelques tribus montagnardes; 
mais il ne parait pas qu'il existe plus près d'Ava qu'à une dislance de cinij 
jours de marche ; par conséquent nous n'en vîmes pas (2). La meilleure sorte 
est cultivée par une race appelée D'Hanu , dont le pays se trouve au nord est 
d'Ava, à une dislance de dix journées. Les feuilles en sont elliptiques, 
oblongues et dentées en scie , comme celles du vrai Thé de la Chine ; et les 
Birmans, contrairement à l'usage des autres peuples, appellent ce dernier, 
du nom de leur plante indigène , Lap'hef. Il y a peu de doute , par consé- 
quent, que ce soil le vrai Thé qui, selon toute probabilité, croit naturelle- 
ment dans le pays. Les Birmans mangent la feuille préparée avec de l'huile 
et de l'ognon, et ne s'en servent jamais en infusion, comme ils le font du 
Thé chinois qu'ils nomment Laphet-re, ou Thé à eau. » L'auteur mentionne 
ailleurs l'importation fréquente du Thé de Chine à Ava , par la voie du com- 
merce intérieur. 

La différence que font les Birmans entre ces deux thés , eux qui appré- 
cient bien l'infusion du Thé de la Chine , me fait craindre que la plante 
sauvage qui croît au nord de leur pays et dans la province conliguë d'Assam , 
ne donne qu'une qualité inférieure de Thé. Je ne veux pas dire que ce soit 
une espèce différente du vrai Thé , dans le sens botanique du mot espèce ; 
ce pourrait être une variété peu odorante. On sait déjà que dans l'intérieur 
même de la Chine , la valeur vénale du Thé varie beaucoup d'un endroit à 
l'autre. Il en est du Thè comme de la vigne, qui donne des produits Irès- 
différens dans des localités rapprochées , et cela ne doit pas nous surprendre, 
car, outre les diversités de sol et d'exposition , il y a de plus des différences 
dans l'époque des récoltes de feuilles , dans le nombre de ces récoltes, dans 
la préparation des feuilles, et peut-être aussi dans les races ou variétés qui 
sont cultivées depuis un temps immémorial dans chaque localité. Le Thé 



(1) Crawfurd, Joimial nf an cmbassy tn thc court of Ava. l'n vol. in-/j, lonJi-es 1829, 
p. 450. 

(2) ElTectîvenient le Dr. Wallicli, naturaliste de l'expédition , ne fa pas trouvé dans le pays drs 
lîirm.ins. U n'y en a aucune trace dans l'herbier de ce pays, qu'il nous a conOé , ni dans les 
manuscrits de son voyage. 



— 189 — 

sauvage pourrait bien douner une saveur plus forte , plus acre , el un parfuirs 
plus délicat. 

Cette considération cependant ne diminue pas , à nos yeux, l'intérêt de la 
découverte des Anglais. Si la province d'Assam qui louche à la Chine , pré- 
sente le Thé spontané , elle doit être éminemment propre à la culture de cet 
arbaste. En supposant que la plante sauvage soit d'une faible ressource, la 
plante cultivée, celle surtout que l'on ferait venir de Chine, pourrait être 
fort avantageuse. 

Aujourd'hui que le territoire d'Assam jouit de cette paix durable que les 
Indiens ignorent et que les Européens peuvent seuls leur donner, il est pro- 
bable que la population augmentera , et que des cultures avantageuses pour- 
ront être introduites. Des relations directes avec l'intérieur de la Chine 
pourront être tentées, et il résultera, soit de ces rapports que Ton ne peut 
empêcher dans un pays de montagnes, soit de la culture du Thé à Assam, 
que le commerce du Thé ne sera plus entre les mains des autorités de Canton 
et ne pourra pas être arrêté par un caprice du gouvernement. 

Sur les diverses espèces de Rhubarbes comestibles ; par M. Soulanqes-Bodiu. 

La Rhubarbe est abondamment cultivée en Angleterre pour les pétioles de 
ses feuilles vertes ou blanchies, dont on se sert, à cause de leur saveur sucrée, 
dans la confection des tartes et des tourtes, en remplacement des Groseilles ou 
des Pommes, ou pour leur servir d'accompagnement. C'est aujourd'hui un des 
végétaux culinaires les plus répandus , et la quanlilô de pétioles que l'on ap- 
porte au seul marché de Covent-Garden est vraiment prodigieuse. Ce mets est 
devenu populaire , comme chez nous certaines fritures et pâtisseries qui s'ap- 
prêtent et se distribuent au coin des rues, à la classe ouvrière aux heures de 
ses repas , et sa consommation n'est pas moins grande dans les classes supé- 
rieures. 

La culture de la Rhubarbe est accrue si rapidement autour d'Edimbourg , 
qu'un seul jardinier commerçant , qui trouvait difficilement , il y a quelques 
années y à vendre quarante à cinquante douzaines de bottes de feuilles dans 
une matinée , en débite actuellement jusqu'à trois à quatre cents boites. Le 
prix commun de la Rhubarbe aux tartes sur le marché d'Edimbourg n'est que 
de 2 deniers, un paquet de 12 côtes ou pétioles, tandis qu'à Glascowla même 
quantité coûte 3 deniers. 

C'est vers 181o seulement que les jardiniers anglais ont commencé d'en 
porter au marché. Aujourd'hui, plus de 100 acres de terre sont consacrées à 
sa culture autour de Londres. M. Wilmot, ce célèbre cultivateur de Fraises, y 
envoie la Rhubarbe par charretées. La culture et l'usage s'en répandent aussi 
rapidement aux État-Unis. Une demi-douzaine de plants suffit à l'approvi- 
sionnement d'une famille. 

Enfin , ce mels devienl si populaire, que la plante perd peu à peu sa dé- 



- 190 — 

norainalion générique , et que l'on ne la désigne plus, dans le langage com- 
mun , que sous le nom vulgaire de Pie plant , plante aux tartes. 

La Rhubarbe , Rheum , est une plante vivace de l'Ennèandrie Irigynie de 
Linné , qui produit des fleurs en épis ou panicules, dont le calice, à six divi- 
sions , est permanent , dont la corolle est nulle, à moins que , suivant l'opinion 
du professeur Martyn, le calice ne soit lui-même une corolle, et qui porte une 
semence unique , triangulaire ou à trois faces. 

Quatre espèces sont cultivées en Angleterre pour l'usage de la table : 

1° Rheum rhaponticum. C'est la Rhubarbe commune ou de Thrace. Origi- 
naire d'Asie, elle commença d'être cultivée en Europe dès l'année lo7s>. Ses 
feuilles sont lisses et un peu sillonnées, les pétioles rougeâtres. Après avoir pelé 
les queues des feuilles, on les coupe par morceaux et on en fait des tourtes et 
des tartes. 

2° Rheum undulatum. Buck's Rhubarb. Elle fut apportée de Chine en 1 734 . 

â°i{AeM»i^i/6ric?Mw. Native d'Asie et cultivée en 1778. Ses feuilles sont 
larges et unies , ayant la forme un peu en cœur , et portées par des pétioles 
très-longs, qui ont quelquefois jusqu'à 3 et 4 pieds, et que l'on prépare comme 
ceux du Rheum rhaponticum auxquels on les préfère comme plus succulens. 
LesAnglaisla cultivent corameplante alimentaire depuisune trentaine d'années. 

4° Elford Rhubarh, Rheum undulatum. Var. Celte variété a été obtenue, 
il y a quelques années , par M. W"" Buck , jardinier de l'honorable Fulke 
Greville Howard , à Elfort , près Lichtfield , dans le Staffordshire. Elle passe 
aujourd'hui pour une des meilleures, et par conséquent elle est fort recherchée. 
Cette espèce est fort précoce et propre à être forcée : à cet effet, on la place 
dans une serre à primeurs, ou seulement dans une cave à champignons, ou 
même on se contente de placer des pots sur les pieds végétant en pleine terre, 
à la manière du Choti marin. L'EIford jouit de la propriété de conserver sa 
brillante couleur écarlate , quoique placée, pour être forcée, dans une obscu- 
rité complète , propriété que ne présente peut-être aucune autre plante pota- 
gère. En outre, sa saveur, dans une tarte, n'est surpassée par celle d'aucune 
autre variété. 

S" Nous ne mentionnerons ici que pour mémoire le Rheum 'palmatum , 
originaire de Tartarie , dont les feuilles, profondément découpées en lobes 
pointus , ont la forme d'une main ; ses pétioles ne sont que rarement employés 
comme nourriture; mais ses racines, qui donnent la véritable Rhubarbe de 
Russie ou de Turquie, sont quelquefois séchées pour être employées comme 
médicament. 

Toutes les espèces de Rhubarbes peuvent se multiplier de semences ou par 
la division des racines. On sème la graine au printemps en rayons dans un 
sol léger et bien amendé. Quand les jeunes plants ont un pouce de haut , on 
les repique et on les espace à 8 pouces de dislance. En automne, on les 
transplante dans des plates-bandes d'une terre riche, légère , défoncée à 2 ou 
•'î pieds , bien ameublie et bien fumée. Les plants do l'espèce commune et de 



— 191 — 

l'hybride peuvent être mis à % pieds l'un de l'autre sur des rayons espacés 
entre eux de 4 pieds ; mais comme un sujet vigoureux de Thybride peut s'éten- 
dre jusqu'à 8 pieds, il vaudra mieux cultiver chaque espèce à part dans des 
plates-bandes séparées, afin de pouvoir mieux proportionner à leur dévelop- 
pement prévu la distance à mettre entre les plants , et qui peut être un peu 
moindre chez nous qu'en Angleterre, où le climat est plus favorable à une 
forte végétation. Une fois la plantation faite, les soins de culture qui restent à 
ilonner consistent dans des sarclages , de profonds labours à la fourche entre 
les plants, pour tenir la terre convenablement divisée, et l'enfouissement d'un 
riche engrais végétal à chaque automne. 

Dans la première année qui suivra la plantation , on pourra déjà cueillir 
quelques feuilles. On commence par enlever un peu de la terre environnante, 
et il faut avoir soin d'enlever ces feuilles en les détachant doucement de 
côté , et non point en les coupant avec un couteau. 

Le blanchiment des feuilles peut s'obtenir, ainsi que nous l'avons dit, en 
lieu abrité ou en pleine terre. Dans le premier cas , on empote les plants en 
novembre, on les place dans une serre dont la température est appropriée àl'ac- 
tivilé qu'on se propose de donner à l'opération; on peut avoir ainsi des feuilles 
bonnes à cueillir à Noël, et en remplaçant les sujets qui ont fourni leur tribut 
par d'autres plants, on peut prolonger la jouissance et le produit jusqu'en mars, 
époque à laquelle on commencera la récolte des pieds cultivés en pleine terre, 
et dont on aura obtenu l'étiolement au moyen de grands pots à fleurs renver- 
sés , placés sur les plantes en février , et recouverts d'une bonne doublure 
de fumier chaud. Ces soins , donnés à la variété nouvelle qui porte le nom 
d'Elford, procureront des produits qui devanceront d'un mois ceux de toutes 
les autres variétés. 

On ne se donne guère la peine de forcer la Rhubarbe commune ni l'hybride, 
parce que ce moyen n'améliore ni la couleur ni la saveur de l'une et de l'autre. 
L'hybride , ayant des pétioles très-longs , est celle qu'on recherche le plus 
pour le plein air. 

M. Knight a fait, sur la culture forcée de la Rhubarbe, des expériences qui 
méritent notre attention. 

La racine de toutes les plantes herbacées vivaces contient , accumulée en 
elle-même pendant l'hiver , toute la matière organisable qui se développe au 
printemps dans la formation de leurs premières feuilles et de leurs fleurs. 
Elle n'a besoin ni de nourriture ni de lumière pour leur donner naissance» 
mais seulement de chaleur et d'eau ; et si l'on enlève cette racine de terre 
aussitôt que les feuilles de la plante sont tombées , elle végétera, après avoir 
' été plantée, aussi vigoureusement qu'elle aurait fait si elle n'avait pas quitté sa 
position première. Ces observations l'ont engagé, en hiver, à arracher les 
racines de plusieurs pieds de Rhubarbe commune qu'il avait obtenus de bou- 
tures faites au printemps précédent, et à les placer dans quelques pots grands 
et profonds, dans chacun desquels il en a rais autant qu'il en pouvait contenir. 



— 192 — 

H y a versè ensuite une terre légère et sablonneuse, bien divisée, au moyen de 
laquelle les interstices des racines se sont trouvé entièrement remplis , ayant 
eu soin que les sommets de ces racines fussent placés au niveau les uns des 
autres et recouverts d'envjron un pouce de terre , après quoi les pots furent 
eux-mêmes couverts de pots de même diamètre, renversés sur eux. Les pots 
ayant été ainsi placés dans une serre à raisin et dans une situation où toute 
autre végétation eût été impossible à cause de la privation de toute lumière, et 
les racines ayant été copieusement et régulièrement arrosées , les plantes se 
mirent à pousser avec autant de force que de rapidité , et l'inventeur du pro- 
cédé obtint trois récoltes successives de feuilles, dont les deux premières séries 
étaient si pressées les unes contre les autres, qu'elles se touchaient et qu'elles 
couvraient la surface du pot. Aussitôt que les deux premières pousses furent 
épuisées et qu'il devint nécessaire de renouveler les racines, celles qui avaient 
servi furent replantées en pleine terre , et leurs têtes furent enfoncées d'en- 
viron un pouce au dessous du sol. Il espérait qu'elles y reprendraient leur 
vigueur et qu'au bout d'une année elles pourraient être forcées de nouveau; 
mais elles périrent. Cette perte était de peu d'importance, les racines pouvant 
être remplacées par d'autres dun an, provenant de boutures ou de semences, et 
déjà assez fortes pour un semblable usage. Une couche de jardin, une cuisine, 
un caveau , et vers l'approche du printemps , c'est à dire à toute époque 
après la mi- janvier, un simple cellier, donneront pour cette culture une tem- 
pérature suffisante, et elle aura en outre le très-grand avantage d'offrir, sur 
une surface d'un pied carré , le même produit qu'une surface vingt fois plus 
étendue lorsqu'on laisse croître la plante dans son état naturel, et ce produit 
peut être obtenu dans le lieu le plus obscur d'une serre quelconque , impropre 
h tout autre usage, sans aucune dépense extraordinaire de chauffage, et sans 
nuire en aucune façon aux autres cultures. 



PLANTES NOUVELLES ET D'AGRÉMENT. 

'. Rhododendron indicum album, rar. forepleno. Rosageou Azalée de l'Inde 
à fleurs blanches et pleines. Foliis ovato-ohlongis, acutis, villosis, pcdunculis 
(erminalihns caîycibusque pilosis ; florihus suhsolitariis; corollâalhâ campa- 
■Hulatâ, multipetalâ. 

Tout le monde connaît l'origine du Rosage de l'Inde, ainsi que l'histoire de 
son introduction dans les collections européennes, qui date d'une trentaine 
d'années ; sa variété à fleurs blanches et simples ne nous est connue que de- 
puis 1819; elle fut reçue de la Chine avec plusieurs autres variétés , dont la 
purpurine à fleurs pleines , par M. Jos. Poole, horticulteur anglais, qui la 
propagea et la répandit. On sait que VAzalea indica fructifie régulièrement 



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— 193 — 

dans nos serres d'orangerie ou tempérées; or, c'est de l'un des semis de graines 
d'Azalea indica phœnicea, fait au mois d'août 1831 , par M. le vicomte de 
Schrynmakers de Dormael, à Louvain, qu'est proveuue la variété à fleurs blan- 
ches et pleines , dont nous donnons la figure sous le n° S9 de nos planches 
coloriées. Nous sommes redevables à M. Van Geert , jardinier-fleuriste , à 
Gand, du rameau de cette belle et précieuse plante , qui a servi de modèle à 
notre dessin , et M. le vicomte de Schrynmakers a mis la plus grande obligeance 
à nous transmettre les détails de sa production, détails qu'il a bien voulu ac- 
compagner des particularités suivantes : « Je possède encore cinquante pieds du 
» même semis, et dont j'attends la floraison ; il y a parmi eux des plantes 
» remarquables par leur feuillage, et qui n'ontqu'un demi pied de hauteur, (au- 
» disque d'autres en ont trois, quatre et même cinq.... Avant de terminer 
» ma lettre, permettez-moi de vous faire part d'une dernière remarque tou- 
» chant ce semis, c'est que de quarante à cinquante plantes qui en sont prove- 
» nues et que, jusqu'à ce jour, j'ai vu fleurir, les trois quarts ont les fleurs d'un 
» blanc parfaitement pur. » Et sans doute que toutes aussi exhalent le par- 
fum délicieux que nous avons respiré sur la plante de M. Van Geert. 

Pendant longtemps les fleurs doubles ont été , ainsi que les autresanomalies, 
rangées parmi les fleurs à organisation régulière. C'est ainsi qu'elles figurent 
dans les grands recueils du 17'= siècle et du commencement du 18% Rai, un 
des hommes supérieurs de celte époque , les admit sans distinction , comme 
ses prédécesseurs. Tournefort lui-même , qui apporta plus de critique dans 
l'étude de la science , et plus de régularité dans la circooscripliondela com- 
position des genres, ne sut pas s'affranchir de cette confusion. Son Lycbuis, 
qui comprend tant de choses, l'OEillet , la Rose, la Jacinthe , etc., se compo- 
sent indifféremment de fleurs simples et doubles. Il ne pouvait guère en être 
autrement à une époque où les parties sexuelles n'avaient encore aucune valeur, 
et où le fruit n'était, dans la plupart des classifications, qu'un caractère de se- 
conde ligne. Un seul auteur , à notre connaissance du moins, chercha d'assez 
bonne heure à introduire quelque régularité dans cette étude ; c'est Major, 
dont la dissertation de planta monstruosa Gottorpicnsi (166o), remarquable 
dansl'hisloire de la physiologie, est suivie d'un très-courtessai de classification 
des plantes prolifères, parmi lesquelles se trouvent des plantes doubles. 

Depuis que la physiologie est devenue une partie indispensable de la bota- 
nique, il n'est aucun point de cette belle science qui n'ait attiré l'attention 
des observateurs. Linné, qui par la démonstration et l'emploi du système 
sexuel, sa philosophie et sa nomenclature, donna une nouvelle face à la bo- 
tanique , fit un grand pas en excluant les fleurs doubles do sa méthode ; mais 
elles ne furent point, pour lui, l'objet d'un examen spécial. Les autres auteurs 
de systèmes et de méthodes les négligèrent également. Il était néanmoins 
naturel de rechercher comment ces plantes, qui se rattachaient par tous les 
autres caractères aux lois générales de la végétation , s'en écartaient par un 
seul point, etd'ètudierlesdévialionsdesorganesqui causaient ces monstruosités 
TouF 111. 25. 



— 194 - 

ou anomalies. Mais il a fallu des siècles pour élaborer quelques-unes des idées 
les plus simples dans les sciences. Ce fut entre autres le sort des fleurs doubles, 
qui, jusqu'à nos jours, sont restées reléguées dans les catalogues des amateurs. 

Le professeur De CandoUe paraît être le premier qui ait soumis cette por- 
tion si attrayante du règne végétal à une investigation méthodique; son travail 
sur les fleurs doubles, inséré dans le 3° volume des mémoires de la Société 
d'Arcueil ^page384) , est vraiment fort curieux. Depuis MM. Dunal, Moquin- 
Tandon, Munzel, Smith, Lindley, etc., ont ajouté beaucoup de faits et d'obser- 
vations à ceuxexposés par le professeur De CandoUe. Ce grand naturaliste classe 
les fleurs doubles en trois divisions : 1° les fleurs péfalodées , qui offrent une 
transformation simple de tous ou de quelques-uns des organes floraux. Le dé- 
veloppement en pétioles s'exécute par les bractées, le calice, les étamines ou 
les carpelles. Les étamines ont deux modes de duplicature, selon le dévelop- 
pement du ûlet ou de l'anthère; ^' les fleura multipliées, dans lesquelles /e 
nombre des pétales est augmenté par l'accroissement du nombre des rangées 
des veriicilles floraux; 3° les fleurs permutées où favortement des organes 
génitaux détermine un changement notable dans la forme ou la dimension 
de Vnn des tégumens f oraux. 

La duplicature que nous avons observée dans VAzalea indica s'est opérée 
par l'extension latérale des filamens des étamines ; ces filamensont commencé 
à se dilater par leur base, se sont soudés entre eux , et la soudure gagnant in- 
sensiblement jusqu'à l'extrémité du filament , a fini par former une seconde 
corolle monopètale incluse dans la corolle primitive , et tout à fait semblable, 
aux dimensions près qui étaient un peu moindres. Cette ampliation de corolle 
ét^it évidemment formée parla première rangée composée de cinq étamines; 
la seconde rangée dont on voit les filamens, dans la fleur simple, alterner 
avec ceux de la première , a suivi la même marche que la première , et il en 
est résulté une troisième corolle enfermée dans la seconde. Il est à présumer que 
là doit se terminer la duplicature, à moins que les carpelles ne viennent à 
subir à leur tour la transformation. Nous avons remarqué que toutes les fleurs 
du même pied , n'avaient pas également doublé d'une manière complète , que 
dans le troisième rayon de la corolle surtout, quelques étamines ou plutôt leurs 
filamens étaient soudés jusqu'à moitié seulement et que leurs anthères au lieu 
de s'étendre en lobes , comme dans les autres , restaient arrondies et perchées 
sur l'extrémité du filet; ce qui prouve que le travail de la duplicature avait été 
graduel. Nous ignorons quel a été le nombre des plantes à fleurs doubles ob- 
tenu jusqu'à ce jour du semis, nous savons seulement qu'il y a eu aussi des 
fleurs purpurines. Du reste, M. le vicomte deSchrynmakers a bien voulu nous 
promettre de nous tenir dorénavant au courant de tout ce qu'il obtiendra de 
remarquable de ses semis en tout genre, ce qui ne pourra manquer d'inté- 
resser tous les amis de 1 horticulture ; nous nous trouvons bien flattés d'une 
offre aussi utile à tous ; nous en témoignons notre reconnaissance à l'hono- 
rable amateur et faisons des vœux bien sincères pour que son exemple soit 



-_ I9i5 - 

généralement imité ; alors seulement nous pourrons croire nos efforts cou- 
ronnes de succès. 



CONSTRUCTIONS HORTICOLES. 

Moyen de distribuer Veau dans un vaste jardin, à l'aide d'une machine à 

vapeur. 

Quelle que soit la quantité d'eau dont on puisse disposer dans la distribu- 
tion d'un grand jardin , il arrive souvent que l'on est forcé d'en négliger des 
parties considérables, parce qu'on ne peut les conduire de manière à en obte- 
nir un effet avantageux, tel que des chutes, par exemple. Dès-lors aucun 
moyen naturel de les distribuer en cascades , d'établir la plus pelile vanne 
pour servir de moteur aux mécanismes susceptibles d'élever ces eaux. Dans 
ce cas , une machine à vapeur d'une force très-peu considérable , devient né- 
cessaire, non-seulement pour l'agrément, mais encore pour l'utilité, pour le 
service du jardin; c'est avec son secours que l'on peut tenir constamment 
remplis, des réservoirs extérieurs dont il est facile de surmonter soit les oran- 
geries, soit d'autres parties quelconques d'édifices ; et ces réservoirs, par des 
conduits habilement ménagés et dirigés , alimentent des bacs d'arrosement , 
font jaillir des fontaines , répandent enfin avec une apparente profusion , l'eau 
partout où elle est indispensable. 

Les constructions destinées à contenir les machines à vapeur, doivent être 
érigées ou sur des puits intarissables ou dans le voisinage des bassins. Dans 
l'un et l'autre cas, il faut faire en sorte qu'elles puissent concourir à l'embel- 
lissement, au pittoresque de la propriété. C'est pour en donner quelqu'idèe 
que nous représentons ici, dans notre planche , le trait de deux cages de ma- 
chines à vapeur, existant l'une dans le jardin botanique d'Edimbourg, l'autre 
dans rétablissement de la Société royale d'Horticulture à Bruxelles, où chacune 
d'elles est également placée de manière à produire un grand et bel effet. 

La fig. 1 représente l'élévation de la cage de la machine à vapeur du jar- 
din d'Edimbourg. 

La fig. 2 est le plan intérieur de la cage où est indiquée la disposition de 
cette machine. 

La fig. â donne le plan de la construction souterraine. 

La fig. ^ est la coupe sur l'axe de la chaudière. 

Légende. 
A. Puits. B. Pompe. CC. Réservoirs. DD. Chaudières. E. Foyers. F. Chemi- 
née, a. Cylindre de la machine pour pomper, b. Volant, ce. Supports du balan- 
cier, d. Tuyau conducteur de l'eau, e. Dégorgeoir, f. Tuyau qui alimente la 
chaudière, g. Modérateur du feu. h. Soupape de sûreté, ii. Tuyaux conduc- 
teurs du superflu de la vapeur que l'on peut utiliser pour le chauffage de 



— 190 — 

peliles serres, k. Tuyau à vapeur de la machine. //. Jauges à vapeur, m. En- 
trée de la chaudière. 

iV. B. On pourrait , à l'aide de rohinets, employer la vapeur exclusivement 
au chauffage des serres. 

La fig. 5 représente la cage de la machine à vapeur du jardin botanique de 
Bruxelles. L'intérieur ne diffère pas sensiblement de ce que nous avons rapporté 
en détail pour la machine du jardin d'Edimbourg. Cette machine, construite 
sur les bords d'un grand étang, enpousse les eaux, à l'aide de conduitscylindri- 
ques en fonte et de huit pouces de diamètre, à une distance de quinze centspieds; 
elle tombe dans un réservoir de mille tonnes environ, placé sur l'orangerie et 
à plus de cent cinquante pieds au-dessus du niveau de l'étang. Celte cause 
distribue dans une infinité de conduits en plomb, munis de robinets, et alimente 
ainsi sept serres, deux orangeries, dix fontaines et trois bassins, soit pour 
l'utilité du service, soit pour l'agrément et la décoration de rétablissement. 



ANIMAUX NUISIBLES. 

Destruction des pucerons dan» les serres; par M. P.-E. De Pcydt, secrétaire 
de la Société d'horticulture , à Mons. 

Lorsque les pucerons s'établissent dans une serre , ils s'y multiplient avec 
une rapidité étonnante, et l'on sait le tort qu'ils font à beaucoup de plantes. 
L'usage de la fumée de tabac, pour les détruire, est toujours suffisant quand 
on l'emploie convenablement , et il est bon de s'y tenir ; mais il présente 
deux inconvéniens assez graves, qui font qu'on ne s'y résigne que le plus 
tard possible et quand le mal est déjà fort avancé. 

Le premier inconvénient est dans l'obligation d'allumer de grands ré- 
chauds , pour brûler le tabac, et de pénétrer, non sans danger, dans cette 
atmosphère de fumée acre et d'acide carbonique, si, avant la fin du l'opé- 
ration on voit le feu faiblir et le tabac brûler mal. 

Un moyen bien plus simple et plus sûr que l'usage des réchauds est celui-ci : 

Prenez du tabac en feuilles , médiocrement sec ; liez toutes les feuilles en 
paquet par le pétiole; rapprochez les pointes avec une seconde ligature non 
serrée ; suspendez un ou plusieurs de ces paquets dans la serre et allumez-les 
en dessous; ils se consumeront jusqu'au bout en répaudant beaucoup de fumée. 

Le second inconvénient du tabac est son odeur longuement persistante et 
désagréable pour beaucoup de personnes, pour les dames surtout. Il n'est 
aucun amateur auquel il ne répugne d'infecter sa serre pour une ou deux 
plantes atteintes , et cependant ces plantes souffrent et peuvent luêrae périr : 
les petits moyens connus ne sauraient les sauver. En voici un qui est in- 
faillible, et qui, répété de temps en temps, peut dispenser l'amaieur soi- 
gneux de la nécessité d'une fumigation générale. 

Ayez une cloche de verre (ou même un vase quelconque) , de taille suffi- 



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— 107 



santé pour couvrir la i»larile sur laquelle vous voulez opérer (si la plante est 
par trop haute , on peut enterrer le pot et même la tige) ; allumez quelques 
feuilles de tabac sous cette cloche, et quand elle sera remplie de fumée re- 
couvrez-en la plante, et laissez là dans cet ëlat pendant quelques heures. 



MÉL\NGES. 

Essai d'un moyen dejiréserver les feitrs des arbres à fruit des gelées tardives. 

Un de nos correspondans nous rappelle que depuis longtemps le savant 
M. Knight , président de la Société d'Horticulture de Londres , a émis l'opi- 
nion que quand les fleurs des arbres fruitiers ne donnaient pas de fruits après 
des gelées tardives du printemps, ce n'était pas que ces fleurs fussent gelées, 
mais bien parce que la gelée a interrompu le cours de la sève dans le corps de 
l'arbre, et qu'il devait suffire , pour préserver les ovaires des fleurs des effets 
de la gelée, d'en garantir le corps de l'arbre , les grosses branches et le collet, 
en les couvrant d'une manière quelconque. M. N. Réfléchissant sur cette idée, 
et voulant vérifier jusqu'à quel point elle est fondée, a, au mois de février, en- 
veloppé de grosses corJes de foin , la tige' et les principales branches d'un 
Pommier de reinettes , et il a fait courir à deux Pommiers voisins la chance 
de la température. Vers la fin de ce mois le froid, comme on se le rappelle en- 
core, fut assez vif etle thermomètre deP»éaumur a descendu au dessous de o'; 
il y eut très-peu de fleurs sur les Pommiers restés sans couverture , l'autre 
au contraire en fût couvert, les ovaires se sont parfaitement développés et 
tout fait présager une récolte abondante. 

Il est bon de tenir note de l'expérience de M. N. et de la répéter à la saison 
prochaine; nous invitons instamment Messieurs les horticulteurs qui voudront 
bien se charger de ce soin , à nous faire parvenir le résultai de leurs essais, afin 
que nous puissions présenter un ensemble de données positives sur un fait de 
préservation aussi avantageux et qui se trouverait à la portée de tout le monde. 

EXPOSITIONS HORTICOLES. 

Société boyale d'Horticulture de Moxs. 17^ exyosiiion. — Extrait du 
procès-verbal de la séance du 26 mai 1836. 

M. Dumont-Ricart, vice-président , accompagné des membres du conseil 
d'administration, installe le jury dans le salon d'exposition , afin qu'il puisse 
procéder à ses opérations ; puis il se retire avec le conseil dans la salle des 
séances. 

DÉcrsioNS DU JiRY. — La médaille d'or destinée par la régence, à la plus 
belle collection d'amateurs ou de jardiniers, est décernée à l'unanimité à la 



— 198 — 

collection G, laquelle est reconnue appartenir à M. Alex. Verschaeffelt fils, 
jardinier fleuriste à Gand. 

La collection II obtient à l'unanimité une mention honorable ; elle a ètè 
envoyée par M. L' Hoste , jardinier-fleuriste à Gand, 

Prix de la Société. — Amateurs. La médaille pour la plante la plus 
remarquable par sa beauté, sa culture ou sa rareté, est décernée au Tilland- 
sia speciosa (1), exposé par M. F. Georges , de Binche, 

Vericasuaveolens, de sir H. Oakes, baronnet, résidante Tournai, obtient 
l'accessit. 

Le prix destiné à la plus belle collection d'amateurs est décerné à celle 
présentée par sir H, Oakes , déjà nommé. L'accessit est donné à la collection 
exposée par M. Demoulin fils. 

Jardiniers. — Le prix pour la plante la plus remarquable est accordé à 
VErica mundula, de M. Verschaeffelt, déjà nommé. L'accessit à r£nca ves- 
tiia coccinea , du même. 

La médaille pour la plus belle collection des jardiniers , est décernée à 
l'unanimité, à celle appartenante au même, M. Verschaeffelt. 

Pour extait conforme : P. -G. De Pcydt , Secrétairb. 



Société d'Horticulture d'Anvers. — Extrait du procès-verhal de la séance 

du ^8 mai 1836. 

La commission des juges, se trouvant réunie au salon d'exposition, elle 
s'occupe des concours ouverts par la société. 

1° Pour la plus belle collection de plantes en fleurs, de genres différens. — 
Le prix a été obtenu par la collection de M. Meeusen , fils. Le l^f accessitpar 
celle de M. VanBeirs.Le 2" accessit par celle de M. Moens, jardinier fleuriste. 

Les collections de MM. De Caters, J". De Knyff, De Knyff-Dellafaille , 
Le Brasseur-Van den Bogaert , Lemmens , Moretus-Van Colen et du chevalier 
Parthon-Devon , ont été mentionnées honorablement. 

2° Pour la collection de plantes en fleurs, qui présente le plus grand 
nombre d'espèces et de variétés, du même genre. — La médaille a été ad- 
jugée à la collection de Pelargonium de M. Moens , jardinier fleuriste. 

Ont obtenu la mention honorable , les collections de MM. De Knyff-Della- 
faille, Meeusen, Van Beirs et Wuyts Van-Wamel. 

3' Pour la plante en fcîirs la mieux cultivée, — La médaille a été dé- 
cernée au Borronia serridata, de M. Alex, Verschaeffelt , jardinier fleuriste, 
à Gand. Le l*^' accessit, au Rosa indica Smithsii, de M. De Knyff-Della- 
faille, elle % accessit, au Rhododendrum arboreum, de M. Verschaeffelt. 

■4" Pour la plante en fleur la plus rare, ou le plus nouvellement intro- 

(1) Nous désirons pouvoir comprendre dans l'iconographie de l'Horliculteur Belge , cctie plante 
nno nous n'avons trouvée décrite ou mentionnCc par aucun dca auteurs que nous avons été 3 porté de 

consulter. 



— 199 — 

duite dans le royaume. — Le prix a été adjugé au Cosmeîia rubra (1) , de 
M. Alex. Verschaeffcit. Le l" accessit à un Cataseium nova species , de 
M. Constantin De Caters;et le 2^ accessit, au Malaxis Parthoni {courtois) 
de M. le chevalier Parthon-Devon. 

S" Pour le contingent le plus riche en belles plantes rares. — Le jury 
décide à l'unanimité de décerner la médaille au contingent de M. Alex. Ver- 
schaeffelt. [Signé) P. J. De Caters , président. 

F. J. RiGOCTS, secrétaire. 

Extrait des procès-verbaux des séances d! exposition de la Société de Flore 
i)E Bruxelles, les \1 et \^ juin 1836. 

Le nombre des plantes exposées est de 1078. 

Le jury , assemblé aux termes des régleraens , doit s'occuper d'abord du 
choix de la plus belle collection de plantes de tous genres, envoyée à l'expo- 
sition par le même exposant. Cinq collections sont distinguées, la première 
appartenante à M. F. Reynders, obtient le prix ; le second prix est décerné 
à celle de M. G. Moens, jardinier-fleuriste à Anvers, et l'accessit à M. Her- 
mans-Lubbers, jardinier-fleuriste à Ixelles. Les collections de MM. G. Gillot 
et Faider sont mentionnées honorablement. 

Un prix destiné à la plus belle collection de Pelargones échoit à M. Kips- 
Massena, jardinier- fleuriste à Saint-Josse-Ten-Noode. La collection de 
M. Hermans-Lubbert est jugée digne de l'accessit, et celles de MM. Moens 
et Vandendrisse-Panis reçoivent des mentions honorables. 

Un concours était également ouvert pour les collections de Rosiers du 
Bengale; celle de M. Alex. Verschaeffell , de Gand , a mérité le prix, et 
celle de M. De Jonghe , l'accessit. 

Le prix pour la plante la plus rare ou le plus nouvellement introduite 
a été donné au Phlox Brummondii (2), exposé sous le n" 790, par 
M. Alex. Verschaeffelt, jardinier-fleuriste, à Gand; le second prix au Ges- 
neria Houttei, n" 790, apporté directement du Brésil, en janvier 18â6, à 
M. le chevalier Parthon-Devon, par M. Vauhoutte. L'accessit est décerné au 
n" 990, Azalea sinensis , de la collection de M. Al. Verschaeffelt. On men- 
tionne honorablement : une variété du Cafase/wm iridentatum ; Rhododendron 
Carton's ; l'une et l'autre appartenantes à M. le chevalier Parthon-Devon ; 
Calliprora lutea, Deutsia scabra, à M. Verschaeffelt de Gand ; Caitleya Loddi- 
gesiii Oncidium Carthaginense , Alstrœmeria Erembaultii, à M. F. Reyn- 
ders; Gladiolus speciosuSy à M. Moens d'Anvers ; Lilium atrosanguineum , 
à M. Verleeuwen , de Gand; Azalea sinensis, à M. De Caters, d'Anvers; 
Mimulus cardinalis, à M. Gillot. 

(1) Nous figurons sous le ii" 60 de nos planches coloriées cette plante qui a déjs été couronnée 
par la Société <le Flore de Bruxelles, le 13 juin 1835, sous le nom de Bosmelia Rubi-a, qui était 
évidemment une faute typographique. On en trouvera la description A la page 73 de ce volume. 

(2) Voyez la description de celte plante, page 47 du présent volume. 



— 200 — 

Enfin le prix de belle culture est décerné au n" 823, Oncidium flexnosiim, 
prêsenlé par M, F. Reynders ; et le second prix au n' 984 , Gnaphaliiini 
eximiunt, de M. F. Verleeuwen , à Gand. L'accessit est partagé entre un 
Grevillea pimicea, de la collection de M. Reynders, et un Cypripedium 
speotahile, de celle de M. Verleeuwen. 



Il vient de se former dans la ville de Binche , province du Hainaut , une 
société d'horticulteurs qui ont élu pour leur président M. Félix George, pro- 
priétaire, l"' échcvin de la ville, et pour secrétaire M. Alcide Lecoeq. La 
première exposition des produits de l'horticulture aura lieu le 3 juillet pro- 
chain et tous les amis de cette belle partie de l'histoire naturelle sont invités 
à y concourir. Tout porte à croire que la société d'horticulture de Binche , 
prendra un rang distingué parmi ces sortes d'établissemcns auxquels la Bel- 
gique peut se glorifier d'avoir donné naissance. 



A la dernière exposition de la Société d'Horticulture de Saint-Omer 
(France, dépt. du Pas-de-Calais). Le prix pour la plante de récente intro- 
duction a été décerné à M. Alexandre Verschaeffelt , de Gand , pour un 
Deutz[a scabra. Décand. Trig. Fam. des phyladelphées. 

Le genre Deutzia a été institué par Thunberg, et dédié par ce savant 
voyageur à Jean Deutz, magistrat d'Amsterdam , protecteur ardent de tous 
ceux qui se livraient à l'étude des sciences. C'est par le crédit de ce citoyen 
généreux que Thunberg a pu pénétrer dans diverses parties du Japon, où nul 
Européen n'avait été admis avant lui. Le genre Deutzie , adopté par tous les 
botanistes , ne se compose encore que d'une seule espèce dont l'introduction , 
dans nos jardins, ne date que de 183-4 : M. John Reeves en a enrichi l'Europe 
et la collection de la Société d'Horticulture de Londres, où elle a fleuri au 
mois de mai. C'est un arbrisseau rameux, élevé de cinq à six pieds; ses tiges 
sont d'un brun pourpré , rudes, velues , étalées, garnies de feuilles opposées, 
péliolées , ovales , aiguës, dentées; les stipules sont petites, lancéolées et 
brunes. Les fleurs sont blanches , réunies en panicule à l'extrémité des ra- 
meaux portées sur des pédoncules anguleux et pubcscents. Le calice est 
court, parsemé de poils disposés en étoiles, presque campanule, à cinq divi- 
sions ovales et dressées. La corolle est trois fois plus longue que le calice , 
composée de cinq pétales oblongs , épais et presque obtus. Les dix étamines 
ont leurs filamens linéaires, inégaux, alternativement plus court, insérés 
ainsi que les pétales, en dehors des bords de l'ovaire, trifides ou à trois pointes 
à leur sommet, surmontés d' anthères globuleuses, didymes et jaunes. L'ovaire 
est supérieur, concave dans son milieu, chargé do trois styles filiformes, ter- 
minés par trois stigmates en massue et verdàtrcs. La capsule est globuleuse, 
petite, perforée, calleuse, presque Irigone, munie de trois pointes provenant 
des bases persistantes des styles, s'ouvrant inforicurcment en trois valves, 
divisée intérieurement en trois loges polyspermes. 



— '201 



BIBLIOGRAPHIE. 

BoTANiCAL Registtîr , or omameutal Flower-Garden, etc.; par J. Lindley. 
vol. VIII. n° S de la nouvelle série. Juin 1836. (Première partie). 

I808. Harenaria pr.ocERA. Caule folioso ; foliis ohlongis ,hasi cucidlatis, 
patentibus sensim in bracteis decrescentïbiis ; racemo imiUifloro ; bracteis 
herbaceis, inferioribttsfoliaceis ovarii loncjitucline , superioribtisparvis, ovatis; 
Inhelli tripartiti laciniis lateralihus linearibus , intermediâ latiore paulo hrr, 
vioribus ; calcare pendulo clavato, ovario duplo longiore. 

H. Procera. Lindl. Gen. et sp. Orch. 318. 

O. Procera. Savartz in Pers. syn. 2. 306. 

Quoique connue depuis assez longtemps par la description qu'en ont faite 
divers auteurs, cette orchidée, originaire de la côte inférieure de Sierra-Leone, 
ne se trouvait encore dans aucune collection européenne ; elle vient d'y être 
introduite par les soins de MM. Loddiges, et a fleuri, dans leurs serres, au 
mois d'août passé. 

1859. Cattleya labiata. Botan. Cnhin. 19S6- 

1860. Crat-«gus crus oaixi. Linn. Sjj. pi. 632.— DeCand. Prodr. ± 626. 

1861. Mormodes. Naf. Ord. Orchidée. Gyn. mon. Sepalum superius sub- 
fornicatum, angustum; IsLleraWa conformia reflexa. Petala latiora. Labellum 
selîœ forme , ascendens, trilobatum, subcuneatum, apiculatiim., cum columnâ 
articulatum. Columna semiteres, mutica ; gynizus longus, angustus; clinan- 
àrmm posticè acuminatum. PoUinia 4, per paria connata, caudiculœ crassœ 
affixa, glandïdœ carnosœ crassœ adlierenti. 

M. Atropdrpurea. Pseudobulbo cauîescente foliis plicatis; racem,o laterali 
denso, oblongo , pseudobidbo-aîtiore ; sepalis lineari-oblongis; petalis ovatis, 
erectis , suprà columnam, conniventibiis; labello repUcato. 

Les Grecs exprimaient par le mot (x.opfx.a, un être fantastique , d'un aspect 
repoussant , qu'ils représentaient sous la forme d'une femme monstrueuse ; 
M. Lindley a eu recours à ce mot pour désigner un nouveau genre de plantes 
dont le type n'offre rien d'agréable dans son faciès général , pas plus que 
dans la forme et les couleurs de sa fleur en particulier. Cette fleur par son 
gynostème se rapproche assez de celle des Ca(asets et des Myanthes, mais 
d'autres caractères éloignent la plante de ces deux genres; il en est de même 
des Monacanthes , avec lesquels il n'y a de rapport que par la conformation 
du labelle. Le Mormode à fleurs d'un pourpre obscur, originaire à ce que l'on 
présume , de la Nouvelle-Espagne , a paru dans les collections de la Métro- 
polej en 1834; on l'a vu en fleur, dans celle de sir J. Willmore, d'Oldfort prés 
Birmingham, dans le courant de décembre de l'an dernier. 

Le pseudobulbe parait articulé, et de chaque nœud sort une feuille demi 
embrassante. Lahampe est très courte, latérale, cylindrique, pourvue de pe- 
TOME III. 26. 



— 202 — 

liles écailles spalhiformcs, lancéolées el dune douzaine de fleurs formant un 
épi terminal. Les sépales sont liuéaires-oblongs , égaux, réfléchis et adnés 
parleur base à l'onglet du labelle ; les pétales sont ovales, dressés et conni- 
\eus au-dessus du gynostème. Le labelle est arqué, replié extérieurement, lé- 
gèrement onguiculé, à trois lobes, dont l'intermédiaire épais, charnu , acuminè 
et doublement échancré ; les lobes latéraux sont recourbés et veinés. Le 
gynostème forme le prolongement du labelle ; l'anthère porte quatre masses 
poUiuiques , adhérentes par paires , à une caudicule presque en forme de ca- 
puchon; la glandule est épaisse et concave. 

1862. Kennedya macrophïlla. Foîiolis 3 ovatoohlongis , retusis , mucro- 
ntiîatis, petioli longitiidine ; • stipulis setaceis petiolulis CBqualibtis; racemis 
nmltifloris, foUontm longitudine. 

Nous ignorons les motifs qui ont porté M. Lindley à ne placer qu'avec doute 
cette plante parmi les Kennedyes ; n'ayant pu encore la voir vivante, nous n'a- 
vons pas été à même de vérifier l'insuffisance de caractères, qui a provoqué 
l'hésitation du savant professeur de l'université de Londres. Cette plante a été 
observée à la Nouvelle-Hollande, par sir J. Stirling , sur les bords de la rivière 
des Cysnes , et c'est lui qui en a fait l'envoi à M. Robert Mangles ; elle a fleuri 
l'été passé dans la collection de ce dernier, à Sunning-Hill, près de Windsor. 

1863. Trichopilia. Nat. Ord. Orchide.b. Gynand. monand. Sepala et 
petalaœqualia, patentia, amjiisla. LabeUum magnuni, petaîoideum , convo- 
lutum, cum columnâ parallelum trilobum. Columna teres , clavata. Clinan- 
drium cucullatum, Z-Iobum, viUoso-fimbriatum. Anthera 1-locularis, com- 
pressa, antice co?Jt-ej:a. Pollinia ^, posticè sulcata; caudiculœ tenui cuneatœ 
adhœrentia ; glandulâ mininiâ. 

T. TORTiLis. Pseudobiilbû oblongo , suïcato ; folio soîiiario, oblongo; flore 
unico , axillare, horizontale, sessile. PoUiniis parvis, ptjriformis. 

Cette orchidée très-voisine du genre Maxillaria, n'a pu y trouver place , 
selon M. Lindley , par plusieurs caractères d'exclusion , peu saillans à la 
vérité , mais suffisans pour avoir nécessité la formation d'un genre nouveau 
auquel M. Lindley a donné le nom de Trichopilia, dérivé de r;;;%;H,poiletde 
jr/A/cv, bonnet ; l'anthère en effet ressemble, au moyen des découpures fran- 
gées qui surmontent ses loges, à une tète couverte ou coiffée d'un bonnet à 
poil. Cette planté a été apportée du Mexique , en 1833 , et communiquée à 
M. George Barker, de Spingfield près Birmingham , chez qui elle a fleuri au 
mois de janvier dernier. 

Le pseudobulbe est oblong , sillonné , comprimé. Il s'élève du sommet une 
seule feuille oblongue, coriace, aiguë , repliée à sa base. La fleur est soli- 
taire et sessile ; les sépales et les pétales sont égaux , linéaires-lancéolés, très- 
ouverts, tortillés en spirale, d'un brun rougeâtre en dessus, d'un brun jau- 
nâtre en dessous , marqués d'une côte longitudinale et saillante , faiblement 
crispés sur les bords ; leur longueur est de dix-huit â vingt lignes, leur lar- 
geur de trois à quatre. Le labelle a deux pouces environ ; il est roulé en forme 



— 203 — 

de cornet autour du gynostème , fort èvasô , partagé en trois lobes , dont l'ia- 
termédiaire plus large et lui-même trilobé , blanc , pourpré à son origine avec 
des taches de même couleur répandues sur le limbe et peu visibles à la lace 
extérieure. Le gynostème est un prolongement de l'ovaire, cylindrique , en 
massue et blanc; le clinandre est en forme de capuchon à trois lobes dressés 
en faulx , à bords longuement et finement découpés ou ciliés. L'anthère est 
comprimée, apiculée. Les deux masses poUiniques sont petites, en forme de 
poire , sillonnées inférieurement, portées sur une caudicule en forme de coin» 
avec une glandule ovale et très-petite. Le gynize est concave et un peu replié 
obliquement. 

1864. Lychxis Bcngeana. Calijcihus clavatis,pedicelîa hractehque longio- 
ribus ; petalis incisis ; foliis ovatis lanceolatisque , pubesceniibîis ; floribus 
solitariis. 

Agrosteîima Bu^GEANA. Dos. in SiveetsFl. Gard.'èll. 



CuRTis BoTAMCAL Magazine ; or Floioer Garden displayed , etc.-, par 
W. J. HooKER, nouvelle série; tome X , n" 114. Juin 1836. 

3493. — PoiNSETTA. Nat. Ord. Euphorbiacées. Mon. JlfonanJ. Involucrum 

monophyUum, androcj]]num,hasio-lQCulare, extks appondicillatum, nectar i- 
ferum. Flores pedicellati^nudi; masculi hifariam iîi singulis loculis, monan- 
dri; fœminei solitarii ; germen trilobum ; ovulum solitarium singulis lobis. 
P. PcLCHERRiMA : Cau/e erecto ramoso ; foliis petiolatis, ovato-ellipticis; 
hracteis maximis splendide coccineis, Graham in éd. ]\ew. Phil. Jouin. 
Mardi. 1836. 

EUPHORBIA PULCHEKRIMA. WiLLD. Herb. ! 
E. PorXSETTIANA. BuiST. MSS. 

Le genre Poinsettia vient d'être institué par M. Graham , pour une plante 
d'un aspect magnifique , découverte au Mexique par M. Poinsette qui en 
adressa des graines en 1828, à M. Buifs de Philadelphie; c'est du semis 
qu'en a fait ce savant amateur qu'est provenu l'exemplaire adressé, en 1834, 
par M. James Nab, au jardin botanique d'Edimbourg, et qui a fleuri, dans les 
serres de cet établissement , au mois de février dernier. 11 parait, d'après des 
renseignemens acquis depuis l'apparition de cette plante dans les serres et col- 
lections d'Europe, qu'un exemplaire sec en avait été précédemment envoyé à 
Willdenow, qui, ayant considéré la plante comme un Euphorbe, l'avait ainsi 
placée dans son Herbier, sous le nom spécifique de Pulcherrima : du reste , 
elle diffère assez peu de quelques espèces de ce dernier genre pour que 
M. Buits , qui le premier la cultiva , l'ait aussi regardée comme appartenant*; 
au genre Euphorbe. 

C'est un arbuste à tiges rameuses , droites, arrondies , glabres et d'un vcr( 
tendre, assez souvent creuses dans leur jeunesse. Les feuilles sont éparses, 
ovales-elliptiques, aiguës, veinées et réticulées; le pétiole est semi cylindri- 
que, sillonné en dessus et d'un vert rougeàtre. Les bractées, au nombre d'une 



— 204 — 

vingtaine et mêma plus, sont réunies , étalées au sommet des rameaux et y 
forment uue rosace coroUoïde du rouge ponceau le plus éclatant ; ces brac- 
tées sont foliacées, lancéolées, ondulées, aiguës ; les plus grandes ont de (rois 
à quatre pouces de longueur , sur deux environ de largeur ; ce qui donne à 
la rosace colorée un diamètre de huit pouces environ , vert , articulé à sa base, 
terminé par des dents nombreuses , quelquefois de la même couleur que les 
bractées. Les fleurs mâles et les fleurs femelles sont renfermées dans un in- 
volucre mouophylle , charnu, verdàtre , irrégulier, turbiné, offrant sur un 
de ses côtés une fente à lèvres épaisses , articulé à sa base, couronné par des 
dents nombreuses et d'un rouge de rose ; cet iuvolucre est partagé intérieure- 
ment en cinq loges ou cavités et dans chacune d'elles se trouve une fleur fe- 
melle entourée de quatorze fleurs mâles , disposées circulairement sur deux 
rangs; la première consiste en un pédoncule épais et nu, supportant un ovaire 
à trois lobes échrancrés et uni-ovulaires ; les fleurs mâles n'offrent qu'une 
seule élamine, à filament pétiole ou articulé, terminé par une anthère à deux 
lobes divariqués; le pétiole ou l'articulation est accompagné à sa base d'une 
écaille bractéiforme, lancéolée et velue. 

3494. Physostegiatruncata. Annua; cahjcehilabiafo : lahio siiperiorc la- 
tissimè triloho; itifenore bidentato : scgmentis omnibus cuspidato-acuminatis. 

P. Trungata. Bkxth. Lab. Gen. et sp, p. o06. 

Comme la première, cette seconde espèce du genre formé par M. Bcnlham, 
est originaire du Texas où elle a été découverte en même temps et dans les 
mêmes localités (Saint -Philippe de Austin) , par M. Drummond qui en a fait 
parvenir des graines , en 1834 , au jardin botanique de Glasgow. Les fleurs 
paraissent au mois de septembre. 

La plante est annuelle ; sa tige est droite , haute de douze à quinze pouces , 
à rameaux opposés. Les feuilles sont oblongues-lancéolées, dentées et glabres. 
Les fleurs sont opposées le long du pédoncule qui a de trois à quatre pouces ; 
le calice est renflé , gibbeux à sa base qui est accompagnée d'une bractée 
glanduleuse et verte commelui; il est composé dedeux lèvres : l'une supérieure, 
très-large, partagée en trois lobes ovalaires et aigus ; l'autre inférieure , bi- 
fide ou bidentée au sommet. La corolle est également bilabiée : la lèvre su- 
périeure a trois lobes étendus et arrondis, d'un pourpre pâle; l'inférieure ar- 
rondie, entière, convexe, blanchâtre, ponctuée de rouge. Les quatre élamines 
sont didynames , avec leurs filamens cachés dans le tube de la corolle. 

349o. EscHSCiiOLTZiA CROCtA : Canle rnmoso , folioso; foHorum se(jmcntis 
Unearibus ; pedunculi ctjatko infiindibuliformi ; linibo maximo , dilnlatoy 
cahjce longè acnminnlo. 

E. Cbocfa. Bfntii. Soc. Tram. 1. N. S. 406. — Bot. Regist. 1677. 

3496. Gf.NTIANA QUINQUEFLOr.A. 

3497. RoDRfGirrziA. BAr.KERi. Bulhis nncipUi-comprcssis, ohlongis ; folits 
Hneari-lnnceolntis , enerriis , lœrihiis; perinnthio undidato : sepalo inferiori 
fere ad médium bifido; scgmentis jintcntibits ; labello apice integro. 



— iiOa — 

Le genre Rodriguezie , institué par Ruiz et Pavon , dans leur Flore du 
Pérou, est probablement, quant au nom, un hommage particulier de recou- 
uaissance. La nécessité de ce genre fut contestée par Swarlr, qui en a réuni le 
très-petit nombre d'espèces à celles du genre Livtodomm. Plus tard Lindley, 
dans son beau travail sur les orchidées, a jugé convenable de rétablir le genre 
de Ruiz et Pavou, eu y ajoutant même quelques espèces nouvelles. Celle qui 
fait le sujet de cet article, a été rapportée du Brésil par M. G. Barker , de Bii- 
mingliam, chez qui la plante a fleuri dans le courant du moi^ de janvier dernier. 

Le pseudobulbe est oblong, comprimé , strié ou cannelé et d'un vert agréa- 
ble; il a (rois pouces de longueur et neuf ou dix lignes dans sa plus grande 
largeur j sa base est entourée de quelques feuilles recouvertes elles-mêmes 
par trois ou quatre écailles membraneuses et brunâtres ; au sommet s'élèvent 
deux feuilles linéaires-lancéolées , acuminées , engainantes à la base. Il y a 
ordinairement deux hampes latérales, opposées, qui sortent d'entre les feuilles 
de la base du pseudobulbe; elles ont dix pouces environ de longueur et sont en- 
tièrement garnies de fleurs nombreuses et verdàtres, disposées en épi terminal. 
Les sépales et les pétales sont à peu prés semblables, étalés, linèaires-oblongs, 
ondulés : les deux sépales inférieurs sont placés sous le labelle et connivens à 
leur base. Le labelle est ovale-oblong et d'une forme toute particulière, ondulé, 
renyersé, échancré, presque à deux lobes , proéminent, convexe , calleux et 
muni d'un éperon court. Le gynostème est demi-cylindrique, terminé par une 
anthère operculiforme, contenant deux masses poUiniques arrondies, solides, 
soutenues par une caudicule extensible. 

8498. Fuchsia discolor. Raniis brevibus, densis, coinpactis, slrictis ;foliis 
ternis, loïujè jjetiolatis, ovaio-lanceolatisynitidis, denticulatis, sub-complieato- 
carinatis; floribiis loiicjioribus; slnnùnibus ex&ertis; stigmate ovali. 

F. discolor. Botan. Regist. I8O0. 

3499. ÛNciDirM cF.isPL'3i. Pseudobiilbis ubloïKjis , sitlcatis, diphyllis ; foliis 
lanceolatis , scapo viultifloro. 

O. Crispim. Lodd. Bot. Cab. 18o4. — Li.ndl. Gen. et sp. Orck. 197. 

Messieurs Loddiges ont reçu du Brésil, en 1829, cette belle espèce 
d'Oncidie , remarquable par l'étendue de son périanthe ; elle a été trouvée 
dans les moalagnes qui avoisinent Rio. La plante a fleuri dans la collection 
de M. Uorsfall de Liverpool, vers le milieu de l'automne dernier. 



Bbitish Floweb Garden and ornamental shruhheTij ,' etc.; par R. Sweet, 
2' série, n° 83, juin 1836. 

337. Kebkia japonica. Cauleerecto, rantossissimo; foliis alteniis, petiolatis^ 
stipulatis, oralîs, diiplicato-serratis, plicatis; floribus terminalihus, solitariis. 

K. Japonica. De Ca^d. in Linn. trans. \% p. 11)7. — In. Prodr. 2 o41. 
— G. Don Gen. syst. Gard, et Bot. 2. 517. 

Rrcrs Jafonicus. Lixn, Mnnt. ait. 24o. 

Spin.EA Japomca. Ca^ib. A un. se. nat. 1 389. 



— *i06 — 

CoRCHORUs JAPONicrs. TiicNB. Fl. Jap. 227. 

CoRciioRus Japonicus. fi. Pleno. And. Repos. 587. — Bot. Magaz. 1296, 
— NoB. Herb. de l'Amat. 209. 

Teito vulgô Jamma BuKi. K^mpf. Amœn. 8-4-4. 

C'est à Thunberg que nous sommes redevables de la découverte de celte 
plante qu'il observa pendant son séjour au Japon , et dont il rapporta des 
exemplaires secs. Trompé par les apparences, il n'avait soupçonné à la 
plante qu'un seul ovaire et l'avait placée dans le genre Corchorus ; mais 
Linné, à qui il avait communiqué son herbier, découvrit bientôt, par ses 
savantes investigations , la multiplicité des ovaires et transporta la plante de 
Thunberg du genre Corchorus au genre Ruhus, ainsi qu'on le voit dans le 
Mantissa plantarum generiim et dans la monographie du genre Ruhus , 
publiée par M. Smith , d'après l'Herbier de Linné , dont il était devenu pos- 
sesseur. Plus tard MM. Desvaux et Cambessède assignèrent au Corchorus 
.Japonicus , une autre place dans le genre Spirœa, Enfin le professeur De 
Candolle , fatigué de toutes ces incertitudes et dans l'espoir d'y mettre un 
terme, se rendit à Londres et obtint de voir et d'analyser la plante dans 
l'Herbier même de Linné; il a constaté d'abord la multiplicité des ovaires, 
mais il a reconnu ensuite que les pétales n'étaient pas insérés sur le récep- 
tacle, ainsi qu'on l'avait cru, mais bien sur le calice même. D'après cela il a 
pensé que la plante était bien placée dans la famille des rosacées, mais qu'elle 
ne pouvait appartenir au genre Ruhus , parce que ses fruits n'étaient nulle- 
ment disposés à devenir charnus; et l'unité des graines, dans chaque ovaire , 
s'opposait à ce qu'elle restât dans le genre Spirœa. 1\ a donc fallu recourir à 
la création d'un genre nouveau ; M. De Candolle en posa les caractères et lui 
donna le nom de Kerria, de celui de W. Kerrqui, en 180-4, avait introduit 
en Europe le premier pied de ce bel arbuste. Mais ce pied était une variélé à 
Heurs pleines , de sorte qu'il ne put être propagé autrement que par boutures 
ou par la séparation des rejetons, moyens qui réussirent avec une égale facilité; 
conséquemment les myriades de Kerries, que l'on a observées dans les jardins, 
où elles sont un si bel ornement, ont dû, à partir de 180-4, jusqu'à l'époque 
toute récente , où M. Reeves a apporté au jardin de Chelsea, une plante à fleurs 
simples, arrivée directement de la Chine, provenir toutes du pied introduit 
par M. Keer. La Kerrie du Japon à fleurs simples fleurit dans le courant d'a- 
vril, très-peu de jours avant la variété à fleurs doubles. 

C'est un arbuste à tiges grêles , garnies de feuilles oblougues , lancéolées , 
nervurées, à bords découpés en larges dents , elles-mêmes dentelées. Les 
fleurs sont terminales, solitaires, portées sur un pédoncule du double de la 
longueur des pétioles; le calice est glabre , vert , partagé profondément en cinq 
segmens ovales et aigus. La corolle est composée de cinq pétales oblongs , 
elliptiques, obtus, alternes avec les divisions du calice et d'un beau jaune 
doré. Les êtaraines sont nombreuses, insérées et disposées en cinq séries sur le 
bord du calice; leurs filamens sont déliés, glabres, supportant des anthères 



arrondies clic tout de la même couleur que les pétales. Les pistils, au nombre 
de cinq, ont leur insertion au fond du calice et les cinq ovaires, renflés et 
glabres, renferment autant d'ovules uniques. 

338. Nemophila atjrita : foliis jnnnatifidis, bas alatis , auriculatis ; catile 
angnstnto, asperritno ; corollâ calyce pentagono duplo longiore. 

N. Atirita. Botan. Regist, 1601. 

339. Rhododendron arborexjm. Var. Roseum. 

340. RiBEs MALVACEUM .• i«er«ze glanchiloso-puhescens; foliis rotundato- 
cordatis, %-^-lohis, duplicato-crenatis, rugoso venosissimis ; racemis spicatis, 
multifloris ; petalis ohovatis, retusis, staminibusque inchisis ; baccis hirtellis. 

R. Malvacetjm. Benth. in Hort. trans. vol. 1, N. S. p. -476. 

Ce Groseiller, qui se fait remarquer par la ressemblance de ses feuilles avec 
celles de la mauve ordinaire, a été découvert en Californie par M. Douglas , 
qui en a envoyé des graines à la Société d'Horticulture de Londres, ainsi qu'à 
MM. Osborn, jardiniersàFulham; c'est dans la collection de ces derniers qu'ont 
paru, en Europe, les premières fleurs de cet arbrisseau , il y a eu un an vers 
la fin de mai. Du reste cette espèce diffère très-peu du Ribes sanguineum 
trouvé précédemment dans les mêmes parages. 



ÂBBRES FRCITIERS ; letit culture en Belgique et leur propagation par la 
graine; ou pomonomie belge, expérimentale et raisonnée, etc.; par 
J.-B. Van Mons, des sociétés d'Horticulture de Londres, Massachussets et 
Paris. Louvain, 1835. 

Ainsi que l'a promis ce laborieux vétéran de la culture fruitière , la publi- 
cation du second volume de son important ouvrage , a suivi de près celle du 
premier,ce qui nous donne l'assurance que nous n'attendrons pas longtemps le 
troisième et dernier, dont une grande partie, nous le savons, est déjà imprimée. 

Il serait sans doute très-difficile d'analyser de prime-abord , un livre aussi 
plein de faits et de préceptes du plus haut intérêt , et quand nous en aurions la 
hardiesse , nous en serions empêchés par les limites imposées à l'étendue de 
chacun de nos articles. Or, pour faire connaître le livre de la manière la plus 
profitable , nous nous proposons de prendre çà et là quelques articles , et d'en 
insérer successivement la substance dans les prochains cahiers de l'Horticul- 
teur Belge. 

En attendant nous ne saurions trop recommander aux praticiens , la médi- 
tation d'une théorie d'autant plus vaste qu'elle embrasse toute la physique 
des végétaux et s'étaie du résultat de cinquante années d'expériences anno- 
tées presque jour par jour. Comme toutes les théories elle a sans doute bien 
des points vulnérables : nous recevrons avec plaisir et nous nous ferons un 
devoir de consigner dans notre journal, les sages observations que doit sus- 
citer la publication simple et sans apprêt de notre digne compatriote. 



— 208 — 




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L'HORTICULTEUR 



BELGE. 



JUILLET 1836. 



PHYSIQUE ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALES. 

Anatomie d'une branche de Piuus Strobus; par M. Link, directeur du jardin 

botanique de Berlin, 

L'analomie des Conifères est devenue un objet de curiosité pour les natura- 
lisles, depuis qu'on a trouvé dans les anciennes couches de houille du bois fos- 
sile qu'on prétend avoir appartenu aux arbres de cette famille. C'est pourquoi 
je vais donner quelques figures anatoraiques , qui contribueront peut-être en 
quelque chose, à la connaissance de la structure du bois de ces végétaux. Ceux 
qui possèdent des morceaux de bois fossile bien préparés pour être soumis au 
microscope, pourront faire des comparaisons qui serviront à constater ce fait 
intéressant pour la géologie. 

Les figures ont été dessinées par M. Schmidt, jeune artiste très-habile , qui 
s'est accoutumé depuis plusieurs années à observer au microscope, et dont l'es- 
prit n'est préoccupé d'aucune théorie de physiologie végétale. Aussi je lui ai 
dit ce qu'il devait faire mais jamais comment il le devait faire. Je me suis 
servi d'un grossissement du microscope de 600 fois en diamètre. 

Lafig. 1 {Voyez PI. III) représente la coupe horizontale d'une branche de 
Pinus Strobus de six mois; la fig. 2, la coupe verticale de la même branche 
faite au même endroit; lafig. %, la coupe horizontale de la même branche , 
mais prise plus bas où elle avait trois ans ; la fig. -4, la coupe verticale de celte 
branche au même endroit. Les lettres marquent les mêmes parties dans toutes 
ces figures. 

On voit en a la moelle. Elle est formée comme à l'ordinaire d'un tissa cellu- 
laire, que j'appelle parenchyme. Dans la jeune branche il y a encore de la ma- 
tière verte , dans la branche plus adulte, elle commence à s'évanouir, enfin 
elle disparait entièrement. 

Toutes les Conifères ont des trachées bien distinctes et déroulablesS autour 
de la moelle , comme les autres arbres dicoylédons , mais elles gardent tou- 
jours à peu prés la même grosseur, comme le fait voir la fig. 4 ; voilà pour- 
quoi plusieurs observateurs ne les ont pas trouvées dans les Conifères. On peut 
Toitr. 111. 27. 



— 210 — 

aussi les manquer si l'on fait la coupe entre les deux faisceaux marqués par 
h /;fig. 1. 

Les vaisseaux c sont particuliers aux Conifères et ne se trouvent pas ailleurs 
dans les végétaux, autant que je le sache. Ils sont composés d'un tube dans le- 
quel existe une fibre spirale très-déliée, qui, avec l'âge se change en anneaux 
et forme des vaisseaux annulaires tels que nous le voyons ici. Ils ressemblent 
parfaitement aux vaisseaux annulaires des Graminées , si ce n'est que la fibre 
est beaucoup plus déliée dans les Conifères. Cette apparence n'est pas due à des 
cloisons car les liquides colorés passent librement par ces vaisseaux. La sur- 
face des jeunes branches des Conifères tant qu'elle est verte , est composée de 
cellules (cellules fibreuses) , qui contiennent des fibres spirales semblables à 
celles-ci, et qui se changent aussi bientôt en anneaux. Dans la branche de 
trois ans, fig. â, et 4 , le nombre de ces vaisseaux est augmenté de beaucoup, 
de sorte que les nouvelles couches de bois en sont presque entièrement 
composées Les anneaux qu'on y voyait auparavant sont changés en ce qu'on 
a nommé des pores, et qu'on a regardé comme le caractère essentiel du bois 
des Conifères. Ce sont plutôt des vésicules , car on y découvre très-souvent un 
noyau rempli de matière verte là où l'on croyait voir un pore. Les cellules de 
l'écorce et de la moelle ont de même un noyau rempli de matière verte, a et 
jj. Les pores que j'ai vus dans le bois fossile n'ont aucun rapport avec ceux-ci; 
mais je n'eu ai vu que trop peu. 

Dans les autres plantes dicotylédones, l'espace qu'occupent ici les vaisseaux 
fibreux (c'est le nom que je leur donnerais) et rempli de fausses trachées, de 
vaisseaux ponctués (qu'on nomme aussi poreux), de vaisseaux rayés, etc., que 
j'appelle trachées ou vaisseaux spiraux métamorphosés. De la même manière 
les pétales et les nectaires de Linné sont des métamorphoses des étamines et 
vice uersâ : c'est-à-dire', que les étamines peuvent se changer en pétales et 
même par beaucoup de nuances , mais il ne s'ensuit pas que tous les pétales 
aient été au commencement des étamines. 

Le liber en d, consiste en tubes simples , droits , parallèles l'un à l'autre ; 
il entoure toujours le bois ; il y forme souvent un ou deux anneaux , et quel- 
quefois l'anneau est entouré de faisceaux de liber concentriques , selon les 
différentes familles. Dans les Conifères, je n'ai vu qu'un anneau. En e, le liber 
est mêlé de cellules rangées en séries, ce qui arrive quelquefois. Les tubes du 
liber ne sont pas toujours égaux en grosseur; il y en a qui sont plus gros que 
les autres «tqui ont des parois plus épaisses. ( Voy. fig. â et 4 d'd.) 

Il ne faut pas confondre le liber avec les vaisseaux propres [vasa laticis de 
M. Schultz). Ces vaisseaux sont beaucoup plus gros, même lorsqu'ils con- 
tiennent un suc non coloré ; ils sont toujours ramifiés, et au moyen d'une coupe 
horizontale ils laissent sortir le suc en grande quantité, à cause de leur gros- 
seur et du mouvement du suc qui y est contenu. 

Dans la fig. -4 je n'ai pas représenté toutes les couches de liber, cela aurait 
obligé à répéter trop souvent les mêmes vaisseaux. 



— 2U — 

Dans le bois des autres plantes dicotylédones, le liber est môle partout aux 
vaisseaux spiraux métamorphosés. 11 y subit lui-même une mélaraorphose; les 
tubes ne sont pas parallèles, ils sont entrelacés et séparés par des cloisons 
(vraies ou fausses?) très-obliques; c'est par celte raison que la partie ligneuse 
du chanvre , par exemple, ne donne pas de fils propres aux usages économi- 
ques , tandis que l'écorce intérieure en fournit. Les vaisseaux spiraux méta- 
morphosés grossissent beaucoup et produisent des trous très-visibles sur la 
coupe horizontale. Ces gros vaisseaux fournissent un caractère très-facile à 
saisir, pour reconnaître le bois des autres plantes dicotylédones du bois des 
Conifères. Dans celui'-ci on ne le trouve point du tout , on ne trouve que les 
vaisseaux fibreux presque égaux en grosseur, pressés l'un contre l'autre et sou- 
vent entrelacés dans le bois des vieux arbres. Les parties considérées comme 
dès pores s'évanouissent avec l'âge et ne laissent souvent aucun vestige. 

Les vaisseaux propres/', qui contiennent le suc résineux, ne sont pas des la- 
cunes. Ils sont ramifiés régulièrement : les rameaux passent du tronc de l'arbre 
dans les branches et des branches dans les feuilles. Ils n'offrent point d'anas- 
tomose, mais je ne trouve pas non plus d'anastomose dans les vaisseaux pro- 
pres des Asclepiadées et des Euphorbiacées. Ils se trouvent dans le bois, où 
l'on ne voit pas de lacunes, et dans les feuilles, où il n'existe jamais des lacu- 
nes longitudinales. Ils contiennent un suc pariiculier, qui doit être en mouve- 
ment, car si l'on coupe un tronc ou une branche, le suc résineux en sort en 
grande abondance, et pendant longtemps. Enfin on voit quelquefois une mem- 
brane déliée et des cloisons fausses (voy. f. 2 et 4), qui ne paraissent pas appar- 
tenir aux cellules adjacentes. 

L'écorce </ n'a rien de particulier ; la couche extérieure h devient brune et 
compacte. Les rayons médullaires fig. -4 ii ne se trouvent que dans le bois 
adulte comme à l'ordinaire Ce n'est que le tissu cellulaire comprimé par les 
couches d€ liber et de vaisseaux fibreux, qui se sont accrues. 



CULTURE. 

Sur. la multiplication des plantes par boutures; par M. Noisette. 

On donne le nom de boutures à une partie quelconque retranchée d'un vé- 
gétal, et placée immédiatement en terre comme une plante munie de racines; 
pr, l'art de bouturer consiste à faire produire artificiellement à celle partie du 
végétal , des racines et des bourgeons , de manière à reproduire un individu 
entieret complet. Quoique l'on en ait dit, toutes les plantes vivaces et ligneu- 
ses , sans exception , peuvent se reproduire par boutures; mais, il est vrai, avec 
plus ou moins de difficulté. On peut poser comme principes généraux , que 
1° les végétaux les plus faciles à multiplier par ce procédé, sont ceux qui offrent 



— 212 — 

dans leur organisaticn une plus grande portion de tissu cellulaire parenchyina- 
teux; par exemple: les plantes charnues, d'un tissu mou, les arbres moel- 
leux, etc. Les végétaux d'un tissu sec, cassant , tout à fait ligneux, se mon- 
trent les plus rebelles et exigent de beaucoup plus grandes précautions; 2 la 
température doit être calculée de manière à ce que la bouture ait toujours vingt 
à vingt-cinq degrés de chaleur, pour les plantes des tropiques, c'est-à-dire beau- 
coup plus qu'il n'en faut à la plante mère en santé. Cependant ceci n'est rigou- 
reusement nécessaire que pour les plantes rebelles. Il en est même , surtout 
celles des arbres aquatiques, qui reprennent très-bien dans les endroits frais , 
au-dessous de leur température ordinaire ; mais sans néanmoins déroger au 
principe, car cette fraîcheur n'est favorable que parce qu'elle empêche l'éva- 
poration des fluides organisateurs; â^ le degré de chaleur convenable étant 
connu pour chaque plante, doit être maintenu également le plus possible. 

Dei boutures à l'air libre. 

On les fait des végétaux indigènes ou étrangers d'une reprise facile. On les 
place en terre légère, amendée , un peu humide, à exposition ombragée. 

Bouture simple. C'est la plus employée pour la multiplication des arbres et 
arbrisseaux d'agrément ; c'est celle que l'on est en usage de pratiquer pour mul- 
tiplier les cognassiers destinés à servir de sujets pour recevoir la greffe du poi- 
rier. Au mois de décembre jusqu'en février , on coupe des rameaux de l'armée, 
de huit à dix pouces de longueur, selon l'usage auquel on destine les boutures. 
On les nettoie de leurs brindilles, et on coupe net le gros bout au-dessous d'un 
œil. Si on ne veut pas planter de suite, ce qui convient dans les terrains trop 
humides , on réunit ces boutures en faisceaux et on les enterre à moitié de leur 
longueur dans du sable humide et dans un lieu à l'abri duhàle et de la gelée. 
Lorsque la saison est devenue favorable et que le terrain est assaini, c'est-à- 
dire depuis le commencement de février jusque dans les premiers jours de mai, 
on prépare et on amende le sol en choisissant , autant que possible , l'exposi- 
tion du Levant , ou celle du Couchant et du Nord ; rarement celle du Midi, à 
moins qu'elle ne soit ombragée. Avec un plantoir on fixe les boutures à des dis- 
tances calculées , et en les enfonçant à une profondeur convenable, c'est-à-dire 
qu'elles doiventavoir au moins deux ou trois yeux hors de terre ; on paille; et si 
la température se met au sec, il faut rigoureusement avoir le soin d'ordonner des 
arrosemens soutenus, afin de conserver constamment l'humidité de la terre. 
Les soins à donner aux jeunes sujets, lorsqu'ils sont repris, sont les mêmes 
que ceux qu'exige une pépinière résultant d'un semis. 

Bouture en crossetle. Elle se pratique avantageusement sur tous les arbres 
et arbrisseaux grimpans, et sur ceux qui sont moelleux ; elle se fait à la même 
époque que les précédentes. 

La bouture à talon ne diffère de la précédente , que parce qu'au lieu de lui 
laisser une crosse de vieux bois, on se contente dcl'éclaler et d'enlever avec 
eUele gonflement de la branche qui formait son aisselle. 



— 'in — 

La bouture à ioi^rre^e/ ne se pratique guère que sur tes branches d'une re- 
prise difficile. Elle consistée serrer une branche avec un fil de fer , ou à em- 
ployer quelque autre moyen , une plaie , une écorchurc, l'incision annulaire, 
pour lui faire produire un empâtement de cambiam, nommé bourrelet, et 
jouissant à un grand degré des facultés organisatrices. Cette opération se fait 
en juin. Au printemps suivant, on détache la bouture au-dessus du bourrelet, 
et on la traite comme les autres. 

La bouture en fascine n'est employée que dans la grande culture, et en- 
core seulement dans le cas où il s'agit d'empêcher rempiétement des sables sur 
les bords des rivières et de la mer. Ou coupe une très-grande quantité de ra- 
meaux et jeunes branches de saules, osier, ou autres espèces aquatiques. On 
en forme des fagots plus ou moins considérables, et oûles plantes ainsi réunis 
dans des fosses creusées exprès. 

Boutures des plantes de série. 

Nous comprenons ici les boutures des plantes qui ne réussissent pas ou qui 
réussissent peu à l'air libre. Avant de détailler la manière d'opérer, nous de- 
vons parler des objets nécessaires à l'opération. 

Ces boutures se font dans une serre ou bâche, qui doit être enterrée jus- 
qu'aux panneaux, afin que l'humidité et la chaleur puissent s'y conserver avec 
le plus d'égalité possible. On y établit une couche de fumier chaud et de feuilles 
sèches. On se procure l» des bocaux de verre de différentes dimensions , les 
uns de verre très-transparent, les autres de verre trouble ; 2" des entonnoirs de 
verre de différentes grandeurs ; 3° des cloches de toutes les dimensions , les 
unes de verre blanc, les autres de verre trouble ou dépoli. 

Boutures de plantes d'oramjerie. On prépare une couche capable de fournir, 
pendant un ou deux mois au moins, de quinze à dix-huit degrés de chaleur. 
La température delabàche doit être de douze à quinze. On coupe sur la plante 
que l'on veut multiplier, un rameau d'un ou deux ans, avec ou sans crochet, 
talon, bourrelet, selon les circonstances, et on le prépare comme nous l'avons 
dit pour les boutures à l'air libre. Toutes les saisons sont favorables jusqu'à 
un certain point pour bouturer, mais il vaut pourtant mieux le faire à l'époque 
des deux sèves; c'est-à-dire en avril et eu août. L'automne cependant con- 
. vient à des espèces de bois très-dures. 

Boutures </e /"etti/Zes. Avec des soins assidus et minutieux, nous avons la 
certitude que l'on parviendrait à multiplier toutes plantes vivaces et ligneuses 
en n'employant que leurs feuilles pour faire des boutures. 

Plus une feuille est épaisse, parenchymateuse, pluselle contient de cambium, 
et plus l'expérience offre de chances de succès. Les feuilles des plantes grasses 
sont, en raison de ce principe, celles qui donnent les résultats les plus faciles 
et, j'ose dire, les plus prompts. 

Boutures sur tronçon de racine Ce cenrc do multiplication, se fait sur le* 



— 2U — 

plantes de pleine terre, dans la serre à boutures d'orangerie, et sur les végé- 
taux de serre dans la bâche à boutures de serre chaude. Autant qu'on le peut, 
on choisit une racine de la grosseur d'un tuyau de plume de poulet au moins, 
jusqu'à la grosseur du petit doigt au plus. 

Boutures étouffées sans être enferrées. 

Ces boutures se font sous une bâche , dont la température est de douze à 
quinze degrés et légèrement chargée d'humidilé ; elles se font en février et 
mars. Ce moyen m'a souvent été favorable pour multiplier des plantes très- 
poreusesqui craignent l'humidité. On coupe les boutons que l'on dispose pour 
cette opération, avec talon ou sans talon, près d'un gemme, ou entre deux 
gemmes. Si la plante est très-gommeuse ou résineuse, il faut la laisser à l'air, 
dansune serre chaude un peu sèche, pendant un ou deux jours, ensuite placer 
ces boutures sous cloche dans une bâche plus humide. On les fait avec des gem- 
mes développés, des branches herbacées, des tiges, des branches d'arbres 
mous et poreux ; on groupe ces boutures presque horizontalement à la surface 
d'une terre légère, contenant peu d'humidilé; on forme un (alus autour duquel 
on place les boutures les unes près des autres; ensuite lorsque la cicatrice est 
bien faite, on ajoute un peu de terre fraîche; quand les racines sont assez dé- 
veloppées , on les plante en pot , on les étouffe sous cloche. Des boutures de 
tige de plantes molles coupées entre deux gemmes, m'ont parfaitement réussi, 
faites de celte manière. 



Sur la culture de L' eccremocarpits scaber, R. et P.; par le D'. Sommé. 

J'ai reçu du Chili, en 1827, des graines de VEccremocarpus scaber, que 
j'ai fait semer et qui ont levé en 1828 , j'en ai mis une douzaine d'individus 
en pots, et six en pleine terre ; j'ai perdu deux des premiers, et il ne m'est resté 
qu'un seul des autres. Chaque hiver j'ai fait couvrir ce pied avec un peu de tan; 
les rameaux ont péri à la vérité , mais le tronc principal a résisté ; l'hiver 
de 1829 à 1830 ne l'a pas endommagé; enfin au printemps de 18âl, il pous- 
sait comme à l'ordinaire, quand toul-à-coup il est venu à se dessécher et à pé- 
rir. D'après mes observations et celles de M. Soulanges-Bodin, à qui j'ai com- 
muniqué quelques pieds de celle belle plante, il parait que, pour la conserver, 
le mieux est de faire, dans le courant de l'été, des boutures qui s'enracinent 
aisément, puis de les mettre eu pleine terre, ayant soin d'en garder quelques 
pieds en pots, dans l'orangerie ; c'est ainsi que quelques cultivateurs à qui j'ai 
donné cette plante, encore réputée délicate, sont parvenus à la multiplier et à 
la conserver. Quand Veccremocarpus scaber sera cultivé avec soin dans nos 
climats, il pourra figurer très-agréablement parmi les plantes grimpantes jus- 
qu'à former des berceaux, couvrir des rochers, décorer des fabriques rus- 
tiques. C'est pourquoi on ne saurait trop observer cette jolie plante, et en 



— 21o — 

étudier la culture ; elle le mérite, et le meilleur moyen d'arriver plus tôt au but 
de nos désirs, est de rendre compte des succès ou des désappoiulemens que l'on 
aura rencontrés dans cette culture. 



Des Pelargonium. De leurs variétés et de leur culture. 

Le genre Géranium est certainement celui qni offre le plus d'espèces à fleurs 
dignes de fixer les regards et le goût des amateurs. Pendant fort longtemps, 
les G. inquinans et zonale ont figuré seuls dans les orangeries avec les 
lauriers-tins, les lauriers-roses et les grenadiers ; plus tard , on leur a joint les 
G. triste, odoratissimiim , pelfaium; plus tard encore, les espèces fîil- 
giduni , lanceolatitm , candidissimnm, bicolor , tricolor, etc., sont venues 
augmenter ce nombre. On n'en voyait guère d'autres dans les jardins des 
amateurs, vers la fin du dix-huilième siècle, quoique les botanistes en con- 
nussent un bien plus grand nombre. Alors l'Héritier, botaniste français, a di- 
visé tous les Géranium en trois genres basés sur le nombre et la perfection 
des étamines ; ainsi les espèces à dix étamines fertiles, ont conservé le nom de 
Gera?iiuni; celles à cinq étamines fertiles et cinq étamines stériles, ont formé 
le genre Erodium; celles enfin qui n'ont que sept étamines, dont quatre fer- 
tiles et trois stériles, ont constitué le genre Pelargonium, beaucoup plus nom- 
breux en espèces que les deux autres, et celui qui offre le plus de fleurs agréa- 
bles par leur forme et la variété de leurs couleurs. C'est de ce dernier genre 
que nous allons nous occuper. 

L'Horfus Britannicus de Sweet, publié en 1826 , contient -402 espèces ou 
hybrides de Pelargonium , sans compter un certain nombre de variétés. Les 
espèces sont presque toutes originaires du cap de Bonne-Espérance; les hybrides 
et les variétés sont nées, la plupart, dans les jardins par des fécondations croi- 
sées et par des circonstances fortuites. C'est parmi les hybrides que se trou- 
vent les plus belles fleurs , et comme on en obtient journellement , les plus 
ancienne? font successivement place aux nouvelles qui naissent avec de nou- 
veaux mérites ; de sorte que les Pelargonium recherchés, il y a 20 ou 30 ans, 
et que l'on trouvait alors très-beaux, sont négligés par les amateurs et leurs 
noms sont presque oubliés. 

Parmi les Pelargonium, quelques-uns ont les racines tuberculeuses , et les 
liges herbacées, ils se multiplient de graines et par la division de leurs tuber- 
cules; les autres, et c'est la très-grande majorité, sont des arbrisseaux d'un à 
quatre pieds de hauteur, à bois mou, très-aqueux dans la jeunesse, à feuilles 
plus ou moins lobées. Ils se multiplient plus communément de boutures, et 
exigent des soins particuliers, non-seulement pour leur conservation , mais 
encore pour les faire végéter avec vigueur et en obtenir des fleurs grandes, 
nombreuses, éclatantes. Ces Pelargonium, que la pratique et l'usage désignent 
toujours sous le nom de Géranium , ont besoin, pour parvenir à toute leur 
beauté , d'être cultivés en serre tempérée, fort éclairée , depuis la mi-sep- 



— 216 — 

terabre jusqu'à la fin de mai ; et, tant qu'ils y sont, il faut les mouiller avec 
prudence, en raison de leur vigueur, de l'humidité locale et de la chaleur que 
peuvent y produire les rayons du soleil ; il faut aussi les entretenir dans le plus 
grand état de propreté, en ôtant successivement les feuilles qui jaunissent, et 
les parties attaquées de moisissure : on ne manquera pas de donner de l'air, de 
renouveler celui de la serre toutes les fois que le soleil et la température ex- 
térieure le permettront. Quant à la température de la serre même, il faut 
tâcher qu'elle ne descende pas au-dessous de 4 degrés de chaleur, thermomè- 
tre de Réaumur, et qu'elle ne s'élève pas au-dessus de 10 avant le mois d'a- 
vril ; à celte époque, la plupart des Pelarqonium marqueront, et le soleil aug- 
mentant naturellement la chaleur de la serre, il faudra aussi augmenter l'air afin 
d'éviter l'étiolement. Les plantes ayant alors pris un grand développement , 
ou les espacera davantage tout en les disposant avec grâce et régularité, soit 
sur leurs gradins, soit sur des tables horizontales, en mettant toujours les plus 
bas sur le devant. Si la serre peut être construite de^manière que toutes les 
plantes ne soient que de 2 à 4 pieds du verre, elles en seront mieux. 

Les Pelargonium , ainsi disposés, fleuriront la plupart vers la fin d'avril. 
C'est alors qu'ils produisent un effet enchanteur par leur éclat et la diversité 
de leurs nuances; pendant tout ce temps , il ne faudra pas ôter les panneaux 
de la serre , parce que les vents, le hâle et la pluie gâteraient leurs fleurs; 
quand le soleil est trop ardent, on met ou une toile légère ou des paillassons à 
claire-voie, sur la serre pour en rompre les rayons et non pour produire de l'ob- 
scurité. Enfin, lorsque les fleurs sont presque passées, on sort toutes les plan- 
tes et on enfonce leurs pots en terre, à demi-ombre, pour que les plantes dur- 
cissent et mûrissent leur bois. Peu de temps après on peut en couper des 
branches pour faire des boutures. 

Taille et rempotage. Ces deux opérations sont indispensables si l'on veut 
avoir de belles plantes ; elles s'exécutent en août, simultanément, ou quinze 
jours environ l'une de l'autre. La taille consiste à supprimer entièrement les 
branches menues et mal placées, à couper les fortes à o ou 12 lignes de lon- 
gneur, et à faire en sorte que la plante ait une tête arrondie et régulière avec 
4 ou 8 branches. Le rempotage consistée donner aux plantes de plus grands 
pots si elles en ont besoin, et une terre douce, légère, rendue fertile par l'ad- 
dition de bon terreau. 

Miilliplication. Les Pelargoniitm, cultivés pour leur beauté, ne donnent pas 
tous des graines, et ceux qui en produisent ne rendent pas toujours leur espèce 
par semis ; cependant il faut semer pour obtenir de nouvelles variétés : le se- 
mis se fait à nu, sous châssis ou en terrines remplies de terre légère que l'on 
place également sous un châssis entretenu dans une humidité convenable. Si 
on ne peut semer aussitôt la maturité des graines, on sèmera au printemps et, 
à mesure que les jeunes plantes se fortifieront , on les repiquera séparément 
dans des petits pots. La plupart des Pelargoniuni reprenant de boutures avec 
facilité, leur multiplication, parce procédé, n'offre point d'embarras; cepen- 



— 217 — 

dant le succès sera certain si l'on opère sur du terreau de couche foulé, en plein 
air, ou mieux, sous châssis. La saison la plus avantageuse est depuis juillet 
jusqu'en septembre; mais on peut le faire en tout temps avec les soins conve- 
nables à la saison. En trois semaines ou un mois, les boutures sont assez enra- 
cinées pour être repiquées en pot et traitées comme des plantes faites. 

Les Pelargonium étant en végétation toute l'année , il faut les rentrer en 
serre au commencement d'octobre ; et , quoiqu'ils puissent vivre un assez 
grand nombre d'années, on fera bien de n'en cultiver que de l'âge de deux à 
quatre ans, parce que c'est dans cet âge qu'ils ont la plus belle forme et qu'ils 
produisent les plus belles fleurs. 

Sur la culture des Fraisiers à Charleslown; par M. Emilien De Wael. 

On a cru pendant longtemps que le climat des États-Unis n'était pas favo- 
rable à la culture des fraisiers, mais on est maintenant entièrement revenu 
de cette erreur. Je crois que la fraise old-tcood, {fragraria virginiana9 
Linn.) , est la seule espèce véritablement originaire du pays ; croissant dans 
les bois, on allait l'y chercher pour la cultiver dans les jardins ; mais aujour- 
d'hui l'introduction de plusieurs variétés anglaises, qui se sont proraptement 
répandues, a fait donner la préférence à ces dernières, leur a mérité une 
attention plus grande , et l'old-wood commence à n'être plus plantée que par 
ceux qui font collection de ces plantes fruitières. 

Dans le nord des États-Unis on cultive la fraise à l'instar de la Belgique, 
mais l'hivery étant plus rigoureux, on est obligé de couvrir les plantes. — Dans 
la Caroline du sud, on adopte assez généralement la méthode suivante, et j'ose 
dire que c'est avec succès ; car les fruits que j'ai vus et dégustés ne laissaient 
rien à désirer tant pour leur volume que pour leur coloris, leur parfum, et c'é- 
taient enfin des Wilmots superb's kings et Meihven scarlet strawberry's, cette 
dernière qualité, secondaire en Angleterre, tient ici le premier rang, et ce per- 
fectionnement semble être le résultat du changement de climat. 

Eu janvier, février et même en mars , on recouvre les plantes avec de la 
paille ou des menues branches de sapin, que l'on fait brûler, afin de détruire 
les insectes et de réduire en engrais les feuilles sèches et les racines mortes; 
on répand ensuite sur ce qui reste de terrain nu entre les plantes , du fumier 
de vache très court {cowpen manure), et de préférence, des cendres de bois de 
chêne, que l'on recouvre de 2 à 3 pouces de balles ou glumes de riz [chaffof 
rice) (1) que les insectes paraissent redouter, et au travers desquelles les sto- 
lons ou rejets ne peuvent prendre racine, on les y laisse durant la portée, puis 
on les retire , si elles ne sont pas suffisamment consommées pour laisser les 
jeunes plants s'enraciner pendant l'été et l'arrière saison ; je crois que dans 
la Pensylvanie, New-Jersey et New- York on emploie au même effet , et avec 



(1) le mol flamand Kqfesl un équivalent lllléral Ue chàff". 

Tome 111. 28. 



— 218 — 

un succès égal, le tan retiré des vieilles couches. Il est indubitable du reste qu'il 
doit également épuiser les plantes qui tracent à l'infini, et conséquemment les 
forcer à se mettre en fruit. 



Moyen d'ohtenir deux récoltes de fraises dans la même année; par M. Tot- 

lOUZAN. 

On peut se procurer deux récoltes de fraises, l'une au printemps, et l'autre 
à la fin de l'été ou au commencement de l'automne. Il suffit, pour cela, aussi- 
tôt après la cueillette des dernières fraises printauières, de couper toutes les 
feuilles et les filamens jusqu'au collet de la plante ; on la recouvrira de terre et 
on arrosera comme de coutume, La plante repousse de nouveau et devient très- 
touffue. On enlève les filamens qui tracent sur le sol pour former des rejetons. 
Bientôt les panicules de fleurs s'élèvent en plus grand nombre qu'au printemps, 
et se convertissent en grappes qui mûrissent à la fin de l'été, et même fort avant 
dans l'automne, si on a le soin de varier les expositions et les époques d'arro- 
sage, selon ce que l'observation peut indiquer. 

Dans les pays où on cultive le fraisier en grand , on a la coutume de rem- 
plir des tables entières de cette plante. Celte coutume est mauvaise. Les frai- 
siers mettent leur plus grande force végétale dans les filamens, de telle sorte 
que la plante mère, après avoir donné une chètive récolte, ne sert plus qu'à 
nourrir les rejetons qui se nuisent les uns aux autres : aussi ces tables de frai- 
siers sont de peu de durée, et il faut les renouveler souvent pour d'assez min- 
ces produits. 

J'ai vu cultiver le fraisier d'une manière beaucoup plus éclairée et plus 
utile dans les jardins de plusieurs amateurs d'horticulture. On pique les jeunes 
plantes, comme les laitues et autres herbages, sur le talus méridional des sil- 
lons. La plante n'est arrosée que par le pied. On met un très-grand soin à ex- 
tirper les filamens. Alors le fraisier devient rameux et forme des touffes qui 
se couvrent de panicules et donnent de plus beau fruit, en abondance; on a plus 
de facilité à le cueillir dans sa parfaite maturité, et on le place dans des cor- 
beillons sans le dénaturer, comme on le fait usuellement en l'entassant dans 
des pots de terre. 

La cueillette finie , on coupe le feuillage , on recouvre de terre , et on 
obtient , comme je l'ai dit , une seconde récolte. Il faut ensuite recouvrir 
de nouveau, et alors la racine vivace du fraisier acquiert de la force et 
repousse plus vigoureuse au printemps. De cette manière , une seule table 
de fraisiers suffit à la plus nombreuse famille, et cette table subsiste avec la 
même fécondité pendant plusieurs années, sans autre soin que de fréquens 
binages. 

Si on veut avoir du fruit depuis les premiers jours du printemps jusqu'au 
commencement de l'hiver , c'est-à-dire pendant huit ou neuf mois de l'année , 



— 210 — 

on peut y parvenir en cultivant plusieurs variétés de fraisiers que l'on place 
à différentes expositions. 

Pour les fraises précoces , il faut se procurer des drageons du fraisier des 
bois {fragaria syh'estris) et les piquer, pendant loutThiver, daus une expo- 
sition à l'est. Ou a des fraises au commencement d'avril , et elles durent jus- 
qu'à la rai-mai. Cette variété donne une seconde récolte au mois de juillet. 

Le fraisier de tous les mois {F. sempervirens) , piqué aussi en hiver, et dans 
une exposition au nord, donne ses fruits de la mi-mai à la mi-juin , et une se- 
conde fois en août et septembre. 

Le fraisier du Chili ( F. ananassa), placé dans une exposition au sud, 
fructifie en j.iin et juillet. Quant à la seconde fructification, je ne l'ai encore 
vue obtenir nulle part ; mais je suis persuadé que si on fait l'essai de la mé- 
hode que je viens d'indiquer, on peut espérer d'avoir des fraises du Chili au 
mois d'octobre. 



Observations sur TAzalea îiîiiftora, Poif.; par M. Graulhié. 

Le 2S juillet 1831, je fis, en deux vases et en terre de bruyère, cinquante 
boutures de cette Azalée : je ne les recouvris point de cloches , et les mis 
simplement à l'ombre. Le printemps suivant , je plaçai un des deux vases » 
avec la plupart de mes autres plantes, à mi-ombre; je mis le second à 
toute la réverbération des rayons solaires, contre un mur au midi. Sur cin- 
quante boutures, quarante-deux reprirent et poussèrent fort bien l'année 1832. 
Celles qui se trouvèrent exposées au soleil végétèrent avec une force infiniment 
supérieure à celles qui étaient ombragées. 

Je dépotai mes plantes en mars 1833 ; je les trouvai fort enracinées. Je re- 
marquai que les racines étaient sorties, non de la coupure inférieure de la 
branche ou de la console des boutons, mais de toute la surface de l'écorce 
enterrée. 

Je repiquai douze de ces jeunes Azalées en pleine terre de bruyère, au 
pied d'un mur exposé au levant, où elles reçurent les soins ordinaires. Ces 
Azalées passèrent , sans dommage , l'hiver de 1 833 à 1834 , et celui de 1834- 
à 1835. J'en fus peu surpris; ces deux hivers, dans nos contrées, furent assez 
doux. Chacun n'eut que douze ou quinze jours de gelées, dont la plus forte 
ne descendit qu'à — -4 degrés Rèaumur. Nos hivers ordinaires sont de dix-huit 
à vingt jours de gelées, et le thermomètre Réauraur descend à — 5 degrés. 
Le froid que nous venons d'éprouver a été bien plus fort et plus prolongé. 
Nous avons eu quarante-trois jours de gelées : dix-huit ont été de 1 à 3 degrés 
au dessous de zéro , dix de 4 à S degrés , huit de 6 à 7 degrés ; et enfin , nous 
avons eu sept jours de 8 degrés. Le Lot a été gelé de manière à ce qu'on l'a tra- 
versé sur la glace, pendant vingt jours, à une demie-lieue de son embou- 
chure. De plus, nos arbres ont été couverts de givre l'espace de treize jours. 



— 220 — 

Malgré les iotempéries de l'hiver, aucune de mes Azalées n'a péri. Les 
branches n'ont pas même souffert , elles ont perdu seulement une partie de 
leurs boutons à fleur; cependant, je ne leur avais donné nul abri quelconque, 
et la terre, à leur pied, a été gelée à 3 pouces de profondeur : elles sont, dans 
ce moment , couvertes de fleurs , et font un effet ravissant. 

M. Tourrés, membre de la Société, pépiniériste-horticulteur très-instruit, el 
dont je me félicite d'avoir l'amiliè, a laissé passer l'hiver, dans sa belle pé- 
pinière de Machelaux , près Tonneins , à deux Azalea lilUfolia en pots. Les 
deux vases étaient enterrés sur le bord d'une mare , par conséquent dans un 
endroit très-humide , et pourtant les Azalées ont bien résisté , quoique non 
abritées. 

Il est donc certain que cet arbrisseau reprend facilement de boutures, que 
les rayons d'un soleil d'été lui sont plutôt favorables que nuisibles ; et , enfin, 
qu'il supporte, sans grand dommage 8 degrés au dessous de aèro, thermo- 
mètre de Réauraur. 

L'-4ia/ea/i/ii/b/ia doit devenir un desplusbeauxornemens de la plate-bande 
de terre de bruyère , et le Kalmia latifolia ne sera plus sans rival. 



MODS, le 37 juillet 1S36. 

A Monsieur le rédacteur de TRorticulteur Belge. 

Monsieur, 

J'ai lu dans les dernières livraisons de l'Horticulteur Belge, diverses notices 
sur la culture des plantes de serre ; la lecture de ces notices et la comparai- 
son que j'en ai faite m'ont suggéré quelques réflexions que vous croirez peut- 
être utile de communiquer à vos nombreux lecteurs. 

En général les personnes qui débutent dans la culture des plantes exoti- 
ques, éprouvent une grande gène par le défaut de règles sûres, qui puissent les 
guider dans leur travail ; il n'existe pas de véritable traité de culture , et en 
vain consulteraient-elles les ouvrages d'horticulture les plus en vogue, elles 
n'y trouveraient que quelques préceptes ou trop vagues ou d'une application 
toute spéciale. Il faut que l'amateur qui commence, fasse à ses dépens un long 
et rude apprentissage ; quelques-uns réussissent , ce sont ceux qui , à un goût 
décidé pour les fleurs, joignent assez de patience et d'esprit d'observation ; les 
autres, en grand nombre, se rebutent et abandonnent la partie. 

Cette absence d'une théorie complète s'explique du reste aisément pour ceux 
qui ont acquis quelque expérience. Nulle science ne comporte moins de règles 
générales que l'horticulture , quoique ses pratiques se rapprochent un peu 
dans tous les cas; il est toujours des différences de culture peu perceptibles 
souvent mais pourtant essentielles, non-seulement entre les plantes de familles 
ou de genres différens, mais aussi entre les espèces , les variétés d'un même 



— 221 — 

, genre, et même eulre les individus, selon les lieux, les expositions , la nature 
des terres, etc. On conçoit l'iinpossibilité ou du moins la difficulté extrême de 
réunir en un seul code d'une application générale, toutes ces lois essenlielle- 
luent variables. 

C'est ce que perdent de vue trop souvent les amateurs qui, mus par un zèle 
très-louable, écrivent sur l'horticulture ; frappés des difficultés qu'ils ont eux- 
mêmes rencontrées avant d'avoir acquis l'expérience nécessaire, ils se laissent 
généralement dominer par l'idée d'éviter aux autres les dèsagrèmens d'un sem- 
blable apprentissage. Alors, au lieu de s'en tenir à recueillir des faits , à ex- 
poser des résultats obtenus dans des circonstances données, ils tendent presque 
toujours à généraliser, et pour élayer leur système ou en étendre l'applica- 
tion» ils déduisent des conséquences ^ par analogie , en dehors des limites de 
leur expérimentation ; ils arrivent ainsi d'ordinaire à formuler en préceptes 
généraux ce qui n'est applicable qu'à des spécialités. 

Or, cette tendance à généraliser est d'autant plus prononcée que l'expérience 
de l'écrivain est moindre , et que les observations sur lesquelles il se fonde, 
sont plus incomplètes : c'est là une conséquence toute logique. 

11 y a d'ailleurs un certain nombre de plantes très-robustes , qui forment le 
fonds de la plupart des petites collections d'amateurs ; ces plantes s'accommo- 
dent jusqu'à un certain point de tous les traitemens ; elles végètent plus ou 
moins mal, mais enûii elles végètent et fleurissent. Ce sont ces plantes là ce- 
pendant qui servent de base à tant d'observations dont oo s'exagère la valeur 
et sur lesquelles on bâtit des systèmes. 

Que l'on compare avec les productions dont je parle , les articles dus à la 
plume d'iiommes d'une vaste expérience , qui se sont voués depuis longtemps 
à l'élude et à la culture des végétaux; je citerai parmi les derniers celai de 
M. Soulanges-Bodin publié dans vos cahiers de mai et juin 1836 : on remar- 
quera bientôt chez les auteurs de ces articles une attention presque constante à 
préciser la portée de leurs observations , et à tracer les limites au-delà desquelles 
elles cessent d'être vraies ; et s'ils sont amenés à poser dus règles génèrales,^ ce 
sera toujours avec une réserve presque timide qu'ils sortiront de ce cercle de gé- 
néralités fondamentales qui, par leur nature même, admettent peu d'exceptions. 

Il ne me sera pas difficile d'établir par des exemples puisés dans les arti- 
cles qui m'ont suggérés ces réflexions , à quelles graves erreurs peuvent être 
conduits ceux qui ne s'imposent pas une réserve semblable en écrivant sur la 
culture. Je prends l'article sur le dépotement des plantes, article qui du reste 
est généralement bon et renferme d'utiles notions; j'y lis queM.Verdier n'hé- 
site pas dans le dêpotement des plantes âgées, à retrancher un à trois pouces de 
vieille terre sur toute la circonférence de la motte, ainsi que toutes les extré- 
mités de racines , qui se trouvent dans la terre à supprimer, que le retranche- 
ment ne fait pas souffrir un assez grand nombre de plantes, (il ne dit lesquelles) 
mais qu'il en est que ce procédé fait périr sur le champ, telles que celles à ra- 
cines capillaires comme les Protea, Erica, Epncris, Chironia, EUchrysuvi ; 



— 222 — 

que pour celles-ci, il faut se contenter de picoter leur motte, et leur donner la 
terre de bruyère pure ou presque pure. 

Voilà le lecteur bien embarrassé, après cela , de deviner quelles sont les plan- 
tes qui s'accommodent du traitement indiqué et quelles sont celles qui ne le 
supportent pas, la distinction est pourtant fort nécessaire ; M. Verdier désigne 
il est vrai comme devant y succomber les plantes à racines capillaires, mais 
il range à tort dans ce nombre les Protea et les Chironia , deux genres qui , 
chez moi comme chez beaucoup d'autres, végètent bien dans une terre argileuse 
qu'on donne même de préférence au premier. Quant aux Erica, Epacris, Eli- 
chrysum et autres plantes à racines vraiment capillaires, je puis assurer que j'en 
dépote rarement une (les boutures exceptées) sans arracher le chevelu qui ta- 
pisse toute la motte, que je fais cette opération pendant l'été (pour toutes cel- 
les dont la floraison est terminée à cette époque), jamais dans la saison froide, 
que le moment de la plus active végétation me paraît aussi favorable pour cela 
que celui du repos, et qu'enfin loin de perdre aucune des plantes que je traite 
ainsi, j'ai observé que cette méthode seule assure complètement leur reprise. 
Voilà déjà une contradiction fo;melle absolue : j'ajouterai que j'ai appliqué ce 
même procédé à des plantes robustes, à fortes racines et qu'il ne m'a pas aussi 
complètement réussi ; que pour la plupart de celles-ci , j'ai trouvé beaucoup 
plus sûr de picoter seulement leur motte. 

Je dirai encore, à propos des précautions nécessaires pour le dépotement , 
que je ne suis aucunement d'accord avec M. Verdier , sur l'utilité de tout cel 
appareil de couches chaudes, tièdes ou froides; quoique j'ai cultivé depuis 
quelques années 3 ou -400 genres différons de plantes de serre, et des plus dé- 
licates, que j'aie toujours dépoté de préférence en mai, juin et juillet, et assez' 
brutalement comme je viens de l'exposer, je me suis toujours trouvé très-bien 
de placer simplement, pendantquelques jours, mes plantes dépotées à l'ombre 
ou tout au plus dans un coin obscur de la serre. 

Si j'en viens à ce qui est dit de la préparation des terres je trouve de même 
des indications tout opposées à ma pratique. La terre de bruyère donnée comme 
la meilleure, ne ressemble aucunement à la nôtre et serait mise au rebut chez 
nous. Je ne sais pas quelles sont les plantes délicates qui s'accommodent d'une 
terre dont, pour toute préparation on retire au râteau et à la fourche la plus 
forte partie des racines non consumées et le chiendent; M. Verdier n'explique 
pas mieux quelles sont les plantes moins délicates à qui il donne moitié de 
terre franche et de terreau, il faut deviner. Pour mon compte, je prépare mes 
terres avec grand soin pour toutes mes plantes, et loin de me borner à une va- 
gue distinction de plantes délicates et de plantes voraces, etc., je varie constam- 
ment mes proportions selon les genres, selon les espèces et de plus selon l'état 
des individus. Le sable que j'emploie, et j'en emploie beaucoup, je le choisis 
non pas fin et sans gravier, mais aussi gros que possible pour toutes les espèces 
dont les racines craignent riiumiditê stagnante. 
^ Je crois avoir fait assez de citations pour prouver que si les pratiques qu'en- 



seigneM. Verdier sont bonnes, elles ne le sont que pour les plantes qu'il cul- 
tive ; il a eu le tort grave de ne pas désigner clairement ces plantes, et de 
donner sa méthode comme généralement convenable. 

Je pourrais faire un semblable examen de la note de M. Philippar sur le 
pincement des plantes ; elle renferme de fort bonnes choses, mais le vague 
des indications y est tout aussi frappant et aussi dangereux que dans le travail 
de M. Verdier. Une seule remarque le prouvera : M. Philippar dit que le 
pincement est une opération qui se pratique en toute saison ; je ne sais pas 
comment il entend cela , mais je ne crains pas d'affirmer qu'il n'y a pour la 
plupart des plantes qu'une seule saison où le pincement puisse être favorable, 
et que celte méthode employée à contre-temps a l'effet inévitable d'empêcher 
la formation des boutons à fleurs sur un très-grand nombre d'espèces. 

Maintenant, il faut conclure afin que mon intention soit bien comprise; loin 
de vouloir proscrire ces communications de leurs essais et de leurs idées que les 
amateurs font au public, je les appelle de tous mes vœux et je m'efforce moi- 
même d'en donner l'exemple : j'ai la conviction que si tout amateur sachant 
observer et écrire, s'imposait la loi de publier dans les journaux d'horticulture 
ses remarques privées et les résultats qu'il a obtenus, il en résulterait bientôt 
la diffusion au profit de tous, d'une masse de notions utiles aujourd'hui per- 
dues pour la plupart des cultivateurs. Mais là, me semble-t-il, devrait se borner 
la tâche du plus grand nombre, et elle serait encore assez grande et assez 
belle. Peut-être qu'alors les hommes d'étude, ceux qui se dévouent à la science 
et lui consacrent leur vie, pourraient réunir ces élémens èpars , les trier, les 
classer, et guidés par l'habitude de l'observation sur l'échelle la plus étendue 
ftvec cette circonspection que donne le savoir, parvenir à en former un corps 
de science qu'on consulterait toujours sans danger , mais qui ne dispenserait 
jamais de s'éclairer par la pratique. 

Recevez , Monsieur le rédacteur, l'assurance de ma considération 
très-distinguée. 

P. E. De Pcydt. 



PLANTES POTAGERES. 

Sur le Bégonia discolor et particulièrement sur ses mages comme plante 

alimentaire. 

Le Bégonia discolok, H. K. Bégonia Evansiana. A. R. (PI. color. n" 61.) 
N'est point une plante nouvelle , mais elle vient de recevoir des applications 
à l'économie domestique qui ajoutent au charme de sa beauté , les qualités 
d'une plante utile et nourricière. 



Celle Bégone est originaire de la Chine où elle a été primilivemenl obser- 
vée par Thunberg. M. Ewansl'a rapportée en 1808 de l'ile de PuloPinang, et 
l'a communiquée à MM. Lee et Kennedy qui l'ont propagée. 

Ses liges sont droites, succulentes, rougeâlres, rameuses, garnies de feuilles 
inégalement cordées à leur base, alternes, fortement veinées, à bords irrégu- 
lièrement crénelés et dentés, elles sont en dessus d'un vert intense , luisant et 
parsemées de poils groupés ; le dessous est d'un rouge verdâlre foncé , avec de 
grosses veines réticulées et d'un rouge sanguin. Les fleurs sont grandes et d'une 
belle couleur de rose avec des étamines nombreuses, formant, par leur réunion, 
une sorte de pompon d'un jaune doré au centre de la corolle qui se compose 
de quatre pétales dont deux opposés beaucoup plus grands. Ces fleurs offrent 
une magnifique panicule dont une partie retombe en panache. 

Cette belle plante que l'on a cultivée d'abord dans la serre chaude, s'est in- 
sensiblement faite à une température un peu plus basse, de sorte que dans nos 
climats, on l'abandonne maintenant eu plein air, pendant toute la belle saison. 
Elle se propage très-facilement de boutures et prend en peu de temps un assez 
grand développement. On a reconnu dans ses feuilles une saveur aigrelette 
fort agréable, analogue à celle que l'on a observée dans la rhubarbe comesti- 
ble; aussi a-t-on fait concourir ces feuilles aux mêmes usages que les pétioles 
de rhubarbe. On confectionne avec elles lorsque, par la cuisson, elles ont été 
réduites en une sorte de pulpe, des tourtes que l'on a trouvées non moins sa- 
voureuses que celles confectionnées avec les groseilles ou les pommes. 



1MJEL4NGES. 

Manière de conserver le raisin. 

Dans l'Italie septentrionale, on cueille le raisin par un temps bien sec, on 
ôte avec soin tous les grains gâtés ou écrasés, puis on les place avec précaution 
par deux et trois couches dans une caisse, en séparant chaque couche avec 
des feuilles de pêcher. Cela fait, on met les caisses sur des planches, dans un 
appartement sec , bien aéré , et le raisin se conserve parfaitement jusqu'au 
mois de janvier et même de février. 

— Dans la soirée du 28 juin dernier , on a vu , dans les serres de M. B. 
Nève , à Tournai, un pied de Cereus grandiflorus liorlanl onze fleurs parfaite- 
ment épanouies. C'est une sorte de phénomène d'horticulture, qu'en amateur 
obligeant et zélé, M. Nève s'est empressé de montrer à tous ceux qui sont ve- 
nus le visiter. 

— Une découverte importante vient d'être faite dans les houillères d'Auzin, 
département du nord ; à onze cents pieds de profondeur, on a trouvé un Pal- 
mier fossile. Cet arbre était debout , et ses racines implantées dans la couche 



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pierreuse, à plusieurs pieds de profondeur; son tronc avait environ (rente-six 
pouces de diamètre. 

— On admire en ce moment dans les jardins de Lord Melbourne, un 
Yucca gloriosa fleuri. La pointe ou plutôt la tige florifère, qui, d'après un 
calcul établi, se compose de quatre à cinq cents fleurs, a plus d'une demi- 
verge de hauteur et le double de circonférence. — Le Yucca gloriosa est ori- 
ginaire de Virginie. 



Eaxursion horticole en Belgiqiie ; par M. Berlèze. Extrait d'un rapport (ail 
à la Société d'Horticulture de Paris. 

Je suis entré en Belgique par Courtrai, petite ville qui possède un jardin bo- 
tanique, quelques amateurs et quelques jardiniers-marohands. 

L'amateur le plus connu est M. Calevaert-Vermeulen, quia des serreschaudes 
et tempérées remplies de plantes fort estimées. Quant aux établissemens mar- 
chands, on n'y trouve guère que des plantes communes d'orangerie, quelques 
Dahlia , OEillets , Rosiers , etc. Les horticulteurs de Courtrai, pour célébrer 
le passage du roi dans leur ville , qui a eu lieu le 20 août dernier, dépavèrent 
la plus grande place de Courtrai, et ils y improvisèrent un jardin planté de 
végétaux des tropiques, de la Nouvelle-Hollande et du Japon. Au milieu, 
sur un lac, se jouaient des oiseaux d'un plumage rare. 

J'appelle Gand la capitale de l'horticulture belge. Là tout le monde est jar- 
dinier ou par goût, ou par profession, et il n'y a sans doute pas de contrée qui, 
relativement à sa population, réunisse autant d'amateurs, et un choix aussi 
nombreux et aussi varié de plantes rares et remarquables. Feu M. Van Hul- 
ten, ancien président de la Société d'horticulture de Gand, a puissamment 
contribué à faire naître, entre les jardiniers et les amateurs, une émulation 
assez vive pour doter la ville d'une industrie inconnue avant lui. C'est la So- 
ciété de Gand qui, la première, eut l'idée de ces expositions publiques si fécon- 
des en résultats, et qui ont trouvé tant d'imitateurs. La première exposition 
de Gand a eu lieu le 7 février 1809, dans le jardin d'un cabaret; elle consis- 
tait en une trentaine d'arbustes. Dès l'année suivante, les expositions eurent 
un local particulier, et le nombre des plantes s'accrut rapidement de trente 
à quatre cents et cinq cents. En 1816 seulement, la floraison fut exigée comme 
condition d'admission : depuis cette époque, les expositions devinrent déplus 
en plus riches et complètes : la cinquantième, depuis 25 ans, qui eut lieu 
en 183â, comptait environ trois mille plantes, dont il s'est vendu pour 
plus de 30,000 fr. 

Les Gantois manquaient d'une salle pour leurs expositions : les horticul- 
teurs se réunissent, ouvrent une souscription , et, dans l'espace de quelques 
jours , ils trouvent 180 mille francs. Cette salle est actuellement en construc- 
tion sous la surveillance de M. Coryn. 

TOME 111. 29. 



— 226 — 

Il y a en ce moment , dans l'intérieur de la ville de Gand , deux cenls six 
serres, et soixante, aux environs , à deux lieues de rayon. Son commerce de 
plantes se monte, depuis l'année dernière, à plus de 1,300,000 francs. Les 
grands jardiniers de Gand expédient des végétaux, non-seulement dans toute 
la Belgique, mais encore en France , en Hollande , en Angleterre , en Alle- 
magne, en Italie et jusqu'en Russie. Il y a quelques jours qu'un bâtiment est 
parti pour l'Autriche avec plus de six mille Camcllia destinés pour les serres 
impériales : peu de temps auparavant , un autre bâtiment chargé de différens 
végétaux est parti pour Riga. 

Il existe depuis trois ans , un journal des jardiniers , intitulé l'Horti- 
culteur belge, imprimé à Bruxelles. Cet excellent journal, qui m'a fourni 
des renseignemens spéciaux sur les cultures belges, renseignemens que j'ai 
consignés dans ce rapport , soutient avec avantage la haute réputation qu'il 
s'est justement acquise dans le pays et à l'étranger. Les matières qu'il con- 
tient sont bien choisies, traitées avac lucidité et mises à la portée de tout le 
monde. Les plantes y sont décrites avec précision , les planches bien exé- 
cutées et les fleurs bien dessinées. Aussi de nombreux abonnés sont venus de 
toute part apprécier, soutenir et encourager les collaborateurs de cet intéres- 
sant ouvrage. 

Je fais des vœux bien sincères pour que V Horticulteur belge continue de 
prospérer : l'horticulture ne pourra qu'y gagner. 

Parmi les horticulteurs de Gand , je me bornerai à citer ceux qui jouissent 
d'une célébrité plus reconnue. 

M. Mechelinck mérite d'être nommé le premier. Sa fortune considérable lui 
permet de ne borner ses goûts , ses connaissances et ses acquisitions qu'aux 
limites de la science elle-même. Il ne cultive que des végétaux de prix, et ses 
serres pourraient servir de modèles , tant les plantes semblent s'y plaire. 
Pour obtenir ce résultat il n'épargne ni soins , ni veilles , ni dépenses ; presque 
toutes les grandes collections ont des serres spéciales, où elles végètent sépa- 
rément et à demeure. Il pratique avec succès l'incision annulaire sur les Rho- 
dodendrum arboreum pour les déterminer à la floraison. 

Parmi les plantes rares qui embellissent les serres de cet intelligent horti- 
culteur, je me bornerai à citer de forts Crinum amahile et augustmn que j'ai 
vus en fleur, beaucoup d" Amaryllis , des variétés de Strelitzia , une belle 
collection de Camellia , dont plusieurs leticulata de cinq pieds de hauteur; 
plusieurs variétés à'Erina, d'Epacris , d'Acacia, des forts individus de 
Rhododendrmn Smithii, Altaclarence , Rousselianutn ; toutes les Azalées 
nouvelles,uïi(orl Telopea speciosissima, qui fleurit tous les ans, des Banchsia, 
des Driandra, des Enkianthus , des Protca, des Pœonia el un Dorianthes 
eipoelsa qui a remporté le prix de belle culture à l'exposition jubilaire, où il 
a paru en fleur pour la première fois sur le continent. M. Mechelinck a fait 
des efforts inouïs pour amener à la floraison cette magnifique plante. Il a ob- 
servé que la tige grandissait plus la nuit que le jour, et que quand le bouton se 



— 227 — 

Torma au mois de septembre , la tige resta slationnaire, pendant plus de quinze 
jours. 

Les Orchidées de cet habile horticulteur dépassent une centaine d'espèces : 
elles sont dans un état de végélalion parfaite, et traitées comme il a été 
indiqué plus haut. La plupart fleurissent chaque année; plusieurs même, 
aidées et secondées par la main habile du propriétaire, sont parvenues à per- 
fectionner leur fructification M. Mechelinck en espère des produits curieux. 

La seule Orchidée que j'aie vue en fleur dans ses serres, c'est VOncidium 
papilio , originaire de l'île de la Trinité, qui, sur une hampe de 3 pieds, 
porte des fleurs d'un jaune brillant, dont la forme représente, à faire illusion, 
un papillon posé sur une branche. Elle fleurit successivement pendant six se- 
maines ; elle est encore d'un prix fort élevé. Le plus beau 3Iagnolia Dw^.ro- 
phylla delà Belgique se trouve dans le jardin de M. Mechelinck. Cet amateur, 
qui est le soutient de l'horticulture belge et le protecteur des jardiniers- 
marchands, a déjà obtenu vingt-six médailles aux différentes expositions. 

M. Cazier, beau-frère de M. Mechelinck , possède une riche collection do 
Camellia. Il nous fit remarquer un pied de discuta vcrrucosa, qui, misen pleine 
terre, au printemps, près d'un massif de Syringa, s'empara du massif tout 
entier, et finit par l'étouffer. 

M. Buyck Vander Meersch introduit journellement en Belgique des plantes 
rares et chères , et fait un commerce étendu avec l'étranger, où sa réputation, 
justement méritée , est avantageusement établie. Il tient, pendant toute l'an- 
née, la plupart de ses végétaux délicats dans une serre exposée au plein nord, 
découverte en été, et vitrée en hiver. On trouve chez M. Buyck les plantes les 
plus à la mode et les plus recherchées. J'ai remarqué trente-cinq variétés de 
Magnolia, vingt variétés de Pivoines en arbre, soixante Herbacées , vingt 
variétés et espèces de Rhododendrum arhoreum , soixante-quinze variétés 
d'Amaryllis et environ 310 variétés et espèces de Camellia. 

{La suite au prochain cahier.) 



EXPOSITIONS HORTICOLES. 

Société d'Horticcltube et de Botanique de Bruges. — Extrait du procès- 
verbal de la séance du 2o juin 1836. 

Le fauteil est occupé par M. Coppieters-'Twallant , vice-président de la 
Société. 

Les membres du conseil-administratif, présens à la séance, sont MM. Chan- 
trell-De Stappens , Anlhierens , commissaires, et Naert, secrétaire. 

MM. Van Wymelbeke-Vercauteren, Snauwaerf, Van Heerswynghels-Jans- 



— 2^8 — 

sens et Ceoens , membres de la commission-adjointe qui , au vœu de l'art. 23 
du règlement, prennent part aux opérations du jury sont également préseus à 
la séance. 

Un premier scrutin est ouvert en faveur delà plus belle culture ; le premier 
prix est décerné, à l'unanimilé des suffrages, au Dracœna draco , de la collec- 
tion de M'"' Byden , exposé sous le n° 408. Le second prix est accordé à VErica 
ventricosa , de la collection de M. Chanlrelle-De Stappens, n° 12-4. Un premier 
accessit au Pimelia decussata , de la collection de M. Anlhierens, n" 61, et un 
second à VAlslrœmeria pulchelîa, de celle dudit M. Chantrell-De Stappens, 
n» 120. 

Un nouveau scrutin est immédiatement ouvert pour la collection de plan- 
tes et arbustes, en fleur, la plus riche et la plus distinguée par la belle culture 
et la diversité des individus; le prix est partagée entre MM. Snauwaert et 
Anlhierens ; la collection de M. Chantrell-De Stappens est mentionnée hono- 
rablement. 

La médaille réservée pour la plante la plus rare, n'a pu être décernée. 

Pour extrait conforme : le secrétaire , 
Naert. 



Société d'Agriculttjbe et de BoTANiacE de Louvaiiï. 
Procès-verbal de la séance du '^8 juin 1836. 

M. le vicomte Deschrynmakers de Dormael, vice-président de la Société , 
occupe le fauteuil. 

Le conseil des juges est composé de MM. J. Hambrouck. L. Carleer, Donke- 
laar, H. Carolus , Rosseels, Vannes-Delhaye, Ad. Everaerts et Vanderbuecken. 

M. le président ouvre la séance et procède à l'installation du jury. 

Après avoir rempli les formalités prescrites , le conseil décerne le prix des- 
tiné à la plante la plus rare au n° 295, Phlox Drummondi , (PI. color. 62.) 
Exposé par M. Jean Verschaffelt, de Gand. 

Le conseil s'occupe du choix de la collection la plus riche. Après deux 
tours de scrutin, la médaille est décernée au contingent de M. le vicomte Des- 
chrynmakers. 

Le prix de belle culture est adjugé au n° -41 1 , Mesembryanthemum viola- 
ceum exposé par M. Adrien Everaerts; et le premier accessit au n° 30, Gladio- 
lus hirsutus, exposé par M. Deschrynmakers ; le n" 12, Rhododendron Smithii 
û. alb. exposé par M. Deschrynmakers, obtient l'accessit. 

Le jury procède au choix de la plus belle collection de Roses. Le prix est 
adjugé à la collection n" 6, elle est de M. Decoster-Marchal. 

La collection présentée au concours par M. Carolus obtient l'accessit. 

Pour extrait conforme, 
D' Vanweverenbergh , Secr.-Adj. 



— 229 — 

La SociÉTB D'IIoRTiccLTiRE DE LiLLE a décidè dans sa séance du mois 
d'avril dernier, que les trois médailles pour les concours annuels de culture 
de Tulipes seraient décernées ainsi qu'il suit : 

1° A la coUeclion la plus importante. 

2" A la collection qui , inférieure à la précédente , offrira néanmoins 
cinquante fleurs jugées remarquables. 

8° A la collection qui approchera le plus des deux précédentes. 

La Société a désigné pour composer le jury d'examen, mesdames Heeg- 
mann, Lefebvre et Gracy; ce jury sera présidé par M. le général Jouffroy, 
qui aura voix délibérative lorsqu'une des dames croira devoir se récuser. 



Charleston , le 4 mai 183G. 
A Monsieur le rédacteur de l'Horticulteur Belge. 

Monsieur, 

Je viens de Nisiter un salon de fleurs, dans la capitale de la Caroline du 
sud ; en Belgique une semblable exposition pourrait à peine être mentionnée, 
mais ici , où l'étude de la botanique trouve encore si peu de partisans, une 
exposition de plantes , quelque mesquine qu'elle soit, par le nombre des es- 
pèces ou leur mauvais choix, doit faire plaisir aux amateurs de l'horticulture. 
C'est une première pierre d'un monument qui doit compter partout des suc- 
cursales. Je vais essayer, par une énumération exacte, de vous domier une 
idée de la première exposition américaine. 

A Ficus elastica. 1 

1 » nymphœœfolia. ) plantes fort belles et bien cultivées. 

1 Fhœnix dactilifera. ) 

2 Arbutus iinedo. 

1 Laitrus melissœfolia. ^ t j- • i- .. 

y r ' ) Indigènes ou acclimates. 

5 )) sassafras. \ ° 

Plusieurs Citrus , qui n'offraient rien de remarquable. 

2 Cactus opuntia (indigène). 
1 n speciosissimus. 

3 Amaryllis atamasco (indigène). 
-4 » jonhnsoniensis. 

1 Coffea mocha ( en fleurs et en fruit , c'est un bel arbre), 

2 Fuchsia coccinea. 

1 Xylophylla angustifolia (Bahama Islands). 

2 Lonicera Japonica. 

1 Tropœolum coccineum. 

2 Gladiolus cardinalis ( coccijiea) ? 



— 230 — 

2 Philadelphus grandiflorns (acclimaté). 

â Verhena mclindris. 

Une grande masse de Pelargonium, reçus d'Angleterre. Ce qui n'excluait 
pas le P. Carolinianum (indigène). 

Plusieurs Rosiers, tels que le J|/»//J^ora alha^ Belle de Monzy, Microphylla , 
Gloire de France. 

A la manière anglaise , on avait exposô des (leurs en bouquets , je remar- 
quai des : 

Rosa Caroliîiia (corymbosa de Ehrharl). 

» lœviqata. i ■. -,. . ,• .1 

^ l„ç: l V Indigènes ou acclimatées. 

» seticjera. 
» rnbiginosa. 

Des Pivoines , des Dahlia mal venus. 

Liriodendrum iiilipifeia ( indigène dans tous les bois). 

Melia azedarach (indigène ; les rues de Charlestown et de Savannah en sont 
plantées). 

Des Magnolia glaucael grandiflora (indigènes ou acclimatés). 

Quelques fruits et légumes s'y trouvaient aussi. Les Fraises, lesArtichauds, 
les Salades , Scorzonères et les Radis , s'y faisaient remarquer par leur 
beauté. 

La plupart des plantes s'y trouvaient exposées sans dénomination et lors- 
que, par hasard, on en avait placé une , presque toujours l'inscription était 
en anglais, fort rarement eu lalin. 

En général les sociétés américaines manquent de stimulant; elles ne distri- 
buent point de médailles; elles se contentent d'une mention honorable dans 
les feuilles. Parfois cependant des prix sont décernés , mais c'est en valeur 
monétaire, ce qui n'a d'attrait que pour les jardiniers; ceux-ci exposent 
pour trouver du débit à leurs plantes, et non pour concourir aux progrès de 
l'horticulture. 



BIBLIOGRAPHIE. 

BoTANiCAL Register , or omamental Flower-Garden, etc.; par J. Lindlev, 
vol. IX. n°' 5 et 6, de la nouvelle série. Juin (deuxième partie) et Juillet 1836. 

1863. Dendrobium macrostachybm. Caulibus terctibus pendulis^agellifor- 
mibus ; foliis ovato-lanceolatis , submenibranaceis ; floribus ternatis, race- 
mum spuviuni formantibus ; sepalis acutis , ovatis ; petalis lanceolatis, se- 
palo stipremo siibœqualibus ; labello cucullato, venoso : limbo ovalo, obtuso, 
ciliato , intùs piibescento. 

Cette espèce, qui offre beaucoup de traits de ressemblance avec les D. Pie- 
rardi , Cucullatum ou Pulchellum , a été découverte dans l'île de Ceylan par 



— m — 

W. James Macrae, qui l'a envoyée, l'an passé, à la société dhorliculture de 
Londres ; elle se trouve également dans la collection de M. Baleman , où elle a 
fleuri au mois de juin. 

1866. Manf.ttia cordifolia. Caiile herbaceo, volubili, tereti, scnhriusctdo- 
foUisovaliSy hasi conlatis , apice acutis uttinque subtilité}' pnhescentibus ; 
pedunculis ajcillaribus l-foris. 

M. CoRDiFOUA. De Cand. Prodr. 4. 362. — Mabt. Spec. Nat. med. bras. 
p. 19. t. 7. 

Celte espèce , originaire des forêts du Brésil , y a été observée par le 
d' Martius, aux environs de Yillarica, dans la province des Mines. Comme orne- 
ment de nos serres la plante est trés-jolie ; elle fleurit au mois de juin. 

1867. Epidendrum AnMEMACUM. Caulibus teretibus; foliis lanceolatis co- 
riaceis, acutis, suhplicatis ; rnccmis peduncidatis, cylindraceis, nutantibiis ; 
scpalispatulis, ovatis, acutis; petalis setaceis ; labelli subcuciiUati laciniis la- 
ieralibus rotundatis : intermediâ ovatâ, aciiminatâ ; callo magno, oblongo in 
discQ. 

l'Èpidendre à fleurs couleur d'abricot, l'une des espèces les plus singulières 
du genre, est originaire du Brésil , d'où elle fut envoyée en 18âS , à la So- 
ciété d'Horticulture de Londres. MM. RoUisson qui en ont aussi reçu presque 
en même temps un exemplaire, l'ont vu fleurir dans leurs serres, à Tooting, 
au mois de juin. 

1868. Crat^ïcis prt:nifolia : Foliis oblongis,inœquaIiter serratis, glabrius- 
culis; spinis mediocribus redis; pediinculis tillosù; fructibus oblongis, 
dipyrenis. 

C. Prunifolia. De Cand. Prodr. 2. 627. 
Mespilusprunifolia. Poir. Dict. Encyc. U . 443. 

1869. Hyacinthtis SPICATCS. Corollis campanulatis, semisexfidis, spicaiis ; 
staminibus membranaceis. 

H. Spicatus. SaiTH. Prodr. FI. Graœc. 1. 237. 

Cette Jacinlbe, qui n'était connue que par ce qu'en a dit J. E. Smith, dans 
son prodrome d'une flore de la Grèce, publié en 1791 , a pour patrie l'Ar- 
chipel de la Grèce , où elle n'existe à la vérité que fort peu abondamment. 
Elle a été apportée en 1826 de l'ile de Zante , par M. H. F. Talbot, et se ré- 
pandra bientôt vraisemblablement dans nos jardins , où elle sera accueillie 
avec d'autant plus de plaisir que ses fleurs paraissent vers la fin de février, 
époque à laquelle on en voit encore très-peu dans nos plate-bandes. 

Ses feuilles sont linéaires, peu consistantes, et penchées, entourant à leur 
base une hampe cylindrique, droite , grêle , haute de deux pouces, portant un 
épi terminal , composé de huit à neuf fleurs qu'accompagnent des bractées 
membraneuses, et diaphanes. Le périanthe est campanule , divisé au delà de 
moitié en sixsegmens étalés, roulés vers le bout, d'un blanc bleuâtre, pur- 
purescent, avec une ligne médiane d'un bleu assez prononcé. Les six élamines 
oui leurs filamens membraneux, connivens avec le tube du périanthe , dilatés 



— 232 — 

en trois dents, dont l'intermédiaire porte une anthère d'un bleu foncé. L'ovaire 
est presque rond, renfermant plusieurs ovules cylindriques, disposés en rayons 
autour d'un placenta central, 

1870. — Epidendrtjm clavattjm. Caule clavato in pseudohulbum ovale des- 
sinente diphyllo; foliis lanceolatis patulis ; racemo simpKci , suhœquali ; 
hracteis ovatis, canalicidatis , ovariis inferioribus duplà breviorihiis ; sepa- 
lis petaîisque lajiceolato-linearibus, œqualiter patentibus ; columnâ cîavatâ , 
labelli iripartiti basi bicalîosi , laciniis lateralibus ovalis , suhfalcatis , mar- 
gine posteriore denticidlato : interme diâ lamina ovatâ, acuminatâ. 

Cette Êpidendre a été découverte en 1834, aux environs de Cumana, par 
M. Henchman, et communiquée l'année suivante, par ce botaniste, à lord 
Grey de Groby. C'est dans les serres de ce dernier qu'elle a fleuri au mois 
de juillet. 

1871. Maxili.aria aromatica. Pseudobulbis ovatis, compressis ; foliis 
pliiribus oblongo-lanceolatis , plicatis , scapis uniforis erecHs longioribus; 
sepalis ovato-ohlongis petaîisque conformibus acutis; labelli semi cylin- 
dracei laciniis lateralibus porrectis subulatis ; intermediâ bilabiatâ! labio 
superiore truncato nano , inferiore spathulato , apice recurvo serrulato. 

M. AROMATICA. Grah. ifi HooK. Exot. Fl. 219. — LiNDL. Gen. et sp. 
Orchid, pi. p. 1-46. 

COLAX AROMATICDS. SpRENG. Cur. pOSt. 307. 

Le Mexique est la patrie de cette Maxillaire, dont la fleur exhale une 
odeur suave de canelle ; on est redevable de sa possession à lord Napier qui 
en a fait l'envoi au jardin botanique d'Edimbourg, dans le courant de 1826. 
Elle a fleuri au mois de mai de l'an passé. 

1872. Crybe. Nat. ord. Orchid^a. Gynand. Monand. Sepala ef Petala 
similia, lanceolata , connivenlia : lateralibus basi obliquis. Labellum viidiô 
majus , membranaceum , cucullatum , nunquam expansum , cum columnâ 
clavatâ marginatâ semiconnatum. 

C. ROSEA. Pseudobulbis subrotundis ; foliis lanceolatis , plicatis ; spieis 
^-■It-floris; floribus pendulis. 

MM. Loddiges ont reçu dernièrement du Mexique, cette orchidée dans la- 
quelle le professeur Lindley a trouvé les élémens caractéristiques d'un genre 
nouveau. Il lui a donné le nom de Crybe, dérivé du verbe grec %^i/Trc, cacher, 
faisant allusion à la manière dont le gynoslème se trouve exactement recou • 
vert par l'enveloppe florale. Le Crybe à fleurs roses, seule espèce connue jus- 
qu'à ce jour , développe ses corolles au mois de juia. 

Le pseudobulbe est arrondi, irrégulièrement anguleux, surmonté d'un pro- 
longement grêle, cylindrique, servant de support à trois feuilles engainantes, 
lancéolées, plissées,etacuminées. La hampe est grêle, cylindrique , latérale 
au pseudobulbe , terminée par quatre ou cinq fleurs disposées en épi lâche. 
Ces fleurs, qui ne paraissent point susceptibles d'un épanouissement complet, 
ont près de deux pouces de long et la forme d'une massue; les sépales sont égaux , 



— 233 — 

obovales-lanccolés, adhérensà leur base, verdàlres, tachetés de pourpre au 
sommet ; les pétales n'en diffèrent que parce que leur nuaDce, blanchâtre à la 
base, prend vers l'extrémité une teinte pouprée vive et profonde. Le labelle 
est plus long , presque ovale , aigu, d'un pourpre intense, avec les bords cris- 
pés , plissés et infléchis ; sa base n'adhère qu'en partie au gynoslème. Celui-ci 
est en massue , cylindrique inférieurement, rebordé au delà du point d'inser- 
tion du labelle , dans le voisinage duquel se trouvent aussi deux dentelures ; 
le sommet présente une sorte de capuchon que termine l'anthère , son oper- 
cule recouvre les masses poUiniques. 

1873. — Kkkp.ia japonica. 

187-i. CRAT.Ecrs platyphylla. Foliis pinnatifidis, basi truncatis cuneatisque 
laciniisy apice serratis subtàs ramulisque puhescentihus; stipulis semicordatis 
dentatis integrisque; cymis villosis; pomis ohlongis nigris puhescentihus iri- 
pyrenis; laciniis calycis erectis , integris. 

C. FissA. Hort. nec. Boscii. 

Suivant toutes les apparences, celte espèce, que longtemps on a confondue 
avecTAubèpine (C. Oxyacantha), serait originaire du nord de l'Europe ou de 
l'Asie , du moins on l'a retrouvée depuis peu dans les forêts limitrophes de 
l'une et l'autre de ces parties du globe; elle a aussi de grands rapports avec 
le C. 3Iela?iocarpa de Bieberstein ; mais outre que ce dernier a l'Asie mi- 
neure pour patrie , d'autres caractères l'isolent de l'Alisier à larges feuilles. 

1873. Brxfenaria. Nat. ord. Orchidée. Gynand. mon. Sepala palula , li- 
béra, subœqualia; lateralia cum basi productâ columnœ coniiata uix basi obli- 
qua. Petala sepalis duplo minora. Labellum cum pedemucronato columnœ ar- 
ticulatum , trilobum, medio callum. Columna brevis, semiteres, m,utica' 
Anlhera mutica, subcristata. Pollinia 4, per paria incumbentia; caudiculis 
duahus distinctis matériel viscidœ rostelli adhœrentibus ; glandulâ oblongâ. 

B. AuBANTiACA. Pseudohulbis subrotundis , compressis, diphyllis ; foliis 
oblongis; plicatis, racemi erecti longitudine ; petalis erectis ; labelli lobis la- 
teralibus semicordatis , intermedio transverso ovali siib undulato basi hicaU 
loso ; columnâ j)ubescente. 

Le professeur Lindley a établi le genre Bifrenaria, pour une épiphy te nou- 
velle, originaire de Déraérary, qu'il n'a pu placer dans aucun des genres 
existans. Celte jolie plante, envoyée il y a quelques années, au duc de De- 
vonshire , a fleuri dans sa collection à Chiswick, au commencement du mois 
d'octobre 183o. Le nom de Bifrenaria , imposé au genre nouveau, exprime la 
disposition particulière des masses poUiniques et de leurs caudicules , unies 
à la glandule par un double lien ou frein. 

Le Pseudobulbe est presque rond , comprimé , couronné par deux feuilles 
oblongues, plissées, acuminées, et maculées. La hampe s'élance de la base 
inférieure et latérale du pseudobulbe ; elle a ses articulations garnies d'écaillés 
spalhiformes , engainantes , lancéolées et brunes; elle est terminée par une 
grappe lâche, composée de dix ou douze fleurs, d'un jaune orangé. Lepérian- 
ToMF. ni. 30. 



— 234 — 

(he est bilabiè; les sépales latéraux sont ovales, obtus, étalés, pointillés de 
fauve et pubescens en dessus, du double plus larges que l'intermédiaire qui est 
oblong et aigu ; les pétales sont ovalaires, arrondis , dressés et crénelés. Le 
labelle est articulé inférieuretnent au gynostème , par un onglet cunéiforme , 
épais , charnu , de la longueur du limbe avec la troncature terminale , trans- 
verse et calleuse, son limbe est partagé en trois lobes, dont l'intermédiaire 
est fort élargi, presque ondulé en ses bords, d'un jaune assez pâle, moucheté 
de rouge orangé ; les deux latéraux sont relevés, réniforme, avec un appendice 
calleux et êchancré à leur base. Le gynostème est presque cylindrique , pubes- 
cent avec la face postérieure du clinandre acuminôe. L'anlhèreesl triangulaire, 
ciliée sur ses angles, dont les deux latéraux sont plus prolongés. Les masses 
poUiniques sont bilobées , portées chacune sur une caudicule que la glandule 
réunit par une sorte de frein. 

1876. — Iris aiata. Imberhis; acauîis ; foliis ensiformibus ; corollœ tubo 
lonçjissimo ; laciniis iiitcriorihus minimis; styli Inciniis obtusis , undulatis , 
lacinias exteriores œquantlhus. 

l. Alata. Bietr. Sp. pi. 2. 436. — Poir. Iter. % 86.— Bivona. IH. Sic. 
cent. 1. p. -44. 

ï. ScoRPiotnES. i)ESF. FI. ait. 1. -40. t. 6. 

1. MicROPTERA. Vahl. Enum. 2. 1-42. 

I. Transtagnata. Brot. fi. Ltisit. p. S2. 

JuNo scoRPioiDEs. Trattin. Tob. 652. 

I, Btjlbosa LATiFOLiA. Clxjs. Hist. plant, rar. 210. 

J877, — Crat^igtis PYRiFOLiA. FolUs ovato-ellipticis, inciso serratis, plica- 
tis :pedunculisjtiniorum ramulisque hirsutis ; calycibus hirsutis, laciniis glan- 
duloso-serratis; fructibus glabris, pendulis pyriformibus, %-pyrenis, laciniis 
calycinis , reflexis. 

C. Pyrifolia. Hort. Kew. 2. 178. — De Cand. Prodr. 2. 627. — Loudon's. 
Arh.Brit. t. U. B.b. 

1878. SciLLA CUPANIANA. F olUs lanccolatis , planis, brevissime densissi- 
meque ciliatis; corymbo paucifloro ; capsulis rostratis. 

S.CuPANiANA. RoEBi.ET ScH. Sp.pl 7. SS9.— GcssoN. Prodi. FI Sic. 1.416. 

S. FlSTtJLOSA. RAFINESaUE. 

Ormthogaltjm coeruleum. Rafin. Carait. 8S. 

Hyacinthus Stellatus cœruleus umbellatus latifolius. Cupani. Pamph. Sic. 
vol. 1. t. 20. 

Dans son histoire naturelle des plantes de la Sicile, le moine Cupani a décrit 
et figuré comme appartenant au genre Eyacinthus , cette Scille que Rafi- 
nesque a placée ensuite dans le genre Omithogalum , avant d'en faire une 
Scilla. Des bulbes eu ont été apportés en Angleterre , par M. W. Slrangs- 
ways,en 1826; ils avaient été recueillis aux environs de Villafrala, d'Ogliaslro 
et de Castrogiovanni où la plante ne parait pas cire très-rare. 

1879. Epidesdrïim BiFiDUJi. Foliis in pseiidobulbos subternis lanceolalis ; 



soapo ratnoso foliis vttdio longiore ; sepalis ollongis acutis pcialisque lanceolalis 
pntentibus ; labelli ciineati luhis lateralibns ovatis : intermedio maximo apice di- 
lalato subreniformi sulcafo basi in disco biappendiculato [a columnà fera 
libero). 

E. lîuiDCM. AcBL. Guyan. p. 82-4. — Swartz. Fl. Ind. occid. 3. 1489. — 
WiLLD. Sp. pi. 3. — Rfdoït. lu. 84. 

E. Papilionacetjm. West. St. Crue. p. 230. Sec. Willd. 

Helleborine F/orejt)«jt)i7to/mceo. Plum. Sp. 9. ic. 186. fig. 1. 

La plante que nous donnons ici sousle nom A'Epidendmm bifidum, d'après le 
professeur Lindley , ne ressemble guère à celle qui a été figurée sous le même 
nom, dans la collection des Liliacées de Redouté; et l'on n'est pas plus d'ac- 
cord sur les lieux de son origine. Noire figure a été dessinée d'après trois plan- 
tes différentes, envoyées dans le courant de 183o, des îles de Saint-Chris- 
tophe , de Saint-Bartolomé et de Sainte-Croix , des Antilles à MM. Loddiges. 
Selon Redouté, la sienne aurait été rapportée de l'Ile Saint-Thomas, par Ried- 
ley, jardinier de rexpédition du capitaine Baudin. Aublet dit l'avoir trouvée 
à Cayenne, Plumier à Saint-Dominique et Swartz à la Jamaïque. 

1880. GoDETiA viNOSA. Evecla ; foliis lineari-oblongis , suhdcntatis, (jîabris; 
petalis siibrolundo-cuncatis , nndulatis , immaculatis; staminibus alternis , 
viinoribns; antheris phwîiiceis, apice lioteis cassis; sligmatibus palUdis ; caly- 
cis tubo laciniis ti'xplo breviore; seminibus atro-fuscis, unicoloribus. 

Cette troisième espèce de Godétie , a été découverte , avec les précédentes 
que nous avons comprises dans nos cahiers d'avril et de mai , par M. Douglas, 
en Californie ; et de mâme aussi elle fait partie de la collection de la 
Société d'Horticulture de Londres, qui, vraisemblablement se hâtera d'en 
communiquer des graines que l'on paraît devoir en obtenir abondamment. Sa 
floraison a lieu au mois d'août. 

C'est une plante annuelle, qui ne s'élève guère au-delà de deux pieds. Ses 
tiges sont droites, assez grêles, cylindriques, d'un brun rougeàtre, garnies 
de feuilles linéaires-oblongnes, très-peu saillantes. Les pétales, au nombre de 
quatre, sont grands, étendus, concaves, un peu cunéiformes au bord antérieur, 
qui est irrégulièrement incisé et échancré; le diamètre de la corolle est de 
près de deux pouces; sa couleur est le blanc nuancé de pourpre veineux ; le 
tube du calice forme à peine le tiers de l'étendue du limbe. Les huit étamines 
ont leurs filamens presque nuls et blanchâtres; les anthères sont plus longues, 
cylindriques, biloculaires, d'un pourpre vineux, terminés par un bouton 
courbé, jaunâtre; le style est plus long que les étamines, grêle, violàtre, 
terminé par un stigmate à quatre lobes étalés en croix, dont l'extrémité est 
roulée. Le fruit consiste en une capsule alongce , à quatre côtes arrondies , 
renfermant un grand nombre de graines petites et d'an cendré brunâtre. 



— 23^ — 

CuRTis BoTANiCAL Magazine ; ov Flotver Garden dlsplayed, etc. par 
W. J. HooKER, nouvelle série; tome X, n" 113. Juillet 1836. 

S500, Dryandra PTERiDiFOLiA, Foliispinnatifidis, caule abbreviaio, erectius- 
chIo, vel propensè decîcmhente tomentoso longioribus : lohis elonrfntolinearihus 
acutis, scîi ohloncfo-linearibus, ohttisis, mucronatis, margine revolutis; perian- 
thii laminis colorato-lanatis , apice penicellatis ; involucri squamis exteriori- 
hus lafo-ovafis, spadicco-tomcnfosis. 

S. Pteuidifolia. Brown in Lin. traits, v. 10. p. 213. • — Ib. Prodr. v. 1. 
p. 399. — RoEM. ET ScHULT. Syst. ueget. 3. 447. 

D. Bleciinifolia. Brown in Lin. trans. et Prodr. necnon. Roem bt Sch. 
Syst. veget. in loc, cit. 

Dans son excellent prodrome d'une flore de la Nouvelle-Hollande, ainsi que 
dans l'essai d'une monographie des Protéacèes, qui fait partie du lO""-' vol. des 
Transactions de la société Linnéenne, M. Robert Brow n a donné la descrip- 
tion du Dryandra pferidifolia qu'il a observé sur les bords du détroit du roi 
Georges, puis il a décrit sous le nom D. Blechnifolia, une autre espèce exis- 
tante dans l'Herbier de Banks, remise à ce célèbre naturaliste, par M. Ment- 
zies, chirurgien a bord du vaisseau expéditionnaire que commandait le capi- 
taine Vancouver, dans son voj^age autour du monde, et qui fut chargé parti- 
culièrement de récolter des plantes. Des graines rapportées de l'Australie , 
en 1823, par l'infatigable botaniste-voyageur, M. W. Baxter, et semées au jar- 
din royal de Kew, comme étant celles du D. pteridifolia , ont, par leurs pro- 
duits, amené les botanistes à reconnaître que les deux Dryandra cités plus 
haut, devaient être réunis sous un même nom spécifique , vu qu'ils ne diffé- 
raient que par une indication plus prononcée des nervures des lobes ou divi- 
sions des feuilles. 

C'est un arbrisseau que nous voyons s'élever à la hauteur de cinq à six pieds, 
se divisant en plusieurs rameaux flexibles; ses feuilles sont excessivement rigi- 
des, serrées, éparses, pinnalifides ou très-profondément incisées, à découpures 
linéaires, trinervurées, formant de chaque côté des angles droits, avec l'axe de 
la feuille, à bords roulés inférieurement, d'un vert agréable en dessus, d'un 
fauve brillant en dessous, jaunâtres à l'extrémité qui est pointue. Les pétioles 
sont plus épais à leur base et garnis de poils assez raides. Les fleurs sont ter- 
minales, placées sans ordre, et en nombre considérable sur un réceptacle plane, 
garni de paillettes et ceint d'un involucre à écailles épaisses , imbriquées et 
d'un fauve brunâtre; chacune d'elles est composée d'un périaothe à quatre di- 
visions égales, fort étroites , très-alongées , aiguës et brunâtres; il y a un sem- 
blable nombre d'étamines logées ou implantées dans une cavité de chacunu 
des divisions du périanlhe , et en outre quatre squamules hypogynes. L'ovaire 
a deux loges renfermant une graine chacune. 

âSOl.TBADESCANTIA VIRGINICA. Vor.Fl. ALBO. 

Celte variété ne diffère du type de l'espèce que par la couleur de ses fleurs 
dont les pétales sont blancs, nuancés de violàlre vers l'onglet. 



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3t^02. Acacia phominivNS. Glahra ; phyllodiis lineari-lanceolntis, acntisr 
patcntibits , rétro rso-f alcalis rcctisve uninervibus tcnuissivie ciliaiis, mucrone 
suhuncinato terminatis; niargine antico versus hasin uni(jlanduloso ; (jlan- 
dnlâ leviter elevatû; racemis termînalihusaxillaribus G-\0-cepJinlis pJitjUodio 
pniilo longioribus; floribus lî-partitis; petalis ovato-oblongis, sub acuminatis ■ 
stylo staminibus parum longiore. 

A. Prominens. g. Don. Syst. of Gard. 2. -400. 

Les rives sauvages du Népéan, Nouvelle-Galles du sud, produisent celte 
Acacie qui s'y fait remarquer par une croissance dont ces lieux arides offrent 
peu d'exemples; dans nos serres tempérées, elle ne dépasse point la hauteur 
ordinaire d'un arbuste ; mais elle fleurit assez régulièrement au mois de sep- 
tembre. 

3503. Passiflora kermesina. Scandens : glaherrima , cirrhata; foliis 
cordato-S-lobis, ohtusis, integerrimis , subtùs discoloribus; peiiolo %^-glandii- 
loso; stipulis semi cordatis,.magnis; pedunculo l-floro, nudo; calycis segmen- 
tis uniformibus , liiieari-obloiigis , demùm reflexis ; coronâ erectiusculâ ; 
columnâ elongatâ. 

Cette Grenadille , qui appartient au Brésil, est cultivée, depuis 1831, dans 
le jardin botanique de Berlin, où elle a été introduite par M. Otto, Elle pro- 
duit sa fleur presque sans interruption, 

350-4. BoDRiGuÉziA PLAMFOLiA. Bulhlsvoldè compressis, ovato-obJongis; fo- 
liis lanceolalis , eîierviis,lœvihus ; perianthio vudulato; sepalo inferiori apicc 
solumniodo bifido ,• labello apice intégra. 

R. Planifolia. Lindl. in Horf. trans. 7. 67. — Ib. GenelSp- Orchid. 193. 

GOMEZA RECURVA. LoDD. Bût. Cab. l. 6G0. 

Le professeur Lindley vient d'ajouter au genre Rodrîguezia de Ruiz et 
Pavon, et qu'il a rétabli , une orchidée dont M. Robert Brown avait fait le 
type de son genre Gonieza ou Gomesia , avec des caractères que l'auteur lui- 
même trouvait un peu incertains. La Rodriguézie à feuilles planes est donc 
pournous une connaissance assez ancienne déjà, puisque son introduction 
date de 181-4. Nous la devons à M. J. Campbell , qui l'a importée du Brésil , 
son lieu de croissance originaire. Elle fleurit en février. 

3S0o. CoREOPSis FiLiFOLiA. Glabcrrivia ; caule erecto, striato ; foliis oppo- 
sitis , pinnatifidis bipinnaiifidisqtie ; foliolis lineari-fiîiformibus subcarnosis^ 
suprà canaliculatis ; radii corollis 8-9 obovatis , luteis ; disco piirpur eo- san- 
guine o. 

On est redevable de cette nouvelle Coréopsideà M. Drummond, qui l'a trou- 
vée dans la province du Texas, au Mexique. Les graines récoltées par ce 
savant, ont été rerues et semées en Angleterre, dans le courant d'avril 1835, 
et les plantes étaient en pleine floraison au mois d'août suivant. 

â506. Gavra. ]\at. ord. oxagrari.*:. Octand. Monog. Calyx tubiilosus , -4 
partitus. Petala 4. Nux angulatn \-sperma. 

G. Parviflora .- Pubcscentc-moUis ; foliis lato-lanceolatis , acuminatis, 



— 238 — 

rcinole-denticulatis ; spicâ miiltiflorâ; petalis ohovatis , ereclis , sfamina 
sfijlumque œqua?itibus ; fructihus oblo ngo-fusiformibus. 

G. PARTIFLOnA. HOOK. FI. BoT. Ain. l. 208. 

Le genre Gaura , dont le nom est formé de arcj;;,- , superbe , à cause de la 
beauté qui se faisait remarquer dans la première espèce observée, a été ins- 
titué par Linné qui n'en a pas connu d'autre. Depuis, douze Gauras ont été 
successivement découvertes, et celle que nous décrivons fait la quatorzième. 
Elle a été trouvée au Texas par M. Drummond , et les graines envoyées par 
lui , sont parvenues à la Société d'Horticulture de Londres en 183o. Elle 
fleurit aux mois d'août et de septembre. 

La plante est bisannuelle ; sa tige s'élève à la hauteur de deux à quatre 
pieds, en se divisant en plusieurs rameaux; les feuilles sont ovales, lan- 
céolées, sessiles, acurainèes et dentelées. Les fleurs sont petites, réunies en 
un épi dense et Irès-alongé ; chacune d'elles est accompagnée de bractées 
subulées, alongées , garnies de poils glanduleux. Le calice est adhérent à 
l'ovaire et se prolonge au dessus de lui , en un tube qui se divise au sommet 
en quatre segmens réflL-chis , acuminés et d'un jaune orangé. La corolle se 
compose de quatre pétales dressés , d'un ronge assez vif et de huit élaraines 
dont les Glamens, d'un rose pâle , sont couronnés par des anthères oblongues 
(t d'un rouge pourpré; le pollen est jaune. Le style, aussi long que les éla- 
mines, supporte un stigmate quadrifide. 



Beitish Flower Garden and ornamental shmhbery , etc. ,• par R. Sweet, 
2 série, n° 84, juillet 1836. 

3-41. Rhododesdbos arbobetjsi; var. undulatiim. 

342. IsjiiLiA. 7iat. ord. Svnànther^. Syqenes. pobjg. Superf. AcHjKsicm 
conforme, nnqulalum : ançjulis aîatis. Pappus coroniformis, amphis. Corolla 
disci feitilis, o-dentata, teres; radii fœminea lingulala; llngulâ ohlongâ. 
Stylus discl ramis exnppendiculatis . 

1= Madkrensis. Suffi uticosa; ginuca; foliis sessiUhtts , cnnentis, indso- 
labalis : supremis suhinfegerrimis; capitulis conjmbosis ; rhachide conicâj 
pappo lobato, 

PiRETHRCM MADrr.FNSE. WecR lilSS. 

Feu H. Cassini est l'un des botanistes qui se sont occupés le plus spéciale- 
raeul de l'immense famille des synanthérées , et dans le beau travail qu'il 
a laissé sur cette importante famille, ou la trouve divisée en sept cent dix- 
neuf genres, dont la moitié environ de sa création. A cette dernière catégorie, 
appartient le genre Ismelia , définitivement adopté par les botanistes anglais. 
Ce genre fait partie, dans le travail que nous avons cité , de la quatrième di- 
\i.-iondela première section de la tribu dos anthémidées, qui est la onzième 
de la famille: nous n'en connaissonsjusqu'ici qu'une seule espèce que M. Weeb 
a découverte à Madère, l'une d^sîles Canaries, et qu'il avait placée dans sa 



«collection sous le nom de Vyrethrum 3Iadcrense. mais qui diffère bien évi- 
demment par ses principaux caractères de ceux assignés au genre Pyrèlhre. 
Celte jolie plante s'est répandue depuis quelques années dans les serres des 
amateurs, où on la voit ileurir au commencement du printemps. 

La tige est droite , ligneuse , brancliue , haute d'un à deux pieds. Les 
feuilles sont sessiles, alternes, étendues, piunalifides à segmens linéaires, 
lancéolées, un peu cunéiformes. La calalhide est radiée ; le pédoncule est long 
de deux pouces environ, glabre, filiforme, supportant un involucre hémisphé- 
rique, composé d'écaillés imbriquées, obtuses, légèrement bombées, d'un 
vert intense , terminées de pourpre obscur ; le réceptacle est conique ; les fleu- 
rons de la circonférence ou femelles , au nombre de vingt, sont ligules, tri- 
dentés au sommet , longs d'un pouce et d'un jaune assez pâle ; ceux du disque 
sont d'un jaune doré , tubulcux , hermaphrodites , courts, campanules avec 
leur limbe divisé en cinq lobes aigus. Les étamines ont leurs filamens grêles, 
capillaires et glabres, couronnés chacun par une anthère introrse. L'ovaire 
offre trois angles membraneux ou ailés. Le style est filiforme, linéaire, tron- 
qué et recourbé. L'akène est en forme de coin , à trois faces larges , membra- 
neuses et un peu translucides vers les bords ou les angles. 

â4â. Fritillaria rtjthenica. Caule suhunifloro ; foliis lineari-lanceolatis : 
imis siiperioribusque suhternatis, illis ohtusis, his, intermediisque sparsis, 
cirrhosis; floribus tessellatis, cernuis. 

F. RnuTENicA.WiKS.m Àct.Eolm. 1821. — Schult. Fil Stjst. 7. p. §96. 

F. Verticillata. Marsch. àBieh. FI. Taur. Cauc. 1. p. 268. —Cent.pl. 
Rar. Ross. '2. t. 83. 

CoRONA VERTICILLATA. FiSCH. MSS. 

Il y a une vingtaine d'années que cette jolie plante, originaire des provinces 
septentrionales du vaste empire de la Russie , a été trouvée sur les bords du 
Volga, par le professeur Fischer, qui la rapporta au jardin botanique de Pé- 
tersbourg, et l'y cultiva sous le nom de Corona verticillata, qu'il lui avait im- 
posé de prime abord. Le docteur Neill d'Edimbourg , l'a reçue l'an passé du 
jardin botanique de Berlin, et elle a fleuri dans sa collection , au mois d'avril 
dernier. 

34-4.Lathyrus magellanicus. Suffmticosus, glnber, glaucus; foliis unijugis; 
foliolis ovatis, mucronalis , coriaceis multinerviis , siipulis ovaio-sagittatis , 
concavis, maximis ; pediincuîis muîtîfloris folio longiorihus ; cahjcis dentibtis 
superioribtcs ovatis, acuminatis ; leguminihus lineari-acinaciforinibus, com- 
pressis, glahris, polyspermis. 

L. Magellanicus. Lam. Dict. Encijc. 2. 708. — Willd. Sp.pl. B. 1086. — 
Eort. Ke%v. éd. 2. h. 809.— De Cand. Prodr. 2. S70. — G. Don Gen. syst. 
Car</. efjBo^. 2. âS2.— Spreng. Syst. «ejfe^. g. 26S. 

L. Armitageantjs. West, in Hort. Birni. 

Piscmamerioantjm. Mile. Dict. éd. 1. 



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L'HORTICULTEUR 



BELGE. 



AOUT I83(>. 



PHYSIQUE ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALES. 

Sur la présence des trachées dans tous les organes des végétaux ; 
par M. David Don. 

On a cru , en général ,rque les trachées se trouvent rarement dans les or- 
ganes de la fructification ; mais des observations réitérées ont convaincu qu'elles 
existent dans toutes les parties des végétaux. Je les ai trouvées dans le calice, 
la corolle , les filets et le style du Scabiosa atropurpurea et des Phlox, dans le 
calice et les pétales du Géranium sanguineiim , dans le périanthe du Sisy- 
rincJiium striatum, dans la capsule et les styles du JMgella hispajiica. Elles 
sont présentes dans le péricarpe des Onagraires, des Composées , des Malva- 
cées. J'ai été conduit à ces remarques par l'ingénieuse observation de M. Lind- 
ley, sur la structure des graines de CoUomia (1), qui semblent enveloppées 
par un plexus de vaisseaux spiraux. Ces vaisseaux, dans les Polémoniacées, 
paraissent analogues à la coma fixée à l'épisperme des graines des Bigno- 
niacées , des Apocinées et des Malvacées. D'ultérieures observations seront 
nécessaires pour établir si ce sont de vraies trachées. Ces vaisseaux spiraux sont 
abondans dans les tiges des Uriica nivea, Centaurea atropurpurea , H eliopsis 
levis, Helianlhus altissimus, Aster novibelgii et Salicifolius, etc., où on peut les 
voir à l'œil nu , dételle sorte que ces plantes doivent être recommandées aux 
commençans, pour l'élude de ces vaisseaux. Les tiges, quand elles sont tournées 
doucement dans une direction longitudinale, et qu'une petite cheville eslplacée 
au sommet de la fissure , montrent les vaisseaux spiraux plus distinctement que 
par une fracture transversale. Quelquefois les spires de ces vaisseaux se trou- 
vent dans la moelle, par exemple le Malope irifida et le Heliopsis levis; mais on 
peut suivre leur origine au travers des fibres ligneuses. On n'en trouve au- 
cune trace dans l'écorce extérieure; mais elles abondent dans le liber du Pin, 
aussi bien que dans son albumen ; je n'ai cependant jamais pu les découvrir 

(1) M. Lindley a dc-couvert que lorsque, sous le porie objet, on place une graine de CoUomia 
et qu'on vient à l'humecter, on voit , au moment même où l'eau vient à la toucher , un nombre 
immense de trachées saillir, en se déroulant, de tousI©« points de la surface 

Toyi- m. 31. 



— 2-42 — 

dans les feuilles de ce genre, ni dans celles du Podocapus, et elles paraissent, 
en général, rares dans les feuilles des arbres toujours verts. Ces tiges, et les 
feuilles desPolémoniacôes, des Iridées et des Malvacèes, sont aussi abondam- 
ment fournies de vaisseaux spiraux : mais peut-être aucune famille -n'en est 
aussi abondamment pourvue que celle des Composées. Elles sont rares dan^ 
les Crucifères, les Légumineuses et les Genliauées. 

J'ai fréquemment remarqué, en détachant des vaisseaux «piraux des jeunes 
pousses vigoureuses des plantes herbacées, qu'elles sont violemment agitées. 
Ce mouvement continue pendant quelques secondes, et me semble devoir être 
comparé au phénomène du principe vital qui a lieu dans l'économie animale, 
et non attribué à une action mécanique £n tenant entre mes doigts un petit 
segment d'écorce d'Urticn nicea, que je venais de détacher de la plante, mon 
attention a été instantanément dirigée sur ce mouvement spiral qui s'est offert 
à moi. L'expérience a été répétée plusieurs fois, avec d'autres pièces d'écorce, 
et le mouvement a été semblable. Il est dû évidemment à la force contractile 
de la fibre vivante , et cesse au bout de peu de minutes. Cetie courte notice a 
pour but de provoquer l'observation des naturalistes sur ce curieux phénomène. 



CULTURE. 

Culture des Chrysanthèmes. 

Nous ne connaissons pas encore le degré d'intérêt auquel pourra s'élever 
le chrvsanlhême. Depuis que l'art est parvenu à recueillir les graines de celte 
fleur , les variétés se multiplient et nous portent à rechercher avec plus de 
soins les détails qui se rattachent à sa culture. Un correspondant auquel nous 
sommes déjà redevables d'observations variées consignées dans notre journal, a 
bien voulu nous faire parvenir des notes sur un nouveau mode de direction des 
chrysanthèmes ; nous pensons que les préceptes qu'elles renferment doivent 
être suivis de résultats pratiques salisfaisans. >»"ous ferons donc connaître le 
résumé de cet opuscule, pour guider les horticulteurs qui désireront sortir des 
moyens employés communément. 

Le Chrysanthème, dans notre royaume , ne fleurit que vers la fin d'oc- 
tobre. Dans cette saison tardive, souvent ses fleurs sont battues par les vents 
et les pluies; les premières gelées les détruisent lorsqu'elles sont abandonnées 
à Tair libre en pleine terre. La plante ne peut donc s'entretenir belle que 
par les soins de la culture artificielle. Le chrysanthème est toujours en végé- 
tation : d'après celte remarque, on ne peut sans danger l'exposer aux froids 
des hivers rigoureux , surtout en pot. Cen'est que vers la fin de l'hiver qu'il 
faut le rendre à l'air libre , au commencement d'avril el même un peu plus 
lard, si l'hiver a été long. On sépare les pieds et l'on place dans un pot d'envi- 
ron sept pouces de diamètre plein de terre légère , deux liges seulement , 



— 2-43 — 

ayant racine. Ou les abrile pendant quelques jours , jusqu'à la reprise , puis 
on leur donne une exposition chaude. On enfonce les i)ots de quelques pouces 
en terre, afin qu'ils résistent à la violence des vents et pour éviter les fréquens 
arrosemens. On place sous les pots un corps dur tel qu'un carreau, une tuile, 
par ce moyen , le chevelu des racines ne pouvant passer par le trou du pot , 
ne sort pas, et ne permet pas à la tige de prendre trop de vigueur. Pendant 
îa durée de ce premier empotement, on arrose peu et seulement lorsque les 
chrysanthèmes commencent à se faner. 

Vers le mois d'août, au moment où l'on s'aperçoit que la végétation des bou- 
tons arrive et que ces derniers vont paraître , on les dépote , on coupe avec un 
instrument bien tranchant la motte chargée de chevelu en la réduisant ati vo- 
lume du poing. On replace de suite la plante dans un pot de neuf pouces au 
moins de diamètre rempli d'une terre forte ainsi composée : Un quart de bonne 
terre de jardin , une moitié de bonne terre franche , un quart de vieux ter- 
reau, le tout bien mélangé est passé au crible. Lorsque la plante est reprise 
on îoi rend une bonne exposition en plaçant un corps dur sous le pot ; cette 
précaution est de rigueur. C'est alors le moment de lui donner des engrais li- 
quides fermentes dans l'eau et d'entretenir une humidité modérée. Toute la 
force de la végétation devant à cette époque se porter sur les boutons, ce sont 
eux plutôt que le feuillage qui profitent des engrais que l'on prodigue alors. Il 
est donc important de chercher , pendant les premiers temps de la végétation , 
à tenir le feuillage bas en le faisant languir, surtout celui des variétés vigou- 
reuses; ce n'est que lors du second empotement au moment de révolution de 
l'inflorescence qu'il convient de donner de l'essor câ la végétation. Vers la fin 
d'avril on coupe la sommité de la tige, si l'on faisait plus tard celte opération 
la floraison serait trop reculée. 

Les boutures faites avant la fin de mai penvent encore donner des fleurs 
la même année, si on les place dans le terreau d'une couche tiède, recou- 
verte de cloche ou de châssis. 

Lorsque 1 on veut faire fleurir simultanément une collection de Chrysan- 
thèmes, on place les plus tardifs, vers la mi-septembre, dans une serre chaude 
ou sur couche, et lorsque les boutons ont atteint ceux des plantes restées en 
plein air, on les replace dans l'ensemble de la collection ; il est même préfé- 
rable de ne les réunir aux Chrysanliiêmes plus hâtifs que lorsque les boutons 
sont plus avancés que ceux de ces derniers. 

Les Chrysanliiêmes à fleurs petites, en forme de renoncules, sont d'un plus 
bel effet quand leurs fleurs sont nombreuses et disposées en groupes : on doit 
toujours chercher à obtenir ce résultat pour ces variétés. Il n'en est pas de 
même de ceux à fleurs larges, grandes; celles-ci sont plus belles, plus fortes 
lorsqu'elles sont moins nombreuses. Il convient môme de retrancher une par- 
tie des boutons, par exemple, les moins avancés, les moins vigoureux , ou 
ceux qui suivent les premiers qui s'épanouissent. 



— 244 — 
Sut la culture du Melon ; par M. Bhut. 

Tous les cultivateurs savent ou doivent savoir qu'un pied de melon ne peut 
produire qu'un nombre de fruits, déterminé par l'expérience selon sa race, si 
on veut les obtenir, avec le volume et les qualités convenables. Ainsi les 
grosses variétés ne produisent qu'un ou deux melons, tandis que les petites 
peuvent en nourrir davantage, leur végétation étant la même, lorsque la cul- 
ture est conduite avec intelligence. Du reste, ma méthode pour cultiver les 
melons esta peu près la même que celle généralement en usage , et j'obtiens 
comme les autres des fruits en maturité, depuis le l" mai jusqu'en octobre. 
Voici la seule différence que j'y ai introduite , et qui a pour but d'augmenter 
la quantité des produits : 

« Lorsque mes plants ont poussé cinq ou six feuilles, je les étète à deux 
yeux au-dessus des cotylédons, ce qui donne lieu à la naissance de quatre 
branches mères que je dirige en croix ; je les taille ensuite au-dessus des deux 
yeux, ce qui me fait huit branches à fruits. Lorsque celles-ci ont chacune trois 
à quatre feuilles, je les soulève légèrement l'une après l'autre, avec la main 
gauche, et de la droite je fais dans le terreau, précisément au-dessous de 
leur embranchement sur la branche mère, un trou de trois à quatre pouces de 
profondeur. Je fais avec la lame du greffoir , et à l'insertion de ces branches , 
uneincision semblable à celle qu'on fait aux plantes qu'on multiplie de cou- 
chage; j'introduis cette partie de la branche dans le trou et je l'y assujettis à 
l'aide d'un crochet en bois ; je remplis enfin le trou de terreau. Lorsque cette 
opération est faite à toutes les branches , j'arrose amplement. Les branches 
ainsi couchées émettent des racines et de nouvelles tiges, et grâce à la nour- 
riture abondante qu'elles reçoivent, j'obtiens huit fruits au lieu de deux par 
pied des grosses variétés, et seize des petites, et sans occuper une plus grande 
surface de terrain. J'ai même obtenu ainsi vingt fruits d'un pied du cantaloup 
noir des Carmes , dont le plus gros pesait six livres et demi et était excellent. 
Je dois dire que c'est le hasard qui m'a fourni l'idée de celte expérience. J'a- 
vais plusieurs pieds de melons attaqués de chancres, accident qui arrive or- 
dinairement à la naissance des branches, et qui a pour cause l'humidité; ne 
sachant comment remédier aux ravages qu'il produisait, je pensai à enter- 
rer la partie malade, et j'opérai comme je viens de le dire. Au reste, d'autres 
essais pour guérir cette maladie m'ont assez bien réussi , et je me propose do 
les faire connaître incessamment. 

En remerciant M. Brietde celte communication, nous devons ajouter qu'un 
procédé analogue est employé, dans la culture en pleine terre du melon, dans 
quelques localités méridionales de la France. On en trouve la preuve dans la 
Motiographie cotnplèie du vielon , par M. Jacquin aîné, et nous transcri- 
vons ici le passage où ce procédé est mentionné. 

« Quelques cultivateurs du midi ne taillent pas leur melon. Ils se conten- 
tent., lorsque les fruits sont sur le point de nouer, de disposer les branches de 



— 24;-s — 

faroD qu'elles ne se croisent pas, et lorsqu'elles ont depuis deux jusqu'à six 
pieds de lougueur, ils eu enlerrenl l'exlrémilé qu'ils recouvrent de trois à 
quatre pouces de terre. Cette opéralioa se fait de manière à ce que ce soit la 
partie d'où sortent les vrilles qui se trouve enterrée, et que rexirérailé reste 
hors de terre pour continuer a croître. Lorsqu'elle s'est alongd-e encore de 
deux pieds environ, on agit de la même manière. Les brandies prennent racine 
à tous les endroits enterrés; les pieds couvrent ainsi une grande étendue de 
terrain, d'où les fruits nombreux dont ils se chargent tirent une nourriture» 
abondante, au moyen de cette espèce de marcottage. » 



Sur la multiplication des Pivoines. 

Lesbelles et nouvelles pivoines ligneuses que MM. ><'ûi5eUe el Mathieu offrent 
aujourd'hui au commerce, méritent que nous rappellions le meilleur moyen 
de les multiplier avec promptitude et satisfaction. L'usage le plus générale- 
ment suivi est de les marcoller en pol avec incision ; mais les pivoines ligneu- 
ses s'enracinent lentement par ce procédé ; et lorsque la marcotte est sevrée et 
plantée , elle reste deux ou trois ans sans fleurir , sans augmenter sensible- 
ment , sans produire de grandes feuilles, et enfin à ne présenter qu'une plante 
souffrante. Le procédé de M, Découflé, qui consiste à éclater la branche sans 
la détacher, et à recouvrir la plaie de terre de bruyère tenue fraîchement, est 
plusefQcace pour produire un bon enracinement ; mais quand la branche est 
sevrée et plantée , elle reste également deux ou trois ans sans végéter avec la 
force désirable. De jeunes sevrages de pivoine ligneuse n'ont donc pas les gran- 
des feuilles qui annoncent une végétation vigoureuse , et l'acheteur ne se sent 
pas disposé à payer chèrement une plante dont la santé lui semble équi- 
voque. 

M. Mathieu , qui ne souffre dans ses cultures qu'une végétation aussi belle 
qu'exemplaire, voyait avec peine ses sevrages de pivoines ligneuses languir 
pendant deux ou trois ans, malgré tous les soins qu il leur prodiguait. Sa rare 
intelligence n'ayant pu y porter remède, il dirigea son attention sur la greffe 
de pivoine ligneuse, sur tubercule de pivoine herbacée, déjà connue depuis 
longtemps, mais dont on n avait pas tiré tout le parti dont elle est susceptible. 
11 s'en est donc emparé, et en trois ans il e;t parvenu à la perfectionner, à l'é- 
tablir sur des bases tellement solides, qu'aujourd'hui il en obtient les plus 
heureux résultats , et ne se sert plus d'autre moyen pour multiplier ses pi- 
voines ligneuses. Il y a dans ce procédé plus de facilité, économie de temps, 
multiplication plus nombreuse, plus belle végétation, et floraison plus pro- 
chaine; l'époque de la greffe des pivoines étant, comme celle des autres vé- 
gétaux , subordonnée au mouvement de la sève , M. Mathieu a commencé par 
s'assurer de l'époque où les pivoines commencent à travailler sous notre climat, 
et il a présumé que ces plantes finissant de pousser dès la fin de mai, leurs 
racines donnent des signes de végétation dès l'automne. Alors, voici comme 



— 246 — 

il a élabli sa pratique. Nous nous aiderons d'une figure, pour l'exposer avec 
plus de clarté. 

M. Mathieu a dans son jardin une planche de pivoine herbacée qui lui four- 
nil des tubercules. Du 13 juillet au 115 août, il lève de ces tubercules autant 
qu'il lui en faut, en ayant soin de leur conserver toutes les radicelles; il 
coupe et supprime horizontalement le sommet du tubercule, /ù/. 1, enlève 
avec un instrument bien tranchant un coin triangulaire de la chair sur le côté, 
comme a, fiij. 1 ; il prend un jeune rameau, fig. 2, de la pivoine ligneuse qu'il 
veut multiplier, muni d'un à trois yeux, en coupe le pétiole des feuilles à 
quelques lignes de leur origine, aiguise le bout inférieur a en biseau triani^u- 
laire, de manière à ce qu'il entre juste et remplisse exactement le triangle a 
de la fig. 1 , comme on le voit en d,fig. 3 , de façon à faire coïncider les li- 
bers, et lie le tout légèrement avec un jonc ou de l'écorce de tilleul, substance 
qui se détruit assez promptemeut pour qu'on n'ait pas besoin de relâcher la 
ligature quand la plante grossit. Ensuite il plante ce tubercule ainsi greffé 
dans un pot de grandeur convenable à la longueur et au nombre de ses ra- 
cines, de manière que la surface de la terre touche ou couvre légèrement le 
sommet tronqué du tubercule ; enfin il enterre le pot à mi-ombre, et le cou- 
vre d'une cloche pour éviter la trop grande transpiration. Trois pots tiennent 
ordinairement sous une cloche. Dès septembre , on s'aperçoit que la greffe se 
colle; et en octobre, on remarque que les racines du tubercule travaillent si 
l'opération a été bien faite. Alors on transporte les pots sous châssis ou dans une 
bâche, ou bien on plante chaque tubercule greffé en place dans une bâche, 
où il forme une nouvelle plante pour mère, ou pour être livrée au com- 
merce. 

La greffe s'affranchit en deux ou trois ans , c'est-à-dire que de la base du ra- 
meau greffé il se développe des racines qui plongent dans la terre, rendent le 
tubercule sujet peu à peu inutile, et font végéter la plante avec vigueur, surtout 
en employant de bonne terre de bruyère. 

Si on a greffé un rameau avec un œil terminal, h, fig. 2 , en étal de fleurir, 
on est sûr d'obtenir une fleur dès le printemps suivant; on en obtient même 
d'un œil latéral c, si le rameau greffe est d'une force suffisante. 

C'est ainsi que M. Mathieu multiplie actuellement ses nouvelles pivoines 
ligneuses avec une promptitude et un succès inconnus avant lui. Nous ne pou- 
vons trop inviter les autres cultivateurs et les amateurs à imiter l'exemple 
de ce très-habile praticien; ils en retireront satisfaction et profil. 

M. Jacques, jardinier en chef du domaine de Neuilly, excellent juge en 
cette matière, a lui-même présenté à la société d'horticulture de Paris, une 
pivoine Moulan en pleine floraison , qu'il avait greffée sur tubercule de pi- 
voine herbacée quelques mois auparavant. Enfin, nous avons vu greffer des 
pivoines ligneuses en herbe sur tubercule , au mois d'avril , avec un plein 
succès. 



— 247 — 

Culture du Choclio ou Chayole, Seclàum cdule. S^,\., à Ckarlestoum ; par 
M. ft.MiLiEN De Wael. 

Le fruit de cc((e plante des Indes occidentales est connu à Cliarlestown , 
sous le nom de Mango (avec lequel du reste il n'a aucun rapport). C'est dans 
les mois de septembre et octobre, qu'on le voit en grande quantité au mar- 
ché (1). Voici le mode de culture adopté assez généralement dans le nord 
de l'AméL'ique : le plus lard possible, dans l'arrière-saison , on met à part 
quelques-uns des plus beaux fruits, et durant l'hiver on les tient dans un 
endroit où la température, se maintenant dans un état de douceur, ne puisse 
s'opposer à ce qu'ils entrent en végétation aux premiers jours du printemps ; 
alors on les plante séparément dans des fosses éloignées les unes des autres 
d'environ 10 à 12 pieds. On remplit les fosses de fumier bien consommé et 
mélangé de terre ; puis on y dépose le fruit que l'on recouvre de 3 pouces du 
mélange; la plante ne tarde pas à sortir. Aussitôt que les jets commencent 
à grimper on élève des treilles ou berceaux , sur lesquels ils puissent s'étendre; 
ils les couvrent bientôt eu entier, de sorte que vers la fin de la saison, ils 
occupent un espace de lo à 22 pieds carrés et même davantage. La végéta- 
tion est si active que l'on n'a d'autre soin à donner à la plante, pendant 
l'été, que d'arracher les mauvaises herbes qui peuvent croître autour du 
pied. La première portée a lieu en septembre et continue jusqu'à la fin 
d'octobre. Le fruit est pyriforme, de couleur blanche ou verte, ayant une 
grande ressemblance avec le Squash , on le mange et le prépare de même. 
On peut conserver le fruit l'hiver, en le mettant dans du sable très-sec et à 
l'abri du froid (2). 

Comme le Sechium est une plante vivace, on peut s'assurer une seconde 
et même plusieurs portées, en garantissant le pied du froid , en hiver, avec 
du fumier. Mais à Charlesfown , on préfère renouveler le plantis, parce que 
cela demande moins d'attention et moins de main-d'œuvre. 



PLANTES D'AGRÉMENT. 

Notice sur quelques plantes nouvelles, cultivées au Jardin Bota?iique de 
Bruxelles ; par M. Van Hoctte. 

La Société royale d'horticulture de Bruxelles , en me confiant la direction 
des cultures de tout genre, qui sont en expérience dans son vaste établisse- 
ment, m'a expressément recommandé de ne point négliger les plantes exoti- 

(1) The Southern Agricullurist ^ vol. vill, pag. 79, 80. 

(2) Idem. 



— 248 — 

ques, le plus nouvellemeut introduites on Europe, et d'aviser à lous les 
moyens possibles d'en effectuer la propagation. Une correspondance fort éten- 
due et divers voyages en Amérique, en Angleterre, ainsi que sur le conti- 
nent m'ont mis à même de répondre à l'attente de la Société; et son établis- 
sement se trouve maintenant pourvu des plantes les plus nouvelles, qui y 
ont été multipliées de manière à pouvoir être offertes aux amateurs , soif 
en échanges, soit directement comme articles de commerce. Parmi ces plantes 
je citerai les suivantes , comme particulièrement dignes de fixer l'attention 
et le choix des amateurs. 

Agathe fili fera. Plante magnifique, aussi rare que recherchée, dont on 
attend la floraison pour en comprendre la figure dans l'iconographie de l'Hor- 
ticulteur. 

Cereus Gongo-Soccensis. Y. -H. Apporté du Brésil; la plante se distingue 
par de longues épines rousses; elle est fort rare; je l'ai trouvée dans la pro- 
vince de Minas-Geraës, près de Sabarà , sur la montagne qui domine l'Ar- 
rayal de Gongo-Socco. 

Cereus senilis. Du Mexique. 

Clerodendron speciosissimum. Plante superbe, que l'on dessine en ce 
moment, et qui fera prochainement partie de l'iconographie de l'Horticulteur 
Belge. 

Dyckia rarifïora. Genre voisin desAloès, et dédié au prince Salm-Dyck. 
J'ai rencontré souvent celle plante sur la crèle des montagnes , croissant 
parmi les Vellozia. 

Gesneria allagophylla. Elle croît sur les plateaux élevés de la province 
des Mines, aux environs de Pitangui, parmi les Lisianthus, avec le Gom- 
phreiia ofjïcinalis , Vllnjngium pigm^Aim , etc. 

Gesneria faucialis. Du mont Itaculumi , près Villa-Rica. 

— Houitei. Plusieurs personnes qui avaient vu le Gesneria fau- 
cialis , ont trouvé que le Gesneria lloiittei lui ressemblait au plus haut 
degré. C'est une grande erreur; ces personnes n'avaient vu les plantes que 
séparément; elles n'avaient pu comparer leur port et en observer la diffé- 
rence , ainsi que celle qui existe dans la forme des feuilles, la disposition 
des ramifications florales , etc. Le Gesneria Houttei croit sur les rochers du 
Funil , près de Sainte-Anne de Rio-Prelo. 

Griffinia species. Je lai trouvé dans les forêts humides ; croissant dans les 
bifurcations des grands arbres avec les Amaryllis, les Gesneria, les Orchi- 
dées, les Épiphylles, etc. 

Ismene Amancaer. Du Pérou. 

Limnocharis Hiimholdtii. Plante aquatique. Elle passe l'hiver, en pleine 
eau, sans souffrir. 

Melocactus Sebastianopolitanus. V.-H. Les autres melocactiis sont origi- 
naires des contrées voisines de l'Equateur. Celui-ci est le premier qui ait été 
découvert au sud du Brésil. Son nom de Sebastianopolitanus lui vient de 




Au'ro •;U'niin<i BiiTi<iei\t»i 



Aiiùt iSjiî 



/ U.,ih.nfe.r.,- lir/„ 



— 2-11) — 

Sebastianopolis, synonyme de Rio de Janeiro, que les auteurs désignent 
sous le nom de ville de Saint-Sébastien. Le Melocactus Sebastianopolita- 
nus , se rencontre très-rarement ; mais il abonde dans les localités où on le 
trouve. Il croit dans les plaines brûlantes, parmi les Cafaseium , les Cyrtopo- 
dium, etc.; avec l'jEMgeMia Plinii , le Chiococca racemosa, les Gaylussacia, le 
Gardénia Richardi et au pied de quelques autres arbustes. Il ne se multiplie 
que de graines , ne donnant jamais des rejetons. Il étend au loin ses racines ; 
il est fort sensible à leur suppression et en produit difficilement de nouvelles. 
Dans nos serres, il craint les rayons directs du soleil, et demande pourtant 
à se trouver fort près des vitraux blanchis; il veut être tenu dans une atmos- 
phère très-chaude et humide ; la vapeur qui l'entoure alors lui est salutaire , 
tandis que les arrosemens répétés , dans une serre sèche , lui sont très-défavo- 
rables. Il en est de même des autres plantes de la famille des Cactées qui 
s'accommodent ainsi parfaitement du degré hygrométrique auquel on soumet 
les Orchidées. 

MnsaCavendishii. (Paxtotis Macjazine), très-rare en Angleterre. 

Thunbergia leucantha. Donné comme espèce nouvelle par les uns, et comme 
variété du T. alata par les autres (voyez ci-après l'analyse du Botanical 
Magazine n" 3ol2). La couleur cramoisi-noire du tube se détache admirable- 
ment sur la blancheur du reste du limbe. 

Catasetum. Parmi les Orchidées remarquables récemment arrivées du Brésil 
à M. le chev. Parthon-de-Von , on dislingue un grand nombre d'exemplaires 
du Cataseium tridentatu?n qui varient par la couleur de leurs fleurs. 

Malaxis Parthoni. J'ai trouvé cette Orchidée dans les parties basses et maré- 
cageuses des forêts, croissant à la surface du sol, sur les racines non enterrées 
des arbres. Ces racines, qui forment réseau, tiennent toujours suspendues 
les griffes des Neottia, des Stenorhynchus , des jEccoclades et sans doute 
aussi, dans leur pays, celles des Calanthe, des Cymbidium, des Cypripedium, 
des Lissochilus et des autres Orchidées terrestres qui , quelquefois , sont pri- 
vées de bulbe, ce que l'on reconnaît facilement à leurs racines épaisses et très- 
charnues. 

Agrostemma Bungeana. La figure de cette plante fait partie de l'iconogra- 
phie de l'Horticulteur Belge, (PI. color. 63), et on en trouvera la description 
à la page 106 de ce volume. Culture du Lychnis eoronaria ou grandiflora. 
C'est une plante d'un grand intérêt. 

Alstrœmeria ErrembauUii. Variété très-remarquable, obtenue à Tournai. 

Les Camellia nouveaux tels que Francofortensis, Frédéric-le-Grand, ochro- 
leuca et autres. 

Clianthus puniceus. Il rivalise pour la beauté de ses tteurs avec V Erythrina 
crtsta-galli. 

Cosmelia rtthra. Les Belges n'ont pas encore pu apprécier la beauté de cette 
plante qui est toujours extrêmement rare et qui exige des soins très-opportuns. 
L'exemplaire que j'ai vu à Londres chez MM. Loddiges , était chargé de 
TosE m. 32. 



— 2o0 — 

fleurs d'an rose tellement brillant qu'if ternit l'éclat même du Gcsueria fau- 
cialis. Cette plante détrône les plus beaux epacris. 

Cotylédon Parmenlierî. Jolies fleurs. 

Crjpella Herherti. Cette espèce est encore unique dans le genre. Sa fleur est 
éphémère comme celle desTigridies, et se fait distinguer par sa couleur nankin 
foncé. Cette plante sera d'un charmant effet quand on pourra mêler ses fleurs 
à celles du Tigridia Aucjusta, que tant d'amateurs désirent , mais qui est mal- 
heureusement encore fort rare. Le Tigridia Ajtgusfa adlé introduit en Europe 
•îar M. Drapiez , qui en avait reçu les graines du Mexique. 

Dacrydiiim elatiim. J'ai vu cet arbre vert, dans toute sa beauté, à Londres; 
ses rameaux, délicats, pendent régulièrement et avec grâce autour de la 
tige. C'est un arbre du mérite de V Araucaria excelsa, mais qui l'emporte 
encore sur lui par son élégance. Sa physionomie est aussi mélancolique que 
celle de Y Araucaria est réjouie. 

Kennedy anigricans. Son feuillage, d'un vert très-foncé, acquiert d'énormes 
dimensions quand cette plante est livrée à la pleine terre. Ses fleurs , d'un 
beau bleu très-foncé, rappellent celles des Hovea. 

Kennedya splendens. (PI. color. 64, (1)). C'est le plus beau des Kennedya; 
il brille par ses fleurs d'un rouge inimitable. Cette plante est d'une croissance 
rapide et se distingue encore par son feuillage élégant. Très-récemment in- 
troduite en Europe ; l'établissement en possède un superbe exemplaire et 
quelques multiples disponibles. 

(l) Kennedya splendens : Sempervirens ; caille (ralicoso, levigato ; foliis trifoliaVs : foliolis 
cblongiSj lanceolatis ^ obtusis ; racemis axillartbus ^ terminalibus ; peduncidis sublriflorU ; 
calj'ce brunneOj villoso; corollâ coccineâ. 

K. Splendens Paxton's Magaz. of Bolan. Mars 1836. 

Cette magnifique KenneJye,que Ton a considérée d'abord comme une Glycine, parait être ori- 
ginaire de la NouvellcDollande, de même que toutes ses congénères, quoiqu'elle soit parvenue en 
Europe, faisant partie d'une pacotille d'autres plantes propres au Brésil; son introduction est tout â 
fait récente, et on la doit à 31)1, Young d'Epsom. Elle a fleuri au jardin botanique de Briuelies, daas 
le courant du mois dernier. 

C'est une plante grimpante, sarmenteuse, qui a une tendance à s'entortiller autour des supports 
qui peuvent se trouver dans son voisinage, et qui s'y attache i l'aide de ses rameaux volubiles ; ses 
llgossoot frutescentes, anguleuses et d'un vert brunâtre; les feuilles qui les garnissent sont alternes, 
composées de trois folioles oblongues , entières, obtuses, veinées et d'un vert agréable, les fleurs 
sont disposées en grappes terminales, et réunies trois ou quatre ensemble à égale distance , sur le 
pédoncule; chacune d'elles est portée sur un pédicelle très-court; le calice est bilabié, grand , 
velu et d'un brun rougeâlre;la lèvre supérieure est émarginée , l'inférieure divisée en trois 
segmens égaux et peu profonds ; la corolle est d'une belle couleur écarlalc foncée, papilionacée : 
l'étendard est redressé , un peu recourbé vers la partie inférieure; les ailes sont droites, rappro- 
chées contre la carène, qui est éloignée de l'étendard. Ces fleurs ont un pouce et demi de longueur. 
Les étaminessont diadelphes; le style les dépasse un peu; il est terminé par un stigmate obtus. Le 
fruit consiste en une gousse alongée, plane, séparée en plusieurs loges , par de fausses cloisons 
membraneuses et transversales. 

On cullfve celle Kennedye en terreau de bruyère et on a soin de l'abriter dans la serre tempérée, 
kHit aussitôt que le froid commence à se faire sentir. 




Koim.Mha spl.-ua.-ns 



L'll,„l,ci,/(>t"- BetffC 



— 2!51 — 

Pktjcella icjnea. Jolie aniaryllidt'O à fleurs d'un rouge do feu. 

Thysanotus jttnccus. C'est uue des nouveautés les plus intéressantes. Son 
feuillage est semblable à celui desjoncsdenosprés. Les fleurs, qui se succèdent 
en nombre infini, depuis le mois de juillet jusqu'aux gelées, sont d'un violet 
charmant ; leur beauté est encore rehaussée par une frange fine , de même 
couleur, qui les borde et les rend on ne peut plus jolies. Cette plante est 
originaire de la Nouvelle-Galles du sud (Nouv.-Hollaude). 

Apnnogeton dislachyon. Cette charmante plante est originaire du cap de 
Bonne-Espérance ; elle est de pleine eau et sans couverture , dans son état 
adulte; elle se contente, étant jeune, d'une petite terrine dans laquelle elle 
fleurit de bonne heure. 

Aquilegia glandulosa. Fischer. C'est la plus belle du genre ; ses fleurs sont 
blanches et fort grandes, maculées, au fond, de bleu céleste. 

Camassia c seule nia. Lindl. Piaule toute nouvelle , originaire de la Colom- 
bie, à belles fleurs bleues. 

Calochorlm luteus J ^^^ ^^^,^.^ p^^^j^^ ^ ^^g^^. ^^ ^^^^ l'Encycîogra- 

splenciens. \ ^^.^ ^^ ^ végétal, offrent les plus belles 

— venustus. { n . 

Cycîobothra alla. j 

Leucocoryne ixioides. Espèce nouvelle et fort jolie. 

Sistjrinchium (jrandiflorum. Idem. 

Delphinium Darlowi. Plante très-remarquable ; c'est sans doute une variété 
du D. Ckeilanthum. 

Delphinium pictiim. Également fort beau. Plante toute nouvelle. 

Deutzia scabra. Sous-arbrisseau tout nouveau , à jolies petites grappes de 
fleurs blanches. L'établissement en possède une autre espèce encore plus nou- 
velle, et qui n'est pas encore nommée. 

Galardia picta. Le disque est jaune, et le reste de la calathide d'un beau 
rose violacé; c'est lapins belle espèce du genre. Nouveauté bien précieuse. 

Syringa Josikœa. Espèce toute nouvelle et de pleine terre, comme les autres 
lilas. 

Nuttallia grandiflora etpapaver. Belles plantes nouvelles, etc., etc. 

Les personnes qui désirent le catalogue de l'établissement, peuvent m'en 
adresser /"ranco la demande, je me ferai un devoir de le leur envoyer aussitôt. 



Tillandsie nouvelle ; du Mexique. 

M. Galeolti , chargé par MM. Vandermaelen, fondateurs de l'établissement 
géographique de Bruxelles, d'aller explorer diverses contrées du Mexique, et 
d'y recueillir les productionsnaturelles des trois règnes, propres à ces contrées, 
vient de leur adresser une immense collection de plantes appartenantes, pour 
la plupart , à la famille si nombreuse et encore si peu connue des orchidées. 



— 232 — 

Parmi ces plautes , il s'en est trouvé une bien singulière et à laquelle nous n'a- 
vons point reconnu d'analogue; c'est une Broméliacée du genre Tillandsia. La 
plante, à son arrivée, laissait peu d'espoir de la conserver vivante : en effet , 
malgré tout le soin que l'ou a pu en prendre , elle s'est finalement desséchée 
jusque dans ses moindres ramifications. Le paquet de graines, qui l'accom- 
pagnait, et que l'on a lieu de croire être de l'espèce même, nous dédommagera 
vraisemblablement plus tard de la perte de cette plante ; en attendant, nous 
avons cru devoir la figurer ici, telle qu'elle a été dessinée, à son arrivée, par 
M. Jacquemaiu ; ce beau dessin donnera une idée exacte de la manière dont les 
feuilles sont naturellement tortillées ou pour mieux dire bouclées comme des 
mèches de cheveux. Nous y joignons la phrase linuéenne que lui a appliquée 
M. Scheidweiler , professeur de botanique à l'établissement de MM. Vander- 
maelen, dans l'espoir que le semis nous mettra un jour à même de décrire 
moins brièvement cette plante nouvelle. 

Tillandsia streptophylla. Planiabuîhiformis;foliisimhricatis, lanceolatis, 
longissimis, superne re^exis, tortuosis, basi latissimis, concavis, squamiformi- 
bus, spicis numerosis, altcrnis; florihus dislichis, alternis, hracteatis :hracteiti 
lanceolatis , calyce longioribus. Tota planta argenteo lepidata. 



PLANTES UTILES ET CULINAIRES. 

Sur le Sekakuî ou Secacoul {Pastinaca dissecta) ; par M. De Casdolle. 

Le Sekakul est une herbe vivace , de la famille des ombellifères, qui pa- 
raît être indigène des environs d'Alep, et qui est cultivée dans une grande 
partie de l'Orient et dans l'Egypte, comme racine alimentaire. Cette racine, 
dit M. Rauwolf , dans le récit de son voyage, est cylindrique , pivotante , gri- 
sâtre à l'extérieur , blanche en dedans , de consistance délicate et comme 
médullaire , épaisse d'un pouce et longue d'un pouce et demi. Elle a, au lieu 
de fibrilles , des nodosités semblables à des verrues. Sa saveur est douce et 
ne ressemble pas mal à celle de la carotte. Jean Bauhin et Morisson en ont 
donné de grossières figures ; mais cette plante fut presque oubliée des natu- 
ralistes européens. Parmi les modernes, Miller en fit une courte mention 
dans son dictionnaire, sous le nom inexact de Tordylium Sekakul. Russel 
sentit mieux la véritable structure de cette plante, et la désigna, dans son 
voyage à Alep, sous le nom de Pastinaca Sekakul, nom correct , et qui doit 
être conservé ; il la cite aussi avec éloge comme plante alimentaire. Dès lors , 
Olivier et Bruguières recueillirent cette herbe dans les environs d'Alep et en 
envoyèrent des graines au jardin de Cels , où Ventenat en fit une description 
correcte et en donna une bonne figure dans son jardin de Cels, sous le nom de 
Pastinaca dissecta. Plus tard M. Delille l'a retrouvée en Egypte, et l'a dési- 




Tillaiiisia Sixeptopliylla. 



— 233 — 

gnèe sous le nom de TorJyîium suaveolens. L'examen allenlif que )'ai fai( 
des èchanlillons de celle planle, recueillis à Alep par Olivier , en Egypte par 
Delille , elc. , ne me laisse aucun doute sur la convenance de la placer dans 
le cenre des panais ; elle a les fleurs jaunes comme eux , les fruits très-sem- 
blables au panais cullivé ; mais elle se distingue facilement par ses feuilles 
très-découpées , à lobes incisés et obtusément dentés. La racine me parait 
avoir plus de rapport avec le panais qu'avec la carotte : et si , à la délicatesse 
du premier , elle joint la saveur de la dernière , elle semblerait mériter d'être 
introduite dans nos jardins potagers ; celle introduction n'offre aucune diffi- 
culté, car la plante a été, comme elle est encore çà et là , cultivée dans les 
jardins botaniques , et les rapports de l'Europe avec l'Orient sont assez fré- 
quens pour qu'on puisse en obtenir des graines avec facilité. Elle croît en 
Orient , dans les forêts ombragées el parmi les blés , diversité de station qui 
annonce une piaule robuste. 



MÉL\^'GES. 

Excursion horticole en Belgique : par M. Berlèze. Extrait d'un rapport fait 
à la Société d'Horticulture de Paris. [Suite). 

M. Coryn est le secrétaire de la Société d'Horticulture de Gand , et en même 
temps un de ses membres les pins éclairés. Lié avec tous les botanistes et les 
jardiniers, il fournit, avec une complaisance inépuisable, tous les renseigne- 
mens que l'on peut désirer. Sa campagne est à deux fortes lieues de Gand : 
il possède de belles plantes , el enrichit sa collection tous les ans. 

Il y a à Gand un amateur qui s'est particulièrement consacré à la culture 
des Orchidées indigènes : c'est M. Tan Maclsaecke. On trouve chez lui des 
Orchis latifolia de 2 pieds de haut, qui fleurissent tous les ans, eldontl'épi, 
long de 6 à 7 pouces, a plusieurs centaines de fleurs. Les variétés qu'il a ob- 
tenues par le simple transport de ces plantes de leur séjour natal dans son 
jardin, sont très-nombreuses. Ces essais démontrent jusqu'à Tévidence qu'il 
serait possible de cultiver en grand les Orchis, et, comme le pense M. Morren , 
de recueillir en Europe un salep d'aussi bonne qualité que celui d'Orient. 

M. Verplancke a fait construire une belle serre, en fer. sur un modèle nou- 
veau, et chauffée par un calorifère qui sert à sécher la Garance dans son vaste 
établissement. 

Grâce à ce procédé ingénieux, on peut faire sécher 1,000 livres de Garance 
avec 360 livres de charbon, ce qui n'est que la raoiliô du combustible avec 
lequel on obtenait précédemment le même résultat. La serre de M. 'V erplancke 
a -48 pieds de long , 14 de large, cf 1 8 de haut : la lumière frappe uniforme- 



— 234 — 

ment les piaules, même celles qui sont placées dans les deux pyramides pa- 
rallèles et fort aiguës qui occupent le milieu. 

M. Verplancke , pour recueillir l'eau qu'on verse en surplus sur les pots, 
et qui en dégoutte , a fait construire les planchettes des pyramides qui sup- 
portent les pots de manière à pouvoir les pliera volonté dans le milieu : cha- 
cune de ces planchettes est sillonnée de cinq rigoles peu profondes, et la rigolo 
du milieu communique , par des trous percés à 6 pieds de distauce l'un de 
l'autre, à des petits tuyaux destinés à transmettre l'eau surabondante à la 
planchette inférieure, qui la verse plus bas, jusqu'à ce qu'elle soit reçue 
dans des réservoirs particuliers que Ton vide tous les deux ou trois 
jours. 

Le jardin botanique de Gand n'est pas à la hauteur des progrès horticoles 
du pays. L'âge de M. Mussch (1), qui en est le directeur, ne permet guère 
d'y introduire des innovations pour le moment, et les égards qu'on doit à ce 
botaniste vénérable et infirme sont un motif suffisant pour les retarder. 

De tous les jardins commerçans de Gaud, celui de MM. Verleeuwen frères a 
plus spécialement attiré mon attention. Le nombre des serres, la variété et le 
choix des plantes, l'ordre qui règne dans leurs collections, et la modération 
dans les prix , tout recommande cet établissement. Ils multiplient les plantes 
nouvelles avec une étonnante habileté : ils sont riches en Rhododendrum 
arboreiim , en Azalea, en Magnolia, sans compter une foule de jolies peti- 
tes plantes nouvelles , inconnues parmi nous. C'est chez eux que j'ai vu un fort 
pied de Camellia friiimphatis, couvert de boutons, un reticulafa de o pieds de 
haut , et d'autres belles plantes de serre chaude d'un grand prix. Leur col- 
lection d'Orchidées est remarquable pour le nombre et le choix des espèces. 
J'ai l'honneur de vous proposer MM. Yerleeuwen frères comme membres de 
la Société d'horticulture de Paris. 

Dans le voisinage sont les cultures de M. Yangeert , qui possède à peu 
près tout ce qui se trouve chez ses confrères. J'ai remarqué, en outre, chez 
lui , et en grand nombre , une plante délicate qu'on rencontre rarement dans 
le commerce, c'est le Dionœa muscipiiîa. Il la tient dans de la terre qu'il a 
fait venir de la Caroline , et même du canton de Wilminglon , la seule contrée 
du monde qui produise le Dionœa. 

M. Vangeerta observé qu'au mois d'août, celte plante languit, se fane par de- 
grés, et présente tous les symptômes de la destruction. Mais il ne faut pas s'en 
inquiéter ; c'est la période de repos pendant laquelle il convient de la traiter 
comme une plante malade. Cette crise passée, elle reprend toute sa vigueur 
primitive. 

J'ai vu , chez M. Verschaffelt fils , beaucoup de plantes du tropique , de la 



(T) Depuis le rapport de M. Eerlèze la botanique et rhorliculture ont perdu ce digne patriarche; 
M, Taadonckelaer, jardinier en clief de l'ex-rniversite de Louvain, lui a succédé, et déjà le re- 
proche que fait M. Eerlèze au jardin botanique de Gand n'est plus nuJrilé. 



Nouvellc-Ilollando, du Nepaul, du Japon, du Cap et de rAmériquc. On lui 
doit plusieurs variétés deCalcùolaires, eulre autres le //^««cpjtr, \o Magnolia 
Alexandrina , hybride du Dlscolor et du Yulan. On remarque, chez ce jar- 
diuier, trois mille Rhododcndmm arboreum , obtenus de semences , et hauts 
de 10 pouces, dont un tiers a été fécondé artificiellement avec le pollen du 
Rhod. maximum album. Il est probable que sur ce grand nombre il obtiendra 
quelques variétés curieuses, peut-êlre même des fleurs panachées. Sa collec- 
tion d'Orchidées se compose d'environ cent cinquante espèces et variétés. Cet 
horticulteur, aussi bien que ses confrères de Gand , sont obligés de cultiver 
extra muros les plantes de pleine terre et les pépinières, môme les Dahlia, à 
cause de la fumée du charbon de terre dont on fait usage dans les fabriques 
de la ville. 

Je citerai encore M. Verschaffelt père, bon cultivateur et parfaitement 
secondé par son fils cadet ; MM. Lanckmann père et fils pour leurs cultures 
exotiques, ainsi que pour leurs pépinières de Mûriers; M. L'Hoste pour ses 
belles collections bien soignées ; M. Hellebuyck pour ses belles variétés d'Aza- 
lées obtenues de semences, dont il fait un commerce considérable, et qu'il 
peut livrer à 23 ou 30 sous la pièce. Enfin M. Charles-Auguste Maës, à qui on 
a décerné une médaille à l'exposition jubilaire pour sa belle collection d'Ama- 
ryllis en fleurs , qui étaient au nombre de trente-sept. V Horticulteur Belge 
prétend que cet amateur avait brûlé, pour faire fleurir ses trente-sept Ama- 
ryllis, â8 mille livres de charbon , ce qui fait plus de 1,000 livres par ognon. 

Lors de mon séjour à Gand, la Société d'horticulture de cette ville était en 
vacances. Cependant quelques membres réunis en séance extraordinaire, par 
M. le secrétaire Coryn, décidèrent qu'en signe de bonne harmonie entre les 
deux Sociétés , on me chargerait de vous remettre la médaille d'argent 
frappée en l'honneur de l'exposition jubilaire. Celte médaille, messieurs, j'ai 
eu l'honneur de vous la présenter à mon retour, et j'en conserve une seconde 
qui m'a été remise pour moi. 

J'ai visité, aux environs de Gand, quelques campagnes agréables, et dé- 
corées de serres de luxe. La première que j'ai visitée appartient à M. Charles 
De Loose, riche amateur, qui fait beaucoup de dépenses pour embellir son jar- 
din : il commence à y planter des arbres exotiques qui réussissent à mer- 
veille. 

La serre de M. De Loose est en fer , sur le modèle à peu près des serres 
modernes qu'on trouve chez tous les riches propriétaires belges, avec quelques 
modifications cependant, qui sont plus agréables à la vue qu'utiles pour le 
bien-être des végétaux. 

La campagne de M. Joseph Coock Spelman, à Melle, est une des plus 
belles des environs ; mais lorsque je la visitai , tout y rappelait encore la mort 
récente de madame Coock , dont l'occupation favorite était d'orner ce dé- 
licieux séjour. Jeune, aimable et vertueuse, son ame venait de s'exhaler, 
pure comme le parfum de ses fleurs. C'est dans cette campagne que j'ai vu le 



— 2o6 — 

premier Bonapartia junoea (1) en fleur, dont la hampe avait 12 pieds de 
haut. Le jardin à fleurs de M. Coock est un carré long, éloigné, selon la mode 
belge, de l'habitation principale , et distribué en comparlimens réguliers, où 
fleurissent séparément les plantes diverses. Ce mode est loin de produire un 
effet pittoresque. M. Coock avait obtenu plusieurs médailles d'encourage- 
ment, entre autres une pour la plante la mieux cultivée dans les collections 
forcées. C'est un Pœonia arhorea qui a mérité cette distinction : il portait 
cent onze fleurs épanouies à la fois , et bien développées. 

La serre de M. Maddisson , située dans une jolie petite campagne , à 
Wondelghem-lez-Gand , est construite en fer, à toit cintré, à double face , et 
vitrée de tous côtés. Des vis mises en jeu par une manivelle traversent les 
pieds des supports , de manière à pouvoir approcher ou éloigner des vitraux 
supérieurs les gradins où sont disposées les plantes. Les Géranium se trou- 
vent bien de cet exercice. La collection de Dahlia de M. Maddisson est la 
plus belle de Gand, dont le sol et la situation ne conviennent pas à la cul- 
ture de ce végétal. Voici quelques particularités que j'ai recueillies chez cet 
amateur, pour obtenir des Dahlia nains. Il prétend que les forts tubercules 
produisent des pieds herbacés trop élevés. Aussi conseille-t-il de ne planter 
que des tubercules de Dahlia de la grosseur d'une noix, et plus petits eacore, 
s'il est possible , pourvu qu'ils aient un œil. 

D'après ce principe, M. Maddisson ne met jamais ses Dahlia en pleine terre 
avant le mois de mai ; il préfère planter ceux qu'il obtient par boutures sous 
bâche, durant le mois d'avril. De cette manière, les plantes croissent moins , 
la petitesse du tubercule arrêtant le développement trop considérable de la 
tige et des feuilles. Quant au sol , celui qui convient au blé et au houblon 
est celui qu'il conseille pour la culture du Dahlia. Il proscrit l'usage du fu- 
mier animal , et recommande d'éviter de placer les Dahlia deux années con- 
sécutives à la même place. Enfin, pour parer aux dégâts que font les perce- 
oreilles, il place sur le tuteur de cette plante, un pot à fleur renversé à moitié 
et le fond garni de foin. Tous les matins , il visite ces pots et détruit les in- 
sectes qui s'y réfugient. 

Il existe, en outre, aux environs de Gand , quelques campagnes dont les 
serres sont remarquables : ce sont celles de MM. de Leu et de Van Thieghem à 
Gend-Brugge; d'Aug. d'Hane, à Leeuwergera ; de L. Huytlens Van Thieghem, à 
Delster-Gergen ; de A. Van de Woestyne-d'Hane, à Wondelghem ; de J. Van 
Sasseghem, à Cluyse. Tous ces amateurs entretiennent le luxe horticole, et gar- 
nissent de leurs riches produits les expositions des villes belges. 



(1) M. Eerlèze se trompe, c'est le Lyslœa geminiflora. 



Sur la meilleure manière de construiic un fruitier et d'y conserver les 

Pommes. 

L'étendue la plus convenable à donner au fruitier est de seize à vingt pieds 
de longueur, sur huit de largeur et de hauteur ; il faut qu'il se trouve à trois ou 
quatre pieds au-dessous du niveau du sol , dans un lieu tout à la fois sec, frais 
et ombragé. Les rayons faisant tablettes auront trente pouces de profondeur et 
seront séparés l'un de l'autre de huit pouces; ils devront être construits en 
bois blanc ou en hêtre, le Sapiu et le Chêne étant susceptibles de communiquer 
aux fruits une saveur ou une odeur défavorables. La température d'un sem- 
blable fruitier étant peu variable, il sera inutile de l'échauffer en hiver, et les 
ventilateurs destinés à y renouveler lair, qui est une condition indispensable 
à la conservation de tous les fruits , seront disposés de manière à ne favoriser 
la circulation que d'un air qui offrirait un degré de chaleur et de sécheresse à 
peu prés semblable à celui du fruitier. 

Les Pommes destinées à garnir les tablettes du fruitier doivent être cueillies 
à mesure qu'elles se penchent vers la terre, et transportées de suite, avec toute 
la précaution convenable, dans des corbeilles d'où on les enlève une à une, pour 
être posées immédiatement sur les rayons. Au bout d'une dizaine de jours, c'est- 
à-dire lorsqu'on peut croire qu'elles ont cessé de suer , on les essuie parfaite- 
ment avec un linge fin ; on fait ainsi de la pelure une sorte de parchemin 
imperméable, qui s'oppose à la dispersion de l'arôme particulier de la Pomme; 
il est inutile de recommander de tenir également propres et bien essuyées 
toutes les parois des tablettes. Pendant que dure la sudéfaction des Pommes 
renfermées dans le fruitier , on y introduit le plus d'air possible , s'il est pur 
et bien sec ; au contraire on ferme avec soin tous les ventilateurs lorsque le 
fluide atmosphérique est lourd et chargé d'humidité; lesprincipes hétérogènes 
et impondérables qui vicient ce fluide, se dissolvent dans l'humidité qui recou- 
vre les Pommes, pénètrent dans la pulpe charnue à travers des pores qu'elles 
traversent et leur communiquent un goût étranger à leur parfum. 

Vers la fin de janvier, on retourne les Pommes et on les essuie de même que 
les tablettes. A cette époque on ferme hermétiquement le fruitier, parce que l'air 
trop froid et trop abondant fait rider les Pommes. On visite le fruitier tous les 
quatre à cinq jours, et, dans l'été on ne doit toucher aux fruits que les mains 
recouvertes de gants, car la moiteur ou la sueur de ces organes détermine sou- 
vent la moisissure. 

En Amérique on conserve les Pommes en les plaçant dans des tonneaux que 
l'on remplit de sable. A cet effet on emploie du sable qu'on a eu soin de bien 
faire sécher pendant l'été ; on en répand au fond du tonneau une couche sur 
laquelle on arrange un lit de Pommes qu'on couvre d'une couche de sable, et 
ainsi successivement jusqu'à ce que le tonneau soit rempli. Cette méthode a 
l'avantage de préserver les Pommes du contact immédiat de l'air, qui est la 
cause la plus active de leur corruption. Elle les prive aussi d'une humidité 
surabondante qui ne leur est pas moins nuisible. Le sable répandu également 
TOME III. .33. 



— 238 — 

entre les Pommes, absorbe une partie de leur humidité, de sorte qu'elles n'en 
conservent que ce qui est nécessaire pour les maintenir en bon état. On a aussi 
l'avantage de leur conserver r.irorae ou le bouquet qui leur est propre , et qui 
se perd lorsque les fruits restent exposésà l'air. En disposant ainsi les Pommes 
dans des tonneaux ou dans des caisses, elles seront bien moins exposées à la 
gelée , aux variations de température et à l'humidité du lieu où on les aura pla- 
cées. On pourra par ce moyen prolonger la durée de ce fruit jusqu'au mois 
de juin et même au delà. 

Sur la mani'cre de grouper, dans les jardins, les plantes du genre A stère. 

Les plantes de ce genre nombreux contribuent beaucoup à l'ornement des 

jardins, surtout quand elles sont convenablement disposées; et quoique celles 
qui fleurissent en août, attirent moins l'attention, au milieu de cette foule de 
plantes herbacées et annuelles qui les éclipsent , comme , par exemple les 
Dalhias, cependant elles offrent des beautés particulières, qui peuvent leur faire 
soutenir avantageusement la comparaison avec d'autres fleurs qui paraissent 
dans la même saison. Leur grande rusticité, la facilité de leur multiplication, 
leur indifférence pour la qualité du sol les font naturellement admettre dans 
les jardins dont les possesseurs n'ont ni le temps ni le goût réclamés par les 
soins du jardinage. Mais lorsqu'on donne quelque attention à leur culture, 
les Astères, comme les autres plantes, prennent , dans leurs tiges et dans leurs 
fleurs , un développement qui les rend à peine reconnaissables. On voit le 
Lacteus altissimiis s'élever jusqu'à 12 pieds et même au-delà; d'autres varié- 
tés s'embellissent à proportion. On obtient de charmaus effets en réunissant 
en groupes isolés, les espèces dont la floraison est simultanée , et en les expo- 
sant de façon à ce que les plus élevées soient au centre du groupe, les moins 
élevées ensuite , et enfin les plus basses dans le pourtour de la plate-bande. 
Voici la liste des Astères qui fleurissent en août, avec l'indication de leur 
hauteur : 
Jsfercorf?//bZ«ws,'petitesfleursblanches,àétamines rouges. 3 pieds et demi. 

— jBc//!'£/!'oirfes; petite fleur blanche 2 pieds et demi. 

— /efZi/b/i«s ;blanclie, tirant sur le bleu 2 pieds. 

— sibirîciis ; bleu d'azur 20 pouces. 

— punctadis; couleurlilas, petites fleurs séparées, mais 

formant une ombelle parfaite, très-jolie. . . . lo pouces. 

— Cori/»i5os?is; grandes fleurs, d'un bleu rougeâtre. 10 pouces. 

— solidagitius ; petites fleurs blanches, frisées , sin- 
gulières et jolies Sà6 pouces. 

Le mois d'août n'offre qu'une collection d'Astères peu brillantes, à côté des 
autres fleurs qui sont alors si nombreuses ; mais celles qui fleurissent depuis 
le 1" octobre et pendant tout ce mois, méritent beaucoup plus de captiver les 
regards et les soins des horticulteurs, et même ou ne trouve dans ce mois, 
aucune fleur herbacée qui leur soit comparable. 



— 259 — 

Voici les Aslères qui sont en (leur en scplcmbre. 
A sler floribtmdtis ; grande Heur hlanche 4 pieds à A pi. 1/2. 

— hlandus ; L'anc-bleuûtrc 3 pi. el quelques po. 

— crjnncusj joli bleu foncé 2 pieds 1/2. 

— rigidus; lilas 20 pouces. 

— païens; grandes et belles fleurs d'un bleu foncé. 13 pouces. 

— puchellus vel globosus ; petite fleur blanclie , à 
élamines rouges 10 pouces. 

Il survient souvent dans les premiers jours d'octobre des gelées meurtrières 
qui portent la désolation dans nos parterres ; les Aslères sont les seules 
plantes vivaces qui puissent alors soutenir l'honneur des parterres, en bravant 
ces rigueurs précoces et continuant à fleurir pendant toute la durée de ce 
mois. En voici la liste. 
Js^er roseus; rose brillant 6 pieds. 

— novœ Angliœ; pourpre 5 pieds. 

— novœ Belgiœ; joli bleu 4 pieds 1/2 

— clegans ; blanc 3 pieds 1;2 

— ericoîdes ; bleu 3 pieds 1,2 

— salicifoUus ; bleu pâle 3 pieds 1/2 

— albus % pieds 1/2 

— miitahilis ; blanc passant aa rouge 3 pieds. 

— oo^cmus t;e/î<TO^;osMS; petites fleurs blanches. . . 2 pieds 1/2 
.— amellus; pourpre 20 pouces. 

— Riveri; petites fleurs blanches élégantes S à 6 pouces. 

Quelques autres plantes fleurissent, dans ce mois, en même temps que les 

Astères , telles sont les Helianthus ; mais ils ont tous les fleurs jaunes ; un 
on àQVLJi Pyrelhrum ; la Phlox marylandica ; le Solidago semper virens el 
le Bndheckia speciosa : à peine y en a-t-il d'autres. 

On peut se procurer facilement de semence, un très- grand nombre d'Astéres, 
et les graines que les vents emportent pullulent souvent d'une manière incom- 
mode dans les cultures qui leur sont voisines. On faille semis en avril, et la 
plupartdesplantesfleurissenten automne. Presque toutes se ressemblent, aussi, 
faut-il opérer en grand quand on est à la recherche des nouveautés. On obtient 
ces nouveautés par rimprégnalion artificielle, en attachant aux tiges des fleurs 
d'une couleur différente de celles qu'elles portent. Quand les jeunes plants 
entrent en fleur , la plate-bande où ils croissent offre à l'œil une foule de 
nuances du bleu foncé au brillant azur ; du rose vif à la couleur de chair et au 
pourpre ; du blanc pur au blanc grisâtre ou bleuâtre; quelques fleurs ont plus 
d'un pouce de diamètre , quelques autres sont semi-doubles. On arrache tout 
ce qui ne convient pas, el les individus conservés, quoiqu'en Irès-pelit nombre, 
propagés par la division de leurs pieds, sont pour le jardin fleuriste une nou- 
velle source de richesses. 

Les Aslères [jouissent de tout leur triomphe vers le mois d'octobre ; en 



— 260 — 

août , ils 60 confondent avec les fleurs d'été , qui les effacent ; en septem- 
bre, ils se mêlent encore sans être remarqués avec les fleurs de l'au- 
tomne : les DalUias captivent alors tous les regards ; en octobre , ils régnent 
presque seuls. Quelques-uns, en fleurissant au commencement de novembre , 
servent de transition aux Clirysanihèmes , à ces fleurs incomparables que la 
Cbine nous a nouvellement données, comme pour servir chez nous de couronne 
à l'hiver. Les dernières Astères, qui fleurissent depuis les premiers jours de 
novembre jusque vers Noël, sont : 

Le Lacleiis altissimiis , qui s'élève jusqu'à 10 pieds ; 

Le Purpureiis altissimiis , qui ne monte qu'à 7 ou 8 pieds; 

Et le Grandiflorus, dont la belle et grande fleur bleue s'épanouit à 30 pouces. 



INDUSTRIE ET CONSTRUCTIONS HORTICOLES. 

Chaudière perfectionnée pour chauffer les serres au moyen de Teau chaude; 

par M. J. Mearn. 

Cette note a pour objet de faire connaître une excellente et simple chau- 
dière pour chauffer l'eau destinée à entretenir l'élévation de température dans 
les serres; elle est due au génie inventif du mécanicien Oslar, employé 
chez M. Bradley, plombier-chaudronnier à Worcesler. Déjà il en a établi une 
pour chauffer la nouvelle serre à vigne, entreprise cette année par M. Smith, 
pépiniériste-horticulteur de celte ville. M. Smith en est très-content, et tous 
ceux qui l'ont vue ont trouvé l'appareil fort ingénieux. Pour moi, je pense 
que c'est une excellente modification aux appareils qu'on a employés jusqu'ici 
pour chauffer de petites serres ou couches grasses. 

La chaudière pour cet usage contiendrait huit pintes. On poserait parallèle- 
ment au-dessus des couches des tuyaux de trois pouces de diamètre (fig. 4, a), 
et le réservoir contiendrait environ vingt-huit pintes d'eau. La chaudière et 
les tuyaux de M. Smith sont très-grands; la chaudière est en cuivre bien 
soudé, contient vingt-huit pintes, et ne lui coûte que 100 fr. 

Les tuyaux supérieurs sont de trois pouces et demi de diamètre , et aussi 
en cuivre; les tuyaux de retour sont en plomb , mais à ruban , afln de sup- 
porter une expansion plus forte. Son réservoir contient environ cent vingt 
pintes, et opère parfaitement bien. M. Smith prétend que les tuyaux du Staf- 
fordshire, quelle que soit leur solidité apparente, ne suffiraient pas, parce 
qu'ils éclatent trop souvent. Mes tuyaux en cuivre me coûtent trente-six sous 
le pied , et à la longue , ils me reviendront au meilleur marché possible ; car 
ils me feront un excellent usage. 

Ma chaudière, qui me coûte 30 fr., est en cuivre très-épais. Sa forme est 
ovale, sa capacité de dix-huit pouces sur douze; elle ressemble à peu près au 
couvercle d'une soupière. Celle de M. Smith a vingt-huit pouces sur dix-huit ; 



UL-fuulle,n- Ji.U 




— 261 — 

elle pose sur le feu dans toute sa largeur ; la flamme , qui s'élève des deux 
côtés, entre dans le tuyau ou cheminée pratiquée au-dessus (fig. lî). 

Dans une de mes serres à ananas , j'ai employé conjointement les bouches 
d'air chaud et de vapeur ; j'opère ainsi depuis vingt ans , et j'y trouve 
une grande économie de combustible. A moins qu'on n'ait à chauffer par 
la vapeur, une longue suite de serres, on absorbe une bien plus grande 
quantité de combustible en ne se servant pas tout à la fois des deux moyens; 
mais , dans des èlablissemens comme ceux de MM. Loddiges et C% il est évi- 
dent qu'il y a bien plus d'économie et d'avantage à chauffer par la vapeur 
exclusivement. 

La serre-ananas , que depuis vingt ans j'ai chauffée tout à la fois avec l'air 
chaud et la vapeur (fig. 6), vous paraîtra , je crois , très-utile , et je vais vous 
en faire la description ; car je puis , par ce moyen , n'employer qu'un seul feu» 
même avec l'appareil perfectionné de M. Oslar. 

Lorsque je songeai, pour la première fois, à chauffer par la vapeur, il 
me vint à l'esprit que si , tout en chauffant ma bouche d'air , je plaçais sur le 
feu une chaudière d'eau, fermée par un couvercle à tuyau pour conduire la 
vapeur autour de ma serre , je ne diminuerais aucunement la quantité de cha- 
leur qu'absorberait la bouche d'air, et j'utiliserais la vapeur qui s'en échappe- 
rail; en sorte que je ferais une grande économie de combustible; l'expé- 
rience a prouvé que mes prévisions étaient justes. Mais après avoir étudié 
la différence entre l'effet de la vapeur et celui de l'eau chaude , j'ai donné 
la préférence au liquide toutes les fois qu'il n'y a pas plusieurs serres à 
chauffer, parce que cela est moins dispendieux. Pour que la vapeur com- 
mence à opérer, il faut que l'eau soit bouillante, et aussitôt que le ther- 
momètre atteint le degré voulu , il faut éteindre le feu ; en sorte que la 
vaporisation cesse dans la chaudière, et la vapeur qui se trouve dans les 
tuyaux se condense et se refroidit très-promptement. Aussitôt que le mer- 
cure retombe, il faut recommencer à faire bouillir l'eau , et ainsi de suite. On 
n'éprouve pas cet inconvénient avec les tuyaux d'eau chaude. Une fois que 
l'eau bouillante y est introduite, elle se refroidit très-lentement. Il suffit, 
pour la conserver au même degré , d'entretenir un peu de feu sous la chau- 
dière, et d'en augmenter plus ou moins l'intensité. 

On peut mettre la chaudière elle fourneau dans la serre même, sans aucun 
danger, et il en résultera encore une augmentation de chaleur.... 

Ma chaudière (fig. 7, l) se place dans un enfoncement à l'extrémité de la 
bouche , sur le derrière de la serre , de façon qu'elle ne gène absolument en 
rien. Mon réservoir (c) se place convenablement à la porte de la serre, et 
communique avec la chaudière par les tuyaux {d). 

Et maintenant voici mon opinion sur les cas où l'eau chaude offre le plus 
d'avantage. 

Cette manière de chauffer, jointe à une bouche d'air , est excellente dans 
toutes les serres qui exigent une température de 12" au moins. Cependant on 



— 262 — 

peut n'employer que l'eau chaude pour les couches et les pelils plants, à 
raison de l'effet prompt et facile des tuyaux d'eau chaude dans un petit 
local. 

Dans les serres à primeurs et légumes , où l'effet le plus à redouter est la 
gelée, l'ancien système de chauffage par les bouches de chaleur est préférable, 
et s'il est bien exécuté, il n'y a rien à craindre de la fumée ni des émana- 
lions désagréables. 

Quant à l'inconvénient de dessécher les plantes avec cette manière de chauf- 
fer, je sais que la chaleur de l'eau chaude est plus salutaire ; mais il est tou- 
jours facile da faire pénétrer l'humidilé dans une serre. 

Explication de la figure S. — a. Chaudière vue de côté. h. Réservoir, 
c. Chaudière vue de face. d. Couche à échauffer. 



EXPOSITIONS HORTICOLES. 

Société royale c'AcRicuLTURn et de Botanique de Gand. 
Séance du fl9 juin 1836. 

M. Van Crombrugghe , président, occupe le fauteuil. MM. P. Buyck-van 
der Meersch , F. D'Iloop, A. Doiikelaar, J. Kickx, J. Maddisou, le chevalier 
Parlhon-de-Von, juges désignés pour le concours des collections les plus riches 
en plantes remarquables et nouvellement introduites et pour celui de la plante 
réunissant le plus de mérite parmi celles récemment importées, se sont réunis 
dans le grand Salon deriIôtel-de-Ville, aux membres du conseil et des secré- 
taires, afin de procéder au jugement de ces concours. Le nombre des plantes 
exposées est de trois mille cent quarante-huit. Le scrutin pour la collection de 
plantes remarquables et nouvellement introduites adjuge la médaille, à l'una- 
nimité, à celle de M. Alexandre Verschaffelt, fils; et l'accessit à celle de 
M. J. van Geert. 

La médaille pour la plante qui réunit le plus de mérite parmi le plantes nou- 
vellement introduites, est décernée au Gesneria Mouttei de M. le chavalier 
Parthon-de-Von , désigné sous le n' 2189. 

L'on s'occupe ensuite du choix du contingent le plus riche de plantes en 
fleur , distinguées par leur belle culture , leur diversité et leur nombre. 

Les juges sont MM. Constant Billiet, P. Buyck-van der Meersch, J. Cardon, 
P. de Cock. J. de llerdt, F. D'Hoop, Ch. Lcfevre, F. Spae et L. Spae. 

La médaille d'or destinée pour ce concours est décernée , par cinq voix con- 
tre quatre, à la collection de M. Amand de Leu; elle offre un ensemble de 160 
plantes, inscrites du n" 558 au n" 717. La médaille d'argent a été obtenue 
comme premier accessit, parla collection de M. A. Van de Woeslyne-d'IIane. 



U/.r/Hu/leto- A././. 



J.„l /,;: 




— 263 — 

Le deuxième accessit a élô accordé à la collection de M. Aug. VanTieghcm. 
La mention honorable a 6t6 volée particulièrement à la collection choisie de 
M. J. Royer et à celles de MM. Sieur, Alex. Verschaffelt et F. D'IIoop, 

Le prix de la belle culture a èlè décerné au Jatropha pandurœfolin, de 
M. Aug. de Cock, désigné sous le n" ^Q\. Le premier accessit au n° 2021, 
Cymhidium crnsslfolium , de M. Aug. Mechelynck. Le deuxième accessit au 
n° ^Olâ, Ixora coccinea, de M. Aug. de Cock. 

Le prix de la plus belle collection de Pelargonium a été accordé à celle de 
M. J. Vanllove-de Caigny. Celle de M. H. Sraet, de Lille, a été mentionnée 
honorablement. Le prix de la plus belle collection de iîoses a été adjugé à celle 
de M. F. Coene, et mention honorable a été faite de celle de M. Ivon de Iluyck- 
Barlh. 

Le jury, regrettant que les plantes de M. F. Reynders, de Bruxelles , soient 
arrivées trop lard pour concourir, a néanmoins accordé, à l'unanimilé , une 
médaille d'argent à la belle culture du Proiea cynnroïdes, n° 903, 

Pour extrait, 
L. J. CksiVR, Secrétaire adjoint. 



La Société de Flore de Namur a ouvert , le 14 août, son salon pour l'expo- 
sition d'été de celle année ; on y a remarqué une quantité considérable de 
belles fleurs , dignes de fixer l'attention des amateurs. 



Notice sur la Société royale d'Horticdlttjre de Mons ; par M. De Poydt , 

secrétaire de cette société. 

La Société d'Horticulture de Mons a été fondée le 2 mai 1828 ; l'adoption 
de son règlement date du 9 du même mois , et sa première exposition du 3 juin 
de la même année. 

Cette société fait chaque année deux expositions; la première le 2Smars et 
les deux jours suivans ; la seconde à l'époque de la fête communale (fêle 
de la Trinité). On n'admet à ces expositions que des plantes en fleurs, et cha- 
que sociétaire est tenu d'en présenter au moins deux. La société distribue à 
chaque exposition cinq médailles ; savoir : le 2S mars, une médaille à la plante 
la plus remarquable et une autre à la plus belle collection , présentées par des 
amateurs, et deux médailles semblables pour les Jardiniers marchands ; en 
outre une cinquième à la plante désignée pour la culture forcée. A l'exposi- 
tion de la kermesse, outre les médailles désignées ci-dessus (celle de culture 
forcée exceptée) , une médaille d'or, donnée par la régence, est accordée à la 
collection la plus remarquable sans distinction de jardiniers et d'amateurs. 

Le règlement avait prévu l'établissement de concours de culture et de bola- 



- 2G-i — 

nique , mais il est resté sur ce point sans effet. La principale cause en est 
dans l'exiguilè des ressources de la société, qui n'a jamais compté qu'une cen- 
taine de membres, et n'en a pas tout à fait quatre-vingt-dix en ce moment. 
Une mise d'entrée de dix francs pour tout nouveau membre , et une rétribution 
annuelle de 6 fr. 50 c. composent tout le revenu de la société , revenu à peine 
suffisant pour couvrir les frais des deux expositions. Depuis quelques mois seu- 
lement , un subside annuel de 100 francs accordé par l'administration muni- 
cipale est venu assurer la continuation des travaux de la société , sans toute- 
fois lui permettre d'en étendre le cercle. 

Les expositions de la Société d'Horticulture de Mons, sont quelquefois Irès- 
remarquaLleset n'ont à craindre de comparaison avec aucune autre (celle de 
Gand exceptée ) , mais elles sont loin de se soutenir constamment à la même 
hauteur. Il faut bien le dire, quoique le nombre des amateurs habitant la ville 
de Mons, soit proportionnellement grand et que leur zèle ne se démente pas, 
il faut cependant le concours des sociétaires étrangers, résidant à Gand, 
Toumay , etc., pour donner au salon de Mons , l'éclat et la richesse qu'il pré- 
sente souvent. C'est que Mons n'a aucun de ces amateurs opulens qui peu- 
vent augmenter indéfiniment leurs collections sans craindre la dépense, ou 
qui en retrouvent une partie par la vente des plantes qu'ils ont multipliées. Il 
n'y a non plus à Mons, aucun riche marchand fleuriste à qui un débit assuré 
permette de tenir constamment pourvues et fleuries de nombreuses collec- 
tions. 

Depuis la création de la société , il s'est cependant opéré des changemens 
favorables dans lo nombre et la composition des collections de Mons; les 
belles plantes envoyées par les amateurs on jardiniers étrangers ont excité 
l'émulation et entretenu le désir d'en cultiver de semblables ; de nouveaux 
amateurs se sont présentés et ont rapidement pris rang à côté des anciens. Le 
commerce de fleurs presque inconnu à Mons, s'y est implanté par l'établisse- 
ment de deux jardiniers étrangers. 

Les Camellias tiennent toujours le premier rang dans les serres d'ama- 
teurs ; quelques-uns cependant s'attachent plus spécialement à d'antres 
genres plus ou moins difficiles ; il est incontestable qu'il y a progrès dans le 
choix des espèces et la tenue des serres , mais progrès lent et nécessairement 
limité, comme les ressources pécuniaires, ou le temps dont chacun dispose- 
11 y a bien, il est vrai, à Mons ou aux environs, nombre de personnes riches, qui 
ont des serres, de grands jardins et des jardiniers à gages, mais celles-là 
tiennent les plantes par luxe ou par fantaisie; leurs collections sont mal 
choisies et mal entretenues, et d'ailleurs elles ne font généralement pas 
partie de la Société d'Horticulture. 

Tel est l'état de la Société royale d'horticulture de Mons, état assez précaire, 
puisque son existence tient au zèle d'un très-petit nombre damateurs, et à des 
secours étrangers. La moindre crise peut renverser cette utile institution , 
comme aassi , peu de chose peut assurer pour longtemps son existence. Espé- 



— 2o;î — 

ions que la proleclion que lui a rèceairaenl promise le roi Léopold en s'iuscri- 
vantau nombre des sociétaires, sera efficace en sa faveur, et qu'elle y trouvera 
les moyens non pas seulement de vivre slationnaire, mais encore de progres- 
ser et d'être utile en dehors du cercle de ses opérations actuelles. 



BIBLIOGRAPHIE. 

BoTANicAL Register, ot omamental Flower-Garden, etc.; parJ. Lindlet ; 
vol. IX, n°' 7 , de la nouvelle série. Août 1 836. 

1881 . Epidendrum skinneri, JPoZm disiichis, laneeolatis, acuminatis ; cauîe 
apice longé aphijUo squamo&o; raoema cylindraceo,, muUiftoro; floribus cernuis; 
sepalia lineari-lanceolatis ; petalis avalihus, acutis; lahello ovato y acumi- 
nato y iniegerrimo , basi callo stdcatQ, cristato. 

E. Skinneri. Bateman MSS. 

C'est dans les environs de Guatemala, dans cette pépinière de républiques 
qui se sont élevées sur les débris de l'antique partie des Mexicains, que 
M. Skinner a trouvé, en 18âS, le bel Épidendre, que M. Baleman , à qui il 
a été offert , a distingué spécifiquement par le nom de celui qui en a fait la 
découverte. Cette espèce, sans contredit, l'une des plus belles du genre, fleurit 
dans nos serres , au mois de janvier. 

1882. Aptosimubi. Nat. Ord. Scrophclarinf^ Didyn, Angiosp. Calyx 
campamdatua , semi6-fidus, hasi bibracteatus. CoroUa tubo basi contracta, 
e$tra calycem amplo^ limbo 8-fido ^ subbilabiato ; laciniis rotundatîs , 
planis , mbœqualibus. Stamina didynama , declinaia. Antherae extùs 
viïlosœ y subbiloculares : loculis con/luentibus; rima unicâ transversali de- 
hiscentibuSfSiamimimsuperiorumminoribuSf sœpe cassis. Slylus simples; stig- 
mate brevissimè bilobo. Capsula brevis, basi subglobosa, apice compressa, ob- 
cordata; dissepimenio contrario, apice breviterloculicidè et septicidè dehiscens. 

A, Depressuîi. Ramis glabris vel br éviter lanuginosis ; foliis conferlissimis 
petiolaiis obouatis, glabris, corolîâ multô brevioribus; calycibus extùs gla- 
ibriufculis , intàs lanatis, capsulas emarginatas vix superantibus. 

Le genre Aptosimum a pris naissance dans une plante nouvelle , observée 
aux environs du cap de Bonne-Espérance , par le savant voyageur botaniste 
M. Ecklon , qui en a recueilli des graines et les a rapportées en Europe ; il 
les a communiquées au D^ Lehman, de Hambourg, qui les a cultivées; et 
M. Burchell, étudiant soigneusement les caractères de la plante, les a trouvés 
de nature à constituer un genre distinct , pour lequel il a proposé le nom de 
Aptosimum , formé de l'a privatif des Grecs et de "TcXaaiiMi , caduc ; ce qui 
exprime que les capsules restent attachées aux tiges, bien longtemps encore 
après que les graines sont dispersées. Ce genre, placé naturellement dans la 
To>tE 111. 34. 



— 266 - 

famille des scrophularinées , a de grands rapports avec le 0. Capraria; jus- 
qu'ici , il se compose, selon M. Burchell, de six espèces assez bien détermi- 
nées. L'Aptosime déprimé fleurit vers la fin de l'automne. 

Ses tiges sont frutescentes, assez épaisses et rabougries, rampantes à la 
surface du sol, et garnies de rameaux courts et serrés. Les feuilles sont ra- 
massées, spathulées, pétiolées, obtuses, faiblement mucronées , et glabres* 
Le calice est court, campanule, à cinq divisions, atfacbé à la partie inférieure 
des rameaux et eulouré à sa base de deux bractées courtes , linéaires , pubes- 
centes, qui accompagnent le pèdicelle. La corolle est longue de buit à dix 
lignes; son tube est renflé , infoudibuliforme, contracté à sa base, bleuâtre 
et pubescent à l'extérieur, couronné par un limbe à cinq lobes arrondis, 
étalés en rosace, d'un bleu vif avec une tache plus obscure au centre. Les 
quatre étamines, d'inégale longueur, sont incluses, insérées à l'origine du 
tube ; les filamens sont glabres et les anthères velues , biloculaires et cordi- 
formes. Le style est glabre , de la longueur des étamines et recourbé vers le 
sommet ; il porte un stigmate bilobé. La capsule est arrondie, déprimée à sa 
base , tronquée et presque rétuse au sommet, rugueuse et marquée d'impres- 
sions longitudinales et transversales; les graines, attachées au réceptacle par 
leur partie inférieure, sont ponctuées, presque trigones et obtuses. 

1883. Trifolixjm fccatum. FoliolU subrotundis spinoso-denticulatis, craS' 
siusculis; stipulis maximis, membranaceis, integerrimis, cuspidalis: jjedtmcuh's 
foliis œqiialihus longioribus ; capitulis hemisphœricis , involucratis ; foliolis 
involucri basi connatis , ovato-lanceoîatis , acitminatis , margine membrana- 
ceis jloribiis brevîoribtis. 

Ce Trèfle, découvert en Californie, par M. Douglas, a fleuri pour la pre- 
mière fois , en Europe , dans le mois de juin 1 835. Les graines en avaient étô 
envoyées , l'année précédente, à la Société d'Horticulture de Londres. 

188-4. — Ckat.«;gcs Tanacetifolta. Foliis pinnatifidis , glanduloso-serra- 
tis, pubescentibus, basi cuneatis laciniis linearibiis ;bracteis foîiaceis, glandu- 
losis^ pectinatis, sub fructu persistentibus ; fructibus soîitariis , sessilibus, 
depresso-sphœricis , pubescentibus; putamine crassissimo. 

C. ÏANACETiFOUA. Pers. Syu. 2. 38. — DeCand. Prodr. 2. 629. — Loud. 
Arb, Briiann. t. 117. 

Mespiitjs orientalis. Tournef. Coroll. -44. — Ir. Voyage. 2. 171. t. 172. 

MeSPILXJS TANACETIFOLIA. SmITH. Exot. Bot. t. 83. 

Tournefort, dans son voyage au Levant , nous a fait connaître celte espèce 
d'Alisier, que l'on commença à cultiver dans nos jardins, seulement en 1 789. 
Elle est très-remarquable par le volume de ses fruits, qui atteint quelquefois 
celui d'une petite pomme d'api. Elle est assez abondante dans les montagnes 
de la Grèce , où elle fleurit vers la fin du printemps. 

188S. Crat^gus odoratissima. Foliis trifidis pinnatifidîsve , incisa- 
serratis, basi cuneatis, incano-tomentosis ; fructibus ^-pyrenis, spluBricis, pu- 
bescentibus ; putamine teniii. 



— 267 — 

C. Orientalis. Bieb. FI. Taur. Cauc. 1. 387. 

C. Odoratissima. Bot. Repos, f. 590. — Loed. Uih. Brit. 1. 117, o. 

C. Tanacetifolia, (3 taerica.DeCand. Prodr.1. 629. 

Celle espèce, qui diffère essenlielleraent de la précédente par la couleur de 
ses fruits, s'en rapproche néanmoins par leur volume; du reste elle est éga- 
lement originaire de l'orient, de la Crimée ; et le professeur De CandoUe l'a 
même considérée, dans son prodrome, comme une simple variété du C. Ta- 
7iaceUfolia. El\c est cultivée, de temps immémorial, par nos jardiniers, ei 
fleurit régulièrement aux mois de mai et de juin. 

1886. DoiGLASiA. Nal. Ord. PRniCLACE.ED. Pent.Monog. Calyx ohconîcus, 
angulatus , K>-dentatus. CoroWa infundibularis; tuboventvicoso ; limhopîatio, 
^-partito) fauce callo-lineari suh utroque sinu. Oxariam tmiloculare ; j^laceîitâ 
centrali libéra, pcdicellafâ fungilliformi , margine ^-deiitatà; ovula 3, den- 
tibus placentœ oppo&ita. Capsula testita, unilocitlaris , 6-valvîs. Semiua2, 
concava , scrobiculata. 

D. NiVALis. Foliis linearihus , pube rigidâ ramosâ incanis suhverlicillatis ; 
floribus lofigè pedunculatis , subumbellatis. 

Ce genre nouveau est un hommage au dévouement et au savoir de l'un des 
botanistes-voyageurs, les plus célèbres de l'Angleterre; dans toutes les con- 
trées qu'a parcourues M. Douglas, et particulièrement dans l'aventureuse Cali- 
fornie , peu de plantes nouvelles ont échappé à ses ardentes investigations ; 
aussi de combien de conquêtes brillantes n'a-l-il pas enrichi le catalogue, 
jusqu'à lui trop négligé, de nos plantes de pleine terre. En inscrivant ce nom 
dans les fastes de la botanique, M. le professeur Lindley s'est porté l'organe 
des nombreux amis de l'horticulture. M. Douglas a trouvé la plante nouvelle 
au mois d'avril 1827, dans le nord-ouest de l'Amérique, par la latitude 
de 52° , et la latitude de 118°, au sommet d'une chaîne de montagnes dont il 
a estimé l'élévation de douze mille pieds au-dessus du niveau de la mer, et 
sous la neige, ce qui lui a fait donner le nom spécifique de JMvalis. 

C'est un petit arbuste, qui , par ses nombreux rameaux, forme des touffes 
épaisses et persistantes. Ses tiges sont arrondies, ligneuses et d'un brun pour- 
pré ; les branches sont opposées et d'un vert brunâtre à leur base. Les feuilles 
sont rassemblées en rosace à la naissance des rameaux ; elles sont amplexi- 
caules, linéaires, obtuses, réfléchies, longues de trois à quatre lignes, larges 
de deux au plus , d'un vert tirant sur le glauque et pubescenles en dessous. 
Le calice est presque conique , anguleux, avec son limbe divisé en cinq par 
lies. La corolle est d'un rouge pourpré , pâle , iufondibuliforme : son tube est 
renflé et son limbe plane , étalé, divisé en cinq lobes profonds et arrondis; 
on observe à l'origine de la gorge, une callosité d'un rouge plus vif au sinus de 
l'onglet des lobes. Les anthères sont oblongues, linéaires, sessiles, incluses 
et opposées aux lobes de la corolle. L'ovaire est supère, obovale, uniloculaire, 
avec un placenta central , libre , pédicellé , fungiliforme , bordé de cinq dents 
opposées à un pareil nombre d'ovules; il est surmonté d'un style filiforme, 



— 260 — 

aussi long que le tube de la corolle, terminé par un stigmate court et déprimé. 
La capsule est enveloppée d'une membrane cartilagineuse, due au caUce per- 
sistant; elle n'a qu'une loge et cinq valves; elle renferme deux graiaes pel- 
tées, oblongues, convexes d'un côté et concaves de l'autre. 

Tout porte à croire que ce joli petit arbuste occupera une place distinguée 
dans nos parterres, où il n'occasionnera aucune peine de culture. Il se pro- 
page de graines et de boutures. 

1887. — OncidiubiLanceanudi. Ehulhe; foliis oh tondis, ac?itis , pîanis, sub- 
striatis, carnosis ; scapo racemoso , composilo , erecio , rigido, racemulis 
eonfefiiflorïs sepalis petalisque conformibus , oblongis , obtiisis, carnosis, 
concavis , marqine undulatis ; labelli lobo medio dilatato , subcnneato , inte- 
gerrimo, hast hastato : lobis lateralibus semi ovaiis ; cristâ trilobâ, carfWsA, 
jugoque elevato proclivi; columnœ alis carnosis rotundatis ; antherâ crisiaid. 

0. Lanceanum. LïNDL. 4» Hort. Trans. n. S^r. vol. % p. 100. t. 7. 

Cette Oncidie faisait partie d'une belle collection d'orchidées épiphyles , 
que M. J. H. Lance a rapportée de Surinam en 1834, et qu'il a offerte à la So- 
ciété d'Horticulture de Londres. C'est dans les serres de cet utile établissement 
que la plante a fleuri au mois d-e juillet de l'année suivante. 



CcRTis BoTAMCAL Magazine ; or Floiver Garden dîsplayed, etc.; par 
W. J. Hooker; nouvelle série, tome X, n° 116. Août 1836. 

3507. Cyrtopodium punctatdm. Bulhis elongalis; foliis lineari-lanceolatis, 
tenuiter acuminatis; scapo paniculato; bracieis magnis, memhranaceis; sepalis 
petalisque undulatis, aciifis, maculaiis; labello stipitato , profundè Iriloho : 
lobis lateralibus obovato-cuneatis , incurvis, intermedio latè obcordalo ,mar- 
gine granuloso; disco hasi caUoso. 

C. PuNCTATtJM. LtNDL. Gcn. et Sp. Orchid, p. 188. 

EpIDENDRUM PUNCTATCM. LlNN. Sp.pl. 1348. WiLLD. Sp.pl. 4. 116. — 

Sv^^Tid. Syst.veget.'^. 736. 

Helieborcs ramosissimus. Pluje. Sp.pl. 9. t. 187. 

M. Robert Brown a séparé du genre Cymbidium , une espèce qui y avait 
été placée d'après un examen trop superficiel, et en a formé le type d'an genre 
nouveau qu'il a appelé Cyrtopodium, de XvpTCi , courbé et de TroJb:, pied , fai- 
sant allusion à la structure de la base inférieure de la tige , dans l'espèce qu'il 
analysait. Depuis, trois ou quatre autres Cyrtopodes sont venus se joindre au 
premier connu , de sorte que le genre a dû prendre un rang certain dans la 
classe des orchidées. Quoique décrite depuis longtemps par certains auteurs, 
sous le nom à'Ëpidcndruin, cette belle plante n'était point connue autrement 
en Europe; ce n'est qu'en 1835 qu'elle y fut apportée du Brésil, sa patrie, par 
M. W. Swainson, et cullivée dans la collection de M. Ch. Mackensie; elle y 
fleurit au mois de juillet. 



— 269 — 

81)08 . Rhkum Emodi .Fo/i<s rotundato-cordatts,scahriusculis; pcliolis latera- 
liter compressis pcdimcuUsqiie siilcatis,verrucoso scabris; raccmis compositer 
elongatis , slrictis; floribus minutis , atro-sanguineis. 

R. Emodi. Wai.t.. MSS. Cat. E. I. C. mus. n. 1727. 

R. At;strale. Don. Prod. Nep. p. 75. — Sweet. Br. Fl. Gard. t. 269. — 
Spreng. syst. veget, 4. c. p. 156. 

Le nom Rheum, appliqué très-anciennement à l'espèce principale de ce 
genre qui s'en est lui-même emparé, dérive, selon Dioscorides , du mot px, par 
lequel les Grecs désignaient un fleuve de la Sarmalie asiatique, qui leur était 
peu connu et dont les rives produisaient la racine médicamenteuse que leur 
apportaient les Sarmales. Du mot Rheum, on a fait ensuite Rhaharbarum , 
que les Français ont traduit par Rhubarbe. Il est peu probable, que le Rheum 
des Grecs , fut la véritable Rhubarbe si fréquemment employée de nos jours 
en médecine, nous-mêmes ignorions, il y a peu de temps encore, l'origine exacte 
de cette Rhubarbe. Le docteur Wallich , directeur du Jardin Botanique do 
Calcutta, en parcourant l'immense chaîne de l'Himalaya , y trouva , aux envi- 
rons d'Emode et de Kamour , la Rhubarbe qu'il reconnut pour être celle qui 
se répand dans le commerce , comme venant de la Chine; et il assure qu'en 
effet les Chinois allaient dans ces localités, faire leurs provisions de cette 
racine qu'ils mondaient et préparaient à leur manière, pour l'expédier ensuite 
aux ètablissemens européens d'Olmutz et d'Alep. Le docteur Wallich cultive 
depuis dix ans cette Rhubarbe au jardin de Calcutta; il en a envoyé des 
graines en Europe où la plante fleurit vers le milieu du printemps. 

Ses tiges ont de six à dix pieds de hauteur ; elles sont fort épaisses à leur 
naissance, noduleuses , cylindriques, cannelées extérieurement , creuses à 
l'intérieur, rameuses, garnies de même que le collet, de feuilles très-amples, 
arrondies , ondulées , réticulées , avec leur surface un peu rude ; les pétioles 
sont épais, anguleux, sillonnés, amplexicaulesà leur base, et accompagnés 
de deux stipules membraneuses, striées et brunâtres. Le sommet de la lige se 
couronne d'une large panicule composée d'une multitude de fleurs d'un rouge 
pourpré assez vif. Les pédicelles sont presque verlicillés, filiformes et courts. 
Le périanthe est monosépale , à six divisions, donnant attache intérieurement 
à neufétamines plus courtes que ces divisions. L'ovaire est court, 'riangulaire, 
sujet à l'avorlement, surmonté de trois stigmates presque sessiles. Le fruit 
est un akène à trois angles saillans, d'un rouge sanguin et brillant. 

âS09. SiSYRiNCHiuM GRANDiFLORUM. Caille slricto, compresso , foliis erectis, 
vaginantibiis ïoncjiore; spathà hiflorâ, pedunculos suhœqunnte; perianthio lato 
campamdato ; filamentis longissimis, suhulatîs, basi contiaclo, solummodo 
connatis, erectis, denium palcntibus. 

S. Gbandiflorodi. DouGL. î« 5of. /îejfï's^. lâ6-4. .'. y /- "^ 

Cette jolie plante est originaire du nord-ouesl"de l'Amérique septentrionale, 
près des grandes chutes de la rivière Colombia, où elle a été trouvée en 1826, 
par M. Douglas. Elle fleurit en mai el juin. 



— 270 — 

3S10. Hélianthes DECAFETALrs. Foliis oppositis (supremis hracteantihus 
exceptsi) subrhombeo-ovatis , acuminatîs, grosse serratis, utrinque scabris , 
supra basin tripUnervits; intohicrifolioUs lineari-acuminaiis, squarrosis ;pa' 
leis integris radii corollis suhdecevi. 

H. Decapetaltjs. Linn. Sp. pi. 1277.~Pdesh. Tl. Am. % 871. — Ell. 
Carol 2. 42o. 

C'est une plante du Canada, que l'on cultive depuis un siècle dans nos jar- 
dins où, bien souvent, on la confond avec l'Hélianthe multiflore, connu sous 
le nom vulgaire de soleil vivace; elle fleurit, comme ce dernier , pendant la 
plus grande partie de l'automne. 

8311. Calliopsis tinctohia; Var. Atropumrea. Caule ramosîssimo foUis- 
que glaberrimis; radicalibus pinnatis : foliolis spathuJato-lanceolntis; caulinis 
bi-tripinnatifidis summisque 'è-partitis, linearibus;pedwnculis sub-corymbosis; 
flosculis radii inciso-dentatis. 

C. BicoLOR. Speng. Syst. vegel. 3. 611. 

CoREOPSIS TINCTORIA. NuTT. Jotim. OC. sc. Pliil, 1821. p. lli.-^Bot. 
Mag. 2ol2. — Bot. Regist. 846. — Brit. FI, Gard. 72. — Bart. FI. ofN. Am. 
2. t. io. 

Nous devons la Calliopside élégante à M. Nultal, qui la découvrit en 1822, 
sur les bords de l'Arkansas, au sud de la Caroline; et la variété à fleurs d'un 
pourpre foncé dont nous traitons dans cet article , provient du semis qu'a fait 
de cette plante, M. James Tait, qui a présenté la fleur à la Société d'Horticul- 
ture de Glasgow, en septembre 1833. 

3312. Thuxbergia alata; Var. Albiflora. Pubescenti-sericea; foliis cor- 
datis y acutis, angidatis; petiolis alatis; caule voJubili. 

T. Alata. Hook. Ex. FI. 111 —■ Bot. Mag. 2391. 

La Thunbergie ailée ne nous est connue que depuis 1823 ; nous en devons 
la découverte et la communication au professeur Wenceslas Bojer, du collège 
royal de Port-Louis, à l'ile Maurice. Ses fleurs, qui se succèdent pendant toute 
l'année, dans nos serres, sont ordinairement d'un jaune ocreux très-pâle; mais 
dans la variété dont il est ici question , elles sont entièrement blanches à 
l'exception de l'intérieur du tube. 11 paraît que cette variété a été obtenue par 
M. Lowe de Clapton, horticulteur très-distingué. 

âSlâ. Drtandra tencifolia. R. Brow.v. in Lin. Trans. 10. p. 213. — In. 
Prodr. I. 398. — Roem etSciiult. Sgst. veget. 3. 447. 



Britisch Flower Gabden and ornamental shrubhery, etc. ; par R. Sweet; 
2 série, n° 83. Août 1836. 

343. PiECNiA TENciFOLiA ; Var. Plena. 

346. Lasiopcs. A^ai. Ord. Synanther^e. Syng. Polyg. Mg. Achenium piano- 
compressum, marginc tuberculato-scabrtim , apîce breviter roslratum ; disco 



— 271 — 

rîitatnto, orlnculalo. Pappus plnriserialis. Involucrum muUiplici série imhri- 
catuvi. Kacliis tota ebracteolata. 

L. SoNCHOiors. Perennis ; foliis runcinatis ; cauïibits sîmplicihiis, aphyllis, 
monocephalis ; capifuUs ovaîibus ; corollis sulphurcis; pappo alho. 

Nous devons à IL Cassini , l'élablissenaent du genre Lasiope , qu'il a ainsi 
nommé des deux mots grecs ^.ccgioi; velu et tùJ'o^ pied, exprimant le caractère 
particulier qu'offrent les plantes de ce genre, dans le duvet épais, qui garnit 
entièrement la souche et les hampes. Ce genre, qui a été placé par son auteur, 
près du Chaptalia , dans la tribu desmutisièes, se fait remarquer par la diver- 
sité des corolles de la calathide : celles du milieu du disque sont presque ré- 
gulières, tandis que les autres , plus excentriques, sont profondément labiées; 
les fleurs du rang inférieur de la circonférence sont intermédiaires, par leur 
structure, enlre celles du disque et celles de la rangée extérieure. Le genre 
Lasiope ne se compose encore que de deux espèces : l'une recueillie par Sonne- 
rat au cap de Bonne-Espérance, l'autre, qui fait le sujet de cet article, envoyée 
récemment à M. Fischer directeur du jardin de Saint-Pétersbourg, qui en a 
communiqué des graines à M. Andersen. Elle fleurit au mois d'août. 

La racine est vivace, et son collet, qui est garni de poils laineux et blan- 
châtres, se recouvre d'une grande rosace de feuilles étalées, longues de cinq à 
six pouces, oblongues, pinnatifides à lobes aigus, larges, dentés, presque 
épineux , mucronés et calleux; le lobe terminal est plus grand et arrondi ; ses 
feuilles sont assez étroites à leur base, d'un vert tirant sur le glauque et mar- 
quées d'une côte longitudinale et épaisse. Les hampes sont simples, velues, d'un 
blanc verdàtre ou glauque", hautes de douze à quinze pouces, terminées par 
une ou deux grandes calathides, d'uQ jaune pâle. L'involucre est formé de 
folioles lancéolées, irrégulièrement imbriquées, d'un vert foncé en dessus , 
d'un blanc glauque et velues en dessous. Le réceptacle est ponctué , plane et 
nu. Les fleurs du centre delà calathide sont nombreuses, égales et hermaphro- 
dites ; celles de la circonférence sont placées sous un double rang et femelles : 
les inférieures non radiantes, les extérieures radiantes et à deux languettes , 
l'une très-longue , faiblement tridentèe , l'autre petite et bifide. Les anthères 
sont munies au sommet et à la base, de longs appendices. L'ovaire est cylin- 
dracé , hérissé , surmonté d'une aigrette plumeuse ; le style est filiforme , 
divisé au sommet en deux languettes extrêmement courtes et arrondies. 

347. Verbenaerinoides; Var.Sabini. Tctrandra , prostrata, pilosa ; foliis 
multifidis; segmentislineari-lanceolatis, ohtusiusculis, ciliatis; spicâcapitalâ; 
corollis puhescentibus ; tuba calyce suh duplo longiore; laciniis emarginatis; 
antheris inclusis. 

V.ERiNOiDES. WiLLD. en p. 634-.— Lam. Dict. Encyc. 8, S47. — Spbeng. 
Syst. veg. 2. 7S0. 

V. MULTiFiDA. Ruiz ET Pav. FI. Pcriiv. 1 . 2L t. 33. — Ib. Syst. 338. 
Erints laciniatus. Linn. Sp. pi. 879. 

348. Pentstemon cob^ea. V. p. 103. 



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wicsot>C5i>i>cOt-»»êÔl>»C003C>CiXîOi-'5^cO-*»-'î«CXr*XO5r^t> — 



L'HORTICULTEUR 



BELGE. 



SEPTEMBRE I8B6. 



PHYSIQUE ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALES. 

Sur les émanations odorantes des végétaux et sur la possibilité d'en opérer la 
classification ; par le professeur Rafinesqde. 

Les odeurs et saveurs des plantes offrent des modiGcations inflnies, qui 
peuvent même fournir des caractères secondaires fort importans; mais les 
botanistes ayant désespéré de les dêûnir et de les classer , s'en sont très-peu 
occupés; TS'ildenow entr'autres, les a omises totalement dans ses Élémensde 
Botanique ! Le peu d'importance qu'on leur a assignées , dût contribuer à cette 
négligence , et la difficulté de leur élude a rebuté les savaus. 

Est-il cependant croyable que deux propriétés aussi saillantes , soient sans 
intérêt pour nos méthodes? A mon avis, il n'y a aucune qualité physique 
qui ne soit susceptible de trouver une place déterminée dans l'échelle des sen- 
sations et la difficulté de les exprimer convenablement devrait stimuler nos 
efforts au lieu de rencontrer le découragement. Les sens de la vue et de l'ouïe, 
ont produit, après bien des siècles de tàtonnemens et d'efforts réitérés, 
deux sciences particulières , l'optique et l'acoustique, qui ont donné naissance 
à plusieurs arts d'utilité et d'agrément , résultat heureux de l'analyse appro- 
fondie et réfléchie de nos sensations visuelles et orales. Il me semble que 
quelque chose d'analogue pourrait résulter de nos sensations odoraleset sapo- 
raies ; c'est ce que je vais tâcher de prouver. Je ne compte m'occuper que de 
l'analyse des odeurs dans ce premier essai, je reviendrai plus tard sur celle 
des saveurs. 

L'art de la parfumerie, qui sait mettre à profit les odeurs, existe depuis long- 
temps et il n'a point fallu de théorie pour le faire naître; de même la musique 
a existé longtemps avant la science de l'acoustique. On pourrait nommer 
science de l'osmique, la théorie des odeurs. 

Les principes fondamentaux de cette science lui seront particuliers , car 
chaque sensation doit avoir une échelle spéciale de consonnance. Il n'y a réel- 
lement que 3 couleurs primitives : rouge , bleu et jaune , outre les 2 modes 
négatif et positif, produisant le noir et le blanc, caries 7 couleurs du prisme 
ToxE IIJ. 35. 



— 27-i — 

sont en partie des couleurs secondaires et mélangées. Tandis qu'il y a réelle- 
ment 7 tons en musique, outre les 4 modes ou clefs de profond, grave, aigu et 
suprême. Mais en osmique , il paraît n'y avoir que 6 odeurs primitives ou 
6 ordres d'odeurs rangées parallèlement sous les deux classes de sensations 
agréables ou désagréables. 

Si l'on voulait pourtant découvrir absolument une concordance dans toutes 
nos sensations , on pourrait présenter ( quoiqu'on forçant un peu l'analogie ) , 
une similitude évidente entre les 7 tons de la musique, les 7 couleurs prisma- 
tiques et les 7 odeurs primitives, en ajoutant aux 6 ordres d'odeurs, un 
7' ordre négatif ou inodore. 

Linné a même compté 7 classes d'odeurs : qu'il a désignées par ambrosaique, 
fraç;rante , aromatique, alliacée, fétide, vénéneuse et nauséabonde ; mais 
plusieurs d'entr'elles ne sont qne'secondaires. Saussure y en a ajouté une 8^, 
l'odeur piquante, qui est aussi secondaire , et plusieurs autres botanistes ont 
mentionné d'autres odeurs qui appartiennent toutes à la même catégorie, telles 
que les odeurs gravéolente , vireuse, hircine, spermatique, murialique, etc. 

Il n'v a réellement que deux classes d'odeurs; l'une qui fait généralement 
éprouver une sensation agréable , Tautre qui produit communément le con- 
traire. Il y a bien quelques individus à goût dépravé qui éprouvent des sensa- 
tions opposées à la règle générale , et à qui les odeurs de la rose et de la tubé- 
reuse ne sont nullement agréables, ou qui leur préfèrent les odeurs de la 
punaise et du tabac. Mais ces exceptions n'invalident nullement le résultat 
général. On peut les comparer aux individus à oreilles discordantes , à qui 
les faux tons paraissent concorder, ou à ces malades qui préfèrent des sub- 
stances dangereuses à des alimens salubres. Au reste, dans certains cas, les 
deux écbelles de sensations sont si rapprochées , qu'il est souvent difficile de 
décider où cesse l'agréable et où commence le contraire, tout comme dans 
certaines couleurs mélangées, il est difficile de décider laquelle des couleurs 
primitives domine. Il n'existe cependant point d'échelle mixte ou intermé- 
diaire parmi les odeurs, car tout mélange d'odeurs devient agréable ou désa- 
gréable , selon que lodeur ou les odeurs dominantes produisent l'une ou 
l'autre de ces sensations. 

Voici le tableau comparé et analytique des deux classes on échelles de sen- 
sations odorales ou osmiques ; chacune d'elles comprend 3 ordres parallèles, 
diminuant graduellement d'intensité et formant autant de degrés. 

I. Odetibs srAVEs. II. Odecbs fétides. 

1. Ordre. Odeurs fragrantes. 4. Ordre. Odeurs olides. 

2. — — aromatiques. S. — — vireuses. 

3. — — douces. 6. — — fades. 

Il est aussi impossible et inutile de définir ces ordres d'odeurs, qu'il le 
serait de vouloir décrire les couleurs à un aveugle. Nos yeux seuls peuvent 
nous instruire des couleurs , et notre odorat peut seul nous transmettre l'idée 



— 275 — 

des odeurs. C'est pour navoir pas réfléchi sur ce principe èvideiil que l'on a 
prclendu que les odeurs étaient fort difficiles à définir. Il le fallait bien : car 
elles sont dans le fait indéfinissables. Leurs seuls noms nous les rappellent 
par l'idée qui se renouvelle dans notre mémoire des objets odorans. Le lis et 
la neige nous ont donné l'idée de la blancheur, l'azur de l'atmosphère celle 
de la couleur bleue, etc. ; tout de même que le lis et la tubéreuse nous don- 
nent l'idée de l'odeur fragrante ; la menthe de l'odeur aromatique ; la jus- 
qniame de l'odeur vireuse, etc. Toutes les odeurs peuvent se désigner par 
quatre degrés d'intensité, de concentration ou d'éloignement, savoir: odeurs 
très-fortes, fortes, faibles et très-faibles. 

On a donné en général le nom d'arôme au principe des odeurs, tout comme 
l'on nomme lumière, le principe des couleurs; il a jusqu'ici occupé si peu les 
chimistes et les physiciens , que l'on ignore encore sa nature et la cause de 
ses nombreuses anomalies. Tout ce que l'on sait à son égard , consiste à pré- 
sumer que c'est un fluide volatil, gazeux , invisible et subtil, qui émane des 
corps, et varie suivant ceux dont il émane ; mais tout le reste est conjecture , 
car aucun Newton n'a tâché de l'analyser avec le prisme de l'expérience. Il 
serait heureux que cette négligence cessât , et que les physiciens , les chi- 
mistes , les botanistes s'occupassent un peu de la science osmique ; je vais leur 
présenter quelques conjectures pour les guider dans leurs recherches, avec 
quelques questions à résoudre. 

La lumière est considérée comme atmosphère solaire ou l'une de ses princi- 
pales parties; l'air comme l'atmosphère terrestre; l'arôme pourrait être re- 
gardé comme l'atmosphère particulière des corps des trois règnes : minéral , 
végétal et animal. 

L'arôme n'est pas dissous dans l'air, il n'y est que suspendu ; puisque l'expé- 
rience a prouvé qu'il existe dans le vide. 

Tous les corps ont un arôme particulier, aucun n'en est dépourvu ; ceux qui 
nous paraissent inodores , ont un arôme si subtil qu'il échappe à notre odorat ; 
mais certains animaux qui ont un odorat plus subtil que le nôtre, en sont affectés. 

Comment l'arôme émane-t-il des corps? quelle est la cause qui le pousse 
hors de leur circonférence? est-ce la lumière qui s'en charge ou l'électricité 
et le calorique qui le dissolvent ? Il sera peut-être aussi difficile de résoudre 
ces questions , que de prouver comment et pourquoi la lumière émane du 
soleil, comment l'air environne la terre. 

L'arôme émane en tous sens des corps comme la lumière, et paraît suivre 
leurs formes, mais l'épaisseur de l'atmosphère odorante ou osmique est très- 
variable : sa dimension parait généralement être plus grande verticalement , 
et moindre en dessous qu!en dessus du corps, comme l'atmosphère enflammée 
des corps brùlans. 

L'atmosphère osmique suit les corps que l'on transporte, et laisse une 
trace sur la route : elle est aussi transportée par les vents. 

La chaleur agit sur l'arôme, le dilate ou le concentre. Voilà pourquoi ccr- 



— 27(5 — 

lains corps sont plus odorans durant la nuit ; mais pourquoi d'autres le 
sont-ils moins? et pourquoi ne cessent-ils pas do l'être dans les fortes gelées? 
L'atmosphère aromique se dilate de plus en plus en s'éloignant des corps 
qu'elle environne , et finit par devenir si subtile , qu'elle n'est enfin plus per- 
ceptible à l'odorat , mais elle s'étend bien au-delà du lieu où notre sens parait 
la perdre. Jusqu'où s'élend-elle ? 

L'arôme parait se transmetlre avec bien plus de lenteur que le son. Quelle 
est sa plus grande vitesse? Les odeurs les plus actives telles que le musc, 
l'essence de roses , etc., sont celles qui émanent leur arôme avec le plus de 
rapidité. Quelles sont les lois qui en règlent la propagation? 

L'arôme semble pénétrer à travers les interstices que laissent entr' elles les 
mollécules de presque tous les corps, et même des pierres, des métaux, etc. 
Ce fluide serait-il , dans certains cas, plus subtil que la lumière, qui ne peut 
traverser les corps opaques? 

Je vais maintenant présenter une esquisse de classification osmique végé- 
tale. Je ne mentionnerai , quant à présent, les odeurs animales et minérales 
que quand elles se retrouveront dans les végétaux ; je ne m'occuperai même 
que des principales odeurs des plantes européennes en citant seulement quel- 
ques exotiques remarquables , et quoique mon travail soit évidemment im- 
parfait, il offrira néanmoins la base sur laquelle on pourra poursuivre des efforts 
analogues. Ce sera une opération longue et pénible que d'observer sous ce 
nouveau point de vue toutes les odeurs végétales , et d'y rapporter graduelle- 
ment toutes les plantes odorantes ; mais je ne doute pas cependant que l'on n'y 
parvienne un jour. 

De même qu'il n'y a pas deux espèces de plantes de forme absolument sem- 
blables, il n'y en a pas deux espèces à odeurs parfaitement identiques ; mais 
un grand nombre ont des odeurs analogues , et d'après celte considération j'ai 
divisé les odeurs végétales en genres assez bien marqués, quoi qu'assez diffi- 
ciles à définir ; car ils sont dans le même cas que les couleurs mélangées , par 
exemple on ne peut définir la couleur pistache qu'en disant que c'est la cou- 
leur de la pistache ou un mélange de jaune et de vert , et de même je ne 
pourrai donner une idée de l'odeur rosacée , qu'en déclarant que c'est l'odeur 
de la rose ou un mélange de fragrant et de doux. 

Je donnerai à mes genres d'odeurs , des noms dérivés de la plante princi- 
pale qui en offre le type, ou , à défaut de type végétal bien connu, j'adop- 
terai un nom minéral ou animal. D'après mes principes et en observant de 
nouveau toutes les autres plantes sous ce point de vue , mais surtout en les 
soumettant au creuset d'un odorat bien organisé et non blasé, il sera facile 
de rapporter à mes genres , la plupart des odeurs végétales exotiques , ou , 
s'il est nécessaire, on pourra ajouter graduellement quelques nouveaux genres 
d'odeurs , pour les végétaux qui ne pourront pas s'y rapporter facilement. 
L'on pourra ainsi désigner correctement les genres d'odeurs, auxquels chaque 
plante devra appartenir. 



— 277 — 
Classificatioti des odeurs végétales. 

I. CLASSE. Onruns svavfs. Formant une série de sensations Irès- 
agrèables. 

I. Ordre. Oortp.s rnAORANTES. Toula la fois douces et pènélranles; con- 
sidérées comme les plus agréables de toutes. 

1. Genre. Odeur nosAcrE [odor rosaceus). Elle se manifeste dans plu- 
sieurs espèces de roses ; elle est très-exaltée dans la rose musquée et devient 
presque nulle dans les roses inodores. On la retrouve dans les fleurs du Ruhus 
odoratns, les feuilles du Pelargonium odoratissimum et P. cnpitatiim, les 
fruits de VEugenia jambos, les bois des Convolvulus scopnrius, Licaria guia- 
nensis, etc. Celte odeur qui est si agréable, mérite bien de commencer la série 
des odeurs suaves , tout comme la rose commence la série naturelle des 
végétaux. C'est un mélange de fragrant et de doux , avec une nuance 
ambrée. 

2. Genre. On. eglaxtée ( Od. eglanlerius ). Semblable à l'Églantier ; 
exemples : Rosaeglanleria, Rosa suaveolens, etc., les feuilles. Elle se retrouve 
dans les fruits de la Pomme reinette et le bois du Dodonœa angustifolia. C'est 
un mélange des odeurs rosacée , prunée et benzoïque. 

3. Genre. On. trinée {Od. prunaceus). Semblable aux Prunes. Celte 
odeur suave semble particulière à certains fruits , elle se retrouve sous di- 
verses nuances dans les Prunes, Abricots, Pèches, Fraises, Framboises , 
Opuntias, Ananas, etc. Elle se rapproche des odeurs magnoliée, slyracée et 
ambrée. 

4. Genre. On. magnoliée ( Od. magnoleus). Semblable aux magnoliers. 
C'est une odeur délicieuse, un peu aromatique, ayant beaucoup d'affinité avec 
les odeurs orangée, liliacée et hyacinthée; exemples : Magnolia grnndi- 
flora, M. glauca, eic, Calycanthus floridus, Nymphéa odorata, Porcelia 
triloha , Vihurnum acerifolium ^ etc., Mammea , etc. 

5. Genre. On. liliacée. [Od. liliaceus). Semblable an Lis; exemples : 
fl. Liliuni candidmn , Pancratium liriosme , Daphne indiea9 eic. Analogue 
à la précédente. 

6. Genre. On. liliacée [Od. Ulacetis). Semblable au lilas. Intermédiaire 
entre les odeurs liliacée , hyacinthée et nyctaginée ; exemples : fl. Syringa 
vulgaris, quelques Amaryllis, etc. Est-ce une odeur douce? 

7. Genre. Od. oroxtée (Od. oronteus). Semblable à l'oronte, c'est un 
mélange des odeurs liliacée et magnoliée; exemples: fl. Orontium aquaticum, 
Calla echiopica , Podophyllum jnsthylum , Chrysantkemum indictim 9 etc. 

8. Genre. Od. hyacisthée [Od. hyacintheus). Semblable à la Jacinthe. 
Cette odeur comprend un grand nombre de plantes et offre comme plusieurs 
autres différons degrés d'intensité depuis la tubéreuse jusqu'au muguet, etc. ; 
exemples : fl. Uyacinihus orientalis, Polyanthes iuberosa, Narcissus jon- 
quilla , Jeffersoniu hinata. Convallaria majaîis , SigUUiria racemosa et 



— 278 — 

stellata, Actea alba , Sciîla nulans, Asperula odorata, Pohjmnia tive- 
dalia, etc. 

9. Genre. Od. jasminée (Od. jasmineus). Semblable an Jasmin. C'est un 
mélange de fragrant et de doux, se rapprochant des odeurs hyacinthée , 
miellée et cheiranthée ; exemples : fl. Jasminum grandiflorum et officinale, 
Mogorium myrt. , Gurdenia sp. , Coffea arabica, Gehemium nitidum, Mit- 
chella repens, Erithalis fruticosa , Gratiola virgi7iica , etc. 

10. Genre. Od. cheiranthée ( Od. cheirantheus ). Semblable à la Giroflée. 
Intermédiaire entre les odeurs jasminée, résédacèe et violacée; exemples : 
fl. Cheiranthus incanus, Viola tricolor, Pelargonium tristis, etc. 

1 1 . Genre. On. Résédacée [Od. Resedaceus). Semblable au Réséda. Inter- 
médiaire entre les od. orangée, magnoliée et cheiranthée ; exemples : fl. Ré- 
séda odorata, Vitis riparia , Âralia, etc. 

12. Genre. Od. orangée ( Od. aurantiacus). Odeur délicieuse, semblable 
aux fleurs d'oranger, ayant beaucoup d'affinité avec les od. magnoliée, résé- 
dacée etprunée; exemples : fl. Citrus aurantiiim ei C. medica, Philadelphus 
coronarius, Robinia pseudacacia , Podophylliim , CallicarpumB.eg., etc. 

13. Genre. Od. citrique (Oé?. ci^ncws). Semblable au Citron, très-parti- 
culière ; exemples : irait Citrus medica ; {leurs Aloijsia cifrodora, Melissa 
citrodora, Monarda citrodora, Collinsonia sp., Citrosma sp., etc. 

14. Genre. Od. dianthée (Oc?, diantheus). Semblable à l'OEillet. Mélangée 
de doux et d'aromatique ; exemples : fl. Dianthus caryophyllus et sp. Phlox 
suateolens , Epigea repens , Chimaphila viridis , Orchis spectahilis , 0. odo- 
ratissima et sp. , etc. 

15. Genre. Od. vanillée [Od. vanilleus). Semblable à. la Vanille, déli- 
cieuse, trés-remarquable et distincte, se rapprochant cependant un peu des 
od. magnolée, prunée, benzoïque et nardacée ; exemples : Yanilla aromatica , 
fr. et les fl. de Rubtts fragrans Raf., Heliotropium perui'ianum et B.. euro- 
peum, var. odorata, Asclepias vanillea Raf., Liatris odoratissima , Alisma 
odorata, Raf., Cactus grandiflorus, etc. Est-ce une odeur aromatique? 

16. Genre. Od. hcsquée {Od. moschatus). Semblable au Musc, qui est 
un type animal. Mélange de fragrant et de fort , désagréable à certaines per- 
sonnes, à cause de cela ; exemples : Eroditimmoschatum, Allium moschatum, 
Ajuga iva ; Malva moschata, etc. 

17. Genre. Od. ambrée [Od. succiNErs). Semblable à l'Ambre gris et à 
l'Ambre jaune, qui sont des types animal et minéral. ïrès-rapprochè de 
l'odeur musquée ; mais moins forte et plus fragrante ; exemples : Raisin mus- 
cat. Melons; Uyhiscus abelmoschus, Centaurea moschata, iluscarium am- 
hrosiacum. 

18. Genre. Od. sandalée [Od. sandaleus). Semblable au Sandal. Elle 
est particulière aux bois et résines , et rapprochée des deux suivantes; exem- 
ples : bois de Santaleum sp., Larix cednis, Jtmiperus sp., gomme Copal, fruits 
de genièvre , etc. 



— 279 — 

19. Genre. Od. styracèe(OJ. slijraceus). Semblable au Slyrax, inlermé- 
(liaire entre les od. sandalée, olibanèe et mélangé de benzoïque; exemples : 
feuilles et résines de Styrax officinale, Liquidamhar styraciflua, comptonia 
asplcnifoUa , etc. 

20. Genre. Od. olibanèe ( Od. olibaneus). Semblable à l'Encens, déli- 
cieuse , mélangée de plusieurs odeurs aromatiques ; exemples : résines d'En- 
cens et de Myrrhe : bois dUAloexijlum, Géranium spinosnm, etc. 

II. Ordre. Odevrs ARo?iATiatES, trcs-pénélrantes. Balsamiques aromatisées ; 
moins agréables que les fragrantes. 

21. Genre. Odevr bexzoïque (Od. benzoicus). Semblable au Benzoïn, très- 
rapprochée des odeurs slyracée, laurinée et myrislique; exemples : feuil- 
les etc. , des Styrax henzoin , Laurus betizioin, Crotonhenzoin, etc. Elle est 
produite par un acide particulier, l'od. benzoïque. 

{La suite au prochain cahier.) 



CULTURE. 

Sîir la taille des Pêchers à Montrcuil , près Paris, et particulièrement sur la 
manière dont 31. Alexis Lepère dirige cette taille dans les jardins de M. le 
haron Fréville ; par M. Poiteaxj (1). 

Dès le siècle de Louis XFV , la commune de Montreuil était célèbre pour la 
culture et la taille du Pêcher. Ses laborieux et industrieux habitaus s'y li- 
vraient presque tous exclusivement avec un égal succès. La renommée de 
Montreuil parvint aux oreilles du fameux La Quintinie , fondateur et direc- 
teur du jardin fruitier-potager de Versailles. La Quinlinie tenait alors le scep- 
tre de la taille des arbres , et fut étonné d'apprendre que de simples villa- 
geois obtenaient des succès généralement admirés, en suivant d'autres prin- 
cipes que les siens. Il engagea donc le fils de Pépin , l'un des cultivateurs les 
plus distingués dans la taille du Pêcher , à quitter Montreuil et à venir à Ver- 
sailles tailler sous ses yeux dans le jardin du grand roi. Nous ne vous entre- 
tiendrons pas , Messieurs , des débats qui s'élevèrent entre le jeune Pépin et 
son maître , il nous suffira de vous rappeler qu'ils n'ont pu s'entendre ; que 
le jeune Pépin est retourné tailler les arbres de son père, à Montreuil, et que 
la taille à La Quintinie a continué de remplir le monde (2). 

(1) Cette note est extraite d'un rapport fait à la société d'Horticulture de Paris. 

(2) Sans doute ces derniers mots sont une hyperbole; maison m'en pardonnera la hardiesse 
quand j'aurai rappelé que sous Louis XIV le servilisme et la singerie étalent à leur comble j que les 
seigneurs et les courtisans voulaient que leurs jardiniers taillassent leurs arbres à La Quintinie ; 
que tous les jardiniers de boQ sens s'y refusèrent et aimèrent mieus se faire renvoyer, chasser que 
de se soumettre à l'absurde système de La Quintinie. Ce fut une vraie révolte du bon sens contre 
l'abnégation absolue. 



Cependant, comme la vérité ne peut pas rester toujours cachée, justice a 
«Mé enfin rendue à la méthode des Montreuillois, et celle du directeur du 
jardin fruitier-potager de Louis XIV, condamnée comme contraire au vœu de 
la nature et à l'intérêt du cultivateur. Ce jugement équitable , rendu un siècle 
après la mort de La Quintinie, confirmé par l'expérieDce , est aujourd'hui 
sans rappel. 

En effet , le système de La Quintinie était basé sur cet axiome : Retardez 
vos jouissances jiour jouir plus longtemps , axiome très-juste sans doute dans 
une infinité de cas, mais très-faux dans la culture des arbres fruitiers. La 
Quintinie taillait donc très-court , afin de retarder la mise à fruit de ses arbres 
et dans l'espérance de les faire vivre plus longtemps ; mais outre qu'il est très- 
loin d'être prouvé que tailler toujours court soit un moyeu de faire vivre les 
arbres plus longtemps, il arrivait entre les mains de La Quintinie et entre 
celles de ceux qui suivaient son principe, qu'un arbre qui rapporte naturelle- 
ment du fruit après deux ou trois ans de plantation, n'en rapportait qu'après 
dix ans , ordinairement en petite quantité, et quelquefois pas du fout; tandis 
qu'un arbre taillé selon la méthode de Montreuil a déjà, à l'âge de dix ans, 
payé cent fois son capital , et cent fois le loyer du terrain qu'il occupe. 

C'est donc avec raison que la méthode de La Quintinie est tombée dans 
l'oubli, et que celle des habilans de Montreuil a persisté et obtenu l'ap- 
probation partout où le Pêcher réclame la taille et la protection de l'espa- 
lier. 

Mais une chose bien étonnante , c'est que la faille du Pêcher fût déjà por- 
tée à deux doigts de sa perfection par les habitans de Montreuil , dès le siècle 
de Louis XIV, sans que l'on sût comment (1) , et que depuis ce temps jus- 
que il y a seulement une douzaine d'années, aucun d'entre eux ne lui ait fait 
franchir ces deux doigts , ce très-petit espace pour l'amener à la perfection 
complète. Parmi ces industrieux habitans , l'histoire des arbres fruitiers a 

(1) Selon Roger Scliabol, un cultivateur de Montreuil ayant par hasard jetC un noyau de Po- 
che de vigne ou de Corbeil au pied d'un mur au midi, il en serait résulté un Pécher dont les fruits, 
à la faveur de l'abri et de la chaleur qu'ils trouvaient contre ce mur, seraient devenus plus gros, 
plus colorés, plus succulens et meilleurs que ceux de plein vent. Ce cultivateur, voyant que la cha- 
leur était favorable aux Pêchers, attacha avec des loques et des clous les branches de son Pê- 
cher contre le mur, et il en obtint des Pêches encore plus grosses . plus colorées et meilleures. 
Telle serait l'origine de la culture du Pêcher en espalier, et de là probablement celle des autres 
fruits qu'on y soumet également. Roger .Schabol ne dit pas en quelle année cette culture a com- 
mencé; mais qu'elle ait commencé comme il le dit ou autrement, il est certain que ceux qui en 
attribuent l'invention à Girardotsont tout à fait dans l'erreur. Quand ce mousquetaire de Louis XIV 
est venu se fixer à Bagnolet, après s'être ruiné au service de ce prince (ce qui par paranthèse ne 
se fait plus depuis longtemps) , la culture du Pêcher en espalier à Montreuil était déjà, sinon cé- 
lèbre, du moins assez anciennepouravoir formé plusieurs cultivateurs à réputation, témoin le jeune 
Pépin, élève de son père, qui était si fort dans la conduite du Pêcher en espalier, qu'il n'a pas 
craint de préférer sa manière de tailler A toute la science prétendue du fameux La Quintinie qui 
l'avait attiré à Versailles pour ic faire travailler sous ses yeux. 



— 281 — 

(rès-honorablemenl enregistré les noms de Pepio, Mozart , Mèriel comme (rès- 
Iiabiles dans la taille du Pécher. Divers auteurs ont, avec raison, vanté l'iotelli- 
gence de toute la population de Montreuil , son activité, son travail exem- 
plaire , l'aisance où elle est parvenue. Les compilateurs ont présenté la taille 
à la Montreuil comme le nec plus ultra de la taille des arbres , et tout le 
monde le croyait lorsque , il y a vingt ans , M. le comte Lelieur de Ville- 
sur-Arce , après avoir rendu aussi une justice éclatante aux Monlreuillois , a 
démontre , dans sa Pomone française , que la taille à la Montreuil n'atteig- 
nait pas tout à fait la perfection dont le Pêcher est susceptible. 

L'imperfection constante et uniforme qui se trouve dans presque tous les 
Pêchers de Montreuil est évidemment le résultat d'une sorte de routine dans 
laquelle se tiennent enfermés presque tous les habitansde cette commune et 
de celle de Bagnolet , son émule ou sa rivale. Mais comment nous y prendre 
pour n'être pas accusés d'hérésie par les personnes qui ne jugent que d'après 
la renommée. Nous allons d'abord établir d'après M. Beugy-Puy vallée les trois 
phases de la taille du Pêcher; on en déduira , chacun d'après sa propre expé- 
rience , les avantages et lesinconvéniens. 

1° Ecole de La Quintinie; le principe était de tailler court, le but, de re- 
tarder la mise à fruit et de faire vivre les arbres plus longtemps. 

2" Ëcole de Montreuil; le principe est de tailler long, et le but, d'obtenir 
promplement une grande quantité de fruits : elle a trouvé dans Roger Schabol 
le plus ardent de ses nombreux panégyristes. 

3° École moderne; le principe est le même que celui de l'école de Mon- 
treuil , et le but , d'obtenir des arbres bien pleins , sans confusion , sans croise- 
meus, et bien garnis de fruits. M. le comte Lelieur en est le fondateur; il l'a 
établie en 1817, en recueillant les élémens épars qui en existaient déjà , et 
en leur joignant le fruit de sa propre expérience. 

La presque généralité des Pêchers de Montreuil offrent dans leur taille et 
dans leur conduite le défaut d'être dégarnis en dessous et d'avoir un vide con- 
sidérable au milieu; de sorte qu'ils ne couvrent la plupart que la moHié ou les 
deux tiers du mur qu'ils devraient couvrir entièrement, et qu'ils couvriraient 
en effet s'ils étaient taillés , ébourgeonnés , palissés et conduits selon les prin- 
cipes de l'école moderne. Cette imperfection , désagréable à la vue , contraire 
à l'harmonie et au raisonnement, a encore l'inconvénient de nuire à l'intérêt du 
cultivateur ; car il ne peut recueillir de fruits où il n'y a pas de bois, et son 
mur reste nu , sans utilité aux deux côtés inférieurs et au milieu du Pê- 
cher. 

Celte imperfection est bien plus grande encore dans beaucoup de jardins 
aux environs de Paris ; là , plusieurs jardiniers affectent d'allonger très-rapide- 
ment les deux ailes de leurs Pêchers , sans penser à les munir de branches 
secondaires et tertiaires, et bientôt leurs arbres ont l'air d'autant de télégra- 
phes : on voit , dans quelques-uns de ces jardins , des Pêchers de 20 à 2o pieds 
d'envergure , se toucher réciproquement et ne couvrir que la moitié de leur 
Tome 111. 36. 



— 282 — 

mur, consèquemmenl ne rapporter que la moiliê du fruit qu'ils rapporte- 
raient s'ils étaient conduits selon les principes de l'école moderne. Nous 
livrons ces observations aux propriétaires qui n'ont pas de jardinier de la pre- 
mière force, et qui cependant lui abandonnent la direction de leurs Pê- 
chers. 

D'après tout ce qui précède on ne peut trouver beaux et bons que ceux 
qui 1° s'étendent carrément sur leur mur; 2^ dont les branches inférieures 
s'allongent aussi loin horizontalement que les deux premiers membres dans 
leur obliquité ; 3" dont le centre est suffisamment garni débranches modérées 
par l'art et non disposées à s'élancer en gourmands ; 4° dont toutes les bran- 
ches à bois, convenablement espacées , sont aussi convenablement chargées 
de branches à fruit ; 5° et enfin, que ceux où l'art du remplacement se montre 
pratiqué avec toute l'intelligence que son importance réclame. C'est ce que 
nous avons trouvé dans les clos de M. Lepère. 

Ce cultivateur soumit à notre examen une cinquantaine de Pêchers res- 
taurés par lui il y a six ans, et qu'il conduit depuis cette époque. Ces arbres, 
nous a-t-il dit , étaient ruinés et presque stériles lorsqu'il a eutrepris de les 
ramènera l'harmonie et à la fertilité. Nous reconnûmes, en effet , jusqu'où 
il les avait ravalés , et tout le nouveau bois qu'ils ont produit depuis six ans. 
L'étendue de la plupart d'entre eux est considérable, et il en est qui peu- 
vent rapporter annuellement chacun six cents Pêches. Nous n'avons pas cher- 
ché , dans ces arbres , la symétrie que nous aurions exigée si M. Lepère les 
eût dirigés dès leur enfance ; mais nous avons constaté qu'il en avait tiré tout 
le parti possible. Au reste, la restauration ou le rajeunissement de vieux Pê- 
chers est fréquente en horticulture, quand le terrain et l'état sanitaire des ra- 
cines ne s'y opposent pas , et nous ne vous parlons môme de ces Pêchers que 
pour constater que M. Lepère sait restaurer des arbres aussi bien que les 
meilleurs jardiniers. 

De cet espalier nous passâmes à un autre d'environ trente Pêchers de l'âge 
de quatre ans , plantés et soignés par M. Lepère dans un terrain qui avait 
nourri d'autres Pêchers pendant longues années. Après avoir remarqué que 
les arbres de cet espalier offraient de grandes différences dans leur vigueur 
et leur grandeur respectives, et avoir fait, à cet égard, la part du terrain, 
celle de la constitution de chaque arbre, et celle du cultivateur, nous ques- 
tionnâmes M. Lepère sur tous les points possibles de la taille, sur les moyens 
qu'il avait déjà employés et sur ceux qu'il comptait employer ultérieurement 
pour obtenir tel ou tel résultat , pour faire surtout que les Pêchers se garnis- 
sent bien du bas , et ne présentassent jamais les vides que l'on remarque sur 
la plupart de ceux de ses confrères. Il répondit à toutes nos questions avec 
beaucoup de sens , nous expliqua clairement les raisons qui lui avaient fait 
tirer ses branches secondaires de (el ou tel endroit , et à telle distance les 
unes des autres pour en obtenir, avec le temps, des arbres aussi pleins el 
auisi carrés que ceux de son confrère , que nous lui citions pour exemple, 



-. 283 — 

et qu'il connaissait très-bien. Sur l'observation que nous lui fîmes qu'il avait 
commencé peut-cire un peu tard rélablissemenl de ses brandies secondaires 
les plus inférieures pour en obtenir des arbres toujours bien garnis du bas , 
nous l'avons entendu avec satisfaction nous répondre qu'il saura bien donner 
à ces brandies inférieures la vigueur et la longueur nécessaires , en ne les 
palissant que longtemps après les branches supérieures. Par une telle réponse, 
nous reconnûmes que cet estimable cultivateur n'est pas resté étranger à l'é- 
cole moderne , puisqu'elle recommande , en effet , de palisser les branches 
i..ierieures, lorsqu'elles sont faibles, un, deux et trois mois après les supé- 
rieures pour maintenir ou rétablir l'équilibre dans un arbre. 

Après cet examen , nous passâmes à un troisième espalier , dans un autre 
clos, où une vingtaine de Pêchers âgés de cinq ans sont plantés en terre plus 
neuve et meilleure que celles des précédens , et dont la vigueur et la végéta- 
tion sont des plus satisfaisantes. La plupart de ces Pècliers sont conduits de 
manière à former bientôt des arbres carrés, et à couvrir parfaitement leur 
mur; mais M. Lepère a voulu en élever aussi" quelques-uns à la manière, nous 
osons le dire , un peu routinière de ses confrères, soit parce qu'il tient encore 
à cette manière , soit plutôt pour avoir un point de comparaison entre l'école 
de Montreuil et l'école moderne. Nous fûmes enchantés de pouvoir lui dé- 
montrer, sur le terrain, en présence d'exemples vivans et de même âge, la 
supériorité de l'école moderne sur l'école de Montreuil ; que, dans celte der- 
nière , les arbres ont toujours le bas dégarni et le centre toujours vide , deux 
vices préjudiciables à l'intérêt du cultivateur; tandis que, dans l'école mo- 
derne les arbres s'élèvent carrément , n'offrent jamais de vide ni en bas ni au 
centre, couvrent complètement leur mur, et produisent une plus grande quan- 
tité de fruits. 

Nous trouvâmes bien quelques observations à faire à M. Lepère sur l'art 
du remplacement , sur la direction de ses brandies à fruit , sur leur espace- 
ment, sur l'éclaircie ; mais , sur tous ces points, nous reçûmes volontiers 
ses excuses, basées sur ce qu'il est, ainsi que tous ses confrères , écrasé de 
travail , et presque toujours forcé de n'exécuter que le plus indispensable. 



Procédé pour obtenir des Asperges de primeur à l'aide d'une circulation 

d'air échauffé. 

Ce procédé consiste à faire passer dans l'endroit dont on veut élever la 
température , un air échauffé par la fermentation du fumier pur et simple , 
ou d'un mélange de feuilles en putréfaction et de fumier que l'on entasse à 
cet effet dans des encaissemens particuliers. Pour faciliter la circulation de 
cet air chaud on a préalablement établi sous les madères fermenlescibles 
des conduits en briques, qui le portent au point déterminé. Ce Eioyen de 
.chauffage est extrêmement simple ; il n'entraîne à aucune dépense extraor- 



— 284 — 

dinaire et produit de Irès-bous résultats. Les réchauds ou doublures de fu- 
mier dont on entoure à propos les couches jjour en soutenir la chaleur ont 
pu en donner l'idée. Nous avons vu une de ces couches nouvelles en pleine 
activité; c'était un carré long, entouré d'un mur principal, dans l'intérieur 
duquel se trouvaient des bâches encaissées par de petits murs en briques. 
Entre chacune de ces bâches se trouvait un sentier creux , naturellement 
formé et encaissé par les séparations des bâches. On avait déposé dans les 
bâches la terre convenablement préparée pour recevoir les plantes ou griffes 
d'asperges ; les sentiers étaient comblés de fumier que l'on remuait et que 
l'on renouvelait selon le besoin, pendant le cours du chauffage. Il y avait 
plusieurs ouvertures pratiquées dans les murs de séparation : ces ouvertures 
faisaient l'office des bouches de chaleur, par lesquelles la terre des bâches 
s'échauffait plus promplement et s'entretenait daus un étal de chaleur sou- 
tenue. Suivant l'activité que l'on voulait donner au mode de chauffage , on 
recouvrait plus ou moins soigneusement les bâches de leurs châssis , et quand 
la température le permettait on enlevait même entièrement ces châssis. 
C'est ainsi que par une manœuvre bien calculée, on avait des asperges depuis 
les premiers jours de l'année , jusqu'à l'époque où les bourgeons arrivent 
naturellement à fleur du sol. 



Sur la Violette pensée (Viola tricolor) et ses nombreuses variétés. 

Tout le monde sait que ce charmant petit végétal est susceptible de varier 
à l'infini, et les fleurs brillantes que produisent les nombreuses variétés ont 
encore le mérite précieux qu'aucune autre plante ne possède à un degré aussi 
éminent , celui de se succéder presque sans interruption, pendant toute la 
saison florale , c'est-à-dire, depuis le commencement d'avril, jusqu'à la fin 
d'octobre , et même plus tard , si les gelées ne sont point précoces. Au mérite 
d'une floraison aussi constante , elles joignent encore celui d'orner avec une 
grâce toute particulière, les parterres les mieux soignés; (mais pour cela il 
faut qu'elles y soient placées avec goût et discernement). Comme les Tulipes, 
les Jacinthes , les renoncules, les Anémones, etc., les Violettes-pensées de- 
mandent à être disposées en lignes, et pour qu'elles fassent leur effet dans 
une plate-bande , il faut qu'elles y soient plantées à quinze ou dix-huit 
pouces de distance du premier plan; qu'elles ne se répètent et même ne se 
rapprochent pas ; que les fleurs au contraire, tranchent par une opposition 
bien sensible avec celles des autres plantes qui précèdent ou qui suivent 
immédiatement. La même fleur quelque belle qu'elle soit fatigue l'œil lors- 
qu'elle se trouve trop répétée ; il en est des couleurs comme des sons , il 
faut les varier avec intelligence, pour produire de l'harmonie. 

Les Violettes-pensées se reproduisent toutes avec une égale facilité , et 
toutes acquièrent en très-peu de temps la vigueur des mauvaises herbes; 



— 285 — 

toutes les qualités de sol, (ouïes les expositions leur conviennent; elles bra- 
vent le froid comme la chaleur, la sécheresse comme l'humidité; elles se 
chargent elles-mêmes de leur propagation et donnent spontanément naissance 
à une foule de variétés; toutes choses fort précieuses pour les cultivateurs 
négligens comme pour les amateurs fort occupés d'autres affaires. Toutefois, 
quand on veut cultiver les Violettes-pensées avec ordre , il faut au moins 
s'en occuper assez pour y réussir, en tirer tout le parti possible, et user de 
toutes les ressources auxquelles ces modestes végétaux se prêtent si admi- 
rablement. Ainsi , en recueillant leurs graines qui se présentent nues sur 
leur placenta ouvert lors de la maturité , et en les semant de très-bonne 
heure au printemps, dans la terre meuble d'une bonne plate-bande abritée, 
elles lèvent en pépinière, croissent rapidement et fleurissent de même; il 
suffit pour cela de les tenir propres et de les aider par quelques arrosemens , 
quand il fait très-sec. La fleur détermine les choix pour assortir les plantes 
selon les couleurs et les dessins. On les met en place avec toute la prècaulioa 
convenable; on les lève ou en moites ou à racines nues par un temps plu- 
vieux; s'il est sec , on les arrose et on les abrite sous des pots renversés; en 
moins de cinq ou six jours, elles reprennent le cours ordinaire de leur végé- 
tation. 

Quand on veut profiler de l'ensemencement spontané, on se contente de 
biner la terre autour des vieux pieds, afin de la bien disposera recevoir les 
graines qui germent et lèvent à toutes les époques. On met en pépinière les 
jeunes individus quand ils ont fait plusieurs feuilles, afin de pouvoir en dis- 
poser à volonté. 

Il est facile de propager et conserver intactes les variétés par le moyen 
des boutures que l'on fait à l'ombre et par la méthode étouffée, ou bien par 
le marcottage. Alors il faut soigner pendant quelque temps les nouvelles 
plantes et les abriter des rigueurs du premier hiver, soit dans l'orangerie, 
soit sous des couvertures de paille et de litière. 



Sur les moyens de faire parvenir à l'état de maturité parfaite, les fruits du 
Coignassier du Japon, Mespilus Japonica; par M. Van Mons. 

Jusqu'ici quelques soins que l'on ait pris , quelques moyens que l'on ait 
employés pour faire mûrir les fruits du Coignassier du Japon , l'on n'a pu y 
réussir complètement , et jamais les pépins que l'on a détachés des cinq loges 
cartilagineuses qui les renferment ordinairement, n'ont pu produire de plan- 
tes nouvelles par le serais; cela lient à ce qu'on laisse subsister sur les 
arbres et arbustes, les fruits de seconde sève, qui absorbent insensiblement 
les sucs nourriciers , destines à perfectionner le fruit , vers l'époque de sa 
maturité, et à assurer ainsi le paisible accomplissement de celte période de 
végétation. Mais si l'on supprime ces fruits de seconde sève , ceux de i>re- 



- 286 — 

mière mùrissenl et les pépins acquièreut la facullè germiualive qui aupara- 
vant se trouvait suspendue. Ce fait établi et prouvé, il n'est point douteux 
que par les semis successifs, on ne parvienne à obtenir, comme au Japon, des 
coings succulens , plus ou moins moditiés suivant les modes de culture em- 
ployés, et susceptibles de produire conséquemment une multitude de varié- 
tés , ainsi que nous l'observons dans nos poires. L'expérience nous a démon- 
tré depuis longtemps qu'il est de l'essence du Coignassier comme du Poirier, 
de ne se jamais reproduire identique par le semis; ainsi les variations dans 
les produits ne peuvent être que très-nombreuses, et si jusqu'à ce jour, on 
ne les a pas cherchées dans le semis des pépins de coings, c'est que les 
poires ayant été préférées, celles-là ont été négligées, et que la facilité qu'ont 
les Coignassiers de se reproduire par les drageons , dispense de recourir à 
toute autre méthode , même pour les besoins multipliés que l'on éprouve, en 
beaucoup d'endroits , de cet arbuste sur lequel on greffe assez souvent les 
poiriers à basses tiges. 



INDUSTRIE ET CONSTRUCTIONS HORTICOLES. 

Rép.exîons sur le projet d' agrandissement et d' emhellissement de la ville de 
Bruxelles, 'présenté par ^l. Dubois. — Moyen d'exécution de ce projet, 
quant au palais de l'industrie et aux collections des produits naturels (1). 

On ne peut lire sans un vif intérêt, le projet que vient de publier M. Hn- 
gênieur Dubois, sur les embellissemens et les agrandissemens possibles de la 
ville de Bruxelles; tout, dans ce projet , respire l'amour et la prospérité du 
pays, et l'on ne saurait rester froid et muet devant un acte aussi vrai de pa- 
triotisme. 

En livrant son travail à la critique judicieuse et éclairée de tous les hommes 
capables de le seconder dans des vues aussi louables que généreuses, M. Du- 
bois appelle leur concours pour remplir quelques lacunes que laissent dans ce 
vaste projet, des objets de détail auxquels l'auteur n'a pu ni dû s'arrêter; 
chacun, selon nous, mettant de côté tout petit calcul d'intérêt personnel et 
d'amour-propre , doit répondre à l'appel de M. Dubois, et nous nous empres- 
sons d'aborder une partie qui , dans le plan projeté , a été tracée d'un point 
trop élevé pour que l'on ait pu y comprendre les énormes avantages qu'elle 
doit procurer à Tinslruction comme à l'industrie ; nous voulons parler du 
monument que l'on propose d'élever à cette divinité nourricière du monde, qui 

(1) Cn correspondant nous adresse celle pièce , en nous priant de la comprendre dans V Hor- 
ticulteur Belge; nous nous empressons de nous rendre à ses dôsirs, en publiant cette pièce et le 
plan qui l'accompagne , tels que l'une et l'autre nous ont été remis. 



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— 287 — 

accueiilo et protège sans dislinclion aucune, et le mérile sous le haillon, et 
le génie sous les broderies, qui ont le courage de se vouer à elle.'L'un et l'autre 
obtiennent des faveurs dont ils n'ont point à rougir et se placent bientôt sur le» 
mêmes degrés du grand édifice social. L'idée de présenter mécaniquement à la 
vue, les voies ouvertes à l'industrie et les efforts soutenus jusqu'ici par cette 
véritable puissance, pour arriver aux résultats qu'elle a obtenus , est l'une des 
plus heureuses qui puissent nous frapper; son exécution a pour but d'ouvrirà 
tous le champ desperfectionnemens, de fixer la vocation encore incertaine du 
prédestiné chez lequel la seule vue d'un métier peut sur le champ décider un 
Vaucanson , un Jacquart. 

M. Dubois propose d'élever le monument de l'industrie sur le terrain même 
du Jardin Botanique , dont les serres , les plus belles du monde sans en excep- 
ter même celles qui viennent d'être construites dans une capitale voisine , se 
lieraient avec le monument projeté et en formeraient une des aîles. Cette con- 
ception est fort ingénieuse; elle se trouve d'accord avec la pensée d'un prince 
jugé bien sévèrement sans doute, mais dont le plus grand tort fut de n'avoir 
point assez bien apprécié la nation qu'il était appelé à gouverner. Lorsqu'on 
présenta à ce prince le projet d'établissement d'une société royale d'horticul- 
ture , il dit après un moment de réflexion : « Ce plan est bon et certainement 
Irès-honorable pour ceux qui l'ont formé , néanmoins il est incomplet en ce 
qu'il n'embrasse qu'une partie des sciences naturelles; il faudrait faire en 
sorte d'y comprendre le reste , et le gouvernement ainsi que moi y contri- 
bueront bien volontiers. J'ai un grand nombre d'animaux vivans , disséminés 
dans plusieurs ménageries, et je les réunirai à Bruxelles; on pourrait les 
loger dans un bâtiment parallèle aux serres etqui s'étendrait jusqu'à la rivière ; 
enfin, il faudrait élever au centre une vaste construction disposée de manière 
à recevoir toutes les collections des produits du pays, et surtout de l'Inde et des 
autres colonies, collection qui n'existe encore nulle part (à cette époque le 
musée de Leyde n'avait point l'importance que lui a donné la séparation des 
Pays-Bas); veuillez vous occuper dès ce moment, des moyens d'acquérir les 
terrains à ajouter à ceux du Jardin Botanique.» C'est dans ces préoccupations , 
que sont survenus les événemens de 1830 , qui ont mis fin à toutes les recher- 
ches et pourparlers relatifs aux désirs du roi Guillaume. 

Mais combien, dans les circonstances acttielles, ne serait-il pas convenable, 
sous tous les rapports , que le gouvernement et le roi que se sont donnés les 
Belges, reprissent, puisque l'occasion s'en présente, les choses au point où 
a dû les laisser le gouvernement déchu ? Le plan présenté par l'ingénieur 
Dubois tend à ce but; tout le monde y sourit , et l'on ne paraît embarrassé 
que sur quelques moyens d'exécution ; embarrassé n'est point le mot, car le 
pays peut aisément fournir ces moyens , et l'orgueil national saura les 
trouver. 

Nous ne nous dissimulons pas que le plan ne soit très-grandiose; mais s'il 
ne l'était pas , devrait-on s'en occuper? arrêtons un instant nos regards sur tous 



— 288 — 

CCS hôtels , sur toutes ces villas qui, depuis six ou huit ans se soot élevés pres- 
que parenchanlemenl dans Bruxelles et ses environs, et, après avoir réfléchi 
à la richesse individuelle qui a produit en si peu de tenaps, de si grandes 
choses, peut-on penser que la richesse nationale recule devant des construc- 
tions monumenlales , indispensables pour rallier toutes ces belles construc- 
tions éparses , et leur donner pour ainsi dire de la vie , en doubler la valeur ? 
Du reste si les ressources publiques étaient réellement jugées insufCsanles , 
je secours des associations particulières pourrait être invoqué pour quelques 
parties, et aucune ne s'y prêterait mieux que le palais de l'industrie : là cha- 
cun , suivant ses moyens, s'empressera de porter son tribut d'autant plus 
volontiers que l'on sera certain d'en tirer un gros intérêt en jouissance comme 
en instruction. Ce moyen a grandement réussi partout où il a été employé , 
dans les états les plus circonscrits, comme dans les royaumes les plus puis- 
sans : en choisissant dans ces deux extrêmes nous citerons Genève et Londres. 
Dans l'une et l'autre de ces villes, les difficultés qu'avaient rencontrées les gou- 
vernemens dans des établissemens d'utililé ou d'instruction publiques, ont 
été aussitôt aplanies par des associations. Nous avons vu la ville de Genève, 
quoique réduite à ses seules ressources municipales , prouver aux souverains 
réunis en congrès, qui la convoitaient, la puissance de ses antiques institutions 
indépendantes, en décrétant, à cette époque de trouble presque général , la 
formation d'un musée académique et confier à ses citoyens le soin de l'ériger. 
Aussitôt une administration parliculière s'est établie : chaque classe de la société 
y a envoyé des membres , et six ans après , la ville de Genève montrait avec 
fierté , un des plus beaux monumeus élevés aux sciences naturelles , un corps 
d'instruction à la tête duquel était accouru se placer l'illustre De Candolle ; et 
tout cela par la seule libéralité , par le dévouement bien calculé de ses habi- 
tans. 

La capitale de la Grande-Bretagne , moins heureuse que Paris, ne pouvait 
offrir à l'admiration des étrangers, qui la visitaient, un muséum d'histoire 
naturelle; un établissement semblable lui manquait; on n'y trouvait que 
quelques collections particulières et isolées, disséminées dans les divers quar- 
tiers de Londres; néanmoins, on distinguait celles du marchand naturaliste 
Bulloch. En 1816, ce naturaliste mit ses collections à la disposition du public, 
moyennant une rétribution ou cotlisalion qui fut réglée et perçue par quel- 
ques commissaires zélés; tel fut le noyau ou l'origine de l'importante 
société zoologique de Londres, qui déjà, en 1820, comptait parmi ses 
membres, tout ce que l'Angleterre offre de personnages distingués parleur 
rang, leur fortune ou leur mérite personnel. Cette association possède des 
ressources immenses qui ont permis le choix et l'acquisition de vastes terrains 
la construction d'édifices magnifiques, où des collections en tout genre, rivali- 
sent maintenant avec celles des plus beaux cabinets de l'Europe et les surpas- 
sent même en richesse, nous n'en citerons qu'un seul exemple : il y a actuel- 
lement à la société zoologique de Londres , cinq girafes vivantes, tandis que 



— 289 — 

l'on n'en voit qu'une seule à Paris, encore a-t-elle él6 accordée comme une 
grande faveur , au roi de France par un monarque africain. 

Les grandes pensées qu'ont réalisées les citoyens de Genève , ainsi que les 
fiers liabilans de Londres, seraient-elles donc inaccessibles aux Belges, qui. 
de l'aveu général, constituent, dans l'échelle proportionnelle, la nation la 
plus riche et la plus industrieuse? pourquoi ne s'élèverait-il pas aussi dans 
son sein, une association généreuse, mue par le désir de s'instruire et de s'amu- 
ser tout à la fois? Dès lors commencerait l'exécution du grand projet de 
M. Dubois. L'association nouvelle obtiendrait vraisemblablement la coopéra- 
tion de la société royale d'horticulture , et toutes deux confondant leurs inté- 
rêts, aviseraient aux moyens d'acquérir promptement les terrains, condition 
première de l'établissement ; la construction des édifices s'opérerait à mesure 
que s'accroîtraient les ressources sociales. 

L'exécution d'un plan quelque bien entendu qu'il soit, est rarement exempte 
de difficultés; et ces difficultés grandissent nécessairement quand on propose 
de construire de très-grandes choses avec de faibles ressources ; mais , nous 
le répétons, dans des circonstances semblables à celles que l'on veut faire 
naître, on doit beaucoup compter sur le patriotisme, sur un besoin éprouvé 
de l'instruction et encore sur un motif secondaire qu'il faut bien se garder de 
négliger, l'attrait du plaisir. Nous proposons donc hardiment quelques moyens 
d'exécution. 

Dans le nouveau projet comme dans la conception du roi Guillaume , l'ac- 
quisition du terrain devra èlre faite par le gouvernement. 

Pour la construction des édifices et la réunion du matériel , il sera formé 
une société anonyme et patriotique dont le capital sera de quinze cent mille 
francs, représentés par ISOO actions. Les versemens s'effectueront selon les 
besoins et d'après une demande faite en temps opportun par l'administration. 
Chaque action portera un intérêt annuel de quatre pour cent , qui pourra s'éle- 
ver jusqu'à cinq quand seront effectuées les dépenses de premier établissement. 
L'administration de la société sera réglée de manière qu'il n'y ait que le 
moindre nombre possible d'agensou d'employés rétribués. 

Les directeurs et administrateurs seront à la nomination du roi qui les 
choisira dans une liste triple de candidats présentés par la société. Les 
uns et les autres devront contribuer pour une somme majeure au fond so- 
cial. 

Les commissaires seront à la nomination de la société. 
Les constructions achevées, l'administration fera un appela tous les Belges 
et même aux étrangers possesseurs de collections ou de parties de collections 
scientifiques et industrielles, pour les engager à venir apporter ces objets pré- 
cieux en échange d'actions ou de coupons d'actions qui représenteront la valeur 
des objets, d'après une estimation qui en aura été faite. On sentira que c'est un 
moyen de mettre à l'abri de la ruine ou de la dispersion une foule d'objets 
rassemblés avec des soins infinis, quand la mort ou d'autres événemens vien- 
TOMF. 111. 37. 



— 390 — 

nenlà frapper le savant ou Tamateur qui mellait (ouïe sa jouissance dans la 
possession de ces objets. 

Il sera formé une bibliothèque où seront rassemblés tous les ouvrages rela- 
tifs aux sciences et à l'industrie. 

Afin que la société pourvoie aux dépenses d'entretien et d'accroisse- 
ment des collections, de réparation des constructions et à l'intérêt annuel 
des actions , il sera perçu un droit d'entrée à l'établissement ; ce droit pourra 
être converti en abonnement pour les habitans de Bruxelles et des envi- 
rons. 

On trouvera dans l'établissement tous les moyens possibles d'instruction cl 
de distraction : jouissance des collections , promenades botaniques , salons de 
lecture , de conversation , de musique ,' de rafraîchissement , etc. 

Il y aura chaque année un certain nombre de fêles, de grandes réunions 
exclusivement consacrées à l'amusement, et que l'adminislralion aura soin 
de varier de toutes les manières, afin d'y attirer et entretenir l'affluence. 

La société établira un commerce en grand de piaules nouvelles et d'agré- 
ment, d'animaux vivans et préparés, de toutes les productions soit naturelles, 
soit du génie et de l'industrie qui ne font point une partie habituelle des rela- 
tions commerciales. 

Enfin la société avisera à toutes les mesures , elle concentrera tous ses efforts 
pour produire un monument d'utilité publique qui puisse être cité par toutes 
les nations civilisées et leur servir d'exemple. 



ANIMAUX NUISIBLES. 

Moyen de se débarrasser des fourmis. 

Le hasard a procuré à M. N, une observation qui peut devenir précieuse 
par ses résultats. Ses magasins étaient infestés de fourmis, et tout-à-coup, il 
s'aperçut que, dans l'un d'eux, la présence des insectes incommodes avait 
entièrement cessé ; il voulut en pénétrer la cause , et pour y parvenir, il fit 
transporter successivement chacun des objets dont se composait le magasin 
purifié, dans ceux qui étaient encore infestés : bienlùt il eut la conviction 
qu'une barrique d'huile de poisson opérait le prodige. Ayant voulu s'assurer 
ensuite si le préservatif pouvait s'appliquer aux plantes et arbustes des jar- 
dins qui ont si souvent à souffrir du voisinage des fourmis, il répandit quel- 
ques gouttes d'huile de poisson sur les feuilles et les rameaux de plusieurs 
arbustes que les insectes parcouraient en tous sens. En peu d'heures 
les plantes furent totalement abandonnées ou délivrées. Entce aux émana- 
tions félidés que répand l'huile de poi'ison qu'il faut attribuer la fuite des 
insectes, ou bien est-elle le résultat de l'action mécanique du fluide visqueux 



— âoi — 

et oléagineux. Les oLservalions no sont point encore assez nombreuses pour 
jiermeltre déporter un jugement certain sur lo fait; il est réel, et chacun 
peut 8'en assurer sans effort d'imagination comme sans grande dépense d'ar- 
gent. Employons toujours le moyen eu attendant que la cause vieuuo se 
dévoiler. 



PLANTES UTILES ET CULINAIRES. 

Sur le parti quo l'on peut tirer de quelques espèces du genre Basella, commo 
plantes alimentaires. 

Le genre Basella dont le nom est d'origine nialabare , a été institué par 
Linné qui l'a placé dans la pentandrie Irigynie, en lui assignant pour carac- 
tères principaux un calice urcéolô , persistant et charnu, à sept divisions 
dont deux extérieures , plus larges ; cinq éfamines ; un ovaire surmonlé do 
trois styles auxquels sont adués autant de stigmates. Ce genre qui , suivant 
le système de Jussieu, appartient à la famille des atriplicées, se compose 
maintenant de huit espèces qui ont pour patrie les Indes, le Japon ou le sud 
de l'Amérique ; ce sont des plantes herbacées, à tiges un peu grimpantes et 
garnies assez généralement de feuilles épaisses et charnues que, dans l'Inde, 
on accommode, pour le service de la table, ainsi que nous faisons ici des 
èpinards; elles en ont à peu près la saveur, et l'emportent de beaucoup sur 
eux pour la délicatesse. On y fait concourir également et la baselle blanche, 
et la baselle rouge. L'une et l'autre sont des plantes bisannuelles , toujours 
vertes et qui, consôquemment, peuvent pourvoir en toutes saisons aux besoins 
de la cuisine pour les personnes qui ont des serres ou des bâches. 

Si l'on voulait en faire une plante annuelle, on la sèmerait sur couche, 
et on la transplanterait en juin , dans le potager. Cette plante étant grim- 
pante se trouverait fort bien placée contre un latis ou un espalier. 



PLANTES NOUVELLES ET D AGRÉMENT. 

Solanum reptans ; Morelle traçante. 

Parmi les plantes que M. F. Vandermaelen a reçues de Buenos-Ayres, vers 
le commencement de cette année, s'est trouvée la racine tuberculeuse d'un 
Solanum nouveau qui a reçu de M. le professeur Scheidweiler le nom spéci- 
fique de reptans. Nous nous empressons de donner la figure de cette plante, 
dans nos planches coloriées (n" 65) , et nous en consignons ici la description. 



— 392 — 

SoLANCM REPTANS. Stoloiiibus reptantihus ; foliis pinnatis , pilosis : folio- 
lis oblongis, obtusis , margine ciliatis ; racemis simplicibus, folio breviori- 
hus ; caule herbacée , lœvi , hasi violaceo ; floribns violaceis. 

Le tubercule est arrondi, d'un brun rougeâtre à l'extérieur, blanchâtre in- 
térieurement; il en sort des racines traçantes et des stolons qui percent le sol 
et forment bientôt des liges herbacées , cylindriques , rougeàtres ou \iolettes 
à leur base, très-faiblement velues presque glabres, garnies de feuilles ailées, 
composées de sept folioles inégales, oblongues, obtuses , l'impaire ordinai- 
rement beaucoup plus grande que les deux intermédiaires qui ont seize à 
dix-huit lignes de longueur et moitié de largeur, veinées et même un peu ré- 
ticulées, d'un vert pâle et presque glabres en dessus , blanchâtres et parsemées 
de poils un peu rudes en dessous; le pétiole est assez alongé, strié longitudi- 
nalement , et légèrement décurrent , ce qui fait paraître les tiges anguleuses 
dans une certaine partie de leur étendue. Les fleurs sont réunies en grappes 
simples au sommet des tiges, peut-être seront-elles aussi axillaires; elles 
sont portées sur des pédoncules moins longs que les pétioles ; elles paraissent 
au mois d'août, et sont d'une belle couleur de lilas très-pâle. Le calice est 
vert, persistant, divisé en cinq dents aiguës. La corolle est monopétale, 
rotacée avec son tube peu apparent ; son limbe est grand , ouvert , plissé ou 
ondulé, à cinq lobes réfléchis ou anguleux. Les étamines, au nombre de 
cinq, ont leurs filamens blanchâtres, courts et subulès; ils supportent des 
anthères oblongues, dressées, rapprochées en faisceau, biloculaires et d'un 
jaune doré. L'ovaire est arrondi , surmonté d'un style filiforme que couronne 
un stigmate obtus. Nous n'avons point encore vu le fruit. 



Pervenche à fleurs pleines; Vinca miner; flore pleno, 

M. Jacques, directeur des parc et jardins de S. M. le roi des Français , au 
château de Neuilly, vient d'obtenir celte jolie plante de ses semis. Elle est 
suffrutescente , sarmenteuse ou rampante, à tiges grêles, à feuilles petites, 
opposées, elliptiques, entières, lisses, luisantes, d'un verl agréable , mais un 
peu grisâtre , surtout en dessous. Les fleurs sont très-nombreuses, axillaires et 
terminales; la corolle, qui a six lignes de diamètre, est composée de plusieurs 
disques ou lames infondibuliformes , engagés les uns dans les autres, avec 
leurs bords découpés en cinq divisions ; leur couleur est le bleu azuré , 
légèrement pourpré , avec la gorge blanche à son'orifice interne. Cette belle 
plante est d'un grand effet dans les plate-bandes, et s'étend avec rapidité, 
surtout dans celles de terreau de bruyère. Toutes les expositions lui con- 
viennent également ; elle parait même se plaire dans les lieux ombragés. 
On la propage facilement de boutures et de marcottes, ainsi que par l'éclat 
des racines. 




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— 293 — 



MÉLANGES. 

Excursion horticole en Belgique ; par M. Berlèze. Extrait d'un rapj^rtfait 
à la Société d'Horticulture de Paris. [Suite). 

Anvers possède aussi ses réputations horticoles. M. Moëns est toujoursdigne 
de sa renommée : il cultive avec succès les plantes du tropique, du Cap , de 
la Nouvelle-Hollande, et surtout un grand nombre de Camellia. C'est de ses 
semis que sont sorties les belles variétés connues sous les noms de C. cardi- 
nalis , Parfhoniana , miilfifora et rosa superba. J'ai vu chez ce jardinier une 
quantité de Pœonia arhoreapapateraeea, aussi de graines, dont une d'un blanc 
pur, alla plena, une rouge foncé , appelée G allie a , une troisième nommée 
speciosa rithra , provenant de Varhorea roseo-odorata ; tou!es les trois à fleurs 
doubles, et d'un beau développement. 

M. Moëns a obtenu vingt et une médailles d'encouragement aux diverses 
expositions, depuis leur fondation en Belgique. 

M. de Wacl, amateur très-instruit, fait beaucoup d'expériences sur les 
greffes les plus difficiles. Voici ce qu'il a observé au sujet de l'Abricotier, 
Vous savez , messieurs, que , pour greffer l'Abricotier, on préfère générale- 
ment une branche bien nourrie de sève , bien œilletée , la pousse de l'année 
précédente. M. de Waël est d'avis que la première de ces précautions est per- 
nicieuse , la seconde inutile. Aussi , dit-il , la reprise de ce bois si jeune est 
tout naturellement rare, d'abord parce que la moelle spongieuse et dilatée que 
renferme celte branche fraîchement aoùlée est sujette à se serrer et à sécher 
par toute température ictempestive ; puis le bois plus tardif du premier , loin 
d'alimenter la greffe trop saine et trop vivace qu'on lui applique, attire la sève 
qui la remplissait. Afin de parera ce double inconvénient, M. de Waël a choisi, 
dans les Abricotiers qu'il désirait multiplier, du bois vieux de deux , trois et 
quatre ans. Celui de deux ans était encore fourni d'yeux, mais en grande partie 
déjà desséchés : celui de trois ans, à qui il donne la préférence, en était entière- 
ment dégarni, et à celui de quatre ans, on voyait à peine la place qu'ils avaient 
occupée. Ses essais de l'année dernière ayant complètement réussi , il les re- 
nouvela cet hiver, et il en obtint un égal résultat (1). 

[La fin au prochain cahier). 



Sur l'Agare américaine. 

En insérant dans notre cahier du mois de février dernier, quelques détails 
sur la floraison d'un Agare americana, dans les serres de M. G. Claes,à 

(1) D'après ces résultats , il faudrait donc que les yeux de l'Abricotier ne s'éteignissent pas 
aussi promptement qu'on le pensait. 



— 294 — 

Herkeurode , nous avons signalé le fait de cette floraison , comme excessive- 
ment rare en Belgique, et en effet d'après le résultat de notre correspon- 
dance à cet égard, il parait que de mémoire d'hommes contemporains, 
il n'y a eu que trois ou quatre exemples de cette floraison, et tous dans 
des collections qui n'existent plus. Les détails dans lesquels on a bien 
voulu entrer, nous confirment dans l'opinion que la fleuraison de l'Agave 
n'est qu'une crise maladive qui n'entraîne point la mort de la plante 
comme on le croyait vulgairement. Néanmoins, il paraît assez certain que, 
dans nos climats, la plante ne récupère jamais, après la floraison, les facultés 
reproductrices dont elle jouissait auparavant, et que la tige centrale qui suc- 
cède à celle qui a fleuri n'acquiert jamais plus assez de vigueur pour donner 
de nouvelles fleurs. Il se peut aussi que cet état d'impuissance soit dû à la 
présence des nombreux rejetions qui se produisent autour du collet de la 
racine de même qu'au-dessus de la souche immédiatement après la floraison 
de la tige principale ; il est encore très-probable que, dans ce cas, les efforts 
que fait la végélation, afin de pourvoira la subsistance des jeunes plantes, 
tournent au détriment de la nourriture de la tige principale et que celle-ci 
demeure constamment languissante. C'est ce que nous avons vu l'an dernier, 
dans les deux Agace geminifora qui ont fleuri l'un dans les serres de 
M. François Vandermaelen, à Molembeke, l'autre dans celles de la Société 
royale d'IIorlicultuie de Bruxelles; tous deux sont encore en vie, mais ex- 
trêmement languissans et non-seulement hors d'état , maintenant , de repro- 
duire une nouvelle tige centrale, mais même d'entretenir les rejetions du 
pied; au reste, l'un d'eux a fourni des graines en quantité suffisante, pour 
procurer des plantes nouvelles (qui sont même déjà assez grandes) à tous les 
amateurs du pays et même des états voisins. Il est assez extraordinaire que 
l'autre, celui de M. Vandermaelen, n'ait donné aucune capsule fécondée, 
dans les milliers de fleurs qui garnissaient la tige. 



Note sur le Chou-Chou (Sechium edule, Br.; Sicyos edulis, Jacq ); par 
M. Vanhoctte. 

Le Chou-Chou, que les Anglais nomment C7ioÂ:o etqueM. ÉmileDewael (1), 
désigne sous le nom de Chayote ou Chocho , sans doute d'après la pronon- 
ciation dans les localités qu'il avait visitées , est une plante de la famille des 
cucurbitacées,que pour ses fruits, l'on cultive généralement sous les tropiques. 
Elle est vivace et non pas annuelle ainsi que le disent Loudon , Brow n et autres. 
Nous pourrions la cultiver dans nos serres à la manière des passiflores : elle 
y donnerait probablement des fruits qui seraient, selon moi, estimés. Les 
Brésiliens en font beaucoup de cas. Ils cuisent le Choit-Chou avec la carne- 

(1) Voyez page 252. 



— 295 — 

secca assaisonnée forlcraenl de pimenl. Je l'ai mangé souvent ainsi accom- 
modé cl malgré sa saveur gluante, il variait agréablement mes repas. 



JSur les Valdias. 

Le genre Dahlia , institué en 1791 , par Cavauilles, dans ses Icônes plan- 
tarum, (vol. 1 , pag. S6) , en l'honneur du botaniste suédois Dabi , qui avait 
déjà reçu un semblable hommage de la part du célèbre Thunberg (1) , ap- 
partient à la grande et belle famille des synanthérèes, tribu des hèlianthées, 
syngénésie frustranée de Linné. Il ne se compose encore que d'un très-petit 
nombre d'espèces, que bien des botanistes même, ne considèrent que comme 
des races différentes d'une seule souche. Les premières plantes ont été appor- 
tées du Mexique en Espagne , au jardin botanique de Madrid ; c'est delà qu'il 
en parvint en France par l'intermédiaire du docteur Thibaud , ami de Cava- 
nilles qui les adressa directement au Muséum d'histoire naturelle, tout au 
commencement de l'année 1802. A cette époque, la collection entière des 
variétés de Dahlias se montait à trois, et malgré l'enthousiasme avec lequel 
ces jolies fleurs furent reçues parles Français, il se passa plusieurs années 
encore avant que l'on songeât à les faire varier par la culture ; ce n'est môme 
qu'en 181 3 que l'on vit paraître , à Sèvres , le premier individu à fleurs dou- 
bles ou pleines , et l'on connaît le nombre immense de variétés que l'on a 
obtenues depuis. 

Beaucoup d'amateurs se virent forcés d'abandonner cette plante à laquelle 
ils reprochaient ses trop grandes dimensions et le besoin de tuteurs très- 
solides qui ne les préservaient pas toujours des mutilations que trop souvent 
leur causent les violentes bourrasques de l'automne. D'un autre côté, il faut 
dire que tout magnifiques que sont ou peuvent être les grands Dahlias, ils ne 
conviennent point aux petits parterres de beaucoup d'amateurs. Non-seule- 
ment ils y tiennent trop de place, mais encore ils étouffent bientôt des 
plantes que l'exiguité du terrain ne permet pas d'en tenir assez éloignées 
pour y végéter convenablement dans le même voisinage. 

Toutefois depuis que les sciences sont progressives, celle de l'horticulture 
a marché non moins rapidement que les autres; on est parvenu par la cul- 
ture et ses diverses modifications à réduire les grands Dahlias, et, par le 
semis, à en obtenir de nains, voire même de douze à quinze pouces. Ils 
permettent à l'horticulteur de la petite comme de la grande propriété de cul- 

(1) L'habitude, souvent plus forte que tous les raisonnemens, a , malgré une antériorité bien 
constatée, conservé le nom de Dahlia à un genre que les boUnistes ne reconnaissent que sous 
celui de Georgia ou plutôt Georgina , proposé par VVildenow. Le vrai genre Dahlia , de Thun- 
berg , qui fait partie de la Diœcie Monandrie , et dont la place , dans les ordres naturels , est 
demeurée incertaine , se compose d'un petit arbre propre au climat de l'Afrique australe. 



— 29G — 

liver ce beau genre , aujourd'hui priDcipal ornement de nos jardins pendant 
les trois à quatre derniers mois de nos jouissances florales annuelles. 

Parmi les beaux Dahlias rares ou nouveaux que nous avons remarqués 
cette année dans les jardins de la Société royale d'horticulture de Bruxelles , 
nous citerons les suivans qui ont attiré principalement notre attention , et 
comme ces plantes sont encore en pleine floraison , les amateurs peuvent 
encore les y aller admirer et même s'en procurer des exemplaires. 

Vrseîsfeld, Favori, Caméléon , Ramoneur, Paul Reij , Hariss' Princess, 
Malibran, Zelinda, Chassé , Julia , Radtvill , Urselsfeld's rival, Jf einiar , 
Atlas , Diichess of Kent, Roh-Roij , qui se distinguent par de vives couleurs, 
de brillantes panachures, ou par leur petite taille. 

La collection de Dahlias de la Société royale d'horticulture qui se com- 
pose aujourd'hui de S03 variétés, n'admet plus que des plantes à fleurs 
abondantes , parfaites, camellèiformes , etc., dont les pétioles fermes ne flé- 
chissent pas sous leur poids. 

Les Dahlias de toutes dimensions qui satisfont à ces conditions sont admis. 

Ils y sont rangés en amphithéâtre, de manière à se faire valoir mutuelle- 
ment. Leurs couleurs sont èparses et attirent tour à tour l'œil de l'amateur 
qui ne se lasse point d'admirer cette brillante mosaïque née aux beaux jours 
d'été, et qui nous charme encore quand nos bosquets sont dépouillés de 
leurs feuilles. 



EXPOSITIONS HORTICOLES. 

La Société d'Horticdlture de Liège a tenu sa dixième exposition de feurs, 

le 4 aotit dernier. 

Le salon renfermait 7-iO plantes; le prix pour la plus belle pépinière a été 
accordé à M. llenrard, dont l'établissement contient plus de 30,000 pieds et 
1000 espèces de variétés d'arbres. Un second prix a été partagé entre 
MM. Libert et Jacob Makoy. Ce dernier a remporté de plus la double mé- 
daille d'or ou d'excellence , pour les prix qu'il a gagnés pendant les cinq 
dernières années. 

La plante la plus rare , et qui a été couronnée , est le Phlox Drummondii, 
de la collection deM. Dozin, jardinier-fleuriste. Le prix de belle culture a 
été remporté par un Erythrina crista-galli , appartenant à M. Leroy, pro- 
fesseur. La collection de M"° Vossius , se composant de 70 plantes, a obtenu 
le prix. 

Le prix pour la collection de plantes rares non en fleurs, a été gagné par 
M. Jacob Makoy. 



— 297 — 



Le prix ponr la plus belle collection de fruits a été décerné à M. De Longra 
pour douze espèces oa variétés d'Ananas d'une grande dimension. 



BIBLIOGRAPHIE. 

BoTAXiCAL Register , Or ornamental Floicer-Garden , etc.; par J. Lindley. 
vol. IX, D' 8, de la nouvelle série. Septembre 1836. 

1888. GiLiA TENriFLORA. Caule erecto, elato , supenie tiscoso, suhnudo , 
paniculato ; foliis bipinnatisectîs , glabris; forihus suhsolitariis j corymbis 
Iaxis, longé pedunculafis; corollis cnlycc -^-plo lorigiorihus. 

M. Douglas, qui, dans un premier mouvement d'admiration pour cette 
jolie petite plante , lui avait d'abord donné le nom de Gilia splendens, en est 
revenu plus fard à une dénomination spécifique plus modeste , et l'a appelée 
G. tenuifora, ce qui , sous tous les rapports , est beaucoup plus convenable- 
n l'a trouvée, en 1834, sur les confins de la Californie, et en a envoyé des 
graines à la Société d'Horticulture de Londres, qui en a obtenu des fleurs aa 
mois d'août. 

1889. CiRRHEA TRiSTis. Pseudobulho otato , B-costato : folio lanceolato ; 
plicaio ; scapo gracili, paniculato ; sepalis fîavescentibus : intenoribus rarie- 
gcUis. 

Celte Cirrhée a pour patrie le Mexique, et de même que des deux antres 
qui composent jusqu'ici , à elles seules tout le genre, nous en devons l'intro- 
duction à MM. Loddiges, qui la reçurent au mois de juin 183o ; c'est aussi 
l'époque de sa floraison. 

1890. Cp.atjegcs spathclata. Ramulisspinescentibusfasciculatimfoliosis; 
foliis partis, obotaiis, basi angustatis , subtrilohis slipulisque semihastafis , 
foîiaceis , glanduloso-serratis ; foribiis subsessilibui ; corymbis paucifloris; 
pedicellis bretibus ; calycibus tomeniosis. 

G. sPATHn^TA. MiCH. Fî. Amer. bor. 1. 288. — Pcrsh. Fl. Am. Sept. 
1. 336. 

C. TiEGiMCA. LoBD. — LouD. Arboret. et frut. Britan. 842. t. o60. 

Cette espèce , connue des jardiniers sous le nom d'Alisier de Virginie , 
parce qu'ils la croyaient exclusive à cette contrée du nord de l'Amérique^ est 
cultivée en Europe depuis 1806, qu'elle y a été introduite par M. EUiott. 
Elle fleurit au mois de mai. 

1891. LrpiNCS LATiFOLics. Elatus caule lœtissimo , glaberrirno , nitente; 
foliolis 0-7 rel o-9 obovatis, basi angustatis, suprà glaberrimis , subiùs spar- 
iissime piliferis ; stipulis setaceis; bracteis corollam superanlibus ; foribus 
racemi vald'e eîongaii , longe pedunculaii sparsis [et verticillatis) calycis 
ebracteolati sericei, labiis subiniegris, carinâ glabrci. 

To« IIL 38. 



— 298 — 

L. LATiFouus, J. G. Agardh. Syn. gen. Lupini. p. 18, 
Ce Lupin, qui fat d'abord décrit par M. Agardh , dans son excellente mo- 
nograpliie de ce genre , a quelque ressemblance avec le L. rivularis et le 
L. Uttoralis; tous trois sont également originaires des confins de la Californie, 
république de Colombie. Celui qui fait l'objet de cette description a été ob- 
servé par M. Douglas, qui en a envoyé des graines, en 1834, à la Société 
d'Horticulture de Londres. Il fleurit au mois de juillet. C'est une plante 
vivace comme le Lupin polyphylle. 

1892. Ardisia odontophylla. Foliis lanceolato-ohlonqis , tdrinque acutist 
îongè petiolatis , argiitè dentatis , puherulis , racornis axillarihus , foliis multo 
hreviorihus ; pedicellls hrevibus, alternis ut pedicelli velulinis ; îohis calycinis 
ovato-acutis , cilialis aut puherulis ; corollœ profundè parlilœ Iohis ovato- 
aciitis. 

A. ODONTOPHYLi-A. A. De Cand. in Lin. trans. vol. 17. p. 125. /. 6. 

Dans son Novaqenera et species ptantarum, publié en 1788, Swartz a 
institué le genre Ardisia, pour quelques plantes américaines, encore peu 
connues et restées jusque-là sans destination bien certaine. Il lui donna ce 
nom dérivé du grec apJ'i;, pointe, parce que, dans les espèces qu'il avait 
soumises à l'analyse , tous les segmens de la corolle se terminaient par une 
sorte de prolongement subulé. Pendant une vingtaine d'années le genre 
Ardisia fut borné à cinq ou six espèces, toutes du sud do l'Amérique; après 
il en vint quelques-unes des Indes , du Népaul , de la Chine , de Madère , de 
sorte que le nombre est insensiblement parvenu à trente et même au-delà. 
L'espèce que nous figurons ici a été récemment trouvée au Bengale, dans 
les montagnes du Silhel , non loin de Gualpara, par le docteur Buchanan , 
qu'avait délégué, pour des recherches en botanique, le docteur Wallich , 
directeur du Jardin de Calcutta. La plante a été introduite en Angleterre , 
dans l'année 18S4, par M. T. C. Palmer, de Bromley. 

1893. Anthirinum GLANDTJLOSUM. Vndlque piUs capifatis suhviscidis cens- 
perswm; foliis alternis, petiolatis, angustc ovato-lanceolatis ; racemo denso 
folioso ; calycis lobis lineari-lanceolatis , inœqualihns. , 

La ressemblance de certaines fleurs avec le mufle de quelques animaux , 
leur avait fait, de temps immémorial, donner le nom de Muflier, et les bo- 
tanistes ont en cela respecté les traditions vulgaires, en composant un nom 
générique des mots grecs avn, semblable, et piu, mufle, sous lequel ils ont 
rangé un grand nombre d'espèces dont ils ont ensuite retranché la plupart 
pour en former des démembremens plus ou moins considérables. Le genre 
tel qu'il est aujourd'hui composé , se restreint à une vingtaine d'espèces au 
plus. Toutes, à l'exception de deux, qui apparliennent à l'Asie, sont origi- 
naires du midi de l'Europe, et celle que nous allons décrire a été observée 
en Californie, par M. Douglas, qui en a envoyé des graines à la Société 
d'Horticulture de Londres : ces graines ont produit des plantes qui ont fleuri 
aux mois d'août et de septembre 183S. 



— 299 — 

189-4. YoccA DRACONis. Arborescens; foliis laxb capitalis stihreflexis , 
enstformibus , acuminatis , margine scahris ; panicuUs ramosis ; perianthiis 
2>aleHtissiinis. 

Y. DRACONts. Haworth Snjjp. ââ. — RoEw. ET Scn. Sijst. veg. 7. 718. 
— Elliott JF/. South. Carol. 1. -401. 

Le Yucca dragonnier a élê observé, il y a plus d'un siècle, dans le sud d© 
la Caroline, et bien décrit seulement en 1816, par ElHotl, dans la flore 
qu'il a publiée de cette belle partie de l'Amérique septentrionale. La 
description qui vient d'en être publiée, a été faite d'après une plante 
adressée à la Société d'Horliculture de Londres , et qui a fleuri au mois de 
juillet 1833. 

1895. Yucca flaccida. Foliis omnibus valdè flaccidis , tenuihus infrà 
médium débiliter recurvo-dependentibus, lorafim longo-lanceolatis , plants 
apice concavis , mucronulatis , undique asperiusculis ; filis m,arginalibus va- 
lidissimis fuhicantibus. 

Il parait n'y avoir de différence importante entre cette espèce et la pré- 
cédente que dans l'absence du stipe ou tige principale, et dans la consistance 
des feuilles qui sont ici flasques et même assez molles et striées. La pani- 
cule est à peu de chose près la même, et les fleurs se distinguent par un peu 
moins d'intensité du rouge pourpré, à la pointe externe des divisions exté- 
rieures du périanthe. Du reste, les deux plantes sont semblables, provien- 
nent toutes deux de la même origine, et ont été adressées ensemble à la Société 
d'Horticullure de Londres. 



BoTANiCAL Magazine, ofFloicerGarden displmjed, etc. ; par W. J. Hookeb; 
nouvelle série , tome X, no 117, septembre 1836. 

SSl-i. MtANTHCS BARCATCS ; Var. Laeello albo. 

Il n'y a d'autre différence entre ce Myanthus et celui décrit page 69 de ce 
volume, que la couleur du labelle, qui est rouge dans le premier, et entière- 
ment blanche dans celui-ci. 

S313. Sarracenia rtjbra (pi. color. 66). Foliis scapo brevioribtis , tubo 
ancjuslo supernè, sensim dilataio, venoso , appendice ovato-acuminata pla- 
niuscula erecta. 

S. RTJBRA. Walt. Corol. p. 132. —Uort. Kew. éd. 2. v. Z.p. 291. — 
UooK. — Ex. Fl.v. 1. t. 13. — LoDD. Bot. Cab. t. 308. 

Cette belle espèce du genre Sarracénie, a été découverte en 1786, dans 
les vallées humides et même marécageuses de la Caroline, mais on ne la 
possédait ici qu'en Herbier ; M. Drummond , l'a adressée de la Nouvelle- 
Orléans, au Jardin Botanique de Glasgow, où elle a fleuri au mois de 
mars 1836. 

Sa racine est épaisse et charnue ; il en sort un assez grand nombre de 



— 300 — 

feuilles , lougues de six à sept pouces , sessiles, tabulées, veulrues et reuiléc!) 
dans leur milieu , rétrécies vers leur base , un peu resserrées à leur orifice , 
droites, minces, glabres, terminées par un appendice droit, presque lan- 
céolé, aigu, d'un rouge de chair sale, veiné et réticulé de brun pourpré; ces 
veines et réticulalions descendent aussi sur la partie antérieure du tube 
foliacé , qui est d'un vert agréable. La hampe est simple , assez épaisse , 
cylindrique , d'un vert glauque , élevée d'une dizaine de pouces , inclinée et 
penchée vers l'extrémité d'où pend une grande et belle fleur d'un rouge 
sanguin très-vif. L'involucre est composé de trois folioles médiocres, glabres, 
ovales et verdàlres ; les cinq divisions du calice sont ovales , oblongues, pres- 
que cordées, obtuses , arrondies et recourbées , d'un rouge sanguin, mélangé 
de vert surtout à l'exlrémilé. Les pétales sont au nombre de cinq , alternes , 
avec les divisions du calice, longs de quinze à vingt lignes, oblongs , obtus, 
courbés à leur sommet et d'un cramoisi très-vif. Les étamines sont nom- 
breuses, attachées sur le réceptacle , terminées par des anthères biloculaires 
et jaunes. L'ovaire est supérieur, arrondi, surmonté d'un style court, que 
couronne un énorme stigmate pelle, à cinq divisions réfléchies en parasol, 
èchancrées ou bifides au sommet et d'un vert rougeàtre. Le fruit est une cap- 
sule à cinq loges, à cinq valves séparées par une cloison ; les semences sont 
attachées à un placenta central. 

8316. Streptanthus hyacinthoides. Foliis ohlongo-linearibus , acumina- 
tis ; petalis linearibus , limbo refleseo ; filamentîs duobus, coadunatis abortivis ; 
floribus pendulis. 

Le Streptanthe à fleurs d'hyacinthe est une plante annuelle , originaire de 
la province de Texas, au Mexique, qui y a été découverte par M. Drummond, 
dans le voisinage du fort Saint-Philippe ; des graines on ont été envoyées au 
Jardin Botanique de Glasgow en 18âo. Les plantes ont fleuri au mois d'août. 
âS17. Strobilanthes sabiniana. Herbacea ; foliis ovatis , aciiminaiis, in 
petioluîn attenuatis , repando-subcrenatis , gîabris; opposito minore ; summis 
cordatis , amplexicaiilibus ; spicis axillaribus , terminalibusque laxiusculia 
viscido-pubescentibus ; bracteis orbicuïatis , basi cuneiformibus. 
S. SABINIANA. Nées, in Wall.pl. as. rar. v. Z.p. 86. 
RuELLiA SABINIANA. Wall. Cat. ^Z^S.—Bot. Reg. 1238. 
RtELLiA MACROCARPA. Wall. Cat. 2'348. Expafte. 
Ruellia argenlea. Wall. Cat. 23g9. 

Cette belle plante, découverte par le docteur Wallich, dans les montagnes 
Pundica, au Nèpaul, fut, par lui, introduite dans le Jardin Botanique de 
Calcutta, sous les noms de Ruellia Sabiniana argentea ou Macrocarpa, qu'elle 
reçut successivement suivant les divers états dans lesquels elle se trouvait. 
Arrivée en Europe, vers 1827, elle y fut l'objet d'un examen attentif de 
divers botanistes , et le professeur Nées Von Esembeck, de Bonn, lui trouvant 
des caractères trop distincts de ceux du genre Ruellia, pour l'y conserver, 
proposa de la transporter dans le genre Strobilanthes , établi récemment par 




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f.rf'f.:'.,J-,,- x.7.i-, 



I'.S<.'tU.otzlU.ar JSflqe 



— 301 — 

le d"" Blume, dans son Bijdragen tôt de Flora van Nederlandsch Indie. Ce 
genre dont le nom , dérivé de arpcSiXc; , loupie et «vâo,- , fleur , fait allusion à 
la forme de sa corolle , qui est arrondie et contournée comme la coquille que 
les conchyologucs ont appelée toupie ou sabot , a pour caractères saillans , un 
calice à cinq divisions égales, une corolle infondibuliforme , dont le tube est 
un peu alongé et recourbé; le limbe presque bilabié et à cinq lobes, quatre 
élamines didj names , un ovaire supère , à deux loges , renfermant chacune 
deux ovules. Blume a décrit sept espèces de Slrobilanlhe , qu'il a observées 
dans les forêts montueuses de Java. Ce sont, ainsi que la S. de Sabine, des 
plantes herbacées. Cette dernière fleurit pendant tout l'été. 

3318. Bletia patula. Foliis radicalibus lanceolatis, plicato-nervosis ; scapo 
elato-subramoso ; floribiis patentissimis ; sepalis lanceolato-ellipticis , hasi 
attenualis, suhœqualihiis , patulis ; lahello cucullato ; lobis lateraîibus rotun- 
datis; medio emarginatis transrersè plicato; disco lamellis 6 sub ramosis , 
inœqualibus. 

La Blétie étalée a pour patrie les forêts épaisses de Haïti , d'où elle a été 
envoyée, en 1828 , à M. le docteur Fischer, conseiller d'état de S. M. l'em- 
pereur de Russie , et directeur du Jardin de Saint-Pétersbourg. Elle a fleuri 
dans les serres du palais , au mois de juin dernier. 

3519. CoTONEASTER LAXiFLORA. Cijmîs eïongatis , dichotomis , pendulis , 
niiidissimis , sub lente pilosis ; foliis oblongo-oratis, snprà glabris , nitidis , 
subtùs incano-tomentosis , deoiduis. 

C. LAxiFLORA. Lyndl. 171 Bût. Reg. 1229. 

Medicus a établi aux dépens du genre Mespilus, celui du Cotoneaster , 
dont il a fait dériver le nom du mot xf^dmicv, coing. Ce genre n'ayant point 
été adopté par la majorité des botanistes, est demeuré dans l'oubli, jusqu'à 
ce qu'il ait été reproduit par le professeur Lindley, dans son excellente mo- 
nographie des Pomacées , dont il a fait une tribu de la famille des Pvosacées. 
Le Cotoneaster à fleurs lâches, a été découvert eu 1820, dans les montagnes 
du Népaul , par M. Ledebour, qui en a envoyé des graines au professeur 
Jacquin à Vienne. C'est un bel arbuste, qui, chaque année, vers le mois 
de mai, se couvre d'une multitude de fleurs qui égayent les bosquets d'agré- 
ment. 

3S20. Bégonia sangcinea. Caide ramoso ; foliis inœqualiter cordatis, acu- 
niinatis, coriaceo-carnosis ; glaberrimis , siibtùs sangumeis; margine crenu- 
lato reuoluto ; germinis alis 3 œqtialibus. 

B. SANGiiNEA. Spreng. Sys(. veget. 2. 62o. — Link et Otto. Icon. pi. rar. 
llort. Berol. 2o. t. 13. 

Parmi toutes les espèces de Begones à feuilles discolores , celle-ci est sans 
contredit la plus remarquable par l'éclat de la nuance qui embellit sa face 
inférieure; elle est originaire du Brésil, et c'est de là que des graines ont 
été envoyées, en 1823, par M. Sello , au Jardin Botanique de Berlin. Elle 
fleurit pendant tout l'élé. 



— 302 — 

Les tiges sont presque frutescentes, cylindriques, épaisses, d'un rouge de 
sang très-vif , garnies de feuilles pètiolèes, inégalement cordées , obliques , 
presque peltées, acuminées, épaisses et charnues; la page supérieure est 
d'un vert pâle , fort agréable, l'inférieure est d'un beau rouge sanguin , pur- 
purescent dans la jeunesse. Les stipules sont grandes, ovales-oblongues , 
aiguës, semi-amplexicaules, opposées, presque striées, d'un rouge brunâtre, 
longues d'un pouce et demi , larges de six lignes. Les fleurs se présentent en 
corymbe axillaire ou terminal, portées sur un long pédoncule rameux , à pè- 
dicelles dicliotomes et rouges de même que les pédoncules ; les fleurs et les 
bractées sont d'un blanc assez pur, avec les pétales arrondis et ondulés, les 
deux moindres opposés , sont presque linéaires. Les élamioes sont nom- 
breuses , avec leurs ûlaraens libres si ce n'est à la base , où ils sont mona- 
delphes. 



Britisch Floater Garden, and ornamental shrubbery, etc. ; par R. S>veet : 
^'^ série, u" 86, septembre 1836. 

3-49. Alidm siciLUJi. Foliis patentibus , triquetris, glahris; scapo tereti; 
umbellâ mulfiflorâ ; pedicellis apice turbinato-dilatatis ; sepalis ovatis mu~ 
cronulaiis , cojiniveiitibus; filamentis subidatis, perianthio ter brevioribus ; 
ovarii loculispolysperniis. 

A. siccLUM. UcR. pi. n° 7. — Spreng. Syst. reget. 2. 36. — Tix. Puy. p. 9. 

— Grss. Prodr. FI. Si:ul.l.'è9d.—Fl. Sicuî. t. 167.— Don Monogr.p. 83. 

— ScHCLT. Fil. Syst. 7. 

A. floribus e luteo-virescentibus. Tournée. Inst. p. 383. — Bonan. t. 27. 
MoLYfloresubviridi.Bocc.àSic. p. 63. f. â3.ûg. 1. — Cupan. panph.l.t, 188. 
MoLY minus praealtum , etc. Cvpan. Hort. Cath. p. 1-47. 

Les Gaulois, dans leur langage bref et expressif, désignaient par le mol 
celtique aU, les corps doués d'une saveur acre, chaude et brûlante, et le 
bulbe d'une planfe fort commune dans nos humides pâturages, jouissait au 
suprême degré de ces propriétés qui en faisaient un assaisonnement salutaire. 
Du mot ail, les Latins ont fait alUum , que les Français ont rendu presque 
littéralement par ail. Linné a conservé gènériquement ce nom qui, dans sa 
méthode , s'étendait déjà à trente-sept espèces ; le genre en présente mainte- 
nant plus de cent , disséminées sur tous les points du globe. L'ail de Sicile 
est connu depuis près de deux siècles, mais on le trouve rarement en cul- 
ture , dans les jardins , comme plante d'ornement , quoique sous ce rapport il 
soit bien digne d'y occuper une place. On le rencontre fort abondamment 
dans les vallées de Madonia , à douze lieues vers le sud-est de Palerme. Il 
fleurit au mois de juin. 

3o0. Berberis empeteifolia. Spinis 3-partitis ; foliis linearibus integer- 
rimis ;margine revolutis ; pedunculis subsolitariis, unifions. 

B. empetrifolia. Laîi. ///. ^2o3. f. -4.— Poie. Bict. Enc. 8. 621.— DeCand. 



— â03 — 

Syst. 2. IQ.—lB.Prodr. l.lOl.—G.DosGen.Sysf. Gard, et Bot. 1. 117. 

Cette espèce est originaire de la Patagonie, où elle a è(é découverte par 
Commerson , en 1772; mais elle n'existe dans les collections européennes de 
plantes vivantes, que depuis une dizaine d'années, qu'elle y fut introduite' 
par M. Anderson, zélé et infatigable collecteur pour l'établisseraent de 
Clapton , et qui accompagna le capitaine King, dans ses voyages. C'est une 
jolie plante , délicate il est vrai , mais dont les fleurs décorent agréablement 
nos serres tempérées, au commencement du printemps. 

3S1. PjEonia aleiflora ; Var. Pottsii. 

3o2, Cbocus sl'aveolens. Foliis synanihiis; scapo vaginante; spalhâ l-phylld; 
fauce corollœ glabrâ , celluloso-luteâ ; stigmate hreviter trifido. 

C. suaveolens. Bertol. Fl. Ital. 1. 208. 

C. iMPERATt. Coll. Hort. Ripul. app. -4. p. 12. t. 5. 

C. VEBNcs a. Seeast. ET Maur. Fl. ro?n. Prodr. p. 16. 

Le mot Crocus, appliqué de temps immémorial à certaines plantes, paraît 
tirer son origine de la forme alongée du pistil, dans ces plantes, et il serait 
alors dérivé du grec Xpcxif , filament. Quant au synonyme français safran, 
il pourrait bien être la traduction du mot arabe zafarati, qui exprime la 
même plante en diverses contrées asiatiques. Du reste , le nom latin a été 
conservé par tous les botanistes systématiques; et ils en ont fait celui du 
genre , lequel comprend maintenant une vingtaine d'espèces , avec un nombre 
beaucoup plus grand de variétés. Le Safran odorant, que l'on a pris d'abord 
pour une variété du S. printannier, a été trouvé aux environs de Rome et en 
divers autres endroits de l'Italie , par le professeur Bertoloni. On ne le cul- 
tive que depuis quelques années dans les jardins du nord de l'Europe, où il 
fleurit de très-bonne heure, souvent même dès le mois de février. 

Son bulbe est arrondi , déprimé , revêtu de tuniques membraneuses , 
striées et brunâtres; son volume est celui d'une très-petite noix; les feuilles 
qui s'en élèvent sont nombreuses, linéaires, très-ètroites , à demi-plissées 
en gouttière , longues de quatre pouces , d'un blanc verdàtre à lear base , et 
d'un vert intense tirant sur le glauque , dans toute leur étendue; la face infé- 
rieure est beaucoup plus pâle. La hampe dépasse les feuilles de plus d'un 
pouce, à l'entier épanouissement de la fleur qui la termine; celle-ci sort 
d'une spathe monophylle, aiguë; le tube est très-alongé , grêle, d'un jaune 
orangé fort intense et même rougeâlre , dans les environs de l'orifice ; le 
limbe est grand , évasé , étalé , divisé , profondément en six segmens striés . 
ovales-alongés , d'un beau bleu pourpré pâle. Les trois ètamines ont leurs 
filamens attachés à l'orifice du tube , portant au sommet de longues anthères 
grêles en forme de dard et d'un jaune orangé. L'ovaire est inférieur, ovale, 
surmonté d'un style fort alongé , filiforme, terminé par trois stigmates 
élargis , repliés en cornet et d'un rouge orangé. Le fruit est une capsule à 
trois loges polyspermes. 



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L'HORTICULTEUR 



BELGE. 



OCTOBRE 1836. 



PHYSIQUE ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALES. 

Sur les émanations odorantes des régétaux et sur la possibilité d'en opérer 
la classification ; par le professeur Rafixesqce. [Suite). 

22. Genre. OoErR lacrinée. [Odor laurinus). Semblable au Laurier; 
bien distincte, mais rapprochée des Od. camphrée , romarinèe et styracée. 

23. Genre. Od. caryofhyllée. {Od. caryophylleus). Semblabre au Girofle; 
mélange des Od. laurinée, camphrée et dianthée; exemples : Lauruscaryo- 
phyllus, Myrtus caryophyllata , Orohanche caryophyllacea et Or. fragrans , 
Raf., etc. 

24. Genre. Od. camphrée. [Od. camphoratus). Semblable au Camphre. 
Intermédiaire entre les odeurs caryophyllée, origanée, thymacée et conyzée; 
exemples : Laurus camphora, Saltia officinaUs , Romarinus officinalis , 
Camphorosma, spec, etc. 

2o. Genre. Od. coyzée. {Od. conyzeus). Semblable aux Conyzes odoran- 
tes. Mélange des odeurs camphrée , benzoïque et balsamique ; exemples : 
Conyza camphorata et C. marilandica , etc. Gynema viscida et G. Balsa- 
mica, Raf., etc. 

26. Genre. Od. origanée. [Od. origajieus). Semblable à l'Origan. Inter- 
médiaire entre les odeurs camphrée et thymacée, mais plus douce; exem- 
ples : Origanum vulqare ^ majorana , dictamnus , etc., Satureja, sp. Pyc- 
nanthemum, sp., ilionarrfa, sp., Tussilago fragraîis, Eupatorium aromaticum, 
Cacalia suaveoleiis , etc. Outre beaucoup de labiées. 

27. Genre. Od. thymacée. {Od. thymaceus). Semblable au Thym. Ana- 
logue aax odeurs origanée , lavandée et camphrée ; exemples : Thymus 
vulgaris , Thymus serpyllum , etc., Satureja, sp., Cunila m.ariana et autres 
labiées. 

28. Genre. Od. lavandée. [Od. lavanduleus). Semblable à la Lavande. 
Mélange des odeurs camphrée , thymacée et conyzée ; exemples : Lavandula 
spica, L. stœchas , Hyssopus officinalis, Mentha Pulegium, Hedeoma pule- 
gioide, etc. 

ToiE in. 39. 



29. Genre. On. ambrosuûiîe. [Od. amhrosiacus) . Semblable à l'Ambroisie. 
Mélange des odeurs camphrée, conyzêe et musquée; exemples :Chenopodium 
ambrosiacum, Ch. bolrys, Ch. anthelminthicum , Amhrosia maritima, etc. 

SO. Genre. Od. farnhsiene. {Od. farnenanus) . Semblable à la Cassie. 
C'est un mélange des odeurs conyzée, tulipée, magnoliée et cheiranthée; 
exemples : Mimosa farnesiana ^ etc. 

31. Genre. On. NrpF.TiNn, [Od. nepetimts). Semblable au Calament. Mé- 
lange des odeurs origanée et Ihymacée avec certaines odeurs douces et fados; 
exemples : Nepeta cntaria , N. C(daminth'a, Hyssopus nepeloides, Teuc- 
rium, sp., Blarruhiicm viikjare , Lamium, sp., Leonurus , sp., Glechoma he- 
deracea , Salvia, sp., et beaucoup d'autres labiées. 

§2. Genre. On. camomili.ée. {Od. camomille us). Semblable à la Camo- 
mille. Approchant des odeurs tèrèbinlhacèe, conyzée et balsamique; exem" 
pies : Anthcmis nobilis, Anthémis, sp., Matncaria, sp., Tanaoetum, sp., 
Balsamita , sp., Achyllea, sp., Santolina , sp., et beaucoup d'autres plantes 
syngéuèses. 

%%. Genre. On. absynthine. {Od. absynthinus). Semblable à l'Absynthe. 
Mélange d'odeurs camomillée et araère; exemples : Artemisia , sp., Absy?i- 
thium, sp., Galardia amaia, Iva , sp., etc. 

34. Genre. Od. angéline. {Od. fl7?g'e/m?<5). Semblable à l'Angélique, et 
comprenant la plupart des orabellifères à odeur aromatique. Un peu analogue 
aux odeurs camphrée, anisèe et musquée; exemples : Anqelica archangelica, 
Heracïeum sphondylium , Osmorhisa dulcis , Raf., etc., etc. 

33. Genre. Od. daucoïde. {Od. daucoideus). Semblable à la Carotte. Mé- 
lange de l'odeur angéline avec l'odeur gravéolente ; exemples : Daucus 
carotta, Apiiim gravsolens , Pastinaca, sp., Anethum graveolens , Cumi^ 
nttm, sp., et plusieurs autres ombellifères. 

â6. Genre. Od. cerfedillée. {Od. cerefolius). Semblable au Cerfeuil. 
Mélange des odeurs angéline et anisèe ; exemples : Cerefol.um sativum , Ce- 
refolium, sp., Apium petroselimim, Seseli, sp., Coriandruni salivum, etc. 

87. Genre. Od. anisèe. {Od. anisatus). Semblable à l'Anis. Très-distincte; 
mai» analogue aux odeurs musquée, angéline, cerfeuillée et fenouillée; 
exemples : Pimpinella anisum, Myrrhis odorata, Hypogon anisatum, Raf., 
JUicium anisatum, et floridanum , etc. Les bois des Laurus persea et Limo- 
nia madagascariensis , ont aussi l'odeor anisèe. 

â8. Genre. Od. fenouillée. {Od. fœniculaccus). Semblable au Fenouil. 
Mélange des odeurs anisèe , daucoïde et gravéolente ; exemples : Anethum 
fœniculum , Staohys fœniculum , Laurus sassafras, bois et racines, etc. 

39- Genre. Od. oiNGEninRÉE. (Od. 5f^■n(/en/^ws). Semblable au Gingembre. 
Très-particulière; mais un peu analogue aux odeurs caryophyllèe , camphrée, 
poivrée et benzoïque; exemples : Amomum gingiber, Amomum, sp., Aza- 
rum canadense , A. virginicum , etc. 

40. Genre. On. myrtacée. {Od. myrfaceus). Semblable aa Myrlhe. Mé- 



— 307 — 

lange des odeurs gingembrée , camphrée et beuzoïque; exemples : Amomum 
iedoaria, A. zerumbei et autres drymirhizées : Jilyrius eomwunis, etc. 

il. Genre. Od. mfnthacée. [Od. menthaceus). Semblable à la Menthe. 
Mélange des odeurs gingembrée et poivrée; exemples : Mentha sativOy 
M. pipetitn, M. viridis, 31. horealis, Balsamita, sp., etc. 

•42. Genre. On. poivrék. [Od. piperinus). Semblable au Poivre. Bien dis- 
tincte quoique analogue aux odeurs gingembrée, caryophyllée, etc.; exem- 
ples : Piper, plusieurs espèces , Amomum , sp., Capsicuvi annuum, Schimts 
molle , bois de Vncjarn aromniica , etc. 

43. Genre. On. niYRisnauE. (Od. myristicus). Semblable à la Muscade. 
Mélange des odeurs benzoïques, magnoliée et caryophyllée; exemples: 
Myristica, plusieurs espèces , feuilles et fruits. 

■4-4. Genre. Od. cixnasîojiée. (Od. cimiamomeus). Semblable à la Canelle. 
Bien marquée, analogue aux odeurs vanillée, benzoïque, caryophyllée et 
cimiciue ; exemples: Laurus cimiamormnn, L. cassia, L. cupuliformis ^ 
Cannella alba, Eleooaipus ., sp., elc, écorce, bois et feuilles. 

-43. Genre. Od. Ti^nÉBiNTHÉE. [Od. ierehintheus). Semblable à la Tèrè- 
binlhe. Analogue aux odeurs styracée , benzoïque , résineuse et balsamique; 
exemples : Jj/^/aHS , sp., Ilicorius, sp., Amyris , sp. , Bursera, sp., Pis- 
tacia , sp., Calophyllum calaba, Populus balsamifera, Géranium radula, etc. 

•46. Genre. Od. résineise. [Od. resinosus). Semblable à la Résine. Ana- 
logue aux odeurs térébinihèe, styracée et balsamique; exemples : Pinus, gp., 
Abies, sp., Larix , sp., Cuptessus , sp., Thiija , sp., et plusieurs autres co- 
nifères ; Trichostemma dichotoma , elc. 

•47. Genre. Od. alcoholée. [Od. alcoholeus). Semblable à TEau-de-vie. 
Odeur marquante et très-exaltée , qui ne se présente qae dans les alcools 
végétaux , produits parles vins, sucres, grains, etc. 

48. Genre. Od. yinelse. [Od. vinosus). Semblable au Vin. Produite par 
différens fruits ou leurs sucs fermentes; exemples : raisins, pommes, poires^ 
pêches, groseilles, dattes, etc. Elle offre une infinité de nuances. 

49. Genre. On. acétiûce. [Od. acetosus). Semblable au Vinaigre. Produit 
de la fermentation acétique très-piquante. Chaque sorte de vins , cidres, poi- 
rés, etc., donnent des vinaigres différens. 

50. Genre. Od. sialiqie. (Od. maîicus). Semblable à la Pomme. Ana- 
logue aux odeurs églanlée , prunée et acétique. Elle ne se retrouve que dans 
les fruits; exemples : Pommes aigres, Azèroles, Crategus, sp., Mespi- 
/us, sp., Myrtus communis , Ribes , sp., Cactus , sp.,Sorbus , sp., etc. 

nie Ordre. Odeurs DorcES. [Od. gratus). Odeurs peu ou point péné- 
trantes , suaves-douces , légèrement agréables. 

51. Genre. Odeur violettée. [Od. violatus). Semblable à la Violette. Un 
peu fragrante. Analogue aux odeurs orangée, résédacée, résineuse, Iri- 



— 308 — 

dés, etc.; exemples : Viola odorata, V. blanda, Maïu» coronarius, etc. 

52. Genre. Od. iridée. [Od. iridcus). Semblable à l'Iris. Un peu fra- 
grante. Intermédiaire entre les odeurs violettée , nyctaginèe et acérée ; exem- 
ples : Iris florentina, I. versicolor, et autres espèces; Eupatorium cœles- 
tinum, etc. 

53. Genre. Od. tulipée. [Od. tulipeus). Semblable à la Tulipe, un peu 
fragrante et fade. Mélange des odeurs iridée , nyctaginèe et magnolièe ; 
exemples : Tulipa siiaveoletis , Lathyrus odoraîus , Martynia probosci- 
dea , etc. 

54. Genre. Od. acorée. [Od. acore^is). Semblable à l'Acorus. Fade ; se 
rapprocbant des odeurs iridée, nyctaginèe et éléaguée ; exemples : Acorus 
calamus, Iris pseudacoris , Rihes iiigrum, Acjriinonia, sp., etc. 

55. Genre. Od. nyctaginèe. [Od. mjctagineus). Semblable à la Belle-de- 
Nuit. Un peu fragrante, se développant davantage durant la nuit. Bien par- 
ticulière ; mais se rapprochant de beaucoup d'autres et offrant beaucoup de 
nuances; exemples : iVî/cfago longiflora, OEnothera biennis, OE. grandi- 
flora , Primula auricida , Dodecatheon odoratiim, Raf. , Clemafis virginica , 
Orobaîiche unijlora, Caprifoliiim grafum , C. vulgare , Azalea, sp. , Ge- 
nista , sp. , etc. 

56. Genre. Od. asclêpiadée. [Od. asclepiadeus). Semblable à l'Asclépiade 
syriaque. Un peu fragrante. Intermédiaire entre les odeurs lilacée , miellée 
et nyctagynée ; exemples : Asclepias syriaca , A. purpurascens , A . qiiadri- 
folia. Oleaeuropea9 Cleihra , sp., Aralia, sp., Orchis fragrans , Raf., etc. 

57. Genre. Od. nardée. (Od. nardeus). Semblable au Nard. Un peu fra- 
grante et aromatique. Mélange des odeurs iridée , vanillée et èléagnée ; exem- 
ples tiVarrfiJs indica, Anthoxanthum odoratum, Cyperus odoratits, C. longus, 
KijUingia putnila , Valeriana, spec. Dimcsia odorafa, Raf., (Holcus 
do L.). et plusieurs autres graminées dont l'odeur se trouve principalement 
dans leurs racines, fleurs de Melilof us sp., Genista, sp., Trifolium, sp., etc. 

58. Genre. Od. tléagnée. [Od. eleagneus). Semblable à l'Eléagne. Mé- 
langée de fragrant et de fade ou des odeurs Hyacinthée, acorée et asclêpiadée ; 
exemples : Eleagnus angustifolius , Olea fragrans , Cephalanthus occiden- 
talis , etc. 

69. Genre. Od. sambdcinée. [Od. samhucinus). Semblable au Sureau, 
tin peu fragrante et vireuse, ou mélangée d'odeur cinnamomée, nyctaginèe , 
ebuline et Prussique; exemples : Sambucus nigra, S. canadensis , S. pubes- 
cens , Orchis pallens , 0. Sambucina, Scabiosa , sp., etc. 

60. Genre. Od. cyanée. [ Od. Cyaneus). Semblable au Bluet. Intermé- 
diaire entre les od.rsambuciaée , nyctagynée et asclêpiadée ; exemples : Cen- 
taurea cyamis , Hydrolea verficillaris, Scabiosa, sp., etc. 

61. Genre. Od. miellit. [Od. melleus). Semblable au Miel, bien dis- 
tincte et très-abondante parmi les fleurs; exemples : Vaccinium, sp., Andro- 
meda, sp., Eric a , sp., Apocynum androsemifolium , Fagopyrum céréale, 



— S09 — 

Sn.tifracja virginica, et sp. , Clypeola , Pyrola rotuncUfolia , Aronia arhu- 
tifolia et sp. , Prunus , sp., Cerinthe , sp., Sarracenia leucophyîla, Raf., etc. 
Outre les socs sucrés. 

62. Genre. Od. faginée. [Od. fagineiis). Semblable à la Faîne ou Hêtre. 
Mélange des odeurs miellée, ûcoïdèe et aromatique; exemples : feuilles Fa- 
gus sylcatica , F. ferruginea , Corylus , sy., Glicirhiza gîabra et sp., Gaw/- 
therln procumhens , G serpyllifolia , (ridisperma paiicifolia , Raf. rac, etc. 

63. Genre. Od. ficoïde. [Od. Ficoideus). Semblable à la Figue. Mélange 
des odeurs miellée , elèagnée et acinèe; exemples : fruits de Ficus carica , 
et spec. , Morus alha , Vhœnix dactylifera, Ceratonia siliqua, etc., outre les 
mannes oa sucs saccharins de divers arbres. 

64. Genre. Or>. acinéf. {Od. acineus). Semblable au raisin. Analogue 
aux od. ficoïde , prunée, ambrée, etc., un peu fragrante et offrant beaucoup 
de nuances. Particulière à certains fruits : le coing, certaines poires, les 
raisins , etc. 

6o. Genre. Od. orLFE. (Od. mu/ews). Semblable à l'Inule. Analogue 
aux odeurs origanée , canuabine et balsamique; exemples : Imda helenium, 
Inula odora f Solidago odora , Erigeroji, sp., Gnaphalium, sp., etc. 

66. Genre. Od. balsa?îiqce. [Od. balsamiciis). Semblable aux Baumes. 
Analogue aux odeurs miellée , ficoïde , résineuse et oléeuse ; exemples : les 
sucs balsamiques de beaucoup d'arbres, Popjihis, sp., Croton hahamiferum, 
Hijpencum , sp., etc. 

67. Genre. Od. cofféacée. {Od. coffeaceus). Semblable au Café. Tn peu 
aromatique, analogue aux odeurs balsamique, Jasminée et iridèe ; exemple : 
Coffea arabica fruits. 

68. Genre. Od. theiforme. [Od. theiformis). Semblable au Thé. Mélange 
des odeurs cofféacée, inulée et prussique ; exemples : feuilles des Thés et leurs 
infusions, quand elles ne sont pas aromatisées par d'autres odeurs, et plu- 
sieurs de leurs substituts. 

IP CLASSE. ODErBS fétides ou prANTErKS. 

Formant une série de sensations désagréables ou nullement agréables cl 
peu ou point amies de l'odorat. 

IV° Ordre. Odeurs olides. (Oc?o;o/«£/î<s). Odeurs très-fètides et puantes, 
les plus désagréables de toutes. 

Ces odeurs commencent la série des puanteurs , tout comme les odeurs 
fragrantes commencent celle des parfums, possédant en commun et au plus 
haut degré les caractères propres à leur série respective. 

69. Genre. Od. cADAVERErsE. (Oc?, ca^/arerosi/s). Semblable à de la chair 
putréfiée, détestable, putride, nauséabonde, se rapprochant des odeurs fîmé- 
line, stéreine et stercoraire; enam^les : Si apeîia , sp., les fleurs. Phallus 



— 810 — 

reticulatus , Raf. et sp. , toute la plante. Laurus cupularis , le bols, etc. 

70. Genre. Od. stercoraire. [Od. stercorarius). Semblable aux excré- 
mens, putride, dégoûtante , un peu fade; exemples : S^ercw/ia , sp., fleurs. 
Capparis ferruginea et Felida , sp. le bois , e(c. 

71. Genre. Od. hircine. (Orf. hircinus). Semblable au Bouc, dégoûtante 
et mélangée de fade ou odeur sperraalique ; exemple : fleurs de Salyrium 
hircinuni , Orchis hiicina,lris fetidissima, Hypericum hircinum, etc. 

72. Genre. On. fimétine. (Oc?. /ïme/Mms). Semblable au Fumier. Dégoû- 
tante, putride ; exemples : Plusieurs champignons, et la plupart des végétaux 
en décomposition. 

78. Genre. Od. cimicine. [Od. cimicinus). Semblable à la Punaise. Dé- 
goûtante et pourtant un peu aromatique et mélangée de l'odeur cinnamomée , 
ce qui est cause que les Chinois (dit-on) aiment celte odeur; exemple : Cimi- 
cifugafetidael sp., etc. 

74. Od. characine. [Od. c/taracmt/s). Semblable à la Charogne. Odeur 
repoussante, alcaline, intermédiaire des odeurs (iméline , muriatique et con- 
fervine; exemples : Eupkorbia characias, Chara, pp., el la plupart des plantes 
marines en décomposition. 

75. Genre. Od. jeterine. ( Od. jeterinus). Semblable à TAssafaetida , 
insupportable, mélangée de l'odeur alliacée; exemple : gomme de la Ferula 
assafœtida. 

76. Genre. Od. alliacée. ( Or/. a//iacews). Semblable à l'Ail, très-péné- 
trante, repoussante, analogue aux odeurs jètôrine, poriacée et putorine ' 
exemples : Allium cepa, A. salivumei spec, Enjsiimim alliaria, etc. Quoique 
l'odeur alliacée soit très-fétide, elle se rapproche un peu des odeurs musquée 
et aromatique, el beaucoup de personnes la trouvent très-supportable en sorte 
qu'il ne doit pas paraître étonnant que certaines nations asiatiques trouvent 
supportables les odeurs telérine et cimicine. 

77. Genre. Od. pctorinë. [Od, pidorinns). Semblable au Putois et Me- 
phites. Très-fétide, insupportable, analogue aux deux précédentes : exemples : 
Symplocarptis fetidus [Dracontium fetidum L.), Putoria fetida [Asperula 
calahrica auct.), Cleome pentaphylla , etc. 

78. Genre. Od. nidoreuse, ( Od. nidorosus) . Presque indéfinissable 
tantôt semblable au poisson pourri , ou aux œufs pourris , ou à la chair brû- 
lée, etc; mais toujours insupportable et nauséabonde; exemple : Chenopo- 
dium olidum [Ck. vulvaria L. ), Arum tenuifol'mm , fl. Géranium , sp., etc. 

79. Genre. Od. uRiauE. [Od. vricus). Semblable à l'Urine de chat, etc. 
Intermédiaire des odeurs alliacée, pulorine el nidoreuse; exemples : Plu- 
sieurs champignons, surtout en décomposition, Aedycia rubra et Alba , 
Raf,, etc. 

80. Genre. Od. ammoniacfe. [Od. ammoniacus). Semblable aux cadavres de 
Serpens et de Singes. Abominable , analogue aux odeurs putorine et urique ; 
exemple : Certains phallus en décomposition , etc. 



— 311 — 

81. Genre, Od. veratrine. {Od. veratrinus). Semblable au vérâtrc, 
nauséabonde , dégoûtante , analogue aux odeurs characine et anagyrée ; exem- 
ples : Verafruni album, Clcome qiganteaf etc. 

82. Genre. Od. anagybéf. [Od. anngyreus). Semblable à VAnagyris. 
Analogue aux odeurs véralrine, ébuline et atramenlaire ; exemples : Anagyris 
feiida , Lohadium Irifolintiim, Raf. [Rhtis aromaticus), leur bois, etc. 

83. Genre. On. scFFOCANTr;, [Od. stiffocnns) Semblable à la vapeur du 
Souffre. Insupportable, nauséabonde, étouffante; exemple : Les vapeurs et 
fumées de plusieurs végétaux vénéneux , le tabac , la jusquiame , etc. 

8-4. Genre Oo. riitackf. [Od. rutacens). Semblable à la Rue. Dégoûtante, 
virulente, cependant agréable à certaines personnes. Analogue aux odeurs 
alliacée et gravéolenle ; exemples : Ruta graveolens et sp., Peganum, sp. , 
Tageles patula , Bobera glandulosa , etc. 

[La fin au prochain cahier). 



CULTURE. 

Sur la culture des Renoncules ; par M. le comte C. Dessoffy. 

Je vois tant de méthodes pour cultiver les Renoncules, j'en lis de si étranges 
et si opposées l'une à l'autre , qu'on pourrait croire que ces belles plantes 
viennent partout et sans culture, comme les mauvaises herbes: il n'en est 
pourtant pas ainsi. Sans doute, les Renoncules poussent dans toutes sortes de 
terres ; mais je défie de me montrer une Renoncule bien venue et qui ait acquis 
toutes ses dimensions dans une terre qui ne soit point très-substantielle; elle 
pourra, si la saison est pluvieuse, donner une fleur avortée, et voilà tout ; car, 
si le printemps était sec et qu'on l'arrosât , l'on hâterait sa fin. Comme je 
réussis parfaitement avec la manière que j'emploie, je vais livrerma méthode 
à la critique ou à l'expérience des amateurs. 

Je commence par la composition de la terre. Je fais placer, par lits de trois 
pouces d'épaisseur, alternativement , un lit de fumier de vaches et un lit de 
terreau provenant des débris du jardin et de tout ce qu'on jette de la cuisine, 
balayures , èpluchures de légumes , etc., etc., et même les os. Ce tas est hu- 
mecté chaque jour parles eaux grasses et les eaux de savon qui sortent de la 
cuisine. Au bout de quatre ans (quelques mois auparavant on cesse ces 
arrosemens), je fais passer à la claie; préalablement, il faut que le tout soit 
bien remué pour opérer le mélange. Ce terreau est mis en réserve, et je ne 
m'en sers qu'au bout de deux ans ; je ne l'arrose plus et j'ai grand soin de n'y 
laisser croître aucun végétal. 



— 812 — 

Je plante toujours mes Renoncules à la même place ; cinq planches an 
midi et cinq au nord : ces dernières n'ont que trois heures de soleil par jour. 
Mises en terre en même temps que celles au midi , les Renoncules y fleuris- 
sent trois semaines plus tard , et sont tout aussi helles; je prolonge ainsi ma 
jouissance. Mes planches sont encadrées de manière à s'élever d'un pied au- 
dessus du sol, pour la facilité de la culture. Chaque année, au mois de novem- 
bre, je fais enlever quatre pouces de terre, et ensuite bêcher. Je remplace 
par la même quantité de ma terre composée ; cette terre est étendue de suite, 
le coup de râteau est donné, et mon terrain est prêt à recevoir mes griffes. 
Avant d'avoir assez de terre composée pour pouvoir faire cette opération, cha- 
que année, au mois de novembre , je faisais porter six pouces de fumier de 
vaches à moitié consommé sur le terrain destiné à ma plantation; et au mo- 
ment de planter, ou mieux quinze jours avant, quand je le pouvais , je faisais 
bêcher, en enterrant le fumier. Ce moyen est bon, mais il ne vaut pas l'autre, 
à beaucoup près. 

L'époque de la plantation doit varier suivant le climat : j'ai essayé, d'après 
tout ce que j'avais lu à ce sujet, de planter avant l'hiver, et j'y ai renoncé. 
Dans le pays que j'habite (le nord du département de la Meuse), on ne peut 
pas piauler, avec espoir de succès, avant le mois de février. C'est donc dans 
le courant de ce mois que je mets mes griffes en terre. Comme mes planches 
ont été préparées dès le mois de novembre et que je ne fais pas bêcher de nou- 
veau, parce que je trouve que plus ma terre est serrée mieux cela vaut, je 
puis choisir le temps qui me convient. Aussi , dès que la terre est dégelée à 
quatre pouces, je plante, ce que je ne pourrais pas faire si je devais bêcher. Je 
trouve même un avantage à ce que la terre reste quelque temps gelée sous 
mes griffes, parce que les vers ne les soulèvent pas- Je trace des lignes pour 
me guider seulement ; car j'enfonce la griffe sans préparer sa place , et avec 
des précautions jamais je ne la brise, quoique fort sèche et n'étant jamais 
trempée. Je n'enfonce qu'à un pouce , et je recouvre avec la même terre. Plu- 
sieurs personnes s'étonneront de voir mes griffes si peu recouvertes. C'est une 
expérience facile à faire : je pose en fait que des Renoncules recouvertes de 
deux pouces de terre lèveront mal, que beaucoup périront, et qu'un grand 
quart ne fleurira pas; que d'autres, recouvertes d'un pouce seulement, lève- 
ront toutes et donneront toutes des fleurs, à quelques-unes près. Les amateurs 
ont pu s'apercevoir que souvent ils retiraient de terre des griffes dont la forme 
était singulière, deux et même trois griffes Tune au-dessus de l'autre , et cela 
parce que la griffe avait été trop enfoncée. La nouvelle a d'abord voulu se 
former tout à fait au-dessus de l'ancienne , comme cela doit être ; mais elle a 
ensuite cherché une position meilleure en remontant encore ; de là ces griffes 
par étages et qui sont épuisées par un si long travail : celle du dessus est la 
seule qu'on puisse planter encore ; les aulres n'ont point d'yeux et ne pousse- 
raient pas. Les semis nous donnent la véritable mesure qu'il faut prendre : on 
ne recouvre les graines que d'une ligne dp terre et l'on trouve les jeunes Re- 



— $n — 

noDcules à près d'un pouce de profondeur, parce que le germe a été chercher 
la place qui lui convient. Qu'on ne croie pas que les griffes veuillent être plus 
recouvertes :j'en ai vu qu'un accident avait déchaussées de manière à laisseï' 
voir le collet, et elles sont venues tout aussi bien que les autres. 

Il ne faut pas attendre que le plant soit levé pour faire la chasse, soir et 
malin , aux limaces et aux vers ; non pas que ces derniers lui fassent précisé- 
ment du tort, mais ils labourent le terrain, et cela est désagréable. Il faut ne 
pas souffrir la moindre herbe dans les planches. Quelle que soit la sécheresse, 
je n'arrose jamais. En 1822 , année fort chaude, j'ai privé d'arrosemens une 
partie de mes Renoncules ; elles étaient plus vertes, plus vigoureuses que les 
autres; les fleurs étaient plus belles et ont duré plus longtemps ; les griffes se 
sont trouvées plus fortes et en meilleur état que les autres. Il ne faut pas con- 
clure delà que la Renoncule n'aime pas l'eau, car elle réussit mieux lorsque 
le printemps est pluvieux, mais qu'elle n'aime que l'eau qui lui arrive du ciel. 
Je n'arrose donc plus du tout et je m'en applaudis chaque année; mais cela 
me donne un surcroit de travail, parce que ma terre étant fort compacte , se 
crevasse à la moindre sécheresse, et que chaque jour je remplis les fentes qui 
se forment, ce que j'éviterais en arrosant. Jamais je ne donne le plus léger bi- 
nage ; plus ma terre est serrée, plus mes Renoncules se portent bien. 

Je ne retire mes griffes que lorsque les tiges et les feuilles sont entièrement 
desséchées. Si les plantes sont bonnes, elles resteraient encore un mois en 
terre sans germer , car les Renoncules usées ou mal portantes repoussent même 
avant d'être mûres. Je les laisse un jour exposées au grand air avant de les sé- 
parer et de les nettoyer. Quelques plantes ne fleurissent pas et sont mures long- 
temps avant les autres : il faut les arracher dès que les feuilles sont desséchées. 
Leur produit présente une réunion de dix, douze, quinze et jusqu'à vingt pe- 
tites griffes dont les doigts sont fort courts , ce qui annonce, malgré ce luxe de 
production, une plante en mauvais état, et je les jetterais toutes si ce n'était la 
crainte de perdre quelques variétés précieuses. Je me contente de garder la 
moins faible ; je la replante jusqu'à deux fois avant de voir sa fleur. J'ai lieu 
quelquefois de ra'applaudir de ma persévérance. 

Quand la dessiccation est complète, je mets mes griffes dans de grands bo- 
caux de verre, que je remplis ensuite d'un sable fin et sec ; je bouche herméti- 
quement et les place en lieu sec. Parce moyen, mes griffes peuvent se conser- 
ver un grand nombre d'années sans être plantées. Cette année , celles que j'ai 
plantées avaient sept ans de repos, et sur dix mille il n'y en a pas eu cinquante 
qui aient manqué. On trouvera singulier de conserver tant de fleurs qui dor- 
ment : je dirai à cela que je ne puis les planter toutes , et que je ne puis me 
décider à en jeter, ni, l'avouerai-je?.... à en donner. J'ai d'ailleurs remar- 
qué qu'elles augmentaient progressivement en force et en beauté par le repos 
de deux à quatre ans, que, passé celte époque jusqu'à sept ans , elles restaient 
telles qu'à quatre ans de repos. J'ignore encore le nombre d'années qu'elles 
peuvent vivre ainsi endormant; je le saurai. Je dois prévenir que, passé quatre 
TonE 111. 40. 



- su — 

ans de repos, si oq les plante trop loi , elles périssent parce qu'il faol qu'elles 
travaillent aussitôt qu'elles sont mises en terre. En 1829, j'avais planté , le 20 
janvier , des griffes qui avaient cinq ans de repos; pas une n'a résisté, parce 
qu'il a gelé tout aussitôt. J'en ai replanté en mars des mêmes qui ont été su- 
perbes, quoiqu'ayant fleuri un peu tard. J'avais tremblé pour mes jeunes semi- 
doubles plantées à la même époque, mais elles n'ont pas souffert. 

Le mode de semis que j'emploie est connu de tout le monde, je choisis les 
graines sur les semi-doubles les plus fournies en pétales et les plus foncées en 
couleur ; mais l'expérience m'a appris qu'une jeune semi double, quelque belle 
qu'elle soit, ne donnera jamais de graine qui puisse faire espérer de beaux résul- 
tats : il faut qu'elle ait perdu de sa grande vigueur, et pour cela j'attends qu'elle 
ait fleuri cinq ou six fois, avant d'en semer de la graine. Quand , par hasard, 
je puis récolter de la graine sur mes Renoncules (que l'on ne nomme doubles» 
pour la plupart, que parce qu'étant garnies d'un grand nombre de pétales, rare- 
ment elles montrent le bouton que quelques-uns appellent gueule noire, et que 
n'étant plus aussi vigoureuses, le soleil , au moment de la défloraison, les des- 
sèche trop vile pour qu'elles puissent faire de la graine), j'obtiens du superbe. 
C'est donc une chose bien démontrée pour moi que toutes les Renoncules que 
nous possédons, excepté les Renoncules-pivoines, étaient originairement 
semi-doubles, et au vrai, le sont encore, puisqu'on en obtient delà graine 
dans les années dont le mois de mars et avril sont pluvieux, et le mois de mai, 
époque delà floraison, pas trop chaud. Pénétré de cela, j'ai voulu à toute 
force avoir de la graine de la reine des Renoncules qui ne m'en avait jamais 
donné; car j'ai remarqué qu'elle souffre encore plus que les autres d'un soleil 
trop ardent. J'ai donc essayé d'en planter cinq griffes dans un grand pot , au 
mois d'octobre 18B0. J'ai tenu le pot à l'air tant que j'ai pu: je le rentrais, quand 
le temps était froid ou la pluie trop froide et trop continuelle, dans une cham- 
bre sans feu, mais où il ne gelait pas. Par ce moyen (quoiqu'en général les Re- 
noncules viennent fort mal en pots) , j'ai eu mes reines de Renoncules en fleurs 
pour le 10 d'avril : jamais je ne les ai vues si belles ni d'une telle dimen- 
sion. Je les ai promenées à toutes les expositions , selon le temps qu'il faisait^ 
et au moment de la défloraison je les ai placées de manière à n'avoir que 
quelques petits rayons de soleil. J'ai récolté de fort bonne graine qu'il me 
tarde de semer et plus encore de voir fleurir. J'arrive enfin à ma manière de 
semer. 

Je sème en pots, quoique je sois convaincu que cela vaudrait mieux en pleine 
terre; mais il faudrait de grands soins, à cause de la délicatesse du jeune 
plant, et puis parce que je mets à part les graines de telle ou telle variété 
pour voir celle qui me donne du plus beau. J'emploie ma terre composée , 
mais passée à un crible f rès-fln ; je plaque et unis la terre , puis je répands 
mes graines, que je recouvre d'une ligne d'épaisseur de la même terre, et sur 
laquelle je ne place ni mousse ni paillasson. Mes pots sont mis entièrement à 
l'ombre jusqu'au moment où le plant commence à lever; je les expose alors 



— SIS — 

au levant. Depuis qu'elles sont semées jusqu'à l'époque où mes jeunes plantes 
ont quatre feuilles , je tiens la terre constamment fraîche par des arroseraens 
journaliers, au moyen d'un arrosoir dont la pomme, percée de très-petits 
trous, n'a pas plus d'un pouce de diamètre. Je les prive entièrement d'arro- 
semens quand elles ont quatre feuilles, parce qu'elles pousseraient trop en 
feuillage, et que plusieurs fleuriraient, ce que je ne veux pas. Je sème fort 
dru ; car, si je semais un peu clair, elles fleuriraient presque toutes, et malgré 
cette précaution , il y en a encore quelques-unes qui forcent la consigne, tant 
ma terre est propre à celle plante. Il m'arrive de tirer trois cents griffes bien 
nourries d'un pot qui a un pied de diamètre. J'avais oublié une de ces griffes 
qui a repoussé au mois de septembre ; je l'ai laissée venir, elle est maintenant 
en fleur. Je ne sème qu'en mars; ceux qui sèment avant l'hiver en sont pour 
quatre mois de soins de plus que moi , et sont peut-êlre moins avancés. 

Mes jeunes griffes retirées de terre quand je ne vois plus l'apparence d'une 
feuille , sont replantées en février, à cinq pouces l'une de l'autre, et enfoncées 
à un pouce ; les trois quarts fleurissent. Je marque celles qui méritent de pren- 
dre place dans ma collection; elles sont pourtant plantées à part et à huit 
pouces l'une de l'autre, à cause de leur grande végétation, les deux années 
suivantes : ce n'est qu'aprèsleur troisième floraison qu'elles sont définitivement 
admises dans une collection de semi-doubles, laquelle est entièrement séparée 
de ma collection de Renoncules doubles que j'ai achetée. Dès que les semi- 
doubles ont atteint leur quatrième floraison , je ne les mets plus qu'à quatre 
pouces l'une de l'autre. Celles qui n'ont pas fleuri sont replantées comme les 
autres , mais à part : je ne m'aperçois pas qu'elles soient plus belles que celles 
qui ont fleuri la seconde année. Celles qui sont passablement belles, sans mé- 
riter toutefois d'être conservées pour toujours , sont destinées à être plantées 
au mois de juillet de l'année d'après pour avoir des fleurs en octobre .On est 
sûr, même à toute époque de l'été et de l'automne, de les faire fleurir, moyen- 
nant quelques précautions contre la sécheresse, et en les privant entièrement 
de soleil jusqu'à ce qu'elles soient levées. 



Sur le Tritoma Uvaria, etîe Wachendorfia thyrsiflora. 

Ce sont deux plantes que peu d'amateurs aient vu fleurir. M. lechev. Par- 
thon De Von , à Wilrich , prés d'Anvers , fatigué de cultiver le Tritoma 
Uvaria, le fit dépoter et jeter dans un coin de son jardin , sans s'en occuper 
davantage. L'année suivante , il résulta de cet abandon , que la plante se cou- 
ronna d'un magnifique épi de fleurs, du vermillon le plus éclatant, et depuis 
la floraison se répéta chaque année, sans que la moindre couverture ait ja- 
mais abrité la plante pendant l'hiver. 

Quant au Wachendorfia thyrsiflora, la culture en pot ne lui convient abso- 



— 316 — 

lument pas. C'est uns plaoîe qui demande la pleiue (erre du cliàssisà ixies. 
Quelques amateurs en tiennent aussi dans des pieds des bocaux pleins d'eau, 
pour jouir de la vue de leurs racines qui sont d'un beau rouge garance, et qui 
remplissent bientôt l'espace. 

Les bulbes des petites espèces de strumaria qui moqtrent si peu de tendance 
à donner leurs fleurs quand on les cuUive en pots, poussent des hampes gar- 
nies de magnifiques ombelles, aussitôt qu'ils sonl abandonnés à I9 pleine terre, 
gousle châssis à ixies. Il en est sans doute de môme quant à une foule d'autres 
plantes qui n'ont pu jusqu'ici être soumises qu'à des observations tfès-super- 
licielles et que nous nous proposons d'examiner attentivement sous leurs di- 
verses phases de végétation. Nous consignerons soigneusement les faits d'une 
importance quelconque, qui auront pu nous frapper. 



Greffe du fiosier sur Églantier ; par M. Ravebeac. 

Depuis yn certain nombre d'années je me livre à la cultnre des Rosiers , 
avec tout le zèle que fait naître le plaisir. Les soins que je donne à cette inté- 
ressante culture m'ont mis à même de faire quelques observations qui pour- 
raient bien ne pas être sans intérêt pour les nombreux amateurs de ce charmant 
arbrisseau } qui sera toujours, à mon avis, le plus bel ornement de nos jar- 
dins, et à qui la beauté de ses fleurs et la suavité de leur parfum ont à 
jamais assigné la première place dans nos parterres. 

Comme vous avez invité tous ceux qui s'occupent de culture à vous faire 
part de leurs observations, je me permets de vous adresser celle-ci; elle est 
confirmée par des expériences nombreuses et faites avec soin. Vous jugerez 
de son intérêt; et si vous pensez qu'elle puisse être utile, vous pourrez lui 
donner place dans votre précieux journal, où vous avez su si heureusement 
réunir l'utile et l'agréable. 

Depuis plusieurs années, au printemps, je greffais en fente sur églantier. 
Ces greffes réussissaient à souhait, et je jouissais de leurs fleurs à l'été. Ce 
succès répété m'a fait penser que ce mode de greffer pouvait offrir plus d'a- 
vantages que les autres, ce qui est en effet. Cette année j'ai voulu en tenter 
l'épreuve en grand. J'ai fait , au printemps dernier, environ deux cent cin- 
quante greffes en fente sur des églantiers de deux à trois ans et plus, plantés à 
l'automne précédent. Les neuf dixièmes au moins ont parfaitement réussi. Les 
greffes qui ont manqué sonl celles dont les églantiers n'ont pas poussé, ou chez 
lesquels la sève s'est mise trop tard en mouvement, et a par conséquent laissé 
au soleil le temps de dessécher les greffes avant leur reprise. La plus grande 
partie des aulres ont fleuri dans le courant de juillet. Il en est qui ont donné 
des pousses de trois à quatre pieds, d'une vigueur étonnante. La plupart ont 
recouvert la place de l'églantier, et offrent maintenant une lète aussi belle 
que celle d'un écusson de deux ans. 



O 1 - 

— <> 1 / — 

Celle greffe est surloul précieuse pour les espèces remontanles. Quatre de 
ces espèces, le Bengale ordinaire , greffé lo 19 janvier, la Belle Fabert , la 
Bose du Boi, \a. Bengale Noisette, greffées au mois de mars, ont donné des 
fleurs dès le mois de juin, et n'ont pas cessé d'en perler assez abondamment 
jusqu'aux premières gelées. Leurs têtes sont plus belles que celles d'écussons 
de deux ans. 

Celle greffe esl donc préférable à toutes les autres , puisque , réunissant tous 
leurs avantages , elle offre encore ceux-ci : 

1° De jeter dans l'année des pousses vigoureuses , qui forment une belle 
tête; 

2° De donner , dans la plupart des espèces , des fleurs dès le mois de 
juillet ; 

â» De présenter moins que l'ècusson la chance d'être détachée par le vent» 
ou cassée par les oiseaux ; 

4» D'offrir, à l'automne, des Rosiers tout faits pour être transplantés, ou 
pour faire des envois ; 

5° Enfin si la greffe ne réussit pas, l'églantier ne perd pas une année ; 
on le laisse pousser deux ou trois branches que l'on greffe en feuilles à œil 
dormant. 

Quoique la greffe en fente soit bien connue et très-facile , il ne sera peut- 
être pas inutile pour les amateurs qui ne se sont pas exercés à la pratiquer, 
de leur faire connaître la manière dont je procède; ils y trouveront cerlai- 
nement le moyen d'augmenter et de hâter en même temps leurs jouissances. 
J'ai joint , à la description que j'en fais , un petit dessin qui en rendra l'appli- 
cation plus facile. 

Préparation. 

En janvier ou en février, je coupe sur mes Rosiers les branches que je des. 
Une à la greffe. Je choisis les pousses de la dernière sève, mais bien aoùlées. 
J'en forme des pelils paquets que j'étiquetle selon leur espèce , avec des numé- 
ros eu plomb , afin de les reconnaître, et je les enterre à sept ou huit pouces au 
nord au pied d'un mur. pour ne m'en servir qu'au mois de mars , vers le com. 
mencement si la saison est douce et avancée , ou à la fin si elle est froide et 
tardive. 

Je coupe mes branches à l'époque que j'indique , parce que si je ne le 
faisais qu'au moment de m'ea servir, au mois de mars ou d'avril , elles pré- 
senteraient des yeux trop développés , que le soleil dessécherait avant la 
reprise de la greffe , ce qui la ferait manquer. 

Le moment de la greffe esl celui où la sève commence à se mettre en mou- 
vement. 

Greffe. 

Je coupe les branches dont j'ai parlé plus haut, à trois ou qualre yeux, 
selon que ces yeux sont plus ou moins éloignés les uns des autres. Je taille le 



— 818 — 

bas, à partir d'une ligne au-dessous du dernier œil, en forme de lame do 
couteau, (rès-amincie vers la base, ayant bien soin de conserver intacte l'é- 
corce du côté où j'ai laissé l'épaisseur. Voyez fig. l^e. 

Si la branche est droile, je pratique la taille en lame de couteau, de manière 
à laisser un œil sur la partie qui conserve l'écorce. Voyez fig. 2*'. 

Cet œil laissé a deux avantages , l'un de donner un jet très-vigoureux > 
l'autre, si la partie de la greffe qui excède le sujet vient à être cassée, de 
pousser comme un ècusson et de donner également une bonne greffe. 

Si la branche est tortue, ce qui a lieu dans quelques espèces, on ne doit 
point conserver cet œil , parce qu'alors on ne pourrait le placer convenable- 
ment dans l'incision. On fait la taille comme à la fig. 1'°. 

Quand la greffe est ainsi préparée, on coupe horizontalement la tête du 
sujet à la hauteur que l'on désire , mais toujours à deux à trois ligues au-des- 
sus d'un œil disposé à pousser. Cet œil est destiné à attirer la sève. On le 
retranche quaudla greffe est bien prise. On unit la place, puis on pratique, 
avec la pointe d'une serpelle, une fente latérale que l'on descend droit, un 
peu plus loin que la longueur qu'exige la greffe qu'on a préparée. Au moyen 
de la serpette laissée dans la fente latérale et qui la lient ouverte, on y intro- 
duit facilement la greffe, il faut avoir le plus grand soin de faire coïncider 
exactement le liber de la greffe avec celle du sujet, sans avoir égard à la partie 
supérieure de l'écorce. Voyez fig. 3^. 

Ensuite on fait, avec de la laine ou de la ficelle moelleuse, une ligature , 
pour maintenir la greffe dans la position où on l'a placée et pour empêcher la 
fente du sujet de s'ouvrir ; puis on recouvre la plaie avec la cire à greffer. Il 
faut également en couvrir le sommet de la greffe, pour que le soleil ne la 
dessèche pas, ce qui empêcherait la reprise. Voyez la greffe terminée, 
figure 4°. 



Sur la coutume de lutter les Pommes-de-terre ; par M. Van Mons. 

Je lis dans VJIorticural Register , qui se publie à Boston, une note de 
M. Hayward , qui tend à prouver l'inutilité de l'opération consistante à butter 
les pommes-de-terre. Après avoir établi son opinion sur des raisonnemens 
judicieux , M. Hayward est amené naturellement à l'appuyer par des faits 
et il résulte des nombreux exemples cités à cet effet , que partout où la pra- 
tique de butter les pommes-de-terre a été omise, on a obtenu une récolte de 
tubercules qui doublait la quantité ordinaire , et quelquefois même cette quan- 
tité a été triplée. Non-seulement la masse de tubercules est plus considé- 
rable, mais on a encore l'avantage de les avoir d'un volume presque uni- 
forme et mitoyen; avantage sans contredit inappréciable , car rien n'est 
plus contrariant pour le cultivateur quand il arrache ses tubercules destinés 
à alimenter les marchés, que d'en trouver oà et là quelques-uns d'un volume 



— S19 — 

énorme, entourés d'une multitude innombrable de petits, atteignant à peine 
la grosseur d'une noisette et dépassant rarement celle d'une noix. Je puis 
citer une observalion faite dans notre pays et qui confirme pleinement celles 
de M. Ilayward , eu Amérique, si toutefois elle ne prouve pas davantage, 
car dans ce dont j'ai été témoin , on avait tout à la fois négligé de butter et de 
sarcler la plantation qui avait dû supporter ainsi , toute la sécheresse et les 
clialeurs de l'été de 183-4. Au commencement de la saison, le dépôt des 
tubercules s'était effectué dans le sillon (racé par la charrue et le plant avait 
été égalisé par le simple passage du rouleau ou du revers de la herse. Plus 
tard , des travaux plus importans ayant réclamé ailleurs tous les soins des 
cultivateurs, on ne put songer aux pommes-de-terre que vers l'époque de la 
récolte i on ne complaît, par ces motifs, que sur un très-faible produit; 
mais l'étonnement ne fut pas peu considérable lorsqu'on s'aperçut à la levée 
des racines que jamais semblable plantation n'avait rapporté autant , même 
dans les années de plus grande abondance et en suivant avec une extrême 
exactitude, les pratiques minutieuses recommandées pour cette culture. 

J'ai engagé plusieurs cultivateurs à suivre cette nouvelle méthode, mais 
il est bien difficile de contrarier en la moindre chose, des usages consacrés 
par une longue habitude ; néanmoins je ne me décourage pas et j'invite 
tous ceux qui voudront s'épargner des soins et de la dépense en pratiquant 
le procédé nouveau , à vouloir m'en faire connaître les résultats. 



PL4NTES NOUVELLES ET D AGRÉMENT. 

Aa nombre des plantes rares et d'une floraison peu habituelle , que l'on 
admire en ce moment , dans les serres de la Société Royale d'Horticulture 
à Bruxelles, les amateurs ont remarqué surtout, le Grifpnia hyacinthina , 
Vlpomea H or s f alliœ , les Gesneria Uouttei et cynocephaïa, le Clerodendron 
speciosissimum , etc. 

La première de ces plantes, originaire du Brésil , n'est point nouvelle pour 
nos grands amateurs ; elle a été introduite vers 1813, en Angleterre, sous 
le nom d'Amaryllis hyacinthina, à cause de la belle nuance lapis de ses 
corolles et de leur réunion en ombelle, comme celles de plusieurs espèces 
du genre Amaryllis. Elle a conservé ce nom jusqu'à ce que M. Bellenden-Ker 
ait démontré que cette amaryllidée offrait des caractères particuliers qui la 
constituaient le type d'un genre nouveau qu'il proposa d'appeler Griffinia, du 
nom de son introducteur, le Dr Griffin. Une plante semblable a aussi fleuri à 
Gand chez M. Verleewen, au commencement de l'année. V. p. 62. 

Ulpomœa Horsfalliœ (Ipomée d'Horsfall, planche enl. n° 67) est une 
magnifique plante de la famille des convolyulées , pent. mon. dont les carac- 



— S20 — 

tères spécifiques sont : Ipomœa volubilis glaberrima ; foliis quinalo-digitaiis ; 
folioUs laîiceolatis , integerrimis, margine undulatis ; cxjmis dichoiomis ; 
cahjcis lobis imhricafis , obtusis , œqualibus ; corollâ infundibuliformi ; 
stigmate bilobo. 

Celte espèce, qui a l'Inde pour patrie , eu a été reçue par Madame Horsfall , 
l'un des amateurs d'horticuKure les plus distingués que possède l'Angleterre, 
dans les premiers jours de 1833. Celte dame fit aussilùl semer les graines qui 
lui avaient été envoyées, et eut la satisfaction de voir les plantes en fleur au 
mois de décembre de la même année et dans le mois de janvier suivant. 

La plante est assez délicate et conserve constamment sa verdure ; sa lige 
est volubile , glabre, garnie de feuilles péliolées, ordinairement quinèes, à 
folioles entières, lancéolées , également et symétriquement rétrécies aux deux 
extrémités, légèrement ondulées et crispées en leurs bords; le pétiole est 
alongé , tortueux et cylindrique. Les fleurs sont réunies en panicule sur un 
pédoncule axillaire , semblable aux pétioles; le pédicelle est arrondi, glabre, 
pourvu de deux petites bractées aiguës ; le calice est composé de cinq lobes 
égaux, ovales , arrondis, obtus, imbriqués et d un noir pourpré ; la corolle 
est infondibuliforme, à limbe court , étendu , divisé en cinq lobes échancrés, 
larges, arrondis, d'un rouge pourpré très-brillant. Les cinq ëlamines ont 
leurs filaraens égaux, dépassant la longueur du tube, glabres, insérés sur 
une écaille ou glande veloutée. L'ovaire est globuleux, entouré d'un an- 
neau large et épais ; le style est simple, saillant , terminé par deux stigmates 
globuleux, rapprochés et velus. 

L'Ipomée de Horsfall appartient à la serre chaude où elle doit être 
exposée à toute l'inlensilè des rayons lumineux. On la cultive dans le terreau 
de bruyère pur. On voit dans noire planche coloriée, n' 67, fig. 1 , une éla- 
mine avec l'écaillé ou glande qui lui sert de base ; fig. 2, l'ovaire ; fig. 3 , une 
portion du style avec le sligmale. 

Les Gesneria houtfei et ctjîiocephala , sont des plantes tout a fait nouvelles, 
rapportées du Brésil, en 1836, par M. Vanhoulle à M. le chevalier Parthon- 
De-Von, à Wilrich , près d'Anvers; celai-ci, après s'être assuré que l'espèce 
était réellement inédite , lui a donné une dénomination qui établit les droits 
de son introducteur, à la reconnaissance des botanistes européens. La Gesné- 
rie de Vanhoulle , a de grands rapports avec la Gesnérie fauciale , et il faut 
apporter l'altenlion la plus minutieuse, pour apercevoir entre les deux espèces 
d'autres différences , que celle , plus apparente, qui existe dans la conforma- 
tion des feuilles. Cette espèce commence à donner, vers la fin de septembre , 
ses brillantes fleurs qui se succèdent sans interruption pendant les deux mois 
suivans. 

Sa racine est un tubercule solide , d'un volume variant entre ceux du poing 
et de la tête ; il produit une ou plusieurs tiges droites , herbacées, hantes de 
deux à trois pieds, cylindriques, pubescenlcs et d'un vert pâle. Les feuilles 
sont opposées , distantes, cordiformes, presque rondes et grandes de cinq 



— S21 — 

pouces ; elles sont généralement lomenteuses , veinées, réticulées et assez pro- 
fondément impressionnées en dessus, où la couleur est le vert sombre, en des- 
sous elles ont une nuance vert blanchâtre et les veines comme les réliculations 
sont saillantes et couvertes de poils blanchâtres ; les pétioles perdent de leur 
longueur à mesure que les feuilles se rapprochent du sommet de la tige, de sorte 
qu'il finit par être nul. Les fleurs sont réunies en panicule au sommet de la tige et 
dans les aisselles des dernières feuilles , formant une pyramide fort élégante • 
elles sont d'un rouge écarlate , très-vif, le calice est court , monophylle, di- 
visé jusqu'au tiers en cinq découpures ou dents aiguës , vertes et pubescenles. 
La corolle a deux pouces au moins de longueur ; elle est médiocrement arquée, 
presque globuleuse à sa base , qui est tellement embrassée par les divisions 
du calice que celles-ci paraissent adhérentes ; elle est brusquement rétrècie 
par un étranglement, puis elle se dilate ou s'évase insensiblement jusqu'aux 
trois quarts environ , où elle se partage en deux lèvres : la supérieure alon«^ée 
en trois lobes, dont les latéraux très-petils; l'inférieure en deux lobes courts 
obliques et séparés par une sorte de labellule rétus, largement tacheté de rouge 
pourpré à l'intérieur. Toute la corolle , à l'exception des lobes latéraux de la 
lèvre supérieure, est recouverte d'une pubescence glanduleuse. Les étamines 
ont leurs filamens d'un rouge vif , repliés en crochets dans leur partie supé- 
rieure et portant des anthères biloculaires , qui, par leur réunion, forment 
une élégante cocarde jaunâtre , au cenlre de la lèvre supérieure interne. Le 
pistil est moins long que les étamines. 

L'autre Gesnérie , à cause de la singulière conformation de son ovaire, a 
reçu le nom spécifique de cynocéphale. De même que quelques espèces 
{Tanius elephantipes , etc.) du genre Tesludinaria, elle est très-remarquable 
par l'énorme volume de son caudex. Elle a été découverte sur les rochers 
élevés de la Serra de llba grande , dont l'Atlantique baigne le pied, vis-à-vis 
de l'ile si pittoresque qui a donné son nom à la chaîne continentale. Cette 
plante croit à plus de cent pieds au dessus du niveau de la mer , sur la face 
en retraite du rocher , dans des anfraclures abritées par l'entablement qui 
forme saillie en guise de corniche , de sorte que pour détacher ou déraciner 
les caudex, il faut employer les pieds, et se cramponner, se suspendre par 
les maius à la saillie de l'entablement. On sent dès lors , tout ce que cette 
opération a de périlleux. Le tubercule détaché, il faut que quelqu'un soit aux 
aguets , sur les bords de l'abi-me , pour le recevoir adroitement et l'empêcher 
de rouler au fond du précipice. Les plantes rapportées par M. Vanhoutte, 
en 183S, font partie de la collection de M. le chevalier Parthon-De-Von. 
Elles ont commencé à fleurir vers le milieu de septembre. 

La plante est herbacée ; son caudex est plus ou moins saillant hors de terre, 
brunâtre , recouvert d'une enveloppe corticale , membraneuse , assez mince , 
parsemée de points rugueux, disposés régulièrement en quinconce. La tige 
s'élève un peu latéralement du sommet du tubercule ; elle est de la grosseur 
d'une forte plume à écrire et même du petit doigt vers son origine où elle 
Tome m. 41. 



— zn — 

est recouverte d'un duvet épais , court et brun ; elle est d'un vert blanchâtra 
et duveteuse dans toute sa longueur. Les feuilles sont opposées, cordiformes 
à la partie inférieure de la tige , mais s'arrondissant davantage à mesure 
qu'elles se rapprochent de son extrémité; elles sont pôliolées inférieurement, 
sessiles dans la partie supérieure , épaisses, veinées, réticulées, cotonneuses, 
d'un vert jaunâtre en dessus, blanchâtres en dessous, surfont sur les veines 
et les côtes; les bords sont finement et irrégulièrement crénelés et ciliés, i^es 
fleurs, portées sur un pédoncule assez court, sont réunies huit ou dix ensemble 
en pauicules axillaires, partielles, dicholomiquemeat opposées pour former 
une grappe pyramidale. Le calice est adhèrent avec l'ovaire ; il se termine 
par cinq dents subulées , largement séparées. La corolle est d'un beau rouge 
écarlate, tubuleuse, évasée supérieurement, rétrécie, comme étranglée à sa 
base qui se dilate immédiatement et s'arrondit en dessinant cinq protubé- 
rances ; celles-ci paraissent subordonnées à la division générale de la corolle 
en deux lèvres dont la supérieure a trois lobes qui semblent n'en former qu'un 
seul à deux échancrures latérales, celte lèvre à laquelle adhèrent les éta- 
mines, est repliée et emboîtée par l'inférieure avant l'entier épanouissement 
de la fleur. Les filamens sont rouges, didynaraes , cylindriques, élégamment 
coudés vers le sommet où sont attachées les quatre étamines bilobées, striées, 
cordiformes, qui par leur réunion forment une rosace grisâtre. L'ovaire est 
à une seule loge , surmonté d'un style plus long que les étamines et de même 
couleur, terminé par un stigmate capilé, incliné diagonalement , rétus, con- 
cave, bilabièet pubescent. Sur le bourrelet calicinal qui porte la capsule, et 
de chaque côié de la dent supérieure du calice persistant , sont deux glandes 
arrondies et jaunâtres, qui donnent à la fleur dépouillée de sa corolle, l'aspect 
d'une petite tète de chien à long museau. 

Le Cletodefidfon speciosissimum a reçu ce nom des jardiniers gantois; il 
parait lui être fort convenable , et il le gardera vraisemblablement jusqu'à ce 
que l'analogie avec quelqu'autre espèce déjà connue , ne vienne le lui enlever; 
nous hasardons cette opinion parce que nous avons remarqué que le Cleroden- 
dron speciosissimum ne différait pas sensiblement du Volkameria coccinea 
décrit dans l'Herbier de l'Amateur, mais que nous n'avons pu voir encore 
dans son état de vie ou de végétation. Du reste la description que nous avons pu 
faire de notre plante se rapporte parfaitement à celle du Volkamier écarlate; 
l'une et l'autre ont la tige cannelée ou légèrement tétragone , haute de trois à 
six pieds et nue dans la plus grande partie de son étendue. Les feuilles pourraient 
peut-être différer un peu, car elles sont grandes, assez épaisses, ondulées, lar- 
gement crénelées en leurs bords et d'un vert intense; les côtes sont Irès-sail- 
lantes inférieurement , d'un vert brunâtre et les ramifications blanchâtres, ce 
qui ne s'accorderait pas rigoureusement avec la description des feuilles du 
Volkamier, qui les dit entières , glabres des deux côtés , seulement chargées 
en dessous de nombreux points écailleux, visibles à la loupe ; dans tous deux 
elles sont cordiformes , opposées et assez longuement pétiolées. Les fleurs 



68 




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— 825 — 

tout d'un rouge ècarlate du plus grand éclat ; elles sont portées chacune sur 
un pédicelle coloré , rassemblées en panicule au sommet d'un pédoncule 
fort long et d'un rouge intense ; tous les pédoncules sont axillaires, opposés 
et réunis au sommet de la tige où ils forment une pyramide magnifique- 
Le calice est d'un rouge un peu brunâtre, monopbylle, profondément découpé 
en cinqsegmens lancéolés. La corolle est infondibullforrae, à tube fort alongô 
et grêle inférieurement ; le limbe est partagé en cinq découpures inégales, 
arrondies , ondulées , élalées et même réfléchies. Les quatre élamines ont 
leurs filamens un peu inégaux, mais toujours plus \ongs que la corolle; ils 
sont d'un rouge ponceau et supportent des anthères vacillantes, obliques, 
alongéesetd'un brun rougeâlre. L'ovaire est supérieur, globuleux; le style 
est dressé, un peu plus long que les filamens , de la même couleur et termina 
par un stigmate à peine visible. 

Nous devons cette belle plante à M. le baron Taffin , de Douai , l'un des 
amateurs les plus ardens de la botanique ; il en a obtenu des graines , il y a 
quelques années, d'un capitaine de vaisseau, qui revenait des Indes. La 
plante , maintenant répandue chez la plupart des amateurs en Belgique, y a 
fleuri pour la première fois au mois d'août 1833 , chez M. Van Geert, jardi- 
nier fleuriste à Gand , où l'on peut s'en procurer de bons exemplaires , dans 
les prix de cinq à quinze francs- 



Les belles serres de M. F. Reynders, riche amateur à Saint- Josse-Ten-Oode 
près Bruxelles, offrent maintenant une plante du Cattleya labiata, dont 
la hampe se couronne de trois grandes et magnifiques fleurs , de nuances les 
plus pures et les plus suaves. Nous avons engagé le zélé propriétaire de cette 
brillante orchidée , à la faire peindre , pour en avoir au moins une figure 
exacte , car toutes celles que nous avons vues jusqu'à ce jour n'en donnent 
pas même une idée; nous n'osons pas promettre de la comprendre dans notre 
Iconographie , dans la crainte d'être , comme tous les iconographes anglais ^ 
trop en dessous de la nature. 



INDUSTRIE ET CONSTRUCTIONS HORTICOLES. 

Girandole destinée à soutenir des pots de fleurs dans les appartemens. 

Ce meuble élégant , dont le dessin , compris dans la planche première 
{fig. S) de ce cahier, peut êlre varié de mille manières , suivant le goût des 
amateurs ou l'exigence des localités , consiste en une sorte de candélabre 
de métal dont la base est assez étendue et présente un poids assez considé- 



— S24 — 

rable pour obvier au renversement de l'appareil qu'une rupture d'équilibre 
ou un léger choc melirailen danger dê(re renversé. Des branches sont fixées 
à Taxe du candélabre de manière à lui donner un aspect pyramidal ; chacune 
d'elles est garnie d'un plateau à rebord pour recevoir un pot à fleur, et sur le 
bord de ce plateau on a pratiqué on ou plusieurs écroux dans lesquels on in- 
troduit des vis de pression qui fixent les pots par leur base. Cet appareil fait 
le plus bel effet dans les apparleraens , il pare d'une manière tout à la fois 
riche et agréable les antichambres, les vestibules, les palliers, etc. , et se 
trouve à la portée de toutes les localités par son facile déplacement. 

Explication de la figure o. a, a, a, a, plateaux qui portent les pots à fleurs; 
on en dispose les ornemens de façon qu'ils puissent cacher entièrement le re- 
bord et ses vis, ou mieux encore en tenir lieu. C'est pour cela que dans les pla- 
teaux de la base de l'appareil on en a figuré un nu et l'autre garni d'ornemens , 
b tige portant les branches ; elle se visse fortement en d sur l'axe e e du can- 
délabre, qui est monté sar trois pieds par sa base/". — g ,g, pots à fleurs indiqués 
par un simple trait. 

Autre girandole pour contenir des f.eurs séparées de la tige et conservées au 
vioyen de l'eau qui baigne le pédoncule. 

o, Fig. 6, est unecolonne ou unaxe porté sur un plateau à trois pieds; autour de 
celte colonne sont disposés des vases coniques b, b, h, en verre ou en métal et em- 
boités les uns dans les autres, de manière cependant à laisser des interstices 
plus ou moins grands , ainsi qu'on le voit dans la figure 6. Ces vases sont so- 
lidement mastiqués par leur partieinférieure, autour de la colonne sarlaquelle 
ils doivent glisser comme des anneaux. On emplit les vases d'eau et l'on y 
dépose des fleurs que l'on renouvelle à mesure qu'elles se flétrissent. Une sem- 
blable girandole garnie des différentes variétés de dahlias , offrait le toup- 
d'œille plus admirable. La figure 7 représente le plan de lappareil. 

Moyens de transporter des plantes vivantes pendant un voyage de long cours. 

11 arrive souvent que des plantes précieuses , recueillies ou élevées sur un 
autre hémisphère , ne peuvent résister aux périls d'une traversée longue et 
souvent embarrassée, et que lorsqu'elles arrivent à leur destination, ce n'est 
pour l'ordinaire , que dans un état de souffrance tel qu'il leur faut plusieurs 
années pour se remettre entièrement des fatigues du voyage. On a observé 
que ce ne sont point les changemens ou les alternatives de température , non 
plus que le défaut de soins qui nuisent à la conservation de ces plantes , mais 
bien les chocs accidentels qu'elles éprouvent par suite de la célérité qu'exigent 
presque toujours les manœuvres d'un navire ; ces chocs ou des chutes réitérées 
occasionnent la rupture des pots, et alors la plante ne pouvant être prompte- 
ment rempotée, se trouve presque infailliblement perdue. 

Voici quelques moyens de transport qui ont été employés avec succès dans 



h\''iiicu JitiiT Belje 



Oclobtv 1056. 




l/U^nu/fcu- Bclg^ 



Och'brc Jfl.-i6. 




de longs voyages, pendant lesquels les piaules, grAce aux précautions prises, 
u'out éprouvé aucune altération et sont arrivées sans le naoindre accident. Le 
premier consiste dans une barrique A dont la moitié supérieure est percée sur 
ses flancs , de quatre ouvertures , que l'on garnit de grilles semblables à celles 
des cages qui doivent emprisonner des oiseaux; la partie opposée au fond est 
également garnie de grilles, et de plus, garantie par un couvercle rendu mobile 
par une charnière , et qu'on lève à volonté de même que la grille , lorsque les 
besoins de la culture des plantes l'exigent. Cet appareil ainsi construit, on 
dépose sur le fond de la barrique , que l'on aura préalablement percé de plu- 
isieurs petits trous , une couche de terre favorable à la végétation des plantes 
que l'on doit transporter, on la tasse suffisamment , puis on y arrange les plan- 
tes avec la précaution que les racines des unes ne nuisent point à celles des 
autres, et que toutes puissent parvenir sans obstacle, à absorber les sucs nourri- 
ciers dont elles auront besoin. Cela fait on achève la plantation de manière 
que la surface de la terre ou du terreau se trouve à un pouce environ des ou- 
vertures de la moitié supérieure de la barrique. Pendant la traversée l'on n'a 
d'autre soin que de lever de temps en temps le couvercle soit pour donner un 
peu plus d'air aux plantes , soif pour les arroser, ce que l'on fait toujours modé- 
rément quand l'eau douce est, comme à bord, l'objet d'une grande économie. 
On peut pour plus de sûreté revêtir les parois internes de la barrique d'une 
toile goudronnée et clouée ; elle augmente la solidité de l'appareil sans en 
accroître le volume. Il est bon aussi que les interstices de la grille en fil de fer 
soient assez petits pour ne point permettre aux rats ou autres animaux nui- 
sibles qui peuplent les bàtimens, de s'introduire dans la barrique et dévaster 
la plantation. On peut aussi disposer la barrique de manière à recevoir un semis 
au moment de l'embarcation , alors les graines germent et croissent pendant 
la traversée comme elles le feraient dans le pays natal , et se trouvent à point 
d'être repiquées à l'arrivée. Cette pratique est môme indispensable pour cer- 
taines graines que l'on n'a pu encore parvenir à faire germer hors de leur 
pays , soit que la traversée ait suffi pour éteindre en elles toute faculté germi- 
natrice, soit qu'un autre motif, inconnu jusqu'ici, ait rendu tous les soins 
infructueux. 

Quelquefois, et c'est le cas pour presque toutes les orchidées, il faut 
enlever les plantes que l'on détache , avec une partie de leur sol propre 
c'esl-à-dire le gravier du rocher ou la partie ligneuse en décomposition, sur 
laquelle on les trouve parasites ; alors on entoure soigneusement la motte 
avec de la mousse et l'on en fait un paquet que l'on assujettit avec du fil de 
laiton. On arrange soigneusement ces plantes empaquetées dans une caisse 
ou coffre B (1) et C , avec ou sans compartimens , selon les avantages que l'on 
peut en tirer, et l'on remplit les interstices de mousse et de terreau , que l'on 

(1) Les bandes noires que l'on remarque sur le dessin de la caisse indiquent des ouvertures 
ménagées entre les planches pour faciliter la circulation de l'air Jans la caisse , lorsque l'on est 
obligé de tenir le couvercle abaissô. 



— 326 — 

eatrelieul humides. Ces plantes conlinucnt à végéter et arrivent dans l'état 
où elles se trouvaient au moment où elles ont èlè détachées , quelquefois 
même beaucoup mieux portantes et plus saines. 

Sièges de jardin. 

Les Ggures 8 et 9 de la même planche représentent des sièges de jardin 
d'une grande légèreté quoique fort solides, facilement Iransportableset com- 
modes en ce qu'étant plies ou fermés, ils occupent très-peu de place. Les deux 
figures dispensent de toute description; dans l'une on voit le siège ouvert et 
développé , dans l'autre il est plié ou fermé 



MÉLVNGES. 

Sur le produit de la calcination des coquillages , considéré comme engrais; 
par M. Ejhile Dewael. 

La consommation des huîtres et autres mollusques à écailles ou testacés, est 
si considérable dans quelques villes des Étals-Unis , qu'à Boston des règlemens 
particuliers de police ont dû défendre de jeter dans les rues, les débris de co- 
quilles, qui auraient uni par les encombrercoraplélement. Les consommateurs, 
d'après ces règlemens, sont obligés de faire charrier ou transporter leurs co- 
quillages dans un endroit désigné où ils forment bientôt des amas considé- 
rables et d'autant plus infects qu'il reste, parmi ces coquilles, plus de cada- 
vres réjetés pour cause de putréfaction. En 1828, un habitant de Boston 
imagina de brûler ces coquilles afin d'observer quel serait l'effet du résultat 
de la calcination sur la culture ordinaire et variée des jardins; le succès ne ré- 
pondit pas d'abord à son attente, et quoiqu'il n'eût qu'à ramasser les écailles 
qu'on lui apportait, le produit de ses opérations ne suffisait pas pour en cou- 
vrir les frais ; néanmoins avec de la persévérance , il est bien rare que l'on ne 
parvienne pas à faire fructifier une entreprise lorsqu'elle est basée sur des 
calculs positifs , et c'est ce qui arriva à M. Knapp ; ses appareils ayant été 
perfectionnés , et ses produits de calcinalion améliorés , ceux-ci furent recon- 
nus comme un engrais puissant que chacun s'empressa d'employer. De sorte que 
les écailles dont l'enlévemenlet le transport coûtaient autrefois uu franc par 
charretée sont maintenant recherchées et payées de six à huit centimes le bois- 
seau. Du 28 septembre au 30 décembre 1834, M. Knapp a reçu et converti 
en engrais 30,800 boisseaux de coquilles, malgré la concurrence qui s'est 
établie avec deux autres compétiteurs et qui font une consommation à peu 
près semblable. 

La construction des fours à calcination des coquillages varie pour la forme 



— S27 — 

cl la capacité suivant les idées admises par le propriétaire, mais dans tous lo 
combustible employé est la plus mauvaise qualité de bouille , le menu géné- 
ralement rebuté. 

Tout le monde connaît la chaux ordinaire et son action comme engrais ; mais 
il paraît que celle qui provient des coquilles exerce une puissance plus grande; 
par elle les débris de végétaux et d'animaux, disséminés et perdus dans les sols, 
sont plus complètement absorbés et la combinaison nutritive qui en résulte 
parait être mieux élaborée ou plus perfectionnée ; du moins est-elle plus con- 
venable aux racines des jeunes plantes surtout ; c'est ce qu'a prouvé une ex- 
périence comparative , plusieurs fois répétée, entre deux portions d'un même 
terrain également ensemencé , dont l'une était amendée avec la chaux ordi- 
naire et l'autre avec la chaux de coquillages. 

L'emploi de la chaux comme engrais exige une préparation première qui 
lui enlève sa grande causticité à laquelle nul corps organisé ne résiste ; cette 
préparation est ce que l'on nomme vulgairement l'exliuction, soit qu'on l'opère 
par l'aspersicn immédiate avec de l'eau, soit qu'on lui fasse absorber lente- 
ment rhumiditè contenue dans l'atmosphère. On a observé que ce dernier 
moyen était le moins avantageux ; il n'est pas employé par M. Knapp qui ne 
vend même son engrais de coquilles que sous le nom de chaux délayée , in- 
diquant ainsi qu'elle a déjà été préparée et travaillée avec de Teau. 

La quantité de cet engrais employé en Amérique, varie selon les terrains. 
Sur les bruyères récemment mises en culture, elle doit être beaucoup plus con- 
sidérable que sur les terrains anciennement cultivés; elle est moindre sur les 
sols qu'on laisse en jachère pour le parcage des troupeaux. 

L'effet de la chaux, comme je l'ai déjà dit, est d'absorber les racines, les 
mauvaises herbes , et de les convertir plus promptement en humus et en ter- 
reau ; de neutraliser toutes les matières nuisibles à la végétation , et de rendre 
nutritives les substances qui s'y trouvent et qu'elle décompose. Le délaye- 
ment avec l'eau facilite cette dernière opération. Si, par exemple, on la ré- 
pand sur une lande, elle y détruit ce qui s'y trouve de plantes de bruyère 
ou de mousse, décompose la couche première et la remplace par une sorte de 
savon terreux , qui pénètre le sol et le rend cultivable. 

Sur les terrains marécageux desséchés , des applications suivies de chaux 
sont nécessaires parce que ces terrains contenant une grande quantité de ma- 
tières végétales peu altérées, il faut une action stimulante plus prolongée, pour 
opérer complètement la conversion de ces matières en élémens de nutrition 
végétale. 

Les terrains argileux présentent une disposition naturelle à se combiner 
avec la chaux et peuvent en souffrir une application plus souvent répétée ; 
cela est d'accord avec l'observation que, dans un sol , plus les proportions d'ar- 
gile, de sable et de calcaire se rapprochent et plus grande est la fertilité. 

Sur les terrains sablonneux , qui contiennent peu de matière végétale , la 
chaux se combine avec les partlcales les plus fines de ce sol, et leur donne plus 



— S28 — 

de consistance; elle y attire l'humidité atmosphérique, et la rend moins sujette 
à sécher. 

Du reste en adoptant le principe de dissolution qu'exerce la chaux, on doit 
sentir que des applications trop répétées de ce moyen, épuiseraient bientôt en- 
tièrement un sol quelconque ; il ne faut l'employer largement que sur les 
terrains encore vierges et surtout le faire précéder tout fumier. Au contraire 
sur les terres arables ordinaires on peut amener un mélange de chaux et de 
fumier, surtout lorsque l'effet doit être immédiat. 



EXPOSITIONS HORTICOLES. 

Société d'Horticcltcre d'Anvebs. 

Exposition de Dahlias. — Le 11 septembre 1836 , la Société a reçu dans 
le local affecté à ses expositions , toutes les fleurs de Dahlia qu'y ont dé- 
posés les nombreux amateurs. Le nombre de ces belles fleurs était considé- 
rable: il en était venu non-seulement de tous les points du royaume, mais 
encore de Lille et de plusieurs autres villes ou communes frontières. 

D'après la décision d'un jury spécial le prix pour la plus belle collection 
de variétés de Dahlia, comme celui pour la fleur la plus méritante ont été 
décernés à M. De Knyff-Dellafaille. Ont été mentionnées honorablement les 
collections de MM. De Catters, J. De Knyff et Moons, à Anvers ; de M"' Osy, 
à Wichem ; de M. le comte de Rouvroy , à Lille ; de M. le chev. Parlhon- 
De-Yon, à Wilrick, de MM. Van Geert et Verschaffelt, à GanJ. 

Exposilioii de Fruits. — Les 2â, 24 et 2o octobre, la Société d Horti- 
culture d'Anvers a tenu sa vingtième exposition , consistant en fruits. 

On devait s'attendre à ce que cette exposition ne serait pas, cette année, 
aussi brillante que l'année dernière; le froid et l'humidité ont empêché 
les Raisins de parvenir à leur maturité ordinaire , les grands vents ont abattu 
les fruits avant le temps de les cueillir. Cependant si le nombre des fruits 
n'a pas été aussi grand , la qualité de ceux qui ont été exposés a été aussi 
l>cUe et aussi variée; il y avait plusieurs espèces de fruits nouveaux. Dans le 
beau contingent de M. De Meester, de Louvain, on a remarqué entre autres 
beaux fruits des Prunes dites d'octobre , et surtout la Poire récemment gagnée 
et que la reconnaissance générale a fait nommer VanMons. La collection de 
M. De Rasse, de Tournai et celle de M. d'Esperen, de Malines, se distin- 
guaient par le choix des meilleures espèces de Pommes et de Poires. On dis- 
tinguait aussi un superbe Ananas appartenant à M. De Pret-Moretus ; cette 
variété, beaucoup plus forte qu'aucune autre, avait dans sa circonférence 
cinquante-six centimètres , et vingt-trois centimètres de hauteur sans y corn- 



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— 329 — 

prendre la vaste couronne de feuilles qui surmonte le fruit. Pariiii les 
légunoes il s'est trouvé des choux ronges pesant plus de treize kilogrammes. 

La commission composée des juges et juges suppléans, s'étant réunie à 10 
heures du malin , a procédé aux différens concours, et a décerné les médailles 
ainsi qu'il suit : 

l""*^ Concours. Pour le contingent le plus riche en fruits de genres différens. 

— Le contingent de M. Auguste Dellafaille a obtenu le prix; ceux de 
MM. J. De Knyff, à Waelhem , et De Knyff-Van Havre , à Anvers, les l' 
et 2' accessits. 

2e CoNCOCRS. Pour la plus belle collection de Poires et de Pommes. — 
La médaille a été méritée par la collection de M. De Knyff-Van Havre ; le 
l^' accessit, parcelle de M. F. Muys, et le 2° accessit, par celle de 
M. M.-J. De Baraux. 

3« CoNcocRS. Pour la plus belle collection de Raisins d'espèces différentes. 

— Le prix a été adjugé à la collection de M. Merlens-Yloers, à Brasschaet ; 
les l"el 2^ accessits, à celles de M. Moens et de M. Auguste Dellafaille. 

4' Concours. Porir les fruits le plus nouvellement introduits dans le 
royaume. — Le prix a été décerné au n" 332, Ananas providence blanche, 
de M. De Pret-Moretus. 

Le jury a désiré qu'en faveur des nouvelles espèces de Raisins , introduites 
par M, Mertens-Vloers, une mention honorable fut accordée à cet horticulteur. 

b' Concours. Pour la médaille destinée au plus bel envoi de Fruits, fait 
par des personnes gui ne font pas partie de la Société. — La collection de 
M. DeMeesterde Louvain a mérité la médaille. 



Société d'Horticulture de Rouen. 
Extrait des statuts arrêtés dans la séance du Q juillet 1836. 

Art. 12. Il y aura chaque année deux expositions de fleurs, de fruits et 
autres objets concernant l'horticulture. 

Art. 13. Les membres de la Société, comme les étrangers, peuvent con- 
courir et exposer leurs produits. 

Art. 14. Il sera accordé des prix aux concurrens. Des encouragetnens 
seront aussi donnés aux bonnes méthodes de culture et aux inventeurs ou 
introducteurs d'objets nouveaux, reconnus utiles à l'horticultnre. 

Art. IS. Si des membres de la Société concourent , ils ne pourront faire 
partie de la commission d'examen , et ne voteront pas sur tout ce qui les 
concerne. Ils peuvent exposer sans concourir. 

Art. 16. Les objets exposés ne seront enlevés qu'après le délai de l'ex- 
position. 

Art. 17. Une commission de cinq membres nommés par le bureau, pro- 
cédera à l'examen des objets soumis aux concours ou à la visite des lieux : 
elle fera son rapport à la Société , qui volera sur ses propositions. 

TOME m. 42. 



— 8^0 — 

Art. 18. Les prix consisteront en médailles d'argent, de brouze, en men- 
tions honorables ou en sommes d'argent, au cboix de la Société. Ces prix 
seront décernés en séance publique, lors des expositions. 



BIBLIOGRVPHIE. 

CcBTis BoTAXiCAL Magazine ; or Floicer Garden displaijed, etc.; par 
W. J. Hooker; nouvelle série, vol. X, n" 118. Octobre 1836. 

3021. FCCHSIA 1IACR0STE3IA ; YaR. ReCCRVATA. 

La Fuchsie à grosses ètamiues. qu'ont fait connaître Ruiz et PavoD , dans 
leur Flore du Pérou, publiée il ya environ trente-cinq ans, n'a paru dans 
nos collections qu'en 1823; on l'admira pour la beauté et l'étendue de ses 
fleurs, mais la variété que vient d'en obtenir M. >'iven , à Dublin, par des 
semis réitérés, l'emporte encore en qualités sur l'espèce primitive. Comme 
elle, on la voit en fleurs pendant tout l'été. 

3022. Vaccinium virgatum. Ramis foriferis pleriiniqiie aphtjîlis ; racemis 
suhconjmbosis , secundis, nutaiitihus , hracteatis ; corollis siihcylindraceis , 
caïycihus erectis ; foliis ohovato-oblongis , integerrimis , utrinque acutis , 
memhranaceis, décidais, suhtks piibesceniihus ; germîne semi-supero. 

V. ViRGATCîi. Eorl. Kew. éd. 2. 2. 12. — Willd. Sp.pL'H. 3o8. — 
Spreng. Syst. veget. 2. 210. • — Andr. Botan. Rep. t. 181. 

Celte espèce, qui fait partie de la collection du Jardin Botanique de Glas- 
gow, et qui, vraisemblablement, existe dans plusieurs autres encore, est 
connue depuis 1767; elle l'était même avant, car tout porte à croire qu'elle 
a été soumise à l'examen de Linné , qui l'a considérée comme une simple 
altération du V. corymbosiim. Elle est originaire de la Caroline, et fleurit aux 
mois d'avril et de mai. 

â323. SoLLTA HETEROPHYLLA. FoîHs ovato-lniiccolatis ; inferioiibus ser- 
ratis , superiorihus integerrimis : petiolis serratorum alatis. 

S. HETEROPHYLLA. LiNDL. Bot. Rcg. 1466. — Sert. Bot. liv. 91. — Cotjrtois, 
Mag. d'Eortic. 218. 

C'est un arbrisseau dont le port rappelle en quelque sorte la douce-amère 
de nos climats. Il a été découvert à la côte nord-ouest de la Nouvelle-Hol- 
lande et adressé à M. Lindley qui y a trouvé le type d'un genre nouveau 
qu'il a dédié au chevalier Richard Solly, protecteur zélé des sciences et spé- 
cialement de la botanique. 

3o2-i. RoDRiGCEziA SECUNDA. Pseudobulbis compressis , ovalibus; foliis 
lanceolatis, apice emarginatis, obliquis ; spicâ cylindraceâ , foliis longiore 
recurtâ ; sepalo supremo fornicato ; petalis ovatis , obtusis ; labello abrupte 
deflexo : disco calloso apice cuneato emarginato. 

R. SECUSDA. HcMB. Nov. geti. et pi. 1. t. 92. — Botan, Regist. 930. 

R. LANCEOLATA. Bof. Cob. t. 676. 



I 



— 831 — 

Pm'UROTIIALMS? COCCIMiA. — HooK. Hx.Fl. t. 129. 

Cette magnifique orchidée se trouve aux environs de Carlhagène , dans la 
province dcPopayan; mais elle parait originaire de la Trinité ; du moins c'est 
là qu'elle a été observée primitivement ; et la plante qui a servi à la description 
qu'en a faite M. De Iluraboldt, avait été recueillie à Démèrary. On la cultive 
enEurope, depuis l'année 1819; elle y a été introduite par MM. Loddiges; 
elle fleurit pendant l'été et l'automne. 

3523. SiLPHiTiM TEREBiNTHACEUM. FolUs inferîoribus amjjUs , cordatis , 
profundè (îentalo-serratis , longé petiolatis, subtùs margineque scabris ; pani- 
culis bracteatis. 

S. TEREBiNTHACEUM.LiNN. «SMjap. — â83. Jacq. Hort. Vind.v.l.p. 16. f. 43. 

— MicH. FI. Am. 2. 245. — Puksh. FI. Am. 2. 577.— Ell. Carol, S. 46B. 

— Spreng. Stjst. veg. 3. 629. , 
Celte plante, connue et cultivée enEurope depuis près d'un siècle, est origi- 
naire de la Caroline et de la Géorgie; elle forme, dans nos plate-bandes de 
grandes plantes herbacées, un ornement que l'on accueille avec d'autant plus de 
plaisir, que ses larges et belles fleurs commencent à paraître vers les premiers 
jours de l'automne , alors que nos jardins perdent leur plus belle parure. 

3526. MoNARDA ARiSTATA. Caiiescens ; foliis ohlongo - lanceolatis , basi 
angustalis ; foralibus bractcisque exterioribus, sessilibus, subcoloratis , apice 
longe subulato-aristatis ; calycibus striatis , pubesceiitibus ; fauce barbatâ ; 
corollœ tubo dentés cahjcinos vix excedente. 

M. ARISTATA. NuTT. Cull. Tow. 187. — Benth. Lab. p. 318. 

M. Nuttall a découvert , ily a quelques années, cette Monarde sur le terri- 
toire del'Arkansus, province des États-Unis de l'Amérique septentrionale, et 
M. Drummond vient de la retrouver aux environs du fort Saint-Philippe , dans 
la province de Mexico. C'est de là qu'il en a envoyé des graines à la Société 
d'Horticulture de Londres. Semées de bonne heure, au printemps , les plantes 
ont fleuri au mois de juillet dernier. 

3527. EcPHOREiA BojERi. Fruticosa , spinosa; foliis numerosis,coriace{s, 
patenfissimis , ovato-oblongis , reiusis , cum inucrone basi utrinque spinâ 
valida patente; pedunculis axillaribus cymosis, dichotomis ; bracteis duabus 
semi orbiciilatis coloratis , basi unitis, concavis, involucrum includentibus ; 
involucri glandulis 5 semiorbiculatis. 

Nous sommes redevables au professeur Bojer, à l'Ile Maurice , de la décou- 
verte de cette belle Euphorbe ; il l'a trouvée dans l'une de ses excursions à 
Madagascar, et en a enrichi tout récemment les serres de l'Europe. La plante 
est en fleurs pendant tout l'été. 

Britisch Flower Garden and ornamental shrubbery, etc. ; par R. Sweet; 
2" série, n" 87. Octobre 1836. 

853. RosA lijtea; Var. plema. 

354. NiEBEMBKRGIA PHJÎN1CEA ; VaR. ROSEA. 



CeKe jolie variété a été obtenue l'aQ passé, par M. Rogers deBatlersea, 
d'un semis de graines du Nierembergia phœnicea , fécondé par le pollen du 
iV. nyclaginiflora. 

'âoo. Cemaurea BALSA3IITA. Seficeo-couata ; caulibus siinplicibus ; foliis 
radicaîibus lyratis; caulinis obloncjis , mucronalis , integeirimis ^ petiolatis; 
capitulis ovalis ; invoh.icri squamis glabris ; appendice pecliuato-palmatâ ; 
radiis ^-partifis , disco bievioribus; aieolâ achenii tcrticali. 

C. BALSAMiTA. Laîi. Dict. EticycL 1. 667. — Willd. Sp. pi. 3. 2298. — 
Spreng. Syst. veg. '3. 400. 

Cardeus orienfaîis costi hortensis folio. ToraNEF. Cor. p. o6. — Id. It. 2. 
p. 849. 

Avant que les progrès de la civilisation eussent fait sentir aux peuples le 
besoin d'entourer leurs chefs d'un prestige dont ceux-ci ont bientôt abusé, 
ces chefs n'étaient que des pasteurs distingués ou par leurs richesses ou par 
leur audace, et qui avaient la coutume de faire garder et conduire leurs trou- 
peaux par des bouviers à cheval, que l'on nommait centaures, mot composé 
de x£>r£i), je pique, et de rx-jp:^ , bœuf. Ces hommes auxquels l'habitude de 
soigner les bestiaux dans leur état de souffrance, avait inculqué les notions 
primitives de la science d'Esculape, furent considérés comme des êtres sur- 
naturels, que la tradition toujours entachée de merveilleux, a dépeints sous 
une forme moitié homme et moitié cheval. Ils traitaient indistinctement et 
les bœufs et les hommes, n'employant pour remèdes que des plantes, et 
l'une de celles qui leur procuraient le plus de cures fut nommée Centaurea. 
Sans doute il serait difficile de retrouver cette plante des temps antérieurs à 
Dioscorides dans les cent cinquante et au-delà, que les botanistes modernes 
ont réunies sous le nom générique de Centaurea, mais quelques-unes d'entre 
elles jouissent de propriétés qui ont pu être remarquées dans les premiers 
âges de la médecine. Le genre conservé par Linné, dont il a groupé le grand 
nombre d'espèces en plusieurs sections qu'il a distinguées par des noms par- 
ticuliers , est représenté dans toutes les parties du globe et surtout dans 
l'Asie occidentale ; c'est à l'Arménie qu'appartient la Centaurée balsamite; 
elle y a été observée par M. André , qui en a envoyé des graines au Jardin du 
roi, à Paris, en 1780. Elle fleurit au mois de juillet. 

336. LrpiNrs îiacrophyllis. Perennis , hirsutus ; foUoUs numerosis 
{\%\q) lance olalis , acutis; verticillismuUifloiis, conliguis; cahjcibus ebrac- 
leolatis , pedicellos exccdcntibiis ; labiis integris ; inferiorc lanceolato , aculo 
diiplà longiore. 

Ce Lupin , qui se rapproche beaucoup du polyphylle , mais qui le surpasse 
encore en beauté, est originaire comme lui, de la Colombie; c'est de cette 
belle contrée de l'Amérique du sud, que des graines en ont été envoyées à 
M. Garvie , horticulteur distingué de Stratford, dans le comté d'Essex. La 
plante, qui est un des plus brillans ornemens de nos parterres, y déploie 
toute sa magnificence pendant la plus grande partie de l'été. 



Elle est vivace ; sa lige s'élève à la hauteur de trois à quatre pieds. Les 
feuilles sont portées sur un long pétiole assez grêle, et composées de douze 
à quinze folioles ciliées, lancéolées, aiguës, atténuées vers leur base, et dis- 
posées en rayons, autour du pétiole qui forme le point central. Les fleurs 
sont rassemblées par verticilles serrés , au sommet de la tige, et y forment 
une magnifique grappe pyramidale, de plus d'un pied de hauteur. Chacune 
de ces fleurs, dont le nombre s'élève à plus de quatre cents , adhère à la tige 
par un pédicelle cylindrique et d'un rouge pourpré. Le calice est bilabié, 
dépourvu de bractées :'ïes deux lèvres sont entières, mais l'inférieure est 
beaucoup plus longue que la supérieure, lancéolée et subulée. La corolle est 
papilionacée, d'un bleu pourpré fort éclatant ; l'étendard est arrondi et mu- 
croné ; les deux ailes sont un peu moins longues, réunies en forme de bateau 
et conniventes à la base ; la carène est acuminée. Les dix étaraines sont mona- 
delphes, c'est-à-dire que leurs filets sont réunis en un seul faisceau; cinq 
des anthères sont précoces et arrondies : les cinq tardives ont une forme plus 
alongée ; les filamens sont blanchâtres et glabres. Le style est subulé, ascen- 
dant , terminé par un stigmate obtus et velu. Le fruit consiste en un légume 
coriace , oblong et comprimé , renfermant quelques graines orbiculaires et 
aplaties. 



Nouvelle maison rustique. 

Encyclopédie d'horticulture pratique, ou cours élémentaire, complet et 
méthodique du jardinage, publiée par une société composée des -4000 pre- 
miers souscripteurs, et rédigée par une réunion d'horticulteurs dont font par- 
tie, MM. Audouin , professeur au Muséum d'histoire naturelle ; Bailly de 
Merlieux, secrétaire de la Société d'Uorlicullure; Baumann frères, pépiniéris- 
tes à Bolwiller; l'abbé.Berlèse, de plusieurs Sociétés savantes; Bonai'ous, dir. 
du jardin botanique à Turin; Camuzet, clief des pépinières au Jardin du Boi ; 
Chevreul, de l'Institut, piof. au Muséum ; Colin fils, chef des jardins royaux 
à Paris ; le vicomte Débonnaire de Gif , vice-président de la Société d'Hor- 
ticulture; Drapiez, secrétaire de la Société d'Horticulture de Bruxelles ; 
le vicomte fléricart de Thury, président de la Société d'Horticulture de 
Paris; Huerne de Pommeuse, de l'Institut ; ïïuzard fils, trésorier de la So- 
ciété centrale d'agriculture ; Jacques , chef des jardins du roi à Neuilly, de la 
Société d'Horticulture: Jaume Saiut-Hilaire, auteur de la F/ore et de la 
Pomone françaises, etc.; O. Leclerc-ïiiouin, de la Société centrale d'agricul- 
ture et de celle d'horticulture; Loiseleur-Deslougchamps, vice-président de la 
Société d'Horticulture de Paris; Macarel, conseiller d'État; Mallet, iospect. 
divis. des ponts et chaussées; Mérat, botaniste, de l'Académie de médecine; 
Michaux, auteur des Arbres foi csliers de l'Amérique , etc. Mirbel, profes- 
seur de culture au Jardin des Plantes; Morin de Sainte-Colombe, delà Société 



— S34 — 

royale et centrale d'agriculture ; Baron De Morogues, pair de France; Neu- 
mann, chef des serres chaudes au Jardin des Plantes; Pépin, chef de botani- 
que au Jardin des Plantes; N. Philippar, clief des serres tempérées au Jardin 
des Plantes; Poiteau, rédacteur des Annales de la Société d'Horticulture de 
Pans; Redouté, peintre, professeur d'iconographie au Muséum; Rendu, secré- 
taire de la Société d'Horticulture; Sageret, auteur delà Phjsiologie pomolo- 
(jique^ etc. ; Baron Séguier fils, de l'Institut, de la Société centrale d'agricul- 
ture; Baron Silvestre, membre de l'institut; Soulange Bodin, secrétaire géné- 
ral de la Société d'Horticulture de Paris; Turpin, membre de l'Institut; Vil- 
morin, grenetier-pépiniériste , etc., etc. 

Plus de 11500 figures représenteront tous les instrumens, ustensiles, ma- 
chines, bâtimens et fabriques, plans et dessins de jardins , et les principaux 
arbres, arbustes, plantes d'ornement, les fruits , légumes, etc. 

Cette nouvelle Encyclopédie dujardinacje sera rédigée par des hommes qui 
ont le plus contribué aux progrès de l'horliculture en France, et par les mem- 
bres de la Société royale d'Horticulture le plus capables de ne rien omettre 
d'essentiel ou de nouveau dans la pratique de l'art des jardins; la liste des col- 
laborateurs et le patronage de la Société royale d'Horticulture sont , sans 
doute, à cet égard, le meilleur prospectus de celte publication. Au surplus, 
on ne négligera pas de profiter des excellens documens qui se trouvent dans 
les ouvrages français et étrangers déjà publiés, notamment dans VEncijclopé- 
die dujardinacje et dans l'Encyclopédie d'arboriculture de M. Locdon, dont 
le succès et la réputation sont si grands, et l'on n'omettra aucune des nou- 
veautés récemment introduites dans les jardins de l'Angleterre et de la Bel- 
gique. 

Nous n'avons pas dû balancer dans la préférence donnée à la forme d'En- 
cyclopédie sur celle de Dictionnaire ; c'est le seul moyen de présenter un 
Tableau exact, complet et véritablement instructif, d'une science ou d'un art; 
un Dictionnaire n'est bon à quelque chose que quand il est terminé, et il n'est 
propre qu'à faciliter les recherches; or, ces avantages, il est facile de les pro- 
curer à la classification méthodique au moyen d'une Table alphabétique éten- 
due et bien faite, à laquelle, dans cet ouvrage, on donnera , en effet, tous les 
soins nécessaires. 

Au milieu de la multitude d'ouvrages qui ont été publiés, depuis vingt ans, 
sur le jardinage, et malgré le mérite de quelques-uns, on peut dire qu'il n'en 
existe pas encore où l'horticulture ait clé embrassée, dans toutes ses parties, 
avec ensemble et harmonie, et embellie par des figures nombreuses et bien 
faites. Quel sujet, cependant, prêtait mieux au pittoresque que l'art aimable 
et maintenant si généralement cultivé des jardins? 

L'Encyclopédie d H or tictdture pratique sera partagée en 8 divisions prin- 
cipales qui traiteront : 1° Des Notions générales de Physique végétale et 
d'Horticulture; 2° Des Pépitiières ; 3° Des Jardins fruitiers ; A° De la culture 
des Jardins potagers et des maraîchers; S" Des Cultures forcées, des Oran- 



— 335 — 

geries et des Serres; 6° Des Jardins fleuristes; 7" Des Arbres, Arbrisseaux 
et Arbustes d^ ornement, indigènes et exotiques; 8° De la Composition desJar. 
dins d'ornement. Les nombreuses sous-divisions de ces parties séparées for- 
meront des arlicles distincts, qui seront tous rédigés par les horticulteurs et 
praticiens le plus au courant de chaque spécialité, et toujours signés de leurs 
4\uteurs. 

Souscription avec droit de co-propriété. 

Les 4000 premiers souscripteurs inscrits , qui s'engagent à payer 36 francs 
(et 70 francs, s'ils veulent être servis par la poste), reçoivent , sans autre 
déboursé, 1° l'Encyclopédie d'Horticulture ; 1" t Encyclopédie des Ménages; 
3° Le journal d'Economie rurale et domestique, pendant un an ; 4° Un titre 
d'Actionnaire co -propriétaire, leur assurant un 4000" dans la propriété et 
dans tous les bénéfices de l'entreprise , pendant toute la durée de la Société 
(10 ans). 

Plus de 1000 souscriptions ont été prises avant toute publicité donnée à 
cette nouvelle combinaison, si avantageuse pour les souscripteurs; car elle fait 
qu'au lieu de leur coûter, la Nouvelle Maison rustique leur rapportera. Elle 
transforme une dépense utile en une rente annuelle, qui peut s'élever 
à SO francs. 

Les souscriptions sont adressées à la librairie Huzard si honorablement con- 
nue depuis plus de soixante ans, et les fonds déposés, chaque semaine, à la 
banque de France. 

Conditions de la souscription ordinaire. 

L'ouvrage se composera de 200 feuilles petit in-4° , ou 1600 pages à 2 co- 
lonnes, équivalant à 16 volumes in-8° ordinaires, avec environ loOO figures 
intercalées dans le texte. 

Il parait, chaque semaine , par livraison de 2 feuilles. — Il sera donc ter- 
miné avant 2 ans. 

/ Chaque livraison de 2 feuilles. » 
\ Par abonnement de six mois ou 

Prix : \ 25 livraisons 7 

/ Par abonnement d'un an ou 50 
livraisons servies à domicile. . . 13 
Les personnes qui paient louvraje en- 
tier à l'avance, et les souscripteurs à 
\a Maison Rustique du XIX^ siècle , ne 
le paieront que . 25 » 32 » 39 » 

Toute personne qui place 6 exemplaires reçoit le 7* gratis. — On pourra 
toujours remplacer les livraisons gâtées ou perdues. — Les lettres non affran- 
chies ne sont pas reçues. 



Paris. 


Départ. 


Étranger. 


fr. 30 c. 


)) fr. 40 C. 


>. fr. 50 c. 


fr. » 


8 75 


10 50 


» 


16 50 


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L'HORTICULTEUR 



BELGE. 



NOVEMBRE 1836. 



PHYSIQUE ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALES. 

Sur les émmiations odorantes des végétaux et sur la possibilité d'en opérer 
la classification ; par le professeur Rafinesque. {Fin). 

\e Ordre. Odeurs vireuses. [Od. virosus). Odeurs fortes, plus ou moios 
fétides, et plus ou moins désagréables et \irulentes. 

85. Genre. On. tabacine. {Od. tahacinus). Semblable au Tabac , nau- 
séabonde , acre , pénétrante. Analogue aux odeurs urique, sulTocante et gra- 
véolente; exemples: JSicotiana tahacum, etc., spec. Plantes et feuilles sur- 
tout sèches, etc. ■'•■ 

86. Genre. Od. mcrine. {Od. murinum). Semblable au rat. Pénétrante, 
un peu fade. Analogue aux odeurs characine , urique et vitécine; exemples : 
Myosotis, spec. Cynoglosstim , sp., etc. 

87. Genre. Od. gravéolente. {Od. graveolens). Semblable à l'Erigeron. 
Pénétrante, un peu aromatique, rebutante. Analogue aux odeurs dau- 
coïde , rutacèe et safranée ; exemples : Erigeron graveolens , Polanisia gra- 
veolens, Raf. {Cleome dodecandra, L.), etc. 

88. Genre. Od. porracée. {Od. parraceus). Semblable au Poireau. Mé- 
lange des odeurs alliacée, gravéolente et ficoïde ; exemple : Allium por- 
rum, etc., sp., etc. 

89. Genre. Od. ébcline. {Od. ebulinus). Semblable à l'Yeble. Mélange 
des odeurs sambucinée, vératrine et aroïde ; exemple : Sambucus ebulus,etc. 

90. Genre. Od. atropée. {Od. atropeus). Semblable à l'Atrope ; véné- 
neuse, luride et rebutante. Analogue aux odeurs vératrine , suffocante, nar- 
cotique et daturine; exemples : Atropa belladona, Mandragora ofjîcinalis ^ 
Phy salis , spec, Solanum nigrum, etc., sp., etc. 

91. Genre. Od. daturine. {Od. rfafimnuy). Semblable à la Stramoine; 
vénéneuse, luride, nauséabonde. Analogue aux odeurs atropée , suffocante, 
cannabine et vitécine; exemples : Datura stramonium , etc., sp. Hyoscia- 
TOMs o/6us, etc., sp., etc. 

ToïE 111. 43. 



92. Genre. Od. vitécinb. {Od. vîtecinus). Semblable à l'Agnus-caslu». 
Mélange de vireux et de fade. Analogue aux odeurs dalurine, aroide 
characine , etc.; exemples : feuilles de Vitex agnus-castus, sp. etc., Porcelin 
triloba, Scrophularia, sp., Antîrrhinum , sp., Digitalis, sp. etc. 

93. Genre. On. ricinée. [Od. rici?iens). Semblable au Ricin. Mélange 
des odeurs vilécine, aroide et cannabine; exemples : Ricinm palma-christi , 
et sp., Buxus sempervirens , Aristolochia, sp., Daphne, sp. Epilobium spi- 
catiim, Fumaria, sp., etc. 

94. Genre. Od. cicutaire. [Od. cicutarius). Semblable à la Ciguë, véné- 
neuse, luride, acre. Analogue aux odeurs précédentes, ainsi qu'à la dau- 
coïde ; exemples : Cicuta, sp. Conium macuîatum, jEtliura, sp., OEnan- 
the, sp., etc. 

95. Genre. On. cannabine. [Od. cannahinus) . Semblable au Chanvre. 
Mélange de vireux et d'aromatique; exemples : Cannabis so<ira, et sp., 
Humulus lupulus, etc. 

96. Genre. On. pr«ssiqce. [Od. prussiens). Semblable à l'Acide prus- 
sique ou fleur de pêcher; acre, vénéneuse, amère; exemples : Prunus sero- 
tinus^ fl., Pr. laurocerasus , feuilles, Amygdalus communis , V, amara, 
Amygdalus persica, fl. Nerium oleander, fl., etc. 

97. Genre. On. amère. {Od. amarus). Semblable au Quassia- Amère , un 
peu aromatique, très-rapprochée de la précédente; exemples : Quassia amara 
et Q. simaruba, bois. Gentiana, sp., Frasera verticillata , Ckironia, sp., 
rac. et plante, etc. 

98. Genre. On. tanniqle. [Od. tannicus). Semblable au Tan ou Tannin. 
Un peu amère, fade. Analogue aux deux précédentes et aux odeurs alramen- 
laire et aroide; exemples : Punica granatum (écorce du fruit) , Quercus, sp., 
ècorce et galles, Rhus coriaria^ Coriaria myrtifolia, et sp., feuilles, etc. 

99. Genre. Od. acre. [Od. acris). Semblable aux plantes acres. Péné- 
trante, variable. Analogue aux odeurs prussique, amère, ricinée, etc.; 
exemples : Squilla maritima et Thapsia garganica, rac, RanunculuSf sp., 
Aconitum, sp., Convolvulus, spec, rac, Ficus carica, lait et feuilles, etc. 

100. Genre. Od. piquante. {Od. pungens). Semblable à la Moutarde. 
Très-pénétrante, un peu acre. Analogue aux odeurs muriatique, acre, allia- 
cée etc. ; exemples : Sinapis nigra, S. alha, S. geniculata, et spec, Bras- 
«ica, sp., sem. Cochlearia officinalis, C. armoracia, rac. et spec, Sisym- 
brium. sp., et plusieurs autres plantes ctucUctgs ; Lepidium, sp., Rapha- 
nusy sp., rac, etc. 

101. Genre. On. moriatiqoe. {Od. muriatious). Semblable à l'Acide mu- 
riatique. Pénétrante, un peu acre et fade. Analogue aux odeurs piquante, 
acre et aroide; exemples : Fucus, sp., Zostera, fp., et la plupart des 
plantes marines. 

102. Genre. Od. aroïde. {Od. aroideus). Semblable à l'Arum. Analogue 
*ux odeurs robertine, acre, vitécine, ricinée, etc.; exemples : Arum macu- 



— «89 — 

lalum, A. triphyllum, etsp.. Soïanum lycoper$icon, «( spec, Thalictrum 
rugosum, etc. 

103. Genre. Od. RODEnmK. [Od. robertintis). Semblable à l'Herbe à 
Robert. Analogue aux odeurs aroide, vitécine, ricinée, etc.; exemples : 
Géranium robertianum, Ql sp., Passiflora, sp., Phacelia biphinatifida, etc. 

10-4. Genre. Od. atramentaire. {Od. atramentariiis). Semblable à l'Encre. 
Analogue aux odeurs aroïde, acre, tannique et anagyrée; exemples : Pezisa 
atrata, Raf., et quelques autres champignons. 

lOo. Genre. Oi>. safranée. {Od. croceus). Semblable au Safran. Un peu 
aromatique, piquante. Analogue aux odeurs piquante, gravéolente et ruta- 
cée; exemples : Cnlendula officinalis , etc. sp., Carthamus iitictonus, Po- 
lymnia caîiadcnsis, Crocus sativus, C. venins , et autres espèces, etc. 

106. Genre. On. narcotique. {Od. narcoiicus) . Semblable au Pavot. Ua 
peu fade. Analogue aux odeurs safranée, daturine et vératrine; exemples : 
Papaver orientalis, P. rhœas, etc., sp., Znc^j/ca ri/osa, etc., spec, etc. 

107. Genre. On. drastique. {Od. draslicus). Semblable à la Rhubarbe. 
Intermédiaire entre les odeurs narcotique et bitumineuse; exemples : Rheum 
palmatum, Rh. rhabaibarum et autres, sp., Rumex , sp., Cov/volvulus ja- 
lapa, et autres racines purgatives, etc. 

108. Genre. Od. bitumineuse. {Od. bituminosus) . Semblable au Bitume. 
Analogue aux deux précédentes, et aux odeurs gravéolente et conyzèe; 
exemples : Psoralea biiuminosa , Onojiis, spec, etc. 

VP Ordre. Odeurs fades {Odor insulsus). Odeurs peu fétides, adoucie», 
plus ou moins désagréables et plus ou moins fades. 

Elles correspondent aux odeurs douces, parmi la série des odeurs suaves, 
et les odeurs vireuses correspondent aux aromatiques. 

109. Genre. On. napacée. {Od. napaceus). Semblable au Chou et Navet. 
Un peu piquante. Rapprochée des odeurs piquante, vitécine et liliacée; 
exemples : Brassica napus , Brassica oleracea et autres espèces, Rapha- 
nus, sp., etc. 

110. Od. férulacée. {Od. ferulaceus). Semblable à la Férule. Très-rap- 
prochée de l'odeur daucoide, mais fade; exemples : Ferula commtinis, F. tin- 
gitana, et sp., Pastinaca opopanax, Athamanta, sp., Caucalis nodiflora, 
etsp., Siuvt, sp., etc. 

111. Genre. Od. cvxarée. {Od. cynareus). Semblable à l'Artichaut. 
Rapprochée des odeurs inulée et cyanée; mais très-fade; exemples : Cy- 
nara, sp., Carduus, sp., Serraiula, sp., Vernonia, sp., etc. 

112. Genre. Od. fabacée. {Od. fabaceus). Semblable à la Fève. Ana- 
logue aux odeurs cynarée et castanée; exemples : Faba vulgaris, Cicer arie- 
tinuvt., Pisum, sp,, Pkascolus, sp., Vicia, sp., Lathyrus, sp., etc. Cette 
odeur réside principalement dans les semences et dans les feuilles. 

113. Genre. Od. castanée. {Od. castaneus). Semblable â la Châtaigne. 



— 840 — 

Analogue aux odeurs fabacéé, cynarée et orchidée; exemples : Castaneà 
vesca, C. americana , (leurs pistils), Theobioma cacao, £sculu$ hippocat- 
tamim , Pavia, spec, etc. Principalement dans les semences. 

114. Genre. Oo. orchidée. [Od. orchideus). Semblable à l'Orchis. Très- 
fade, analogue aux odeurs caslauée, spermatique et lactée; exemples : 
Orchis, sp., beaucoup d'espèces, et principalement leurs racines. Cxjpripc- 
diutn acaiile, fleurs. Satyrinmf sp., Ophrys, sp., Malaxis, sp., et presque 
toutes les orchidées tubéreuses. 

113. Genre. On. spermatique. [Od. spermaticus). Très-fade, et rappro- 
chée des odeurs orchidée et castanée ; exemples : Castaneà vesca, C. amerU 
cana^ C. pumila, Smylax , sp., Berberis, sp., Orobanche fetida,Q., etc. 

116. Genre. On. lactée. {Od. lacteus). Semblable au Lait et à ses pro- 
duits. Analogue à l'odeur orchidée; exemples : JSarcîssvs seroiinus, (\w\ 
a parfaitement l'odeur de la recuite, et quelques champignons celle du 
fromage. 

117. Genre. Od. fungose. [Od. fimgosus). Semblable aux Champignons; 
Analogue aux odeurs lactée et orchidée; exemples : la plupart des champi- 
gnons et particulièrement les comestibles. Agaricus, sp., Bolettis, sp., etc. 

118. Genre. Od. oléagineuse. [Od. oleaginosus). Semblable à l'Huile. 
Très-fade; analogue aux odeurs lactée et mucilagineuse; exemples : la plu- 
part des huiles végétales et des fruits ou semences qui les produisent. Li- 
num, sp., Olea ceniua , Seramiim , sp., Hamiltonia, sp., etc. 

119. Genre. Od. mucilagineuse. [Od. mucilaginosus) . Semblable au Mu- 
cilage. Analogue aux odeurs oléagineuse et cérinée ; exemples : gommes 
végétales. Mimosa, sp., Malva , sp., Althea, sp. 

120. Genre. Od. cérinéb. [Od. cerineus). Semblable à la Cire. Analogue 
aux odeurs mucilagineuse et lactée; exemples : fruits de 3Iyrica cerifera , 
if. gale, etc. sp., Croton sebiferum , Ceroxylum , etc. 

121. Genre. Od. panicée. [Od. paniceus). Semblable au Pain. Analogue 
aux odeurs cérinée, fabacèe, etc.; exemples : Jrtocarpus, sp., etc. 

122. Genre. Od. mucorine. [Od. mucorinus). Semblable au Moisi. Ana^ 
logue aux odeurs orchidée et fungose; exemples : Mucor, sp., Mucedo, sp., 
Byssus, sp., et autres champignons. 

123. Genre. Od. filicine. [Od. filicinus). Semblable à la Fougère. Ana- 
logue aux odeurs mycirine , panicée et fabacèe ; exemples : les racines de la 
plupart des Fougères , et souvent leurs frondes. 

124. Genre. Od. bétacée. [Od. betaceus). Semblable à la Poirée. Un peu 
douce, analogue aux odeurs fllicine, herbacée et faginée; exemples : Beta 
i}ulgaris, B. Cicla, etc. Leurs racines principalement. 

12o. Genre. Od. confebvink. [Od. confervinus). Semblable à laConferve. 
Analogue aux odeurs muriatique, salsolée et characine; exemples : Con- 
ferva, sp., Tremella, sp., Potamogeton, ?,p., Zannichellia, sp., et la pin- 
part des plantes aquatiques d'ean douce. 



- S41 — 

] 20. Genre. Oo. salsoléb. {Od. saholeus). Semblable à la Soude. Aua- 
iogue aux odeurs confervine, characine et murialique; exemples : Salsola 
toda, S. saliva, S. knli, etc., sp., Inula crithmoides. Salicornia , sp., Ca- 
chrys, sp., et la plupart des plantes grasses maritimes. 

127. Geure. Od. citriline. {Od. ciirulinus). Semblable à la Citrouille. 
Analogue aux odeurs précédentes; exemples: Cucurbita citrtdUis, elc, 
sp., elc. 

128. Genre. Od. pépomde. [Od. peponidus). Semblable aux Melons 
d'eau. Analogue aux odeurs cilruline, acorée, acinèe et cucumide; exem- 
ples : Cucumis pepo , etc., spec, Bryonia, sp., Melolkria, sp., etc. 

129. Genre. Od. cucumide. [Od. cucumidin»). Semblable au Concombre. 
Analogue aux odeurs péponide , roberline et herbacée ; exemples : Cucumis 
taticus, fruils. Medeola virginica , rac, Solanum dulcamara , Sycios, sp., 
Bryoîiia, sp., Passiflora, sp., les plantes, elc. 

130. Genre. Od. herbacée. (Od. heibacens). Très-fade, presque inodore, 
offerte par la plupart des plantes graminées, en froissant leurs feuilles -ou au- 
tres parties. C'est la dernière et la plus étendue de toutes les odeurs, sem- 
blable à cet égard à la couleur verte, qui domine parmi les végétaux. 

Conclusion. 

Voilà le résultat analytique de mes recherches sur les odeurs végétales. 
Ce n'est qu'après un travail pénible, que je suis parvenu à comparer entre 
elles toutes les odeurs que j'ai mentionnées, et cependant je suis bien loin 
de supposer que mon travail soit parfait et complet ; mais j'espère que l'on y 
apercevra quelques rapprochemens heureux, et le désir de contribuer à 
répandre quelque clarté sur un sujet qui avait été longtemps négligé. Si mes 
efforts réussissent à y attirer l'attention des botanistes et des physiciens, les 
résultats les plus heureux en seront sans doute bientôt le fruit, et l'on pourra 
enfin espérer de voir surgir la science osmique de l'obscurité profonde 
où elle a été plongée jusqu'ici. 

En attendant , le fruit immédiat de mon travail sera probablement de fixer 
convenablement nos principales idées sur les odeurs, et de désigner les termes 
précis dont elles sont susceptibles ; de suggérer de nouveaux et bons noms 
spécifiques pour les plantes qui les offrent, et de rapprocher les odeurs qui 
ont entre elles des affinités : peut-être même de présenter quelques nouvelles 
vues, et d'indiquer souvent des comparaisons médicales qui pourront guider 
dans le choix, l'emploi et la substitution des médicamens. Car les odeurs 
sont après les saveurs , les plus essentielles indications des propriétés utiles 
ou nuisibles des plantes, et celles qui offrent les mêmes odeurs ou des odeurs 
analogues, jouissent généralement de propriétés semblables. 



— S42 — 



CULTURE. 

Notice sur la Vlante-d' Air du Brésil, Pourrelia aëranthos; par 

M. TODGARD. 

Celte plante , originaire du Pérou , porte aussi le nom de Tillandtia 
aëranthos; elle est de la famille des Broméliacées , dont elle forme une sous- 
division ; elle fut nommée Pourrelia, par Ruiz et Pavon, en mémoire de 
l'abbé Pourret, botaniste français; sa désignation aëranthos indique assez 
qu'elle ne vit que d'air. Le premier individu de celte espèce arriva en Europe, 
en 1820, et fut reçu par M. Dupuis, directeur du Jardin des Plantes de 
Bordeaux, qui l'adressa à M. Louis Noisette, à Paris. Celui-ci la conserva 
quelque temps, mais bientôt la plante mourut, et il n'en fut plus question. 

En 18315, j'en ai reçu quelques individus d'un de mes amis, M. LéonOursel; 
j'en ai adressé un à M. Jacques, jardinier en cbef du roi, à Neuilly, qui me 
l'avait demandé; j'ai conservé les deux autres. Celui dont je vous parle 
est en fructification : il a parfaitement fleuri en serre chaude, où est encore 
conservé l'autre pied , dont la fleur est passée , mais qui n'a pas fructifié. 

Celle plante singulière n'a pas besoin des sucs nourriciers de la terre pour 
végéter ; elle puise dans l'air les alimens nécessaires à son existence et à sa 
propagation. Sa fleur est élégante et ses brillantes couleurs composées de deux 
spalhes scarieuses écarlates, renfermant une fleur, ou calice coloré, d'an 
bleu foncé très-pur, à trois divisions, rendu plus vif encore par la couleur 
jaune des étamines, attirent les regards et en font un objet de curiosité, attendu 
surtout son genre de vie. Aussi, celte plante , à Monte- Video, son pays, a-t-elle 
été admise pour l'ornement, et par son originalité, à décorer les fenêtres qui , 
ordinairement , sont garnies de treillages en fil de fer. Favorisée par le climat 
et la température , elle y vit très-bien , y fournit de grosses touffes que l'on 
sépare pour la multiplier. 

Dans voire Herbier de T Amateur de Fleurs , vous donnez n" et pi. 341 , la 
figure de celle plante, et en décrivez la culture, il faut, dites-vous la placer dans 
un pot rempli de sable ; c'est ainsi , que vous en avez conservé. Je n'ai point 
suivi celle culture; je ne l'ai pas suspendue en l'air, enveloppée de mousse , 
comme plusieurs personnes l'ont fait. Voici le procédé que j'ai employé et qui 
m'a parfaitement réussi : J'ai placé dans un pot des débris de bois pourri el 
de la terre de bruyère sablonneuse; el j'ai recouvert le pot de mousse, que 
j'entretiens humide ; le tout est placé à l'ombre, dans la serre chaude : la 
plante se porte bien el fournit des rejetons. 

La racine est contournée, en forme de limaçon, et garnie de chevelu dur el 
crépu, évidemment destiné à s'accrocher à des supports , ou à une surface en 



— Ui — 

réseau. Comme je l'ai dit , celle plante est de la famille des Broméliacées , et 
se rapproche du genre Tillandtia (hexandrie raonoginie). Ses feuilles sont 
d'un vert glauque, raides, aiguës et piquantes ; elles ont environ trois ou quatre 
pouces de longueur, et sont garnies de pores très-apparens; leur tissu est 
lAche, et l'on remarque facilement qu'il est destiné à absorber une partie des 
fluides de l'air atmosphérique. 

Les six èlaniines sont à filet plat , à anthères longues, insérées sur le ré- 
ceptacle. L'ovaire est supère, à style ûliforme, terminé par un stigmate tri- 
fide , muni de papilles; la capsule est trigone et triloculaire; les loges sont 
garnies de graines très-fines ; il y a sept à huit fleurs à chaque hampe. Cette 
plante offre un aspect agréable, et plaît autant par son port, qui représente 
un Ananas en miniature, que par l'originalité de son existence. 



Sur la culture du Pin piquant, Pinus pungens; par M. Loisel. 

Il y a quatre ans que j'ai semé ce Pin , et déjà plusieurs centaines de plantes 
sont repiquées dans différens terrains et à diverses expositions. Elles sont d'une 
croissance très-lente, du moins dans leur jeunesse, et semblent ne pas s'accom- 
moder des terrains humides, bas ou élevés. Elles prospèrent mieux en terrain 
élevé , sec , sablonneux , rocailleux , même ombragé , pourvu qu'il soit 
sec (1). Elles ne craignent nullement la sécheresse, quelque grande qu'elle 
puisse être. 

Aussitôt que ces jeunes arbres sont plantés en terrain humide, ils jaunis- 
sent, leur extrémité se desséche et ils périssent en peu de temps. Mais, dès 
qu'on s'aperçoit qu'ils commencent à jaunir, on peut les relever de suite et les 
replanter en terrain sec, pendant toute