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Full text of "Itinéraire descriptif, historique et artistique de l'Italie et de la Sicile"

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A. J. DU PAYS 



ITALIE. 



SUD 



L HACHETTE ET C? 



IxatO. ■i\-î.ç.u^r" 





.Jil\-'..3-À'^r\ 



ITIKÉRilIRE 



DE L'ITALIE 



ET DE LA SICILE 



AVIS 



Un ilinéraire appelle des rectifîcalions incessantes; toutes celles que l'on croira utile 
de communiquer à l'Éditeur seront accueillies avec une grande reconnaissance. 



l'AI-.lb. — IMI*. bIMOK RAÇOM ET CnMP.. llUK HKlirUnTH, 1. 



COLLECTION DES GU IDES- JO AN NE 

» ' *— ; — ;— * 

ITINÉRAIRE 

DESCRIPTIF, HISTORIQUE ET ARTISTIQUE 

DE L ITALIE 

ET DE LA SICILE 



PAR 

A. J. DU PAYS 



quatrièhée édition 

REVUE ET CONSIDÉRABLEMENT AUGMENTÉE 

COMTEMANT 

.1 Oarte de l'Italie , — 1 Oarte de la Sicile , <- 6 Cartes partioolières , 
et 64 Plans de Tilles, de mnsées, d'ésUses, etc. 



TOME SECOND 

ITALIE DU SUD 



PARIS 

LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET C" 

BOrLEVARO SAINT-GERMAIK, 77 

1805 
Droit de traduction réservé 




7 ,.^- S«â^ 



CE VOLUME CONTIENT 



Table des matièbes du tome II . . ^ i 

Avertissement de la qoatrième édition ix 

Extraits de la préface de la première ÉDinoN . xi 

Additions et changements survenus pendant l'impression xiii 

Abréviations. . . • . • . xiu 

I 

Extraite des rensel^emento génétmux. « xiv 

Voyage de l'Itaub entière, xiv. — Voyage dans l'Italie du Sud, xiv. — De 
l'époque du voyage en Italie, xv. — Passe -port^ xvi. — Dépenses, xvi. — 
Tarif des monnaies, xvii. — Hôtels, xvii. — Domestique de place, xviii. — 
Courses en voiture, xix. — Moyens de transport, xix. — Vetturini, xix. 
— Contrats avec les voiturins, xx. — De la mesure des milles en Italie» 
XXI. — Table pour convertir les milles en kilomètres, xxii. — Che- 
mins de fer, xxii. 



Introduotion. 



Aperçu général de l'Italie: Limites, xxiv. — Superlicie et population, xxiv. 
— Littoral, xxv. — Orographie (Alpes, Apennins), xxv. — Constitu- 
tion géologique, xxvi. — Climatologie : Hygrométrie, xxvi. — Vents, 
xxvii. — Température, xxviii. — Jfa/'oria, xxvm. 

Extraits de l'aperçu historique sur les origines de l'art en Itaue xxix 

Vases peints, xxx. — Architecture, xxxii. — Sculpture, xxxiii. — Peinture, 
xxxiii. — (Peinture à fresques), xxxiv. — Découverte dé la peinture ù 
l'huile, XXXV. — Renaissance : Peinture, xxxvii. -r- Architecturo, xli. — 
Sculpture, xliii. 

Liste chronologique des principaux peintres italiens xliv 

Extraits de l'Index bibliographique du premier volume xlix 

Explication de quelques termes lu 



ITINÉRAiUË DESCRIPTIF DE L'ITALIE. 

ITALIE DU SUD 



AMCUm ÉTJLTS DB L'teUSB. 

Ruule>. 

ÂPCftçii général •».» .N- 

110 De Bologne à Ancône ^ . . . 4 «..«.• ^ 

De Turm, de Gênes, de Milan à Ancône (renvois au V. V'^. 

//. a 



a TABLE DES MATIÈRES. 

Roules. 

119 Imola . . .' 5 

. Faenza 6 

Forli.. 7 

Gescna , . 8 

Rimini. 8 

î . ' ■ . 

Excursion : à la république de Saint-Marin 10 

Pesaro. 12 

Fano .' 12 

Sinigaglia 14 

Ancône.' 14 

120 De Fano à Urbino.. 18 

121 De Pesaro à Urbino.. 18 

Urbin.. . • . . • 18 

i22 D'Urbino à Borgo San Sepolcro et à Ârezzo 21 

BorgoSan SqK>lcro 22 

Arezao (renvoi au t. I" p. 582.) 

125 D'Urbino à Cittàdi Castelloetà Pérouse. . . , 25 

Città di Castelk) i . 25 

124 De Fano à Gubbio et à Pérouse (par le passo dél Furlo) 25 

Sasso Ferrato 26 

Gubbio^ .,,,,.,.., 26 

125 De Fano à Foligno. . 27 

126 D'Ancône à Foligno (par le passo di GoUionto) 27 

Lorette 28 

127 De Florence à Pérouse 51 

Lac de Trasimène et bataille d' Annibal 52 

Pérouse 55 

Peintres de Vécole tPOmbrie 34 

Routes vers Rome 45 

128 De Bologne à Rome 46 

129 D'Ancône à Rome 46 

150 De Florence à Rome (pai* Pérouse) 46 

151 De Pérouse à Terni (par Spolète) *. 46 

Excursion : à Assise 47 

Spello 49 

Foligno. , • 50 

Spolète , 51 

Terni 51 

Ghutes de Terni 52 

152 De Pérouse à Terni (par Todi; 52 

155 De Terni à Rome par Narni et Gività Gastellanu 55 



tABLE t)ES MATIERES. UI 

Roules. 

135 Cività Castellana 54 

il» par la voie Flaminienne 54 

Excursion : au mont Soracte 55 

2» par Nepi 55 

154 De Terni à Rome (parRieti). . '. . . 56 

Rieli 56 

155 De Florence à Rome (par Sienne) 57 

De Florence à Sienne (renvoi au tome l".) 

156 De Sienne à Rome (par Orvieto) ^ 57 

Chiusi. ' 58 

Montepulclano 59 

Gtlà délia Pieve 60 

Orvieto 60 

D'Orvieto à Honteiiascone. . 65 

157 De Sienne à Rome (par Yiterbe) 65 

Excursion : à Monte Olivelo Maggiorc 65 

Radicofani 65 

Acquapendente 64 

Lac de Bolsene 64 

Montefiascone 65 

Viterbe 65 

Excursion : au château de Gaprarola 66 

138 De Livoume à Givita Vecchia (par le littoral) . ^ 67 

Piombino -68 

Massa Maritima. i . 68 

Grosaelo 69 

Orbetello 69 

13* Appendice : les Maremmea toscanes 70 

14* Appendice : Ruines des anciennes cité» étrusques 71 

139 De Marseille en Italie et en Sicile (il(W/g par wi^r) 77 

140 De Marseille à Cività Yccchia {voie de mer y en vue des côtes d'Italie). 81 

l" de Marseille à Gênes. ,..•..■ 81 

2" de Gênes à Livourne 82 

5« de Livoùrne à Cività Vecchia 85 

i41 De Cività Vêcchia à Rome (par le chemin de fer) 84 

Cività Vecehia 84 

ROME (Aperçu général;* 86 

Histoire» 86; — EmpeAeurs romains, 8*7 ; — Papes, S9; — Histoire de Turl : 
antiquité, 91 ; — Basiliques chrétiennes» 93 ; — Dévastations de Rome, 94 { 

— Architecture moderne, 95 ; -7 principaux architectes à Rome, 97 ; — 

— Principaux édifices, classés suivant l'ordre de leur couslniction) 98; — 

— Sculpture, 100; — peinture, 102 (Raphaël, 102; Michel-Auge, 103); — ' 
Climat de Rome, 109; — Ëtats db l*Eglisb : Étendue tcrritorialei 112; 
Gouvernement ecclésiastique, 1 12 ; Prélature, 113;— Armée \¥\ii%Tic«'& AV^ \ 

— Monnaies, 114. 



IV TAfiL£ DES AIATIEHES. 

Uoutes. 

142 lloME (Dcscriptiou) . . .....'.. ; . 115 

145 Excursions AUX EN viHOxs DE Rome : Voie Âppienue 265 

15' Appendice : Catacombes 260 

Continuation de la voie Âppienne (tombeaux) 271 

Albano 275 

Lacd'Àlbauo 277 

Ariccia (lac de Nemi) 274 

Frascatt (Fouilles de la voie Latine) 275 

Tusculura. — GroJta Ferrala ^ . 271 

Mariuo. — Castel Gandolfo. — Rocca di Papa 277 

Tivoli 278 

Villa Adriana, 278; — Cascatelles de Tivoli, 280; — Villa de Mécène, 280; 
— Villa d'Esté, 280; — Maison de la Sabine d'Horace. 281 

Subiaco 281 

Palestrina 282 

Mont Sacré 285 

Lac de Bracciano 284 

Oslia. . . . r. : 285 

Castel Fusano. — Ardea 287 

Porto d'Anzio 288 

Nelluno-Astma 289 

144 . De Marseille à Naples (t/w'g dg W^) 289 

145 De Civiià Vccchia à Naples (m^ £te wer) 289 

146 De Rome à Naples (chemin de fer) . . 290 

Velletri, 291; Anagni.Fercntino, Alatri 292 

Ceprano, Arce (cascades du Liris), Arpino 295 

ExcoRSiON : au lacdeCelano. • 294 

^u Germano. — Monastère du Mont-Cassin 299 

Capouc 297 

Caserte 298 

147 De Rome à Maples (par les Marais Pontins et Terracine) 299 

Marais Pontins. . ......! 500 

Terracine, Foudi 501 

Mola di Gaëte, Gaêlc 502 

148 De Rome à Naples (par Tivoli, Tag^liaeozzo, Avezzano et le lac Celano) . 504 

JL1IC1E1I ROYJLuan: de napubs. 

Apekçu général . 504 

Climat, 306: ~ Agriculture, 508; — Administration, 510; — Histoire, 311 ; 
— Dt.nasties, 314; — Histoire de l'art, 317 (architecture, 517; — sculpture, 
peinture, 318; — musique,322; — Polichinelle, 323) ; —Dialecte napolitain, 
384. 

i 4>l IIArLES ••..•••• ........ OmO 



TABLE DES MATIERES. V 
Routes. 

150 Excursions Aox ENVIRONS DE Naples (Couvent des Camaldules) 374 

(l'» Excdrsion) : de Naples à Portici, etc 375 

16* Appendice : Vésuve 375 

Herculanum, 579 

Pompeï "380 

151 (2" Excursion) : Castellamare, 408. — Vico, 408.— Sorrente (excursions aux 

environs de Sorrente), 409. — Cap Campanella, 410. — AmalG, 411. — 

. Ravello , . 41.2 

152 (3* Excursion) : La Cava, 413. — Vietri, 414. — Salerne, 414. — Pœstum. 414 

153 (4* Excursion) : Pausilippe. 420; — Grotte de Séjan, 421 . — Tombeau de Vir- 

gile, 421. — Grotte de Pausilippe, 422. — Lac d'Agnano, 422. — Grotte 
du Chien, 423. — Pisciarelli ; Solfatare; Astroni, 425. — Pouzzoles, 423. 
— Monte Nuovo, 426. — LacLucrin, 426. — LacAverne, 427. —Tunnel 
d'Agrippa, 427. ^ Grotte de la Sibylle, 428. — Stufe di Nerone, 428. — 
Baja, 429. — Bacoli ; Piscina mirabile, 429. — Misène, 430. — Lac de 
Fusaro, 430. — Gumes, 430. — Antre de la Sibylle, 431 . — Arco Felice, 

431. — Patria (Litemum) 432 

154 (5- Excursion) : Maddaloni ; Caserte 432 

155 (6* Excursion) : de Naples à Nola et San Severino 433 

156 (7* Excursion) : les îles de Nisita, — Procida, 435. — Ischia, 434. — Capri, 

435 (grotte d'Azur). 437 

157 De Terni à Naples *, . . 438 

Aquila, 438. — Gran'Sasso d'Italia 459 

158 D'Ancône à Naples, par Foggia et le littoral de T Adriatique 440 

Embranchement : par Ascoli, Teramo ot Cività di P^nue, à Chieti ou 

àPopoli 442 

n^ Prw*»:. i N««i^ ( 1" en chemin de fer .- 443 

Ue roggia a Naplesj « i j ^ /*/ 

°° "^ ( 2*» par la grande route 444 

Excursion : à Manfredonia 444 

159 De Tennoli à Naples, par Gampobasso 444 

160 De Naples à Bénévent . 445 

161 De Naples à Foggia 446 

Excursion : au lac Amsanctus 447 

162 De Naples à Barletta et au littoral de rÀdriatiquê. ........ 447 

Melfi, Veuosa. — Excursion : au mont Voiture • 449 

Canosa. — (Bataille de Cannes) 450 

163 De Naples à Bari (par Potenza) 451 

164 De Foggia à Bari 452 

165 De Bari à Otrante 454 

166 De Bari à tarente 456 

167 De Naples à Tarente et à Otrante (par Potenza et Matera] 456 

468 De Tarente à Brindisi 458 

EmbrmchemetU de Lecee à Gallipoli 458 

400 De Naples à Policastro 458 

470 De Naples à Reggio (de Calabre). 459 

La Caubbb . , - *iKî^ 

17* Appendice: Tremblement de terre de 118::^ en CA\ïi>)it« ^îSb 



VI TABLE DES MATIÈRES. 

Houtcs. 

170 Charybde et ScyllîK .,_ ifir» 

Rnggio '. 4C5 

171 ExcDRsioîïs: sur les côtes S. E. de rexlrémicé méridionale do l'Italie. . . . 466 

1« de Reggio au cap Spartivenlo 466 

2» Littoral du golfe de Tarente. 466 

18' Appendice : Grande Grîice , 467 

Metaponte, Heraclée 468 

> de Cassano au cap Spartivenlo 468 

Syliaris.Cortone 469 



CINQUIÈME PARTIE 

SICILE 

Aperçu général ■. 471 

Divisions administratives, 472; — Gliûiatologie, 473; — Géologie, 474; — 
Agriculture, 475; — Soufres, 476; — Artistes siciliens, 481 ; — Dialecte 
sicilien, 484; — État des routes, 485; — ' Du voyage en Sicile, 487; — 
Renseignements, 48^ ; — Monnaies, 490 ; — Bateaux à vapeur, 490 ; — 
Chemins de fer, 491 ; — Voitures et courriers, 491 ; — Routes postales, 
'492; -^ Distances (d'après M. Arancio), 493 ; — Projets d'Itin^ires, 493; • 
Index bibliographique de la Sicile, 496. 

1 PALERMIS. 496 

Environs de Palcrme 507 

Monrcale 509 

2 De Palerme à Trapani 512 

Ruines de Ségcste 515 

Mont Eryx (San Giuliano] 515 

De Trapani à Girgenti (par le littoral). Routes. 5, 4, 5. 

r> De Trapani aux ruines de Sélinonte. 516 

Marsala 516 

Ruines de Sélinonte 517 

4 De Castelvcfrano à Sciacca 519 

Ile Pantellaria 520 

5 DeSciaccaà Girgenti 521 

Ruines d'Agrigente 522 

Volcan de boue desMacalube 525 

Routes de Girgenti à Syracuse : 

De Girgenti à Syracuse (par le littoral) 525 

Désastre des Athéniens en Sicile 527 

De Terranova à Syracuse (par l'intérieur de l'ile) . 

7 De Terranova à Syracuse (par Modica et Noto) 529 

Vallée et grottes d'Ispica 529 

8 De Terranova à Syracuse (par Ghiaramonte et Palazzolo). ...... 529 

Grottede Pantalica '. 530 



TABLE DES MATIÈRES, VII 
Routes. 

9 De Terranova à Syracuse (par ÇaUagirone) 551 

Syracuse , 531 

10 De Syracuse à Catane 540 

Catane. 541 

Ascension de TEtna. 546 

19* Appendice : l'Etna 548 

Principales éruptions de l'Etna. . ; . ' 552 

11 De Catane à Taormine et Giardini (par Ademô] 552 

12 De Catane à Messine (par le littoral) 556 

MESSINE \ ........ . 559 

Environs de Messine 565 

15 De Messine à Catane '. 565 

14 [Voie de mer) De Naples à Messine 566 

15 De Messine à Palerme 567 

16 De Palerme à Messine 567 

Termini. 568 

Cefalù. 570 

Ruines de Tyndaris. . . .^. . . 572 

Excursion de Barcellona à Milazzo. .........'.... 572 

ROUTES DE l'intérieur DF. LA SICILE 

17 De Palerme à Sciacca (par Corleone). 574 

18 De Palerme à Girgenti (par Lercara) 575 

19 De Palerme à Catane 575 

Castrogiovanni . . . • 576 

Histoire d'Enna 577 

Calascibetla ..........'.,.... 578 

Excursion à Nicosia, à Sperlingà 579 

!20 De Girgenti à Caltanisetta et à Santa Caterina 581 

21 De Girgenti à Castrogiovanni 581 

22 De Terranova à Castrogiovanni (par Caltagirone) . ; . . 582 

Caltagirone 582 

23 De Castrogiovanni à Syracuse (par Caltagirone) 582 

Lac de Pergusa 585 

24 De Terranova à Catane (par Caltagirone). . . . ... . 584 

Lac dei Palici • ' 585 

25 De Castrogiovanni à Termini 585 

Iles : Lipari 586 

Vulcano 587 

Stromboli, etc 588 

IlesEgades 588 

Ikdex ALPHABÉTIQUE des uoms de l'Itinéraire de l'Italie du Sud ^^- 

IiDEx alphabétique' dcs noms de l'Itinéraire de \a S\c\\e. ^^'^ 



VIH TABLE DBS MATIÈRES. 



€ARTï:S ET PLANS 

DU DEUXIÈME VOLUME 
CAHTBS 

Pages. 

1 Carte routière de Tltalie (à la fin du volume). 

2 Principales communications du centre de l'Europe avec Tltalio. ... i 

3 Campagne de Rome 264 

4 Environs de Naples. . . .' 374 

5 Carte de la Sicile 471 

PI.AM8 

6 Ancône 16 

7 Pérouse 38 

8 Plan de l'église d'Assise 48 

9 Rome 115 

10 Vertiges de Rotne antique 126 

11 Forum romain 138 

12 Forum romain restauré (Oaninai) 139 

13 Dôme de Saint-Pierre (Vignette) 163 

14 Plan du palais du Vatican 202 

15 Plan du Palais des Conservateurs (rez-de-chaussée).. . .• 232 

16 — — (1" étage) 233 

17 Plan du Musée du Capitole (rez-de-chaussée) 236 

18 — — (1" étage) 237 

19 Plan du palais Borghèse 343 

20 Plan du palais Corsini 247 

21 Plan de la galerie Doria Pantili 248 

22 Naples 326 

23 Plan duMusée de Naples 348 

24 Pompeï 380 



25 Palerme 496 

26 Girgenti (ruines d'Agrigente) 522 

27 Plan de Syracuse 532 

28 Catane. — Messine . 5<>() 



AVERTISSEMENT 



DE LÀ QUATRIÈME ÉDITION 



De nombreuses additions 'et des développements considén4)les font 
de cette quatrième édition un travail en partie nouveau. Elle contient 
un tiers de texte de plus que la troisième édition. 

Cédant à des réclamations fondées, nous divisons riTiNÉRAiRE en 
deux volumes: — Tun consacré à TItalie do Nord; — Tautre à 
TItalie du Sud. Désormais le voyageur dans Tune ou l'autre de ces deux 
régions de l'Italie pourra n'emporter que le volume qui lui sera stric- 
tement nécessaire. 

D'importantes améliorations ont été apportées à cette nouvelle édition : 

La variété des mesures italiennes a disparu ; presque partout ^ elles 
ont été réduites en mesures métriques françaises. 

Une révision sévère du texte a permis d'y faire de très-nombreuses 
corrections de détails. 

Cette édition s'est enricbie de 2 cartes nouvelles (Corniche et Alpes 
maritimes. — Lacs Majeur, de Lugano et de Côme), de 17 plans nou- 
veaux de villes et de 12 plans nouveaux de muséos et de galeries 
privées. 

L'Itinérairr de l Italie est mis au courant des dernières voies de 
communication ouvertes jusqu'à ce jour. 

En même temps que viennent se classer îi leur rang, dans l'Itiné- 
raire, les dénominations des nouvelles provinces : Emilie, Marches, 

* Nous avons toutefois conservé les indications de distances en milles, là où elles 
9ont si fréquemment usitées, que le voyageur doit se les rendre familières, mais 
le plus souvent nous avons donné leurs équivalents en kilomètrc$i. Qw ^toracmi ^«^c- 
lears einisnlter les tables de conversion mises en IMg Ao^ \<\\wf\ç» \>l«wv^V^ 
p. nwv. t. JJ, p. ixn). 



X PREFACE DE LA QUATRIEME EDITION. 

Ombrie, nous n'avons point cru devoir supprimer les détails qui con- 
cernent le Piémont, la Lombard ie, les duchés de Parme et; de Modène, 
le royaume de Naples, à cause de l'intérêt rétrospectif que consenent 
ces anciens États. 

Un itinéraire doit, par rapport au pays qu il décrit, embrasser des 
jx)ints de vue divers, et, dans une mesure restreinte, tenir lieu d'une 
bibliothèque. Les beaux-arts étant un des attraits principaux du voyage 
en Italie, nous avons dû leur accorder une attention toute particulière. 
Nous avons préféré pécher par excès que par insuffisance. Toutefois, 
nous engageons les voyageurs, surtout ceux qui visitent l'Italie pour la 
première fois, à borner leur attention aux maîtres principaux, aux 
peintres primitifs, et à ceux des grandes époques de 1 art. Il n'y a 
qu'une fatigue inutile à s'occuper des peintres de la décadence. 

Paris, 51 juin 1865. 

NOTE ADDITIONNELLE RELATIVE AU DEUXIÈME VOLUUE. 

La Description de la Sicile est mise au courant des changements les plus récents. 
Les éditeurs ne reculant devant aucuns sacrifices pour améliorer les Itinéraires de 
leur collection, ont, dans l'impossibilité où je me trouvais d'aller cette année en 
Sicile, confié à un intelligent observateur, connu par plusieurs publications géogra- 
phiques et par de remarquables articles dans h Hevue des Deux Mondes^ M. Elisée 
Reclus, la mission de parcourir, au mois de mai de cette année, 1865 les s diverses 
parties de l'île pour y recueillir les renseignements nécessaires et vérifier les faits 

nouveaux. 

A. J. DU PAYS. 

!•' août 1865. 



• * * 



Certains éditeurs italiens, au lieu de taire des Guides en Italie, trouvent plus 
commode de les prendre tout faits dans notre Itixéraire. Entre autres publica- 
tions de ce genre venues à notre connaissance, citons: un Itinéraire de la Sieile 
(Palerme), 1 v..in-8*, avec traduction italienne en regard ; — Le Guide de l'étranger 
pour Naples et ses environs ^ par Pellerano (Naples); réimpression textuelle, mais 
que M. Pellerano déclare, du moins, être tirée de V Itinéraire par Du Pays. — Un 
rditeur do Milan, M. Ed. Sonzogno, a également taillé en plein dans notre volume 
jiour la rédaction de divers Guides de sa fabrique. A la vérité, îl se donnait d'abord 
In poino do trnduirc^ ses emprunts en italien, et il accordait, dans une préface ita- 
lienne un mot d'éloge à notre Itinéraire qu'il allait dépouiller. Depuis, ayant pensé, 
comme il le dit dans son avant-propos, qu'un Guide en langue française est^pour 
ainsi dire^ une nécessité, il a pris dans notre rédaction les sept huitièmes de 
son Guide manuel du voyageur en Italie ; mais, sans faire la moindre mention 
de nous ou de notre travail. L'édition Sonzogno ne porte point de date, afin de 
paraître toujours nouvelle à l'acheteur. De la sorte aussi, si quelqu'un venait par 
liasard à comparer l'édition Sonzogno avec notre Itinéraire, il ne saurait pas quel 
est celui des deux ouvrages qui a volé l'autre ; c'est pour cela que nous avons à cœur 
^^ /j/on éiabh'r Ja présente réclamation. 



EXTRAITS 

DE LA PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION. 



L'Itinéraire de l'Italie est divisé en qinq parties : 

La l" PARTIE contient les renseignements GÉNÉRAnx relatifs au voyage. 
. La 11^ PARTIE est TIntrodoction ; elle contient un aperçu oénéral de lItaue, 
nu point de vue de la géographie physique, de la climatologie. Nous aurii^ns 
voulu pouvoir y joindre un résumé historique» mais il a fallu le supprimer, 
sous peine de grossir démesurément le volume. A défaut de cette introduction 
générale, on a dû se contenter des précis historiques qui sont en tête de cha- 
cune des villes principales; on y trouvera plusiéulcs tables chronologiques et 
généalogiques utiles à consulter. — Les beaux-arts occupent une place trop 
importante dans un Itinéraire en Italie pour qu'il soit permis d'oiijettre le 
tableau de leur origine, de leur progrès et de leur décadence. 

L'aperçu historique des beaux -arts en expose succinctement les origines 
en Italie, aux différentes périodes de l'antiquité, du moyen âge et de la Ro* 
naissance, et se termine par une table chronologique étendue dés peintres. 
Ce tableau s'arrête où finit l'art traditionnel et où l'individualisme des éâole^ 
et des artistes se prononce de plus en plus ; il se continue suppessivement 
dans le cours de l'Itinéraire, sous la forme de précis rapide. Ces diverses 
notices rappelleront au besoin les souvenirs de ceux qui savent; ceux qui ne 
savent pas y trouveront une direction indispensable pour l'examen des œuvres 
d'art contenues dans les musées, dans les galeries et les églises, qui, sans ces 
notions préliminaires, se mêleraient confusément dans leur esprit. Dne telle 
initiation, forcément superficielle, ne doit donc être considérée que comme 
un moyen d'orientation sur un terrain vaste et inconnu. Les personnes qui 
voudront étudier ce sujet intéressant trouveront des indications étendues à hi 
bibliographie. 

La IIP partie est exclusivement consacrée à l'indication rapide des routes ' 
venant de France, de Suisse, du Tyrol, de Vlllyrie et aboutissant à Vltalie 
du nord; et à celles des principaux qoIs qui traversent la ceinture des Al^s.. 

La IV* partie, de beaucoup la plus considérabYe, cot\\Àçi\v\.\Ux'aé.Ta\Te A«s»- 
CTvptif de Vltalie. La description de chacune àes g;wii\deç. ^iN\«tfyo& v^^^"^^^ 



MI « PRÉFACE DE LA PREMIERE ÉDITION. 

du pays est précédée d'un nperçu général sur la géographie, la statistique, 
rhistoire des beaux-arts, etc.. A la suite de ces généralités, Titinéraire delà 
contrée s'ouvre par la description de la capitale. C'est de là que rayonnent 
les ROUTES, de telle sorte que les dernières décrites soient, autant que pos- 
sible, celles qui conduisent à TËtat suivant. 

La y* PARTIE est consacrée à la Sicile. 

Un soin particulier a été donné aux musées ; les œuvres les plus remarqua- 
bles en ont été énumérées et passées en revue, et, toutes les fois que cela a 
été possible, nous avons donné en entier les catalogues des galeries de tableaux. 
Nous avons voulu faire en sorte que les vqyageurs n'aient qu'un seul livre à 
porter avec eux, et que, sans être obligés d'acheter çà et là et de traîner des 
volumes embarrassants, l'Itinéraire pût leur suffire pour toutes leurs visites 
aux grandes collections d'art, aux galeries particulières, aux édifices publics, 
aux églises. 

Les Hand'Books de Murray forment, pour l'Italie et la Sicile, 6 volumes, 
imprimés à deux colonnes, avec un caractère fin et uniforme. Le prix des 
cinq volumes est de plus de cinquante francs. Les voyageurs anglais ne se 
plaignent pas de l'extension donnée à ces excellents Guides, auxquels nous 
avons emprunté d'utiles renseignements ; pour la plupart des Français, ce 
serait, dans un voyage, qui le plus souvent est une affaire d'agrément, un 
appareil un peu formidable que ces cinq volumes à porter avec soi à travers 
lltalie. 

L'inégalité d'étendue donnée à la description, que l'on remarquera entre 
les différentes parties de l'Italie, est en rapport avec leur importance rela- 
tive. Et cette importance est presque exclusivement déterminée par le plus 
ou moins de richesse sous le rapport des monuments d'art et des musées. 
L'art est la splendeur de l'Italie. Nous n'avons donc pas craint de développer 
davantage quelques parties de l'Itinéraire qui lui sont consacrées* et de 
sortir alors des formes arides et abrégées d'exposition, auxquelles nous 
nous résignons ailleurs pour économiser l'espace du livre et le temps du 
lecteur. 

De nouvelles cartes, de nouveaux plans, ont été gravés à grands frais, avec 
un soin inconnu jusqu'ici pour ce genre d'ouvrages. Le nombre et le choix d(^ 
ces cartes et plans en font un des auxiliaires les plus utiles de TItinéraire 
DE l'Italie. 

i. Lorsque nous émettons sur des matières d'art notre appréciation particulière, afin 
.que le lecteur soit averti et puisse se tenir en garde contre les opinions dont nous pre- 
nons la respoBsabilité , nous avons soin de mettre entre [ 1 les passages qui les contien- 
nent. 



ADDITIONS 

ET CHANGEMENTS SURVENUS PENDANT L'IMPRESSiaN 



N. B. Mandats de la poste. — Selon une convention conclue (le 9 avril 1864) 
entre la France et l'Italie, des envois de fonds peuvent se faire entre les deux pays 
au moyen de mandats par ' la voie de la poste ; ils sont transmissibles par voie d'en- 
dossement. Aucun mandat ne pourra excéder la somme de 200 fir. Il sera perçu une 
taxe de 20 c. par 10 fr., qui devra être payée par l'envoyeur. 

Page 6. Faenxa. — 17 octobre 1864, inauguration d'un monument élevé au 
savant Torricelli. 

Page 48. Assial. — M. Passavant [Vie de Raphaël,!!, 141] conteste que les fres- 
ques A^Adane Boni aient servi de modèles à Raphaël pour ses sibylles de l'égHse 
de S'*-Marie de la Paix, à Rome. 

Page 57. Be Florence à Rome. — Services de diligences de Liborio Marignoli. 
— Tous les jours (excepté le samedi, de Florence, et le dimanche, de Rome). Coupé 
55 fr. 40 c; intérieur et banquette, 45 fr. 30 c. ; y compris le billet de chemin de 
fer. — De Ficulle à Rome, les prix sont: Coupé, 35 fr. , intérieur et banquette, 
30 fr. 

Page 115. Rome. — Une statue colossale d'Hercule, en bronze doré, de 4 met, 
25 de hauteur, découverte au palazzo Pio [théâtre de Pompée] doit être placée au 
Vatican. — On a trouvé dans les fouilles du Palatin un torse du Satyre de 
Praxitèle. 

Page 328. Napies. — Bateaux à vapeur. [V. les renseignements aux pages 
78-80.) — Université: on a élevé dans la grande cour une statue à Giordano Bruno, 
qui fut brûlé vif à Rome, en 1600. 

Pages 452, 454(Routes 164, 165]. Cheminde dAncône à Brindisi (559 kil,], traj. 
direct en 18 h. —Prix : 61 fr. 50 c.; 43 fr. 05 c, — De Foggia à Brindisi 
(233 kil.), traj. en 8 ou 9 h. 15 min. — Prix : 25 Ir. 60 c; 17 fr.90 c; 12 fr. 80 c. 



Alt.. .... (altitude) éléva- 
tion au-dessus 
de la mer. 

E est. 

N nord. 

ouest. 

S sud. 

N. E. ... nord-est. 

S. E sud-est. 

N. nord-ouest. 

S. sud-onest. 

dnp.. . . . efaapelle. 



ABREVIATIONS 

dil diligence. 

dr droite. 

env environ. 

g gauche. 

hab habitants. 

haut hauteur. 

h heure. 

j jour. 

kil kilomètre. 

mat. m. . . matin, 
met. m. . . mètre. 
mil mille. 



mm minute. 

P page. 

R route. 

s soir. 

s siècle. 

t. lesj. . . tous les jours. 

trsg trajet. 

V. voir. 

la V la Vierge. 

f mort. 



\ 



EXTRAIT 

DÈS RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX 



Voyage de l'Italie entière. 

. Les personnes qui peuvent consacrer une année environ à visiter l'Italie n'ont pas 
besoin de conseils sur la direction à donner à leurs voyages. Elles pourront consul- 
ter leurs convenances ; se trouver à Rome pour les fôtes du carnaval, pour les céré- 
monies de la semaine sainte ; elles verront cette intéressante contrée sous ses aspects 
divers et dans des saisons opposées.-^ Dans le cas contraire, trois mois sont le temps 
le moins considérable qu'on puisse consacrer à un voyage dans toute l'Italie, sans y 
comprendre la Sicile. 

Voyagea partiels en Italie. 

On peut consacrer un premier voyage à voir l'Ilalie du nord juscpi'à Florence, et 
un second à l'Italie du sud depuis Florence jusqu'à Naples, et à la Sicile. 

Voyage dans Tltalie dn sud. 

Projet d'itinêbaire. — Florence étant le point de départ (soit qu'on y soit 
arrivé par terre, soit qu'on y soit arrivé par Nice ou Gênes et la voie de mer), trois 
(loints principaux attirent avant tout l'attention dans cette partie de la Péninsule : 
Florence, Rome et Naples. La voie de mer offre le moyen le plus rapide d'aller 
d'un de ces points à l'autre : par le port de Livoume pour Florence; par celui de 
Cività Vecchia pour Rome, et en débarquant directement à Naples. — Mais, pour 
pou qu'on ait le temps, il faut donner la préférence au voyage par terre. 

Deux routes principales, riches en beaux aspects , et traversant des villes d'un 
haut intérêt au point de vue de l'art et des antiquités , se présentent au voyageur 
pour aller de Florence à Rome : l'une est connue sons le nom déroute de Sienne ^ 
l'.iutre sous celui de route de Pérouse.ïWes sont tellement intéressantes, que nous 
no saurions trop engager les voyageurs â les parcourir toutes les deux, l'une en 
allant et l'autre au retour*. Toutes les deux, dans un avenir plus ou moins rappro- 

* Si Ton devait efTectuer son retour par mer, nous conseillerions de donner, pour aller 
à Rome, la préférence à la route par Pérouse sur celle par Sienne. En aucun cas la visite 
de Sienne ne devra être sacrifiée. On pourrait, de Sienne, gagner Areao par Uonte San 
Savino, — On pourrait également, de Sienne, faire une excursion intéressante, et désormais 
farilitée par l'élablissement du chemin de fer, jusqu'à Chiusi et Orvielo. 

La route de Rome par Péroûse offre un double intérêt : celui de l'aspect pittoresque du 
/fopi à travemer et celui de i'art (particulièrement des ouvrages de l'école ombrienne). Sur 



RENSEIGNEMENTS. — PROJETS D^ITINéfi AIRES. XV 

ché, pourront être parcourues en chemins do fer. Mais en ce moment (juillet 1865^ 
l0s travaux ne sont qu'ébauchés sur la route de Pérouse; et sur celle de Sienne 
le chemin de fer s'arrête à Ficulle, avant Orvieto. 

Une troisième route offre aux voyageurs, grâce au chemin de fer des Maremmes 
{ferroviaMaremfna)t ouvert en 1864, la voie la plus directe et la plus rapide , mais 
là moins intéressante, pour aller de Florence [et du N. 0. de l'Italie septentrion 
nale] a Rome. (V. tome II*, Route 138.) 

Au delà à^Orvieto on peut gagner Rome par deux routes : l'une, plus directe 
(vers rO.), contournant les hauteurs du lac de Bolsene, et passant à Monte fia- 
scone et à Viterbe; — l'autre, faisant un détour (vers TE.) pour aller par Todi^ 
Tend (où 1 on ira contempler la belle chute d'eau); de Terni on se dirige par Cività 
Castellana sur Rome, 

Quand le chemin de fer sera prolongé au delà d'Orvieto, il ira s'embrancher à 
Orie avec le chemin de fer de Florence à Rome, par la voie de Pérouse. 

Entre Rome et Naples, il y a également deux routes, présentant chacune de l'in- 
térêt : 1« par les marais Pontins et Terracine; — 2"> par Frosmone et San Ger- 
mano: — Pour les excursions aux environs de Rome ej celles aux environs de 
Naples, des détails étendus seraient inutiles ici ; nous renvoyons à V Itinéraire. — 
La majorité des voyageurs dépassent rarement Pœstum, au S. de l'Italie. 

Une partie assez considérable ie l'Italie (presque tout le littoral de l'Adriatique, 
les Abruzzes et l'extrémité méridionale de l'Italie] reste en dehors des itinéraires 
tracés ci-dessus ; mais, comme cette partie est très-peu fréquentée, il est également 
superflu de tracer des itinéraires spéciaux qui auraient très-peu de chances d'être 
suivis. Le chemin de fer, récemment ouvert, d'Ancône à Brindisi, sur le littoral de 
l'Adriatique, et qui doit être prolongé à l'extrémité de l'Italie méridionale, per- 
mettra désormais aux voyageurs de visiter cette partie de la Péninsule, que leur in- 
terdisait le manque ou la lenteur extrême des moyens de communication. 

De l'époque dn voyage en Italie. — a Quoique l'hiver soit la saison con- 
venue des voyages en Italie, je n'inviterai point à suivre cet usage, à moins qu'on 
ne s'y rende par ordonnance du médecin. L'hiver ne va point à cette belle con- 
trée; son aspect, alors, n'est guère différent de celui de nos provinces, c'est à peu 
près la même huipidité et le même froid... La nature a perdu son éclat, les monu- 
ments de l'art ne^sont guère plusreconnaissables; ils sont faits pour la lumière et 
le soleD d'été, et non pour les brouillards de l'hiver. Combien de tableaux, de bas- 
reliefs, chefs-d'œuvre des plus grands maîtres, disparaissent alors dans l'obscurité 
de cette triste saison et le jour un peu sombre des églises! — La multitude d'étran- 
ger» qui accourent l'hiver en Italie contribue encore à lui ôter une partie de sa phy- 
sionomie... — A l'époque choisie par tous ces visiteurs, les belles solitudes de Val- 
lombreuse, du Mont-Cassin, des Camaldules, sont à peu près inaccessibles ; et c'est 
n'emporter de l'Italie qu'une idée bien imparfaite que de n'avoir pu les. contem- 
pler. » (Valéry.) A l'Italie il faut le soleil de l'Italie. Les dialeurs de l'été y sont 
rarement aussi accablantes qu'elles le sont si souvent à Paris. L'incommodité passa- 
gère qu'elles peuvent causer au milieu du jour est compensée, pour les villes du 

eette route on visite successivement Arèszo (on pourrait faire une e\)e»T«ioii ^'^v^^^'^^ 
Se|K»kro). Cortone, le» bords du lue d^ Trasimine, Pérousf, AsMse., SpeWo,¥eU^o,%^- 
lèU et Terni. 



XVI RENSEIGNEMENTS. — DÉPENSES. — MONNAIES. 

littoral et sur les bords des lacs, par des brises rafraicbissantes ctpar la beauté et 
le charme des nuits. Les personnes o[ui n'auraient que deux mois à consacrer à 
l'Italie feront bien de donner la préférence aux mois de septembre et d'octobre (ce 
dernier est le plus beau mois de l'année à Rome), ou à ceux d'avril et de mai. Dans 
ce cas, il vaudrait mieux se priver d'assister aux fêtes du carnaval que de leur 
sacrifier le reste du voyage. 



Passe-port. — Les Français qui se rendent en Italie devront se munir d'un 
passe-port à l'étranger (prix : 10 fr.), visé par le ministre des affaires étrangères 
de France et par les ambassadeurs des divers États sur les territoires desquels ils 
auront l'intention de pénétrer. Ces visas, nombreux autrefois, sont, depuis les 
derniers événements qui ont changé la constitution politique de l'Italie, réduits à 
trois seulement : celui du consulat général du roi d'Italie, — celui de la noncia- 
ture apostolique^ — et celui de Vamhassade d'Autriche. — Ces trois visas coûtent 
9 francs. — Les passe-ports à l'étranger se délivrent: 

Dans les départements, à la préfecture, sur l'avis motivé des maires. . 

A Paris, à la préfecture de police, soit sur la présentation d'un ancien passe- 
port, soit sur un certificat ou bulletin d'un commissaire de police. L'assistance et les 
signatures de deux témoinâ patentés et domiciles dans le quartier qu'il habite sont 
nécessaires à tout individu qui demande un pareil certificat. — Moyennant 1 fr. 
de commission pour chaque visa, on se charge, à la préfecture, de faire légaliser les 
passe-ports au ministère des affaires étrangères et dans les légations diverses. — 
Les passe-ports pour l'Italie entière peuvent être prêts pour le lendemain soir, 
quand ils sont remis avant deux heures après midi. 

Dépenses. — On peut vivre économiquement en Italie ; si l'on séjourne dans 
les villes, on trouvera les dépenses moins élevées encore que dans bien d'autres 
pays de l^urope. Du reste, pour se faire une idée du progrès à cet égard, il suffit 
de voir dans l'ouvrage du président de Brosses combien un voyage en Italie était 
cher et diflicile, il y a cent ans. 

Le budget d'un voyage en Italie est chose très-variable, selon les circonstances et 
les individus. Il serait intéressant de pouvoir indiquer la limite du voyage le plus 
économique; mais cela même est difficile, parce que l'excessive économie s'obtient 
avec des privations et des sacrifices qu'on ne saurait apprécier.* On peut fixer à 
1 500 francs la dépense (modérée) d'un voyage fait pendant la durée de trois mois 
on Italie, c'est-à-dire à 500 francs par mois, tout compris. Du reste le voyage est 
toujours plus dispendieux si l'on est obligé de vbyager vite, si l'on veut visiter 
tous les monuments ou toutes les collections, qui sont dignes d'être vus, et sur- 
tout si l'on voyage seul : outre que l'on ne peut pas profiter de certaines occa- 
sions de transport qui s'offrent à une association de deux ou quatre amis, il faut 
supporter seul les frais multipliés à l'occasion de visites dans les galeries privées, 
dans les palais, dans les églises... Dans aucun pays, peut-être, il ne faut donner si 
fréquemment et à tant d'officieux qu'en Italie; il est vrai de dire que, s'il faut don- 
ner souvent, ces rémunérations sont en général légères. Un novice n'oserait jamais 
mettre dans la main de tel oonsèrvataur de galerie, en tenue irréprochable, la mo- 
dique rétribution qui est d'usage. D'un autre c6té, les bateliers, les cochers, les 



RENSEIGNEMENTS. -^ HOTELS. XVII 

portefaix, les domestiques de toute sorte, se plaignent toujours du peu qu*ou leur 
donne, quand même cela serait dix fois supérieur à ce qu'on est habitué à leur 
donner dans le pays. 

Plus on séjournera longtemps en Italie, et moins les dépenses, proportionnelle- 
ment au temps du séjour, seront élevées. 

Arguent. — Pour un voyage- de courte durée, on peut n'emporter que des pièces 
d'or de 20 francs ; mais, si le voyage doit se prolonger et si l'on a besoin de som- 
mes un peu fortes, on devra se munir d'une lettre de crédit circulaire^ à l'aide de 
laquelle on peut, dans les principales villes de l'Italie, toucher les sommes dont on 
a successivement besoin. On devra se mettre rapidement au courant de la valeur 
des monnaies ayant cours dans le pays, et quand on passera d'un État dans un 
autre, avoir soin de se débarrasser des monnaies qui n'auraient plus cours dans le 
nouvel Etat. 

TARIF DES MONNAIES 

AYANT COURS DANS LES DIVERS ÉTATS D^ITALIE* 

La comptabilité, qui variait en Italie d'un État à l'autre, était, naguère encore, une 
cause d'embarras et d'ennuis pour les étrangers. Mais le nouvel état politique de l'Italie n 
singulièrement simplifié cette comptabilité. Un système monétaire uniforme, semblable h 
celui de la France, est un des bienfaits de la régénération unitaire de ce pays. Les pos- 
sessions autrichiennes et les Etats de l'Église forment seuls, aujourd'hui, exception à cette 
uniformité. 

ROYAUME D'ITAI.IB 

Le système décimal est adopté pour les monnaies dans tout le royaume d^ Italie. — La 
livre nouvelle {lira nuova) de 100 centimes (centesimi), dont la forme et la valeur sont celles 
du fra:<c, est la monnaie légale de compte. Outre la pièce d'argent de 1 /ira, il y a des 
pièces d'ARGBNT de 2 et de 5 lire^ et des fractions : 1/2 lira (=50 cent.); 1/4 (= 25 cent.). 
— Il y a des pièces d'or de 100, de 80, de 40, de 20 lire. 

fHkaâm de V^VIêèb, — Monnaie romaine {V. Rome, t. II, p. 114). 
I. — Monnaie napolitaine (F. t. II, p. 527). 



BAtols. — Dans les grandes villes d'Italie, on trouve aujourd'hui des hôtels de 
premier ordre. Il y a à cet égard, depuis quelques années, des progrès très-mar- 
qués; mais en même temps il y a de la part des grands hôtels une tendance à ni- 
veler leurs prix avec les prix élevés de ceux de la Suisse. Le diner \ table d'hôte 
[tavola rotùnda)j 4 fr.; déjeuner, 2 fr. 50 à 3fr. 50; la bougie, 1 fr.; le service, 
i fr.; ici n'est pas compris le portier ou le piccolOj garçon qui nettoie les vêtements 
et la chaussure. Le prix des chambres est de 2. 3 ou 4 fr.; mais il s'élève plus haut 
encore dans de certaines villes, au moment de Taffluencc des étrangers. 

Le plus ordinairement le dîner a table d'hôte est de 3 fr. et le déjemier (thé ou 
café au lait) 1 fr. 50 c. On déjeune ordinairement à des prix très-modérés au café, 
où l'on peut lire les journaux. [Pour appeler le garçon de café on dit : bottega. 
On n'appelle cameriere ({ne le domestique de l'hôtel.) — On peut aussi dîner dans 

^ Pour éviter le» répétitions, le signe s équivaut aux mots : vaut, valeur qm «aXn'hV 
préeédt rindication de la valeur en monnaie de France. 



XVIII RENSEIGNEMENTS. — GICERONI. 

des tratlorie (reslaurants) et être servi à la carte [la lista), mais en général ce 
fçenre d'établi jsement laisse beaucoup à désirer en Italie. — Il faut adopter la 
cuisine du pays, ses vins... et en général se c()nformer à la manière de vivre et ne 
point chercher à transporter avec soi les habitudes^ les goûts, le comfort d'une 
autre contrée. C'est faute de savoir prendre ce parti que bien des personnes se mon- 
trent si affectées des désagréments qu'entraîne pour elles le changement d'habitudes. 

Le brigandage a été de tout temps un mal endémique en Italie; ce mal, alimenté 
par des intrigues politiques, a pris, dans ces derniers temps, dans le sud de l'ancien 
royaume deJiaples, une recrudescence fôcheuse et jusqu'ici persistante (1865). Cela 
est d'autant plus regrettable que ^ ce fléau tendait à disparaître et qu'on semblait 
devoir bientôt toucher au moment où l'on n'aurait plus à se préoccuper de cette 
terreur, trop longtemps justiliée, d'un voyage en Italie ; du moins pour toute la 
partie du voyage qui s'accomplit sur les routes fréquentées. Il faut donc user de 
prudence pour les excursions dans les contrées isolées du sud de l'Italie ; se bien faire 
renseigner par les aubergistes ; ne se conUer, si l'on voyage seul, qu'à un voiturin 
ou à un guide qui vous ait été recommandé; ne point afficher un luxe qui excite la 
convoitise; et, après cela, ne point gâter son voyage par des inquiétudes de tous les 
moments, dans la crainte d'un accident qui, sous l'influence d'une répression éner* 
gique, doit nécessairement devenir tous les jours de plus en plus rare. 

Gioeroni. — On en trouve dans les diversies localités et dans les monuments qui 
attirent les visites des voyageure. — A l'exception de quelques points particuliers, 
les personnes parlant un peu l'italien peuvent aller visiter seules les principales 
curiosités d'une ville. La première chose a faire, c'est d'étudier le p/é7fi de la ville 
et d'apprendre à s'orienter. Une vue de l'ensemble de la ville prise en montant au 
haut de quelque édifice facilite singulièrement cette étude topographique. 

Dans les villes, où les églises riches en monuments d'art sont abondantes, il 
faut consacrer à leur visite les heures de la matinée. A l'exception de quelques 
dômes [cathédrales], les églises sont généralement fermées de midi à trois heures. 
Même pendant la célébration des offices, on peut visiter sans trouble ni scandale les 
chapelles qui ne sont pas occupées. Si l'on veut y pénétrer dans l'intervalle de la 
fermeture, il faut envoyer chercher le sacristain ; pour cela le domestique de place 
peut être utile. — La plupart des peintures les plus remarquables sont ordinaire- 
ment cachées sous un rideau que le sacristain vient vous ouvrir moyennant une 
petite rétribution. Cette précaution est bien entendue dans l'intérêt des petits pro- 
fits des gens de Féglise, mais elle est fâcheuse pour les peintures, que ce frottement 
continuel détériore. • 

Domestique de place. — Si l'on ne sait pas l'italien et si l'on fait un voyage 
rapide, il faut se faire accompagner par un domestique de place. (On en trouve 
dans tous les grands hôtels. On lui donne environ 5 fr. pour la journée. Il fait les 
commissions, se charge de faire viser le passe-port, etc.) A part l'ennui d'être 
ainsi accompagné, un domestique de place épargne des perles de temps et des in- 
certitudes. Pour voir certains monuments ou certaines curiosités, il est quelquefois 
difficile de savoir où s'adresser ; les personnes qui préfèrent parcourir seules une 
ville feront bien de réserver ces courses pour les faire avec le domestique de place. 
Un bon domestique de place connaît bien les objets qui méritent l'attention ; il 
ûonniûï ordinairement les noms des peintres des principaux tableaux...; c'est, en un 



RENSEIGNEMENTS. — VOITORINS. XIX 

mot, le cicérone ordinaire des voyageurs. Mais il ne faut accorder qu'une confiance 
limitée à son érudition artistique, et ne pas s'abandonner aveuglément à sa direction ; 
sans quoi Ton s'expose à perdre quelquefois son temps dans des visites de galeries 
sans valeur, mais où il a quelque intérêt personnel à vous conduire. 

CSonrses en voitnre. — H est une dernière manière de visiter une ville, qui 
a ses avantages pour un voyageur ayant peu de temps à lui : c'est de prendre une 
voiture; les cochers servent alors de domestiques de place, et ils savent aussi, par 
une longue habitude, quels sont les palais, les églises, les collections publiques ou 
privées où il faut conduire les étrangers. 

MejMM de tranepoii. — Le réseau de chemins de fer qui s'étend déjà sur une 
partie de l'Italie et la couvrira bientôt tout entière a singulièrement modifié, dans 
ces derniers temps, les conditions des voyages en Italie. Il a fait supprimer sur les 
grandes lignes de commiunîcation non-seulement la poste, mais les services de dili- 
gences et les voiturins. On ne les retrouve plus que sur les lignes secondaires et 
celles où les diemins de fer font encore défaut. Les dUigenceê sont le mode de 
transport le plus certain, le plus rapide et le moins dier. Mais il ne permet pas toujours 
de s'arrêter pour voir les endroits ou les choses remarquables qui sont sur la route. 
Pour cela il vaut mieux voyager par les petites voitures du pays, et entre autres 
avec les voiturins {veUurini)^ en faisant un accord en conséquence avec eux. ^—11 
faut se tenir en garde contre les renseignements sur les moyens de transport 
donnés aux hôtels de la poste et des diligences (où l'on a souvent intérêt à tromper) 
et multiplier ses informations si l'on a des doutes. 

Vttttnriiii. — Les voiturins font ordinairement 50 à 50 kil. par jour. Le prix des 
places varie suivant le nombre de voyageurs qu'ils ont trouvés. Il est d'usage (pour 
les longs trajets) de comprendre dans le prix des places le souper et le coucher ù 
l'auberge. Cependant on peut faire une stipulation contraire. Ce moyen de transport 
peut être calcul^ sur une dépense journalière de 15 à 20 fr., tous frais compris 
pendant toute la durée du voyage et même pour le retour dans les autres capitales 
de l'Europe. 

Si l'on a confiance dans son domestique de place, on peut le charger du soin de pro- 
curer un vetturino. Mais nous avons reconnu par expérience que, le plus souvent, il 
ue faut pas, pour ces sortes de marchés à conclure, employer des intermédiaires, tels 
qu'hôteliers ou domestiques de place et qu'il y a avantage à faire ses affaires soi- 
même. On rencontre à certaines places, ou rôdant devant les hôtels , des individus 
se disant vetturinij et qui ne sont que des courtiers cherchant à gagner une com- 
mission. 11 faut se garder d'entrer en pourparlers inutiles avec un de ces entremet- 
teurs (sensale) et s'assurer qu'on a affaire au vetturino lui-même. Ce marché est, 
du reste, une des choses ennuyeuses du voyage, parce qu'il faut beaucoup marohan^ 
der;ti il demande à être fait avec précaution. La plupart du temps, ce n'est pas 
l'individu avec qui l'on négocie qui vous conduira ; et, comme il est bon, pour un 
voyage qui dure souvent plusieurs jours, de pouvoir juger sur la mine le conducteur 
a qui on sera confié, on fait bien de demander à voir celui-ci , et à voir également la 
voiture. Pour plus de surjeté, on dresse par écrit un contrat [accordo] fait en 
double, et contenant les diverses conditions. 



XX RENSEIGNEMENTS. — VOITURÏKS. 

Modèle de oontrat avec nn voitnrin 

POUR UN VOYAGEOR SEUL. 

Accorda tra il signore ( ) et il vetturino ( ). 

Il solloscritto vetturino s'obbliga di trasportare il sig' (....). da. .. . a. : . . nella spazio 

di un giorno — [due, tre, quattro, cinqiie, sei, sette, otto, nove, dieci giomi] — e ( ) 

ore, in un buon legno [mostràto già al detto sig**]. — 11 sig' ( ) occupera solo il legno]; 

— [il primo posto, secondo, terzo, quarto] — in fondo, nell* intemo délia carrozza, con^ 
lenente soltanto quattro persone. 

Contrat entre M. (nom du voyageur) et le voiturin (son nom). 

Le vetturiuo soussigné s'engage à transporter H. {nom)^ de (nom du lieu de départ), à 
{nom du Heu d'arrivée)^ dans une bonne voiture — [montrée audit sieur], en un jour — 
[en 2, 5, A, 5, 6, 7, 8, 9, 40 jours] — et {tant d>) heures. — M. (. , . .) occupera seul la voi- 
ture ; aura la première place du fond — [la 2", 3*, 4*] — dans l'intérieur de la voiture . 
contenant seulement quatre personnes. 

{V. le modèle suivant pour le reste des conditions.) 

POUR TOUTE LA VOITURE. 

Il sottoscritio vetturino [nom) s'obbliga : — 1<> di trasportare [comme ci-des9us) 
ii sig' (nom du voyageur] e (2, 5, 4) compagni di viaggio del detto sig"*, in una 
bnona carrozza , contenente quattro posli nell' intemo ( ed uno sul davanti nel 
cabriolet], tirata da due (quattro) buoni cavaili ; 2<* di caricare il suo (loro] baga- 
glîo, in modo che non riceva alcun danno e che nulla venga smarrito ; — 3* di non 
prendere nessunaltro viaggiatore ; 4<» di somministrare al sig'* (....) [ai detti viag- 
giatori] per ognî giorno, a sue spese ed in buoni alberghi, la colezione, il pranzo e là 
cena ; una stanza separata con un letto pulito per passar la notte (2, 5 stanze separate 
con2, 5, 4 letti puliti) ; — 5* di fermarsi per pemottare la prima sera a (....); la 
seconda a.... ; di fare nel giorno una formata di un' ora (2, 3, 4 ore] a... Il sig' 
(....) pagberà al vetturino per tutto il viaggio, senz' altr'obbligo di pedaggi, barrière, 
poste, cavaili, bovi di rinforzo, etc., c dopo il suo arrivo soltanto, la somma di.... 
La buona mano, che dipenderà dalla puntualità de! servizio del sottocristo vettu- 
rino, è ad arbi trio del sig' (....). — L'inadempimento délie condizioni del présente 
nccordo darà diritto al signor (....) di rifmtare il pagamento délia somma convenuta 
péril suo viaggio. * 

Le vetluriuo {nom) soussigné s'engage : 1' à transporter (comme ci-dessus). . . . M. {nom 
du voyageur) et ses (2, 3, 4) compagnons de voyage dans une bonne voiture, contenant 
4 places ù l'intérieur (et une dans le cabriolet sur le devant), et tirée par deux (4) bons 
chevaux; — 2* à charger ses [leurs] bagages, de manière que rien ne s'abîme ou ne se 
l>erde ; — 3* à ne prendre aucun autre voyageur ; — 4* à fournir chaque jour, à ses frais , 
à M. (....) [auxdits voyageurs] le déjeuner, le diner et le souper, et, pour passer la nuit, 
une chambre à part avec le lit propre (2, 3 chambres séparées, avec 2, 3, 4 lits propres);— 
à s'arrêter pour la couchée le premier soir à {nom de la localité) ; le second à (....) ; — à 
s'arrêter dans la journée 1 (2, 3, 4) h. à (nom de la localité). — M. {nom) payera, seulemen t 
après l'arrivée à (....), au vetturino pour tout le voyage la somme de. .. ., sans autre obli- 
gation d'acquitter les péages, les barrières, les postes, les chevaux ou bœufs de ren- 
fort, etc La bonne-main, qui dépendra de l'exactitude du service du vetturino sous- 
signé, est à la volonté de M. {nom du voyageur). L'inaccomplissement des conditions du 

présent accord donnera droit » M. ( ) de refuser le payement de la Mmme convenue 

pour le voyage. 



K£iNS£I6NEMEMS. -^ MESURES ITINERAIRES. XXI 

Après avoir bien tixé les obligations réciproques, on signe de part et d'autre. Si 
le vetturino ne sait pas signer, il appose une croix à côté de la signature du 
voyageur. Il est d'usage que le voiturier remette au voyageur des arrhes [una 
caparra)f et l'importance de la somme varie selon la longueur du voyage ; la caparra 
sert de gage a l'accomplissement des conditions. Le plus souvent le vetturino rede- 
mande cette somme au moment où l'on monte en voiture. On peut faire telle stipu- 
lation contraire. D'un autre côte, le conducteur, durant le trajet, demande souvent 
qu'on lui fasse une avance sur la somme qu'on s'est engagé à payer au terme du 
voyage; il faut avertir d'avance le voiturier qu'on ne souscrira pas à cet acte 
de complaisance, de manière à consei*ver toute sa liberté d'action à l'égard du con- 
ducteur, s'il ne remplissait pas bien ses conditions durant le voyage. Si l'on est 
content de lui, au contraire, on lui donne un pourboire [buona mano) ; mais il 
faut rester libre à cet égard et ne jamais faire le marché avec le vetturino en y 
comprenant le pourboire. Cette stipulation n'empêcherait pas de donner une grati- 
fication, arrivé au ferme du voyage, si l'on est content ; et on est généralement 
disposé à l'être. Si le vetturino s'est engagé à vous conduire, y compris la nourri- 
turc [(Sol paêto)f c'est à lui qu'il faut se plaindre si Ton est mécontent du service 
de l'auberge où il vous a fait arrêter. Du reste, c'est le cas de ne pas se montrer 
trop exigeant ; et, en général, de ce côté, les conditions sont aussi bien tenues 
qu'on peut l'attendre des localités où l'on passe. — Les arrangements avec le vetturino 
varient selon qu'onloue une ou deux places dans sa voiture, ou qu'on la retient tout 
entière pour soi. C'est dans ce cas seulement qu'on peut s'arrêter à sa guise en route 
pour visiter quelque curiosité, en le stipulant d'avance dans Vaccordo et en fixant 
lé nombre d'heures qu'on s'arrêtera. — Le voyageur doit être prévenu que souvent 
le conducteur cède en route son marché à un autre voiturin qui s'en retourne à 
vide. Cet échange ne peut se faire, du reste, que du consentement du voyageur, qui 
y trouve souvent son compte, soit une voiture meilleure , soit des chevaux frais et 
reposés ; il devra faire confirmer le contrat par le nouveau voiturin. 

On peut traiter aussi, pour de petites excursions, avec les voiturinst qui vous 
fournissent une voiture légère [calessino, corricolo, carretella, baroccio, baroc- 
chiOf etc.] à un ou deux chevaux. Dans certaines parties sud du royaume de Naples, 
on ne peut voyager que de la sorte. 



De la mesore des milles en Italie. 

l>î' mille d'ilalic ou mille géographique (de 60 au degré) égale 1852 mètres. — 00 milles 
géographiques correspondcul à uu degré de.réqualeur, uu 25 lieues de France. 

(Voir, au verso, la table de conversion des milles eu kiloïkèlres.) 



X^Il 



REMSEIGMBM£MTS. — CONVERSION DES MILLES EM KILOMETRES. 



TABLE POUR CONVERTIR EN KILOMÈTRES 

LES miLES ITALIENS. 





ITALIENS ANCIENS. 








MILLES GÉOGRAPHIQUES DE 60 AU DEGRÉ. 




iiiilleil. 


kilom. met. 


milles. 


kilom. 


met. 


J 


1, 852 


15 


27, 


780 


2 


5, 704 


20 


57, 


040 




5, 556 


50 


55, 


560 


4 


7, 408 


40 


74, 


080 


5 


9. 260 


50 


92, 


600 ' 


6 


11, 112 


60 


m, 


120 


7 


12, 964 


70 


129, 


640 


8 


14, 816 


80 


148, 


160 


9 


16, 668 


90 


166, 


680 


10 


18, 520 


100 

• 


185, 


200 



Service de la poste. 

Les règlements de poste sont semblables à ceux qui sont en vigueur en France. 
Ces règlements étant assez compliques, on fera bien de se munir à l'administration 
des postes du petit livre postal à l'usage des voyageurs. Le tarif est par kil. de 
20 cent, par chaque cheval et 12 cent, par postillon. 



OHBMINe OMirBR DB I.'|TAI.IB 

L'Italie a entrepris tard l'exécution de ces voies rapides de communication qui, de 
toutes parts en Europe, honorent l'activité et la puissance de la civilisation moderne. 
Le morcellement politique de l'Italie et le mauvais vouloir dés gouvernements 
absolus semblaient devoir ajourner à un avenir éloigné l'accomplissement de ces 
travaux d'une utilité si urgente. Les vastes travaux en cours d'exécution ou con^' 
cédés aujourd'hui attestent la vitalité du nouveau royaume d'Italie. En 1848, le Pié- 
mont n'avait pas 1 kil. de chemin de fer; en 1856, il avait déjà plus de 700 kil. 
— En 1859, toutes les ligues des chemins de fer en Italie mesuraient seulement 
une longueur de 1472 kil. en activité , de 266 kil. en construction et 854 kil. con- 
cédés ; au mois d'avril 1860, elles s'élevaient pour les provinces formant le 
royaume d'Italie à 1624 kil. en activité , 515 en construction, et 907 concédés. 



KEMi>£lGNEM£NTS. —CHEMINS DE FEft. \UU 

Cheminii de fer en activité * 

(au mois de mars l(f65). 

h'Aneâne : à Brindisi [terra di Barri] [559 kil.], (par Lorette, Pescara, Tremoli, 
Foggla]. Cette ligne du littoral de l'Adriatique, une des plus importantes, est nou- 
vellement ouverte. (Y. p. xiii, Additions et Changements.) 

Toscane. — De Florence : à Sienne (par Ëmpoli); —-à Orvieto (on no va encore 
en ce moment [juillet 1865) que jusqu'à Ficulle [171 kil. d'Ëmpoli). Cette ligife 
doit èixe continuée jusqu'à Rome ; — à Pontassieve et Montevarcbi (tête du chemin 
de fer de Florence à Rome par Pérousc) . 

De Livotirné; à Nunziatella (194 kil.]; — [par CecinOt FoUonica, Grosseto, Orbi- 
telk>) chemin des Maremmcs, qui doit bientôt s'unir à celui qui part de Cività 
Vecchia pour Rome. Cette ligne, quand la lacune entre Nunziatella et Cività 
Vecchia sera achevée, sera la voie la plus courte pour aller de Florence à Rome et 
à Naples. 

De Cecina [V. l'article qui précède) aux Saline (50 kil.). 

États de l'Église. — De Cività Vecchia à Rome. 

De Rome : à Frascati ; — à Naples (par Albano, Velletri, Frosinone, San Gcr- 
mano, Gapoue et Caserte); — à Corese [37 kil., tête du chemin de fer de Rome à 
Orvieto et à Sienne.) 

Ëx-RoTAUME DE Naples. — Conuilunications de Naples : à Pompeï et à Castellamarc. 
— à la Gava, Vietri, Salerne et Eboli [80 kil.); — à Nola et San Séverine [65 kil.) . 

SiQLE : àePalertne à Trabia (32 kil.). 

GhemiiMi de fer en cenetruction ett concédés. 

Toscane: De Montevarchi à Foligno [par Arezzo, Cortone et Pérouse), route de 
Florence à Rome. 

\y Orvieto à Rome [par Gorte) . 

La grande ligne du chemin de fer du littoral de ^Adriatique déjà ouverte [K. ci- 
dessus) depuis Ancône jusqu'à Brindisi sera prolongée : — de Brindisi à Otrante 
'8GkiI.); — de Bari un embranchement sera dirigé sur Tarente [115 kil.). 

DePeseara à CepranOi — Cette ligne, traversant le centre de l'Italie, mettra en 
communication la grande ligne de l'Adriatique avec celle de Rome à Naples. Partant 
de Pescara [sur l'Adriatique) et se dirigeant par Chieti^ PopoU, Solmona, Anversa 
et Gorianosicoli, elle franchira l'Apennin à la Fdrca Garujo (1100 mètres au-dessus 
du niveau de la mer)« De là, contournant le lac de Fucino [Celano], elle se dirigera 
par Celano, Avezzano, Civitella, Roveto, Sera et Isola ; quittant la vallée du Liris, 
elle ira, parArce^ s'unir, àCeprano, au chemin de fer de Rome à ISaples [à environ 
139 kil. de Naples). Cette ligne aura 228 kil. 

• * Le détail des cheminii^defer italieusest (ionrié dans le 1" vol. de I'Itiiiéraire, p. xxxvi. 
Nous nous bornerons ici aux indications relatives à I'Italie du Sod, décrite dans le 2' volume. 
On troavera successivement dans l'iTiNÉRAinE, les détails qui concernent les divecs 
duanins de fer avec les indications relatives aux stations, aux dislvane^ «ii >ù\<)\»àVk^> V 
la darée do tn^et, et au prix des places. 



XXIV IjSrRODUCTlÛN. 

De Foggia à Salenie. — Cette ligne, s'embranchant sur la grunde ligne de 
l'Adriatique, et partant de Foggia (325 kiL d'Ancône], traversera l'Italie méridio- 
nale, et ira, par Gonza, aboutir à Salerne (168 kil.]. 

Une autre ligne (286 kil.], traversant le centre de l'Italie, mettra Ancône en 
communication directe avec Home (par Fabriano, Foligno, Spolete, Terni, Orta (où 
elle se réunira à la ligne venant de Sienne et d'Orvieto]. 

De Tarente à Reggio (428 kil.]. 

Des lignes de chemin de fer ont été aussi, décrétées pour la Sardaigne et lu 
Sicile. 



ITALIE 



INTRODUCTION 

Limites. — L'Ilalic est une contrée de l'Europe méridionale presque (entière- 
ment formée de la grande presqu'île baignée au N. E. par V Adriatique, au S. E. 
par la mer Ionienne, au S. 0. par la mer Tyrrhénienne et la Méditerranée pro- 
prement dite. La partie septentrionale par laquelle cette contrée se rattache au 
continent, considérée dans ses limites naturelles, comprend tout le versant des Alpes, 
depuis lesAlpes maritimes et cotlienncs jusqu'aux Alpes juliennes. (La longueur de 
la Péninsule, depuis le Mont-Blanc jusqu'au cap Spartivento, est de 1240 kilomètres.) 
Mais les frontières politiques ont modifié faussement ces limites naturelles : la 
Suisse, par le canton du Tesin et un peu par celui des Grisons, ainsi que le Tyrol, 
empiètent sur le versant méridional des Alpes, qui devrait appartenir à l'Italie. 
Par la communauté de la langue, aussi bien que par des limites naturelles bien 
déterminées, l'Italie, plus qu'aucun autre pays de l'Europe continentale, mé- 
ritait de former un État unique et puissant (vérité évidente qu'on a osé contes- 
ter, en 1865, à une tribune française]. Mais, depuis la chute de l'empire romain 
d'Occident, démembrée en une multitude de petites sociétés rivales entre elles, 
ce n'est que d'hier qu'elle a pu faire accepter ses prétentions à l'unité nationale. 

Soperficie et popnlation. — Le tableau qui suit contient la populatbn respec- 
tive des divers États de l'ItaUe (tels qu'ib étaient avant 1859), et la superficie en 
mille carrés géographiques italiens. Ces indications statistiques, obtenues à l'uide 
de documents nouveaux, ne concordent pas toujours avec les indications de mêuic 
nature contenues dans le cours du volume ut provenant d'autres sources ; mais elles 
on dilTèrentassex peu pour pouvoir servir de moyen de contrôle. 



LITTORAL DE L ITALIE. — ALPES. — APENiMWS. XXV 



États Sahdes 

Lombard-Vénitien 

TOâCANB 

DocHÉ DE Parme 

Duché de Modènb 

BOYAUMB DE NaPLES ET DE SlClLC. 

États de l'Église 

Principauté de Monaco 

népuBLiQUE DE Saint-Marin. . . 



Superficie en milles carrés 




géographiques italiens. 


Population. 


21,962 


4,750,500 


15,215 


5,104,600 


8,557 


1,719,900 


1,760 


518,800 


1,808 


572,100 


50,854 


8,517,600 


11,660 


5,294,400 


8 


6,000 


16 


7,500 



89,598 24,471,200 



Littoral. — a Aucune partie de l'Europe, dit ISapoléon dans ses. Mémoires, n'csl 
située d'une manière plus avantageuse que l'Italie pour devenir une grande puis- 
;saiicc maritime. Elle a, depuis les bouches du Var jusqu'au détroit de la Sicile, 
250 lieues de côtes ; du détroit de la Sicile au cap d'Otrante, 150 lieues ; du cap 
d'Otrante à l'embouchure de Tlsonzo sur l'Adriatique, 250 lieues ; les trois îles de 
Corse, de Sardaigne et de Sicile ont 550 lieues de côtes. L'Italie, compris ses grandes 
et petites îles, a donc 1200 lieues de côtes. La France a sur la Méditerranée 150 
lieues de côtes; sur l'Océan, 470 ; en tout 600 lieues. L'Espagne, compris ses îles, a 
sur la Méditerranée 500 lieues décotes et 500 sur l'Océan ; ainsi l'Italie a un tiers de 
côtes de plus que l'Espagne, et moitié de plus que la France. Les côtes de l'Adria- 
tique (qui vers le N. sont basses, marécageuses, et envahies par les lagunes de 
Venise et de Comacchio) sont peu sincuses. On n'y voit que deux enfoncements 
remarquables: le golfe de Venise et celui de Manfredonia^ déterminé par le pro- 
montoire du mont Gargano, l'éperon de la botte à laquelle on se plaît à comparer 
la configuration de l'Italie. Le talon de la botte, talon singulièrement allongé du 
reste, est terminé à son extrémité, sur la mer Ionienne, par le cap di Jxiica. A l'O. 
s'ouvre le grand golfe de TarerUe^ fermé au S. par h pointe d'Alice, au delà de 
laquelle on trouve le cap ^au ou délie Colonne et le cap Rizzuto ; à l'O. de ce 
dernier est le golfe de Squillace; enfin, à la dernière extrémité S. de l'Italie, sur 
la mer Ionienne, est le cap Spartivento. De là, en remontant vers le N. la côte 
occidentale, on trouve successivement le golfe de Gioja, le cap Vaticano^ le golfe 
de Santa Eufemia^ celui de PolicastrOf les pointes de Palinure et Licosa, le golfe 
de Salerne; celui de NapleSj entre les caps Campanella et Misène ; le golfe de 
GailCj le cap Circé^ à l'extrémité S. des États romains, et enfin le vaste enfonce- 
ment connu sous le nom de golfe de Gênes. — Entre le Yar et le golfe de la Spezia, 
la côte est rocheuse, élevée et saine. A partir du territoire de Lucques, le littoral 
de la Toscane et des États de l'Église est au contraire l>as, bordé de marécages et 
exposé aux atteintes endémiques de la maVaria. Les marais de la côte de Toscane 
portent le nom de Maremmes; ceux qui sont au S. du Tibre s'appellent les marais 
Pantins. 

Orofraphie. — Le relief du sol de i'Ilalie est formé par deux systèmes de mon- 
tagnes: les Alpes et les Apennins. 

Les Alpes forment une chaîne qui .«-ert de ccintare à l'Italie et décrit autour d'elle 
un grand arc de cei-cle du S. 0. au N. E. (l*our les détails, \ . Vom V* >^. ^v\\\>s 

Le4 ArEXMi^s. — Celte chaiue se détache des Alpes ui\ vcu à Y Y». v\\x «,v\ ^vi'\vivv^^. 
;/. V) 



\XVi GEOLOGIE. — CLIMATOLOGIE. 

au point où les Alpes et les Apennins ont la moindre élévation ; elle contourne 
d'abord le golfe de Gênes, puis se dirige au S. E. à la hauteur de la Toscane et 
au N. de l'Arno, et traverse ensuite toute la péninsule italique, dont elle forme 
pour ainsi dire la charpente osseuse et comme l'épine dorsale ; puis, à travers les 
Galabres, elle vient se terminer au détroit de Messine, et les Neptuniennes ou mon- 
tagnes de Sicile semblent en être une continuation. Xe développement de la ligne 
sinueuse décrite par la crête des Apennins est estimée à 350 lieues. L'élévation des 
Apennins est de beaucoup inférieure à celle des Alpes. Le point culminant de 
la chaîne, le Gran' Sasso d'Italia, n'a que 2900 met. Les Apennins envoient de 
nombreux rameaux dans la direction, soit de la Méditerranée, soit vers l'Adriatique, 
Outre ces contre-forts, qui s'appuient sur la chaîne centrale, il y a encore des 
groupes de montagnes formant des systèmes à part, tels que le Sub-Apennin toscan 
compris entre les vallées de l'Amo et du Tibre; le Sub-Apennin romain^ couvrant 
la partie méridionale des États de l'Église, et composé de montagnes courant pa- 
rallèlement à la chaîne principale. « C'est au pied de leurs derniers degrés que se 
trouvent, d'une part, les sept collines qui devinrent le berceau de Rome, et de 
l'autre les marais Pontins. » — L'aspect des Apennins en général est triste et sévère ; 
leurs sommets sont nus ou couverts de forêts à la sombre verdure. — Outre le double 
système de montagnes designé sous le nom d'Alpes et d'Apennins, l'Italie en présente 
un troisième bien remarquable par les phénomènes si curieux et si terribles qui s'y 
rattachent, nous voulons parler des montagnes volcaniques: l'Etna [5515 mèt.j, 
en Sicile ; le Vésuve (1198 met.], près de Naples ; Stromboli, dans les lies de Lipari, 
sont encore en activité. On trouvera aux articles qui les concernent des descriptions 
détaillées sur leur formation et leur histoire, et dans le cours de l'ouvrage des men* 
tiens fréquentes d'anciens cratères éteints. 

Oonstitation séoloffiqae. — Les Alpes et les Apennins, qui entourent ou tra* 
versent lltalie, y constituent deux reliefs étendus au pied desquels sont venus 
successivement se déposer des terrains de formation secondaire, après des périodes 
alternatives de soulèvement et de repos. 

Les terrains volcaniques sont indépendants de la constitution géologique générale 
de ritalie. Ils y forment des groupes séparés et qui sont presque tous sur le versant 
occidental des Apennins. Déjà on en trouve des traces au S. de Vicence et à VO. de 
Padoue. Les traces des phénomènes volcaniques sont plus marquées encore eti Tos<- 
c.\^'E (F. t. !•', p. 424, et 428). — Le tuf volcanique composé en grande partie le 
sul de Rome ; mais c'est dans la Gampanie et surtout autour de Naples que les phé-» 
nomènes volcaniques prennent le plus d'eitension (t. II, p. 575, 420j 425), et ils y 
sont encore en activité (V. Vémve).-^ En Sicile VEtua est un volcan d'une puissance 
supérieure, et quelques-unes de ses îles, toiles que les îles Lipari; sont paiement 
de formation volcanique^ 

dUmatoldgie < . 

ilyftrliinééri«. — Il pldul oh Italie pendant Tautomne plus que pendant chacune 
dbs autres saisons, «t Les derniers mois de Tannée sont, en effet, la véritable et presque 

* Les oousidératioiis relatives ù la climalologic sont empruntées principalement à un 
travail remarquable et d'une lecture intéressaïue, par le D' ëd. CAnniKRE : Le climat de 
V Italie août le rapport hygiénique et médical. (Paris, 1849, J. D. Baillière.) 1 vol. in-8. 



CLIMATOLOGIE. — PLUIES. — VENTS. XXVI! 

la seule époque des grandes pluies et de ces terribles inondations ^ui se renouvellent 
dans de courtes périodes et désolent les campagnes latérales de l'Apennin. » Les 
débordements du Tibre sont attestés déjà par des écrivains antiques. 

Les pluies diluviennes particulières à l'Italie méridionale n'y troublent que passa- 
gèrement l'atmosphère, et n'interrompent que momentanément la sécheresse de la 
saison. « C'est ce qui explique la beauté sereine des hivers et des automnes dans 
quelquJBS localités de la Péninsule. » Il n'en est pas de même dans la région septen- 
trionale. Les pluies s'y distribuent dans chaque saison et presque dans chaque mois 
avec une certaine uniformité. 

Veate. — Les vents sont désignés par les noms des points de l'horizon, cardinaux 
et intermédiaires, d'où ils soufflent. Nous donnons ici une rose des principaux vents 
avec leurs noms relatifs italiens. 






NORD 
Tramontana. 




OUEST. ^ JVy/_ est 

Ponente. "" -^ ir '^ Levante. 



Mezzôgiorno. 



Pline avait déjà établi que les vents humides sont ceux du S..(austcr) et du S. 0. 
'africus). a On comprend, en effet, dit le docteur Carrière, que les vents austraux 
qui soufflent à travers les espaces humides de la Méditerranée parviennent sur les 
rivages italiens saturés de vapeur et gros de pluie... Ils portent sur le territoire 
cette chaleur humide, favorable à la végétation, mais nuisible à l'activité de l'esprit... 
Le seiroccOy le mezzôgiorno et le libeccio ont surtout le privilège de produire cette 
influence. Le scirocco, particulièrement, tue l'énergie morale et physique, et plonge 
dans une accablante inertie. » Il a sur le système nerveux une action à laquelle les 
Italiens paraissent plus impressionnables que les étrangers eux-mêmes, a Pendant 
qu'il règne, le ciel contracte et conserve plus ou moins longtemps une teinte légè- 
rement trouble, et qui devient quelquefois obscure comme la teinte de nos ciels de 
plomb. — Le notus ou mezzôgiorno a beaucoup d'analogie avec le scirocco, surtout 
pendant les chaudes et lourdes journées de l'automne. — Le libeccio diffère du 
scirocco, qui n'est pas toujours calme, et du mezzôgiorno, qui l'est généralement, 
en ce qu'il souffle rarement sans ébranler l'atmosphère avec violence. On peut le 
classer parmi les vents orageux qui agitent le ciel péninsulaire. — Le vent le plus 
proche du zéphyr (0.), de ce favonius si cher aux Romains et aux habitants des 
rivages occidentaux de l'Italie, c'est le N. 0., ce mistral du midi de la France, 
qu'on désigne sous le nom caractéristique de maestro dans la Péninsule. » — Le N . 
on tramaniana, qui arrive à l'Italie après avoir traversé \g coYvV.vtve.tiX. Çi>««^«xi, ct^ 
un vent froid et sec. a On doit, dit le docteur Cartiète, cot\*\^àT«v «fc 'hcivX «swk».^ 



XXVII! TEMPERATURE. 

le vent (ortifiant par excellence ; c'est le meilleur antidote contre l'influence éner- 
vante du scirocco. 'ïh. 

Les chaînes de montagnes exercent une grande influence sur les vents et sur les 
vapeurs qu'ils transportent. 

Les ApenninSj qui parcourent la Péninsule dans toute sa longueur, la divisent en 
deux versants qui, abrités contre les vents des deux directions opposées, forment 
deux zones climatériques difTérentes. (V. t. I®', p. xux.) 

Outre les vents variables, il y a dans les îles et sur le littoral de l'Italie une brise 
de mer qui s'élève tous les jours, dans la saison chaude, vers 10 ou 11 heures, de- 
vient plus forte vers midi, et atteint sa plus grande intensité vers deux heures. 
Âpres le coucher du soleil, la brise commence au contraire à souffler de terre vers la 
mer relie dure ainsi toute la nuit jusqu'au matin.' Ce phénomène périodique se lie 
à la différence de température des surfaces de la mer ou du continent, échauffées 
par le soleil, et à l'inégalité de leur rayonnement. 

Température. — Les degrés indiqués dans les tableaux suivants sont ceux du 
thermomètre centigrade. 

Hauteur Moyenne 

en pieds de P. annuelle. Hiver. Printemps. Eté. Automne. 

Paius. ....... 192 10,8 5,3 10,5 18,1 11,2 

Home 159 15.4 8,1 14,1 22,9 16.5 

Naples — 16,1 9,5 14,4 23,7 16,9 

Palerme 165 17,2 11,4 13,0 23,5 19,0 

Catake — 19,6 12,6 17,5 26,9 21,4 

Le Caire — 22,19 14,5 23,2 29,4 21,5 

Le tableau suivant fournit le moyen de comparer les températures extrêmes, par 
le rapprochement des observations faites dans les deux mois considérés comme le 
plus chaud (juiflet) et le plus froid (janvier) . 

Moyenne du mois Moyenne du mois 
le plus froid. le plus chaud. 

Paris + 1,8 18,9 

Rome 7,2 23,9 

Naples 9,7 24,5 

Païenne 10,7 25,5 

Catane 11,3 28,4 

Le Caire 14,4 29,9 

MaVaria [aria cattiva). — Quelle que soit la cause qui développe la fièvre inter- 
mittente, on la voit régner endémiquement sur plusieurs points de l'Italie, et par- 
ticulièrement sur des portions considérables du littoral, telles que les Marcmmes de 
la Toscane [V. t. II, p. 70). Elle se manifeste au printemps quand la chaleur et la 
germination vivifient de nouveau le sol, et en automne surtout, lorsque les pluies 
et la nudité de la terre après la moisson contribuent à développer les miasmes avec 
plus d'intensité. La mafaria règne aux portes de Rome ; sur plusieurs points du 
littoral campanien, elle a décimé et éteint les populations de plusieurs villes antiques 
disparues ; elle sévit encore de nos jours et fait souvent des victimes autour des ruines 
de Pœstum, et les habitants, pour se soustraire à cet empoisonnement, se réfugient 
le soir sur les hauteurs ; a la limite où le mauvais air n'a plus de traces et laisse 
régner l'air salubre est entre 120 et 150 mètres de hauteur, t Les populations 
exposées à l'apparition périodique de la fièyre intermittente et qui persistent à vivre 



ORIGINES DE l'aRT EN ITALIE. XXIX 

au milieu des influence^ délétères contractent et transmettent un tempérament et 
un aspect sur les caractères dequcls il est impossible de se méprendre. — Des tra- 
vaux intelligents et dirigés avec persévérance ont réussi, en Toscane, à combattre 
flvec avantage ces conditions menaçantes et si redoutables. Ils consistent â procurer 
un écoulement aux eaux stagnantes; à élever, par des colmates t les vallées maré- 
cageuses trop déprimées ; à empêcher sur le littoral le mélange des eaux dormantes 
avec les eaux delà mer... Les plantations sont ensuite les agents les plus sûrs pour 
réhabiliter le sol et débarrasser l'air des miasmes morbigènes . 

Pour le cUmat de Rome, V. t. Il, p. 109. -. Climat de Naplea, t. II. p. 506. 

Hors Naples et Nice, villes maritimes dont l'air en plein jour est plus ou moins 
rafraîchi par les courants qui viennent de la mer, il y a peu de villes en Italie qui per- 
mettent d'y séjourner toute l'année.. Et même, dans ces deux endroits, on fera bien 
de choisir les lieux les plus élevés. A Naples par exemple, les maisons de campagne 
ombragées de Gapo di Monte ou du Yomero, ou des points encore plus éloignés. Un 
séjour d'été des plus agréables serait Sorrente, avec les riches ombrages de ses oran- 
gers et ses terrasses situées vers le nord, près des maisons. Le séjour de la Gava es 
plus tranqm'lle et plus écarté ; celui de Castellamare plus bruyant. Celui qui a pasvsé 
l'hiver à Rome a le choix dès lieux élevés et ombragés tels que Tivoli (plutôt que 
Frascati), Gastel Gandolfo, Albano, Ariccia, jusqu'à Subiaco. » 



EXTRAITS DE L'APERÇU HISTORIQUE 

SUR 

LES ORIGINES DE L'ART EN ITALIE* 

C'est a l'art que l'Italie de la Renaissance doit sa principale splendeur. Mais cet 
éclat dont a brillé l'Italie moderne illumina aussi l'Italie ancienne ; et, par une 
destinée singulière, ù chacune de ces deux époques, si différentes par la religion, les 
institutions politiques et les mœurs, c'est de la Grèce qu'est apporté le germe des- 
tiné à fructifier dans cette terre féconde. Dans l'Italie antique, l'art revêt trois formes 
différentes : l'art grec, l'art étrusque et l'art romain, toutes les trois des modifica- 
tions plus ou moins profondes de l'art hellénique. Des colonies grecques, en venant 
s'établir dans le midi de l'Italie, apportent avec elles toutes les traditions de la mère 
patrie. Cette partie de la Péninsule n'est, pour ainsi dire, qu'une extension du monde 
hellénique, comme le signale son nom de Guande Grèce. — A la période la plus 
antique de l'architecture italienne se rapportent encore de nombreux restes d 
murailles pélasgiques ou cyclap^enneSt dont nous aurons souvent l'occasion de 
citer des exemples. 

Eo regard de cet art grec, qui vient s'implanter sur les rivages des golCes de 
Tarente, de Pœstum, de Naples, se place, au nord de ce qui fut plus tard le Latium, 
Vêtî étruêque^ développé par le peuple tyrrhénien [V. t. !•', p. 430), par ces Ras^x».^ 

* V. au 1" volume de plus amples développements. 



\XX ORIGINES DE l'aRT EN ITALIE. 

comme ils s'appelaient cux-rtiêmes, dont les origines sont eticore couvertes de voiles 
que la science, malgré des efforts persévérants, n'a pu encore soulever. Ils se 
fixèrent entre l'Ârno et le Tibre 12 siècles environ avant notre ère, établirent une 
confédération de 12 cités (F., sur les anciennes villes étrusques, t. II, p. 71 et suiv.), 
gouvernées par un chef héréditaire et une caste guerrière et sacerdotale, race con- 
quérante ayant soumis les anciens habitants du pays. Au temps de leur prospérité, 
ils partagèrent le commerce de la Méditerranée avec les Phéniciens et les Grecs. Dans 
les monuments qui nous sont restés de ce peuple, on trouve les traces d'une 
influence orientale très-marquée. Cette influence orientale découlerait des établisse- 
ments des colons primitifs. Plus tard, le Corinthien Demarate vint en Ëtrurie cher- 
cher un asile ; il enunena avec lui des artistes de son pays, et le style hellénique se 
substitua peu à peu au style sacerdotal antique, sans pouvoir le détrôner entièrement. 



peinte. — Des nombreux vases peints découverts en Ëtrurie et qu'on peut 
étudier aujourd'hui dans les musées de Rome, de Naples, etc., les uns rappellent le 
style archaïque des Hellènes ; quelques-uns se rapprochent du style égypto-phénicien 
et ont des inscriptions en caractères phéniciens; d'autres enfm se rapprochent du 
style adopté par les Grecs quand les arts eurent fait plus de progrès parmi eux. 

Quant à leur destination j le plus grand nombre des vases ne semble avoir pu 
servir qu'à la décoration. Les plus anciens appartiennent à l'ait asiatique ou ont été 
exécutés sous son influence. Le nombre le plus considérable est le produit de l'art 
hellénique. 

Les monuments les plus anciens que l'on découvre sur le sol de l'antique Tyrrhé- 
nie ont été évidemment exécutés sous une influence directement asiatique. Il y a des 
inscriptions en langue et en caractères étrusques sur un très-petit nombre de vases 
fabriqués à l'époque de la décadence de l'art. 

« Comme règle générale, on peut dire que les vases ont été fabriqués dans les 
piiys mêmes où on les trouve habituellement; il faut toutefois faire une assez large 
part à l'importation par le commerce. 

a Les peintures qui décorent les vases représentent presque toutes des scènes my- 
thologiques empruntées aux croyances- religieuses des Grecs ; même sur les vases 
fabriqués par les Étrusques, qui ont imité les artistes grecs. 

« Les vases peints de style primitif, de couleur blanchâtre ou jaune clair, n'ontpour 
toute décoration que des zones noires ou brunes, des méandres, des chevrons. Vien- 
nent ensuite ceux qui ont des zones superposées d'animaux naturels ou fantastiques.» 
(De Witte, Catal. du musée Campana. j 

« Les vases les plus anciens où paraissent des figures humaines appartiennent au 
vii« siècle avant notre ère. Après les premieVs essais de ce genre, où les ligures 
noires se dessinent sur un fond clair, cet art se perfectionne, et bientôt viennent les 
vases où, sur un fond rouge, se détachent des figures de l'émail noir le plus brillant. 
On possède un nombre considérable de ces vases, et la période de leur fabrication 
semble s'étendre du v* au iv« siècle avant J. C. (490 environ à S'iO). » 

La classe des vases à figures rouges sur fond noir est infiniment plus considéi*»- 
vh 9UH celle des vases à figures noires siir fond clair. Il oM dillicile de fixer ré|>o<|ue 



ORIGINES DK l'aRT EN ITALIE. XXX. 

à laquelle ils parurent pour la première fois. On en a trouvé à l'acropole (rAthènos, 
parmi des débris charbonmis provenant des dévastations des Perses (484 ans av. J. C. ;. 
Dans ces vases Tart se perfectionne et s'élève à une plus grande pureté de lignes. 



Rome, placée entre TÉtrurie au N. et la Grande Grèce au S., paraît n'avoir rien 
emprunté à cette dernière, tandis qu'elle entra de bonne heure en rapport avec l'É- 
Irurieet lui emprunta d'abord son architecture et ses arts. Le goût de construction 
simple des Toscans était approprié à ses mœurs austères et belliqueuses. 

Ce n'est pas aux Romains qu'il faut attribuer le premier emploi de la voûte, mais ils 
l'ont perfectionnée et en ont singulièrement étendu l'emploi. S'ils ne conservent pas 
la simplicité des Grecs, s'ils ne s'élèvent pas comme eux à la perfection artistique, 
ils se montrent plus savants en mécanique. L'architecture prend chez eux un déve- 
loppement inusité jusque-là dans la sphère de la vie privée. [V., sur l'architecture 
antique à Rome, t. II, p. 90 et suiv.) 

Les Romains, même à l'époque où le luxe des arts fut le plus répandu chez eux, 
ne comptent ni sculpteurs ni peintres. Les artistes qu'ils employèrent furent presque 
tous des Grecs. S'ils les payèrent richement, ils ne purent leur rendre l'inspiration 
féconde, car celle-ci ne puise ses forces que dans la foi et dans la liberté. Nous 
sommes, pour notre part, disposé à douter un peu de la délicatesse et du goût de ces 
patriciens amateurs, de ces hommes du glaive, de la charrue, du droit et de l'usure; 
si les Grecs nous avaient transmis à cet égard leur appréciation, nous y trouverions 
probablement des révélations curieuses. C'est seulement à dater de la prise de Corin- 
thc, moins de cent cinquante ans seulement avant l'ère chrétienne, que le goût des 
tableaux et des bronzes se répand chez les Romains, à la suite de leurs pillages dans 
la Grèce. Soixante ans plus tard Sylla dépouille à son tour Athènes de ses statues. 
Les progrès durent être rapides; Auguste se vantait d'avoir laissé une Rome de 
marbre à la place d'une Rome de briques. 

A toutes ses grandes époques, l'art est national ; mais à la fin de l'empire il n'y a 
plus de nationalité. A cette époque de dissolution, l'art romain s'avance de plus en 
plus dans la décadence, jusqu'à ce qu'il tombe dans la barbarie complète. H avait 
jeté un certain éclat sous les Antonins; mais, comme l'observe Winckelmann, il 
touchait déjà à son déclin. Peu d'années après eux, l'arc de Septime Sévère [V. 
Rome) atteste encore de nos jours les progrès de cette décadence. Si la pureté du 
•roûl s'évanouit, l'architecture romaine conserve longtemps encore un caractère de 
grandeur. On le; retrouve, près d'un siècle après Seplimc Sévère, dans les Thermes 
qui portent le nom de Dioclétien. Il faut citer également à la même époque, les 
somptucuseit constructions de Palmyre et de Baalbeck, qui datent du règne d'Auré- 
lien, dix ans environ avant Dioclétien. Vingt années après ce dernier nous touchons 
au règne de Constantin, et à la fin de l'art antique [Rome : F. Arc de Constantin). 

Le vieux monde romain allait disparaître sous les invasions des barbares. De 
la barbarie allait sortir un nouvel ordre social, s'appuyant sur une religion 
Douyelle. Le paganisme allait céder la place au christianisme. \\x tfv\V\«,VL \v> ^^s 
rAvolations, un art nouveau aussi devait apparaître après uu \ot\?, e\. ^w\\V ^wWv- 
tofnent. Avant ai venue, hi sociMé devait s'asseoir, VÉsAisc AevïôX. ça VoxAcv. oX., 



XXXII ORIGINES m: L.ART EN ITALIE. 

jusqu'à ce que, sortant du temple tout imprégné de foi, cet art pût étendre son vol 
sous un souffle inspirateur de liberté et de patriotisme, il devait traverser pendant 
plusieurs siècles une période sacerdotale d'immobilité traditionnelle, comme il l'avait 
déjà fait aux époques antiques, en Asie, en Egypte, dans la Grèce ! A cette période 
hiératique appartient l'art byzantin, dont nous parlerons plus loin. — « Toute reli- 
gion nouvelle est nécessairement iconoclaste. Pour la grande majorité des hommes, 
les symboles d'une foi sont la foi elle-même. Tant que le symbole subsiste, la foi 
n'est pas éteinte. Le christianisme, voulant établir la supériorité de l'esprit sur la 
matière, devait proscrire ce qu'avait adoré la religion de la matière et des sens : 
pour anéantir le paganisme,, il dut détruire les temples et les statues des dieux de 
la Grèce et de Rome... Constantin défendit les sacrifices, fit briser les statues, fer- 
mer ou démolir les temples. Les successeurs de Constantin suivirent son exemple. 
Pendant plus d'un siècle, le monde retentit du bruit des marteaux qui brisaient les 
ouvrages immortels des Phidias, des Scopas, des Polyclète et des Praxitèle. La 
destruction fut si générale, excepté à Rome et à Constantinople, que, lorsque pour 
la quatrième fois Honorius renouvela l'ancienne loi qui ordonnait de briser les idoles, 
il fut forcé d'ajouter : S'il en subsiste encore. « Si qusB etiam nunc in templis 
fanisque consistunt. i» Les premiers chrétiens, ce sont là les véritables barbares 
([ui ont anéanti les chefs-d'œuvre de l'art antique. Les barbares ne dépouillèrent 
les temples que de leurs richesses ; ils s'attaquèrent aux statues de métal, parce 
que le métal servait de rançon de guerre. Le Golh Théodoric, devenu maître de 
l'Italie, put gémir sur les dévastations ordonnées par le grand Théodose et ses fils. 
Il institua des magistrats chargés de veiller à la conservation des chefs-d'œuvre do 
l'antiquité. « La dégradation de ces merveilles, écrit-il à Symmaque, doit être un 
sujet de deuil pour le public. » . 

Malgré les invectives sévères des premiers Pères, qui condamnent les beaux-arts, 
comme inventés pour des jouissances criminelles, dès les premiers siècles de notre 
ère, les sectateurs du christianisme y ont recours, à l'imitation des païens. « C'est le 
paganisme qui fournit d'abord ses types et ses décorations à l'art chrétien, jusqu'à 
ce que celui-ci ait formé sa langue figurée. Dès qu'on voulait des peintures et des 
sculptures, il fallait retourner en arrière et commencer à copier dans leurs formes 
les modèles échappés à la destruction. Dans le sarcophage de Junius Bassus, mort 
en 559 (F. t. II, p. 171), l'imitation de l'antique est poussée si loin, que, sous 
les pieds du Christ, est Une figure d'Atlas qui soutient l'escabeau... Bientôt, cepen- 
dant, l'esprit chrétien vint modifier le style trop païen de l'ajustement des figures ; 
les formes furent plus enveloppées, le nu fut voilé, le caractère général commença 
à devenir ascétique, de telle sorte qu'on peut reconnaître l'âge des sarcophages a 
leur plus ou moins de similitude avec les sarcophages antiques. » 

A cette époque de rénovation sociale et religieuse, il est très-difficile, à travers 
la rareté et l'incertitude des monuments, et au conflit de tant de courants divers 
d ' peuples et de traditions, de découvrir une direction de l'art et d'établir son 
caractère typique. Quelles que soient les sources auxquelles il puise, l'exécution 
reste barbare, l'habileté pratique est absente. 

Architeotnre. — L'architecture, l'art fondamental par sa nécessité même, con- 
tinue à être particulièrement cultivée. Le christianisme, démolisseur des temples 
pawns, ado;)te, pour ses premiers temples, les BASiLiQnEs antiques, tribunaux et 



ORIGINES DR l'aRT EN ITALIE. XXXIII 



i)Ourses de commerce, el les approprie aux exigences du culte. [F., sur les basi- 
liques, t. II, p. 95.) Ces édifices deviennent le type de toutes les églises de l'Oc- 
cident (F. à Rome S*-Jean de Latran, S*"-Marie-Majeure, S*-Paul hors les murs, 
S*-Clémenl, etc.). — Quelques écrivains récents ont voulu prétendre que le véri- 
table type de ces églises était sorti des catacombes ; mais cette opinion singulière n'a 
point encore triomphé de l'ancienne opinion des antiquaires. 

Pendant que cette transformation s'opérait en Occident, une rénovation complète 
de l'architecture s'accomplit à Byzance, à partir de l'époque où s'y établit Constan- 
tin. < On peut dire que toutes les surfaces rectilignes, carrées, angulaires, des 
temples d'Athènes se changèrent dans les églises de Gqnstantinople en surfaces cir- 
culaires, curvilignes, concaves à l'intérieur, convexes à l'extérieur. Ce furent là les 
caractères les plus saisissants du nouveau style d'architecture adopté, à partir des 
V" et VI" siècles, à Constantinople. Les architectes byzantins, en adoptant la coupole, 
l'inscrivirent au centre d'un carré divisé en deux nefs se< coupant à angles droits 
par le milieu, de manière que l'intérieur du monument ressemblât a une croix 
grecque, c'est-à-dire à une croix dont les quatre, branches sont égales. Ils perfec- 
tionnèrent encore la construction de ces dômes, en les élevant au-dessus de 4 grands 
arcs disposés sur un plan carré. On comprend qu'en adaptant un périmètre circu- 
laire à un périmètre quadrangulaire on avait en surplus 4 angles. Chacun de ces 
angles fut alors racheté par une petite voûte en encorbellement, qu'on ne peut 
mieux comparer qu'à une niche. Les dômes ainsi disposés sont dits en pendentifs. 
Tel est le plan de Sainte-Sophie de Constantinople, qui devint le type d'après lequel 
furent bâties les basiliques grecques pendant une longue série de siècles. On renonça 
presque complètement aux ordres antiques. Le chapiteau des colonnes fut modifié : 
de circulaire qu'il était, il devint cubique ; la feuille d'acanthe fut remplacée par 
d'autres feuillages...!) etc. (Batissier, Histoire de V art m(mttmental.)VMiuence byzan- 
tine s'étendit aussi à l'Occident. Constantin et Justinien y bâtirent des temples imités 
de ceux de l'empire grec; mais le rit latin lui opposa de la résistance, et l'art byzantin 
laissa peu d'édifices complets en Italie. [F. Saint-Marc de Venise, et, à Ravenne, 
l'église octogone de Saint-Vital.) 

Soolptere. «- Elle participe nécessairement à la dépendance ecclésiastique de 
l'art de cette époque. « Dans toutes les statues et dans les bas-reliefs qui ornent 
les églises du xi« au xiii" siècle, ouvrages qui annonçait un art encore au berceau, 
quelque chose frappe plus encore que l'imperfection du dessin, c'est aussi l'uni- 
formité constante des types. Ces grandes figures roides, immobiles, [inarticulées, 
sont toutes captives dans les mêmes formes, sous un masque semblable. «la statuaire 
et même la peinture portent alors ce sceau fatal empreint sur toutes les œuvres de 
la période hiératique, d 

Les précurseurs de la rénovation artistique sont : Nicolas de Pise, mort en 1275, 
qui fut pour la sculpture ce que Cimabue fut pour la peinture [F. t. l", p. 432- 
434) ; l'architecte Amolfo di Jjipo, mort en 1310 [t. I«% p. 540-560) ; Citnabue 
(né en 1Î40, et vivant encore en 1302), dont le nom est si grand, dont les œuvres 
causèrent un enthousiasme si difficile à comprendre aujourd'hui. 

Fatetar». — La chaîne des peintres ne fut janoais complètement .interrompue, 
pts phisqiie celle des sculpteurs ; aux époques où on a le moins ig(&m\.)\e% uvnwra- 
Bi*fM et les voAAisTcs la continuaient. — La mosaïque est VxtAcmv^^mv^ wvVççl 



XXXIV ORIGINES BE L ART EN ITALIE.' 

l'art ancien et l'art moderne (v. 1. 1", p. 435). Sans compter les peintures byzantines, 
dos artistes italiens, à Sienne et à Pise, môme antérieurs à Gimabue qui illustrait 
Florence, étaient déjà célèbres. 

C'est un fait commun aux républiques italiennes du moyen âge, et qui établit à 
travers les siècles une noble conformité avec les républiques de la Grèce antique, 
savoir : que l'essor du génie artistique y coïncide avec le développement de la 
liberté politique. Malgré les agitations intestines , les désordres auxquels elle don- 
nait lieu, elle communiquait une trempe aux caractères, elle éveillait une énergie 
vitale, qui faisait entreprendre de grandes cboses et créait en même temps les 
grands citoyens et les grands artistes. 

Quand Gimabue vint au monde, les Pisans avaient déjà une école formée par les 
artistes grecs qu'ils avaient amenés d'Orient. Parmi les premiers peintres de ce 
temps, nous citerons Andréa Rico, de Gandie, mort en 1105, dont le coloris est si 
frais, si éclatant; Margaritone, d'Arezzo (1236-1315); Andréa Tafiy Guido^ de 
Sienne et IHiccio di Buoninsegna (t. !•'•, p. 560) ; Giunta de Pise (K. ses fresques 
dans l'église d'Assise, etc.) Tous ces premiers maîtres suivent la manière grecque. 
« Dans toute l'Italie, dit M. Rossini, vers le commencement du xm* siècle, s'agis- 
sait-il de bâtir, de sculpter ou de peindre, il n'était question que des Grecs. Leur 
mérite était réel, d (F. le beau tombeau de la Mort de saint Ephrem : la rare per- 
fection des miniatures ornant un évangile à la bibliothèque de Lucques; les mosaïques 
de San Vitale à Ravenne.) Pour la grande peinture cependant, il faut le reconnaître, 
tout était à créer. La sculpture et l'architecture trouvaient des modèles dans les 
monuments antiques; mais il ne restait rien de la peinture des anciens. Pompéi ne 
devait être découverte que quatre siècles plus tard. Et c'est certainement un des 
spectacles les plus intéressants que celui de l'épanouissement de l'art à partir du 
XIV* siècle. 

L'art néo-grcç, la peinture traditionnelle, vient expirer à Gimabue, qui ne s'en 
dégage pas. Le véritable créateur de l'école italienne, c'est Giotto (1276-1336). (F. 
t. I«^ p. 270, 456.) Avec lui, la peinture sort pour la première fois du convention- 
nel. Giotto, peintre, sculpteur et architecte [campanile du Dôme de Florence), 
communique un grand mouvement artistique à l'Italie ; il exécute .des fresques à 
Florence, à Pise, à Assise, à Arezzo, à Ravenne, à Bologne, à Padoue, à Milaji, à 
Rome, àNaples... Il fut le chef d'une école nombreuse et florissante. Pendant long- 
temps l'art italien ne releva que de lui. 

Il y a du reste, dans la peinture de cette époque, une condition que, pour ôtro 
juste, il faut avoir présente à l'esprit en appréciant les ouvrages des artistes précur- 
seurs ou contemporains de la première période de la Renaissance : c'est qu'ils ne 
possédaient pas le procédé de la peinture à l'huile. La fresque était un procédé libre 
et indépendant, comparée à l'œuvre patiente et froide de la mosaïque^. Au point 

* ha peinture à fresque s'exécute avec des couleurs à l'eau sur uu mur revêtu d'un enduit 
rais, épais de quelques millimèlres. Cet enduit (intonaco) se compose de chaux et de 
pouzzolane, ou de chaux et de sable fin et tamisé. On n'applique l'enduit que successive- 
ment, par portions devant être peintes en une seule séance. Il faut qu'il ne soit pas trop 
humide; s'il (jlcvenait trop sec, les couleurs ne s'omboiraient pas avec l'enduit, et, au 
lieu de fresque, un aurait seulement de la peinture en détrempe. On comprend quelle 
sûreté de main exige un travail exécuté dans des conditions de temps si limitées. La com- 
position, préliminairement arrêtée sur un earion de la grandeur de la fresque, est sucros- 



ORItilNËS DE L ART EN ITALIE. XXXV 

de vue d'une majestueuse simplicité, delà largeur dans Texécutiou, de Tafiranchis 
sèment des détails, du dédain des qualités secondaires, la fresque est le grand art, la 
peinture populaire nationale. Elle suffit pour parler aux masses ; mais elle ne se 
prête pas à la fantaisie, à la rêverie de l'artiste, à ses convoitises incessantes d^imi- 
tation en présence du merveilleux spectacle de la nature. Le procédé de la peinture 
à l'huile, infiniment plus souple, allait étendre sa puissance d'expression et devenir 
un moyen délicat d'analyse. 

DÉCOUVERTE ET INTRODUCTION EN ITALIE DE LA PEINtURE A L'hUILE. 

On sait qu'on attribue généralement au Flamand Jean vaw Eyek, dit Jean de 
Bruges (1390-1441) sinon l'invention, du moins le perfectionnement du procédé de 
la peinture à l'huile; car les peintres se servaient déjà de ce procédé depuis long- 
temps. Deux manuscrits des xi*" et xii* siècles (d'IIeraclius.: de Goloribus et artibus 
Romanorum ; et du moine Théophile : Diyersùrnm artiam schedula) parlent de la 
manière de préparer l'huile de lin et de s'en servir pour étendre les' couleurs. 
Entre autres preuves qu'on en apporte encore, on cite: une ordonnance d'Henri III, 
roi d'Angleterre, de 1239, donnée par Hor. Walpole dans ses Anecdotes de la pein- 
ture ; — un document extrait des archives de Turin, où l'on voit qu'en 1325 il fut 
donné au peintre florentin Giorgio d'Aquila, au service du duc de Savoie, 290 livres 
d'huile de noix ad pingendum ; — un autre document, publié dans la bibliothèque 
de l'École des Chartes, à la date du 25 mars 1356, contenant un ordre du duc de 
Normandie de payer au peintre Jehan Goste une somme équivalant à 3131 fr. 25 c. 
pour peindre différents sujets sacrés et profanes de fines couleurs à l'huile. — 
Lorenzo Ghiberti, dans son Commentaire sur l'histoire de l'art, qui a été conservé, 
affirme que Giotto peignit à l'huile : lavorà in muro, lavoro a olio, lavorà in tavola. 
Cennino Cennini, élève d'Agnolo Gaddi, écrivit en 1437 son Traité de la peinture, et 
jl y consacre plusieurs chapitres à la manière de peindre à l'huile. — Dans le prin- 
cipe, du reste, et avant d'avoir été perfectionné, ce mode de peinture était très-long. 
11 £illait exposer le tableau au soleil pour le faire sécher avant d'apposer ui^ cou- 
leur nouvelle : Qtf0({ in imaginibus diutumum et txdiosum in nimis est, avoue 
Théopliile ; de la sorte, les couleurs ne pouvaient jamais se fondre ensemble. Yasari 
raconte qu'un jour, un panneau peint et verni, ainsi exposé par Yan Eyck, s'étant 
fendu par la chaleur, il chercha à obvier à cet inconvénient, et à fabriquer un 
remis qui pût sécher à l'ombre; et, mêlant des résines à l'huile, il obtint un lini- 
ment à Vaide duquel les couleurs de ses tableaux acquirent et ont conservé l'éclat 
et la transparence qu'on y admire encore aujourd'hui. Les Italiens ont essayé de 
revendiquer l'invention, ou, pour parler plus exactement, le perfectionnement de la 
peinture à Tbuile en faveur à!Antonello de Messine» Cette découverte étant capitale 
dansJ'histoirc de la peinture moderne, et cette question ayant été très-controversée, 
nous croyons devoir nous y arrêter ici d'une manière un peu détaillée. — Un des argu- 

sivemoit décalquée bur rendait ; pour plus» de prccisiou, les conlours sont fi&és par un trait 
cttmèviec une pointe. Les couleurs employées, devant être délayées dans du Tcau de chaux, 
iintMit choisies panni celles que la chaux n'altère pas (le blanc est foriué de cliuux éteinte). 
On eommencc à peindre par le haut. On |ieut compléter Teffet de la peinture (lar des ce- 
t«iche&à sec, au moyen do la tempera^ c'est-à-dire d'uu méhn'^c «Vo^wKs, ^^Nvim^vc^ ^v. 
d'eia, ou bicu de colle chaude à l'œuf. 



XXXVl UHlGll^KS 1)£ l'aKT EU ITALIE. 



niciils les plus graves que Ton fait valoir contre l'opinion coniuiuiie, qui l'attribue a 
Jean de Bruges, c'est le silence gardé pendant plus d'un siècle, à cet égard, par les 
écrivains flamands. Mais, dit-on, Vasari ayant public ses Vies des Peintres en 1550, 
et ayant, dans la vie d'Antonello de Messine,, salué Van Eyck comme l'inventeur de 
la peinture à l'huile, tous les écrivains de la Belgique lui ont fait écho. Les partisans 
de l'opinion italienne tirent aussi argument de l'inscription du tombeau de Jean de 
Bruges, dans l'église de Saint-Donat, inscription rapportée par l'abbé Zani [Enciclo- 
pedia metodica critica-ragùmata délie belle artij Parme, 1819, in-8), où on le met 
au-dessus d'Apelles, de Polyclète; mais, où loti ne dit rien de la découverte faite par 
lui de la peinture à l'huile. Ils invoquent, au contraire, l'inscription mise à Venise sur 
le tombeau d'Antonello de Messine, et rapportée par Vasari : AfUanius pidOTy 
prxcipuum Messanx suas et Siciliœ totius arnamentumj hoc humo cantegitur. 
Non solumsttispicturis, in quitus sbigulare artiftcium et venustas fUit^ sed et 
quod coloribus oUo nUscendis splendorem et perpetuitçtem primus italicx pi" 
cturse contulit... mais cette inscription n'existe plus, et n'a d'autre autorité que celle 
de Vasari. Du reste, eût-elle existé, elle serait loin d'être décisive dans le sens des 
partisans d'Antonello de Messine; elle s'accorde plutôt avec l'opinion selon laquelle 
Antonello apporta le premier en Italie [cotUulit) l'invention nouvelle, et faite 
ailleurs, de la peinture à l'huile. Même avant que la découverte de Van Eyck fût 
répandue en Italie, il parait que quelques peintres de ce pays empruntaient déjà aijx 
Flamands une certaine méthode de peindre à l'huile. Puccini {Metnorie stoHco- 
critiche di Antonello degli Antoni. Firenze, 1809) cite une lettre datée de Naples, 
le 20 mars 1524; où il est question du peintre Golantonio del Fiore, travaillant à la 
manière de Flandre [e locolorire di quelpaese). Ce procédé, déjà parvenu en Italie, 
n'est pas, comme on le voit, désigné sous le nom de Van Eyck, mais par celui de 
procédé de Flandre. Malgré le récit de Vasari, il n'est pas pr.,bable qu' Antonello de 
Messine alla trouver en Flandre Van Eyck, et apprit de lui le procédé de peinture à 
l'huile. On ignore l'époque de la naissance de Jean de Bruges. Les annotateurs du der- 
nier catalogue du musée d'Anvers la placent entre 1390 et 1395. On sait, d'après uu 
document trouvé il y a peu d'années, qu'il mourut, à Bruges, en 1441 (on pensait 
auparavant qu'il était mort quelques années plus tard). D'un autre côté, on estime 
qu'Antonello de Messine naquit en 1414. Il eût été bien jeune, et ne s'était point 
fait encore assez de renom, pour obtenir directement du peintre flamand la commu- 
nication de sa découverte. 

Malgré les preuves apportées, les arguments et les interprétations des écrivains 
italiens, l'opinion commune, qui attribue a Van Eyck la découverte du procédé per- 
fectionné de peinture à l'huile, reste la plus probable. Une preuve directe en sa 
faveur est fournie par un traité sur l'architecture et la peinture par le sculpteur 
florentin Anton. Filarète, écrit en 1460 et 1404 (manuscrit de la Biblioth. Maglia- 
beccbiana). On y lit le passage suivant : « Anclie a olio si possono mettere tutti 
questi colori. Ma questa è altra pratica e altro modo y il quale è bello a chi losa 
fore. Nella Magna si lawra bene in questa forma, maxime da quello maestro 
GiovAifxi DA Bruggia 6 moestro Uuggieri, i quali hanno adoperato optimainente 
questi coloria olio. • Filarctc ne cite même point Antonello de Messhie parmi ceux 
qui manient habilement le nouveau procédé. Ce Ruggicri, sur lequel ou a peu de 
renf'cignements, est uu peintre de Bruges, élève de Van Eyck, et auquel celui-ci, 



ORlGlNlflS DE LART ËiN ITALIE. XXXVII 

de?enu vieux, révéla sa découverte, comme le disait Yasari. Il e^j'^ule que Ruggieri 
l'apprit à son élève Ausse (peut-être : fffl»« Memling). Probablement c'est de ce 
même Ruggieri (qui se trouvait à Rome au temps du jubilé^dc 1450) qu'Antonello 
de Messine obtint également la même communication. Antonello dut à son tour 
propi^er cette méthode à Venise, où il était en 1405, où il séjourna, et où il mourut 
(F. t. I", p. 217). Malgré ce que l'on répète à cet égard, on doute que Domenico 
Veneziano ait appris de lui cette nouvelle méthode. Le seul ouvrage authentique 
que l'on connaisse de ce peintre, et qui est à Florence à l'église Santa Lucia de' 
Magnoli, étant peint à détrempe. Domenico Veneziano fut tué par un autre peintre, 
Andréa del Castagne, qui, ayant refusé de l'accompagner dans une promenade, 
l'attendit au coin d'une rue, comme il revenait, avec son luth, de donner quelque 
sérénade. Ce meurtre, qu'Andréa révéla au lit de mort, eut pour cause l'envie, et 
non, comme on le répèle encore, le désir de s'approprier exclusivement le secret 
du procédé de peindre à l'huile que lui aurait confié Antonio. Du reste, on a fait 
la remarque que les peintures à l'huile d'Andréa del Castagno ne sont pas supé- 
rieures en éclat à ses autres peintures exécutées selon les anciens procédés. On 
peut se demander si ces premiers peintres italiens qui peignirent à l'huile possé- 
daient bien exactement la recette à l'aide de laquelle Van Eyck a su donner à ses 
couleurs la transparence et le brillant de l'émail qu'elles conservent encore aujour- 
d'hui. 

Peut-être est-ce moins à l'habitude et à la routine des artistes qu'à l'imperfec- 
tion des procédés qui commençaient à se répandre en Italie qu'il faut attribuer la 
persistance de certains peintres, de Ghirlandajo, entre autres, à se servir delà pein- 
ture en détrempe et à l'œuf. Ce mode de peinture fut généralement employé jus- 
qu'à la lin du xv" siècle; on commença à l'abandonner aussitôt que la nouvelle 
niélhode fut propagée. Cela même prouve que si le procédé de peindre à l'huile, 
comme nous en avons cité plusieurs preuves, était déjà connu aux xi', xii«, xni et 
XIV* siècle, ce moyen était encore imparfait, et le perfectionnement apporté par Van 
Eyck conserve toute l'importance d'une véritable découverte. — Selon M. Eastlake 
{Materials for a history ofoil painting], il faut placer vers 1460 les plus anciennes 
peintures à l'huile faites à Florence. 

Renaissancd. — Peinture. 

Giotto est le plus grand nom de la première période de la peinture italienne de la 
Renaissance. On peut dater de Giotto, contemporain et ami de Dante, l'époque de 
la Rexaissance, expression qu'on a coutume d'appliquer au xv" siècle. Pour trouver 
un aussi grand nom au point de vue de la nouveauté de la conception et du slvk', 
ainsi que de l'impulsion donnée à l'art, il faut aller à un siècle de distance, jusqu'à 
Moioccio (1402-1445). Masaccio marque l'avénenient du grand style de la peinture 
italienne. Il suffit, pour donner une idée de sa valeur, de dire que ses fresques (à 
l'église del Carminé de Florence) ont été étudiées par Michel-Ange, Léonard de 
Vinâ, le Pérugin, frà Bartolommeo, Andréa del Sarto, et qu'il a fourni à Rapbaël 
quelques- unes des figures de ses immortels cartons. Masaccio est le chef de l'école 
de Florence qui, vers celte époqu:% devient la première école de l'Italie. EwVvcVVvvAvçi ^\. 
Vasacciu, les noms les plus ci'lèbres à citer soûl : Duffamalco, Simouc "Memm ^sv 
IJ. c 



XXXVIII ORIGINES DE l'âRT EN ITALIE. 



Memmi, Taddeo et Agnolo Gaddif Spinello d'Arezzo, Ant. Veneziam, Giottino, 
Orcagna (t. I", p. 456; 547), Gentile da Fabriano, MasoHnoda Panicale (t. I«', 
p. 465) ; Paolo UcellOf qui étudia avec passion la perspective ; frà Angelico, dont 
nous parlons plus bas; Peselli, Squarcione, Avanzi ou d'Avanzo et Aldighiero da 
Zevio (t. I*"", p. 262). (Consulter sur plusieurs de ces noms l'article consacré à l'his- 
toire de la peinture florentine, t. I*", p. 435 et suiv. ; le Campo Santo de Pise, etc.) 
Malgré l'impulsion donnée par Giotto et le grand nombre de peintures et de traraux 
entrepris dans cette longue période qui s'étend entre lui et Masaccio, la peinture ne 
l'ait pas de progrès bien marqués. Si la venue de Giotto a été une émancipation de 
l'art, l'autorité de son nom devient en quelque sorte un obstacle à aller en avant ; 
ses successeurs s'abritent derrière sa manière. Ce temps d'arrêt est apprécié par les 
contemporains eux-mêmes ; l'art est à peine levé, qu'on crie déjà à sa décadence. 

Avec Masaccio y dont les ouvrages sont si rares, l'art se dégage tout à fait des 
ibrmes du moyen âge. Pendant qu'il ouvre la voie par laquelle entrera la ^leinturc 
moderne, quelques grands artistes conservent plus ou moins le respect ou l'amour 
du style archaïque, mais le tempèrent par une grâce et une suavité particulières. Le 
plus célèbre d'entre eux est frà Angelico da Fiesole (1387 1455)*. A la peinture 
liturgique traditionnelle il substitue une peinture aussi profondément religieuse, mais 
toute empreinte du sentiment mystique et de la sérénité aogélique qui étaient en 
lui et qui s'exhalaient comhie un parfum de la pureté de sa vie et de sa douce ima- 
gination d'artiste (F. t. l"*", p. 437). Ce sentiment intime et tendre est rare dans 
l'école florentine, qui fait montre de science, étonne ou séduit l'esprit, plus qu'elle 
ne parle au cœur. On le retrouve, à cette première période de l'art, dans Gentile da 
FabrianOf et chez les peintres de l'école d'Ombrie (F. t. II, p. 34). 

En dehors de cette direction spiritualiste de quelques artistes, la tendance géné- 
rale de la peinture est plutôt de se rapprocher de la réalité. On étudie, ou copie la 
nature, on se livre à l'étude du portrait, et, suivant l'exemple donné par Masaccio , 
on accorde une large place aux portraits des contemporains dans la représentation 
de scènes historiques anciennes. Parmi les peintres qui se rattachent à ce nouvel 
aspect de l'art, il faut citer [V. t. I«% p. 437) :^à Filippo Lippi (1412-1469) — 
et cet Andréa del Castagno, qui assassina ses amis (1406-1480), — Baldovinetti 
(1425-1499), — Botticelli (1437-1515), — Benozzo Gozzoli, le peintre fécond du 
Campo Santo, ainsi que Domenico Ghirlandajo, dont nous reparlerons tout à l'heure. 

Celte invasion du naturalisme, réaction nouvelle contre l'immobilité et l'unifor- 
uiité hturgique de la peinture traditionnelle des âges précédents, pouvait être 
funeste à l'art, et en al}aisser singulièrement tout à coup le niveau. S'il en fut 
tmtrcment, nous ne nous l'expliquons, pour notre part, que parce qu'il s'établit 
concurremment un second courant dans lequel d'autres artistes, tout à la fois 
dégagés du mysticisme et dédaigneux de la réalité vulgaire, se montrèrent exclu- 
sivement préoccupés de la science du dessin, et quelques-uns commencèrent à remon- 
ter jusc^u'à l'antiquité classique pour y puiser des exemples d'un goût sévère et 

* Frà Angelico, désigné aussi sous les noms de Beato Angelico frà Giovanni da Fiesole, 
ou simplement sous celui du Fiesole, no se nommait pas Giovanni et n'était pas de Fiesole. 
Les telles authentiques rappellent Guido di Pielro ; il était né au bourg de Yecchio, com- 
mune de Uugello (val du Sieve), non loin du village où éiail ne Giotto. 11 prit lu nom de 
Oiovanui en entrant chez les dominicains de Fiesole. 



ORIGINES DE l'aKT EN ITALIE. XXXlX 



clcvé. Squarcione de Padoue (1394-1474) alla jusqu'en Grèce, en rapporta des 
fragments, des moulages et des dessins, et fonda une école nombreuse et féconde, 
où l'étude de la bosse donna plus de relief aux figures ; qualité que Mantegna porta 
ù sa perfection par ses études sur la perspective, les raccourcis et les draperies. 

Ce même Mantegna [1450>1506), qui épousa une sœur des Belliui, en fut l'élève 
le plus illustre. Mantegna est un grand artiste qu'il est difficile aujourd'hui d'appré- 
cier à toute sa valeur. Admirateur de fantiquc, il lui emprunte l'élévation et la 
gravité du styKi.; mais il ne s'y asservit pas, et tl se livre à une étude assidue de la 
nature. Il a une pureté de dessin, une précision de contours remarquable, et une 
science du raccourci qui nous semble faire de lui, en ce genre, le précurseur le plus 
hardi de Jules Romain {V. Miian, musée de Brera, n" /i26]. Sa puissance d'inven- 
tion, jointe à ses, autres qualités, lui constitue une originalité à part. Mais, dans son 
austérité, il a une absence d'expression, et souvent une sécheresse qui nuisent à 
l'impression de ses œuvres. 

Il faut citer à part Domenico Ghirlandajo (1451-1495), le maître de. Michel- 
Ange, si Michel-Ange a eu un autre maître que son génie naturel. Il étudia la nature, 
parce que l'art y revenait de son temps; mais il conserva la dignité du style, eut 
une Imagination féconde, et fut un habile dessinateur (K. Santa Maria Novella, 
1. 1*\ p. 474). LMCflS«Vwr^^^*><^eCortone (1441-1524), fut un des premiers peintres 
toscans qui peignit les figures avec la véritable intelligence de l'anatomie, mais 
encore avec une certaine sécheresse. Sa fresque du Jugement dernier, œuvre capi- 
tale qu'on va admirer dans la cathédrale d'Orvieto, fut imitée par Michel-Ange. — 
« Le Vatican et principalement la chapelle Sixtine, bâtie par Sixte lY, furent alors pour 
^a peinture ce qu'avaient été au xni' et au xiv« siècle l'église de S*-François d'Assise 
et le Campo Santo de Fisc. Les plus illustres peintres de la Toscane et de l'Ombrie 
y travaillèrent tour à tour. Ce furent Roselli, Pietro di CosimOj son élève, Botti- 
celli, Dom. Ghirlandajo, Filippitio Lippi {V. 1. 1", p. 465 et suiv.), Antonio Pol- 
l^juolo, un des premiers graveurs, sculpteur et peintre, Luca Signorellit Përu- 
gin.,' etc. » 

Nous réunirons ici (rois peintres qui nous semblent marquer une époque solen- 
nelle de l'art, et dont la valeur corrélative de position dans l'histoire de la peinture 
n'a peut-être pas été assez appréciée : le Vénitien Jean Dellin (Giovanni Bellini) 
(1426-1516). — Pérugin (1446-1524). — Francesco Francia de Bologne (1460- 
1535, ou plutôt 1460-1517). Ce triumvirat contemporain est placé sur l'extrême 
limite de deux systèmes tout à fait opposés : d^un coté, ils sont l'expression dernière, 
la plus belle et la plus élevée, de l'ancienne école encore primitive. S^ils n'ont plus 
la sévérité liturgique, le froid symbolisme de l'ancien style religieux ; s'ils allient 
aux représentations pieuses la gi'âce et le sentiment ; s'ils sont déjà avancés au 
point de vue pi'atique de leur art, ils conservent encore une sérénité, une candeur 
pure du contact de l'imitation du style antique et païen qui commence à régner dads 
l*arl. Ils consei'vent plus ou moins la tendance spiritualiste au milieu de l^nvasioii 
du natuifalisme. D^un autre côté, ils ne matiifesteht pas encore, excepté Bellini pouf 
le coloris, le caractère pittoresque qUi ressort déjà des Conquêtes successives et des 
progrès de la peinture, et qui va aller se développant de jour eh jour; lU sk^ V.v»v- 
nent dans une région à l'écart, dédaigneux des innovalKous mQdL&tw^%> ^»»s» %vl 
préoccuper de la science aiiatoniique, de celle des raccoums, <i\. w\^m<i, ç\\ ^^r«\»Vwv\ 



XL ORIGINES DE l'aRT EN ITALIE. 

Bellini, de la perspective aérienne, des effets de la lumière et de la couleur. Ces trois 
artistes, qui meurent à cinq ou six années de distance, ont dans leur manière une 
affinité de calme et de suavité. Bellini et Perugino retiennent du formalisme byzan- 
tin l'habitude fréquente de disposer leur composition suivant une symétrie paral- 
lèle. Pérugin et Francia se confondent presque par le sentiment et le style. Tous 
trois ils sont comme l'aurore qui annonce le soleil, et dont le charme, plein de 
quiétude et de douceur, disparaît dans l'éclat fulgurant de ses rayons. Ils sont 
effacés parla splendeur de ceux qui les suivent: — Bellinif quiowvre l'école véni- 
tienne {V. t. !«', p. 285) y fait régner le spiritualisme, qui devait bientôt s'évanouir 
et être remplacé par des qualités brillantes et purement extérieures. Il est bientôt 
effacé par Giorgion, par Titien, par Paul Véronèse ; — Pérugirif qui est le couron- 
nement de l'école ombrienne [V. t. II, p. 35), disparait dans la gloire de son élève 
Raphaël ; — Fraficia est le plus grand nom de la première école de Bologne. 
Derrière lui, mais après un laps de temps, se lève la brillante école des Garrache. 

« Le Pérugin, malgré ses redites et la monotonie de sa pratique; le PinturicchiOf 
malgré l'élégance un peu grêle de son style, continuent ou plutôt reprennent à leur 
manière l'œuvre commencée déjà par Gentile de Fabriano et Pietro délia Fratir- 
cesca. A Venise et à Padoue, deux grands artistes, Giovanni Bellini et Andréa 
Mantegna, — à Bologne, Francia, — à Ferrare, Lorenzo Costo, — partout des 
artistes spontanément ou studieusement inspires fondent, accroissent ou renouvel- 
lent l'honneur de l'art dans leur pays. — Il n'est pas jusqu'à Naplcs, la moins favo- 
risée en ce sens des grandes villes de l'Italie, qui n'ait, avant la deuxième moitié du 
siècle, son moment de ferveur pittoresque et dans le Zingaro son peintre national. 
Et cependant cette {)ériode de perfectionnement et de fécondité universelle n'est 
pour ainsi dire que la préface des étonnants chefs-d'œuvre qui vont suivre. Un instant, 
il est vrai, les efforts se ralentissent et le mouvement demeure comme suspendu. On 
dirait que l'art italien se recueille dans l'attente de ses destinées prochaines. 

Avec les trois peintres Jean Bellin, Pérugin et Francia se ferme la première grande 
période de la peinture italienne. Derrière ces grands hommes, voici les géants qui 
s'avancent. Quelques progrès qu'aient fait faire à l'art les peintres de Florence, 
d'Ombric, de Venise, ils vont être effacés par six artistes, qui, nés vers la fin du 
xv siècle, iwrtent les plus grands noms de l'art de la peinture : Léonard de Vinci 
(1452-1519), Michel-Ange Buonarotti (1474-1564), Corrége (1494-1554), Gior- 
gione (1477-1511), Titien (1477-1576) et celui « en qui se résumèrent toutes les 
qualités spéciales des cinq autres, Raphaël » (1483-1520). La lumière éclate partout 
à la fois. Complètement dégagé de l'art traditionnel, chaque peintre manifeste son 
originalité propre. En même temps se prononcent les grandes individualités désignées 
sous Ic.nom iV écoles. — Michel-Ange et Titien survivent presque jusque vers la 
fin du siècle, comme pour confirmer la splendeur de l'art italien, l'un par le des- 
sin, l'autre par la couleur, à cette période de son développement où déjà se préparc 
ou s'annonce sa décadence. 

Nous ne pousserons pas plus loin ici ce rapide aperçu sur l'histoire de la peinture. 

On trouvera des détails sur chacune des écoles, t. I*"" : École génoise, p, 147. — 

École loubabde, p. 171 ; de Vérone, p. 230 ; de Mantouc, p. 248 ; de Padoue, p. 262. 

— Ecole vénitienne, p. 284. — Ecole de Ferrare, 351. — Ecole de Parme, p. 560 ; 

t/c Moilùne, p. 574, — ÈcoLU loremine, p. 303 ; de Sienne, f. 403. — École 



ORIGINES DE L ART EN ITALIE. ' XU 

BOLONAISE, p. 385. — T. II: Ecole d'Ombrie, p. 34. — Ecole romaine, p. 102. — 
École napolitaine,p. 318. — Gomme complément de ces indications diverses, nous 
donnons ci-après, p. xliv, une liste des principaux peintres rangés chronologique- 
ment. 

Il nous reste, pour compléter cette exposition des développements de l'art en 
Italie, à jeter un coup d'œil sur les progrès accomplis dans les deux autres bran- 
ches : de rarchitecture et de la sculpture. 

Architecture. — « En dehors du style byzantin et de Tart de la Renaissance, 
dit M. Charles Rémusat [Revue des Deux Mondes, 1857], le style antérieur des 
édifices religieux en Italie n'olTre guère d'échantillon du gothique orné et flam- 
boyant, ni généralement de cette combinaison systématique du haut avec l'étroit, 
du solide avec le mince, de cet assemblage d'arceaux en ogive, de colonnettes lon- 
gues et ^gagées en faisceau, de flèches dentelées, de tous les détails d'une orne- 
mentation aussi variée dans ses formes que le règne végétal. Le gothique italien est 
en général plus simple d'aspect... il proportionne davantage la hauteur à la largeur; 
il complique m'oins les moyens d'effet et ne craint pas les vastes surfaces massives 
et planes. 2> Pour plusieurs de ces édifices gothiques l'Italie emprunta ses architectes 
au Nord, à l'Allemagne et à la France (V. église d'Assise, au milieu du xm» siècle ; 
Dôme de Milan). Mais, traitée par les artistes nationaux, l'architecture gothique 
subit des modifications particulières : elle se ressentit toujours plus ou moins de . 
l'influence des traditions classiques. Ce gothique italien a produit des monuments 
d'un style très-remarquable et d'un caractère parfaitement distinct de celui des 
édifices contemporains élevés au delà des Alpes. On en trouvera des exemples dans 
les églises de Sienne, d'Orvieto, d'Arezzo, de Cortonc, de Bologne, etc. 

Pour la majeure partie des constructions de ces temps reculés, les noms des 
architectes ne sont pas parvenus jusqu'à nous. Avant la Renaissance, les maître» 
de Came (t. P', p. 170),' jouissent collectivement d'une réputation de grande habi- 
leté. Parmi les noms des anciens architectes les plus célèbres il faut citer : le pro- 
blématique Bfi«c^l/o, architecte du Dôme de Pise, commencé en 10C3 [V. t. I*"", 
p. 541); DioUsalvi (Baptistère de Pise, 1153); Bonanno (tour penchée, 1174); 
Calandario (palais ducal de Venise) ; Marchione XIII, d'Arezzo ; le Napolitain 
Masuccio /*' (1228-1305); Agostino et Agnolo, de Sienne; Jean, de Pise (t. I", 
p. 302) ; ces six derniers, architectes et sculpteurs. — C'est, du reste, un fait 
presque général à l'origine de l'art italien que l'harmonieuse association des aptitudes 
diverses chez le même artiste. On est orfèvre et statuaire, architecte et sculpteur, 
peintre et architecte ; et même, lorsque l'art a atteint son apogée, lorsqu'il touche à 
sa décadence, cette double ou triple réunion de talents se retrouve fréquemment 
encore. Nous citerons au hasard Michel-Ange, Raphaël, Bramante, Peruzzi, Sanso- 
TÎiio, Anomanati, Yasari, Piètre de Cortone, le Bernin, etc... Aux premiers âges, il 
faudrait citer parmi les architectes presque tous les peintres : Margaritoue, Giotto 
(campanile de Florence); Taddeo Gaddi; Orcapna ( Florence : loggia de' Lanzi),etc. 

On distingue particulièrement parmi les contemporains de cette époque, et anté- 
rieurement à Giotto, Amolfo di ÎMpo (1232-1310). C'est à lui que les historiens 
peu curieux des origines lointaines de l'art font ordinairement commencer l'histoire 
de l'architecture en ItaHe, comme ils commencent celle de la peinture à CvtcAbra^^ ^ 
à Giotto» Cette célébrité a été acquise à Amolfo di Lapo yout tiNovT ^V\».ORft ««cvwowv 



XLII ORIGINES DE L^'aRT EN ITALIE. 

à la conslruction du Dôme de Florence, commencée par lui en 1298 (t. !•% p. 460). 
Une chose digne de remarque, c'est que la plupart des grands artistes de cette 
('poque, peintres ot architectes, ne suivent pas seulement, comme on serait disposé 
à le croire, leur inspiration pour guide, mais s'appuient sur une étude approfondie 
des mathématiques, de la perspective, etc. — Une nouvelle source d'instruction 
allait bientôt leur être ouverte. Vers la fin du xiV* siècle, les savants, les Httéra- 
teurs et les artistes s'étaient de nouveau dirigés vers l'antiquité classique. L'Italie 
revint comme à son génie naturel, et, quand elle reprit goût à la savante symétrie 
des ordres classiques, l'architecture ogivale ne tarda point à disparaître d'un sol oîi 
son essor, nous l'avons dit, avait toujours été plus ou moins comprimé. Vitruve devint 
le nouveau code des artistes du temps. 

Après les tentatives encore timides des architectes qui l'avaient précédé, Brunel- 
lesehi (t. T«', p. 434, 460 pt suiv.), au commencement du iv siècle, ouvre l'ère 
de l'architecture moderne. î^eone Battkta Alberti (1404-1472), profondément versé 
dans la connaissance de la langue latine, laisse dans l'église San Francesco, à Rimini, 
un modèle de la pureté et de la sobriété de son goût, et du retour aux principes 
antiques ; il exerce surtout une influence précieuse sur la direction de l'architecture 
par ses écrits. A côté de ces éminents artistes viennent succssivement les Florentins : 
Michelozzo Michelozzi (1396 (?), après 1470) (palais de Cosme de Médicis (Ric- 
cardi). V. t. V\ p. 520) ; Giuliano da Majano C1433-1490) (poggio Reale à Naples, 
aujourd'hui détruit) ; — son frère Benedetto da Majano (palais Strozzi, t. !•', 
p. 520) ; — Bernardo f?(?555//fm', qui restaura beaucoup d'églises à Rome, et fit pour 
le pape Nicolas Y leâ dessins d'un projet immense de palais et d'un nouveau Saint- 
Pierre ; — Baccio d'Agnolo (palais Rartolini, t. !«', p. 519) ; — Baccio Pintellij 
qui florissait en 1475, et produisit beaucoup à Rome (Santa Maria del Popolo ; Sant' 
Àgostino ; San Pietro in Yincoli ; hôpital San Spirito, etc.). — Enfin apparaissent les 
grands maîtres de l'art: Bramatite: d'Urbin (1444-1514) ; — le Florentin Antonh 
da San Gallo (1470-1546) ; — le Siennois Baldassare Peruzzi (1481-1577) ; ot 
avec eux, vers la fin du xv' et le commencement du xvi**, I'architecture de la renais- 
sance atteint son apogée. (F. sur ces artistes, t. IT, p. 95 et suiv., et, pour la suite 
des architectes, p. 97, et les introductions historiques à chacune des principales 
divisions de l'Itinéraire.) Pour ne point faire double emploi, nous ne répéterons pas 
ici les noms des architectes célèbres cités dans la table chronologique de la page 97 
(tome 11") ; mais nous compléterons cette revue rapide de l'architecture en réunis- 
sant encore ici les noms des principaux artistes que Ton trouve disséminés dans 
le cours de l'Itinéraire : les Lombardi, de Venise; — frà Giacondo {iMZ)^ — San 
Micheli (1484-1559), de Vérone [Y. Vérone) ; — Sansovino {Jacopo Tattï) (1479- 
1570.— F. Venise) ; — Galeazzo Alessi, de Pérouse (1500-1572. V. Gènes) ; ^ 
Palladio, de Vicence (1518-1580) ; — Scamozzi, de Vicence (1552-1616) ; — Piètre 
de Cortone (1596-1669). 

Rome, après avoir manifesté dans les œuvres de Bramante les modèles du goût 
le plus pur, dans celles de Balthasar Peruzzi ceux de la plus exquise élégance, 
devient aussi, au temps des Borromini et des Bernin, une école de maniérisme, 
d'innovations fastueuses, d'ornementation tourmentée et de mauvais goût. — Sur 
cette décadence de l'art au xvii* siècle vient se greffer un style froid et contourné 
«rarchitocturequi, sans originalité aucime, emprunte cependant un certain caractère 



ORIGINES DE L ART EN ITALIE. XLIII 

àe l'ordonnance qu'il affecte, de son étalage de luxe mondain, de sa recherche 
subtile et de son sensualisme mystique ; reproduite dans un grand nombre d'édi- 
fices élevés par un ordre célèbre, elle forme en Italie et au delà des Alpes, sous te 
nom d^ARCHiTECTURE DES JÉSUITES, uuc cUssc à part dans le mauvais. 



La Scolptare n'avait pas fait moins de progrès. On trouvera quelques détails sur 
ses dévebppements, au tome I", p. 147, 262, 283, 432, 533, 540; au tome II, 
p. 101, Dans cet art encore l'Jtalic a une série de noms glorieux à citer: Nicolas 
de Pise (t 1270) ; — Jean, de Fisc (f 1320) ; — André, de Pise (1270-1345); — 
Agogtino eiAgfwlo, de Sienne [•{-au milieu dn xiv*' siècle); — les deux Masuccio, 
de Naples (f 1305 et 1388) ; — délia Quercia (f 1418)*; — Luca délia Bobbia 
(1400-1481) : la famille des délia Robbia a fourni plusieurs sculpteurs : — Matteo 
Civitali, de Lucques (f 1501); Ghiberti (t 1455) ; — Donatello (1386-1468); 
— Desiderio da Settignano (f vers 1485) ; — Mino da Fiesole (1400-1486) ; — 
Giuliano et son frère, BeneOetto da Majano (1442, f après 1498) ; — Verocchio 
(•}• 1488) ; — Pollajuolo [\ 1498) ; — Properzia de' Rossi, morte de chagrin 
d'amour, en 1530 (t. l«"", p. 390) ; — Icshonihards A gostino Busti [Bambaja] (-J* vers 
1540), et Brambilla... ; — le Tribolo (f 1550) ; — Bandinelli (f 1549) ; — Mi- 
chel-Ange (•[•1564); — ses élèves Montorsoli (•i'1563) et Baccio da Montelupo 
(1533) (?) ; - Vinc. Danti (•}• 1567) ; — Benvenuto Cellini (f 1570) : — Sansovino 
(f 1570) ; — les îj>mbardi\ — Âmmanati (•[• 1589) ; — Guillaume de la Porte 
[^ 1577) ; — le Flamand Jean Bologne, né à Douai (1524-1599) ; — Francavilla 
{{ 1611) ; — Tacca (f 1640) ; — le Bernin (f 1680) ; — VAlgardei-^ 1654). 

Déjà les bas-reliefs, si remarquables d'ailleurs, des portes du baptistère de Flo- 
rence, par Ghiberti, sont, à la couleur près, de véritables tableaux. Les figures y 
sont dégradées d'épaisseur; on y voit des lointains, des nuages. la perspective 
linéaire y est observée avec le plus grand scrupule. Cette recherche donne à la com- 
position un effet trop minutieux. Le Bernin, VAlgarde, ont poussé à cet égard la 
prétention jusqu'à l'excès. Dans le bas-relief colossal d'Attila, de ce dernier, les 
figures du premier plan sont de plein relief ; les autres diminuent de saillie dans une 
profondeur considérable. — Les influences les plus opposées précipitent l'art vers la 
décadence. Tantôt ce sont les imitateurs à la suite de Michel-Ange, peintres et sculp- 
teurs, qui visent au colossal et font montre de science anatomique. Un siècle plus 
tard, à la suite de Bernin, c'est le gracieux conventionnel qui esta la mode, et les 
aKistf s peignent et sculptent de pratique, contournent les mouvements et les atti- 
tudes, recherchent les expressions mignardes, tourmentent et font voltiger les dra- 
peries sans motifs. Puis, en dehors des grandes voies, l'art devient subtil et s'essaye 
aux effets curieux et aux tours de force. C'est à cette déplorable direction qu'appar- 
tiennent les statues de Queiroli, de Sammartino, de Corradini (V, l'église de San 
Scvero de Naples). A défaut d'inspiration et de goût, le statuaire aboutit à l'habileté 
technique, à la dextérité patiente du praticien. 



La division de l'Italie en petits États, qui eut pour résultai (utv^^ ^•^Veos^^f^^'^ 
de fonder «on unité nationale, développa la prospérité Aea \iKVes, ^V wc\\\.V «f^\^ir- 



XLIV PRINCIPAUX. PEINTRES ITALIENS. 

tenir la rivalité. Dans le xu'' siècle, ces petits États, constitués en républiques, ma- 
nifestèrent, à travers leurs agitations, un mouvement intellectuel favorable à 
l'enfantement des grandes choses. Les citoyens, partagés en communautés, par 
quartiers, par professions, rivalisèrent entre eux pour l'embellissement de leurs 
monuments publics. Les princes, qui avaient ramassé la puissance dans les désordres 
civils, continuèrent le mouvement. « 11 était de leur politique de faire oublier la 
liberté au milieu du rayonnement des talents et des intelligences. Héritiers des 
forces vives que les institutions républicaines avaient fait naître, ils n'eurent qu'à 
les recueillir, à les pousser à l'œuvre et à s'en parer -comme d'un titre de gloire. 
C'est ce qui lit l'éclat du règne des premiers Médicis à Florence. Ces princes proté- 
gèrent les arts et les lettres de tout leur pouvoir et de toutes leurs richesses . » Les 
princes des autres Etats et les riches familles imitèrent cet exemple, et ce mouve- 
ment se continua pendant le xvi^' siècle. C'est ainsi que les papes : Jules II j Léon Xj 
Clément Vil et Paul IIl^ à Rome; les Médiats^ les Strozzi, les Soderini, les Rue- 
celiai, à Florence; Louis Sforce, à Milan; les ducs Guidobaldo et délia Rovere, à 
Urbin ; Alphonse d'Esté et Lucrèce Borgia, à Ferrare ; les Gonzague, à Mantoue.. . 
se plurent à encourager les arts. 



LISTE CHUONOLOGIQUE 

DES PRINCIPAUX 

PEINTRES DES ÉCOLES ITALIENNES 



XUr siècle. 

Giuntat de Pise. 

Margaritone — 1236-1515. — Arezzp. 

Cimabue — né en 1240, vivait en 1502. 

— Florence. 

Guida, de Sienne, vécut dans les premières 

années du xiv«» siècle. 
Gaddo Gaddi — 1259-1312. — Florence. 
Buffalmacco [Buonamico di Cristofano) 

— 1262 (?), vivait en 1351. — Flo- 
rence. 

Giotto (Bondone) — 1276-1336. — Ves- 

pignano, près Florence. 
Simone di Mariino , dit faussement 

Memmi — 1285 (?)- mort en 1544, à 

Avignon. — Sienne. 
Duccio di Buoninsegna — né vers 

1260 (?), vivait epcore en 1539. — 

Sienne. 

Znr* siècld. 

Taddeo Gaddi (fils de Gaddo Gaddi) — 
1300 (?), vivait en 1366. — Florence. 



Agnolo Gaddi [fils de Taddeo Gaddi) — 

travaillait en 1390. 
Spinello Spinelli — travaillait en 1408 ; 

mort âgé de 92 ans. — Arezzo. 
Antonio Veneziano — 2« moitié du xiv» s. 

— Venise. 

Giottino [Giotto di Maestro Stefano ^dii :) 

— imitateur de Giotto — 1324, vivait 
en 1368. 

Orcagna (Andréa di Ciole Arcagnuolo) 

— (Orcagna, que Vasari écrit Orgagna, 
serait une altération d' Arcagnuolo, Ar- 
cngno...) — était mort en 1376. 

Starnina — 1354-1408 (?), — Florence. 
Gentile da Fabriano —1370 (?)-1450 (?) 

— Fabriano (Marche d'Ancône). 
Salarie (Antonio), dit: le Zingaro — 

1382-1455. — Abruzzes. 
Beato Angelico ou frà Angelico* (frà 
Giovanni rfa Fiesolé) —1387-1455.— 

^ Il no se nommait point Giovanni^ et 
il n'était point do Fiesole. Les textes au- 
thentiques l'appellent Guido di Pietro; il 
était né au bourg de Vecckio, dans la pro- 



PRlNCflPAUX PEINTRES ITALIENS. 



XLV 



Avmzi (Jacopo) ou Davanzo — 1377. 

— Bologne. 
AldigMeri (Ultichiero) — 1382. *— Zevio 

(Véronais). 
Squardoiie (Francesco) — • 1394-1474. — 

Padoue. 
Uceello (Paolo) — 1397-1479 (?). — 

Florence. 
Délia Francesca (Pêe^ro)— vivait encore 

en 1494. — Borgo S. Sepolcro. 

XV* siècle. 

Masaccio — 1402-1443.— S. Giovanni, 

près Florence. 
Masolino da Panicale — 1403-1440. — 

Florence. 
Castagno [Andréa del) — 1406 (?), — 

1480. 
Uppi (FràFilippo)'^Un (?)-1469. - 

Florence. 
Antonello de Memne — vers 1414- 
1493 (?). — Sicile. 



Glnrlandajo (RidoHo), iils de Domenico. 
Basaiti (Marco) — peignait encore en 

1520. T-Frioul. 
Carpaceio o\x Scarpaecia (Vittore) — m 

vers 1450 (?)•. — Venise ou Capo d'îs- 

tria. 
Francia (Francesco Raibolini, dit : ) — 

1450-1517. — Bologne. 
Leonardoda F«»d— 1452-1519. —Près 

de Florence. 
Pinturicchio (Bernardino Betti, fils de 

Benedetto di Biagio, dit : U) — 1454- 

1513. — Pérouse. 
Solari, Solario (Andréa di), dit: il Gobbù 

— 1458 1 après 1509. (Milanais.) 

Di Credi [horenzo Sciarpelloni) — 1459- 

1537. — Florence. * 

Luini (Bernardino) y Luvino ou Ijwint 

— vers.1460 — vivait encore en 1530. 

— Luino, près du lac Majeur. 
Florigerio ou Florigorio (Bastianello) — 

florissait en 1533. — Udine. 



Foppa (Vincenzo) — 1420-1492. — /j|^ê (i;'ê/tppt>w),fils defràFilippoLippi 



Brescia. 
Bellitt (Gentile Bellini) — 1421-1501. 

— Venise, 

Benozzo Gozzoli — 1424-1485. — Flo- 
rentin. 

Baldovinetti — 1425-1499. — Florence. 

Jean Bellin (Giovanni Bellinî\ — 1426- 
1516. — Venise. 

Pollajuolo (Antonio) — 1435-1498. — 
Florence. 

Mantegna (Andréa) — 1431-1506. — 

Padoue. 
VeroccMo (Andréa) — 1432-1488. — 

Florence. 
BotticeUi ( Alessandro Filippi, dit : ) — 

1447-1515. — Florence. 
Hoielli (Cosimo) — (?) 1439-1506. - 

Florence. 
Signarelli (Luca) - 1441 (?)-1524 (?). 

— Gortona. 

Pérugin (Pietro Vanucci dit : U) — 1446- 

1524. — Città délia Pieve. 
GktrUmdajo (Domenico Curradi, dit :) — 

1449-1498 (?).— Florence. 



vinee de Mugello, non loin du village où 
était né GioUo. 11 prit le nom de Giovanni en 
eniniit cbes les dominicains de Fiesole. 



— 1460-1505. —Florence. 
Costa (ÏA>renzo) — 1460-1535. — Fer- 
rare. 
Baffaellino del Garbo — 1466-1524. — 

Florence. 
Albertinelli (Mariotto) — 1476-1512. — 

Florentin. 
Timoteo Yiti — 1470 (?)-1523. 
Frà Bartolommeo dit : le Fraie ou Bac- 

cio délia Porta — 1469-1517 . — Près 

de Florence. 
Michel-Ange Buonarroti — 1474-1564. 

Territ. d'Arrezzo. 
Titien (Tiziano Yecelli dit : U) — 1477- 

1576. — Pieve di Cadore. 
Giorgione (Giorgio Barbarelliy dit : Ix 

— Giorgion) 1478-1511. — Castel- 

Franco. 
Sodoma [Razzi ou mieux Bazzi de' 

Tizoni, dit : U) — 1474-1549. — Ver- 

cclli. 
Uggione (Marco) — vers 1480-1530. — 

Oggiono, près de Milan. 
Colignola (Marchesi, dit : U) — 1480- 

1550 (?). 
Imola (Innocenzio Francucci, ^\N.^ — 

1480-1550. — ImoU. 



XLVI 



Cima da Coneffliano (Giov.-Battistn Cima. 

dit:) — 1460 (1580)-1520. 
D08SO Dossiy peignant avec son frère Bat- 

tista — 1479 (?) — 1580. — Dosso, 

près Ferrare. 
Palma Vecchio (le Vieux) — vers 1480- 

1548. 

ÎMto [Lorenzo] — vers 1480-1560. — 

Bergame ou Venise. 
Garofalo ou Garofoîo (Benvenuto Tizio 

dit : le) 1481-1559. — Ferrare. 
Peruzzi (Baldoêsare), peintre et grand 

architecte — 1481-1537. — Ferrare. 
ÎjR Francabigio [Bigio, dit:) — 1482- 

1524. — Florence. 
Vecelli (Francesco), frère du Titien. — 

— 1485. — Cadore. 
Raphaël (Sanzio) — 1483-1520.— Urbin. 
Pordenone (Le chevalier Giov. -Anton. 

Licinio, dit : U) —1485-1539.— Por- 
denone. 
Pensaben (Frère Marco) — 1485 f?^- 

1547. 
Cesare da Sesto, dit : le Mlanese — -j- 

1524 (?).— Sesto, près Milan. 
Bagnacavallo [Ramenghi, dit : Le) — 

1484wi542. 
Beceafumi (Domenico), dit : Mecherino 

— 1484-1549.-^ Près de Sienne. 
Ferrari (Gaudenzio) — 1484-1550. — 

Valdugia (Piémont). 
Setnini (Antonio) — 1485 (?)-1550. — 

G(lnes. 
Sébastien del Piombo (Luciano), dit :firà 

Sebastiano — 1485-1547. —Venise. 
Andréa del Sarto (Vannucchi, dit :) — 

1488-1530. — Florence. 
Penni (Giov.-Franccsco, dit : le Fatlore), 

frère de Luc — 1488 (?)-1528. — 

— Florence. 

Jean d'Udine (Giovanni Nanni, dit : ï^e) 

— 1487-1564. — Udinc. 
Raffaelle del Colle — 1490-1530. — Près 

de Borgo S. Sepolcro. 
Pontormo (Giacomo Carucci, dit:) — 

1494-1556. — Ponlormo. 
Brusasorci (Domenico Riccio^ dit: Ix) 

— 1494-1567. — Vérone. 
Corrige (Antonin Allegri, dit : U) — 

1494-1534. — Corregio (Modénais). 
Caravage {Caldara, dit : Polydore dé) — 



PRINCIPAUX PEINTRES ITALIENS. 

1495 (?)-1530. — Caravaggio (Mila- 
nais). 

// R08S0, dit : Maître-Roux — 1496 (?)- 
1541. — Florence. 

ÏMuino (Bernardino) f 1558, — élève de 
G. Ferrari. — Verceil. 

Bastaruolo (Giuseppe Mazzuoli, dit : Le) 
(vendeur de blé) — -i* 1589. — Fer- 
rare. 

Jules Romain (Giulio Pippi, dit :) — 
1492-1546. —Rome. 



XVI* siècle. 

Bonifazio [Veneziano] — 1500-1562 (?). 

— Venise. 

Moretto (Aless. Bonvidno^ii : le) — vers 

1500-1560. — Brescia. 
TorUdo, dit : [il Moro) — 1500-1581. — 

Vérone. 
Perino del Vaga (Pietro Buonaccortî, 

dit :) — 1500-1547. — Florence 
Paris Bordone — 1500-1570. — Tré- 

vise. 
Bronzino (Angelo) [Allori Agnolo) — 

1502-1572. — Florence. 
UPrimatice (Francesco-Maria) — 1504- 

1570. — Bologne. 
Parmesan ( Parmigianino ) Francesco 

Mazzuola, dit : le), fils de Philippe 

— 1505-1540. —Parme. 

Daniel de Vollerre (Danicle Ricciarelli, 
dit :) -^ 1509-1566. — Volterra. 

Salviati (Francesco Rossi, dit : Cecco di) 
1510-1565. — Florence. 

Bassan le Vieux (Giacomo da Ponte, 
dit :), fils de François — 1510-1592. 

— Bassano. 

Vasari (Giorgio) — 1512-1574. — 

Arezzo. 
le Tintoret (Jacopo Robuslij dit : il Tin- 

toretto) —1512-1594 — Venise. 
Boccacino (Camille) — 1515-1546. — 

Crémone. 
Circignano (Nicolas, dit : le Pomeran- 

cio) — 1516. — Pomerancia (Toscane). 
Pacchiarotto (Jacopo) -. florissait en 1535. 

Sienne. 

Passarotti ou Passerotti (Bart.) — vers 

1526-1592— Bologne. 
Porta, dit : Salviati le Jeune — 1520- 

1570. — Castel Novo di Grafagnana. 



PRINCIPAUX , PEINTRES ITALIENS . 



XLVI! 



ScMttvone (MedulaàM.U) — 15Î0- 
4582. — Sebenico (Dalmatic] . 

Pellegrmi (Pellegrino, le Vieux, dit : 
Tibuldo OM Tibaldi) - 1527-1591.— 
Valdesa (Milanais); ou Bologne. 

Canibiaso (Luca), iils de Jean — 1527- 
1580 ou 1585. — Oneglia (État de 
Gênes). 

Muiiano (Girolamo, dit : le Muiien) — 
1528-1592. — Acquafredda (Brcscian) . 

Baroche (Federigo Fiori, Barocci, dit :) 

— 1528-1612. — Urbin. 

Paul Véronèse (Paolo Caliari, dit :) — 

1528-1588. — Vérone. 
Sammacchini (Orazio) — 1532-1587.,— 

Bologne. 
Allori (Alessandro, neveu du Bronzino 

— 1535-1607. — Florence, (il prend 
aussi le nom de Bronzino) . 

Santi mi — 1538-1603. — Borgo San 

Sepcfcro. 
Caliari (Benedetto), frère de Paul Véro- 

nèse— 1538-1598. — Vérone. 
U Brusasorci (Felice Ricdo, le Jeune, 

fils de Dominique, dit :) — 1540-1605. 

— "Vérone. 

StÛHiUim (Lorenzo, dit : Lorenzino Bù- 
logna) — vers 1540-1577. — Bologne. 

Zuccaro ou Zucchero (Federigo), frère 
deThaddée —1542-1609. 

Poccetti [Barbatelli, dit : le) — 1542 
ou 1548-1612. — Florence. 

ÎJcozzi (Jacopo) — 1543-rl627. — Vé- 
rone. 

Palma le Jeune (Jacopo), fils d'Antoine 
et petit-neveu de Jacques le Vieux. — 
1544-1628. — Venise. 

ProeaccitH (Gamillo), iils d'Hercule le 
Vieux — 1548-1626. — Bologne. 

Prêeacdni (Giulio-Gesarç), Iils d'Hercule 
le Vieux— 1546-1626. — Bologne. 

teMm le Jeune (Francesco da Ponte, 
ibde Jacques, et dit :) —1591-1648. 

— Bassano. 

CêHiërim (Giovanni) — 1548-1605. — 
Teaifle. 

FmUoM {lavima), fille de Prospero — 
idSi-iei4. — Bologne. 

AMM/if dit : Pamarancio • 1552-1626. 
•— • vollflrni. 



Paggi (Giov.-Balt.) — 1554-1627. — 
Gènes. 

L'J?iwptf/i (Jacopo Chimenti) dit:)— 1554- 
1640. — Empoli. 

Tempesia (Antonio) — 1555-1050. — 
Florence. 

ÏjOuîs Carrache (Lodovico Carracci) — 
1555-1619. — Bologne. 

Sorri (Pietro) — 1556-1622 Près 

de Sienne. 

Salimbeni (Ventura), dit : Bevilacqua, 
fils dArcangelo — 1557-1613. — 
Sienne. 

Basson (Leandro da Ponte, dit ; le che- 
valier), fils de Jacques. — 1558-1625. 

Augustin Carrache (Agostino Carracci), 
cousin de Louis et frère d'Annibal — 
1558-1601. —Bologne. 

Circignano (Antonio), fils de Nicolas, sur- 
nommé comme lui : il Pomerancio — 
1559-1619. 

Cigoli ou Civoli (le chevalier Cûfrtfi dit :) 

— 1559-1613. — Châtoxiu Cigoli 
(Toscane). 

Marietta Tintoretta (Maria Robusti, 
dite:), fille du Tintoret— 1560-1590. 

— Venise. 

Josépin, ou il cavalière d'Arpino, Giu- 
seppe César i, dit : U) — vers 1560 

— 1640. — Arpino, royaume de Na- 
plcs. 

Annibal Carrache {Carracci), frère* 
d*Augustin et cousin de Louis — 1560- 
1609. — Bologne. 

Passignano (le chevalier Cresti, dit : l£) 

— 1560 (?)-1658. — Passignano (Tos- 
cane). 

Gentileschi (Orazio Lomt, dit : ï^e) — 
neveu de Baccio Lomi et frère d' Aurélia 
Lomi — 1563-1646. — Florence. 

rawni (le chevalier Francesco) — 1565- 
1609. — Sienne. 

Michel-Ange de Caravage (Michel-Angelo 
Amerighi ou Morigi, dit :) — 1569- 
1609. — Garavaggio (Milanais). 

Morazzone (le chevalier Mazzuchelli, 
dit: //) — 1571-1626. — Morazzone. 

Guide i^Guido Béni, dit : /^) — 1576- 
1642. -Bologne. 

Spada (Lionellol — l^l^V^i^. — ^^- 
logne. 



XLVIII 



PRINCIPAUX PEINTRES ITALIENS. 



Biliverti (Giovanni) — 1576-1644. — 

Florence. 
Cavedone (Jacopo) — 1577-1660. — 

Sassuolo (duché de Modène). 
Allori (Cristoforo), fils d'Alexandre — 

1577-1621. — Florence. (Prend aussi 

le nom de Bronzino.) 
Tiarini (Alessandro) — 1577-1668. — 

Bologne. 
Albane (Fraricesco Albanû dit : V) — 

1578-1660. — Bologne. 
Schidone (Bartolommeo)— 1580(?)-1615. 

— Modène. 

Turchi (Alessandro), dit : VOrhetto et 

Alexandre Vémme — 1580-1648. — 

Vérone. 
Strozzi (Bernardo), dit : le Prête Ge- 

novese ou il Cappuccino — 1581-1644 . 

Gènes. 
Domniquin (Domenico Zampieri, dit : Le) 

1581-1641. — Bologne. 
Lanfranc (il cavalière Giovanni di Ste- 

fano LanframM) — 1581-1647. — 

Parme. 
Stanzioni (le chevalier Maxime) — 1585- 

1656. — Naples. 
Sarzana (Domenico Fiazella, dit : Le) 

1589-1669. — Sarzana. 
Feti (Domenico) — 1589-1624. — Rome. 
Le Padouan (Alessandro Varotari, dit : 

// Padovanino) — 1590-1650. — Pa- 
, doue. 
Artemisia Jjmi, dite : Gefitileschij fille 

d'Horace— 1590-1642. — Pise. 
Crespi (Dauiele) — 1590 (?)-1630. — 

Busto Arsizio (Milanais). 
Guerchiu (Gian Francesco Barbieri, 

dit : il Guercino ; ou Le)— 1590-1666, 

— Gento, près Bologne. 

Cariant (Giov.-Ballista), fils de Thaddée 

— 1595 (?)-1680. — Gênes. 
Piètre de Cortone (Pietro Berreitini, 

dit :) — 1596-1669. — Cortone. 
Sacchi (Andréa) —1598-1661.— Rome. 
Mazzoia (Girolamo), fils de Michel, mort 

après 1566. — Parme. 

XVII* siècle. 

Michel-Ange des Batailles ou des Bam- 
bochades (Cerquozzij — 1600-1660. 

— Rome. 



Cagnacci [GxnàoCanlagsi^ dit :) — 1601- 
1681 . - Castel Sant' ArcangeU. 

îx Morrealese (Pietro Novelli, dit :) — 
1603-1647. —Monréal (Sicile). 

Le Sassoferrato (Giov. Battista Salvi, 

dit :) — 1605-1685. — Sassoferrato. 
Liberil^Q chevalier Pietro) —1605-1687. 

— Home. 

// Volterrano (Franceschini) — 1611- 
1689. — Volterra. 

Mola (Pietro-Francesix)) — 1612-1668. 

— Goldre (Milanais). 

Cantarini (Simone), dit : lePesarese — 
1612 ou 1618-1648. — Pesaro. 

Guaspre{Gvisi^reDughet, ou GasparoPoii«- 
sin, dit : Le) — 1613-1675. Rome. 

Salvator Rosa — 1615-1673. — Are- 
nella, près Naples. 

Preti (Mattia), dit : le Calabrese — 
1613-1699. — Ravenne ou 'Diverna 
(Calabre). 

Carlo Dolci on Z)o/ce — 1616-1686. — 
Florence. 

Castiglionej dit : le Benedetto et le 
Grechetto — 1616-1670. — Gênes. 

Romatielli (Giov. -Francesco) — 1617- 
1662. — Yiterbe. 

Maratta ou Maratti (Carlo), Charles 
Marotte — 1623-1713. — Camerino 
(Marche d'Ancône). 

Cignani (Carlo) — 1628-1719. — Bo- 
logne. 

Giordano {Luca) — 1632-1705. — Na- 
ples. 

Pasinelli (Lorenzo) — 1629-1700. — 
Bologne. 

Viani (Giovanni) — 1636-1700. — Bo- 
logne. 

Sirani (Elisabetta), fille de Giov. Andréa 
— 1658-1665. — Bologne. 

Bacicdo, dit : le Gauli — 1639-1709.— 
Gênes. 

Franceschini (Marco- Antonio) — 1648- 
1729. —Bologne. 

Guidobono ou Guidoboni, dit : le prêtre 
de Savone — 1654-1709. — Savone. 

Trevisani (Francesco), dit : le Romain, 
frère d'Angiolo — 1656-1746.— Capo 
d'Istria. 

Solimena (le chevalier Francesco), dit : 



I?iD£X BIBLIOGRAPHIQUE. 



ILIX 



l'abbé Cfccw— 1657-1747. —Nocera 

de' Pagaui [Napolitain). 
Ricci (Sebastiaiio)— 1659 ou 1660-1734- 

Gividale di Belluno. 
RoMlba Carriera — 1672-1757. —Ve- 
nise ou Vienne. 
Pellegrini (Antonio) — 1675-1735 ou 

1741. — Venise. 
Conca (Sebastiano) — 1676 ou 1679 — 

1764-1774. — Gacte. 
Pannini (Giov.-Paolo) — 1691-1768. 

Plaisance. 



Tiepolo (Giov. Bat.) — 1692-1770. — 

Venise. 
Canaletto (Antonio da Canal, dit : Le) 

— 1697-1768. — Venise. 
Battoni [Pompeo) — 1708-1787. — 

Lucques. 
Appiani (lachevalier) — 1761-1817. — 

Bosisio, près de Mihm. 
Camucdni (Vincenzo) — 1773-1844. — 

Rome. 



EXTRAITS DE L'INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 



DO PREMIER VOLUME 



Histoire, 

Uiit. des républiques italiennes, par Simonde 

de Sismondi. 10 vol. in-8. 
IMie (Univers pittoresque), par le chevalier 

Artaud. Paris, 1835. 1 vol. in-8. 
Storia d'ïtalia (1490-1534) 6 vol. iii-8, par 

Guicciardini. 
Sioria iPIlalia, conlinuala da quella del 

Guicciardini , sioo al 1789 , par Botta 

(Paris, Baudi7). 10 vol. in-8 ou 15 vol. 

in-18. 
Storia d^Italia (1789-1814), par le même, 

4 vol. in-8. 
Vie et Pontificat de Léon X, par Roscoê. — 

Traduit de l'anglais, 1 vol. in-8. 
Ui^t. de Léon X^ par Âudin (Paris, L. Maison, 

1850). 2 vol. in-18. 
Istoria civile del regno di Napoli, par Gian- 

none (1723). 
Bist. du royaume de 'Snples (1734-1825), |)ar 

Colletla. Traduit de l'italien (Paris, 1^35). 

4 vol. in-8. 
Deux ans de révolution en Italie (1848-49), 

par F. T. Perrens (Paris, Hachette, 1857). 

1 vol. io-18. 
V Annie historique ^"^1 J. Zeller (1859-1863) 

(Paris, Hachette). — Cet annuaire qui pa- 

ralt tous les ans (1 vol. in-18) est la pu- 
blication la plus intéressante à consulter 

pour l'histoire contemporaine. 



Beaax-aris. 

AnCUlTECTURE. — SCULPTCRE. 

Antica Architeltura descritta e dimostrata 
coi monumevti, par Canina (Roma, 1851, 
in-fol.). 

Tlie Cities and Cimeteries ofEtruria (George 
Dcnnis). London, Hiu'ray, 1848. 2 vol. 
in-8; le meilleur guide du voyageur pour 
étudier les antiquités de rÉtiiirie. Ses 
descriptions sont très-exactes. 

Antica Etruria marittima nella dizione Von- 
tificia, par Canina. 3 vol. in-fol. 

LÈtrurie et les Êirusques, par Noël Desver- 
gers (Paris, Didol, 1862-64). 

Hist. de Vart par les monuments (du iv« au 
xv« siècle), par d'Âgeucourt, 6 vol. in-fol. 

History of architecture^ par Hope (London, 
1812). Traduit en français. 2 vol. in-8. 

Architeltura de' tempi cristiani^ par Paniuo. 

The ecclesiastical Architecture of Italy, par 
Gally Knight. 

Dette Basiliche criitiaue, par Canina. 1845. 

Roma antica e sua Campagna, ]iar Luigi Ca- 
nina (Roma, 1855). G vol. iu-fol. 

Delta stato fisico del suolo di Borna, par 
Brocchi. 1 v. in-8'. 

Édifices de Borne moderne, ou recueil des 
palais, des maisons, églises, couvents, etc., 
dessinés, mesurés et çublvés ^\ V . Vt- 
taïuuiUv, arcUWccVc. ^ \q\, xu-VoX. <i\sav- 



INDEX BlBUOGRAPllIQUK. 



prenant 354' pi. et 1 gros vol. de texte 
in-4, avec grav. sur bois. — Paris, Pance. 
Prix : 366 fr. 

Ouvrage remarquable, d'une très -belle 
exécution, et le plus complet qui ait été pu- 
blié sur rarchitccturc de Rome moderne. 
L'auteur y a consacré plus de trente ans de 
sa vie. 

// Tempio VaticanOt par Fontana. (Uoma, 
1694.) In-fol. 

Palais Masaimi à Rome, i>ar Suys et Iluudc- 
bonrt. 13 pi. (Notice sur Ibilt. Puruzzi.) 
1 vol. gnind iu-fol. 

Choix des plus célèbres maisons de piaisance 
de Rome et de ses environs, iwr Percier et 
Fontaine. 1 vol. grand in-fol., 76 pi. 

Roma sotterranea, par Bosio. Home, 3 vol. 
in-fol., 1734-53. 

Catacombes de Rome, par L. Porrct. Ouvrage 
juiblié sous les auspices du ministre de 
l'intérieur. 65 liv. de 5 pi. chacune. !20 fr. 

Roma sotterranea, par M. M chev. de Rossi 
(Rome, 4864), 1 vol; in-fol. 

Œuvres complètes de Piratiê&i. Antiquilcs 
romaines, tombeau de Scipion, Panthéon, 
colonnes Trajane et Anlonine, monuments 
et vues de Rome antique et moderne. 29 
vol. in-fol. 

Les Ruines de Pompei, par Mazois. Ouvrage 
continué par M. Gau, architecte. (Paris, 
Firmin Didot.) 4 vol. in-fol. 

Le Case e i Monumenti di Pompei disegnali e 
descritti. In-fol. ^1855. . . ) Ouvrage de luxe 
imblié sous les auspices du gouvernement 
napolitain. 

Herculanum et Pompei, recueil général des 
peintures, bronzes, mosaïques, etc., par 
Barré. (Paris, Firmin Didot.) 7 vol. in-4, 
avec 700 pi., 112 fr. — Le 8* vol. contient 
le musée secret. 

Pompeia, décrite et dessinée par Ern. Bre- 
ton, de la Société des Antiquaires de 
France; suivie d'une notice sur Hercula- 
num. (Paris, Baudry, 1855.) 1 vol. grand 
in-8, avec un grand nombre de gravures 
sur liois, 10 fr. 

Cet ouvrage, est un excellent vade-mecum, 
des voyageurs. 

Pompei, par>^ill.Clarke, arrhiteclc. (Loudon, 
Natlali, 1849.) 2 vol. in-18, aVecun grand 
nombre de grav. sur bois, 
dette compilation anglaise est Un résumé 

intéressant à consulter. 

Ruines de Posstum, par DelagardetlC) archi- 
tecte. 1 vol. in-fol., 14 pL 

SCOLPTDRE. 

Sloria delta scnlturat |)ar Cicoguara (Yu- 



nezia, 1813-18). 3 vol. in-fol. ou 7 vol. iu-8, 
et un atlas in-fol. (Prato, 1824). 

PEINTORE. 

Les Musées d'Italie^ guide et mémento de 
l'artiste et du voyageur, par L. Viardot 
(3* édition). 1 vol. in-18 (Paris, Hachette 
et C'\ 1859). 
Cet excellent guide critique est an des 

livres ù emporter dans un voyage en Italie. 

Hist, de la peinture en Italie, guide de l'a- 
mateur des beaux-urts, ])ar John Goindct. 
2 vol. in-18 (Genève, Cherbuliez). 

Ce livre est la meilleure initiation à l'his- 
toire de la peinture en Italie qu'on puisse 
recommander aux gens du monde. Les per- 
sonnes qui voudront aller au delà des no- 
tions générales pourront consulter les ou- 
vrages suivants : 

Hand-Book ofPainting : the schoolsof Paith 
ting in llaly, traduit de l'allemand de 
Kuglcr (2* édition, avec notes de P. Cb. 
Eastlake). 2 vol, in-8, avec 100 grav. au 
trait (London, Murray, 1851). ' 

Hist. de la peinture en Italie, depuis la Renais- 
sance jusque vers la fin du xviu* siècle, 
par Lanzi. Traduit de l'italien sur la 3* édi- 
tion, par Mme Armande Dieudé. 5 vol. in-8 
(Paris, 1824). 
A la lin du 5* volume est une bibliographie 

étendue. 

Sloria delta pittura itaùana^ esposlacon i 
monumenti, par Rosini. (Pise, 1839.) 

Ouvrage important, mais qui n'embrasse 
({ue les premières périodes de la peinture 
italienne jusqu'à Pérugin. — Nombreuses 
gravures au trait. 

VIES DES PEIMRES, ARCOITECTES, ETC. 

U Vite de' piit eccellenti pittori, scuttori e 
architetti, par G. Yusari. 

Plusieurs éditions italiennes. — Une édi- 
tion commode de ses œuvres complètes, avec 
notes de Grov. Masellii en 2 vol. grand in.S» 
à deux colonnes, a été imprimée en 1832-38, 
à Florence, chez David Passigli. — L'édition 
publiée par Lemonnier, Florence, 1846-57, 
13 vol. iU'-18, contient un travail important 
d'annotations aue nou.s avons mis à profit 
pour notre Itinéraire. — La table n'a point été 
publiée (1864^5) ; c'est une lacune des plus 
regrettables, et qui rend certaines recher- 
hes impossibles. 

Vies des peintres, sculpteurs et arehiieeteSt 
par le même ; trad. et annotées par Jean- 
ron et Léopold Lcclanché (Paris, 1839- 
1842). 10 vol. iu-8. 

« La traduction est souvent imcomplète, 
sinon inexacte, dit M. JalesGoddé, et il faut. 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE. 



Ll 



pour obtenir an renseignement certain, avoir 
recours au texte italien. » 

Dictionnaire historique des peintres de toutes 
les écoles^ par Ad. Siret (2* édition, en 
cours de publication). 

Dizionario de* pittori dal rinnovamento délie 
belle arti fino al 1800, par Ticozzi (Mi- 
lano, 1818). 2 vol. in-8. 

Diiionario degli architetti, scuUori, pittori, 
intaglialori in rame et in pietra, coniatori 
di medaglie, musaicci, niellaCori^ intarsia- 
tori d'ogni elà e d'ogni nazione, par le 
même (Milano, 1830). A vol. in-8. 

Vie de Raphaël, par Quatrcmcrc de Quiucy. 
— Nous avons consulté de préférence la 
traduction italienne, enrichie de notes, 
étendues, par Lonyhena. 1 vol. gr. in-8, 
ainsi que l'ouvrage suivant. 

Uaphail d>Urbin et son père Giovanni Santi, 
par Passavant (édition française corrigée 
IKir l'auteur). Taris, Uenouard, 18G0, 2 vol. 
in-8. 

Vie de Michel-Ange^ par Qualrcmèrc de 
Quiiicy, 1 vol. in-8. 

Vies et OEuvres des peintres les plus célèbres 
de toutes les écoles, recueil des plus belles 
compositions gravées au trait, par Landon 
(1844). 13 vol. in-4. 

Parmi les nombreux auteurs allcaiands 



qui ont écrit sur les beaux-arts en Italie, 
nous citerons particulièrement les noms de 
MM. Passavant et de Rumohr {Italienische 
Forschungen) ; et, comme ouvrage à consul- 
ter, le Dictionnaire biographique de Naglch. 

Pabllcations iUnstrées des galeries. 

Mttseo Borbonico (Musée Bourbon de Naple»). 
10 vol. iu-i. 



OUVRAGES DIVERS. 

U Italie il y a cent ansy lettres écrites en 
1759 et 1740, par de Brosses. (Paris, 1836.) 
2 vol. in-8. 

Ces lettres, si gaies, si facilement écrites, 
pleines d'un entrain si spirituel^ et d'obser- 
vations si curieuses sur la société du' temps, 
quoiqu'elles datent 'de plus d'un siècle, sont 
encore le livre le plus amusant peut-être à 
lire sur l'Italie. 

Rome, y aptes et Florence, par Stendhal 

(Beylc). ln-18. 
Promenades dans Rome, par Beyle. Nouvelle 

édition. (Paris, Michel Lévy, 1833.) 2 vol. 

in-18. 

Charmant ouvrage ù lire ù Uonic, ou à re- 
lire quand on y a été. 



EXPLICATION DE QUELQUES TERMES 

Celln.. . . . . . . . . . . enceinte intérieure d'un temple antique. 

Columbarium chambre sépulcrale chez les Komains, commune à toute une 

famille, et ayant la forme d'un colombier; les urnes con- 
tenant les cendres y étaient placées circulairemeiit les 
unes au-dessus des autres , à la manière des niches dfe pi- 
geons dans un colombier. 

Temple periptere hexastyle. . environné de colonnes isolées et ayant 6 colonnes à la iaçade. 

DooMo dôme, cathédrale. 

Campanile campanile, clocher. 

Narthex vestibule intérieur formant la première travée de la nef. 

Ambons chaires où on lisait Tépitre et 1 évangile. 

Collatéraux nefs parallèles à la grande nef (bas-côtés). 

Triforium galerie ouverte au-dessus des collatéraux. 

Transsept nef transversale qui coupe en croix la grande nef. 

Pendentifs espaces triangulaires entre les gi'ands arcs qui soutiennent 

une coupole. 

Tribune on api>elle ainsi en Italie l'abside ou hémicycle du fond do 

l'église. 

Ciborium (baldaquin) petit édifice isolé ayant un toit à fronton ou on 

dôme porté par quatre ou six colonnes, et élevé au-deàsol^^ 
d'un autel. 

Pergamo, pulpito chaire à prêcher. 

Confession crypte ou chapelle souterraine contenant le tombeau d'un 

martyr ou d un saint. . f 

Scurolo église souterraine {sottocorpo à Naples). 

Presepio crèche. 

Pietà représentation du Christ mort et de la Vierge. 

Spozaliziol mariage de la Vierge. 

urne on appelle ainsi à Rome un grand cercueil de pierre. 

Ancona ) . tableau d'autel. 

Predella (gradin d'autel) peinture placée en forme de soubassement. 

Triptyque sujet peint sur trois panneaux; les deux volets latéraux se 

se replient sur le panneau central. — Diptyque (deux pan- 
neaux). 

Tondo peinture dans un médaillon rond. 

Retable décoration architecturale en pierre ou en bois d'un autel. 

Tarsia, inlarsiatura marqueterie. 

Pinacothèque galerie de tableaux. 

Loffgia portique ou vestibule. 

Villa maison de campagne, de plaisance. 

Casa iniiison. 

yH' ! cJiemin, roule, rue. 

Vicolo ruelle. 

Piazsa ; planetla place; petite place. 

Strada ferrata; ferrovia. . . chemin de fer. 

Albergo auberge, hôtel. ) 

Osteria hôtellerie. > Auberge. 

Locanda hôtel garni. ) 

Trattoria restaurant. 

Cameriere garçon d'hôtel. 

Facchino commissionnaire, porleraix. 

Custode gardien, conservateur d'un monument, d'une collection. 

Jîuona manot buona manda, (bonne-main) pourboire. 

Legno voiture. 

Baroccio, baroccino,C(ilessaA 

ctttessino, carettmo,care-\ petite voiture légère. 

/r//o, corricolo ) 

Poggio colline. 

Bosco Iwis. 

i.ago . ........... lac. 

Poizo _. puits. 

Pieve nom générique donné à une paroisse rurale. 



^ 



'< ■ 



ITINERAIRE DESCRIPTIF 



i DE L ITALIE 



ITALIE DU SUD 



ANCIENS ÉTATS DE L'ÉGLISE 



APERÇU GÉNÉRAL 

Umltes. — La partie de l'ilalie centrale qui était désif^née sous le nom d'ÉTATS 
l'Église, États pontificaux, États Romains, était bornée au N. par la Lonibar- 
die vénitienne, dont elle était séparée par le P6 ; au N. E. et à l'E. par la mer 
Adriatique ; au S. E. par l'ancien royaume de Naples ; à TO. par l'cx-duclié de Mo* 
^^ne, par l'cx-grand duché de Toscane et par la mer Tyrrhénienne (Méditerranée). 
^ur longueur, du N. au S., des bouches du P6 au cap Girceo, était de 580 kil.; 
'ctir plus grande largeur [celle mémo de la péninsule italienne), d'Aucune à Gività 
^ccchia,de 188 kil. Gcs deux villes sont deux bons porls sur les deux mers oppo- 
*^, dont les côtes, sur un développement de 500 kil. (280 sur l'Adriatique), 
"^'olTrent point d'enfoncement, n'ont ni golfes, ni caps prononcés, et n'ont point 

Les États de ^Église comprenaient les contrées antiques du IMium) de Wni" 
^*ia, du Picenum, la partie méridionale de VÉCrurie et le Si E. de Ta Gaiile 

Ipine* 

o n iagtte». — La chaîne de l'Apennin central court du N. 0. au S. E. à tra- 
eelte contrée, qu'elle divise en deux versants. Son point culminant est le ioacl^ 
kSibUla, 2198 met., à l'O. d'Ascoli. 

, rhrières. — ho versant de TAdriatiquc est nUonnc i^t ^<^ twwï^s««\"». 



2 APERÇU GB!(RRAr.. 

cours d eau qui suivent une dirccUun perpendiculaire à la chaîne et on(, par oeh 
niômc, une étendue dau plus G8 kil. Ia^ versant lyrrhénien est onnposé prenw 
exclusivement du bassin du Tionn, le fleuve le plus con^itidéralile du pays et leaeal 
navigable ù quelque dislance de son embouchure. Ce Itassin est compiis entre h 
cliainc apennine centrale dont nous venons de {Mirler et la cliainc subapennioe, 
qui le sépare à l'O. (fes cours d'eau isolés qui se jettent dans la mer Tyrrliénicnnê. 

Le Tibre [Tevere] prend naissance en Toscane dans la cbainc des Apennins. Dam 
un cours de 520 kil., il reçoit plusieurs afilucnts, dont les principaux sont : à dr. 
la Chiaua et la Paglia réunies, qui prennent leur source eu Toscane, et à g. k 
Nera, qui prend sa source dans le mont de la Sibilla et passe à Terni et à Namt. U 
Cbiana le fait communicpier avec l'Arno. II est navigable depuis le confluent de h 
Nera. Après avoir traversé Rome, il va ïc jeter dans la mer, à près de 24 kil.de 
cette capitale, par deux branches qui forment l'île savéc. Jusqu'à 120 kil. au dcS' 
sus de son embouchure S(>s bords sont malsains et très-peu habités. 

Lacs. — Les princiiMux sont : le lac de Trawnèiie ou de Pérou$ey poissonncox 
et sans écoulement visible; — celui de Uolsena [lacus vulsiniensis), d'où sort h 
Maria, cl qui a 14 kil. de long; il est p.iissonncux. On pense qu'il occupe l'emplS' 
cernent d'un ancien cratère ; — le lac de BraccianOt auquel la petite rivière o5- 
licre de l'Arone sert d'écoulement. Entre le lac de Bracciano et celui de Bolsem 
est le petit lac VicOj et au S. E. de Rome, le petit lac A'Albano. 

Sol. — Il est généralement montueux. Les plaines proprement dites ne se ren- 
contrent que dans le Bolonais et le Ferrarais et dans la campagne de Rome. Des 
portions considérables de territoire sont basses et humides, tels que les lagunes de 
Comacchio au N. et les marais Pontins au S. Le sol est généralement fertile, maii 
l'agriculture y est très-négligée, et de vastes étendues de terrain y sont incultes et 
désertes. — Les recherches n'ont pas encore été dirigées avec assez de soin et d'en- 
semble pour qu'on puisse airirmer, comme on l'a fait, que le sol est presque dé-, 
pourvu de métaux. On a trouvé du fer sur plusieurs points; mais des recherdici 
géologiques semblent établir l'extrême rareté des formations carbonifères. IjO soufre 
est répandu d'une manière abondante. Il y a de l'alun, du nitre, des salines à Cor- 
nelo (Ostia, Comacchio, etc.) — Marbre, albâlre, pouzzolane [restreinte aux con- 
trées volcaniques) ; excellentes pierres à bâtir : le travertin^ Adyfii calcaire d'eu 
douce qui durcit à l'air [c'est avec œtte pierre que sont bâtis i'aniphitliéâtrc Flavicn 
et la basilique de Saiul-PieiTc) ; \cpeperitt, moins belle, plus p:>reusc que le tra- 
vertin [modification de la roche volcanique connue sous le nom de tuf lit/unde). 

« Des documents officiels divisiûunt ainsi le territoire du pays : — - Teri*cs arables, 
i 003 457 hectares; — arbres et vignes, 701 257 ; — oliviers, Oi 150; — cliènc- 
vières, 7778; — chènevières plantées, 57 992; — prés, 127 249; — pâturages 
boisés, 914890; — forets, 772 417; — châtaigneraies. 28 940; — vignoble», 
59 050; — jardins et potagers, 0980; — riziènîs, oilO; marais, oseraius, elc , 
00028; — étangs et lacs, 92219; — landes, 05)305; — places publiques, 
routes, etc., 105 715; — total, 4 148 395 hectares. — On portait à 8 millions d'hec- 
tolitres la production du blé et à près de 5 millions celle des autres céréales. 

Il y a une différence dans les conditions de la propriété de l'un cl de l'autre côté des 
Apennins. Sur le flanc occidental, dans les environs de Rome, le système des grandes 
propriétés concentrées dans un petit nombre de mains prédomine, tandb que sur le 



ANCIENS KTATâ DE L'ÉGUSE. 3 

» 

flanc oriental (dans les Légations et les Marches), c'est lèsy^tème des petites fermes 
qui prévaut. Ces vastes domaines des environs de Roine, propriétés ecclésiastiques 
ou laïques, se ressentent de l'inertie particulière aux grandes familles romaines et à 
la population des champs, etc. Quant aux terres semi-féodales que les grandes fa- 
milles ou les banquiers de Rome se plaisent à ajouter l'une à l'autre, on semble leur 
demander dis titres plutôt que des revenus, et on ne fait rien i)our les relever do 
l'état d'abandon dans lequel elles languissent depuis longues années. Dans les Lé- 
n-alions et les Marches, où peut-être la sollicitude du propriélaire est plus grande et 
l'activité du cultivateur plus virile, les fermes sont divisées à l'inlini. Bien que l'a- 
griculture soit dans des conditions meilleures à l'E. qu'à l'O. de l'Apennin, des 
deux côtés les populations agricoles gémissent dans le dénûmont. — Le principe du 
métayage domine dans les rapports du propriétaire avec les fermiers. Le proprié- 
taire confie au paysan une maison et une métairie déjà en état de rapport, avec le 
bétail et le capital agricole nécessaires à l'exploitation. En retour, le pay^^an s'engage 
à exécuter, sans frais, tous les travaux de la terre, à la condition de retenir la moitié 
des récoltes (le tiers seulement pour les olives). » [Annuaire de la Rev. des Deux 
Mondes). — En hiver, la campagne de Rome se couvre de bestiaux; p.ndantlcs 
chaleurs de l'été, ils remontent dans les montagnes de la Sabine et dans les 
Abruzzes. La moisson terminée, la campagne de Rome devient déserte. La plupart 
fuient la maV ariq. — Le vin, l'huile et la soie doivent être comptés parmi les pro- 
ductions principales du pays. 

Population. — Elle était, en 1855 (documents publiés en 1857;, de 5 12'(GG8 
liab. (y comprisses protestants et 9237 israélites). — Le clergé des Étals Romains, 
était de 38320 (séculier, 10905; monastique, 21 415;. — Le nombre des maisons 
s'élevait à 468 427 ; celui des familles à 608 280. Famille par chaque maison, 
1,50; Habit, par chaque famille, 5,14. — La distribution de la population par 
itiillc carré (148!) met.) présentait les variétés extrêmes suivantes : province d'An- 
cône, 531 liab.; de Rénévent, 502; de Forli, 404; de Rologne, 567 ; de Ravenne, 
333; de Rome et Comarca, 252; dePerugia, 20J; de Cività Vecchia, 72. 

DlTlsion territoriale. — Les États de l'Église étaient divisés en. 20 provinces 
Sous les noms généraux de legazioni ou delegazimi .-'Rome et sa comarca ; les lé- 
gations de Bologne, Ferrare, Forli, Ravenne, Urbinoet PesarOj'Vellelri; les déléga- • 
tions d'Ancôue, de Macerala, Camerino, Ferme, Ascoli, Pérouse, Spolète, Rieti, 
Viterbc, Orvieto, Frosinone, Cività Vecchia, Benevento et Ponle Corvo; celles-ci se 
subdivisant en districts ; les di^tretti en go verni ; les govemi en comuni;et les 
comuni en approdiali (frazioni^. Celle diblribulion territoriale avait subi du reste 
«luclqucs modifications en 1850. 

Administration. — A la léle de cha(|ue légation, se trouvait un caudinal avec 
le titre de légat du i!flfw/-*7V^^, assisté d'un conseil composé de quatre conseillers. 
Los délégations étaient administrées par un fonctionnaire nommé par le pape, por- 
tant le titre de délégué; il était assisté par un conseil provincial. De plus, dans 
chaque province, une commLssi(m composée de conseillers provinciaux fomait l'au- 
torité -executive pour les affaires décidées par le conseil. La magistrature municipale 
s'exerçait dans les villes par un gonfaloniere aidé des anziani ; dans les communes 
ptr on priorc avec des aggiunli ; dans les approdiati par un sindiico \^^w^\^. 

K — Les États de l'Église se sont accrus avec \cçou\o\t ^^s ^jw^es.^ ^^'^ 



4 APKIIÇL' GK.XÉHAI.. 

pi'iiiciiK', ils n'étaioiil t\ini les crtViucsdc Ruine, (le fut Pépin lu Bref qui, en 7S5, 
fuiida leur luiissanc ' tcni|K)n'llo, en donnant au s^iinl-siégercxarduit de RoTcnneel 
de la l'entu))ole, dun( il vennil d(> s'emparer. Cliarlenia«|:ncoonfirnia les donations de 
son père et y ajouta la inarelic d'Ancône, se réservant néanmoins le droit de snic- 
rainelé^ur ces domaines. Dès l'an 81G, Etienne V crut déjà devoir se dispenser de bin 
confirmer son élection par aucun des emiH'n.'ui's d'Orient et d'Occident, c Ce fut 
vers c(; temps que parurent les fameuses décrélales isidoriennes qui attribuaient l'iiH 
faillihililé au pape et le pi iraient au-dessus de toute puL<sancc spirituelle et tem- 
]K)rcllc. 

a Gitlc suprématie ne fut entièrement établie que sous le pontificat de Gré- 
goire VII. Grégoire* YII étiint en guerre avec Henri IV, la princesse Mathildo, enne- 
mie Irréconciliable de l'Empereur, dont elle était la cousine, et entièrement soumise 
au pape, qui était son directeur, lit au snint-siége, en 1077, donalion des domaines 
considérables qu'elle i>ossédait en Italie ; cette donation, (ju'elle renouvela en IIOS 
et qui fut la cause ou le prétexte des guerres entre les Empereurs et les papes, qui 
ont si longtemps désolé ce pays, fut cnlin ratifiée jwr l'empereur Uodolplic !•', en 
1279, et augmenta les Étal:- de TÉglise de cette juirtic du imtrinioinc de saint Pierre 
comprise entre Viterbe et Orvieto, du duché de Si)olète et de toute la marche d'An- 
cône, dont on n'avait pas (mcorc détaché la marche de Fcrmo. » En 1293, les États 
de l'Église s'augmentèrent du lomtat Venaissin, que Philippe -le Hardi donnai 
Grégoire X. Les successeurs de Martin V, jus<iu'à Jules II, ne liront guère que M 
maintenir avec pehie dans leurs possessions. Jules II, au contraire, les augmenta 
de Bologne et regagna Raveime et quelques autres parties du territoire, — Qttâ di 
Castello fut réunie en 1502; Imola, Faenza et Forli, le furent en 1504; Bologne, en 
1512; Uimini, en 1522; Pérousc, en 1520; Ancône, en 1532; Camerino, en 1558; 
Ferrare et Comacchio, en 1598; et, en 1651, le duché d'Urbin, qui avait été d^ 
taché par Jules II, en faveur de la maison de Hovere. — Les États de l'Église furent 
réunis à l'empire français en 1801 ; ils furent restitués au pape en 1813. — En 183S, 
Ancône ftit occ\i\)é par les Français. 

Par suite des événements de l'année 1859 h Romagne (Emilie, a été amiexéeaa 
nouveau Royaume d'Italie, le 18 mars ; les Marches et VOmbrie ont été annexé» 
le 17 décembre 1800. 

L'Emilie comprend les provinces suivantes : de Bologne ; ^' de Ferrare; — de 
Forli; — de Massa et Carrara; — di; Parme; — de Plaisance; — de Havenne; 
— de Heggio. — Les Marches comprennent les provinces.: iV Ancône; — d'i»- 
coli; — de Macerata; — de Pesùro et Urbino. — L'Ombrie (province unique) est 
divisée en six arrondissements : Pe'rouse ; — Spulète; -^ IXleti ; — FoUgno; — 
Terni; — Orvieto. 

Limites actuelles du territoire de l'Église. — Les États pontiGcaux, par 
suite des derniers événements ])oUti(|ues, ont été réduits à moins d'un quart de ce 
qu'ils étaient avant 1859. Ils s'étendent aujourd'hui: 1* le long de la mer Tyrriié- 
nienne, depuis Peseta, au N. (village situé à quelques kihmièlrcs au S. dePétangde 
Burano, Route 158), jusqu'à Terracine, au S.; — 2*' du côté des xVpennins, depuis 
Acquapendente, près de la Paglia, afiluent du Tibre (ce dernier sert de limite 
dans une partie de son cours), jusqu'à Ceprano (station du chem. de fer de Rome 
à Naples). Ils comprennent, outre Rome, les villes et les territoires d'Acquapen- 



Émilie.^ 



ROUTE H9. — DE 



BOLOGKÇ A AlïCOKE. 5 

dente, Vilerbe, Civjlà Casteliana, Civilà Vecchia, Âlbano, Yelletii, Tivali, Subiaco, 
Anagni, Alatri, Frosinone, Geprano et Terracinc. 

Dialectes. — Les deux principaux sont le romain et le* bolonais. Le preniit r, 
par le contact continuel avec les Italiens qui de toutes les parties de la Péninsule 
afQuent à Rome, est peut-être celui de tous les dialectes italiens qui, dans la haute 
société, s'est le plus dépouillé de ses traits particuliers, et présente le moins de 
provincialisme. Mais dans le bas peuple de Rome on distingue plusieurs dialectes. La 
prononciation romaine est large cl sonore. Le bolonnis est caractérisé, ainsi que le 
bergamasque. par rélision fréquente des voyelles. 

Histoire des beaux-arts. — Au point de vu3 de l'art, les Étals de l'Église 
n'ont jamais formj une unité comparable à la Vénétic ou à la Toscane. Il n'y avait 
donc point lieu de placer ici le précis historique relatif aux beaux-arts ; nous l'avons 
renvoyé aux différentes villes où ils ont pris un développement et revêtu un carac- 
tère particuliers, telles que Rome, Bologne, Péroose, etc. 

Pour le DUDGET, I'arsiée, le GOuvERNEiiENT ecclésiastique, ctc. {V. ROJIE.) 



ROUTE 419. 

DE BOLOGNE A ANCONE 

20i kil. - Chemin de fer. 

Voici l'indication des routes (en chem. 
de ier), qui, de Turin, de Gênes et de 
Milan, vont à Bologne; avec les renvois 
aux routes du ]•' volume, où elles sont 
décrites. 

i» De Turin à Bologne. 

488 kil. de Turin à Plaisance, R. 27. 
57 kil. de Plaisance à Parme, R. 56. 
89 kil. de Parme à Bologne, R. 86, 
et 91. 

2° De Génee à Bologne. 

19 kil. de Gênes à Parme, R. 42. 
89 kil. de Parme à Bologne, R. 86, 
et 91. 

5* De Milan à Bologne. 

127 kil. de Milan à Parme, R. o6, 91. 
89 kil de Parme à Bologne, R. 86, 
et 91. 

De Bologne à AncAne. 

£04 kil. —'Chemin de fer. — (La soclion 
dp Bolo^e ù Rimipi a été oiivcrle le 1*' oc- 



lohrci861 ; de Rimini ù Ancônc, le 11 no- 
vcmhrel861). — Trajet direct en 5li.; onini- 
hus en 7 h. — Prix (septembre 1864) : 22 fr. 
45 c; 18 fr.; 13 fr. 50 e. — De lioi.oGNii à 
Faemza,50 kil. — Trajetenlli. 10min.; 1 li. 
40 min. — Prix : 5 fr. 50 c. ; 4 fr. 40 c; 3 fr. 
50 c. — De Bologne à Rimini, 111 kil. — 
Traet en 2 h. 45 min.; 3 h. 55 min. — Prix : 
12 fr. 25 c.; 9 fr. 80 c ; 7 fr. 35 c 

Le chem. de fer suit à quelque dis- 
tance le tracé de Tanciennc Voie Emi- 
LiËNNE, et traverse une plaine très- 
richement cultivée et d'un aspect mo- 
notone. A dr. on aperçoit une suite 
de collines, derniers contre-forls de la 
chaîne des Apennins, dont lessommels 
plus élevés apparaissent de temps en 
temps. On traverse fréquemment des 
cours d'eau torrentiels, qui sont à sec 
dans Tété. 

1 1 kil. MiRANDOLA — (1" station) . 

17 kil. QuADERNA, — dans le voisi- 
nage de Fancien Claternum. 

23 kil. Gastel San Pietro, — sur 
le Sillaro. ViRage fondé au xii' siècle^ 
par la conmiune de Bologne. — A 
quelque dislance à dr. on aperçoit : 

54 kil. ImoU, — 1 000 bab. Com- 
mynede 25919 hab.— Vft6ieV%;^^ 



6 



ROUTE 11^. — DE BOLOGNE A ANCONB. 



Marco; les Trois Maures). Ville située 
Sur les ruines du forum Gornelii. Elle 
fut détruite par Justinicn, et rebâtie 
par les Lombards. Elle fut incorporée 
aux Etats de TEglise par le pape Ju- 
les II. — Elle n'a rien de bien re- 
marquable. La cathédrale, dédiée à S* 
Cassien, a été naguère restaurée. — 
Hôpital. — Théâtre. 
' 42 kil. Castel Bologkese, — 5578 
hab.; ainsi nommé d'une forteresse 
bâtie enl380 par les Bolonais. — {Sur 
les pentes de la colline Serra, un petit 
volcan laisse échapper des vapeurs et 
des jets de flamme visibles la nuit ; on 
suppose qu'il est alimenté par un dé- 
pôt de pétrole.) 

On prend ici l'embranchement du chem. 
de fer pour Ravonue. 

50 kil. Faenza — (Faventia), 20000 
hab. (commune de 55572 âmes.) — 
(Hôtels : Leone d'Oro ; Corona ; la Pos- 
te. ) Une des belles villes de la Romagne, 
mais offrant d'ailleurs peu d'intérêt aux 
touristes. Elle est située sur le Lamone, 
ceinte de murailles et défendue par une 
citadelle ; elle a la forme dun carré et 
est divisée par quatre rues qui se réu- 
nissent à la grande place. Celle-ci, 
entourée de portiques et ornée d'une 
fontaine en marbre, est bordée par la 
cathédrale, le palais pubhc, le théâtre, 
la tour de l'Horloge. — Au moyen 
âge, Faenza appartint successivement 
aux Goths, aux Lombards et aux 
Francs; puis à Bologne, et en dernier 
lieu, à \enise, qui la coda à Jules IL 

On fabrique encore à Faenza, mais 
en moindre quantité qu'autrefois, la 
poterie dont le nom français (faïence) 
est tiré de celui de celte ville; ses 
produits ont perdu leur réputation de- 
puis le développement que ce genre 
d'industrie a acquis dans le Nord. 
•Faenza a aussi des filatures de soie et 
(les fabriques de soierie, etc. 

La campagne environnante est d'une 
grande fertilité en grain, eu vin, en 
lin et en chanvre. Yarron et GolumeHe 



vantaient déjà de leur teinps la fertilité 
de cette contriHî. 

Gatiiédrale — -(Duomo, San Go* 
slanzo) : Innocenzo da Iniola, Sainte 
Famille. Bas-reliefs, par Benedetto da 
Majaiw. — Ancien couvent des Ser- 
vîtes (actuellement Ginnâsio coho- 
nale) : possède, entre autres tableaux, 
une V. avec l'Enf. J., des Anges et 
des Saints, de Giov, Battisla da 
Faenza(\b06). — Dans lecouventdes 
Gapucins, près de la ville, il y a une 
Madone avec S* Jean., àeGui'do Reni, 
qui fut destinée au Musée du Louvre, 
mais resta à Milan. — L'église de h 
Commenda, in Borgo, possède une fres- 
que remarquable de Girolamo de Tré- 
vise (1533). 

Palais communal, — ancien palais 
de Galeotto Manfredi, seigneur de 
Faenza (xv* siècle). Francesca Benti- 
voglio, sa femme, jalouse et outragée,, 
fit cacher quatre spadassins sous son 
Ht. Voyant Manfredi leur résister avec 
avantage, elle s'élança elle-même du 
lit, saisit une épée et ,1c tua. Les habi- 
tants l'emprisonnèrent . Laurent de 
Médicis, à la prière de Bentivoglio, 
son père, obtint sa délivrance. Une 
fenêtre du milieu du palais est ceUe de 
la chambre où se passa ce drame san- 
glant. 

On cite, parmi les cabinets des par- 
ticuliers, œux des familles Laderchi, 
Gorelli, Milzetti; BL Ginnasi a un Cru- 
cifiement par Rubens. * 

Le comte Zanelli a fait, en 1782, 
ouvrir un canal navigable qui com- 
munir^ue, à Sant' Alberto, avec le Pô 
de Primaro, et qui met Faenza ei| 
communication avec l'Adriatique. 

Eaux thermales de S^ -Christophe, 
à 6 kil. delà ville; source d'eau salée 
d'où l'on extrait beaucoup de sel. 

Pc Faenza à Ravenne (W. 96). — A Fio- 
rrnce (U. 117). iVoilure pour Brisighella, 
(rai. en 1 Ii. ÎVO m.; pour MaiTadi, tnij. on 
5 h.). 

Au sortir de Faenza on passe le Ln- 
inone, puis le Montane. On aperçoit 



Emilie. 



' ROUTE^ 149. — FORLI. 



Forli; dominé par le haut clocher de 
San M^mirinle. 

64 kil. Forli. — (Commune de 
56566 haib.)(Hùlel:h Poste.){Forum 
Li?ii; fondé' par Livius Salinator, après 
)a défoite.d'Asdrubal.) Ville située au 
pied'de& Apennins et bien bâtie. — li 
y a trois places principales : la Grande 
Place (aujourd'hui : piazza Yilt. Ema- 
nuele), où s'élèvent Tcgl. San Mercu- 
riale et la maison commune ; la place 
du Dôme ; la piazza San Francesco (Ga- 
ribaldi), autrefois couverte d'une église 
de San Francesco, démolie sous Napo- 
léon !•' et où est la Pescheria (F. plus 
bas). Une belle et large rue (le Corso) 
va de la Grande Place h la porta Pia; 
à dr. et en dehors de la porte Pia, sur 
le chemin de Rimini, est un jardin sur 
une émmence disposée en amphithéâ- 
tre, et terminé par une terrasse d'où 
Ton a la vue des Apennins. 

CATHÉDRALE, — récemment recon- 
struite dans le style des basiliques : 
deux vastes chapelles latérales, sur- 
montées de coupoles et conservées de 
l'ancienne construction, tiennent lieu 
de trans^ept. Dans celle de g. est la 
coupole de la Vierge du Feu (Madona 
del Fuoco), peinte par C. Cignani, qui 
y travailla 20 années. Le sujet est une 
Assomption. Lanziditque c'est peut- 
être le plus bel ouvrage de peinture 
produit par le xvin* siècle. « 11 y a 
figuré un Paradis, qui excite une ad- 
miration toujours croissante, à mesure 
(|u'on le contemple. » Il fallut démo- 
hr l'échafaudage pour le forcer à 
cesser ses retouches. La chapelle est 
éblouissante par le luxe des marbres 
qui la revêtent. 

Sas FiLif'Po Neri, — renferme : 
un S* Joseph, de Cig7iani; S' François 
de Sales, de C. Maratle, et, du Guer- 
chin, le Christ et l'Annonciation. 

San Girolamo ou S. Btagio ; — on y 
voit une Conception, œuvre capitale du 
Guide; i" chap. à dr., peinte à fres- 
que par Melozzo de Forli et Palmez- 
zanOf ou Marco de Forli, élève de 
Kelouo. Dans le bas sont les portraits 



des peintres; dans le haut ceux de 
Girol. Riario et de sa femme Caterina 
Sforza, fille de Galéas Marie, duc de 
Milan ; tous deux en pèlerins. (Riario 
était neveu de Sixte IV et seigneur do 
Forli; il l'avait enlevé aux Ordelaffi, 
qui le possédaient depuis 150 ans. 11 
fut assassiné en 1488. Sa femme, em- 
prisonnée, résista énergiquement aux 
menaces des insurgés.) La voûte est 
peinte par Melozzo, — On voit aussi un 
gracieux mausolée de Barbara Orde- 
laffi, jeune femme aux traits char- 
mants. — Le célèbre anatomisteMorga- 
gni est enterré dans cette église. 

San Mercuriale, — église romane 
du XII'' siècle ; façade en briques ; la 
porte seule est en marbre sculpté, La 
grande nef a été retouchée et revoùtéc 
en 1786. Le haut campanile, de 1180, 
mérite d'être remarqué. Belle pein- 
ture par hinocenw da ïmola. Pein- 
tures par Palviezzano : 5" chap. h dr., 
une Madone; 4* chap. h g., le Pire 
éternel. 

Il Carminé : — Annonciation ; divers 
Saints, par Melozzo. — On voit encore 
des peintures aux églises des Servi ; 
Santa TrinitX ; Sam' Antomo. 

Pinacothèque — (place San Pelle- 
grino). Ce musée de nouvelle création 
est situé dans le collège. La première 
galerie (à l'entrée), contenant des gra- 
vures, mène à une salle de tapisseries 
flamandes (arazzi). — Dans une pe- 
tite pièce du fond on conserve des des- 
sins de Canova, donnés par Missirini ; 
au milieu, le buste d'un Ordelaffi est 
attribué à DoTtatello. — A g. de la 
salle des Arazzi est une grande galerie, 
consacrée aux peintures les plus im- 
portantes; on y a reàni des tableaux 
de Palmezzcuw, de Carlo Cignani, 
Melozz-o, Carlo Cagnacci, VAUbane, 
BagnacavallOy Lor, di Credi (portrait 
de Caterina Sforza), du Gt/^rc/tm, etc. 
— Dans plusieurs petites pièces en 
retour on a placé quelques antiquités 
et des objets d'histoire naturelle. 

Pescheria, — marché aux poissons, 
cour à portiques I ^iNec \»i<& «s^^^ 



8 



IIOUTK 419, — DE BOI.OCKE A AXCOIIE. 



(Uordre dorique, du fond ; construit en 
1850. 

De Forll à Hatenne (L 1", r. 97). 

Au delà de Forli le chem. de fer 
franchit le lionco et traverse ; 

72 kil. FoRLiMPOPOLi — (Forum po- 
puli). 2500 hab. — Ruinée en 700 
par les Lombards. On passe le Savio 
sur un beau pont en marbre d'Istrie. 

83 kil. Getena. — 8000 hnb., 
commune de 35 752 hab. — (Hôtel: 
la Poste.) Ville agréablement située pu 
pied des Apennms. La rue principale 
est ornée de portiques. — Le Palais 
PUBLIC, bel édifice sur la Grande Place, 
possède un tableau (la V.et des Saints) 
de Fr. Francia. — L'église des Ca- 
pucins a un bon tableau du Guerchin. 

Bibliothèque Malatestiana, — fon- 
dée en 1452 par le seigneur Domin. 
Malatesla Novello, et aujourd'hui pu- 
blique. Elle renferme des manuscrits 
précieux : entre autres les Etymolo- 
gies de S* Isidore, évêque de Sicile, 
espèce d'encyclopédie du vu" siècle; 
un manuscrit de Papias, etc. 

A environ 2 kil. de la ville, au 
sommet d'une colline, est située la 
belle église de Sama Maria del Monte, 
attribuée à Bramante. — A quelques 
kil. au S. sont des mines de soufre. 

Au delà de Cesena on traverse le Pi- 
sciatello (le Rubicon de quelques an- 
tiquaires); puis, avant Savignano, le 
Fiumicino, sur un pont que l'on dit 
être de l'époque consulaire. 

97 kil, Savignano. — Près de Savi- 
gnano est une colonne portant le séna- 
tus-consulte par lequel est dévoué aux 
dieux infernaux quiconque passera 
avec une armée le Rubicon. C'est une 
pièce apocryphe. — Au delà de Savi- 
gnano on traverse VUso, considéré 
aussi comme le Rubicon. 

Le Rubicon servait de limite à la Gaule 
Cisalpine et à l'Italie proprement dite. 
Aucun génénil ne devait le franchir sans 
l'autorisation du sénat, sous peine d'être 
traité comme ennemi de la patrie. Ce pe- 



tit cours d'eau doit, comme tout le monde' 
le sait, sa célébrité historique à César, qui 
le franchit en jetnnt comme défi au' 
monde ces paroles : Le sort en est jetéy 
paroles souvent répétées par des àipb^ 
tieux ayant son auaace aventureuse sans 
avoir son ^énic. Bien que. ce nom de 
Rubicon soit connu de tous,' les anii» 
quaires ont de la peine à se mettre d'ac- 
cord sur son emplacement ; et les pré- 
tentions se partagent entre plusieurs 
petits cours d eau : 1*> le Pisciatello^ le 
plus anciennement considéré comme étant 
le Rubicon; opinion abandonnée géné> 
rnlement aujourd'hui; 2<> le Ragoua; 
3* le Fiumicino, ou rivière de Savignano. 
Ces trois cours d'eau se réunissf nt avant 
de se jeter dans l'Adriatique; 4» enfin 
VUso, cours d'eau que la |;;rande route' 
tiaverse sur un j)ont romain, entre Sa- 
vignano et Sant' Arcangelo. Los paysans 
lui ont conservé son nom de Rumcone. 

101 kil. Sant' Abcangelo. — 10 kil.. 
plus loin on arrive à Rimini. De ce côté 
de la route on entre à Rimini par le 
pont d'Auguste (K. p. 9). 

111 kil. RSmîm, — 18 000 hab. 

(Commune de 31 378 âmes) (Hôtels : 
i Tre Re ; Posta.) Ville grande, assex 
bien bâtie, située dans une plaine fer- 
tile, sur la rive dr. de la Marecchia, h 
quelque distance de la mer. 

Histoire. — Rimini, dans l'origine 
Ariminium, ville d'Ombrie, devenue co- 
lonie romaine, fut embellie par Jules 
César et par Au|iuste. « Après avoir 
passé tour à tour suus la domination des 
exarques grecs ci des Ix)nibards, elle 
tomlta au pouvoir de l'empereur d'Alle- 
magne. L'an 1200, Othon III y établit 
vicaire de l'Empire Malatesta, qui rendit 
son autorité héréditaire. Un do ses des- 
cendants, Galeotto, fut reconnu souverain 
de Rimini par le pape. Plus tard un autre 
Malatesta vendit Rimini aux Vénitiens, et 
ces derniers le perdirent dans la bataille 
de Géra d'Abda (1528) contre le pape. 
Tous las eflorls que firent depuis dans le 
XVI* siècle les Malatesta pour reconquérir 
Rimini furent sans succès. 

iLnU<|aîtéfl. — C'est 11 peine s'il 
reste encore des traces de l'ancien 
port, la mer s'étant retirée considc- 
rablementy par suite d'atterrissements 



Êinîlie.' 



ROUTE 419. — WMim. 



9. 



successifs. Sig. Malatesta en emploNa 
les marbres à la construction de la 
cathédrale. 

Arco trionfale — (porta Romana), 
érigé en Thonneur d'Auguste, en té- 
moignage de la reconnaissance des 
habitants pour la réparation des voies 
de ritalie. Cette Porte triomphale est 
construite en belle pierre blanche imi- 
tant le marbre; Tarchitecture est sim- 
ple et massive; le fronton, très-petit, 
sV'tend, par une disposition singulière, 
entre les colonnes corinthiennes, et ne 
pose pas sur elles. Entre Tarcade, 
dont 1 ouverture est grande, et les co- 
lonnes, sont des médaillons avec les 
têtes de Neptune et de Vénus, et, h 
Textérieur, de Jupiter et de Minerve. 
La partie supérieure du monument est 
en Driques et couronnée de créneaux 
du moyen âge. (V. Maur. Brighenti ; 
Illîistrazione deW arco d'Auausto, 
conotto tavolein rame, Rimini, 1825.) 

Pont d'Auguste; — commencé par 
cet empereur et achevé par Tibère. 11 
est construit en pierre blanche d'Istrie, 
comme Parc de triomphe. Cette con- 
struction, si solide, sert de viaduc à la 
voie Emilienne pour franchir la Ma- 
recchia (Ariminus). Il a 5 arches, et 
6G met. de long. Le parapet porte à 
Pintérieur Pinscription, effacée, rela- 
tive à sa construction. 

Piédestal deCésar, — surlaplace du 
Marché. Tribune, simple dé de pierre 
d'où César, selon une tradition, qui 
])arait apocryphe, aurait harangué ses 
soldats après le passage du Rubicon. 
— A quelque distance de là, près du 
canal, est une chapelle consacrée à 
S* Antoine de Padoue, d'où le saint, 
mqins heureux que le capitaine ro~ 
niaio, et ne pouvant parvenir à se 
faire écouter des habitants, aurait, se- 
lon la légende, harangué les poissons. 

FUoM. — Uarcho aux poissons, 
entouré d'arcades. — Grande Place, 
ornée d'une fontaine et de la statue 
en bronze de Paul Y, mutilée ettrans- 
limnée en San Gaudenzio, évêque de 
ia TÎUo. 



Eglises. — San Francesco, église 
construite au xiv" siècle, refaite vers 
le milieu du xv" siècle, selon le nou- 
veau style, par ordre de Sigismond 
Pandoifo Malatesta, sur le dessin de 
Léon Battista Alberti. Les architectes 
la regardent comme son chef-d'œuvre. 
C'est un monument des plus intéres- 
sants dans l'histoire de Part en Italie> 
comme étant une des premières ten- 
tatives faites pour s'affranchir du style 
gothique et revenir à Pancienne ar- 
chitecture romaine. La façade n'est 
point terminée. Autour de l'église 
régnent des portiques de la plus no- 
ble proportion et de la forme la plus 
pure, s'clevant sur un soubassement 
continu, et présentant une suite d'ar- 
cades dont les archivoltes, simplement 
profilées, retombent sur les impostes 
de piédroits. La seule décoration do 
cette simple ordonnance consiste en 
couronnes sculptées entre les archivol- 
tes. Sous chaque arcade Alberti a 
placé des sarcophages, dans le goût 
antique , d'un effet imposant ; Malatesl a 
les destinait, après leur mort, aux 
hommes détalent qu'il avait réunis près 
de lui. — L'Intérieur de Péglise tient 
encore du style gothique, et a une 
quantité de monuments de la famille 
Malatesta, avec des sculptures du xv" 
siècle. A travers les arcades plein 
cintre on voit les arcs ogivaux de Pan- 
cienne église ; de sorte que l'œuvre 
d'Alberti n'est qu'un placage. La nef 
est couverte d'une charpente appa- 
rente et décorée d'une sorte de frise, 
faite d'armoiries et de feuillage en 
pieiTe sculptée, reposant sur un simplo 
cordon ou torsade en terre cuite. Près 
de l'entrée est le monument d'Isol(a, 
maîtresse lettrée de Sigismond Mala- 
testa, qui fuf^ le digne pendant a'Iïlz- 
zelino de Padoue; brave et féroce 
comme lui. (Il se débarrassa de trois 
femmes parle divorce, par le poignard 
et par la strangulation.) La rose et 
rélephan(, emblèmes des Mf^latesta, 
et les chiffres unis dû ^\^\i\wsv\\ ^N. 
d'Isotta sonl TO\i\V.v\Xvê& ^^w!^ \\\^fc- 



40 



RpLTE 119. DE BOLOGNE A AKCONE. 



rieur. — La Chapelle du Saint-Sacre- 
ment a (les bas-reliefs en bronze qui ont 
été attribués à Ghiberti (?) . Les curieux 
pourront faire ouvrir la Chapelle des 
Reliques, contenant une fresque [rui- 
née] de Pietro délia Francesca, qui 
représente Malatesta à genoux devant 
S^ Sigismond, son patron. 

San Giuliano. — Au maitre-autel, 
Martyre du saint, bon tableau de Paul 
Véronèse. [La jeune tète du saint plus 
expressive qu'on ne Taltendrait du 
genre de talent du peintre vénitien.] 
Ag. avant lechœur, 1 4 compartiments, 
peints par Lattanzio délia Marca 
(4557). — San Girolamo, Peinture du 
saint, par le Guerchin, 

Palais. — Palazzo . del Comune : 
Peintures par Dom. Ghirlandajo, Si- 
mone Caîitarini; une Pietà, en dé- 
trempe, par Jean Bellin, 

Forteresse, — construite par Pan- 
dolfo Malatesta et démantelée. 

Bibliothèque, de 23,000 vol. fon- 
dée en 4 Ci 7. 



IIaditation de Françoise de Riuini. — 
On croit que la demeure de cette femme, 
immortalisée par le pénic du Dante, et 
qui était fille de Guido da Polenta, sei- 
gneur de Raveimc, protecteur et ami du 
poëtc, était située sur l'emplacement du 
palais- Rufti. Quelques critiques, du ret^te, 

f prétendent que le drame sani^lant eut 
ieu à Pesaro. — Tout le monde connaît 
le récit poétique que Dante a fait de la 
iin tragique de la Fnmcesca. Il avait 23 
ans quand arriva cette aventure. Plus 
tard, quand il traita ce sujet, aux fictions 
populaires qui avaient altéré la vérité 
il ajouta les siennes. Boccace, dans son 
Commentaire sur Dante, a racouté le 
fait d'une manière romanesque. Les par- 
ticularités i'abuleui^es, ajoutées au fond 
de l'aventure, tendent toutes à exalter la 
sympathie pour Francesca et son amant, 
représentés dans la llt'ur de la jeunesse, 
et à rendre plus odieux son mari, tyran 
ditforme, <pii ne l'aurait épousée que \Kiv 
vidlence ( t par fraude. Au riscjue de dé- 
ranger un i>eu les rêveries du voyageur 
i»('ntimental, nous croyons devoir rétablir 
ici les faits dans leur vérité historique. 
Ce fut eflcclivcnient le l)eau Paolo de' 



Malalesli, frère aîné do Lanciotlo, qui né- 
gocia le mariage pour le compile de ce- 
lui-ci et nullement pour le sien propre, 
car il était marié a une Halatesla, qui 
vivait encore en 1276, époque du ma- 
riage de Fr.mcefca. Maintenant, entre 
cette année l-2()7 et Tannée 1289, où eut 
lieu le meurtre de celle-ci, il y a un 
intervalle de douze ans. Les amours de 
Francesca et de Paolo n'eurent donc point 
l'espèce d'iiinoc^ nce ni le caractère aune 
passion irrésistible entre jeunes gens 
destinés l'un à l'autre et séparés par une 
l)eriidie. 

Environs. — YlLLA ZoLLIO (enTifon 
9 kil. S. Ë, de Rimini), peinture du 
Guerchin. — Castel di S. Léo, h FO., 
où fut enfermé et mourut Cagliostro. 



Excursion à San Bbrino. 

(république de SAnd-MAniN.) 

Une voiture, pour aller de Rimini h 
San Marine, coûterait de 20 à 25 franc?. 

Une route escarpée, sauvage, mais 
bien entretenue, conduit do nimini ù 
Saînt-Marîn (18 kil.), — 700 hab., 
— ville située sur une hauteur, et ca- 
pitale de la célèbre petite république 
de ce nom; le plus petit comme le 
plus ancien de tous les gouvememonls 
de FEurope. « Il y a dans cet Etat lil)re 
trois villages et quelques hameaux. 
Les trois villages sont : Serravalle, 
puis, beaucoup plus haut, le Borgo; 
et, bien plus haut encore, sur la ciino 
extrême de la crête du mont Titan, 
Tun des points les plus élevés de l'A- 
pennin, San Marin 0, le plus impor- 
tant des trois, et qui peut bien passer 
pour une ville. L'accès en est si âpro 
et si difliciie, dit M. Ern. Desjardms, 
que je ne suis point surpris, qu\)ii ait 
respecté lalibertcdeshabiUints, comme 
on a coutume de respecter Faire des 
aigles et des vautours. » 11 faut bien 5 
heures d'un bon )ias pour gagner la 
capitale depuis Serravalle. Du liaut de 
la petite esplanade qui [irécèdo Féglise 
de S^-Marin, on découvre unyaste p- 



Emilie. 



ROUTE 119. T- SAN HARINO. 



11 



norama : on a deyant soi toute la Ro- 
magne, encadrée, à TO. par la courbe 
majestueuse de TApennin; on devine 
Ja marche lente du Pô au sillon de 
brume qui forme Tborizon de ce côte; 
TAdriatique apparaît dans toute sa 
largeur, et Ton distingue même les 
montagnes dlllyrie au delà. » « La 
constitution non écrite de S^-Marin, la 
plus ancienne de TEurope, dure de- 
puis quatorze siècles; et parmi les deux 
capitaines, Fun de la ville, Taulre de 
la campagne, chargés du pouvoir exé- 
cutif, et éligibles tous les six mois, il 
ne sVst encore rencontré aucun de ces 
chefs ambitieux, usurpateurs ordinai- 
res de la liberté. » Sa fondation re- 
monte, dit-on, au m" siècle. Un 
maçon, de Daimatie, nommé Marine, 
qui avait travaillé trente ans au port 
de Rimini, choisit cette élévation pour 
retraite. La renommée de sa sainteté 
lui attira des disciples et des imita- 
teurs, et la montagne même lui fut 
donnée par une princesse. C'est ainsi 
qu'il devint fondateur d une société 
qui s'éleva à Tétat de république. Elle 
a pu, grâce à son peu d'importance, 
traverser les siècles en échappant à 
tous les orages politiques. Dans le 
siècle passé, le légat du pape, Alberoni, 
intrigua pour la délruiro. En 1797, 
Bonaparte assura la république de S*- 
llarin del'amitiédu gouvernement fran- 
çais, et lui offrit une extension delcr- 
ritoire, qu'elle refusa . Sa modération 
fut récompensée par un don de quatre 
pièces de canon. En 1817, Pie VU re- 
connut son indépendance. La petite 
république de San Marine figure en- 
core au nombre des Etals de l'Europe. 

— Sa SUPERFICIE est de 57 kil. carrés. 

— Population, 7750 hab. — Revenus, 
(îOOO scudi ; dépenses, 4000 scudi. 
(Voilà sans contredit un budget mo- 
dèle, et malheureusement bien loin 
d'être imité par les grands Etats!) 
Ctiaque liabitant, parvenu à sa majo- 
rité, fait de droit partie de l'assemblée 
du peuple (arringo'^, qui nomme di- 
rectement le grand conseil souverain 



(gênerai comigtio principe), formé 
de 60 membres (1/3 nobles, 1/3 bour- 
geois, 1/3 petits propriétaires). Dans 
ce nombre on choisit le conseil des 12, 
sorte de chambre haute (2/5 de la ville 
et faubourg, et 1/3 de la campagne). 
Les deux capitaines régents, ou pou- 
voir exécutif, sont choisis parmi les 
membres du conseil souverain, et 
restent chacun six mois en fonctions ; 
Tadministration de la justice est entre 
les mains d'un jurisconsulte étranger, . 
choisi pour trois ans, et qui peut être 
renommé. — L'armée se compose de 
40 hommes, dont 28 musiciens. « Le 
major et le général commandant ces 
forces habitent à Rimini. » La ville de 
San Marine n'offre comme intérêt aux 
voyageurs que la vue étendue qu^on 
a du haut sur la mer Adriatique et jus- 
que sur les côtes de Daimatie par un 
temps clair. — La chambre du con- 
seil a une Madone crue de Jules Ro- 
main. — Le comte Borghesi, archéo- 
logue et savant distingué dont les écrits 
ont jeté de grandes lumières sur 
l'histoire, avait réuni une collection de 
monnaies riche en monnaies consu« 
laires et impériales. 

Entre Rimini et Pesaro on passe de 
I'Émilie dans les provinces dfes Mar- 
ches. 

Le cl:em. de fer (hune seule voie), 
au sortir de Rimini, longe le rivage 
de l'Adriatique. Il est très-rapprocl:é 
du bord de la mer et est fréquemment 
assis sur une laisse de mer; à dr., des 
collines basses des Apennins aux for- 
mes changeantes se dessinent à 1 ho- 
rizon. — En approchant de la Caltolica, 
située à g. au bord de la mer, on a 
devant soi un cercle de collines assez 
l'ievées qui se rapprochent: 

1 50 kil . (deRologne) , La Cattolica, 
— (19 kil. de Rimini) village de 1300 
hab., ainsi appelé pour avoir donné 
asile aux prélats orthodoxes qui. pen- 
dant le concile de Rimini, se ?,é^«cvi- 
rent.des é\c(\ucs at\ei\s. \t\ wv «{v\nx^ 



12 



ROUTE 119. -r-. DE BOLOGKE A ANCOKE. 



la Roniagnc et Ton entre dans Fancien 
duché d'Urbin. La contrée devient ici, 
dans le voisinage de TAdriatique, plus 
montueuse. On traverse un tunnel (2 
minutes 1/2) et on franchit la Foglia 
(ïsaurus), un peu avant d'arriver à : 

Petaro — (Pisaurum)^ commune 
de'19 885 hab. (Hôtels : Air Italia; 
Leone d'oro.) Ville agréablement si- 
tuée sur une hauteur, à Tembouchure 
de la Foglia. Elle est entourée de rem- 
parts plantés de boulevards; d'une 
grande partie de ces boulevards on a 
la vue de la mer. — Depuis la station 
on aperçoit le jardin botanique. Au 
centre de la ville est une grande et 
belle place, et sur un des côtes s'élève 
l'ancien palais des ducs d'Urbin. — 
Cette ville fut en partie détruite par 
un tremblement de terre sous Au- 
guste ; plus tard elle le fut par Totila, 
— Le terrain des environs, du côté de 
la mer, est fertile en olives et en 
figues très-estimées. 

Église San Fbangesgo: — Couron- 
nement de la Vierge, par Jean Bellvif 
peinture altérée, à laquelle est jointe 
une prédelle en 5 compartiments. — 
Il y a encore quelques peintures dans 
les églises de Sant' A^TONIO (dans la 
sacristie: retable goihiqae à Antonio 
daMurano (1464); — San Cassiano 
(S'' Barbe, par Simone da Pesaro); — 
San Giovanni de'rifoumati ; — San Gio- 
vanni Battista. 

L'ancien Palais des ducs d'Urbin, 
dont le grand salon annonce la magni- 
ficence prcscjuo loyale des princes de 
la Rovère, vit, au xvi" siècle, briller 
une des cours qui était un des foyers 
littéraires de ritaUc. Bernardo Tasso 
composa son Amadis à Pesaro; le 
Tasse y fut attire par la duchesse d'Ur- 
bin, Lucrèce d*Estc. 

Bibliothèque — (1500 vol. et GOO 
manuscrits), MUSÉE CT hépaiixier Oli- 
viEia,léguésà la ville; k la bibliothèque, 
manuscrits autographes du Tasse, etc. 

A VOspizio degi* Incurabili, on 
peut voir une collection de mayoliques, 



poteries dont la fabrication attdguit k 
Pesaro une grande perfection sous les 
ducs d'Urbin. — Pesaro est la pairie 
deRossini. Une statue lui a été élevée 
en 18C4. 

Environs. — « A côté de Pâ^O 06t 
le mont San Bartolo, l'ancien Àccius, 
qui tirait son nom du poëte L. Accius, 
le premier des tragiques latins/ né à 
Pesaro. » — Parmi les villas du voisi- 
nage on cite VImpériale, villa des 
ducs d'Urbin, célébrée par lespoëtes, 
et aujourd hui à l'état d'abandon ; — 
et celle de la reine Caroline d'Angle- 
terre, maintenant la propriété de la 
famille Bergami. 

De Pesaro une route directe conduit à 
Urbino(F. R. 121). 

Après Pesaro le chemin de fer suit, 
au pied d'une colline, le rivage de la 
mer, tout à fait au bord du flot. La 
première ville que l'on rencontre est : 

145 kil. Fano. — Commune de 
19 622 hab. (Hôtel : il Moro (recom- 
mandé); i Tre Re). Autrefois Fanum 
Vortunx, temple de la Fortune, élevé 
en mémoire de la défaite d'Asdrubal. 
On voit sur une fontaine une statue 
moderne de la Fortune, qui sans doute 
en a remplacé une plus ancienne. — 
Cette ville est située sur la mer, près 
du Metauro. L'air y est extrêmement 
sain ; les environs sont charmants. — 
Le POKT fut réparé en 1616 par Paul Y. 
— Sur la Grande Place, Théâtre con- 
struit en 1862. «En toute autre con- 
trée, dit M. J. Coindet, la ville de Fano 
serait pour les artistes le but d'un pè- 
lerinage : mais elle est en Italie, et 
1 on n'y va qu'autant que la route qu'on 
suit y aboutit. C'est au hasard, h un 
accidfent heureux qu'on doit de fran- 
chir ses portes : car la routo^tourno 
autour des murs extérieurs, et le voya- 
geur qui visite Florence, Rome et Na- 
ples, uniquement pour obéir à la 
mode, a la meilleure raison du monde 
de n'avoir pas vu Fano : la poste n*j 
entre pas. » C'est le chemin ae fer qui 



Biarcbes. 



ROUTE 119. — FANO. 



13 



y amène aujourd'hui des voyageurs. 

AstMpiîtés. — Arc de triomphe 
dWdgoste , restauré par Constantin 
(à rcxtrémitô d'une rue aboutissant à 
h porta Mnggiore). — A g. de Tare 
est une petite porte d'église en style 
élégant de la Renaissance. Dans cette 
même rue est le Dôme. 

Èfflîies. — Dôme (SanFortunato), 
façade en briques apparentes. Il reste 
les quatre lions du portail gothique. 
On Toit dans la 4' chapelle à droite 
16 fresmies du Dominiquin (fHistoire 
de S** Marie), ouvrages très-estimés, 
mais presque entièrement détruits; 
dans la sacristie, Madone de L. Car- 
roche, ^ 

Sant' Agostixo. — Chapelle à g. du 
chœur, un Ange gardien, excellent ou- 
vrage du Guerchin. [La peinture s'é- 
caille.] 

Sasta Croce. — (Eglise de Thôpi- 
tal). Une intéressante Madone, ac- 
compagnée de S*' Hélène [une fente 
dans le panneau divise cette figure], 
de S' Sébastien [profil jeune et dou- 
loureux], de S' Roch et d'un autre 
s<iint, par Giov. Sauth père de Ra- 
phaël. (Signé : Joannes Santis Drb. f.) 

San uonemco. — S* Tliomas, de 
Palma vecchio (?). 

San Francesco. — Riches tombeaux 
de Pandolfo Malatesta (érigé par son 
filscHl4G0) et de son épouse (1598). 

Sakta Maria Nuova. — 3* chapelle 
à g., Pérugiîiy la V. et TEnf. J. sur 
un trône, et des Saints (la figure de 
la Madeleine est très-belle). La pré- 
ddle contient 5 jietits tableaux d'une 
exqiiJM} beauté; Pietà, attribuée à lia- 
phaélf mais que Ton croit être Tou- 
vrage de Geiuja, élève du Pérugin; 
1" chapelle à g., une Visitation de 
Gûw. Santif père de Raphaël ; 2' char 

Selle à g., Annonriation du Vérugin 
tanneau fendu dans le milieu] ; une 
adone de SassoferriUo. 
San Patermiano. — 1" chapelle à 
dr.: Spozalizio, bon tableau du Guer- 
chin (gravé par Volpalo) [Cette pein- 
ture I) du rapiiort avec ta manière 



adoptée plus tard par Philippe de 
Chainpaigne] ; fresques de Vwiani; 
peintures de C. Bonane; de CL /It- 
dolfi. 

San Pietro, — église enrichie de 
marbres; fresques remarquables de 
Vimani; Guide, Annonciation; Su 
mone da Pesaro (Cantatini), mira- 
cle de S' Pierre. 

Santa Teresa. — Tableau d'autel, 
de YAlbane, 

Le COLLÈGE NoLFi possèdo le célè- 
bre tableau du Domitiiquin : David 
portant la tète de Goliath ; qui suffirait 
seul, dit Lanzi, pour éterniser le nom 
d'un artiste. [La forme est toujours un 
peu courte, ramassée. La pose poui^- 
rait être mieux choisie. Les jaml)es 
écartées ont de la lourdeur. Toutefois 
le dessin général de cette figure est 
d'un maître]. 

Palais — du comte Castruccio Cas- 
tracani : peinture à'Atidreas Bartoli 
de Magistiri Fredi, de Sienne : la V. 
dans une gloire entourée d'anges, 
œuvre supérieure aux peintures du 
même h San Gimigniano. 

De Fano à Urùiuo excellente route 
(R. 120), et à'Vrbino à Florence, par 
Borgo San Scpolcro el Arezzo (R. 122, et 
t. !••■, R. 112) ; ou à Rome . l®par Borgo 
San Sepolcro et Pérouse (Il . 125) ; 2* par 
Fossonmronc, le passage du Furloetl-o- 
ligno (R. 12*, 130). 

Un peu au delà de Fano on franchit 
la rivière ton*entie'.le du Metauro 
(Melaurus), ^ur un pont de pierre; on 
voit à dr. l'ancien pont do bois. C'est 
sur ses bords que les consuls Livius 
et Néron défirent Asdrubal, 207 avant 
Jésus-Christ. — De Fano h Ancôiie la 
voie, resserrée entre le rivage et les 
collines, continue à côtoyer les CotH 
de l'Adriatique, et est msnei agréable. 
— Déjà, depuis Fano, on peut (du côté 
g.) apercevoir devant soi la colline 
éloignée au uied de laquelle estAncôno. 

169 kil, Marotta. — On s'arrête à 
Sinigaglia, située à dr. ci cy^viv «i'^ès^r 
nonce avec «sf^ei Ôl Vvwv^vVvgl^ ^^^ 



canal nliotilit n ilcui |iFlil<fi 'yUw : 

17K kil. 8iD%^lia — (Sem). 

runimunc ilc 33 *m liub. {Ilûld: la 

l'urmica.) l'elilc tjUu ti'î'S-ciiuiDii-r- 



fondco pur lus Uuulois lùiiiHiais ; prcs- 

IHe louliii 1)H coiistrui.'tioiK sout ino- 
ernt'Bct d'une ariiliilcclurorùgulilTC. 
Sinigtiglla csl particiilièi'oiiii'nt cûltbrc 
oujniinrliui i>ar la foii'i" (le Suinte-Ma- 
rie- Va ili-leiiic, qui s'v licnl tous tes 
aiiR, ilu 30 juillet au 'H août, et qui j 
attire un grand coMcnurs d'ëtriin)t(>rs. 
Elle a un petil îuht rnniiù {lar la Jlisa 
il son einboudiure dans la nier. > Pen- 
dant la tenue de la foire, Sinigaglia 
offre un specbiclc uurjeui : c'est un 
niouvcuicnt pcrpcluel d'une foute de 
genit de toutes nations. Les rues Miit 
enuverles de lenles Eus|ienducs que 
l'o)! liuniecte de tcinpH en temps, et 
le sol est giimi de plariGLes pour la 
coinmodllé des lrans|»rts. Les palais, 
les maisons, les quais, les moindres 
espaces, sont confertis en magasins. 
Les fossi'S, les glacis et les dehors de 
b vilh' sont rouverts de baraques, de 
' ruisbcs et de chevaux au piquet. La 
plus petite chaumière russcuiuc ]du- 
sieiirs ménages. • Sinigaglîa, intéres- 
sante au point de vue du eoinmeree, 
l'est fort peu à celui de l'art. — Un 
cite dans une église, située ï quoique 
distance hors delà porte Moningnara, 
et app:irtenant au convint des l'adri 
rifonnati, un Périigin, qu'une rcs- 
Iniirationrécentca altéré. — Sinig:aglia 
pst la pairie du pape Pie IX. 



heHiiisaii'l''iJtr 



rT,ililig.,irij.niah 



191 kil. C*Bii Buecr»im. — Celle 
station, duiit le nom r:iii|ielle un incen- 
die, se compose seulement de quel- 
cpws maisons. — JuEipi'à Aucune, le 
clieiiiin <ie fer suit le conteur de la 
cAlc, au bord de la mer, et séparé du 
flot par une di^iie en pierres. Un peu 
!tu ilelà, on passe la rivière d'Esiiio, et 
l'on Iravcrac le village de Torreta. 



MXWNK A. AKCONE. 

La station d'Ancàno cit nii- le lit- 
toral ; l'emplaMinent de la ■talion 
dêlinilive n est pas encore arrêtée 
(septembre, lljGi). 

AnoAna —(HùleU:h Pacc (ajant 
des ebanibrea donn*Dt sur le port); 
.\lbergo Realc; la Gran' Bretagna: la 
Victoria : lu Feiiice;rAquîla d'oro.) — 
Caféilel Cotumercio, prÈs du tliéltre. 
— Consulat de Fraoce, placedu Tliél- 
Ire, palais Ti'ionfi. — Fiacres nooi- 
broux; tarif G>é par la municipalité, 
que les cochers doivent montrer k 
toute réquisition du vo>ageur. 

La )>opulation de In ville et dea fau- 
bourgs est d'environ 35000 liab. ; 5000 
juifs, faisant un coionicrcc actif, habi- 
tent un quailier séparé, le Gkello. 

Htstolra. — On pen<c qu'Anctncfut 
foHili'M! par lies Sjrïciifnins îiiyont la tj- 
rnnnie de Bea'/». Sua imporlaiio', au 
Icnipi lie Trtjan, est prouvée par le* 
RionunicnlB qai sulisiElvnl encore de rua 
in>f!nili'|ues cnaslnictians. Elle fut mc- 
mgÔE par les Lombards, qui y établirent 
un otUcicr avec lu litre de luarquii, m**- 
cuKi's. chef di' la iiisrchc (de mort, tnm- 
tii're). .4iici'iiir devint une villo libre m 
siècle, et lit partie de In iÎRue loin' 
iisci'vo ses privilège! jut- 
I. lous prfleilc de la dé- 
lenire conira 1rs incursions des Turas. 
(ioiiuguc. ([éiiéral de Climmt VII, s'en 
ciii|nru. U niiUetse TutevUeet U do- 
mination de l'É^lùe établie. Pendant la 
(;ui'rrcs de la IléTolutbn &'an(aisc, elle 
fol {irise et laii|;tBnips occu|iée par Ict 
?'niiH'iiis. Elle fut rendue au nipe, en 
ISlf.par le con^irès di> Vifiinc. En IKS3, 
ii l'utiasion dp l'enlri'o dos Aotririiiens 
ilanslr'S Élal^-llu.niaim iHHir réinîmcrdea 
révolte», elle fui de nouveau occupée par 
Its Français, et évacuée in 1058. AncdM, 
eu IKfl), fui anû'géo et IwndMidée pcn- 
■lanL uiic diniiiï de jours pnr lestruiipe* 
aulrklilenni>s. 

Le port itAHCÔtte est de forme circu- 
laire; il e>t dilfiuiilu par deui niAles 
(l'ancien niAle rtn la Loiileriiel sur loqud 
est l'arc d<- Trajnn. ayant i!UU inèl. de 
long, Icpcliluiùli'. fiirnianl une sorte de 
icii'le auiuiir de la Dogaiia). Commo te 
poii n'avait pus une proFundeiir d'eau aut- 
lisonle, le nouveau ^uvcruement d'I- 



brde. Elle c 



Marches. 



ROUTE 119. — ANCÔNE. 



45 



talie I fait exécuter des travaux pour 
le creuser, prolonger les mules et faire 
des quais de déchargement. Les tra- 
vaux du quai sont terminés (1864); ils 
font le tour du port. On construit en ce 
moment (septembre 1804) deux jetées de 
100 met de long et 20 met. de large, 
perpendiculaires au quai, aiin de faciliter 
les opérations des navires qui pourront 
décharger à quai. On poursuit le pro- 
longement du môle de la Lanterne par 
10 et 15 mètres de profondeur. En ce 
moment cent mètres (le ces constructions 
sont déjà élevés au-dessus de l'eau. On va 
construire un bassin de carénage, pour 
lequel 2 millions 400 009 fr. sont volés. 
«Ancône, disait le ministre de in marine, 
13 février 1862, pourrait dilficilement 
devenir un grand port de guerre, un 
vaste arsenal maritime. C'est une station 
très-importante, le seul refuse p:iur nos 
flottes que nous ayons au milieu de l'A- 
driatiquc, et une puissante forteresse du 
côté de terre, défendue autant que pos- 
sible du côté de la mer.» 

La citadelle, bâtie après la soumission 
d'Ancône au saint-siéi;e, commande La 
ville et le port. Un des forts qui défen- 
dent le port, construit par Clément VII, 
a été augmenté depuis; les Français ont 
restauré en 1852 celui qui est près des 
Capucins. On fait également en ce mo- 
ment (1804) d'énormes travaux pour les 
fortifications tant du côté de la mer que 
du côté de la terre 

Ancône, la ville la plus commer- 
çante de la côte orientale de l'Italie, 
est bâtie en amphithéâtre sur le pen- 
chant d'une colline dont rcxtréniité 
forme un promontoire qui s'avance 
dans la mer. Vue du côté de la mer, 
la ville présente im beau coup d'œil ; 
mais rintérieur n'offre rien dagréable: 
les rues sont étroites et irrégulières. 

— Le périmètre de la ville a été récem- 
ment agrandi, et une partie de la nou- 
velle enceinte forlifiée a été construite. 

— Ou a commencé, à travers le 
Ghello, le percement d'une large rue, 
menant à une place nouvelle: la place 
Cavour, où de belles maisons ont déjà 
été élevées. Les progrès matériels et 
le développement de l'aisance sont 
remarquables. — La foire d'Âncône 
8*ouirre le 20 août. 



A'. B. Le plan d'Anconc (l''. au verso), cm" 
brasse le port (moins le prolongement dos 
jetées); les nouveaux quais de déchargement 
(:>ur lesquels est liguré le prolongement 
projeté dii chcra. de fer), et l'ancienne villo. 
Le défaut d'espace n'a ])as permis d'y com- 
prendre le.^i nouveaux quartiers projetés à TE. 
et au S. E., avec les lignes de lortilîcations. 



Places. — La Grande Place (PI. 
a B), située au centre de la ville 
aboutit à deux rampes montant à Pc- 
glise S. Domenico. Entre les deux ram- 
pes s'élève la statue du pape Clément XII.- 

— A Pentrce et ù g. de la place, une 
double arcade (strada dclla Catcna) 
mène à la Via del Comune, qui monte' 
à la Place de l'Hôpital, dominée par la 
façade non terminée de Péglise San 
Fr ancesco ( aujourd'hui un hôpital , PI 4 
B), avec porte gothique monumentale. 

— Plus loin, en suivant la rue vers le 
Dôme, on arrive à la place del Conune, 
d'où Ton a la vue de la mer. — Dans 
une direction opposée, et en parlant 
toujours de la piazza Grande (à l'en- 
trée à dr.), on ne tarde pas à arriver à 
la place du Théâtre. Du côté opposé- 
au théâtre, on aperçoit par-dessus les 
maisons le clocher pyramidal de Pé- 
glise du SS. Sacramento. — Un peu 
plus loin est la piazza Nuova (PI. dD) 
ou DEi Cavalli (à cause de la fontaine) 
et au coin, Péglise Sant' Agostino, 
ayant un porche gothique encadré d'é- 
normes pilastres corinthiens. 

Trajan fitagrandir le port d'Ancônc, 
et ce fut pour marquer leur recon- 
naissance à cet empereur que les habi- 
tants érigèrent un arc de triomphe : 

Antiquités : — Arg DE Tr.AJAN (PI. 
A). Cet arc triomphal, d'une forme 
élancée, un des monuments les mieux ' 
conservés de ce genre, est élevé sur le 
haut soubassement qui forme le môle ; 
on y monte par un escalier de 24 mar- 
ches, fermé par une grille. 11 est ad- 
mirablement constriîit et d'un mar- 
bre blanc magnifique. L'archivolte et 
Parchitrave ont conservé toute la 
finesse de leurs profils. 11 est décore 
de colonnes corinthiennes, caaaclQ»;^ 
et engagées. Les ^to^î» ^«iV wsrwsâofc 



noili! 11S>. — iiï ikii.ijcm; a A^fcnXE. 




Marchés. 



ROUTE 119. — ANCOME. 



17 



ont udc grande saillie et sont d'un bel 
effet. L'aUique porte une inscription 

auele temps n'a point efîacce. La main 
es barbares Ta dépouillé d un grand 
nombre de statues de bronze, de tro- 
phées et d'autres ornements accessoi- 
res. Du côté de la mer, on lit les deux 
inscriptions suivantes, se rapportant à 
la femme et- h la sœur de Trajnn : 

T'LOTINiE. AUG. CONJUG, AuG. — DlV^.. 

MAncuNiî:. AuG. Soiiop.i. Ace. — Assez 
près s'élève un autre arc : 

Arc moderne, érigé en l'honneur 
du pape Clément XII, qui avait com- 
mence le môle et le lazaret. Ce second 
arc, d'ordre dorique, dessiné par Ffln- 
vitelli, forme un contraste peu heu- 
reux avec celui de Trnjan. On a dit 
avec raison qu'un arc de triomphe 
était mal placé sur un môle et ne con- 
venait pas à un prêtre. 

Ancône est un point de relâche des 
bateaux à vapeur du Lloyd autrichien. 

Églises. — Cathédrale (PI. 1 A), 
dédiée à S* Cyriaque, est située sur le 
sommet du cap (monte Guasco). On y 
monte par des ruelles sales et étroites. 
Elle occupe l'emplacement où était le 
temple de Vénus; des colonnes de ce 
temple ont été conservées dans l'église, 
elle date du commencement du xi^ siée 
cle, mais la façade, très-remarquable, 
offrant un porche profond, h colon- 
nes portées par des lions en marbre 
rouge, est du xiii", et, à ce que l'on 
croit, de Margaritone, La crypte ren- 
ferme les sarcophages du préteur Ti- 
tus Gorgonius et de S^ Cyriaque. La 
coupole dodécagone, reposant sur un 
tambour également à douze pans, re- 
tombe sur 4 arcs plein eintre, portés 
par 4 piliers d'une force médiocre. 
Cette coupole est considérée comme 
une des plus anciennes de l'Italie. La 
toiture de la nef est en charpente ; les 
jioutres sont peintes et la voussure est 
formée de sections d'arcs. — Tombeaux 
deLucio Basse et de B. Gianelli. 

En touniantà dr., derrière l'église, 
on arrive à un précipice à pic, et on a 
une vue étendue sur l'Adriatique. On 



aperçoit à dr. un phare sur une colline 
plus élevée que celle du Dôme. 

San Domenico, — (PI. 3 B) reb.àtie 
en 1788. Façade terminée a moitié. 
— Un tableau du Titien, le Christ sur 
la croix avec des Saints. [Tableau 
noir ; assez bien composé ; mais Ton 
ne retrouve pas le coloris du grand 
Vénitien.] 

San Francesco, — ayant un porche 
gothique richement sculpté. Titien , 
Vierge; Gzad^, Annonciation ; Uellin^ 
Crucifiement. 

Saxta Maria hella Piazza — (sur 
une petite place, près de l'hôtel de la 
Pace — Pl. 5 B). La façade, à plusieurs 
rangs superposés de fausses fenêtres 
géminées, à arcs plein cintre, est cu- 
rieuse par la prodigalité de son orne- 
mentation gothique. Lor, Lotlo, la 
Vierge sur un trône ; Présentation au 
temple, de Marco benefial. 

Santa Pelagia. — On y monte par 
une rampe à droite de celle qui va au 
dôme.) Une peinture du Guerchin, au 
fond de l'église. 

Eglise des Zoccolanti — (sous le 
fort). Elle possède un Titien, qui au- 
rait été, dit-on, estimé 500 000 fr. 
La France n'en aurait eu qu'une copie. 

Palais. — Bourse (Loggia dei Wer- 
CANTi). Façade gothique [de style tour- 
menté]. L'architecture intérieure est 
de Tibaldide' PeUcgrini y qui y a exé- 
cuté également des fresques altérées 
sur plusieurs points [elles sont d'un 
ton lourd et d'un style médiocre]. — 
PalazzodelComune.— PalaisFeretti; 
Tibaldiy manifeste encore son talent 
comme peintre et comme architecte. 

Galeries PARTicuLièRES. — Tableaux 
remarquables chez le comte Sturani ; 
chez le comte Camerata. 

Théâtres ; — des Muses et Victor- 
Emmanuel. On vient de construire 
(1864) un théâtre diurne. 

Fontaine del Calamo ou des Tredici 
Cannelle, par Vanvitellit près la porte 
Calamo (PI. c D). 

Environs d'Anoône. — Jesi (30 
kil. d' Ancône^» y^V\\.^^^^^vw&^'5>^^^- 



18 



It. 120 ET 121. — DE FANO ET DE PESABO A l'RBlîlO. 



\ôo de VEsino. (Commune de 1878C 
liai).) M. Rio y signale « les peintures 
que Lore7no LoUo exécuta pour les 
Frères Mineurs dans Féglise de S'-Flo- 
rian, où il représenta le martvre de S'' 
Catherine avec celte verve pleine d'onc- 
lion qu'on retrouve dans toutes ses 
compositions légendaires. » La route la 
plus rapide serait depuis la station des 
Case bniciate (V. p. 14), située un 
peu au N. de Tembouchure de TEsino. 
On i>ourrait aussi s'y rendre d'Âncône 
en passant par Osimo, Montoro et Fi- 
LOTTRANO (7874 hab.)*, chemin mon- 
tagneux. 

lyAncônf à Tricnle. — Bateaux a VAPEun 
(Lloyd autrichien). Prix: premières, 17 fl.; 
«leiixiènies, 12 11.; troisièmes, 8 fl. — D'Ancône 
à Messine (service maritime postal : (".'• Ac- 
costato, Peirano). Départ: les 2, 1!2 et 22, ù 
5 11. s. {louchant Terfnoli,Manfredotna, bari, 
Brinilm (et en retour de Corfou), Tarenle, 
Cortone, Repqio et Messine (où l'on arrive 
les 8, 18 et 28 du mois). 

h'Ancôneà Rome ^R. 129).- 

h' Aucune à Foggia (en cliem. de fer) et à 
Naplen{V. la table des matières, en tèlc du 
volume). 



ROUTE iîO. 

DE FANO A URBINO 

Environ iO kil. 

Parvoilurin, Iraj. on "> h. 5<) min. —Voi- 
lure à un (iieval: 20 fr.; à deux chevaux, 
env. 37 IV. — 1 poste de Fano àCalcinclii.— 
1 poste de Calcinelli à Fossoinbrone. 

La route, ancienne voie Flaminia, 
est intéressante. Elle remonte la val- 
lée bien cultivée du Metmiro (Metau- 
rus), sur les bords duquel les consuls 
Livius et Néron déflrent Asdrubal, 
1207 ans av. J. C. 

FossowBiiONE — (Forum Sempronii), 
7000 hab. (Hôtels: Va Posta; ilRe), 
petite ville assise en partie sur une col- 
line. Elle est renominéepour la beauté 
de la soie qui se produit dans le voi- 
sinage. Beau pont d'une seule arche 
sur le Métaure. 

A une certaine distance au-dessus 



de Fos<ombronc on quitte la roule pit- 
toresque qui sVngage dans le passo 
ikl FurlOy et Ton prend Si dr. celle 
qui monte vers Urbino. 
UuBl^o (F. R. suivante). 



ROUTE 121. 

DE PE8AR0 A URBINO 

Environ oi kil. 

De Pesai (V. p. 12) il y a une diligence 
allant à Url/ino. — On trouve aus>i dc.^ voi- 
tures de louage. — Trajet en :> ii. — I^ roule 
de Pesaro à Urbino est directe. 'Si l'on pari 
de Fano (Route pn'(>('>dcnle), il faut foire un 
détour ])ar Fossonihrone. 

A quelque dislance de Pcsaro, au 
village de Santa Maria, on traverse b 
voie ferrée et on suit une large vallée 
où coule la Foglia. — Au delà de 
MoNTFXcuio la route franchit la Foglia, 
laisse à dr. la vallée arrosée par ce 
cours d'eau et entre dans une autre 
vallée, également bien cultivée. Plus 
loin la vallée se resserre et forme une' 
sorte de gorge qu'on remonte ju6qu''2i 
Urbino, dont on aperçoit les édinces 
couronnant b hauteur. Parvenus aune 
croix où la route se bifurque, on a une 
vue très-étendue sur les Apennins; on 
tourne à dr. , et, passant au pied du 
château ducal, on entre dans la ville. 

nrbîn — (Urbino). Gonununo de 
15 000 hab. (Hôtels : Albergo delF 
Italia ; tout à fait inférieur, maî& uni- 
que à la fm de Tannée 1862). Ville 
située sur une montagne isolée, en- 
tourée d'une chaîne de montagnesd^nn 
aspect triste, qui du S. à FO. couron- 
nent rhorizon. « C'est d'abord, vers 
le S., le Furlo, sorte d'impasse où se 
heurte le regard ; puis h FO. du Furlo 
les masses grandioses du mont Ne- 
rone ; nu N. sur une pointe escarpée 
S^-Marin, et entre les découpures de 
collines boisées, l'Adriatique. » 

Histoire. — Deux fiunilles, celles dot 
Monte feltro cl de la Rover e, ont possédé 



Marches. 



ROUTE 12i, — URBINO. 



19 



^le territoire d'Urbino. La maison de Moii- 
^tefeliro le posséda d'abord à litre de comlc 
au xm* siècle. Le premier dued'Urbin fut 
Federigo di Monte feltro (1474], qui se 
rendît célèbre comme homme ac guerre 
et comme habile politique, ainsi que par 
la protection qu'il accorda aux lettres. 
Son fils, Gnûf Ubaldo /•', continua la 
même protection aux arts et aux lettres ; 
lui et Eon épouse Elisabeth Gonzaga, cé- 
lèbre aussi par sa beauté, ont été loués 
pour leur goût, leur élégance et leur es- 

J)rit cultivé. Us contribuèrent à faire de 
a cour d'Urbino une des plus brillantes 
de l'Italie. Les liens du sang et les inté- 
rêts unissaient les marquis de Manloue et 
les ducs d'Urbiu, et donnaient à leur cour 
une sorte de ressemblance. En 1502, Cé- 
sar Borgia s'empara du duché d'Urbin, 
qui fut rendu à la mort d'Alexandre VI 
a Guid' Ubaldo. Celui-ci étant mort sans 
enfants, le duclié d'Urbin passa en 1508 
à Francesco Maria dalla Rovere, neveu 
du pape Jules II, et fils d'une sœur de 
Guid' Ubaldo. Léon X le donna en 1566 à 
son neveu f Murent de Médicis. Sous le 
pontificat d'Adrien VI, Francesco Maria 
reconquit le duclié d'Urbin les armes à 
la main 11522). Son fils Guid' Ubaldo II 
lui succéda et fut forcé d'abandonner Ca- 
merino à Paul III, qui le donna à i^n fa- 
mille (les Farnèse). — Le dernier duc 
d'Urbin fut Francesco Maria II délia 
Bovere, fils du précédent; étant mort 
sans enfants, il remit le duché par testa- 
ment (1626) aux États de l'Église. Le 
pape Urbain VI II fit prendre possession 
du duché d'Urbino par son neveu Bar- 
lierini. Urbin a perdu sa splendeur de- 
puis sa réunion a l'Église. 

Urbin a été le berceau de Raphaël ; il 
y passa sa ieunesse, et son génie naturel 
reçut sans doute une impression favorable 
de l'élégance artistique de la cour. [Bra- 
mante, son parent (?), est né dans le 
voisinage.) Quoique Kaphnël ait fait plu- 
sieurs ouvrages pour sa ville natale, aucun 
n'a été conserve ; ceux que l'on montre 
eomme des productions de sa jeunesse ne 
sont pas authentiques. 

• 

Cathédrale. — Elle est située sur 
une place conliguë au palais. Chapelle 
du fond, à g. duchœur. Cène, par Fed. 
Baroccio d'Urbin (Baroclie) [Riche 
composition, peinture facile, d as- 
pect agréable; mais art de décadence. 



Expression sentimentale du . Christ.^ 
Vulgarité des détails : un des disciples 
s'essuie In bouche ; un autre tire son 
couteau de la gaine, et des anges arri- 
vent avec des écarts de jambes peu 
décents] ; Martyre de S* Sébastien 
(2' chapelle à dr., peinture fatiguée) 
du Baroccio. Dans la sacristie. Flagel- 
lation (?), liSiV Pietro délia Fravcesca 
(signé), le panneau est fendu par le 
milieu; la V. et des Saints, S* Martin 
et S* Thomas, par Timoleo délia 
Vile. (On y voit le portrait d'Odd' 
Antonio, seigneur d'Urbin, assassiné en 
1444.) — Au-dessous de la cathédrale 
s'étendent des chapelles souterraines. 
Dans Voratorio delta Grotta est une 
belle Pitié, attribuée à Gian Bologuay 
exécutée pour un mausolée ducal. *La 
figure de la Vierge, debout, exprime 
bien la douleur, et le corps de son fils 
mort atteste le savoir anatomique du 
statuaire. Ce bel ouvrage, exécuté en 
marbre blanc, devrait être mis à l'abri 
des baisers indiscrets de la foiile qui 
le profanent, comme nous Tavons vu 
le vendredi saint de Tannée 1862. 

Sant' Agata. — Dans le Collège 
attaché àTéglise^ Cène peinte urhuilc 
(1468-1474) par Jmle (JossCy Jodo- 
eus) de Gandy qui est peut-être le 
même que Juste d* Allemagne. [Pan- 
neau fendu du haut en bas ; grandes 
figures sévères ; style allemand, pro- 
nonce surtout dans les figures d'an- 
ges.] Cet ouvrage, le seul bien authen- 
tique de ce peintre peu connu, fut 
fait au moyen d'une souscription. Le 
duc d'Urbin Federigo di Montefeltro y 
contribua pour sa part. On y voit à dr. 
son portrait. Un des deux personnages 
de sa suite serait, croit-on, le peintre 
lui-même. On y voit aussi le Vénitien 
Zeno, charger de solliciter auprès des 
petites cours italiennes des secours 
pour le shah de Perse Ussum Cassan, 
en guerre avec les Turcs. (Pour plus 
amples détails, voir : Tue eakly flemisu 
painters, by Crove and Cavalcaselle. 
Murray, 1857.) 

CoiTVENT DE Ck^MCA^S — V^\W^ ^^.^ 



20 



ROUTE 12i. — DE PESARO A URBINO. 



murs). S' François on extase, peinture 
remarquable du Baroccio. 

Santa Chiara. — Les religieuses de 
S^*-Claire possèdent une petite Madone 
peinte à la détrempe, et faussement 
attribuée à Raphaèi, malgré Tinscri- 
ption au dos du panneau (Passavant). 

San Francesco. — On remarquera 
(i'° chapelle à g.) la Vierge trônant, 
entourée de saints, par Giovanni 
Santif père de Raphaël. [Grand ta- 
bleau, loué par Passavant, mais où 
nous ne trouvons, h défaut de génie 
ou de sentiment, que Thabileté d'un 
peintre qui sait son métier. Les por- 
traits des donateurs (de la famille BufQ) 
sont naïvement étudiés.] À dr. du 
chœur, S'Roch [figure de gentilhomme 
de bonne tournure] et à g. , Tobie [en 
costume du temps], deux peintures de 
Tim. délia Vite. — Dans le cloître, 
tombeaux d'anciens seigneurs dUJrbin. 

San Francesco di Paola. — TitieUf 
Cène, Résurrection. 

Confraternità di San Giovanni. — 
Chapelle couverte des fresques (1416) 
de Lorenzo da San Severino et de 
son frère. [Le sujet principal repré- 
sente le crucifiement. Le Christ est h 
une hauteur extraordinaire ; ses bras 
sont d'une longueur et d'une maigreur 
extrêmes. Le drame de la douleur est 
poussé dans les tètes de la V. et de S' 
Jean jusqu'à la laideur grimaçante. Les 
proportions ne sont point observées et 
les raccourcis ne sont pas compris. Ces 
peintures à fresque n^en sont pasmoins 
très-curieuses. On y voit une foule de 
portraits de bourgeois du temps.] 

San Giuskppe. — A la sacristie, Ma- 
done par Tim. délia Vile. 

San Domënico — (vis-à-vis du Palais). 
Dans l'arc de la porte, la Vierge et des 
Saints, faïence par un délia Robbia. 

SanBeknardino — (à 4 kil. 600 do 
la ville). Sur une des faces de la chaire, 
Giovanni Santi a i)eint le Christ au 
tombeau, soutenu par des anges. Dans 
la sacristie, 13 panneaux peints par 
Anlonio di Ferrieri (U55).— Tom- 
beaux des ducs d*Urbiq. 



San Sebastiano. — Martyre de S** 
Sébastien par Giov. Sanli (repeint 
presque en entier. Les raccourcis des 
archers et de l'ange démontrent que 
G. Santi cherchait à imiter son ami 
Melozzo de Forli. -^ Passavant.) (Sur 
Giovanni Santi, F. Pérouse, p. 36.) 

Palaîi ducal. — Federigo di Mon- 
tefeltro fit commencer en 1447 ce ma- 
gnifique palais. Après avoir cherché en 
Italie Tarchitecte le plus habile pour 
lui confier cette entreprise difficile, 
son choix s'aiTêla sur Luciano Lau" 
ranna, de Dahnatie (Vasari a négligé 
de le nommer). On croit qu'elle fut 
continuée, sous les successeurs du duc, 
par Baccio Pintelli, l'architecte de 
prédilection de Sixte IV. Le nom du 
fondateur est indiqué dans plusieurs 
parties du palais par les lettres F£. G. 
(Federicus Comes) et F. D. (Feder. 
Dux), le comte Federigo ayant obtenu 
du pape le titre deduc en 1474. Unbel 
escalier, couvert d'une voûte en ber- 
ceau, conduit à une galerie qui fait lo 
tour delà cour, et où l'on retrouve les 
inscriptions antiques qu'y avait réunies 
le cardinal Stoppani. On remarquera 
l'ornementation des encadrements des 
portes et dés fenêtres, ainsi que des 
cheminées ; elle est d'une grande élé- 
gance, et est duc à Francesco di GioV' 
gio daSietia (1 421 -14 70), aidé d'il w- 
brogio Baroccio, père du peintre. 
Dans l'oscalicr, statue du duc Fréd&* 
rie I", par Gir. Campana. Dans ce 
palais, dépouillé des richesses artisti- 
ques qui y étaient réunies, une petite 
chambre conserve encore son ancienne 
splendeur. Elle est incrustée de ta- 
bleaux en marqueterie représentant 
des portraits, et entre autres celui de 
Frédéric, et simulant des meubles de 
bibliothèque, des livres, des instru- 
ments et des cahiers de musique (un 
air y est noté). Los inscriptions FE. 
DVX etc. BALDO. DX., dans les boi- 
series, prouvent que ce remarquable 
travail de tarsia ne fut terminé que 
sous le duc Guid' Ubaldo. — Près de là 
est une s^lle, dite de l'Anoste, et oh 



Marches. 



ROtJTE 422. ~ SAKT* ANGELO IN VaOO. 



Ton aperçoit son buste en relief. — Les 
inanuscrits précieux de la bibliothèque 
ducale forment une jpartie importante 
de la bibliothèque du Vatican (V. 
Blume. [ter Italicum, 111, 53). 

Maison ou est v& Raphaël. — Située 
{CorUrada del MontCf n"* 276), au bas 
de la montée de rue la plus roidc qui se 
trouve peut-cire en Italie, sans être tail- 
lée en escalier. L'aspect intérieur et exté- 
rieur a été changé. (La Gazette des 
Beaux-Arts du mois de juillet 1861 a 
publié une vue gravée de la façade, d'a- 
près un dessin fait par M. Ingres en 
1839). — Sur un des murs est une Ma- 
done peinte par Giovanni Santi. On lit 
l'inscription suivante au-dessus de la 
gorte : ^^cnquam moriturus exiguis hisce in 

JEDIBUS EXUIDS 1LLB PICTOR RaPHAEL KATDS 

EST, ocT. iD. A P. AN MCDLXXXIII. Vexe- 

BARE IGITURUOSPES KOMEN ET GENIUX LOCi; 
ME MIRERE, — LUDIT IX UUMANIS DIVÛM PO- 
TENTIA REBUS, • — Et SjEPE IN PARVIS CLAU- 

DERE MAGNA soLET. — Si l'ou gravit toute 
la rue dcl Monte, on arrive aux remparts 
d'où l'on a une vue étendue sur les Apen- 
nins et la mer à l'horizon. 



ROUTE 122. 

D'URBINO A BORGO SAN SEPOLCRO 
ET A AREZZO 

72 milles romains = 107 kil. 

lyVrbino à lîorgo San Sepolcro (environ 
72 kil.). — Petit courrier, parlant d'Urbiuo 
les lundi, -mercredi et vendredi soir à 7 h. Il 
n'y a qu'une place sur un cabriolet décou- 
vert. On chemine toute la nuit. — Prix: 8fr. 

— De Borgo San Sepolcro à Arezzo, dilig. 

— Trajet-en 3 h. 30 min. — Prix: 2 ir. 
80 c. — Départs de diligence les mercredis 
soirs à 3 h., et dans Tété un^iond départ le 
dimanche. — (De Borgo Sau Sepolcro, dé- 
part les mardis et samedis). — Prix : 15 fr. 

Voiturins pour le même trajet, 30 fr. — (En 
1802, parti à 4 h. du matin d'Urbino, je suis 
arrivé seulement à 7 h. 30 m. du soir à 
Borgo San Sepolcro.) 

VUrbino au passage du Furlo. — Si l'on 
▼eut aller voir ce passage, on peut faire le 
tnget par voilurin, aller et retour, environ 
B h. — Prix ; environ 12 fr. 



mil. rnm. 
DUrbino à Urbania. ... 13 env. 
If Urbania à Sant' Angelo 
in ?«do. .1 7 



kil. 
19 



~ 10 



Mercâtello. . ^ 4 

Lamolli 

Au haut du passage. ... 6 

San Giustino 10 

Boi^o San Sepolcro. ... 2 
De Borgo San Sepolcro ù 

Ârezzo 21 



21 

— 6 

— 9 

— 9 

— 15 

— 3 

m »• 
00 



D'Urbino à San Sepolcro une Ires- 
belle route, tracée à travers les Apen- 
nins, en franchit la chaîne centrale, et 
offre un intérêt pittoresque aux voya- 
geurs. Dans une partie du trajet des 
bœufs de renfort sont attelés à la voi- 
ture; ce mode d'attelage explique la 
lenteur du voyage. 

En sortant d Ûrbino la route fait 
plusieurs détours entre les collines des 
Apennins, dépourvues d'arbres pour la 
plupart et d un aspect triste. iJn des 
sommet les plus élevés est le monte 
Nerone (1527 met.), au S. d'URBA- 
NiA(le pape Urbain VllI lui donna son 
nom). Dans TégliseSanFrancesco, une 
Madone de Baroccio. — Dans la con- 
frérie du Corpus Domini, fresques par 
Baffaello da Colle. [La plus îfnpor- 
tante, k g. sur un autel, est une très- 
médiocre copie de la S*' Famille de 
Raphaël, du Alusée du Louvre]. Ceite 
petite ville, d'assez bonne apparence et 

3u'on est surpris de trouver au milieu 
e ces montages, a un théâtre récem- 
ment construit et un pont très-élevé 
au-dessus du Métaurc. Il y a une mine 
de charbon de terre dans le voisinage. 
On continue à remonter la vallée du 
Metauro. La voiture s'arrête îi Sant' 
Angelo IN Vado (auberge). — - Eglise 
Santa Caterina; sur Tautel, peinture 
où F. Zucchero s'est représente avec 
sa famille. [Les portraits sont biou 
traités; la Vierge et les anges man- 
quent complètement d'idéal.] 

Au delà d'Angelo in Vado on suit 
une route dr., à travers une vallée fer- 
tile. Au bout do la plaine, le village 
Mergatello, situé au pied des collines, 
ferme la vallée qui se ramifie. Plus 
haut est le village de Borgo Page, au 
confluent de deux cours d'eau, la 
Meta etl'Auro, dotil\3L\èvx\\\wvVst^s^^^ 
le Metauro» 



22 



ROUTE 122. — D'uRBINO A BORGO SAN SEPOLCRO Eï A ARK2Z0* 



A Lamolli -r- commence la montée 
de la chaîne appenninc centrale, dite : 
A Ipe délia Luti a. EWc exige un renfort 
de bœufs. On remarquera, enmontant, 
une fontaine monumentale, dite [on- 
tana délie Ahieti. On y voit les pre- 
miers sapins. 11 faut 2 h. 4/2 pour 
atteindre, par une suite de lacets bien 
tracés (on peut abréger en allant à pied) 
le point le plus élevé de la route, ap- 
pelé la hocca Tràbaria, près de 1100 
met. au-dessus du niveau de la mer. 
Il tombe beaucoup de neige sur ce 
plateau en hiver. A la descente, très- 
IxîUe vue sur la vallée du Tibre, Città 
di Castello et Borgo San Sepdlcro. 

Sak GiusTixo. — Palais Bufalini. 
Fabrique de chapeaux de paille. — Au 
joli village de San Giustino la route se 
divise : une branche conduit au nord, 
on Toscane, par Borgo San Sepolcro 
et Arezzo; une autre se dirige au S. 
vers Città di Castello et Pérouse. 

Borgo San Sepolcro, — 7674 hab. 
(Auberge : deir Italia, plus connue 
sous le nomdel Prosciutto. Bureau des 
■diligences pour Arezzo). Après avoir 
appartenu au S*-Siége, cette ville fut 
cédée en 1 440 à la Toscane. Son nom 
lui vient de deux pèlerins qui, au x" 
siècle, y construisirent un oratoire, 
pour y renfermer des reliques qu'ils 
disaient avoir apportées du S'-Sépulcre. 
— Cette ville a eu fréquemment à 
souffrir des tremblements de terre. — 
Elle a donné naissance à plusieurs 
|)eintres de mérite ; un des plus distin- 
gués est Pietro délia Francesca (xv* 
siècle), grand artiste, habile en per- 
spective, qui a formé beaucoup d'é- 
lèves; et ([ui malheureusement passa 
les 20 dernières années de sa vie dans 
une cécité coinplète; Itaffacllo da 
Colle y élève de Kaphacl et de J. Ro- 
main; Santi di Tito, etc. -—Le pa- 
lais de la préture civile et criminelle a 
sur la façade d'anciennes armoiries en 
faïence de couleurs. 

ÉgUse*. — Cathédrale (1012?); 
église à 5 nefs, qui a été restaurée. A 
dr., au-dessus d une porte, tombeau 



assez élégant d'un cvêque, style de )a 
Benaissancei 3° chapelle à dr., Incré- 
dulité de Thomas, de Santi di Tito. 
En entrant,' 5° chapelle à g.» Assom- 
ption avec les 12 Apôtres, de Palma 
Giovine [assez bon ouvrage ; a noirci] ; 
au-dessus du Palma Giovine, le Tout- 
Puissant porté jpar des anges, âcRaff. 
da Colle. Sur le mur figures d'anges 
gracieuses, en faïence vernissée, ma- 
nière des dcllaRobbia. Dans le chœur, 
à dr. , Raff. da Colle, Résurrection ; 
à g., Ascension, par le Pértigin (ré- 
pétition du tableau actuellement au 
mtrsée de Rouea.et qui provient de 
Pérouse); [un beau Baptême du Christ, 
par Pielro délia Francesca, a été 
vendu en Angleterre]. Dans la sa- 
cristie, fragment de fresque, parGe- 
nno da Pistoja. 

Sant' Antonio. — Tableau peint des 
deux côtés, œuvre très-remarquable de 
Signorelli; d'un colé,un Crucifiement 
[d'un faire sec, mais où les télés ont 
un grand caractère] ; de l'autre. S' An- 
toine abbé et S' Eloi (S. Eligio) [gran- 
des figures ; petites ngures de moines 
agenouillés. Les mains sont très-bien 
dessinées] . 

Sakta CeiARA. — Au maitre-autel, 
Assomption, par Pietro délia Frari' 
cesca [bonne disposition, figures ex- 
pressives, assez remarquables]. Dans la 
sacristie, ancien tableau à 5 compar- 
timents. 

San Francesco, ~ 5' chapelle h dr., 
S' François recevant les stigmates, par 
Giovarwi de" Vecchi [enfumé]; le 
Christ avec les docteurs, par Dom, 
Passignano {bonne disposition, exé- 
cution faible]. 

San Lorkszo (Orfanelli). — Au 
maitre-autel, Mise au tombeau, par 
Rossi (?). 

Santa Maria delle Grazie. — (Sur 
la place en face de San Francesco) 
Madone de Raff. da Colle. [Il faut 
faire des démarches pour voir cette 
peinture ; une clef est chez le gonla- 
lonier, une autre chez révêque. Si 
Florence et Rome faisaient ainsi mys- 



Ombrie. 



RODTE 123. — CITTA pi CASTELLO. 



23 



tère de leurs richesses artistiques, on 
ne Yoyaffcraît guère en Italie] . 

San Rocco, ou Santa Maria della 
MiSBBicoRDiA — (Eglise de l'hôpital). 
Bladonne et des Saints, par Pielro 
délia Francesca, [Il faut la permission 
du directeur pour voir cette peinture, 
fermée par des volets. Au-dessous 
sont k figures de Saints et une prc- 
delle qui se voit difficilement. On pré- 
tend qu'un personnage vêtu de rouge, 
agenouillé à g. de la Y., serait le 
portrait de P. delta Francesca]. 

P. P. MiXORI OSSERVANTI — (ZoCCO- 

lanli). Au chœur, Assomption de Raff. 
da Colle [bel ouvrage dans le style de 
Pécole romaine, peinture fatiguée] ; 
Crucifiement, de Passignano. 

Monte di PietX. — On ne devra pas 
négliger d'aller y voir une Résurrec- 
tion peinte k fresque par Pielro délia 
Francesca [un de ses meilleurs ouvra- 
ges, selon Vasari, et sur lequel on peut 
dignement apprécier ce grand artiste 
peu connu *]. 

SERvm. — Assomption, de Técole 
de Sienne [d'un beau caractère. Pein- 
ture retouchée]; Madone et Saints, par 
Circignani, 

De Borgo San Sepolcro à Cilla diCasielto. 
— Trajet en 2 h. — Prix : 1 fr. 10 c. — Ou 
trouve des moyens de trans}>ort tous les 
jours. 

En ouittant Borgo San Sepolcro on 
ne tarde pas à traverser sur un pont 
le Tibre. On aperçoit à dr., au loin vers 
le N., entre une ouverture de monta- 
gnes, une montagne présentant une 
sorte de cône tronqué, au sommet som- 
bre et couvert de forets ; c'est là qu'est 
la Verna (t. I", p. 525). On aperçoit 
à g., sur une hauteur, le village de Ci- 

* Te tableau, que nousavoniâ vu ù la lueur 
des torches, c>t duiis une salle obsrure où 
M>iit dc|>osés les niiscrables eifcla des em- 
prunteurs. Il faut encore ici aller demander 
une clef au confalonicr do lu ville, une au- 
tre auprès dune autre aulorilé. Peut-'lrc, 
«lepuis notre dernière visite, tel étal de 
choses a-t-il changé, carlegonfalonicr nous 
dit i|a*il avait Tintcntion de luire de cette 
balle une salle de musée. 1 



TERNA, 500 hab., et à dr. Anghiari, 
1500 hab. (une autre route passe par 
Anghiari, 6 kil. de San Sepolcro). On 
traverse de petites collines couvertes 
de chênes et l'on descend dans la val- 
lée arrosée par la Sovara, afQuent du 
Tibre. On suit les détours d'une étroite 
vallée aride, à l'extrémité de laquelle 
la route atteint un passage, peu élevé, 
dont les deux versants séparent la val- 
lée du Tibre et celle de l'Amo, qu'on 
a devant soi. On commence à aperce- 
voir Arezzo, situé au pied des monta- 
gnes, et à l'horizon une chaîne de 
montagnes bleuâtres. Une descente 
continue amène h: 

Arezzo. — (tome I", R. 112). 



ROUTE 125. 

I^URBINO A CITTA DI CASTELLO 
ET A PÉROUSE 

Environ 126 kil. 

kit. 
IVUrbino à San Giustino (U. 122), env. 68 
De San Giustino à Città di Castello. — 9 
DeCittù diCastelloàFratta. ... — 18 
De Fratta à Pérouse — 3i 

Pour la description de la route d'Ur- 
bino à San Giustino, F. la foute pré- 
cédente. 

Gîttà ai Gastello — (Tifernum Ti- 
berinum], 6000 hab. Commune de 
22300 âmes. (Hôtels : Locanda del 
Leone d'oro; Cannoniera). Ville dans 
une situation agréable, sur la rive g. 
du Tibre, entourée de collines couver- 
tes d'une riche végétation. Elle est 
ceinte de murailles et de bastions. 
Détruite par Tolila, elle fut recon- 
struite sous les auspices de S* Floride, 
actuellement son patron. Au xv- siècle 
elle était gouvernée par la famille guer- 
rière des Vitelli. C'est dans cette ville 
que Raphaël exécuta plusieurs ouvra- 
ges importants de sa jeunesse qui ont 
été ensuite dispersés : entre autres le 
célèbre Spozalmù, fait pour l'église 
de S. Francesco, et aclxxdVvscvvsvvN. ""a. 
Milan, Brera V^. \" ^v- '^^'^^• 



ai ROUTE lâo. — D'utlBlNO A CltTÀ i)I CASTELLO Et A PJBROUSË. 



Eglises. — Cathédrale (San Flo- 
RiDo), bâtie en 1505, d'après les des- 
sins de Bramante (?). Elle occupe, 
dit-on, remplacement d'un temple de 
la Félicité, construit par Pline le jeune. 
La façade (1031) n*a pas été terminée. 
Le portail présente de riches sculp- 
tures. A rintérieur, on voit des pein- 
tures de Bem. Gag Hardi y Martyre de 
Crescentianus ; Tobie et l'Ange; Pa- 
ccUi, la Vierge et des Anges ; Virg. 
Ducci, Tobie; Squazzino, une Cha- 
pelle ; Serodine, S^ Charles Borromée ; 
de Hosso Fioreniino, Transfiguration; 
la coupole est peinte ^mvBenefiaL On 
remarquera le travail de marqueterie 
du chœur. La sacristie, très-riche au- 
trefois en objets d'art, conserve encore 
un retable en argent, d un travail pré- 
cieux. Au-dessous de Téglise s'étend 
une vaste crypte. 

Santa Caterina. — S' François de 
Paule, par And. Carlone; fresques de 
Circignani (au maitre-aulel) et de Ga- 
gliardiy histoire de la Vierge, etc. — 
Santa Cecilia (couvent) : Madone avec 
S*' Cécile et d'autres saints, de Luca Si- 
gnorelli, — San Domenico, vaste édifice 
gothique, avec cloîtres : Mariage de S'" 
Catherine^ par Santi di Tito ; Sladonna 
del Rosario, fresque de Cristof. Ghe- 
rardiy surnommé DocenOy de San 
Sepokro, mort en 1556; Martyre de 
S* Sébastien, de Luca Signorelli; au 
chœur: Madone (xiii*' siècle); Annon- 
ciation, par Francesco da Castello 
(1524). — San Francesco: Peintures 
de Circignani : Martyre de S' Etienne ; 
Annonciation: Haffaello dal Colle , 
Assomption ; de Vasari^ Couronnement 
delà V., avec des Saints. Une fiçure 
de S* François en relief, par un délia 
Hobbia. — San Michèle ârchangelo : 
la V. trônant, S' Sébastien et S^ Michel, 
par Haffaello dal Colle. — Servi (Ser- 
vîtes) : Déposition de croix et An- 
nonciation , remarquables ouvrages 
de Raffaello dal Colle ; du jiièiue, 
une Présentation au leraple (re taurô) . 
— Confraternità della Sa .«ta Tri- 
rit.X: Deux bannières, peirles à la 



colle sur toile sans préparation, dont 
les peintures, tout à fait dans la ma- 
nière du Pérugin, sont des ouvrages 
de la jeunesse de Raphaël. — Il y a 
encore quelques objets d^art dans les 
églises San Giovanni Battista; San 
Giovanni decollato (bannière attribuée 
au Pinturicchio) , San Pietro; San 
Sebastiano, etc. 

Hôpital. — La chapelle possède un 
des plus beaux ouvrages de Santi di' 
TitOf sous le rapport du coloris, Des- 
cente du Saint-Esprit. 

Palais. — Palazzo comunale, ar- 
chitecture gothique ; quelques antiqui- 
tés. — Palazzo vescovile ; à côté est 
une cour du xiii' siècle. — Palazzo 
APOSTOLico. — Palazzo di Paolo Vi- 
TELLI (1540), près la porte de Sant' 
Egidio ; architecture remarquable. Ce 
palais a beaucoup pepdu de sa magni- 
licence. A l'intérieur, peintures de 
Prospero Fontana et de Cristof, Ghe- 
rardi. Au fond du jardin, Loggia, 
peinte par C. Gherardi. 

Palais Bupalini, — attribué à Vi» 
gnole. 11 reste encore quelques tableaux 
de la galerie qui a été dispersée : Ma- 
dones, par Simone da Pesaro; par 
Andréa del Sarto. 

Palais Mangini — (habitation du cav. 
Mancini, historien de la ville). On y 
conserve un Crucifix de Giotto ; Cou- 
ronnement de la V. do P. della Fran- 
ceiica; Nativité remarquable de Signo- 
relli; Mffaello dal Colle f dix petites 
peintures ; ouvrages à'Ann. Carrache, 
de Circignani, Cesare Maggieriy etc, 
Ascension, terre cuite de Ltica della 
hobbia. — Collection géologique des 
Apennins. 

Enrâons. — Monte di Belvédère, 
ruines que l'on croit avoir appartenu 
à la villa de Pline le Jeune. 

De CUtà di Caslcllo à Boryo San Sepolcro. 
— TiJijcl en 2 h. — Prix : 1 fr. 10 c. — A 
Arezzo, 2i kil.; à cnv. 12 kil. do. Cilla di 
<!aMl«'IIo, on rejoint au delà de ia Sovara la 
route précédente de Borgo San Sepolcro i 
Arezzo. — A l/r^/MO, départ de diligence (on 
1862), le mardi et lo samedi. — Prix: 8 fr. 
90 c. 



5mbrie. 



ROOTB 4^4. — DE FAKO A GtiBDlO ET A PEKOUSE. 



25 



De uni m Castello, — la route 
coDtmuant à descendre le long de la 
vallée du Tibre, en côtoie fréquem- 
ment la rive gauche. La vallée devient 
très-étroite en approchant de : 

Fratta, — 1500 bab. (auberge). 
Eglise de Santa Groce, Déposition de 
croix, de L. Signorelli. On peut voir 
chez M. Dom. Maravelli une collection 
de Majoliques. — On a récemment ou- 
vert une route entre Fratta et Gubbio 
(K. R. 124). Cette route est mon- 
tueuse et pittoresque. 

Au delà de Fratta, la route suit la 
rive du Tibre, qu'elle traverse avant 
de monter à : 

PÉROUSE (R. 127). 



ROUTE 124. 

DE FANO A GUBBIO ET A PÉROUSE 

PAR LE PASSO DEL FDRLO 

De Fano à la Schieggia, 6 postes 1/2. 

De Fano àFossombrone (F. R. 120). 

La route, traversant une 'contrée 
pittoresouc, se divise à quelques kil. 
tiu delà de Fossombrone. Une branche 
se dirige à dr. vers Urbino (R. 120) ; 
celle que Ton suit franchit le Métaure 
et s*engagc (5 kil. de Fossombrone) 
dans le défilé dit : passo del Furlo.— 
IVIalgré ce que Ton sait de la grandeur 
des travaux des Romains en fait de 
grands chemins, ce n*est pas sans éton- 
tiement qu'on voit ici la voie Flami- 
NiENNE s'enfoncer dans un défilé exces- 
6ivemc|it étroit pendant l'espace d'un 
kil. , et franchir la montagne au moyen 
d'un tunnel creusé dans le roc au-aes- 
sus des précipices. Admitlitque viam 
^clx per viscera rupis (Claudian). 
Cette ouverture est ce qu'on appelle 
proprement le Furlo ; une inscription 
en attribue la construction h Yespa- 
sien. — Sur la g. est la montagne de 
f^ielralata, dite d'Asdrubal, en sou- 
tenir des traditions de sa défaite en 
cet endroit (sur la rive g. de la rivière) 
par les consuls Livhis Salinator et 



Glaudius Néron. Les ossements fossiles 
qu'on trouve dans des cavernes aux 
environs ont été pris longtemps pour 
des restes dés éléphants cartlraginois. 

En sortant du passage on trouve le 
petit village d'AcQUALACNA . — Avant 
de monter à Cagli, la route passe sur 
un beau pont romain (ponte Manlio). 

Cacli. — (Auberge: la Poste.) En- 
viron 5000 bab. Gomm. de 9500 âmes. 
— On y a trouvé quelques restes d'an- 
tiquités. — Églises : San Domenico (ou 
S* Jean des Dominicains) ; 2*^ autel à g. , 
une des meilleures fresques de Gio- 
vanni Santi, père de Raphaël, la V. 
sur un trône, tenant l'Enf. J. debout. 
On croit qu'un ange à dr. de la Vierge 
est le portrait du jeune Raphaël, et la 
Vierge rappellerait les traits de sa 
mère; du mêmey dans une niche au- 
dessus du tombeau de Battista Tiranni, 
le Christ debout dans son tombeau entré 
S' Jérôme et S* Bonaventure. Une An- 
nonciation est attribuée à Frà Came- 
vale. — San Francesco: quelques 
peintures de Baffaello dal Colle ; de 
Barocdo. — Sant' Angelo Minore : 
beau tableau de Timoteo délia Vite ; 
Noli me tangere. — Église des Capu- 
cins : une Pitié de Frà B. Catelani. 

De Cagli une roule cavalière va ù PKncoLA, 
el de là on peut gagner Sasso Ferbato 
(U kil. nord de Fabriano) (V. R. 125). 

Entre Cagli et Cantiano, on passe Le 
ponte GrossOf autre pont romain sur 
le Cantiano. 

Cantiano. — 5000 bal). {Auberge: 
la Poste.) Petite ville fortifiée ; elle fut 
détruite par Narsès. L'église de laCol- 
legiata possède une S" Famille du Pé- 
rugin. 

Au delà de Cantiano, la route s'élève 
par une montée rapide jusqu'à une 
tiauteur d'environ 700 met. 

La ScniEGGiA. — 1200 hab., entou-- 
rée de fortes murailles. On remarquera 
le pont dit : la Botte délia Schieggiay 
de construction singulière) élevé par 
Fabri en 1805, et qui unit les deux, 
montagne^ del Bondlito ^V. del '^o^xà. 



il. 



26 ROOTE 124. — DK l'ANO A GtJBIiîO ET A péROUSE. 

— Non loin de Schieggia sont Icsl 
ruines du temple de Jupiter Apenni- 
nus, sur le penchant du monte Petrara. 



Dt? Schieggia à Sasso Ferrato, roule 
de chars (environ 15 kil.). 

Sasso Fep.kato. — (Commune de 
7900 hab.) Petite ville située en par- 
tie sur une colline et divisée en partie 
haute, où est le Castello, et en partie 
basse (Borgo). La principale industrie 
est la clouterie. — Église de Sakta 
CniARA, Fresques de l'école de Fa- 
briano ; San Pietro, une Madone de 
Sassoferrato (Giov. Batt. Salvit 
i(i05-iC85). 

D.! Schieggia à Gtibbio, roule de chars 
(Hkil.). On peut s'y rendre, en faisant- 
un «lélour (nionléc et descente rapides), 
et, sans revenir sur ses pas, bHct rejoin- 
dre, vers GuALDO Tadixo (env. 18 kil.), 
la grande route de Foligno. 

GuBBio. — Commune de 21 500 hab. 
Ancienne cité ombrienne d'Iguvium. 
(Auberge : Locanda di Spernichia.) 
Dans une belle situation sur le pen- 
chant du monte Calvo. — Gubbio, ap- 
partenant aux ducs d Urbin, leur four- 
nissait de braves soldats. Le lendemain 
de la bataille de Lépante, don Juan, 
voyant passer vingt-quatre capitaines 
et six colonels à la (été de leurs com- 
palriotcs, respirant un air martial, et 
entendant pour la première fois nom- 
mer Gubbio comme étant la ville qui 
avait envoyé ces compagnies, s'écria : 
« (iu'est-ce donc que ce Gubbio? est- 
ce plus grand que Naples ou que Wi- 
Im f $ — Cette ville a produit plusieurs 
peintres qui se rattachent à Técole 
(hnbricnne, tels (\uOUavia)io Nelli 
(vers 1570-i44i), qui, comme il y a 
tout lieu de le croire, compta parmi 
ses élèves Gentile da Fabriano et le 
père de Raphaël [?], ce qui lui donne- 
rait le droit d'ôlre rcgajdé conunc le 
précurseur de Pérugin » (Rio). Parmi 
s^ meilleurs peintres il faut citer les 
Nelli, les deux frères Nucci, Fclice 
Damiano. 



Palazzo DEL coMUiNE, — întércssaUt 
monument de 1540. 

Cathédrale. — Madone sur un tronc 
entre S^ Sébastien et S^ Ubaldo, ^ 
Simbaldo (/èi),derécole du Pérugin. 
La Madeleine, bon ouvrage de Timo- 
leo délia Vite; S* Thomas, par Bm. 
Nucci. 

Sant' Acostino. — Fresques d'OtL 
Nélli et d'autres peintres. Haplémc de 
S' Augustin, par Damiani, 

San DoNENico. — Madonç et Auges, 
frcsçiue de Raffaello da Colle (I5fo). 
S' Vincent, Anges et Dévols, par T<h 
vmsso Nelli, frère d'Ottaviano. Feliçe 
Damiano, une Circoncision qui rap- 
pelle Técole vénitienne. 

San Francesco. — Peintures de Be- 
nedetlo Nucci. Une copie de la Des- 
cente de croix de Daniel de Vol terre 
(V. Rome : Santa Trinità de' Monti), 
par son frère Virgilio Nucci. 

Santa Marîa Novella. — Madone du 
Belvédère (la V., des Anges, S* Paul, 
S* Antoine), cette fresque, conservée 
sous verre, est le plus précieux ouvrage 
à^Ottaviauo Nelli (xv® siècle); celui 
qui explique et qui justifie le mieux la 
longue popularité dont jouit parmi 
ses contemporains cet artiste, dont le 
temps semble s'être acharné à détruire 
les œuvres. D'autres fresques ont été 
découvertes sous le badigeon en 1858. 

San Pietro. — Giannicola, Visita- 
lion (peinture altérée); Fresques do 
Raffaello da Colle. 

Quelques collections particulières 

(du MARQUIS RaNGIUASCI; du COMTB 

Rem) contiennent des ouvrages dos 
anciens peintres de Gubbio. 

La grande curiosité de Gubbio, ce 
sont les fameuses tables Eugoubiiics 
(tabulai Eugubinaî), trouvées dans les 
ruines d'un théâtre, ])rès de la ville, 
en 1 i44, au nombre de 0. Deux ont 
été portées à Venise, et on en a perdu 
la trace ; les 7 autres Uibles de bronze 
conservées à Gubbio ont des inscri- 
ptions: 'i en ombrien, 2 en latin, i en 
caractères étrusques et latins. Elles ont, 
depuis "iOO ans, donné lieu à bien des 



Marches. 



ROUTE 126. — d'akcône a foligko. 



27 



travaui et à des opinions diverses. Les 
caractères en sont écrits de dr. à g. , 
ainsi que Télrusque et les langues sc- 
railiques. Le savant Lepsius les croit 
postérieures au m" siècle de Rome. On 
Ignore leur sens littéral. On pense 
qu'elles renferment des formules reli- 
gieuses. On a trouvé des ressemblances 
entre les mots ombriens et les mots 
grecs. 

De Gubbio à Pérouse {environ 40 
kil.). Une suite de montées par une 
bonne route conduit au village de 
ScRiTTO, situé à la moitié du trajet ; de 
là on descend rapidement au village 
de Busco; puis, après avoir franchi le 
Tibre, on arrive au pied de la hauteur 
de Pérouse. 

Pérouse. — (R. 127). 



ROUTE 125. 

DE FANO A F0LI6N0 

10 posles 1/2. — Environ 128 kil. 

Posles. 

De Fëno à Calclnelll 1 

Foi;M)mbronc 1 

Acqualagna i 

5J*Ç'** • 3/4 

Cantiano ; 5/t 

La Schie^ia . \ ' 

Sigillo 1 

Gaaldo Tadino \ 

Nocéra \ 

f l'onte CcntesÎQio \ 

FouGxo i 

j De Fano à la Schieggia ( r. R. 1 24) . 

I La route, s'avançanLvcrs le S., suit 
le pied de la chaîne des Apennins. 

Sigillo. — IGOOhab., antique sta-v 
tJon sur la voie Flaminienne. — Dans 
te Toiginage, vaste grotte de stalactites 
d'un accès difficile et aboutissant à un 
lac. 



Un peu plus loin, un chemin s'en- 
gageant à VK. dans les montagnes, 
( mène Ix droite à : 

Fabbiaro. — 7000 bab. (conunune 
de 17 700 âmes). (Hôtels : Leone 
d'oro: la Cainnana). — Églises: San 
Niecotb; SAsr Acostiko; San Bewe- 



DETTO ; Santa LucrA, possèdent des pein- 
tures de récole de Fabriano. — Fa- 
briques de papier. 

12 kil. au delà de Sigillo, après 
avoir passé à Fossato, on arrive à : 

GuALDO Tadino. — (Commune de 
7000 hab.). Dans le voisinage, Narsès, 
général de Justinien, défit Totila. — 
Dans les églises, peintures de Niccolô 
et de Matieo di Foligno. 

NocERA — 1000 liab. {Hôlel:h 
Poste). Ville ancienne (Nuceria), située 
au pied de TApennin. Slrabon loue 
les vases de bois qu'où y fabriquait. 
Dans une église, peinture de Niccolo 
di Foligno. Dans le voisinage, bains 
d'eaux minérales. — A partir de No- 
céra la roule descend dans la vallée 
arrosée par le Topino. 

Foligno — (F. p. 50). — De Fo- 
ligno à /îome (F. R. 150). 



ROUTE 126. 

CyANCONE A FOLIGNO 

PAR I.E PASSO DI COL FIORirO. 

(11 postes 1/2. —Environ 156 ki!.) 

Chemin de fer (fAncône à Lortlle (24 kil.). 
— Trajet en 40 ou 50 min.— Prix: 2 fr. 65 o- 
1 fr. 85 c.; i fr. 55 c. (î,cptembre 1864). 

l'ostos. 

D'Ancône à Osimo (5* cheval). ... 11/2 

Lorcto : 2 

Recanati 5/1 

Sambuclieto (5* cheval pour Recanati). 5 1 

Macerata l 

Tôl^nlino il/2" 

Valcimara -j 

Tonte (Iclla Travo 1 

Serravalle \ 

Case Nuovc (3* ch(?val pour Serra- 
valle) i 

FOLIG.NO \ 

D'Ancône à Lorette la roule est 
montueuse et se divise en deux bran- 
ches : l'une plus directe et plus rap- 
prochée du littoral, et suivie par les 
voiturins ; l'autre entrant dans les ter- 
reset passant par Osimo (Aujcimiim). 
6000 hab. , ville située sur une hauteur 
dans un pa^s fcTV\\e. — Qti ç,w\sc«\^ 
dans le Vm.aiio w^waco ^e?^ «v\>À«çi\- 



28 



ROl'TE 120. — i/aXCONE A FOI.ICSO. 



tés, (les statiios, dos pierres sépulcra- 
les trouvées (l:ins les ruines de la ville 
antique. — Maison Gali.i, Jugement 
de Salomou, fresque de Honcalli (délia 
Pomerancc). 

La route, indinantau S. E., passe à 
Castelfidaudo, localité célèbre par la 
défaite des troupes ua])ales (8 septem- 
bre 18C0); puis elle se réunit à la 
route directe dWncône, francliit le 
Musone et gravit la pente qui mène à : 

Loreite (Loreto), — [Hôteh : la 
Campana; la Posta; Gemelli.) Petite 
ville moderne des Etats de PE^^lise, de 
uïoins de 6000 bab., située sur le 
sommet d'une colline, a quelques kil. 
de la mer, où conduit une route en 
pente douce, bordée de maisons et de 
jardins. Ses édifices n'ont rien de re- 
marquable, et sa large rue n'est guère 
composée que de boutiques où Ton 
vend de petits objets dfe dévotion; 
commerce qui rap])orte par année jus- 
qu'à 80 000 et 100000 scudi; ce qui 
n'empcclie pas une multitude de men- 
diants d'attrister les regards dans la 
ville et aux environs. La ville est forti- 
fiée par une bonne muraille, à laquelle 
Sixte V fit.ajoutei^ plusieurs bastions 
pour mettre la placo à couvert de 
toute surprise de la part des corsaires 
turcs, qui, sous Mabomet II et Sélim. 
avaient fait des descentes sur ces côtes. 

La Santa Casa, ou la Maisonnette de 
la Vierge. — Selon les récits des légen- 
daires, primitivement découverte ù Na- 
zareth pr l'impératrice Hélène, elle avait 
déjà été, à ^aza^eth même, recouveilc 
d'un temple. Les Sarrasins ayant détruit 
ce temple au xui« siècle, les anges la 
trans|iortèrent, dans la nuit du I2 mai 
1291, en Dalmatie. Le 9 décembre 1294, 
elle fut encore transiKjitée à travers les 
airs et l'Adriatique sur les côtes de Tlta- 
lic. Avant de ?o iixer au lieu qu elle oc- 
cupe aujourd'hui, elle changea plusieurs* 
fois de station dans la forêt qui environ- 
nait Lorclte ; une fois à cause des bri- 
gands, une autre à cau^e de deux frères 
qui se disputaient le terrain où elle était 
aescendue. Elle est placée au milieu d'une 
riche et magnifique église, dite église de 



la Madone. «Ccttcûgliso. c.mmcnoécsom 
Paul 11 en iiG4. fui achevée en 4515 
par Jules II, sous la direction de Bra- 
mante, la coupole et la façade exceptées, 
Sui furent ajoutées, la première roos 
lément VII et Paul 111, la féconde m» 
Sixte-Uuint. en 1587, dans le f^kdela 
décadence. Depuis lors elle a éié répa- 
rée dans le coût moderne. » — L'eilé- 
rieur ressemble a celui d'une fortcrette. 
1/abside, située vers la mer, est formée de 
IrtMs tours et les bas-côtés de murs lisMS 
sans ouvertures. « C'est le vmsinage de ia 
mer qui. mettant l'église et ses trésors 
à la merci des corsaii-es turcs, a dû foire 
adopter ce genre d'architecture. Proba- 
blement le imrtail participait, dans la 
principe, ù lu défense; mais une façade 
de la lin du xvi" siècle est venue s'ic- 
coler ù cette forteresse du zv" siècle. Le 
clocher, qui est très-élevé, fut dessillé 
par Vanvitelli. — Sur la place de l'é- 
glise est une statue en bronze de Sixte- 
(Juint, ))ar Calcegni, élève de Lombardo. 

— Sur la faradc est une statue en bronse 
de la Vierge, par Girolamo IjOmberiH, 
fcul pleur de Ferrarc (xvi» siècle). — Le» 
trois belles portes en bronze sont oroées 
de bas-reliet's dont les sujets sont em- 
pruntés à l'Ancien et au >'ouveau Testa- 
ment ; la porte centrale par les fils de G. 
lÀ)mbardi; celle de dr. par Cûkaffm, 
aidé de Giacometti et Sebaêtiani; eeUe 
de g. par Tiburzio Verzelli, élève da 
Lombnrdi. 

La merveille de ce temple est le refê- 
tcmenl de marbre qui enveloppe la Saata 
Casa, ouvraee des ht aux temps de h 
>culpture; le dessin est de BrawunUe. 
Ce grand travail, avec les sculptures dei 
bas-reliefs, préparé sous Jules II, ne fiât 
terminé que sous Paul III. — Au eèté 
nord sont les bas-reliefs suivants : l'Nais- 
.«iance de Marie, par Andréa C&ntw^ iê 
Monte San Savino; Baccio BûwUnd^ 
ciBaff. da Montelupo; '2» beau bas-relief 
du Mariage de Marie, par Andréa daSân 
Savino et Baff. da Montelupo; unffroupe 
remarquable a été introduit par Tribêto. 
Statues : Prophètes par les frères LoM- 
ùardi; Sibylles, par GuqL délia Paria. 

— Côté de l'O. : l)as-reliefs : !• Annon- 
ciation, admirable production d'ilfufivf 
da Monte San Savino; 2<> Yîsitation, de 
Fr. da San Gallo; S*" Reoenaement de 
Bethléem, du môme. Statues: les Si- 
bylles, par Guglielmo délia Porta; Jé- 
remie et Ëzéchiel, le premier par Ax^reê 



HarefaM. 



lù 136. 



da MoaU Sait Saoino, le second pir son 
éJêTe Girol. iMabardo. — Côté Ju S,: 
W-rdieb; 1° liathilù du Christ, bel 
oinrage d'Andr. lia Houle San Savino; 
S* Ailontion Àa- Kogcs. pnr Andr. da 
Honte San Santw et Gif. Lombarào ou 
Raff. da ilonttlupo. Statues; SibyJJcf, 
^rGttgl. detia Parla; Unlacliie, David, 

CGîTOlamo iMmbardi. — Cùlé de l'B . : 
reliefs : Horl de la Vierge, par Tri- 
bolo, fini par l'arignano de Bologne; 
Voyage de ta Santa Casa, beaux bas-reliefs 
par niMe et t'r. da San Gallo. Sla- 
toes : le Hoïse, les Sibylle?, par G. delta 
Porta. — Les anges, nu-desfus des parles, 
lont de Sin. Mosca. — \» coupole oclo- 
gonc de la cbapelle du Trûsor, recon- 
struite par Son ua//o, est peinte àTresque 
rr Crnl. lUmcalH, dit délie Pemerance. 
fui le Caravage Kl tallladi 



:equoE 






ngcr de I 



-Les 



chapelles, Il sacristie, sont ornées de mo- 
saîaues, d'après les tableaux des grands 
niaitre», et de IVesques el de pein- 
tnrci par Jjtea Signorèlli, Pieire de 
Corlone, le Guide, J. Zueehero, l/iia- 
bardelli, h. Utto, Pellegrino Tibaldi, 
llHiiam. etc. — On remarquera une 
Nadone i'Aadr. del Sarlo; une sainte 
Famille de Schidone (attribuiie i C«r- 
Tégt\ etc. — Dans le Eiptist^be, un 
trâ-4>el outrage rn Lronie, mvTib. Ver- 
lelliet G. B. Vilati. 

li Santa Casa, située sous la coupole, 
■ 10 met. 6U cent, de long., i ni6t. 3Gdc 
large, et met. 21 de liant; elle Cïl 
bâtie ca bri<|ues. Dans une niche est pla- 
cée la statue de la Vierge, vdtue d'une 
robe magnifique, couverte d'or et de 
pierreries; elle est en bois de cèdre, et 
on prétend qu'elle a Été sculptée pnr 
saint Luc, quoique cet évangéliste ne Tilt 
pu Fculpléur. Au-de«{ous est U cbenii- 
née de la maison, et, ilnns une cavité 
in mur, le plat dans lequel Harie innn- 
pcût, et DÛ Von dépa<e maintcnanl les 
«tijeli que l'on veut faire bénir, tels que 
cfaapeltfi, roraires, etc. 

Le pifé de marbre qui est alentour est 
unÉ par les genoui des innombrables pè- 
lerini qui sont tenusfaire leurs diivotiuns 
di'taDt l'iulcl de la Vierge. Les pélrrins 
le rasKmblent en grandes compagnies, 
ayipl chacune Inur bannière el b'urs pré- 
(ret. Lai offrandes de chacun, suivant ses 
facalléi, grusiissenl incesEaninicnl lelré- 
loT de t«relte, qu'un grand nombre rie 



souverains ont contribué ii enricbir. Le 
pape Pic VI le dépouilla pour payer aux 
Français la fomme convenue par le traité 
de Tolentino de 17D7, l^lle paix ayant 
été de courte durée, les Français prirent 
Lorelte en 1798, et transportèrent en 
France la statue de la Vierge, qui fut 



u cabinet des médailles de la Êi- 



bliotlièque 



passage, c _ 

Ici dont il fut préservé au siège de la 
Hirandole, place défendue par un Trivulce 
contre le pape septuagénaire, qui montait 
sur la br£êhe l'épée a la main. Le roi de 
Saie, en 1830, y laissa son habit, sa 
veste et sa culotte couleur de chair. Juste 
Lipse y avait consacré sa plume, 

. En face de l'église de 1» HadoDC dg 
Lorellc est une plac£ décorée de por- 
tiques et d'unefonlaine, dont le bassin 
est en marbre avei: des omeiiients da . 
bronze, — Sur cette pluccestje: 
Palizzo Apostouco — ou du gou- 
rneur. Ce beau palais a été dessine 
par firammife. Otiy voilauclquesbon- 
nes peintures : Titien, la Femme adul- 
tère; Amtil'al Carracke. Hallvitc do 
la Vierge; Simon Yotiet, Cène; 
Guerchin, Déposition; Schidone, S" 

La Phàrhacie — possède une pré- 
:use collection do plus de SOO vuses 
de faïence, peints d'après les dessins 
do Uaphaël, de Michel-Ange, de Ju- 
les Romaiit (sujets tires de la Bible, 
de la mylhol^ie et de l'histoire), lli 
ont éléeiéculcs par OrasAo Fottlana 
(Unu), et Bail. Franco, (b furent 
donnés par Fr. Uaria 11, duc d'IIÂin. 
Kn sortant de Lorcto pour aller à 
iligiio, on laisse derrière soi i'Adria- 
liquoion aperçoit ïquelque distance 
l'aqueduc construit par l'an! V pour . 
aliinentci' les fontaines de la viHo. 
Après avoir franchi quelques maine- 
' is, on arriie à: 

Kecanati, — &000 hab.; commune 
de 1 S Sbû Sioes , çetiU Vv\\é »&>Ù£ «u 
une crcteloa^OQ a^.cVTaxV&idL'c^Xock'k 



30 



une belle vue. — Eglises gothiques. 
Grande rue, traversée par la route 
postale ; elle of&e quelques palais re> 
marquables. 

Entre Recanati et Macerata, la cam- 

nagne est d'une admirable fertilité. 

71 passe à Sahbugbetto ; on remonte 

Ïiendant quelque temps la vallée de 
a Potenza, puis, quittant la roule 
directe qui continue à la suivre jusqu'à 
San Severino (F. plus bas), on en 
prend une à g., qui monte vers Macc- 
rata ; au pied de la colline eue longe 
les ruines d'Helvia Uicina, ville et 
amphithéâtre bâtis par Septime Sé- 
vère. 

Mâcerata, — commune de 19600 
hab. (Hôtels, : Pace ; Posta ; Albergo di 
Monachesc.) Située sur une hauteur 
qui sépare la vallée de la Potenza, de 
celle arrosée par le Chienti. Vue sur 
ÏAdriatique et sur les Apennins. La 
ville est assez bien bâtie. La cathédrale 
possède une Madone attribuée au Pé- 
rugin. A San Giovanni, on voit une 
Assomption de Lan franc, — Théâtre, 
bel édifice situé sur la grande place. 

— Le palais Compagnon!, renferme 
une bibliothèque, un cabinet d'anti- 
quités et d'inscriptions et des frag- 
ments provenant dllelvia Ricina. — 
Une Université. — Bibliothèque de 
30000 vol. 

La contrée des Marches qu'on tra- 
verse ici est des plus fertiles ; elle est 
formée, comme une grande partie des 
Apennins, d'argiles feuilletées profon- 
dement découpées par de nombreux 
cours d'eau. 

ToLENTiNo, — commune de 10800 
hab. (//(J^W: la Corona.), bâtie sur une 
petite éminence, âlariveg. du Chienti. 

— La cathédrale, dédiée à SanNiccolo 
diTolentino, a entre autres peintures 
des fresques (restaurées) des frères da 
San Severino (V. Urbin, p. 20); sur 
le flanc de la cathédrale, servant de 
passage à la sacristie, pièce carrée et 
voûtée, dont les murs et la voûte 
sontcou verts de fresques. — Le nom de 
ToJentino rappelle le traité célèbre du 



ROUIE 126. — Dr'ANCOMQ A FÔLIGNO. 

19 février 1797, par lequel le pape' 
cédait à la France Avignon, Bologne, 
Ferrare, Ancône, la Romagne, payait 
50 millions et livrait des objets d'art 
précieux. 

Près de Tolentino on passe sur le 
théâtre d'un des derniers combats (2 
et 5 mai 1815) livrés par Murât aux 
Autrichiens; il y fut battu malgré ses 
efforts de bravoure et ses habiles dis- 
positions pour réparer les fautes de ses 
lieutenants, et suppléer à la faiblesse 
de ses troupes. 



N. B. — De Tolentino à Foligno il y a 
une très-rude journée pour les chevaux si 
l'on fait la route en voiturin. 

On peut aller de Tolentino par une 
route montagneuse (1 poste 1/4) à 
San Severino (comm. de 14500 hab.), 
petite ville . industrielle, située sur la 
Polenxu. Elle a une grande place en- 
tourée de portiques, La vieille ville 
(Castelto) et la vieille cathédrale sont 
sur la hauteur. Les églises contiennent 
quelques peintures mtéressantes : la 
vieille Cathédrale, un retable dé Nie- 
colb da Foligno. La nouvelle (dans le 
iorgo), une charmante Madone de 
Pintitrieckio ; San Lorenzo, une Na- 
tivité de Lorenzo da San Severino^ 
— Mines de charbon de terre dans le 
voisinage. 

De San Severino on peut, en conti- 
nuant à remonter la vallée de la Po- 
tenza jusqu'à Castel-Raimondo, et de 
là prenant la route qui va au N. 0., 
gagner (environ 15 kil.) la petite ville 
de Watelica (12 kil. de Fabriano), 
commune de 8000 âmes (auberge : 
Testa diFerro). L'église San Francesco 
a des peintures remarquables : Madono 
et Samts, retable de Melozzo de Forli, 
un autre beau tableau de retable est 
d'Emebîo de Pérouse (1512). [Une 
belle peinture de Cinvellif Madone et 
Saints, a été transportée en Angle* 
terre. (Perseverenza, journal du 5 jan- 
vier 1857.)] 



Marches. 



ROUTE 127. -r- DE FLORENCE A PÉROUSE. 



5i 



Après Tolcntiao la route, continuant 
h remonter le long du Chienii, dans 
une riche contrée, s'engage de plus 
en plus dans les Apennins, aux som- 
mets couverts de neige jusauau com- 
mencement de Tété. — Elle passe à 
Belforte, pittoresquement assis au- 
dessous d'un vieux château fort, au 
confluent d'une rivière sur laquelle a 
été jeté un beau pont d'une seule 
arche. 

Valcimara, — village situé dans une 
vallée couverte de superbes chênes. 

Au delà de Valcimara, le paysage 
devient plus âpre et moins fertile. La 
route suit toujours le Chienti. On 
continue à monter jusqu'au passage 
étroit de Serravalle. 

A Ponte della Trave, — qu'on 
trouve entre Valcimara et Serravalle, 
on laisse à peu de distance sur la dr. 
la petite ville de Camerino, antique Ga- 
merinum,^ située sur une montagne. — 
A MucciA (auberge : il Leone, assez 
bonne pour ce pays aride et peu fré- 
quenté). 

Serravalle, — 2700 hab., petite 
ville qui sépare la Marche d'Âncônede 
rOmbrie, resserrée entre deux mon- 
tagnes distantes Tune de l'autre d'un 
peu plus de 500 met., et commandée 
pur les ruines d'un château fort du 
moyen âge, sur lequel vient s'appuyer 
un mur qui coupe le défilé, comme 
cela a lieu du côté de Foligno. 

On traverse une espèce de bassin 
dont le centre est occupé par un étang 
marécageux, donnant naissance à la 
vallée du Chienti. Puis, la route, gra- 
vissant la montagne, atteint le col 
del'Apennin, dont les sommets déserts 
sont tristes et monotones. Le village 
de Colfiorito donne son nom au pas- 
sage {passo di Colfiorito), altitude en- 
viron 900 met.; le chemin est creusé 
dans le rocher. Ce passage élevé est 
quelquefois impraticable pendant l'hi- 
ver, à cause de la neige. On descend 
ensuite à : 

Case Muove, — hameau situé dans 
un terrain stérile. La route étroite 



descend sur Foligno par une pente 
a^sez rapide ; la gorge boisée qu'elle 
traverse est coupée par un nmr en 
ruine qui devait autrefois fermer le 
défilé. — A la descente de l'Apennin 
on découvre une très-belle vue sur le 
fertile et beau bassin où est assis Fo- 
ligno. 
Foligno — (F. p. 50). 

Hc Foligno àPérouseel à Rome{R. 150). 



ROUTE 127. 

DE FLORENCE A PÉROUSE 

Pour la première parlie de la route {V, les 
roules suivanles). 

Environ 90 kil. d«î Florence à Arozzo 
(tome 1", R. 112). — 50 kil. d'Arezzo àCor- 
lone (torao l", R. 115). 

Magione (3* cheval). ....... 1 

l'ÉROusK (5* chenal) 1 1/î 

La route entre Cortone et Pérousè 
est agréable et Irès-varice en points do 
vue. Les chênes abondent. Les collines 
sont couvertes d'oliviers. 

En partant du pied de Gortona (de 
Camuscia, t. 1", p. 585), une voiture 
atteint en 50 min. le village d'OssAJA, 
nom provenant, non des ossements des 
Romains, car on n*y a pas trouvé d'os- 
sements et la bataille de Trasimènc 
s'est livrée de l'autre côté de la col- 
line, mais plus probablement d'orsa, 
ourse) c'est là qu'était naguère la fron- 
tière entre la Toscane et les Etals de 
l'Eglise). — La route gravit la petite 
chaîne basse de la Spelwica; on a une 
belle vue sur la vallée de la Chiana et 
le lac de Trasimène. — A 7 kil. d'Os- 
saja est Monte Gualandho (où était au- 
paravant la douane papale) : 

Case del Piano — (Auberge : 1» 
Poste). — On côtoie les bords pitto- 
resques du lac de Trasimène jusqu'à 
Passignano, où les voiturins s'arrê- 
tent ordinairement le second jour en 
venant de Florence. — On monte eu 
suite jusqu'à laîil^Çj\ow<i, ^ wx\^^^>i^«s^ 
descend au S. ^. -s^x^Vêcw^fc. 



52 



ROUTFS 127. — I»E FLORENCE A P^.ROT». 



Lac de TnA.-iMÈNK — (Trasyinenc, lago 
(H Vvruiiia, — 1*2 kil. 0. ih« P^mibc ; ^.'l^s 
('cniilciiicnt vi^il»l(^ 11 a 12 kil. du S'. (). 
nu S. K.,i'l i^ kil. *>00(lans sa plusjrnindc 
lai'gt'ui*. Tout autour smuiI des éniiiieiiccs 
couvertes de ihènes et «le pins, et des 
plantations d'oliviers descendent jusque 
surses iKuds. Le lae est très-iioisifonnfux : 
la pcVlie est louée iUOO stiuli . Le niveau 
des ciuix s'élève d'une niunière trè:i-innr- 
quée. On a cidculé qu'en le dt.'sst'chant ; 
l'étendue du lac, rendue iî la culture, 

ÎQurrait produire annuellenieni environ 
20 000 scudi. (COôOOOtv;. —Au >'. 
sont les deux ile» Maggiore (uù est un 
couvent] et Mim-re. et au S. E. celle de 
Polvese. 

Ce lac est très-célèbre |Kir la victoire 
qu'Anniiial y remporta sur le consul Fla- 
minius, ran"217 avanlJ. C. 

a On ne peut se méprendre sur le lieu 
de la Ixitaille de Trasiniène. Kn se ren- 
dant de Cortona à Case di Piano, on a, 
I>endant les deux ou trois premiers milles, 
autour de soi, les plaines qu'Annilnd ra- 
vagea afm d'engager le consul Flaniinius 
à sortir d'Arezzo. A g. et en face se trouve 
une chaîne de C(dlines se dirigeant en 
pente vers le lac, « montes Cortonenses ^ 
de Titc Live (la Gualandra). Plus loin, 
on aperçoit le lac en bas, sur la dr., 
ainsi que Borglietto, tour ronde dans un 
terrain étroit et marécageux, entre le lac 
et les collines, en partie couvertes de bois, 
a travers lesquelles tourne la route- [Ce 
terrain marécageux l'orme une sorte de 
défilé, qui commence un peu au delà de 
la tour isolée près du lac] C'est au milieu 
de ces éminences lM)isées qu'Annibal plaça 
sa cavalerie, entre le lac et la route ac- 
tuelle. Arrivé au plus haut jxjint de la 
route, le voyageur découvre en partie la 
plaine fatale, qui s'ouvre tout entière à 
ses regards, quand il descend la Gua- 
landra. Il se trouve bientôt dans une 
vnllée fermée à dr., en face et par der- 
rière, qui semble un emplacement fait 
exprès p )ur un piège, a locus insidiis 
natus.» [La liataille dut avoir lieu, ce 
nous scmhlc, dans l'endroit, où, après le 
défilé, les collines, se reculant à g., lais- 
sent un vaste espace, aujourd'hui couvert 
de chênes et de cultures, qui s'étend ius- 

S|u'au lac. C'est sur les collmes de la Gua- 
andrOj formant un demi-cercle à g., 
que se trouve le village de Sanglixrtto, 
et un peu plus sur la dr., celui de 
TuoRO, sur une colline couverte d'oliviers. 



1^ ruule franchit le petit ruiuoau ntums 
iné SaiiguincttnJ. 

« Flaniinius atteignit le lac pr6s de Bor- 
glietto au coucher du soleil, et, mi» en- 
voyer quelques (''claii'curs en a\'ant, il 
s'engagea dans le défilé le lendemain ma- 
tin avant le jour, de sorte qu'il n'aperçât 
[MIS la cavalerie vi les troupes légères 
oui l'environnaient, et ne vit que let 
6irthaginois {lesaumnent armés en fiïce 
de lui .*(ur la hautcurdeTorre [sans doute: 
Tuoro]. Pendant qu'il étendait son année 
dans la plaine, la cavalerie en embuscade 
orcuiMi derrière lui le passage de Bor- 
ghetto. Ainsi les Romains furent com- 
ulétement cernés, ayant à dr. le lac, en 
front le gros de l'armée ennemie, k g. les 
collines de la Gualandra , pleines de 
Iroupes li''gèrcs, et sur leurs derrières la 
cavalerie coupant la retraite. Un brouil- 
lanl s'élevant du lac couvrit alors toute 
l'armée du consul. Les hauteurs, auem- 
traire, étaient éclairées par le soleil le- 
vant et les différents corps pUcés en em- 
buscade reganlaient la liauteur de Torre 
jTuoroJ iM»ur cona'rtcr leurs attaques. 
Annibal donna le signal et descendit de 
sii position élevée. Au niômc moment et 
de toutes les éminences qui dominaient 
l'armée romaine, ses troupes se précipi- 
tèrent dans la pLiine. Les Romains qui 
formaient leurs rangs au milieu da 
brouillard, entendirent tout k coup les 
cris de l'ennemi retentir de l'un et de 
l'autn? colé, et, avant de pouvoir se met- 
tre en ordre de bataille, sentirent qu'ils 
étaient environnés et i^erdus. 

a Deux i>etits ruisseaux coulent de 11 
Gualandra dans le lac: le premier envi- 
ron un mille après ôtre descendu dans la 
plaine; le second, environ un quart de 
mille plus loin, est appelé le Soagui- 
nelto [liuisseau sanglatU]^ et lesnaysans 
montrent, sur la g., entre le Sangui' 
netto et les collines, une place déoon- 
vert(^ qui fut, disent-ils, le théfttre 
principal du carnage. — Les Romains 
combattirent en désespérés pendant trois 
heures, mais la mort de Flaminius fut lo 
signal d'une déroute générale. La cava- 
lerie carthaginoise fondit alors sur les 
fuyards, et le lac, le marais de Bor- 
chetto, la plaine du Sanguinetlo, furent 
joncliés de m rts. Près de quelques vieux 
nnirs, sur une éniinence è g. du ruissean/ 
on a souvent trouvé des os humains, et 
ceci a confii'mé le nom du ruisseau de 
Sang. — Près dn lac de Tniimiua 



Ombric. 



r.OLTE 127. — PKROUSE. 



55 



la tradition est encore fidèle à la rc- 
nomini'c d'un ennemi : Annibal Je Car- 
thaginois est le seul nom ancien dont on 
ait çardé le souvenir sur les bords du 
lac de Pérouse; Flaminius est inconnu; 
mais les postillons de cette roule ont été 
instruits à montrer le lieu même où 41 
console romano lut tué. » (Extrait d'une 
note de J. Hobhouse, sur le chant lY de 
Child Uarold.) 

Quelque temps après avoir traversé 
le ruisseau de Sanguinetto on arrive 
à Passignano, situé au bord du lac ; où 
les voiturins s'arrêtent ordinairement 
le second jour en venant de Florence. 
On côtoie le lac pendant quelque 
temps. A LA TouRETTA, petit village au 
bout du lac; la roule séloigne du bord 
du lac et commence à monter à Ira- 
vers des chênes. Elle passe au-dessous 
d'un autre petit village et d'un vieux 
château, nommé Mo;<te Colognola. Un 
peu plus loin elle laisse a dr. une vieille 
tourcîîrrée, isolée et nienaçante ruine, 
torre délia Magione; ])uis elle tra- 
verse le village de Magione (commune 
de 6000 âmes), situe sur une hauteur. 

Au delà de Magione la route tra- 
verse une vallée comprise entre une 
suite de collines accidentées. 

Ce n'est que lorsqu'on est près de 
Pcrouse, qu'on commence à apercevoir 
cette ville formant une ligne étendue | 



sur une hauteur. La montée est lon- 
gue, et offre de beaux points de vue. 

PÉR0U8E 

Péroose * — [Perugia, Perugium, 
Perusia), commune de 41 850 hab. 

[Hôtels: la Poste ou la Grande-Bre- 
lagne (le meilleur de la ville), corso n" 21 ; 
hôtel de France, actuellement de l'Espé- 
rance, près de Sant' Ercolano, 45 ; Co- 
rona, via Nuova, 19. — Ristoratore ita- 
liano, via dclla Cupa, 7; — Ristoratore 
al caflè del commcrcio, via Nuova, 31). 

Giovanni Sca'chi est un guide instruit 
que nous recommandons. 

Pérouse, — capitale de l'Ombrie, 
située à la dr. du Tibre, présente un 
périmètre Irès-irréguiier et s'étend en 
longueur sur le sommet d'une collme, 
élevée de 500 met., dont les hauteurs 
inégales multiplient les pentes à gra- 
vir et à descendre. La principale rue 
(Corso) y quoique courte et malgré l'i- 
négalité des édifices qui la bordent, a 
un air de grande cité. La hauteur de 
certaines constructions, l'âpreté d'as- 
pect, la sombre couleur des pierres, la 
rudesse extérieure des églises, qui 
presque toutes manquent de façade 
termmée, donnent un caractère sé- 
vère et négligé à la ville. 



Histoire. — Perusia (en étrusque ; Apentse) était une des plus antiques et 
Tune des douze principales villes de TÉtrurie. Pendant les guerres puniques, elle 
resta fidèle à l'alliance romaine. Elle fut vaincue par Rome l'an 459. Octave y as- 
siégea le frère d'Antoine ; la ville, prise, fut pillée et incendiée. Sa vengeance 
s'exerça sur la plupart des habitants. A ceux qui imploraient son pardon ou ten- 
taient de s'excuser il n'avait qu'une seule^ réponse : a 11 faut mourir. » Parmi ceux 
qui se rendirent, il choisit quatre cents des deux ordres de l'État, et, le jour des 
ides de mars, il les fit immoler à la manière des victimes, devant un autel élevé à 
Jules César. Leurs biens, confisqués, payèrent le dévouement de ses vétérans. De- 
venu empereur sous le nom d'Auguste, il rebâtit Pérouse, mais il ne put effacer la 



* G. BsU. Vcrmiglioli: plusieurs ouvrages sur les anliqaivA» èVtVACvvyeb «X ^«&TAfce(&wA«^ 
sur Pinliirriccliio et Pérugin. 



34 ROUTE !27. — PÉROUSE. — HISTOIRE DE L*ART. 

tache de sang qui souille sa méuioire. Vers 548, Totila, roi des Golhs, la piit après 
un siège de sept an?» la dévasta et fit décapiter son évoque Ercolano. Après diverses 
ibrlune<:, Charlcmagne mit Pérouse sous le patronage de la papaulé. Au moyen 
âge, la commune do Pérouse so rangea dans le parti guelfe ; elle eut cependant h 
lutter contre la domination papale et contre plusieurs villes voisines. Elle se révolta 
plusieurs fois à cause des impôts auxquels voulait la soumeltre la papauté. Â la suite 
de discordes intestines entre les nobles et le parti populaire, elle subit successive- 
ment diverses dominations. En 1416, elle tomba au pouvoir de Braccioda Montone, 
surnomme Fortebraccio, qui la gouverna avec sagesse. A sa mort, Pérouse perdit 
son ciistence politique et retourna sous la domination de l'Église; elle fut gouver- 
née, sous l'autorité des papes, par les Baglioni, qui provoquèrent des collisions dans 
la ville. 

Paul II r, entraîné à de grandes dépenses pour soutenir le faste de sa famille 
(Farnèse], greva les États de TÉglise d'un imiiôt extraordinaire sur le sel (sub 
pœna rebellionis, confiscationis bonorum). Pérouse s'étant révoltée, il lui relira 
ce qui restait encore de ses anciennes institutions et fit construire une citadelle 
pour maintenir son obéissance [comme portait Tinscription, enlevée en 1798: 
a Bonorum quieti, improborum fneno, arcem banc mira celeritate munivit. » En 
1553, Jules III la réintégra dans ses droits municipaux^ et Pérouse reconnais- 
sante lui éleva une statue (p. 37); toutefois, le conseil des six cents citoyens ne fut 
pas rétabli; en 1591, il fut réduit à quarante membres, et bientôt il tomlM en 
désuétude. 

Histoir« de l'art. — Pérouse occupe une place importante dans l'histoire de 
l'art, comme centre de Vécole d'Ombrie, dénomination employée pour la première 
fois par Rumohr (Italienische Forschungen, Berlin, 1827-31), et aujourd'hui géné- 
ralement admise. Il ne faut pas la restreindre toutefois d'une manière trop absolue 
à la circonscription de l'ancienne Ombrie. La tendance idéale de cette école, le 
charme intime, l'expression douce et tendre qui s'y révèle, forment un ensemble de 
qualités spéciales qui lui méritait une place à part dans l'histoire de l'art. Lan», 
l'historien de la peinture en Italie, la confond avec l'école romaine. 

La vallée retirée du Tibre supérieur fut, au moyen âge, le berceau d'une fsi 
ardente et enthousiaste ; c'est là que vécut S* François d'Assise. Les sentiments re- 
ligieux inspirés par le sanctuaire d'Airsise semblent avoir étendu leur influence sur 
les peintres de la contrée. A côté de l'école naturaliste de Florence, qui, sous Xm^ 
spiralion de l'antiquité, divinisait la forme, une autre école vivait, on pourrait dire 
priait en Ombrie, iilledc l'école de Sienne et des miniaturistes du xiv« siècle. Elle 
alliait* à la grâce de l'une les tendances spiritualistes des autres et conservait pures 
les traditions du style pieux, sans les laisser altérer au contact des idées antiques et 
païennes, alors dominantes, et tout en adoptant cependant les progrès que la pein- 
ture avait faits dans Texécution pratique. Elle se distingua plus par le sentiment que 
par le style ou le mode d'exécution. Le portrait, qui a fait irruption dans les pein- 
tures religieuses des artbtes florentins, semble n'avoir point existé pour l'école om- 
brienne. Elle subit diverses influences : les plus anciennes viennent des peintres 
siennois qui cherchèrent un asile à Pérouse pendant les troubles de leur patrie. 
Dans les dernières années du xiv" siècle, Taddeo di Bartolo (1363-1488), de 
Sienne, appelé à Pérouse, peignit dans l'église de S*-Dominique la vie de S'* Ctthe- 



- nOlTE 127. — PÉROUSE. — HISTOIRE DE l'aRT. 55 

rinc. C'était un peintre qui cherchait à conserver dans ses ouvrages le caractère li- 
turgique. Frà Angelico déposa dans le couvent de S'-Domi nique une des plus suaves 
productions de son pinceau. Des influences analogues vinrent de Gubbio par Gentiie 
da Fabriano (•{•vers 1450), dont les gracieux ouvrages, si peu épargnés par le 
temps, «citèrent un tel enthousiasme parmi ses contemporains. — Benedetto Buonfi- 
gliû} un des peintres do Pérouse, « paraît avoir été guidé par Benozzo Gozzoli, lorè- 
quc ce grand peintre florentin peignait encore dans la manière de Frà Angelico. » 
Son imagination parait, du reste, avoir été peu familiarisée avec l'idéalisme de l'é- 
cole Ombrienne. A la même époque (xv* siècle), il faut citer Fiorenzo di Ijorenzo 
et i on contemporain Niccold Alunno di Fuligno, qui a le mérite d'avoir commu- 
niqué à Técole Ombrienne la tendance dominante qui la caractérise ; il eut l'art de 
donner a ses figures une expression plus naïve et pliis attachante que ne l'avaient 
fait ses prédécesseurs. Ces qualités furent surtout développées par le Pérugin. On 
ne sait pas quel fut son maître. 

Pérugin — Pietro Vanucci, de Castcllo délia Pieve, 14i6-1524) est le prince de 
l'école Ombrienne. Comme Mantegna, comme Bellini, comme Francia, c'est un de 
ces peintres placés à l'apogée des écoles primitives, qui les résument et les com- 
plètent, mais dont la gloire n'a pas tout l'éclat qu'elle devrait avoir, parce qu'elle 
est bientôt éclipsée par Téclat supérieur de l'époque qui leur succède immédiate- 
ment, et où l'art, se débarrassant complètement des formes archaïques qui le rete- 
naient encore, puise à une source plus féconde des inspirations plus libres et acquiert 
son plus haut développement. Les compositions du Pérugin manquent de variété ; 
sa manière conserve la sécheresse des écoles primitives, mais il communique une 
grâce mystique-à l'expression de ses têtes. Dans les derniers temps de sa vie, tra- 
vaillant principalement pour le gain, il répéta uniformément les mêmes composi* 
lions exécutées d'une manière mécanique avec l'aide des nombreux élèves qu'il 
forma. On croit qu'il mourut de la peste, qui sévissait cruellement à Pérouse. Ce 
peintre de sujets religieux aurait été athée, s'il faut en croire Yasari, malintentionné 
d'ailleurs, et épousant les ressentiments de Michel-Ange, qui, un jour, dit publi- 
quement à Pérugin qu'il n'entendait rien à l'art (eragoffonell'arte), injure pour la- 
quelle Pérugin appela Michel- Ange devant les magistrats. (Non se glipotè mai fer cre- 
dere Timmortalità dell' anima. Con... suo cervelle di porfido, ostinatissimamente ri- 
cusô ogni buona vita. Aveva ogni sua speranza ne' béni dellafortuna.) La fin de la vie 
de Pérugin seulement parait justifier cette accusation. Il refusa de se confesser au 
lit de mort, disant qu'il était curieux de voir ce que devenait une âme partie pour 
l'autre monde sans confession. Au Pérugin appartient la gloire d'avoir formé Ra- 
phaël, qui n'est d'abord que son imitateur. — Un des premiers peintres dô l'école 
Ombrienne est, avec Pérugin, Bernardino di Betto, de Pérouse, connu sous le 
nom de Pinturicchio, son contemporain et son imitateur (1454-1513). C'est par 
erreur sans doute que Yasari dit qu'il fut l'élève du Pérugin, né seulement huit ans 
avant lui. Pinluricchio fut le peintre d'histoire de l'école d'Ombrie. dSa trop grande 
Tacilité qui lui fit donner le surnom de Pinturicchio, dégénéra en négligence et 
linil par gâter ses ouvrages. 9 — Andréa Luigi^ dit VlngegnOy e.t un autre nom ce-: 
Icbre i celte époque. Il fut, ainsi que Pinturicchio, élève deNiccolè Aluimo plutôt 
que du Pérugin. Le baron de Rumohr a fait justice des erreurs sSl de& Vm^^'^'^^ 
rhfoDoîogiques négligemment accumulées par Yastri «ut \«eoin\iVA ^«V\ii^^^?^*^ 



56 ROUTE 127. — PÉAOUSE. 

ne devint pas aveugle dans sa jeunesse, mab il remplit plusieurs fonctions civiles 
qui probablement le détournèrent de la peinture. — Parmi les élèves ou imitatcon 
du Pérugin, on compte : Giovanni lo Spagna, dont les œuvres (ti^rarcs) sont t\ 
suaves et si soignées, que l'œil le plus exercé est exposé à les confondre avec cellef 
de Pinluricchio, son condisciple, de Pérugin et de Raphaël lui-m(^mc. [r. Florence: 
Cenacolo, p. 510), Giannicola; Tiberio d'Assisi; Eusebio San Giorgio j Domeniéo di 
Paris, Alfani et son fils Orazio AlfatU, Girolamo Genga, Adone Dont, — On range 
aussi dans l'école Ombrienne Giovanni Santi, père de Raphaël, d'un style simple 
et sérieux, qui sut rendre avec charme les tôtcs d'enfants; pour la forme, il se rap- 
proche de la manière de Mantegna, et il dut, dans cette direction, subir l'influence 
de son ami Melozzo di Forli, élève enthousiaste de Mantegna. Malgré cette tendance 
naturaliste, un certain sentiment mystique se trahit plus tard dans les têtes de quel- 
ques-unes de ses madones. — Enlin quelques-uns i-angent égalenfent dans Técole 
d'Ombric Francesco Raibolini de Bologne, surnommé Francia, à cause de Paf- 
Hnité de la manière de certains de ses ouvrages avec ceux du Pérugin. Ce rappro- 
chement, bien que fondé sur une analogie de style, ne doit pas aller jusqu'à absorber 
Francla et à en faire un satellite secondaire ; il faut réserver une place à ce grand 
artiste, qui, à l'égal du Pérugin, est une plus haute et dernière expression des 
écoles de peinture primitives. 

Le grand élève du Pérugin, l'ange de l'école Onibri nne, est Raphaël, qui neiait 
que la traverser, heureux génie élevé sous les auspices et dans l'amour de l'ancienne 
loi et qui en sort pour révéler au monde, dans toute sa splendeur, une esthétique 
nouvelle. Raphaël est le fondateur de I'école romaine. Un autre point de vue, une 
autre conception idéale la dirige, a Quel chc muovc la Roniana ail' ira, muove la 
Perugincse al piaiilo. 9 

Itinëhaiue dans PénousE. — La disposition irrégulicre de cette ville, en rend, comme 
cc!a a lieu pour Sienne, la visile compliquée et difliciie. Pour épargner dos contre- 
marches et des perles do temps au\ voyageurs, nous leur traçons ici un plan d'itinéraire : 
En sortant de l'Albergo délia Posta, dans le Corso: à dr., Palais Ualdesdii ; — ù g., salle 
dol Cambio ip. 45); — l'alozzo Comunale (p. 44 ; — Place du Dôme, fontaine (p. 37); -- 
Calliédrale (p. o7); -^ Vis-à^vis de la cathédrale, Palais f.onostabile (p. 44); — Porta del 
Sole; Panorama des Apennins; — ( asa Sorbcllo (p. 44); — Eglise San Scvcro (p. 43); 

— San Simone del Cartrtine (p. 43); — San Benedetto (p. 59); — Madonna dl Monte Lncc 
(p. 42); — San Tommaso (p. 45); — Arco d'Auguslo (p- 56); — Sant' Agostino (p. 39); — 
Saut' Angelo (p. 59); — Santa AgnobC (p. 39); — San Francesco del Monte (p. 41). — En 
revenant sur ses pas : Université (p. 45); — Aqueduc — San Francesco de* Conventual: 
(j>, .{{)• — Palazzo degli Oddi; — San Marlino in Yerzaro (p. 42); — Santa Giuliana (p. 42); 

— San Pietro Martire (p. 45); — i^an Domeuico (p. 40); — San Girolamo (p. 41); — Sai 
Piclro de' f.assinensi (lior.-» les murs) (p. 4*2); — Promenade du Frontonc (p. 45). — Ei 
revenant: Sant' Ercolano (p. 41); — Porta Marzia (p. 37); — Arco délia Mandola; Piaia 
del Sopra Muro (p. 57 et Plan, dans Tan^jlo supérieur et ccniral du carré Dt) 



Antâquîtéf. — Des I of tions de 
murs antiques et les fondations de 
pitisicurs portes sont de construction 



étrusque 1 La pins belle de ces portes 
antiques est celle de : 
L'Arc d'Auguste — (Arco delta via 



Ombrie. 



ROUTÉ 12.7. — pénçusË. 



57 



Vecchia (au N. de la cathédrale. — 
Pi. 20 A) ; attribué également aux 
Etrusques, mais portant des inscri- 
ptions postérieures : âygvsta Pervsia 
et Colon. ViB. On peut encore y recon- 
naître les traces de Tinccndie anté- 
rieures à la reconstruction de la cite 
autorisée par Auguste. Les pierres (tra- 
vertin), dTégal volume, sont par assises 
régulières. 

roRTA Marzïa . — Les restes de cette 
construction dite étrusque (?) ont été, 
ainsi que quelques sculptures, conscp- 
Ycs par San Gaîlo et adaptés aux murs 
extérieurs de la citadelle Pauline. 

Au village dehCommenda (hSkil., 
sur la route de Florence) est un tom- 
beau étrusque, célèbre sous le nom de 
Tempio di S. Manno. 

Une Nécropole a été découverte en 
1840 sur la nouvelle route de Rome, 
i kil. environ avant le pont de San 
Giovanni (V. p. 46). 10 chambres 
contenant les tombeaux des Volumnii 
(Velimnas), mises au jour par les soins 
du professeur d'antiquités, il cav. Ver- 
miglioli, quoiqu'on les rapporte au 
VI* siècle de Rome, ne le cèdent en in- 
térêt à aucune des chambres sépul- 
crales découvertes en Etrurie. Ce tom- 
beau a été conservé dans Tétat où il 
avait été trouvé, mais beaucoup d'ob- 
jets.ont été transportés et sont visibles 
dans la villa du comte Baglioni. — 
D'autres tombeaux de différentes fa- 
milles (Pumpuni, Pomponius ; Ceisij 
Ca?sius; Cosnij Caesina; Vipit Vibius) 



Aigles ; Chiite de l'homme ; son Ex- 
pulsion du Paradis ; Samson ; David et 
Goliath; Jean; Romulus et Remus; 
fables de la Grue, du Loup et de TA- 
gneau. — il*. 2 4 statuettes: S* Pierre; 
TEfflise; Rome; S' Paul et autres Saints; 
la Fertilité ; TAbondance ; la Nymphe 
du lac de Trasimène ; Pérouse avec ses 
corps de métiers. — IIP. La grande 
conque d'airain. Sur l'autorité de Va- 
sari, cette fontaine était attribuée au 
seul Giovanni dePise; mais il résulte 
de recherches nouvelles que Niccolà 
de Pise ei-Arnolfo di Lapo y ont aussi 
travaillé. Il est difficile de fixer la part 
qui revient à chacun. On pense xpic 
les 24 figures adossées aux pilastres 
I de la 2" vasque en marbre sont de Nie- 
colôf et les 25 têtes, autour de la I", 
en marbre également. La vasque su- 
périeure, en bronze, fut exécutée en 
1277 par un certain maitre Rosso, in- 
connu d'ailleurs. (V. le Sculture di 
Nie. et Giov. da Pisa e di Arnolfo Fio- 
ventinOfChe omano la fontana mag- 
giore di Pervgia, descritte daG. Baït. 
Vermiglioli : Perugia, 1854; in-4'* 
con80 tavole in rame.) 

PlAZZA DEL SOPRAMURO, — avCC d'c- 

normes substructions qui remplissent 
Tespace entre les deux collines sur 
lesquelles s'élèvent le dôme et la for- 
teresse. 

Cathédrale — (San Lorenzo) (PI. 
1 A). Architecture gothique du xv" 
siècle, remaniée : vitraux ( 1 565) peints 
par frà Brunacci et Constantino di 



entêté successivement découverts, et Rosaro; les sculptures en bois du 
conservés la plupart dans l'état où on chœur ^ont de Giuliano dajfajana 



les avait trouves 

PUOM. — PlAZZA DEL PAPA (prèS 

du Dôme PI. l AB), ornée delà statue 
de Jules 111 (V. p. 54), ouvrage de 
Vincenzio Danti (1555). 

Belle Fontaine — (1274-1280) (sur 
la place du Dôme). Elle a trois bassins 
superposés: l". Les 12 Mois, indiqués 
par les travaux propres h chacun ; le 
Lion, armoiries des Guelfes; le Grif- 



et de Domenico Tasso^ de Florence 
(xv" siècle). 1" chapelle : on devra s'^ar- 
rêter devant une Déposition de croix, 
un des ouvrages les plus estimés de 
Baroccio. La chapelle del SS. Sacra - 
mento est de rarchitectc GcL Alessi. 
Les stucs sont de L. Scalza. A la sa- 
cristie, S*' Pierre et S* Paul, deux pe- 
tites peintures de Giannicola. — Cha- 
pelle del Sauf Anello, à g. de la porto 



foDy de Pérouse; la Rhétorique et au- d'entrée : on y conserve dans uci \^- 
i res al légories scientifiques ; deux I bemacle un ;ii\tvv.'^\]L wi ^^-^X.^ , ^^\ ^^ 



11. 



^'^ 



huEitb 1:27. — PKHovsk. 




Ombrie. 



KOUTE 127. . — PÉROUSE. — éCLlSES. 



to 



a dit être Tanncau de mariage de la 
Vierge, tîette relique passa d'une fa- 
mille juive établie à Rome à une 
église de Chiusi, où on la montrait 4 
fois par an au peuple. Volée par un 
moine, en 1475, elle tomba aans la 
possession de Pérouse. Sienne la ré- 
clama pour Chiusi. Après maintes am- 
bassades repoussées, cette querelle 
fut sur le point de mettre aux prises 
Sienne et Pérouse. 

C'est pour cette chapelle du S*-Aii- 
ncau que fut fait le Spozalizio de Pé- 
rugin (1495) (F. p. t. I", 191) au- 
jourdliui au Musée de Caen. 

N. B. Un assez grand nomhrc de peintures 
d'églues conventuelle:», que nous indiquons 
i la place où nous les avons vues à la lin de 
1862, ont été deiiuis réunies dans Véglise de 
SanDomenico (r. p. 40.) 

Chaire de saikt Berkaroin, — pla- 
cée extérieurement k dr. de la porte. 
Ce saint franciscain, ardent prédica- 
teur, né en 1380, mort en 1444, y 
prêcha en 1 425 

Sglûe*. — 11 n'y a pas moins de 
103 églises à Pérouse, sans compler 
une cinquantaine de monastères. Les 
églises les plus remarquables sont ; 

Sart'âgnese — (couvent) (PL 2 A). 
Dans une chapelle mtérieure, fresque 
du Pérugin, représentant la V., S* 
Antoine (le Padoue et S^ Antoine, al3bé. 
Dans une autre chapelle, le Père éter- 
nel, fresque d'auteur inconnu. — On 
ne peut y entrer qu'avec la permission 
des supérieurs ecclésiastiques. 

Sant' Agostino* — (l'I. 3 B.) possé- 
dait plusieurs ouvrages du Pérugin: 
1'* chapelle à dr., Nativité [la Vierge 
contemplant son flls est d'une piu'elé 
délicieuse; les yeux de l'enfant sont 
d'une douceur angéliquc], et en face, 
l'* chapelle kg., Baptême [peinture 
remarquable et d'une couleur blonde 
comme la précédente]. (Ces deux pein* 
tures étaient d^abord adossées, mais 

* l*re«qiie tous les tableaui de cette ('^lise 
loat aoiourd'bvi transportés à la Pinaco- 
thèqoe (F. p. 40). 



Ile panneau fut divisé en 1683. Elles 
ont été restaurées par le professeur 
Fanlacchiotti de Pérouse. Les petits 
sujets de la prédelle sont dans la sa- 
cristie. A la mort de Pérugin les moi- 
nes devaient encore une c'ertaine 
somme sur cet ouvrage). — Au trans- 
sept de dr., 2 autres tableaux : Dieu le 
Père ; S* Jérôme et la Madeleine ; pa- 
roi g. : Adoration des magesde Dôme- 
nico Alfani (dessinée par le Rosso). 
Au transseptde g., Pérugin, la Y. et 
l'enf. J. sur un nuage, S' Jérôme, S' 
Sébastien, S* Bernardin et S* Thomas; 
Descente du S^-Esprit (1403) de Tàd- 
deo di Bartolo. La marqueterie et les 
bas-reliefs du chœur sont d'Agnolo 
Fiorenlino, sur les dessins du Péru- 
gin. La sacristie a du Pérugin quatre 
petits sujets, très-fatigués et huit têtes 
de saints ; un triptyque de LcUo da 
Velletrij Madone et Saints. — A la 
Confratermtà. m Sam' Agostiko, peiji- 
ture du plafond à'Orazio Alfani, Ga- 
g Hardi Scaramuccia. 

Samt' Akgelo — (PI. 4 A — près la 
porte Sauf Ançelo), église de con- 
struction circulaire que l'on croit avoir 
été bâtie au v*ou vi' siècle, avec des 
matériaux antiques; 16 colonnes à 
l'intérietu*. Portail du xiv" siècle. 

CoiTFRATERMITÀ DE' SaIITI AnDREA E 

Bernardimo, — dite aussi : della Gius-' 
TiziA (sur la même place que S. Fran- 
cesco de' Conventuali). Façade remar- 
quable montrant le passage du gothique 
au slyle classique. Les bas-reliefs, attrir 
hués à tort par Yasari à Agostino della 
Robbia, sont d'Antonio di DucciOf de 
Florence (1461); c'est ce sculpteur qui 
entama maladroitement le marbre dont 
Michel-Ange fit sonDavid (t. l"p. 4o5). 
Un crucifix de Margaritone (1272), 
un S* Bernardin de Bonfiglio, et une 
Madone avec des Saints, du Pérugin 
(peinture ruinée), etc. 

COMFRATERNITÀ DI SaS BeNEDETTO, — 

Setite église à côté de Santa Maria 
uova (PI. 5B) : lableaux de Gtanni- 
cola: Madone ; S' J..Ba.yÂ%X^ ^^ \»^- 
noit ; S* &ébaisl\eT\\ ^^ W\\. 



40 



ROLTE 127. — PÉHOUSB. 



SanDomemico^ — (Via Papale, PI. 
6 D), construite d'abord en slyle go- 
thique par Jean de Pise (iû04); la 
voûte étant tombée en 16 1 4, 1 église fut 
reconstruite en 1G52 par C. MadernOf 
à rcice[)tion d'une vieille chapelle et 
du chœur. Derrière le chœur, verrière 
(la plus grande qui soit en Italie), 
peinte par frà Bartolommeo de Pé- 
rouse (1411). Dans la 4* chapelle à 
dr. , statuettes et ornements en terre 
cuite d'Agostim délia Bobhia (1459). 
Tombeau de Benoit XI, empoisonné à 
rinstigation de Philippe le Bel par les 
cardinaux Orsini et le Moine en 1304), 
un des ouvrages les plus remar- 
quables de la Renaissance, par Jean de 
Pise. (Gicognara dit que ce tombeau 
a de la ressemblance avec celui de 
la reine de Chypre à Assise; que Ya- 
sari attribue à Fuccio.) Adoration des 
liages de Ben. Bonfiglio (et non de 
Gentile da Fabriano, comme le dit Ro- 
sini). Dans la chapelle de Santa Orsola 
(chœur d'hiver), une des premières 

Kcintures de frà Angelico : Madone, S' 
ominique et S* Nicolas; S^ J.-Bap. et 
S'* Catherine. Dans la sacristie, une 
quinzaine de petits panneaux, par />'à 
Angelico ; une Annonciation en 2 pe- 
tits cadres, par Sébastien delPiombo. 
— Le clocher est un des plus hauts de 
r Italie. 

[Pinacothkque. — Depuis notre der- 
nière visite h Pérousc, I'église de San 
DoNERico a été transformée en Pinaco- 
thèque, et Ton a réuni un grand nom- 
bre (le tableaux provenant d'églises con- 
ventuelles. N^us conservons néanmoins 
la description de celte église, telle que 
nous l'avons vue à la fin de 1802; mais 
nous allons donner l'indication des prin- 
cipaux tableaux, indication que nous de- 
vons à une obligeante communication. — 
Dans la grande nef de l'église on a placé 
les beaux tableaux du Pérugin, du Spa- 
gna. Les petits tableaux sont plact'^s au 
tond. 

' L'cgiisc de San Domeiiico a clé Iran -for- 
mée en PiNAGOTHF.tiUE. 



Pérugin : Transfiguration ; Pràdelle 
Vie de S* Jérôme; Madone et dens Saints; 
Annonciation ; Kativité (grand tableau cé- 
lèbre,; Baptême [ce tableau et le préc^ 
dent sont sans doute ceux que nûas 
avons appréciés a ^égH^le Sant' Agfostîno 
(F. p. 59)]; David; Daniel; la V., S» Fran- 
çois et S' Bernardin (tableau votif) ; le 
Christ; le Père étemel; Vierge assise, 
Anges, pénitents ; S* Jérôme dans le dé- 
sert; S^ Jérôme et S'" Madeleine; — 
Prédelles : Prescpio; Annonciation ; Pré- 
sentation ; Mages; le mont Thabor ; Mit^ 
tyrc de S' Sébastien ; Saints. 

Taddeo di Bar Mo, la V. et 4 Saints. 
— 1/!llo da Velletriy idem. — Boceati 
da CamerinOj la V. sur un trône. Anges, 
S* Ambroise, S* Grégoire, S* Jérôme, et 
2 pénitents (grand tableau). — Meo ^Bar- 
tolommeo) , de Sienne, [fils de Guido de 
Sienne], la V., des Anges et des Saints 

rand tableau à clochetons). — Grand 



ir 



Christ (signé : Gregori, 1272). ■!• Eute- 
Mo Sangiorgio, Mages. — BemardiM, 
dePérouse, la V., l'enf. J., 3 Saints et 
Anges. — Fioremo di Jjtrenso (tableau 
à 5 compartiments], Madtme, etc. — Boih 
flglij Madone et Saints ; Rois mages. — 
Boccali da Camerino, Madone et Ange». 
•7- Taddeo di Barlolo, Saints (tableau à 
compartiments). — J^Spagna^ la Y. sur 
un trône, dans un paysage, et Saints 
(trrand tableau'; le Père étemel dans 
une gloire; une Sainte. — Giannieolë 
Manni [?), le Cliri^t en gloire entra la V.. 
et S^ Jean, .\ugcs et Saintes [ce bel ou- 
vrage est attribué au Pérugin^ !■* ma- 
nière; il a été restauré); 4 Saints. — 
PinturicchiOy la V., S^ Jean et Saints 
(célèbre tableau, avec une prédelle). — 
Uom. CMrlandajo['i)y Mages. — Bernar- 
dino de Përouse, la V. et le Christ. — 
Pietro délia FrancescOf la V. sur un 
Irône et ^aints[tableau important, attribué 
à): — Bonfiglij Annonciation (grande 
composition — le Père éternel) ; 4 Saints, 
sur un fond d or. — Fiorenzodi ïjorensê 
Prédelle], Saints; 4 Médaillons. — Bot- 
tai, di Giovanni, Sujets de la vie de la V. 
— Dotnenico Alfani, la V., l'enf. J. etS* 
Jean . ~ BernardinOj de P^ojffe,.Vierge 



RODTE 127. — PÉRODSE. — ÉGLISES. 



Ombrien 

et Saints (délrempc). -- Duecio, de 
Sienne (?), Madone, à micorps. — Fw- 
renzo di fA>renzo, S» Sébastien; Vierp^e 
en gloire. — Taddeo Gaddi, Mariage de 
S»» Catherine t Saints (Prédellc^.— Boc- 
eaii da Camerino, Madone el Anges. — 
MunuOf Annonciation (bannière). — 
Benozzo Gozzoli. Madone et Saints ; Pré- 
delle. — Huit panneaux peints à la dé- 
trempe, Miracles de Saints (très-b.^Ues 
compositions, attribuées à l'école de Man- 
tegna (au Pesellino?). — Frà Angelico, 
Vierge sur un trône et Anges ; 4 iiguii 
nés de Saintes; 12 petites ligures de Saintes 
en pied. — Madone (petit tableau attribué 
à Raphaël). — Donfigli, Annonciation; 
Madone et Anges. — École de Giotto, 
Martyre deS'' Giuliana (fresque); Mages 
(fresque en grisaille). — Sinibaldo Ibi, 
Vierge sur un trône et 2 Saints. — Pin- 
turicchiOf Madone et Anges (fresque) . — 
FJppo Memmi, Madone. — Guido, de 
Sienne, Vierge, Anges et Saints. — Buf- 
ftilmaccOf Christ.] 

Sant'Ercolano — (près la forteresse, 
PI. 7 D) (Uerculanus, disciple de S' 
Pierre, fut le premier évêque de Pc- 
rouse). Architecture gothique (1297- 
1525) ; d'immenses arcs ogivaux. 
Fresques de G. A, Carlone (1680). 

San Fiorenzo — (près la porte Santa 
Margherita). Le célèbre architecte 
Galeazzo Àlessi (1572) y est enterré, 
mais n'a point de monument. Madone, 
S' J.-Baptiste et S' Nicolas de Bari, 
copie d'après Raphaël, par Nicolas 
Menti (l'original de cette Madone, dite 
de la famille Ansidei, acheté en 1704, 
et donné au duc de Marlborough, est 
en Angleterre, h Blenheim palace). La 
date de MDV est sur la bordure au bas 
du vêtement de la Vierge. [Cette pein- 
ture serait donc, à notre avis, un des 
documents les plus importants à étu> 
dier, comme terme de comparaison, 
avec le Cenacolo de Florence (p. 515), 
qu'pn prétend attribuer à Raphaël et 
sur lequel on croit lire la même date.] 

San Frakcesco de' Conventdali * 
.(sur une place à l'oxtrcmité 0. de la 



H 



ville. PL 8 A), église primitivement 
gothique; bâtie vers 1230, mais mo- 
dernisée en 1 748. On y trouve : l'^cha- 
pelle à g., la copie de la Mise au tomr . 
beau, de Raphaël, faite par le cay. 
d'il rpino (l'original était autrefois ici ; 
il est maintenant à la galerie Bor- 
ghèse à Rome); 1" chapelle à dr., 
belle peinture de Pérugiriy représen- 
tant plusieurs Saints. — Au transscpt 
de g., Martyre de S* Sébastien, duP^- 
rugin, âgé de "72 ans; une Nativité 
(TAlfani (Horace ou Dominique). Au- 
dessus : le Père éternel (légèrement 
attribué h Raphaël).— Au transsept de 
dr., trois tableaux d'Orazio Alfani. 
Le seul bien certain est un Crucifie- 
ment avec deux- Saints. Sur l'autel à 
g., Madone (1396). — Derrière le 
maître-autel, S* Michel terrassant le 
démon (Jugement dernier?), de Dono 
Doni. — La sacristie a huit tableaux 
relatifs à la vie de S* Bernardin, attri- 
bués généralement et à tort au Pisa» 
nello. (Un de ces tableaux porte la date 
de 1473, époque à laquelle le Pisa- 
nello n'existait plus.) On présume qu'ils 
pourraient être de Mantegna. Madone; 
S* Pierre et S' Paul, de Fiorenzo di 
Lorenzo (1487). — On conserve dans 
la sacristie les restes du général Brac- 
cio Fortebraccio, de Pérouse, tué au 
siège d'Aquila le 5 juin 1424. — Dans 
le réfectoire était une Madone et deux . 
Anges (1403), de Taddeo di Bartolo^ 
de Sienne. 

San Francesco del Monte — (PI. 
9 A), couvent situé au N. 0. et hors 
de la porte Sant' Angelo. Eglise située 
au haut d'une rampe. — Pèrugin : 
une répétition du Couronnement de la 
Vierge; au revers, la Vierge, S* Jean, 
S* François, la Madeleine et deux an- 
ges aux côtés du crucifix; du même 
(dans une chapelle séparée), une char- 
mante Adoration des bergers (fresque 
ruinée). — Sacristie : quelques fres- 
ques ruinées d'auteurs incertains. 

San GiROLAMO — (S* Jérôme). Prèsla 
porte menant à FoUgno (1*1. \^ ^\.^^- 



i2 



ROUTE 127. ~ PKROl'SR. 



Ph2Liinrchio[1). [Coloris limpide, lu 
Vierge esl ravissante de pureté. Ce ta- 
bleau a été attribué à Pinluricchio et à 
Uiiphaél ; on pense qu*il esl plutôt du 
Spagna.] 

Santa Giuliana — (hors de la ville. 
PI. 11 C), bâtie en 1292. Madone, S' 
J.-Bapt. et S*' Marguerite; par Dom, 
Alfani; S^ Jean écrivant T Apocalypse ; 
et au-dessus le Père éternel (école du 
Pérugin); tableau de Saints à 5 corn- 
partimonts, par Doim Bartolo, neveu 
de Taddco ; dans Tintérieur du cou- 
vent, fresques de \\HM\e de Giotto. 

Madonna di Monte Luce — (à TE. 
et hors de la ville). Un bois sacre 
existait sur cette colline. On y a trouvé 
rinscription suivante : avgvst. lvcvs 
SACER. Architecture de Giulio Danli, 
en style mixte, gothique et de la Re- 
naissance. — C'est ici qu'était le ta- 
bleau du Couronnement de la Vierge, 
par Raphaël (actuellement au Vatican). 

Santa Maiiia Nuova — (vers la porte 
S. Tommaso. PI. 12 B). 4' autel 'à g.: 
Annonciation attribuée à Alunno et 
par d'autres a Bonfiglio (146G) [pureté 
inystiaue des deux ligures ; Fange ne 
regarde pas la Vierge, comme cela a 
lieu dans tant de compositions poste- 
rieures] ; à dr., au-dessus de la porte 
d'une chapelle : Pé^'w^m, Transfigura- 
tion [expression des trois figures age- 
nouillées. Tableau enfumé]; à dr. du 
chœur, sur la porte de la sacristie : 
Pérugin y Adoration des Mages. [Pre- 
mière manière; de la sécheresse, mais 
une certaine vigueur de ton et un cer- 
tain caractère de dessin dans quelques 
têtes, qu on ne retrouve plus dans la 
manière un peu amollie de ses der- 
niers ouvrages. Pérugin s'y est re- 
présenté dans la dernière figure à g.]. 
— A la sacristie. S* Sébastien et S' 
Roch, de Sébasl. del Piombo, selon 
d'autres, de Dom, i^Z/awi, et trois pe- 
tites peintures du Pérugin. 

San Martino in Verzaro — (près du 
théâtre. — Le mot de Verzaro vient 
de viridarium, à cause des vergers 
(verziere) qui étaient dans le voisi- 



nage). — Madone [tèle gracîeiue]^, S' 
Jean et S* Laurent, fresque par Gtan- 
nicola (a été attribuée à Pérttgin). 

San Pietro (de' Cassinensi] mai 
DI Mora, — à Textrémité S. de U ville. 
(PI. 13 D). Eglise d'un couvent de 
bénédictins, en style de basilique. 18 
colonnes de granit et de naarbre. Cette 
église renferme de nombreuses pôn- 
lures. Dans la nef dr. : Orazio Aifani, 
Mincie et délivrance de S^ Pierre 
(fresques restaurées); 3* autel : S* Be- 
noit donnant la règle à ses moines, 
de Masolino diPanicale (?); S** Fa- 
mille [charmant petit tableau] de Bo- 
ni fazio; de Saasoferrato; cinq ta- 
bleaux représentant des Saints» copies 
d'après le Pérugin ; une Déposition de 
croix, d'après Raphaël; une Ânnoncia' 
tion, d'après le tableau de Raphaël qui 
est au Vatican. — Dans la nei g., bas- 
relief (J. C, S' Jean et S* Jérôme), 
par Mino da Ficsole (1475); Annon- 
ciation, de Pinturicchio; Adoration 
dos Mages, par Adojie Boni (?); Ma- 
done, fresque, par le Spagna ;Voees 
de Cana; le prophète Ehe; S* Benoit, 
fresques de Vasari, etc.; Judith, de 
Sassoferrato ; Visitation et Kwom" 
niion.d" Orazio Alfani; à g. du chœur: 
Déposition, par Bf 72. I^OTZ^^/û) (1468)'. 

— Sacristie : 5 figures de saints, pur 
le Pérugin; S'' Jean embrassant FËn- 
fant Jésus (un des premiers ouvrages 
de Raphaël) y copie îi la détrempe sur 
fond d'or, d'après un groupe d'un ta- 
bleau du Pérugin, actuellement au 
musée de Marseille; Santa Francesca, 
du Caravage; la V. etl'enf. J. lisant, 
joli ouvrage attribué au Parmesan (?) ? 
Tcte de Christ, par DoasoBom; Ecce 
Uomo, attribué au Titien f?); fres- 
ques d un style rude par Girol. DanH, 

— Les sculptures sur bois du- cboBur 
sont de Stefano de Bergame, sur les 
dessins de Raphaël. Beaux ouvrages 
de marqueterie par frà Damiano de 

* L'Ascension, du PérugiUy peinte cour le 
maitrc-autel, esl aujourd'hui le principal 
ornement du mu:-ée de Lyon; la Preéeli» 
est au musée de Uouen. 



Ombrie. 



ROUTE 127.* — PÉROUSE, — IL CAMBIO. 



4S 



Bergame. — Missels avec miniatures 
exécutées au xvi* siècle par des bé- 
nédictins. 

D'un balcon derrière la tribune on 
a une belle vue sur la Yallée du Tibre, 
les Apennins et les Âbruzzes. On dis- 
tingue l'église de la Madonna degli 
Angeli au bas de la montagne, et à g. 
au milieu de la colline, le couvent 
d'Assise. 

Dans rintérieur du couvent, diffé- 
rentes terres cuites des ddla Rohhiay 
et au 1" étage, une belle fresque de 
Vïngegno, 

I*rès de cette église est le frontonef 
esplanade plantée d*arbres d'où Ton a 
une belle vue sur Assise et les Apen- 
nins. 

CONFIIATERNITÀ DI SaN PiETRO MAR- 

TiRE — (petite église près de San Do- 
menico. — PI. 14 D). Madone, Anges 
et membres. d'une confrérie agenouil- 
lés, peinture de Pértigiriy que sa 
beauté a fait attribuer à Raphaèi. 

San Severo — (couvent de Camal- 
dules. — PI. 15 B). Première fresque 

Bar Raphaël, âgé de 22 ans (1505). 
ans le haut, la S'* Trinité ; dans le bas, 
six figures de Saints. Raphaël a peint 
seulement la partie supérieure de cette 
fresque (dont il répéta plus tard le mo- 
tif avec de riches développements dans 
la Dispute du Sacrement au Vatican. 
Cette fresque laissée inachevée fut 
terminée après sa mort parle Pérugin, 
qui ajouta et inventa les figures de la 
partie inférieure ; « elles ne trahissent 
que trop la vieillesse du peintre.») [La 
supériorité de Télève éclate dans le 
dessin et le caractère des tètes, dans 
la composition, ainsi que dans le sen- 
timent moral et Tintelligence religieuse 
du sujet. C'est surtout cette fresque 
qu'il importe d'étudier pour résoudre 
la question du Cenacolo de Florence, 
auquel on attribue la même date de 
1505.] Ces peintures sont fort retou- 
chées et endommagées. — A lasacristie 
sont des tableaux sur bois du xiv* siècle. 
— Une Madone de Sassoferrato, 
Sah SnoME drl Carnihb. — Une 



S*" Famille peinte par Domen Alfani. 
et dessinée, dit-on, par Raphaël. 

San Tommaso — (PI. 16 B). Tableau 
de retable : Tlncrédulité de S* Tho- 
mas, œuvre capitale mais fatiguée do 
Giannicola. 

Académie des beaux- arts. — Elle 
est établie dans le bâtiment de l'f/ni- 
versitéy et possède une collection, 
riche surtout en tableaux de l'école 
ombrienne. 

PiNACOTiièQUE (F. l'église San Dôme- 
nico). 

Musée d'Archéologie — (gabiiietto 
archeologico), dans le même édifice. Il 
est riche en inscriptions étrusques, 
dont une, découverte en 1 822 et la 
plus longue connue, est de 45 lignes. 
Fragments de bas-reliefs et de sujets 
mythologiques exécutés en bronze ou 
en argent, de style étrusque. Un tigre 
en mosaïque ; figure d'ange ciselée sur 
un miroir étrusque; hideuse figupeen 
relief de la Mort ailée, sur un tom- 
beau étrusque ; elle saisit le bras d'un 
homme pour l'entraîner dansla tombe. 
Beau vase étrusque représentant Péné- 
lope et Télémaque. — Fiçures en re- 
lief des délia Robbia, — Médailler. — 
Inscriptions latines au corridor du 
second étage. 

Université — (au N. 0. de la ville), 
fondée en 1520; occupe l'ancien cou- 
vent des Olivétains. Elle possède un 
jardin botanique, un cabinet de miné- 
ralogie, etc. — L'église a un tableau 
de SubleyraSy Ambroise et Théodose ; 
une Annonciation du Pozxd. 

La Bibliothèque — compte environ 
30 000 volumes. Parmi les manuscrits, 
on distingue le Livre des villes de Ste- 
phanus Byzantins, du v* siècle; les 
œuvres de S* Augustin, avec miniatu- 
res du xiii* siècle. 

Ribliolhèque de' Canonici del 
Duomo. —Bible du vu" ou viii* siècle; 
manuscrits du xv* siècle, ornés de 
miniatures. . 

Il Cambio — (le change. — PI. 18 A), 
tribunal de commerce om ^^xsx^^ ^i»^ 
XV* 8iëc\e ^^sw \e Ç^ot^'^ •^^i ^ ^«vV^^'^ 



44 



ROUTE 127. — pérouse: 



fresques du Perugin (1500-4507, le 
travail le plus important qu il ait en- 
trepris. Elles représentent Dieu le 
Père avec des sibylles et des prophètes; 
la Transfiguration et TÂdoration des 
bergers (on la retrouve répétée avec 
variantes dans les églises); des person- 
nages de Tanliquitét Pittacus, Fabius 
Maximus, Socrate, Léonidas, Gpclès, 
Caton, etc. Sur le pilastre de g. sont 
les portraits du Pérugin et de quel- 
' ques contemporains. À la voûte, cou- 
verte d'arabesques, sont figurées les 
planètes [le Jupiter est singulièrement 
coiffé ; Mai's est d'un style plus bizarre 
encore]; sur Paulel, S* Jean, du Pe- 
rugin. On a prétendu (légèrement) 
que le Pérugin avait été aidé, pour 
quelques-unes de ses fresques, par 
Raphaël. La salle delGambio est pour 
le Pérugin ce que sont les Cliambres 
du Vatican pour Raphaël. Ces peintures 
lui furent payées 550 grands ducats 
d'or. — Selon Passavant, les peintu- 
res de la voûte sont si différentes de 
la manière du Pérugin, qu'elles pour- 
raient être d'un autre maître. Péru- 
gin (( encore plus dénué de science 
historique que de science biblique, > 
dit M. Rio, en mettant en scène les 
sages et les héros de l'antiquité, « a 
peint les uns pour ainsi dire à re- 
bours de leur caractère et il a affublé 
les autres de coiffures fantastiques qui 
font un bizarre contraste avec la gra- 
vité de leurs physionomies et la dignité 
de leur maintien. Evidemment ce su- 
jet classique était en dehors de sa 
sphère, n — Dans une chapelle atte- 
nante, on voit une fresque de Gian- 
• yiicola (c'est encore un peintre qu'il 
faut venir étudier en Italie). 

Palaîi. — Palazzo pubblico ou co- 
MUNALE (à l'extrémité du Corso, vers la 
Cathédrale), construit au commence- 
ment du xiv* siècle. Architecture al- 
térée et d'aspect sévère. Ornementa- 
tion sculptée remarquable du portail 
et des fenêtres. Des chaînes pendues 
à l'entrée sont des trophées d une vic- 
toire remportée par Pérouse sur Sienne 



en 1358. Dans l'ancienne chapelle, 
fresques endommagées de Ben, Bon" 
figlio (1460). Ecce Homo du P^n^'n. 
— Archives curieuses. 

Galerie* partioulièrei. R y en 

a un assez grand nombre à Pérouse. 
KUes contiennent beaucoup d'ouvm* 
ges de l'école du Pérugin ; un certstin 
nombre lui sont faussement attribués à 
lui-même. Les attributions à Raphaël 
sont pour la plupart erronées. 

La COMTESSE Anna Alfani possède 
une Madone^ ouvrage de la jeunesse 
de Raphaèl, petit tableau encadré 
sous verre. La composition est prise 
du Pérugin; Raphaël a ajouté seulement 
deux têtes de chérubins. 

Palais Baldëschi — (rue du Corso). 
Un dessin authentique de Rapliaël 

Eour la fresque de Pinturicchio à la 
ibreria de Sienne. (F. 1. 1", p* 566). 

Palais Braccesgiii. — . Antiquités 
étrusques. — Quelques tableaux du 
Dominiquin, de Cigolif du cav. 
(TArpino. 

Casa Capoccï. — Fresques du PérU' 
gin et de son école. (Se voient dans 
la Casa Conestabili.) 

* Palais Conestabili della Staffa— 
(piazza del Papa, vis-à-vis de la cathé- 
drale). Une charmante Madone de lia* 
phaèi (Tondo); il en existe beaucoup 
de copies anciennes. Madone, de Ptn- 
turicchio; fragments de fresques et 
dessins du Pérugin, etc. 

L'accès à cette galerie et à la sui- 
vante est difficile ; toutefois la galerie 
Conestabili est visible quand le pro- 
priétaire est à. Pérouse. 

Pal. DoNiNi. — Peintures et des- 
sins du Périt gin f de Titien, de Ba- 
7'occio. 

Pal. Monaldi. — Un Neptune du 
Guide; peintures du Guerchin, 

* Pal. du baron Penna. — Galerie des 
plus considérables de Pérouse. Ta- 
tleaux du Pérugin ; de l'école de /ia- 
phaèi; de L. Signorelli; de Salvalor 
Rosa, etc. 

Pal. Sorbello. — Peintures du Pé» 
rugin, du Guide, du Damifiiqtnn. 



ROUTES VERS ROME. 



Oinbrie. -. 

Pal. degli Oodi — (vers la porta 
Santa Susanna). 

Galerie de l'avocat Fel. Rohualdi 
— (via di S. Biagio). Tableaux ; an- 
tiquités étrusques. 

n faut encore citer les galeries: 
Bourbon 01 Sorbello; Bianchi; Meni- 
GOMi ; Rossi-ScoTTi, etc. — Tipografia 
BarteUi (sur le Corso, vis-à-vis du 
Palazzo Comunale). On y voyait, en 
i862, un tableau de Bonfigli. 

Maison du Pérugin — (viaDelizioza, 
18). 

Citadelle, — commencée par San 
Gallo (1540). On lut pendant long- 
temps cette menaçante inscription dans 
la cour de la citadelle : « Âd coercen* 
dam Perusinorum audaciam Paulus III 
aedificavit. » (K. p. 34) Cette citadelle 
a été démantelée par les habitants en 
i849. A la restauration du gouverne- 
ment clérical la citadelle fut rebâtie. 
Enfin on achevait de démolir en 1 862 
cette immense construction, obstruant 
rentrée de la ville. 

Bel amphithéâtre pour le jeu de 
paume. — Deux Théâtres. — Cabi- 
net DE LECTURE (Casiuo). 

Dé Pérouse à ArezsOt diligence trois fois 
par sf^muinc, en corresi)ondance i Arczzo 
avec Florence. 

hc Pérouse à Chiusi, diligence partant de 
Pérouse (Corso) trois fois par semaine (liajet 
en 7 h.). 

De Pérouse à la Schieggia (p. 25), diligence, 
(trajet en 8 h.). 

De Pérouse à Foligno, diligence (trajet en 
4 h.). 

De Pérouse à Home (R. 130). 

CeUc route mène à ( hiusi par CUtà délia 
Pievt. Elle fournit un moyen de communi- 
cilion commode pour passer de l'Ombrie 
dans la Toscane, et rejoindre à Chiusi le 
chemin de fer de Sienne à Orvieto. A moitié 
chemin, entre Pérouife et Chiusi, on trouve 
le village des Tavernelle; un peu plus loin 
une route, se détachant à dr., i)asse à Pani> 
GALK (où l'on si|:nale deux fresques du Pé- 
rugin ; la plus remarquable représente un 
martyre de S* Sébastien) ; cette route va 
aboutir à Casti6lio>b, sur la rive occiden- 
tale du lac de Trasimène. 



45 



ROUTES VERS ROME 

Pour les villes de l'Italie du Nord la 
voie la plus directe pour gagner Rome est, 
si l'on part de Tuiun ou ne Milan, celle de 
la mer, en allant s'embarquer à Gênes 
pour Cività Vecchia. 

Lorsque le chemin de fer de Gênes à la 
Spczzia sera fait, la voie de terre la plus 
directe sera celle par Livournb, le chemin 
de fer des M^remmes de la Toscane et 
celui de CivitÀ Yecchia à Rome. 

LtvouRNE, — en ce moment (octo- 
bre 1864), est le point de départ le 
plus favorable pour gagner Rome ra- 
pidement (par voie de mer pu par voie 
de terre) , pour les voyageurs partant 
de Florence ou deBoLOCKE, quele che- 
min de fer de Pistoja met aijjourd'hui 
en communication avec Livourne. Mais 
si cette voie est la plus rapide, elle' est 
la moins intéressante. 

Les voyageurs, curieux de connaître 
l'Italie, donneront toujours la préfé- 
rence aux deux routes allant de Flo- 
rence à Rome, soit par Pérouse, soit 
par Sienne et Orvieto, 

Mais sur ces deux routes il n'y a point 
de service de diligences direct et régu- 
lier avec Rome. Celui qui existait à par- 
tir de Ficulle, sur la route par biennc, 
a été supprimé depuis l'ouverture du 
cbem. de fer des Maremmes de la Tos- 
cane (1864); on ne trouve que des dili- 
gences faisant des trajets entre les points 
intermédiaires, ou, à leur défaut, des voi- 
turins demandant souvent des prix exa- 
gérés. 

ÂNCÔNE, — sur le bord de l'Adria- 
tique, est un dernier point extrême, 
qui sera d'ici à peu d'années relié par 
unchem. de fer à Rome. En ce moment 
une communication directe avec Rome 
est établie au moyen d'un service ré- 
gulier de diligences. 



46 



ROUTES 129 ET.lSO. — o'aNGONE ET DE FLORENCE A ROME. 



ROUTE 128. 

DE BOLOGNE A ROME 

Pour aller de Bologne à Rome, on a le 
dioix entre quatre directions diflcrentes : 

!• Par LivooRNE : — En chemin de fer, de 
Bologne iparlaPorreta) à Pisloja(tomcl", R. 
99); — de Pistoja à Livoume (tome I*', R. 
iOo, 106, 107); — de Livourne à Rome 
(tome II-, R. 138\ 

2* Par Flohencb : — En chemin de fer, de 
Rolopne (par la Porretta) à Florence (tome I", 
R. 99); — de Florence à Rome (tome II*. 
R.151). 

.V De Florence à Rome, ■ par Pérouse (R. 
130). ^ 

Â' Par Ancône : — En chemin de fer, de 
Bologne à Ancône (R. 119); — d'Ancône à 
Rome (R. 129). 



, ROUTE 129. 

IVANCONE A ROME 

[Une ligne de chemin de fer doit, dans 
quelques années, unir let> villes d'ANCÔ.xu et 
de Rome, en iiassant par Foligno, où elle se 
réunira à la ligne de chemin de fer venant 
de Floiience par Aretzo et Pérouse^ pour 
continuer de là par Spolète et Narni jusqu'à 
Orte, où elle se réunira à une autre ligne do 
chemin de fer venant de Sienne par Orrif/o.] 
— Le concessionnaire, M. Salamanca, s'est 
obligé envers le gouvernement à livrer là 
ligne terminée en 1866. 

La ligne de chem. de fer iVAncône à Home 
comprend environ 300 kilomètres. Le tron- 
çon de Home à la douane de Correse (fron- 
tière entre le royaume d'Italie et les Etats 
uontificaux) {V. p. 56) a une longueur de 30 
kilom. et se trouve déjà terminé ^août 1864). 
De ce point, en entrant dans le territoire du 
royaume, près de Borghetto, la voie franchit 
le Tibre, où on construit en ce moment, un 
pont de fer. 

De ce point jusqu'à Spolète et à Fuligno, 
les travaux se trouvent en grand partie com- 
plets. La voie toute prête est déjà parcourue 
par les locomotives, et on en peut dire au- 
tant de Fuligno à Fossato, où se trouve le 
tunnel par lequel on passe les Apennins. 

Dans le voisinage ae Fabriano à Jesi, on 
rencontre un des passages le^ plus diflicilcs 
de toute la ligne, dette section qui demande 
le plus de travaux, est la moins avancée. Les 
travaux étaient même suspendus à la même 

S' >oqu6 par suite d'un litige élevé entre 
. Salamanca et l'entrepreneur. 
De Jesi à Falconara, on ne rencontre pas 
de difiicuhés pareilles; le seul travail impor- 
tant est celui d'un [>ont sur l'Esino. 

Les galeries que traverse toute la lignn 
sont au nombre dediz, parmi lesquelles celle 
de Fossato, de 9000 met.; œlle de Spoleto, 



dite la Baldovina, de 1600 met., et celle de 
la Rossa, entre Jési et Fabriano, de 1200 
met., sont les plus grandes. (Extrait du Mo- 
nitore délie Marche, d'Ancône, du 2 août 

1864.) 

\yXne6ne à Rome: en chem. de 1er (voie 
d'Ancône à Foggia) jusqu'à PoiiTO w Cività 
NuovA (43 kil. — Stations : Osimo, 15 kil.; 
Loreto, 24 kil. Porto Recanati, 28 kil.: Po- 
tenza Picena, 37K — De la station de Porto 
Cività Nuova, une diligence part tous les 
jours pour Rome (trajet en 30 h.). Le bureau 
est à Ancône, au palais de la Banque. 

A h fin de 1862, une diligence partait 
deux fois par semaine pour Rome. — Prix i 
44 fr. 70 c. (postillon, 3 fr. 50 c.). —En 
partant le vendredi, on arrivait à Rome le 
dimanche vers raidi. — Un courrier; ser-i 
vice journalier. Il n'allait que jusqu'à Bor- 
ghetto, d'où partait un autre courrier. — 
Prix : 77 fr. 7o c, tout compris. 

If Ancône à Foligno (R. 126). — De Foligno 
à Rome (R. 131,153). 



ROUTE 130. 

DE FLORENCE A ROME 

PAR PEROUSE. 

De Florence à Pérouse (R. 127). 

De Pérouse à Rome il y a. deux roules, 
l'une par Todi et Narm, l'autre par Spolètb.. 
Nous décrirons d'abord celle-ci. 



ROUTE 13i. 

DE PÉROUSE A TERNI 

•PAR SPOLÈTE 

• Une route, terminée en 1845, meil- 
leure ^ mais un peu plus longue que 
Tancienne, descend des hauteurs de 
Pérouse au fond de la vallée du Tibre. 
Belle vue sur la plaine et les montagnes 
derrière Assise. Un peu avant d'arri- 
ver au pont San Giovanni, on passe 
devant la nécropole étrusque des Vo-. 
lumnii (p. 37). Le custode est quel- 
quefois absent. On traverse le libre 
au pont San Giovatmi, aux frontières 
de l'ancienne Étrurie et de TOmbrie. 
Plus loin on traverse sur un pont coudé 
le ChiasciOf et un autre affluent du 
Tibre. — Un peu avant le village de Bas- 
tin est un chemin par lequel on peut 
se rendre à Assise à pied en une 



(Xnbrie. 



ROUTE 131. — ASSISE. 



47 



benrè. A Fentrée du yillage de Bastia, 
à g.^ sont trois églises juxtaposées. 
Dans la première, les curieux de pein- 
tures primitives pourront aller voir sur 
le mur à g. un triptyque de VÀlunno. 
En sortant deBastia, on aperçoit de- 
vant soi, au bout de la route, le dôme de 
Santa Maria dcgli Angcli. Ce village a été 
miné par le tremblement de terre qui 
a désolé rOmbrie le 12 février 1854. 
Santa Maria degli Akgeli — tire son 
nom du sanctuaire de la Madonna de- 
gli Ângeli, noble édifice construit en 
1569, sur les dessins de VignolCy pour 
y enfermer l'Oratoire de S*-François ; 
cette église, h peine relevée des dé- 
sastres du tremolement de terre de 
1832, a encore été endommagée par 
celui de février 1854. Les murs exté- 
rieurs de la chambre du saint, con- 
struction grossière conservée au mi- 
lieu deTéglisesousla coupole, conune 
la casa de la Vierge Test à Lorelte, 
sont couverts de fresques (ruinées) 
auxquelles a travaillé le Spagna. Au- 
. dessus de Tarcade d'entrée de la cham- 
bre du saint est une fresque d'Over" 
beck (1830), représentant la vision de 
S* François [la couleur est dun ton 
laqueux peu agréable ; la peinture est 
déjà fendillée en plusieurs endroits]. 



-<"> 



Excursion à Assise. 

(Environ 2â kil. de Pérousc à Assisse.) 

De Santa Maria clepli Angeli on se rend à 
A>>sisE, qui en est éloigmVd'environ 3 kil. 
On peut y monter en voiture. Les voyageurs 
allant de Florence à Home pourront envoyer 
leurs voiturins les attendre à Spello, et ceux 
retenant de Uome devront les envoyer à 
Santa Jlaria degli Ang(>li. D'Assise un excel- 
lent chemin conduit directement à Spei.i.ocI 
à Foliçno, sans r(>])as>er par Santa Maria degli 
Angeli. — Au pied de la montagne est une 
auberge : la locanda délia Palomba. — Moins 
de trois heures Miilisent pourvoir le couvent 
et les églises d'Assise. 

Astisi — (Assise) Auberge : Fermina 
Lepri, sur la grande place; les artistes 
▼ séjournent. — On fera bien de dé- 
battre les prix d'avance.) 4500 hab., 
petite Tille située sur la montagne, 



4c triste, déserte, nionasticjue, dit Va? 
lery, remplie de S* François, surmon- 
tée d'une citadelle abandonnée et en- 
vironnée de murs et de tours à cré- 
neaux. > C'est un des sanctuaires de 
Tart italien primitif, digne au plus 
haut degré de l'intérêt des voyageurs. 
Assise est célèbre par S' François, qui y 
naquit en 1182 et y fonda l'ordre des 
Frères Mineurs en 1206, et par les mo- 
numents de l'art qui la décorent. — 
Sur la place du marché est le portique 
d'un temple antique de Minerve, fort 
élégant, en style corinthien-romain; 
Goethe en parle avec admiration dans 
son Voyage d'Itahe; il ne monta à Assise 
que pour voir ce reste du paganisme, 
et n'accorda aucune attention li l'art 
catholique. C'était en Tannée 1786. 

Le COUVENT (il sagro Convento), sur 
un roc, semble de loin une forteresse; 
aspect extérieur couunun avec celui 
du mont Cassin. Son caractère en dif- 
fère toutefois : l'un est le couvent pau- 
vre, mendiant, sanslettres, populaire; 
l'autre est le nionaslère riche, savant, 
aristocratique. Cette immense con- 
struction, animée jadis par quelques 
milliers de moines, lut élevée en deux 
années, de 1228 à 1230. —L'archi- 
tecte du couvent et de l'église, choisi 
après un nombreux concours, fut un 
certain Jacques LapOy ou l'Allemand, 
dont Vasari a fait par erreur le père de 
rillustre Arnolfo. 

San Francesco. — Deux églises pres- 
que de même étendue s'élèvent Tune 
sur l'autre au-dessus du tombeau de 
S* François; on pourrait même en 
compter trois, en y comprenant l'église 
souterraine qui contient son tombeau ; 
les murs et les fenêtres sont richement 
décorés par des tableaux et des orne- 
ments du XI 11* et du XIV* siècle. 

L*ÉGLisE iNFÉitiËURE, sombrc, aus- 
tère, respire la pénitence; c'est la seule 
livrée au culte aujourd'hui. On y ar- 
rive par un vestibule (V. p. 48, l'I. 1) 
dont la construction est postérieure 
de deux siècles k Téglise. À g. en en- 
trant, h ^(^V.\l& e\«^e ^\, ^ «^ 



du Testibute est un lumbeau (N. , 

Su l'on croit èlrc culiii d'Ecuba de 
isignuu, reine du Cliyprc, iiiortc cri 
1S43. Au fond du vcslibutc es\ une 
chapelle (l'I. 3) avec fresques de Buf- 
falmacco et do Paee di Faenza, élève 
de Giolto. [FreEi|ucii intérieures rui- 
nées ; dans eelles du liaut. scènes aF- 
rreusesdcinurlyros.]lapelitediapelle 
à dr. (PI. *) est lœinle par ce dernier. 
— En entrant dans l'égfise : lu 1 " cha- 
pelle i dr, (l'I. b), dédiée à S' Louis, 
a sur l'autel un bon tableau du^pn^na, 
la V. sur un Irùne entre des saints. 
Les fresques des niura, relatives h S. 
i^tienne, sont à'Adone Boni. C'est 
du même artiste que sont ( Voir 



lie, figure eipreuiTe], ~ Truuupl 
de dr. ([•!. 8) : sur la toute et le* 
s. fresques de Taddw Gaddi et de 
élève Giovanni, de Hilan [ceuTre 
emndiose et la plus importante, ifr- 
Ion le liaron de Rumobr, de ce der- 
uier artiste, qui mériterait d'èlre mieui 
connu, dans le haut de la voùle, en 
ari'ière de l'arc, les peintures sont 
toutes ruinées] ; une Annonciation, par 
l'uccio Capanna, élèTe de Giotto, et 
une Hadone de Ciinabue [a-t-«lle été 
repeinte? Elle est en progrès sur n 
'èi'e immobile ; il semble y faire 




Romohr, Ilalieniicket'orichinigen, II, 
321-50) les fresques de la Toiltc, au- 
dessus desarcs ogivaux: les l'ronlièles 
et les Sibylles, odinirées et imitées par 
Raphaël à Santa Hariu délia l'acs 
(Rome), cl que l'on ne cesse d'attri- 
buer p.nr erreur à IViipe^no (T. p. 55], 
[Ces frcsuues nous paraissent avoij 
été relouaiées.j — la chapelle sui- 
vante (l'I. 6), de S' Antoine de Pudoue, 
était d abord couverte de fresques du 
GioUino; elles ont péri, et ont été 
rompbicées au ivi' siècle par des fres- 
ques de Scrmei. — Vient ensuite une 
âiapclle (PI. 7) avec des fresques re- 
latives ï la Madeleine, par liuffal- 
macco [une scène de résurrection sai- 
sissante dans sa simplieilc. — J- C, 
apparaissant Si la Madeleine, agenouil- 



dorée, stjlc \rii* siède (PI. b), cacbe 
en parlie'unc fresque intéressante. — 
La cliapellc du fenddu transsept(n.9) 
est peinte par GioUino. Les figures de 
S'FrançaisetS'Antoine.etde SHir- 
tjrs sont altrihuci's k Simon Memmi, 
et celles de la Madone et de S" Elisa- 
beth â Lippo Memmi. son parent, — 
Entre le cliieur (l'abside) et la ner, 4 
aunparliments de la voûte, au-dessus. 
du m.nitrc-autcl (PI. 10) sont occupés 
pr des fresques considérées comme 
une des plus belles œuvres de GiotlO, 
{V. p. i!)); i-llcs représentent les mer- 
lus i)raliquées {lar S* François : la 
Pautrcté,la Chasteté, rObcissance et 
'ilicalion [cette vbùte se voit 
.ornent; elle est obscure par dle- 
el les jours obliques venant des 
croisées ajoutent encore !i la dîH'icullé.) 
Au iraiissept de g., Traits de la 
du Christ et de S' François, par 
Piiccio Capanna. Crucifiement (PI. c),- 
fresque de Fielro Cai-atUni. ^lève 
de Giolto 1 et limée de Hidiel-Ange. 
[On indique un petit portrait, b dr. de 
Tautel. sur le mur, eomnie étant cdui 
ieP. CauaWtm. — la Vierge qui est i 
câléregardel'Enr.J. avec un sentiment 
plein de tristesse cl de suavité.] — Par 
la chapelle du tond (PI. 11), où l'on 
remarque des vitniui de coaleur, on 
entre dans la sacristie (PI. IJ.ÎS), 
on y voit des peintures ae Serma; 



e la porte. 



n portrait de 



Chnbrie. 



ROUTE 131. — ASSISE. 



49 



S' François, par €iunia de Pise, fait 
peu de temps après la mort diî saint; 
et, dans la plus petite salle^ quelques 
curiosités faisant partie du trésor. — 
Rentrant dans Téglise, et redescen- 
dant par le côté g. delà nef, on trouve 
près de la chaire (PI. 13) un Couron- 
nement de la Y. que Vasari attribue à 
Giottino, mais qui, selon le Fea (Des- 
cri%io7ie délia basilica Assisiate), est 
d'un frère Martino^ élève de Simon 
Memmi [la moitié inférieure est rui- 
née], — A la chapelle suivante (PI. 14) 
est un Cruci6ement de Taddeo Cad- 
di (?). — Dernière chapelle (PI. 15), 
fresques attribuées à Simone Memmi : 
Vie de S* Martin [quelques-unes de ces 
compositions sont tout à fait ruinées]. 

Au-dessous de cette église inférieure 
est un caveau creusé dans le roc, où 
est déposé (au-dessous du maître- 
autel, PI. 10) le corps de S* François, 
retrouvé en 1818. L'opinion du peu- 
ple était qu'il était dans un endroit 
inaccessible, oii il devait prier jus- 
qu'à la fin du monde. 

L'ÉGLISE SUPÉRIEURE, — brillante, 
lumineuse, contraste avec l'inférieure ; 
cette église, d'un beau vaisseau à voûte 
ogivale, est aujourd'hui une sorte de 
curiosité abandonnée. On n'y dit plus 
la messe qu'à de rares occasions. Elle 
contient des fresques attribuées à Ci- 
mabue et à Giotto. [Il y a cependant 
divergences d'opinions à "cet égard. Le 
P. Angeli (Storia délia basil. d'AS' 
sisi) attribue à Giunta de Pise l'As- 
somption de la Vierge, que Vasari dit 
être de Cimabuë. Le baron de Ru- 
mohr nie que Cimabuë ait peint dans 
l'église supérieure. — Délia Valle (Let- 
tere Sanesi soprà le belle arti) doute 

3ue les peintures attribuées à Giotto 
ans l'une et l'autre église soient de 
lui. D'autres écrivains modernes le 
nient; MM. de Rumohr et Forster les 
croient postérieures d'un siècle.] — 
Au transsept: Fresques, attribuées à 
Giunta de Pise (1252). Stalles du 
choMir on remarquera aux dossiers 
les tètes en marqueterie par Domô' 



nico da San Severino (xv* siècle). — 
On devra aussi porter son attention sur 
les vitraux peints des deux églises. — 
Dans les clovjtres et le couvent : série de . 
têtes de franciscains, par Adone Boni 
(il vivait encore en 1572). Aux 2 ré- 
fectoires : la Cène, parleiTî^me artiste 
et par Solimène [celle-ci, peinture 
d'apparat ; le sentiment est absent] . 
— Le couvent a éprouvé de grands 
dommages du tremblement de terre 
de 1854. 

Cathédrale — (xii* siècle); renou- 
velée au xvi* siècle i^iiT Galea%%o Aies- 
si; il y a une crypte de 1028. Au trans- 
sept : deux peintures A' Adone Boni ; 
3* chap. à g., peinture à'Alunnô, 

Santa Chiara, — par Frà Filippo 
da Campello (1253), qui fut associé 
comme architecte à Jacques Lapo (V. 
ci-dessus p. 47), a ])erau son^carac- 
tère par les restaurations. A la voûte, 
au-dessus du chœur, peintures de la 
vie de S'* Claire, par GioUino [d'un 
médiocre intérêt]. 

Chiesa Nuoya, — sur l'emplacement 
de la maison où naquit S* François. 
On montre encore la salle où son pcro 
l'enferma. 

Santa Caterina — (Confraternité 
de). A l'extérieur, Madone, par Mar/t- 
nelli (1422); dans l'intérieur, scènes 
delà légende de S^ Jacques, par Mat- 
teo da Gualdo et Piet. Ant. da Fu- 
liyno [d'un médiocre intérêt] . 

La fêle principale d'Assise, qui attire 
les fidèles de toute l'Europe, dure du 
21 juillet au 1" août. Une autre fête, 
celle de S' François, s'y célèbre lo 
4 octobre. 



Nous reprenons la route qui mèno 
à Foligno (env. 16 kil. d'Assisi à Fo- 
ligno), et qui passe au pied de: 

Spello, — 3000 hao., petite ville 
qui a beaucoup souffert du dernier 
tremblement de terre. D'une terrasse 
élevée on a une très-belle vue. — ÀKti-- 
QUiTÉs : Porta \cfvem,\iwvtife ^t<^- 
lecture romame.loTsâùeasû^ «>\ ^^'^x^ 



50 



ROUTK 131. — »È PÉROUSE A TERXI. 



{>erce [?] . A côté d'une ancienne porte 
ongeant la route de Rome est un gi- 
gantesque phallus en pierre, dont un 
distique latin fait un héroïque souvenir 
de Roland. — Église de Santa Maria 
Maggiore : à g. du maître-autel, une 
Pietj,.du Pérugin (siçnéc : Petrus di 
Ghastro Plebis, MDXXI) [fresque d'un 
bon sentiment] ; à dr. , Madone et deux 
Saints, assez bon ouvrage qui lui est 
attribué (?). Ghap^eà ç., belles fres- 
ques [altérées, peu visibles dans le 
haut] de Pinturicchio (Annonciation, 
Nativité, Jésus dans le temple). — 
Gippe antique avec inscription latine, 
servant de bénitier. — San Francesco, 
Transsept de dr.. Madone sur un trône 
entre des Saints, par Pinturicchio. 
[Douce quiétude des traits, un peu 
mexpresàfs.] 

FoUgno — (FuLiGNo, Fulginium), 
ville industrielle, comm. de 19078 
âmes. (Hôtels : Aquila d'oro ; Posta ; 
Groce bianca; Gampana.) On peut vi- 
siter en une heure et demie cette ville 
qui n offre pas un grand intérêt. Elle 
a été fortement endommagée par le 
tremblement de terre de 1831 , qui fit 
périr 70 personnes à Foligno et à Spello, 
et par ceux de 1839, 1853 et 1854. 
— Foligno maintint assez longtemps 
son indépendance au moyen âgé ; il fut 
incorporé aux Etats de TEglise en 1 439 . 

CathédraIe — JSan Feliciano) (sur 
la Piazza Grande, en face du Palais 
DE LA Commune, façade à colonnes), 
modernisée à l'intérieur. Baldaquin h 
Fimitation de celui de Saint-Pierre 
de Rome. — L'église du couvent de 
Santa Anna, avec une coupole de Bra- 
mante, a possédé le célèbre tableau de 
Raphaël, dit: la Vierge de Foligno, 
qui a été à Paris et est aujourd'hui au 
Vatican. — San Niccolô, 2* chap. à 
dr., grand retable doré (au centre, la 
Nativité; au-dessus la Résurrection), 
par Niccolo Alunno (il a été à Paris). 

La Nunziatella. — baptême de J.G., 
bon ouvrage du Pérugin ; fresque al- 
térée. — Santa Maria infra Portas, 
dans une chapelle, resles de peintures 



que l'on croit remonter jusqu'au ix' siè- 
cle [sans intérêt]. 

Palazzo del Governo. — Ghapelle 
peinte par Ottav. Nelli, 

Ezcurdon. — Montefalco — (env. 
6 kil. S. 0. de Folipo et 8 kil. de 
Trevi), plusieurs églises contenant des 
peintures de Benozzo Gazzôli, Pietro 
di Fuligno, Ottav. Nelli, Fr, MelaU' 
zio, etc. 

De Foligno à Ancône (F. R. 112): — à 
Vrbino (R. H4). 

La route entre Foligno et Pérouse 
offre de l'intérêt; elle suit une vallée 
couverte d'arbres, en longeant à g. une 
chaîne de collines, arides au sommet, 
mais dont le bas est tapissé d'oliviers. 
De ifbmbreuses habitations sont ré- 
pandues sur les collines. 

Trevi — (Trebia de Pline), petite 
ville disposée en amphithéâtre sur une 
colline, à g. de la route. — Dans Fô^ 
glise de la Madonna délie Lagrime : 
Adoration des Mages, belle fresque du 
Pérugin. — San Martino (au haut de 
la ville) : Madone par Tiberio d'Assise; 
tableau de retable parle Spagna, 

Le caractère italien du paysage et 
de la population s^accentue davantage. 

Avant d'arriver à Fendroit dit: lb 
Vene (ainsi nommé des sources du voi- 
sinage), la route passe derrière un 
petit temple près de la source de Clir 
tumne (Cdiiunno), qu'elle laisse à dr. 
et dans lequel on croît reconnaître 
celui décrit par Pline. — On peut s'ar- 
rêter pour le visiter (un gardien est 
toujours là attendant le voyageur). 
Les 2 colonnes au milieu de la façade 
ont leur fût couvert d'écaillés, comme 
la tige d'un palmier; les 2 colonnes 
extérieures ont leur fût en hélice; aux 
angles sont des pilastres cannelés. Une 
croix dans le fronton indique un re- 
maniement postérieur au profit du 
christianisme. Entre le Vene et Spo^ 
lète on rencontre le hameau de Sah 
GiAcoMo, dont une église possède des 
Fresques du Spagna. — Les approches 
de Spolète sont pittoresques. La vallée 



Ombhe. 



ROUTE 131. — SPOLÈTE. 



51 



se rétrécit,- et les collines que longe la 
route, au lieu de se prolonger paral- 
lèlement à la vallée, semblent la fer- 
inçr. En arrivant on voit à g. la cita- 
delle assise sur une hauteur. 

gpolète — (Spoleto, Spoletum) 
(80\il.deRome), 12000 bab.; Gom. 
de 19 000 âmes. (Hôtels : La Poste; 
Albergo nuovo).* Ville assez grande, 
située sur un terrain inégal. Lne rue 
neuve porte le nom de Yitt. Emanuelc. 
Spolète conserve plusieurs restes de son 
antique magnificence.: ruines d'un 
temple de la Concorde (?) (église du 
Crucifix, hors de la ville) ; d un tem- 
ple de Jupiter (?) (Sauf Andréa) ; d'un 
temple de Mars (San Giuliano) ; d'un 
palais construit par Théodoric, dé- 
truit ensuite par les Gotbs et rétabli 
par Narsès. — VAqueduCf long de 
206 met., et haut de 81, passe pour 
un ouvrage romain ; mais il fut réparé 
et peut-être même bâti vers 604. Ses 
arcades sont ogivales. — On voit aussi 
un arc de triomphe appelé la porte 
àWnnihal. Ce général, après avoir 
défait rarméc romaine à Trasimëne, 
aurait, dit-on, assiégé inutilement cette 
ville. — En 572, Àlboin, roi des Lom- 
bards, érigea Spolète en duché et en 
'fit une menace suspendue entre Ba- 
venue et Borne. Charlemagne après 
avoir renversé le royaume lombard, y 
maintint un duc. Ces ducs se renou- 
vellent jusqu'au xi^ siècle ; mais ils ne 
sont plus que de simples gouverneurs 
amovibles au gré des'Èmpereurs et des 
rois d'Italie. Au xii* siècle, l'empe- 
reur Frédéric Barberousse prit, sac- 
cagea et incendia Spolète, tenant pour 
le prti du pape Alexandre 111, qui 
avait excommunié Frédéric. — Sous 
l'Empire français Spolète fut le chef- 
lieu au déparlement de Trasimène. 

Gatuédiule. — Eglise de l'époque 
lombarde, modernisée on 1644. Au 
portique, mosaïque, de 1207. A Tab- 
side, derrière le maître-autel, fresques 
de FUippo Lippiy fatiguéet par le 
temps et par les restaurations ; elles 



furent terminées après sa mort (t. 1", 
p. 437), par son élève />Yi Diamante. 
[(Euvre dont la perte est très-regret- 
table ; quelques figures sont d'un très- 
grand style.] Dans un passage menant 
à la chap. à g. du chœur est le tom- 
beau de Filippo Lippi, avec son buste. 
-— A l'autel du transsept de dr., ta- 
bleau AAnnibal Carrache, qui a 
noirci. — Dans le baptistère octogone, 
fresque ruinée attribuée au Pinturic- 

chio. 

San Domenico. — Bonne copie de la 
Transfiguration, attribuée à Jules Ro- 
main, — Sam Pietro (en dehors de 
la porte Bomaine), intéressante par 
son architecture lombarde. — Au haut 
d'une rue montante, en face du dôme, 
est le : 

Palazzo pubblico. — Dans une 
grande salle au l*"^ étage, belle fres- 
cpie du Spagna (1503) [Suave créa- 
tion, ruinée en partie par les baïon- 
nettes des soldats.] — Sur la place de 
Porta Nuovat petite Madone àfres(|ue 
par Crivelli, lo02. — Très-belle vue 
du haut de la citadelle. 

Environ*. — Au hokteLuco (1 mil. 
à l'E. de Spolète) est le monastère de 
San Giuuano — (x* siècle) avec ses 
nombreux ermitages. La montagne est 
couronnée de magnifiques chênes verts. 
Un de ces chênes, voisin du couvent 
de S*- Antoine, a 16 met. de circonfé- 
rence. 

De Spolète à Terni, diligence quatre fois 
par semaine. [Hôtel VAngelo^ !>ur la plare). 
Prix: 1 fr. 

De Spolète à Terni la route traverse 
une çorge tortueuse, puis une forêt 
d'oliviers. 

A quelque distance de Spolète, on 
commence à monter la Somma, mon- 
tagne la plus élevée de cette partie 
des Apenhms, offrant les beautés d'une 
nature sauvage. Au deHi du passage, 
on atteint la Strettura à moitié che- 
min entre Spolète et : 

Terni — ^UiVecMWûSk^ , %S^\!»!^« 



52 ROUTE 132. -^ DE PÉR0D8E A TERNI. 

i Hôtels : Ëuropa ( recommandé ) ; diflicullé était grave ; selon l'avis de Pison/ 

osla.) Ainsi appelée de sa situation on se décida à ne rien faire. Des inonda- 

enlre les deux bras du Nar. Terni ré- *^^"^ produites par les mêmes causes er 

clame la gloire Irès-contestée d'avoir T Tf K« r^""^' contestations ont 

'^'1 i°- j i»u- A • m •* donné lieu a de nouveaux travaux aux 

ete la patrie de 1 historien Tacite. ^^. ^^ ,^,. siècle et jusqu'en 1785. / 

Antiquités. -— Restes d'un mnphi' Celte cascade, peut-être trop vantée en 

théâtre f dans le jardin de Févêché; vers et en prose, est cependant d'un elTet 

d'un ^ew/ï/e dt«So/ei7(?), dans l'église des plus pittoresques; tUe tombe danâ 

San Salvatore ; d'un temple d'Hercule ""® ^'^^^^^ étroite et verdoyante. Elle a un 

(coUége de San Siro); de tews an- ^*^? ^iif*»^*' celui d'avoir été faite de 

4*«.i«o //»nca Qnn/i«\ "^^i*" d homme. Mais le volume et lablan- 

tiques (casa opaaa). ^^^^^ éblouissante des eaux qui se pr.'ci- 

r, rr Ti r i • pitcnt, l'hcureux arranc^ement et les ac- 

Chutes de Tebm. - Il faut environ ^y ^^ j , ^ j ^ ^ j j 

të min. pour a er en voilure de Tern. a ^ ^ j ,j ;^ ^ j^ ^^^ j 

Pahonano, ou onsarre e pour aller de ^„j„„ ■ ^^^^ j„„j ^„^ ^ 

a a pied jusqua la chute (On trouve a ,^, ^„j ,2; j„„„ent une imporianie 

ouer des ancs; mais c est une des „„m- , • j j^^ ^ ^ 

breuscs exolo.tations du voyageur a la- '^H^ j ,J g^;^^^ ^'esl surtout ob- 

quçlle on fera bien de ^soustraire.) De- ^ j, , , j, 

puis 1 endroit ou Ion s arrêt, pour voir ^ plus saisissant, 

a chute, a faut environ 40 nun., au re- ^'eLu du Velinoest incrustante, etformc 

tour, pour remonter a Papignano. - Une ^^.^ , ,5 ^ j„^,^ , j,. 

voilure a un cheval coûte 6 /••• dcTcrni (L„rd'Byron recommande fort ai voya- 

à Papignano Avec un guide {5 ou G ^ de suivre le Velino jusqu'au pilit 

paulsl l'on échappe aui exigences du fac nommé : i>»^ rf< /.«W.} 

maître de poste. 11 faut encore payer les ' 

cu^todi de la cascade. H y a plusieurs 

portes à faire ouvrirsuccessivement. Enfin 

les importunités des petites filles qui vous PHITTl? \ 'iO 

offrent des bouquets et celles des mon- KUUJL loi. 

diants ajoutent un dernier ennui a l'ex- p^ PÉROUSE A TERNI 

cursion. 

La merveille de Terni, et une des eu- par tooi. 

riosités de l'Italie, c'est la. cascade du Ve- kil. 

/jwo (caduta délie Marmore) .C'est cepeu- De Pérousc à Todi 4i 

dant une cascade faite de main d'homme, Narni ! . . . • 35 

et c'est une singularité à noter que les Ponte Felice 80 

deux cascades si renommées de l'Italie, n;i :„«„«« i« d^/..,»- a rtuii Ti-.»îai «n 

m • i m* 1* L .'p • Il T» • J Diligence de terouse a foai, — irajeiea 

Terni et Tivoh, sont artiliciclles. Près do g h, 

trois siècles avant J. G., Curius Deutatus 

détourna le cours du Velinus, au moyen De Pérouse à Rontf, par Todi. — Trajet 

d'un canal creusé dans le rocher calcaire, en 24 h. — Prix : 5 scudi romani. (Il u y a 

pour le faire tomber ici par-dessus un ^^^J] »'*^>»«=* ^« P«^^^ «"^»*« ^^*»'*»"^ *' 

rocher dans le Nar ou la Nera, d'une 

hauteur d'environ 370 met. Ce travail ^ j^^ ^^^^ ^^ ^^^ directe enlrc 

avait pour but de mettre un aux inonda- n • * » * • -^éx^ - 

Uons que l'encombrement du lit du Ve- ^^^ouse e Rome est moms mtércs- 

linus elcnHait jusqu'à Rieti. Il y eut à ce saute que la précédente. 

sujet de fréquents démêlés entre les ha- Todi, — 4500 hab. Commune de 

bitants de Reate et d'Interamna. Cicéron 14 000 âmes. (Auberge: Corona). Sur 

vint plaider contre celle-ci pour ceux de une colline élevée, plantée de vignes 

Reate (Reatini me ad sua Tempe duxe- gt d'oliviers. Anciens murs étrusques. 

'"°S ^'^i\û!!.'''.Z'Ji'\nTJ^^^ Ruines d^un temple de Mars (?).-li 

que les travaux eussent enlevé a leur .i .i i v5 i r' 

plaine son humidité, et par suite sa fer- cathédrale nossède quelques fresques, 

tilité. Tacite (Ann., I, 79) parle d'un — ligbsé^de la Madonna delta Cohso- 

«utre débat porté devant le 8én:>t. La lazione, joli temple à coupoles, œuvre 



Ombne. • 

* 

\antée de Bramante. — San Fortu* 
nato, portail gothique. 

A une petite distance de Todi est 
un couTent de capucins dont T église 
possède un beau Couronnement de la 
V.,par \eSpagna. 

San Gemini, — bourgade sur une 
hauteur. — Il en part deux routes di- 
Tergentes qui descendent vers laNera : 
celle du S. £. allant à Terni, celle du 
S. conduisant à : 

Narni. — Pour le reste de la 
route ( F. ci-dessous). 



ROUTE 153. — DE TERNI A ROME. 



53 



ROUTE 133. 

DE TERNI A ROME 

PAR NAUNI ET ClVlxl CASTELLANA. 



De Terni on peut gagner en poste Roue 
en un jour. — Une route intéressante con- 
duit par Rteli et Aquila à Naples (Y. à la 
table) . 

De Terni à Cività Caatellana. — Trajet en 
voiture en 5 h. 30 min. 

Entre Terni et Narni, la route, de 
plus en plus agréable, traverse la 
vallée de la Ncra et une belle cam- 
pagne, offrant le double aspect des 
plaines vertes de TOnibrie et des 
sommets boisés de TApennin. Un peu 
au delà de Terni on aperçoit à g., sur 
une hauteur, le village de CoUesci- 
polif et bientôt, à T extrémité d une 
route droite, Narni s'ctendant sur une 
colline. Un castcllo, situé à g. de la 
ville, sert de prison. 

Avant d'entrer à Narni, on aperçoit 
à dr., au bout d'une courte avenue 
d'arbres, un couvent de Zoccolanti, où 
Ton fera bien d'aller voir dans l'église, 
au fond du chœur, un Couronnement 
de la Y., bel ouvrage du Spagna. [La 
partie supérieure manque un peu a i- 
déal; mais les figures du bas sont 
vraies, bien accentuées, habilement 
rendues. 1 

Narni, — 3500 hab. (Hôtel : la 
Campana.) Petite ville d'aspect pitto- 
resque, sur une colline à la g. de la 



I Nera; rues étroites et sales. Belle vue 
sur la vallée; Taspect devient plus pit- 
toresque encore de la partie posté* 
rieure de la ville, dominant la gorge 
où coule la Nera, 
Cathédrale (xiii* siècle). — A quel- 

3ue dislance, on va visiter les rmnes 
'un magnifique pont romain, attribué 
à Auguste, et situé au milieu d'un 
paysage très-pittoresque. 

la route de Narni à Cività Castcl- 
lana est extrêmement intéressante. 
Elle suit l'ancienne voie Flaminia jus- 
qu'à Borghetto, sortant des ravins des 
Apennins et approchant des pbines du 
Tibre qui coule à dr. (on le voit depuis 
Otricoh). La route présente une suite 
de montées et de descentes. Bien avant 
d'arriver à Otricoli, on aperçoit le mont 
Soracte : sa hauteur le fait paraître 
beaucoup plus rapproché qu'il ne l'est 
en effet. Il resle longtemps le point 
prédominant de la route. « C'est près 
dOtricoli qu'en 1798 Macdonald, forcé 
d'abandonner Rome à l'invasion napo- 
litaine, mit en déroute le général Mack, 
qui le poursuivait avec des forces très- 
supérieures. » 

Otricoli — (Otriculum), village si- 
tué sur une colline. — « L'intervalle 
entre Otricoli et Rome était occupé 
par un si grand nombre de beaux mo- 
numents, que lorsque l'empereur Con- 
stantin vint pour la première fois en 
Italie, il crut, au sortir d'Otricoli, en- 
trer dans Rome même. » — En ap- 
I prochant de Borghetto, on voit à g., 
sur une hauteur, Magliano, commune 
de 2000 âmes, situé sur remplace- 
ment d'une villa qui appartenait aux 
Manlii. 

Avant Borghetto (assez bonne au- 
berge), on passe le Tibre sur un pont 
à trois arches (ponte Felice), bâti par 
Auguste et réparé sous le pontificat 
de Sixte V ; il servait de frontière en- 
tre rOmbrie et l'Etrurie. LIautre rive 
est dominée par les ruines pittores- 
ques d'un château fort du moyen âge. 
^- C'est ici qu'on demawAçk y*^'^.^'*' 
première tova \<i ^«L^sfe-^wV.^w^^^^Na 



5i 



ROUTE 155. — DE TERM A ROME 



rÛMnRiE et Ton entre dans les Etats 
iiE i/Kglise, tels qu'ils ont été réduits 
par l(?s derniers événements politiques. 

De 1*o>TR Ff.i.icr, un hatoau ù vujieiir (lc>- 
rftudait ]<> Tibre; ju!>(|u'ù Kniiii>, niisaiit ce 
trajet en 8 nu 10 h. — Prix: 7 pauU. Quaml 
les eaux étaii'ul liasses, i] ]Mirtait plus \hi>, 
<ie l'ouTO DEI.LA UosA. 11 était rempli de 
paysans «le lu Sabine et souvent enniniltré 
ilf'bcstiaux. Cette navigation était interrom- 
pue en 180:2. 

Près de Borgiietto, les formations 
de terrain volcanique présentent de 
l'intérêt au géologue. 

Au delà de Borghetto, on gravit une 
cote, et, parvenu au sommet, on dé- 
réouvre un vaste horizon borné par la 
cliaine des Apennins, que domme la 
cime neigeuse du Gran ^asso (Tîtalia 
(il n'est débarrassé de neige que deux 
mois de Tannée), 

Gîviià Gasiellana, — 5500 liab. 
(Hôtels : la Poste, il Aloro. Cet hôtel a 
une teiTasse d'où Pou a une Irès-belle 
vue.) 52 kil. de Rome. — Située sur 
une hauteur escarpée, cette ville est 
entourée de trois côtés par de pro- 
fonds ravins ; elle n'est accessible que 
du côté du S., où la route franchit 
le Rio maggiore (la Treja), sur un 
beau pont do 150 pieds de hauteur, 
construit par Clément XI. [En 18G2, 
ce pont, emporté par la cnie des eaux, 
restait depuis longtemps sans répara- 
lions, et la négligence de Padminis- 
tralion était cause que les voyageurs 
devaient faire un très-grand détour 

t)our entrer dans la ville.] Du haut de 
a tour de la citadelle on découvre le 
château de Serra Caprurola, Magluno 
et le montSoracle. La colline sur la- 
quelle cette ville a été bâtie est com- 
posée de poiidingues recouverts d'une 
couche de tuf volcanique rouge. — 
On croit que Cività Gastellana occupe 
Pemnlacenient de la plus ancienne 
des deux villes de Falères. ( V. p. 7G) . 
On trouve quelques traces de construc- 
tions antiques dans le ravin autour de 
Cività Gastellana : des tombeaux creu- 



sés dans le rocher, etc. (On (ronre ici 
des guides pour aller yisiter k 6 kil. 
de GiTità Gastelbna les ruines de la 
seconde ville antique de Paieries (Santa 
Maria diFalleri.) 



à RooM, pw 



1» De CiTità 

la vole 



i'our aller de Cività Caatellana à Amm, 
on a le choix entre deux routes : par Nih 
{V. à la pa<;e suivante); — |Mur randenoe 
VOIE Flamikibntie, plus courte ot plus piU(H 
resque que l'autre ; c'est celle que suivent les 
voiturins. — Trajet, de Cività Gastellana â 
Home, en 6 heures. 

La route par Nepi est mal entre- 
tenue. Depuis 185o, les Tetturini sui- 
vent la voie Flaminienne, dont Padmi- 
nistration fait casser les blocs pour 
macadamiser la nouvelle route par 
Castel Nlovo et Ponte Molls. On 
trouve encore sur cette route des 
restes de la voie antique, pavée de 
dall(>s irréoulières et d'une srande 
épaisseur. Les cahots seuls de la voi- 
ture avertissent le voyageur quand il 
se trouve sur un des fragments con- 
servés de Pancienne voie. — Par cette 
route on passe au pied du mont So- 
racley qui semble s'abaisser et pod 
sa forme pyramidale. Le talus infé- 
rieur est formé de prairies, les pentes 
sont jusc|u'au sommet couvertes de 
petits bois. (Si Pon est parti dans la 
matinée de Cività Gastellana , on a le 
temps de gravir le mont Soracte (K. 
ci-dessous) et d'arriver dans la soirée 
à Rome). — Après 3 heures d'une 
marche soutenue (en voiture) depuis 
Cività Gastellana, un peu avant Gastel 
Nuovo, on commence à apercevoir 
Home. 

Gastel Nuovo. — (Auberge : de 
Pancienne Poste) . Au delà de Castel 
Nuovo la vue embrasse un immense 
horizon. Çà et là des fragments de 
ruines sont disséminés dans la cam- 
pagne. — On traverse le ponte Molle 
et on entre à -Rome par la Porte du 



Ombrie. 



ROUTE 155. — DE TERNI A ROME. 



55 



pèupUt SLiprès avoir suivi une longue 
rue que bordent des murs de jardin. 



BKonraioB aa mont Soracte. 

(Aujourd'hui S*-Oreste.) 

Cette montagne, sorte de sentinelle 
avancée deç montagnes de la Sabine, at- 
tire l'attention par sa forme, sa hauteur 
et sa situation isolée. Son nom réveille 
aussitôt dans l'esprit du voyageur de clas- 
siques souvenirs. Pendant une partie de 
l'année elle est couverte déneige. 

Vides ut alta stel nive candidum 
Soracle. (Horace, Od., 1, ix.) 

Le Soracte (686 met.) forme comme 
une ile calcaire au milieu des terrains 
volcaniques de la contrée. Â mi-côte est 
la petite ville de ifaint-Oreste, et sur la 
cime, au milieu, le couvent de Domini- 
cains de ce nom, fondé par Garloman, 
frère aîné de Pépin le Bref, qui, tour- 
menté de remords du sang qu'il lui fal- 
lait répandre pour établir l'autorité d'une 
nouvelle dynastie, se consacra ici à Dieu. 
Plus tard, pour éviter les visites trop 
nombreuses des Francs, il se retira au 
Mont-Cassin. Là cet ex-souverain del'Aus- 
trasie, de la Souabo et de la TImringe 
fut chargé de garder les oies. Soyez donc 
un usurpateur accessible au rcpentire! 

liO Soracte est à iO kil. environ de Ci- 
vità Castellana . Un bon chemin conduit à 
la petite ville de Saixt-Oreste. La mon- 
tée, jusqu'au sommet, est roide. On a du 
haut une admirable vue. — Sur la pente 
orientale, près de l'église de Santa Ro- 
mana, existent une grotte et de nom- 
breuses fissures, dontparle Pline, et d'où 
sortent de fortes bouffées de vent. 



2* De Cività fSaatellana à Rome, par 

ICepi. 

A partir de Cività Castellnna on quitte 
l'ancienne voie Flaniinicnne, et on prend la 
nouvelle voie construite par Pie VI, par Nepi, 
pour venir rejoindre, près de MoNTEROai, la 
route de Florence à Boinc par Viterbe et 
Sienne. 

Nepi — {Auberges :1a Poste ; PaceJ. 
4507 hab. (env. 34 kil. de Rome). 
Ville dans une situation pittoresque 



sur le bord d'un ravin , et d'un plateau 
accidenté, couvert en partie de forêts 
de chênes. Elle est entourée de rem- 
parts bâtis sous Paul lil. On voit (entre 
autres, près de la porte de Rome) des 
fragments de murs antiques construits 
en dIocs quadrangulaires, comme dans 
les murs de Paieries. Quelques restes 
dé ces murs sont peut-être ceux qui 
ont été escaladés par Camille, quand 
il donna Tassant à Tancienne ville 
(Nepete) pour la délivrer des Etrus- 
ques (Tite Live, 1. vi). — Au sortir de 
la ville est un bel aqueduc, à deux 
rangs d'arcades, construit par Paul 111. 

Entre Nepi et Monterosi, embran- 
chement de la route de Florence par 
Viterbe. A quelque distance, ruines 
de SuTRi (F. j). 75). 

On entre ici jusqu'à la fin du voyage, 
dans une contrée volcanique et aride. 

MosTERosi — (Auberges : Posta ; 
Angelo), sur le revers N. des mon- 
tagnes volcaniques qui s'étendent vers 
le lac Bracciano. — Quelques antiqui- 
tés étrusques. 

Ici commence la GoMARCAde Rome.; 
le pays est expose à la mar aria pen- 
dant Tété et Tautomnc. 

Le Sette Vene, — lieu d'arrêt pour 
les voiturins; bonne auberge. 

Baccano — (Auberge : la Poste) . Si- 
tué dans une plaine formant le fond 
d'un ancien cratère, et où règne en 
été la mal'aria. — A quelque distance 
est le lac de Bracciano. (V. Environs 
de Rome.) 

Le paysage que l'on traverse jus- 
au'à Rome est nu, aride et composé 
d'ondulations de terrains monotones. 

Au delà de Baccano, quand on est 
parvenu au point le plus élevé de la 
route, si on gravit à g. un des mame- 
lons qui la bordent, on a une vue dos 
plus étendues sur les Apennins, les 
montagnes de la Sabine, le monte 
GenarOy le monte Lucretile, etc., la 
camjpagne de Rome et la ville aux sept 
coUmes, la ville des Césars, qu'an- 
nonce seulement au lova. \fe ^te^a ^^ 
S'-Pierre,Vèg\\%ft ôl^^^o^. 



56 



ROUTE 154. — DE TKRÏU A ROME. 



Avant (rnrrivcr h la Storta, on laisse 
à u.f à peu de distance, lo hameau 
disou, remplacement si longtemps 
débattu par les savants, où, au milieu 
de collines boisées, sont les ruines de 
Veïes, la rivale de Rome (V. p. 77). 

La Storta, — dernière station de 

Sosie. Rien n'annonce les approches 
e la ville éternelle. — Près de la 5* 
borne îi jmrtir de Rome, k dr. de la 
route, est un tombeau de Publ. Yibius 
Marianus, faussement désigné sous le 
nom de tombeau de Néron. 

On passe bientôt le Tibre au ponte 
Molle, reconstruit en 181 5 par Pie VIF, 
Tancien pont Uilvius, construit par 
yf^Imilius Scaurus, près duquel Cicéron 
fit arrêter les ambassadeurs des Allô- 
brodes, et se livra la bataille entre 
Constantin etMaxen(*e,qui futprécipité 
(lu pont et se noya dans le Tibre. Dans 
cette circonstance, le chandelier d'or 
U sept branches, apporté de Jérusalem 
à Rome, fut jeté dans le Tibre pour 
mf il ne tombât ])as au pouvoir de 
Constantin. Ce pont antique a été for- 
tement endommagé en 18i9, quand 
la Répul)li(iue romaine cherchait à se 
défendre contre les Français. 

Rome. — On entre par la porte du 
Peuple. — Examen du passe-port et 
visite du bagage. (Quelques {)ièces de 
monnaie données au douanier abrè- 
gent cette visite.) 



ROUTE 154. 

DE TERNI A ROME 

PAn IlIETI. 

Po Ttru'i à Kieti ^oiiviion r»2 kil.^ — Di- 
li^riK-o \^\ r;iul:ortîo tlcs Tn» roloniie) lous 
Ii»H jourv à fi II. tl« malin et à fili. du soir. — 
Prix: i fr. 

IV Hleti il Homt' ^oiiviron fiT kil.^. — Hi- 
lii;t»n«v trois roi"» i»ar srinaine. — Traiot on 
10 h. 

Rîetî — ^Reale), ancienne cité Sa- 
bine, altit. 422 met. 15000 hab. 
( //(}/Ws : la Campana : la Posta), ville 
do rOmbrie, située, dans un territoire 



fertile, au {ned d'une coRine, sur 1« ' 
bord du Velino. Dans Ui cathédrale, 
tombeau do la comtesse Alfani, par 
Thorwaldsen. — Des vovageurs an- 
glais signalent sur la rive ar. du Salto, 
entre Rieti et Avezzano, le district 
presque inconnu de Cicolano, comme 
offrant aux antiquaires un grand in- 
térêt à cause des ruines des villes des 
Aborigènes et des Pclasges Arradiens, 
citées par Denysd'Halycamasse comme 
étant aéjà détruites ne son temps, et 
dont les restes existent surlcs sommets 
des collines boisées de ce district. (Con- 
sulter Dodwell et M. Keppel Craven : 
Tour to the Abruzzi.) 

Le châieau de Petrella, dans le 
village de ce nom (21 kil. S. E. de 
Rieti, 5 kil. N. E. de Borgo S. Pietro)« 
excite aussi la curiosité, comme ayant 
été le théâtre d'un drame affreux et 
du crime de la malheureuse Béatrice 
Cenci, (F. Rome, galerie Barberini.) 

De Rîeii à Citià Dneale et AiUroioc9 
{Y. les routes de l'ex-royaume de Naples). 

Celte route suit en partie la voii 
Salaria. Elle est bonne, mais il n>a 
pas de relais de poste. On passe à S. 
Giovanni BEATI^o; la route s^élèveà 
une altit. de 650 met.; elle redescend 
rapidement à Poggio San Lobenzo. 
Après de nouvelles montées et descen- 
tes, elle passe près de Nerola, qu^on 
voit à g., avec un château appartenant 
aux Rarberinî. — Elle attcmt bientôt 
le village de Con'èse, non loin de Tan- 
cienuetjures, la capitale desSabins, an- 
térieure à Rome. £Ue rejoint la route 
de Terni à Rome, qui passe par Canta- 
lupo. — Plus loin on laisse à g. la 
ville de Mome Rotonoo, 2000 hab. 
(district de Tivoli) (Crustumcrium (?) 
selon AVill. Gell) . L*antique châteauap- 
partenait aux Rarberinî. — En ap- 
prochant de Rome on traverse, au 
))ont de Mal passa, V Allia, rivière cé- 
lèbre par la victoire de firennus sur 
les Romains. Elle va se jeter à peu de 
distance dans le Tibre. — Au dlelk^ao 
pied d'une colline, s'élève, à dr. de 11 



ROUTE 136. — DE SIENNE A AOtlE. 



57 



route, une ferme appelée Castel Giu- 
bileo ; on croit être à peu près certain 
ou^eUe occupe Tendroit où était le fort 
oe FiDBN£, et que cette ville célèbre 
«^étendait jusqu'au Tibre et sur les 
collines adjacentes. Elle fut plusieurs 
fois conquise et punie sévèrement par 
les Romains, à cause de son amour 
pour rindépendance ; cependant elle 
ne disparut entièremcnt.du sol qu'à la 
chute de l'empire romain. Il ne reste 
de Fidène aucun débris ; on ne voit que 
quelques grottes ayant servi de tom- 
beaux. — A g. de la route, la villa 
Spada est sur remplacement de la 
villa de Phaon, où périt Néron. — On 
passe TAnio sur le pont Salaro, cé- 
lèbre par le combat que Manlius y sou- 
tint contre un Gaulois. Ce pont, dé- 
truit par Totila, fut reconstruit par 
Narsès; détruit en partie en 1798, il 
fut rétabli par Pie Vll ; on essaya en- 
core de Je couper durant le siège de 
Rome en 1849. — On passe devant la 
villa Albani, à dr. (F. Environs de 
Rome) et Ton entre à Rome par la 
porta Salaria. 

ROUTE 135. 

DE FLORENCE A ROME 

PAR SIENNE. 

De Florence à Sienne {V, W. WJ). 

De Sienne à Home, ou peut choisir entre 
deux routes: 1* par Orvteto (R. 13G); — 
î* par Acquapendente cl Viterbe [\\. 1371 



ROUTE 136. 

DE SIENNE A ROME 

PAR OnVIETO. 

Au mois de septembre 1861, le chemin de 
fier n'était pas encore ouvert jusqu'à Orvieto. 
11 était ouvert jus«iu*à Ficulle, — (Le chnur- 
fago rie la chaudière <« fait au bois. La me- 
sure de bois, qui naguère coûtait 7 fr., en 
coulait tt en 1862). 

107 kil. de Sienne à Fievlle, chcm. de fer. 
Traiel eo 3 h. ou 3 h. 13 m. — l»rix: H fr.; 
t fr.; 6 fr. 10 c — De Sienne à Ckivsi seule- 



ment. — Prix: 9 fr. 25 c.; 6 Ir. 73 c; 4 fr. 
90 c. 

N. B. Les trains directs, soit à'Etnpoli, 
soit de Chiusi et de Ficulle^ sont en corres- 
pondance avec les services de diligences pour 
PéuousE, Orvieto, Viterbe et Rome (entre- 
prise Marignoli. bureaux: à Florence, place 
Santa Trinità, et aux stations de Sienne, 
Chiusi et Ficulle. — [Depuis Touverluredu 
chera. de fer par les Maremmes de la Tos- 
cane le service de la diligence de Ficulle ù 
Home a été supprimé (1864), Le trajet entre 
Ficulle et Rome ne peut donc plus se fairo> 
que par voiturius.] 

Les stations sont, à partir de Sienne : 
Asciano, 33 kil. — Rapolano, 39 kil. — Lu- 
cignago, 52 kil. — Sinalunga, 58 kil. — 
Torrila, 62 kil. — Salarco, 68 kil. — Chiusi, 
90 kil. — Ficulle, 107 kil. 

Avant Âsciano» le chcm. de fer tra- 
verse des tranchées fréquentes et 6 
tunnels (la traversée du plus long dure 
une minute). 

33 kil. Asciano — (1" stat.), ville 
de 7147 hab., au milieu d'une plaine. 
[On s'arrête pour prendre du bols, 
qu'on charge avec une extrême len- 
teur; 31 kil. plus loin, à Torrita, on 
reprend de Teau et du bois.] 

39 kil. Rapolano, — ville de 3855 
hab., située à dr., sur le penchant 
d'une colline. Dans le voisinage sont 
les eaux thermales sulfureuses dites 
Bagni di fiapolano et les eaux mi- 
nérales d'Armajolo, — La vallée se 
resserre et la voie s engage entre les 
collines qui se rapprochent. 

52 kil. LuciGNAGo, — com. de 3799 
hab. On laisse à g. : 

58 kil. SiNALDNGA — (siuus longus) 
commune de 8440 âmes, pittoresque- 
ment assise sur une hauteur. — Les 
collines s'éloignent et la voie entre 
dans une plaine uniforme. 

62kil.ToRRiTA,— Cora.de4491 hab. 

68 kil. Salarco — au delà d'AcQUA- 
vivA on côtoie à g. le lac de Monte- 
pulcianOf formé par les eaux de la 
Chiana. Ce lac, Irès-poissonneux, com- 
munique par un canal avec le lac de 
Chiusi, situé un peu [»lus loin sur le 
point de partage des deux Chianes 
[V, t. I", p. 426). Les deux lacstCexv 
formaient c^\x'wtv ^ \tt\^ c«;\\akvcv^ «^- 



5« houTE loG. — . bK sik:(Ke a hoiik. 

(1110. xVu temps (le Sti*al)on les barques 
(lu lac de Cnlusi desc?udaient par le 
Tibre ù Koine cbargécs de roseaux, etc. 

Bains de Chianciano (7 kil. S. E. 
de Montepulciano), allit., 600 met. 
— Eau thermale, sulfat(kï, calcaire; 
température, 58% 7 (K. les Bains ilEu- 
rapCf par Ad. Joannc et A. Lcpileur. 
Paris, llachetleetC'. 1 vol. in-18.) 

On laisse à dr., à 5 kil., la ville de 
Gliiusi. 

A quelque distance de la station, si 
*on se dirige V(»rs cette ville pour la 
visiter, on trouve, au pied de la col- 
line sur laquelle elle est située et à 
dr. de la route, Tentrée des catacom- 
bes de Santa Caterina, avec une es- 
planade fermée de murs et plantée de 



1 



— Les invasions fréciuentes auxquel- 
les Ghiusi fut en proie au xi*uèGle 
contribuèrent sans doute k faire aban- 
donner les travaui d'endiguement de 
la (ihiana. Le territoire environnant 
ne fut bientôt plus au'une lacune pes- 
tilentielle. Dante fournit, dans son 
Paradis (c. \VI), une date approxima- 
tive de cette décadence : 

Se lu risguardi Luni et Urbisagiia 
Conic son île, e corne se ne vanao 
Diretru ad esse Cliiusi e Siaigaglja. 



cyprès. 

90 kil. — Ghiutî (Cliisiutn, Camers 
des Etrusques). — 4224 hab. (Hôtel: 
Leone d'oro, avant d'entrer en ville par 
la porte San Pictro. On peut s' y procurer 
un guide pour visiter les antiquités. 
On recommande Giambattisla Zfeppo- 
loni ; il se charge d'obtenir les clefs 
des divers gardiens.) 

Ghiusi est sur une colline élevée de 
390 met., et à 1 48 met. au-dessus du 
lit actuel de la Ghiana. Gcnendant le 
voisinage de marais nuit h la salubrité 
delà ville. — Gctte ville fut une des 
12 métropoles de Tancienne Etrurie, 
elle siège de Porscnna*. Glusium eut 
un rôle important dans la ligue étrus- 
que formée pour rendre aux Tarquins 
le trône de Rome. Quand on apprit à 
Rome la marche de Porsenna, «jamais 
une si grande terreur, dit Titc-Livc, 
ne s'était jusqu'alors emparée du Sé- 
nat, tant était redoutable à cette 
époque la puissance de Clusium ! » 

* Quolqucs-uiis ont cru retrouver des 
traces de son tombeau, donlVarron a donné 
une description fabuleuse, et le labyrinthe 
souterrain ijui racconipa<;nait, à Poggio Ga- 
jeUa (environ 5 kil. nord-est de la ville ; 
mais rcla n'a point été admis. G. Dennis 
(t. II, o9i) a donné le plan de ces galènes 
souten'aines, dont iiuelaues-unes ^ sont si 
bas!««s, qu'on ne peut y pénétrer qu'en rem- 
|)ant. On ignore quelle était leur destina- 
tion. 



La cathédrale, que l'on croit de la 
fin du XII* siècle, a 18 colonnes, de 
grandeurs et de marbres différente, 

t)rovenant de constructions antiques, 
façade détestable de la décadence. — 
Un fragment des murs étrusques existe 
derrière le chœur de la cathédrale. — 
.\ Ghiusi les antiquités étrusques, au 
lieu d'être réunies dans un musée 
comme à Volterra, sont dispersées 
dans des collections particulières. Les 
objets trouves dans les nécropoles des 
collines voisines ont un caractère très- 
archaïque. « 11 n'y en a pas, dit 
M. iVoél des Vergers,' qui portent plus 
complètement l'empreinte de fart 
étrusque sans mélange d'hellénisme, 
que les vases noirs, connus dans le 
nays sous le nom de Creta nera..,. 
Plus tard, il est vrai, les mythes de la 
Grèce pénétrèrent au sein de PEtrurie 
et Glusium a produit le plus beau vase 
italo-grec qui soit dans la collection 
céramographiquc du musée de Flo- 
rence. » 

!• Musée Casuccinif riche collection. 
Un sarcophage a la forme d'une statue 
de femme en pierre (les membres ont des 
attaches de métal) qui' est creusée en do- 
dans pour recevoir les cendres. Gesmo^ 
immcnts, d'une haute antiquité, sont 
très-curieux. Il est regrettable qu'il n'y 
ait pas de catalogue; lacune esiistam 
i)our toutes les collections étrusques pu-* 
bliqucs ou privées en Italie. Les plus 
beaux vases (celui du Jugement de Paris, 
style grec, et celui dit d'Auubis) sont, 
non au musér?, mais au palais Gasucciiii. 
— 2* Collection Paolozzi, riche aussi 



hOBTE 136. — CHlOSl. — MONTISWLCIAKO. 



59 



6n bronzes, miroirs, patères et objets aïo* 
biliers. Urnes cinéraires curieuses, rap- 
pdant les campes de l'antique Egypte ; 
le couvercle, au lieu de représenter une 
tèle d'animal, est une tôte d'homme ; sur 
ia panse du vase, les mamelons sont mar- 
qii& et des bras et des mains sont mode- 
lés. On signale sur un cippe un bas-rclid' 
de style archaïque représentant une 
femme morte, ou la douleur vraie d'un 
enfant contraste avec l'exagération mon- 
teuse des pleureuses à gages. On devrn 
également visiter les collections de l'é- 
véque et de quelques autres particuliers. 
Quelques-unes, du reste, ont dû aliéner 
jiar la vente plusieurs de leurs i arctés. 

Une des curiosités de Chiusi, ce sunt 
les tombeaux étrusques découverts dans 
les environs. Les plus remarquables sont 
ceux qui ont été découverts, en 1840, par 
la famille Gasuccini au poggio Gajella. Ln 
montagne en est remplie. [Les pointures 
ont été détruites ou ruinées par des ber- 
gers. Ces tombeaux sont restés ouverts.] 

A 1 kil. au-dessous de Chiusi on. peut 
aller, en compagnie d'un guide, visiter le 
deposito del colle Gasuccini : l'entrée 
du tombeau est l'ermé ; par une porte 
formée de deux dalles de travertin, tour- 
nant encore sur les gonds où elles furent 
placées il y a plus de 2000 ans [les an- 
neaux de fer sont modernes. — On voit 
encore les figures peintes sur les parois 
intérieures du tombeau] ; — ou bien le 
deposito délia scimia, ainsi nommé d'un 
singe qui, sur les peintures du tombeau, 
iîgure avec des nains au milieu des courses 
de chars et des jeux de toute espèce, de 
gUdiateurs, de ménestrels, réunis là en 
l'honneur d'une fenune noble, abritée 
d'un parasol. M. Dennis trouve là un rap- 
port avec une scène du moyen âge. [te 
tombeau a été recouvert de terre.] 



he Chiu!»i ù Montci'Clciano (18 kil.), deux 
rhomin»: le plus court, \vilt Dolciano-, ferme 
(lu grand-duc. (5 kil. au nord de (!liiu>i.) 
<!utle ferme caI Iravei.v'c pnr la route neuve 
(>trada longitudinale) sur les traces de l'an- 
(-iennc voie Cassia. Le sol, autrefois maré- 
cageux et maUain, est aujourd'hui des plus 
fertiles. — Le chemin le pluslong, mais le plu5 
intéressant, est par Cetona, Sarteano et 
CkiaueiëM. 

■oniepukiano (mons PoUtianus). 
— Allit. 627 met. 3128 hab. Ville 
d'origine probablenaent étrusque, dans 



une situation pittoresque. — Eglise 
de la Madonna di San Biado : cet 
édifice, tout en travertin, aune ar- 
chitecture dorique très-cstimée, est 
l'ouvrage d'Antonio da San Gallo. 
— Palais Buccelli : antiquités étrus- 
ques. — Nous avons déjà parlé (t.I", 
p. 452) de la célébrité- des vins de 
Montepulciano. 

Monlepulciano d' ogni vino il Rc. 

De MoMEPULciAKO on peut aller vi- 
siter PiEWZA, 999 liab., petite ville si- 
tuée sur une colline au-dessus de la 
vallée de TOrcia (à 12 kil. de Monte- 
pulciano). — Le pape Pie 11 s'ap- 
pliqua k embellir cette petite ville. 
On y voit des peintures des artistçs 
siennois , contemporains du pape : 
Giovanni di Paolo, Lorenzo- Vec- 
chietta, Matteo di Giovanni^ Ansano 
ou Sano di Pietro, 



De Chiusi à Orvieto. 

De Chitisi ii Orvielo le chem. de 
fer continue ù avancer par une vallée 
bordée à dr. et à g. par des montagnes 
boisées. Mais l'ancienne route est plus 
intéressante et riche en aspects pit- 
toresques. Elle suit les pentes ou les 
crêtes des collines, à ff . du chem. de 
fer, en traversant de larges et belles 
forêts de chênes, qui s'étagent sur les 
flancs des montagnes et descendent 
jusque dans la vallée. C'est surtout en 
approchant d'Orvieto aue le paysage 
offre les points de vue les plus remar- 
quables. 

N. B. Les voyageurs qui donneront la pré- 
férence à ce trajet |>ar lu montagne Irouvc-» 
rout des petites voitures à la station de 
Chiusi : nous recommandons jiurliculière- 
raent le voiturin l'ictro Yannini. 11 mène à 
Orvietoi h Pérouse, à Rome, etc. 

Entre Chiusi et Città délia Pieve, on 
quitte la Toscane et Ton entre dans 
1 Ombrie. Città della Pieve était, avant 
la dernière guerre d'Italie, une ville 
frontière des EtaU de C E^Vue. 



GO 



AOtltE 156. — DB SIENNE A KûHE. 



En montant de Ghiusi à Gittà dclla 
Pieve, on peut apercevoir à g., k une 
certaine distance, une grande étendue 
du lac de Trasimène. 

CiTTÀ DELLA PiEVE — (Avbergc : 
Giornella), environ 6 kil. de Ghiusi, 
commune de 6500 hab. Petite ville 
dans une situation élevée et pittores- 
que. Le tremblement de terre du 9 
mai 1861 y a causé beaucoup de dé- 
gâts. Avant d'entrer dans la ville, on 
peut aller voir au maître-autel de l'é- 
glise Sant' Âgostino une fresque du 
Pérugin, qui a été transportée sur 
toile après le tremblement de terre 
qui a ruiné Téglise de Sauf Antonio. 
— L'église Santa Maria de' Bianchi, 
dite la Ghiesarella, possède une Ado- 
ration des Mages, peinte par le Péni' 
gin (1504)'. [Gette fresque est d'un 
aspect gris; la couleur semble avoir 
beaucoup pâli.] — Cathédrale :laV., 
TEnf. J. et des Saints, par le même 
(1515) (payée 120 flor.). Baptême. du 
Christ, par le même. — Sam' Antonio; 
le saint de ce nom avec S* Marcel et 
Paul TErmite, par le môme. — A 
moitié chemin, entre Citlh délia Pieve 
et Orvieto, le voiturin s'arrête au 
triste, mais pittoresque village de Fi- 
cuLLE, situé sur une colline trcs-éle- 
vée au-dessus de la vallée où est la 
station du chem. de fer. — Dans cette 
vallée on aperçoit plusieurs lignes de 
terrasses toutes ravinées comme les 
balze VoUerane (V. t. l*% p. 558). 

A la station de Viculle (107 kil. de Sienne) 
on trouve des diligeurcs de correspondance 
pour Orvieto. — De FieuUe à Home, — inijet 
eu voiture, en 18 heures SO min. 

Au delà de Ficullc, la route, faisant 
de nombreux détours h travers des fo- 

' Lp's derniers annolalours de Vasari 
(Fircnze, le Monnier'i citent deux lettres du 
i'énigin, trouvées en 1835. Dans l'une il dit 
que ce travail vaudrait au moins 200 florins, 
mais qu'en sa qualité de natif du pavs, il se 
contente de 100 (fô tout de suite et fe reste 
en trois ans). Dans la seconde, il fait une 
diminution de 25 florins. Kn allant de cette 
ville à IVrousc, il Tut volé d'une partie de 
son argent. 



rets de chênes, atteint le point cul- 
minant à la Croce, d'où la vue em- 
brasse un immense panorama et un 
cercle de montagnes à l'horizon. 

Près de Bagni on aperçoit, sur une 
hauteur à l'horizon, Orvieto, que do- 
mine la cathédrale. 

On n'arrive à Orvieto qu*apr^ avoir 
gravi une longue rampe dominée par 
des rochers. La route aboutit à une 
porte d'entrée que nous avons trou- 
vée (12 oct. 1862) déjà fermée h 8 h., 
et qui ne fut ouverte qu'après avoir 
parlementé avec les soldats du poste. 

Orvîeto — (Urbs vêtus, Orviete). 
6900 hab. (Hôtels : Locanda d'elle belle 
arti, sur la grande place; Âquila 
Bianca.) Située h dr. de la Paglia, 
sur une colline de formation volca- 
nique, bordée de rochers à pic. — Au 
moyen âge cette ville fut un des rem- 
parts du parti guelfe. On compte jus- 
au'à 52 papes oui s'y réfugièrent ou y 
firent leur résiaence. — La Irille à un 
aspect de vétusté et d'abandon, ^e le 
voisinage du chemin de fer lui fera 
sans doute perdre à l'avenir. Plusieurs 
constructions sont abandonnées, à moi- 
tié faites ; une des plus remarquables 
est celle d'un vaste palais sur la piazza 
di Cornelio. 

La Cathédrale est un des monu- 
ments les plus intéressants de ritalie, 
et un des plus remarquables spéciraons 
de l'architecture gothique en Italie. 
Elle est construite en assises alterna- 
tives de pierre noire et blanche. Le 
premier aichitecte fut Lorenzo Mai- 
lani, de Sienne ; la première pierre 
fut posée eu 1290. On v travailla 
500 ans, de sorte que Tédifice actuel, 
avec ses sculptures, ses fresques, sei 
mosaïques, ses vitraux peints, est rn 
Quelque sorte un résumé des progrès 
Je l'art moderne. Dans ces travaux se 
succédèrent 53 architectes ; 152 sculp- 
teurs; G8 peintres; 90 mosaïstes, et. 
avec les autres parties de l'ornemen- 
tation, en tout 386 artistes qui secon* 
sacrèrent h cette œuvre de dévotion 
oersévérante. La façade, une dos plni 



Ombrie. 



ROUTE iZ&. — ORViEtO. 



61 



belles et des plus richement ornées de 
ritalîe, nous semble bien supérieure, 
commedispositioneurythmique, à celle 
du déme de Sienne. Elle est décorée 
de statues, de bas-reliefs et de mo- 
saïques (celles-ci restaurées ou mo- 
dernes), dont les sujets sont tirés de 
TÂncien et du Nouveau Testament. 
Malgré Vasari, Lanzi, d'Âgincourt..., 
Gicognara a établi que Nicolas de 
Pise n^a pu exécuter les sculptures 
des bas-reliefs, qui lui sont posté- 
rieures. Elles doivent être àe Jean 
de Pise et de ses meilleurs élèves. 
Parmi ces artistes on cite, comme 
maître principal, Ramo de Sienne, 
Orlando, Gtiido et Martino de Gome, 
Goro di Gregorio et Gino de Sienne, 
frà Guglielmo de Pise, et, plus tard, 
Agnolo et Agostino de Sienne. Il faut 
particulièrement remarquer le Juge- 
ment dernier, FEnfer, le Paradis, su- 
jets traités avant Tapparition de la Dt- 
vina Commedia, et si admirables de 
verve, de fécondité et d'imagination. 
— Intérieur : La voiite de la nef est 
en charpente apparente. Une galerie 
court autour de la nef, au-dessus des 
arcades. Les fenêtres ogivales des col- 
latéraux ont des verrières dans le haut 
et sont à demi bouchées par le bas. 
[Les autels, placés latéralement dans 
les niches rondes, sont dans le style 
de la décadence. Les statues colossa- 
les en marbre blanc des 12 Apôtres 
placées devant les colonnes sont trop 
vantées; elles rétrécissent la nef et 
lui ôtent de sa grandeur apparente (le 
S' Matthieu est par Jean Bologne ; et 
le S* Thomas, par Ippolilo Scal%a )] 
La grande fenêtre ogivale à verrière 
de couleur du fond du chœur forme 
UQC belle perspective au fond de Té- 
glise. — A dr. de la porte d'entrée, 
statue de S' Sébastien, par Scalza. — 
On voit dans Téglise des peintures de : 
Tad. Zuccaro, Guérison de TAveugle ; 
Uésurreclion du Fils delà Veuve; Ctr- 
cignani (le Pomerancio), Résurrec- 
tion de Lazare; Noces de uina ; de Mu» 
zianOf Christ au Jardin ; Flagellation; 

II. 



Galvaire, etc.. — La tribune a des 
peintures de la première moitié du 
XIV* siècle, par Ugolino di Prête lia- 
riOy Pietro di Puccio, Antonio d'An» 
drezzOf etc. — Les peintures des vi- 
traux sont Touvrage à'Atidreo Vanni 
(1321), deFr. di Antonio (1573), etc. 

— La marqueterie du chœur est de 
Pietro di Minella, de Sienne, etc. 
L'Annonciation, a côté du maitre-au- 
tel, représentée par deux statues de 
marbre, est de Francesco Mochù [La 
figure de la Vierge a l'attitude et Tex- 
pression d'une tragédienne U qui on an- 
nonce une mauvaise nouvelle. Ses 
formes féminines ne sont pas assez re- 
ligieusement discrètes.] — Les deux 
autels des transsepts offrent de remar- 

Suables morceaux de sculpture : TA- 
oration des Mages est de Simone 
Mosca; la Visitation, composée de 9 fi- 
gures, presque aussi grandes que na- 
ture, est dessinée par San Michelif de 
Vérone, et exécutée, à l'âge de 15 ans, 
par Moschino, fils de Mosca (1533]. 

— La chaire est, dit-on, de Scalza; au 
même, statue de TEcce Homo. — 
Transsept de dr. : — chapelle de la 
Madonna di San Brizio ; à l'entrée, 
statues d'Adam et Eve, par Fabiano 
Toti et Raffaello da Montelupo. Les 
peintures de la voûte sont de Beato 
Angelico et de Signorelli^, Dans le 
compartiment de la voûte au-dessus de 
l'autel, la Figure du Ghrist, le bras 
levé, est de frà Angelico ; du même, 
les Prophètes (compartiment à dr.). 

— La merveille de celte chapelle, ce 
sont les belles fresques de Luca Si- 
gnorelli; œuvre capitale, et qui, seule, 
mérite qu'on fasse exprès le voyage 
d'Orvieto pour la voir : l'Antéchrist ; la 
Résurrection ; le Jugement dernier et 

* Outre les frais do nourriture et de cou- 
leurs, il fut alloué 200 ducats d'or par an ù 
frà Angelico; et par mois 7 ducats à Benozzo, 
2 à Giovanni et 1 ù Giacomo, ses deux aides. 
La fabrique leur fournissait eu outre le pain 
et le vin, et une indemnité mensuelle |>our 
les autres provisions de bouche. Frà Ange- 
lico ne resta avec ses aido'^ «v^'^ '^ TSkKk\% ^ 
demi (1U7), el ive tcV\tv\. ^\vls\^vsi'\cV». 



6â 



ROUTE 156. — t)Ë 8i£NN£ A KOMË. 



TËnfer ': Ces grandes fresques furent 
peintes en 1499, par Signorelli, alors 
àfé de 60 ans. — Le Jugement der- 
nier, si remarquable de dessin, d'ex- 
pression, et par la prodigieuse quantité 
d'études de nu, explique celui de la 
chapelle Sixtine, qu'il a précédé de 40 
ans; Michel-Ange Tavait étudié. Si- 
gnorelli est son précurseur, f Non 
me maraviglio, dit Vasari, se Topere 
di Luca furonoda Michelagnolo sem- 
pre sommamente lodale, ne se in al- 
cune cose del suo divino' Giudizio fu- 
rono da lui gentilmente tolte in parte 
dall' invenzioni di Luca. » Dans le Pa- 
radis, les Séraphins sont remarquables 
par leur beauté. [A g., près de la croi- 
sée, l'Ange jouant du tambour de 
basque nous semble avoir été imité par 
Raphaël dans Tange du tableau de la 
Sainte Famille, qui est au Louvre.] 
Dans la chute de TAnlechrist, on voit 
le portrait de L.,Signorclli, et derrière 
lui celui, dit-on, de frà Angelico [sur 
le mur de g.; 1" -compartiment. — Ils 
sont vêtus de noir, tes traits du vi- 
sage doux et intelligent du person- 
nage dans lequel on croit reconnaître 
frà Angelico, n'expriment pas cet as- 
cétisme dont ridée est suggérée par 
sa peinture.] — Cette chapelle offre 
un singulier mélange d'idées chré- 
tiennes et de souvenirs païens; au-des- 
sous de ses grandes compositions, Si- 
gnorelli a peint en clair-ooscur les por- 
traits de Virgile, Ovide, Claudien, 
Dante, et des sujets mythologiques : 
Descente d'Énée aux Enfers ; Persée et 
Andromède; Enlèvement de Proser- 
pine ; Ino et Mélicerte. — On remar- 
quera r invention, la riche fantaisie des 
arabesques. — La Pielà, groupe en 

* «Ces peintures étaient enfuméei par le 
temps, et peut-être aussi par suite d'uu feu 
d'artilice qui, chaque année, se tirait au mi- 
lieu du dôme, dans une fête qu'un legs pieux 
avait instituée. Deux peintres allemands, 
Botk et Pfannenschmidl, les ont lavées à 
leurs frais en 1815. » — En 1862, un jeune 
artiste dessinait toutes les fresques de celte 
chapeUe, gui doivent être gravées cl publiées 
à Home, dans l'espace de trois ou quatre an- 



marbre de 4 figures colossales, est 
Tœuvre capitale de Scal%a (1579); 
c'est peut-être la production la ])lus 
grande de l'école de Michel- Ange. » 
— Transsept opposé: — chapelle du 
Santissimo Corporale. A l'entrée, 
statues du Christ, par Baffaello da 
Montelupo, et de la Vierge, par F. 
Toti. Le reliquaire, en argent massif, 
qui renferme le saint Corporal (rela- 
tif à la légende du miracle deBolsena), 
a la forme de la façade du Dôme; les 
figures, ornements et peintures en 
émail, sont un travail précieux de l'or- 
fèvre siennois Ugolino Vieri (1558) : 
on y voit représenté en 15 tableaux le 
miracle de l'hostie saignante à la messe 
de Bolsena. Il n'est ouvert au public 
que le jour de la Fête-Dieu. Sur un 
autel à g., peinture attribuée k Lippo 
Memmi [Vierge, figure d'une grande 
placidité, d*une douceur inexpressive ; 
têtes d'anges assez gracieuses ; en bas, 
figures en adoration; quelques por- 
traits]. Fresques à'Ugolino di Prête 
i^ario, restaurées [ou plutôt repeintes] 
en 1861. — Une Vierge (fresque sous 
verre), par Genlile da Fahrianô [al- 
térée et gâtée parde slupides enjolive- 
ments de diadème et de nœuds pi- 
qués dans la peinture]. 

San Domenigo. — Tombeau du car- 
dinal Guglielmo di Brage, dCArnolfo 
(1282); l"chap. à g. du maitre-autel, 
la Vierge et 4 Saints, par Simon 
Memmi (1520), fresque dans un état de 
dégradation déplorable. — La biblio- 
thèque possède des manuscrits du xiv* 
siècle. 

Une des curiosités d'Orvieto est le 
pozzo DI San Patrizio, puits profond, 
avec deux escaliers en spirale, creusés 
dans le roc ; ouvrage digne des an- 
ciens, exécuté sur l'ordre de Clé- 
ment VII, par An t. da San GalLo. 

Palais 6ualterio. — On y trouve 
une intéressante collection de pein- 
tures et de cartons, par Dominiquin, 
Ann. Carrache, Albane, etc* 

Palazzo Petrangeli : — collection 
1 de tab\eaax. 



ROUTE 137. — DE SIENNE A ROME 'PAR VITERBE. 



()5 



h'Orvieto le chemin de fer doit 
être prolongé dans la iraUce du Tibre, 
dont il suivra la rive gauche jusqu'à 
Orte, où ii s^unirà au chemin de fer 
venant de Foligno et de Spolète. 

La petite ville d'ÛRTE, 2000hab., 
assise sur une colline et sur la rive 
dr. du Tibre, est située entre Viterbe 
et Rieti (à peu près à la même latitude 

3ue ces deux villes), à environ 50 kil. 
e la première ville et à une distance 
un peu plus grande de la seconde. — 
Une route nouvelle a été ouverte entre 
Viterbe, Orteet Narni. 

Entre Orvieto et Viterbe, service de dili- 
gences (trois fois par semaine). 



D'Orvieto à Mmîtefiascone(^iik\\.) 
la route de voitures suit les crêtes 
des montagnes qui bordent à TE. le 
lac de Boïsène. Toute cette contrée 
est de formation volcanique. 

A Montefinscone on rejoint la route 
venant de Sienne par Kadicofimi et 
Acquapendente et qui se dirige sur 
Rome par Viterbe (V. la Route sui- 
vante). 



ROUTE 137. 

DE SIENNE A ROME 

PAR VITERBE. 

De Sienne à Borne, courrier tous les jours. 
— Trajet en % h. — Diligence trois fois par 
semaine, en 30 ou 32 h. (Ces moyens de 
transport perdront pcul-tMre de leur régu- 
larité par suite de l'ouverture jle la voie de 
communication rapide par le chemin de fer 
de Ùvoume et deCività Vecvhia.) 

Postes. 

De Sienne à Monterone 1 

(Un relais à Buonconvento.) 

Torrenieri (3* cheval 11/2 

Poderina 1 

Ricorsi (3* cheval) 1 

Hadicofani 1 

De Badicofani ù Ponte Ccntino. . . 1 
(3* cheval sans réciprocité.) 

Acquapendente 1 

San Lorenzo (3* cheval sans réi;ip.). 3/4 

BoUena 1 

MoDtefiascone (3* chev. sans récip.). 1 



VlTEUBE 1 

L'imposta (3* clieval sans iiScip.). . i 

Ronciglione 1 

Monterosi. 1 

Baccano. . * 1 

La Storla 1 

KOME ' . 11/4 

La route que Ton parcourt depuis 
Sienne jusqu'à la frontière (actuelle) 
des Étals de TÉglise traverse un pys 
en général aride et d'un aspect triste. 
Buonconvento. — (23 kil. de Sien- 
ne) ; près du confluent de VArbia et 
de VÔmbrone. — Vieux cbâteau du 
commencement du xni* siècle, où mou- 
rut en 1313 Tempereur Henri VU, 
empoisonné, dit-on, dans une hostie 
par un nK)ine dominicain, si cette ac- 
cusation n'est point une invention du 
fiarti gibelin, qui Tavait appelé en Ha- 
ie. La lettre passionnée dfe Dante à ce 
sujet devint la cause de son exil. 



Excursion. — A 11 kil. de Buoncon- 
vento, au milieu de rochers sauvages, 
est rabbnycdeiltr0//^6 OUvelo Maggiore. 
L'éjrlisc, du xv* siècle, a été agrandie en 
1777 ; on y voit des fresques remarquables 
de Luca Signorelli (10 sujets relatifs à ki 
vie de S* Benoît, exécutés en 1497). Ces 
fresques sont très-a Itérées. On a reproché 
de la négligence à celles exécutées par 
Sodoma, c^ui, du reste, nn reçut presque 
aucun salaire. — Livres de chœur avec 
miniatures par Libérale de Vérone. 



Une longue montée conduit à Ter- 
RENiERi, et une autre à : 

San QuiRico. — (Auberges : Âquiià 
Nera; il Sole.) — D'ici part une route 
pour MoNTEPULciANo. — La Poderina 
(5 kil. de San Quirico) est la station . 
ordinaire des voiturins venant de 
Sienne. — Le pays, toujours mon- 
tueux, devient de plus en plus aride 
en approchant de : 

Radîoof^nî — (76 kil. de Sienne; 
36 kiL de Ghiusi). (Auberge : la 
Poste.) Bourg situé sur une colline et 
au pied d'une roche basallvoNk^^ ^^ 
répanchemeial se \\e ^v»l ^\\fe\vssM&»fc'fe 



64 



HOOTB 157. — DE SIENIIE A ROVB. 



Tolcaniques qui ont contribue au re- 
lief de certaines parties de la Toscane 
(V. tome I", Toscane, p. 428).— 
Sur le sommet de ce rocher, élevé de 
908 met. , on trouve les ruines d'an 
château fort, détruit dans le siècle 
dernier par Texplosion d'une pou- 
drière, et on a une vue qui s'étend 
jusqu'au lac de Trasimène. ^- On aper- 
çoit dans la même direction le pic 
conique de Cetona, de formation do- 
lomitique, élevé de 1141 met. — Dans 
une direction opposée (S. 0.), à i kil. 
environ, on aperçoit sans dou!e le 
monle Amiata.moni^^ii isolée, dont 
la pointe la plus élevée a 1715 met. 
au-dessus de la mer. Elle est formée 
à sa base de macigno et de calcaire 
stratiforme, et recouverte d'une sorte 
de coupole de trachyte. Le pic trachy- 
tique ou mont Âmiata et le pic basal- 
tique de Radicofani semblent avoir fait 
éruption d'un sol étranger aux pro^ 
duits volcaniques, à une époque pos- 
térieure aux dépôts tertiaires. — Les 
vallées situées au pied du mont Amiat^ 
forment une sorte de petite Suisse au 
milieu de la chaude Italie. 11 y tombe 
beaucoup de neige en hiver. 

De Radicofani la route descend ra- 
pidement dans une vallée où elle 
franchit plusieurs torrents . 

11 kil. au delà de Radicofani, on 
atteint, à Ponte Centino, les frontières 
des Etats de l'Église. 

Entre la frontière toscane et Âcqua- 
pendente, la route suit la rive g. de 
La Paglia et est quelquefois imprati- 
cable après de grandes pluies. 

Aoquapendente, — 5000 hab. (Au- 
berges : Tre Corone; Aquila d'oro.) 
Ville située sur une hauteur, et tirant 
son nom des cascades qui s'en préci- 
pitent. — (Les passe-ports visés à la 
frontière y sont de nouveau visés. )Des 
hauteurs d'Acquapendente, belle vue, 
du côté de la Toscane, sur une plaine 
terminée par une ligne de montagnes. 
Les plateaux, couronnés de beaux 
chênes, contrastent avec les tristes ra- 
f/irs de la frontière toscane. Au delà 



d'Acquapendente, on entre sur le ter- 
rain volcanique. 

San Lorenzo Nuovo. — {Auberges : 
Aquila nera : TËcu de France.) Village 
bâti par Pie VI au haut d'une colline, 

Eour recueillir les habitants de San 
orenzo Rovinato ou Vecchio, où ils 
étaient décimés par hmararia. — 
Vue sur le lac Bolsène. La route des- 
cend, à travers des chênes, sur les 
bords du lac, jusqu'à : 

BoLSENA, — 1700 hab. (Aquila 
d'oro). Petite ville, entourée de murs 
garnis de tours, située sur les ruines 
de l'antique et puissante cite étrusque 
de Vulsinii. On y a trouvé une grande 
quantité d'objets antiques, statues, 
vases étrusques, etc.. — C'est à Bol- 
sène aucune pieuse légende place le 
miracle arrive en 1265 à un prêtre 
bohémien; miracle immortalisé par 
Raphaël (F. Oryieto, p. 62).— Belles 
vues, des parties supérieures de la 
ville. 



A peu de distance est le lac de Bol- 
sène (lacus Vulsiniensis], — dont on es- 
time la circonférence à 45 000 met. Sa 
profondeur serait de 90 met. Sa forme 
arrondie et les roches volcaniques qui 
l'entourent ont fait supposer, malgré son 
étendue considérable, qu'il occupait le 
fond d'un cratère. En considérant cette 
belle nappe d'eau limpide, la végétation 
de ses bords, les chênes au vigoureux 
feuillage qui couronnent les collines alen- 
tour, on s'étonne que les rives de ce lac 
soient inhabitées ; et on serait tenté d'ac- 
cuser les institutions humaines de cette 
solitude inexplicable. La mal'aria, poison 
invisible qui s'exhale du milieu de toutes 
ces séductions, est la cause mortelle qui 
l'entretient. Il n'y a cependant pas, dit- 
on, de miirais dans le voisinage. Ce lac 
est très-poissonneux; il produit encore 
sans doute ces excellentes anguilles que le 
pape Martin IV faisait mourir dans du 
vin blanc avant de les assaisonner ; gour- 
mandise pour laquelle le Dnnte le pince 
dans son purgatoire. *— Le lac renferme 
deux petites îles, la plus grande, Bisan- 
tina, et la plus petite Martana, où fut 
emprisonnée et étranglée, en 535, Ama- 
lasonthe, terne des ^oV\\%, 



Ombri'e. 



ROUTE 137. — VITERBE. 



65 



De Bolséne on peut aller en cabriolet vi- 
uler ÔRviSTO (K. p. 60), et revenir dans la 
journée. Roule monlucuse (li kil.) — On 
cotfipte 2 postés. 

A un kilomètre et demi de Bolsène, 
on peut aller voir, à quelque distance 
de la route, des colonnes de basalte, 
sur une hauteur vis-à-vis du lac. — 
La route traverse une ancienne forêt 
de chênes, qu'on a éclaircie à dr. et à 
g., à cause des bandits qui s'y ca- 
chaient pour attaquerles voyageurs. — 
Une longue montée conduit à : 

MofiTEFiAscoNE — (Mons Physcon, 
Mons Flascon), 3000 hab., commune 
de 8550 âmes. (Hôtels: Posta; Aquila 
nera.) Ville située sur une colline éie- 
Tée auS. £. du lac de Bolsène. — Ca- 
thédrale; coupole octogone, par S. 
Micheli, On voit dans Téglise de San 
floriano le tombeau de Tévêque alle- 
mand Fugger, mort pour avoir trop 
hu de vin de muscat (moscalello) de 
Montefiascone. De chaque côté de sa 
mitre sont sculptés deux verres. 

' Une route partant de Montefiascone se 
dirige vers Orvieto. 

Entre Monleiiascone ot Yiterbe, la 
route est dénuée d'intérêt. Adr. rui- 
nes de Ferbkto (Ferentinum) . — Plus 
loin, à TE., vers le Tibre, Bomarzo, 
— où les fouilles ont produit la décou- 
▼erte d'intéressants objets d'antiquités 
ctnis<jues. Avant d'arriver à Vilerbe, 
on voit sur la dr. un petit étang d'eau 
chaude qui exhale une odeur sulfu- 
reuse; on l'appelle le Bulicame. 

▼Herbe. — (Veliis Urbs, selon 
Orioli), UG12 hab. (Hôtels: kqu\h 
nera ; l'Angelo.) Situé sur les pentes 
occidentales du monte Gimino, et, à 
ce que Ton croit, sur remplacement 
d'un temple étrusque (fanum Yolum- 
iii;e). Rues étroites et montueuses; 
maisons noires et enfumées: les mo- 
numents les plus remarquables sont 
les fontaines; on a appelé Vitcrbc la 
ville des belles fontaines. 

Églûet. — Gatuédrale (San Lo- 
renzo), en style gothique, fut élevée 



sur l'emplacement d'un temple d'Her- 
cule. Gentile da Fabriano (Madone, 
fresque). Au maître-îiutel. S' Laurent 
en gloire, par Fr. Romanelli. Dans la 
sacristie est un tableau représentant 
le Christ et les 4 évangélistes, attribué 
h Alb. Durer. Peinture de la voûte 
par C. Maratta. — Tombeaux des^pa- 
pes Jean ^XI, Alexandre IV, Adrien V, 
Clément IV. — C'est au pied du mailrc- 
autel que Guy de Montfort assassinn, 
en 1270, le prince Henri de Cornwall 
d'Angleterre, neveu du roi' Heuri III; 
et, devant cette*même église, -Adrien IV 
« le seul Anglais qui ait jamais porté la 
tiare, »> obligea l'empereur Barberousse 
h lui tenir Tétrier. 

Sa.m' Angelo in Spata. — La façade 
offre un beau sarcophage romain, avec 
un bas-relief d'une chasse au sanglier. 
Une inscription porte que l'on y a en- 
seveli la belle Galiana, Hélène "du xii* 
siècle, qui alluma la guerre entre 
Rome et la république de Viterbe. On 
rapporte que la victoire resta aux 
troupes viterboises, et que les Ro- 
mains, en se retirant, ne demandèrent 
dans la capitulation que de pouvoir 
contempler une dernière fois Galiana, 

3ui leur fut en effet montrée de l'une 
es fenêtres existant encore h l'exté- 
rieur d'une vieille tour de l'ancienne 
porte S*-Antoine. 

San Francesco. — Dans le trans- 
sept de g., Déposition de croix, par 
Sébastien det Piombo; le carton, se- 
lon Vasari, est de Michel-Ange. Dans 
le transsept de dr., tombeau du pape 
Adrien V. 

Sant' ÏGNAZio. — A la sacristie, pe- 
tite peinture, Jésus au jardin des Oli- 
viers, par Marcello Venuf^ti; au 
maître-autel. S* Ignace, par le cav. 
d'Àrpino. 

Santa BIaria della Verità — (hors 
de la porte S*-Matthieu) possède un 
Spozalizio, grande fresque, intéres- 
sante sous le rapport de l'histoire de 
l'art, et par les portraits de person- 
nages du temps, ^;it LoTeTVï»o Cà ÇÀ.a- 
comoda Viterbo, i^\\^ Vwwv«^ «^ 



60 BOUTE 137. — Di 

1460, après y aroir (i^vaillé ving[- 

Della HnRTB. — Cette église pos- 
sède un tableau de Satvator liosa, 
l'Incrédulité de S' Thomas. 

OssEnviNTi OBL P*fiitPJBO. — Vierge 
«t &ints. fresque atlrihuée à Léonard 
de Vinci; Flagellation de Sébastien 
del Piombo (selon Lanzi, le meilleur 
tableau de Viterbe). 

Sama Rosa — (eouvent), rnoder- 
niséo, conserve intact le coq)9 de la 
Eainle, sorte de Jeanne d'Arc du un' 
siècle, qui souleva le peuple contrela 
domination de l'empereur Frédéric 11, 
se Si eiiler, rentra tnoniphanteaprès 
la mort de Frédéric, mourut à dix-ouit 
ans, et, de son livant même, fut cano- 
nisée par le parti gucUe de Rome. 

Fohtawes. — la plus élégante est 
celle de la grande place, près de la 
[jorle de Florence (gravée dans l'Ar- 
chitecture civile et' domestique au 
moyen âge, par Verdier). — Uelle de 
la place aux Herbes (xiii* siècle), — 
sur ta place Carlano ; celle de la place 
délia Kocca (1566JI, attribuée à Vi- 

Palaii. — P»LA7Z0 pusBLico. Com- 
mencé en 1 964, achevé sous Sixte IV ; 
dans la cour une belle fontaine et des 
tombeaux étrusques. — A la salle dt 
l'Académie degli Ardenti, fresques di 
Baid. Croce, élève d'Annibal Car- 
niclie: au Gabinetto accadenic 
tiquilés étrusques et romaines. 
aitation, de Fr. RomaneUi. 

Palais SitN Hartino — (ï la famille 
Doria): escalier en limaçon praticable 
jioiir les voitures jusqu'aux cta^t 
jicrieurs ; la prinùpale curiosité du 
palais est le portrait de la 
Olimpia MatâolMni, belle- 

fiape Innocent X : on v cens 
it. SCS riches mules <fe brocart aui 
talons élevés et une partie du 
nincul)le:iion(. 

BnnroBi. — Maimnna deila Qi 
ru (chemin de Hami), sur les des 
de Bramante ;leTref cuites de Luca 
délia Robbia. — Viri* Lante, !i Ba- 



^ I ; l'architecture du palais est al- 

iribuéfl ï fignole. — Dans le vsisi nage 
de Viterbe on va visiter les restes des 
cilés étrusques îi Casteld'Asso, Tos- 
canella, Nordiia (V. U* appenbick). 
Au sortir de Viterbe, on gravit la 
pente volcanique du monte Ctmino. 
— Au deli de la station de poste de 
'ItiFOSTA, on atteint le point culmi' 
nantde la roule, près de 900 met., 
d'où la vue embrasse un vaste pano- 
ama; par un temps clair, on peut 
percevoir Rome. — ' Suivant ce haut 
ilateau, on conloume les hauteurs 
l'un ancien cratère, couvertes aujour- 
l'hui de forêts, et su fond duquel est 
le charmant petit lac de Vico (lacus 
Ciminus). On a prétendu que lorsque 
ses eaux sont limpides, on peut apêr- 
ivoir, au fond, des restes d'une cité 
_.igloutie. iV. Ainm. MarceUin, XVII, 
7-13}. 






nateurs d'architecture detranl 

i leur voiturp L't descendre, à g., 

, 'ntier i travers bois, jusqu'au : . 

CaiTUD BB Capbabou, — i'cBuireea- 
pitalc de Vignote. Ce palais, bâti pour le 
cardinal Fornèsc, neveu de Paul 111, e^t 
^Icvc Buv une colline entourâc de ro- 
chers qui ont permis le dOpluiement d'une 
composition Variée el tliéBIrale. ( La 
forme générale est un pentagone dont le 
soubassement, flanqué de S espèces de 
hastions, donne i l'ensemble une certaine 
apparence de l'urtcrcspe et lui imprime, 
par un mélan^ des deui caractères d'ai^ 
chilectnre, ciiile et militaire, un style 
Imposant de Ibrce et de grandeur. La ré- 

tutation de ce mu^nilique palais y attira 
•n^Icmps une liiule de cunoux el de cun- 
naisteurs. a Les nppartemeuls sunl dé- 
corés de fresques et d'araliesques par lis 
Zuccari, à la gloire des Farnuse, pur de» 
sujets tournis par Annibal Caro; des 
perspectives ont été peintes par Vigncla 
lui-iii^mc. (F', la description du chAleau 
par MSI. Debrct et Lebas. — Les Ifpsqucs 
des Zuccari ont clé (çravécs ii Borne ta 
174S.— IllustriKaUiFtrUenfuii.) 



- (Hltfeis.-laPoEle; 
Aqiùla nera.) 4800 bab.; Mlué sur un 
rocher près du hc de Vira. Ruines 
piitoresques d'un château gotliique. 
On trouve dans les environs des cham- 
brea sépultrales creusées dans le tuf. 
Au deiï de Ronciglionc on enlre 
dans la région déeerlc connue sons le 
nom de campagne de Rome, qui s'é- 
tend depuisles montagnes de l'KInirie 
jusqu'au capCirceo, prùs deTerracine, 
entre les montagnes, ï l'est, et la Mé- 
dilerranéc, à l'ouest. 

Entre floncigliqne ei «nnlorosi nn poiU 
■lier Tlsiicr un peu !i Jniile Soiei, cili 
jtruiqiie (V. p, 73i. 

De HoMBRosi à [tovE {V. R. 105). 



ROUTE 158. 

DE LIVOURNE A CIVITA VECCHIA 



la ipal'oriii vi^iiai 
i il'oclobre, il -■- - 
podc A*bli. Vue 



Terl, «tiB . — 

TiLÛifenedirertion, infr^ueulAt jusqu'ici, 
M iDcouime k finmeDac nwiarilf des mu- 
louriii derinil li nnn li iilai raplrla niiur 
ngiier Iton» doimit l'ilaiiu du Rord. llion- 
|iH,iaiH doole, le riumin do fbr de l-ivounie 
â UVlwtêUe i«ra pnilongi'-JiKqii'i V.mti Vu- 
CMM. eb il rejoindra la rhenuii de ièrdi^iâeu 
ardiilt' dejHiiii relia dorni^ lille jiuipi'l 
Home. Entra In roinl eA il t'irrite on ve nn- 
menl et Ci'iia Vm-hia, il y ■ un iulorvalki 



(184 kil.) 




«U »i. -"l^lî'.' f^fr!"*!' Z luT'r™ 
ià'^. -Priz:Uli:eUc.iil fr. 


51 

'il 

-Oc 







iFriajnlD 


« 
































.: IH9 


Uiicgnii 









52 kil. Cecisa •. — {Aiil>erge : Eu- 
ropa). Il ^ n des hauts foumeaui où 
l'on li'aite lu inincraî de fer du l'ile 

j'Elbc. — On peut aller visiter l'oi- 
terra, à peu de distance {V. t. i", \i. 
571). 
70 kil. San Vincemo. 



iluiit le nii .l'Araitun tonte '. 

" $aul,enl.ii7. IKh hauteurs de la \illc 
a une Iri's-bellc tue. Selon un dic- 
; si te sol de cette contrée cajiniiBM! 
Iiabllunls, lu muludie qui y râb'nc les 



LU" 



1 di CamiiiRlia 



ipparahieiit à pl U. Elleii ont nloind loiile 
'"- -whes du terrain do •■'dlmenl qu'elles 
sTersA. CD lemrin a prù h couleur 
rviigc de la hrinue mile ; acg £MniGnlii con- 
sliiiitifs ont fié inodillLS, et lo nouvellti 
rnrli» qui bohhiI sin>l )>rodnile> ont reçu 
iliK K^Uigun (otcaiH le nom eeradiriilinue 
[la UHilirB roue. I.n serpentine et le gihhru 
riJugesorl g.'nénileroïiiv. ii>i\affiî»i*t. C«*. 
dans ce= tût\w* n«B « Ti!wijtMeW.\«« sis- 
tic de! gi«meftW 4e «mit 4-. \» ^™^^ 



68 



ROUTE 138. — DE UTOURKE A CIVITÀ VECCHTA. 



gcntifère et de fer. Elles offrent des ex- 
cavations aux proportions gigantesques, 
bien que la rocne soit çxccssivenient ré- 
sistante et qu'ils ne possédassent ni la 
poudre, ni nos puissants moyens méca- 
niques. Le haut prix du bronze a pu seul 
rendre avantageuse pour les Étrusques, 
l'exploitation d'un gitc métallifère très- 
pauvre. L'examen des scories a prouvé 
par le peu de traces des métaux qu'elles 
retenaient, l'habileté des Étrusques et le 
soin avec lequel était conduite la fu- 
sion. 

Sur le rivage de cette partie de la Ha- 
remme toscane règne une sorte de cor- 
don, formé par les dunes de sable, accu- 
mulées par les vents du large. Devant 
s'étendent des marais aux eaux basses, 
• stagnantes et délétères. 

A 13 kil environ de San Yincenzo , on 
peut aussi aller visiter les ruines de : 

PoPDLONiA — IPupIuna, nom étrusque), 
ville étrusque,' aéjà détruite et déserte du 
- temps de Strabon ; située sur la pointe 
N. 0. du promontoire de Piombino. Il ne 
reste que des portions de murailles an- 
tiques indiquant le périmètre de la ville. 
En quittant la route, pour aller visiter à 
dr. les ruines de cette antique cité 
étrusque, on arrive d'abord devant l'an- 
cien lort, aujourd'hui Porto Baratti. 
Gomme au temp de Slrabon (liv. V, 
ch. 2), qui a fidèlement décrit le havre et 
la ville qui le domine, on lait toujours 
dans ces parages la pcche du thon avec 
grand profit. On voit encore le long du 
rivage à Porto Baratti, sur une longueur 
de plus de 600 met. et d'environ 2 met. 
de liautcur, un dépôt de Fcorics prove- 
nant des fours à fondre le fer de l'île 
d'Elbe que les Étrusques avaient construits 
à Populonia. (Les monnaies étrusques de 
Populonia sont à l'effigie de Yulcain et 
ont pour emblèmes le marteau, l'enclume 
et la tenaille.) Les Romains laissèrent ces 
fours allumés à l'époque de la seconde 
guerre Punique. Cette ville fournit à Sci- 

Eiun l'Africain tout le fer dont il avait 
esoin pour son expédition contre Car- 
thage (ïile Live : déc. III, liv. 8). Sylla 
ravagea Populonia. On y exploitait encore 
le fer au v« siècle. 
A 8 kil. de Populonia est : 
Piombino, — petite ville de 1892 hab. 
gui a été la capitale d'une principauté. 
Pjombino est à 21 kU. de Porto Ferra jo 
//ljf dElbe) (F, tome J", p. 589). — a Le 
yong- du littoral, le golfe de Piombino se 



développe en un cirque pittoresque dont 
les flancs dénudés du Calvi à dr., et à g. 
les montagnes verdoyantes de Gavoranno, 
viennent marquer, en mourant à la mer, 
les deux extrémités. » Plusieurs fonde- 
ries se révèlent par leurs tourbillons de 
fumée.» Dans les maquis restent cachées les 
alunières dcMontioni, les mines de houille 
de Monte Damboli ; à quelques lieues de 
dislance [vers leN.] apparaît le village de 
Monte BotondOt perché sur une haute 
montagne. Là sont les soffioni et les la- 
goni d'acide borique » (F. t. I", p. 578). 
De Piombino, pour regagner la grande 
route à Follonica, on pourrait aller par 
terre à travers les sables de la forêt de 
pins appelée le TomboFo. Il serait bien 
plus facile de s'y rendre par mer. Entre 
Piombino et Follonica on trouve sur le 
littoral Torre Mozza. Voici, du reste, sur 
ce trajet ce que dit M. Simonin, à qui 
nous empruntons ici des renseignements, 
tirés d'articles intéressants publiés par lui 
dans la Bevtœ des Deux Mondes, en 
1862 : Au delà de Torre Mozza, on en- 
tre dans les maquis [petits bois taillis, 
ainsi nommés de l'italien macchie) . a La 
route est ouverte au milieu des Lois, et 
c'est pendant l'été le rendez-vous des 
brigands, qui y détroussent les rares 
voyageurs que leurs affaires amènent en 
ce lieu désert. L'été est la saison où tout 
le monde fuit, effrayé par Varia cattiva. 
Chacun demande alors à faire ce qu'on 
appelle en Toscane Vestatura, c'est-à- 
dire à prendre ses vacances, » pour se 
soustraire au danger de la lièvre palu- 
déenne. 



Follonica. — (Auberge.) honr^aide y 
située a un kil. de la nier et qui doit 
son origine aux fonderies grand'- 
ducales, dans lesquelles on travaille le 
fer de Tile d'Elbe. A cause de la mal'- 
aria, les travaux ne sont en activité 
que depuis le mois de décembre jus- 
qu'au mois de mai. — L'étang de Fol- 
lonica est un véritable fo- cr d'infection. 



Massa marittiha — lAlbergo del Sole) 
(20 kil. N. E. de Follonica), ville d'une 
naute antiquité, cathédrale de style ro- 
man (xiii** siècle. — Au moyen âge, elle 
se nommail Massa Metadortctrt, ou Massa 
1 auxmines, à cause âieXïi ^'çwvàfc a^«sv>\V.^ 



Towane. 



BODTE i38. - 



de minea eiploilées dins le ToisiQa;r, 
Soiu Angaete, c'éUil déjà une coloni 
paûsmle IMatia Vetemensù). Dès Je 
li-siMe elle comiilail plus de 20 000 ha- 
bitants. Après Id pi^lcde 1318. f> vp 
l*lion lomba BU-ilessous de 1000. El 
' cbie par le produit Je ses mine*, elle 
i lutter contre les i-épubliques vmsu 
Volterra, Pjse et Sienne. —tette ville eaC 
tàeyée de plus de 400 met. au-dessus da 
nireaa de la Hèdilemnéc. Des hauteurs 
de II ville, entourée de rieillea murailles 
crfnelées, on aperfoil au loin toutes tes 
11m de l'archipel toscan, et i l'horizon, 

Ïiand l'air est transparent, les cimes d< 
Corse et delà Sordaigne. — On trouTi 
iui entironti, sur un rayon de près de 
35 kil., les traces des anciennes eiploi- 
talions dea mines au nMvenige. A envi- 
ron 14 kil. N. E. de Msst« Uarjttima cïI 
HomiKHi (Hons Œr'n). On croit que le» 
Romains eipltûtèrent, a près les Etrusques, 
les mines de cuivre de celte localité. 
( Ellesfurent surtout exploitées au moyen 
Ige pour l'argent qu'elles renrernuicnt. 
& qni les rend curieuse», outre l'éten^ 
due des Iravauï, c'est qu'il n'en est guères 
sur lesquelles il reste plue de documents 
écrits. Dès l'nnnée 896, le marquis Adal' 
berl de Toscane fait donation di's mines 
d'argent de Nonlicri 1 l'èvfquo de Vul- 
(em. Au m' siècle, c'est la république de 
Sienne qui possède ces gîtes. > A en- 
viron 19 kil. S. de Massa, «sur la cime 
d'un pilon isolé, qu'une érupUon de 
qntrli métallifère a soulevé à une hau- 
teur de plus de 100 mèl., s'élèvent les 
reates du châleaade Pietra,' dominant 
cette partie désolée de la Harcmme. C'est 
là qu'eut lieu la tragique aventure de la 
Pii de' Tolomei, mariée i Nello Pannoc- 
chieschi (Dante, Purg., V]. 



Le chetn. de ter, nprès avoir ilé- 
passéraiibcr^edeffiPo{iiKja,et HoMi 
Pebcali, ancien castel situé sur une 
hauteur, allctnt: 



AéVOmbrme. Capitale do la Marctnme 
loscane, située au milieu d'un terri- 
toire marécaigeui ; il y règae des ma- 
ladies endémiques. Un puits artésien, 
cmuâ U T a quelques années, a fourni 



aux haMianiE une i 
celle de leurs puils. 



a tneillenre qno 



tellx). antique ville étrusque. Il e: 
des fragments de murs d'une construc- 
tion massive, et ■ 1 blocs irréguliers cou- 
ronna nt une colline abrupte. On n'y arrive 
qu'i Imversdes ronces et des épines. Au 
xn* siècle, Ici habitants, désoles par les 
déprédations des brigands, émi^rent à 
à Grossetto. ville sdns doute moins infa- 
lubre qu'elle ne l'a élé depuis. 

La partie de la Hareinme toscane 
comprise entre Grosseto et la limite S. 
de la Toscane (au delà d'OrbetelloJ pré- 
sente, comme celle qui est auN., un 
rivage inalsaïn e( presque désert. — 
Sur le littoral qui s étend entre Gros- 
seto et Orbitello on trouve la rade do 
Telamone. Iliodore en attribue la fon- 
dation aui Argonautes. ■ Les sableset 
algues marinesn'oDt laissé qu'un vaste 
marécage 11 où Marius aborda avec 
sa Hotte, à son rciour d'Afrique, i Te- 
lamone était probablement le port do 
Velulonia, dont on pense avoir re- 
trouvé l'emplacement dans des ruines 
découvertes en lS4Sà 5 kil. du ?il- 
, de Magliano el à 10 kil. do la 

approchant d'Orbetello, après 
franchi VAlbegnaf on a en vue 
le promontoire élcTé du monte Ar- 
gentaro. 
OrbeielU. — (Auberge : la Cbiave 
oro.) 5234 hab., jietile ville forli- 
Qée de la partie méridionale de la Ha- 
—- nma tràcana; située sur l'eïtré- 
lé d'une étroite langue de terre, 
milieu d'un lac sale (ou lagune), 
qui entretient b mal'aria pendant la 
saison chaude. — Au S. 0., ce lac est 
séparé de la mer par le monte Argen- 
tan (promuntoriumTelamonium, pro- 
montoire en face de l'ila del Giglio), 
Formé de deux sommités dont la plus 
bute, cima délie Tre Croci, a envi- 
535 met. au-dessus de la mer. Il 
couvert d'une grande variété d'it- 
bres et d'atbu&les. — kvi ^wi A v» '5> . 



70 



BOUTE 158. -r DE LIVOURKE A CIVITÀ VECQUIA. 



(iu mopte Argcntaro est le porto d'Er- 
cble dont parle Slrabon. 

A 8kil» S. E. d'Orbetello, on devra 
visiter ù Anseooma les ruines des muirs 
cyclopccns de Tnntiquc Cosa on CosPe, 
tlont parle Virgile [^n., X, 168), et que 
le Gaulois Rutilius signale dans son Itiné- 
raire de l'an 417. 

Cerniraus antiquas nulle custode ruinas 
Et désola tic inœnia fœda Coste. 

d Au sommet d'une colline d'environ 
200 met. de hauteur s'élèvent les tours 
et les remparts qiii f'aisaient,,de Cosa une 
des cités les plus fortes de l'Étrurie. » La 
construction de ces murs, en blocs poly- 
gones, polis avec soin, les a fait attribuer 
par quelques archéologues aux Pélasges. 
— D Orbetello on peut aussi aller visiter 
les ruines de Saturnia et de Sovana 
\V, p. 72). 

En sortant d'Orbetello, on passe le 
long du lac de Burano, flaque d'eau 
salée de 13 kil. de long, séparée de la 
mer par une digue naturelle. « ATex- 
trémité de Tétang de Burano, qui 
baigne le pied de la colline d'Anse- 
donia, se terminent les Maremmes tos- 
canes et Ton entre dans les Maremmes 
de TEtat pontifical, d L'aspect du pays 
reste le même : « Des grèves solitaires, 
d'immenses champs d'asphodèles, les 
montagnes sévères du Cïmmo, qui ser- 
vent de fond au paysage; puis» entre 
les montagnes et la mer, sur une col- 
line au S. E., les campaniles de Cou- 
NETO et les tumulus de la nécropole de 
Tarquinies; tout nous dit que si nous 
avons changé d'Etat, nous n'avons pas 
q[uittc les plaines de l'Etrurie mari- 
time.! (Noël des Vergers.) 

A 24 kil. environ d'Orbetello, on 
franchit la frontière toscane. 

MosTALTo — (Etats de l'Eglise) (Fo- 
rum il wrdu), petite ville (à 4 kil. de 
la mer; 16 kil. W. 0. deCorneto) d'as- 
pect misérable, 727 hab. Bureau de 
douane. — Dennis indique une au- 
berge tenue par Gesarini. 

C'est do Montallo qu'on peut le plus 
aisément aller visiter les ruines de 



l'antique Vulci et celles près de Ca- 
mwo (K.l 4*' appendice). 

La route continue à avancer à tra- 
vers un pays exposé pendant Tété 
aux. influences délétères de la malVia. 
'— a Au delà de la triste bourgade de 
Montalto, la route, dont les sinuosités 
ne s'éloignent jamais à plus de 5 ou 6 
kil. de la mer, monte et descend de 
solitaires collines. Des lentisqucs, des 
caroubiers , quelques chênes-liéges 
étiolés, y semblent les sentinelles per- 
dues d'une végétation qui s*élève plus 
vigoureuse à mesure qu'elle s'avance 
vers la montagne. » — On arrive en- 
suite sur les bords de la Maria, au delà 
de laquelle on distingue des monceaux 
blancs de sel, produits des salines 
établies par le gouvemernent pontifical 
près du petit port Clementino. — 
C'est sur la rive dr. de la Marta qu'au- 
rait été située Gravisc^, ce port de 
Tarquinies, dont le Gaulois nutilius 
constatait la désolation dès le com- 
mencement du V* siècle : «t Nous aper- 
çûmes le faîte do quelques rares édi- 
fices; c'est GraviscsB, dont les marais 
pestilentiels infectent l'air pendant les 
ardeurs de l'été. Toutefois ces marais 
sont entourés de vertes campagnes, et 
le rivage est ombragé par des forêts 
de pins. » — Les marais pestilentiels 
seuls sont restés. 

CORNETO — (V. 14* appendice). 

CiviTÀ Vecciiia — (F. R. Ul). 



13® APPENDICE 
Les Maremmes toscanes. 

C'est en descendant des hauteurs de 
RosiGNANo (27 kil. S. E. de Livourne; 
49 kil. 0. de Volterra] qu'on entre dans 
les Maremmes proprement dites et que la 
chaîne des Apennins s'éloigne de la mer. 
L'œil s'étend sur ces vastes plaines ondu- 
lées, où les marais profonds, les forêts 
inextricables, cachent désormais les vieil- 
les cités de l'Étrurie. 

La terre y est d'une grande fertilité ; 
selon le proverbe italien, on s'y enrichit 
en un an, mais on y meurt en six mois ; 
« InMaremma si arrichUce in wa' anno. 



Toseano. 



HAREUHËS TOSCASE.S. — CITKS ÉTRUSQUES. 



71 



n' wuiare in sei mesi, » — Les travaux 
<les chemins de fer dans les Marommcs 
et la campagne roinaiiio, ont mis à nu un 
^nd nombre de conduits suutornuns ; 
c'était pour quelques territoires un véri- 
table drainage. L'inlroduclion de In 
;tuh1c culture, par suite de la conquèlo 
raouine, plus tard les invasions des bar- 
bares, ont causé le mal en dépeuplant 
npeys. 

Gosmn !•' entreprit de rendre quelque 
prospérité à ce pays désolé. Il fit creuser 
lies canaux i:l élever des digues, et com- 
mença le desscchcuient du lac Castigl'ione 
ifUa PeseajH' Après lui, Ferdinand I*"' 
et Gosme II liront continuer 'ces entre- 
prise!, mais elles furent abandonnées par 
leurs Bucci'sscurs, et vci-s le milieu du 
nèdc dernier, les canaux creust';s à jçrands 
frais étaient de nouveau comblés. Léu- 
pold I*' nomma unccummission chaijj^éc 
d'àudier un ])lan d'assainissement. Dans 
leur rapport, présenté en 1770, la com- 
iniasion reconnaît que le pivot de toutes 
les opérations doit être le lac de Casfi- 
§tvme délia Pescaja [qui, ayant les Irn- 
Tiux entrepris jiour son <l(«sécliement en 
1829, occupait une surface de 53 kil. 
carrés], mais elle avoue, en même temps, 
l'impossibilité de remédier d'unti manière 
efficace au mal. « Depuis 1820 bcuiemcnt 
on est revenu à la mélbode des colmate, 
c'est-à-dire à ce système qui a déjà rendu 
à la culture tout le val di Chiuna 
\y, lomc 1"% p. Wti), et (jui consiste à di- 
r^çer sur un point donne les eaux char- 
pécs des terres entraînées par les pluies, 
afin que ces dépôts rehaussent peu à j)eu 
le sol, qui bientôt échapne par l'accrois- 
sement lie son niveau à l'aclion des dé- 
bordements. A cet elïet on a pratiqué de 
nouveaux canaux conduisant dans le lac 
de Castijçlionc les eaux de VOmbrone, on 
a fermé par des vannes les communica- 
tions du lac avec la mer, de manière à 
empéclior 'c mélanjfe des eaux douces et 
des eaux salées, mélange dont l'eiTettst 
pernicieux ; probablement parce qu'il l'ait 
périr une foule d'animalcules et de pe- 
tites plantes, vivant dans les eaux flu- 
viales ou stagnantes, et dont la décom])o- 
silion, lorsqu'elles ont péri par le contact 
de l*enu de mer, augmente les propriétés 
niorbifcrcs de l'air des marais. Ces pro- 
cédés, appliques depuis quelques années 
avec suite et intelhgence. ont affaibli le 
mal, mais ne Tont pas fait disparaître. 
Leiéfff de Casliglione a diminué de plus 



de moitié, espérons que son entier der- 
séclipment amènera [tour les Maremmes 
une ère pi us prospère.). V. les Memorie 
sul bouijicamento délie Maremme »u- 
bliés en 1838 ,) ' * 

Dans la partie des Marcnmies qui s'é- 
tend entre Piombino et la presqu'île de 
Monte Argentaro. près de la ville d'Orbe- 
tello, a le pays offre au plus haut degré 
cet aspect de solitude et j|e sauvage gran- 
deur (pli est le cai-actère particulier de:-. 
Maremmcs. Là sont des praiiies qu'on ne 
fjuiche jamais; là les bois de pins, de 
frênes, de chénes-liéges, devi(>nnent de 
vériiables forets vierges, d'une* végéta- 
tion aussi sauvage et auvsi splendidc que 
celles (lu nouveau monde. Des fournis 
inextricaldes y cachent les débris des voies 
romaines qnf les traversiiienl autrefois. 
Des étangs, des marécages, brillent dans 
la^ clairières. Faute d'écoulement, ils en- 
vahissent chaque année plus d'espace et 
de nouvelles émanations s'ajoutent aux 
émanations tlaugereuses qui produisent la 
lièvre estivale. Déjà autrefois des lacs 
existaient sur celte cote; mais leur écou- 
lement vers la mer était mieux ménagé. » 
Cicéron raconte (Pro Milone, t27) que 
Clodius éleva un édifice sur une île pla- 
cée au milieu du lac Predius, maigre le/, 
résistances du propriétaire, »pii ne vou- 
lait pas lui vendn; cet île. « Or, ce lac est 
dcveim l'étang de Castiglione délia /vi- 
caja [près de (Irosseto], vaste fover d'in- 
fect ion.» ■Noël des Vergers.) 



11^ Ari'ENDICE. 

Ruines des anciennes oîtéA étrui- 
que»: SovANA, Saiurma, Toscanelu, 

VULCI, CaSTEL d'AsSO, DtEDA, i\0llCIIlA, 

ConNETO, SuTiii, CcEîiE, Falëries et 
Veïes. — iV, sur les Ktkusques, 1. 1" 
(Italie du Nord), p. .450-451.) 

L'Italie, qui semble étreune terre épui- 
sée pour la curiosité des voyageurs, ren- 
ferme encore bien des contrées intéres- 
sjmtes qui leur sont inconnues; tel est le 
district sauvage. des frontières entre la 
Toscane et les Etats de l'Église, où sont 
les sites et les restes des antiques cités 
étrusques. Dans la foule des voyageurs 
ciui, chaque année, font le trajet de Rome 
a Florence, >j cw ^-\.-^ w^ wi\ ^\&.^v 
quille \e c\\eiuvY\ \»!Ocol y^mx i^*^'^ \^ hv 



n 



ROUTE 138. ^>~ DtS UVOURNË A GlVlTÎÀ VËCGttIÂ. 



bitcr, en s' exposant aux inconvénients des 
mauTais gîtes de ces localités infréquen-f- 
lées? Combien peu vont voir à Corneio 
les peintures découvertes dans des tom- 
beaux, et moins encore poursuivent leur 
excursion, jusqu'à Vulci ou à Toscanella ! 
Malgré la proximité de Rome et Tintérct 
local, quelques-uns seulement se réu- 
nissent pour aller visiter Veïes. Quelque 
restreint que soit le nombre dés voyageurs 
que ces curiosités attirent, nous nous fai- 
sons un devoir de signaler les points les 
plus importants, en renvoyant aux ou- 
vrages spéciaux sur la matière*. 

«S'il y a, dit M. Noël des Vergers, une 
vérité évidente pour l'observateur qui a 
visité tour à tour les contrées placées à 
l'Qrient et à l'Occident du Tibre, c'est que 
ce fleuve a séparé deux peuples, dont les 
traces, empreintes sur le sol en caractères 
indélébiles, ne sauraient être confondues. 
Ainsi, dans les montagnes des Yolsques et 
(les Ilerniques, chez les Marses et les 
Equcs, on est frappé de ce caractère des 
constructions en polygones irréguliei*s, 
qu'on a appelées Cyclopéennes ou Pe- 
la sgiques, et dont Paiestrina, Cosa, 
Noràa, Segni,Alatrij Ferentino, offrent 
les spécimens les plus complets. — ijur 
la rive occidentale du Tibre, les villes se 
trouvent égah'menl protégées par une en- 
ceinte; mais les procédés de construction 
y ont été tout différents : les assises for- 
mées de parallélipi))èdes se succèdent 
dans un ordre parfait. La jointure des 
pierres est telle qu'il faut une grande 
attention pour la découvrir. — Sur quel- 

3ues points seulement les deux styles 
'architecture se confondent, et nous trou- 
vons sur la rive octidcntal'e du fleuve, 
la construction polygonale du pays des 
Marses ou des Herniques dans ce qu'elle 
a de plus parfait. » Ne serait-ce pas l'in- 
dice d'établissements formés par une des 
deux races en dehors de son territoire? 

* Canirui: Antica E(ruriamarittima,5vol. 
in-f'. — G. Dennis : (Pitiés and cemetcries 
or Etruriu. London, Murray, 1848, 2 vul. 
in-8*. Cet ouvrage, enrichi de plans et de 
{gravures, est le munucl indispensable des 
voyageurs qui voudront étudier ce sujet. — 
i/"* UamiUott Grau : Tour to the sepulchres 
or Etruria. •» Inghirami: Monumenti etrus» 
c'Iii. — àlicali : Monumenti incditi ad illu- 
strazionc délia storia degli anliclii nopoli 
italiani, 1843, in-8*. — (Annales de 1 Insti- 
tut de correspondance arcliéologigue de 
nome.) — Noiides Vergers: L'Etnirie elles 
£rrus9ues(Didot, 18<i2-1864). 



(t Ainsi s'explic^uerait Vâpparence pelas* 
gique des murailles àe.Cosa, de Saturnia 
et peut-être aussi de RoseÛss. » 

Nous venons de signaler- dans la. route 
précédente les ruines de PopulmiOy de 
Cosa; nous avons déjà précédemment 
parlé de celles de Chiusi {V. p. 58), de 
VoHerre [V. t. I", p. 575), de Cortona 
\y. t. !•', p. 585); nous allons réunir ici 
d'autres localités d'origine étrusque qui 
ont acquis de nos jours de la célébrité 
par rimportance archéologique des mo- 
numents qu'on y a découverts. 

SoANA ou SovANA — (3 kil. de la 
petite ville pittoresque de Pitigluno, 
où ron peut trouver un gite à la casa 
Bertocci, et 20 kil. 0. du lac de Bol- 
sena. — On pourrait y aller de Viterbc, 
environ 24 kil. a TE.). Soana est un 
village toscan, situé à peu de distance 
de la frontière, dans la vallée arrosée 
par la Fiora^ qui descend du mont 
Âmiata. En 1855, la population, sous 
rinfluence de la mararia, avait été ré- 
duite à 64 hab. seulement. En 1845, 
un Anglais, M. Ainslcy, attira rattention 
du monde savant sur ce village in- 
connu, parla découverte qu'il fit, dans 
la colline au N. 0. de Soana, de tom- 
beaux étrusques taillés dans le roc, 
avec des figures sculptées en relief de 
divinités marines. D'autres tombeaux 
y présentent le caractère purement 
égyptien dans leur dessin d^ensemble 
et dans celui de leurs moulures. [Bul- 
lelino delV htiluto di Corrispon- 
dema arclœologica di Romaf sept. 
1845.) 

Saturnia — (14 kil. à TO. de So- 
vana : on peut y venir dOrbetcUo, en- 
viron 48 kil.). sur la rive g. de VAl- 
begna. Hameau situé sur une hauteur 
que couronnent d'une manière pitto- 
resque des murailles du moyen âge, 
élevées sur les restes des murs cyclo- 
pécns. Non loin de là, on a trouvé des 
tombeaux que la rudesse particulière 
de leur construction fait supposer être 
antérieurs même aux Etrusques et ap- 
partenir aux Pélasges. A l'appui de 
cette opinion, Denys d'Halicamasse 
décrit Saturnia comme une des quatre 



ANGIBNMËS ClTtiS ETRUSQUES. 



73 



cités bâties par les aborigènes. (On peut 
passer la nuit dans une maison du 
marquis Panciatichi Ximénès), 

ToscANELLA — (Etats de l'Eglise), 
petite ville à quelque distance de la 
rive dr. de la Marta, qui sort du lac 
de Bolsena (20 kil. Ô. de Yiterbe 
(route de voiture); 18 kil. de Corneto. 
il y a une auberge.) — L'église de 
SanPietro, de style gothique italien, 
est curieuse pour son architecture et 
surtout pour la riche ornementation 
sculptée de sa façade, pleine de créa- 
tions fantastiques et grotesques. Les 
colonnes sont antiques. — L'église de 
Santa Maria a un portail remarquable. 
— Le Jardin de la famille Gampanari, 
contient une partie des sarcophages 
trouvés par ces explorateurs dans les 
tombeaux étrusques de Toscanella. Des 
figures couchées recouvrent ces tom- 
beaux, tenant à la main une coupe, ou 
quelque autre objet. M. Dennis signale 
le type de beauté des femmes étrusques 
et leur goût oriental pour les bijoux. 
La nécropole est située dans les ravins 
profonds autour de Toscanella. Un des 
tombeaux présente un de ces passages 
étroits et contournés, taillés dans le 
roc, et où Ton ne peut aller qu'en ram- 
pant. (V. Chiusi, p. 58). La majeure 
partie des objets trouvés a été trans- 
portée au musée Grégorien ; une autre 
vendue à Londres. D'un endroit de la 
route entre Toscanella et Yiterbe, on 
aperçoit en même temps les quatre 
cités étrusques de Gometo, Toscanella, 
Yiterbe et Montefiascone. 

VoLCi— (Etats de l'Eglise). Près du 
ponte délia Badta, pont étrusque (?), 
étroit, jeté sur la Fiora (à environ 24 
kil. 0. de Toscanella, et à 8 kil. N. de 
Monlalto).(F. p. 70.)Lenom de cette 
ville, presque oublié (certains ouvra- 

fes la désignent aussi sous celui de 
itulonium) , a acquis une grande cé- 
lébrité depuis 1828. (Un boeuf, en la- 
bourant, enfonça la voîile d'une cham- 
bre sépulcrale, dont les vases attirè- 
rent Tattention des antiquaires. )Gette 
cité tint tète à Rome, même après la 



défaite des Etrusques ; mais elle fut 
vaincue par le consul CoruncaniuSy 
l'an 280 avant J. G.; elle subsista jus- 
qu'au iv* siècle de notre ère. Outre 
aue Yulci, au milieu de sa solitude 
dénuée d'arbres (ainsi que Ganino ( Fï- 
tulonia etrusca?) 1400 hab. (12 kil. 
N. 0. de Toscanella et environ 16 kil. 
N. E. de Yulci), est en proie à la mal'- 
aria, à partir de l'été, remplacement 
où elle était située présente peu d'in- 
térêt. Les riches dépouilles archéologi- 
ques de ses tombeaux sont dispersées 
dans les musées de l'Europe ; et ils 
ont été comblés après qu'en les eut 
vidés. La nécropole antique, qui s'é- 
tendait sur les deux rives delà Fioray 
contenait plusieurs milliers de tom- 
beaux. Des fouilles, commencées en 
1828 par le prince deGanino,ont, dans 
l'espace de quelques mois, amené la 
découverte de 2000 vases ou autres 
spécimens de l'art étrusque. Dennis 
parle de la barbarie avec laquelle les 
fouilles furent, après la mort du 
prince, conduites par des Italiens 
pour le compte de la princesse de Ca- 
nine : une foule d'objets étaient dé- 
truits comme étant de peu de valeur. 
— « M. Gampanari, possesseur d'une 
ferme limitrophe, forma du résultat 
çle ses fouilles la collection qui Qst 
maintenant celle du musée Grégorien 
au Yatican. » Dans un des tombeaux, 
on a trouvé les restes d'un guerrier 
ayant son casque sur la tête et son 
bouclier de bronze près de lui; et le 
squelette d^un jeune enfant entouré de - 
joujoux. 

Gastel d'Asso — (États de l'Église), 
à environ 7 kil. àl'O. de Yiterbe, oc- 
cupe l'emplacement de la nécropole de 
1 ancienne ville étrusque Gastelliuu 
Axia(?). Les tombeaux creusés dans 
l'escarpement des rochers des vallées 
voisines, à l'exemple Je ceux des rois 
de Thèbes, ont ici une grandeur et un 
caractère égyptien qui leur donnent 
dans l'histoire de l'art et de rarchéo- 
logie étrusques utve Yax^w\aîûRA^'«s?^ 



74 



ROUTE 158. — ANCIENNES CITES ETRUSQUES. 



ment Tapparence d'une entrée de mai- 
son, avec des décorations en relief et 
des fausses portes encadrées de mou- 
lures, et plus étroites en haut qu'en 
bas (disposition particulière aux mo- 
numents d'une haute antiquité). Rien 
n'est plus propre k prouver Tétat d'a- 
bandon et de solitude de certaines 
contrées de TJtalie que le fait de ces 
ruines d'un caractère si imposant, 
restées inconnues au monde jusqu'à 
r.annéc 1 808 , où elles furent signalées 
au professeur Orioli-, Les ruines pitto- 
resques d'un château du xv* siècle an- 
noncent au loiii ce site antique, et ce 
sont elles qui le font désigner par les 
paysans sous le nom de Castellacio. 

On devra se munir à Viterbe de pro- 
visions ainsi que de torches pour vi- 
siter l'intérieur des tombeaux. M. G. 
Dennis indique, comme les meilleurs 

fuides, Ruggieri, tenant un café à 
iterbe, ou le barbier Giuseppe Pe- 
rugini. 

DiEDA, — Brera, de Gicéron (Etats 
de l'Eglise), entre Viterbe, Corneto et 
le lac Bracciano et à peu près à la 
même distance de ces localités ; 18kil. 
environ au S. de Viterbe, 7 kil. S. de 
la ville de Vetralla (d'où il faut partir 
- pour aller à Bieda). Cette misérable 
localité (sans auberge) est entourée, 
de ravins sauvages et pittoresques; 
les rochers sont percés d'une multi- 
tude de chambressépulcrales, s'élevant 
en terrasses les unes au-dessus des 
autres, et formant une véritable né- 
cropole. 

NoRCHiA — (Etats de l'Eglise), éga- 
lement dans le voisinage et à cnv. i 2 
kil. N. 0. de Vetralla, dont elle est 
séparée par des landes désertes, a 
aussi sa vallée des tombeaux, qui a 
excité vivement l'attention des anti- 
quaires. On y voit sur une face de ro- 
chers une suite de tombeaux, dont 
auelquefi-uns ont, conune à Gastel 
a'Asso, des frises et des frontons do- 
riques. Les tympans sont ornés de 
figures en haut-relief . Le savant Orioli, 
^i )e premier a décrit ces tombeaux, | 



considérant le style grec qui;f doiiiine, 
pensé que ce sont des monuments du 
V* ou vi" siècle de Rome. 

CoRNETO — (Etats de l'Eglise), 4000 
hab., ancienne cité de Tarquinii. (En- 
viron 22 kil. à l'O. de Vetralla, 16 
kil. au N de Cività Vecchia (un cale^- 
sinOf pour aller et venir, coûte un 
scudo par personne) . Corneto, sur la 
rive g. de la Maria, s'élève sur les 
premiers gradins des monts Ciminiens. 
La ville est couronnée de fortifications 
et de tours pittoresques. Tarquinies, 
une des 12 villes do la confédération 
étrusque, après avoir lutté Tontre 
Rome, passa sous sa domination au 
m" siècle avant notre ère; elle fut en- 
suite colonie et municipe. On croit 
qu'elle fut saccagée aux vin** et ix* 
siècles par les Sarrasins ; les habitants 
l'abandonnèrent alors et bâtii'ent Cor- 
neto, sur la colline voisine : ses der- 
niers restes furent détruits en 1307. 
L'endroit qu'elle occupait s'appelle 
encore Tar china, à 4 kil. à 1^. de 
Corneto ; c'est le plateau d'une col- 
line où quelques fragments de murail- 
les indiquent seuls son existence. Le 
grand intérêt archéologique se rat- 
tache à sa nécropole, située sur les 
flancs de la hauteur voisine, le itfon- 
terosiy dont Corneto occupe l'extré- 
mité. Les 2000 tombeaux qui ont été 
ouverts ont été une mine féconde et 
ont le plus contribué à répandre des 
notions positives sur l'archéologie 
étrusque. Les premières fouilles furent 
faites au dernier siècle par un Anglais. 
De nos jours, le prince de Canmo a 
donné à ces recherches une grande 
impulsion ; M. Awolta y a fait les plus 
précieuses découvertes. Dans quelques- 
unes des chambres sépulcrales, les 
murs étaient couverts de peintures: 
banquets, danses, jeux, cérémonies 
profanes et religieuses, démonologio, 
scènes de la vie future, tout y est re- 
tracé dans des tableaux dont le style 
et l'exécution accusent une haute an- 
tiquité. Les objets trouves dans ces 
tombeaux ont alimenté les musées de 



ANCIENNES CITÉS ÉTRUS<2lI£S. 



•75 



FEurope et les collections particuliè- 
res. Les plus remarquables de ces 
chambres sont celles dites la givtta 
délia Querciolay découverte en 1851; 
la grotta del Triclinio; celle del 
Morto, découverte en 1852; del Ti- 
fmeou di Pompei; dette Bighe ; délie 
Iscrizioni, etc. . . Les principales de ces 
chambres sont tenues fermées. Le 
custode les ouvre aux voyageurs. 

SuTRi — (Sutrium) (Etats de TE- 
glise), 1600 hab.y à moitié chemin 
entre le lac Vico au N. et le lac Brac- 
ciano au S. On peut s'y rendre en 
s'ccartant un peu de la roule de Rome 
h Sienne y et en partant ; de Ronci- 
gliom (5kil.), si Ton vient de Sienne; 
ou de Monterosi (5 kil.), si Ton vient 
de Rome. (11 n'y a pas d'auberge, 
mais on trouve à coucher chez un 
boucher nomme Francocci.) — Si Ton 
vient de Rome, « on entre dans Sutri 
en traversant sur un pont la rivière 
Rio Torto. » Des bois de chênes, de 
sapins et de cyprès qu'on aperçoit de 
l'autre côté du pont, forment les om- 
brages de la vîlta Muti Papazzurri 
Savorellif une des choses intéressan- 
tes à visiter, avec Tamphithéàtre, aux 
environs de Sulri. La cité antique 
était bâtie sur ^eux collines de tuf, 
taillées à pic de tous les côtés, et re- 
liées par un pont. La ville moderne 
n'occupe plus que la colline orientale. 
Des traces des murailles antiques à 
blocs irréguliers se voient encore dans 
la partie sud. — Si Ton se dirige, 
hors de Sutri, vers la villa M. P. Sa- 
vorelli^ « on voit, sur ladr. de la col- 
line où elle est située, une petite 
église (Madonna del Parle) taillée dans 
le roc, n pour laquelle probablement 
on a mis à profit quelque vaste 
sépulture étrusque. « £n sortant de 
la ville on traverse une forêt et on ar- 
rive à Yamphithéâlrey la grande cu- 
riosité archéologique de cette petite 
ville étrusque, alliée de Rome. Il a 
iOOO pas de circonférence, et est 
creusé dans le roc sans aucune con- 
struction ; les gradins en sont détruits 



en partie, mais tous les corridors et 
les vomitoires subsistent. Les anti- 
quaires ne sont pas d'accord sur l'ori- 
gine de ce travail si singulier. Lesuns 
l'attribuent aux Etrusques; d'autres 
en font un ouvrage du temps d'Au- 
guste. — Les traditions les plus dispa- 
rates de l'histoire et de la fable se 
rencontrent à Sutri : un des premiers 
héros de Rome, Camille, accourut à 
son secours; le souvenir du paladin 
Roland est attaché à une caverne (grotta 
Ortando)y située au milieu d'un bois 
qui aurait abrité un rendez-vous amou- 
reux du preux de Gharlemagne et d'une 
dame de la ville ; enfin les habitants 
prétendent que c'est à Sutri qu'est né 
Ponce Pilate. — A4 kil. de Sutri est 
Bassano de Sutri, 1475 hab. La villa 
Justiniani a un casino bâti par Vi- 
gnole. Le plafond du salon est peint 
parle Dominiquin. 

La plus méridionale de ces cités de 
l'antique Ëtrurie était : 

Cerveteri — (Cœre vêtus) (Etals de 
l'Eglise), l'ancienne Agylla ou Ccere 
(entre Rome et Cività Vecchia, à env. 
8 kil, N. E. du port de Palo). AgyUai 
une des villes les plus antiques de 
l'Italie, était antérieure même au}^ 
Etrusques, et fut fondée par les Sicu- 
les ou par les Pélasges plus de treize 
siècles avant l'ère vulgaire ; plus tard 
les Etrusques lui donnèrent le nom de 
Cœre. 

C'est là que se réfugièrent les ves- 
tales à l'époque de l'invasion de Rome 
par les Gaulois. Cœre fut une des 
douze principales cités de la confédé* 
ration étrusque. Du temps d'Auguste, 
elle avait perdu sa splendeur ; mais elle 
redevint florissante au temps de Tra- 
jan. Au XI*" siècle commença pour elle 
une décadence si rapide, qu'elle était 
complète au xin' siècle; une partie de 
la population alla alors s'établir sur 
une colline voisine. On croit que lè 
village moderne de Cerveteri, situé 
sur un de ces promontoires volcaxiv- 
ques qui donuewV. V \^ ç^vw^-^^^ '^'c*- 



76. 



ROUTE 158. — DE LIVOURNE A CIVITÀ VECCHJA. 



occupe rciuplacement de TAcropolis. 
La ville antique était située sur une 
louguc colline de tuf : 

tiaud prucul liinc saxo iacolilur fundata 

[velusto 
X^rbis Agvllinaî sedes 

{^n., VllI, M9.) 

Les murs du misérable village de 
Cerveteri datent du moyen âge, et 
ont été construits de blocs tétraèdres 
irréguliers empruntés aux murailles 
pélasgiques. Les traces de la ville an- 
tique ont disparu ; mais ses tombeaux 
taillés dans le roc présentent un gran J 
intérêt à Tantiquaire. lis son là une ou 
plusieurs chambres, auxquelles on ar- 
rive par des degrés et ayant au lourdes 
lits sur lesquels reposaient les cadavres. 

«L'espèce de presqu'île, entourée 
de profonds ravins, qui formait rem- 
placement de Tancienne ville de Cœrey 
se trouve flanquée de deiix autres 
plateaux s'avançant également en pro- 
montoires dans la plaine et qui ont 
servi tous deux de nécropole aux habi- 
tants delà cité. L'un (monte Abattone) 
contenait quelques-unes des chambres 
sépulcrales les plus riches en monu- 
ments de tout genre qui aient été 
ouvertes depuis le commencement de 
ce siècle; l'autre (Banditaccia) est 
une véritable ville des morts, où les 
tombes par milliers présentent des 
voies régulières, et où les fouilles 
nombreuses, qui ont formé en partie 
le musée étrusque du Vatican, sont 
loin d'avoir épuisé les trésors enfouis 
dans ses profondeurs. » (Noël des Ver- 
gers.) 

Une des découvertesles plus curieu- 
ses qui auraient eu lieu de nos jours, 
si les suppositions des antiquaires 
étaient justes, c^est celle faite, en 1846, 
d'une chambre sépulcrale que l'on a 
considérée comme le tombeau des 
Tarquins (dont l'origine, contre To- 
pinion de Niebuhr, serait étrusque), 
se fondant sur le mot de Tarcna ou 
Tarchnas, répété sur les murs trente- 
cing fois en caractères latins ou étrus- 



ques. (On a trouvé ailleurs, sur un 
cippe, Tarcnal; sur un scarabée, Tar- 
chnaSf etc.) — L'entrée de la grotte 
dite Regulini-Galassi et la voûte inté- 
rieure sont en ogive tronquée au som« 
met, forme archaïque qui se retrouve 
dans les plus antiques monuments de 
l'Egypte, de la Grèce et de l'Italie. — 
C'est en 1829 que l'attention se porta 
sur la nécropole de Cœre, située sur 
la colUne dite Banditaccia, (V, sur 
les découvertes faites à Cœre : Visconti, 
Anlichi monumenti sepulcralidisco- 
parti net ducato di Ceri, (Rome, 
1856), in-fol. — Canina : Descrizione 
di Cere Antica (Rome, 1858), in-fol. 
— Griffi : Monumenti di Cer^ an- 
tica (Rome, 1841), in-fol., etc. 

Pour compléter celle revue rapide des an- 
liques villes élnisqucs donl les ruines ont 
élé l'objet des recnerches savanles, il reste 
encore à indiquer Paieries et Yeies. 

Falerium. — Cette ville occupait, 
selon lopinion la plus générale des 
antiquaires, l'emplacement actuel de 
Cività Castellana (p. 54). Denys 
d'IIalicarnasse dit qu'à l'époque d'Au- 
guste les villes de Paieries et de Fe- 
scenniiun conservaient encore des tra- 
ces nombreusesdu séjour des Pélasges, 
par qui elles avaient été conquises siu* 
les Sicides : Paieries possédait un tem- 
ple de Junon exactement send)M)le à 
celui d'Argos. Vers l'an 241 avant J. C, 
les Romains vainquirent les Falisques, 
révoltés de nouveau, qui perdirent 
leur indépendance; craignant qu'ils 
ne profitassent de la position inexpu- 
gnable de leur ville, ils la rasèrent, et 
les transportèrent dans une nouvelle 
ville bâtie en plaine ; de là la confu- 
sion des noms de Faliscum et de Pa- 
ieries. 11 ne peut y avoir de doute sur 
le site de cette seconde Paieries. L'en- 
ceinte de ses murs existe entière à 
6 kil. àl'O. de Cività Castellana. Ces 
murailles ont environ 2 mètres d'é- 
paisseur, sont formées d'assises do 
pierres en tuf volcanique taillées en 
parallélogrammes, et présentent on- 



ROUTE PAR 

côre une hauteur de 8 met. environ. 
Les tours sont au nombre de 45. Dans 
celte enceinte déserte s'élève le cou- 
vent ruiné de Santa Maria di Faleri. 
— Quant à la troisième ville des Falis- 
oues, nommée Fescennium, on croit 
devoir en fixer remplacement au vil- 
lage de Gallese, à 16 kil. au N. de 
Gività Gastellana. 

VeKes. — Une des plus intéressan- 
tes découvertes de Farchéologie mo- 
derne est celle des ruines de cette 
ville célèbre, la cité la plus puissante, 
la plus ricbe et la plus méridionale de 
rÉtrurie,^t placée vis-à-vis de Rome 

Si 2 mil. seulement), comme une cita- 
lelle avancée, destinée à protéger le 
monde étrusque contre l'invasion guer- 
rière de Rome. On sait que cette ville, 
Ïiii soutint cent ans de guerre contre 
ome, ne fut prise par Camille qu'au 
bout d'un siège de dix ans. Encore ce 
ne fut ni par escalade ^ ni par assaut, 
ce fut par stratagème, au moyen d'une 
galerie creusée sous terre, que les Ro- 
mains parvinrent à s'introduire dans 
la ville (F. R. 143: lac d'Albano). 
Veïes était si belle, si supérieure à 
Rome, que les Romains voulaient s'y 
établir. Quatre siècles après, cepen- 
dant, on avait complètement perdu le 
souvenir de son emplacement; et Flo- 
rus (liv. I") dit qu'il n'y en a plus de 
vestige, et qu'il faut l'autorité de l'his- 
toire pour qu'on puisse encore croire 
qu'elle ait existé: iVwnc fuisse quis 
meminit! quae reliquise? quodve ve- 
stigium ? Laborat annalium fides, ut 
Veios fuisse credamus. Les antiquaires 
moderfios n'ont pas désespéré de ce 
problème, déjà insoluble pour les an- 



\ ' 70 

MER 159. X 

• Txi 1 « .,>du prix de passage, 
ciens. Dès le xv* sièclèw valables pour 
de Veïes a été un thème li. 
battu ; mais un examen m»de 20 0/0. 
et des découvertes précieuseii)^®^^/^- 
numents antiques et en inscrîflP'jg 
l'ont mis hors de doute aujourdTiv 
Nardini et Holstenius le fixèrent ah^. 
pauvre village moderne dit Isola, à 

3uelque distance de la grande route 
e Rome à Florence, entre la Storta 
et Baccano ; et Will. Gell a suivi le tracé 
étendu de ses murailles, construites 
en pierres rectangulaires de Nenfiro 
(tuf volcanique d'un gris sombre), et 
il a publié un plan de la cité. — On a 
vainement cherché l'emplacement de 
la galerie souterraine creusée par Ca- 
mille. — Le marquis Campana a dé- 
couvert en 1 842 un tombeau dont les 
peintures ont un caractère plus rude 
encore que celles de Tarquinii, et sans 
imitation du style égyptien. C'est pro- 
bablement un des plus anciens tom- 
beaux trouvés dans les cités étrusques. 
Outre divers objets de curiosité, on y 
a trouvé : deux squelettes, qui, exposés 
à l'air, sont tombes en poussière (l'un 
était celui d'un giaerrier avec son 
casque) et des vases pour contenir les 
cendres. Les peintures grossières qui 
couvrent les murs représentent des 

S anthères, gardiennes du* tombeau, 
es chevaux et des personnages, ainsi 
qu'un sphinx ailé. Ces objets font au- 
jourd'hui partie de la collection du 
Louvre. 

(On peut coucher à la S/or^a. À Isola, 
Antonio Yaleri est indiqué comme 
cicérone. De Rome, une voiture à 
quatre places se paye, pour un jour, 
aller et venir, 2 ou 3 scudi). 



ROUTE PAR MER 139 



DE MARSEILLE EN ITALIE ET EN SICILE 



Bateanx à vapeur sur la Méditerranée. — Il y a plii&ieur& U^wti.% ^%\A\fi««w>^ 
vapeur entre Marseille, l'ilalie et la Sicile: la priucx^Xô, «ç.^«t\jcxk»»XV \^ Çjrsks^^^ 



76. 



^38 
o 3 — • Q- co 



K -^ DE MARSEILLE EN ITALIE ET EN SICILE. 

iriales, et faisant le service de la poste; les autres appar- 
is de commerce : sarde, napolitaine, française et toscane. 

Kessageries impériales. — Administration centrale, 
ctoires, 28 ; — Direction de l'exploitation, Marseille, rue 
»1 considérable des&ervant les lignes dUtalie, du Levant, de 
■'Algérie, etc. 11 se compose -de 60 (1864) navires. — Ces na- 
ti'une marche rapide, sont commandés par des lieutenants 



PAQUEBOTS-POSTii DBS MESSAGERIES lUPKRULES BT lE LEURS 
STATIONS DANS LES DIFFÉRENTS PORTS DE LA MÉDITERRANÉE. 



ALLER. 



STATIONS. 



ARRIVÉES. 



DÉIIARTS. 



RETOUR. 



STATIONS. 



ARRIVÉES. 



'départs. 



LIGNES D'ITALIE. 

SERVICE INDIRECT (hebdomadaire). 



Bbrseille 

Oénes 

Livourne 

Cività Vecchia. 

IVapIes 

Messine 

Halte 



HarseUIe 

Cività Veochia. 
IVaples 



Vend. 41 m. 
Sam.. 5 m. 
Dim.. 6 m. 
Lundi 3 m. 
Mardi 7 m. 
Merc. 10 m. 



Jeudi.. 2 s. 
Vend.. 8 s. 
Samedi 7 s. 
Dim... 1 s. 
Lundi midi 
Mardi. 6 s. 



Malte 

Messine 

Naples 

Cività Vecchia. 

Livoume 

Gènes 

Marseille...... 



Dim.. 
Mardi 
Merc. 
Jeudi 
Vend. 



m. 
m. 
m. 
m. 
m. 



Sam. midi. 



Sam. midi. 
Lundi midi 



Mardi. 
Merc. 
Jeudi. 
Vend. 



7 s. 

6 s. 

7 s. 
3 s. 



SERVICE DIRECT SUR NAPLES (iiEBDOMADAiitE). 



Merc. 
Merc. 



4 m. 

11 s. 



Lundi. 7 s. 
More. 8 s. 



IVaples 

Cività Vecchia. 
Bforseille 



Dim.. 7 m. 
Lundi 8 s. 



Sam... 4 s. 
I)im... 1 s. 

» 



Nourriture. —. Le prix de la nourriture des passagers de 1" et de 2* classe est compris 
dans le montant du prix de passage. Il est invariable, quel que soit le nombre des jours 
ou des heures de la traversée. — Les passagers de 3* et de 4* classe traitent de gré à gré 
pour leur nourriture avec l'économe du bord. 

Bagages. — 11 est accordé à chaque voyageur sur ses bagages une franchise du poids 
de 100 kil. pour les premières, 60 kil. pour les deuxièmes, et 30 kil. pour les troisièmes. 
L'excédant est payé suivant le tarif de chaque localité. — La Compagnie ne répond pas des 
bagages non enregistrés. 

Enfants. — Les enfants de deux à dix ans payent demi-place. Ils doivent coucher avec 
les personnes qui les accompagnent. 11 est accordé un lit pour deux enfants i>ayant demi- 
place chacun. Ceux au-dessous de deux ans sont admis gratis. 

Passe-ports. — Les passagers qui prennent leurs places à Marseille doivent se présenter 
au moins quatre heures avant le départ au bureau de la Compagnie, rue Canebière, 16. Ils 




pour 
réclamé aux i>assagers. 

Voyages par escale. — Les passagers ont la faculté de s'arnUer dans un ou plusieurs 
ports intermédiaires, et de continuer leur voyage par les paquebots suivants de la Com- 
pagnie, dans le délai de quatre mois. 

BUUtt de retour et de famlle. — Les passagers qui acquittent d'avance l«s prix des 



ROUTE PAR MER 139- 79 

voyages aller et rolour jouisiicnl d'une remise de 20 0/0 sur la totalité du prix de passage, 
nourriture et débarquement non compris. Les ))illets de retour sont valables pour 
quatre mois. 

Les familles composées de trois personnes au moins jouissent de la remise de 20 0/0. 
Le billet d'aller et retour pris par une iamille ne donne droit qu'à une réduction de 500/0. 

La bonification de 20 ou 30 0/0 ne porte que sur le prix proprement dit du passage, et 
non sur la portion de ce prix qui représente les frais de nourriture, d'embarquement ou de 
débarquement. 

Chevaux et chiens. — Le transport des cbevaux et des chiens a lieu d'après le tarif 
établi pour chaque localité. Les chiens doivent être musclés et attachés sur le pont. 

Dispositions diverses, -r- L'arrière du bâtiment est exclusivement destiné aux passagers 
de 1" classe, qui peuvent d'ailleurs se promener dans toute la longueur du navire. 

Les passagers ne peuvent entrer dans la chambre des dames. Chaque cabine est réser- 
vée à l'usage exclusif de ceux qui l'ont louée. 

Les domestiques qui occupent des couchettes de 2' classe ne peuvent prendre leurs re- 
pas à la table commune de cette classe. Dans le cas où d'une classe inférieure ils passe- 
raient aux premières pour le service de leurs maîtres, ils n'y peuvent rester que le temps 
rigoureusement nécessaire. 



Paquebots à vapevop des Denx-SicUes. — Pour les renseignements, s'adresser à 
Paris, à la Compagnie générale des messageries, A. Kellermann et C'% rue du Bouloi, 22 ; 
à Marseille, à M. Claude Clerc et C'*, place Royale, 8; à Gènes, piazza Banchi, à M. Dégrossi. 
— A Naples, strada Piliero, 21. — Navires: Capri (force de 300 chevaux) ; "Vesuvio (300 
chevaux); Mongibello (2o0 chevaux) ; Pompei (250 chevaux) ;.Sorrento (à hélice); Strom- 
boli (à hélice); Amalfi. — Départs directs de Marseille pour Civita Yecchu, Naplbs et.PA- 
LERME. — Tarif du prix.de passage : de Marseille à Cività Yecchia : 135 fr. ; 95 fr.; — ft 
Naples, 181 fr.; 128 (domestique: 50). 

Nourriture. — Le prix de la nourriture des voyageurs de 1" et de 2* classe, et do ceux 
occupant les cabines, est compris dans le montant du prix de passage. 11 est invariable, ({uel 
que soit le nombre des jours ou. des heures de la traversée. 

Bagage. — Chaque voyageur a droit à un poids de 100 kilog. pour la 1" classe, 60 pour 
la 2* classe, et 30 pour les domestiques. L'excédant paye suivant le tarif des marchandises. 

Enfants. — Les enfants au-dessous de dix ans payent moitié place et nourriture, et 
doivent coucher avec les personnes qui les accompagnent. 11 est cependant accordé un lit 
pour deux enfants. Ceux au-dessous de deux ans sont admis gratis. 

Voitures et chevaux, — Le transport des voitures et des chevaux a lieu d'après le tarif 
établi pour chaque localité. — Les chiens doivent être muselés et attachés sur le pont. Le 
prix de leur transport est fixé à 10 fr. pour toute destination. 

Passe-ports. — Les passagers doivent les déposer à l'avance dans les bureaux de départ. 
Les agents de la Compagnie se chargent gratuitement de toutes les formalités à accomplir ù 
Marseille pour l'embarquement, ainsi que des démarches auprès des différents consulats, 
pour l'obtention des visas nécessaires. Le prix déboursé pour les visas est seul réclamé aux 
voyageurs. 

Voyage par escale. — Les voyageurs ont la faculté de s'arrêter dans les ports intermé- 
diaires, et de continuer leur voyage par les paquebots suivants, dans le délai d'un mois. 

Billets de retour. — En acquittant à l'avance le prix du voyage d'aller et retour, il sera 
fiiit une remise de 20 0/0 ^^ur le prix des places. — Ces billets sont valables pour trois 
mois. 

Billets de famille. — Une remise de 20 0/0 sera accordée aux familles composées 
de trois personnes au moins ; remise qui sera ))ortée à 30 0/0 pour les voyages d'aller 
et retour. Cette faveur ne sera faite qu'aux personnes portées sur un même pa>se-port. 
— La bonification de 20 0/0 ou de 30 0/0 ne porte que sur le prix proprement dit du 
fiassage, et non sur la portion do ce prix qui représente les fVais de nourriture. 

Plans des bateaux. — On peut en prendre connaissance dans les bureaux de la Com- 
]»agnic. 



80 



ROUTE PAR MER 159. — DE MARSEILLE EN ITALIE ET EN SICILE. 



Bateaux-poste italiens. — (Société Ruballino et C", de Gênes.)— ^ Navires à hélice : 
Europa, Moncalieri, Caprera, Lorabardia, Liguria, Honcenisio, Sardegna, Elba, italia. Si- 
cilia, Toscana, Piemonte, Cagliari," TortoH, — à roues: Gorgona). Ils desservent les lignes 
de Corse, de Sardaigne, de l'archipel Toscan {V. tome I", p. 590). — De Gênes à livounie, 
départ chaque jeudi et vendredi, 6 h. s. (1864) ; retour, chaque mercredi et samedi, 
6 h. s. — De Gênes à flapies et Palerme, chaque deux lundis, 6 h. s., touchant Cagliari ; 
retour de Naples, chaque deux vendredis, 8 h. s.; retour de Palerme, chaque deux samedis, 
C h. s. 



Paqnebots-poste italiens. — (Accossato, Peirano et C"). — Service des dépêches sub- 
ventionné par le gouvernement. — S'adresser à Gênes, à la direction, palais d'Annovare, 
rue Charles-Albert ; à Paris, à H.Minaux, agent de la C'*, rue Drouot, 15. 

Départs régcliers de Gênes pour Naples. — Tous les jours, touchant à Livourne, et 
directement, sans escale, tous les mardis. — Retour de Naples pour Gênes. — Tous les 
jours, touchant à Livourne, et directement, sans escale, tous les samedis.. 

SERVICE RÉGULIER DE MARSEILLE A GÊNES ET ANCÔNE. 

Départs de Marseille. — Tous les vendredis, 6 h. s., pour Gênes et Ancône, touchant 
aux échelles suivantes : Livourne^ Naples, Pizzo, Reggio, Messine, Catania, Catanzaro, 
Cotrone, Rossano, Taranto, Gallipoli, Corfou, Rrindizi, Barif Tremi/^. — Retour d' Ancône 
POUR Gênes et Marseille, touchant aux mêmes échelles, tous les vendredis, 6 h. s. 

TARIF DU PRIX DES PASSAGES. 



DESTINATrONS. 



CLASSE. 



Billets de 
famille 



0) 9) 
S M 

i2§. 



u 



0) Q) 

fi 






CABINES DE PONT- 



Billets de 
famille. 



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2* CLASSE. 









Billets de 
famille. 






u 

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«- 

4.1 

V 



DOMESTIQUES. 



Killeisde 
famille. 



9 90 

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•SI 



V3 






Uvo 

ClwlUk Vecchia. . 

IVaiplcs 

Païenne 



DE MARSEILLE A 

fr. fr. Ur. fr. fr. fi. fr. fr. fr. fr. fr. fr. 1 fr. fr. fr. fr. 



76 

98 

1S3 

181 

190 



1S6 

823 
300 



6" 

85 

111 

150 

S2S] 161 



114 
150 
198 
S70 
S9S 



82 
106 
14S 
196 
225 



156 
178 
240 
529 



68 

89 

120 

164 



5781 189 



125 
161 
218 
297 
548 



58 

71 

95 

128 

155 



98 
120 
158 
214 
250 



49 

60 

79 

107 

115 



88 21 


56 


18 


58 


110 88 


46 


25 


48 


144 58 


62 


58 


56 


192 50 


82 


41 


74 


210 50 


82 


41 


74 



Les frais d'omnibus et de batenu à Marseille sont compris dans le prix du passage. 



Eilvonme. . ■ . . . 
CHrltii -Veechla. . 

Maplea 

Palerme 











DE GÊNES A 


















32 


55 


27 


48 


55 


58i 29 


58 


24 


40 


80 


56 


7 


11 


6 


71 


119 


60 


107 


77 


188 


64 


116 


51 


86 


45 


77 


17 


27 


15 


120 


200 


100 


181 


130 


216 


108 


194 


86 


lU 


72 


150 


29 


46 


25 


160 


268 


134 


1.241 


178 


896 


148 


267 


114 


ll91 


96 


l 175 


41 


66 


55 



dviCdi A.ceebla. 



Paleroke. 



451 74\ 571 
89 148 74 
291 8151 108| 



63 

Isa 

193 



DE LIVOURNE A 
80| 



491 
97 

145 



8V| 40] 721 
60^ 80 1441 

140 180^ 2161 



1 

8401 



54 
64 
92 



56| 
106 

154 



88 
55 

77 



50 
96 

158 



10 
85 
55 



16 
57 
56 



8 

18 
28 



DE CIVITA VECCBIA A 



IVaple*. . . 
Palerme» 



40 



» 



u 



DE NAPLES A 
» 48 u u » 28 



10 
84 
40 
58 



14 
58 

49 



. .1 541 881 441 791 591 961 481 861 41l 671 541 60|iO(2l 1 10 1 18 
. .1 9411561 781 159 1 1071 1761 Sfil 158| 6911141 57| 105| 80 1 40 I 20 | 55 



18 



ROUTE 140. — DE MARSEILLE A CIVITA VECCHIA» 



81 



Paquebots de commerce. — (Halic, Sardaigue, Corse). Cie Valéry, frères et fils (ser- 
vice des dépêches), agence ù IHarseilIc, quai Napoléon; 5, au coin de la rue Suffren ; s'a- 
dresser à Gônes, à Dom. Celle, piazza Banchi, 23. Celte C'« est chargée d'un service postal 
pour le compte du gouvernement italien. — Départs les mercredis, vendredis et dimanche's, 
à 9 h. du matin, pour Gênes, Livournc, Naples, Palerme, Messine et Calanc. -- De Gênes 
ù Nice, enl8 h. 



ROUTE 140. 

VOIE DE MER. 

DE MARSEILLE A CIVITA VECCHIA 

Eîf VUE DE LA CÔTE d'iTALIE 

Distance : 135 lieues marines = 745 kil. 
5IJ0. — Trajet en 4 jours. On relâche presque 
une journée entière à Gènes, Livourne et 
Cività Vecchia. 

Pour les renseignements des bateaux ;'i 
vapeur, les heuros de départ et les prix de 
la traversée Y. la roule précédente. 

!<> De Marseille à Gênes. 

68 lieues marines =^ 377 kil. — Trajet en 
23 heures environ. 

De Marseille a Nice. — En sor- 
tant du port de la Joliette (Marseille), 
le navire laisse à g. Tentrée de Tan- 
cien port, resserrée entre le fort S*- 
Jean (côté N.) et le fort S*-Nicolas 
(côté S.). A rO. de celiii-ci est le pro- 
montoire élevé du Pharo, sur lequel 
se construit la résidence impériale. 
Sur le revers du promontoire du Pharo 
est la petite anse des Catalans. Au delà 
est la colline à" Endouyne y (\ue domimi 
en arrière le fort et Téglise N.-Dame 
de la Garde, lieu de dévotion et de pè- 
lerinage célèbre pour les Marseillais. 
On laisse à dr. les Iles de Ratonneau 
et de PoMÈGUE [\e canal qui les sépare 
est fermé par une jetée et forme le 
port du Frioul). En face de ce port et 

fdus près du navire, on range Vîle et 
e CHATEAU d'If, plus célèbres par le 
roman de Monte Cristo, d'Alex. Du- 
mas que par la captivité de Mirabeau. 
On double le cap de la Croisette, et 
Tile de Maire, dont les rochers déchi- 
rés offrent un aspect pittoresque. A 
dr., au large, on aperçoit le phare de 
Planier, sentinelle avancée du port 
de Marseille. Bientôt le navire, prenant 
la direction du S. E., s'éloigne peu à 



peu de la côte. 11 laisse à g. les iles 
de Jaire, deRiou, la baie et la petite 
ville de Cassis, le cap de TAigle, dont 
une pointe rocheuse, h cause de sa 
forme singulière, est appelée le bec à 
r oiseau. A TE. de ce cap s'ouvre la 
baie des Lecques, où se montre Tin- 
dustrieuse ville de la Ciotat (F. t. P', 
p. 12). Plus loin est la baie de S*- 
Nazaire. (Dans les montagnes quis'é- " 
lèvent en arrière, au N. sont les gor- 
ges d'Ollioules,)ki^ves avoir doublé le 
cap Siciéy on découvre la baie au fond 
de laquelle est Toulon, et le sommet 
chauve du mont Farou. Au delà, àl'E. 
s'arrondit le golfe de Giens, en avant 
duquel se projette la pointe Escampo- 
bariou. Le navire, tournant à l'E. et h 
TE. N. E., passe entre la rade d'HYÈREs 
et la rangée des îles du même nom 
(Porquerolles , Bagau, Port -Gros et 
l'île du Levant). Après le cap Bénat 
qui clôt à l'E. la rade d'Hyères, il 
double plusieurs caps qui masquent le . 
golfe étroit de S*-Tropez. Plus loin, il 
incline beaucoup plus au N. E. et Ton 
découvre le beau golfe de Fréjus, où 
Bonaparte débarqua à son retour d'E- 

gypte. 

Au delà de Fréjus la côte se relève 
considérablement avec les montagnes 
déchiquetées de VEslerely dont la 
pointe la plus avancée, le cap Roux, 
marque Pentrée du golfe de la Na- 
poule, au fond duquel se montre le 
port de Cannes, entouré do riches vil- 
las. On range ensuite les îles de Lérins 
(S*'-Marguerite, célèbre par la capti- 
vité du Masque de fer, et S* -Honorât, 
qui montre du côté de la haute mer 
les ruines d'un château bâti par les 
moines de Lérins). — Pwv^ wv^^^ 
s'arrondît \e qolfe luoa^ çi\si'^'«:^^3sJï« 



\>, 



-, 83 



ROUIE 140. — DE MARSEILLE A GIVItX VECGHIA. 



' débarqua, en 1815, à son retour de 
nie d'Elbe et que limite k TE. le pro- 
montoire allongé de la Garoupe, do- 
miné par le grand pbare d'ÂNiiBss, 
dont le feu est visible à 37 kil. au 
large. Derrière ce promontoire se 
montrent le port et la forteresse d'Aw- 
TiBEs. De là, la côto fuit presque direc- 
tement vers le N. jusqu'à Tembou- 
chure du Var. Enfin Nice, avec ses 
riantes constructions, se montre en- 
suite, dominée par un vaste amphi- 
théâtre de montagnes qui s'étendent 
jusqu'aux sommités neigeuses des Al- 
pes. — Sur Nice, V. t. I", p. 14. 

Dé Nice a Gênes. — Un cap rocail- 
leux sépare Nice de la rade et du petit 
fort de ViLLEFRANCHE, protégé du côté 
de l'E. par la pointe du même nom, 
qui porte un phare, et au delà de la- 
quelle on range la pointe et la tour de 
S*-Hospice. Le golfe suivant est do- 
miné par des montagnes abruptes, sur 
lesquelles on pourra distinguer à une 
grande hauteur le tracé de la célèbre 
route de la Coimiche, entre les villa- 
ges pittoresques d'ËZA et de la Tubbie. 
Ce dernier s'appuie sur un promon- 
toire nu et bizarre nommé la Tête de 
chieriy derrière lequel on découvre la 
ville de Monaco, bâtie sur une pres- 
qu'île rocheuse. 

Au delà de Monaco, on découvre 
sur la montagne le village pittoresque 
de Eoquebrune, et, après avoir dé- 
passé le cap S*'Martin et son séma- 
Êhore, la charmante petite. ville de 
ENTON. A l'E. de Menton, au milieu 
des falaises abruptes du cap de la 
Mur to la y on peut apercevoir le pont 
S -Louis, grande arcade jetée sur un 
ravin, qui marque la frontière ac- 
tuelle de la France et du royaume d'I- 
talie. Bientôt après se montrent la for- 
teresse et la petite ville de Yentimiglia, 
bâties à l'entrée de la large vallée de 
îaRoya. La côte s'abaisse ensuite vers 
le promontoire où s'élève en amphi- 
ibéâtre Bordigiiera. Un peu plus loin 
ef/SéJv Remo, s 'élevant en forme de 
f^Jangle sur la pente d'une colline. 



On n*a plus rien à noter jusqu'aux 
deux ports jumeaux de San Maurizio 
et d'ÛNEGLiA, bâtis en face l'un de 
l'autre, l'un sur une colline qu'il cou- 
ronne de constructions pittoresques, 
l'autre sur une plage basse. — Au delà 
d'Oneglia on se dirige sur le cap délie 
Melle, qui marque le milieu de la ri- 
vière DE Gênes, entre cette ville et 
Nice. Ce promontoire est couronné 
d'un phare de premier rang, visible 
jusqu'à 37 kil. — A partir de ce cap 
la côte de la Ligurie court presque di- 
rectement au N. et Ton gouverne sur 
le cap de Nolif en passant successive- 
ment devant les villes de la rivière du 
Ponent ; devant Alassio, l'île de Gal- 
linara, les villes d'ALBENOA, Loano et 
de Finale. — Un peu au delà du cap 
de Noli, on remarque de magnifiques 
falaises rougeâtres, au flanc desquelles 
serpentent la route de la Corniche et le 
chem. de fer de la Ligurie. — A par- 
tir de ce point le navire pousse au large 
en se dirigeant directement sur Gènes, 
et en laissant loin vers la gauche les 
villes de Savone, Yarazze et enfin 
Vof.TRi, à partir de laquelle la côte se 
couvre de villas et de palais, annon- 
çant la métropole de la Ligurie. Le 
phare de la Jjanterne, qu'on a pu aper- . 
ce voir depuis longtemps, marque 1 en- 
trée du port, et dès qu'on l'a doublé, 
la ville de Gènes tout entière s'offre 
aux regards, avec son vaste amphi- 
théâtre de maisons, d'édifices et de 
palais, et sa couronne de forteresses 
sur les crêtes des montagnes. — Sur 
Gênes, V. t. I", p. 144. 



2^ De Gênes à Uvonrae. 



Tra- 



27 lieues ranrines = 148 kil. îiOO. 
jet en 10 heures. 

Ce trajet se fait généralement de 
nuit; à cause de sa brièveté, on ne 
part qu'assez tard de sorte qu'on ne 
jouit même pas des beaux aspects que 
présente la rivière du Levant entre 
Gênes et le promontoire de Porto 
Fino. Du reste, à partir de ce pro- 
montoire le tiavÎTe &'ê\o\^<^ ^^ ^Vxsis 



r , 



ROUTE. 140. — DE MARSEILLE A GIVITÀ TECGRIA. 



85 



çn plus de la côte» laissant à g. le 
charmant golfe de RapcUlo, les villes 
de Ghiavari et de Sestri m Levante. 
La cote ne présente plus de localités 
importantes jusqu'à la pointe de Porto 
Venere et Vile Palmariaf qui annonce 
rentrée du beau golfe de la Spezia. 
Le navire est déjà très au large, et ce 
n'est que de loin qu'on pourrait aper- 
cevoir les montagnes de l'Apennin, et 
entre autres VAltissimOy pomt culmi- 
nant au-dessus de Massa, dont la cime 
a plus de 1800 met. D'ailleurs, à 
partir de Massa Carrara, le^ monta- 
gnes s'éloignent de la côte pour s'en- 
foncer dans l'intérieur des terres. Sur 
le littoral sablonneux oui s'étend au 
pied des collines, est Viareggio, fré- 
quenté pour les bains de mer; un peu 
plus au S., l'oinbouchure du Serchio, 
marquée par une toui\ — Jusqu'à Li- 
vourne,lacôteest basse et sablonneuse 
et couverte seulement de pins mari- 
times, entre lesquels on distingue, par 
les temps clairs, les dômes et la tour 

Sonchée de Pise, et en arrière, vers le 
. E., les monts Pisani, Près de l'em- 
bouchure de l'Arno, qui est presque 
barrée par les sables, une tour eh 
ruine, qui servait jadis de phare, 
indi(pie l'emplacement de l'ancien 
l'ancien port de Pise. Au S. de la 
grande plaine qui marque la vallée de 
TArno, une chaîne de colUnes aboutit 
au delà de Livourne, au monte Nero 
(t. P', p. 556) . Mais déjà l'on aperçoit les 
])hares et les tours du port de Livourne. 
Au large, une petite tour blanche si- 
gnale Véciieil de la Meloria, tandis 
qu'au S. 0. se dessine Vile de la Gùr» 
gone. Passant entre XMe du Moletto, à 
g., et l'extrémité du môle à dr., le na- 
vire entre dans le port deLivoume.— 
Sur Livourne, F. t. I", p. 554. 

3» De lavowrne à Cività Vacwhia 

**. "^ 
40 lieues marine» = 220 kil. — Trajet eu 
13 heures. 

En quittant le port de Livourne, le 
navire range d'assez près la plage où 
s^élèvent de nouvelles constructions; 



et l'on se rapproche delà petite chaîne 
du vionte InerOy où s'élève un san<j- 
tuaire célèbre. 11 laisse au large, à l'O., 
l'ile escarpée de laGoRGONE, et bientôt 
on découvre vers le S. I'iledeCapraja, 
d'origine volcanique, dont les rocs 
dénudés s'élèvent à 450 met. (11 ne 
faut pas confondre cette ile avec celle 
de Caprera, sur les côtes de la Sar- 
daigne, où Garibaldi a établi sa rési- 
dence.) Puis à rO. de la Gapraja, on 
découvre, par un temps clair, le cap 
Corse. La partie du littoral italien que 
l'on côtoie à distance, et qui s'étend 
entre Livourne et Orbetello, appartient 
aux Maremmes de la Toscane, expo- 
sées aux ravages endémiques de la 
mal'aria (V. t. II, p. 70). Le princi- 
pal cours d'eau qui se jette dans la 
mer (à peu près à égale distance entre 
Livourne et Piombino, est la Gecina, 
qui traverse le territoire de la Toscane 
le plus riche en eaux minérales, en 
salines, en mines de cuivre (F. t.l", 
p. 578). ^ . . . ' 

L'ÎLE d'Elbe attire principalement 
les regards ; à la partie occidentale 
de l'ile domine le monte Campana, 
aux pics dentelles de granit, la mon- 
tagne la jplus élevée de l'archipel tos- 
can (lOlo met). Vers le milieu de la 
côte septentrionale, et au pied des ro- 
ches serpentincuses à cime arrondie 
du mont VolterrajOy la ville de Porto 
Ferhajo se reconnaît, le jour, à ses 
fortifications élevées et, la nuit, à son 
feu de port. Un autre phare s'élève au 
milieu même du canal de Piombino, 
9ar l'ilot de Palmajola. — A mesure 
qu'on approche de File d'Elbe, la 
presqu'île de Piombino, qui d'abord 
paraissait une île sortant des ondes, se 
rattache au continent. Après 4 heures 
8è ' navigation depuis Livourne, on 
franchit le canal de Piombino, lais- 
sant à g. la Tille et le promontoire de 
ce nom. Au delà du promontoire un 
golfe large et profond s'étend en for- 
mant un demi-cercle jusqu'à h petite 
île Troja, voisine du littoral. Au cen- 
tre de ce golfe est ¥<î»\\jçs«a<vî»Vi,^QKw^s«» 



u 



ROOTE 141. — DE GIVITÀ YECCHIA A ROME. 



points de la côte Jes plus exposés aux 1 
influences délétères de la maVana. Des | 
fonderies pour le minerai de fer de Tile 
d'Elbe y sont en activité, seulement du 
mois de décembre au mois de mai. Après 
avoir dépassé la petite île déserte de 
Cerboli on aperçoit, au fond d'une 
anse de la côte abrupte de Tile d'Elbe, 
Porto Longone, petit port où se char- 
gent les minerais de Tîle qui sont ex- 
ploités aux fonderies de Follonica. Au 
delà du cap CcUamità, pointe S. E. 
extrême de Tile d'Elbe, on peut, de 
jour, apercevoir au large : à TO., Hle 
DE PiANosA et au S. 0. celle de Monte 
Cristo, écueil de granit, inhabité, qui 
doit à la plume d'Alexandre Dumas une 
célébrifé européenne. La distance (à 
défaut de la nuit) dérobe aux yeux le 
golfe de Grosseto, Tembouchure, près 
de la tour de la Trappola, del'Ombrone 
(dit Sanese, pour le distinguer de 
i'Ombrone du canton de Pise), un des 

glus grands cours d'eau de la Toscane. 
n peut, de jour, apercevoir les petites 
îles appelées Formiche (les fourmis) di 
Grosseto. — Au S. 0. la côte projette 
au loin dans la mer le mont Argen- 
tarOy qui paraît d'abord une île mon- 
tagneuse. Après 8 h. de navigation, on 
passe dans le canal compris entre ce 
promontoire et les îles du GiCLioet de 
Giannutri, les dernières de Farchipcl 
toscan. 

Au lever du jour, une côte basse, in- 
culte et déserte, où s'élèvent à peine 
queloues tours isolées, et plus avant 
dans les terres des montagnes mono- 
tones, tel est le premier aspect du lit- 
toral de l'Etat romain. C'est dans cette 
partie du territoire que sont dissémi- 
nées les ruines des antiques cités 
étrusques (F. p. 71). La petite ville 
de Corneto (Fancienne farquinii^^ 
dont les tomneaux et les objets anti- 
ques exhumés ont alimenté tous les 
musées do FEurope, se montre sur 
une colline, et bientôt au S. on aper- 
çoit les clochers et les fortins arrondis 
qui défendent le port de CivitA Yec- 
cbia (F. ci-contre). 



ROUTE 141. 

DE CIVITA VECCHIA A ROME' 

En chemin de fer. — 81 kil. 

Trois convois par jour. — Tr^et en 2 h. 
et 5 h. 30 m.— Prix: 1" d., 2 scudi Sbajoc- 
chi; 2* cl., 1 scudo 50 bajoccbi; 5* cl., 
98 bajocchi. 

kil. 

CiviTÀ Vecchia ■ » 

Santa Marinella 10 

Rio Fiume 15 

Santa Severa 19 

Furbara 24 

l^alo 55 

Palidoro 40 

Maccarese 47 

Ponte Galera 59 

Magliana 67 

ItOME 81 

N. B. Quand on vient de Borne et qu'on 
n'a pas fait retenir d'avance sa place au ba- 
teau à vapeur t on fera bien de descendre de 
l'omnibus immédiatement après avoir franchi 
la porte d'entrée de la ville, et d'aller rete- 
nir sa place pour Livourne, Gênes, Nice ou 
Marseille, au bureau des grandes messa- 
geries, situé à gauche, au fond d'une sorte 
d'avant-cour ombragée d'arbres. 

De Livourne à Civitk Vecchia (en 
chemin de fer, F. R. 158 ; — par mer 
F. la R. précédente). 

Givîtà Veoohia, — près de 7600 
hab. — (Hôtels: Orlandi; de l'Eu- 
rope. ) Cette ville a pris une grande 
importance comme point de relâche 
de la navigation à vapeur entre Mar* 
seille, Naples et le Levant; c'est par 
ici que passent la majeiu'o partie des 
voyageurs qui se rendent dans le midi 
de rilalie. Le chemin de fer venant de 
Livourne, lorsqu'il sera ouvert jusqu'à 
Cività Vecchia, ne fera qu'augmenter 
le mouvement des voyageurs sur ce 
point. — L'empereur Trajan y fit creu- 
ser un port. Clément XII en fit un port 
franc. La forteresse lut commencée 
tous Jules II, d'après les dessins de 
Michel' A nge , et terminée sous Paulllï. 
Cette ville occupe remplacement de la 

* Voyage eit chemin de fer de CwitUVee^ 
chia à Rome, à travers les souvenirs de l'his- 
toire (avec une carte). Rome, 1860, 1 vol. 
in-18. — Prix : 2 fr. 50 c. 



ROUTE 141. — DE CTVITX VECCHIA A ROME. 



85 



colonie romaine àeCentum cellx. Les 
Sarrasins Tayanl détruite en 828, les 
habitants se réfugièrent dans les terres ; 
mais ils revinrent en 854 s'établir 
dans leur première position, çiui prit 
de là, dit-on, le nom de Civiià Yec- 
chia, et ils Tentourèrent de remparts. 
Jules II chargea Bramante de con- 
struire la citadelle. Les papes conti- 
nuèrent à fortifier la ville d'açrès le 
plan de San Gallo. — Des antiquités 
ont été trouvées dans les environs. — 
C'est de Cività Vecchia qu'on peut le 
plus aisément aller visiter les ruines 
étrusques de Cometo (F. p. 74). 

A rarrivce par mer, il fatit, avant de dé- 
barquer, attendre que la police ait terminé 
l'examen des passe-ports. Quand on a enfin 
la permission, chaque passager doit payer: 
1» aux bateliers (prix lixés par l'autorité) : 
1 fr., transport du bagage compris, et 50 c. 
seulement pour chaque personne de sa fa- 
mille inscrilc sur son passe-port. — 11 faut 
aller à la douane pour son bagage. Les livres 
sont sévèrement examinés. On peut faire 
plomber son bagage pour Rome. 

Aux voyageurs venant de Rome par le 
chemin de fer, on prend les reçus dç passe- 
ports pour les rendre après visa. (Celle me- 
sure a peut-être élé changée récemment). 
Avoir l'attention de demander où ils doivent 
être restitués, afin de s'épargner des incerti- 
tudes et des recherches inutiles. 

De Cività Vecchia à Vilerbe, diligence 
partant tous les deux jours, à 6 h. du matin. 
lA compter du 15 juin, les départs, à cause 
de la cnalcur, ont lieu le soir.) Le trajet, qui 
est de 74 kil., se fait en 9 h. — I»rix: 12 
paoli. Le bureau (en 1862) était sur la grande 
place d'Armes, n" 76. (Celte place est tout 
au fond de la ville à gauche i)our ceux qui 
entrent en ville soit par mer, soit par le che- 
min de fer.) 

Santa Severa. — Château du moyen 
âge, situé à dr. de la Via Aurélia, sur 
le bord de la mer. Elle est sur rem- 
placement de IhRGos (Pyrgi Veteres, 
de Virgile), ville pélasgique que Dio- 
dore et Strabon considèrent comme le 

Sort et Tarsenal de Cœre (F. p. 75). 
enys le Tyran vint la surprendre une 
nuit avec ses vaisseaux, en pilla le 
temple et emporta des sommes énor- 
mes. Les habitants de Gœrc accou- 
rurent en toute hâte, mais furent dé- 
faiU. 



Avant d'arriver à Palo, à 5 kil. en- 
viron, à dr. de la route, . est Cervelri 
(V. p. 75), situé au pied d'une colline 
boisée. — Les personnes désirant vi- 
siter les ruines de Ccere peuvent sé- 
journer à : 

Palo. — (Auberge chère.) Petit 
port de pêcheurs; c'était le seul point 
d*arrêt des voitures entre Cività Vec- 
chia et Rome, avant Fétablissementdu 
chemin de fer. — Palo est sur Fein- 
placement de l'ancienne ville étrusque 
Alsiuniy dont il n'y a plus de traces, 
et où Pompée et Antonin le Pieux 
avaient des villas. Cette ville a existé 
jusqu'au x* siècle. Elle fut détruite par 
les Lombards et les Sarrasins, -r- On 
trouve des substructions romaines le 
long delà plage. 

Jusqu'à Rome la campagne est mo- 
notone et déserte ; de distance en dis- 
tance on aperçoit des traces de mois- 
sons, quelques rares habitations et 
quelques troupeaux poudreux, que des 
pâtres, à cheval, armés d'un long ai- - 
guillon, chassent devant eux et réu- 
nissent vers le soir. 

Au delà de Palidoko, là vuUée de 
YArrone (écoulement du lac de Brac- 
ciano) présente une riche végétation. 
— Le chemin de fer, suivant la base 
des collines, passe près de : 

Maccarese, — Tancienne Fregena*, 
propriété insalubre des princes Rospi- 
gliosi, renfermant de grandes forêts 
et des marécages habites par des buf- 
fles. 

A quelûue distance au delà de la 
station de Maccarese, le chemin de fer, 
tracé depuis Cività Vecchia parallèle- 
ment au littoral de la mer, s'en éloigne 
et, se dirigeant à rO., remontdla vallée 
du Tibre ; il s'approche de ce fleuve, 
un peu au delà de la station de Ponte 
Galera, pont dont le nom vient du 
ruisseau sur lequel il est jeté, et qui 
se trouve sur la route moderne con- 
duisant à Porto ou Fiumicino (F. envi- 
rons de Rome). 

< Des tours de garde, élevées de 
distance en distance ^^qns V^ ^^«0^%^ 



86 



BOUTE 141. ^ ROME. -^ APERÇU . GÉNÉRAL. 



des côtes, rappellent seules la présence 
de rhonrimc dans ces solitudes insa- 
lubres, où par hasard un pâtre, monté 
sur un cheval au poil hérissé, tenant 
en main un long aiguillon, traverse la 
•plaine au gatop pour rassembler une 
troupes de cavales sauvages ou de tau- 
reaux rebelles. » (Noël des Vergers.) 

En approchant de Rome, on aper- 
çoit, k dr., au delà du Tibre^ la basi- 
lique de S^-Paul. 

Rome. — Avanl l'établissement du ^e- 
min de fer, les voilures venant de Cività 
Vecchia entraient par la porte Cavalleggieri 
et on passait près de la colonnade de la place 
de Saint-Pierre. — Lors de l'établissement 
de In première ^arc, on entrait par la Parla 
Portese. — Aujourd'hui le trajet nouveau 
aboutit à la gare du chemin de fer d'An- 
cdnc, vers les thermes de Dioclétien, et il 



entre dans Rome entre la Porta Maggiore et 
la Porta San Lorenso. — Les passe-ports 
sont visés et le bagage visité. Si les per- 
sonnes voyageant dans leur chaise de poste 
ne sont pas munies d'un lascia passare, 
leur voiture est escortée jusqu'à la douane. 

 son entrée dans Rome, le voya- 
geur doit être prémuni contre la sur- 
prise défavorable des premières émo- 
tions. A mesure qu'il s'enfonce dans 
des rues étroites et mal tenues de cette 
ville aux glorieux souvenirs, qu'il a si 
longtemps désirée, il est péniolement 
affecté par l'aspect triste et souvent 
sordide de tout ce qui s'offre à ses re- 
gards. Mais ces impressions s'efface- 
ront rapidement dès qu'il visitera ces 
églises, ces palais, ces restes antiques, 
ces musées splendides où l'attendent 
tant de merveilles. 



ÉTATS DE L'ÉGLISE 



ROME 

APERÇU GÉNÉRAL 

Histoire. — L'histoire de Rome, qui a été la capitale du monde, est trop vnsle 
pur pouvoir ici en donner même un simple résumé. Nous rappellerons seulement 
les dates des événements principaux. 

Avant J. C. 753, fondation de Rome; — 509, établissement de la République; — 
388, prise de Rome par les Gaulois; — 312, voie Appienne ; — 211, Annibal sous ses 
murs; — 29, Auguste, premier empereur. 

Âpres J. C 04, incendie de Rome sous Néron; — 271, agrandissement de l'en- 
ceinte par Aurélien; — 330, Ck)nstantin établit le siège de l'empii-e àByzance; -i- 
364, Rome capitale de Tempire d'Occident; — 410, elle est saccagée par Alaric, roi 
des Visigoihs ; — 455, par Genseric, roi des Vandales ; — 472, prise et pillée par Rici- 
nicr, roi des Goths; les esclaves et la populace déchaînés mêlent leurs vengeances h 
la rage des vainqueui*s; — 476, Odoacre, roi des Hérules, s'en rend maître; Ra- 
venne devient le siège de l'Empire en Italie ; — 536, entrée de Bélisairc, général de 
Justinien ; — 537, Vitigès, roi des Ostrogotlis, assiège Bélisaire ; la famine et la peste 
étendent leurs ravages sur les deux armées; — 546-49, Rome prise et démantelée par 
Totila, roi des Ostrogoths; — 553, occupée par Narsès, général de Justinien; — 
568, institution du duché de Rome, qui s'étendait entre Ostia, Orte et l'embouchure 



ROME. -^ APERÇD GENÉBAL. 87 

de la Harta; — 578; les Loml)ards dévastent le territoire; — 503, assiégée par 
Agilulf, qui ravage les environs; — 665, dépouillée par Constantin II; — 715, Gré- 
goire en restaure les murs; — 800, Gharlemagne couronné empereur; — 846, 
Borne saccagée par les Sarrasins; — 852, enceinte construite par Léon IV, sur les 
pentes et au pied du Vatican ; — 996, Crescentius, noble Romain, révc et tente le 
rétablissement dé la république; l'empereur d'Allemagne marche contre lui aîi 
secours de la papauté; — 1084, Rome prise par Henri IV; Grégoire Vil, assiégé 
dans le château Saint-Ange, est délivré par Robert Guiscard, duc de Fouille, dont 
les troupes saccagent et incendient plusieurs quartiers;— 1146, Arnaldo di Brescia, 
disciple d'Abeilard, .affligé des richesses et des vices de l'Église, veut la régénérer ; 
— nouvelle tentative d'établir la République; — 1505, Clément V transfère le siège 
pontifical à Avignon; — 1547, Cola di Rienzo (I^icolas Rienzi] rétablit à Rome 
l'ancienne république, sous le nom de bon État; — 1575, Grégoire XI rétablit le 
siège pontifical à Rome; — 1494, entrée de Charles VIII, roi de France; — 1500, 
Jules II fonde la basilique de Saint-Pierre; — 1527, sac de Rome par le connétable 
de Bourbon; — 1590-91, peste; — 1598, inondation du Tibre; — 1643, enceinte 
('établie par Urbain VIII sur le Janicule; — 1703, tremblement de terre et déborde- 
ment du Tibre ; — 1 798, Rome occupée par les Français ; — 1799, par les Napolitains ; 
— 1809, réunie à l'empire français; — Pie VII conduit en France; — 1814, retourde 
Pie VII ; — 1848, en mars, sous l'influence de la révolution de la France, le pape 
Pie IX introduit dans les États romains le gouvernement constitutionnel ; le ministre 
Kossi, qui espère contenir le radicalisme, est assassiné le 15 novembre; le 24, le pape 
quitte la capitale sous un déguisement et se retire à Gaëte; le 11 décembre, les 
Chambies nomment une Commission de régence (giunta govemativa), compostée de 
trois membres; le 28, elle prononce la dissolution du Parlement et convoque une 
Constituante pour le 5 lévrier 1849 ; le 9 février, la Constituante décrète que la 
|)apauté est déchue du gouvernement de lEtat romain et que cet Etat se constitue 
en république ; le 12 février, gouvernement provisoire composé de trois mem- 
bres; le 29 mars, il fait place au triumvirat de MM. Mazzini, Armellini et Saffî, qui 
résigne ses fonctions le 1*'' juillet; au mois de juillet, les portes romaines de Saint- 
Paul, Portese et Saint-Pancrace sont ouvertes aux troupes françaises, qui occupent 
Rome. Malgré les sollicitations du gouvernement de la France, le pape ne rentre à 
Rome que le 12 avril 1850. 



TABLES GURONOLOGIQUES*. 
Smpereiuni romains. 



Anurc 
de ravinement. 

G. Jnlina Gaesar, né 101 ans av. 

J. C, tué à l'âge de 58 ans, dic- 
tateur pcr|)étuel ( AP.)*. Femmes : 
CossuTiA, répudiée. — Cornklia, 



fille de Cinna, mère de Julie. ~ 
PoMPEU, rép. — Calpurnia. 
Av. J. C. 

30 Gaina Octavina Aii|n>*tiia, né 

64 av. J. C; meurt 14 après J. 
C. — Fils adoptif de César. Adopte 



Les TABLu CHKONOLOGiQOBs que nous donnons ici seront utiles à consulter en plusieurs 
ri I constances, et particulièrement en présence des monuments, des statues, des inscri- 
ptions rappelant la mémoire des personnages historiques de Tltalie. 
2. Les lettres AP indiquent que le personnage artçu las tiondejar» À^\^^»OkJbcyiA. 



88 



ROME. — APERÇU GÉNÉRAL. 



Tibère (AP.). Femmes: !• Ser- 
viLiA, rcp. — 2" Glodia, r^. — 
3° ScRiBoxiA, mère de Julie, seul 
enfant d'Auguste. — 4» Livu 
Dbusilla, éi:ouse de Tib. Claude 
Néron, qui la cède à Auguste, 
déjà mère de Tibère et enceinte 
de Néron Drusus (AP.). 
Agrippa, 64 av. J. C, î* 13 ap. 
J. C. Ami et ministre d'Auguste. 

— Femmes : Caîcilia Altica, mère 
d'Agrippine, première femme de 
Tibère ; — Marcella, nièce d'Au- 
guste, répudiée par son ordre; 

— Julie, fille d'Auguste, exilée 
pour ses débauches ; épouse : 
1° Marcellus ; 2^ Agrippa, et en a 
5 enfants; 3" Tibère. 

Enfants tP Agrippa et de Julie : 
Julie, meurt exilée pour ses dé- 
bauches. — Gaius ucsar, Lucius 
César, empoisonnés par Livie -et 
Agrippa Postlmmus, tué par Ti- 
bère. 

Ap. J. C. 
14 Tibère, né 42 av. J. C; étouffé 
par Macron 37 ap. J. C. Femmes : 
Agrippine, fille de Csccilia Attica, 
mère de Drusus. — Julie, fille 
d'Auguste. 

Drusus, frère de Tibère (épouse 
Antonia, fille de Marc-Antoine 
et d'Octavie, sœur d'Auguste). 
, Enfants : 1» Germanicus, l'es- 
poir dû peuple romain (ép. la ver- 
tueuse Agrippine, fille d'Agrippa 
et de Julie); 2«Livilla ; 3» Claude, 
empereur. 

De Germanicus et d' Agrippine nais- 
sent: Cfl%«/fl;la2« Agrippine 
(femme de Domitius Ahenobar- 
bus et de l'empereur Claude) , elc. 

Calisrula, né 10 av. J. C, f 41 
ap. J. C. Femmes: 1» Claudia. 

— 2* LiviA Orestii.la. — 3» Lol- 

LIA PAOLINA. 4* CiESONlA. 

Claude, règne près de 14 ans; 
empoisonné l'an 54. Femmes : 
1« Pladtia Urguianilla. — 2" 
Elia Petisa, — 3** Messaline (pe- 
tite-nièce d'Auguste) . — 4«> Agrip- 
pine. Enfants de Messaline: Bri- 
tannicus et Octavie, femme de 
Néron 
54 Néron, règne près de 14 ans, se 
tue en 68. Issu d'Auguste au 4« 
degré, par m mère Agrippine, 
. et d'Antoine au 3* degré (ûir son 



57 



41 



père Domitius. Fenrmies : 1" Oc- 

TAVŒ. — 2«»P0PPiEA SaBINA. — 3** 

Statilla Messalina. 

68 Galba, règne 7 mois ; assassiné par 

les prétoriens en 69. 

69 Otbon, règne 3 mois ; se tue en 69. 
69 Vitellins, règne 8 mois ; massacré. 
69 Vespaaien.f 79. Enfants: Titus 

et Domitien (AP.). 

79 Titus, f 81 (AP.). 

81 Domitien. Sa femme, Dohitia Lox- 
gina, le fait assassiner, 96. 

96 Nerva. 11 adopte Trajan (AP.). 

98 Trajan, né en Espagne (AP.). — 
Clopina (AP.) lui fait adopter 
Adrien. 

117 Adrîen (AP.). — Jolia Sabina 
(AP.), fille de Matidie (AP.) et 
petite-fille de Mardane (AP.), 
sœur de Trajan. — Adrien adopte 
Antonin. 

138 Antonin le Pieux, né à Nîmes 
(AP.). — Adopte Marc Aurèle et 
Lucius Yerus. Femme : Facstine 
la mère (AP.). — Enfants : Faus- 
tine, femme de Marc Aurèle, ttc. 

161 Marc Aurèle (AP.) . Femme : Facs- 
TiNE (AP.). — Enfants f: Com- 
mode ; Lucile, femme de Lncins 
Verus (AP.), associé à l'empire 
avec Marc Aurèle (son frère Com- 
mode le fit tuer). 

180 Commode (AP.). Femme: Cbis;=- 
pi>'E. Sa concubine Mnrcia le fait 
tuer. 

193 Pertinax (AP.). Nommé et mas- 
sacré par les prétoriens. 

193 Didius, Albinus, Niger. 

193 Septime Sévère (AP.). Il a do 
JoLiA DoMXA (AP.) 2 fils; Cara- 
calla et Geta. 

198 Caracalla (AP.), tué par ordre de 
Macrin. Il tue son frère Geta 
(AP.). Femme: Fulvia Plau- 

TILLA. 

217 Macrin, tué. Femme : Nonma Celsa. 

218 Béliofl^abale, petit-neveu de Ju- 

lia Domna, femme de Septime 

Sévère 
222 Alexandre Sévère, fils de Julia 

Mammœa (AP.) (fille de Mœsji, 

sœur de Julia Domna, femme de 
Septime Sévère). 
235 Maximin I". 
237 Gordien I" et Gordien II. 

237 Maxime et Albin. 

238 Gordien III. 

244 Philippe, le père et le fils. 



ROME. — EMPEREURS. — PAPES. 



89 



240 Decius. 

251 Gallus cl Yolusîen. 

255 Emilieni 

253 Valérien. 

255 Gallien. 

268 Claude II. 

270 Aurélien. 

275 Tacite. 

276 Probus. 
282 Garus. 

285 Carin et Numérien . 
284 Dioclétien. 

286 Maximien Hercule. 

505 Constance Chlore et Maxiniilicn Ga- 

lère. 

506 Constantin le Grand, 

557 Constantin II, Constance et Con- 
stant. 
561 Julien l'Apostat. 
565 Jovien. 
504 Yalentinien I", Yalens, 



I 



567 Gratien. 

575 Valentinien 11. 

579 Théoâosel". 

585 Arcadius. 

395 Honorius. 

402 Thcodosell. 

421 Constance II. 

425 Valeniinien III. 

450 Marcien. 

455 ATitus. 

457 Maiorien et Léon. 

461 Lybius Sévère. 

467 Anthème. 

472 Olybrius. 

475 Glycerius. 

474 Népos et Zenon. 

475 Romulus ou Augustale, qui, Tan- 

née suivante, fut détrône par 
Odoacre, roi des Hérules. Avec 
lui finit l'empire d'Occident. 



Papes, 

DEPOis l'an 1000. 



900 Sylvestre II, d'Auvergne. 
1005 Jean XVII, Romain. 
1005 Jean XYIII, Romain. 
1009 Serge IV, Romain. 
1012 Benoit VïII, Romain. 
1024 Jean XÏV, Romain. 
1055 Benoit IX, Romain. 

1046 Grégoire VI, Romain. 

1047 Clément II, Saxon. 

1048 Damase II, Bavarois. 
1019 Léon IX, Allemand. 
1055 Victor II, Allemand. 

1057 Etienne X, de la Lorraine. 

1058 Nicolas II, Bour^i^uignon. 
1061 Alexandre II, Milanais. 
1075 Grégoire VII, Toscan. 
1086 Victor III, de Bénévent. 
1088 Urbain H, de Lagery. 
1099 Pascal II, Toscan. 

1118 Gélasell, Gaétan. 

1119 Calixte II, Bourguignon. 
1124 Honorius II, Bolonais. 
1150 Innocent II, Romain. 
1145 Célestin II, Toscan. 

1144 Luce II, Bolonais. 

1145 Eugène III, Pisan. 
1150 Anastase IV, Romain. 

1154 Adrien IV, Breakspeare, Anglais. 

1159 Alexandre III, Siennois. 

1181 Luce m, Luequois. 

1 185 Urbain III, CrivelUy Milanais. 

1187 Grégoire VIII» de Bénévent. 



11187 Clément HT, Romain. 
1191 Célestin III, Romain. 
1198 Innocent III, Conti, d'Anagni. 
1216 Honorius III, SavelH, Romain. 
1227 Grégoire IX, Conti, d'Anaîrni. 
1241 Célestin IV, Milanais. 
1245 Innocent IV, Fieschi, Génois. 
1254 Alexandre IV, CûHti, d'Anagni. 
1261 Urbain IV, de Troyes. 
1264 Clément IV, Foucauld, Languedo- 
cien. 
1271 Grégoire X, de Plaisance. 
1276 Innocent V, Savoyard. 
1276 Adrien V, Fiescfit, Génois 

1276 Jean XIX. ou XXI, Portugais. 

1277 Nicolas III, Ursitii Romain. 
1281 Martin IV, de Montpincé. 
1285 Honorius IV, Savelli, Romain. 
1287 Nicolas IV, d'Ascoli. 

1292 Célestin V, Napolitain. 
1294 Boniface VIII, ÇaetarU, d'Anagni. 
1305 Benoit XI, Boccasini, de Trévise. 
1505 Clément V, de Gouth, Gascon. 
1516 Jean XXII, d'Euse, de Quercy. 
1554 Benoît XII, Foumier, du pays de 

Foix. 
1542 Clément VI, Limousin. 
1352 Innocent VI, Limousin. 
1362 Urbain V, de Grimoard de Grissac, 

du Gévaudan. 
1380 Grégoire XI, Limousin. 
1308 Urbain VI, Prignaul, ^«ç«^X\VsèTw. 



90 



HOME. — HJST0IR6 DE L ART. 



1399 Bonifacc IX, Tomacellh Napoli- 
tain. 
1404 Innocent VII, Meliorath" AhvuzzoU. 
1406 Grc^goire XII, CorariOy Vénitien. 

1409 Alexandre V, Philarge, Cretois. 

1410 JeanXXIll, CossOf Napolitain. 
1417 Martin V, Colonna, Romain. 
1431 Eugène IV, CondolmerCt Vénitien. 
1447 Nicolas V, de Sarzane. 

1455 Galixte III, Borgia, Espagnol. 

1458 Pie II, Piccolomini, Siennois. 

1464 Paul II, Barbo, Vénitien. 

1471 Sixte IV, de la Rovère, de Savone. 

1484 Innocent VIÏI. Cibo di Melfe, Gé- 
nois. 

1492 Alexandre VI, Jjenzuoli Borgia, Es- 
pagnol. 

1503 Pie II ï, Todeschini Piecolomini, 
Siennois. 

1503 Jules II, de la Rovère, de Savone. 

1513 Léon X, de Médicis, %F\orenim. 

1522 Adrien. Vf, Florent, Hollandais. 

1525 Clément VII, de Médias, Floren- 
tin. 

1554 Paul III, Famèse, Romain. 

1550 Jules III, Giocchidel Monte, Ro- 
main. 

1555 Marcel II, Cervin, de Fano. 
1555 Paul IV, Caraffa, Napolitain. 
1559 Pie IV, Medichini, Milanais. 
1566 Pie V, Guislieri, de Liguric. 
1572 Grégoire XIII, Buoncompagni, de 

Bologne. 

1585 Sixlc V, Perettij de la Marche d' An- 
cône. 

1590 Urbain VII, Castagno, Génois. 



1590 Grégoire XIV, Sfrondali, Çrémo- 

naîs. 

1591 Innocent IX, Facchinetti, de Bo- 

logne. 

1592 Clément VIII, Aldobranàmi, Flo- 

rentin. 

1605 Paul V, Borghèse, Siennois. 

1621 Grégoire XV, ludotfiêi, de Bologne. 

1623 Urbain VIIÏ, fîflr^mm, Florentin. 

1644 Innocent X, Pamf^iili, Romain. 

1655 Alexandre VU, CÂi^f, Siennois. 

1667 Clément IX, Rosptgliosi, Toscan. 

1670 Clément X, Altieri, Romain. 

1676 Innocent XI, Odescalchi, Milanais. 

1689 Alexandre VIII, O^^o^ont, Vénitien. 

1691 Innocent XII, PignatelU, Napoli- 
tain. 

1700 Clément XI, Albani, du duché 
d'Urbin. 

1721 Innocent XIII, CotUi, Romain. 

172i Benoît XIII, £/r«m, Romain. 

1730 Clément XII, Corsini, Florentin. 

1740 Benoît XIV, Ijimbertiniy de Bo- 
logne. 

1758 ClémentXIII, Rezzonico, Vénitien. 

1769 Clément XIV, GanganeHi, de S. 
Angelo in Vado. 

1775 Pie VÎ, Braschi, de Césène. 

1800 Pie VII, ChiaramotUi, de Césène. 

1823 Léon XII, délia Genga. 

1829 Pie VIII, CastigliotU, d& Cingoli. 

1831 Grégoire XVI, Capellari, de Bel- 
lune. 

1846 Pie IX, de la maison comtale de 
Mastaï Ferreti, de Sinigaglia, né 
à Sinigaglia, le 13 mai 1792, élu 
• pape le !•' juin 1846. 



Histoire de l'art. 

Antiquité'. — Rome ne fut pas douée d'un esprit original et créateur; dans 
Part aussi bien que dans la littérature, elle est l'élève de la Grèce. Mais l'art grec, 
transporté à Rome, s'il perdit cette beauté, cette pureté, cette simplicité, qui on 
forment un type divin, acquit, pour l'architecture principalement, un riche dévolop- 
|)cment d'ornementation, une magnificence grandiose, en même temps qu'un 
caractère d'utilité pratique, de solidité, qui donnent une empreinte toute particulière 
aux œuvres du peuple roi. Toutefois I'architecture romaine ne s'inspira pas directe- 
ment de celle de la Grèce : elle emprunta ses premiers modèles à l'Étrurie, (fui ^tail 
voisine. « Elle a tiré son principal caractère, dit M. fiatissier, de l'emploi de la 
voûte et des arcades, introduites dans presque toutes les constructions monumen- 
tales. Cette invention fut attribuée aux Étrusques; mais elle a été beaucoup amélioi*éc 



* K, tome I", II- partie : Origiuê de Vert en Italie. 



ROME.. — IU8T01RE DE l'aBT. 91 

par les Romains, qui so servirent de malérianx petits r t h'p^ers et les lièrent avec un 
dmcnt susceptible d'acquérir une très-grande dureté. La substitution des arcades 
aux plates-bandes eut d'immenses résultats. Avec Tare, on pouvait unir des piliers 
lrés-«loignés, qui auraient exigé, pour être rattachés les uns aux autres, des pierres 
éoornies. [C'est ainsi que purent, s'élever ces monuments interdits au génie ar- 
chitectural de la Grèce, le Colyiée^ ces Thermes de Caracalla et de Diocléiient 
dont les restes nous étonnent encore aujourd'hui par leurs immenses proportions.] 
L'introduction de Tare dans l'architecture modifia profondénnent le style grec. .On 
conçoit que la roideur inflexible de Tarchitrave et la courbure de J'arcade, l'an- 
gle aigu du toit en pente et la convexité de la coupole ne pouvaient exister en- , 
semble. Dès lors l'ornementation particulière aux divers ordres grecs fut altérée. 
Voilà comment l'art monumental, chez les Latins, revêtit un caractère tout à fait 
original, d . 

D'importants travaux furent exécutés sous la royauté (K. p. 136 Findicatiori des 
principaux monuments construits à Rome sous les Rois, la République et l'Empire). 
Les Romains durent faire des progrès dans l'art de bâtir après la conquête de la 
Grande Grèce. Ce ne fut qu'après la guerre de Pyrrhus qu'on commença à faire 
usage des tuiles pour couvrir les maisons, qui n'avaient alors qu'un seul étage. La 
conquête de la Sicile, et surtout celle de la Grèce, développèrent le goût des arts 
chez les Romains et substituèrent* le luxe et l'élégance à la simplicité antique. Ce- 
pendant, quelle que fût la magnificence déployée dans les temples et les édifices 
publics, les habitations des particuliers n'y participèrent que beaucoup plus tard ; 
78 avant J. C, M. Mm, Lepidus étant un des consuls, il n'y avait pas à Rome une 
maison plus belle que la sienne, et, 55 ans après, cette même maison ne méritait 
pas d'être mise au centième rang. Bientôt les généraux, les gouverneurs de pro- 
vinces, enrichis des dépouilles du monde, les Pompée, les LucuUus, les Scaurus, 
rivalisèrent de magnificence dans leurs palais et leurs villas. Scaurus, pendant son 
édilité, 60 ans avant J. C, dans son ihééUre élevé pour des fêtes passagères, fit un 
tel étalage de richesses, que cette prodigalité égale déjà ce que l'on fit dans ce genre 
sous l'empire, quand la volonté d'un seul homme ne connut pas de lx)rnes et ne 
trouva plus autour de lui de résistance à l'accomplissement de ses fastueuses fan- 
taisies. Le luxe apporté de l'Orient corrompit les mœurs. A la fin de la République, 
a la place de ces toits de chaume a qu'habitaient jadis la modération et la vertu,» 
on voit un Clodius habiter une maison qui lui coûtait 15 millions de sesterces. 
César voulait renouveler Rome; l'exécution de ce plan fut réservée à Auguste, 
qui put dire qu'il avait trouvé une Rome bâtie en briques, et qu'il en laissait 
une bâtie en marbre. Son règne peut être considéré comme l'époque la plus 
lirillante de l'architecture romaine. Vitruve se plaint cependant déjà de l'altéra- 
tion des belles proportions des ordres grecs. — Si le dorique avait été l'ordre 
d'architecture de prédilection en Grèce, l'ordre corinthien, qui convenait à la gran- 
deur romaine, devint l'ordre par excellence. Le Panthéon d' Agrippa est de cette 
époque; mais ce n'est pas à Rome seulement qu'il faut chercher l'hbtoire de l'ar- 
chitecture romaine : il faut l'étudier en Europe, en Asie, en Afrique. Les Romains, 
liéritiers des richesses des nations, deviennent les grands bâtisscars du monde et 
laissent partout de magnifiques monuments, dont quelques ruines «qi\^\^usq\. ^si- 
core Goonne des signes éternels de leur puissance. — ^o\i% ^^^t^xi, \xw \w^xk.^\ft^ 



92 ROME. — HISTOIRE DE l'aRT. 

dans lequel périrent des monuments 'précieux, dévora les deux fiers de -Home, 
qui fut rebâtie sur un plan plus régulier. Il se fit bâtir un palais d'une magni- 
ficence inouïe. Sous Titus, un nouvel incendie dévasta Rome ; il travailla à répa- 
rer les désastres. On vota en son honneur Varc de triomphe encore debout aujour- 
d'hui. — Le règne d'Adrien, amateur passionné des arts de la Grèce, et qui avait 
aussi la prétention d'être artiste, est une époque célèbre dans l'histoire de l'art. 
Pendant onze ans qu'il voyagea, il éleva tant d'édifices, qu'il fut surnommé le 
Pariétaire ; il fonda des villes en son nom et au nom d'Antinous, a ce dieu de plus, 
dit Chateaubriand, qu'il laissait aux Romains, dignes du présent. » — * Le philosophe 
Marc Aurèlc fut peu disposé à encourager les arts. Sous les successeurs des Anto- 
nins, l'architecture marcha rapidement à sa décadence. — Varc de triomphe de 
Septime Sévère atteste encore aujourd'hui à quel point le goût s'était déjà abaissé. — 
Varc de Constantin y un des derniers monuments de l'empire, témoigne du point de 
décadence où l'architecture était tombée au conmiencement du iv^ siècle ; on le dé- 
cora de sculptures enlevées à l'arc de Trajan. Un des caractères des constructions 
de ces temps barbares, c'est qu'elles présentent des matériaux enlevés à des édifices 
plus anciens. Ici on touche au terme de l'art antique, a Les encouragements cepen- 
dant, dit M. Batissier, ne manquèrent pas aux architectes : Constantin fit bâtir une 
foule de monuments ; bien plus, des lois furent faites, des fonds assignés, et des 
ordres donnés aux divers magistrats, jusque dans les provinces les plus éloignées, pour 
instituer des écoles d'architecture, des professeurs et des prix en faveur des élèves, 
qui tous devaient être choisis parmi les jeunes gens d'une naissance honnête. La 
source même de l'art était corrompue. » 

L'art antique avait accompli tuute son évolution, et les invasions des barbares ne 
fussent-elles pas venues plonger l'Italie dans les ténèbres, un art nouveau, un autre 
type (le construction, devait soi-tir d'une religion nouvelle et d'une constitution 
politique différente. La société chrétienne éleva des temples dans tout l'empire, et, 
malgré sa répugnance pour tout ce qui rappelait le polythéisme, elle conFacra des 
temples païens au nouveau culte. Mais ces temples étaient trop étroits pour les exi- 
gences liturgiques ; les chrétiens leur préférèrent des édifices qui, n'ayant été con- 
sacrés qu'à des usages civils, étaient libres de souvenirs hostiles. Ces édifices étaient 
les basiliques (regioi œdes), salles du palais des souverains où se rendait la justice. 
Chez les Grecs et chez les Romains, c'était une sorte de tribunal. Une des premières 
basiliques construites à Rome le fut par Porcins Caton, deux siècles avant J. G. Les 
basiliques devinrent par la suite des bourses commerciales; elles étaient pour la 
plupart, sur un plan rectangulaire, trois fois plus long que large, avec un vestibule 
ou porche ; divisées à l'intérieur, par deux rangées de colonnes, en une nef princi- 
pale et deux bas-côtés, aboutissant à une construction transversale [transsept^ 
élevée de quelques degrés au-dessus de l'aire de la nef, et défendue par \epluteiis, 
barrière en pierre, en bois ou en bronze. En face de la nef centrale, et au delà 
du transsept, l'édifice s'arrondissait en hémicycle : cet enfoncement était ral>side, où 
siégeait le tribunal ; les plaideurs étaient séparés du tribunal par une balustrade 
{cancellum). Cette disposition primitive reçut, dans les basiliques chrétiennes, quel- 
ques modifications et des adjonctions nécessitées par les besoins du culte, mais le 
type général en fut conservé. 



ROME. — HISTOIrE DE L^Allt. 95 



Basiliques chrétieiuies. 



• On a dit avec raison ([ue les premières églises n'avaient ctc que des temples re- 
tournés. Le culte des païens était tout extérieur; la décoration de leurs temples se 
produisait également à l'extérieur. C'était le contraire pour les chrétiens ; aussi se 
uiirent-ils à décorer intérieurement les basiliques. Les colonnes passèrent du dehors 
au dedans : extérieurement les murs restèrent lisses. L'abside, exhaussée, devint le 
presbyterium, le lieu réservé aux prêtres; le siège de l'évêque {cathedra) en oc- 
cupa le fond; à droite et à gauche étaient disposés des bancs ou exèdres (subsellia) 
pour les prêtres; à la place qu'occupaient les avocats s'éleva l'autel, au milieu du 
sanctuaire : l'autel était isolé, formé d'une table de marbre, sur le sarcophage d'un 
martyr, ou au-dessus d'une chapelle souterraine [crypte ou confession) : il était 
quelquefois surmonté d'un ciboritan^ édicule formé de colonnes portant un toit à 
^rontons. Les baldaquins en sont une imitation altérée. Ije sanctuairet compris dans 
le transsept^ était séparé du chœur par plusieurs marches, par une barrière {chancel) 
et par des tapisseries qu'on ne levait qu'au moment de là communion. — En avant 
du sanctuaire était le chœur, placé au milieu de la nef centrale et entouré d'une 
balustrade; c'est là que se tenaient les chantres, les sous^diacres, les diacres, lisant 
rÉvangile, les édits des évéques. De chaque côté s'élevaient deu> chaires, carrées ou 
octogones, nommées ambons (du grec a/Aê&iy, éminence); l'une au M., où on lisait 
l'évangile, l'autre au S., où on lisait l'épître. — Le vaisseau de l'église était divisé 
par deux rangs de colonnes en trois nefk. (A partir du v« siècle, on construisit des 
basiliques plus vastes, qui furent divisées en cinq nefs par quatre rangs de colonnes.) 
La nef centrale fut souvent séparée des bas-côtés [collatéraux) par un mur à 
hauteur d'appui et par des rideaux, pour rendre plus complète la séparation des . 
sexes : les hommes occupaient la nef de droite, les femmes celle de gauche; quand 
il y avait des galeries [triforium) au-dessus des bas-côtés, elles étaient réservées 
aux vierges et aux veuves. Celte disposition, ordinaire aux l^asiliques grecques, est 
rare dans les basiliques latines. Les catéchumènes, qui ne devaient assister qu'à une 
partie de l'ofGce, tfe tenaient à l'entrée de la nef centrale, dans le narthex^ vestibule 
intérieur, formant la première travée de la nef. Ce narthex intérieur fut abandonné 
à partir du v** siècle, et devint un portique placé en avant de la façade de l'édifice. 
— Enfin les basiliques furent précédées par un parvis [atrium)^ esplanade à ciel 
ouvert, entourée sur quatre côtés de portiques. Dans cette cour carrée il y avait un 
ou plusieurs bassins, où les fidèles s& lavaient les mains et la bouche avant d'ratrer 
dans le temple [les bénitiers actuels sont un souvenir de ces lustrations). On en- 
terrait les personnes de distinction dans l'ntrium. C'est là que les pénitents publics 
du premier degré, vêtus de deuil, exposés aux intempéries des saisons, imploraient- 
les prières des iidèles. — On comprend que quelques modifications furent faites à 
ce plan général. Nous en citerons trois exemples : l*" les collatéraux fiu'ent quelque- 
fois terminés (Kir une abside, ainsi que la nef principale ; ces absides servirent do 
sacristie, de trésor pour les vases sacrés; 2*» un porche (prothyrtim)^ surmonté 
d'un toit porté par quati-e colonnes, fut mis en avant de la porte principale de la 
fayadc; 3** le tranuepty ou nef transversale, prit de l'extension et déçassai le&^W 
léraoïy de manière à former avec l'abside une cioii. 



il4 RONk. — m&TOlKE DK l'aHÏ. 



DévastattoBs de Robm. 



Âjouloiis au précis rapide qui précède quelques indications sur l'histoire des dé- 
vastations de la ville des Césars. — Avant l'invasion des barbares, il faut tenir confi])tc 
d'une première cause de destruction dans le zèle iconoclaste des chrétiens {V. p. 
101). Mais voici venir les hordes du Nord, et leurs ravages vont faire oublier les 
ruines semées par le zèle religieux. Au commencement du y* siècle, Rome fut 
obligée de payer à Alaric pour sa rançon 5000 livres d'or, 30 000 livres d'argent, 
4000 tuniques de soie, 3000 livres d'épiceries... Le trésor épuisé, on imposa les par- 
ticuliers, on dépouilla les temples, on fondit les statues. Les Romains regrettèrent 
surtout celle de la Valeur! Les jeux du cirque continuaient malgré la famine; et 
elle était telle, que le peuple se mit à crier unanimement : < Qu'on mette en vente 
delà chair humaine et qu'on en fixe le prix ! d — Lors de Tinvasion des Vandales, les 
églises, qu' Alaric avait épargnées, furent dépouillées de leurs richesses ; le palais 
impérial, sur le Palatin, et le.temple de Jupiter Gapitolin, furent pillés. Lors de la 
défense de Rome par Bélisaire (537), le tombeau d'Adrien servit de fort, et les 
statues furent lancées sur les assaillants. — Suivant une statbtique du vi* siècle, 
retrouvée par le cardinal Mai, Rome comptait encore cependant : 46 603 maisons ; 
17 007 ])alais; 13062 funtaines; 31 théâtres; 11 amphithéâtres; 2 capitoles; 9025 
bains; 2091 prisons; 8 grandes slatues dorées; 66 statues d'ivoire; 3785 statues de 
bronze; 82 statues équestres en bronze. 

Vers l'an 608, le Panthéon fut consacré au culte chrétien. En 663, Constant II 
enleva les bronzes de Rome et la couverture de métal de la coupole du Panthéon. 
^- Dès le x" siècle, à l'époque des guerres entre les barons romains, les monuments 
antiques furent transformés en forteresses, et beaucoup furent rasés ou détruits en 
partie, conune le mausolée d'Auguste à l'expulsion des Colonna (1167). Le sénateur 
Rrancaleone de Bologne, pour abaisser la noblesse, fit raser 140 châteaux forts, 
qui étaient tous d'antiques édifiées» Pendant les guerres dp Grégoire VII contre 
Henri IV, les portiques du Saint-Pierre 6t de Saint-Paul furent entièrement dé- 
truits, et Robert Guiscard, que le pape avait appelé avec ses Sarrasins, et ses Nor- 
mands au secours de la papauté, détruisit les édifices du Champ de Mars, livra aux 
flammes l'espace entre leLatran et le Forum, et fit éprouver à Rome une des dévasta- 
tions les plus désastreuses qu'elle ait subies. Au xiv* siècle, on fortifia le Capitolc 
avec des pierres prises aux autres monuments. — L'absence de la cour papale' et le 
schisme de trente ans concoururent à rendre fk situation de Rome de plus en plus 
déplorable. L'efTroyable peste de l'an 1348 et un tremblement de terre qui eut lieu 
presque â la môme épofjue, mirent le comble à la désolation : les troupeaux venaient 
brouter l'herbe jusqu'au pied des autels de Saint-Pierre et de Latran. Les destruc- 
tions ne cessèrent pas après le retour des papes. En 1379, le tombeau d'Adrien fut 
occupé par l'antipaiie Clément VII, conquis par les Romains et rasé jusqu'aux ruines 
qu'on en voit encore aujourd'hui. Les matériaux du Colisée furent employés â faire 
de la chaux. — a Ce n'est qu'à l'exaltation de Martin V que commence, sinon le 
rétablissement, du moins le calme de la ville. Le mont Capitolin était couvert de 
vignes, le Forum de jardins potagers ; les obélisques égyptiens étaient renversés, 
brisés, enfouis, à l'exception d'un seul, et des nombreuses statues qui ornaient jadis 



ROME. — HISTOIRE DE L^AKT. 9& 

les raes et les places publiques, il n'en restait plus que cinq de marbre et une de 
bronze doré. » (Le Poggo, en 1430, dans son livre : De varietate fortunas Urbis 
HomXj compte à Rome seulement six statues que la terre n'a pas enfouies.) Eugène lY 
fotle premier qui entreprit quelques restaurations; Nicolas Y commença la con- 
stmciion du Vatican. Une brillante période de la nouvelle Rome commença avec le 
règne d'Alexandre VI, qui montra beaucoup dégoût pour les embellissements. Mais 
œ fut particulièrement sous Jules II cl Léon X que commencèrent dans Rome les 
gnndes constructions. Pour cela on porta le coup de grâce aux monuments de 
l'antiquité. Sous Léon X, les colonies du Champ de Mars commencèrent à se former 
en une nouvelle ville. Les destructions, à la fin, cessèrent; Raphaël et Gastiglionc 
tracèrent le plan d'un dclilayement régulier de l'ancienne cité. Pie III menaça de 
uoort quiconque dégraderait des monuments antiques. Pie lY et Grégoire XIII ré- 
tablirent des murailles et des fortifications, embellirent les rues et construisirent de 
grands édifices publics. Sixte Y, par sa puissante impulsion, donna à la ville une 
face nouvelle ; il releva plusieurs obélisques, déblaya la colonne Trajane et rétablit 
celle d'Antonin. Il redressa plusieurs rues et construisit des aqueducs. Mais il dé- 
truisit lui-même des monuments précieux. En voulant restaurer, il remplaça l'art 
de l'antiquité par le maniéré de son siècle. Urbain YIIÏ, de la maison Barbcrini, dé- 
pouilla le Panthéon de ses ornements, et mérita qu'on rapprochât le nom de sa 
faniillc de celui des barbares : 

Quod non fecerunt Barbari, fecere Barbcrini. 

* 

La fondation du musée Pio Clémentine fait honneur à Clément XIY. — Les Fran» 
çais, au commencement du siècle, enlevèrent de Rome une grande quantité d'objets 
d'art ; mais, en revanche, on fit alors plus que jamais pour déblayer et conserver 
les antiquités (1810, déblayement du forum de Tnijan, du Colisée, du temple de 
la Paix, du temple de Yénus et de Rome, ainsi que des autres édifices du Forum, 
de la colonne de Phocas, etc.). — Pie YII, à son retour, fit, conjointement avec le 
cardinal secrétaire d'État Consalvi, d'immenses sacrifices pour la conservation et le 
déterrement d'antiquités, pour l'enrichissement des musées. Malheureusement le 
funeste inecndie de l'église Saint-Paul, le 15 juin 1825, eut lieu à la fin de son 
règne. Son successeur, Léon XII, en ordonna dans la même année la recoustruction. 

ârcUtootnre moderne. 

llomc ne participa point au mouvement intellectuel (|ue le régime ^e la liberté fit 
naître dans les i*épubliques italiennes du moyen âge, ni à cette renaissance de l'art 
qui du XII* au xiv" siècle fait la gloire de la Toscane. Rien d'aussi dégénéré que l'ar- 
chitecturc des cloîtres de Saint-Jean de Latrah et de Saint-Pierre (xiii* siècle), alors 
que le nord de l'Europe» le pays des barbares,* élevait ses admirables cathédrales 
gothiques. — A Rome, du reste, l'architecture, contenue sans doute par les modèles 
toijours présents de Part antique, ne se ressentit presque pas de l'influence du style 
gothique. Pendant la première période de la Renaissance, l'architecture, exercée à 
Rome par des architectes toscans, conserva le caractère de son origine ()(MlU\» d&\^- 
mset^Ciitliano da Maiem)r^ Baeeio PinUUi^ arcVûlecVA !^ot^\w^v^KS(^sA«!^. 



96 HOME. — . U16T0IBE DE l'aRT. 

vers 1475, coustcuisit à Home un grand nombre de monuments, il fut le véritable 
précurseur de Bramante. — Dans le même temps, le savant architecte J^n Battista 
Alberti devenait le conseil de Nicolas V; il eut moins d'influence par les édifices 
qu'il éleva que par les préceptes écrits dans ses livres. — GitUiano da San Gallo 
appartient à la même école. 

Enfin apparaît la grande figure de Bramante Lazzari, cet homme né pour lôs 
grandes entreprises, et qui semble fait pour le pape Jules II, aussi impatient que lui 
de produire. Nous avons parlé (t. !•', p. 171) de ses débuts, alors qu'il suivait les tradi- 
tions du style roman. Il avait 56 ans lorsqu'il arriva à Rome ; il se mit à étudier les 
restes merveilleux de l'art antique, et, sou& cette magistrale discipline, il se fit un 
style tout nouveau. (Solitario e cogitativo se n'andava; e fra non molto spazio di 
tempo misurè quanti edifizi erano in quella città e fuori per la campagna. — Yasari). 
. Baccio . Pintelli lui avait préparé la voie ; Bramante agrandit sa manière ; il y 
entra plus carrément; il est plus châtié, plus classique, mais non plus fin, ni plus dé- 
licat dans les détails. Brunelleschi et L. B. Alberti avaient introduit dans l'architec- 
ture le style antique romain ; Bramante donna à ces tendances nouvelles une fer- 
meté, une régularité, qui leur manquaient. C'est à lui que commence à Rome la 
période de l'architecture particulière à cette ville, de ce style pur, de celte ordon- 
nance simple, régulière, étrangère à tout ornement fantastique, se rattachant par son 
ensemble aux traditions de l'architecture romaine du temps de l'empire, et qui est 
restée comme l'expression la plus élevée de cette partie de l'art moderne. (Les prin- 
cipaux ouvrages de Bramante à Rome sont : le palais de la Chancellerie ; une partie 
du Vatican ; les fondations de Saint-Pierre ; le petit temple de San Pielro in Mon- 
torio; le palais Giraud.) '-^ Les artistes qui lui succédèrent,' quoique Toscans pour 
la plupart, appartiennent tous néanmoins à l'école roinaine. Bramante eut la bonne 
fortune d'avoir pour continuateur de ses doctrines deux grands architectes : Baldas- 
sare Peruzzi et Antonio da San Gallo. 

Balthasar Peruzzi (V, palais Massimi), nature d'élite, alliant l'originalité Aes 
conceptions et une merveilleuse fécondité à la grâce, à un goût exquis ; fut peut- 
être pour l'architecture ce que Raphaël fut pour la peinture : il eut une profonde 
connaissance de la théorie et de la pratique de l'architecture. Peintre et architecte, 
il peignit des décors d'un effet merveilleux pour la représentation, devant Léon X, 
de la Calandra, du cardinal de Bibbiena. 

Antonio da San Gallo, neveu de Giuliano et d'Antonio l'Ancien. Sentaient n'a 
ni la souplesse, ni le style facile, la grâce et la perfection de B. Peruzzi; mais il 
se recommande par la force et la fermeté {V. palais Farnèse). Chargé plusieurs fois 
de consolider l«s monuments bâtis par Bramante, il fut peut-être amené à outrer 
les précautions. On trouve chez lui non-seulement une inspiration de l'antique, 
mais une imitation plus directe, celle d'un disciple et d'un traducteur de Yitruve. 
San Gallo est un avant-coureur de Palladio, formé à ,1a même époque et par des 
études identiques. — On trouvera dans la liste plus bas les noms et les œuvres des 
principaux architectes qui succédèrent à ces grands artistes. 

Pendant un siècle entier, et ju^:qu'au milieu du xvi*, l'architecture parcourut à 
Rome son époque brillante; et qu'on pourrait appeler classique. « Après cette époque 
elle conserve encore pendant un demi-siècle une grande physionomie, mais déjà le 
^oùt est en décadence, dit notre ami LetarouiUy, de regrettabte mémoire, quelques 



ROMB. — HISTOIKE DE L ART. ^q 

beaux génies cependant brillent encore à cette époque: Michèl-Atige BuonarroU, 
ViçttolOf Amtnanatiy Palladio^ Pkro LigoHo^ Giacomo délia Porta. Mais, si 
Michel' Ange produit quelques beaux ouvrages, il n'en est pas moins le premier à 
entrer dans ces sentiers malheureux qui, sous lu funeste dictature intellectuelle qu'il 
exerça, devaient conduire l'art à sa perte. » — Vigmle, législateur plein de raison et 
de goût, et Palladio, ont très-peu produit a Rome. — (nGiacomo délia Porta 
(Jacques de la Porte], architecte d'un talent fécond, s'est plutôt fait remarquer par 
le grandiose de ses compositions que par la grâce de leurs détails, et, sous ce rap- 
port, il ne semblait nullement appartenir a l'école de Vignole, dont il fut pourtant 
relève le plus distingué. » 

Avec le xvn« siècle s'ouvre l'éi^que de décadence de l'art italien. L'architecture 
se jette dans la recherche de l'elTct pittoresque et tend à n'être plus qu'une vainc 
décoration. (Cette époque de décadence produisit cependant encore des hommes re- 
marquables, dont quelques-uns même eurent du génie.) Celte altération de l'archi- 
tecture affecta beaucoup moins le plan, qu'elle ne se traduisit dans l'ornementation 
par la surcharge et la licence des détails. L'ordonnance conserva une certaine gran- 
deur, qui attira l'imitation, et ce nouveau style, tourmenté et de mauvais goût, 
d'Italie se répandit en Europe. C'est à cette période qu'appartiennent Car/o Maderno, 
Bernint et Borrominiy qui, dans sa rivalité avec le Bernin et son désir de nouveauté, 
ne mit plus de frein au dévergondage de son imagination. 

Les deux tables qui suivent sont extraites et abrégées de l'important ouvrage : 
Édifices de Rome hoderne, par P. fMarouilly. 

LISTE CHRONOLOGIQUE DES PR^CIPAUX ARCHITECTES 

AYANT ÇXERCÉ A ROME 

Baccio PiHtelH (Fl;)rence) florissait en 1475. 
Bramante (Lazzari) (né près d'Urbino), 1444-1514. 
San Gallo (Antonio Picconi da) (près de Florence), (?) 15 4G. . 
Michel-Ange (Buonarroti) (près d'Arezzo), 1475-1564. 
Baldassare Peruzzi (Sienne), 1481-1557. 
Baphaèl (Sanzio) (d'Urbino). 
Jules Romain (de Rome), 1492-1546. 

Vignole (Giacomo Barozzi da Vignola) (près de Modène), 1507-1575. 
Ammanati (Bartolommeo) (de Florence), 1511-1502. ' 
Ottavio Mascherino (de Bologne), florissait en 1570. 
Pirro Ligorio (de Naples), florissait en 1580. 
Giacomo délia Porta (Milan), florissait en 1580. 
Fontana (Domenico) (près de Côme),. 1545-1607. 
Carlo Maderno (près de Côme), 1556-1629. 
Flaminio Ponzio (Lombardic), 1568-1613. 
IkUnaldi (Girolamo) (Rome), 1570-ljB55. 
. Soria (Gio. BattbU) (Rome), 1581-1651 
Le Ber)Un (Gio. Lorenzo Bemini) (de Naples), 1598-1680. 
Bêrramini (Francesco) (près de G6me] , 1599- \6Qn . 
11. ^ 



/ 



96 



ROME. — HISTOIRE DE \!kt!t. 

Ugarde (Alessandro Algardi) (Bologne), 1602-1654. 
inalài (Carlo) (Rome), 1611... 
jo. Antonio de' Rossi (près de Bergame), 1616-1695. 

itana (Carlo) («Wrf«»), 1634-1714. 
UessatidroGalilei (Florence), 1691-1737. 
Salvi (Niccolô) (Rome), 1699-1751. . 
Fuga (Ferdinando) (de Florence), né en 1699. 
Vanvitelli (Luigi) (Rome), 1700-1773. 



PRINCIPAUX ÉDIFICES DE ROME MODERNE 

eusses SUIVANT LA DATB DE LEUR CONSTRUCTION 

(première période). 

DATES. 
1468 



EDIFICES. 

Grand palais di Ycnezia et église de San 
Marco 

Petit palais di Ycnezia. — San Pietro in 
Montorio 

Façade dii Sanli Aposloli 

Santa Maria dcl Popoto, façade et restau- 
ration intérieure 

Sant' Agostino 

Cloître de San Pietro in Yincoli. • . .^ 

Petit temple de San Pietro in Montorio 

Cloître de Santa Maria délia Pace. . . . 

Palais Giraud 



ARCniTECTES. 

Giuliano.da Majano 



• • > . 



vers 1475 



1483 

vers 1500 

1502 

1504 



Baccio Pintelli. 

I Giuliano da S. Gallo. 
I Bramante Lazzari. 



Fondation de la Basilique de Saint- 
Pierre . 

Palais du Vatican (cours du Belvédère 
et de San Damaso.) .... 

— délia Cancelleria et église San 

Lorcnzo in Damaso 

— dit la Farncsina. . ... 

— Lante 

Villa Madama 

Palais Ossoli * 

— Costa 

— Farnèse 

Palais Massiini 

— dit Vigna di papa Giulio 

— Linotte 

— Sacchetti 

— de' Conservatori,au Capitolc (style 

de transition à la décadence). . 

Porte di San Spirito. . • . , 

Palais Farnèse (étages supérieurs de la 

eou/O. . .' 

Chapelle Sant ' Andréa (hors les murs) . . 
^'^J« fli papa Giuno. . . 



Renaissance (DECuèME réRioDE). 

1500 



Bramante Lazzari. 



vers 1508 
1516 
1520 

V. 4525 
1530 

V. 1532 

1534 
V. 1540 

1542 
V. 1544 

V. 1517 



Baldassare Peruzzi. 
Jules Romain. 
Baldassare Peruzzi. 
Antonio da San Gallo. 

Baldassare Peruzzi. 

Antonio da San Gallo. 

Mich. Ang. Buonarroli. 
Antonio da San JGallo. 
M. Ang. Buonarroli ci 
Vignola. 



ROME. 



HISTOIRE DE L ART. 



«9 



ÉDIFICES. 

Basilique de Saint-Pierre [adoption du 

projet de la coupole) 

Palais Capranica (portion de façade). . 
Villa Pia , . . . 



DATES. ARCHITECTES. 



V. 1554 M. Ang. Buonarroli 

V. 1558 Ammanati. 

1561 Pirro Ligorio. 



Époque de transltioii à la déoadenoe 

'1563 

vers 1563 
1564 



Santa Gaterina de' Funari 

Santa Maria degllAngeli (restauration et 

cloître des Chartreux 

Palais Negroni (aujourd'hui di Sermo- 
netta ). 

— Spada 

Villa Farnesiana . . . 

— Negroni 

Palais Pontificio (Quirinale) 

Façade et cour du collège de la Sapicnza. 
Palais Farnèse (façade sur la rue Giulia). 

Santa Maria de' Monti ./ 

Palais Marescotti ) 

Collège Romain j 

Façade latérale de Saint-Jean de Latran 
Palais Pontificio (à Saint-Jean de Latran). 
Église San Salvatore [dite Scala Santa). 



Palais Ghigi 



Basilique de Saint-Pierre (exécution de 
la coupole. 

San Luigi de' Francesi 

Palais Borghese 

— Sciarra Colonna 

— Rospigliosi 

— Giustinani 

— Mattei di Giove 



V. 1570 
en 1612 

1574 



1575 

1579 

V. 1580 

1582 

1586 

V. 1587 
1630 

1588 
1589 
1590 

V. 1600 
V. 1602 



Giacomo délia Porta. 
M. Ang. Buonarroli. 



Ammafiati. 
Giulio Mazzoni. 
Barozzi da Vignola. 
Girolamo Rainaldi. 
Domenico Foiîtana. 
Ottavio Mascherino. 
Domenico Fontana. 

' Giacomo délia Porta. 

Ammanati. 

Domenico Fontana. 

j Giacomo délia Porta. 
I Carlo Maderno. 
Fel. délia Porta. 

Domenico Fontana. 
Giacomo délia Porta. 
Martine Lunghi,le vieux. 

Flaminio Ponzio. 

Giovanni Fontana, et 
Carlo Maderno. 



Basilique de Saint-Pierre [façade et pro- 
longement de la nef) 

Continuation du palais Pontificio (Qui- 
rinale) 

Villa Borghese 

Santa fiibiana 

Palais Barberini 



Baldaquin du maître-autel de la basi- 

. lique de Saint-Pierre 

Fontaine del Tritone (place Barberini). 
San Carlo aile 4 fontane. .... 

Villa Panfili 

VtAtÔB^aâlilpiâceNaYone) 

— de Justice (Cunu /nnocennana). 



1604 

vers 1606 

V. 1615 

1625 

V. 1627 



1633 

V. 1640 

1640 

1644 



Carlo Maderno. 
Flaminio Ponzio. 
Carlo Maderno. 
Giovanni Vasanzio. 
LorenzoBernini. 

Carlo Maderno. 
Francesco Borromini. 



I LorenzoBernini. 



iOO 



ROWTB. — HISTOIRE DE l'aRT. 



ÏÎDIPICES. BATES. 

Santa Agncse (place Navonc) » 

Oratoire et cloître de S. M» in Vallicella. » 
Restauration de la nef de Saint-Jean de 

Latran • , . . » 

Palais Falconieri » 

Fontaine de l'Obélisque [place Navope). » 

Façade de S. Maria délia Pace v. 1660 

Façade du palais Odescalchi t. 1660 

Colonnade de la place de la Basilique de 

Saint-Pierre 1661 

Façade d'Andréa ,dclla Valle v. 1670 

Palais Altieri. v. 1674 

Façade du palais Doria Panfili (rue del 

Corso} V. 1690 



ARCHITECTES .- 

Girolamo Rainaldi. 
Francesco Borromini. 

Francesco Borromini. 

Lorenzo Bernini. 
Pictro di Gortona. 

Lorenzo Bernini. 

Carlo Rainaldi. 

Gio. Antonio de' Rossi. 

Valvasori. 



XVm* siècto. — Époifae d'imitation et de théories indéoiaes. 



Palais Torlonia (autrefois Bolognetti). . 

— Colonna 

Façade de Saint-Jean de Latran. . . . 

Fontaine de Trévi 

Palais délia Consulta 

— Corsini 

Santa Maria Mapfgiore (façade principale et 

restauration intérieure) 

Villa Alhani 

Sacristie de la basilique de Saint-Pierre. 

Musée Pio Clémentine) 

Palais Braschi 

Salle du musée, dite : Braccio Nuovo. . 
Place S. M. del Popolo (agrandissement 

et décoration;. 
Reconstruction de Saint-Paul hors les 

murs 






Tersi700 
V. 1730 

1734 
1735 

V. 1736 

1743 

V. 1760 

1776 

V. 1780 

1790 
V. 1617 

V.1825 



Carlo Fontana. 
Niccolô Micchetli. 
Paolo Posi. 
Alessandro Galilei. 
Niccol6 Salvi, 

Ferdinando Fuga. 



> Carlo Marchionni. 

j M. Ang. Simoneiti. 
Giuseppe Camporesi. 
Morelli. 
RafTaele Stcrn. 

Giuseppe Yiilmlier. 

Luigi Poletti. 



Scnlptiire. 

Rome a^itique était une ville peuplée de statues. On estime que du temps d'Au- 
guste le nombre devait s'en élever à 70000. Malgré ce goût décidé, l'histoire de 
l'art n'a pas enregistré, parmi les Romains, le nom d'un seul grand sculpteur. Vir- 
gile reconnaît l'infériorité des Romains à cet égard : Excudent alH spiranlia mol' 
lius xra. — Vivos ducent de marmùre vullus. — La culture des arts ne conduisait 
])as à l'illustration ici, comme elle y menait en Grèce. Tous les beaux ouvrages de 
sculpture exécutés à Rome sous les premiers emi)ereur8 le furent par des artistes 
grecs désertant leur pays asservi, et qui n'offrait plus les mômes cncouragcmcntsque 
par le passé. — < Dans Vart romain, dit Hegel dans son Cours d'esthétique, se 
montre déjà le commencement de la destruction de la sculpture classique; l'idéal, 
proprement dit^ n'est plus la base de la conception et de l'exécution tout entières. 



ROME. — » HISTOIRE DE l'arIT. 101' 

Le souffle intérienr, la poésie de Tinspiration, caractéristiques de la sculpture grec- 
que, disparaissent et font place de plus en plus à la prédilection pour le genre qui se 
rapproche du portrait, o Cependant il faut remarquer que parmi les œuvres du ciseau 
grec, un certain nombre de celles qui ont excité au plus haut degré l'enthousiasme 
de Winckelmann, et sont considérées comme les plus belles et les plus pures, furent 
très-probablement exécutées à Rome sous les empereurs. L'époque florissante de cet 
art à Rome s'étend de César à Adrien ; sous cet empereur, le style vise à la per- 
fection du poli, au rafTmement. Il nous semble qu'on pourrait comparer la sculpture 
de celte époque à ce que devint la poésie grecque à la cour des Ptolémées; elle 
possède toujoui*s la beauté harmonieuse de la forme; c'est Tinspiration libre et 
spontanée, c'est la sève native qui lui manque. La sculpture du temps d'Adrien, 
adroite et élégante imitatrice de tous les styles, s'exerce aussi bien sur les dieux de la . 
Grèce et de Rome que sur les divinités égyptiennes. Ses imitations nomlireuses en 
ce genre préparent bien des causes d'erreurs et de discussions aux antiquaires futurs. 
Nous avons déjà cité {V. Turin, p. 93] un exemple célèbre d'un monument pseudo- 
égyptien du temps d'Adrien. — Sous Septime Sévère Tart est déjà sur son déclin. Sous 
Constantin, il est tombé déjà dans la barbarie [V, Arc de Constantin). Les bas- reliefs 
des sarcophages fournissent encore un moyen de suivre l'histoire de la sculpture à 
ses derniers moments. Le sarcophage de Junius Bassus, dans les cryptes de la ba- 
silique de Saint-Pierre, est un beaii monument de la sculpture chrétienne du iv* 
siècle. 

Les premiers chrétiens curent horreur des images en général ; ils se figuraient 
que les faux dieux, qui étaient à leurs yeux des démons, habitaient réellement dans 
les statues. Leur zèle iconoclaste entraîna la ruine d'une foule de chefs-d'œuvre. 
Soixante ans après Constantin, la plus grande partie des temples païens étaient détruits. 
A la fin du iv« siècle le sénat romain voulut qu'au moins on lui restituât l'autel de 
la Victoire, et chargea Symmaque de présenter la requête à l'empereur. Mais saint 
Ambroise détourna l'empereur, prêt à céder à cette prière. Bientôt après. Théodose, 
entrant à Rome, fit voter en sa présence, par ce même sénat, si attaché au paga- 
nisme, sur la question de savoir laquelle des deux religions, de Jupiter ou du 
Christ, devait être désormais la religion des Romains ; le sénat n'était plus qu'une 
vaine et servile institution politique : Jupiter fut condamné à la majorité. Les 
chrétiens, cependant, pour déraciner le polythéisme, ne tardèrent pas eux-mêmes 
à se servir des anciennes statues en les métamorphosant en figures du nouveau " 
culte. Les images se multiplièrent derechef; mais cet autre paganisme souleva les 
remontrances des hommes religieux ; et, bientôt après, les fureurs des iconoclastes 
étant encouragées par les empereurs et par des conciles, les objets d'art furent 
exposés à une nouvelle destruction. 

Nous avons déjà eu occasion de parler de la renaissance de la sculpture en Italie 
(tome I", p. 432, 540). — Hàtons-nous de placer en face de l'antiquité Michel- Ange* 
Tartiste prodigieux qui, dans les temps modernes, peut lui être opposé, comme 
s'élant élevé à un nouvel idéal, plein de force et d'originalité (F. p. suivante). Nous 
l'avons déjà rencontré à Florence (p. 433, 471 ; aux Ufïizi); il appartenait on effet 
àU Toscane par sa naissance. A Rome nous trouverons une de ses plus grandioses 
productions : le Moïse. — Parmi les nombreux sculpteurs ^ui Vx«L^^<b\çs:o\.V^"a«N&^ 
nous citerons quelques noms seulement : Guillaume ûe la Porte Vjvchcvjl ^aXw^v^- 



402 ROME. HISTOIRE DE l'aRT. 

tecte Giacomo délia Porta],, qui restaura si bien les jambes de l'Hercule Farnèse, 
que Michel-Ange voulut qu'on les conservât, lorsqu'on retrouva plus tard. les 
jambes antiques. (V. le beau tombeau de Paul III, basilique de Saint-Pierre.) — 
Gio. Ijorenzo Bernini (1598-1680), habile sculpteur en môme temps que grand 
architecte, occupa le xvii* siècle de sa renonunée et remplit Rome de ses ouvrages ; 
il s'abandonna à sa facilité d'exécution, sacrifia la correction au brillant, au gra- 
cieux, et, par son influence sur son époque, il ouvrit la porte au maniéré et au 
mauvais goût. — Âlessandro Algardi^ que nous nommons TAlgarde (1598-1654), 
a aussi beaucoup produit à Rome et appartient également au style maniéré ; il a 
transporté dans le bas-relief les effets de la perspective pittoresque. 

Peintnre. 

L'École romaine — n'est pas, comme les écoles de Venise, de Florence, de 
l'Ombrie, un produit du génie national ; c'est une dénomination contestable, que 
les historiens de la peinture sont obligés de justifier. L'école romaine commence à 
Raphaël. Lui et Michel-Ange enrichirent Rome de leurs plus beaux ouvrages et se 
groupent autour des papes Jules II et Léon X, comme les deux grandes illustra- 
. tiens de l'art italien et de l'époque. Si l'on range Michel-Ange dans l'école romaine, 
il faut considérer celle-ci, comme.se rattachant par lui à l'école toscane, et 

. comme une dérivation de l'école ombrienne par Raphaël [V. Pérouse). 

Raphaël {Sanzio) — (1485-1520), fils du peintre Giovanni Santi (le nom de fa- 
mille était Santé; Rembo, pour donner au nom de Raphaël une désinence plus 
euphonique, l'appela Sanzio au lieu Santi), est le véritable fondateur de l'école ro- 
maine. Il n'est pas original, prime-sautier à la manière de Giotto, de Giorgion, de 
Gorrége; il n'a pas la saillie puissante de Michel- Ange; sous le rapport de certaines 
qualités, telles que le coloris, le clair-obscur, etc., il est inférieur à plusieurs; 
mais il est supérieur à tous par l'exquise réunion des dons, a Arrivé à une époque 
où le progrès avait atteint son épanouissement dans chaque branche de la pein- 
ture, il s'assimila tout et transfigura à son image tout ce qu'il s'assimila. Il posséda 
le charme ineffable de la grâce, ainsi que l'entendirent les Grecs, et il l'imprima à 
toutes ses œuvres, de telle sorte que ce fut pour ainsi dire sa signature. » Cette 
grâce fut un des dons et non mie limite de son talent, car il sut allier à la beauté 
la grandeur et l'élévation de la conception. Plus que tous ceux qui l'avaient précédé 
a il réhabilita la forme à force d'idéalisation, et fit resplendir le phénomène visible 
sans tomber dans le naturalisme, quand il faisait de la peinture chrétienne. i> C'est 
un génie si vaste, qu'il faut, pour l'apprécier, le suivre à travers tout le déveloj>- 
pement de son talent. Dans ses premiers ouvrages l'élève du Pérugin a la grâce 
ascétique de [l'école d'Ombrie;il en a la naïveté et la faiblesse^ Il se transforme 
d'abord au contact des Florentins et avec les conseils de frà Rartolomnieo ; plus 
tard, par une étude assidue des monuments antiques ; enfin il s'enrichit de la 
science de Michel-Ange, sans se laisser entraîner à son exagération. — Les princi- 
paux ouvrages de Raphaël, à Rome, sont : (au Vatican) la Transfiguration, la Ma- 
àoDe deFoligno, \eslj>ges, les Stanze; les fresques de la '^^Farnésine ; le prophète 
Isaïe à Suni' Agostino; les Sibylles, à Santa Maria délia Pace; des tableaux aux ga- 

^erieg Borghèse, Scinrra, etc. — Nous croyons £aiw uue c\iQ%ft \i\j\^«x\«.v»w çrv 



ROME. *— RAPHAËL. — MIGHEL-ANâE. 103 

donnimt ici l'indication chronologique des principaux ouvrages qui forment l'œuvre 
du divin artiste, avec celle des lieux où. ils se trouvent : en l'année 1504, le Spo— 
zalizio [à Milan, Brera); la Madone du grand-duc [Florence, p. 506); 1505, la 
Fresque de San Severo (t. II, p. 43); la Y. au chardonneret (Florence, p. 490); 
1507, le Christ au tombeau (Rome, galerie Borghèse); la belle Jardinière (au 
Louvre). — Peintures exécutées sous Jules II, de 1508 à 1513 : Gliambre de la 
Segnatura au Vatican (fresques de la Théologie ou Dispute du S'-Sacrement ; le 
Parnasse; VÉcole d'Athènes); Portrait de la Fomarina (Rome, galerie Barbe - 
rini); Portrait de Jules II {Flormcef Uflizi et galerie Pitti); la F. de Lora/o- (plu- 
sieurs reproductions); Madone de Foligno (galerie du Vatican); Fresque du pro- 
phète Isaïe (Rome, église Sauf Agostino); la prétendue Fornarina^ de la Tribune 
des UfBzi (t. I*', p. 495); S^* Famille (musée de Naples); la V. au poisson (musée 
de Madrid); fresques de la chambre d'Héllodore, au Vatican [Héliodore chassé du 
temple; la Messe de Bolsène; la Délivrance de 5* Pierre). — Peintures exécutées 
sous Léon X, de 1513 à 1521 : Fresques des Prophètes et des Sibylles (Rome, 
église Santa Maria délia Pace); fresque de la Gaiatée (Rome : Famésine]; 5*« 
Cécile (musée de Bologne); FMt{wd'i^2^cAid (galerie Pitti, 1. 1«', p. 505); Portrait 
de Baldassare Castiglione (au Louvre); fresque de l'Incendie du Bourg (Vatican); 
les Loges, du Vatican; les cartons des Tapisseries (Ârazzi); la V. à la chaise (Flo- 
rence, galerie Pitti); Portement de croix (Spasimo di Sicllia) (au musée de Madrid); 
la V. à la perle (musée de Madrid); l'Archange S^ Midiel (Louvre); grande iS'* 
Famille (Louvre); la V. de S*-Sixte (Dresde) ; il termine les fresques de la Famésine 
(Rome); la Transfiguration (musée du Vatican); la Bataille de Constantin (Va- 
tican); Couronnement de la Vierge (musée du Vatican). 

Raphaël mourut (1520) à Tage de 37 ans. Son corps resta exposé pendant 
trois jours. Au moment où l'on s'apprêtait à le descendre dans sa dernière demeure, 
on vit arriver le pape (Léon X), qui se prosterna, pria quelques instants, bénit Ra- 
phaël et lui prit pour la dernière fois la main, qu'il arrosa de ses larmes (Si pro- 
stré dinanzi l'estinto Raffaello et bacciogli quella mano, trà le lagrime). On lui fit 
de magnifiques funérailles, auxquelles assistèrent les cardinaux, les artistes, etc. 

Micuel-Ange Buoxabroti — (1475-1564). Nous avons déjà eu occasion d'en 
parler plusieurs fols (t. I«', p. 433, 438, 471, etc.). Un si grand nom mérite qu'on s'y 
Arrête ; nous placerons ici une notice biographique de ce grand artiste. Michel- 
Ange naquit près d'Arezzo, le 6 m.trs 1475 ; il fut mis en nourrice chez la femme 
d'un tailleur de pierres. Son père était peu aisé, et eut à élever une famille assez 
nombreuse. Plusieurs frères de Michel-Ange furent placés dans le commerce des 
soieries et des laines. Plus tard Michel-Ange leur vint en aide et les associa au 
marchand de sole Lorenzo Strozzi. Il paraît qu'il fut obsédé par eux*, et que, ne 
trouvant pas de sympathie dans sa lamille, il se réfugia en lui-même. Enfant, il dut 
lutter contre les préjugés de ses parents et les mauvais traitements pour se faire 

* En 1509, pendant qu'il travaillait à la Sixline, il écrit:... «Dis à Sigismond de ma 
l'art qu'il ne fonde aucune espérance sur moi ; non que je ne l'aime comme un frère, maiâ 
parce que je ne puis l'aider en quoi que ce soit. Je suis tenu à m'aimer moi-même mieux 
que ks autres; el je ne puis même me donner les choses nécessaires. Je suis dans une 
grande anxiété d'esprit et au milieu de très-grandes fatigues de corps. Je n'ai d'amis d'au- 
cune sorte, et je n'en veux point. C'e&t à peine si j'ai le temps de manger. Qja'vlti^xfiAw^. 
donc causé auctm eoiuii, car je n'en pourrais supporter une OMe à« \\»su .. « 



104 "RO^UI. — niSTOIRE DE x'aRT. 

artiste. Son obstination vainquit les répugnances de son pèce; et il entra, à 
l'âge (le 14 ans, dans l'atelier de Ghirlandajo. Un an plus tard, admis à étudier . 
les statues antiques que Laurent de Médicis avait réunies dans son jardin, il fit 
cette tête de faune que Ton conserve à Florence (aux Uffizi, V. t. I", p. 483). Lau- 
rent, charmé, le prit en affection et l'admit dans sa famille. En 1492, il fit pour le 
roi de France une statue d'Hercule, dont les traces sont perdues; en 1495, un Gupidon 
endormi, acheté, comme une antique, par un cardinal, à qui l'argent fut plus tard 
restitué. On croit cette statue perdue. Quelques-uns croient que c'est celle du musée 
de Mantoue (t. I«', p. 252). De 1496 à 1501, il resta à Rome et fit les statues à'Adonig 
et de Baccims (V. Florence, 1. 1*', p. 483); et le groupe de la Pietà (F. S*-Pierre de 
Rome); de 1501 à 1505, le David \i. I", p. 455). En 1504, il est chargé de faire les 
statues des 12 apôtres. Il ébaucha seulement le S^ Matthieu (F. t. ]<><', p. 508). C'est de 
cette époque que sont : deux bas-reliefs de la Vierge et l'enf. J. (l'un à Florence, t. T*"*, 
p. 104, n» 374; l'autre à l'Académie de Londres); et la peinture de la S** Famille 
(à Florence : Uffizi , Tribune). Du mois d'octobre 1504 au 30 août 1505, il termine 
son célèbre carton de la guerre de Pise {y. t. I"', p. 458), détruit pendant les trou- 
bles de Florence en 1512. — Michel- Ange était l'artiste qu'il fallait à Jules II, de 
de mcmeque Riiphaël était celui qui convenait à Léon X. Ame fortement trempée 
dans un coqis robuste, il fut austère dans sa vie privée, et dans les arts fit montre 
d'énergie avec un certain dédain d'élégance. Jules II l'appela à Rome et le chargea 
de faire son mausolée. En 1505, il va à Carrare pour y faire tailler les marbres et il 
y passe huit mois. Les marbres arrivent à Rome; les mariniers attendaient leur salaire; 
Michel-Ange monte au Vatican ; le pape n'est pas visible. Il rentre à son logiâ et les 
paye de son argent. Un autre jour il se présente de nouveau ; on lui refuse encore 
l'entrée : Michel-Ange, offensé, charge un huissier de dire au pape que, s'il l'envoyait 
chercher, il était parti. Il fait vendre à l'instant son mobilier à des juifs et part à 
clîeval pour Florence. Cinq courriers, envoyés par Jules lî, le rejoignent à Poggi- 
bonzi. Michel-Ange brave leurs menaces ; les prières Ae l'ébranlent pas davantage. lia 
lettre de Jules II ne contenait que ces mots : a Reviens, ou je te chasse. » Michel- 
Ange lui répondit, lui demandant pardon de ce qu'il ne voulait plus retourner au- 
près de Sa Sainteté, puisqu'elle l'avait chassé de Rome (come un tristo); que, fidèle 
serviteur du pape, il ne méritait pas cela et qu'il se pourvoirait ailleurs. Les cour* 
riers se succédèrent à Florence pour le faire revenir. Le gonfalonier de Florence, 
Pierre Soderini, fit appeler Michel-Ange : a Sais-tu bien qu'un roi de France ne se 
serait pas comporté vis-à-vis du pape comme tu as osé le faire ? Allons, retourne à 
Rome. Pour l'amour de toi, je ne veux pas exposer Florence à une guerre. » Michel- 
Ange fut sur le point de s'en aller à Constantinople, bâtir un pont entre l'Asie et 
l'Europe. Soderini lui fit enfin entendre raison. La réconciliation entre le pape et 
l'artiste eut lieu à Bologne, qui venait de se soumettre aux armes pontificales. Quand 
Michel-Ange se présenta à lui, Jules II le regarda de travers : « Au lieu de venir à 
nous, tu as attendu que nous vinssions te chercher. » Un évéque conciliant, mais 
maladroit, voulut venir en aide à l'artiste : a II faut lui pardonner, dit-il au pa()e, 
ces gens-là n'en savent pas davantage (Tali uomini sono ignoranfi e da quell' artc 
in fuora non vagliono in allro). — « C'est toi qui es l'ignorant, répondit Jules II, 
déchargeant surj'évêque sa. colèrCf car tu lui ài& une «oUise (\ue nous ne lui aurions 
pas adressée (Ignorante sei tu, cheirli dii Tillama, c\i& wm ^XVeane ^û!»«ftTtfsC\.'fc 



ROME. — KOTICB SUR MICHEL- ANGE. 105 

Jolés n, vainqueur des Bolonais, voulul que Michel-Ange fît sa statue en bronze. 
Qoelque temps après, celui-ci en montrait le modèle. Cette belle figure [t. I***, p. 389) 
tenait, aTec un geste fier, la main droite levée comme pour bénir. Michel-Ange de- 
manda au pape s'il devait mettre un livre dans la main gauche : « Mets-y une épée, 
répondit Jules II, je ne suis pas un littérateur [Mettivi una spada, cheio non so 
lettere]. » N'est-ce jias là le pape qu'il fallait à un tel artiste? — Pour compléter 
ici l'indication des principaux ou\Tages de sculpture de Michel-Ange, nous citerons 
parmi les statues destinées au tombeau inachevé de Jules II, le célèbre Motge 
(Rome, S. Pietro inYincoli);deux figures de Captifs, sculptées par lui à Florence, 
pour fuir la mal'aria de Rome [il les donna à Roberto Strozzi, qui l'avait soigné 
dans une maladie. Elles sont aujourd'hui au musée du Louvre. Une de ces figures 
est certainement un de ses meilleurs ou\Tages, et mériterait d'y occuper une place 
d'honneur, afin de la signaler à l'attention du public. Combien de Parisiens ignorent 
qne le Louvre possède ce chef-d'œuvre de Michel-Ange !); 4 autres figures de Captifs 
ébauchées (dans une grotte du jardin de Boboli a Florence'; un groupe de la 
Victoire, ébauché (au Palais Vieux, 1. 1«'', p. 481). — Les statues pour les tombeaux 
des Médicis sont au nombre de six : î/iurent et Julien de Médicis, le Jour et la Huit, 
Y Aurore et le Crépuscule (t. I*% p. 471); — le buste de BrM/ti* (Florence : Uffîzi); 
Apollon (ibidem, n* 588^ — Une des dernières productions de son ciseau fut le 
groupe de la Pietà '4 figures) du dôme de Florence (t. I*', p. 439). 

De même que Léonard de Vinci, déjà âgé, à son retour à Florence, avait trouvé un 
rival dans Buonarroti, âgé de trente ans. de même celui-ci trouva bientôt à Rome un 
rival dans Raphaël . Michel-Ange rentrait à la fin de 1507 à Rome ; Raphaël y était appelé 
par Jules II en 1508. Michel-Ange, dessinateur sans rival, s'était presque exclusive- 
ment donné à la sculpture, il comptait à peine parmi les peintres et n'était encore 
connu que par son célèbre carton de la salle du Conseil du Palais Vieux, à Florence. 
Jules II, peut-être à l'insignation de Bramante, jaloux de Michel-Ange, chargea 
celui-ci de peindre à fresque le plafond de la chapelle Sixtine. Michel-Ange supplia 
vainement le pape de choisir un autre artiste. Gomme il n'avait pas l'habitude de la 
fresque, il fit venir de Florence des artistes praticiens pour l'aider. Après quelques 
semaines d'essais, il les renvoya, s'enferma dans la chapelle, o^ il n'admit personne. 
Selon une note de sa main, il commença à travailler à la voûte de la chapelle Sixtine, 
le 10 mai 1508. Ses fresques furent en partie découvertes pour la première fois le 
!•' novembre 1509, et causèrent une admiration immense. Ces créations si fières 
et d'un style si nouveau excitèrent Timpatience de Jules II. « Quand finiras-tu donc? 
demandait-il souvent à l'artiste. — Quand je pourrai ; quand je sçrai satisfait de 
mon travail, répondait Michel-Ange, qui travaillait absolument seul. — Si tu ne 
termines pas bientôt, je te ferai jeter -en bas de ton échafaud! » Il achevait celte 
œuvre colossale en quatre ans (et non en vingt mois, comme le dit Vasari). — 
Léon X chargea Michel-Ange de terminer la façade de l'église San Lorenzo, à Flo- 
rence et de faire les tombeaux des Médicis [V. t. \", p. 471). De 1517 à 1521 il 
fiit occupé à faire exploiter les marbres à Carrare; temps perdu pour l'art lorsqu'il 
était dans la force de l'âge et du génie. La statue du Christ (Rome ; église de \». ¥\- 
nerve) est de l'année 1521. En 1519 il s'était oftetl au ^^ ^v« Isàx^iX^ V.««îç>w5sv 
de Dante, poète pour letpicl il professait une grande adt^i\t«^XolvAiîiWv^TÎ^Rs»ssîKs^. 
pÊsee projet. Sous le pontiticAt de l'humble et auslëre Kàneu ^\, \\ V««^«^'^ * 



i06 ROME. — HISTOIRE DE l'aRT. 

tombeau de Jules 11. Les événcmenls politiques l'appellent à In défense de Florence 
Il fortifie San Miniato (V. t. 1*', p. 446). Difficultés de sa position: comme citoyen 
et républicain, il combat, en 1520, le pape Clément VII (Médicis); comme artiste, il 
travaille furtivement aux statues des tombeaux de Laurent et de Julien de Médicis 
(Florence : église S*-Laurent). Quand les impériaux entrèrent à Florence (4530), 
, Micbel-Ange, exclu de l'amnistie, dut se cacher. Mais bientôt Clément VU lui par- 
donna sa participation à la défense de cette ville, à la condition de terminer les tom- 
beaux dos Médicis. Il se remit assidûment à ce travail. — Il retourna à Home en 
1532. Clément YII le chargea de compléter les peintures de la chapelle Sixtine en 
exécutant aux extrémités les fresques de la Chute des Anges et du Jugement 
dernier. Ce fut Paul III (successeur de Clément VII en 1534) qui décida Michel- 
Ange, âgé de 50 ans, à se charger de ce dernier travail. Michel-Ange s'y refusait, 
disant qu'il ne pouvait rien entreprendre allant d'avoir achevé son interminable 
mausolée. Paul III demanda au duc d'Urbin, neveu et héritier de Jules II, de con- 
sentir à ce que Michel-Ange fit aux plans de ce monument les retranchements con- 
sidérables, qui l'ont réduit à l'état où on le voit aujourd'hui. Le consentement du 
duc o))tenu, Paul III, à la tête de dix cardinaux, se rendit à l'atelier de Michel- Ange 
pour le décider à entreprendre cette immense fresque. Elle fut terminée après huit 
ans de travail (1541) : il y avait vingt-huit ans que Jules II était mort, vingt et un 
ans que Raphaël avait précédé de quelques mois Léon X dans la tombe. — Michel- 
Ange était, de tous les artistes, le moins susceptible de se soucier d'une question 
de décence ou d'inconvenance à propos d'art ; il ne voyait que des académies là oii 
d'autres trouvaient un scandale. Paul IV, par scrupule religieux, voulut faire effacer 
le Jugement dernier; cène fut pas sans peine qu'on obtint de lui de révoquer cet 
ordre, et de se contenter qu'on rhabillât quelques-unes de ces nudités. Un peintre 
célèbre, Daniel de Volterre, qui avait déjà rendu ce service à l'Isale de Raphaël, en 
fit autant pour Michel-Ange. Cela lui valut le surnom de Braefiettane (le culottier) . 
Clément XIII, au xvni" siècle, trouva cette première toilette insuffisante, et la fit 
étendre à de nouvelles figures par Ste&no Pozzi. 

Déjà, depuis longtemps, le style si hardi, si nouveau de Michel-Ange exerçait une 
telle influence, qu'une partie des élèves de Raphaël se mirent à l'imiter, et que 
Raphaël lui-même, maîtrisant les tendances naturelles de son génie, sentit le besoin 
d'agrandir sa manière. Michel-Ange, de son côté, voulut engager une lutte avec 
cette universelle renommée, et appela à son aide, pour traduire ses inventions, le 
pinceau et le coloris du Vénitien Sebastiano del Piombo, comme Raphaël, du reste, 
faisait exécuter les siennes par J. Romain et Fr. Penni. c Je remercie Michel-Ange, 
dit Raphaël, de l'honneur qu'il me fait de me croire digne de lutter contre lui, et 
non pas contre Sébastien tout seul. i> Les deux peintures de cette lutte furent expo- 
sées, après la mort de Raphaël, dans la salle du Consistoire; l'une était la Transfi- 
guration, l'autre était la Résurrection de Lazare, aujourd'hui le tableau capital de 
la Natiottal Gallery de Londres. Ce tableau de Michel-Ange, et de Sebastiano del 
Piombo, a fait partie de la galerie du duc d'Orléans, qui l'avait acheté 24 000 fr.; il 
fut vendu en Angleterre trois fois et demie cette somme. Sous l'Empire, lorsque la 
Transfiguration était au Louvre, le gouvernement, désirant réunir les deux compo- 
sitions, offrit au possesseur, M. Angerstein, 250 000 fr., qui ne furent pas acceptés. — 
Le» dernières années de Michel-Ange furent consacrées aux travaux de Saint-Pierre 



' HottE. ^ ECOLE DE PEINTURE. • i97 

de Romef dont il fut nommé architecte jBn 1547, et qui l'occupèrent jusqu'à sa mort, 
i l'âge de 89 ans. — La construction du Capitale de Rome est de 1544 ; la corniche 
du palais Farnèse de 1547. Le plus brillant élève de Michel-Ânge fut Daniel de 
YoUerre (Ricciarelli), d'abord élève de l'école de Sienne, \yoir sa Descente de croix 
â l'c^^lise de la Trinilé-du-Mont, à Rome.) 

Lorsque Raphaël mourut, Michel-Ange était malade à Florence.-— Raphaël mort, 
cette foule d'arlisles qui lui faisaient cortège se dispersèrent : Jules Romain se retira à 
Mantoue ; Pcnni à Napies ; Pierino del Yaga à Génes^ Trois ans après la mort de 
Raphaël, la peste portait une rude atteinte à l'école romaine. Quatre années plus 
tard, la soldalesque allemande du connétable de Bourbon chassait de Rome Polydorc 
de Caravage, Jean d'Udine, et le reste des élèves. — Le plus célèbre des élèves de 
Raphaël est //</^« fî(?mû;m (Giulio Pippi) (1492-154G). Nous en avons déjà parlé au 
tomel" [V. Mantooe). — Pierino del Yaga (1500-1547) aida Raphaël dans ses tra- 
vaux. Il visa à produire beaucoup et vite, cherchant plutôt de l'argent que la gloire 
(F. t.I«',GÊ«:s). — Penni, surnommé le Fattore, parce qu'il était chargé du mé- 
nage de celle communauté d'artistes, dont Raphaël élait le chef, fut, avec Jules 
Romain, un des héritiers de Raphaël. — Polydore de Caravage [Caldara, mort en 
1543), employé d'abord comme manœuvre pour porter le mortier à préparer les 
fresques du Vatican^ et chez qui le génie se développa au contact de ces grands 
peintres, acquit surtout de la célébrité pour ses décorations en clair-obscur. — 
Jean d'Udine fut associé aux travaux de Raphaël comme peintre de nature morle, 
de fleurs; il fut un des premiers à exécuter, d'après les anciens, des ornements en 
stuc d'une rare élégance. — Le Garofalo (Benv. Tisio, •}• 1559). Son surnom lui 
venait de la fleur qu'il plaçait toujours.dans ses tableaux. Il fut un des imitateurs 
de Raphaël. — Raphaël mort et Rome saccagée, il fallut bien des années pour quo 
les beaux-arts se relevassent de ces deux grandes catastrophes. La décadence de la 
peinture date de Grégoire XIII [1572) et se prononce davantage sous Sixte -Quint et 
Clément YI II (1593-1605), qui font exécuter rapidement beaucoup d'ouvrages mé-' 
diocres. La peinture à fresque, surtout, tomba dans le style de convention et ne fut 
plus qu'une industrie manuelle. C'est alors que les maniéristes se mettent à en- 
combrer les églises, les cloîtres et les palais de Rome. — Le chevalier d^Ârpino (Giu- 
seppe Cesari, dit le Josépin ( 1560-1040 ) fut, par son talent facile, son coloris 
agréable et l'aspect dramatique de ses compositions, le représentant le plus complet 
de cette époque prétentieuse ; il fut aux beaux-arts ce que Marini fut aux lettres. La 
peinture, aussi bien que la littérature, eut ses Seicentisti (écrivains maniérés du 
xvn" siècle). A la suite du Josépin, nous réunirons quelques artistes que l'on classe 
dans l'école roiiiame. — Baroccio (1528-1612), peintre de talent, mais manquant 
de naturel; éclectique par instinct, imitateur du Corrége, il ne se laisse pas envahir 
par le goût régnant. — Andréa Sacchi (1598-1661), sorti de l'école d'Albano, fut 
dessinateur habile et un des meilleurs coloristes de l'école romaine ; il* a un style 
grave et élevé. Son tableau de S^ Romuald (Vatican) est mis nu nombre des plus 
beaux tableaux que possèdî Rome. — Carlo Maratta (Carlo Maratte, 1625-1713) 
continua, à Rome, l'école de Sacchi ; il a joui, de son vivant, d'une grande réputa-» 
tion^ que la postérité n'a pas confirmée. Sa peinture est soignée, visç à la correction 
ci à la grâce, mab manque entièrement d'inspiration. Il a restauré les to(|et4<&%».-^ 
phaël. — « Voici le mal qu'ont fait à l'art des anisVes>Vc\s ï\v\ci BarocoU), Oî Kfç^nftx 



i08 . ROME. — HISTOIRE DE. l'art. 

J^ndrea Sâcehiy CarloMaratta, tous grands peintres, coùaparés à Heurs contempo- 
rains : leurs œuvres ont trop de réputation et de mérite pour qu'on passe devant 
elles sans s'y arrêter ; mais ce mérite est si mélangé de défauts, ces défauts sont ra-* 
chetés par des qualités si réelles, que l'impression qu'on en reçoit est un affaiblisse^ 
ment du sentiment du bon et du mauvais. 9 

Au commencement du xv!!"* siècle, l'Italie eut, parmi ies peintres, sa querelle du 
CLASSIQUE et du ROMANTIQUE. Vîs-à-vis de Vidéalisme ou plutôt du maniérisme du 
Josépin, se leva en opposition le naturalisme du Garavage, qui entraîna bientôt une 
partie de l'école. La division entre les deux partis fut envenimée. Les artistes, dans 
leurs rivalités, se livraient, à cette époque, à toutes sortes de violences [K. Kaples : 
Histoire de l'art] et ne reculaient pas devant le crime. — Michelangiolo di Caravag- 
gio (Âmerighi, dit le Caravâf^é, 1569-1609], dédaigneux de l'antique, ne reconnut 
pour beau que le vrai ; il prit pour guide la nature seulement et la copia sans choix et 
^ans goût. C'est le grand peintre réaliste (comme on dit aujourd'hui] de l'école ita- 
lienne. Son clair-obscur, procédant par ombres fortes et larges, opposées à de vives 
lumières, donne un relief extraordinaire à sa peinture. — Insociable, querelleur, obligé 
de quitter Rome à la suite d'un homicide, il se retira à Naples et exerça une influence 
marquée sur l'école napolitaine. Il provoqua en duel le Joséphin, qui, se retran- 
chant ^derrière son titre de chevalier, ne voulut pas se battre avec un homme qui 
avait été son domestique. Le Garavage partit pour Malte, et, poursuivant son idée 
de se battre avec le Jos'pin, parvint à s'y faire anoblir. Au moment de quitter 
Malte, il se prit de querelle avec un chevalier, le blessa grièvement, fut jeté en pri- 
son, s'échappa et revint en Italie; à peine arrivé, il a de nouveau une querelle 
dans un cabaret, où le sang coule et où il est lui-même blessé. Il s'embarque, est 
dévalisé, et, plus que jamais déterminé à se battre avec celui qu'il accuse d'être la 
- cause de ses malheurs, il se met on route à pied, par une excessive chaleur, et 
meurt de la fièvre à Porto Ercole, sur les côtes de la Toscane. — Pietro da Cor- 
tona (Berettini, 1596-1660], dont nous avons déjà parlé (t. I'"', p. 441], jouit de 
son vivant d'une immense réputation et acquit une grande fortune. Sa facilité élé- 
gante dégénéra en négligence che^ses élèves ; de même que l'énergique dessin de Mi- 
chel-Ange était devenu une exagération grossière chez ses imitateurs. — Un homme 
dont l'influence sur les arts était absolue, le Bernin (F. t. II. p. 102], contribuait 
alors à faire dominer le mauvais goût. 

Le Paysage — seul, le dernier venu dans l'art de la peinture, au milieu de cette 
décadence, atteignit, au contraire, son plus liaut degré de perfection en Italie avec 
notre Claude Gelée (dit le lorrain, 1600-1682], le Guaspre (Dughet, 1613-1675) 
ei' Salvator Rosa (de l'école napolitaine). — Vers le même temps un Français, 
l'honneur de notre école. Poussin, vivant à Rome, restait fidèle aux grandes tradi- 
tions et protestait, par la gravité antique de son style, contre le dévergondage de 
l'art contemporain. Il est en même temps le véritable créateur du paysage uisto- 

RIQUE. 

Le dernier nom célèbre à citer de l'école romaine est, sans parler de Patnpeo 

^a//oni (1708-1787), celui ^c liaphaèl Mengs (1718-1779), surnommé le Raphaël 

Je l'Allemagne, qui fut lié-avec Winckclmann, et s'est fait autant de réputation par 

sGf écrits sur la peinture que par ses ouvrages. Le plus remarquable est son Parnasse 

^/c' /a r/J/a A/Jbaui. 



États de TËglise. cuhâî de roms. 100 

C'estquand l'école romaine était en pleine décadence, que les souverains étran- 
gers fondèrent à Rome des académies, où les jeunes artistes nationaux sont admis à 
la suite de concours. Louis XIY fonda l'académie de France en 1666. 

MosaIque. ^— L'art de la mosaïque a produit à Rome des chefs-d'œuvre qui dé- 
corent la basilique de Saint-Pierre, et il continue à y être cultivé dans une manu- 
facture entretenue aux frais du gouvernement, et que l'on peut visiter. Des émaux 
de diverses teintes, au nombre de plus de 10000, composent la palette des mo- 
saïstes. 



Climat de Rome. 

Il est regrettable que les écrivains antiques ne nous aient pas transmis des obser- 
vations assez étendues sur l'état sanitaire de Rome au temps des Césars, et de la 
campagne qui l'entoure, pour qu'on puisse le comparer à celui de la Rome des 
papes. Il serait curieux, en présence de la persistance plus que probable du climat 
général, d'étudier et de faire ressortir les influences produites par le changement des 
institutions et des habitudes. 

Les petites vallées au pied des collines où s'établit Rome étaient marécageuses et 
exposées aux débordements du Tibre. Aussi Gœthe a-t-il quelque raison de dire 
qu'aucun peuple de l'antiquité n'avait plus mal choisi son séjour que les Romains, 
a Je m'unis de cœur, ajoute-t-il, aux cris de désespoir des femmes d'Âlbe, lors- 
qu'elles virent détruire leur ville, et qui leur fallut abandonner ce bel emplace- 
ment, si bien choisi par son fondateur, pour venir vivre au milieu des brouillards 
du Tibre, et habiter le triste mont Gselius, avec la douleur de ne pouvoir plus que 
jeter de là un œil de regret sur le paradis dont on les avait exilées. » Ces marais, ces 
collines couvertes de bois et de broussailles, n'avaient été dans le principe qu'un 
asile de bannis ou de bandits ; synonyme conservé dans la langue italienne. Mais 
l'asile des bannis devint une ville sacrée, et les Romains combattirent, à force de gé- 
nie et de persévérance, les conditions défavorables de son emplacement. Des égouts 
{cloaca Maxitna, V. Rome] furent construits; des aqueducs s'élevèrent, et, réu- 
nissant des sources lointaines, en transportèrent les fleuves suspendus jusqu'au milieu 
de Rome, c Cette ville élernelle, dit Frontin, qui, sous Nerva, avait l'administration 
des aqueducs, cette ville éternelle, dont rien n'approche, à qui rien ne peut être com- 
paré [cui par niful et nifUl secundum), sentira mieux par la suite tout ce que Nerva 
a fait pour lui procurer la salubrité, en augmentant le nombre des châteaux d'eau, 
des lacs (réservoirs), des eaux destinées aux ouvrages publics, aux spectacles, comme 
aussi aux particuliers... Déjà on jouit d'une plus grande propreté, d'un air plus 
pur ; et les causes de l'intempérie, qui faisaient regarder l'air comme infUme, sont 
détruites. » Ces aqueducs versaient dans la Rome impériale 1 500 000 met. cubes 
par 24 h. Les aqueducs modernes y versent encore 180 000 met. cubes. — La dis- 
tribution des eaux dans Paris ne s'élevait, dans ces dernières années, qu'à 148 000 
met. cubes !1! 

Pour lutter contre les effets de la chaleur humide croate i \^<!2KSi^A'^^^^^!^=^3^^^ 
firent un grand usage des bains. Gela devint unVjesQMv^T^iVic.. <i'$»v\fe\«ûsv \i«^^^ 
q»e chaud, H eût agi dam h sens <la cliinRt el \>Toàn\\. \%R«M>sftfcVK«»\.«^^>î»*^^ 



MQ 



ROUTE i42. — ROME. — RENSEIGNEMENTS. 



pa^ticllli^rs à louer sont indiqués par 
ucs écriteaux soit en italien, soit en fran-> 
çais. (Il faut beaucoup marchander.) Pour 
^ chambres garnies, avec un lit, dans les 
meilleurs quartiers de la ville, on paye en 
été 8 à 12 écus (scudi) par mois, et en 
hiver 20 à 30. [Dans ces derniers temps 
les prix ont beaucoup augmenté.) — Un 
petit appartement de trois chambres à 
coucher, d'un salon et d'une cuisine, 
coûte, en moyenne, de 30 à 50 écus par 
mois. Les {personnes qi\i louent sur le Corso 
devront faire une stipulation particulière 
si elles veulent se réserver pour l'époque 
du carnaval l'usage exclusif des fenêtres 
de leur appartement. — Les meilleures 
situations sont : la place d'Espagne, la rue 
del Babbuino, le Corso, les rues Felice, 
Sistina et surtout Grcgoriana; cies trois 
dernières sont à la mode, et les loyers y 
sont chers. Il y a aussi quelques apparte- 
ments a louer à Ripetta, derrière Monte 
Citorio. Dans les rues retirées près du 
Quirinal et de Sainte-Marie-Majeure, de 
la place Trajane, les appartements sont un 
peu moins chers, mais ils sont rares. — 
La meilleure eau est celle de la fontaine 
Trévi. — Le service se paye d'ordinaire 1 
â 3 écus par mois pour une personne. — 
Une domestique se paye de 4 à 6 scudi 
par mois et nourrie. Lel*' du mois d'août, 
chacun des individus employés au service 
d'une maison privée, d'un restaurant, 
d'un café, etc., s'attend à recevoir un 
présent (de 3 p.), qu'on appelle felice 
Ago8to;ei au nouvel an de même (be- 
fana). 

Pour renseignements sur les apparte- 
ments à louer, s'adresser a IIIouse 
Agenct de m. Shea, place d'Es^gne, n** 11 
(bureau d'expéditions, commissions]. On 
y trouve la Ibte de tous les appartements 

aui sont à louer. — L'agence se charge 
e fournir les meubles, d!e faille les états 
de Heu, elc. — M. Shea parle bien fran- 
çais. 

Restaurateurs [trattorie]. — Jusque 
dans ces dernières années, Rome est res- 
t«'e très-arriérée sous ce rapport. — SpUl- 
numn (îrèrcs ctfils aîné), rue de' Condotti; 

— café Nazzari, place d'Espagne (les prix 
de ces deux restaurants sont plus élevés). 

— Pompéi, via del Corso, en foce de San 
Carlo. — VEurapa, via Mario dci Fiori. 

— Antoine Bedeau , via Sanla Crocc, 81; 

— Cû/jTe nuavo, dans le palais Ruspoli. — 
^fM/ara/ûT^ de/ie Bei/e Arti, derrière le 

ptf'ais F/'ano; — /a Bella VeneztOy nie 



délia Croce. — Le restaurant principale- 
ment fréquenté par les artistes est la /ra^- 
toria de) ï^epre (sic), ou simplement 
f^eprij via Condotti» n» 85 (bon marché) . — 
Falcone (organisation tout à fait romaine), 
dans le voisinage du Panthéon; cette 
maison est, après Lepri, la plus fréquen- 
tée des artistes. — Fratelli Corelti, via 
délie Convertite. — Ristoratore délie 
Belle Arti. — Beaucoup de familles lo- 
gées en garni font venir leur repas des 
trattorie. 

Cuisiniers français, envoyant des dî- 
ners en ville : Morin, via Gregoriana, 56; 
Sauvan, via San Sebastiano; 16 ; — Celles, 
même rue, 9 ; — Dufour, via délia Mer- 
cede. 

C'est la campagne de Rome et les envi- 
rons qui fournissent les vins qu'on boit 
communément; il est difficile ae les a voir 
purs. Velletri, Marino, Monte Porzio, 
Frascati, Gensano et Cività Lavigna, pro- 
duisent les meilleurs vins. Le vin ordi- 
naire coûte 6 baj., quelquefois même 
2 baj., la foglietta;i et 5 pauls le fiasco. 

— Le vin d'Orvieto, si recherché par le 
peuple de Rome, est une boisson qu'on se 
procure très- difficilement naturelle à 
Rome. 

Cafés. — Caffe Nuovo, palais Ruspoli, 
au Corso, vaste établbsement; — Isaz- 
zari, place d'Espagne; — café Pompéi, 
rue du Corso, 119, en face de San Carlo; 

— del Greco (café Grec), dans la via Con- 
dotti, à côté de Lepri, rendez-vous des 
artistes; — délia Costanza, rue Con- 
dotti; — Baanoli, rue du Corso (dé- 
jeuner de café, pain et œufs, 1 p. 1/2] ; 

— délia Concordia, rue Condotti; — 
Veneziano, place Sciarra ;^de la Fon- 
taine de Trevi, — Les cafés doivent être 
fermés le dimanche à 3 h. après midi, 
et dans le Carême pendant les sermons. 

Pâtissiers. — Spillmann, rue Con- 
dotti ; Nazzari, place d'Espagne. — Glaces : 
chez Spillmann; Nazzari; au café Pompéi. 

Domestiques de place. — 10 pnuls par 
jour, en temps ordinaire. 

Baiks. — Via -del Babuino, n*> 96. — 
Palais Bemini, rue Bclziana ; — Ccsari, 
et dans plusieurs hôtels; — à côté du 
palais Borghcse, port de Ripetta. 

Passe-ports. — On le prenait à la 
porte deRome, et on remettait en échange 
au voyageur un bulletin qu'il devait re- 
présenter dans les 48 h., à l'ainbassado 
ou au ooiisu\al, cltkuVMinAvv dftUi^Uce, 
pince Ai Monte C«\U)t\o, 



Voilure à deux chevavx. 



Une course on ville. . SObaîoqucs. TiO b.aj. 

Une heure 40 — SO — 

Chaque h., suivante. .50 — 40 — 

Pour aller à la station. 40 — 50 — 



États de FÉglise. route 142. — rome. — remseignehents. 

Depuis 1S63 les passe-ports munis des 
visas des agents aiplomatic^ues pontiii- 
eaux, ne se prennent plus a la porte de 
Rome. Ils sont visés à la frontière et 
restent entre les mains des voyageurs. (Ce 
visa coûte 1 paul. — Au départ de Rome, 
après le visa de l'ambassade de France, 
celui de la police romaine (visto sortir e) 
coûte 10 pauls). — Les cartes de séjour 
(qui coûtaient un scudo et étaient vala- 
bles pour six mois) sont abolies. 

Ambassade de France, palais Colonna 
(place de' Santi Apostoli). On se charge 
dans les hôtels d'obtenir les visas pour le 
départ. 

Poste avxi^ttres. — Palais Madame 
(près de l'église S»-Louis des Français. (PI. 
X, D III.) On y va depuis la place du Pan- 
théon, par la rue des Crescenzi). Les bu- 
reaux sont ouverts tous les jours, de 9 h. 
du matin à 5 h. du soir; le dimanche seu- 
lement jusqu'à 11 h. — L'affranchissement 
pour la France est de 20 baïoques. 

Télégrapiue électrique. -!— Rureau, 
place Colonna. — Une dépêche de 20 
mots coûte 27 pauls pour Paris. 

Banquiers. — Torlonia et C», via de' 

Fomari, 221, près de la place des Saints- 

Apôlres. — Cerasi, via Rabuino. — An- 
glais : Maclean et C'«, Corso, 378 ; Pac- 

kenham et Hooker, place d'Espagne, 20. 
Changeurs. — Sambucetti, rue du 

Corso, 204; Raldini, idem., 198. 
Gare dd cheiiin de fer. — La station 

centrale d'où l'on part pour Frascati, 
-pour Naples, pourCività Vecchia, est sur 

la place de' Termini. (Deux autres gares 

provisoires, à la Porta Porteseet à la Porta 

Maggiore, ne servent plus que pour le 

transport des marchandises à petite vi- 
tesse. Elles doivent être supprimées.) 
Voitures. — Il y a des fiacres sur la 

place d'Espagne; au Monte Citorio;au 

Corso, près de la rue de' Condotti; places 

del Gesù, près du Capitole; Rarberini; 

San Lorenzo in Lucina; San Silvestro; 

Sant' Ipiazio ; de la Minerve ; colonnades 

de la place S*-Pierre, etc. 



117 



TARIF DU 1*^' MARS 1863. 

Voitures à un cheval. 

Du point du De la nuit 

jour i la i" h. .au point 

de la nuit. du jour. 

Une course en ville. . iSbaïoques. 20baj. 

Une heure 30 — 40 

Ckaque b. suivante. . 25 — 30 — 

Poorâ/leràla station, 50 — 40 



Aux fêtes de Noël (24 et 25^ décembre); 
— du dimanche des Rameaux au lundi 
de Pâques inclusivement ; — les 8 jours 
du carnaval ; — les fêtes de S* Pierre et 
S^ Paul ; et tous les dimanches, lundis et 
samedis d'octobre, soit de jour, soit de 
nuit, on paye le double du prix ordinaire. 
Les VOITURES BE REMISE sc payent par 
mois de 70 à 120 scudi sans le pourboire 
au cocher. 

Une voiture four la journée, 25, 50 
pauls ; compris la btiona mano (pour- 
boire) du cocher. — Carlo Emmanueli, 
loueur de voitures, via délia Vite, 51-52. 
Omnibus. — Pour S*-Paul, piazza di 
Yenezia, Obajocchi. 

Les voiturins — (l'ouverture des che- 
mins de fer va rendre ce mode de trans- 
port de plus en plus rare). Jusqu'ici les 
voitures pour toutes les directions sjb trou- 
vaient au Campo Marzo, ail' osteria deW 
Orso; via délia Fontana; albergo degli 
Orfanelli, à Monte Citorio ; alla Campana 
(albergo), via délia Scrofa. 

Médecins. — Docteur Faussig, ancien 
médecin du grand-duc de Toscane (parle 
français), place Rarberini, 72. — Docteur. 
Valeri, élève de l'école de Paris. 

Librairies. — P. Merle, place Colonne, 
librairie française la mieux assortie de 
Rome; — Spithover, piazza diSpagna, 80, 
livres anglais, italiens, allemands; livres 
d'art, estampes, etc.; — Piale, place d'Es- 
pagne, librairie anglaise et française ; ou- 
vrages sur Rome ; — De Romanis, pour 
la littérature classique ; — Gallarini, 19, 
place Monte Cilorio, livres italiens, an- 
glais, et livres anciens ; — De Angelis ; 
— Moschetti, rue délia Croce, 75; — 
Rencini,rue Ripetta, 72. 

CicERONi. — La plupart des ciceroni qui 
dirigent les voyageurs dans leiirs visites 
aux curiosités de Rome n'ont qu'une con- 
naissance routinière et superficielle; mais, 
si l'on veut faire un examen plus fruc- 
tueux, il faut s'adresser à quelaue per- 
sonne instruite et versée d&tt& V*.^çSs»ssr- 

des TCi\sfc\%tkeKieii\& ôev«a\vis»^^^^^ ^^ 



118 ROUTE 142. — ROME. — RENSEIGNEMENTS. 

leur des fouilles du palais des Césars doUi, 70; Gades, au Corso, 45G ; Llle 
(demeurant place di San Pietro, 18], fait rotti, rue Condotti. 
dans la belle saison des courses archéolo- Bijoutier. — Nous nommerons seul e- 
giqucs dans la campagne de Rome, aux- ment, à cause de sa réputation euro- 
quelles peuvent être admis les étrangers, péenne, l'habile Castellani [près de la place 
et qui sont du plus haut intérêt. ~ M. Carlo Trevi, via Poli^, 88), qui a fondé à Paris 
-Visconti [via Bclsiana, 71] est un archéo- (aux Champs-Elysées) un établissement 
logue renommé par ses travaux, et au- bien connu du monde élégant. Ses maga- 
près de qui les personnes instruites vou- sins sont plutôt un musée qu'une bou- 
lant étudier les antiquités de Rome et des tique de bijouterie. Depuis la première 
environs pourront trouver une utile di- marche jusqu'au 2* étage les murs sont 
rection. — S'adresser aussi à la librairie couverts de fragments antiques et de eu- 
Piale. riosités. 

Cabinets de lecture. — Piale, libraire. Marchands de camkes et de mosaïques. — 

place d'Espagne, n" 1 ; principaux jour- Les dépôts de mosaïques et de camées sur 

naux italiens et étrangers (1 scudo par pierre dure et sur coquilles se trouvent 

mois; séance, 1/2 p.). On y voit la liste des principalement place d'Espagne ; via del 

cérémonies religieuses de la semaine, Babbuino(Rinaldi, Yitali]; via délia Croce; 

et des curiosités à visiter. — Spithover, via Condotti. — Camées sur pierre dure : 

libraire, place d'Espagne, 79-80 (pour Neri, place d'Espagne, 10; Saulini, via 

uneséance, 10 baj.; une semaine, 50baj.; Babbuino, 96; Civiîotti, place d'Espagne, 

deux semaines, 90 baj.; un mois, 1 scudo 95; Girometti, via del Quirinale, 49; 

50 baj.; trois mois, 4 se. 10 baj.). — Bu- Vergé, place d'Espagne, 66. — Camées 

reau de l'Osservatorc Romano, place de' sur coquilles, principalement: Saulini, 

Crociferi, 48. via dolla Croce, 8; Odelli, via Rasella, 

Marchands de gravores. — La chalco- 145 ; Diez, via Condotti, 84 ; Petcrsen, 

graphie du gouvernement est rue délia via Sant' Isidorio. — Mosaïque de Borne : 

Stamperia, 6, prés de la fontaine de Barberi, via Rasella, 48 (est le plus re- 

Trevi. On y trouve les estampes d'après nommé); Luigi Moglia, professeur de mo- 

la chapelle Sixtme, les salles du Yati- saïque. rue del Babbuino, 133; Giov. 

can, etc. — Fabri, Capo le Case, 3; — Barberi, place d'Espagne, 99 ; Poggioli, 

Cuccioni, via Condotti, 18 et 19 (photo- rue Babbuino, 65 ; Rinaldi, id., l'25 ; 

graphies]; — Frezza, via Condotti, 42; Gabrini, rue del Corso, 56; Verdejo, rue 

— Schulz, piazza Monte d'Oro, près du fo- Condotti, 34, etc. — Marchands de mo- 

rum de trajan (gravures d'après Over- satques: Caprani, rue Consulta, 56; Diez, 

beck), etc. l'ue Condotti, 84; Francescangeli, rue 

Photographies. — De Bonis, via Felice, Babbuino, etc. 

123 ; — Flachéron, marchand de cou- ^ Théâtres. — Teatro di A polio, via di 

leurs, place d'Espagne, 44 ; — Spitho- Tordmona, près du pont bainl-Ange 

ver, place d'Espagne; — Macpherson. (operas et comédies). — T. Valle (opéras 

vicolo d'Alibert, 14; — Dovizielli, via et comédies). — T. Argentina, rue délia 

del Babbuino, 135; — D'AUessandri, Rotonda. — T. Metastasio (comédies), 

même rue, 65; — Mang, place d'Es- près de Ripetta. — T. Capramca, près de 

pagne, 9. — Les grandes vues photogra- ** P**ce Colonna. — Le prix d'entrée aux 

phiques de Rome, prises par Cuccioni et grands théâtres est de 3 à 4 p. — Fan- 

par Anderson, sont très-estimées ; — Ca- loccim, place délia Valle. — Aliberti (ap^ 

neva, 100, via Sislina (fournit les pen- partenant au banquier Torlonia, a ete 

sionnairesde l'Académie); magasin via brûlé au commencement de l'année 1865]. 

Babbuino 68. — ^ ^^ ^i" de la place San Lorenzo et 

Marchands de bronzes antiques, va-t de la rue del Corso, était jadis le célèbre 
SES, etc. — Capranesi, au Corso, 137; théâtre Fiano ou de' Buraltini, l'amour 
Bttssegio, via del Babbuino, 42 ; Bonichi, des Romains ; c'est là que Cassandrino dé- 
place d'Espagne, 95; Depoletti, via délia ^'^'^ tous les soirs ses lazzi spirituels, 
Fontanella Borghèse, 31 ; Malduro, via ^^s sarcasmes piquants en langage trans- 
yjUoria, 54. — Empreintes en soufire, tévérin. » 
^<? médaiUeSf de ftemmes et de camées, "~ 
cAez Odelli, rue HaseWa, i45; Paoletti, Temps; limsioti i>e» «wawa. — ^tv 
""«delJa Croce, 86; Lucebini, via Con- trouve encore à ^omcVwwÂwicfcâwtvvVsL- 



États de l'Église, route 142. — rome. — renseignements. 

lien, comptant les heures du jour jus- 
qu'à 24, et se réglant d'après le coucher 
variable du soleil, qui marque la fm du 
jour. L'Ave Haria, pu l'on sonne la prière 
du soir, indique 24 h. (une demi-neure 
après le coucher du soleil qui, en toute 
saison, a lieu h 23 h. et demie), et an- 
nonce le commencement d'un nouveau 
jour. 



Ii9 



Cérémonies religieuses. — Le dimancJie 
des Rameaux : Chapelle papale à Saint- 
Pierre, à 9 h. — Bénédiction et distri- 
bution des palmes par le pape, a Les céré- 
monies de la SEMAINE SAINTE commcncent 
le mercredi t par les vêpres, dans la cha- 
pelle Sixtine. Le pape assiste à toutes ces 
cérémonies religieuses. C'est vers 5 h. de 
l'après-midi qu'on chante le fameux Mi- 
sère. 

« Il y a trois compositions différentes 
ce psaume chanté trois jours de la se- 
maine sainte. Celui de Grégoire Allegri, 




verset à neuf. Le second Miserere est de 
Thomas Bai ; il fut composé en 1 7 1 4 ; il est 
difTérent dans presque chaque verset : le 
premier à cinq voix, l'autre à quatre, le 
dernier à huit. Quant au troisième Mise- 
rere, il a été composé par Joseph Baini 
en 1821 ; il est à aix voix. L'exécution de 
chacun de ces trois psaumes dépend de 
la volonté des chanteurs, car il n'est pas 
décidé lequel doit être chanté le mercredi, 
le jeudi et le vendredi saint. » • 

Le jeudi saint, le pape assisleà lOh. 
à la messe dans la chapelle Sixtine ; à 
l'offertoire, motet de Palestrina. Après 
la messe, le pape porte processionncJle- 
ment le saint sacrement dans la chapelle 
Pauline, qui est magnifiquement illumi- 
née ; puis, un peu avant midi, il se rend 
mr le balcon de la hasiUque Vaticane et 
donne la bénédiction au peuple ; au mo- 
ment où il la prononce, le canon tonne 
au château Saint-Ange, et le bruit des 
trompettes, des tambours et des cloches 
se fait entendre en même temps. Le pape 
fait ensuite le lavement des pieds a 13 
prêtres de différentes nations; — au 
portique supérieur deS*-Pierre, Cène;\c 
pape leur lave les mains et les sert à 
table. — Entre 4 h. 1/2 et 5 h., le grand 
pénifenc/er, assis dans le transsept g. de 



entouré de sa famille. — Vers 5 h. du 
soir, on chante, 1'" lamentation de Pa- 
lestrina, le Miserere. 

Le vendredi saint y à la Sixtine, à 9 H. 
1/2, Chapelle pnpale; passion; chœur 
d'Avila; sermon latin; 3 h. 1/2, Chapelle 
papale, ténèbres chantées à 3 h. 1/2, le 
llierusalem, à cinq voix d'AUegri, et le 
dernier Miserere. 

Le samedi saint, Sixtine, 9 h., cha- 

8 elle papale; on chante la messe du pape 
[arcel, par Palestrina (elle est encore 
chantée solennellement le 29 juin, jour de 
la fête des apôtres saint Pierre et saint 
Paul) ; vêpres. 

Le dimanche de Pâques, un peu avant 
10 h., le pape, la tiare en tête, précédé 
par le cortège ecclésiastique, fait son en- 
trée solennelle dans la basilique de Saint- 
Pierre, porté sur la sedia gestatoria par 
12 palefreniers vêtus de damas rouge ar- 
morié. Les flabelli ou éventails de plumes 
de paon sont portes par deux camériers 
secrets. A la messe, le pape communie 
(il se sert d'un chalumeau pour l'absor- 
ption du sang divin). — De la loggia du 
milieu de la façade de Saint-Pierre, le 
pape donne la bénédiction au peuple as- 
semblé sur la place, et qui est couverte 
de paysans de la Sabine, d'habitants de 
Home, d'étrangers et de troupes. La for- 
mule de cette bénédiction, prononcée en 
latin, au Heu d'avoir cette Drièveté poé- 
tique qu'on lui attribue généralement — 
uBBi ET ORiu — comprend plus de cent 
mots. — Le soir a lieu l'illumination du 
dôme de Saint-Pierre : 365 hommes sont 
employés pour allumer avec une rapidité 
surprenante les 5191 lampions destinés à 
cette illumination. 

Lorsque dans une église on dit qu'il y 
a chapelle papale, cela signifie que le 
pape et les cardinaux assistent à la messe 
(à l'église de la Minerve, le 25 mars ; à 
Saint-Jean de Latran, à l'Ascension et à 
la fête de saint Jean; le pape donne la 
bénédiction de la grande Loggia ; à Saint- 
Marc in Yallicella, 26 mai ; Santa Ma- 
ria Maagiore, 15 août; San Carlo al 
Corso, 4 novembre). Pendant tout le Ca- 
rême et l'Avent, il y a chapelle papale 
dans le palais apostohqup tous les di- 
manches. — Le jour de VÈpiphanief vers 
4 h. du soir, on promène le bambino dans 
l'éffUsG Ara Gali, «N. wv ^w«v«&.\6.\fej!&Sx^ 



S'-Pierre, accorde la grande absolution l Le mèmfcXowt, ômo&\^*\^^<^'^^^v^ 
âua coupable, qui yient se confesser, \ ççamAe, oii cfeVS^fc ^ft» ^'»^'*' ^^^ 



HA ROUTE 142. — ROME. — MONNAIES.. 

ment: 88 541. — Créances sur des fonds pour dépenses spéciales du Min. des 
finances: Dépenses, 1544525. — Total des recettes, 14 453325; (/^« dépenses, 
15 019 346 scudi. 

Excédant 566021) ^,, . ' -^^ .^, 

i? A A r,' r. ^ >! n A Ann Déficit total: 666 021 scudi. 

Fonds de reserve 100000) 

Depuis les dernières années, il manque des renseignements authentiques sur les 
iinances ponlificales : on estime qu'en 1861 les dépenses ont dû s'élever à 20 mil- 
lions de scudi, et les recettes à 8 millions; en 1862, les dépenses à 10 millions, et 
les recettes à 5 millions. 

Le denier de Saint-Pierre avait produit (d'après l'Osservatore Romano) jusqu'au 
commencement de 1863, 27 millions de francs [environ 5 mill. de scudi). 

Dette publique (au !•' janvier 1858) : 

Emprunts étrangers, à 5 0/0. . . 28 375 000 scudi 

Dette permanente intérieure, à 5 0/0 34 012 240 — 

Dette flottante 4 084 034 — 

Ensemble 66 471 274 scudi 

Des données exactes sur l'état actuel de la dette publique manquent. Le total 
peut en être évalué à 80 millions de scndi au moins. 



Konnales. 

La monnaie romaine a pour unité le scudo (écu] d'argent. Les divisions mo- 
nétaires sont conformes au système décimal. On compte par Écus romains 
[scudi romani), pauls et baioqdes (bajocchi). Les comptes se font ordinairement en 
. pauls. Le paul [paolo] se compose de 10 baîoques = 54 c. de France. 

Les monnaies d'or en cours sont : le doublon [doppia] de Rome = 32 pauls 1 liaïo- 
que (== 17 fr. 27 c ). La nouvelle pièce de 5 écus (= 26 fr. 86 c). — Le scquin 
[zecchino] = 20 pauls 5 baîoques (=11 fr. 80 c.). 

MONNAIES d'argent. 

Le scudo [écu romain ou de Bologne). . . = 

Le 1/2 écu [mezza piaslra] = 

I.e testone = 

Lepapetto (dénomination peu usitée à Rome). = 

Le paolo [paul) = 

Legrosfo = 

72 baîoques; la pièce de 5 fr., au prix de 
93 baîoques; la pièce napolitaine de 120 
grains, [depuis 1818; celles antérieures à 
cette époque ne sowl ip«» TOçvMi%>\, «»i\ii:vL 



pauls.' ba 


îoques. 


francs. 


cpnt. 


10 ou 


100 


ou 5 


35 


5 — 


50 


— 2 


67,5. 


3 


30 


— 1 


01 


2 — 


20 


- 1 


07 


1 — 


10 




54 


1/2 - 


5 




27 



Dans les monnaies de cuivre, on compte 

des pièces de 1 biyoccho (ou 5 quattrini) 

rûJant 5 centimes 55 ; de i/2 baj'oque, de 2 

t^^ ô baîoques. — La pièce de 20 fr. de 

France circule au prix de 5 t'-cus romains 



de 93 baîoques. 



Itincnin- <1< l'IUlie ur A. J. DCPAYS. 



PLAN DE ROME 




RESM^LETAROUILLY. 



I.UKkrtli <4 C' Eililriin. J'u'i* 




Élats de rËglisc. 



ROUTE 142. — RO>IE. — RENSEIGNEMENTS. 



H5 



Hésures. 

Mesure itinéraire. 
Le *»«7^ romain, ou mille pas géométriques (miglio nuovo) . . = 1489"», 00 

Mesure de longueur. 

Le pied de Rome = 0",340 | Le palmo (commerce). . = 0",249 

Le palmo (architecture). ■-= 0",223 La canna [commerce) . . . = 1"»,992 

Mesure de surface, 
Lerubbio (184 ares) = 18 400», 85 

Mesure de capacité 

IsB barile de vin = 58»»,34 

(Le baril de vin est divisé en 32 boccali; le boccale en 4 fbgliette.) 

Poids. 

La libbra (livre) = 139fM56 

(La livre se divise en 12 onces; l'once en 24 deniers ; le denier 
en 24 grains.) 



ROME 



Rome, capitale des Etats de TEglise, est 
située à 41» 53' de lat., IÛp 9' de long. 

PoPDLATioR. — Elle était, en 1862, de 
197078hab.~Alarindel858, del80359 
âmes. En 1851, elle était de 172382 
âmes ; elle était beaucoup plus considé- 
rable dans Tantiquité : on l'a exagérée 
jusqu'à 2 millions. Au xiv« siècle, quand 
les papes siégeaient à Avignon, elle était 
tonibee à 17000. Sous Léon X, elle 
s'était relevée jusqu'à 60000. — Il ré- 




vec[ues 

1288 prêtres, 2185 moines et religieux, 
1788 religieuses, 424 séminaristes, 488 
non catholiques, sans compter 6 à 7000 

{'uifs, habitant un quartier particulier, 
e Ghetto. 

Hôtels. — Ils sont pour la plupart si- 
tués au N. de la ville, dans le quartier es- 
pagnol, entre la porle du Peuple, la place 
d'Espagne, la rue de' Condotti et le Tibre. 
Nous ne citerons que les plus fréquentés 
par les étrangers : 

Des Iles-Britanniques, place du Peuple ; 
— de VEurcpe, place dfepagne (table 
d'hâte â 8 pauIs-; — de ÏAtndres, chez 
S&nU, place d'Espagne (ces trois premiers 



hôtels pour familles distinguées); — Al- 
bergo di Roma (nouveau) , place San Carlo, 
127 ; — de Bùssie, place du Peuple; — 
d'Angleterre, rueBoccadi Leone, 14, place 
Torlonia (table d'hôte, à 7 pauls) (un des 
meilleurs hôtels de Rome); — de la Mi^ 
nerve, place de la Minerve, hôtel fréquenté 
par les Français (table d'hôte à 6 pauls) 
^il a été considéraolement augmenté der- 
nièrement — il comprend 2 beaux appar- 
tements, autrefois ceux du prince de Gonti, 
avec leur ancien ameublement); — d^ Al- 
lemagne, tenu par Franz, rue Condotti ; 
— d'Amérique, rue del Babbuino, 79; — 
Cesari, près de la Douane ; — Spillmann^ 
rue délia Croce. 

Dans tous les hôtels, les prix sont moins 
élevés en été qu'en hiver, et surtout pen- 
diintles fôtes du carnaval. On paye, prix 
moyen, pour une chambre à un lit, de 4 
à 6 pauls par jour, et pour un appartement 

f>our 3 ou 4 personnes, de 20 à 40 pauls; 
e chauffage et l'éclairage sont chers. 

Logements. — Il y a deux sortes d'ap- 
partements meublés : ceux où l'on est 
seul, et cevvx. o^ \e& «^aATWà. ^\ to»a. 

sous-\o\ieTiV. \wxVtç^\ <îç^ V. ^^^-^^ 
ordinwte. Vos «^tVss«v«vV* ^^^^^ 



MQ 



ROUTE 142. — ROME, — RENSEfGNEMENTS. 



particulibrs à louer sont indiqués par 
des écriteaux soit en italien, soit en fran- 
çais. (Il faut beaucoup marchander.) Pour 
'2 chambres garnies, avec un lit, dans les 
meilleurs quartiers de la ville, on paye en 
été 8 à 1*2 écus (scudi) par mois, et en 
hiver 20 à 30. [Dans ces derniers temps 
les prix ont beaucoup augmenté.) — Un 
petit appartement de trois chambres à 
coucher, d'un salon et d'une cuisine, 
coûte, en moyenne, de 50 à 50 écus par 
mois. Les personnes qi^i louent sur le Corso 
devront faire une stipulation particulière 
si elles veulent se réserver pour l'époque 
du carnaval l'usage exclusif des fenêtres 
de leur appartement. — Les meilleures 
situations sont : la place d'Espagne, la rue 
del Babbuino, le Corso, les rues Felice, 
Sistina et surtout Grcgoriana; cies trois 
dernières sont à la mode, et les loyers y 
sont chers. Il y^ a aussi quelques apparte- 
ments à louer à Ripetta, derrière Monte 
Citorio. Dans les rues retirées près du 
Quirinal et de Sainte-Marie-Majeure, de 
la place Trajane, les appartements sont un 

EBu moins chers, mais ils sont rares. — 
a meilleure eau est celle de la fontaine 
Trévi. — Le service se paye d'ordinaire 1 
à 3 écus par mois pour une personne. — 
Une domestique se paye de 4 à 6 scudi 
par mois et nourrie. Lel*' du mois d'août, 
chacun des individus employés au service 
d'une maison privée, d'un restaurant, 
d'mi café, etc., s'attend à recevoir un 
présent {de 3 p.), qu'on appelle felice 
Agosto;ei au nouvel an de même (be- 
fana). 

Pour renseignements sur les apparte- 
ments à louer, s'adresser à I'House 
Agenct de M. Sbea, place d'Espagne, n<* 11 
(bureau d'expéditions, commissions). On 
y trouve la liste de tous les appartements 

aui sont à louer. — L'agence se charge 
e fournir les meubdes, de fai^e \es états 
de lieu f etc. — M. Shea parle bien fran- 
çais. 

Restaurateurs [tratt&rie). — Jusque 
dans ces dernières années, Rome est res- 
ti'e très-arriérée sous ce rapport. — Spill- 
ffumn (frères et fils aîné), rue de' Conootti; 

— caféNazzari, place d'Espagne (les prix 
de ces deux restaurants sont plus élevés) . 

— Pompéi, via del Corso, en fece de San 
Carlo. — VEuropa, via Mario dei Fiori. 

— Antoine Bedeau ^ via Sanla Croce. 81; 

— Ca/jfe nuovOy dans le palais Ruspoli.— 
^M/ûra/ûT^Oei/eBel/e Arti, derrière le 

P»his rhno; — /a fié'lla Fenezia, rue | 



délia Croce. — Le restaurant principale- 
ment fréquenté par les artistes est la /ra/- 
toria del î^epre (sic), ou simplement 
fjeprij via Condotti, n*» 85 (bon marché) . — 
Falcone (organisation tout à fait romaine), 
dans le voisinage du Panthéon; cette 
maison est, après Lepri, la plus fréquen- 
tée des artistes. — Fratelli Corelliy via 
délie Convertite. — Ristoratore délie 
Belle Arti. — Beaucoup de familles lo- 
gées en garni font venir leur repas des 
trattorie. 

Cuimiiert français, envoyant des dî- 
ners en ville : Morin, via Gregoriana, 56; 
Sauvan, via San Sebastiano; 16 ; — Celles, 
même rue, 9 ; — Du four, via délia Mer- 
cede. 

C'est la campagne de Rome et les envi- 
rons qui fournissent les vins au'on boit 
communément; il estdifilicile oe les a voir 

Çurs. Velletri, Marino, Monte Porzio, 
rascati, Gensano et Cività Lavigna, pro- 
duisent les meilleurs vins. Le vin ordi- 
naire coûte 6 baj., quelquefois même 
2 baj., la foglietta;\ et5 pauls le fiasco, 

— Le vin d'Orvieto, si recherché par le 
peuple de Rome, est une boisson qu'on se 

grocure très- difficilement naturelle k 
lOme. 

Cafés. — Caffe Nuovo, palais Ruspoli, 
au Corso, vaste établissement; — JSaz- 
zari, place d'Espagne ; — café Pompéi, 
rue du Corso, 119, en face de San Carlo; 

— del Greco (café Grec), dans la via Con- 
dotti, à côté de Lepri, rendez-vous des 
artistes; — délia Costanza, rue Con- 
dotti; — Bagnoli, rue du Corso (dé- 
jeuner de café, pain et œufs, 1 p. 1/2) ; 

— délia Concordia, rue Condotti; — 
Veneziano, place Sciarra ; — de la Fon- 
taine de Trevi. — Les cafés doivent être 
fermés le dimanche à 3 h. après midi, 
et dans le Carême pendant les sermons. 

Pâtissiers. — Spillmann, rue Con- 
dotti ; Nazzari, place a Espagne. — Glaces : 
chez Spillmann; I^azzari; au café Pompéi. 

Domestiques de place. — 10 pauls par 
jour, en temps ordinaire. 

Bains. — Via -del Babuino, n" 90. — 
Palais Bernini, rue Belziana ; — Ccsari, 
et dans plusieurs hôtels; — à côté du 
palais Borghèse, port de Ripetta. 

Passe-ports. — On le prenait à la 
porte de Rome, et on remettait en échange 
au voyageur un bulletin qu'il devait re- 
présenter dans les 48 h., à l'ambassade 
ou au consulat, ctavLVM\ve»v\ dftla\kQUce, 
place di Monte CAVotVo. 



États de TÉglise. route 142. — rome. — renseignements. 

Depuis iS63 les passe-ports munis des 
visas des agents diplomatic^ues pontiii- 
caux, ne se prennent plus a la porte de 
Rome. Ils sont visés à la frontière et 
restent entre les mains des voyageurs. (Ce 
visa coûte 1 paul. — Au départ de Rome, 
après le visa de l'ambassade de France, 
celui de la police romaine (visto sortire) 
coûte 10 pauls). — Les cartes de séjour 
(qui coûtaient un sctuio et étaient vala- 
bles pour six mois) sont abolies. 

Ambassade de France, palais Colonna 
(place de' Santi Apostoli). On se charge 



117 



Voilure à deux chevaux. 

Une course en ville. . 20baïoques. 

Une heure 40 — 

Chaque h., suivante. . SO — 
Pour aller à la station. 40 — 



SOUaj. 
50 — 
40 — 
50 — 



Aux fêtes de Noël (24 et 25^ décembre); 
— du dimanche des Rameaux au lundi 
de Pâques inclusivement ; — les 8 jours 
du carnaval ; — les fêtes de S* Pierre et 
S* Paul ; et tous les dimanches, lundis et 



yj,.^ ~ r ;• o- 1 samedis d'octobre, soit de jour, ^.- — 

dans les hôtels d'obtenir les visas pour le | nuit, on paye le double du prix ordinaire. 

Les VOITURES BE BEMisE se payent par 
mois de 70 à 120 scudi sans le pourboire 
au cocher. 

Une voiture pour la journée, 25, 50 
pauls ; compris la buana mano (pour- 
boire) du cocher. — Carlo Emmanueli, 
loueur de voitures, via délia Vite, 51-52. 
Omnibus. — Pour S*-Paul, piazza di 
Venezia, 6 bajocchi. 

Les voiturïns — (l'ouverture des che- 
mins de fer va rendre ce mode de trans- 
port de plus en plus rare). Jusqu'ici les 
voitures pour toutes les directions se trou- 
vaient au Campo Marzo, ail' osteria delV 
Orso; via délia Fontana; alberpo degli 
Orfanelli, à Monte Cilorio ; alla Campana 
(albergo), via délia Scrofa. 

Médecins. — Docteur Faussig, ancien 
médecin du grand-duc de Toscane (parle 
français), place Barberini, 72. — Docteui; 
Valeri, élève de l'école de Paris. 

Librairies. — P. Merle, place Colonne, 
librairie française la mieux assortie de 
Rome; — Spithover, piazza diSpagna, 80, 
livres anglais, italiens, allemands; livres 
d'art, estampes, etc.; — Piale, place d'Es- 
pagne, librairie anglaise et française ; ou- 
vrages sur Rome ; — De Romanis, pour 
la littérature classique ; — Gallarini, 19, 
place Monte Citorio, livres italiens, an- 
glais, et livres anciens ; — De Angelis ; 
— Moschetti, rue délia Croce, 15; — 
Bencini,rue Ripetta, 72. 

CicERONi. — La plupart des ciceroni qui 
dirigent les voyageurs dans leurs visites 
aux curiosités cie Rome n'ont qu'une con- 
naissance routinière et superficielle; mais, 
si l'on veut faire un examen plus fruc- 
tueux, il faut s'adresser à queloue per- 
Fonne instruite et versée dans l accbéft- 
\02\e TOTOWÏVt.^\X^>\V. ^««Vwô.t'^ 

des TC\i«fc\%Ti«svco\& ^CL Vs.twssc^^ «s. 



départ. 

Poste aux lettres. — Palais Madame 
(près de l'église S*-Louis des Français. (PI. 
X, D lïl.) On y va depuis la place du Pan- 
théon, par la rue des Crescenzi). Les bu- 
reaux sont ouverts tous les jours, de 9 h. 
du matin à 5 h. du soir; le dimanche seu- 
lement jusqu'à 11 h. — L'affranchissement 
pour la France est de 20 baïoques. 

Télégraphie électrique. — Rureau, 
place Colonna. — Une dépêche de 20 
mots coûte 27 pauls pour Paris. 

Banquiers. — Torlonia et C"'*, via de' 
Fomari, 221, près de la place des Saints- 
Apôtres. — Gerasi, via Babuino. — An- 
glais : Maclean et C'«, Corso, 578 ; Pac- 
kenbam et Hooker, place d'Espagne, 20. 

Changeurs. — Sambucetti, rue du 
Corso, 204; Baldini, idem., 198. 

Gare du chbiiin de fer. — La station 
centrale d'où Ton part pour Frascati, 
-pour Naples, pour Cività Vecchia, est sur 
la place de' Termini. (Deux autres gares 
provisoires, à la Porta Porteseet à la Porta 
Maggiore, ne servent plus que pour le 
transport des marchandises a petite vi- 
tesse. Elles doivent être supprimées.) 

Voitures. — H y a des fiacres sur la 
place d'Espagne; au Monte Citorio; au 
Corso, près delà rue de' Condotti; places 
del Gesù, près du Capitole; Barberini; 
San Lorenzo in Lucina; San Silvestro; 
Sant' lenazio; delà Minerve; colonnades 
de la place S*-Pierre, etc. 

tarif du 1" MARS 1863. 

Yoilureë à un cheval. 

Du point du De la nuit 



jour i la 1" h. 
de la nuit. 



, au point 
du jour. 



Une course en ville. 

Une heare. 

Ckâqae b. suivante. 



15 baïoques. 20 bai. 

30 — 40 — 

25 — 30 — 



PmrêlkràUisUtioolzO — 40 — 



118 



ROUTE 143. 



tfur des fouilles du palais des Césors 
(demeurant place di San Pietro, IS], fait 
ilans la belle saison d^ eourses archéolo- 
giques dans la campagne de RnretG, aux- 
quelles peuvent être admis les étrangers, 
etquisonl duplushaul intérêt, — H. Carlo 
Visconli (via Belsiina, 71) est un arcbéo- 
lo^e reoummé par ses travaux, et ao- 

Erés do qui les personnes instruites vou- 
int étudier les antiquilés de Rome et des 
environs pourront trouver une utile di- 
reelion. — S'adrerser aussi ii la librairie 
PUle. 

CiBiiiËTS DE LECTUPE. — Piale, libraire, 
place d'Espagne, n" 1 ; principaux jour- 
naux italiens et étrangers (1 scudo par 
mois; séance, 1/3 p.). Ou y voUlalistedes 
eérémùniêi religieuaet de la semaine, 
et des curiosilés à visiter. — Spilhover, 
libraire, place d'Espagne, 70-80 (pour 
une séance. 10 l>aj.; une semaine, SObaj.; 
deui semaines, 90 baj.; un mois, 1 scudo 
Mbaj.; trois mois, i se. lObaj.). — Bu- 
reau de l'Osservalorc Romano, place de' 
Crociferi, 4S. 

Hiaciiii<iDs DE cnivDEEs. — La ehaleo- 
gropltie du gouvenienienl est rue délia 
Stamperia, 6, près de la fontaine de 
Treïi. On ï trouve les eslanipe« d'apris 
la chapelle Siiline, les salles du Vati- 
can, elc. — Fabri, Capo le Case, S; — 
Gutcioni, via Condotli, 18 et 19 (pbolo- 
graphies); — Frezu, via Condotti, 42; 
— Schulz, piazïa Monte d'Oro, près du Tu- 
rura de Trajan ( gravures d'après Over- 
bei4),etc, 

PhotogbjIPHIïs, — De Bonis, via Felice, 
133; — Flachéran, marchand de cou- 
leurs, place d'Espagne, H; — SpilbO' 
ver, place d'Espagne; — Hacpberson. 
vicolo d'Aliberl. 14; — Doviiielli, via 
del Babbuino, 13S; — U'Allessandri, 
même rue, OS; — Huig, place d'E^ 
pagne, 0. — Les grandes vues photogra- 
phiques de Rome, prises par Qiccioni et 
par Anderson, sont très-estimées ; — Ca- 
neva, 100, via Sislina ^fournit les pco- 
MonnaircE de l'Académie) ; manasin via 
Babbuino, 68. 

MjUICHUDS de ERONUS l^TIDITES, VA< 

SES, elc. — Capranesi, au Corso. 13'!; 

Baiffiegio. via del Babbuino, 49 ; Bonichi, 

place d'Espagne, 05 ; Depolelti. via délia 

Fonlanella Borgbèse, 31 ; Malduro, via 

KUoria. 54. — Eu^eintei en toufte, 

de oiAiMii/ee, de )Kimnei et de ctmées, 

/Tl,?*^'* '■"^ fl»*Wi, i45; PaoteUi, 

«■*//» Oooe, 86; Lttccbiai, via Con- 



dotli, 70; Gades, au Corso, 450; LUe 
rotti, rue Condotli. 
Riioutieb. — Nous nommerons seule- 



péenne, l'habile Cafletlani (près de la pi: 
" ', via Poli. 88), qui a fondé à Pu 
Champs-Elysées) un établissement 



Trevi, ^ 



"Ch 



du monde élégant. Ses n „ 
ains sont plulAt un musée qu'une boa- 
tique de iHJouterie. Depuis la [H'eniitrc 
ma Mhe jusqu'au 2" élage les murs sont 
couverts de fragments antiques et de cu- 
riosUés. 

HARClliimiS DE CmieES ErDEHOSlIoDES. — 

I«s dépâls de mosaïques et de camées sur 
_■ j — .. _||j. (quilles se trouvent 



la Condotli. — Catnéei lur pierre ilure : 
iieri. place d'E^pagce, 10 ; Saulini, via 
Babbuino, eG;ùvirolli, place d'Espagne, 
05; GiromeUi, via del Quirinale, 49; 
Vergé, place d'Espagne, 66. — Cataéeg 



145 ; Diei, na Condotti, Si ; Petcrse 
via Sa ni' Isidorio. — Moimque àe Rome : 
Barberi, via Raeella. 48 (ed le plus re- 
nommé); Luigi Uoglia, professeur de mo- 
saïque, rue del Babbuino. 135; Giov. 
BarWri, place d'Ësp^ne, 00 ; Poggioli, 
rue Babbumo, fô; Binaldi. id.. Iï5 ; 
Gabrini, rue del Corso, 56; Verdejo, rue 
Condotti, 34, etc. — Mor^aïuU de mo- 
ttnquei: Caprani, rue Consulta, 56; Diez, 
rue CondoUi, 84; Francescangeli, ruC 
Babbuino, etc. 

Théâtres. — Teatro di Apollo, via di 
Tordinona, prùs du poni Sainl-Angc 
(opéras et comédies). — T. Valle(apénis 
eteomédies). — T. Argenlina, rue délia 
Botonda. — T. Helaslasio (comédies), 
près de Ilipetla. — T. Capranica, près i*- 
la place Colonne. ■ ' ■ ■■ ■ ' 
gruids tbéilres e: 



birtenaul a 
rùlé au commencement de t annéelS65). 
— t Au coin de la place San Loienzo et 
de la rue del Corso, était jadis le célèbre 
Ibéùire Fiano ou de' Buratlini, l'amour 
des Romaina ; c'est là que Cassandrino dé- 
bilail loua les soirs ses laiii E^nrituels, 
ses sarcasmes piquauls en langage Irans- 



États de l^Église. route 142. — rome. — renseignements. 



119 



lien, comptant les heures du jour jus- 
qu'à 24, et se réglant d'après le coucher 
variable du soleil, qui marque la fin du 
jour. L'Ave Maria, .où l'on sonne la prière 
du soir, indiaue 24 h. [une demi-heure 
après le coucner du soleil qui, en toute 
saison, a lieu à 23 h. et demie), et an- 
nonce le commencement d'un nouveau 
jour. 

Gérûionies religieuses. — Le dimandte 
des Rameaux : Chapelle papale à Saint- 
Pierre, à 9 h. — Bénédiction et distri- 
bution des palmes par le pape. «Les céré- 
monies de la SEMAINE SAINTE comiucncent 
le mercredi t par les vêpres, dans h cha- 
pelle Sixtinc. Le pape assiste à toutes ces 
cérémonies religieuses. C'est vers 5 h. de 
l'après-midi qu'on chante le fameux Mi- 
sère, 

c 11 y a trois compositions différentes 
e ce psaume chanté trois jours de la se- 
maine sainte. Celui de Grégoire Âllegri, 
composé en 1658 : il consiste en deux 
versets, répétés alternativement, l'un à 
cinq, l'autre à quatre voix, et le dernier 
verset à neuf. Le second Miserere est de 
Thomas Bai ; il fut composé en 1 7 1 4 ; il est 
différent dans presque chaque verset : le 

Sremier à cinq voix, l'autre à quatre, le 
ernier à huit. Quant au troisième Mise- 
rere, il a été composé pr Joseph Baini 
en 1821 ; il est à dix voix. L'exécution de 
chacun de ces trois psaumes dépend de 
la volonté des chanteurs, car il n'est pas 
décidé lequel doit être chanté le mercredi, 
le jeudi et le vendredi saint. » • 

Le jeudi sainte le pape assiste à 10 h. 
à la messe dans la cliapclle Sixtine ; à 
l'offertoire, motet de Palestritia. Après 
la messe, le pape porte processionnclle- 
mcnt le saint sacrement dans la chapelle 
Pauline, qui est magnifiquement illumi- 
née ; puis, un peu avant midi, il se rend 
sur le balcon de la hasiUque Vaticane et 
donne la bénédiction au peuple ; au mo- 
ment où il la prononce, le canon tonne 
au château Saint-Ange, et le bruit des 
trompettes, des tnmbours et des cloches 
se fait entendre en môme temps. Le pape 
fait ensuite le lavement des pieds a 13 
prêtres de difiérentrs nations; — au 
portique supérieur deS*-Pierre, Cène;\c 
pape leur lave les mains et les sert à 
table. — Entre 4 h. i/2 et 5 h., le grand 
p^niiencier, assis dans Je transsept g. de 
S'-PIerre, accorde la grande absolution 
i iio coupable, qui vient se confesser, 



entouré de sa famille. — Vers 5 h. du 
soir, on chante, 1" lamentation de Pa- 
Icstrina, le Miserere. 

Le vendredi saint, à la Sixline, à 9 If. 
1/2, Chapelle papale; passion; chœur 
d'Avila; sermon latin; 3 h. 1/2, Chapelle 
papale, ténèbres chantées à 3 h. 1/2, le 
Hierusalem, à cinq voix d'Allegri, et le 
dernier Miserere. 

Le samedi saint , Sixtine, 9 h., cha- 

Selle papale ; on chante la inesse du pape 
[arcel, par Palestrina (elle est encore 
chantée solennellement le 29 juin, jour de 
la fête des apôtres saint Pierre et saint 
Paul) ; vêpres. 

Le dimanche de Pâques y un peu avant 
10 h., le pape, la tiare en tête, précédé 
par le cortège ecclésiastique, fait son en- 
trée solennelle dans la basilique de Saint- 
Pierre, porté sur la sedia gestatoria par 
12 palefreniers vêtus de damas rouge ar- 
morié. Les flabelli ou éventails de plumes 
de paon sont portés par deux camériers 
secrets. A la messe, le pape communie 
{il se sert d'un chalumeau pour l'absor- 
ption du sang divin). — De la loggia du 
milieu de la façade de Saint-Pierre, le 
pape donne la bénédiction au peuple as- 
semblé sur la place, et qui est couverte 
de paysans de la Sabine, d'habitants de 
Home, d'étrangers et de troupes. La for- 
mule de cette bénédiction, prononcée en 
latin, au lieu d'avoir cette orièveté poé- 
tique qu'on lui attribue généralement — 
uoBi ET OBBi — comprend plus de cent 
mots. — Le soir a lieu l'illumination du 
dôme de Saint-Pierre : 365 hommes sont 
employés pour allumer avec une rapidité 
surprenante les 5191 lampions destinés à 
celte illumination. 

Lorsque dans une église on dit qu*il y 
a chapelle papale^ cela signifie que le 
pape et les cardinaux assistent à la messe 
(à l'église de la Minerve, le 25 mars ; à 
Saint-Jean de Latran, à l'Ascension et à 
la fête de saint Jean; le pape donne la 
bénédiction de la grande Loggia ; à Saint- 
Marc in Vallicella, 26 mai ; Santa Ma- 
ria MaagiorCy 15 août ; San Carlo al 
Corso, 4 novembre). Pendant tout le Ca- 
rême et l'Avenl, il y a chapelle papale 
dans le palais apostolique tous les di- 
manches. — Le jour de VÉpiphanie/ vers 
4 h. du soir, on çromèufeVi bamW\vA'iss!o& 
VégVise Ara Gîeli, fc\. ow ^«MvtVXsfexv^sNR;- 
liou au wiviv\<i ^\3^ V^^A. \^. ^^^^^^ " 

Lemèine\ow, ^«^^^«^^^^^^2?^ 
Ranàc, on c&\îi\ite \e& messe.* <»»»' ^^ 



1 

ï 



- nENSEIGItBHEMS, 



ralle. il j n aussi çeiidant liuit jours 
jHsnd'-mcsrfB en rit grec et amii^nieii. et 
àrv sermons i?n aDemand, franjais, anglais 
cl espagnol. — Le 17 janvier, on béail 
Ips chevaux devant le portail de l'édisc 
Saint-AntoÏDe {près de Sainle-Narie^a- 
jeure). Le dimûiche suivant, le pape et 
les grands seigneurs envoient bihiirlcurs 
chevaux. — Le 3* diminchc de Carême, 
Il f a Elatton [expoùlion des reliques] 1 
San Lorenui hors les murs. Le concours 
des femmes est immense; c'est presque 
un hut de promenade, aussi l'appelle-t-on 
le Camevalelto délie donne. 

iV. B. Pour se tenir au courant des 
r6r£monies relipeuscs on fera bien d'a- 
cheter le Caleiidario romnno (1 paul), 
imprimé à la Stimperia Camerale. et le 
Manuel des cérÉmonLes qui ont lieu pen- 
dant la semaine sainte et l'octave de 
Piques. — Consuller aussi: l'Année li- 
luipque à Rome, par l'abbé de Mantnut, 

PMsEiT*iros8 ii: P*pï. — l.es per- 
sonnes qiii désirent être pr&cnlées au 
pape, doivent adresser leur demande au 
maeitro di caméra. Il y a les grandes 
audiences solennelles, où (jneiquefois un 
millier de personnes se reuniseent sur 
deux nies aans une des galeries du Va- 
tican. Chacun s'agenouille au passage du 
unpe. Devant lui des cjiniérîers prennent 
i jgg personnes, leur pays, leur 



culières doivent £tre adressées par î'atn- 
hassadeur ou aposlilldei par quelque per- 
SMina^e influent. On doit être en tenue 
d'étiquelle; les dames en vêlement el en 
voile noirs. Une àes pièces oii le pape 
donne ses audiences particulières est 
juste au-dessus de la gaterin nù, est la 
fresque des noces Aldobrandines. Cette 
pièce est nue. Le pape se tient derrière 
une table sur laqudle est un crucilix. 
Un camérier introduit et nomme les per- 
sonnes, qui font en entrant une génn- 
tledon ; et doivent en se retirant aller en 
reculant jusqu'à la porte. On pr&enle 
ordinairement a" "«'""-ni"» '■'« '>k-™. 
leti A bénir. 



e des chape- 



n ^"^ «""MAMM. — Le Carnaval e«t 
—r des antiques aalumales, un 



legs du jH 



à U ville des 



recommence 11 jours 
mercredi des cendres. Le dimanche et le 
vendredi sont eiceplfs. Depuis 2 h. de 
raprès.-midi jusqu A TAvc Mari*, les voi- 
tures et les masques parcourent le Corso 
el les mes voisines, ochangeant des bou- 
quets, des dn^es de sucro ou de pUlre. 
— C'est alors qu'ont lieu les courses de 
chevaux Barberi, partant Je l'extrémilé 
de la rue du Corso, fA courant sans cava- 
liers. A une certaine époque, les juifs 
tîtatent obligés de courir à )ùed pour le 
divertissement du peuple. — Les trois 
derniers jours, la gaieté est A son comble. 
A l'Ave Maria, le mardi gras, commence 



nues par les personnes en ligne le lonj; 
du Corso, qui se htlenlde les rallumer. 
Le son fatal de la cloche du Capitole an- 
nonce la lin du carnaval. — a Le mois 
d'octobre est une époque de vacances et 
de r^oulssances. Lesjeudisel dimanches, 
ks Minenii (nom des femmes qui voM la 
tâtenue,.et de leurs maris] so promènent 
dans Rome, les hommes dans une voi- 
ture, les femmes élégamment costumées 
dans une autre; on finit la journée par 
des dîners dans les oUerie de Honte Tes- 
laccio, etc., puis par la danse du fof- 
tereUo. t — Les dimanches et fêtes, après 
ta messe d'une heure, on a l'habitude de 
se promener dans le Corso, et le soir au 
Mante Pincio ou sur h route île PoRfe 
Moite. 



NiBir: Itiné- 
raire de Rome (Rome, Igâ3). 1 vol. 
tn-13. — HELCBioHai : Guide métho- 
dique de Romeel de ses environs (Ronic, 
mS).i vol. in-18. — Fei: Dcscrizionc 
di Ruma (Home]. 3 vol. in<13 (ancien). 
— The Ruiiu and Muséums ef Rome, 
par Emile Braun. secrétaire de l'Institut 
nrchéoiogique de Rome [Brnniwiek, 
1SS4]. 1vol. in-1S. Ouvrage conforme, 

Saur la partie arcliéologique. aux idées • 
e M. Canina. — Robbllu : les cnriusilés 
de Rome et de ses environs (Paris, Ita- 
chplle). 1 vol. in-18. 

Promenade* dan* Rome, par Beyie. 
Nouvelle édition (Paris, Michel Lévv, 
1853). 3 V. in-18. 

Charmant ouvrage à lire ii Rome, ou I ra- 
lire quand du ^ a ètfc. 

Éttutex (loUtliquet mr mme cl \* 



États de rÉglise. boute 142. — home. — ren^gnbments. 



i2i 



partie 0eeéientale des Etats romains, 
par leeomte de Tournon (2* édit.]. 2 v. 
in-8*et tttias in>8<* (Paris, Finnin Didot). 

Cet aanMe, quoique déjà ancien, est 
resté le meiUeur ensemble de documents ù 
consulter sur ce pays, où les changements 
s'opèrent avec tant de lenteurs. 

Dello Stato fisico del suolo di RomOt 
par Broochi. 4 ▼ol. in-8®. 

Roma antica, par Nardinî. 4 vol. in-S<>. 

Gli Ediftzi di Borna antica e sua cam- 
pagna^ par Luîgi Canina (Roma, 1855). 
6 y. in-fol. 

Indieazione topografica di Roma an- 
tica, par Luigi Canina (Roma, 1850). 
• ln-8«. 

Analiti délia carta de' Dintomi di 
Roma, par A. Nibby (Rome, 1848-49). 
3 vol. in-8». 

Tapography of Rome and ils vicinity, 
par "William Gell, avec notes de Bun- 
bury. 1 vol. in-8**. 

Rome au siècle d^ Auguste ^ par Dezo- 
bry (Paris, 1846). 4 vol. in-8«. 

Histoire romaine à Rome, par J. J. 
Ampère (Paris, Lé vy, 1864). 4 vol. in-8«. 

Le Dictionnaire anglais de géographie 
ancienne du D' W. Smith contient un 
excellent travail sur Rome ancienne. 

Édifices de Rome moderne, ou Recueil 
des palais, des maisons, églises, cou- 
vents, etc., dessinés, mesurés et pu- 
bliés par P. Letarouilly, architecte. 3 vol. 
in-fol. comprenant 354 .pi. et 1 gros v. 
de texte in-4®, avec grav. sur bois. — 
Paris, Mord, success. de Bance. Prix : 
366 fr. 

Ouvrage remarquable, d'une très-belle exé- 
cution ; c'est le plus complet qui ait été pu- 
blié sur l'architecture de Rome moderne. 
L'auteur y a consacré plus de trente ans de 
sa vie. 

// Temmo Vaticano, par Fonlana. 
(Roma, 1694.) In-fol. 

Raccolta délie Migliori chiese di Roma 
e suffurbane, par Giac. Fonlana (Rome, 
1853-56). 4 vol. in-fol. 

Palais Massimi à Rome, par Suys et 
Haudebourt. 43j)l. (Notice sur Bail. Pc- 
roxzi.) t V. gr. in-fol. 

Choix des plus célèbres maisons de 
plaisance de Rome et de ses environs. 

Car Percier et Fontaine. 1 vol. gr. in-fol. 
6pl. 

Hêma MfUranea, par Bosio. Rome, 
5 rO. in-fol, 1734-1753. 
Cêtmmùes de Rome, par L. Perret. 



Ouvrage publié sous les auspices du mi- 
nistre de l'intérieur. 65 liv. de 5 pi. cha- 
cune. 20 fr. 

Cav. di Rossi : Inscriptiones chri- 
stianse Urbis Romx sex prioribus a 
Sâeculis positse. 1 vol. in-fol. (1861). — 
Roma sotteranea, tomel"' (1804). 

Œuvres complètes de Piranesi. An- 
tiquités romaines, tombeau de Scipion, 
Panthéon, colonnes Trajane et Antonine, 
monuments et vues de Rome antique et 
moderne. 29 v. in-fol. 

P. Letarouilly, architecte : Plan topo- 
graphique de Rome moderne. Ce plan, 
d'une magnifique exécution, se vend à 
Paris, chez Morel (c'est d'après ce plan 
qu'a été réduit celui de l'Itinéraire). — 
Cartes de Rome, publiées par les libraires 
Piale, Gallarini. — Carte des environs 
de Rome, en 1 feuille. (Piale, libraire, 
place d'Espagne.) 

Pianta topografica délia campagna 
di Roma, par Canina; en 6 feuilles. 
(Guide indispensable pour éttidier l'ar- 
chéologie de la campagne de Rome)., 

Carte de la partie S, 0. des États 
de rÉglise (contenant la campagne de 
Rome, la Sanine, le Latium, etc.), par 
les ofticiers d'état-major français (Paris, 
1856) ; 4 feuilles. 

M. Rosa a fait, sur la topographie des 
environs de Rome, un travail très-r^mar- 
auable, dont la publication est impa- 
tiemment attendue. 



JOUaS ET HECRES DE VISITE AOX MONDMBNTi 
PUBLICS ou PRIVÉS. 

Oalerles. 

Du Vatican, ouverte tous les jours, de 
10 h. à 3 h. (les salles des peintures et du 
musée étrusque ne sont pas ouvertes au pu< 
blic le lundi). 

Du Capitule, tous les jours, de 10 h. à 3 h. 

Musée de Latran, tous les j ours, de 10 h. 
ù3h. 

Académie de Sainl-Luc, tous les jours, de 
10 h. à 3 h. 

Musée Kircher (au Collège Romain), les 
dimanches et jours de fêle, de 10 h. à midi 
Les femmes ne sont pas admises. 

Monte di Pietà, jeudi, de 10 h. à 5 h. 

Barberini. tous les jours, de 1 h. à 4 h. 
(le jeudi de î h. à 4 h.). 

Èorgkese, tous les jours (excepté le sa- 
medi), de 10 U. ^ •& V — VN, ^x»&\<«î*v 
Vittas). ^ >. >.- vv 

Colomia, lo\i&\<»Vsoit%, ^«^^^^^^^ 

1 Doria , W^x ei N«iAte^x , ^ "^î v. 



122 ROUTE 142. — ROME. — TOPOGRAPHIE. — ASPECT. 

Rospigliosi, mercredi et samedi, de 9 h. Aspect de Rome — Quelle émotion 

*' v^;^^-/, an^^Ai A^Atii. ' - V. profonde on éprouve en entrant dans 

Sciarra, samedi, de 10 h. a ô h. &««,« i- -n^ i i -n i j j 

Spaila, tous les jours, de 10 h. à 4 h. ^°^^' ^* ,^»"« ^^ P^»s lUuslre du monde 

(( ou tous les peuples ont passe, ou toutes 

Villas. jes gloires sont venues, où toutes les 

,., . ,. , j j. j .1- , . . imaginations cultivées ont fait au moins 

Albani, mardi et vendredi, de midi a 4 h. ^^ i^în un nAiorinno-n %^ Vy r£>non«lani 

(adresser la demande à S. Exe. Don Vin- J? vl. a P^*®""^^*^; '' ^\ cependant 

eenzo Colonna, au palais Colonna, place del **^^ ^ ^^^^^ ^^^ 4® mécomptes pour le 

Gesù). . voyageur enthousiaste ; il se refuse are- 

i?or/îrAé'«g, tous les jours (excepté le lundi), connaître cette ville, dont on vante les 

à partir de midi. — Le musée (Casino) 'est merveilles. Son aspect est triste, ses rues 

ouvert seulement le samedi, à 2 h (été), étroites et rarement alignées, ses maisons 

Ludovisu jeudi, de midi à 4 h. (adresser «.«i ipn„po «ps nnlais ruSditrés • toim lo« 

la demande au princp de Piombino, place ™:„ ?' ^^^ palais négliges , tous les 

Colonna). ^ ^ ' r monuments, jusqu aux plus célèbres, lui 

Médicia (jardin de l'Académie de France); semblent bien au-dessous de leur renom- 

on peut y entrer tous les jours ; par la grande mée . 

porte, vis-à-vis de la fontaine; on prend Cette ville des grands souvenirs de- 

' T^;*/irvSi? tT^^ jours aux p^me- "T"''' T ' f^\ ^'T'^' ^ .f ?,"'• 

neurs (le lundi et le vendredi, aux cavaliers «on-seulement préparé par des études, 

et aux voitures). m<us avant tout disposé a la contempla- 



Torlonia, mercredi, de 1 h. à 5 h. (adres- tion des choses de l'art et du passé. Ceux 
la demande au prince Torlonia, rue de' qui y viennent pour La première fois 

oivent être mis en garde contre les mé- 



c./7'''^"*^'"7^*^''K"^'^"''***^''*î^'^^''®'• comptes provenant "surtout de ce que 

ser la demande à M. Rosa, conservateur, au i.-_.*^ • J r\ .„ j_ r" ^ 

palais des Césars. lunagination a rêvé une ville des Césars, 

^ tandis que Rome n'est plus qu'une ville 

des papes. A l'exception d'un très-petit 

Calacomhes. — Celles de Saint-Sébastien nombre de monuments, ses ruines sont 

?"*.^- iW^îlS'''^'**^**- Po«r les autres, il tellement effacées, qu'il feut la science 

faut obtenir la permission du cardmal-vi- «„«u/«i« •„„« ^* ?^„ «««^«„4„.,;«^ a 

Caire. - Une curieuse catacombe juive, dé- archéologique pour les reconstruwe. A 

couverte, près de la voie Appia, dans la ^e sujet notre Montaigne s ecrie avec 

vigne Rondomini, est visible tous les jours, quelque exagération: « Ceux qui disaient 

__ qu'on y voyait les ruines de Rome en di- 
saient trop ; car les ruines d'une si épou- 

Topographie. — Rome est située vantable machine rapporteraient plus 

à 24 kil. environ de la mer, au milieu d'honneur et de révérence à sa mémoire : 

dune plaine ondulée s'étendant au ce n'était rien que son sépulcre. » Tel 

pied des montagnes sub-apennines de "'U'^ «?«^^^^^^^^^^ !!f ?!: 

feu* T?ii 4 1 * '^ ' 1 , qu on S attache d avantatre a mesure 

la Sabine. Elle est tres-megakraent qu'on y séjourne : on cite plusieurs per- 

divisee en deux parties par le Tibre, sonnages illustres qui y étaient venus 

Sur la rive dr. sont les monts Vatican dans l'intention d'ypasser quelques jours, 

et Janicule; sur la g., le Pincio, le et qui y ont passé toute leur vie. 
Quirinalf le Viminal, YEsquilin, le La ville moderne s'est rapprochée du 

Cœlius et ÏAventin, sorte de chaîne Tibre et n'occupe que le tiers de l'en- 

séparée par des dépressions et décri- Jf "*® «?*'ïif • V^^ P^f^'^ ^^ plushabi- 

«««♦ ,.« «««v,i » «.;i;^„ ^i«»,.«i « » tees aujourd hui sont lancien champ 

yantun cercle au milieu duquel sont ^ j^J^ ^^^ i^ ^„^,^ ,^ pi„^. 

isoles les monts Palatin et Capitolin. cius, le Quirinal,. le Viminal, le mont 

— La constitution physiçjue du sol de CapitoUn et le Tibre. Ce champ qui ap- 

Rome présente trois séries de forma- partenait aux Tarquins fut consacré par 

lions différentes : 1" des dépôts d eau le peuple au dieu Mars, après l'expulsion 

douce et fluviatile ; 2* des sédiments ^^. ^ ">»» étrusques. Cette nlaine ser- 

ybiméspârhmer; 3» des tufs d'ori- 'i'^\ «"^ exercices gymnastfques , aux 

zrrV,^ ^^/Ju».- c - I - • * évolutions militaires, aux assemblées pu- 

£^J^ZT^' f"'^ '^''^"''^ rt' Wiq^es. On ne uUc %xxt \e* viUv.. 

^Pparait le irarertm ou pierre de Ti- montS que de me» WUuWom, ô.«\w- 

dins et des Vigr^CR. — Ku ^<âà ^m 'IxVsc^^ 



États de l'Ëglùe. route 143. — boue. 
l'éteodoe de U Tille cA pen conEÎdérable, 
■inu qoe U populilioii occupant li base 
du Juucule et l'espacn compris entre le 
Diiuioléc d'Adrien et le Vulicui ; c'est là 
le Tâmetn qnirtier du Trastevere !au 
delà du TibreJ, dons lequel on «'cet plu 
i rrïrODTer là docendanta, non uii'lon- 
't, de* anci 



135 



. _. . ..us. On a Biu(ni- 
lièrement eiigéré la rudesee sauvage des 
Inif* et du caractère dea Tratleveriai , 
Vdb piniiuiigDE DE Rode ei de li 
ciHpten. — De plusieurs points éien^ 
et pirticuBèremenl dea hauteurs du ia- 
nicule, i 11 ronlainc Pauline, du a une 
Irte-tielle >ne sur la ville de Rome; de 
là et d'un autre point plue favorable en- 
core, du haut de la tour du Ctpilole (il 
faut pour y monter une jierniission des 
aulontés militaires rnuicaiBea). un peul 
cludler la topographie de la ville et de fai 
e jusqu'au pied des niunlisnes. 



poque d'.4uréLea, Rame n'eut d'autres 
iDura d'enceinte que ceux de Serrius 
TuUius, failï de pierres carrées sans 
ciment. HÛI les faubourgs s'étaient 
beaucoup étendus en dehors. Pour les 
mettre à l'abri des incursions des bar- 
bares, Aurélin les entoura également 
d'une nouvelle enceinte. Probus la ter- 
mina Ters 376. Honorius, Thcodoric, 
Bêlisaire, Narsès, la réparèrent. Ces 
remparts et les 500 tours célébrés 
parClaudieD [De Consulalu Honorii, 
T.530 etsqq.) fiirenl achevés en40i, 
el en i09, Alaric mettait Rome pen- 
dant 3 nuits au pillage! Plusieurs in- 
ccriptions placées alors sur ces portes 
ont été conservées. A la Tin du vin* 
siècle, le même circuit subsistait en- 
core. En 853, Léon IV enferma dans 
la ville le Vatican cl ses faubourgs, 
<(ui s'appcltrent la cité Ldonàre. Ces 
murailles furent reparées plusieurs 
fois, et d'une manière générale, en 
1719, par Rcnoit XIV, —Les murs ac- 
toels sont plus rétrécis que l'ancienne 
eneante d'Aurélicn. Ils forment une 
li^ne brisée dont le pourtour est d'en- 
viron S 5 kilom. 



l"Po«T8 bv Pecple — (Porladel 
Popolo), située près de landenne 
porta Flaminia; son nom dérive des 
peupliers (populi) quisetrouvaientsur 
cet emplacement. Elle fut construite 
par Virole, sur le dessin de Michel- 
Ange. Elle est Inen inférieure h celte 
de San Spirito {V. p. 135) par Son 
Gatto. — L'.tdministration trantsise 
)~a débarrassée, au commencement dn 
siècle, des masures qui l'obstruaient, 
et a Diil commencer, par l'architecte 
Valadier, la décoration de la place. 

En suivant les murs i l'E, de la 
porte du Peuple, on trouve successi- 
vement les portes suivantes; 

Porta Pinciana (fermée), ayant 
lieux tours rondes. 

2° Porta Salaba — (Salaria) , par où 
les Sabins emportaient leur set, (!'cst 
par ici qu'entra Alaric. Elle est llan- 
(fuée de deux tours rondes. C'est le 
celé faible,de Borne ; pendant le siège 
de 184!), le triumvirat romain a fait 
beaucoup de démolitions dans le voi- 

3° PoBT* PiA,— ouverte parPie IV: 

dessin de Michel-Ange. — Un peu 
plus loin est la porte Nomenlana, 
qui conduisait à Nomentum. —Entre 
les portes Homentane et Tiburtiae, 
'" murs font une saillie de forme 
■ée, représentant l'enceinte du 
camp des prétoriens, enfermé par 
Honorius. 

PoBT* Sa» l-OftENzo — {Tibiir- 
tina). avec deux tours; elle conduit I 
S'-Laurenl hors les murs et k Tivoli. 
Construite en 402, sous Honorius. 

Porta Hagciobe, — rcmplafant 
les portes Labicana et Prxneslina. 
Chiude voulut qu'ï l'endroit où son 
aqueduc étoït traversé par la voie La- 
bicana, il eût la forme d'un arc de 
triomphe. Cette porte monumentale 
n'a pointété ravalée. 
B' Porta San Giovanhi, — moderne 

\con4ïn«art.'a\a-sô\t Kiwa-wi. ■«■^ 



32 


BDUTE 


143 


_ 


ROHIJ. — 




i el 


•amedi, d 


9h 


Scian- 


°;ouX''ji«' 


10 h. a 3 
de 10 b. 








vuu>. 








AlifH 


nurdi m ve 


dred 
â S. 


d« 


Didi 
Dan 


Vin- 



TOPOCBAPBLE. — ASPECT. 

fiOHK — Quelle i^motion 
prolonde on i^prouve en entranl dans 
[tome, la lille la plus iUuslrc du njonde 

peuples ont passé, où loutes 
--■- loules le» 



BorgStu, tounletjoun(ej,<iipiéle lundi), 
i partir de midi. — Le mutée (CaaïiiD) 'est 
outert seulemeai \e samedi, 1 î h. (été). 

Lxdatiii. jeudi, de midi à 1 h. (adresser 
la demande au prince de PioDibino, place 



l"l«**l'o'nl 



ser la demande au prinee Torlonia, rne de' 
/Dnfini nH-nMfJrouilles du Palatin), adret- 



ifini Faraèae Ifou illes di 
I demande il H. Itosa, c 



rouverto, près de la voie * 






- Rome est située 



d'une plaine ondulée s'étendant 

Eied des monlagne< sub-apennineg 
I Sabine. Elle est Irës-inégalement 
divisée en deux parties par le Tibre. 
Sur la riie dr. sont les moDis Vatican 
et Janiade ; sur la g. , le Ptncio, le 
Quirinal. le Viminal, VEsquitin, le 
CseUus et VAventin, sorte de cbaine 
séparée par des dépressions et décri- 
Tant un cerde, au milieu duquel sont 
isolés les monts Palatin et Capilolm. 
— La constitution physique du sol de 
Borne présente trois séries de forma- 
tions diTTérentes : 1° des dépdts d'eau 
douce et fluvialile; S° des sédiments 
formés par la mer; 3° des tufs d'ori' 
g'Aie volcanique. Sur ^eJques pcunt! 
an^nU le Imv&rtia ou pierre de Ti. 



imagini 



t Giitai 



loin an pilerinagie. s Et cependant 
liin l'abord que de mécomptes pour le 
voyageur enlhousiastc i il se refuse ive- 
<M>anâltre celte ville, dont on vante les 
inerveilleE. Son aspect estlrisle, ses mes 

palais négUgés -, tous ka 
, jusqu'aux plus célèbres, lui 
semblent bien au-dessous de leur renom- 
mée. 

Cette ville des grands souvenirB de- 
mande, pour être comprise, un esprit, 
iion-seulemcnl préparé par des études, 
mais avant tout disposé a lu conlemplii- 
lioa des choses de I art eldu passé. Céiii 
iiui y viennent pour la première Toia 
[loivent élre mis en garde contre les mé- 
uomplea nrovenanl surtout de ce que 
l'imagination a rêvé une ville des Césars, 
tandis que Rome n'est plus qu'une ville 
des papes. A l'ciceplion d'un très-petit 
nombre de monuments, ses ruines sont 
tellement etlacées, nu'il tout la science 
archéologique pour les reconstruire. A 
ce sujet notre Montaigne s'ôcrle avec 
qudque ei^éralion : «Ceux ai 

'-- ■■ ' inesdeRi 






y voyait l«« n 
suieui trop ; car les ruiiit?f u lui» m cpuu- 
vantable machine rapporteraient plus 
d'honneur et de révérence à sa mémoire; 
ce n'Était rien que son sépulcre. > Tel 
est cependant l'attrait que Rome exerce, 
qu'on s'attache d'avantage i mesure 
qu'on y séjourne : on cite plusieurs per- 
sonnages illustres qui y étalent venus 
dans l'inlentlon d'y passer quelques jours, 
et qui y ont paώ toute leur vie. 

ù. ville moderne s'est rapprochée du 
Tibre el n'oecupe que le tiers de l'cn- 
ceinle antique. Les parties les plusbabi~ 
lées aujourd'hai sont l'ancien champ 
de Mon espace, compris entre le Pin- 
dus, le Quirinal, le Viminal, le mont 
Capitolin et le Tibre. Ce champ qui ap- 
partenait BUi Tarquins fut consacré par 
le peuple au dieu Mars, après l'expulsion 
de ces rois étrusques. Cette plaine ser- 
vait aux exercices gymnastiques , uni 
évolutious militures, aux assemblées pu- 
bliques. On ne ^«m1e sut les autres 
Imonû aue àe T«raBWmN3)iot«,ftttjpx- 
jilins Pi des^RW». — hn i* «» "ïxNKe 



Étals de l'Église. route 442. — rome. — portes. 



125 



rétendue de la ville est peu considérable, 
ainsi que la population occupant la hase 
du Jnniculc et l'espace compris entre le 
mausolée d'Adrien et le Vatican ; c'est là 
le fameux quartier du Trastevere (au 
delà du Tibre), dans, lequel on s'est plu 
à retrouver les descendants, non mélan- 
gés, des anciens Romains. On a singu- 
lièrement exagéré la rudesse sauvage des 
traits et du caractère des Trasteverinii 
Vue panoramique de Rome et de la 
CAMPAGNE. — De plusieurs points élevés 
et particulièrement des hauteurs du Ja- 
nicule, à la fontaine Pauline, on a une 
très-belle vue sur la ville de Rome; de 
là et d'un autre point plus favorable en- 
core, du haut de la tour du Capitole (il 
faut pour y monter une permission des 
autorités militaires françaises), on peut 
étudier la topographie de la ville et de la 
campagne jusqu'au pied des montagnes. 

Murs d'énceînte. — Jusqu'à Tc- 
poque d'Aurélien, Rome n'eut d'autres 
murs d'enceinte que ceux de Servius 
TuUius, faits de pierres carrées sans 
ciment. Mais les faubourgs s'étaient 
beaucoup étendus en dehors. Pour les 
mettre à l'abri des incursions des bar- 
bares, Aurélien les entoura également 
d'une nouvelle enceinte, Probus la ter- 
mina vers 276, Honorius, Thcodoric, 
Bélisaire, Narsès, la réparèrent. Ces 
remparts et les 500 tours célébrés 
par Claudîen (De Consnlalu Honorii, 
v. 550 etsqq.) furent achevés en 404, 
et en 409, Alaric mettait Rome pen- 
dant 5 nuits au pillage ! Plusieurs in- 
scriptions placées alors sur ces portes 
ont été conservées. A la fin du viu* 
siècle, le même circuit subsistait en- 
core. En 852, Léon IV enferma dans 
la ville le Vatican et ses faubourgs, 
qui s'appelèrent la cité Léonine. Ces 
murailles furent réparées plusieurs 
fois, et d'une manière générale, en 
1749, par Benoît XIV. —Les murs ac- 
tuels sont plus rétrécis que l'ancienne 
enceinte a' Aurélien. Ils forment une 
ligne brisée dont le pourtour est d'en- 
viron 25 kilom. 

FowUê, — On compte aujourd'hui 
42 portes ouvertes. 



1** Porte du Peuple — (Porta del 
Popolo), située près de l'ancienne 
porta Flaminia; son nom dérive des 
peupliers (populi) qui se trouvaient sur 
cet emplacement. Elle fut construite 
par VignoUy sur le dessin de Michel- 
Ange. Elle est bien inférieure à celle 
de San Spirito (F. p. 125) par San 
Gallo. — L'administration française 
Ta débarrassée, au commencement du 
siècle, des masures qui l'obstruaient, 
et a fait commencer, par l'architecte 
Valadier, la décoration de la place. 

En suivant les murs à l'Ë. de la 
porte du Peuple, on trouve successi- 
vement les portes suivantes : 

Porta Pinciana (fermée), ayant 
deux tours rondes. 

2" Porta Salaba — (Sfl/ana),par oii 
les Sabins emportaient leur sel. C'est 
par ici qu entra Alaric. Elle est flan- 
quée de deux tours rondes. C'est le 
côté faible.de Rome ; pendant le siège 
de 1849, le triumvirat romain a fait 
beaucoup de démolitions dans le voi- 
sinage. 

5" Porta Pia, — ouverte par Pie IV: 
dessin de Michel-Ange. — Un peu 
plus loin est la porte Nomeîttana, 
qui conduisait à Nomentum. — Entre 
les portes Nomentane et Tiburtine, 
les murs font une saillie de forme 
carrée, représentant l'enceinte du 
camp des prétoriens, enfermé par 
Honorius. 

4" Porta San Lorenzo — (Tibitr- 
tina) , avec deux tours ; elle conduit à 
S*-Laurent hors les murs et à Tivoli. 
Construite en 402, sous Honorius. 

5" Porta Maggiore, — remplaçant 
les portes Labicana et Praenestina. 
Claude voulut qu'à l'endroit où son 
aqueduc était traversé par ta voie La- 
bicana, il eût la forme d'un arc de 
triomphe. Cette porte monumentale 
n'a point été ravalée. 

6" Porta San Giovanni, — moderae 
(xvi* siècle^ , svVwéfe Y^ei& ^fe^-\^a». ^'i. 
LalTan el cowàxÀsaxW VSowv^. — Vw 



ISl RÛiriE l-tS. ~ ROME, 

laquelle Bélisairc entr» dans Rome. — 
Phis loin on trouve les portes Metronia 
et Latina, ^ui sont fermées. 

7' PoBTA SiN Sebaetiino — [Appia], 
sTec deui tours , près des restes de 
l'arc de Dnisus. Elle remplaça la porte 
Capena, ofi commençait la voie Ap- 
pienne, et dont l'emplacement, ac- 
tuellement dans l'inléncur de la ville, 
est mari|ué Eur un mur par les lettres 
P, C, b moitié cbemin entre les ther- 
mes de Caracalla et la rue San Gregorio. 

8° PoHTi S»N Pioi.0 — (Ostiensù), 
menant ï S'-Paul hors les murs (porte 
double). Bclisaire la fit rebâtir 6 met. 
plus haut que l'anden niveau. La porte 
mlérieure serait plus ancienne. 

Sur la riïe droite : 

9° PoWA PoBTBSE, — bâtie par Ur- 
bain Vlll, en arrière de l'ano 
porte PoTluenm. 

10° Port* Sih Pancuzio, - 
nom de la basilique de ce s^ 
1 miUe de distance; elle rempli 
porte Janiculensis. C'est de ce cité 

Îiie les troupes françaises ont assiégé 
ome en 1849. Endommagée par les 
batteries françaises, elle a été rr"~ 
struite en1S55. 

11' Posta CAvAUEGGisnt, — 
nommée d'une caserne de cavalerie 
que Pie IV fil construire ï calé ; elle 
est sur la route de Civitï Veccbia: 
c'est par Ik qu'entrèrent, en 1527, 
les bordes commandées par le conné- 
table de Bourbon. — Porte Fabrica 
(murée), — Porte Pertiaa (murée). 
derrière les jardins du Vatican. C'esi 
près de cette porte que les Français 
essuyèrent un ecbec !i leur approcbc 
de Rome. Plus loin et ï reitrémité de 
Borne est encore la : 

12'PoBTA AnGU-ic*, — menant 
monte Hario. 



DivùioD de Borne. — Sous l'em- 

C!ur Au^sle, la ville et ses 
'iftélaimtt divisée en \i rigionks, 
tirant lear nom de la localité ou d'ur 
'BoBument. Depuis 1745, Homo est 
^g»lemmt dirisée en H siofli (re- 



ines), 13 dans la partie orientale et 
dans l'occidenlale, de l'autre côté 
du Tibre. 

gnarlier de U pwUe wtontalt. 

I. MonTi — (dca monts), le plus lasle 
de tous; i l'eilrémité E. de la lille. Il 
renferme l'EsqiiîlÎD. leViminal, d partie 
du Cœlius et du Quirina], — Les Iber- 
iiFS de Titus;- ceux de Dioclétien; la 
>lace Trajaoe; S''}ein de Latran; S'*- 
larie Majeure; S'-Pierre in Vincoli; le 
«lais Hocpigllosi. etc. 

H. Trevi — (de Trivium, réunion de 

roia rues). Il est nu H. E., et contient 

partie du Quirina), avec le pal ois 



m. CoLom 


, — N.E. (prend son 


nom de la colonne de Harc'Aurèle). Il 


embrasse une 


partie de l'ancioi cbamp 


de Hai^, la pi 


ce Colonna, la curia Inno- 


î Ae nionte atorio), 1* 



il la Ludovisi... 

IV. CiBfo MiBio. — S'iileoil sur une 
lorlion seulement de l'ancien cliamp de 
Cars. Il renferme les places du Peuple, 
l'Espagne, le iorijin du Pioelo, la v'"' 
i„jf_- 11. ■' ■ ' " > ■■• 



Medid (Académie de France), 
Triniti del Honle, le palais Borrii^. 

T. PoniE. — au S. 0. de la ville, vers 
le ponl S'-Ange. 

VI. Parions, —au N. 0. (élymolc^ie 
obscure). Il renferme le« places Navone; 
Campa dû Fiori; la Cbancellerie. etc. 

vn. RiooLA, — i l'O. de U ville, et 
s'étend le long du fleuve (nom cor- 
rompu d'Arcnula, Areola, pTovenauldea 
sablea déposés par le Tibre) : Palaia Par- 
nèBc, Spada, etc. 

VIII. Saut' Ecsricaio, — au centre de 
Rume de l'édise de ce saint) : la Sn- 
pienia, S'-André délia Valle, le théfltrc 
Valle, S'-Louis des Français et S'-Char- 
les des Galineri. 

IX. PwKA, — au H. 0. du (ipîtole, 
cl au centre de Rwne avec le précédent 
(iH>m dérivé de quelques pins, ùtués 
Bulrcrois dans ce quartier), renferme beau- 
coup de grands éditices, le Panthéon, S^- 



X. r^anvELD, 
CsmûleWo l«u S.V \\tenIera«Vet' 
CsMtolin A V«\»Wi, Bi* ^rtt a 
lius, \e Fotom, toM»**- 



Etais de l'Égli» 
XI. Sut' Akse 



ROUTE 142. — HONE. — COLLINES. 



12b 



o. — Le plus uieet le' 

Ëa petit ' quartier de Rome (â l'O. du ' 
pitale). Il prend son nom de l'^gli^ 
■le Saut' Angelo in Pescheri». Il ren- 
fcniie le Ghetto ou quartierdes Juifs, le 
tlifllre de Hsrcellus, les palais Onini 
(SiTelUl et Haltei. 

in. Rirjk. — L'un des ptua ^anda et 
desplua déserts, situé au S. de la ville. 
Son nom lui tient de ce qu'il cAtoic le 
Tibre. Il renferme Ifs themies de Cani- 
c«Ui, le mont Avenliu, le Teslaccio, S"- 
Hatie in Goamedin, le temple de Vesta. 



ItlII. TitBTETERE — (bu deli du Ti- 
bre), «tué à l'O. de la ville. Il couvre 
en ETande partie la rive droite du Tibre, 
renferme les monls du Janicule, jusqu'i 
la porte San Spîrito. nolile ouvrage 
i'Atitoaio da San Gatlo, qui resta ina- 
chevé, peul-étre par suite des mauvai- 
ses disposiliona ik Nicbel-An|^ pour cet 
anisle. ly. Pal. Farnèsi.'.} Le T^astevere 
renferme le^ habitations du lias peuple, 
le port de Itipa Grande, les palais Cot- 
sini. de Salviati, la Faniésine. la villa 
Unie, S'-PierTe in Hontorio. Sant' 
Onofrio, et la fontaine de l'acqua Paola 
XIV. BOHCO, — ou cité Léonine. [V. 
p, 1231, le dernier quartier réuniàRome 

Île Vatican, la Basilique, le chSteau S'- 
koge, rhOpit.ll San ^irîto, le palaii 
ffiraud). 

Koaa. — Les rues de Rome sont, ri 
jCénéral, étroites. Quelques-unes cepen- 
dant sont grandes et Kjpilières, cl or- 
nées de Bomptueui édifiées. Les'troÎ! 
mes du CoTM, du Babouin (Ba^fruiRo) et 
de Ripetta, qui de la phice du Peuple 
pénétrent dans la ville en divei^eant, 
offrent une belle perspective à l'élran- 
l^r qui entre en vîlte par la 



niimettlê publies etdee promenades) ils 

ea occupèrent les espaces vides, el com- 
mencèrent à V élever pâle-mêle leurs 
habitations : c est li l'origine de Rome 
iiodeme. En visitani les quartiers qu 
^voisinent le Tibre ,et le Capîtole, où 
^nns doute ont commencé les premières 
:i>nstriictions, on esl frappé de leur 
stréme irrégularité. Les maisons sem- 
blent placées lA au basard, sans oi'dre. 
le travers. Ces angles saillants plus ou 
moins pointus ; cette multitude de petits 
wpacemenls sans aucune forme, appelés 
places; ces rues Miigiag. tout cela an- 
nonce le manque absolu d'une autorité 
administrative. Les conslructioiis dans le 
i de llars s'étendirent progresù- 
rit sur toute cette vaste plaine; 1 
fe qu'elles avancent vers là âazta 
del Pepolo, les rues sont plus alignées, 
la forme des places est mïoin détcrtni- 
liée, t (Robello). 

Éclairage. — La ville n'était éclairée 
autrefois que par les lànaux que les dé- 
vots plaçaient devant les images sacrées, 
iirdinai rement à l'angle des rues. La li- 
cence s'arrangeait de celte ob!curité. Le 
(irésident de Brosses raconte que, lui et 

France, de grands flambeaux derrière 
leurs carrosses, on les engagea I suppri- 
mer celle illumination noclume,qui^u- 
lait leur attirer queiquemauvaiseaflaire. 
L'administration française, au commen- 
itnnent de ce siècle, organisa l'éclairage 



Les ri 






rcfoor des Qualre-Fontai 
Tibre, la rue Giulia, et celle 
gara (Traslevere), ' 



également 
< Après 
Roherd Guiscard, 



us belles. 

ions du Normand 
des liabilants qui 



«nj^g?" 



anglais 



y 



introduit le gâi. 



Rome contient 10 collines naturel- 
les cl plusieurs artiâcielles. Parmi les 
preniieres, sept surloul. ayant une cé- 
lébrité histonque, lui ont fait donner 
le nom de la ville aui sept montagnes ; 
ce sont : le Capitolin.K PtUalin, le ■ 
Quirinal, le CxHus, VAvatlin, le 
Viminal et VEsqiiilin. Le Pinciua 
{Pincio),\eValiean eil« Janicule oat 
été enclavés plus tard. D'autres petites 



ijonem uuiscaro, ceui acs uaousnis qui été enclavés plus tard. U'aulrespf 
avaientjmécWper au di^stre, trouvant ^inences. telles que le monte T< 

cher u» ,.«<re Jerram pour s'y établir : Uw^S â« ÇW-to* A ift w\^^^ 
il» K dir^^érent rem la plaine da cham ii mv^è». — \ift ftOîKKiftV 4vi. iïKvo*?; 
* «TO, qui ne contenait qm des «»(>- \ ïa me 4t . AwTft«ft, «li.\ ««w»»'^ 



sept collioËS dt: la rive g., sont for- 
mes de tuf volcanique ' . 

I,e Monte Teswccio, — qu[, à co que 
l'on croit, ne doterait que du m' siècle 
de notre ire, est une accumulation de 
débris de poteries, produite ou par le 
hasard d'une roloate commune, ou par 
l'ordre exprès des ëdiles. Son nom vient 
du lotîn TESTi , tesson ; on en a fait tcsti.- 
CEDS, puis Tetlaccio. t On ne doit pas 
s'étonner qu'on ait pu rassembler assez 
de tessons pour en former une colline 
qui a plus de 1460 met. decirconiérence 
et au moins 52 met. d'Ëléiatkni ; les Ro- 
mains faisaient un grand usage d'objets 
en terre cuite ; ils avaient des amphores 
pour le vm, dés jarres pour t'huife, des 
pots pour l'eou. des urnes funéraires, 
des statuettes de leurs divinités. Lesmo- 
demes, connaissant la propriM qu'a 
celte matière d'entretenir la fraîcheur des 
liquides, ont creusf là de profondes ca- 
ves, afin d'y déposer les vins pour la 
consommaUon de Rome. Cest sur le 
sonimel de cette peUte monli^ne qu'al- 
lait sauvent s'asseoir le Poussin, pour 
admirer les monuments de Rome au 
moment du coucher du soleil. > 



[u'ont dd se déposer lei losies coucbes de luf 
[u'on solide nome jusqu'à Hadicatani; 



™nimrte,g 

S* L« TraetTtim, ou pierre de Tivoli 
blanc launAtre, parrainée de ^~' ^' 
lier*, susceptible, cependant uuun in 
taille au rÎMau. 

I.e Tu/il n'est pa> propre (r61uil en p 
dre) 1 Mrvir de liaison pour un cini 
quelconque. —La Pouelaaa.nmiù, mêli-i 
proporlians irèa-nriables, peul servir k 
objet. La Ps:uJ(u géoérilem 



irrégu 



— _, , la roHgt, qui eu la 

plus éoerEÏque et, unici la chaui, donne un 
enduit ir&-résiitant ; la noire, jwu oslimi'e, 

poaretre ulileiaenl etoployie. KOe sert «ur- 



è ses exb'éimtés deux sommets : l'un 
auN.E..IeCapitole,rautreauS. 0.,le 
monte Caprino; c'est là qu'est la roche 
Tarpêienne {du nom de la Komaiiie 
Tarpeia). Une petite porte, sur laquelle 
est éciîl : • Qui si vede la rocca Tar- 

Eea, " introduit dans un petit jardin, 
e rodierd'où onpràcipîtail les traîtres 
!i la pairie (Hanliua) a perdu presque 
lAule sa hauteur. L'extiausEemeat du 
sol est de plus do lâ'mèt.Lavuequ'oa 
a sur des loils situés au bas de la ter- 
rasse esl tout à fait dépouffue d'inté- 
térêt. — Entre les deux cimes du 



de Rome d'un bois de (iiéoes, dont 
Romulus fit un asile. — Le Temple 
de Jupiter Capiloliti, fondé par Tar- 

Îuin, fut rebâti par Svlla; incendié et 
âlruit dans les luttes aela soldatesque 
sous Vîtellius ; reconstruit par Yespa- 
sien ; de nouveau brûlé sous Titus, re- 
construit par Domitien ; il fut dépouillé 
par Stilicon el par Genséric. Au viii" 
siècle il tombait enruine. «Noua con- 
naissons, dit Ampère, la forme, l'his- 
toire de ce temple el jusqu'à ses ma- 
tériaux, mais il est très-dillicile de 
savoir exactement où il était placé. ■ 
Il se Vanj^e cependant i l'opinion com- 
T qui place le Camtole où est au- 

'hiii l'^nllcB a'i^ Tvli . On 



jourd'bui l'église dAra Cxii. 
u'entend pas parler de celle église 
avant le ix' siècle; et l'on sait que le 
temple de Jupiter Capitolin était encore 
debout au vu*. 11 dominait et regar- 
dait le Forum. H en reste quelques 
pans de murailles dans l'intérieur du 
couvent des franciscains d'Ara Cseli. • 
La citadelle (Arx), plus rapprochée du 
Tibre, était sur le sommet S. 0. — 
Un bas-reHef. placé dans l'escalier du 
du PalaisdesCo»JS«nw(««'((f.p. 253) 
offre une îmogn eiacle de ce qu'éteit 
le temple &v> Cay^VoVc va V»n^ ^ 
ïiari: \utfe\e. 



\u 



ROUTE 142. — ROME. — RENSEIGNEMENTS. 



particulibrs à louer sont indiqués par 
des écriteaux soit en italien, soit en fran-- 
çais. (Il faut beaucoup marchander.] Pour 
2 chambres garnies, avec un lit, dans les 
meilleurs quartiers de la ville, on paye en 
été 8 à 1*2 écus (scudi) par mois, et en 
hiver 20 à 50. [Dans ces derniers temps 
les prix ont beaucoup augmenté.] — Un 
petit appartement de trois chambres à 
coucher, d'un salon et d'une cuisine, 
coûte, en moyenne, de 30 à 50 écus par 
mois. Les personnes ^^i louent sur le Corso 
devront faire une stipulation particulière 
si elles veulent se réserver pour l'époque 
du carnaval l'usage exclusif des fenêtres 
de leur appartement. — Les meilleures 
situations sont : la place d'Espagne, la rue 
del Babbuino, le Corso, les rues Felice, 
Sistina et surtout Grcgoriana; cies trois 
dernières sont à la mode, et les loyers y 
sont chers. Il y a aussi quelques apparte- 
ments à louer à Ripetta, derrière Monte 
Gitorio. Dans les rues retirées près du 
Quirinal et de Sainte-Marie-Majeure, de 
la place Trajane, les appartements sont un 

Eeu moins chers, mais ils sont rares. — 
a meilleure eau est celle de la fontaine 
Trévi. — Le service se paye d'ordinaire 1 
à 3 écus par mois pour une personne. — 
Une domestique se paye de 4 à 6 scudi 
par mois et nourrie. Lel*' du mois d'août, 
chacun des individus employés au service 
d'une maison privée, d'un restaurant, 
d'mi café, etc., s'attend à recevoir un 
présent (de 5 p.], qu'on appelle felice 
Agosto;ei au nouvel an de même [be- 
fana). 

Pour renseignements sur les apparte- 
ments a louer, s'adresser à I'House 
Â6ENCT de M. Shea, place d'Espagne, n*> il 
(bureau d'expéditions, commissions). On 
y trouve la liste de tous les appartements 

aui sont à louer. — L'agence se charge 
e fournir les meubles, de faille \&&états 
de lieu, elc. — M. Shea parle bien fran- 
çais. 

Restaurateurs [trattùrie). — Jusque 
dans ces dernières années, Rome est res- 
U'e très-arriérée sous ce rapport . — Smll- 
imm» (frères et fils aîné), rue de' Gondotti; 

— caféNazzari, place d'Espagne (les prix 
de ces deux restaurants sont plus élevés). 

— Pompéi, via del Corso, en face de San 
Carlo. — VEuropa, via Mario dei Fiori. 

— Antoine Bedeau, via Sanla Croce, 81; 

— ûa^nuéWûf dans )e palais Ruspoli. — 
^fé/ûra/ûre de//e Beife Ariù derrière le 

PBhis Fiano; — /a Bella Venezia, rue 



dolla Croce. — Le restaurant principale- 
ment fréauenlé par les artistes est la trat- 
toria de) îjepre (sic), ou simplement 
fjepri, via Condotti» n<» 85 (bon marché) . — 
Falcone (organisation tout à fait romaine), 
dans le voisinage du Panthéon ; cette 
maison est, après Lepri, la plus fréquen- 
tée des artistes. — FrateUi Corelli, via 
délie Convcrtite. — Ristoratore délie 
Belle Arti. — Beaucoup de familles lo- 
gées en garni font venir leur repas des 
trattorie. 

Cuisiniers français, envoyant des dî- 
ners en ville : Morin, via Gregoriana, 56; 
Sauvan, via San Sebastiano; 16 ; — Celles, 
même rue, 9 ; — Dufour, via délia Mer- 
cede. 

C'est la campagne de Rome et les envi- 
rons qui fournissent les vins qu'on boit 
communément; il estdifiicile de les a voir 
purs. Velletri, Marino, Monte Porzio, 
Frascati, Gensano et Cività Lavigna, pro- 
duisent les meilleurs vins. Le vin ordi- 
naire coûte 6 baj., quelquefois même 
2 baj., la foglietta;\ et 5 pauls le fiasco. 

— Le vin d'Orvielo, si recherché par le 
peuple de Rome, est une boisson qu'on se 
procure très- difficilement naturelle à 
Rome. 

Cafés. — Caffe Nuovo, palais Ruspoli, 
au Corso, vaste établissement; — Isaz- 
zari, place d'Espagne; — café Pompéi, 
rue du Corso, 119, en face de San Carlo; 

— del Greco (café Grec), dans la via Con- 
dotti, à côté de Lepri, rendez-vous des 
artistes; — délia Costanza, rue Con- 
dotti; — Bagnoli, rue du Corso (dé- 
jeuner de café, pain et œufs, 1 p. 1/2) ; 

— délia Concordia, rue Condotti; — 
Veneziano, place Sciarra ; — de la Fon- 
taine de Trevi. — Les cafés doivent être 
fermés le dimanche à 3 h. après midi, 
et dans le Carême pendant les sermons. 

Pâtissiers. — Spillmann, rue Con- 
dotti ; Nazzari, place a'Espagne. — Glaces : 
chez Spillmann; Nazzari; au café Pompéi. 

Domestiques de place. — 10 pauls par 
jour, en temps ordinaire. 

Bains. — 'Via -del Babuino, n* 96. — 
Palais Bernini, rue Bclziana ; — Cesari, 
et dons plusieurs hôtels; — à côté du 
palais Borghèse, port de Ripetta. 

Passe'Ports. — On le prenait a la 
porte de Rome, et on remettait en échange 
au voyageur un bulletin qu'il devait re- 
présenter dans les 48 h., à l'ambassado 
ou au consuUl, cl^uYwxTe&w d&U^Uce. 
place (ViHonle CÂVotxo, 



Voiture à deux chevaux. 



Une course on ville. . 20 baloqucs. 50 Uaj. 

Une heure 40 — 50 — 

Chaque h., suivante. .30 — 40 — 

Pour alleràlasiaiion. 40 — 50 — 



États de FÉglise. route 142. — rome. — renseignements. 

Depuis 1863 les passe-ports munis des 
visas des agents diplomatiq^ues pontifi- 
caux, ne se prennent plus a la porte de 
Rome. Us sont visés à la frontière et 
restent entre les mains des voyageurs. (Ce 
visa coûte 1 paul. — Au départ de Rome, 
après le visa de l'ambassade de France, 
celui de la police romaine (visto sortir e) 
coûte 10 pauls). — Les cartes de séjour 
(qui coûtaient un scudo et étaient vala- 
bles pour six mois) sont abolies. 

Ambassade de France, palais Golonna 
(place de' Santi Âpostoli). On se charge 
dans les hôtels d'obtenir les vifas pour le 
départ. 

Poste aux lettres. — Palais Madame 
(près de l'église S*-Louis desFrançais. (PI. 
A, D llï.) On y va depuis la place du Pan- 
théon, par la rue des Grescenzi). Les bu- 
reaux sont ouverts tous les jours, de 9 h. 
du matin à 5 h. du soir; le dimanche seu- 
lement jusqu'à 11 h. — L'affranchissement 
pour la France est de 20 baïoques. 

Télégraphie électrique, t- Rureau, 
place Golonna. — Une dépêche de 20 
mots coûte 27 pauls pour Paris. 

Banquiers. — Torlonia et G'*, via de' 
Fornari, 221 , près de la place des Saints- 
Apôtres. — Gerasi, via Babuino. — An- 
glais : Maclean et G'% Gorso, 378 ; Pnc- 
kenham et Hooker, place d'Espagne, 20. 
Ghangeurs. — Sambucetti, rue du 
Gorso, 204; Baldini, idem., 198. 

Gare du chemin de fer. — La station 
centrale d'où l'on part pour Frascati, 
-pour Naples, pourGività Vecchia, est sur 
la place de' Termini. (Deux autres gares 
provisoires, à la Porta Portescet à la Porta 
Maggiore, ne servent plus que pour le 
transport des marchandises à petite vi- 
tesse. Elles doivent être supprimées.) 

Voitures. — Il y a des fiacres sur la 
place d'Espagne ; au Monte Gitorio ; au 
Gorso, près delà rue de' Gondotti ; places 
del Gesû, près du Gapitole; Barberini; 
San Lorenzo in Lucina; San Silvestro; 
Sauf Ignazio; delà Minerve; colonnades 
de la place S'-Pierre, etc. 



417 



tarif du 1" MARS 1863. 

Voilures à un cheval. 

Du point du 
jour à la 1" h. 
de la nuit. 



Delanuil 

. au point 

du jour. 

Une course en ville. . J5 baïoques. ÎObaj. 

Vne heure 30 — 40 

Cbâque b, suivante. .25 — 30 

Paaralhràh station. 30 — 40 — 



Aux fêles de Noël (24 et 25 décembre); 
— du dimanche des Rameaux au lundi 
de Pâques inclusivement ; — les 8 jours 
du carnaval ; — les fêtes de S* Pierre et 
S* Paul ; et tous les dimanches, lundis et 
samedis d'octobre, soit de jour, soit de 
nuit, on paye le double du prix ordinaire. 
Les voitures de remise se payent ^r 
mois de 70 à 120 scudi sans le pourboire 
au cocher. 

Une voiture pour la journée, 25, 30 
pauls; compris la huona mano (pour- 
boire) du cocher. — Garlo Emmanueli, 
loueur de voitures, via délia Vile, 51-52. 
Omnibus. — Pour S*-Paul, piazza di 
Venezia, Obajocclii. 

Les voiturïns — (l'ouverture des che- 
mins de fer va rendre ce mode de trans- 
port de plus en plus rare). Jusqu'ici les 
voitures pour toutes les directions se trou- 
vaient au Gampo Marzo, ail' osteria de\Y 
Orso; via délia Fontana; albergo degli 
Orfanelli, à Monte Gitorio ; alla Gampana 
(albergo), via délia Scrofa. 

Médecins. — Docteur Faussig, ancien 
médecin du grand-duc de Toscane (pnrle 
français), place Barberini, 72. — Docteui: 
Valeri, élève de l'école de Paris. 

Librairies. — P. Merle, place Golonne, 
librairie française la mieux assortie de 
Rome; — Spithover, piazza diSpagna, 80, 
livres anglais, italiens, allemands; livres 
d'art, estampes, etc.; — Piale, place d'Es- 
pagne, librairie anglaise et française ; ou- 
vrages sur Rome ; — De Romanis, pour 
la littérature classique ; — Gallarini, 19, 
place Monte Gitorio, livres italiens, an- 
glais, et livres anciens; — De Angelis; 
— Moschetti, rue délia Groce, 75; — 
Bencini,rueRipetta, 72. 

GicEROKi. — La plupart des ciceroni cjui 
dirigent les voyageurs dans leurs visites 
aux curiosités de Rome n'ont qu'une con- 
naissance routinière et superficielle ; mais, 
si l'on veut faire un examen plus fruc- 
tueux, il faut s'adresser à quelaue per- 
sonne instruite et versée dans lw<:feftftr- 
\02ve Totnwsift. ^tv yï>^\. wwtV w^^'î^^ 



118 ROUTE 142. — ROME. — RENSEIGNEMENTS. 

teur des fouilles du palais des Césars dotli, 70; Gades, au Corso, 45G ; Llle 
(demeurant place di San Pietro, 18), fait rotli, rue Condotti. 
dans la belle saison des courses arcnéolo- Bijoutier. — Nous nommerons seul e- 
giques dans la campagne de Rome, aux- ment, à cause de sa réputation curo- 
quellcs peuvent être admis les étrangers, péenne, l'habile Castellani (près de la place 
et qui sont duplus haut intérêt. — M. Carlo Trevi, via Poli, 88), qui a fondé à Paris 
Yisconti (via Belsiana, 71) est un archéo- (aux Champs-Elysées) un établissement 
logue renommé par ses travaux, et au- bien connu du monde élégant. Ses maga- 
près de qui les personnes instruites vou- sins sont plutôt un musée qu'une bou- 
lant étudier les antiquités de Rome et des tique de bijouterie. Depuis la première 
environs pourront trouver une utile di- marche jusqu'au 2" étage les murs sont 
rection. — S'adresser aussi à la librairie couverts de fragments antiques et de eu- 
Piale. riosités. 

Cabinets de lecture. — Piale, libraire, Marchands de cami^-es et de mosaïques. — 

place d'Espagne, n" 1 ; principaux jour- Les dépôts de mosaïques et de camées sur 

naux italiens et étrangers (1 scudo par pierre dure et sur coquilles se trouvent 

mois; séance, 1/2 p.). On y voit la liste des principalement place d'Espagne ; via dcl 

cérémonies religieuses de la semaine^ Babbumo (Rinalcli, Vitali); via délia Crocc; 

et des curiosités à visiter. — Spitbover, via Condotti. — Camées sur pierre dure : 

libraire, place d'Espagne, 79-80 (pour Neri, place d'Espgne, 10; Saulini, via 

une séance, 10 baj.; une semaine, 50l)aj.; Babbuino, 96; Civiîotti, place d'Espagne, 

deux semaines, 90 baj.; un mois, 1 scudo 95; Girometti, via del Quirinale, 49; 

50 baj.; trois mois, 4 se. 10 baj.). — Bu- Vergé, place d'Espgne, 66. — Camées 

reau de l'Osservatore Romano, place de' sur coquilles, principalement: Saulini, 

Crociferi, 48. via dolla Croce, 8; Odelli, via Rasella, 

Marchands de gravures. — La chalco- 145 ; Diez, via Condotti, 84 ; Petcrsen, 

graphie du gouvernement est rue délia viaSant' IsiAono. — Mosaïque de home : 

Stamperia, 6, près de la fontaine de Barberi, via Rasella, 48 (est le plus re- 

Trevi. On y trouve les estampes d'après nommé); Luigi Moglia, professeur de mo- 

la chapelle Sixtine, les salles du Yati- saïque. rue del Babbuino, 133; Giov. 

can, etc. — Fabri, Capo le Case, 3; — Barberi, place d'Espagne, 99; Poggioli, 

Cuccioni, via Condotti, 18 et 19 (photo- rue Babbuino, 65; Rinaldi, id., 1*25; 

graphies); — Frezza, via Condotti, 42; Gabrini, rue del Corso, 56; Verdejo, rue 

— Schulz, piazza Monte d'Oro, près du fo- Condotti, 34, etc. — Marchands de mo- 

mm de trojan (gravures d'après Over- «flf*^tt^«;Caprani, rue Consulta, 56; Diez, 

beck), etc. rue Condotti, 84; Francescangeli, rue 

Photographies. — De Bonis, via Felice, Babbuino, etc. 

123 ; — Flachéron, marchand de cou- Théâtres. — Teatro di Apollo, via di 

leurs, place d'Espagne, 44; — Spitho- Tordinona, près du pont i^aint-Ange 

ver, place d'Espagne; — Macpherson. (opéras et comédies). — T. Valle (opéras 

vicolo d'Alibert, 14; — Dovizielli, via et comédies). — T. Argentina, rue délia 

del Babbuino, 135; — D'Allessandri, Rotonda. — T. Metastasio (comédies), 

même rue, 65 ; — Mang, place d'Es- P^e» «e Ripetta. — T. Capranica, près de 

pagne, 9, — Les grandes vues photogra- I* P^^^e Colonna. — Le prix d'entrée aux 

phiques de Rome, prises par Cuccioni et grands théâtres est de 3 à 4 p. — Fan- 

par Andersen, sont très-estimées ; — Ca- toccini, place délia Valle. — Âliberti (ap-; 

neva, 100, via Sistina (fournit les pen- partenant au banquier Torloma, a ete 

sionnaires de l'Académie); magasin via brûle au commencement de l'année 1863). 

Babbuino 68. — ^ ^^ ^''^ de la place San Lorenzo et 

Marchands de bronzes antiques, va^ de 'a rue del Corso, était jadis le célèbre 
SES, etc. — Capranesi, au Corso, 137; théâtre Fiano ou de' Buraltim, 1 amour 
Bassegio, via del Babbuino, 42 ; Bonichi, des Romains; c'est là que Cassandrino dé- 
place d'Espagne, 95 ; Depoletti, via délia Citait tous les soirs ses lazzi spirituels, 
Fonlanella Borghèse, 31 ; Malduro, via ^^ sarcasmes piquants en lançage trans- 
YJtJoria, 54. — Empreintes en souft-e, tévérin. » 
^é? médailles, de fremmes et de camées, ~ 
^P^^ Odelli, rue Rasella, ii5; PaoJetii, Temps; mvisiov liï» we»^^. — ^tv 
'tf délia Croce, 86; Lucdiini, via Con- trouve encore KKotoc Y «wÀeiiCJÀtwvVvv- 



États de l'Église, route 142. — rome. — renseignements. 



lien, comptant les heures du jour jus- 
qu'à 24, et se ri^glanl d'après le coucher 
variable du soleil, qui marque la fin du 
jour. L'Ave Maria, .où l'on sonne la prière 
du soir, indique 24 h. (une demi-neure 
après le coucher du soleil qui, en toute 
saison, a lieu à 25 h. et demie), et an- 
nonce le commencement d'un nouveau 
jour. 

Cérémonies religieuses. — Lcdimancfte 
des Rameaux: Chapelle papale à Saint- 
Pierre, à 9 h. — Bénédiction et distri- 
bution des palmes par le pape, a Les céré- 
monies de la SEMAINE SAINTE commcucent 
le mercredi, par les vêpres, dans la cha- 
pelle Sixtine. Le pape assiste à toutes ces 
cérémonies religieuses. C'est vers 5 h. de 
l'après-midi qu'on chante le fameux Mi- 
sère. 

a 11 y a trois compositions différentes 
e ce psaume chanté trois jours de la se- 
maine sainte. Celui de Grégoire AUegriy 




verset à neuf. Le second Miserere est de 
Thomas Bai ; ilfut composé en 1 714 ; il est 
différent dans presque chaque verset : le 
premier à cinq voix, l'autre à quatre, le 
dernier à huit. Quant au troisième Mise- 
rere, il a été composé pr Joseph Baini 
en 1821 ; il est à oix voix. L'exécution de 
chacun de ces trois psaumes dépend de 
la volonté des chanteurs, car il n'est pas 
décidé lequel doit être chanté le mercredi, 
le jeudi et le vendredi saint. » • 

Le jeudi saint, le papeassisleàlOh. 
à la messe dans la chapelle Sixtine ; à 
l'offertoire, motet de Palestrina. Après 
la messe, le pape porte processionnclle- 
mcnt le saint sacrement dans la chapelle 
Pauline, qui est magnifiquement illumi- 
née ; puis, un peu avant midi, il se rend 
sur le balcon de la basilique Vaticane et 
donne la bénédiction au peuple; au mo- 
ment où il la prononce, le canon tonne 
au château Saint-Ange, et le bruit des 
trompettes, des tambours et des cloches 
se fait entendre en môme temps. Le pape 
fait ensuite le lavement des pieds a 13 
prêtres de différentes nations; — au 
portique supérieur deS*-Pierre, Cène;\c 
pape leur lave les mains et les sert à 
table. — Entre 4 h. 1/2 et 5 h., le grand 
pénitencier, assis dans Je transsept g. de 
S*'Pierrc, accorde la grande absolution 
i un coupable, qui vient se confesser, 



119 

entouré de sa famille. — Vers 5 h. du 
soir, on chante, 1" lamentation de Pa- 
lestrina, le Miserere. 

Le vendredi saint, à la Six(ine, à 9 M. 
1/2, Chapelle pnpale; passion; chœur 
d'Avila; sermon latin; 5 h. 1/2, Chapelle 
papale, ténèbres chantées à 3 h. 1/2, le 
Hierusalem, à cinq voix d'Allegri, et le 
dernier Miserere. 

Le samedi saint, Sixtine, 9 h., cha- 
pelle papale ; on chante la inesse du pape 
Marcel, par Palestrina (elle est encore 
chantée solennellement le 29 juin, jour de 
la fête des apôtres saint Pierre et saint 
Paul) ; vêpres. 

Le dimanche de Pâques, un peu avant 
10 h., le pape, la tiare en tête, précédé 
par le cortège ecclésiastique, fait son en- 
trée solenndle dans la basilique de Saint- 
Pierre, porté sur la sedia gestaloria par 
12 palefreniers vêtus de damas rouge ar- 
morié. Les flabelli ou éventails de plumes 
de paon sont portés par deux camériers 
secrets. A la messe, le pape communie 
(il se sert d'un chalumeau pour l'absor- 
ption du sang divin). — De la loggia du 
milieu de la façade de Saint-Pierre, le 
pape donne la bénédiction au peuple as- 
semblé sur la place, et qui est couverte 
de paysans de la Sabine, d'habitants de 
Rome, d'étrangers et de troupes. La for- 
mule de cette bénédiction, prononcée en 
latin, au lieu d'avoir cette hrièveté poé- 
tique qu'on lui attribue généralement — 
iiBBi ET ORBi — comprend plus de cent 
mots. — Le soir a lieu l'illumination du 
dôme de Saint-Pierre : 365 hommes sont 
employés pour allumer avec une rapidité 
surprenante les 5191 lampions destinés à 
celte illumination. 

Lorsque dans une église on dit qu'il y 
a chapelle papale, cela signifie que le 
pape et les cardinaux assistent à la messe 
(à l'église de la Minerve, le 25 mars ; à 
Saint-Jean de Latran, à l'Ascension et à 
la fête de saint Jean; le pape donne la 
bénédiction de la grande Loggia ; à Saint- 
Marc in Vallicella, 26 mai ; Santa Ma- 
ria Maggiore, 15 août ; San Carlo al 
Corso, 4 novembre). Pendant tout le Ca- 
rême et l'Avent, il y a chapelle papale 
dans le palais apostoliaue tous les di- 
manches. — Le jour de VÉpiphanief vers 
4 h. du soir, on promène le bamhiuo dans 
régUse Ara Gali, fc\. ow ^'wvxv^VXfeofeSsNRT- 
liou au v^M^Xe. ^vjl >û»xiX. ^^. \«ï^^« « "■ 



150 



KOUTE \A*i. — ROME. — PLACES. 



sales de cavaliers qui la décorent 
(Castor et PoUux?). On est très-incer- 
tain sur Fauteur de ces ouvrages : les 
noms de Phidias et de Praxitèle f gra« 
vés sur les piédestaux, sont une pure 
fantaisie, qui ne tient même pas compte 
de la conformité de style accusant une 
même main. On les considère comme 
des ouvrages de Técole de Phidias ; 
mais on les croit exécutés du temps des 
empereurs. « Le trou pratiqué dans 
Tœil pour marquer la prunelle prouve 
que leur exécution, très-posténeure à 
Phidias, ne peut remonter plus haut 

3ue Tibère. » Sixte V les fit tirer des 
écombres des thermes de Constantin 
(enfouis, au Quirinal, sous le palais 
Rospigliosi et la villa Aldobranai) et 
placer ici. [11 ne faut pas chercher 
dans ces statues la réalité vivante, 
mais bien la grandeur du style archi- 
tectonique.] La place est de plus décorée 
d'un obélisque et d'une fontaine for- 
mée d'un grand bassin de granit, que 
Pie VII fit transporter du Forum. 

Place de Monte Citorio — (de Ci- 
tatorum ou Citatorium, parce qu'on 
y appelait les Centuries). Cette place, 
située devant le palais de justice (de 
la police), est décorée d'un obélisque. 
— Le palais de Monte Citorio, com- 
mencé en 1650, fut achevé sous la 
direction de C. Fontana, par Innocent 
XII, et on lui donna le nom de Curia 
Innocenziana. 

Place Navone. — Une des plus 
grandes et des plus belles de Rome, 
conserve encore la fonne du cirque 
d'Alexandre Sévère, les maisons ayant 
été bâties autour sur les fondements 
des gradins. Cette place, le grand 
marché de Rome, a un obélisque, des 
statues colossales, des fontames, et 
point d'abri pour défendre les paysans 
du soleil ou de la pluie. Avec le goût 
de la magnificence, tout respire ici 
rindifférence de l'utile. Elle est déco- 
rée de trois fontaines.; les deux à l'ex- 
trémité» placées par Grégoire XIII. Le 
/r/'/oa colossal, tenaot un dauphin qui 
/ûnce de l'eau, fut exécuté sous Inno- 



cent X (Panfili) par le Bemin. — La 
fontaine, d'un effet théâtral, située au 
milieu de la place, est du fiernm, sous 
Innocent X. Elle est formée d'un bas- 
sin en marbre de 24 met. de diamètre ; 
au milieu est un rocher de 13 met. 
38 de haut, percé à jour de 4 côtés, 
de manière à former une ^orte de 
caverne et portant un obélisque. [C'est 
évidemment la conception la moins 
égyptienne qui pût se présenter à l'es- 
prit.] Aux quatre côtés du rocher sont 
des statues colossales d'après le Ber- 
nin (le Gange, le Nil, la Plata, le Da- 
nube). 

L'inimitié connue qui existait entre les 
deux architectes Remini et Rorrooiini a 
seule peut-être suggéré à la gaieté ita- 
lienne les interprétations malignes au su- 
jet de deux des statucscomposeespar Rer-- 
nini. Ainsi on a prétendu cpie le voile 
qui cjuvre la tétc du Nil n'est point une 
allusion au mystère de sa source, mais 
que cette figure se cache la tête pour nu 
pas voir la façade de l'église de Sainte- 
Agnès (le moins bizarre toutefois des 
ouvrages du Rorrpmini). On a dit éga- 
lement que la figure rejetée en arrière et 
le bras levé manifestait son effroi devoir 
tomber uu des elocheps de régli«e. — Le 
marché aux lé^mes et aux fruits se tient 
tous les matms sur cette place, et, les 
mercredis, le grand marché de Rome. — 
Dans le mois d'août, les samedis et les 
dimanches, on inonde cette place, trans- 
formée en lac, et il s'y fait un concours 
de peuple et de carrosses. 

Place du Panthéon. — Ce fut Eu- 
gène IV qui déblaya cette place des 
décombres des anciens édifices. Gré- 
ffohre XIII fit faire, sur les dessins 
a'Onono Lunghi, la fontaine qui se 
trouve sur cette place et sur laquelle 
Clément XI plaça un obélisque. 

Place Pasquin — (près et au S. 0. 
de la place Navone). Tire son nom 
d'une ancienne statue (de Ménélas?), 
mutilée, k l'angle du palais Braschi. 
CeUe-ci a elle-même pris le nom d'un 
[tailleur à rhumeur moqueuse, qui 
\ dèoodiaÀt des VniV» nnSiitt coatre ses 



États de rÉglise. rouîe 142. '— romb/ — ponîaines. 

contemporains. De là vient le mot de 
pasqmnades. 



m 



Après la mort du tailleur, on se mit à 
aflicoer les écrits satiriques sur la statue, 
I^DS un pays privé de la liberté de la 
presse, c'était une sorte de Moniteur de 
l'opinion publique, sous une forme plai- 
sante qui ne devait pas beaucoup alar- 
mer le pouvoir. Cependant on fit quel- 
quefois à Pasquino l'honneur de lui 
mettre un factionnaire ; Adrien VI vou- 
lut même le faire jeter dans le Tibre. — 
A une autre extrémité de Rome une 
statue dite de Marforio, située près de 
l'arc de Septime Sévère, était le com- 
père de Pasquino ; ainsi, (|uand le pape 
Clément XI envojait à Urbm, sa patrie, 
des sommes considérables, Marfof'to de- 
mandait : Che fa Pasçuinoîha lende- 
main, Pasquin répndait : Guardo Roma, 
che non vada a urbino. — La statue de 
Marforio a été transportée au musée du 
Capitole. Depuis ce temps, le pauvre 
Pasquin semble avoir perdu sa gaieté et 
sa verve. 

Place du Peuple. — Magnifique en- 
trée de Rome. Cette place elliptique 
est décorée, au centre, d'un obélisaue 
(sur un soubassement élevé de plu- 
sieurs degrés et |)résentant aux quatre 
angles des lions versant de Teau dans 
des vasque^. A ces extrémités sont 
deux vastes hémicycles , ornés de fon- 
taines monumentales, de statues, de 
colonnes, etc. — Au-dessus de Thémi- 
cycle N. E. s'élèvent une suite de 
rampes et de terrasses décorées de 
statues et de colonnes rostrales, jus- 

Su'à la promenade du Monte Pincio. 
e vaste ensemble décoratif , qui forme 
une perspective grandiose, est dû à 
l'architecte Valadier (sous Pie Vil). 
L'obélisque est le centre où convergent 
trois grandes rues (à g* la via del 
BabbuinOt allant à la place d'Espagne 
et au Quifinal; au milieu, le Corso , 
s'ouvrant entre les églises Santa Ma- 
ria ai Monte Santo et Santa Maria dei 
Miracoli» et allant au Capitole; à dr., 
ïàvki dk RipeUtty allant au oort de ce 
nom dtûeaant danH lé Cœur de Borne) . 



Enfin, à côté de la porte, est l'église 
Santa Maria del Popolo. 

Place de Saint-Pierre ad Vatican — 
(V. basilique de Saint-Pierre, p. 161). 

Place DES Quatre Fontaines. — C'est 
seulement le point convergent de plu- 
sieurs rues qui vont aboutir au som- 
met du mont Quirinal. On jouit de là 
d'une perspective pittoresque. 

Place de' Termini. — Ainsi nom- 
mée des Thermes de Dioclétien. Fon- 
taine de YAqua Felic'e (F. p. 132). 
C'est près de là qu'est aujourd'hui la 
station du chemin de fer. 

Place Trajane — (V. forum de 
Trajan, p. 147, et colonne de Tra- 
jau, p. 154). 

Place de Venise — (à l'extrémité 
du Corso, qui s'étend de cette place à 
la place du Peuple). Elle est ainsi 
nonmiée du palais des ambassadeurs 
vénitiens, aujourd'hui à l'Autriche. A 
l'angle à dr. de cette place, est le par- 
lais Rinuccini, puis de la mère de Bo- 
naparte, aujourd'hui au prince Charles 
Bonaparte ; à g. est le palais Torlonia. 

Fontaines. 

11 y a à Rome une cinquantaine de 
fontaines monumentales; les plus re- 
marquables sont : 

Fontaine Pauline — (Fontaria Pao- 
lina), sur un point élevé du Janicule, 
d'où elle domine Rome. C'est la plus 
grande et la plus abondante de Rome 
(F. aojua Paola, p. 159). Paul V, dont 
on voit les ai^mes (un aigle et un grif- 
fon) au-dessus de l'attique, la fit Faire 
en 1612, sur les dessins de Giovanni 
Fontana, frère de Domenico Fontana. 
Les colonnes de granit proviennent du 
Forum transitorium , ou de Nerva 
(F. p. 146). 

Fontaine de Trévi — Fontaine d'un 
grand effet par sa masse d'eau (acqua 
Vergine (F. p. 158) et sa décoration 
théâtrale, pour laquelle la place où elle 
se trouve est be^\iCQ\i^ Vxw^ ^çîC>X^.. 
GlémenlWWvi îA m^^t ^^^ ^xtcoV^ 



im 



ROUTE t43. 



brea en 174J2. lia des càléa du palais 
Conti (Poli) sert de façade. Dana la 
grande niche centrale s'avance Nep- 
tune, lire par des chevaux marins ; 
ouvrage de P. Bracci. Les statues de 
l'Abondance et de la Santé sont de 
Valle. 

Fontaine de l'AcqviI Felice, — ou 
de' rermint, près des Thermes de Dio- 
clélien (V. Acqua Felice, p. 159). 
Conslniite par Dom. Fontana, par 
ordre de Siite V. C'est une des plus 
belles do Rome. Dans l'arcade du mi- 
lieu esl un Moïse colossal, sculpté par 
Prosperû dé Hrescia, qui, presse par 
rimpclneui Sixte V, n'eut pas le temps 
d'étudier son œuvre, el mourut de 
douleur des risées qu'elle excita. Ce 
ridicule Molseaélé quelquefois indiqué 

celui de Hichel-Aiige. Les statues 
d'Aaron et de Gédéon sont do G. B. 
délia Porta el de Flam. Vacca. 

FoNtiiEiE DE Mo.'cn Cavallo (F. p. 
130) ; — de la rLACE d'ësmgme {V. p. 
129);— delà PL»cENAVME(V.p.l30(; 
— du Triton ( V. place Barberini, 
p. 129); — des places SAUii-l'iEHflE 
el du CiriioiE ( K. ces articles). 

FoHTAïKB oes'Ïorujes — (dsUeTar- 
taru^). Place du même nom, ou 
Mattei. Celte fontaine est attribuée Si 
Giac. delta Porta. Selon de nouvelles 
recherches, elle sérail du Florentin 
Taddco Landini. 



Le double lOfvct «eue lequel s'offre 
ItiMW! conioia viub axtiqie et ciHume 
vaLB KDUEBKi dcDDC Ijeu naturellemcnl 
i une double diviiion ; la première, coa- 
ucrée ciclun¥c.ii]t'nl aux antiquité«; la 
deuxièmi-, nul uKiiiunienU moderiia. Le 



plui adopté par la plupart des 

Eubliïï i Uume, consialaDt i yi 
I description decelle ville par /(«irn^ei, 
mâle eiiserabla les obicJs lea plus diffû- 
«nl.s, jelle la confusion dans l'ctpril el u 
jvT^te diOicileaiaa aux recborcliea, car 
e//n mpptae d'amtre une fNtrOiite con- 



naisunce de la topographie de Rome, 
Noua conserverons donc la deieripliôn 
méthodique par aitalogie deê mona- 
nient«, que noua avons suivie jusqu'ici. 
""t laissée chaque voyageur la liberié 
.. te faire lui-même fc plan parliculirr 
qui lui convient. 

D'un autre cAté, k cause de la multi- 
plicité des monuments i visiter et des 
longues courses à faire à travers Rome 
p?ur j arriver, il y a aussi, on ne sau- 
rai! le nier, de certains avantages dans 
la detcriptioB par quartiers, quelque 
illogique qu'elle soit sous d'autres rap- 
ports. Pour faciliter cette visite par quar- 
tiers, nous allons donner une Lable des 
monumeni! de Home, oinsï classés, avec 
les renvois aux pages où ils sont décrits. 
Celte table fournira d'ailleurs aux voya- 
geurs le moyen de s'assurer s'ils ont 
— '" quelque curioûlé dans leurs cicur- 



Pont S>-Ange,ptge 12S, — MmuoUé 
d'Adrien (château S'-.\nge), 159. — 
HÂpilal San Spirilo, S5S. — Palan Gi- 
raud, 253, — Place S'-Pierro. ICS. — 
(Cirque de Hérm, 153). — OMiique, 
1S5. — Colonnade du Beriiin, 165. — 
BASiUQiia DE S'-PiEUBE. 161. — Palais 
du ViTiciTi. 302, — Chapelle Sixliuc, 
205. — (Jugement damier de Hidicl- 
Ange], 2U4, — Loges (de Raphaël), 200. 

— Staaze, 207. — Galerie de tableaux du 
Vatican, 211-230, — Musées du Vatican, 
214, — Bibliothèque. 221. — Manufac- 
ture de Mosaïques, 229. — Jardûis, 330. 

— Villa Pia, 3Ô0. — Porte Cavall^gicri, 
124. — Poria Angelica. 124. — ; Hors les 
murs : monte Mario 'IM; et villa Uadami, 



Porte du Peuple, page 123. — (Hors 
la porte ; villa fiorglii9e.261. — Villa 
di papa Gialio, 304.) — Place du Peu- 
ple, «i. — OMItaque, \ïa. — S"- 



États de l'Église. MitiE U2. - 

Hirie lia Penpie, 195. — PromeDsdt du 
mont Pincio, 1Ï7. — Les trois met di 
nipetlK, M ConoeL delBabbuino. 13Ë, 
1 M. — Pilms Cunpana, 2*S. ~ Éilise S'- 
ChMks, 188. — Palais Ruspoli, 95*. — 
San Lorenio in Lucino, 190. — Palais 
Cbigi, !45, — Place Colonne, 139. ~ 
Colomte Antonine, \Si. — ^ Place et psIaL 
dû monte Citorio jcuria Innocenziana) 
130. — Obélùqae. 156. — Dopina di 
terra {Temple d'AntùninU Pieua). 151. 
— b'-lplace, 189. — Collésc Romain, 
257. — Musée Kirther, 257. — Palais 
Seiarro, 355. — S'-M«rcel, 190. — Palais 
Doria Panlili, 248, — Palais Danapirte. 
2*2. — Place de Teniac, 131. — Palais 
de Venise, 25fl. — S'-Harc, 190. — 
Maison de Pielre de Cortone, 257. — 
Palais du banquier Torlonia. 256. — 
Vtbàa Altieri, 2*1. — Gesù (Église), 



Tombeau de Publ. Bibulus, page 159. 

— Campidoglio, mont Capitolin, 128. — 
(Temile de JuiùterCapilolin, 126. 1«.> 

— %liBe d'Ara Cœli, 184. — (GirémonU 
deJ Bamkina, 185.) ~ Capilole, 
Place du Capilole, 232. — Statue ite 
marc Anrile, 232.— Palais du Séiialeur, 
232. — Palab Ans Conservateurs, 232- 
23*. — HvsËE tiD CiMTOLE, 236 — Ga- 
lerie de tableaui du Capitole, 254. — 
Roche Tfirpéieane, 12fi. — Prison Ma- 
ntrfàie (SMoseph des Menuisiers), 138. 

— Jabularium, 139. 



nouË. 



t53 



Porom Romain, 158. — Temple de la 
Concorde, page 1*0. — Temple de Ju- 
pUer ToMuml, 140. — Ten^e de Vei- 
ptuien, 140. — Schala Xantha, 140. - 
Tempie de Saturne, 141. — Arc de 
Septime Sévère. 139. — Roilre». 1*1. 

— Colonne de Phoau, 1*1. — Temple 
(/eiiq)A«râl(ili)r(T.deCaatoretPo11ui'; 
[GrseeMtan»), 142, — Comitium. [Mi- 
uermChateidica),ii2. — BatiUca Jutia, 
141. — [Formn de Jules Cétar), 1*6. 

— Sm Teodaro, 20], — Temple ifAnlO- 



niH et t'auitirie (San Loi-enio in Mi- 
randa), 142. — T. de Hemalui et Mmai 
(S'-Coame et S'-Damien), 113. — Ba»- 
lique de Conslertiin {Temple de la 
Paix), 143.— Templede Vétiut et Rame, 
143, — SaniD Franccsca Romana, 188. — 
Arc de Tilut, 14*. — Hont Palatin, 
127. — Palait dei Césan (Palais de Hé- 
ron), 151. —Jardins Farnèse, 127. — 
ViUa Spada (Palatine, Hills; Couvent), 
127. — CoLisÉE, 14*. — Meta Sadani, 
141. — Arc de Comtantin, 144. 



[Forum Boarium, page 1*7). — Arc 
de Septime Sévère ou da Orfèvres. 
153. — Arcde JaniaQuodriftmi, 153. 
— Maison de Rienii ou de Crescentius, 
- Temple de ta Fortune Virile (S"- 
yarie-rEgjpliennol,,148. — Ponté Rotto, 
'"". — Santa Harîa in Cosmedin, 192. 
Temple de la PtaUcilé palrictenne, 
nu deCéréi etde Proierpine, 1*8.) — 
Place délia Bona délia Verità, 129. — 
Temple rond de Vetta, 1*7. — Cloaca 
Uaxima, 136. — Circua Maxiimii, 
152. 



Poule Sublicio, page 129. — Santa 
ïatia Aventina, 192. — Sanla Sabina, 
"01. — Monte Teslaccio, 126. — Pyra- 
mide de Ceêtitu, 159. — [Horsles mur», 
(i*eiLTQDKiiES*iiiT-pAUL), 178. — S'~Paul 
:iuxTroisPontaIne9;S'>Marla ScalaCielii 
S. Vincenïo et Anastasiu, 179. — [Ègl. 
San Saba], — Tlierme» de Caraealla, 
158. — Saints Néree et Achillée, 107. 
— Tombeaux det Scipiont, 160. —Are 
de Dtuiux, 153. — (Hors les murs : 
bsillijue S'-Sébastien), 180. — CaU- 
[^mbes, 266. 



S'-Grégoire, page 189, — Jardi» çu- 
ilic, près de Sm\ tteçjitui, 1H4 . — 'iiTOOjs. 



154 



ROUTE 142. — KOME. 



ITlKERÀlRË. 



loiido), 201.— Villa MaUei,263.— Arc 
de Dolàbella et SilamSt 153. 

DE SAINT-JEAN DE LATRAN A SAINTE- 
MARIE-HAJEURE. 

Place de S»-Jean de Lairan, page 172. 

— Obélisque, 155. — Place di Porta 
San Giovanni, 175. — Basilique de Saint- 
Jean DE Latran, 175. —Palais et musée 
de Latran, 259. — Baptistère, 175. — 
Scala Santa, 176. — Triclinium, 176. — 
Porte San Giovanni, 123. — Âtnphithëâ' 
tre CastrensCj 152. —• Basilique de Santa 
Croce in Genisalemme, 178 — Aqueduc 
de Claude, 158. — Tombeau d'Eury- 
sacés, 160. — Porta Maggiore, 123. — 
Temple de Minerva Medica, 148. — 
Santa Bibiana, 185. — Porte San Lo- 
renzo, 123. — (En dehors, basilique^ de 
S»-Laurent), 179. —Mont Esquilin, 127: 

— Are deGallien, 154. —Basilique de 
S'Mïarie-Majeure, 176. — Place de S**- 
Marie-Majeure, 176. — Obélisque, 155. 

— Sant' Antonio, abbate, 184. — Santa 
^ Prassede, 200. — San Martino a' Monti, 

197. — Santa Pudenziana, 201. — S*- 
Pierre in Vincoli, 199. — Quartier de 
Suburra (?), 137 (1" col), 200. — 
Thermes de Titus, 157. — Sette Sale, 
457. — S»-Clément, 187. 

de sainte-harie-biajeure a la place 
d'espagne et a la villa médicis. 

Mont Viminal, page 127. — Villa Nc- 
groni, 263. — [Aggere de Servius Tul- 
lius, 135, 136. — Camp des Préto- 
riens (K. le plan). — Thermes de Dio- 
clétien, 157. — S»«-»Marie des Anges, 
191» — San Bernardo, 185. — S*«- 
Marie de la Victoire, 190; — Mont Qui- 
Hnal, 127. a— Placé de Monte Cavallo, 
129. — Obélisque, 155. — Palais du 
QuiriraL, 230. — Sant' Andréa (al No- 
Vlziato), 183. — Palais Rospigliosi, 254. 
—i S'-Silvestre, 201. — Sant' Andréa 
dellc Fralte, 183. — San Carlo (aile quat- 
tro fontane), 186. — Place Barberine, 
129. — FonUine du Triton, 129. — Pa- 
JaJs Barberini, 24i, — ï^lise des Ca- 
pudns (ou Santa Maria délia Goncezionc), 



185. — {Cirque de Flore], 153. — Villa 
Ludovisi {Jardin et cirque de Salluste), 
153. — La Propagande, 238. — Maison 
du Poussin, 257. — S»-Isidore, 189. 

— Place d'Espagne, 129. — Fontaine 
de la Barcaccia, 129. — Obélisque de 
Salluste, 155. — Santa Trinità de* Monti, 
201 .—Villa Medici (Académie de France), 

263. 

(Hors la porte Pia : Santa Agnese, 180. 
Santa Gostanza, 181. 

Hors la porte Salaca : Villa Albani, 
259.) 

entre les places d'espagnE: de monte- 
cavallo, le fordm et le c(»lso. 

Fontaine de Trcvi, page 131. — Saints 
Apôtres, 184. — Palais Odescalchi, 254. 

— Place Colonna, 129. — Palais Golonna, 
245. — ^emple du Soleil), 246. — 
Place Trajane (Forum de Trajan. —Bi- 
bliothèque Ulpienne), 147. — Colonne 
Trajane, 154. — Santa Maria di Loreto, 
193. _- Forum transitorium [de Ner- 
va), 146. — Forum d'Auguste (Temple 
de Mars Vengeur) ; Arco dei Pantani, 
147.— Musée de l'Académie de S*-Luc, 
240. — Santa Martina, 197. 

PARTIE CENTRALE DE ROME — ENTRE LE 
CORSO, LE MONT CAPtTOLlN, LE PONT 
SISTO, LA PLACE NAVONE, LE PORT ET LA 
RUE DE RIPETTA. 

Port de Ripetta, page 128. — S»-Jé- 
rôme des Esclavons, 189. — Mausolée 
d'Auguste^ 159. —Palais Borghèse, 242. 

— Palais de Florence, 253. — S'-Au- 
gustin, 182. — S»-Louis des Français, 
190. — Palais Giustiniani, 253. — Place 
du Panthéon, 130. — Obélisque, 156. — 
Panthéon, 1 49. — (T/iem^« d Agrippa), 
156. — Obélisque de la place de Santa 
Maria, sopra Minerva, 156. — Santa Ma- 
ria, sopra Minerva, 193. — Bibliothèque 
de la Minerve, 258. — Collège de la 
Sapienza, 257. — Palais Lantc, 253. — * 
Sant' Andréa délia Val le, 183. -^ Palais 
Vidoni, 250. --Théâtre de Pompée ^ 151. 

— Santa Trinità dei Pellegrini, 202. " 
\ Poni SWlo, Vi%. — ^Mi Cw\^ ^v Ça\.v- 



Ëtats de TÉglise. route 142. — bome. — iTiNéRiiRE. 



iS5 



nari, iS6. — Fontaine délie Tartarughe, 
132. — Palais Gostaguti, US, ^r (Cirque 
Flaminàtts), 155. — Palais Mattei, 254. 

— Santa Maria in Gampitelli, 192 — 
[Portique d'Octavie), 155. — Théâtre 
de MarcelluSy 151. — Palais Gcnci, 245. 

— Ghetto (quartier des juifs), 125. 

ENTEE LA PLACE NAVONE ET LE TIBRE. 

Place Navone [Cireus Agonalië), page 
130, 153. — Fontaines, 130. — Obé- 
lisqûây 156. — Santa Agnese, 182. — 
Santa Maria dell' Anima, 192. — Pont 
triomphait 128. — Santa Maria délia 
Pace, 194. — Palais Altemps, 241. — 
Maison de Raphaël, 257. — San Gio- 
vanni de Fiorentini, 188. — [Restes du 
pont Triomphal.] — Palais Sacchetti, 
255. — Santa Maria in Vallîcella (Ghiesa 
nuova), 196. — Palais Panfili, 254. 

— Palais Lancelotti, 253. — Palais 
Braschi, 245. — Palais Massimi, 255. 

— Statue de Pasquin, 131. — Palais 
Famèse, 250. — Palais de la chancel- 
lerie, 245. — San' Lorenzo in Damaso, 
190. — Palais Linotte, 255. — Palais 
Spada, 255. 

ILE OU TIBRE OU SAM BARTOLOMMEO. 

Ponté Fabricim (de' Quattro Capi) et 
CestiMê (San Bartolommeo], page 128. 

— Temple d'Esculape (San Bartolom- 
meo), 148. 

TRASTETERE (p. ISS). 

Port de Ripa Grande, p. 128. —Santa 
Maria dell' Orto, 194. — Sanla Cecilia, 
186. — Santa Maria in Trastevere, 196. 

— Muraille d'Aurélien, 125. — S»- 
Pierre in Montorio, 198. — • Temple cir- 
culahre de Bramante, 199. — Fontaine 
Pauline et Acqua Paola, 151, 159. — 
Porte S»-Pancrace, 124. — (Hors les 
murs ; Villa Pamphiii (PanfiIi Doria), 
264. — Palais Corsini, 246. — Palais 
de la Famésine, 25 i. — Jardin bota- 
nique (ancien Palais Salviati), 257. — 
Sant' Onofrio, i97. 



Sol firlmitlf de lloma. 



Dans le principe, le sol de Rome pré- 
sentait un aspect bien différent de celui 
d'aujourd'hui. Il était couvert de marais 
et de forêts épaisses. Les collines boisées 
et hérissées de petits sommets pour la 
plupart taillés à pic et disparus, étaient 
arrosées de sources nombreuses, aujour- 
d'hui perdues Le Tibre, vaguant en li- 
berté, usurpait des terrains maintenant 
assainis. De ces marais, communiquant 
avec le Tibre dans les inondations, le 
plus ^rand, appelé le Vëlabrey inondait le 
terram situé entre le Palatin et l'Aven- 
tin, où fut ensuite le Cirque Maxime; 
pour aller de l'une à l'autre de ces col- 
lines il fallait passer les marais en bar- 
que. Le petit Vélabre, uni à l'autre, s'é- 
tendait entre l'Aventin et le Gapitolin, 
et baignait le lieu où fut ensuite le Fo- 
rum romain. Le lac Gurtius, situé au 
milieu, indique la qualité du terrain 
maréciigeux au temps de la première 
guerre sabine. Ge marais fut comblé par 
les Romains et les Sabins après leur 
union, avec des blocs pris à la roche 
Tarpéienne (F. Musée Kircher, p. 257). 
Le Vélabre fut desséché par Tarqum l'An- 
cien, au moyeu de travaux considéra- 
bles. (K. cloaca Maxima, p. 156.) '— 
Le champ de Mars formait un autre ma- 
rais souvent inondé par le Tibre. 



yOKDMENTS ET RUINES DE ROME ASTIQUE, 
DANS LEURS RAPPORTS AVEC LES FAITS 
HISTORIQUES. 

« La veue des places que nous sçavons 
avoir été hantées et habitées par per- 
sonnes desquelles la mémoire est en rc- 
commendation, nous esmeult aulcune- 
ment plus qu'ouïr le récit de leurs faicts 
ou lire leurs escripts..., » dit Montaigne. 
Et il ajoute ce mot de Gicéron : Tanta 
vis admonitionis inest in locis!... Etid 
quidem in hac urbe infinitum ; qua- 
cumque enim ingredimur^ in aliquam 
historiam vestigium ponimus. 

Du temps des rois. 

(755-509 av. J. C.) 

Si quelque chose subsiste encore de. 
cette époque tcjcxA^, <^ç^ ^>sN.-^^x<fc. 
dans les ve&l\%e% À^i \ oxv^vwX.^ a^^^ ^C" 
Serwm TuUiu», etvtwe Nviù^^ ^«^^^'^ 
les Thermes A(i livodîiNX'Cïv, W n^v.^^ 



156 



ROUTE 142. — ROME. — HISTOIRE MONUMENTALE. 



ffroni et sur la pente S. de l'Aventin. 
Près de la station du chemin de fer on 
peut voir de remarquables restes de ces 
murs de Scrvius Tullius, découverts pen- 
dant les travaux du chemin de fer. Ils 
sont en assises de blocs énormes, de pé- 
perin d'Albano. 

Un autre monument dont l'origine re- 
monte aussi à cette époque, c'est le cachot 
creusé dans le rocher du Capitole par An- 
cus Martius (Tite JÀve) ; le nom de cette 
prison Mamertine rappelle celui de Mars 
(Mamers) . Sous le premier cachot il y en 
avait un second, de 12 pieds de profondeur 
(Tullianutn) ajouté, selon Varron, par Scr- 
vius TulUus (?) a Le nom de Tullianum, 
dit M. Ampère, paraît venir simplement de 
la source (Tullius, ruisseau) qui y coulait 
et qui y coule encore. Quelques antiquai- 
res voient dans le Tullianum une citerne. 
L'on tirait l'eau par le trou d'en haut, 
par lequel, plus tard, quand cette ci- 
terne devint une prison, l'on descendait 
les prisonniers. » Au-dessus de cette af- 
freuse prison (Salluste, Catilina, c. lv), 
où Ciceron fit étrangler les complices de 
Catilina; où périrent Jugurtha, Sé- 
jan, etc.; où, suivant les légendaires, 
saint Pierre fut emprisonné, on a élevé 
la petite église de Saint-Joseph (1598). 
I/cscalier moderne qui conduit à la pri- 
son et à la place du Capitole a remplacé 
celui des Gémonies (scalœ Gemonia.»), 
ainsi nommé à cause des gémissements 
de ceux qu'on y conduisait, et où on ex- 
posait les cadavres des suppliciés. 

La cloaca Maxima, construite par Tar- 
quin l'Ancien, et qui porte Rome depuis 
2400 ans, est un prodigieux ouvrage, 
dont le temps et les tremblements de 
terre n'ont pas ébranlé la soUdité. Cet 
égout continue à servir à l'Usage pour le- 
quel il fut construit. 11 s'étendait du Fo- 
i-um au Tibre, et «faisait partie d'un 
vaste réseau de conduits souterrains dont 
il recevait le tribut.» La voûte est for- 
mée d'un triple cintre de gros blocs de 
tuf, liés de aistance en distance par des 
blocs de travertin sans ciment (on croit 

Îue le travertin provient des réparations), 
'arc a 5 met. 88 de hauteur et autaiat 
de largeur. Agrippa fit nettoyer^ la cloaca 
et la parcourut en bateau jusqu'à son em- 
bouchure, qui se voit entre le temple de 
Vesta et le pont Palatin. 



Période de la RépabUqne. 

(509-30 av. J. C.) 

Il ne reste que très-peu de monu- 
ments de cette période. Au nombre des 
travaux de cette époque dont les vestijrcs 
ont subsisté, il faut citer les grandes voies 
militaires, et particulièrement la via Ap~ 
piOy ainsi que les aqueducs dont les sub- 
structions pour quelques-uns datent sans 
doute de, la Républi(|ue; quelques por- 
tions du pont Sublicius et de la pointe 
sud de l'île du Tibre ; les murs du TabU" 
lariuhi à la base du Capitole. — Le joli 
temple dit faussement: de la Fortune 
Firf/e (aujourd'hui église de Sainte-Maric- 
Égyptienne, près du ponte Rotto), qui 
fut plusieurs fois rebâti, est présumé être 
du bon temps de la République. — Nous 
citerons encore parmi les monuments de 
cette époque le tombeau de BibuluSj au 
pied du Capitole, au commencement de la 
rue dite la Montée de Marforio ; et les ct;- 
lèbres tombeaux des Scipions[V. p. 160). 

Si les monuments de l'époque de la ré- 
publique sont rares, là où les ruines 
mêmes font défaut, la sagacité des an- 
tiquaires, s'appuyant sur les textes an- 
tiques, a pu souvent en retrouver l'em- 
placement. Leurs heureuses découvertes 
ont été habilement mises en œuvre ou 
discutées dans l'ouvrage publié, peu de 
temps avant sa mort, par J. J. Ampère : 
Histoire romaine à Rome . Les lecteurs par- 
courront avec intérêt le tableau qui suit, 
composé de quelques notes extraites del'in- 
troduction du 1*' volume. Elles les aide- 
ront à raviver sur les lieux leurs souvenirs 
classiques. 

« C'est sur le Capitole (V. p. 126), au 
pied du temple de la Bonne Foi, que les 
patriciens égorgent Tiberius Gracchus. 
Son frère Caïus Gracchus se réfugia vai- 
nement sur le mont Aventin, cette for- 
teresse plébéienne; il fut contraint de 
fuir, de traverser le Tibre sur le pout 
Sublicius, pour aller mourir dans un 
bois sacré. — C'est sur le mont Esqui- 
lin que les deux terribles représentant» 
de l'aristocratie et de la démocratie, Sylla 
et Marius, se livrent un combat dans le- 
quel Marius est vaincu. — Quand Sylla est 
allé dans son grand tombeau du champ 
de Mars attendre Cé^ar et Auguste, ses 
voisins de sépulture et ses successeurs à 
la Voule-puVsôttftce, \e Yonim, muet et 
sanglant w>vi% \u\, «ç^wVxotvX ^ç^^ wo\vh^t^>\ 



des édiflces du Forum est incendiée à cette 
occasion. — Gicéron y est tour à tour ap- 

{)laudi et insulté. A l'ancienne tribune de 
a république {V. p. 141) il prononça le 
plus grand nombre de ses discours ; à la 
nouvelle, devant le temple de César^ il 
prononça ses véhémentes PhlHppiques 
contre Antoine. Antoine y répondit en 
faisant placer la tcte coupée du grand ora- 
teur dans cette même tribune. 

(L L'empire approche et on le sent ve- 
nir. — Le théâtre de Pompée voit des 
combats et des exhibitions d'animaux 
étrangers, comme en verra le Colisée. 
L'existence des citoyens opulents s'entoure 
d'un luxe qui est loin de l'austérité répu- 
blicaine. Les jardins de Salluste, de 
LMCulluSf de Crassus [qui dut en grande 
partie son immense fortune à des spé- 
culatipns sur les terrains et les maisons), 
ont pu devenir des jardins impériaux. 
Demaûi le portique de Metellus sera le 
portique d'Qctavie. Ainsi, en étudiant les 
monuments de Rome, on passe de la ré- 
publique à l'empire, comme les Romains 
y passèrent eux-mêmes, sans s'en aper- 



cevoir. » 



États de V^gHse. route 142. — rome. — histoire monumentale. 157 

à la proie. C'est le dernier âge de la ré- 

Çublique; c'est l'époque de César, de 
'ompée, dé Caton ctdeCicéron. La de- 
meure de presque tous ces personnages 
nous est connue, et le choix de ces de- 
meures n'est pas chose indiiîérente. Cé- 
sar, le plus grand seigneur de Rome, 
ayant compris très-jeune que la démo- 
cratie, quand elle n'est pas lière, était 
l'alliée naturelle de la tyrannie, a jeté les 
yeux sur elle pour en faire son instru- 
ment, et il est allé se loger dans le quar- 
tier popuhiire de Suburra [entre l'extré- 
mité S. 0. du Yiminal et l'église San 
Pietro in Vinçolil . — Pompée élève son 
théâtre \pcès et au S. 0. de l'église Sauf 
Andréa délia Valle], premier grand édi- 
fice public ofTert par un particulier aux 
plaisirs du peuple. Les antiquaires en 
ont retrouve les vestiges dans les fon- 
dations du palazzo Pio [près la place 
Campe di Fiore) . — A celte captation ma- 
gnifique César répond en ouvrant son 
forum (p. 146), la seule œuvre monu- 
mentale qu'il ait eu le temps d'exécuter. 
D'autres monuments ne sont que des 
pensées de César réalisées après lui [la 
Curie et la basilique Julie; le temple de 
Mars Vengeur; son théâtre, qui fut le 
théâtre de Marcellus ; le Cotisée même, 
construit sous les Flaviens) . — La basi- 
lique jEmilia fut bâtie par ^milius Pau- 
lus avec les millions de César qui l'avait 
acheté. — Les 8 colonnes du temple de 
Saturne [p. 140, 141] sont encore debout 
pour rappeler le vol avec effraction au 
moyen auquel César mit la main sur le 
trésor public. 

a Tout le drame de sa mort est écrit, 
pour ainsi dire, sur le sol de Rome. Il a 
été rais à mort dans la Curie de Pompée, 

gui tenait à son théâtre. Son corps a été 
rûlé au pied des rostres qu'il avait 
transportés vers l'extrémité orientale du 
Forum, et près desquels un temple lui fut 
érigé après sa mort. — L'histoire des 
temps est presque tout entière dans le 
Forum. Pompée y vient intimider Cicé- 
ron plaidant pour Milon. Il y paraît dans 
la tnbune à côté de César pour appuyer 
ses lois démagogiques. Caton y lutte éner- 
gicfueroent contre la multitude gagnée à 
César. Il y est traîné des rostres jusqu'à 
ïarc de Fabius [élevé à l'endroit ou la 
voie Sacrée débouchait dans le Forum, 
vis-à-vis de l'emplacement actuel du tem- 
ple d'Anto/iiiz et FaustineJ; Je corps du 
actteax QodJusyest brûlé, et une partie 



fimpira. 



(De l'an 50 av. J. C. à 476 de l'ère 
chrétienne.) 

a La politique d'Auguste parait dans le 
soin de donner le nom des membres de 
sa famille, de Livie. sa femme, d'Octavie, 
sa sœur, de Lucius et de Caïus, ses pe- 
tits-fils, aux édifices construits par lui ; 
pour attacher la reconnaissance des Ro- 
mains à la dynastie qu'il espérait, mais 
qu'il ne put fonder. — Des nombreux 
édifices d Agrippa, le plus célèbre et le 
seul conservé est le Panthéon^ dédié à 
Auguste. — Auguste, qui affectait la sim- 
plicité, était allé habiter, dans une par- 
tie assez retirée du Palatin, la maison de 
l'orateur Hortensius [vers la villa Spadal. 

— Le coin N. 0. du mont. Palatin, ou 
étaient les maisons des principaux citoyens 
à la fin de la république, fut envahi par 
le palais de Caligula, Le pouvoir ab- 
solu, qui s'était déguisé jusque-là, se mon- 
trait maintenant la face découverte. Un 
pont insensé, jeté obliquement sur le 
Forum, fut rejoindre le Capitole, pour 
que le dieu Caligula pût aller commodé- 
ment converser aiNca "s»\vçx^\\i.^v^. Va^^^^ss^ « 

— On àovV. k Ç\«Lwetfi\\sîC\\^ ^^xw^Vv^^v^wv 
de i\eu^ aquediics. — ^^Sî^^^tf"^ 

1 maison Dorée, ^xx\^x^ ^^^ "^^"^^ ^^ ^ 



438 



ROUTE 142. — ROME. — ANTIQUITÉS. 



Nuits qui commençait au Palatin et cou- 
vrait un tiers de la ville, renfermant dans 
son enceinte des bois, des étangs, etc. 

«Vespasien qui, en mourant, se mo- 
quait de sa propre divinité, a eu les hon- 
neurs d'un temple, en partie conservé 
(p. 140)'. Varc de triomphe élevé à Titus 
est une des ruines les plus remarquables 
de Rome. — La plus grande est celle du 
Cotisée, auquel travaillèrent les trois 
Flaviens. Ils voulaient en finir avec la mé- 
moire de Néron, encore chère à la mul- 
titude. Le Golisée fit disparaître les cé- 
lèbres étangs de Néron ; les thermes de 
Titus (p. 157) s'élevèrent sur un de ses 
palais. On en voit encore des débris. — 
Nerva acheva le Forum de Domitien 
(p. 146). Il chargea Froritin, qui a laissé 
un traité sur les acqueducs, de réparer 
ceux de Rome. — La colonne de mar- 
bre portant le nom de Trajan est encore 
debout. On peut reconstruire par la pen- 
sée, à l'aide des débris qui en restent, 
son fbrum et sa basilique (p. 147). 

ff Les restes du beau temple de Vénus 
et de Rome, dont Adrien fut l'architecte^ 
rappellent le meurtre d'Apollodore. Son 
mausolée (p. 159), monument d'une 
grandeur inutile, et le pont Mlius (S*- 
Ângc) qu'il fit construire uniquement 
pour y arriver, peignent la vanité égoïste 
de son âme. 

a Les guerres de Marc Aurèle contre les 
Germains sont retracées sur h colonne An- 
tonine par des bas-reliefs, dont la per- 
fection moins gi*ande fait voir que depuis 
ceux de la colonne Trajane l'art a déjà 
décliné. [La place du Capitole conserve la 
statue équestre de marc Auréle.] La 
sculpture de ïarc de Septime Sévère 
(p. 139) est déjà grossière. — Les thermes 
de Caracalla qui contenaient 1600 sièges 
de bains, en marbre poli, sont, après le 
Golisée, la plus grande ruine de Rome. 
C'est de même un monument consacré, 
selon le génie de Tempire, aux plaisirs 
de la multitude. — Les débris du palais 
du Soleil, élevé sur le Quirinal par Au- 
rélien, qui construisit une enceinte de 
Rome en partie conservée, sont d'une 
telle beauté qu'on a peine à les croire 
contemporains des monuments de Pal- 
myre. — Les thermes de Dioclétien sur- 
passèrent en grandeur tous les bains con- 
struits à Rome jusque-là ; ils renfermaient 
^fiffûÛ siâges pour les baigneurs. Ils at- 
iestcnipar leur étendue et par Je grand 
^spt'c/ de h salle dont ÈHicbef^Ange a fait 



une des plus belles églises de Rome, ce que 
l'architecture était encore à celte époque, 
a Maxence élève encore un cirque, en 
partie conservé de nos jours, et la ma- 
jestueuse basilique (p. 145), dont le tiers, 
qui seul subsiste, forme une des plus 
importantes ruines de Rome. Cette basi- 
lique, construite- par le dernier des em- 
pereurs païens, et dédiée au premier em- 
pereur chrétien,' son vainqueur, montre 
le monde passant du paganisme au 
christianisme. » — [Citons encore V arc de 
Constantin (p. 144) et la colonne de 
Phocas (p. 141) parmi les derniers monu- 
ments de la Rome antique, dont les 
ruines ou les débris sont venus jusqu'à 
nous.] 



Description de* antiquités de Rome. 

Nous allons en donner la description en 
les groupant par ordre de monuments. 
Nous commencerons par le Forum. 

FORUM ROMAIN. 

Ce lieu ou s'assemblait le sénat, où 
étaient les rostres, où s'agitaient les des- 
tinées du monde, est le plus célèbre, le 
plus classique de la Rome antique. Il 
était décoré des monuments les plus ma- 
gnifiques, qui s'y pressaient tellement, 
que leurs ruines amoncelées ne suffisent 
pas à tous les noms transmis par les histo- 
riens. Los siècles ont bouleversé le Fo- 
rum et l'ont rendu méconnaissable : le 
sol antique est à près de 8 met. au-des- 
sous du sol actuel, et quel que soit Fat- 
trait qu'on éprouve à évoquer le passé, 
il faut bien le reconnaître, cette diflfri- 
rence de niveau seule est déjà un singulier 
obstacle pour la perspective de l'imagi- 
nation ; d'autre part, |es incertitudes des 
archéologues achèvent de décourager la 
curiosité et le désir d'illusion. Depuis 
plus de trois siècles, l'érudition retourne 
ce champ de ruines sans pouvoir se 
mettre d'accord même sur son orienta- 
tion : du S. au N. pour les uns ; pour 
les autres, de l'E. à l'O. a Nardini, qui a 
remis le Capitole à sa place est, dit Am- 
père, celui oui a ôlé le Forum de la 
sienne, et a égaré jusqu'au sage Nibby. 
Piale a le premier redressé une erreur 
dont les fouilles plus récentes, entre au- 
tres celle qui a découvert la basilique 
JuUa, onl ad\&v4 d^ démontrer l'énor- 
I mité. liC àocVc liwuseii, Ç*wa\«i oV ^w 



Étals de l'Église. bodtb U2. - 
adversaire «cbarné Bccker, ont rendu 
imposiiible loule încertilude. Les loyo' 
geurs uj^reiidront peut-élre aiec plaisir 
que, laut bien examiiié, le Forum de- 
meure au' il étnit. s On ne peut ea 
fixer d'une manirâe précise les limites; 
mais il s' étendait i peu près de Turc de 
Septime Séyèrc au trinple d'Antoninet 
Fauatine, et. pour la larseur, de l'église 
Siuil' Amriano aux degrés de la Insilique 
Julla. — L'incertitude embrasse jgale- 
ment plusieucs des ruines subsislantes. 

L'orieine du Forum remonte à l'al- 
liance des Romains et des ISabins. C'était 
un espace entoura de marais, qui s'étai- 
dait entre leCapitole et le mont Palatin, 
occupés par les deux peuplades, et leur 
servait de lieu de réunion, li lac de 
Curtâu était situé au milieu. Successi- 
vement embelli sous la République el 
l'Empire, il parait qu'il " --"•'"■■- J'--!-- 
*"- "isqu'au XI" siècle 
e llobei-t Guiacap , 

.-s de Gréj!oire TII, 

ceau de décmibres, Abimdanné penda _ 
plusieurs siècles, il devint un dépâL 
d'immondices qui chaussa eucccsbIvu- 
ment le sol. Vers JH7, Paul 1» boule- 
versa le Forum pour y faire des fouilles. 
Ce lieu devint ensuite un marché pour 
les bestiaux, et ce nom glorieux de Fo~ 
nm RouKiii changea en celui de Campo 
Vaceitiû. 

Le Forum était eniironné d'i 
tique i deux ét^es, occupé en 
des bouUijues (laberi , 
ment du vi' siècle de Home, deux 
dies dévoièient en partie les édifices dont 
la place avait été embellie Ce fut - 
occasion d'isoler le Forum, et on é 
successivement sur ses ctUés des basilic 
qnes et des temjiles, qui à leur tour pé- 
rirent en partie i l'inceodie de Néron. 
Domitien en reconstruisit une partie el 
y ajouta le leniple de Vcepasien, el An- 
tonin celui de Faustine. 

Kous allons passer en revue les ruines 
renfermées dans le Forum, en commen- 
tant par le Tabularimn h ta base du Ca- 
pitole; et. pour ne pas diviser l'attention, 
nous réunirons aux ruines du Forutn 
colles de quelques autres monuments 
Jusqu'au Colisée compris; ces diverses 
mines formant un ensemble que le voya 
geur embrasse du n^ardà premier vue' 



Lorsque, venant de la place du Capi- 
Lole. on descend la rampe qui mène au 
Forun),on a i sa droite le Tabulamm. 

TABDLitHivH — ( F. le Plan du Forum) . 
C'eEt làqu'ongardaitles tables debronie 
CAnlenant les séna tus- consul tes et les 
décrets du peuple. Ce magnifique édi- 
fice fut construit par le ainsul Q. Luta- 
lius Catuius (78 ansav.J.C). Incendia 
dans un combat entre les soldats de 
VitelliuselceoideVe^agien, il fut res- 
tauré par cet empereur, qui refit 3000 
labiés de brome, en cherchant les 
eiemplaires des actes dans tout l'em- 
pire. La partie inférieure des cod- 
strucliaDS date, d'après une inscri- 
ption, deSO ans environ av. l'ère chr. 
On a découvert des escaliers de la 



portique dorique de cet édifice sert de 
substructian, du côté du Forum, au 
palais moderne des sénateurs (Capi- 
tole). On a débarrassé ce portique der- 
nièrement pour y former une sorte de 
musée des fraçraenls d'architecture 
antique recudlhs dans le Forum. 

Arc DESEFTiHBSÉvËRB~-(r. lePl.du 
Forum), construit en l'honneur de cet 

empereur et de ses fils Caracalla et Gela 
pour leurs victoires en Orient. 11 est en 
marhre blanc, et est décoré de8 coloD- 
nes cannelées d'ordre composite et de 
bas-reliefs qui se ressentent delà déca- 
dence des arts; ils représentent, selon 
l'inscription, les expéditions contre 
les Parthes, les Arabes, etc. On y lit 
au.<si que ce monument, en partie dé- 
truit par un incendie, fat restauré par 



ulter prlDdpBlcmaDt foat suivre noire d«- 
:ription. Le deaiième «st un fragnifni té- 
luil d'ajirèsle belle reslauralion publiée par 



140 ROUTE 142. — ROME. — ' FORUK. 

le sénat et le peuple romain. Â la fin corinthien en marbre blanc de Car- 
de la troisième li^ne et dans toute la rare, généralement connues comme 
quatrième, le marbre est un peu creusé, appartenant au temple de Vespasién. 

garce que Caracalla, après avoir tué — 
éfa, son frère, fit effacer son nom et Temple de Vespasién — (PI. du Fo- 
substituer ces mots : opTiMis FORTissi- rum B, et PI. restauré de Canina) 
MisQUE PRiNCiPiBus. Un cscalier inté- (f. de JupiUr tonnant des anciens 
rieur conduit à la plate-forme, où antiquaires (de Nibbv)*; T. de Sa- 
étaient, sur un cbar de bronze, les tume, des archéologues allemands 
statues de Septime Sévère et de ses (F. ci-dessous). — C'est aux Français 
fils. Cet arc, enterré jusqu'à la hauteur que sont dus le dégagement et la cou- 
de Timposte deParcade, fut déterré en servation de ce beau fragment d'anti- 
partie au commencement du xvii* siè- quité. — L'espace était si resserré 
cle (V. dans Vasi: délie Magnificenze dans cette partie de Rome, que, pour 
di Homa (PI. 31 , hv. II), son état d'en- ne pas obstruer la rue (clivns Capi^ 
fouissement en 1750) : il fut entière- lolinus) qui passait devant ce temple, 
ment dégagé par Pie VII, en 1803. — et qu'on reconnaît à ses dalles de lave 
Derrière Parc de Septime Sévère sont basaltique, on avait élevé ce bâtiment 
les restes du : sur une espèce de terrasse, et on avait 

— été forcé de placer Pescalier dans les 
_ _ /m A 1 entre-colonnements. Les fragments de 
Temple de la Concorde — (PI. A, et ce temple, qui fut restauré par Sep- 
PL restaure de Camna) Un premier tj^g séVère et Caracalla, portent en- 
temple de la Concorde, dont 1 oriçine ^0^^ ^^^ traces de couleurs. — A l'O. 
remonte à Camille, et qui fut rebâti ^^ ^ côté de ce temple était la : 
par Tibère, était placé, selon Ampère, 

sur le Capitole. Cielui du Forum, der- Schola Xantha (V. notre réduction 
'rière Parc de Septime Sévère, aurait d" ^}' de Canina n" 2), édifice dont 
été construit à un époque inconnue, subsistent quelques ruines et qui ser- 
n n'en reste que des vestiges de la vait d'habitation à la compagnie (scho- 
C€//fl ; mais de beaux débris sont con- ^?» confrérie) des scribes, des huis- 
servés dans le Tabularium et au musée siers des édiles de Rome, 
du Capitole. Au vu' siècle on réunit ~~ 
une partie de ce temple à 1 église de En avant du temple de Vespasién 
Sergms. Vers le milieu du xvi' siècle, on voit 8 colonnes d'ordre ionique, 
le temple et l'église étaient dans un sur la destination desquelles il n'y a 
état de destruction. Les fondements pas eu moins d'incertitude. On les a 
en furent retrouvés à l'occasion des longtemps prises pour des colonnes 
fouilles exécutées par les Français ; du temple ae la Concorde, de Junou 
plusieurs inscriptions portant le nom Moneta ; Popinion généralement ad- 
de f Concordia » ne laissèrent plus de mise y reconnaissait le Temple de la 
doute sur le véritable emplacement Fortune (placé à côté du temple de 
de ce temple. — Dans certaines cir- Jupiter tonnant dans le Pian restauré 
constances le Sénat y tenait ses séances; de Canina). Les archéologues aile- 
ce fut dans son enceinte (celle du pre- mands en font le temple de Vespa- 
mier temple) que Cicéron rassembla sien. Les antiquaires italiens, au cou- 
les sénateurs pour prononcer son ac- traire, y pincent aujourd'hui le : 
cusation contre Catilina. Temple de Saturne — (PI. du Fo- 

A dr. du temple de la Concorde, en , „ , , . , 

^f.^nt )e Fo/om et en ...nt du Ta- ^^M^û^^l ffiituTl^'!;..^ C 

oulanum, sont 5 COlonnes a ordre toUn(V. nolTeréàwi\otiAuvNasiAftOi\\\u«.\. 



Étals de FÊglise. route 142. — rome. -~ forum. 



141 



rum B, B). On y conservait le trésor 
(aerarium) de la République. L'empla- 
cement de ce temple, dédié à Saturne 
et à Ops, conformément aux témoi- 
gnages antiques, a clé confirmé par 
la découverte du milliarum aureum 
(d'où on commençait k compter par 
milles les distances de Rome aux villes 
de Tempire). Ce temple a dû être 
restauré en partie avec les restes 
d'autres édifices, dans des temps de 
décadence; les colonnes ont des dia- 
mètres différents ; elles sont en granit 
d'Egypte et ont 13 met. de hauteur, 
en y comprenant le chapiteau et la 
base. Les entre-colonnements sont 
inégaux. L^architrave porte cetle in- 
scription : c Senatus populusque roma- 

KUS INCEKDIO GONSUMPTUM RESTITUIT. » 

Au XV* siècle, Poggio vit encore ce 
temple presque ' entier; il le prenait 
pour le T. de la Concorde. 



Les rostres ou tribune aux haran- 
gues (nom provenant des éperons 
d'airain (rostra) de navires pris sur 
les Antiates, qui décoraient cette tri- 
bune). La PREMIÈRE TRIBUNE était si- 
tuée, sur le côléN. du Forum, devant 
la curia Uostilia, où s'assemblait ordi- 
nairement le sénat (vers remplace- 
ment actuel de l'église Sant' Adriano, 
située sur le Forum, au coin de la 
me Bonella. F. le Plan). La curie étant 
beaucoup plus élevée que la tribune, 
celle-ci était sous le regard vigilant et 
modérateur du sénat. La tribune était 
proche du Comitiitm (Cicéron, h pro- 
pos de son frère précipité de la tri- 
bune, dit : « Pulsus c roslris in Comitio 
jacuit» ). Elle avait la forme d'un hé- 
micycle, dont la convexité était tour- 
née du côté du Forum. On croit l'avoir 
retrouvée dans une construction semi- 
circulaire récemment découverte, et 
qui s'étend entre Tare de Septime Sé- 
vère et les 8 colonnes du temple pré- 
cédent. Mais ce n'est pas là, dit Am- 
père, Jff tribune libre deh république, 
c'egi h tribune ofTicieUc de l'einpire. 



On croit (jue cette tribune, construite 
à l'imitation des rostres^ existait déjà 
à la fin de la république, et que Pom- 
pée y était assis quand il vint, entouré 
de soldats, troubler Cicéron plaidant 
pour Milon. — (Selon Ampère, les 
premiers rostres devaient être tournés 
vers Touest. Ceux dont on voit les 
restes près de l'arc de Septime Sévère 
regardent, au contraire, versl'E.). Ces 
derniers sont fissurés dans un des bas- , 
reliefs de l'arc de Constantin. — César 
transporta la tribune (Nova rosira) h 
l'extrémité S. du Forum. Elle était 
placée devant le temple qui lui fut 
érigé, c C'est là que Ciceron prononça 
le plus grand nombre de ses discours. » 
(F. p. 137.) 

Le pilier conique, à une des extré- 
mités des rostres, serait Yombilic de 
Rome, qu'on considérait à tort comme 
le centre de Rome. 

Colonne de Phocas — (F. le Plan 
du Forum). 

Cette colonne, isolée au milieu du 
Forum, en avant des monuments pré- 
cédents, fut élevée en 608, en l'hon- 
neur de l'empereur grec Phocas, et 
portait sa statue ; elle a été dégagée, 
en 1813, par les fouilles faites aux 
frais de la duchesse de Devonshire. 



Basilique Julia — (PI. du Forum G 
et notre réduction du plan de Canina]. 
Des fouilles faites en 1834 près de la 
colonne de Phocas, dans Tespace qui 
reste entre le temple de Castor et le 
clivus Capitolinus, firent découvrir les 
degrés antérieurs de cette basilique. 
Elle fut fondée par J. César et achevée 
par Auguste avec l'argent d un usu- 
rier, ancien esclave germain qui vou- 
lait se faire pardonner ses rapines 
dans les Gaules. La forme de cette 
basilique est déterminée dans deux 
fragments de l'ancien plan de Rome, 
conservé au Canitole, a.\e«. Vv\\"i\'aiiôtfs^ 

\du \em^\e aie ^^VxsiTWfc V \«sfc ^«8» «c- 
plus tf ^iràevLT wv \^^^ , ^xv"^ ^^^ ^^^^'^ 



uâ 



aoTTE 142. ■ 



lion de L. Canint, et poursuivies juk- 
qu'aupràs de ta foie ^crée, ont mis 
ù décourert presque Uiut le plan de 
ce lasle. édifice, pavé en marbre de 
diRerenlcs espèces. 

Vae des ruines du ForuDi sur la- 
quelle il y a le plus de centroierses, 
ei noua croyous pouioir ajouter : le 
plus d'incertitude encore, ce sont, un 

' peu plus avaat, les trois belles co- 
tûtmesd'ordre corinthien, ea marbre 

- penléli(|ue, del4nièt. 60 de hauteur, 
dont les chapiteaux sont, ainsi que 
ceux du PanthéoD, des modèles pour 
les n'oportions de l'ordre corintoien. 
On les a d'abord attribués au : 

Temple de Jupiter Stator, — à ce- 
lui de Castor et PoUux (A. Ampère 
maintient cette dernière opinion). On a 
supposé depuis que ces 3 colonnes 
appartenaient au — Comitium; et, 
eu dernier lieu, k la — Gnecoslasis, 
■ atlribution inconcevable, dit Ampère, 
car les colomies ont évidemment fait 
partie d'un temple; oi', la Grsecostase 
a'étail pas même un édifice, c'était un 
espace destiné aui ambassadeurs qui 
attendaient que le sénat leur permit 
d'entrer dans la curie. * (3et éài^e, 
relevé par Antonin le Pieux, fut détruit 
dans le grand incendie arrivé sous le 
règne de Carin. — Quant au Comi- 
ltum,cel édifice, d'après les nouvelles 
recherches et l'interprétation du sa- 
vant historien de Rome, H. Hommsen, 
était placé au pied du Capitole, aux 
environs de l'arc de Septime Sévère. 
n était attaché ï la curia [hostilia] ou 
salle du sénat, placée elle-même (au 
N. Ë. du Comitium) aux environs de 
l'église Sant' Andriano. Le Comitium' 
servait pour les assemblées dn peuple 
par curies, c'est-â-dire pour des co- 

Iutl83 «Dire le> plébéiens et le> polrideni, il 

Comi(iiim"S ^ P^ram Idî'qu-iîî laiail: 

bûuni/iiimplutêlBTé; «u-deaou* de loi, 

/0 fbmm; àta, la premier, let pilricimi 

^^^^^' '^itlaosletecoad, l»aplébiieBi 



mîcei eiclusivonenl aristocratiqoes. 
(Les comices démocratiques par tribus 

n'étaient point invariablement attachés 
à un lieu particulier.) — Selon une 
nouvelle interprébtion , s'aupuyant 
sur des fouilles plus récentes, H. Bun- 
sen pense que ces 3 colonnes corin- 
thiennes faisaient partie d'un temple 
deMineTDaChalc\dica', bâti par Au- 
guste. Un texte assez précis de Pline 
(liv. VII, ch. Lx), qui fournit tlno 
orientation, aurait dû, il nous semble, 
servir à circonscrire les recherches. 
Suivant ce texte, l'espace entre les 
rostres et la Grxcostaais était juste 
dans la direction du méridien, de ma- 
nière que Ton reconnaissait l'heure de 
midi au passage du soleil entre ces 
deux monuments. 

Eniru ces colonnes et l'angle du Pala- 
tin est la petite égiife de Suila Haria 
Libératrice, où l'on a trouvé des tombes 
de Veslalet. Leur couvent ôlait prèsde U. 

Revenant maintenant sur nos pas et 
visitant le cAté gauche du Forum, nous 
trouvons: l'église &inf' ^ifrtano, bâ- 
tie, à' ce que l'on croit, sur l'emiib- 
cement de la basilique Emilie. — Plug 
avant est le : 

Temple d'Anto:)!» et de Fujstihb 
— (Plan du Forum D), aujourd'hui 
.Son Lorenzo in Miranda. Le sénat 
le £( élever k l'impure Faustîne. de- 
venue après sa mort, selon l'usage, 
une divinilé de l'Olympe. Son mari, 
Antonin le Pieux, étant mort après 
, elle, le sénat le divinisa i son tour; le 
portique est orné de 10 colonnes ma- 
gnifiques, en marbre cipoUino, hautes 
de II mèl. 694 c; les bas-reliefs de 
l'entablement et de la frise, représen- 
tant des candélabres et des eriffons, 
sont de toute beauté. Maigre le dé- 
blai qu'on a fait pour mettre les co- 
lonnes i découvert, on n'aperïoil pas 



Étais de TÉglise. route 142. — rome. — forum. 



143 



encore la voie Sacrée ; elle se trouve 
à 5 met 197 c. au-dessous de la base 
des cdonnes. On montait au temple 
par un escalier de 21 marches. L*é- 
glisé San Lorenzo occupe la cella du 
temple, bâtie en péperin ou pierre 
d^AlDano. [tes deux cornes, en sorte 
de croissant, servant de fronton à cette 
église, se dessinent bizarrement der- 
rière le portique antique.] — On croit 
que la statue de Marc Âurèle, actuel- 
lement sur la place du Gapitole, s'é- 
levait devant ce temple. — Vient en- 
suite le : 

Temple de Romulus et Rémus (?) — 
(Plan du Forum E) . Désignation con- 
sacrée par tous les Guides publiés sur 
Rome, et qui n'a d'autre fondement 
que des textes erronés d'écrivains 
ecclésiastiques des bas temps. Ce tem- 
ple n'a jamais existé. « Cette erreur a 
pu être confirmée par des médailles 
qui représentent im temple de Romu- 
lus, temple rond conrnie celui sur le- 
quel on a bâti l'église de Saint-Gosme 
et Saint-Damien ; mais le temple, figuré 
sur cette médaille, est celui de Romu- 
lus, fils de Maxence.» (Ampère). — 
La cella conservée est de terme cir- 
culaire et sert de vestibule à Téçlise 
de Saint'Cosme et Saint-Damten ; 
mais sa hautenr a été divisée en deux 
parties (F. Saint-Cosme et Saint-Da- 
mien); c'est dans l'inférieure, ou 
crypte, qu'on a trouvé les fragments 
d'un pave de marbre où était gravé le 
plan de Rome; ces fragments sont 
réunis au musée duGapitole. 

 côté de cette église sont trois arcs 
gigantesques, restes de la : 

Basilique ue Constantin — (Plan du 
Forum) i On a d'abord considéré ces 
restes, d'une construction si solide, 
comme les ruines du Temple de la 
Paix (ce temple, élevé par Vespasien, 
fut détruit par l'incendie sous Com- 
mode). Clette basilique (suivant M. Nib- 
l)Yff dont l'opinion a été admise) avait 
9/ met. 4o c. de long sur 64 met. 



96 c. de large, et près de 22 met. 
74 c. de haut. Elle fut construite par 
Maxence, avec des matériaux prove- 
nant d'autres édifices, et consacrée par 
Constantin. Elle est partagée en trois 
nefs par d'énormes pierres. « Le style 
de la construction est identique avec 
celui des thermes de Dioclétien et de 
Constantin. » Elle avait d'abord une 
seule entrée avec un petit portique vers 
le Colisée; on ouvrit enswteune autre 
entrée vis-à-vis le Palatin. La nef du 
milieu était décorée de 8 colonnes en 
marbre blanc. Une des colonnes qui 
soutenaient la grande voûte était en- 
core debout en 1 61 4 (F. place Saint-Ma- 
rie Majeure, p. 1 76) .Restes d'escaliers. 
Derrière l'église Santa Francesca 
Romana, située à côté de la basilique 
de Constantin, sont les ruines du : 

Temple de Véîsus et Rome — (Plan 
du Forum). — L'empereur Adrien, qui 
avait la prétention d'être architecte, 
voulant construire un temple sur un 
plan de son invention, fit transporter 
par 42 éléphants, sur le piédestal dont 
on voit les fondements devant le Co-^ 
lisée, le colosse de Néron, qui le gê- 
nait dans le développement de ses 
projets. Pour obtenir une superficie 
plane de 178 met. 66 c. et racheter 
l'inégalité du terrain, il fit bâtir vis-à- 
vis du Colisée ces immenses substruc- 
tions qui occupent presque toute la 
largeur de la vallée, entre TËsquilin 
et le Palatin ; il dédia son temple à Vé- 
nus et Rome ; c'étaient deux temples 
adossés, ayant deux façades, l'une vers 
le Capitole, l'autre vers le Colisée. 
[On se rappelle, a l'occasion de ce 
temple, qu Adrien en ayant envoyé le 
plan à Tarchitecte ApoUodore de Da- 
mas, qu'il avait exile, celui-ci, qui 
avait un franc parler, lui répondit, 
que ce n'était pas mal pour un empe- 
reur. Déjà, sous le règne de Trajan, 
celui-ci entretenant un jour Açollo- 
dore, souvitdv\Ve,c\ftl^^«t\,^^% ^-î^w^^ 
travaux mi'W liaÀsavV. cwtQ>aX« , Vàx>«^ 
1 émit son ^nVs. vi\ oxx^tl^ civVscÀsa^^'^^ 



144 



s 143. - î 



lui dit ApoUodore, allez-vous-en pein- 
dre vos dtrouilles. n Adrien s'exerçait 
alors à peindre des fruits. Ces frois- 
sements d'amour-propre ne furent pas 
oubliés par l'arliste amateur, deve 
empereur; il fit mourir ÂpoUod( 
soDS le'préleile de crimes imaKioaires.] 
A la hauteur de Sanla Francesca 
Romana, et au pied des murs des jar- 
dins FarnËse (mont Palatin), est le cé- 
lèbre: 

Aho de Titos — (Plan du Forum), 
situé au point culminant de la voie 
Sacrée, et élofé par le sénat et le 
peuple romain en l banneur de Titus, 
pour la conquête de Jérusalem. Il est 
de marbre pentélique; il est moins 
grand que les autres arcs de triomphe, 
et n'a qu'une seule arcade; mais c'est 
le plus beau monmnent en ce genre 
qui soit parvenu jusqu'i nous. Sous 
I arc sont deux bas-reliefs fort beaux, 
malgré leur élat de délabrement: i, 
g., Titus triomptianl, sur un char at- 
telé de i chevaux, ijue Rome, sous la 
figure d'une femme, conduit par les 
r&es ; la Vicloire couronne Tempe- 
reur; des soldats lu précèdent et le 
suivent. A dr., la poiupe triomphale; 
des prisonniers, la table d'or avec les 
vases sacrés, les trompettes d'argent, 
le candélabre d'or ii sept branches, 
portés par des soldats {V. p. 56). On 
voit sous la voûte de Tarcade, décorée 
de belles rosaces, la figure de Titus, 
assise el porléc par unai°le. Dans les 
tympans de l'arcade, 4 Victoires d'un 
bon slvie. Sur la frise est'la suite du 
corlégc. H y a lieu de croire d'après 
l'inscription Divo Tiio, que ce monu- 
ment fut élevé i Titus par son succes- 
seur Domilien. Au moyen âge cet arc 
du triomphe servit de porte d'entrée 
du château des Franeipani, situé sur 
le point culminant de Vancicnne voie 
Sacrée. Lorsqu'il fulisolé, il menaçait 
ruine. Le pape He Vil le fit consolider; 
^AJJilJODS récentes sont en travertin. 
Oel'arcde Titus, coatiousai à avan- 
^r vers le Colisée par /'ancienne voie 



Sacrée, dont on voit en partie le pave 
aux larses polvgones de lave, on ren- 
contre 3' anofa les restes du bassin et 
de la borne dite : Meta Sudam (PI. du 
Forum) borne- fontaine, dont parle 
Sénèque (Ep. 5o), qui demeuraitdans 
le voisinage el se plaint du bruit que 
faisait k câté un baladin jouant delà 
trompette. Elle fut reconstruite par 
DomiEien. — Vis-à-vis, el près du Co- 
lisée, on voit au niveau du sol les res- 
tes du piédestal de la statue cobisale 
deNéron(^\. de Forum) 38 mèl. 98, 
exécutée en bronze par Zénodore. 
Adrien la fit transporter ï celle place 
{V.p. 143,2*co!.V 

A droite et a l'entrée de la via San 
Gregorio (ancienne voie Triomphale, 

i'endroit oii celle-ci rencontrait la 

L'.tflC DE CONSTINTCN — (PL du Fo- 

ni), érigé par le sénat et le peuple 
main pour ses victoires sur Maience 
Licinius (K. p. 93). Cet arc est à 
trois arcades. Tous les bas-rdiefs et 
les sculptures de la partie inférieure 
représentent des biU de Constantin; 
f est un travail grossier, évidemment 
le son épooue. Au contraire, les 
sculptures delà partie supérieure, d'un 
iljle plus pur, sont relatives à Trajan, 
en rhanneur de qui l'arc aurait été 
élevé ; et deui siècles après le sénat 
en changea la destination en faveur 
de Consttnlin. Les colonnes portent 
des statues de rois prisonniers. Clé- 
ment XII en fil refaire les télcs sur 
des modèles antiques. — On peut voir 
islres figui'es dans un des bas- 
reliefs supérieurs. 

Nous terminerons noire course du 
Forum au Colisée : 

AMPHiiHÉiTHB Fiiuïs [Colisi'e). — 
Cette vaste ruine est une des merveilles 
de Rome et du monde, Un poète con- 
temporain, Martial, aété l'écho de l'en- 



ËlatsderfigliBe. r. 142. — 

Boriiani ^rnuaidum silest miracub Hompbis 



- uoLisfe. 



t4S 



Omnïi Oauno cedil labor Amphilhealro ! 
Drdb piD aiDClù fima loquaLur opiu I 

{EfifT; I.) 

L'empereur Veepaslea lit commencer 
cet amphithéâtre k son retour de la 
ffuerre coutre les Juifs, i Tendroil où 
mit auwravant l'élang desjardinsde 
Néron (F. p. 158), U fut continué par 
son fils Titus. Plii^ieuTB milliers de 
prisonnien'juifsylraTiiUèreDt(comme 
W Hâirein travaillèrent aui pyrami- 
des d'EnpIe!). Titus inaugura ce me- 
nuntent ae meurtre par des fêtes qui 
durèrent cent jours, et uù furent tués 
5000 animaux sauvages et 1 000 
captib. Les derniers étaces furent tcr- 
mmés sous Domitien. Plus lard, les 
chrétiens l'arrosèrent de leur sang. Il 
servit aux combats de gladiateurs et 
de bétes féroces jusqu'à l'année 523. 
On pente qu'il était encore entier an 
nn* siècle, et que le Normand Guis- 
card en détruisit une partie. Depuis le 
II* ùËcle jusqu'à l'an 1312 il servit 
de forteresse ï plusieurs familles 
blés, pendant les guerres civiles du 
moyen â«e. < Cest k cette épociue qu'or 
doit aftnbuer ses plus granos desas' 
très. * En 133S on v donna un granc 
tonmoi. Au xiv' siècle, on cuinmença ! 
rei]doiter comme une carrière -, pen- 
dant deux siècles, les palais romaine 
(de Venise, Farnèèe, fiarberini, etc.) 
urent construits avec ces matériaux. 
L'amphithéâtre Flavten ne reçut que 

El lard le nom de Colosseum. — 
Français le déblayèrent, puis on 
s'occupa de le restaurer. > Pic VII fil 
reconstruire le grand contre-fort vers 
l'E. ; Léon Xn, un autre graud contre- 
fort TOTsl'O. : il est mieux entendu que 
l'autre, parce que, en même temps 
qu'ilan|iécliel:i ruine do celte partie,il 
sDCimtinuerarchitecture.GrégoircXVl 
T fit &îre beaucoup de constructions 
et de réparations, et enfin Pie IX i-é- 
solui, non-seulement de faire réparer 
dei^uis le second ordrejusqu'au dernier 
lamparlie des ambuJacres. du côtp d' 



chemin qui conduit à S'-Jean de La- 
Iran, mais il ordonna de le remettre 
dans l'état primitif, en reconstruisant 
' :s pUastres et les voûtes qui n'eus- 

lient déjà plus. • — • Une multitude 
„e trous que l'on aperçoit dans ce 
monument ont été faits dans le 
moyen âge pour en arracher les cram- 
piinsde meta) qui Uaienl les pierres 

ensemble. • — Des curieux s'^ant 
.ivres à la singulière élude de la flore 
(larliculière au Colisée, y ont reconnu 
-i20 espèces différentes. — Chaque ven- 
dredi, vers 3 h. du iwir, deux asso- 
ciations, l'une d'hommes, l'autre de 
l'e:nmes, font processionnellemenl. et 
en chantant, le tour des 14 oratoires 
qui entourent l'arène. 

Les premiers Buipllillii^àlrcs des viUet 
italiotes ne fureut que des tertres dis- 
posés autour d'une arène; ce« tertres 
devaient nécessairemait avoir un talus 
eitéiieur ; ce qui entraînait une grnndi'. 
iierte île terrain. LesRonains réussirent 
:i se Boustroirc à cet inconvénient en 
lunslruisint leurs amphithi^lres eu 
pierre, dans lesquels le mur de cein- 
ture, relié et maintenu par 1^ nombrem 
murs de refend [qui coostituenl l'en- 
seiuble de la cunstructioo] uu conti'e- 
Torls intérieurs, n'a y;uèi'e que sou pro- 
pre poids à suppui'lcr; ce n'est qu'une 
tnveloppe qui peut être enlevée san» 
'ii'ire à la solidité de la gradiualiou ; 
u lieu eu effet (F. Vé- 



Dans cet vastes inouumeuts, si judi- 
ûeueeuienl combinés dans leur enseiublc 
>t les nombreux détails de leur conslrue- 
lion, aucune place n'est pin^ue; tout 
toucourt à l'accomplissement du pr»- 
^ninie iloiuié. Un plan circulaire eAI 
jius doute été d'une (.léMMitlon plus fa- 
cile ; faire tendre les murs de rcTeDd. 
qui divisent les esualiers et portent leit 
précinclious, vers les foyers d'une ellipse, 
(jréseulait une 'lifOeuIté qui u'arréla 
jioint les archilcclcs romaiiiB, le bntétoul 
île donner un cliaoïp plusrasleiil'uène. 
(Renseignements empruntés à H. Viollct- 
le-Duc.) 

Les aïO'çAvA'W^Wra wi UïctvV. -^pa. ft^ 
ventés çnv Xis Womwï»., vwMt«.W^„ 



«.Ntaifr^ ■- 



146 



KOUTE 142. — KOME. — FORUMS. 



amùs les empruntèrent probablement 
aux Etrusques. La forme elliptique des 
amphithéâtres [à/j.fi, autour, Béxrpov, 
théâtre) semble provenir de la réunion 
de deux théâtres. — Le Golisée, bâti 
prifioipalement en travertin, présente â 
î 'extérieur quatre ordres d'architecture 
superposés : dorique, ionique, corin- 
thien ; le quatrième, en forme d'attique, 
est orné de pilastres corinthiens. Il a 
546 met. de circonférence et 52 met. de 
hauteur. Le nombre des arcades servant 
de porte d'entrée et numérotées est de 
80. L'arène d'arena, sable) avait deux 
grandes entrées, à l'K. et à l'O.; elle est 
ovale, a 92 met. 57 sur 59 met. 11. 
Elle était environnée d'un mur élevé 
pour mettre les spectateurs à l'abri des 
animaux. Il y avait un sous-sol au-des- 
sous de l'arène; on y a découvert des 
inurs parallèles, elliptiques et rectilignes. 
Des ouvertures, fermées par des grilles 
de bronze, servaient à introduire des 
bêtes féroces et donnaient entrée aux 
gladiateurs. La plate-forme s'ajppelait 
podium; c'étaient les places destinées à 
l'empereur et à safamiUe, aux sénateurs, 
aux principaux magistrats et aux vesta- 
les. Au-dessus du podium commençaient 
les gradins pour les autres spectateurs ; 
ils y arrivaient par des ouvertures nom- 
mées vomitoria, vomitoires. Ces gradins 
étaient divisés de bas en haut en trois 
étages [cavese), séparés par une galerie 
de circulation (prascinctio) : le premier 
avait 24 gradins, le deuxième 16, et le 
troisième 10, outre la galerie supérieure 
en bois, qui fut consumée par un in- 
cendie sous Macrin et restaurée en ma- 
tériaux solides iMir Héliogabale et Alexan- 
dre Sévère : elle était formée de 80 o- 
lounes, qui soutenaient un plafond. De 
petits escaliers, pratiqués dans les gra- 
dins mêmes, formaient des divisions nom- 
mées cunei. Dans les coins étaient des 
officiers locarii, ou designatores) cliar- 
gés de distribuer les places et de main- 
tenir l'ordre. 

Tous les gradins du Colisée pouvaient 
contenir jusqu'à 87 000 spectateurs, et 
la terrasse au-dessus pouvait recevoir 
plus de 20000 personnes. Les esclaves 
occupaient les étages supérieurs. Les 

* gradins reposaient sur plusieurs rangs de 
galeries voûtées, concentriques, et placées 
les unes au-dessus des autres. Ces gale- 
ries {ambulacra) faisaient le tour de 

I ^édifice, et diminuant de nombre de bas 



en haut, servaient de promenoirs d«|is 
l'intervalle des spectacles et d'fd)ri pen- 
dant l'orage. Au dehors, on remutrac 
dans la corniche de l'smphith^tre des 
trous sous lesquels sont des consoles qui 
supportaient les poutres destinées à sou- 
tenir le velarium^ c'est-à-dire la tent^ 
qui couvrait l'amphithéâtre, pour garan- 
tir les spectateurs du soleil, «c Le vek- 
rium se composait de 240 voiles. 480 
hommes, marins pour la plupart, étiieiit 
chargés de la manœuvre. » — On poa- 
vait aussi remplir d'eau l'inténear du 
Colisée, et y donner des jeux «t des 
combats nautiques. 



Descriptions des antiquités de Rmm 
en ddiors dn Fornm romain. 

Forums. — Outre le Forum romain, 
il y avait encore : le forum oe'Julbs 
César y fondé par lui, après la bataille 
de Pharsale, avec l'argent de ses rapi- 
nes, pour lequel Tachât du terrain seul 
coûta une somme égale à 25 millions 
de francs. [?] C'était une extension du 
^rand forum ; il s'ouvrait à Tangle N. 
du Forum romain, derrière remplace- 
ment actuel de Téglise Santa Martin» 
(PI. du Forum). Plusieurs années aupi* 
ravant César avait fait acheter les ter- 
rains nécessaires. Cicéron s'emplo]« 
pour cette affaire. Voici à ce sujet ce 
qu'il écrit : « Les amis de César (Àp- 
plus et moi; dussiez-vous en crever de 
rire), nous avons payé soixante mil- 
lions de sesteï'ces (12 millions?). On 
n'a pu transiger à moins avec les pro- 
priétaires. Ceseru une très-belle chose. » 
(Ad. AUic., IV, 16). César fit élever 
au milieu un temple à Vénus Genitrix. 

Le FORUM Transitoruim — (Palladium 
(de Minerve) ou de Nerva); était ap- 
pelée Transitorium parce qu'il servait de 
passage pour aller aux forums de Cé- 
sar et d'Auguste. Il fut commencé 
par Domitien et achevé par Nerva. On 
appelle vulgairement : le colonnacce 
les deux colonnes restées debout et 
situées via Alessandrina, entre la place 
Trajane et la basilique de Constantin. 
Ces deux colonnes, un des plus beaux 
fragmenVa de ^ome., euleTr4«L« aux 



États de FÉglise. 

d^x tiers (colonnacce), sont d'ordre 
corinthien, oannelées, et ont 5 met. 85 
de drconférence et 9 met. 42 de haut. 
L'entablement est fort riclie et les or- 
nements sont d'un beau travail. Les 
bas^rdiefs de la frise représentent les 
arts de Pallas; au milieu de Tatlique 
est la ûgaxe de Pallas. On considère 
aijgourdnui ce fragment conmie une 

{lortion du- portique faisant partie de 
a décoration intérieure de ce forum. 
On peut Yoir dans Vasi (délie Magni- 
ficenu di Roma, t. VIII, planche 25) 
une Tue curieuse des restes antiques 
du forum de Nerva, antérieure à l'épo- 
que où Paul V en fit enlever cinq co- 
lonnes pour en orner ^la fontaine Pau- 
line. 

Le FORUM d'Auguste — (entre le 
forum de J. César et celui de TrajanV, 
au milieu était le temple de Mars Ul- 
U)r{Mars Vengeur), bâti par lui par 
suite d'un vœu de venger la mort de 
César. Il en reéte trois colonnes co- 
rinthiennes debout avec un pilastre 
soutenant une architrave d'un très- 
beau style. Ces colonnes, de 17 met. 
db haut, sont réputées des modèles d'or- 
dre corinthien pour la beauté des pro- 
portions. Selon les Allemands, ce serait 
lu restes des bains de Caius et de César 
Lucius. A côté de ces restes antiques 
est une des arcades d'entrée du forum 
d'Auguste, désignée sous le nom 
d'^arco dé* Pantani (via de' tor' dei 
Conti). 

Le Forum de Tbaja» ~ (PI. n, carré 
£, IV.), dont la place de la colonne Ira- 
jane ne serait qu'une partie, surpassait 
tous les autres en magnificence. Il fut 
construit par le célèbre architecte 
ApoUoàore (p. 145). 11 était entouré 
de portiques, décore de statues ; il y 
avait une basilique, un temple dédié à 
Traian après sa mort, et la célèbre 
bimothèque Ulpienne, ainsi désignée 
d'après son nom de famille. Derrière 
les deux petits portiques, à côté de la 
mnde colonne, on a trouvé les restes 
de la hïbYwthèque partagée en deux 
Salies, Vune pour les livres grecs, 



R. 142. — KOM£. — FORUMS. 



147 



l'autre pour les latins ; ils furent trans- 

gortés dans la suite aux thermes de 
ioclétien; on voit encore les restes 
d'une de ces deux salles, consistant en 
une des niches qui contenaient les 
livres. Malgré les invasions des bar- 
bares, les monuments de ce forum 
étaient encore debout vers l'an 600. 
L'administration française déblaya une 
partie du forum en 1812, en abattant 
plusieurs maisons. 

Forum d'Antonin — (F. place Co- 
lonna). 

Le FORUM BoARiuM ^ (marché aux 
bœufs), était au Vélabre, au pied du 
Palatin, près de l'arc de Janus Quadri- 
frons (p. 155) et de l'église San Gior- 
gio in Yelabro. 



Temples . — Le premier des tem- 
ples de Rome était celui de Jupiter 
Capitolin, dont il ne reste plus de 
traces (F. 126). Il s'élevait sur un 
terre-plein que les Tfirquins n'avaient 
pu faire exécuter qu'à l'aide d'énor- 
mes murs de terrasse, et il occupait la 
place où est aujourd'hui l'église d'Ara 
Cœli. Sa façade était tournée vers le 
Forum. Sur la place (area), devant le 
temple, s'élevaient deux statues co- 
lossales en airain, celle de Jupiter ej, 
celle du fameux Hercule de Lysippe, 
apportée de Tarcnte par Fabius Maxi- 
mus, vers Tan 543. — A l'endroit où 
était la citadelle (arx) est le palais 
CafTarelli; au-dessus du Tabularium 
(F. p. 159] s'élève le palais sénatorial. 

Nous avons parlé précédemment des 
Temples de la Concorde , de Saturne, 
de Vespasien, de Jupiter Tonnant, de 
Jupiter Stator, ou de Castor et Pol- 
Lux; de Minerva Chalcidica, de lu 
Fortune, de Vénus et de Rome, de 
RoMULus et Remus, d*ANTONiN et Faus- 
tire, du prétendu temple de la Paix ,- 
nous allons passer en revue les autres 
temples anut^u^^ ^<(ycv\.''\ ^"^ «orxsç^ ^'kss 
restes. 



148 



ROUTE 142. — ROME. — TEMPLES AHTiyUES. 



sur les bords du Tibre, place de la 
Bocca délia Verità). Des antictuaires veu- 
lent y voir un temple d'Hercule ; M. Ca- 
nina, un temple ae Mater Matuta. Mais 
la dénomination consacrée et populaire 
subsistera. Yesta est une divinité pelas- 
gique. Du reste, ce temple n'est pas 
celui dont parle Horace, a l'occasion 
d'une inondation du Tibre : 

Vidimus flavum Tiberim... 
Ire dejectum monumenta Regum 
Templaque Yeslae. 

et qui était situé près du Forum. C'est 

Slutôt, sans doute, un de ces temples 
e Vesta que possédait chaque curie. 
Il est de forme circulaire, entouré d'un 
portique soutenu par vingt colonnes 
corinthiennes cannelées, en marbre de 
Carrare; il n'en manque qu'une seule. 
Les murs de la cella sont formés de 
gros blocs de marbre blanc, parfaite- 
ment joints; la partie supérieure a été 
détruite. On le croit du ii' siècle de 
Tempire. Ce tepple, dédié d'abord à 
S^ Etienne, dit deile Carrozze, est au- 
jourd'hui sous le vocable de Santa 
Maria del Sole. 

Nous placerons ici, à cause du voi- 
sinage, les deux temples isuivants : 

Temple de Cérès et de Proserpime 
— (PL 34; — aujourd'hui Santa Maria 
in Cosmedin ; place de la Bocca délia 
Verità) {V. p. 129). On Ta pris aussi 
pour le Temple de la Pudictté patri- 
cienne; pour celui de la Fortune; de 
Matuta. On pense que les colonnes 
d'ordre composite sont de l'époque de 
Tibère. — Sous le portique est le 
masque qui a fait donner le nom à la 
place (F. p. 129). 

Temple de la Fortune Virile * — 



* « Malgré les léinoiicnageâ les ]>)u» po^i- 
lit'^, celui d'Ovide, de Yarron, celui d'un ca- 
lendrier antique, on a voulu reconnaître 
dans un édifice du temps de la république, 
situé sur la rive g., près du ponte Rotto, un 
temple de la Fortune virile, d'après une 
mauvaise traduction deForsForluna, donnée 
par Dettes dHaïicavnasse et Plutarque (Fort. 
Jfom., 5), qui ont pensé que fortem forlu- 
»am voulait dire la Fortune courageuse, vi- 



— (au N. du temple de Vesta; — PI. 
\0ô). L'origine en remonte à Servius 
Tullius ; il fut rebâti sous la république. 
Belle ordonnance de colonnes ioniques, 
de près de 9 met. , recouvertes de stuc ; 
entablement admiré. Les matrones ro- 
maines avaient ^ande dévotion k cette 
déesse, qui avait la réputation de dis- 
simuler aux yeux des hommes leurs 
défauts corporels. A la fin du x* siècle, 
le temple de cette complaisante déesse 
fut consacré à la- Vierge; depuis le 
xvi% il l'est k S*' Marie l'Egyptienne. 

Temple d'Escdlape— (île du Tibre), 
élevé k la suite d'une peste. On pense 
qu'il occupait au- milieu de File rem- 
placement de rhôpital San Giovanni 
Calabita. Les colonnes de l'église San 
Bartolommeo proviendraient de ce 
temple. On donna k Tile, fortifiée de 
quartiers de travestin, la forme d'un 
vaisseau. Un obélisque qui s'élevait au 
milieu de l'île figurait un mât. 

Temple de Minerva Medica — (carré 
J. V. du Plan). Encore une fausse dé- 
nomination. Selon quelques antiquai- 
res, ces ruines pittoresques seraient 
les thermes deCaius et oeLucius, fils 
adopt* d'Auguste, ou un TempledEer* 
cule Gallaïcus. Nibby croit que c'est 
plutôt une salle appartenant k des jar- 
dins du ni* siècle. On croit que ce 
temple est du temps de Gallien. On y 
a trouvé des statues d'Esculape, de 
Pomone, d'Adonis, de Vénus, d'un 
Faune, d'Hercule, d'Antinous... La 
voûte de cet édifice décagone s'écroula 
en 1828. Des murs ont été adossés ex- 
térieurement k cette construction. La 
coupole qui couvrait ce temple était 
en pierres ponces et en briques for- 
mant des chaînes aux angles rentrants. 

rile. (lelle déiiouiinalioii, bien qu'elle ait 
cours parmi les Guides et les vovageurs, ren- 
ferme une confusion topog rapplique et un 
contresens grammatical. Le temple attribué 
à Servius, sur la rive g., dans le marché 
aux brrufs, n'a jamais été dédié à Fors For- 
tuna. Mî^me en admettant l'interprétation 
vicieuse de Fortune virile, on ne pourrait 
en taire \e uom de ce Veniv^^- « (ilmoère. 
II, 101.> N Y- ^ 



États de rÉglise. - r. 142. — bome. — panthéon. 



149 



Pauthéon — (PI. 105, p, E, m; — 
place de la Rotonda, entre le Corso et 
la place Navone) . Ce magnificpie monu- 
ment, le plus insigne que nous ait trans- 
mis Tantique Rome, soit par son style, 
soit par sa consenration, a été érigé 
par Agrippa, gendre d'Auguste, 26 ans 
avantTère vulgaire. On lit sur la frise : 

— M. AGRIPPA. L. F. COS. TERTIVM FECIT. 

— Rrûlé sous Titus et sous Trajan, 
cet édifice fut restauré par Adrien, et 
ensuite par Antonin le Pieux, Septime 
Sévère et Garacalla.On lit sur Tarchi- 
trave : imp. gaes. l. septimvs. severvs. 

PIVS. PERTINAX. ARABICVS. ADIABENICVS. 
PARTHICVS. MAXIMVS. POMTIF. MAX. TRIB. 
POTEST. X. IMP. XI. COS. HI. P. P. PRO^ 
COS. ET. IBfP. GAES. M. AVRELIVS. ANTO- 
NraVS. PIVS. FELIX. A^G. TRIB. POTEST. 
V. GOS. PROCOS. PANTHEVM. VETUSTATE. 
CORRYPTVH. CVM. OMNI. CVLTV. RESTITVE- 

RVNT. — Cette restauration est de Tan 
202 de Tère vplgaire. — En avant du 
Panthéon s'ouvre un noble portique 
ayant 35 met. 45 de largeur et 19 met. 
81 de profondeur, présentant de front 
huit colonnes corinthiennes. On y mon- 
tait anciennement par sept degrés; 
aujourd'hui, il n'y a que deux marches. 
Les seize colonnes qui le décorent sont 
toutes d'un seul bloc de granit oriental : 
elles ont 4 met. 54 de circonférence 
et 12 met. 50 de hauteur, sans y 
comprendre la base et le chapiteau de 
marbre blanc. Ces chapiteaux sont les 
plus beaux qua nous ayons de l'anti- 
quité. Les entre- colonnements vont 
en diminuant à partir de celui du mi- 
lieu ; les colonnes des extrémités ont 
au contraire un diamètre un peu plus 
fort que ceUes du milieu ; l'entaole- 
ment et le fronton sont des plus belles 
proportions. Il y avait autrefois, au 
mihendece fronton, un bas-rehef de 
bronze doré. Urbain VIll, en 1632, fit 
enlever les poutres et les clous de 
bronze de la toiture du portique, qui 
servirent en partie k faire les quatre 
colonnes du baldaquin de la basilique 
deS'-Pierre. Avec ce métal, on fondit 
encore quatre-vingts pièces de canon 



pour le fort S*-Ange. 11 ne reste de 
oronze que la porte qui est antique, 
et «le cercle couvrant le rebord de 
l'ouverture de la voûte. — A ces dé- 
vastations, Deseine, dans sa Descri- 
ptiondeRome (1690), oppose un sin- 
gulier moyen de consolation. « Il est 
vrai, dit- il, que par compensation il 
fit réparer l'église et élever deux clo- 
chers, aux deux côtés. » Ces deux clo- 
chers, ajoutés par le Bernin, ont été 
comparés à deux oreilles d'âne. — 
Une seule porte servait d'entrée au 
temple. A dr.' et à g. , dans deux niches, 
étaient les statues d'Auguste et d'A- 

frippa. Celle-ci a été transportée k 
enise(F. t. 1", p. 327). 
L'intérieur du temple est de l'aspect 
le plus imposant; et ce dut être une 
grande émotion pour les antiques habi- 
tants de Rome quand ils virent pour 
la première fois cette voûte hardie 
projetée sur le vide. •< 11 n'y a pas ici, 
comme dans les édifices grecs, dit 
M. Viollet-le-Duc, une alliance intime, 
forcée, entre la construction et le vête- 
ment qu'elle reçoit. A mon sens, la dé- 
coration intérieure, qui d'ailleurs a été 
modifiée k plusieurs reprises, en- 
lève quelque chose plutôt qu'elle 
n'ajoute k la grandeur de l'effet pro- 
duit par la conception purement ro- 
maine [du monument]... A mon avis, 
l'ordre inférieur qui vient couper les 
niches aux deux tiers de leur hauteur, 
cet attique qui masque leur cintre, 
cette division en deux zones, d'une 
construction homogène, s'élevant du 
pavé jusqu'k la naissance de la coupole, 
diminuent l'effet de cette belle compo- 
sition, au lieu d'y ajouter de la gran- 
deur. — Ce qui cause la plus vive im- 
pression, c'est cette voûte immense 
qui emprunte toute sa décoration k sa 
structure même, c'est ce jour unique 
de 8 met. de diamètre percé k son 
sommet. » 

La forme circulaire du Paiilhéû\s^> *^ 

rintér\euT,\\x\ a ^"jÀX.ô^ssrav'ecV.^wsv ^^t. 

, Rotonde, ^oxv ^x^m^Vx^ '\v\sst\«^ ^^ 



150 



ROUTE 142. — ROME. — PANTHÉON. 



40 selon la mesure donnée par M. Viol- 
let-le-Duc). Le mur circulaire cfui 
porte la Toûte a 5 met. 40 d'épais- 
seur. La hauteur de Tédifice, de- 
puis le pavé jusqu'au sommet de la 
voûte» est de 44 met. 40. (Le diamètre 
et la hauteur intérieurs de Tédifice 
sont ainsi, à peu de chose près, 
égaux). Il n'y a pas de fenêtres; la 
lumière n'entre dans le temple que 
par une seule ouverture circulaire 
pratiquée dans la voûte; on y monte 
par Im escalier de 190 marches^. — 
En 1 536, Charles-Quint, étant à Rome, 
se fit conduire à cette ouverture. Un 
jeune gentilhomme romain, qui l'ac- 
compagna, avoua à son père qu'ilavait 
eu la pensée de le précipiter dans l'in- 
térieur, afin de venger sa patrie du 
sac de 1527. « Mon fils, lui dit le vieil- 
lard, ce sont là de ces choses que l'on 
fait et qu'on ne dit point. » — Au- 
tour du temple, a 1 intérieur, entre 
les chapelles, sont huit niches (œdi- 
cula), ornée» d'un fronton soutenu 
par deux colonnes, la majeure partie 
en marbre jaune antique, spécimens 
précieux par leur dimension de ce 
marbre si rare, même pour les anciens; 
ces niches ' étaient encore intactes au 
XVI* siècle. On les a transformées en 
autels, en altérant un peu leur forme 
primitive. Le pavé, qui a été surélevé, 

* « Le mur circulaire n'est nas plein, il est, 
outre la porte d'entrée, éviaé à l'intérieur 
par quatre renfoncements barlonffs et trois 
grandes niches semi-circulaires. A la hauteur 
de la naissance de la voûte, l'architecte a 
pratiqué seize vides. Il n'est pas de construc- 
tion mieux raisonnée au point de vue de la 
durée et de la solidité. La voûte prend nais- 
sance à 22 met. 30 au-dessus du sol intérieur, 
e'csi-à-dire à la moitié environ de la hauteur 
totale du danS'Œuvre. La voûte semi-sphé- 
rique qui couronne le tambour évidé, for- 
mant la muraille du monument, est bâtie en 
briques el en blocages. Les briques tiennent 
lieu de nervures noyées dans 1 épaisseur de 
celte voûte, reodue légère par cinq rangs de 
caissons évidés dans la concavité inti>rieure. 
Ce mur circulaire, grâce aux vides ménagés 
dan» son épaisseur, n'est, à tout prendre, 
qu'un composé d'arcs de décharge, reportant 
toui&i sesoesanteun sat seize massifs prin- 
^Vfux. M fVJoUet'Ie-Duc, Entretiens sur far- 



composé de marbres et de porphyre, 

§ résente une dépression au miheu et 
es'ouvertures par lesquelles s'écoule 
l'eau tombant du haut. 

Le Panthéon, le reste le plus parfait 
de l'ardiitecture romaine, renferme 
la dépouille mortelle du plus grand 
artiste des temps modernes : Raphaâ 
y est enterré dans la troisième cha- 
pelle à g., sous le soubassement de la 
statue de la Vierge ^Madona del Sasso) . 
A côté est la nièce du cardinal Bibiena, 
sa fiancée, qui le précéda de trois 
mois dans la tombe. D'autres grands 
artistes sont aussi enterrés au Pan- 
théon, comme pour lui faire cortège : 
Balthazar Peruzzi, Jean d'Udine, Pie- 
rino del Vaga, Thad. Zucchero, Anni- 
bal Carrache'. Les ossements de Ra- 
phaël furent découverts en sept. 1853; 
ils y furent replacés en cérémonie, le 
1 8 oct. , dans un sarcophage antique de 
marbre, provenant du musée du Va- 
tican. En 1821, le zèle dévot fit en- 
lever les bustes de Raphaël et dea 
autres artistes. 

La partie circulaire de l'édifice n*a 
évidemment point de rapport avec le 
portique qui a été ajouté postérieure- 
ment. Cela a donné lieu à de longes 
controverses sans conclusion certame. 
On ne sait si le tout a été construit 
par Agrippa. La rotonde, en premier 
lieu, faisait peut-être partie des IImt- 
mes d' Agrippa, auxquels elle est 
adossée, mais sans commum'cation di- 
recte. Dans le principe, toute la con- 
struction, qui est composée de bri- 
ques, fut recouverte de stuc, et le 
portique fut ajouté quand on voulut 
la transformer en temple. — Le Pan- 
théon resta fermé de 591 à 008, où 
l'empereur Constant II enleva les tui- 
les en bronze de la coupole, et les 
statues qui avaient échappé aux bar- 
bares; ces objets furent pris par les 
Sarrasins, qui les transportèrent à 
Alexandrie. Grégoire III (751) fit cou- « 
vrir le Panthéon de pkques de {ilomb. 
Les troubles des xiu* et xiv* siècle y 



États del'Ëglisë. - r. 142. «^ rohe. — théâtres antiques. 



151 



terre encombrait le porticpie k une 
hauteur telle, qu'on descendait par 
phisîeiffs marches dans le temple; des 
nabitations ayaient été construites 
entre les colonnes. Eugène IV fit dé- 
gager le portique. Avant hii, Sartin Y 
avait restauré le toit, qui avait perdu 
sa couverture de plomb. En 1G27, 
Urbain TIII fit renrplacer la colonne 
de granît qui manquait à Fangle orien- 
tal du portique. On la reconnaît à Ta- 
beille ^umonrie des Barberini) mise sur 
le chapiteau. Deux autres furent ajou- 
tées en 16^ par Alexandre YII (avec 
rétoile des Ghigi). En 1662, on dé- 
barrassa le portique des masures qm' 
Tobstmaient. En 1852, on a com- 
mencé k démolir les maisons adossées 
au côté E. de Fédifice. 

TnpLE d'Artonin le Pieux — (PI. 
102. E, III ; — place di Pietra, au S. de 
la place Golonna). Dénomination aban- 
donnée par les antiquaires. Aujour- 
d'hui ces restes sont considérés comme 
appartennant au temple de Neptune, 
élevé en foime de basilique par Agrippa 
en mémoire de ses victoires navales. 11 
en reste onze colonnes corinthiennes 
en marbre, très-endommagées par les 
incendies. Elles forment la façade de 
la douane (dogana di terra), — l^s 
anti(|uaires allemands, qui, sur les pas 
de Niebnbr, cherchent à renouveler les 
connaissances admises sur la vieille 
Rome, font de cet édifice un temple 
de Marciana, sœur de Trajan. 

PftlttM. — Palais des Césars, — 
sur le mont Palatin (F. p. 127) et 
Villa Palatina, Spada ou Mills (p. 
127). 

L^emplaccment du palais des Cé- 
sars a été acquis du roi de Naples par 
Tempereur Napoléon 111, pour la 
somme de 500000 scudi. Les fouilles 
sont dirigées parle savant archéologue 
M. Pietro Rosa ; elles se poursuivent 
activement, et ne cessent d'attirer 
un grand nombre de visiteurs. 

Théâiiret êî Cirquet. — ThÉatre 
mMaécmuus (PI, 106, /). IV ; — près 



de la place Montanara). Commencé par 
César et terminé par Auguste, qui lui 
donna le nom de Marcellus, ce fils de sa 
scBur Octavie immortalisé par Virgile. 
Ce théâtre était entouré de portiques ; 
il reste seulement du côté de la place 
Montanara, des arcades des étages in- 
férieurs. Ces deux ordres d'architec- 
ture dorique et ionique sont de pro- 
portions si parfaites qu'ils ont été 
adoptés pour modèles; Cet édifice, 
loué par Vitruve, pouvait contenir 
20000 spectateurs, et fut le second 
théâtre de pierre édifié à Rome. — 
On lira sans doute avec intérêt les ob- 
servations critiques qui suivent, émi- 
ses par M. VioUet-le-Duc, dans ses £n- 
tretiens sur r Architecture (i^, 21-4) : 
« Les Romains raisonnaient si peu lors- 
qu'il était question de mettre les for- 
mes en harmonie avec Tobjet, qu'ils 
Î placent [ici] sur chacun des ordres 
superposés] leur cntablementcomplet, 
comme si chacun d'eux eût dû terminer 
Tédifice. Si les colonnes engagées pou- 
vaient tenir lieu de contre-foi*ts, il 
faut bien recomiaitre que les entable- 
ments saillants posés d'une colonne ù 
Tautre étaient plus nuisibles que né- 
cessaires à la soHdité de Pédince, et 
que leur poids en bascule ne pouvait 

au'entrainer les constructions... Pren- 
re les cloisons pour la partie solide 
et les contre-forts pour une simple dé- 
coration, comme le firent les Romains, 
c'était raisonner en barbares. Les Grecs 
n'ont pas commis cette erreur k la 
basiliqae des Géants d'Agrigente. » 
Transformé en forteresse au moyen 
âge, le milieu du théâtre se remplit 
de décombres. Plus tard on y construi- 
sit un palais, et ce qui restait d'arcades 
fut converti en ignobles boutiques. 
L'emplacement on est presque entiè- 
rement occupé par le palais Orsini. 

Près du théâtre de Marcellus était le 
PORTIQUE d'Octavie ( V. plus bas) . 

Théâtre de Pompée — (PI. * D, IV \. 
Le pïemVet l^vfe^Vte^^ ^x^rt^V^V 
Rome; aomr«sw\V wiTv«ci^\«^^v^'sçifc 



152 



ROUTE 142. — ROME. 



il était encore entier au milieu du 
vi' siècle. Aux xi' et xii* siècles il de- 
vint un château fort des Orsini. Il y en 
a des restes visibles sous le palais Pio 

iprèsde la place Gampo di Fiore). — 
Vès de là était aussi le naagnifique 
portique de iOO colonnes, élevé par 
Pompée (dans Tespace compris entre 
la rue dite : del monte délia Farina, 

Sarallèle à la scène, celles du Sudario, 
'Argentina et des Barbieri). Il conte- 
nait une curie (curia Pompea) où le 
sénat se réunissait les jours de spec- 
tacle. C'est là que 44 ans avant J. G., 
le 15 de mars, fut frappé Gésar au 
pied delà statue de Pompée (F. palais 
Spada). 

Amphithéâtre Flavien — (Colisée) 
(F. p. 144). 

Amphithéâtre Castrense — (Pl.J; 
VI; — du côté de la porta Maggiore). 
Servait aux combats des soldats contre 
les bétes féroces et à des fêtes mili- 
taires. Ilonorius renferma dans les 
murs de la ville. 

Gircus Maximus. — L'histoire du 
grand cirque commence avec les ori- 
gines légendaires de Rome; avec 
Teulèvement des ISabines; tout le 
vieux monde romain a passé par là. 
(L'industrie moderne y a établi un gor- 
%omètre.) L'origine en est attribuée 

Sar les historiens anciens à Romulus. 
[ais il n'est point admissible qu'on 
ait choisi pour donner des fêtes pu- 
bliques une vallée marécageuse, inoii- 
déeparle prolongement du Yélabre. 
D^un autre côté, il n'est pas probable 
que les pâtres et brigands rassemblés 
pr Romulus pussent se donner déjà 
le luxe de courses de chevaux. Ges 
jeux sont une importation des Etrus- 
ques ; et la création du cirque Maiime 
ne doit dater que de Tarquin F Ancien, 
et être postérieure aux travaux de 
dessèchement du Vélabre. — Le grand 
cirque occupait entre les monts Aven- 
tin et Palatin un espace allongé de 
780 met. de longueur sur 166 met. 



délia Verilà. 11 pouvait, au temps de 
Vespasien, qui l'agrandit, contenir 
250000 spectateurs ( et, sous Con- 
stantin, près de 400000. On y donnait 
des jeux dits drcenses, consistant en 
luttes d'athlètes, en courses à pied, à 
cheval, en chars, et en chasses de bétes 
féroces. Le nom de circus vient du 
circuit que les coureurs étaient obli- 
gés de faire autour. A une des extré- 
mités étaient les barrières [carceres) 
d'où partaient les concurrents; un 
mur étroit et bas (s'pina) aux extré- 
mités duquel étaient des oomes pvra- 
midales (metx) et de petits édiàces 
derrière lesquels il ÊiUait passer, par- 
tageait le cirque dans sa longueur en 
deux moitiés. On y élevait des obélis- 
ques, des statues, etc. Des fouilles 
firent découvrir, en 1587, à la pro- 
fondeur de 8 met., les obélisques cou- 
chés d^ Auguste et de Constantin , 
qui décoraient l'épine. Celui d'Au- 
guste a été mis sur la place de 
S*- Jean de Latran. Au bas du Po- 
dium^ Jules César ajouta un canal 
de 5 met. de largeur et de profondeur, 
pour empêcher les éléphants de s'ap- 
procher de trop près aes spectateurs,, 
comme cela était arrivé... Eruptio- 
nem tentavere, non sine vexatione 
populi, (Pline.) — Une partie des 
gradins était adossée au palais des 
Empereurs (du côté du Celius). On lit 
dans CassioQore (liv. III) que Néron, à 
table, fit jeter sa serviette de la fe- 
nêtre dans le cirque pour annoncer 
au peuple impatient qu'il permettait 
de commencer le spectacle. C'est dans 
ce cirque que l'esclave Androclus fut 
reconnu et défendu contre les autres 
bêtes féroces par un lion auquel il 
avait, en Afrique, arraché une épine 
du pied.(Aulu-Gelle.) — ATangle du 
palais impérial et à l'extrémité du cir- 
que, Septime Sévère fit conâlruire un 
portique à colonnes de trois étages, 
nommé Septizonium ; il existait encore 
en partie au xvi* siècle. Le cirque fut 



deJarge, commençant à quelque dis- lune dernière fois restauré sous Théo- 
iancp du Tihre, pii^ la place Boccaldor\c,SV\Ve\ \^ ^\. tocv<A\\ ysw <ïtkv« 



États de TÉglise. r. 142. — rome. — 



ARCS. 



155 



ployer les matériaux à la construction 
de S*-Pierre. — Des vignes, des jar- 
dins maraîchers, occupent aujourd'hui 
remplacement du grand cirque; quel- 
ques rares fragments en subsistent 
encore. 

Cirque de Salluste — ^1. carré 
G, 11; — vers la porta Salara). On voit 
encore la base des gradins. C'est là 
qu'étaient les jardins de Salluste (F. 
la place de la Trinité-du-Mont). 

Cirque Flaminius, — construit par 
le consul Flaminius, qui périt k la oa- 
taille de Trasimène. Ce cirque, situé 
entre le théâtre de Pompée, le Capi- 
tole et le Tibre, avait encore des restes 
considérables au xvi* siècle; ils ont 
disparu dans la construction du palais 
Mattei. 

ClRQDE ÂGONALIS OU d'AlEXANDRE 

Sévère. — Cet espace est occupé par 
la place Navone. 

Cirque de Néron ; — il fut détruit 
par Constantin pour y établir la vieille 
oasilique de S*-Pierre. 

Cirque de Flore. — Sur cette fausse 
dénomination, voir Place Barberini 
(p. 129). 

« ■ " 

PérUquei. — Ils servaient de pro- 
menades. Ils étaient multipliés et pla- 
cés d'ordinaire près des théâtres, afin 
de servir de heu d'abri à la foule, en 
cas de mauvais temps. Nous avons cité 
tout à l'heure celui de Pompée ; il y 
avait aussi le portique de MiCf de 
Philippe y etc. 

Portique d'Octavie — (près du 
théâtre de Marcellus). Bâti par Au- 
guste, qui lui donna le nom de sa 
sœur. On pense qu'il ne fit qu'agran- 
dir et embellir le portique existant 
déjà de Metellus Macedomcus. £n cas 
de mauvais temps, il servait d'abri au 

{oublie dans les entr 'actes du théâtre. 
I fut brûlé sous Titus, et ce serait 
alors qu'aurait péri, selon Nibby, le 
fameux Cupidon de Praxitèle. Le por- 

aue d*Octavie fut restauré par Cara- 
ila et au v* siède, 11 n'en reste que 
4 colonnes cannelées et 2 pilastres 



devant l'église Sant' Angelo in Pas- 
cheria (marché au Poisson). Il for- 
mait un parallélogramme à double 
rang de colonnes, entourant une cour 
ou étaient deux temples de Jupiter et 
de Junon (F. le plan de Rome, au Ca- 
pitole). 11 étaitenrichi de chefs-d'œuvre 
du ciseau grec. 

Arcs. — Nous avons parlé ci-des- 
sus des ARCS de Titus (p. 144), — de 
Septime Sévère (p. 139), — de Con- 
STAWTIN (p. 144). Nous citerons en- 
core les suivants : 

Arc de Dolabella et Silanus — sur. 
le mont Celius (l'an 10 de l'ère chré- 
tienne). On croit que c'était une des 
entrées du champ de Mars du mont 
Celius, qui servait aux exercices mi- 
litaires pendant les inondations du 
grand champ de Mars. Néron y appuya 
son aqueduc (à l'angle des rues Saiili 
Giovanni e Paolo et de la Navicella). 

Arc de Septime Sévère, dit des Or- 
fèvres, — Arcus Argentarius ; ^eiii 
arc, de forme carrée, et d'une seule 
ouverture (près de San Giorgio in Ve- 
labro). Il fut érigé par les orfèvres, 
les bijoutiers et les marchands du /b- 
rum Boarium à l'empereur Septi- 
mius Severus, à son épouse Julia Pia 
et à ses fils Caracalla et Géta. Le nom 
et la figure de ,ce dernier ont été 
effacés par Caracalla, de même qu'à 
Tare de Sévère. L'architecture et la 
sculpture, entre autres un Sacrifice 
de la famille impériale, témoignent 
de la décadence des arts à cette épo- 
que. — Près de là est l'arc suivant : 

Arc de Janus Quadrifrons — (PI. 99, 
E, v; — rue San Giorgio in Velabro), 
construction solide du temps de la dé- 
cadence (Septime Sévère). Ces arcs à 
quatre faces servaient de lieu de réu- 
nion aux marchands, et étaient assez 
multiphés à Rome. Cet arc, revêtu 
en marbre, a quatre arcades et 48 
niches qu'ornaient des statues. 

Arc \s^ liwi^\i% V^«ç\oasàs3ùè\> — 
pour &îLN\c\oVtfe «s« v&%»^«wssàîSi&%^^ 



154 



ROUTE 142. — BOME. — COLONNES. 



près de la porte San Sebastiano (carré 
G. VIII du Plan). 

Arc de Gallien — (260 ap. J. G.) 
(carré G. IV du Plan). 

ARCDE'PANTANl(F.p.l47, l"COl.). 



Colonnes. — Golonne Trajane 
(Plan E, Vf). Gette colonne, élevée 
dans le forum de Trajan Q). 147), 
bien que les ordres y soient mêlés, est 
un des beaux monuments antiques de 
Rome. « Ge monument prouve, dit 
M. Viollet-le-Duc, que quand le Ro^ 
main veut être artiste, à son heure, à 
sa manière, il n'est pas facile de l'é- 
galer. » Le fût de la colonne est com- 
posé de 25 blocs de marbre blanc de 
Garrare, unis par des crampons de 
bronze. Le piédestal se compose de 
huit morceaux de marbre; Le chapi- 
teau est d'un seul morceau. La hau- 
teur totale, depuis le pavé jusqu'à 
l'extrémité de la statue, est de 42 met. 
87. La colonne seule, avec sa base et 
son chapiteau, a 25 m. 98. Le piédestal 
4 met. 53; la statue, 3 met. 56. Le 
diamètre inférieur de la colonne est 
de 3 met. 56, et le supérieur de 
3 met. 24. Au sommet est un balcon 
d'où l'on jouit d une belle vue. On y 
monte par un escalier tournant de 182 
marches taillées dans le marbre, et 
éclairé par 43 petites ouvertures. La 
colonne (qui porte la trace des boulets 
qui Tatteignirent pendant le siège du 
connétable de Bourbon) présente exté- 
rieurement un bas-reliei en spirale qui 
suit la direction de l'escalier intérieur, 
et fait 25 fois le tour. On y compte 
jusqu'à 2500 figures ; celles qui sont 
près du chapiteau sont plus hautes et 
ont plus de relief. Gette immense 
composition représente des sujets tirés 
des deux expéditions de Trajan contre 
les Daces. t G'est le portrait le plus 
fidèle que les Romams nous aient 
laissé d eux-mêmes et aussi de leurs 
ennemis. » Ges bas-reliefs ont servi de 
modèles à Raphaël et à son école. Le 
j^énie romain, àiiïètenï do celui des 
^rw8, s'y montre r^hsté dans Je ca- 



ractère des figures. Mais il y viole 
d'ailleurs les rapports de proportionii 
et méconnaît ou néglige les ressour- 
ces de la perspective, et, comme on 
a dit justement, « l'ensemble est 
conçu avec un singulier mélange d'au- 
dace savante et de naïveté barbare, 
qui se retrouve dans les ouvrages des 
miniaturistes antérieurs au xvi** siècle,» 
— Les restes de Trajan furent déposés 
sous le piédestal. Sa statue, en bronze 
doré, (pli couronnait la colonne, fut 
enlevée a» moyen âge. Sixte V, qui 
restaura cette colonne, y fit mettre 
une statue de S* Pierre, par délia 
Porta, — Il paraît, d'après l'insori- 
ption du piédestal, qu'il fallut creuser 
beaucoup et aplanir l'espace entre les 
deux collines Quirinal (K. p. 127) et 
mont Gapitolin pour y placer le forum 
de Trajan : senatvs. popvlvsqve, bo- 

HANVS. IHP. CESARI. CIVI. NERVAS. 
TRAIANO. AVG. GERM. DACICO. PONT. 
MAXIMO. TRIB. POT. XVII. IMP. V. COS. YI. 
P. P. AD. DEGLARANDVM. QUVANTAE. ALTI- 
TODINIS. HONS. ET. LOGTS. TANTIS. OPE- 
RIBVS. SIT. EGBSTVS *. 

Colonne Antonine — de Marc Au- 
rèle (PI. c E, III ; — place Golonna, à» 
laquelle elle a donné son nom). Cette 
colonne est inférieure à la colonne* Tra- 
jane sous les rapports de la beauté, de 
la forme et de i exécution. Les bas- 
reliefs sont plus saillants ; ce qui lui 
donne un air de pesanteur. Elle est 
composée de 28 blocs de marbre, et a 
également un escalier intérieur de 190 
marches. Elle fut endommagée par les 
incendies et la foudre. Sixte Y la fit 
restaurer. La partie de l'ancien pié- 
destal, au-dessus du sol, fut revêtue 
de marbres et mise dans l'état actuel 
sous la direction de Dominique F&H' 
tana, — L'inscription moderne du pié« 

* En 1864, on a placé dans une salle basse 
du Musée du Louvre des moulages en cuivre 
bronzi^ ^en tronçons séparés), de lotis les 
has-relieCi de la colonne Tr^jane, de' manière 
que les mille détails qui la compotent sont 
sous le regard du spectateur, tandis qu'ft 
Rome, à cause de U hauteur de la colonne, 
ils sont k peine Vi^WA^s. 



Etats de l'Église. 

de0taf a substitué par erreur le nom 
d*Ântonin le Pieux à celui de Ms»rc 
Aurtie, à qui la colonne était érigée 
par le sénat pour ses victoires sur les 
AarGomans.-— La statue en bronze doré 
deFapôtre S* Paul remplaça Tancienne 
statue de Marc Âurèle disparue. 3 met. 
56 cent, du piédestal sont encore en- 
seTelis sous le sol. 



R. 142. — ROME. — OBÉLISQUES. 



155 



INiéliiqiiês. — Un assez grand 
nombre de ees prodigieux monolithes 
égyptiens furent transportés à Rrane 
par les empereurs pour la décoration 
de la tille. Ces obélisques furent ren- 
versés et ensevelis. Sixte Y fut le pre- 
mier à les relever. L'architecte ton- 
tana se fit une grande réputation pour 
avoir dirigé le premier une de ces pé- 
rilleuses entreprises. 

Obélisque de la plage du VAircAN 
— (PI., carré B, II). Ce monolithe, en 
siénite, transporté d'Héliopolis à Rome 
par Galigula, a 25 met. 58 de haut 
(40 mètr91 du sol au haut de la croix). 
11 n'a pas d'hiéroslyphes. C'est le seul 
qu'on ait trouvé dans sa position pri- 
mitive, et, jiar suite, intact. Dressé 
dans le cirque de Néron, il était reste 
debout, près de l'endroit où est main- 
tenant la sacristie de S'-Pierre. Sixte- 
Quint voulut le placer en face de la ba- 
silique. Une foule d'ingénieurs pré- 
sentèrent des plans. Sixle Y chargea 
Dominico Fontana de celte entreprise 
difïicile et nouvelle. 11 fallut l'abattre 
d'abord. L'érection eut lieu le 1 sep- 
tembre 1586. Le pape dit une messe 
solennelle à S*-Pierre et bénit l'archi- 
tecte et les travailleurs. Ceux-ci étaient 
an nombre de 800. On employa en 
outre 140 chevaux. Le pape, avec sa 
cour, assista à cette cérémonie. Un 
peuple enthousiaste de l'art se pressait 
sur la place. On prétend qu'il y avait 
menace de mort pour celui qui rom- 
prait le silence, et que, dans un mo- 
ment où les cordes étaient près de se 
rompre par leur tension, un homme 
cria : vÙe Veau aux cordes l » Le pape 



mais une récompense et le privilège 
dont jouit encore sa famille, de vendre 
les paUnes dans les églises de Rome, 
le jour des Rameaux. 
Obélisque de Saikt-Jean.db Latraic 

— (PL, carré G, VJ^. Le plus grand de 
Rome, transporte d'Héliopolis en 
Egypte à Alexandrie par Constantin, 
et à Rome (sur un vaisseau de 500 
rameurs) par Constance, qui le plaça 
au circus Maximus. En 1587/ on le 
trouva à 6 met. 50 sous terre, et en 
1588 D. Fontana le redressa par or- 
dre de Sixte Y. Il est de granit rouge, 
orné d'hiéroglyphes; sa hauteur, sans 
la base et le piédestal, est de 52 met. 
16. 

Obélisque de Sainte-Marie Majeure 

— (PI. carré G, lY). On prétend qu'il 
fijt amené d'Egypte par l'empereur 
Claude avec Tobéiisque de monte Ca- 
valto. Ils ornaient le mausolée d'Au- 
guste, et restèrent plusieurs siècles 
brisés k terre. Il a de hauteur 14m., 
le piédestal 6 met. 49; il est de gra- 
nit sans hiéroglyphes. Il fut élevé en 
1587 sous Sixte V, par Fontana. Il 
était brisé en trois morceaux ; il les 
réunit au moyen d'entailles en forme 
de croix, creusées à queue d'aronde, 
de telle sorte que la croix supérieure 
rencontrât exactement l'inférieure. 
Les vides furent remplis par des blocs 
du même granit ajoutés exactement. 

Obélisque de monte Cavallo — (PI. 
f, F m). Sa hauteur est de 14 met. 60 
sans le piédestal; il est de granit 
rouge, également sans hiéroglyphes. 
Il fut élevé à cette place par 1 archi- 
tecte Anlenori (1 78o). 

Obélisque de Trinità de' Monti — 
(PI. carré F, n). De granit rouge ; hié- 
roglyphes. Placé autrefois sur la spina 
du cirque de Salluste. Selon l'inter- 
prétation des hiéroglyphes il aurait 
été élevé en Thonneur d'Antinotis, au 
nom d'Adrien et de Sabina, sa femme ! 
En 1789, Pie YI le fit élever où il est 
auiouvd'Vvvxx. V\\ji\^ \\vècwfcV^s»\«c« «çi& 
1 le ptècèàcuV ï»n&V.\\^^^N5^- 



/ui accorda non-seulement sa CTftce,l Oii*.usJi\ii. \fl^ VK^vw». \si^^^^^'^'* 



150 BWTE 142, — Ht 

({'I. i, E 1). De granit ronge ; il a Si 1 
met. de haut; ^ met. 36 j compris 
la croix et le pîédeEtal. Les iuterpré- 
tntions des hiéroglyphes sont discor- 
dantes. Aparait être de 15 siècles HTanl 
l. C. (Transporté d'Héliopolis à Rome 
par Auguste, qui le fit placer dans le 
cirt'us Maximus, il j resta brisé en 
plusieurs morceaux !i côté de celui de 
la place de Latran). Ijiite V le fit tirer 
des décombres et transférer où il est, 
par Fmilana (1589). 

Obélisque de monte Cnonio — (PI. 
g, E, m). De granit ronge avec des 
hiéroglyphes; selon Lepsius, det^am- 
melicus, 654-609 av. i. C. (22 met. S 
de haut, le [liédealal et le code, 7 m. 
M). Auguste l'apporta d'Bèliapolis et 
le dédia au dieu du Soleil. Il servait 
de emoion à la méridienne du Champ 
de Bars. Il fut trou lé enl748ct éleré 
à cette place par Pie VI, eu 1789. 

OeÉLtsouE Bo P*MTHioN. — Il est 
petit et a des hiéroglyphes. Il fiil 
transféré en 1711. 

ÛBéLISOUB DE SAMtl HlBIl SOFB* 

BiNEHV*. — De granit d'Egypte avec 
des hiérogljphes ; 5 met. 53 de haut ; 
Alexandre VII le fit dresser en 1767 
sur un éléphant, par Bemini. 

OeÉLtSOUE DE IK PLACE NïtONE — 

(PI. h. D, 111). En granit rouge avec 
des hiéroglyphes. H a 16 met. 56 de 
liant sans ie piédestal. On croit 
c'est un ouvrage romain du temps 
de Ddinitien. 11 lut trouvé dans le cir 
que de RomuluB, fils de Maxeiice (bot 
la porte San Sebastiano). Il fait parti 
de la décoration de la fontaine (¥. 

Ï- 130) du Bemin, qui l'érigea en 
651. D est brisé en 5 morceaui. Ls 
fleur de lis et la colombe tenant une 
branche d'olivier, placées sur la pointe . 
sont les armes de la famille Panlili. 
Obélisque du Pikcio. — Ce pelii 
monolithe provient des jardins Va- 
riani et a été élevé en 1SÎ2 sur k 
promenade du Piocio. 



Qiund ils perdirent la liberté, ]e» em- 
pereurs leur donnèrent en échange leti 
louiœancea du luxe : à la place des sim- 
ples piscines llavatràta) des derniers 
tempe de la république, tes bains, son» 
le nom de thermes, acquirent un déve- 
lo|)pemenl prodig^eui. Le peuple y trou- 
vait des bams froids, tîèdes, cbaud\ de 
apeur; des saUe» pour se sécher, paor 
<■ parfumer, des stades pour les etep- 
;tces et les jeux, des promeuaiiCH ombn- 
gées d'arbres, des portiques où les poêles 
venaient réciter leurs vers, des biWo- 
thèques, des pinacothèques, ornées de 
' ' is et de Ubleaui. H y devint »en- 
aui beautés de ce» œuvres d'art. 
Tibère ayant voulu transporter des bains 
d'A^ppa une statue de Lysippe, iM 
obligé de la replacer à cause du mécon- 
lentemont du peuple. — Apippa, qui 
contribua si grandement i 1 embellisse- 
ment do Rome, est te premier qui dé- 
veloppa de la magnilicence dans ce genre 
lustruclions. D'autres thermei fii- 
construits par Sérmi, TUui, Tra- 
jan. Commode, CaraeaUa, Al. Sévère, 
Philippe, Dieelélien et ContlonlM. , 

Tbbbmes d' Agrippa, — Ils étaient 
adossés au Panthéon et alimentés par 
l'eau vierge qu'il amena à Rome. )]. 
n'en reste que des vestiges. 

Therhes de Caracalla. — Thenns 
Antoninians, par altération du nom 
d'Antonin Caracalla (carrés' E, F, VII 
du Plan), les plus grandes ruines de 
Rome, avec le Colisée. le palais dei 
Empereurs, les thermes de Uiodétieu, 
C'est avec leColisée, la ruine qui frappe 
le plus l'imagination. En montant sur 
ces massives constructions on a une 
belle vue sur les ruines et sur la cam- 

Fagne de Rome. Le peupley fut admis 
an 316, mais ils ne furent terminés 
que par Héliogahalc et Alexandre Sé- 
vère, Lea anciens eux-mêmes ontvanté 
la magnificence et la richesse de ces 
bains. C'est là qu'au xvi' siècle on a 
trouvé l'Hercule Farnëse. le Torse du 
Belvédère, la Flore, la Vénus CaUi- 
pyge, le Taureau Famèse. les grandes 
bâignoirea de granit de la piazza Far- 
nëse, etc., et auivii* siècle, des cen- 
taines de aUVue&. On t^io^iÂ^ ^%%% 



Étais de FÉglise. 

sièges en marbre poli. L'emplacement 
occupé par ces thermes est un carré 
de 341 met. de côté, 1564 met. de 
pourtour. On ?oit encore des restes 
de deux grandes exèdres ou hémicycles, 
situées à dr. et à g. du carré, et des- 
tinéesaux exercices ou à des spectacles. 
Sur la façade N. E. il y a une quantité 
de petites chambres qui servaient aux 
gens de service. Les trois grandes ar- 
cades (vers rentrée principale, du côté 
de relise de SS. Nereo et Àchilleô) 
bordaient le frigidarium, ou bain 
froid, à cielouvei't; derrière ces arca- 
des était le tepidarinm (bain tiède et 
salle tiédie) sous sa triple voûte d'a- 
réte. Une grande salle ronde, entourée 
do chambres, est le Laconicum ou salle 
des bains de vapeur. « Les voûtes sont 
construites en pierres ponces (pumici) ; 
elles sont k Tintérieur de briques car- 
rées placées à plat. Sur le blocage en 
pierres ponces qui forme la partie su- 
périeure des voûtes, il y a un enduit 
en ciment dans lequel étaient incrus- 
tées les mosaïques en pierre dure, 
d'une exécution plus ou moins fine, 
dont était fait le pavement des terras- 
ses, qui couvraient une grande partie 
de Tédifice. » Plusieurs de ces mo- 
saïques sont au palais de Latran. Une 
vaste salle centrale était décorée de 
colonnes énormes en granit. La der- 
nière fut transportée à Florence; on la 
voit aujourd'hui auprès du pont Santa 
Trinità (T. P', p. 479). Les thermes 
d'Antonin Caracalla furent abandonnés 
vers le vi' siècle, quand Yitigès, assié- 
geant Bélisaire (557), détruisit les 
aqueducs. 

Thermes de Titus — (carré G. V du 
Plan). Construits sur une partie de 
remplacement du palais d'or de Né- 
ron. Les appartements du palais de 
Néron, et peut-être même des con- 
structions conservées du temps de Mé- 
cène, ^i avait ses jardins sur TËs- 
quiUn,' furent noyés dans les construc- 
tions nouvelles de Titus. Peut-être la 
tombe de JiSécène gît'elle encore en- 
sevebe sous les ruines, et à côté celle 



R. 142. — ROME, — THERMES. 



157 



d'Horace, enterré, comme nous l'ap- 
prend Suétone, auprès de son protec- 
teur et de son ami. La plupart des con- 
structions déterrées du temps de Ra- 
phaël ont été détruites à la fin du 
siècle dernier pour en tirer du salpêtre. 
On ne peut entrer ou'avec des flam- 
beaux aans les corridors ornés de fres- 
ques d'un goût exquis. Presque tout 
est ruiné. 

On I pense que Raphaël profita de 
ces fresques pour ses loges du Vati- 
can. Mais c'est sans doute une calom- 
nie, qu'il les ensevelit après s'en être 
servi. C'est à tort que l'on prétend 
oue le Laocoon a été trouvé dans une 
de ces chambres ; il le fut du temps 
de Jules II, dans la vigne de Prédis, 
entre les Sept Salles et S*"-Marie- 
Majeure. Le plan des thermes de Titus 
est en partie conservé dans l'ancien 
plan de Rome (du Capitole). 

Sette Sale — (carré G, Vdu Plan). 
Les Sept Salles, dont le nom vient, à 
ce que l'on croit, de Septi Solum, nom 
de ce quartier dans l'antiquité, n'é- 
taient qu'un réservoir (piscina) dé- 
pendant des thermes de Titus. 

Thermes de Dioglétien — (sur le 
Yiminal; — carré G, III du Plan). Les 
plus grands de tous les thermes de 
Rome ; commencés par Dioclétien et 
Maximilien Hercule ; ils furent termi- 
nés par Constance Chlore et Maximilien 
Galère. Ils avaient, dit-on, une en- 
ceinte de 1421 met., et place pour 
5200 baigneurs. Ils renfermaient une 
galerie considérable de tableaux, et la 
bibliothèque Ulpienne, que Dioclétien 
fit transporter du forum de Trajan. 
Au xvi' siècle on a enlevé plus de 200 
colonnes. Ces thermes étaient con- 
struits sur un plan carré ; aux deux 
extrémités il y avait deux rotondes, 
dont Tune est détruite et l'autre a été 
transformée en l'église San Bernardo ; 
entre les deux était un petit théâtre 
dont rhémicycle est encore visible. 
Par ordre de ¥ift \!^, ^vSwèirV»^^ 
transform^L lai çwsiàfe «a^^^ ^ \ss^««i^ 
(Pinacol\iëc\ae ou ç^^^-a. ^:aSi^as^aC\^'^ « 



158 



ROUTE 142. — ROME. — AQUEDOCS. 



fit réglise Santa Maria degli Ângeli 
(F.p.191). 

Thermes de Constantin — (PI. , carré 
F, III) . L'emplacement de ces thermes, 
qui avaient plus de 800 met. de cir- 
cuit, est occupé par les palais Aldo- 
brandini, Rospiguosi, du Quirinal, ta 
place du Monte Gavallo, etc. On en re- 
trouve (dans les caves du palais Rospi- 
gliosi), un pavé en opus Alexandri- 
num. Il en existe aussi quelcpes ruines 
dans les jardins Âldobranditii. Ils ont 
fourni bon nombre d'objets d'art et des 

S lus remarquables, mais tous d'une 
ate antérieure k la déplorable épo- 
que de Constantin; entre autres les 
statues du Tibre et du Nil, qu'oti voit 
sur la place du Gapitole, les deux sta- 
tues colossales qui sont à dr. et k g. 
de la fontaine du Monte Gavallo. 

Aqnednos. — «A Rome on troilve 
presque partout Teau à quelques pieds 
de profondeur. Au lieu de tâcher de 
tirer parti de cette eau voisine du sol, 
les Romains ont préféré aller à de grandes 
distances chercher des ondes choisies, les 
amener sur des arcades majestueuses et 
les distribuer ayec profusion dans la 
ville. » (Ampère.) Des grands travaux 
entrepris par les Romains^ les aqueducs 
sont peut-être ceux qui donnent une 
plus haute idée de leur génie persistant 
et de leur grandeur. Appius Claudius 
Ciecus amena le premier (310 ans av. 
J. G.) de Teau de Prénes'te par un con- 
duit souterrain de plus de lo kil. — En 
482, les censeurs M. Gurius Dentatus et 
L. Papirius Cursor firent une saignée à 
l'Anio, au-dessus des montarnes de Ti- 
voli. Cette eau, amenée sur les collines 
do Rome, fut appelée dans la suite Amo 
VBTDs, 11 n'y en a plus de vestiges. 

AcQUA Marcia . — Ayant sa source en- 
tre Tivoli et Subiaco, amenée par le pré- 
teur Q Marcius Rex (145 av. J. G.). 
Aqueduc de 90 kil. de cours, dont 9 kil. 
environ au-dessus d'arcades, bAties en 
pépérin; qui «ont encore un des orne- 
ments de la camuagne de Rome. (Res- 
tauré par Urbain YllI.) 

AcQUA Tkpola — (126 av. J. G.), ainsi 
nommée au ifom ae la source près de 
M^<tr/jro. ^9 MU. deeoun. Cesi Je dernier 
'm^or fitttreprif tiëUê h Hépublique. 



AcQUA Jdma — (34 av. J. C.), amen^ 
des mêmes environs par Agrippa. 

AcQDA ViHGo — d'une source près de 
Tusculum, indiquée, dit-on, par une 
jeune fille. Cet aqueduc souterram, con- 
struit par Agrippa pour l'usage de ses 
bains, a 21 Kil. L'eau en était i peu 

Eres perdue ; Nicolas V chargea L. B. Al- 
erti, en 1453, d'en réparer les con- 
duits. Ce travail se porursuivit sons d'au- 
tres papes et fut achevé en 1568. Cet 
aqueduc, sous le nom d'AcQUA VEiieiNE, 
traverse sur des arcades la villa Bor- 
glièse, longe les murs au ^\ du monte 
Pincio, passe sous cette colline et so di- 
vise en trois branches. II alimente les 
fontaines dfd Popolo, delta Barcaùeia, 
des places Navone, du Panthéon, de 
Campo di Fiore,\si fontaine deTr^, etr . 
Les eaux Jnlia, Tepula et Marcia cou- 
laient l'une au-dessus de l'autre. 

AcQUA AuGUSTAOU Alseatina, — puiséc 
par Auguste au petit lac Alseatinus, près 
le lac de Bracciano, et amenée, par le 
Janicule, à sa naumachie. 

AcQDA GLAUDtA. — Caliguta entfseprit 
deux aqueducs qui furent achevés par 
Claude, et donnaient autant d'eau que 
tous les autres aqueducs ensemble. Le 
premier, Acqua Claudia, venant du côté 
de Subiaco après un parcours de 68 kil. 
dont plus de 9 kil. sur arcades, arrivait 
sur le Palatin et se prolongeait sur l'A- 
ventin. L'Acqua Claudia tenait le premier 
rang après l'Âcqua Marcia pour la qua- 
lité. — Le deuxième : 
Anio kovus, — provenant de l'Anio, 

{)rès de Subiaco. le plus lon^ de tous 
es aqueducs (93 kil. dont 13 kil. sur ar- 
cades, atteignant jusqu'à 36 met. d'éléva- 
tion). — Le dernier aqueduc ancien, 
AcQVA Trajana, fut destiné à satisfaire 
aux besoins du Trastevere. 11 y eut en 
oulre des conduits moins importants. 

La plupart de ces eaux, avant leur 
distribution dans Rume, s'épuraient dans 
des piscines couvertes, situées àO a 10 kil. . 
et confluaient au chAtoau d'eau de la 
porte Majeure. Réunies, elles auraient 
formé un volume d'eau pareil au voluroo 
ordinaire de la Seine à Paris. — « On 
s'étonne, dit P. Letarouilly, de tant de 
magnificence, et Ton ne saurait calcukîr 
santi effroi .les dépenses énormes qu'il 
fallut faire pour créer à ces espèces de 
fleuves un lit de plus de 068 kil. , sus- 
pendu i^d«u\ \A\)fi» ^^ ^^ kU. dans les 

I «ÎT«, WXT Aeî^ «kVCf^A^ %\W^ WïWWiV te 



États de l'Église. 



De CM andûns aqueducs, trois seu- 
lement seTTent aujourd'hui » pour- 
Toir RwM abondammeiit. Ce sont 
ceiix:l* de TAcqua YsiieiME. {Y. p. 
1&8.) 

a* L'Awu FaiCB. — Elle a pris 
son nom du pipe Siite V (Felice Nan- 
talto), qui «I enrichit Kome. Elle se 
compose de l'eau Marina Claudia et 
Alettandrina {d'Alewndre Sévère). 
Elle entre à Borne par le plateau de la 
porta Iligglora, i47 met. au-deesus 
du nÎTeau du quai de Hipetia, pou. 
Tint ainsi alimrater Us quartiers les 
plus éleiéi de la rÎTe gaucbe. 

3' L'Aooiii P*oL», — de Paul V, 
qui fil rétablir, par Giov. Fonlana, 
I aqueduc antique. Les eaiii sont for- 
méetderaucienueeauTrajane, et non 
Alidatine, conune le porte par erreur 
rinscripUon. Qénient X fit ajouter, 

Sar CarU) FcHlana, un nouveaueon- 
uit dériTé du \k de Bracciano. On y 
3 réuni encore l'eau du lac di Marlï- 
gaaoo. Cette eau arrive au point cuL 
minant du JaniuUe, à' 64 n>èt. au- 
dessui du Tibre, et se divise en deui 
branche*, dont l'une va arroser le 
quartier du Vatican, l'autrenerso 
maaie d'ean de 1800 pouces par la 
fontaine Paola, et fournit aux besoins 
du Trasteïere. La longueur totale de 
CM 5 aqueducs eat de 108 hil. llt^ 
founoMent par 24 heures 18U 50(1 
met. cube*. C'est le lit' du produit 
de* aqueducs anciens. Richesse ini- 
mense encore et qui, selon Lelarouillf. 
faisait de Rome [il y a 25 anal un.' 
ville 40 fois plus fevarisée que Paris. 



- MjïDBOLÉE D'AuflOeTK 

— (près du port de Ripella ; — eon* 
G, 11 du Han). Il contenait les resle.s 
d'Auguate et de s* faniille. Le premiei- 
qui V ht enterré fut je jeune Marcel- 
lua. Virgila fait aUtision i calle eon- 
OraetÎÊa féoeate: 



Dm. Tïberine, lidcbît 
ineri, quum (umnlma pnuerlabaia i*- 
[csDlsml 

On croit qu'il 6)1 ruiné par Htdtwl 
Guiscard. Il servit de forteresse aui 
Colonna, et devint une artoe pour det 
amhats de taureaux. On y donne au' 
iiurd'hui diiférents spectacles, D ne 
este plus que les murs du souheise- 
Tient et les traces de 13 diambre* 
épulcrales. 

TOUBEAD DE C. PtBLICrcS BiBULVa, — 

Lin des rares et remarquables mauu- 
menls de la République; situé h l'eitré- 
mité du Corso ; au commencement de 
U Salita di Marforio. 

Ptrihids dk C»(tis Cbsiids — (PL, 
■arré D, VU; — b côté de la porte San 
i'aolo). On la croit du temps d' Au- 
guste; elle fut réparée en 1663. Il 
reste k peine des traces des peintures 
d'arabesques de la chambre aepul craie. 
Elles ont été publiées par Falconieri, 
;iu 1*11* »Ècle. (Pour Tisiter l'intérieur, 
s'adresser au gardien du cimetière 
proteitant, qui est 1 côté.) 

MiosoUe d'Adhieii — (Pi., carré G, 
II), châleau S'-Ange. [Pour visiter l'in- 
térieur, il faut obtenirune permission 
du eommanilant fran^is de la place; 
s'adresser rue du Corso.] Adrien vou- 
lut qu'il surpassât en magnificence 
tout ce qu'il avait vu. Ce mausolée 
devint aussi te tombeau des Anlonin* 
at de leurs successeurs jusqu'iSeptime 
Sévère. Il se eomposail d'une rotonde 
iur un soubassement massif. 
Les murailles sont d'une épaisseur 
extraordinaire. L'entablement était 
surmonté de statues (le fameux faune 
àaSarberiin, actuellement à Uunich; 
Faune dansant, de Florence, fai- 
ent partie de ces belles statues). 
Sur le sommet s'élevait la statue M* 
lossale d'Adrien, dont la tète est au 
musée du Vatican. 

L'entrée était on face du pont : il y 
avait une large montée en sgiralft, 
dïiitant encate, w Xiopéft» rav-^wi- 
vait aller i chaHi'vawçiL'VXi V^B&Vt* 
idito-fortne. C« h»imA*« *» «.ww»' 



160 



ROUTE 142. — ROME. — TOMBEAU DES SCIPIONS. 



intact jusqu'en 537. Les Grecs, en s'y 
défendant contre Vitigès, brisèrent les 
statues et les lancèrent contre les as- 
saillants. Au moyen âge U fut la for- 
teresse des factions qui désolaient 
Rome, et fut démantelé et ruiné. En 
923 U fut la demeure de la célèbre 
Marozia; Guido, $on second mari, y fit 
transporter le pape Jean X, qui y fut 
étouffé. En 1499, Alexandre VI aug- 
menta ses fortifications et le fit com- 
muniquer avec le Vatican par un pas- 
sage pratiqué dans les murs de la cité 
Léonine. C'est par là que Clément Vli 
put se réfugier lors du siège du con- 
nétable de Bourbon. On Toit encore la 
salle où étaient les tombeaux d'Adrien 
et de son épouse; puis, la grande salle, 
dite de Paul III, décorée d'arabesques 
^BT Pierino del Vaga, A un étage su- 
périeur on voit la chambre où le car- 
dinal Caraffa fut étranglé (1561) par 
odre de Pie lY; cette chambre, qui 
sert aujourd'hui de caserne, est ornée 
de kesqaes de Pierino del Vaga et de 
ses élèves. On montre le cachot où ont 
été emprisonnées la Cenci (p. 242) et 
sa belle-mère. La Cenci a été exécutée 
à l'autre bout du pont S^-Ange. On 
montre également le prétendu cachot 
de Benvenuto Cellini; et des oubliet- 
tes, cachots voûtés dans lesquels on 
descendait les condamnés par en haut; 
les Français y ont fait pratiquer des 
portes. — Dans une rotonde supé- 
rieure, fermée par de doubles portes 
chargées de verrous, on voitun énorme 
coffre où les papes ont conservé leur 
trésor. Autour de la salle sont des 
armoires où étaient déposées les archi- 
ves secrètes. — A l'étage supérieur 
sont les immenses jarres, qu'on rem- 

S lissait d'huile destinée à alimenter 
es lampes à l'étage inférieur. — En 
1626, Urbain VIII fit compléter la dé- 
fense du château S*-Ange par des tra- 
vaux extérieurs. Benoit XI Y fit placer 
en haut l'ange en bronze, modelé par 
un Flamand ; ce qui lui a fait donner 
de nom de CasUl Sànt* Angelo, A h 
fête de S* Pierre et 5* PauJ, on tirait, 



autrefois, du haut de ce château un 
grand feu d'artifice. Depuis 1830 on 
le tire sur le Pincio. 

Tombeau des Sgipions — (via di San 
Sebastiano, ancienne voie Appia, dans 
une vigne n*" 13, à g. et un peu avant 
la porte San Sebastiano; — carré G, VIII 
du plan), découvert sous des décom- 
bres en 1780. Il né reste que le sou- 
terrain creusé dans le tuf; l'édifice 
qui existait au-dessus a disparu. On 
voit encore les bases des colonnes qui 
décoraient la façade. On y a trouvé 
les objets suivants, conservés dans le 
musée du Vatican {V. p. 220) : le cé- 
lèbre sarcophage, en pépérinou pierre 
d'Albano, de Lucius dcipion Barba- 
tus, vainqueur des Sammtes et de la 
Lucanie, avant la première guerre 
punique ; un buste couronné de lau- 
riers, en pépérin ; quelques-uns ont 
voulu y voir celui du poëte Ennius(?), 
qui fut enterré près de ses patrcms; 
enfin un grand nombre d'inscriptions 
se rapportant à divers membres de la 
famille des Scipions ( V. les inscri- 
ptions citées plus loin, p. 220) et où, 
suivant la remarque faite par Ampère, 
le style d'oraison funèbre prévaut siu* 
le langage vrai, quand la grandeurdes 
Scipions diminue. Le plus grand des 
Scipions, l'Africain, n'est pas dans cette 
sépulture de famille. On sait qu'il fut 
enterré à Liternum. Sa statue nit pla- 
cée dans le tombeau de sa famille à 
Rome. — Les os des Scipions furent re- 
cueillis parle sénateur vénitien Ange 
Querini, qui les fit déposer dans un 
modeste monument érigé à cette in- 
tention dans sa maison de campagne 
d'Altichiero, près de Padoue. 

Tombeau de Marcus Virgilius Eu- 
RYSAcès, — boulanger, fournisseur, 
des derniers temps de la République 
(près et en dehors de la porta Mag- 
giore. — Plan, carré J, VI.) 

(Hi trouvera à l'article Envlrona réno- 
mération des autres monomrntsantiqois trou- 
vés autour de Rorae. 

Monument du moyen âge. — 



. 142. - 



. États de l'Égli 
(Yi8-à-»is du ponte Rotlo, — près du 
n'IOS du Plan, carré D,V}. Cette inai- 
son, anemblage bizarre de Iragoients 
diren, qni prouTe la décadence de 
l'art en Italie ï c«tte époque, aurait 
été bïtie, selon les uns, au \i' siècle, 

rrte consul Cre«centitis, qui chercha 
rendre la liberté k sa patrie, et 
Wiitëe enTiron trois siècles après, ou 
même rebttie, par Cola di Rienm, le 
dernier tribun romam. 



pooT las deuils topographiquei 
, — Titrf, — ponli, — fbrtii, - 



- sïWT-PieBiiË. 161 

pur son ensemble gran^se, par son 
iitiposante magnificence, un des pre- 
[niiM'S édifices du monde; c'est une 
des grandes émotions, un des grands 
;ouv(!nirs dans la vie que de Tavoir 
Ml. En présence d'un monument de 
L'etic importance, leslïmitesrestrein- 
li's denotre cadre doivent céder!) la 
riooessiléde développements pins éten- 
iliis. Nous tracerons d'abord l'hislo- 
riqiie du monument. 



K {p. lis «t I 

4 banliinwi palrLarc 
, àinl-Kerro, 



es: SaiiiI-]uD-de-Li- 

. Ssinle-Marie-lUjeurei 

Saint-Piolj —6 hniliques s«wndiirBs;_ 
SSO^liscij —10 ccllésiala ou chapi 
— lllibliiitlièq. ;— 16|^al«rie3delabU 
Spidi, Coloni 
Boipiglio», ' 
m. SanU Crc 



16gal«ri 



San Luca, ilu C 






Borgii 

i 



jine ; - 36 tonla 



- A la plBCi 






nu>é«B de 9 

S; — M pslais; — " s'aqûëdûcsi 

'■'--- i'Bola et acqua Ver- 

i. Plus de II» autres 
tiluees dans les cours des dif- 
icreniit païais ;— iî vtUas : rAlbaai, la Pan- 
Hli.la Torlonta, la Lnrlovisi, la Borgline, la 
«■nef, Mr. ; - lî obéliH|iies, etc. 

BMÎIiqu«. — On compte sept ba- 
siuQDBB principales; quatre dans les 
murs : S'-Pierre, S'-Jean de Latran, 
S'-Uarip-Majeure, Sonia Croce in 
GemaUmnte; et trots hors des 
mor»: S^-Paut. S'-Laurent et S'^i- 
battitft. [V. sur les basiliques, p. 
93.) 

Baailiqiu de B'-Picrre. — (PI-, 

carré B, I.) L'église de S' -Pierre, la 
grande magnificence de Rome, n'a 
aucun rapport, par .sa disposition ar- 
chitecturale, arec les basiliques ; mais 
elle relient ce nom de la basilique 
primitÎTe bitie par Constantin. Œurrr 
secondaire, si on ne considère que 
l'originalité et Japurelé du style, elle 
est, /MT h knrdiemuf lie Ja conception. 



ique de Sainl-Pierre s'étendaient les 
jyiums elle cirque de Néron. Les cbré- 
tiins y returent le martyre. La tradi- 
tion TeuCque saint Pierre y ait été en- 
terré. Le pape saint Anadet bâtit un 
oraluire sur son tombeau. En 32S, Con- 
stantin y éleva une basilique qui dura 
p]u9 de onze eièdes. (L> Mçade en est 
a peu prèa reproduite dans l'incendiedu 
baur^ de Raphaël). ,En ll.'iO, Nicolas V, 
voulant Ériger un temple plus v«sle, Ât 
nouvelle tribune di^r- 
ixistail. sur les de^ns 
/.. Bat. Al- 
berli. A sa mort, les Iravaus n'étaient 
iiii'à quelques |Heds au-dessus du sol. 
Jules If, qui avait le génie des grandes 
choBœ, forma avec son énergique réso- 
lution le projet d'un, nouveau Sainl- 
Plerre. Nicliel-AnKe lui avait demandé 
1(100(10 écus romains pour son mauso- 
li^-c : a Deui cent mille s'il le raul. ■ lui 
répondit Jules II, D^ le: plans de Ni- 
colas V ne lui «mTenaient plus ; il CI 
étudier à nouveau le plan de l'église ii 
élever par les plus habiles archiledes. Il 
ne cherchait d'sboH pour son tombeau 
qu'un emplacement dans une église; il 






e église pour st 



devait être placé 
in Vincoli.] 1] 
rtnaote. Ce plan a 



Choi! 

été complctemenl dénaturé par ses buc- 
cpsseurs, qui touteFois ont suivi sa con- 
ception générale. Cetlcparticde l'histoire 
ili' la construction de S'-Pierre mérite 
une attention particulière, parce qu'elle 
u été obscurcie par l'admiration derou- 
liiii' mise en drculation par les poêles. 
Li' ^nd nom de UicVieV-ti.vt'^Q tftv^âtf: 
avilir utiacû lmiB\esa\Av«4,v\f«»W««^' 
S'-?ierreeAïœu''ve àt ^\™u»ïm.\ »^™ 
iCiiii w pnrt'. XïvnmmWV'iii'P'»"-™*' 



162 



ROUTE 142. — ROME. 



SAmT-PIERRE. 



tî'est lui qui ent la pensée de réofttir en 
un tout l'imitation des grandes voûtes de 
la basilique de Constantin pour ses nefe, 
et du Panthéon avec sa coupde, devant 
servir de point de centre aux quatre nefs. 
« Cette pensée y ditQuatremèredeQuincy, 
est donc la propriété de Bramante, bien 
que depuis on en ait fait honneur à 
M ichel-Ânge. » Dans le plan de Bramante 
l'église avait la forme d'une croit grec- 
que. On abattit plus de la moitié de Van- 
cienne basilique, et, en 150($, la première 
pierre fut posée. Les quatre piliers desti- 
nés à soutenir la coupole s'e>evèrent, les 
ouatre grands arcs furent cintrés, mais 
aes tassements et des lézardes se mani- 
festèrent dans ces constructions faites 
trop précipitamment ; elles menaçaient 
déjà ruine avant d'avoir atteint leur élé- 
vation et reçu la charge qu'elles étaient 
destinées à porter. Le plan de Bramante 
était d'une harmonieuse et belle unité ; 
mais le comiructeur fit défaut à l'archi- 
tecte. L'ardeur impatiente de Jutes II et 
l'incohérence de cette vaste bâtisse, faite 
par morceaux détachés, au lieu de mon- 
ter tout à la fois, incohérence due à ce 
que l'on ne voulut point abattre en entier 
la vieille basilique, dont le bas lut pro^ 
visoirement conservé pour l'usage du 
culte, servent à le justifier en jpartie et ne 
laissent à lui imputer que l'insufGsanoe 
de ses points d'appui. Bramante mourut 
sur ces entrefaites. Raphaël lui succéda, 
en 15)5, comme ordonnateur en chef. 
(( Le pape m'a mis un grand fardeau sur 
les épaules, écrit-il à Balthazar Casti- 
glione, j'espère ne pas y succomber. Mon 
modèle a eu le suffrage de beaucoup 
(rhabiles gens (multi belli ingegni). Mais 
je porte mes vues plus haut : je voudrais 
retrouver les belles formes des édifices 
antiques. Mon vol sera-t-il celui d'Icare? 
' Vitruve me donne de grandes lumières, 
mais pas autant qu'il m'en faudrait. » Tn 
secret pressentiment semblait le pousser 
vers la Grèce, il envoyait jusque-là aes des- 
sinateurs. Qui pourrait dire ce que l'ar- 
ehiteclurc de S*-I*ierre serait devenue 
sons sa direction, s'il avait eu une lon- 
gue existence à lui consacrer? Le modèle 
en relief de Raphaël a dispru. Serlio 
nous a conservé seulement le dessin de 
son plan en croix latine, et, à part les 
raisons qui dans la suite forcèrent d'aug- 
menter te ro)uw6 àes piliers de la cou- 
PpfffJ' dûpaalhu en est <rés-«upérieQre, 
</// Qaatremère, âcpHequi Va remplacée. 



Les architectes frà Giocùndo de Vérone, 
qui bâtit à Paris le pont Notre-Dame, et 
Givliano da San GailOj adjoints i Ra- 
phaël, s'occupèrent déjà de fortifier ks 
Siliers. — Balthazar Peruzzi succéda i 
açhaël ; il ramena le plan à celui d'une 
croix grecque. Cettebelleet harmoniense 
conception ne fut pas non plus cxécntée» 
et la construction de S*-Pierre, sans 
doute k cause des circonstances, ne fil qae 
langidr sous sa direction indécise. -— 
Antonio da San Gallo fut mis à là tôte 
des travaux sous Paul III. Il conçut un 
plan tout nouveau, en croix latine et 
d'une complication extrême, aggloméra- 
tion de dispositions architecturales diver- 
ses, où il manifesta son intelligence et 
sa science. Il semble qu'il ait voulu en 
faire une sorte de résumé, d'après les 
monuments antiques, de tout ce que 
l'architecture peut produire. Michel- 
Ange reprocha a cet amas de clochers, de 
pyramides, d'être entache d'un goût go- 
thique. San Gallo en fit exécuter un mo- 
dèle qui coiftta 4184 écus (il est conservé 
dans l'octogone, dit de San Gregorio, si- 
tué à la partie supérieure de la basilique. 
Pour voir ce plan et celui de la coui)ole 
de Michel-Ançe il faut eu demander par 
écrit la permission à Monsign. Girand, 
chef de l'administration de la Basilique) 
Michel-Ange fit faire le sien pour 25 ecos, 
et c'est d'après celui-là que S*-Pierreftif 
construit. Si le projet de San Gallo ne fut 
pas mis à exécution, la direction exercée 
par lui sur les travaux est capitale dans 
l'histoire de cet édifice. Ce grand archi- 
tecte était en même temps très-habile 
esnstructeur : préoccupé de Vidée de con 
solider les assises sur tesuuellcs il voulait 
appuyer son église, il enfouit des carriè- 
res de pierre dans les fondations, et pré- 
para ainsi la voie à Michel-Ange, à qui 
était réservé Thoiineur de faire triom- 
pher en grande partie ses propres projets. 
Vasari, lui-même, parle avec admiration 
de ce travail : il (lit que, s'il était au- 
dcsfus de terre au lieu (l'être enfoui et 
caché, farebbe sbîgottire ogni terri- 
bil ingegno. La grande quantité do des- 
sins laissés par San Gallo atteste avec 
quelle conscience il étudiait les diverses 
parties de cette immense construction. 

Après sa mort, Paul lll nomma Jft- 
chel-Ange archiiecie (1547), l'autorisant 
à réformer l'ouvrage de ses prédécesseurs. 
Il lui ts&\f^«L\l utv Itailement qu'il re- 
fuM. Il IraviftWn ^wv^xvV ^\t-^s^ «ba 



uns ancmi jinolnment i ce monamenl, 
Djainiénraé pour lui-même, il put ré- 
roimeT In ibns que la cupïdilé araït ïu- 
troduHi duu celle lon^e eutrepriBe. H 
«nit lion soixante-^ouie ans et n'ac- 
cmll ipie par aonmiseiDi) unTardeauMissi 
rade pour ion lie. Il résunia de nouveau 
le plu de BalUiiar Peraizi en croix 
gr«que. tl Ibisait servir laniftiie ordon- 
nance coritttbienoe au dedans et bu 
dehors, n'oMut ertiricurement qùed'nn 
seul ordre au lieu de troia^ employés 

esseur. Il Touiait donneur 

le façade de 



« Quoiqu'on eût pn y demander plus de 
celte grandtur gui naît de la simplicité. 
de toaa lea projets de portjiils ims|;iiu!s 
poar S'-Pierre, aucun n'approcha du 
sien, 1 (C'sl Cbarles Uaderne qui de- 
TWt y agmliquereon placago insigniHant.) 
Il ignii£t la tribune et les deux braa do 
U nef transversale ; il lit monter ^ con- 
strndioi] snr tous les points, dfsirant 
l'avancer i tel point, qu'il n'y eât plus à 
Aire quelqu'un de ces changements qui 
se reprodui^reut si souvent dans cette 
œuvre d'un «ècle et demi. A la mort de 
Midiet-Anie les grandes voûtes des nefs 
étaient aenevées, ainsi que le tambour 
du dflmc. (I avait arrSte, dans un mo- 
ilèle en bois, tout ce qui restait à iïire. 
avec toulea les mesures eiaetea. Maïs une 
modification Tat appariée i la coupole. 

Au sujet de la coupole de S'-Pierre, 
l'admiration s't^gare souvent; plus d'un 
siècle aupariTant, Brunclloschi avait déjà 
émErTeillS le monde par la hardiesse avec 
laquelle, le premier de tous dans les 
temps modernes, il avait jcU dans les 
aln un dftme immense. Xa hardiesse 
n'eal donc pas un mérite particulier i la 
coupole de Hichel-Ange (son diamètre a 
iirèade 65 centimètres de moins que ce. 
lui dn ISinlhéon d' Agrippa) ; mais ce [|u on 
ne Murait trop y admirer, c'i'it, outre la 
inndeur. la beauté des proportions, 1 u- 
nilè, h sinnilicit^ de l'ensemble, alliés à 
la richesse de la décoration. Cette cou 
iwle ne rut achevée qu'après lui. Si le 
plan de llichel-An<!e eût été suivi, « la 
coapole eflt été véritablement le temple, 
soH pour relTcl, soit en rcilité ; e on 
l'eM aperfoc de la place dans tout son 
développement, au Wu de n'apercevoir 
ifi'^ataçide airrée, comme celle d'un 
/^â, far luilei da prolongement de, la 



nef d'entrée de RI met. 20. A l'inlérleur, 
si elle pst devenue accessoire, siellen'é- 

ie pas le spcctatenr dès l'abord de son 

inUDcnsuiable grandeur 



^t il a le te 



ecbappe 
A d'ad- 



la coapole elle-même. Hais è l'exté- 
, l'effet, singulièrement amoindri 1 
quelque distance, est bientôt anéanti 
1 on se rapproche de l'entrée de la 

[ue. ^ — (Au milieu du iviii* siède, 

VanvUelli dut cercler en fer la coupole, 
3ans l'intention d'arrêter les proerès de 
lézardes qui s'y étaient manilWtËea.} — 
Après la mort de Ïichel-Ange, Pie T 
-nnCa les travaux à VignoU et i Pirro 
.igorio. en leur imposant l'obligation de 
e conformer en tout ont dessins dn 
Buonarroti, 
Vigaote fit les deui coupoles latérales ; 
lais ce ne fut que sous Siite V que Gia- 
7mo delta Porte, leur successenr, acheva 
I coupole, dont, après en avoir obtenu 
I permission du pape, il modifia lacour- 
nre eilërieurc. En la nirbanssant etlui 
Dnnaal une forme ellipliquo, il ta rendit 
lus gracieuse. Pour redresser ropinion 
)mniune qui accepte la coupole de S'- 
ierre, telle qu'on la voit aujourd'hui, 
Nnme l'œuvre exclusive de Hidiel- 
Dce et comme son plus beau litre de 
loire, nous plaçons ici une gravure qui 




rendis seMaAe,™^».-*.^^!» ™ V>'^*^ 
faire comptroitc Xn. ùrscm;**» *«■ V» 



164 



s 143. 



précise, Ib difléreDcv coiisidùniblG qui 
enstp entre le ieiàn ^iniitif du grand 
nrtisie et l'élut actuel de en couronne- 
ment de son fdilice, représenté par la 
lifne ponctuée. Sous Clcment VIIl, le 
mime architecte. Jacques de la Perte, 
dëcora l'intérieur de mosaûjuee, de stu& 
dorés, etrerjlitlepiivé de différenls mar- 
bres. Hais la façade et le portique res- 
taient à faire. Paul V, pape en 1605, 
désirant loir termijjer ce temple sous 
Min règne, fit jeter bas ce qui restait en- 
core de la vieille basilique, et demanda 
à neuf artislee des projets de fagades. 
Hichel-Ange, préoccupé de l'unité ar- 
tistique de son œuvre, aiait D^ligécer- 
taiues distributions intérieures nkramées 
par le serrice relipeui.On se di'cida à 
abandonner son projet. 

_ Carte Maderw (1558-1620), i gui 
était réservé l'honneur de terminer S'- 
Pierre, revint au plan en croii latine, 
adopté déjà par Rapnaël. 11 augmenta la 
tondeur de la branche orientale de la 
croix grecque, au moyen de trois arcades 
de mâne dimension, et il construisit des 
chapelles latérales dans les baa-i^lés de 
cette nef prolongée; à l'eitérieur, il 
continua l'ordonnance de pilastres de 
MicheUAngp, et il raccorda sa façade au 
dessin de celui-ei. C'est cette façade, 
lerminéc en 1614, qui a été l'objet des 
plus (çraves critiques. Elle ne se lie point 
aux dispositions mtérieures; elle n'a pas 
le caractère de grandeur qui conviendrait 
à un tel édifice : avec ses rmiétres multi- 
pliées jusque dans l'attiquc, cette devan- 
ture est celle d'un palais, et non le por- 
tiipe d'un temple reliineux. Il y a loute- 
Tnis un motif i (ïire valoir qui atténue le 
lort do C. Haderoe, c'est qu'il trouva 
l'attique défii établi dans l'ordimnancedes 
façades Sud et Ouest, telles ijue lesavaient 
conçues Hiehel-Aiige. QUet qu'il en sot), 
la complication ien détails 6te de lagran- 
deurà celte façade, et, malgré le mérite 
de cerlaioes parties de celle addiltun, on 
trouve d^à des sj mplûmes de cette alté- 
ration de goût, ï de celte comiplion de 
(bnnca que Borromini, l'élève de C. Sa- 
deme, devait j^orfer jusqu'i l'extrava- 
piKC. On lui adresse encore un re- 
proche pour avoir étendu sa bçade au 
dcUdela largeurn'elle de l'fdilîcc (genre 



parer dans In façade la place de deux 
campaniles. Hadernc étaitun artiste cour- 
tisan; Micbel-Angc n'eût pas obéi i des 
néceasités contraires à l'intérêt de l'art.» 
Du reste, oc'est peut-être à cette exten- 
sion-li même qu'aura élé due celte autre 
magnilique addition de la double colon- 
nade du Bernin. u Charles Iflademeoom- 
mîl de plus graves erreurs comme Mn- 
stnteteuT.-'A paraît que l'amas dc«d^ris 
de l'ancienne basilique et des matériaux 
nouveaux lui fit perdre de vue la ligne 
du centre, et dévier l'alignenkent des Kin 
dations de la partie de l'édifice prolongée 
par lui. Il saperçut de l'erreur i^uind 
ces fondationsfurent parvenues au niveau 
du sol. Hais alors, au lieu d'ilargir et de 
arnsolider ses fonclalions, il re ' " 
lignement de ses éleva ' 



:ment de ses élévations, qui ne por- 
it plus en plein sur les fondations. 

; ,1 faU,,! ^,M.L« lui .^,,..~„. 1.. 



manque de solidité de plu! 
de ses travBui; et, par ! 
obligé de démolir 






le 



clocher élevé par 

. iernin, par ordre 

d'Alexandre VII,eon£lruisit (1657-1667) le 
fameux portique qui rjsne autour do U 
place. Ënl77Q,FieVIIitbJtir,parCsrl0 
morcMmni, la sacristie, qui manquait à 
celte basilique, qu'elle masque sur lecAlé. 
a Suivant le compte qu'en lit Charles 
Fonlana en 1095, la dépense montait 
alors à peu prés à 351 45UO0O fr. : Ilest 
alors facile de compreiulre quelles som- 



dorures, pour copier presque toutes les 
peintures en mosaïque, et enfin pour U 
nouvelle sacristie, qui a coûté à ellesenle 
5 millions. — On sait que la publication 
des indulgences, dont le produit devait 
servir aux dépenses de ennstruetion deS*- 
Picrre, prit une telle extenuon sous 
Léon \, qu'elle fournit des pétextesaut 
attaques de Luther et i la Réforme. — 
Les frais annuels d'entretien, etc., sont 
d'environ 3ODU0 éens 'm OUO fr.) 

S'-Pierre est une sorte de ville à part 
dans Rouie, ayant son climat, sa temjté- 
rature propre, • sa lumière, trop vive 
pour être religieuse; » lantËt dûaerie, 
laniM traversée par des sociétés de voja- 

Eeurs, ou remplie d'une foule attirée uar 
is cérémonies religieuses, [A l'époque des 
jubilés le nombre des pèlerins s'est 

Grfois élevé, à Rome, jusqu'à 40UO0O). 
Basilique de S'-Pierre a ses réser- 
voirs d'eau, sa twiUiae coulant perpé- 



Étals de rÉglise. 

polCy dans un basssin de plomb, pour la 
conunodité des travaux ; ses rampes, par 
lesquelles les bêtes ^ de somme peuvent 
monter ; sa population fixe habitant ses 
terrasses : les San Ptetritd, ouvriers 
chargés de tous les travaux qu'exige la 
conservation d'un aussi précieux édifice, 
s'y succèdent de père en fils, et forment 
une corporation qui a ses lois et sa police. 

Place S*-Pibrre. — On prétend que 
Michel-Ange avait conçu Tidée d'avant- 
portîqnes précédant le temple. C'est 
le Bemin qui exécuta cette splendide 
décoration, qui Ta immortalisé : la 
grande place, déforme elliptique, est 
enveloppée sur les côtés par une co- 
lonnade d'ordre se rapprochent du 
dorique, formée par quatre rangs de 
colonnes colossales ; elles forment trois 
allées ; celle du milieu est assez large 
pour que deux voitures y passent de 
front. Ces portiques, portés par 284 
colonnes, ont 19 met. 81 de tiauteur, 
et sont couronnés par une balustrade, 
et par des statues colossales de 5 m. 75 
de hauteur, faites sous la direction du 
Bernin. La place a 2.59 met. 75 sur 
191 met. Elle communique avec la 
basilique au moyen d'une autre place 
pluspetite (96mèt.l5surll8m. 89), 
en forme de trapèze, plus large vers 
l'édifice, plus étroite vers la colonnade. 
[Les colonnades k jour n'auraient pu 
venir, sans une disparate sensible, se 
raccorder avec la façade de l'église, 
c Rien ne fut plus heureux que Fart 
avec lequel, au moyen de deux corps 
de galeries montantes * (k pilastres, 

' Nous appellerons l'attention sur une 
«iiigularilé architectni'ale : les deux corps 
de galeries en bordure sur la petite place 
hont inclinés suivant la déclivité du sol, et 
toutes les lignes de l'architecture de ces ga- 
leries : corniches, linteaux, apçuis« ban- 
deaux, sont parallèles à cette déclivité au 
lieu d'étrede niveau. En adoptant cette dis- 
position, le bernin voulut obtenir un efîet 
de perspective. — En place, lorsqu'on en- 
tre dans la grande place elliptiuue, l'œil 
redresse ces lignes fuyantes, et la petite 
place, bien qu'elle soit plus étroite à l'en- 
trée qu'au fond, parait carrée, même pers- 
uecliraDent, en se meltaDt au point de vue. 
ViaclinsûBon des deux corps dp galerios a 



K. 142. — KOME. — SAINT-PIERKE. 



165 



également surmontés de statues), qui 
se raccordent avec le petit ordre des 
portes et des deux arcades aux extré- 
mités du portail, le Bernin sut trouver 
un intermédiaire faisant liaison, soit 
avec les colonnades, soit avec la fa- 
çade, f — On compte en tout 192 
statues de saints. 

Au centre de la place elliptique se 
dresse un obélisque (V. p. 155), et 
aux deux côtés de Tobélisque sont 
deux belles fontaines d'un style sim- 

§le et harmonieux, lançant une gerbe 
'eau, haute de 6 met. 50, et dessinées 
par Charles Maderne. 

(( Entre les fontahies et Tobélisque s(f 
trouve, des deux côtés, un petit rond en 
marbre blanc sur le pavé ; c'est le centre 
de la circonférence que décrit chaque 
hémicycle. Les rayons qui vont de ce 
point a la périphérie sont tracés avec une 
exactitude si rigoureuse que, en vous pla- 
çant sur ce rond, vous ne voyez plus 
qu'un rang de colonnes au lieu de qua^ 
tre » (Robello.) 

On monte un vaste escalier 'a trois 
rampes. Aux angles sont deux sta- 
tues colossales modernes : de S* Pierre, 
par de FabriSy et de S* Paul, par Ta- 
doliniy placées par Pie ÎX. 

Façade DE LA BASILIQUE de S^-Pierke. 
— Cette immense façade en travertin 
(F. p. 164) n'a pas moins de 120 met. 
19 de largeur et 48 n^èt. 40 de hau- 
teur. Les huit colonnes corinthiennes, 
qui, vues de Tobéhsque, paraissent si 
petites, ont 2 8 met. 58 d'élévation et 2 
met. 73 de diamètre. L'attique est cou- 
ronnée de 1 3 statues colossales (J. C. et 
les Apôtres) , de 5 met. 52 de haut. Aux 
extrémités sont deux horloges y des- 
sinées par Tarchitecte Valadier et pla- 
cées sous Pie VI (l'une marque les 
heures k Titalienne). — On entre par 
cinq portes dans un magnifique porti- 
que de 15 met. 26 de largeur et de 
142 met. 60 de longueur, y compris les 
vestibules des extrémités, et V^y^^^^ 

aussi pow Tï'^xAVoX Ae ^ivce ^«t^vx'^ V^^^" 
çade moin* etivett^. 



165 



BOUTfi iÀâ. — ROME. — SAIKT-PIERRË. 



les statues équestres de Constantin le 
Grand, par le Bernirif et de Gharle- 
magne» par CornacchinL -^ Au-des- 
sus de la porte du milieu, vis-à-^is de 
rentrée principale de la nef^ est une 
reproduction de la célèbre mosaïque 
dite la Navicella (la nacelle de S^ Pierre), 
exécutée en l'296 par GioUo et Caval- 
liniy son élève, dans la vieille basi- 
lique, pour le prix de 2200 florins. 
ËUe a été plusieurs fois déplacée et 
restaurée ; elle était entièrement dé- 
gradée quand Clément X (1670-1676) 
la fit refaire par Oraxio Manetti Sa- 
bin, « Le dessin conservé dans Téglise 
des capucins a beaucoup plus gardé du 
caractère et du style de Giotto que cette 
mosaïque modernisée et affeiUie. » 
Cinq portes communiquent du por- 
tique avec rintérieur de la basilique. 
La porte principale, en bronze, fut 
exécutée sous Eugène IV (xv* siècle). 
Le bas-relief au-dessus de la porte est 
du Bemin, Une des portes, celle de 
dr., dite la Porte-Sainte, est murée et 
ne s'ouvre que tous les 28 ans pour le 
jubilé. 

La basilique de S^-Pierre est comme 
Rome elle-même : il faut du temps 
pour en comprendre toute la gran- 
deur. Il faut que l'œil se fasBe à ces 
immenses proportions *. Dès l'abord, 
malgré sa perspective grandiose, elle 

* Voici, en paltnes et en mètres, quelques 
mesures comparatiTcs marquées sur le pavé 
(1 palme =0-,2254). 

PALMES HKTR. 

S"-SophiedcConsUiiitiuoplo« 49i =: 109,9t 
S*-Pau1 (hors des murs de 

Rome). . . * 574 «= 1*7,78 

S*-PéU^>iie de bologne. ... 595 = 132,92 

Cathédrale de Milan 606 = 13.S,38 

Cathédrale de Florence. . . 669 «= 149,45 

S'^'aul de Undres 710 -» 108,51 

S'- Pierre de Itome (de la porte 

à la chaire) 857 = 186,98 

La hauteur de S'-I'lerro n'est dépassée que 
par oelle de la flèche^ de Strasbourg (environ 
Î42 met., et de la plus haulo des pyramides 
d*EgypU}jl46mèt.). 

On a calculé que S'-Pierre de Rome peut 
contenir 54000 personnes ; la cathédrale de 
Ifj/aa, 57000; Noire-Dame de Paris, 21000; 
Im cathédrale de PJac, iùOOO, 



parait moins grande qu'elle ne l'est en 
réalité, et cette illusion provient sans 
doute de Tbarmonieux ensemble de tou- 
tes les parties de l'arcbitecture. « Il suf- 
fit, dit Quatremère de Quincy, qu'une 
dimension dans un édifice soit exagérée 
aux dépens des autres, c'est-à-dire qu'il 
y ait disproportion, pour que le sens 
externe la prenne pour de la grandeur.» 
C'est ce qui fait qu'on est bien plus pui&- 
sanunent impressionné en entrant dans 
S**-Sopïiie de Constantinople qu'en en- 
trant dans S*-Pierre, parce qu'à S*^ 
Sophie toutes les parties de l'édifice se 
groupent autour de la coupole comme à 
un centre commun, et lui sontsabordon- 
nées. Cette coupole n'a pourtant que liO 
pieds de diamètre, mais elle règne sur une 
croix grecque à branches égales. 

Intérieur. — La longueiu* du tem- 
ple est de 186 met. 98; celle de la 
nef transversale, de 155 met. 47; la 
largeur de la grande nef du milieu art 
de 28 met. 26, et on compte 45 met. 
47 du pavé jusqu'à la voûte. Les Icux 
anges eniantins qui soutiennent les 
bénitiers en marbre n'ont pas moins 
de 6 pieds. -» « Cette basilique est à 
croix latine et a trois nefs; celle du 
milieu est divisée par huit gros piliers 
qui soutiennent quatre grands arcs de 
chaque côté : ceux-ci répondent à au- 
tant de chapelles. A chacun des pi- 
liers sont adossés deux pilastres can* 
nelés d'ordre corinthien, qui ont S m. 
59 de largeur et 25 met. oe hauteur, 
y compris la base et le chapiteau; ils 
soutiennent un entablement de 5 met. 
84 de hauteiu', qui règne tout autour 
de l'église. Entre les pilastres sont 
deux rangs de niches; celles du bas 
renferment des statues de marbre, de 
4 met. 87. Sur chacun des grandsarcs 
sont deux figures en stuc, de 4 mèti 
87 de haut, représentant des Vertus. 
Les contre-pilastres qui correspondent 
sous les arcs sont ornés de deux mé- 
daillons, soutenus séparément par 
deux enfants de marbre blanc attx 
formes molles et rebondies : ces mé- 
daillons renferment les portraits de 
\ dlKèrenU ^i^e&. ^Vcf^ c«& \iié;dsûl- 



États de l'Église. r. 142. — rûme. — sAiMT-PiEiiBE. 



M 



Ions on wi deux autres enf&ts por- 
tant les attributs pontificaux ; le tout a 
été sculpté en bas-reliefs sous la direc- 
tion du Bemin, La grande voûte de 
réalise est décorée de caissons à ro- 
saces en stuc doré. Le pavé fut formé 
de beaux marbres^ sous la direction de 
Jacques de la Porte et du Bernin, » 
(Nibby). 

I^ous renouvellerons ici une remari^uc 

3ue nous avons déjà eu l'occasion de faire 
ans ptunears des grandes églises de 
ritalie : c'est que les proportions colos- 
sales des figures contribuent à diminuer 
le seatiment de la $i:randeur, réelle de l'é- 
difice lui-même. C'est ce ^ui résulte ici 
de la grandeur inusitée des statues. Mal- 
heureusement aussi toutes ces statues 
pèchent par le goût. « Le rococo, mis à 
la mode par le Bernin, est surtout exé- 
crable dans le genre colossal. Mais la pré- 
sence du génie de Bramante et de Mi- 
chel-Ange se tait tellement sentir, que 
les choses ridicules ne le sont plus ici ; 
elles ne sont qu^insignifiantes. » Les sta- 
tues colossales (4 met. 85) des piliers de 
la coupole représentent S* André, par 
Françoiê Queiiwu (elle excita la jalousie 
du Bemiu); S** ironique par Fr, Mochi 
(le Bernin en blâmait les draperies volan- 
tes, dans un endroit clos ; un plaisant lui 
répondit que leur agitation provenait du 
vent qui soufflait par les crevasses de la 
coupole, depuis qu'il avait affaibli les pi- 
liers par des niches et tribunes); S^« 
Hélène, par A Rolgi ; S^ Longin, par le 
Bémin [tes draperies sont d'un style dé- 
plorablej. 

Au dernier pilier de dr. delà grande 
nef, un des quatre qui soutiennent la 
coupole, est une statue assise de S' 
Pierre, en bronze, dont les dévots 
usent le pied à force de le baiser. De 
la main or. il bénit à la manière la- 
tine. L^ensemble est d'un style mé- 
diocre, incorrect et sans noblesse, et 
c^était méconnaître Fart antique que 
de vouloir y reconnaître une statue de 
Jupiter transformé en apôtre. Cet ou- 
vrace parait être du v* siècle. 

(JoupouE. — Elle est double, comme 
celle de Brunelleschi (F. Florence, 
t. l*'); ÏGScglier qui conduit au som- 



met passe entre les deux calottes. — 
Elle a environ 42 met. 20 de diamètre 
(65 cent, de moins que celle du Pan- 
théon); la hauteur, jusqu'à Toeil de la 
lanterne, est de 50 met. 35 (celle du 
Panthéon de 42 met. 87). Au-dessus 
est la lanterne, hauteur 17 met. 21 ; 
le piédestal de la boule, 9 met. 42 ; 
la boule, 2 met. 45, et la croix 4 met. 
87; hauteur totale, 458 met. 58. 
(La flèche des Invalides, à Paris, a 
105 met. 24.) — Sur les quatre pi- 
liers (dans Tun desquels est un escalier 
tournant) et les grands arcs qui sou- 
tiennent la coupole «est un magnifique 
entablement, dans la frise duquel on 
lit la fameuse inscription : tu es Pe- 
trus, ET SUPER hanc Petram adifi- 

CABO EGGLESIAM HEAM, ET TIBI DABQ- 
CLAVES REGNI GALOBUM. — Sur lavoilto 

de la lanterne est une mosaïque du 
Père éternel, par Marcello Provençal, 
d'après une peinture du cavalière 
d'Arpino. — Au-kIcssous de la coupole 
est le: 

Maîtbb-'AUTel. — 11 est isolé et placé 
au-dessus de la Confession, sous un 
majestueux baldaquin, exécuté sous 
Urbain YIll (1655), d>rès les des- 
sins du Ber7îin : il est tout en bronze 
doré (V. Panthéon, p. 149), et sou- 
tenu par quatre colonnes torses, dV- 
dre composite, de k hauteur de 11 m. 
04. Sa hauteur est de 27 met. 95 
(97 centim. de plus que la plate- 
forme de rObservatoire de Paris). La 
dorure seule et la main*d'œuvre con- 
tèrent 555 000 fr, — Au-dessous du 
maitre-autel est la : 

Confession de S^ Pierre. — C^est là 

3 n'est le tombeau où, suivant la tra- 
ition, on conserve la moitié du cdrps 
de S* Pierre et de S* Paul ; l'autre moi- 
tié est àPéglise S^-Paul, et leurs têtes 
sont à S^-Jean de Latran. C'est le pape 
Paul y qui fit décorer^ par Carlo ma' 
démo, cette Confession, partie de 
l'oratoire d'Anaclet (F. p. 161); elle 
est environnée d'uxv& t^^v^Vc^^^ ^^ 
marbre ; 141 UmQ«% ^ ^^tiV. \wî\wsKt» 
allumées. \5ïk douYAa «&^^cî ^««wbûô 



168 



ROUTE 142. — ROME. — SAINT-PIERRE. 



dans la Confession, où est enterré le 
pape Pie VI. On y a placé sa statue en 
marbre, bel ouvrage de Canova; il 
est représenté à genoux devant Fautel 
de la Confession. 

Tribune et chaire de S*-Pierre. — 
53 met. 26 en arrière du maître-autel, 
et au fond delà grande nef ou abside, 
est la TRIBUNE, exécutée, dit-on, d'après 
les dessins de Michel- Ange. Au-des- 
sus de Tautel est le monument de 
bronze doré appelé la Chaire de S* 
Pierre ; il renferme la chaire en bois 
qui servit, dit-on, à S* Pierre et à ses 
successeurs. Alexandre VU fit faire ce 
g[rand ouvrage par le Bemirif l'artiste 
inévitable, qui, sous 9 papes, obtint 
les commandes des plus importants 
travaux. Les quatre figures maniérées 
qui soutiennent la chaire représentent 
4 Docteurs de TEglise, S^ Âmbroiseet 
S^ Augustin, S* Athanase et S* Jean- 
Chrysostome. — Sur les côtés de la 
tribune sont deux tombeaux : celui de 
g., de Paul m, Famèse, ouvrage de 
Guillaume de la Porte (Guglielmo 
délia Porta), avec les avis, dit-on, de 
Michel 'Ange; la belle statue du pape 
est en bronze; celles de la Justice et 
de la Prudence sont en marbre. La 
Justice, d'abord presque nue, excitait 
une admiration trop passionnée ; il fut 
ordonné au Bernin ae rhabiller d'une 
tunique de bronze (peinte en blanc), 
ainsi qu'on la voit aujourd'hui. — 
L'autre tombeau, en regard, est cehii 
d'Urbain YUI, Barberini, la figure du 

yape est en bronze ; les statues de la 
ustice et de la Charité sont de mar- 
bre : c'est un ouvrage du Bernin. On 
a dit de ces figures que c'était du Ru- 
bens en sculpture. 

Partie méridionale de la basilique. 
— En venant du fond de la tribune et 
tournant à droite pour commencer le 
tour de la basilique, on trouve à g., 
sous la grande arcade, et appuyé sur 
un des 4 gros piliers, un premier au- 
tel décoré d'un tableau en mosaïque, 
S^ Pierre ^i guérit Tesiropiéf d'après 
^h Mamuni. — yk^ii^sis est le tom- 



beau d'Alexandre VUI, sculpté par An- 
gelo Rossi (dessin du comte de S*- 
Marlin). — Plus loin, du même côté, 
Au^el de s* Léon le Grand, sur lequel 
on voit, entre deux colonnes de gra- 
nit rouge, un grand bas-relief d^Awla, 
par YAlgarde, « longtemps Tante 
comme un prodige de l'art : pitoyable 
de style et de dessin. » (Valéry.) — 
En avançant vers le transsept, on voit 
à dr., sur une porte latérale de l'é- 

glise, le tombeau d'Alexandre VII, 
higi ; un squelette de cuivre doré sou- 
lève une draperie de marbre jaune. 
C'est un dernier ouvrage du Bernin. 
— Vis-ii-vis, sur le revers du gros 
pilier, peinture à l'huile sur ardoise, 

Sar Fr. Vanni, chute de Simon le 
[agicien. 

Traniiept du lud. — Dessiné 
par Michel' Ange. Au fond sont trois 
autels , avec copies en mosaïque diaprés 
le Crucifiement de S* Pierre, du Guide 
(autel du milieu); l'Incrédulité de Tho- 
mas, de Camuccini (à dr.), le S* Fran- 
çois, du Dominiauin (à g.), dont l'o- 
riginal est k l'église des Capucins. — 
Passant du transsept du sud sous la 
grande arcade et derrière un des 
grands piliers de la coupole, on voit, 
à g., adossée à ce pilier : la mosaïque 
d'Ananias et Saphira, d'après le ta- 
bleau de Roncalli qui est à S^*-Marie 
des Anges. — Vis-à-vis est la porte 
menant à la sacristie. Continuant à 
avancer (sous une coupole) on arrive 
à la: 

Chapelle Clémentine.— Clément Vlll 
la fit construire semblable a la cha- 

f>elle Grégorienne, située vis- à-vis. Sur 
'aute), à dr . , est une copie en mosaïque 
du miracle de S* Grégoire, d'après le 
tableau à' Andréa Sacchi qui est à la 
Pinacothèque. — Puis, sur le mur en 
retour : Tombeau de Pic VII, fait aux 
frais du cardinal Consalvi, ouvrage de 
Thorwaldsen; le pontife est représenté 
assis entre la Force et la Sagesse. 

De l'autre côté de ce tombeau, sur 

l'autel adossé au grand pilier dé la 

\ grande cGn^e, c,q^\<& «cv tcvussâq^'^ d« 



États de l'Église. k. 142. — rome. — saint-pierre. 



169 



la Transfiguration de Raphaël. — 
SousTarcade, vis-à-vis cet autel, sont 
deux tombeaux : celui de Léon Xî, qui 
fut pape 27 jours (le bas-relief re- 
présente TÂbjuration de Henri IV , par 
i*Algarde); et celui d'Innocent XI, par 
le sculpteur français Mono t. 

En avançant on trouve 3 chapelles 
ajoutées par Paul V : 

1* Chapelle do Chœur — fermée 
par une grille de fer ornée de bronze 
doré. L'ornementation de la chapelle 
a été dessïoéeipdir Jacques de la Porte; 
mosaïque, d'après le tableau de la 
Conception de P. Bianchi, qui est à 
Santa Maria degli Angeli. — En sortant 
de cette chapelle, on voit, sous Tar- 
cade à g., le simple et élégant tom~ 
l)eau d'Innocent VlII eu bronze, par 
Ant. PollajuolOf un des rares monu- 
ments anciens de Fart qui subsistent 
au milieu des enjolivements modernes 
de S*-Pierre ( V. p. 1 70 le Tombeau 
de Sixte lY) . £n regard de ce monu- 
ment est le tombeau temporaire du 
pape précédent. 

2* Chapelle de la Présentation. — 
Sur Tautel, Présentation de la Vierge, 
mosaïque, d'après le tableau de Fr. 
Romanellif qui est à Santa Maria 
degli Angeli. — A dr., sous l'arcade 
qui suit, tombeau de Clém. Sobieski 
Stuart, veuve de Jacques 111, morte à 
Rome en 1755,. par P. Bracci, des- 
sin de Barigioni. 11 est posé au-dessus 
de la porte par laquelle on monte à 
la coupole. — Vis-à-vis, tombeau de 
Jacques 111, roi d'Angleterre, et de 
ses deux fils, ouvrage de Canova. Les 
deux génies étaient nus dans le prin- 
cipe. On leur a mis une tunique en 
bronze, peinte en blanc. 

3" Chapelle des Fonts baptismaux. — 
(La première à g. en entrant dans la 
basilique.) — Les fonts baptismaux 
sont formés d'une urne en porphyre de 
4 mètres sur 2, qui servait ae couvercle 
an sarcophage de l'empereur Othon II, 
mort à Rome en 974. Les figures et 
les ornements qui la surmontent ont 
éïé àesêiaés par Û. Fontana (1098). 



— Trois copies en mosaïque d'après 
des peintures de C. Maratta, Baptême 
de J. C, J. Passeri, S* Pierre dans la 
prison mamertine, A . Procaccini, le 
Baptême du centurion. 

Traversant la nef, et gagnant le 
côté septentrional de la basilique, on 
trouve les chapelles suivantes : 

1° Chapelle de la Pietà — (la 
première à dr. en entrant dans la 
basilique). — Sur l'autel est le 
groupe en marbre représentant la 
célèbre Pietà (la Vierge tenant son 
fils mort sur ses genoux), par Michel- 
Ange; ouvrage qii'il fit, à l'âge de 24 
ans, pour le cardinal J. Villiers de la 
Grolaie, abbé de S*-Denis (France). (La 
statue de celui-ci est dans le souter- 
rain.) Les fresques sont de Lanfranc, 
et représentent le Triomphe de la 
croix. — Dans une petite chapeUe à 
dr. , tombeau de Probus Anicius, pré- 
fet de Rome, et une colonne où l'on 
dit que Jésus enfant s'appuya lorsau'il 
disputa dans le temple avec les doc- 
teurs. — Sous l'arcade qui mène, à 
ff., à la 2** chapelle, monument de 
Léon XII, par de FahriSy et, vis-k-vis, 
celui de Christine , reine de Suède, 
parC. Fontana; bas-relief par Ten- 
don, sculpteur français, représentant 
son abjuration. 

2° Chapelle de S -Sébastien. — 
Sur l'autel, copie en mosaïque du Mar- 
tyre du saint, d'après le Dominiquin 
(à l'église S**-Marie des Anges). — 
dous l'arcade suivante, deux tombeaux ; 
à dr. , celui du pape Innocent XII, pai' 
Filip. délia Valle; l'autre est celui de 
la fameuse comtesse Mathilde, morte 
en 1115. Ce fut Urbain VIII qui l'é- 
rigea et y fit transporter ses restes, du 
monastère de S*-Benoît. près de Man- 
toue ; le Bemin fit le dessin du mau- 
solée et sculpta le portrait. 

3" Chapelle du Saint-Sackement. — 
Magnifique chapelle, feirmée par une 
grille, faisant le pendant de celle de 
la chapelle du dasexa , ^\ <îîi^ ^\^^- 
vis. Sur YmV.e\, xvO^^ Vaîûcçw^^Çi ^^^- 
sine par\eBeTam.\.^\a^\««^^^^^^ 



170 



HUUTË 142. — KOMK. — SAlWt-PlERhË. 



tel, la Trinité, a été peint à fresque 
par P. de Corlone, — Sur l'autel, à 
dr., Descente de croix en mosaïque, 
d'après Michel- Ange de Caravage (au 
Vatican) . Devant cet autel, tombeaii en 
bronze de Sixte IV, ouvrage admirable 
d'Ant, PoUajuolo (1483). — C'est 
avec étonnement qu a cgté de ce tom- 
beau de Sixte IV on s'aperçoit que 
Jules II, ce grand pape qui enrichit sa 
famille et. étendit le domaine ponlifi- 
cal, n'a qu'une simple pierre tombale, 
au lieu du magnifique tombeau qu'il 
avait commandé à Michel-Ange! (F. 
p. 499, 200.) — Sous l'arcade suivante, 
tombeaux de Grégoire XIIl, par C. 
Busconiy et de Grégoire XIV. — Ados- 
sée au pilier de la grande coupole, est 
la copie en mosaïque du célèbre tableau 
du Dominiquiriy la Communion de 
saint Jérôme, qui est à la Pioacothè- 
que. 

4** Chapclle de la Viergi$, ou Cha- 
pelle Grégorienne, de Grégoire XUI, 
qui la fit construire par Jacques de la 
Porte, sur les dessins de Michel- 
Ange. L'autel est très-riche en pierres 
précieuses ; à dr., tombeau de Gré- 

foire XVI (f en 1846), par Amici.— 
\n avançant vers le transsept, à dr. , 
tombeau de Benoit XIV, Lamberlini, 

f)ar P. Bracci. — Vis-à-vis, sur le pl- 
ier de la grande coupole, belle mo- 
saïque d'après le tableau de Subley- 
ras, représenUmt S^ Basile célébrant 
la messe devant l'empereur Valens 
(F. Santa Maria degli Angeli). 

Transtepi du nord. — Au fond 
(même disposition qu'au transsept de 
l'autre côté) : trois autels, avec copies 
en mosaïque ; au milieu, Martyre des 
SS. Processe et Martinien, d'après Va» 
lentin; à g., Martyre de S^ Erasme, 
d'après le Poussin; à dr.. S* Wences- 
las, roi de Bohème, d'après A. CarO' 
selli. — Statues colossales dans les 
niches, par P. Bracci, In, Spinau, 
C. Modaini; dans une niche prati- 
ouée dans un des grands pilieiii, est le 
y hruDo par Slodtz, — Si, passant 
sous Jiwcaae et derrière ce pifier, on 



continue le tour de l'egUse, on voit à 
g. une copie en mosaïque d'après LaU' 
franc, la Barque de S* PieiTe près 
d'être submergée. — Vis-à-vis est le 
magnifique tombeau de Clément Xlll, 
ouvrage de Canova. (Trois grandes 
figures : le pape est à genoux, la Re- 
ligion tient la croix, et le génie de Ja 
mort est assis près du sarcophage.) 
Les deux lions couchés ont été Yâi\ei 
d'une vive admiration. Ce bel ouvrage 
fut découvert le mercredi saint, à la 
clarté de la grande croix de feu dont 
on illumine ce jour-là S*-Pierre. (Ce 
spectacle, qui attirait une foule cu- 
rieuse, a cessé d'avoir lieu.) Canova, 
âgé de trente-huit ans, s'était mêlé à 
la foule en habit d'abbé, pour recueil- 
lir les divers jugements sur cet ou- 
vrage, qui lui avait coûté huit années 
de travail. — A la dernière chapelle, 
du même côté, sur • l'autel à dr., mo- 
saïque d'après le S' Michel Archange 
du Guide, qui est à l'égUse des Capu- 
cins. — A g. de celle-ci, sur un autre 
autel, mosaïque, la plus belle de la ba- 
silique, d'après la S^' Pétronille du 
Giterchin, du musée du Capilole. — 
A g., en marchant vers l'abside, tom- 
beau de Qément X, par M. Rossi, sta- 
tue par Fen^ata. — Vis-à-vis, mo- 
saïque d'après Costanzi: S* Pien'e 
ressuscitant Tbabite. 

Souterrain de la basilique. — (11 
faut demander la permission de le vi- 
siter, à la sacristie, entre 9 heures et 
midi.— -Pour les dames, il faut une 

Ser'mission ^éciale, qu'on se charge 
e procurer aux librairies Piale et Spi- 
thovcr.) Ce souterrain consiste en wi 
espace de 5 met. 57 de haut entre le 
nouveau pavé et celui de l'ancienne 
basilique conservé. 11 se divise eu 
grotte vecchie et grotte nuove. Celles- 
ci correspondent à peu près au circuit 
intérieur de la coupole; quatre petites 
chapelles y correspondent aux quatre 
piliers de la coupole et leurs autels 
sont ornés de tableaux en mosaïque, 
d'après And. Sacchi, Les grotte veo 
I chxe 80uX \à ^^\ÀA inférieure de l'an- 



ÉUts de l'Église. 

ciemie banlique dWisée en trois nefs. 

An fond du corridor circulaire des 
çroUe nuove est le sarcophage de Ju- 
nius Basfus, préfet de Rome, mort en 
359, spécimen remarquable de la 
sculpture de cette époaue. — En avant 
de ce tombeau et au-aessous du mai- 
tre-antelest la Confession de S^ Pierre, 
en forme de croix latine, où est le 
tombMU de S* Pierre (son corps y au- 
rait été déposé au iv* siècle). 

Outrequatre petites chapelles corres- 
pondant aux grands piliers de Téglise 
supérMure, il y a sur un côté du cor- 
rioor circulaire, la chapelle del Sal- 
vatorino, Presoue en face de celle-ci, 
est la chapelle ne Santa Maria in Por- 
tteo, et, à côté de celle-ci, celle de 
Sanêa Maria délie partorienti. On y 
voit des mo8aliq[ues du vm* et du 
X* siècle. On voit aussi dans le cor- 
ridor des inscriptions et des fragments 
de sculpture provenant des tombeaux 
de Calixte Uf et de Nicolas Y. — En 
avançant dans les grotte vecchie, on 
trouve, k dr., trois tombeaux des der- 
niers Stuarts morts k Rome ; à Tex- 
trémité de cette galerie souterraine, 
les tombeaux de Grégoire V, d'Othonll, 
d'Alexandre YI ( tombeau vide ; les 
restes de ce pape, si tristement célè- 
bre, et de son oncle, Calixte 111, ont 
été enlevés en 1610, et déposés, sans 
monument, derrière Tautel de Téglise 
de Santa Maria di Monserrato), des 
papes Pie II et III, de Boniface Ylll 
(sculpté par Amolfo di Lapo), et en 
revenant sur ses pas, les tombeaux 
d'Adrien lY, de Nicolas Y, de Paul 11 
(sculpture de Mino da Fiesole), etc.. 
l'armi tous ces tombeaux de pontifes, 
on remarquera dans un réduit, avant 
de rentrer dans la galerie circulaire, 
celui d'une femme, Gaetani Colonna, 
femme d'un gouverneur de la cité Léo- 
nine. 

Sacristie de Saint-Piebre — {ren- 
trée en est indiquée ci-dessus) , Dans 
le Testibule, statues des S8. Pierre et 
Vmà, Êcaïptées par Mino da Fiesole 
(1460) pour Pancienne haailii^f^ : elles 



R. 142. — ROME. — SA1MT->PIERRE. 



171 



étaient aux angles de l'escalier, avant 
celles placées par Pie IX (F. p. 165.). 
En face, statue colossale de S* André, 
provenant de l'ancienne basilique. — 
Sur les murs des galeries, inscriptions 
antiques (celle des frères Arvales* , — 
monument curieux de l'an 218 après 
Jésus-Christ) . — La sacristie est divisée 
en plusieurs salles ; au milieu est la 
sacristie commune, octogone ; — h 
g. est la sacristie des chanoines (Sa- 
grestia dei Canonici) : sur l'autel, ta- 
bleau du Fattore, la Vierge, l'Enfant 
Jésus, S** Anne, S* Pierre et S» Paul. 
Yis-à-\is, célèbre tableau de Jules Ro- 
main : la Vierge, l'Enfant Jésus et 
S^ Jean. On entre de là dans la salle 
du chapitre (Stanza Capitolare), où 
sont des fresques de Melozw de 
Forli *. [Quelques têtes d'anges sont 
d'une grande beauté .1 — Sacnstie des 
B^néficiers (dei benenciati) : sur l'au- 
tel, tableau de Mu%iano, Jésus-Christ 
donnant les clefs k S' Pierre. 

* Les frères Arvales, collège de 12 prî^lres 
qui remonte aui premiers temps de Home, 
promenaient, au printemps, une truie pleine, 
pour obtenir des dieux une influence fero- 
rabie pour les champs. Us chantaient alors 
cette prière : Eifos lasbs jdvato, NBvsLUBnvE, 

MiRMAR. SIHS llfCDRERRE IN PLEORBS. SaTOR Ft- 

FERE, Mars, uvrii sali, sta bbrbbr. »bmukbs 

ALTERMB1,JAM DOOCAPITCOIfCTOS. EnOS,MARMOR, 

jdvato. Triompb, TRiDMPE. Voici le sens pro- 
bable de ces paroles : Nos lares, juvate ; neve 
luem Maroers (Mars), Sinas (ou Siris) in- 
currere in plures ^flores). Satur fueris, Mars, 
lumen maris, sta, vervex : somones altemi, 
jam duo capit cunrtos (ou : advocate cun- 
ctob). Nos lÊamuri (c'était le nom de l'ar- 
tiste qui fabriqua les ancilia; pour récom- 
pense il obtint que son nom fût répété par 
les prrlres) juvalo, triumphe ! 

* Ces admirables fragments, peints en 
U72, proviennent de l'église de' SS. Apo- 
stoli ; ifs furent enlevés quand on acrandit 
l'nbstde en 1711. (La belle figure du Bé- 
dempteur a été placée dans l'escalier du 
palais du CKlirinai.) Le vieux maître, à qui 
l'on commence à rendre une justice tardive, 
dit M. Otto Mûndler, avait, 22 ans avant la 
naissance du Corrége, peint ces figures gran- 
dioses, savamment raccourcies et montrées 
en perspective avec une application. \\as^\«-. 
de la loi, \u«\\iî«\WT5 \%xv«tt«'., ^>\*o\Vû ^^*'\ 




172 



ROUTE 142.' — ROME. — SAINT-PIERRE. 



Partie supérieure de la basilique 
DE S'-Pierre. — Après avoir visité en 
détail rintérieur de S'-Pierre, on de- 
vra, pour compléter l^examen de cette 
immense machine, monter sur la par- 
tie supérieure. (Pour cela il faut une 
permission du Directeur de la fabri- 
que de S'-Pierre, sur la demande de 
l'ambassadeur. On ne monte que de- 
puis 8 h. jusqu'à midi). La porte qui 
y conduit est à g., près du tombeau 
des Stuarts par Canova. On y parvient 
par un escalier en limaçon de 142 
degrés, d'une pente très-douce. Au- 
dessus de la vaste plate-forme s'élè- 
vent les divers dômes. 

Mais de là on est dominé surtout 
par la masse imposante du dôme, qui 
s'élève encore à 92 met. 57 au-des- 
sus de vous. On poursuit l'ascension : 
on s'arrête d'abord une première fois 
au premier entablement ; de là, plon- 
geant les regards dans l'intérieur du 
temple, on en mesure avec effroi le 
vide et l'immensité. On fait le tour de 
cet entablement; qui a 123 met. 45 de 
circonférence. On monte ensuite au se- 
cond entablement ; puis on commence 
à s'avancer entre les deux calottes de 
la coupole, jusqu'à ce que Ton par- 
vienne à la balustrade extérieure qui 
fait le tour de la lanterne. Dans cette 
situation élevée, la vue du spectateur 
plane sur toute la campagne romaine 
jusqu'à la mer. Continuant toujours à 
à monter, on parvient à une petite ga- 
lerie circulaire au-dessous du piédes- 
tal de la boule. Là, par une échelle 
perpendiculaire, on arrive à la boule 
en bronze, qui a 2 met. 43 de dia- 
mètre, et qui peut contenir jusqu'à 
seize personnes. Au dehors de la boule 
est une échelle en fer par où on peut 
monter jusqu'à la croix. « Cette nau- 
tenr fait frémir, dit Beyle, quand on 
songe aux tremblements de. terre 
qui agitent fréquemment l'Italie, et 
qu'un instant peut nous priver du 
p/i//r beau monument qui existe. Cer- 
^'nemeot jamais il ne sevzxi relevé : 
nous sommes trop raisonnables l » 



De Brosses raconte que deux moines 
espagnols, qui se trouvaient dans la 
boule de S*-Pierre lors de la secousse 
de 1750, eurent une telle peur, que 
l'un d'eux mourut sur la place. 

Extérieur. — Après avoir examiné 
en détail toute la basilique, il faut en- 
core en faire le tour pour en admirer 
la vaste et belle construction en tra- 
vertin, d'un ton de couleur doré. C'est 
un des aspects grandioses de son ar- 
chitecture que 1 on néglige trop sou- 
vent. 

[Dans la description qui précède, 
nous avons omis une multitude de 
statues, de bas-reliefs , de peintures, 
exécutés par des artistes médiocres. 
La basilique est couronnée de dix cou- 

tfoles, outre celle de Michel- Ange. 
Les deux coupoles de Vignole ne ser- 
vent qu'à accompagner la grande cou- 
pole et n'ont point de communication 
avec l'intérieur.) Il entre dans sa dé- 
coration 748 colonnes et 589 statues. 
— 1 21 lampes brûlent continuelle- 
ment. Presque tous les tableaux des 
autels, des coupsoles sont en mosaïque. 
Chacune des grandes mosaïques a 
coûté 150,000 fr. — Au milieu de 
toutes les créations hardies et splen- 
dides de l'art dans la basilique de S*- 
Pierre, il est une autre impression 
morale qui saisit l'esprit à la vue des 
confessionnaux des diverses langues. 
Il y a là encore une autre espèce do 
grandeur] . 

Saint-Jean de Latran. 

Place de S*-Jean-D£-Latran (PI. 21 , 
H. VI.). — Le nom de Latran vientde 
Plautius Lateranus, qui^ avait ici son 
palais, et qui, engagé dans la conspira- 
tion de Pison, fut mis à mort par Né- 
ron en même temps que Sénèque. Ce 
palais, confisoué par l'empereur, de- 
vint plus tard rhabitation de Faustino, 
femme de Constantin. A la mort de 
celle-ci, Constantin donna le domaine 
deslAleTvm^Vëièo^^ de Rome pour 
en ÎMte sa tèsAettf». — ^tv 'hwX. «vv 



États de rÉglise. r. 142. — rome. — saint-jean de latran, 17 J 



milieu de cette plfiee le plus grand 
obélisque de Rome (F. p. 155). ËUe 
est bordée par le palais et par la basi- 
Uque de Latran (del Laterano), par le 
baptistère de Constantin et par deux 
bôpilanx. 

Placb di roRTA S. Giovanni. — C'est 
sur cette place qu'est la façade prin- 
cipale de ui basilique. 

Avant d'entrer, il faut s'arrêter de- 
vant l'aspect que présentent d'ici les 
vieilles nrahiilies de Rome, les débris 
de l'aqueduc de Néron, la campagne 
de Rome, coupée en tous sens par les 
longues lignes d'anciens aqueducs, les 
collmes du Latium, couvertes de vil- 
las, et les âpres montagnes bleues de 
la Sabine ; tableau, d'une grandeur sé- 
vère, qui seul mériterait d'attirer le 
voyageur dans cette partie écartée et 
déserte de la ville. 

La Basilique de S. Giovanni in La- 
TERAKO — est considérée comme le 
siège du patriarcat romain. A S^-Pierre 
le pape est souverain pontife; à S*- 
Jean de Latran il est évêque de Rome. 
Quand le pape est élu, il vient à S*- 
Jean de Latran prendre possession de 
de son siège comme évéque de Rome. 
Cette primauté est consacrée par l'in- 
scription suivante, répétée sur sa fa- 
çade et à l'intérieur : sagrosancta la- 

TERANEHSIS ECCLESIA, OMNIUM URBIS ET 
ORRIS ECGLESIARUM MATER ET CAPUT. — 

La basilique primitive, fondée par 
Constantin, subsista près de mille ans, 
k l'aide de restaurations successives. 
Deux incendies, causées par des ou- 
vriers plombiers la détruisirent par 
deux fois (1508-1361 ) . Plusieurs papes 
reprirent sa construction : Pie IV fit 
élever les deux clochers qui existent 
encore. Sixte V 6t ajouter par Dom> 
Fontana le double portique sur la fa- 
çade du N., construite par Pie IV ; 
Clément VIU chargea Giac. délia Porta 
de reconstruire toute la nef transver- 
sale. Cependant le corps de la basi- 
lique menaçait ruine : il fut question 
de la démolir entièrement. Mais Jnno- 
ceati ebargefi, à la suite d'un con- 



cours, Borromini de consolider et de 
renouveler la nef; celui-ci enveloppa 
les anciennes colonnes de granit (très- 
endommagées par l'incendie) de forts 
piliers comme dans une gaine. — Clé- 
ment XII compléta la basilique en fai- 
sant construire la façade principale 
par Alessandro Galitei. Cette façade, 
bâtie en travertin, est d'un effet impo- 
sant, mais d'un style théâtral. C'est le 
triomphe de l'ordre colossal, qui fausse 
le juste sentiment des proportions. 
« Toutes ces différentes, parties, exé- 
cutées à des époques si éloignées les 
unes des autres, dit Letarouilly, par 
des artistes de doctrines si diverises, 
devaient amener bien des discordances, 
et il y a lieu de s'étonner qu'elles ne 
soient pas plus marquées. (La partie 
ancienne se borne à l'abside et au 
portique qui l'enveloppe). — Lors- 
qu'on pénètre à l'intérieur, on est d*a- 
bord Irappé de la magnificence et de 
la majesté de la grande nef ; mais l'œil 
plus attentif ne rencontre que bizar- 
rerie dans les détails (des iVises et des 
architraves interrompues, des croisées 
mesquines et incorrectes, des niches 
à frontons anguleux, arrondis et d^ 
versés). Quelque répulsion que l'on ait 
pour ces extravagances, on ne peut 
cependant s'empêcher de reconnaître 
que si l'étude des détails eût répondu 
au grandiose de la disposition, l'œuvre 
de Borromini eilt été justement clas- 
sée parmi les monuments dont Rome 
peut s'enorgueillir. » 

Malgré les altérations successives de 
Tédifice, M. Didron (Ann. arch. xv, 
50) a retrouvé des traces d'architecture 
ogivale dans l'abside, à l'extérieur des 
transsepts, dans l'entablement à arca- 
lures aiguës ou trilobées, etc.... Il 
pense que le carrelage de la nef est 
duxm" ou XIV" siècle, exécuté aux frais 
d'un cardinal Colonna. 

Cinq PORTES introduisent, par la 
façade principale, dans un ^rasid y^^^- 
tique sonlenu ^«s \\i\%\.-qj»\.\^ ^^^is«- 
très en m^itbte ^ wô:^^ <lwkv\ks®^- ^^^ 
fond de ce ^ot\À^\uô ^sV. \^ %VaX>iR^ ^'^ 



RODTÉ 142. — ROME. -— SAI.NT-JEAN DE LATRAN. 



lossale de Constantin, trouvée dans 
ses Theimes. Cinq portes donnent en- 
trée dans h basilique. La grande porte 
du milieu a des "panneaux en bronze 
qui proviennent de Téglise Sant' 
Adriano, et Ton croit qu'ils ont appar- 
tenu dans Torigine à la basilique i£mi- 
lia, au Forum ; elle fut transportée ici 
par Alexandre VU. La porte murée est 
nommée sainte, parce (ju'ellé ne s'ou- 
vre que Tannée du Jubilé. 

L'intérieur, qui offre une magni- 
fique perspective, a perdu son carac- 
tère oe l^isilique sons la main de 
Borromini. Il y a cinq nefs. Cinq ar- 
cades, correspondant à autant de cha- 
pelles, s'ouvrent de chaque côté de la 
nef du milieu, entre les gros piliers, 
ornés de pilastres composites, dont 
Borromini a enveloppé les anciennes 
. colonnes de granit. Ces pilastres sup- 

Ï)ortent un entablement et le beau pla* 
bnd de Pie IV, que Borromini eut le 
bon esprit de conserver *. On remar- 

Suera le beau pavement de la nef. — 
ùr le deuxième pilier à dr. , fresque 
attribuée à Oiotto : Bonifiée VIII nro- 
damant du haut du balcon de S^-lean 
le jubilé de 1300. (Dante assistait à 
la cérémonie.) — Dans les entre-pilas- 
tres il y a douze niches, à fh)ntons sup- 
portés par des colonnes de vert an- 
tique de l'ancienne basilique. Elles sont 
occupées par les statues colossales des 
apôtres, en marbre (4 met. 78 de 
haut). Le prix de chacune s'éleva à 
près de 27 ,000 fr. , qui équivaudraient 
au double aujourd'hui. Au-dessus des 
niches sont des bas-reliefs d'après 
VAlgarde, Baggi et Bossi ; et, au-des- 
sus dé ceux-ci, des médaillons où sont 
peints les principaux prophètes. Les 
statues colossales des apôtres sont ca- 
ractéristiques du stylo extravagant mis 
à la mode par l'école du Bemin. On 

* On a attribué ce beau plafond à Michel- 
Ange ; mai» il fVit exécuté en 1 564, l'annt^e 
à0 ÉÊÊ mort, Acoabié sous le poids de l'âge 
ei de ïë ëouffnnee, il pouvait suffire à peine 
« la direction de» travaui. de S'-IMerre. Le- 
iarouiliy l*attribne k Pirro ïigûfig. 



remarquera celle de S* Matthieu, par 
Rusconi; de S* Thomas et de Bar- 
thélemi, par Le Gros ; de S* Pierre et 
S* Paul, par Monot. — Plusieurs tom- 
beaux, entre autres ceux des papes 
Svlvestre II (999) et Serffius IV, sont 
Diacés dans les nefs latérales de dr. — 
Du même côté, deux piliers placés en 
diagonale sont signales aux curieux à 
cause de l'écho qui s'y répercute. — 
La deuxième chapelle k dr. en en- 
trant est la Chapelle Torlonia, toute 
en marbre blanc et en or. Cette dia- 

Selle, achevée en 1850, est un splen- 
ide spécimen de la vanité d'un riche 
particulier. Sur l'autel : Descente de 
croix, bel ouvrage du sculpteur Tene- 
rani. — La chapelle suivante, des 
princes Massimini, est de l'architecte 
Jac. de la Porte. Le tableau de J. C. 
croix est du Sicciolante, — La 



en 



partie la plus remarquable de la ba- 
silique est la : 

Chapelle Corsini (V*à g., en en- 
trant). — Elle est d'une rare élégance 
et une des plus magnifiques de Kome. 
Clément XII la fit ériger à S* André 
Corsini, son ancêtre, par AL Galilei, 
dont elle est le principal ouvrage. 
Sur le maitre-autel, mosaïque repré- 
sentant le saint, d'après le Guide, — 
À g. est un beau tombeau de Clé- 
ment XII : le sarcophage, de por- 
phyre, provient du portique du Pan- 
théon. La statue en bronze du pon- 
tife est de Maint, les fisures latérales, 
de Monaldi. En face de ce tombeau 
est celui d'un cardinal, oncle de Clé- 
ment XII. — Dans le caveau de cette 
chapelle est une Pietk, bel ouvrage 
d'And. Montauti, élève du Bemiti, 
Le corps du Christ est bien étudié; 
es membres bien affaissés. La Vierge 
est vulgaire et mal posée.] 

MaItre- autel — Quatre colonnes de 
granit, soutiennent un ciborium go- 
uiique, élevé aux frais communs du 
pape Urbain V et du roi de France, 
Charles V, et que Pie IX a fait réparer. 
Ihns «\a p«r\Àe svx^newt^ ^^^ t;^\aber- 
1 ntc\e, dotil\e%^VDiL\it«%^\iV\^)àernML^ 



1, 



États de l'Église. it. 142. — rome. — saint-jeàn db latrân. 



175 



de Siemia i^ siècle), on garde dans 
des raK^ires en forme de bustes en 
orfèvrerie, les UMitiés de têtes des 
apôtres Pierre et Paul, que Ton dit 
avoir été retrouvées en 1367. — Près 
de Ik, au palier inférieur deTescalier, 
est le tonaibean en bronze de Martin Y, 
bon outrage de Stmon, frère de Do- 
nateUo. — Dans le transsept de g. est 
le roagttiflque autel du S^-Sacrement, 
dessiné par P. Olimeri, Le tabernacle, 
formé de pierres précieuses, est place 
entre deux anges de bronze et quatre 
colonnes de vert antique. On prétend 
que les colonnes cannelées de bronze 
qui portent le grand fronton pro- 
viennent du temple de Jupiter Cfapi- 
tolm, et furent fondues par Auguste 
avec les proues des navires après la 
. victoire d'Actium. Au-dessus ae Tau- 
tel est une Ascension, par le cav. Ce- 
sari d'Arpino. — La voûte de Tab- 
side a une mosaïque, de 1292, par 
frk Jacopo da Turrita (V. la note 
p. 177), moine franciscain, aidé du 
moine franciscain frà Jacopo da Ca- 
merino, et terminée par Gaddo Gaddi ; 
elle a subi de légères altérations. — 
Derrière Tabside tourne une petite 
nef demi-circulaire (Portico Léo- 
nino), autrefois un portique ouvert. 
Là sont placés plusieurs tombeaux, et, 
entre autres, ceux des peintres Ce- 
sari dArpinOyA. Sacchi, de Tarchi- 
tecte Galtlei. — A g. , une porte fer- 
mée, devant laquelle brûlent conti- 
nneUement des lampes, s'ouvre, 
moyennant rétribution, pour laisser 
voir une table en bois de cèdre, qu'on 
dit être celle qui aurait servi à la 
Cène de J. G. — Au centre de ces hé- 
micycles est un petit autel dont les 
statues de S* Pierre et de S* Paul se- 
raient du x" siècle. — Un petit pas- 
sage (où sont des inscriptions et un 
bas-relief curieux) conduit aux deux 
SACRiSTiBs des chanoines et des béné- 
ficiaires. La porte en bronze est due 
à Célestin Ul (1196). On voit dans la 
sacristie Je carton original (mais re- 
tnraiUé) de la madone de la maison 



d'Albe, de Raphaël^ qui est k S'-Pé- 
tersbourg ; et une Annonciation, des- 
sinée par MirÂel Ange et peinte par 
Marcello Venusti. — Les fresques des 
transsepts sont de Nogari, Nebbia, 
B. Cesarif du Pomarancio ( Baptême 
de Constantin) . — On remarquera les 
colonnes de Numidie, dites de jaune 
antique, cpii soutiennent Torgue. •— 
Par le transsept de dr. on peut sortir 
sur la place S^-Jean de Latran par le 
portique bâti par D. Fontanay sous 
Sixte V, où Ton voit une statue en 
bronze de Henri IV, roi de France, par 
iVic. Cordier. (Depuis Henri IV, bien- 
faiteur de la basilique, les monarques 
français sont, de droit, chanoines de 
S*- Jean de Latran). — A g. du trans- 
sept s'étend un cloître intéressant 
(xiii* siècle), à colonnes de formes 
et de décorations diverses. On y con- 
serve des fragments antiques et di- 
verses reliques consacrées par une 
pieuse crovance : une colonne du 
temple de Jérusalem ; deux colonnes 
de la maison de Pilate ; une table de 
marbre, portée par 4 colonnes indi- 
quant la taille du Christ (1 met. 85). 

Le BAPTISTÈRE DE CONSTANTIN, — OU 

San Giovanni in Fonte del Laterano 
(sur la place de Fobélisque et vis-à- 
vis du palais de Latran), est attri- 
bué à Constantin, et a été rebâti par 
plusieurs papes. Il est octogone et 
couronné aune coupole, élevée sur 
deux ordres de colonnes superposées ; 
les huit colonnes du bas, en porphyre 
rouge, portent une architrave antique : 
au-dessus sont huit petites colonnes 
de marbre blanc ; au milieu, les fonts 
baptismaux, formés d'un grand bas- 
sin de porphyre antique avec couver- 
cle en bronze, sont placés dans un 
enfoncement autrefois rempli d'eau. 
Les peintures du tambour de la cou- 
pole, d'une composition harmonieuse 
et d'un bel effet, sont à' And. Sacchi, 
celles des murs, de Gemiqnanù de 
Camassei, de C. ^araUa v^«&\x>^^ 
tien àe8\ào\esV — ^A^û^^^^^^'^^ '^^^^ 
1 précèàè, sut \îl cow \wV«c\««s«i. «^xs» 



176 



ROUTE 142. — ROME. — 6A1NTE-HARIE-MAJEURE. 



portique qui a été noyé dans la ma- 
çonnerie et converti en chapelles ; les 
riches détails qui restent de ce monu- 
ment antique sont d'un goût irrépro- 
chable. — Du baptistère on entre à 
dr. dans la chapelle de S*-Jean-Bap- 
tiste; sur Tautel est une copie en 
bronze de la statue en bois du Sau- 
veur, par Donatello. La chapelle de 
S^-Jean TEvangéliste (à g.) a, à sa 
voûte, une mosaïque duv* siècle. — 
Attenant au baptistère est Toratoire 
de S* Venance, évêque ; on y voit une 
mosaïque faite sous Jean IV (639-42). 

ScALA Sakta — (sur la place au nord 
de S*-Jean-de-Latran). — Le Saint- 
Escalier est formé de vingt-huit mar- 
ches de marbre blanc, que la tradi- 
tion de TEglise donne comme ayant 
appartenu au palais de Pilate à Jéru- 
salem. Les dévots ne le montent qu'à 
genoux; on descend ensuite par un 
des quatre escaliers latéraux. Dom. 
Fontana le disposa dans Tétat actuel, 
par ordre de Sixte V, après Tincendie 
du palais de Latran. Dans la chapelle 
(Sancta-Sanctorum) au bout de Pesca- 
iier, ancienne peinture grecque, 
image en grande vénération, représen- 
tant J. C. à rage de douze ans. Pie IX 
a fait restaurer le portique de Fon- 
tana et Ta fait décorer de statues par 
Giacovielti. — Adossé à ce monu- 
ment, et vis-à-vis de la place de Porta 
San Giovanni, est le : 

Triclinium de Léon III, grande ab- 
side disposée par Ferd. Fuga (1743), 
qui y a placé une reproduction de la 
mosaïque de la fin du vin' siècle, pro- 
venant du réfectoire que ce pape avait 
fait bâlir au palais de Latran. 

Sainto-Marie-Mi^eiire. 

Uno rue droite (via in Bleriilana) con- 
duit de la plare de S*-Jean-de-Latran à celle 
de S"-Marie-Majeure (PI. S7, G, IV). 

Place. — Colonne corinthienne en 

marbre Jbbnc, Ja seule restée entière 

àe celles qui soutenaient Ja voûte de 

JabasUiquede Constantin. (Hauteur, 



1 



compris la base et le chapiteau, 19m.) 
(V. p. 143.) Paul V la fit dresser sur 
cette place par C. Mademo. — (Pour 
TObélisque, placé derrière réglise, F. 
p. 155.) 

Basilique de Santà Maria Mac- 
GiORE. — Une des quatre basiliqo»! 
ayant porte sainte ; nommée Magciobi, 
parce qu'elle est la principale dn 
églises consacrées à Rome à la Vierge; 
fondée en 352 par le papeLiberiusl" 
(la Vierge lui ayant apparu en songe 
et ordonné de lui élever une église au 
lieu même où Ton trouverait de la 
neige fraîchement tombée, bien qu^on 
fut au mois d'août. Légende repro- 
duite dans les mosaïques de la façade]. 
Agrandie, en 432, sur le plan qu^elle 
a conservé depuis. Nicolas IV refit et 
agrandit Tabside (xiii" siècle). Be« 
noît XIV fit renouveler Tintérieur et 
reconstruire par F. Fuga la façade 
principale, percée d'immenses ouver- 
tures et d'aspect théâtral, à la place do 
portique construit au xii* siècle par 
Eugène m, et qui fut démoli. Fuffi, 
conserva cependant les mosaïques de 
rancienne façade d'Eugène III, qui 
étaient au-dessus de ce portique. La 
composition supérieure est signée dn 
nom de Philippe Rusuti. On attribue 
les compositions inférieures à Gaddo 
Gaddi, Ces mosaïques sont du xni* 
et du xiv" siècle. C'est de la loggia 
construite devant ces mosaïques que 
le pape donne sa bénédiction le jour 
de l'Ascension. — La façade, dé- 
coration incorrecte et à ressauts multi- 
pliés, se développe, sans liaison avec 
eux, entre deux corps d'édifices symé- 
triques, dont celui de dr., comprenant 
la sacristie, avait été construit par 
Flaminio Ponzio sous Paul V. — La 
façade POSTÉRIEURE, du même archi- 
tecte et de Carlo Rainaldi, offre une 
masse solide, des lignes mouvementées 
et une disposition pittoresoue. (C'est 
de ce côté que s'élève l'obélisque pro- 
venant du mausolée d'Auguste (F. 
p. i^b^, el c^xCowNcÀX À>3k Wal de la 
rampe W \>e\\e Y^sc«^Niv*«i ÔA\iiT>afc 



ÉlatS de rÉglîSe. ». 14-2. — roue. — SAIKTK-MABIE-MAJErRE. 177 



délie Quattro Fontane. — Le clocher (le 
plus élefé de la ville) fut élevé par 
Grégoire XI (1576). 

L'niTiiBiBnR de cette magnifique 
église est d'un effet grandiose et mo- 
numental ; il est composé de trois nefs^ 
divisées par quarante quatre colonnes 
ioniques en marbre blanc veiné (on 
croit qu'elles proviennent du temple 
de Junon Locine, situé près de là) ; 
elles suj^portent un entablement con- 
tinu , bnsé malheureusement par les 
arcades ouvertes par Sixte-Quint et 
Benoît XIV, et destmées à servir d'en- 
trées aux chapelles latérales. — La 
NEF du milieu présente de belles li- 
gnes droites, une riche et belle or- 
donnance. Le magnifique plafond à 
caissons, redorés en 1825, a été des- 
siné par GiuL da San Gallo, — Le 
pavement en marbre et mosaïque mé- 
rite d'être remarqué. — Des mosaïques 
sur les parois latérales de la grande 
nef sont du viii" siècle, et, selon 
quelques auteurs, du v*" siècle, ainsi 
que celles du grand arc qui précède 
Fabside. Celles de Tabside représentant 
le couronnement de la Vierge sont de 
Jacopo da Turrita * , et celles entre 
les fenêtres, de Gaddo Gaddi. — En 
entrant on voit deux tombeaux : à dr. , 
celui de Clément IX ; la statue du pape 
est de Guidi, la Foi, de Fancelli, la 
Charité, à'Erc. Ferrata; à g., celui 
de Nicolas IV, dessiné par Dom. Fon- 
lana ; les statues sont de Léonard de 
Sarztme. — Le grand autel est isolé ; 
•il est formé par un grand tombeau de 
porphyre et couvert d'un riche balda- 
quin, de Fuga; porté par quatre co- 



' On lit sur cette mosaïque riiiscription 
suivante : Jacob. Torriti. Pictor. noc. opus. 
vosuG. TEC. Les derniers annotateurs de 
Vasari (t. 1", p. 289 et seq.) pensent que 
<:'est par erreur qu'on dit : da Torrita au 
lieu ae Jacob Torriti, ou fils de Torrito. Ils 
croient de même, que c'est h tort qu'on a 
ronfondn le frAre franciscain Jacopo^ un 
des mosaïstes du baptistère de Florence, 
avec JfflCODo Torriti, qui exécutait à la iin 
du un* siècle les mosaïques bien supt^rieu- 
res àé VabBide de S"'Mttri€-Majpure, par 
ort/n du pnpe IVicohs A'. 



tonnes de porphyre d'ordre corin- 
thien, entourées de palmes dorées : 
en haut les anges de marbre sont de 
P. Bracci. — On a creusé, en 1 862-65, 
en avant du maitre-autel, une chapelle 
souterraine richement décorée de 
marbre et d'albâtre ; on y a préparé 
un tombeau monumental pour Pie IX. 
— La grande arcade à dr. est ouverte 
en face de la riche et belle : 

Chapelle du Saint-Sacrement (ou 
deLPresepio, de la crèche), — com- 
mandée à Fontana par le cardinal de 
Montalte, depuis Sixte V. ( Gré- 
goire Xni, le supposant riche d'après 
une telle dépense, lui supprima sa pen- 
sion, et l'entreprise fût restée inter- 
rompue, si l'artiste lui-même n'avait 
avancé mille écus romains. Cela fut 
la source de sa fortune auprès de 
Sixte V.) Cette chapelle serait à elle 
seule une église. Elle a sa coupole, 
ses chapelles, sa sacristie, sa confes- 
sion. A droite, tombeau de Sixte V, 
orné de quatre colonnes de vert an- 
tique provenant du mausolée d'Adrien; 
il fut dessiné par Fontana; statue du 
pontife par ValsoldOy auteur des deux 
bas-reliefs latéraux. Les statues laté- 
rales sont de Flaminio Vacca (S* Fran- 
çois) et de P. P. Olivieri (S* An- 
toine). Vis-à-vis, tombeau de Pie V. Son 
corps est conservé dans un beau sarco- 
phage de vert antique. Sa statue est par 
Léonard de Sarzane. Au milieu de In 
chapelle est l'autel du S*-Sacrement, 
décoré d'un tabernacle soutenu par 
quatre anges de bronze doré, mode- 
lés par Riccio. — lin escalier descend 
à la chapelle de la crèche, transportée 
d'une seide pièce et établie sur un sol 
inférieur par Fontana. On y conserve, 
suivant une pieuse croyance, la véri- 
table crèche où fut déposé l'enfant Jé- 
sus. Elle doit être transportée, dit-on, 
dans la chapelle souterraine, ou confes- 
sion, nouvellement creusée devant le 
maitre-autel. Au bas de l'escaUer, dans 
une niche, wtie %\a\.\i^ ^'fe^ ^^^'sa.NR.- 
nant Ven^a^TiV. i., ^«j^X^^ eu^l^^^-T^^ 



178 



ROUTE 142. — ROME. — SAINT-PAUL. 



de Pietra Sanla. — A côté de cette 
chapelle est la petite chapelle de S** 
Lucie, dont Tautel est formé d'un tom- 
beau curieux pour ses sculptures du 
IV* siècle. La richesse de la chapelle de 
Sixte-Quint est dépassée par la belle : 
Chapelle Borghèse ou Pauline, — 
du côté opposé, construite sous Paul Y, 
par Flaminio Pon%io (1611). Ily ré- 
péta Tordonnance géilérale de la cha- 
pelle de Sixte Y, mais en variant avec 
goût les détails. Dans les arcades laté- 
rales sont deux tombeaux décorés de 
colonnes de vert antique, de statues et 
de bas-reliefs. Celui de dr. , éri^é à Clé- 
ment YllI; bas-reliefs du milieu en 
haut par P. Bernin. Les peintures de 
la grande arcade sont du Guide, Le 
tombeau de g. est celui de Paul Y. Au 
fond de cette cbapeUe est un magni- 
ficpie autel de la Yierge, décoré de 
quatre colonnes de jaspe oriental, can- 
nelées ; bases et chapitaux de bronze 
doré ; la frise du fronton est d'agate, 
ainsi que les piédestaux des colonnes ; 
rimage de la Yierge, attribuée à S^ 
Luc, est entourée de pierres précieuses 
et soutenue par quatre anges de bronze 
doré. Les fresques de Tarcade et des 
pendentifs de la coupole sont du che- 
valier (VArpin ; celle de la coupole sont 
L, Cigoli. — Le baptist&re est séparé 
du vestibule par deux colonnes de gra- 
nit oriental. Peintures des voûtes par 
Passignani, Grand bas-relief de Tau- 
tel, par le Beimiriy représentant TAs- 
somption de la Yierge. 

Une ruo droite mène de cette basilique à 
celle de : 

Santa Croge in Gerusalemme. — 
(PL 17, J, YI.) 4- basilique de Rome ; 
a été érigée par S** Hélène, mère de 
Constantin, sur les jardins d'Hélioga- 
bale. Elle y déposa une partie de la 
sainte croix, trouvée par elle à Jéru- 
salem. Cette église a perdu Tempreint» 
de son antiquité; elle fut rebâtie sous 
BenoitXIY(1745).Elleestprécédéedun 
vestibule ovale. Ses 5 nefs sont divisées 
per des pilien massifs, entre lesquels 



sont Aposées 8 colonnes de granit ar- 
chitravées. Maître-autel isolé, décoré 
de 4 colonnes de brèche {corallina) 
portant un baldaquin ; au-dessous est 
une urne antique de basalte, ornée de 
4 têtes de lion, renfermant des corps 
de martyrs. A la voûte de Fabsiae 
sont des fresques repeintes, attribuées 
au PintU7ncchio (?), [la seule chose 
d'art un peu intéressante de cette 
église. — Ce qui mérite une excurnon 
dans cette partie lointaine de Rome, 
c'est la vue pittoresque des vieux murs, 
du temple de Yénus, des montagnes i 
Thorizon et, dans une autre direction, 
de la longue allée gazonnée et déserte 
qui mène h S^-Jean de Latran.] — 
Derrière Tabside, chapelle souterraine 
de S'^'-Hélène (les femmes n'y peuvent 
entrer qu'une fois par an, le 30 
mars); mosaïques attribuées à BalL 
Peruzzi (?). Les tableaux de Rttbens 
ont été vendus par les moines. (Us 
vendent aux voyageurs des clous faits 
à l'imitation du clou de la S^* Crmx 
qu'ils prétendent posséder.) 

Pour compléter la description des liasili- 
ques romaines, nous réunirons ici plusieurs 
basiliques situées hors de Rome. 

Basilique de S'-Paul hors les murs. 
— (A près de 2 kil. hors de la porte 
San Paolo, sur la route d'Ostie et près 
du Tibre. — Omnibus partant du pa- 
lais de Yenise). Une première bosi- 
hque, fondée par Constantin dans un 
ancien cimetière, où avait été enterré 
S* Paul, fut reconstruite, sur un plan- 
beaucoup plus vaste, en 586, par les 
empereurs Yalentinien II, Theodose, 
Arcadhis et terminée par Honorius 
(f 423). Plusieurs papes la restau- 
rèrent et l'ornèrent. 11 y avait en avant 
de la basilique un atrium entouré de 
portiques à colonnes, qui, à moitié 
ruiné, existait encore au' milieu du 
XVII* siècle. L'aflluence de la foule 
avait fait aussi établir une autre por- 
tique qui se prolongeait jusqu'à la 
porte daiTi ¥^o\o, «l dncil il restait des 
> traces au V &\^;â!&. C<^«\\.(^ Wv^vo^^^ 



États de FÉglise. k. 142. — rome. — saint-faul. — saikt-laurbnt. 179 



une des merveilles de l'art chrétien, 
conservant le caractère antique de ce 
genre d'édifices, a été détruite en 1 823 
par UB incendie, causé par Fincurie 
des j^mbiers. La lonffueur de cette 
basilique était de l^O met. 65. La 
grande nef avait 26 met. 65 de lar- 
geur et 54 met. 45 de hauteur. 
Léon Xll invita le monde catholique à 
contribuer è sa réédification ; les dons 
affluèrent. Suivant Topinion émise par 
TÂcadémie romaine de S^-Luc et le 
désir des savants, elle devait avoir 
lieu dans les mêmes proportions et 
dans la même forme. « Cependant, 
dans Texécution, on dérogea en par- 
tie k ces prescriptions, afin de rendre 
le nouveau temple plus somptueux et 
plus surprenant que Tancien. » Peut- 
être y a-t-il lieu de regretter, avec 
Valéry, cette énorme dépense faite au 
milieu d'un désert qu'il faut fuir tous 
les étés à cause de la maVaria. L'église 
nouvelle a été inaugurée en 1847. 
L'inunense vaisseau de la basilique est 
divisé en 5 nefs par 80 colonnes corin- 
thiennes en granit de Baveno, bases 
et chapiteaux de marbre blanc, con- 
stituant la plus splendide ordonnance. 
— [Cette nef, qui apparait tout entière 
k travers la forêt de colonnes qui sou- 
tiennent le plafond, est d'un grand 
effet, mais toute cette magnificence 
improvisée étonne plus qu'elle n'é- 
meut. Les détails perdent à être exa- 
minés attentivement]. Deux colonnes 
immenses (provenant de Montorfano, 
près de Baveno) supportent le grand 
▲M triomphal de P^acidie, sœur d'Uo- 
norius, qui sépare la nef du trans- 
septetdontles mosaïques sont des co- 
pies modernes de celles du v*" siècle. 
Au-dessous est le maître- autël, avec un 
baldaquin soutenu par 4 colonnes d'al- 
bâtre oriental, présent du pacha d'E- 
gypte. — Une frise de médaillons con- 
tenant les portraits de 258 papes, exé- 
cutéf en mosaïques à la manufacture 
pontificale, court autour des cinq nefs. 
OueUpie»-unes de ces mosaïques ont 
été tooservées, — Les mosaïques de 



l'abside (xm* siècle) ont été considéra- 
blement restaurées. — Le transsept 
est décoré avec un luxe peu en rap- 
port avec le style sévère des basiliques ; 
aux deux extrémités, autels en mala- 
chite, présent de l'empereur de Rus- 
sie; à la chapelle du nord, Conversion 
de S* Paul par Camuccini, — Le nou- 
veau CLOCHER, élevé à côté de l'église 
et surmonté d'une rotonde à colonnes, 
donne plutôt Tidée d'un phare que de 
la tour d'une église. On a une très- 
belle vue du haut. — Contigu à la ba- 
silique, un beau cloître, de 1220, 
charmant spécimen de l'architecture 
monastique du xui* siècle. Les cplon- 
nettes sont de formes très-variées ; 
quelques-unes sont couvertes de mo- 
saïques; les arcs sont cintrés. Ce 
cloître contient des fragments et des 
inscriptions antiques. 



Un peu plus loin que la basilique de S*' 
Paul, on trouve, à l'endroit nommé les 
Tr ois-Fontaines t les églises suivantes : 

San PaoloalleTre-Fomtane, — bâtie 
en 1596 par Giac, délia Porta, sur le 
lieu où l'Apôtre reçut k martyre. Se- 
lon la légende, sa tête en tombant fit 
trois bonds, et trois sources jaillirent 
de terre. Ces fontaines sont renfer- 
mées dans l'intérieur de l'église. 

2* Santa Maria Scala Cœli. — Re- 
bâtie en 1582, sur les dessins de Vi- 
gnole, terminée par Giac. delta 
Porta, simple chapelle de forme oc- 
togone et couronnée d'un dôme. A 
1 abside, belle mosaïque du xvi' 
siècle par le Florentin Zucca, sur le 
carton de de Vecchi, 

5" San Vincenzo ed Anastasio. — 
De style mélangé, roman, gothique, à 
trois nefs. Sur les pilastres sont peints 
à fresque les apôtres, exécutés, eut* on, 
sur les cartons de Haphaël. 



BaSUIQUE de S'-LaIÎHÎ^I ^^"^^ VL'ft» 

MORS. — VÊuVvtQw V VA.Vw^X^Y^^"^ 
I San Loreuio .^ ^vv V^^^l , ^'^^'■^ A^^^ 



180 



KOUT£ 14^. 



HOME. — SAINT-SEBASTIEN. 



siiique S^-Laurent fut démolie en par- 
tie pour de grands travaux de restau- 
ration. Elle fut d'abord construite 
par Constantin, ou plutôt par Galla 
Placidia, au v* siècle. Pelage II la 
rebâtit en 578. L'orientation en fut 
changée. (Selon certains antiquaires, 
la basilique actuelle serait composée 
de deux és;lises réunies dos à dos.) 
Le pape lîonorius HI (1216-1227) 
ajouta la grande nef du côté où était 
auparavant la tribune (c'est ce qui ex- 
plique la position inaccoutumée des 
mosaïques du grand arc, ne faisant pas 
face à rentrée actuelle ; et également 
la disposition unique, dans les églises 
de Rome, d'un chœur se terminant 
sans abside sur un plan carré). Hono- 
rius fit aussi bâtir le portique, dont 
les peintures seraient contemporaines. 
La basilique subit depuis quelques res- 
taurations, qui n'en altérèrent plus le 
caractère. Au côté dr. de la porte 
principale, un sarcophage anùque, 
avec bas-relief représentant un ma- 
riage romain, sert de tomljeau au car- 
dinal Fieschi, neveu d'Innocent IV. — 
L'intérieur est k 3 nefs, divisées par 
22 colonnes ioniques de granit et de 
cipollin^ Dans la nef du milieu sont 
deux ambons de marbre et une co- 
lonne pour le cierge pascal. Le chœur, 
élevé au-dessus de la nef, a un pavé 
en mosaïque à dessin géométrique 
(opusAlexandrinum), situé à peu près 
ù moitié hauteur des 12 colonnes an- 
tiques qui le bordent à dr. et à g. Ces 
colonnes cannelées, de marbre violet, 
posent à une grande profondeur sm* 
le pavé de l'ancienne église. Elles ont 
été dégagées récemment par des fouil- 
les. Les chapitaux sont corinthiens ; 
deux sont composites. Elles sont ri- 

* Dans la volute do la huitième colonne 
ùdr.fOn remarque une grenouille et un lé- 
zard, en grec, batracos et sauras, rappelant 
les noms deux des artistes lacédcmoniens cités 
par Pline, qui, après avoir élevé les temples 
du portiaue d'0<;tavic, ne purent obtenir d'y 
inscrire leurs noms, et sculptèrent ces ligu- 
res d'animaux sur la iKise (spira) des colon- 
Jieg, Pline a-l-iî pris le mot spira pour 
roJuUs? 



chement architravées avec divers frag* 
ments d'entablement antiques, qui se 
raccordent inégalement. Elles portent 
mi second rang de colonnes diverses, 
supportant elles-mêmes les arcades 
plein-cintre des galeries qui étaient 
destinées aux femmes. — Au fond du 
chœur est un ancien siège épiscopal. 
— On remarquera sur le grand arc, 
outre la mosaïque du vi* siècle (res- 
taurée) , des fenêtres anciennes garnies 
de plaques de marbre, percées de pe- 
tits disques vitrés (certaines églises 
d'Athènes offrent aussi des échantil- 
lons de ce mode de vitrage). — Dans la 
nef, à g., est une chapelle souto*- 
raine. — A côté est la porte des cata- 
combes appelées le cimetière de 
S^-Cyriaque; on n'y entre pas. — 
Sous un portique conduisant au cloî- 
tre, qui est une sorte de musée d^an- 
tiquités, est un tombeau antique orné 
de bas-reliefs représentant des génies 
qid vendangent. — Près de là est un 
GiMETiÈRE COMMUN d'unc dispositiou 
singidière. 

Basilique de S'-Sébastien hors les 
MURS (5 kil. hors de la porte San Sé- 
bastian o. — y. plus loin, environs de 
Rome: voie Appienne). — La porte 
San Sebastiano, flanquée de tours, a un 
aspect imposant, vue extérieurement. 
— Cette église, bâtie en 367, sur le ci- 
metière de S'-Calixte, mais entière- 
ment restaurée au xvii* siècle par 
Flam. PonziOy n'a conservé aucun 
caractère de son architecture an- 
cienne. "«^ On y montre, entre autrt^s 
reliques, une pierre sur laquelle on 
croit voir l'empreinte des pieds de 
J. G., et qui provient, suivant la tra- 
dition, du lieu où J. C. rencontra S' 
Pierre, et où l'on a élevé l'église Do- 
mine Quo Vadis (V. Via Appia). — Près 
de h on descend dans' le cimetière de 
S'-Calixte, connu sous le nom de Ca- 
tacombes. (F. excursions des envi- 
rons.) Ces catacombes sont ouvertes 
au public les 21 et 22 décembre. 

Basilique S^'-Agnès hors les murs — 
(sur \a \o\e ^o\!iftwVaxv<&. — i kil. 



. États de rÉfjlUe. routb lii. — boue. — £gusej. 
hors de la porte Pia. — Ou suit une 
roula rewwree entre les murs des tîI- 
iM.Ledeborgdul'égliBeesl peu remar- 
quable. (Dansunecour carrée précédant 
léglise, on voit i travers un vitrage 
une peinture » fresque représentant 
PieiX échappant, en 1854. au danger, 
lors de l'ûcrouleoicDtd' un plancher). 
Elle fut construite par Constantin, ii la 
prière de sa fille Constance, k l'endroit 
où fut trouvé le corps de la sainte. On 
In restaura entièrement dans son ca- 
ractère primitif. L'église étant sur 
l'uncien niveau du sol, on y descend 
par un escalier de 45 degrés (des in- 
scriptiODg curieuses sont placées sur 
les murs). De la voie Nomentane on 
arrive de plain-pied i h galerie supé- 
rieure (gynécée). L'intérieur, qu^ 
Pic IX a faitricbementrestaurer.oirre 
le modèle qui se rapproche le plus des 
basiliques civiles des Romains. A l'en- 
Irée est ud esonarihex ou vestibule 
intérieur, comme ilj en a un ï S'*- 
Sopliio de Constantmople. Le balda- 
quin du inaitre-autel est porté par 4 
colonnes de porphyre. Au-dessous est 
le corps de S'* Agnès. Ln statue de la 
sainte est formée du torse d'une sta- 
tue antique en albitrc oriental. Les 
additions en bronze doré sont mo- 
dernes. La mosaïque de kl tribune date 



181 
;» Hélène. En 1356, Alexandre IV 
(.onverlit ce lieu en une église dé- 
[liée iS" Constance. — (Les décoi'a- 
ions en mosaïque (du iv siècle), re- 
^)résentant des génies cueillant des 
laisins, ont fait supposer à toit k des' 



du pape Honorius 1" (G'il}-638). qui 
rééttiSa l'église. (Le costume oriental 
de la sainte est celui d'une impéra- 
trice.) Dans la 1" cbapcUc h dr., Edte 
du Sauveur, ou'on dit avoir été sculp- 
tée par Iliclta-Ange. On remarquera 
aussi un beau candélabre antique en 
marlnre blanc. — 11 j a une entrée des 
Catacoitbbs i peu de dislance. 

S'"-Constaw;e —(à coté de l'égli; 
précédente). Constintin fit. élever cet 
édiGee de forme ronde pur y bapti 
ser les dcui Onstance, sa scDur et s 
fiUe. Par la suite, ce lûptislùre servit 
de tombeau à la famille de cet empe- 
reur. Onyvojail l'énorme sarcophage 
en porphyre rouge de S" Constance, 
que Pie VI lit transporter au Vatican 
cl f^eer en ùico de celai toat pareil 



décorations empruntées au pa- 
ganisme sont fréquents dans ks 
(iglises primitives). — Il y a dans l'as- 
pect intérieur de celte église un ca.- 
aclèrc particulier qui s'éloigne de 
'an^que. Kllc est comme un des pi'e- 
Tiiers points de départ de l'architec^ 
Lire transplantée par Conslantin du 
Bpance ii Rome. 

£sliMS. 

On coniple A Rame SSII églises. Nuus 
niions aipuilcr les plus remorquabloi (.-t 
i^ellesqui peuvent onrir quelque inli^rét 
vojagcur. Lq ileacripîioii qui suit cm- 
9SBC 59 ^gliiies, sans compter iea tHitl- 
liques. — < Prcsqiu; taules Ica ûgliio» 
peuvent être diviser» en dcui groopes 
iiriiitipaui : les lasilîqui's aoliquca ctlcH 
i.'!;li9e« modGriies. Les ùdilkes du m* au 

I* aiùclu semMûnt faire ilûfiiut, Les^Ii. 

!S modernes sont dans le style qu'on a 
nppdé en Fmncc le sljio jésuite, a — 
Parlicnlièrcmenl préoccupé du cftté ar- 
tistique de celte description, uons avotis 
nùgligé la partie légemlaîrc, qui à dio 
seule exigerait de longs développenicnls. - 
Le Irôsor des reliques accumulées A Itume 
»l inépuisnUe : li Mmble que rien n'ait 
été perdu, ou que teut ail été retrouvé. 
On qonservcln baguette de UtiUe f^S*- 
Jcan de l:atnin);U er^cAedu J. C. (aS"- 
H.1 rie-Majeure); on a quelques bnns de 
iiaillc et des langes; on a un parlrait de 
I. r.. i là ans; un autre dannéà S' Prii- 
di'nt par S' l'ierrc; des portraits delà 
VieriH!. par S* Luc, i m Tnirc uiieealcrie; 
on a la maruflleàu puiU où J. G. s'assit 
qiiaïul il clcmniidn à boire i la Somari- 
Ininc ji'i S>-Jenii de I.fllran^; la tebte sur 
laquelle il fil In cène avec ses disciples 
[iliidem);la colonae à laquelle il fut at- 
taché pour étro llngellé (à Etnla Prmt- 
sedo); la pierre sur laquelle le» «iWjJ». 

Cèreiil fe& 'ifitwneïA.î. VJi ^'■-%oot- î»-'- 

1 conserve \a siidoriulU cm w»hV anni- 



1«2 - 



ROUTE 14^. — nOME. — ÉGLISES. 



liugc OÙ est empreinte la face du Christ. 
Il est place au-dessus de la statue de 
S** Véi*uni(iue, sans doute à cause de 
l'affinité des uonis : Véronique et vera 
iconica, vraie image (on trouve ico- 
nica^uricon dans Grégoire de Toui-s); 
la lantie avec laquelle le Christ fut frappé 
au côté (au-dessus de la statue de S* 
Lôngin]. Elle fut envoyée au pape par le 
sultan Bajazot, qui espérait, en retour, 
ôtre délivré de son frère Zizim (Uio, II, 
lOô); cnlin on a trouvé et on conserve à 
l'église de Santa Croce in Gerusalemme 
la planche on hois portant la fameuse 
inscription : jesus Nazarenus rex Judeo- 
liUM ; lin des 30 deniers d'argent de Ju- 
das ; les osselets du doigt de S' Thomas, 
emblème du doute, offert à son tour à 
une crédulité, qui d'ailleurs n'intéresse 
pas la foi. 

Les églises de Home sont générale- 
ment fermées de midi à 2 heures; les 
basili(|ues restent ouvertes. — Pour faci- 
litei' les recherches, nous suivrons l'ordi'c 
alphabétique. 

Santa âgnese — (place Navone ~ 
PL 2, D. 111). Innocent X, dont le tom- 
beau, par Maini, est placé sur la 
grande porte, fit reconstruire en 1550, 
une nouvelle église à la place de Tan- 
cienne. Gir, Raitialdi monta Tinté- 
rieur jusqu'à Tentableincnt du grand 
oixlre. Borromini Tache va, fit la cou- 
pole, la façade. Dans aucun de ses ou- 
vrages, dit Letarouilly, Borromini n'a 
été mieux inspiré et ne s'est montré 

{>lus sobre d'incorrections. Le parti de 
a façade de Tcglise est bien conçu. 
Sans changer la masse, sans modifier 
les proportions, on se bornant seule- 
ment k purifier quelques détails, à 
supprimer quelques bizarreries, cette 
façade ainsi rectifiée ferait honneur 
même aux maitres. Cette église a été 
récemment restaurée très-splendide- 
ment. L'intérieur à croix greajue est 
en marbre blanc jusqu'à Tentablement, 
orné de stucs dorés, et décoré de 8 
colonnes en marbre d'ordre corinthien. 
Les peintures de la coupole sont de 
Ciro Ferri et de Corbellini ; celles 
^é?s 4 pendentifs sont au Baciccio. Les 
chapelles et les autels sont ornes de 



bas-raliefs et de statues, ouvrages des 
artistes les plus célèbres de cette épo- 
que. [Ces bas-relief8,habilement traités,' 
appartiennent à cette époque, où, par 
une confusion des moyens propres à 
chaque art, on cherchait à lutter avec 
la peinture pour le rendu et la com- 
plication des compositions. 11 y en a 
même qui sont sur un plan circulaire, 
pour obtenir une plus grande profon- 
deur de perspective.] Dansletranssept, 
une statue de S^ Sébastien est un ou- 
vrage antique converti en statue de 
saint par P. Campi [elle contraste par 
sa fermeté de sljle avec les mollesses 
élégantes et faciles des autres sculp- 
tures]. — Derrière le maitre-autel, 
monument funéraire de la princesse 
Talbot-Doria ( t 1857), par Tenerani. 
A gauche de la chapelle S'*-A^nès, un 
escaHer descend dans les corridors qiii 
soutenaient les gradins du cirque ; on 
y voit un bas-relief représentant la 
sainte, conduite nue au martyre et mi- 
raculeusement couverte de ses che- 
veux [pauvre ouvrage, que Ton pro- 
clame comme une des belles créa- 
tions de VAlgarde]. Le 21 janvier, 
jour de la fête de la sainte, on ouvre 
la crypte, établie sur un des antiques 
lupanars du cirque, où, selon la lé- 
gende « S*' Agnès fut exposée et sau- 
vée miraculeusement. 

Sam' Agostino, — S'-Augustin (au 
N. Ë. de la place Navone, près de la 
rue de la Scrofa. — P. 5, I). 111). Celle 
église [elle était en réparation générale 
en 1862, 1863] fut bâtie sur lesdessiiis 
de Baccio Pintelli par le cardinal 
d'Estoutcvillc, archevêque de Rouen. 
La coupole, la première (lue Ton ait 
élevée à Rome (celle de s'-Pierre ne 
fut achevée que plusieurs années 
après), fut exécutée en 1580, et la fa- 
çade en 1585. L'église (dont l'intérieur 
tient un peu du style gothique) fut res- 
taurée par Vanvitelli. On va admirer 
dans celte église, sur le "o^ pilier h 
g., la célèbre fresque (aujourd'hui' 
très-allérée) du pronhète Isaïe, par 



fitata de l'Église. boum Wl. — i 
vftiê mât ii les prophètes de Michel- 
Anga. 

L'inBoence des œiiTres Je Hichnl-Ange 
nr lableiit de Itipimôl, qni modiiin sa 
um^ire içrès lea Evairvues. u él£ cun- 
ImUc. Hu* les asecrlieus île Vauri truu- 
vent i crt ^ard uuc renuii'quaLJu «Hir- 
nution dtnt les paroles ililcs par Juleall 
à Sfbaatieii del Pioaibo et rapportées 
dîna dne lettre de celui-ci à Hichel- 
Ange : > Guarda l'opère di Hafaelo, cke 
eome vide te opère di Miehrlagmlo m- 
Ulo ta**à la maniera lUl Pemsino ; et 
fNnJa piU si accoitava a quelle di Mi- 
eheleg»^; ma i lerribUe, cerne lu 
vedi. mm H vol pralieher œn lui. t 
.< L'hnîUtioD an gnndiiise jiarticulier à 
Vieiici-inge d'h doim£. dit Passavant, 
qu'une lourdeur d^gréalilc des Tormes. 
et ce qu'un a regardé conune de la mn- 
je«é dans cette figure n'eal qu'une ab- 
sence couijilko d'expression. ■ 

Les moinet Auguslina ont écrit dons 
lean archives que cette Iicsquc fiait de 
Micliel'Auac ; mais on n'a Iciiu nul 
compte de leurs écritures. Un d'enx a fait 
un lorl plus gratci l'œuvre de Raphaël ; 
il s'aiimde loukiir la laver, El la gila. 
Elle (ïlt restaurée pai Daniel doVoIlcrro 
(en iiib]. Hicbardbou [Traité tur la 
petnlure, III, 15*) mcoulo que le uei-- 
Eonnage '|ui avait commaudé ce tableau 
■ Raptiaël en trouva le prix trop élevé, et 
■Ut demander conseil à Hictiel-Angc. 
Cdui-ci voulut voir la fresque, et dit : 
< Le genou seul vaut le prix dcumudé-i 
Celteanecdiite parait douteuEc. 



Dus le iranssept 
de S'-Aueustin ; peinli 
Guerehin. On 






, chapelle 



nnigc do la Vierge, stiribuée ï S' 
I.iiG, et que l'on croit de l'école oUe- 
muDde primitive. — 2' ctiapelle k g., 
uu beau- groupe en maihre : la Vierge 
et S" Anne, par Andréa Coiiluceida 
Monte Sansovino; une Vierge, par 
Mkhei-AngeCarovage.— Près de la 
grande porte, dans un riclie aanc- 
luaire, besu groupe en niBrhrc, par 
Jacopo Saiisûvino, de Madone tenant 
rEDEtntJéeus chargé de pierres pré- 
cieuses el de liijoui d'or: « Do toutes 
ht ânages peintes ou sailplées qu'on 



— icusES. ifô- 

vénère en Italie, celle-ci est peut-être 
la seule qui oHre de l'ialérèt sous le 
rapport de l'art. En général, iDUs les 
simulacres qui sont en grande véné- 
ration chez les fidèles neaont, caouno 
objets d'art, que d'nfTreuses monstruo- 
sités. Il n'v a pas une Vierge de Ra- 
|>haël ou f André del Surto qui ait pu 
exciter l'entliou si asroe des détots; la 
'ictâ de Michel-Ange est abandonnée 
dans la solitude, a (Robello.) 

Dans le couvent annexé il l'église,' 
bâti par YanmieUi, biblioihëdub Ak- 
GELicA {V. Bibhothèques]. 

Saut' Akdiiea deu,e Fiiattb. — 
[M. 4, E, F, II.) (fratle, haies, jaiN 
lins.j Clocher, un des ouvrages les 
)Ius bizarres du Borromini. Façade 
le Valadier {1826), aux frais du car- 
dinal Gon»ilvi. Sur le luailre-autcl, 2 
anges du Beniin. Statue de S"-ADne, 
par Pacetli. Totnbeaux d'An^elica 
kaulTmann ; du sculpteur Rudolph 
Svbadow ; de l'antiquaire danois 

Saut' Aswim— (a monte Gavallo. 

. PI. 5, F, III). Cam. Pan6li, neven 
d'Innocent X, Gt construire celle 
église par le Bernin, pour le novi- 
ciat des Jésuites. 1" chapelle ii dr., 3 
tableaux dufioacct'o; 3*ag., chapelle . 
S'-Slanislas (enterré sous l'aulel) : ta- 
bleau d'autel représentant le saint à 
g(^oui devant la V., par C. Saratia. 
Au maitrc-aulel: Crucifiement de S' 
André, par Guill. Courtois, frère du 
Borgo^one. Tombeau de Gh. Emma- 
nuel IV. roi de Sardaiene, qui abdi- 
qua (1802) el se fil jésuite. — Dans la ' 
maison du noviciat : slatue, en niar- _ 
bres de couleur, de S' Stanislas mou- 
rant, par LeGros. 

S«m' AkDRE* DELL* VaLIB — JUU 

8. de la place Kavone. — PI. 6, D, lll). 
(Commencée en 1591 par OHvieri, et 
finie par Carie Mademe. Su Taçade, 
par Carlo Rainaldi, que l'on a cou- 
tume de vnnler comme une de« i^lu^ 



LgnifMucai . 

fronton \insè. 



184 



nOUT£ 14â. *— HOME. '^ ÉGUSKS. 



peintures célèbres. — La coupole a 
été peinte par Lan franc, et c est un 
de ses meilleurs ouvrages. [11 s'y 
montre imitateur de la coupole duCor- 
rége à Parme, quoiqu'il ait adopté 
une nuire disposition. Ce travail, dit 
Passcri, lit époque dans Part ; il fut 
le premier U figurer Pouverture d'une 
GLOIRE céleste avec une splendeur im- 
mense. Deux zones circulaires d'anges 
et de saints sont assis sur des nuages. 
' Jl employa 4 années à ce travail.] Les 
•i évangélistes, dans les pendentifs, 
sont des chefs-d'œuvre classiques du 
Dominiquiny d'une exécution large et 
facile; on admire surtout le mouve- 
ment, la griice et le coloris du S* Jean. 
1^1 Yoùte du chœur, jpeinte de sa 
main, contient une Glorification de 
S' André ; au dessus de la corniche, 
Partiste a peint : la Charité, la Foi, In 
llchgion, le Mépris du monde, la 
Constance et la Contemplation. Trois 
grandes fresques autour du chœur sont 
de Pretiy dit le Calabrais. — 1" cha- 
pelle à dr., dessinée par C. Fontana , 
surPautel, bas-relief, par i4;i^ Raggi, 
élève du Bernin. — 2' chapelle (Strozzi) ; 
.architecture de Michel-Ange, copie 
en bronze de la Pietà de Micliel-Ange 
(F. la basilique S'-Pierre) et des statues 
de Rachel et d'Elias (K. San Pieiro in 
YiiicoU) ; 2 candélabres dans Icï^ijuels 
Ijetarouilly croit aussi recon.iaître 
son style. Les 2 autres candélabres du 
chœur sont peut-être de C. Maderne. 
— Transseptde dr.. S* André dAvel- 
lino, par Lan franc. Dans la nef, tom- 
beaux de Pie 11 et de Pie III ; et à g., 
dans la chapelle Ruccellaï (maintenant 
Kuspoli), celui de l'évcque lettré Gio- 
vianni délia Casa. — La 1" chapelle h 
g. est peinte par Dom, Passignani. — 
Cette église est en partie bâtie sur les 
ruines de la scène du Ihéâtre de Pom- 
pée, et, selon d'autres, sur rempla- 
cement de la curie où César fut tué. 
Sant* Amonio abbate — (a dr. avant 
d'arriver k la façade de S'"-Marie-Ma- 
jcure). # C'est devant Ja porte de cette 
r^//se que le i7 janvier de chaque 



année, et pendant 8 jours de suitç, les 
gens pieux (et le pape lui-même) en- 
voient leurs chevaux, leurs ânes pour 
être bénits. — A l'intérieur^ les murs 
sont couverts de misérables peintures 
à fresque représentant les faits les 
plus extraordinaires de la vie de S' 
Antoine, par Giovanni délia Marca, 
Les peintures de la coupole et de h 
chapelle du saint sont de Pomerancio. 

Sami Apostoli, — S'-'Apôtres (place 
du même nom à l'E. du Corso. — 
PI. 7, E, 111). Celte église, fondée au 
VI" siècle, fut reconstruite sous Mar- 
tin V (1 420) et par Fr. Fontana (1 702). 
Une partie de In façade se reconçaît 
pour une œuvre de Baccio PinteUi, 
sous Sixte IV; mais des adjonctions 
postérieures déparent le premier étage 
du portique. La façade au-dessus est 
de Valadier (1827). Dans le portique 
à dr., on voit un bas-relief représen- 
tant un aigle qui provient du Forum 
de Trajan. Vis-'a-vis est le monument 
du graveur Yolpato, par Canùva . âgé 
de 25 ans. — Intérieur : sur la porte 
de la sacristie, tombeau de Clément XIY 
(Ganganelli), ouvrnge célèbre de Ca- 
nova : statue du pontife, et figures 
assez médiocres de In Tempérance et 
de la Clémence. [ Les peintures de 
cette église sont médiocres.] — Dans 
le corridor du couvent, cénotaphe 
élevé à Michel-Ange, qui fut d'abord 
enterré ici ; en face, monument com- 
mémoratif du célèbre cardinal Bessa- 
rion. 

Ara Cœli, — Santa Maria in Ara 
Cœli (à côté du Capitole et sur l'em- 
placement du temple de Jupiter Capi- 
tolin. — PI. 52, E, IV). N'estH^ pas 
une singulière métamorphose que cette 
église de pauvres moines franciscains, 
à l'endroit où s'élevait le glorieux 
temple de l'empire romain? C'est sous 
l'impression de ce contraste que Gibbon 
conçut (le 15 octobre 1704) l'idée de 
son histoire de la chute de reinpirc 
romain. — On monte k Péglise d Ara 
Cœli par un large escalier de i 24 



Etats de rÉglise. 



par 33 colonnes diverses de hauteur, 
de bases et de chapiteaux (18 de 
granit d'Egypte ). La 5" h gauche 
porte rinscription : a cubicdlo augu- 
STOftuH, et provient sans doute du palais 
des Césars. — On remarquera le pave- 
ment enopus Alexandrinum ; le riche 
soffite à caissons dorés et les 2 chaires 
en mosaïques. — La 1" chapelle 5 dr. 
renferme des fresques remarquables 
du Pinturicchio (Vie de S^ Bernardin 
de Sienne), restaurées par Camucci- 
7ii ; la voûte serait peinte par Fra7i- 
cesco da Città di Castello (?). —Cha- 
pelle suivante : tableau à Thuile de 
Marco de Sienne ; le reste du Pome- 
rando. — 5* chapelle à dr., peintures 
relatives à S* Matthieu, par Muziano 
[retouchées). — Plusieurs tombeaux 
mtéressants : derrière le chœur, ce- 
lui de Luc Savolli (1266JJ père du 
pape Honorius IV, par Agostino et 
Agnolo de Sienne, d'après le dessin 
de Giotlo. Le célèbre voyageur Pie- 
tro dolla Valle est aussi enterré dans 
cette église. 

Dans le transsept N., autel formé 
d'un sarcophage de porphyre, U Ten- 
droit où, selon la légende", Auguste, 
instruit par la Sibylle de la naissance 
du Christ, aurait olevé un autel (Ara 
primogeniti Dei). 

Oii conserve à l'église d'Ara Cœli le 
santissbno bambinOf petite statuette que 
la légende dit taillée d'un arbre du jardin 
des Oliviers par un moine, et coloriée 
pendant son sommeil par S^ Luc. Le jour 
de Noël, on l'expose dans une crèche 
[presepto). « Cette exposition dure plu- 
sieurs jours, pendant lesquels de jeunes 
enfants, garçons ou iillcs, montant sur 
un 3 espèce de tréteau placé en lace du 
presepWi débitent de petits discours sur 
la naissance du Christ. Ces sermons ont 
lieu de midi à 4 h. les jours de fête. Le 
jour de l'Epiphanie, vers 4 h. de l'après- 
midi, on porte en procession dans la 
môme église le bambtno, puis on se rend 
sur la rampe extérieure du grand esca- 
lier, et on donne la bénédiction au peu- 
ple avec ce bambim. » En 1849, les 
triumr/rs donnèrent la voiture de céré- 



ROUTR 442. — BOME. — ÉGLISES. 185 

monic du pape au bambino, qui, depuis, 
a repris le modeste équipage dans lequel 
il fait ses visites aux malades. 11 n'a con* 
serve que le luxe des perles et des pier- 
res précieuses. 



San Bartolommeo. — (Ile du Tibre. 
—PI 8, D, V. — F. p. 128.) Bâtie sur • 
les ruines et avec des colonnes de gra- 
nit du temple d'Esculapc (?). 

San Bernardo. — (PI. *, G, IIL) 
La comtesse Catherine Sforza, en . 
1598, transforma en édise une ifalle 
ronde, située b un anfi^fe des Thermes 
de Dioclétien. Elle a été restaurée par 
Pie IX. 

Sakta Bibiana. — (Vers la porto 
San Lorenzo. — PI. 9, H, V. --Petite 
église presque toujours fermée ; frap- 
pez à la porte à dr.) v* siècle ; rebâ- 
tie par Urbain Vlll. Façade du Bernin 
(1625). La statue de la sainte, sur le 
maître-autel, est un de ses meilleurs 
ouvrages. [Figure d'expression amol- 
lie et d'un caractère mondain ; jolie 
statue avec toute Tabsence possible de 
style.] — Huit colonnes antiques dans la 
nef. — A g. delà porte, une colonne où 
l'on dit que la sainte aurait été attachée. 
Dix fresques (Histoire de S'* Bibiane) 
à dr., par A. CiampeUi; à g., par 
Piètre de Cortone (restaurées). 

Capuccini — ( les Capucins , ou 
Sama Maria della Congezione, près la 
place Barberini. —PI. 10, F, H), bâ- 
tie par Casoni par ordre du cardinal 
F. Barberini; capucin et frère du 
pape Urbain VllL — 1" chapelle h 
dr., célèbre tableau du Guide , repré- 
sentant l'archange S* Michel [figure 
d'une beauté et d'une grâce singu- 
lières. On l'a appelée T Apollon catho- 
lique ; mais c'est un Apollon d'un des- 
sin incorrect. Quel que soit l'attrait 
de cette peinture, il faut reconnaître 
oue la pose est théâtrale, que la ligne 
diagonale formée par les bras est anti- 
pittoresque ; que l'on ne comprend pas 
l'emmanchement du bras gauche; et 
encore movws\fc t^cjtwwcv. &L\sç^i\K^>5i 
tenant Vè^^e. ^w t^twvVç^^xows» ^^ 
est douleuïi, «ç3L<i\^ ^\^^^ ^b\»k\v^^ 



186 



ROUTE 142. — ROME. — ÉGLISES. 



serait celle du cardinîil Panfili, depuis 
Innocent X, dont les critiques avaient 
blessé le peintre). Sur la paroi, à g., 
couronnement a épines [noirci], par 
■ Gherardo délia PioUe (G. Honthorst). 
— 3' chapelle, sur Tautel, S* Fran- 
çois en extase, ouvrage remarquable 
peint à l'huile par le Domi7iiquin; 
fresque du même, représentant la 
mort de S* François [très-altérée], — 
«^)* chapelle, S^ Antoine ressuscitant un 
mort, à\indrea Sacchi, Le tableau 
du maître-autel était une œuvre re- 
marquable de Lanfranc; il fut dé- 
truit par un incendie et remplacé 
par une copie. — Andréa Sacchi 
est encore l'auteur du S* Bonaventurc 
avec la Vierge et TEnfant Jésus de la 
chapelle suivante. — Dans la dernière, 
vis-U-vis de la chapelle où est le S* 
Michel du Guide, est un des ouvrages 
les plus corrects de P. Cm'toiie, re- 
présentant S* Paul. Sur les portes de 
réglise, dans Tintérieur, on remarque 
les cartons qui servirent de modèle 

I)our répartir la c^îlôbre mosaïque de 
a Navicella de S* Pierre, par Giotto. 
[V, p. 166.) — Pierre tombale du car- 
dinal Barberini, av<îc l'inscription : 
Hic jacet pulvis, cinis el nihil. 

Les touristes ne manquent point 
d'aller visiter le cimetière souterrain 
établi au-dessous de l'église, dans 
lequel les cadavres des capucins, dessé- 
ches et recouverts de leurs robes, 
sont exposés au regard. Plusieurs 
salles de file, (dont quelques-unes sont 
éclairées par des baies cillées, ou- 
vertes sur une place publique) sont 
occupées par ce curieux cimetière. 
[Pour dissimuler sans doute Thôrreur 
de ce spectacle, on s'est plu à tapisser 
les parois, les plafonds de ces salles 
de décorations variées, formées avec 
des ossements. Aucune partie du 
squelette n'est perdue dans cette hi- 
deuse nécropole, dont on a réussi à 
faire une insigne dérision de la 
mort.] 

San Garjx) ai Gatinari — S* Charles 
/p/gco Catinari, nom provenant des 



fabricants d^écuellës aui liabitaôeot 
iadis ce quartier. — PI. 11, D, IV), 
bâtie en 1b12. La façade, par J, B, 
Soria. L'intérieur est en croix grec- 
que et d'ordre corinthien. La coupole 
est une des plus grandes de Rome. On 
y admire les beaux pendentifs du Do- 
miniquin représentant les vertus car- 
dinales. — 1'* chapelle à dr. : Annon- 
ciation de Lanfranc ; les peintures 
de la tribune sont également de lui. 
Au maitre-autel, inunense tableau de 
P. de Cortone : Procession de S' 
Charles Borromée pendant la peste de 
Milan. Dans le chœur, situé derrière cet 
autel, belle fresque du Guide ( S^ 
Charles). — 2° chapelle à g. : Mort de 
S'* Anne, chef-a'œuvre ai Andréa 
Sacchi. Cette église est fraîchement 
décorée. 

San Carlo — (sur le Corso. — PI. 1 2, 
E, 11). Commencée en 1612 sur les 
dessins d'Onorio Lnnglii; terminer 
par P. de Cortone. La façade, ext'»- 
cutée postérieurement, est d'un style 
détestanle. Cette église est d'une dé- 
coration riche, mi(iis de mauvais goût. 
Elle abonde en marbres précieux, en 
peintures, en stucs 'dorés. Maître-au- 
tel: S' Charles présenté au Sauveur 
par la Vierge, un des meilleurs ou- 
vrages de C. Maratta. — Dans le 
transsept dedr., mosaïque de la Con- 
ception de la Vierge, d'après une 
fresque de C, Maratta y à S''-Mariedu 
Peuple. — Le comte Alexandre Verri 
est enterré près du 2" pilier k g. Les 
bancs couvrent et masquent Tinscri- 
ption. 

San Carlo — (allequattro Fontane. 
— PI. 13, F, 111). — Architecture 
du Borromini. 

Santa Cecilia — (in Trastevere. — 
PI. 14, DV). — Bâtie, à ce que l'on 
croit, vers 250, àla place de l'habitation 
de la sainte ; reconstruite au ix' siècle. 
Elle conserve des mosaïques de cette 
époque. Dans la cour qui précède Fé- 
glise est un grand vase en marbre qui 
servait pour l'ablution des fidèles. 
Celle église tul te&V'awtéft, vtvoderaisée 



États de ll^lise route 142. — bome. — églises. 



187 



en 4823; les 24 colonnes de granit 
furent alors enveloppées de maçon- 
nerie et transformées en pilastres. A 
l'abside, mosaïque du ix' siècle, d'un 
caractère bien archaïque. Maître-autel 
couvert d'un ciborium gothique. Au- 
dessous est le tombeau de S^* Cécile ; 
sa statue, par Slef. Mademo, est un 
des bons modèles de la sculpture du 
xvir siècle. Le plafond de k nef, 
peint d'un ton léger, représente le 
couronnement de la Vierge, et est at- 
tribué k Seb. Conca. — Un corridor 
conduit à la chapelle de la sainte ; on 
y voit un martyre de S*" Cécile, de 
{"école du Guide; dans le corridor, 
des paysages [altérés], par P, Bril. 
San Clémente — (sur la rue allant du 
Colisée à Latran.— PI. 15, G. V.).— 
Une des églises les plus anciennes de 
Home*, mtéressante surtout en ce 
qu'elle censervc la forme des basi- 
liques {V. p. 93) des époques primi- 
tives. Restaurée plusieurs fois, mise 
en Tétai actuel par Clément XI au 
commencement du xvui' siècle. Elle 
est précédée d'un atrium ou cour car- 
rée à portiques. Son porche est le seul 
qui se soit conservé à une des basi- 
liques de Rome. Le portiaue de la fa- 
çiide représente le narthex. — Le 
clocher qui s'y élève à g. est de con- 
struction plus récente. — L'intérieur 
a trois nets ; un des bas-côtés est plus 
large ; il était occupé par les hommes. 
— On remarquera le beau pavé en opiis 
Alexandrinum , — Au milieu de l'é- 

* Dos fouilles onlroprisos on 1858 ont fait 
(hV»)iivrir runcionnc basilique de S'-dlômcDl, 
(lonl S' JôrÔDio faisait drjà mention en 3!)2, ol 
à laquelle il faut rapporter toutoslcs tradi- 
tions liistoriqucs que l'on croyait relatives 
à l'autre. Los fouilles se continuaient on 
1863 aux ftais du pouvernemont. Cos fouil- 
les ont amené la découverte do {>ointurcs 
chrétionnos, quo l'on croit du viir et du vu* 
sir^clo et pout-êlro mônio d'une époque plub 
reculée. En examinant cos restes do cort- 
stmctions cns<'volies ot appartenant à diffé- 
rentes éi>oques« on voit succ(>i<sivementle tuf 
ol au-dessus les grandes assises on péperin 
du temps de la républiaue ; puis, en roRard, 
sur une autre muraille, les briques de rem- 
pire. 



glise est l'enceinte servant de chœur, 
entourée de balustrades en marbre : 
on y voit le monogramme de Jean Yll 
(ix" siècle). Il provient très-probable- 
ment de l'église souterraine, que les 
fouilles doivent achever de découvrir. 
A dr. et à g. sont les ambons de 
marbre; à côté de celui de g., pour 
la lecture de l'Evangile, est une co- 
lonne servant de candélabre pour le 
cierge pascal. Le sanctuaire est sé- 
paré du chœur par des marches et un 
chanôel, formé ici d'un mur d'appui 
en marbre. Au milieu est l'autel sur- 
monté d'un ciborium. Derrière l'au- 
tel s'étend l'abside, emplacement ré- 
servé aux prêtres (wesbyterium). Au 
fond de liiémicvde s'élève sur trois 
degrés le siège euiscopal (cathedra). 
On trouve ici les aeux absides latérales 
dont nous avons parlé (p. 93). — La 
mosaïque de la voûte de l'abside est 
du xm** siècle ; elle a été restaurée 
au xvn^ — Chapelle k dr. de l'abside 
(tribune) : statue de S^ Jean-Baptiste, 
par Simone f frère de Donatello; — 
chapelle à g., peinture de la Vierge, 
par Conca. — Chapelle à gauche de la 
porte d'entrée : Fresques de Ma&ac- 
ciOt altérées par le temps et les res- 
taurations fréquentes. [On remarquera 
particulièrement celle représentant la 
sainte discutant au milieu des doc- 
teurs.] — A dr. du sanctuaire, mo- 
nument du cardinal Rovarella (1426). 
Santi Cosmo b Damiano — (S"-Cosino 
et Damien au.Forum. — PI. 16, E, V). 
Fondée par Félix 111 en 227. Adrien I" 
la fit restaurer en 780 et fit mettre 
les portes de bronze au vestibule. 
L'exhaussement du sol rendant l'inté- 
rieur trop humide, Urbain Ylll fit re- 
construire entièrement (1635) la par- 
tie supérieure (totius superioris ba- 
silic» a se exxditicatîe parietibus 
excitatis) ; le pavé fut exhaussé au ni- 
veau du sol actuel au moyen d'une 
voûte construite entré l'église infé- 
rieure et la supérieure (^o^'WiR.^ \ûfc- 
dio mler \t\Çet\oteav ç\. \vwnr. \s«yy- 



188 



RUUTK 142. — ROME. — ÉGLISES. 



faussement attribué à Romulus et Re- 
inus(r. p. \A7f) avec sa coupole, infé- 
rieure en hauteur li Téglise nouvelle, 
fut conservée comme vestibule. — On 
croit que les mosaïques de la tribune 
sont ae Tannée 550. Elles représen- 
tent TÂgneau mystique. 

Santa Francesca Roman a, — S"- 
Frauçoise-Romaine (au Forum, près 
de la basilique de Constantin. — PI. 
48, F. V), bâtie sur remplacement du 
temple de Vénus et de Rome (V. p. 
443). Renouvelée sous Paul V. Mo- 
saïques du IX' siècle. En avant du 
grand autel, tombeau de la sainte, 
dessiné par le Rernin ; au transsept, 
tombeau de Grégoire XI, par Olivieri 
(1384). — La V. et 4 Saints, peinture 
de Sùnbaldo Ibi. 

Gesî), — Jésus (place du même 
nom, àrO. du palais de Venise. — 
PI. 19, Ë, I); une des églises les plus 
vastes et les plus riches de Rome ; ap- 
partenant à la congrégation des Jé- 
suites. Commencée en 15b8 parle cé- 
lèbre Vignole. En 1575, Jacques de 
ta Porte^ son élève, la contmua et 
lit la coupole et la façade. L'intérieur 
se fait remarquer par ses pilastres 
corinthiens, ses stucs dorés, ses sculp- 
tures en marbre et ses peintures. 
Fresques de la voûte, de la coupole et 
de la tribune, par le Baciccio [pein- 
ture décorative, flamboyante, très- 
mouvementée] . — Chapelle au fond du 
transsept de dr. par Piètre de Cor- 
tone : Mort de S* François-Xavier, par 
C. Maratta [tableau qui a noirci]. — 
Maître-autel dessiné par Jacques de la 
Porte f décoré de 4 colonnes de 

I'aune antique; restauré en 1842. Ta- 
)leau de la Circoncision, par Capalli. 
— A côté de cet autel, tombeau du 
célèbre cardinal Rellarmin ; figures de 
la Religion et de la Sagesse, par le 
Bemi7i. — Rien n'égale la richesse de 
l'autel de S'-lgnace (à Textrémilé g. 
de la nef traversale), aessiné par le P. 
Po%%if lésniie. Le globe tenu par le 
J^ère éternel est, dit-on, le plus gros 
inqrcfiau àe hjnS'hzuW. iSfatue en ar- 



gent du saint, hftutis de 2 met. 96, . 
modelée par Legros, artiste françab, 
alors le plus célèbre sculpteur de 
Rome. Aux cotés de Tautel, detax 
groupes en marbre : 1"* le Christia- 
nisme embrassant les peuples bar- 
bares, par le sculpteur français Thé(h 
don; i* le Triomphe de la Religion 
sur l'Hérésie, par Legros» 

San Giorgio in Velabro — (à côté 
de Tare de Janus Quadrifrons (F. p. 
1 53) . Eglise (rarement ouverte) rebâ- 
tie au VIII* siècle ; le portique est du 
xiii* siècle. A Tintérieur, 16 colonnes 
variées provenant de monuments an- 
tiques. 

San Giovani de' Fiorentini, — Saint- 
Jean des Florentins (au bord du Tibre, 
à l'entrée de la rue Giulia — PL 20, 
G, lll) doit son origine à une associa- 
tion de pieux Florentins. Michel-Ange 
fit cinq projets (l'un d'eux est repro- 
duit dans l'ouvrage de Letarouilly, 
p. 541 du texte); Sangallo, Raphaël, 
concoururent également. LéonX choi- 
sit le modèle de Sansovino. Celui-ci 
étendit ses fondations en empiétant 
sur le Tibre. Après le sac de Rome 
(1527), Sangallo lui succéda; puis 
Giacomo délia Porta (Jacques de la 
Porte), Carlo Maderno» Enhn, AUss. 
Galilei fit la façade en 1754. — 
Troisième chapelle à dr., S' Jérôme 
priant, par Santidi Tito; à g. :S* Jé- 
rôme écrivant, belle peinture de Ci- 
goli ; la peinture à dr. est du Passi-^ 
gnani. — Au transsept de dr., célèbre 
peinture de Salvator Rosa. Délivrance 
des saints Cosme et Damien du mar- 
tyre. Maître-autel, groupe, par Raggi. 

— A g. du maître-autel, cnapelle du 
Crucifix, peintures [médiocres] de Law- 
franc. [Dans la coupole peinte par le 
même, singulière ngurc du Christ, 
étendu à la renverse, les jambes en 
l'air. On peint toujours des sujets re- 
ligieux, mais l'art rehgieux est mort.] 

— 5* chap. à g. : S* François [noirci], 
par Santi di Tito ; les autres peintures 
sont du Pomerancio [ton léger de 

\ \a fres(\ue^. 



fiutR de l'Ëglixe. hoitk 4i3. — i 
Ccil dans cette IfUm que B. Cellini 
enleFrait, en 1SS9, son frère, luË dans 
une «Ituiiie contre le guet, et jurtiLune 
vengBBDce qui ne IG fil |WB otlendre. 

SlN GiBOLAHO DEGLI SCUIAVOMI, — 

S'-Iérâme des Esclavons (port de Hi- 
' pelta. — PI. 22. D, H). Cette égLsc, 
construite par Sîile V sur les dessins 
de Mart. Lunghi et Giov. Fonlana. 
a 6(é rouTerte en 1853, sorlanl toute 
coquette des mains des décorateurs. 
CagUardi, peintre vivant, a peint à 
fresque la vaille et plusieurs compo- 
si lions. 

SiH Gbecorio, — S'-Gr^oire (sur 
le mont Celio, vis-S-vis du ^lalîn. — 
PI. 23, F, VI]. CoDstruilc au vir siècle, 
b la place où Grégoire le Grand avait 
Iransfomié en coûtent le palais de 
son père. Fatnde et portique de Giov. 
B. SorJa (1653). L'église recoDslruile 
en 173i par Fr. Ferrari. Sous le 
portique est l'enlréa d'une lerracse 
d'ofi on a une tue pittoresque sur les 
ruines du palais des Césars. — Inlé- 
l'ieur à 3 nefs, 16 colonnes antiques. 
— .Chapelle San Gregorio, sculptures 
du xv siècle. — Un portique conduit 
aux trois chapelles suitanles : celle du 
milieu, dédiée à S' André, a deui 
Aïscjues précieuses, l'une de Gtiido 
Beni (S' André adorant la Croii), 
l'autre du Doiiiiniquin (Flagellation 
du salnl'.Ces deux fresques, exécutées 
en concurrence par les deux artistes, 
méritent, seules, qu'on aille visiter 
ceUeéglise.LeFla;[i'lleur.vudedos,dii 
Dominiquin, est ninarquaUe comme 
puisiance de dessin et élévoUon de 
tljle. Annibal Garrachc dit de ces 
dèiii ouvrages: • La peinture du Guide 
»t d'un maître, celle du Domîniquin 
est d'un élève qui en sait plus que le 
maître. • — â' cbapelle. SanU Siltia 
(mère de Grégoire], fresque de Gvido 
Reni. — 3* chapelle, statue de S' Gré- 
goire; par Gordien, ébauchée, dît-on, 
par Michel- Ange. 



dlûit 1M1, die 15 Augusti.n i Houu- 
iiienl et innctiptioii, dît Valrry, di''lniils 
ilani le siËclc di'rnier, non point par 
convenance ni par Krupuir, mais dam 
quelque rcslsaratiun, par inadverlante.i 



Sam' loKAiio , 



' - Ignace do , 



Corso et le Panthéon. — PI. 24, E, III). 
IJommencée en 1 626. Le Dominiquin 
donna deui dessins, cl le P. Groili, 
Jésuite, fit un idan combiné des deui. 
La Taçade est de l'Atgarde. C'est une 
des belles Ta^ades, de stvio jésuite. — 
Le P. Poïii ou Posio 11642-1709). 
jésuite, peintre, sculp. et architecte. 
possédant une surprenante c^érilû 
d'eiéculion. peignit le plafond de $'- 
Ignace en 10 ou 12 mois. 11 dessina 
les autels de celle église, et peignit 
encore la tribune cl un tableau du 1" 
autel à dr. II n exécuté dés peintures 
dans des éelises du Jésuites à Ttirin, 
Mondovi, Modènc, Areno, HonlepuI* 
ctano, et au Collège Romain, ï Rome. 
II eicellait dans la pcrs^ectitc. [A la 
voûte de l'égl. S'-I^nacc il a peint une 
archilecturc fantastique, avec des res- 
-auls. des corniches, des arceaux, des 
tribunes oii sont répandus des specta- 
teurs et d'où parlent des anges et dej 
saints faisant cortège !i Ignacede Loyola 
jusque dans sa gloire céleste. Riche dé- 
coration; imagination féconde et déré- 
glée.] — Cliapelle du (ranssept de dr., 
bas- relief reinar<)ual)le représentant 
l'apothéose de Louis de Gonzague, par 
Legrot.— Par le mente, &dr. du mailrc- 
aulel, beau tombeau de Grégoire XV. 
— Le CoLLÉce Rouaih est attenant ï 
celle église. 

Si,ST' IsjpORo — (monte Pindo. — 
PL 25, F, 11]. Sur le ms^\x6^w;^A, 
bonne 'o^nVu» Ï\tu1.. Succ^^-- "** 
Isidore-, i 4t., *tt4ot.t, v*\ ^'^'» 
lMaratla\d"v^nc^it\\ft<l«vi'ï'K\■ — 



190 



ROUTE 142. — ROME. — KCLISKS. 



chapelle à dr. «peinlures deC. Maratta: 
Jn fuite en Egypte et la mort de S^ 
Joseph (Jésus, assis près du lit, Tex- 
horte). 

Sak Lorenzo in Dahaso — (n'' 61 , 
Carré D, HI du Plan, à côté du palais 
de la Chancellerie, derrière un pro- 
longement de la façade de ce palais à 
dr.). La porte est de Vignole. Malgré 
rélégance de ses profils, la porte 
projetée par Bramante (reproduite 
dans Touvrage de Lctarouilly, pi. 531) 
est plus en harmonie avec la façade. 

— Tombeaux d'Annibal Caro, poète 
du XVI* siècle ; de Sadolet ; du comte 
Rossi (buste par Tenerani), assassiné 
le 15 novembre 1848, dans le palais 
de la Chancellerie. 

San Lorenzo in Lucina — (place du 
même nom, vis-à-vis du palais Rus- 
poli. — PL 26, E, II). Cette église, 
restaurée par Paul Y, en 1606, ap- 
pelle le pieux pèlerinage des voya- 
feiirs français ; elle contient (entre la 
* et la 3* chapelle à dr.) le tombeau 
deTillustre Poussin, élevé aux irais du 
vicomte de Chateaubriand. — Au 
maitre-autel, peinture du Crucifie- 
ment, par Guido Reni, 

San Lorenzo in Miranda, — église 
l>âtie sur les restes du temple d Àn- 
tonin et Faustine au Forum (T. p. 
142). 

San Luigi de' Francesi, — S*-Louis 
des Français (à TE. et près de la place 
Navone. — PL 27. D, 111), Téglise 
des Français résidant à Rome. Ache- 
vée sur les dessins de Giac. délia 
Porta, en 1589, Tannée de la mort 
de Catherine de Médicis, qui y contri- 
bua pour des sommes considérables. 

— Peintures de la voûte de la nef, 
par Natoire. — Sur le premier pilier, 
monument en marbre blanc, et de 
forme pyramidale, élevé en 1852 à la 
mémoire des soldats français morts au 
siège de Rome, en 1849. — 2* cha- 
|)cUe, belles fresques classiques du 
Dominiquin (Actes de S'- Cécile), al- 

^/^es par hs restaurations. — Copie 
/notre et mauvaise] par le Guide, 



d'après la S'* Cécile de Raphaël, dbnm- 
sée de Bologne. — 3* chapdle, tableau 
d'autel, par Parrocel, — Tombeaux 
du cardinal d'Ossat: du cardinal de 
Bernis ; du peintre Pierre Guérin ; de 
de p. Wicar, mort â Rome en 1854 ; 
inscription lapidaire k la mémoire de 
l'archéologue J. B. Séroux d'Agincourt. 

— Maitre-autel : Assomption de la 
Vierge, un des meilleurs ouvrages de 
Fr. Bassano [noirci]. Chapelle à g. 
du maitre-autel : tableau d'autel et 
tableaux latéraux, par le Caravage] 
fresques de la voûte, parle chev. d'ir- 
pin, — Tombeau de M"' de Mont- 
morin, érigé par M. de Chateaubriand, 
qui en composa l'élégante inscription. 

— Monument à la mémoire de Claude 
Gelée, par Lemoyne [sculpture mé- 
diocre]. — Sur la porte de la sacristie, 
tombeau du cardinal de la Grange 
d'Arquien, beau-père de Sobiesky ; il 
mourut à cent cinq ans. « Homme 
d'esprit, de bonne compagnie, dit S*- 
Simon, fait cardinal à 82 ans, gail- 
lard, qui eut des demoiselles fort au 
delà de cet âge, qui ne dit jamais son 
bréviaire, et qui s'en vantait. » 

San Marcello — (place du même 
nom, sur le Corso. — PL 29, E, IIIL 
Rebâtie en 1519, sur les dessins ae 
Sansovino; façade de mauvais goût, 
par C. Fontana. — 4' chapelle à g., 
conversion de S* Paul, par F. Zucchero, 
et fresques par son frère Taddeo. — 
4* chapelle à dr. , Création d'Eve, belle 

Ïicinture de Pierino del Vaga; le S' 
larc et le S* Jean, du même ; le reste 
est terminé sur ses cartons par Da^ 
niel de Volterre, aidé de Pellegrino 
de Modène. — Tombeau du cardinal 
Consalvi. 

San Marco — (place du même 
nom ; l'église de S'-Marc est attenante 
au palais de Venise. — PL 28, E, IV). 
Fondée en 336 ; plusieurs fois rebâ- 
tie, et, en 1468, par Paul IL Façade 
par GUUiano da majano. — Au por- 
tique extérieur, un colosse de Junoii 
et d'anciennes éçitayhcs chrétiennes. 
A l'abside, uvoî^îk\ï^o à^. V«û.%'K^, — 



États de-TÉglise. route 142. — home. 

Peintures (sans intérêt] : Résurrection, 
de Palma le Jeune; S* Marc, pape 

i école du Pérugin). — Adoration des 
lages, de C. Maratta. Tombeau de 
Leonardo Pesaro, un des premiers ou- 
vrages de Canova, 

Sakta Maria degli Angeli, — S'°- 
llarie des Anees (place des Termini. 
— PL 30, G, 111), une des plus grandes 
églises de Rome. Michel- Ange, âgé 
de plus de 80 ans, chargé de ce tra- 
vail par Pie IV, conçut l'idée d'établir 
cette église dans une immense salle 
(bibliothèque ou cella Calidaria) des 
thermes de Dioclétien (F. p. 157). 11 
conserva en place les 8 belles colonnes 
de granit d'un seul morceau; mais, 
'pour préserver Tédifice de Thumidité, 
il exhaussa le pavé de 2 met. et en- 
. terra les bases des colonnes. (La hau- 
teur du grand ordre, compris la nou- 
velle base et le chapiteau, est de 13 
met. 826 ; du sol à la voûte, 28 met. 
920 ; longueur de la grande nef, au- 

i'ourd'hui transversale, 100 met. 622.) 
lais, sous Benoit XV, Vantivelli al- 
téra les belles dispositions de Michel- 
Ange, et mit Tédince dans Tétat où il 
est aujourd'hui. L'église de Michel- 
Ange devint la nef transversale de la 
sienne. Profitant de cert^iines dépen- 
dances de la bibliothèque, Michel-Ange 
avait construit 4 grandes chapelles en- 
foncées, 2 de chaque côté ae la nef. 
Tout cela a disparu. Ces chapelles ont 
été murées et sont devenues des ma- 
gasins à foin. Pour établir de Tuni- 
forinité, Vanvitelli orna la nouvelle 
nef de 8 colonnes semblables d'aspect 
aux anciennes, mais en briques recou- 
vertes d'un enduit et peintes. Le 
maître- au tel se trouve mainteiilant 
étouffé sous une voiite basse, et la cha- 
pelle au fond à dr. a remplacé la belle 
porte d'entrée de Michel-Ange. Vanvi- 
telli fit un vestibule d'entrée d'une 
chambre circulaire (lacunicum) des 
bains. Dans ce v(*stibule sont deux cha- 
|>elles;' on y voit les tombeaux (à dr.) 



de G. Maratta 
ct'/n/de Fr. 



ÉGLISES. 191 

Rosa. Dans le passage allant du vesti- 
bule à la nef, statue de S* Bruno, fkite 
par Houdon pendant son séjour h 
Rome. M. de Qarac la considère comme 
son chef-d'œuvre. Clément XIV disait 
de ce S* Bruno : « 11 parlerait si la ' 
règle de son ordre ne le lui défendait. » 
— On a vivement critiqué cette entrée 
actuelle d'un aussi magnifiaue vais- 
seau d'église, qui oblige à descendre 
un escalier (corne se si andasse giù in 
una grotta). Il ne faut pas toutefois 
verser exclusivement sur Vanvitelli le 
blâme de toutes ces altérations; ces 
mutilations furent commencées ipar les 
chartreux. — En se dirigeant vers le 
maitre-autcl qui fait face h la porte 
d'entrée, on remarquera 4 grandes 
peintures : (à dr.) une fresque de Ro- 
manelli. Présentation de la V. au 
temple, qui a été transportée de la 
basilique de S*-Pierre ici ; — (à dr. 
du chœur) la fresque de 22 pieds du 
Dominiquinf Martyre de S* Sébastien, 
a été également transportée de S'- 
Pierre, en 1758, p;ir le mécanicien 
Zabagha, qui, sans instruction, mais 
doué d'un génie naturel, devint archi- 
tecte de S*-Pierre. [Cette œuvre du 
Dominiquin est mouvementée, et d'une 
couleur plus harmonieuse que cela ne 
lui est ordinaire. Belle expression de 
la tête du saint. La partie supérieure 
est médiocrement conçue. Les figures 
du bas manquent de style.] — Vis-à- 
vis, Baptême de J. C, par C. Maratta 
[peut-être l'œuvre capitale de ce peintre 
de la décadence]. — Enfin, la Mort 
d'Ânanias et de Snphire, peint sur ar- 
doise, par le P orner ancio. -— Nef 
transversale g. : la Chute de Simon le 
Magicien, œuvre capitale de Pompeo 
Battoni [entente du clair-obscur] ; S* 
Basile et l'empereur Valons, qui s'é- 
vanouit, par Snbleyras. [Dans cet 
ouvrage le peintre français se montre 
h la hauteur des peintres italiens de 
cette époque.] Les autres peintures 
sont par Musciano^ \i\auc\vm\, ^^%- 



atta, et, pins près de la nef, l tan%Xy Trcmanl. — Vfc t»vw^vx.Ns«& 
r.Alcial; (i'i ^.j de Salvator 1 CnxRTOFm, à«re\^^^- \fe#v^^> '^"^ "^^^ 



192 



ROUTE 142. — ROME. — l^.GLISRS. 



dessiné par Michd'Ange. Il a un por- 
tique soutenu par 100 colonnes de 
travertin. Au milieu de ce vaste cloître, 
de hauls cyprès, plantés par Micliel- 
Ange, enlourent une fontaine. 

Saxtà Maria dkll' Anima — (près 
et au N. 0. de la place Navone. — 
PI. 51, D, III). On attribue à Antonio 
Giamberti y oncle du célèbre San 
Gallo, les belles portes d'entrée. Le- 
tarouilly croit qu'elles sont de B. Pe- 
ruzzi. L'église est composée de 5 nefs 
voûtées et portées presque à la même 
bauteur. — Maître-autel : très-bon ta- 
bleau de Jules Romain [a beaucoup 
noirci ; fatigué par les restaurations] . 
A dr., beau mausolée du pape Adrien 
VI, dessiné par Balt. Peru%zif exé- 
cuté par Micbel-Ange, de Sienne, et 
Nie. Tribolo. — 5* chapelle à dr., 
fresques de Sicciolantef dit le Sermo- 
neta; 4* chapelle h g., fresques de Fr, 
Salviati ; 4* chapelle, à dr. : Pielà en 
marbre, copie de celle de Michel- Ange, 
h S*-Pierre, par Nanni di Baccio Bi- 
gio. [Il a relevé la tète du Christ, qui 
dans Toriginal est très-renversée et se 
refuse h la vue.] — Deux petits tom- 
beaux dus au ciseau de Fr. Quesnoy : 
Tun (1""^ pilier à g., vers le maître- 
autel) à la mémoire de Vanden d'An- 
vers ; l'autre (à côté de la porte d'en- 
trée) du cardinal d'Autriche. 

Santa Maria in Ara Cœli (V. Ara 
Cœli, p. 184). 

Santa Maria Aventina — ou du 
Prieuré de Malte (PI. carré D, VI). 
En 17G5 le cardinal Rezzonico la fit 
res!aurcr par Pîranesi, qui en fit un 
pastiche de décorations en style an- 
tique. Lui-même y a son tombeau, 
avec sa statue drapée h l'antique. — 
JV. B. Quoique cette église ne présente 
point l'intérêt sous le rapport de l'art, 
les personnes qui séjournent quelque 
tomps à Rome devront la visiter à 
cause des beaux points de vue qu'on a 
de la place qui est devant, ou du jar- 
din qui y est annexé, ayant une allée 
d'arbres on herceuu, ail bout de la- 
çiie//û on nperçoil S'-Pierrc. — Ce 



jardin donne sur la place Pîcanesi, 
décorée avec un goût détestable; et Jmr 
laquelle, en tournant à g., on arrive 
aux églises S' -Alexis et S'*-Sabine. 

Samta Maria in Campitelli — (place 
du même nom, à 1*0. du Capitole. — 
Pi. 33, D, E, IV, — Campitelli, j^îxr 
corruption de Campidoglio). Elle s'ap- 
pelle aussi Santa Maria in portico, 
parce qu'elle se trouve sur l'emplace- 
ment du portique d'Octavie. — ^ Une 
des belles églises de Rome pour Tar- 
chitecture. Bâtie en 1658, sur le des- 
sin de C. Rainaldi. Peintures mé- 
diocres du XVII'' siècle : Descente du 
S'-Esi)rit, par Luca Giordano, Nati- 
vité ae S* J. -Baptiste, par le Baciccio,, 

— Dernière chap., à g., 2 tombeaux 
pareils; lions supportant une pyra- 
mide ; sur l'une on lit : uhrra, sur 
l'autre : nihil. 

Santa Maria in Cosmedin — (place 
Bocca délia Verità.— PI. 54, E, V), 
sur l'emplacement du temple antique 
de Cérès et Proserpine (K. p. 148). 
Reconstruite par Adrien \" en 722, et 
par Grégoire IX au xiii* siècle ; on croit 
que son lîom vient du grec Cosmos, h 
cause de la décoration dont ce pape 
l'embellit. Douze colonnes antiques de 
marbre divisent Tintérieur en 3 nefe. 
Le pavé, en pierres dures de couleur, 
est du genre dit opus Alexandiinum, 

— Crypte curieuse sous le chœur. — 
Maitre-autel isolé ,.composé d'un bassin 
de granit rouge, et surmonté d'un cibo- 
rium à colonnes de granit d'Egypte.— 
Ainbons. — Siège épiscopal. — Dans 
la sacristie, une mosaïque de 705. 

Santa Maria in Dominica ou della 
Navicella — (sur le monte Celio. — 
PI. 35, F, VI). Bâtie sur remplace- 
ment de la ipaison de S*' Cyriaquc, 
dame romaine, d'où dériverait son 
nom ; celui de Navicella provient 
d'une nacelle en marbre placée devant 
l'église. Léon X la renouvela entière- 
ment d'après le plan de Raphaël. A 
l'intérieur, 18 colonnes de granit et 
2 de porpWe. A. l'abside, mosaïque 
du i\' siëcVc. Jules Romain ^V Vè%*\'ïx 



Étals de l'Église. route 142. — kome. — églises. 



del Vaga ont peint la frise de la nef 
en clair-obscur. 

SkfPTk Maria di Loreto — (place 
Trajane. — PI. 56, E, IV), commen- 
cée par Antonio da San Gallo, gâtée 
par une surcharge d'ornements pos- 
térieurs. — Statue de S*" Suzanne, 
par Fr. Quesnoy (Fiammingo), un des 

ftl us remarquables ouvrages sortis de 
'école du Bernin. 
S*«-Marie-Majeure (V. p. 176). 
Sakta Maria sopra SIinerva — (près 
et au S. E. du Panthéon. — PI. 58, 
E, lll). Bâtie au xn° siècle sur rem- 
placement d'un temple de Minerve; 
c'est, h Rome, la seule église d'un 
style gothique, simple et large. Le 
caractère en disparait sous les dorures 
et le clinquant de rornemcntation in- 
troduit, de 1846 à 1855, par la res- 
tauration des frères dominicains*. À 
côté du chœur, à g., statue du Christ 
debout, tenant la croix, par Michel- 
Ange. Elle fut terminée par Fed. 
Frixzi, sculpteur florentin. On a dû 
mettre un brodequin en bronze au pied 
droit, parce que les dévots l'usaient à 
force de le baiser. A l'opposite. S* Jean, 
par Obizzi. — 5'chap. à dr. (la 1" étant 
celle des fonts baptismaux), dessinée 
par C. Madejme, peintures h fresque 
de Cesare Nebbia [indifférentes]; ta- 
bleau d'autel représentant l'ange qui 
présente à la Y. 5 jeunes filles de la 
confrérie de l'Annunziata, attribué au 
Fiesole [on ne reconnaît nullemeYit sa 
manière. Quelques-uns l'attribuent à 
Bcnozzo Gozzoli] . Statue d'Urbain VU, 
^drBuonvicino. — Chapelle suivante 
Aldovrandini) : Cëne, de Baroccio, 
peinture noire et médiocre]. — Trans- 
sept de dr., chapelle de S'-Thomas 
d'Aquin, fresque de Filippino Lippi; 
le tableau d'autel représente la V., 
S' Thomas d'Aquin et le cardinal Oliv. 
Carafa. A la voûte, Sibylles et Anges, 
par Raffaellino del Garbo ; ces di- 

* Sur la façade, des inscriptions marquent 
la hauteur des ùéhort]eweals du Tibre en 
Ui^ 14S&, i550, 1557, 1598, h plus cxtraor- 
diaaire. 



195 

verses peintures ont été endommagées 
pdr les restaurations. Tombeau do 
Paul IV, de la famille Carafa, dessiné 
par Virro Liaorio. — Tombeau go- 
thique de Guill. Durand, remarquable 
par ses mosaïques et ses sculptures, 
par Giov. Cosimati. — Chap. Altieri: 
sur l'autel, tableau de C. Maratta; 
à la lunette, fresques [nulles] du Ba» 
ciccio. — Chap. du Rosaire : peintures 
de la voûte [en petits compartiments ; 
peu visible], par Marcello Venusli; 
peintures' murales, relatives à Cathe- 
rine de Sienne, par Giov, de'* Vecchi; 
sur l'autel: Madone, attribuée à tort à 
Beato Angelico. — Maître-autel mo- 
derne. Sous l'autel sont les restes de 
S*' Catherine de Sienne. Fenêtres à 
verrières de couleurs, modernes. — 
Derrière le maître-autel: tombeaux de 
Léon X et de Clément Vil, par Bandi- 
nelli^; les statues de ces papes sont 
de Haf. da Montelupo et de Nani 
di Baccio Bigio. — Près de Léon X, 
pierre tombale du cardinal Bembo. 
consacrée par son fils naturel, qu'il 
avait eu de la Morosina. — Dans un 
corridor conduisant h une porte der- 
rière la tribune, tombeaux (lu cardinal 
Alessandrino, par Giac, délia Porta ; 
du cardinal Pimentel, par le Bernin ; 
du cardinal Bonelli, par C. Rainaldi, 
Avant de rentrer dans la nef, on voit 
à dr., enchâssé dans le mur, le tom- 
beau d un humble moine qui fut un 
grand artiste, de Beato Angelico. 11 est 
représenté revêtu de son costume de 
Dominicain, la tête posée sur un cous- 
sin ; les mains croisées sur la poitrine. 
L'inscription porte : Hic Jacet Ven. 
PictorFr. lo. de Floh. Ord. P. (ordi- 
nis Praedicatorum). MCCCCLV.— Sa- 
cristie, Christ en croix et saints, par 
And. Sacchi. — En rentrant dans 
l'église, on voit dans la chapelle S*- 

* Nlhby (8* édit.) les attribue à Baccio 
Vintelli. Alais il nous semble ^^'c^ <i^\. ^\(^l\\- 
lectc, cmp\o^è pat ^\TVa YS ^ v*^^* ^c ^*fV^ ^ 
1484, ne devaVl ^Vw* ex\%V«c. wx \eN^>v ^'^^ 
beaucoup Ivov aie \v\aL mwX. ô.^ ^\^«v«ov >vw 
(1554). 



194 



ROUTE 142. — ROME. — ÉGUSÈS. 



Dominicpie, le tombeau de Benoit XIII. 
— En redescendant la nef latérale, 
on remarque encore plusieurs tom- 
beaux ; sur un pilier, celui de Tanli- 
quaire Fabretti. sculpté par Husconi; 
dans une chapelle, une petite statue de 
S* Sébastien, par Mino da Fiesole; du 
viêrne (après la dernière chapelle), le 
tombeau de Tornabuoni,.marchancl flo- 
rentin, parent des Médicis ; et au-des- 
sus celui du cardinal Tebaldi, par And. 
Verocchio (?) — Le coovent attaché ù 
cette église est le siège principal des 
dominicains et la résidence du général 
de Tordre. — C'est là aussi qu'est la 
célèbre bibliothèque de la Minerve. 
(F. plus loin : Bibliothèque.) 

Santa Maria dell* Orto — (Traste- 
vore. — H. 30, D, V). Eglise ainsi 
nommée d'une image de la V., peinte 
sur le mur d'un jardin. Construite en 
1512, sur le dessin de Juie^ Romain; 
façade de Martino Lunghi, — Inté- 
rieur richement décoré. 1'* chap. h 
dr., Annonciation, fresque de Taddeo 
Zucchero; les peintures de la chap. 
suivante sont de son frère Federigo. 
Transsept, peinture, par Nicole da 
Pesaro. Sur le maître-autel, Thnage 
miraculeuse de la Y., qui était sur le 
mur du jardin. 

«. Cette église appartient à plusieurs 
cor))oralions ; chacuiir a sa tombe devant 
sa propre chapelle, et sur le couvercle 
sont gravées ses armes particulières : un 
coq sur la tombe des marchands de vo- 
lailles, une pantoufle sur celle des save- 
tiers, des artichauts sur celle des jardi- 
niers, ]» etc. (Ilobcllo.) 

Sa>ta Maria dei.la Pace, — S'°- 
Mario de lu Paix (au N. 0. de la place 
Navone.— PI. 40, D, 111. — Hya une 
entrée par le cloître qui fut dessiné 
par Bramante). Construite en 1478, 
sur le dessin de Baccio Pinlelli, par 
Sixte IV, en actions de grâces pour la 
paix entre les princes chrétiens. La 
taçâdc théâtrale, avec son portique 
s£>ii)i -circulaire, est de Piètre de Cor- 
/ûn/f. — Au-dessus de la i '" chapelle 



à dr., que le banquier Âgofitmo Chigi 
(F. p. 252) fit décorer k ses frais, on 
admire la célèbre fresque de Raphaël: 
les Sibylles. Elles ne furent pas exé- 
cutées avant 1514. 

[On a dit que dans ce bel ouvrage Ra- 
phaël parait avoir voulu se mesurer, dam 
un sujet semblable, avec Michel-Ange. 
Cependant ici il ne cherche pas, comme 
dans son Isaïe, de l'église S*'Âugustin, à 
imiter le peintre de la chapelle Sixtinc. 
Il semble plutôt avoir en vue d'iêlablir, 
par la grâce, la beauté de ses ligures, la 
(lifTéience de son goût d'avec celui de son 
rival, qui virilise les siennes et leur donne 
cette cliarpente grandiose, inconnne avant 
lui, et dont il n'a laissé le secret à aucun 
de ses nombreux imitateurs. La seule li- 
gure qui pourrait peut-être se prêter à 
ce rapprochement serait la ligure de dr., 
la vieille sibylle Tiburtine.] — M. Passa- 
vant conteste une autre erreur accréditée 




gno et oui sont ài'Adone Dont, contem- 
porain (te Yasari. — Raphaël fui aidé 
dans ses travaux par Timote^ délia VUe^ 
qui peignit les Phopuktes sur ses des- 
sins. Les fresques de l'iaphaôl, déjà res- 
taurées de 1656 à lti61, l'ont encore été 
(le nos jours par Pa/maro/t. — : Les pein- 
tures sur l'entablement sont du RoMO. 

La chapelle suivante, à g., a été 
dessinée par Michel^ Ange; les ara- 
besques en marbre qui en décorent 
Textérieur sont de Sim. Mosea. Les 
statues de S* Pierre et S* Paul, et les 
tombeaux, sont du sculpteur Yincenzo 
de' Rossi, de Fiesole. — Les tableaux 
au-dessous de la Coupole sont : Visita* 
tion, par C. Maratla; Présentation au 
temple, une des meilleures peintures 
du célèbre architecte Ballhazar Pe- 
rii%zi [œuvre importante, mais mal 
conçue : on voit une place publique, 
des cavaliers, etc.; ce que Ton peut 
à peine discerner dans cette peinture 
enfumée, c'est la petite Vierge] ; Na- 
tivité de la V., par Fr. Vatini; Mort 
de la V., de Morandi. — La voûte et 
les lunettes au-dessus du maitre-autel 
sonlpewles^OT Y Albone, ôa?wA ^^sor 



Ëtato de rËglûse. route i42. — rone. — éguses. 



i95 



nâsae ; rÀdoration des mages, par Pas- 
signant. — Chao. à g., iNativité, par 
Stcciolante (le Sermoneia), V cbap. 
à g., en entrant, fresque estimée 
de B. Peruzzi : la Y., S** Brigitte, 
S'* Catherine et le fondateur de 
la chapelle. Dans la même chapelle, 
tombeau élégant de deux jeunes filles 
mortes le même jour de la peste, en 
1505 ; Letarouilly le croit de Bra- 
mante, 

Samta Maria del Popolo — S*'- 
Marie du Peuple (k côté de la porte du 
Peuple. — Pi. 41, E, I). Celte église 
est, par ses peintures et surtout par 
ses sculptures et ses ciselures des xv* 
et xTi* siècles, une des plus intéres- 
santes de Bome. Construite, selon la 
tradition, en 1099, pour purger cet 
endroit des démons établis autour du 
tombeau de Néron, Sixle lY la fit re- 
bâtir par Baccio Pintelli, vers 1475. 
Elle a été modernisée par le Bennn. 

— l" chap. à dr. : Nativité de J. C, 
œuvre très-estimée de Pinturicchio. 
Les peintures des cinq lunettes, éga- 
lement de lui, sont altérées. Tombeau 
du cardinal délia Bovere (belle pro- 
duction du XV* siècle) et de Giov. di 
Castro (Letarouillv croit ce dernier de 
San Gallo). — T chap., richement 
décorée, due à Tarchitecte C. Fon- 
iana : sur Tautel, Conception, peinte 
h rhuile sur mur par Carlo Maratta. 

— 3* chap. ; on y reconnaît Tarchi- 
tecture de Baccio Pintelli. Fresques de 
Pinturicchio, restaurées par Camuc- 
cini; a g., figure en bronze d'un 
évéque, couchée sur un tombeau [d'un 
dessin élégant], à dr., tombeau de 
Jean de la Bovère. — À* chap. : Bas- 
relief (S** Catherine entre S* Antoine 
de Padoue et S* Yincent, martyr), bel 
ouvrage de sculpture du w" siècle. 
Deux tombeaux remarquables. — Au 
maitre-autel, une de ces images véné- 
rées de la Y., attribuée à S* Luc. (Le 
pape vient s'y prosterner le 8 sep- 
tembre et dire la messe.) Chœur : der- 
rière le maitre-autel, fre^iques de la 
\oùte, par Pinturicchio, Fenêtres à 



vitraux de couleurs, par CXauàe et 
Guillaume de Marseille, appelés par 
Bramante; genre de décoration pres- 
que inconnu à Bome. Tombeaux des 
cardinaux Ascanio Sforza et Uieronimo 
Basse, par Andréa Contucci-da San- 
sovino, regardés coirfhie les meilleurs 
modèles d ornements modernes que 
possède Bome, tant pour la pureté du 
dessin que pour le fini de l'exécution. 
Chapelle à g. du chœur, sur l'autel : 
Assomption, d'Annibal Carrache; à 
dr. et à g.. Crucifiement de S* Pierre 
et Conversion de S* Paul, de Michel- 
Ange de Caravage, — Chapelle Chigi 
(la 2* à g. en entrant), une des 
plus intéressantes; le dessin en est 
attribué à Raphaël, La galerie de Flo- 
rence conserve un dessin de sa main 
avec des notes manuscrites relatives à 
la construction de cette chapelle. Mal- 
gré ce document positif, la composition 
et les détails en sont si habiles, que 
Letarouilly, y retrouvant des traces 
visibles d'études plus sérieuses et plus 
profondes que celles qu'on pourrait 
supposer dans Baphaèl, pense que 
prooablement Batdassare Peruzzi, 
compatriote du riche banquier Chiffi 
et ayant toute sa confiance, fut appelé 
à travailler ici de concert avec na- 
phacl, comme à la Farnésine. Du reste, 
Baphaël ne put terminer cette cha- 
pelle, étant mort, en 1520, un peu 
avant Chigi, qui, en 1519, avait pris 
dans son testament des dispositions 
pour la faire achever. Cette chapelle 
présente un singulier mélange païen 
et sacré dans les mosaïques de la cou- 
pole : Jupiter, Diane, Mercure... figu- 
rant les planètes, autour de Jéhovah ! 
[Le paganisme y triomphe, non-seole- 
ment par la mythologie, mais par des 
nudités plus grecques que chrétiennes. J 
Baphaël en ht, dit-on, les dessins. En- 
fin on croit qu'il fit le modèle de la 
statue de Jonas, exécutée sous ses yeux 
et dans sa maison par Lorenzo Lotio. 
[La tète du ioiwis ^evc^V. ^Vc^ \«\fc Vsh- 
miniscence de cç^e Ôl^ YKw>Às\Rw&,vfl 
des plus d6p\orà\\e^ wswcroxs ^<^.\«ç^- 



>as2L 



106 



ROUTE 142. — ROME. — ÉGLISES. 



liquilé qui aient pu trouver place dans 
une église.] La statue d'Elie, par le 
même sculpteur, aurait aussi été des- 
sinée par Raphaël, qui se montra, 
dans la chapelle Ghigi, h la fois pein- 
tre, sculpteur et^ architecte. Le de- 
vant d'autel a uri beau bas-relief en 
bronze de Lorenw Lotto. La Na~ 
tivitc de la Y., commencée par Sébas- 
tien del PiombOy fut terminée par Fr. 
Salviali ; les autres peintures soat de 
Salviati. Les statues de Daniel et d1Ia- 
bacuc sont du Bernin. Du mêmey les 
tombeaux d'Agostino et Sigismondo 
Chigi. — On remarquera encore plii- 
siours tombeaux, entre autres celui du 
cardinal Pallavicini, dans la 1'* cha- 
pelle à g., et quelques ouvrages de 
sculpture dans la sacristie et le vesti- 
bule qui la précède. 

Santa Maria in Trastevere — (PI. 
42, C, V). — Une des belles basiliques 
de Rome, érigée, en 224, sur rempla- 
cement d'une ancienne tabeima me- 
ritoria, ou dépôt de soldats inva- 
lides; restaurée plusieurs fois. Mo- 
saïques de la façade, de 4159 ; au xv" 
si&cle, Nicolas Y restaura Tégliso sur 
les dessins de Beim. Rossellini. Le 
portique est du xviii* siècle. — Inté- 
rieur : 3 nefs, 21 colonnes de granit, 
diverses, provenant d'un temple d'isis 
et de Sérapis ; on y voit leur tête et 
celle d'Harpocrate. Pavement en opus 
Alexandrinum. — Au milieu du beau 
plafond à caissons dorés. Assomption 
de la V., par le Dominiqnin. Tom- 
beaux de cardinaux, par Paolo, cé- 
lèbre sculpteur romain du xiv*" siècle. 

— Maître-autel à baldaquin, soutenu 
par 4 colonnes de porphyre. Mosaïques 
de Pabside et du grand arc, de 1 145 ; 
celles du bns de la tribune, par P. Ca- 
vallini (1351). 

Santa Makia in Yallicella ou Ciiiesa 
Ndova — (à rO. de la place Navone. 

— PI. 45, (1, ni), une des grandes 
et belles églises de Rome. S' Philippe 
de Néri la fit reconstruire, en 1575, 

si/r les dessins de Marlino Lunghi 
le vieux, ^intérieur, â 5 nefs, fut ri- 



chement décore par TinfatigaUe Pïe- 
iro da Cortona^ oui peignit la toute, 
la coupole et la triDune. ^ l"» chap. 
à dr.. Crucifiement, par Sdp, Gae- 
lani. — 2* chap., copie du tableau 
de la Mise au tombeau de Michel'Ange 
de Caravage (qui est au mu^e du 
Yatican). — Transsept : Couronnement 
de la Y., par le chevalier d'Artnn. 
Statues des deux S* Jean, par Flam, 
Vacca. — La riche chap. suivante 
(Spada) a sur Pautel un tableau de 
C. Maratta. — Au maître-autel : trois 

Ceintures de la jeunesse de Rubens. 
ranssept de g., présentation de la Y. 
au temple, par Baroccio. — Belle 
chapelle de S'-Phil. de Néri, tableau 
du saint, exécuté en mosaïque d'après 
le tableau du Guide, conservé oans 
le couvent. — Sacristie : fresque de 
la voûte par Piet. de Cortone. Sta- 
tue de S» Phil. de Néri, par VAlgarde. 
A une chap. intérieure, beau GubT' 
chin. (De cette chapelle on monte dans 
les chambres qu'habitait le saint. On 
y conserve le tableau original du 
Guide,) — Rentrant dansTéglise, on 
voit une Yisitation, peinte par Barof- 
cio, et une dernière chapelle peinte 
par le chevalier d'Arpin. Tombeaux 
de Baronius; du cardinal Maury. — Le 
Couvent de S'-Philippe de Néki, con- 
tigu, est un des meilleurs ouvrages dn 
Borromiîii ; les plans en sont habile- 
mont entendus, mais la façade est dé- 
parée par d'extravagantes nouveautés. 
— (Du 1" novembre jusqu'au dimanche 
des Rameaux, on exécute k Poratoire, 
les jours de fête, des morceaux de 
musique religieuse; les femmes n'y 
sont pas admises.) — Riche biblio- 
thèque. 

Santa Mahia della Yittoria — (près 
les thermes de Dioctétien . — PI. 44, 
G, II). Elevée en 1605 par Paul Y. 
Son nom lui fut donné en vertu de 
plusieurs victoires sur les hérétiques 
et les Turcs, par l'intercession d'une 
image de la Vierge, brûlée en 1835. 
Façade par J. B. SonKa; le cardinal. 



Ëialft de rfiglisc. route 14'2. — rohe. -— kglises. 



197 



cette dépense, en reconnaissance du 
présent qui lui ayail été fait de la sta- 
tue de lliermaphrodite, trouvée dans 
un jardin contigu, et actuellement au 
nrnisée du Louvre. — L'intérieur de 
cette église, une des plus riches de 
Rome comme ornementation, est de 
CarU) Mademo, — 2' chap. : Domi- 
niquin, la Vierge, TEnfant Jésus et 
S* François. Les peintures latérales 
sont aussi du même artiste. — Dans 
une chapelle du transsept, un groupe, 
considéré comme le chef-d'œuvre du 
Bemin [chef-d'œuvre mondain et 
plein d'afféteriel, représente S'* Thé- 
rèse, aux yeux languissants, dans une 
attitude d exlaser tandis qu'un Ange 
(au nez retroussé), armé d'une iièche, 
est sur le point de lui percer le cœur, 
et sourit d'une manière peu édi- 
fiante. Sur les côtés, deux Anges as- 
sistent U ce spectacle. — 5" chap. à g., 
la Trinité, pemture du Guerchin; Cru- 
cifiement, copié d'après le Guide. 

Santa Mautina — S"-Martine et S'- 
Luc (au "Forum, ii Fangle de la rue 
Bonella. ~ PL 65, carré E, IV), an- 
cienne église, reconstruite sous Ur- 
bain VIII par Pietro da Cortona, qui 
fit construire à ses frais la chapelle 
souterraine, et légua en mourant 
100 000 scudi a Tcglise. On y voit le 
modèle en plâtre de la statue colossale 
do Jésus-Christ, par Thorwaldsen; 
une Assomption, par Seb. Coma, 

San Martino a' Montï — (près et au 
N, des thermes de Titus. — W. 45, 
6, IV). Une des plus belles églises de 
Rome, bâtie par le pape S^ Symmaque, 
Tan 500; modernisée en 16d0, sur les 
dessins de Pietro da Cortona. — 5 
nefs : 24 colonnes corinthiennes an- 
tiques, de différents marbres. La dis- 
position du maître-autel, pyrainidant 
d*unc manière élégante au-dessus 
d^une plate-forme élevée sur un double 
escalier, est d'après les dessins de 
Pietro da Cortona. Le beau plafond 
fut dooné par Charles Borromée. — 
Nefs hiémtes : paysages à fresque [à 
moiUé effacés], de Gaspard Poussin 



(Guaspre Dtighet). — Deux fresçiues 
représentent (collatéral de g.) Tinté- 
rieur de la basilique de S'-Pierre et 
(près de la porte d entrée) celui de S'- 
Jean de Litran, avant leur reconstruc- 
tion. — La chapelle souterraine, par 
Pietro da Cortona^ présente de belles 
perspectives. Elle conserve les restes 
des papes S* Silvestre et S* Martin. 

Santi Nereo et AcniLi.EO — (près des 
thermes de Caracalla. — PI. 46, F, 
VU). Eglise bâtie vers 524, recon- 
struite en 1596 par le cardinal Baro- 
nius, qui lui conserva sa forme pri- 
mitive. Les deux saints auxquels elle 
est consacrée étaient ^es eunuques at- 
tachés à la famille de Dioclétien, qui 
furent martyrisés. — Ambons, autel 
et clôtures du chœur en marbre orné 
de mosaïques, les plus somptueux ou- 
vrages de ce genre à Rome. — Siégo 
pontifical où s'assit Grégoire le Grand 
pour réciter au peuple sa 28* homélie, 
dont une partie est gravée sur le 
dossier. — A la tribune, mosaïque du 
IX* siècle et fresque représentant un 
concile. Deux peintures de Roncalli : 
S'* Domitille et martyre des Saints 
apôtres. (Cette église est fermée de 
bonne heiu*e.) 

Sant' Osofrio — S*-Onuphre (sur 
le Janicule, au-dessus de la porte San 
Spirito. — PL 47, B, lll). Bâtie au 
XV' siècle. Eglise et couvent immorla* 
lises par la mort du Tasse. Sous le 
portique : trois lunettes, par le Domi- 
niquin. La Vierge avec 1 Enf. J., au- 
dessus de la porte, est aussi de lui. Ces 
peintures sont très-altérées. Près de 
la porte, une inscription indique l'em- 
placement où furent d'abord déposés 
les restes du Tasse. Rs ont été trans- 
portés, le 25 avril 1857, dans une 
chapelle à g., où on lui a élevé un 
monument. La statue est détestable. 
Il y a encore dans l'église les tombeaux 
du poëte Alex. Guidi; de Barclay, 
l'auteur de l'Argenis , <b\. ^w. <ifâ^\^. 
polygloUc^\eiioVîvT\\:\ V,\^^V%^. — ^^^ 
tribune, îrcs(\ues exvàyHvroa^îi^'e» \5k 
les reslauraV\ows -.^^eYie^ wx-^^^««*^'^ ^^ 



188 



RUtTK 142. — ROME. — ÉGLISES. 



faussement attribué à Romulus et Re- 
mus (F. p. 145) avec sa coupole, infé- 
rieure en hauteur à Téglise nouvelle, 
fut conservée (îomme vestibule. — On 
croit que les mosaïques de la tribune 
sont de Tannée 530. Elles représen- 
tent TAgneau mystique. 

Santa Francesca Rohana, — S"- 
Fraqçoise-Romaine (au Forum, près 
de la basiliaue de Constantin. — PI. 
18, F. V), tâtie sur l'emplacement du 
temple de Vénus et de Rome (V. p. 
145). Renouvelée sous Paul V. Mo- 
saïques du IX' siècle. £n avant du 
grand autel, tombeau de la sainte, 
dessiné par le Bernin; au transsept, 
tombeau de Grégoire XI, par Olivieri 
(1384). — La V. et 4 Saints, peinture 
de Sinibaldo M. 

Gesù, — Jésus (place du même 
nom,àrO. du palais de Venise. — 
PI. 19, Ë, 1); une des églises les plus 
vastes et les plus riches de Rome ; ap- 
partenant k la congrégation des Jé- 
suites. Commencée en 1568 parle cé- 
lèbre Vignole. En 1575, Jacques de 
la Porte, son élève, la contmua et 
fit la coupole et la façade. L'intérieur 
se fait remarquer par ses pilastres 
corinthiens, ses stucs dorés, ses sculp- 
tures en marbre et ses peintures. 
Fresques de la voûte, de la coupole et 
de la tribune, par le Bacicdo [pein- 
ture décorative, flamboyante, très- 
mouvementée].— Chapelle au fond du 
transsept de dr. par Piètre de Cor- 
Wne : Mort de S* François-Xavier, par 
C. Maratta [tableau qui a noirci]. — 
Maitre-autel dessiné par Jacques de la 
Porte, décoré de 4 colonnes de 

i'aune antique; restauré en 1842. Ta- 
deau de la Circoncision, par Capalti. 
— A -côté de cet autel, tombeau du 
célèbre cardinal Bellarmin ; figures de 
la Religion et de la Sagesse, par le 
Bernin. — Rien n'égale la richesse de 
Tautel de S'-Ignace (à Textrémité g. 
de la nef traversale), oessiné par le P. 
Poz%i, jésaiie. Le globe tenu par le 
Père éternel est, dit-on, le plus gros 
inmveaii de Japis'hzuU. Ststtue en ar- 



gent du saint, hautô de 2 met. 96, . 
modelée par Legros, artiste français, 
alors le plus célèbre sculpteur de 
Rome. Aux côtés de Tautel, deux 
groupes en marbre : 1" le Christia- 
nisme embrassant les peuples bar- 
bares, par le sculpteur français Théo- 
don; 2** le Triomphe de la Religion 
sur THérésie, par Legros. 

San Giorgio in Velabbo — (à côté 
de Tare de Janus Quadrifrons (F. p. 
1 53) . Eglise (rarement ouverte) rebâ- 
tie au VI II*" siècle ; le portique est du 
xiii* siècle. A l'intérieur, lo colonnes 
variées provenant de monuments an- 
tiques. 

San Giovani de' Fiorentini, — Saint- 
Jean des Florentins (au bord du Tibre, 
à l'entrée de la rue Giulia — PI. 20, 
C, III) doit son origine à une associa- 
tion de pieux Florentins. Michel-Ange 
fit cinq projets (l'un d'eux est repro- 
duit dans l'ouvrage de Lctarouilly, 
p. 541 du texte); Sangallo, Raphaël, 
concoururent également. LéonX choi- 
sit le modèle de Sansovino. Celui-ci 
étendit ses fondations en empiétant 
sur le Tibre. Après le sac de Rome 
(1527), Sangallo lui succéda; puis 
Giacomo délia Porta (Jacques de la 
Porte), Carlo Maderno. Entm, Aless. 
Galilei fit la façade en 1754. — 
Troisième chapelle à dr.. S* Jérôme 
priant, par Santi di Tito ; à g. : S' Jé- 
rôme écrivant, belle peinture de Ci- 
goli ; la peinture à dr. est du Passi- 
gfiani. — Au transsept de dr., célèbre 
peinture àeSalvator Rosa. Délivrance 
des saints Cosme et Damien du mar- 
tyre. Maître-autel, groupe, par Raggi. 

— A g. du maître-autel, cnapelle du 
Crucifix, peintures [médiocres] de Law- 
franc. [Dans la coupole peinte par lo 
même, singulière figure du Christ, 
étendu à la renverse, les jambes en 
l'air. On peint toujours des sujets re- 
ligieux, mais l'art religieux est mort.] 

— 5" chap. à g. : S* François [noirci], 
par Santi di Tito ; les autres neintures 
sont du Pomerancio [ton léger de 
la fres(\ue\. 



États de l'ÉgliK. hottr U3. 
Col dans celte i^iiliH! que B. C 

'■ en 1539, son fràre, Inâ 

le contre te ^et, et jnnil 
qui Dc 10 Si pu otlcndre. 



eliiiii 1 Iminiiior Chic! {¥. Paijw : Is f 
dinn I »inej, iiviit wlemi l'honneur d'un r 



San Giroumo degli ScnuvoHi, — 
S'-Jérôme àes EscUvons (port de Iti- 
petlâ. -P1.22, D, II). Celle église, 
consinille par Sixte V sur les dessins 
de Mart. Lunght et Giov- Fonlana. 
a été rouverte en 1852, eorlant toute 
coquette des mains des décorateurs. 
Gagliardi, peintre vivant, a peinl à 
fresque la voûte et plusieurs compo' 
Htions. 

Sah Giiegobio, — S'-Grécoire (sur 
le moDt Celio, vis4-vi« du hilatiu. — 
PI. 33, F, Vl). Construite au vu- siècle, 
il la place oii Grégoire le Grand aiait 
transformé en couvent le palais de 
son père. Fas»de et portique àsGiov. 
B. SoHa (1653). L'église reconslniile 
en 1751 par Fr. Ferrari. Sous le 
portique est l'enlréo d'une terrasse 
d'où on a une vue pittoresque sur les 
ruinée du palais des Cé^^ars. — Inlé- 
rieur à 5 nefs, 16 colonnes antiques. 
— Chapelle San Gregorio, sculptures 
dn il' «iêcte. — Un portique conduit 
aux Irois cb.ipelles suivantes : celle du 
milieu, dédiée à S' André, a deu<i 
frescjues prédeuses, l'une de Guido 
Bent (S' André adorant la Croix), 
l'autre du Dominiquin (Flagellatior 
du saint' . Ces deux fresques, eiémtées 
CD concurrence par les deux artistes, 
méritent, seules, qu'on aille visilei' 
cetteé^Iise. LeFlagelleur, vu de dos. du 
Dominiquin, est n-uiarquable comme 
puisMnce de de«siii et élévatLon de 
•Ijle. Annihal Carraclie dit de ces 
deux ouvrages: ■ U peinture du Guide 
est d'un maître, celle du Dominiquin 
est d'un élève qui en sait plus que le 
■naître. > — 3' chapelle, Santa Silvia 
(mère de Grégoire), fresque de Guido 
Iteni. -^ 3' chapelle, statue do S' Gré- 
gure', pur Coniieri, ébauclu'e, dit-on, 
par Viehel-Ange. 

CMd 
«SUbrcci 



\e. ranc inter homines fomjaT ■ 
. . 1 .iMlit. Viiil nuno» XXVI dies'XlI, 
(iliiit 1511, die 15 nugueli.n o Konn- 
' el inscription, illl Vairrr, di'lrnils 
le siÉcle diTuicr, non 'point pair 
mm'C ni par scrupule, mais dans 
quelque rcsUunilion, [wr inadvertsute. i 

Sant' Ighazio . — S' -Ignace do. 
Ijoyola (place du même nom entre le 
Corso elle Panthéon. — 1'1. 24, E, III). 
Commencée en 1026. Le iJominifuiii ' 
donna deux dessins, et le P.. Grossi, 
jésuite, lit un iilan combiné des deux, 
La fa^de est do X'Algarde. Cest une 
des belles façades, de stvlc jésuite. — 
Le I'. Poiii ou Pimo il642-n0fl). 
jéïuilc, peintre, sculp. el architecte, 
possédant une surprenante célérité 
d'exécution, peignit le plafond de S'> 
Ignace en 10 ou 12 mois. Il dessina 
les autels de cette église, et peignit 
encore la tribune et un tableau du 1" 
autel !i dr. Il a exécuté AH peinlureii 
dans des églises de Jésuites ù Tunn, 
Hondovi, Modénc, Arei70, llontepul- 
0. et au Collège Romain, ï Rome. 
icellait dans la pers^ctire. [A la 
voûte de l'égl. S'-I^nace d a peint une 
architecture fantastique, avec des res- 
auls, des corniches, des arceaux, des 
ribunea où sont répiindus des specta- 
.curs ri d'où partent des an^es et di^ 
saillis faisant cortège bignacede Loyola 
('dans sa uloire céleste. Riche dé- 
coration; imagination féconde et dcré* 
cite.] — Chapelle du transsept de dr., 
lias-relief remarquable représentant 
l'apotbèose de Louis de Goniague, par 
Legros. — l'arlcuièiiie,!idr.dumaitrr- 
autcl, beau lombeau de Grégwre XT. 
— Le CoLticE RouAiN est attenant ii 
cette église. 

Sakt' Isinoiio -- (monte Pincio. — 
11. 25, F, UV &v« \c TO^x'wer'Ki.Viâv. 
bonne çemVme tffciiA. 'Sï0.m:.U\\ '^ 
iBidote-, Il 4t.. *iAwft, ■¥«, t"" 
I Marallo \4'vinft\«aft cwi»«\- " 



190 



ROUTE '142. — ROME. — KCLISRS. 



chapelle à dr. .peintures de C. Maratla: 
Jn fuite en Egypte et la mort de S' 
Joseph (Jésus, assis près du lit, Tex- 
horte). 

San Lorenzo in Damaso — (n" 61, 
Carré D, III du Plan, à côté du palais 
de la Chancellerie, derrière un pro- 
longement de la façade de ce palais à 
dr.). La porte est de Vignole. Malgré 
Télégance de ses profils, la porte 

Srojetée par Bramante (reproduite 
ans l'ouvrage de Letarouilly, pi. 551) 
est plus en harmonie avec la façade. 

— Tombeaux d'Ânnibal Caro, poëte 
du xvi' siècle ; de Sadolet ; du comte 
Rossi (buste par Tenerani), assassiné 
le 15 novembre 1848, dans le palais 
de la Chancellerie. 

San Lorenzo in Lucina — (place du 
même nom, vis-^-vis du palais Rus- 
poli. — PI. 26, E, II). Cette église, 
restaurée par Paul V, en 1606, ap- 
pelle le pieux pèlerinage des voya- 
geiirs français ; elle contient (entre la 
1* et la 3' chapelle à dr.) le tombeau 
de riUustre Poussin, élevé aux frais du 
vicomte de Chateaubriand. — Au 
maitre-autel, peinture du Crucifie- 
ment, par Guido Reni, 

San Lorenzo in Miranda, — église 
Imtie sur les restes du temple d'An- 
tonin et Faustine au Forum (T. p. 
142). 

San Luigi de' Francesi, — S*-Louis 
des Français (à TE. et près de la place 
Navone. — PI. 27. D, III), Téglise 
des Français résidant k Rome. Ache- 
vée sur les dessins de Giac. délia 
Porta, en 1589, l'année de la mort 
de Catherine de Médicis, qui y contri- 
bua pour des sommes considérables. 

— Peintures de la voûte de la nef, 
par Natoire, — Sur le premier pilier, 
monument en marbre blanc, et de 
forme pyramidale, élevé en 1852 à la 
mémoire des soldats français morts au 
siéçe de Rome, en 1849. — 2' cha- 
\ieue, belles fresques classiques du 
Dominiquin (Actes de S*' Cécile), al- 
ièréespar les restaurations. — Copie 

/ifo/re et mauvaise] par le Ouiae, 



d'après la S'* Cécile de Raphaèl, du mu- 
sée de Rologne. — 5* chapelle, tableau 
d'autel, par ParroceL — Tombeaux 
du cardinal d'Ossat; du cardinal de 
Demis ; du peintre Pierre Guérin ; de 
de p. Wicar, mort à Rome en 1834 ; 
inscription lapidaire à la mémoire de 
l'archéologue J. B. Séroux d'Agincourt. 

— Maitre-autel : Assomption de la 
Vierge, un des meilleurs ouvrages de 
Fr, Bassano [noirci]. Chapelle à g. 
du maitre-autel : tableau d'autel et 
tableaux latéraux, par le Caravage) 
fresques de la voûte, parle chev. àAr- 
pin. — Tombeau cle M"" de Mont- 
morin, érigé par M. de Chateaubriand, 
qui en composa l'élégante inscription. 

— Monument à la mémoire de Claude 
Gelée, par Lemoyne [sculpture mé- 
diocre] . — Sur la porte de la sacristie, 
tombeau du cardinal de la Grange 
d'Arquien, beau-père de Sobiesky ; il 
mourut à cent cinq ans. « Homme 
d'esprit, de bonne compagnie, dit S*- 
Simon, fait cardinal à 82 ans, gail- 
lard, qui eut des demoiselles fort au 
delà de cet âge, qui ne dit jamais son 
bréviaire, et qui s'en vantait. » 

San Marcello — (place du même 
nom, sur le Corso. — PI. 29, E, l\\). 
Rebâtie en 1519, sur les dessins de 
Sansovino; façade de mauvais goût, 
par C. Fontana, — 4* chapelle à g., 
conversion de S* Paul, par F. Zucdiero, 
et fresques par son frère Taddeo. — 
4* chapelle à dr. , Création d'Eve, belle 

Ï teinture de Pierino del Vaga; le S* 
ïarc et le S' Jean, du même ; le reste 
est terminé sur ses cartons par Da- 
niel de Volterre, aidé de Pellegrino 
de Modène. — Tombeau du cardinal 
Consalvi. 

San Marco — (place du même 
nom ; l'église de S*-Marc est attenante 
au palais de Venise. — PI. 28, E, IV). 
Fondée en 536 ; plusieurs fois rebâ- 
tie, et, en 1468, par Paul II. Façade 
par Gmliano da majano. — Au por- 




Ëtats de^rÉglise. rou» 142. — home. — êgliabs. 

Peintures (sans intérêt] : Résurrection, 
de Palma le Jeune; S' Marc, pape 

1 école du Péi'ugin). — Adoration des 
lages, de C. Maratta, Tombeau de 
Leonardo Pesaro, un des premiers ou- 
vrages de Canova. 

Santa Maria degli Akgeli, — S'"- 
Marie des Anses (place des Termini. 
— PI. 30, G, llï), une des plus grandes 
églises de Rome. Michel-Ange, âgé 
de plus de 80 ans, chargé de ce tra- 
vail par Pie IV, conçut Tidée d'établir 
cette église dans une immense salle 
(bibliothèque ou cella Calidaria) âea 
thermes de Dioctétien (F. p. 157). Il 
conserva en place les 8 belles colonnes 



191 



de granit d'un seul morceau; mais, 
"pour préserver Tédifice deThumidité, 
il exhaussa le pavé de 2 met. et en- 
terra les bases des colonnes. (La hau- 
teur du grand ordre, compris la nou- 
velle base et le chapiteau, est de 15 
met. 826 ; du sol à la voûte, 28 met. 
920 ; longueur de la grande nef, au- 

i'ourd'hui transversale, 100 met. 622.) 
lais, sous Benoit XV, Vantivelli al- 
téra les belles dispositions de Michel- 
Ange, et mit Tédince dans Tétat où il 
est aujourd'hui. L'église de Michel- 
Ange devint la nef transversale de la 
sienne. Profitant de certaines dépen- 
dances de la bibliothèauc, Michel-Ange 
avait construit 4 grandes chapelles en- 
foncées, 2 de chaque côté Je la nef. 
Tout cela a disparu. Ces chapelles ont 
été murées et sont devenues des ma- 
gasins à foin. Pour établir de Tuni- 
formité, Vanvitelli orna la nouvelle 
nef de 8 colonnes semblables d'a8[)ccl 
aux anciennes, mais en briques recou- 
vertes d'un enduit et peintes. Le 
maitre-autel se trouve mainlentint 
étouffé sous une voûte basse, et la cha- 
pelle au fond k dr. a remplacé la belle 
porte d'entrée de Michel-Ange. Vanvi- 
telH fit un vestibule d'entrée d'une 
chambre circulaire (laconicnm) des 
bains. Dans ce vestibule sont deux cha- 
])elles;. on y voit les tombeaux (à dr.) 
de G. Maratta, et, plus près do. la nef. 



cehtide Fr. AJciat; (h g.) de Salvator | Gharttif.\3x, àercxwft Xè^^v^ç-^ 



Rosa. Dans le paiSsage allant du vesti- 
bule à la nef, statue de S* Bruno, faite 
par Ifoudon pendant son séjour à 
Rome. M. de CHarac k considère conmae 
son chef-d'œuvre. Clément XIV disait 
de ce S* Bruno : « 11 parlerait si la * 
règle de son ordre ne le lui défendait. » 
— On a vivement critiqué cette entrée 
actuelle d'un aussi magnifique vais- 
seau d'église, qui oblige à descendre 
un escalier (corne se si andasse giù in 
una grotta). 11 ne faut pas toutefois 
verser exclusivement sur Vanvitelli le 
blâme de toutes ces altérations; ces 
mutilations furent commencées ipar les 
chartreux. — En se dirigeant vers le 
maitre-autel qui fait face h la porte 
d'entrée, on remarquera 4 grandes 
peintures: (à dr.) une fresque de Ro- 
manelli, Présentation de la V. aii 
temple, qui a été transportée de la 
basilique de S*-Picrre ici ; — (à dr. 
du chœur) la fresque de 22 pieds du 
Dominiquin, Martyre de S' Sébastien, 
a été également transportée de S'- 
Pierre, en 1758, par le mécanicien 
Zabaglia, qui, sans instruction, mais 
doué d'un génie naturel, devint archi- 
tecte de S*-Pierre. [Cette œuvre du 
Dominiquin est mouvementée, et d'une 
couleur plus harmonieuse que cela ne 
lui est ordinaire. Belle expression de 
la tête du saint. La partie supérieure 
est médiocrement conçue. Les figures 
du bas manquent de style.] — Vis-5- 
vis, Baptême de J. C, par C. Maratta 
[peut-être l'œuvre capitale de ce peintre 
de la décadence] . — Enfin, la Mort 
d'Ânanias et de Suphire, peint sur ar- 
doise, par le Pomerancio. — Nef 
transversale g. : la Chute de Simon le 
Magicien, œuvre capitale de Pompeo 
Battoni [entente du clair-obscur] ; S* 
Basile et l'empereur Valons, qui s'é- 
vanouit, par Subleyras. [Dans cet 
ouvrage le peintre fninçais se montre 
h la hauteur des peintres italiens de 
cette époque.] Les autres peintures 
sont par Musciano^ ^xaixcumV, V:.«i^- 
tami, Trevisani. — \a ç.v«c^vs.^^. 



192 



BOllTE 142. — ROME. — EGLISES. 



dessiné par Michd-Afige. Il q un por- 
tique soutenu par 100 colonnes de 
travertin. Au milieu de ce vaste cloître, 
de hauls cyprès, plantes par Michel- 
Ange, entourent une fontaine. 

Saxtâ Maria dell' Anima — (près 
et au N. 0. de la place Navone. — 
PI. 51, D, Hl). On attribue à Antonio 
Giamberti , oncle du célèbre San 
Gallo, les belles portes d'entrée. Le- 
tarouilly croit qu'elles sont de B. Pe- 
ruzzi. L'église est composée de 5 nefs 
voûtées et portées presque à la même 
hauteur. — Maître-autel : très-bon ta- 
bleau de Jules Romain [a beaucoup 
noirci ; fatigué par les restaurations] . 
A dr.,beau mausolée du pape Adrien 
VI, dessiné par Balt. Peru%%i, exé- 
cuté par Michel-Ange, de Sienne, et 
iVû'. Tribolo. — 3» chapelle à dr., 
fresques de Sicciolante, ait le Sermo- 
neta ; 4* chapelle à g., fresques de Fr. 
Salviati ; 4* chapelle, à dr. : Pielà en 
marbre, copie decelle de Michel- Ange ^ 
h S*-Pierre, par Nanni di Baccio Bi- 
gio, [Il a relevé la tête du Christ, qui 
dans l'original est très-renversée et se 
refuse à la vue.] — Deux petits tom- 
beaux dus au ciseau de Fr. Qnesnoy : 
Tun (i" pilier h g., vers le maître- 
nutel) à la mémoire de Yanden d'An- 
vers ; Tautre (à côté de la porte d'en- 
trée) du cardinal d'Autriche. 

Santa Maria in Ara Cœli (V. Ara 
Cœli, p. 184). 

Santa Maria Aventina — ou du 
Prieuré de Malte (PI. carré D, VI). 
En 17G5 le cardinal Rezzonico la fit 
restaurer par Piranesi, qui en fît un 
pastiche de décorations en style an- 
tique. Lui-même y a son tombeau, 
avec sa statue drapée à l'antique. — 
N. B. Quoique cette église ne présente 

{)oint l'intérêt sous le rapport de l'art, 
es personnes qui séjournent quelque 
temps à Rome devront la visiter à 
cairs(> des beaux points de vue qu'on a 
de la place qui est devant, ou du jar- 
din qui y est annexé, ayant une allée 
d*arbrcs en berceau, nù bout de la- 
çae//e on aperçoit S^-Pierrc. — Ce 



sur 



jardin donne sur la place Piranesi, 
décorée avec un goût détestable, et par 
laquelle, en tournant à g., on arrive 
aux églises S' -Alexis et S'*-Sabine. 

Santa Maria in Campitelli — (place 
du même nom, à 10. du Capitole. — 
PI. 53, D, E, IV, — Campitelli.i^ar 
corruption de Campidoglio). Elle s'ap- 
pelle aussi Santa Maria in portico, 
parce qu'elle se trouve sur l'emplace- 
ment du portique d'Octavie. — Dne 
des belles églises de Rome pour l'ar- 
chitecture. Bâtie en 1658, sur le des- 
sin de C. Bainaldi. Peintures mé- 
diocres du XVII* siècle : Descente du 
S*-Esurit, par Luca Giordano, Nati- 
vité de S* J. -Baptiste, par le Baciccio, 

— Dernière chap., à g., 2 tombeaux 
pareils; lions supportant une pyra 
mide ; sur l'une on lit : umrra, sui 
l'autre : nihil. 

Santa Maria in Cosmedin — (place 
Bocca délia Verità. — PI. 34, É, V), 
sur l'emplacement du temple antique 
de Cérès et Proserpine (F. p. 148). 
Reconstruite par Adrien I" en 722, et 
par Grégoire Ia au xiii* siècle ; on croit 
que son nom vient du grec Cosmos, k 
cause de la décoration dont ce pape 
l'embellit. Douze colonnes antiques de 
marbre divisent l'intérieur en 3 nefk. 
Le pavé, en pierres dures de couleur, 
est du genre dit opiis Alexandrinum, 

— Crypte curieuse sous le chœur. — 
Maître-autel isolé, .composé d'un bassin 
de granit rouge, et surmonté d'un cibo- 
rium à colonnes de granit dEgypte.— 
Ambons. — Siège épiscopal. — Dans 
la sacristie, une mosaïque de 705. 

Santa Maria in Dominica ou della 
Navicella — (sur le monte Celio. — 
PI. 35, F, VI). Bâtie sur l'emplace- 
ment de la npaison de S'* Cynaque, 
dame romaine, d'où dériverait son 
nom ; celui de Navicella provient 
d'une nacelle en marbre placée devant 
l'église. Léon X la renouvela entière- 
ment d'après le ])lan de Raphaël . A 
l'intérieur, 18 colonnes de granit et 
2 dti çorip\xsve. k V;vbside, mosaïque 
du IX' svède, Jules Komam ^V Vèvva 



États de llSglise. bocte 142. — rome. — ^.gmsef. 



19S 



del Vaga ont peint la frise de la nef 
en clair-obscur. 

Sakta Maria di Loreto — (place 
Trajane. — PI. 36, E, IV), commen- 
cée par Antonio da San Gallo^ gâtée 
par une surcharge d'ornements pos- 
térieurs. — Statue de S" Suzanne, 
par Ft. Quesnoy (Fiammingo), un des 

f)lu6 remarquables ouvrages sortis de 
'école du Bernin. 

S**-Marie-Majeure (V. p. 176). 

Sakta Maria sopra Minerya — (près 
et au S. E. du Panthéon. — PI. 58, 
E, 111). Bâtie au xiv" siècle sur rem- 
placement d'un temple de Minerve; 
c'est, h Rome, la seule église d'un 
style gothique, simple et larc^e. Le 
caractère en disparait sous les dorures 
et le clinquant de rornementation in- 
troduit, de 1846 à 1855, par la res- 
tauration des frères dominicains*. À 
côté du chœur, k g., statue du Christ 
debout, tenant la croix, par Michel- 
Ange. Elle fut terminée par Fed. 
Frixzij sculpteur florentin. On a dû 
mettre un brodequin en bronze au pied 
droit, parce que les dévots Tusnient à 
force de le baiser. A l'opposile. S* Jean, 
par Obizzi, — 5*chap. à dr. (la 1" étant 
celle des fonts baptismaux), dessinée 
par C. MadeiTie, peintures à fresque 
de Cesare Nebbia [indifférentes]; ta- 
bleau d'autel représentant Tango qui 
présente à la V. 5 jeunes filles de la 
confrérie de TÂnnunziata, attribué au 
Fiesole [on ne reconnaît nullement sn 
manière. Quelques-uns l'attribuent à 
Bcnozzo Gozzoli]. Statue d'Urbain YU, 
\KiTBuonvicino. — Chapelle suivante 
(Aldovrandini) : C5ne, de Baroccio, 
[peinture noire et médiocre]. — Trans- 
sept de dr., chapelle de S*-Thomas 
d'Aquin, fresque cfe Filippino Lippi; 
le tableau d'autel représente la V., 
S* Thomas d'Aquin et le c;irdin;il OHv. 
Carafa. A la voùle, Sibylles et Anges, 
par Raffaellino del Garbo ; ces di- 

* Sur la façad(>,drs inscriptions marquent 
la hauteur de» ù6\iort\eineiits du Tibre en 
UiH, i4^, 1530, i5o7, imt, la plus cxtraor- 
d/aatre. 



verses peintures ont été endommagées 
par les restaurations. Tombeau do 
Paul IV, de la famille Carafa; dessiné 
par Pirro Liaorio. — Tombeau go- 
thique de Guill. Durand, remarquable 
par ses mosaïques et ses sculptures, 
par Giov. Cosimati. — Chap. Àltieri: 
sur l'autel, tableau de C, Maratta; 
à la lunette, fresques [nulles] du Ba» 
dccio. — Chap. dfu Rosaire: peintures 
de la voûte [en petits compartiments ; 
peu visible], par Bîarcello Venmli; 
peintures* murales, relatives à Cathe- 
rine de Sienne, par Giov, de' Vecchi; 
sur l'autel: Madone, attribuée à tort à 
Beato Angelico. — Maître-autel mo- 
derne. Sous l'autel sont les restes de 
S*" Catherine de Sienne. Fenêtres à 
verrières de couleurs, modernes. — 
Derrière le maitre-autel: tombeaux de 
Léon X et de Clément Yll, par Bandi- 
nelli^; les statues de ces papes sont 
de Haf. da Montelupo et de Nani 
di Baccio Bigio. — Près de Léon X, 
pierre tombale du cardinal Bembo. 
consacrée par son fils naturel, qu'il 
avait eu de la Morosina. — Dans un 
corridor conduisant à une porte der- 
rière la tribune, tombeaux au cardinal 
Alessandrino, par Giac. délia Porta ; 
du cardinal Pimentel, par le Bernin ; 
du cardinal Bonelli, par C. Rainaldi, 
Avant de rentrer dans la nef, on voit 
à dr., enchâssé dans le mur, le tom- 
beau d'un humble moine qui fut un 
grand artiste, de Beato Angelico. 11 est 
représenté revêtu de son costume de 
Dominicain, la tète posée sur un cous- 
sin ; les mains croisées sur la poitrine. 
L'inscription porte : Hic Jacet Yen. 
PïCTOR Fr. Io. de Flou. Ord. P. (ordi- 
nis Praedicalorum). MCCCCLV.— Sa- 
cristie, Christ en croix et saints, par 
And. Sacchi. — En rentrant dans 
l'église, on voit dans la chapelle S^- 



* Nibby (8' édit.) les attribue à Baccio 
VintelU. Mais il nous semble, (^ue cq,V. ^\A\\- 
leclo, cmp\o^6 pat ^VW-ô \N , y^^ ^^ "^^^"^ ^ 
1484, ne devait v^u* eiÀsVw. wx ^w«^\V ^>J5^ 
beaucoup trop %kk «i\«l motV^^^X^s»»»'^^^ 
(1554). 



194 



E U3. 



Dominique, le tombeau de Bnnnil XIU. 
— En redescendant la nef latérale, 
on remarque encore plusieurs lom- 
beaui ; sur un pilier, celui de l'aiilî- 
quaire Fabretti. sculpté par Husconi; 
ilans une chapelle, une petite statue de 
S' Sébastien, par Itino da Fietote; du 
même (après la dernière chapelle), le 
tombeau de Tornabuoni, marchand flo- 
rentin, parent des Médicis ; et au-des- 
sus celui du cardinal Tcbaldi, par jliii^. 
Verocchio (?) — Le coovent attaché à 
cette ëjilise est le siège principal des 
dominicains et la résidence du général 
de l'ordre. — C'est 11 aussi au'esl la 
célèbre BiBLiorniQUE de la Hinebve. 
{V. plus loin : BibliotlUque.) 

SAWtA MiRit DELL' Orto — rirastc- 
ïere. — l'I. 3!t, D, V). Eglise ainsi 
nommée d'une image de la V., ^ute 
sur le mur d'un jarain. Construite en 
15)3, sur le dessin de Juifs AomaiH,- 
facado de MarUtio Lun^hi. — Inté- 
rieur richement décore. 1'* chap. il 
dr., Amionciation, fresque de Taadeo 
Zttcchero; les peintiu^s de la chap. 
suivante sont de son frère Federigo. 
Transsept, peinlure, par Picota da 
fesaro. Sur le majlre-aulel, l'image 
miraculeuse de la V., qui était sur le 
mur du jardin. 

n Cr^li? église apparlient à plusieurs 
coqioraLïons ; chaciii»' » sa tomfc devant 
SI propre chapelle, et sur le couvercle 
sont ^vées ses armes particulières : un 
coq sur la IODit>e d» marclianils de vo- 
tallles, une panlouQe sur celle des save- 
tiers, des artichauts sur celle des jardï- 
uiera, t etc. (ttobello.) 

Sii!iT« Haria deixa I'arr, — S"- 
Harie de la [>aii (au N. 0. de la place 
Navono.— PI. U, D, ni. -llya une 
entrée par le clnllre qui fut dt^ssiné 
par Bramanle). Consti-uile en 147S, 
sur le dessin de Baccio PinlelU, par 
Sixte IV. en actions de gritces pour la 

tian. entre les princes chrétiens, la 
nsade thi'âtrale, avec son portique 
îeiai'àrcu}mre, put de Piètre de Cor- 
^vif. — Aii-desKua à« la 1" chapelle 



k dr., que le banquier Agoatino CÛgi 
{V. i>, 25S) fît décoreri ses frais, m 
admire la célèbre fresque de Raphùtt: 
les SiBiLLES. Elles ne furent pat eié- 
ilêes avant 1511. 

[On a dit (|uc dans ce bd ouvrage Ba- 

|]n'"'su]'ct°'sembiable. avec Hicbel>^, 
t^pendant ici il ne cbcrehe pas, mnaw 
dans «ui Isaïe, de l'église S'-Auguitii, i 
imiter le peintre delà chapelle Siitine. 
Il Ecmblc plulût avoir en vue d'itablir, 
par la fjèce, la beautë de ses libres, la 
ililTéjence de son goût d'avec celui de >aa 
rival, qui lirilise les siennes et leur danae 
cette cliaqientc grandiose, inconnue amt 
lui, et dont il n'a laissé le secret Aauein 
lie SCS nombreux imitateurs. La seule li- 
gure qui pourrait peut -être se prêter à 
~ rapprochcmi ut serait la l^ure de dr., 
vieille sibylle Tiburtine.] — V, Paasa- 
'' — ■-■ tre erreur accréditée 



d'Assise, altriliu&w faussement i l'In^ 
0110 et nui sont il'Aàtme Dont, ccnteni- 
porniu de Vasari. — llaphaSl fui aidé 
ibns ses travaux par Timùifti délia File, 

qiii peignit les I'hovbètes sur ses des- 
sins. Les t'ri>^ucs de l'aphai'l. déii res- 
taurées de im à t061 , l'ont encore M 



La chapelle suivanle, à g., a éli 
dessinée par Michel- Atige; les ara- 
besques en marbre qui en décorent 
l'extérieur sont do Stm. Mosea. Le» 
statuts de S' l'ierre et S' Paul, et lea 
lomhoauï, sont du sculpteur Vîncenzo 
de' Ros», de Fiesole. — Les laUeaui 
au-dessous de la Coupole sont : Visita- 
tion, par C.Jfarafdi: Présentation au 
temple, une des meilleures peintures 
du célèbre architecte Balthazar Pe- 
rii%%i [œuvre impoitanle, mais mal 
conçue ; on voit une place publique, 
des cavaliers, etc...; ce que l'on peut 
i peine discerner dans cette peinture 
enfumée, c'est b petite Vierge] ; Na- 
tivité de la V., par Fr. Yanni; ilort 
delaV., deMorandi. — La voilte el 
les lunettes au-dessus du maitre-aiitel 
[SonlpwnVeftifOT V AlbiiTie, iM» wi^po^ 



Haû de rËglûse. route 142. — rone. — âguses. 



i95 



lesse ; VÀdoration des mages, par Pas- 
ig^ni, — Qum. à g., JNalivité, par 
Hcciolante (le Sermoneia), V* cbap. 

g., en entrant, fresque estimée 
e B. Peruzzi : la V., S** Brigitte, 
** Catherine et le fondateur de 
1 chapelle. Dans la même chapelle, 
Dmbeau élégant de deux ieunes filles 
aortes le même jour de la peste, en 
505 ; Letarouilly le croit de Bra- 
nante. 

Santa Maria del Popolo — S*'- 
farîe du Peuple (k côté de la porte du 
^euple. — Pi. 41, E, I). Cette église 
îflty par ses peintures et surtout par 
(08 sculptures et ses ciselures des xv* 
)i xYi* siècles, une des plus intéres- 
Antes de Bome. Construite, selon la 
radition, en 1099, pour purger cet 
indroit des démons établis autour du 
ombeau de Néron, Sixte lY la fit re- 
bâtir par Baccio PintellU vers 1475. 
U\e a été modernisée par le Bernùi. 

— 1" chap. il dr. : Nativité de J. C, 
Buvre très-estimée de Pinturiccliio. 
jBS peintures des cinq lunettes, éga- 
ement de lui, sont altérées. Tombeau 
lu cardinal délia Bovere (belle pro- 
luction du xv* siècle) et de Giov. di 
Castro (Letarouilly croit ce dernier de 
San Gallo). — 2" chap., richement 
iécorée, due à Tarchitecte C, Fon- 
tana : sur Tautel, Conception, peinte 
h rhuile sur mur par Carlo Maratta. 

— 3* chap. ; on y reconnaît Tarchi- 
tecture de Baccio rintelli. Fresques de 
Pinturicchio, restaurées par Camuc- 
cini; a g., figure en bronze d'un 
évéque, couchée sur un tombeau [d'un 
dessin élégant], à dr., tombeau de 
Jean de la Bovère. — 4' cbap. : Bas- 
relief (S** Catherine entre S* Antoine 
de Padoue et S* Vincent, martyr), bel 
ouvrage de sculpture du xv* siècle. 
Deux tombeaux remarquables. — Au 
maître-autel, une de ces images véné- 
rées de la Y., attribuée à S* Luc. (Le 
pape vient s'y prosterner le 8 sep- 
tembre et dire la messe.) Chœur : der- 
rière le maître-aute]. Fresques de la 
roAUt, par Pinltificchio. Fenêtres à 



vitraux de couleurs, par CXauàe et 
Guillaume de Marseille, appelés par 
Bramante; genre de décoration pres- 
que inconnu à Bome. Tombeaux des 
cardinaux Ascanio Sforza et Uieronimo 
Basse, par Andréa Contucci-da San- 
sovino, regardés conihie les meilleurs 
modèles d ornements modernes que 
possède Bome, tant pour la pureté du 
dessin que pour le fini de l'exécution. 
Chapelle k g. du chœur, sur l'autel : 
Assomption, d'Annibal Carraclie; à 
dr. et à g.. Crucifiement de S* Pierre 
et Conversion de S^ Paul, de Michel- 
Ange de Caravage. — Chapelle Chigi 
(la 2* à g. en entrant), une des 
plus intéressantes; le dessin en est 
attribué à Raphaël, La galerie de Flo- 
rence conserve un dessin de sa main 
avec des notes manuscrites relatives à 
la construction de cette chapelle. Mal- 
gré ce document positif, la composition 
ot les détails en sont si habiles, que 
Letarouilly, y retrouvant des traces 
visibles d'études plus sérieuses et plus 
profondes que celles qu'on pourrait 
supposer dans Baphael, pense que 
probablement Batdassare Peru%%i, 
compatriote du riche banquier Chigi 
et ayant toute sa confiance, fut appelé 
à travailler ici de concert avec Ka- 
phaël, comme à la Farnésine. Du reste, 
Baphaël ne put terminer cette cha- 
pelle, étant mort, en 1520, un peu 
avant Chigi, qui, en 1519, avait pris 
dans son testament des dispositions 
pour la faire achever. Cette chapelle 
présente un singulier mélange païen 
et sacré dans les mosaïques de la cou- 
pole : Jupiter, Diane, Mercure... figu- 
rant les planètes, autour de Jéhovah 1 
[Le paganisme y triomphe, non-seole- 
ment par la mythologie, mais par des 
nudités plus grecques quechrétiennes.] 
Baphaël en ht, dit-on, les dessins. En- 
fin on croit qu'il fit le modèle de la 
statue de Jonas, exécutée sous ses yeux 
et dans sa maison par Lorem^ LûUo. 
[La tète du iotvîis &ÇiV£\\vV^Vcc;\«v^'tv^.- 
ininiscence de ceWe d^ \k\v>Axwavffi»,>û.^ 
des plus àèp\oT2art\e^ ««w^ivÀs^ ^<i\««^ 



106 



ROUTE 142. — ROME. — ÉGLISES. 



liquilé qui aient pu trouver place dans 
une église.] La statue d'Elie, par le 
même sculpteur, aurait aussi été des- 
sinée par Raphaël, qui se montra, 
dans la chapelle Gliigi, ii la fois pein- 
tre, sculpteur et^ architecte. Le de- 
vant d'autel a un beau bas-relief en 
bronze de Lorenw Lotto. La Na~ 
tivilé delà Y., commencée par Sébas- 
tien del PiombOf fut terminée par Fr. 
Salviati ; les autres peintures sont de 
Salviati. Les statues de Daniel et d1Ia- 
bacuc sont du Bernin. Du mêmey les 
tombeaux d'Agostino et Sigismondo 
Chigi. — On remarquera encore plu- 
sieurs tombeaux, entre autres celui du 
cardinal Pallavicini, dans la 1" cha- 
pelle à g., et quelques ouvrages de 
sculpture dans la sacristie et le vesti- 
bule qui la précède. 

Santa Maria in Trastevere — (PI. 
42, C, V). — Une des belles basiliques 
de Rome, érigée, en 224, sur rempla- 
cement d'une ancienne tabeitia me- 
ritoria, ou dépôt de soldats inva- 
lides; restaurée plusieurs fois. Mo- 
saïques de la façade, de 4139 ; au xv" 
siècle, Nicolas V restaura l'église sur 
les dessins de Bem. Rossellini. Le 
portique est du xviii* siècle. — Inté- 
rieur : 3 nefs, 21 colonnes de granit, 
diverses, provenant d'un temple dlsis 
et de Scrapis ; on y voit leur tête et 
celle d'Harpocrale. Pavement en opus 
Alexandrinum. — Au milieu du beau 

Slafond à caissons dorés. Assomption 
e la V., par le Dominiquin. Tom- 
beaux de cardinaux, par PaolOy cé- 
lèbre sculpteur romain du xiv* siècle. 

— Maitre-autel à baldaquin, soutenu 
par 4 colonnes de porphyre. Mosaïques 
de Tabside et du grand arc, de 1 143 ; 
celles du bas de la tribune, par P, Ca- 
vallini (1351). 

Santa Makia in Vallicella ou Chiesa 
Ndova — (à rO. de la place Navone. 

— PI. 43, (1, III), une des grandes 
et belles églises de Rome. S^ Philippe 
de Néri la fit reconstruire, en 1575, 

sur les dessins de Martino Lunghi 
fe vieux. L ^intérieur, à 3 nefs, fut ri- 



chement décore par Tinfatigable Pie'' 
Iro da Cortona, oui peignit la toute, 
la coupole et la tribune. ^— l** chap. 
à dr.. Crucifiement, par Scip, Gae^ 
tani. — 2* chap., copie du tableau 
de la Mise au tombeau de Michel-Ange 
de Caravage (qui est au musée du 
Vatican). — Transsept : Couronnement 
de la Y., par le chevalier d^Arpin. 
Statues des deux S* Jean, par Fum, 
Vacca, — La riche chap. suivante 
(Spada) a sur Pautel un tableau de 
C. Maratta, — Au maitre-autel : trois 

Ceintures de la jeunesse de Rubem. 
ranssept de g., présentation de la Y. 
•au temple, par Baroccio. — Belle 
chapelle de S*-Phil. de Néri, tableau 
du saint, exécuté en mosaïque d'après 
le tableau du Guide, conservé aans 
le couvent. — Sacristie : fresque de 
la voûte par Piet, de Cortone, Sta- 
tue de S» PhU. de Néri, par VAtgarde. 
A une chap. intérieure, beau Gtier* 
chin. (De cette chapelle on monte dans 
les chambres qu'habitait le saint. On 
y conserve le tableau original du 
Gtdde.) — Rentrant dans l'église, on 
voit une Yisitation, peinte par Baroc- 
ciOf et une dernière chapelle peinte 
par le chevalier d'Arpin. Tombeaux 
de Baronius; du cardinal Maury. — Le 
Couvent de S'-Philippe de Néki, con- 
ligu, est un des meilleurs ouvrages du 
Borromini ; les plans en sont habile- 
ment entendus, mais la façade est dé- 
parée par d'extravagantes nouveautés. 
— (Du 1" novembre jusqu'au dimanche 
des Rameaux, on exécute à Toratoire, 
les jours de fête, des morceaux de 
musique religieuse; les femmes n'y 
sont pas admises.) — Riche biblio- 
thèque. 

Santa Maria della Yittoria — (près 
les thermes de Dioclétien. — PI. 44, 
G, II). Elevée en 1605 par Paul Y. 
Son nom lui fut donné en vertu de 



plusieurs victoires sur les hérétiques 
et les Turcs, par l'intercession d'une 






, P 
image de la Vierge, brûlée en 1833. 

Façade pat J. B. Soria; le cardinal. 



Statft de rÉglisc. . route 142. — rohe. — églises. 



197 



Dette dépense, en reconnaissance du 
présent qui lui a^ait été fait de la sta- 
tue de lliermaphrodite, trouvée d»ns 
un jardin contigu, et actuellement au 
musée du Louvre. — L'intérieur de 
cette église, une des plus riches de 
Rome comme ornementation, est de 
Carlo Mademo, — 2' chap. : Domi- 
niquin, la Vierge, TEnfant Jésus et 
S* François. Les peintures latérales 
sont aussi du même artiste. — Dans 
une chapelle du transsept, un groupe, 
considéré comme le chef-d'œuvre du 
Bemin [chef-d'œuvre mondain et 
plein d'afféterie], représente S'* Thé- 
rèse, aux yeux languissants, dans une 
attitude d'exlase, tandis qu'un Ange 
(au nez retroussé), armé d'une flèche, 
est sur le point de lui percer le cœur, 
et sourit d'une manière peu édi- 
fiante. Sur les côtés, deux Anges as- 
sistent U ce spectacle. — 5" chap. ii g., 
la Trinité, pemture du Guerchin; Cru- 
cifiement, copié d'après le Guide. 

Santa Mautina — S*'-Martine et S'- 
Luc (au *Forum, ii l'angle de la rue 
Bonella. — PI. 65, carré E, IV), an- 
cienne église, reconstruite sous Ur- 
bain VllI par Pietro da Cortona, qui 
fit construire à ses frais la chapelle 
souterraine, et légua en mourant 
100 000 scudi à l'édise. On y voit le 
modèle en plâtre de la statue colossale 
de Jésus-Cnrist, par Thorwaldsen ; 
une Assomption, par Seb. Conca. 

San Martino a' Wontï — (près et au 
N. des thermes de Titus. — W. 45, 
G, IV). Une des plus belles églises de 
Rome, bâtie par le pape S^ Symmaque, 
Tan 500; modernisée en 16d0, sur les 
dessins de Pietro da Gortona. — 5 
nefs : 24 colonnes corinthiennes an- 
tiques, de différents marbres. La dis- 
position du maitre-aulel, pyramidant 
d'une manière élégante au-dessus 
d'une plate-forme élevée sur un double 
escalier, est d'après les dessins de 
Pietro da Cortona. Le beau plafond 
fut donné par Charles Borromée. — 
Nefs latérales :/)aj5a^es h fresque [à 
inoitié effacés], de Gaspard Poussin 



(Gîiaspre Dughet), — Deux fresques 
représentent (collatéral de g.] l'inté- 
rieur de la basilique de S*-Pierre et 
(près do la porte d entrée) celui de S*- 
Jean de Litran, avant leur reconstruc- 
tion. — La chapelle souterraine, pr 
Pietro da Cortona^ présente de belles 
perspectives. Elle conserve les restes 
des papes S* Silvestre et S* Martin. 

Santi Nereo et Aciulleo — (près des 
thermes de Caracalla. — PI. 46, F, 
VII). Eglise bâtie vers 524, recon- 
struite en 1596 par le cardinal Baro- 
nius, qui lui conserva sa forme pri- 
mitive. Les deux saints auxquels elle 
est consacrée étaient (les eunuques at- 
tachés à la famille de Dioclétien, qui 
furent martyrisés, — Ambons, autel 
et clôtures du chœur en marbre orné 
de mosaïques, les plus somptueux ou- 
vrages de ce genre â Rome. — Siège 
pontifical où s'assit Grégoire le Grand 
pour réciter au peuple sa 28' homélie, 
dont une partie est gravée sur le 
dossier. — A la tribune, mosaïque du 
IX* siècle et fresque représentant un 
concile. Deux peintures de Roncalli : 
S'* Domitille et martyre des Saints 
apôtres. (Cette église est fermée do 
bonne heure.) 

Sakt' Onofrio — S*-Onuphre (sur 
le Janicule, au-dessus de la porte Sim 
Spirito. — PL 47, B, III). Bâtie au 
XV* siècle. Eglise et couvent immorla* 
lises par la mort du Tasse. Sous le 
portique : trois lunettes, par le Domi- 
niquin, La Vierge avec 1 Enf. J., au- 
dessus de la porte, est aussi de lui. Ces 
peintures sont très-altérées. Près do 
la porte, une inscription indique rem- 
placement où furent d'abord déposés 
les restes du Tasse. Ils ont été trans- 
portés, le 25 avril 1857, dans une 
chapelle k g., où on lui a élevé un 
monument. La statue est détestable. 
Il y a encore dans l'église les tombeaux 
du poète Alex. Guidi; de Barclay, 
l'auteur de l'Argenis, et du. céAètei^. 
polyglotte Me7.ioV\vw\:\ V,\^^HS^. — ^^^ 
tribune, îrcs(\ucs wvàiîwvav^^^^'^ "^"^ 



188 



RUUTK 14*2. — ROME. — ÉGLI8ES. 



faussement attribué à Romulus et Re- 
mus (F. p. 145) avec sa coupole, infé- 
rieure en hauteur à l'église nouvelle, 
fut conservée comme vestibule. — On 
croit que les mosaïques de la tribune 
sont de Tannée 530. Elles représen- 
tent FAgneau mystique. 

Santa Francesca Romana, — S""- 
Fraqçoise-Romaine (au Forum, près 
de la basilique de Constantin. — PI. 
18, F. V), nâtie sur remplacement du 
temple de Vénus et de Rome (V. p. 
145). Renouvelée sous Paul V. Mo- 
saïques du IX* siècle. En avant du 
grand autel, tombeau de la sainte, 
dessiné par le Bernin; au transsept, 
tombeau de Grégoire XI, par 0/mm 
(1584). — La V. et 4 Saints, peinture 
de Sinibaldo Ihi. 

Gesû, — Jésus (place du même 
nom, «rO. du palais de Venise. — 
PI. 19, E, 1); une des églises les plus 
vastes et les plus riches de Rome ; ap- 
partenant il la congrégation des Jé- 
suites. Commencée en 1558 parle cé- 
lèbre Vignole. En 1575, Jacques de 
la Porte, son élève, la contmua et 
fit la coupole et la façade. L'intérieur 
se fait remarquer par ses pilastres 
corinthiens, ses stucs dorés, ses sculp- 
tures en marbre et ses peintures. 
Fresques de la voûte, de la coupole et 
de la tribune, par le Bacicdo [pein- 
ture décorative, flamboyante, très- 
mouvementée].— Chapelle au fond du 
transsept de dr. par Piètre de Cor- 
tone : Mort d*e S* François-Xavier, par 
C. Maratta [tableau qui a noirci]. — 
Maitre-autel dessiné par Jacques de la 
Porte, décoré de 4 colonnes de 

i'aune antique; restauré en 1842. Ta- 
bleau de la Circoncision, par Capalti. 
— A côté de cet autel, tombeau du 
célèbre cardinal Bellarmin ; figures de 
la Religion et de la Sagesse, par le 
Bernin. — Rien n'égale la richesse de 
Tautel de S*-ïgnace (à l'extrémité g. 
de la nef traversale), oessiné par le P. 
Po^^^^it, jésuite. Le globe tenu par le 
J^e éternel est^ dit-on, le plus gros 
inofvfiau de lapis-hzviïï. Ststtue en ar- 



gent du saint, haute de 2 met. 90, . 
modelée par Legros, artiste français, 
alors le plus célèbre sculpteur de 
Rome. Aux côtés de l'autel, deux 
groupes en marbre : 1** le Christia- 
nisme embrassant les peuples bar- 
bares, par le sculpteur français Théo- 
don; 2" le Triomphe de la Religion 
sur l'Hérésie, par Legros* 

San Giorgio in Velabro — (à côté 
de l'arc de Janus Quadrifrons (F. p. 
1 55) . Eglise (rarement ouverte) rebâ- 
tie au vni* siècle ; le portique est du 
xiii" siècle. A l'intérieur, 16 colonnes 
variées provenant de monuments an- 
tiques. 

San Giovani de' Fiorentini, — Saint- 
Jean des Florentins (au bord du Tibre, 
à l'entrée de la rue Giulia — PI. 20, 
C, lll) doit son origine à une associa- 
tion ae pieux Florentins. Michel-Ange 
fit cinq projets (l'un d'eux est repro- 
duit dans l'ouvrage de Lctarouilly, 
p. 541 du texte); Sangallo, Raphaël, 
concoururent également. LéonX choi- 
sit le modèle de Sansovino. Celui-ci 
étendit ses fondations en empiétant 
sur le Tibre. Après le sac de Rome 
(1527), Sangallo lui succéda; puis 
Giacomo délia Porta (Jacques de la 
Porte), Carlo Maderno. Enfin, Aless, 
Galilei fit la façade en 1754. — 
Troisième chapelle à dr.. S' Jérôme 
priant, par Santi di Tito ; à g. : S* Jé- 
rôme écrivant, belle peinture de Ci- 
goli ; la peinture à dr. est du Passi- 
gnani. — Au transsept de dr., célèbre 
peinture deSalvator Rosa. Délivrance 
des saints Cosme et Damien du mar- 
tyre. Maître-autel, groupe, par Raggi, 

— A g. du maitre-autel, chapelle du 
Crucifix, peintures [médiocres] de Lan- 
franc. [Dans la coupole peinte par le 
même, singulière figure du Christ, 
étendu à la renverse, les jambes en 
l'air. On peint toujours des sujets re- 
ligieux, mais l'art religieux est mort.] 

— 5* chap. à g. : S* François [noirci], 
par Santi di Tito ; les autres neintures 
sont du Pomerancio [ton léger de 
la fresque^. 



tw» de i'ÉgliK. Rorra li3. — i 

Cist du» cMtc tf]ite i[»e B. Celliiii 

mtemît, en 1530, son frire, liifi ilans 

I ittaqne conlrc le guft, cl jurait une 

qui DG K iit pas Dllciidro. 

S«II GlBOUHO DEGLI ScfllAYOHI, — 

S'-Jérôme des Esclavons (porl de Vi- 
' petù.— PI.22, D, II). Celle églisu. 
construile par Siite V sut les dessins 
do Mort. Lungbi et Ciov. Fmlana. 
a Été rouverte en 4852, sortant toute 
coquette des mains des ilécoraleurs. 
Gagliardî, peintre virant, a peint à 
fresque la voûte et plusieurs eompo- 
Htioiu. 

Sam Gkegorio, — S'-Grégoiro (sur 
le oiont Celio, vis4-vis du nlatin. — 
PI, 33, F, Vl). Construite au vu* «iècle, 
h la place où Crégoire le Grand avait 
transibrn)^ en couvent le puiais de 
son père. Façade et portique de Giov. 
B. SùHa (1655). LVglise reconstruite 
en 1754 par tr. Ferrari. Sous le 

Sarlique est l'enlrée d'une terrasse 
'où on a une me pittoresque sur les 
ruines du palais des Césars. — Inté- 
rieur à 5 nefs, 16 colonnes antiques. 
— Chapelle San Gregorio, sculptures 
du lï* siècle. — Un portique conduit 
OUI trois chapelles suivantes : celle du 
milieu, dédiée à S' André, a deux 
niques précieuses, l'une de (itndo 
Rtm (S' André adorant la Croii), 
l'autre du Dominiquin (Flagellation 
du saint' . Ces deux fresques, exéculées 
en concurrence par les deux artistes, 
méritent, seules, qu'on aille visiter 
celteég:lige. LeFlagelleur. vu de dos. du 
Dominuptiii. est nmarquaUe comme 
puistance de de«sin et élévation de 
■lyle. Annilial Carraclie dit de erg 
deux ouvrages: ■ \a. peinture du Guide 
eat d'un mailre. celle du Dominiquin 
est d'un élève qui en sait plus que le 
maître. • — 3' chapelle, Santa &lvia 
(mère de Grégoire), fresque de Gvido 
Reni. — 3' chapelle, sfatuc de S' Gré- 
goire; par Coràieri, ébaudiée, dit-on, 
par Sîchel-Ange. 






189 






Chici [V. l'*Mn ; Is Farn'- 

■it oMenii l'hnnnciird'unniDnu- 

cc cclli* inicripliun : ■ Imperia, 

(.-orlîrana romann, quR' -ligna tanio NO- 

■~ ', ranu iiiter bôinints fonu»' siieri- 

ileilil. YiiiL aiinus WVl ilimllll, 

1511, die 1S nugutli.» « ]|oim- 

. et iiii^riptioii, il'il Vulery, ili^lniils 

ilnns le siècle di^nicr, nun 'poinl par 

cunverani'c ni pur urupule, nais dam 

quelque rostauiiliun, par iiiadvertiiiKe. " 

Sam' Iguazio , — S' -Ignace de. 
Uvola (place du même nom entre le 
Cof» eilePanthion. - l'I. 24, E. III). 
L'ommcncée en 1026. Le Dominiquin 
donna deux dessins, cl le P. Groai, 
jésuite, fit un nian combiné des deux. 
1ji fatadc est de i'Àtgarde. C'est une 
des belles lafades, de stvle jésuite. — 
Le l>. Poui ou PozM (1643-1709), 
écuitu, peintre, sculp. et architecte, 
lossédanl une surpreiuinle célérité 
l'exécution, peignit le plafond de S'- 
IgnacB en 10 ou 12 mois. U dessina 
' .-lutels de cette église, et peignit 

:orc la tribune et un tabli'nu du i" 
nuicl h dr. Il a exécuté des peintures 
dans des églises dv Jésuites i Turin, 
llondovi, Hodène, Areizo, llonlepul- 
l'iano. et au Collège Romain, à Rome. 
11 excellait dans la perspective. [A lu 
voùle de l'êgl. S'-IgnnveU a peint une 
architecture fanlaslique, avec ilcs res- 
auls, des corniches, des arceaux, des 
rihiines où sont répanilus des spccla- 
leurs et d'eu jKirtcnt des anges et des 
sainis faisant cortège ïlunacedu Loyola 
jusque dans sa gloire célciite. Riche dé* 
coration; imagination féconde cl déré- 
" .] — Chapclledu transscpl dcdr., 
relief reinnrqualile représentant 
l'apolliéoee de Louis de Gonzague, par 
Legros. — l'or le même, âdr, du mailre- 
autel, beau tombeau de Grégnre XY. 
— Ij! Colf.éue Roykifl est aliénant il 

Sant' Isrnoco — (iiinnle l'incin. — 
l'I. 25, F, II). Sur le maat-twiteV, 
bonne BeinVwe 4'MvA. "SiwsW.-, ^ 
Isidore-, \ 4t.. *aft.we, cm C-i.t^; 
Marollo \4'\mft'Wîitt twie»A- — 



190 



ROUTE '142. — ROME. — KGLISRS. 



chapelle à dr. ^peintures de C. Maratta: 
In fuite en Egypte et la mort de S' 
Joseph (Jésus, assis près du lit, Tex- 
horte). 

San Lorenzo in Damaso — (n" 61 , 
Carré D, III du Plan, à côté du palais 
de la Chancellerie, derrière un pro- 
longement de la façade de ce palais à 
dr.). La porte est de Vignole. Malgré 
Télégance de ses profils, la porte 
projetée par Bramante (reproduite 
dans l'ouvrage de Lctarouilly, pi. 531) 
est plus en harmonie avec la façade. 

— Tombeaux d'Ânnibal Caro, pointe 
du XVI* siècle ; de Sadolet ; du comte 
Rossi (buste par Tenerani), assassiné 
le 15 novemnre 1848, dans le palais 
de la Chancellerie. 

San Lorenzo in Lucina — (place du 
même nom, vis-à-vis du palais Rus- 
poli. — PI. 26, E, II). Cette église, 
restaurée par Paul V, en 1606, ap- 
pelle le pieux pèlerinage des voya- 
geiirs français ; elle contient (entre la 
2* et la 3* chapelle à dr.) le tombeau 
deTillustre Poussin, élevé aux frais du 
vicomte de Chateaubriand. — Au 
maître-autel, peinture du Crucifie- 
ment, par Guido Reni, 

San Lorenzo in Miranda, — église 
bâtie sur les restes du temple d'Ân- 
tonin et Faustine au Forum (T. p. 
142). 

San Luigi de' Francesi, — S*-Louis 
des Français (k TE. et près de la place 
Navone. -- PI. 27. D, lïl), Téglise 
des Français résidant à Rome. Ache- 
vée sur les dessins de Giac. délia 
Porta, en 1589, Tannée de la mort 
de Catherine de Médicis, qui y contri- 
bua pour des sommes considérables. 

— Peintures de la voûte de la nef, 
par Natoire. — Sur le premier pilier, 
monument en marbre blanc, et de 
forme pyramidale, élevé en 1852 à la 
mémoire des soldats français morts au 
siège de Rome, en 1849. — 2* cha- 
pelle, belles fresques classiques du 
Dommiquin (Actes de S*' Cécile), al- 

lérées par hs restaurnlions. — Copie 
/foire et mauvaise] par le Guiaey 



d'après la S*' Cécile de Raphaël^ dâmii- 
sée de Bologne. — 3' chapelle, taUeàu 
d'autel, par Parrocel. — Tombeaux 
du cardinal d'Ossat: du cardinal de 
Bernis ; du peintre Pierre Guérin ; de 
de p. Wicar, mort à Rome en 1854 ; 
inscription lapidaire à la mémoire de 
rarchéologucJ. B. Séroux d'Agincourt. 

— Maitre-autel : Assomption de la 
Vierge, un des meilleurs ouvrages de 
Fr. Bassano [noirci]. Chapelle à g. 
du maitre-autel : tahleau d'autel et 
tableaux latéraux, par le Caravage] 
fresques de la voûte, parle chev. d'Î4r- 
pin. — Tombeau de M"" de Mont- 
morin, érigé par M. de Chateaubriand, 
qui en composa Télégante inscription. 

— Monument à la mémoire de Claude 
Gelée, par Lemoyne [sculpture mé- 
diocre] . — Sur la porte de la sacristie, 
tombeau du cardinal de la Grange 
d'Arquien, beau-père de Sobiesky ; il 
mourut à cent cinq ans. « Homme 
d'esprit, de bonne compagnie, dit S*- 
Simon, fait cardinal à 82 ans, gail- 
lard, qui eut des demoiselles fort au 
delà de cet âge, qui ne dit jamais son 
bréviaire, et qui s'en vantait. » 

San Marcello — (place du même 
nom, sur le Corso. — PI. 29, E, IIH. 
Rebâtie en 1519, sur les dessins ne 
Sansovino; façade de mauvais goût, 
par C. Fontana. — 4* chapelle à g., 
conversion de S* Paul, par F. Zuccliero, 
et fresques par son frère Taddeo. — 
4* chapelle à dr. , Création d'Eve, belle 
peinture de Pierim del Vaga; le S' 
Marc et le S* Jean, du même ; le reste 
est terminé sur ses cartons par Da- 
niel de Volterre, aidé de Pellegrino 
de Modène. — Tombeau du cardinal 
Consalvi. 

San Marco — (place du même 
nom ; l'église de S*-Marc est attenante 
au palais de Venise. — PI. 28, E, IV). 
Fondée en 336 ; plusieurs fois rebâ- 
tie, et, en 1468, par Paul 11. Façade 
par Giîiliano da majano. — Au por- 
tique extérieur, un colosse de Junon 
et d'anciennes épitaphcs chrétiennes. 
A l'abside, moRWo^ao Ae. Vwi%'NT\, — 



ÉUtir de rÉglise. route 142. — rome. — kglises. 

Peintures [sans intérêt] : Résurrection, 
de Palma le Jeune; S* Marc, pape 

Î école du Pérugin). — Adoration des 
lages, de C. Maratta. Tombeau de 
Leonardo Pesaro, un des premiers ou- 
vrages de Canova. 

Sakta Maria degli Angeli, — S"- 
Marie des Anees (place des Tormini. 
— PL 50, G,lll), une des plus grandes 
églises de Rome. Michel- Ange, âgé 
déplus de 80 ans, chargé de ce tra- 
vail par Pie IV, conçut l'idée d'établir 
cette éfflise dans une immense salle 
(bibliothèque ou cella Calidaria) des 
thermes de Dioclétien (Y. p. 157). 11 
conserva en place les 8 belles colonnes 
de granit d'un seul morceau; mais, 
'pour préserver Tédifice de Thumidité, 
il exhaussa le pavé de 2 met. et en- 
. terra les bases des colonnes. (La hau- 
teur du grand ordre, compris la nou- 
velle base et le chapiteau, est de 13 
met. 826 ; du sol a la voûte, 28 met. 
920 ; longueur de la grande nef, au- 

I'ourd'hui transversale, 100 met. 622.) 
lais, sous Benoit XY, Vantivelli al- 
téra les belles dispositions de Michel- 
Ange, et mit rédince dans Tétat où il 
est aujourd'hui. L'église do Michel- 
Ange devint la nef transversale de la 
sienne. Profitant de certaines dépen- 
dances de la bibliothèque, Michel-Ange 
avait construit A grandes chapelles en- 
foncées, 2 de chaque côté ae la nef. 
Tout cela a disparu. Ces chapelles ont 
été murées et sont devenues des ma- 
gasins à foin. Pour établir de Tuni- 
formité, Vanvitelli orna la nouvelle 
nef de 8 colonnes semblables d'aspect 
aux anciennes, mais en briques recou- 
vertes d'un enduit et pointes. Le 
maitre-autel se trouve maintenant 
étouffe sous une voûte basse, et la cha- 
l^elle au fond à dr. a remplacé la belle 
porte d'entrée de Michel-Ange. Vanvi- 
Idili lit un vestibule d'entrée d'une 
chambre circulaire (laconicum) des 
bains. Dans ce vestibule sont deux cha- 
|)elies;on y voit les tombeaux (à dr.) 



do G 
criui 



191 

Rosa. Dans le passage allant du vesti- 
bule à la nef, statue de S* Bruno, faite 
par lïoudon pendant son séjour h. 
Home. M. de darac k considère comme 
son chef-d'œuvre. Ch'ment XIV disait 
de ce S* Bruno : « 11 parlerait si la ' 
règle de son ordre ne le lui défendait. j> 
— On a vivement critiqué cette entrée 
actuelle d'un aussi magnifiaue vais- 
seau d'église, qui oblige à descendre 
un escalier (corne se si andasse giù in 
una grotta). 11 ne faut pas toutefois 
verser exclusivement sur Vanvitelli le 
blâme de toutes ces altérations; ces 
mutilations furent commencées 'par les 
chartreux. — En se dirigeant vers le 
maitre-autel qui fait face h la porte 
d'entrée, on remarquera ^ grandes 
peintures: (à dr.) une fresque de Ro- 
manelli. Présentation de la V. au 
temple, qui a été transportée de la 
basilique de S*-Pierre ici ; — (à dr. 
du chœur) la fresque de 22 pieds du 
Dominiquin, Martyre de S' Sébastien, 
a été également transportée de S'- 
Pierre, en 1758, par le mécanicien 
Zabaglia, qui, sans instruction, mais 
doué d'un génie naturel, devint archi- 
tecte de S*-Pierre. [Cette œuvre du 
Dominiquin est mouvementée, et d une 
couleur plus harmonieuse que cela ne 
lui est ordinaire. Belle expression do 
la tête du saint. La partie supérieure 
est médiocrement conçue. Les figures 
du bas manquent de style.] — Vis-à- 
vis, Baptême de J. C, par C. Maratta 
[peut-être l'œuvre capitale de ce peintn*. 
cle la décadence]. — Enfin, la Mort 
d'Ânanias et de Saphire, peint sur ar- 
doise, par le P orner ancio. — Nef 
transversale g. :- la Chute de Simon le 
Magicien, œuvre capitale de Pompeo 
Battoni [entente du clair-obscur] ; S* 
Basile et l'empereur Valons, qui s'é- 
vanouit, par Subleyras. [Dans cet 
ouvrage le peintre fnmvais se montre 
h la hauteur des peintres italiens de 
cette époque.] Les autres \jeiiAvvK:«ç» 
sont nar Musciano, \i\auc\xm\, V^o%- 



;. lHarattu, et, plus près de la nef, tami, Treuis^ani, — \a^ çxw^vs» >sw 
fdefr.Alcial; (i) g^.j de SalvatorlCHARTi\Fm, àcïTw;çv^ \fe^v^^-» '^^ '^ 



192 



ROUTE 142. — ROME. 



Kf.LISES. 



dessiné i)ar Michéle Ange. Il a un por- 
tique soutenu par 100 colonnes de 
travertin. Au milieu dece vaste cloître, 
de hauts cyprès, plantes par Michel- 
Ange, entourent une fontaine. 

Saxta Maria dkll' Anima — (près 
et au N. 0. de la place Navone. — 
PI. 31 , D, 111). On attribue à Antonio 
Giamberti , oncle du célèbre San 
Galle, les belles portes d'entrée. Le- 
tarouillv croit qu'elles sont de B. Pe- 
rnz%i. L'église est composée de 5 nefs 
voûtées et portées presque k la même 
hauteur. — Maître-autel : très-bon ta- 
bleau de Jules Romain [a beaucoup 
noirci ; fatigué par les restaurations] . 
A dr.,beau mausolée du pape Adrien 
Vï, dessiné par Balt. Peru%%i, exé- 
cute par Michel-Ange, de Sienne, et 
Nie. Tribolo. — 3" chapelle à dr., 
fresques de Sicciolante, dit le Sermo- 
neta; 4* chapelle à g., fresques de Fr. 
Salviati ; 4* chapelle, à dr. : Pielà en 
marbre, copie decelle de Michel- Ange t 
h S*-Pierre, par Nanni di Baccio Bi- 
gio. [11 a relevé la tête du Christ, qui 
dans l'original est très-renversée et se 
refuse à la vue.] — Deux petits tom- 
beaux dus au ciseau de F?*. Quesnoy : 
Tun (!•"■ pilier à g., vers le maître- 
nutel) à h mémoire de Yanden d'An- 
vers ; Tautre (à côté de la porte d'en- 
trée) du cardinal d'Autriche. 

Santa Maria in Ara Cœli (V. Ara 
Cœli, p. 184). 

Santa Maria Aventina — ou du 
Prieuré de Malte (PI. carré D, VI). 
En 1765 le cardinal Rezzonico la lit 
restaurer par Piranesiy qui en fit un 
pastiche de décorations en style an- 
tique. Lui-même y a son tombeau, 
avec sa statue drapée h l'antique. — 
iV. B. Quoique cette église ne présente 
point l'intérêt sous le rapport de l'art, 
les personnes qui séjournent quelque 
t'^.mps à Rome devront la visiter à 
cause des beaux points de vue qu'on a 
de la place qui est devant, ou du jar- 
din qui y est annexé, ayant une allée 
. à^arhrcs en berceau, nu houi de la- 
çaef/e on aperçoit S'-Pierrc. — Ce 



jardin donne sur la place Piranesi, 
décorée avec un goût détestable, et Jmr 
laquelle, en tournant à g., on arrive 
aux églises S'-Alexis et S'*-Sabine. 

Santa Maria in Campitellï — (place 
du même nom, à 1*0. du Capitole. — 
PI. 33, D, E, IV, — Campitelli.pfxr 
corruption de Campidoglio). Elle s'ap- 
pelle aussi Santa Maria in portico, 
parce qu'elle se trouve sur l'emplace- 
ment du portique d'Octavie. — , Dne 
des belles églises de Rome pour l'ar- 
chitecture. Bâtie en 1658, sur le des- 
sin de C. Bainaldi. Peintures mé- 
diocres du xvii** siècle : Descente du 
S'-Esurit. par Luca Giordano, Nati- 
vité de S* J. -Baptiste, par le Baciccio. . 
— Dernière chap., à g., 2 tombeaux 
pareils; lions supportant une pyra- 
mide ; sur l'une on lit : uhrra, sur 
l'autre : nihil. 

Santa Maria in Cosmedin — (place 
Bocca délia Verith. — PI. 34, E, V), 
sur l'emplacement du temple antique 
de Cérès et Proserpine (K. p. 148). 
Reconstruite par Adrien I" en 722, et 
}>ar Grégoire IX au xiii' siècle ; on croit 
que son nom vient du grec Cosmo&y à 
cause de la décoration dont ce pape 
reinbellit. Douze colonnes antiques de 
marbre divisent l'intérieur en 3 nefe. 
Le pavé, en pierres dures de couleur, 
est du genre dit opus Alexandrinuw* 
— Crypte curieuse sous le chœur. — 
Maître-autel isolé, .composé d'un bassin 
de granit rouge, et surmonté d'un cibo- 
rium à colonnes de granit d■Eg^pte.— 
Ambons. — Siège épiscopal. — Dans 
la sacristie, une mosaïque de 705. 

Santa Maria in Dominica ou della 
Navicella — (sur le monte Celio. — 
PI. 35, F, VI). Bâtie sur remplace- 
ment de la npaison de S*" Cynaque, 
dame romaine, d'où dériverait son 
nom ; celui de Navicella provient 
d'une nacelle en marbre placée devant 
Téglise. Léon X la renouvela entière- 
ment d'après le plan de Raphaël. A 
l'intérieur, 18 colonnes de granit et 
2 de por|[)\ïvre. k l'abside, mosaïque 
du ix" s'iëcVe. Jules Romain ^V Vù^n.u 



États de llSglîse. boute 142. — rome. — ^.glirer. 



19S 



del Va^ ont peint la frise de la nef 
en clair-obscur. 

Saktà Maria di Lobeto — (place 
Trajane. — PI. 56, K, rV), commen- 
cée par Antonio da San GallOy gâtée 
par une surcharge d'ornements pos- 
térieurs. — Statue de S*' Suzanne, 
par Fr. Quesnoy (Fiammingo), un des 

Ïilus remarquables ouvrages sortis de 
'école du Bemin. 

S*«-Marie-Majeure (F. p. 176). 

Sa!«ta Maria sopra Minerva — (près 
et au S. E. du Panthéon. — PI. 38, 
E, 111). Bâtie au xiv" siècle sur rem- 
placement d'un temple de Minerve; 
c'est, à Rome, la seule église d'un 
style gothique, simple et large. Le 
caractère en disparait sous les dorures 
et le clinquant de rornemcntation in- 
troduit, de 1846 à 1855, par la res- 
tauration des frères dominicains*. À 
côté du chœur, kg., statue du Christ 
debout, tenant la croix, par Michel- 
Ange. Elle fut terminée par Fed. 
FriX'Zi, sculpteur florentin. On a dû 
mettre un brodequin en bronze au pied 
droit, parce que les dévots l'usaient à 
force de le baiser. A l'opposite. S' Jean, 
par Obi%%i. — 5*chap. à dr. (la 1" étant 
ccllo des fonts baptismaux), dessinée 
par C. Maderne, peintures à fresque 
de Cesare Nehbia [indifférentes]; ta- 
bleau d*autel représentant l'ange qui 
présente à la Y. 5 jeunes filles de la 
confrérie de l'Annunziata, attribué au 
Fiesole [on ne reconnaît nullement sa 
manière. Quelques-uns l'attribuent à 
Bcnozzo Gozzoli]. Statue d'Urbain Vil, 
par Buonvicino. — Chapelle suivante 
(AÏdcvrandini) : Cëne, de Baroccio, 
[peinture noire et médiocre]. — ïrans- 
sept de dr., chapelle de S'-Thomas 
d'Àquin, fresque de Filippiiw Lippi; 
le tableau d'autel représente la V., 
S* Thomas d'Aquin et le cardinal Oliv. 
Carafn. A la voûte, Sibylles et Anges, 
par Raffaellino del Garbo ; ces di- 

* Fnr la finçadr, dos inscri plions marquent 
la bautoiir des ùf'horôeweiUs du Tibvo en 
ié3% 1i9B, i530, i5o7, iS98, lu plus cxtraor- 
diaain. 



verses peintures ont été endommagées 

ϻAr les restaurations. Tombeau do 
'aul lY, de la famille Carafa, dessiné 
par Vitro Ligorio, — Tombeau go- 
thique de Guill. Durand, remarquable 
par ses mosaïques et ses sculptures, 
par Giov. Cosimati. — Chap. Altieri: 
sur l'autel, tableau de C. Maralta; 
à la lunette, fresques [nulles] du Ba- 
ciccio. — Chap. dfu Rosaire: peintures 
de la voûte [en petits compartiments , 
peu visible], par Marcello Venmii; 
peintures' murales, relatives à Cathe- 
rine de Sienne, par Giov. de'' Vecchi; 
sur l'autel: Madone, attribuée à tort a 
Beato Angelico. — Maitre-aulel mo- 
derne. Sous l'autel sont les restes de 
S'" Catherine de Sienne. Fenêtres à 
verrières de couleurs, modernes. — 
Derrière le maitre-autel: tombeaux de 
Léon X et de Clément Yll, par Bandi- 
nelli^; les statues de ces papes sont 
de Haf. da Montelupo et de Nani 
di Baccio Bigio. — Près de Léon X, 
pierre tombale du cardinal Bembo. 
consacrée par son fils naturel, qu'il 
avait eu de la Morosina. — Dans un 
corridor conduisant à une porte der- 
rière la tribune, tombeaux au cardinal 
Alessandrino, par Giac. délia Porta ; 
du cardinal Pimentel, par le Bemin ; 
du cardinal Bonelli, par C. Rainaldi. 
Avant de rentrer dans la nef, on voit 
à dr., enchâssé dans le mur, le tom- 
beau d'un humble moine qui fut un 
grand artiste, de Beato Angelico. 11 est 
représenté revêtu de son costume de 
Dominicain, la tête posée sur un cous- 
sin; les mains croisées sur la poitrine. 
L'inscription porte : Hic Jacet Yen. 
PiCTOR Fr. Io. de Flou. Ord. P. (ordi- 
nis Prœdicalorum). MCCCCLY.— Sa- 
cristie, Christ en croix et saints, par 
Atid. Sacchi. — En rentrant dans 
l'église, on voit dans la cha[ielle S*- 

* Nihhy (8* édit.) les attribue à Itaccio 
PintelU. Mais il iiou* s^u\V\W, oja^ eeX. wOcà- 
lecte, cmp\o^'é. pat ^ViVe \N , v*^^^ ^«^ ^^'^ ^ 
1484, nft acvaVl v^^* exxsV^t. «iw ^«H^^^. J^^ 
hcaucoup Irop ùaé \Jl U m^itv ^^ Ç.\<skwwgiv >v\ 
(1554). 



194 



ROUTB 142. — ROME. — ÉGLISES. 



Dominique, le tombeau de Benoit Xlll. 
— En redescendant la nef latérale, 
on remarque encore plusieurs tom- 
beaux ; sur un pilier, celui de Tanti- 
quaire Fabretti, sculpté par Husconi; 
dans une chapelle, une petite statue de 
S^ Sébastien, par Mino da Fiesole; du 
même (après la dernière chapelle), le 
tombeau de Tornabuoni,. marchand flo- 
rentin, parent des Médicis ; et au-des- 
sus celui du cardinal Tebaldi, par And. 
Verocchio (?) — Le couvent attaché ù 
cette église est le siège principal des 
dominicains et la résidence du général 
de Tordre. — C'est là aussi qu'est la 
célèbre bibliothèque de la Minerve. 
(F. plus loin : Bibliothèque.) 

Santa Maria dell* Orto — (Traste- 
vore. — H. 39, D, V). Eglise ainsi 
nommée d'une image de la Y. , peinte 
sur le mur d'un jardin. Construite en 
1512, sur le dessin de Jules Romain; 
façade de Martino Lunghi. — Inté- 
rieur richement décoré. 1" chap. à 
dr., Annonciation, fresque de Taddeo 
Zucchero; les peintures de la chap. 
suivante sont de son frère Federigo. 
Transsept, peinture, par Nicole da 
Pesaro. Sur le maitre-autel, l'image 
miraculeuse de la Y., qui était sur le 
inur du jardin. 

({ Cette église appartient à plusieurs 
corporations ; chacuiu> a sa tombe devant 
sa propre chapelle, et sur le couvercle 
sont gravées ses armes particulières : un 
coq sur la tombe des marchands de vo- 
lailles, une pantoufle sur celle des save- 
tiers, dos artichauts sur celle des jardi- 
niers, D etc. (Hobello.) 

Santa Maria della Pace, — S"- 
Marie de la Paix (au N. 0. de la place 
Navone.— PI. 40, D, III. — Ilya une 
entrée par le cloître qui fut dessiné 
par Bramante). Construite en 1478, 
sur le dessin de Baccio Pinlelli, par 
Sixte lY, en actions de grAces pour la 

tmix entre les princes chrétiens. La 
açadc théâtrale, avec son portique 
sûjni'circuh'ire, est de Piètre de Cor- 
/offée. — Au-dessus de lu 1 " chapelle 



à dr., que le banquier Âgofitino Cbigi 
(V. p. 252) fit décorer à ses frais, on 
admire la célèbre fresque de Raphaël: 
les Sibylles. Elles ne furent pas exé- 
cutées avant 1514. 

[On a dît que dans ce bel obvrage Ra- 
phaël parait avoir voulu se mesurer, dans 
un sujet semblable, avec Michel-Ange. 
Cependant ici il ne cherche pas, comme 
dans son Isaïe, de l'église S^- Augustin, à 
imiter le peintre de la chapelle Sixtine. 
Il semble plutôt avoir en vue d'établir, 
par la grâce, la beauté de ses ligures, la 
(lifférence de son goût d'avec celui de son 
rival, qui virilise les siennes et leur donne 
cette cliaqientc grandiose, inconnue avant 
lui, et dont il n'a laissé le secret à aucun 
(le ses nombreux imitateurs. La seule li- 
gure ({ui pourrait peut -être se prêter à 
ce rapprochemint serait la ligure de dr., 
la vieille sibylle Tiburtine.] — M. Passa- 
vant conteste une autre erreur accréditée 
{V. p. 48 de ce volume), savoir, que Ra- 
phaël ait imité les sibylles de l'église 
d'Assise, attribuées faussement à Vlnge- 
pno et qui sont à'Adone Dont, contem- 
porain de Yasari. — Haphaêl fut aidé 
dans ses travaux par Timoteo della Vite , 
qui peignit les PnopnÈTEs sur ses des- 
sins. Les fresques de liaphacl, déjà res- 
taurées de 1656 à lt)61, l'ont encore été 
de nos jours par Pfl/fWfl/'o/t. — -. Les pein- 
tures sur l'entablement sont du Rosso. 

La chapelle suivante, à g. , a été 
dessinée par Michel-Aîige ; les ara- 
besques en marbre qui en décorent 
l'extérieur sont de Sim. Mosea. Les 
statues de S* Pierre et S* Paul, et les 
tombeaux, sont du sculpteur Yincenzo 
de' Rossi, de Fiesole. — Les tableauc 
au-dessous de la Coupole sont : Yisita- 
tion, par C.Maratla; Présentation au 
temple, une des meilleures peintures 
du célèbre architecte Balthazar Pe- 
ru%7>i [œuvre importante, mais mal 
conçue : on voit une place publique, 
des cavaliers, etc.; ce que Ton peut 
à peine discerner dans cette peinture 
enfumée, c'est la petite Yierge] ; Na- 
tivité de la Y., par Fr. Vanni; Mort 
de la Y., de Morandi. — La voùle el 
les lunettes au-dessus du maitre-autel 
\ sonlpeVuVes ipav V Albane, ô^wv?. %\\<5i\- 



tuta de rÉglûe. 

MBe ; r Adoration des mages, par PaS' 
gnanû — Chap. à g.. Nativité, par 
iccioUmte (le Sermoneta). V cbap. 

g., en entrant, fresque estimée 
3 B. PeruMi : la.V., S** Brigitte, 
* Catherine et le fondateur de 

chapelle. Dans la même chapelle, 
imbeau élégant de deux jeunes filles 
lortes le même jour de la peste, en 
505 ; Letarouilly le croit de Bra- 
ionte. 

Sakta Maria del Popolo — S**- 
!arie du Peuple (k côté de la porte du 
euple. — Pî. 4i, E, 1). Cette église 
st, par ses peintures et surtout par 
es sculptures et ses ciselures des xv* 
t xTi* siècles, une des plus intéres- 
antes de Rome. Construite, selon la 
radition, en 1099, pour purger cet 
ndroit des démons établis autour du 
onibeau de Néron, Sixte IV la fit re- 
âtir par Baccio Pintellù vers 1475. 
111e a été modernisée par le Bernùi. 
-l" chap. à dr. : Nativité de J. C, 
3uvre très-eslimée de Pinturicchio, 
,es peintures des cinq lunettes, éga- 
sment de lui, sont altérées. Tombeau 
lu cardinal délia Rovere (belle ])ro- 
luction du xv* siècle) et de Giov. di 
«astro (Letarouillv croit ce dernier de 
^n Gallo), — 2* chap., richement 
lécorée, due à Tarchitecte C. Fon- 
ana : sur Tautel, Conception, peinte 
I rhuile sur mur par Carlo Maratta. 
— 3* chap. ; on y reconnaît Tarchi- 
ecture de Baccio Pintelli. Fresques de 
Pinturicchio, restaurées par Camuc- 
Jini; k g., figure en bronze d'un 
Wéque, couchée sur un tombeau [d'un 
iessin élégant], k dr., tombeau de 
Jean de la Rovère. — A" chap. : Bas- 
relief (S** Catherine entre S' Antoine 
de Padoue et S* Vincent, martyr), bel 
ouvrage de sculpture du \v*" siècle. 
Deux tombeaux remarquables. — Au 
maître-autel, une de ces images véné- 
rées de la V., attribuée a S* Luc. (Le 
pape vient s'y prosterner le 8 sep- 
tembre et dire lu messe.) Chœur : der- 
rière le. maitre-autel, fresques de la 
sofiïe, par Pinùiricchio, Fenêtres h 



RoinrE 142. — rone. — églises. 195 

vitraux de couleurs, par CXaude et 
Quiiiaumc de Marsdlle, appelés par 
Bramante ; genre de décoration pres- 
que inconnu à Rome. Tombeaux des 
cardinaux Ascanio Sforza et llieronimo 
Basse, par Andréa Contucci-da San- 
soviiio, regardés confhie les meilleurs 
modèles d ornements modernes que 
possède Rome, tant pour la pureté du 
dessin que pour le fini de l'exécution. 
Chapelle à g. du chœur, sur l'autel : 
Assomption, A'Ânnibal Carrache; à 
dr. et à g.. Crucifiement de S* Pierre 
et Conversion de S^ Paul, de Michel" 
Ange de Caravage, — Chapelle Chigi 
(la 2' à g. en entrant), une dos 
plus intéressantes; le dessin en est 
attribué à Raphaël, La galerie de Flo- 
rence conserve un dessin de sa main 
avec des notes manuscrites relatives à 
la construction de cette chapelle. Mal- 
gré ce document positif, la composition 
et les détails en sont si habiles, que 
Letarouilly, y retrouvant des traces 
visibles d'études plus sérieuses et plus 
profondes que celles qu'on pourrait 
supposer dans Raphaël, pense que 
probablement Baidassare Peruzzi, 
compatriote du riche banquier Chigi 
et ayant toute sa confiance, fut appeïé 
à travailler ici de concert avec Ra- 
phaël, comme k la Farnésine. Du reste, 
Raphaël ne put terminer cette cha- 
pelle, étant mort, en 1520, un peu 
avant Chigi, qui, en 1519, avait pris 
dans son testament des dispositions 
pour la faire achever. Cette chapelle 
présente un singulier mélange païen 
et sacré dans les mosaïques de la cou- 
pole : Jupiter, Diane, Mercure... figu- 
rant les planètes, autour de Jéhovah I 
[Le paganisme y triomphe, non-senle- 
ment par la mythologie, mais par des 
nudités plus grecques que chrétiennes.] 
Raphaël en ht, dit-on, les dessins. En- 
fin on croit qu'il fit le modèle de la 
statue de Jonas, exécutée sous ses yeux 
et dans sa maison par Lorenzo Lotto. 
[La tète du Joivoi^ %feVïvV\Vv ^\xfc »îWi Vv^.- 
inin'iscence de csîAe ^^ \Kw>lvw!»&,^ 
des plus àép\owV»\e^ wakscwk^ ^eX-w^- 



Iflfi 



ROUTE 142. — ROME. — ÉGLISES. 



tiquilé qui aient pu trouver place dans 
une ép[)ise.] La statue d'Elie, par le 
ménne sculpteur, aurait aussi été des- 
sinée par Raphaël, qui se montra, 
dans la chapelle Gliigi, à la fois pein- 
tre, sculpteur et^ architecte. Le de- 
vant d'autel a un beau bas-relief en 
bronze de Lorenw Lotto. La Na« 
livitc delà V., commencée par Sébas- 
tien del PiomhOy fut terminée par Fr. 
Salviati ; les autres peintures sont de 
Salviati. Les statues de Daniel et d'ila- 
bacuc sont du BerniJi. Du vîême, les 
tombeaux d'Âgostino et Sigismondo 
Chigi. — On remarquera encore plu- 
sieurs tombeaux, entre autres celui du 
cardinal Pallavicini, dans la 1" cha- 
pelle à g., et quelques ouvrages de 
sculpture dans la sacristie et le vesti- 
bule qui la précède. 

Santa Maria in Trastevere — (PI. 
42, G, V). — Une des belles basiliques 
de Rome, érigée, en 224, sur rempla- 
cement d'une ancienne tabeima me- 
ritoria, ou dépôt de soldats inva- 
lides; restaurée plusieurs fois. Mo- 
saïques de la façade, de 4159 ; au xv" 
siècle, Nicolas V restaura Téglise sur 
les dessins de Beim. RosseïUni. Le 
portique est du xviii* siècle. — Inté- 
rieur : 5 nefs, 21 colonnes de granit, 
diverses, provenant d'un temple d'isis 
et de Sérapis ; on y voit leur tête et 
celle d'Harpocrale. Pavement en opiis 
Âlexandrinum. — Au milieu du beau 

Slafond h caissons dorés. Assomption 
e la V., par le Dominiqum. Tom- 
beaux de cardinaux, par Vaolo, cé- 
lèbre sculpteur romain du xiv* siècle. 

— Maître-autel à baldaquin, soutenu 
par 4 colonnes de porphyre. Mosaïques 
de Pabside et du grand arc, de 1143 ; 
celles du bas de la tribune, par P. Ca- 
vallini (1351). 

Santa Maki a in Yaixicella ou Giiiesa 
NoovA — (h rO. de la place Navone. 

— PI. 43, G, III), une des grandes 
et belles églises de Rome. S^ Philippe 
de Néri la fit reconstruire, en 1575, 

sur les dessins de Martino Ltmghi 
le vieux, L*inténeur, à 5 nefs, fui ri- 



chement décoré par Tinfatigable Pre- 
17*0 da Cortona, oui peignit la Voûte, 
la coupole et la trioune. •^1"' chap. 
à dr., Grucifiement, par Scip. Gae^ 
tani. — 2* chap., copie du tableau 
de la Mise au toinbeau de Michel'Ange 
de Caravage (qui est au musée du 
Vatican). — Transsept : Gouronnement 
de la V., par le chevalier d'Arpin, 
Statues des deux S* Jean, par Fum, 
Vacca. — La riche chap. suivante 
(Spada) a sur Pautel un tableau de 
C. Maralta. — Au maître-autel: trois 

Ceintures de la jeunesse de Rubens, 
ranssept de g., présentation de la Y. 
au temple, par Baroccio. — Belle 
chapelle de S'-Phil. de Néri, tableau 
du saint, exécuté en mosaïque d'après 
le tableau du Guide, conservé dans 
le couvent. — Sacristie : fresque de 
la voûte par Piet. de Cortone, Sta- 
tue de S» PhU. de Néri, par VAtgarde, 
A une chap. intérieure, beau Guer' 
chin. (De cette chapelle on monte dans 
les chambres qu'habitait le saint. On 
y conserve le tableau original du 
Guide,) — Rentrant dansTéglise, on 
voit une Visitation, peinte par BaroC' 
ciOf et une dernière chapelle peinte 
par le chevalier d'Arpin. Tombeaux 
de Baronius; du cardinal Maury. — Le 
Godvent de S'-Philippe de Néri, con- 
tigu, est un des meilleurs ouvrages du 
Borromiîii ; les plans en sont habile- 
ment entendus, mais la façade est dé- 




les jours de fête, des morceaux de 
musique religieuse; les femmes n'y 
sont pas admises.) — Riche biblio- 
thèque. 

Santa Mahia della Vittoria — (près 
les thermes de Dioclctien. — PI. 44, 
G, II). Elevée en 1605 par Paul V. 
Son nom lui fut donné en vertu de 
plusieurs victoires sur les hérétiques 
el les Turcs, par Tintercession d*une 
image de la Vierge, brûlée en 1835. 
.Façade par /. fi. Soria; le cardinal. 



SStaU de TÉgliso. route iitî. — rone. — kglises. 



197 



sette dépense, en reconnaissance du 
présent qui lui avait été fait de la sta- 
tue de lliermaphrodite, trouvée dans 
un jardin contigu, et actuellement au 
musée du Louvre. — L'intérieur de 
cette église, une des plus riches de 
Rome comme ornementation, est de 
Carlo Mademo, — 2' chap. : Domi- 
niquirif la Vierge, TEnfant Jésus et 
S* François. Les peintures latérales 
sont aussi du même artiste. — Dans 
une chapelle du transsept, un groupe, 
considéré comme le chef-d'œuvre du 
Bemin [chef-d'œuvre mondain et 
plein d'afl'éteriel, représente S" Thé- 
rèse, aux yeux languissants, dans une 
attitude d exlase^ tandis qu'un Ange 
(au nez retroussé), armé d'une flèche, 
est sur le point de lui percer le cœur, 
et sourit d'une manière peu édi- 
fiante. Sur les côtés, deux Anges as- 
sistent k ce spectacle. — 5' chap. à g., 
la Trinité, pemture du Guerchin; Cru- 
cifiement, copié d'après le Guide. 

Santa Mautina — S**-Martine et S'- 
Luc (au "Forum, h Tangle de la rue 
Bonella. — PI. 05, carré E, IV), an- 
cienne église, reconstruite sous Ur- 
bain VUI par Pielro da Cortona, qui 
fit construire à ses frais la chapelle 
souterraine, et légua en mourant 
100 000 scudi à l'église. On y voit le 
modèle en plâtre de la statue colossale 
de Jésus-Christ, par Thorwaldsen; 
une Assomption, nar Seh. Coma. 

San Martino a'Monti — (près et au 
N. des thermes de Titus. — 11. 45, 
G, IV). Une des plus helles églises de 
Rome, bâtie par le pape S* Synimaque, 
l'an 500; modernisée en 1650, sur les 
dessins de Pietro da Cortona. — 5 
nefs : 24 colonnes corinthiennes an- 
tiques, de différents marbres. La dis- 
position du maître-autel, pyramidant 
d'une manière élégante au-dessus 
d'une plate-forme élevée sur un double 
escalier, est d'après les dessins de 
Pietro da Cortona. Le beau plafond 
fut donné par Charles Borromée. — 
Nefs latérales : paysages à fresque [à 
tnoitiô effacés], dé Gaspard Poussin 



(Giiaspre Dughet). — Deux fresques 
représentent (collatéral de g.] Tinté- 
rieur de la basilique de S*-Pierre et 
(près de la porte d'entrée) celui de S'- 
Jean de Litran, avant leur reconstruc- 
tion. — La chapelle souterraine, pr 
Pietro da Cortona, présente de belles 
perspectives. Elle conserve les restes 
des papes S* Silvestre et S* Martin. 

Santi Nereo et ÂcniLLEO — (près des 
thermes de Caracalla. — PI. 46, F, 
Vil). Eglise bâtie vers 524, recon- 
struite en 1596 par le cardinal Baro- 
nius, qui lui conserva sa forme pri- 
mitive. Les deux saints auxquels elle 
est consacrée étaient (les eunuques at- 
tachés à la famille de Dioclétien, qui 
furent martyrisés. — Amhons, autel 
et clôtures du chœur en marbre orné 
de mosaïques, les plus somptueux ou- 
vrages de ce genre à Rome. — Siège 
pontifical où s^assit Grégoire le Grand 
pour réciter au peuple sa 28" homélie, 
dont une partie est gravée sur le 
dossier. — A la tribune, mosaïque du 
IX' siècle et fresque représentant un 
concile. Deux peintures de Honcalli : 
S*' Domitille et martyre des &iints 
apôtres. (Cette église est fermée de 
bonne heure.) 

Sant' Osofrio — S'-Onuphre (sur 
le Janicule, au-dessus de la porte San 
Spirito. — PL 47, B, 111). Bâtie au 
XV* siècle. Eglise et couvent immorta- 
lisés par la mort du Tasse. Sous le 
portique : trois lunettes, par le Domi- 
niquin. La Vierge avec 1 Enf. J., au- 
dessus de la porte, est aussi de lui. Ces 
peintures sont très-altérées. Près de 
la porte, une inscription indique rem- 
placement où furent d'abord déposés 
les restes du Tasse. Ils ont été trans- 
portés, le 25 avril 1857, dans une 
chapelle U g., où on lui a élevé un 
monument. La statue est détestable. 
Il y a encore dans l'église les tombeaux 
du poète Alex. Guidi; de Barclay, 
Fauteur de l'Argenis, et du célèbre 
polyglotte Mer/.oVwvV\ V,\'^'^^\- — ^^ 
tribune, îrcsc^es etviovKox^^^^^ ^"^ 



488 



RUUTK 142. — ROME. — ÉGLISES. 



faussement attribué à Romulus et Re- 
mus (F. p. 145) avec sa coupole, infé- 
rieure en hauteur à l'église nouvelle, 
fut conservée comme vestibule. — On 
croit que les mosaïques de la tribune 
sont àe Tannée 530. Elles représen- 
tent TÂgneau mystique. 

Santa Francesca Romana, — S'"- 
Fraqçoise-Romaine (au Forum, près 
de la basilique de Constantin. — PI. 
48, F. V), bâtie sur remplacement du 
temple de Vénus et de Rome (V. p. 
445). Renouvelée sous Paul V. Mo- 
saïques du ix*' siècle. En avant du 
grand autel, tom