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Full text of "Introduction à l'étude de la phonétique égyptienne"

CO 









CÛI 




PURCHASED FOR THE 

IIMIVERSITY OF TORONTO LIBRARV 

FROM THE 

CANADA COUNCIL SPECIAL GRANT 



FOR 



INTHODUCTION 



A l.KTlDi: DI'.TA \ 



PJIOARTIOIIK KliYPTIOlE 



PAR' 



G-. IVI A S F> E FI O ' 

MEMBRE DE l'iNSTITUT 

DIRECTEUR d'Études a l'école pratique des hautes études 

PROFESSEUR AU COLLÈGE DE FRANCE 



Extrait des volumes XXXVll-XX.Wl 11 tin Jîi-nu-il de TraDuiu' rcldli/v à lu PJii.lulo(/ie 
et à l'Archéologie égyptiennes et assyriennes. 




PARIS (vn 

LlimAlUIE HONOUÉ CHAMIMOiN, ÉDliliUK 

(Téléphone 828-20) 

5 , QUAI MALAQUAIS , ■ 5 



1917 



PJ 

1151 
Mi 



/n i-7 




INTRODUCTION 



A L'ETUDE DE LA 



PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 



J'ai commencé, dès mes débuts en 1867, à entasser les notes sur des points de grammaire, 
et, depuis lors, je n'ai cessé d'en publier quelques-unes sans essayer d'en composer une théorie 
d'ensemble, estimant que, dans ce genre d'étude plus que dans les autres, il ne pouvait y avoir 
qu'avantage à laisser le temps accroître la masse des matériaux et mûrir les idées. Si j'étais cer- 
tain de pouvoir vivre une dizaine d'années de plus, je suivrais encore le même système, et je 
continuerais à donner seulement des fragments sans lien apparent, dont la génération nouvelle 
ne saisirait pas la portée, tant mes recherches m'ont mené loin du cercle de doctrines où elle se 
meut. Malheureusement l'âge est venu, et j'en suis arrivé à ce moment de l'existence où l'on 
doit jie plus compter sur l'avenir, mais où l'on accepte avec reconnaissance chaque jour qui 
vient : si je ne veux pas risquer d'emporter avec moi toute l'expérience que j'ai pu acquérir 
pendant un demi-siècle de labeur assidu, il convient de mettre la main à l'œuvre et de me hâter. 
Je n'ai pas l'ambition de composer ici une véritable Gram/iiaii-e cgi/ptietme, car, malgré tout ce 
qui a été publié sous ce titre, en France, en Angleterre, en Italie, en Allemagne, j'estime que 
nous n'en savons pas encore assez pour y réussir : le livre que je commence à rédiger aujour- 
d'hui et que je désirerais, sans trop y compter, pouvoir mener jusqu'au bout, ne sera tout au 
plus qu'une Introduction à l'étude de la Grammaire égyptienm'. Peut-être s'étonnera-t-on de 
voir le plan sur lequel j'ai essayé de le construire. Comme je l'ai dit un nombre infini de fois 
et imprimé à plusieurs reprises, nous avons eu la chance de trouver tablé rase en matière de 
langue au commencement de notre science, et nous avons abordé le déchiffrement sans encom- 
brement de théories préconçues ou de paradigmes préétablis : ne vaut-il pas mieux profiter de 
la liberté absolue, dont la fortune nous a gratifiés de la sorte, pour créer à l'égyptien une gram- 
maire qui ne soit inspirée exclusivement ni des modèles purement classiques, ni des modèles 
indo-européens, ni des modèles sémitiques, mais qui ressorte entièrement d'une , analyse des 



1. Le premier chapitre que je ne publie pas ici sera consacré à l'étude jiour l'n-il du système grapliique 
égyptien : le présent chapitre qui sera le second de l'ouvrage complet est consacré à l'étude pour l'oreilh-. 



INTRODUCTION A L'ETUDE 



textes entreprise avec l'aide de tous les moyens que la philologie peut nous prêter à quelque 
ordre de langue qu'elle s'applique? C'est une partie d'un chapitre préliminaire, conçu dans 
cet esprit, que je publie ci-joint, à titre de spécimen de l'ouvrage entier. — G. M. 

Au point de vue de la prononciation, le système graphique de l'égyptien exprime 
trois sortes d'articulations différentes : 1" des consonnes proprement dites supposant 
l'existence de phonèmes occlusifs et sifflants; 2° des voyelles; 3° des sonnantes. 

1» CONSONNES PROPREMENT DITES 

A. OCCLUSIVES 

Les quatre catégories possibles d'occlusives sont représentées dans le système, les 
labiales par les caractères-types D, J , =i^=:^, et par leurs équivalents graphiques, les 
dentales par les caractères- types c> , s=5 , ^^ , c:^» , et par leurs équivalents graphi- 
ques, les gutturales et les aspirées par ^z:^, a, Z3, en, \, ®, **~=', et par leurs équi- 
valents, enfin les sifflantes et les chuintantes par —*—, I, csm, et leurs équivalents, aux 
diverses époques. Les caractères ne couvrent pas exactement toutes les nuances de son 
employées dans l'usage courant de la langue, mais chacun d'eux cache, à côté de l'ar- 
ticulation fondamentale qu'il représentait à l'origine, des articulations secondaires ap- 
partenant à des dialectes différents ou survenues dans un même dialecte au cours des 
siècles. Je vais essayer d'établir leur histoire, tout au moins depuis le. début du second 
empire thébain, XVP siècle avant Jésus-Christ, jusqu'à nos jours. 

o. Labiales. 

U, 



Au début du second empire thébain, il semble que D et sa variante a^ cou- 
vrent déjà deux sons, notre sourde simple p et son aspirée pJi, o : peut-être l'ortliographe 
fréquente à l'âge memphite, rare plus tard, D^^^^' ^//^' ^^rque-t-elle un essai 
des scribes pour rendre la prononciation sourde p, aux temps antérieurs, mais cela est 
bien incertain. Il semble que cette double prononciation, dont nous ne pouvons rien 
dire à l'origine, devienne un fait dialectale à mesure qu'on avance dans le temps; à 
partir de l'époque .«aïte, la prononciation p/i, a, est celle des dialectes du Nord, et la 
prononciation /)-è- est celle des dialectes du Sud dans certaines positions, tant qu'enfin, 
dans le copte, elle s'exprime par n dans les dialectes du Saïd et par cç dans ceux du 
Delta. La prononciation _/ du cç s'est maintenue jus(|u"a la Un dans l'alexandrin-mein- 
piiifi(|ue, et, aujourd'luii encore, les Coptes la conservent par tradition, mais la pro- 
nonciation p du n saïdique a disparu sous l'influence de l'arabe qui ne connaît point 
l'articulation p, et elle est devenue celle de la sonore b dans toutes les positions. 

Voici quelques-unes des preuves grapiiiques qu'on peut donner de cette histoire : 
1° Du XVP siècle acant notre ère à la fin de l'époque saïte. — Dans les trans- 



\)K I.A IMInM'ilK^HK lOi VrTII'lXNE 



ciiptions en liiéroglyplics ddiinées des noms sémitiques par les listes géographiques 
depuis Tlioutmôsis III jiis(|u';i Sliashaïui, D et ^iK répondent au e hébraïque, ()^ 

°\1. ■"'^^^ ^PmV,,,/,. ^9 Fou/an, ^ ^ "^^ nnç ^ll^ , (] |) ^ ^cr, .lA.saPH, 

^Q^^^'^°-"^?n Hop/iarnini. |'^'^D^](] ""^^IH -u*_,^ .Snrn'pfa, Sa/'ePHto, 
SeroFi'iK/, etc. Il est difficile de faire là le départ des deux prononciations du t) = ph 
ou p, mais plusieurs e xem ples montrent que les scribes essayaient parfois de les dis- 

V ^ ^ — ra \\ _^^ /www 

ting-uer par 1 écriture: -Çs w JK>^ <=> -^ JL, où le premier élément du nom 

correspond à riiél)reu -ie3, rend le =i de ce mot par ^.=^, et de même i \\ \/\ 

"^1/1 . . i^ - .^^ \\ 4m-* 

tëin, I A(l ras, etc.' 



Les transcriptions cunéiformes des noms égyptiens nous donnent : 
Pour l'époipie d'Aménôthès III et d'Aménôthès IV, dans les noms propres formés 
avec AX| initial, 'PnhaninOla !^^ |V 1^- ^'aouèra J^^ "v^ "^^ 1^ ^ . Pariyamahou 

^^ Y\ , dans le corps et à la fin des mots (1 ^ Amanhatpe, 

- -/ -J — ^ -1 1 /www c^ LJ ^J 

1 /WVSAA l 



O 1^ 

^' Amanappa, r""^ ^ Maiia/ipiriijn ; 



a 

Pour celle de Ramsès II, '^ © àatep-na-riiia : 

Pour celle d'Asarhaddon et dAssourbanipal, dans les noms géographiques en 

, Panoubou , Poiis/iirdu Af\, Pishaptoii j\ rC ®, dans le titre 

Pirouâ , dans les noms d'hommes en '-' et en A^, Petoubashti W M?^, 

Les transcriptions hébraïciues et grecques des noms d'époque saïte, que les pro- 
phètes et Hérodote nous ont conservées, nous permettent de saisir dans la prononciation 
du U des nuances qui nous avaient échappé jusqu'alors. En effet, avec la confusion gra- 
phique que les cunéiformes établissent entre les syllabiques en b et ceux en p, ou entre 
les prononciations sourde p et aspirée ph de leurs signes qui renferment un p, confu- 
sion qui se retrouve en hébreu pour =1, nous ne pouvons pas dire si les Egyptiens pro- 
nonçaient les noms ainsi écrits Pa/iiirt ou Pualiira, Sairpla ou SarepHta, Pe/rtô ou 
Puerao, ni, par conséquent, si les différences de prononciation répondaient à des diffé- 
rences dialectales. Au contraire, quand Hérodote nous raconte la légende de Phérôn et 
qu'il la rattache à un édifice memphite, nous pouvons en conclure avec un certain degré 
de vraisemblance que Pué/'ô était une prononciation septentrionale de . D'autre 

part, quand il emprunte à Hécatée de Milet, qui, lui-même, l'iivait recueillie à Thèbes, 
la légende des Pirômis, fils des Pirôims, nous sonunes en droit de conclure (|ue c'était 

là aussi une prononciation locale qui énonçait le groupe D^^ ^m P''i-rômi[ë], 

donnant à D la valeur sourde quand l'autre lui donnait dans le même temps la valeur 
aspirée. II est probable que la même ditïérence se retrouvait régulièrement dans les 
autres mots en D et que les deux dialectes qu'elle caractérise existaient déjà sous une 
forme plus archaïque que celle que le copte nous fait connaître. C'est ce (]ue les trans- 



1. Cf. p. 12 du présent volume. Pour gagner de l'espace, je n'ai point inséré les traductions des mots 
cités. 



INTRODUCTION A L'ETUDE 



criptions grecques de l'âge ptolémaïque et romain tendront ;i nous indiquer de plus 
en plus. 

2° Du commencement de l'époque macédonienne, au commencement de l'ù<je copie. 
— Elles nous montrent, en effet, le D, transcrit tantôt -, tantôt -j, dans des conditions 
qu'il s'agit de déterminer, /^>^^^ "^'^^^ rjf ar ^^'^\^''''''H- ^ ^^ — *— ^ *Apiia?, ju-, 



iu-:;*or,î, 9 ^ ^Oâ;, et ainsi de suite. Certaines de ces formes où û est rendu par ^ 
s'expli(iuent sans qu'il soit besoin de recourir à l'hypothèse du dialecte. Ainsi, dans 
iUTe'ijpr;î, l'aspiration du second D s'explique par le caractère de I'r de - — o, qui est 
accompagnée d'une aspiration personnelle rmidue par un ' en grec, 'l'ïuiiTr,,-, Rharasès; 
cette aspiration peut influer sur la prononciation du D précédent, même lorsque celui-ci 
n est pas contieu a <=>, comme dans <i>ar?;; X< \\ "Hû <j>a-a(.) , •^tvmy:.::, I, 

mais, elle dis|)ara it dans des mots du même type />^A D V^ ^ ih-sxtUv?,,-, (?) lUpjjLiu!;, 

f^-c^lj]^ 1® rup/aijiaaTiv/;fi:, prouvant ainsi (|u'il y a dans la prononciation * 
du D au voisinage de <=>, ?, un fait probable d'influence dialectale. Il n'en est pas de 
même dans le rendu *?i... de l'initiale ou Af< de toute une série de noms 



composés, *p!îôtjtTO'j,- ^?^R^> <î>p'.'l.Ev/wv7i; F=l D 2) ® l^VW^ •l'p'.r=^';3;p'.; 

d J|, etc. : le •!> répond, dans tous ces noms, à la combinaison Q -)- Q de l'égyptien, et, 
par conséquent, il doit se rencontrer dans les dialectes au Sud comme au Nord, par- 
tout où il y a rencontre des sons exprimés par ces deux signes. On a, en elïet, à Thèbes 

comme à Memphis, "l'aTp?,,- pour ^^ | n^^T' '^"°''''' 1^'^"'' ^^'^Jh^'^^' *'''f"^ 

pour « n wT' toutefois, ces deux derniers peuvent devenir niSi^ et nàTti; par affai- 

blissement et disparition de l'aspirée. Le même fait- d'usure se retrouve dans la trans- 
cription hiérogl^'phique des noms grecs en *. Régulièrement elle se produit par un D 

+ aspirée, m ou J, ^ ;^ -^J^ |1 ^ ^^'^-'^^ m\\ ^^"^ *''''-"' "*'•' °^'"' ''^ 
le trouve exprimé plus fréquemment encore par un n, non suivi d'un signe d'aspira- 

tion, *d(](1^^^^ <..^Xo.ip., *Dflfl-^£p^ "''-'• ^fî^Ji '^'''"•' 
nOO-£^ I J| •]>':X'.--o;, □QQ ^Ssa'*^'^^ •K ^ 'l'iXiiJiijKov. Comme on voit dans ce 

dernier cas, le scribe égyptien qui traduisit en hiéroglyphes l'original grec ne reconnut pas 
le nom du dieu (1 ^ 'Aîijjitov. Les exemples de D ou ^^= 'f se trouvent à la dizaine. 
Toutefois, un certain nombre de transcriptions grecques nous révèlent pour des 
noms égyptiens des doublets qui semblent bien indiquer une origine dialectale, ny 
iSçWi le chat est dans les textes différents *jji';ï; et niioïî. ri(jtojï;, sans qu'on puisse ex- 
pliquer la prononciation aspirée du D par l'influence de U ma-mo, qui suit ; ^^ 

Celui (]ui appat-tient au cheikh (Osiris) est naT,pi; et <i>ar,pti;, /^S^W"^^^ ni;ji'v.,- et 



^Zfû è ''^^'''^^ et 'A,ev..,.., -^^(j"7^ ^-0.*. et ...V.M,..,-, I)|)°(|y 
AOdJcpiç et .\<r«ôj'i'.i;, on W iiivï.s..,- et I'ocv/ti?, et d'autres doublets du même genre. Si 
l'on songe (ju'ils renferment la même équivalence D -, ?, qu'on remarque des dialectes 



iiK i,.\ riioxKTiQri'; lîr.Yin-iKXNE 



du Saïd à ceux du Delta, on ne peut s'empêcher de penser qu'ils appartiennent à des 
formes antérieures de ces dialectes et que Hia-'i^. n.uoOïç, iiifxTviç, iiavoCtp;;, iiafjpK, riïjjiojTii;, 
'AuevwTf,-, Sevïvoj-;;, 'A-wcptî, sout des formes saïdienncs tandis que •l'u'î'.i;, *a(JtTvic, *avoû<fi<:, 
^af pu, *aoJ6Tiî, 'Auevtùip;;, Ssvevoùcptî, 'Açûitp'.ç, sont plutôt dcs formcs Septentrionales. Le pas- 
sage du D p, sourde simple, à la sourde aspirée f s'accentue par le passage de « à la 
sonore ^-6 dans des noms de lieu commençant par , tels que Bojêatr:'.; ^oQ®' 

ses composés D^(|^^ ir=vivryjg..,-, ^'^û „ J HavoOgi;, dans la vaiiMiih' 'Aipâigt? de 
'AiTc-oç!î, Aœù)»!,' de (|^°[j(|J| et ailleurs : le J tardif est souvent ^ de jadis. 

3» D?/ commencement de l'ôije copte Jusqu'à nof; Jours. — Avec l'introduction dans 
l'égyptien d'un alphabet dérivé de l'alphabet grec, la distinction des deux sons que ca- 
chait D se manifeste entièrement : les dialeetes méridionaux ont la valeur P-- à l'initiale 
à la médiale, à la tinale; les dialectes septentrionaux prennent la valeur aspirée ? + h = 
ï, d'une manière générale à l'initiale et à l'attaque de la syllabe accentuée, et réservent 
la valeur p pour la finale et pour les syllabes non accentuées. On aura donc " 



*e M. ne r.. ^ d\^ rÇiit M. nm T., -^ ^o^ M. nooT., (] ° D «.tÇoT M. *.noT T. 

n ^ , û_fl ^ , ■x*o M. •2:no T., mais ^ m^ni M. a^one T., j]^ "^ " feemm M. 
neiunc-ttiune r., ne M. T. B.. et ainsi de suite, régulièrement : le thébain ne con- 
serve le tç que comme équivalent de p -|- aspirée, n-(-2.. ànna les mots égyptiens, 
n -|- ' dans les mots grecs, tÇ<ofi pour n -\- g^wt, fÇ&n pour n -|- g^e^n, f^HKe ])our n -j- gHKe, 
(Çi.t'ioc pour n -)- gê-fioc , t^HpeuLwn pour n -]- onr-eiiioit. D'auti'c part, la tendance a 
transformer le p en b dans la prononciation, qui se manifeste dès avant la conquête 
arabe, s'accentue, après cette conquête, sous l'influence de la langue nouvelle qui 
ne possédait pas d'articulation p, si bien qu'assez rapidement, à partir du XP ou du 
XIP siècle, dans tout ce qui subsiste des anciens dialectes, le n se prononce b. C'est 
ainsi que le texte arabe transcrit en lettres coptes, ([u'ont publié Le Page-Renouf et 
Tasanova, écrit n».o-;i, ne^oiuje. c«.ncp, lencpeu, ncKi, eni, noKpè>, pour -A»;, li«!l, ^n<3, 
iJjlij. ju. (i', l<^. Le vocabulaire franco-copte que j'ai interprété donne na.m, n*^Ae.nc, 
ptoneo, xi&pnpE, ujois-nncK, Bam, Balance, roBe, mai^Bre, chouBHék, mais *.noc-&Ae, 
nA.TpiA.pujo-yg, nmceio, apôtre, patriarche, penses, et même na^cxo'"'?., cenoTc, nmi.ps'eite^, 
jirobablement entendus et prononcés par le drogman égyptien basque, sébous, bibarjent, 
])0ur écesque, sées-cous, vif-argent; cela ne l'empêche pas d'employer le «ç pour des 
mots où il sentait plus fortement le son du p, «ÇoTpc, AitÇ6.!!tfiette«^, X*.tÇAioTo, «^oTep^c, 
«^eiiie. cç*>'\Aie, tç«,pp*.ii<vg, père, le pain bénit, la. pluie, porte, peigne, parles, parle- 
moi. Le manuscrit à transcriptions arabes du copte, découvert par Galtier, donne in- 
versement jyîiljU A»e>.pequ(ioni , O'J'jL.^' SnepcitTen. yb,_jl > nineTgwoT, ^Sy'^ n&.iio&i , 

^,j,yt ooncoc, LIaI gHnne. etc., et il ri''serve le ^ |)0ur l'articulation pti, f, iSi^ im^HOTi, 
^^u,\ ïitÇooT, 1 J9.L.I cf^oTOT, IjyU Mtô.i:Çop*>. sauf cjuelques cas où ils lui laissent la valeur 
de la sonore simple n, Ji^;' '^i. ^i\ j} /•' Xi-^pH-t, Ul T'^e. Les mêmes phénomènes se 



INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



retrouvent. dans les translitérations en caractères latins que divers savants ont données 
de la prononciation des Coptes depuis le XVIIP siècle jusqu'à nos jours : pour Petrpeus, 
n est B, jûLnipiDiii atriBiromi, JûLnequje ainBàl'sclia, igon schoB, n&ipH-f Bàirâdi, mais «ç 
est, au moins dans le texte cité, un n non aspiré, prononcé b, ^'^"^'^'t /niBmoid, ^tioxioc 
isnomos, (^Hctai>.-\ Biadnàdi, S^pir^ amiBràdi, c«&e t^&i atwaBài; Rochemonteix, (|ui 
a consulté surtout des Coptes de la Haute-Egypte, connaît pour le n la prononciation b 
universelle et pour le cç à la lin d'une syllabe la prononciation b également, ^^ eBnûdi, 
ïi'ÇpH')- enieBradi, è<çpeti aeBran, mais partout, ailleurs, les prononciations b et f se 
rencontrent sans règle évidente, la prononciation b sous l'influence d'une tradition an- 
cienne dans les plus usités des mots où les Thébains écrivaient un n b, c^«>i Bai {T. nô.i), 
çÇHèTe..TJu.i.cci Bi'adâornesf (T. hh), et la prononciation f, qui est celle du seul dialecte 
encore employé à l'église, dans la plupart des cas, t^o-s-wig Foad.s//, «icÇhoti ne'tFa'oui, 
ninpocÇHTHc biebroFidas, •^cÇtcic dipisis, çÇwt Fod. J'ai constaté l'exactitude des asser- 
tions de Rochemonteix, en me faisant lire les mêmes textes bibliques par un prêtre de 
Bibéh. 

De même que n, )^^, ce 1 , ^^^, semble couvrir déjà deux phonèmes différents 
au début du second empire thébain, une sonore b, dont les scribes ont essayé de mar- 
quer parfois la présence par la combinaison ] h^^ ou Jm^^. analogue à ol^:K^, et une 

spirante labio-dentale v, qui s'affaiblit probablement en w anglais, quand 1,^*^^, 
est intervocalique ou initial. Ce mouvement dans la langue s'y produisit évidemment 
en parallélisme avec celui qui entraîna les prononciations b, v, o, f, de 0, a^; et, à 
mesure que celles-ci prévalurent, surtout après l'invasion arabe, elle substitua la spi- 
rante labio-dentale v à la sonore b, et le J intervocalique ou initial devint v. La valeur 
B pour fe, successeur de 1 , ^^e, ne se con.serva plus qu'à la fin des syllabes ou des 
mots, quand ce signe ne précède pas une voyelle, sauf dans quelques endroits où elle 
s'altère en F, ainsi que nous le verrons plus loin. 

Les faits graphiques qu'on peut apporter à l'appui de cette façon de concevoir 
l'histoire de J -A, égyptien et copte, sont les suivants : 

1" Du XVP siècle avant notre ère ù l'époque saïte. — Le a des noms cananéens 
dans toutes ses positions est traduit pres(iue universellement par j , ^^^, jI/t^' Jl^^^' 

dans les listes géographiques depuis Thoutmùsis III jusqu'à Shashanq, -isa J 

il en est de même dans les noms communs que les scribes sémitisants affectèrent de 
mêler à l'égyptien vers la même époque, -^1 -r J v(1Q J"iia3-io , j ri^^ •^ 

J|V |0^^ pour Jm^c V jllj y^ niai.a, où une fausse assonance avec le mot 



DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 



précédent a probablement amené par erreur l'intercalation de la syllabe interposée 

^J- flCiJ^Om =?^; tfl^^^lL=^^=^«- de =5= /et ainsi de suite. 

Les transcriptions cunéiformes des noms égyptiens ne sont pas moins concor- 
dantes. Ce sont : 

Pour l'époque d'Aménôthôs III et d'Aménôthès IV, " y, iViBnim/n'ija et avec 

assimilation de B à M postérieur, XiMMOKi'iija , JtT(T -Jp) Q s/iONiBcla, et peut-être 
1 o k-oi/Bou, si le signe final a bien, ici, la valeur bou et non la vulevw pou; 
Pour celle de Ramsès II, ^^^ insmiya. La forme égyptienne de ce titre devait être 



à l'origine nasoaiti-baitt avec la flexion en (10 et en -ti des noms d'agent ou d'état, 

mais, l'i final s'étant amui dans la prononciation, dans 1^, reste de 1^, analogue pour 
la forme à Aiepir T., reste de (1(1 , le «s final s'est amui à son tour, comme tous 

les ^ féminins, et l'ensemble a dû se prononcer nsi-biyé, d'où nsi-hiya cjui est l'ortho- 
graphe cunéiforme. Peut-être la variante 1|^^, déjà fréquente relativement sous le 
premier empire thébain, est-elle un témoin graphique de l'amuissement du q\\, ^ final, 
et un indice de la prononciation nesi-biyé, nsi-biyé, à cette époque ; 

Pour l'époque d'Asarhaddon et d'Assourbanipal , les noms en ^^^^zz^ initial, 
(^^ ^w>AA Boukkourninip, Bocchoris (la dérivation de © X^ U que Sethe a proposée 

pour ce nom ne me parait pas admissible), i<^^ '^^ ^T^ Sr ^oiikkoiuiannipi , puis 
^ s^ //fl?/i//7'Bï', Athribis, PounouBou,\ , Zob//o?/Y/, LTVÎ '^laU "-^/iCt- 

Bakou. Dans tous ces noms, j , ^^^, conserve sa valeur pleine, et il est notre b sonore; 

une fois, pourtant, entre deux voyelles et à la syllabe accentuée, il couvre le son du w 

n ^^ 2 " 
anglais, Patouashtoii ^ ^, mais, comme c'est dans un teste néo-babylonien et 

que la transcription assyrienne officielle PoutouBeshti donne le b, il est possible que 

nous avons dans Patouashtou une prononciation dialectale non égyptienne. Je dois 

dire pourtant que dans la suite on trouve aussi no-s-evcV pour iio-^oa7Tt,-, 'Ap.ua'.i; puur 



8^;3:7jw^, SoO/_o;, s=/j/oO'i'.î, So-j/ijjawv, etc., pour I JK^::^ J| , I J I w, I J 

\\ j], etc., où un J intervocalique s'est probablement changé en f, puis s'est vola- 
tilisé complètement. En tout cas, à l'époque qui nous occupe, Hérodote et ses contem- 
porains conservent dans la prononciation le son du J et le rendent par p, prononcé 



COmmie notre b, Bo'jêaaTit; ^ ®, Boy.;c_(opi; l<^5 A/w^ Hî, Saoazôjv JtT H ^^ I 1 1 'Aêuoo,- 

ÎJ^' '^^^?^W^" 0n^ Ji^®- '^^=^??='^'^' "^^^'^'' Qn^'^®' •'""'• -'""'' T 
J^^.etc. 

2° Du commencement de l'époque macédonienne an commencement de l'àgc copte. 
— Toutes les transcriptions grecques de noms hiéroglyphiques que nous connaissons 
pour cette période de temps nous montrent un p pour le signe J, sauf quelques cas où 
le son couvert par p, J, passe à la nasale i^. Ainsi l'on a, conformément à la règle gé- 
nérale que je viens d'indiquer, B'.vàjôpcç «Î^J %• 3»' ^^ > ^^. au pluriel 3r,j 



10 INTRODUCTION A L'ETUDE 



n.i.o;, Bytes, ^f=>^^^ K.;ê ^, "^ J^, W.v^g. jj^ ^ J, BoO,,., Bacis,j^, 
NexxavÉêT,.:, NoxxovdSo, NexTaveoû); K37 Mîi , etc, mais aussi, par exception, des transcrip- 
tions telles que Mspor, pour J n f^^"^ , devenu <:=>q=^î=q à l'époque gréco-romaine, 

naj(^voOê'.; pour ^^ nayvoOjjttç, et xé|ji[jf.i; pour ®J uOq- Dans ce dernier cas au moins, 
nous possédons une forme intermédiaire qui nous montre comment la transformation 
s'est produite, Xéjjioiî. Il paraît avoir existé dans le dialecte local une prononciation 
analogue à celle de la Thébaïde g^Me avec son b redoublé : les deux B se sont dissi- 
milés, et la première sonore s'est nasalisée en i^ devant la seconde labiale xéjjtêt;, puis 
elle a fini par s'assimiler celle-ci, xâtipiç. C'est un exemple de cette altération de son b 
en M, qui est rare à ma connaissance, mais une forme' Mepor, pour J n rv^^o suffirait 
pourtant pour montrer que ce phénomène remonte loin dans le passé : on a m ême. 
dès le premier empire thébain J S i^| près de J^'^^S I vf ^^ P^"* ^'^"^^ ^^ 
près de ^ H juio-s-ki .1/. -^^ tandis que iï] 3 ^ se rattache à fe^ D È*-cnHT- 

Ae^ciuT M. feAcitET 7". Le nom de la déesse n J) a pris en grec l'orthographe Nécpe-j,-, où 

JUJ O i_l AAA/W\ p 
, compris dans le premier élément J du mot, ait eu une valeur 

particulière, rendue par cp, mais l'explication du fait est, je crois, assez simple en elle- 
même. La rencontre du ^^ final de et du premier élément ^ de J a produit 
dans la prononciation rapide une sourde aspirée th, que les Grecs ont traduite par 0, 
et celle-ci a déterminé par contact, pour J , une sonore aspirée bh. ;i laquelle répond 
en grec <p : Nebhthui, — NÉtp6j,-. Il semble d'ailleurs que les Grecs, ou les Égyptiens 
écrivant le grec, aient eu conscience du fait, car on trouve encore en copte la transcrip- 
tion ne&oio à côté du grec Néip8uî. La valeur de J = -f en ce mot" est une valeur de posi- 
tion très individuelle et non une valeur organique. Les transcriptions fort nombreuses 
des noms grecs et latins en hiéroglyphes fournissent le même traitement pour le j et 

ses variantes. Elles présentent les équivalences ii£pev:-/.T, <~:>(](J . 10 SH^^v ' 

le son B. 

3° Du commencement de l'âge copte Jusqi/à nos Jouis. — Rien n'indicjue dans 
l'écriture que le signe J et ses variantes couvrissent déjà le son v, mais il ressort avec 
évidence du rendu p-ou dans les noms grecs ou dans les transcriptions grecques de mots 
égyptiens <iu'ils possédaient aussi cette valeur avant le dernier stage du système 
hiéroglyphique, lorsque J rendit le ? grec, prononcé v. En tout cas, dans le copte n 
étant devenu la sonore b, b, à son tour, se déplace d'un degré lorsqu'il est initial ou 
jutervocaliquc, ne conservant le son b qu'à la finale ou dans le corps des mots, puis, sous 
l'influence de l'arabe, il fut rendu généralement dans la prononciation par v-^, sauf au 
milieu; des mots où, après une consonne, il est rendu jiar v, et à la lin des syllabes où il 
demeure b. Les variantes des manuscrits memphites et thébains sont significatives à cet 
égard, car, à partir de l'invasion arabe, on y trouve, par exemple, Qi |i gon M. pour 



DE LA PHONliTIQUE ÉGYPTIENNE 11 

giofc; on :i de môme les leçons tcnini M.,YeniHi, contre ncmne 7'., BenÏBe, et beaucoup 
de variantes dans les manuscrits, surtout dans les mempliiti(|ues, montrant la substitu- 
tion de n à k dans l'orthographe pour indiquer la lecture b à mesure que i s'altère en v. 
Dans le vocjibulaire français transcrit en lettres coptes, on ne s'étonnera dotic pas de 
trouver des graphies comme &*.n-i.epcTki, &ife*., feeite, btni]p, Vendredi, vive, vent, venir, 
tout en notant d'autres cas où n-B lui-même s'affaiblit à son tour et où n prend la valeur 
V comme dans nip«.o, verai-vrai. Le texte arabe transcrit en lettres coptes donne t pour j, 
non qu'il ait prononcé j comme le \V anglais, mais il a été influencé par la prononciation 
turque de _j, xékil, \akouJ', dlSj, ^j, etc., et il a admis, pour ce cas, l'égalité j = v : 

Aejuuuie, ^j Beieneu. vékànet, véiethlakoli, vakt à;iin, Fiivàdjàdho, véienàm, etc. La 
même remarque s'applique aux transcriptions en lettres coptes des mots arabes du 
traité d'alchimie de Stern' : «.■<\x<>pp''nne mjil, e.ni«.T ^a-jl, «^-npic j_j} , «-ugujine ,,,J^\ , 
et au texte copte transcrit en lettres arabes de Galtier : on y voit écrit Jjjl etoA, 
(_5jjôl> na^nofci. O'vJ niteit. Sjjlj' «.TepfeoKi, ^_5L^LI eieroir&o, Jjjl OjJs-«j'js^jxI iinepÊcpfetopT 
éfeoA, prononcés probablement évol, hano\i , nixén, aouervoki, eiétouwo, '^mbervervort 
éxol. Je suis confirmé dans cette opinion par les transcriptions de Thomas Petrseus et 
de Rochemonteix. En effet, d'un côté, Petneus emploie, pour rendre le &, le w alle- 
mand qui est notre v, asawâs kce&Hc, [qfarnôwi eqepnoài, ujùûwi o-s-stoÈi, /iiib niwân 
O0J& nifeere, aùc'd èfcoA, afwa eTfec, prononcés afarnovi, oujooûvi, hoim nivan, aovoul, 
atva, et Rochemonteix, de l'autre côté, définit ainsi la prononciation actuelle des 
Coptes : « Leur fe ne sonne ni comme un v ni comme un w, mais plutôt comme le h de 
» certaines provinces d'Espagne, c'est l'arrêt mou correspondant au h français: pour 
» l'articuler, les lèvres prennent la même ^position que pour former notre explosive, 
» mais sans brusquer le contact.... Le fe est de nature une consonne a.ssez peu solide. 
» Avec une prononciation rapide et forte, il semble osciller, sous l'influence des lettres 
» qui l'envir.onnent ou d'habitudes individuelles, entre les diverses spirantes labiales, 
» sourdes et sonores, dont une oreille attentive peut, néanmoins, les distinguer. Chez 
» ceux qui articulent mollement, il s'affaiblit jusqu'à n'être qu'un esprit doux. Ex. : 
» eiàoA aol, &.qùii(oit af'ein'on. C'est la prononciation que Petrïeus a rendue avi'd 
» pour etoA. A la fin des mots, au contraire, soit qu'il ferme la syllabe ou qu'il 
» soit suivi d'une autre consonne, il devient un b. Ex. : gcofe Adiî, 2«'Iioth& hanuaB, 
)) ni^iHt hihias, «.q^coTei afk'ôdaB'. n Le renforcement de la prononciation v en f 
se rencontre dans quelques noms de lieu, «.Tfeio ly^l, ficp^'oo^^T I^^j». •wL*'nÊ*.AoT ]a^Jc*, 
RÊAg^c -^1, etc., et la prononciation renforcée du & se traduit, en certains cas, dans 
l'orthographe des manuscrits d'origine memphitique, par des fautes qui substituent 
dans l'écriture un i à un q, et-, a.*.éi, thphA, fei, pour eq-, «,A.q, THpq, qi, ou un q à un ù, 
eTqc, £U)q, 2.'^(^ui, «.qp^-g^a^Ai, pour eTÎie, ^cot, ^tcw, «.Êp*.g^«.i». ; cette double substitution se 
rencontre, mais beaucoup plus rare, dans quelques manuscrits thébains, &o, fewTe. 

1. Ziulsrlirlft, 1885, p. 102-119. 

8. Rochemonteix, Œucres dieeises, p, 108-109; cf. TuKi. Rudimonta linr/uœ coptinr .-■(?« œr/yptiarœ. p. 2. 



12 INTRODUCTION A L'ÉTLDE 



oTioigq, etc., pour qo, quTe, oTtoigÉi. Les prononciations de A étaient donc les mêmes 
dans les dialectes de la langue mourante qu'elles sont à présent. 



Contrairement à D et à J , !c=^ ne couvre, dès le commencement du second empire 
thébain, qu'un seul phonème. C'est une véritable aspirée sourde, l'aspirée du D, mais 
qui ne s'émet pas avec une aspiration distincte du son p de ce signe : comme nous 
l'avons vu plus haut', le p aspiré de cette dernière façon, ou il ne se note pas D^^- 
ou il s'écrit D Dl ou D R . Le vrai son de ^.=^ tenait donc très probablement le milieu 
entre p et b, et il se comportait par rapport au son p D, comme f du gothique ou du 
haut-allemand, Fôtns, Fadar, pater, se comporte par rapport au son p, représenté par 
le ir du grec, itoj?, -Kaxiç,. Il est apparenté, d'autre part, à la semi-voyelle u-\v, et un 
nombre de mots en '^^^ initial ont une forme secondaire en -Ç), par exemple. Il se con- 
fond assez tôt avec le p aspiré, devenu l'équivalent de ^ , comme le prouvent les trans- 
criptions hébraïques et assyriennes, et, gardé en copte dans les mots d'origine égyp- 
tienne sous la forme q, il est transcrit en arabe ^ et, comme cette lettre, il se prononce 
franchement f dans toutes les positions. 

1" Du XVI'' siècle avant notre ère à l'époque saïte. — Les transcriptions hiéro- 
glyphiques des noms sémitiques nous fournissent, jusqu'à présent, assez peu d'exem- 
ples de '^-=^, et celui-ci est employé toujours pour rendre la forme aspirée du e\ : ainsi, 
^ ._^ iw d^ ^ ^_<=r:>^<=^ ^ ^^. cite deja , i^^((|, 

1) Il nés, nnss, , de la racine nsa iiicurvacit, fîexit, si le nom est réelle- 

ment sémitique, ^ i^k S -^ '^"' ^^^- -^^"^ '-'"^ singularité qu'explique très pro- 



bablement quelque particularité dialectale de l'hébreu parlé dans les cantons méridio- 
naux du royaume de Roboam, '^.=_ sert à rendre a dans les deux noms de =4^=^|i(l(l ^ 
l^û *^Q^y3 n2>i'-n"3, <r=> l^^s^ll'^^ ni-aTis? et ailleurs; le a devait être un b as- 
piré dans cette partie de Juda, et le scribe égyptien a essayé de le rendre par i^^^. 

Les transcriptions cunéiformes de noms égyptiens sont plus abondantes, mais, 
comme les écritures euphratéennes ne possèdent pas de signes spéciaux pour f, elles 
rendent >k^~^ par des syllabes contenant un p. Ce sont : 

Pour l'époque d'Aménôthès III et d'Aménôthès IV, Rij/atiapa pour - — " T ^, 

a vec ch ute de <=> r finale dans la prononciation de T , et Navliururiya pour 

Pour l'époque de Ramsès II, Naptéra pour T «=z=> [1 J| , toujours avec chute de 
<:^ R dans !<=::>; 

Pour celle d'Asarhaddon et d'Assourbanipal, Minipi, Mempi, pour I 

/\ ©, Patniptéinu pour Icin-i^' Biihknravnipi et Bukkurninip pour 



1. Voir p. 6 du présent volume. 
8. Voir p. 5 du présent volume. 



DE LA PHOiNÉTIQUE ÉGYPTIENNE 13 

Y^Sr *^^ '*^^ /wv%^ wi^ Tavnnhti et Ajuounoufapounaliti pour c^ *^ «l^_. ^=^-^ 

Les Grecs contemporains des rois saïtes rendirent < i^ par l'articulation la plus 
voisine de leur langue 9 : T /\ © Mempi, MijjKpiç, ( ®^ ^ '^ ] xéo']/, où i^ équi- 

vaut à ï;, fo^J XEip/v, r~-^^(l()!j_'^i^J N£'iop!tTiî ou NstpepiTT,;, sauf à la fin des 
mots où son articulation sonnait si molle qu'ils l'omettaient dans leurs transcriptions, 

(<^^ A-w^s^ Bôx^top'.;, ^.='-^^ Ne/.TaviêTjç, NexTaveêtoc, Naxtovaêto. 



_/_l AAAAiNA ' 



2° /)« commencement de l'époque macédonienne Jusqu'au commencement de l'âge 
copte. — Les transcriptions grecques des noms égyptiens rendent toujours le son de 
=^.=^ par cf , mais les transcriptions égyptiennes des noms grecs ne rendent jamais le u 
par ''u=^; elles lui donnent toujours un D cn ou un D pour équivalent', marquant bien 
ainsi la nuance du phonème que couvre '«^^ et de celui ciu'exprime tp. Les exemples 
sont fort nombreux, et personne n'en conteste la signification, aussi me bornerai-je à en 
citer quelques-uns, "^^ I r^ "o^^'^?P'î. 'V?":, 5^\\ ^'^mr-'^, qIu ^'-fmM<' 



^1^ Ap..,.,,_|p^^^^^V^E.x,v 



Oq I cMjL ^ Tcpo^ç, et ainsi de suite : je ne connais pas d'exception à la 
règle. 

3° Depuis le commencement de l'âge copte jusqu'à nos Jours. — A l'origine de 
cette période, tous les mots du vieux fonds de la langue, qui renfermaient un =^^=^ ou 
ses variantes, l'expriment par un q, •^ I i k n q».V M. T., qei, qi T. Akhrn. B., 

~sA^^ 1||3_ qnT T. B., qeiiT M., \,, /) qcT, qcoT T. M., q(uTe T., qw^ M., c:^^ ~w,^^ 

n ^ '^ ^ a AAftAAA 

qioTe T. , qw^ M . , v\ qTOT T. M . , qiooT T., qTWOT M. , © 1 ft . ujeujq M. , cwujq T., 

[1 e6.igq T., ig«.igq M., /^ T«.q, Te.è.q T., «oq M., T- 



itoqpe 
III 



itoqpi M., et ainsi de suite jusqu'à épuisement des mots. Le thébain, l'akhmimique et 
le bachmourique assez fréquemment, le memphitique très rarement, offrent des va- 
riantes de q à l'articulation la plus voisine k. prononcé v ou f : k\ T. B., fi*.i T., à 
côté de q«>i, qi, km T. à côté |de qnT, fieT T., fi*.T, Êwf B., abstergere, à côté de qeT, 

qioTC, AcoTe T., sudor, à côté de qojTe, noApe T., n&Àpe B., à CÔté de Itoqpe, et cette 
variante devient de plus en plus fréquente à mesure qu'avançant dans l'âge arabe, la 
prononciation du k s'amollit. Elle est constante au traité d'alchimie de Stern, «.Ma^x». 
^1, *.AfioipA Jyli, «.A«.cfe«.p i^V' . «'^J^o'^ci.Éifei IJlI , à côté de «.«q <ù-. Elle finit par 
s'appliquer à des mots qui ne renfermaient q et fe qu'accidentellement : c'est ainsi que 
la forme ^miAi M., dérivée exactement de Q^^ antique, se rencontre en thébain, 
comme ^mife dormire, g^iitHq somnus, avec transformation progressive de xx en k, puis 
en q. Au contraire, l'échange de q et de ^, excessivement rare en thébain, atteint en 



1. Voir p. 6 du présent volume. 



14 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



raemphitique même les noms étrangers et les formes grammaticales, si bien qu'on 
trouve, dans les manuscrits copiés par Tuki au commencement du XVIIP siècle, «.tÇi, 
cÇitHo-y, tÇiti.g^'J-, a.<Çipi, THpç^, pour ô^qi. qttKOT. qui-o-^. «.qipi, THpq, et, en revanche, 
qp&n pour tÇp*.n ; on a ailleurs «.c&q, <çi, qA*.ccÇH»Ai*., ^poT^oc, «.qp*.^*-*!.. qA«.nTei, 
pour &.c«.(Ç. qi, £iAa.c«ÇH*ï.i«. , ÊpoTxoc , «.tpa-g^i^** , fe'A«.nTei. Ce ne sont là que des 
fautes d'orthographe répondant à des prononciations peu correctes des écrivains, 
mais elles doivent remonter assez liaut, car le scribe des lettres coptes »en caractères 
grecs de la collection Régnier dit déjà -zr^pt^ pour •»Hpq. Les transcriptions en f de 
Petrœus et de Rochemonteix, les transcriptions par ^J du texte copte-arabe de Galtier 
et réciproquement celles en q du ^ arabe dans le texte arabe-copte de Le Page- 
Renouf nous indiquent, pour l'ensemble de la population, la prononciation f de q = 
^^=^; contre ces témoignages concordants, celui du vocabulaire français copte qui écrit 
net, nee&, nina.pa'cite^, bœuf, neuf, cif-argeiit, montre seulement par ses variations la 
difficulté qu'avait le drogman à bien saisir le son exact de f français. 

Si maintenant on essaie de déduire quelque conclusion générale des faits particu- 
liers relatifs aux signes-types □, J , ^^^-s^, qui couvrent les labiales en égyptien, on ar- 
rive aux résultats suivants. 

Au commencement du second empire thébain, l'égyptien paraît avoir eu un sys- 
tème de labiales plus développé que ne l'indique son appareil graphique, une sourde 
forte non aspirée p et son aspirée ph, une douce sonore b, qui, s'aspirant à son tour en 
*BH, tendait vers la sonore spirunte v, et une spirante sourde f, qui, jusqu'aux der- 
niers temps, demeura distincte de la sonore spirante v et surtout de la sourde aspirée 
PH. Les cinq prononciations premières étaient couvertes graphiquement par deux signes 
seulement, p et pu par D, b, *bh et v par J , et ce n'est pas, je pense, être trop té- 
méraire de conclure de ce fait purement expérimental que, au moment où l'appareil 
graphique de l'Egypte se fixa, ces signes ne correspondaient chacun qu'à un seul pjionème, 
le Ll représentant l'articulation qui était très sensiblement notre sourde forte p, et le J 
étant l'occlusive sonore faiblement articulée e. Il est probable que, vers une époque 
certainement antérieure à la XVIIP dynastie, la tendance s'établit d'opérer de moins 
en moins complètement la fermeture du gosier pour les labiales • la sourde p et la so- 
nore B prononçant leur aspiration en ph et en *bh, le changement, ainsi amorcé, gagna 
de plus en plus, puis il aboutit complètement dans le copte des derniers temps. La 
sourde non aspirée D p devient une sonore p, n, e en dialecte thébain, la sourde aspirée 
D PH donne presque partout une spirante sourde «ç dans le memphitique, la sonore 
douce ^, Ê, ne se maintient plus régulièrement que dans des places déterminées, et 
elle achève partout ailleurs de se transformer en spirante sonore fe v, ou même elle 
se vocalise et disparait. Quant à ¥~ , il semble n'avoir exprimé, depuis le commence- 
ment jusqu'à la fin, que le seul son de la spirante sourde F. On peut résumer cette 
histoire dans le tableau qui suit : 

„ \ P P B. 

D P* < 

f PH -f tÇ, F. 



DK LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 15 



J "'] 



,^ \ B B B. 

BII ?,V A, V. 

F. 

b. Dt' Il ta les. 



La série des dentales est plus développée en égyptien que ne le donnerait à penser 
le petit nombre de caractères employé à la rendre dans l'écriture : les quatre signes- 
types, Cl, s=5, ^^ , <c^3, et leurs variantes, dont elle se compose, paraissent, en effet, 
autant du moins que j'en puis juger, couvrir sept ou huit sons différents selon les épo- 
ques, sinon plus. Ce n'est pas là, pour eux, je crois, le maximum d'interprétation, et 
peut-être une analyse des documents, poussée plus loin que je n'ai pu le faire dans 
l'état actuel de la science, aura-t-elle pour résultat d'augmenter ce nombre. 



Ce signe paraît avoir représenté très longtemps une occlusive sourde non aspirée, 
semblable à la forte non aspirée t du français ou de l'italien. Toutefois, de même que 
le son p du signe D a fini par passer au son de notre b, le '^i t a évolué vers la sonore 
et a fini par se prononcer d presijue partout dans les dialectes du Sud, ou par s'aspirer 
dans les dialectes du Nord et y sonner t -(- h, écrit 4», sans que, jamais à ma connais- 
sance, ce ■» devienne dans les mots égyptiens une spirante analogue au h grec; encore 
a-t-il fini par perdre son aspiration, même là, et, tout en restant ■» dans l'ortho- 
graphe, il n'a plus eu que la valeur de notre t. 

1" Du XVP siècle avant notre ère à l'époque satte. — Les exemples de ^ égyp- 
tien, tiaduit par t cunéiforme, sont relativement assez fréquents sur les tablettes d'El- 



Amarna.](||)u|Té,e, J ^flj^^ .Va/)Te>a, (j ^f^^ '-^''''-/'''-r/- 

iV^ Pa/iainnûTci, R Jy "© HikoupTah: toutefois, la tendance à rendre ce ^ 
par D dans la prononciation se manifeste déjà par l'orthographe T;T)T ^ jL 5 souiboa. 
A la même époque et un peu auparavant, le syllabique | (1 est employé pour rendre le 

son D dans ](]f[]^pr^,, j^.. , (Jl)] (] ^ '^1? , ^ ^^^^(j ^^=^ • ^ ] ^ V'''"-"' ' 
1\ Il ^73», mais il exprime le son t dans ^~^ 1 1 ^ , qui présente au com- 

mencement l'élément -ra, dans les noms qui renferment l'élément jh^.|' jf^^^l^ 
jT5, dans '] 11], de 1] ^^^ | i lu riag-n-s, et l'on trouve pour rendre le même son 
vocalisé différemment ^^ dans les pluriels .sémitiques, <^Vi,^^ nis-;|a, a"^; 

M g7\ v\ ninKS, -R ^V>. n-}3.3, et ainsi de suite. On peut dire que les 

exemples de ^ pour rendre le n sémitique sont des plus fréquents; au contraire, ceux 
où il est pour ta sont peu nombreux, et je crois qu'il faut les attribuer presque tous à 
la confusion qui s'est établie de bonne heure entre ^ et s=5, ainsi (jue nous le verrons 
plus bas, c.'^Jj!!!] pour ^^Jûû =112, ^ "^"^ '^^i^"' ^^"^^ ^^*^^'' ^°"^ ^'^ second 
empire thébain, à l'époque classi([ue de la y.o:-'r, égyptienne, la prononciation du carac- 



16 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



tère-type ci et de ses variantes oscille fortement déjà entre celle de notre sourde t et 
celle de notre sonore d. 

Mêmes constatations pour le siècle de Ramsès II, où, tandis que les transcriptions 
cunéiformes rendent les prénoms royaux r"^ ^ et ^ ■ par MaupaluTanija et 

Haiepiinntja, les orthographiques J "I^l^lj ^ ^^ J^IiMdA^ "^"^^ 
et "^ V' P'" exemple, alternent pour '^K-ur-n'? et nis?. 



/V.AAAA 



Mêmes constatations encore pour l'époque d'Asarhaddon et d'Assourbanipal : <^ y 
est rendu le plus souvent par les syllabiques du t assyrien = n, ^^^r 1^^ Ta/)- 

nahti, .^^ larqu, J ^„ Harhiribi. ^ J\ U ^ V)^ Ipri/iardisou, 

etc., etc., mais t intervocalique a déjà disparu d'assez longue date dans lorii-û pour 
(1 '^XCX;.- — D, ce qu'achèvent de prouver les variantes (1 /www, ^ , [l<:r>v\ 

'wvwv et autres qu'on trouve sur les monuments du second empire thébain, depuis la 

AA/V\AA 

XVIIP dynastie. Quant au ^ Hnal des mots féminins, il s'était amui dès avant cette 
époque, comme le prouvent toutes les transcriptions cunéiformes, mais j'aurai occasion 
de revenir ailleurs sur ce point et sur les faits qui le concernent. Les tiunscriptions 
grecques de l'époque saïte produisent de même iio-aaîjjtTo pour IaÎ^' ^^^^^^"To? 

pour I 1 , A'yu'tToî pour J 8®, naTojao,; pour (1 s^^ ^^ Q. BojêasT'.c pour ^ 

J) ©, NsxTavÉDTiî -^^^ I , etc. ; si dans certains noms elles présentent un 9, cette lettre 
provient de la rencontre d'un <= t ordinaire avec l'aspirée 9 h, AepiSic _ f\,®> ^'^- 

;/8âppa6..i; ~-^^^ U=/l w. I (H . Dans la transcription en hiéro glyphes de q uelques noms 



propres étrangers, <=■ est donné comme équivalent de D, -^ j TtTjT , y M^I •^«pe^»?, 

AapiaÔT,;, mais, quaud on voulut rendre exactement la valeur du d persan, comme, plus 
tard cel le du d latin, on employa la combinaison n + t, H jl-ga^ l|l -^ îtTtT iïoiair,;, 
\f'=^ n n Dacicus. Toutefois, le nombre des documents est si petit pour cette 

époque, qu'il serait difficile d'en tirer une conclusion ferme si l'abondance des textes 
ptolémaïques ne venait pas l'appuyer. 

2° Du commencement de l'époque macédonienne au commencement de l'âge copte. 
— La valeur t de ^ persiste, mais la valeur d se répand de plus en plus au moins pour 
la transcription du grec et du latin. C'est ainsi qu'on a -Ç) l\l]\\ nioXeiJia'ïo?, ^. V 

'AvTtjjiayo;, JT) (j SwaixpàxTiç, et, pour le temps des Césars, *^, 

'.Auio/.pdiojp, ''(1(1 I TtêÉpioç, <=. (1(1 — "— Tho;, ^ (1(1 D ^^ Tpaiavôç q(£0(] 'AvtiovTvoc, mais 

aussi les valeurs non moins certaines, ^vè/ Vh^^oI^tS^ 'AvSpovmo;, o-^=>Xj-^^ 

J) 'PoÎï;, KXa'jg'.o?,!^ M 'ASptavôç, ^ q KôfJi|jioSo<;, M ^^ >?5^ Aixio?, et, dans IcS 

noms étrangers qui renferment à la fois un t et un d, l'emploi du signe <= pour rendre 

les deux sons, '^^ x -fl ^ 'AitoX).o8oTOî, *^^ ffl '-'^'J -171-171 Nâ 'Atr/.XT.TTtoSoxoi;, 

^^^ A Ht af Ti|jiap;^î8r,i;, c^ ,c= (1 '^^ Ac[jiiTiavôs- ; il Sert même à exprimer le i"' 



Ï)K I.A PH0XKII(,)1:E ÉGYPTIENNl'l 



ou le TH latin,*^(l(| JÈ:^.f|^ ^ ....XÔOeo,-, *-^ ^ V ^ ^''■^^'''-^-*^1fl V^É 
KôptvOoç, *^ Il v\ 'o()(.)vo;ou"^ otwvoç, inîiis 011 doit SG garder do fiiire entrer icî 011 ligne de 
compte (les mots comme 'i>Oâ,- ^ ou 'A,a£vwOï|i; pour [1 aaaa^a ' \,ivi::>Ofrfi , où la prfisence 
du pour le ^ égyptien est due probablement à la présence de 'i' pour tJ dans le dialecte 
entendu par les Grecs. Il faut conclure des exemples que l'on connaît, ou que les Égyp- 
tiens durcissaient la prononciation du i, d, étranger, et qu'ils disaient Amronicos, 
R/ioTi', Clamios, Arriaiws, peut-être avec une nuance intermédiaire entre notre t et 
notre d. ou bien qu'ils tendaient de plus en plus à remplacer la sourde par la sonore, et 
à substituer graduellement le son d au son t pour les mots qui renfermaient graphi- 
quement le signe-type ^ et ses variantes, ainsi (pi'on le voit en copte. 

3" Du commencement de l'âge copie jusqu'à nos jouis. — Lorsque l'alphabet grec 
remplaça le système hiéroglyphique dans l'écriture, le son d n'avait pas encore sup- 
planté le son T dans la plupart des mots, sans quoi, comme le fait justement remarquer 
Schwartze', il est très vraisemblable que les créateurs de l'alphabet copte auraient rat- 
taché le son au 5 grec, -^i., et non pas au -. t, dans leur orthographe. Ils conservèrent le -i. 
pour un certain nombre de mots grecs, qu'ils empruntèrent de toutes pièces, h-2ih -ifii,, 

•^c oe, &-^«.Ai. Aî^iJi, 'i.ii.iren^ Aajs'o, AXikKe-^con Maxso ov, nVo-5"^«>i Ol lojoaToi, •^OKei 8o-/.£î, ep-i^i*.- 

fi«.Ain otagiÀ).£!v, tout en gardant le t dans les mots qui renfermaient un -, totc tots, 

ï'a.Aè^Tia^ YiKi-J.T., ^wcTe (ottï, cTp<kTHi'oc TTpaTfi-coi;, t€9(^hithc TïyvÎTri;, jueTô.KoV ix=.-z-a'ioz\, ni.p2^icT«k 

7:apijrr|iji!, i.qeTi a'^eT, n*.Ti.cce -a-icjtrsiv, etc. Mais, presque aussitôt après la conquête arabe, 
les variantes de la sourde pour la sonore et de la sonore pour la sourde, relativement 
rares jusque-là dans l'écriture, augmentent rapidement en nombre, et Ton rencontre 
dans les manuscrits des formes telles que c^efioit, TepfiH, Topc&c, kA«.toc, t«.iaiiuk, pour 

o^ç^îOjv, Aïpêrî, Aop/.iî, y-Xaoo:;, oaïuiov, et C'îfi.Tcic, ■^Tpft.niioc, •^ojS'e, •&'5"«.'^pon , ■^eKKi'X. Tô.n'i.o- 
5(^i«w, npoT^penei, pour 7hthcic, TTp6.iiiioc, TioS'e, «■eei.Tpon, tckkis, t&»tio5(^i*., npoTpenei. et 
ainsi de suite. L'équivalent du t ^^ ancien est fourni alors rarement par le t, *.t-J-h&- 
jcfi-p]. jlâl, le plus souvent par le -a, ([ui est primitivement dans les dialectes du Nord 
un T palatal emphatique correspondant au i» arabe, et en thébain une forme orthogi'a- 
phique résultant de la combinai-son de t avec l'aspirée T -\- z> ainsi ee, ^*ei, -eîcto, 
ne^ooT, Ù.-&HT, pour T-(-g^e, T-|-g^ei, T-f-g^Acco, ncT -f- £oo-s-, a.t-)-oht, mais qui ne sonne 
plus aujourd'hui que comme notre t. On voit donc le traité d'alchimie de Stern et le 
texte copte écrit en lettres arabes que Galtier a publié exprimer les t indifféremment 
par i, ^ ou ji, c'est-à-dire par trois lettres que le dialecte arabe d'Egypte prononce 
généralement d et «■ par Cj, Jj ou Js. *>-&oirfieA jLyJI, «.Aa».«.p<»ô.kot dXp, «.AxiHTKi^A 

J\ïill, A.TTd.AcK lUall , *.Aoô.TiT JjJi-l, *.nii>T Jio I , ô.piTeti jj'-^j' . eT;6eK \jljil . totèo iJs, 

TCRAteTOTpo IjjjaUiJIi , T«Çe U I . nineTg^woTs- ybJjLo , k*vt*. ILjIT, ÀineKii-e-o efioA J_jjl I Ja^fjL^ , 

noTT*.T2^ 4lilli_j;i ; toutefois, en finale, t est presque toujours traduit par J,., c'est-à-dire qu'il 
garde le son t, ou devant une sourde et une sifflante au milieu des mots, neKAieTtgen^HT 

1. Koptisrhe Grammatik, p. 86. 



18 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



cièrce-fie Ijli^Li, dans des mots grecs où la prononciation s'était conservée par tradition, 
cioTHpi*. tXjt^, ou, enlin, par caprice orthograpliique du scribe qui écrit le t copte 
des mêmes mots, tantôt par i, tantôt par Zj, TCK-i.iKcocTitH j_j_-jt^a5't' , mais TeKA».«>i 
(iUfJb, TCKcotÇik U^ilt. On trouve les mêmes faits fondamentaux, et aussi les mêmes 
inconséquences d'orthographe, dans le rendu en lettres coptes de textes étrangers comme 
le français, eicnpi^Hc espriT, Êene-» bénlT, Ampe.c^^pe le préire, îVineK-»oTs-p le vennetir, 
T«.Tc Den.r, t&is'oaic Des hommes, TcA^-ecAc^ dc la Toile, mais Tcujp«.n« Tisseranv, à côté 
de^iujpon-», e^i.A*.*»*.cTe De la rere. à coté de Ai^Ae^^eg^ maUtDe; et dans le texte copto- 
arabe de Le Page-Renoiif, fef x«'«-» £*''^e.» s^lc jr^Jfj, n*vOT _u. . (uvue cJij- -&eR*.-i.-i.eAx 
|._ûJ. £c«^HiR6.7 Jil-l-l, qeAc-xc-iw^o eo^i-y , ctc, tandis que \e caractère «■ rend les sons t 
de l'arabe, le caractère -î^ est employé avec la valeur de notre d, comme dans la pro- 
nonciation actuelle du copte. Petrseus donne également un d pour le t et le -i. de son 
psaume, i;joipiti6.Tq Oiun'àDf] 0-5-i.e ima, p*^^^ aroDf, «te ariDO, g^iTKà.-»eTpi. hwkaTeDra , 
ju.eAeT6.« malaDÔn, expcT aDi'àd, îi^htoit anchâDn, n-&HOT ibràù, e-»Ê.e aTwa, Twois-noT 
Dor'iiui, ni«u.«.i niiTmàf, t^iiioiT ibmôiD, qn*.T*.Ko if/uiDalcn. EiiKn, pour Rochemonteix, 
si T f>st nettement la sunore d et -» régulièrement la sourde t, -i. serait aujourd'hui 
« l'intradentale faible de l'arabe, S d'. Les Saïdiens articulent avec soin le nom d'ald'a 
» de cette lettre étrangère au copte. Ils affectent même parfois de substituer le son d' à 
» celui de T ^ d, donnant par là à leur lecture nne apparence d'érudition. En fait, c'est, 
» au contraire, -^ qui tend à se conformer avec t : -i-oAcc dôIos, iopT».*.itHc ioi'Danis, 
» iioi.n-2..wpoii e/iHrt/irfôro//, etc., à coté de nTe")-ioT-i.eik enD'AD'iiÔD'a''a , -^e D'à, etc. » J'ai 
pu vérifier moi-même l'exactitude de cette observation en me faisant réciter le début 
de l'Evangile .selon saint Jean par un des prêtres coptes de Bibéh. En résumé, écartant 
le -i., qui ne se trouve correctement que dans les mots empruntés au grec, le copte ne 
connaît plus que deux sons pour les dérivés de l'égyptien antique qui correspondent à 
un mot renfermant un ^ ou ses homophones, t rendu toujours ■» en memphitique et 
dans les quelques mots thébains où il se trouve équivalant |>remièrement à t^ T-|-n, d 
rendu dans l'écriture pai- un t ; t ne conserve le son t qLi'à la fin des mots quelquefois. 



Ce caractère est devenu d'assez bonne heure, d'une part, un simple homophone de <=^r 
de l'autre, son syllabique simple ^^ un équivalent exact de ï ou une variante phonétique 
très voisine de ce signe. Cela nous est démontré pour la première valeur par les trans- 
criptions hiéroglyphiques des noms sémitiques des villes palestiniennes ou syriennes, 
qui rendent le n hébraïque indifféremment par s=s et par <^, ^^ et a~w« ^ 

J M^tlJO |(j fl fjO ^^® riJr-n'?, etc., et les scribes emploient ^ en variante de s=5, 

dC p""'- Tin' fM p'^"'^ S' <LW,^, '^^' ]T0 p'"" ?0' ^"^ 

pour <^^,^^|, pour ^ □ l)'^S^^P^'^'^k^^'o.6l 



DE LA PHONÉTIQUK ÉGYPTIENNE 



■d\nA de ï^uite. Aussi les égyptologues de la première et de la seconde génération ont- 
ils considéré le '=i et le s= comme vaiianles absolues l'un de l'autre, et ils les (int 
rendus tous les deux par t. Brugsch, après avoir proposé, dés 1858, la valeur du th 
anglais ou du o grec pour s=> et avoir renoncé provisoirement à cette lecture, l'a 
reprise avec exemples à l'appui, en 1874', et, depuis lors, elle a été adoptée par une 
grande partie de l'école en Allemagne, en Angleterre et en Amérique. 

Il l'a, malheureusement, étayée sui' diverses preuves tirées de la comparaison de 
l'égyptien avec l'hébreu, et pour lesquelles j'ai toujours ressenti une certaine méfiance. 
Sa dém ons tration lu i a été suggérée, en effet, par l'idée conçue a pi-ion (ju'une localité 

de ' ^ \ ®' mentionnée dans un certain nombre de textes égyptiens, est 

ideniique à la Sukkoth nisa de la Bible. Comme cette identification restait impossible à 
présenter tant qu'on n'avait pas prouvé l'équivalence s=> = □ ou ir, Brugsch produisit à 
l'appui les rapprochements suivants : v> \\\jî^ r\ht Jfu'ina puris}iirna,\\\ Y 

rrnnb clypeus, iv ^ ^^ did hiriindo, u, ^ \> g7\ did ou zw (jauderp, e.rultare, 
^^T"P^1^^^ ^^'^ ^Hccmrt, ^"^ nV^b agijvr, ^ "^ 'f" ^ ^^DJuncus, 
a/f/fl, le nom géographique 11 1 V ^ [^^^, dont les variantes, telles que Mariette 

les a publiées, seraient une fois ^:z:^ =t v ^ ' ^ •^'^^t'^*' '^'^'^ ^ V ' '"f^i'|UiiHt ainsi 

une identification avec ivip,?; le copte et les transcriptions du grec confirmaient cette 
valeur du s=>, car i&. i&. "^^i ^li*^'"* Brugsch, devient en copte ■xô.'s T. ^i^s. M., 

pas.ser, v \1/ '^' *^c"*' i ''Mv V ^ ®^ démotique, devient ■^s.oo^'^ T., 

papyrus, °-'^ •s.i '/'. B., (î'i .17., capere, ducere, '~1 ■sïce 7'., s'occ, ^oci .17., cxtol- 

1ère. ï l i\ •xpo T., a'po M., vincere. Enfin, le nom de la ville | g — > ] ® est 

rendu en assyrien par Zabnoati, en grec par SeSîvvj-to;. Les auteurs cjui ont suivi 
Brugsch ont peu ajouté à cette liste; elle suÛirait, d'ailleurs, à établir la thèse si on 
pouvait l'admettre en conscience, mais je crains bien qu'elle ne résiste pas à l'analyse. 
Et, d'abord, écartons-en l'une des données les plus convaincantes en apparence, les 
trois variantes ^^ J[j j^ -^ o^, ^=^4^ "^ . _^ 4 ^yx^,' *^"® Mariette'^ indi(|ue 
pour le même nom de localité palestinienne : elles n'existent pas, mais la collation (|ue 
j'ai faite du texte en 1884 et 1885' donne '''^^'J|(J1^'^"q:^, """^^^^"^^ • ^1^ 

, avec les formes ll(l, , du premier élément et 1 ^ "^ (^^^ , lj\ 

■^ • I V *iLi second, supprimant ainsi l'équation -^ ^^ft^=lv^^|V'^' *^'^'^~ 

vient de remarquer, d'autre part, que | n'est pas, comme on le pi^isait au temps où 
Brugsch écrivait, un syllabique de i^s par un g==5, mais le syllabique de ^(1 par un q. 



1. BaufiSCH, La Sortie des Hébreuj; d'Égypta et les Monuments cyyptiens, Alexandrie, 187-1, p. ~1, 43-44, 
puis Zeitschri/t, 1875, p. 7-9. 

2. .Mariette, Kamak, pi. 18, n» 4, et pi. 19, n° 4. 

3. Maspero, Recision des listes géographiques, dans le Recueil, t. VII, 1886, p. 94, 96. 



20 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 

Il est donc juste d'éliminer également l;i comparaison |0 . ïï 'Tint, qui contient le 
sj'llabique ft = -^^ A [1 et où II exprime, dans les transcriptions sémitiques, soit n, soit 
T, mais en aucun cas d : en efîet. fi(l ïï peut être comparé, pour le sens, et 

répond certainement, pour la forme extérieure, à rririP lon'ca. Ces deux retranchements 
opérés, on reconnaît assez vite que toutes les identifications proposées de nos 
mots égyptiens avec des mots sémiti(|ues commençant par d ou par tr sont assez 
fantaisistes. Pourquoi rapprocher <c=:>(l(^ de nSSb, quand on a une racine hébraïque 
hhri. apparentée d'ailleurs à bha qui signifie aggessil, exiulit, et d'où vient le mot 
connu hn qui entre dans plusieurs noms de localités babyloniennes, ^''^s-bri la Motte- 
Épis, nÇ-in-bn la Mo^ïe-aux-Bois, n'ra-bn la iV/o;<e-au-Sel (?) ? <=> M agger, levée, 

est une formation égyptienne en 0(1 de la racine hhr\, beaucoup plus vraisemblable 
([u'une formation en [1(1 de la racine 't'td. Nous ne connaissons pas le sens du nom de 

la ville Jh^,|(^cr3i 1^. I°m'— — '' ^* Birch ainsi que Brugscb lui-même 

l'avaient lu Baf'a-t'iiBar pour le rapprocher le premier de ts-i, le second de ilnri' : ce 
n'est que plus tard, lorsqu'il a eu besoin d'un exemple de s=> rép ondant h o ou t. 
qu'il s'est avisé d'adopter l'identification proposée par Chabas de ^ /y^ fim '— — ' 
avec iBltt> buccinri°\ ou avec iBç script iir-a, liber, cette dernière appuyée sur l'existence 
du déterminatif UiSi''. Mais on pourrait aussi songer à ben calx, "^sii-n'a, ou à isn, hsa 

sarsit. consuit, et ce ne seraient que des hypothèses. De même pour ^ "* SA 

et %. ■îv ^^ : le premier, signifiant jacasser, criailler, me paraît être une ono- 
matopée propre à l'égyptien, et qui .s'expliq ue de so i sans qu'il y ait de nécessiter 
pour le rapprocher de l'hébreu did; quant '> V ^ "^3=' il dériverait de %. tv 
\> g7\ et signifierait le piaillard, le braillard, nom assez naturel à imaginer pour le 
moineau, sans qu'il y ait urgence d'y chercher un emprunt fait à une langue étrangère. 
Quant à ^ |(1 Jib^, je ne vois aucune raison d'y reconnaître rhc : c'est une cé- 

réale, dans le nom de laquelle j'avais reconnu l'origine de l'arabe sji dourah et une 
espèce de sorgho indigène en Egypte. Je vois que Loret a émis la même conjecture'. 
En fait, je ne découvre comme présentant une apparence de vraisemblance dans la 
liste de Brugsch que le nom d'herbage v il/ "^' ^^ terme géographique |g=>J® 

et certains rapprochements coptes : il faut examiner tout cela. 

Prenons d'abord les mots coptes. Je remarque en premier lieu que les grammai- 
riens de l'école berlinoise ont déjà supprimé deux exemples de la petite liste dressée 
par Brugsch, [à savoir I-'-^ . = ■si T. B., <i\ M., capere, et II L-J ^= ■^ip» T-, 

^ 'l ° 1 r, g \ U I I I I 

«■po M., vincere : pour eux, 7^. doit se lire H ];-'■' qui ne prête pas au rapproche- 
ment avec tsi, (?'i, et le caractère L par lequel débute le mot II ^; /] . étant. 

comme je l'ai déjà dit, un syllabique de '=^-)-(j. non de s=> -|-^ . n'a rien à voir avec 



1. Brugsch, Guo/jra/>/iif:r/ie Inschri/tim, t. Il, p. 46-19. 

2. CnADAS. V'o(/af;e d'un K(jtiptinn, p. 71-72. 

3. Max MClleu, A.^i.en und Euro/ia, p. 170. 

4. V. Loret, La Flore pharaonique, )l' édit. , p. 26, 144. 



DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 21 

les sons 't, rii ou •x, s". Restei aient donc seules les équivalences -xice, «"oci = „ "j, 



•sjk-s, a'ù.'s = V V ^,, et ■xooirq ^= ■sv w ; la première est certaine, ainsi 

que la troisième, et la seconde est probable. Nous avons donc, là, au moins trois 
exemples réels de s==> égyptien aboutissant à îs, et le passage d'un son à l'autre a dû 
se produire vers l'époque saïte au plus tard, car on a déjà, dans les textes démotiques, 

1%.^ V ''* *i^^^^ '" '''" '''' T '^f''^' '* '^' textes assyriens 
d'Assourbanipal rendent Zabnouli par un jo, devenu s.. •xcÉmo-is-V étant en copte le nom 

de la ville | s=>J ®, confirmés en celii par la transcription grecque Sîêivvu-coc, déjà po- 
pulaire au temps d'Hérodote. Sans vouloir pousser plus loin l'examen des faits énoncés 
par Brugscli, nous pouvons en conclure, dès maintenant, que : 

1° L'équivalence proposée par Brugsch entre le s= égyptien et le d sémitique 
n'existe pas ; 

2° Dans la /.oivr; égyptienne, aux temps saites et à l'âge gréco-romain, le g — > était 
communément une simple variante du <='•, toutefois, dans quelques mots, il avait con- 
servé de son ancienne valeur de sifflante aspirée, et il avait tourné à z-os-;. 

Cette seconde constatation coïncide parfaitement avec le peu que nous apprennent 

sur la valeur du syllabique ^^ de s=5 les tablettes d'El-Amarna et les monuments 

égyptiens eux-mêmes. Les tablettes d'El-Amarna portent kouzi ou gouzi pour 

^^ \ A , abréviation de ^^ \ 1-^' '^cbnakau pour /^ j c? , Pirizzi pour 

'^'^^^^ 1 wT' '^'^^'^ ^^^ ^ pour un ^^- D'autre part, les scribes égyptiens donnaient 

parfois le ^^ pour équivalent au ï sémitique, "^f ^^ ^^1 k' P'^^"' Q''?¥P. et 
probablement il a la valeur i ou s dans beaucoup de termes géographiques et de noms 
propres hittites. Dans l'égyptien même, le son primitif de ^^ était déjà assez modifié 

à cette époque pour qu'on le confondit parfois avec celui de ^^ ou de | : il y a bien 

longtemps déjà que Rougé avait noté la variante ] j^ de ^^f "k f^, la 

variante J 1^ du nom ^f ^kJN® ^^ ''^ '^^^'® ^^ Médinét-Habou, et Birch a 

indiqué les graphies i^^^ de ^^ ^ ^ ou ^^^C3 de 



U=zi' 
Pour quiconque connaît la fixité avec laquelle les Egyptiens de la seconde période 

thébaine reproduisaient l'orthographe des mots usuels de leur langue, même lorsque la 

constitution organique et la prononciation de ceux-ci s'étaient modifiées depuis le 

temps où cette orthographe s'était constituée, des variantes telles que celles que je viens 

de signaler sont, à dire le vrai, des fautes évidentes d'écriture, et je les considère 

comme étant d'autant plus précieuses qu'elles nous éclairent par leur nature même sur 

la valeur des sons jugés alors équivalents à ceux du ^^ ou du £==. Dans les mots où 

ces deux caractères continuaient à couvrir le phonème sifflant du s=5 ou son dérivé, 

on estimait qu'il était assez proche de celui du J, ^^ , rendant t ou s, z ou t.s-tch, 

pour qu'on pût le confondre avec celui-ci dans l'écriture et dans la prononciation. Ce 

point posé, on comprend comment il se fait que, dans les mots où l'articulation pre- 



22 INTRODUCTION A L'ETUDE 



mière s'est maintenue à peu près jusqu'à la fin, le copte ait employé, pour l'exprimer, 
son •s-(3'. Il n'y a plus Vjesoin, alors, de recourir à des comparaisons un peu forcées avec 
l'hébreu, et de poser, par conséquent, l'équation s= = d. 

Y a-t-il là de quoi déterminer la nuance de son que s=5 représentait à l'origine? 

Je ne vois guère que le phonème qui est rendu par le ^ arabe ou mieux encore par le 9 

grec. Il semble qu'on l'ait conservé, encore à l'époque saïte, dans le nom de la ville de 

, car Hérodote et Hécatée de Milet avant lui écrivaient et prononçaient efc, au 

génitif eTvo;. C'était, dès lors, une prononciation archaïque, qui se perpétuait dans 



l'usage, comme il arrive souvent aux noms propres : car celui du décan ,^_^^^ est rendu 
en grec par HotoXx. mais, même là, le passage du s= au q était un fait accompli 
probablement dans la langue courante, car on trouve en iiiéroglyphes les variantes 
'''"^n^® '^^^ ^^'^^^l®, en transcription assyrienne d'Assourbanipal Taâni et Taiani, 
prononcés peut-être rem, et copte ancien thi. Par un mouvement inverse, tandis que 
les Grecs rendaient en ^V!x<xiJ./,xiy_o; le nom □ '^X. ^' l^s Assyriens notaient plus exac- 
tement en Pishainihki {ToushamiUii , par mauvaise lecture antique du signe poly- 
phone initial), où L pour s=s s'explique probablement par une prononciation sifflante, 
Pis/iamisnhi, Pisamiski, du s=», et par le même phénomène de substitution de l à sh 
ou s, qui a transformé, disons Kasudi en XaXiaîoc. Nous obtenons donc, pour l'histoire 
de s=, le schème suivant : 

Cl 



Antérieurement au second Garde accidentellement une 

empire thébain, tourne presque valeur sifflante dans quelques 

partout à Ci T-t-D. mots et devient ^^, prononcé 



Là encore, les faits relevés par nos prédécesseurs nous prouvent que plusieurs pho- 
nèmes suffisamment distincts l'un de l'autre se dissimulaient sous le caractère-type 
^^, dès le commencement du second âge thébain. En voici l'histoire depuis cette 
époque, telle que je la comprends. Au début, nous avons sous ^Hl la mi-occlusive 
sifflante sourde ts, c'est-à-dire un son se rattachant à la dentale t, et la mi-occlusive 
chuintante sourde tch, prononcée comme dans l'anglais chil.d ou dans l'italien cicérone, 
c'est-à-dire un son se rattachant à une gutturale k. A la fin de l'époque ramesside et à 
l'époque gréco-romaine, chacune de ces valeurs se dédouble. La série ^^ ts se ramène 
progressivement à d^^ 5 ou à o, qui, eux-mêmes, se résolvent d'une part en ^-t-^, de 
l'autre en 2:-^==^-^!; ]a série ^^ tch aboutit probablement, par l'intermédaire de tj- 
DJ, d'un côté à notre j-G-doux, <^, de l'autre à notre chuintante simple ch, en anglais 
SH, aujourd'hui ■s.-<^. Voici les faits sur lesquels je m'appuie pour obtenir ce résultat. 

1° Du XVP siècle avant notre ère à l'époque saïte. — Dans les transcriptions de 
noms géographiques sémitiques que les listes de Thoutmosis III nous font connaître. 



DK [.A l>Il(iNKlli,>UE ÉGYPIIKNNE 23 

"^ et son .syllabi(|ue i servent à rendre généralenn'nt le s hébraïque, plus rarement 
le I. et leur témoignage est conrirmé par celui des papyrus ramessides, |„ lOtia 

^^;7; ,.:-n^,, ou bien %"^^ 1.?, ©^1"^ ■^'^'' J 'V fl^i^^ 
nb—isa et n^nibi e d'autres. Les noms comnnuis passés de l'usage sémitique dans l'égyp- 
tien présentent le même emploi, ainsi ^-^ |||0 ^ répondant au babylonien maziqda 

nar un ! 7^ 2S I "v^ t A )En, et ainsi de suite. De même, les scribes 

d'Asarliaddon et d'Assourbanipal disent :taanou, ^iiinoa, pour | \\ , ^ikliâ pour 



""^ vfts et leurs transcriptions achèvent de nous prouver que le x sémitique était bien 
l'équivalent graphique ordinaire du | égyptien et réciproquement, mais, comme la 
valeur du s sémitique lui-même était variable, nous serions parfois embarrassés pour 
déterminer celh^ du ]) égyptien, si les transcriptions grecques ne venaient pas à notre 
aide. Elles sont, pour le s sémitique, tantôt t, T'.po;-nlï, tantôt s, s'Swv-iitj:, suivant 
que l'élément dental ou l'élément sifïlant-chuintant l'emportait dans renonciation. Le 
même phénomène se produit pour le ^H) égyptien, car les Grecs transcrivent Tàviç 
ï \\ , OÙ les Hébreux avaient ps, et Tiw; ou '^i'i'»^, où les Assyriens avaient eu 
\ikhn, trois siècles plus tôt. Il y a donc là, à la fois, une indication d une valeur ts-tch 
pour '^ et de la tendance à faire descendre ce ts-tch ^°^ vers t-q. 

Que cette tendance ait été très ancienne dans la langue, l'étude de la dégradation 
successive de ts-"*^ en o-<=^3 et de S-<::^> en t-^ dans le même mot au cours des temps 
le montre suffisamment. Le mouvement, commencé dès le premier âge thébain, est 
déjà très développé dès le début du second, ainsi que le prouvent des exemples fort 
nombreux : quelques-uns, pris au hasard, suffiront i ci p our rappeler la règle. C'est 
aiosi eue le. |1^. ]-|_. fl J^|^, ^1^, =^, J^^"^, U^^^^. 

\\\\' ©n j^ , etc., de l'époque memphite ou des époques antérieures, sont de- 
venus, quelques-uns au moins dès la XII" dynastie, tous certainement avant la XVIIP, 

PS' "^Jm' P^^^^' 2^' ^^' kS' °P M • "^I"^Il^' 
® lc^>j , et l)eaucoup même ont franchi ce stage pour aboutir du c:^:^ au q, HT „» 

1 w^^s.' ~^'^^. ^i^i'- /i' ® J • Les textes d'El-Amarna offrent au moins deux 
bons exemples de transcriptions de ce c^s:i arrivant au c^, pnaliou, pinnattou, pour 
c^^ .*=^'] ^ de 0^°!^=^, nashi pour c^^Hs, ^"^^ de |]|o, mais, comme tous 
les mots égyptiens qui s'y trouvent ne sont pas encore identifiés, ce n'est là probable- 
ment qu'un mininuim. Le ^^^^ est certainement un n-o, et le S-n se résout en égyp- 
tien, comme le prouvent les faits, sur n-- : le ^°^, d'où il dérive dans cet endroit, est 
donc très probablement, ainsi que je le disais, une mi-occlusive sifflante sourde qui 
cède la place à la sonore S, qui, elle-même, cède la place à la sourde simple ■:, qui, à 
son tour, prend le son de notre sonore simple d. 

2° Du commencement de l'époque macédonienne au commencement de l'âge copte. 
— Pour les mots contenant un |-ts à l'origine, le mouvement qui conduit ^-ts au 



24 INTRODUCTION' A L'ÉTUDE 



^-T-D en passant par le <=^:= se précipite et s'achève : il est probable que tous les mots 
de cette catégorie avaient termine' leur transformation vers l'époque romaine, et que 
le départ entre eus et les mots demeurés en copte avec le son chuintant pouvant tourner 
au son sifflant était déjà fait. En eHet, on trouve dans les transcriptions du grec Sia'-ïç, 
SejjiEvoÙTE, S£vaa'.o;, avec la variante en s de ^^ prononcé ordinairement t-wç, |^^ J ^^ 

OO @^: I "^^ '' I R ' Q r^ ôl Vî' P"^"^ ^^^ ™"^^ *^1"^ ^® trouvent avec la ■2t 

seule dans le copte ■si'stoi, ■xioiuiAe-uoTTe ou ■xeiic-noTTe, prononcés probablement Tsitsoi, 
Tchitchoi ou Chichoi, Tsémé-Tchémé-noute on Chémé-noute, Tsentsaos-Tchentchaos 
ou Chenchaos. le grec rendant ces sons par i également; mais on rencontre aussi très 
fréquemment déjà des orthographes en q des racines écrites jadis par |, puis par 

ou .. de lï — c^:= ."^^V^Wde -^ VvV^-^X 
(nnD 6 mm J \mm Jimn q \\ .ffi^-M^ <:z=> W .le^.M^ awiii 

de il — ^^^2 ' -*^V=^' """ ' *1"® ^®^ Grecs ont transcrit Toaop-, Tojeo-, 
dans les noms royaux To^opOpoç, TocjEpxijis, etc. ; les exemples de ces orthographes nou- 
velles en ^ sont assez fréquents pour qu'il ne soit pas nécessaire d'en citer davantage: La 
prononciation en q-t des mots qui s'écrivaient anciennement par un | et qui s'étaient 
prononcés en ts-tch, était devenue si bien normale dans certains cas, que les scribes 
en vinrent à employer le j comme homophone de q, s=> et <=^^ pour écrire les 



noms propres étrangers, n ni , d 1 I m , rriSf ft ^-t^ ou "^^i * 



éf]. 



AAAAA^, pour TÎTo;, "ASp'.avoç, ^Mi'.p, Ao;ji'.t'.ïv ',-, et réciproquement les 
étrangers rendaient parfois le signe | par le son du t, _^ | n^',', ^ i 'Poj'r,^. . 
En revanche, bien que le copte nous offre plus tard de nombreux exemples de mots où 
la valeur ts-tch de j aboutit à un s", nous en jDOssédons peu pour l'époque antérieure 
où j-TCH se résout sur ^zr;^, équivalent à s" : le seul certain jusqu'à présent, et qui 
avait été relevé déjà par les premiers égyptologues, est celui de ^ 'j^^ à côté de 
répondant à s's.Tqi M. à côté de ■xe.xqe T. •xeTqi B. D'autres qu'on serait tenté 



de citer sont moins certains : ainsi la formule (jl) . qu'on trouve aussi remplacée 



, se rencontre ciuelquefois alors modifiée en "=3p? gA -ww.^ , où l'on pourrait 



1^ a 



reconnaît re la valeur en Tcn-«' de la racine j, s'il ne devait pas se rattacher plutôt à 
la racine "^ HA, écrite dès le début par la gutturale <z^, indépendante de ^. On 
aimerait encore pouvoir affirmer que, dans un exemple plus ancien, puisqu'il remonte 
au milieu de l'époque saïte, la variante vA ^® ^^ transcription égyptienne du 

nom de Cambyse sonnât KmnhncAui, mais la variante montre une pronon- 

ciation plus sifflante, qu'Hérodote a rendue par KaijiglTr,;. Il convient, d'ailleurs, de noter 
que les Grecs, n'ayant pas l'équivalent exact des sons couverts par |, ou ne rencon- 
trant plus dans certains mots qui l'avaient renfermé jadis rjue son dérivé c:^? ou <=>, 
ont employé souvent des lettres différentes de leur alphabet pour les noter, le 9 dans 

'Aputiflïiî '^^^ V I ^' ^'^^^^'"'^^'V I ^^ yf' ^® '^ *^^' ^^ " dans 'ApsvSwTT);, 'ApevTWTTiC ^T | 

(I ^, OÙ 'T' ^ a déjà la valeur | c^si, \'=^, comme le prouve la transcription. 
Le fait à retenir, c'est que, au moins à la lin de cette époque, les deux phonèmes 
que le | avait couverts depuis la période thébaine s'étaient bien séparés pour aller les 
uns vers la dentale --o, les autres vers la gutturale chuintante ■x-*', selon les dialectes. 



I»l': I.A PHONÉTIQUE 1<;(;V1'IIKNNE 25 

3° Du cooiinencement de l'à(je copte Jusqu'à nos jours. — Au t^'inpsoù se firent 
les premiers estais d'tnTiie l'égyptii^n en un alphabet grec augmente de ([uelques carac- 
tères, le son que le j avait pris dans la première série rcssemljjait assez à l'un des 
sons provenant du Q, et les deux à celui de la cliuinlante pure r-vr-i , pour que plusieurs 
des scribes pré-eoptes aient ('té lentes de les exprimer par un seul signe ou par deux 
au plus. Celui qui a recopié la deuxième partie d'Anastasi DLXXIV de noire Biblio- 
tlièque natiriiiali' traduit le |, le S et le i~n~i par un même caractère / , (|ui semble 
dériver du © Inéroglyphiiiue', et que je remplacerai par ^ pour la commodité de l'im- 
pression : il écrira, par exemple, «s'a.q = [ncj'xd.q, ^^^ , où <^ équivaut à os du copte, 
(*'a.A».ot3' -~ «'ô.'Aa.-is-'s T. M., ou «'oine =^ ujwne T. M. Nous verrons que les Coptes échan- 
geaient |)art'ois leur uj avec leui' ■li et leur s* : retenons seulement, pour le momenl, ce 
fait (pie les trois articulations couvertes par le <^ élaient assez proches l'une de l'autre 
[)Our qu'on put considérer (|u'un seul caractère pouvait leur suffire. Elles n'étaient pas, 
cependant, si bien assimilées l'une à l'autre que, dans le même manuscrit Anaslasi, 
l'écrivain de la première partie n'en ait différencié au moins deux par des signes parti- 
culiers. Il n'a employé aucun mot renfermant le s" du copte; nous ne savons donc pas 
si son 5" répondait à cette lettre comme au y, mais il n'a mis (pi'uni_' fois Je pour ■se. et 

ailleurs on trouve chez lui to5, s'a.Aioii., s'&q, pour Toig T. , ig«.'.\ioAj. TtTt"r ^^ 

-^^ 11 ® , *ig«.q-iijie \\n(l /H. Il a introduit pour le -s un caractère spé- 

cial J-, dont je trouve des variantes dans d'autres écrits du même genre et qu'on pour- 
rait rendre pour plus de commodité par ^. Il y avait donc pour le ■s-ts une nuance de 
son qu'il s'agit de rechercher. 

La première série de sons pour le -x, celle qui se rattache, dans la langue antique, 

à la mi-occlusive sifflante ou chuintante ts-tcii- |, se reconnaît à ce qu'elle reste 

|-x, dans tous les dialectes, là où ce | a persisté et n'a pas Uni déjà paral)ouli'' 

au '='. Tandis, en effet, qu'on a désormais ctoTxi. no-nu., tô.jt. THHfie oto^tè, «.ocTe aj-^toi, 

niTE, pour les formes archaï(|ues |l^^, "-^ j^, | ( , , , • j| °1' 1 jl ^ ■ 

lîlr ^H '^^' ^^ A ^S "^ ' '-' I ^^^ ' '^'^ rencontre, d'autre part, ■siotoiie T. •xwiojuii U. 
'S.MUL M., u)«^'xe l . ca.'si J/. ujc'xe Alihin. uje-xi B., otf's.h.i T. M. oiposeï B., fe.iij'zswx T. 

QttoTt M., iift.'xg^. KA.A.g^Tse. nô.'xe 7'. its.g^'xi M. itegTsi B., •soi T. M., en regard de ft ^, 

=4' Di- Mki i^i^?' ^n:- i\^ - <•= '-■^' 

d'autres. Mais, dans ces cas, comment convient il de prononcer le -s. copte? L ortho- 
graphe du I de cette première série ayant passé dans un certain nombre de mots 
à ^=^>, puis à T-? et -, en copte t et ■» selon les dialectes, il faut en conclure que, là 
où le •X provenant du j s'est maintenu dans tous ces dialectes, c'est que s. y avait 
conservé ou le son même de j ts tch ou un son approchant, que l'écrivain des lettres 
Régnier rend par -Z, ainsi siaÇ-c^ev zojtÏ'. pour cim-sen kot-si : puisque '=^ hiéroglyphique 
s'est changé en t-d dans le copte, comme nous avons vu plus haut, il est plus que pro- 
bable que le f aura suivi le même mouvement, et qu'il sera devenu de ts-tch pro- 

1. Cest également l'avis de Krall {Mittheilungen, 1886, p. 111) et d'Ermaa ( Di« œgypti.ichcn Besrhu-&- 
rungon, dans la Zeitschrift, 1883, t. XXI, p. 93, n. 1). 

4 



26 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 

nonces avec la souide et la sifflante dure s, ds, avec la sonore correspondante et la 
sifflante douce s, identique à notre z ou à notre j dans zéro et déjà. On dira donc 
Bzôômé et Dzôm, Diôômé et wôm pour •xiowue, •xcoa», shauzê-shamé ou saDïl-^n-oii 
pour mevse-civsi, ririDz/i et naazhi, na/iDjhé ou na/iDji, pour ita.-x^-ua.gTsi, et ainsi de suite. 
Bien entendu, ce système ne vaut que pour le cas où | es a persisté dans tous les 
dialectes; la plupart du temps c'est le contraire qui est arrivé, et, l'élément chuintant 
ayant prédominé dans ce son complexe, les dialectes du Nord possèdent un •s. en face 
du s* que comportent les dialectes du Sud. Comme il nous faudra insister sur ce fait à 
l'article des gutturales, je ne citerai ici que deux ou trois exemples pour la forme, 
■xeii M. à côté de ^xx-^n T. de /"^^ v\ , tio'xi, twx A/, à côté de Tws'e. tws' T. de p- 

\^Oi''^\Oi: ""^ -^^^ '^ ""^^^ '•' ^"'^'- '^'""^' ^- ''^ ®^ J ^= l'échange 
des deux sons représentés par ■x et a' se produit quelquefois, d'ailleurs, dans le même 

dialecte, ainsi que nous le verrons plus tard. Plusieurs graphies des manuscrits 
coptes, dans lesquelles le s. des deux dialectes est manifestement l'expression d'une 
comhinaison T + ig, nous permettent d'établir qu'en etîet, dès le début, la prononcia- 
tion de ce caractère répondait à celle de t-d-t plus la chuintante uj, soit au ch anglais 
dans cnild, ou bien au c italien devant i ou e, comme dans ciCEro/ie, -xno T. ■s.nt. B. 



•s^Çio B., équivalant à û oO *T-mno, ■xnio T. •sc^io /?., étiuivalant à û Q Çq 

*T-ujnKo, •xne, •xno T., équivalant à û û ^^,v Q() *T-iyuie, d'où la préposition «•■su T. B., 

é(|uivalant à **.T-iyit, xto, -stc T., é(|uivalant à à û i<cz=>"5^ *t-u)to, t-ujtc, et ainsi 

de suite. 

Les différentes transcriptions que nous avons soit de textes égyptiens en caractères 
étrangers, soit de textes étrangers en caractères coptes, confirment sensiblement cette 
lecture de -s.. Dans le vocabulaire français d'un Copte on trouve, pour rendre le en de 
noti'e langue, tantôt ■s, tantôt la cnniliinaisoa tuj ou -t^iy. J'avais pensé tout d'abord 
qu'il y avait lieu de distinguer deux prononciations différentes, l'une propre au fran- 
çais parlé par les Orientaux, •s*>-»eg, •sxiei^e, çhtte, ç'inhe, etc., l'autre reproduisant un 
rendu picard ou anglo-normand, TujifieAe, «iy«.iieA, TCHÎoè/e, TCuameP. J'admets au- 
jourd'hui encore l'exactitude de la seconde partie de l'explication, mais, pour la pre- 
mière, je crois qu'il y aurait lieu d'adopter une autre solution. Le scribe copte, ayant 
à sa disposition deux sources d'information pour le français, l'une (|ui lui fournissait la 
prononciation che de l'Ile-de-France, l'autre qui lui fournissait la prononciation tche 
de l'anglo-normand, a tenu à distinguer entre les deux en employant •x pour la première, 
Tig pour la seconde. Il a donc écrit, dans le premier cas, Aj^^si^ee^, ■xAici<^e, •xeuoTc, •s*.iv-ee, 
et prononcé plus doucement la ^Jatte, ^jemise, <^'jénoHs, ''janlé, répondant à ta jatte- 
1(1 chatte, jemise-cliernise, je nous-che^ nous, janté-cliante.2, et, dans le second cas, 
Tigiito-8-e, Aiu}en-2k.i, eu)«.pna.n-»ep, Tujekp, TujifieAe, «ujikiieA, pronf)ncés plus durement 'du 
nous, li 'cli'en di (</e).... 'c/iarpanter-charpentier, k-liar-c/iair, k-ltiréle-checal, 'chainel- 
chamel. Et, en effet, dans le texte copte en lettres arabes, ■x est transcrit ])ar r. , nxoc 

jj-»^, Tte \>., ^iQien i;^^, cioA'x f^ , c*.'si .s-lj , At*.T^îiV""" ^lj,3-l-3U, ti'soqxeq v_»l>-^j^^l , 

1. G. Maspero, l.i; Vocabulaire français il' un (ùiitc itu XIII' sirclr, reproiliiil dans les litiides de My- 
thologie ou (l'Arr/téotofii:; t. V, p. 183. 



liK LA IMIONKTIQUK 15(;YPTIKNNE 27 



et son ti'moignag'e est confiriin'' par li's ikhiis (•(iminims (lu les ikiius pnipi'es géographi- 
cpii's (Hi r('Ciivain arabe, tout comme le drogmanépelant le français, rend le son copte s. 
lanlot iKir ^ c//, tantôt pai' j_p. c/i, tantôt jjar ^ on par ^, l,j\l-\ e^A-sepi*.. j_\>. •xemp, 
Ot xALiTivccii, -iL». , ni2seAfeA.o iiU. , ■si'stHp j^yta- , ■xetpo 'j\i, , p«.c e'\ ^*>An£ rc.-i*^^-lj , xovui 
ol^ . -fAox ^VS . ■so'.VskA 4i_L. , el (|Ui'l(juefois i)ar le J: ot par le ^ iiidilîéremmont : ■si'îifiHp 

s'écrit aussi xyi-^- Laissons de côté les exemples tjui se raftacheni à la prnnon<'iation 
Tsde j, et retenons seulement r(''(|uivalence de ■x avec ^ ou J!:. : on a de même, chez 

Le Page-Renouf, -.[>■ ■s.tAec, 4ju<li^l eAseAie'ojw, ljj>. •jic-i.-i.f. e.v>-y qeÊe'seTkOo. O.— >-U 

A«.eTsec«.pT. On a discuté atin de savoir (luclle valeur il convenait d'attribuer ici au ^, 
et Amélineau ainsi que Rochemonteix pensent que c'est celle qu'il a on P'.gypte ac- 
tuellement, gu- ou g dur, tandis cjue Casanova et Galtier penchent pour d/' : l'argument 
tiré de la prononciation présente de : n'est pas convaincant, car, quel que soit l'usage 
journalier des feHahs, ils savent, même les plus ignorants, (pie le a régulièrement la 
valeur '•(/, et ils s'en servent pour rendre, par exemple, le son j du français, ïjf'^^- 
l'j/ houre pour je cours. On pourrait tirer une preuve nouvelle de l'usage de s" qui 
échange si souvent avec ■x, soit d'un dialecte à l'autre, soit dans le même dialecte : le 
drogman copte l'emploie pour rendre j ou G-doux français devant i, e, Aina.iis'rAe, 
a'itidiAujju.e, s'inoire, s'ene. S'alite, (S'e.p-ikin, s'ots-cci, l'KcanGilc, Gentilliornme, Génois, iciine, 
laurie, Kirdin. je suis^ et aussi notre s-douce ou notre z, Ta.ia'ojAj.c, p*.^m, Ais'e, C«,p*w3'<î'm, 
des hommes, raisin, lise.;, Sarrazin. 

Plus tard, lorsque le copte fut sur le point de disparaître ou qu'il eut disparu, la 
prononciation du -s s'altéra encore. Dans le psaume transcrit de Petrœus on trouve •s 
rendu par j, réduction de d.i, mè'xcopg^ hiajorh, oT'xiofii laôûvi, ou par sj, ^J'î^en liisinn, 
•se siâ. C'est la première prononciation qui prévalut depuis le XVIII" siècle, au moins 
chez les grammairiens coptes élevés par les missionnaires italiens, et chez les gram- 
mairiens européens. Kircher', par exemple, délinil « ■x Giangia prufertur ut 1, iota 
» Hispanicum, ut hijo », ce qui n'est plus exact aujourd'hui que lu /oCa a changé de 
son, mais qui nous ramène bien au j de Petrœus. Après lui, Tuki, Valperga, Minga- 
relli, emploient la même valeur, et Peyron lui-même suit la tradition : « ^s pronun- 
» ciatur uti g dulce, quasi i interjecto inter ts. et vocalem sequentem, ut sit •x*. gia, 
)) •xe gie ». De la même tradition dérive la transcription sj de Champollion, et les 
transcriptions plus savantes que les philologues coptisants ou égyptisants ont essayé 
d'établir dans leur cabinet. La prononciation actuelle, telle que Rochemonteix l'avait 
recueillie, diffère assez de la traditionnelle. « X ganga = g est, dit-il, im semi-contact 
» formé dans la même région que le g dur français; la prononciation du groupe gui 
» devant a, o, a, en donne une idée assez exacte. Cette articulation se retrouve dans 
1) presque toutes les langues des peuples avoisinant l'Egypte; elle s'est imposée pour la 
» prononciation du r arabe dans le parler des fellahs, qui n'emploient jamais, comme 



1. Kircher, Prodroinus, p. 287. 



INTRODUCTION A I.'ETLDE 



» les Syriens ou les gens de la Barbarie, j ou dj, et réservent d'ordinaire le r/ dur pour 
» rendre le J, voire le 9-. » C'est sous l'influence de l'arabe d'Egypte que le ■x. pro- 
noncé d'abord dj, j, a passé au son voisin du G-dur dont parle Rochemonteix. De 
même que le musulman égyptien prononça \^>- Gamel au lieu de Djamel, le copte, ap- 
pliquant à sa langue liturgique l'usage de l'arabe familier qu'il parlait dans la vie cou- 
rante, prononça désormais cé.Tsi sa'gi, ic-sen isgan, ««q-xoc qf'goes, otkot'xi ôko'gi, -scAiq 
gcmf, tfsiopo engorh/i, et ainsi de suite, c'est-à-dire saf/ui, iaguan, afguoes, ôkngui, 
'gnemf, engnorlih. Je n'ai pas noté de changement depuis quarante ans bientôt que 
Rochemonteix recueillit ses textes dans la bouche de quelques prêtres. 

I/histoire du ^^-x égyptien, depuis le début de la XYlll'' dynastie, nous montre 
donc, connue je le disais en commençant, une dentale palatalisée que je rends par ts et 
la chuintante palatale correspondante que je rends par tch. Le premier phonème tour- 
nait déjà au c-=^ 0, puis au <=^ t-d, et, à l'époque romaine, il ne se maintenait plus que 
dans un nnml)re de mots assez restreint. Le second se substitua progressivement au 
premier, et de tch en d.t-j. puis en g, envahit tnut ce (|ui restait de la langue à l'ex- 
clusion de l'autre. 



La détermination du phonème couvert par ce caractère a prêté matière à de nom- 
breuses recherches comme celle de s==>. Champollion et les premiers égyptolngues le 
considérèrent comme un homophone parfait de <^, s^ , |,^^, et ce ne fut qu'après 
de longues discussions, soulevées surtout par les travaux de Brugsch, que sa véritable 
valeur fut établie. Résumons en quelques mots son histoire depuis le commencement 
du second empire thébain. 

1° Du XVP siècle avant notre ère à la fin de l'époque saïte. — Les scribes du 
début de la XVIIP dvnastie ont employé le cz^is pour rendre le n des noms sémitiques, 
mais non exclusivement tant S en faut : SI I on trouve \ v ou \ ,UfîA 

8*11^, "1"^.*?, blisa, ilTS, i'nn!, on renconlrc iiussi des formes nombreuses en et en II 

pour exprimer ce t dans toutes les positions '|\^^ _\\\ pour i-ïïJia, |il||| v\ pour 

pfe'ai, etc., ainsi que nous l'avons dit à l'article du q. Les transcriptions en cunéi- 
formes d'El-Ainarna ne nous donnent pas jusqu'à présent de mot contenant certaine- 
ment un -^^îs. et il faut descendre jusqu'au VU" siècle avant notre ère pour en ren- 
contrer d<>s cas en assyrien. Les scribes d'Asarhaddon et d'Assourbanipal rendaient 
alors le son par lï^jnivalcnt e, Xatùhu pour "^ g cz^^ g v¥ ' Piii^t'^i ou Biu^ém 

pour ' y^ÏÏÏÏ , Jspima^ùoii pour "S ^k^ i\ \ W^, et, dans tous les noms propres 

en " , Paainiustn p(nir II jj \ vOi, Puiaubesti pour W Vff. 

Jpti/jfinùcsa pour ^\\S) V)§^, mais une fois le c:s> est déjà tombé dans l'/Ao 
pour I . Le grec présente la même fluctuation, car, dans >âÏÏ®ÏÏ' i' '""^r"^ ^^ 
premier c^a par S, mais le second par -, au génitif .mévoï,,-, mévot.to;, et la prononciation lé- 



1)1': i.A rii(>\i'.Ti(,)ri: l•:(!^■l'l■Il•:\Nl■: 29 



goreiiicnl silllanlc du s ;i peut-être iiillui' sur hi (l(Tivalioii eu 7 de l'i^lluiiiiue MevS/ixioî. 
Les triinseriplioiis .iramc'euues do ré|)()(|ue persane continuent à expriiucn* généralement 
par un ts le son du cs> égyptien dans les (|uel(pies noms qu'elles nous apportent, "Ci«:t2D 
pour vji r ^, nx'BE pour rlj] yf • <1<'^M'"^'^ "" rapproehei'a l'Iii-hrcMi rns-pla 

pour ûA/T^ ^ et le nom niixle, signale dc'jà ptar llougt', '?!<"pia, dont h; premier 

élément est . II faut noter toutefois (|u'a la même époque, les Grecs rendaient déjà 
de ces noms propres par nn -, îXî ^ P''^'' no-raTtjjiT';, nazxoëTfiic, k cor- 
riger, comme le propose très judicieusement Spiegelberg, en naTap??;xi; '^J J 

^^ wT' ri vil Sr "-'"?'^; i' Gst rendu également par un - dans d'auti-es combi- 

naisons telles i.\\.w (I û D^ 'AjjtopTotTo;. La forme "AêuAo,- du nom de la ville Y J ©, 

¥ I , pent avoir assumé un a, par suite d'une assonance au nom d' Abydos que por- 
tait la ville de l'Hellespont : il faut, pourtant, noter ici un des exemples rares à cette 
époque de <:^j> transciit par a. 11 résulte donc de ces faits que. depuis le milieu du 
second milir-naire avant notre ère jusqu'à la conquête macédonienne, c^^ oscillait entre 
deux phonèmes rendus l'un |)ar --ta-A, l'autre par n--, mais avec une tendance vers 
le T-n marquée de plus en plus. 

-r^° Depnis le conirnencenicnt de l'époque ptolémaïque Jusqu'à nos /ours. — L'his- 
toire du <=s> est bien connue à partir de cette époque. Le son s'en identifie dans la pro- 
nonciation avec celui du q; il ne se conserve que par effet réflexe dans un mot comme 

I h^, où le de la transcription traditionnelle xiOu est évidemment amené par un 
souvenir du c^a premier, et, dans l'écriture monumentale, il devient une variante pu- 
rement graphique de ce signe. J'ai noté déjà que, dans le démotique, le grec est rendu 
toujours par q; cette constance s'explique peut-être par ce fait que les formes graphiques 
du ^ et du ci^3 s'y sont confondues sans qu'il soit possible de les reconnaître par elles- 
mêmes. Cette confusion dans la cursive amena nécessairement une confusion dans 
l'écriture hiéroglyphique, et, si, pour les mots du vieux fonds de la langue, les scribes 
conservèrent souvent par routine d'éducation les orthographes traditionnelles, dans les 
noms étrangers ils employèrent indifféremment <=^> et >=■ pour exprimer le - et le 2 : 

'AXé^avîpo,- <^.^:^nc^^ ^ OU [j^îlir^n ^ v| , [lToA£,uaTo,- LH| | ' OU ^^ ^ ljl|[l. 



'°°^,:'V"- ^-'^■^-■'^-'^^ 



AAA/NAA CZi 



'"^'' '%^T<4>^,^l M--?a.c!a et c^(](]'^f][è Afo., et même, dans ce 
dernier nom, c:^^ est usité plus souvent que ^ sur les monuments pour figurer un -. 
Sous les Romains, Aù-:o-/.p2Twp présente toutes les orthographes possibles pour ses deux •: 

eJ^.6a^.oc pour son^mque, *|^^^-^5 S^' I^SpS^' !k<^<=>' 
>. , , ^^ j 1 . et Tibère, Claude, Domitien, Trajan, Hadrien, se servent in- 

différemment du '=^, du c=^^ et de leurs homophones pour rendre le ou le - de leur 
nom en sa forme grecque. Une fois disparus les hiéroglyphes, le copte écrit avec t 



30 IXTRODLCTIOX A L'ÉTIDE 



tous les noms qui, dans la langue ancienne, avaient un c> ou un '=^^, et les deux pho- 
nèmes au moins que ces deux caractères recouvraient se sont résolus en un seul t-^. 
<|ui suit toutes les fortunes de celui-ci dans les deux dialectes, telles que je les ai ex- 
posées à l'article du <=>. Il faut noter seulement que le cs^ du verbe û d(1(1 conserve 

sa valeur de a en dernière syllabe, tout en prenant celle de ^ - en tète des mots : ainsi 
le texte copte écrit en lettres grecques de l'arcliiduc Régnier écrit z'i-wmi, fiaeivouS;, mouS, 
pour ennito-s"i-, AXAemo-s-J-, nito-y)-, mais -n/^n. TiEpasTra^EiÔ;, pour "J-c^a^ci, 'J-epA.cn&.reS'-ac, 
ce qui semble être une simple différence d'orthographe. 

Ici encore, comme à propos de ^=^, nous devons nous demander s'il y a dans ces 
faits des éléments suffisants pour déterminer la valeur du son qui se cache sous cr^ia. Il 
faut, pour cela;, revenir un peu sur l'article de ^^ et nous rappeler le fait bien connu 



de la transformation graduelle au cours des âges de certains ^ en -c:^» et de ce 

on <=., Iljl^^, par exemple, devenant [Il I |, puis [|1 , [Tl , |T| I , et le dernier ^ 
s'amuissant pour donner le copte xioctc T. aiocti M. iiô-cf ^i- Tenant compte de cet 
élément d'enquête, nous pouvons arriver à une appréciation assez exacte du son. La série 
des dentales en égyptien nous a déjà révélé plusieurs phonèmes distincts, t-d-q qui se 
ramène en dernier lieu à d-t-«-, s=> qui se ramène à t-d, puis à d-t--» dans la plu- 
part des cas, mais se résout sur z-x-ts-tch dans quelques mots, en dernier lieu ts-tch- 
CH, ^°1 qui finit par aboutir d'un côté à t-», de l'autre à ■s-s'. Une valeur manque 
à cette série, celle du a grec ou du i arabe, c'est-à-dire la sonore de ^-t-t-o 
niemphitique. Je crois (jue, si c^^i ne représentait pas exactement le a grec ou le 
S arabe, du moins il en différait peu pour l'articulation : c'est, en effet, celui qui de- 
vient le plus aisément tantôt d-t, tantôt z-x, comme le prouve l'histoire de i dans 
l'arabe d'Egypte. L'objection qu'on a opposée parfois à ceux d'entre nous qui ont 
préconisé ce rapprochement du son caché .sous c:^> avec le son abrité par a, à savoir 
que le copte n'a employé le •2». que dans un petit nombre de mots étrangers qui le 
possédaient dans leur langue d'origine, a peut-être quelque apparence lors(iu'on s'en 
tient à la surface, mais elle cesse [de valoir dès qu'on va au fond des faits. Les 
exemples cités plus haut, et beaucoup d'autres que chacun de nous a présents à la 
mémoire, montrent que, dès le commencement de la seconde époque tliébaine, le son 
du c:ss tendait de plus en plus à se confondre avec celui du <= et même du £= devenu 
presque toujours homophone de ^. A l'époque gréco-romaine, lorsque l'alphabet copte 
se constitua, le son de '=^> = a n'existait plus en égyptien, mais ce n'est pas une 
raison pour admettre qu'il n'y eût jamais existé : de ce que les fellahs prononcent S 
presque toujours comme i d ou 3 z. il n'ensuit pas que ce caractère n'ait pas eu ori- 
ginairement en arabe sa valeur particulière. Notre c:^^ est donc, je pense, l'intraden- 
tale faible a, et il est à ^^ ce que s=> a été un moment à ^ : l'occlusion, ne se réa- 
lisant pour le former que par une pression peu intense de la langue sur le palais, c=^> 
<!tait une sorte d'occlusive sonore douce, par conséquent elle était articulée assez faible- 
ment, et c'est là ce qui explique les transformations qu'elle a subies en descendant les 
siècles. 



1)K I.A IMIONËÏIQUE ÉGYPTIENNE 31 

On peut donc l'ésuniei' dans le tableau suivant tout ce ([uc nous savons do la séx'ie 
des dentales : 

Ci *T D { 

( e-T. 

i T-D. 

T O 

( ') T£ ■X-S'. 

t O-D. 

DJ -s-^-G. 

i T-D. 



^ ( TCH 



Ci T 



^»-^. 



c. Gutturales et aspirées. 

L'égyptien compte trois gutturales proprement dites ^cr:*, /!, ZS, ainsi que quatre 
aspirées m, |, »-=, ®, et leurs équivalents graphiques, au commencement de la se- 
conde époque thébaine, celle de la xoiv-r,. 



Je suis convaincu que, dès le commencement de cette seconde époque thébaine, le 
signe ';:=^ et sa variante vocalisée ^ recouvraient deux phonèmes assez différents. 
D'un côté, il répondait à notre sourde gutturale simple c dur — /., de l'autre, à une 
sonore gutturale aspirée, notre g dur suivi d'une aspiration légère, et je crois en trouver 
l'indice dans la facilité avec laquelle les Égyptiens l'ont employé pour rendre le a ca- 
nanéen ou hébreu, tandis que les Grecs ont pu le traduire par x ou emphatiquement 
par •/./, et les Memphites par x dans des mots où le thébain a un k. 

1" Du XVP siècle avant notre ère à la fin de l'époque saïte. — Les listes de 
Thoutmôsis III présentent tant d'exemples de la première valeur k de "^3:^ et de sa cor- 
respondance exacte au t hébreu, qu'il me suffira d'en rapporter ici quelques-uns qui le 
montrent dans plusieurs positions, ^K^ -^ -^ iXj [r.», , p tia • ^QOrT© 

■è-Tk U . . . , , , ■è' 



eir3N,ov\ -^ "Çs JL Jl^rn, V\ i2lc* , et dans les noms communs 

|l(lv.::-^ mrap, ~^^~^ 4 0^ ' ^^-=^ "1^33 z(vupa, et ainsi de suite. L'équivalence de ■'^zz:^ 
égyptien avec 3 hébreu demande plus de démonstration pour être bien appréciée. 
Le spécimen le plus caractéristique en est donné par la transcription du nom de la 
ville cananéenne de Mageddo, ^ Il tvL '''^sîî , mais les exemples tant de noms 

géographi(iues que de noms communs en abondent dans les textes, ^iz^ nnj, 

l\\_i\, Q ij!? , ^^ , AAAAA^ \\ nl33 , A (J ni et tous les noms de villes formés 

avec ce mot, ^, ^ ^ "^njo. Parfois l'égyptien donne ^ en variante de 'î^z^ pour 

rendre le mot étranger, ^"^^^"^^ Mil "^^ et -^ ^ ^ ^M"^|J^- 



32 INTRODUCTION A L'ÉTIJDK 



6 |_ D rzî, daus -î^?6 J ° I y > ^t ^ J V ; \\ est rendu par ^v^^^o^ nis? au 

pluriel et par au singulier dans -^^ -vvwva '^-^•^ Dp-jj-pr, \ )| û ^. ^ l ^^"^^'^lî?. 

où le mot n-ip, est rendu par "^ ^ j] tandis que dans <±> "1" ^^^ i i i ^' ''^^ rendu 



par l'orthographe <=> , avec le /}. Comme nous le verrons plus loin, le zl répond d'or- 
dinaire au p hébreu, ainsi (ju'au J arabe, el. du moment (pie, dans la prononciation 
égyptienne;, le son placé sous le signe ':::^t pour rendre i pouvait faire variante avec le 
son placé sous le signe ^, c'est qu'il avait quekpie chose de plus que notre G-dur com- 
mun : c'est peut-être le y prépalatal du grec, devenu par la suite une spirante gutturale 
sonore, et cela lui permet, comme nous verrons, de se confondre plus tard avec S- Kn 
tout cas, les variantes que je viens de citer, et les autres de môme nature, semblent 
bien prouver que le ^zz^ abritait, à la XVIH' dynastie, et la gutturale sourde c-k et la 
gutturale sonore simple -;-3-g ou déjà devenant s|iirante. 

Les pièces cunéiformes d'EI-Amarna, par un hasard singulier, ne renferment que 
des mots comportant le svllabi(|uc == 'Çn, ■ Elles écrivent par des svllabes renfer- 

Q ff\ n ^ u"^ I ^ u © u vûl^ 

mant un K = 3, fi ^jt J (Hi-KU-up-ia-ah) HiKovptah, ^ „ (KU-r-ih-Kv) 

KOu//(KOU, ^^ I ^ {::n-ab-na-KV-ii) ^nbnaKOV, j {K\j-u-b(p)a, K\j-u~h{/))ii) 
KOvb(p)a-KOvlj( /> )ou. Dans un cas, il emploie la syllabe kou pour rendre un jj qui 
répond à un i hél)raïque ^^\ / fr^ (a-Kv-nu), mais, comme il traduisait ce mot 
de la forme égyptienne, il est probable (|u'il a pris le signe U dans sa valeur la plus 
fréquente de ka et (pie cette lecture lui a dissimulé la forme séraiti(|ue par 3 du mot. 
'Une autre fois, il transcrit une fois kouj/ (ku-j/) le mot égyptien ^Sîl-^' '«''"i^ 
abrégée de ^^ IK ^ ^^' ™'iis, le reste du temps, on rencontre Go\j;i (gu--0- Les 
textes en question nous montrent l'existence des deux sons compris sous le signe 



et la même prédominance de la sourde ordinaire K-c dur sur la sonore spirante a-r. 

La liste de Shastianq à Karnak nous montre, somme toute, les mêmes phénomènes, 
mais déjà plus marqués. Le '::z:=« continue d'y rendre "^ hébreu, '=^^s^ y^ \> lU?? . 

le :, ^(l^[M^ 33 ou plutôt n_33, mais celui-ci est rendu plus souvent par ffl, ainsi 

môsis in, et, comme nous le verrons tout à l'heure, ^ii^^, au moins dans une partie de 
l'Egypte, passe de la prononciation de sourde simple k-c dur ou même de la pronon- 
ciation sonore spirante du 3-i' à celle de sourde aspirée ou de sonore aspirée / ou ■/./. 
Les transcriptions assyriennes du VHP siècle ne trahissent rien de ce mouvement dans 
leur orthographe, si ce n'est, peut-être, parfois une réduplication du k sensible à l'œil 
dans 1*^^ "^-s^ Xzlî Mû Bu-vK-KV-nn-an-ni-r-pi = BouKKOiinannipi, ou dans 

. 1 . v\ i\V-/K-Ku-(y à côté de A7-ku-«; toutefois on ne retrouve pas jusqu'à pré- 
sent ce mê me r edoublement dans ^^^ ~"w« Bii-KVi'-ni-nip = BouKovrni/iip, 

dans D l^i .^ Pi-sha-me-il-Kt = Pii^hnmilKi (pour PishamisHh'}, JtTt'f "^z;^ U 

Sha-ba-KU-u =z ShabaKOv, i^^^^ kv-u-su =; kovs/iou, t^^. Ce phénomène d'as- 



ni': LA i'iioxKTii,ii;i'; kgyptiknne 33 

piratioii ^110 manifeste le ^=^ égyptien est rendu évident par nne partie des trans- 
criptions grecques de ees mêmes. Il est. itiobahlenieiit, assez léger encore pour (pie les 
Hellènes, (pii ont servi de drogmans à Hérodote dans son voyage d'Egypte, aient rendu 
le son qu'il exprimait par un ■/. plutôt (|ue par un /., Mj/.£pTvo;, Nsz.'i,-, SaSa/..');, •/.a"A;'3!f ■;, 

seulement on a / dans ^Voi-±<x:,-z'yj,^ pour □ '^^^^^ '"-i V dans "A:-cjr.zrjz pour \â\'} U , 

si vraiment A'.-p— 0; vient de ce mot. Mais il convient de ne pas oublier cpie ces gens, 
ou bien étaient pour la plupart de race ionienne plus ou moins mélangée, ou bien 
avaient appris le grec auprès de colons ioniens pour la plus grande partie, et que le 
parler ionien emploie volontiers le /. où d'aulres emploieraient le /. : c'est pour cela 
qu'Hérodote dit Mu/.spïvo;, .\=/.(i;, Sïoay..Jç. Mais d'autres, vers son temps ou peu après, 
rendaient le ^3^ égyptien par un /. . 1 3 par i.oyoiç,i(; ou s'yapt;, cn^^ par 

"Az'jp:,- ou A/wp;;, et il est probable (pie toutes les transcriptions grecques par /. des noms 
égyptiens renfermant un ^cr:^ pouvaient remonter à cette époque : nous verrons tout à 
l'heure ce qui explique ce fait à coup sur. 

2° Du coriiwencement df. l'é/xx/ue niacê( Ionienne au coinmcnremcnt de l'âge 
co/itc. — Les deux valeurs prineipales de ^:zi^ sont, en ettet, bien marquées dans les 
transcriptions grecques. Celles-ci conservent le rendu en •; quelquefois, au moins en 
variante de ■/. ou /, NEyai pour tjrr. v\, à côté de Ne/ïw et Ns-ti^, mais ces cas sont rares, 
et ils offrent le plus souvent le rendu en /. ou en /., Kv/ojsiî-xôvoj-jh;: I nî>, Mjx-e- 

pTvoî-M£Y/_ipT,î , 'ApoT; -/ ■c-'Apgy/.'.,- V\ ^ J 1 ^f^ , lîv/.:,--B?;/^i; l*^ (1 [] ^, parfois par 



y./ à côté de / seul, selon l'usage grec. i5y./opi,--dv/./ojp.î-Br)/opTv!c, même ii>f/(op ç, et presque 
toujours / dans les noms royaux qui renferment le mot U, ^-r-?à?'''^ (DIU- Txv/Érr,; 
0ÏÏU iJ : Kofi/coî e.çt écrit selon l'usage du grec a\ec un /. initial pour Xocé/cj,- ^ ''==n), 

iiii O O 1 /. ^=gj^,=jj 

et, tandis que l'on continue à orthographier SïSï/. •>/ pour Itlil ^^ U et .vr/. ù; pour . ^ 
selon la tradition ionienne imposée par Hérodote, à côté de N'/»'', on trouve i:=o/o; 
pour JjTtT ^^ . On remarquera que toutes celles de ces transcriptions dont nous 
connaissons l'origine sont dans des récits concernant le Delta, et, par conséquent, on 
sera tenté de les considérer comme reproduisant une prononciation de la Basse-Egypte : 
^^ J \ 3 'Apê?;/'.; est un dieu adoré dans ces parages, xôvojtp'.? est, selon la tradition, 
un iMemphite contemporain de Platon et maître d'Eudoxe, Box/opiî est un Sa'ite, enfin 
Manethon, qui a dressé les listes royales où sont les noms en /.e-U, est de Sébennytos. 
L'analogie du copte nous engage donc à croire que les variantes en /. du son couvert 
par le signe ^r^ représentent une particularité des dialectes de la Basse-Egypte, tandis 
que les variantes en •/. appartiennent à des dialectes de la Haute-Egypte; j'ai em|)iunté 
les formes Kv/ouaiç, 'Apo?;/.',-, à des documents provenant de cette partie du pays, papyrus 
thébains, grafïiti, ostraka, ce qui, sans être une preuve suffisante, est néanmoins un 
fait à relever. Comme on rencontre des indices des deux prononciations, du ^^zz;^ dès la 



1. HkKCHIUTE, II, LWVII. 



34 INTRODUCTION A L'ETUDE 



XVIII" dynastie, on peut se demander si, dès cette époque, elles n'étaient pas un des 
traits qui distinguaient entre eux certains parlers de l'Egypte. 

Les transcriptions en hiéroglyphes des noms grecs nous fournissent la contre- 
preuve de ce que nous avaient appris les transcriptions grecques des noms tracés en 
hiéroglyphes : elles continuent d'exprimer par -^zz:^ les deux sons que les Grecs tradui- 
sent par •/. et par/., mais la confusion qui s'établit dès lors entre les caractères ^3:^. a 
et ZS, ^^ ' I , 8 "^ ' :~^^ 1 , à côté de 9 ' ' | , qui, dans l'écriture antique, 

rendent des articulations entièrement différentes, ne permet pas de suivre bien loin les 
scribes dans cette direction. Si, en effet, on a dans le décret de Canope le nom Mot/wv, 
transcrit par ^^^ •Jf ) ' û û ""^ Sr- avec un ^3:^ répondant à /. , on a ailleurs ce même 
©. rendu dans l'éciiture démoti(|ue par le signe pour S, 'Apx'êtoç = '^ ^ H(| 1 <^^ 
(JU \A , T'.|jiap/'ST,<; ^ ^^f r\ 00 VSt. et ainsi de suite; une fois même on trouve en 
présence du ® l'équivalent démotique de J , dans ^s. e/'^O'J "%^ i o ) "t^ ^ '^~''^'' 
|jia/o;. Il ne faut point s'en étonner trop, puisque nous avons déjà remarqué, en parlant 
de |, qu'un des sons qu'il recouvre peut aboutir à ^3:^, et qu'on rencontre la forme 

'^'^ M. à côté de ^"^ UHL : *'^,V'=^f] ^ ifl^"""'' ^"^* connaître un 
cas où I est un succédané de ^^zz^ aspiré, qui lui-même est là pour © ou T. L'ortho- 
graphe ^s-^' ^ ®Hv 'i"'*^^ '' relevée à l'époque gréco-romaine pour le nom du 
dieu Q^\ j\, et qui se reflète dans les orthographes grecques Kv^-j et KvoOtpt:; à côté de 
XvoOêiç, nous montre un fait du même genre, et la même tendance à traduire le ^^^rr^ 
par un /. ou un /. reparaît dans les variantes du nom des décans 7 ^Ic Xvo^jjtiç ou 
Kvo'jjjik;, ' wwva -;Ic xap/voOfii; OU Xapzvoûjjtii;. On ne saurait donc tirer des faits cités plus 
haut ni de quelques autres analogues la conclusion qu'il y a dans l'alternance des trans- 
criptions une alternance dialectale; pour en obtenir la preuve, il faut passer au copte. 
.■5° Depifis le coinmciLcenient de l'âge copte jusqu'à nos jours. — La transcription 
en hiéroglyphes des noms impériaux, montrant l'assimilation perpétuelle dans l'écriture 
des trois caractères ^z::^, A et ffl, 't)l]0 ' . ^Ofl-^-, fflOI] '<=>. pour Kafaapo,-, ou 



(in I, ^ , ^ non, pour KÀaûoioi;, jettent encore de l'obscurité sur la 

question; les scribes semblent pourtant préférer A pour les mots où le A, reprenant son 
rôle d'ancien p, ?, exprime une terminaison grecque -/.o? répondant à une latine -eus, 

T d(](] ou, par suppression de — «— finale, è/ûû^ FEpjjiàvtxoç, ^,^_S^ ou 

/ A ^ ■ ^ r\f\ A (S. 

Mipy-o;, i\{\ Aiy.ty.o;, etc. Là, 00 effet, le son provenant d'un ^:z^ pharao- 



nique peut être x en memphitique pour k en thébain, ck«.i T. ckci B. mais cx«>« -^-i 
Hu^^. cRiii 7\ mais cx'a*-cx"-" ^^•' M ^ i ^\ CÛ- , khxi 7'. B. Ki>.xxe T. mais •x^t.xxe. 
M., ^ ' %ik.^ ' • ^^ P^"" suite KHJue T. KHjmi B. mais x"*»> ^^-i "^ ' ^j^ . "'"n ^ ■ k*'" ^■ 
mais x*»»" '^'^■> jj ,., . K«.Ke T. mais x*^"' -^-i avec dissimilation entre les deux "^crr^* de 

v\ '1 , tiK*. I . mais enx*'*-'"-) , KiA-gRi . mais x^'^^g-xo'*-", vsv , 

et les Thébains ont employé parfois la forme memphitique x pour le pronom de la 



DE LA PHON'l^TIQUK lÎGYPTIENNE 35 



deuxième personne du singnlici- masculin k, nous verrons ailleuis dans quelles condi- 
tions, lorsque celui-ci est em|)loyé comme prélixe dans la conjugaison, KOT«>*.fi T. mais 
xo^i-fe ^I- pour 4 y K^^/'^J '^-'^^ , KitHir T. mais x"«°'>" •^^- pour (lv\U^:^ 
^ A, et ainsi de suite. Ainsi qu'on le verra au chapitre du a, le même iihénomène se 
repi'oduit pour cette lettre, (|ui donne souvent x en uiemphitiqui- pnur k ru thébain, 
par exemple Kfe.\ T. mais x^o^ •^•/^- pour ^J f'0'^«'w«, -^J J [V: et, bien (|u'on puisse à la 
rigueur expliquer l'aspiration subie par le k à cette occiision par la nature du cantctère A 
qu'il remplace dans l'écriture, la confusion qui s'est établie aux basses épo(|ues entre les 
hiéroglyphes -^z:^ et ^3, qui exprimaient jadis autant de nuances gutturales, me fait pré- 
férer l'explication dialectale : ces transcriptions de A, identifié alors à ^:=^, sont pro- 
pres au memphite, et ce fait, joint à ceux (|ue j'ai relevés pour les époques antérieures, 
nous permet de reporter assez haut dans le passé, certainement à l'âge saïte, très pro- 
bablement à la XVIII" dynastie au moins, l'existence sous le signe ^z:^ des deux sons 
que le thébain ramène à son k et que le memphite rend par x, c'est-à-dire l'existence 
d'une des principales caractéristiques des parlers du nord et du sud de l'Egypte. 

En même temps que s'accusaient ainsi par la transcription les différences de deux des 
phonèmes confondus dans l'écriture sous le signe ^zz^, une troisième transcription mar- 
quait aux yeux l'existence du troisième phonème que j'ai signalé |)lus haut. Afin de 
l'exprimer, les créateurs de l'alphabet copte prirent la forme démoti(iue de ®, et ils 
en tirèrent leur d. On trouvera donc tant dans les dialectes du Sud que dans ceux du 
Nord, mais de préférence dans ceux du Sud, des formes comme s'e T. s'h B. à côté de 
Ke M. B.T.-^, ^.^ T. M. et ^x.e T. M. ^«„ T. a côté de U^^^. U^^l)^ 

OMS, (3'wc!?c T. à côté de z^ , s'cts'iut M. à côté de r • ^«^'S'o'^ T. ou 

3'oTS' 7". , \ï' '''*■" '^^- niais K4.K r. dans les composés *.u|r*>k-'siu)k«.k à côté de 

g7\^-), (î'ieie-s'ie-3'iH T. mais kih B., de un W avec amuissenient de <==> intervo- 

calique, a'us'it / . de Xâl)' ^epes'LooTT F. Êepe^'uio-s-Tc .1/., de --^^ •Çv v 

hU -■^^^, égyptianisé sous la forme J (*^ ^ J y |l^^^"^ «t Ix-aucoup d'autres. Le 
s', provenant de ®, partage, cela va de soi, toutes les destinées du <^ ayant d'autres 
origines : c'est ainsi qu'il peut, étant dans le thébain, avoir un s. à la contre-partie dans 
le dialecte memphitique, soit qu'il réponde à un A hiéroglyphi(]ue, ,n-^ «"toitT T. 

•jitoiiT .1/., soit qu'il réponde à un ffl, s'ojpo T. e-swp^ .1/., en face de § ' | . h'n ré- 

sumé, le mouvement dont la variante IHU^ de ^ °ISSl nous avait révélé 

accidentellement l'existence s'était propagé dès longtemps sous le couvert de l'immo- 
bile orthographe hiéroglyphique, et il avait produit tous ses résultats, lorsque le chan- 
gement d'écriture mit la langue à nu : de même que l'un des sons compris sous le 
avait passé à -s.-^, les divers sons de ^;z^, A, S, rassemblés graduellement sous le 
, avaient passé à k-x-^'-^. Avant, donc, de rechercher quelle était la prononciation 
du <^ copte, il importe de rechercher ce cju'étaient les signes ^ et ffl, qui ont abouti 
à sa formation de concert avec ^^:^ et ®. 






INTRODUCTION A L'EIUDE 



Il semble que le caractère-type A et ses syllal)i(|ues aient exprimé à l'origim^ un 
son sinon tout à fait identique, du moins très analogue à celui de l'uvo-palatale de 
l'arabe J, de l'hébreu p nu du grec archai(|ue ?. On peut élever immédiatement contre 
ce rapprochement Tobjection reposant sur des faits précis que, tandis que le nom 
même de ces lettres qôj ô-, t^oph p, v.'t.t.i. 9, indique (|u'elle aime être suivie des timbres 
o, ou, le A égyptien est très fréquemment suivi de ^^ qui répond alors de préférence 
aux timbres a, e. Il me semble que cette objection peut être levée aisément : sans 
parler des cas où dans leurs langues le J, le p et le ? précèdent une voyelle a, i, etc., 
^\')p , A9AI0A, L», nous sommes déjà vers la XVIII" dynastie, comme nous le verrons 
sous l'article des voyelles, à l'époque où le son a, recouvert antérieurement par K\ . com- 
mençait à s'obscurcir en o, de sorte (|ue, si l'orthographe aimait inscrire un ^^^ 
derrière a, nombre de ces groupes ^^- pouvaient avoir déjà une prononciation Qou, 
QAcu, Qo. Le signe A, qui parait avoir eu de manière assez stable, aux époques précé- 
dentes, la valeur ? avait déjà, au second âge thébain, une tendance à s'unir aux jilio- 
nèmes représentés par ^^zz:^ pour exprimer les sons k et G- de ce dernier signe, ce qui 
lui permettait d'empiéter par ailleurs sur le domaine du S, ainsi ipie nous le verrous. 
La confusion qui en résulta dans l'écriture entre les trois caractères ^^r^^, ^d, ffl, était 
complète aux siècles gréco-romains, et elle répondait aux changements qui s'étaient 
opérés dans la prononciation. 

1» Dit AT/'" siècle cirant notre ère à la fin de l'époque saïte. — Les listes de 
Thoutmôsis 111 renferment un certain nombre de noms de villes dont l'identiiication 
est certaine ou qui, n'étant pas encore ideritiliées, donnent des mots hébreux en p, ainsi 



^^vvw\ 



an-ii-rv, D v\ nis-i:«2 , ^ \\ D v\ nl3i:. 11 n'en est pa.s différemment 



I \>1 



sous la XIX" et la XX'- dynastie. Il] ^'^û'^T^t^yi '^^"p'^l' '^'^, 

bien que les tablettes d'El-Amarna contiennent a.ssez peu d'exemples certains, ceux 

qu'on y trouve confirment les faits précédents, Qidshi M ^^ SL , Qnthna[ki] i cs> 

■î^ , MaziQ,da ^^fi ï ftOo- Les exemples ne font lias défaut dans la liste de Sha- 
Wv. -ffNi A \ V\ EL -9 <'■=■ -n 

slianq, tant pour le p que pour le :, ^-=- -^ ^ pai-', -4 i"^ ^Qi^H] fir?? et ce 

terme dérivé de la racine lan. cin.rit, où le: est rendu (|uelquefois par A, (|uelquefois 

par S, f %ft ^^" P'^'"^' f \^%' fL.i^- ^'' transcriptions as- 
syriennes d'Asarliaddon et d'Assourbanipal rentrent dans la même donnée, exprimant 
n<=:^_]^ Wi par PaQvourou, pur l'arQou, TtT(î TtTt'f W par Soa.-iinQOii. 

Le grec, qui commence à transcrire les noms égyptiens à cette époque, hésite, pour le 
son de A entre /., 7 et y , 'i'aYP='P''^['^°^''] et lUzpoipi;, soit -YP'"p'-s ou -/.poùpi? pour <=>^~?\. 



\)K LA IMIMNI.'TIOUE ÉOYPTIKNNE 37 

2sT(o-|'/!ç pour TtTjT TtLT , T£ipy.'ov, T'py.oc. Tapax-Î?, Tapi/.r,; pour _aXi , Ct, qUoiflUG CCS 

formes nous aient étc transmises par des écrivains d'âge ptolémaïquc, il est probable 
qu'elles datent presque toutes de l'âge antérieur. 

2" Du conimcnccnif'nt de /'r/m'/nc /iio/cinau/uc an roinnienceiiient de l'âge copte. 
— C'est le temps où, eomme je l'ai dit à l'article du ^::3^, la eonfusiou complète s'ef- 
fectue dans l'écriture enire les signes ^3:^, ^, ffl. Pourtant, sous les Ptoh'uiées, les or- 
thographes une fuis formées demeuieiit assez constantes, ainsi WzoviW.r^ s'écrit [I "'"^ \\\\ 
ffl *^ avec un ffl phis souvent (|ue 11 (I _Êai *^ [] (1 -^ ^- iwec un A, et KXeo-àToa 

s'écrit à peu pi'ès toujours 4/f )'-'^i\ ^k 'i^'^c un A. peut-être pour des 

raisons de calligraphie, le groupe ayant meilleure carrure que le groupe ouïe 

groupe dans le haut d'un car'touche ( ^\. C'est seulement à partir dir moment oij 

les Romains entrent en scène qire les graveurs emploient ^^^, A ou /J indifféremment, 

J^^-^fl^- °j^p^'-- ¥;^»S' ^'T1.T^' 

^ A'JToxp '-iiup, ^, (1[1 I, '-^ 0(1 KÀïjoîo;, sauf pcut-ôtre pour le 

cas de la terminaison -■/.'>:,, /,i/s, où le A, se r-appelant un moment son rôle de p, ?, est 
employé de préférence par les scribes, T o [ (1 v- r£p,u:'v;/.o,-, iiip/.o;, fflOOx 

Aizizo;, ainsi que nous l'avons déjà vu. Ce dernier point n'est toutefois qu'une conjecture, 
et l'on trouve quelques exemples qui pr^ouvent cjue, si les scribes observaient parfois 
une orthographe concordant à hi valeiu- ancienne de A, ils n'en admettai ent p as moins, 
même dans ce cas spécial, la confusion graphique des trois caractères, Ou lit 

pour rsoaiv.y.o; OU pour Markos. Donc, ici comme à l'article de ^:zi^, il convient 

de passer à l'âge copte pour apprendre avec certitude ce qu'il en est advenu des pho- 
nèmes diver^s que le A recouvrait. 

3" Depuis le commencement de l'àr/e copte jusqu'à nos jours. — Le z], confondu 

A Q ° A Q ^^ 

avec la sourde simple ^z:^, a donné k en copte dans tous les dialectes fi , x '■■—^ 

K*.^ T. Ke^i B. Ke-^i .1/., P Ro^ T. Koo£ AI., et, par exception, x"" ^^^-^ 3 

Hr , Zl I 3 Kioc T. M. K*.c T. M. K*>«.c-Keec T., A^^ j q Kifee-CKite T. Kiqi M., \i D 

[i1JKOt[k] t. [n]KOT-[cit]KOT J/. , 'J ^- i U KOT-KTO-KtOTC T'. KikT-KT*. /:?. KCO-f jl/. 5. , 

[t]*.ko 7\ M. [t]4,k«. B., et ainsi de suite. Dans les mêmes circonstances que pour 



le '::z:^, le ^ a donné au Nord un x memphitique où le thébain donne k. a 1 O'wwva, 

J y AAw^ KÊôw, kAc 7*. mais ^koii, <=>k!à «po^p ^- XP°''*'P ^^-^ © [îy]KoA 7\ 

^oA J/. Dans beaucoup de cas, le a a donné soit un <^ dans les dialectes du Nord et 
du Sud, soit un <^ dans un dialecte répondant à un -s dans l'autre, <=r>|)l (?^iA T. B. M., 



^ V^N n\L S-DHne r. S-DHni .1/.. /l V<\ \\\\(iii.T.. A"^ i L "^ _ (ï'ioc A/.. Zl "^ "^ 

I I I 

«"h j/. , .4 v\ a V\ s'ot'x r. -wwv» Agi s-wn-r T. •xioiit j1/. En présence de ces faits, 
nous sommes amenés à nous demander quelle est la valeur phonétique de «■, et c'est ce 
que nous rechercherons après avoir étudié la troisième gutturale pharaonique, le ZS- 



38 INTRODUCTION A L'ETUDE 



ffl 

Ce caractère semble avoir couvert piiinitivcment deux sons assez voisins l'un de 
l'autre, correspondant à peu prés l'un à notre sonore simple G-diu-. l'autre à une spi- 
rante gutturale sonore, le G allemand dans Tac ou le j- arabe prononcé doucement 
comme on fait en Syrie ou en Egypte actuellement. C'est par la première valeur qu'il 
se confondit d'abord avec ^c^:^ pour exprimer o-dur, et par la seconde, avec ^ pour 
rendre le i hébreu simple ou analogue au i- arabe, puis([u'il prit ensuite graphi(|uement 
toutes les valeurs des deux signes ^:;;^ et A, au point de se confondre avec eux dans 
l'usage; dans la prononciation, les divers sons qu'il avait couverts aboutirent aux 
mêmes expressions que ceux de •^:z::^ et de /i. 

1" Du XVr Nièc/e acant notre ère à la fin de l'époque saïte. — Les inscriptions 
géographiques de Thoutmôsis III expriment le j cananéen ordinaire ou peu aspiré de 
préférence par ^^itî et moins fréquemment par A, ainsi (|ue nous l'avons dit aux articles 
de ces signes. On trouve pourtant le mot a:; transcrit i-r J \\, et peut-être le nom 
(le ville TT ^^ A *^, dérive-t-ii de la racine nn pei'turbaïus eut. Toutefois, je dois 
observer que, dans ces documents, le ffl est employé le plus souvent pour rendre le son 
du 1? hébreu répondant au l arabe, ZS^^ | q v^ f\/>-o njp e';i rî^a, si bien que tt ^^^ 
fl^v pourrait dériver de la racine sy-i i-oaircgit. Ce son spécial, que les Hébreux cou- 
vraient avec le même caractère que le son ordinaire du u p- et que les Egyptiens ren- 
daient par leur S, e.st rendu en cunéiforme par les syilabiques de kh, \<Ma-az-zn-lou, 
Knazzalou, S^i^ | ■^ v> Q:£^ nii- , Kna-za-zou, Kiiazazou, 31 -p ou plutôt 31-^ au sud 
d'Alep, KHon-oum-ri-a, Kiioumrin, '-laiî, et dans les tablettes d'El-Amarna, KHa-6f- 
ri, Kuabiri, '-lay, tandis qu'ils expriment par des syilabiques de G le J ordinaire, Ma- 
Ga~dou-ou, Ma-Gi'-dou-ou, ii:a, Gou-oub-lou, '?33, et ainsi de suite. Nous avons donc 
en égyptien 1 v S répondant au cunéiforme, NoiiKnashshé, ayant pour équi- 

valent, si c'est un nom sémitique, une racine m\ t^ sustn/it. 11 semble que les scribes 
de Thoutmôsis III aient voulu reproduire sous S une gutturale analogue au j-, qui était 
très répandue dans le pays de Lotanou, peut-être chez les non-.Sémites. C'est ainsi (ju'on 
trouve S *^ <=> ^ "i|J?tt>, puis une demi-douzaine de noms de villes difficiles à 

identifier "^S J'i^'^ (n" 126) entre Tour-manin et Tounipa ^l^ . ^' ^ ^ 
(n° 161), qui pourrait être une forme ancienne du nom moderne de Sindjir-li, ou se rat- 
tacher au nom de la rivière Sagoura, etc.; la forme des noms, ainsi que la localisation 
de certains d'entre eux me porte à croire qu'il y a là beaucoup de bourgs ou de villes ap- 
partenant au Mitanni, plus spécialement au Bit-Adini des inscriptions assyriennes. La 
lareté du caractère S dans les noms de la liste du Sud syrien proviendrait donc de ce 
que les scribes de Thoutmôsis III l'avaient employé de préférence pour exprimer le sou 
^qu'aimaient les peuples de la Syrie septentrionale. 

Les tablettes cunéiformes d'El-Amarna ne nous donnent en dehors de Noukhashshé 
pour 1 (1 ^S , aucun nom répondant à un mot égyptien en S; en revanche, le 
ZS est fré(juent dans la liste de Shashanq, pour rendre le J des noms judéens. Laissons 



DK LA l'IlUMÎTLgi K EGVl' l'IlCNNE 39 

de Côté lo iKun (le ffl^. | '^q y f^^^ . qui est pour ainsi dire stéréotypé depuis 
Thoiitmosis III, cette liste nous montre combien déjà le ffl ccliange avec le ^^z^ et le A 
pour rendre le : hébrauiue. [^]ffl^0 "^^S^ ^"' 'i''" '^'^ I^^IT"' '^"^ïfl 
n;? au lieu de cv\ ou de 'dans ~wvna ,„.j,^ a^^va Dr-iJ-fu, IK^^ Q j v\ in/\/i ou 

n "^^ Jv '^^^^ P""^'^ "-'■' S ^^^ -^3^ Q f^^^ PO'^'^ "'??■' "'^ toute autre forme de la 
racine n=:, ^2^(j(j^^, 'f'^^j'^C^. ^ cx.té *'« 'f'^'^f^. de la racine ->^r. 



AAA/W\ 



ffl (1 *!^DiC^, nom analogue à î^ij, de la racine nSl3. C'est le commencement de la 
confusion des trois signes, (|iii va s'acliever sous les Ptolémées; déj.à, en effet, on trouve 
des variantes comme ^db* ,-— a et ^ J '-"-^ pour ffl J '''~~^> 6t elles iront se multipliant. 
2° Du coDiiiicnrciiient de l'époque ntncédonieiwe au coniinenecment de l'âge copte. 
— La confusion se marque dans les n(mis propres, où l'on trouve constamment le ffl en 
variante au ^zz:^ et au /} dans tous leurs emplois, ainsi que nous l'avons vu aux articles 
de ces caractères : je me bornerai à citer le nom du dieu S J jM( • "^^ J J] - Qui s'écrit 
indilïéremment U 1 Jj par un ^^zi:;* ou z5j 3 , f=^j j| , et se transcrit h.ï,ê. Si donc ffl sert 

à rendre le vdaiisc^es noms^c^rame/*^fj ffl\) ^ rXxV.,, *^ .^(l^lafl^lâ 
'A^EC'Tt'-Xiç, Z3 ^ ) 00 ^vl Jl ^^^'■'>'/.^?'-°'^'^ ' i^ *'^'''' ^^ussi à rendre le ■/- de rÀxJx-ri, et il 
s'acclimate à tel point dans le nom (] (1 , isspev':-/.ïi , qu'on n'y rencontre que 

très rarement une des autres gutturales; il entre avec elles dans la formation du ; 
d"AXi?avopoç, ^^ /w^AA^ -jn NS» ^^ ^^^^ ^^ "^k^^^^^H " '' ^'^^^ observer 



pourtant que la combinaison est préférée en démotique aux combinaisons ou 

]>our rendre le ^ , et qu'on a, par exemple, "^ [1(1 ^/iH ^ | J| pour Eevopôoôï) : 
il se pourrait donc qu'on eut là la notation d'une prononciation réelle, les Égyptiens 
disant AléGsandros, Gsério/wodê, non AleKsandros, Ksénofwodé, si bien que le ffl eût 
été pris dans ces occasions avec sa valeur réelle de G. Dans l'écriture courante, les 
formes comme H ^ tfcs_, PO"!" ^a a ^v Si) '^''*'' D , 1 aa,s^ S pour M co<s'n, 

l ^ \ 7T^ ^ CAi _£XN^ ^^' ! /vv\AAA I AAA/VAA I y^A^ftAA O 

et ainsi de suite, se multiplient, et, à moins que le copte ne nous fournisse, à cet égard, 
comme il le fait parfois, des indications certaines, on est souvent embarrassé pour 
savoir laquelle des trois formes en ^^z;^, en A, ou en S, est la fondamentale. Naturel- 
lement, la confusion des caractères est constante sous les Césars, et, si l'on a 11 
et pour rilëy.; et réxac, on a aussi fflUU M et *^ „-:=^> pour Kaidapoç et 
AùToxpà-wp. Il faut donc conclure des faits, ici comme à l'article du ^z::^ et du zl, que 
graphiquement les trois caractères sont devenus entièrement hom,ophones l'un de 
l'autre. 

3" Depuis le commencement de l'âge copte jusqu'à nos Jours. — Graphiquement 
oui, mais il ne faudrait pas en conclure que tous les phonèmes qu'ils recouvraient se 
soient réduits graduellement à l'unité, et que l'égyptien ne possède plus qu'une gutturale 
R qui s'aspirera en i pour les dialectes du Nord. Le ffl antique répond bien, parfois, 
à un K copte, ainsi Ka.tg T. M. de fflN^cnoë x^, kiwot, de s"^.!]!] y ■^, mais c'est 
là une exception assez rare, si rare qu'on peut se demander si, dans ce cas, une graphie 



40 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



comme S"^^!]!] v "® serait pas la forme secondaire d'un fondamental a 

^ "^ ou ■^ Oll V "'^" encore relevé. Le correspondant perpétuel du S en copte 
est s" dans le thébain, mais remplacé par ■s dans le memphiticjue. On aura donc 



.-^ ' ^^ J T ^^'" ^ • "'*"' '^^- ' T ^ u "^"^ ^- ■^"" ^^- ' '^ I 

de suite. Nou.>< devons donc rechercher quelle est la valeur du d. 



Ainsi que je l'ai dit à l'article du |', les premiers Egyptiens qui aient es.sayé 
d'écrire leur langue au moyen d'un alphabet dérivé du grec, ont rendu par un même 
caractère (jue j'ai noté 5 les sons que les Coptes ont exprimés par les trois lettres s", 's.. 
tg, ou les deux sons a' et ry. Les scribes à (jui nous devons le papyrus Anastasi DLXXIV 
de la Bibliothèque nationale écriront donc également <3'ft.q, tos", a'wjm, «'ô.'.Vi.oTa', au lieu 
de c^l [ne]T£ô.q. touj, ujioju.. s'a.'Ae^Ts-x , prouvant ainsi que les phonèmes exprimés par les 
trois lettres étaient, dès la lin de l'époque païenne, assez rapprochés l'un de l'autre 
pour qu'on pût en confondre les nuances dans l'écriture. 

Cette confusion, et la forme spéciale qu'a, dans Anastasi le caractère noté |)ar 
«■, pourraient faire croire que le «' du copte dérive graphiquement du ® égyptien, 
et cette dérivation e\[)liqiierait mieux la prononciation attribuée à la lettre que 
celle qu'on admet généralement : il est certain, en effet, ainsi qu'on le verra à l'ar- 
ticle du ®, que le son recouvert par lui s'est affaibli en C3a-uj dans un nombre 
de mots qui le renfermaient au début. Si pourtant le a", ainsi que Champollion l'a 
pensé le premier, tire sa forme matérielle de celle du ^^^ par l'intermédiaire de 
l'hiératique et en dernier lieu du démotique, phonétiquement il n'exprime pas le son 
fondamental du '^z:^, ijui est rendu dans l'alphabet copte, selon les dialectes, princi- 
palement par K ou par x- L'éch;mge du son qu'il représente avec celui qui est enre- 
gistré sous la lettre •s, dérivant soit du A, .soit du | anticiues, nous invite à recher- 
cher sa valeur fondamentale du côté des phonèmes exprimés par ces deux caractères. 

Que s' soit appai'enté à A, c'est-à-dire au J aral)e, les cas nombreux où de bons 
manuscrits écrivent en variante par d les mots grecs renfermant un k, surtout après 
un son I, le prouvent surabondamment, T(3'iAia'i«. pour tkiAirij», TeKRi.a'i*. pour TeKK<vKi&, 

(S'TH-i.TIlOC pour RIIVi.TttOC, ft.a'lIlHTOI pOUr «.KHIKTOI, i.q'i.OS'l Ct •i.OS'liJlô.Te! pOUr *.q-2>.ORI Ct 

-i.OKixi*.7ei, ceAcTS'ii. pour ceAeirKj*., TS'itoir-i.oc pour triÊoictoc, cRRewS'em pour eRR*.Reiit, 
c'est-à-dîre que le son en était analogue à celui d'un ch allemand très doux pouvant se 
résoudre sur le G-dur ou sur le k, d'un coté, sur notre J, de l'autre. Les quelques va- 
riantes qu'on rencontre fautivement du <?' avec ^ et du r avec p dans ces mots em- 
pruntés, cin».pnew(3'H pour CTit*.pn*.PH, l'è.itTikRH pour Revn-i.A,RH, ï-Ae-CAiew pOUr KA*.CAi*,, OU 



1. (jf. p. ^5 du présent volume. 



DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 41 

môniê dans les dialectes du copie «.l'o M. pour *kKio, de ''^ï^, aa*^«'«.t 7'. pour jui«.ii«.t, 

nous permettent de préciser un peu plus : en passant du son f- de S égyptien à celui 
(|ue no is indi(|ucnt les faits précédents, le phonème exprimé en copte par ^ a suivi à 
peu près la un'uie route que le y du grec ancien, et de douce sonore analogue à notre 
G-durest devenu semblable à la spirantc ^ du grec moderne dans Y^up«- Où donc l'égyp- 
tien de la XVIIP dynastie aura prononcé encore ^^S Jp"""" df-<^bou, rr ^kr n 
dâi-aDu, le copte en était arrivé à prononcer, ^,i(^kT. oy''-h, tws' 7\ fô-f' ou dôY dans les 
dialectes du Sud contre toTsq M. àdf'f, toti M . tôdj dans les dialectes du Nord. 

Les variantes des manuscrits et les transcriptions étrangères confirment ces faits 
en nous montrant ([ue «• est rendu par doux séries de caractères répondant à deux sons 
distincts, par le r. arabe prononcé dj, jie, jia, etc. ou par le J français, puis par le ^^ 
arabe ou par le sh anglais : le second a fini par l'emporter assez promptement, et au- 
jourd'hui le e sonne exactement comme uj dans le copte. L'auteur du vocabulaire 
copte français le prononçait G-doux ou j avec un léger zézaiement qui le rendait capable 
de rendre à peu près notre s-douce ou notre z, Am«.ii(?'iXe l'Evangile, C«.i(3'«.o'va.n Saint 
Scan, (S'o-5-7-a.i joasdi-jendi, \«.Ap3'«.nT ra[l]rGent, (S'alite jaune, <î'*.p->.in jardin, a'moTc 
Génois, ou pi.^m rajin-misin, ju.ô.s'otk niajoun-maison, Ais'e lises. La valeur r a été 
conservée dans des transcriptions coptes de noms arabes comme fes.pa.a'-^ et dans les 
transcriptions arabes de certains noms géographiques, npis'oTpuj ^y^j_ , ns'miAô.g^ M^ , 

(î'epcî'H \^ ■=- y\, ■»epo(3'e ^>-jJ , mais Aeps'woTT, transposé en arabe anciennement J»^ i , 

devient promptement l^j^j, et le nom arabe de j\^, rendu d'abord cons'a.p, se trans- 
forme de bonne heure en nuimuepi, puis nujiiiKepi, selon la prononciation égyptienne du 
K. C'est, en effet, la prononciation sh = J:. qui, manifestée d'abord dans les transcrip- 
tions grecques du début de la conquête arabe, sÇaiJtooX = s'e.Juo-s-A-xi.Aj.oTs-'A, — la comlii- 
naison ^^ étant employée pour rendre le son du ^. comme le prouve l'équivalence 
\'%7'.:i j.l\j' , — puis dans quelques termes géographiques s'iio-s-Aii J^^', 3'eiieAio-yAoc 

A*.l, est perpétuelle dans les textes de Galtier, ns'oeic ns'c ^^^t, l, otoo uteks'po 
cKtt&.is'i 2«^n ,_jI^Jl \:S'\ I_)_1I £!Ij,iI ojjI , «"luiigtoo-s- ^jl.jZ, (sic), g«,it <\i\ JJil o\»> , et se 
retrouve dans le psaume de Petneus. ncos'iw iljsoscimi ( vel ehsuscnni), ixn^c ainilj- 
scHejî.s, si bien que Kircher, définissant le s", pouvait dire de lui : « jg Scei, Se, pro- 

» nunciatur ut t Sein Hebrseum et J^ Arabicum. Ex. : C. H<wTujion Nauschop 6", 

» Scima, Se, similis in pronunciatione est .superiori litterse uj Scei". » C'est la pronon- 
ciation qui est généralement admise aujourd'hui dans l'église copte, ainsi que j'ai pu le 
constater après Rochemonteix. « Des sept lettres égyptiennes ui, q, *, g' ■^' '^' i"- deux 
» font aujourd'hui double emploi, uj sâi et «■ sinia. L'une et l'autre sont rendues in- 
)) variablement par la chuintante J- .s- ; «.q*"! a.fsi, necs'iH nassi'i , <3'po»jLni sromhi, etc. 
» Toutefois Bouqdour d'El-Harabah a conservé au signe *, dans son alphabet, une 



1. Krall-Wessely, dans les Mitthcitungen, 188T, p. 123-124. 
S. .\. Kircher, Prodromug, p. 286, 287. 



42 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 

» prononciation spéciale, celle de la spirante sourde formée comme notre k, c'est-à-dire 
» du ch de la finale allemande -ich\ » 

De tout ce qui vient d'être dit, il semble bien résulter qu'au commencement du second 
empire théhain, les Égyptiens possédaient encore quatre gutturales différentes, dont 
ils répartissaient inégalement l'expression phonétique sous trois caractères-types '^^, 
^, S, et sous leurs variantes, à savoir une sourde simple répondant à notre c-dur ou 
à notre K, une sonore simple G-dur, deux sonores aspirées très voisines l'une du ? et 
du /. grec, l'autre du i- arabe : ^=::=* couvrait les sons K-/.-G-dnr, A les sons o-dur — 9, 
S les sons o-dur — j-. Par un ou plusieurs des sons qu'il représentait, chacun de ces 
caractères recouvrait l'autre, ^3?» recouvrant /J et S par o-dur, a recouvrant ^^z^^ par 
G-dur, ainsi que S. et S enjambant sur les deux autres de la même manière; ils en 
vinrent donc à s'échanger en variantes dans l'écriture et à devenir complètement homo- 
phones, ciiacun d'eux exprimant désormais les valeurs phonétiques des deux autres. 
Au moment où l'alphabet copte remplaça le syllabaire hiéroglyphique, il y avait encore 
quatre gutturales qui, communes à toute la langue, étaient usitées inégalement selon les 
dialectes : k, dérivant surtout de A et de ^z:^, devenait x dans le dialecte du Nord en 
de certaines positions, «r n'était employé que rarement dans les mots égyptiens, et a", 
qui, provenant phonétiquement du son couvert par S. a pris sa forme graphique au 
® ou moins vraisemblablement au ^:z^f>. Ce <5', commun aux deux dialectes dans certains 
cas, ainsi que nous l'avons vu, couvre au moins deux phonèmes différents. D'un côté, 
il va rejoindre la dentale |) , il répond dans les dialectes du Sud à s. des dialectes du 
Nord, successeur de celle-ci, et il équivaut à peu près au ?: arabe syrien ou à notre J 
prononcé parfois en blésant. De l'autre, il tourne à la chuintante, et il finit par n'être 
plus en général que l'équivalent du J. arabe ou le doublet du ig copte. L'antique série 
des gutturales égyptiennes a enfin abouti présentement, sans distinction de dialecte, 
à trois sons : l'un, le ï» = y spirant, est fort rare, les deux autres k et x correspondent 
à notre sourde k et à la sonore aspirée double de l'allemand ch. 

Dl 

Le caractère cn parait être une fricative aspirée 'légèrement explosive, analogue 
au n hébraïque ou au a arabe; il semble n'avoir pas eu plus de valeur que I'h forte du 
français dans néros. Haïr. Il est tantôt rendu par h n en cunéiforme, tantôt omis, et les 
transcriptions grecques l'expriment ordinairement par Vesprit doux ' au commence- 
ment des mots, ou par un simple hiatus entre deux voyelles dans le corps. Le copte 
en a confondu le son sous le caractère g i^vec le son provenant de fi, sauf dans quelques 
cas où il a retenu la valeur originelle de en, distincte de la valeur de Q. 

1" Du XVP siècle avant notre ère à lajin de l'époque saïte. — Les inscriptions 
géographiques de Thoutmôsis III nous montrent quelques exemples bien évidents d'un 



l. RocuEMONTEix, Œucres Uicerscs, p. 116-117. 



DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 43 



■■-■vWVV 



n cananéen rendu par en, ainsi ~w^/v^ >^ (g\ et leurs variantes arrivées 

(Ml i<'.gypte par la Syrie méridionale, D-.in?, cn'^ in, qui entre également dans la 



composition de plusieurs noms tels (pie m u ^^"]^, C^ QO ^^^^-^Ot] ''^\. °'"!^^. 

\\ , (|ucllo> que 
soit d'ailleurs la provenance de ce mot, et, de son côté, l'égyptien, empruntant les mots 
sémitiques renfermant un n, l'a interprété par 01, '^ Il v Ol ^-'?' '-'^^^ ^^ 

^*-^3- ss^rr, etc. Le système cunéiforme n'ayant pas de caractère spécial pour H-n, 
lorsque les scribes d'El-Amarna ont voulu exprimer le cn des mots égyptiens, ils ont 
employé les syllabes renfermant l'aspirée forte correspondant au r arabe, ma-na-an , 
laauaH pour J^ m \^ 1K 5 , ra-cm-da, raada p(jur S , mais dans les écrits 



de la XIX'^ dynastie le n du cananéen est encore rendu par en, ainsi -ina J^^f m 

3)M3^, -Où , i ^, et il en est de même dans la liste des conquêtes de Shashanq, 

(1 ^ -2s> hhr\-^'& , (jO V^ „ " l'^ïs^ '\'iiÀ-. Dans les inscriptions d'Asarhad- 

don et d'Assourbanipal, le seul nom égyptien renfermant un Dl, celui de est 

écrit tantôt Tar-qou-ou, tantôt Ta-ar-kou-ou, sans indication du son Dl, et, de même, 
le grec, qui ne possède point, lui non plus, de signe équivalant à cette aspirée, la 
marque ici par un hiatus comme dans le rendu Teip/.iuv, ou la supprime complètement 
comme dans la leçon Tipxoi;, Tapaxô?, Tapâx-r,?, tandis que l'hébreu l'écrit par n, interver- 
tissant l'ordre des lettres, njîn-in pour ni^inn. Au commencement des mots, le grec le 

supprime également et l'indique par l'esprit doux, <:r> A/.ioptç, 'A^topii;, en W 

^^ rêiç, et amsi de suite. 
2" Da coinmencement de l'époque macédonienne au commencement de l'âge copte. 
— A ce moment, les Égyptiens commencent à employer Dl pour figurer l'aspira- 
tion des sonores aspirées du grec y, 9, m : ainsi ils écrivent (1(1 .2^ [1(1 I, ^ M 

— " — -g fi * v ^ <:3> ^ Dlii 1 iC?! Iin_a^ii 

^ J| , n n pour <i>!Xnntoç, Szyn'jvfi, Xapiiiov. Ils s'cn servent également pour 

indiquer les esprits du grec, ou l'aspiration qui se trouve à l'attaque du p, ainsi dans 
ni^^^ f\/\^ ^^Stiî, [1(1 m 'Pwfjtaîoç, i, ç| 'Po8^. De son côté, le grec aspire 

parfois le tt qui précède un Dl égyptien, <î>t6i<:, ^^CiJ (^q^, à côté de iHêt.-, mais 
peut-être y a-t-il là seulement un cas d'influence dialectale, le f n'étant que la forme 

memphitique de l'article D. Dans les mots égyptiens, le caractère Dl conserve sa place, 

01 S p <^^> 

partout où il se trouvait, et o, par exemple, ne s'écrit jamais Q , à ma con- 

naissance, pas plus (==1 ne s'écrit f=^. Toutefois, comme au passage de 

l'égyptien au copte, nous ne voyons plus qu'un caractère g. répondre à R comme à Dl, il 
faut en conclure que, dès l'époque romaine, pour le moins, les deux sons étaient ou très 
voisins l'un de l'autre, ou identiques l'un à l'autre. 

3° Depuis le commencement de l'ûye copte jusqu'à nos jouis. — Les exemples de 
Z copte répondant dans tous les dialectes à Dl égyptien sont tellement connus qu'il 
suffira d'en rappeler ici quelques-uns pour mémoire, ^«^n T. M.. ^\ ^oo-s- T. B. 

g^«.T B., D -'"^ j(i>pn T. M. Il peut du reste, dans quelques cas, cm s'amuir complè- 



/|^VVS/V\ 



44 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



tement et disparaître de l'écriture, noor T. pour n-gooT, ou s'unir à la lettre qui le pré- 
cède, tÇooT M. pour cÇ-^ooTs-. ■»£! T. pour T-g^ei, etc. Comme il se confond avec le z pro- 
venant de |, avant de pousser plus loin, il convient d'étudier ce dernier caractère. 



Le caractère Q cache une fricative forte semblable à celle que l'arabe exprime par 
»- et à l'une de celles que recouvre l'hébreu n. Elle demeura dans l'orthographe d'une 
façon constante jusqu'à la fin, mais le son s'en rapprocha toujours davantage de celui 
qu'exprimait le caractère précédent, si bien qu'au moment où l'alphabet copte se 
trouva constitué, un seul caractère, le g, dérivé graphiquement de la forme démo- 
tique de 8, suffit à écrire indiiïéremment les mots où se rencontrait une aspirée pro- 
venant de Q et de Di. 

1" Du XVP siècle acant noire, ère à la fin de l'époque saïle. — Les exemples de 
8 égalant n-r ne sont pas rares dès le début de la XVIIP dynastie, JtTtT "W" ^^^^^ 

^ bm, h'n, ^__ ^ i^^vS^ Î'^C- Les tablettes d'El-Arnarna renferment un 
nombre relativement assez grand de noms où le 9 égyptien est rendu par les syllabes 

" A t""""" i 

cunéiformes qui renferment l'équivalent du n hébreu correspondant à t- et à r- . (I 

)^ A-ma-an-Ha-at-p(b)i ^ AmariHCiIpi, /XS |y Sf ■P«-Ha-a«î-/m-^a = PoH'77r!- 

nata, o Jf J Hi-ku-up-ta-an^ Hil.ouptau, ^^„,„^ Mi-fn-pa-ni-lriyta-ri-a := 

Minpanilaria, o Ku-i-in-ka = Kouiakou, et les noms propres en vX Ha-a-ra 

= Hfl/'a, '^^ iïj I Ha-a-ra-ma-as-si = Haramassi. D'autre part, la même équivalence 
de n 5- dans les syllabiques renfermant un X reparait sur la liste de Shashanq, 



/VAA/VNA 



AAA^A/^ /VWsAA 



(j ^ r^^"^ et 'W '^ IK^ (1(1 (M^ , deux localités inconnues de Siméo n ou 

de Juda, dont le nom dérive de la racine nn , et AfF^v:\ avec ses variantes ^ 

n y, --ou TAflA 1h^^\> -2a> 

(I ^f^^^, )1( ^(J'J' ■'"'^' ■■^T'?. de la racine iJn. Trois siècles plus tard, les inscrip- 
tions assyriennes d'Asarhaddon et d'Assourbanipal présentent la même méthode de 
transcription par "-r~^, que les tablettes d'El-Amarna, ^^ r^ ^ M ■^'-•'^'«"«'^-Ç"- 

r'u =^ Prshannourou,\\ „ Ha-a^Hr-^r'-6/ — H«?Hrn6r", 'ieptêii;, g (J ïïh 'Vir 

uj n v \/ © " fy 1^ X fl^ic"" ^Xi y*" û_fl I cii 

Ipj-ti-nar-ti-e-su = Iptiwardeshou. w^^ v\ =^ Vra Ma-an-ti-mc-Hi-é = Mantimem\ 

Hu-ru-an-si-ni = NaHluourouanseni, ^^^ Si-na-a = Sinâ, 1 g) -ww^ fj,-_ 

ni-in-èi = l^minshi. Les Hébreux et les Araméens, vers le même temps, se ser- 
vaient du n pour rendre le son du | , à l'époque saïte, dans | ■0' ^l^n , ou dans 



DK LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 45 



les transcriptions nre °y , 'en ^(jl)^ du Sérapéum, f^^^^ l«'=n, ^ 

^^ ninox, ^^ ins, 4^5^ ^">"r>. [^ ^ ■''"'^" <^^s papyrus d'Éléphantine. 
Le grec remplace le 8 par l'esprit au commencement des mots, © 9 ■0' 'A-o!r,<;, 

ia:i -'^-M -- im^o — q^tz: ■«-«- ■-"'^'. q;^ 

JM _y| 'Axap6f,x(ç, mais, dans Tintérieur des mots, le plus souvent il disparaît complè- 
teincnt ou, si la lettre précédente est la sourde, il se combine avec elle, % (Icr^sP^ 

t^ n ^ ' • ' ^ "v? '^ ï\ -^ x_zr 

Naftii, J j, 'Afiappiê'.?, "ASpiSsc, M ^l'| NEçej;. Quelquefois, pourtant, les Grecs le 

représentent par /.. et alors on a un doublet où le 9 est supprimé dans la transcrip- 
tion, qI^ MÎs Ta/(i;, Ta;^ai'o; et Teti,-, -^^^ [T| 1 HÎS -/.."'*«" danS Rzpj^iiTKS l'.'f^ii et "Ajjtaci'.,-, mais le 

cas est assez rare. Peut-être faut-il reconnaître là une influence dialectale. Comme nous 
le verrons, le dialecte du Sud tend à affaiblir les aspirées et il a remplacé le ©-^ par un 
Q-g au passage du copte : Teti? et "Afjiajtc seraient des prononciations méridionales, tandis 
que Tx/Mç et ['Ajyjm seraient des prononciations septentrionales. L'objection tirée du 
fait qu'Amasis est un Saïte peut être écartée, car nous savons que le nom * n a fuit 
son apparition historique en Tliébaïde, et il a pu passer de là au Nord avec sa pronon- 
ciation thébaine à côté de la prononciation memphitique : c'est ainsi que nous avons 
côte à côte, dans notre langue, François et Français, Louis et Ludovic. Il vaut mieux 
toutefois ne pas insister sur ce point. 

2" Du commencement de l'époque macédonienne au commencement de l'âge copte. 
— Les transcriptions grecques de l'époque ptolémaïque et romaine achèvent de démon- 
trer ce qu'indiquaient déjà celles de l'âge saïte. Le 9 est remplacé régulièi'ement par 
l'esprit au commencement des mots, 'Atrcf-jv.; M 1 -wv^^a _ Auapti; J ^ 5^ > ^v.^v 

i jW'^''^'''*''<2:>™flfl£iï3 '^•'''"^'^■'' fPfjfj^^â'^"'''^' |<^^'^^P^'«' ^ 'fr,ouà\ 

au milieu des mots il est supprimé entièrement, T Vjr NEoepô);, C\ n^—iiyQi 

nexEapTcpTc, f=^ Psijsvaaoè OU 'Pauiavôp, — ^ -^ <i>o'jôp. Toutefois, s'il est précédé immé- 

diatement de l'article A^ "^^^ ^^^k' ''^duit à D ou à ^ dans la prononciation, il s'unit 

à lui pour former un o ou un 6, '=^'^v, L '^^^^^jj© 8ivx6o0vov, ^"^. « y 

ttaoÎT), '=^^,8 (10 I Jj e^TpTji;, et tous les noms composés avec un 1^, 

'l'pi... initial, «l'piTrsTocTtpti;, ^piuojjiToùî, ^pmavoùmi;, 'l'pnj/evjç^wvaK;, A^ V VN ^^ *0[ji(jioj6'.i;, "Îjojji- 

[i-o'^i. On remarquera que ce dernier fait n'est pas constant et que plusieurs de ces noms 
avec D initial ofïrent en variante des transcriptions en -, 9 ^a,.^^ <}>â(piç et nâitt?, 

/?^ X. 1 ^ *aTp^ç et naTpT;.;. Il est probable qu'il faut y voir une nuance dialec- 
tale, les formes en <t> appartenant de préférence aux dialectes du Nord et celles en n 
aux dialectes du Sud, comme cela a lieu dans le copte. Dans les transcriptions démo- 
tiques des noms grecs commençant par l'aspiration marquée plus tard par l'esprit 
rude ', celle-ci est rendue non par le caractère dérivé de 9, mais par celui qui provient 

de m, ainsi *_^_^(](1^^ pour ■Hpa/.Xe(8r,,, *cn^(](] Sf]^ Pour "Hvio/.o,-, * ^ 



46 INTRODUCTION A L'ETUDE 



if] ^ pour 'EpuioxpiTT)?, 'is "V rlj ''^P='^«, ce qui semble bien indiquer 

que, dès ce temps, les deux signes en et fi devaient être équivalents ou à peu près dans 
la prononciation des mots, bien qu'on persistât à les tenir distincts dans l'orthographe 
traditionnelle des mots égyptiens. Le son du fi n s'était donc adouci au point 
d'aboutir à celui du n, et c'est cet aSaiblissement qui a permis au copte de confondre 
sous im seul caractère, le 2, les mots qui, dans la langue ancienne, se classaient sous 
deux caractères différents. Mais, comme les mots renfermant le »-=' et le ® ont pris 
l'orthographe par le z en passant au copte, il convient d'étudier les sons que recou- 
vraient ces hiéroglyphes et leurs syllabiques, avant d'aborder la question du Z- 

o-=- et ® 

Selon l'école de Berlin, la distinction entre ces deux caractères est marquée par ce 
fait ([ue le o-=> devient en copte, selon les dialectes, ^ Akhm., 2_T.. *, M., mais jamais 
SB, tandis que le ® y est représenté toujours dans l'akhmimique par ^, mais peut de- 
venir en thébain 2 ou g, en memphitique * ou aj. Erman trouve cette particularité 
d'autant plus remarquable qu'à l'âge memphite ce phonème est souvent désigné par 
Il convient d'examiner tous les points de cette théorie l'un après l'autre, afin de 



voir jusqu'à quel point elle est exacte. 

Tout d'abord, il est certain que »-=», comme Rougé l'avait observé déjà, offre une 
tendance à échanger avec r-n-i aussi bien qu'avec ®, à toutes les époques. J'ai relevé 
suffisamment d'exemples jadis dans les Pyramides- pour confirmer ce fait, et il a été 
admis, depuis lors, aussi bien en Allemagne qu'en France. Il n'est pourtant pas inutile 
de reprendre ici les passages qui m'avaient amené à cette conclusion. Le mot se 

trouve à la forme simple du singulier ou du pluriel, avec les orthographes «_=. {Papi II, 
l. 70) ^T'r"- {Mirinri, l. 59) = "^^^^^ (Teti, I. 48), T'^" (P^ II. l. 963) 



{Ounas, l. 582), -k ^ . . {P. I, I. 477; P. II, l. 1265), ^ (P. //, /. 864), 

"^W C^-' l- ^^6) = '=^'^\ (^- ^' '■ '^^ 6^ ^^■' '• ■^^^' '^v*^*^ fl prothétique, 
fl^"^*^/ (7-., 1.48), h^^^ (P. I, L 77) = (]e^-= (.y., /. 101), et à la dérivation 
ethnique en û. ^^ '^ ^^ l- 377: cf. O., I. 566) = ^^](]® <^- ^^' '■ ^^65). 
Le mot ^\ ;^x 6st écrit perpétuellement ^^ ^^-^ (^- ^^' '• ^^~^ 



(^'■' l- ^'^' ''^)^ «t au pluriel ^^^° {P- H, I. 152), ^^WW 

1. « et— =>..., im Koptischen trit» es als A. ^, S. g^, B. A, auf nie ahi;r aU ly. Uui so merkwùrdiger isl 
« es, dass dieser Laut ia der âltesten Schrit't gerade mit 1 \\ 1 bezeiohnet wurde, was denn auch spâter bel 

chen Worten noch ûblich blieb : i u i ^K\ V\ |^ «heiss werden » statt hinm, gnou. B. = ^aioai; 

^ (( jEhre )) neben **"=" fn ' ^ ^"'*^ ^ïic. — Im mit beginnt raan «»— => aucli mit ® zu ver- 

1) wechseln : ® Vjji ^\ Il hmm » (Erman, /Egyptische Orammatik, 3' édit., § 11-, p. 65-66). 

2. .VIaspero, Les Pyramides du Satjqarah, p. 93, note 1, et Notes sur quelques points de Grammaire et 
<VHistoire, dans la Zeitschrift, 1S84, p. 87. 



» m an 

I) I u I 



DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPllENNE 47 



-°^ 






(P. 11, I. 166). Les mots ^ A et ÎI^^ï>^ sont écrits ^ô (M., I. 5/7) et 

(P. /, /. 6^:^; M., l. 680), et dans ce dernier passage, chez Papi II (/. 1242), ™ô 

est employé comme variante erronée par assonance, à la place de "§"• Le mot Q\\ , 

avec ses sens différents, présente des orthographes analogues : Q^j. i^^-f-, I- 75, IH, et 
P. II, I. 50) = '^ ^ (P //, /. 77) = "^^Q^fP. /, /. 110, 112), et la phrase 
suivante d'Ounas (/. 587-588) est très caractéristi(|ue, ^Q^rilll^^llll ^ 

'>~>^^, un jeu de mots sur un objet d'offrandes qui s'exprime, dans Papi II (/. 311), par 



a- *^\ et, dans Ounas (/. 59), par r~^n ^. Q- Pour on finir, je signalerai deux mots. 
qui reviennent très souvent dans les textes des Pyramides. La locution, si fréquente en 
tout temps, ^\ yÎT) D V\ ur^, revêt les apparences .suivantes : ^\ y^ (O., /. 538), 

^^^ (A/., /. 85, 86), ^'M'^iT., I. 278). ^^ (O., /. 438; T., l. 142, 178; 

M , /. 26, 160), |\ ^ {M., I. 3, 160), |\ **^ (P. //, /. 93, 135, 651), |\ ^^%> 



(P. /, /. 60, 239, 250; M., l. 85-86; P. II, L 92), ^ (P. /, /. 5, 65; P. //, 



/. 84, 648), ^ (T.,l. 178; P. 11,1. 112,293,808),^^^^ (P. //, /. 65i,oùil 

y a probablement un 'w^^ passé par la faute du graveur), et comme adjectif l\- - 

« p ^ 1 U /www 

(P. /, /. 676, et P. //, /. 1287) = I\à\-^ (T.,1. 190). D'autre part, on rencontre le 
terme ^^^ /m ^^_^ et son dérivé ^^ -^ ^inJll'J^ avec des variantes analogues : 

kHi (^•' ^- '''^' k!I^ (^^ '■ -^)- kZ^ '^- '■ '■ '''^^ k 

%i}l\\^^^^(P.I, l. 728), ^ "M Vl {M., l. 565), ^ 35Ï ^v^ (M., 
/. 590,57i), |\ ^ " K(M. ,1.578; P. 11,1.390,913),^ ^ " {O., 1.489; 
P. /, /. 596; M., /. 56.^- P. //, /. /^/^^). ^:i^^ iP. II, I. 1287), ^^ 
^ (T., /. 191, 193), ^^ ^]fl (^- ^' ^- •'^^)' k~^ ^=^ (^•■' ^- ^^^)' 



^s «ww È^ (P. /, /. 651, 677), ^\^^^^ {T., I. 48). Sans pousser plus loin cette 
étude, on constate que «-=- et tous les syllabiques où l'on peut reconnaître sa pré- 
sence, y^Sj, \^, Q, ont des variantes en r-^-i : les leçons comme (1 ^v PPP sem- 

'ilent même indiquer que »-=» est, parfois au moins, le véritable syllabique de rTr-i "^K . 
Ce premier point vérifié, que doit-on penser de la règle d'après laquelle les mots 
égyptiens en «s— => donneraient toujours des dérivés coptes en g, -g. ^, selon les dia- 
lectfs, jamais en g? Pour répondre à cette question, il n'y a qu'à rechercher si, à partir 
du second empire thébain jusqu'aux temps voisins de l'âge copte, nous ne trouvons 
pas des mots renfermant un ^— => équivalant à ® en égyptien, qui offriraient un uj dans 
les dialectes récents. Il y en a certainement quelques-uns : ^"^^^^^v. 11= ®^i^ 

^,^(11 = oc3^\ ^,^1 jl ^AioAi T. oxx6.%x B. sSaioju. M., qui a sa forme simple ®^^ll » 



4^ INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



[jl donne ujHAi T. à côté de oexx, ohju. T., ;éeAj. M.\ 9 (^ ^ ^ 



donne ujennoo .1/.; /^^C3 ~ n /^^O donne au dérivé de l'intinitif féminin 

a Q uimiu n n ~^~^ d n • j < •. 

igine 7". igini B. AJ.\ ^-^^'^^ -T-, ^»a~sa -¥-^ ^wwv -¥-^ -t- ^~^ -r-, ("|ui donnent, à coté de 

loito 7'. B., loit* M. et toii&g 7"., les doublets «.«g, a.!t^^g^ 7'. /i. et «.ne^ui T. M., «.nnig B.; 

peut-être "^^ "îj , "Or, - *'' '^'^^^ S^*'? ^ ■ '^^■' 5a*>*'P ^•' pc^Hs, corium, saccns 

coriacens. Quelques mots qui présentaient des variantes en ©, «3—=, C3s=i, aux derniers 

temps ne sont pas demeurés en copte ou n'y ont pas été retrouvés encore, „ = 

Q = ^, par exemple, taudis ((u'un plus grand nombre offrent la variante de 

i © seul sans avou' laissé de traces en g^-sS ou en uj dans le copte. *-=^^ ^^ 

_ _ y. ' ^ % ^ ®^% 'Do = ^'=^^ = ^^' '^'- n^"'°' ^â"" 

très, en assez petite quantité, produisent un ^ M.. ^ Ak/im. ou g. 7'., ^ = 3 



nwg T. (ÇwsS A/. ; «>-= ili P Y = ®^^ r T ^^ i~^^ lîi P T ' "'^' '-'^®" ^"^ ^® bas-égyptien ait 
un cszi en échange du ® -«»-=>, le copte n'a conservé que les formes en ^-g, gAïc T. 
.6ejuc .1/. Le phénomène est donc moins absolu que ne le disait Erman, et il y a quel- 
ques rares mots en «a—^ qui ont laissé dans le copte des descendants en «j. Il serait 
étonnant, d'ailleurs, qu'il n'en fût pas ainsi, du moment qu'on admet aux époques ré- 
centes l'équivalence complète des orthographes en ® et en o-=-, ^. ' a = ' v). 

^(](j^ = |l-=llll^â, PE%^-^' S%^-P:Ê;'^' Si- 

1 ^S-Jç^, et ainsi de suite : du moment qu'aux temps voisins de l'âge copte, le «-=> 
n'est plus dans la plupart des cas que l'équivalent graphique du ® ordinaire, on doit 
s'attendre à ce qu'il suive les fortunes de celui-ci et qu'à l'occasion, il puisse devenir uj 
aussi bien que ^ ou g. Il y a même cjuelques exemples qui prouvent que le »—=- a été 
employé dans les hiéroglyphes pour rendre le g; ainsi, sur le cercueil de l'archonte 
Sôter à Thèbes, Y Hatorienne \\ ^ J| écrit son titre -j- ^ en variante de ^1 , où 

le «-=> représente le Qq de ^\ ', où ce 9 était tellement adouci que le memphi- 



ticjue a pu le supprimer, i.«wp, à l'initiale le gardant à la finale, quand le thébain g«.Twp 
le conservait a l'initiale et le supprimait dans le nom de vN^. 

Et maintenant peut-on, avec ces données, retrouver approximativement quelles 
étaient les valeurs relatives de © et de »-=> à l'époque où les deux signes couvraient 
des phonèmes diff éren ts? Remarquons d'abord que les variantes qui nous montrent 



équivalant à •K^ et à ®^^^dans , par exemple, sont très anciennes, aussi 

anciennes que les plus vieux monuments littéraires de la langue, et que, déjà en ce 
temps-là, le signe tendait à modifier sa valeur primitive quelle qu'elle fût; il était, 
d'ailleurs, relativement assez rare, et il ne devint japaais très fréquent. Il couvrait un 
phonème intermédiaire entre la sourde chuintante franche ch (sh de l'anglais) et la sonore 
aspirée x, «luelque chose comme le CH-doux de l'allemand dans (Ch, tandis que le ® 
aurait eu plutôt le son du CH-dur de l'allemand dans acH, Bucii, ou de la j espagnole 
moderne dans 3ere^, lue:;. L'histoire de la jota expliquerait donc cette particularité du 

1. E. DE RouGÉ, I-eliii: ù M. Alfred Maunj (1847), dans les Œuoics c/icerses, t. I, p. litl-192. 



Di". i.A pii()ni:tii.)1 !•: l•:l;^ ri iiAM'i 49 

renforccMnont dr 1 \\ ] on O sans cotour nu iij dans li- ("opio : on sait en cITiM <|U(' la pm- 
niinciation aotucllo do cette lettre (;st rooont(> et (|no 1(> rotoiir à la pr^nniiciation en on 
G-dou\. antorionro an XMI" siècle, ne s'est pas fait jusqu'à pioscMit. Il semblerait donc 
qu'en égyptien, si, toi ininos les temps mempliitcs. la valeur approximative du signe o— => 
s'etface, et que les variantes en csu dis|)araissent dans la période suivante pour ne 
plus reparaître quo vers les temps moyens ou derniers de la xoivr; raniessidc, c'est (pio le 
son attaché à ce caraetoio o-=> ayant passé partout à celui (juc recouvrait O avait suivi 
les destinées de ce dernier. Or, celui-ci manifestait déjà sous l'empire memphite la 
tendance à se faire remplacer par le son du r~\n. et les variâmes telles que (1 ^ |>nur 

f\ ® Q 1 I I I 

(I sont fréquentes dès lors. Toutefois, même en s'accentuant avec les siècles, ainsi 

que nous le verrons plus bas, elle ne s'étendit pas à tous les mots de la langue (|ui con- 
tenaient un ® soit Driginel, soit provena.nt d'un e»— = antérieur : tandis ([ue certains 
d'entre eux se moditiant en uj, la plupart des autres, conservant une aspirée, produi- 
saient un s5 memphiticiue, un ^ akhmimique ou un 2. thébain, beaucoup plus rarement 
un X- Pour en finir donc avec l'histoire du «-=>, nous dirons qu'après avoir perdu de 
très bonne heure .sa valeur chuintante et être devenu une simple variante de ®, il se per- 
pétua par l'écriture dans certaines orthographes traditiunnelles, <==> (5 3) sSpoij. xP^i" 
opo-f M., OH 7'. ^ci Ah/un., "^^-i ^iceT. ^\ci M . oiaB. ^icf. A/, Ji 111.^ ! ^ /) 

2^i<nkT. ^u>Te£i M. ^onfec Ahhri}., ^:=:^ () Z'^"^ ^- ^'■'■^ ^^ ■ ' "^"^ bien, pour des raisons de 
carrure, il fut employé en variante de ©, même adouci en uj, ainsi que je l'ai dit plus 



haut, 9 (§. memtoo M. Je m'attacherai donc ici exclusivement à l'étude du © et 

du «>-=, variantes l'un de l'autre. 

1° Du XVr siècle avant notre ère à la fin de l'époque saïte. — On ne trouve dans 
les listes de Thoutmôsis III aucun exemple de «*-=- employé pour rendre un son sémi- 
tique; elles contiennent en revanche beaucoup de ©-T. pris comme équivalents du 

n hébreu répondant au 7- comme au f arabes, '=^> ) ® V "^''^ rcJ»- <"h;ild. n?-T, 



^TM' 1 . ^_y "P'PlI, I J _y [^ n^VO >-^' <?t fl''n« 'es termes 
de langue courante (empruntes aux idiomes cananéens, ^^^rK?Vr f^^- Les ta- 
blettes cunéiformes d'El-Amarna rendent le ® par les mêmes syllabes que le Cl et 
le fi, ainsi i"-^ ^ Afa-na-an-pi-ii-ia, Mananpr'n'a, ©T^i Na-(ip-\\nr-ri-ia, 

Napnouria, et le rédacteur des listes de Shashanq a traduit par "w , <= et fi tous les n 
de l'hébreu, qu'ils répondissent au r- ou au r- de l'arabe; il n'a point employé le ®, le T 
ou le e»— =■ pour rendre la nuance forte du n. Comme les scribes cananéens d'El-Amarna, 
ceux d'.\sarhaddon et d'Assourbanipal expriment le ® par les mêmes syllabes que le § , 
'''^ mL=J IH ^ 7«p-.a-0H-.r, rafnoKWl, ^^\ji^()\'^ Na^an-n-nu- 

«-i lin n ^AA^vv^ CTi t::^ 

ru-an-si-ni , NaKalnournashine. ï % W'-ni-in-si, Kunéns/ii, — — Hi-mn- 

nu, Kumou/iou. Tous ces faits semblent indiquer que, dès cette époque, la série des 
aspirations égyptiennes était entraînée par un mouvement d'adoucissement (|ui appro- 
chait o-»-=> à fi et celui-ci au tn, d'un c(Mé, et il .semble que ce mouvement se com- 



7 



50 INTRODUCTION A L'ÉTl'DE 



pliquait d'un autre qui amenait ® au oa. La variante |^^- qu'on rencontre pour 
Q dans le titre s^l] d'Aménôtiiès III, peut montrer que le son ®, renfermé dans le 
syllabique s, s'affaiblissait déjà à cette époque, et, d'autie part, (|ue la valeur siia (|ue 
ce e a |)rise dans ses dérivés coptes us*. T. ui*.i M. ne l'emportait pas encore. Au temps 
d'Hérodote, la version traditionnelle en kii pour ® se maintenait au moins dans les noms 
des pharaons réels ou supposés, ©^ V Xeô^I/î, s^^=_0 Xsapriv, ^ ^:j| "Aauyiî; mais 
qu'elle était déjà assez entamée pour que les Grecs pussent rendre éga ement par leur 
X le ^:=^ légèrement aspiré de uH^,^ «-/yy/iTyo,-: un siècle plus tard, cette aspi- 

ration s'était assez rapprochée, au moins dans certains mots, de la gutturale oïdinaiie K 
pour (lu'on put écrire Nr/.tx-.égr,? ou .\a/.-ovo(€a) ^— ^ et ailleurs Tv£ï,a;,_flG,- "^"^ro Ism' 

Si les monuments de l'époque saïte avaient été dépouillés pkis complètement que cela 
n'a été le cas jusqu'à présent, on y verrait les variantes en 8 et celles en oa du ® 
pi-imitif se multiplier à mesure que les scribes reproduisent davantage par l'écriture 
les prononciations réelles. 

2° Du commencement de l'épofjiie macédonienne au cuminencement de l'âge copte. 
— L'orthogiaphe ti'uditionnelle des mots renfermant un ® ne devait plus correspondre 
dès le début a leur expression phonélitiue. Les transcriptions grecques des noms pro- 
pres enregistrent celle-ci, et Manéthon n'hésite pas à substituer au y.zi<\'; et au XsœpTJv 
d'Hérodote deux SoOtpis qui répondent à ©^ v et à 0S!^.=_ prononcés Shom/? et 
Snâfrié'Sîi']fré. D'autre part, les exemples abondent de ® égyptiens transcrits par 

des X L'Omme |, U'W.'-J^"^ @ (|[| ^, 'Euiivux.oç, 'F.tp(ivu;/_o,- l| '^ ^ ^, na;,voOg!- ou 

iU/yoùix:c; Q ^< ^ ' XsaOwTï,; 1 j^ j) i et ainsi do suite. Kn même temps, dans 

les textes égyptiens, les variantes ne sont pas rares qui nous montrent le ®, le «»—=■, le 
9 et même le Ul, tour à tour employés dans les mêmes mots, ou le © affaibli en r-n— i . 

Onadclasorte-J.^^|^J.|;VJ<=>lQo'(ë^rj-ïï:â' 

So^^Hoâ' ®J^^=^J JV-' ^^'""^ ^''''' *^^' '^'■'''''' p"''' ^S 

-°°r^,®f = °°t^LJ = ^r^,^%-^^,etainside.suite. 

A la hn de rcpo(|ue hiéroglyphique, le ©-«-=■ était déjà assimilé à Q dans les dialectes 
méridionaux, et il ne conservait une aspiration plus forte que dans les dialectes du 
Centre et du Nord, où il pouvait devenir ^ en akh.mimique, ou A en memphitique; 
encore trouve-t-on là même des variantes en 2. ^lux mots en ^, 2.?°'^ ^^- '^ '^'*Jté de ^poTi, 
^Hifci M. à côté de sShiêi, c^phi et gp*. J/. à coté de e^pHi et de ^p*.. La comparaison 
entre le copte et le très bas égyptien piouve même que celui-ci avait poussé l'affaiblis- 
sement du © en r~^rn plus loin que celui-là, au moins dans certains cas. On y trouve, 
en effet, des formes telles que ^^ Y, rti n ¥, quand le copte a encore les formes en ©, 
^«.^ M. 7 , sScAïc M. OAX.C T. : il V a là sans doute une différence dialectale de la part 
du scribe égyptien, mais je ne sais où la placer. Quoi qu'il en soit de ce dernier point, 
l'ensemble des documents est assez signihcatif p(jur (|ue nous puissions aborder dans 
le copte l'étude des aspirées 2, -g, ^. x- dérivées de l'ancien égyptien. 



hk i.a l'iioXKiiijLi': kgyi'Tiknne -,\ 



o. ^, *,. X 

Dans los toxtos en copie airliaïcino cDinmc dans les liiéroglyphes conteiupniains, 
les trois phonèmes répondant à m, | et ® sont déjà uniliés, de même que dans le 
dialecte thébain classique et dans une partie du memphitique, mais ils sont rendus de 
manière ditîérente selon les scribes. Dans la première partie du Papyrus Anastasi 
DLCCIV de la 13ibliothé([ue nationale, ils sont rendus par un caraotère spécial ^ (|uc 
j'ai Iransci'it » p(Hn- la commodité des im]irc^sions. Dans la dcuxiénu! partie, il (ïst 
indi(pit' d'ordiiiaiic^ par une sorte d'esprit iiidc '", '", ])lac('' sur le caractère cpii suit 
immédiatement, et double quelquefois par un / grec ou support('; par un ou deux e 
tracés sous lui : toujours pour la commodité des impressions, je lui ai substitué l'esprit 
rude ' courant. On a donc, selon les pages du manuscrit, eoo-s-n, eÔTii = <cr> AT) (331, 

eén, ex^" . exc" = /^ i i atin de rendre le ©, oootut. ootut' ^= Q/^ ' ^^ /) afin du 

rendre 9, e^ôxx-i.6x3L. eAo)fe = l\ .^^^ et eA^ofe B., pôuiÊ'/'. , alin de rendre un en; 

ajoutons que n'importe laquelle des aspirées anciennes m ou 9, @, se trouvant derrière 
un n ou un t, se combine avec celui-ci pour former un tÇ ou un •& prononcés n -!- 2_ ou 
T -|- 2^ , rÇo = D ■^ n-j-go- net-ew-uetÇeco = n J| tieÉiT -^ 2'^"- ^" ^ ^V ''^ + &"- ^'^ 

l)ourrait se demander si, dans une forme comme niic^x- '•? redoublement o^ ne mar- 
querait pas une aspiration plus forte que celle du o ordinaire, quelque chose comme 
le £ du memphitique; il est plus probable qu'il ne faut y voir qu'une tentative fan- 
taisiste de rendre le .son o, dont l'équivalent n'existe pas complètement dans l'alphabet 
grec. 

Quoi qu'il en s.iit de ces essais, il est certain que, pour rendre l'aspiration, les dia- 
lectes coptes du Midi et surfout le tlK'-bain ne possédaient plus (ju'une lettre dans la- 
quelle se confondaient les sons des trois caractères anciens; l'akhraimique en eut deux 
2^ et .g pendant .sa brève existence, le memphitique en a conservé deux jusqu'à main- 
tenant, 2 et ^. Le _g^. qui n'est qu'un ^ différencié par un trait, est propre au dialecte 
akhmimiqne et a duré autant que celui-ci; encore dans un des derniers textes conçus 
en ce dialecte n'est-il plus employé et les mots qui le contenaient sont-ils écrits les uns 
avec le g thébain, les autres avec le m, oTt.iiiie et «.opHi pour cTw^e et *.opHi\ C est 
fju'en effet ce ^ akhmimique répondait à deux sons : une partie des mots où il se trou- 
vait renferme dans les autres dialectes un 2 ou un ^, loii^ = wtt^ 7'. B. ion.* M., ^pa^-s- 

= 2pooT T. ^ptooT AI. _gioT£ic ■^= 2^^nk T. oioTCÊ. T. B. .iwTefe AI. ^ik = oô. T. B. **. il/., 
tandis qu'une autre partie, la plus considérable jusqu'à présent, contient un ly dans les 
autres dialectes, e^ = *.uj T. M., ^one = ujtonc T. B., lyioni AI. B., c<w g^fee-ce^ g_qc = cj^ujqe T'. 
iye.iij-.ji .1/., _2.*.pe ^ ya-pe^, etc. Le ^ ne doit pas avoir tout a fait le même son (|ue le », 



1. La présence de n dans ce hiot suppose une forme 0:^) Q '^V q'i<^ ]'- ni" P''* encore rencontrée : on 

n de même /www, ~L , à côté de awvaaa , 4- de "'^^ fi , jL . par adjonction de la vieille forme 

Q w i^ w ; ; W X W ^k\ X\ 

/W^^A^ fj r\ 

en /w^/w^ Hi., /., à laquelle s'est ajouté le \\ ou (1(1 d'état. 

2. Krall, dans les Mittkeiluimen 1887, p. 54-55. 



52 IXTHODUCTION A L'ÉTUDE 



puisqu'il existe à côté de celui-ci dans le dialecte : c'est donc à peu prés, sinon com- 
plètement, l'équivalent du A, et le second phonème qu'il recouvre, celui qui le mène 
au uj des autres dialectes sans toutefois le confondre avec celui-ci. puiscjuc l'akhmi- 
uiique possède ty également, semble nous indiquer la direction où on peut en chercher 
la valeur. ^ serait analogue à la seconde chuintante du polonais, celle qu'on écrit s 
dans cette langue : il se serait ré.çolu d'un côté sur la chuintante ordinaire, .s^' du polo- 
nais, de l'autre sur l'aspirée plus ou moins forte. Le ^, qui se maintient jusqu'à nos 
jours dans le copte, est particulier au memphite et échange assez souvent avec le x 
dans ce dialecte, seulement, tandis que le x se rend dans les transcriptions de l'aiabe 
il, ^t et r- . c'est-à-dire (|u'il procède, comme nous l'avons vu, aussi bien du -v^;^ que 
du © dans sa double valeur chuintante et aspirée, ^ est toujours l'aspirée forte et ré- 
pond à r-. On a donc dans les textes de Galtier ^eit et et^en o\^ et 0\^'- cKèp&sST 
C^h^^- st^HT 0\i^ . oT^uon JjJ:.j\ , «.çj^çco ^<jl . niè.p5(;^co« ijj>-j^ > 6t dans cclui de Le 

Page-Renouf, fcexe'ie-» cJlSj. cuiigei;* ;;:_J:!I . e'Ae>^ ^Vl , enfin, dans le psaume de Pe- 
trseus, ^e« cuàn, A^tcn CHudân, hAh-xots- ancuàdu, où ch a la valeur du CH-dur alle- 
mand ou du Carabe. Depuis lors, rien n'a été changé dans la prononciation tradition- 
nelle, et le s5 est toujours rendu par r- au sud comme au nord de l'Egypte. Quant au x 
dans les mots où il n'est pas la sourde ordinaire non aspirée k', ce qui est le cas pour 
tous les mots égyptiens, dans les mots d'origine grecque, « il a oscillé entre deux fii- 
11 catives égyptiennes, £ et uj, rendues aujourd'hui respectivement par l'uvo-palatale 
» arabe r- et par l'antéro-palatale ^, et s'est fixé tantôt sur l'une, tantôt sur l'autre. 
» Aussi nos transcriptions nous fournissent : njçc hak'restos Xpusxô, x'>^P*' k'ura /lôoa, 
)) ^pxhA«.oc Ark'illaos '.■ipyéXxo,, Pi.x«''^ R'ik'al 'Pa/i^X bnn, T*.pxH darsi i^j^, ««px"- 
» eperc (ifsi'-aros ip/i-psy?. Je n'ai pu obtenir de mes maîtres, ni retrouver la règle qui 
') détermine cette répartition. C'est, je le crois, la tradition avec ses faiblesses qui 
1) guide le lecteur pour chaque mot', n 

Il ne semble pas que g ait changé de valeur, depuis les derniers temps égyptiens 
où le son de Cil se confondit avec celui de fl. Il représentait, dès lors, l'aspirée simple 
de toutes les langues, prononcée plus ou moins énergiquement, et il répondit, par con- 
séquent, à l'esprit doux ' du grec, aussi bien qu'à l'esprit rude ', g^jpHnn s'cpi^vr,, giT&'Ai*. 
'lT2/.'!a, giiiiv "/a, ^otcot;; il marquait même l'aspiration produite parle hiatus au corps 
des mots, ô.2op*.Toc àdpxTot;, Iio^i-iiitHc 'iwivvT,?. De même, les premiers coptes qui furent 
en rapport avec les Arabes rendirent par o tantôt le?- de a.^<î AioToa^ueT-Aico^jwixiJiHT, 
tantôt le o, I\.noir^HA«.A J>U>^1 , tantôt le ^, j,\c ^«.iXHp a côté, d'ailleurs, de acjuiep : 
l'arabe d'Egypte confondait le ?- et le f- alors comme aujourd'hui. Le même fait se re- 
trouve dans le texte arabe écrit en lettres coptes de Le Page-Renouf, '2^e.n-i.og = eJi^, 
*ja.ju.eAoir 1^, iteqcog 4_iJ , ô.2^v•x jj,.! , g^in j>a- , mais les textes coptes écrits en lettres 
arabes de Galtier n'emploient que le o, neTe^tt*.K illi^il , g^i^icii hk^oi aKT JU j». 
n&£Ax.cn Ol^il, "HCTg^Hn ^L*iL' , etc., et laissent de côté le r. Dans le glossaire français 



1. Voir plus liaut, p. 32. 

2. RocHEMONTEix, Œucros dicerscf, j). 113-111. 



IJE LA ril(i\l':TI(,)II': ÉGYl'lIliNNI': 53 



en lettres coptes, sauf une or(li(>!?iapli(' coinnic A.\ofiu-o l'àiic, ou AiaxotAo le rnidet , où 
sa présence s'explicim^ mal. \o » ne se rencontre (|u'ii la lin des mots terminés en fran- 
çais par une voyelle, de préférence notre e nniel, nipi.^ ci'ai, AA.(^'<\oei2 la pluie, 
"KiK^e'Xeo In toile, xxt^'Xi^&eo iiinlnde, n«.«eAcg batte^-ie, no-s-^poipg CiiuoTp Notre-Sei- 
g/ieiu% Ai^*.niu)2 les anneaux, il rend ainsi l'espèce de souffle léger par lequel nous 
terminons l'émission de nos voyelles. Il y avait là, comme on voit, un emploi très at- 
ténué de o. Petrieus donne dans son psaume le h aspiré pour équivalent de cette lettre, 
Àineqooi ainbaJÔai, g^itÇjuiwiT wiihniolt, ocjuci Hanisi, nicg^ooir hiaiiûii, g^iot h/'6, iieoq 
nanf. Tous les grammairiens européens modernes font comme lui, mais Rochemonteix 
montre que les Coptes d'aujourd'hui ont réduit encore le degré d'aspiration, car, dit-il, 
« le 2. 6st le e arabe articulé avec une énergie très variable. Parfois, il semble n'avoir 
» d'autre valeur que notre h muette : ^w u, èfeoA^iTotq ab'ol-idotf, nKA^g^i ebkaé, oto^ 
I) nô, ouô, etc. D'autre part, il est fortement articulé, par exemple, dans îi-xiopg en- 
» gorHU, sans jamais s'assimiler au 7- arabe'. » De toutes les aspirées que possédait 
l'égyptien antique sous les signes Ui et x, il ne subsiste donc plus aujourd'hui que la 
plus faible, encore est-elle en général si affaiblie elle-même qu'elle disparait souvent 
dans la prononciation et ne se maintient plus alors que par tradition dans l'écriture. 



B. SIFFLANTES 

Selon l'école de Berlin", il y aurait eu dans l'égyptien antique deux sifflantes 



1 et une chuintante rvn : la sifflante — — aurait répondu au t ou au d de l'hébreu, 
tandis t)ue la sifflante ' aurait répondu au 2? (^ et .1. de l'arabe) et la chuintante au 
v}\ Qu'il y ait eu, en effet, une distinction établie entre — »— et I aux très anciennes 
époques, on n'en saurait douter, bien qu'il soit difficile de discerner en quoi elle con- 
sistait, donnés l'antiquité de l'époque où elle existait et le moment relativement récent 
où nous prenons les textes hébreux. Il est non moins certain que les Égyptiens com- 
mencèrent fort tôt à employer les deux en variantes purement graphiques l'un de 
l'autre; dès le début, Hommel lui-même cite quelques exemples de la confusion, tirés 
des testes des Pyramides, et il ne serait pas malaisé d'en signaler d'autres encore. Au 
premier empire thébain, elle était complète, et l'on rencontre dans le même manuscrit, 
à quelques mots d'intervalle, 1 [1 ^ ^^ jj '<l=^ £S gT\ ^^.^ , où ^^-r.^ S QTj est écrit 

par — "— initiale, tandis qu'il est noté par I dans le membre de phrase il «^QJ) 

I <£? g[\ 'î^::^ \ etc. Sous le second empire thébain, ce n'est plus qu'une ques- 
tion d'orthosrraphe, et si, par pure routine traditionnelle, certains mots tels que 
\A , continuent à s'écrire régulièrement par — *— , les autres échangent indifférem- 

1. Rochemonteix, Œucivs dicerses, p. 117, 

2. L'assvriologue Hommel est le premier qui ait attiré l'attention sur ce point [Zaitschrift, 189?, t. XXX, 
p. 9-11]. 

3. Erman, ^Erjyptische Grammatik, 3' édit., p. (16-67, §§ 113-115. 

4. Papyrus de Be/lin n" l, 1. 148-151; cf. Vogelsang, Die Klagen, p. 123. 



54 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



ment [1 et — "— dans leur composition. Nous étudierons donc ces deux signes et leur 
|)r()nonciation dans un même article. 

^ et fi 

C'est la silllante ordinaire s de toutes nos lang'ues, qui s'est maintenue jusqu'à pré- 
.sent dans ce qui reste du copte, .sans autres changements de prononciation (jue ceux 
(jui peuvent provenir du voisinage de certaines lettres, ainsi que nous le verrons par 

la suite. 

Dans les listes de Thoutmosis III et postérieurement, — *— et I égyptiens servent 
il transcrire le d ou le t" des mots cananéens qui plus tard fut remplacé en hébreu par 
un r : *'\y l=^'îf: devenu plus tard ]£^ l\\\ dans la liste de Shashan(|, (10 

devenu en hébreu r-inçr, 0^ =1P3S, <="v *'" hébreu t"h, et ainsi de suite, 

mettant i et — »— inditïércmment par d, même dans les mots d'usage courant, ' ffl ^^ 

If '^•''°- ' '^ D'DiD, ^_ '^A> Di?'?D. De leur côté, les scribes cananéens tia- 

I li 'M J¥\^ 1 f ' • ' |-, t?:^. n ^ U ;k n 

duisent également par la chuintante le — ^, I, égyptien, ^ MX Oui^oassa, ^ m 1 

^ Ta/tinasiii, (l|v P nanthu, et, un siècle plus tard, O"" Hifi Oaakmoiiriya, © [ji | ' ' 

Rit/amasesa, S> — ^ f^atepnariijn. Ni I ni — «— ne se rencontrent dans la liste de Slia- 
.shanq, mais les Assyriens d'Asarhaddon et d'Assourbanipal les rendent généralement 
par la chuintante comme les scribes cananéens, sans toutefois écarter la sifflante, 
^VJol Harsijêsou, ^"^^ Sa//ya : j|^ et j| deviennent alors Êà>-Éèoa 

et Ou^irou dans les noms propres où on les trouve, U J| devient Oubeètf, Q ' ^. 
devient Pisamil/a', et "—^ f^^ k^ i ^ ^ Ispirnâiou: toutefois, dans le 

néo- babylonien, le son sifflant de I, —h—, se retrouve, et l'on a Poaaoaasfou pour 

ïï j|, Pisamiski pour ^;!v ^ ,^' ■P^'^^^r' pour r| J|. Il y a là lui fait de 

philologie sémiti(|ue, et nous verrons bientôt que, par contre, la chuintante égyptienne 
CED, TtltT , est traduite, en assyrien au moins, par la sifflante dans les transcriptions. 
Dans l'hébreu biblique, au contraire, d équivaut toujours à la sifllante égyptienne. 



"^jl noa'E, ^^ 1 Di-iris, ccnitre l'assyrien Patouréki, 1 1 ^=^^" ^ toid , 



oçai'-i. Ces faits notés, il n'est pas nécessaire d'insister sur l'histoire de ce phonème. Il 
il toujours répondu à notre s. — et il y répond encore dans le copte actuel, sous le 
signe c, — cela depuis la XVIIl" dynastie au moins : je ne puis pas remonter plus 
haut |)ar les documents. 

r~n~i 

.». Il en va de même pour la chuintante [rn=i et pour ses syllabiques TtîtT , [}, etc.; 
c'est notre mi-occlusive chuintante ch dans chat, chèvre, et celle de l'anglais su dans 
Jresh, shickl. Il répond donc au -à du cananéen et de l'hébreu, comme le prouvent et les 



DK I.A PIIONËTIOUE ÉGYPTIENNli 



transciiplioiis cl,; nniiis géographiciues, ^ ^ ^ ^ Mil ^ : ^i '^''?>?1=' • ^^1 

TtTtT (] . "rs-ip-n'a, .Sa^IiMy n'ip-Osi, et les trunscri niions de noms comniiins 

J^TtT, "^ "^^ do °^^' JtTtT ^ . pç*??; mais, tandis que les scribes d'El- 



Amaina expriment toujours le c3oégvptien par la chuintante, ik Kâp,i, c^n^-Ç) 

_ sotir'bda. l es A ssyriens et les Bal)\ hmiens des derniers temps le rendent tantôt 

par la chuintante ^a Koiiéou, îtTtT ^:;^ jj Sabakou, ^^ §) ^ Pisanhoiiroit, tantôt 

par hi silllante 1=3=1 AV/s/, T>T(T TiTtî Sonsinhon. C'est l'inverse de ce nui se passait 

pour la sifflante. Les Grecs, qui ne possédaient point la chuintante, ont lendu naturel- 
lement le trnzi par 1, ".\tj-/:^, dS)<^\x ^viiir^jUi, 'KajjtoO;, w^mm'j^i, puis, au 
début de répo(|ue musulmane, ils ont essayé de la transcription 7: pour le ^ arabe et 
le uj ccpte, 'PatrÇio ju^j, Evï^op- ettujopn, eicrÇ-rÇev eiiyseit. Le phonème Compris sous l'égyp- 
tien ancien r-n-n et sous le ig copte est toujours notre chuintante, mais, ainsi que nous 
l'avons vu. il avait absorbé dans les dernières formes de la langue les sons de la -x et 
du s' : il est inutile de revenir sur ces faits. 



LES LETTRES PUREMENT GRECQUES DE L ALPHABET COPTE 

Nous avons parlé déjà des lettres grecques entrées dans l'alphabet copte pour ex- 
primer la gutturale aspirée ^^zi^ et l'aspirée ® x, ainsi que la dentale aspirée t-\-u-» 
et la labiale aspirée p -j- h-*. Tous les autres caractères de l'alphabet grec ont été admis 
dans l'alphabet copte, mais l'usage de certains d'entre eux, r, i, z, ï, w, est générale- 
ment confiné à un petit nombre de termes d'origine étrangère, et ils servent rarement 
dans des vocables égyptiens : quelques mots suffiront donc à caractériser leur emploi 
et à déterminer les valeurs qu'ils ont pu prendre depuis leur entrée dans l'alphabet 
copte jusqu'à nos jours. 

r était proprement à l'origine la spirante gutturale sonore, celle de l'allemand 'IVig. 
comme dans la -/.oiv/ hellénistique du moyen empire romain, et on prononçait de même 
qu'en ce grec les mots étrangers où elle se rencontrait, ra.Ar<V«.ii>, Toiiopp*., r«.Xi'ikA, 
neTST'XTnTon ^-cà '(),<jt.^x àuTtôv, fe«e«., et dans les mots dérivés de l'hébreu comme po^couihA 
■rK'jri?, où le» ressemble pour le son au r- arabe, elle avait dû assumer, comme aujour- 
d'hui, un son très voisin de cette dernière lettre. Elle a pris pourtant bientôt, tantôt la 
valeur du gh nasal, très voisine de celle de k comme le prouvent les variantes -i-ot-i 
ou KHitHAie. pour oo/.îT, ■[ir,riix:i, tantôt le SOU du G-doux ou du UJ comme il résulte des 
variantes Aie^j^r-e, t'imop, poiu- AJii.*.-s.e, ':smiop. Le dialecte thébain et en général les dia- 
lectes méridionaux l'ont adoptée assez régulièrement lorsqu'elle se trouve au contact d'un 
n (il) précédant immédiatement «.itr, Aïoimf, nnr, pour akok, xiothk, etc. : elle remplace 
même alors le k suffixe de la seconde personne du singulier masculin, nruja.'xe, AipqwTe, 
TcooTs-iw, pour imujù.'se, iÏKqtoTe, tiootÛÏi. Cet affaiblissement du k — ^zz^ en i" n existait-il 
pas dans la langue antique, au moins sous les mêmes conditions, et n'y avait-il pas des 



56 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



position;- dans lesquelles, devenant l'équivalent d'un ^•^w^^ simple, (1 se serait déjà 

prononcé Arfoii, ancH? Rien ne m'a permis de l'allirmer jusqu'à présent, et ce n'est 
encore qu'une hypothèse, mais elle me parait élre vraisemblable. Les textes coptes- 
arabes de Galtier transcrivent t'i.p par jU.. opf*.iioit par ù>by-j iivec métntlièse pour 
Oylijj. avec un i- , mais ^^^ Ul^ c*wAnirnoc par un ^prononcé probablement ici à 
l'égyptienne, et de même, dans le vocabulaire copte-français, ^ répond à notre G-dur, 
Aa.t'i.pce la garce, ^er*>pcoT»-Aj. le garçon. Les grammairiens du XVIP et du XVIIP siècle 
ont essayé de donner des règles pour indiquer les différentes prononciations possi- 
bles du p, et il « est le t- arabe, mais, dans la pratique, il est plus souvent prononcé 
» comme la ])alatale égyptienne ■s Q. et parfois comme //[-doux], v-o^p g ((r ( jlj.), e.t'^ooc 
» ag'alos, ^HPeunoii cf/ànion, — jutouor-euHc iiinnoganis, i.vv7e.'\oc oggaloft , ar'igalo.'^,-\v6.- 
)) ^lAe*. digdlila^a, xxt^voc inagos et niaios, o^voTxxenoc heguindnos, g^HreAiwn e<jam<in, 
» — AïoiiorenHc nionoge/ias... De même qu'à la sourde x- '^s Coptes des premiers 
» temps donnaient-ils déjà au c , suivant sa position, deux valeurs plus ou moins voi- 
» sines de l'articulation grecque? Probablement. Mais ces valeurs ont divergé et sont 
» identifiées actuellement, la première au i arabe, la seconde au ■:s ou ^r du Sakl, et 
» ce dernier empiète sur l'étranger i- . » Comme on le voit, le e a fait el fait encore 
double emploi avec les dérivés coptes du -^^zz:^ et du^^ égyptiens, et c'est sans doute 
pour cette raison que son usage est si peu répandu en dehors des mots grecs qui le ren- 
fermaient à l'origine. 

A ne devrait se rencontier régulièrement en copte que dans les mots grecs ou 
dans les mots d'origine étrangère arrivés à l'égyptien par le grec, ^opK«.c, •i.ope*., o-5-a.e, 
•i.e, A*.Tei-i., loT-2>.€k, lop'i.i.iiHc, et il devait avoir à l'origine le son de la spirante dentale 
.sonore du grec hellénistique 2 ou dLi tu anglais dans faiher, inoiher, mais de bonne 
heure il perdit cette valeur pour prendre celle de notre sonore d, si bien qu'en cette 
qualité il se substitua fautivement au -r dans l'orthographe des manuscrits, •a.cK'xi'x, 
■»T«.'i.poit . ■a.toîS'e, OT'^e (lllter), e.p'^TAiic, •^iott^e*., q».!, pour TeKTiioi, •»e*,Tpo!t, twS'c, oTTe, 
«.pteAiic. TOT-i.*.!*., -)■, ou il fut remplacé non moins fautivement par t dans les mots qui 
auraient dû le contenir, TopKè-c.TeptH, K«.iit4>kh, r'Aj^toc, 'Aj^tcit, cx^fion, pour ^opKa.c, 
^epfcH, Ke^ifi.4^KH, k'.\.!v-2voc, '^«.-5-ei-i., c;x;c'^on. Dans le texte arabe en lettres coptes de Le 
Page-Renouf, 3 et i sont également rendus par -a., ■xe'i.-i.e loa- , o^-2,.e.» liV . nt.o'u a*, 
"^ - "T , -^ , ■ J .. - ... 

mais il faut se rappeler qu'en Egypte, le •> de IÀ5^et de 11» .se prononce comme i, kéué, 
haud, et celui de 'ol comme j, /za. D'autre part, le texte copte en lettres arabes de 

Galtier transcrit •i. par ^ ou pai' Ji, -i-ineoc-s-itH ^ ^jlS^i. ooj-i.H l^yt. c-i.o)juL «Jàl . mais ici 

encore le ii est, en Egypte, une des lettres qu'on prononce généralement d. Enfin, le 
D français du vocabulaire français en lettres coptes est rendu parfois par le -i., au lieu 
du T ordinaire, Aiots-ui».! , ju.i>p-i.i, et ainsi de suite, pour tous les jours de la semaine. La 
transcription de Thomas Petr<Eus donne toujours un d pour -i. dans ûda 0-5-i.e, katadra 
K*.^e'i.pi.-K*v€>eTp*,, et Rochemonteix avoue que, pour les Coptes actuels, -i. d tend à .se 



DK LA l'lliiM';ri(,)lJE lïCiYI'TlKNNE 57 

)) confondre avec t : -îkoAoc do'los, loyii^^nHc iordanïs, îig^«.n-2k.u)pon l'ii/unKlôron, à côlô 
)) de itTe'toT-i.e&. end'iiàd'ôd'a''a, •i.e d'à, » etc., où le -2^ prononcé d' lui parait ('Ire l'in- 
tradentale arabe S; il avoue d'ailleurs que c'est là une prononciation artilicielie, et que 
les Coptes actuels « afi'ectent même parfois de substituer le son d' [i] à celui deT = rf, 
» donnant par là à leur lecture une apparence d'érudition' ». De tous ces faits il résulte 
que, ce cas d'alïectation à part, le copte, en admettant -x dans son alphabet, n'y a 
pas introduit un son nouveau, mais ([u'il a simpleniont assimilé là spirante a à la sonore 
D-T, provenant de l'égyptien c^, s=5,^^, c::^?. 

^ est encore moins usité que -i., et il ne se trouve guère que dans quelques mots 
grecs comme '^Kitwn, 7tooit, 7ioonujHii., 7hthcic, n*.ppKci*.7e, nip*.7c ; il y était assimilé à 
notre z, mais il prit la valeur d'une simple s douce ou forte selon les circonstances, 
comme le prouvent les variantes feoec pour too'j^, ù.noT*.7e.»e pour *.noT4.ccec«e, ciPTk.ircic 
pour 7HTHCIC, KTpic7e pour KHpTcce, ct mcme il envahit quelques mots coptes avec ce 
son de s-dure, Aji«.7e T. pour juii.ce, 7tonT T. pour ccoitT. Le plus fré(|uemnient employé, 
le seul, je crois, où l'orthographe par 7 soit constante, est ù-n^^HÊe 7'., «.«•^hê. M., ■f , avec 
la graphie erronée «.ng^HÊe T., et il avait été considéré par Peyron% précisément à cause 
de cette particularité orthographique, comme un mot d'origine étrangère : nous savons 
aujourd'hui qu'il est la transcription de l'égyptien antique ^ n H'^'c jP^OO ^, , mais 
je ne comprends pas pourquoi la lettre ^ a lini par s'enkyster dans cette locution pour 
exprimer la valeur de H , c. Dans le texte arabe en lettres coptes de Le Page-Renouf, le 
7 est employé pour rendre les caractères Js et ii dans leur prononciation z, ge,.^!*». 

J J _ J 

7«vjeKO-5- pour \Ju\ls ^làc, ei76. pour Uail, ^«.iCKeiw-e-og pour Ali Us, ec-o-iuRô.7 pOUr làkzJi, ■e-eju.71 

pour Isa, eiK*.7ô.K pour diliil, tandis que, dans le vocabulaire copte français, x^ répond 
à notre s-douce prononcée z, is'oT7-ij jouzdl-jeudi , *.Aefio-5-7eneK aUes-oous-en, 'K\'xjik- 
7IO-5-J le gaseau-la r/a^elle, Ai7«.nia)g les anneaux, ekAo-s-j^oTs-xioicc^ep alle^ au moustier, 
AerÇoT3'e7e les poiKjeoises. Pour le couper court, disons que les transcriptions de Roche- 
monteix assimilent uniformément 7 au z-j arabe. 

Il est inutile d'insister longuement sur le \^f et sur le =î. Ce ne sont en copte que 
de simples formules orthographiques résultant, le premier de la combinaison du n-B et 
de c, le second de celle du r et de c : \^rsT, •^nc T. M., à côté de nciT, ncic, et un nombre 
relativement considérable de noms propres géographiques ou autres, 'Poi, «Pwi T. M., 
à côté de IIcoi, IIcwi, •VctteTa.i M., à côté de IIceneT*.!, îyeit(5'igo M., à côté de Ilcetnî'igo, 
fa^Te T., à côté de IIc^Te, jPô-gpcq M., à côté de nci.gpeq, plus quelques mots grecs 
comme ■^^tx**! p'- •»V"X°''''"^' »'Vi\^ic. etc., g^oTp T. à côté de Kco-s-p, î;xï.«,ptooTT pour 
KCJui.*.pcooTs-T. Il semble que le ^ ait pris parfois le son de c simple, car on trouve 
«jiTHÉie, g_e'\coA, eK^oTci*., pour i.«7Hfee, ceAcwA, e^oTci*., et, en ce cas, la faute d'or- 
thographe s'expliquerait par la valeur donnée à la lettre. Il serait possible que, de même. 



1. RocHEMONTEix, Œiwres diaurscs, p. 115-llG. 

2. Peyron, Lexicon linguœ copticœ, p. 9. 



58 INTRODUCTION A L'ETUDE 



■v^ ait été prononcé parfois comme c, et ou s'expliquerait ainsi des variantes telles 
que H'v^oTe pour ^otc De toute manière, ces deux lettres n'ajoutent aucun son nou- 
veau à ceux que possédait déjà l'ancien égyptien. 



En résumé, si l'on considère attentivement les textes qui peuvent nous donner des 
renseignements à cet égard, on remarquera qu'avant le commencement du second em- 
pire thébain, le système phonétique des occlusives et des sifïlantes égyptiennes avait 
perdu au moins trois phonèmes, ceux [que les scribes du début avaient notés s==>, 
^-=, — «— , et qu'ils ne les conservaient plus que par tradition comme simples variantes 
orthograpliiques des sons exprimés par q, ®, rvn, I, Il en possédait encore vingt- 
deux, répartis sous quinze signes-types et sous leurs variantes, mais dont beaucoup 
étaient en voie de transformation, comme le ^^ , ou même d'évanouissement total, 
comme fi. A l'époque romaine, il n'en subsistait plus, ce semble, que onze ou douze, 
et le système complet s'était déplacé tout entier dans le gosier : il avait tendu à ouvrir 
les occlusives, même les plus fortes, et à en faire des spirantes. De la série des occlu- 
sives sourdes, '^îz:^ k est la seule qui paraisse avoir subsisté telle quelle, au moins en 
thébain k, car, en memphitique, elle s'est aspirée très souvent et est devenue x '■ le 
D P et le ^ T se sont changés en sonores, D-n-B et ^-t-d. La série des sonores 1 -b, 

c^^^-D-s S-Q. "i*, et des aspirées D, pu, tii, se modifie de même, et seul k^=_ con- 

n en en n 

serve sa valeur antique, mais ] , c::^::", S, deviennent des spirantes j -^-v ou perdent 

leur caractère, et, identifiées progressivement aux sourdes, suivent les destinées de 

celles-ci, ç:^>-"^-t-d, a-7^-^::=:^-k. Le système de la dentale^^ connut des fortunes 

plus compliquées, mais on constate que là aussi le déplacement des sons se continue; 

^^ Ts-TCH aijoutit d'une part à la dentale simple ^ d, de l'autre à la chuintante 

■s-^-ig. A ce point, le son noté par <^ en provenance du zi, du ffl ou du '^zi^ antiques se 

confondit avec ceux qui dérivaient du^^, et les deux aboutirent à la prononciation 

chuintante du uj, bien qu'ils conservassent étymologiq\iement leur forme graphique 

personnelle. Aujourd'hui, malgré l'adoption intégrale de l'alphabet grec et l'adjonction 

aux lettres grecques de six caractères d'origine égyptienne, la prononciation des Coptes 

marque l'appauvrissement phonétique le plus évident : la série des occlusives et celle 

des sifflantes ne comprennent plus qu'environ treize ou quatorze phonèmes effectifs, au 

lieu d'une trentaine plus ou moins (|ue la langue antique pratiquait. 



m-: i,A i'ii<>xi-;ti(jui<: iîgyptienxe 59 



2» VOYELLES PROPREMENT DITES 

Lu (|uestion de savoir si l'écriture égyptienne possédait des signes-voyelles réels a 
été très débattue en ces derniers temps, et, tandis qu'une bonne partie des égyptolo- 
gues, ceux que la génération actuelle traite de vieux égyptologues, en soutient l'exis- 
tence, l'école de Berlin et ses adhérents la nient résolument, et ne consentent à recon- 
naître dans le système hiéroglyphique de tous les âges que des signes de consonnes 
faibles vocalises, à la façon des autres consonnes, de fa.çon différente selon le cas. Pour 
trancher la question, il est nécessaire de rétablir, si on le peut indépendamment de 
toute graphie hiéroglyphique, le système des voyelles de l'égyptien avec les variations 
qu'il a subies à travers les siècles, puis d'examiner l'un après l'autre les signes qui, 
dans l'écriture, correspondent à ces sons-voyelles, et d'en suivre les fortunes dans le 
temps : les conclusions viendront après que nous aurons effectué ces deux opérations 
successivement. 

a. Système des voyelles de l'égyptien. 

Remontant du connu à l'inconnu, c'est-à-dire de la vocalisation actuelle du copte 
à celle des siècles antérieurs, on est contraint d'avouer, avec Rocheraonteix, qu'« à ne 
» considérer que l'écriture, ce vocalisme parait riche et précis », mais qu'« à entendre 
» les lecteurs modernes, il est pauvre et indécis ». 11 comprend tous les signes-voyelles, 
simples ou diphtongues, de l'alphabet grec, *>, e, h, i, o, t, ot, s.i, *.ts-, «, cT-eoT, hi, ht- 
HOTs-, lo-y. 01, oTi. ooT. COI, cooT ; pourtaut, lai.ssant de côté pour le moment les diphtongues 
sauf 0-5- qui correspond toujours à l'ou du français, et « qui n'est le plus souvent que, 
l'équivalent de i simple en ses emplois multiples, on s'aperçoit bientôt que, dans l'asage 
courant de l'Église, « toutes les voyelles sont ramenées vers les trois types principaux, 
» A, I, u ». Ainsi, « &. et c se lisent a, sans qu'aucune différence d'intonation ou de 
» quantité les distingue ». Le son e, qui était celui de l'ô grec d'où procède l'e copte, 
ne subsiste que.dans renonciation du nom de cette lettre Éi, éia, éie, mais il se retrouve 
sous diverses autres lettres, ainsi qu'on le verra. H se prononce tantôt a, tantôt i bref 
ou long, selon des règles qui ne sont pas très strictes, a dans les syllabes fermées othê 
uâb, THpc dar-s, i dans les ouvertes npotÇHTHc ebrôfîdas, igHpi siri, T«.px" darsi, iÇh bt, 
bei, et pourtant IopT^A.itHc Yordanis, x« ^^c-^ ■"«^pH'^ em ebrade, nipn bêira, etc.; dans 
beaucoup de mots étrangers, il sonne É i ou a presque indifféremment fiH-&AeeA». h'ét- 
laani, b'itlaam, npio-îkjtc érô'das, irudas, AïoitofeiiHc monoganis ou monoganas , y^fx.'^ 
psiki ou psika. I, simple voyelle, se lit ■!, ï et É surtout à la fin des mots, mais souvent, 
à l'attaque des syllabes, c'est l'yod, icxeit yisgan, ou en finales des syllabes accentuées, 
auquel cas il s'appuie sur un É adventice, «.q'^ afdéy, g^iTOTq liéydodf, maoT néysio. 
O et w ne se distinguent pas l'un de l'autre: ils sonnent selon les individus 6 et ô, ou 
et où, Kt'eju.ojit éga'mbn, Hpio-^nc irô'das ou ifôûdas, etc., et ils peuvent se réduire à I'e 



60 IXTRODUCTIOX A L'ÉTUDE 



muet dans les syllabes brèves, Koamoc kesmes, tcjouk denk : o-s- voyelle se comporte de 
même, bien qu'il soit de préférence ôïï (ù), ou (û), et quelquefois comme la diph- 
tongue o -f- ou, cTtÇe ecoren adba aso'uari, ti.o-^aov dauno'u. Enfin, -s- est tantôt un i, 
o-5-A-!rfe6.noc olib'anos, tantôt un É, oirgTuois-Aieitoc ohégumanos. J'ai pu vérifier moi- 
même, à Bibéh et à Bellianéh, l'exactitude de la plupart des transcriptions de Roehe- 
monteix, et, comme le montrera la suite, les éclaircissements qu'il y ajoute, ainsi 
que mes propres observations, m'ont prouvé la vérité de sa conclusion : « Certains 
» repères qui subsistent » à travers cette incohérence apparente « suffisent à montrer 
» que l'appareil graphique de la langue sacrée' avait été adapté à des formes réelles de 
» la vocalisation^ ». La position du copte actuel vis-à-vis de cette vocalisation est 
assez semblable à celle de notre latin d'église vis-à-vis de l'ancienne vocalisation latine. 
En gros, les sons-voyelles, ou reproduisent à peu près ceux de la langue antique, ou 
ils se sont modifiés et transformés sous l'influence de la langue courante, c'est-à-dire 
de l'arabe. Rochemonteix a remarqué très justement, à propos de e prononcé a, que 
« les Coptes modernes en ont fait un a régulier, comme les puristes arabes, lors'jii'rls 
» affectent de prononcer correctement les é du dialecte courant que recouvre dans 
» l'écriture [un fatha'' n, Madinah, Baliana, etc., pour Médinéh, Bellianéh. Il 
reprend en conclusion les résultats auxquels l'a mené l'examen de chacun des signes- 
voyelles coptes en particulier, puis, après en avoir rapproché brièvement la pronon- 
ciation vulgaire de celle des dialectes arabes saïdiens, il déclare : « C'est à l'imperfec- 
» tion d'un organe mal exercé par la pratique d'une vocalisation spéciale, menue et 
» flottante », la vocalisation arabe, « qu'il faut, ce semble, attribuer l'altération mani- 
» feste que les Coptes saïdiens ont fait subir à la vocalisation du vieil idiome égyp- 
» tien' ». Mes propres observations, réparties en deux fois sur une période de trente- 
quatre ans, m'ont convaincu qu'il avait raison de s'exprimer ainsi. 

Naturellement ces altérations se sont produites dans la suite des temps, à mesure 
que l'usage de l'arabe se répandait parmi la population de langue copte ou grecque, et 
le progrès peut en être jalonné assez aisément par les documents dont nous disposons 
actuellement. Partout, dans les manuscrits et dans les transcriptions en caractères 
latins, on rencontre des orthographes qui permettent de préciser la valeur phonétique 
des signes-voyelles aux époques diverses. 

I. — t\. .semble ainsi couvrir deux valeurs. C'est d'abord l'équivalent de a grec et 

de A latin, ^wp^ç^wu ïp/'ov, SLutio^^^i*. \\-i-v'y/s.ii-AlltlOclna, K«.Ki«.-K&3'iek /.t/.'.i.. Ye-A^-Tij». V/Àa- 

-J.a-Galatia, même dans certains mots d'origine purement égyptienne. C'est ensuite 
un son intermédiaire entre a et o, mais tendant à se rapprocher du sou de o jus(]u'à se 
confondre avec lui, le son de I'a anglais dans a//, wKr, ioh\t prononcé vulgairement 



1. Par cette expression langue xacrée, Rochemonteix désigne ici comme ailleurs {Œacres clicerses. p. 95) 
le copte lui-même, considéré aujourd'hui comme idiome propre à l'Église, l'arabe étant la langue d'usage 
courant. 

2. RocHF.MONTEix, Œuorcs clicerses, p. 119-125. 
.3. Rochemonteix, Œiicres dicer.^es, p. 120. 

4. Rochemonteix, Œiicrus dii-ei-ses, p. 124-125. 



1)K l.A PIlOMCrKjl !•; KC^l'IIKNXl': ■ (il 

icbt, ir\ter : ;iin.si, le biu'liin(iuri(iue écrit eAii».fci à cùlo de eAnoti, iia«.juioi-«aijuiok, etc., 
à côté de njujuii.i-njuA».*.K. juo à côti" de xijw, Toié il l'oté de Tivié cil iiKMiiphiticjue, et, dans 
tous les dialectes, des écritures comme aïono-xioc pour aio««.5(^oc, A.cno7e pour «.cn*.^e, 
Reneo poiu' ï-cne*.. otiicKoc poiu' ».mcKoc , iie«>itieiioc , et des prononciations actuelles 
telles que Morkos pour Markos montrent que la tendance qui amena les a de cette 
nature à l'o existe encore aujourd'hui. Cette constatation est d'autant plus importante 
que le fait a joué, comme nous le verrons, un grand rôle dans l'histoire de la voca- 
lisation antique de l'égyptien : cet a franc tourne à l'o sans aucune dilïérence de 
quantité. Le psaume de Thomas Petneus nous apprend qu'au XVIP siècle tous les «. 
du copte n'avaient que la valeur a, ujù.q-fju.d.-)- sc/iAj'dimÂdi, r«.oi kkhi, (Ç«.i hki, qiti^T«,Ko 
(ftiMlAku, etc. Il en est de même dans le glossaire copte-français de notre Bibliothe(|ue 
nationale, Aina.Tpi&.paio-5-2 /<? pAtriA/rhe, Ai-»uii>Aie> le tcIiKniel, As-px l'A.rc, Aipp*.-» 
le r\t, et dans les transcriptions arabes de Galtier, il^l «.uck. ^^}\ ni-uoti, t^l^l\LlS^ 
Kft.Tew n*.uii.i: partout le son de 1'a-«. franc y est rendu par I. Sans insister davantage 
sur les époques intermédiaires, nous pouvons arriver du coup au temps de la forma- 
tion de l'alphabet copte, où «. correspond toujours à x, mais avec des distinctions 
de quantité que la prosodie gi'ecque nous révèle parfois, a-XA*. a>>Xà, î\.no-5-n "Avouêi,-, 
a<.Ax.oirn "Ajjiijtcov, A,itoui«. àvojjita. Les transcriptions grecques des noms propres nous per- 
mettent de remonter jusqu'au V siècle avant notre ère l'histoire de ces deux a, 

"ApiJiai,- HAVnihkbi, <I'aiJiiT7o;-<I'3!,a,ijir;-t/o,- Psxmktiko-PsAmêtiko, "Azi^^-î,-iK HAt/iArbéki, 

ss'î Saî, nï-joOjjto; P-Atoumo ct viugt autres. A partir du VI« siècle, nous n'avons plus 
de translitérations de mots égyptiens en caractères alphabétiques, mais le syllabaire 
cunéiforme nous fournit des renseignements précieux, et c'est alors qu'on voit appa- 
raître nettement, outre la distinction entre à et ô, la distinction entre  et À que j'ai 
marquée plus haut. En effet, tandis que les inscriptions d'Assourbanipal et les textes 
assyriens contemporains nous donnent pour le nom d'Amon les deux transcriptions 
Amounou dans HAtpimounou ( HA-At-pi-mu-nu), OunAinounou (U-riA-mu-nu) et 
A/»kné dans OurdAinkné-TandAmkné (Ur(tan)-dA-inA-ni-é), les tablettes d'El- 
Amarna n'ont que la transcription Amknou-Amkna {A-mA-na, A-niA-nu, A-tua-a- 
nu, A-niA-nu-um) pour le nom du dieu Amon, isolé ou entrant en composition. Ainsi, 
à sept ou huit siècles de distance, l'Â-long. portant l'accent tonique du mot, est devenu 
un ou-long à la même place dans la y.oi;r, égyptienne, tandis que le dialecte éthiopien 
a maintenu l'A. Ce fait est confirmé par d'autres exemples Rempruntés au même en- 
semble de documents : où les tablettes d'El-Amarna vocalisent kna (A-na), nkta 
{tiA-ta, nA-té), Hkra {HA-A-ra), Kks/n (Ka-sî), Assourbauipal et ses contemporains 
prononcent Ounou {l]-nu), notti (nu-u-ti), Hotrou {Hv-ru)', Kovshi-Kovshoa (A'u- 
si, Kv-v-si, Kv-\]-sn); et, si, suivant toujours l'histoiie de ces mots, on passe au grec, 
puis au copte, on trouve successivement "A;jl;jko/-^axoth, '«jv-lUit, vojTE-itoTTe-ito-5-)-, 'tipoç- 



1. Dans les noms Qo«n«7iOH/'0(( \ Ku-ni-liu-ru ~^~^ V^VW'. Nal;htiliouroiianslirni ( 



2 A I 

AAAAAA ( I M.Ù 1, etc. 
Y 1 " 



INTRODUCTION A L'ÉTUDK 



Siop, K0j'.,--e3'a)ig-e-»coig. Un souvenir de l'ancienne vocalisation en  subsiste dans les 
formes que ces Â-ou-ô prennent en composition, là où ils ne portent plus l'accent 
loninue "amev- pour AinÂnou-Aniôn dans 'A;ji£v .'jOf,i; à'AmAn/idtpi ou AiaE/w-i;,- d'A//?A- 
nappa, dans 'a--';; pour ^wi, dans "ATTta/voOSt; ou 'AzTzti'jrj-ju.:i, dans 'ETtps.uoOvi? Il 

qui sonne en assyrien Hatpimounou, dans HArn-Hoûrou-Hôr de 'Ap7ir,a'.;-//Ar- 



siyaésou'. On doit donc en déduire, comme je l'ai déjà fait il y a près d'une vingtaine 
d'années, et comme M. Ranke l'a reconnu à mon exemple, qu'à la tonique un  
antique peut produire un ou, puis un ô dans la langue saîto-ptolémaïque et dans le 
copte"; que, réciproquement, un ou-ô saïto-copte portant l'accent tonique peut remonter 
à un  long tonique de la y.o'.yr, ramesside. Cette règle, qui est bien assurée à présent, 
nous permet de rattacher à des formes premières en À des mots de transcriptions 
grecques ou coptes qui ont un ô (o-w) à la tonique, xôjvTi;-'Ovji;-uiu)nc-ig«.itc à K/idnsa 
(HA-An-sa), £oit[T], -o[j.-£v[t] à hàni (/ia-aoi, liA-nate), Ho-s-qi-itou-qe, uoqpi-noqpe et en 
construction Nôcpep-, Nacpsc- à Nkfa, iikp[a]t {riA-Ap, nA-pa-t[e]), qui peut devenir aussi 
en construction nEf'(ni-ip), ccotÏt à sktep-sÂtp (sA-te-ep), "i>-;,- à Apa[l], Ape {[n]A-pa, 
[n]A-Ap), etc. Les exemples d'X-bref tournant à l'É ou à l'i ne sont pas rares à côté 
des Â-longs, et, bien qu'il ne soit pas toujours facile de dire si le syllabique cunéi- 
forme que nous lisons avec un  est ou n'est pas un substitut approximatif pour un 
i^:-bref égyptien, je crois qu'on peut supposer pour certains mots au moins la séquence 
vocalique Â, ii-ï. Les tablettes d'El-Amarna, comparées aux inscriptions d'Assour- 
banipal, nous donnent ainsi pour le mot qui signifie dieu les transcriptions nktA-*nktt- 
novti en copte ito-yTe T. hotc^- M. Par analogie avec ce mot, l'histoire du mot qui 
signifie bon se rétablit nkfA {nk-pa, /iA^/)-*7iA./E)-iioicqc T. noirqi M. avec les formes 
construites Nôç- à l'époque grecque, ou la forme très contractée par la perte de l'accent 
-mpï-inbë-ix-fU-nqe. dans i1//MPi-MeMBÉ-M£iJii)'.î-nïtqe. De même pour des formes no- 
minales féminines telles que À/)A[É]-Â/3Ï-"ATTi;-'t>-tî-'i>:pti;, et NkmsA[É]-nkmsi[t]. L'ar- 
ticle féminin, noté tk dans Tk/nkltliti, nous apparaît comme Tk dans Tvstpi/Oo^ pour 
*Tv£cpà/6oi;, puis Teq- en copte. Et l'on pourrait évoquer d'autres cas du même genre. Je 
dois pourtant rappeler ici combien, dans le dernier égyptien païen, 1'*. prédomine où 
le copte a fini par avoir des e; ainsi, dans l'horoscope de Stobart, «.p«.Tq pour epe^xq T., 
d.p'2i&'se pour ep'Si.'xe M., f-s.ty's.eT. Akhm., «>p«vc pour epoc T., *,g^pHei pour esSpHi. 

Nous avons donc, à la XVIII" dynastie : 1° un Â-long, qui, à la tonique, devient 
communément o-s-, puis w; 2° un Â-bref, qui, à l'initiale non accentuée, reste générale- 
ment  ; 3" en composition, aux syllabes qui ne portent pas la tonique, ces deux a 
peuvent se changer en ë. Cet Â-bref atone, par enharmonie avec la tonique en ou-ô, 
peut tourner à l'ô, même à l'attaque du mot, ainsi dans 'Ovo^piî pour KnlioUrë-AnhÛUri 
et dans 'o9wT|;-'oGor„- pour AtoUi; mais je ne connais que peu d'exemples de ce fait sur 



1. Les variantes '<.lpTif,Ti;, "ÛpaTr6A).(ov, 'QpirîvoCçi;, etc., à côté de "ApTifiO-i:. 3Lp«knoA'A.ijJn, 'Apcrsvoûçi;, 
montrent l'ô pouvant rester secondairement à la contre-tonique. La présence d'un accent, même secondaire, 
sur la syllabe suffit pour expliquer la persistance de la vocalisation en ô à cette place. 

2. Ranke, KiiiUrhri/Uichcs Material, p. 70-72; à la note 5 de la page 71, il cite plusieurs des articles du 
Recueil, où j'ai établi la règle bien avant lui. 



l>b; I.A lMh>Xl'ni(,tUI'; KGVI'TIKNNE 63 



letiuel ji" reviendrai ailleurs. Plus ancieunement, nous n'avons pas assez de documents 
pour suivre les fortunes des a. 

II. — 6 se prononce presque toujours a dans le copte actuel, ainsi que nous l'avons 
vu, et cotte prononciation n'est pas nouvelle dans la langue. Elle était déjà universelle 
au XMI'' siècle, 'quand Petrauis transcrivit son psaume : «.'AA*. èpe neqoTciouj lyon 
sScii (Çiioxioc xins'c eqèep Ju.eAeT&.it ien neqnoAioc juLnieg^ooT mix niè'jsiijpg SOnne pOUr lui 
alla A/"A bkfuoôch sckob c/iaii ihiiomos Amibscheûs a/aâ/' iiiAl\'Jc'm f/iAii lix/'nômos 
xmbiahûn n\ni bixjorli. Aussi ne sera-f-(in pas étonné de trouver dans le smanuscrits 
de date récente des échanges perpétuels entre e et «., et, si la leçon a*, «.«e^ pour 
ujA èneg que cite Schwarz est cj^ractéristique, elle est loin d'être la seule faute de ce 
genre qu'on ait à relever. Toutefois les puristes coptes condamnaient cette prononcia- 
tion, et, sur leur témoignage, les grammairiens occidentaux des XVIP et XVIIP siècles 
considéraient e comme un e. Il n'y a pas de renseignement certain à tirer des transcrip- 
tions arabes de Galtier où e est rendu par I, nen^o yifJl, îx^pHi ^eit ^W- lS'jt/' - «^pifeit 
cUijI , (|Uoique cela semble prouver l'identité de son pour les deux lettres «. et e 
qu'exprime le signe arabe, et il faut tirer la même conclusion du fait que la trans- 
cription de Le Page-Renouf met le plus souvent e pour I, texene-» O^feO. "e ^, 
eXTiexicg^a. -u.4\i-l , réservant *. pour le 9-, g*. Dans le Vocabulaire français-copte, la 
confusion de *. et de e est peu fréquente, et les deux sons de «. et de e sont tenus 
séparés le plus souvent: on rencontre pourtant des formes telles que A*.fc«.pTOTpo-5-2, 
A«,neAx*-- AAiwT«^p«.Ai.o-yn-»c, Aa.nite.&a.Aj.c, }X)ur la CErdure, la bxrque, en l'autrE monde, 
la bonnE femme, ce qui semble indiquer que, pour le copiste au moins, il était facile 
de mélanger les valeurs de «. et de e. Néanmoins, à mesure qu'on s'éloigne des époques 
plus modernes, la distinction entre les prononciations des deux lettres devient absolue, 
et. au moment de la formation du copte, il est évident que, tandis que le a. correspon- 
dait à l'a grec, A du latin, le e était l'éciuivalent exact de t grec, h du latin. Nous devons 
remarquer en passant que cet e, correspondant à e c'est-à-dire à notre E-fermé, est 
rarement à la tonique du mot ou de la phrase. On le rencontre le plus souvent à la 
syllabe atone ou cjui [porte un ton secondaire. Il est alors le substitut d'une autre 
lettre, généralement un a ou un ou-ô provenant d'un a, etwT d'"Aêjoo.:, eaicuT à côté 

d"A[jisv6r;; 3LÂr7tTe, cpTWÊ à COté de àa^zitr^, 'Ep-!var,cri; à CÔté de 'Ap-XT,a'.;, ^vitixz-iCiT.:;, à CÔté 

d"Au£-/w-i,- Amxnkppà, X£-fw8T,î à côté de \\o-^f\i-*nkfà; les exemples sont nombreux. 
Nous avons vu à l'article de I'a que l'indécision du syllabaire assyrien ne nous permet 
pas toujours de savoir quels mots égyptiens renfermaient déjà un Ë-bref rendu en 
cunéiformes par a, quels mots avaient alors réellement un a; peut-être le système 
cunéiforme ne se prêtait-il à rendre distinctement que l'É très ouvert, celui que le grec 
et après lui le copte notaient par h. 

m. — H, comme nous l'avons dit, a communément la prononciation a dans le copte 
actuel, et il est généralement un homophone de e ou de *.. sans distinction nécessaire 
de Ijrièveté ou de longueur, mais il sonne aussi e et i bref ou long selon le caprice de 
l'individu. Il en était de même, il y a trois siècles, car on lit dans la transcription de 
Petrneus asaicks, bischschtn, advkd, biadnàdi, ibsku andkif, anchkdu, bàirkdi et 



04 IXTRODrcTIOX A,L'ËTl"l)K 



amihrkdi, birktai , niitmkî, pour «.cefeHc, niigujHit, ctpht, t^Heriti^-^, hchot ttTHiq, n^HTOT. 
n*.ipH:^ et i«.<|pK'f. nipHici, ni-»AiHi. D'autre part, le texte arabe en lettres coptes de Le 
Page-Renouf ue contient pas de h, mais le teste copte en caractères arabes de Galtier 
rend h par ^ ou par I , ce qui semble bien indiquer une triple lecture par a, par i, ou 
par É si on applique les règles arabes de VinuiJéh, iu<Çhoti ^^XH- nij'koui, «.niq Jt^ 

mxif, où \efatlia tient lieu de I, nitK eTeoTon ojbl 4_^l annt adaoïton, k&i khi j,^ ^t 
nai nki, ujot^HT Zj\j^ slianhkt, ^Hnne 11a hibba, -^axhi ij tnixi, nncTOHn ^U^L n\a- 
dahab, etc. Le vocabulaire français-copte ne se sert jamais de h, mais les variantes des 
manuscrits nous montrent cette lettre échangeant dans les mots grecs avec e, K^HponojLiia.- 
K^eponoAiiA, «k«^Hiiô.ioc-*.^eii«i.ioc, avec t prononcé I ou e, JuicTi'AinH-ajiiTTAHitH. «^pTt'ia.- 

«çpHfia., cKHiiH-cKTnH. cHJuii.ite-cTajLa.ne, avec i et les diphtongues prononcées i aux bas 

temps, «.pp^^Kepeirc-ekppç^iepeTC, AHAiHTpioc-'^iAiHTpioc, ciritH-^^kHcic-rjvs'.îr^j'.;, cTH&K-TToiê/;, etc. 

L'échange de h avec e se trouve pour (|uelques mots coptes dans le même dialecte, 
H(5'e-es'e 7\ , nnnk-nceii T . , ujuK-iyne 7\ , iiH'xi-ite'xi M., etc. De tous ces faits, il semble 
résulter qOe h possédait dans le copte moyen deux sons équivalents à ceux qu'il avait en 
grec au moment où son alphabet fut formé, un son È et un son i. La répartition de ces 
deux sons dans la langue est assez capricieuse, et il serait bien malaisé le plus souvent 
de dire quels mots renfermant h l'y prononçaient È et quels mots î, si la vocalisation 
présente ne nous fournissait parfois un moyen empirique de les reconnaître. On sait 
en efïet combien la valeur a s'est répandue pour h : tandis que d'un côté h-ê s'ouvrait 
de plus en plus jusqu'à I'a, ailleurs, il se ferma et aboutit à l'i. Quand donc on ren- 
contre un mot comme n-^ti prononcé kdk aujourd'hui, il est plus que probable que les 
premiers Coptes le prononçaient tdt ou édé, non if/î. D'ailleurs, les variantes en e-H des 

papyrus précoptes, npe pour npn, peTC pour pn-f, ujh pour ige M. ujei T., g^Teq pour 
gTHq T. g^-»Hq M., neo-y pour khot M. iiht T., «.peoT pour ù.pHO-5- M. «.pHT T.. TepoT pour 

THpo-5-, *iiTep à côté de *it^Hp, montrent quel était le sou de h en général pour les 
Egyptiens. La question en ce qui concerne les égyptologues se ramène donc à savoir ce 
qu'était pour chaque mot le son de H en grec, quand les Coptes l'introduisirent dans 
leur alphabet. Un coup d'œil sur la grammaire de Meyser nous apprend qu'en somme, 
la prononciation ouverte de h y subsistait à côté de la prononciation fermée, et le fait 
en lui-même n'a rien qui surprenne, si l'on songe aux conditions dans lesquelles le 
grec s'était établi et perpétué aux bords du Nil. Lorsqu'il commença à s'y introduire 
sérieusement, l'Ti-ca était encore nettement la longue de :, quelle que fût d'ailleurs l'ori- 
gine de ce son, mais les gens qui enseignèrent la langue aux Égyptiens étaient de 
provenance très diverse, et l'on ne doit pas s'étonner si leur parler présentait déjà par 
endroits des traces de l'altération de n en e i\m se produisait déjà en Hellade. Si, 
dans les exécrations magiques de l'Attique, on lit, dès le V<= siècle, AOevaio;, [xs, .uEtepa, 

pour 'Af)r;vaTo;, .urj-cÉpa, (ji/', OU xr^y-n^-i , T:pjï)T,poç, \ly.rr:-r,i pour -.i/yr^^i. -rpoosp-v;;, 'Ezâ-CT,v, pOUrra-t-OU 

trouver bizarre que Sapho au VIP siècle, puis Lycophron au 111% aient orthographié 
£?-•.; par un e le mot que les Coptes transcrivirent npn par un h, ou que les papyrus por- 
tent les graphies e; or; .ut, pour eî Se lar, et EjarjêEiav pour E'jdêEtav un peu plus lard? Le Pa- 



i)i-; i.A 1'1ioM':ti(,)ue liGYPriExXNE es 



pyrus Anastasi DLXXIV de la Bibliothèque nationale fournit de même les orthogra- 
phes HCC, KivHce, pour le nom de la déesse Isis et pour le mot K.t.iccT. k«.ici .1/., tandis (jue 
le Papyrus magique de Leyde donne pour les groupes démotiques (1% et \\, ou pour le 
^'igii'-' ^^. l'éciuivalent «., e, k, *>!, t, et transcrivent par c des groupes que le copte 
écrit par h, '^itDleT, w^ht T. M. B., *iteTÉieoTP où le nom du dieu est rendu en grec in- 
ditléremment iia/c-oEJ; et navsxSrjoj;, *roaxph où dh est le nom du soleil à coté de ju.ipinope 

et de i<^ Sil ^ 1 îH 6^P"™é feéjunpe avec pe, npe, pour le copte npH T. M. npe B. 

HTep « les dieux » est aussi en grec et en copte archaïque vOt,p et *itTHp-; *Teir est tht T. 
THOT Akitin. -e-HOT M. ; *AieK et en grec Xkv- /v^wv est en copte xxnn T. M. B. au quali- 
tatif de AioTu; *i.Ai€p est en mem pliit igue eAAHp; *nKH correspond à «ne Ah/uii. kka. T. 
eux»'! '^^^ et le nom magique ^^ (1 (| "^^^ ^ "' est rendu ^M^IfiellHfii, une fois 
par É, une fois par i, cjuand le grec a constamment -uaçT,? par t, dans 'Apaâcpïic En 
même temps, des fautes, où IVi tantôt se substitue à t et à si dans l'écriture, tantôt est 
remplacé par ces formes, prouvent que r-È tendait de plus en plus à se fermer pour 
aboutir au son i. Cette évolution avait commencé assez tôt pour que le nom de la 
déesse égyptienne j| passât en grec comme "ity;,- dès les temps saïtes, car Hérodote 
emploie cette forme couramment au V" siècle ' , et il ne fit que reproduire en cela l'usage 
de ses drogmans. D'autre part, le copte a pour ce nom l'orthogi'aphe Hce, qui a pro- 
bablement répondu à une prononciation Isé lorsque le nom est isolé, mais se prononçait 
Esc ou sous la forme hci Èsi en composition, car les noms tels que g^wpciHci-wpaHce, 
'AptriT.T'î, sonnaient HorsiÈsi-HarsiÈsis , et la transcription latine HorsÏESts se rattache 
ainsi à travers les siècles à l'assyrienne Har-si-ya-È-su, Harsiytshoa des scribes 
d'Assourbanipal. Et la valeur tshou, avec un Ê, du nom de la déesse dans ce composé, 
nous est confirmée par plus d'un autre exemple, N«Ês?'-n8.Hci, PataniÈshi-UÈzz-jif^'si.t;, 

PataÈs/iOH-PatÈs/u'-ne'.e9,t:ii-UeTr,'j'.!;-ne-z~iaii, Nikhtmsharou-Niklitisharaou ^^^" l i\ H 

. Le cas de Patatshi-Pattsht devenant successivement nsxeviiTtc-nsTïidiç-neTtait: est 
sans doute le même que celui de Nik/itiÈsharaou devenant Nikhtisharaou : il y a eu 
là une forme intermédiaire A'ikhtÈsharaou, où le Ê s'est fermé graduellement et a 
tourné à l'i franc. Nous avons donc, pour la période où les transcriptions nous per-' 
mettent de rétablir l'histoire des sons désignés par h dans le copte, le schème suivant : 



Ê {■',) 




Cela nous mène jusqu'au VIP siècle avant notre ère, mais, si l'on veut remonter plus 
haut, l'analogie de ce qui se passe dans d'autres groupes de langues ne nous encourage- 



1. HÉRODOTE, II, XLV, etc, OÙ le nom est décliné, "lai;, "'Idio;, "lac. 



INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



t-elle pas à omettre une hypothèse? Dans la branche ionieune-attique du grec, un A 
long originel tend à se fermer de plus en plus jusqu'à se fondre avec I'e long du grec 
commun, si bien que, par exemple, un vieux *mâtêr, conservé comme ^i-T.o en éolien 
et ailleurs, produit en ionien atticjue \i.ùir,^ prononcé d'abord mpJÈr, puis arrivant à 
une prononciation initir : à l'inverse, partant de ce m'it\r afin de remonter les temps, 
on aura comme vocalisation de la première syllabe un son î qui s'ouvre peu à peu en Ê 
pour aboutir à un Â. De même en égyptien, si nous partons du son î que prend h à 
côté des survivances en Ê du copte ancien et de son remodellement sur a du copte 
moderne, on trouve aux temps pour lesquels nous possédons des transcriptions un son 
Ê : n'est-il pas naturel de pousser un degré plus loin et de supposer antérieurement un 
son Â? Si on l'admet, nous serons amenés à concevoir qu'aux XVIIP-XIX® dynasties, 
de même qu'on avait un a long qui tourna à l'ou, puis à l'ô par la suite, on connais- 
sait aussi un a long qui tourna à I'e par la suite. Si l'on considère qu'il y avait aussi, 
alors, un a pareil à celui d'Anubis que la poésie greccjue ou latine nous oblige à dé- 
clarer bref, on aura pour le système vocalique égyptien, tel qu'il nous apparaît jusqu'à 
présent les deux schèmes suivants : 




e ou 

I I 

ï ô 

IV. — Le son i est exprimé communément dans le dialecte sahidique, à l'attaque 
des mots par la diphtongue « avec la variante i, i* au milieu, et à la fin des mots par i 
avec la variante rare « : le memphitique préfère i dans tous les cas et réserve la gra- 
phie €1 pour rendre la diphtongue Éï. Nous avons déjà dit qu'il peut dériver d'un a ou 
même d'un  antique, le plus souvent par l'intermédiaire d'un e; nous constaterons 
souvent par la suite qu'il est très fréquemment d'origine secondaire dans les formes 
tardives de l'égyptien. Comme j'aurai à insister sur son compte au chapitre des son- 
nantes, je me bornerai à indiquer ici, en passant, son existence comme voyelle brève 
ou longue : en tant que voyelle longue, il est aussi rendu par h, ainsi que je viens de 
l'indiquer. 

V. — Nous avons constaté que, aujourd'hui, les timbres ô-ô, otj-oû, peuvent se 
rendre indifféremment par o ou par w, et qu'ils deviennent parfois E-muet dans les 
syllabes brès'es, tandis que o-b- sonne constamment oû-ou. Dans Petrasus, au XVIP siè- 
cle, la confusion est déjà établie. Devant une voyelle, il note w et o par o, wo-irnuyTq 
ouniddf (oouniàdf) ^aiwit ibmoît , hAoixaoc niloinios, niqoi juaicoot nifoï ammôù 
(ammùou), Two-s-itoir doùnu (dooimou), cwo-s-n soiin {so(ui), avec une exception pour 
n(3'c prononcé ibschEÛs (ibchÉovs) avec interversion de o et de «, et pour mègooT pro- 
noncé bialmû {biahotu). Devant une consonne, on trouve successivement les valeurs 
pioA&i i^àmi, cos'ni soschni ou svschni, noÊi nôwi, «Aoiaaoc nilàimos, neqo-ywig ba/'uosc/i, 
ointwfei ujàûwi, îmecqopqep annas/vr/cif , g^ioi litb {hovb). ctoA aifvl {aoûovl), noo ibhù 



DE LA rilONETKjUE ECiVrTIE.WE 67 

(ib/ioû), oToo iioli [ouo/i), qn«.T«.Ko (f'nadakv {ifnadakov), qui nous prouvent qu'on 
pareil cas l'usage est varial)lc. Les textes coptes en lettres arabes de Galtier trans- 
crivent o et 10 indilïéreninuMit par j an milieu des mots, mais, au commencement ou à 
la fin. ils les rendent par _jl et par \j, u^soc^^, o-s-igen^uioT Cjy^i>\tj\ . neituoT jj^\,, 

nitÇHOTPi ^^jliJ , AieTOTpo IjjjiU , ujconi ci^i , ««.oit îÏTen5(;^co efco'\ Jjl y O-Jùl 0**. epcuoT «Ijjl, 

OTOO ojjl , e^ois-n Jyi.\ , etc., et, comme on le remarque, il en est de même pour o-»- : en 
résumé, malgré l'indécision du système graphique arabe, c'est déjà la prononciation mo- 
derne telle que Rochemonteix l'a décrite. Il n'y a rien à tirer, pour l'espèce qui nous 
occupe, du texte arabe en lettres coptes de Le Page-Renouf, ni du vocabulaire fran- 
çais-copte, mais les leçons des manuscrits nous montrent que déjà, au VHP siècle de 
notre ère. o avait pris la prononciation ou, npo-yc. aiotu&cthpiou, cnoT-i.iKoit, pour npoc- 
•itpôi;, Aioii«.cTHpio!t-îxovaiTy,p!ov, Ssoiroxiy.ôv ' , tandis quc w couserve toujours la prononciation 
o. C'est donc vers le temps de l'invasion arabe que cette valeur ou de o semblerait s'être 
établie dans la langue, et, en eiïet, à l'époque impériale, o et w se rencontrent toujours 
dans des mots que nous savons par ailleurs avoir renfermé le son o, "A|jtn«jv, 'upoç/'Oaiptc, 
etc.; toutefois, les wiriantes grecques ou coptes nous montrent des leçons desquelles il 
résulte que même alors on pouvait entendre là des ou, 'Ajjiijiojv-r^.juiois'iï, 'Vpoç^-Vpiç dans 
«Fevùp'.î, n£T£ùpic,"r(TLpii;, DauaTpK; et naj6aTciç, nrju7ipi!;,'Apoïipii; à côté de Oo-f;pi<;,'Apou^pii;, prononcés 
Hovros, Psénovris, Pétéovris, Ousiris, Paovsiris, Paovbastis, Povêris, Haroutris, 
à côté de Poéns, Horos, HaroÈris. "raipiç et nauïïpiç avaient été recueillis par Hécatée 
de Milet et par Hérodote à une époque où l'r grec valait encore o'j, et la forme en ou se 
retrouve dans Bojatpt;;-BoTcipi-nois-cipi, comme dans nxjêaT-c.;, pour lequel les noms voisins 
nexouêitJTT.ç, BoûSaîTiç, garantissent la lecture 0u6acn:iç, * "rêaijTi; étant comme "Vcripiî un ar- 
chaïsme orthographique. Il y avait donc, dès le commencement de l'époque grecque, 
oscillation entre les sons ou, o, ô, au moins dans les noms propres, qui, comme c'est le 
cas dans toutes les langues, retiennent souvent de vieilles prononciations à côté de 
prononciations plus modernes. On a ainsi en français Langlois-Langlais, François- 
Français, Leroide-Leraide, etc., comme en égyptien Pouêris-Poéris, Patéor (nxTewp)- 
Pétéouris (nsxEùpiç), Patousirios (naT:ouT:pio;)-Pétosiris (DôxoaTpt;;), etc. Les transcriptions 
assyriennes d'Assourbanipal, comparées aux transcriptions grecques les plus anciennes, 
nous marquent les mêmes fluctuations entre ou et o-w pour traduire le son égyptien tel 
qu'il sonnait alors, i\7Aoû (Ni-ik-kv-v, AV/i'u-u)-N£-/.wç-Ns7aw, Pirôu (Pf-rr-u-u, Pi- 
/V"-u)-<î'Ep(ôv-<i>apa(o, Shabakov (Sa-6a-7i'u-u)-S3(êax(6ç-Saêà/.cov, Tarkov ( Tar-ku-v, Ta-ar- 

/vU-U)-T£apy.w-Tip-/.o;-Tapa-/.ô;, Bovkovrnillip (B\]-k\jr-ni-ni-ip)-n6y.y_Mp'.:;-li'W.yopii-Boy_op'.'r.(;, etC. 

Dans certains cas, l'ou assyrien, exprimé o-to en grec, a gardé en copte la vocalisation 
0} : ainsi Bovkou est le êwr M. qui garde un *. pour w à l'état construit, &i.Km*.p M. 
Ê«.Kg«.e.pr., etc. La comparaison avec les tablettes d'El-Amarna nous force à croire que 
souvent I'ou-o-w-um-oi de la langue récente est d'origine secondaire, et qu'il provient 
d'un A antérieur, ainsi que nous l'avons dit en traitant de I'a : l'histoire des timbres o 



1. L. Stern, Koptlsche Graminatik, § 45, p. 34. 

2. WiLCKEN, Griechische Ostraka, t. II, p. 314, n» 1188, 1. 3 : Tpoç [sic) II'.xmto;. 



68 INTRODl'CTION A L'ÉTUDE 



rentre donc en partie dans celle du timbre a, dès cette époque, mais, comme il est 
difficile de déterminer actuellement quels sont, parmi les mots o-w-ot des temps posté- 
rieurs, ceux qui descendent d'un o-ou pur ou ceux qui se rattachent à un a plus ancien, 
j'estime qu'il est prudent de ne pas pousser plus loin la recherche présentement, sauf 
à en reprendre le détail ailleurs. J'aurai à revenir sur ce point à propos de ou consi- 
déré comme semi-voyelle à propos des sonnantes. 

VI. — T. A première vue, il semble assez étrange que les Coptes aient donné à 
cette lettre le nom g-y, ge, ou même dans le dialecte du Nord s5e prononcé hé ou khé', 
c'est-à-dire qu'ils l'aient considéré comme une sorte d'aspirée vocalisée É, i, ou. Cette 
singularité doit remonter jusqu'aux origines de l'écriture copte, au temps où les scribes 
du Papyrus de Leyde-Londres transcrivaient les en, fi, des mots égyptiens à l'initiale 
par un v, parfois surmonté d'un tréma v, C^^\l\l\ i^ *T*.ei, en copte oa.i T., O^^ 

*-5-it«.e, en copte g^ne^i^-s- 2."^oT., ^^l\^\Jpl^&~) *ts-ot-5-ot(-5-=:oh/;i ici), en coptegH-5-7'. ^ho-s- 
M., lui prêtant aussi les sons ou, É, i, dans les autres positions. Il a perdu aujour- 
d'hui sa force d'aspiration, mais il a conservé les autres valeurs, É et i à l'état simple, 
ou lorsqu'il entre en combinaison avec les voyelles «.., e, h. o. On ne le trouve pas dans 
le psaume de Petr;eus, et il est rendu par ^ dans les textes de Galtier, TeK-a.jKeocTHH 

^ .jlS^jL'Tt, ÀineKujeîigTrcwnou oj;^— j ^ f]L«l , mais les variantes des manuscrits nous le 

montrent remplaçant e ou échangeant avec lui, triie T.-deKe. cTitTeT.-cKTe, Xeue^oitiiv 7'.- 
X-s-RikOni*^, •o-T«L'2i.poit 7^.— »e*kTpoit, KTpiAi Z?.-Kepju.i, ttAéiô. /î.-TetÈ*., Tefift., et plus Sduvent 
remplaçant h-i ou échangeant avec eux, «çp-yri*. T'.-c^Hpn*., ckhiih /".-cktiih, kis-toc 7'.- 
KHTOC, cTAj.i.ite-c'S-JuiJu.Eitiit 7'.-cHxiA.ne, nA-STH y.-n^Hï'H, R-ypicrc 7'.-KHpTcce, 2.'^-:^onH T.- 

g^H-ikOltH, KTS-fcwTOcT'. -KiftWTOC, AtaIKH 7'. -AlAXIlH, OTCOC T.-glCOC, OU daUS dCS UlOtS pUrC- 

ment égyptiens, g^TixH A/.-gHiAH, g"»""!" pour g^mix». .1/., Atêi A/.-^ifii, ceTnois-qi M.- 
c^omoTs-q M. c^ito-s-qc T. Il résulte de ces variantes fautives et de bien d'autres qu'à 
l'origine s- a été pris par l'alphabet copte avec la valeur i que u avait alors en grec, et 
qu'au fond, de même qu'en grec, c'était un doublet purement graphique des caractères 
j, K, ei, oi; la valeur e, qu'il a reçue par la suite, s'est développée probablement sous 
l'influence de l'arabe qui prononce souvent son ^^ d'une façon très indéterminée, oscil- 
lant entre É et i. Quant à la prononciation ou, que u possédait en grec avant de glisser 
vers la prononciation i, elle n'a subsisté qu'à titre d'archaïsme dans l'orthographe de 
quelques transcriptions grecques, ainsi qu'on l'a vu à l'article précédent : il n'y a donc 
pas lieu de tenir compte'pour la vocalisation antique de ir et des plionèmes qu'il peut 
représenter dans la vocalisation actuelle du copte. 

VII. — Diphtongues. Les diphtongues véritables du copte sont construites avec i-e 
et 0-5---5- finals sur toutes les voyelles «.i, «, hi, oi-oti-coi, o-n-e, «.ic, ct, hotc-ht, iot, oot-ioot; 
nous verrons ailleurs les combinaisons anciennes formées par les voyelles sur i-ei et 
sur ov mitiaux, i*., le, ih, io-iw et o-ir*., o-s-e, OTH. oTTo-oirto. Aujourd'hui, les groupes de 
voyelles, diplitongues ou non, conservent en général la prononciation de leurs éléments, 
«.i-ei-H! A-j- I, oi-oTi-toi o -■(- I ou bien ou -|- i, «.Tr-e-s- A-|-ou, KT-Hoir tantôt A-J-ou, 

1. KiRCHEU, Prodromus. p. 284, 286, et Lingua /Egi/ptiaca restituta, p. 1'. 



DE LA l'HONËTIQUE ÉGYPTIENNE 69 



tantôt 1 4" ou, ooT-coor o -\- OU l'i'duit le pins souvent à ô, où. èTeAj.Ai«.T ne ^m^f ndneni- 
niaov n'ebnaov, c^exxo-r-^ aovamùdi, eTc;*HOTT adeslî'AOvd, eniHi ahiw, hiciot ncijsio, 
etc.' ; il faut en excepter, l)ion enUMulu. les cas où *.!, ei seraient des grapliies pour des 
prononciations È, î, surtout dans les mots empruntés au grec, tels que -i.niâ.iocTnii ou 
noicTH pour hicth. C'est déjà le cas dans le 'psaume de Petrœus, Aoiaioc lùwios, m-ioi 
m'fb'i, Àjjucoo-s- ammàv, ncHo-y ibsÀu, mniq andk\f, èty«.q6.iTOT ascha/'Àidu, àiçÇaiioit 
amibmoid , et dans les textes de Galtier, nenwiK dlijil, *JuiHiq ._i„. , ^coot yi, ««.i hhi 
j^t ^^k, ng^oTo Jl, îtcHOT jl_".l, Aiion c^yy. niyc.i ,_$pol , etc., avec quelques irrégularités 
résultant le plus souvent du système d'écriture arabe, àijuoi ^\^\ , T*.Aii.T ^^Ub, jvKTjkXioi 

epwo-5- i_g_)jl \y*^^\ pour jjl ^^U^l , TennHOTrr .Ijyb, -detiHOTT Zjy_i^ , et ainsi de suite. 
A mesure que l'on remonte dans le temps, le système des diphtongues se régularise 
pour les mots purement égyptiens, chaque élément de la diphtongue affirmant de plus 
en plus la valeur ([u'il avait dans l'alphabet grec au moment de la formation de l'alpha- 
bet copte e.1 = A-|- 1. ei = E + I, Hi = È -|- I, et ainsi de suite. Toutefois, on remarque 
chez les mots renfermant une diphtongue une tendance à la résoudre sur un seul son, 
dans plusieurs dialectes à la fois ou dans un seul par rapport aux autres. Ainsi l'on trouve 
les doublets ^i.\k\. e^nfei, «^cfei dans le memphitique, et dans le tliébain TH&e, T«.ifec; 
ou bien le memphitique ne possédant que les formes contractées igiH, giHÊi-g^ie&i, •xHÊec, 
le thébain conserve 'à la fois uji*.! et ujih, gei*.ifce, •x&ifcec. Tandis que le memphitique 
s'en tient aux formes pleines des diphtongues ascendantes en a.i, ei, oi, oti, wi, le thébain 
préfère les contracter en «., e, o. w purs à la finale des mots, et à des Aiei, otei, j^ei, eprçei, 

o-y*.!, i«.i, n|xi«>i> c*>i, ui*.i. toi, qoi, ■soi, ».coTn, aa^^ooti, p«.coTi, wi, qcoi, itcoi momphltl- 
ques correspondent des xxe, otc ge, pne, ot*., &<v, îïk*.. c*.. uj*., to, qo. tso (par toc, ■isoe, et 
probablement, par analogie, *qoe), «.cor, ju.«,tot, p«.cot, u>, qw, ■sw thébains. Si, quittant 
l'époque copte, on aborde l'époque gréco-romaine, on remarque des exemples relative- 
ment nombreux de diphtongaisons analogues dans les noms propres égyptiens trans- 
crits en lettres greCC^ueS, na9ajT, etjjisaoûî, etweêoooOi;, nocal, naujïp'.i;, nauSiaxiç, 'Ajiup-caïoç, 

eo-op-:aTo,-, nivsS/o'ivtç, n/oTpiç, etc' Il n'est pas toujours facile de distinguer si, dans ces 
exemples, ai, au, o:, sont des diphtongues se prononçant comme telles a-i, a-ou, o-i, 
de simples voyelles qui se rencontrent sans former diphtongues a-i, a-ou, o-i, ou des 
orthographes pour Ê (ai), av (au), i (oi); toutefois, si l'on songe que des formes comme 
'Ajji'jpTaTo,- et naucxTptç sont déjà dans Hérodote, à une époque où les diphtongues grecques 
ai, au, 01 n'étaient pas encore résolues sur Ê, av, î, on ne saurait douter que l'original 
égyptien ne renfermât une diphtongue réelle Amou(n)rtAious, PAOVsiri. De même pour 



1. RocHEMONTEix, ŒuiTes dicersos. p. 123-124. 



2. Les correspondants égyptiens de plusieurs de ces noms seraient , Jv xir • ^ ir*' ^^T^ 



%. Je ne sais à quel nom hiéroglyphique répond 0t(jisao-j; et Ilatai; celui-ci peut être un équi- 

' llliil- DfltkAfliXDflfl 

valent moderne de [I ^\ UU yr< UU- 



70 IXTRODICTIOX A L'ÉTLDE 



ii/oTpt;, nay.oTg..,-, nx/.oTg/.tc. n/Q-pi,- est, de l'aveu général, l'égyptien ^^"^j"^ , ' 
dont Ta tonique s'est fermé en o selon la règle que j'indiquais plus haut: iir/o^êiç, Celui 
du dieu Gabou, renferme de même le nom divin '^J'^^^' ^JT *-^""* ^''^ ^'^®* 
obscurci en o dans le composé, tandis qu'il se diphtonguait avec i ou se ramenait di- 
rectement à f, dans le simple k?;o (*Gai6-Gê6). Par un hasard curieux, le nom du dieu 
Ç) il ^iT", ^^ , qui doubla H J j] lui-même doublet de 3\ à Ombos aux époques 

postérieures, se trouve à la forme récente en oi et à l'archaïque en t, dans le nom, nazoTê-/.;?, 
nax-?;ê-/.!;, cc qui uous ramène dans les deux cas, comme on le verra, à un antique 
*PagAibké, *PagKhké. Je me demande également si la variante nop£,aoaT/.i; du nom qui 
qui s'écrit en transcription grecque nopE|jLê-v/.iî, nop£vëv''-'î. nop£STi-/.(ç, nooEOEVTiêfixi?, nouep-jrSf,/.;;, 
renfermait une diphtongue ai réduite à t^-ê; en tout cas, comme la variante a; assure 
ici à r, la valeur Ê et non i, elle nous reporterait vers une diphtongue a-i pour bxiki, 
bÈki, ÊHS" T. kn-s. M. accipiter. Pour en venir à des preuves plus directes, j'ajouterai 
que les diphtongues sont nombreuses au Papyrus Anastasi DLXXIVde la Bibliothèque 
nationale et sur l'horoscope Stobart, OT5-eit*.fepe, i*.ni, Vott (à côté de ïwt), aiciitot (cor- 
rigé sur juieitTio), TiJjTiii pour two-s-k du thébain, x«.éoir pour juLe-Ts-, ixt^t^vT., kpjvototwt, 
n«.oip (qui se résout en [no dans l'akhmimique, mais qui reste ««.t dans le thébain), 
Toir*.eiT, neTg^a-o-y, etc. Les diphtongues ».i', oi, wi, qui plus tard se résolurent sur h, e. 
o, (», se présentent encore à l'état séparé dans ces documents, a'ù.i'pe et s'i.Vpi devenus 
ujHpe T. giHpi AI. (ce dernier dialecte a pourtant conservé la diphtongue dans ^eAuj*.ipi, 
puella), es'oine, ottoia»., devenus etgconeT"., otmxxT. B. M., et «.fioiT, KoiTi, toioi-», corrigés 
sur *.fiojT, RiuTe, ÈoKo». Je borne ici cet exposé sur lequel j'aurai souvent occasion 
de revenir par la suite, et si je mentionne actuellement des faits de ce genre, c'est 
afin de bien montrer que l'égyptien, au moins celui de la xoiv/^ saïte, possédait des 
diphtongues comme le copte, <|ue même, ainsi que nous le verrons, elles y étaient 
probablement en plus grand nombre que dans le copte, ce que l'école allemande 
a méconnu, et, par conséquent, qu'on doit tenir compte de l'influence que la diph- 
tongaison, en se formant puis en se résolvant, a pu exercer sur l'évolution de la 
langue. Les transcriptions assyriennes et cananéennes nous confirment dans cette 
impression, malgré les difficultés que la nature du système cunéiforme oppose à la per- 
ception des diphtongues. Comparant aux orthographes des scribes sémites les ortho- 
graphes grecques ou coptes, on ne peut guère s'empêcher de reconnaître dans Si-\\.- 
\-ov-!ou, ciooTs-T T". CIW0-5-T M., daus kov-i-ih-kou, iu«.g^K, x°'*>2.'' ^- x*"*-*'^ ^^^■' dans 

MA-A-l-a-ma-na XUtaiiiJLoOv, MiaiJiijfrjv, dans 0\]A-AS-/nOU-a-)'i-a GOwaiiaip-r,;;, 0'joc7![j.ip-r)ç, 

oùai|jiàp-fiî, etc., l'indication de diphtongues qui sont au moins en voie de formation s^ 
elles ne sont pas formées. J'aurai d'ailleurs l'occasion de montrer qu'à l'atone comme à la 
tonique, la combinaison aï, ai de la z-^/tv/; ramesside se ramène au son simple a, 'A9oJp de 
HAÏthour où ^AÏ^ est devenu Haï, n*.cojt de /j.a'-i san où l'article possessif /)a'-i devient 
ns., MavsBwv de * M A[r]i-ne-Tlioout où i1/A[/']i, aaaj T. M., se réduit à Ma, comme il se 
contracte en e dans MÉnep/ithès de MA[r]\-né-pIitah, etc. ; mais cette loi ne vaut que 
pour la y.oivrî, avant le pas.sage de l'égyptien au copte, et les mots composés sur des 
formes verbales en ai après la y.ovir, et pendant l'éclosion du copte ne la connaissent pas. 



IIE LA IMIONKTKniE ÉGYPTIENNE 71 

IlikinoTTc, A3i».iu|eAiA&o. q».m*.gfi, q4.ipooTuj, \ icMlIUMlt (le aim et de q«wi, -x^iteuc, si-citeKe, 

d'un SM i|ui in;ini|ue à l't'tat libre (M1 copte eu l'on n'ii ([lie ■si T. B., mais qui oxislait 
encore en démotique. 

VIII. — Voi/clIcs rcdoubUh's. Le dialecte thébain du copte a, sous de certaines 
conditions que nous indiciuerons ailleurs, la faculté de redoubler les voyelles d'une 
racine, très fréquemment à l'intérieur, plus rarement en tète ou à la finale. Le même 
phénomène se retrouve, mais avec moins de fréquence, en bachmourique et en akhmi- 
mique; il n'existe plus en memphitiqiie, mais, comme M. Lacan l'a indiqué, quelques 
faits nous prouvent que ce dialecte l'a connu lui aussi', avant l'époque où il a été fixé 
par l'écriture grecque. Toutes les voyelles y sont soumises, s., e, h, o, w, très régulière- 
ment, I et o-y par exception, Aj.i^a.TseT'. Axee-xe/?. A/t/lin., cAi«.Ais>6.T 7". , xxceveT. xxHHOTFCiB., 

OTHHÊ 7". , g^ieiTT'., XlOOUje T'. XIOOUJI B., KtOtOC KWCOCcT'. , KOTOTIl7\, UJOTOTST A/l/lin. On 

remanjue d'ailleurs que le thébain possède très souvent une forme à voyelle simple à 
côté de la forme à voyelle redoublée, ci.nuj à côté de c«.».«ig, ct à côté de cct, cfcHTe à 
côté de cAhhtc, oTooe à côté de oTooge, kwc à côté de Kwwce, et ainsi de suite. Y avait-il 
une différence de prononciation entre la forme à voyelle simple et la forme à voyelle 
redoublée? Les grammairiens du copte n'ont pas, en général, abordé la question qui, 
pourtant, peut être résolue parfaitement. Le redoublement de la voyelle ne marque 
pas, ainsi qu'on serait tenté de le croire, un dédoublement de la syllabe primitive. 
Ha-ô-cse. AiecTe, oTHHfi, Kwwce, formes à voyelle redoublée, ne se prononçaient pas mA-Agé, 
mÈ-toué, ouÈ-Èh, kà-ôsê : les deux «., les deux e, les deux h, les deux w de l'écriture 

ft« èf ce oo 

répondaient, dans la prononciation, à un son unique, mage, méoué, ouêb, kôs. Le son 
a.*., ce, HH, (uu), différait du son simple *., e, h, w, non point par une élévation de la 
tonalité, mais par une prolongation de la durée pendant l'émission du phonème; dans 
Ai«kd.xe, juiecTe. otthrê, Ktowce, la voix, sans monter ni descendre, traînait sur la voyelle 
redoublée «.*,, ec, hh. woj, plus longtemps qu'elle ne faisait sur la voyelle simple «., e, h, to". 
Si l'on voulait noter musicalement les deux différences d'énonciation des deux ee de 

- — ^ ià i d d 

Aieeire OU des deux co de Kwwce par rapport à Aie-ye, kioc, on devrait écrire AxeeTc, rwwc 

d d 

et ju.eTs-e, Kwc. L'état actuel du copte ne nous apprend rien à ce sujet, le dialecte usité 
présentement dans l'Eglise étant le memphitique ou, pour parler plus correctement, 
l'alexandrin, mais les textes coptes-arabes de Galtier contiennent plusieurs fois le 
redoublement *.*. rendu par I comme *. simple, eqo-!r«^*.Ê ^lyl , e-»oTd.*.fi ^l_^l , et les 
poésies publiées par Junker montrent métriquement qu'au X^ et au XP siècle les 
voyelles redoublées ne comptaient que pour un accent comme les voyelles simples : 

&.noK ne TCTt'iiKATTÏKk TeKAïa^ekT. 
■nki itTô-qoîrwaj ëg^ôÔKe Axn«.uj*.d.p. 
néoië Tërpi<ÇH ëTOTSSfc. 
ilpi nneTHô^no'yq xxin ëTUjëCïiT. 



1. Lacau, a propos des ooyelles redoublées en copte, dans la Zeitschri/t, 1911, t. XLVlll, p. 77-81. 

2. Maspero, Notas sur différents points de Grammaire ou d'Histoire (1874), dans les Mélanges, t. 1, 
p. 146. 



INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



eïc OTAJLHÎîtgë itooar ëninâTr ënëqg^i. 
■se oT«^?6 ëcjTOofië ne nKÀpioq. 
ft'2^*>ÏA».oitïôii iq'xoôcÔTS" ëiiëuji?y, 

OTg^HKC g^UKÔq ëqUJ*.ltT*.TëTJUlé '. 

Si anciens que puissent être les manuscrits coptes, on y retrouve ces voyelles redou- 
V)lées, ceux du V" ou du-VI« siècle comme ceux du X^ Allant un peu plus haut, 
je me heurte à des formes comme «.è^ujHci, nëep, eetHc, caiotott, toot, a'ooAie, a-Ax*-»-, 
nRwcoT. neep, dans l'horoscope Stobart et le Papyrus Anastasi DLXXIV de la Biblio- 
thèque nationale, pour «.yei B., nô-gpe T. (ce qui suppose une forme *ne^), ohtc, cxiot, 
TOOT T.. (s'cowju.e T., 'AX/aî (formé avec oô.^, où l'a. était long), Hkot M. (où le redouble- 
ment toto montre l'allongement de o), ntowpe T. en composition neepe, nepe, mais je ne 
relève rien de semblable dans les transcriptions en lettres grecques des autres papyrus 
magiques du démotique. Il y a là, en effet, un cas de traduction artificielle par un 
caractère redoublé du son correspondant tiré en longueur, et cet artifice a dû ne pas 
se présenter du premier coup à l'esprit des scribes qui, à l'époque romaine, ont rendu 
en lettres grecques la parole égyptienne; toutefois, le phénomène, pour ne pas avoir été 
reconnu encore, n'en existait pas moins déjà, et, outre les formes directes que je noterai 
ailleurs, diverses considérations peuvent le prouver. Nous savons en effet que, dans cer- 
tains mots, le redoublement du copte a été produit par compensation afin de rétablir 
chez eux l'équilibre perdu par la disparition d'une lettre dans le prototype hiéroglypique, 
un <=> comme dans 13 devenu .d K , ka.».c T. neec Akhm., kwioc koocT., ou un ^ 

comme dans q , AieepeT. Akhm. Cela nous permet de suppo.ser que, dans 13, le 

«==>, en s'évanouissant, avait entraîné l'élongation du son-voyelle, comme c'est le cas en 
anglais où porter, corner, tnrner, sonnent actuellement /)o-oïe, ko-orie, tu-une, avec une 
vibration très légère des cordes vocales derrière la voyelle accentuée, po-o'^te, ko-o'^ne, 
tu-w^ne : aUI, ^"^^yï , écrit kITc en copte, aurait donc été déjà dans la xoiv<; ra- 

messide, ka-a'^s, qui serait devenu plus tard, suivant la loi que j'ai indiquée, kiucoc, 
iieec énoncés ko-o'^'-s, ke-e — s, que le memphitc aurait réduit à kcoc, kcc, kôs, kès. De 
même pour ^ devenant , Aieepe en thébain et en akhmimique, xiepi en mem- 

phitique : l'accent tonique dans le mot primitif est sur la première syllabe qui, amsi 
que tout l'indique pour les dérivés de mots hiéroglyphiques ayant pu renfermer la 
syllabe '^^^, devait être vocalisé en À : de même que I'a accentué de pàtrem, mdtrem, 
amàtus, devient e eu français, père, mère, aimé, dans les deux premiers cas avec un 
allongement de e en compensation de la disparition du t, la forme *m\tÉrét, mktré, 
^ , devient en égyptien màré-mé-éré avec allongement compensateur Aieepe 

dans les dialectes qui admettent ce phénomène, puis Aicpi dans celui qui ne l'admet 
point. Si l'on examine l'ensemble des mots qui, formés par analogie sur ce modèle, re- 
çoivent en copte des voyelles redoublées, on reconnaîtra qu'ils étaient déjà anciens dans 



1 11 .luNKER, KoptUrhe Poésie, 1908, p. 38 sqq., où les vers sont scandés. 



DE LA PHONÉTIQUE i;:(iYl'TIKNNE 73 

la langue, pour la plu|);ut, (|naiul ri'Ciilui'o lésa saisis, par suite? (|u'ils devaient pos- 
séder à l'époque antérieure la prolongation vocalique spéciale à laquelle répond en 
copte l'artifico graphique des signes-voyolles redoublés. Il y a donc lieu, je crois, do 
conclure avec M. Lacau que le phénomène s'était produit déjà longtemps avant l'époque 
copte, dans l'ancêtre commun de tous les dialectes' ». Nous verrons plus tard que les 
orthographes hiéroglypliiciues ni'inclin(Mit à penser ipi'il en fut ainsi. 

IX. — Conclusions. Il résulte donc de l'examen rapide auciuel je viens rie me 
livrer que le système vocalique de l'égyptien, sans être des plus complexes qu'il y ait 
eu, était pourtant assez compliqué. J'ai déjà indiqué la série des sons qui peuvent dé- 
river de Va à l'article de cette voyelle : je remets à parler plus longtemps des timbres 
ou-o et i-Y au chapitre des sonnantes. En attendant, on peut constater que le vieil 
égyptien possédait, au moins pour la /.'v.vr; ramesside, trois a. un a franc (|ui est de- 
meuré A par la suite, un  qui s'est obscurci, vers la fin de l'époque ramesside, en ou puis 
en w et en o, un À qui, vers la même époque, a tourné à e, puis à i. A un moment donné, 
tous les phonèmes se rattachant à ces trois a et à leurs dérivés se sont prolongés à la 
tonique, les uns par compensation pour maintenir après lettre ou syllabe disparue la 
durée primitive du mot, les autres en partie par analogie avec ceux-ci : il en est sorti, 
dans la graphie alphabétique de la langue, le système des doubles voyelles qui, encore 
à peu près complet en thébain, l'est déjà moins en akhmimique et en bachmourique et 
n'existe plus en memphitique-alexandrin par conséquent dans le copte actuel. Il y a de 
même, pour l'i voyelle, ainsi que je l'ai indiqué et ainsi qu'on le verra plus loin, un i 
bref et un i long, qui se sont confondus dans le copte, l'i ancien devenant ei dans les 
dialectes du Sud, i dans ceux du Nord et quelquefois au Sud, sans distinction de qualité 
ni de longueur, mais l'équivalent de l'ancien i long étant parfois représenté par h pro- 
noncé î. Une observation semblable s'applique au timbre-voyelle ou-o, qui, d'abord long 
ou bref selon les cas et rendu en grec par ou, o et w, aboutit en copte à un son unique 
o prononcé aujourd'hui presque toujours bref. Les diphtongues .E, ai, aô, aou, éa, 
Éi, Éo, etc., ne semblent pas avoir été moins nombreuses dans cette zotvr,, mais elles se 
sont résolues en grande partie sur É, sur a, sur i, sur o, sur ou, etc. Et cette réduc- 
tion des phonèmes vocaliques est allée toujours s'accentuant : déjà, au XVIIP siècle, 
«., e. H, ne sont plus que des orthographes diverses pour a, et e ou h ne conservent 
qu'exceptionnellement leur valeur É ou i, tandis que o et w se prononcent uniformé- 
ment ou dans la plupart des cas, et que v est un É ou un i plus souvent qu'un ou à l'état 
isolé. Ainsi qu'on l'a vu, les diphtongues ont subi une semblable diminution. Je ne 
crois pas exagérer en affirmant que les dix-huit ou vingt nuances vocaliques qu'on est 
entraîné à conjecturer pour la /.oivr; tombent à une dizaine au plus dans le colite actuel 
et qu'elles étaient déjà réduites fortement dans le copte ancien. 



1. Lacau, A propos des ooyeltes redoublées en copte, dans la Zeitschrift, 1911, t. XLVIII, p. 78 et note 2. 



10 



74 IXÏRODICTIOX A L'ETUDE 



b. Examen, des signes correspondant aux sons-voyelles 

de l'égyptien. 

Le système vocalique du copte puis de la -/.om, égyptienne étant ainsi établi, il 
convient de rechercher quel est le signe qui correspond à chacun de ces sons, en en sui- 
vant autant que possible l'histoire à travers les siècles, de notre époque à celle de la 
XVIIP d\-nastie, au moyen des transcriptions étrangères en caractères de valeur voca- 
lique fixe, et par delà la XVIIP dynastie, par conjecture appuyée sur les faits dégagés 
précédemment, s'il y a lieu. Je noterai d'abord (joe la plupart des savants qui se sont 
occupés de cette question n'ont point distingué suffisamment dans leurs raisonnements 
entre le phonème et le signe matériel qui le représente à l'œil, et que, seul avec moi, à 
ma connaissance, Xaville a insisté pour (ju'on fit soigneusement la distinction. Le pho- 
nème peut avoir une histoire et changer, sans (|ue le signe correspondant à sa valeur 
primitive en ait eu et se modifie. L'anglais en fournit de bons exemples. Le caractère a y 
représente aujourd'hui une demi-douzaine de phonèmes qui n'ont plus rien de commun 
avec le son bien défini qu'il possédait dans l'anglo-saxon et le vieux bas-allemand. L'a 
pur et plein, bref ou long, celui qu'on entend généralement en français et dans la plu- 
part des langues continentales, tend à y devenir de plus en plus rare et à se confondre 
avec un e. Si la prononciation grammaticale de^father, niaster, hâve, suppose un a 
continental plus ou moins long, combien n'y a-t-il pas de personnes en Angleterre ou 
en Amérique qui répètent couramment ^ez/^/ie/', mêster, hëve, en donnant à Ta un son 
analogue à celui de nos e? D'autres a sonnent franchement comme nos E pour tout 
le monde, a, any, image, stable, tandis que d'autres encore ont pris la variété de 
son o particulière à l'anglais, water, hall, irar, et cette tendance s'accélère dans la 
langue des rues et dans les dialectes où l'on dit icôt, icôs, thôt. mon, pour ic/iat, icas, 
that, man. Si pourtant on retrace la destinée de ces mots dans le passé, on finit par 
les ramener à des moments de la langue où leur signe a se prononçait franchement a : 
si le phonème s'est modifié avec le temps, le signe est demeuré inchangé. Nul ne dira 
pourtant que le caractère' a en anglais est une voyelle vague, ou, comme préfè- 
rent s'exprimer les égyptologues de l'école berlinoise, une consonne faible mue par 
sons-voyelles variables : on dira, au contraire, que les différents sons-voyelles existant 
actuellement pour le signe a dans l'anglais moderne se ramènent historiquement à un 
son unique a, qui avait été afïecté à ce signe a lors de l'invention pu de l'adaptation 
de l'alphabet dont l'Europe de nos jours se sert par routine, conservant la même gra- 
phie pour tous les phonèmes qui se sont succédé sur les mots. Je n'hésite pas à penser 
qu'il est nécessaire de soumettre l'égyptien à une analyse analogue, avant de se ris- 
quer à définir ce qu'étaient les signes rencontrés par nous, dans le système hiéro- 
glyphique, à la place que pouvaient occuper les voyelles dans chaque mot. Le copte, 
• — ou plutôt les dialectes parlés par les indigènes de l'Egypte à l'époque chrétienne et 
musulmane, car il n'y a pas de langue copte comme il y a une langue française par rap- 
port à nos dialectes locaux, — nous fournira un point de départ suffisamment solide 



I)K I.A l'IKiXICriQUli liCYPllENNl-; 



pour cette eii<iuéte, avec son alphabet emprunté au grec pour la plus grande partie. La 
transiiion de l'égyptien hiéroglyphique à ce que je continuerai par habitude d'appeler 
le copte s'est faite pour la transcription non pas du tout par l'intermédiaire d'un savant 
ou d'un corps de savants, qui, méditant théoriquement dans le cabinet, entre l'encrier 
et des ])iles de livres, se serait ingénié à rendre les sons de la langue signe à signe, une 
expression alphabétique pour chaque hiéroglyphe; elle a été accomplie à l'oreille, ren- 
dant les sons ou les groupes de sons par des lettres simples ou par des ensembles de 
lettres, sauf à ce que l'auteur la perfectionnât lui-même à la réflexion ou à ce (|u'elle 
fût perfectionnée lentement par d'autres après lui, comme cela a eu lieu. La preuve 
nous en est fournie par les documents précoptes, horoscope de Stobart, Papyrus Anas- 
tasi DLXXIV de la Bibliothèque 'nationale, papyrus magiques de Leyde, de Londres 
ou de Paris, etc. : le rendu des sons consonantiques propres à l'égyptien et celui de 
certains sons vocaliques y sont encore un peu flottants, assez constants toutefois pour 
que nous puissions nous appuyer sur lui. Partant de là pour monter plus haut, les 
transcriptions grecques, assyriennes, cananéennes, nous donneront la faculté de suivre 
la vocalisation de certains mots jusqu'à la XVIIL' dynastie, et d'en dériver certaines 
lois. Du temps présent au XVP siècle avant notre ère, trois mille ans largement passés 
d'histoire nous auront peut-être enseigné assez de faits pour que nous jouissions, sans 
trop de chances d'erreurs, essayer de calculer, pour ainsi dire, la trajectoire suivie par 
les sons égyptiens antérieurement. 

Coup d'œil sur les doctrines relatives aux voyelles depuis ChampoUion. — Les 
signes-types auxquels les phonèmes vocaliques se rattachent sont dans le système hiéro- 
glyphique [1, ^v , 0. 00, ^, auxquels se joignirent, dès l'empire memphite. II, W, 

puis (2 et, à partir de l'époque saïte. XJ; comme j'aurai à revenir sur 0(1 et sur ^ à 
propos des sonnantes, je n'étudierai dans le j^résent chapitre que les trois premiers 

de ces caractères (1 ."^. . d- L'origine de 1 1 est douteuse, et Ludwig Stern a contesté 

que ce fût, au moins primitivement, un caractère réellement phonétique; c'aurait été 
d'abord en réalité un chiffre, le chiffre deux, qui aurait servi à indiquer le duel, mais 
comme il répondait à une flexion i-E dans la prononciation, on en serait venu à lui 
attacher graphiquement la valeur de ce phonème et à le lire i-e à la finale des mots. 
Cette hypothèse est fort séduisante, et elle a pour elle l'appui de ce fait que II, \\, est 
toujours employé en finales, et qu'on ne le rencontre jamais à l'attaque, sauf vers 
l'époque romaine, au temps où la fantaisie des décorateurs monumentaux bouleversa 
tout le système d'écriture. Le signe © est la forme cursive de^, régularisée par l'ins- 
trument du graveur ou du sculpteur. Enfin, le signe XJ est le godet à eau du scribe 
qui a pour nom ~^ , et voit, en y réfléchissant, l'enchaînement de faits qui a porté 
les gens des bas temps vers ce mot pour en employer le déterminatif \7 en doublet 
du caractère a. 

Dès le même instant de la découverte, ChampoUion le Jeune, travaillant surtout 
sur des documents d'époque tardive qui attribuaient mainte valeur diverse à chacun 
de ces signes, crut devoir y reconnaître l'équivalent des voyelles vagues des écri- 
tures sémitiques, c'est-à-dire une aspiration très faible sur laquelle un son-voyelle 



76 • INTRODUCTION A LÉTIDE 



s'appuierait. « On peut », dit-il dans sa Lettre à M. Dacier, « assimiler l'écriture 
» phonétique égyptienne à celle des anciens Phéniciens, aux écritures dites hébraïque, 
» syriaque, samaritaine, à l'arabe cufîque et à l'arabe actuel; écritures que l'on pour- 
)) rait nommer semi-alphabétiques, parce qu'elles n'offrent, en quelque sorte, à l'œil 
» que le squelette seul des mots, les consonnes et les voyelles longues, laissant à la 
» science du lecteur le soin de suppléer les voyelles brèves'. » Et, renforçant sa pensée 
dans le Précis du Syi<térne hiàrofjhjphique, il écrivait deux ans plus tard : « Puisque 
» tous les caractères phonétiques. . . n'expriment évidemment, dans une foule de noms 
') propres, qu'une simple consonne ou une simple voyelle^, j'ai dû en conclure que les 
» Égyptiens écrivaient à la manière des Araires, c'est-à-dire que leur alphabet était 
» formé de signes qui représentaient réellement des consonnes, et de quelques carac- 
» tères-voyelles qui, comme Vélif I, le irair j et le //« ij des Arabes, n'avaient pas 
» un son invariable et se permutaient dans certains cas". » Observant que, pour les 
grammairiens d'alors, les voyelles vayues sont, comme je l'ai rappelé plus haut, des 
aspirations très faibles, colorées diversement par les voyelles, la théorie de l'école de 
Berlin se retrouve indiquée en gros dans ces passages du fondateur de notre science, 
bien qu'il la formule en des termes différents de ceux qu'on emploie aujourd'liui et 
qu'il ne traite pas les caractères égyptiens de consonnes faibles; les voyelles cnynes 
jouent dans son esprit le même rôle que les consonnes faibles des Berlinois, et, bien 
que ceux-ci prétendent reconnaître là une différence de concept, il n'y a réellement 
qu'une différence de mots. Les premiers égyptologues se rangèrent à l'hypothèse de 
Cliampollion, et, peu après la mort du maître, dès 1837, Lepsius, entre autres, l'ex- 
posa, en la précisant, dans sa Lettre à Rosellini. <( S'il en était, vraiment, dit-il, de 
» l'écriture égyptienne comme des écritures sémitiques, où s, n, r n'étaient point des 
» voyelles complémentaires comme a, e, o le sont dans les écritures européennes, 
» mais de légères aspirations auxquelles certaines voyelles étaient inhérentes, il est 
» clair que les voyelles que nous trouvons au commencement des mots coptes doivent 
» toujours se retrouver dans les paroles hiéroglyphiques, parce que, au commence- 
» ment d'un mot, la voyelle ne peut point être complémentaire, mais doit former une 
» syllabe entière, savoir l'aspiration plus ou moins forte avec sa voyelle inhérente. 
» C'est ce que nous trouvons en effet; la règle est constante. » Lepsius examine en- 
suite le cas des voyelles internes, et il explique pourquoi, à son avis, la plupart ne 
sont pas écrites, tandis que d'autres le sont constamment avec des signes-voyelles au 
milieu des mots : « c'est que, dans ces cas, la voyelle écrite n'est point complémen- 
» taire, mais syllabe complète, où on entendait l'aspiration (ju'on devait représenter 
» aussi bien que chaque autre consonne ». Quant aux voyelles qu'on voit en grande 
quantité à la fin des mots, Lepsius donne plusieurs explications de leur présence, qui, 
toutes, aboutissent à la même raison. « On sent que des caractères, dont l'élément 

1. Champollion le Jeune, Lettre à M. Dacier. MDCCCXXII, p. 34. 

2. Les ilatUjues, ici et plus bas dans la citation de Lepsius, sont des auteurs eux-mêmes. 

3. Champollion le Jeune, Précis du Système hiéroglyphigua, 1824, p. 58. Le pas^ajie est reproduit de 
façon identique daus la seconde édition de cet ouvrage (1828, p. 109-110), et la valeur voyelle de certains 
signes y est toujours proclamée (cf. p. 365-366). 



DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 77 

» essentiel était originaii-cmcnt i'aspiiation et non pas la voyelle inhérente, pouvaient 
» aussi bien elianger de prononciation (|ue les lettres analogues des alphabets sémiti- 
» ques, (pioique, aussi bien ici (pi'aillcurs, la t'ail)lesse de cet élément consonantique 
» les ait préservées, plus que toutes les autres, de rinconstance de la voyelle inhé- 
» rente'. » C'est, en résumé, l'opinion de ChampoUion, présentée plus longuement et 
avec un appareil de considérations plus scientifiques d'allure, sinon de fond. Lepsius 

parle de \ii Jaib/esse de l'élénient consonantique pour û.^^, a. et l'école berlinoise 

traite ces signes de conson/ics J'aibles : c'est bien la même idée et pres(|ue les mêmes 
mots, et la part cjui revient à l'école berlinoise dans sa théorie (ju'cUe croit nouvelle 
consiste à avoir renversé l'ordre des termes qu'on lit dans la phrase de Lepsius. Fai- 
blesse (le l'élément consonantique chez Lepsius est devenue consonne faible chez eux. 
Toute l'école suivit la doctrine de ChampoUion développée par Lepsius, admettant 
que les signes (1, ^, . etc., étaient analogues à Vélif\ et au ^j i/a arabe, et les traitant 
de voyelles vagues. Ce fut, avec des énoncés parfois différents et avec des nuances, 
l'opinion de Birch, de Hincks, de Leemans, de Brugsch, de Mariette, de Devéria, 
de Chabas, et Rougé la formula nettement, dès 1849, dans son mémoire sur l'inscrip- 
tion du tombeau d'Ahmès", puis la reprit, en 1866, dans le premier fascicule de sa 
Chveslomatliie égyptienne. Il y dit en effet, au chapitre intitulé Aspiration douce et 
voyelles vaques : « Les voyelles égyptiennes sont employées à deux usages distincts, 
» 1" comme aspirations ou initiales dans la syllabe, 2" comme voyelles vagues finales 
» ou médiales. Les Coptes n'ont noté aucune différence d'aspiration entre les voyelles 
» initiales des syllabes de leur langue qui répondent aux mots anciens commençant 

» par (1, ^i^ ou - 0. Quand elles sont employées comme voyelles, ou mater lectionis, 

» on ne voit pas non plus qu'une d'elles ait été employée par préférence pour un son 
» plutôt que pour un autre; elles restent vagues dans toute la force du terme: il n'en 
)) est même pas de cet a vague, comme de l'I de prolongation de l'écriture arabe qui 
» devient alors un a véritable. » Il parle de ^, (? , ou de ul], W. dans le même sens 
et il fait ressortir le vague de leur coloris vocalique si l'on en juge par les trans- 
criptions du grec et de l'hébreu'. Je n'insisterai pas, car en voilà assez pour montrer 
quelle a été la doctrine des égyptologues de la première et de la seconde génération 
sur les caractères (|.^> . etc.; c'étaient pour eux des voyelles vagues, du genre de x, 1, 
1. j, etc., sémitiques, qu'ils transcrivaient presque chacun à sa manière, â, d, a, etc., 
sans tirer de leur nature des conclusions sur la constitution de la. langue. Jusque vers 
1892, on demeura assez indifférent à la question, et, bien qu'une partie des savants 
tendit à s'écarter de la théorie ancienne et à traiter (1, ^^ . etc., comme des voyelles 
pures, le gros s'y tint attaché et continua, comme elle, par habitude, à les considérer 
comme analogues à s, i, etc., sans trop approfondir la comparaison. Cet état de quié- 
tude fut troublé lorsque, vers cette date, Steindorff, reprenant, avec des raisons beau- 



1. R. Lepsius, Lettre à M. le professeur H. RoselUni, 1838. p. 36-42. .('ai abrégé sensiblement la discus- 
sion, .retranchant les exemples que Lepsius apportait à l'appui de ses affirmations. 

2. Reproduit dans E. de Rougé, Œucres diverses, t. II, p. 12. 

3. E. DE Rougé, Chrestomathie égyptienne, 1" partie, §§ 25-31, p. 22-27. 



INTRODUCTION A L'ETUDE 



coup plus fortes tirées de letiide du vieil égyptien, une théorie défendue naguère par 
Benfev, publia dans le Journal de la Société asiatique allemande un article où, entre 
autres preuves d'un sémitisme égyptien, il invoquait la nature des signes (j.'^. etc.; 
ils auraient été, en résumé, des consonnes faibles mues par des sons-voyelles comme 
\ s, 1, r. Son essai de démonstration de la thèse générale ne peut trouver place ici : 
ce qui concerne sa théorie des consonnes faibles doit seul nous occuper. Accueillie 
avec quelques réserves de détail par Erman, pleinement adoptée par Sethe, Borchardt, 
Schàfer, et par tout ce que l'école berlinoise compte d'élèves ou de partisans à l'étran- 
ger, elle souleva, dans les Proceedings de la Société d'Archéologie biblique, une dis- 
cussion à laquelle prirent part brièvement un certain nombre d'égyptologues, Naville, 
Sethe, Bénédite, Montet, Breasted, Krall, Wiedemann, Loret, Revillout, et qui n'a- 
boutit à aucun résultat décisif. Chacun, y compris tels autres qui n'avaient pas jugé 
utile de donner leur avis dans la discussion, resta inébranlable sur ses positions, et, 
tandis qu'Erman, SteindorfE, Sethe ou leur suite, bâtissaient, en s'appuyant pour une 
grande partie sur leur principe des consonnes faibles, un système de grammaire égypto- 
sémitique, les autres, ne tenant aucun compte de ces idées, continuaient de pi'ogresser 
dans les voies diSérentes qu'ils avaient ouvertes : l'affaire en est là pour le moment. 
Des façons que le système hiéroglyphique pouvait avoir de rendre les sons- 
voyelles graphiquement. — Rappelons, ce qui a été remarqué plus d'une fois, que la façon 
dont le système égyptien indiquait ou n'indiquait pas aux yeux les sons-voyelles ne 
peut nous fournir aucune preuve du sémitisme ou du non-sémitisme de la langue. Si, 
dans les temps présents, les Malgaches et les Javanais, — ne citons qu'eus ici, — se ser- 
vent pour écrire d'un alphabet emprunté aux Araires, cela ne prouve nullement qu'ils 
parlent un idiome sémitique, et qu'il faille tacher de leur construire un système de 
grammaire sur le modèle arabe ou hébreu. Nous reportant à l'antiquité classique, on ne 
dira point que les Phéniciens et les Hellènes sont apparentés de langage, parce qu'ils em- 
ploient deux alpliabets de même souche, ni (jue les Achéens de Chypre ne sont pas de 
race grecque, parce que nous leur connaissons un syllabaire emprunté à l'une des nations 
asianiques qui avaient colonisé l'ile avant eux. Enfin, le cananéen, le babylonien, l'assy- 
rien, qui sont inconstestablement sémitiques, usent d'un système graphique qui possède 
et des syllabi(|ues à voyelle fixe, et des caractères correspondant chacun à une voyelle 
ferme. >-/"| et ^JH y sont toujours ha et Oun>, jamais «ou et un qu'on rend par *^ 
et par i^>^^^^; jy est vraiment un a peureux, là où il n'est pas pris pour idéogramme; 
tÇ est un i; t-J} semble être un É et résulte peut-être graphiquement de la combi- 
naison des deux précédents; t^Ult^ et ^ sont des ou, et cette existence de syllabiques 
et de voyelles à valeur stable ne saurait être invoquée comme preuve contré le sémi- 
tisme de la langue. Le fait de reconnaître qu'il n'y a pas de signes-voyelles dans l'en- 
semble des hiéroglyphes, mais d'admettre au contraire qu'on y distingue seulement 
des signes de consonnes faibles, ne pourra donc nous gêner en rien lorstiue nous 
aurons à décider de l'origine de l'égyptien et de ses affinités ; d'autre part, si nous par- 
venons à y constater la présence de vrais signes-voyelles, nous ne devrons pas préjuger 
légitimement le non-sémitisme de la langue. Nous ne nous sentirons autorisés à émettre 



DK I.A IMI(tNi;ri(,)l K 1'':GYI'TII'.NNK 79 

un jugement sur ce point qu'après en avoir cherché les éléments dans l'examen de l'égyp- 
tien lui-ni("'mt\ Mais, avant d'cnlamer cette enquête, il convient de bien comprendre la 
nature dos phonèmes que l'école de Berlin intitule consonnes faibles . En gros, on peut 
rappeler (|uc le mécanisme d'où sortent tous les sons du langage humain consiste on deux 
appareils : une soufflerie, les poumons, qui, à travers la trachée artère, envoie l'air aspiré 
puis expiré, dans un tuyau à double anche membraneuse composé du larynx, de la glotte, 
de deux caisses de renforcement et de résonance formées par les cavités de la bouche 
et du nez. Avant d'arriver à l'anche, c'est-à-dire à la glotte, la colonne d'air expirée 
n'engendre aucun son, mais, à ce point, elle passe à frottement vif sur les cordes vocales 
plus ou moins tendues, et ce frottement provoque en celles-ci des vibrations plus ou 
moins rapides selon leur tension; les sons qui en résultent, intensifiés et variés dans 
la partie sus-glottique de l'instrument, produisent les éléments de tout idiome parlé, 
voyelles ou consonnes, et créent ainsi le langage par leurs associations. A ne considérer 
ici que les voyelles, la manière dont Erman et son école transcrivent les signes 0.^^. 
0, auxquels elles s'attachent, montre qu'ils considèrent ces signes comme des as- 
pirées très faibles, plus faibles que le Ql, échangeant très facilement l'une avec l'autre, 
et capables de s'associer indifféremment à tous les timbres vocaliques comme les as- 
pirées fortes à partir de 01 et comme tout ce qui est vulgairement appelé consonne : 
"^^est en effet pour eux >, c'est-à-dire deux esprits doux du grec superposés, (1 qu'ils 
traitent en réalité comme une sonnante i-J est rendu dans ce qu'ils croient être son rôle 

de voyelle par un i ordinaire surmonté de l'esprit ', î, et a, qu'ils placent à côté du 

i"-p sémitique, est personnifié chez eux par un esprit rude '. En résumé, nous avons ici 
l'idée de Lepsius' et de Le Page-Renouf ', qui, déclarant que l'ensemble des signes 
phonétiques de l'égyptien constitue non pas un alphabet mais un syllabaire, considé- 
raient 0.'^^ . - a, comme des syllabiques au même titre que r*^ . par exemple. Un 

seul signe suffit à exprimer la syllabe men, man, avec notre voyelle e ou a aussi bien 
qu'avec nos consonnes m et n, mais, pour l'égyptien, il ne saurait être question ici de 
voyelle ou de consonne : c'est le son entier de la syllabe man, unique pour l'égyptien 
et composée pour nous des trois éléments m~a-n, qui est figuré dans ces hiéroglyphes 

par un seul caractère. De même pour 0.'^^ . a : si l'on voulait donner aux yeux 

une idée complète de ce qu'ils représentent pour l'égyptien, il faudrait les noter en 
combinant, sur le timbre a par exemple, le système berlinois avec celui de Le Page- 

Renouf, û par 'A.'^^par îa, a par 'a, i ' et ' marquant pour les Berlinois le souffle 

produit par la colonne d'air sortant du poumon, et a le timbre vocalique. Remarquons 
seulement que, tandis que les Allemands font, en réalité, assez bon marché de cette 
aspiration, et admettent ([u'elle disparait aisément tout en laissant parfois des traces 
dans l'idiome postérieur, le copte, Le Page-Renouf ne s'inquiète pas de. ces prétendues 
diminutions de son du signe graphique : il lui conserve la valeur pleine jusqu'à la fin. 



1. Lepsius, Standard Alphabet, 2» édit., 1863, p. 195-199; cf. p. 175, où ce que Lepsius dit de l'hébreu 
peut s'appliquer tout aussi bien à l'égyptien. 

2. Le Page-Renouf, Are thore really no coiuels in Ihe Egyptian alphabet? (1892), dans The Life-work, 
t. II, p. 153-159. 



80 INTRODUCTION A L'ÉTl'DE 



et il ne voit dans les différences de vocalisation qu'on y peut observer avec le son attaché 
primitivement au signe, ou avec les phonèmes nouveaux qui s'y manifestent pour 
nous, par la suite, que des variations semblables a celles qui se sont introduites dans 
l'histoire des langues romanes, quand elles ont passé de leur commune origine latine 
à leurs formes actuelles. A bien examiner les choses, la théorie berlinoise des signes 
(1,'^K , etc., est en principe beaucoup moins originale qu'il n'a paru d'abord à la majo- 
rité des égyptologues : ce qu'elle renferme d'à peu près nouveau, c'est l'usage qu'elle 
a essayé de faire du principe posé par Le Page-Renouf pour édifier, à grand renfort 
d'hvpothèses, une théorie du verbe et du nom cju'elle a créée identique à celle du verbe 
et du nom sémitique. 

Il me semble, à l'encontre de cette opinion, que chacun des caractères, grâce aux- 
({uels les Égyptiens ont marqué originairement la place occupée par la voyelle dans le 
mot, représentait, à ce premier moment de son existiMice, un plionème unique parfaite- 
ment défini, et que, par conséquent, c'était l)ien là ce que nous appelons un signe- 
voyelle pris alors à valeur fixe. Pour nous en convaincre, rappelons d'abord d'une manière 
générale que l'écriture égyptienne n'est pas, comme la plupart de celles qui sont usitées 
aujourd'hui dans notre monde, un système importé que les naturels de la vallée du Nil 
adaptèrent à leurs besoins, mais qu'elle s'est formée, modifiée, complétée par elle-même 
et sur elle-même, presque toujours sans influence étrangère. Les Allemands admettent, 
comme nous, que les inventeurs voulurent d'instinct rendre synthétiquement, par un 
seul caractère représentant l'objet, les mots qui constituent le fond de leur langage : 
voyelles et consonnes, tout était compris dans ce signe unique et sa vue suggérait au lec- 
teur l'ensemble des sons qui pouvaient transférer l'idée à l'ouïe. « Toutefois, comme une 
» écriture qui procède seulement par images ne peut que mal exprimer des actions ou 
» des idées abstraites, on se tira d'afi'aire, lorsqu'il fallut rendre les mots correspon- 
» dants, en substituant au mot malaisé à noter par une figure matérielle quelque autre 
» mot de son pareil, — comme si, par exemple, nous employions une Tor (porte) pour 
» écrire le Tor (fou). . . Il suffisait pour cela que les mots eussent à peu près les mêmes 
» consonnes'. » — « Ainsi cr^i vaut pour toutes les formes du verbe prj, sortir de. . ., 
» et des substantifs pii, fruit, prt, hiver. Le signe-mot marque seulement les con- 
» sonnes qui constituent la racine et non pas une vocalisation particulière*. » Cette 
dernière affirmation esta la fois vraie et inexacte. Elle est vraie pour les états seconds 
de l'écriture, lorsque le système purement idéographique eut cessé d'exister : elle est 
inexacte pour les états premiers, au temps plus ou moins court où le système pure- 
ment idéographique prédominait. Il fallait alors, pour que l'image pût servir à exprimer 
deux mots différents, que ces deux mots sonnassent exactement de même, non seule- 
ment les con.sonnes comme Erman le suppose, mais aussi les voyelles : pour me servir 
de l'exemple apporté par Erman, si l'on avait voulu rendre par le même signe la Tor 
et le Tor, il eût été néces.saire que non seulement les deux consonnes T-\-r, mais la 
voyelle o, fussent communes aux deux vocables. Ce fut seulement, plus tard, lorsque 



1. Erman, ^gyptUche Grammatik , 3' édit., p. 1013, §§ 16-21. 

2. Id., p. 25-26, § 41. 



DK I.A PlIOXHlK^ni.; KGYPTIENNE 81 

l'einpldi (In ini''ine sigiK^-mot eut servi à rcndi'o, \r.\v exempli;, dilTcJrentes formes du 
verbe caractérisées chaeune par un cliaiigeincnl de voyelle interne, (|ue l'on lit abstrac- 
tion de la voyelle pour ne plus tenir compte <|ue des consonnes, et que [ZTD entre autres 
correspondit également à /m/v, /)Er, p\i\ etc. T,e contexte permettant alors de rctal)]ir 
dans la lecture la prononciation exacte, on n'estima pas cju'il fût utih^ d'intercaler dans 
r('Ciiture la voyelle intérieure initiale ou linale (|ui ne forma point syllabe sépare : 
on ne s'avisa de l'écrire (|ue lorsipie les besoins de la clarté rendinMit son addition in- 
dispensable. Je pense, sans en être bien cerlaiu, (|ue le signe c représente un petit 
tas de terre, (|ue cette valeur sonnait à l'origini- ta, d'où sa valeur syllabi(iue puis 
alphabétiiiue tà-t, et que, seulement après coup et [)ar suite d'un usage que j'ai in- 
diqué depuis longtemps, il vint à sonner p,.t.\ : d'où dissimilation de sens et de son 
pour Ci figurant le mot te/'re et ^ figurant le mot pèi'e. Pour le sens terre, où le mot 
avait seulement voyelle finale, on ado|)ta un signe = valant ta; on conserva c pour le 
sens père et pour le son ata, et cette graphie se perpétua jusqu'aux bas temps dans la 
locution |. Toutefois, on voulut mieux marquer l'existence d'un son-voyelle initial 
dans le mot expressif de l'idée père, et on préfixa la feuille (1 au c, ^ . J'ajoute en passant 
que le même phénomène se reproduisit dans tous les mots de type analogue, où l'on 
fut anaené progressivement à donner un représentant visible au son de la voyelle ini- 
tiale, sans toutefois s'interdire l'usage de l'orthographe acéphale, ^^^^jj, /wwva^, <=>, 

^, ^, l en ligature j^, ^, etc., pour (j^^, (j ^^, (] "^, l]f ^. ^, 

l| j] , j] . Sauf dans le cas de 1 , l) jj, i , les lectures postérieures montrent que [1 

répond presque toujours à un a pour Aloiunu (ii-axoùrjirj,-), Ama?ie( (cf. 'A;;Ls-/6r,,-), A/v'-A/'é 
(«.pHOT M. epHOT y. au pluriel), Ami. Anok («^hok), mais ^ eipe T.. l\ J\ïiT. en M., 1 
citoT 7\ iioT M. Il faudra expliquer ces différences de vocalisation : en tout cas, c'est 
bien à des sons-voyelles que répond toujours la graphie (I, comme nous le verrons. 

Il serait facile de continuer pré.sentement l'examen sur d'autres groupes de mots 
du même genre, mais cela me prendrait ici beaucoup de temps et d'espace sans 
utilité immédiate : on aperçoit en effet, dès maintenant, l'idée que l'analyse des faits 
connus m'a suggérée. Lorsqu'il y a cinquante ans, je commençai en tâtonnant mes 
études sur la grammaire égyptienne, il me sembla entrevoir qu'au début, chacun des 

signes exprimant ce qu'on appelait alors les voyelles vagues, 0.^. . ". avait possédé 

une seule valeur fixe ne variant pas dans d'autres limites que la valeur de nos voyelles 
fixes du français,  et  pour a, e, é, è, ê pour le signe e, ï et î pour le signe i, o et ô 
pour le signe o, ou et où pour la combinaison ou. Seulement lors(|u'une langue traîne 
son existence pendant des milliers d'années, elle ne peut pas ne pas s'altérer consi- 
dérablement surtout dans la partie vocalique, et, au bout de très peu de temps, la 
phonation des signes-voyelles arrive à changer étonnamment sans que leur figure exté- 
rieure se modifie en rien. Le signe-voyelle a, qui marque toujours en latin un son d'A 
franc bref ou long, À ou À, sonne encore a dans Pa/'/s de PKrisii, mais il cède la place 
à È ouvert dans ptre et mÈre de pAtrein et de mktrem, il se diphtongue en ai et en ie 
dans mxin et chmri de mÂnuni et de cknem, il produit la diphtongue au prononcée 

11 



82 INTRODUCTIOX A LÉTUDE 



actuellement ô dans ch.wid de CAÙduin-cÂhdum, et ainsi de suite. Supposons la pro- 
nonciation du latin aussi peu connue que celle de l'égyptien antique, aurait-on le droit 
d'y transporter notre vocalisation française et de profiter des dérivations mk(rcm-mtre, 
mknum-m\in, pour en conclure que, dans l'écriture de Cicéron, a était un signe, con- 
sonne faible ou voyelle vague, dépourvu de valeur fixe et capable de couvrir, selon les 
mots, les valeurs a, è, ai, ie, au? De même pour l'égyptien. De ce que le signe \\ é<|ui- 
vaut en copte à un a dans «.non, à un É dans epwre, à un Ê dans npn, à un î-ï dans eipe- 
ipi, à un o-ô dans oci-ione, a-t-on raison d'en conclure <)Ui\ trois ou (|uatre mille ans 

auparavant, quand les mots correspondants s'écrivaient , 1 ^ ^ . ^ . 

(j- 0"^^— ^> i's avaient une ijrononciation identique à celle du VI" siècle après 
Jésus-Christ, et que, par conséquent, le signe (I représente une consonne faiblo ou 
une voyelle vague, peu importe le terme, susceptible de se vocaliser en toute circuns- 
tance a, é, ê, i, o, ou? Dans un pays où l'orthographe des mots s'est maintenue à peu 
près invariable.une fois formée, il était in(''vitable qu'un signe destiné d'abord à marcpier, 
disons A et rien que a dans l'écriture, demeurât immuable graphiquement tandis que 
la prononciation se modifiait, et cette modification du son ne change rien à sa qualité 
de signe ayant représenté à l'origine et représentant encore à l'occasion un timbre voca- 
lique fixe. A de l'anglais aura eu beau passer de la prononciation a//, \Ue, de la vieille 
langue, où il sonnait comme notre a français, à la prononciation d'aujourd'hui, où il 
assume un son aboutissant à un o spécial qu'on peut noter approximativement par la 
combinaison Âw, il n'en continue pas moins à s'écrire all, et il ne viendra à l'esprit 
de personne de dire à ce propos que, chez les Anghds, a est une consonne faible qui 
n'a point débuté par avoir une valeur fixe. L'exemple de ce qui se passe pour l'anglais 
est tellement frappant, qu'en 190?, lorsque la discussion s'éleva de savoir ce que va- 
laient les signes (1, ^^ , - o, etc., en égyptien, Naville le cita délibérément à Stein- 

dorlï'. Pour moi comme pour lui, pour Golénischefï, pour tous ceux (|ui se sont refusés 
à admettre les affirmations impératives de l'école berlinoise, l'égyptien a possédé pri- 
mitivement des signes de voyelles de la nature de ceux des modernes, mais, comme son 
système graphique s'est de bonne heure immobilisé presque entièrement, tandis que 
la langue parlée poursuivait son évolution sans arrêt, la langue écrite a gardé ses ha- 
bitudes avec beaucoup d'obstination, et les signes-voyelles, pour des raisons (pie nous 
commençons seulement à entrevoir, ont pris liistoriquement des valeurs diverses qui 
ne semblent pas toujours se rattacher toutes à la valeur i)rimitivo. L'un des problèmes 
les plus graves de l'heure présente consiste donc, pour l'égyptologie, à essayer de re- 
trouver la valeur qu'avaient ces signes-voyelles au moment où l'écriture hiéroglyphique 
se constitua et d'indiquer, autant qu'il est possible actuellement, comment les valeurs 
secondes se détachèrent de cette valeur. Aiin d'y parvenir, j'étudierai l'iiistoire de 
chacun d'eux en particulier, en commençant la recherche aux derniers temps où le 
système auquel ils appartenaient fut employé. Les dialectes coptes, devant être en 
effet considérés, dans leurs spécimens les plus anciens, comme représentant le décahiue 



1. Proceedings of the Socicli/ o/ Biblical Archœology, 1903, t. XXV, p. 58 sqq. 



DE LA PHONÉTIQl.'E ÉGYPTIENNE 83 

à peu prés exact en caractères ulplial)cti(|ues des formes dcinicics de la langue écrite 
au moyen des caractères hiéroglyphiques, peuvent seuls nous offrir un point de départ 
solide pour nous pcruvttn^ de progresser dans cette recherche. Nous remonterons 
ensuite par degrés jusqu'au W'I" siècle, de la transcription copte aux transcriptions 
gi'ecques, des transcriptions grecques aux assyriennes et de celles-ci aux cananéennes 
d'El-Amarna : par delà, nous n'avons actuellement à émettre que des hypothèses plus 
ou moins fortement motivées. 

Il me reste pourtant une ohservation importante à faire avant d'enlanier l'étude 
de chaque signe-voyelle en particulier. Champollion, désiiant délerniincr leur é(|ui- 
valence au moment oi'i il aborda le déchili' rement, se servit surtout des documents de 
basse époque, époque ptolémaïque ou époque romaine, et il tira d'eux un tableau com- 
plexe de la valeur des signes vocaliques où régnait une grande confusion. L'impres- 
sion en est restée dans l'esprit des égyptologues, même des plus récents, qu'il n'y a 
pas grand cho^e à tirer pour nos études de la façon dont les Égyptiens ont transcrit 
les noms latins ou grecs, ou dont les Grecs ont transcrit les noms égyptiens : les 
transcriptions grecques du Papyrus gnoslique de Leydê et des autres recueils ma- 
giques du même genre n'ont fait jusqu'à présent que confirmer cette impression. Je 
crois qu'il y aurait lieu de revenir sur elle au moins partiellement. Il convient, en 
effet, de rappeler que, déjà à l'époque grecque, mais surtout à l'époque romaine, les 
scribes ou les maîtres dessinateurs (jui avaient dressé au profit des sculpteurs les mo- 
dèles des décorations murales que nous possédons encore pour ces temps-là avaient 
à un très haut degré le goût du précieux et du rare, tant dans l'expression verbale 
de leur pensée que dans l'expression plastique des caractères par les(|uels ils la figu- 
raient. Non seulement ils se plaisaient à employer des mots oubliés ou des formes gram- 
maticales plus ou moins archaïques, mais ils s'ingéniaient à rechercher les valeurs peu 
fréquentes des signes connus, à leur déduire des valeurs nouvelles, à trouver pour les 
mots qui revenaient souvent dans des endroits attirants à l'œil des combinaisons aussi 
variées et aussi inattendues qu'il était possible. Si donc on signale aux cartouches des 
smgularites comme [IIJ V;^ llU -^ ^^ww, _p l'^f^^ ^^ s/ ""^ 

pour oÙET-ïTiïvo;, = pour aJ^oxpiTtoo, etc., qui nous montrent W employé avec les 

valeurs e et a, il ne faut voir là qu'une fantaisie de scribe décorateur, qui a employé 
le signe par à peu près afin de diversifier l'aspect du mot. Erman a déjà remarqué 
avec plus d'un autre que ces orthographes risquées proviennent surtout d'Esnéh'. 
C'est là, en efïet, que les rédacteurs d'inscriptions ont pris le plus de libertés avec le 
système égyptien, et l'on voit sur telle colonne des légendes où le crocodile -^3^, par 
exemple, a, par de véritables calembours graphiques, remplacé une dizaine de carac- 
tères ordinaires; toutefois, le même abus existe à Kalabshéh, à Phike, à Resràs, à 
Thèbes, quoique à un degré moindre, pour les monuments d'époque romaine. Aussi 
bien n'est-ce pas aux inscriptions ornementales des murailles qu'il convient de de- 



1. Erman, Altœgyptische Studien, dans la Zeitschri/t. 1881, t. XIX, p. 45, où sont recueillis d'autres 
exemples de la valeur \\ = e, a, aux basses époques. 



84 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



mander les renseignements précis sur la force phonétique des signes correspondants 
aux voj'elles des noms grecs ou latins : c'est dans les inscriptions privées où le sculp- 
teur n'avait pas à se préoccuper de l'effet pittoresque à produire, ni à faire preuve 
d'ingéniosité dans l'expression graphique des sons, c'est encore plus dans le démotique, 
inscriptions ou contrats, qu'il faut chercher des documents. Là, l'orthographe des noms 
est à peu près toujours constante, soit qu'ils gardent la forme traditionnelle, soit qu'à 
un moment donné, pour une raison ou pour une autre, on les ait décomposés puis 
transcrits en leurs éléments phonétiques. 

U depuis l'époque copte jusqu'à la X VIII" dynastie. 

Laissons de côté les formes dernières du copte, qui n'ont rien à voir dans la ques- 
tion puisqu'il s'agit ici de déterminer la valeur du signe (1 vers la fin de l'époque 
païenne, et recherchons quelles voyelles de l'alpliabet grec l'égyptien d'époque romaine 
a consacrées à l'expression de ce signe. 

Et d'abord examinons ce qu'il en est de h initial. 

1° h fait place à *. dans *. Akhm. B. et vieux T. de !\ •=>, *.t B. de û"^^^. 
*.fee T. de (I J «Sij^wwvA, i^fem T. «.to M. de (1 J va4 ^/^let, par chute du <=> féminin, 

e.fioT M. de * , «.Ahot b. *,pH-5- T. de (1 -^3, «^AoAi M. «.Aa-Ai, e-Aewe^Ai B. de (] <=. 

Ka f^ cri h |i n' , £r^ cii fv 

. «.Aiett+ AI. i^xximT., l'enfer, de fî , l] , i.T«.n 7". *.o-ir«.n .1/. de n 

Kl eonleiiT, «.itoK, *.nK, «>np T. *.it*.K Aklim. M. de M ^, «.hoju M. de [ 

^^^^"ij^^, e.ii*.AiHi J/. de n "=> ^ ^ , *.ini n. de (I ..û , e^ntoT 7\ è.<çoT .17. de n D, 

*.c r. de ()[1^, *.c^. T. 6.ci^, M. de \~^\, '^cot T. de (Kl^-^, "^^l- ^-m 
7". M. iî. de [1 _ , t^onB. de Ofi^^- Joignez-y les formes précoptes e. pour e du 
COpte ordniaire, ô.p*.q = epoq = M g7\ i = n <:::=>, «>q*.mH = «.qetge =; [|qa«u=»_ l-^, 
*.peoT ^ 6.pHTr 7\ de (I V^i, etc.. formes qui se sont conservées dans le vieux thébain 
et dans l'akhmimique. Je n'ai voulu donner là (jue des exemples où l'équivalence est 
certaine entre le mot copte ou précopte et le mot égyptien. De plus, le nombre des 
équivalences certaines étant très restreint, je cite provisoirement, ici et dans la suite 
de cette étude vocalique, tous les dialectes indifféremment. Je me borne à rappeler 
que l'aklimimique, le fayoumique, et d'une manière générale les autres dialectes de la 
moyenne Egypte, que je confonds sous le nom de bachmourique pour ne pas rompre 
avec la vieille tradition de l'école tant qu'on n'en aura pas abordé l'étude sérieuse- 
ment, ont une tendance à mettre un «., où le reste des dialectes emploie d'autres voyelles, 
e ou o, et réciproquement. C'est une marque d'archaïsme, car les découvertes nouvelles 
ont montré que j'avais raison, il y a plus de quarante ans, de considérer comme des 
plus caractéristiques pour l'étude des formes anciennes de la langue, ce dialecte que 
Revillout s'est obstiné jusqu'à la fin à considérer comme un patois informe. 



AAAAAA 



\)K LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 85 

2" (1 est rondii e dans e 7\ M. i\ coté de «.de 1 , e«.Tc Akhin. H. à côté de *.t B., 
cooT T. toov M. coTio Préc. de (1 ^^ y^ > dans ete '/'. à côté de «.te B. de (1 j ,S:-^ ^^^ , 
cftoT 7". et eÊ«.T Alihm. à côté de *vfeoT .1/. de * , e*jïÛT T. eAieiiT M , ijnuche, occident. 



à côté de jvjuiu+ .1/. «.«.nTe T., enfer, de ft , eAooAe T. à côté de «.'AoAi .1/. e.;\*.«.Ai B. 
de (l<:z=>'Wf", e-5-eit A/îhm. à côté de «.Ts-«.ti T. ».ot«.h. .1/. de (1 -^^ Kl , en forme cons- 

1 ^^ I I 1 ^^^vv\ I I I 

truite de (I , eue Jxxxc T. à côté de «.««juihi M. de "^^^^^ '^^"^ S^n i . ^nc 7'. A/, de 

(1 ntk "'^-, 1 im ^^ <=. Il .<-> 

H (I vj^. epHT 7'. Alxlim epHOT .17. à côté de «.Ahot B. «.pms- 7\ «.peor Préc. de (1 

V^ I. €c B. à côté de e.c 7'. de M '^ vieux, ec A/,/nn. de ml, e^ AI, /un. à côté de «.ig 7'. M. 

de [1 , e^e T. .17. à côté do «.g^H 7?. de g Q ^fy|, e«'c T., poireau,, de h "^ , ^^ 

^. Ainsi (lu'il a été déjà renianiué, i'akhmimique a une tendance à conserver des «. 
III 

antiques où les autres dialectes ont e, et à remplacer des «. par des e où ils ont con- 
servé «w. 

3° ( est rendu par h prononcé en ce cas Ê dans npn T. M. hXh B. de u , Hce T. 
Hci M. de n ', et dans H«'e à côté de ets'e 7\ htsi M. et dans le qualitatif hh T. M. de 

4° (1 est rendu par i 71/. 7Î. ou par ei T. Ak/nn. à l'attaque du mot 0, (iT^, ciw, 
Vco, ei». T'. , V«., i«. Akhm. B. M. de [ Uaaa/vs gj^ie, ifee 7\ lÊi M. à côté de «.fee 7?. edcT. 
de n 1 ^i::-^ 'ww>A , cicfeT, letT T. AI. de 4 1 , eme T. A/x/im., eim, ini M. B., me T. 

à côté de en T. M. B., H T. de |\, eioop, lop, loop T'. et eiepo, lepo T., i«.po, lopio i\/. , 
lepo Akhm., de (1 <=> ^^ï^ et de (J <=> î^!^!^ - — " avec chute du ^ raédial, eipe 7". 

1 (2 T r 1 (3 T r ^^-^ 

ipe T. B. ipi J/. lAi B., de ^s>-, H , eic T. ic yI/. à côté de ec Akhm., de (11, eiuT T. 
Akhm., VioT M. 7?., de ^-0'=^^ oè/'e, eiwT 7"., iw 7. Af. de on/e, eiiore, 

iWTe r. M. iw4 M. de ""^^ lif /-osée, eiTen 7Î. i-iTi r. iTen il7. de %*^ "~^ , log A/. 

1 Q «Sisi (2 n 1 

de 1 1^, eico^e, ico^e T. logi M. de (j | , i£ M., démon, esprit, de (l'^i.^. 
5° (J est rendu par o ou par co dans wot M. à côté de «.t, e«.T Akhm. B. eooT T. 

de û'^^ >>^' °^^ ''"• "^^ -'^-^- ^^ ^'^*'^ '■^^ ^^^' "^^' '^^ ^- **" ^' "^^ ^ J A5^^~w^A, ojfieii 
de (1 n ^ a/'(/î, otoe 7". de (I 9 , wrIi, orJû. 7^. oReM., wkcai M. de (1 



(2 



1. J'ai cité, il y a quarante ans de cela, vin texte exégétique {Zeit/'chrift. t. XVIII, 1880, p. 42-43) qui 
prouve qu'au moins à l'époque ptolémaïque, le groupe [j était censé commencer par un [1. Nouit vient de 
mettre Isis au monde, et elle dit à sa fille en la voyant : (J ' 'j]'| « C'est donc toi ! n (j'avais traduit alors : 
C'est moi !), et on lui donna le nom d'« Isis », "lat; ou Hat;. Le jeu de mots entre (J 1 1 '^ Es-e, Is-e, et le nom 
d'Isis, Êse, \sé, donne pour le signe [j la valeur 



86 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



^ 



forme secondaire de u "^^T^ ^ ^'"'''^ triste, endeuille, ton .1/. de fil tone T. Aklun. 

wwue T. coiti i^/. jB. à côté de «.n*.-, ene- en composition, de (]'=', ong .1/. de (I 

S ^ con r. .V/. 5. à l'actif à côté de hr 7'. .1/. au cmalitatif, de (I , oci M. de 

^, wcK r. .1/. de (jO^I^, oq-til/., ramper, de (j^^- 

Je n'ai choisi ici comme exemples que des mots coptes dont l'équivalence avec des 
groupes hiéroglyphiques est certaine ou à peu près; on y remarque, à première vue, 
un pêle-mêle de correspondants alphabétiques de [\, qui semble ne pas permettre de 
rien déduire pour déterminer la valeur vocalique de ce signe. Pourtant, à y regarder 
de plus près, le chaos se débrouille un peu. Faisons en premier lieu le tri des particu- 
arités dialectales : pour nous borner actuellement à un cas, le bachmourique donne à 
initial comme substitut un *. dans «.Ahot, *.A«^Ai-*.A«.«.Ai, *.g^H, etc., tandis que le thé- 
bain peut posséder un e à côté de 1'*^, cpHis-, «.pH-s-, e'AooAe, et le mempbitique a de 
même «.pHo-s-, *.AoAi, etc., mais, pourtant, avec des formes coot, e^e, etc., contre «.-s- B. 
*.oH B., et lui-même nous montre ee^T avec un e à côté de «.is-, et l'akhrnimique a l'e de 
préférence où les autres dialectes ont «^, eo-s-en au lieu d'*.Tô.n T. *.oT«.n M., e^ au lieu 
de «^ig T. M. B. Nous aurons à revenir ailleurs sur ces distinctions dialectales à en 
expliquer les cas particuliers. Pour le moment, il nous faut ensuite tenir compte des 
distinctions vocaliques que l'usage grammatical a introduites entre les vocalisations 
diverses d'une même racine : puisque le groupe antique \\ J ^^ ^^-^ , (1 j ,S^7 ;ï^ , se 
présente dans les écrits coptes sous plus d'une demi-douzaine d'aspects, «.te, efce T. 
ek\ M., cifee, ifee 7". \kiM., oiizT. ohiM., il convient, après avoir écarté les doublets 
orthographiques tels que ifee pour eite en thébain, de nous rappeler que les types en 
€i-e représentent les formes absolues du copte eiÊe T. iti M., et les formes en o, leurs 
qualitatifs ofee T. ofei M. Reste à nous rendre compte de *.te-cfee que Peyron enregistre 
comme doublets thébains, mais qui peuvent se rencontrer dans des textes influencés 
par un des dialectes peu connus de la Haute Egypte, peut-être par l'akhmimique où c 
joue avec « T. et i M., ec et ecTe pour «c T. et icxe M. Ajoutez à cela que les doublets 
d'un même vocable ancien apparaissent parfois avec des vocalisations diverses, selon le 
sens dans lequel ils s'étaient spécialisés : ainsi ft est 3LAi.itTe T. aLiien'^- M. B. lors- 

qu'il signiHe enfer, mais eAjûix T. eitenT il/, lorsqu'il signifie Oecident. Ici, le mot reli- 
gieux avait conservé une prononciation archaïque du temps où (1 sonnait *. ^ a dans 
l'atone initiale. 

Ces points indiqués, sans pousser plus loin actuellement l'analyse dans le copte, 
recherchons quel son-voyelle les transcriptions grecques mettent en face de il initial 
de l'égyptien, aux époques romaines puis ptolémaïques. J'ai tâché d'y retrouver au 
moins quelques-uns des mêmes mots coptes que j'ai cités pour la période précédente, 
■et j'agirai ainsi, par la suite, de manière à reconstituer leur histoire phonétique à 
travers les âges. Je rencontre donc, soit dans les textes purement grecs, soit dans les 
rares textes égyptiens écrits en lettres grecques : 

1° (j initial rendu par a dans 'Ai^iveTi?, A|jlvte', pour fî pris dans le sens d'enfer, 

1. Griffith, dau3 la Zeitsohrift, 1900, t. XXXVIII, p. 85. 



DE LA PHOM'TKiUE ÉGYPTIENNE 87 

Hadès, dans (] 3\, "Ajifior/, 'A,aoOv, "Ai^ijioOv, et dans tous les noms propres composés 
qui renferment l'élément (I en liMc du mol à l'atone ou à la tonique initiale, (1 

I AAAAAft 1 ^WW\A 

m |iV'^^"-'^f^"-^^-'8'^^^^"^^'^^!^-''^f"^'-î^^^^°^l ° 111 J'Ai^ovp.^ovOÀp, etc., 

Auaùvî, la déesse Amaouni[t], dans Avay et Avo/, Avox, transcription du pronom 



fl 






( dans les textes magiques', dans "Avojtt, "AvojS'.î de (1 y?^' '^'^^^ *'*'^^(3^ 

du Papyrus gnostique, IX, 5, où le copte a i^ ^1/. , et dans les noms en *.x tle 

G Jj, 'A/o,^ip-:T,s- formé comme iipa;jiipîr,<; et 0'jîi[aipr,<; avec y)o, mais ayant le mot 
comme première syllabe '^^\flo W, apso'j à coté de «.Ahot B. de (1 >uy, le 



tout, sans parler des noms grecs écrits en hiéroglyphes, tels (jue les variante.^ 
\\^ et (j;^^^; d"A>.aa-4o. et d"Ap,...:,.^ 

2° O est rendu iiar ; dansloo'j, eo'jw^q de 0^^ \>1^' ^^ins £v; de H pris avec le sens 
impératif £vaï H s^ tandis que le véritable impératif de cette forme est avai ij y() A va , 
dans l'adaptation grecque spirtî de (1 qui se trouvait déjà, parait-il, dans Sapho, dans 

la variante "Eaokoï, 'Etj£-//7,gi,- H 1 du nom d'Isis n si, comme il est probable, il 

faut voir dans 'EaoJEpE la transcription de n ,,^g 3 aussi bien que celle de -^ «^Sr^i- 

3" (1 est rendu par t, dans "HjîvEtpJ; de n I <=> et dans les noms propres qui ren- 
ferment le verbe 0(1 au (|ualitatif, N'.-?,-u- 0(1 |(1 par exemple. 

4" M est rendu par i dans p'. de -o^- à côté du copte eipc ipe T. ipi il/. lAi B., dans 
'ivaoto; provenant de ^ i v^ '^^^^•VW, dans 'luo'jeTr de (J=^= Jn, dans 'la;,- de n Ji et 

dans ses composés où r serait initiale, ainsi dans 'iTiowpoc;. 

5" (1 devient o, o^, oj, dans "Ovojp^- de |\£tî jj, dans "OT-.pi,-, "OuTcp;;, "Vjip'.s-, de r| J] 

ave c les variantes d'époque récente, montrant déjà la vocalisation en ouÂ, ou, joJ]. 
•Ç) 'jQrl)' ^'•"'' 'OjTivT,; de 1"^^ Jj. et dans 'uv de m , dans Vott précopte pour 

CIWT T. 

En résumé, c'est la même variété de son pour fl initial que dans le copte, en général, 
mais pour chaque mot en particulier la même vocalisation : il est plus que probable 
que l'égyptien en usage sous les Romains et les Grecs était presque partout identique 
à celui qu'on parlait sous les Byzantins. 

1. Ces transcriptions se rencontrent entre autres dans Leemans, Papyri Grœci, t. II, p. 25, 87, 93, 97, 123,. 

127, etc., où le texte dit qu'elles sont i?paï!rT!, c'est-à-dire en hébreu ; mais, comme elles précèdent sou- 

^2^ ' -2^ ' ^ -2^ ' ~^""' CDD 
vent des noms magiques égyptiens, B'.Swj, Batvovo-jv. Sîr,, So-jyasi, etc., (^^ i^^ I . l^fe» 1^ i 

C30 fl n ,=±f=, © ^-^ 1; '■ ■ ^ ^ff'i ^ /^ v=t 

11(1 , '^ ^ \\ _Tf , il n'3' a aucune difficulté à admettre que le magicien les prononçait à l'égyp- 

tienne. C'est le commencement de la formule si fréquente dans les textes religieux : (J X... « Je suis. 

1 «^ — -^ 
)) le dieu X... ». Le sens est rendu évident par ce fait que, dans plus d'un passage, le magicien dit que le 
nom était de trente-six lettres, par exemple, Avay Bpa6iapêap, etc. : or, si l'on compte les lettres du nom, 
magique qui suit 3pi9i, etc., on voit qu'il y en a juste trente-six. 

2. Griffith, dans la Zeitschrift, 1900, t. XX.WIII, p. 79, 84. 



INTRODUCTION A LETUDE 



La différence n'est pas sensiblement plus grande pour celui du VIP siècle avant 
notre ère sous les Assyriens, à en juger par les transcriptions cunéiformes contempo- 
raines. On a, en effet, — mais les exemples ne nous présentent que des mots en compo- 
sition à la seconde place, — Amounou pour (1 jj dans A-nx-mu-nou -^^0 ^ 

Oun-Amounou d'un dialecte probablement septentrional, mais Kma-xné dans Tas-d\- 
ma-ni-e (1 -Jp]! Tanouat\tnanoa, Tantamknou, où ^^^^ du nom étliiopien 

devenant l comme dans Aauïpr,? S^ est remplacé par un s sémitique, de même 

que dans Kasndi, Xa/.SïToi. Le II égyptien y correspond à I'a assyrien de la syllabe «a, 
de même que dans I ptUiKvdèchou , Tilioatxfdé.-^hoa, « (1 SA '^, ^'^ SA 

1 V^' '^ L'orrespond à l'O de (1 Q|\ fondu avec celui de -^s^- , ou de [1 8 V w '^'"^^ 

Na-At-hu-u, NïO(o. Toutefois il sonne Ê dans n de Har-si-ya-È-su de ^. ^^ Il yf 

'Apaiïjaic;, et daus A'^i-ih-d-È-èa-ra-u de ^^^^ t /) H J4, i dans 16/ de „ = 

*A6appa6'.c;, 'AOpTêtç, ^-e-pHÉii, I VOCalisé lA dans \\-ru-lt-U, (1'^ AAAA^ ie.po .^/.j 

ou-0 dans || \]-nu, On-Héliopolis, et dans \]-si-ru de ri J]® Pous/(//'OH-Busiris. 
Tous ces mots nous sont déjà connus par les prononciatons des âges postérieurs, KmA- 
nou-A.inâné par "Ajjifiwv-acju.oTit, ¥,soa par 'liT'[;]-Hce, At/iou par .\-|-a8w, 16 par "AOpTê'.î- 
î\.opHni, lArouou par I«.po, Ounou par 'uv : l'assyrien a seulement l'avantage de nous 
donner la prononciation vocalique pour son temps des sons couverts par (1. Notons qu'il 
y a onze cents ans plus ou moins entre le règne d'Asarhaddon et l'apparition définitive 
de l'alphabet dans l'égyptien : c'est une belle durée de fixité dans le son pour des carac- 
tères qu'on se plait à déclarer vagues. 

Si nous nous reportons à sept ou huit cents ans plus tôt, la fixité nous paraîtra 
moins grande, mais pas de beaucoup, en tout cas dans les quelques exemples que nous 
rencontrons de mots égyptiens transcrits en cunéiformes sur les tablettes d'El-Amarna. 
L'[l initial de (I j] y est rendu par un a, soit lorsque le nom divin est isolé, A-ma-nu, 
A-ma-a-ini, soit lorsqu'il entre en composition au commencement d'un nom de parti- 
culier, (l-ww^ A-ma-an-ha-at-pi, ^manhatpi-.4ménôthès, [1 (Tl ' V5r A-ma-an-ina-sa, 

/Imanmasa, \\ u "^ A-ma-an-Kp-pa, .4manApa-^menôpis— Imenôphis : on re- 

marquera que, même en composition, Vn de H , "-^ , est rendu par a en syllabe intense. 

Il 1 1 c^n rv 

dans la prononciation de la XVIII' dynastie. D'autre part, cet (1 correspond à È dans 

Na-Ap-t^-ra-Naft-kra, î <=>(] J), un peu plus tard. On a, toujours avec la valeur a 

11' A J.0 

contre la valeur ou que nous avons rencontrée à l'époque assyrienne, l'il initial de | 

A-na, Ana-Ane-Ovnou-On. j] ^ "^X 9 renferme également un h correspondant à 
une transcription cunéiforme en a, K-lai-nu. Si peu nombreux que soient ces exemples, 
ils présentent un intérêt considérable pour les renseignements qu'ils nous fournissent 
sur l'histoire de la langue. En les comparant avec les transcriptions assyriennes posté- 
rieures, puis avec les transcriptions grecques et les formes coptes, on reconnaît immé- 
diatement la règle, que j'ai indiquée plus haut', que beaucoup des mots dont la syllabe 



1. Cf. p. 61 du présent volume. 



DE LA PHOXËTIQUE ÉGVIMIENNE 89 



accentuée a en copte la vocalisation o-co se tiouvoMit avoir à la même place en égyptien 
antique un a brof ou long. Sans reprendre en détail la question, je me bornerai à rap- 
peler ici que dans les mots où le caractère (1 ne figure point, parce que la vocalisation 
interne n'y nécessitait pas l'existence d'une figuration matérielle, on trouve, dès le XV» 
ou le XIV* siècle, un À long inditjué par l'assyrien à la toniciue, puis, au VII'' siècle, 
un ou-w se substitue à I'a long, et enfin, à Tépoque grecque, un o-w se substitue à ou : 



AAAAAA i_J 


^^ 


\ fOl/i' 


1 \S 1 


l 


AmÂnou 


Hki'a 


Kkshi 




Nkf'a 


Amovnou 


Hourou 


Kovshou 




no-yqe. 


"AfiaUv 


Qzrji-Horus 


es'toig 




» 



Un degré peut manquer dans nos témoignages de l'évolution, mais le fait de 
l'évolution demeure constant. Appliquons donc la règle à des mots tels que ^ ou m : 
ils seront, vers le temps du second empire thébain, Apa, Ana, au VIP siècle Ounou, 
et à l'époque grecque On, Ophis, Opis; en d'autres termes l'A de la syllabe intense 
se sera mué progressivement en ou puis en ô. Le signe (1 n'est donc pas dans les cas 
de ce genre une consonne faible ou une voyelle vague pouvant recevoir arbitrairement 

les valeurs a, ou, o, mais prenant l'orthographe ni traditionnelle du nom de la ville, 

A '^ ® t A 

nous devrons dire de l'iJ exigé par les variantes du signe | ^ iJ + ^^"^ > qu'il représente 

notre son Â, qui plus tard, en vertu de la règle philologique bien connue aujourd'hui, 
a passé au son ou puis au son o. Si nous appliquons ce principe au.\ mots qui, com- 
mençant par un (1 en égyptien, ont un o ou un Ou- à l'initiale en transcription grecque, 
nous arriverons pour l'époque antérieure à une vocalisation À : l'accent tonique por- 
tant sur 0, oj, dans "Ovo-joi;, o-JT.z:--'OT.zi;, on doit avoir pour la XVIIP dynastie une pro- 
nonciation Anhourë, Asirë-Asare, de Ktjgâ^. J J|. Le précopte Vott, répondant au 
copte eiWT, iwT, nous amène de même à une prononciation ikt pour les temps anté- 
rieurs. Quant à 'o^-.i'iri;, la tradition grecque a établi une confusion ici entre un nom 
égyptien et un nom persan. La vocalisation perse nous ramène pourtant comme l'égyp- 
tienne, pour la première syllabe, à une prononciation Kstanou-Astane ayant précédé 

Orrivr,;. 

Il est fort délicat de chercher un témoignage sur la valeur phonétique du carac- 
tère \\, dans les orthographes hiéroglyphiques des noms de villes et de peuples cana- 
néens compris dans les textes du second empire thébain ; car la tradition qui nous fait 
connaître la prononciation hébraïque de ces noms est très postérieure à la rédaction des 
documents égyptiens. Pourtant, lorsque la vocalisation fournie par l'hébreu pour le x 
initial concorde avec celle des textes cunéiformes contemporains du second empire thé- 
bain, on pourra en toute sûreté en tirer des conclusions pour la valeur phonétique de 
ri] initial aussi qui correspond à cet K. Si donc, dans l'orthographe hébraïque -iiïïjk, où 
le X répond comme son à notre a, cette valeur est confirmée pour les temps prébibliques 
par les orthographes assyriennes ou cananéennes, mat-Asisur-ki , il est certain que le 
\\ de ûf'i Yr^ devait couvrir lui aussi un a. La lecture avec a initial rendu par (1 

12 



90 INTRODUCTION A L'ÉTCIDE 



sera aussi valable pour (1^ '=^^[Jy], ^St) i ^ £^ exprimé en assyrien par 
A-ru-ad-da, Ar-va-da, et en hébreu par nj-is "Apaoo:;. Souvent même il suffira de ren- 
contrer une leçon ass\'rienne datant du second empire assyrien, et concordant avec la 
vocalisation hébraïque traditionnelle pour que, nous autorisant de la grande fixité 
qu'offrent partout les noms de villes, nous puissions, avec assez peu de chances d'er- 
reur, en déduire la valeur a pour (1, quelques siècles plus tôt à l'époque des conquêtes 
égyptiennes : Akseph Ofl— ^, Ak-si-bi, a'cs, dont la prononciation flotte à l'époque 
■grecque entre 'E-/.S!--a et 'azt^-oj;, Apouken O^D^ , Ap-ku, pss, ."Ii^bs, 'Acpr/.i, 
nous donneront un (I sonnant a, et cette valeur nous sera d'autant mieux assurée que 
le signe (I est suivi du signe g7|, comme dans l'exclamation (J g7\ a. A plus forte raison 
peut-on s'appuyer, comme je l'ai déjà fait, sur les seules transcriptions cunéiformes, 
lorsque les transcriptions grecques nous prouvent que la vocalisation avait changé au 
cours des temps. J'ai cité déjà OfîA— *— devenant 'Ey-S^Tma au lieu d'Aksr'b qu'elle était 
antérieurement; je citerai encore, mais avec modification de la vocalisation a en vocali- 
sation o, (1 qA ' ' ' ^^, en assyrien A-n\-ai7-tu devenu en grec 'Ooovtt,,-. On pourrait 
invoquer d'autres exemples de ce fait : tous nous montreraient que les valeurs voca- 
liques diverses qu'on attache au signe (j ne sont pas pour ces mots des valeurs pre- 
mières. Il y avait à l'origine une prononciation a, la même dans tous ces mots et que 
les Egyptiens marquaient dans leur transcription par le signe n ou par le groupe h^ 
pour ne laisser subsister aucun doute. Si, beaucoup plus tard, la prononciation s'est 
transformée et si un e ou un o y a remplacé Ta, cela ne doit pas avoir pour nous de 
répercussion sur la prononciation du signe par lequel les Égyptiens de la XVIII'' ou 
de la XIX« dynastie l'avaient notée : c'était bien un a qu'ils entendaient dans Aran/ou, 
dans Akmph- Akseph- Aksiph, et c'était bien le signe \\ qui rendait exactement cette 
valeur pour eux dans leur écriture. 

Cela nous empêchera-t-il d'admettre qu'à la même époque, comme aux époques 
postérieures, ce signe pouvait représenter aussi d'autres valeurs vocaliques? Les listes 
de Thoutmôsis III et les autres documents du second empire thébain nous montrent 
un groupe (J"=>, (J ^^ ^, pouvant se réduire à dans un mot composé quand 

le mot précédent a une voyelle susceptible de lui servir d'appui, et même en cet état 
s'écrire (I ^^ avec une combinaison destinée à rendre le son b = l sémi- 

tique. Bien que le scribe égyptien l'ait parfois confondu volontairement avec le terme 
" \j^, l'ensemble des mots où on le rencontre montre qu'il représente, en caractères 

égyptiens, le mot 'r'K c/f».s, J^ (]()]([ [r^HtI^,(l^^^ <X. J^]Hl[(]' 

ni -^'^T^^^ peut-être "js-n^is « force de dieu », employé comme nom d'oiseau, etc. 
Que le mot el ait eu d'abord un e bref ou long, "pn ou bs , il parait être certain qu'à 
l'époque de la XVIII» dynastie égyptienne il n'avait pas une vocalisation en a à l'ini- 
tiale. Il faut donc admettre que le (1 égyptien pouvait rendre à l'occasion un e cana- 
néen; il est probable qu'il couvrait aussi d'autres sons vocaliques, et nous verrons que 



I 
w 

I 



Dli LA l'IIONKTIQUE ÉGYPTIENNE 91 



lorsqu'il répond à u-ou-o, il peut être doublé d'un ^, qm semble l)ien secvir d'indice 
à cette prononciation, mais, pour le mciment, bornons-nous aux cas où U figure seul ou 
avec gA. Nous reporterons de même à rarticio de ^^ ceux où il est accompagné de 
*^. 11 faut nous borner à constater actuellement que si dans le plus grand nombre 
des mots étrangers connus jusqu'à présent II répond à un son a ou à do l'assyrien ou 
du cananéen, dans quelques occasions assez rares il peut répondre à un Ê ou à un î 
initial. 

Au delà du XVP siècle, nous n'avons plus que quelc[ues transcriptions égyptiennes 
insigniliantes de noms sémitiques, ainsi, dans les Mémoires de Sinouliit, celle du nom 
d'un chef syrien, et quelques termes géographiques, mais il est difficile d'en tirer parti 
pour le moment. Je remarquerai seulement que l'orthographe des mots dont la vocalisa- 
tion est donnée pour les époques postérieures est identique à celle de ces époques, ainsi 

terai pourtant qu'à mesure qu'on remonte dans le temps certains de ces mots, et d'autres 
que je n'ai pas cités, revêtent des formes (jui méritent de retenir l'attention plus (|u'elles 
ne l'ont fait jusqu'à présent. Tous les égyptologues ont remarqué depuis longtemps 
que, plus on se rapprociie de l'origine de l'écriture égyptienne, plus que la majeure 
partie de ce qu'Erman appelle les écritures défectives devient fréquent dans les textes'. 
Pour n'en citer qu'un exemple bien connu, le pronom ^ de la première personne du 
singulier masculin y est fort peu exprimé graphiquement : comme il consistait en un 
son vocalique, dont je ne définirai pas la nature pour le moment, et qu'on avait l'habi- 
tude de ne pas exprimer graphiquement les sons-voyelles dans le corps ou dans la finale 
des mots lorsqu'elles n'indiquaient pas une modification organique de la racine, on en 
supprimait le signe volontiers et on s'en remettait au lecteur de discerner par le con- 
texte le sens de la phrase, par suite la vocalisation que chaque caractère y avait. L'ex- 
pression phonétique du signe ^ dans cet emploi était [1, et l'on a des exemples qui 
prouvent que ce même (1 couvrait la prononciation de la première personne du singulier 
féminin. Quoi qu'il en soit, le fait même de la suppression constante de ce signe dans 
la vieille écriture aux endroits où nos habitudes modernes exigeraient au contraire sa 
constante présence nous permet déjà de constater que les Egyptiens ne tenaient pas plus 
de compte de lui qu'ils ne faisaient des sons-voyelles internes ou finals que l'émission 
des mots composait, la phrase nécessitait : s'ils écrivaient ' ,^°1 V^^""^^ ^ (^ôté de 

I ^Tl ^^^ sA la première personne du singulier masculin du verbe ' JJl ^\^. c'est 
qu'ils considéraient le son qui, suivant aaaa/^, indiquait cette personne comme étant de 
même nature que les sons, quels cjuils fussent, qu'ils intercalaient en parlant entre 

I et ^"^ ou entre ^^ et ^^^, ^^ et ^wv^, s'il 3' en avait à toutes ces places. Comme 
ces sons, non exprimés graphiquement, sont ce que nous appelons des sons-voyelles, il 
y a grand cliance pour que le son écrit ^, \\, et qui se compose comme tous les sons 
de n'importe quelle langue d'un souffle passant par le gosier et prenant son timbre 



1. Zeitschrift, 1S91, t. XXIX, p. 33-45. 



92 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



particulier aux cavités buccales ou nasales, soit, lui aussi, la figuration de ce que nous 
appelons un son-voyelle. Comme le pronom étudié était stable dans sa prononciation, 
au moins pour chaque époque l'une après l'autre, si nous constatons que, pendant le 
cours des siècles, le son-voyelle s'est modifié, nous ne sommes pas autorisés à en con- 
clure qu'il V avait là une voyelle vague; à l'époque où le signe (1 et ses variantes ont 
été employés pour la première fois à rendre le pronom de la première personne du 
singulier masculin, il avait une valeury?,re correspondant à celle du son de ce pronom, 
et si, dans cet emploi, le son a changé de valeur, il y a là un fait purement historique. 
Ce phénomène historique n'a pas plus modifié la valeur première du signe (1 que, par 
exemple, le changement de la prononciation du a// vieil-anglais en ô/ de l'anglais mo- 
derne n'a modifié la valeur primitive du signe a dans l'écriture d'origine latine et n'a 
fait de la voyelle fixe a une voyelle vagiœ du type arabe ou hébreu. 

Dans l'orthographe régulière, le signe (1 se rencontre au milieu des mots, là seule- 
ment où la voyelle qu'il recouvre faisant hiatus avec la voyelle inhérente ou exprimée 
de la syllabe précédente, il forme ou formait à l'origine une syllabe indépendante de 
celle-là comme de la syllabe suivante : il se trouve alors dans la situation de Ta de 
crc\ture, miruAture, ou de l'o de créosote. Cela était fréquent surtout quand cette 

.,^^ , par exemple, se décomposait méca- 
niquement en II -)- voyelle [1 marquant une voyelle formant syllabe indépendante, 'w^/v^A 
-{-voyelle finale qui dut disparaître après l'époque de la -/.ocv-/. Peut-être, comme on le 
verra, la lettre inhérente à J étant ai, déjà tombé au XVP siècle, la vocalisation con- 
temporaine était BÂNE. la forme copte du mot fiion M. et en thél)ain avec redouble- 
ment de la voyelle, fitowit, nous ramène à une vocalisation antérieure en ci pour w, 
tow copte, suivant la l'ègle que j'ai indiquée plusieurs fois. 1 (1 .^^^ était trisyllabique 
à l'origine, mais la voyelle inhérente au caractère 1 étant atone tomba en premier lieu 
et réduisit le mot à la forme bâ-ne. De même que tous les substantifs et les adjectifs 



masculins, il avait une terminaison en v\, ainsi que nous le verrons plus tard, termi- 
naison qui, au second empire thébain, sonnait ï ou plutôt ê, comme le prouve la trans- 
cription AmânhatpÊ[ï] de [1 Mû, puis, cette finale tombant à son tour, il 

se réduisit après avoir été un dissyllabe bâ -\-nc, et enfin qu'un mono.syllabe inMtiM. ou 
en thébain, la réduplication étant orthographique en pareil cas, Awiott. De même, le 
verbe .■■^^ ^^^ g7\, d'où dérive le nom du dieu ^, est écrit aux anciennes époques 

1[ .^^ *^dans les deux cas, et la variante ' 'p'^^'j ^^^ QA nous montre que [l a ici la 
valeur sa; cet a inhérent à la consonne entrait en hiatus avec le phonème couvert par 
U, et la combinaison O^v , qui forme la syllabe du mot, nous prouve que cet couvrait 
ici une voyelle e-a. Il fallait donc prononcer Saeâ-Saiâ très probablement; par mal- 
heur, nous ne possédons pas le dérivé copte, si bien que nous ne pouvons savoir si, 
dans la langue dérivée, le (1 n'a pas plus laissé de trace que celui de J (1 .^^^ feiôw» T. 
&u)n M. Si nous prenons un mot féminin, nous y constaterons le même phénomène. 
J (1 ^ était lui aus.si de trois syllabes J et voyelle inhérente -|- fl -|- ~^~^ et ter- 
minaison féminine <=, mais la voyelle inhérente au J tomba dans la prononciation, 



DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 03 



l'o-io qu'on Iromc dnns lo (ii'i'ivé cojitc' tomu /'. oromi .1/. montre c|u'il y avait couvert 
par (1 un A accentué, et la linale at-et du l'eniinin complétait le mot derrière ~wva^^ le 
tout se lisant quehiue chose comme bSvnat-B'^Anet et, par chute du <=. féminin, 
b^Ana-bVvné. Au passage de l'A tonique à o-ô, cet o-ô se diphtongua en oi-ôi sous 
l'influence de la finale féminine i-e, aboutissant au copte èoihh 7\ oTiomi M. Ajoutons 
que sauf erreur du scribe le (1 de J (J ^^^^ s'écrit toujours, tandis (pie celui de J (1 
M disparait souvent dans l'écriture, laissant subsister des orthographes telles que 

^ ' M' ^^ '^*^" seulement il en est de même dans la plupart des mots (pii 

renferment un (1 médial; mais beaucoup d'entre eux n'ont jamais marcpié dans l'écri- 
ture par (1 ou par un autre signe la voyelle formant hiatus dans le corps du mot avec 
la voyelle finale du signe précédent, d'où l'on peut conclure que l'introduction de (1 
dans l'orthograpiie au milieu des mots est un fait secondaire et (pii ne se généralisa 
jamais. Ainsi le mot copte poeic 7'. pojic .1/. a toujours conservé l'orthographe n \, 
de la racine RÂs-pnc, ou I'a simple, adhérent au <=>, est conservé dans le mot p*.- 
zosT. : l'orthographe archaïque, celle qui n'écrivait que les signes représentatifs des 
consonnes, s'est immobilisée et maintenue jusqu'au dernier jour. D'autre part, le verbe 
a pris depuis l'époque bubastite une orthographe secondaire h '^v^ 8(1' *'^' 



entre en variante perpétuelle avec ~'*~' g]) dans les divers manuscrits du Licre des 



Morts, et qu'il ne faut pas confondre avec le verbe voisin jj ^. iJ ' y>^' employé assez 
fréquemment au Papyi'us Pi'isse' . La présence en copte du mot ■2£«.eic Akhm. •xoeic T. 
a'oeic, s'oVc M. B., qui se rattache à l'une des formes de la racine S; J\ , nous achève 



de prouver, ce que nous indiquait déjà l'orthographe, que le mot égyptien QA, à 

partir d'une certaine i!'po(iue, renfermait un hiatus entre la voyelle finale de la pre- 
mière syllabe et la voyelle qui précédait le —«—. Cette époque dut être assez tardive, 
à en juger par la comparaison des orthographes grecques ^oTvi;, KoToiî, n/oTp'ç, etc., pour 
des mots comme J^ ^^^, "^J^, ^1^ I ^^1^' ^^^- ' ^'^^ indiqué ail- 
leurs en passant' que cette introduction de l'i dans le mot devait être attribuée aux 
temps de la ■/.oiv/, ramesside, et en effet un texte de la XK** dynastie cité par Sethe' 
donne pour le nom Jg ^"^ l'orthographe J (||1 TK ^^-1 ^^ "V v^' '^^'^'' ^H "^~ 

tercalé correspondant à ■. du grec dans ï-oT- et la substitution de^^, Ë à^ qui explique 
la terminaison en t de -i?, comme Ousire-o-n-cipe Osiris, Ese-Isé-Hce Isis, Memphe-llîtqe 
Memphis, etc. Cette forme nouvelle a passé en démotique, où Spiegelberg en a signalé 
plusieurs variantes'. Toutefois l'orthographe spéciale pour exprimer l'i que ces docu- 
ments emploient suUit à prouver que cette forme boïné-baïné du mot était postérieure 
à la forme bonou-bknou : si. en effet, elle avait été en usage aux temps antérieurs, on 
rencontrerait l'orthographe J (J o ^ 7^. JKJ "V ^= P^'r un (I au lieu de (1(1, et cette 

1. Éd. Naville, Glanures, §1, dans Sphinx, VJli, t. XV, p. 193-200, et Dévaud, Sur le mot saito-ptolé- 
maïque, i^sU I W) . dans la Zeitschrift, 1912. t. L, p. 127-128. 



2. Voir plus haut, p. 69 du présent volume. 

3. Sethe. Dit Namo des Phôniœ. dans la Zeitsrhrift, 1908, t. XLV, p. 81-85. 

4. Spiegelberg, Zu clem A'amen des Phônix, dans la Zeitschri/t, 1909, t. XLVI, p. 142. 



94 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



orthographe aurait subsisté en démotique, comme celle <^<3 JiJ^fc^^' /p'I^ - r^^me 
après que le û de ce mot eut disparu et qu'on eut eu la prononciation twn-feiowK. Nous 
verrons, par la suite, quel parti on peut tirer pour la grammaire de ce fait et des faits 
analogues : notons seulement en attendant que le signe u médial, qui marquait parfois 
en copte la présence de w et de oi-wi, indique ailleurs celle de ei-i. 

Nous trouvons donc pour u médial la même variété de correspondances vocaliques 
que nous avons notée pour h initial, et j'ajoute qu'il en est de même pour (I post- 
médial, mais comme la démonstration se compiiijueiait ici de questions grammaticales 
pour déterminer si n est ici radical ou s'il indique une flexion, je la remettrai au 
moment où je traiterai des flexions. L'examen de (j dans toutes les positions nous 
amène donc à constater que ce caractère couvre la plupart des différents phonèmes 
vocaliques, a, e, i (i-ei), o et ou, ce qui nous laisse aussi incertain de sa valeur réelle 
qu'au début de l'enquête. Toutefois, nous avons noté déjà qu'en remontant les siècles 
nous voyons l'o et l'ou aboutira Ta dans bien des cas; tenant compte de ce fait, ne 
pouvons-nous pas pousser plus loin la recherche et parvenir à ramener successivement 
A-E-i à un prototype commun qui représenterait la valeur réelle que les Egyptiens 
attribuaient au signe (1 quand ils l'introduisirent dans leur écriture? Avant de répondre 

à cette question, il est nécessaire d'examiner quels sons les signes ^^et a ont pu 

couvrir en remontant de l'apparition du copte à la XVIII" dynastie. 



depuis la XVI IP dynastie jusqu'à l'époque copte. 

Certaines considérations que l'on verra plus loin me décident à procéder avec ce 
signe à l'inverse de ce que je fais pour le signe (1 : je commencerai donc l'étude de^^ 
par la XVIII" dynastie, et je la poursuivrai en descendant vers le copte. 

'^, initial dans la «oivr; ramesside échange perpétuellement avec [1 ou double ce 
signe sans que nous puissions voir au moyen des seules variantes graphiques contem- 
poraines lequel des deux termes de l'alternative est l'expression de la réalité. Ainsi 
Ton troMven, selon les textes •^°|| et (|^.'^^'^ et (j^'^.^m^^ et 



1 

}=> I 



et ^ ^1, et ainsi de suite. En rassemblant les exemples, on remarque que presque 



partout les orthographes en ^^ initial paraissent être des formes archaïques conser- 
vées par habitude, mais que les formes en (1 semblent être des formes plus modernes. 
Poussant plus loin l'examen, ou s'aperçoit que, si dans quelques cas il y a vraiment 
substitution de (1 à^^, prouvée comme on le verra par des dérivés coptes, dans 
beaucoup d'autres il y a eu accroissement antérieur d'un [1 nouveau à un ^^ ancien et 
par conséquent substitution du complexe (j^^au simple nK ; peut-être sera-t-il 
possible d'en déterminer le mécanisme. La langue la plus archaïque que nous connais- 
sions par des textes étendus, celle des Pyramides, renferme en effet un assez grand 
nombre de mots commençant par le groupe (1 ^^ . et dont les uns gardent l'équivalent 



\)K LA IMloNKl'Iijri.; Km-P'I'IKNNK 95 



phonétique de ce groupe sous forme de diphtongues jusqu'à l'époque copte, tandis que 
d'autres se résolvent plus ou moins vite sur un son uniciue : ainsi ¥ 1 , û'^. Jjw, 

^^?n- <Wm fl^ii' fl\TS' ^^-=;' flir^' »•- 

La présence de deux signes semlile indiquer a l'origine deux sons qui s'assimilent dans 
certains cas et qui sont alors exprimés tantôt par [1, tantôt P'"*!"^^ : on a ainsi par la 

'''^''\'^°u ''^K' Ht ''\m-'\Y^''^T^^ '''■'''' 

bien avec seul, (1 ^M, -£a> \> , etc. Sans insister actuellement plus (lu'il ne 

1 1 Q mm 1 Jf ^ ^ 1^ 

faut sur ces faits, nous pouvons remarquer que, partout où un *^ simple et parfois un (I 

sont demeurés aux basses époques à l'initiale, nous trouvons dans le copte à cette 

place une voyelle simple, ^> >k. 9. w-wto, Y jl «.fcioT-eiwT, ^^ -^^^ *.koT'. *.rw, «.poj M., 

U eAooAe r. «.AoAi il/. , (1 il YT) , "vX 11 "iTl oikL., okTi T. okcax A/., etc., tandis 

que là où le (1 seul est demeuré on rencontre une diphtongue, (I li i eiwTe T. iwtc 

T. M. Hii-^ M., Tf \\ eieÊT, lekrT.M., etc. Cette règle, sans être plus absolue que 

la plupart des règles orthographiques de l'égyptien, est pourtant assez bien observée 
par les scribes pour que nous puissions nous en servir dès à présent comme d'une in- 
dication. Pour le moment, retenons ce fait cjue le et le ^^ tantôt se combinent l'un 
avec l'autre dans l'orthographe et représentent chacun un phonème séparé, tantôt se 
substituent l'un à l'autre et ne représentent plus qu'un phonème unique. 

Le *^, ne se rencontre pas à l'initiale dans les mots égyptiens que les textes cunéi- 
formes d'El-Amarna ou d'Assourbanipal nous ont conservés, mais à l'époque gréco- 
romaine on doit constater que ce signe rend Ta grec et romain de préférence à (1. Dès 
le début, les noms 'A)i;3tvopo; et 'Aoti/ôt, s'écrivent de préférence dans les textes hiéro- 
glyphiques et presque exclusivement dans les démotiques ^^ ^^^ [1 ^§ "-"-'^^ [j(| 

V^^ et moins fréquemment û-^zz^û^^ ou (l ^'l "V ' *^^' ^^^ ''' suite, dans 
les contrats, l'orthographe par *^ initial est constante pour les noms de particuliers 
ou les inscriptions ^^ HH ^ 'A-o),Xwvto;, *^ \ 1 Q ^ 'A7toX).wv'ot,!;, 

■Ljcz^jr) ^ 'A-oXXoooTo;, etc. Il en est de même à l'époque romaine. En hiéro- 
glyphes le titre Aù-coxpâxwp s'écrit ^^ ^r^ " aussi souvent pour le moins cjue [Js 
■^3^ , et les variantes monumentales des noms de César commençant par a ou par o 
considéré comme résolution de la diphtongue au, ^, " "oOw/oç, "^^ ç^^'J'J^fej 
'Aopiavôç, nK [in I A'jpi-Xcoç, viennent en bon rang parmi les nombreuses variantes 

graphiques que les sculpteurs emploient à la décoration des temples, mais les scribes 
qui écrivent en démotique s'en tiennent presque exclusivement à l'orthographe en *^, 

*^fleX<^M'*^^ Vil Vill^' "^"- " =' "''^™" p" ^"""'''' '°"' ^'^ 

Ptolémées comme sous les Césars, qu'un scribe, rencontrant un nom égyptien sous son 
vêtement grec, l'ait transcrit par un^^^au lieu de (1 initial, ainsi au Papyrus Casati 



96 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



(col. II, 1. 5) 'Ajx^'ov.o; rendu "^^^^YlS ^ nu^'^c^ il i^^'^'i^ '\ '\'\^ ' consta- 
tant ainsi, sans y penser, l'équivalence phonétique de^^et de à .son époque. Si on 
passe au copte, on est forcé d'avouer que, cette équivalence ayant été universelle aux 
derniers temps de l'écriture égyptienne pour les deu.x signes à l'initiale, il est impos- 
sible d'établir le départ entre les mots qui, commençant alors inditiéremment par 
û ou par"^^, représenteraient un son propre à ce dernier signe. Tout ce qu'on peut 
dire, c'est que *^ répond généralement à un a du grec ou du latin. 

Employé à l'intérieur des mots, ^^ possède presque toujours cette valeur à la 
même époque, et je ne vois pas (|u'il échange avec (1 dans cette position : mais où il ne 
demeure pas toujours a et *. à la tonique dans les transcriptions grecques ou dans le 
copte, il tourne à i'oir-o-ij) de même que l\, et, comme celui-ci, il peut répondre à e-H-i. 

1" *^ tonique médian est *> : i^^ ^^"^- e'i composition dans fe*.K-uj*.*>p par 

exemple, ^^, ^1^, "^^ , "-, t.V, „.V. d^ ^ <? n.x T. ^.t .1/., -|^ (J(Jg)UJl 

q.. T. M. , m"^!) (] "y 2^. T. M. , J ^"^ I ^ ^.o dans ^x..o T. , a^ | J^ k.^ 

T. KÔ.OI M . Kepi B., ffl\\ 1135111 3 "^ K*.m T. M. à côté de Keuj Ah/un., /-^ LÀ k*.- dans 

K*.-AoTui M. de AoTKi, taureau coupé bœuf, e1 dans KaiE/w; '-^ r=a . Kaurai; ou 

Ka|jiT,Tiç "-^ ^v\ , etc. Je n'ai voulu prendre que des exemples certains, mais il y en 

a d'autres, et l'ensemble prouve que le cas a été fréquent au passage de l'égyptien vers 
le copte. De même que le phonème a marqué dans l'écriture par le signe ( , le pho- 
nème A répondant en hiéroglyphes au signe "^^ tourne à la tonique, d'un côté à 
€, H, 1, de l'autre à otp, o, oi, et à la syllabe atone à e, i. 

2" ^^, tonique médian répond à e, h, i : "^ r-n-i y'^ Keig Akhm. à côté de ue^ig 

r. M., m^ J°^ ^efei M. ^Êe 7'., "^(jlj^L^J] q" T. qi, ti r. M. B., par résolu- 
tion sur I de la diphtongue ascendante ei, jj ^^'^^^'^ y [^^^ ^"^ ^- •^^•. "W 

^■nff gHWansK.-^HTT-., ^WT^^t"^'^-^^' 2«°--^^- T^^^T'l 
ViWSr^ ujHTce, ujHOTe 7'. lyHOTi, ujHfei M., ^ ^s ] Q cKifee, Rifie T. Kiqi M., etc. Le 
nombre des cas de ce genre est moins grand que celui des correspondances du signe 
^^^avec les sons ot, o, w; naturellement je n'ai pas noté les formes en e. h, qui sont des 
qualitatifs des formes en o-b-, o, w, AJieg^ M. axh^ 7\, o-5-c£ M. otth^^T"., khê, ^hr, etc. : 
elles ne peuvent servir qu'indirectement, comme nous le verrons, à déterminer la 
valeur de^^, et par conséquent elles ne doivent pas entrer ici en ligne de compte. 

3° *^ toni(|ue médian répond à ou-, o, lo : ^^(1 M> ju-oti T. M., y'^, fTl "ot^ 
£OTiK B., ^^^^ ^ Toig, Ttoiy T. Ti.iy B., .î»om, «louj M., ^ "^^q cioott, ciwcirr 



DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 97 

%-¥ '" ■"•• If \=i ':-" '■ ■"■■ pm-^ "'■"-'■■ r^ '-»■■ 

ca'oouj y. ediDuj M., en transcription grecque -xoOii-, -xoj'.-, -/.'joTi-, A r^fV-c, forme pto- 
lémaïiiiie de ^} "^m T.M.B., osot Akhm., •xoot T., à côté de "x*.-, ■s.t^i^- B., -se 
7\ .1/. /?., etc. Cette transcription en ot, o, lo, de ^^, portant l'accent tonique est la 
jilus fréquente. Lorsque le *^ médian est atone, il peut disparaître au passage de 

l'égyptien au copte, S"^ J^^'^ '^*"". <^feoe T. ^cÇoi M., "f^"^^"^ gpnpe T. 
gpHpi A/. ^AhAi B., mais cela n'est pas fréquent jusqu'à présent. 

4° *^ tonique médian formant diphtongue avec (,[1, \\, correspond à des di- 
phtongues ewV ou oV, oi, qui provieiHieiit de aï, ai, et qui peut se résoudre sur h, e, i, o, w : 
4=lv^^ ^m ÂSH.MT, «.ujH 7'., Oxïfe-j ege T. M., où la présence de "^^ est prouvée 
par les pluriels egHo-s- M. et ».oi.T B., y©] 'k> '1 ""^mn, o-s-uje T., de oukhait, 
-^N" A N'^x UO I ^ iid-Toei T. ju^vToi 7'. J/. tandis que le baclunouriqui,^ a la forme ori- 

Itf^îii Jît>!^ 1 1 II I I 

giuale AJLÔ.TÔ.I. confirmée par la transcription grecque dans le nom propre MaTiEiç et ra- 
menée en memphitique à ai«.ti, \I/ ^^00 "'"^ g^oi 7". n, | ^> 00 .. ■xoi 7\ A/, et au 



pluriel TSKT, exHTT T. e-xHo-s- M., qui ramène •soi à un original *'Xi>i, -^^^.^OO q^ii garde 
un ô. en thébain K&Ve. mais ijui devient koi en memphitique, A V\ 00 O, forme simple 
^^ A ^^ i ^^^ '^^' '^^' '1"^ ^® résout sur ■xw 7''., et ainsi de suite. Cette résolution de 
la diphtongue ai sur oi, wi, puis to, nous explique le phénomène d'un ^^ égyptien, 
qui, médian dans la vieille langue, a été remplacé par un w linal en copte, Ij 
^"^V '\ ^ '^^^ ^- ^^- V^^'^ *cto3i, *ckoi, Q -^ UUL eq''^ 2^11'^ pôur *oqoi, *2qtoi, qui, 

eux-mêmes, proviendraient de *sbâi, *.sabâit, *hafai, *hafÂit; je reviendrai ailleurs 
sur ce phénomène. 

Le *^ médian est employé par les Égyptiens d'époque grecque et romaine pour 
rendre les a, e, h, o des étrangers accentués ou non, 0~*~è/^^ 'Aps'.vor,, dO 

Kac(japo;, o'^^jgx, (1 Nipoiv, etc., avcc variantes de M et même de \J , (|ui montrent 
l'équivalence des trois signes sous les Césars, au moins dans les hiéroglyphes, car, en 
démotique, le "^^ n'échange pas, à ma connaissance, avec û à l'intérieur des mots 

-R ^^ m3i AÙTo/.pi-ïojp, etc. Aux temps antérieurs, les quelques transcriptions 

que nous possédons de l'assyrien ou du cananéen donnent pour les syllabes qui renfer- 
maient un'\\ dans l'orthographe égyptienne cet obscurcissement progressif de a en 
ou que j'ai signalé ailleurs. Ainsi la transcription cananéenne de 'K^ ^.^^.^ est Kas/iu 
dans El-Amarna au XV* ou XIV» siècle, tandis qu'au VU" les transcriptions assy- 
riennes d'Assourbanipal fournissent Kovsi, Kousou, Kovshou, qui correspondent aux 
transcriptions grecques ne-/.:^'.;, T£-y.ùaL<; de la même manière, le 'i^^'^z:^ de 



AAAAAA 

13 



98 FNTRODUCTIUX A L'ETIDE 



OÙ la présence de ^, est rendue ceitaine par les variantes de ^^ est chez 



Assourbanipai Dovkkournimp, accentue ou non a déjà ou dans AolvA/.ou, 

dans ^^ 1) j^ahnakov, dans §^ ^ Hikovnhtnh, dans \\ "^O .4/.ou- 

nou, à la XVIIP dynastie, et un mot comme TtT(T '^<dp> -^ -^ 1 renferme à la fuis 
pour'*^la valeur a et la valeur e résultant de la di])htongaison de'^^.v avec W i-e, 
sans compter à la finale la valeur ou, i, (jue nous examinerons plus loin. Il résulte de 
plusieurs de ces exemples que, sous le second empire tliébain, le mouvement qui trans- 
forma A en ou était déjà commencé dans certains mots : ainsi T *^^ jX] du nom propre 
/x\ T 1^ ^^^ rendu Pak/iovm on, par assimilation vocali(iue des deux voyelles 

atones à l'accentuée, Pou/i/)OU/'OU, avec la variante ÀK ^ 1 *^ Hï^ Pikltovra. 

D'autre part, nous voyons encore sous Assourbanipai des formes comme Sii/Aoulou, 
SAi'i/a, H\itikhourou, P\kronrou, PAtourêshI, pour ^ "^y ' ^ '^^']«' ml' 

transcrits Pishatikhonroti, Poutovbeshli : Pishai/k/ioui'oa s'explique par une variante 
'■^, prononcée successivement *P\i!<hafihouroa, *P^\s]innIionroa , 



Pis/innhouroii et Poutoubes/iti, au lieu de PEtouheshti par assimilation de a-e dans 
A^^^Kv avec OU de ^ ouheshtit. Quelle que soit la raison de la modilication, les 
exemples cités prouvent que le mouvement s'est opéré d'après des lois faciles à recon- 
naître, mais pendant une longue période de temps et d'une façon assez sporadique, au 
moins en apparence. La variante vocalique NE/âw, Ns-pw, à coté de A'/kou-Ne/. .j;; pour 
I [ ^, nous montre peut-être comment on est arrivé de la prononciation ka à kou : 
KA modifié par glissement d'un ou sous l'influence de l'ou final s'est diphtongue 
d'abord avec lui, kaou, et la diphtongue s'est résolue sur ou-ô, AVA-ou-Nezoc. Les 
transcriptions assyriennes semblent indiquer que c"est l'influence de la gutturale A cpii 
a amené ce résultat en premier lieu, mais le phénomène s'est généralisé par la suite. 
La transcription grecque A|JtaJvE, pour le nom de la déesse (1aa«wvJ), montre, pour le 
masculin M /H, une transition Amknoii-*AfiiAO\jnoii-3^xxoTS'n-"AiJ.ixMy, analogue à 

A>A7tAO-A^e/i7tô. 

Le^^s'amuit généralement à la finale (;t ne subsiste (|ue dans les monosyllabes 
où il porte l'accent. Le procédé d'amuissement est le suivant pour les atones ; un e-c 
se substitue à^^, puis cet e disparait et la consonne tiui le supportait reste nue. Ainsi 
on a pour le pronom-article et ses formes le schéma de dégradation suivant 



devient ne et le e s'amuissant n comme article simple, mais il garde la valeur pleine 
de '^ dans /^^^^ «^*'« ^^J^- "«.i T., puis le thébain et les dialectes de la Moyenne 



Egy]jte afTaiblis.sent *. en c, nei 7\ B., et le thébain résout la diphtongue ei sur i, m T. 
pour le pronom démonstratif masculin du singulier qui signifie celui-ci, mais dans le 
sens de celui-là, le copte dit c^h M. nn T. B., qui est produit par diphtongaison des 
deux voyelles a-|-i de ^^^. et résolution de la diphtongue sur h. Comme pronom 

possessif absolu, /^^^^ suivi des suffixes des personnes a transformé son a en ô 



iip: i,A i'iiMM.:i-ii>)iii': I'XîyptiivNNE m) 



tÇio- .1/. nio- y. /y., mais rumine pfofixc possessif il garde le phonème a piimilif de 
A^ nK , comme dans' FI^w-unoTre T. <I>i.-ii(^ M . Rnfin, en tant qu'article possessif joint 

aux fiullixes des personnes AK Vi\^ développé en ^^^^^V ''^"^^ '^l'-"' '^""•'"'^ '*■" ^'^^~ 
rons ailleurs, se vocalise do trois façons dilïércntes : à la première personne répondant 
à un anti(|uc «o^^^OO yr r'-^'"'. 1'av-i, I'ai, il se résout sur n*.- selon la règle (pic j'ai 
formulée ailleurs, et la eluite linale de -i-i, -i met à nu l'antitpie vocalisation en a qui 
est ainsi conservée, tandis qu'à la seconde personne du singulier féminin A^ %x^'] J) 
il devient rot par amuissement de la dentale finale, pai-e par obscurcissement de a 
en ou et résorption successive des deux voyelles *poui-e, *P0Ui-no-5-' ; enfin, à toutes 
les autres personnes du singulier et du pluriel, les sons a-|- i de ^^^^00~ •''6 dipliton- 
giient en ai, et la, diphtongue se résout sur E-e, uck, nec, etc. La morne série de phé- 
nomènes se représente pour les foianes du féminin et pour celles du ])luriel, Te-,T- T. 
■f-, T-, o- M. et ne-, n- T.. iti .1/. /?. , TivV, rei, -f T. li., ■&4.V, t«.V M. et »«v!", vicV T. M. B., 
TH T. B. ^H M. et «H r. M. B., to,- F. B. «w- .1/. et uoir T. M. B., enlin t*.- T. M. B. 
et ni^-7\M.B. Le ^^ final s'est donc amui pour l'article de tous les dialectes dans 
de certaines positions, et la consonne-support est demeurée seule n-«ç-, t-o-, n-. Le 
même amuissement s'est produit pour .^ ^^, devenu atone dans le complexe -o^,.^ 



eiopxi, euopjji 7\ lopexi .1/. levpeju. B., et dans beaucoup de mots où ^^ se trouvait 
comme signe à la syllabe atone, ri^^^^ M^^^^ i^^^"^ ^"^^ l\\i^ i ^ . ■^'"■2', 
^I"^-^ STIilïïj r. .17. oT*,uj7'. .1/. /i.,^j'^|] oTo^r. A/.,etc., mais, lors(|ue le"^ 
final portait un accent, il suit en transcription copte les mêmes modifications phoné- 
tiques que nous avons observées pour les autres positions dans le mot, '-'^^^^ X^ 
poT^eT., poTg^i .1/., n l^'f'^ nr^i ckeT.M. cSihB., efi^T., .sauf la modification ré- 
gulière en o, co. 

Remontant au delà du copte, on remarque au Papyrus r/noslique les transcrip- 
tions t_o pour ^î^ M. et '^'*~^T. '|"i "'"^'•'' "fti'ent le^^ final répondant à o, mais, 
passant rapidement sur des cas de ce genre qui sont conformes de tous points à ce que 
j'ai montré jusqu'à présent de la phonétique égyptienne, j'arrive à une question de 
grande importance. Les noms sémitiques transportés en égyptien depuis la XVIIl" dy- 
nastie offrent en grand nombre cette particularité d'avoir à la finale dans leur trans- 
cription hiéroglyphique un signe qui renferme une voyelle inhérente ou qui est l'in- 
dice ordinaire d'un son-voyelle, là où l'original hébreu ne présente point de voyelle 

finale, ■=-]^^\. ~^^^. 'Z,'\}\- Ι!^' '"°- °"' """"^ "'" 

]\v, ]'[-\t, Dnsn, o".:._o, a::, ce dernier précédé de l'article égyptien. On pourrait ap- 
pliquer à ces cas la théorie de Le Page-Renouf^ d'après laquelle l'égyptien avait un 
syllabaire à voyelles inhérentes; ^^a^aa, £^,^^^ou / — ayant une voyelle a, ou, i, at- 



1. Comparer les formes thébaines «.COTC. ^aa-tott. noif. p«.coT, cô-^ott, pour les niemphilicpies «.COTI, 

2. Le Page-Henouf, Tlie Li/l' Work, 11, p. 15'.». 



100 ■ INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



tachée à leur prononcialion sans (in'il fût besoin de la marquer par un signe spécial, 
les scribes, écrivant l'un des mots cités ci-dessus, ne pouvaient faire autrement que 
d'en écrire la finale au moyen d'un caractère impliquant une voyelle prononcée à l'or- 
jdinaire, et c'est cette voyelle qu'ils auraient par la suite notée par un des signes dont 
ils se servaient couramment dans leur propre langue pour indiquer des sons-voyelles. 
Cette explication trop ingénieuse a l'inconvénient de ne pas expliquer pourquoi, dans 
certains cas, ils ont mis, à '^^^^ par exemple, une terminaison en v:>, o ^- ^-^^ dans 
d'autres cas, une terminaison en <^, TK^ . Il vaut mieux se rappeler que le babylo- 
nien, dont la langue et l'écriture étaient une sorte de bien commun aux nations situées 
d'une manière générale entre le plateau de l'Iran ou de la Méditerranée avaient pour 
la plupart des noms propres ou communs une déclinaison à trois cas : -ou pour le nomi- 
natif, -I pour le génitif, -a pour l'accusatif, avec ou sans mimmation : les scribes ba- 
byloniens et leurs élèves les scribes cananéens écrivaient donc, selon les espèces, les 
noms égyptiens ^-ma-Nou-ouM, A-/nn-a-NOv, A-ma-NA, Aman-ap-PA, Aman-ap-pi, 
Ka-si, Ka-sA, Pou-khou-ROU, Pi-khou-UA, etc. Les scribes égyptiens, de leur côté, 
entendant les noms étrangers prononcés diversement à la finale et ne possédant pas de 
déclinaison analogue à celle des dialectes sémitiques, transcrivaient ces noms en leur 
écriture avec l'indication de la voyelle du cas auquel ils les avaient entendu prononcer, 
et, l'habitude une fois prise de les noter avec cette voyelle, ils la perpétuèrent par 
routine jusqu'au temps des Ptolémées. Le signe-voyelle^^ placé à la fin d'un nom 
sémitique transcrit marque donc la place d'une voyelle prononcée et qui correspondait 
à l'une des voyelles servant à rendre les cas en babylonien ou en cananéen, et on peut 
arriver à en fixer la valeur par approximation : ^' ayant, comme nous le verrons, la 
fonction de noter les phonèmes sémitiques tournant autour de ou et w, (1(1 final ceux 
qui dépendent de i,"^, sera l'équivalent de a et de ses nuances ordinaires, ou et e, et 

nous avons déjà vu des exemples de ces valeurs en ou dans M ^^Akoiinovi et 

Mai 1 ,, ., , Iaa.^.^^ 

' ^3:7 Kouihkou. 

Les transcriptions des noms géographiques de la Palestine, et celles des noms 



communs venus de ce pavs, qui renferment un 'èx , montrent en effet à toutes les 
places un a ou un e et ou-o dérivés d'un a. On aura donc : ^ SArouna, il-iB>, 

](]^v-;,5,-»,n,=n9, ^m^ , fl^~J'^'°- i\ , i TS, rtc ; les eMmples 
abondent. On remarquera toutefois que là oi'i l'iiébreu ou une autre langue donnent des 
É ou des o pour équivalents à des a, l'assyrien ou une autre langue fournissent un a, 
ce qui permet de rétablir I'a dans la vocalisation cananéenne antérieure, et par consé- 
quent de conclure que le signe ^^ répondait à un a dans les transcriptions de la 
XVIIP dynastie. Si en effet l'hébreu met c*ot en présence de ^^ TtTtT , le cananéen 
d'El-Amarna et l'assyrien donnent $Ai)iA.i; on a de même Ga/y/aw^/n/* vn assyrien à côté 



DK i,A i>iioNi<':riQn'; I'Iiiyptienne loi 



de KArk'Émis/i en !icl)riMi, c<'lui-ci juxtapnsant les di'ux valeurs ko! a; le latin a comiu 
la prononciation arcliaïque -SArra par un a ii cùto de la prononciation plus récente par 
un ou qu'ont notée l'assyrien, l'hébreu et le grec, Sour-rou, -\'\2, nà, TOpoç; l'hébreu a 
conservé pour 00 ^^J^, '^ JLi le son a, Ikp/io, quand le grec a obscurci Ta en o, 
'Htztzt,, et ainsi de suite. On en arrive donc à conclure pour ^^ comme pour (1 (|ue les 
valeurs vocaliques diverses, e^. e, h, i, o, co, on-, qu'on trouve dans les transcriptions là 
où il se trouvait dans les hiéroglyphes, ont été produites pour l'évolution naturelle du 
langage et peuvent fort bien varier selon les époques, sans que le signe ait besoin de 
changer : l'orthographe conservait celui-ci par routine à travers toutes les modifica- 
tions du phonème. De plus ces équivalents diminuent en nombre à mesure qu'on re- 
monte dans le temps, et la plupart d'entre eux se ramènent au son a vers la XVIIP dy- 
nastie. S'y ramèneraient-ils tous si nous pouvions remonter au delà? Avant d'aborder 
cette question, il sera utile de faire pour ^^ ce que nous avons fait pour 0, c'est-à- 
dire d'attendre que nous ayons examiné ce que c'est que d et que nous ayons con- 
duit l'examen jusqu'au XVP siècle avant notre ère. 

^ fl depuis l'époque copte jusqu'à la XVJJI'^ dynastie. 

Les premiers égyptologues n'ont guère distingué le son attaché au o, ^, de 

ceux qu'ils attribuaient à (1 et _ — a, et c'est seulement peu à peu qu'ils ont dégagé des 
comparaisons des transcriptions hiéroglyphiques avec leurs originaux sémitiques une 

valeur de a pouvant rendre approximativement celle de r ou de t- en hébreu ou en 

arabe. E. de Rougé avait bien résumé, dans son Mémoire sur l'origine égyptienne de 
l'alphabet phénicien', les résultats auxquels l'avaient conduit ces travaux : « Il n'y a 
I) absolument rien dans la langue égyptienne qui puisse nous engager à supposer l'exis- 
» tence d'une aspiration gutturale analogue au u des Sémites. Les Coptes, qui ont con- 
» serve si scrupuleusement toutes les lettres égyptiennes propres à écrire les nuances 
1) de prononciation que l'alphabet grec ne leur fournissait pas, ne possèdent, outre les 
» voyelles fixes, aucune autre aspiration que le g. ^ n, n et le ^ = n. Il est cependant 
» remarquable que la Bible ait employé fréquemment le u dans la transcription des 

» mots égyptiens; c'est toujours au bras a que correspond alors cet c de la Bible.... 

» Il est extrêmement probable que les syllabes écrites en égyptien avec le bras o 

» avaient une prononciation emphatique que les Hébreux ont indiquée en .se servant 
» du V. » Rougé cite ensuite divers exemples de transcriptions égyptiennes des mots 
hébreux, puis il ajoute : « Si nous groupons les renseignements groupés par tous ces 
» mots, nous trouvons que les Égyptiens ont traité le r de plusieurs façons; quelque- 
» fois ils l'ont supprimé et n'ont écrit que la voyelle; quelquefois ils l'ont changé en 

» aspiration; souvent ils l'ont écrit par leur voyelle emphatique a; enfin, quand on 

» a recherché une approximation plus exacte, on l'a transcrit par le sigle du mot . 

» Tout ceci nous amène aux mêmes conclusions que l'étude de la langue copte, à savoir, 

1. p. 93 sqq. 



} 



102 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



» que les Égyptiens n'avaient rien qui correspondit exactement à cette articulation, 
» qui parait d'ailleurs tout à fait spéciale aux familles sémitiques. » Ce fut l'opinion à 
peu près unanime de l'école égyptologique entière pendant une trentaine d'années, 
puis l'école de Berlin, poursuivant son entreprise de sémitisation complète de l'égyp- 
tien, poussa plus loin l'identification de - — a avec u. Son opinion moyenne, autant 
qu'on en peut juger par la troisième édition de la grammaire d'I^^rman, est (pie « a 



» ' ré|>on(l étymologiquement au r sémitiiiue, 71 \ dl/ «doigt», l'Siik, ^-^-^ \jn 
» « œil », "V. Accessoirement il n'est que le résidu d'un -i, comme c'est certainement le 
» cas pour H c à jV' «lune», 0"i;. — Les Égyptiens l'employèrent aussi sous le 
» Nouvel Empire pour rendre c dans les mots étrangers, et les Hébreux ou les 
» Ararhéens de l'époque persane rendent loujdurs le - — o (^'gyptieu par r; au con- 
I) traire, l'écriture cuniMfoi'mc, qui ne possède point de r, ou ne rend point le 

I) a, ou le mar(|ue exceptionnellement par h. — En copte, il n'est plus visible 

» dans l'écriture, mais il est encore compté comme une consonne pleine dans ];i for- 
» mation de mots nombreux (ojk^ 'nh, ujcowt sV/, nwione pn" sont des verbes de trois 
consonnes), ou bien il exerce encore une influence sur la forme du mot'. » L'opinion 

que a pouvait être un r vérital)le n'a pas été admise universellement, tant s'en faut, 

et dernièrement encore M. Montet la combattait vigoureusement dans le Sp/u'ii/-^. 

Pour moi, a est un caractère d'une nature spéciale répondant à un son qui sembla 

difficile à rendre dès le début, si bien qu'on essaya d'en préciser la valeur par un en- 
semble de sons. En effet, nous verrons plus loin qu'aux époques anciennes, il échange 
souvent dans des mots très usités avec le groupe i] *^: des formes comme 0^^ 
^^5,, rapprociiées de formes comme ^^v , nous suggèrent l'idée que dans l'ortho- 

grapiie habitLielie ' ""^S, le a est une sorte de svllaljique dont l'étjuivalent serait 

[1 ^, et les variantes telles que -K |, (1 de "^ , amsi que d autres que 
j'aurai l'occasion de relever plus loin pour l'âge momphite comme pour les transcrip- 
tions sémitiques du temps de Shashan(|, prouvent assez nettement cette nature de a. 

Toutefois, il est non moins bien prouvé, par d'autres variantes, que cette orthograpiie 
û'^^ne répondait pas entièrement a la pi'uiKinciatidn di' o, et que l'orthngraplie [1 ^^ 

|)0ur "'^S. comme au XVII'' siècle de notre ère la transcription française 



Aali ijoiiv Ali, n'est cpi'un pis-aller pour mar(|uer une prononciation jiarliculicre qui, 
dans les noms sémitiques, exprime ce phonème u-f- sans pourtant le couvrir tout à fait :^ 

D n'est donc pas, à proprement parler, un signe syllabique, mais c'est une orthographe 

approchée pour rendre un son égyptien un peu étrange, et un son étranger analogue 
que l'égyptien n'avait pas'. Reprenons donc les faits à notre tour et voyons les con- 
clusions qu'on peut tirer d'eux. 

L A quoi répondent o ou .sr'.s homophones dans le copte? — On y trouve. 



1. Erman, .ErjyptUrhe Grnmniatik, S' édit., § 101, p. 60-61. 

2. Montet, Onctions rie Grammaire, dans Sphin-v. 1915, t. XIX, p. 3-8. 

o. Une conversation que j'ai eue avec M. Loret, pendant les congés de Pâques 1916, m'a fait croire qu'il a 

sur la valeur de ù des idées analof^ues aux miennes, mais plus absolues : pour lui, D m'a paru être 

un syllabique véritable (26 acril 19UJ]. 



DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 103 



coinmo pnui' le II et \nn\v \o v\ , tmis les snns clo l'alphabet grec en face du û hiéro- 

glypliiqiie. 

I" D répond à *. au comnieneement d(>s mois suivants : W., ""^^i *'M> 

ek».çj. A.fe 7. .1/., -t- ctcre, *.iio. is.ii&.o' 7 . /y., et /nrcr, &nA.[g 7'. .1/. «.nnu) 7?., j\ 



«i.C 

O 



«.Ac r. t.\m M. au factitif t-V.U. t-.V.\o 7'. .17. t-*.-.\*. B., ^fjQ© «'^«e 7'., d| ° 

«.ge 7'. et au factitif T-e^oe, T-â.go T. M. T-s-g^a. 7'. Tï., à côté de logc 7\ AL'lim. i.i^i M. 7î. , 
!i.oe 7. <voi .1/., Y jkui T., \ «.uie T'. .1/. «.iiii il/.. <$=vv s\ 1 *.uia.i T. M. 

«,i*.i 7\ .1/. i-icei B. «Â'cT Ak/ini . et dans 



vujei .4A-A//;. 7^., ■♦K^^ ^s3| «-ïïH 7'., (] 



j] 
le dérivé «.cih 7". «.eic .!/. /*/«., ^w^va 1 1Nc^^0(| cr^l authÊ M., «.ii7Hfce, «.n^HÊe T'. 



' TtT(T ^ ''Jn «.puii.It 7\ «.pujin 7^ .17. , '---^--N-- à.n Ak/tin. B., 7 9 S7\ 



llx va iwAie i\/., "imiil a.A r. M., <=> "^ s.AtooTi .17., ® '^ «.j^cju. il/., ° 1\ ;Cv 

IJi^a^ <=> S \\i 1 I z=l II ® Jl^-^^ 

«.^ojju., e-^eux M. a^wa* 7\, etc. Il Correspond également à «. au milieu et à la fin des 
mots dans i ot*., ot*^*.- T., ^ Q7\ ot*. T., f \ oTev«.fi T. oTè^fe M. oT«.te Akhm., 
I \^ I A x)ie.^e. AJi*.A.^€ Aklim. UL«.2kU|i /?., à côté de Aïooiye T'. iiouji il/., 5^ 



n 



I6.«.fe T. JLI.«.fe A/x'htn. JUL«.n il/., Q q [KS.A«.It]-K«.g^ il/.,*^\ Y Al.g^«.6,-S- /'. Alg*.T71/. , 

Q AVWVA Q n 

à côté de oAie. ooAAe 7". ojui M,, c egn*'- 7"., ; lyô. T. u|«.i A/., etc. Enfin le verbe 

1 wA«w présente les formes ««., i*. T. i*. .17. Aklun., à côté des formes eiw, uo, tant à 

l'état absolu qu'en composition, eii.-pù.T, ei*.-TooT 7'. ii>.p«i.T. ij^tot J/. it^-ntn AL/iin. Le 

signe hiéroglyphique o, qui se rencontre dans le mot égyptien, y est à la place 

même où se trouve le phonème copte ».. 

2" 0, répondant à e, h, à l'initiale, à la médiale ou à la finale- des mots, est assez 

peu fréquent en copte : hi T. Ak/im. M. B., hi M., une paire, ? ^HHtte T. 

et les formes voisines ^Hnne il/., g^HHnc T. et ^hhtb T. , v\ <rr> ^ on-epHTe T. o-j-epH-J- B., 

S^ Q Aie T. xxm M. iieei B., V\ '•^^-■^ txn T. M., - — o pH 7'. M. pe B., à côté de 

n , ^ , _HF\i Q ^^ O 

fi Akhm., I ^ ZZ3 tHT T. Akhin. «-hot M. , o [KeAe-n]-Ke£ 7". , A^^ 

TT •swAic. scotoxic T., I ooiie, oAie T. *.xie Aklim. à côté de oxii yI/. , r^ dT] 9, 

'^-^ 1 J V 

^^ in 9 THHfie, THtc 7". -^hA. th£i. -ret M. Je n'ai pas tenu compte ici des qualitatifs en 

H ou en e, qui se rattachent à des états absolus en i», ot, etc., provenant de «. selon la 

loi que j'ai déjà indiquée plus d'une fois, ^hk T. ^hk M., qualitatif de ^wk, ^ioiok T'. 

^ojK -17. de 0^; il y a là l'application d'ailleurs assez rare d'une règle de grammaire, 

et ces exemples ne peuvent pas nous servir directement pour déterminer la valeur 

originale du signe o. 



104 INTRODUCTION A L'ÉTL'DE 



3" Le copte présente rarement une valeur i, ei, à l'endroit où le mot hiérogly- 
phique original montre un o. Voici pourtant quelques exemples : T «uje T. 

ciigi, igi M. eioe Aklim., à côté de T *'ïï •^- ^^- ^S ^- ^^ u »>isc T. *.igi .1/., 

\f) ciue. lixe 7". CIJU.I M. liii Zî. , à côté de cajh i?. et du factitif t-ù-xio 7^. .17. 



T-êwiiik H., T-i-ilOTT -1/., T-ô-AiC T. M. H., dC «, \\ 'KX , w^A^A d:^= ClOe, llie 7. 

iiii .17.. pi Ak/ini., de — ^, à côté de pn .17. 7. pe iî., oTeifee Akhm., de /^ 1 Mîi, à 
côté de oir*>4>fi 7*.^ et ainsi de suite. 

4" Les phonèmes coptes (|ui correspondent le plus fréquemment à un a hiéro- 



glyphique sont OT, o, w : ^3 -o au féminin -co dans g^AXo n 7". .gAAo Akinn., 

£eAA«. B., ;6eAAo ni M. gcAAio Te T. s5eAAto -f M. de T 9) + <^i , ppo. eppo 7. 

ppo Akhm. oTpo M., à côté de pp*., epp*. B., au féminin ppw t T. oTpio -^ .17. de ^^^ L 

A, pjui»i«.o 7. pMi<vo .17. à côté de Aeju.e*. B. de ia'sll ^^' > c'^P" ^- «epo 7. 



III. 



Akliin., i«.po, i*.pio .17. leppo 7?. de (J aa^^aa n^ gpo-s-o, 2po'''w7. ^epoTio ^17. de ï 

^^: , tandis que, dans la forme en na préfixe, il reste ^jv, u*.*.- T. .17., ainsi que 

fl rr^ U n Q A^v^^^ 

dans la forme redoublée, ^iVi' T. M. «.leei B. ; ^-^w^a on 7. M. à côté de 4.it B. ■¥■ i»n?, 

ong^, u>n*i.g. on«.g 7". 5., con^ Ak/irn., con^, ons5 .17., lowno, ù.6.ng et lonuj 7. M. loionuj Acfa 

Pauli, à cô(é de *.ng, *.nè.g 7\ B., «.«.ng. «.«.nuj ^4c';'a Pauli, wt 7. il7. 7î., <=>(5 

«opq, opq ^17. ojpcÊ, opi?'., fl9 , 9 ui2,e.T. Akhm. logi i^. ogi J7., à côté de 

*>ge 7'., v\ /wvv^A ojujAJi 7\ wujeui .17. oujjul T. .17., gT\ wuj 7'. M. Akhm. ctg 7"., 

, ® -HKÎi AW^ I w I Si* 

~^^ oeiR T. coiK J7. à côté de «.m, *.ieK B., ^^ wk .17. dans con-n-gHT, à côté de 

«>icK 7'. *KiK .17., dedicatio templi, c'est-à-dire la cérémonie d'entrer dans un temple 

pour la première fois, ^ o-s-q T. loÊ .17., / oxxe. ooxie T. oAii M., à côté de «-«.e 

Ak/ini., A ox, LOTS 7., etc. J'ai déjà dit ([ue, à côté de ei*., i«. T. i*. .17. Akhm., 

m *• 'i 

l'antique i ^'^^^^ a produit euo, uo T'. iw .17. , avec a équivalant à u>. De même, 

n g \ - fl AAA/VSA 

' X d a produit log .17. oog 7"., où le o répond à o et oo; j'aurai l'occasion de re- 

- — 9 ^ ' n 9 ■§; 

venir sur ces formes. Notons toutefois qu on a la variante (1 x j) pour le nom du dieu 

T A I " îiJ 

Lune à une époque où (I et o sont devenus presque homophones, ce qui explicpie- 

rait la forme thébaine oog à côté du inemphiti(iue log qui correspond exactement à 
1 fin. On remarquera que, dans la plupart des cas, les phonèmes o. uj, ot du thébain 
ou du memphitique se trouvent en présence d'un «. dans les dialectes qui ont conservé 
plus de traces d'archaïsme, tels que l'akhmimique ou cet ensemble de parlers que 
je désigne, faute de mieux, sous le nom traditionnel de bachmourique. Il y a donc 
chance pour que les o, w, ot, répondant à un a de l'écriture hiéroglypliique, se lais- 
sent ramener à un .v du vieil égyptien, comme il arrive pour les o, w, ot, répondant à 
un (I ou à un ^^, et l'examen des transcriptions assyriennes ou cananéennes nous 
amènera aux mêmes conclusions. 

En résumé, le copte a toujours employé pour rendre a les mêmes sons-voyelles 

qui lui servirent à exprimer le (1 et le *K\ des mots hiéroglyphiques. Il n'avait pas le 
son du v-s^ car s'il l'avait eu, il n'aurait pas plus hésité à créer pour lui un signe parti- 
culier qu'il n'a fait pour !^^=^, pour » ou pour | . Quand il a eu à écrire des noms arabes 
renfermant un f^ il a pris d'instinct le moyen employé par les cunéiformes : ou il n'a 



I 



ni'; I.A l'HONKTIQUK K(iYP I IK.WK 105 



pris de lui (juc la voyello iiihérento, suppriiuaiit ainsi ç-, *.fe-i.e'Ar'»>tfcv\p, *vt-i.cp«.ju^\ii u 

*.fc-i.eAA<v. «.ti.t-'.\.\;^\';;. ^Aitp pour jUi-l _U; , 4!!! j^ ^_ 0*"-^' "*^ ' 3'J*" '"^ ' J*^ ■ "^' ''''''^ '^ 
l'a rendu par la voyelle |>récédée ou suivie de l'aspirée ». l'oiu- plus de ekuté, le tcîxte 
aralie transeril en lettres coptes de Le Page-Renoul' insciil un petit "au-dessus de l'as- 
pirée 2^, neAo*.ige, ie£ô.AAeJULOg^, icitq*.^, n^vo-i.. eAsexico^, l^L, <uJl»! , ^Aj . -U. , 4j..\i-l . 

II. .4 quoi répondent a et ses ho/nop/iones dans les transci'iptions grec(/ucs ou 

du (jrec. — Lorsque les scribes égyptiens eurent à transcrire les noms des Césars ro- 
mains en hiérogi II plies, ils usèrent de la même liberté avec d qu'ils avaient employée 

pour (1 et l'<''ur^^, avec une légère tendance 11 mettre un a où l'orio-inal avait une 

voyelle longue a ou e : .^ -.^ww O'jet-ïi'.jvo;, ^= | M [I ■--AA^^ ao;j.it'xvo,-, 



/VW^^\A 



'^',, ™^ 'SSs-'t?— >, etc., ToaTïv';, q ^.-av^, , ' ' /w-^, , tSa^ Mi /wwaa etc 

'Av-wvTvo,;, (1(1 Aùpy;>'.o;, ^=^ „ ICo|ji(jlooo;, Vi.-â^OO^^ SÉouT,pr;;, "^ -^.— ré-a;, 

etc., et l'on trouve les variantes ^ et pour AÙTozoa^wo et Kafaaooc, mais 

dans les textes démotiques contemporains les mêmes noms sont écrits régulièrement 
pour un ^v , ce qui achève bien de prouver que les orthographes ci-dessus sont pour 
la plupart des jeux de .scribe. A l'époque grecque, la même confusion n'existe pas dans 
les transcriptions en hiéroglyphes ou en démotique des noms grecs. A l'inverse lorsque 
l'on transcrivit en lettres grecques des noms égyptiens, on remarque qu'au a cor- 
respondent les valeurs suivantes : 

1° A, dans V\ ''^>icoùàp£, x::^ JQ •Avr/jx.'.?, J ^ "^ 'Au-ip!,-, <=. ^c "Apo.i à 

côté de 'Epo), ;^V§^. ^ T 1^ VS^ n^y^H, nay^ojjf.o?, 1~^^^^ Tao^,-, etc., 

. 111.^1^ '''''■' '* '" composition ^ |?) ^|(| ® (|(] ^g| ,,v...,,,, ^,^^ 
'ATtar;?, 'AitaOi-;!;, 'A-nriptE, dans le Papyrus Anastasi DLXXI'V de la Bibliothèque nationale, 
et dans ce même papyrus comme dans le Papyrus gnostique de Leyde des formes 
telles que n-i.«i.-dooTT où «.n*. est la transcription de l'hiéroglyphique /wwva i^;^, ■AÀ;^aa 



et 'AX/ott pour <^>'*-=^"#^i où «^zs-'-^s^ a la valeur 'kky en copte «.pH^x, e.pHH'x T. 

«.TpHTi M. à côté de la valeur o\-/^ dans x eomX/.^ 4,Ao pour (1(1 , oiPd.e 

pour I ! , et pour ne pas insérer ici trop d'orthographes barbares apioTaxou où est 

rendu une première fois a, puis une seconde fois 0, .Vat, aS;-:, MaptSaX où a répond à 0. 

Bref, dans ces papyrus précoptes, o correspond souvent à un «, plus rarement à un e 

ou à un 0. A l'époque de Manéthon, a de û, lorsqu'il ne porte pas l'accent 

tonique, est rendu par un a, [T| 1 I 'PauéTCfr,,- comme dans 'A(jiovpo(TO'/6r;p (1 ~wwv I j] |, 

Ktmou, 'Acpwêi-, ^ ^^^B ' k-n.i/yx-1 , fl ftl H 'Aj^tiai?; daus Hérodotc, je ne vois guère 



que le nom du pharaon 'Afiocut; où le a de H fin soit rendu par un a, mais il y 

a là un cas particulier sur lequel il y aura lieu de revenir par la suite. Enfin, '^^^ 



est rendu par -(xa- dans Aajjiapr;:; -^ ^, OJaii^ap/, © |\H. 



14 



106 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



2" F., u, I, El, dans les iiuin> comme neTsap-p/;? dA^^^K -r— ^W, NE'fîp-?T.s-, neTetppr;;, 
Mcv/épr,;, TavyÉpT.;, et tous les noms en - — n final qui sont transcrits -pr,? à l'époque saïte 
et qui deviennent -pi^ à mesure que l'itacisme fait des progrès; quelques-uns d'entre 
eux présentent une double forme de la finale, 0Jatppï;<; ©YO' et 'A-piT,; ©| ^■0, ^-'??i-' 
et Xaoplr,,- , et nous expliqueron.'^ un peu plus loin l'origine de ces variantes. Les 
papyrus précoptes nous donnent de même des transcriptions Ba.u-ps, Kojjip£-/.o(jipT|, Mipi-ope, 
où l'élément -p£, -pn est l'équivalent de , - — o, Ta-'. J{TtT -;vT/.. Tst-g JtTtT TCTg.uT,!, où l'élé- 
ment Hi répond à " et cet élément se réduit à ■. dans le nom propre n'.vrowp A^ 

^ V ^®, le thème hot, pluriel d'un *hi, qui doit répondre à ^i; enfin 

les noms de décans qui renferment le mot . T-r,yvr.: ^ i<:,7-r,yj ^ /K^^.Tttt,- 



® ï^^:A:, ou les noms d'hnmme tels que ii:9,r/};, i^^ T ~ 'J'J yf ^"^ ''■"'/.'^ *^*^ '® 



I 



AAAA^.^ 



qualitatif *Hn^, *hu^ de wng, wn*. a-ng. 

3" 0, il. ov dans o. lo, i/raïul . dans XvouSwvEêir.S Q^w r^f ^^^^^'^^^ ¥ J|V«.' ^°°'^ 

nionio a^^ /V^^M , 'AveSoj, 'Av£6-K ,-, ^ ^ ' ^'^ d'une manière générale 
les transcriptions grecques du Papyrus gnostiqiie donnent o, w et une fois j prononcé 
alors ou partout où il y a a et le groupe - — o, ; dans les noms comme 'Eowvjyoc, 

"Er'ôvjyo,- H ï -¥" Mi 'AoOv/t,- C\ ^^ Vfs , 'A-ù-f/t? 9 T'Vff'» et dans d'autres noms 

III. a (^/ans les transcriptions de l'hébreu ou transcrit en /léhreu, en assi/rien 

et en cananéen. — Les transcriptions assyriennes du temps d'Assourbanipal donnent 
déjà *ou précédé du signe qui marque le u en cunéiforme pour le groupe dans 

Pirov (Pi-ir-lu-u, Pi-ir-lv) pour et dans larov {/a-ru-lv-v) pour |l ;;jjj^ 

, et dans l'intérieur du mot par a ou e accompagnés du même signe, Sknou 

(Sa-lA-nu, Se-lE-nu) )) Tanis; dans le même temps, les Hébreux rendaient ces 

mêmes caractères de la même manière, nij-is, © 9 ■0' '■'isn, où la forme grecque 



'A-mpiT,; montre que la ponctuation massorétique est erronée, © fn h 1 avec les ponctua- 

D "lyT? Q s. '" 

tions DDan et oDac-i, AsT m5^ u-istiib. Si nous remontons iusqu'à la XIX* ou à la 

XVIII® dynastie, nous devons remarquer tout d'abord que les Cananéens possédaient 

un L* dans leur langue, mais (]ue, se servant d'un syllabaire qui n'avait pnint le signe 

correspondant à ce son, ils ont employé divers procédés pour rendre le c et le a 

égyptien lorsqu'ils le rencontraient. 1" Ils en marquent la place quelquefois par le signe 

d'aspiration de l'assyrien, quelquefois simple hiatus entre la voyelle précédente et le 

phonème exprimé en égyptien par o, ainsi pour le mot a au commencement ou 

à la (in des mots ©î ^ Ri-K-na-pa en égyptien Riknqfa, RiAnafé, ©(tin 

1^ Ri-K-ma-se-sa en égyptien RiAtnasése, a^ ^. '^^ ^ ^' Pa-ri-h-ma-hn-u 



1. Ce n'est qu'une liypothèse pour rendre en égyptien la dernière partie du nom a-l}u-H cunéiforme : le 
nom Paridma/i/wu. ainsi rétabli, exprimerait une idée analogue à celle qu'on trouve dans lo prénom contem- 



DK I.A IMinxirTIQrK ItCYPTlKXXR 107 



en égyptien Purixmakhou, Q m^'Q Ma-nn-ah-pi-ir-(j\ en égyptien Manaklipirix, 
Q'^zz^^^Ni-ih-inn-x-ri-x, Xi-iiii-niH-ii-ri-i/A, etc., en égyptien Nihinoukrik, AU'in- 
mouÀriijA, oTmi Xa-ap-liu-ul-rn-ri-i/A, Na-ap-hu-ru-ri-x, etc., en éffvDtien 
Nnfixiiourourik. Na/khourrik, Mi-in-pa-f).i-ri{sic)-ta-ri-x en égyptien 

Menpahitarik, 0\fi r"^ Mi-in-mn-a-ri-A en égyptien MenrnQukrik, (DxSi^ — ^ T'a-a.s- 
mii-n-n-A sa-te-ep-na-ri-A en égyptien OuasmoukriA satepnarik, puis pour les noms 
I OO^ Ta-ah-ma-i/Aen égyptien Ptahmkia, (j(|^ MA-A-ya en égyptien 

Mkya, gQO^ Ha-a-i\ Ha-a-a, Ha-a-i/q, Hx-ya en égyptien Klikia. y Le » est 
rendu par une aspirée h, ^ ix U=/l^ wehu, we-hi a côté de we-x. u~e-u, etc., en 
égyptien ouxou, oii-È-oii. '3° Derrière un V\ dans la combinaison -^, le cananéen 
ne l'indique par rien, ^^^tn^^lK 5 mx-ha-an en égyptien MAhana, ^^ f IlOS 
mx-zi-ik-da en égyptien mk^iqte, masiqte. Les transcriptions assyriennes présentent 
certaines particularités qui demandent quelques explications. Le mot - — o est transcrit 
RiÀ, RiYÀ au commencement, au milieu et à la fin des mots; Ri est la vocalisation de 

<3> et À celle de o, et le y de Riyâ se développe automatiquement comme c'est 

souvent le cas dans toutes les langues quand un i se rencontre en hiatus avec un a. 
Toutefois, dans la combinaison, RiÂ, Riyâ, l'accent est non pas sur la syllabe Ri, 
comme le veut Ranke, mais sur  : lA de RiÀ forme une diphtongue ascendante et par 
là s'expliquent la résolution de lA sur  eu atone Rkmessès à l'époque grecque pour 
Rikniasésa à la XIX'^ dynastie, puis le passage de  en Ê dans 'A-pî-r,? et la résolution 
de la diphtongue ie sur Ê dans Rè à la finale accentuée, ik-r/zo-^!;, Tay/sp-iic, 'A/epp-r,?, etc. 
La transcription Mou de ^^m parait difficile à expliquer de prime abord. Après 
avoir écarté le t féminin et son expression vocalique qui disparait en composition à 
l'atone, il faut se rappeler que, dès la XVII1« dynastie, le 'K^ compris dans ^ s'est 

changé en ou comme il arrive derrière ^\ et ~wv^a; Ma(^^K/( a) est devenu ré- 
gulièrement '«ou(^^jrt( fl), et la diphtongue ascendante formée par ou s'est 

résolue sur À dans o:7i,uapv- de |y), ao(;j-3(?t',- de ^^ . Les transcriptions MÂia, 

Khàia ne correspondent pas exactement, comme je l'ai dit et comme Ranke Ta répété, 
aux orthographes ordinaires ^t^^' ^H^' "^^^^' ®*^"^ ^^ second empire thé- 

bain, les noms de ce type ajoutaient en finale un ^^ , auquel l'orthographe assy- 
rienne assure, comme on voit la prononciation a, ^t^^^' 'J^'^v' _..^S^^V' 

''^ HH^^' I^^^^' ^*^" Q^'^'^'' ^ la combinaison ^^. , elle a double emploi, 

ainsi qu'on va le voir. 

La contre-partie des transcriptions cunéiformes des noms égyptiens à El-Amarna 
nous est fournie par les transcriptions hiéroglyphiques des mots sémitiques dans les 
textes du second empire thébain. Le u cananéen et hébreu y est rendu ordinairement 



porain ^^ ^v^.-a [I '-'^^^ devenu dans la tradition classique '.A/îppr,; ^^ , prénom que portèrent plus 

tard les pharaon> Siphtah et Ram sès V il. Ranke {KeilschriftUches Material, p. 16, n. 1) propose )^\Q 



108 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 






sont trop connus pour que j'insiste longtemps sur ce point. Je dois observer pourtant 
que trois ou quatre siècles plus tard le signe ■»-= exprimant le r est accompagné par- 
fois des signes 0^. comme pour approciier davantage au son hébreu; ainsi, tandis 
qu'on rencontre chez Shashanq ->-=> (] 'K^ l^-^^ j^v avec *-=■ seul pour y, on trouve 

à côté o-=> ù '^ i v\ 'K r^/N>i naïu, et il faut nous demander ce que cette ortho- 
graphe peut signifier : il nous sulllra pour h' moment de dire que 0^^ est la notation 
approximative affaiblie de la prononciation du r-p- sémitique et double par conséquent 
l'orthographe •>=>. Qnehiuefois, probablement dans le cas d'un c prononcé plus forte- 
ment ou tournant au i arabe, ce r est expruue par fi ou S, S^^"^— ^èÀo "'??'?' 

S"^, l'^^^'vxc^^^^ mr, "^^ ^v v"^^ ^V"??' *ï" analogie avec ce qui se passe en 
assyrien où njr est rendu par Knn^atoit. iMifin le u qui se durcissait dans les exemples 
précédents s'affaiblit tellement dans d'autres cas qu'il n'est pkis représenté par un 
signe particulier dans rortliograi)lie égyptienne (1(1 JlV ^?"' *^'^' '-1"-''^ ^^^ 

représenté par un (1, 1 )l(l, 1 \i\ JJ à côté de nsg, 'f'jO, et l'on remar- 
quera que dans les inscriptions phéniciennes ce dernier nom peut subir le même affai- 
blissement et s'écrire parfois f'^^', réciproquement l'égyptien a quel(|uefois un o 

à l'initiale où l'hébreu montre un simple r : ainsi eiu^sk est écrit JL à côté de 

(IgA— *^. D'autre part, si l'on compare beaucoup de transcriptions égyptiennes à leur 

prototype sémitique, on est frappé de ce fait que Rouge avait déjà noté que le û de 

la combinaison -^^, , ne répond pas le plus souvent à un v, mais (|u'il marque 
simplement la place d'une voyelle emphatique, « qui sert de complément ordinaire à la 
» consonne' », au commencement ou au milieu des mots, tandis qu'il serait le plus 
souvent muet à la finale, si l'on prend les noms hébraïques avec leur prononciation 
massorétique, mais les formes de l'hébreu classique peuvent ne pas répondre aux 
formes anciennes de la langue. A comparer les transcriptions égyptiennes de la XVIII» 
et de la XXIP dynastie avec les formes hébraïques telles cpie les Massorètes les voca- 
lisent, on trouve que a ainsi employé à l'initiale ou à la médiale peut répondre à un 

A, à un f^^. ^t un ., ^ ^ ^^ nn« , ^ ^^ Ma.iS, Mayeth, |^^](| . |^^ 

li(l 113», ^'^'??' Ms..^ I '^'^^o. etc.; on remarcjuera que dans ces endroits, 

ainsi qu'à la Hnale, il a le plus souvent pour variante û a ou û û, ^^^^, , comme 

si l'on voulait écrire le verbe '^^^^ donne/-. Toutefois, si au lieu d'user de la forme 
massorétique on à recours à la forme grecque ou à l'assyrienne, cette différence de 
vocalisation interne tend à s'effacer presque entièrement et à se résoudre sur a : 

MAgadou, M^gidou, MayESoii au lieu de nao pour ^\ ^ ,)|M'^%^1| (]' ^'n°"'~''<>>. 

M»Yoa>.a, Mî-fSaX au licu de biJD pour l'égyptien V\ ^ \ . M^^iv au lieu de 'rsç?» pour 



1. E. DE HouGÉ, Mémoire sur l'origi.nu égyptienne de Valjihabet phénicien, p. 93-9-1. 



|)K I.A l'IluMCIU.lUK F.CiVPTlKNNP: 109 



5^ J)Ttî (1 , -SZ/rtMAsA au lieu de ta^ pour TtTjT à a TjTiT . On peut y ajouter beau- 
coup de mots sémiticiues transcrits par un -^^, '^^^ initial (pii ont garde- d<' tout 
temps ou (lui avaient à l'origine une vncalisation en a, ainsi ^^^^ 'K^ Jy II ^-î*-^ 

répond à une ancienne vocalisation en a (pie l'assyrien a conservée dans n\rkahtoii, 
tandis que l'hébreu biblique affaiblissait Ta primitif en e, nnsio, et ne maintenant 
cet A qu'au pluriel, riss-iD, etc. 

En finale, ^\ o, , nous offre le même problème qui s'est présenté à nous à 

propos de la terminaison '^ des transcriptions égyptiennes' : on la rencontre dans 
des transcriptions de noms cananéens là où l'hébreu ne présente aucun équivalent pour 
elle. On a donc dans les listes de Thoutmôsis III ^\ ^k'^ " correspondant à 



l'hébreu dIiç, JtTtT "^ correspondant à l'hébreu Qy\t , (J | \^ dans 

îtlJ (1 II v^ correspondant à un hébreu nl-ix ou onk, (jO Q ^v'^ " correspondant à 

un héljreu nn;, et l'on ne peut dire que ces formes sont des pluriels; les quelques pluriels 
masculins en d- qui figuraient là sont transcrits en hiéroglyphes par une finale en ^v 
simple, cnûtj '="00 ^\^ pluriel de nan ou O^s, P'^"®' ^^ °"^- La liste 

de Shashanq complique le procédé : non seulement elle met un à la finale des noms 

propres qui se terminent en hébreu par un d nu, mais elle ajoute souvent à cet a une 

terminaison 0^.' ^^^ ^v P'^^'"" ^^^^ ' ^^ '^'^ii ^^1^ donne la terminaison 

en équivalence de la terminaison a, \I/ □ y^ (j^^Qi:^ orBï! à côté de 

zz: i%^\yi D^:na. Nous avons vu et nous verrons par ailleurs que, dès les époques an- 



ciennes, on rencontrait ^. en variante de a, ainsi 1]^- ou (1 "vs csa g?) pour 

, et pour gA : le même fait paraît s'être produit dans la liste de Sha- 



shanq, et (I ^^ y est la variante de a, avec cette complication que les deux formes 

peuvent se doubler, "0^^ P'^^*^ ° ^^ ^ "^v °*^^^ essaierons bientôt d'expli- 
quer pourquoi. Actuellement il nous faut rechercher ce qu'est ce phonème vocalique 
plus ou moins fort perçu par l'égyptien, après la finale en a nu que nous montre l'hé- 
breu clas.sique. Si nous recourons aux lettres d'El-Amarna, nous y rencontrerons des 
formes analogues à celles des transcriptions égyptiennes. Le pluriel équivalant à n:" 
liébra'ique y est pour le mot eau, par exemple au génitif rni-e-rriA, ou à l'accusatif 
mi-mx au lieu de D'à, pour le mot deux suivant le cas sa-me-niA. ou sa-mou-niA. au 
lieu de a-av, pour le mot prisonniers, a-si-rou-mx au lieu de Q'TÇ><, et ainsi de suite. 
Nous n'avons pas à nous inquiéter ici de la vocalisation interne qui marque les cas : il 
nous suffit de noter ici que, pour former les pluriels cananéens des noms, on ajoute 
généralement à leur état absolu l'enclitique ma qui remplit auprès d'eux le même rôle 
que la mimmation au singulier. La finale a de ma tombe pour aboutir à la mimmation, 
et il nous reste alors un thème en -êm ou en -im et un thème en -oum : on obtient 



1. Voir plus haut, p. 99 du présent volume. 



110 INTRODUCTION A L'ETUDE 

ainsi une explication des pluriels s(-miti(jues. Pour ce qui est du duel cananéen, il en 
est de même que pour les pluriels : la terminaison duelle D^i de l'hébreu classique se 
rattache à une terminaison plus ancienne a;, (jui elle-même est en cananéen -ama, 
comme le montre l'équivalence S/iou-HA-yiA ^= D»t (duo habitacula)' . La transcrip- 
tion égyptienne JdtT 1k , TtT(T ^= 1 ~^, correspond exactement à l'orthographe 

cananéenne H1ioa-na-^\\, et cet exemple, ainsi que les exemples cités plus haut nous 
donnant pour le cananéen des finales en -ma, nous prouve que dans les finales , 

û D, , O's^' ^*^^ transcriptions égyptiennes le signe o, °0'^v' '^""~ 

vrait un phonème, toujours le même que l'orthographe cunéiforme montre avoir été 
un A. 

Résultats auxquels nous conduit l'examen des signes (1, ^^ , o, de l'époque 

copte au XVI'' siècle avant notre ère. — Si maintenant nous cherchons à résumer les 
faits que nous a révélés l'étude des transcriptions alphabétiques ou syllabiques pour 
les trois signes (j, "vx , o, nous obtenons les résultats suivants : 

1° A mesure qu'on remonte dans les siècles, (1, qui correspondait à toutes les 
voyelles de l'égyptien, semble se ramener à deux valeurs principales, a et, surtout 
devant '^, i : toutes les autres valeurs paraissent se déduire de celle-là par le jeu de 
la langue c]ui se modifiait. 

2° Il en est de même pour ^^ à cette nuance près que la tendance à représenter 
un son A parait être encore plus forte pour ^^ que pour (1. 

3° Enfin a marque la même propension vers a que les deux signes précédents, 

mais en y ajoutant, au moins à l'époque ramesside, un élément guttural qui le rend 
propre à rendre le son de u-c. ou à être rendu par celui-ci aux yeux des Égyptiens ou 
des Sémites. Ce n'est pourtant pas un r-j- véritable, car on le rencontre en égyptien 
dans des endroits où jamais celui-ci ne s'est rencontré dans les langues sémitiques, et 
alors il correspond aux sons purement vocaliques que la notation massorétique marque 
par des points -:-, -n-, -f-, -f-, -^, etc. 

4° A l'époque ptolémaïque, ils .semblent ne pas avoir répondu à des différences 
phonétiques sensibles, mais le (I et le ^^ paraissent s'employer presque indilïéremment 

pour les mornes voyelles greccjues, et plus tard, à l'époque romaine, le a échange 

avec les deux autres pour transcrire les noms propres étrangers, et les orthographes 

des mots communs de la langue en (1, en *^, en a, ne sont plus ([u'atïaire de tz'a- 

dition : le copte traduit celles-ci par les mêmes voyelles grecques articulées de la même' 
façon pour les trois signes. 

Toutefois, pour compléter cette étude, il nous reste à examiner ce qu'il en advient 
d'eux lorsqu'ils .se combinent les uns avec les autres, û'^. , i . 0^^, "> ^k,']' 

^— ^' Y' V' ''''■ "" 

1" Le groupe 0'^. est le plus fré(iuent, surtout dans les temps anciens de la lan- 
gue, où il figure comme variante tantôt de (1, tantôt de"*^; ainsi l'on a, dans l'égyp- 
tien du temps des Pyramides et du premier empire thébain, 0"vv_® Mtl '^ côté de 

1. Dhormes, La Langue de Canaan, dans la RcL-ue biblique, 1914, p. 353-356. 



DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 111 

^^ :' "'"^- <"i.^^. ^\zm-- ^w^n \%^: «< ^ 



etc. Si r(in reclieix'lio ce (|ne les mots ainsi écrits sont devenus en copte, on voit 
que les uns n'y ont plus à l'initiale qu'une voyelle simple, O'mx® >>(i\r^ '* ■^^■- '\^^ 
^iWf" cAooAc T. *.AoAi M. *.A«.«.Ai /?., tandis ([u'un certain nombre d'autres ont con- 
servé sous forme de diphtongue en ei T. i .1/. initial les deux phonèmes couverts dans 
l'orthograpiie antique par n et P^r^^. 0^,^ ^M' O 1|||f «oite 7'. M-reT. M. 

■"* ■"- ^\im- tj;:—- ■* ■'■■ -'^^ ^i7° \n-\n'- 

iHc J/. Il faut tirer de cette constatation cette double conclusion : dans le premier cas, 
l'un des phonèmes couverts par [ et par ^^ s'est assimilé à l'autre, et i^^^O y>m Jj 
par exemple est devenu 'A/-, i^; dans le second cas, les deux phonèmes se sont main- 
tenus et sont représentés en copte, (1 par ei, i, ^^^ par co, o et «., (I ^^^ ||||| euoTe. 

On remarquera dans cette deuxième éventualité que les variantes en (I avec suppression 
graphique de "^^ deviennent presque générales à mesure qu'on descend vers la basse 
époque, si bien qu'il est impossible de distinguer d'après la seule orthographe hiéro- 
glyphique les mots qui ont conservé la diphtongaison antique. Le copte nous fournit 
à ce sujet les renseignements indispensables, même pour des mots dont nous ne con- 
naissons pas encore l'original hiéroglyphique, ou dont cet original ne nous est pas 
connu jusqu'à présent avec l'initiale O^^. ainsi ei*.A T. ia.A M., spéculum, ciotA 7'. M. 
eoTs-A .1/., cervus, iwfe M., lactuca, supposent un prototype ayant commencé par la 
combinaison U "^^ ei-i + «- pouvant devenir ot, puis w, selon la règle. D'autre part, les 
rendus coptes «wt T. Ak/ini. icot T. M. Ak/nn. pour ^ »f pater, et eiwT T. iiot T. M. B. 
pour \\ hordeum, nous prouvent l'existence à une époque antérieure de formes qui 
se seraient chiffrées, (]%\ «Vi^ et ' O'^^v , si ces mots n'avaient pas été, pour ainsi 
dire, stéréotypés par la tradition dans les orthographes lj^^,'=^.oou(l ,il .„û. 
Les formes précoptes Vott, précédant les formes coptes en u», «iot-kot, nous permettent 
de remonter à un *iat, dont la vocalisation en a se retrouve au pluriel de presque 
tous les dialectes, ««.Te T. Aklim. ««.-t Akhin. B. m^^ B. à côté de eioTe T. io-\-, iot^- M. 
D'autre part, la variante Q, de (]<=^, nous indique pour ce mot une voyelle finale, 
ce qui est conforme à ce que nous donnent les autres langues pour cette expression 
enfantine de l'idée père, a-Ta, atta, en grec et en latin par exemple; — remarquons, 
chemin faisant, que l'orthographe ^. Q, pourrait également marquer une prononcia- 
tion TA rappelant l'autre expression -ixot, en latin tata du langage enfantin pour la 
même idée. La forme plurielle dissyllabique met partout une brève eioTe, eii^Te, eii.'f, 
la.'t. «°i", '°^^ à la tonique, et il est probable qu'au singulier antique de la zoivr; rames- 
side, (]'=>^. prononcé *Iata, iate, devait avoir une brève à la même place : la chute 
de la voyelle finale aurait entraîné par compensation l'allongement de la tonique *lA.ta, 



112 INIRODUCTION A L'ÉTUDE 



*Ioi:ti, lîyCt, eiwT-iwT au singulier. Si, en dehors de la question de vocalisation, nous 
résumons les faits qui ressortant de cette étude, nous verrons que la combinaison gra- 
phique (l'^^aux bas temps partie s'est résolue sur (1, partie s'est maintenue en la forme 
diphtonguée ia, iou, iô. C'est là un reste d'un phénoini'ue commun aux temps anté- 
rieurs, et si nous remontons jusqu'à l'âge des Pyramides, nous y trouvons la combi- 
naison û'^à l'initiale très fréquente comme variante de il ou même de "^simples. 
Conservant provisoirement la vocalisation copte, le fait matériel nous permet de dire 
qu'à l'âge memphite un grand nombre des mots qui eurent plus tard à l'attaque un 
phonème simple couvert de préférence par H commençaient par un double phonème 
vocalique cuo, eio, iot, i*., auquel répondaient les signes [1 et ^^. 

I! V a de même alors, et quekjuefois dans la suite, un emploi de 0^^ qui donne 



à cette combinaison la valeur de a ou une valeur très proche de celle ipTil convient 



-fl ^ -e> ^ 



d'attribuer à cette lettre. Les mots très usités '^Sj, aA, ^^ , sont écrits çà 

et là dans les Pyramides et ailleurs (I^^-T"^. ^^°°|)- fl^ V ^^f 1' 

et ce ne sont pas là des exemples isolés. L'équivalence o = O^^est conlirmée par 

les alternances citées plus haut des finales - o et il^è\ dans les transcriptions des 

noms géographiques hébreux'. La preuve de la présence possible d'un double phonème 

enregistré sous o ou sous sa variante «-=» nous est fournie, comme je l'ai dit", par 

des écritures telles que n -^ | ^s^'m."'^' ^'m^'^"''^*' évidemment ■><=-, ou d^\ 

JqM)S à côté de '^\°M' "\^^' \ "^ ^* ^'^^^- ^^^ — a"^^- 0» s^'it que la 

variante ancienne de —-J est parfois ^^, et l'on rencontre "^^ 1» P^r 

exemple, a côté de ^^^, ^^S^f^^ =i côté de ^ffl'^l^^, '^ 
- à côté de ^ ^\ il' ''^ dans les transcriptions de noms propres sémitiques 



,pX) ''2y à côté de ^^ Jl^ ■ Cette double !)atterie de variantes pour a et 

son équivalent o-^ semble bien nous montrer, en premier lieu, cjue le phonème couvert 

par était de nature telle qu'il semblait aux Égyptiens pouvoir se décomposer en 

deux i)honèmes exprimés le plus souvent par a -f ^^ - niais quelquefois par (J-h^s I 

en second lieu, qu'il cachait deux nuances du son, l'une plus forte et qui était la fonda- 
mentale, rendue par "^l» l'autre plus faible et qui était probablement secondaire, 

rendue par 0^. ■ Si l'on cherclie à définir la nature de o par ces observations, on 

remarquera tout d'abord que ce dédoul)lement d'un plionème unicjue en deux phonèmes 
conjoints nous rappelle ce qui s'est passé en France par exemple lorsqu'il s'est agi de 
transcrire le ^ des noms arabes : nous trouvons dans des livres du XVIP siècle le 
orthographié Aa// avec deux a, et il faut croire que cette façon d'exprimer le son du 
f- est naturelle, car, ayant prié récemment deux officiers du Service des Antiquités 
en Egypte de me figurer en caractères latins les prononciations dialectales de certains 



1. Voir p. 11(1 du présent volume. 

2. Voir p. 108 du présent volume. 



DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIExNNE 113 



fhanl.s pdiHilairc^s de la llauti^-Égypte, ils ont traduit, assez iiTéguliéreinent d'ailleurs, 
les ^ par des voyelles doubles aa, éé, n, etc., selon la vocalisation. Et en effet, expé- 
rience faite sur le nom Je, si on ouvre la bouche toute grande sur un a et qu'immédia- 
tement on pousse un second a sur le premier, on obtient une prononciation gutturale 
de A suflisamment ressemblante à la prononciation indigène du $-. I.e dédoublement 

°^k.- ^^^^® " '^o""*^ plus fort ou plus faible provient probablement d'un fait 

de ce genre et résulte de la difficulté plus ou moins grande que pouvaient éprouver 

certains Égyptiens à reproduire la prononciation originale de o. Si maintenant on 

se rappelle que o. '>-=-, est employé par les Égyptiens de la seconde époque thé- 

baine pour rendre le r-^ cananéen, on conclura de ces différentes observations qu'il 
correspondait comme signe à un phonème guttural plus doux que le l'-p et susceptible 
de s'adoucir encore; nous essaierons plus loin d'en déterminer la valeur. 

2'' Le groupe 1 a la même histoire que le groupe û'^^: assez peu usité par la 
y.orrr, ramessido, il est relativement fréquent à l'âge mempliite et au premier âge thé- 
bain. On a donc 1 ^ R^ mais au.ssi <=>^. û ^J ^^ (1 X Jl mais -]M ^ et "T^ 

X^, i\-^ mais -^, _^^ ou _^g mais ^^, ^^ mais ^g, et 
ainsi de suite. Quelques-uns des mots ain>i écrits .se sont perpétués jusqu'au copte, et 
alors devant a correspond à ei-i de même que U devant ^^, 1 a^aa^ euo, ««. T. 

KO T. M. I*. M., ] I V ""2 ^^^- (mais le thébain n'a que la forme sans n initial oog où 

la combinaison oo équivaut à a ancien) ; le copte cko T. eto T. M. ko M. B. montre 

que l'orthographe constante 'y.-j nous cache une combinaison ' 'l f^^^^'^l- ^'^ 
plupart d'entre eus se sont résolus dans la v.r,:-,!, et sur le copte sur un phonème sim- 
ple, 4 /v sur ° J\ et sur oA T. M. ô.Ae T. e.',\Hi M. (de ^^ a), i =^v-=^ sur 
a£_ 1 <==> Ci a 



l i\ et sur oq- .1/. lofee T. (de t;^ L=il)- 



3'^ Les groupes (J ^^ a, (1 'l^ ■ "L » o"t été déjà expliqués, et les groupes 

n -51 û ^ n 



J, 







se rencontrent rarement, mais le groupe et sa variante 

ne sont pas rares, au moins à l'époque de la zotvr;, ~~^ 11^^^^ ^t 



"^ ""^ Pn *' ^'ôté dp ^ Pn ' '' '^^ Pn ' ^ ° '^ f t ° "^ à côté de ^ 



et ^(](]-^^^àcôtédeâ:3;;^(](]^^^_oude ^^I^",^,. ^Z^"^ à côté de 
et _; fJJ a côté d... _ ft « <'" _, Pi . _, ;^ i » "'«" "« „ 



• ?1' rZ^\ * Côté d^-^^. i^,^,, ^- „ côté de 2^,^,. 
^ a .«é de 2^1^. _;|| . c«é de _^|î, l^-fe. |::^|. ^\ 

S fl 

et fl) , etc. Erman, qui a étudié une partie de ces formes, les attribue à ce qu'il 



^, 



15 



114 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



appelle l'a^isimilatiou de l'a'ùi aux autres consonnes faibles'. L'explication peut valoir 

pour le redoublement d e .- -/i initial : elle ne rend pas compte des formes où le n 

est médial comme dans - — o2 i ou final comme dans Jj) iZ-i. J'omets d'examiner ici 

DaJ n_ 0^ S (1 — Jl\ 1 ^ , , 

le cas des formes verbales comme fi T et d : ou le second _ — a peut être la se- 

conde radicale redoublée 8 Y se réjouir d'habitude, d) se lever d'habitude, à 

côté de S.. d\ se réjouir, se lever : le copte me suggère une iiypothèse diffé- 

rente. On se rappelle que le thébain et d'autres dialectes emploient des voyelles re- 
doublées, «[&, HH, oo, ww, etc., où le raempliitiqueet d'autres dialectes se contentent des 
voyelles simples *., h, o, lo, etc.", et M. Lacau a montré que cela arrive, entre autres 

circonstances, dans le cas où la langue antique présente un o'. Les variantes 

1k ï^, fl, fl ^^, se retrouvent dans les documents précoptes et coptes sous 

les formes een, *.«.« T., formes à voyelle redoublée de en -w.^, o_ et *.«, *.fe T. M . 

^; fl redoublé équivaut à «., e redoublé, i>*^, ce. .le pense donc que dans les 

cas analogues la réduplication de l'quivnuit en égyptien à la réduplication des 

voyelles en copte, c'est-à-dire à l'allongement particulier de la voyelle que marque 

cette réduplication. Donnant provisoirement à d une vocalisation *aa, on lira donc 

*AAB, non pas A-f-AB, /\ *aa, non a-|-a, P.*aarait et non 



A-f-AR-AlT, J!T| 2^3 *ZAAOU et Uon ZA-f-AOU, °fi t SAAHOU et non SA-f AHOU. 

On aurait de même dans la variante tardive (1 -^^^^ l'équivalent du thébain eioop 



où l'allongement (2 s = oo serait en compensation de la chute du ^ médian. Le thébain, 
redoublant ses voyelles, n'aurait fait que continuer au début une habitude de la /.oivr;, 
qu'il aurait ensuite rendue plus générale par analogie. 

Cette discussion nous amenés jusqu'à l'époque memphite, c'est-à-dire jusqu'à un 
temps où nous sommes privés non seulement des transcriptions en caractères cunéi- 
formes, mais des transcriptions égyptiennes contemporaines de noms sémitiques. Il y 
en a pourtant (|uelques-unes dans les Mémoires de Sinouhtt, pour lesquelles le manus- 
crit n" 1 de Berlin, qui fut rédigé vers la fin de la XII" ou vers le commencement de la 
XIIP dynastie, nous fournit quelques bonnes orthographes. Pour û simple, Beni- 
Hassan nous fournit le nom propre (1 JN^ d'un cheikh cananéen, que j'ai rapproché il 
y a longtemps du nom hébreu ''Ç'ax "K>2S : *^, étant affecté d'un trait, est un idéo- 
gramme, certainement celui de MtT "v\ []|1 ■^'î", Abishai ou Abshai, ce qui forme un 
calembour graphique sans analogie avec le sens réel du nom asiatique. La combinaison 
n *^ se retrouve dans le nom de pays il "%. "k^^ ^^^^ ^^'^ Papyrus de Berlin, que Max 
Muller a découvert à Karnak, sous la XVIIl'' dynastie, mais ici encore le scribe a cru 
reconnaître un nom de plante égyptien, probablement l'original de ce qui est en copte 
ei*.4.Tc T. IO.T M. linum. Il a probablement altéré pour cela la forme du nom, ce qui 

1. Krman, Assttn'latioa de^ 'Ajin an andre fchwac/n' k'onsonanlen, dans la Zcitfclirifi, 1908, (. XI.Vl, 
p. 96-104. 

2. Voir p. 71 (lu présent volume. 

H. Lacau, A propos des eoyelles redoublées en copte, .laus la ZeitschriJÏ. 1910, t. Xl.VUI, p. 77-80. 



DE LA PHONETIQUE ÉGYPTIENNE 115 

iKuis <'ni|>i''i.'lii> de 11' rccduiuiitii' : si |»>iii'tanl la combinaison [I ^^, répondait it'i a un c 
séniiti(iLR''. on pourrait songer à un nom comme s>!?, n'u, variantes de 'v et lii'e AiA. 
Si au contraire (1 ^^, "e ri'pond pas a un r, on auiait peut-être l'équivalent de l'hébreu 
n\». Le fl est employé de la même manière qu'aux temps postérieurs. A l'initiale, 

l^^-J^ \\ /^^.W.^ (I I yîi , P. 

_j,_^ ■ ■■ . - AAA/W\ I " I 1 I £U. J^ 

«~ww M?i'. Il semble bien que ce nom doit se décomposer en deux parties, 

k^AAAAA et w A^~w [ (|ui, transcrits dans la langue sémitique connue pour l'époque, 
donnent Amou-inashi. Le premier élément est, je crois, le terme db populns, (|ui ,se Ut 
dans les noms des rois arabes de Babylone, Hammourabi, Ammiditana, Ammiza- 
dougga, etc.; la variante Aniniourabi de Hammourabi correspond bien à la dilliculté 
pour les Babyloniens de transcrire u, car ils le rendaient tantôt par kh n, tantôt par K a. 
Le second élément me paraît étr'e le même verbe qu'on trouve en assyrien sous la forme 

VfUi NASU, ajj'crre tributum, et la combinaison \\ j] semble indi(|uer qu'il est au 

présent'. Le tout Amou-inashi signitierait Celui à qui le peuple apporte tribut. En 

finale, derrière ^^^, d semble avoir le même emploi qu'à la seconde époque thé- 

_fl 



baine' : le nom <\ |, offre au Papyrus de Berlin la variante ^ q|, CM^o, puis 

dans un manuscrit du temps de la v.wMt, la variante M |^ [1:^:^^, le tout représentant 
une forme de la racine nip^ peut être quelque chose comme nanp. ou .i»"|P.. 

Peut-on obtenir par ailleurs d'autres renseignements sur le rôle ipie jouent ces 
signes à l'époque memphite? J'ai indiqué déjà, comme on l'a vu, la fréquence de la 
combinaison [1 *^j^dans les textes de ce temps, ainsi que l'usage fait de cette combi- 
naison pour remplacer par approximation le a au moins dans quelques mots d'em- 
ploi fréquent : il me reste à attirer l'attention sur le rôle que joue (1 à la Hnale au 
même moment. Je crois bien avoir été le premier à montrer, il y a une (|uarantaine 
d'années de cela', qu'à cette place (1 échangeait régulièrement avec ( (1 et par consé- 
quent .se prononçait comme 0(1 : les variantes des noms propres J 1 = Il 00. 
— nûf]' y ^ — ^ h\' ^~ ^^' ^^^■' ™'*'" f'^'H'nissaient la preuve, et 



1. V'oir plus haut, p. 113 du présent volume. 

2. Gardiner admet comme très vraisemblable une suggestion de Dévaud, d'après laquelle il faudrait dire 

fl^\ wuvw\ ^v^ A^^A^ [1 Mû [Notes on t/ic Slory of Sinulic, dans le Recueil de Tracau.x, 19H, t. XXXVI, 

p. 1H6| (( .Neshi, Hls d'Amou ». C'est ne pas tenir un compte suffisant des faits paléographiques qui nous 
montrent la présence voulue de W dans les deux passages du Papyrus de Berlin (1. 30, 142), et l'absence de 
tout signe correspondant dans les autres documents. Or, si un signe comme \\ peut disparaître sans inconvé- 
nient pour le sens dans l'orthographe, il n'en est pas de même d'un signe comme n^^ dont la disparition 
fausse le sens du passage. 

3. Pour les verbes à troisième radicale faible, le temps correspondant se marque en cananéen, à la troi- 
sième personne du singulier par la vocalisation i — i (Dhormes, La Lawjue de Canaan, dans la Reçue bi~ 
blique, 1914, p. ,=.6-58 . 

4. Voir plus haut, p. 109 du présent volume. 

5. M.ispERO, Le Papyrus de Berlin n" I. dans les Mélanges d'Archéologie, 1877, t, III, p. 139, note 5; cf. 
Maspero, Notes sur quelques points de </rammaire et d'histoire, dans la Zeitschrlft, 1884, t. XXI, p. 80 sqq. 

De là, la valeur i de M a passé à l'école allemande, ainsi que celle de i diphtongue ou de jod que j'avais si- 
gnalée pour [1(1, variante de [I ',M.\3PER0, Une Enquête judiciaire à Thébes, 1869-1871, p. 33, note 1|. 



116 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



j'en vins plus tard à signaler des formes telles que jl ^ (] (1 pour la préposition "««^^^ 
que personne, sauf moi, ne s'était avisé de vocaliser ainsi jusqu'alors. On remarquera 
de plus que, dans les textes des Pyramides et des tombeaux memphites, il y a une 
tendance de plus en plus forte à faire alterner dans l'écriture la finale [j = (1(1 avec la 
finale^. Sans rechercber ici s'il y a addition des deux finales ou sul stitution de l'une 
à l'autre, contentons-nous actuellement de constater qu'alors on voit apparaître en 
finale de certaines catégories de mots un [1 auquel on finit assez rapidement par donner 
partout une variante fl(. Faut-il en conclure que cet (1 couvre la valeur i (]ui est celle 
que couvre l\i} pendant es siècles pour lesquels nous possédons des transcriptions voca- 
lisées de l'égyptien? Ici, il n'y a point de réponse certaine à cette question, mais on 
peut émettre une hypothèse. Les langues, en vieillissant, alternativement restreignent 
et augmentent leur domaine vocalique. Prenons l'ensemble formé par le latin et par 
le français, qui s'est développé graduellement du latin, et rappelons-nous la remarque 
très ingénieuse de V. Henry : « Le latin nous paraît mort, tout uniment parce que 
» nous ne serions plus compris de Cicénm si nous lui parlions français: mais il eût 
» compris Quintilien, et Quintilien Lactance, et Lactance Grégoire de Tours, et Gré- 
» goire le scribe inconnu qui transcrivit à notre usage le texte du Serment de Stras- 
» bourg. Où donc finit le latin? où commence le français? » Pendant les vingt siècles 
et plus qu'a duré cette évolution, l'accroissement et le rétrécissement du domaine vo- 
calique se sont produits en gros au moins trois fois. Les dix voyelles brèves ou longues 
À, À, î^:, È. ï, î, ô, ô, i3, u, et les trois diphtongues ae, oe, au, du latin classique se 
réduisent dans le latin vulgaire à sept voyelles ouvertes ou fermées i, É, È, a, ô, ô, u, 
et les trois diphtongues se sont résolues ae sur Ë, oe sur ô, au sur ô ouvert. Le 
nombre des sons s'accroît pendant le moyen âge de sons inconnus au latin : alors le 
français possède non seulement les sept voyelles du latin vulgaire, mais une voyelle 
orale mixte û intermédiaire entre i et u [ou], et des voyelles nasales I, F:, ô, û, des 
diphtongues orales Au, Eu, ou, ou, uo, ue, des diphtongues nasales ain, ein, oin, enfin 
des triphtongues orales eau, ieu, ueu. Le français moderne est en recul sur le français 
médiéval, tout en étant en avance sur le latin vulgaire et même sur le latin classique : 
on y rencontre en effet, outre les sept voyelles du latin vulgaire, un À (pÂte), trois 
voyelles palatales arrondies u, eu (cevx), œu (.sœu/'), quatre voyelles nasales À, È (ÔAm), 
V, ô, et une voyelle neutre, un E comme celui de bi-abis, en tout neuf voyelles étran- 
gères au latin'. On pourrait faire des constatations analogues sur les autres langues 
romaines, mais l'exemple du français suffit. Je crois que l'égyptien a subi la même 
évolution. Il est certain qu'un moine copte du VI* siècle après J.-C. n'aurait pas compris 
Chéops, mais Chéops se serait fait entendre de Papi, qui, aurait pu converser avec un 
Amenemhaît, et ceux-ci se seraient entretenus sans trop de peine avec Amanhatpe I", 
bien (ju'il fût survenu entre les deux un changement analogue à celui (|ui .se produisit 
entre Lactance et le scribe du Serment de Strasbourg. Or, tandis t|ue le copte mo- 
derne tend à réduire au minimum les phonèmes vocaliques', le copte du VL siècle se 

1. Nyrop, Grammaire hUloriquo de la lançiae française, 3' édit., l'.tlJ, p. 161-163. 
8. Voir plus haut, p. 73 du présent volume. 



DK LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 117 

révèle à iimus t'omnio possédant, outre les six voyelles a, k, m, i, o, ov, du grec en 
longues et eu l)ri'ves. un minibre assez considérable de diplilongues. Nous savons dès 
maintenant (|u'une (|uantité des sons notés en copte par a, e, ê, o, ô, se ramènent à 
des A dans la /.oivr; nimesside, ce qui nous engage à soupçonner pour cette /.o'.//; une 
simplicité plus grande de sons que celle (|u'on est forcé d'admettre pour la langue pos- 
térieure, mais en revanche l'usage qu'elle fait du o par exemple pour rendre le v-t- 

sémitique [)i'ouve (|u'elle possédait eneore, au moins en certains cas, des sons inconnus 
entièrement au copte. Si l'on essaie de remonter plus haut, remploi des groupes 



"K de l'âge memphite comparé à celui des mêmes groupes dans les transcrip- 
tions sémitiques au second âge thébain est de nature à montrer que des groupes qui 
étaient devenus monophtongues dans la xoiv/; étaient des diphtongues, parfois même 
des triphtongues antérieurement, comme j'aurai occasion de le dire. 

On conçoit qu'essayer dans ces conditions de rétablir même très sommairement le 
système vocalique de l'égyptien memphite soit une entreprise des plus hasardeuses : 
ce système devait différer de celui du copte, autant pour le moins que le système voca- 
lique du latin classique diffère de celui du français moderne. Un examen poussé plus 
avant nous permettra pourtant de juger qu'elle n'est pas aussi hasardeuse qu'on serait 
tenté de le croire de prime abord. Si une partie de la vocalisation française diffère 
grandement de celle du latin vulgaire ou du classique, une autre partie est demeurée 
la même à travers les siècles. Notre nul a la voyelle i du latin vulgaire tndus qui ne 
présente qu'une variation de durée avec celle du latin classique nidus. L'o ouvert 
tonique entravé du latin vulgaire, qui dérive lui-même d'un o fermé du latin classique, 
se retrouve inchangé dans le français de nos jours, côrnu-côrnu-cor, môrtem-môi'tein- 
mort, côl hnn-collum-col , et I'a dans la même position ne se comporte pas différem- 
ment, iJ\rtem-pArt, brAcrhiiiin-brAS, cabA.IIiini-chec\l . Je n'insiste pas; le sort des 
voyelles en français dépend de celui des consonnes qui les accompagnent, et très pro- 
bablement il en allait de même en égyptien, mais nous commençons bien juste à dé- 
gager leurs relations. Nous voyons, par exemple, que l'ou de l'égyptien sa'ite demeure 
généralement ot en copte sous l'influence des nasales tx et it, quand, partout ailleurs, 
sauf parfois dans des noms propres, il devient o-w /iA/a-/;ôiî/?'-itoTs-Te, \\ov\, Amkna- 
Aniôvnoa-^J^sixoi^n., mais Hkra-Hôûrou-'n^.rji, Swp, KÂs/ii-KUvs/ioa (-/.■j!ji;)-e(3'u)uj, 
AbôUdou ("Aêjorj,-)-efeu)T, Oùshifou ( raipii;)- Osip;? qui, en copte, redevient Oircipe par 
exception, et ainsi de suite'. Toutefois, comme tous ces ou remontent à des À rames- 
sides, il est probable que cette règle est récente eu égyptien et ne vaut pas pour les 
temps antérieurs à la /.o:-//,. Il convient donc de n'admettre la plupart des observations 
qui vont suivre que comme des hypothèses, vraisemblables à coup sur, mais suscep- 
tibles d'être réformées d'un instant à l'autre. 

J'ai dit plus haut* que, des faits observés, il résulte que ces valeurs vocaliques re- 
couvertes à la tin du système hiéroglyphique par les trois signes (1, *^, a, allaient 



1. La thèse A = OU = o-w n'est pas admise par Ranke (KeilschriftUclics Material. p. 74-76). 

2. Voir les conclusions, p. 110 du présent volume. 



•T 



118 IXTRODUCTION A L'ÉTUDE 



se réduisant à mesure qu'on remontait les siècles et ([u'ellcs aboutissaient presque 
toutes a une valeur commune a, vers la X\III' dynastie : il faut essayer maintenant 
de reconnaître quel était à cette époque l'emploi plus spécial de chacun d'eux. Parlant 
d'une manière générale, on peut dire : 1° que, exception faite pour des orthographes 
traditionnelles, (1 se place régulièrement à l'initiale des mots, et (ju'alors il recouvre 
une voyelle a qui, non tonique, reste immuable dans la langue postérieure, sauf le cas 
de diphtongaison avec le phonème recouvert par 1^, (j Amânou-Airioûnou- 

'3LAio¥it. (jg V J[ '^Anâpoii-Antmpou-lKii^n. mais (I p|r, U *^ 1||| eiwTe, et 

qui, tonique, devient ou-o-o, (I Q *A/)/vo-ï2-fi;, | ''Anoa-Otnou-'n-,, jxîgpî J| *An- 

harou-Ânhouri-'Owjpt-; 2° q^ie^, , rare à l'initiale des mots, se met très fréquem- 
ment derrière le signe initia! ou à la linale pour rendre un phonème a qui, tonique, 
reste rarement a en copte, mais devient o-w-e, etc., et non tonique à l'intérieur ou à 
la fin des mots, s'amuit et n'est plus représenté dans l'orthographe copte, ffl^. Jv 
Q s'&oV-cï'Êoe 7\ -siçÇoi M., y \ "^ fc^^'^ CT(oT T., IZ3CII I [^^^n^— V ujouj J'. M: 

uji^uj T. ujujuj M. ; 3" que a tonique, à l'initiale ou ailleurs dans le mot, est employé 

pour transcrire un v-f- sémitique doux, vocalisé a, mais que, lorsque o est atone, 

il correspond à un a simple et échange avec 0'^. > ^. • Nous sommes donc amenés à 

conclure que les deux premiers signes, (1 et ^, , ditierent à cette époque surtout par 
la place qu'ils occupent dans l'écriture du mot, mais iqu'ils recouvrent un même pho- 
nème, qui, étant placé dans les mêmes conditions, subit plus tard les mêmes altérations 
vocaliques, et qu'en général ce phonème était a. a, d'autre part, recouvre un a dif- 
férent du précédent : il est encore assez guttural pour servir aux scribes à rendre le 
v-f- plus ou moins bien, dans les transcriptions sémitiques, mais dans les mots égyp- 
tiens, ce n'est plus qu'un a un peu plus long peut-être dans la durée que I'a exprimé 
par (1, ^. . Je tire cette conclusion de la tendance qu'il a, dés lors, à se redoubler, 



^^ (1(1 Q "^ prés de ^^(lll^ ^ , devenant ainsi le type graphique des voyelles 
redoublées *.*., ee, oo, ww, du copte thébain. Bien entendu, je ne puis dire graphi(pie- 
raent jusqu'.a ([uel point les altérations vocaliques qui afïectèrent les sons couverts par 
ces trois lettres étaient déjà poussées : la recherche des faits relatifs à ces phénomènes 
est réservée pour un autre chapitre. 

La tendance à restreindre les valeurs vocaliques cachées sous les trois signes 

n, étant telle à la XVIIP dynastie, il y a chance que, si nous remontions plus haut, 

elle s'accroîtrait encore et qu'elle aboutirait pour chacun d'eux à une valeur unique qui 
serait bien certainement la valeur primitive, celle (pi'ils eurent au moment où le sys- 
tème d'écritiuc hiérogl\'phi(|ue fut créé. En français moderne, a tonique entravé et 
Ta protonique entravé ou libre, pAi't, krhre. Argent, cliKvbôn, KmôUr, inAii, la diph- 
tongue nasale ien-yen et la voyelle nasale ain-aim dans c/hen, /moyen, /jûyen, /jain, 
yXiM, I'ai àefAve, essAi, l'oi de armoire, c/rimoire, etc., proviennent tous d'Â-K latin 
dans dilïérentes positions, pArtem, Arborem, Argentum, cArbonem, Ainorem, mAri- 



Dli LA riIOXKTIQUl-: ÉGYPTIENNE 11!) 

tuin, cAueni, niedixnniu, paç/Anum, pA/iein, fAinem, fAcere, exAgiuni, (ji-niiimA- 
tica, etc., mais, comme en iVancais l'orlhograplie a suivi la prononciation plus ou 
moins, le signe primitif a s'est translnrmé parallèlement à celle-ci. L'anglais olïre un 
cas analogue à celui de l'égyptien : le son de la voyelle a beau être difTérent dans 
fAther, niA'i, icfiAt, aH, leopArd, riAme, et ainsi de suite, l'écriture con.serve toujours 
le signe-voyelle a que la vieille langue avait pris à l'alphabet avec le son qu'elle avait 
au latin tel qu'il était parlé dans l'Ile de Bretagne romaine. Ce que j'ai dit jusfiu'à 
présent de l'histoire des trois signes il . ^^, d, nous permet de voir (|ue dans l'égyp- 
tien archaïque comme dans le vieil anglais, les phonèmes variés de la langue posté- 
rieure ne s'étaient pas produits encore, et qu'il n'y avait sous chacun d'eux, ainsi que 
sous chacun des signes reconnus pour consonnes par tous les savants J , □, '^-=^, "cr:=«, 
©, etc., qu'un phonème unique, ou, si l'on veut, les groupes de nuances vocaliques 
que nous avons l'habitude de désigner par un signe unique; si donc nous disons que 
le signe a anglais figure une voyelle, il n'y a pas de raison pour ([ue les signes 0,^. , 
_n, ne figurent pas des voyelles. Bien entendu, je n'ai pas la prétention d'affirmer 



que, si ^^ par exemple sonnait a, il n'y avait sous ce signe qu'un seul des a possibles. 
Comme chaque modification de forme dans la bouche humaine produit une voyelle ou 
une nuance de voyelle différente, le nombre des voyelles et de leurs nuances est très 
considérable; aussi les signes (jue nous appelons signes-voyelles communément a, 
E, I, etc., représentent en réalité des groupes de nuances vocaliques différant très 
légèrement l'une de l'autre, et l'on considérera les signes qui représentent chacun 

d'eux, O.^^, fl, en égyptien comme couvrant chacun de ces groupes. Il nous faut 

donc essayer de déterminer quel fut, au moment de la construction du .système hiéro- 
glyphique que nous connaissons par les Pyramides, le son moyen de chacun de ces 
groupes : ce sera la valeur vocalique primitive du signe, d'où l'histoire de la langue a 
déduit depuis toutes les valeurs secondaires. 

Si je ne me trompe, U est un a moyen correspondant à I'a français dans pAtte, 
CAye, c'est-à-dire un  ou un À ouvert qui confine aux É comme dans la prononciation 
populaire Monptrnasse pour MontpÂrnasse,^^^^A est un À grave qui confine aux ô, 
comme dans les prononciations populaires parisiennes yàr pour yAre, ou dans les an- 
glaises aH, wos pour icAs; enfin 3° a est un a guttural qui rappelle le son du u-^, 

mais ne lui répond pas exactement et tourne parfois à l'A aigu, parfois à l'A grave. 

1° (] = a bref, aigu. — Cette donnée nous est fournie par le copte et les trans- 
criptions grecques. Il serait assez difficile de décider la quantité d'un a égyptien par le 
copte si cet a était toujours rendu par un *., mais beaucoup des a égyptiens sont passés 
vers l'époque gréco-romaine à I'e transcrit e-e, c'est-à-dire à deux sons fermés par 
nature. (]■==> est eAooAe en dialecte thébain, et cette transition implit|ue que 1'*. de 
*.AoAi M. lA4.a.\i B. est fermé, «.AoAi, «.'X^'Xi. ft dans le sens d'Occident est en 

copte ejJMf T. ejmenT M. et dans le sens d'enfer atiitiTe T. rViicit-t M. , dont la trans- 
cription grecque est 'A|jiÉv9r,; : I'e de la forme plus récente montre que l's. de la forme 
ancienne est un  aigu. De même dans □ ^ Jj : la quantité de I'a initial dans "Avouêtç, 
knùbïs, en copte 3tito-s-n, nous assure la valeur du [1 Â d'knoupou I] g ^ ^ . Les formes 



120 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



coptes cpioTe?'. epioTi M. B., efeoT7\, epHT T., etc., inius donnent pour [j de (|£=r3^, 
^^ , d , la même valeur a qui est conservée dans «.êot M. «.pHOT.U. (.Ahot B. Pour 
un mot comme i]^^ ' J], la transcription grecque "A;xii>o;. latin .4/»//;oh, senililciait indi- 
quer un a grave, long quantitativement, mais elle est artihcieile, tenant a I etymologie 
fausse qui dérivait "Afx;awv de 'iiJ-ino;; au contraire, les transcriptions cunéiformes et 
coptes Amânou-Am'oiinon ÎK.xxoTn et la transcription grecque rare 'AuoOv nous donnent 
pour Ta de h une valeur analogue à celle de "AvojSi;, "aSjSoc. et par consé(iuent un a 
aigu dans tous les mots où I'a = (| initial ne porte pas la tonique; lorsqu'il en est 
frappé, il subit une transformation phonétique, et il peut parfois rester bref, et aussi 
s'allonger, h donne en T. M., mais i.mT. M B. par suite de l'unification du .sou 

des trois signes "^v , (] et a aux temps postérieurs, toutefois, le (|ualitatif nn T. M. 

assure, pour le groupe (1 ' , la valeur première a/) avec un À aigu. De même ]\ 
en T. M. B. n T., mais à la forme féminine A eme. me T. emi, mi M. B., nous ra- 
mène à une valeur primitive kn pour 1 j] avec À aigu, pouvant passer à e puis à i, 

coT. M. p T. eA B. nous ramène à un son original .\r par là. En revanche, la forme 
féminine <=> donne eipe, ipe T. B., ipi J/. eAi, lAi i?., (I f) sonne oci .U. et U"^^-^ i^"«^. 
towne 7". witi J/., avec (1 A devenu o, w probablement pour la même raison que ujn. Dans 
tous les mots de ce genre, l'allongement de la voyelle est produit par l'accent, accent 
du mot ou accent de la phrase, et la transformation vocalique par l'histoire de la langue. 
De toute manière, il semble bien que (1 devant consonne, libre ou entravé, couvrait 
primitivement un  aigu. 

Il n'en est pas nécessairement de même de (1 devant voyelle. Nous rappellerons que, 
dans les mots où la combinaison 0^\ . i . s'est maintenue jusqu'à la lin. le (I est re- 
présenté généralement en copte par « T. i .1/., [I *^ j|j|r ciojTe 7'. id-V M .. 






ei(o, eiev T. i(d 7\ .1/. le^ M. Cette vocalisatiou i de (1 remonte au moins à la XX' dynas- 
tie, c'est-à-dire à la y.ow, du .second empire thébain, puisque le scribe du Papyrus 
Abbott écrit déjà (1(1 ^ pour (1 S* , mais pouvons-nous imaginer ce qu'était 

la prononciation du groupe (1*^, ^ aux temps antérieurs? La variante (1*^^,^ Y, 
Il *^ii:niD QA , û'^s ( <les mots très usités, c'est-à-dire prononcés plus mollement, 

D^ I , S7\, , nous indi(|ue peut-être la voie à suivre. Nous avons dit que 

était une voyelle gutturale, ce qui implique qu'il demandait son effort d'énoncia- 

tion; par corollaire, en diminuant cet elîort, on arrivait à 0+^^- 0^^r~n~]Q|\ est 
<^onc à qA ce qu'est, pour ic, la prononciation marquée par l'orthographe AÀ// 



que j'ai citée plus haut', et Kksltou pour une vocalisation approchant vshou. Le 
est rendu en copte par to, donc le (1 correspond à ei, i, et nous avons en copte un cer 
tain nombre d'exemples de cette mutation, 'A/-, né M. ll^i y|j\' ^"^ •'• 'i ^^^^^ 

compter les infinitifs à forme fi'minine tels ipie eipe, ipi M. <=>, eme 7'. mi M. I\ : 
il ne semble pas que cette altération .se soit produite directement, mais la forme 



1 \'oii' p. 112 du présent volume. 



DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 121 



bachmouriqiie et akhmiinique ec (Il et les formes semblables nous mettent sur la voie 
par laquelle elle s'est opérée : il y a eu une altération de a en e et de e en i, soit âkliou- , 
ek/ioH-\sS, «.s-ec-eic, et ainsi de suite. Dans eiwT elle est d'autant plus naturelle que c 
devant voyelle devient aisément i dans beaucoup de langues : on a donc eu pour (1^ 
une variante 0^-^ -^ât devenant i^;ÂT-ÎÀT-itoT-eiwT. L'explication est la même pour 

le rendu par es. i de devant d. 0^. iMf et 1 ^^■'■^^ ont pu se prononcer au 

début âadet et au, puis devenir èadet et éa ou avec mutation de À tonique en ô, 
*iôdc[t] eiioTe, ia-ià ei*., eiw. Si la variante eio T. M. de eiw asinus pouvait être invoquée 
légitimement, la prononciation eô donnerait la transition entre '*aa- et cidj de ^. 
L'orthographe (1 ^^ qui se réduit à (1 dans les mots en initial, rapprochée de la 
variante (1 V$\ pour o, peut donc servir à expliquer les variantes en t des mots com- 
mençant primitivement par a : ralïaiblissement progressif du son vocalique gut- 
tural correspondant à ce signe et son expression par (l^^^ont amené l'emploi pour lui 
de [1 seul, et n^ciproquement l'emploi de o aSaibli pour [|. C'est ainsi que ofi H, 

a tlil û n -il . A M no " '?^ 

j: cr3i , S et - D 1 ^^ deviennent (I fi S et [1 Q Q^ , ou que ■==. ^ U devient 

" • 'e Papyrus de Berlin donne les formes 0®¥\ i où la version de mon 

1 -Misi 



À ' 

teste porte ® vN ' et ^ i- Rien ne prouve mieux que ces variantes l'iden- 
tité phonétique qui tendait à s'établir entre les deux signes [1, a, et qui fut com- 
plète dans la masse populaire, vers les basses époques ainsi qu'au temps de formation 
de l'alphabet copte. 

Il semble résulter de ces considérations et des variantes [1^^, (1 



], qui les ont suggérées, que, la combinaison fl -|-^^ représentant clans ces cas 

par une sorte de diérèse un son unique exprimé par d, (1 et *^, ne pouvaient pas 

représenter à l'origine des sons éloignés l'un de l'autre; puisque le signe ^^ couvre 
très anciennement un À, (1 ne peut cacher qu'un  im peu différent, d'après sa position 
dans l'orthographe, un a. De même, en effet, que, dans l transcrit approximative- 
ment Aa//, le son Aa analysé donne l'équivalence Akli, de même la variante (] ^, crnn 
G]\ pour ^^ nous indique à l'analyse une éuonciation AÀ.s7;o;<, Â-f-A, et non une pro- 
nonciation originelle îas/iou, comme l'analogue eiwTe T. iio-J- M. pour (I *^, «v.aw 

pourrait sembler l'exiger si l'on prenait l'orthographe l\ '^^ r-w-i g7\ comme exprimant 
la valeur totale de a à l'origine. 11 est probable que la prononciation aâs/iou, affai- 



blissement de la prononciation Âshou 0Â . évolua d'abord vers kâs/iou, et que, 

suivant des phénomènes bien connus e devant voyelle, surtout devant o, cet e se di- 
phtongua avec o, k5 et disparut en lui (cf. en français les prononciations seau, beau, 
eau, veau) tandis qu'ailleurs ea, eô devinrent ia, iô (cf. les prononciations dialectales 
siau, biau, tau, viau), si bien que si les orthographes [1 ^^^C3i3i QA , 0^^ f avaient 

exprimé le son réel du mot, celui-ci aurait sonné successivement aas/iou, *É\shou 
*Kùshou, *Ëas/i-*iûsA, et *am/ou, *tiAqou, *Eàq-*iôq, de même que û^^ 

16 



A/WWV 

AA/\A^/\ 



122 INTRODUCTION A L'ÉTIDE 



AAAAAA 



sonnent successivement Axdet, \i\de, Eôrfe-eiioTe, kkou, ÊÀoa, ïÂ-i*., lô-eiw. 

Du moment que dans le copte les mots ^A» aboutissent à wig, ior, avec un u> 

simple sans ei-i préliminaire, c'est que l'ortliograplie (I v^ rTr-i gTv, (1 ^. [ ne cor- 
respondait pas à la prononciation exacte, et par conséquent que il ^^, n'était pas un 

équivalent complet de o ; un mot renfermant o ne pouvait aboutir à une forme 

possédant l'ci-i initial en copte que lorsqu'il préfixait régulièrement un (1 devant û, 

t\ AWVNA 1 



comme i aaa/^ eid.-j&^ eito-io). 

1 AVi.^AA 



û médian suit les destinées de (1 initial tonique. Lorsqu'il est ancien, le plus sou- 
vent il s'altère, et alors il absorbe la voyelle exprimée ou non exprimée de la consonne 
précédente J (1 .^^ &^k T. fewn A/., J(|^^^'^ èh.s' T. kn-s. M., %>(|"^è^ orto 

(dans 'Pr,oj<.), le (| s'est fondu dans^ ou-ot et *^, est devenu w). Lorsque le son équi- 
valant à (1 antique est entré dans l'intérieur du mot vers l'époque de la /.oivr;, il a géné- 
ralement le son I, et alors il peut ne pas être noté dans l'orthographe traditionnelle ou 
bien être marqué par la notation plus récente, \\\\ comme par le (j antique, J ^ 
&oine T. oirwmi M., J (J(J "^ %*= *oTvif. 

Ces formes en i médian ont dû se multiplier dans la zoivr;, mais nous n'en soupçon- 
nerions pas l'existence, si le copte ne nous en avait pas conservé les dérivés oeiK T. 
wiK M. iJK 5. de"^^^ ^, ce qui suppose une variante 0^.^ , > ^"^''^S^^^ ^ ^v ' 

AAAAAA ■ O j'^3' 

noeiK 1\ Ï1W5K M. de ""— ^ . HoeiT T. iitoiT J/. de I o , OTieine T. de -^^^ J\ , juA.€in T. 



A&Hin B. AiHini M. de , c*.ci« T. cHini M. de V\^, etc. Ce n'est pas le lieu d'en 

rechercher ici l'origine : il suffit pour le moment d'en constater l'existence. 

Le (1 final fut remplacé presque partout par le [1(1 dans l'orthographe courante, à 
partir de la seconde époque thébaine, mais cette substitution avait commencé à l'époque 
memphite et réalisé de très grands progrès à partir de cette époque : il convient donc 
de rechercher quelle pouvait être sa valeur au moment où le remplacement de (1 final 
par ]\\\ s'est opéré dans l'orthographe. Il va de soi qu'il ne sera question ici que de la 
valeur de (|(| final, et que je rejetterai au chapitre des sonnantes toutes les discus- 
sions relatives à \\\\ en général. Graphiquement 0(] étant (1 redoublé, sa valeur doit être 
celle de deux (1, et, de fait, l'école berlinoise considère des formes IT)P Ijû' ^s2>- ûû. A 

[10 à la première personne du singulier comme répondant à ifl 'Ij + (]. ^s>-[l + û. "^X* 

H-l" (1, et elle les transcrit msj-j-J, "'i + i, /'t/j + J, tout en admettant (jue c'est là un 
reste d'orthographe ancienne et qu'ailleurs dans le même temps [1(1 représente un son 
simple, ^i [j [1 , ^^[l'";:^::^ : mut~k pour mil-k-, hjhi-lx pour hfts-k, selon sa 

manière de transcrire. Mais est-il bien certain que \\\\ ait dès lors, et dans cette posi- 
tion, la valeur des i = j des Berlinois? Il est prouvé par les noms propres que sous les 
dynasties memphites le signe \\, servant de variante au pronom w^ de la première per 
sonne, avait la même valeur phonétique que ce dernier : c'est ainsi que ""^Jt 

(Lepsius, Denkmâler, II, pi. 10) se rencontre sous les formes ^^^t [] et "^r, 

AAAAAA 1 

(iD., iota., pi. 110). D'autre part, la préposition '^«aw revêt dans les textes des Pyramides 



1)K I.A IMIOXKTIQMK KGYPTIENXK 123 

/VWV\A WVSAA 

les funnes n et (i [i ' et correspond dans plusieurs transci'iptions grecques ou coptes 
à NA, NE, NI. Il semble Inen, [)ar les variantes, qu'on trouve dans le sens de ces exem- 
ples à l'époque niemphite que [1 linal et (1(1 avaient dès lors la valeur i, et <|u'on pro- 
nonçait "^^ (1 ^ =: <=^(|(| *ma/-aï ou *meraï, ^, (|, ^^f""^^^, ^=f^^^ 
*Ouararinaï ou *Ocraî-iné\. La marche suivie par le son  pour aboutir à i est proba- 
blement la même qu'on observe dans beaucoup de langues, mais, sans insister sur ce ' 
point, il suffit de constater qu'elle est très ancienne et qu'on trouve (^(1, à la IIP dy- 
nastie, à côté de ® y\ (1 ou de 1 ''i'=— (1. Une fois établie pour la finale, elle fut appliquée 
à l'initiale, surtout lorsque (1 se trouva en contact avec un *^^ ou un - — a suivant dans 
l'orthographe. Il semble en effet que l'égyptien très ancien fut sujet à une sorte de 
prosthèsede cet (1 devant les voyelles, qui, d'abord non écrite, fut plus tard représentée 
graphiquement dans les mots, et qui entraîna des modifications phonétiques dans ceux 
d'entre eux qui étaient formés de plusieurs occlusives. Les textes des Pyramides en 
sont remplis, aussi n'en citerais-je que quelques exemples, tels que [1 lY';^^, A'^JÇ^ 

^^ , \\ , \\ |, et ainsi de suite pour cette catégorie. Doit-on prononcer sous (1 une 
voyelle simple, Â.skou, tslimou, Xkhpoii, a^cIou, ou admettre ici un y-i préfixe 
vocalisé, yah/wu, YAshmou, Yxkhpou, Yx^dou, dans les deux cas avec suppres- 
sion de la voyelle placée entre les deux consonnes écrites à la forme simple, , 

[\^=^' ^^' «^'^•- L'analogie des formes telles que (] "^#, \ ^ J- \^ ^ 
* krapou-Hfn, A'ndnou-tk.xxoTs-n, Anâpou-Anoûpou-Sk^noTm, me fait pencher pour la 
première hypothèse. A, comme tout ce que nous appelons voyelle, renfermait un élé- 
ment consonantique très léger, qui a permis à certains linguistes européens de le 
traiter comme une sonnante : l'égyptien employait l\ avec sa valeur purement voca- 
lique dans le cas où il précédait directement la consonne suivante; il ne donnait la 

valeur de sonnante que lorsque l'orthographe présente en variante un *^ ou un a 

derrière h. Or (10^^=^, l]'^"'^. i Op,. ^ ^^ - '^^^■' ^"® présentent jamais, à ma con- 
naissance, des écritures (j'^lY^^z:::^, i]'^'^~'^y' n'^n' h"^*.^^' Dans les cas, 

au contraire, où les orthographes en (1^^ . u o, interviennent en variante de l\, de 

*^, ou de a, le signe u prend de Ijonne heure comme correspondant un i-ij-J pro- 
noncé qui a pu rester en copte : *^ 9 devenu (1 '^ fi , et par suppression pure- 
ment orthographique du signe représentant la voyelle À (1 Q , est en copte eiwg^e T. 
lo^i M., et on a de même^^~rr~, U TT" , (J^^ P -^- i^^c. i"c M., etc. Toutefois, dans 

la plupart des cas, la forme en l\ prothétique est revenue à la forme primitive vers 
l'époque où (1 avait remplacé presque partout *^, dans l'usage graphique, au début 
des mots, et où il n'y avait plus sous les deux signes qu'un son a et ses substituts his- 
toriques E, Ô, ou, ô, ^^ /2l = (1 ^^ = (1 eAooAe T. js.AoAi M. Une forme 
telle que «eoT T. iwt M. pater suppose, comme je l'ai déjà dit, une forme égyptienne 



1. Maspero, Notes sur quelques points de r/raminaire, dans la Zeitschri/t, t. XXI, 1884, p. 8:-!-84. 



124 INTRODUCTION A L'ÉTL"DE 



seconde \ ^Sr» 'lui ne s'est pas rencontrée encore à côté des orthographes tradi- 
tionnelles \ , c 

go "^^ ^ À grave. — Cette donnée nous est fournie par le copte où le son qui 
succède dans l'orthographe alphabétique au signe "^ de l'orthograplie hiéroglyphique 
est toujours man|ué a la toni(|ue par une lettre longue, généralement co. Ici l'histoire 
est beaucoup moins longue à retracer que pour [1. A partir de la XMII" dynastie 
pour le moins, c'est-à-dire dans la xom;, <^ n'est plus employé au commencement des 
mots que par tradition : on écrit bien encore ^Sj^'^, ^^n^' ^, ^' 

^1^^' ^P^'' ^-^^^ ^'^T' ^P®^^' '''■' '^"^'^^ ""*''^"^'' 

mais il y a de plus en plus tendance à écrire \\ ffl J ~«^~^, O,-,^- "^î^- 'j^.'^' HmP 
^^ , 1 ^A et û^;^^. i]n®r- „■ Comme je l'ai déjà dit, à l'époque gréco-romaine, 

s ^^"^v '^® ^^"^ l-"^"^* ^^ ''' tonique que les variantes graphiques d'un même son lo, w<î'& T. 
wxq M., loTH T. M., cotT M., cjgc T. loc^ M., dans la plupart des mots que le copte a 
conservés. Or l'o tonique descend très souvent d'un a ouvert ramesside, ainsi que je 
l'ai indiqué déjà souvent, et que les transcriptions cananéennes le prouvent. Et cela est 
vrai en quelque place qu'il se trouve en copte, ainsi dans ctw T. AI. où l'équivalent 
hiéroglypliique est [I l|^'^^l](] • le ^ féminin est tombé, dénudant la vocalisation 

féminine M = i-e, qui, se diphtonguant avec w de'^i^A toniiiue, s'est résolu sur ce 
dernier son, comme je l'ai mentionné il y a longtemps déjà. Il est inutile de citer 
d'autres exemples de ce fait bien connu : il faut observer seulement que À tonique 
écrit'K^se combine alors avec un i-e, m masculin, la diphtongue "^^^(^(1 Àï peut se 

réduire également sur e, P J^'^t^tli ■'^<ib-\ï, ■^'^•'Àï, cfce T. M. cèk B., et cette di.s.si- 

milation phonétique de"^^!]!] masculin '^'^'ec'^ÛO <^e'^(|(| ^ féminin, toujours main- 
tenue, eut pour efïet de perpétuer la distinction entre les deux mots, qui, s'ils s'étaient 
transformés de la même manière, auraient fini par prêter à l'amphibologie phonétique. 
Dans bien des cas, la combinaison *^ 0(1 avec "^^ à la tonique correspondit en copte 
à une valeur «.i, ei, selon les dialectes où «., comme toujours, caractérisa plus spéciale- 
ment le momphiti(|ue "Çx O^J îJTlr /) '^*"''' ^ ■ ^^- ^- ^" ■^■' V A ^^tH ois"2t*.i T. M. o-s-iiei 
■^•' ^"^v^'l ^ 2*"' ^- •'■''• 2" ^- Ce n'est pas le lieu d'essayer l'explication de ces dif- 



férences de traitement phonétique dans la forme dernière de la langue : il suffit de 
noter ici qu'elles tendent toutes à nous ramener vers la valeur À pour n^ tonique dans 

les temps plus anciens. ^^ atone s'amuit à la médiale ou à la finale, ffl ^, J V 9 
rikbmli, GBoJ'en copte s'fcoe, a'fcoi T. ■s.^oi M., U"kn, ^v 00 ^ /xkmdï-KMOï s'axe T. M. 

^^T., J^^JV^^ baÙAS..!.T. M., ^l\2^ plfûkhA-pôhbA nco^, 
n*.j T. t^ix)^ M. Il est probable que l'A primitif devint e féminin avant de s'amuir et 
(le disparaître entièrement. 



1. Dans la forme régulière, l'aninial tuuriie la tète. 



DE LA 1'1I(iX1':TI(,)UK ÉGYPTIENNE 125 

J'ai déj.à étudié sous (1 i;i valeur do la combinaison 0^> . il n'y ii donc pas lieu 
de revenir ici sur t-llo. 

3" À guttural. — Cette donnée nous est fournie par la manière dont les scribes 

ont employé ce caractère pour remplacer le c-ç- sémitique, tout en tenant compte du 
fait signalé plus haut qu'ils ont pu le remplacer ou parfois le doubler par la combi- 
naison des deux signes (j'^^dont la valeur se rapproche lorsqu'ils sont ainsi assemblés 
de celle du signe sémitique, mais ne couvre pas celle-ci entièrement'. Toutefois, ce 
son était de nature trop instable pour garder indéfiniment sa valeur primitive : dans 
la y-m-tr, ramesside, il semble ne l'avoir conservée que par tradition pour rendre tant 
bien que mal le v-f- dans les mots sémitiques que l'usage ou la conquête introduisirent 
dans la langue, mais, partout ailleurs, il n'est qu'un a non guttural, long de préférence, 
mais qui, lorsqu'il est atone, s'abrège et s'amuit. Ajoutons, comme dernier trait 
d'identité de nature, que les trois signes peuvent se supprimer également dans l'ortho- 
graphe hiéroglyphique, ce qui semble bien prouver que, ne recouvrant pas à l'origine 
des sonnantes, ils doivent marquer des voyelles. Mais je ne veux pas appuyer sur 
cette considération dans cet article. 

En résumé, la conclusion à laquelle m'a conduit une étude de près d'un demi- 
siècle, c'est que l'égyptien a possédé dans son système d'écriture trois signes et leurs 
variantes graphiques, qui correspondaient chacun à un son vocalique unique II Â. aigu, 

*^Â grave, fl a grave guttural; pour parler le langage courant qu'il avait dans 

son appareil graphique de vrais signes-voyelles aussi bien que de vrais signes-con- 
sonnes. Le temps produisit sur ces trois signes les eâets qu'il a produits sur tous les 
alphabets. Les différences quantitatives et qualitatives que chacun d'eux pouvait avoir 
par rapport aux autres s'effacèrent, et ils ne furent plus que des signes homophones 
ou presque échangeant constamment l'un avec l'autre, mais qui se plaçaient de préfé- 
rence à des places spéciales : (1 se m et à l'initiale d'un mot ou d'une syllabe, l\ Jj 
(1.^^ h(ï-k-nou, \\^ shà-rà-AOu, *^ tonique préfère reste r en 

enclitique de la voyelle ou de la consonne qui le précède immédiatement, U ^\ ^M 

rÂrfe^-ciwTe, et atone il s'amuit, s"^ J^ *? gkboûi-t^koi, ^l'^rn poTikhk- 

nioo, enfin le a persiste à toute place dans l'écriture, mais son expression peut 

s'amuir à la finale non accentuée -^ nimk-mix, avec la progression à-d-e. Tout 

cela, bien entendu, sans préjudice de la tradition qui maintient jusqu'à la fin des or- 
thographes anciennes en concurrence avec les modernes ^^ fi à côté de UX^ , 
(1^^ sans "^^ médian ou <=. .sans M ni "^^ que supposent les formes coptes eione 7'. 
lo^t M., etc. Dans le même temps que ces confusions graphiques s'accomplissaient, une 
évolution phonétique se poursuivait sans cesse sous les signes d'abord affectés chacun 
exclusivement à un son. Les phonèmes de l'égyptien comme ceux de toute langue 
parlée sont en voie de changement continu, et les modifications qu'ils subissent par 
degrés presque insensibles aux contemporains suivent des lois constantes : une fois 



1. Voir p. 113 du présent volume. 



126 IXTRODUCTIOX A L'ÉTUDE 



donc qu'on a retrouvé des correspondances constantes entre certains phonèmes à deux 
ou trois dates différentes à l'époque byzantine, à l'assyrienne et à la cananéenne par 
exemple, il devient possible avec beaucoup de précautions de rétablir les formes transi- 
toires qui se sont produites de siècle en siècle entre ces dates, et même de reconstruire 
quelques-unes des formes antérieures. Je n'ai pas étudié ici, sauf dans de rares occa- 
sions, quelle était l'action des plionèmes les uns sur les autres : il y a là une série de 
phénomènes que je me propose de déterminer plus loin dans ce livre, lorsque j'examinerai 
la S3ilabe et le mot. Je n'ai voulu analyser pour h moment que les phonèmes fonda- 
mentaux à l'état isolé qui se cachent sous chaque caractère, et constater ce qu'ils peu- 
vent devenir par la suite des temps. Pour ce qui est des caractères [1, ^^, - o, j'ai 

réussi, je crois, à montrer d'une manière certaine, jusqu'à la XVIIP dynastie, que les 
valeurs phonétiques nombreuses, qui se cachent sous eux aux bas temps, se laissent 
ramener à deux ou trois valeurs; ce point déterminé, j'ai pu remonter par déduction 
plus haut, jusqu'au point où, n'exprimant chacun qu'un phonème unique, ils étaient de 
véritables signes-voyelles, tels que ceux de nos alphabets, et non plus des voyelles 
vagues, ou ce que l'école berlinoise appelle des consonnes faibles, vocalisées varia- 
blement à toutes les époques, .sans tenir dans son appréciation de leurs valeurs un 
compte suffisant de l'histoire de la langue. 



3» SONNANTES 

L'égyptien possède six caractères-types qui représentent des sonnantes, c'est-à- 
dire des phonèmes dont la situation est intermédiaire entre celle des voyelles et celle 
des consonnes, (](],%', <=>, ^v . ^'^''^^ Ces signes partagent avec les voyelles le pri- 
vilège de s'écrii'e à volonté; commun dans les temps anciens, il subsiste par tradition 
aux époques plus récentes, et la cause n'en étant pas toujours saisie d'instinct par les 
scribes, ils l'appliquent par extension erronée à des explosives. C'est ainsi que l'on 
trouve dans ces textes , 5 1 1 1 ', ^ et les autres formes qu'Erman a citées, 

il y a plus d'un quart de siècle, pour ^^^^ , 5 J I' Ij ', a'. Quand ces va- 

riantes ne sont pas de véritables abréviations, comme celles que M. Montet a citées 
récemment dans le Sphinx, il n'y a pas lieu de les considérer comme régulières : ou ce 
sont des fautes d'orthographe involontaires causées par l'oubli d'un signe, ou, si elles 
sont voulues, elles .sont dues à une fausse analogie avec l'usage des mots à voyelles ou 
à sonnantes. On ne reconnaîtra' comme légitimes que les graphies W», fi 



1. Erman, De/ectice Schreibungen, dans la Zeilschrift, 1891, t. XXIX, p. 33-39. 



I)K LA l'IlÛNP'TKiUK ÉGYPTIKNNE 127 

^ M, Ooto, Rë®^. o, (^ ■=*=• ^^. Ceci dit, examinons cluicun des six carac- 

tères à loisir et déterminons-en la valeur. 



W 



, qui a pour signe auxiliaire, à partir de la IV<= ou de la V dynastie, d'abord 1 1, 
puis W, est tantôt voyelle simple, tantôt semi-voyelle, élément de diphtongue. Gra- 
phiquement, il se place assez rarement au début des mots : en cet endroit, c'est, ainsi 
que je l'ai dit plus haut, le l\ ijui ligure avec le son que nous connaissons à (1 et que 
ce dernier avait pris au cours des temps. A proprement parler, M n'est que [1 écrit 
deux fois : comme la graphie anglaise ee pour i, dans eel, need, see, est formée de 
deux E accolés, la graphie égyptienne w] est constituée par deux (1 qui ont pris avec 
le temps la valeur de la sonnante i. Il s'écrit assez rarement au milieu des mots, aux 
temps anciens, mais il commence à se multiplier à cette place vers la fin de l'époque 
thébaine, et il devient assez commun dans les graphies démotiques. On le trouve alors 
en variante de [ au commencement des mots, et le témoignage du copte prouve qu'il 
y fait souvent diphtongue avec le son écrit ou non qu'exprime anciennement ^^ ou 

— r eiOAi T. ioxx T. AI. iii.xi. B., " 1 eioop T. lop AI., ^ 1 I I 



iw T. M. 16. 5., * 1 1^9 "«^^ T. i*.A M., *(]|]^I±3c. enoTeT. iiotc?'. M. 



O I 



Kof3/. VOS, etc. Au milieu des mots, lorsqu'il est précédé immédiatement de (1 ou de 

le phonème qu'il prend fait diphtongue avec le son couvert par ces signes, ( 
(avec une variante je ""^'^ disque solaire), l'antique U'^-'^^ , prononcé àiten, mais qui, 
donc, s'il avait survécu en copte, y aurait revêtu une forme, eiTn T. rrere M.; 0(j(jT 
^^^ jj, qui, prononcé primitivement *Aïkh en composition 'a-/~, s'est affaibli en eïkh, 
puis résolu en i^ M., "^^ ûû "yj^ -2^ M Àioul devenu eioTA T. M., "^^ 00 ^^^ a.ït, 

dont l'équivalent n'existe pas en copte, -jlflOO inmi o-s-ocit, o-s-cit T., avec une prononcia- 
tion plus ancienne ouAit qui est devenu, par obscurcissement de À^^, o-s-oeiT, puis 



par contraction de o dans ot, otcit ; des formes telles que «.eiK T. e.iK M. montrent que, 
dans "^v (1 (1 mnD de l'ancien "^^ , la première syllabe ^^ se complétait d'un i dans 

la prononciation, et que, dans lût] J ^^-C-^, le ^^ inhérent du signe T se diph- 
tonguait avec le M adventice pour donner le memphitique Atuin par substitution 
dialectale de h à t., Khkihi comme dans nni, egpm, etc., pour le thébain itô-V, e^pa-V. 
On n'aurait pas de peine à multiplier ici ces exemples du son i se diphtonguant avec la 
voyelle contiguë, soit qu'il soit représenté par un (1(1, soit qu'il ne soit pas figuré gra- 
phiquement. Je préfère indiquer ici que dans le démoticjue le son i qui s'était introduit 
au cœur des mots sous le second empire thébain et qui ne s'écrit qu'exceptionnelle- 
ment en hiéroglyphes est noté par ( (1 à sa place : n \\ '^-=^ 2^3 «iq T. M. nebula. 



128 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



piAxeT. y>ixx,.U. A.AX. ^-^ *J ^ fjfj ^ ^ ^'^^ -^^•' ^ IM (| 



HjioA» M. pour *iyoiJLi, n n q koeiuj 7'. itwiuj .17. pour */?Âls//, t^^^^iit] . neipe, 
nipeT. *ipi M. pour <=>, etc., sont les orthographes démotiques de -C-^ , |, 



^^, l]^^^;ïïï^^< <=>• A la fin des mots, le (1(1 est devenu beaucoup plus fréquent en 
démotique qu'il n'était autrefois. En effet, le o, marque du genre, étant tombé, 
comme nous le verrons, à la fin des mots féminins ou assimilés par erreur à un féminin, 
le son-voyelle, qui mouvait jadis cette consonne et que d'ordinaire ou n'exprimait pas 
par un signe, a été marqué le plus souvent en démotique par un l\l\ final, à l'endroit 
duquel le copte note un « ou un i selon le dialecte, ' "fe^ Ot ''==>^ ciqc, cHfee T. ciqi, chèi 
M. B., anciennement 1 ''=&^, ^^flîlo ""f^- ootc 7'. o-\, otti -17. pour (I '^, 

cwoT^e r. ccooTcgi .17. de n%| écrit aussi (l"^!!)!] parfois en hiéroglyphes aux 
basses époques, ^^O"^ nov^^cT. itoToi J/. . Q écrit aussi dans la -/.oivr; Q, 

il7. .fî. pour (I § , (^ §, etc., ou pour les pseudo-féminins, (^ (j (l anm lonc, wwnc 

T. co„. .U. 7Î. pour (] _ , ()<^^^ l \l\ï\i^ — c r. ^ee.e B. pour 
^J ^*.H^^7.,*(|'^|](]^^, "^(11)71' ^P"^' P"^^- eP<Ç"A7. eAn„„.5., 
On (l(J"pV -xcocojixe, -xcojuie T'. •jiiDtoAi.i B. ■xwij.. .17. pour ft ^, JT , ^ 

^e3-etc. 

On remarquera que dans cette orthograplie 00 peut jouer trois rôles différents 
selon la place qu'il occupe : en premier signe du mot, c'est un élément de diphtongue 
qui peut devenir simple voyelle en copte (](^(] T ^^t Jj "^ï^'/'-ï^. ' ^ "^^ ^"^^^ eioxi, 

ioxx, le.**.; à l'intérieur , du mot, il est quelquefois élément de diphtongue T(J(J J h^» 
xl_i ^HiÊi, mais le plus souvent simple voyelle [ir3i(l(l neipe, nipe, <çipi; enfin, à 

la finale, il est toujours simple voyelle, et il correspond en copte à e ou i, suivant le dia- 
lecte, ou même il s'amuit complètement et il n'a plus d'équivalent graphique, surtout 
dans le dialecte du Nord, et quand il s'agit d'un mot qui était masculin dans la langue 
antique, *^~T^"^(1 (1^9 Aia.s.'se T. xx6.ai^ M., '^"^Mi)^ reo-s-g^e T. noTPgi il/. Ces 
faits que nous révèle l'orthographe démotique sont confirmés par les transcriptions 
grecques, puis par l'orthographe hiéroglyphique de la même époque. Le Papyrus 
gnostique de Le y de-Londres donne en effet les transcriptions suivantes : 



n4.e, quand plus loin /^^(JO est rendu n«.ei équivalent àne.i préfixe du memphi- 

tique, n«.V «.Ao-n-, (1(1 f=i est pex, soit avec l'esprit rude pour h, p^- où I'e est 

peut-être une résolution de la diphtongue «a qu'on retrouve dans *2pa.ir. de egp«.i; 



w 



DE LA PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 129 

^.=_ 00 ^ r^ii transcrit uj&e, ujûn où il semble bien que k ait sa valeur ancienne de 
Ê, etc. On lit de même dans les transcriptions ptolémalques et romaines des noms 
grecs e. Win». dI)!)^"^— ou ^I\I\°^ «,^,<, "fl^^ljfl ..„,,,„,„, 

[J(Jg Ac,.......;,-, ^ (](]__, ^(l\\i|^ et rarement g J[)^_ avec le 

complémentaire de la diphtongue ta dans Tpaiaviç, M [^(^ et rarement (j'^ 

_ •-%'-. __,Jfl^\, --•- ^^ ■^v:^'o. ^ q q .ww., ^lf(l(j__ 

'AvTwvTvoî, etc. Dans ces transcriptions, quand (1(1 ne marque pas la voyelle simple i du 
grec ou du latin, mais qu'il est semi-consonne ou élément de diphtongue, c'est cet i 
(Iq qui est toujours écrit dans les hiéroglyphes, et les autres éléments sont rarement 
exprimés : la combinaison aïo de u-rAtuoCio:; est toujours rendue par un 0(1 seul qui, com- 
biné avec I'a inhérent à ^^ou / précédent et n'exprimant pas o graphiquement, 

nous apparaît comme (lui qu'on doit pro noncer 7?*aio.s et non nus. Si quelquefois 
w^impo-, icxioî, Tpociavôç s'écrivent ^^^0(1<=>, ^"^.OU '. m 'J^'^^ ' "^^ "^'^st que 
par exception, quand la fantaisie du scribe s'est ingéniée à varier les formes des car- 
touches. Il résulte de tout cet examen que (10 jusqu'à l'époque saïte rend les trois sons 
i-voyelle, i-semi-consonne, É ou Ê moins fréquemment. 

Il est assez difficile de pousser plus haut l'histoire du signe (1(1 d'après les transcrip- 
tions. En premier lieu, ces transcriptions sont peu nombreuses, et puis un grand nombre 
des orthographes en 0(1 qu'on trouve écrites à l'époque démotique ne se rencontrent 
plus avec 00 que rarement aux époques antérieures. Ainsi ces féminins en M final, qui 
sont si fréquents en démotique, sont remplacés en partie même alors par la terminaison 
non vocalisée du féminin traditionnel ^, qu'on supprime souvent : 



C3ED'=' r-wn 






= ^, 0. etc. Les exemples sont innombrables, et ils nous donnent graphiquement 



1. Je rappelle que, dans les transcriptions grecques de ce papyrus, T -j est employé pour exprimer les 
aspirées Ul et 0. thci est donc ici l'équivalent de g^HCi = J 



In 

17 



130 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



l'histoire de la flexion féminine. C'est d'abord, dans la plupart des cas que j'ai relevés, 
l'adjonction non vocalisée du suffixe féminin ^ au tlième du mot ^>,"0i 0' 

puis, le T tendant à disparaître, l'intercalation entre le thème et lui de la voyelle M du 
féminin "^,^^"^0' rn tj^'^O' P^^^ ^'^^"'te. le t s'étant amui complètement, on le 

retranche à volonté de l'écriture, et il ne reste plus iiue la voyelle [](] suffixée au thème 
(1(1 ou ce thème nu H derrière lequel on rétablit la voyelle dans la pronon- 

ciation itoToi-iioToe. Ceci est la généalogie des formes, mais il va de soi que leur succes- 
sion n'est pas strictement chronologique dans la représentation matérielle. Au fur et à 
mesure que la graphie première A s'use et que le <=. s'amuit, on trouve plus souvent 

/V%AAV* l\ n . AiWV»A f\ f\ A AAdWV\ y. AA^.W\ ^ . 

0(J=^O- puis ^^0*^* r-1 V "^^ ri ^0 c':iiis les textes; toutefois chaque va- 

riante nouvelle ne chasse pas les variantes précédentes. Elles se cumulent au lieu de se 
chasser l'une l'autre, et, dans les derniers siècles, les scribes les emploient toutes indif- 
féremment dans l'écriture monumentale, sauf à leur attribuer à toutes la même pro- 
nonciation ttoTg^i ou KOToe selon les dialectes. (1(1 final était donc à cette place une voyelle 
pure couvrant deux phonèmes i, e. Si maintenant nous remontons les siècles à sa suite, 
nous sommes amenés à nous demander jusqu'à quelle époque il a possédé cette double 
valeur, ou, dans le cas contraire, en quel temps il n'en avait qu'une encore des deux, 
A-E ou bien i. Les transcriptions cananéennes d'El-Amarna donnent pour la terminaison 
féminine presque toujours a, rarement i. Ainsi [j (1 ^ est rendu par eus Arna/iap- 
p\, mais aussi Amanappi où (I ^ a comme valeur de la terminaison féminine tantôt 
A, tantôt i; :3^q S\ est mouA et parfois mououA ou mou dans "î^, " ^^ ■ ^l„„^\fi, 

avec fl = ou, avec a =: Â ci, ou même avec suppression complète de la terminaison 

féminine en composition. En face de (! |v U. -^^ lll'j R ®* R' ^® cananéen 

met namsA, ma:;ikdA et rahtA avec a pour la flexion. En composition, se pro- 

nonce Hi- dans jj J Hikouphtah et, par conséquent, nous fournit une valeur i 

pour le féminin. Donnés les mots coptes, on voit que Ta de la transcription cananéenne 

correspond à e du dialecte thébain, (1 ^ .4n/)A-&ne-n*.&ne-onc-noone T., „ vahtA- 

\ LA en ^=> ' 

pwgTeT., tandis que l'i reproduit l'i final féminin du dialecte memphite, (1 ^ Appi- 
oni-ioni-cotÇi-nô.oni-n*.coni. Il y aurait donc eu, à ce moment-là, dans l'égyptien quel- 
ques-uns des traits qui caractérisèrent plus tard les dialectes coptes, le féminin en e 
pour les gens de Thèbes, et le féminin en i pour ceux de Memphis ou du Delta en 
général, ce qui ne veut pas dire que ces dialectes fus.sent déjà constitués entièrement : 
les Egyptiens du second empire thébain avaient une langue moyenne, ce que nous ap- 
pelons la xotv/, alimesside ou ramesside, mais dans chaque canton subsistaient, surtout 
pour la masse des fellahs, des liabitudes phonétiques, des usages grammaticaux, des 
expressions locales qui leur formaient un parler spécial souvent inintelligible ou peu 
intelligible aux gens des cantons éloignés. Le latin était une /.oivr; pour les Italiens, 
pour les Espagnols, pour les Rhètes, pour les Daces, pour les Gaulois du IV« et du 
V'^ siècle après J.-C. : si les documents .s'y prêtaient plus qu'ils ne font, on retrouve- 
rait dans chacune de ces provinces romaines, à cette époque et à l'état embryonnaire, 
quelques-uns des traits qui se rencontrent aujourd'luii dans l'italien, dans le provençal, 



l)b: I.A PHONÉTIQUE ÉGYPTIENNE 131 

dans le portugais, dans l'espagnol, dans le romanche, dans le roumain, dans le français 
et dans leurs dialectes. 

On peut achever de prouver (pie Ta final des transcriptions cananéennes dans 
certains mots correspond aux deux signes (1(1, \\ du système hiéroglyphique, en exa- 
minant quel y est le rendu des mots égyptiens qui, selon les dialectes, finissent en 
copte par un e ou par un i; toutefois, avant d'aller plus loin, il importe de dire quelques 
mots du rôle que joue \\ jusqu'à cette époque. On peut poser en principe que, sauf 
dans deux ou trois mots, \\ ou il ne se rencontre pas à l'initiale. On a cité perpétuelle- 
ment des orthographes comme celle de ^ = dans les cartouches de Titus et de 

^^■^ (I ^^, Wf j d'"i« des inscriptions des bas temps, mais 
les cartouches proviennent les uns d'un temple tel que celui d'Rsnéh, où le décorateur 
a voulu avant tout varier les signes, et les autres exemples sont tellement isolés qu'on 
peut les considérer comme des erreurs du graveur qui a mal interprété le poncif démo- 
tique ou hiératique d'après lequel il travaillait la pierre; je ne fais d'exception que 
pour \\ qui est trop semblable à la prononciation du terme telle que le copte 

cieÊT, lefeT, nous l'enseigne, pour ne pas être voulu. Aux âges antérieurs, \\ est ré.servé 
pour le milieu des mots et surtout pour la fin. Au milieu, son emploi le plus fré(|uent 
est dans le groupe <=> des emprunts faits à l'étranger, -^ <=> ^^—J 'r'ija, (I QA^^s= "=> 

(1(| [W'-i'as ou de beaucoup de termes égyptiens, J ji^j «==> (1 (I ^^ , I<=:>(J(^q y*, 
écrits à la mode sémitique pour y marquer la présence d'un son transitoire entre le <r=> 
et la voyelle inhérente à la -consonne précédente. Que ce glissement vocalique existât 
dans la prononciation, cela est marqué par le fait que j'ai rappelé plus haut de l'intro- 
duction de (1(1 dans nombre de mots à l'époque ramesside. Il .semble avoir commencé 
devant <rr> r-l et d'une manière assez légère si l'on peut tirer des conclusions de la 
nature du signe W employé pour le rendre, puis il s'étendit aux autres sonnantes et à la 
langue en général. Comme je l'ai dit au même endroit, il a laissé beaucoup de traces en 
copte; (|uelques exemples suffiront pour ce qui est de p. te^ipi M., K«.ipe T. Koipi M. de 
y.apjot, xi«.ipe T. AiHipi iV/. , ca.ipe, ce^cip J". , uj«wipe T. ii]a.ipi .1/. ocilc, uj&ipi AJ. cidolescen- 
tula, g^oeipe, g^oipe, o«.ipe T". ^loipi, ^wpi M., etc. On aura donc prononcé, à partir du 
second âge thébain, jh^^<=>(l(l&^ 6Àï/7'-tô.ipi, l<::=>(^(lci^ ,sÀï/7/, et ce glissement 

se sera étendu aux mots d'emprunt étranger, -^ <==> ri Bk'ilou, Q()^^îs U <=> ï^ i 



B i yj 1 2i( JT^ 1 1 I ""1 

AhKiri, et ainsi de suite. En finale, ^^ ne substitue jamais à (1(1 du féminin dans les 

noms, mais dans les verbes il accompagne quelquefois et il remplace souvent le c^ de 
ce qu'on appelle couramment l'infinitif féminin, (J (1 à côté de ij (1 , '^;^ ¥\ à 
côté de L-^^^ . Il se met aussi en remplacement de (1(1 derrière certains caractères 
ou dans certaines positions auxquelles il s'accommode mieux que 0(1, ainsi derrière 

/ ou Vv sur le dos duquel il s'intercale dans (1- -^.^ de nr^\ '^'"^^j " ~U: "^ V' 

û ^, <=», fccî' et Cl, I ÇX3, , etc. Son usage le plus fréquent est. 



132 IXTRODLCTION A L'ETUDE 

ou les noms d'aeent, "■^^ , Ck^r^n' 00 . etc. Dans tous ces cas, ou bien le 

<2 A V) n <z> 1 1 \\ 

son couvert par \\ a disparu dans le copte comme dans juiepn T. xxcXi-ï B. «enpiT M. 

de (JO , ou il a été remplacé par une terminaison grecque comme dans p*.^ithc M. 

de &-=, , ou il correspond à un i ou a un e copte comme dans les rares duels qui ont 

persisté, oicepHTe 7". orepH-i- /i. de y^^~-^5S' \^ a'AoTe, «^ooTe/. , ^ \\, 

^ JûLiioTe T. Siito-t, exino-t .1/. Quelques mots grammaticaux cjui avaient 
un W pour distinguer graphiquement certam sens de celui de leurs formes en (IM, ont 



un I en copte dans tous les dialectes; /5^^^. "^fe- ' ^' Pi'onoms démonstratifs 
restent en copte à l'état isolé, ni^V, -a^X. u^vi" T. <^*^i, ■»*.!, u*.i M. nei, tci, nci B., et quand 
ils sont proclitiques, nei-m, Tei-'f, nei-m 7'. n*.i, t*.!, iti.i M., tandis (|ue les mêmes 
racines, articles possessifs, s'écrivent par un 



I, etc., et, diphtonguant leui' [IH avec *^de J^K *^, résolvent la diphtongue 
sur e en copte, neu. neq, nec, etc. Dans tous les cas indiqués ci-dessus, l'histoire de \\ , 
somme toute, est phonétiquement celle de [|[1. 

Le traitement de ces finales non féminines en [1(1 ou en \\ est le même dans les ins- 
criptions cananéennes, et je puis ajouter assyriennes, que celui des terminaisons fémi- 
nines en Ijl]; je ferai remarquer toutefois que, pour les terminaisons féminines, l'as- 
syrien .se sert aussi d'une variante en -ou qu'il conviendra d'e.xpliquer. Notons d'abord 
que, Thèbes étant la ville dominante à l'époque de la correspondance d'El-Amarna, il 
y a chance pour que les scribes cananéens aient négocié principalement avec des Égyp- 
tiens de Thèbes, dont les noms se présentaient à eux sous la forme thébaine : on ren- 
contre, il est vrai, çà et là, chez eux, des désinences qui trahissent une origine mem- 
phite , ou, si l'on veut, septentrionale, mais c'est l'exception. Prenons donc un nom de 
roi ( o i"""^ '?)'?] I : il est rendu à Boga/.-kieui Mi-in-pa-/ji-[rl]-lA-i'i~a Me/ipak/n- 
lAria, où pak/iilA correspond à '7]'\\, ^ , — ~, — ^. 11 semble bien que ce mot --^ 
aux premiers temps de la /.oivr; ait passé parfois pour un ancien féminin écrit '^n^ : la 
variante en ^ci qu'on voit au cartouche le prouv(\ Comme en eH'et le ci du féminin 
s'était amui dès lors, la terminaison v()cali(|ui' (|iii restait seule, vocalisée e, i, suggéra 
aux scribes, pour la combinaison d -f e, i, l'idée d'un duel féminin dérivé de la forme 

d5 ^, comme — ^ était un duel masculin dérivé de D» — q , et de là vinrent les ortho- 

k^' ® \\ ^.^ «?^ C^ . , ^ S 

graphes dualistiques YJil, i -^ , pour écrire le nom d agent. La transcription pa- 

Q W Ci W A A ^ 

khita calque exactement la vocalisation de l'orthographe plinne ni\ Ui des noms de ce 

genre, mais avec un -a linal (jui répondrait a un e-i Hnal : faudra-t-il donc prononcer 

pah/nlÉ dans le sud et Pal./nti dans le nord de l'Egypte, soit pour le nom du roi 

McnpakhUÉria et Menpaklntiria'^ Le mot s'est conservé aux basses époques sous deux 

formes : 1" Zvii-ir,:, ou en copte nmeii*.ni.£i M. D S) ~^ yf où -^^ 



simple r '^, et 2° ^ni-g^Te T., en grec '.\7:iOï,; dû uft.gre--;'OT,t; est l'équivalent de la forme 
féminine complexe ~^\..^, -^l /l . Les noms de la reine |(l(|\\ Jj, l^^QQJ) et celui 

de la reine T<=:=>(1 , quoique rendus de façon différente en apparence, l'un par 



UK LA l'IlOXK'lIQUK KGVl'TIiiXNE 133 

Ti-i-i DU 7"e-/-e, Ti'ijÉ, l'iuitiv i)ai- Xa-ap-tc-fA, Xa/léi-A, nou.> rainéneniicnt aux 
mêmes conclusions : TeyÉ serait une foiine tliébaine où e est exprimé clircct(3ment 
tiTy K, et Xqfhh-A une autre forme tlu-baino où e est exprimé par a cananéen, *NqftérÈ. 
Le \\ de la particule (1 couvre ici le e thébain, comme dans la locution epHn- T. 

«.pHor M. <vAht, ô.'.\hot B. (1 ^ I , il couvre h-é long. On peut déduire de ces exem- 
ples que dans ces cas a cananéen serait aux XVIIP-XIX^ dynasties la terminaison (|ui 
este T. I M. sous les Ptolémées ou les Césars. Prenons ensuite des mots qui, primiti- 
vement, terminés en <:=>, ont anuii le son représenté par ce signe et finissent en copte 
par e r. I M. : ils ont dans les transcriptions cananéennes une finale en a, et dans les 
assyriennes du VIP siècle une finale en i : j jj iuUa ou nâfÉ (cf. nois-fe T.) nous est 
donné par /^^"^^ |y yr Pci-ha-ani-na-tA-Pa-he-na-tt, Pahainnd(A-Paha[m]nntÈ, 
à la XVIIP dynastie, mais le même mot donne nûli, soit itoT-f M. dans Zab-nu-a-li- 
Zabnouti | , ^-JA-n-j-.r,; à la XXV«. Les noms finissant en [Ti 1, [T| ' H, olîrent la même 

alternance de i et de a dans leurs transcriptions cananéennes : Hnramashshi vs. |fl ' 

Q DQ^knc *o ~^'^~" <^^> ;k n  -cSi lin 

Ma, Tahmashsin oljl 'yf. Xahramaxlixla •¥- __i)fn Iwi étaient, selon leurs 

finales en i. des noms de gens du Nord, Haramàsi, Phtahmâsi, Anahrandsi, tandis 

que le pharaon (ofliP^^ ] était thébain, on prononçait son nom Ri-a-nia-shé-sliA- 

RiamasésA-'PoitjLÏ7Tr,;. La finale V\, (£, que ce dernier nom possède généralement dans 

l'orthographe hiéroglyphique 0iî| 11(5, à la place même où les cunéiformes ont un a, 
m'oblige ici à de nouvelles recherches. 

Le cas n'est pas isolé, même aujourd'hui, d'un nom égyptien se terminant en 
, ©, que les cunéiformes rendent avec une finale a, e ou i. Le titre ^ ^ v^ est 
transcrit, à El-Amarna, presque indifféremment wë-hu, wê-hi, u-e-eli, we-A, h-u-e, 
loe-v, u-e-v. Les variantes en i final expriment, comme je l'ai dit, la prononciation du 
Nord, ouëi, celles en a-e la j^rononciation méridionale ouëÉ, par endroits la finale est 

tombée si bien que fl s'est trouvé dénudé, ouk ^^ ji^' ™^^* ^ "^1"-'"^ correspond 

la finale en ou? On a remarqué depuis longtemps, — et j'aurai occasion d'y revenir en 
traitant de^, — qu'à la finale atone, le phonème, couvert par ce signe au début, 
s'était modifié par la suite en É puis en e et amui le plus souvent : D^ devient ainsi 
ne en copte, : devient *sâtépé puis sâtep, le satep du prénom de Ramsès II trans- 

crit par les Hittites, et en copte ccotu T. M. La variante oué/iov nous donne la pro- 
nonciation pleine de ^ ^ ^>^" *ouéou avec le rendu ou de v^ final, soit pour le 
même mot trois équivalences diverses ou, a, i de^. A dire vrai, je ne connais pas 
une orthographe %:> [1 () \A couvrant cette orthographe cananéenne, mais des noms 
propres de la même époque nous fournissent un élément de connaissance inverse au cas 
de^ ^ v . La forme cananéenne A-ma-an-ha-cU-pi répond à une prononcia tion 
égvptienne Amanliâipi pour laquelle on trouve en effet quelquefois la graphie (I 

<i n ri o rv | "'""'" | n r, ^ ri i i , o , o ' '^vwv\ 

nn V», [ \\. C'est la vocalisation septentrionale du nom (I ^ W coul- 

er D 1 1 &i 1 w,^^ D 1 .1 ^w^Q D 2ii 

mun a l'Egypte entière. Les premiers scribes cananéens et assyriens qui eurent a écrire 

ce nom n'eurent pas, ce semble, l'occasion de l'entendre prononcer par des Thébains, 

et ils n'ont jamais écrit A-ma-an-ha-at-pA, et, par la suite, l'usage cristallisa l'ortho- 



^ 



134 IXTRODLXTIOX A L'ÉTUDE 



graphe primitive quelle que fût la prononciation de lu finale. Il n'en est pas moins vrai 

que l'ortliofirraphe U ^ \> et surtout il ^ des textes hiératiques, dans 

' -iv ' -^««^ c D -il 1 ~vw>A ^ □ t=±^ ■ , ■ A i""*^ 

laquelle a\S couvre le son pÈ, se montre fréquemment à coté de la graphie IJ ^■^ 

où la voyelle finale n'est pas exprimée dans récriture. Le nom simple offre, lui 

aussi, les mêmes formes dialectales h, Q^jf)^ '"^^P^ ^""'^^ ^'^ ^^ Nord, et ^ g 

%.v^, ""^(BvSs ha(pÉ avec l'ou-E du Sud, qui est conservé dans la transcription 
grecque 'M-r,^, et les composes de et d un nom divin présentent les mê mes tr aits. 



ap- 



Au VU" siècle avant J.-C. les Assyro-Chaldéens transcrivent le nom M 

<^ u 1 j 

pliqué en Egypte aux hommes et aux femmes vers la même époque, par Hatpunounoa 

contracté de Hatpi-Amounou, avec ce qui me semble être la terminaison septentrio- 
nale de Hatpi : en grec, cela devient 'E-ro£,ao5vi<;, avec le e du Midi, comme dans 'EviETo-^o; 
'^^^^ Jv§^, et dans 'A-i:T:ot-/,vo06!<;, "A-c-ç^^voOpiiç Q ^ ^- ^u trouve donc dans les 



P 



transcriptions grecques ^ t)U-E substitué à (1(1 i-e. 

Dans les documents assyro-chaldéens des VIP-VI'- siècles, nous avons également 
les trois formes en e, en i, en ou, souvent avec variantes amuies, et cela n'a rien 
d'étonnant, puisque, évidemment, les groupes de dialectes coptes étaient déjà consti- 
tués à ce moment-là : je dirai donc que la forme en ou rend la prononciation archaïque 
conservée dans les noms propres, la forme en e appartient aux noms prononcés par les 
Thébains, la forme en i est memphite. Si la forme en i prévaut dans ces transcriptions, 
cela est assez naturel, car les Assyriens eurent plus souvent affaire aux gens du Delta 
et de Memphis qu'à ceux de la Thébaîde, bien que la dynastie prédominante à cette 
époque fut une dynastie éthiopienne, lliébaine d'origine. Le même pronom I^j I'S, 

qui termine des noms comme (]^|)|)^^^^,°|(]|)^/^^P^,^I]|)^ 
, est rendu -.s7/ou, -sou, dans Iptihartc.su, Phtehardisov, avec la prononciation 
pleine, d'un archaïsme sans doute afîecté, AmurtésE, AmourtésE, avec la prononciation 
méridionale .sÉ où l'ou de 1 V\ s'est modifié en É, tandis que Tihutartesi, T'hotarlesi, 
a l'i final des dialectes du Nord et qu'enfin Tihuiartais, T'-'houtartars, avec amuisse 
ment complet de la voyelle finale, a transformé 1 Y\ en 1 et amené la confusion de 
1^. I masculin avec I -c du féminin; de ce coté, la gradation a été dans renoncia- 
tion .sou, .sÉ-.si, -s, mais les formes grecques de (j Hm ^ nVn^ ^^ ^'^ *-^H^ 
' yf. 'A(ji'jpTa'&i;, eotopTaïo;, n'ont quc 1 = S muct, et l'o de la contretinale t)o- a pro- 
duit par enharmonie l'o de l'atone op .<h=-. Dans i^^ "^^^ y^^' ^® signe \\ cor- 
respond à i de l'assyrien, Bukkunannipi-Boukounannifi (l'orthographe complète du 
nom égyptien serait, d'après la transcription cunéiforme, i*^^ ^v "^""^ '*'^ OT ' ' '"^'" 
trement dit l'assyrien indique plutôt la forme memphitique mqi que la thébaine mqc 
Sans pousser ])lus juin l'analyse, je me contenterai d'examiner les formes que revê- 
tent chez Assourbanipal et ses contemporains les noms des deux déesses jj et ^ J| : 

ils prennent l'un et l'autre la finale du fi'minin en i, Pataési ri Vir- Pataniêsi 

vR ri W^, en grec nsTef^ŒK;, ns-cr^Tiç, iihtais, rieTevtïjatç, Putubesti 1î m' A u 



DE LA l'IlONÉTIQUE ÉGYPTIENNE i:î5 

^, en gvec lUxojoisT;,-, Ui-.oôiz-.:;, OU Cette même finale en ou, Har-sija-éshou 
H ^, en grec 'Apj'.^T;;, Patuastu ^ „ u c^^' '^^< pour le nom de la déesse, le copte 



nous donne oir«.c'i' à côté de oTti-c^, o-s-feecTi. Esin, Ës\ nous montrent la prononciation 
mempliitique hci existant déjà dans l'égyptien au VIP siècle, ainsi que la prononciation 
Oubasd, Obastï, mais à quelle prononciation égyptienne peut correspondre la trans- 
cription Êshou, 0«c(.s7ou? Les textes d'Assourbanipal nous ont conservé des noms 
égyptiens féminins où la finale ou correspond vraiment à un w du grec ou du copte, 
ainsi Suusu ^^"HhQÛ ^. on le nom de la déesse est transcrit *oùt!.), *Ott{o; cette 
terminaison en w du féminin est, comme je l'ai indiqué jadis, le résultat d'une opéra- 



tion fréquente en pareil cas, *Ou^À.it, prononciation antique de 'T\(JiJ . étant devenue 

oudùiet oiito par résolution de la diphtongue oi sur ô. Il est probable qu'il faut inter- 
préter de façon analogue les prononciations assyriennes Êshou, Ouashtov, de n et de 
^ . Nous possédons en effet dans les transcriptions grecques au moins deux noms 
propres qui présentent un féminin certain en ou qui, dans un cas, devient w du copte, 
NsiO:,- TT J) et 'HîtvEa:,- ri I J) : NEBTHOu-XHiO:c; devient Hei«w en copte, nous avons 
en ce mot la progression ordinaire a-ou(u)-w, que nous connaissons déjà, et il est évi- 
dent qu'on doit expliquer de même la finale -j; de 'a^viia-'j;, Â-u- qui n'a pas complété 
son évolution par un w, faute d'avoir vécu assez longtemps. Le mécanisme de l'altéra- 
tion phonétique se comprend de soi, M et 1<=>, I^ ont été prononcées à l'origine 
/ikit, nq/ÀU (cf. le masculin nqfk en transcription assyrienne) ; le c^ s'étant amui, l'A 
grave de hkï, nafki est devenu ùuhom-noufoui, hôi-noufôi, et la diphtongue ôî-ouî 
descendante s'est résolue sur où-ô comme dans le mot ^s-ipe-g^oipe-g^coipi-g^topi, que j'ai 
cité plus haut, selon une règle que j'ai établie il y a longtemps. Les transcriptions as- 
syriennes êshou, oubashtov, mou, répondent donc à des prononciations authentiques 
Êsou, Oubastov, OM^ou-OaaJOu de l'égyptien, que le grec aurait transcrites *'Hz!'jq, 
*oOSïa-vJ,-, *0'iTJî,'pour les faire aboutir à *'Hti.'j (cf. "Aj'i?), *0'J6a7-w (cf. le nom Bo-jêas-x 
d'un bourg du Fayoum), b-oj-w. Il y a donc eu, à partir de la fin de l'âge ramesside, un 
féminin en *oui-ôi dérivé de ai, qui s'est résolu sur ou-ô, mais qui a conservé sa forme 
ou-u à l'état sporadique dans la langue. Si l'on refusait d'admettre cette solution, il 
faudrait supposer qu'à la finale égyptienne, l'articulation de la voyelle e et de la 
voyelle i était assez molle pour pouvoir être confondue avec un son ou émis très légère- 
ment : les Égyptiens auprès desquels le scribe assyrien aurait recueilli certains mots 
auraient prononcé tantôt pleinement i, Pataêsi, Petoubasti, et l'Assyrien aurait enre- 
gistré l'i, tantôt très obscurément à l'atone final, HarsiêsE-oû, et l'Assyrien aurait noté 
franchement Harsjaêshou, Patouashtov. L'explication est peu vraisemblable, et je 
préfère de beaucoup la première. Il convient de nous rappeler en tout cas qu'on ren- 
contre en assyrien beaucoup de noms masculins égyptiens avec un son ou final, qui ont 
un I dans les transcriptions grecques correspondantes : Poushrrou pour , H Jj® "'^■'- 
c7..pt;-no-s-cipj M. noTcipe T., inheshou 3^ I f P 5r7K, en grec MiGjic du nom Poutoum- 
hêshou, Siyàoutou ^owv ^ V'^' ^ V ' '^'"''"^' «oott T. ciodott M. avec chute 



136 INTRODUCTION A L'ÉTUDE 



de la voyelle finale, Shaptou à côté de Sapti, en grec zco^'.^, dans ^ ^ ^ ^ Pitiha/itov- 
Pis/iapd, Saânov pour Zàni-Tàni 2^1 . --^^. en grec Tivi;, en copte ■s.4.*.ne T. •3i6.nH, 
•xi.111 .1/., etc. 

Pour en revenir à la question de la valeur phonétique de (1(1, w, l'examen des trans- 
criptions cananéennes aura montré, je crois, qu'au temps de la XVIIP dynastie déjà, 
ces caractères couvraient les sons i et É caractéristiques des deux principaux dialectes 
de l'âge copte, le son e se trouvant généralement rendu par un k" dans des transcrip- 
tions. Il faut chercher maintenant à savoir si l'on ne peut pas remonter plus liant diins 
l'étude par les seuls moyens égyptiens, les autres nous faisant défaut. A l'initiale, 0(1 
est très rarement employé dans l'écriture aux premières époques thébaines et à l'époque 
mempliite. On le rencontre pourtant à cette place dès la VI" dynastie, chez Papi II ou Mi- 
rinri, (][] (^ [M., 1. 299, Papi II, 1. 662) oh!, (](j®-^ (? 1. 249), dans le nom mystique 

f r^^loÛQ^ (? ci. Teti, 1. 333, Papi I", 1. 826, Papi II, 1. 703, où le parallélisme 
semble bien indiquer l'existence de deux mots) à côté de (1 ''^ et de (^^^®]|! toutefois, 
il ne s'est guère vulgarisé à cette époque que pour le verbe qui signifie aller, écrit 
()() A, û^^ (Ounas, 1. 820), û vs% (Onnas, 1. 133), assez rarement, mais dont l'nr- 
thographe courante ^ {Pa/>i II, 1. 660), j^. ^(] {Papi II, 1. 137), puis ^(](j {Papi II, 

1. 687), 0(|(| ^> ^0(] (Ounas, 1. 322), nous montre le premier (1 pris dans sa valeur de 
M, lié à son déterminatif idéographicjue A, comme — *-, s=5, D, rvn de "TT", rjr^, f\, 
1-3^, et devenant un véritable syllabique. Je ne sais comment résoudre la graphie 
Mh d'un passage de Papi II (/. 859), M foju] ^ ° '", où Papi I"' (1. 164) porte en 
variante (lv>.(nDfltll i , on pourrait à la rigueur considérer Ml] comme l'équi- 
valent du verbe (1^ éi>-e, mais celui-ci est plutôt le verbe (1 A^, ce qui nous amène 

à considérer (|(1(1 comme une variante rare, mais significative de KiUU- On aurait alors 
un (1 (1 final, venant après un (1 initial, le tout formant la diphtongue Àî, qui, par Éi, 
serait arrivé au copte « T. i M. ; la forme O A^ aurait été prononcée Aon puis Éou- 
\ou, et elle ne s'est pas perpétuée dans le copte. Il pourrait bien en être de même du 
\m\ qu'on rencontre chez Ounas (/. 215) et pour lequel Nafirou, reproduisant le texte 
à la XP dynastie, admet (^qO -^3- : on a probablement là une vaiâante lj(j(^, 11(1(1-^3- 

du mot lj(l( ^^^, (JOO^v^^' a,vec la nuance malheur qui vient du mniicais teil, J'asci- 

itation. Le \m\ médian est rare aux mêmes temps anciens, et il faudrait chercher long- 
temps avant de rencontrer à l'âge memphite des formes telles que l(l(| 5 ^^ , [] n =^-=- 
ïï), n n <3> |k que nous offre le second empire thébain. A la linale il se rencontre 
assez souvent, mais il échange avec (1 ou bien il disparait entièrement de l'orthographe 
sans que le son qu'il exprime s'amuisse pour cela, comme le prouvent les nombreuses 

AAAAAA AVSAAA 

variantes des Pyramides, n n {Papi I^', 1. 164 = Papi II, 1. 860) = n {Ounas, 
1. 97), ^ (1(1=^^ (OH/ias, 1. 478) = ^ '^^{Teii, 1. 747), ~^T(](1 "^ (Oa/ias, 



1. 492) = ^ J__ (^«/"' //. 1- 94.5), 1^ /^qf( {Ounas, 1. 493) = ^t^ 



DE LA PIIONIÎTIQUK ÉGYPTIENNE 1.17 



(PapI II, 1. '.11.")). (]^T-5='^® " ^®ÎV. {Ounas, 1. 4;}:j) = (| rfe. 






®ÎV. iOunas, 1. 4:33) ^qrfe.qq'^^ 
^'\Tcu, 1. .18). \\^ {±^YiOuna., 1. 441) = (j^f^-^i;^ 



W 



[Teti, 1. 251), (] ':^-i)(|(] (Pa/)/ /■'■. 1. 6iJ, Mirinri, 1. l',)5, Pa/j; //, 1. 34) ^ [j ^:2_o 
(Po/j/ /", 1. 67). (["^^[[(j {Papi P'. 1. <.)S, Mirinri, I. HT), ()"^®H}l(j(l (Papi H, 

1. 885), m '^ [^[^ {Oimas, 1. 598) = m II ( 7V//, 1. 65, et :ivcc divers délcrminatifs, 
Chinas, 1. 187, Miriiii't, I. :?26), etc.; au duel on a souvent \\ ou plutul il, le chiffre 2, 
' P^'T'' ^' ~\' "^^,1^" ('^"""''' '• ^''O^' '"'^'' piH'foi.s (j(j, ain,si j"^^ 
(Teti, 1. 70, Mirinri, 1. 221, Pa/jr //, 1. 602), etc. Si l'on veut lenionter plus haut 
que les textes des Pyramides, on trouvera des formes telles que (1(1, dès la IIP dy- 

nastie, ce {|ui nous oblige à faire remonter au moins jusciu'à la période thinite la créa- 
tion par les Égyptiens du signe (1[| final pour rendre une nuance de son qui leur avait 
paru jusqu'alors marquée suilisaramcnt par [1 uni(iue. Toutefois, les variantes en (1 final 
se montrent régulièrement à côté des variantes en [1(1 pour un même mot à la même 
époque, on peut conjecturer qu'à chacune des orthographes répondait une valeur diffé- 
rente, A-E pour n et i pour (1(1, il. On aurait donc, pour le signe (1 et le signe (10, 

l'histoire suivante : au début. (I existait seul et rendait le son Â, au commencement, au 
milieu et à la fin des mots. Le jeu des accents, qui maintient plus fortement les sons 
initiaux des syllabes que les sons finals, modifia le son du signe (1 en terminale et l'af- 
faiblit en É, donnant pour un nom (1 au lieu de la valeur mara-A une valeur 
niara-É; cette prononciation e de la finale exigea un signe nouveau, et comme le pho- 
nème É procédait d'un Â, on redoubla le caractère qui avait couvert le son primitif Â, 
et l'on eut Im, soit rnara-Èé, mai'a-t à côté de l\. Ce serait le procédé de 
l'orthographe anglaise où, pour marquer un E hmg du moyen anglais, on redouble le 
signe ortliographique seec^ = .s-Rf/c. Le É =; ee s'étant tourné en (1(1, M se pro- 
nonça niara-ï, et par choc en retour l\ devint É-i à la finale et devant voyelle. J'aurai 
occasion de reprendre cette hypothèse plus loin, par exemple à propos du pronom 
suffixe de la première personne du singulier. Pour le moment, il vaut mieux ne pas la 
pousser plus loin que je n'ai fait : la seule cho.se qui paraisse résulter de l'examen des 
rares documents de cet âge, c'est que la création du signe (1(1 correspond à ce moment 
de la langue où, le signe (1 ayant déjà cessé de couvrir un phonème unique, on jugea 
néces.saire de trouver une expression graphique nouvelle pour couvrir la valeur nou- 
velle qu'il avait prise à la fin des mots. On eut désormais les valeurs suivantes : (I . 
initial devant occlusive non troublante, à la tonique ou à l'atone ^ a-*.; H initial 
devant sonnante ou voyelle = a-e-i; (1 final ou (|(1 = e-i (e-i selon les dialectes)'. 

1. Le manuscrit Hnit ici. Les papiers laissés par M. Maspero ne renferment aucune note qui permette de 
donner un aperçu, même fragmentaire, de la thèse que l'éminent auteur se proposait de développer dans la 
suite de ce mémoire, — le dernier qu'il ait écrit. [É. C] 



TABLh: DES MATIÈRES 



1° CONSONNES PROPREMENT DITES 

A . Occlusives 4 

a. Labiales : 

n.^ 4 



1^ 



"^-^ 12 

b. Dentales : 

^ 15 

s= 18 

22 

28 

c. Gutturales et aspirées : 

'^=^ 31 

A 86 

Z3 38 

«■ 40 

m 42 

44 

et ® 46 

2, ^- ^, X 51 

B. Sifflantes 53 

54 

54 

Les lettres purement grecques de l'alphabet copte 55 

2" VOYELLES PROPREMENT DITES 

a. Système des voyelles de l'égyptien 59 

b. Examen des signes correspondant aux sons-voyelles de l'égyptien 74 

(I depuis l'époque copte jusqu'à la XVI II" dynastie 84 

^^ depuis la XVI II® dynastie jusqu'à l'époque copte 94 

fl depuis l'époque copte jusqu'à la XVI II« dynastie 101 

3" SONNANTES 

W 127 



etfl 



CHALON-SUR-SAÔNE. I M l'RlMKlilE PIIANÇAISK ET OlilENTAI.B E. BERTRAND. 17087 



i 



/ 

PJ Maspero, (Slr) Gaston 

1151 Camille Charles 
M3 Introduction à l'étude 

1917 de la phonétique égjiDtienne 



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