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Full text of "Instruction publique / par A.H. Wandelaincourt, député du Département de la Haute-Marne"

• r. 



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in 2013 



http://archive.org/details/instruOOwand 



CONVENTION NATIONALE, 



INSTRUCTION PUBLIQUE, 

PAR A. H. V/ AN DEL A IN COURT, 

Député du Dépar.ement de la Haute-Maine s 

Imprimie par ordri de la Convention Nationale. 



L/i nouveau plan d'infiruftion fera divifé en quatre pairies ; la 
première traitera des cennoiflances nécelfaires à un jeune homme, 
& des moyens les plus propres pour lui procurer ces avantages ; 
la féconde contiendra le détail des feiences qui doivent être en- 
fes , dans les univerfites, anx jeunes gens, après le temps de 
leurv études communes j la troisième indiquera ce qui! convient 
de faire jour la première inftruâion dans les petites écoles des 
campagnes & des villes , & pour i'éducaiio-i t'es fThes ; la quatrième 
expoiexa les moyens que Les indicateurs particuliers, tels ^ue les 
parens , peuvent employer pour apprendre , par la feule couver- 
Cation , non feulement à . . . û i.rc .1 Leurs élèves, mais encore 
les ans S: les feiences, 

A 



( à ) 
PREMIÈRE PARTIE. 

Des connoifîlznces néccfjaircs à un jeune homme 3 & des 
moyens de lui procurer ces avantages. 

Article premier. 

Moyens de rendre ïinflruclion pujlique plus méthodique , plus 
fruciucuft 6* moins pénible. 

Il faut de Tordre par-tout , fur-rout dans un plan d'initrudion. 
Les connoiflances qii procèdent doivent être les plus faciles à 
apprendre , être liées avec les opérations les plus naturelles &: les 
plus communes de l'elprit : il faut que celles-ci ferrent de bafe 
a celles qui doivent luivre, & que les unes amènent naturellement 
lès autres , en commençant par les notions les plus communes $z 
les plus (impies , pour s'élever infailliblement jusqu'aux feiences les 
plus abftraites. 

La nature eft fans contredit le meilleur des maîtres ; on ne pi ut 
fe tromper en marchant fur fes traces 5 & celui qui l'aura étudiée 
& le mieux imitée , fera celui qui réiiifira toujours le mieux dans 
tous les genres. Nos meilleurs poètes , nos plus célèbrrs peintres, 
nos orateurs les plus fameux , nos médecins les plus accréd::rs , 
ne font tels, que parce qu'ils l'ont fuivie pour guide ; la mécon- 
noître ou la contredire , voilà la fource de toutes les erreurs. 
Obfervons comment les premières connoiffances entrent dans 1' 
des enfaus , nous venons qu'elles luivent la gradation que nous 
délirerions introduire dans l'étude des feiences. 

11 n'eft point ici quefMon de rechercher fi nous avons des idée! 
innées ou non ; G c'eft notre efprit qui produit l'es idées , indé- 
pendamment de toute autre c.ufe , ou s'il ne les a qu'à 1 oc- 
cauoa des corps ; il fuffit de favoi: que , fi nos Cens ne font pas 
la fource de nos perceptions, ils en font du mo'ns les principaux 
11 f umens. Tes lei s commencent, le concours de l'elprit vient 
, & !cs idées fe multiplient : voili la marche de la nature, 
ce oit ôtre ce le de l'enfeignemeut ; par coi tour< m chode 

d'inltru&ion, pour être bonne, doit con mencet par 1er choies qui 
foot fenfibles , pour s'élever par décrié' aux chofei qui font in- 
fenfiblesj par les choies (impies, pour parvenir à ce qui eft com- 
pote -, par s'affûter c ; cs faits avant d'en chercher 1 ■ par 
inculquer, par des exemples fenfiblcs Se réitérés , Us connoUTaucei 



( 3 ) 
particulières dont les maximes générales & les termes abftraits fnp- 
jpofent les impreilions. Par ce moyen on Cuivra l'enchaînement des 
chofes , on les trouvera dans l'ordre où la natuie les a placées : 
Jes plus communes & les plus néceilakes paroîtront les pienùères , 
& frrviront d'introduction aux autres: celles-ci femblerom naître 
d'elles-mêmes & venir de celles qui les auront préc'dees. Ce qui 
fervira de fondement à l'édifice fera pré c if é ment ce que la nature 
aveit defliné à le foutenir , & non ce qu'elle réfervoit pour lui 
fervir d'ornement. Par-la on anivera fans peine aux feiences les 
plus compliquées , on les apprendra de même, & une fois apprifes 
on ne les oubliera prefquc jamais, parce qu'elles fe tiendront les 
unes aux autres , qu'elles formeront un tout naturel , & qu'elles 
feront venues , chacune en particulier , dc,ns la place qu 
leur eft marquée par la nature dans l'ordre progrefîif des feiences. 

11 eft donc mcont.efb.ble qu'avant d'en venir aux feiences abf- 
traires , il faut faire palier fous les yeux des jeunes gens une foule 
d'objets amufans , faits pour fournir à leur méditation , en même 
temps qu'ils ferviiont à exciter Jeui curiohté ; mai*;, ici comme 
ailleuis , il faut que ce qui eft amufant foit en même -temps 
grand , noble , propre à élever l'âme , à la remplir de grandes 
idées, & à donner matière à beaucoup d'heureùfes réflexions. Tels 
(ont les mon urne ns élevés à la vertu, les ftatues des grands hommes „ 
les chefs-d'œuvre de la nature. 

On doit conféquemment commencer par ce que l'on voit, par 
ce que l'on touche, par ce que l'on pèfe, ce que l'on meure , 
par des traits fen^bles, par des «blèrvations frappantes, des expé- 
riences curieufesj les faire voit à diver es reptiles, & toujours les 
faire envifager avec les relations qu'elles peuvent avoir *vec les 
autres créatures, 5c fou<; le report qa'clles ont à notre bonheur 
& à l'utilité publique Bien ne paroît petit, quand on l'envifage 
dans les vuev «le la nature, & fous les relations qu'il a avec l'ordre* 
commun. Un moucheron eft peu de choie , q und il eft confondu 
dans l'immenfe collection des êtres; mais qu'il eft grand, qu'il eft 
merveilleux dans l'ordre de la nature 1 J'y découvre un corps b:en 
organifé , des opérations fui vies , un mouvement divin ; tout y eft 
furprenant , plein de defTein & d. proportion. L'hiftoire merveil^ 
leule de la nature, les points Les plu< amufans de la phyfïque, 
"hifloire ancienne <Sc moderne, bien préfent e, font des faits; Se 
ces faits font frannans , font propres à amufer, a exciter La cu- 
riofi r é , & à intérefler notre efnrit - , ils fe préfèttent idr- ce(\~- fous 
«os Cens, & la pl^purt fournilfent à nos beitins les plus prefTans- 
Les hiftoiras de toutes efpcces, les points les plus curieux ôc Lei 

A % 



: 4 ) 

Utiles Je ! iun a 'es 

plus ibûraites, 3c faire la baie de conte infini 

| 

Li. fécond moyen d' bréger cic beauconp le temps Je 
dans les <.'c<ilis ou L'on ci 

ren: l'itttde Jcs langues a c lie <-'es feieoces; cr moyen fi il 
f.i.. avec d'autmt plus de confiance, qu'on peui les 

ues dans de, livre. d'biitoires • • .**: curie 

aufii facilement que dans ceux qu'on a comp-' 
pour . , r ce que le le lin»t bien plu m a 

un trw il raifonnabîe, oui -, qu'à des pbrates vides de 

len , qui font fans liaifoa eim'i I^cs , & cjui ne préien r enr à l'efpric 
que de r , dirn-u'tés rebutâmes ; parce que, quand on voir ce mie 
l'on fair, & où l'on va , on (c livre bien plus agi fabiemem a ton 
travail, que loricu'on le traîne duiis un ebao épineux, dont on 
ne voie joinr d'itiue. Ce cjui pourrait s'oppofer a Tej on de 
ce projet', ce feroit l'étude des principes des !a!". T !-s, qui jui 
a cré le die , r;.but;mc & longue ; mais nous lèverons cerf 
ficulié, cjii.nd nous indiou?rons ia manière dent on doit s'y {rendre 
ponr les apprendre facilemen . 

Un tioili me moyen ç'eft de faire un crerd cmmqement dans 
la pratique de l'enfeignernent des langues: Ce n'eft poi 
Heu d'examiner s'il convint de commencer l'étude des langues 
étrangères par la vi par la compofirion \ m-. s ce que nous 

voulere maintenant établir, c'eft qu'il faut r'en. 4 re la matiii 
L'ouvrage dans l'objet rnêxe de la cbrTe que L'on ocupe, paf-I* 
on épargnera les frais d'un maître particulier pour ies langue 
h s jeunes gens s'initruiront fur l'objet de kur 
prenant les langues. Je m'expî.qne : ii dans . I vi . il y a v 
eu cinq proretteiirs , par exemple , pour L« > ?c les . 

& qu'on y veuille enieigner lei s , fi l'on adopte la m '•- 

• que l'on propofe ici , il n'y aura p ''euis 

pour C« C i ul-i-r i en voici le me. ' . a'j':!c 

qu'il cic i erTeur d'un< 

par i \^mple , dr 
à lemplii l'objet A la en dcft.nera l >hcure à 

cliquer u^ | i leil d'hifr ' :.e ; !« 

de fa rs acuvr 6 de 

imci< . . ■ Ce que nous dill u c 



( s ) 
io\t être appliqué à toutes 'es autres langues. Par ce moyen on 
chaque peuple a fait de rai ux dans tou< le* geni s; 
unes cens n'auront qu'un objet, celui de leur clulfe , & ils 
.:or. r u»e admirable variété à -n c La méthode de v ir 
fou*; différentes fermes, 5: dans des idiomes propies a piquet 
leur curioficé. 

A R T. I î. 

Des cennoijjânces nécejja'ires à un jeune homme. 

De l'étude des langues. 

L'étude des langues entre ncceflairement dins un plan d'édu-. 
cation, & elle y doit tenir un r*ng ccnlidéruble , parce que j'in- 
telligcnce des langues eft le premier principe de la fociété entre 
les hommes, & un moyen pour réunur dans la recherche des arts 
5c des feiences; c'eft elle qui nous met en état de communiquer 
nos idées a nos ferftbîables, de connoître les leurs, de profiter 
des lumières de ceux qui le font diftingués drms tous les pays &c 
dans tous les fiècles. D'ailleurs l'étude des langues , ii elle eft 
méthodique, peut être agréable & très-facile 5 elle dépend plus de 
la mémoire que du raisonnement, 5c la tête des enfaas eft comme 
une cite molle, qui reçoit facilement ce qu'on y veut imprimer, 
& en confe ve des tracts tic s-pro ondes. C'eft pour ces laitons 
que l'enfance eft regardée comme l'âge le plus propre pour ap- 
prendre les langue?. Mais, pour commencer par certe étude, il 
faut y apport r b< lucoup de méthode, & y mettre tous les 
moyens qui font propres à la rendre facile & agréable, afin de 
ne p is lui donner un temps qui eft deftmé à l'étude des 
feiences. 

Il eft inconteftable qu'on applique auflï facilement les prin- 
cipes de la langue françaife fur un livre qui traite clairement 
des arts ou des feiences, qae fui des phrafes découfues , & qui 
ne difent rien à T' ip.it. Il faut, pour les mêmes raifons, dire la 
même chofe des autres langues. En eonféquence, dans le cours 
des études ordinare f , , il y aura des livres deflinés a apprendre 
les langues, qui ferviront en même-temps pour les feiences, 
fuivant la met;. ode que nous venons d'indiquer dans l'article 
prec.dent. 

S'il eft une 1 ngue à laquelle il faille donner la préférence, 
nous croyons qu'il convient de raccorder a la nôtre , fans ce- 
pendant trop la féparcr de les autres langues 3 parce que 

A \ 



i ) 

«•< premières ifçqnt drnve.u être le< plus faciles, & qu'il efl p'<n 
■H*é d'apprendre fa largue qu'une étmngi ej parce qu'il eil plus 
néceffaiie que nous 1 i parlto- s plus correctement qu'une SU1 
pi iree qu'elle fuit prefque cou;ours la génération & l'ordre d.s 
iJées, &: que la plupart de»; autres s'en écartent pics Couvent , afin 
de devenir plus barmonieufes , & d» placer chaque terme 
h lieu ou il peur mi ux marquer L'intérêt qu'il apporte dans une 
phrafe; parce qu'enfin elle ûrt a mieux faire entendre les . 
langue^, m indiquant 1-s rapports qu'elle p- ut avoir avec elles, 
ou en marquant les différences qui s'y trouvent. Notre langue 
aura donc la préférence; mus ce ne fera que pour les principes 
& l'explication de, règles du langage. Pour la pratique, toutes 
les langues doivent aller enfernble & le féconder mutuellement, 
comme nous en donnerons la méthode à l'article de la langue 
ïa'.ine. 

S'il eft avantageux de commencer par Ta langue maternelle , il 
ne l'eft pas moins de l'apprendre par principes; parce que les 
règles font autant de cafes deftinées chacune a recevoir une ef- 
pèce particulière de mots , & autant de numéro propres à 
cjuer les rapports que chaque terme doit indiquer dans on 
parre que cette pratique bien entendue féconde mcrvcillcu.emen: 
îa mémoire, rend l'efprit julte, accoutume les jeunes gens a faire 
ufage de leur raifun , à remarquer, à combine;-, ce qui do:r 
3e but de toute é:ude méthodique : car il elt certain que rien ne 
fournit plus de lumières à l'efprit, rien ne le foulage plus, 
principe appuyé de bonnes riions, placé à propos, amené par les 
erreonftancés , éclairé par des exemples frappans & Lnltruâiis. Ce 
principe, fut-il relevé, fut-il abflrait, s il eft sec des 

termes clairs, fous un jour favorable , avec une tournure fimple; 
s'il efl éclair* par des exemples, appuyé fur c'es çl ; 
nuei fc fumilières; ce principe, dis- je, fera toujours plus lei 
que les chofes que l*on apprend fans préparatioi , ppc- 

ment, par routine, & par le feul ttfoir de la i 

Vouloii conduire les • fan s leur donnei des principes, 

e rit Toulo-n accoutumer lei i efprit à (é payer de mots, à Cuivre 
une route ôu'i poux allei à n but d< 

n'ont point d'idées ; ce 
mêmes point de fentimen : , qui '• 

lance 6c de la natnn 
■ 

& tes 
i'.in ■■.'- : - . qu 



( 7 ) 

rourine? comment acquérir la pmeté du langage? comment être 
fur qu'on exprime Tes penfées avec juite'le & avec agrément? 

IL faut donc apprendre fa langue par principes; il faut auffi, 
pour les mêmes raifons , quelques règles pour Ce diriger dans 
l'étude des lngues étrangères ; nuis il en faut beauc^ap moins, 
parce que les principes d'une langue peuvent fervir pour une 
autre, en tout ou en partie. Il y a i"i, pus qu'en toute autr» 
choie, deux extrémités à éviter, & un fage milieu à tenir. Ne 
fuivre aucun principe dans l'étude d?s langues, ceft fe remplir la 
tère d'une infinité de matériaux difparates, irf<rmes, fans liaifon, 
& capables de jeter la co fuirai dans les efprits les n'-is folides 
& la mémoire la plus parfaite 5 mais, fi chaque efpèce de mots 
fe trouve dans une ca r e particulière, & dans un rang propre à 
Indiquer a l'efprit le rapport qu'ils marquent dans 1 ne proportion; 
& , fi les tègles é abiies pour indiquer ces rapports & pour pref- 
crire certaines formes , font en petit nombre , ne demandent 
aucun tr vil, aucune combmaifon, il eit évident que cette mé- 
thode contribuera infiniment à faire retenir les langues. 

D'un autre côté, a mettre inrirT'remment toutes fortss de 
règle-: , comme cela s'eit pratiqué jufqu'dUjourd'hui, c'eft mettre de 
cru 11 s entraves dens une étude allez pénib'e d'ailleurs ; c'eft 
donner des peines de plus au maître qui s'efforce de les faire 
comprendre, & à l'écolier, qui ne peut les fuiîïr fans beaucoup 
de père & d'efforts. On ne peut effectivement rejeter le fardeau , 
m^is il eft facile de le rendre infiniment plus léger, & de fe 
frayer une route plus courte , plus riante & plus fure. Nous 
«lions en indiquer les moyens 

Toutes les règles fui lel quelles font fondées 1 s méthodes pour 
apprendre les Lngues font, la p'upart, des branches qui fortent 
d'are même tige. Si nous remon r iO' s jusqu'à leur orgine, nous 
y découvririons des principes ;ilTez firnples pour être faifîs fans 
effort, & néanmoins affez féconds pour remplacer toutes les pe- 
tites règles de détail de nos grammaires ordinaires, & tous ces 
principes factices qui fe multi dient à l'infini, & qui font aufïî 
contraires au nerf & à l'élégance du difeours, qu'ils font oppofes 



ux lois fondamentales du Ung.ee. 



îl ne f?ut pour cela qu'une gramm ire où l'on examine d'abordi 
la nature des élémens qui ccmpofen: le diicours ; enfuite pofer 
lues piiccines appliqués à une langue particulière, à la nôtre, 
p-ir exrmp'e. Ce travail pour une langue fuffîra pour une autre , 
tn, tout ou en partie: car, ou il y aura analogie, ou il n'y en 
« • :a point 5 fî l'analogie a lieu, appiendre les principes d'un© 

A 4 



( « ) 
| r n Ire et itri ; r*c A . • 

• , . - 

enter en i r 

Les donne i fépaiéfnent , ce I 
deux défauts eôn&di i la M : Ji: ; 

! 
Bit , lu cefïivement des 

es, à un clou il, qui ftroir al 

! i iup plus facile, s'il i 

• ne feu! afpcél; le fécond, d'eipefei ("es 

é.èves à fe former des idées ce: es foi - J , fut 

pes qui ont des bons, des définirions, c!ç<; rii 

lument difretens. Ceci nef! ptopre qu'à jr ter d» La ccnfulion dans 

■ une tète, qui n'elt pas encore meublée des idé<#s néceflaires 
| faire des rapprochement & pour combiner. 

Ce e dam les enfant aiment U vrai, o le, 5: la me- 

thoda facile. Tout ce qui contrarie ci 
les djgoùter. Il faut conféquemnv - de la netteté* & 

(uftarTe dans tout ce qu'on leur pPefente, fimpli i| :< , 

Ite la pricautù n de leur I 
ci- ivj ut retei ir, faire agir le r 

rendre li vérité fenlibie, ce qir ■ ; ~^ : il \k . 'en- 

tant les chofes fous la form« qui tei 
propre à les faire appercevoi 
fi on leur préfenre la vérité foui 
de relîemblani entr'elles , & qui ne te n'uni 
aucune analogie? fi l'on conduit ("on élève • 
parles & éloignées les unes des autres, fans aucane col 
tion, rour en revenir, après beaucoup è 
lui fane entendre que tous ces 
le mener à un but unique, du i! auroit pu j 
chemin, en moins de teiips, Se ave 
Il ne faut pas fe fane illufion , cetre m< 
obfcureif les éltofes, qu\: les expofer à n 
l'être trop tard. Audi arrivi-r-il 

es d'une îiuclc pénible 
& de cdlr des Romains, on n'a i 
qu'on i fs dans des méthodes • 

que des idées qu'on ne peut : . 
commun. Tout le fruit qu 

i . c'eft un dégoût abîbltj pot 

livre élémentaire, & un éloi 



( 9 ) 
II eft îonc b'en p ! u< naturel, bien plus court, dâaW'r d 
le [ rii :ij ■ commun, de l'apprécier, de 1 r des obier- 

s , êc l'app - S , & de fa 

même-remps qn la on vient d'établir pour 

lieraient pour une a':tre, en tout ou en pairie. 
bus qu'il n'y ait poini d entre les priaci 

■ s, comme il itri e alTei fouven . r ^' s ctt e fup- 
-:,)! e fe i pas moins avantageux de rapprocher . 
cip s, de les oppofer ies uns aux autres , & du choc de leflc 

[ iirion faire rejaillir une lumière éditante, qui, ei 
pendant également r ur les uns & fur les au rc, en découvre 
toute* les s. Les contraires s'éclairchTerit toi ries 

contraires ; ce qui ne Te fait pas fi bien en éloignant ies principes 
les uns tics autres. D' ni leurs l'avantage de la comparailon eft 
perdu, & les tours diffïfens des langues ne font pas apprécias avec 
ifteûe qu'il conviendrait pour les rendre & les faire recevoir 
toutes les nuances qui les diftinguent. Que je dife, pat exemple, 
que la langue latine n:e dé fes déclinaifons & de (es ca« une 
partie dé fa beauté & rie L'harmonie de fes tours > que j'ajonte 
que la langue fr.n:çi:ie, n'ayant point de cas, ne peut avoir 
6: déclin jitous ; mais que ce que les latins exprimoient par des 
cas , nous lé rendons par le moyen de certaines préposions ; que 
jobferve que les pré options que nous employons pour remplacer 
les uns font tirés du latin même , mais qu'elles n'expri- 

ment pas toujours ce qu'elles 6gni6oient dans la langue d'où elles 
nous kl; venus j que j'entre enfuite dans des détails, 5c que je 
mple , à mou élève : a dans la langue latine régit 
tif, cl^ns la notre, il eft employé pour exprimer quatre rap- 
port • ' : : s; apport d'attribution quand un mot répond à la 
' . comme , je donne aux pauvres ; u je 
tion , je donne à qui } your qui ? en répondra 

qu'on appelle cas d'attribution; rapport du lieu 
e, je rais a la ville, rapport de la choie eu 
:l:oCc elt tirée ; se qui eft connu p. : 
je tire du vin du ton - de a 

mon père à moi ; enfin, rapport 
n '.rque toi 
mais , dans notre langue , il annonce 
génitif, quand ce dt i 
lofe dépend de l'autre ; & l'ai I 
i '■ le iieu 
, .....,..- ; dans cet àé\ tils , ue je les i 



C 10 ) 
fenfîbles par de petites quefliens i* rentres pour cela , ce moyen 
ne lera t-il p s plus pio re pour donner a mes élè es des : 
claires, nettes i: invariables , que ii je Les conduifoi , pen- 
dant des mois entiers, au milita l'une fou'e Je déclinaifons 
çailes, toutes cuili ridicules qu'inutiles & fans fondement, peur 
venir après l^ut <n donner une i utre îdte dans une grarr.:; 
larme & particuuè e ? 

M iis i- iK-ce la s feuls avantages que nous efpérons tirer 
d'une grarnm*ire ftançaife, f ire fur le plan que nous indiquons 
aujourd'hui : Non; e le en doit a\cir pluficurs autres, comme ea 
jugeia par l'aïuiyîe luivante. 

JLnalyft d'une grammaire française , formée d'après Us principes & 
les vues que Ion vient d'indiquer. 

Les grammaires franc nfe< que l'on me- entre les mains des jeunes 
gens font r mrlres de difcnfllons met phy ques, de raifonneuM s 
déliés, d'une quantité de définitions abftraites, de principes 
parâtes; de forte que ces ouvrages p.roiffent plutôt farts pour des 
nommes formés & c .pable de difeuter . que pour des ebfans, des 
femme*;, des étrangers, qui ii'ont ni le temps, ni la volonté, 
ni fouvent la capacité Je fuivre cette- multiplicité de recherches 
épineufes, qu'on ne fi fît qu'avec peine, & qui 1 ifTem 
beaucoup d'incertitudes. D'ailleurs ces ouvrages font Ci longs, eue 
leur feul afptcl effraye des com m encans toujours aif's à rebùl 
|ç , fi l'on en dorme des abrég s, i.s ne contiennent que -'es 
définitions trop diftici'es a fdifii pont être entendues des jeunes 
gens , & trop sèches p°ur attirer leur attention. 

Dans la gtammr.ire que tous offrons aujourd'hui à rotre patrie, 
nous nous lommes attachés à un peit n «mbre de principe^ r 
clairs, lumineux, féconds, d'où no is avons rire toures le règles 
de rationnement & d'çfage propres à développez la marche de 
notre langue, & à accoutumer Lefprit à remarquer, à réfléchir h 
à raifonner. 

Par ce moyen , l'étude de notre langue peut non feulement de- 
venir plus facile , plus claire & plus méthodique ; mais nous 
mettrons en évidence la perfection d'une langue aufh" bel e qu'elle 
eft univei-fellen<ent répandue, 8c nous ferons revenir les étrangers 
^e l'opinion où ils font que la Langue françaife n'eft pas aulfi 
parfaite que les autres, qu'elle va au bafard, au gré de l'uiâge 
mt; & que nosufa^rs 8t nos goûts changeant à chaque inftanr, 
fclot le captice de ce que l'on appelle bel ofprit, notre Langue n'a 



( " ) 

|i la confiitance ni la folidité des aurres ; opinion qni eft auflî 
faune qu'elle noms eft iajurieufe, & qu'ils prennent en lifant des 
grammaires dont les principes font trop arbitraires, trop multiplié* 
& iouvrnt contradictoires ; au lieu que , dans l'ouvrage dont il 
s'agit ici, iis verront que notre langue fuit la progrefîion des idées 3 
qu'elle ne fe développe que par des moyens fimplés; que les prin- 
cipes fur Jcfqueîs elle s'appuie dais fa marche , découlent de fes 
principes généraux , & que ceux-ci tiennent à toutes les langues, 
comme toutes les langues tiennent à la chaîne de nos idées 5 que 
jamais notre langue, ainû que toutes les autres, ne s'écarte des 
principes fondamentaux eue pour n'en pas contredire de plus efïen- 
tiels; ea un mot, qu'elle peut rendre raifon de toutes fes varia- 
tions, de tous fes changemens , Se faire voir qu'ils reviennent 
au but coir.mur. du langage : ce qui ajoute aux avantages pré- 
cédera celui de peindre les chofes dans l'eiprit , de lier les 
mots aux idées , les mots aux mots , de distinguer le fond de 
l'acceffoire, de rapprocher les objets , & de les montrer dans toutes 
leurs couleuts •> avantage que ne nous paronTent pas avoir les 
grammaires que l'on met ordinairement entre les mains de ceux 
qui veulent apprendre notre langue par principes. 

Y a-t-il rien, par exemple, de plus difficile à faifir , rien qui 
entraîne après foi de plus grandes difficultés, qui répande plus de 
nuages dans les opérations de notre efprit, & fur le langage qui 
les rend , que les définitions & la nombrenfe énumération des 
verbes fubftantifs , adjectifs, pafïifs, a et ifs , neutres , pronominaux , 
réfléchis ; des verbes , en un mot , qui prennent différentes déno- 
minations, félon les divers noms qui les accompagnent, ou comme 
fujet qui opère, ou comme terme fur lequel l'action fe porte 2 
N'eft-il pas plus (impie, plus conforme à la nature de nos idées , 
à la ferme de nos jugemens , plus analogue au génie des langues, 
de ne reconnoître que le leul verbe que la nature a deftiné à 
marquer l'opération de l'efprit, qui rapproche & lie certaines idées 
entr'elles, & qui par-là même devient le verbe commun de toutes 
les langues? Voilà précifément ce que nous avons fait ; Se, 6 
nous reconnoiifons deux autres efpèces de verbes, nous les faifoni 
tirer tonte leur force de celai-la , & nous les foumettons aux 
mêmes principes. Nous n'ayons befoin que d'une feule & unique 
règle pour conftituer les verbes dans leur nature, & cette règle ne 
demande ni exception, ni glole, comme le terme pour lequel elle 
eft faire n'a qu'une feule & unique destination. Nous difons donc: 
que plufieurs mets joints enftmble & faifant un fens clair, for- 
çpent une proposition , & qHe le terme de cette proposition, devant 



.. , il cft II n'y a eue 

es î i r. 

• avec on adjectif, ou a exprima 
l'un p ur l'autre 

Si l'on rencontre de<; verbes fous des forces i de 

cc'ui-ci , -1 faut Col ramener à ce verl 

eut r ite ' d ilyfe d'ui ; Ktafe, par exern] le . 

it i a • , écoutera , c'eft comme û l'on difoit: 
Pwrre cft aime ; enfeignant , a /fe lï/â/ii , yira rc<Mi 

Si, m r-.il.int fur es la gueftion «poi , il vu:.: 

chofe en réponfc à cette queftion, le verbe eft actif; s'il ne vent 
rien ca répenfe, il cft neutre. Fxemples : le foleil vifite /es 
mondes , tournez , le foleil cft vifitant U i de- 

mandez , U foleil eft vifitant quoi 2 La réponfc fera les 

des ; le verbe de cette phrafe eft donc actif. Au contraire , 
quar.d je fais la queftioa quoi fur les verbes des 

nt a (fis , /t'^ tnfam , il n'y 

a point de r'pcnfe ; ce font donc autant de verbe 

Quand un participe cft il déclinable ou indéclinable • Deux 
)ns importantes fur lesquelles nos grammairiens fe font lon- 
gue nient difputés, & qui font traites da os leurs ouvrages avec trop 
de confufion 5c d'incertitude pour ne pas rebuter tous ceux qui 
nt ks approfondir : c'eft ce qui arrête les jeunes gens , oui 
fatigue les femmes 8e rebute les étrangers* Cependant, qu'il auroit 
de porter la Lumière parmi les ténèbres donr ils fe font 
enveloppes, s'ils eulfent v ulu recourir à la vraie de fti nation du 
ip< ! Pour cela, il fuflît de pofer cette nique : elle eft 

claire & . tion. Faites la luefticn quoi, 

/t et ■ rticipe , U 

fe décline , parce qu'il t 
contraire, t après l 

UabUy il fft , a . • ."1rs : 

avons étudié nos leçons , les 
De m ode 
aprJ . - 

Voilà : or, à\i t udii dans U , 

la \ 

Il de une 

pan 

. en même 



( ij ) 
les langues étrangères. Il paroîtra en même-temps que ce plan 
trois grammaires , dont la premier i des princ 

& particuliers de la langue trapçaile. paut fervir dans les grandes 
cco'.tsj l'autre fera un abrégé !i<jue de La première , i 

les movennes écoles j & la troifième, un abrégé du premier abre 
peut les plus pentes écoles. 

Analyfc de la nouvAle gramma'ne latine. 

Dans toutes les langues il y a troi c chofes à obferver, les ma- 
tériaux, le corps & l'ornement de l'édifice. 

Premièrement , toutes les langues ont des mots qui leur font 
propres \ pour rendre les penfées de lame, pour déligner les objets 
& marquer les rapports qu'ils ont entr'eux. 

Secondement, point d« langue qtti n'adopte des tours particuliers 
pour énoncer Tes idées , marquer l'influence qu'elles ont iur les 
mors, & la relation que les termes doivent d couvrir dans le dif- 
ceurs. Tantôt là neceffité d'éviter certains tours déTagréabies & 
choqu :n:- ; tantôt le défît de donner à une expreflion p us de force 
& p'us d'ésergie; fouvent la volonté de pi ire. à l'oreille, 

quelquefois même i'im 'r t de la clarté, la construction de l'«rgane 
de la parole, l'impétuoiué eu la lenteur de celui qui paclej tout 
cela adonné lieu â.de fréquences occafîons de changer, en quelque 
chofe, la marche régulière & iîmplc du langage: ici, on rctran- 
choit desfyllabes, pour rendre le difeours plus coulant; là, on 
changeait des lettres, pour adoucir la prononciation 3 ailleurs, on 
fu?primoit des mots entiers, pour rendre une penfée plus inréref- 
(*nte ou plus vive: quelquefois, au contraire, & cependant pour 
les mêmes raifons , on ajeuroit des mots & des fyiîabe-. Toutes 
ces phraies, auparavant conformes aux règles communes, ne pa- 
roilfoient plus l'être , apriJs ce c changemeiis. Four en rendre raifon, 
on perdit de vue les motifs qui les avaient amenés ; on mu : 
les règles, au lieu qu'il auroir fallu les fîmpl'fier & les ramener 
aux loi- communes, en iuppiéant ce qui étoit fous-ente:,du , eu eu 
retranchant ce qui étoit luperflu. 

Troisièmement, enfin, toutes langues ont toujours été polies & 
O'nées par des perfonnes de bon cour , & par les écrivains qui fe 
fort diflingués dans tous Iti âges 6c dans tous les y r 

Conféquemment , la grammaire , qci eP: l'ait ce parler une langue, 
^oit être de trois efpèces, $c c'tlt faute de les bien 4iiUagiier Se 
de les traiter par le? principes qui leur conviennent, qu'on a rendu 
uos méthodes latines G 1-s & £ : . 



( U ) 

La première doit traiter d;s clérrer.s au 
qu'elle obferve ce qu'il y a ds plus fin roit : les différente* 

cfpèces de mots qui entrent cl<^ns le difeours , nom»; , pronoms , 

verbes , adverbes , conj , & les règles qui mettent en 

concordance Les mors qui en fotii fu ceptible». \fin de remplir ce 
premier objet, nous rei voyons â notre grammai i 

y a] prendre ce que c*eft que nom , pi , adverbe 

i: conjonction; & poui le fyntaxe, nous établi 

ceux fur la concordance, nuis fur le régime, 6c fix furies cas 

ou chûtes dont chaque nom eft fufceprible dans la langue lai 
encore ces onze règles fe r. I ::'. nt-elles a ! 

les réponfes queues exigent, expliquent toutes les difficultés de la 
fyntaxe latine. 

La féconde forte de grammaire regarde la conhoiffaocC de la 
propriété du langage: celîe-ci ne fe borne plus aux mots tz à leur 
première lia-don \ mais elle en étudie les tours 5c les caractères , 
elle cherche le rapport des exceptions avec le» règles communes, 
elle remonte à l'origine & a la caufe de et . Ccre partie 

fera partagée en deux articles : ie premier fera employé à taire \oir 
l'analogie des exceptions avec les règles communes , 6c a apprendre 
à tourDer les phtales elliptiques des Français , de manière à 
rendre fuivant le génie de la langue latine ; le feconi conti< . 
quelques réflexions iur le caractère de cette dernière lang r, ce 
qui (ufHra pour régler l'arrange iront des mots dans le difeours : 
par-la on réduira en deux pages lés règles de l'élégance latine, 
qu'on ne donne avec tant d'étendue que lorlqu elles ne fou: roi 
fur aucun principe. 

La troisième forte de grammaire éft la cOnnoiflance ars 

elle tend à former le goût & a donner à nos comportions les 
toms propres au langage dans lequel nous nous exerçons. La tra- 
duction Littérale que nous voudrions introduire peur les commen- 
cement , joidU aux règles données dars l'articl . ilt le 
mo\en que nous croyons le plus propre pour faire connoître à 
fond les autcu:s, ex conféquemment pour les imiter. 

Tel til !e plan de citte méthode latine ; refre à en donner 
l'abrégé & à en faire voir la pratique. Ll'e fuppofe quatre cadres: 
dans le premier font les déclinaifdns ; dans L fécond 
gaifons dt-s verbes aclifs; dans le troifîème, les d. <^ des- 

verbes pafîifs , auxquels en rapporte les déponens ; 8C dans le 
dernier (ont les régies dr la fyntaxe. Nous ne rapporterons ici que 
le modela du carton, où (ont If s règles de la fj n | :e. 



C y ) 

AB RÉGÉ DE LA S.YNTAXEDE LA LANGUE 
L A T I N E. 

I rc . Règle. \ Infinitif, fi c'eft on verbe qui vienne en 

■ „ . / réponfi à cette queftion ; 

Qui eft-ce qui ? f r j 

CVr« queftion fi > Nominatif, fi c'eft un nom qui vienne en 

fait fur UverieC ^ponfe à cette queftion ; 

<2 l'indicatif ou \ Accusatif , fî la queftion fe fait fur les 

au fubjonttif. s verbes pcenitet , />wkr , miferet , /7/^cr. 

II e . Règle. "^ GÉnitit , fî la queftion fe 
fait fur un nom 5 

Ablatif , fî la queftion fe 1 Le gérondif 

fait fur un verbe. 1 en di eft le 

Si la chofe vient d'un en- ] génitif des 

De qui? de quoi? f droit, mettez devant l'ablatif / veibes , Se 

à'oà ï [ c ou ex, fî c'eft de dedans y û j le grrondif 

ou ab , fî c'td de /apart , ou J en a'o eft leur 

devant un verbe , ou le nom f ablatif. 

d'une chofe animée j de, fî c'eft 

touchant. 

III e . Règle. 

Quand? comment? f AlLATIP fans potion. 
Combien ? De I 
combien . A / Toutes ces queftions n'annoncent que la 



combien 



Cette queftion fi 
fait fur unverbe. 



manière & quelques circonftùncss. 



IV e . Règle. 1 Infinitif, fî c'eft un verbe qui réponde 
à cette queftion ; 
Quoi ? Que retra^ che, fî c'eft un^e ^frèsun verbe; 

Accusatif, fî c'eft un nom qui vienne en 
Cette queftion fe ) ré onie; 
fait fur unverbe. j Su ej < nctif , fî c'eft une conjonction ou une 
particu e ; 

Datif , fî la queftion fe fait fur un verbe 
neutre. 



( I, ) 

V e . R s c . . 

la..,:. 5 

I ♦ ' • 

A la • t Us 

• ■ 

• ■ ■ i . 

: 



Datif , iî U cyirltion a cui ? peu: f« 

: ? \ Abi.; t: ou ab , G 

P^ur qili ? f peut fi 

. , et 
mot le mettra, donc à l'ablai 



Vil*. Rio le. "J Par-tqut ou vous trouverez un adje&if, 
f .r.-.s la qut l'ion qté ' : : ce 

Qi i ■. tt-cê oui cR : S nom , & fui tes -il accorder en » 

nombie & en cas, avec le fu bilan tvf cj le 
verbe qui répondra à cette nueftion. 



Pratique de la méthode latine. 

premiers temps «ont employés à apprendre qu 

ion mot à mot, à en décliner ie< noms 8c à en 
\ ri es , fans ii 

& les eeajug lifpns; on ne les ob(c: 
que lotiqu'il fera de paiTer à | Ce- 

..: ; .i t%\ iqm :.n -.ranimaire français c'îit 

qu'un nom. qu'un pronom, qu un w'ibe, &CC. QuanJ le D 
s diitinguenc aiTez biaua toutes là 

de la l\ ntaxe , & leur dira : 
mots qu 
tOJ ûtition : jDfitf 



C '7 ) 
( Dieu a créé jours. ) I! fera er. fuite remarquer 

qu'une prop< . îes : d'un nom 

q • exprime lt i . ) ; d'un verbe qui 

d'an 1 .'frime du verbe , 
au'. in< lequel . - ctior (mundum)} 8c 

an.. irconftances 

de 'action, comme I ex diehus). 

t méthode courte peur trouver faciie- 

p fc»ns difcufïîcn toutes ces parties. In mot efi un verbe , 

leLi!- dira-r-on, quand on peu: le faire précéder de je , tu , // ; 
} \ a créé eft Je verbe de la pîiràfe en queilioa , 

eut du crée, fù crées, il crée. C'eft fut ie v ibe 

de I ment toutes les questions, excepte 

ce'le du génitif, qui fe fait fut un nom fubftantif ; & s'il y a 

rbes dans laphrafe, les queftions fe font premièrement 
fur le verbe qui eft à l'indicatif, enfuue fur celui qui eft au fub- 
Stifj car l'infinitif des. vetbes fait la fonction d'un nom dans 
la phiafej ainii, autant il y a de verbes dans un difccurs , qui 
ne fontpoint à i'iafînitif , autant il y a de proposions. Ceci obftrvé, 
on fe demande qui efi-cc qui ? fur le verl .ce qui viendra en 
réponfe fe mettra au nomiàatif a ce fera le fujec cela proposition, 
On fe demandera enfuite , fur le même verbe , a créé, quoi î 
R. Le monde, aceufatif ( mundum ). Enfin eu demandera tou- 
jours fus le même verbe , a créé quand ? R. En fix jours > 
ablatif (fex diebas.). 

Ce travail, comme l'on voir, n'eft pas pénible, ni pour l'écolier» 

ni peur le maître ; il tm encore iv | n'eft fait que 

pour apprendre ce qu : . n , Se pour difrineuer 

toutes les parties coni -.appareil,, 

les écc'i rs s'appliqu tent enrièrewt r à l'objet de icur clalTe , & 

remarqueront en y différence des propoCti- ns 

principales, de relies qui ; :ve< , ou 

conditionnelle*. Or ■ . ; ~ iei i fur les serbes de 

ae e pèce de pn É£rce qui 1 e de 

la métho - cette pratique. 

O: : & 



. 



( 18.) 

FABULA P R I M A. 
FABLE PRE M 1 È R E. 

Lupus & agnus agunt hic. 
Le loup & l'agneau agijfent ici. 

Opprimere ( hominem ) innoccnem eJl: facile. 

Opprimer l'homme innocent efi facile. 

Lupus & agnus, compulfî fîti , venennt 

Un loup & un agneau , également prejfés par la foif 3 étoient t 

ad eumdeiïi rivum j lup s ftabat fiipérior : tuiri 

au même ruiffeau ; le loup fe tertoit [e plus haut : 
latro, inciratus fmee improbâ , intulit caufcm 

le voleur _, incité par un gofier méchant , apporta une caufe 
jurgli. Cur , inquit, fecifti aquam turbulehta-m mihi 

de querelle. Pourquoi , dit- il , as-tu fait te au trotible a moi 

bibent-i"? Laniger timens ait contra ( hoc ): qui polTum, 

Buvant} Le porte- laine craignant ait contre cela : comment puis-je , 
eujeb, ô ïûpe, facere(illudyquod quasreris? Il'e , repulfus 

je prie , 6 loup , faire cela que tu déplores? Celui-là , repoujje 
yiribus veri-t-atis , ait: dixifti roalè mihi .dite 

par les forces de la vérité, dit: tu as dit mal pour moi avant 
hosfex menfes. Agnus rtfpondit, hori eram n itus. Hercule tuus parer 
ces fix mois. L'agneau répondit , je n 'étais pas né. Certes ton père 
dixit maie mihij; arque ira lacérât, injuflâ nece , 

a dit malpo.tr moi; Ù ainfl il déchire, par une injufie mo l , 
atrium correptum. l'^-c fabulaeft feripta propter illos ( 
l'agneau faiji. ' Cette fable efi écrite a caufe de ces hommes 

qui, cui'L ficlis, opprimant ( homines ) innocentes. 

qui , par des caufes feintes , oppriment les hommes . 

Qucfiions pour appliquer fur cette fable les règles de la nouvelle 



D. A quel cas en: le mot fabula ? 

I\. Il eft au nominatif, parce qu'il fert de fujet au verbe efi, 
fous entendu; c'eft comme s'il y avoit kœc fabula efi prima. 
D. Comment comioiffcz-vous que prima eft l'adjeclif de 

fabula ? 

R. Parce que fi, fuiv^nt la feptième règle, je me demande 
qui efi- ce qui efi première ? ;e répondrai c'efi la fa+l.e. 



( 19 ) 

Lupus & Agnus font les deux a&eurs de la fable ; voilà pour- 
quoi i'b doivent être au nominatif. Ils répondeur à la ejuemon 
Qui efi-ce qui, faite fur le verbe agunt. Il IV y a point ce nomi- 
natif fans verbe exprimé ou fous-enten .. 

D. Pourquoi opprimere eii-ii av. prêtent de l'infinitif 3 

R. Parce qu'il t£t le fujet de la propofîtidnj car, fi je demanda 
quefi-ce qui efl facile ? la réponfe lira d'opprimer. 

D. Pourquoi facile eft il au neutre & au nominatif? 

R. Parce cjue c'eit un adjectif, &. , û je me demande, fuivarît 
la fepeième règle, quefi^çe qui ejï facile? la réponfe ieru â op- 
primer. On fait que Us préfens des infinitifs font des fubkandf* 
neutres. 

Lupus & agnus Jiti compulfi rentrant ad eundem rivum. 

D. Qui e'toit venu? R. Le loup 6? l'agneau , wnominadf. 

D. Qui efi-ce qui étoient prejfés ? R.. le loup & l'agneau. Corn.' 
pulfi effc donc l'adjectif de lupus 2: agnus. D. FrejJ'é:, cbmkiént ï 
R. Par la foif, abluzif. D. Etoicn* venus-, où: j\. Au même 
ruijjeau. A la gueitiun ou, on anet l'accufarif, quand on y va; 
& Ton rend ici la prépoiïtion a par ad, parce qu'on ne va qu'au- 
près. 

Lupus fiabat fupérior. 

D. Qui efi-ce qui fe tencit? R., Le loup^ nominatif. D. Qui ifi- 
ce qui était fupérieur or. plus l\aut? R. Le lo : <p. Supoior eft doue 
l'adjectif de Lupus. 

Tune latro incitatus fauce improbâ hitulit caufatn jurgii. 

D. Qui eft-ce qui porta? R. Le voleur, nominatif. D. Qui 
et oit animé? R. Le voleur. Incitatus eff. donc i'acîcdrif de lu. o. 
D. Animé, comment? R. parungofîer méchant, ablatif. D. Le 
voleur apporta, quoi? R Une caufe , açeufatif. D. Une caufe , 
De quoi: JR. De querelle, au génkif jurgii, puif^ne la quettioa 
de quoi le fait fur un fabftantif. 

Liquor decurri% a te ad meos l.aujlus. 

D. Qu 'efi-ce qui découle ï R. La liqueur, nominatif. D. Di- 
coule , d J où?jR. De toi , ablatif. Aufll te eft-il a l'arplatif. De , <& 
ûJj fe rendent en latin par a ou ab, lorlqu'iis fpnt cevanr un nom 
de chofe animée. 

D. Coule, ou? jR. ^Vj ma boijfon. On y va, aecafatif. ( Voye^ 
plus haut). 

Il n'y a plus que des répétitions des mêmes demandes. i°. 
Qui eft-ce qui ? nominatif. 2.°. Quoi ? infinitif, fi c'efb un verhçij 
aceufatif, fi c'eft un nom. $°. Comment £ ablaùr. 4 . De oui fur 
un npiD, génitif. De qui, de q^oi, d'oàïïw un verbe, aaiatifi, 

B a. 



( ie ) 

On va chercher dei •'. .. f n " 

Ci 

■ 

Efl nt cette double proportion , je :■ ne fiorc- 

clr au fubjonctif, & je ne maire 

fr_r.çailc & l'introduction a cette méth< de n.e difent de corn- 
er pat Je v rbe qui eft à I . c'efl a ui 
("cul ai: rTcs cas que les noms de la phrafe doivent 
prendre, & lés ! >rmes fous tefqueUes Les autres ve bel doivent 
y paroître. Je viens donc à mijcuit , qui efl à ritfdicatif, £: je- 
dis: Quefl-ct.' ^i mêla? R. La liberté, nominatif, &c. D. Mêla, 
quand \ Lorfqu Athènes florijjbit, ablatif* Je puis donc dire: A 
nis florentibus, ou rendre cette proportion par ! fubjonctif, qui 
peu: remplacer un ablatif, parce que le fu 8c l'ablatif an- 
noncent également une circonstance, une manière', une dépendance 
d'un verbe à L'indicatif. Mors ie dirai: Cum At 

Canîs -put ans aliam pr&dam ferrî ab al.. 

D. Pc ' . i \ R. Qu'une aûtri 

repond à la queitû 8c '< U fe retrancha 

donc; le nom qui le iuit fe met a L'accufatif, &: ion verbe à lin- 
finitif. 

Je creirois abufer dé la patience de mej lecteurs, fi je pon s 
plus loin ce détail d'application de ' i nouvelle m'thode latine. 
Les règles qu'elle preferit feront également applicabl s 

& aux verfioHS, Bc peuvent faire face a routes les diffice 

De /'Hifioire en > 

L'hiftoiie efl la feience des faits mémorables dont la con- 
noiiTance eft utile aux hommes. De toutes '.es parties qui for- 
ment un cours d'inftruâion , l'hiltuire doit, lanç conr- 
regardée comme la plus importante, la plus facile & la plus 
agre'able. 

Elle efl: la plus importante. Toutes 1 s peifonnes , de tout 
fige, de tout fexe,de toute reli de toute condition, y 

pcuver.i puifer les ïnftruétions Us plus Utiles. Non-feulement le 
Jégiflateur y uouve le recueil des lois qui gouvernent les hommes, 
Tnais il peut enCOK avril Pef tit qui les a fait Mitre , les 

biens qu'elles ont open's , & les maux qu'elles ont préteaus. 
L'homme d'ft t y puifi les conuoifTaneei relatives .1 U clone 5c 
à la tranquiHrtt' dés empirej s il étudie dan; l'fciftoire les intérêts 



( M ) 

des républiques , leur politique, les caufcs qui ont élevé les uns, 
& qui ont préparé la chure des autres. L'homme de guerre y 
reçoit les inftrucTaons nécciïaiies à fa profeflion , £: peut lu; - 
pléer à l'expérience qui lui manque t par celle de tous I 
6c de toutes les nations. C'efc de l'rifroire que i'orateui tre 
toute fa force. Sans la connoiiTance des faits hiftciiques , com- 
ment appuiera-t-il Tes raifons fur les exemples, fur le: ufages 
& les mœurs Je l'antiquité r Ccmmeut pouna-t-il rendre la vé- 
rité interefian te, tourner Tes preuves en le mimer, s , s'il n'a par- 
couru rous les Gèçles, s'il n'a embraifé l'ordre, la fuite, & l'en- 
chaînement des Grandes affaires 5 s'il n'a obfervé l'origine ce Iqs 
progrès des icitru-es; s'il n'a fait une étude particulière des lois, 
des uiages , des coutumes, des intérêts des hommes ; s'il n'a 
connu par les faits hiftoriques tous les reiforts pro r res à émou- 
voir & à gi^ner les cœurs ? Le fage nourrit ton ame des grands 
exemples qui lui font offerts dans Mùftoire. Le citoyen y voit 
les lièges prodigué* aux veitus fociaies; la vertu y trouve fa 
récompenfe dans la gloire donc la poftérits couronne l'innocence 
qui languit dans l'oubli 3 & le vice y trouve fa peine dans l'op- 
probre donc l'hiiToire le couvre. Le favanc & l'artifle y fuivenc 
la marche du génie ; ils y voient fes efforts , fes découvertes 8c 
fec progrès, les riche/Tes de la nature Se les reïTburces de l'homme. 
Chaque religion y découvre les annales de fon culte, & les mo- 
tifs de feu établiifemeiit. 

L'hiftcire efl très-amufante & très-agréable par fa variété ; elle 
raconte toujours des chofes intéreifantes Se des faits capables de 
piquer la curioficé. 

Elle eft facile à apprendre; il ne faut que des yeux & un peu 
de méthode. 

Ce ferait donc manquer à la partie la plus e/TeiitielIe de l'ë- 
«lucatioa de la jeunelTe , que de lui laifler ignorer une chof 
coûte 11 peu à acquérir, & qui peut lui procurer tant de prt : c 
avantages. 

On diftingue deux fortes d'hiîtoire : l'hiftoire naturelle Se 
to.re profane. Donnons, à chacune le rang qui lui convient* 

De tHiJtoirè naturelle & de la Fhyfiqu£. 

Ri - n'elt tout a-îa-fois ni plus agréable, ni ;' 
plus initructif que l'étude de l'hiftoire naturelle \ c'efr 
qu'on peut piopofer comme un délaîTement à ^es 
moins amufantes j elb ne demande qu'un peu d . 

I 



mémci-c : elle el cependant lf fondement du commerce , <Je 17- 
c • & la fou ce de • .i.ens qui 

. 
je ne pari t ici - de 

la nature fdns éel 

tioi , qu< :es qui t< 

& c ige*s de f.iire ufas ' !- 

cornir e rie les 

caulcs par lei le jeu 

des i i , 

n'enti -. 

D .c 
, fur ce< -, 

oire r tu e' : e en trois rè^ne"; : le minéral, 't 

. l'a iv mai. 

. _ 

tion t : , î ê*. On i 

C]U" i ! 

i ■ s : : - ; Us anmaOi dcttnelticjiïes , ceint du p 

parbîtront les premi .s; on ne v rlera des étraJig» 

en pré forera celles qvi 1er* \ -des. 

Il en fera de même des fofl i 

ntès que la terre ienfem ; 
i qui roués . i « 

hommage à leurs calens, on inl 

d'imiter ceux qui ont éN utiîes à lètJi p d i 

& di ps. Telle eft la i • • i 

fc-p ( . 

traduira i nr ; pur la dafle latine', la : 

garde Ws . i . . 

un abrogé mé\ , 

yen , encor* 
O « ')■■' nous dilons 

p u: h pbyfique. ont pas 

( • - i : c mpn ntrre les 

' ^ qus la 
■ 
I - • * ; fus 



ayant fait îears études communes, peuvent v donner tout leur 
temp dans les académies, (ans nuire a des occupations plus utiles. 
Ce n'eft donc point de cetre dernière phyfique qu'il eit. ici qnef- 
tien; c'eft des faits les plus communs, lés plus fenfible! de la 
nature, des faits les plus frappans & les plus fl îles à fa 

Or, pqur cette efpèce de connoidar.ee, 1! ' tre e urieui ; 

& qui efr-ce gui ne l'efl: pasV il furïit d'avoir des Cens & de 
diftjnguer les objets, de voir les couleurs, de confulrer ce qui 
nous environne, de s'occuper de notre conCeryation, de cherche! 
ce qui peut nous être uâle ou nuifible , & de i ai ce qui 

nous amete. Par conséquent il n'y a "perlorine qui ne fôit c 
pable de s'appliquer à ce : te étude ; & ceci eft sans l'Ordre de ta 
nature, qui a voulu que tout ce qui nous en le glus utile, fût 
au: h le plus facile à découvrir. 

Ce n'eft pas que nous voulions, que la parie fyftématique 
foi: abfolument inconnus aux jeunes gens. On peiir , fans ies 
jeter rout-à-coup dans des difficultés épineufes, prendre une route 
plus facile pour arriver au même but. On ne leur mettra donc 
pa< d'abord une fphère armilh.ire entre les rmirs, pour leur 
expliquer enfuite les fyfrèmes eu mondé 5 rm::s en fe ferrira d'une 
boule, d'»nie pomme, d'une orange: ces objets peuvent être com- 
s avec la figure du monde. On fera obferver que les petites 
lires qui font fur cette bouîè , fur cette pomme , fur cette 
orange, font comparables aux mont., eues & aux vallées, qui 
font le même effet par rapport aux grandeurs Je la terre , & qui 
n'empêchent p. s qu'elle ne foit ronde. En expo faut l'un de ces 
trois eprps à la lumière d'une botgie, qu'on fupppofera ctre le 
fol.il, on fera comprendre la cane des jours & des nuits, des 
cre'pu fautes & du feroin ; on rendra fenfibles les éclipfes du foleii 
& de la lune , ainfi que de fes différentes phalcs. Fn entourant 
cette pomme ou cette orange de petits rubans, on verra facile- 
ment que ceux qui font au centre font pi U que les 
autres; on concevra donc que le plus long » rçpiréTente l'é- 
q ateur, 3: que les autres diminuent de grandeur à proportion 
qu'ils iorit 7. us éloignés de celui du milieu; que ceux qui font 
aux deux extrémité tent les pôles 5 que les devx tropiques 
;i ; & on aura par-là une bien 
facile pour connoître les longitudes, les 1 1 '.eus 
& les climats. En élevant, une des pointes J Porange, on rend 

faifons , I s des 

étoiles, :'. or : j >urquoi nous vc e -uns 

ies altrts, & pourquoi nous ne voyons les a\ii 

B 4 



( "4 ) 

:« de L'ingénieux f 

> I i es mondes , y .r I 

ap es en 

T •.:... : 

!imi t 

; 

B) . que 

«3e leur propo i uc » 
1 . . ! . 

définitions la mer ; & 

fii' mille plus éclaira .irrès 

plufj ; 

mais faire vpi. le feu 

{. | ■ | ■ • - , 

joeul ^ 

v uir , pu , la 

dii i v : ■■ r ; ifl 

; . - ent ce qui ei ell, en 

a ira i I u 

un g 
cn< ai .'or. 

On ne veu nô'nrrer toutes le< re/Tources 

de 1 . mais on machines cj 

yeux, !tu effets fenfibles du 

% moi,\ 

ro..omi./ eft ..u(lî trop 
cépenjLnj Çp< peine les plus U qu'on ; 

, on 
commencera • . ("lus 

t 

le fol il.»- ou É3 ' rions 

ou ; ' 

ejiK 

pi n r 

on i . * - - 

p] il f'c p C0 I 



( » ) 

beaucoup aux icimes gens, & qu'il n'y a rien qu'il* retiendroiep* 
avec plus «Je faciiicé qu'une phyfique exécutée fur le plan que nous 
Tenons de former. 

Au relie, pour apprendre l'hiilôiK naturelle & la phyfique, on 
faivia la même mé-hoJe que liftojre profane. 

De l'h'ftolrc & moderne. 

L'hiftoiré eft ou ancienne eu fric clerne. L'biftoirc ancienne com- 
mence ave.- ie monde & 476 , a la deitriKftion de l'empire 
Romain en G: idem 5 la moderne c mmence à ce terme & s'étend 
jufqu'à h< s jours. 

i.'hiftoue > neienne a trois divifions , temps ténébreux, temps 
fabule- x, temps hiftoriques. L'hifloite latine de la mythologie, du 
père Joi-.vtnci , qtîe» nous faifons traduire peur le latin , piépart 
aux conroiifances «es deux premières dhiiions, en même-temps 
qu'élit nous donne quelques notions ces fauiTes divinités du 
jpagnnrfme. Un ccips complet d'hiftoïre ancienne tirée de Juftin, 
de Florus, de Tire Live, de Tacite, de Suvzcv.c , de Sallufte , 
de Céfar, de Sextus-Aurélius y remplira la rroineme divifion. Cet 
ouvrage aura deux parties. La première par demandes & par ré^- 
ponfes, contiendra l'abrégé de 1 hiiloire , & !a féconde en donnera 
le texte & le dëve'oppeme t : la } remière aura trois buts 5 i°. d'inf- 
truire dé l'objet de la cUfle , & fera rendue par mémoire, fuivant 
la méthode que nous allons indiquer ; x°. de former infenfible- 
ment à faire l'àn'alyfe des enofes 5 } ç . de piquer la curiofité de 
ceux qui la liront, pour pafer à la lect.re de la féconde partie. 
Cette féconde partie elle nu me fervira de modèle pour amplifier, 
& formeri à rendre compte des chofes que l'oa fait. A ce corps 
latin d'hiitoire ancienne, deftiné à la clafle latine, fuccédera une 
hiiioire moderne en français, dans le même goût, où, en indi- 
quant avec rapidité les faits intéreflans dans le monde moderne , 
& en traçant le caractère des princes & des peuples qui fe font 
le plus difHnguê's, on s étendra fui les nations qui nous intereitent 
U us. Si une pui/fance n'a, dans une époque, que des événe- 
ment communs, on n'en dira qu'un mot. 

Comme l'hiftoire de l'Europe «fi celle qui nous iritéreilè le plus, 
on re parlera des aums parties du monde qu'autant qu'elles au- 
ront des relatons avec r.ous, fur-tout dans les fècles éloignés du 
nôtre. Aux cro fades; on commencera à entrer durs des détails plus 
circonftanciés , ce qui augmentera à mefure que les temps s'appfo- 
nt de r.oui 5 on en viendra k des détails très-étendus feus 



00 

les r\ T '~' s IX , cïc Louis XIII , de 

XV. 

De la | _..'.'. 

font 
■lent 

: i parle, & fam 

. I 
le .i , ont ] ! faits que Poo admire, 5c quanj 

i 

- 
i jences, • 
e. 
P< • 
■ 

I 

i ! dei les t I . -s 

d« la r 

Qiîiîl :■•'.:. 

. i « I la uble 

': un rer:: i ll- 

? Dieu , 
ers, fo 1 . rri i' 1 
. . 
I lignine /•; , i 

- 

. ■ . 

i 

.. 
■ - I ■ 

. 



( 17) 

loppement de l'objet en queAion. Si , spres quefcues efî.ûs , le 
jugement ne foi i >as afieï poni entrer dans tou! rails né- 

cefTaires à la i i. ' éo mei i t cîrcônftances , s'il n e 

raconte pa^ avec grâce, s'il pèche coj . s'il héfîte , 

le maître reprendra l'niftoire . r les voies pat 

quelques remarques i par des queftions propres a Lni rappeler les 
Êrirs. 

On prendra les mêmes moyens r<~ ' '•- 

que la chronologie. Chaque écolier zv. 

atlas cou-, e mappemonde, des quatre i te es Se 

dts . tcuiiè es des difïei çns états ; le; ain^diljpoiees, 

on lira ui ! i s le : be. Le n 1 . ' es la 

leài;. . ei dra le voy; ge , & fc a remarquer i : pofi < les 

leur fituation re fin clive , leur Haîicn : uite , 
fuivant la method u, il proposera à Ces élèves le i: 

■. nier d'une cou s m 
dans tous les pc \ d'une contiez particu- 

lière , à i Cette première ren- 

: . .e, on laiffera le déj ouillement e , .' 

avec a l< Se de la 

: oire d'un pays , ce fera le remps 

de faire le cL. .: >'.c ce::e contrée & d'en épuifer les der- 

: iûons : peur cela, on remarquera le lieu de la 
fance r loiTe, L'er.ciroit d'où il eft parti, les 

ou iî s'eft arrêté, le fruit de fes conquêtes. L'hiftoire inftruira de 
la forme du ) enc , des révolutions, des mœurs .' 

peuple, tandis que le maître fera reiTT.rqrer à fes élèves, fur la 
-carie, la four ce des principales rivières, lem cours, leur embou- 
chure, les mers, les lacs, es golfes, les ifihme^, les moi 
les caps , îes iflcs , les ifles.les ports; la Uçon fe 

par le premier de la clalfe , qui prapofera à d'autres le i; 
voyàre ce les mêmes ob fer varions j cepencî 

ront le^ yeux fixés fur !e;r carte, 8c fe difpoferom à répondre à 
leur tour, Se à propofer le même vo 
l îtré manière cVapprendre rhiftoi 
iamufr.nte &: la plus fru&uenfe : l'cfprit & la mém< 
concert. On appi a ' en même-tel 

nologie , qui fervent elles mêmes à Èàirc retenu les r its ! ■ 
ques , tandis que l'hiftoire , à fon tour, contri te l'étude 

de ces de 

P ir cette métho le , il n'y a ) fe fendra 

iempte de fx pages d'1 - . qu» 



W« racoatc 

{ confi- 

1 .1 teocke COIB 

v en un an le coins d h 

. il 
on anra appris à 

snéthode ioâae fui 
a cxamîn 

flic nous 

bonr 

^ c ΠCe terme , 

que l'ufag ; înote an araai 

: 

.autant qu'on 

r *"- connoître les J . ''homme , 

la terre, le ciel „ tout : ce qi e c]ui ne 

t, font I*oI jet des : . ;Tir , 

tyens à < . 

des faits. Les faits ton -, on les 

! -■> il n'en eft pas ainfi de ko. ide'es : elli 

■ 
î.es hiftoires de toute; 
r •' , font le plus 

. I iguer aux cohn i 

| 

1 .'s de la ; r .* 

r 



( 19 ) 

Nous avons déjà donné ! ' \ ' i 

qui traite • »yf\cjuç 5 il ne refte pinu 

qu'a donner celui de la i 

Dans !e traite 1 dt la- méi bornerai^ * 

donner les règles propres à «■' notre 

de la vérité. Toutes les < 1 jui eu', Tainc 

les perforions de c< inces fpirituelles , 

approfondies 5 on n'eu dira ni dé couler. ment «le* 

principes qui y feront etabl s couchant les opérations 
efprtt, & l'objet de les connoiffances. Pour ie refte., en attendra 
que Je jugement d s élèves icit fermé, & que leur raifon foit s&l 
cultivée pour être en état de rerevoir ies vérités a] puyées fur des 
difciilTîons plus déliées; connoilTant alors ce que peut ou ne ptuc 
pas leur efprit, livré à. fes propres lumières, ils feront mieu; 
pofes à en venir au* di enflions les plus métaphysiques. On la 
entièrement à l'écart la métaphyfieuie fcholaftique , oui eil pleine 
de queftions inutiles, hériffées de difficake* impé étrables , &. qui 
n'cfl propre qu'a faire naître des doutes fur ks matières les | 
évidentes, qu'elle met en controverfe, eu à conduire à l'erreur, 
par la. conMon ces idées faillies dont elle remplit l'entendes 
à donner une malheureufe fubtiiité qui conduit les jeunes gens & 
aimer les paradoxes , à mettre en problème les vérités les g&s 
incontestables, à foutenir le pour 6c le contre fur les matières ïet 
plus décidées , Se à ébranler jufqu'aux fondemens des p:ennèxc& 
vérités. 

Ce n'efr pas que l'art de difputer n'ait une très-grande udîi:4^ 
quand on n'en àbufe point, v Sfqu'ii donne de l'oi ire 3 de la iumibr, 
de l'étendue) de la foupleffe, delà variété, de la vie à nos opé- 
rations: mais, porr en retirer tous ces avantages, il faut, (\ je 
ne me trompe, avoir plus de fond que les jeunes gens n'en 
quand ils commencent à difputer fur les bancs, parce que, ■; 
le faire avec fruit, il faut faveur examiner', peier, difeuxec., 
combiner , & que tout cela ne peut a v oir lieu quand on com- 
mence à jer-er les premiers fondemens de la phi'oLophie. D. 
nouveau Ê^lrs, on commencera donc pardonner aux écoliers des 

atièrès philofophiques, & par les former à t. 
dans un netteté l'état de la quefuon, à démêler le 

: ec le faux, & à connoitre toute l'étendue des forces < 

les règles du rayonnement r 
j .'• , on 

■ er aux ronnoillâ! 

tes g S thèfei qui demander*: des 



( 30 ) 
noi^ les renYovons à !a daflê de logique, d ns les dj ; ""fî r '-s 5c 

• incitre leurs 
- r - lu fyllogifme. 

Q TC 

Dounei 
en lario , c'eft un refît , qui 

fe p ! î bit 2 je et un '. ieux fur : i .On 

*'e!r bien t r . » 

les ini . . pro- 

curer un nouvel a\ . 
en fait toi ces les autx< . I 

nniverfelles 5: beauooup p! - plus 

naturel que Je chercher Its moyei 
1 propres à rendre i 

qui lent . faciles à i 

v .. une homme Tue auflî bic 

I: c us ce dir- 

ceui 
c font écrits en 

v, ii a fallu i '. ines de mi 

rcs ,, nouveaux ,1; us . | Ire 

. . 
les matières ; 

n 
une t 

ciiîon : voilà donc un ti Lticulier ai «A 

ger à la chofe, <5; qu'on s'ep^rgi e ei 
que le g< 
du , 6c ^u'il r qui Qt 11 

- 
Trois cho! ■ • s la 

logique y i°. 1 

; i°. l'ei 
■ 

i°. ! .it , Se 

ogique qu'i ' 
1 
•ouï • ' w efprit dan« !.. 

i°. Nous ne rft neufes 

d'aucune u pas plus cl 



( Ji ) 
après qu'on a épuifé confies fyftêmes imaginés poui I 
La vie do L'homme eft -:e, Je tenaj 

nombre des connoifTances utiles o 
de nos clèvts fui des matières il d 

j°. La logique a Tes termes particuliers j comme les autres 
feiences ont les leurs j mais nous ne les emploierons qu'api" 
avoir donné rétymolo^ie, & en avoii ' it connoître I uioa 

par une définition claire & exacte. Quant aux i bpres 

que les pliiloibpîies affectoient autrefois d'employer , afin de m< 
plus d'importance dans leurs leçons, bien loin ■ r fans 

choix, nous les rejetterons toutes avec févérité : qu md le mot propre 
en dit plus, ou du moins autant qu'un autre, ii doit être préi 
ici, encore pins qu'ailleurs, ii faut fe fouvenir qu'on doit choifir 
par préférence a cour autre le meilleur moyen de fe faire entendre. 

De la m orale. 

La logique a pow but de former î'efprir , de prévenir ou a« 
corriger les erreurs ; la morale a pour objet de former ie - 
en combattant les vices* Illogique combat le opinions, 

6: 'es vires ion: fondés fur des erreurs : ce qu* ions avons dit 
de la logique & de la métaphyfîqae fërt donc beaucoup a la morale. 
Cependant, pour donner à cette patrie de la phâolophie tout ce 
que ion importance exige d'un maître ami de la vertu , nous 

inguerons dans la morale ce qui nous vient de la raifon 
ce que nous tenons de la révélation. Les philofopliés païens, 
-, Cicéron , Socrate, Epî&ète, M arc-Aurèle , nous fowr- 
.t un corps complet de la morale, que nous tenons de la 

ire, dépoîée dans note conlcience , dans notre raifbn , «Se 
yée fur l'expérience. On ne fauroit croire avec combien d'in- 
térêt les jeunes gens îifent les livres de morale des païens ; ils 
fe Sérient fouvent d'un maître exacl & attentif; ils font tentée .'e 
croir- qu'il eft entré dans fa morale , & qu'il en exige trop de 
fes élèves; m.:is , quand un païen parle, <Sc un païen fépai 
nous par l'efpace de plufieurs fièdes , on écoute avec admiiati n 
& refpeâ , & on exécute dans le filence. Pour la merde que 
la re'ig'en nous prêche , &: qui n'eft que ia perfection de la pre- 
mière, elle fera abandonnée aux minières de la religion, qaaad 
ils ieront dans leurs égliles refpe&ives 



De h II:: [rature de la rhétorique* 

Pour bien dirt , il fan: avoir- bien - 
l.i logique doit précéder La i 
que d 
à embellit 

Toutes ic 

. 
on ne doit . voir pour ob e 

à ce x qui lefirent 
& de ■ génie fc du talent. 

Pc- . d ; r eptes & beaucoup d'exemples ; variétés <U 
ujet & de travail. Ces deux maximes des aoei 
ont été* tranfmifcs p *r les Cicéron & lec Quinri'ien , 
parles Roi lin U les Porée , feront conitamm^nt la xègU qu'os Livra 
dans la clafTe de rhétorique. 

Nous nous contenterons, donc c; faire connoirre aux jeunes 
gens les régies générales, que l'étude de | t<h$ 

graduelle de nos conhoiiïances nous or: piefcrires poui 
nos ouvrages ; après quoi nous leur dirons qti 
Je toutes cil de commençai par fonder Ton talent, 8c de ne 
l'appliquer qu'à l'objet particulier Je littérature dans lequel on croie 
pouvoir réufîir. 

Nous prendrons fur-tout pour règle de ne faire jamais travailler 
les jeunes g;cns fur un fujet quekon jue , faos i eus e-re bien 
allure préalablement qu'ils l'ont en il g«? fous ton e< 1rs f\ice< ; 
autrement ce feioit les f i c a 1er i lus objet, .: i 

parler fans idëes , à s'exprimer : .. , j em- 

ployer beaucoup de p.iro'e* po r d re peu de < 
gâteroit l'rfprit & leur 

Nous emploierons - tes, la 

d'éloquence & la compo 

la lecta c de bons auteurs U pei , rem- 

plira la mémoire de penfétts , ; . - irs i npo- 

fition leur procurera la f. i 
en faifant ufage de ia conni ' ; -1 e 
ouvr. j, . 1 a m. aière sje»1 
lins clioiiîs s'exprimi 
le vi 

• re qu'ils feri) 
auront puift dans ces lot] u ils 



( 33 ) 
auront trouvée tans leur lecture, remplira leur efprit de l'amour 
pour la v élite & pour le travail. 

I e matin , on expliquera Torpeur de Cicéron , la rhétorique de 
Q nrilten , quelques pages du nouveau cours de littérature, 6c 
quelque orateur français. On prendra enfui e une pièce d'éloquence: 
le maîrre en fen d'abord l'analyfe ; l'examen de 1 exorde fera l'objet 
de la clafle fuivante. On remarquera dans cette partie le choix U 
l'ordre des idées, la beauté de-, exi ■reffions , des tours , des figures , 
les convenances du il le ; en un mot, tout ce qui fait le mérite 
d'un ouvrage d'efprit. Qu.ni oi) aura ru toute la pièce, on re- 
viendra fur le pian ; chaque écolier tapp rtera, par écrit, l'analyfe 
de l'ouvrage, Fordre & l'abrégé de: preuves 3 la clafle fuivante, 
en:: un rapportera de même ks obfervations qu'il sùra Faites fur 
ces excrefîïons, le ftvle & les tour:; enfuite le maître dictera un 
plan d'un yt-dt dif:o';rs analogue a celui qui a fait l'objet de 
l'examen précédents chaque lourles écoliers en rempliront une partie; 
&, au bout de la eompofitiôn de truc l'ouvrage, celui qui aura 
le adieux ré. il- fera chargé d'apprendre ce qu'il aura fait, & de le 
dtbirer enfuite eu public, stfA\ de le former à i',;ction , qui dépend 
plus de l'exercice & du. fentirnent que des préceptes. Par ce moyen, 
on aura le temps de voir les plus beaux diteours de Cicéron „ 
les lettres choifes de Plire le jeune, les harangues des meilleurs 
auteurs de toutes les langurs; les oraifons funèbres de BofTuet & 
de Fléchier , quelques caufes de nos plus célèbres avocars , Se 
calques pièces » J e nés meilleurs tr..giquet. 

Quand on lira les orateurs , on apprendra , dans le nouveau cours 
de littérature , ce qui regarde !es orateurs ; cjuand on expliquera les 
poë*es , on y verra ce qui regarde les poètes , & ainfi du refte. 

Or, ce cours de littérature fera un recueil de règles pour lire 
avec fruit les boLS auteurs , (oit hiitoriens , foit orateurs , foit 
poëces ; pour diriger celui qui traduit un livre d'une langue à 
u> e autre, & pour guider un homme qui compofe en tous 
genres de littérature. 

X)es mathématiques & du droit. 

Les mathématiques êc le droit font des objets à part; ce font 
des (ciences très-néceffaircs , fans doute : m lis eHes font plus | roi res 
à certains états qu'a d'autres. Nous laiiTerons donc ces connoif- 
fances pour être enfeignées a ceux qui font décidés à prendre un 
genre de vie auquel elles conviennent, i< , par conféquent, très 
le cours des études ordinaires; cependant, U faut avoir une teia- 

XnjkruBlon publique , pur Wandelaincuurf» C 



C 34 ) 
cure de ces faences dans toui • T rr mathe'matkrues , for- 

tout ! "rie, font une < fpi.ee de feiena 

cju'e les re nf< rrnéi c • c'efl pour 

une ce rue raduellc dai»s cfa 
clafle? tandis rue nous aurons un petit code ai la 

premi 8c pour les t'eoies d gnes. 

Art. III. 

Tableau ces exercices de chaque annét 
& des feiences qu'on doit y enjèigner, fuivant Us ■ 
nous venons d'indiquer pour leur enfi 

i°. Il n'y aura que cinq clafles pour l'enfeignement de ce premier 
cours d'études. 

i°. Toutes les claiTes dureront autant les unes que les autres , 
par-la on mettra plus d'uniformité dans Yt 

& les petits ont befoin rie bien en* :r temps ; [a feulo 

différence qui exifte entr'eux confjfce à mettre les matières au niveau 
de chacun, & a répandre beaucoup d'aprémens & de variétés dans 
les chofes qu'on enfeignera aux plus jeu:, es. La multiplicité des 
congés eft trèVpréjudiciable au bon ordre des collèges & des . rn- 
fions , & nuit beaucoup au progrès des feiences. Il iurnra d'avoil 
un feul congé pat femaine; &: a la fin de L'année Ks vacances ne 
pourront être que d'un mois 5c demi. 

3°. On mêlera, dans chaque claffe , l'agréable à rutile; en 

expliquera, pour cela, les poètes qui auront du rapport aui feiences 

qu'on y enfeignera. 

4°. Afin d'épargner cars ce coms les frais d'un maître de ' 
& par conféquent d'y avoit une cl. .lie de moins , 6n exp', 
lans chaque clatTe, pendant une demi- heure, les auteurs latins 
qui auront rapport à l'objet de la clafle, &: qui feront prél 
telon La méthode que nous avons preferite à L'article du latin. 

C°. Tout écolier fera tenu d'avoir un périt traité des devoirs 
d'un bon écolier & des principes de la morale, appuyée fui les 
afte&ions de la confcicnce , fur ks lumières de la ra-lon U iur 
les fruits de l'expérience. 



( 55 ) 

Première classi. 

Des tlimcns. 

Pour le Franc dis. Elémens les plus (impies de la morale , 
abrégé des arts, & la partie de la grammaire françaife cjui tr«i:e 
des mots pris (éparément. 

Pour le latin. Petite méthode latine, contenant les tableaux des 
déclinaifons . des conjuguions Se des fept règles de la fyntaxe ; 
les fabks de Phèdre &: Yapvemix de Dûs : ces deux livres traduits 
mot à mot. 

Pour les mathématiques. A commencer du milieu de cette année, 
on terminera chacjue féance par donner quelques leçons fur les 
trois premières règles d'arithmétique > de façon qu'a la fin de 
l'année on ait le temps d'ajouter aux opérations en chiffre , qui 
doivent être fimples pour cette première claiîe , les lignes & les 
lettres de Palgèbref; 

Seconde classe. 

De l'hijloire naturelle & de la phyfigue. 

Peur le français. Cours d'hifeoire naturelle , fuiie de l'abrégé 
des arts, pnyfîque élémentaire à & la féconde partie de la gram- 
maire française qui traite ces mots mis enfemblè dans wne^ pro- 
portion. 

Pour le latin. Obfervations fur les latinifmes ; abrège de l'hif- 
toire naturelle, par Pline ; précis de ce que les latins nous ont 
laiflé de mieux fur ie<; arts , les paftorales de Virgile, le premier, 
le fécond Se le quatrième livre des géorgiques du même poète, 
un petit recueil d'exemples propres à ialpirer le goût des vertu! 
fociules. 

Pour les mathématiques. On finira chaque clafTe par une leçon 
far la quatrième règle de l'arithmétique , fur les proportions 
Se les fractions. 

Troisième classe. 

De l'hiÇioire ancienne &' moderne. 

Pour le français. Abrégé de l'hifïoire moderne, tableau du 
globe , troilième partie de la grammaire franc ai le , qui traite de 
la forme fous laquelle les mots doivent paroîtra dans le difeours. 

C % 



( >• ) 

Pour k latin. Un cour* complet d'hiCloirc ancienne, tirée des 
meilleur'; auteurs latins, l'énéide de Vi; gtle ^ le Selerfd è prophanis, 
avec quelques métamorphqfef d'Ovide. 

Pour les mathématiques. On finira chaque féanc« en portant 
L'algèbre jufqu'aux équations fimples. 

Quatrième classi. 

De la philofophie. 

Dans cerre claffc , la logique prendra la place de la grammaire 
frar.ç;i r e, qui en eft l'introduction, puifqu'une bonne grammaire 
eft une vr«iif logique. 

Pour le français. Une logique formée fur la méthode que 
Dons avons indiquée rlus haur; un répertoire des grandes queftions 
fur la phvfi--jue &. fer la momie, Contenues dans Newton, Malle- 
branche, Paifcal, Locke, Scravefande, fcc. 

Pour le latin. Un recueil des ouvragée philofophiques de Ci- 
céron & de Sènèque , des moicea":x choifis de Lucrèce, l«s odes 
d'Horace, & le<: plus belles fatyres de Perfe &: de Juvénal. 

"Pour les mathématiques. On initiera les jeunes gens aux premiers 
élémens de la géométrie, en fe bornant à la feule recherche des 
propriétés des lignes, des figures & des folides les plus (impies. 

Cinquième classe. 

De la littérature & de la rhétorique. 

Pour le français. Un cours de littérature tel que nous l'avons 
preferit à l'article rhétorique ; un volume compote des meilleures 
pièces des orateurs français qui fe font dillingués en tout genre, 
& quelques ouvrages choifis de nos poètes les plus eftimés. 

Pour le latin. Un livre compofé des rhétoriques abrégées de 
Cicéron Se de Quintilien , l'art poétique d'Horace , quelques 
comédies de Térence , bien châtiées , les meilleurs plaidoyers de 
Cicéron , avec une collection des harangues les plus eftimées 
des ancien*:. 

Pour le<; mathématiques. On continuera les élémens de géométrie, 
en fini/Tant par la trigonométrie reâilîgne, 11 faudra toujours joudre 
U pratique aux règles. 



C M ) 
SECONDE PARTIE. 

De s fciencês qu'on doit enfeigner après le premier cours 
d'études. 

Les ckiTes commune? font finies, S l'efprit s'eft effayé' fur tous 
les genres. 11 faut maintenant choiiir &. fe tourner vers un feul , 
afin d'érre plus en état de le bien connoître , de l'approfondir 3c 
de mieux remplir l'état pour lequel on eft fait, puifque c'efc celui 
dans lequel nous devons vivre, nous distinguer , travailler peur 
notre avantage particulier Se le bien de la patrie. 11 faut u» état 
à tout être foaiable , & celui qui ne travaille pas ne mérite pas 
de vivre. 

Les cinq ans d'études £ nis , après s'être examinés fur la tour- 
nure de leur efprtt , fur leurs talens & fur leur vocation , les 
jeunes gens fe préfenteront à l'examen pour patfer dans r.r.e uni- 
verfité ou lycée; & fi, après cet exaimn , on ne les rrouve pas 
propres pour un genre de vie qui demande ces feiences , on les 
rendra à l'agriculture, aux métiers, aux arts, au commerce. Après 
le premier cours d'études , il eft encore temps d'embraf 1er l'état 
pour lequel on fe fent du geût & des talets, & de s'y perfec- 
tionner; fi au contraire on trouve que ces fuiets aient les ta.'ens 
requis pour le faire honneur dans la place qu'ils demandent, on 
les enverra d«ns la ville, où fera formé le collège ces feiences 
deflinées uniquement a»x talens reconnus , & à ceux qui peuvent 
fe distinguer par leur feience. 

Si c'eft pour lcn: tenir les droits de la feciété te ces pairicu'iers 
qu'un jeune homme fe deftire , il aura le temps de taire une étude 
profonde des lois, de jurifpiudence , des mœurs, des coutumes, 
& d'acquérir les connoiiïances nscelTaires pour fe diftingucr dans 
le talent de la pzrcle. 

L'homme de guerre aura le loifir d'-.pprendre les mathématiques, 
les démenfrrations for les fortifications des places , fur l'attaque 
& la défenfe des vii!e< , l'art des campe me: s , les tofes & Ar^- 
tagêmes de g-, erre, les explications théoriques iur la tactique, ou 
évoluticn, & marcruvves militaires. On fait combien il eft efTen- 
tieî, peur fe diflir.guer dar«s cet art célèbre, de ûarrtKJ&tre & d'ap- 
profondir toures ces chofes : ce n'eft eue par-là que fe fo:; 
Us bons guerrier?, & que les républiques parviennent au combla 
de la gloire. 

C 3 



( ïS ) 
r n on mot, c'eft laque I unis de: maîtres excellens en 

tous genres : l'un fera unt 
enseignera le. princi 

Doive f< lie & de la r de 

to : ce qui régal : c ! e ce 
enfei ; un cinquième la chymie ; 

; un autre ! 
fculp 
choie , i : :e, 

tu qisi è :.: E p riE. 

Dz ce qu'il faut fa our.Ui \ écoles^ tant d*s 

' . . 

fqu'ici nous nous îs & 

des collèges , 

d'un I ave i.emen:, pan 

nhlf] i . & que, li Ton oc 

- 

. ier plus des no.s quarts des eufans,& priver 
plus grandes reffoui 

Mctkcde yen 

On voie tous les jours . .:e de très- 

racilement de jei x , des toi • .... 

grandes ccurib^ aidons 9 ; 
beaucoup, de peine. N5 

vation pour t î Les en- 

fans i 
feitj £: ils r. 

les ne leur ; l 1 

trouv . 

le t. .1: p 1 cori ^ 

ne fum dj ne !. 
ce ■ . 1 s 

. dont nous nous occi : 



( 55» ) 
pables de bien réfléchir, & n'ont que très-peu de temps à do: 
aux premières études, environ deux ans, depu s Csft jutqu'a 



neuf. 



Mais qu'eit-ce que les enfans aiment le plus des leurs premières 
années, & à quoi s'occu eut ils avec le pius c!e plaiiîr? A chanter 
U , /<*, maman , /?tfrd : voilà l'indication de la hatuie. Suivons-la; 
chantons avec les enfans, (oit que nous ks ferrions dans nos 
bms , (oit que nous les promenions, que nous les couchions , 
qi.e nous les levions. Et que chanceions-nonsï L» morale. Cétoiem 
les premiètes leçons que les anciens donnoient à leurs enfans. Les 
poètes la chantoient dar.s leurs vers, on la célébroit fur les 
théâtres 5 on chantoit dans les feftins les hommes vertueux, la 
magnificence & la grandeur de la Divinité, les merveil es de la 
nature; Qui peut dire le bien que produite. k-nt les préceptes de 
la morale mis en vers, chantés fur des airs fublihies & ravi/Tans, 
chantés au milieu des acclamations dune fou'e de peuple atten- 
drie, repères fans celle avec un nouveau . laiiîr, &. incu'qiks par 
ks exemples de toute la nation? De-!à i'enrhcuiiafme généra.! 
pour l'intérêt commun ■-, de-là les biens qu'on vc-rroit parmi nous, 
il cetre pratique y avoit lieu. Ce feroit inftruire en amufanr. La 
nourrice kreit fucêr avec le lai: à ks BOurrirTans les maximes 
de la vertu, elle ieiâr féroit prendre rouies les habfrudés des plus 
beaux penchan?, élh tnnobliroit leurs fentimtns , elle les ent re- 
tiendrait toujours d.:rs une gaieté pure Se fans reproche, en leur 
chantant, far d?$ aiss tendres , les doux attraits de la vertu, les 
actions des grands hommes, les traits les plus touchaus de l'his- 
toire, au lieu dé Icar laicir la tête de mille COntci ridicules de 
fées & de revenons, ce qui les remplit de préjtslgéV, dérègle leur 
imagination , Se jette pour long-temps le défordie dans le germe 
de kurs idées & de leurs petites coanoifTances. 

Maie enfin il faut commencer à écrire & à lire. Nous donnerons 
d:ms la quatrième parte de cet ouvrage la véritable méthode pour 
apprendre a écrire en très-peu de tems. Peur faire lire, après 
qu'on (aura écrire les lettres, on donnera à te us !es écohers le 
même livte , imprimé proprement, en gros caractères & fur du 
be. u. fi-pier. 'fous tiendront les yeux fur leur hvre, tandis que 
le premier prononcera à haute voix & très-pofement : La -paix - 
iV - Vin - i:<> - cen- ce - lia- bi - Cètit - par- h i - n Mis'. Tous réj este- 
ront ttè s lentement les mêmes mois, en articulant fëparément 
toutes les fyllabes. le premier feprendra : V - ni >. - heu - reu- fe - 
a - bon - dan -ce- d'y -fait - point - de - ja - loux. C<r que les 
autres doivent répéter avec attention. On ira aiufi jufqu'à la fia 

c + 



( 40 ) 
de la Prnphc : lien enrcnc'n que le car.ticpje acra c:c c 
avant de commencer !a leçon. Cependant le m îtrt i 
tre occupation , que île i 

vent des yeux, & ne pétdent p. s le fi] de la lecture. 

Des ckofes que ton à i j ;rr c&zaj /cj éco/éj </<r campag 

Sans cultivateurs, fana anifaps, fans foldats, :! n'v a plus 
d'état; ce font les mei ; fient • our nourrir, ycrit & 

dre le corps en c ntiei j à. c'eil ce la campagne cju? la • ris 
tire ces i- . ux. Les payfans fe tr uvent natorelU 

défi usés à c(s lu" honorable! fi , : r oibles. 

Les dégoûter de leur conditi n, ou chercher les moyens de les 
en f . , ce feroit agir, contre !eu^ intérêts, & vouloir 

détruire la fociété; m::is fi, par le moyen d'une éducation i 
rée , en parvenoit à leur donner plus de cécité II d'aptitude 
pour les opérations auxquelles ils font a/Tujéris, leur fort en ûroit 
plus beurecx; fi on leur apprenoit le meven de rendre leur rray il 
plus fructueux, leur aifar e rerlueroit fur la patrie j ôc , fi l'on 
paryenoit a régler leur cœur, leur fociété en feroit p'us douce 
& plus tranquille* Pour y réunir, i! fufEt de les éclairer fur leurs 
devoirs, de leur donner res lumières peur les guider dans 
cpe'rations , de (tirowlet & de féconder leurs talens, pour leur 
faire aimer une vie laborieufe,& porter leurs travaux au peint 
de perfection dont ils font fufceptiblec. On a nnt écrit fur la 
population, cjiii nous donne des bras, & l'on n'a r'îu dit jul- 
Cjuici cts vrais moyen? propies à mett:e ces bras en .- 
vement, & à les diriger vers ie plus grand bien. Cere 
la population charge plutôt letac quelle ne le foui ve. J e 
travail méthodique & les opérations bien dirigées font 
feules chofes oui l'enrichiiTent , 5c ces avantages font le fruit de 
• oh. 

C'efc dans la Caifon de l'hiver qu'on pourra montrer aux jei 
•ens dos campagnes tout ce qui kur convient de lavoir; ce qu'on 
peut téduirc à < e qui fi 

i° Qu'ils fâchent bien Ine & écrire; 

2° Qu'ils cennoifient l'ainlimérique vulgaire 3c un peu d'ar- 
pentage; 

3° Qu'ils aient entre les mains vu petit recueil de mer le , 
propre a leur rendre !e cœur bon & i foimer leur eiprit dans 
les conn' iif hccs qu'il doivent ave îr pour devenir J^s lier 
(Solides & de v lit blés ci eyens; 

4°. Qu'i ; s apprennnent p.ir mémoire la dé( des drqita 

de l'homme et Ju citoyen* 



( 4i ; 

5* Fnfn, qu'ils étudient un petit traité Sa Contrats, Se drs 
principes du droit naturel Se civil. Faute de ces conooiflanc* , 

les payfans font mal leurs afTaiies, vivent mal les u is 
autres, & le rainent, pour la plupart, en chicanes & en pf 
Ceux qui les conduifènt laver.: mieux q»e perfonne combien il 
eft difficile de leur faire entendre raifon. Eh i quels moyens de 
mettre à la raifon des ^ens grofuerement ignorans, qui n 
aucune idée des choies qu'on vu: feui faire pratiquera ! 
îgnorans des nommas (ont toujours les plus ménans. 

Mais, s'il faut apprendre sus £îns de campagne les cnofci 
nécefoires à leur état, on doit bien prendre garde de les o 
r.r de feiences inutiles; pourvu qu'ils fâchent le peu que ekkisj 
venons d'indiquer, ils feront fufSfamment inftruits. Par conlr n 
il eft inutile de tticcharger l'état des frais énormes qu'exigerottat 
les écoles primaires ; il fuffit de laiffer dans les campagnes les 
maîtres qui y font, de leur mettre en main de bons livres 
élémentaires, uniformes pour tous, & d'exiger que ces tnaîttes 
te préientenr deux fois l'année a l'examen du principal du coîî . e 
le plus voifin. Alors le ma::rc d'école y portera la lifte du pro- 
grès de fes écoliers j &,ïî., au bout de l'édscation, il fe tr;.;:ve 
quelques jeunes gens de campagne qui décèlent des talers (tî- 
péricurs pour quelque feience , on les appellera dans la chiT. ma 
convient à leurs vues & à leurs ralens. Par ce moyen, on n'ad- 
mettra à l'étude des langues & des feiences , que ceux des enfcnfi 
de campagne qui auront un mérite difringué, & les autres fer» nt 
letenus dans leurs états. 

De ïéduca.icn des filles. 

Qu'on juge de l'importance de I éducation des filles p:.r 'es 
aliénions fui vante s, qui toutes font vraies, &c qu'on peut 
porter jufqu'à l'évidence la plus frappante , mais que nous ne 
ferons qu'indiquer. 

Il efi: confiant que la rnauvaife éducation des femmes frir plus 
de mal qne celle des hommes ; il eft encore confiant que la 
bonne éducation des femmes r-a.-aiercit à tous les vices c\t& 
mes , & il n'eit pas moins confiant que ce fera en v :\ 
qu'on s efforcera de perfectionner l'éducation des garçons, '.■ l'on 
lie penfe efficacement à réformer celle de-; filles. Il efl àt 
concevable qu'on ait tant négligé' en France l'infi uôù 
femmes. Sans doute que cet heureux établi (Je méat , d'où d 
Its mœurs, U gloire 6c la félkké de la république., éçoit réii \c à 



( 4* ) 
1 1 r - • ad n i atioi île, d -'e U 

I : • 

Ceil dej uis fepi am que fe i. 

i ■ 

ie. Or, , 
& poi r de la vie, J emens 

abandon r. 

d'elles, tous Us - oui le cois: 

n'enti - , 

bien loin ci. 

toutes les j n<ifes en 

procurer milie ■ a Ja car, li des fen 

formées font réflexions, elles le^ : ; vers 

leur corps, parce q teni que toute leur éduc a que 

lai pour objet. 
• Cependant l>fprit.& le co :,& pcmr let 

Is cil ne fait rien , foi i ; : . cor , ê 

tous ne prenez la précaution de les ai s le b.tn, 1» 

prendront d'eux-mêmes . mon; 

& ii e!t innti e d- aire eu conduifent un efpnt i:.r.s culàu 
un ca..r fans contrainte. I .on vive, cet efprii 

c, ce, ces rufes ; ls , cette adretTe naturelle, es fenti 

tendres, cttte douceur t 
curiofité ii 

ce a dojun 
biens, s abat. • . 
(ii .e transformant en . 
r.ous non- ^.. i d'entrer . . 

t, nous ne nou 

sable. 

. as ne rouie ris pas n< 

aux femmes i - para 

auxorifeni à donc ; t cercles, 

par elles , ou I ii i t ut Ces défA 

- . 

par les G la fource de p 

no'.rs nOUî 

n'ont pour • 

lumières j 

maux : t ; euvenr-djes \ T ■ ' 



le vouloir! EUes dominent dans les fociéres. On m s'y entre- 
tiendra donc eue des choies qui peuvent .e; i convenir, & le tcn-.ps 
précieux ues converfations ne rc fr.r des objets qu'elles 

aiment, ou oue du moi] peuvent envifager. On n'y parlera 

que Je colifichets, que ce fpectacles, eue d nabillcmens , & de 
mille autres chofes encore plus indifférentes uU bonheur dis 
hommes. Or, des jeunes . : accoutumés à ce 

gareils entretiens, peuvent-ils devenir des hommes graves, lages, 
iqués, réfléchis, lï erands hommes dans :«u: .es genres x .4 e 
e;ue doit è:re tout homme raifonnable ? De pareilles con- 
Yfrfations re formeront jamais que des hommes frivoles, déiei u- 
vrés, fans ccrifîfrance, fans caraclère £c fans vues. 

Les meurs des femmes ont donc tout pouvoir fur la conftitu- 
tion d'un état, elles relèvent, elles l'abailTent à leur gré, & lui 
font fubir toutes les variations qu'elles éprouvent. Nous ne vou- 
lons point ici rappeler tcu: ce que l'hiitc.re nous rapporte à ce 
lujet: ce que nous pourrions en dire ne flatteroit ni notre ameur- 
propie ni la feniibÙjté ces femmes. Tors les temps n'ont pas 
toujours fourni des fcènes aulTi amufantes que celles oii nos 
pères, entêtes des idées de la chevalerie, s'cccupcient à re- 
dieiîer tous les tons contre la poiitc-ife 6i les meurs publiques. 

Voulons nous donc voir revivre ces âr^es fortunés où Lacéde- 
mor.e, Athènes, Pvcme, les Gaules , dévoient aux leçons de leurs 
femmes tcus ce: milliers de héros, cjont les vertus morales u 
guerrières ont fait l'scîmiration des frècles qui les ont LuiviSj 
inftruifons les femme^ & faifon^ fuccécer à celles dont poi ; 
avons négligé lus imbue de bons 

principes j en vexa dans toutes .es rocietcs je gcu: eu 

travail,, ce-; réilexians & des entretiens utiles luccéder 

s tous Ici déiofàies qui nous font rougir ; les mœurs changeront 
de f«ce, Sç la fo.i.cé devra l'on bonheur aux talens de celles 
c 4 ui fout deiljneies par. La nature pour en. Lire l'agrément par 
Içurs vertus. Ces hommes efféminés qui n'ont d'autre occupation 
de fe promener de ceraie en cercle, rentreront bientôt dans 
l'ordre commun du travail, s'ils trouvent occupées les femmes 
oui préfideut aux maiions ou ils vont tous les jours percïre leur 
temps, &: le fai te à une infinité d'autres. Tout fe perfec- 

tionnera, les mrznts fe formeront comme d. elles-mêmes, & ! 
cation publique en deviendra infiniment meihuiK 3: plus facile ; 
cur ies mères leur établies par la nature pour être les premiers 
ni. acres de leurs enfans. Cette douceur i;hnu.;r.te que |a nature 
leur a donnée, ce icndre attachement pou: tout a cou ki .: 



( 44 ) 

partien:, l'aptitude a donner la première nourriture & les premiers 
fecours à leurs enfans , les fondions des mère"; ^tta~h>'es a l'ad- 
rwiriiftratio.i intérieure de la famille , l'amour des enfjns,plus vif 
pour leur mère que pour leur père , tout cela avertir allez que c'eft 
des mères que les enfans attendent les premières leçons , fc que 
ces. ecours feroient infiniment plus ertîcaces en Tenant d'el'es, que 
s'i s les ;c evoient de tout autre. Miis des mères inihuires comme 
elles le font aujourd'hui pourront-e'les difpofer leurs enfans aux 
vertus qu'elles ne pratiquent p*s, & aux feiences dont elles n'ont 
aucune idée ? EKes ne peuvent que leur donner u:.e éducation 
coniorme à lur goût Se a leurs manières; el'cs 'es drefleront à fe 
plier au goût | er icieux des modes à une ^omplaifance molle 
& aveugle, à l'extérieur frivole des compagnies , à rire en pleu- 
rant, a r en ^e plus: cr, quel bien peuvent faire à l'état des 
en'ans ainfi formes? ou plutôt quel mal ne lui font-ils pas": Dl 
portent les vici-s de leur première éducation par-tout où ils vont, 
ils les commun;quert de proche €n proche à rous ceux avec qui 
ifc ont à vivre. C'elt in^fx que les vices fe multiplient & fe 
perpéruent dacs la foci^té , & fur-tout dans les écoles &: dans 
les collèges, où ces enfans font pour les autres une fource con- 
tinuelle de dérèglement, & de mille peines pour le<= maîtres. 

Le bien de la république demande donc qu'on s'occupe tres- 
fcricu'emenr ce l'éducation #!es femmes. L'initrudicn que nous 
verons d'indiquer pour les écoles de campagne pourrait (uffire 
pour le commun des femmes. Quant à celles qui font deftinées 
a vivre d,ms les villes, on leur apprendroit leur langue par 
principes, la morale, un abrégé des arts , un tableau raccourci du 
globe, quelques petites notions des quatre clc-mens, un périt code 
da droit naturel, le deflin, un peu d'arithmétique & le travail 
des mains. Le«; livres élémer.rai es faits pour les écoles de cam- 
pagne ferviroient auflî pour celles des files. Avec le fecours de 
ces livres, les mères pourraient elles-mêmes fe charger de l'édu- 
cation de leurs files. Le marin elles leur apprendraient les prin- 
cipes de la langue française, & une morale appropr.ée à leur fexe , 
êx prcp'e à leur infpiier le goût ces vertus qui conviennent à 
l'état de fille, ù'e'poufe, de mè;e, dr citoyenne, de républicaine ; 
le foir un petit abrégé des ans, le catécnifmc de la conftitution 
Zc un petit tableau du globe. Chaque ù'. ir.ee du matin leroit 
rermin'e par une lc;on d'arithmétique ; &. cille du fotr par le 
defTin &. lt- travail des m: ins. Les c campagpe s'appli- 

qsero îrc de leurs fifles de bonnes ménagères, & le con- 

clu oit les porter au bien par Ictus exemples, de leur ^p- 



(4.0 
prendre à lire S: à écrire dans les heures de délalîement, avec 
un petit abrégé des maximes qui découlent de ce principe: Ne fais 
a autrui que ce. que tu voudrois qu'il ne te fit pas , & fais- lui ce 
que tu defrcrois qu'il te fît en pareil cas. 

Si les mères ne peuvent donner l'éducation à leurs filles, elles 
choifuont , dans leur quartier ©u dans leur village t la femme 
qu'elles croiront la plus propre à les remplacer. 

QUATRIÈME PARTIE. 

Des moyens que les inflituteurs particuliers j tels que les 
parons _, peuvent employer pour apprendre par la feule 
converfation , non- feulement à écrire & à lire à leurs 
enfans j mais encore les fciences & les arts. 

La méthode que les psrens doivent employer pour inftrime 
leurs enfans ne doit pas erre la méthode des collèges; les pères 
& mères ont un état à remplir, ceci ne doit être qu'un délaiTement 
à des occupations plus ftrieufes. 

Le cours d'éducation qu'on leur propofe ici eft amufanc peut 
le maître, & ne demande du côté de 1 écolier que de faire ufage 
de l'attachement qu'il doit aveir peur fon p^re, & une attention 
allez commune à écouter ce qu'ii lui dit. 

Tout eit nouveau pour un enfant, tout pique, tout inréreife fa 
curiofité, Se ce font autant de moyens que la nature nous offre 
pour nous féconder dans la culture de ces jeunes plantes confiées à 
nos foins. Si l'inftitutenr eft confommé dans fon art, s'il fait profiter 
adroitement de l'inftant favorable, & proportionner fes entretiens 
au génie de fon élève, il parviendra facilement à fon but. Tout 
confifte à bien polTéder fa matière, à lavoir la préfenter fous un 
jour favorable, propre à nourrir la curiofité de fon élève, & à 
amener de nouvelles queftions, à palTet d'un exercice à un autie^ 
du travail aux jeux, Se des diveniiîemens à l'étude. Par- là on 
parviendra facilement à apprendre à un enfant à lire, à écrire, 
les fciences, l'hifloire , tout cela fans le contraindre, dans des 
temps différens, fans ordre apparent, fuivant que les circonftances 
fe préfentent, ou que les inflans de la journée y font favo- 
rables Se en fourniiTent l'occafron. 

On voit que, par cette méthode, les fciences & les arts font 
en feignes indiftin&ement, fans différence de temps , fuivant que 
l'occaûon fe préfence. Cependant il eft des counoiifances qui 



r 

noivert précéder les antres, ' : doit rain 

moment , fuivant " lions indiquer. Le vrai , 

(trj. d'étudier Les dif.ofitions actuelles tic l'on él 

Du de fin. 6' dt la rr.:^ 

Nous croyons que L'édncatû r coït commencer pa: 

ew deux arrs, parée qu'ils nous paroiflem îï . à tous les 

hommes, qu'il ne faut que guider un peu La ma'n régler ui 
l'oreille &: les accens de la voix ces en fans, peur leur en doi 
une v nce fuffifante, s prélimii 

nous feront d'un grand lecoi 
eux enfans. 11 faudra donc commencer p-r ku- fai;e I 

. & , S: leur ■ 

tracer fui !e ; ut «e qui flatte le 

un çarro/fe, tantôt ud petit homme, un , Sec. 

De Van d'écrire & dt i 

Il faut . ■ • ce lui 

à lire, parce que cette i 

tu l'en \ nt, le m.ï- ien des peines, Se a ion 
él \ . ' . 

Je fuppofe >• ~er un enfa::'' par cette 

méthode, . le papisr où il deffiné, 

quatre lignes ] ntes l'une <'e lV.urre , 

rue pour recevoir ces i o:.»s de mufîqué, Se telles qu'on les 

voit ici gravées. 



B 

C« ™_ ~ 

D . _ . 

J rs deux lignes du milieu B C feront deftinées à recevoir les 
petite t le caraôere s* 

A ; & celles qui s 
i 1). Après ce p tn •••. pareil, 
voie: ■ • . • i Ci former 

fcVà < •. m p'' 



( 47) 

Je tire d'abcrd une ligne perpendiculaire entre les lignes B C; 
je dis à mon élève qu'en métrant un point fur ce:re petite ligne 
ce fera un /', en lui fiufant obferver que cet f n'eft rieu autre 
chefe que plufieuis ] e-ir<; points pofés en une ligne dro.re les uns 
fur les autres; qu'en parTant un petit traii fur la partie funérieure 
de cet V, il deviendra un r; que (i . ; u eu < \ paflèr ce petit 
trait de plume, j'y fais un petit crochet en avant, ce fera ure r; 
n mettant un fe:ord i auptès de cette r, ce lera une n, 6c 
une m Ci j'en ajoute un troifième 5 que , fi j'allonge jufqu'à la 
ligne À le premier i de Yn, ce fera une h ; fi je place un i incline 
à droite fur la derrière partie de ce te k, ce fera un k 5 fi , ru 
lieu démettre un crochet en haut de Vi 3 comme je viens de le taire 
pour former une r, je mets ce crochet p : r en bas , après avoir 
allonge le caractère de Yi jufqu'à h quatrième ligre Â, ce qui 
eft facile, puisqu'il n'eft queftion eue de mettre deux ii l'un au 
Lent de l'autre, cet f dépendra une /; mais, fi je n'allonge pas 
le caractère de Yi, & que je me ce- tente de metrre un autre f 
auprès du premier, ce iera un #$ fi j'allonge par en bas le der- 
nier i de cet a, il deviendra un y, & un ? , fi j'arrange trois i 
enftmbîe, de la manière dont on le voit ici ^; fi je recourbe 
un peu cet ; par les deux bouts, ce fera une/*, & en pafiànt un 
trait ce p;ume fur le milieu de cette /, elle deviendra une f\ fi 
je difpofe deux fi de manière qu'ils viennent le joindre p r en 
bas, ils formeront un v; & de ce r je ferai facilement une & , 
en le barrant avec une /î 

Voilà donc ftize lettres 5 favoir, i 9 t , r, n,< m 9 A , 
u >y » \ » j » v j /"» /' & ■> fermées par la connoi /Tance du feul f, 
& certainement ces lettres peuvent s'apprendre routes en une feule 
féance : il eit vrai qu'il fawdra répéter fouyent la même chofe.pour 
la retenir 3 mais la combinaifon des caractères qui fuivra ce*te 
fimple opération nous fournira l'occafion de le faire autant qu'il 
fera néceffaire , fans nous caufer le moindre ennui. 

Pour former facilement le refte des lettres, il faut fuivre la 
même méthode. Si je recourbe un peu en dedans I e leux bouts 
de 17, ce fera un c\ fi je fais un pent anneau à la partie I 
rieure de ce c , il deviendra un e ; C\ j'oppefe un c à un c, ce 
fera un ; Si fi à cet ou à ce c j'applique un grand / , ce .' r 1 
tantôt un q, tantôt un p t tantôt un d, tantôt un b\ Ci ce: j efc 
au bout de Yo ou du c, ce fera un g j fi à un c e j. in< un 
autre c , ce fêta un c; deux ce adoues l'un à l'autre feront un x. 

Voilà le refte des lettres 3 favoii , c, e, a> q, p 9 d } 
a, x, formées encore du même caractère. Il n'eiî: plus quel 



(4*) 
<p:e de faire quelques réflexions fur la manière plume 

pour former les pleins m les d H : s , fax la 
?e::n , fur ia Ueetifitê & les r :,s de< liatfons, & szidOM 

qu'on aura plus (Tune i - aon de ri cer • _ : . . & 

Im temps propre ? 'es faire g u ri -5c rete ir. .' .a 

r»;on éîèv lettre, & k ! 

< ; e l'autre, je jetter-d fous Tes y eux t 
ne différentes couleurs , a . a la 

fienne particulière j mon -.Iprirdra 

du pUuîr a m ttre e mble celles d- U : »; par ce 

moyen, i! parviendi aies distinguer tout . . urre. 

Alors j'unirai , coinme par i: 4 
un mot f.icile à prononcer, peu cor 
t;ève, père , par exemple ; je prononce^ i ce mot avec 
je le lailTerai voir au jeurié homme; .v , quand j qu'il 

'*3 bien vu, je brouillerai, cemn e | r k»re*e , les c 
On conçoit qu'à Pinftant ii cherchera a refaire un nom qu'il ai; 
qui Ta frappé agréablement : ce mot récabi , je mettrai un* m à la 
place du/:, & le mot mère remplacera celui de père. Nous con- 
tinuerons cette tCçèze de jeu autant de terry qu'il plaira à mon 
élève, & je l'aiderai Toujours dans les combinions qu'il voudra 
faire. Quanti 1 cer exercice ne lui plaira plus, nous panerons aune 
i::rre chofe qui fera de fon goût , &: dent j*aural loin de riier 
profit pour fou avancement, fuivant le^ quefti as qu'il me fera; 
it i! me fournira l'occaiîon de le rappeler aux fentimens de 
cœtfr, aux décrions de fa petite confeiencej tantôt ce fera 
îe temps de lui faire une expérience pnyfique, ou de lui rap- 
un riait d'hiftoire. Dar.s tout cela, il y aura quelque chofe 
le frappera agréablement, & quelque chofe qu'il fera bien aife 
d'entendre une féconde rois, je le réduirai à une fimple propo6ttou 
de trois ou quatre mots ; je rendrai cette petite phrait par la 
comHnaiton de nos caractères, enfuite je l'écrirai fur le papier, 
en profits lettres ; j'épellerai ces lettres avec l'attenricn cfe lie» 
îi les fyllabesj je lès lirai imme 1 : aprts, eV es ferai 

à mon élève: id curiofîté fatisfaite, je placerai cen 
rendue paré'crir, furie heu le pl:: c apparent de r<*:rc appar- 
at, ce que je ftrrii toutes les fci r qu'il nous | i eu- 

revenir au même exercice. P; : ces moyens, n 
>urs fous nos yeux un pe'it l( toutes DOS leçons. r n 

repafîant d" temps en temps toutes " uons 

apprendrons infenilbleraent , non-feu emeot à lire, mais beaucoup 
de chofès btéreflantel Après ce léj r commencement.. 

poi 



( 4? ) 
tondra à la plupart de ces dem n les que par ÉçtifJ ou en cor. J .- 
Dînant h.os Cciradèrcs ; Il lui prendra envie de minterrogër de 
même, & on conçoit comlien cette in rhe.de abrégeri le cernai 
& le travail , fi l'on ajoure a cela que je lui ferai envoyer eu 
dehois des bil eis courts & bien écrits , qui lui annoncent t eu-" 
chutes agréables & plaifantés , auxquelles il faudra fépondié. Telle 
efl la méthode que fernploierois pour apprendre à cerre & a lire; 
(\ j'crois charge de l'éducation d*an ëi faut, à la finté 6: arj: 
i>faîlîrs duquel on ne doit pas moins travailler qu'a Con avancé- 
mène dans les lciences. 

De la Lc~i~ue« 

La logique eft l'arr de diriger notre efpflt c<,ns fes opérations. 
L'eiprit penfe, juge Se raifonm ; précieules qualités qui dîihrpienc 
fi avantaçeofenaent rborume de la brute, 6; dont il doic it feivir 
pour raire fon bonheur & celui de Tes feinbjables. 

Lorique le- corps agillent iur nos i -ns , ils pioduifent fur nos 
org nés certains mouvements que nous appelons fenfations ; cette 
action des [eus lui nous occah^nnê dans note me une impréffioa 
qui eft appe ée perception, 8c cétre rei e: tio ; exe; e dans vote 
efj rit une fepréfentation de l'objet j tep éfenration ou imare qu'on 
nomme idée. Notre è pri c nlîdère eni'u.rè ettt déi avec un de*: ré 
d attention voontai e, c eit ce qu on no me *enl.-. bientôt n cre 
efpric fe porte à unir ou a f paier les d es oui vient e recevoir: 
voila ce qu'on appelle ju eroUr libi tei a voit qu; cette Icienoa 
eft c.bftiaitc par cl e-mème , cependant elle « uts endi ; s il 
faciles a l..:fir , que ;e ne ba .• . . v ■ .le ia place» al tc.e des 
connoifFances que je veux donnera mon élève, a *«& nt plus que 
celle ci fert de fondement a toutes le autres, &c quel.e en rend 
l'acquitîtion beaucoup plus facile ; tout codifie de. s la m thode. 

Quand nous aurons combiné enjembî» un c :t in nombre de 
mots qui aient un fens pariait, par exemple, le'fileil paroit rond m 
deux & deux font quatre , le menfonge cfk odieux , je c. rei à m n 
élève: toutes ce^ phrafes., qui contiennent un certain riombn de 
mots j font appelées en terme de- logique proportion , & un juge- 
ment , fi l'on ne fait qoe péhfi : - ('elles h:n;nent. Aia:i , 
•juand je dis : ma montre e fié or ^ c*èft un- propoliaonj 8e quand 
je le pente, c'eft un jugement Vous voye donc que nous faitbns 
à chaque inftant d^ jugemens, prononçons des propoli ions, & 
qu'avec un peu d'attention nous connofrrons bientôt la manière 
de juger l'a nement des chofes , l-.ience importante, qui coûte peu 

Xnjtiuîîion publique , par Waatiaincvun. D 



( jO 

à acquérir, & qui contribue infiniment à la gloire &: au bonheur 
du philofo; he , pour vous apprendre cetre kirnee ( je ne vous 
demande qu< de r-'pordre à de'ix ou trois queftions que je vais 
vous fane. I n nu ine-temps je ferai paffer feus fe- yeux plusieurs 
objets , une montre, par exemple ; un chapeau , & je lui dir^i : 
Vous voyez cerre montre î Voyez-vous ce chapeau ? I! me répondra 
qu'ii les voit — Mais fermez les yeux ; les voyez-veus encore ï 

— Non. — C'eft donc par les yeux que vous voyez les choies ; 
les yeux font conféquemment les uns de la vue, comme on dit 
que l'ore;l!e eft le fens de louie, parce que c'eft par l'oreille que 
nous entendons. Mais, en fermant les yeix, ne vous femb'e-t-il 
pas encore voir la montre Se le chapeau , & ne peurnez-vous pas 
me dire comment ils font fait' ? — Oui. — Si je vous les donr.oii 
à toucher vous les riitin pueriez bien l'un de l'autre, Se vous ne 
prendriez pas le chipeau pour la montre, ou la montre pour le 
chapeau « — Certainement non : la montre eft cette petite boëte 
qui nous indique quelle heure il eft , & le chapeau eft ce qui eft 
fait rour couvrir ma tête. — Voilà donc que vous cornoiffez bien 
un chapeau & une montre 5 mais vous re es connoiiîez que parce 
cjue vos yeux vous les ont montrés. Maintenant vous avez les yeux 
fermés & vous n'avez plus beioin de les ouvrir paur cennoître ces 
choies ; cependant la montre & le chapeau ne font pas ailes fe 
loger dans vos yeux, ils font toujours eu ils en e penfèst- 
vons donc qui s'sft pniTé en v- - od vous vus , 
fînon que leur image eft venue tre e'pnt? ('r, 
l'image, la peinture d'une choie qui fe ::-«:e rit, c'eft ce 
que ies philosophes a;, pellent id e : ;. onnoiflons Jonc pas 
ks chofes en elles-mêmes; nous ne 1 que par les 
td'Jes que l : r rus en fom e je viens de 
vous dites r !o forte que fins . t de c bTance, Si qu'avec 
une abondance d'idecs bien dirigées, on a Dp de connoii- 
lances. Pour vous coo-. plus de ceci, efTayez de 
vous rappeler tcus les objers q'.:i font <. chambre , 
voih les repréfenter , vous verrez que cela vous fera impotlible. 

— Effectivement, Ve r.e puis penfei à ma montre ljns me la re- 
1 . ster, à ce papier , Laos m'en rappeler l'image. — Dites iaYe, 
d vous voulez -, car im^c ^c idée ton; là la même choie. Tl 
nous faite donc autant d'idées que qçus voolons nous rtpiéienter 

les ebofiés font les ânes des au:res; 

les mures font peti'e< -, les unes lont nôtres, 
]#.<; aurrei t Lt bl . • I ! unes font dures , les autres lont 

molies , 8tc. luttes I e chofel étant c cru s entr'etki , il 



( J> ) 

s'enfuit qu'il n'y en a aucune qui relTemble parfaitement à une autre, 

& qu'il y a toujours quelque chofe qui les diftïngue les unes des 

autres: il nous faut donc «u r idées qui nous les fafTent toutes 

«onnoître 5 l'idée qui nous ....c connoître La chofe, Si l'idée qui 

coqs la LiTe diftinsuer d u 1e autre chofe : voilà donc jJtux idées 

que chaque o^jet nous pro ^re : chacune de ces idées ^ (on nom 

particulier i l'idée qui repréfenre la chofe elt ce qu'on appelle l'idée 

de la lubitance, parce qu'elle nous rej réfente une choie qui iuonue 

en elle-même S féparémtnt des autres oejets ; l'idée qui nous fait 

diftinguer un objet d'un autre s'cippeile i>iée de qualité , parce 

qu'elle nous du quelle elt la qualité d'une personne ou d'une enofe, 

c'elt-à-diie, h el e elt grande, petite . benne, rouge, ronde . &c. 

ÀinG , l'idée <l'un arbre eu l'idée d -ne fubftance , parce que l'aibre 

fubiifU en lui-même & féparérr.ent des objets qui l'environnent : 

de ce mur, par exemple; mais l'idée de xert , de grand , qui 

convient encore a cet «rbre , eu une id:e de qualité, pari-: 

grand, vert font ces qualités qui ne (ubfiftent pas en elles-mêmes, 

m^is dans l'arbre, féparément duquel elles ne peuvent finbûïier, & 

Ches lefquelles l'arbre fercit encore exiftant ; car que L'arbre fôit 

«grand ou p--.tit , vert ou noir , il n'en fera pas moins an arbre. 

Cependant , au milieu de toutes ces perfées , de toutes ces 

représentations , votre efpiit ne refte ce r t-à' tmer.t pas oiCf; il 

réfléchir, fur ces idées . il prend parti 5c cit , par exemple : cette 

montre eft d'or , ce chapeau eft noir, cet habit me par*-,:: 

de rofe : or, cro< riez- vous que ce ^ue vous faites la eft ce c: en 

appelle juger: Cependant cela eft exactement vrai j p^r couféquept, 

il ne Lu: ras être phiL>fophe pour juger, & tout le morde 

ces jugemens; mr.is il y a des régies qui nous inftrnifént G uzs 

jugemens ont fondés en vérité eu non , oc c'eft à obferver as 

règles que connue la bonne logique. Nous verrons ce eue c'eft 

que ces règles , il nVft maintenant qucuion eue :c bien connoître 

là nature de nos idées. 

Quand vous per.tez donc que ce papier eft beau, c'eft un ju- 
gement que vous faites 5 Se quand votre bouche prononce ce aie 
vous peu lez, & que vous me dites, ce papier eft beau 3 votre ju- 
gement devient une propo£:ion : Or , dais cette propofuion , ce 
papier eft beau, il n'y a que trois mors : ra;:irr, eft , beau. Papier 
exprime l'idée de la (ubftunce ; beau , celle de la qualité ; eft , rend 
l'adion <!e votre elprit, qui affirme que la qualité beau convient 
a la fubftance papier. Mais, Ç\ viras J ites que ce papier efl renu, 
o'efî parce qu'il vous p..roît tel effectivement j & s'Û vous par uifoit 
iaiu , vous diriez : ce papier n eft pas beau , c'eft a dire, que vous 

D «. 



( ** ) 

diriez que la qualité beau né coi i a votre papi*: Yo:la 

donc en cjuoi confiée le jngen r* 1 t. ,\ tXZÔ. \ c'efr de f 
tfnir enfe noble des choies qui font f.irvs pour ;•. Irr enfembîe, ic 
de ne point ailocitr des choies bu vîvi uiées oui ne peuvent le 
cev verir. Ycur. êtes fabS doute bien tn»] « ïTé de cr: 
régies qu'il Faut otfcrvtt pour tcufEt dar's ci*:e importante orc- 
ration , d'< ù dépendent tuurc; ncs cOnnoiïLhcej '.- | : \t ta m 
ûuç veus croye~ qv:c c'tft quelque choie de 1 Ecilè. 

du tout., £< du moment que vous montre? t ne ment 

pour connoître cer, iènLes , vous les conno:. . leur 

connoifùnce r.e dépcrul uniquement que <i:s rcflexiotlS que DOUS 
Venons de faire ensemble. 

Je viens de vous dire que, pour unît ènfeihble ceux idées t il 
fout qu'elles conviennent l'une a l'autre. D*rs ce i eu de mon 
renfermées toutes les réglés nécefîaires i oui rendre votre le je 
sure & cl ire. Si deux idées ne peuvent étfé unie chfemble, qu 
ne conviennent IV e a l'autre; pour dire véritablement, que cet 
habit tit rouge* îi faut qu'il le [oit emedivement , que la qualité 
rouge convienne à cet habit, &: que roitge - p icht deux 

expreftions qui rendent deux idées faites l'Une roui l'ai 
même , pour dire que ma n . ruiit que non 

t( nr voie que ce te montre eft de toute . l ■ : ; 

p r coni&iucht , pour unir bu pour féparer : ■ : • . I .• ce indri 
de le tromper 3 il kut faue tttention à c< a tfprtt '.cr , 

a le bii-n cennoirre & à né prononcer q que l'on • 

Avec c-tte feule attention on ce le tromj - , r . !c; ju- 

gemeas. La vérité de nos jùgemcns dépend uniquement vie c 
règle; tout ce que je vousditoii de plus lîcvicndrbit inutile, & :-.- 
iercir propre qu'a jeter de la CCI s vos i 

Quoi 1 me dira-t-on, vou< a cette ien*é infpection des 

idées toutes lés règles du jugement ? I 
votre élève ce qui regarde les di 
toutes ta difficultés qui rit les propoi 

règles îî céJebTts dars I : A cela je t 

les r«g^ en dueftioh ne font vrais i qU'anrakt qu' 
formes à celle! -ci j qu'il oft : : : 

]. s apprei d*e , qu'il fufi 

nton élève a cette rè^lc Ample & Erlûre; de l'avertir i tv* 

afl( ;. c* •• s'il LUi . ' rtb- 

C( .... n ., & de 1 

fUr les cl jets les ] 
font lei p: n fimple*, à les cor : trw s ! <"-s races; à 



( 53 ) 
. %sraparçr les objets familiers avec d'auraes objets auflï familiers $ 
a s'acncher à découvrir les relations que les chofes peuvent avoir 
enfemble , K-s différences oui peuvent s'y trouver , Ford, e avec Uquel 
chaque propriété fe prêtante a nojtrq éfprit j a iae prononcer,, en 
jugeant d'une idée,, que re qu!on e;i connoit na~ureiî-.ment. Toi::':;, 
ces r'ilexo -, fuite néceiiane vie La loi unique que nous venons 
d'indiçuer, »^ j fe pséjèn erunt p. s rout-à- on. à l'efpnî d'iin>eri- 
fant, il fera encore moin-; tenté dé 'es réduire en pratique; mats 
c'eft à l'expérirncc du maître de les faire nattée, "-• d^en amener 
L'exécution , en étudiant «5c dirigeant la marche lie lefprit ce fqn 
élève. La vérité de ce que nous venons de c'ire paroitra encore 
plus évidente à quiconque nous fùivra dans ce que nous allons dire 
de la troinçme opération de notre ofpdt. 

Raifonnej, c'en d'une proportion en tirer une autre ; c'eft à* 
la fauûeté ou de ia vérité cv'un<j y noû'ion en conclure la vérité' 
ou ia faurfeté d'une autre : le raifenuement e(t donc,, par rapport 
au jugement } ce que le jugement eft par r ppott à l'idée. Quand 
non; jugeons , nous ur.i'ïons ;u moins dei:x idées- quand nous 
taifonnbns , nous combinons au moins deux jugemens., & nous 
concluons que l'un fui: de l'autre, on qu'il n'en fuir pas: or, 
dans toutes ces opérations , tant (imp'es que cômpofécs que voit 
l'efpritr; des idées ; que tait-il 1 V unit des idées. Et dans tout 
cela, comment ogit ii : Il reçoit une imprejfion Se l'examine, Se 
d'après cet e>amen immçdiat, il prononce lur ce qu'il voit 5c 
connoit $ & il ne voit & ne connoit. que des idées ; p.;r cenfé-- 
quent , c'eî't de la connoifUnce exacle de no; i.iées que dépend 
toute vérité ; & il n'y a jamais de vrais jugemens ni de raifou- 
netnens ioiides , fans la connoiffance de la convenance Se de la 
difconvenar.ee de nos idées.; & avec cette feule connoiflance w 
nous pouvons -prononcer , fans craindre de nous tromper , qu'un 
jugement eft vrai & un raifonneanent folide. 

D'à; rès ces réflexions , ne pareît-il pas cruel de tourmenter un 
enfant pour lui apprendre des règles, de logique auflî abftraites 
qu'elles font ênnuyeu -'es &. inutiles } N'eft-il~pas phis fimple de faire 
dms cette occaifon ce que nous, voyons que font dans toutes les 
cir onftances de leur, vie» les p ; us grands philo.fopb'es , les meilleurs 
politiques, les hommes les plus prudens & les plus éclairés 3 lis 
étudient leur objet,, ils le retournent de tous côtés , ils fe is îe- 
prélentenc dans toutes fes circonlrances; enfuite ils fe détermi- 
nent, fans penfer s recourt ni.au fyllosi'rae ni à fes rég 1 ' r . Or, 
ne feroit-il p:^ ridicule & iorptudent de .-.aire ces règles utiles 
pour U découverte du vrai , Se Je ne jamais s'en iervir . 

D , 



( 54 ) 
lacune des eirconft mers OÙ l'on a befoin Je d- : 'ib-'rer? Veft-il 
pas plus naturel de conclure que , puifqu'ou les la I 
général, qu'on ne les retrouve que dans la pcuflîère des cl 
& dans les détours d'une fcholafti idieufe, tout le monde 

f(t convaincu de leur inutilité poux réufliir dans la découverte 
du vrai ? 

Il r ut donc reconnoître que la connoifTnncc du vrai n'eft rien 
autre ebofe que de voir que certaines 1 lées convi y ne con- 

viennent pas enf< cnble j que , bois de !à , c'efi tr .v^il'er fur le vuide, 
parpe que les objets p/agiflent pas imm ent fui rcrr- c prit, 

nue ce ne!: qu p c fes idées qu'il \*uz en a quérir la :onnoif- 
lance , & par conféquent, qu'une connoiffanoe n'eft réelle qu'aO- 
tant qu'il y a de la conformité entre ne? idées & la réalité dis 
ebofesj & que. fi l'efprit n'apperçoit rien que ùs idées, il n'y a 
que des idées à conroître &. a comparer peur ..r iver a la 
iité : il n'elt pas polïible de porter p. us loin l'opération de r.otr* 
çfj rit. 

{ a perception immédiate de la convenance ou de la difeenve- 
I ce d' s idées, étant fondée fur ce que lVfpiir a des idées dif- 
tincles il s'enfuit oue nous n'-vons de 



ue nous n «von»; de propoiin c eviaentes per 
elles-mêmes , que cefles qui fi ot foud;es fur c'.cs idées claires & 
riii'incLs : les idqeg dilundtes font donc K i dos con- 

noii ances ^ le premier aéte de l'efprit celui qui eil le plus né- 
çeiTaire, &: fans lequel i n'elt cap; icure connoitTance. Or, il 

eit évident que perfonne n'a befoin d'aucune ii< le pour fentir quand 
une idée efl préfente à Ion entendement, ce ^u< c'eft que cette 
idée, & quelles font les propriétés qu'il apperçoit lui convenir; il 
fent de rmme, lorfqu'il en a plus d'une , nui' !<.< connoît c-.irinc- 
tement, qu il ne les confond p. .s les unes avec les autres, &: il 
a des termes pour m'annoncer, me faire comprendre cftte diftin^tion 3 
5: , comme 1! efl impollible que mon efput n'apnerçoivf pas ce 
qu'il apperçoit véritablement , il eît de même impo(Fb!e qu'il le 
trompe Içulquil pronon c fnr ceri es, ^'il a rériéchi fur ce 

<|ui le parte en lui-même: çonléquei , toutes les fois que 

l'efprit vient à confîdéreç attentivement ur< proportion, &: qu'il 
apperçoit que le^ deux idées qui font : . par les termes dons 
elle elr compoiée, ne lont qu'une n , il efl infaillible- 

ment ceri ».i de la ■ -lie propofirion : certitude qui ttk 

la même, toi: que les idées foient plu* ou moins pénctales 1 , plus 
ou moins abftraites , ou que les propofitlews qui les rendent 
(oient composées d'un plus £rand ou d'un plus pct'.t nombre de 
terme§i 



( n ) 

Concluons donc de tout ceci que le petit entretien qui je vi-n? 
d'indiquer fufnra pour infrruire n:on élève fui les piéeepttt Je U 
logique, faut à les développer dans les eirconflaoces favorables. 

De la grammaire. 

La îo»ique dirire les penfées , & la grammaire *es rrcK qui 
exrr. oei ; les penfées. Ce que nous avons dit des penfées dans la 

ne, il faut le dire ici des mots qui rendent ces penLécs ; nous 
a^ u.s dit qu'il y avoit des penfées qui nom repréfsntoier.: aies 
fubilames , 8c qui! y en avoit d'autres qui nous reprétenroent les 
cu.Tités de ces fublfances ; il ne nous nefte plus qu'a sjou:er que 
les mots qui rendent les idées des fubfhnces s'appellent fublLntîfs, 
que ceux qui expriment ies idées des qualités s'appellent qualifica- 
tifs ou adjecV.fs , & que celui ^ui rend l'opération psi laquelle Tel] nt 
unit eu fepare les idées eft ce qu'on appelle verbe. 

Tous les mots fe rédaifent donc en trois cla(Tei principales , 
celle de< fubftantifs , ce ; le des adjectifs &: celle ces verbes ; il n'eft 
ici queftion que d'avoir des moyens (impies & faciles pour ap- 
prendre à mon élève à reconr.oî:re tous ces mots dans les îectu r es 
qu'il fera : voici les movens que je crois les plus, propres pour 
cela; ils ne demandent qu'une légère attention aux retitas que/lions 
que je vais expofer, dans quelques réflexions que ;? luppoL» fa.re 
avec mon élevé , en lifant enfembleu 

Ceux des mots devrjnt ltfouels vous trouverez ou prur r ez mettre 
le , la , 101 , une , font des noms ou fubftancifs ou adjectifs Air fi, 
la maison, le cheval, le rouge, le grand, font des noms ou fubf- 
tantifs ou adjectifs; ceux ^'entr'eux auxquels tous jpounez ajbatet 
le mot perfonne ou chofe font des ad;ectifs, & cçux auxquels vous 
ne pourrez ajouter .'un de ces deux termes , font des noms fubf- 
tantifs; pat conféquent, maifon t{i un nom, puifcju'on peut cire la 
maifon; 6c ce. nom eft un fubffcantif, puifqu'cn ne iauroic dire chofz 
maifon , psrfonne maifon y g-and elt auflï un nom , on peu: dire 
le grand ; mais ce nom eft adjectif, ruifqu'on penc d ; re ch.fe 
grande. Remarquez, en panant, que le A^ù^nç 'e rrrafculin & la 
le féminin; que ce le & ce la , de meme que mon , ton , fon , 
notre , votre, font de vrais adjectif; ; de vraies qualités que L'on 
ajoute à un fubftantif , pour en reftreindre & reiTerrer la lignifi- 
cation ; que je , tu, il , nous , vous, ils , font appel.' s prôneras , 
parce qu'ils le met:^n.f à la place d J, jn nom \ 6c que qui , leqm ' , 
laquelle , font appelés relatifs , p^rce qu'ils ra 'idée d'un 

U 4 



( lO 

aorre rorr. F>ux ou trois obferv iri< rs fur des eremples pris et nos 
; ;<<> ou de no*, entretiens, ûlffiront pour Luc comprendre :s;u:ci 
c?s c{iolet. 

Pour app'erore ce qoe c'< {1 qn*un vrr^e, nous renvoyons à ce 
ou nous tu avons c-iit v J . os !e cours d'iiiibnûibu gêner, e. 

P. Cz ■ à dire à mon élève qu'une conjonction :ii* Ion nom de 
Ta fonction, oui tt't d'un:r u. e pb'rafe avec u .. I .* , 1: qi.'un 
adverbe n'tft ainû* appelé que parce qu'il fe niet auprès d'u:-. mot 
pour y ..ppoirer que que changement. F i n apfii de rus faciie que 
îl'aj prendre a un enfant à bien djftinguer e pluriel du fû 
1* pie-tncdu pafle & lu futur } que de lui ( riment 

1rs <urr<<, temps en dérivent, & ce oue les s onr imaginé 

pour pti' la parole tou-es ce*; cil :cs. Quelques lec- 

tin : fléchiei ftes produiront infenfîblement tép< ce« effets, 

& iJ fercir ir u'ile d'arre'tr Long -temps un y une Ion. me fur la 
médit tien c'es principes <\\n-e langue qu'il parera tç .* 
de la \ie, &: fui: laquelle on pourra nèvfouveot Lire quelques, 
télexions. 

Cepei c-art il fut ijue <"<=<; réflexions fbicRt amenées df!:e f - 
même£ 9 & que 'cur ci . r ! . . bit enjonrs fenfble & a. 
iaii r. Par exemp'e, li nous écrivions ou . r r o- 

pofition: Dieu acril.lt monde, ne pourxois-je p.; c 1 1er à 
mon élève, qui cjl-:. qui den 1 f âc ne me 1 pondi 

pas fur le hamp, / ; i ; ? Ne feratce pas l'occafion de lui 
ce qu vient eu r4ponfi 1 ie« ejft toujours le fujet de 

!.: phr tel c i fe 'ronve qu'il ùiùtU cet; \ rire, ne pour: 
p s n ■ édui c reu es Içs coi fe\ r que, fi <:c îujec eit 

uli r, fe v $lbe lç fe a ..<.:"•■• 1 I no; 5 Fcài^ 

ccni ai 1 d r - q un 

terti qo ftio ■ Q 1 - I • erl - . ai apj 

une pi • - " ; -. ou corn] t 

cette q oeil ion lui les < uivanrts, par exemple: 

La t.rrt tournt lusour J 1 mer 

yv-r ctfjfii viendra r-i 1 pon .. m terre pou; !• première 4 

6. le fax y •'■':• * "• e prèm»** c.i% la 

on pe réj n é •! moi \ m 

propohi d pe u la décorn- 

I • . ■ - . • i On 

con 1 1 ; ■ , ' '" - 

Ceft donc ■ queftiou '. . • Qujj 

t fera | t» la uarui ; ciui nouj v.\^ 



C f7 ) 

eniera fi cl!s eft {impie, fi elle eft compofJe , fingiuYre, parti ■„ : 
Jiêre, oénéi Je, &c. 

Je pouirai, p r de femblables moyen-, apprendre encore à rrioq 
élève ce que c'tit qu'une propofnion incidente, une propofilioa 
complexe, une proportion incompîtxe , &c. 

La jtepoiîtion à la tèce d« laquelle il y aura un oui ou un 
<^e procédé d'un nom fera une phrafe incidente, ainfi nommée 
parce qu'elle tombe dans la prope iîdcn principale, pour en ex- 
p'.icuer quelque partie. L'i phrafë ou il y a un adjectif joint su 
fujet de certe pHrafe, ëit une proportion comp'e^ej telle où il 
n'y en a pôint 4 efl incomplète, &c. 

Sur tout ceci, il faut bien remarquer qu'i' h/efë point queftioB 
de tourmenter fon élève pour lui iàculcjier toutes ces retires 
éonnoifiances; il fuffit de placer à propos aujourd'hui rne ré- 
flexion, demain une autre; de lui faire remarquer chaque rèr^e, 
à mefure qu'elle Te préfentera, & de lui développer le tout par des 
moyens fenfîbles, (impies & agréables. 

Des arts, 

Un art eft ce qui nous apprend à bien faire ce qui peur erre 
bien ou ma! fait. On divi-e les ; rts en méchaniques , libéraux & 
mivus. Les arts méchaniques font ceu* qui ont pour objet les 
befviiîs des hommes; les crts libéraux contribuent aux agrémens, 
aux darfirs de la fociétéj & les arts mixtes, participent des uns & 
d s autres. 

Ii "y a ire ("qu'autant d'art* méchaniques que l'homme a de be- 
foin f j:t- qui va rrefqw'a l'infini. Les arts libéraux, que l'on con- 
noic e.corc fous le nom de beaux arts, ion: moins nombieux : 
ce (on: la pcëfîe, l'éloquence 4 la peinture, la fculpture, la mu- 
fiq'e, l-rchitecture; mais ce dernier eft un art mixte, parce qu'il 
far ;s fait au tint aux t c'.ins de l'homme q 1 ;'^ fon . grément* 

Il eft certain cjue .'es arts font les richeHês de la patrie., & 
qu'un éc.r on ils font protégés & encouragés efl toujours plus 
&>riiTant]qiie ceux, où on les laifle fans confidération *c fans 
honn-ur. On ne fsnroit donc trop infpirei à un jeune homme 
de gotic pur les arts, ni lui faire naître trop ton le defir d'être 
urile . ux utiles & aux aitsfuns. 

Cependnt les arts rie font pas tous d'ui ! tl utilité, & s'il en 
eft qu'u. i ndividu doive apprendre jufqu'à un certain point, il y 
en a d'autos qu\l fulEt qu'il connoiile afiez peut en fenàr l'uti 
$; pour [«honorer. 



C 5* ) 

Lei arts mécaniques font d'une ut'Hté d'ju»ant fupérieure aux 
arts libéraux, que le r.éceiLire doit toujours l'empor'r or l'agio We« 
Ceptnd.nt »ous nos homm.-.ges foKt pour ces dernii r< , 
qu'a j e i n ' accordons-nous le moindte ég rd à L'axtifaii 
noiiS devous tout, humainement parlant, & fans 
foci té 1 cables ri hef-e: Confi 1 ent on > 

ren Jre d'1 ; 

moyens potu .<-s fai e t > . à leur perredion. 

Ma. s comment un enfant lera-t-il porté à pre: 
peur les ars, s'il n'«n connoit pas toute rimport n 1 ': Ii nul 
donc que, tandis qu'il eft jeure, lun tnftitutcur c conduire tanrt* 
dins un arr t ; r r, tantôt dans un autre ; qu'il lui faife naître la 
çuriofité de voir travailler les artifâns, de les entre-renir , de les 
faire parler fur leurs opéntions, d'examiner leurs uiines &.* leurs 
outils; il faut qu'au retour de cts \ifi>-es intéretTantes , on eflaia 
de destiner les oatils qu'on a vu< , qu'on s'en rappelle l'uiage & 
ta manière , qu'on finilTe par confronter le dcflln qu'on vien: de 
faire, avec un recueil cù Ton aura eu loin de réunir tou: ce 
eue les ans ont de plus rare & de pics uti'e. L'i&ftituteur doit 
fur-tout avoir attention d'accompagner ce travail de quelques ré- 
flexions propres à inlpirer a fon élève de l'eftime pour les art! 
& pour les ouviitrs, à qui nous devons réellement nos décou- 
vertes ks plus utiles £c les plus r^res. 

Pour ce qui eft Hcs arts libéraux, s'il en efc qu'un jeune lumnae 
doive polTéder à fond, c'en: fur-tout l'éloquence, ou l'art de la 
parole. Quant aux autres-, il deit les connoit:e allez pour n rat- 
ionner avec juftçffe. Jl faut donc lui donner de celui la Ici rr.eil- 
»euis inaîrre>, en mettre les plus parfaics modèles fous lesyeux. 

Pour rendre un clc.e éloquent, il n'y a pas de mtiieur ni 
de- plus court moyen que de lui donner une idée jufle de chaque 
ebofe, de l'habituer a employer le mot le plus proptepour les 
iend;e, que de lui r'mplu l'elprit &: la mémoire de pîulicuis 
connoii!an,:cs utiles S: agréables, & de le formel a rende icmpte 
p:r ordre de mut ce qui! lit & de : :'on lui rpier.d. Il 

fuifit peur tout cria de le tonduire dans l'acquifîtion de ici nets, 
de la manière | 1 us Le difons dai it plan, ' de l'ac- 

courumti à réduire en une penfée les leâurcs qu'il ara faites; 
à étendre, au contraire 1rs petites n • ni fe remontrent à 

la rO'e de chaque article. Il fout con nept que .on institua 

teur f.iie toujours l'ai liron tnlemblea 

qu'il lui indique (es s qui ont r ';vi 2 d^eloppei !i 

c , rincipalej qu'il le porte a fi mena > 



( 59 ) 
temps ce rrrY-^i!; qu'il le fontienre & quîi! l'aide dans Ton opé- 
ration , tantôt en lui indiquant li prorofîrioR à laquelle toutes 
les outres fe rapportent, £c jour lefouelles *i!es font faites, tantôt 
en l'aidant dans le ckoiz des expreflîor.s 6v. dan* la manière de 
les aîîorrir eniembie; Se ii verra qu'à force d'employer la même 
méthode fur routes fortes Je lectures, fon élève fe fera à l'tfprit 
d'analyfe, fi précieux dans toutes 'es circonftançes de la vit 3 Se 
parlera avec grâce & ordre fur toutes fortes de fujers , fans au- 
cun fecours que celui-ci, & avec les ftuls matériaux qu'il aura 
{am ailés de toutes parts & fur toutes fortes de matières dans fe$ 
entretiens avec (ou maître. 

De la phyjjque. 

La phyfîque eit la feience des corps; c'eft la plus amufsnte Se 
la plus facile à acquérir, fi finit ituteur fait profiter çîes milans Se 
de la curioiîté de ion élève, pour qui tout eit nouveau, tur qui 
tour agit profondément. & qui cherche à connaître tout ee qui 
l'environne. 

L'eau, i'air , !e feu, la terre, ces élérau-ns de tous les corps, 
fur lefouels roule toute la phyfique, agifîènt continuellement fur 
nos ftns, Se de tant de manières k différentes, qu'il «ît i;n- 
pofîibîe qu'ils n'excitent pas notre curioiité , fur-tout celle d'un 
enfant, fur qui tout fait impreflion Se faille des traces très- pro- 
fondes. En effet, un jeune homme verra-t-il tous les jours fou 
feu s'al mner Se s'éteindre, dévorer tout ce qui L'approche, exciter 
en lui la fenfation du chaud & de la lumière, fans être porté à 
faire plufîeurs queftions fur cet élément & fur les effets qu'il lui 
voit produiie? Sera-t-il long-temps affis au bord d'un clair ruif- 
feau, ou fur les rivages d'une mer agitée, fans montrer le moindre 
dtiîr de favoir ce que c'eft que ce nouvel élément, fi différent 
du premier? Pourra-t-il s'appercevoir qu'un arbre eft tantôt im- 
mobile, tantôt agité, fans que lien d'apparent agilfe iur lui, 3c 
ne pas en demander la caufe : Remarquera-r-il que la terre fil 
p.ire, dans cert in temps de l'année, de la plus belle verdure, 
frappe agréablement les yeux par toutes les nckrfies dont el'e 
s'embellit au printemps, après l'avoir vue, quelques jours au- 
paravant, couverte de glaçons, & dénuée de toute ver Une, fant 
marquer le moindre étonnement de ce changement de £ch\c Se 
de décoration ? Se le maure , en fatisfaifant à iouus les qu*ffon$ 
que fon élève lui fera fur tous ces objets & autres femblables, 
ce pourra-t-il pas, s'il pofiède bien fa matière, avoir i'occaûon 



( *o ) 

ac lui expliquer les plus mervei leai phénomènes de la narrée , 
& les expli uei de I c >n a lui nvpircr un grand refpect ; 
l'aureur ce toutes c'io t< 

Mais, fuppolons ûuc 1 jeune élève celte immobile & indiffé- 
rent au milieu de ces gta^d ol : Pfcut, (un çou- 
verneur ne punir.-:- il pas le; tirei de cette indirr- rc ce, ta fc.il.nt 
de i r lui une qua u de ie:i:<s expéii n • s phyfîques qu af- 
ftcl.it fi .;•:.'. . euncî gçnsîTamÔl il .viora i'. ir, . u 
svec un gi , ou en f.ii.ut route cjpid iroen: une porte 
fur '.( ,ou en tournant au-djffu'i de fi tète une planchette 
attaché' à une corde , S: ;.; rendra p r là fe fines f r difl - r s 
proprir(c>, de l'air; tanrot il maniera des cMeacx, «i: il fe fervrra 
d'une balance ( our • t f< t [e !i mrchanc: n routeau peur 
couper du pain; il fèi i rouler u- e boule fui un 'erreiu 
raboteux, il recevra de l'air dans un Iclu! t, $ IVrj chjiflen un 
inft.int après ; il frra moarei de le* a dans une fenugue, ou IVn 
expulfera avec impétuofîté. Du lait bc il: r . eu i- gonflera fur 
le rcu , un métal s/ y fondra, n'en Cyra-ce p. 1 avoir 
l'occafion d'expliquer les principales propriété* <\ la n. antre, les 
lois du mouvement, toux cr que h méçhar.wue. a de ils u:'e 
& de plus curieux? Le: éclairs brillent-ils en fendant 1. nue, !e 
tonnerre fait i! retentir l'air de les coup'., que] eft î'c^f-rr i u: 
n? (cru point ému d'un phénomène qui t : L>r. » le toute ! 
& qui r.e faifi£è pas avicumme^t :out ce m • peu: rue 
pour !c raiTure; fur un obj t fi tflrayàntj <x pqu| lui en d< •:- 
lopper les caufes. & les effets 3 

On prtfentera v.n beau fruit 'fur h table : \[ arrivera 
epe le jeune homme ne penicra qu'à !c m;ngcrj mais fon g 
verneur ne pourra -t- il pas iui f.rrc cbfervei comment la 
chair efî couverte d'ure enveloppe d ii\ r c pci'i la comervçç, 
pour la mettre à couvert des injures de 1' ir Se des mpt 
in:cftes,o: pour empêcher la nop fJ.'inde d- (fi rjqn des fu s 
deitine's à fa nourriture ; comment la cl i ell •' pofce par 
ches les unes fur les autres , pour fervir de n d ali- 

ment aux petits noyaux qui fe trouvent su cent : du fruit, Se 
oui font néceflairea a la repreductioc de Y bre qui l'a p« 
comment cette chair eft purfemée de petits fj.ame 
canaux, p. r ou rlle reçoit la nourriture 2 Ne fera-ce pas l*r»c< 
d'aller voir !'„il re qui .; porte rc fruit] : 

à un cnffm qui fait «c! tei fa furpn - < voy ni un arbre 
char.: ! d ; i multitude de fruits, tous au n . ieu «l'un plus rand 
nombre de feuilles , tous fuccédast a des bouquets de 



( *1 ) 

plus éclarnresr Que de chofes intéretfactes touchant la ftruflure 
intérieure des ;rbrts, Si fur la nutrition dis plantes! N'ell-cc pas 
là le vrai moyen de donner à un jeune homme beaucoup d'idées, 
de les lui donner toutes Lures, & fur tout de peifeCtioimer les 
qualités de fon efprit, pin vue ce n'efl eue p,r les idées que ces 
facultés s'exeretnr, (è développent & le fortii-.cn: : Or, on Lit sue 
Pefprit èft d'air art plus fain , plus li u-cux, plus ier.m, cjue les 
iJées qui le remp inenr font liantes , agré. blés, heure, fc , & qu'elles 
fe fujcèJeht naturellement & fïhs efforts. Et ^ui ne voit com- 
bien une pareille méthode doit contribuer au boni em d'un é,ève, 
lui donner une benne cor.ititucicn , S: fortifier £>n terhp ri- 
ment ? 

De Tajlroricrr.U- 

L'aftronomie eft la feience des aftres. On peu: fe rafle: d'être 
aOronome ; mais [*$ prennes éiémehs de cçci-e i iencç font fî 
faciles à acquérir, leur c nnoiiïan e eft h lédui . nre , elle em- 
porte avec elle une empreinte il feufîbîe de LçéSe Se de magni- 
ficence, cu'un ihfrituteur marqueîeît une partie de fon bu:, s*fî 
négligeeit d'en donner une '. : g^:e teinture a Ton élève, qu'il doit 
accoutumer à réfléchir fur toi. s les objeti q- i le frappent, Cs- 
pe-»ii.-nt , s'il f.iut ce la méthode pat-tout, c'eït fur- tout ici 
qu'elle ed néceffiire. 

Kn conséquence', l'infUtutcur commencera par F. ire des re- 
marques lur tour ce que la \ue nous déecuvre d^ns les cieux , 
& il n'en tirera les coméquenes qu'à mrfure que t'occafion fera 
ravorab e. Dans un temps ou le ciel fera ferein & les étoiles 
bri^arites, il montera ^vec fon élève fur une plate- forme d'où ils 
puJÎent découvrir lT.orilbn ce efte , & lui parlera ainsi : jetez vos 
regards de ton côtés, le plus loin q e voi s 01 rrez , vous dé- 
couvrirez un (y and ce: cie autour ce vcUs , dont le cr.uit borne 
r.cire vue de toutes parts, eu il fembie que le cie! defee d & fe 
po'e comme nue sra'ot'ê fur la furiVe de la terre. Eh bien', ce 
cercle, .va centre duquel vous eus , d\ ce qjon appelé hotifon 3 
oui mot r2tec qui lignifie borneur , paire qu'il borne notre vue 
- us cotés. Le point où vous vcz vu ce matin le lo'eil monter 
'il ri on a vet'* droite , c'eft l'crient ; & l 4 occident , ou le 
hent , rft le point où nous avons vu ce feir le foleil cef- 
cer.dre à votre gauche fous notre horifon , & difparoître à eos 
, pour aller éclairer d'autres peuplés. I 'tfyce depuis l'inftant 
nous avon« vu le fo'eil (e lr\ ei jufcjuà l'endroit ou il s'efb 
couché, divifons-lc en deux parties égales, l'une Oiitutale, l'autre 



( ) 

occidentale ; le point du milieu marquera h jufte moitié de la 
cou («• du Cbfèîl , ce fera dore la moi ié du jour pour nous, eu 
confc'quence notre midi : fi de ce point du m. lieu vous fuppofez 
une ligne droi:e qui ail'ë directement devant 8c dernète vous, elle 
vous cmdu r aux deux pôles du inonde, ?.infî appelés du mot 
grec poleln^ qui fignifie tourner , parce que c'tft le lieu où pofe 
l'axe lut lequel tourne le cie!. R:en ne vous fera plus facile que 
<le trouver celui des deux que nous appelions pôle arclique , du 
mot grec arctos , qui figniSe ourfe , pour ies raifons que je vais 
vous dire. Remarquez devant vous, au nord, un am is àr fept 
étoi es brillantes , dont quatre font difpofées en forme de quatre 
Ion:;, &c les trois autres en forme de qutue rerrouflée ; ceft ce 
qu'en appelle la grar.de ourft , ou le grand c ! :ariot, !e chariot de 
David, proche de cette cbnfteïlation , & plus directement aunerd, 
vous devez aftperceyoil un autre amas de fept • ".ez fem- 

blables aux premières, p-.r 'eut di'poli ion, mais plus petites Je 
moins éclatantes ; cVft la petit* ourfe , ou i - 
la dernière étoile ce la queue de cette conitellation cfr. tout prè< 
<lu pôle arctique, ou pofe l'axe , ''efïieu fur lequel en fup] 
tourne le ciel, tandis que l'autre pôle , celui qui eft oppofé au 
arclrcm*-,— tft dircitemenr derrière vous , dans !a même ligne , à 
l'autre extrémité du globe çélefte. Si Vous fuppofcz une li ;ne qui 
partage en deux parti s p «traitement égaies tout l'efpace q li eft ren- 
rerme entre ces deux pôles , cette : ce qu'oc . le i 

reur, parce que, quand le foleii | ce cercle, les j 

ég*ux, 3c oue cet aftrc cft alors autant de temps !ur 
mon qu'il en met à éclairer l'hotifou oppofé; ce qui arrive pour 
nous le tO mars & le u leptcii 

D'après ce détail, que les circo. fiances pourront 
loin, je reviendrai à la maifon , ou je mettrai bt fous les 

rtux du je une homme, &. je lui rei 
portions de la fphère, poii! tous 
principales apparences qui résultant dans toutes ces pofiti j c 

Bientôt nous lirons avec pi ai fil la pluralité des m »ndes de Fon- 
tfenelie 3 nous fêtons no cions , 3c nous lemarqueroi • 

charge me 11 s que des d< : couvf::-.s plus récentes doivent y apporrer 
fapprendrai au jeune aitronome la man ère de diftinguei facile! 
Us plané es d'avec les étoiles > je lui 1 tei i co ue l'aftro- 

nomic nous apprend de leur pofîtion particulière 9t re, de 

leur mouvement propre ou commun, de leut grandeur , dt 
ûombre ; ,. lui rendrai fenfil I lipfes du foleii 8c de la 
p..i la Lcuie infpeâion d'une (phtre armij aite, ou en faifant 1^ 



( ^ ) 

Une bougie allumée autour d'un globe obi car ; je lui ferai connoîrfe 
les principaux mouvemens des planètes , lVn commun , facile k 
découvrir, en remarquant tous les jours leur lever & leur coucher; 
l'autre propre & particulier, qu'on détermine facilement en ob- 
fervant le litu de leur lever ou de leur coucher; car il eft différent 
chaque jour; de forte que , iî le foleil s'tft levé ou couché au- 
jourd'hui vis-à-vis d'un certain arbre ou d'une certaine tour , de- 
main il s'en éloignera un peu , après demain un peu plus , julqu'à 
ce que fin il revienne, au bout d'un an, fe letfet ou fe coucher 
vis-à-vis le même arbre ou la même tour. Si le maître s'apperçoit 
que ce qu'il dit à Ion élève fur la grofleur des aftres , lui paroît 
incroyable , n'aura-t-il pas pluiïeurs moyens pour lui rendre feniibîe 
cette importante véiité ? Ne • peut-il pas , par exemple, lui faite 
remarquer un vaiiTeau, qui ne paroît que comme un atome lorfqu'il 
eft très-éioigné , & qui femble augmenter à mefure qu'il approche 
de nous ï En un mot, n'y a-t-ilpa? toujours une manière de rendre 
palpables les difcufîïons les plus abitraite? , & n'eft ce pas celles-là 
qu'on doit employer pour inftiuite les jeunes gens ? 

Des mathématiques. 

Le mot mathématiques eft grec; il fignifTe en lui-même toutes 
fortes de fciences, mais il eft actuel ieiîient reftreint a celés qui 
regardent les grandeurs ou les quantités. Comme rien n'eft plus 
propre que cette feieace pour donner de l'étendue à l'efprit, pour 
mettie de l'ordre & de la netteté daas les idées, pour l'exercer 
à une grande jufteile ; on fent que l'eft;me qu'on fait générale- 
ment des mathématiques eft bien fondée, & cjue ce leroit man- 
quer un de* points eilentiels à l'éducation , que de les tailler 
ignorer à Ion élève. 

Les mathématiques fe divifent &. fe fubiivifent en plusieurs 
branches; nuis, a quelque divifion qu'on s'en tienne, je crois 
qu'il eft néceflaire «le commençei par La pratique, <?< de hoir p;:r 
la fpéculation. Après qu'on aura bien formé ion élève à manier 
la règle & le compas, il fera mieux difpofé à recevoir les rji- 
ionnemens propres à indiquer l'ufage qu'on peut faire des lignes 
& des quantités. 

De la géographie. 

La géographie eft regardée cornac l'œil de l'hiitoire, & la n 
qui nous conduit dfcns no? voyages. ' e inft.mt on a be- 

ioin de cttte fcienc#, foie qu'on Jii'e 3 .... 4 'on 



( *4 ) 
Voyagé; mais £:ut«il l'apprerdre, comme op fit (owtût, o^r,* 
un livre de géographie 3 L'expérience a a piis qu'il luffifc r '• 
mettre une c. rte t.cvar.t Véà : : en ufieur bandes 

parallèles, d'indiquer a quoi fervent les i rcs qui pa'tag nr la 
lphèrfe , ou la courent en .'.es fen< oppofeS , & ce dire à ien 
que, dans la polition où il èft devant fa cree, \\ u il cfl à fa 
droite, l'occident à ù gauche, le rr.i'i sa bas de ia c^-*e, & le 
Bord au haut; d\ jouter que te le cur:' r« :' -■ tel royaume, 
tel'e province 3 na .i pour rapit Le telle . . 'e fc p rt.ge 

en différentes parties, Les unes au r.o^d, 'es . urr s ..u c, ucbaot, 
d'autres ai] midi, d'autres a l'orient, d'au::ts i h : milieu; 
que les parties du nerd font en tel nombre* ce! es du couchant 
en tel ititre , &c D'apiès ce i, il n'tft pin* qr-efliori que tje 
v( Lgei fut une rarte, aujourdhtti d m (a ;. rrie .:u nord dera in 
dans les contrées de l'occident, ainfi rc fuite, en rem : 
toutes Us vii'c r p i où l'on pa(Tc,en obfc s l*mîei 3c les 

pailaee^ d'un département a un aùti , ex teiï're ces • 
agréables, en rapportjnt de? hiftôires ■-. des :r .: 

refTans, r'es particularités frappantes fur les babicans &: les 1;cjx 
qu'en vifitc. 

Nous renvoyons , pour rhiftoire & la mutile, à cr qui 
été aie dans \ l1 première partie de cet 6\i\ 



l l e-mpri m . r ; s n att-ion a 



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