CENTRE
for
REFORMATION
and
RENAISSANCE
STUDIES
VICTORIA
UNIVERSITY
T 0 R 0 N T 0
INDEX
LECTIONUM
QU.E IN
"UNIVEISITATE
PER MENSES HIEMALES
ANNI M I)(((X(I-X(I I
I N IDIE A DIE XV. OCçTO lal P 15$ HABEBUNTU[I
Josephi
PRMITTI[UR
Kallenbaeh eommentatio
Les humanistes polonais.
inscribitur "
FRIBURGI HELVFSFIORUM
T PiS CONSOCi . FIO_NI% SANC Fi P .L LI
LES HUMANISTES POLONAIS
AVA NT-PR 0 POS
Dans la correspondance des célebres humanistes l]asaubon et
Jean Dousa, conservée au département des manuscrits du l¢rilish
.lhtsettm, j'ai trouvé plusieurs lettres signécs de i]o111s illustres dans
l'histoire de la littératurc polonaise : ,lcan Zamoyski, Simon Szvmo-
nowicz et Jacques Sobieski. Ces lettres, très diflërentcs entre elles
par leur date ou leur obiet, offrent pourtant un int6rt commun :
c'est d'trc toutes des lettres d'humanistes, c'cst-à-dire d'hommes
p6n6tr6s de la passion des belles-lettres et de l'antiquité classique.
Mais la correspondance des humanistes polonais ollirait
aujourd'hui par elle-mème peu d'intérêt, si elle ne contribuait à
faire mieux connaitrc l'humanisme lui-infime. Or l'historien futur
de l'humanisme en Pologne trouvera, dans les lettres quc nous
publions, d'utiles matériaux. Nous avons iugé nécessaire de faire
précéder ce petit recueil de lettres latines d'une esquisse rapide de
l'ëvolution de l'humanisme en Pologne. Ce n'est ici qu'un aperçu
très sommaire sur un sujet historique qui commence seulement de
nos jours à être approfondi en Pologne. Plusieurs humanistcs
polonais échappent encore toute recherche, ensevelis qu'ils sont
dans de rares manuscrits ou dans des exemplaires uniques. Nous
VI
manquons encore de monographies sur plusieurs hurnanistes impor-
tants. E attendant une histoire complète et exacte de ]'humanisme
en Pologne, qu'on veuille bien nous pardonner les lacunes de
notre esquisse.
Il llle reste à acquitter des dettes de reconnaissance. M. Casimir
Morawski, professeur it l'Université de Cracovie, a accru mon petit
recueil en m'autorisant it publier une lettre inconnue de Casaubon
qu'il a trouvée dans les archives des comtes Zamoyski. 51. Joseph
Bédier, mon cher et honorable collègue, n'a point épargné ses
peines pour dépouiller mon francais de sa couleur exotique. Je
le remercie cordialement de la collaboration dont il a honoré
mon travail.
Fribour ISuisse. 15 juin 8,.
l.es origines de la Renaissance en Pologne ne nous sont pas
encore suffisamment connues. Quelques historiens attribuent aux
svnodes catholiques, surtout à celui de Bàle, une certaine influence
sur le développement des idées nouvelles. La Pologne était en eftet
représentée à Bàle par de nombreux délégués, qui rapportèrent de
leur voyage une provision de manuscrits, les livres de Gerson, de
Pierre d'Ai|ly, de Clemangis, de Cicéron et de Lucain. et les :uvres
latines de Pétrarque et de Boccace. C'est pour le Cardinal Zbigniew
()le.nicki qu'EAas Sylvius rle futur pape Pie II) prépare, en 145o,
le plus ancien recueil de ses lettres, si célèbres parmi les huma-
nistes du XV siècle I _Mais la correspondance d'Ole;,nicld avec
Enéas Sylvius et les rares manuscrits d'auteurs classiques rapportés
en Pologne ne sont que des signes avant-coureurs de l'hulnanisme.
(]'est seulement vers la fin du XV siëcle qu'on rencontre de véri-
tables humanistes en Pologne. Philippe Buonacorsi, dit Callima-
chus Callimachus Experiens, élève de Pomponius Laetus, exilé
d'Italie en 4],";, trouva un asile chez l'archev&que de I.éopol.
Grégoire de Sanok -' Galicie. L'humaniste italien devint plus tard
gouverneur des enfants de Casimir IX," et, après la mort de ce roi,
le conseiller le plus influent du roi Jean-A|bert. Callimachus resta
en relations avec les plus célèbres humanistes italiens, notamment
avec Jean Pic de la Mirandole et Marsile Ficin, et bien qu'il
jouàt en Pologne un rôle plut6t politique, il contribua néanmoins
beaucoup à lit propagande des idées nouvelles et à leur action
sur la littérature classique en Pologne. Son an'ri, le premier hunla-
niste polonais, Grégoire de Sanok, inaugura dans sa jeunesse (4331
t Voy. M. IVisniewskiego Historya litcramry polskiei, Tom II1. W Krakoic,
t841 , p. 32.5; Joseph S¢ujski, Odrodzenie i Reformacya w Polsce (Dzida, Wvdanie
zbiorowe, erya II, tom. VIII, p. 8; G. Voigt. Die Wiederbelebung des klass. AItcr-
thums oder das erste Jahrh. des Humanismus, t. Il, p. 33o.
z Voigt, 1I, 333.
l'interprétation de Virgile à l'Universitë de Cracovie; mais bient6t
il abandonna la carriëre professorale pour entrer dans les ordres et
la diplomatie. Il semble bien d'aillet, rs que l't, sage d'étudierVirgile
à l'Université, inauguré par lui, fut conservé par ses successeurs ;
car il nous est attesté a que, vers le milieu du XV e siècle, on expli-
quait, à la Faculté des Arts de l'Université de Cracovie, Virgile,
)vide, Horace, Stace, Martial, Tibulle et Properce. Pourtant
l'Cude de l'antiquité classique ne trouva en Pologne, au cours du
XX » siècle, que des prosélytes rares et isolés. Il était nécessaire que
les hunanistes polonais recussent une impulsion du dehors: il était
réservé ;;i l'humaniste allemand Conrad Celtes d'accomplir cette
t/tchc. Conrad Celtes vint en Pologne en 14ss. Cet humaniste am-
bulant, type excellelt des hommes de son temps , après avoir
enseigné aux Universités d'Erfurt, de Rostok et de l.eipzig, et reçu,
t Nuremberg, en 4x7, des mai,s de l'empereur Frédéric III. la
couronne poétique, s'inscrivit en 14,9 t l'l'niversité de Cracovie
pour v étudier l'astronomie et l'arithmétique sous Albert Bru-
d/ewski, célèbre professeur. Il v fonda en mème temps une société
littéraire t.sodalitas litteraria Vistulana), se lia avec Callimachus et
groupa autour de lui un cercle de jeunes gens, unis par l'amour de
l'antiquité. Dans cette société littéraire fondée par Celtes, on s'oc-
cupa des langues grecques et hébraiques, du droit romain et canon,
des sciences naturelles. Malheureusement nous ne sommes pas
bien renseignés sur le but véritable que Celtes se proposait en
fondant cette « société littéraire de la Vistule "L ,, Les membres de
cette société, cachés sous des pseudony'mes, sont, pour la plupart,
restés des inconnus pour nous. Deux noms cependant nous sont
ll'is;nien,ski, I. c. III, p. 3z9: Conclusiones antiquae Maioris Collegii ab
43' ad b« : «,Collcgiatus dominae Marzkonissae iuxta suam institutionem legat in
pot:si libros infra videlicet : Ioëtium de Consolaciont:, Alantm dt: planctu, Valt:ritm
Maximum, libros Virglii, Ovidii, Horatii, Statii, Martialis, Tibulli, Propertii. »
Voy. Bursian, Geschichte der classischen Philologie in Ileutschland, M0nchen
tmd I.eipzig, 883, p. o 9 sqq, mais surtout: D" Ludwig Gei,er, Renaissance und
|lumanismus in Italien und Ileutschland, P, erlin, 515z, p. 454-46z.
; Joseph Szuiski suppose ,Odrodzenie i Reformacya, p. z4] que Celtes avait
etc appelê par le roi de Pologne et par Callimachus pour reformer l'Univt:rsite
de Craco»ie; mais, n'aant pu rt:ussir, il aurait quittê brusquement la ville dt:
Cracovit: en 49 o. Cette hypothese a beaucoup de vraisemblance, mais ce qui etonne
,:'est le silence complet de Celtes sur cettt: affaire. Il avait l'habittde de se venger,
ch cas d'echec, par des mots peu aimables. Ce qu'il lat, par exemple, en quittant
l'Universite d'lng,,lstadt (47 - Voyez Paulsen. Geschichte des gelehrten l.nterriehts,
Leipzig, lhS_h, p. IOO.
garants du sërieux des ëtudes qu'on .v poursuivait : ce sont ceux de
Callimachus et de BrudTewski.
Conrad Ceites ne demeura pas longtemps en Pologne. lin
14,)o, il partit pour la Hongrie, off il créa une société selnblable
d'humanistes ,Sodalitas Hungarorum, plus tard, Danubiana. Tou-
iours en voyage, il trouve encore le temps d'ouvrir dans cette mùme
année 49o une « Sodalitas Rhenana. » .Mais l'oeuvre de Celtes se
heurta, à Cracovie, à l'opposition des professeurs de l'Université.
et les humanistes polonais, après avoir pel-du leur chef. furent
impuissants à maintenir et à faire prospérer sa fondation. Mais, à la
fin du XV" siècle, nous rencontrons à l'Université de Cracovie des
hommes remarquables, qui marquent bien la divelsité des voies
s'engageait l'humanisme. En 14,.l, s'inscrivait / i'Université de
(]racovie Nicolas Kopernik. que sa traduction de Théophilacte
range pawni les hulnanistes, tin 4'Y-'- nous v rencontl-OnS, parmi
]es étudiants de la Flcuité des Arts. Henri l,cbel, devenu plus tard
célèbre en Allelnagne comme humlliste, l.es humani.,,tes allenands
étudiaient volontiers à Cracovie. attirés par le riche patrici«lt de
(:racovie, qui, d'origine allemande, se sentait en communauté d'a.,,pi-
i'¢tions avec la ieunesse d'A]lemagne..\ ce point de vue, le patriciat
de Cracovie constituait un bon conductetlr poul- les idées propa,_.-êes
par Celtes. |.es premiers humanistes que nous rencontrons à
Cracovie se bornent à développer surtout la bonne iatinitë par leur
enseignement à l'Université et par leurs écrits. Tels sont l.aul-entius
Corvinus (Rabe et Aesticampianus : Jean Rack de Sommerfeld,
plut,',t grammtiriens qu'humanistes.
l.'Université de Cracovie devient, avec les premiers humanites
dtl commencement du XV|' siècle, une académie européenne, ln
15«,c, l'Université de Cracovie compte 5c,,s étudiants, recemmclt
immatricu]és, venus des pays les plus divers, l.'organisation des
Facu]tés à Cracovie ne ditlérait pas beaucoup de celle des autres
Universités d'Europe, par exemple des Universités d'A]iemagnc.
Th,ophilacti Simocati epistole morales. Cracove, 15o 4.
"-' Voy. sa biographie: par I: D' G. Bauch, Zcitschrift fur G:schicht: und
Altcrtum Schl¢siens, vol. XVII.
:' Sommrfeld, qui a commnc: sa carrière: pedagogiqu à l't'niversit: de
Cracovie, fut d'abord plut6t un professeur scholastiqu: qu'un humanist¢. Voyez ses
cours professës à Cracovi: de 14 7- 15Ol dan» le «« Liber diligcntiarum » citë ci-dessous
Son r«'le cumme humaniste /t l'L'niversit de Leipzig (i_o7-1511) a etc .xpos: par
Pauls:n, Gcschicht: des gelehrtcn Lnt:rrichts, Leipzig, bsS, p. 57 sqq.
La Faculté des arts était en quelque sorte le vestibule des trois autres
Facultés, de théologie, de droit et de médecine 1. On voit des jeunes
gens de quatorze ans entrer à la Faculté des arts ; ils y apprennent
la grammaire, les rudiments de la philosophie d'après Aristote:
ils s'exercent à la lecture des auteurs classiques latins. Quand ils
ont obtenu le grade de bachelier ès arts, après deux ou trois ans
d'Cuées, ils passent aux autres Facultés. Mais ils peuvent aussi
rester à la Faculté des arts et devenir, après deux ou trois ans,
professeurs à leur tour, comme maitres ès arts. Cela nous explique
pourquoi l'on trouve à la Faculté des arts de Cracovie des profes-
seurs tout jeunes, avant à peine "2.0 ans. Comme la Faculté des arts
était, par sa nature, le séminaire des nouvelles études classiques,
il importait beaucoup que les jeunes maitres tissent, eux-mèmes,
des études plus sérieuses et qu'ils n'obtinssent plus aussi vite le droit
d'enseigner les autres. La nécessité d'une réforme des études ;à
l'l;niversité de Cracovie s'imposa dès lors, et il faut remarquer, à
l'honneur du haut clergé polonais de l'époque, que ce furent préci-
.,,ément les évëques de Cracovie qui sollicitèrent la réorganisation
des hautes études. Nous ne connaissons pas les détails de cette lutte
des éèques de (]racoxie 131o-1524 contre l'Université, lutte où
le Pape l.Cn X donna d'abord raison à l'Université e : mais bient6t,
en 5,q, reconnaissant la nécessité d'une réforme, il nomma une
commission composée de l'archev:que de Gnesen, Laski, des
ArOques Konarski et Tomicki a Malheureusement cette tentative
de réforme des études classiques en Pologne coincida avec l'appa-
rition première de l'hérésie de Luther. Le clergé fut obligé de tourner
ses forces contre l'ennemi de l'église et ce moment privilégié,
dont les humanistes polonais auraient pu profiter, passa sans profit
réel pour l'Université. Ce fait est d'autant plus regrettable, qu'it
part l'opposition des vieux maitres de l'Université, tout ce qu'il y
avait de jeune parmi les professeurs de Cracovie rongeait son frein
1 Geigcr, Renaissance und Humanisrnus, p. 4o7 .
ï Vov. Szuiski, Odrodzenic i Reformacya 1. c. p. 13o.
-" Tomicki, l'êvdquc de Cracovic [,5a4-1535)» contribua beaucoup à la propa-
gation de l'humanlsrne en Pologne. Hosius, dans sa biographie de Tomicki (Card.
Hosii pistol. t. 1, Cracovia: 1879 , p. CLXIiI, raconte que cet dvéqu¢ entretenait
plusieurs jeunes gens polonais en ltalic. A Fintluencc de l'humanismc allemand se
raclaient donc les intlucnces italiennes. Pour plus de dctails voir Moraxvski
A. P. Nidccki, p. 31-36, et J,,z,:f l.ukaszewicz, Historya Szk6! w Koroni i v \Vielkiem
Ksi,;stie Litewskiem, Poznm, '849, t. I, p. 65.
et se précipitait vers les idées nouvelles propgées par les humanistes
allemands.
Non seulement les évèque's de Cracovie se montraient favo-
rables aux humanistes, mais la cour royale elle-mème leur donnait
son appui. Le roi Sigismond I"", bon latiniste, protégeait les huma-
nistes, qui, de leur ci»tC n'oubliaient pas leur royal Mécéne. Quand
le roi épousa, en i5i:, la princesse Zapol.va, trois humanistes
polonais célébrèrent cet évènement par des poèmes latins. (;'étaient
Paul de Krosno, Jean de \Vilica et André Krzvcki. ll.s forment,
avec quelques autres, le premier .to'rm].,e des humanistes polonais.
Le premier d'entre eux, le plus igé, est Paul de Krosno , qui,
après avoir fait ses études à l'Université de Greifsxvald. o/ il fut
recu bachelier, se fixa à Cracovie. Il mérite notre attention comme
l'un des plus anciens humanistes polonais. E 5o6. il enseigne il
l'Université de Cracovie et forme bient6t une école de jeunes
humanistes qui propagent le got des lettres classiques en P,_,logne.
Parmi ses élèves, il faut compter Jean Dantvszek Dantiscus)
Rodolphe Agricola \Vasserburgensis, Christophe Suchtenius et
Jean de \Vilica, celui de tous qui fut le plus dévoué/ son maitre.
Paul de Krosno, agité comme tous les humanistes, fit de fréquentes
excursionsà Vienne eten Hongrie. IlCira en 513, à Vienne. les
tragédies de Sénèque tla Troade, Thveste. et, pendant son séjour
à l'Université de Cracovie, il expliqua Virgile. Perse, ;laudien.
Ovide et Lucain. Il écrivait en raffine temps plusieurs petits poèmes
latins de circonstance. épithalames, panégyriques, etc. Il consacrait
volontiers sa poésie aux sujets religieux et il ouvre cette série
d'humanistes polonais qui imprimèrent à leurs euvres l'empreinte
profonde du catholicisme.
Le latin facile et parfois élégant de Paul de Kvosno mérite
les éloges que lui occordent les contemporains, tel que Coxe, huma-
niste anglais. L'éditeur de Paul de Krosno, M. Kruczkiexvicz , a
démontré qu'il était rempli de la lecture des anciens, notamment
de Catulle, de Virgile, d'Horace, d'Ovide, de Perse. de Lucain,
de Sénèque, de 3lartial et de Claudien.
Krosno est une ville de Galicie.
-" Iepuis peu, ces premicrs humanstes polonais, longtemps cnsexels dans
des manuscrits ou des editions tout fi fait rares, commenccnt à êtrc etudiês, gr/cc à
l'Academie des sciences à Cracovie, qui a entrepris de publier leurs oeurcs. On les
a reunis dans le «, Corpus antiquissimorum poctarum Polonia: latinorum usque ad
Force de nous borner . un exposé très sommaire, nous n'in-
sistons pas sur ce premier groupe des humanistes polonais:
bornons-nous à marquer, d'une part. la pureté morale de l'oeuvre
de Paul Crosnensis et de Jean de .Vi.lica; d'autre part. l'esprit de
cour et la sensualité grossière, voire cynique, de Krzvcki ,.Cricius'
et de Dantvszel« Cette grossièreté ne les empècha pas de devenir
d'adroits diplomates dans cette cour de Sigismond I «, que sa
seconde femme. Bona Sforza, rendit si brillante. Cette reine, jeune
et belle, est comme la personnification de l'infltence de l'Italie sur
la Pologne.
Bona, qui parlait couramment le latin, s'entourait volontiers
d'humanistes, couvtisans soumis, flatteurs, avides de plaire et
d'obtenir la récompense de leurs adulations. Bien que la reine Bona
ct trouvé, " son avrivée, une certaine corruption déjà établie à la
cour de Sigismond I'. c'est elle surtout qui reste responsable, devant
la postAvité, de la ruine des mçeurs en Po!ogne au XVI" siècle.
I,'indifférence religieuse s'accroissait encore par ce fait odieux qte
les hutes dignités ecclésiastiques pouvaient :tre obtenues pour de
l'argent, qui s'en allait tomber dans la caisse de Bç»na, devenue de
plus en plus avide avec l'fige. Insensiblement se préptrait dans le
pays un état moral qui devait ètve favorable aux hérésies de Luther
et de (alvin.
Mais les'humanistes grandissaient en dignité et en impurtance.
I;ricius devint, à la fin de sa carrière en 1535. archevèque de
('}nesen. Dantiscus en 1537, évèque de Varmie. Le dernier poèe
de ce premier cycle des humanistes polonais fut Clément Janicki
.lanicius. protégfi pal" Cricius. Janicki. fils d'un paysan de la
('}rande-Pologne. se distingua d'abol'd à l'école de l,ubranski,
Posen ; envoyé en Italie, il sut conquérir l'estime et l'amitié des
bumanistes italiens, principalement celle de Bonamico, professeur
l'Université de Padoue. Dans ses élégies latines, Janicki, qui était
de son naturel maladif et fi-èle, nous rappelle virement Tibulle et
Properce. tandis que, par sa nervosité sentimentale et par sa mélan-
colie, il lessemble d'une manière étrange aux poètes modernes. Ce
premier groupe des humanistes polonais se distingue par une
Joannem Cochanovium. » Deux,olurncs ont paru jusqu'& pr¢s¢nt. L'un est intituld:
,, Pauli Crosnenxis arque J-,annis ! isliciensis carrnina, edidit D" Bronisla,us Krucz-
kicwicz, Crac. ,8 7. , L'autre a pour titre : ,, Andre," Cricii carmina, edidit Casimirus
Morawski, Crac. '8,. ,,
certaine communauté du type extérieur: ils se relferment dans
l'imitation formelle des anciens, surtout des poètes romains (car ils
ne savent presque pas le grec Par cette imitation, ils acquièrent
une dextérité souvent remarquable, comme chez .lanicl, i, à manier
la langue latine, et ils excellent à verser dans le vase romain une
liqueur nationale (Iïsliciensis, Bellum Prutenum;Cricius, Reli-
gionis et reipublicce querimonia.
Cependant la Réforme se propageait en Pologne, d'abord
dans les provinces limitrophes des pa.vs allemands, plus tard dans
la Petite Pologne et dans la Lithuanie. La Réforme de Luther, qui
s'adaptait si nal au génie national polonais, aurait été vite éteinte
sans l'intervention d'une grave influence politique : la réorganisation
sociale de l'Etat. La noblesse polonaise, enhardie par toute une série
de privilèges royaux, marchait obstinément vers son but, qui était de
subiuguer complètement les villes et les paysans. Le bourgeois et
surtout le paysan polonais, relativement libres encore au XV" siècle,
ont perdu leur indépendance sociale au cours des premières
décades du XVI" siècle. Pour saisir la cause de ce changement, il
faut remonter au XV" siècle. Par la paix de Thorn en 4d. la
Poiogne reconquit l'embouchure de la Vistule. (:et accès à la mer
Baltique développa grandement le commerce des blés et des bois,
ces deux sources de la richesse naturelle de la Pologne. La culture
des terres, iusqu'alors de lnédiocre importance et proportionnée
aux besoins de gentilhonamières, dut s'accroitre rapidement pour
suffire à l'exportation des grains à l'étranger. Le chevalier polonais
se transforma en un agriculteur, dont le grand souci était de pouxoir
ensemencer de plus vastes champs et de récolter une plus ample
moisson. Il eut besoin de bras nombreux, aussi nombreux que
possible, et ne sut pas résister à la tentation d'employer les paysans
de son village à la culture des champs. Bient«',t le gentilhomme
polonais fit sanctionner cet abus par les diètes et la corvée des
paysans commença à devenir la plus grande source de richesse
d'une seule classe sociale, la noblesse. De si graves transformations
économiques entraînèrent après elles des suites remarquables : la
noblesse polonaise, qui menait au XV" siècle une vie frugale, brus-
quement enrichie, présenta l'image caractéristique d'une nation
qui se transformait rapidement sous la double inltuence de la
Réforme et de l'humanisme. Tandis qu'au XV ' siëcle, les fils
des grands seigneurs avaient seuls pu étudier à l'étranger, c'est la
masse des gentilhommes enrichis ' qui profitent au XVI" siècle de
leur récente fortune pour envoyer leurs fils aux Universités étran-
gères -. C'est en vain que le roi Sigismond I *'r défendit, en 534, à
la jeunesse polonaise d'étudier au dehors. Il fut obligé de retirer
cet ordre en 543, vu la décadence de l'Université de Cracovie,
obstinément attachée à l'ancienne routine. L'insuffisance des
traitements, qui obligeait les professeurs à chercher au dehors de
lUniversité des moyens d'existence, la pauvreté de ces maîtres,
qui, de basse extraction pour la plupart, trainaient péniblelnent
une existence misérable et ne pouwtient re&ne compléter leur propre
instruction, l'indiffé.rence de la noblesse à l'égard de l'Université de
(;racovie, qui lui semblait ètre une institution bourgeoise , voilà
les raisons principales qui expliquent comment cette Université,
si florissante encore au commencelnent du XVI" siècle, penchait.
dès le règne de Sigismond I'«, vers son déclin. L'Eat et le clergé
polonais n'v furent pour rien. Le gouvernement avait à lutter contre
la prépondérance des diètes, qui disputaient au roi les derniers
débris de son pouvoir, bient6t fictif; le clergé catholique était
absorbé par ses luttes contre l'hérésie de Luther et de Calvin, luttes
d'autant plus diciles que le clergé trouvait dans son troupeau
mainte brebis galeuse, l/horizon politique et religieux s'obscurcit
encore davantage sous le fils de Sigismond I'«, sous le dernier des
Jagellons, Sigismond-Auguste.
' Ce changement brusque des ideçs et des murs en Pologne, sous Sigismond I%
n'echappa point aux contemporains eux-mmes. L'histor,cn polonais Kromer dit dans
l'oraison funebre du roi Sigismond 1 " (548 } : « Testantur id tantae oFes etfacuitates
hominum nostrorum, tare Ola,denta cure extcrnis commercia, tantus splendor ne dicam
luxus, tanta elegantia tum in aediticiis et victu cultuque corporis tum in sermone et
moribu, quanta nunquam ante hune rege in Polonia fuit. »
-' Une transformation analoguedes conditions sociales s'est opêree en Allemagne
des Ic XV sicclc, mais ce sont les grandes villes, les bourgeois, qui en ont prolltë.
Voir .la«sse«, Geschichte des deutschcn Volkes, ol. I. et Paulse,l, Gesch. d. gel.
Unterrichts, p.
Pour prouver son bon vouloir à l'Uniersite de Cracoie et cëdant en ,nme
tclnps aux preugcs du si&cle, le roi Sigismond I" anoblit en ,53_'5 tous les docteurs,
maitres et professeurs de l'Uniersitë dt: Cracoie, en prononçant ces belles paroles :
« Satius eni,n est gcstis propriis tlorcre, quam maiortm ,»pinione uti, nec minor
nobilita et ca, qua: proprii virtutibu co,nparatur. ,,
II
Malgré toutes ces causes de décadence, l'Université de Cracovie
s'empressa d'adapter le vieux système d'éducation aux exigences des
humanistes. Nous avons conservé un manuscrit curieux qui nous
renseigne sur l'état des études classiques à l'Université de (;racovie
vers la fin du XV" siècle et le commencement du XVI . Il est
intitulé « Liber diligentiarum » c'est un registre officiel des cours
professés à la Faculté des arts de l'Université. Edité avec des
soins infinis par bi. XVislocki, conservateur de la bibliothèque de
Jagellon à Cracovie t, ce livre éclaire puissamlnent l'histoire de
l'humanisme en Pologne. Bien que le « Liber diligentiarum » ne
nous indique pas tous les cours de l'Université, ni méme tous les
cours de la Faculté des lettres, il suffit cependant pour qu'on puisse
déterminer, au moins par approximation, quel était l'enseignement
supérieur en Pologne au cours du XVI' siècle. Aristote, refondu
selon le système scolastique, domine encore, comme au XV siècle ;
pourtant, les auteurs latins classiques ne sont point rares. Si nous
nous en rapportons à l'index établi par M. "Vislocki, nous pouons
dresser la liste suivante des auteurs ]atins qui furent commentés ou
expliqués à la Faculté, de 4,q;7 à 15d3. Ce sont, en procédant par
ordre décroissant, à commencer par les auteurs les plus expliqués
pour finir par ceux qui n'ont été commentés qu'une seule fois
pendant cette longue période" Cicéron (à qui furent consacrés
cinq cours chaque semestrea, Virgi]e, Horace, Ovide, Térence.
Salluste, Valère Maxime, Perse. Lucain, Suétone, Justin, Florus,
Plaute, Sénèque, Juvénal, Tite-Live, Quintilien, Stace, Prudence,
Pline l'Ancien, Silius Italicus.
Et l'on ne saurait nier que le rang où chacun de ces écrivains
se présente dans cette liste, ni que l'importance attribuée à chacun
d'eux par rapport aux autres ne fussent établis avec justesse. L'Uni-
versité s'obstina longtemps à ne pas introduire l'étude régulière du
Liber diligentiarum facultatis artistice Universitatis Cracoviensis, Pars I.
563) editionem curavit D V'ladislaus Wslocki, Cracovke. Sumptibus Academe
Litt:rarum, 886.
grec, qui était, du reste, bannie alors de plusieurs Universités de FEu-
tope '. Cependant un cours sur Homère est annoncé pour le semestre
d'hiver de 5o4, mais il se présente dans une étrange Colnbinaison :
., l'arithmétique avec la musique et Homère "-'. » Homère reparaît
iqusieurs fois cncore et tient la prernière place parmi les auteurs
grecs commentés à Cracovie. Une vingtaine de fois nous rencontrons
dans les pl'ogramlneS des cours une ,, lecon grecque » (gr,eca leclio '.
qui 6tait prabablement un cours pratique de gramlnaire grecque.
,)utre Hamèrc, nous trouvons dans le Liber diltgentiarum les
autcurs grecs suivants: Démosthène, Hésiode, Eripide, lsocrate,
Théocritc, Théognis ct Xénophon. Mais pas un cours sur Sophocle
ct, ce qui étonne encore davantage, pas mèrne une mention de
Platon ! Serait-cc son formidable rival Aristote qui I'a banni de
{]racovie ? Du reste, le grcc ne fut jamais, pas mème à la plus
brillantc époque de l'humanisme polonais, très répandu en Pologne.
Mais le latin, qui ré.vnait souvel-ainemcnt au moyen fige dans
les chancelleries royales, épiscopales et seigneuriales, se propagea
encore davantage sous le souffle puissant de l'humanisme, en deve-
nant sculement plus classique, plus cicéronien. Toute une séric de
témoignages authentiques et contemporains nous attestent que le latin
était non seulement la base indispensable de l'éducation des nobles,
mais qu'il envahit mème les étudcs de la bourgeoisie moins opulente.
Ici encorc notre plus pvécicux témoin est lçromer, successeur de
lt.-sius à l'évèché de Varmie, l'un dcs plus distingués humanistes
polonais du XVI'- siècle, qui assista t la grande transformation reli-
gieuse et politique de la Pologne. ,, Tous s'empressent, pauvres et
riches, nobles et plébéiens, les bourgeois surtout, d'envoyer leurs fils
aux écoles pour qu'ils apprcnncnt le latin dès leur première jeunesse.
Plusieurs entretiennent chez eux des précepteurs. Aussi ne trouve-
rait-on pas. infime en plein Latium, autant de gens avec qui l'on puisse
parler latin..U6me les jeunes filles, nobles ou bourgeoises, appren-
nent à lire et à écrire, soit chez elles, soit dans les couvents, non
Par ordre de l'êvque Tomicki, un humaniste polonais, Georg¢s de Lignica,
dit I.ibanus, ouvrir Ch 5_, -a la |'aculte des arts un cours de grec ; mais s:s collègues
lUgCrent cette nouveaute dangereuse pour la religion catholique et ils tourmenterent
i'in,,rtund hcllemste tant et si bien qu'il dut quitter sa chaire. « .\b academicis
collegis suis, grecoe litteratur.e osoribus variis contumeliis probrisque laceratus arque
vexatus est. ,, Janociana, t. I, p. 66. Voir aussi Wiszniexsski, t. VI. p. 18o.
ï Liber dilig, p. ,,G : , Mgr Marlinus B¢lsz de Cracoia. Arithmeticam cure
illusica et H,)merum. ,,
seulement la langue nationale, mais aussi le latin 1. ,, Cette diffusion
du latin s'explique, selon Kromerç par ce fait que les pauvres
voyaient dans l'étude du latin le seul moyen d'embrasser la carrière
ecclésiastique ou diplomatique "-'. Kromer définit avec une grande
finesse d'observation le caractère des études supërieures de san
tenlps, quand il dit-« Quand ils curent remarqué qu'on nppré-
ciait l'ëtt, de des iangt, es, de l'éloquence et des humanités, ils
s'appliquèrent avec ardeur au n'avail, mais en v recherchant plut,',t
le profit public et pratique que la gloire a. » Observation prot;-mde
qui nous explique nettement pot, rquoi, parmi tant d'huma,istes
polonais re,narqt, ables pal" leur éloquence et iet, r habileté pc, li-
tique, nous trot, vons tant d'orateurs, ,nais si peu de savants et
de philologues.
Cette impulsion donnée aux études latines sous Sigismond l""
produisit sous son fils, Sigismond-A.uguste, Ul-le foule d'hommes
instruits et éloqt, ents. l.n mode d'étudier à l'étranger provenait.
d'une part, dt! mépris où était tombée l'Université de Cracovie.
elle était favorisée, d'autre part, par l'aisance pécuniaire des nobles.
dont nous avons expliqué les sources. Le cours rapide du temps.
l'inquiétude qui s'emparait des jeunes àmes en face de la l(éfl»rme.
le charme de l'inconnu, toutes ces forces entrainaient là jeunesse
polonaise et la poussaient vers l'Occident.
Les Universités de "Wittenber.'_,. de Leipzig. de Francfort-sur-
I'(}dcrç d'l;rfurt, de Iteidelberg. de Strasbourg, de 13tle. de |'ad, me.
de I',oiogue, de Paris, fourmillaient de Polonais au XVI" siècle, ils
firent une impression excellente sur les humanistes allemands.
italiens et français et contribuèrent beaucotlp i propager le bon
« \d scholas quidcnl et magistros mittcre marc» libcr«,s et latinis littcris
tcneram oetattllam imbucrc, omnibtls, pauperibus iuxta ac divitibus, m,bilitati ac
plcbi, oppidan,e presertim, Sttldiurn est. Mtllti paadagogos domi altlnt, ltaquc ne i,
medio quidem [.atio qtlis reperiat tare multos vtllgo, Ctlm quibtls latine tamen
possit. Ptlclhe quoque nobiles et urba,oe vol domi vol in monastcriis vcrnacula,
et I.tina lingtla Icgcrc et scribere discunt. » l»olonia..ie dt: sittl, poptalis, mo,-ibt, s...
At,tore Martino Iromero, Coadiutorc et dcsignato cpiscopo Varmiensi. Colonla:,
'577, p. 67.
-' « Bonarum litt.raruln arque doctrim" studia accuratius consectantur, impr-
mis ii, qui his praesidiis ex htlmilitate sordibusqt, e domcsticis cmcrgcrc cupitlnt, aut
qui sua, vel parentum voluntatc ad saccrdotium animtlm adiciunt. » lb. p. 7,».
: et Nunc et:rte, posteaquam anilnadvcrsum est in preti« cssc linguarum,
eloqt,cnti.e htlluanitatisqtlc studin, Ctlpide ca que»que no.tratca alllpIc,i sunt, sc,l ad
usure ci,ih'm et ,ul.,'em ,nagis, qualn ad glo,'ianl. » lb. p. ï.
renom de la Pologne. Erasme loue magnifiquement la Pologne.
cotonne un pays où fleurissent les lettres, les arts et la piété, et ce
concert de louanges des humanistes ne s'interrompt point durant le
XVI" siècle. Georges ."Z, abinus, Muret, Paul Ianuce, de Thou,
Sigonius, Joseph Scaliger, Juste lfiFse, tous vantent les heureuses
dispositions des Polonais pour les langues, leur amour pour les
humanités, leur connaissance parfaite du latin. La conscience que
l'on avait de ces faits en Pologne mème se trahit dans les auteurs
polonais du XVI' siëcle 1. I.a prépondérance du latin en était venue
au point de menacer l'existence de la littérature nationale. Le célèbre
il,,sius s'irrite de voir l)rzechowski ç)richovius', l'un des plu,
brillants latinistes du XVI siècle, abandonner vers la lin de sa
crrière le latin pour écrire en polonais
Cette foule de jeunes gens qui avaient étudié en Allemag'ne.
en France et en Italie. reenaient au pays natal transformés en
hUlnanistes. " If l'humanisme, qui sut, partout et toujours, s'accom-
noder aux circonstances, pouvait se manifester en Po]ogne, au
milieu du XVI" siècle, sous les trois espèces que voici: ou bien
l'humaniste polonais offrait ses services à la politique du temps et
devenait un orateur brillant. à l'imitation des célèbres orateurs
classiques: il prononçait aux diëtes de longs discours passionnés,
surtout quand il était sur les bancs de l'opposition hérétique: ou
bien il se dëvouait à la cause de l'Eglise catholique, alors gravement
menacée par ]es protestants ou encore il s'enfermait chez lui, tout
entier i l'ëtude de l'antiquité classique. Si nous nous rappelons la
délinition du caractëre polonais donnée par Kromer, nous dexi-
nerons facilement fi laquelle de ces trois classes devaient appartenir
., ¢uomodo Polonia humanissima non erit ? que omni doctrinarum genere
est florentissima qua: referta doctissimis iris est : pl¢na litterarum groecartm arque
latmarun. .:nisses in Poloniam, Juli (le Pape Jules 11}; tibi Polonia non terra
barbara, sed ipsa altera visa fusset Italia, culn Polonos p'o vert,2¢llO sermone
.ermonem sonate audires latinum. » Orichoii Paneg)'ricus nuptiarum Tarnovii
, o,,. .Viszniewski, t. VI, p. t 9.
z Orzechovski s'explique indirectement I-dessus dans sa petite brochure inti-
tulcc ,, Zi¢mianin » 565). (]'est un dialogue fort interessant entre un gentilhomme
de vieille roche, qui ne sait pas le latin, et son fils, chez qui le latin dèborde -à chaque
instant. L tlls questionne son pere sur un livre d'Orzechowski et lui demandg ii
'gt ecrit en polonais. « Oui, c'est en polonais. » « J'aurais prefcrê le latin »,
dit le fils.-- « Mais il est bon, riposte le vieux, que nous autres laiques puissions
aussi comprendre. Et du reste il nc faut pas que les etrangers sachent ce qui se passe
chez n,u. ,, ( )rzcchowski. Zicmia»in, dAite par M. 2egota Pauli, Cracoie, I,.';, p. I1.
la majorité de nos humanistes. Hll eflet ce sont les politiciens qui
dominent dans ce deuxième ,'rou]oe d'humanistes polonais, ce sont
des hommes comme Modrzewski, André Trzvcieski, Przvlusl, i,
()rzechowski dans la première phase de sa vie, qui est celle d't,n
pr&re rebelle. : ils fc)rment une petite société, où couvent des
ferments politiques, parfois dangereux, et qui préoccupent sa,ls
cesse l'opinion publique. Modrzewski domine ce groupe de
hauteur de son grand talent politique, de sa modération, de ses
idées sociales vraiment grandes et en avance sur son siècle. (]'est le
Bodin polonais
Très nolnbreux aussi sont les humanistes dans le camp catho-
lique. Autour de H,,sius, ce grand champion de l'l-]glise catholique,
se groupent des holnmes d'une foi ardente: Iartiq
Salnuel X, laciejowski, des évèques Mécènes, tels que Padniewsl, i et
Myszkowski, le poète Grégoire de Salnbor, enfill O,'zechowsl, i,
ce prëtre inarié, d'un si grand talent et d'un si lnédi,»cre caractère.
qui a consacré la fin de sa vie agitée à la défense énergique du
catholicislne. Vient enfin la troisië,ne classe des hulnanistes, peu
nombreuse celle-ci, mais qui nous intéresse plus directement. 'e
sont de vrais serviteurs de l'bumanisme, qui font la sourde oreille
au vacarne politique de leur temps et qui se dévouent e,atiërement
aux Cudes classiques. Par,ni eux, Simon Maricius, Adalbert N,) o-
polski, André Patricius Nidecki, Jean Kochanowski, Gr«epsl, i,
tlerbest, Jacques G,;rski, Luc G,',rnicki et quelques autres. C'est
par excellence le deuxième gr,ml.,e des humanistes pohmais. Nous
ne pouvons leur consacrer que quelques remarques rapides, d'autant
plus que leur r61e demanderait i ètre délini dans des m,,nographies
spéciales qui nous inanquent encore "-'. _Mais nous essaierons de
marquer par quelques considérations générales le caractère éminent
de leur teuvre.
(]e qui les distingue avant tout du premier groupe des hulna-
nistes, c'est la connaissance du .grec et. pal suite, une connaissance
St. Tarnowski. Pisarze polityczni XV! wieku. Tom !. W Krakowie,
p. 339-_4-'.
ï {cttc l;che est heureusement commencée par un travail remarquable sur
pires grand philologue p,,Ionais du XI" sieclc. Andre Nidccki. Sa ie -t s«m ceurc
nous sont racontes par M. Casimir M,,rawski, professeur a I'! nersite de Cracm
dans son ourage : « Andrzej Patrvcy Nidecki, jegoz)'cie i dzie;a. Cz,.-,- i. '3a--''57--',
XV Krakowie, 8.4. »
-- I4- --
plus réelle de l'antiquité classique. Xlaricius, professeur à l'Univer-
sité de Cracovie 't53,-55o, s'occupa beaucoup de Démosthène,
dont il a traduit en latin deux discours '« Sur la paix ,,. -- ,, Sur la
liberté des Rhodiens ,, . Un contemporain de Maricius, son collègue à
l'Université. Adalbert Nowopolski çNovicampianus, était en mème
temps théologien, naturaliste et hulnaniste. En 545, il annonce.
par exemple, des cours sur la dialectique et la physique d'Arist,,te,
sur l'Iliade et sur Hésiodc, sur Démosthène et |-;uclide . (;es deux
aillants professeurs, Xlaricius et Noix opolski, ont le mérite d'avoir
formé le plus grand philologue polonais du XVI" siècle, Nidecl, i.
Né en 5e'2_. après avoir fait ses premières Cudes à Cracovie, il
se rendit/a Padoue, o/a il se consacra surtout à l'Cude de CioCon.
Deux maitres-philologues, Robortello et Sigonius, brillaient alors
;'J Padoue. T,»us deux s'occupaient fort de Cicéron et des antiquités
romaines, et leur élève Nidecki hdrita de ces gots. Sigonius traita
raiment Nidecki comme son égal. {;es deux philologues échan-
.gèrent souvent leurs iddes, et, quand Sigonius préparait son édition
desfragmentsde(;icéron Venise, :,'î,,'...,il envoyait ses épreuvesà
Nidecki. qui les renvoyait enrichies de ses remarques-", ln t55,,
Nidecl, i rentra en Pologne avec le grade de docteur en droit.
l-fient(,t il publia le résultat de ses longues recherches, lesfr,wmenls
l,«,éliques de Cic&',m 56). l'out la première fois. le monde savant
recevait le recueil des cuvres poétiques de Cicéron. et, comme cette
édition lui paraissait encore incomplète, Nidecki en combla les
lacunes, accrut le nombre des fragments par des recherches nou-
velles, et les réédita en .'q64. Ce fut un travail énorme qui lui attira
les louanges des contemporains. Sigonius et Victorius, de vrais
connaisseurs de CioCon, lui envoyèrent leurs encouragements.
Sigonius écrivait à G,',rnicki, que personne n'oserait reprendre le
sujet après Nidecki. l.e célèbre Denis Lambin, dans sa grande
t!dition de (;icéron ,,5dd, consacre une mention honorable à
Nidecki. Turner, professeur à Ingolstadt, s'étonne qu'un homme
ait osé. en Pologne, entreprendre un ouvrage pareil, sine bibli,»
ilteca, sine mtmismale, sine exem,laribus Jicer,mis. En vrai hulna-
niste, il adresse à Nidecki cette apostrophe emphatique : ,, Apollo
es, non coniectator! » De nos jours encore, on a rendu un juste
' M,+rawski, X. P. Nidccki, p. s.
Ibid. p. 7 8.
hommage aux mérites de Nidecki. Charles Haire. le cëlèbre éditeur
dc Cicéron, renv«,ic les nouxeaux éditcurs des fragmcnts de icéron
« au sawtnt Polonais, Patricius », qu'il louc de sa pcrspicacité et
de son assiduité . Nidecki a composé aussi d'autres disscrtations
philologiques, telles que son « Dictator », Arude sur la dictature
che« les Romains: et ses « 31iscellanea: coniectationes ,, oh il
COlUmente des textes de Cicéron, de Tite-Live et de l.actance.
ces travaux sont perdus. Il publia encore : ,, Nota: in duas 3I. "Fullii
Ciceronis orationes, Crac. 1583. ,,
IIne amitié sincère liait Nidecki au plus grand des poètes
polonais du XVI" siècle, Jean Kochanowski. Ils s'étaient c)nnus
à Padoue vers l'an 1555 et ils surent vite s'apprécier. , (Test un
mle anour de l'antiquité qui les a rapprochés, cet amour qui
devait porter chez l'un et clez l'autre des fruits si diflërents.
l(ochnowski partageait encore les opinions des premi¢_rs hulm-
nistes, qui admiraielt, sans aucune i-éserve, l'antiquité et qui ont
mème tiché de la faire revivre. Nidecki inclinait déjà xers cette
tendance plus réfléchie, qui voulait que l'Cude approfondie du
lnolde classique allumit un nouveau foyer de vie et de civilisation
chrétiennes. Au contraire, c'était encore le c,)té sensuel du monde
antique qui parlait à I'àme de Içochanoxsl, i tous ses amours,
loutcs ses passions trouvaient un écho dans son c, eur de poète -'. ,
Il composa de nombreuses élégies latines, des épiglammes et des
vers ly'riques et s'essay'a mème à une reconstitution de la paraphra.,,c
(]icéronienne d'Aratus . (;'est par ce travail surtout que Kocha-
nowski prend rang parmi les htlmallistes, comme un digne disciple
de Sigonius. 3Iais, dans l'histoire de la littérature polonaise, il a
tin tout autre mérite que celui d'avoir été bon humaniste. !1 brille
comme une étoile de premier ordre dans notre poésie nationale et
c'est dans ses poèmes nati«,naux qu'il faut chercler son vrai génie
poétique . Toute sa poésie est parfumée de fleurs grecques et
romaines qui ne se sont point fanées, et il est admirable par ce don
unique d'ètre à la fois Polonais de c«etlr et humaniste d'esprit.
a Morawski, !. c. p. ii6. Wisznicxski, V1. I66.
: Morawski !. c. p. 6o.
-: M. T. Ciceronis Aratus. Ad Groecum cxemplar cxpcnsus et lotis mancis
rcstitutus per Joannem Cochanoviurn. Cracovioe, 979. La poesie latine de Kochanoxki
est reimprimee dans le I11 ° volume de l'edition iubilairc : « Jana Kochanoxxsl, ic.,.zo
dziela wszystkie. , \V \Varszawie, 854.
« Voyez llickiewicz» Cours de |itteraturc s|ae: t. Il p.
-- 16 --
Il nous reste à dire encore quelques mots des autres huma-
nites polonais du second ï_,roupe. Ce sont d'abord deux amis de
Kochanowsl, i, l.uc G,,rnicki et Stanislas Grzebski. G,',rnicki n'a
rien écrit en latin, luais, pat" ses traductions de Sénèque, par le tour
de son esprit, il appartient à l'hunanisme. L'autre, Grzebski, gran-
dement elimé par K,chanowski, mais méconnu par ses collègues
de l'Université, expliqua en 1. ï Délnosthènc, publia et commenta
les poèmes de Grégoire de Nazianze t Sri.z,, et fit paraitre une
dissertation numismatique sur le sicle hëbreux t 56s. Kochanowski
lui consacra une belle ëpitaphe . Deux autres humanistes. Jacques
(;,',l'sl, i et Benoit Herbest. professeurs à l'Université de Cracovie,
ont acquis une certaine célébrité par leur querelle philologique sur
la détinition de llt période grammaticale et oratoire, l.a polémique
ctait bien subtile et devait rester improductive, mais elle passionnait
les deux rivaux, qui firent appel aux plus célëbres latinistes, à
Orechowsl, i et it lçochanowslii .2. Si nous laissons de c6té cette
polémique stérile, G,',rski a fort contribué à la propagation de
l'hulnanislne à (Àacovie, oit il avait encore à lutter contre les
préiugés anciens. Herbest, chagriné par le résultat de sa polémique
avec (;,',rski, se retira de Cracovie, et entra à Rome dans l'Ordre
desJësuites I57',oit il passa ring, t-deux ans, jusqu'àsa mort.
l)es hommes COmlne 3,1aricius et Noopolski, G,',rski et
Grzebsl, i étaient l'ornement de l'llnixersité de Cracovic et leurs
noms setllS sont garants de la vitalité de l'humanisme dans l'an-
cienne ëcole des Jagellons..Malheureusement une réorganisation
coInpl/:te des Cudes classiques ne put point se produire sous le
r/:gnc de Sigismond-.\uguste. {e qui manquait alors le plus, c'Cait
Ici protection constante et la surveillance de l'Etat. Les diètes,
uniquement occupées de luttes reli.gieuses et politiques, ne se
ouciaient guère de l'Universite, l.a dotation matérielle de l'Uni-
xersité était mal administrée et mal proportionnée it l'importance
relative des t"acultés, l.a Facultë de médecine et surtout celle des
lettres étaient tout à fait pauvres ::. l.es professeurs de cette Faculté,
' ,, (}recmn te, an dicam, Grebsi facundc, Latinum,
.\nlbigo ; sermo ita crat notes utcrquc tibï.
At tu Sarmata eras, sd cuius oh os sua Graii
« ra obvcrtcbant, Ausoniique sua. ,)
Wiszni,-wski, l. . I. p. 13«»-15 7.
I.ukaszeicz Ilistora Szk,,I etc., t. 111, p. 3 7 .
m 17 --
surtout les agrégés et les plus jeunes, qui n'étaient pas pourvus
d'une prébende, étaient obligés de chercher des lecons particuliëres
et ne pouvaient pas se vouer entièrement à la science, i,e cél/:bre
(;r/ebski, si admiré pat Kochanowski, mourait presque de faim
en 5; 9 . Cet état dévlorable de la Faculté des arts, qui était,
comme nous l'avons vu, it llt fois, le vestibule des autres Facultés
et le foyer de l'humnisme à l'Université de Cracovic, ous est
attesté pat" un professeur de cette école, Maricius. Affligé de la
décadence de la Fculté des lettres, Maricius publia en 55t un
livre 2 sur l'Université de Cracovie, qui nous donne des détails
ctractérisques.
Pour payer quaranle professeurs ordinaires, qui enseignaient
dans toutes les écoles de (;racovie, on n'avait que mille florins de
l',,logne. {;erre somme, selon la juste remarque de .Xlaricius, n'aurait
pas suffi, en Italie, pour payer un seul professeur. Aussi les profes-
seurs étrangers, qui sont appelés à (;racovie, « p]aignet-ils
patvreté des étudiants, et s'étonnent du vide de nos éco]es.
faute en était atssi aux professeurs, .X|aricius le reconnait franche-
ment. Il v en avait qui se souciaient beaucoup plus de leurs titres
honorifiques et de l'argent que de la cience et du bien des élèves.
i';n admettant, sans choix sutfisatt, un grand notnbre de maitres
aux chaires de l'Université, on abaissait le niveau des cours. Il
ett été facile de remédier à ce mai : il fallait restreindre le nombre
des maitres, n'appeler que de bons professeurs et leur donner
des traitements en rapport avec leur mérite. C'était le droit et
le devoir du gouvernement de s'en occuper. Aussi est-ce direc-
tement le roi et son gouvernement que Maricius vise, lorsqu'il
parle sans détours, vers la fin de son livre, de « l'incurie des chefs
de la république :». »
Douce ans après les plaintes de Maricius, de nouxeaux repro-
ches rappellent à la nation le triste état des choses, l(ochanowski.
I.ukasz,-wicz, Historya Szk,,! ,tc., t. I. p. 63.
-' Simonis Maricii Pilsncnsis, de Scholis sou Acadmiis libri duo. Craco la. IXlILI.
: Maricius s'adr,-sse h son ami H,'rburt ,1] ces wrmcs : , iX, an, si cgo dctcri«,ra
cdidi, quam volui, et tu minora hab,-s quam spcrasti, illud fortass¢ utcrqt*c cons¢-
quc»ur tt hortando, cgo scribcndo, ut aut rot annis ncglccta: Acadcmi, i,llll tandem
succurratur, aut quivis facile pcrspiciat, non pra:ccptorum vitio Ilorcm nostri G) nlnasii
dcllucrc, scd caIMtum rei publicw cullt, a. qui ncscio quomodo oiamcm propcmodum
g) mnasiorum curam abicc¢runt. »
dans son poème polonais ,, I.e Satyre » ,563', où il censure
plusieurs des ices de ses compatriotes, leur rappelle aussi leur
de oirs sacrés envers l'Université : ,, Je ne puis comprendre pourquoi
ous préférez envoyer vos fils en Italie ou en Allemagne, alors quc
ous a ez chez vous des écoles où autrefois venaient les étrangers...
Xlais les maitres vous paraissent des rustauds ! Bien s0r ils de ien-
dront ite des grimauds, si vous leur prenez encore le peu qu'ils
,rot... Xlais que la dignité ait sa récompense cbe/ vous, et, je vous
ch réponds, vous rendrez os écoles égaies i leurs Sorbonnes.
I-2nfin. dépensez pour vos enfants che/ vous aut«nt qu'à l'étranger,
et vous verre/que tout I»adoue v accourra 1. ,,
Nochanowski parlait avec toute autorité, car il avait longtemps
Ctudié i Padoue et à Paris, o(l il avait pu admirer Ronsard.
avis d'un spectateur impartial aurait dth faire réfléchir la noblesse.
Mais. plongee dans les luttes politiques elle n'en eut pas le loisir.
11 etait plus facile d'envoyer son fils à l'étranger, que de délibérer
sur cette grave et importante question de l'éducation des générations
futures. Mais il faut dire aussi que le moment où l'Université de
{ ;racovie sentit le plus profondément le besoin d'une réorganisation
complëte, coïncida avec l'heure où se £osèrent de hautes questions
politiques et ecclésiastiques et la plus gra e de toutes, à savoir, si la
l'ologne devait rester catholique ou non. Coïncidence f/cheuse, qui
emp¢cha l'humanisme d'accomplir, en Pologne, la plus belle tàche
qu'il efit pu se proposer, la régénération des hautes études. Aprës
Sigsmond-Auguste, vint le roi fugitif. Henri de Valois, qui. pendant
.,,on court séjour en Pologne, eut de tout autres soucis que celui
,.le l'lniversité. Son successeur fut le grand roi, Etienne Batorv.
{'est sous son rëgne inoubliable qu'avec toute la Pologne l'Uni-
versité reprit aussi une nouvelle vie. Xlais. avant de parler de cette
dernière tentative pour ranimer l'l-niversité de Cracovie il nous
faut parler d'abord d'un homme qui fut le bras droit de Batorv et
qui montra, d'une manière éclatante. de quelle force créatrice
l'humalaisme était capable, s'il tombait sur tin sol fertile.
K,l, Chan¢_,wbk. \\',J. pomnik,_,'«c, t. 11, p. »4-
III
En parlnt du second groupe des bunl¢ni.,,tes polonlis.
avons avec intenti«,n omis le non de Jean Zamovsl, i. !1 m6rite
notre attention toute particulière, mme dcns cette esquisse rapide
«r c'et le seul humanitc polontis qui it eu l'audace et 1 force
d'accomplir ce que tout un siècle avait été impuissant it réaliser " il
réorganisa l'enseignement classique..lean Zam-vsld. qui est devenu
Grand Général et Grand Chancelier de la Couronne, a comncnc
et a fini sa carrière comme humanistc.
Né en i551 selon d'autres en 154oE, sa premibre éducati,n
lui fut donnde à (2helm. oÙ s,,n pèrc dtait castellan. Tout jeune
encore , il fut envovd Ch France. off il passa quelque temps
cour du dauphin, plus tard l:rancois 11. laib bient;,t, fatigue de
l'oisiveté de la cour, au grand étonnement des courtisans, il quitta
les plaisirs pour les Cudes sdricuscs . l)humanismc dtait lors, à
Paris, i son apogëe et le icune Polonais pouit respirer fl pleins
poumons l'airde la Renaissance francaisc. Un c-ntenporain.
biographe, nous dit ; que Jezn Zamovski dtudiait à Paris lilleras
hnmoni«,'es oFnd l.e«,de,,rittm o Qtterctt, l'el'ttm l?amttm. . Id'io-
tttm Turm,bttnt, qu'il apprit le grec sous Ren6 Guillon. la phil,-
sophic sous Jacques (ihalpentiev, les mtthématiques chez Jean de
Penna. Rien qu' entendre ces noms illustres de Pierre
et dr Turnèbe. nous voyons que Zamovski étudiait au c61brc
Collège royal, fondé par Francois I"". Retenons bien ce lotit,
sur lequel nous aurons à revenir dans cette biographie de .lcan
Zamovski.
t R. Hejdcnstcin, I)c vita Joannis Zamc»iscii, t,6. Rcimprirnec dans
,, Collectanca vitam rcsque gt:stas Joannis Zamoyscii illustrantia cdidit Ad. Fit. cornes
de K,.cielec Dzialylski, Posnani,e, 86J. ,
« Se plcrisquc admirantibus ac retinentibus, ab aula ad scholas, ab otio ad
laboren b a purpura ad pallium» a deliciis .qulicis ad pulvcrcs scholasticos ultro lugissc,
relicta igitur aula Dclphini in scholis Lutcti,e se abdidit. ,» Ileidenstcin, I. c. p. 7-
' Paprocki, Hcrby t:d. Turowski p. ,60; et lSurski, (ratio ftmebris, 6o6:
« Erat Gallia ttam plena doctissimorurn irortam, in quibus illa lumina ftlcrunt :
Adrianus Turnebus, Dionysius Lambinus, .lacobus iarp«ntarits, Pctrus a Pcnna,
qui et quanti I)cum immortalcm iri! ,,
-- 20 --
Remarquons attssi que, précisément pendant le séiour de Jean
Zamorski au {;ollègc français, le roi Henri II s'occupa de rdformer
lliniversitd de Paris. l.e 7 i anvier 557, Henri Il nomma une
c,,mmission chargée de procéder à une cnquète et de proposer les
rdf,,rmcs les plus utiles et les plus urgentes it opërer dans i'Uni-
vcrsite de Paris ..\usi, d/:s sa première ieunesse. Zamovski fut-il
frappé à la lois par la splendeur du Collège et par une certaine
ddcadcnce de la Sorbonne. ,, |21le a perdu l'influence politique
et religieuse qui fitisait autrefois sa grandeur... L'Université,
endormie dans ses traditions sëculaires, se montre d'abord rëfrac-
taire a la Renaissance ; elle rcsiste it l'admiration et i l'enthousiasme
qui se manifeste auto,or d'elle pour les auteurs grccs et latins. Il
faut que Francois I " in.titue et organise le ollège royal de France
comme un refuge assuré et pr,,pice pour des dtudes que l'Univcrsitë
.,,,bstine it proscrire -'. ,. Ce contraste de i'l'niversitd et du Collège
r,,val se grava prot;,ndément dans la mëmoire de Zam,, 3 ki, COlllille
nous le verrons plus tard.
Zamovsli resta quatre ans en France et ce fut sur l'ordre de son
p:re, devenu hérdtique ', qu'il se rendit i l'école célèbre de Jean
Sturm. a Strasbourg. dans un milieu protestant. Jean Sturm était
al,»rs bien connu comme le réformateur de l'enseignement secondaire
Ch lqance et en .llemagne . l;ette rét;,rme consistait en une étude
plus rationnelle de i'humanisme. Elle se basait sur la grammaire.
,uiviede la dialectique et de la rhCtorique. Sturm divisa son gym-
ha e en neuf classes, dont sept se rapportaient itl'enseignement secon-
daire, et les deux dcrnières, a l'enseignement supérieur. Son gymnase
n'trait pas encore, au temps du séiour de Zamovski. une académie au
rai sens du mot, mais c'était une ecole excellente pour y apprendre
le bon latin et i'cloquencc pratique, l.e but principal de Sturm dtait
de fi,rmcr des hommes d'état eloquent% et il v réu.sissait i merveille,
si l'on en juge par le concours énorme d'étudiants qui lui venaient
I "Unirsite de Paris et les Jesuites «X, 1" et XVII' si/:clcs}, par A. Douarche,
l'ars 8bs, p. _'_, et smv.
Douarchc, ibidcm.
,, Rcocatus a patte, qui tcmporum illorum fato divcrsa rcligionc infcctus,
in ;crmania etiam crsari illum xolcbat... » ilcidcnst¢in, I. c. p. g.
t'b. Schmidt, La vit: et les traaox de Jean Sturm. Strasbourg, 855. -
I' L. Kùckclhahn, Johanncs Sturm, Strassburs erster Schulrcctor, I.cipzig :7 OE. --
l'aulscn, I. c. p. '4, sqq. -- ;laudc Baducl et la rcf«,rmc dcb ctudcs au XVi" sictlc.
par \1.-.I. G,tufr.» Pari» ',;,,, p.
de tous pays. Français, Italiens, Anglais, Allemands, Polonais,
Danois, tlongrois, Boh6mes accouraient chez lui. l.e gymnase
de Sturm jouissait encore en 15xE de sa pleine renommée :,, I.c
, mars 15,":, le jeune comte polonais Jean ç)stror«',g prononça un
discours public pour exprimer sa reconnaissance it l'Acadëmic de
Strasbourg, où il avait fait ses études; il dit en parlant de Sturm :
« C'est l'homme que la France contemple, que l'ltalic admire, que
l'Angleterre, l'Ecosse, le Dancmark, la Hongric. la Bohème entou-
rent de respect et d'affection ; c'est lui. dis-je, que tant de royaumes
réclament, que l'Europe entière se dispute. Demandez aux jeunes
gens laborieux des nations étrangères pourquoi ils ont entrepris
les fatigues d'un long voyage, auquel jamais ils n'auraient songë
Ils diront que c'est pour voir Sturm et pour suivre ses lecons.
Demandez-leur qui les a attirés? {'est Sturm, oui, c'est
répondront-ils tous. Quel bonheur pour moi d'avoir pu jouir de
son aspect ! Plus heureux encore d'aoir pu entendre ses paroles
Dans cette foule énorme d'étudiants qui se pressait au gymnase de
Strasbourg, on voyait aussi bien des protestants que des catho-
liques "-'. Car Sturm s'occupait avant tout d'études classiques, et.
loin d'6tre un théologien protestant fanatique, il ëtait surt«»ut
humaniste. Comme l'a très bien dit M. Franck d'Arvert-;: ,, l;ne
pédagogie protestante, telle qu'on peut la concevoir, serait celle
qui, soit dans l'enseignement, soit dans la direction morale, ferait
incessamment appel à l'initiative de l'Cève; son jugement, au
sentiment de sa responsabilité personnelle. )r rien de semblable
dans l'oeuvre de Sturm. qui est celle d'un humaniste. C«,mnc
beaucoup d'autres de son temps, il ne croyait pas, en passant i la
I,éforme, sortir du catholicisme, et. malgré ses déboires il caressa
jusqu'au bout la chimère d'une réconciliation entre les deux ffactions
de l'Eglise chrétienne. ('est un trait qu'il a de commun avec la
plupart des humanistes , qui. en adhérant i la Réforme. v appor-
tèrent un grand esprit de modération, de « latitudinarisme » et
inclinèrent toujours à vivre en paix avec les savants qui ne parta-
= (Iratio Joh. comitis ab Ostr,»rog recitata, cum disc¢ssurus \rg¢ntina publicc
Acadcmie valcdicerct. Strasb. 5,. Voy,:z Schmidt, I. c. p. a 7.
: KOckçlhahn, I. c. p. 33.
. L'Hmnanisme c la Rëforme a« XVI et a« XI II sii'cle. Revue internationale
de l'enseignement, publicc par la Soci¢tc dt: l'enseignement supcricur. Cinquicmc
anne¢, N ° 7- Paris, 885, p. 6.
Par exemple avec blodrzcwski Ch Polognc.
geaient pas leurs convictions religieuses, mais qui communiaient
avec cu' dans un mt3me anaour des belles-lettres. »
(:ommc nous l'avons déia remarqué, Sturm enseignait surtout
l'cloqucncc d'apras les modèles classiques grccs et romains. (Test
sns d,»utc au gymnase dc Sturm que le icune Zamovski acquit
Ic goùt de l'éloquence et développa ces grandes facultës orat«,ircs
qui, plus tard. ont fait de lui un Periclès polonais. (;'est chc/
turm aussi qu'il continua ses études de grec. commencées à Paris.
Il rcï_,rettait souvent plus tard de n'avoir pas plus approfondi la
conaissance de cette langue- Cependant, mme sous ce rapport,
son séiour il Strasbout'g ne fut pas sans un certain profit .
Il quitta Strasbourg vers l'an 5;,-,, pour couronner son
cducati,,n par un séiour sur le sol antique de l'Italie. Padoue
uttirait alors les humanistes par sa brillante et riche l'niversité, oit
deux aillants maitres, R,_,bortello et Sigonius. enseignaient les
humanités. Padoue retentissait de leurs querelles littéraires et
icrsonnclle, au moment mèmc où Jean Zamovski x arriait.
i"rAs»é de l'attitude grossière de l+obortello. Zamovsl, i se rapprocha
t«,ut dc suite de Sigonius et prtt ouvertement parti pour lui. l+,ient,',t
il sut s'acquérir la sympathie générale de ses collègues et fut élu
recteur de l'I'nixersité de Padoue. Il a rendu mémorable son
rcctorat pour avoir publié les statuts dc l'Université : « Deconsti-
tuti,,nibus unir. gymn. Patavini. I"atavii t54. ,,
I.'intluence de Sigonius sur Zamovski porta bient;,t ses fruits.
l'artageant le goitt de Nidecl, i pour <;icéron, il l'aida dans ses
recherches sur les fragments poCiques de l',rateur romain: en
m(.'me temps, il étudiait très sérieusement les antiquités romaines.
Dès t53 il termina son <eux re: « De Senatu Romano ,,, qu'il
dédia à .XIvszkowski. <]e travail est si parfait et témoigne d'une
crudition telle que. plus tard. on s'est étonné qu'un jetme homme
de vingt-deux ans ait pu l'écrire. Mais ce fut seulement après la
mot-t de Zatnovski qu'on osa le soup+conner de s't3tre approprié le
travail de son maitre. 5igonius. Comme si Sigonius n'efit pas
protesté tout de suite contre ce plagiat infme! Ce pieux men-
songe, dont la source est peu claire -+. a été refuté, de nos jours,
\taxime autem oratoriis exercitationibns per id tempus se dedit. » Heidcns-
rein. l. c. p. 8. -- -' Ibid,
Thuani Hist. t. x,, -,ionioe AIIobrogum, 63. Lib. CXXXIV, p. 73 D et
'.. il. Lib. L\ Il. p. 96,; AI3.
par les recherches de Bandtl, ie. de 3laciej,xxski. de 3lorawsl, i
et d'autres
En nlme temps que Zamo3"ski u-availlait à se faire un nom
parmi les humanistes, il ne résista pas à l'inttuence du milieu
catholique où il se trouvait. |1 étudiait profondément les Përes de
l'Eglise et bicnt3t il renonca au protestantisme pour rentrer dans
le sein de l'Eglise, et resta jusqu'à la fin de sa xie un fcrxent
catholique e. Son contact continuel avec des admirateurs de l'anti-
quité et de l'organisation politique romaine, son séiour sur le sol
classique exercërcnt sur Jean Zamovski une inttuence décisixe.
l.es historiens polonais reconnaissent dans son activité politique
une certaine tendance à'imiter la constitution romaine. Mais son
ff»le politique n'est pas de notre comp¢3tence. Nous ne considCrons
en Jean Zamovski que l'humaniste: encore ne pr¢3tendons-nous
pas épuiser la matière.
Après son retour en Pologne, Jean Zamovski se voua cntiè-
rcment au service public. Il rétablit l'ordre dans les archives de
l'Etat, contribua beaucoup l'élection de Itenri de Vaiois, et lit
partie de l'ambassade polonaise envoyée t Paris pour saluer le
nouveau roi ?'. Parmi les engagements auxquels I fcnri de , aioisavait
souscrit se trouvait celui de restaurer l'lSniversit6 Ch appelant des
savants du dehors. Iette condition venait, sans aucun doute, de
l'initiative de Zamovski. tTest lui qui, son retour de l'étrangcr.
s'était aper.cu du mauvais état de cette école, jadis si florissante.
Mais, simple secrétaire du roi Sigismond-Auguste. il n'avait
osé demander ouvcrtemet la réorganisation de l'Université. 11
avait attendu. Aussit¢'»t que l'occasion se présenta, qu'il se sentit
plus fort et plus connu, il mit cette condition au nombre des enga-
gements du nouveau roi. Aussi veilla-t-ii ;: ce que son idée frit mise
Ch pratique. Comme il était encore en France avec l'ambassade
Bandtkie, Otwarcie szkoly nauk prawa i admini»tl-. Wal-szawic, 8. --
Maciejowski, Pi«miennict o polskiç. Tom I I, \Va'szawa, 55:, p. l l »- t let. -- .M«,ra ski,
A. I'. Nidecki, p. o 4,
" Ileidenstcin, I. c. p.
- Thuani I-list. Lib. I.VI, p. «»56 FF, 957 . De Thou est rc»pli d'admirati,n
pour les ambassadeurs polonais : « Ex ils omnibus nullus non l.atini scrm«,nis pcritus
erat; plures ltalice et Gcrmanict: loquebantur; quidam ctiam tare concinn,: «;allica
voces proh:rebant, ut «d Sequanam potius .tut I.igcrim, quam ad Vistulam aut Bor)'s-
thenem nati ,,'idçrcntur, ludot'e interim aulicis litterarum n,»n tantuln rudibu.-,, scd...
qui interrogati ab hospitibus suis erubcsccre et »tutu tantum rcsponJ,:re c,ag¢bantuf..,
-- 2 4 --
polonaise, il écrixait (octobre 573" il Paul 3,lanuce. son alni du bon
temps de Padoue : ,, Puisque. durant notre interrègne, on a mis
cette condition, que le roi restauriLt l'Académie de Cracovie par des
f,,rces étrangères, je voudrais prendre des renseignements auprès
de toi sur les hommes célèbres dItalie, qui, à ton avis, pourraient
x enir il t;racox le 1. » Malheureusement le nouveau roi ne resta pas
asse/ longtemps pour exécuter la pensée de Zamovski. Vint le roi
itienne Batorv, homme d'action, plein d'idées grandes, et qui
,cirait les faire triompher. Il s'intéressa tout de suite " l'Université
de ;rao»vie. Energique comme il l'était, son premier acte consista
, mettre fin aux troubles et aux désordres continuels des étudiants,
qui attaquaient impunément les pr,testants. Le roi interdit sévè-
rement ces abus. Bient;,t il eut l'occasion de prouver sa bonne
xch»nté à l'égard de l'l'niversité.
Au sx node de Piotrk,',w mai 1577 ,. les évëques aaient décrété
une stbvention annuelle fixe pour l'Université de Cracoie, et
priaient le roi d'aider pour sa part la vieille école-. Bathorv, qui se
trouvait alors au camp. près de Dantzick, déclara qu'il avait déjà
SOlaé iL faire venir des hommes illustres de l'étranger pour ranimer
l'Univer.sité. (;omme on le voit, l'idée de Zamovsl, i allait se réaliser.
Zalnovsl, i. qui était dëjà vice-chancelier de la Couronne, garda les
relations les plus intinaes avec Batorv, et l'initiative du vice-
chancelier, dans l'allaire de l'Université, trouva un bon accueil
auprès du roi :. Ce qui prouve encore davantage que l'initiative
venait de Zalnoyski, c'est la lettre royale datée du OE juin 1577, où
l'on troue les paroles suivantes : ,, Nous avons cru qu'il nous
o)nvenait de créer à {racovie un ;ollège royal. à l'exemple du
gymnase royal (;alnbraisien. fondé à Paris par le roi Francois I « . ,,
(;'est l'ancien élbve du Collège royal de France qui parle dans
cette lettre du roi Batorx. C'est Jean Zalnoyski, qui croyait que le
M¢,raw»ki, Kierunki duchowc za Batorgo, dans la Rctae litteraire « Biblio-
teka ,arszawska ,,, fi:sri,w I,91 , p. 00.
' Wincnty Zakrzcski, Stcfan Bat«»ry, Przcgl..d historvi iego panowania,
w Krakoxic I,'5,57» p.
tlcidcn»tcin, I. c. p. 33-4: ,, I t doctissilnos quosqne homines maximis
tipendiis propositis ex ltalia acccrserct, Rcgi persuaserat, facilem alioquin ad banc
rein Rcgcm nactus, ut qui non modo cure in Transx Ivania adhuc essor, aliquot doctos
homincs accierat, vcruln ita etiam a iitteris ali¢nus non esset, ut ne inter arma
quidem eas d.sererct. ,,
laxxin»ki, 2r,_,dla Dzicjowc, t. IX, p. 77-
h -_5 --
meilleur moyen de rajeunlr l'l'niversité de Cracoie était de lui
donner une rivale, de créer, Cracovie. une école d'humanisJe.
dirigée par les célèbres savants étl'angers : luret, Sigoniusç
Ursinus, Bellarmin, Grégoire de Valence et d'autres, l.e plan
de Zamoyski était magnilique, radis l'exécution se bris
deux obstacles s6rieux l'un provenait des professeurs, l'autre, des
s«,upons du haut clerg6, qui cFaignait que le n,»uc;lu t;oll6ge ne
devint toutit fait indépendantde l'Eglise et qu'il ne servir d':lsile
aux protestants. Quant atlx professeurs, plusieurs 6talent prêts
it partir pour la Pologne, notamment Muret. Mais le
(;,'égoirc XIII retint ce dernier, augmenta son tritemcnt et lui
d6fendit de quitter l'Académie de Rome. )n retint de
Fulvius Ursinus à Rome et Sigoniusà Padoue. Quelque ann6es
après, iatory, pFlant de ses eltbrts pour appeler les hunaniste
italiens, diszit au P. Posscvino - ,, ;ome essi vogliono
uno scudo in Italia che dieci in Pologn:, nessuno si cra
]IaVCF. »
Cependant on aurait pu appeler des hommes, mins célbres.
s:ns doute, que Muret et Sigonius. mais bons professeurs, si Ic pl:n
de Zamovski n'avait soulexd une certaine répugnance d:ns Ic parti
cccl6siastique, le caFdinal l losius avertissait du danger 1"6v8que
de Cracovic, Myszkoxxski. qui étroit chancelier de l'Unixersit6.
Le 3 décembFe 577 il lui 6crivait ,, qu'après avoir examiné le
Collège de France, il 6tait persuadé que les pr«fcsseurs du
enseignaient, 6taient ind6pendants de l'autorit6 de l'Unixersit6 de
P:ris », et en mme temps il rappelait au Nonce apostolique, Vincent
Laur6o, quc du Collège du roi Francois 1'" 6taicnt sortis plusieurs
hér6tiques. L'éx dq ue Mvszkowski partageait complètement l'opinion
du grand CaFdinal. Certes, ces craintes de 1 tosius et de 3lvs/I, oxx ski
étaient imaginaires ou exagérées, si l'on considère les noms des
humanistes qu'on voulait appeler, et le catholicisme irréprochable
des initiateurs, Zamoyski et Batorv. N6anmoins ces apprëhensions
althiblirent l'énergie du roi. qui. ne pouvant réaliser l'id6e dtt
Collège de Polognc, transporta sa force créatrice en ldthuanie, off
il établit, en 57, l'Académie de Vilno.
Cependant le projet de cr6cr cette nouvelle 6cole et d'x appeler
de célèbres professeurs, qu'on espérait encore trouver à l'ëtFangcr.
réveillait l'Université de Cracovie de cet engourdissement quc
Maricius constatait encore en 55. Jacques G,,tski. Cu plusieurs
fois recteur de l'Universite, touiours actif à propager l'hutnanisme.
fit adopter ses idées par la Faculté des lettres, qui décréta en 57.,
un ordre concernant spécialement les humanités, « Humaniora
studia ,,. et adoptant un vaste plan de cours sur les classiques
l.ectiones humaniores. ()n devait lire et commenter dorénavant à
la Faculté des lettres de l'l'niersité de Cracovie les auteurs grecs
et latins que voici :
;omme auteurs latins : Toutes les oeuvres de rhétorique de
;icéron et de Quintilien, des discours choisis de Cicéron, ses épitres
et ses Tusculanes, les euvres de Tire-Lire. Salluste. Cé:.ar, Tacite.
les poésies de Virgile et d'Horace, des morceaux choisis d'Ovide.
les comédies de Térence et celles de Plaute ,, selectiores »), les
satires de Perse et de Juvénal.
omme auteurs .,.a, recs : Homère. Hésiode, Euripide, Pindare.
Aristophane. Xénophon. Fhucvdide. Hérodote. Démoqthène et
! socrate
.ette décision de la Faculté des lettres de Cracovie semblait
ann,ncer une période nouvelle de l'humanisme et de la renaissance
des études. Il n'en fut rien. Les meilleures décisions n'aboutissent
à rien. quand les hommes manquent pour les exécuter. Et les
hommes manquaient à la Faculté des lettres. C'est ce que G,;rsl, i
lui-mème était obligé de constater dans son apologie de l'Université
de (iracovie -'. qui d'un c«',té ttétrissait l'ignorance des professeurs et
l'insolence des élèves. et d'autre part montrait la gravité des fautes
de la société polonaise, qui lésinait sur l'instruction publique chez
clic. mais dépensait d'énormes sommes pour les Universités étran-
.ères. Jean Zamovsk[ fut assurément très chagriné de ce pitoyable
état de l'Université, peut-ëtre fut-il mëme découragé par l'oppo-
sition inattendue du haut clergé polonais, mais il n'abandonna pas
son idée de ré.e, énérer l'enseignement supérieur. Nous le verrons
plus loin.
En attendant, il ne demeura pas oisif. Il était. nous l'avons
dit. le bras droit du roi Etienne, qui le nomma chancelier de la
Couronne et Grand Général de l'armée polonaise. Vinrent les
grandes guerres de Batorv contre Ivan le Terrible. le grand-duc
Statuta nec non liber promotionum philos, ord. in Unir. stud. Jagellonica
ab a. m4.-' ad a. is4, ) cdidit Joscphu Muczkowski, Cracmioe. 15t9, p. LXXI-LXXIII.
Apologia Jacobi G,_,rci pr,J acadcmia Crac.'.iensh Cracoioe.
de ,loscou, guerres t jamais nlémorables, vr,ies luttes de la civili-
satiota occidetltale contre la perversité bxzat3tine. Le roi Etienne et
Jean Zamo'ski en sortire3t vainqueurs, couverts de gloire. Ire roi
méditait déjà le vaste projet d'une guel-re contre les Turcs qui devait
aboutir à tout un remaniement de la carte de l'Europe. Sixte-l.tlint
.soutenait ces projets par ses immenses trésors. La nation polonaise,
enthousiaste de son roi, était pr,te / le suivre partout, quund.
l'improviste, la mort frappa ce coeur vaillant et noble. Il mourut
le t'_, décembre t S,qG, ce coi étranger, qui « avait épousé la Répu-
blique polonaise, dont le désir unique était de la rendre forte et
glorieuse . ,,
Jean Zamovski se trouva alors au comble de la puissatce.
Assez fort pour mettl-C la couronne royale sur sa propre ttte, il
préféra la donner t un autre. Il choisit le neveu du dernier
Jagellon, le prince royal de Suède, Sigismond. Zaluovsl, i espér:lit
devenir le tuteur n;turcl de ce jeune prince, qui devait la couronne
rox'ale t ses efforts et £t sa fameuse victoire sur l'autre pr6tendant.
l'archiduc 3laximiliel3. Mais Sigismond llI méconnut les grand«
uérites de Zamo.xsld. Des divergetaces s'élevèrent entre le ieune rc, i
et son Chlncelier, la suite desquelles Zamox-sl, i se retira de l:t
cour, pour rentrer dans son Tusculul, la ville de Zamo.:. C'est
alors que reparut en lui l'humaniste. Quand ses différends politiques
avec le roi Sigislnond III lui curent ;té l'espoir de toute entreprise
plus haute, il sc décida t montrer du moins t sa nation conlent
o1i devait, narine comme simple particulier, serf, il-la cause publique.
Il prit la résolutiota de créer une Académie avec ses propres
ressources. Je suppose que cette idée généreuse lui était déjit venue
'el's l'an l S,_qo, c'est-it-dire en mèllle temps qu'il fondait la ville
de Zamo.¢,: e. 3|:is les charges dr la politique, qui n'étaient pas
petites sous Bator3-, les expéditions contre Ivan le Terrible, plus
tard la tenp6te de l'élection qui suivit la mort de Batorv retal'-
dèreat l'exécution de ce plan hardi. ('e n'est qu'eu I5,13 que n,,us
trouvons des données précises sur l'organisatiola de l'.\cadémie
de Zamo«:.
' Mickiewicz, Cours de littêrature slave, Ii. p.
:' I»ans le po/:me latin dr Klonoxxicz .'cernus], intitule
troue le passage sui»ant :
,0 Dicitc Russorurn felicia pascua .liais,e...
Dicitc, quod surgit c,:lo arridcnte Zalnoscum
Dcite, nanl i,obis nascitur illa A,_,mus. »
. Ioxolania.,
Si. en 1577. Jean Zamoyski concevait le plan d'un Collège de
Pologne à l'imitation du Collège de France, c'est qu'il espérait
que toute la nation lui donnerait son appui matériel. Instruit par
l'expérience, renfermé dans le cercle étroit de sa propre fortune,
qui, bien que princière, n'aurait pas suffi à soutenir une Université
complète, Zamovsl, i modéra ses désirs, ne pensa plus ni au Coliëge
royal de France. ni à des célébrités telles que Sigonius ou Muret.
Il dut tout naturellement penser à une autre Académie, qu'il avait
x ue dans sa jeunesse et off il avait vécu en élève très appliqué.
Ce gymnase de Sturm, à Strasbourg, dut lui servir de modèle
modeste pour son Académie de Zamo«,:. t-;n elt'et, si nous regardons
de près le plan des études de l'Académie de Zamoa¢: t, tracé par
Zamoyslii, nous sommes frappés de l'analogie qu'il présente avec
les principes pédagogiques de Sturm. l.a division de l'Académie de
Zamo;«: en huit classes rappelle beaucoup le système de Strasbourg
l'importance que Zamoysld attribue, dans son Académie, à la gran»
maire. à la rhétorique et à la dialectique est tout à fait la mème
qu'au gymnase de Sturln. Le noble but que Sturm se proposait.
celui d'élexer de futurs citoyens, hommes éloquents et capables de
bien servir leur pa3s, éclate plus clairement encore dans le plan
de Zalnoysl, i. Il lle copia pas servilement le plan de Sturm, il le
développa, le modifia selon les exigences de l'époque et selon les
nécessités spéciales de la Pologne. Le reproche qu'on fait souvent
à Stum d'avoir trop latinisé ses élèves et d'avoir négligé la langue
aternelle des étudiants, ne pourrait pas s'appliquer i Zamovsi, i.
Tout son plan d'études tend à un seul but : élever de bons citoyens
' « I»ans la prcmiere classe on apprendra les elements de l'enseignement
moral et. commeneant par le ,olonais. les elements de la grammaire latine et grecque.
lans la deuxième, la morale, la syntaxe et la prosodie des dites langues. Ilans la
troisicme, les rudiments de la rhetorique; on enseignera traduire et ia expliquer
les amours loolonais, grecs et latins, on dtudiera la sphcre, l'arithmetique, la geometrie
avec des cxpëriences pratiques, et la logique. Dans la quatriëme, l'histoire nalurcllc,
la physique et les sciences medicales. Ians la cinqui:me, l'histoire génërale et
l'éloquenee. Le professeur d'eloq,ence est tenu de proposer touiours h ses Ce, es des
sujets qui aient rapport aec la Republique 'polonaise); il devra rechercher les
causes des changements dans les gomernements et il t'fichera de les comparer avec
l'histoire de notre pays. Ilans la sixieme, les professeurs de morale enseigneront les
devoirs de l'hmnmc et du cito)cn, llans la septi/:me, on expliquera le droit gdneral.
Imans la huiticme, on enseignera le droit pol«mais, les statuts, les constitutions, les
I,is de chancellerie, les difl'erentcs categorics de tribunaux et les manicres de juger. »
Lukaszewicz. |list. Szk,,I, t. 111, p. 335.
poloais, des hommes instruits et capables de servir leur patrie.
l,'Académie de turm était essentie/lelnent internationale, elle
devait former des humanistes éloquents l'Académie de Zamo.é
était essentiellement polonaise, et, bien qu'il réservfit, dans son
plan, une place éminente aux lettres classiques, il ne perdit pas de
vue ce grand principe" « Non schole sed viue. ,, Outre ce plan
d'etudes, une autre affaire, non moins importante, occupait alors
Zamovski, c'était le choix de professeurs pour son Académie. Toute
une génération nouvelle d'humanistes polonais pullulait al,«'s
en Pologne. La plupart d'entre eux étaient connus du C, rand
Chancelier comme poètes latins. ,Mais ce ne sont pas des poètes
qu'on cherche pour une Académie. Zamovski avait besoin d'hommes
ieunes, sérieux, bons travailleurs, et en m)me temps assez modestes
pour vouloir venir à Zamo;é.
Il choisit d'abord un homme de confiance, qu'il chargea de
trouver quelques professeurs pour le ,, gymnase ,, de Zamo,:. (;et
homme de confiance était le plus grand humaniste polonais de la
fin du XVI' siècle, le poète dejà célèbre en Europe, Simon
Szymonowicz '.Simonides', dont nous parlerons p!us amplement
tout à l'heure. I)ans une lettre datée de Zamo:«:, le 2 lnars 513.
Zamovski annonce à Szvmonowicz son désir de fonder l'Acaddmie :
,, Je voudrais fi»nder une ,, scholam civilem ,, d'oÙ sortiraient
des holnmes qui vivraient pour augmenter la gloire de |)leu, et
pourraient servir S. M. le Roi et la Rdpublique. Je ve,us pric
donc dt: vouloir bien me recommander des personnes propres à
cette tàche. Pour le moment, qu'on en ait cinq pour les disciplines
indiquées sur la feuille ci-jointe. Ils auront des logements trë
convenables dès cette année, et j'ai l'intention de faire sortir de
terre un grand Collëge. Je prépare aussi des maisons pour loger
les enfants qui viendront étudier. »
Quelques niois se passèrent, et le 7 septembre 593 bzx mo-
nowicz était à mairie d'annoncer au grand Chancelier le résultat
de ses recherches. Trois professeurs se déclanlient prets 21 partir
pour Zamo;d- c'étaient Jean Ursinus, Laurence Starnigcl et
Une correspondance tres int,ressant- entre Zamoyski et Szinonoxicz est
conservcc à la bibliothdqtm des comtes Zamoyski. Auguste licl«,ski, Ic cnerabl
edit¢ur des « Monulncna Polonim hisl«»rica », a public cette c«rrcspondancc dans son
travail excellent intitule « Sz) inon Szymonoic », et imprime dans les Mcmoires de
l'Academie des sciences de Cracovie {V)dzial Eilologi¢zn), t. 1[, p. io5 et suivantes.
3lelchior Stephanides. Szymonowicz attestait, par une lettre à
Zamoysl, i, que c'étaient « des esprits relnarquables, appliqués,
rassis, versés dans les deux langues latine et grecque '. ,, Sz.vll"lo-
nowicz parle encore de trois autres candidats, Schoneus, Bursl, i
et Fabien Birkowsi, i. « Il y en a beaucoup, ajoute-t-il, mais il rie
in'a pas semblé opportun de placer les premiers venus dans ces
chaires, cal en patientant, on pourra se procurer de lneilleurs
maitres. J'ai la ferlne espérance, malgré la rareté des holnlnes de
grand talent, que ce n'est pas le rebut qui remplira le gymnase
de Zalno;;t:. » Zamovski établit aussi une imprimerie à Zamo.,:.
(2est encore S7vlnonowicz qui prit le soin de trouver un fondeur
de caractères, de règle,nenter l'orthographe de la future impri-
inerie, etc. . Après avoir assuré l'existence matérielle de l'Académie
par des legs spéciaux, et sa position inorale par le COllsentement
du pape (;lément VIII, qui la déclara l'égale des autres Urivel-
sités a, Zamovsl, i publia, en 5: 4, une proclamation à la nation
polonaise, dont nous reproduisons en note les plus beaux passages
dans le texte original, n'osant pas gtter, pal" Ulm traduction, les
fortes paroles du chancelier humaniste
L'Acadélnie de Zalno;«: aait étë inaugurëe dès 3,.t4-, inais
son f«,ndateur, qui la perfectionnait encore et qui l'avait, sans
doute, ouverte avec fort peu d lees. ne se hitait pas d'obtenir
l'approbation «;flcielle du roi .qigismond 11I. ('est seulelnent au
milieu de l'année ;co que Jean Zalnovsi, i rédigea l'acte d'érection
de l'.\cadémie de Zamo;«:, qu'il soumit t la sanction royale.
Bielowski, I. c. p. 6.
Ibid. p.
: l,ukaszewicz, Hist. Szk,,l, t. II1, p. 33.
* ... ,, l"go ero lubens fate«»r, cure mihi facih: persuasissem nihil :ss: in vita
magn«pere :xpetendum, nisi laudcm, honestau.m, bonum publicum, studiis me roture
dcdidi. Ilaec adolcscentiam mam alcbant, sencctutem oblcctabanl, secundas res in
.cllis curulibus ornabant, adversis pcrfugium et solatimn pracbebant, in bcllis con-
Icicndis r,:gebant, in paetis foederibusque condendis informabat, ... pcrnoctabant
mecum, peregrinabantur, rusticabantur. Quodsi hoec vox studiorum hortatu pracccp-
risque conformata, quamum ;ires sinebam, et patriae meae charissimae ampliando
notoire, et vobis, concies m¢i, saluti, et mihi honori fuit. Cur non cgo tandem
sludi,)rum iam scrio calcandam obis esse moncam. Si mihi tare dives arca essor,
ex qua omncs cire ditarc possem, dilatera } Nunc veto, cure recta libcrorum institutio
«mini auto pretiosior, huius p-r:nnem f«ntcm ap.'rio vobis academiam, unde eam
Mil vestri altatin haurire poterunt.
lpsc m«,,lum doccndi, pse nstrurnentum autorum scientiarumque prolegen-
darunl pracscrbam, praclmiam. )d cnim c,», .lui cure banc sciant innnita esse artiunl
Sigismond III confirma la fondation de l'Académie de Zamo,d
le 3 septembre o
Zamovski se voua tout entier à cette «euvl'e de prédilection.
Nous avons conservé là dessus bien des détails curicux, dans une
relation du temps, qui est parvenue jusqu'à nous. Au cours d'une
mission diplomatique, en .3:d;, Boniface Vanozzi s'arrCta deux
fois à Zamo.d et voici ce qu'il nous raconte : ,, Il v a dans cette
ville de ZamoC une Académie publique o, l'on enseigne toutes
les sciences et o l'on donne le grade de docteur, sauf pour la
théologie; on y trouve aussi un séminaire pour 30 élèves pauvres.
Ils sont entretenus, nourris et vttus aux frais du Chancelier, qui
tdmoigne en toute cette entreprise d'un esprit vraiment noble et
magnifique... ()n remarque de l'esprit chez les étudiants et il
donnent de grandes espérances de devenir d'excellents sujets.
(]hancelicr les visite souvent, les examine lui-mème et se prësentc
in«pinémcnt it leurs examens. Souvent il leur fait jouer des pièces
de rbCtre, dont le sujet et tiré le plus souvent de l'histoire
fontaine. )n ne leur donne que la matière, qu'ils développent eux-
racines en latin, se chargeant d'imaginer l'action et le dialogue... ,,
curricula, quibus aetas nobilis ingcnii magis luditicatur quam informatur, quac non
tare fructum solidum, quam aniloquam affcrunt obtcntationem, dt:tire_rit tamcn in
iia iucntutcm : quo prat:tcxtu : I)cus iudt:x et indcx vidt:bit. \nnos eius, spcm
patriac, cxpectationcm gent:ris, sumptus parentum furantur. Quemadmodum pr,)i-
dons agricola non quaevis st:mina tcrrae micit, st:d quac utilt:m p¢,tius fructum
prontittunt, quam quat: pulchrum, quat: agrum ft:cundant potius, qtlalll exossant :
ita circumspectus prat:ccptor nt:qut: ils disciplinis adolescentiam discipulorum cur«c
suac fallcrt: dcbct, quac plausibile tantum dccorum affcrant, scd quae itam lPotius
quam linguam forment ; ncqut: id quod docet ad disct:ntis solum utilitatcm dcrivarc
tcnt:tur, scd ut patria cius fructibus suos fructus mctiatur, cius ornamentis sua
ornamenta ad inviccm communita lat:tctur... ,
«Approbatio ercctionis Univcrsitatis Zamoscensis. » Dans son acte de fonda-
tion, soumis au roi Sigismond III, Zamoyski dcveloppa encort: le plan des ctudt:s dt:
/.antan,-. Il etablit dix chaircs h son Acadcmic, il cite les auteurs grt:cs et latins, dont
il dcmandt: l'explication ; entrt: autres, pour ne nommer quc les grecs, il exige qu'on
lise les tragt:dit:s d'Echylt:, de Sophocle et d'Euripidt:, les histoires d'Hcrodotc et
de Thuçydidt:. -- « Dis¢ipuli extrt:mo anno examinabuntur et ingcnii exhibebunt
specimina, scripta sua tare »crsu quant soluta oratione propont:nt, disputabunt,
declamabunt. Actionum Romanarum et Atticarum formam reprat:sentabunt, ac maxime
iudiciorum senatus, concionum, comitiorum, convcnientesque huic instituto ctt:rum
orationes et conciones et contrarias, quat: in vt:tt:ribus libris non t:xtant, a se conccptas
memoritcr rt:citabunt. » Le mt?me usage etait en vigut:ur au g3"mnase dt: Sturm.
Voyt:z dans KOckelhahn, 1. c. p. 26--' 9, le chapitre intitule : « Rccitationes» concioncs.
declamationcs, disputationes, t:tc. »
,, Le Chancelier a constitué une bibliothèque très bien orga-
nisëe et très considerable, qui possède surtout des livres grecs et
armëniens ; on v trouve aussi de rares et intëressants inanuscrits.
tes livres n'ëtaient pas encore classés; je les ai vus dans des
bahuts. Il v en a beaucoup et ils sont bien reliés i. ,,
I.'Académie de Zamod fut vite connue dans toute l'l-urope
»avunte. Scaliger en parle en termes élogieux et il parait que ce
grand philologue était en relations avec Jean Zamovski, qui
voulait orner sa bibliothCque d'acquisitions rares: « Il ma cscrit,
dit Scaliger, que je luv envovase mon lexicon Arabe: c'est une
demande légère -'. » Mais, bien que Iét2ère, cette delnande prouve
pourtant le grand intérèt de Zamovsl, i pour les sciences qu'il voulait
propager L son Académie. le (hancelJer entretenait aussi un
commerce de lettres avec le savant humaniste hollandais, Jean van
der l)oes, seigneur de Nordwvck, plus connu dans l'histoire de
l'humanismc sous le nom de Dousa. Il était en mme temps poète
et philologue et sa grande ërudition lui alut le surnom de ,, Varron
hollandais. » E 575. Jean Dousa fut nommé premier curateur
de l'l'niversité de l.evde. Les lettres que nous publions ici jettent
quelque lumière sur les relations amicales qui s'établirent entre
l'humaniste hollandais et le fondateur de l'Académie de Zalno,:.
Jean Dousa eut quatre fils: Jean. doué d'un grand talent, qui
mourut très jeune et dont la mort atHigea beaucoup Zamovski
lettres III et IX." :, Georges, qui fit 'a Constantinople un voyage
dont il a publié le récit, accompagné de diverses inscriptions.
rccucillies dans cette x ille-;: Thierrv. qui fut pendant quelque
temps l'h6tc de Zamovsld . et Vrançois. qui publia les fragment»
du poète romain Lucilius Levde. 5, 7 . Ce sont surtout les
frères Georges et Thierry I)ousa qui nous intëressent ici, à
cause de leur voyage en Pologne, et parce qu'ils furent tous
V. Zbi,,r Pami, tnik,,w Histor'ycznych o daxvne) Polszcze... przez .I.U. Ni«m-
ccwicza. T. II, Warszava, 82-,, p. 2"ZT, 263, -.64.
: Scalig¢rana, Thuana, Perroniana, etc., ed. par l»es Maizeaux, Amsterdam,
74«,, Tome II, p. 624 .
' G«orgii Dousa: de itinere suo Constantinopolitano epistola, Lugd. B»ta-
, orUlll 139o.
On lui doit : Georgii Logothetae Acropolitae Chronicon Constantinopolit.,
en grec et en latin, fi L«yde, ItJl 4. Son frer: Georges avait rapporte le manuscrit de
cet omragc de Contantinoplc. où il avait acquis les restes de la bibliotheque de
;corgcs ;antacuz:n,:.
m 33 D
deux à Zamoé. Georges Dousa, en revenant de Constantinople,
visita Jean Zamoyki et, gagné par le grand charme du Chan-
celier, il lui consacra plus tard, dans sa relation, plusieurs pages
èloquentes I. Onze ans après, c'est son frère Thierr.v qui, àgé de
?. ans, vient en Pologne poul" prendre part it l'expédition de Livonie,
en «» (lettre V). L'année suivante il était obligé de quitter la
Pologne, et il prit congé de Zamo.vski, son grand général, dans ute
lettre pleine de reconnaissance et d'éloges pour le Chancelier et
pour la Pologne .
A cette époque, en effet, l'humaniste Zamovski fut obligé de
se transformer plusieurs fois en grand général de l'armée polonaise.
l.es expéditions en Valachie et en Livonie l'empchèrent
de se consacrer librement à son Académie et ses études..Mais,
mème parmi le bruit des armes, il n'abandonnait pas les livres.
En pleine campagne, il s'occupait de saint Augustin et de Donat.
l.e vieux primat de Pologne. Karnkowsli, archevèque de (nesen,
s«)ucicux de l'issue de la guerre, se iaignit que le grand général
écrivit des grammaires et perdit la République . Mais bient«,t il
dut courber la tète devant le ,,énie de Zamovski x ictorieux.
.'î_
Atrès l'expédition de Livonie, dès qu'il eut un moment de
libre, il revint à ses chères études. Il livra ses notes, le fruit de ses
recherches, / un professeur de son Académie, Burski, pour que
celui-ci rédigeàt et complétàt ses Cudes sur la dialectique des
Stoiciens . Il vivait au milieu des humanistes polonais, palmi
ces professeurs qu'il estimait et appréciait. (in lui demandait
un jour pourquoi il n'avait pas d'acteurs ni de musiciens à sa
cour de Zamo:. Il fit cette noble réponse « Les professeurs de
Je n'en citçrai ici que quelques mots : ,, Ft hic Hcros non sem:l in discrirnen
vitac se coniccit, ut suac hdci cornrnissos a luporurn rapacitatc vindicarct. )ptinle
cogniturn habct, quarn pcrsonarn sustineat : ideo ornncs eius conatus eo spectant, ut
patriac suae inserviat, privata cornmoda publicis pc, sthabeat. In singulis dsiplinis
ira e:c:l[it, ut totam aetat:rn in studiis trivisse videatur. Viros hlnatioribus littev]s
cxcultos quanta benevolcntia proscquatur ex ItiFpeo .lIusis et litterarum studiis ab
codcrn cxstructo .'atis constate arbitror. » De itin. Constantinop., p. 83 sqq.
-" « Postquam enim in Poloniarn veni, vidi quae pulchra, audivi quac utilia,
didici quae ad degcndarn vitam nec«ssaria, instituta et rnores gentis egregiae, forli-
tudine incomparabilis, usu et natura bellicosae. » Voir la note de la lettre V[.
: « Grarnmaticarn scribit, Rcrnpublicarn perdit. » Heidcnst., p.
« « Dialecticam etiarn Stoicorurn, etsi sub a[i:no norr6ne, sua cdidit ,
Heidcnst., ibid.
i'Académie sont mes musiciens et l'imprimerie est ma musique x. » Il frappait par son énorme érudition et sa connaissance profonde
du latin on le nomnlait « une bibliothèque vivante '-'. » Le déclin
de sa vie fut serein et beau. Le renom de général invincible
retentissant dans toute la chrétienté, l'estime profonde de ses
contcmporains, particulièrement des humanistes, qui voyaient en
lui, non seulement un Mécène, mais, ce qui vaut mieux, un digne
rival, une influence ënorme et sans égale sur ses compatriotes, tels
furent les fluits de sa vie laborieuse. Dieu lui permit de oil-
réalisé le grand désir de toute sa vie : la fondation de cette école
d'humanisme en Pologne, de cette Académie qu'il aimait à l'Cai
d'un enfant unique.
l.'hommc qui avait su mener à son gré trois élections de rois,
qui avait remporté des victoires aux quatre coins d'un grand royaume,
ce grand politique et ce grand général, se sentait, avant tout. huma-
niste, et il était heureux quand il prenait non I e I ce, mais un livre.
(;'est pourquoi tous ceux qui. en Pologne. aspiraient alors "a de
nobles fins, tous ceux dont les pensées s'éle'aient vers l'idéal dc
l'homme ct du patriote, s'attachaient à Jean Zamovski. Ce n'ebt
pas par accident que les plus illustres noms de la poébie et des
lcttres poionaises au XVI" siècle, sont liés à celui de Jean Zamovski.
l{ocbanowski, Nidecl, i, G,;rnicki. Klonowicz, S_vmonowic, Gro-
chowski, Joachim Bielski, Cieklilsld. Zbvlitowski, Heidenstein.
voilà toute une lignée d'humanistes dont Zamoyski fut le protecteur,
l'ami, l'inspirateur, l.es cinq mille gentilshommes polonais qui
entourèrent son cercueil en d,,5. semblaient nc pas dire adicu
seulement au grand homme, mais à la gloire m?me et à la force
de la Pologne au XVI" siècle.
« Quacsitus aliquando, quar huius loti atque ordinis homo, quod plerique
omnçs faciunt, nullos thm,-licos et s)mphoniacos hab,'rct, respondit : Acad,-micos
prof,-ssor,-s suos s) mphoniacos ,'ssc, tvpographiam vcro »uam es»,- rnusicam. ,, )ratio
luncbris in anmv. dçpobilionis 3oannis Zamoscii, etc., ab .damo Bursio, .cad. Samosc.
l'r,)f,-ssore, A. D. ,6o,. Voir Coll,-ctan,-a vitarn rcsq. gcstas J. Zamoscii, cte., p. -o.
« Quicquid enim a Graecis v,-I a Latini ingniis gr,'gium et doctrina scien-
tiaquç dignum literarum monumçntis proditum ,'st, nihil est, quod ille non "ideri',
lcg,'rit, planequc pcro'perit, scd ,-tiare tenacissime meminerit. In quo tantus fuit, m
sa,-penum,-ro nos ipsos in rubor:m daret, qui assidu,- in libris habitant,-s nocturna
atqm: diurna manu scripta doctorum ersabamus... , Bursius. I. c. p. 95 et t97.
-- 35 --
Joseph Scaligerdit, en parlant de Zamoyski . llade braes
hommes en son :\cadémie. entre autre un Sim,,n Simonides qui
cscrit fort bien '. , (;et éloge de Scaliger, qui d'ordinaire di,tribuait
plus largement le blàme que la louange, prouve que l'humanistc
polonais dont nous allons parler/.t présent se distinguait avattagc-
bernent parmi ses compatriotes.
comme il s'appelait de son vrai nom. Simon Szvm,nowic]. e+t un
des plus grands poètes latins du XVI' siëcle et un des grands noms
de l'humanisme polonais. Qttelle fut donc sa carrière littéraire
Il naquit it l.w,',xv "-' en 55,R. Son père, qui jouissait d'tne
honndte aisance, avait fait ses études à l'Université de
il avait pris le grade de maitre /:s arts. Il donna une excellente
éducation à son fils Simon, qui. dès sa première jeunesse, vit dans la
maison de son père une sr, ciété choisie de savants. Agé de , ans. il
subit les épreuves du baccalauréat à llniversité de <;racovie d/:s
cette ëpoque, il composait de beaux vers latins. 11 fit un panëgyrique.
,, Divus Stanislaus ,, à la gloire de saint Stanislas, évèque. et son
beau talent poétique attira l'attention du professeur G,',rski et dtt
célèbre prëdicateur Sokol,»wsl, i. <-In doit supposer que ces deux
hun+anistes dtendirent leur protection sur le ieune poëte, mais con
ignore quelles furent les vicissitudes de l'éducation de S]vm,mox icz.
lJn biographe anonyme nous racome que Sz3monowicz p+tss.a
quelque temps en Italie, puis en l-'rancc, oh l'attira la gloirede
Scaliger. Ce biographe prétend mème que S]vmonowic] frëquenta
le célèbre philologue francais et qu'il avouait volontiers plus t.trd
devoir tout ce qu'il était à Scaliger +. Ces dites du bic_,gr.tphe
anonyme ne doivent ètre acceptés que sous réselre. 11 serait bicn
ëtonnant que Szwnonowicz. qui a exprimé en des poèmcs latins sa
t2ratitude envers tant de maitres et de bienfaiteurs; efit oublié de
remercier son grand maitre Scaliger ! D'autre part. la mention que
' Scalig,'rana ,-tc. ddit. Des Maizeaux, t. I1. p. 624.
Ldopol, Lemberg en Galicù:.
: Bidowski, I. c. p. lo 7 : « cuius (Scaligcri consuctudine immortalitcr plane
tutu oblectatus, post«a tantum se dCbcre Scaliscro per totam vitam protltcbatur ut
quicquid cssct, huic dixino xiro ," in accçptis ter, dcbcrc id,-ntidcm dic.r¢t.
-- 36 --
Scaliger fi, it de Szvmoncwicz est si concise (« un Simon Simonides,
qui cscrit fort bien ,,, qu'éidemment Scaliger connaissait l'huma-
nite p,,Ionais plut«',t par ses ëcrits qu'en personne I
Quoi qu'il en soit, il est s,r que Szvmonowicz fit d'excellentes
etudes dans sa jeunesse, et qu'il étudia, non seulement le grec et le
latin, mais aussi, selon la illode des humanistes, la jurisprudence et
la médecine. Après avoir fini son éducation, il demeura à I,w(,w,
chez son père, où il doni3a probablement des cours privés. Il fut
toujour.,, de complexion frèle et délicate, ce qui nous explique
pourquoi il n'embrassa jamais tlrle carrière publique et plus active.
lb3 3s'3. il publia un petit poème latin« l:elagcllum livoris, ,, off
il Iletrissait l'ignoble jah,usie qui totlrmentait les rivaux de .lean
Zam,,vski. Sans connaitre m3COle personnellement le (]hancelier,
S/xm,,nowic/ admirait déjà se grandes vertus. Plus tard, alors
que la haine des factions politiques empoisonnait l'existence de
Zamovsl, i, S/ mon«,wic/, partisan des nobles desseins du (han-
coller. Ccrivit dans son amertume à so3 ancien professeur et ami
Stanislas Sol, oh_,wski « Si n,»us avions en Polo.e, ne l'usage de
l'ostracisme, on exilcrait assurément Zamovski et nous serion
perdus ! »
Szymonowicz, qui composait lentement et qui suivait trop
consciencieusement le précepte d'llorace ,, nonum prcmatur in
al31atlffl ,,. publia, Sctllement en 5,"; 7. un drme latin" ,, {]astus
.I,»seph. » Les tentationsde J,_,seph;qui fournirent le sujet de tant
de drames au XVI' siècle, sont mises en scène par Szvmonowicz
avec beaucoup d'imagination et une certaine originalité.
surtout le caractère de la femme de Putiphar, Jempsar, qui eat
tracé avec art. Jcmpsar nous apparait conme une femme passionnée
et malheureuse, frCle et malade, qui excite plut& notre sympathie
que notre mépris. Deux ans après, un nouveau succès de Zamoyski,
qui venait de repousser les Tarares de la Russie Rouge. inspira à
.q/x mon,,x icz un joli poCme latin, intitulé Aelinopaean ,.iZ,roç m,.,dr,
chant lugubre. Après quelques autres petits poèmcs de circonstance
qui suivirent, il faut noter sa paraphrase en vers latins des pro-
phëties de Joël. Il dédiacette paraphrase au Pape ClémentV[I[.
' On a pretçndu que Scaliger fit un voyage en Pologne avec Montltlc en 57_,.
Scaligcr n'est jamais venu en Polognc. Il se preparait à ) accompagner Montlu¢,
quand la Saint-BarthdCm) lui lit abandonner son dessein. Voyez : Joseph Justus
>caliger ,,gn Jacob B.rna)s, Berlin ,55, p. 4 ï, 44.
qu'il avait connu personnellement quand ce pape était encore nonce
apostolique (Aldobrandini en Pologne. Ces trois ouvrages poCiques
surtout, « Castus .loseph, ,, « Aclin+,paean » et « Joël prophcta
rendirent illustre it l'étranger le nom de Szvmonoxxic], modifié en
Simonides. Quand Georges l)ousa fit son vo 3 age it Constantin<,plc,
il s'arrta exprès Léopol pour prdsenter son hommage à Szymo-
nowicz t. Les relations de Szvmonowicz avec la famille de Dousa
s'établirent probablement après cette visite qu'il recut de Georges
Dousa. Nos lettres (III, V, VIII. attestent que ces relati,,ns étaient
bien cordiales et qu'elles ne se bornaient pa it ces phra>es banales
dont les lettres des humnistes abondent si souxent.
Nous avons dit plus haut que 5zvmonowicz prit part
fondation de l'Académie de Zamo,:. Zamoysl, i, qui depuis long-
temps ne perdait pas de vue notre poète, t«»uché de la belle podsie
de Szymonowicz, contribua it le faire anoblir en 5,,, et letraita
depuis en ami. (In a vu qu'en q3.. Zamox ski avait charge Szx mo-
nowicz de trouver quelques bons professeurs pour la nouvelle
Académiede Zamo,:. Peu après Szxnonow[cz I'infirma qu'il en
avait trouvd trois dont les noms seuls décOlent des humanistes
l'rsinus, Starnigelius et Stephanides. Il nomme ensuite Bursl, i et
Simon Birkoski. Si nous citons encore "Fhomas Drezner. nous
aurons les noms du tr,sième ,r,p,e des humanises poh,nais.
Szvmonowicz brillait parmi eux comme le plus grand poëte de
l'dpoque, mais il ne fut ialllais professeur fi I Acadcme de Zamos,-.
Scal[ger s'est trompd Iorsqu'il a dcrit le contraire- ce qui est
vrai, c'e»t que Szvmonowicz dtait le reprdsentant intellectuel de
l'Acaddmie de Zamo«: devant les humanistcs dtrangcrs et qu'il con-
tribuait, par cette influence rot]te morale, it son bon renom. Ursinus
et Drezner, tous deux professeurs de Zamo«,:. axaicnt dtd ses élves
particuliers, les autres furent choisis par lui; sa profonde connais-
sance des lettres grecques et latines nous est garante qu'il ne
se trompa point dans son choix. {;'est surtout Bursk[ qui rdalisa
pleinement les espdrances de Szvmonowicz. Il travaillait conscien-
cieusement à Zamo«,: et plusieurs manuscrits, conervés à la biblio-
thèque des Comtes Zamoyski, attestent son assiduitd. e sont des
' « Huic urbi plurimum me deberc fateor, quod hic cran Simonc Simonidc
hospilium et amicitiam contrahcrc licucrit. Qui ir quanto orchcstrae plausu Parnassi
collera institcrit e scriptis cius cditis» Aclinopacanc videlicct et caslo Josepho tutu
Jo/lis paraphras satis sttpcrquc constarc arbitror. ,, (3. Dousa, d itincr (,,n-'.
cours de philosophie et ses dissertations sur Denvs d'Halicarnasse
et Thucvdide 1. Le plus grand travail qu'il ait publié est : « Dialectica
iiceronis ,, ..Samosci, 15c,4, ouvrage extrdmement rare auiourd'hui,
qui fut rédigé, comme nous l'avons dit, d'après des notes de Jean
Zamovsl, i . L'autre pr«,fesseur engagé par Szymonowicz, Jean
Ursinus, commenca sa carrière par la iublication d'une grammaire
latine, qu'il Adira l.éopol, en 5,2. Zamovski l'envoya ensuite
] 'ad,me, Oit il apprit la i11édeci ne potlr pou vol r l'enseigner il Zamo,«:.
Il publia en do un traité de médecine intitulé: « De ossibus
bUlllanis. »
_Mais ënumérer tous les travaux scientifiques des professeurs
appeles par S7vmonowicz à l'Académie de Zamo;«:, st:rait entrer
dans l'histoire de cette Acadëmie, or telle n'est point notre intention.
|'ne monographie sur l'Académie de Zamoa« serait une «,:uvre
i part, importante, et qui manque encore. Qu'il nous sultise
d'indiquer le mérite qu'eut Szvmonowic! de choisir des hommes
savants et studieux. (omme le l'ai dit. ces professeurs de Zamo,,:
f,,rment, si l'on v ajoute quelques poètes latins, le troisième, et
disons-le tout de suite, le dernier" ,.-r,mt, e des humznistes polonais.
)utre ce groupe rallié par la main énergique de Zamovski et menë
après sa mort par Szvmono icz, on rencontre encore at_t XVI l' siècle
quclques humanistes, quelques poètes et historiens latins, mais
cparpi]lés et non conduits par une idée maitresse commune.
]e troisième groupe d'humanistcs p,-,]onais offre ce trait
particulier de se composer en grande partie de pédagogucs.
CColld groupe renfermait des poètes et des philologues Nidecki.
K,_,chanowski ; le troisième se distingue aussi par de bons poètes,
mais ce sont surtout des pédagogues, dont le meilleur type est
lustement notre Szymonowicz, qui lui donnent sa marque distinctive.
Par la mort de Jean Zamovski ce groupe d'humanistes perdait
son puissant protecteur, comme l'Acadëmie perdait son bon génie.
.Xlais S/vmonowic/, une fois sorti du chagrin profond oit la mort
de Zamovski l'avait plongé, ne perdit pas courage, n'abandonna
pas l'idée de l'illustre fondateur de l'Acadélnie. Il travai]lait avec
ardeur à l'éducation de l'héritier du nom et de la fortune du feu
chancelier, le jeune Thomas Zalnoyski, et. en mCme temps, préoc-
Voir sur Burski l'article consciencieux de M. T. ,qwi&:rski, dans l'encyclopédie
pcda.tzogique : Enc)klopcdja x.Vvchoxaxcza, "I. Il, p. 378-384.
\. J. Lipsius, t,cnt. \. :7-
cupé de l'avenir de l'humanisnle en Pologne, il cherchait parmi les
jeunes gens qui étudiaient à l'Académle de Zamo.,: les humanistes
futurs. Il trouva bient6t un jeune homme qui promettait beaucoup.
En idot mourait Marc Sobieski, palatin de Lublin, grand ami de
Jean Zamoyski, et très estimé par le roi Batorv pour son courage
incomparable. Au lit de mort, ,larc Sobieski confia son fils Jacques
à Szymonowicz, suivant en cela l'exemple de Zamoyski, qui nomma
aussi Szvmonowicz précepteur de son fils unique. Szwnonoxicz
s'attacha bienff,t au jeune Sobieski, qui étudiait à l'Académie de
Zamo.¢é. Mais, comme nous l'avons vu, cette Académie, si elle
pouvait donner un fondement solide à l'éducation, n'était pas enc,re
complète et ne pouvait sucre aux talents plus précoces Aussi
Szvmonowicz se préoccupa-t-il de bonne heure de savoir où il
enverrait Jacques Sobieski quand celui-ci aurait fini ses études à
Zamoé. Il ne tarda pas à résoudre ce doute. C'était la France qui
durant le XVI siècle et au commencement du XVlI' tenait le
premier rang dans l'humanisme. Après le premier enthousiasme des
humanistes italiens du XV" siècle, qui, ravis de la beauté formelle de
la littérature classique, n'avaient fait qu'imi/er les auteurs anciens.
une période nouvelle s'ouvre efi France au XVI" siècle. Des huma-
nistes comme Budé, "Furnèbe, Lambin, Joseph Scaliger et d'autres
se mettent / étudier la malière et le lexle classique -. Aprës le
ravissement sensuel produit par la beauté extérieure, par la forme
et l'harmonie du style classique, le temps, plus calme, est venu des
analyses profondes du texte et de la richesse réelle de la vie antique,
qui était cachée dans les oeuvres grecques et latines. L'[talie passa
le sceptre de la recherche philologique à la France, comme plus
tard la France devait le passer aux Hollandais.
Quand Jacques Sobieski partit pour achever son éducation
l'étranger, .qzVnlonowicz, son tuteur moral, lui indiqua colTlnle
maitre un humaniste francais, qui fut incontestablement le plu«
grand philologue de son temps : lsaac Casa«b,m. Scaliger vivait
encore, mais il était déjà sur le déclin de sa vie et reconnaissait
ouvertement la supériorité de Casaubon a. Né en 55p, it GenS:ve.
pesque en mème temps que Szymonowicz, Casaubon commenca
« Sublimioribus ingcniis alcndis satis non sumus. » V. lettre Vlll
Jacob Bt:rnays, Joseph Justus Scaligcr, 855, p. 5-B.
a « Casaubonus doctissimus. Eo eius discipulus, gustum habeo rerum sed
non doctrinam. C'est le plus grand ho,rime que nous avons en gr« ; le luy ccd:
est doctissimus omnium qui hodie vivunt. » Scaligcrana,
de bonne heure ses travaux philologiques. En i5,q3, parut son
premier ouvrage- « Notae ad Diogenis Laërtii libros » et de ce
moment il ne se passa pas une année sans que Casaubon publiàt
quelque travail philologique. 11 commença sa carrière pédagogique
en qualité de professeur de l'Université de 3Iontpellier .5,96', mais
le bruit de son énorme érudition parvint à Henri IV. qui l'appcla
en 5,_,. a l'Université de Paris x. L'opposition catholique emp6cha
que (asaubon, huguenot ardent, obtint une chaire t la Sorbonne.
l tenri Il'. qui l'appréciait beaucoup, le nomma d'abord sous-gardien
de sa bibliothèque, ensuite, en o4, bibliothécaire, avec les appoin-
tements annuels de 4c«, livres, l'activité de Casubon était extraor-
dinaire. Entre 5,o et fio il publia avec de grands commentaires :
Aristote, Théophraste, Diogéne laërce, "Fhéocrite, Athénée, Sué-
tone. Perse. les lettres de Pline le Jeune, Dion Chrysostome, et
enlin sa célëbre édition de Polvbe. Il avait atteint le sommet de sa
gloire quand le ieune Sobiesl, i vint le trouver-. Et cependant,
bien que Henri Il" l'aimàt et l'estimer beaucoup, qu'il l'employ;'t
comme représentant des huguenots dans les disputes religieuses, la
position de (asaubon à Paris était difficile, parfois très pénible.
Peu d'hommes savaient rendre un iuste hommage a la science de
(asaubon " l'Uniersité le detestait et le tout-puissant Sullv osa lui
dire en face - « Vous coutez trop au roi, Monsieur : vous avez plus
que deux bos capitaines, et 'ous ue ser,eç de rieu '. »
asaubon écrivit pendant de longues années un iournal où il
racontait tous les éénements de sa ie paisible. Ce journal s'est
conservé :. et il nous montre le grand philologue au iour le jour.
dans ses occupations de philologue, de père de famille et de péda-
,,,,gt, e. D'un caractère brave, un peu mélancolique et doux, il
consacrait toute sa vie à l'Arude. Nous le voyons « tout courbé de
l'Arude ,,. assis dans sa chambre encombrée d'in-folios tant«',t
corrigeant les épreuves de ses innombrables éditions d'auteurs
Haag. la l'ranct: protestante, Paris, tS-q-', t. 11I, p. z3z.
,. Casaubon now stood on the pinnacle of critical r¢nown. His Persius in
,;,»5 and his Polybius in 6o 9 crc tcstimonies to his continucd industr 3 in this
province. But with this latter edition tht: philological labours of C. came to an end.
;asaubon was the last of the great scholars of the sixtcenth ct:ntury. » Halla»t,
Introduction te, tht: literaturc,,f Europe in thc 5 t', i t, and 7 t ct:nturies, Vol. II1.
Pari, i.39, p. "» 4-
t Ephelncridcs lsaaci Casauboni cure pracfationc et notis edente Johanne
lïu.sell, 2 ol. Oxonii, ibSo.
classiques, tant/',t occupé d'une lecon privée. En vrai philologue.
il détestait les visites, que ses amis et ses admirateurs lle lui épar-
gnaient pas. Rien de plus fréquent dans son journal que ses plaintes
sur i'illmortunité des visites, qui i'empèchaient de travailler 1. Sa
situation de fortune n'était pas mauvaise. Outre la pension ro aie
et le petit revenu de ses travaux phiiologiques, il entretenait de
relaps en temps de riches pensionnaires, des fils de grands seigneurs,
comme, par exemple, lord Herbert of {;herbury, les deux fils dt:
(;alignon, chancelier de Navarre, et Jean Stanislas Sapieha, fils de
I.éon Sapieha, chancelier de Lithuanie-. Ce dernier séjourna à
Paris à peu près en mëme temps que Jacques Sobiesl, i, qui vint
en France dans l'AtWde i;o 7 lettre IX, X , ' Grand fut l'éton-
nement du jeune éiëve de Szmonowicz, qui, sur la foi de son
maitre, admirait, sans le connaitre, le grand Casaubon, quand il
vit pour la première fois ce petit homme maigre, courbé, et pas du
tout imposantS. De grands yeux noirs révélaient seuls son esprit
profond et sa grande bonté de cteur.
Il ïut en relations avec Szvmonowicz dès l'an ifiOl ; au moins
trouvons-nous ule lettre de Casaubon à Szvmonowicz, datée de
i;,t, où il parle d'un jeune homme qui lui fut recoml,,andé
par Szvmonow]cz *. C'était. selon toute vraisemblance, "l'homas
lJrezner, qui étudiait alors le droit en France ee'
Mais cette recommandation, datée de tdo, prouve à elle seule
des relations antérieures. Peut-ètre, en v regardant de près, troupe-
rait-on que Casaubon exerca son inltuence sur la production
littéraire de Szymonowicz. Une de nos lettres IX exprime en ces
termes la profonde reconnaissance de Szymonowicz pour Casaubon "
' Ephemerides, Ii, 54a (a. 6o7) : « Amici hunc mihi diem cripuerunt. Sed
refus koc mahnn. » Ibid. « Totum diem fere amici eripurunt », p. 544. « Ut proximos
dies, etiam hune pene totum amicis surripientibus. ç) gravera iacturam! » Voir
aussi p. 634.
Voir l'excellente biographie de Casaubon faite par le savant philologue
anglais, M. Paltiso», lsaac Casaubon, London, 875 , p. "6a sqq.
a Jacques Sobieski a laisse un mcmoire sur ses voyages /t l'etrangcr. Il 3" parle
abondamment de son sciour à Paris et de Ilenri IV. Il appelle Casaubon : « Cet
homme pelit par le corps et la taille, mais lorodigieuseme»t graad par l'esprit et
l'erudition. » V. i)wie podr,',ze Jak,,ba Sobieskiego... wydane z r, kopisu przez
Edwarda Raczynskiego, xx" Poznaniu, 833, p. 88.
Cette lettre se trouve dans le recueil des lettres de Csaubon : ,, lsaaci
Casaubo,i epistolae, curante Theodoro Jansonio ab Almeloccn, R,,terodami, 7'"_,,
t. I1, fol. 595 , 6.
Bielowski, i. c. p. 34 et la note de la page 6o.
,, Tu peux juger, au respect et iL la véndration de tous les honlmes,
o2mbien tu es grand dans les lettres et comme tu nous aides par
tes ,euvres immortelles, nlèl-ne dans ces régions lointaines. » Aussi
supposerais-je volontiers que le grand intérèt de Sz.vmonowicz
pour Théocrite, qui s'est manifesté par l'imitation polonaise de ses
Idvlles a. remonte à l'édition que (]asaubon a donnée de Théocrite
en 5,6. La grande assiduité que Casaubon apportait à ses éditions
des auteurs grecs ne doit pas Otre non plus demeurée sans exercer
une certaine influence sur Simonides.
Nous x ox ans en (;0 4 lettreVI I Szwnonowicz très occupé d'un
auteur grec. Actuarius, médecin et philosophe du Bas-Empire, dont
l'(eux re inédite fut envoyée en manuscrit à Szymonowicz par Jean
l),,usa père. C'est en mème temps, je suppose, que Sz.vmonowicz
commenca l'édition ,, princeps ,, de la métaph.sique d'Herennius,
qui bien qu'inacheée et demeurée à peu près inconnue jusqu'à
nos jours, a fini par obtenir la juste reconnaissance de la critique
moderne-". Mais. si nous ne pouvons mieux préciser l'inltuence
de Csaubon sur Sz.'monowic/, nous ne saurions méconnaître
l'admiration de l'humaniste polonais pour le grand philologue
francais. I)e son o'té. Casaubon appréciait le grand talent poétique
de Sz3monowic/. Casaubon ne voyait pas seulement dans ces
poèmes de Simonides de froides iongleries de mots latins. Sans
doute, l'teuvre de Sz3monowicz. écrite dans un latin charnant,
raissait par son harmonie l'ouie subtile de Casaubon, lnais elle
pariait aussi, par son fonds sérieux et patriotique, au coeur du
philologue patriote..\ussi recevait-il avec joie les amis de Szylno-
nowic/, et, quand Jacques SobiesRi entra dans sa chambre et qu'il
eut pronoucé le 11o111 vénéré de Simon Simonides, il fut reçu par
Casaubon avec une bienveillance exquise (lettres IX et X). Quoi-
qu'il n'aimàt pas donner de cours privés et qu'il ftt justement
Siclanki Szylnona Sz) monowicza, wvdanic Stanislawa \\,;clewskiego.
hclmno, 864.
: V. Sitzungsberichtc der kgl. prcuss. Akademie d:r \Vissenschaften zu Bcrlin.
lahrgang ,S,9, Ll. p. t67:., l)ie angcbliche Mctaphysik des H¢rcnuios, » van
12 Ilcitz. Anhang: Ueber di in Zarno-,- um d. J. ;o 4 gedruckte Ausgab¢ des
Ilcrcnnios. p. 18;: «.\ls th:rausgebcr gcbhrt Simonid¢s ied:nfalls der Vorzug
.or A. Mai), wnn çr auch mit dcr I¢icht begreillichen Ungcbtheit seiner Setzer
cinen ¢rg¢blichn Kampfgefhrt zu hab,:n sch¢int. » M. Ileitz semble avoir ignoré
i1¢ I« «,li nom ,1¢ Silnoni,l«s etait S,'vm«,nowicz, sans quoi il n'aurait pas crit
dans .,,n arlicle (p. t :- : ,, U,:b¢r Simon Simonides Ioesst sich nUl'¢nig ermitteln. »
surchargé de besogne par son édition de Pol.vbc. il ne put résister
it la recomman&ttion de Sz.vmonowicz, ni au charme personnel de
Jacques Sobieski. Celui-ci apprécia vite l'inestimable profit qu'il
pouvait tirer des lecons de Casaubon. Peut-&re allait-il un peu
trop loin dans son insatiable avidité d'apprendre le plus possible,
pet, t-ëtre tourmentait-il trop son .'rand précepteur et lui prenait-il
trop de temps, car nous trouvons dans le journal de (';asaubon
quelques plaintes secrètes
Il dit dans son journal : « 3.les amis m'ont fait perdre presque
toute ma journée. J'ai donc recu le polonais très mal et vraiment
,g,'aar,»!,,;,',,,c. " je le regrette. -- Plus loin : J'ai consacré i ce noble
Polontis presque toute la journée. J'ai donc été très occupé, et je
n'ai presque rien fait pour mon travail personnel. J'at, rais mieux
aimé me dispenser de ce travail avec le Polonais. Mais c'est ainsi
qu'il m'est arrivé souvent de m'attirer de moi-mème ces corvées. --
Ailleurs encore: Le fils du grand Chancelier de l.ithuanie est
aujourd'hui venu me prier et me supplier de lui accorder quelques-
unes de mes heures : il voudrait tirer de moi quelque enseignement
qui lui fut utile à son retour dans son pays. J'ai bien malgré moi
consenti, mais j al consenti pourtant .,:.,,,,. «z,,,.r, :*,':,:;'... ,,
Les lettres de Jacques Sobieski à Casaubon que nous
publions (XI, XII, XIII témoignent aussi de la grande assiduité
de l'Cève. Sobieski étudiait et lisait beaucoup chez lui, et. quand il
avait trouvé dans ses lectures un passage difficile et qu'il était
emp:ché d'aller chez Casaubon, il lui écrivait pour lui demander
tantôt l'explication du texte grec, tant't une histoire latine de
France, tant& les discours de Henri IV : car il connaissait person-
Epherneri&:s, p. 542: 16u 7, XVI, Kal. Sept. « Fotum diem ferc amici
cripucrunt, ltaquc ad Polonum pessim¢ vcreque «.r,a«»r,!««;'«,,2 : nollcm factuln. ,,
IV. Non Sept. « Diem Deo sacram egimus_ partira lnt.r amicos et apud Polonum
hune Palatinum, partira in litteris scribendis. » Kal. Oct. « Nobili Polono partem
maximam dici imp,.:ndinms, ltaque occupatissilni viximus et nihil egimus rt:rUll
nostrarum. Ac de Polono satius furit eo labor supcrsdcrc. Sd saep ipsi nobis
labores acccrsimus. » p. 552: VIII Eid. No». Filius magni canc¢llarii Lithuaniat:
hodi ad me venir orans, obtestans, ut de succisivis mei horis partem sibi tribuercm :
voile a me doceri qua futura sint usui in patriam reverso. Acgrc conccssi qu,,d
petbat, concessi tamcn /:.«,,»" ««.«,'r« ,'Jt'!tæT. XII Eid. Nov. éo quidem bona ri,le
inceptum negotiurr, curo : sd, an par voluntas sit responsura, nescio., p..577 (lu.} :
Thucydid¢m [.at. commodavi D. Sapia¢ Polono, p. 598 : Kal. Mai. Ilodic absoli,
quam pridcm ilct:pcr:tm in duorum nabilium P»l,morum gratialli, \rist«,tclis Nico-
lnach¢orum intcrprt:tatiortcm, p. «;a'_, : l'ri:sic au I'ol. Içptst. (ic. et Iionvs. Ilalic.
4
nellcment le roi, dont il appréciait les grandes qualités. Ces lettres
d'occasion, écrites par le jeune Sobieski, caractérisent mieux que
tout autre renseignement son fonds sérieux et son grand amour des
lettres. Nul doute que l'exemple de Casaubon l'animait et l'encou-
rageait dans ses etudes, qui devaient porter de si beaux fruits 1
Quant à l'autre Polonais, éiëve de Casaubon. nous n'avons que
Lrès peu de détails sur lui . Son séjour à Paris fut de courte durée
lettres XV et XVII . Comme il habitait chez Casaubon, il ne lui
écrivait pas de lettres comme Jacques Sobieski et nous n'avons de
lui qu'une seule lettre d'adieux, où il e,¢prime toute sa recon-
naissance pour son. maitre, en lui envoyant en mème temps de
Louvain un présent. D'autres lettres publiées ici .XIV. XVI[I. XIX,
démontrent que Casaubon était en relations avec un Polonais,
nommé Czolhafiski, probablement secrétaire du chancelier Léon
Sapieha, et avec David Hilchen, humaniste bien connu, éditeur du
code Livonien. Hilchen, né en 554, à Riga, rendit de grands
services à sa ville natale, où. il fonda une bibliothèque et la première
imprimerie. A la suite de querelles politiques, il fut expulsé de Riga
par ses concitoyens, et vint en Pologne où il fut recu hospitalière-
ment par Zamoyski. Il ne re it pas Riga et mourut à Oryszowo en
Pologne, en 6o. La lettre qu'il écrivait à Casaubon est donc une
de ses dernières. Il parait en ressortir que Hilchen connaissait
Casaubon depuis longtemps.
L'assassinat de Ravaillac rompit les derniers liens qui ratta-
chaient Casaubon à Paris. La mort funeste d'Henri IV attrista
profondément le savant, qui devenait avec l'àge de plus en plus
soupçonneux à l'égard de son entourage. Il se croyait menacé en sa
qualité de huguenot et partit en octobre fio pour l'Angleterre, où
Jacques I "" le re.eut les bras ouverts. Mais c'en était fait de Casaubon
comme philologue. Il dut se plier aux exigences de Jacques I ' et
Jacques Sobieski quitta la France en fëvrier 61. Il est devenu palatin
russicn et castellan de Cracovie. Il excella dans sa patrie par son grand talent oratoire
et laissa des commentaires sur la campagne de Chocim contre les Turcs (en 6z) :
,, Commentariorum Chotinensis belli libri tres. Auctore Jacobo Sobieski. Opus
posthumum. Dantisci, m646. » Ce memoire, ëcrit en latin, contient des pages de
maitre, qui prouvent que Jacques Sobieski ëtait un styliste de premier ordre. Le fils
de Jacques Sobieski fut elu roi de Poiogne (Jean Iii) etsauva Vienne en 683.
ï ,, Joanncs Stanislaus Sapieha, Leonc tunc canceilario et Dorothea Firleia
I;asteilani Lublin. tilia parentibus, subdapifer primo M. D. Lithuaniae, mox mars-
halcus curiae a Sigismundo Iii factus... Aetatis suae XLVI. A. D. 635. » V. M,.,nu-
mnta Sarnatarum... S. Starovolscio coiicctore, Cracovia¢, 1655, foi. 237.
-- 5 m
ouvrir une lutte théologique contre les catholiques. Ce fut en
Angleterre qu'il reçut encore deux lettres de Pologne, écrites par le
nommé Czothaflski et par Naborowski, secrétaire du prince Radzi-
witt. Cs lettres n'ont rien à faire avec l'humanisnle, t{llesdonnent
des détails historiques sur la guerre de la Pologne contre le grand
duché de Moscou df-dl._,). l']lies semblent indiquer, en mème
temps, que l'époque bénie de l'humanisme est passée, que l'ère des
guerres a commencé pour la Pologne.
Les nonls de (]asaubon et de Sz.vmonowic7 relient l'histoire
de l'humanisnae en France à celle de l'humanisme polonais. L'huma-
nisme français, en ne reculant pas devant l'analyse critique et com-
parative de l'antiquité grecque et romaine, en sarclant le vaste
champ des textes classiques, contribua grandement à une meilleure
connaissance du monde antique. L'humanisme polonais eut à lutter,
dès son apparition en Pologne, contre les conditions spéciales de
l'organisation politique du pa s. Son grand malheur fut de n'avoir
pas trouvé durant tout le XVI" siècle un foyer qui rassemblàt tant
de beaux talents. Par ce manque d'un grand centre intellectuel.
les humanistes restèrent dispersés, et leurs forces éparpillées. l.a
belle et hardie initiative de Jean Zamovski est venue un peu tard
pour réparer le mal; elle n'aurait pu suffire. Car une institution
appelée à régénérer toute une nation aurait nécessairement d6 naitre
de l'initiative de l'Etat, aurait dU 6tre soutenue par toute la société.
Certes la Pologne n'a jamais produit tant de beaux génies
que pendant le siècle de l'humanisme. Mais c'Atait sur une tige
frèle que s'ouvrait cette fleur de la civilisation occidentale, f"aute de
sève et de soins, non seulement elle se fana vite et dépéit, mais,
ce qui est pis, elle n'a pas laissé de semence productive. Les trois
groupes des humanistes de la Pologne indiquent les trois phases
que l'humanisme y a parcourues. Tandis que les premiers huma-
nistes polonais se bornent à une simple imitation extérieure et
formelle de la poésie latine et ne savent pas encore apprécier le
génie grec, les hommes du second groupe, Kochanowski, Nidecl, i,
Zamo.vski, embrassent déjà des horizons plus étendus du monde
antique et commencent à l'adapter à la vie et à la poésie nati,,nales.
Vint enfin le troisième groupe dont STymonowicz, son chef, person-
nifie le mieux les tendances. Il réunissait en sa personne deux
qualités, généralement contradictoires : il était poète et philologue.
Il voulut en mëlne temps suivre le grand exemple de Kochanowski,
poète national, et marcher sur les traces de Casaubon. Il réussit
mieux comme poète. Non pas qu'il manquàt de l'érudition et de
l'assiduité nécessaires pour devenir un bon philologue et un éditeur
consciencieux. Mais il se heurta à des obstacles extérieurs.
situation géographique de la Pologne condamnait ses humanistes
à une oisiveté forcée; ils ne recevaient l'héritage classique que de
deuxième ou de troisième main. Les communications avec les
centres de l'humanisme n'Calent point faciles au XVI" siëcle, et si
enfin, gràce à un humaniste étranger ou à des recherches un peu
trop tardives à (]onstantinople, on obtenait un manuscrit rare et
inédit, contre quelles difficultés n'avait-on pas à lutter, dans cette
ville de Zamo:, perdue dans des vastes plaines de la Pologne.
pour mettre au jour une édition soignée ? Il fallait souvent demander
les informations nécessaires dans des bibliothèques allemandes ou
italiennes, et, en attendant, on perdait des mois et des mois.
faut vraiment que ces vaillants hulnanistes de ZalnOaë aient eu
une grande ardeur et l'amour sacré des lettres, pour ne pas se
décourager, p»:lr p»u,oir pro_-ltaire ce qu'ils Ollt produit, si peu
que ce puisse ëtre. C'et avec une profonde reconnaissance que
rlous nous séparons de ces intrépides pionniers de l'hulnanislne
en Pologne.
LETTRES INÉDITES
DES HUMANISTES
JEAN ZAM()YSKI, CASAUB(IN, SIMIN SZ'fM()NlXVI{]Z
JACQI_I-S SIflESKI ET AI_'TI,II:S
Joannes Samoscius Regni Poloniae Cancell. et exercitt.
Dux Georgio Dousae S.
Reddita est mihi epistula tua Varsoviae in ipso comitiorum
aestu post comitia etiam plerisque publicis negotiis valde occupatus
sure. Paucis igitur tibi rescribo. Laudo ingenium eruditionem tuam,
amo probitatem caeterasque virtutes et propterea magni te facio :
habeo quoque et ago gratias, quod tectum meure subieris, lus
hospitii et amicitiam mecum iunxeris eaque memore animo et
constante colas. Si quae erunt in quibus tibi tuisque gratificari
possim, manda, l,itterae, quas ad me te saepe daturum polliceris,
libentissime a me legentur, quas {;racoviam mittes recte Georgio
Samoscio Cracoviensi Canonico, agnato meo tradentur : quas
Gedanum, l.indano homini moi studioso : utriusque opera certo
ad me pervenient. Lindanus quidem tibi admonendus erit, ut eas
Marieburgum ad legatum meure transmittat - legatus veto inde ad
me perferendas curabit. Nuntiabis identidem quae apud vos vici-
nosque vestros gerentur, tum quos fructus ingenia vestra feracia et
exculta edent. Joannem Dousam patrem tuum nomine meo saluta.
Vale. Samoscii die 7 mensis Aprilis Anno
tui amantissimus
loann. Zamoyski.
Harl. 4935, tbl. 4-
II
Gcncroso Dolnino Gcorgio l)ousac amico charissimo
Lugduni Batavorum.
Generose Domine amice char '''.
Professores mei Samoscienses habent quaedam in manibus,
ad quae perficienda opus habent exemplari graeco Sex. Epiric:
librorum contra artium doctores et Hypotyposeon" lidem mih.;
-- 50 --
dixerunt eorum iibrorum locos a vestris Lugdunensibus Batavis
graecc citari. Rogo, ut si eos nancisci possit, Gcdanum ad .loanncm
(:lincbamcrun lnittat, ut indc ad legatum meure 31aricburgum
transmittantur. Quantum pecuniae impenderit in emendos ac
transmittendos hos libros, adscribet : ca a legato meo Mariaeburgi
rcddetur. Generosus Dominus Jo. Felix Hcrbultus'" ex legatione
Turcica reversus est, attulit plcrosque Graecos codiccs, quos in
horas exspecto. Ubi accepero, indicem D''i "»"'" mittam et si qui illi
placuerint, commu nicabo.
l'lenc valeat D" V;'. Samoscio die 13 Octobris Anno 15,,q.
Generosae Dominationis Vestrac
amicus studiosissimus
loannes Zamovski
cancel]. Regni cap.
Littcratur von
Ibid.. fol. 4 3.
" V. bur 5cxtu Empiricu : Gcschichtc dcr grechischcn
\V. Chri»l, Manchon, ,gr,, p. fS 7.
"" V. Wisznicwski, t. Vil. 7 sqq.
III
Simon Simonides lano Dousae Nordouici
S.D.
Tristissimus nuntius allatus est ad nos, Georgium filium tuum
uita cxcessisse : utinam is falsus sit, uel tua, uel litterarum, ucl
no.tra, qui eius studiosissimi fuimus, causa : me sane ita concussit.
ut. quamquam acerbissimam occasionem banc ad te scribendi
putarem, planeque ea uti nollem, tamen moerorem animi non
aliter leuare potuerim, quam si eum apud te per litteras deponerem.
|atus communicationem hanc doloris solatio etiam tibi futuram.
Utcunque cure illo actum est : primum te quaeso, si falso hoc luctu
conficimur, ut eum nobis per epistolam demas; deinde, si iam
ira, ut fertur, naturae concessit, te ipsum nimium non afl]ictes,
animumque paternum uel ea ratione sustentes, quod filium eiusmodi
habueris, cuius indolem, morum bonitatem, eruditionem supra
annos assurgentem, etiam no.. in i.to orbe. alnplexi arque admirati
sumus. Etsi post Janum illum tuum. quem ex scripti eius, immor-
talitate dignissimis, suspicimus, nouum hoc uulnus tibi factura
sit : talnen uel tantillum sidera haec terris affulsisse, idque ex una
domo, rarae felicitatis instar est, quuln insuper non desint alia
quae uicem eorum suppleant. Nain de Georgio, quum multa et
praeclara pollicitum quereremur, iacturamque magnam rein litte-
rariam illius obitu fecisse iudicaremus, ueniebat in mentem, tare
beatam esse fecunditatem domus tuae, ttt superstites defunctorum
lampada assumere posse, teque auctore iam iam hoc agere, explora-
tissimum sit. Quare, uit clarissime, postquam et ipse saeculo huic
illustrando natus es, et soboles tua. cumulate hoc iam pridem
praestiterit, scies non te soum ob tuorum occasum, in luctu esse,
sed in partem moeroris uenire tecum, quidquid est hominum
clegantiorum : tutu cogitabis, quod partitis operis numerus illc
prolis tuae in rem communem publicae utilitatis conferre debt, erat.
id ab istis, qui reliqui sunt acert, atim expectari. Significandum
quoque tibi putaui, heroem nostrum, .loannem Zamoscium, audita
morte filii tui, serio doluisse atque peroptasse, ut rumor hic falsus
fieret. Bene uale. Zamoscii Nonis 3unii. Anno .MDC.
Ibid., fol. 49-
IV
Magnifico et cxcellenti domino lano Douzae Nordouici.
Magnifice et excellens domine
amice çarissime et honorandissime.
Accepi litteras D. V "-. Deplorat maiorem in modum filii sui.
iuvenis ad omnem expectati laudem immatura et crudelia
Nullus omnino dolor tare iustus. Multam illi optimo iure hominum
fima ingenii et doctrinae laudem tribuebat. Idem ego Samoscii.
cure ad me divertisset, cognovi. Habet me dominatio vestra socium
maeroris sui. Sed nos homines surnus. Humana meminerimus esse
nobis humaniter ferenda multi humandi, inquit ille, liberi, etc.
Reddenda est terrae terra, tum ° olnnibus. Metenda est fruges, sic
iubet necessitas. Didericum D. \'' apud me libenter video. \lodes-
tiam, ingenium, litteras eius amo. Ad rudem ille quidem Sarmatialn
venit, nihil ad xestram culturam, tamen ut haec quae elegantia
delectant, hic desint, duri Martis, acris militiae fortitudinisque
documenta fortasse illi suppetent. De Actuario "" misso gratias ago.
Si quid est in quo usui possim esse D' V a" libens ipsius causa
facialn. {pto bene valere D'" V'". Datum Zamoscii die 19 m.
Junii Ifiol.
Magnificae Dominationis vestrae amicus
studiosissimus
[oannes Zamoyski
exercituum generalis capitaneus.
Ibid., ff, l. 14_".
° «;orrnmpu dans Ic manuscrit
*° \ P-4-'.
Simon Simonid'cs lano Dousae a Nordouix.
S.D.
Puto te etiam a me expectare, ut tibi de Diederico, fi!io tuo,
meis verbis significem. Primum hoc habe : et tua causa et ob dus
singularem mode»tiare tain nobis omnibus, qui in aula herois
Zamoscii vivimus, quam ipsi heroi esse acceptissimum : cure non-
dura linguae nostrae peritiam habeat, inter eos qui a manu herois
sunt, assumi non potuit : primis mensibus spectator tantum et
mirator aulae fuit; post reperturum spero heroem, quibus studiis
aetatem eius exerceat : plane ego certus sure, nunquam te consilium
tuum improbaturum, quod eum inter nostros homines versari
volueris. Quamquam enim longe absumus a vestrarum regionum
elegantia, tamen nativam indolem ingeniorum et animos nuIIa servi-
tute pressos, tutu Republicae formam ad libertatem compositam,
est quod amplectatur, arque adeo inveniat, quo domum redeat
instructior. Quum Livonicam expeditionem heros aggrederetur.
illeque penderet animi, quid se interim fieret, omnino illi auctor
fui. ut bello interesset ; familiae tuae splendor mihi suasit, ut hoc
illi suaderem : ipsumque heroem admonui, ut eum adesse sibi
iuberet. Factura : nisi quod in regione exhaustissima, anni tempore
foedissimo, plusculum illum molestiae devoraturum existimo sed
-- 53 --
fortassean tu illum columbulum aut Adoneum esse non vis. Quid
hactenus in Livonia gestum sit, credo te ex aliis auctoribus accipere.
quum vestri etiam homines illic militent; ego mearum partium
esse duxi, ut ad te epistolam mitterem, qua nostri imperatores
more patrio clarigarunt. Dices : non novi vos tam superbos ; atqui
vel inde nostrorum hominum ingenia perlege, ut bella quoquc
promulgent sine fuco et fallaciis : imo ista sunt apud nos iusta
bellorum a maioribus usurpata. En tibi alteram clarigationem in
eadem Livonia antc hos centuln annos a Joannc |ielecio ad
Magistrum Livonicum missam. Fortuna haec est regni htl[US: CUlll
plerique omnes novicios mores admittant, nos antiquis utinur,
atque utinam aetatem utamur. Auditusne tibi motus Moidavicus
qui anno excitatus nunc fato misero Bani Michaelisplane sopitus
est. De illa tutu victoria gratulatus sum filio herois mei: cuius
argutissimam atque elegantissimam indolem tu quoque amares :
ut onustior haec epistola ad te iret carmen ipsum " in fascicultlm
conieci; quandoquidem etiam publice testatus es nostra qualia-
cumque non prorsus tibi displicere.
Bene raie. ('ernencini et1 mensis Novembri. Anno doi.
Ibid., fol. 5.
* Simonis Simonidae 13:ndol,ski... opcra omnia, procurant," A. M. Ilurlni...
araviac, 177 , p. 77-85.
Vl
Generoso Domino Diederico Dousae.
Gcnerose domine, amice charissime salutem et officia mea.
Quod D" V.' suis ad me litteris significat se consilium in
Galliam proficiscendi coepisse, id ego non possulll non probare.
Arbitror D'" V "1 ea in re, iussis optimi et doctissimi sui parentis
obtemperare ; cui optime facit quod obsequitur : eique plurimam
quaeso meis verbis salutem dicat et oflïcia mea diligenter com-
mendet : sibique persuadeat D'" V'" mihi esse et fore carissimam.
Litteras commeatus mitto D' V;'".
Bene valeat D. V. Datum in arce Movza die l l Febr.
Ibid., foi. 147.
B 54 --
C'est la reponse de Zamoyski à une lettre de Thierry Dousa, datêe de Riga
le 7 ferier 16oEE, dans laquelle il prend conge du general en chef de l'armee polo-
naise, Zamoyski.
I.a lettre de Thierry Dousa nous est connue par une copie abr:gee que nous
a obligeamment adressee M. le professeur Casimir Morawski.
Voici quelques passages de cette lettre :
,, Vir.us : lama nomini fui, quam olim ex ionBinquo venerabar et nunc
uspicio, amor quem sperabam et nunc conecutus sum, dub]um, utrum in me malus
cnerationis an libcrtatis studium cxcita,crunt .....
Postquam enim in Poloniam vcni, vidi quae pulchra, audii quae utilia,
didici quae ad dcgendam vitam necessaria, intituta ci mores gcntis cgrcgioe, fortitu-
.line inc«)mparabilis, uu et natura bellicosac .....
l'tilissimum mihi fore cxistimavi, si in Galliam prius atque inde ctiam in
ltaliam di.-,cessero ad linguarum illarum notitiam çomparandam, quarum apud nos
c--,t usus magnt)s arque utilitas maxima, non quod haec estra lingua inutilis sit, sed
qu«)d apud nos minus nccessaria .....
Vil
Simon Simonides Jano Dousae S. D.
Quod "tibi pro libris tuis, quos mihi muneri misisti, sero
gratiam habeam, quaeso, ne id aut animo meo ingrato, aut quod
tua non tanti facialn, adscribas : bellorum fato factura est. ut ad
me serius perenirent. Nain quando tu illos mittebas, tutu heros
meus, Joannes Zamoscius, in l,ivonia bellâtre gerebat; eo delati
.,,unt et quamis heros ipse domum redierit, tamen cure caetera
suppellectile bellica libri tui Riga haeserunt et vix nunc dolnum
Zamoscium apportati sunt. Postquam mihi traditi sunt, reliera te,
vir clarissime, coram os oculosque meos intueri, quanta voluntate
eos exceperim, quam avide eorum lectione l'ne satul'arim, quam
recordatione amicitiae tuae. quam mihi representabant, gestierim
et exilierim. Verum in Jani tui illa illa inchoata praefatione lacrimas
non tenui: o, quantum filium, quam doctissimum et eloquentis-
simum iuvenem amisisti : audeo atfirmare, nihil l'ne hac aetate
neque sapientius neque limatius scriptum legisse ; sed ne fletum
tuum refricem, rogabo te potius et optabo, quandoquidem tanto
ingeniorum proventu deus te cumulavit, ut ea bono publico educes
arque aetatem nostram illustres. Me nomini Dousiaco addictissimum
in eorum numero habeas, qui nec tuis cedam in familia vestra
colenda et amanda. Hoc al'nplius; puto te relie scire, quid illo
-- 55 m
manuscripto Actuario fiat, quem heroi meo dono Diedericus tuu
attulcrat. Eum ubi accepit statiln lnihi negotium datuln fuit edendi
illius. Arripui laudem tantam cupide et ialn lnihi eraln, ut ty pogra-
phum occuparem : cure ecce reperio non integrum esse exemplar :
in lnethodi libris posteriores duos de compositione medicamentorum
omnes desiderari. Statim lnihi curae fuit per Italicas bibliothecas
inquirendi, sicubi supplementa haec patati possent. Et in Vaticana
et in caeteris frustra fui ; nusquam comparent, ltaque quid facerem.
incertus fui. Edereln quicquid hoc a te nacti sumus an etiam
studium caetera acquirendi non omitterem Hoc sequendum et te
appellandum putavi, si forte opera tua beneficium hoc solidum
habere possimus. ;um eniln methodi libros Mathisius" transtulerit.
in vestris alicubi bibliothecis exemplar hoc haerere spero. Ruellius
qui de compositione medicalnentorum edidit, ex Bibliotheca Galli-
cana forsan habuit. Per claritatem nominis tui et auctoritateln facile
tu reliquias istas ubi ubi sint erues quas ubi ad nos transmiseris,
illico, uti ante lnonueras, medicorum tersissimus lutera aspiciet:
beneficiumquc tuum bono publico testabitur. Postremo quicquid
censueris, effectum dabimus. Bene vale. vit clarissime. Zamoscii
Kal. Augusti A. MDCIV.
Ibid., fol. 33.
* L'ouvrage de metkodo medendi a paru traduit en latin par C. .. Mathis, à
V¢nise, en 554; le texte grec des deux premiers lires a ¢t¢ publie pour la premi¢r
lois par idclcr {Berlin, ,S4z ).
°* Jean Ruel, med¢cin fran,ais (479-537. Ses traductions, aujourd'hui
oublidcs, lui valurnt une grand rcputation.
VIII
(;larissimo et doctissimo iro lsaaco (;asaubono
domino et amico observandissimo.
Isaace Casaubone, vit clarissime et doctissilne. M,)rte Joanni,;
Zamoscii, Magni Cancellarii, magnam iacturam non solum Respu-
blica Polona, quae post obitum eius perpetuis turbis agitatur.
verum etiam res litteraria fecit ; eo animo heros ille erga honestis-
simas disciplinas fuit, ut CUln belli et pacis curae unicum distinerent.
tamen iuvandis bonis litteris ira se dabat, ut hoc unum agere vide-
-- 56
retur. Praecipuum studium in Thoma, tilio divinissimae indolis,
puero educando collocabat cuius causa et scholam hic non igno-
bilera congregavit, et primores ex nobilitate polona iuvenes, qui una
instituerentur, collegit. Praeclarum hoc eius institutum, quamquam
vix sine illo sustinemus, sed etiamsi utcumque sustinere possimus,
tamen sublimioribus ingeniis alendis satis non sumus. Idcirco
alacriores iuvenes ego hortari soleo, ut aliunde petant, quod domi
non habent. Unde autem uberius petant, quama vobis? Nomen
tuum, doctissime Casaubone, arque eruditio summa, quae in scriptis
tuis elucet, multos allicit, teque ego illis, tanquam salutare sidus
ostendo. Non quod nescius sire alias nationes tuas esse neque te
praeceptoriam manum cuiquam admovere solere : verum ira
existimo, tu ubi ubi es, copiam doctissimorum hominum circa te
non posse non esse, praesertim in illa luce Academiae, qui
operam istam bonae iuventuti impendant. Itaque plerique otaries
ex nostris ad vos commigrant. Ego veto nunc vim tibi inferre volo
et pro nostra amicitia unicum iuvenem tibi dedo. Is est qui tibi
meas reddit .lacobus Sobiescius, Marci Palatini Lublinensis filius,
orbus iam patte, viro fortissimo atque integerrimo, qui moriens
iuvenem lnihi commendavit. Ego sedulo facio, ne illi usquam
desim : quaeso te, dura a me abest, tu illum vicem meam iuva et
permitte in parte aliqua amoris et curae apud te esse: non quo
molestiae aliquid tibi pariam, sed quod commodo tuo fiat, dicto non-
nunquam morte et congressu arque sermone tuo dignare. Moribus
modestissimus, ingenio liberalissimo, cupidissimum discendi inve-
nies. De me hoc perpetuo cogitabis : neminem hominem esse, qui
te aut magis admiretur, aut frequentius in ore habeat, aut doctrina
tua libentius fruatur. Bene raie. Zamoscii tertio Calendas Aprilis.
Anno MDCVII".
"Fui observantissimus
Burn. 3,;,i, fol. 183 . Simon Simonides.
IX
Simon Silnonides Isaaco Casaubono S. D.
Nunquam hoc a te auderem contendere, ut tu ex demenso
temporis tui aliquid subtraheres et a communis commodis, quibus
nunc prope solus incumbis ad privatam alicuius iuvenis frugem te
-- 5 7 J
sevocares ; esset enim hoc non tantum genium tuum sed publicum
bonum defraudare. Nunc religionem erga te meam et sanctitatem
otii tui perfregit Jacobus Sobiescius : ex cuius litteris intellexi non
solum consilium et alt'atum, sed operam etiam et vocem ad exor-
nandam indolem eius te illi indulsisse. O, mi Casaubone, nunquam
ego tanti facerem vel hunc vel alium iuvenena, ut tibi eius causa
minimum negotii facesserem : imo abstraherem et iuberem te hoc
agere, quod agis. Quantus enim sis in litteris et quantum nos in
istis usque remotis regionibus immortalibus scriptis tuis iuves, ex
honore et veneratione omnium erga te hominum conicere potes.
Verum ira de te iudico, incredibili quodam anore excolendi
humani generis te efferri : hinc te tare pronum esse et ad minutias
etiam operis descendere arque ex quolibet ligno relie excitare
Mercurium" Macte isto animo. Si te necessitas summa et ruina
ilnminens bonarum litterarum eo provocat, nostrarum regionum
eae rationes sunt, ut nisi per primores viros atque eiusmodi iuvenes,
qualis iste est Sobiescius sustententur, innata barbaries iam iam
nos obruat. roto, quae vis: at nisi tibi molestum est et hunc et
alios nostros pro tuis habe. Immortalitas nominis tui
,,.,q;d¢,,. tloreat. Bene raie. Zamoscii Augusti
Burn. 366, fol. .'35,.
* ,, N,n enim ex omni ligno dbet Mçrcurius xsculpi. » Apulius, apologia c. 43.
)ç
lsaacus Casaubonus Sinoni Simonidi viro clarissimo S. D.
Quantopere me amares, clarissime Simonida, non poteras
illustriore documento probare ac fecisti nuper, cure nobilissimae
et praestantissimae spei adolescenti, D. Jacobo Sobiescio. qui
novissimas tuas mihi reddidit, in Galliam venienti auctor fuisti, ut
"meis potissinaum consiliis, dura hic futurus est, in studiorum
ratione regeretur.
Equidem simulac tui nominis fieri mentionem audivi, prius
etiam quam epistolam legerem, nulla interposita mora omnia illi
mea studia atque ofl'lcia a,.,',,t,.,w« o'!«,.;, obtuli; mox quoque tuis
lectis quid et quantum tua commendatio ponderis apud me haberet,
luculente significavi. Sed generosissimus adolcscens tuorum, ut
,»pinor, praeceptorum memor paru,u habuit, quod optimos ipsi
disciplinarum magistros indicavera,u, quoru,n opera uteretur : nisi
i pse quoque pro mea virili «,; -,',/,'g,,r«r,,,. ipsius ingenium suscipiam
excolendum. Expugnavit constantiam propositi mei, qui privatim
n«minem ad hanc diem unquam docui et occupationes meas.
quae maximae sunt. vicit tui respectus primum, deinde indoles ipsa
et iila ingens discendi cupiditas, qua,n in nobilissimo adolescente
animadvertebam. Cuius causa quid mihi imperaverim, quid quotidie
una agamus, malo te ex ipsius litteris z«i r,à,.d:,,l',,:r,;,, cognosccre,
quam meis..Me cette rara virtus huius adolescentis et illa incre-
dibilis in tare illustri fortuna ,;,.,:,, a:,,;ç re',. :«:,:«r,: ira capit in dies
magis magisque, ut quem ex tua comtnendatione amare pritnum
coepi, nunc merito ipsius mira,-i satis non quea,n. Nain apud nos
qui eius ordinis sunt. il longe aliter in simili aetate vitam instituunt.
{;eterum dedi huic pusillum libellum magni Scaligeri ad te mitten-
dura. ex cuius praefatione intelliges, quam mala referatur a non-
nullis sceleratis hominibus gratia ingentibus illis herois erga
rempublicam litterariam meritis et mediocribus laboribus meis.
Volui semel respondendi labore defungi " si respondere est
hoc profiteri, me nunquam furiosis canibus esse responsuru,n. Satis
mihi erit. si bonis probavero meure in litteras amorem. Quod si
assequi hactenus non potuimus, exprimer fortasse hanc confessionem
ab acquis iudicibus Polvbius noster, quem ab aliquot mensibus
sub prelo habemus. Sois praestantissime Simonida, quanti vetustas
illum auctorem fecerit, ad cuius illustrationem nihil a nobis prae-
termissum in hac ,nediocritate ingenii, quod desiderari a quoquam
posset. Nana et Latinum fecinus lç a,5J«ç lz zt,p«).çç et iis com-
mentariis illustravimus, qui rç; a,,/.rzT: z-.i aokoe/,zç rgZ»',; praxim
iuvetuti sint ostensuri. Sed opus longum est et a cuius meta procul
adhuc absumus. Si dabit Deus fine,n videre et fuerit certa occasio,
mittam exemplar ad te. Vale et me anaa. Lut. Par. Kal. Sept. 6o 7.
Salutat te medullitus vit amplissimus, praeses Thuanus,
qui vehementer ea cupit idere, quae vel tu vel alii docti istic
edidistis ad ornandam memoriam herois vestri incomparabilis
,,i" :o,.z«,.,,',»r.c Zamoscii.
\rchics des C,,ntcs Zam,vski.
XI
Doctissin|e vir.
Conqueri saepe sole,» de inea Graecae linguae imperitia, quae.
ut nunc video, apprime necessaria est viro solide litteras tractanti.
sed quia et temporis angustia et graviores in republica nostra
occupationes non permittent, ut huic nobilissimo studio operam
meam impendam, omnino cogor privari praestantissimo fructu.
quem Graeca lingua litteratis alt'ert. In vita .lulii explicas differentias
inter epulas, viscerationem et prandium; sed quia ibi plura Gra¢ca
quam Latina mis, es ", videor mihi in alieno et peregrino solo
versari, itaque pro nostra amicitia peto a te, ut nihi inter hac tria
veruln discrimen relis assignare.
Tui cultor et admiratol
Ja. Sobiescvus Palat.
Lub. top.
Burn. 3(;6, fol. 9 .
* V. C. Suctonii franquilli de il Ca¢saribus libri VIII. lsaacus Casaubonus
re,ensuit. E,cudcbat Stcphanus Gainera,tus, bll)CV. AnimadcrMoncs, p. 3z.
XII
.lacobus Sobiescius lsaaco Casaubono S. D.
Permoleste equidem fero ac nonm,mquam mecum stomachor.
quod a mu|to iarn rempote non sit mihi data facultas suavissimo
tuo conspectu fmi. In praestando ofticio negligentiam culpare non
possuln : culn enim saepius adire te cogitarem, vel tua absentia.
vel ineae occupationes mentem alio diverterunt. Quidquid sit,
propedieln tamen ex studiis meis aliquam horam subripiam, quam
lubens tibi dedicabo, dierulnque praeteritorum usuram resarciam.
Unum est quod nunc a te peto et, si impetro, in magna felicitatis
meae parte collocabo. Crebro ex te accepi regeln vestrum aliquoties
publice perorasse ac ibi characterem dicendi regium expressis.e :
has tamen orationes typis mandatas non esse, sed a quibusdam ceu
praecipua bibliothecarum ornamenta asservari. Eo CUln divinas
incomparabilis vestri principis res gestas veneror, velim quoque et
dictis debitum praestare honorera ac illius adlnirare breviloquen-
tiare, quae regum debet esse cornes saepius ilaaperantium qual
persuadentium ac non in forensibus cancellis tempus agentium,
sed ex solio regali iura dantium. Placet plerumque nummus parvae
figurae at magni ponderis; multo certe magis laudatur regia
eloquentia, quae paucitate verborum res multas et graves continet
atque quadam dicendi maiestate deprimit garrulorum sophistarum
redundantes ac spumosas orationes.
ld doctissimi quique observarunt, viros factis magnos rudes
esse ad certamina verboruln. Hinc rex vestel" non vulgarem laudeln
consequitur, quod dicendo non oratorem sed dominum ac regem
agit ac ut in omnibus negotiis celeritati, ita studet in dicendo
brevitati, dignitati suae competenti. Sed non mearum est partiuln
divinas SUl'tmi principis laudes recensere, aut de charactere dicendi
regio aliquid tibi scribere, quem ceu doctorum holninum lumen
Europa veneratur! Satis nihi a te flet, si cura ac opera tua
nanciscar unicum orationum regiarum exemplar, quod tanquam
maxilUm tuae erga me benevolentiae testimoniula inulti aesti-
mabo. Vale vir clarissime et me ut soles ama.
Ibid., fol. 9_, - 9-_ .
XIII
Doctissime vir,
S.P.
Animus quidem mihi erat te hodie adeundi, sed istud hiemale
ac pluviosum tempus continet ne inua hospitii limen. Itaque
igtlosces, si desideriuln tibi lneUln non ore tenus (ut volui et
debui enarro. PrilnUln ac in Gallialn veni, SUmlnUln me cepit
«tudium historiae vestrae cognoscendae, tutu ob gentis celebritatem,
qua merito gloliamini, tutn ob casuuln exemplorulnque varie-
tatem, qualn annales Gallici con_plectuntur. Hactenus usus [sum]
P. Aemilio Veronensi ", qui ibi cessat, ubi a.nplisimum scribcndi
campum praebent illi varia Galliae rata. Ne[queJ tamen hanc ob
causam ignarus esse omnino reliera posterioris vestrae historiae,
quae et [ob] recentem factotum memoriam et oh variam imperii
huius fortunam lectorem plur.imum] potest detinere ; ideoque dili-
gentissime cognoscenda est. quod oculis subicit intestini incendii
calamitatem et bellorum civilium furorem, qui nunc in hac saeculi
senectu[te I ubique fere grassatur. Ac adeo huius mali tables
bellicosissimos populos exat, ut [nos] iuniores legentes sanctam
veteris aevi simplicitatem, [lau]datam ridera, veram sinceritatem,
praesentisque aetats malevolentiam, invidiam, ambitionem, frau-
dera [do]los, conqueri de infortunio nostro cogamur, quod nati
simus ad deplorandam huius temporis, calamitatem. Tales querelas
saepe in animos holninuna excitare possunt HenricP. '_'-i. Caroli
:L-i, Henrici 3-il vitae.
Optarem equidem eas pernoscere, si aliquem fidelem et
veritatis amanteln historiam nanciscerer. Non me latet Thuanum.
virum doctissimum, rouira praeclare de lais regibus scripsisse et
quaedam aulae arcana et secretiora consilia sine odio et gratia
posteritati tradidisse; sed rerum orbe toto gestarum descriptio
ordinem historiae Gallicae interrumpere videtur. Quare obnixe te
oto, ut mihi aliquem Latinum historicum suppedites, qui fideliter
et sincere ab initio dominationis Francisci primi usque ad huius
regis tempora res Gallicas narret. Hoc si mihi singularis tua huma-
nitas praestiterit, non exiguus inde cumulus ad maxima tua in me
merita accedet. Vale.
Observantissimus tui cultor.
Jacobus Sobieski, pal. lub.
Ibid., fol. t93 .
* Pauli Aemylii V¢ronensis historici clarissimi, de rebus gestis Francorum
libri X. Parisiis, MDXL, 111.
XI\
Clarissime Domine
S. P. Festinanti lnihi e Gallia in Polonialn inter caetera
itineris impedimenta accidit aliquot diebus in Germania Noriln-
bergaeimmorari ibidemque non nulli, bono quodam genio meo,
Clar'"" Viro Scipioni Gentili. professori ordinario ,cademiac
.\ltorfingensis innotescere. Cumque mihi multus ac varius cure
eo ad nlensaln de viris celeberrimis ac doctissimis Galliae serrno
intercessisset, tu ipsa occasione ipsiusmet petitionis non postremus
fuisti. Holno tare avidus ac amans nominis tui, ut non desisteret
prius sermonem de te perficere, quam breves idque repentinas
litteras ad te perscriberet, quarum tantunt abest, ut recusarem
transmissionem, ut etialn ipse gravis ac necessarius expostulator
flaerim. Quocirca acceptis ac adiunctis litteris III'"' D'i mei prima
quaque occasione eas ad te transfcrendas curavi. Velim itaque, ut hoc
praesens ac minimum meuln in te studium sit pignus futuri longe
maioris ac praestantioris, non enim nescio, quantum hulnanitati,
quantum benevolentiae in me tuae debeam. Non plus; in adventum
.racovia copiosiorem de omnibus materiam subministrabit. Vale
et vel sic devinctuln redalna.
,',: .lunii, Norimbergae a" 16oR.
Filium tuum Joannem unice saluto.
Tuus totus a servitiis
Rhadianus Czolhanski, top.
l;urn. 363, fol. z4o, au verso: , A. M«,nsieul-, Monsieur l.aac Casaubon
lll.libtrt: tic la bibliothccc et Conseiller du Ro). demeurant tout devant les Cordcliers
ch l'llnicrsitc de Paris. A Pari». ,,
XV
Claris,fimo Domino, D'"' l,,aaco Casaubono Regio Consiliario
et archibiblioth., amico plurimuln honorando.
(]larissime atque excellentissime Domine et amice colendissime.
Volebam quidem filium meure diutius retinere in Gallia.
praesertim in urbe ,ubi hactenus vixitl Parisioruln, quae primum
pro studiis tenet locum et est alumna doctoruln virorum ac
«peculum lnorum
meure disciplinis ornatuln, praeceptis instructuln conspiciam.
Epres.d ad lilium in litteri, ut ipse qu,:,que pro sua sorte ostendat
omnem animi sui gratitudinem et obliget se semper memorem
fore beneficii accepti, ego ,«ero libenter inserviam commodis suis
et si aliqua in re cupit, ut inserviatur sibi, curet, ut sciam;
promptissimum et paratissilnum cognoscet. His itaque pracmissis
COlnmendo me diligenter suae gratiae.
Datae Cracoviae ". Septembris Anno t]o,.
Clar « atque Excell '« D''is Vestrae
prom ptissim us ara icus
leo Sapieha
ancellarius Magni Duc. I.ithuaniae, Mohilovien.
(.apitaneus manu propria.
Le manuscrit ast corrompu au milieu du feuillet : six lignc d'critur
manqunt.
XVI '
laa,cua Casaubonus Leoni " Sapiehac.
Illu.-,trissime, amplissirne Domine. Cure mihi litterae illac
redditae sunt, quas pro insignita humanitate tua date ad me es
dignatus et vidi nomen illustre alnplitudinis tuae. ut erubui.
Pudebat me et merito quidem quod commisissem, ut scriptione
litterarum prius a te provocarer, quam officio meo essem ipse
functus ; quem antevertisse et mea dudum obsequia tibi detulisse.
verum erat. Non enim possum negare, eius praestandi datam mihi
tutu fuisse occasionem, quando generosus dominus, filius tuus,
certum isthuc hominem misit. Sed me nimirum ingenita verecundia
et pudor quidam subrusticus sicL Noram fortunae tuae celsitu-
dinem, noram meam tenuitatem. Cùr igitur seria tua meis frivolis
interpellarel et in publica coml'noda peccarem ? Haec cogitatio,
vir illustrissime, cupientem litteris te affari hactenus inhibuit.
Nain alioquin optasse me persaepe, ex quo filii tui familiaritate
sure usus, dari mihi aliqua ad tuam praestantiam aditum, scit
ille, quem ne intimae quidem mortalium curae fallunt. Postquam
enim gnatus tuus, iuvenis ad exemplum probitatis, modestiae atque
omnis virtutis natura comparatus, studiorum suorum rationeln
64
nobiscum coepit communicare; quum eius indole mirandum in
modum caperer, volui persaepe fortunam tualn tibi gratulari,
qui tantae spei adolescentem, haud dubie spem alteraln patriae,
genuisses. Nihil dabo auribus tuis; sed plane ex animi sententia,
quod videor mihi certis indiciis cognovisse, dicem. Nain, aut me
,,mnia fallunt, aut eo ingenio, iis moribus, ca virtute filium habes,
ut gaudendi ipse luculentam in eo material habeas, amici gratu-
landi, l']quidem illum diem albo notavi lapillo, qui eum lnihi
c)nciliavit. Itaque eius caussa et alteri«ts nobilissilni praestantissi-
inique adcAescentis Poloni, studia lllea, vita ipsa mihi chariora
lubens intermisi et ad civilis doctrinae notitiam comparandam
ipsoruln conatus honestissimos pro mea virili sublevavi, i]ius operae
nostrae si quis ad fi]itllll tuum, ut spero et opto, fructtlS rediit, feci
quod volui. Tibicerte, amplissinle d,mineatque illi, quae vestra
est beninitas, potius satisfecero qual-l ipse lnihi. (2uod superest
l)eum pt. Max. veneror, ut et tibi filium et illi parenteln suum
incolumes quam diutissime servet vestrisque coeptis propitius
semper et favoris sui aurail aspirer. Vale. illustrissime Domine et
felix vive. Lutetiae Parisiorum, a. d. XV Kalend. Noembr. ld2,.
J. Casauboni Fpistolne, curantc Th. J. ,ab ,lmcl«ccn, Rotcrodami
t,,I. 321. Fp. DCXV.
* I?édiwur a imprimz h tort : Joanni Stanislao.
C,:ttc Icttrc et la suivanta sont rdrnprimzcs ici parce qu'elles eclaiïcnt les
aulr,:s lpicces dz cctte correspondance.
XV] b
lsaacus Casaubonus Joanni Stanislao Sapiehae,
Juveni Nobilissimo.
Etsi gratissima mihi est tuae adversum me benevolentiae
sinificatio, cuius tot simul tare luculenta dedisti testilnonia; in
summa tamen, quam ea mihi res affert voluptate, hune ego dolo-
rem ne utiquam sane levem capio, quod tua, generose domine,
repentina in patriam reversio omnem mihi in praesens, an et in
posterun, facultatell eripit grati animi testandi. Jal prilnum, quod
mei serves memoriam et humanissime scriptis tuis me lacessas,
Ilisi eo ipso nomine nlultunl ine tibi debere Selltia111, plane eo sui11
honore indignus. Tu veto munus insuper addidisti idque excellens.
Supra omnia est illustrimi domini parentis tui epistola, auro
contra non chara ; in qua tuanl pariter arque illius humanitatem
adverti. Nain quod vit tantus nos scriptione provocare sustinuerit,
comitati et caeterae illius virtuti hoc acceptum fero. Sed quod
nostra il te merita vit illustrissimus litteris suis praedicat, tott|m
id, genero.e domine, muneris est tui. Quid enim ipse ad parentem
scripseris, epistola parentis arguit. Quo igitur me vertam, aut quam
rationeln inibo consilii, ut aliquid faciam, quo gratum animuln
tibi probem ? Nempe hoc UllUm superest, t,t qui nihil aliud
possim, grata saltem praedicatione et constanti inemoria tui et
tuorum meritort, m, otficio lneo satisfaciam. Hic ego mihi non
deero facileque, uti spero, perficialn, ut te eius iudicii, quod de
inc fecisti dudum, nunquam poeniteat. Ago veto tibi, nobilissime
domine, pro tuo munere p. o,)gratesgratissimas. Eit hoc mihi
posthac gratissimuln cimelium, ut tui erga me animi pignus certis-
_-,imuln ;.quod non prius quiescere me patietur, quam ipse vicissim
aliquot d.rrl,l,,,,.,o,, misero. Sed hoc inter ttlum et meure intererit
munus, quod pro auro et gemmis, quibus ipse abundas, verba
rependemus: quorum aliquam nobis esse copiam, ipse quoque
videris existimasse. Quicquid huius erit, nlinus tamen erit eo
affectu et cultu, queln tibi mente et voluntate prolixa exhibeo, quum
aliter nequeam. Velim hoc tibi de me certo persuadeas et litteris
tuis aliquando nos bees. Eo si selnel nactus fuero viam certain
litteras in Poloniam curandi, ne inter publicas curas oblivio nostri
nolninis tuo obrepat forte animo, sedulo cavebo. Hortarer te,
nobilissime adolescens, ut in studiis, quae feliciter incepisti, dili-
genter pergeres, nisi certo scirem freno, freno potius egere te
quam calcaribus. Id quonialn mihi est satis superque COlnpertuln,
non committam, ut diffidere virtuti tuae ac constantiae possim
videri. Opto tibi omnia laeta ac fausta. Vale, et me ama. I,utetiae
Parisiorum, a. d. XV Kalend. Novemb.
Casauboni Epistolae I. c. p. 60_:,, 606.
66
X¥II
]_)0Ill i IG 0
lsaaco Casaubono regio consiiiario
amico plurinium observando
l.utetiis Parisiorum.
Clarissime Domine.
Quoniam praeter spem et opinioncm meam accidit, ut qui
Parisios brevi rediturus eram, in Poloniam iter meure iussu III"'
l} '' parentis converterem, nolui committere, quin tibi praesentibus
litteris si quidem coram non datur valedicerem, gratias quantas
maximas possum pro ca sollicitudine et cura, quam in me fideliter
crudiendo suscepisti, referem, id a te summ,pere petens, ut me
consueta benevolemia, absentera licet corpore animo cette prae-
sentem, prosequi velis. _\le vero; quem semel beneficio doctrinae
tuae obligatum reddidisti, paratissimum semper ad omnia .qrati
animi olficia tibi exhibenda reperies. Ne in bac peregrinatione mea
oblitus tuis videar, mitto tibi ex partibus hisce munusculum, quod
rogo grain velis suscipere animo considerans non dus exiguitatem.
sed affectus in te mei magniiudinem. Quod reliquum est. Deum
()pt. Max. oro, ut te magno rei litterariae commodo quam diutis-
situe salvum et incolumem conservet. Dat. Lovanii die g Octobris
Anno 16o,q.
Clarissimae Dominationis Vestrae
addictissimus Am[icus]
Joanncs Stanislaus S.apieha]
Slonimen... "
P, urn. 366, fol.
* orrompu dan I¢ manuacrit.
XVIII
Clarissimo Domino I) '° Isaaco (;asaubono Regio (;onsil.
et Archibibl. D "° amico obser .... .
Clarissimc Domine.
Redicns ab III ='' D''« l'Jleo i11 Bclgiuln ad II1""' F'ilitlln uum
incidi Norembergae in (;lari " I)""'" Scipionem, l)octorcln .I. 1.
et anaicum Claris m I) "i tuae, cuius littefas ad lar"':'"' I). per
confamulum meure (;enerosum I) "'' XVigant remitto, ctsi longe
gratius mihi accidisset, si ipsemet cas Clarissimo I)'"' reddi-
dissem, sed quia nescio quo fato meo cx enit. ut citius Belgium
II1 m Dominum lneum cxciperet, quam l.utetia retineret, ideo
quoque mihi occasio Clar "''' b''ç''' videndi et salutandi ercpta est.
Quocirca his brevibus litterulis mois Clar" D'" in rccompensam
absentiae meae ..... " simulque prnmptissima ocia mea ad minima
quoque imperata Clar i I) "i exequenda scdulo dcfcro. Cuius gratiae
et benevolentiae serio scmper COmlncndatus essc cupio.
l.ovani a" tdo8
Clar ''lae D.
studiosissilnus amicus et promptu» »ervitor
Rhadianus (;zolhanski
top.
Burn. 363, foi.
* Corrompu dans le manuacrit.
XIX
Magnifico et Clalissimo Donlino Isaaco (;assabono, profcssori
regio, Domino et amico honorando.
Vir clarissime, amice honorande. S.
ldeln mihi usu venir, quod ils, qui differunt censuum solu-
tionem. Quo enim plures accumulantur, eo dilticiliol fit s,luti,_,.
-- 68 --
Nain me quoque ad litteras tuas iampridem acceptas multiplicati
quasi aeris alieni in respondendo expunctio conturbat ! et ut verum
fatear, verbero nie ipsum tacito cogitationis convicio, quod non
statim responderim. Sed qua es humanitate, ignosces. Non dicam,
quae meae occupationes fuerint, quas quidem fuisse toto hoc
novennio gravissimas vel sola cure Rigensibus actio declarat. Nolo
cnim videri confisus potius meis excusationibus, quam tua aequitate,
,,ffensionem silentii deprccari. Habe decretum regium, quod mitto,
pro censu. Erit quo laeteris et Thuano gratificeris, si sit istius
exitus ccgnoscendi cupidus. Ut temporis ratio tulit .Riga enim a
(]arolo Sueco premitur ita latum est. Arque ira propitius Deus in
eorum viscera retorsit, qui mihi exitium iniustissimum parabant.
(2ae mihi causa gravis est. cur Deo vindici gratias agam, qui
adversus ingentem inprobortm consensum nultorum bonorum
h,,minum et inter eos tuam quoque de mea innocentia susceptam
,,pinionem confirmavit. Mitto clipeum n-euna *, quen- desiderabas.
Mitto etiam Farenbachium "" a me descriptum, ut nisi te alio
abstrahant curae et lectiones graviores, legere mea causa haud
.qravcris. Apud nostumulti sublati unt. Cnstante pace publica.
non diu regnum carebit accessione ,crede mihi" Iagni loschoviae
l)ucatus. D-no Thuano. qui suisauspiciis mihi laver, dcfero mea
studia. I'a tibi quoqt, e, si usus fucris iis, fideliter et libenter
pracstabo. Vale. In ()rissoviano Samocii Içal. Jul. 6o,.
X,'ester studiosissimus
David Hilche
Secret. R ;' M'i«.
}urn. 3r4, fol. zfi3 «.
Clxpeu innocentiae t »eritatis », Zamoiac, 1,«, 4.
"" \t,, Gorçii l.rcbach. Zamo»ci ,,,,
XX
;larissimo Domino Isaaco Casaubon,, Regi« ansiliario
et Archibiblioth.
(;larissime et plurilnum observand'"' I) ....
Singularis hunlallitas et bencvolus in inc tutls anillltlS ficiunt,
tir e I,mginquis commoditate occasi,mis liueris mei» te compellam.
Post reditum III ''li D I'i mei c Galliis non diu nos paterni
tentmrunt sed facilis in spen Moschoviae vicinac nobis inonarchiae
«»btentio evocavit detinuitquc n«»s in c«)nfinio regni nOStli, le, fris
simi idelnque Sulnptuosissimi prpugnaculi, arcis SllO]cSCCllSis ad
fluvium l$oristhenem positi autumni et hiemis recentis praeteritac
assidua oppugnatio et ut res est haud dicilis ipsa etiam expugn,ttio,
nisi torrida Iliems praetcr solitum profunditate niiUln C¢l¢lttlS
nostros frustrasset, nain neque pedites copia nivitlm invo]uti
in[sidias] facere, neque eques extra viam c latum quidem tllgtle
dcviare potuit, duravit haec continua obsidio et ..... " aliquot castris
nostris adversae tormentis deicctae vereque ..... * ximo coeptis nostris
benigniorem speramus successum : eti non desunt qui obsidionem
arcis huius prorsus inutilem rentur, longe utilius in proposit«, ff,re.
si Sacra R. M t''s metropoliln ipsam, urbem M,»schovialn exercitu
suo circumdaret eamque quibuscunque poterit viribus strenue
uestate ineunte oppugnet, rem in propatulo, capta metropoli de
more gentis universae monarchiae spontanealn deditionem futnraln.
Visuln esse R. M': ad terrorem gentis primum propugnaculum
esse expugnandum: itaque dura haec ad institutum peraguntur.
Constantinopoli ante duos menses celeriter nuntius aut legatus
ordinarius Czauszius ab Imperatore Turcico ad S. Reg'" M""' in
castra venir remque legationis coram senatoribus in castris praesen-
tibus et duce belli I11 ''' D"" Zolkiewsky exponit. Mirari vehementer
Imperatoriam Maiestatem. ambigmeme plus Rex Polonus potentis-
simus de non ferendo auxilio, si R. 3I ab Imperatore Turcico
eguisset, an dideret fraternitati suae multis ab hinc annis cons-
tantissime cure R. 31' cultae. Gratulari tamen Imp ' M'" Regi
potentissimo, fratri suo, ex animo tlicem in Regnum Moschoviae
-- 70 --
ingressum optareque longe felicissimam praepositi sui obtentionem.
{;aeterum si R. Polon. potiundae universae Moschoviae Supremi
Dei iudicio decretum, petere Imp m +\I" a rege potentissimo restitu-
tionem multarum provinciarum Tartarorum, praecipue Astracha-
niae et (alariae et aliarum sibi ri Imperatorum Moschoviticorum
a multis annis ereptarum. Ad haec senatores iussu R..I ti- consilio
sccreto, uti fallax Czauszii legatio erat 0ustrandi nain exercitus
gratia, non alicuius serii negotii causa peragendi in castra venerat
breviter comiterque responderunt et celerrime e castris dimiserunt.
tlaecin castris regiis ad Smolenscum. Aestatesuperiore Livonia
tottt duce I1l'"" D"" (;arolo Chodkievicio recuperata, bis propulso
hoste Sueco ad Pernavam et Dinamentum. In visceribus regni
l'oloniae post turbulentissimos civiles motus altissima Deo propitio
pax, in confinibus quidem Transilvaniae et Valachiae Tartariaeque
Içvcs quidam in rcgnum tumultus, qui concordia magnatium, duce
111 ..... D"" Gulski. Palatino Russiae haud ditficulter reprimi possunt
atlt iam iam sunt repressi. Caeterum quid aestas futura importer,
id in con.ilio deorum. Nos interea humana agere et pari fortitcr
dccet. Et .si quid scitu dignum obvenerit c, pportunitate temporis te
id scire faciam, lntcrea me pristino favori tuo serio commendatum
ese cupio. Datum in
. die Martii a" idlo.
.\loscoviu e castris regiis ad Smolcnscum.
I:urn. 3,3, f,+,l.
Corrompu dans 1, manuscrit.
Claritatis Tuae
<,bsequentissimus
Rhadianus Czolhansky, mp.
XXI
Viro clarissimo lsaaco Casaubono, l.ondinum.
Salve vir. undecumque clarissime.
Post meure Londino discessum luctu hic at squallore omnia
plena reperi ex immaturo ac insperato plane obitu lllustrissimae
Principi. herae mcae ex antiqua Ducum Sluciae familia ultimae.
Hinc variae difficultates, ac plurima illaque ardua negotia quae
exoptatam ad te scribendi occasionem, prout discedens in me rece-
peram, mihi plane praeciderunt. Nunc postqualn ex rot molestiis
aliquantulum respirare datum, nihil mihi prius duxi, quam prae-
sentibus hisce incompris licet ac balbutiente calamo et manu
arctoo frigore rigente exaratis perpetuan meam erga te observan-
tiare testari; simul de statu rerum in his regionibus brevibus
edocere, ls sane, peccatis nostris ira exigentibus, quod non sine
dolore scribo, non adeo tranquillus : si-quideln et dolni et foris
tumultuatur. Rex noster ad Metropolim Moscoviae cure exercitu
movit, 1]liunl natu majorera Vladislauln in lag. Moscoviae D.cem
in,uguratul'us ac simul nosu-atibus dura ibideln «,bsidione pressis
st.ppetias laturus. Moscoruln interim animi distracti magis exacer-
bari videntur, l{eliquus lniles numerosus, qui antea quoque post
subactam metropolin ibidem obsidione tenebatur, tUln ille quoque,
qui Demetriorum signa secutus speciosis promissis in pal'tes regias
transivit ; sub praetextu 11o11 soluti stipendii, quod ingentem sure-
mare eflïcit, Moscovia excedens regia bona omnia coniurato
occupavit, iam iamque in praedia ecclesiastica involaturus. Vecti-
galia regni in usus suos convertit, censure agris imponit neque
nobilium possessiones ab omni parte immunes relinquit. Sic propret
detestandam paucorum avaritiam, cul consilia Capitolina vel potius
Vaticana frigidam suffundunt, peregrinis debitis dura caeco altectu
alienis inhiant, misera Respublica onerata, delicta aliorum ilnmerita
patria luet. Utinam veto malum consiliuln in capita consultorum
redundet. Quod sane verendum est, nisi res alio inclinent, ante-
qualn proxilne futura comitia celebrentur. Belli Valachici flamlna
aliqua ex parte sopita videtur, verum culn perfido hoste minus fida
pax. Nec tot in nostraln perniciem coniurata suflàciunt inala. Illi,
illi inqualn (quod ingemiscendum est, quos pacis ac concordiae
spiritu duci las est ac ipsorum ordo requirit, novos cineri doloso
supponunt ignes, absente rege, turbulento rerum statu, civitates
Prutenicas proscribunt, templa ri repetunt, cuius rei testis Eblinga,
nobile in his regionibus Angloruln emporium. Sic praepostero zelo,
vel potius praecipiti fastu ducti ac rabiei diabolicae oestro perciti
coelum, terrain ac maria miscent ; irritosque suos ab occasu labores
ac technas cernentes Aquilonem tentunt, hinc potissimum secundum
prophetam malum prodire rati. Nec suffecit illis externis causis
iniserum reipublicae corpus oppugnare, nisi quoque lnedullis ipsis
latente febri laborantibus illud ad extremam phthisin perducant.
Deus (pt. ,lax. naviculam suam in hoc impetuoso mari gubernet,
ac diras omnes diaboli ac hostium suorum procellas averruncet.
I»iura si scire cupis, ex praesentium exhibitore cognosces. Sutticiat
nunc me invitum sane maie nostra delibasse, ut tibi, vit clarissime,
morem gerens tuam consequi possil gratiam : le vero beatum,
si ,f..zJg« bac me beare dignaris. Quod reliquum est, Deum
supplicibus votis oro, ut ille sub felici augustissimi regis ulnbra te
salvum ac bonis c»mnibus florentem perennare patiatur. Regiomonti,
3. Nonas Decembr. ;al. Gr..\. S. 161 .
Virtuti tuae addictissimus
Daniel Naborovius,
[llustr. Ducis Rad;ivilii a secretis.
F'ribotrg (Suisac/. --I mpri,,,cri: et [.ibrairic de I'¢tuvrc de Saint-Paul. "-'59, ruc de Morat.
INDEX
LECTIONUM
Lectioms eodem sermone habebuntur, quo ammtiantur.
P-etimn p-o lectionibus aon exigetm'.
ORDO THEOLOGOP, UM
Philos,12hia in l'hcalogiam pro12acdeutica.
Professores
Kennedy: lntroductio in l'hilosophiam; I.ogica, scil. de Cognitione
imciicctiva, de Dialectic, dc Critica, de Mcthodo -- bis
per hebdomadem : feriis III ct V, hora 8- 9 .
Anthropologia : De composito humano, de facuhatibus
humanis, de originc, duratione ac fine hominis -- quater
per hebdomadem : feriis Il. IV, VI et sabbato, hora 8-,.
Exercitia practica: a Seminaria, bis per hebdomadem:
feriis II1 et IV; b)Disputationes, bis in mense, loco
aherutrius ex scminariis.
Berthier :
De l'he,d,,gia in genere.
Encyclopaedia theologio, semel per hebdomadem : fcri. IV,
hora z-3.
ScrilMltra sacra.
Fritsch :
lntroductio specialis in Vetus Testamentum, ter per hebdo-
madem : feriis II, III, IV, hora
lnterpretatio Libri Psalmorum, bis per hebdomadcm : feria VI
et sabbato, hora -OE.
Berthier : lnterprettio Epistolae ad lom.qnos, et Epistolarum B. Jo,.qll-
nis, bis per hebdomadem : feriis III et VI, hora 2-3.
N.-IL -- De iingua hcbraica, arabica et syriuca, «'ide l.ectiones D. Grimme,
sub « Ordo philosophorum ,,.
Boisdron :
De Locis Theologicis.
Theoiogia fundamentalis, bis per hebdomadem : feria III et
sabbato, hora q-o.
Scminarium aut disputatio, semel pcr hcbdomadem.
-- 7 6 --
The,,lagia D,,gmatica maj,,r.
]'r«»fessores
Cotonnier : De Deo creante
44-641, quater
hora 9-o.
Seminarium aut
Hyvernat :
; de Angelis {Surnma Theol. i a parte, qq.
per hebdomadern : feriis II, III, IV et VI,
De Sacramentis
firmationis et
68-831, quater
hora to-tl.
Disputatio, semei per hebdomadem.
in generc, et de Sacramcntis Baptismi, Con-
Eucharistiae {Summa Theol. 3 a parte, qq.
per hebdomadem : feriis II, III. IV et VI.
Seminarium aut Disputatio, semcl pet hcbdomadem.
Boisdron :
l'he,,l,,gia Dogmatica brevi,,r.
1)c fine ultimo hominis;dc gratia -- ter per hebdomadena :
feriis II. IVet VI, hora 9-io.
Seminarium, semel per hcbdomadem.
7"he,l,,gia m,,r«lis.
Berthier Theologia moralis specuk.tiva : l)e peccatis; de legibus
Summa Theol. i a 2:'" qq. 7i-to81, ter per hebdomadem :
feriis 1I, IV et V|, hora 8- 9 .
"|'heolo.gia moralis practica : De praeceptis decalogi, ter per
hebdonmdem : feriis III et V, et sabbato, hora 8- 9 .
N.-IL -- De casibus conscientkc, vide infra « Theologia pastoralis ,,.
l'herd,gia ml'stica.
Cotonnier: l)cincipientibus: Explanatiod,»gmatica juxta D. Tlaomam,
respectu habito ad scripta doctorum Ord. Praed. qui in
Italia saec. XIV. de re mvstica ege,um-- semel per
hebdomadem : sabbato, hora 9-Io.
Esser :
.]lin Cdllt,lliClllll.
De pcrsonis Ecclcsiasticis, ter per hebdomadem : feriis II, IV,
VI, hora 5-6.
Dic kirchenrechtlichcn Verhcltnissc in der Schweiz, i Stunde
woechcntlich " Donnerst:. t -t 2 Uhr.
Lit,rgia.
Esser: De re Liuric, scil : De liuri in cncre, de diersis
]i[uriis c ]oco ]i[urico c de hri ; c scr supc]]ccfi]i,
de ves[ibus lhuri/i, bis per hcbdomdcm : erii [II
V hora 5-.
Hsoria E«cl«sia.çti«a.
Mandonnet: Histoire de llEglise depuis saint Grégoirc le Grand
jusqu'a Innocent III, 3 heures par semaine: lundi, mardi
et mercredi, de 3 4 heures.
Exercices pratiques : Le cardinal Giovanni Dominici e son
action pendant le grand schisme, heure par semaine :
vendredi, de 3 a 4 heures.
Kirsch : Gcschichc dcr p:epstlichcn Vcrwahung ira X! V. und XV. Jahr-
hundcrL Stundc woEchentlich : Donncrsag 9-io I hr.
Kirsch "
Patr,,l,ia.
l)ic ElOthezcit der pnristischcn I,ittcratur, von Athanasius
bis zu Lco I., OE Stundcn xx,:chcntlich : Mittwoch und
5amstg 6- 7 l'hr.
lin Seminar : Ambrosius, De ride libri V, in eincr noch zu
bcstimmendcn Sundc.
Kirsch
.lrchae,,l,,gia christian,t.
L'art chrétien dans l'Antiquitc, -_. heures par semaine : lundi
et samedi de OE à 3 heures.
Eercices pratique.s: Explication d'inscriptions choisics de
l'Antiquité chrétienne, heure par semaine.
]'her, l,,gia tast,,ralis.
Beck : Pastorahheologic : Einleitcndes, Katcchedk, pastolelle
Behandlung der Sakramente, 3 Stunden xx«:chcntlich :
Montag, Dienstag, Mittxxoch und Freitag4-5 Lhr.
Casus conscienti.e : de praeceptis decalogi, bis per hebdo-
madem: feria V et sabbato, hora o-I (eventuell in
deutscher Sprache}.
l'cdagogisches Praktikum, Stundc xcechentlich :Sams-
tag 3- 4 [hr.
N -B. --., LiftArature chrétienne », voir les ,:ours de M. le Prof. Jaquot.
, Ordo Philosophorum ».
OP, DO J U P, ISCONSU LTOP, U M
Clerc :
Code civil fribourgeois, 4 e et 5" livre tLois sur l'état civill,
4 heures par semaine : lundi, mardi, jeudi et vendredi, de
8 o heures.
Code fédéral des obligations, Contrats spéciaux [art. 22 9 /
5-41, 2 heures par semaine : mercredi et samedi de 8 9 h.
Pedrazzini : Droit public général, 3 heures par semaine : lundi, mercredi
et vendredi de 3 4 heures.
Droit public ecclésiastique, i heure par semaine : mardi de
2 ,4 3 heures.
N.-B. In Bezug auf Kirchenrecht siehe auch die Vorlesungcn von
P. Esser, Theologische Fakuluet.
Rechtsphilosophie, 3 Sumden woechentlich: Montag, Mitt-
woch und Freitag 4-5 Uhr.
Lecti.ire und Besprechung von J. M,eser's « Patriotischen
Phantasien » mit besonderer Bertacksichtigung der volks-
xxirthschaftlichen Fragen, in zwei noch zu besti'-nmenden
Stunden.
Jaccoud:
Droit naturel, III" partie : La Société, heure par semaine :
lundi de = ,4 3 heures.
Èléments d'économie politique, heure par semaine:
vendredi de / 3 heures.
Perrier :
Droit public suisse, 4 heures par semaine : mardi et mer-
credi de 9/ o heures, jeudi de 9 ,4 heures.
Favre :
Médecine légale, I heure par semaine ILa matiëre fi traiter
et l'heure seront indiquées au commencement du semestre).
Fietta :
Code civil français, livre III, titres V, VI, V[I. 4 heures par
semaine: lundi, vendredi et samedi de 9 o heures,
mercredi de o heures.
Eléments de droit civil français, = heures par semaine:
mardi et vendredi de o a heures
w 79 --
Bise :
Droit des gens, 3 heures par semaine : lundi, jeudi et samedi
de ,, heures à midi.
Rensing :
Roemische Rechtsgeschichte, 3 St. wtechentlich: l)ienstag
5- 7 Uhr und Freitag 6- 7 Uhr.
Pandekten, I. Theil, 5 Stunden w«pchentlich : Montag und
Mittwoch 5- 7 Uhr, Freitag 5-6 Uhr.
Seminar-Uebungen (Examinatorium und Praktikum aufdem
Gebiete des rc, emischen Rechts, 2 Stunden wmchentlich :
Donnerstag 5- 7 Uhr.
Fervers :
Dcutsches Civilprozessrecht, 4 St. xoechentlich : Dienstag
und Donnerstag 3-5 lçhr.
Praktische l%bungen auf dem Gebiete des Stn, f- und Straf-
prozessrechts, 2 Stunden wmchendich : Samstag 3-5 Uhr.
Gottofrey :
Institutes du droit romain, z heures par semaine : mardi de
6 7 heures et vendredi de 5 6 heures
Pandectes, Il « partie: Droits réels, droit des obligations,
4 heures par semaine : lundi, mercredi, jeudi et vendredi
de 6 à 7 heures.
v. Savigny : Deutsche lechtsgcschichte, 3 Stundcn w«_chentlich : Moma
und Samstag to-, Freitag - l'hr.
Einleitung in das deutsche Staatsrecht, 2 Stunden ,j,chent-
lich : Dienstag und Mittwoch t t- bhr.
N.-B. , Erkkerung des Sachsenspiegels » siehe die Vorlesunge, von
Prof. Jostes, Philosophische Fakultet.
-- 80 --
ORDO PHILOSOPHORUM
Gremaud : Histoire politico-religieuse des trois évèchés de la Suisse
occidentale. 2 heures par semaine, tcs heures seront
déterminces 5 l'ouverture des cours.}
Horner :
Pé&gogie : La psychologie appliquée 5 l'ëducation, 2 heures
par semaine : mardi et vendredi de 6 7 heures.
Jaquet :
Liueramrc chrédenne : Svint-Athanase, 2 heures par semaine:
lundi et mercredi de :3 i 6 heures.
Le 1'. Lacordaire. I heure par sem:,ine : vendredi de 5 i 6 h.
Effmann :
Geschichte der antiken P, aukunst,_, Stunden ,,'chendich:
.Monta.a und Dienstag t-,- 7 ['hr.
Geschichte des Holzschniues und des Kupferstiches, Stunde
w,.chemlich: l)onnerstag 6- 7 Uhr.
Ausgeehhe Kapitel der Kunst-und Kalturgeschichte.
Stunde ,.chentlich : Freitag 6- 7 ['hr.
Wolff :
Prinzipien der Erkennmistheorie, 2 Smnden xx,echcntlich :
Montag und l)icnstag IO-II Ihr.
Kosmologie, 3 Stunden «chentlich : Miuwoch, Donnerstag
und Freitag o- Uhr.
Steffens :
Diplomafik, 2 Sunden x,chentlich: l)ienstag und Freitag
3- 4 Uhr.
Historisch-diplomdsche Uebu»gen. Smnde w,rchemlich :
F'reitag 2-3 [hr.
Longfello's « Golden Legend ,, und Repetition der engli-
schen Grammatik, 2 Stunden x,vchemlich: Momag und
Mimvoch 3- 4 [-hr.
Sturm :
Einleitung in die attische Beredsamkeit und Erkkerung der
Kranzrede des Demosthenes. 3 Stunden ,'chentlich:
Dienstag..Mimoch und Freitag 8- 9 Uhr.
Griechische Palaeographie. Stunde wwchentlich : Samstag
8-,)[ hr.
Professores
Reinhardt :
Jostes :
Rabiet :
Ira Seminar : Lekttre ausgcwoehher Partien aus den griechi-
schen Lyrikern. Grammatische 1_ ebungcn und schrifiliche
Arbeiten.--2 Stunden w.J.chentlich: Mitmoch 6-- Ihr
Nachm[ttags, Donnersta 8- 9 Uhr Vormhtas.
AIIgemeine Geschichte im Zcitaher der Glaubenstrenntmg,
4 Stunden wechentlich : Montag, l)ienstag, ,x,.|ittx och und
Freitag 5-6 [-hr.
lin Seminar : Uebungen zur Geschichte desselben Zeitahers,
2 Stunden v, mchentlich : Donnersta. 9-1 [hr.
Geschichte der deutschen Litteratur bis zur Reformation,
4 Stunden xx-.l:chentlich : Montag, Dienstag, l)onnerstag
und Freitag l l-lZ Uhr.
Ausgex Lehhe Kapitel aus der neuesten deutschen Litteratur,
t Stunde wechen'dich : Samsta;4 11-12 Uhr.
lm Seminar : 11 Besprechung eingereichter Arbeiten, Erkl,t.-
rung des Parcival von \Volfram von Eschcnbach, in zxei
noch zu bestimmenden Stundev. zl Erkkerung des
Sachsenspie:lels, in zwei noch zu bestimmenden Stunden.
Grammaire historique du français, OE heures par semaine :
lundi et vendredi de à 3 heures.
Exercices pratiques : Lecture de te,:tes, 3 heures par semaine :
mardi, jeudi e vendredi de I o à I i heures.
Dialectologie, heure par semaine IL'heure et le sujet
seront dëterminës à l'ouverture des coursl.
Schnirer :
Deutsche Geschichte bis zum Interregnum, 4 Stunden
w,chentlich " Momag, Dienstag, \[ittwoch und Freitag
9-o Uhr.
Ira Seminar : LektCtre von \Vipo's « Vita Chuonradi re,is ,,,
OE Stunden v,rchentlich : Samstag '3-t i Uhr.
Kallenbach:Adam Mickiexvicz, l'homme et l'.»uvre, 3 heures par
semaine : lundi, mardi et mercredi, de 11 heures à midi.
La Chronique de Nestor, 2 heures par semaine : vendredi
t:t samedi de i ! heures il midi.
Svntaxepolonaise, heure par semaine: ieudi de t heures
a midi.
Profcssorcs
Bédier :
Histoire de la liuérature française pendant la seconde moitié
du XVII' siècle, 4 heures par semaine: lundi, mardi,
mercredi et jeudi de 5 fi 6 heures.
Exercices pratiques : Etudes sur la liuérature française du
moyen-fige, 2 heures par semaine (Les heures seront
determinées à l'ouverture des cours).
Streitberg :
Sanskritcursus for Anfaenger, 3 Stunden wmchentlich :
Montag, Mittwoch und Freitag 6- 7 Uhr.
Gotische Grammatik als Einleitung in das Studium der
germanischen Grammatik, 3 Stunden wechentlich :
Dienstag und Donnerstag 6- 7 Uhr, Samstag o- Uhr.
Sprachwissenschaftliche Uebungen, in einer noch zu bestim-
menden Stunde.
Miodonski: Grammatik des Vulgerlateins, ee Stunden woechentlich :
Dienstag und Donnerstag 3- 4 Uhr.
Die Anf«enge der lateinisch-christlichen Lineratur in lom
Stunde w(echentlich : Montag 3- 4 Uhr.
lin Seminar : Èrklaerung des Geschichtswerkes des Florus,
= Stunde xv,.echentlich : Miuwoch 3- 4 Uhr.
Faeh : Beurlaubt.
D' Grirnme : Grammatik der altarabischen Sprache, 3 Stunden woechem-
lich : Montag, Mittwoch und Freitag 5-6 Uhr.
Èrkkerung der svrischen Ch-estomathie von P. Zingerle,
z St. woechetlich : Dienstag und Donnerstag -oE Uhr.
lin Seminar: Hebr,eische Uebungen Proverbien}, in zxvei
noch zu bestimmenden Stunden.
D Bfichi :
Schweizergeschichte seit t55o, 4 Stunden voechentlich-
Montag, Dienstag, Donnerstag und Freitag 4-5 Uhr.
lm Seminar : Die Tradition van der Befreiung der XVald-
stzette, 2 Stunden wo,chentlich : Mittwoch o-2 Uhr.
Erkherung ausgewehlter Kapitel des Todtenbuches, 2 Stun-
den woechentlich : Montag und Mittxvoch 4-5 Uhr.
Lekttre hieratischer Texte, z Stunden wtchentlich : Don-
nerstag 3-5 Uhr.
Geschichte Aegyptens, 2 Stunden wo'chentlich : Dienstag
und Freitag 4-5 Uhr.
Physiologie der Sprache, in einer noch zu bestimmenden
Stunde.
N.-B. -- Le I'<. P. Berthier de la Faculté de Théologie a bien voulu
se charger d'un cours sur Dame : Lecture et explication
de l'lnfcrn«», heure par semaine: samedi de 2 a 3 heures.
Rectr»" Universitatis :
Decam«s Ord. 7"heol. :
Dccamts Or,t. Jurlscons. :
lJccam«s Ord. Phil,s. :
Berthier.
Coconnier.
Rensing.
Effmann.
Fribourg(Suisc). -- I|npNmerie et Librairie .Ic I'Eu re de Saint-Paul, ruc de M,,rat, _,5,.
,ehweiz
TA
N.-Il. -- L... cours d,,nt I,.s heurg. ne
figurmtt pas dans ce lableau.
!Heure
Stunde
l
Lundi -- Monta
Théologie
Tneologie
I
Philosophia :
Anthropo-
logia
Berthier
Moralis [
sp¢culati,,a
Droit [ p
Rechtswis*
senschMt
Clerc
l;od¢ cixil
frib«,urgcois
Vorlesung:en
N.-Il. -- bi,. V,»rlosungu, fiir wol,.h,, dio Stun,lon n,,,'h ni«ht an,..,oset«l
irnd, I¢.nn]nlevn in diesv t',.b,.n-M,.hl uui,.l,I aufgenorumvn xxen'dvn
Freitag
Lettres
I
'Philosophie
IDroit
chtswis-
nschaft
, \uische
Bcrcdsaln kcit
r
Samedi -- Samstag
Théologie Droit [ Lettres
Theologie Rechtswis-
senschMt Philosophie
Ken a edy Clerc N turm
Philosophia: Code fcdcra| Griechische
nthropo- des Palaeographic
Iogia [ obligations
Berthier Schn ;trer
Moralis Scminar for
mtte|ah.
practica I Geschcht¢
Clerc
de ci ,I
ourgc()is
Heu re
Stunde