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Full text of "Index lectionum que in Universitate Friburgensi per menses hiemales anni MDCCXCI-XCII inde a die XV. octobris habebuntur : Praemittitur Josephi Kallenbach Commentatio cui inscribitur: Les humanistes polonais"

CENTRE 
for 
REFORMATION 
and 
RENAISSANCE 
STUDIES 

VICTORIA 
UNIVERSITY 

T 0 R 0 N T 0 



INDEX 

LECTIONUM 

QU.E IN 

"UNIVEISITATE 

PER MENSES HIEMALES 

ANNI M I)(((X(I-X(I I 

I N IDIE A DIE XV. OCçTO lal P 15$ HABEBUNTU[I 

Josephi 

PRMITTI[UR 
Kallenbaeh eommentatio 
Les humanistes polonais. 

inscribitur " 

FRIBURGI HELVFSFIORUM 
T PiS CONSOCi . FIO_NI% SANC Fi P .L LI 



LES HUMANISTES POLONAIS 



AVA NT-PR 0 POS 

Dans la correspondance des célebres humanistes l]asaubon et 
Jean Dousa, conservée au département des manuscrits du l¢rilish 
.lhtsettm, j'ai trouvé plusieurs lettres signécs de i]o111s illustres dans 
l'histoire de la littératurc polonaise : ,lcan Zamoyski, Simon Szvmo- 
nowicz et Jacques Sobieski. Ces lettres, très diflërentcs entre elles 
par leur date ou leur obiet, offrent pourtant un int6rt commun : 
c'est d'trc toutes des lettres d'humanistes, c'cst-à-dire d'hommes 
p6n6tr6s de la passion des belles-lettres et de l'antiquité classique. 
Mais la correspondance des humanistes polonais ollirait 
aujourd'hui par elle-mème peu d'intérêt, si elle ne contribuait à 
faire mieux connaitrc l'humanisme lui-infime. Or l'historien futur 
de l'humanisme en Pologne trouvera, dans les lettres quc nous 
publions, d'utiles matériaux. Nous avons iugé nécessaire de faire 
précéder ce petit recueil de lettres latines d'une esquisse rapide de 
l'ëvolution de l'humanisme en Pologne. Ce n'est ici qu'un aperçu 
très sommaire sur un sujet historique qui commence seulement de 
nos jours à être approfondi en Pologne. Plusieurs humanistcs 
polonais échappent encore  toute recherche, ensevelis qu'ils sont 
dans de rares manuscrits ou dans des exemplaires uniques. Nous 



VI 

manquons encore de monographies sur plusieurs hurnanistes impor- 
tants. E attendant une histoire complète et exacte de ]'humanisme 
en Pologne, qu'on veuille bien nous pardonner les lacunes de 
notre esquisse. 
Il llle reste à acquitter des dettes de reconnaissance. M. Casimir 
Morawski, professeur it l'Université de Cracovie, a accru mon petit 
recueil en m'autorisant it publier une lettre inconnue de Casaubon 
qu'il a trouvée dans les archives des comtes Zamoyski. 51. Joseph 
Bédier, mon cher et honorable collègue, n'a point épargné ses 
peines pour dépouiller mon francais de sa couleur exotique. Je 
le remercie cordialement de la collaboration dont il a honoré 
mon travail. 

Fribour ISuisse. 15 juin 8,. 



l.es origines de la Renaissance en Pologne ne nous sont pas 
encore suffisamment connues. Quelques historiens attribuent aux 
svnodes catholiques, surtout à celui de Bàle, une certaine influence 
sur le développement des idées nouvelles. La Pologne était en eftet 
représentée à Bàle par de nombreux délégués, qui rapportèrent de 
leur voyage une provision de manuscrits, les livres de Gerson, de 
Pierre d'Ai|ly, de Clemangis, de Cicéron et de Lucain. et les :uvres 
latines de Pétrarque et de Boccace. C'est pour le Cardinal Zbigniew 
()le.nicki qu'EAas Sylvius rle futur pape Pie II) prépare, en 145o, 
le plus ancien recueil de ses lettres, si célèbres parmi les huma- 
nistes du XV  siècle I _Mais la correspondance d'Ole;,nicld avec 
Enéas Sylvius et les rares manuscrits d'auteurs classiques rapportés 
en Pologne ne sont que des signes avant-coureurs de l'hulnanisme. 
(]'est seulement vers la fin du XV  siëcle qu'on rencontre de véri- 
tables humanistes en Pologne. Philippe Buonacorsi, dit Callima- 
chus Callimachus Experiens, élève de Pomponius Laetus, exilé 
d'Italie en 4],";, trouva un asile chez l'archev&que de I.éopol. 
Grégoire de Sanok -' Galicie. L'humaniste italien devint plus tard 
gouverneur des enfants de Casimir IX," et, après la mort de ce roi, 
le conseiller le plus influent du roi Jean-A|bert. Callimachus resta 
en relations avec les plus célèbres humanistes italiens, notamment 
avec Jean Pic de la Mirandole et Marsile Ficin, et bien qu'il 
jouàt en Pologne un rôle plut6t politique, il contribua néanmoins 
beaucoup à lit propagande des idées nouvelles et à leur action 
sur la littérature classique en Pologne. Son an'ri, le premier hunla- 
niste polonais, Grégoire de Sanok, inaugura dans sa jeunesse (4331 

t Voy. M. IVisniewskiego Historya litcramry polskiei, Tom II1. W Krakoic, 
t841 , p. 32.5; Joseph S¢ujski, Odrodzenie i Reformacya w Polsce (Dzida, Wvdanie 
zbiorowe, erya II, tom. VIII, p. 8; G. Voigt. Die Wiederbelebung des klass. AItcr- 
thums oder das erste Jahrh. des Humanismus, t. Il, p. 33o. 
z Voigt, 1I, 333. 



l'interprétation de Virgile à l'Universitë de Cracovie; mais bient6t 
il abandonna la carriëre professorale pour entrer dans les ordres et 
la diplomatie. Il semble bien d'aillet, rs que l't, sage d'étudierVirgile 
à l'Université, inauguré par lui, fut conservé par ses successeurs ; 
car il nous est attesté a que, vers le milieu du XV e siècle, on expli- 
quait, à la Faculté des Arts de l'Université de Cracovie, Virgile, 
)vide, Horace, Stace, Martial, Tibulle et Properce. Pourtant 
l'Cude de l'antiquité classique ne trouva en Pologne, au cours du 
XX » siècle, que des prosélytes rares et isolés. Il était nécessaire que 
les hunanistes polonais recussent une impulsion du dehors: il était 
réservé ;;i l'humaniste allemand Conrad Celtes d'accomplir cette 
t/tchc. Conrad Celtes vint en Pologne en 14ss. Cet humaniste am- 
bulant, type excellelt des hommes de son temps , après avoir 
enseigné aux Universités d'Erfurt, de Rostok et de l.eipzig, et reçu, 
t Nuremberg, en 4x7, des mai,s de l'empereur Frédéric III. la 
couronne poétique, s'inscrivit en 14,9 t l'l'niversité de Cracovie 
pour v étudier l'astronomie et l'arithmétique sous Albert Bru- 
d/ewski, célèbre professeur. Il v fonda en mème temps une société 
littéraire t.sodalitas litteraria Vistulana), se lia avec Callimachus et 
groupa autour de lui un cercle de jeunes gens, unis par l'amour de 
l'antiquité. Dans cette société littéraire fondée par Celtes, on s'oc- 
cupa des langues grecques et hébraiques, du droit romain et canon, 
des sciences naturelles. Malheureusement nous ne sommes pas 
bien renseignés sur le but véritable que Celtes se proposait en 
fondant cette « société littéraire de la Vistule "L ,, Les membres de 
cette société, cachés sous des pseudony'mes, sont, pour la plupart, 
restés des inconnus pour nous. Deux noms cependant nous sont 

 ll'is;nien,ski, I. c. III, p. 3z9: Conclusiones antiquae Maioris Collegii ab 
43' ad b« : «,Collcgiatus dominae Marzkonissae iuxta suam institutionem legat in 
pot:si libros infra videlicet : Ioëtium de Consolaciont:, Alantm dt: planctu, Valt:ritm 
Maximum, libros Virglii, Ovidii, Horatii, Statii, Martialis, Tibulli, Propertii. » 
• Voy. Bursian, Geschichte der classischen Philologie in Ileutschland, M0nchen 
tmd I.eipzig, 883, p. o 9 sqq, mais surtout: D" Ludwig Gei,er, Renaissance und 
|lumanismus in Italien und Ileutschland, P, erlin, 515z, p. 454-46z. 
; Joseph Szuiski suppose ,Odrodzenie i Reformacya, p. z4] que Celtes avait 
etc appelê par le roi de Pologne et par Callimachus pour reformer l'Univt:rsite 
de Craco»ie; mais, n'aant pu rt:ussir, il aurait quittê brusquement la ville dt: 
Cracovit: en 49 o. Cette hypothese a beaucoup de vraisemblance, mais ce qui etonne 
,:'est le silence complet de Celtes sur cettt: affaire. Il avait l'habittde de se venger, 
ch cas d'echec, par des mots peu aimables. Ce qu'il lat, par exemple, en quittant 
l'Universite d'lng,,lstadt (47 - Voyez Paulsen. Geschichte des gelehrten l.nterriehts, 
Leipzig, lhS_h, p. IOO. 



garants du sërieux des ëtudes qu'on .v poursuivait : ce sont ceux de 
Callimachus et de BrudTewski. 
Conrad Ceites ne demeura pas longtemps en Pologne. lin 
14,)o, il partit pour la Hongrie, off il créa une société selnblable 
d'humanistes ,Sodalitas Hungarorum, plus tard, Danubiana. Tou- 
iours en voyage, il trouve encore le temps d'ouvrir dans cette mùme 
année 49o une « Sodalitas Rhenana. » .Mais l'oeuvre de Celtes se 
heurta, à Cracovie, à l'opposition des professeurs de l'Université. 
et les humanistes polonais, après avoir pel-du leur chef. furent 
impuissants à maintenir et à faire prospérer sa fondation. Mais, à la 
fin du XV" siècle, nous rencontrons à l'Université de Cracovie des 
hommes remarquables, qui marquent bien la divelsité des voies 
s'engageait l'humanisme. En 14,.l, s'inscrivait / i'Université de 
(]racovie Nicolas Kopernik. que sa traduction de Théophilacte  
range pawni les hulnanistes, tin 4'Y-'- nous v rencontl-OnS, parmi 
]es étudiants de la Flcuité des Arts. Henri l,cbel, devenu plus tard 
célèbre en Allelnagne comme humlliste, l.es humani.,,tes allenands 
étudiaient volontiers à Cracovie. attirés par le riche patrici«lt de 
(:racovie, qui, d'origine allemande, se sentait en communauté d'a.,,pi- 
i'¢tions avec la ieunesse d'A]lemagne..\ ce point de vue, le patriciat 
de Cracovie constituait un bon conductetlr poul- les idées propa,_.-êes 
par Celtes. |.es premiers humanistes que nous rencontrons à 
Cracovie se bornent à développer surtout la bonne iatinitë par leur 
enseignement à l'Université et par leurs écrits. Tels sont l.aul-entius 
Corvinus  (Rabe  et Aesticampianus : Jean Rack de Sommerfeld, 
plut,',t grammtiriens qu'humanistes. 
l.'Université de Cracovie devient, avec les premiers humanites 
dtl commencement du XV|' siècle, une académie européenne, ln 
15«,c, l'Université de Cracovie compte 5c,,s étudiants, recemmclt 
immatricu]és, venus des pays les plus divers, l.'organisation des 
Facu]tés à Cracovie ne ditlérait pas beaucoup de celle des autres 
Universités d'Europe, par exemple des Universités d'A]iemagnc. 

 Th,ophilacti Simocati epistolœe morales. Cracovœe, 15o 4. 
"-' Voy. sa biographie: par I: D' G. Bauch, Zcitschrift fur G:schicht: und 
Altcrtum Schl¢siens, vol. XVII. 
:' Sommrfeld, qui a commnc: sa carrière: pedagogiqu à l't'niversit: de 
Cracovie, fut d'abord plut6t un professeur scholastiqu: qu'un humanist¢. Voyez ses 
cours professës à Cracovi: de 14 7- 15Ol dan» le «« Liber diligcntiarum » citë ci-dessous 
Son r«'le cumme humaniste /t l'L'niversit de Leipzig (i_o7-1511) a etc .xpos: par 
Pauls:n, Gcschicht: des gelehrtcn Lnt:rrichts, Leipzig, bsS, p. 57 sqq. 



La Faculté des arts était en quelque sorte le vestibule des trois autres 
Facultés, de théologie, de droit et de médecine 1. On voit des jeunes 
gens de quatorze ans entrer à la Faculté des arts ; ils y apprennent 
la grammaire, les rudiments de la philosophie d'après Aristote: 
ils s'exercent à la lecture des auteurs classiques latins. Quand ils 
ont obtenu le grade de bachelier ès arts, après deux ou trois ans 
d'Cuées, ils passent aux autres Facultés. Mais ils peuvent aussi 
rester à la Faculté des arts et devenir, après deux ou trois ans, 
professeurs à leur tour, comme maitres ès arts. Cela nous explique 
pourquoi l'on trouve à la Faculté des arts de Cracovie des profes- 
seurs tout jeunes, avant à peine "2.0 ans. Comme la Faculté des arts 
était, par sa nature, le séminaire des nouvelles études classiques, 
il importait beaucoup que les jeunes maitres tissent, eux-mèmes, 
des études plus sérieuses et qu'ils n'obtinssent plus aussi vite le droit 
d'enseigner les autres. La nécessité d'une réforme des études ;à 
l'l;niversité de Cracovie s'imposa dès lors, et il faut remarquer, à 
l'honneur du haut clergé polonais de l'époque, que ce furent préci- 
.,,ément les évëques de Cracovie qui sollicitèrent la réorganisation 
des hautes études. Nous ne connaissons pas les détails de cette lutte 
des éèques de (]racoxie 131o-1524 contre l'Université, lutte où 
le Pape l.Cn X donna d'abord raison à l'Université e : mais bient6t, 
en 5,q, reconnaissant la nécessité d'une réforme, il nomma une 
commission composée de l'archev:que de Gnesen, Laski, des 
ArOques Konarski et Tomicki a Malheureusement cette tentative 
de réforme des études classiques en Pologne coincida avec l'appa- 
rition première de l'hérésie de Luther. Le clergé fut obligé de tourner 
ses forces contre l'ennemi de l'église et ce moment privilégié, 
dont les humanistes polonais auraient pu profiter, passa sans profit 
réel pour l'Université. Ce fait est d'autant plus regrettable, qu'it 
part l'opposition des vieux maitres de l'Université, tout ce qu'il y 
avait de jeune parmi les professeurs de Cracovie rongeait son frein 

1 Geigcr, Renaissance und Humanisrnus, p. 4o7 . 
ï Vov. Szuiski, Odrodzenic i Reformacya 1. c. p. 13o. 
-" Tomicki, l'êvdquc de Cracovic [,5a4-1535)» contribua beaucoup à la propa- 
gation de l'humanlsrne en Pologne. Hosius, dans sa biographie de Tomicki (Card. 
Hosii pistol. t. 1, Cracovia: 1879 , p. CLXIiI, raconte que cet dvéqu¢ entretenait 
plusieurs jeunes gens polonais en ltalic. A Fintluencc de l'humanismc allemand se 
raclaient donc les intlucnces italiennes. Pour plus de dctails voir Moraxvski 
A. P. Nidccki, p. 31-36, et J,,z,:f l.ukaszewicz, Historya Szk6! w Koroni i v \Vielkiem 
Ksi,;stie Litewskiem, Poznm, '849, t. I, p. 65. 



et se précipitait vers les idées nouvelles propgées par les humanistes 
allemands. 
Non seulement les évèque's de Cracovie se montraient favo- 
rables aux humanistes, mais la cour royale elle-mème leur donnait 
son appui. Le roi Sigismond I"", bon latiniste, protégeait les huma- 
nistes, qui, de leur ci»tC n'oubliaient pas leur royal Mécéne. Quand 
le roi épousa, en i5i:, la princesse Zapol.va, trois humanistes 
polonais célébrèrent cet évènement par des poèmes latins. (;'étaient 
Paul de Krosno, Jean de \Vilica et André Krzvcki. ll.s forment, 
avec quelques autres, le premier .to'rm].,e des humanistes polonais. 
Le premier d'entre eux, le plus igé, est Paul de Krosno , qui, 
après avoir fait ses études à l'Université de Greifsxvald. o/ il fut 
recu bachelier, se fixa à Cracovie. Il mérite notre attention comme 
l'un des plus anciens humanistes polonais. E 5o6. il enseigne il 
l'Université de Cracovie et forme bient6t une école de jeunes 
humanistes qui propagent le got des lettres classiques en P,_,logne. 
Parmi ses élèves, il faut compter Jean Dantvszek Dantiscus) 
Rodolphe Agricola \Vasserburgensis, Christophe Suchtenius et 
Jean de \Vilica, celui de tous qui fut le plus dévoué/ son maitre. 
Paul de Krosno, agité comme tous les humanistes, fit de fréquentes 
excursionsà Vienne eten Hongrie. IlCira en 513, à Vienne. les 
tragédies de Sénèque tla Troade, Thveste. et, pendant son séjour 
à l'Université de Cracovie, il expliqua Virgile. Perse, ;laudien. 
Ovide et Lucain. Il écrivait en raffine temps plusieurs petits poèmes 
latins de circonstance. épithalames, panégyriques, etc. Il consacrait 
volontiers sa poésie aux sujets religieux et il ouvre cette série 
d'humanistes polonais qui imprimèrent à leurs euvres l'empreinte 
profonde du catholicisme. 
Le latin facile et parfois élégant de Paul de Kvosno mérite 
les éloges que lui occordent les contemporains, tel que Coxe, huma- 
niste anglais. L'éditeur de Paul de Krosno, M. Kruczkiexvicz , a 
démontré qu'il était rempli de la lecture des anciens, notamment 
de Catulle, de Virgile, d'Horace, d'Ovide, de Perse. de Lucain, 
de Sénèque, de 3lartial et de Claudien. 

 Krosno est une ville de Galicie. 
-" Iepuis peu, ces premicrs humanstes polonais, longtemps cnsexels dans 
des manuscrits ou des editions tout fi fait rares, commenccnt à êtrc etudiês, gr/cc à 
l'Academie des sciences à Cracovie, qui a entrepris de publier leurs oeurcs. On les 
a reunis dans le «, Corpus antiquissimorum poctarum Polonia: latinorum usque ad 



Force de nous borner . un exposé très sommaire, nous n'in- 
sistons pas sur ce premier groupe des humanistes polonais: 
bornons-nous à marquer, d'une part. la pureté morale de l'oeuvre 
de Paul Crosnensis et de Jean de .Vi.lica; d'autre part. l'esprit de 
cour et la sensualité grossière, voire cynique, de Krzvcki ,.Cricius' 
et de Dantvszel« Cette grossièreté ne les empècha pas de devenir 
d'adroits diplomates dans cette cour de Sigismond I «, que sa 
seconde femme. Bona Sforza, rendit si brillante. Cette reine, jeune 
et belle, est comme la personnification de l'infltence de l'Italie sur 
la Pologne. 
Bona, qui parlait couramment le latin, s'entourait volontiers 
d'humanistes, couvtisans soumis, flatteurs, avides de plaire et 
d'obtenir la récompense de leurs adulations. Bien que la reine Bona 
ct trouvé, " son avrivée, une certaine corruption déjà établie à la 
cour de Sigismond I'. c'est elle surtout qui reste responsable, devant 
la postAvité, de la ruine des mçeurs en Po!ogne au XVI" siècle. 
I,'indifférence religieuse s'accroissait encore par ce fait odieux qte 
les hutes dignités ecclésiastiques pouvaient :tre obtenues pour de 
l'argent, qui s'en allait tomber dans la caisse de Bç»na, devenue de 
plus en plus avide avec l'fige. Insensiblement se préptrait dans le 
pays un état moral qui devait ètve favorable aux hérésies de Luther 
et de (alvin. 
Mais les'humanistes grandissaient en dignité et en impurtance. 
I;ricius devint, à la fin de sa carrière en 1535. archevèque de 
('}nesen. Dantiscus en 1537, évèque de Varmie. Le dernier poèe 
de ce premier cycle des humanistes polonais fut Clément Janicki 
.lanicius. protégfi pal" Cricius. Janicki. fils d'un paysan de la 
('}rande-Pologne. se distingua d'abol'd à l'école de l,ubranski,  
Posen ; envoyé en Italie, il sut conquérir l'estime et l'amitié des 
bumanistes italiens, principalement celle de Bonamico, professeur 
 l'Université de Padoue. Dans ses élégies latines, Janicki, qui était 
de son naturel maladif et fi-èle, nous rappelle virement Tibulle et 
Properce. tandis que, par sa nervosité sentimentale et par sa mélan- 
colie, il lessemble d'une manière étrange aux poètes modernes. Ce 
premier groupe des humanistes polonais se distingue par une 

Joannem Cochanovium. » Deux,olurncs ont paru jusqu'& pr¢s¢nt. L'un est intituld: 
,, Pauli Crosnenxis arque J-,annis ! isliciensis carrnina, edidit D" Bronisla,us Krucz- 
kicwicz, Crac. ,8 7. , L'autre a pour titre : ,, Andre," Cricii carmina, edidit Casimirus 
Morawski, Crac. '8,. ,, 



certaine communauté du type extérieur: ils se relferment dans 
l'imitation formelle des anciens, surtout des poètes romains (car ils 
ne savent presque pas le grec Par cette imitation, ils acquièrent 
une dextérité souvent remarquable, comme chez .lanicl, i, à manier 
la langue latine, et ils excellent à verser dans le vase romain une 
liqueur nationale (Iïsliciensis, Bellum Prutenum;Cricius, Reli- 
gionis et reipublicce querimonia. 
Cependant la Réforme se propageait en Pologne, d'abord 
dans les provinces limitrophes des pa.vs allemands, plus tard dans 
la Petite Pologne et dans la Lithuanie. La Réforme de Luther, qui 
s'adaptait si nal au génie national polonais, aurait été vite éteinte 
sans l'intervention d'une grave influence politique : la réorganisation 
sociale de l'Etat. La noblesse polonaise, enhardie par toute une série 
de privilèges royaux, marchait obstinément vers son but, qui était de 
subiuguer complètement les villes et les paysans. Le bourgeois et 
surtout le paysan polonais, relativement libres encore au XV" siècle, 
ont perdu leur indépendance sociale au cours des premières 
décades du XVI" siècle. Pour saisir la cause de ce changement, il 
faut remonter au XV" siècle. Par la paix de Thorn en 4d. la 
Poiogne reconquit l'embouchure de la Vistule. (:et accès à la mer 
Baltique développa grandement le commerce des blés et des bois, 
ces deux sources de la richesse naturelle de la Pologne. La culture 
des terres, iusqu'alors de lnédiocre importance et proportionnée 
aux besoins de gentilhonamières, dut s'accroitre rapidement pour 
suffire à l'exportation des grains à l'étranger. Le chevalier polonais 
se transforma en un agriculteur, dont le grand souci était de pouxoir 
ensemencer de plus vastes champs et de récolter une plus ample 
moisson. Il eut besoin de bras nombreux, aussi nombreux que 
possible, et ne sut pas résister à la tentation d'employer les paysans 
de son village à la culture des champs. Bient«',t le gentilhomme 
polonais fit sanctionner cet abus par les diètes et la corvée des 
paysans commença à devenir la plus grande source de richesse 
d'une seule classe sociale, la noblesse. De si graves transformations 
économiques entraînèrent après elles des suites remarquables : la 
noblesse polonaise, qui menait au XV" siècle une vie frugale, brus- 
quement enrichie, présenta l'image caractéristique d'une nation 
qui se transformait rapidement sous la double inltuence de la 
Réforme et de l'humanisme. Tandis qu'au XV ' siëcle, les fils 
des grands seigneurs avaient seuls pu étudier à l'étranger, c'est la 



masse des gentilhommes enrichis ' qui profitent au XVI" siècle de 
leur récente fortune pour envoyer leurs fils aux Universités étran- 
gères -. C'est en vain que le roi Sigismond I *'r défendit, en 534, à 
la jeunesse polonaise d'étudier au dehors. Il fut obligé de retirer 
cet ordre en 543, vu la décadence de l'Université de Cracovie, 
obstinément attachée à l'ancienne routine. L'insuffisance des 
traitements, qui obligeait les professeurs à chercher au dehors de 
lUniversité des moyens d'existence, la pauvreté de ces maîtres, 
qui, de basse extraction pour la plupart, trainaient péniblelnent 
une existence misérable et ne pouwtient re&ne compléter leur propre 
instruction, l'indiffé.rence de la noblesse à l'égard de l'Université de 
(;racovie, qui lui semblait ètre une institution bourgeoise , voilà 
les raisons principales qui expliquent comment cette Université, 
si florissante encore au commencelnent du XVI" siècle, penchait. 
dès le règne de Sigismond I'«, vers son déclin. L'Eat et le clergé 
polonais n'v furent pour rien. Le gouvernement avait à lutter contre 
la prépondérance des diètes, qui disputaient au roi les derniers 
débris de son pouvoir, bient6t fictif; le clergé catholique était 
absorbé par ses luttes contre l'hérésie de Luther et de Calvin, luttes 
d'autant plus diciles que le clergé trouvait dans son troupeau 
mainte brebis galeuse, l/horizon politique et religieux s'obscurcit 
encore davantage sous le fils de Sigismond I'«, sous le dernier des 
Jagellons, Sigismond-Auguste. 

' Ce changement brusque des ideçs et des mœurs en Pologne, sous Sigismond I% 
n'echappa point aux contemporains eux-mmes. L'histor,cn polonais Kromer dit dans 
l'oraison funebre du roi Sigismond 1 " (548 } : « Testantur id tantae oFes etfacuitates 
hominum nostrorum, tare Ola,denta cure extcrnis commercia, tantus splendor ne dicam 
luxus, tanta elegantia tum in aediticiis et victu cultuque corporis tum in sermone et 
moribu, quanta nunquam ante hune rege in Polonia fuit. » 
-' Une transformation analoguedes conditions sociales s'est opêree en Allemagne 
des Ic XV  sicclc, mais ce sont les grandes villes, les bourgeois, qui en ont prolltë. 
Voir .la«sse«, Geschichte des deutschcn Volkes, ol. I. et Paulse,l, Gesch. d. gel. 
Unterrichts, p. 
• Pour prouver son bon vouloir à l'Uniersite de Cracoie et cëdant en ,nme 
tclnps aux preugcs du si&cle, le roi Sigismond I" anoblit en ,53_'5 tous les docteurs, 
maitres et professeurs de l'Uniersitë dt: Cracoie, en prononçant ces belles paroles : 
« Satius eni,n est gcstis propriis tlorcre, quam maiortm ,»pinione uti, nec minor 
nobilita et ca, qua: proprii virtutibu co,nparatur. ,, 



II 

Malgré toutes ces causes de décadence, l'Université de Cracovie 
s'empressa d'adapter le vieux système d'éducation aux exigences des 
humanistes. Nous avons conservé un manuscrit curieux qui nous 
renseigne sur l'état des études classiques à l'Université de (;racovie 
vers la fin du XV" siècle et le commencement du XVI . Il est 
intitulé « Liber diligentiarum »  c'est un registre officiel des cours 
professés à la Faculté des arts de l'Université. Edité avec des 
soins infinis par bi. XVislocki, conservateur de la bibliothèque de 
Jagellon à Cracovie t, ce livre éclaire puissamlnent l'histoire de 
l'humanisme en Pologne. Bien que le « Liber diligentiarum » ne 
nous indique pas tous les cours de l'Université, ni méme tous les 
cours de la Faculté des lettres, il suffit cependant pour qu'on puisse 
déterminer, au moins par approximation, quel était l'enseignement 
supérieur en Pologne au cours du XVI' siècle. Aristote, refondu 
selon le système scolastique, domine encore, comme au XV  siècle ; 
pourtant, les auteurs latins classiques ne sont point rares. Si nous 
nous en rapportons à l'index établi par M. "Vislocki, nous pouons 
dresser la liste suivante des auteurs ]atins qui furent commentés ou 
expliqués à la Faculté, de 4,q;7 à 15d3. Ce sont, en procédant par 
ordre décroissant, à commencer par les auteurs les plus expliqués 
pour finir par ceux qui n'ont été commentés qu'une seule fois 
pendant cette longue période" Cicéron (à qui furent consacrés 
cinq cours chaque semestrea, Virgi]e, Horace, Ovide, Térence. 
Salluste, Valère Maxime, Perse. Lucain, Suétone, Justin, Florus, 
Plaute, Sénèque, Juvénal, Tite-Live, Quintilien, Stace, Prudence, 
Pline l'Ancien, Silius Italicus. 
Et l'on ne saurait nier que le rang où chacun de ces écrivains 
se présente dans cette liste, ni que l'importance attribuée à chacun 
d'eux par rapport aux autres ne fussent établis avec justesse. L'Uni- 
versité s'obstina longtemps à ne pas introduire l'étude régulière du 

 Liber diligentiarum facultatis artisticœe Universitatis Cracoviensis, Pars I. 
563) editionem curavit D • V'ladislaus Wslocki, Cracovke. Sumptibus Academœe 
Litt:rarum, 886. 



grec, qui était, du reste, bannie alors de plusieurs Universités de FEu- 
tope '. Cependant un cours sur Homère est annoncé pour le semestre 
d'hiver de 5o4, mais il se présente dans une étrange Colnbinaison : 
., l'arithmétique avec la musique et Homère "-'. » Homère reparaît 
iqusieurs fois cncore et tient la prernière place parmi les auteurs 
grecs commentés à Cracovie. Une vingtaine de fois nous rencontrons 
dans les pl'ogramlneS des cours une ,, lecon grecque » (gr,eca leclio '. 
qui 6tait prabablement un cours pratique de gramlnaire grecque. 
,)utre Hamèrc, nous trouvons dans le Liber diltgentiarum les 
autcurs grecs suivants: Démosthène, Hésiode, Eripide, lsocrate, 
Théocritc, Théognis ct Xénophon. Mais pas un cours sur Sophocle 
ct, ce qui étonne encore davantage, pas mèrne une mention de 
Platon ! Serait-cc son formidable rival Aristote qui I'a banni de 
{]racovie ? Du reste, le grcc ne fut jamais, pas mème à la plus 
brillantc époque de l'humanisme polonais, très répandu en Pologne. 
Mais le latin, qui ré.vnait souvel-ainemcnt au moyen fige dans 
les chancelleries royales, épiscopales et seigneuriales, se propagea 
encore davantage sous le souffle puissant de l'humanisme, en deve- 
nant sculement plus classique, plus cicéronien. Toute une séric de 
témoignages authentiques et contemporains nous attestent que le latin 
était non seulement la base indispensable de l'éducation des nobles, 
mais qu'il envahit mème les étudcs de la bourgeoisie moins opulente. 
Ici encorc notre plus pvécicux témoin est lçromer, successeur de 
lt.-sius à l'évèché de Varmie, l'un dcs plus distingués humanistes 
polonais du XVI'- siècle, qui assista t la grande transformation reli- 
gieuse et politique de la Pologne. ,, Tous s'empressent, pauvres et 
riches, nobles et plébéiens, les bourgeois surtout, d'envoyer leurs fils 
aux écoles pour qu'ils apprcnncnt le latin dès leur première jeunesse. 
Plusieurs entretiennent chez eux des précepteurs. Aussi ne trouve- 
rait-on pas. infime en plein Latium, autant de gens avec qui l'on puisse 
parler latin..U6me les jeunes filles, nobles ou bourgeoises, appren- 
nent à lire et à écrire, soit chez elles, soit dans les couvents, non 

 Par ordre de l'êvque Tomicki, un humaniste polonais, Georg¢s de Lignica, 
dit I.ibanus, ouvrir Ch 5_, -a la |'aculte des arts un cours de grec ; mais s:s collègues 
lUgCrent cette nouveaute dangereuse pour la religion catholique et ils tourmenterent 
i'in,,rtund hcllemste tant et si bien qu'il dut quitter sa chaire. « .\b academicis 
collegis suis, grecoe litteratur.e osoribus variis contumeliis probrisque laceratus arque 
vexatus est. ,, Janociana, t. I, p. 66. Voir aussi Wiszniexsski, t. VI. p. 18o. 
ï Liber dilig, p. ,,G : , Mgr Marlinus B¢lsz de Cracoia. Arithmeticam cure 
illusica et H,)merum. ,, 



seulement la langue nationale, mais aussi le latin 1. ,, Cette diffusion 
du latin s'explique, selon Kromerç par ce fait que les pauvres 
voyaient dans l'étude du latin le seul moyen d'embrasser la carrière 
ecclésiastique ou diplomatique "-'. Kromer définit avec une grande 
finesse d'observation le caractère des études supërieures de san 
tenlps, quand il dit-« Quand ils curent remarqué qu'on nppré- 
ciait l'ëtt, de des iangt, es, de l'éloquence et des humanités, ils 
s'appliquèrent avec ardeur au n'avail, mais en v recherchant plut,',t 
le profit public et pratique que la gloire a. » Observation prot;-mde 
qui nous explique nettement pot, rquoi, parmi tant d'huma,istes 
polonais re,narqt, ables pal" leur éloquence et iet, r habileté pc, li- 
tique, nous trot, vons tant d'orateurs, ,nais si peu de savants et 
de philologues. 
Cette impulsion donnée aux études latines sous Sigismond l"" 
produisit sous son fils, Sigismond-A.uguste, Ul-le foule d'hommes 
instruits et éloqt, ents. l.n mode d'étudier à l'étranger provenait. 
d'une part, dt! mépris où était tombée l'Université de Cracovie. 
elle était favorisée, d'autre part, par l'aisance pécuniaire des nobles. 
dont nous avons expliqué les sources. Le cours rapide du temps. 
l'inquiétude qui s'emparait des jeunes àmes en face de la l(éfl»rme. 
le charme de l'inconnu, toutes ces forces entrainaient là jeunesse 
polonaise et la poussaient vers l'Occident. 
Les Universités de "Wittenber.'_,. de Leipzig. de Francfort-sur- 
I'(}dcrç d'l;rfurt, de Iteidelberg. de Strasbourg, de 13tle. de |'ad, me. 
de I',oiogue, de Paris, fourmillaient de Polonais au XVI" siècle, ils 
firent une impression excellente sur les humanistes allemands. 
italiens et français et contribuèrent beaucotlp i propager le bon 

 « \d scholas quidcnl et magistros mittcre marc» libcr«,s et latinis littcris 
tcneram oetattllam imbucrc, omnibtls, pauperibus iuxta ac divitibus, m,bilitati ac 
plcbi, oppidan,e presertim, Sttldiurn est. Mtllti paadagogos domi altlnt, ltaquc ne i, 
medio quidem [.atio qtlis reperiat tare multos vtllgo, Ctlm quibtls latine tamen 
possit. Ptlclhe quoque nobiles et urba,oe vol domi vol in monastcriis vcrnacula, 
et I.tina lingtla Icgcrc et scribere discunt. » l»olonia..ie dt: sittl, poptalis, mo,-ibt, s... 
At,tore Martino Iromero, Coadiutorc et dcsignato cpiscopo Varmiensi. Colonla:, 
'577, p. 67. 
-' « Bonarum litt.raruln arque doctrim" studia accuratius consectantur, impr- 
mis ii, qui his praesidiis ex htlmilitate sordibusqt, e domcsticis cmcrgcrc cupitlnt, aut 
qui sua, vel parentum voluntatc ad saccrdotium animtlm adiciunt. » lb. p. 7,». 
: et Nunc et:rte, posteaquam anilnadvcrsum est in preti« cssc linguarum, 
eloqt,cnti.e htlluanitatisqtlc studin, Ctlpide ca que»que no.tratca alllpIc,i sunt, sc,l ad 
usure ci,ih'm et ,ul.,'em ,nagis, qualn ad glo,'ianl. » lb. p. ï. 



renom de la Pologne. Erasme loue magnifiquement la Pologne. 
cotonne un pays où fleurissent les lettres, les arts et la piété, et ce 
concert de louanges des humanistes ne s'interrompt point durant le 
XVI" siècle. Georges ."Z, abinus, Muret, Paul Ianuce, de Thou, 
Sigonius, Joseph Scaliger, Juste lfiFse, tous vantent les heureuses 
dispositions des Polonais pour les langues, leur amour pour les 
humanités, leur connaissance parfaite du latin. La conscience que 
l'on avait de ces faits en Pologne mème se trahit dans les auteurs 
polonais du XVI' siëcle 1. I.a prépondérance du latin en était venue 
au point de menacer l'existence de la littérature nationale. Le célèbre 
il,,sius s'irrite de voir l)rzechowski ç)richovius', l'un des plu, 
brillants latinistes du XVI  siècle, abandonner vers la lin de sa 
crrière le latin pour écrire en polonais 
Cette foule de jeunes gens qui avaient étudié en Allemag'ne. 
en France et en Italie. reenaient au pays natal transformés en 
hUlnanistes. " If l'humanisme, qui sut, partout et toujours, s'accom- 
noder aux circonstances, pouvait se manifester en Po]ogne, au 
milieu du XVI" siècle, sous les trois espèces que voici: ou bien 
l'humaniste polonais offrait ses services à la politique du temps et 
devenait un orateur brillant. à l'imitation des célèbres orateurs 
classiques: il prononçait aux diëtes de longs discours passionnés, 
surtout quand il était sur les bancs de l'opposition hérétique: ou 
bien il se dëvouait à la cause de l'Eglise catholique, alors gravement 
menacée par ]es protestants  ou encore il s'enfermait chez lui, tout 
entier i l'ëtude de l'antiquité classique. Si nous nous rappelons la 
délinition du caractëre polonais donnée par Kromer, nous dexi- 
nerons facilement fi laquelle de ces trois classes devaient appartenir 

., ¢uomodo Polonia humanissima non erit ? quœe omni doctrinarum genere 
est florentissima  qua: referta doctissimis iris est : pl¢na litterarum groecartm arque 
latmarun. .:nisses in Poloniam, Juli (le Pape Jules 11}; tibi Polonia non terra 
barbara, sed ipsa altera visa fusset Italia, culn Polonos p'o vert,2¢llO sermone 
.ermonem sonate audires latinum. » Orichoii Paneg)'ricus nuptiarum Tarnovii 
, o,,. .Viszniewski, t. VI, p. t 9. 
z Orzechovski s'explique indirectement I-dessus dans sa petite brochure inti- 
tulcc ,, Zi¢mianin » 565). (]'est un dialogue fort interessant entre un gentilhomme 
de vieille roche, qui ne sait pas le latin, et son fils, chez qui le latin dèborde -à chaque 
instant. L tlls questionne son pere sur un livre d'Orzechowski et lui demandg ii 
'gt ecrit en polonais.  « Oui, c'est en polonais. »  « J'aurais prefcrê le latin », 
dit le fils.-- « Mais il est bon, riposte le vieux, que nous autres laiques puissions 
aussi comprendre. Et du reste il nc faut pas que les etrangers sachent ce qui se passe 
chez n,u. ,, ( )rzcchowski. Zicmia»in, dAite par M. 2egota Pauli, Cracoie, I,.';, p. I1. 



la majorité de nos humanistes. Hll eflet ce sont les politiciens qui 
dominent dans ce deuxième ,'rou]oe d'humanistes polonais, ce sont 
des hommes comme Modrzewski, André Trzvcieski, Przvlusl, i, 
()rzechowski dans la première phase de sa vie, qui est celle d't,n 
pr&re rebelle. : ils fc)rment une petite société, où couvent des 
ferments politiques, parfois dangereux, et qui préoccupent sa,ls 
cesse l'opinion publique. Modrzewski domine ce groupe de 
hauteur de son grand talent politique, de sa modération, de ses 
idées sociales vraiment grandes et en avance sur son siècle. (]'est le 
Bodin polonais  
Très nolnbreux aussi sont les humanistes dans le camp catho- 
lique. Autour de H,,sius, ce grand champion de l'l-]glise catholique, 
se groupent des holnmes d'une foi ardente: Iartiq 
Salnuel X, laciejowski, des évèques Mécènes, tels que Padniewsl, i et 
Myszkowski, le poète Grégoire de Salnbor, enfill O,'zechowsl, i, 
ce prëtre inarié, d'un si grand talent et d'un si lnédi,»cre caractère. 
qui a consacré la fin de sa vie agitée à la défense énergique du 
catholicislne. Vient enfin la troisië,ne classe des hulnanistes, peu 
nombreuse celle-ci, mais qui nous intéresse plus directement. 'e 
sont de vrais serviteurs de l'bumanisme, qui font la sourde oreille 
au vacarne politique de leur temps et qui se dévouent e,atiërement 
aux Cudes classiques. Par,ni eux, Simon Maricius, Adalbert N,) o- 
polski, André Patricius Nidecki, Jean Kochanowski, Gr«epsl, i, 
tlerbest, Jacques G,;rski, Luc G,',rnicki et quelques autres. C'est 
par excellence le deuxième gr,ml.,e des humanistes pohmais. Nous 
ne pouvons leur consacrer que quelques remarques rapides, d'autant 
plus que leur r61e demanderait i ètre délini dans des m,,nographies 
spéciales qui nous inanquent encore "-'. _Mais nous essaierons de 
marquer par quelques considérations générales le caractère éminent 
de leur teuvre. 
(]e qui les distingue avant tout du premier groupe des hulna- 
nistes, c'est la connaissance du .grec et. pal suite, une connaissance 

St. Tarnowski. Pisarze polityczni XV! wieku. Tom !. W Krakowie, 
p. 339-_4-'. 
ï {cttc l;che est heureusement commencée par un travail remarquable sur 
pires grand philologue p,,Ionais du XI" sieclc. Andre Nidccki. Sa ie -t s«m ceurc 
nous sont racontŒes par M. Casimir M,,rawski, professeur a I'! nersite de Cracm 
dans son ourage : « Andrzej Patrvcy Nidecki, jegoz)'cie i dzie;a. Cz,.-,- i. '3a--''57--', 
XV Krakowie, 8.4. » 



-- I4- -- 

plus réelle de l'antiquité classique. Xlaricius, professeur à l'Univer- 
sité de Cracovie 't53,-55o, s'occupa beaucoup de Démosthène, 
dont il a traduit en latin deux discours '« Sur la paix ,,. -- ,, Sur la 
liberté des Rhodiens ,, . Un contemporain de Maricius, son collègue à 
l'Université. Adalbert Nowopolski çNovicampianus, était en mème 
temps théologien, naturaliste et hulnaniste. En 545, il annonce. 
par exemple, des cours sur la dialectique et la physique d'Arist,,te, 
sur l'Iliade et sur Hésiodc, sur Démosthène et |-;uclide . (;es deux 
 aillants professeurs, Xlaricius et Noix opolski, ont le mérite d'avoir 
formé le plus grand philologue polonais du XVI" siècle, Nidecl, i. 
Né en 5e'2_. après avoir fait ses premières Cudes à Cracovie, il 
se rendit/a Padoue, o/a il se consacra surtout à l'Cude de CioCon. 
Deux maitres-philologues, Robortello et Sigonius, brillaient alors 
;'J Padoue. T,»us deux s'occupaient fort de Cicéron et des antiquités 
romaines, et leur élève Nidecki hdrita de ces gots. Sigonius traita 
raiment Nidecki comme son égal. {;es deux philologues échan- 
.gèrent souvent leurs iddes, et, quand Sigonius préparait son édition 
desfragmentsde(;icéron Venise, :,'î,,'...,il envoyait ses épreuvesà 
Nidecki. qui les renvoyait enrichies de ses remarques-", ln t55,, 
Nidecl, i rentra en Pologne avec le grade de docteur en droit. 
l-fient(,t il publia le résultat de ses longues recherches, lesfr,wmenls 
l,«,éliques de Cic&',m 56). l'out la première fois. le monde savant 
recevait le recueil des cuvres poétiques de Cicéron. et, comme cette 
édition lui paraissait encore incomplète, Nidecki en combla les 
lacunes, accrut le nombre des fragments par des recherches nou- 
velles, et les réédita en .'q64. Ce fut un travail énorme qui lui attira 
les louanges des contemporains. Sigonius et Victorius, de vrais 
connaisseurs de CioCon, lui envoyèrent leurs encouragements. 
Sigonius écrivait à G,',rnicki, que personne n'oserait reprendre le 
sujet après Nidecki. l.e célèbre Denis Lambin, dans sa grande 
t!dition de (;icéron ,,5dd, consacre une mention honorable à 
Nidecki. Turner, professeur à Ingolstadt, s'étonne qu'un homme 
ait osé. en Pologne, entreprendre un ouvrage pareil, sine bibli,» 
ilteca, sine mtmismale, sine exem,laribus Jicer,mis. En vrai hulna- 
niste, il adresse à Nidecki cette apostrophe emphatique : ,, Apollo 
es, non coniectator! » De nos jours encore, on a rendu un juste 

' M,+rawski, X. P. Nidccki, p. s. 
Ibid. p. 7 8. 



hommage aux mérites de Nidecki. Charles Haire. le cëlèbre éditeur 
dc Cicéron, renv«,ic les nouxeaux éditcurs des fragmcnts de icéron 
« au sawtnt Polonais, Patricius », qu'il louc de sa pcrspicacité et 
de son assiduité . Nidecki a composé aussi d'autres disscrtations 
philologiques, telles que son « Dictator », Arude sur la dictature 
che« les Romains: et ses « 31iscellanea: coniectationes ,, oh il 
COlUmente des textes de Cicéron, de Tite-Live et de l.actance. 
ces travaux sont perdus. Il publia encore : ,, Nota: in duas 3I. "Fullii 
Ciceronis orationes, Crac. 1583. ,, 
IIne amitié sincère liait Nidecki au plus grand des poètes 
polonais du XVI" siècle, Jean Kochanowski. Ils s'étaient c)nnus 
à Padoue vers l'an 1555 et ils surent vite s'apprécier. , (Test un 
mle anour de l'antiquité qui les a rapprochés, cet amour qui 
devait porter chez l'un et clez l'autre des fruits si diflërents. 
l(ochnowski partageait encore les opinions des premi¢_rs hulm- 
nistes, qui admiraielt, sans aucune i-éserve, l'antiquité et qui ont 
mème tiché de la faire revivre. Nidecki inclinait déjà xers cette 
tendance plus réfléchie, qui voulait que l'Cude approfondie du 
lnolde classique allumit un nouveau foyer de vie et de civilisation 
chrétiennes. Au contraire, c'était encore le c,)té sensuel du monde 
antique qui parlait à I'àme de Içochanoxsl, i • tous ses amours, 
loutcs ses passions trouvaient un écho dans son c, eur de poète -'. , 
Il composa de nombreuses élégies latines, des épiglammes et des 
vers ly'riques et s'essay'a mème à une reconstitution de la paraphra.,,c 
(]icéronienne d'Aratus . (;'est par ce travail surtout que Kocha- 
nowski prend rang parmi les htlmallistes, comme un digne disciple 
de Sigonius. 3Iais, dans l'histoire de la littérature polonaise, il a 
tin tout autre mérite que celui d'avoir été bon humaniste. !1 brille 
comme une étoile de premier ordre dans notre poésie nationale et 
c'est dans ses poèmes nati«,naux qu'il faut chercler son vrai génie 
poétique . Toute sa poésie est parfumée de fleurs grecques et 
romaines qui ne se sont point fanées, et il est admirable par ce don 
unique d'ètre à la fois Polonais de c«etlr et humaniste d'esprit. 

a Morawski, !. c. p. ii6. Wisznicxski, V1. I66. 
: Morawski !. c. p. 6o. 
-: M. T. Ciceronis Aratus. Ad Groecum cxemplar cxpcnsus et lotis mancis 
rcstitutus per Joannem Cochanoviurn. Cracovioe,  979. La poesie latine de Kochanoxki 
est reimprimee dans le I11 ° volume de l'edition iubilairc : « Jana Kochanoxxsl, ic.,.zo 
dziela wszystkie. , \V \Varszawie, 854. 
« Voyez llickiewicz» Cours de |itteraturc s|ae: t. Il p. 



-- 16 -- 

Il nous reste à dire encore quelques mots des autres huma- 
nites polonais du second ï_,roupe. Ce sont d'abord deux amis de 
Kochanowsl, i, l.uc G,,rnicki et Stanislas Grzebski. G,',rnicki n'a 
rien écrit en latin, luais, pat" ses traductions de Sénèque, par le tour 
de son esprit, il appartient à l'hunanisme. L'autre, Grzebski, gran- 
dement elimé par K,chanowski, mais méconnu par ses collègues 
de l'Université, expliqua en 1. ï Délnosthènc, publia et commenta 
les poèmes de Grégoire de Nazianze t Sri.z,, et fit paraitre une 
dissertation numismatique sur le sicle hëbreux t 56s. Kochanowski 
lui consacra une belle ëpitaphe . Deux autres humanistes. Jacques 
(;,',l'sl, i et Benoit Herbest. professeurs à l'Université de Cracovie, 
ont acquis une certaine célébrité par leur querelle philologique sur 
la détinition de llt période grammaticale et oratoire, l.a polémique 
ctait bien subtile et devait rester improductive, mais elle passionnait 
les deux rivaux, qui firent appel aux plus célëbres latinistes, à 
Orechowsl, i et it lçochanowslii .2. Si nous laissons de c6té cette 
polémique stérile, G,',rski a fort contribué à la propagation de 
l'hulnanislne à (Àacovie, oit il avait encore à lutter contre les 
préiugés anciens. Herbest, chagriné par le résultat de sa polémique 
avec (;,',rski, se retira de Cracovie, et entra à Rome dans l'Ordre 
desJësuites I57',oit il passa ring, t-deux ans, jusqu'àsa mort. 
l)es hommes COmlne 3,1aricius et Noopolski, G,',rski et 
Grzebsl, i étaient l'ornement de l'llnixersité de Cracovic et leurs 
noms setllS sont garants de la vitalité de l'humanisme dans l'an- 
cienne ëcole des Jagellons..Malheureusement une réorganisation 
coInpl/:te des Cudes classiques ne put point se produire sous le 
r/:gnc de Sigismond-.\uguste. {e qui manquait alors le plus, c'Cait 
Ici protection constante et la surveillance de l'Etat. Les diètes, 
uniquement occupées de luttes reli.gieuses et politiques, ne se 
ouciaient guère de l'Universite, l.a dotation matérielle de l'Uni- 
xersité était mal administrée et mal proportionnée it l'importance 
relative des t"acultés, l.a Facultë de médecine et surtout celle des 
lettres étaient tout à fait pauvres ::. l.es professeurs de cette Faculté, 

' ,, (}rœecmn te, an dicam, Grebsi facundc, Latinum, 
.\nlbigo ; sermo ita crat notes utcrquc tibï. 
At tu Sarmata eras, sd cuius oh os sua Graii 
« ra obvcrtcbant, Ausoniique sua. ,) 
Wiszni,-wski, l. . I. p. 13«»-15 7. 
I.ukaszeicz Ilistora Szk,,I etc., t. 111, p. 3 7 . 



m 17 -- 

surtout les agrégés et les plus jeunes, qui n'étaient pas pourvus 
d'une prébende, étaient obligés de chercher des lecons particuliëres 
et ne pouvaient pas se vouer entièrement à la science, i,e cél/:bre 
(;r/ebski, si admiré pat Kochanowski, mourait presque de faim 
en 5; 9 . Cet état dévlorable de la Faculté des arts, qui était, 
comme nous l'avons vu, it llt fois, le vestibule des autres Facultés 
et le foyer de l'humnisme à l'Université de Cracovic, ous est 
attesté pat" un professeur de cette école, Maricius. Affligé de la 
décadence de la Fculté des lettres, Maricius publia en 55t un 
livre 2 sur l'Université de Cracovie, qui nous donne des détails 
ctractérisques. 
Pour payer quaranle professeurs ordinaires, qui enseignaient 
dans toutes les écoles de (;racovie, on n'avait que mille florins de 
l',,logne. {;erre somme, selon la juste remarque de .Xlaricius, n'aurait 
pas suffi, en Italie, pour payer un seul professeur. Aussi les profes- 
seurs étrangers, qui sont appelés à (;racovie, « p]aignet-ils 
patvreté des étudiants, et s'étonnent du vide de nos éco]es. 
faute en était atssi aux professeurs, .X|aricius le reconnait franche- 
ment. Il v en avait qui se souciaient beaucoup plus de leurs titres 
honorifiques et de l'argent que de la cience et du bien des élèves. 
i';n admettant, sans choix sutfisatt, un grand notnbre de maitres 
aux chaires de l'Université, on abaissait le niveau des cours. Il 
ett été facile de remédier à ce mai : il fallait restreindre le nombre 
des maitres, n'appeler que de bons professeurs et leur donner 
des traitements en rapport avec leur mérite. C'était le droit et 
le devoir du gouvernement de s'en occuper. Aussi est-ce direc- 
tement le roi et son gouvernement que Maricius vise, lorsqu'il 
parle sans détours, vers la fin de son livre, de « l'incurie des chefs 
de la république :». » 
Douce ans après les plaintes de Maricius, de nouxeaux repro- 
ches rappellent à la nation le triste état des choses, l(ochanowski. 

 I.ukasz,-wicz, Historya Szk,,! ,tc., t. I. p. 63. 
-' Simonis Maricii Pilsncnsis, de Scholis sou Acadmiis libri duo. Craco la. IXlILI. 
: Maricius s'adr,-sse h son ami H,'rburt ,1] ces wrmcs : , iX, an, si cgo dctcri«,ra 
cdidi, quam volui, et tu minora hab,-s quam spcrasti, illud fortass¢ utcrqt*c cons¢- 
quc»ur tt hortando, cgo scribcndo, ut aut rot annis ncglccta: Acadcmi, i,llll tandem 
succurratur, aut quivis facile pcrspiciat, non pra:ccptorum vitio Ilorcm nostri G) nlnasii 
dcllucrc, scd caIMtum rei publicw cullt, a. qui ncscio quomodo oiamcm propcmodum 
g) mnasiorum curam abicc¢runt. » 



dans son poème polonais ,, I.e Satyre » ,563', où il censure 
plusieurs des ices de ses compatriotes, leur rappelle aussi leur 
de oirs sacrés envers l'Université : ,, Je ne puis comprendre pourquoi 
ous préférez envoyer vos fils en Italie ou en Allemagne, alors quc 
 ous a ez chez vous des écoles où autrefois venaient les étrangers... 
Xlais les maitres vous paraissent des rustauds ! Bien s0r ils de ien- 
dront ite des grimauds, si vous leur prenez encore le peu qu'ils 
,rot... Xlais que la dignité ait sa récompense cbe/ vous, et, je vous 
ch réponds, vous rendrez os écoles égaies i leurs Sorbonnes. 
I-2nfin. dépensez pour vos enfants che/ vous aut«nt qu'à l'étranger, 
et vous verre/que tout I»adoue v accourra 1. ,, 
Nochanowski parlait avec toute autorité, car il avait longtemps 
Ctudié i Padoue et à Paris, o(l il avait pu admirer Ronsard. 
avis d'un spectateur impartial aurait dth faire réfléchir la noblesse. 
Mais. plongee dans les luttes politiques elle n'en eut pas le loisir. 
11 etait plus facile d'envoyer son fils à l'étranger, que de délibérer 
sur cette grave et importante question de l'éducation des générations 
futures. Mais il faut dire aussi que le moment où l'Université de 
{ ;racovie sentit le plus profondément le besoin d'une réorganisation 
complëte, coïncida avec l'heure où se £osèrent de hautes questions 
politiques et ecclésiastiques et la plus gra e de toutes, à savoir, si la 
l'ologne devait rester catholique ou non. Coïncidence f/cheuse, qui 
emp¢cha l'humanisme d'accomplir, en Pologne, la plus belle tàche 
qu'il efit pu se proposer, la régénération des hautes études. Aprës 
Sigsmond-Auguste, vint le roi fugitif. Henri de Valois, qui. pendant 
.,,on court séjour en Pologne, eut de tout autres soucis que celui 
,.le l'lniversité. Son successeur fut le grand roi, Etienne Batorv. 
{'est sous son rëgne inoubliable qu'avec toute la Pologne l'Uni- 
versité reprit aussi une nouvelle vie. Xlais. avant de parler de cette 
dernière tentative pour ranimer l'l-niversité de Cracovie il nous 
faut parler d'abord d'un homme qui fut le bras droit de Batorv et 
qui montra, d'une manière éclatante. de quelle force créatrice 
l'humalaisme était capable, s'il tombait sur tin sol fertile. 

K,l, Chan¢_,wbk. \\',J. pomnik,_,'«c, t. 11, p. »4- 



III 

En parlnt du second groupe des bunl¢ni.,,tes polonlis. 
avons avec intenti«,n omis le non de Jean Zamovsl, i. !1 m6rite 
notre attention toute particulière, mme dcns cette esquisse rapide 
«r c'et le seul humanitc polontis qui it eu l'audace et 1 force 
d'accomplir ce que tout un siècle avait été impuissant it réaliser " il 
réorganisa l'enseignement classique..lean Zam-vsld. qui est devenu 
Grand Général et Grand Chancelier de la Couronne, a comncnc 
et a fini sa carrière comme humanistc. 
Né en i551 selon d'autres en 154oE, sa premibre éducati,n 
lui fut donnde à (2helm. oÙ s,,n pèrc dtait castellan. Tout jeune 
encore , il fut envovd Ch France. off il passa quelque temps 
cour du dauphin, plus tard l:rancois 11. laib bient;,t, fatigue de 
l'oisiveté de la cour, au grand étonnement des courtisans, il quitta 
les plaisirs pour les Cudes sdricuscs . l)humanismc dtait lors, à 
Paris, i son apogëe et le icune Polonais pouit respirer fl pleins 
poumons l'airde la Renaissance francaisc. Un c-ntenporain. 
biographe, nous dit ; que Jezn Zamovski dtudiait à Paris lilleras 
hnmoni«,'es oFnd l.e«,de,,rittm o Qtterctt, l'el'ttm l?amttm. . Id'io- 
tttm Turm,bttnt, qu'il apprit le grec sous Ren6 Guillon. la phil,- 
sophic sous Jacques (ihalpentiev, les mtthématiques chez Jean de 
Penna. Rien qu' entendre ces noms illustres de Pierre 
et dr Turnèbe. nous voyons que Zamovski étudiait au c61brc 
Collège royal, fondé par Francois I"". Retenons bien ce lotit, 
sur lequel nous aurons à revenir dans cette biographie de .lcan 
Zamovski. 

t R. Hejdcnstcin, I)c vita Joannis Zamc»iscii, t,6. Rcimprirnec dans 
,, Collectanca vitam rcsque gt:stas Joannis Zamoyscii illustrantia cdidit Ad. Fit. cornes 
de K,.cielec Dzialylski, Posnani,e, 86J. , 
 « Se plcrisquc admirantibus ac retinentibus, ab aula ad scholas, ab otio ad 
laboren b a purpura ad pallium» a deliciis .qulicis ad pulvcrcs scholasticos ultro lugissc, 
relicta igitur aula Dclphini in scholis Lutcti,e se abdidit. ,» Ileidenstcin, I. c. p. 7- 
• ' Paprocki, Hcrby t:d. Turowski p. ,60; et lSurski, (ratio ftmebris, 6o6: 
« Erat Gallia ttam plena doctissimorurn irortam, in quibus illa lumina ftlcrunt : 
Adrianus Turnebus, Dionysius Lambinus, .lacobus iarp«ntarits, Pctrus a Pcnna, 
qui et quanti I)cum immortalcm iri! ,, 



-- 20 -- 

Remarquons attssi que, précisément pendant le séiour de Jean 
Zamorski au {;ollègc français, le roi Henri II s'occupa de rdformer 
lliniversitd de Paris. l.e 7 i anvier 557, Henri Il nomma une 
c,,mmission chargée de procéder à une cnquète et de proposer les 
rdf,,rmcs les plus utiles et les plus urgentes it opërer dans i'Uni- 
vcrsite de Paris ..\usi, d/:s sa première ieunesse. Zamovski fut-il 
frappé à la lois par la splendeur du Collège et par une certaine 
ddcadcnce de la Sorbonne. ,, |21le a perdu l'influence politique 
et religieuse qui fitisait autrefois sa grandeur... L'Université, 
endormie dans ses traditions sëculaires, se montre d'abord rëfrac- 
taire a la Renaissance ; elle rcsiste it l'admiration et i l'enthousiasme 
qui se manifeste auto,or d'elle pour les auteurs grccs et latins. Il 
faut que Francois I " in.titue et organise le ollège royal de France 
comme un refuge assuré et pr,,pice pour des dtudes que l'Univcrsitë 
.,,,bstine it proscrire -'. ,. Ce contraste de i'l'niversitd et du Collège 
r,,val se grava prot;,ndément dans la mëmoire de Zam,, 3 ki, COlllille 
nous le verrons plus tard. 
Zamovsli resta quatre ans en France et ce fut sur l'ordre de son 
p:re, devenu hérdtique ', qu'il se rendit i l'école célèbre de Jean 
Sturm. a Strasbourg. dans un milieu protestant. Jean Sturm était 
al,»rs bien connu comme le réformateur de l'enseignement secondaire 
Ch lqance et en .llemagne . l;ette rét;,rme consistait en une étude 
plus rationnelle de i'humanisme. Elle se basait sur la grammaire. 
,uiviede la dialectique et de la rhCtorique. Sturm divisa son gym- 
ha e en neuf classes, dont sept se rapportaient itl'enseignement secon- 
daire, et les deux dcrnières, a l'enseignement supérieur. Son gymnase 
n'trait pas encore, au temps du séiour de Zamovski. une académie au 
 rai sens du mot, mais c'était une ecole excellente pour y apprendre 
le bon latin et i'cloquencc pratique, l.e but principal de Sturm dtait 
de fi,rmcr des hommes d'état eloquent% et il v réu.sissait i merveille, 
si l'on en juge par le concours énorme d'étudiants qui lui venaient 

 I "Unirsite de Paris et les Jesuites «X, 1" et XVII' si/:clcs}, par A. Douarche, 
l'ars 8bs, p. _'_, et smv. 
Douarchc, ibidcm. 
,, Rcocatus a patte, qui tcmporum illorum fato divcrsa rcligionc infcctus, 
in ;crmania etiam crsari illum xolcbat... » ilcidcnst¢in, I. c. p. g. 
t'b. Schmidt, La vit: et les traaox de Jean Sturm. Strasbourg, 855. - 
I' L. Kùckclhahn, Johanncs Sturm, Strassburs erster Schulrcctor, I.cipzig :7 OE. -- 
l'aulscn, I. c. p. '4, sqq. -- ;laudc Baducl et la rcf«,rmc dcb ctudcs au XVi" sictlc. 
par \1.-.I. G,tufr.» Pari» ',;,,, p.  



de tous pays. Français, Italiens, Anglais, Allemands, Polonais, 
Danois, tlongrois, Boh6mes accouraient chez lui. l.e gymnase 
de Sturm jouissait encore en 15xE de sa pleine renommée :,, I.c 
, mars 15,":, le jeune comte polonais Jean ç)stror«',g prononça un 
discours public pour exprimer sa reconnaissance it l'Acadëmic de 
Strasbourg, où il avait fait ses études; il dit en parlant de Sturm : 
« C'est l'homme que la France contemple, que l'ltalic admire, que 
l'Angleterre, l'Ecosse, le Dancmark, la Hongric. la Bohème entou- 
rent de respect et d'affection ; c'est lui. dis-je, que tant de royaumes 
réclament, que l'Europe entière se dispute. Demandez aux jeunes 
gens laborieux des nations étrangères pourquoi ils ont entrepris 
les fatigues d'un long voyage, auquel jamais ils n'auraient songë 
Ils diront que c'est pour voir Sturm et pour suivre ses lecons. 
Demandez-leur qui les a attirés? {'est Sturm, oui, c'est 
répondront-ils tous. Quel bonheur pour moi d'avoir pu jouir de 
son aspect ! Plus heureux encore d'aoir pu entendre ses paroles 
Dans cette foule énorme d'étudiants qui se pressait au gymnase de 
Strasbourg, on voyait aussi bien des protestants que des catho- 
liques "-'. Car Sturm s'occupait avant tout d'études classiques, et. 
loin d'6tre un théologien protestant fanatique, il ëtait surt«»ut 
humaniste. Comme l'a très bien dit M. Franck d'Arvert-;: ,, l;ne 
pédagogie protestante, telle qu'on peut la concevoir, serait celle 
qui, soit dans l'enseignement, soit dans la direction morale, ferait 
incessamment appel à l'initiative de l'Cève;  son jugement, au 
sentiment de sa responsabilité personnelle. )r rien de semblable 
dans l'oeuvre de Sturm. qui est celle d'un humaniste. C«,mnc 
beaucoup d'autres de son temps, il ne croyait pas, en passant i la 
I,éforme, sortir du catholicisme, et. malgré ses déboires il caressa 
jusqu'au bout la chimère d'une réconciliation entre les deux ffactions 
de l'Eglise chrétienne. ('est un trait qu'il a de commun avec la 
plupart des humanistes , qui. en adhérant i la Réforme. v appor- 
tèrent un grand esprit de modération, de « latitudinarisme » et 
inclinèrent toujours à vivre en paix avec les savants qui ne parta- 

= (Iratio Joh. comitis ab Ostr,»rog recitata, cum disc¢ssurus \rg¢ntina publicc 
Acadcmiœe valcdicerct. Strasb. 5,. Voy,:z Schmidt, I. c. p. a 7. 
: KOckçlhahn, I. c. p. 33. 
. L'Hmnanisme c la Rëforme a« XVI et a« XI II sii'cle. Revue internationale 
de l'enseignement, publicc par la Soci¢tc dt: l'enseignement supcricur. Cinquicmc 
anne¢, N ° 7- Paris, 885, p. 6. 
 Par exemple avec blodrzcwski Ch Polognc. 



geaient pas leurs convictions religieuses, mais qui communiaient 
avec cu' dans un mt3me anaour des belles-lettres. » 
(:ommc nous l'avons déia remarqué, Sturm enseignait surtout 
l'cloqucncc d'apras les modèles classiques grccs et romains. (Test 
sns d,»utc au gymnase dc Sturm  que le icune Zamovski acquit 
Ic goùt de l'éloquence et développa ces grandes facultës orat«,ircs 
qui, plus tard. ont fait de lui un Periclès polonais. (;'est chc/ 
turm aussi qu'il continua ses études de grec. commencées à Paris. 
Il rcï_,rettait souvent plus tard de n'avoir pas plus approfondi la 
conaissance de cette langue- Cependant, mme sous ce rapport, 
son séiour il Strasbout'g ne fut pas sans un certain profit . 
Il quitta Strasbourg vers l'an 5;,-,, pour couronner son 
cducati,,n par un séiour sur le sol antique de l'Italie. Padoue 
uttirait alors les humanistes par sa brillante et riche l'niversité, oit 
deux aillants maitres, R,_,bortello et Sigonius. enseignaient les 
humanités. Padoue retentissait de leurs querelles littéraires et 
icrsonnclle, au moment mèmc où Jean Zamovski x arriait. 
i"rAs»é de l'attitude grossière de l+obortello. Zamovsl, i se rapprocha 
t«,ut dc suite de Sigonius et prtt ouvertement parti pour lui. l+,ient,',t 
il sut s'acquérir la sympathie générale de ses collègues et fut élu 
recteur de l'I'nixersité de Padoue. Il a rendu mémorable son 
rcctorat pour avoir publié les statuts dc l'Université : « Deconsti- 
tuti,,nibus unir. gymn. Patavini. I"atavii t54. ,, 
I.'intluence de Sigonius sur Zamovski porta bient;,t ses fruits. 
l'artageant le goitt de Nidecl, i pour <;icéron, il l'aida dans ses 
recherches sur les fragments poCiques de l',rateur romain: en 
m(.'me temps, il étudiait très sérieusement les antiquités romaines. 
Dès t53 il termina son <eux re: « De Senatu Romano ,,, qu'il 
dédia à .XIvszkowski. <]e travail est si parfait et témoigne d'une 
crudition telle que. plus tard. on s'est étonné qu'un jetme homme 
de vingt-deux ans ait pu l'écrire. Mais ce fut seulement après la 
mot-t de Zatnovski qu'on osa le soup+conner de s't3tre approprié le 
travail de son maitre. 5igonius. Comme si Sigonius n'efit pas 
protesté tout de suite contre ce plagiat infme! Ce pieux men- 
songe, dont la source est peu claire -+. a été refuté, de nos jours, 

 \taxime autem oratoriis exercitationibns per id tempus se dedit. » Heidcns- 
rein. l. c. p. 8. -- -' Ibid, 
Thuani Hist. t. x,, -,ionioe AIIobrogum, 63. Lib. CXXXIV, p. 73 D et 
'.. il. Lib. L\ Il. p. 96,; AI3. 



par les recherches de Bandtl, ie. de 3laciej,xxski. de 3lorawsl, i 
et d'autres  
En nlme temps que Zamo3"ski u-availlait à se faire un nom 
parmi les humanistes, il ne résista pas à l'inttuence du milieu 
catholique où il se trouvait. |1 étudiait profondément les Përes de 
l'Eglise et bicnt3t il renonca au protestantisme pour rentrer dans 
le sein de l'Eglise, et resta jusqu'à la fin de sa xie un fcrxent 
catholique e. Son contact continuel avec des admirateurs de l'anti- 
quité et de l'organisation politique romaine, son séiour sur le sol 
classique exercërcnt sur Jean Zamovski une inttuence décisixe. 
l.es historiens polonais reconnaissent dans son activité politique 
une certaine tendance à'imiter la constitution romaine. Mais son 
ff»le politique n'est pas de notre comp¢3tence. Nous ne considCrons 
en Jean Zamovski que l'humaniste: encore ne pr¢3tendons-nous 
pas épuiser la matière. 
Après son retour en Pologne, Jean Zamovski se voua cntiè- 
rcment au service public. Il rétablit l'ordre dans les archives de 
l'Etat, contribua beaucoup  l'élection de Itenri de Vaiois, et lit 
partie de l'ambassade polonaise envoyée t Paris pour saluer le 
nouveau roi ?'. Parmi les engagements auxquels I fcnri de , aioisavait 
souscrit se trouvait celui de restaurer l'lSniversit6 Ch appelant des 
savants du dehors. Iette condition venait, sans aucun doute, de 
l'initiative de Zamovski. tTest lui qui,  son retour de l'étrangcr. 
s'était aper.cu du mauvais état de cette école, jadis si florissante. 
Mais, simple secrétaire du roi Sigismond-Auguste. il n'avait 
osé demander ouvcrtemet la réorganisation de l'Université. 11 
avait attendu. Aussit¢'»t que l'occasion se présenta, qu'il se sentit 
plus fort et plus connu, il mit cette condition au nombre des enga- 
gements du nouveau roi. Aussi veilla-t-ii ;: ce que son idée frit mise 
Ch pratique. Comme il était encore en France avec l'ambassade 

 Bandtkie, Otwarcie szkoly nauk prawa i admini»tl-.  Wal-szawic, 8. -- 
Maciejowski, Pi«miennict o polskiç. Tom I I, \Va'szawa, 55:, p. l l »- t let. -- .M«,ra ski, 
A. I'. Nidecki, p. o 4, 
" Ileidenstcin, I. c. p. 
- Thuani I-list. Lib. I.VI, p. «»56 FF, 957 . De Thou est rc»pli d'admirati,n 
pour les ambassadeurs polonais : « Ex ils omnibus nullus non l.atini scrm«,nis pcritus 
erat; plures ltalice et Gcrmanict: loquebantur; quidam ctiam tare concinn,: «;allica 
voces proh:rebant, ut «d Sequanam potius .tut I.igcrim, quam ad Vistulam aut Bor)'s- 
thenem nati ,,'idçrcntur, ludot'e interim aulicis litterarum n,»n tantuln rudibu.-,, scd... 
qui interrogati ab hospitibus suis erubcsccre et »tutu tantum rcsponJ,:re c,ag¢bantuf.., 



-- 2 4 -- 

polonaise, il écrixait (octobre 573" il Paul 3,lanuce. son alni du bon 
temps de Padoue : ,, Puisque. durant notre interrègne, on a mis 
cette condition, que le roi restauriLt l'Académie de Cracovie par des 
f,,rces étrangères, je voudrais prendre des renseignements auprès 
de toi sur les hommes célèbres dItalie, qui, à ton avis, pourraient 
x enir il t;racox le 1. » Malheureusement le nouveau roi ne resta pas 
asse/ longtemps pour exécuter la pensée de Zamovski. Vint le roi 
itienne Batorv, homme d'action, plein d'idées grandes, et qui 
,cirait les faire triompher. Il s'intéressa tout de suite " l'Université 
de ;rao»vie. Energique comme il l'était, son premier acte consista 
, mettre fin aux troubles et aux désordres continuels des étudiants, 
qui attaquaient impunément les pr,testants. Le roi interdit sévè- 
rement ces abus. Bient;,t il eut l'occasion de prouver sa bonne 
xch»nté à l'égard de l'l'niversité. 
Au sx node de Piotrk,',w mai 1577 ,. les évëques aaient décrété 
une stbvention annuelle fixe pour l'Université de Cracoie, et 
priaient le roi d'aider pour sa part la vieille école-. Bathorv, qui se 
trouvait alors au camp. près de Dantzick, déclara qu'il avait déjà 
SOlaé iL faire venir des hommes illustres de l'étranger pour ranimer 
l'Univer.sité. (;omme on le voit, l'idée de Zamovsl, i allait se réaliser. 
Zalnovsl, i. qui était dëjà vice-chancelier de la Couronne, garda les 
relations les plus intinaes avec Batorv, et l'initiative du vice- 
chancelier, dans l'allaire de l'Université, trouva un bon accueil 
auprès du roi :. Ce qui prouve encore davantage que l'initiative 
venait de Zalnoyski, c'est la lettre royale datée du OE juin 1577, où 
l'on troue les paroles suivantes : ,, Nous avons cru qu'il nous 
o)nvenait de créer à {racovie un ;ollège royal. à l'exemple du 
gymnase royal (;alnbraisien. fondé à Paris par le roi Francois I « . ,, 
(;'est l'ancien élbve du Collège royal de France qui parle dans 
cette lettre du roi Batorx. C'est Jean Zalnoyski, qui croyait que le 

 M¢,raw»ki, Kierunki duchowc za Batorgo, dans la Rctae litteraire « Biblio- 
teka ,arszawska ,,, fi:sri,w I,91 , p. 00. 
' Wincnty Zakrzcski, Stcfan Bat«»ry, Przcgl..d historvi iego panowania, 
w Krakoxic I,'5,57» p. 
 tlcidcn»tcin, I. c. p. 33-4: ,, I t doctissilnos quosqne homines maximis 
tipendiis propositis ex ltalia acccrserct, Rcgi persuaserat, facilem alioquin ad banc 
rein Rcgcm nactus, ut qui non modo cure in Transx Ivania adhuc essor, aliquot doctos 
homincs accierat, vcruln ita etiam a iitteris ali¢nus non esset, ut ne inter arma 
quidem eas d.sererct. ,, 
 laxxin»ki, 2r,_,dla Dzicjowc, t. IX, p. 77- 



h -_5 -- 

meilleur moyen de rajeunlr l'l'niversité de Cracoie était de lui 
donner une rivale, de créer,  Cracovie. une école d'humanisJe. 
dirigée par les célèbres savants étl'angers : luret, Sigoniusç 
Ursinus, Bellarmin, Grégoire de Valence et d'autres, l.e plan 
de Zamoyski était magnilique, radis l'exécution se bris 
deux obstacles s6rieux • l'un provenait des professeurs, l'autre, des 
s«,upons du haut clerg6, qui cFaignait que le n,»uc;lu t;oll6ge ne 
devint toutit fait indépendantde l'Eglise et qu'il ne servir d':lsile 
aux protestants. Quant atlx professeurs, plusieurs 6talent prêts 
it partir pour la Pologne, notamment Muret. Mais le 
(;,'égoirc XIII retint ce dernier, augmenta son tritemcnt et lui 
d6fendit de quitter l'Académie de Rome. )n retint de 
Fulvius Ursinus à Rome et Sigoniusà Padoue. Quelque ann6es 
après, iatory, pFlant de ses eltbrts pour appeler les hunaniste 
italiens, diszit au P. Posscvino - ,, ;ome essi vogliono 
uno scudo in Italia che dieci in Pologn:, nessuno si cra 
]IaVCF. » 
Cependant on aurait pu appeler des hommes, mins célbres. 
s:ns doute, que Muret et Sigonius. mais bons professeurs, si Ic pl:n 
de Zamovski n'avait soulexd une certaine répugnance d:ns Ic parti 
cccl6siastique, le caFdinal l losius avertissait du danger 1"6v8que 
de Cracovic, Myszkoxxski. qui étroit chancelier de l'Unixersit6. 
Le 3 décembFe 577 il lui 6crivait ,, qu'après avoir examiné le 
Collège de France, il 6tait persuadé que les pr«fcsseurs du 
enseignaient, 6taient ind6pendants de l'autorit6 de l'Unixersit6 de 
P:ris », et en mme temps il rappelait au Nonce apostolique, Vincent 
Laur6o, quc du Collège du roi Francois 1'" 6taicnt sortis plusieurs 
hér6tiques. L'éx dq ue Mvszkowski partageait complètement l'opinion 
du grand CaFdinal. Certes, ces craintes de 1 tosius et de 3lvs/I, oxx ski 
étaient imaginaires ou exagérées, si l'on considère les noms des 
humanistes qu'on voulait appeler, et le catholicisme irréprochable 
des initiateurs, Zamoyski et Batorv. N6anmoins ces apprëhensions 
althiblirent l'énergie du roi. qui. ne pouvant réaliser l'id6e dtt 
Collège de Polognc, transporta sa force créatrice en ldthuanie, off 
il établit, en 57, l'Académie de Vilno. 
Cependant le projet de cr6cr cette nouvelle 6cole et d'x appeler 
de célèbres professeurs, qu'on espérait encore trouver à l'ëtFangcr. 
réveillait l'Université de Cracovie de cet engourdissement quc 
Maricius constatait encore en 55. Jacques G,,tski. Cu plusieurs 



fois recteur de l'Universite, touiours actif à propager l'hutnanisme. 
fit adopter ses idées par la Faculté des lettres, qui décréta en 57., 
un ordre concernant spécialement les humanités, « Humaniora 
studia ,,. et adoptant un vaste plan de cours sur les classiques 
l.ectiones humaniores. ()n devait lire et commenter dorénavant à 
la Faculté des lettres de l'l'niersité de Cracovie les auteurs grecs 
et latins que voici : 
;omme auteurs latins : Toutes les oeuvres de rhétorique de 
 ;icéron et de Quintilien, des discours choisis de Cicéron, ses épitres 
et ses Tusculanes, les euvres de Tire-Lire. Salluste. Cé:.ar, Tacite. 
les poésies de Virgile et d'Horace, des morceaux choisis d'Ovide. 
les comédies de Térence et celles de Plaute ,, selectiores »), les 
satires de Perse et de Juvénal. 
 omme auteurs .,.a, recs : Homère. Hésiode, Euripide, Pindare. 
Aristophane. Xénophon. Fhucvdide. Hérodote. Démoqthène et 
! socrate  
.ette décision de la Faculté des lettres de Cracovie semblait 
ann,ncer une période nouvelle de l'humanisme et de la renaissance 
des études. Il n'en fut rien. Les meilleures décisions n'aboutissent 
à rien. quand les hommes manquent pour les exécuter. Et les 
hommes manquaient à la Faculté des lettres. C'est ce que G,;rsl, i 
lui-mème était obligé de constater dans son apologie de l'Université 
de (iracovie -'. qui d'un c«',té ttétrissait l'ignorance des professeurs et 
l'insolence des élèves. et d'autre part montrait la gravité des fautes 
de la société polonaise, qui lésinait sur l'instruction publique chez 
clic. mais dépensait d'énormes sommes pour les Universités étran- 
.ères. Jean Zamovsk[ fut assurément très chagriné de ce pitoyable 
état de l'Université, peut-ëtre fut-il mëme découragé par l'oppo- 
sition inattendue du haut clergé polonais, mais il n'abandonna pas 
son idée de ré.e, énérer l'enseignement supérieur. Nous le verrons 
plus loin. 
En attendant, il ne demeura pas oisif. Il était. nous l'avons 
dit. le bras droit du roi Etienne, qui le nomma chancelier de la 
Couronne et Grand Général de l'armée polonaise. Vinrent les 
grandes guerres de Batorv contre Ivan le Terrible. le grand-duc 

 Statuta nec non liber promotionum philos, ord. in Unir. stud. Jagellonica 
ab a. m4.-' ad a. is4, ) cdidit Joscphu Muczkowski, Cracmioe. 15t9, p. LXXI-LXXIII. 
Apologia Jacobi G,_,rci pr,J acadcmia Crac.'.iensh Cracoioe. 



de ,loscou, guerres t jamais nlémorables, vr,ies luttes de la civili- 
satiota occidetltale contre la perversité bxzat3tine. Le roi Etienne et 
Jean Zamo'ski en sortire3t vainqueurs, couverts de gloire. Ire roi 
méditait déjà le vaste projet d'une guel-re contre les Turcs qui devait 
aboutir à tout un remaniement de la carte de l'Europe. Sixte-l.tlint 
.soutenait ces projets par ses immenses trésors. La nation polonaise, 
enthousiaste de son roi, était pr,te / le suivre partout, quund. 
l'improviste, la mort frappa ce coeur vaillant et noble. Il mourut 
le t'_, décembre t S,qG, ce coi étranger, qui « avait épousé la Répu- 
blique polonaise, dont le désir unique était de la rendre forte et 
glorieuse . ,, 
Jean Zamovski se trouva alors au comble de la puissatce. 
Assez fort pour mettl-C la couronne royale sur sa propre ttte, il 
préféra la donner t un autre. Il choisit le neveu du dernier 
Jagellon, le prince royal de Suède, Sigismond. Zaluovsl, i espér:lit 
devenir le tuteur n;turcl de ce jeune prince, qui devait la couronne 
rox'ale t ses efforts et £t sa fameuse victoire sur l'autre pr6tendant. 
l'archiduc 3laximiliel3. Mais Sigismond llI méconnut les grand« 
uérites de Zamo.xsld. Des divergetaces s'élevèrent entre le ieune rc, i 
et son Chlncelier,  la suite desquelles Zamox-sl, i se retira de l:t 
cour, pour rentrer dans son Tusculul, la ville de Zamo.:. C'est 
alors que reparut en lui l'humaniste. Quand ses différends politiques 
avec le roi Sigislnond III lui curent ;té l'espoir de toute entreprise 
plus haute, il sc décida t montrer du moins t sa nation conlent 
o1i devait, narine comme simple particulier, serf, il-la cause publique. 
Il prit la résolutiota de créer une Académie avec ses propres 
ressources. Je suppose que cette idée généreuse lui était déjit venue 
'el's l'an l S,_qo, c'est-it-dire en mèllle temps qu'il fondait la ville 
de Zamo.¢,: e. 3|:is les charges dr la politique, qui n'étaient pas 
petites sous Bator3-, les expéditions contre Ivan le Terrible, plus 
tard la tenp6te de l'élection qui suivit la mort de Batorv retal'- 
dèreat l'exécution de ce plan hardi. ('e n'est qu'eu I5,13 que n,,us 
trouvons des données précises sur l'organisatiola de l'.\cadémie 
de Zamo«:. 

' Mickiewicz, Cours de littêrature slave, Ii. p. 
:' I»ans le po/:me latin dr Klonoxxicz .'cernus], intitule 
troue le passage sui»ant : 
,0 Dicitc Russorurn felicia pascua .liais,e... 
Dicitc, quod surgit c,:lo arridcnte Zalnoscum 
Dcite, nanl i,obis nascitur illa A,_,mus. » 

. Ioxolania., 



Si. en 1577. Jean Zamoyski concevait le plan d'un Collège de 
Pologne à l'imitation du Collège de France, c'est qu'il espérait 
que toute la nation lui donnerait son appui matériel. Instruit par 
l'expérience, renfermé dans le cercle étroit de sa propre fortune, 
qui, bien que princière, n'aurait pas suffi à soutenir une Université 
complète, Zamovsl, i modéra ses désirs, ne pensa plus ni au Coliëge 
royal de France. ni à des célébrités telles que Sigonius ou Muret. 
Il dut tout naturellement penser à une autre Académie, qu'il avait 
x ue dans sa jeunesse et off il avait vécu en élève très appliqué. 
Ce gymnase de Sturm, à Strasbourg, dut lui servir de modèle 
modeste pour son Académie de Zamo«,:. t-;n elt'et, si nous regardons 
de près le plan des études de l'Académie de Zamoa¢: t, tracé par 
Zamoyslii, nous sommes frappés de l'analogie qu'il présente avec 
les principes pédagogiques de Sturm. l.a division de l'Académie de 
Zamo;«: en huit classes rappelle beaucoup le système de Strasbourg  
l'importance que Zamoysld attribue, dans son Académie, à la gran» 
maire. à la rhétorique et à la dialectique est tout à fait la mème 
qu'au gymnase de Sturln. Le noble but que Sturm se proposait. 
celui d'élexer de futurs citoyens, hommes éloquents et capables de 
bien servir leur pa3s, éclate plus clairement encore dans le plan 
de Zalnoysl, i. Il lle copia pas servilement le plan de Sturm, il le 
développa, le modifia selon les exigences de l'époque et selon les 
nécessités spéciales de la Pologne. Le reproche qu'on fait souvent 
à Stum d'avoir trop latinisé ses élèves et d'avoir négligé la langue 
aternelle des étudiants, ne pourrait pas s'appliquer i Zamovsi, i. 
Tout son plan d'études tend à un seul but : élever de bons citoyens 

' « I»ans la prcmiere classe on apprendra les elements de l'enseignement 
moral et. commeneant par le ,olonais. les elements de la grammaire latine et grecque. 
lans la deuxième, la morale, la syntaxe et la prosodie des dites langues. Ilans la 
troisicme, les rudiments de la rhetorique; on enseignera  traduire et ia expliquer 
les amours loolonais, grecs et latins, on dtudiera la sphcre, l'arithmetique, la geometrie 
avec des cxpëriences pratiques, et la logique. Dans la quatriëme, l'histoire nalurcllc, 
la physique et les sciences medicales. Ians la cinqui:me, l'histoire génërale et 
l'éloquenee. Le professeur d'eloq,ence est tenu de proposer touiours h ses Ce, es des 
sujets qui aient rapport aec la Republique 'polonaise); il devra rechercher les 
causes des changements dans les gomernements et il t'fichera de les comparer avec 
l'histoire de notre pays. Ilans la sixieme, les professeurs de morale enseigneront les 
devoirs de l'hmnmc et du cito)cn, llans la septi/:me, on expliquera le droit gdneral. 
Imans la huiticme, on enseignera le droit pol«mais, les statuts, les constitutions, les 
I,is de chancellerie, les difl'erentcs categorics de tribunaux et les manicres de juger. » 
Lukaszewicz. |list. Szk,,I, t. 111, p. 335. 



poloais, des hommes instruits et capables de servir leur patrie. 
l,'Académie de turm était essentie/lelnent internationale, elle 
devait former des humanistes éloquents  l'Académie de Zamo.é 
était essentiellement polonaise, et, bien qu'il réservfit, dans son 
plan, une place éminente aux lettres classiques, il ne perdit pas de 
vue ce grand principe" « Non schole sed viue. ,, Outre ce plan 
d'etudes, une autre affaire, non moins importante, occupait alors 
Zamovski, c'était le choix de professeurs pour son Académie. Toute 
une génération nouvelle d'humanistes polonais pullulait al,«'s 
en Pologne. La plupart d'entre eux étaient connus du C, rand 
Chancelier comme poètes latins. ,Mais ce ne sont pas des poètes 
qu'on cherche pour une Académie. Zamovski avait besoin d'hommes 
ieunes, sérieux, bons travailleurs, et en m)me temps assez modestes 
pour vouloir venir à Zamo;é. 
Il choisit d'abord un homme de confiance, qu'il chargea de 
trouver quelques professeurs pour le ,, gymnase ,, de Zamo,:. (;et 
homme de confiance était le plus grand humaniste polonais de la 
fin du XVI' siècle, le poète dejà célèbre en Europe, Simon 
Szymonowicz '.Simonides', dont nous parlerons p!us amplement 
tout à l'heure. I)ans une lettre  datée de Zamo:«:, le 2 lnars 513. 
Zamovski annonce à Szvmonowicz son désir de fonder l'Acaddmie : 
,, Je voudrais fi»nder une ,, scholam civilem ,, d'oÙ sortiraient 
des holnmes qui vivraient pour augmenter la gloire de |)leu, et 
pourraient servir S. M. le Roi et la Rdpublique. Je ve,us pric 
donc dt: vouloir bien me recommander des personnes propres à 
cette tàche. Pour le moment, qu'on en ait cinq pour les disciplines 
indiquées sur la feuille ci-jointe. Ils auront des logements trë 
convenables dès cette année, et j'ai l'intention de faire sortir de 
terre un grand Collëge. Je prépare aussi des maisons pour loger 
les enfants qui viendront étudier. » 
Quelques niois se passèrent, et le  7 septembre  593 bzx mo- 
nowicz était à mairie d'annoncer au grand Chancelier le résultat 
de ses recherches. Trois professeurs se déclanlient prets 21 partir 
pour Zamo;d- c'étaient Jean Ursinus, Laurence Starnigcl et 

 Une correspondance tres int,ressant- • entre Zamoyski et Szinonoxicz est 
conservcc à la bibliothdqtm des comtes Zamoyski. Auguste licl«,ski, Ic cnerabl 
edit¢ur des « Monulncna Polonim hisl«»rica », a public cette c«rrcspondancc dans son 
travail excellent intitule « Sz) inon Szymonoic », et imprime dans les Mcmoires de 
l'Academie des sciences de Cracovie {V)dzial Eilologi¢zn), t. 1[, p. io5 et suivantes. 



3lelchior Stephanides. Szymonowicz attestait, par une lettre à 
Zamoysl, i, que c'étaient « des esprits relnarquables, appliqués, 
rassis, versés dans les deux langues latine et grecque '. ,, Sz.vll"lo- 
nowicz parle encore de trois autres candidats, Schoneus, Bursl, i 
et Fabien Birkowsi, i. « Il y en a beaucoup, ajoute-t-il, mais il rie 
in'a pas semblé opportun de placer les premiers venus dans ces 
chaires, cal en patientant, on pourra se procurer de lneilleurs 
maitres. J'ai la ferlne espérance, malgré la rareté des holnlnes de 
grand talent, que ce n'est pas le rebut qui remplira le gymnase 
de Zalno;;t:. » Zamovski établit aussi une imprimerie à Zamo.,:. 
(2est encore S7vlnonowicz qui prit le soin de trouver un fondeur 
de caractères, de règle,nenter l'orthographe de la future impri- 
inerie, etc. . Après avoir assuré l'existence matérielle de l'Académie 
par des legs spéciaux, et sa position inorale par le COllsentement 
du pape (;lément VIII, qui la déclara l'égale des autres Urivel- 
sités a, Zamovsl, i publia, en 5: 4, une proclamation à la nation 
polonaise, dont nous reproduisons en note les plus beaux passages 
dans le texte original, n'osant pas gtter, pal" Ulm traduction, les 
fortes paroles du chancelier humaniste  
L'Acadélnie de Zalno;«: aait étë inaugurëe dès 3,.t4-, inais 
son f«,ndateur, qui la perfectionnait encore et qui l'avait, sans 
doute, ouverte avec fort peu d lees. ne se hitait pas d'obtenir 
l'approbation «;flcielle du roi .qigismond 11I. ('est seulelnent au 
milieu de l'année ;co que Jean Zalnovsi, i rédigea l'acte d'érection 
de l'.\cadémie de Zamo;«:, qu'il soumit t la sanction royale. 

 Bielowski, I. c. p. 6. 
• Ibid. p. 
: l,ukaszewicz, Hist. Szk,,l, t. II1, p. 33. 
* ... ,, l"go ero lubens fate«»r, cure mihi facih: persuasissem nihil :ss: in vita 
magn«pere :xpetendum, nisi laudcm, honestau.m, bonum publicum, studiis me roture 
dcdidi. Ilaec adolcscentiam mam alcbant, sencctutem oblcctabanl, secundas res in 
.cllis curulibus ornabant, adversis pcrfugium et solatimn pracbebant, in bcllis con- 
Icicndis r,:gebant, in paetis foederibusque condendis informabat, ... pcrnoctabant 
mecum, peregrinabantur, rusticabantur. Quodsi hoec vox studiorum hortatu pracccp- 
risque conformata, quamum ;ires sinebam, et patriae meae charissimae ampliando 
notoire, et vobis, concies m¢i, saluti, et mihi honori fuit. Cur non cgo tandem 
sludi,)rum iam scrio calcandam obis esse moncam. Si mihi tare dives arca essor, 
ex qua omncs cire ditarc possem, dilatera } Nunc veto, cure recta libcrorum institutio 
«mini auto pretiosior, huius p-r:nnem f«ntcm ap.'rio vobis academiam, unde eam 
Mil vestri altatin haurire poterunt. 
lpsc m«,,lum doccndi, pse nstrurnentum autorum scientiarumque prolegen- 
darunl pracscrbam, praclmiam.  )d cnim c,», .lui cure banc sciant innnita esse artiunl 



Sigismond III confirma la fondation de l'Académie de Zamo,d 
le 3 septembre o  
Zamovski se voua tout entier à cette «euvl'e de prédilection. 
Nous avons conservé là dessus bien des détails curicux, dans une 
relation du temps, qui est parvenue jusqu'à nous. Au cours d'une 
mission diplomatique, en .3:d;, Boniface Vanozzi s'arrCta deux 
fois à Zamo.d et voici ce qu'il nous raconte : ,, Il v a dans cette 
ville de ZamoC une Académie publique o, l'on enseigne toutes 
les sciences et o l'on donne le grade de docteur, sauf pour la 
théologie; on y trouve aussi un séminaire pour 30 élèves pauvres. 
Ils sont entretenus, nourris et vttus aux frais du Chancelier, qui 
tdmoigne en toute cette entreprise d'un esprit vraiment noble et 
magnifique... ()n remarque de l'esprit chez les étudiants et il 
donnent de grandes espérances de devenir d'excellents sujets. 
(]hancelicr les visite souvent, les examine lui-mème et se prësentc 
in«pinémcnt it leurs examens. Souvent il leur fait jouer des pièces 
de rbCtre, dont le sujet et tiré le plus souvent de l'histoire 
fontaine. )n ne leur donne que la matière, qu'ils développent eux- 
racines en latin, se chargeant d'imaginer l'action et le dialogue... ,, 

curricula, quibus aetas nobilis ingcnii magis luditicatur quam informatur, quac non 
tare fructum solidum, quam aniloquam affcrunt obtcntationem, dt:tire_rit tamcn in 
iia iucntutcm : quo prat:tcxtu : I)cus iudt:x et indcx vidt:bit. \nnos eius, spcm 
patriac, cxpectationcm gent:ris, sumptus parentum furantur. Quemadmodum pr,)i- 
dons agricola non quaevis st:mina tcrrae micit, st:d quac utilt:m p¢,tius fructum 
prontittunt, quam quat: pulchrum, quat: agrum ft:cundant potius, qtlalll exossant : 
ita circumspectus prat:ccptor nt:qut: ils disciplinis adolescentiam discipulorum cur«c 
suac fallcrt: dcbct, quac plausibile tantum dccorum affcrant, scd quae itam lPotius 
quam linguam forment ; ncqut: id quod docet ad disct:ntis solum utilitatcm dcrivarc 
tcnt:tur, scd ut patria cius fructibus suos fructus mctiatur, cius ornamentis sua 
ornamenta ad inviccm communita lat:tctur... , 
 «Approbatio ercctionis Univcrsitatis Zamoscensis. » Dans son acte de fonda- 
tion, soumis au roi Sigismond III, Zamoyski dcveloppa encort: le plan des ctudt:s dt: 
/.antan,-. Il etablit dix chaircs h son Acadcmic, il cite les auteurs grt:cs et latins, dont 
il dcmandt: l'explication ; entrt: autres, pour ne nommer quc les grecs, il exige qu'on 
lise les tragt:dit:s d'Echylt:, de Sophocle et d'Euripidt:, les histoires d'Hcrodotc et 
de Thuçydidt:. -- « Dis¢ipuli extrt:mo anno examinabuntur et ingcnii exhibebunt 
specimina, scripta sua tare »crsu quant soluta oratione propont:nt, disputabunt, 
declamabunt. Actionum Romanarum et Atticarum formam reprat:sentabunt, ac maxime 
iudiciorum senatus, concionum, comitiorum, convcnientesque huic instituto ctt:rum 
orationes et conciones et contrarias, quat: in vt:tt:ribus libris non t:xtant, a se conccptas 
memoritcr rt:citabunt. » Le mt?me usage etait en vigut:ur au g3"mnase dt: Sturm. 
Voyt:z dans KOckelhahn, 1. c. p. 26--' 9, le chapitre intitule : « Rccitationes» concioncs. 
declamationcs, disputationes, t:tc. » 



,, Le Chancelier a constitué une bibliothèque très bien orga- 
nisëe et très considerable, qui possède surtout des livres grecs et 
armëniens ; on v trouve aussi de rares et intëressants inanuscrits. 
tes livres n'ëtaient pas encore classés; je les ai vus dans des 
bahuts. Il v en a beaucoup et ils sont bien reliés i. ,, 
I.'Académie de Zamod fut vite connue dans toute l'l-urope 
»avunte. Scaliger en parle en termes élogieux et il parait que ce 
grand philologue était en relations avec Jean Zamovski, qui 
voulait orner sa bibliothCque d'acquisitions rares: « Il ma cscrit, 
dit Scaliger, que je luv envovase mon lexicon Arabe: c'est une 
demande légère -'. » Mais, bien que Iét2ère, cette delnande prouve 
pourtant le grand intérèt de Zamovsl, i pour les sciences qu'il voulait 
propager L son Académie. le (hancelJer entretenait aussi un 
commerce de lettres avec le savant humaniste hollandais, Jean van 
der l)oes, seigneur de Nordwvck, plus connu dans l'histoire de 
l'humanismc sous le nom de Dousa. Il était en mme temps poète 
et philologue et sa grande ërudition lui alut le surnom de ,, Varron 
hollandais. » E 575. Jean Dousa fut nommé premier curateur 
de l'l'niversité de l.evde. Les lettres que nous publions ici jettent 
quelque lumière sur les relations amicales qui s'établirent entre 
l'humaniste hollandais et le fondateur de l'Académie de Zalno,:. 
Jean Dousa eut quatre fils: Jean. doué d'un grand talent, qui 
mourut très jeune et dont la mort atHigea beaucoup Zamovski 
lettres III et IX." :, Georges, qui fit 'a Constantinople un voyage 
dont il a publié le récit, accompagné de diverses inscriptions. 
rccucillies dans cette x ille-;: Thierrv. qui fut pendant quelque 
temps l'h6tc de Zamovsld . et Vrançois. qui publia les fragment» 
du poète romain Lucilius Levde. 5, 7 . Ce sont surtout les 
frères Georges et Thierry I)ousa qui nous intëressent ici, à 
cause de leur voyage en Pologne, et parce qu'ils furent tous 

 V. Zbi,,r Pami, tnik,,w Histor'ycznych o daxvne) Polszcze... przez .I.U. Ni«m- 
ccwicza. T. II, Warszava, 82-,, p. 2"ZT, 263, -.64. 
: Scalig¢rana, Thuana, Perroniana, etc., ed. par l»es Maizeaux, Amsterdam, 
74«,, Tome II, p. 624 . 
' G«orgii Dousa: de itinere suo Constantinopolitano epistola, Lugd. B»ta- 
, orUlll  139o. 
 On lui doit : Georgii Logothetae Acropolitae Chronicon Constantinopolit., 
en grec et en latin, fi L«yde, ItJl 4. Son frer: Georges avait rapporte le manuscrit de 
cet omragc de Contantinoplc. où il avait acquis les restes de la bibliotheque de 
 ;corgcs  ;antacuz:n,:. 



m 33 D 

deux à Zamoé. Georges Dousa, en revenant de Constantinople, 
visita Jean Zamoyki et, gagné par le grand charme du Chan- 
celier, il lui consacra plus tard, dans sa relation, plusieurs pages 
èloquentes I. Onze ans après, c'est son frère Thierr.v qui, àgé de 
?.  ans, vient en Pologne poul" prendre part it l'expédition de Livonie, 
en «» (lettre V). L'année suivante il était obligé de quitter la 
Pologne, et il prit congé de Zamo.vski, son grand général, dans ute 
lettre pleine de reconnaissance et d'éloges pour le Chancelier et 
pour la Pologne . 
A cette époque, en effet, l'humaniste Zamovski fut obligé de 
se transformer plusieurs fois en grand général de l'armée polonaise. 
l.es expéditions en Valachie et en Livonie l'empchèrent 
de se consacrer librement à son Académie et  ses études..Mais, 
mème parmi le bruit des armes, il n'abandonnait pas les livres. 
En pleine campagne, il s'occupait de saint Augustin et de Donat. 
l.e vieux primat de Pologne. Karnkowsli, archevèque de (nesen, 
s«)ucicux de l'issue de la guerre, se iaignit que le grand général 
écrivit des grammaires et perdit la République . Mais bient«,t il 
dut courber la tète devant le ,,énie de Zamovski x ictorieux. 
.'î_ 
Atrès l'expédition de Livonie, dès qu'il eut un moment de 
libre, il revint à ses chères études. Il livra ses notes, le fruit de ses 
recherches, / un professeur de son Académie, Burski, pour que 
celui-ci rédigeàt et complétàt ses Cudes sur la dialectique des 
Stoiciens . Il vivait au milieu des humanistes polonais, palmi 
ces professeurs qu'il estimait et appréciait. (in lui demandait 
un jour pourquoi il n'avait pas d'acteurs ni de musiciens à sa 
cour de Zamo:. Il fit cette noble réponse • « Les professeurs de 

 Je n'en citçrai ici que quelques mots : ,, Ft hic Hcros non sem:l in discrirnen 
vitac se coniccit, ut suac hdci cornrnissos a luporurn rapacitatc vindicarct. )ptinle 
cogniturn habct, quarn pcrsonarn sustineat : ideo ornncs eius conatus eo spectant, ut 
patriac suae inserviat, privata cornmoda publicis pc, sthabeat. In singulis dsiplinis 
ira e:c:l[it, ut totam aetat:rn in studiis trivisse videatur. Viros hlnatioribus littev]s 
cxcultos quanta benevolcntia proscquatur ex ItiFpeo .lIusis et litterarum studiis ab 
codcrn cxstructo .'atis constate arbitror. » De itin. Constantinop., p. 83 sqq. 
-" « Postquam enim in Poloniarn veni, vidi quae pulchra, audivi quac utilia, 
didici quae ad degcndarn vitam nec«ssaria, instituta et rnores gentis egregiae, forli- 
tudine incomparabilis, usu et natura bellicosae. » Voir la note de la lettre V[. 
: « Grarnmaticarn scribit, Rcrnpublicarn perdit. » Heidcnst., p. 
« « Dialecticam etiarn Stoicorurn, etsi sub a[i:no norr6ne, sua cdidit , 
Heidcnst., ibid. 



i'Académie sont mes musiciens et l'imprimerie est ma musique x. » Il frappait par son énorme érudition et sa connaissance profonde 
du latin  on le nomnlait « une bibliothèque vivante '-'. » Le déclin 
de sa vie fut serein et beau. Le renom de général invincible 
retentissant dans toute la chrétienté, l'estime profonde de ses 
contcmporains, particulièrement des humanistes, qui voyaient en 
lui, non seulement un Mécène, mais, ce qui vaut mieux, un digne 
rival, une influence ënorme et sans égale sur ses compatriotes, tels 
furent les fluits de sa vie laborieuse. Dieu lui permit de oil- 
réalisé le grand désir de toute sa vie : la fondation de cette école 
d'humanisme en Pologne, de cette Académie qu'il aimait à l'Cai 
d'un enfant unique. 
l.'hommc qui avait su mener à son gré trois élections de rois, 
qui avait remporté des victoires aux quatre coins d'un grand royaume, 
ce grand politique et ce grand général, se sentait, avant tout. huma- 
niste, et il était heureux quand il prenait non I e I ce, mais un livre. 
(;'est pourquoi tous ceux qui. en Pologne. aspiraient alors "a de 
nobles fins, tous ceux dont les pensées s'éle'aient vers l'idéal dc 
l'homme ct du patriote, s'attachaient à Jean Zamovski. Ce n'ebt 
pas par accident que les plus illustres noms de la poébie et des 
lcttres poionaises au XVI" siècle, sont liés à celui de Jean Zamovski. 
l{ocbanowski, Nidecl, i, G,;rnicki. Klonowicz, S_vmonowic, Gro- 
chowski, Joachim Bielski, Cieklilsld. Zbvlitowski, Heidenstein. 
voilà toute une lignée d'humanistes dont Zamoyski fut le protecteur, 
l'ami, l'inspirateur, l.es cinq mille gentilshommes polonais qui 
entourèrent son cercueil en d,,5. semblaient nc pas dire adicu 
seulement au grand homme, mais à la gloire m?me et à la force 
de la Pologne au XVI" siècle. 

 « Quacsitus aliquando, quar huius loti atque ordinis homo, quod plerique 
omnçs faciunt, nullos thm,-licos et s)mphoniacos hab,'rct, respondit : Acad,-micos 
prof,-ssor,-s suos s) mphoniacos ,'ssc, tvpographiam vcro »uam es»,- rnusicam. ,,  )ratio 
luncbris in anmv. dçpobilionis 3oannis Zamoscii, etc., ab .damo Bursio, .cad. Samosc. 
l'r,)f,-ssore, A. D. ,6o,. Voir Coll,-ctan,-a vitarn rcsq. gcstas J. Zamoscii, cte., p. -o. 
« Quicquid enim a Graecis v,-I a Latini ingniis gr,'gium et doctrina scien- 
tiaquç dignum literarum monumçntis proditum ,'st, nihil est, quod ille non "ideri', 
lcg,'rit, planequc pcro'perit, scd ,-tiare tenacissime meminerit. In quo tantus fuit, m 
sa,-penum,-ro nos ipsos in rubor:m daret, qui assidu,- in libris habitant,-s nocturna 
atqm: diurna manu scripta doctorum ersabamus... , Bursius. I. c. p. 95 et t97. 



-- 35 -- 

Joseph Scaligerdit, en parlant de Zamoyski • . llade braes 
hommes en son :\cadémie. entre autre un Sim,,n Simonides qui 
cscrit fort bien '. , (;et éloge de Scaliger, qui d'ordinaire di,tribuait 
plus largement le blàme que la louange, prouve que l'humanistc 
polonais dont nous allons parler/.t présent se distinguait avattagc- 
bernent parmi ses compatriotes. 
comme il s'appelait de son vrai nom. Simon Szvm,nowic]. e+t un 
des plus grands poètes latins du XVI' siëcle et un des grands noms 
de l'humanisme polonais. Qttelle fut donc sa carrière littéraire 
Il naquit it l.w,',xv "-' en 55,R. Son père, qui jouissait d'tne 
honndte aisance, avait fait ses études à l'Université de 
il avait pris le grade de maitre /:s arts. Il donna une excellente 
éducation à son fils Simon, qui. dès sa première jeunesse, vit dans la 
maison de son père une sr, ciété choisie de savants. Agé de , ans. il 
subit les épreuves du baccalauréat à llniversité de <;racovie • d/:s 
cette ëpoque, il composait de beaux vers latins. 11 fit un panëgyrique. 
,, Divus Stanislaus ,, à la gloire de saint Stanislas, évèque. et son 
beau talent poétique attira l'attention du professeur G,',rski et dtt 
célèbre prëdicateur Sokol,»wsl, i. <-In doit supposer que ces deux 
hun+anistes dtendirent leur protection sur le ieune poëte, mais con 
ignore quelles furent les vicissitudes de l'éducation de S]vm,mox icz. 
lJn biographe anonyme nous racome que Sz3monowicz p+tss.a 
quelque temps en Italie, puis en l-'rancc, oh l'attira la gloirede 
Scaliger. Ce biographe prétend mème que S]vmonowic] frëquenta 
le célèbre philologue francais et qu'il avouait volontiers plus t.trd 
devoir tout ce qu'il était à Scaliger +. Ces dites du bic_,gr.tphe 
anonyme ne doivent ètre acceptés que sous réselre. 11 serait bicn 
ëtonnant que Szwnonowicz. qui a exprimé en des poèmcs latins sa 
t2ratitude envers tant de maitres et de bienfaiteurs; efit oublié de 
remercier son grand maitre Scaliger ! D'autre part. la mention que 

' Scalig,'rana ,-tc. ddit. Des Maizeaux, t. I1. p. 624. 
 Ldopol, Lemberg en Galicù:. 
: Bidowski, I. c. p. lo 7 : « cuius (Scaligcri consuctudine immortalitcr plane 
tutu oblectatus, post«a tantum se dCbcre Scaliscro per totam vitam protltcbatur ut 
quicquid cssct, huic dixino xiro ," in accçptis ter, dcbcrc id,-ntidcm dic.r¢t. 



-- 36 -- 

Scaliger fi, it de Szvmoncwicz est si concise (« un Simon Simonides, 
qui cscrit fort bien ,,, qu'éidemment Scaliger connaissait l'huma- 
nite p,,Ionais plut«',t par ses ëcrits qu'en personne I 
Quoi qu'il en soit, il est s,r que Szvmonowicz fit d'excellentes 
etudes dans sa jeunesse, et qu'il étudia, non seulement le grec et le 
latin, mais aussi, selon la illode des humanistes, la jurisprudence et 
la médecine. Après avoir fini son éducation, il demeura à I,w(,w, 
chez son père, où il doni3a probablement des cours privés. Il fut 
toujour.,, de complexion frèle et délicate, ce qui nous explique 
pourquoi il n'embrassa jamais tlrle carrière publique et plus active. 
lb3 3s'3. il publia un petit poème latin« l:œelagcllum livoris, ,, off 
il Iletrissait l'ignoble jah,usie qui totlrmentait les rivaux de .lean 
Zam,,vski. Sans connaitre m3COle personnellement le (]hancelier, 
S/xm,,nowic/ admirait déjà se grandes vertus. Plus tard, alors 
que la haine des factions politiques empoisonnait l'existence de 
Zamovsl, i, S/ mon«,wic/, partisan des nobles desseins du (han- 
coller. Ccrivit dans son amertume à so3 ancien professeur et ami 
Stanislas Sol, oh_,wski • « Si n,»us avions en Polo.e, ne l'usage de 
l'ostracisme, on exilcrait assurément Zamovski et nous serion 
perdus ! » 
Szymonowicz, qui composait lentement et qui suivait trop 
consciencieusement le précepte d'llorace • ,, nonum prcmatur in 
al31atlffl ,,. publia, Sctllement en 5,"; 7. un drme latin" ,, {]astus 
.I,»seph. » Les tentationsde J,_,seph;qui fournirent le sujet de tant 
de drames au XVI' siècle, sont mises en scène par Szvmonowicz 
avec beaucoup d'imagination et une certaine originalité. 
surtout le caractère de la femme de Putiphar, Jempsar, qui eat 
tracé avec art. Jcmpsar nous apparait conme une femme passionnée 
et malheureuse, frCle et malade, qui excite plut& notre sympathie 
que notre mépris. Deux ans après, un nouveau succès de Zamoyski, 
qui venait de repousser les Tarares de la Russie Rouge. inspira à 
.q/x mon,,x icz un joli poCme latin, intitulé Aelinopaean ,.iZ,roç m,.,dr, 
chant lugubre. Après quelques autres petits poèmcs de circonstance 
qui suivirent, il faut noter sa paraphrase en vers latins des pro- 
phëties de Joël. Il dédiacette paraphrase au Pape ClémentV[I[. 

' On a pretçndu que Scaliger fit un voyage en Pologne avec Montltlc en 57_,. 
Scaligcr n'est jamais venu en Polognc. Il se preparait à ) accompagner Montlu¢, 
quand la Saint-BarthdCm) lui lit abandonner son dessein. Voyez : Joseph Justus 
>caliger ,,gn Jacob B.rna)s, Berlin ,55, p. 4 ï, 44. 



qu'il avait connu personnellement quand ce pape était encore nonce 
apostolique (Aldobrandini en Pologne. Ces trois ouvrages poCiques 
surtout, « Castus .loseph, ,, « Aclin+,paean » et « Joël prophcta 
rendirent illustre it l'étranger le nom de Szvmonoxxic], modifié en 
Simonides. Quand Georges l)ousa fit son vo 3 age it Constantin<,plc, 
il s'arrta exprès  Léopol pour prdsenter son hommage à Szymo- 
nowicz t. Les relations de Szvmonowicz avec la famille de Dousa 
s'établirent probablement après cette visite qu'il recut de Georges 
Dousa. Nos lettres (III, V, VIII. attestent que ces relati,,ns étaient 
bien cordiales et qu'elles ne se bornaient pa it ces phra>es banales 
dont les lettres des humnistes abondent si souxent. 
Nous avons dit plus haut que 5zvmonowicz prit part 
fondation de l'Académie de Zamo,:. Zamoysl, i, qui depuis long- 
temps ne perdait pas de vue notre poète, t«»uché de la belle podsie 
de Szymonowicz, contribua it le faire anoblir en 5,,, et letraita 
depuis en ami. (In a vu qu'en q3.. Zamox ski avait charge Szx mo- 
nowicz de trouver quelques bons professeurs pour la nouvelle 
Académiede Zamo,:. Peu après Szxnonow[cz I'infirma qu'il en 
avait trouvd trois dont les noms seuls décOlent des humanistes • 
l'rsinus, Starnigelius et Stephanides. Il nomme ensuite Bursl, i et 
Simon Birkoski. Si nous citons encore "Fhomas Drezner. nous 
aurons les noms du tr,sième ,r,p,e des humanises poh,nais. 
Szvmonowicz brillait parmi eux comme le plus grand poëte de 
l'dpoque, mais il ne fut ialllais professeur fi I Acadcme de Zamos,-. 
Scal[ger s'est trompd Iorsqu'il a dcrit le contraire- ce qui est 
vrai, c'e»t que Szvmonowicz dtait le reprdsentant intellectuel de 
l'Acaddmie de Zamo«: devant les humanistcs dtrangcrs et qu'il con- 
tribuait, par cette influence rot]te morale, it son bon renom. Ursinus 
et Drezner, tous deux professeurs de Zamo«,:. axaicnt dtd ses élves 
particuliers, les autres furent choisis par lui; sa profonde connais- 
sance des lettres grecques et latines nous est garante qu'il ne 
se trompa point dans son choix. {;'est surtout Bursk[ qui rdalisa 
pleinement les espdrances de Szvmonowicz. Il travaillait conscien- 
cieusement à Zamo«,: et plusieurs manuscrits, conervés à la biblio- 
thèque des Comtes Zamoyski, attestent son assiduitd. e sont des 

' « Huic urbi plurimum me deberc fateor, quod hic cran Simonc Simonidc 
hospilium et amicitiam contrahcrc licucrit. Qui ir quanto orchcstrae plausu Parnassi 
collera institcrit e scriptis cius cditis» Aclinopacanc videlicct et caslo Josepho tutu 
Jo/lis paraphras satis sttpcrquc constarc arbitror. ,, (3. Dousa, d itincr (,,n-'. 



cours de philosophie et ses dissertations sur Denvs d'Halicarnasse 
et Thucvdide 1. Le plus grand travail qu'il ait publié est : « Dialectica 
 iiceronis ,, ..Samosci, 15c,4, ouvrage extrdmement rare auiourd'hui, 
qui fut rédigé, comme nous l'avons dit, d'après des notes de Jean 
Zamovsl, i . L'autre pr«,fesseur engagé par Szymonowicz, Jean 
Ursinus, commenca sa carrière par la iublication d'une grammaire 
latine, qu'il Adira  l.éopol, en 5,2. Zamovski l'envoya ensuite 
] 'ad,me, Oit il apprit la i11édeci ne potlr pou vol r l'enseigner il Zamo,«:. 
Il publia en do un traité de médecine intitulé: « De ossibus 
bUlllanis. » 
_Mais ënumérer tous les travaux scientifiques des professeurs 
appeles par S7vmonowicz à l'Académie de Zamo;«:, st:rait entrer 
dans l'histoire de cette Acadëmie, or telle n'est point notre intention. 
|'ne monographie sur l'Académie de Zamoa« serait une «,:uvre 
i part, importante, et qui manque encore. Qu'il nous sultise 
d'indiquer le mérite qu'eut Szvmonowic! de choisir des hommes 
savants et studieux. (omme le l'ai dit. ces professeurs de Zamo,,: 
f,,rment, si l'on v ajoute quelques poètes latins, le troisième, et 
disons-le tout de suite, le dernier" ,.-r,mt, e des humznistes polonais. 
)utre ce groupe rallié par la main énergique de Zamovski et menë 
après sa mort par Szvmono icz, on rencontre encore at_t XVI l' siècle 
quclques humanistes, quelques poètes et historiens latins, mais 
cparpi]lés et non conduits par une idée maitresse commune. 
]e troisième groupe d'humanistcs p,-,]onais offre ce trait 
particulier de se composer en grande partie de pédagogucs. 
CColld groupe renfermait des poètes et des philologues Nidecki. 
K,_,chanowski ; le troisième se distingue aussi par de bons poètes, 
mais ce sont surtout des pédagogues, dont le meilleur type est 
lustement notre Szymonowicz, qui lui donnent sa marque distinctive. 
Par la mort de Jean Zamovski ce groupe d'humanistes perdait 
son puissant protecteur, comme l'Acadëmie perdait son bon génie. 
.Xlais S/vmonowic/, une fois sorti du chagrin profond oit la mort 
de Zamovski l'avait plongé, ne perdit pas courage, n'abandonna 
pas l'idée de l'illustre fondateur de l'Acadélnie. Il travai]lait avec 
ardeur à l'éducation de l'héritier du nom et de la fortune du feu 
chancelier, le jeune Thomas Zalnoyski, et. en mCme temps, préoc- 

Voir sur Burski l'article consciencieux de M. T. ,qwi&:rski, dans l'encyclopédie 
pcda.tzogique : Enc)klopcdja x.Vvchoxaxcza, "I. Il, p. 378-384. 
\. J. Lipsius, t,cnt. \. :7- 



cupé de l'avenir de l'humanisnle en Pologne, il cherchait parmi les 
jeunes gens qui étudiaient à l'Académle de Zamo.,: les humanistes 
futurs. Il trouva bient6t un jeune homme qui promettait beaucoup. 
En idot mourait Marc Sobieski, palatin de Lublin, grand ami de 
Jean Zamoyski, et très estimé par le roi Batorv pour son courage 
incomparable. Au lit de mort, ,larc Sobieski confia son fils Jacques 
à Szymonowicz, suivant en cela l'exemple de Zamoyski, qui nomma 
aussi Szvmonowicz précepteur de son fils unique. Szwnonoxicz 
s'attacha bienff,t au jeune Sobieski, qui étudiait à l'Académie de 
Zamo.¢é. Mais, comme nous l'avons vu, cette Académie, si elle 
pouvait donner un fondement solide à l'éducation, n'était pas enc,re 
complète et ne pouvait sucre aux talents plus précoces  Aussi 
Szvmonowicz se préoccupa-t-il de bonne heure de savoir où il 
enverrait Jacques Sobieski quand celui-ci aurait fini ses études à 
Zamoé. Il ne tarda pas à résoudre ce doute. C'était la France qui 
durant le XVI siècle et au commencement du XVlI' tenait le 
premier rang dans l'humanisme. Après le premier enthousiasme des 
humanistes italiens du XV" siècle, qui, ravis de la beauté formelle de 
la littérature classique, n'avaient fait qu'imi/er les auteurs anciens. 
une période nouvelle s'ouvre efi France au XVI" siècle. Des huma- 
nistes comme Budé, "Furnèbe, Lambin, Joseph Scaliger et d'autres 
se mettent / étudier la malière et le lexle classique -. Aprës le 
ravissement sensuel produit par la beauté extérieure, par la forme 
et l'harmonie du style classique, le temps, plus calme, est venu des 
analyses profondes du texte et de la richesse réelle de la vie antique, 
qui était cachée dans les oeuvres grecques et latines. L'[talie passa 
le sceptre de la recherche philologique à la France, comme plus 
tard la France devait le passer aux Hollandais. 
Quand Jacques Sobieski partit pour achever son éducation 
l'étranger, .qzVnlonowicz, son tuteur moral, lui indiqua colTlnle 
maitre un humaniste francais, qui fut incontestablement le plu« 
grand philologue de son temps : lsaac Casa«b,m. Scaliger vivait 
encore, mais il était déjà sur le déclin de sa vie et reconnaissait 
ouvertement la supériorité de Casaubon a. Né en 55p, it GenS:ve. 
pesque en mème temps que Szymonowicz, Casaubon commenca 
 « Sublimioribus ingcniis alcndis satis non sumus. » V. lettre Vlll 
 Jacob Bt:rnays, Joseph Justus Scaligcr, 855, p. 5-B. 
a « Casaubonus doctissimus. Eo eius discipulus, gustum habeo rerum sed 
non doctrinam. C'est le plus grand ho,rime que nous avons en gr« ; le luy ccd: 
est doctissimus omnium qui hodie vivunt. » Scaligcrana, 



de bonne heure ses travaux philologiques. En i5,q3, parut son 
premier ouvrage- « Notae ad Diogenis Laërtii libros » et de ce 
moment il ne se passa pas une année sans que Casaubon publiàt 
quelque travail philologique. 11 commença sa carrière pédagogique 
en qualité de professeur de l'Université de 3Iontpellier .5,96', mais 
le bruit de son énorme érudition parvint à Henri IV. qui l'appcla 
en  5,_,. a l'Université de Paris x. L'opposition catholique emp6cha 
que (asaubon, huguenot ardent, obtint une chaire t la Sorbonne. 
l tenri Il'. qui l'appréciait beaucoup, le nomma d'abord sous-gardien 
de sa bibliothèque, ensuite, en o4, bibliothécaire, avec les appoin- 
tements annuels de 4c«, livres, l'activité de Casubon était extraor- 
dinaire. Entre 5,o et fio il publia avec de grands commentaires : 
Aristote, Théophraste, Diogéne laërce, "Fhéocrite, Athénée, Sué- 
tone. Perse. les lettres de Pline le Jeune, Dion Chrysostome, et 
enlin sa célëbre édition de Polvbe. Il avait atteint le sommet de sa 
gloire quand le ieune Sobiesl, i vint le trouver-. Et cependant, 
bien que Henri Il" l'aimàt et l'estimer beaucoup, qu'il l'employ;'t 
comme représentant des huguenots dans les disputes religieuses, la 
position de (asaubon à Paris était difficile, parfois très pénible. 
Peu d'hommes savaient rendre un iuste hommage a la science de 
(asaubon " l'Uniersité le detestait et le tout-puissant Sullv osa lui 
dire en face - « Vous coutez trop au roi, Monsieur : vous avez plus 
que deux bos capitaines, et 'ous ue ser,eç de rieu '. » 
asaubon écrivit pendant de longues années un iournal où il 
racontait tous les éénements de sa ie paisible. Ce journal s'est 
conservé :. et il nous montre le grand philologue au iour le jour. 
dans ses occupations de philologue, de père de famille et de péda- 
,,,,gt, e. D'un caractère brave, un peu mélancolique et doux, il 
consacrait toute sa vie à l'Arude. Nous le voyons « tout courbé de 
l'Arude ,,. assis dans sa chambre encombrée d'in-folios tant«',t 
corrigeant les épreuves de ses innombrables éditions d'auteurs 

 Haag. la l'ranct: protestante, Paris, tS-q-', t. 11I, p. z3z. 
,. Casaubon now stood on the pinnacle of critical r¢nown. His Persius in 
,;,»5 and his Polybius in 6o 9 crc tcstimonies to his continucd industr 3 in this 
province. But with this latter edition tht: philological labours of C. came to an end. 
;asaubon was the last of the great scholars of the sixtcenth ct:ntury. » Halla»t, 
Introduction te, tht: literaturc,,f Europe in thc 5 t', i t, and 7 t ct:nturies, Vol. II1. 
Pari, i.39, p. "» 4- 
t Ephelncridcs lsaaci Casauboni cure pracfationc et notis edente Johanne 
lïu.sell, 2 ol. Oxonii, ibSo. 



classiques, tant/',t occupé d'une lecon privée. En vrai philologue. 
il détestait les visites, que ses amis et ses admirateurs lle lui épar- 
gnaient pas. Rien de plus fréquent dans son journal que ses plaintes 
sur i'illmortunité des visites, qui i'empèchaient de travailler 1. Sa 
situation de fortune n'était pas mauvaise. Outre la pension ro aie 
et le petit revenu de ses travaux phiiologiques, il entretenait de 
relaps en temps de riches pensionnaires, des fils de grands seigneurs, 
comme, par exemple, lord Herbert of {;herbury, les deux fils dt: 
(;alignon, chancelier de Navarre, et Jean Stanislas Sapieha, fils de 
I.éon Sapieha, chancelier de Lithuanie-. Ce dernier séjourna à 
Paris à peu près en mëme temps que Jacques Sobiesl, i, qui vint 
en France dans l'AtWde i;o 7 lettre IX, X , ' Grand fut l'éton- 
nement du jeune éiëve de Szmonowicz, qui, sur la foi de son 
maitre, admirait, sans le connaitre, le grand Casaubon, quand il 
vit pour la première fois ce petit homme maigre, courbé, et pas du 
tout imposantS. De grands yeux noirs révélaient seuls son esprit 
profond et sa grande bonté de cteur. 
Il ïut en relations avec Szvmonowicz dès l'an ifiOl ; au moins 
trouvons-nous ule lettre de Casaubon à Szvmonowicz, datée de 
i;,t, où il parle d'un jeune homme qui lui fut recoml,,andé 
par Szvmonow]cz *. C'était. selon toute vraisemblance, "l'homas 
lJrezner, qui étudiait alors le droit en France œee' 
Mais cette recommandation, datée de tdo, prouve à elle seule 
des relations antérieures. Peut-ètre, en v regardant de près, troupe- 
rait-on que Casaubon exerca son inltuence sur la production 
littéraire de Szymonowicz. Une de nos lettres IX exprime en ces 
termes la profonde reconnaissance de Szymonowicz pour Casaubon " 

' Ephemerides, Ii, 54a (a. 6o7) : « Amici hunc mihi diem cripuerunt. Sed 
refus koc mahnn. » Ibid. « Totum diem fere amici eripurunt », p. 544. « Ut proximos 
dies, etiam hune pene totum amicis surripientibus. ç) gravera iacturam! » Voir 
aussi p. 634. 
 Voir l'excellente biographie de Casaubon faite par le savant philologue 
anglais, M. Paltiso», lsaac Casaubon, London, 875 , p. "6a sqq. 
a Jacques Sobieski a laisse un mcmoire sur ses voyages /t l'etrangcr. Il 3" parle 
abondamment de son sciour à Paris et de Ilenri IV. Il appelle Casaubon : « Cet 
homme pelit par le corps et la taille, mais lorodigieuseme»t graad par l'esprit et 
l'erudition. » V. i)wie podr,',ze Jak,,ba Sobieskiego... wydane z r, kopisu przez 
Edwarda Raczynskiego, xx" Poznaniu, 833, p. 88. 
 Cette lettre se trouve dans le recueil des lettres de Csaubon : ,, lsaaci 
Casaubo,i epistolae, curante Theodoro Jansonio ab Almeloccn, R,,terodami, 7'"_,, 
t. I1, fol. 595 , 6. 
 Bielowski, i. c. p. 34 et la note de la page 6o. 



,, Tu peux juger, au respect et iL la véndration de tous les honlmes, 
o2mbien tu es grand dans les lettres et comme tu nous aides par 
tes ,euvres immortelles, nlèl-ne dans ces régions lointaines. » Aussi 
supposerais-je volontiers que le grand intérèt de Sz.vmonowicz 
pour Théocrite, qui s'est manifesté par l'imitation polonaise de ses 
Idvlles a. remonte à l'édition que (]asaubon a donnée de Théocrite 
en 5,6. La grande assiduité que Casaubon apportait à ses éditions 
des auteurs grecs ne doit pas Otre non plus demeurée sans exercer 
une certaine influence sur Simonides. 
Nous x ox ans en  (;0 4 lettreVI I Szwnonowicz très occupé d'un 
auteur grec. Actuarius, médecin et philosophe du Bas-Empire, dont 
l'(eux re inédite fut envoyée en manuscrit à Szymonowicz par Jean 
l),,usa père. C'est en mème temps, je suppose, que Sz.vmonowicz 
commenca l'édition ,, princeps ,, de la métaph.sique d'Herennius, 
qui bien qu'inacheée et demeurée à peu près inconnue jusqu'à 
nos jours, a fini par obtenir la juste reconnaissance de la critique 
moderne-". Mais. si nous ne pouvons mieux préciser l'inltuence 
de Csaubon sur Sz.'monowic/, nous ne saurions méconnaître 
l'admiration de l'humaniste polonais pour le grand philologue 
francais. I)e son o'té. Casaubon appréciait le grand talent poétique 
de Sz3monowic/. Casaubon ne voyait pas seulement dans ces 
poèmes de Simonides de froides iongleries de mots latins. Sans 
doute, l'teuvre de Sz3monowicz. écrite dans un latin charnant, 
raissait par son harmonie l'ouie subtile de Casaubon, lnais elle 
pariait aussi, par son fonds sérieux et patriotique, au coeur du 
philologue patriote..\ussi recevait-il avec joie les amis de Szylno- 
nowic/, et, quand Jacques SobiesRi entra dans sa chambre et qu'il 
eut pronoucé le 11o111 vénéré de Simon Simonides, il fut reçu par 
Casaubon avec une bienveillance exquise (lettres IX et X). Quoi- 
qu'il n'aimàt pas donner de cours privés et qu'il ftt justement 

 Siclanki Szylnona Sz) monowicza, wvdanic Stanislawa \\,;clewskiego. 
hclmno, 864. 
: V. Sitzungsberichtc der kgl. prcuss. Akademie d:r \Vissenschaften zu Bcrlin. 
lahrgang ,S,9, Ll. p. t67:., l)ie angcbliche Mctaphysik des H¢rcnuios, » van 
12 Ilcitz. Anhang: Ueber di in Zarno-,- um d. J. ;o 4 gedruckte Ausgab¢ des 
Ilcrcnnios. p. 18;: «.\ls th:rausgebcr gcbhrt Simonid¢s ied:nfalls der Vorzug 
.or A. Mai), wnn çr auch mit dcr I¢icht begreillichen Ungcbtheit seiner Setzer 
cinen ¢rg¢blichn Kampfgefhrt zu hab,:n sch¢int. » M. Ileitz semble avoir ignoré 
i1¢ I« «,li nom ,1¢ Silnoni,l«s etait S,'vm«,nowicz, sans quoi il n'aurait pas crit 
dans .,,n arlicle (p. t :- : ,, U,:b¢r Simon Simonides Ioesst sich nUl'¢nig ermitteln. » 



surchargé de besogne par son édition de Pol.vbc. il ne put résister 
it la recomman&ttion de Sz.vmonowicz, ni au charme personnel de 
Jacques Sobieski. Celui-ci apprécia vite l'inestimable profit qu'il 
pouvait tirer des lecons de Casaubon. Peut-&re allait-il un peu 
trop loin dans son insatiable avidité d'apprendre le plus possible, 
pet, t-ëtre tourmentait-il trop son .'rand précepteur et lui prenait-il 
trop de temps, car nous trouvons dans le journal de (';asaubon 
quelques plaintes secrètes  
Il dit dans son journal : « 3.les amis m'ont fait perdre presque 
toute ma journée. J'ai donc recu le polonais très mal et vraiment 
,g,'aar,»!,,;,',,,c. " je le regrette. -- Plus loin : J'ai consacré i ce noble 
Polontis presque toute la journée. J'ai donc été très occupé, et je 
n'ai presque rien fait pour mon travail personnel. J'at, rais mieux 
aimé me dispenser de ce travail avec le Polonais. Mais c'est ainsi 
qu'il m'est arrivé souvent de m'attirer de moi-mème ces corvées. -- 
Ailleurs encore: Le fils du grand Chancelier de l.ithuanie est 
aujourd'hui venu me prier et me supplier de lui accorder quelques- 
unes de mes heures : il voudrait tirer de moi quelque enseignement 
qui lui fut utile à son retour dans son pays. J'ai bien malgré moi 
consenti, mais j al consenti pourtant .,:.,,,,. «z,,,.r, :*,':,:;'... ,, 
Les lettres de Jacques Sobieski à Casaubon que nous 
publions (XI, XII, XIII témoignent aussi de la grande assiduité 
de l'Cève. Sobieski étudiait et lisait beaucoup chez lui, et. quand il 
avait trouvé dans ses lectures un passage difficile et qu'il était 
emp:ché d'aller chez Casaubon, il lui écrivait pour lui demander 
tantôt l'explication du texte grec, tant't une histoire latine de 
France, tant& les discours de Henri IV : car il connaissait person- 

 Epherneri&:s, p. 542: 16u 7, XVI, Kal. Sept. « Fotum diem ferc amici 
cripucrunt, ltaquc ad Polonum pessim¢ vcreque «.r,a«»r,!««;'«,,2 : nollcm factuln. ,, 
IV. Non Sept. « Diem Deo sacram egimus_ partira lnt.r amicos et apud Polonum 
hune Palatinum, partira in litteris scribendis. » Kal. Oct. « Nobili Polono partem 
maximam dici imp,.:ndinms, ltaque occupatissilni viximus et nihil egimus rt:rUll 
nostrarum. Ac de Polono satius furit eo labor supcrsdcrc. Sd saep ipsi nobis 
labores acccrsimus. » p. 552: VIII Eid. No». Filius magni canc¢llarii Lithuaniat: 
hodi ad me venir orans, obtestans, ut de succisivis mei horis partem sibi tribuercm : 
voile a me doceri qua futura sint usui in patriam reverso. Acgrc conccssi qu,,d 
petbat, concessi tamcn /:.«,,»" ««.«,'r« ,'Jt'!tæT. XII Eid. Nov. éo quidem bona ri,le 
inceptum negotiurr, curo : sd, an par voluntas sit responsura, nescio., p..577 (lu.} : 
Thucydid¢m [.at. commodavi D. Sapia¢ Polono, p. 598 : Kal. Mai. Ilodic absoli, 
quam pridcm ilct:pcr:tm in duorum nabilium P»l,morum gratialli, \rist«,tclis Nico- 
lnach¢orum intcrprt:tatiortcm, p. «;a'_, : l'ri:sic au I'ol. Içptst. (ic. et Iionvs. Ilalic. 
4 



nellcment le roi, dont il appréciait les grandes qualités. Ces lettres 
d'occasion, écrites par le jeune Sobieski, caractérisent mieux que 
tout autre renseignement son fonds sérieux et son grand amour des 
lettres. Nul doute que l'exemple de Casaubon l'animait et l'encou- 
rageait dans ses etudes, qui devaient porter de si beaux fruits 1 
Quant à l'autre Polonais, éiëve de Casaubon. nous n'avons que 
Lrès peu de détails sur lui . Son séjour à Paris fut de courte durée 
lettres XV et XVII . Comme il habitait chez Casaubon, il ne lui 
écrivait pas de lettres comme Jacques Sobieski et nous n'avons de 
lui qu'une seule lettre d'adieux, où il e,¢prime toute sa recon- 
naissance pour son. maitre, en lui envoyant en mème temps de 
Louvain un présent. D'autres lettres publiées ici .XIV. XVI[I. XIX, 
démontrent que Casaubon était en relations avec un Polonais, 
nommé Czolhafiski, probablement secrétaire du chancelier Léon 
Sapieha, et avec David Hilchen, humaniste bien connu, éditeur du 
code Livonien. Hilchen, né en 554, à Riga, rendit de grands 
services à sa ville natale, où. il fonda une bibliothèque et la première 
imprimerie. A la suite de querelles politiques, il fut expulsé de Riga 
par ses concitoyens, et vint en Pologne où il fut recu hospitalière- 
ment par Zamoyski. Il ne re it pas Riga et mourut à Oryszowo en 
Pologne, en 6o. La lettre qu'il écrivait à Casaubon est donc une 
de ses dernières. Il parait en ressortir que Hilchen connaissait 
Casaubon depuis longtemps. 
L'assassinat de Ravaillac rompit les derniers liens qui ratta- 
chaient Casaubon à Paris. La mort funeste d'Henri IV attrista 
profondément le savant, qui devenait avec l'àge de plus en plus 
soupçonneux à l'égard de son entourage. Il se croyait menacé en sa 
qualité de huguenot et partit en octobre fio pour l'Angleterre, où 
Jacques I "" le re.eut les bras ouverts. Mais c'en était fait de Casaubon 
comme philologue. Il dut se plier aux exigences de Jacques I ' et 

 Jacques Sobieski quitta la France en fëvrier 61. Il est devenu palatin 
russicn et castellan de Cracovie. Il excella dans sa patrie par son grand talent oratoire 
et laissa des commentaires sur la campagne de Chocim contre les Turcs (en 6z) : 
,, Commentariorum Chotinensis belli libri tres. Auctore Jacobo Sobieski. Opus 
posthumum. Dantisci, m646. » Ce memoire, ëcrit en latin, contient des pages de 
maitre, qui prouvent que Jacques Sobieski ëtait un styliste de premier ordre. Le fils 
de Jacques Sobieski fut elu roi de Poiogne (Jean Iii) etsauva Vienne en 683. 
ï ,, Joanncs Stanislaus Sapieha, Leonc tunc canceilario et Dorothea Firleia 
I;asteilani Lublin. tilia parentibus, subdapifer primo M. D. Lithuaniae, mox mars- 
halcus curiae a Sigismundo Iii factus... Aetatis suae XLVI. A. D. 635. » V. M,.,nu- 
mnta Sarnatarum... S. Starovolscio coiicctore, Cracovia¢, 1655, foi. 237. 



-- 5 m 

ouvrir une lutte théologique contre les catholiques. Ce fut en 
Angleterre qu'il reçut encore deux lettres de Pologne, écrites par le 
nommé Czothaflski et par Naborowski, secrétaire du prince Radzi- 
witt. Cs lettres n'ont rien à faire avec l'humanisnle, t{llesdonnent 
des détails historiques sur la guerre de la Pologne contre le grand 
duché de Moscou df-dl._,). l']lies semblent indiquer, en mème 
temps, que l'époque bénie de l'humanisme est passée, que l'ère des 
guerres a commencé pour la Pologne. 

Les nonls de (]asaubon et de Sz.vmonowic7 relient l'histoire 
de l'humanisnae en France à celle de l'humanisme polonais. L'huma- 
nisme français, en ne reculant pas devant l'analyse critique et com- 
parative de l'antiquité grecque et romaine, en sarclant le vaste 
champ des textes classiques, contribua grandement à une meilleure 
connaissance du monde antique. L'humanisme polonais eut à lutter, 
dès son apparition en Pologne, contre les conditions spéciales de 
l'organisation politique du pa s. Son grand malheur fut de n'avoir 
pas trouvé durant tout le XVI" siècle un foyer qui rassemblàt tant 
de beaux talents. Par ce manque d'un grand centre intellectuel. 
les humanistes restèrent dispersés, et leurs forces éparpillées. l.a 
belle et hardie initiative de Jean Zamovski est venue un peu tard 
pour réparer le mal; elle n'aurait pu suffire. Car une institution 
appelée à régénérer toute une nation aurait nécessairement d6 naitre 
de l'initiative de l'Etat, aurait dU 6tre soutenue par toute la société. 
Certes la Pologne n'a jamais produit tant de beaux génies 
que pendant le siècle de l'humanisme. Mais c'Atait sur une tige 
frèle que s'ouvrait cette fleur de la civilisation occidentale, f"aute de 
sève et de soins, non seulement elle se fana vite et dépéit, mais, 
ce qui est pis, elle n'a pas laissé de semence productive. Les trois 
groupes des humanistes de la Pologne indiquent les trois phases 
que l'humanisme y a parcourues. Tandis que les premiers huma- 
nistes polonais se bornent à une simple imitation extérieure et 
formelle de la poésie latine et ne savent pas encore apprécier le 
génie grec, les hommes du second groupe, Kochanowski, Nidecl, i, 
Zamo.vski, embrassent déjà des horizons plus étendus du monde 
antique et commencent à l'adapter à la vie et à la poésie nati,,nales. 



Vint enfin le troisième groupe dont STymonowicz, son chef, person- 
nifie le mieux les tendances. Il réunissait en sa personne deux 
qualités, généralement contradictoires : il était poète et philologue. 
Il voulut en mëlne temps suivre le grand exemple de Kochanowski, 
poète national, et marcher sur les traces de Casaubon. Il réussit 
mieux comme poète. Non pas qu'il manquàt de l'érudition et de 
l'assiduité nécessaires pour devenir un bon philologue et un éditeur 
consciencieux. Mais il se heurta à des obstacles extérieurs. 
situation géographique de la Pologne condamnait ses humanistes 
à une oisiveté forcée; ils ne recevaient l'héritage classique que de 
deuxième ou de troisième main. Les communications avec les 
centres de l'humanisme n'Calent point faciles au XVI" siëcle, et si 
enfin, gràce à un humaniste étranger ou à des recherches un peu 
trop tardives à (]onstantinople, on obtenait un manuscrit rare et 
inédit, contre quelles difficultés n'avait-on pas à lutter, dans cette 
ville de Zamo:, perdue dans des vastes plaines de la Pologne. 
pour mettre au jour une édition soignée ? Il fallait souvent demander 
les informations nécessaires dans des bibliothèques allemandes ou 
italiennes, et, en attendant, on perdait des mois et des mois. 
faut vraiment que ces vaillants hulnanistes de ZalnOaë aient eu 
une grande ardeur et l'amour sacré des lettres, pour ne pas se 
décourager, p»:lr p»u,oir pro_-ltaire ce qu'ils Ollt produit, si peu 
que ce puisse ëtre. C'et avec une profonde reconnaissance que 
rlous nous séparons de ces intrépides pionniers de l'hulnanislne 
en Pologne. 



LETTRES INÉDITES 

DES HUMANISTES 

JEAN ZAM()YSKI, CASAUB(IN, SIMIN SZ'fM()NlXVI{]Z 

JACQI_I-S SIflESKI ET AI_'TI,II:S 



Joannes Samoscius Regni Poloniae Cancell. et exercitt. 
Dux Georgio Dousae S. 

Reddita est mihi epistula tua Varsoviae in ipso comitiorum 
aestu • post comitia etiam plerisque publicis negotiis valde occupatus 
sure. Paucis igitur tibi rescribo. Laudo ingenium eruditionem tuam, 
amo probitatem caeterasque virtutes et propterea magni te facio : 
habeo quoque et ago gratias, quod tectum meure subieris, lus 
hospitii et amicitiam mecum iunxeris eaque memore animo et 
constante colas. Si quae erunt in quibus tibi tuisque gratificari 
possim, manda, l,itterae, quas ad me te saepe daturum polliceris, 
libentissime a me legentur, quas {;racoviam mittes recte Georgio 
Samoscio Cracoviensi Canonico, agnato meo tradentur : quas 
Gedanum, l.indano homini moi studioso : utriusque opera certo 
ad me pervenient. Lindanus quidem tibi admonendus erit, ut eas 
Marieburgum ad legatum meure transmittat - legatus veto inde ad 
me perferendas curabit. Nuntiabis identidem quae apud vos vici- 
nosque vestros gerentur, tum quos fructus ingenia vestra feracia et 
exculta edent. Joannem Dousam patrem tuum nomine meo saluta. 
Vale. Samoscii die 7 mensis Aprilis Anno 
tui amantissimus 
loann. Zamoyski. 
Harl. 4935, tbl. 4- 

II 

Gcncroso Dolnino Gcorgio l)ousac amico charissimo 
Lugduni Batavorum. 
Generose Domine amice char '''. 

Professores mei Samoscienses habent quaedam in manibus, 
ad quae perficienda opus habent exemplari graeco Sex. Epiric: 
librorum contra artium doctores et Hypotyposeon" lidem mih.; 



-- 50 -- 

dixerunt eorum iibrorum locos a vestris Lugdunensibus Batavis 
graecc citari. Rogo, ut si eos nancisci possit, Gcdanum ad .loanncm 
(:lincbamcrun lnittat, ut indc ad legatum meure 31aricburgum 
transmittantur. Quantum pecuniae impenderit in emendos ac 
transmittendos hos libros, adscribet : ca a legato meo Mariaeburgi 
rcddetur. Generosus Dominus Jo. Felix Hcrbultus'" ex legatione 
Turcica reversus est, attulit plcrosque Graecos codiccs, quos in 
horas exspecto. Ubi accepero, indicem D''i "»"'" mittam et si qui illi 
placuerint, commu nicabo. 
l'lenc valeat D" V;'. Samoscio die 13 Octobris Anno 15,,q. 

Generosae Dominationis Vestrac 
amicus studiosissimus 
loannes Zamovski 
cancel]. Regni cap. 

Littcratur von 

Ibid.. fol. 4 3. 
" V. bur 5cxtu Empiricu : Gcschichtc dcr grechischcn 
\V. Chri»l, Manchon, ,gr,, p. fS 7. 
"" V. Wisznicwski, t. Vil. 7 sqq. 

III 

Simon Simonides lano Dousae Nordouici 
S.D. 

Tristissimus nuntius allatus est ad nos, Georgium filium tuum 
uita cxcessisse : utinam is falsus sit, uel tua, uel litterarum, ucl 
no.tra, qui eius studiosissimi fuimus, causa : me sane ita concussit. 
ut. quamquam acerbissimam occasionem banc ad te scribendi 
putarem, planeque ea uti nollem, tamen moerorem animi non 
aliter leuare potuerim, quam si eum apud te per litteras deponerem. 
|atus communicationem hanc doloris solatio etiam tibi futuram. 
Utcunque cure illo actum est : primum te quaeso, si falso hoc luctu 
conficimur, ut eum nobis per epistolam demas; deinde, si iam 
ira, ut fertur, naturae concessit, te ipsum nimium non afl]ictes, 
animumque paternum uel ea ratione sustentes, quod filium eiusmodi 
habueris, cuius indolem, morum bonitatem, eruditionem supra 
annos assurgentem, etiam no.. in i.to orbe. alnplexi arque admirati 



sumus. Etsi post Janum illum tuum. quem ex scripti eius, immor- 
talitate dignissimis, suspicimus, nouum hoc uulnus tibi factura 
sit : talnen uel tantillum sidera haec terris affulsisse, idque ex una 
domo, rarae felicitatis instar est, quuln insuper non desint alia 
quae uicem eorum suppleant. Nain de Georgio, quum multa et 
praeclara pollicitum quereremur, iacturamque magnam rein litte- 
rariam illius obitu fecisse iudicaremus, ueniebat in mentem, tare 
beatam esse fecunditatem domus tuae, ttt superstites defunctorum 
lampada assumere posse, teque auctore iam iam hoc agere, explora- 
tissimum sit. Quare, uit clarissime, postquam et ipse saeculo huic 
illustrando natus es, et soboles tua. cumulate hoc iam pridem 
praestiterit, scies non te soum ob tuorum occasum, in luctu esse, 
sed in partem moeroris uenire tecum, quidquid est hominum 
clegantiorum : tutu cogitabis, quod partitis operis numerus illc 
prolis tuae in rem communem publicae utilitatis conferre debt, erat. 
id ab istis, qui reliqui sunt acert, atim expectari. Significandum 
quoque tibi putaui, heroem nostrum, .loannem Zamoscium, audita 
morte filii tui, serio doluisse atque peroptasse, ut rumor hic falsus 
fieret. Bene uale. Zamoscii Nonis 3unii. Anno .MDC. 

Ibid., fol. 49- 

IV 

Magnifico et cxcellenti domino lano Douzae Nordouici. 

Magnifice et excellens domine 
amice çarissime et honorandissime. 

Accepi litteras D. V "-. Deplorat maiorem in modum filii sui. 
iuvenis ad omnem expectati laudem immatura et crudelia 
Nullus omnino dolor tare iustus. Multam illi optimo iure hominum 
fima ingenii et doctrinae laudem tribuebat. Idem ego Samoscii. 
cure ad me divertisset, cognovi. Habet me dominatio vestra socium 
maeroris sui. Sed nos homines surnus. Humana meminerimus esse 
nobis humaniter ferenda • multi humandi, inquit ille, liberi, etc. 
Reddenda est terrae terra, tum ° olnnibus. Metenda est fruges, sic 
iubet necessitas. Didericum D. \'' apud me libenter video. \lodes- 
tiam, ingenium, litteras eius amo. Ad rudem ille quidem Sarmatialn 



venit, nihil ad xestram culturam, tamen ut haec quae elegantia 
delectant, hic desint, duri Martis, acris militiae fortitudinisque 
documenta fortasse illi suppetent. De Actuario "" misso gratias ago. 
Si quid est in quo usui possim esse D' V a" libens ipsius causa 
facialn. {pto bene valere D'" V'". Datum Zamoscii die 19 m. 
Junii Ifiol. 
Magnificae Dominationis vestrae amicus 
studiosissimus 
[oannes Zamoyski 
exercituum generalis capitaneus. 
Ibid., ff, l. 14_". 
° «;orrnmpu dans Ic manuscrit 
*° \ P-4-'. 

Simon Simonid'cs lano Dousae a Nordouix. 
S.D. 

Puto te etiam a me expectare, ut tibi de Diederico, fi!io tuo, 
meis verbis significem. Primum hoc habe : et tua causa et ob dus 
singularem mode»tiare tain nobis omnibus, qui in aula herois 
Zamoscii vivimus, quam ipsi heroi esse acceptissimum : cure non- 
dura linguae nostrae peritiam habeat, inter eos qui a manu herois 
sunt, assumi non potuit : primis mensibus spectator tantum et 
mirator aulae fuit; post reperturum spero heroem, quibus studiis 
aetatem eius exerceat : plane ego certus sure, nunquam te consilium 
tuum improbaturum, quod eum inter nostros homines versari 
volueris. Quamquam enim longe absumus a vestrarum regionum 
elegantia, tamen nativam indolem ingeniorum et animos nuIIa servi- 
tute pressos, tutu Republicae formam ad libertatem compositam, 
est quod amplectatur, arque adeo inveniat, quo domum redeat 
instructior. Quum Livonicam expeditionem heros aggrederetur. 
illeque penderet animi, quid se interim fieret, omnino illi auctor 
fui. ut bello interesset ; familiae tuae splendor mihi suasit, ut hoc 
illi suaderem : ipsumque heroem admonui, ut eum adesse sibi 
iuberet. Factura : nisi quod in regione exhaustissima, anni tempore 
foedissimo, plusculum illum molestiae devoraturum existimo sed 



-- 53 -- 

fortassean tu illum columbulum aut Adoneum esse non vis. Quid 
hactenus in Livonia gestum sit, credo te ex aliis auctoribus accipere. 
quum vestri etiam homines illic militent; ego mearum partium 
esse duxi, ut ad te epistolam mitterem, qua nostri imperatores 
more patrio clarigarunt. Dices : non novi vos tam superbos ; atqui 
vel inde nostrorum hominum ingenia perlege, ut bella quoquc 
promulgent sine fuco et fallaciis : imo ista sunt apud nos iusta 
bellorum a maioribus usurpata. En tibi alteram clarigationem in 
eadem Livonia antc hos centuln annos a Joannc |ielecio ad 
Magistrum Livonicum missam. Fortuna haec est regni htl[US: CUlll 
plerique omnes novicios mores admittant, nos antiquis utinur, 
atque utinam aetatem utamur. Auditusne tibi motus Moidavicus  
qui anno excitatus nunc fato misero Bani Michaelisplane sopitus 
est. De illa tutu victoria gratulatus sum filio herois mei: cuius 
argutissimam atque elegantissimam indolem tu quoque amares : 
ut onustior haec epistola ad te iret carmen ipsum " in fascicultlm 
conieci; quandoquidem etiam publice testatus es nostra qualia- 
cumque non prorsus tibi displicere. 
Bene raie. ('ernencini et1 mensis Novembri. Anno doi. 

Ibid., fol. 5. 
* Simonis Simonidae 13:ndol,ski... opcra omnia, procurant," A. M. Ilurlni... 
araviac, 177 , p. 77-85. 

Vl 

Generoso Domino Diederico Dousae. 
Gcnerose domine, amice charissime salutem et officia mea. 

Quod D" V.' suis ad me litteris significat se consilium in 
Galliam proficiscendi coepisse, id ego non possulll non probare. 
Arbitror D'" V "1 ea in re, iussis optimi et doctissimi sui parentis 
obtemperare ; cui optime facit quod obsequitur : eique plurimam 
quaeso meis verbis salutem dicat et oflïcia mea diligenter com- 
mendet : sibique persuadeat D'" V'" mihi esse et fore carissimam. 
Litteras commeatus mitto D' V;'". 
Bene valeat D. V. Datum in arce Movza die l l Febr. 

Ibid., foi. 147. 



B 54 -- 

C'est la reponse de Zamoyski à une lettre de Thierry Dousa, datêe de Riga 
le 7 ferier 16oŒEE, dans laquelle il prend conge du general en chef de l'armee polo- 
naise, Zamoyski. 
I.a lettre de Thierry Dousa nous est connue par une copie abr:gee que nous 
a obligeamment adressee M. le professeur Casimir Morawski. 
Voici quelques passages de cette lettre : 
,, Vir.us : lama nomini fui, quam olim ex ionBinquo venerabar et nunc 
uspicio, amor quem sperabam et nunc conecutus sum, dub]um, utrum in me malus 
cnerationis an libcrtatis studium cxcita,crunt ..... 
Postquam enim in Poloniam vcni, vidi quae pulchra, audii quae utilia, 
didici quae ad dcgendam vitam necessaria, intituta ci mores gcntis cgrcgioe, fortitu- 
.line inc«)mparabilis, uu et natura bellicosac ..... 
l'tilissimum mihi fore cxistimavi, si in Galliam prius atque inde ctiam in 
ltaliam di.-,cessero ad linguarum illarum notitiam çomparandam, quarum apud nos 
c--,t usus magnt)s arque utilitas maxima, non quod haec estra lingua inutilis sit, sed 
qu«)d apud nos minus nccessaria ..... 

Vil 

Simon Simonides Jano Dousae S. D. 

Quod "tibi pro libris tuis, quos mihi muneri misisti, sero 
gratiam habeam, quaeso, ne id aut animo meo ingrato, aut quod 
tua non tanti facialn, adscribas : bellorum fato factura est. ut ad 
me serius perenirent. Nain quando tu illos mittebas, tutu heros 
meus, Joannes Zamoscius, in l,ivonia bellâtre gerebat; eo delati 
.,,unt et quamis heros ipse domum redierit, tamen cure caetera 
suppellectile bellica libri tui Riga haeserunt et vix nunc dolnum 
Zamoscium apportati sunt. Postquam mihi traditi sunt, reliera te, 
vir clarissime, coram os oculosque meos intueri, quanta voluntate 
eos exceperim, quam avide eorum lectione l'ne satul'arim, quam 
recordatione amicitiae tuae. quam mihi representabant, gestierim 
et exilierim. Verum in Jani tui illa illa inchoata praefatione lacrimas 
non tenui: o, quantum filium, quam doctissimum et eloquentis- 
simum iuvenem amisisti : audeo atfirmare, nihil l'ne hac aetate 
neque sapientius neque limatius scriptum legisse ; sed ne fletum 
tuum refricem, rogabo te potius et optabo, quandoquidem tanto 
ingeniorum proventu deus te cumulavit, ut ea bono publico educes 
arque aetatem nostram illustres. Me nomini Dousiaco addictissimum 
in eorum numero habeas, qui nec tuis cedam in familia vestra 
colenda et amanda. Hoc al'nplius; puto te relie scire, quid illo 



-- 55 m 

manuscripto Actuario fiat, quem heroi meo dono Diedericus tuu 
attulcrat. Eum ubi accepit statiln lnihi negotium datuln fuit edendi 
illius. Arripui laudem tantam cupide et ialn lnihi eraln, ut ty pogra- 
phum occuparem : cure ecce reperio non integrum esse exemplar : 
in lnethodi libris posteriores duos de compositione medicamentorum 
omnes desiderari. Statim lnihi curae fuit per Italicas bibliothecas 
inquirendi, sicubi supplementa haec patati possent. Et in Vaticana 
et in caeteris frustra fui ; nusquam comparent, ltaque quid facerem. 
incertus fui. Edereln quicquid hoc a te nacti sumus an etiam 
studium caetera acquirendi non omitterem  Hoc sequendum et te 
appellandum putavi, si forte opera tua beneficium hoc solidum 
habere possimus. ;um eniln methodi libros Mathisius" transtulerit. 
in vestris alicubi bibliothecis exemplar hoc haerere spero. Ruellius 
qui de compositione medicalnentorum edidit, ex Bibliotheca Galli- 
cana forsan habuit. Per claritatem nominis tui et auctoritateln facile 
tu reliquias istas ubi ubi sint erues quas ubi ad nos transmiseris, 
illico, uti ante lnonueras, medicorum tersissimus lutera aspiciet: 
beneficiumquc tuum bono publico testabitur. Postremo quicquid 
censueris, effectum dabimus. Bene vale. vit clarissime. Zamoscii 
Kal. Augusti A. MDCIV. 
Ibid., fol. 33. 
* L'ouvrage de metkodo medendi a paru traduit en latin par C. .. Mathis, à 
V¢nise, en 554; le texte grec des deux premiers lires a ¢t¢ publie pour la premi¢r 
lois par idclcr {Berlin, ,S4z ). 
°* Jean Ruel, med¢cin fran,ais (479-537. Ses traductions, aujourd'hui 
oublidcs, lui valurnt une grand rcputation. 

VIII 

(;larissimo et doctissimo iro lsaaco (;asaubono 
domino et amico observandissimo. 

Isaace Casaubone, vit clarissime et doctissilne. M,)rte Joanni,; 
Zamoscii, Magni Cancellarii, magnam iacturam non solum Respu- 
blica Polona, quae post obitum eius perpetuis turbis agitatur. 
verum etiam res litteraria fecit ; eo animo heros ille erga honestis- 
simas disciplinas fuit, ut CUln belli et pacis curae unicum distinerent. 
tamen iuvandis bonis litteris ira se dabat, ut hoc unum agere vide- 



-- 56  

retur. Praecipuum studium in Thoma, tilio divinissimae indolis, 
puero educando collocabat  cuius causa et scholam hic non igno- 
bilera congregavit, et primores ex nobilitate polona iuvenes, qui una 
instituerentur, collegit. Praeclarum hoc eius institutum, quamquam 
vix sine illo sustinemus, sed etiamsi utcumque sustinere possimus, 
tamen sublimioribus ingeniis alendis satis non sumus. Idcirco 
alacriores iuvenes ego hortari soleo, ut aliunde petant, quod domi 
non habent. Unde autem uberius petant, quama vobis? Nomen 
tuum, doctissime Casaubone, arque eruditio summa, quae in scriptis 
tuis elucet, multos allicit, teque ego illis, tanquam salutare sidus 
ostendo. Non quod nescius sire alias nationes tuas esse neque te 
praeceptoriam manum cuiquam admovere solere : verum ira 
existimo, tu ubi ubi es, copiam doctissimorum hominum circa te 
non posse non esse, praesertim in illa luce Academiae, qui 
operam istam bonae iuventuti impendant. Itaque plerique otaries 
ex nostris ad vos commigrant. Ego veto nunc vim tibi inferre volo 
et pro nostra amicitia unicum iuvenem tibi dedo. Is est qui tibi 
meas reddit .lacobus Sobiescius, Marci Palatini Lublinensis filius, 
orbus iam patte, viro fortissimo atque integerrimo, qui moriens 
iuvenem lnihi commendavit. Ego sedulo facio, ne illi usquam 
desim : quaeso te, dura a me abest, tu illum vicem meam iuva et 
permitte in parte aliqua amoris et curae apud te esse: non quo 
molestiae aliquid tibi pariam, sed quod commodo tuo fiat, dicto non- 
nunquam morte et congressu arque sermone tuo dignare. Moribus 
modestissimus, ingenio liberalissimo, cupidissimum discendi inve- 
nies. De me hoc perpetuo cogitabis : neminem hominem esse, qui 
te aut magis admiretur, aut frequentius in ore habeat, aut doctrina 
tua libentius fruatur. Bene raie. Zamoscii tertio Calendas Aprilis. 
Anno MDCVII". 
"Fui observantissimus 
Burn. 3,;,i, fol. 183 . Simon Simonides. 

IX 

Simon Silnonides Isaaco Casaubono S. D. 

Nunquam hoc a te auderem contendere, ut tu ex demenso 
temporis tui aliquid subtraheres et a communis commodis, quibus 
nunc prope solus incumbis ad privatam alicuius iuvenis frugem te 



-- 5 7 J 

sevocares ; esset enim hoc non tantum genium tuum sed publicum 
bonum defraudare. Nunc religionem erga te meam et sanctitatem 
otii tui perfregit Jacobus Sobiescius : ex cuius litteris intellexi non 
solum consilium et alt'atum, sed operam etiam et vocem ad exor- 
nandam indolem eius te illi indulsisse. O, mi Casaubone, nunquam 
ego tanti facerem vel hunc vel alium iuvenena, ut tibi eius causa 
minimum negotii facesserem : imo abstraherem et iuberem te hoc 
agere, quod agis. Quantus enim sis in litteris et quantum nos in 
istis usque remotis regionibus immortalibus scriptis tuis iuves, ex 
honore et veneratione omnium erga te hominum conicere potes. 
Verum ira de te iudico, incredibili quodam anore excolendi 
humani generis te efferri : hinc te tare pronum esse et ad minutias 
etiam operis descendere arque ex quolibet ligno relie excitare 
Mercurium" Macte isto animo. Si te necessitas summa et ruina 
ilnminens bonarum litterarum eo provocat, nostrarum regionum 
eae rationes sunt, ut nisi per primores viros atque eiusmodi iuvenes, 
qualis iste est Sobiescius sustententur, innata barbaries iam iam 
nos obruat. roto, quae vis: at nisi tibi molestum est et hunc et 
alios nostros pro tuis habe. Immortalitas nominis tui 
,,.,q;d¢,,. tloreat. Bene raie. Zamoscii Augusti 

Burn. 366, fol. .'35,. 
* ,, N,n enim ex omni ligno dbet Mçrcurius xsculpi. » Apulius, apologia c. 43. 

)ç 

lsaacus Casaubonus Sinoni Simonidi viro clarissimo S. D. 

Quantopere me amares, clarissime Simonida, non poteras 
illustriore documento probare ac fecisti nuper, cure nobilissimae 
et praestantissimae spei adolescenti, D. Jacobo Sobiescio. qui 
novissimas tuas mihi reddidit, in Galliam venienti auctor fuisti, ut 
"meis potissinaum consiliis, dura hic futurus est, in studiorum 
ratione regeretur. 
Equidem simulac tui nominis fieri mentionem audivi, prius 
etiam quam epistolam legerem, nulla interposita mora omnia illi 
mea studia atque ofl'lcia a,.,',,t,.,w« o'!«,.;, obtuli; mox quoque tuis 
lectis quid et quantum tua commendatio ponderis apud me haberet, 



luculente significavi. Sed generosissimus adolcscens tuorum, ut 
,»pinor, praeceptorum memor paru,u habuit, quod optimos ipsi 
disciplinarum magistros indicavera,u, quoru,n opera uteretur : nisi 
i pse quoque pro mea virili «,; -,',/,'g,,r«r,,,. ipsius ingenium suscipiam 
excolendum. Expugnavit constantiam propositi mei, qui privatim 
n«minem ad hanc diem unquam docui et occupationes meas. 
quae maximae sunt. vicit tui respectus primum, deinde indoles ipsa 
et iila ingens discendi cupiditas, qua,n in nobilissimo adolescente 
animadvertebam. Cuius causa quid mihi imperaverim, quid quotidie 
una agamus, malo te ex ipsius litteris z«i r,à,.d:,,l',,:r,;,, cognosccre, 
quam meis..Me cette rara virtus huius adolescentis et illa incre- 
dibilis in tare illustri fortuna ,;,.,:,, a:,,;ç re',. :«:,:«r,: ira capit in dies 
magis magisque, ut quem ex tua comtnendatione amare pritnum 
coepi, nunc merito ipsius mira,-i satis non quea,n. Nain apud nos 
qui eius ordinis sunt. il longe aliter in simili aetate vitam instituunt. 
{;eterum dedi huic pusillum libellum magni Scaligeri ad te mitten- 
dura. ex cuius praefatione intelliges, quam mala referatur a non- 
nullis sceleratis hominibus gratia ingentibus illis herois erga 
rempublicam litterariam meritis et mediocribus laboribus meis. 
Volui semel respondendi labore defungi " si respondere est 
hoc profiteri, me nunquam furiosis canibus esse responsuru,n. Satis 
mihi erit. si bonis probavero meure in litteras amorem. Quod si 
assequi hactenus non potuimus, exprimer fortasse hanc confessionem 
ab acquis iudicibus Polvbius noster, quem ab aliquot mensibus 
sub prelo habemus. Sois praestantissime Simonida, quanti vetustas 
illum auctorem fecerit, ad cuius illustrationem nihil a nobis prae- 
termissum in hac ,nediocritate ingenii, quod desiderari a quoquam 
posset. Nana et Latinum fecinus lç a,5J«ç lz zt,p«).çç et iis com- 
mentariis illustravimus, qui rç; a,,/.rzT: z-.i aokoe/,zç rgZ»',; praxim 
iuvetuti sint ostensuri. Sed opus longum est et a cuius meta procul 
adhuc absumus. Si dabit Deus fine,n videre et fuerit certa occasio, 
mittam exemplar ad te. Vale et me anaa. Lut. Par. Kal. Sept. 6o 7. 
Salutat te medullitus vit amplissimus, praeses Thuanus, 
qui vehementer ea cupit idere, quae vel tu vel alii docti istic 
edidistis ad ornandam memoriam herois vestri incomparabilis 
,,i" :o,.z«,.,,',»r.c Zamoscii. 

\rchics des C,,ntcs Zam,vski. 



XI 

Doctissin|e vir. 

Conqueri saepe sole,» de inea Graecae linguae imperitia, quae. 
ut nunc video, apprime necessaria est viro solide litteras tractanti. 
sed quia et temporis angustia et graviores in republica nostra 
occupationes non permittent, ut huic nobilissimo studio operam 
meam impendam, omnino cogor privari praestantissimo fructu. 
quem Graeca lingua litteratis alt'ert. In vita .lulii explicas differentias 
inter epulas, viscerationem et prandium; sed quia ibi plura Gra¢ca 
quam Latina mis, es ", videor mihi in alieno et peregrino solo 
versari, itaque pro nostra amicitia peto a te, ut nihi inter hac tria 
veruln discrimen relis assignare. 
Tui cultor et admiratol 
Ja. Sobiescvus Palat. 
Lub. top. 
Burn. 3(;6, fol. 9 . 
* V. C. Suctonii franquilli de il Ca¢saribus libri VIII. lsaacus Casaubonus 
re,ensuit. E,cudcbat Stcphanus Gainera,tus, bll)CV. AnimadcrMoncs, p. 3z. 

XII 

.lacobus Sobiescius lsaaco Casaubono S. D. 

Permoleste equidem fero ac nonm,mquam mecum stomachor. 
quod a mu|to iarn rempote non sit mihi data facultas suavissimo 
tuo conspectu fmi. In praestando ofticio negligentiam culpare non 
possuln : culn enim saepius adire te cogitarem, vel tua absentia. 
vel ineae occupationes mentem alio diverterunt. Quidquid sit, 
propedieln tamen ex studiis meis aliquam horam subripiam, quam 
lubens tibi dedicabo, dierulnque praeteritorum usuram resarciam. 
Unum est quod nunc a te peto et, si impetro, in magna felicitatis 
meae parte collocabo. Crebro ex te accepi regeln vestrum aliquoties 
publice perorasse ac ibi characterem dicendi regium expressis.e : 



has tamen orationes typis mandatas non esse, sed a quibusdam ceu 
praecipua bibliothecarum ornamenta asservari. Eo CUln divinas 
incomparabilis vestri principis res gestas veneror, velim quoque et 
dictis debitum praestare honorera ac illius adlnirare breviloquen- 
tiare, quae regum debet esse cornes saepius ilaaperantium qual 
persuadentium ac non in forensibus cancellis tempus agentium, 
sed ex solio regali iura dantium. Placet plerumque nummus parvae 
figurae at magni ponderis; multo certe magis laudatur regia 
eloquentia, quae paucitate verborum res multas et graves continet 
atque quadam dicendi maiestate deprimit garrulorum sophistarum 
redundantes ac spumosas orationes. 
ld doctissimi quique observarunt, viros factis magnos rudes 
esse ad certamina verboruln. Hinc rex vestel" non vulgarem laudeln 
consequitur, quod dicendo non oratorem sed dominum ac regem 
agit ac ut in omnibus negotiis celeritati, ita studet in dicendo 
brevitati, dignitati suae competenti. Sed non mearum est partiuln 
divinas SUl'tmi principis laudes recensere, aut de charactere dicendi 
regio aliquid tibi scribere, quem ceu doctorum holninum lumen 
Europa veneratur! Satis nihi a te flet, si cura ac opera tua 
nanciscar unicum orationum regiarum exemplar, quod tanquam 
maxilUm tuae erga me benevolentiae testimoniula inulti aesti- 
mabo. Vale vir clarissime et me ut soles ama. 

Ibid., fol. 9_, - 9-_ . 

XIII 

Doctissime vir, 
S.P. 

Animus quidem mihi erat te hodie adeundi, sed istud hiemale 
ac pluviosum tempus continet ne inua hospitii limen. Itaque 
igtlosces, si desideriuln tibi lneUln non ore tenus (ut volui et 
debui enarro. PrilnUln ac in Gallialn veni, SUmlnUln me cepit 
«tudium historiae vestrae cognoscendae, tutu ob gentis celebritatem, 
qua merito gloliamini, tutn ob casuuln exemplorulnque varie- 
tatem, qualn annales Gallici con_plectuntur. Hactenus usus [sum] 
P. Aemilio Veronensi ", qui ibi cessat, ubi a.nplisimum scribcndi 



campum praebent illi varia Galliae rata. Ne[queJ tamen hanc ob 
causam ignarus esse omnino reliera posterioris vestrae historiae, 
quae et [ob] recentem factotum memoriam et oh variam imperii 
huius fortunam lectorem plur.imum] potest detinere ; ideoque dili- 
gentissime cognoscenda est. quod oculis subicit intestini incendii 
calamitatem et bellorum civilium furorem, qui nunc in hac saeculi 
senectu[te I ubique fere grassatur. Ac adeo huius mali tables 
bellicosissimos populos exat, ut [nos] iuniores legentes sanctam 
veteris aevi simplicitatem, [lau]datam ridera, veram sinceritatem, 
praesentisque aetats malevolentiam, invidiam, ambitionem, frau- 
dera [do]los, conqueri de infortunio nostro cogamur, quod nati 
simus ad deplorandam huius temporis, calamitatem. Tales querelas 
saepe in animos holninuna excitare possunt HenricP. '_'-i. Caroli 
:L-i, Henrici 3-il vitae. 
Optarem equidem eas pernoscere, si aliquem fidelem et 
veritatis amanteln historiam nanciscerer. Non me latet Thuanum. 
virum doctissimum, rouira praeclare de lais regibus scripsisse et 
quaedam aulae arcana et secretiora consilia sine odio et gratia 
posteritati tradidisse; sed rerum orbe toto gestarum descriptio 
ordinem historiae Gallicae interrumpere videtur. Quare obnixe te 
oto, ut mihi aliquem Latinum historicum suppedites, qui fideliter 
et sincere ab initio dominationis Francisci primi usque ad huius 
regis tempora res Gallicas narret. Hoc si mihi singularis tua huma- 
nitas praestiterit, non exiguus inde cumulus ad maxima tua in me 
merita accedet. Vale. 
Observantissimus tui cultor. 
Jacobus Sobieski, pal. lub. 
Ibid., fol. t93 . 
* Pauli Aemylii V¢ronensis historici clarissimi, de rebus gestis Francorum 
libri X. Parisiis, MDXL, 111. 

XI\ 

Clarissime Domine 

S. P. Festinanti lnihi e Gallia in Polonialn inter caetera 
itineris impedimenta accidit aliquot diebus in Germania Noriln- 
bergaeimmorari ibidemque non nulli, bono quodam genio meo, 
Clar'"" Viro Scipioni Gentili. professori ordinario ,cademiac 



.\ltorfingensis innotescere. Cumque mihi multus ac varius cure 
eo ad nlensaln de viris celeberrimis ac doctissimis Galliae serrno 
intercessisset, tu ipsa occasione ipsiusmet petitionis non postremus 
fuisti. Holno tare avidus ac amans nominis tui, ut non desisteret 
prius sermonem de te perficere, quam breves idque repentinas 
litteras ad te perscriberet, quarum tantunt abest, ut recusarem 
transmissionem, ut etialn ipse gravis ac necessarius expostulator 
flaerim. Quocirca acceptis ac adiunctis litteris III'"' D'i mei prima 
quaque occasione eas ad te transfcrendas curavi. Velim itaque, ut hoc 
praesens ac minimum meuln in te studium sit pignus futuri longe 
maioris ac praestantioris, non enim nescio, quantum hulnanitati, 
quantum benevolentiae in me tuae debeam. Non plus; in adventum 
.racovia copiosiorem de omnibus materiam subministrabit. Vale 
et vel sic devinctuln redalna. 
,',: .lunii, Norimbergae a" 16oR. 
Filium tuum Joannem unice saluto. 

Tuus totus a servitiis 
Rhadianus Czolhanski, top. 

l;urn. 363, fol. z4o, au verso: , A. M«,nsieul-, Monsieur l.aac Casaubon 
lll.libtrt: tic la bibliothccc et Conseiller du Ro). demeurant tout devant les Cordcliers 
ch l'llnicrsitc de Paris. A Pari». ,, 

XV 

Claris,fimo Domino, D'"' l,,aaco Casaubono Regio Consiliario 
et archibiblioth., amico plurimuln honorando. 

(]larissime atque excellentissime Domine et amice colendissime. 

Volebam quidem filium meure diutius retinere in Gallia. 
praesertim in urbe ,ubi hactenus vixitl Parisioruln, quae primum 
pro studiis tenet locum et est alumna doctoruln virorum ac 
«peculum lnorum 

meure disciplinis ornatuln, praeceptis instructuln conspiciam. 
Epres.d ad lilium in litteri, ut ipse qu,:,que pro sua sorte ostendat 



omnem animi sui gratitudinem et obliget se semper memorem 
fore beneficii accepti, ego ,«ero libenter inserviam commodis suis 
et si aliqua in re cupit, ut inserviatur sibi, curet, ut sciam; 
promptissimum et paratissilnum cognoscet. His itaque pracmissis 
COlnmendo me diligenter suae gratiae. 
Datae Cracoviae ". Septembris Anno t]o,. 

Clar « atque Excell '« D''is Vestrae 
prom ptissim us ara icus 
leo Sapieha 
ancellarius Magni Duc. I.ithuaniae, Mohilovien. 
(.apitaneus manu propria. 
Le manuscrit ast corrompu au milieu du feuillet : six lignc d'critur 
manqunt. 

XVI ' 

laa,cua Casaubonus Leoni " Sapiehac. 

Illu.-,trissime, amplissirne Domine. Cure mihi litterae illac 
redditae sunt, quas pro insignita humanitate tua date ad me es 
dignatus et vidi nomen illustre alnplitudinis tuae. ut erubui. 
Pudebat me et merito quidem quod commisissem, ut scriptione 
litterarum prius a te provocarer, quam officio meo essem ipse 
functus ; quem antevertisse et mea dudum obsequia tibi detulisse. 
verum erat. Non enim possum negare, eius praestandi datam mihi 
tutu fuisse occasionem, quando generosus dominus, filius tuus, 
certum isthuc hominem misit. Sed me nimirum ingenita verecundia 
et pudor quidam subrusticus sicL Noram fortunae tuae celsitu- 
dinem, noram meam tenuitatem. Cùr igitur seria tua meis frivolis 
interpellarel et in publica coml'noda peccarem ? Haec cogitatio, 
vir illustrissime, cupientem litteris te affari hactenus inhibuit. 
Nain alioquin optasse me persaepe, ex quo filii tui familiaritate 
sure usus, dari mihi aliqua ad tuam praestantiam aditum, scit 
ille, quem ne intimae quidem mortalium curae fallunt. Postquam 
enim gnatus tuus, iuvenis ad exemplum probitatis, modestiae atque 
omnis virtutis natura comparatus, studiorum suorum rationeln 



 64  

nobiscum coepit communicare; quum eius indole mirandum in 
modum caperer, volui persaepe fortunam tualn tibi gratulari, 
qui tantae spei adolescentem, haud dubie spem alteraln patriae, 
genuisses. Nihil dabo auribus tuis; sed plane ex animi sententia, 
quod videor mihi certis indiciis cognovisse, dicem. Nain, aut me 
,,mnia fallunt, aut eo ingenio, iis moribus, ca virtute filium habes, 
ut gaudendi ipse luculentam in eo material habeas, amici gratu- 
landi, l']quidem illum diem albo notavi lapillo, qui eum lnihi 
c)nciliavit. Itaque eius caussa et alteri«ts nobilissilni praestantissi- 
inique adcAescentis Poloni, studia lllea, vita ipsa mihi chariora 
lubens intermisi et ad civilis doctrinae notitiam comparandam 
ipsoruln conatus honestissimos pro mea virili sublevavi, i]ius operae 
nostrae si quis ad fi]itllll tuum, ut spero et opto, fructtlS rediit, feci 
quod volui. Tibicerte, amplissinle d,mineatque illi, quae vestra 
est beninitas, potius satisfecero qual-l ipse lnihi. (2uod superest 
l)eum pt. Max. veneror, ut et tibi filium et illi parenteln suum 
incolumes quam diutissime servet vestrisque coeptis propitius 
semper et favoris sui aurail aspirer. Vale. illustrissime Domine et 
felix vive. Lutetiae Parisiorum, a. d. XV Kalend. Noembr. ld2,. 

J. Casauboni Fpistolne, curantc Th. J. ,ab ,lmcl«ccn, Rotcrodami 
t,,I. 321. Fp. DCXV. 
* I?édiwur a imprimz h tort : Joanni Stanislao. 
C,:ttc Icttrc et la suivanta sont rdrnprimzcs ici parce qu'elles eclaiïcnt les 
aulr,:s lpicces dz cctte correspondance. 

XV] b 

lsaacus Casaubonus Joanni Stanislao Sapiehae, 
Juveni Nobilissimo. 

Etsi gratissima mihi est tuae adversum me benevolentiae 
sinificatio, cuius tot simul tare luculenta dedisti testilnonia; in 
summa tamen, quam ea mihi res affert voluptate, hune ego dolo- 
rem ne utiquam sane levem capio, quod tua, generose domine, 
repentina in patriam reversio omnem mihi in praesens, an et in 
posterun, facultatell eripit grati animi testandi. Jal prilnum, quod 



mei serves memoriam et humanissime scriptis tuis me lacessas, 
Ilisi eo ipso nomine nlultunl ine tibi debere Selltia111, plane eo sui11 
honore indignus. Tu veto munus insuper addidisti idque excellens. 
Supra omnia est illustrimi domini parentis tui epistola, auro 
contra non chara ; in qua tuanl pariter arque illius humanitatem 
adverti. Nain quod vit tantus nos scriptione provocare sustinuerit, 
comitati et caeterae illius virtuti hoc acceptum fero. Sed quod 
nostra il te merita vit illustrissimus litteris suis praedicat, tott|m 
id, genero.e domine, muneris est tui. Quid enim ipse ad parentem 
scripseris, epistola parentis arguit. Quo igitur me vertam, aut quam 
rationeln inibo consilii, ut aliquid faciam, quo gratum animuln 
tibi probem ? Nempe hoc UllUm superest, t,t qui nihil aliud 
possim, grata saltem praedicatione et constanti inemoria tui et 
tuorum meritort, m, otficio lneo satisfaciam. Hic ego mihi non 
deero facileque, uti spero, perficialn, ut te eius iudicii, quod de 
inc fecisti dudum, nunquam poeniteat. Ago veto tibi, nobilissime 
domine, pro tuo munere p. o,)gratesgratissimas. Eit hoc mihi 
posthac gratissimuln cimelium, ut tui erga me animi pignus certis- 
_-,imuln ;.quod non prius quiescere me patietur, quam ipse vicissim 
aliquot d.rrl,l,,,,.,o,, misero. Sed hoc inter ttlum et meure intererit 
munus, quod pro auro et gemmis, quibus ipse abundas, verba 
rependemus: quorum aliquam nobis esse copiam, ipse quoque 
videris existimasse. Quicquid huius erit, nlinus tamen erit eo 
affectu et cultu, queln tibi mente et voluntate prolixa exhibeo, quum 
aliter nequeam. Velim hoc tibi de me certo persuadeas et litteris 
tuis aliquando nos bees. Eo si selnel nactus fuero viam certain 
litteras in Poloniam curandi, ne inter publicas curas oblivio nostri 
nolninis tuo obrepat forte animo, sedulo cavebo. Hortarer te, 
nobilissime adolescens, ut in studiis, quae feliciter incepisti, dili- 
genter pergeres, nisi certo scirem freno, freno potius egere te 
quam calcaribus. Id quonialn mihi est satis superque COlnpertuln, 
non committam, ut diffidere virtuti tuae ac constantiae possim 
videri. Opto tibi omnia laeta ac fausta. Vale, et me ama. I,utetiae 
Parisiorum, a. d. XV Kalend. Novemb. 

Casauboni Epistolae I. c. p. 60_:,, 606. 



 66  

X¥II 

]_)0Ill i IG 0 

lsaaco Casaubono regio consiiiario 
amico plurinium observando 
l.utetiis Parisiorum. 

Clarissime Domine. 

Quoniam praeter spem et opinioncm meam accidit, ut qui 
Parisios brevi rediturus eram, in Poloniam iter meure iussu III"' 
l} '' parentis converterem, nolui committere, quin tibi praesentibus 
litteris si quidem coram non datur valedicerem, gratias quantas 
maximas possum pro ca sollicitudine et cura, quam in me fideliter 
crudiendo suscepisti, referem, id a te summ,pere petens, ut me 
consueta benevolemia, absentera licet corpore animo cette prae- 
sentem, prosequi velis. _\le vero; quem semel beneficio doctrinae 
tuae obligatum reddidisti, paratissimum semper ad omnia .qrati 
animi olficia tibi exhibenda reperies. Ne in bac peregrinatione mea 
oblitus tuis videar, mitto tibi ex partibus hisce munusculum, quod 
rogo grain velis suscipere animo considerans non dus exiguitatem. 
sed affectus in te mei magniiudinem. Quod reliquum est. Deum 
()pt. Max. oro, ut te magno rei litterariae commodo quam diutis- 
situe salvum et incolumem conservet. Dat. Lovanii die g Octobris 
Anno 16o,q. 

Clarissimae Dominationis Vestrae 
addictissimus Am[icus] 
Joanncs Stanislaus S.apieha] 
Slonimen... " 

P, urn. 366, fol. 
* orrompu dan I¢ manuacrit. 



XVIII 

Clarissimo Domino I) '° Isaaco (;asaubono Regio (;onsil. 
et Archibibl. D "° amico obser .... . 

Clarissimc Domine. 

Redicns ab III ='' D''« l'Jleo i11 Bclgiuln ad II1""' F'ilitlln uum 
incidi Norembergae in (;lari " I)""'" Scipionem, l)octorcln .I. 1. 
et anaicum Claris m I) "i tuae, cuius littefas ad lar"':'"' I). per 
confamulum meure (;enerosum I) "'' XVigant remitto, ctsi longe 
gratius mihi accidisset, si ipsemet cas Clarissimo I)'"' reddi- 
dissem, sed quia nescio quo fato meo cx enit. ut citius Belgium 
II1 m Dominum lneum cxciperet, quam l.utetia retineret, ideo 
quoque mihi occasio Clar "''' b''ç''' videndi et salutandi ercpta est. 
Quocirca his brevibus litterulis mois Clar" D'" in rccompensam 
absentiae meae ..... " simulque prnmptissima ocia mea ad minima 
quoque imperata Clar i I) "i exequenda scdulo dcfcro. Cuius gratiae 
et benevolentiae serio scmper COmlncndatus essc cupio. 
l.ovani a" tdo8 
Clar ''lae D. 
studiosissilnus amicus et promptu» »ervitor 
Rhadianus (;zolhanski 
top. 
Burn. 363, foi. 
* Corrompu dans le manuacrit. 

XIX 

Magnifico et Clalissimo Donlino Isaaco (;assabono, profcssori 
regio, Domino et amico honorando. 

Vir clarissime, amice honorande. S. 
ldeln mihi usu venir, quod ils, qui differunt censuum solu- 
tionem. Quo enim plures accumulantur, eo dilticiliol fit s,luti,_,. 



-- 68 -- 

Nain me quoque ad litteras tuas iampridem acceptas multiplicati 
quasi aeris alieni in respondendo expunctio conturbat ! et ut verum 
fatear, verbero nie ipsum tacito cogitationis convicio, quod non 
statim responderim. Sed qua es humanitate, ignosces. Non dicam, 
quae meae occupationes fuerint, quas quidem fuisse toto hoc 
novennio gravissimas vel sola cure Rigensibus actio declarat. Nolo 
cnim videri confisus potius meis excusationibus, quam tua aequitate, 
,,ffensionem silentii deprccari. Habe decretum regium, quod mitto, 
pro censu. Erit quo laeteris et Thuano gratificeris, si sit istius 
exitus ccgnoscendi cupidus. Ut temporis ratio tulit .Riga enim a 
(]arolo Sueco premitur ita latum est. Arque ira propitius Deus in 
eorum viscera retorsit, qui mihi exitium iniustissimum parabant. 
(2ae mihi causa gravis est. cur Deo vindici gratias agam, qui 
adversus ingentem inprobortm consensum nultorum bonorum 
h,,minum et inter eos tuam quoque de mea innocentia susceptam 
,,pinionem confirmavit. Mitto clipeum n-euna *, quen- desiderabas. 
Mitto etiam Farenbachium "" a me descriptum, ut nisi te alio 
abstrahant curae et lectiones graviores, legere mea causa haud 
.qravcris. Apud nostumulti sublati unt. Cnstante pace publica. 
non diu regnum carebit accessione ,crede mihi" Iagni loschoviae 
l)ucatus. D-no Thuano. qui suisauspiciis mihi laver, dcfero mea 
studia. I'a tibi quoqt, e, si usus fucris iis, fideliter et libenter 
pracstabo. Vale. In ()rissoviano Samocii Içal. Jul. 6o,. 

X,'ester studiosissimus 
David Hilche 
Secret. R ;' M'i«. 

}urn. 3r4, fol. zfi3 «. 
Clxpeu innocentiae t »eritatis », Zamoiac, 1,«, 4. 
"" \t,, Gorçii l.rcbach. Zamo»ci ,,,, 



XX 

;larissimo Domino Isaaco Casaubon,, Regi« ansiliario 
et Archibiblioth. 

(;larissime et plurilnum observand'"' I) .... 

Singularis hunlallitas et bencvolus in inc tutls anillltlS ficiunt, 
tir e I,mginquis commoditate occasi,mis liueris mei» te compellam. 
Post reditum III ''li D I'i mei c Galliis non diu nos paterni 
tentmrunt sed facilis in spen Moschoviae vicinac nobis inonarchiae 
«»btentio evocavit detinuitquc n«»s in c«)nfinio regni nOStli, le, fris 
simi idelnque Sulnptuosissimi prpugnaculi, arcis SllO]cSCCllSis ad 
fluvium l$oristhenem positi autumni et hiemis recentis praeteritac 
assidua oppugnatio et ut res est haud dicilis ipsa etiam expugn,ttio, 
nisi torrida Iliems praetcr solitum profunditate niiUln C¢l¢lttlS 
nostros frustrasset, nain neque pedites copia nivitlm invo]uti 
in[sidias] facere, neque eques extra viam c latum quidem tllgtle 
dcviare potuit, duravit haec continua obsidio et ..... " aliquot castris 
nostris adversae tormentis deicctae vereque ..... * ximo coeptis nostris 
benigniorem speramus successum : eti non desunt qui obsidionem 
arcis huius prorsus inutilem rentur, longe utilius in proposit«, ff,re. 
si Sacra R. M t''s metropoliln ipsam, urbem M,»schovialn exercitu 
suo circumdaret eamque quibuscunque poterit viribus strenue 
uestate ineunte oppugnet, rem in propatulo, capta metropoli de 
more gentis universae monarchiae spontanealn deditionem futnraln. 
Visuln esse R. M': ad terrorem gentis primum propugnaculum 
esse expugnandum: itaque dura haec ad institutum peraguntur. 
Constantinopoli ante duos menses celeriter nuntius aut legatus 
ordinarius Czauszius ab Imperatore Turcico ad S. Reg'" M""' in 
castra venir remque legationis coram senatoribus in castris praesen- 
tibus et duce belli I11 ''' D"" Zolkiewsky exponit. Mirari vehementer 
Imperatoriam Maiestatem. ambigmeme plus Rex Polonus potentis- 
simus de non ferendo auxilio, si R. 3I  ab Imperatore Turcico 
eguisset, an dideret fraternitati suae multis ab hinc annis cons- 
tantissime cure R. 31' cultae. Gratulari tamen Imp ' M'" Regi 
potentissimo, fratri suo, ex animo tlicem in Regnum Moschoviae 



-- 70 -- 

ingressum optareque longe felicissimam praepositi sui obtentionem. 
{;aeterum si R. Polon. potiundae universae Moschoviae Supremi 
Dei iudicio decretum, petere Imp m +\I" a rege potentissimo restitu- 
tionem multarum provinciarum Tartarorum, praecipue Astracha- 
niae et (alariae et aliarum sibi ri Imperatorum Moschoviticorum 
a multis annis ereptarum. Ad haec senatores iussu R..I ti- consilio 
sccreto, uti fallax Czauszii legatio erat 0ustrandi nain exercitus 
gratia, non alicuius serii negotii causa peragendi in castra venerat 
breviter comiterque responderunt et celerrime e castris dimiserunt. 
tlaecin castris regiis ad Smolenscum. Aestatesuperiore Livonia 
tottt duce I1l'"" D"" (;arolo Chodkievicio recuperata, bis propulso 
hoste Sueco ad Pernavam et Dinamentum. In visceribus regni 
l'oloniae post turbulentissimos civiles motus altissima Deo propitio 
pax, in confinibus quidem Transilvaniae et Valachiae Tartariaeque 
Içvcs quidam in rcgnum tumultus, qui concordia magnatium, duce 
111 ..... D"" Gulski. Palatino Russiae haud ditficulter reprimi possunt 
atlt iam iam sunt repressi. Caeterum quid aestas futura importer, 
id in con.ilio deorum. Nos interea humana agere et pari fortitcr 
dccet. Et .si quid scitu dignum obvenerit c, pportunitate temporis te 
id scire faciam, lntcrea me pristino favori tuo serio commendatum 

ese cupio. Datum in 
. die Martii a" idlo. 

.\loscoviu e castris regiis ad Smolcnscum. 

I:urn. 3,3, f,+,l. 
• Corrompu dans 1, manuscrit. 

Claritatis Tuae 
<,bsequentissimus 
Rhadianus Czolhansky, mp. 

XXI 

Viro clarissimo lsaaco Casaubono, l.ondinum. 

Salve vir. undecumque clarissime. 

Post meure Londino discessum luctu hic at squallore omnia 
plena reperi ex immaturo ac insperato plane obitu lllustrissimae 
Principi. herae mcae ex antiqua Ducum Sluciae familia ultimae. 



Hinc variae difficultates, ac plurima illaque ardua negotia  quae 
exoptatam ad te scribendi occasionem, prout discedens in me rece- 
peram, mihi plane praeciderunt. Nunc postqualn ex rot molestiis 
aliquantulum respirare datum, nihil mihi prius duxi, quam prae- 
sentibus hisce incompris licet ac balbutiente calamo et manu 
arctoo frigore rigente exaratis perpetuan meam erga te observan- 
tiare testari; simul de statu rerum in his regionibus brevibus 
edocere, ls sane, peccatis nostris ira exigentibus, quod non sine 
dolore scribo, non adeo tranquillus : si-quideln et dolni et foris 
tumultuatur. Rex noster ad Metropolim Moscoviae cure exercitu 
movit, 1]liunl natu majorera Vladislauln in lag. Moscoviae D.cem 
in,uguratul'us ac simul nosu-atibus dura ibideln «,bsidione pressis 
st.ppetias laturus. Moscoruln interim animi distracti magis exacer- 
bari videntur, l{eliquus lniles numerosus, qui antea quoque post 
subactam metropolin ibidem obsidione tenebatur, tUln ille quoque, 
qui Demetriorum signa secutus speciosis promissis in pal'tes regias 
transivit ; sub praetextu 11o11 soluti stipendii, quod ingentem sure- 
mare eflïcit, Moscovia excedens regia bona omnia coniurato 
occupavit, iam iamque in praedia ecclesiastica involaturus. Vecti- 
galia regni in usus suos convertit, censure agris imponit neque 
nobilium possessiones ab omni parte immunes relinquit. Sic propret 
detestandam paucorum avaritiam, cul consilia Capitolina vel potius 
Vaticana frigidam suffundunt, peregrinis debitis dura caeco altectu 
alienis inhiant, misera Respublica onerata, delicta aliorum ilnmerita 
patria luet. Utinam veto malum consiliuln in capita consultorum 
redundet. Quod sane verendum est, nisi res alio inclinent, ante- 
qualn proxilne futura comitia celebrentur. Belli Valachici flamlna 
aliqua ex parte sopita videtur, verum culn perfido hoste minus fida 
pax. Nec tot in nostraln perniciem coniurata suflàciunt inala. Illi, 
illi inqualn (quod ingemiscendum est, quos pacis ac concordiae 
spiritu duci las est ac ipsorum ordo requirit, novos cineri doloso 
supponunt ignes, absente rege, turbulento rerum statu, civitates 
Prutenicas proscribunt, templa ri repetunt, cuius rei testis Eblinga, 
nobile in his regionibus Angloruln emporium. Sic praepostero zelo, 
vel potius praecipiti fastu ducti ac rabiei diabolicae oestro perciti 
coelum, terrain ac maria miscent ; irritosque suos ab occasu labores 
ac technas cernentes Aquilonem tentunt, hinc potissimum secundum 
prophetam malum prodire rati. Nec suffecit illis externis causis 
iniserum reipublicae corpus oppugnare, nisi quoque lnedullis ipsis 



latente febri laborantibus illud ad extremam phthisin perducant. 
Deus (pt. ,lax. naviculam suam in hoc impetuoso mari gubernet, 
ac diras omnes diaboli ac hostium suorum procellas averruncet. 
I»iura si scire cupis, ex praesentium exhibitore cognosces. Sutticiat 
nunc me invitum sane maie nostra delibasse, ut tibi, vit clarissime, 
morem gerens tuam consequi possil gratiam : le vero beatum, 
si ,f..zJg« bac me beare dignaris. Quod reliquum est, Deum 
supplicibus votis oro, ut ille sub felici augustissimi regis ulnbra te 
salvum ac bonis c»mnibus florentem perennare patiatur. Regiomonti, 
3. Nonas Decembr.  ;al. Gr..\. S. 161 . 

Virtuti tuae addictissimus 
Daniel Naborovius, 
[llustr. Ducis Rad;ivilii a secretis. 

F'ribotrg (Suisac/. --I mpri,,,cri: et [.ibrairic de I'¢tœuvrc de Saint-Paul. "-'59, ruc de Morat. 



INDEX 

LECTIONUM 



Lectioms eodem sermone habebuntur, quo ammtiantur. 
P-etimn p-o lectionibus aon exigetm'. 



ORDO THEOLOGOP, UM 

Philos,12hia in l'hcalogiam pro12acdeutica. 
Professores 
Kennedy: lntroductio in l'hilosophiam; I.ogica, scil. de Cognitione 
imciicctiva, de Dialectic, dc Critica, de Mcthodo -- bis 
per hebdomadem : feriis III ct V, hora 8- 9 . 
Anthropologia : De composito humano, de facuhatibus 
humanis, de originc, duratione ac fine hominis -- quater 
per hebdomadem : feriis Il. IV, VI et sabbato, hora 8-,. 
Exercitia practica: a Seminaria, bis per hebdomadem: 
feriis II1 et IV; b)Disputationes, bis in mense, loco 
aherutrius ex scminariis. 

Berthier : 

De l'he,d,,gia in genere. 
Encyclopaedia theologio, semel per hebdomadem : fcri. IV, 
hora z-3. 

ScrilMltra sacra. 

Fritsch : 

lntroductio specialis in Vetus Testamentum, ter per hebdo- 
madem : feriis II, III, IV, hora 
lnterpretatio Libri Psalmorum, bis per hebdomadcm : feria VI 
et sabbato, hora  -OE. 

Berthier : lnterprettio Epistolae ad lom.qnos, et Epistolarum B. Jo,.qll- 
nis, bis per hebdomadem : feriis III et VI, hora 2-3. 

N.-IL -- De iingua hcbraica, arabica et syriuca, «'ide l.ectiones D. Grimme, 
sub « Ordo philosophorum ,,. 

Boisdron : 

De Locis Theologicis. 

Theoiogia fundamentalis, bis per hebdomadem : feria III et 
sabbato, hora q-o. 
Scminarium aut disputatio, semel pcr hcbdomadem. 



-- 7 6 -- 

The,,lagia D,,gmatica maj,,r. 

]'r«»fessores 
Cotonnier : De Deo creante 
44-641, quater 
hora 9-o. 
Seminarium aut 

Hyvernat : 

; de Angelis {Surnma Theol. i a parte, qq. 
per hebdomadern : feriis II, III, IV et VI, 

De Sacramentis 
firmationis et 
68-831, quater 
hora to-tl. 

Disputatio, semei per hebdomadem. 

in generc, et de Sacramcntis Baptismi, Con- 
Eucharistiae {Summa Theol. 3 a parte, qq. 
per hebdomadem : feriis II, III. IV et VI. 

Seminarium aut Disputatio, semcl pet hcbdomadem. 

Boisdron : 

l'he,,l,,gia Dogmatica brevi,,r. 

1)c fine ultimo hominis;dc gratia -- ter per hebdomadena : 
feriis II. IVet VI, hora 9-io. 
Seminarium, semel per hcbdomadem. 

7"he,l,,gia m,,r«lis. 
Berthier Theologia moralis specuk.tiva : l)e peccatis; de legibus 
Summa Theol. i a 2:'" qq. 7i-to81, ter per hebdomadem : 
feriis 1I, IV et V|, hora 8- 9 . 
"|'heolo.gia moralis practica : De praeceptis decalogi, ter per 
hebdonmdem : feriis III et V, et sabbato, hora 8- 9 . 
N.-IL -- De casibus conscientkc, vide infra « Theologia pastoralis ,,. 

l'herd,gia ml'stica. 

Cotonnier: l)cincipientibus: Explanatiod,»gmatica juxta D. Tlaomam, 
respectu habito ad scripta doctorum Ord. Praed. qui in 
Italia saec. XIV. de re mvstica ege,um-- semel per 
hebdomadem : sabbato, hora 9-Io. 

Esser : 

.]lin Cdllt,lliClllll. 

De pcrsonis Ecclcsiasticis, ter per hebdomadem : feriis II, IV, 
VI, hora 5-6. 
Dic kirchenrechtlichcn Verhcltnissc in der Schweiz, i Stunde 
woechcntlich " Donnerst:. t -t 2 Uhr. 



Lit,rgia. 
Esser: De re Liuric, scil : De liuri in cncre, de diersis 
]i[uriis c ]oco ]i[urico c de hri ; c scr supc]]ccfi]i, 
de ves[ibus lhuri/i, bis per hcbdomdcm : erii [II  
V hora 5-. 
Hsoria E«cl«sia.çti«a. 
Mandonnet: Histoire de llEglise depuis saint Grégoirc le Grand 
jusqu'a Innocent III, 3 heures par semaine: lundi, mardi 
et mercredi, de 3  4 heures. 
Exercices pratiques : Le cardinal Giovanni Dominici e son 
action pendant le grand schisme,  heure par semaine : 
vendredi, de 3 a 4 heures. 
Kirsch : Gcschichc dcr p:epstlichcn Vcrwahung ira X! V. und XV. Jahr- 
hundcrL  Stundc woEchentlich : Donncrsag 9-io I hr. 

Kirsch " 

Patr,,l,ia. 
l)ic ElOthezcit der pnristischcn I,ittcratur, von Athanasius 
bis zu Lco I., OE Stundcn xx,:chcntlich : Mittwoch und 
5amstg 6- 7 l'hr. 
lin Seminar : Ambrosius, De ride libri V, in eincr noch zu 
bcstimmendcn Sundc. 

Kirsch • 

.lrchae,,l,,gia christian,t. 
L'art chrétien dans l'Antiquitc, -_. heures par semaine : lundi 
et samedi de OE à 3 heures. 
Eercices pratique.s: Explication d'inscriptions choisics de 
l'Antiquité chrétienne,  heure par semaine. 

]'her, l,,gia tast,,ralis. 
Beck : Pastorahheologic : Einleitcndes, Katcchedk, pastolelle 
Behandlung der Sakramente, 3 Stunden xx«:chcntlich : 
Montag, Dienstag, Mittxxoch und Freitag4-5 Lhr. 
Casus conscienti.e : de praeceptis decalogi, bis per hebdo- 
madem: feria V et sabbato, hora o-I (eventuell in 
deutscher Sprache}. 
l'cdagogisches Praktikum,  Stundc xcechentlich :Sams- 
tag 3- 4 [hr. 
N -B. --., LiftArature chrétienne », voir les ,:ours de M. le Prof. Jaquot. 
, Ordo Philosophorum ». 



OP, DO J U P, ISCONSU LTOP, U M 

Clerc : 

Code civil fribourgeois, 4 e et 5" livre tLois sur l'état civill, 
4 heures par semaine : lundi, mardi, jeudi et vendredi, de 
8  o heures. 
Code fédéral des obligations, Contrats spéciaux [art. 22 9 / 
5-41, 2 heures par semaine : mercredi et samedi de 8  9 h. 

Pedrazzini : Droit public général, 3 heures par semaine : lundi, mercredi 
et vendredi de 3  4 heures. 
Droit public ecclésiastique, i heure par semaine : mardi de 
2 ,4 3 heures. 

N.-B.  In Bezug auf Kirchenrecht siehe auch die Vorlesungcn von 
P. Esser, Theologische Fakuluet. 

Rechtsphilosophie, 3 Sumden woechentlich: Montag, Mitt- 
woch und Freitag 4-5 Uhr. 
Lecti.ire und Besprechung von J. M,eser's « Patriotischen 
Phantasien » mit besonderer Bertacksichtigung der volks- 
xxirthschaftlichen Fragen, in zwei noch zu besti'-nmenden 
Stunden. 

Jaccoud: 

Droit naturel, III" partie : La Société,  heure par semaine : 
lundi de = ,4 3 heures. 
Èléments d'économie politique,  heure par semaine: 
vendredi de  / 3 heures. 

Perrier : 

Droit public suisse, 4 heures par semaine : mardi et mer- 
credi de 9/ o heures, jeudi de 9 ,4  heures. 

Favre : 

Médecine légale, I heure par semaine ILa matiëre fi traiter 
et l'heure seront indiquées au commencement du semestre). 

Fietta : 

Code civil français, livre III, titres V, VI, V[I. 4 heures par 
semaine: lundi, vendredi et samedi de 9  o heures, 
mercredi de o    heures. 
Eléments de droit civil français, = heures par semaine: 
mardi et vendredi de o a  heures 



w 79 -- 

Bise : 

Droit des gens, 3 heures par semaine : lundi, jeudi et samedi 
de ,, heures à midi. 

Rensing : 

Roemische Rechtsgeschichte, 3 St. wtechentlich: l)ienstag 
5- 7 Uhr und Freitag 6- 7 Uhr. 
Pandekten, I. Theil, 5 Stunden w«pchentlich : Montag und 
Mittwoch 5- 7 Uhr, Freitag 5-6 Uhr. 
Seminar-Uebungen (Examinatorium und Praktikum aufdem 
Gebiete des rc, emischen Rechts, 2 Stunden wmchentlich : 
Donnerstag 5- 7 Uhr. 

Fervers : 

Dcutsches Civilprozessrecht, 4 St. xoechentlich : Dienstag 
und Donnerstag 3-5 lçhr. 
Praktische l%bungen auf dem Gebiete des Stn, f- und Straf- 
prozessrechts, 2 Stunden wmchendich : Samstag 3-5 Uhr. 

Gottofrey : 

Institutes du droit romain, z heures par semaine : mardi de 
6  7 heures et vendredi de 5  6 heures 
Pandectes, Il « partie: Droits réels, droit des obligations, 
4 heures par semaine : lundi, mercredi, jeudi et vendredi 
de 6 à 7 heures. 

v. Savigny : Deutsche lechtsgcschichte, 3 Stundcn w«_chentlich : Moma 
und Samstag to-, Freitag - l'hr. 
Einleitung in das deutsche Staatsrecht, 2 Stunden ,j,chent- 
lich : Dienstag und Mittwoch t t- bhr. 

N.-B.  , Erkkerung des Sachsenspiegels » siehe die Vorlesunge, von 
Prof. Jostes, Philosophische Fakultet. 



-- 80 -- 

ORDO PHILOSOPHORUM 

Gremaud : Histoire politico-religieuse des trois évèchés de la Suisse 
occidentale. 2 heures par semaine, tcs heures seront 
déterminces 5 l'ouverture des cours.} 

Horner : 

Pé&gogie : La psychologie appliquée 5 l'ëducation, 2 heures 
par semaine : mardi et vendredi de 6  7 heures. 

Jaquet : 

Liueramrc chrédenne : Svint-Athanase, 2 heures par semaine: 
lundi et mercredi de :3 i 6 heures. 
Le 1'. Lacordaire. I heure par sem:,ine : vendredi de 5 i 6 h. 

Effmann : 

Geschichte der antiken P, aukunst,_, Stunden ,,'chendich: 
.Monta.a und Dienstag t-,- 7 ['hr. 
Geschichte des Holzschniues und des Kupferstiches,  Stunde 
w,.chemlich: l)onnerstag 6- 7 Uhr. 
Ausgeehhe Kapitel der Kunst-und Kalturgeschichte. 
 Stunde ,.chentlich : Freitag 6- 7 ['hr. 

Wolff : 

Prinzipien der Erkennmistheorie, 2 Smnden xx,echcntlich : 
Montag und l)icnstag IO-II Ihr. 
Kosmologie, 3 Stunden «chentlich : Miuwoch, Donnerstag 
und Freitag o- Uhr. 

Steffens : 

Diplomafik, 2 Sunden x,chentlich: l)ienstag und Freitag 
3- 4 Uhr. 
Historisch-diplomdsche Uebu»gen.  Smnde w,rchemlich : 
F'reitag 2-3 [hr. 
Longfello's « Golden Legend ,, und Repetition der engli- 
schen Grammatik, 2 Stunden x,vchemlich: Momag und 
Mimvoch 3- 4 [-hr. 

Sturm : 

Einleitung in die attische Beredsamkeit und Erkkerung der 
Kranzrede des Demosthenes. 3 Stunden ,'chentlich: 
Dienstag..Mimoch und Freitag 8- 9 Uhr. 
Griechische Palaeographie.  Stunde wwchentlich : Samstag 
8-,)[ hr. 



Professores 

Reinhardt : 

Jostes : 

Rabiet : 

Ira Seminar : Lekttre ausgcwoehher Partien aus den griechi- 
schen Lyrikern. Grammatische 1_ ebungcn und schrifiliche 
Arbeiten.--2 Stunden w.J.chentlich: Mitmoch 6-- Ihr 
Nachm[ttags, Donnersta 8- 9 Uhr Vormhtas. 

AIIgemeine Geschichte im Zcitaher der Glaubenstrenntmg, 
4 Stunden wœechentlich : Montag, l)ienstag, ,x,.|ittx och und 
Freitag 5-6 [-hr. 
lin Seminar : Uebungen zur Geschichte desselben Zeitahers, 
2 Stunden v, mchentlich : Donnersta. 9-1 [hr. 
Geschichte der deutschen Litteratur bis zur Reformation, 
4 Stunden xx-.l:chentlich : Montag, Dienstag, l)onnerstag 
und Freitag l l-lZ Uhr. 
Ausgex Lehhe Kapitel aus der neuesten deutschen Litteratur, 
t Stunde wœechen'dich : Samsta;4 11-12 Uhr. 
lm Seminar : 11 Besprechung eingereichter Arbeiten, Erkl,t.- 
rung des Parcival von \Volfram von Eschcnbach, in zxei 
noch zu bestimmenden Stundev. zl Erkkerung des 
Sachsenspie:lels, in zwei noch zu bestimmenden Stunden. 

Grammaire historique du français, OE heures par semaine : 
lundi et vendredi de  à 3 heures. 
Exercices pratiques : Lecture de te,:tes, 3 heures par semaine : 
mardi, jeudi e vendredi de I o à I i heures. 
Dialectologie,  heure par semaine IL'heure et le sujet 
seront dëterminës à l'ouverture des coursl. 

Schnirer : 

Deutsche Geschichte bis zum Interregnum, 4 Stunden 
w,chentlich " Momag, Dienstag, \[ittwoch und Freitag 
9-o Uhr. 
Ira Seminar : LektCtre von \Vipo's « Vita Chuonradi re,is ,,, 
OE Stunden v,rchentlich : Samstag '3-t i Uhr. 

Kallenbach:Adam Mickiexvicz, l'homme et l'.»uvre, 3 heures par 
semaine : lundi, mardi et mercredi, de 11 heures à midi. 
La Chronique de Nestor, 2 heures par semaine : vendredi 
t:t samedi de i ! heures il midi. 
Svntaxepolonaise, heure par semaine: ieudi de t heures 
a midi. 



Profcssorcs 
Bédier : 

Histoire de la liuérature française pendant la seconde moitié 
du XVII' siècle, 4 heures par semaine: lundi, mardi, 
mercredi et jeudi de 5 fi 6 heures. 
Exercices pratiques : Etudes sur la liuérature française du 
moyen-fige, 2 heures par semaine (Les heures seront 
determinées à l'ouverture des cours). 

Streitberg : 

Sanskritcursus for Anfaenger, 3 Stunden wmchentlich : 
Montag, Mittwoch und Freitag 6- 7 Uhr. 
Gotische Grammatik als Einleitung in das Studium der 
germanischen Grammatik, 3 Stunden wœechentlich : 
Dienstag und Donnerstag 6- 7 Uhr, Samstag o- Uhr. 
Sprachwissenschaftliche Uebungen, in einer noch zu bestim- 
menden Stunde. 

Miodonski: Grammatik des Vulgerlateins, œee Stunden woechentlich : 
Dienstag und Donnerstag 3- 4 Uhr. 
Die Anf«enge der lateinisch-christlichen Lineratur in lom 
 Stunde w(echentlich : Montag 3- 4 Uhr. 
lin Seminar : Èrklaerung des Geschichtswerkes des Florus, 
= Stunde xv,.echentlich : Miuwoch 3- 4 Uhr. 

Faeh : Beurlaubt. 

D' Grirnme : Grammatik der altarabischen Sprache, 3 Stunden woechem- 
lich : Montag, Mittwoch und Freitag 5-6 Uhr. 
Èrkkerung der svrischen Ch-estomathie von P. Zingerle, 
z St. woechetlich : Dienstag und Donnerstag -oE Uhr. 
lin Seminar: Hebr,eische Uebungen Proverbien}, in zxvei 
noch zu bestimmenden Stunden. 

D  Bfichi : 

Schweizergeschichte seit t55o, 4 Stunden voechentlich- 
Montag, Dienstag, Donnerstag und Freitag 4-5 Uhr. 
lm Seminar : Die Tradition van der Befreiung der XVald- 
stzette, 2 Stunden wo,chentlich : Mittwoch o-2 Uhr. 



Erkherung ausgewehlter Kapitel des Todtenbuches, 2 Stun- 
den woechentlich : Montag und Mittxvoch 4-5 Uhr. 
Lekttre hieratischer Texte, z Stunden wtchentlich : Don- 
nerstag 3-5 Uhr. 
Geschichte Aegyptens, 2 Stunden wo'chentlich : Dienstag 
und Freitag 4-5 Uhr. 
Physiologie der Sprache, in einer noch zu bestimmenden 
Stunde. 

N.-B. -- Le I'<. P. Berthier de la Faculté de Théologie a bien voulu 
se charger d'un cours sur Dame : Lecture et explication 
de l'lnfcrn«»,  heure par semaine: samedi de 2 a 3 heures. 

Rectr»" Universitatis : 
Decam«s Ord. 7"heol. : 
Dccamts Or,t. Jurlscons. : 
lJccam«s Ord. Phil,s. : 

Berthier. 
Coconnier. 
Rensing. 
Effmann. 

Fribourg(Suisc). -- I|npNmerie et Librairie .Ic I'Eu re de Saint-Paul, ruc de M,,rat, _,5,. 



,ehweiz 

TA 

N.-Il. -- L... cours d,,nt I,.s heurg. ne 
figurmtt pas dans ce lableau. 

!Heure 
Stunde 
l 

Lundi -- Monta 

Théologie 
Tneologie 

I 

Philosophia : 
Anthropo- 
logia 
Berthier 
Moralis [ 
sp¢culati,,a 

Droit [ p 
Rechtswis* 
senschMt 

Clerc 
l;od¢ cixil 
frib«,urgcois 

Vorlesung:en 
N.-Il. -- bi,. V,»rlosungu, fiir wol,.h,, dio Stun,lon n,,,'h ni«ht an,..,oset«l 
irnd, I¢.nn]nlevn in diesv t',.b,.n-M,.hl uui,.l,I aufgenorumvn xxen'dvn 

Freitag 
Lettres 
I 
'Philosophie 

IDroit 
chtswis- 
nschaft 

, \uische 
Bcrcdsaln kcit 
r 

Samedi -- Samstag 

Théologie Droit [ Lettres 
Theologie Rechtswis- 
senschMt Philosophie 

Ken a edy Clerc N turm 
Philosophia: Code fcdcra| Griechische 
nthropo- des Palaeographic 
Iogia [ obligations 
Berthier Schn ;trer 
Moralis Scminar for 
mtte|ah. 
practica I Geschcht¢ 

Clerc 
de ci ,I 
ourgc()is 

Heu re 
Stunde