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Full text of "J.B. Perronneau (1715-1783) sa vie et son oeuvre"

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J.-B. PERRONNEAU (I7i5-i783) 

SA VIE ET SON ŒUVRE 



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BIBLIOTHÈQUE DE L'ART 
DU XVIIP SIÈCLE 



J.-B. PERRONNEAU 

(1715-1783) 

SA VIE ET SON ŒUVRE 

PAR 

LÉANDRE VAILLAT 

ET 

PAUL RATOUIS DE LIMAY 

DEUXIÈME ÉDITION REVUE ET AUGMENTÉE 




PARIS ET BRUXELLES 

Librairie Nationale d'Art et d'Histoire 

G. VAN OEST ET Cie, Editeurs. 

1923 












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1130.9.95 



jlVANT-TROPOS 



Depuis la publication de notre livre sur J.-B. Perronneau, 
en 1909, bien des vicissitudes — celles de la guerre avant toutes — 
ont interrompu des recherches dont la première édition, aujour- 
d'hui épuisée, ne marquait que la première étape. Nous voici 
en situation de mettre le public au courant de notre enquête, 
dans une seconde édition. Celle-ci marque, par rapport à la 
première, un progrès très appréciable en ce sens qu'elle précise 
certains points de la biographie, jusque-là ignorés, et montre 
un nombre important d'œuvres inédites. 

Nous avons crû devoir adopter, cette fois encore, le ton cir- 
conspect et prudent qui convient à des ouvrages où la vérité est, 
pour ainsi dire, cherchée à tâtons. Le maître dont il s'agit a eu, 
en effet, une destinée si incertaine, si aventureuse, si chargée 
de soucis, et d'une fortune si diverse que, longtemps encore, 
certaines périodes de sa vie resteront dans le mystère et demeure- 
ront un domaine où la curiosité aura toujours quelque chose à 
découvrir. Le temps n'est pas encore venu où cette existence 
d'artiste sera suffisamment élucidée pour que les érudits patients, 
consciencieux déposent leur bilan et laissent à des écrivains plus 
brillants le soin d'écrire enfin un livre dont la matière ne soit 
point si ardue et s'agrémente de pages vraiment littéraires. Il y a, 
en quelque sorte, dans la rédaction d'un volume de ce genre, un 
degré relatif à l'état de la connaissance. Notre éminent prédc- 



cesseur, Maurice Toiirneux, dont la veuve a bien voulu nous 
communiquer les dernières notes, et nous-7nêmes en sommes 
encore nu stade de la modestie. 

Bien que nous ayons trouvé une aide des plus précieuses dans 
les informations de M. van Riemsdijk, ancien directeur du 
Rijksmuseum, et de M. Staring, l'érudit hollandais, qui a fait 
preuve à notre égard d'une véritable générosité, nous ne nous 
dissimulons pas les lacunes de cette nouvelle édition et nous ne 
pouvons que terminer cet Avant-propos, comme /'Avertissement 
de notre première édition, en disant à ceux qui nous font con- 
fiance : ce Noms nous efforcerons de compléter, dans la suite, une 
enquête impartiale et nous espérons que d'autres travailleurs 
nous aideront à donner à la grande mémoire de J .-B. Perronneau 
l'éclat qui lui convient ». 

Paris, le 30 juin 1923. 




Les débuts. Perronneau graveur. 
1715=1742 



On ne connaît pas l'acte de naissance de Jean-Baptiste Per- 
ronneau, mais les registres de l'ancienne Académie Royale de 
peinture et de sculpture portent, à la date du 10 janvier 1784, 
que Jean-Baptiste Perronneau, élève de Natoire et de Laurent 
Cars, est né à Paris en 1715 et mort à Amsterdam (Hollande), 
en Novembre 1783, âgé de 68 ans. D'autre part, suivant son 
contrat de mariage, il est fils de Henri Perronneau, bourgeois de 
Paris, et de Marie-Geneviève Frémont. En présence de ces 
deux assertions officielles, nous n'avons aucune raison de croire 
que l'artiste soit né à tout autre endroit qu'à Paris. 

Basan écrit dans son Dictionnaire des graveurs anciens et 
modernes : 

« Perroneau( Jean-Baptiste), né à Paris en 1731, élève de Cars. 
On a de lui l'Air et la Terre, m. ps. en t., d'après Natoire et 
dont les pendans sont le Feu et l'Eau, gravés par Aveline, d'après 
le même maître, m 

Ainsi, d'après Basan, Perronneau n'aurait eu que sept ans 
quand il publia chez Huquier une suite d'estampes datée de 1738, 
et quinze ans lors de sa réception à l'Académie. 

Huber et Rost, dans leur Manuel des Amateurs de Vart (Ecole 
de France, t. VII-VIII) écrivent de même: 

« Jean-Baptiste Perroneau, graveur à la pointe et au burin, né 
à Paris en 1731. Elève de Laurent Cars, il a gravé d'après 
quelques maîtres François, un assez petit nombre de pièces. 



— 2 — 

1° Le Serviteur d'Abraham auprès de Rebecca, d'après 
F. Boucher ; in-fol. ; 

2° L'Air et la Terre, d'après Natoire, deux pièces dont les 
pendans sont le Feu et VEau, gravées par Aveline, d'après le 
même maître ; in-fol., en t. » 

Nagler, dans son Kiinstler Lexicon, fait mieux. Sans nous indi- 
quer ses sources, il déclare : 

« Jean-Baptiste Peronneau, un Maltais, ou un chevalier de 
Malte, naquit en 1713 et fut connu comme peintre de portraits. 
Il peignit à Paris et ailleurs beaucoup de portraits à l'huile et au 
pastel dont quelques-uns ont été gravés par J. Daullé, C. de 
Baschi, Marcenay et H. Rossi. Peronneau fut de l'Académie 
en 1753 et mourut à Amsterdam en 1783. » 

Et ailleurs : « Perronneau, Jean-Baptiste, graveur à l'eau-forte, 
né à Paris en 1731, fut élève de L. Cars. Nous avons de lui 
quelques bonnes feuilles. Il mourut en 1806. 

1° Labati et Rebecca, d'après Boucher, qu. fol. ; 

2° L'Air et la Terre, d'après C. Natoire, pendans au Feu et 
à l'Eau, par Aveline, qu. fol.; 

3° Plusieurs figures académiques, d'après VanLoo, 12 pi., fol. ; 

4° Plusieurs figures académiques, d'après Bouchardon, pour 
deux livres de dessins, gravées avec Aveline, Huquier, Aubert, 
Bouchardon et autres (1). » 

Ainsi, Nagler, par un pouvoir discrétionnaire, crée deux 



(1) Voici le texte allemand: » Peronneau, Jean-Baptist, ein Maltheser, wurde 1713 gebo- 
ren, und aïs Bildnissmaler beriihmt. Er malte zu Paris und anderwàrts viele Portraite in 
oel und pastell, deren einige von J. Daullé, C. de Baschi, Marcenay und H. Rossi gestochen 
wurden. Perronneau wurde 1753 Mitglied der Akadeniie und 1783 starb er zu Amsterdam. » 

" Perronneau, Jean-Baptist, Kupferstecher wurde 1731 zu Paris geboren, und von L. Cars 
unterrichtet. Wir haben von ihm einige gute Blâtter. Starb um 1806. 

\o Laban und Rebecca, nach Boucher, qu. fol. 

2° Luft und Erde, nacli C. Natoire, Pendants zu Avelines Feuer und Wasser, qu. fol. 

3" Mehrere akademische Figuren, nach C. Van Loo, 12 Blâtter, fol. 

4'' Mehrere akademische Figuren, nach E. Bouchardon, fur zwei Zeichnungsbûcher 
mit Aveline, Huquier, Aubert, Bouchardon jun. u. a. gestochen. 



PI. I 




POUTKAIT PHICSTMi; ni; ] I!. I'liRUO.\NI£.\U PAI! I.UI-M|'-:ME 

l'einluro. Signée. 

^Aliiséu de Tuui'it) 



— 3 — 

Perronneau, tous deux nés à Paris, l'un en 1713, l'autre en 1731, 
l'un peintre de portraits à l'huile et au pastel et académicien, 
l'autre graveur et élève de Laurent Cars. Cette distinction a été 
suivie aveuglément par Charles Le Blanc, dans son Manuel de 
l'Amateur d'Estampes, par l'abbé de Boni, dans sa Biogrophia 
degli Artisti, parue à Venise en l'année 1840, et enfin par 
MM. Portalis et Béraldi, dans leurs Graveurs du XVIir siècle. 
Les dictionnaires de Siret et celui d'Auvray et Bellier de la 
Chavignerie s'en tiennent aux registres de l'Académie, et font 
de Jean-Baptiste Perronneau un peintre, né en 1715 (Siret met 
un point d'interrogation à cette date), mort à Amsterdam 
en 1783, portraitiste et reçu académicien en 1753. 

Nous préférons, comme eux, nous en tenir aux documents 
officiels, sans négliger toutefois un document de premier ordre, 
le Dictionnaire de Heinecken. Cet Heinecken, conseiller des 
finances du roi de Pologne, auteur de l'Idée générale d'une col- 
lection complète d'estampes et créateur du Cabinet des estampes 
de Dresde, sous Auguste VII, avait écrit un Dictionnaire des 
artistes, qui n'a malheureusement été publié que jusqu'à la 
lettre D. Le manuscrit, qui se trouvait jusqu'en 1866 à la Biblio- 
thèque Royale de Dresde, est conservé, depuis cette époque, au 
Cabinet des estampes de la même ville. Nous transcrivons les 
deux passages relatifs à Perronneau : 

« 1" Tome XIV de l'ouvrage principal: 

Jean-Baptiste Peronneau, peintre de portraits à Paris. Il est 
de l'Académie Royale. Il a gravé, avant que de s'appliquer à 
la peinture. Nous avons: 

Le portrait de l'abbé de Lazare Chambroy, armes au bas, par 
J. Daulé, 1749 ; 

Gérard Mœrman, Savant Hollandois, par J. Daulé, grand in-4° ; 

L'Evêque de Messene, par Balechou ; 

Charles Baechi, Marquis d'Aubois, ovale, par Daulé, 1748; 

Laurent Cars, Graveur ; 



— 4 — 

Riiste d'une femme, par de Marcenay. 
d'après Van Loo (vacat) ; 
d'après C. Natoire (vacat) ; 
2° Supplément, vol. P. Q., fol. 72: 

Jean- Baptiste Peronneau, peintre qui avoit commencé par être 
graveur. II a été reçu à l'Académie Royale. Nous avons de lui : 

Le Portrait de l'Evêque de Messene, par Balechou ; 

Autre de Charles Baschi, Marquis d'Aubois, par Daulé, 1748 ; 

Autre de l'Abbé de Lazare Chambroy, par le même, 1749 ; 

Gérard Meerman, Savant Hollandois, par le même ; 

Portrait de Laurent Cars, graveur ; 

Autre d'une femme anonyme, gravée par de Marcenay. 

Il a aussi gravé d'après Natoire, Van Loo, Bouchardon, 
Boucher. » 

Donc, à deux reprises, Heinecken affirme que Jean-Baptiste 
Perronneau fut graveur a avant que de s'appliquer à la peinture » 
et fait des deux Perronneau inventés par Nagler une seule et 
même personne. 

Mais il y a de plus, dans le texte de Nagler, un mot à double 
sens. Ein Maltheser, signifie un Maltais ou un chevalier de Malte. 
L'entrée dans cet ordre entraînait l'obligation du célibat. Dans 
les Liaisons dangereuses, Cécile Volanges écrit à son amie, 
Sophie Carnay et lui parle ainsi du chevalier Danceny : « Il chante 
comme un ange et compose de très jolis airs dont il fait aussi les 
paroles. C'est bien dommage qu'il soit chevalier de Malte ! il me 
semble que s'il se mariait, sa femme serait bien heureuse... » 

Perronneau s'est marié le 9 novembre 1754. De même cette 
chevalerie n'était plus guère acquise, au xviif siècle, que par 
les cadets de famille. Or, Perronneau avait un jeune frère, dont 
il exécuta un portrait à l'huile, exposé le 25 août 1746, au Salon 
du Louvre: c'est peut-être le chevalier de Malte dont parle 
Nagler. 

L'opinion de Heinecken se trouve confirmée, à notre sens, 



— 5 — 

par le fait que presque jamais Perronneau, qui varie dans l'ortho- 
graphe de sa signature, mais qui signe le plus souvent et en toutes 
lettres, ne fait précéder son nom des initiales de ses prénoms. 
Il n'eût pas manqué de le faire pour se distinguer d'un homo- 
nyme, s'il y avait eu confusion possible. Et cela nous amène tout 
naturellement à une autre question. Quelle fut la parenté artis- 
tique de Perronneau ? 

Si l'on en croit le témoignage de l'abbé de Fontenay (1), qui 
concorde avec les registres de l'Académie Royale, il «fut d'abord 
instruit dans le dessin par M. Natoire ; ensuite il entra chez 
M. Cars, dans l'intention d'être graveur; mais il n'étoit pas né 
pour l'exercice d'un art qui demande beaucoup de constance et 
de patience. Il quitta la gravure et peignit au pastel. Il y fit des 
progrès très rapides, et en peu d'années, il fut en état de mériter 
l'approbation des personnes de l'Art les plus éclairées. )> 

Charles-Joseph Natoire, né en 1700, reçu académicien le 
31 décembre 1734, fut adjoint h professeur le 2 juillet 1735 
et professeur le 2 juillet 1737. Dans l'œuvre gravé de 
Perronneau, on voit deux planches: l'Air et la Terre, gravées 
d'après les tableaux de Charles Natoire, peintre du roi. 
Peut-être même Natoire aurait-il enseigné au jeune artiste l'art 
du pastol qu'il pratiquait lui-même volontieis et avec succès, 
puisqu'à la vente de M. de Julienne, l'amateur et l'ami 
de Watteau, figuraient huit de ses pastels. En tout cas, il fut pro- 
fesseur à l'Ecole de dessin a qui était ouverte depuis la fondation 
de l'Académie et qui offrait à tout venant les moyens d'étudier la 
peinture et la sculpture ». Il existe aux Archives Nationales 
(0 1922, p. 138) un document contemporain assez piquant dans 
lequel les élèves de cette école (cours de l'Académie royale) 
" représentent à M. de Tournehem qu'il se commet des injustices 
journellement dans la dite Académie... », et déclarent « que 
MM. les professeurs prennent h tâche d'anéantir le bel ordre 

(1) Affiches, annonces et avis divers ou Journal Général de France. Samedi 10 janvier 1784. 



— 6 — 

qui s'y est toujours observé, et notamment sous M. de Boulogne ». 
Et, dans l'exposé des faits, il est dit: « MM. Natoire et Pierre 
sont les seuls qui font des élèves ; mais le premier fait tort aux 
élèves. » 

Suivant les témoignages de Basan, Huber et Rost, de Nagler, 
et de l'Académie Royale elle-même, en dépit du silence de 
Heinecken, son second maître semble avoir été Laurent Cars, 
né à Lyon en 1699, fils de Jean-François Cars, qui s'était établi 
comme graveur et comme marchand de planches pour thèses et 
pour paroissiens, au bas de la rue Saint-Jacques. 

Perronneau a exécuté à deux reprises, au pastel et à l'huile, 
le portrait de ce Laurent Cars, qui signera en qualité de témoin 
à son contrat de mariage, le 3 novembre 1754. 

Perronneau débutait donc dans la bonne tradition académique 
et apprenait son métier chez des artistes qui le tenaient eux- 
mêmes des élèves de Nanteuil. Il coudoyait peut-être devant le 
modèle, sous l'œil de Bouchardon, Aveline, Joullain et d'autres. 
Nous ne pouvons savoir s'il suivit les cours de l'Académie 
Royale, puisqu'on ne possède les registres d'inscription des 
élèves qu'à partir de l'année 1758. 

On a recherché si Drouais le père, qui pratiquait beaucoup le 
pastel, n'avait pu être le maître de Perronneau. Le fait que 
celui-ci ait exposé son portrait au Salon du Louvre ne prouve 
rien. A ce compte, Cochin, Vernet, Oudry, Adam l'aîné lui 
auraient enseigné leur art. Perronneau, muni d'un solide rudi- 
ment appris soit au cours de l'Académie, professé par Natoire, 
soit dans l'atelier de Cars, a dû, comme tant d'artistes, se faire 
une personnalité au sortir de l'école, puis se laisser influencer 
par les conversations et surtout par la vue des œuvres d'un 
artiste différent, en certains côtés, des autres peintres de l'école 
française contemporaine, Largillierre, le maître d'Oudry, Lar- 
gillierre qui a développé dans deux conférences ses idées sur la 
couleur, Largillierre si accueillant aux artistes, si généreux de 



n. 2 




PkTITE \nn.K TENANT UN CHAT 

Pastel. Signé ot daté 1745. 

(Galerie nationale tic Londres) 



conseils, et dont la bonté trouve un écho attendri dans les 
mémoires de Wille. Perronneau a vécu dans l'intimité d'Oudry 
dont il a exécuté le portrait ; peut-être, par lui, a-t-il connu 
Largillierre ; la comparaison de leurs œuvres, nous le verrons 
plus loin, fixera plus sûrement cette parenté du talent que les 
documents d'archives, si incertains en ce qui concerne les deux 
artistes. 

Le catalogue de l'œuvre gravé de Perronneau est composé de 
planches qui ont toutes été exécutées avant 1744. Il semble bien 
que, parmi elles, les plus anciennes soient celles qu'il a gravées 
d'après François Boucher ou d'après Natoire. Boucher, à ses 
débuts, gagnait sa vie à des images de piété, tandis qu'Oudr>' 
et Carie Van Loo, pour ne pas mourir de faim, fournissaient à 
bon compte, l'un des rébus, l'autre des décorations d'opéra et 
de petits portraits. C'est ainsi que Boucher exécutait, pour un 
bréviaire de Paris, des projets d'estampes avec les vues de la 
ville, accompagnées chacune d'une Vertu, que les jansénistes 
appelèrent : V Espérance et le Louvre, la Charité et le Pont-Neuf, 
la Foi et les Invalides, la Religion et Notre-Dame. A ce travail 
qu'il donnait au père de Laurent Cars, Boucher gagnait la table, 
le logement et soixante livres par mois « qu'il estimait pour lors, 
dit Mariette, être une fortune ». Ne peut-on considérer ce chiffre 
comme une indication sur la condition matérielle de Perronneau, 
qui a travaillé probablement dans le même atelier? On trouve, 
en effet, dans le catalogue de son œuvre gravé, d'après Boucher: 
Le Serviteur d'Abraluim auprès de Rebecca, Un Magicien 
chinois et Responderuntque Laban, dont Laurent Cars gravait 
le pendant Primitia martiruni Sociétatis Jesu in Ecclesia 
Japonica. 

De la même époque semblent datés les deux pendants, l'Air 
et la Terre, exécutés en ovale d'après les tableaux de Charles 
Natoire, peintre du roi, du cabinet de M. du Fort, par J.-B. Per- 
ronneau, qu'on vendait à Paris, chez Muquier, rue Saint-Jacques, 



— 8 — 

au coin de la rue des Mathurins, avec privilège du roi (1). Sans 
parler de la composition, qui ressort de la banalité officielle et 
dont Perronneau n'est pas responsable, le travail au burin ne 
décèle aucune originalité • — le moyen d'être original après 
Nanteuil et Edelinck ! — mais ne manque pas de souplesse ni 
de variété, avec des accentuations d'eau-forte qui donnent à 
certaines ombres plus de profondeur, d onctuosité et assignent 
aux valeurs claires toute leur importance. 

Il collaborait enfin à deux suites d'estampes, publiées l'une et 
l'autre à Paris, chez Huquier, rue Saint-Jacques, au coin de la 
rue des Mathurins, avec privilège du Roi, 1738, sous le titre 
suivant: Livre de diverses jigtires d'académies dessinées d'après 
le naturel, par Edme Bouchardon, sculpteur du Roi. On lit la 
signature de J.-B. Perronneau, dans la première suite, sous le 
trait carré du titre, inscrit sur une draperie, au bas de la 
planche IV, qui représente un homme nu, à terre, auprès d'une 
urne, et dans la seconde suite, au bas de la planche VII, où l'on 
voit un homme de dos, assis sur un rocher. Les premiers essais 
nous montrent un Perronneau académique, voué à l'allégorie, 
mais puisant aussi dans les belles planches du XVlT siècle que 
renfermait sans aucun doute la boutique de Cars le père, dans 
la compagnie de Boucher, dans l'enseignement d'un Laurent 
Cars, d'un Bouchardon, d'un Natoire, futur directeur de l'Aca- 
démie de France à Rome, la tradition pure de l'ancienne Acadé- 
mie, la science du modelé, la conviction qu'on n'établit pas un 
projet, un « dessein » par un trait facile, mais avant tout par la 
distribution des masses lumineuses et sombres. Ces figures d'aca- 
démie dont les dessins préparatoires ont dû passer dans la collec- 
de Desfriches (2), montrent en lui, non un artiste improvisé, mais 



(O Cabinet des Estampes. Œuvre de Natoire. Db. 26. 

(2) On relève en effet dans un inventaire de cette collection, du 29 juillet 1752, dix études, 
têtes d'enfants ou académies, de Perronneau. 



un homme préparé par l'étude patiente de la ronde bosse, puis 
du modèle vivant, à faire œuvre personnelle, c'est-à-dire à 
mettre au service de son émotion les ressources de son savoir. 
Il nous reste un témoignage de cet apprentissage méthodique 
dans une sanguine provenant de la collection de Desfriches (1), 
qui représente une tête de vieillard. Perronneau pouvait devenir 
un Halle, un Natoire ; il préféra devenir Perronneau. 



(1) Aujourd'hui dans la collection Ratouis de Limay. On conserve, dans la famille de 
M. Ratouis de Limay, un portrait au crayon rouge de M"^ Catherine-Thérèse Desfriches, la 
sœur de l'amateur Orléanais, qu'une note, écrite au tas, de la main même de Desfriches, 
déclare être de Perronneau, et de 1740. Nous en doutons: c'est-là sans doute une copie 
(par la fille de Desfriches, peut-être), du dessin original et perdu de Perronneau. Ce qui 
nous confirme dans cette idée, c'est qu'un amateur Orléanais a trouvé à Orléans une réplique 
de ce portrait, au crayon rouge, due, ,î n'en pas douter, à la même main inexperte. 




II. 



Ferrontieau agréé à l'Académie Royale de peinture 
et de sculpture. 

1743-1749 



«T-is Le plus ancien portrait au pastel que nous connaissions de 
Perronneau se trouve à la Galerie nationale de Londres 
(n° 3588) ; il porte, en haut et à droite, la signature de l'artiste 
ainsi orthographiée: Perronneau, et la date: Aoust 1743. Il 
représente une petite fille tenant un chat (pi. 2). Elle regarde de 
face, quoique tournée de droite à gauche ; elle est habillée d'une 
manière solennelle qui contraste, d'une façon piquante, avec 
l'ingénuité de son âge. Avec cette robe de damas bleu, brodée 
de chèvrefeuille rouge, largement décolletée, aux engageantes 
de dentelle, avec ce bras nu, avec ce ruban bleu noué autour du 
cou, avec ces petites fleurs roses et blanches passées dans les 
cheveux, avec ses yeux grands ouverts qui mangent la figure, 
on dirait une petite maîtresse ou de ces enfants qui parodient 
une tenue de cour (1). 

1744 De l'année 1744 sont datés les portraits de M"°° Desfriches, la 



(I) Le pastel a été donné à la Galerie nationale par sir Joseph Duveen qui le tenait de 
lady Dorothy Neviîl. 



ë' 





Lli NKClîl-; Mm'OMIK 

Piistel. 1745. 

Chiitcau lie IJvottninylujIm, Sucùe) 



— 11 — 

mère du dessinateur-amateur orléanais( 1) et d'un petit enfant(2). 
Dès les premiers pas, quelle souplesse, quelle étendue dans la 
connaissance des ressources propres au pastel, dans la gamme 
de l'étude du visage humain! On s'étonne de voir, à côté de 
cette figure d'aiëule, juvénile encore sous les rides, à i'expression 
franche, bonne et spirituelle, dont le visage s'encadre dans la 
dentelle en point de France d'un petit bonnet blanc, une char- 
mante figure poupine ; à côté de cette mantille de taffetas noir, 
la gaîne d'un damas bigarré, bleu, jaune et rose ; à côté de cette 
sévérité bourgeoise, le luxe dont s'illumine la grâce d'un enfant. 
Perronneau n'a retenu de ses maîtres à l'Académie Royale que 
la science du modelé en pleine lumière ; dès maintenant il est 
lui-même, par la sincérité de l'émotion, la simplicité des figures 
coupées à mi-corps, la concentration de l'intérêt sur le visage, 
la naïveté de ses arrangements, le parti-pris de ne pas sacrifier 
l'observation psychologique à des accessoires, à un décor théâ- 
tral. Une vieille femme, des enfants, voilà par quoi il commence : 
ni draperies somptueuses, ni costumes de cour, ni meubles orfè- 
vres, mais l'accent hiératique d'un Philippe de Champaigne, une 
gageure dans la variété des noirs, dans le chiffonné d'une den- 
telle, d'une cornette de linon, dans ce fourreau de bébé, qui a 
la somptuosité de matière d'un cuir de Cordoue, la rigidité d'un 
costume d'infante peint par Velasquez, enfin dans l'harmonie 
des tonalités bleues, jaunes et roses, rompues au deuxième plan, 
autour d'une auréole de lumière où surgit la figure enfantine. 

Ces deux œuvres valent aussi par les indications qu'elles 
peuvent nous donner sur la vie de Perronneau. Nous le voyons 
entrer en rapports de plus en plus suivis avec Desfriches, qu'il 



(1) Collection de M""' Ratouis de Lininy. - M""' Dcsfriclies. née c:atherine Boillève, 
mourut à Orléans en 1745. 

(2) Ce |iorlrait, adjujjé 77,000 francs à la vente Jacques Doiicct, en I!IIJ, à M. Hœnt.schcll 
est de nouveau r«ssé en vente, après la mort de celui-ci, en mars I!'19; il se trouve actuelle- 
ment dans la collection de M. Georges Dormeuil. 



— 12 — 

avait probablement connu à Paris, dans l'atelier de Natoire, où 
le dessinateur Orléanais était entré au sortir de l'atelier de Bertin. 
Nous avons déjà cité un inventaire de 1752, où il est question 
de dix têtes d'étude dont faisait probablement partie le dessin 
à la sanguine de la collection Ratouis de Limay. En 1740, Per- 
ronneau fait un petit croquis de la sœur de Desfriches. En 1744, 
il pastcllise le portrait de sa mère. Plus tard, il fera la « pour- 
traicture » de l'amateur lui-même, de sa femme, plus tard encore 
de sa fille. Il sera son hôte à Orléans. Il lui écrira des lettres 
confiantes et lamentables. 

Dès 1744, il connaît la route d'Orléans. Alors commence cette 
vie errante, d'une singulière instabilité, dont s'étonne l'abbé de 
Fontenay, cette course à travers la France, la Hollande, l'Italie 
et l'Angleterre, de Paris à Orléans, à Bordeaux, à Angers, à 
Lyon, à Toulouse, à Abbeville, à Turin, à Rome et à Saint- 
Pétersbourg, cette triste équipée qui aboutit à Amsterdam. 

Quant au portrait d'enfant de la collection de M. Georges 
Dormeuil, nous aurions ^■olontiers reconnu en lui le portrait d'un 
jeune écolier, frère de l'auteur, tenant un livre, qui figurait au 
Salon de 1746, sous le n" 150, si le livret du Salon n'ajoutait 
la mention « en huile ». 

'745 De l'année 1745, il nous reste deux témoignages du labeur de 
l'artiste. Un pastel, carré en hauteur, signé à droite, Perron- 
neau, 1745, représente un homme vêtu d'un habit mordoré à 
parements d'or, d'un gilet bleu galonné d'or, d'où sort un 
mouchoir de dentelle, et où s'engage la main gauche. La tête 
est un peu penchée, les cheveux poudrés et noués en catogan, 
les yeux bruns, les traits accusés ; les narines se dilatent, la 
bouche sourit. 

Au château de Drottningholm, en Suède, dans les apparte- 
ments du prince héritier, se trouve le portrait au pastel d'un 
nègre blanc, c'est-à-dire albinos. Grâce à l'extrême obligeance de 



— 13 — 

M. Cari David Moselius, l'érudit suédois distingué, nous pouvons 
en donner la reproduction (pi. 3). Une inscription de l'époque, 
collée sur le verre, identifie le modèle: « Mapondé, né d'un 
nègre et d'une négresse à Cabende, de nation Moyo, et a esté 
traitté au dit Cabende, coste d'Angolle, le 15 janvier 1743. 
Peint par J.-B. Peroneau en 1745. » Comment, et en quel lieu, 
ce jeune Zamore vint-il poser devant Perronneau ? Aurait-il été 
ramené des régions congolaises par le frère du dessinateur 
Aignan-Thomas Desfriches, capitaine de marine marchande, en 
même temps que le nègre Paul dont le buste, modelé par Pigalle, 
se trouve aujourd'hui au musée d'Orléans? Ces questions nous 
semblent difficiles à éclaircir, et l'année 1745 reste parmi les plus 
mystérieuses de la vie de Perronneau. Vu de face, à mi-corps, 
se détachant sur un fond bleu, le jeune nègre, au visage et aux 
cheveux blancs, porte un cafetan gris-vert, bordé de petit gris, 
s'' ouvrant sur un \ êtement de couleur rose comme le bonnet qu'il 
tient à la main. Le modelé de cette tête enfantine est singulière- 
ment puissant et expressif. Suivant M. Granberg, ce pastel devait 
se trouver déjà à Drottningholm au XVlir siècle ; il avait sans 
doute été acheté par la reine Louise Ulrique, sœur de Frédéric 
le Grand. 

L'année 1746 semble décisive. On lit en effet, dans les procès- 1746 
verbaux de l'Académie Royale de peinture et de sculpture, à la 
date du 27 août 1746, la mention suivante: 

« Aujourd'hui, samedi 27"" aoust, l'Académie s'est assemblée 
à l'ordinaire. 

Agrément du sieur Feronneau, Peintre de Portraits. 

Ensuitte le Sieur Jean-Baptiste Peronneau, de Paris, peintre 
de Portraits, ayant fait aporter de ses ouvrages, l'Académie, 
après avoir pris les voix à l'ordinaire et reconnu sa capacité a 
agréé sa présentation, et le dit Sieur ira chez M. le Directeur qui 
lui ordonnera les portraits qu'il doit faire pour sa réception. » 



— 14 — 

Perronneau se rendit donc chez M. le Directeur qui lui 
imposa, comme morceaux de réception, deux portraits à l'huile, 
ceux d'Adam l'aîné, le sculpteur, et d'Oudry, le peintre d'ani- 
maux et de paysage. Le 24 septembre de la même année, La Tour 
était reçu académicien et consacrait officiellement une avance 
de près de dix ans sur son émule et son futur rival. Perronneau 
devait attendre près de sept ans avant de livrer à l'Académie ses 
morceaux de réception. 

La même année, le 25 août, Perronneau exposait au Salon du 
Louvre cinq portraits ainsi catalogués : 

146. — Celuy de M. le Marquis Daubail, en Cuirasse. 

147. — Celuy de M. Drouais, Peintre de l'Académie. 

148. — Celuy de M. Gilcain, Peintre (en huile). 

149. — Celuy du petit Desnoyel, tenant une Poule huppée. 

150. — ■ Celuy d'un jeune Ecolier, frère de l'Auteur, tenant un 
Livre (en huile). 

Le portrait du jeune écolier, frère de l'auteur, tenant un livre, 
serait-il celui qui se trouvait autrefois dans la collection Teplov 
où il passait pour un Greuze ou pour un Lépicié ? Somov le décrit 
ainsi dans le Catalogue du Musée de l'Ermitage (1) : « Un jeune 
garçon blond, d'une douzaine d'années, vêtu d'un habit lilas et 
d'un i^ilet bleu, est assis sur une chaise. Il tient de la main gauche 
un livre relié en cuir qu'il feuillette de l'autre main. Le regard 
du jeune homme est tourné vers le spectateur. Sur la table se 
trouve encore un livre. Figure à mi-corps. Fond gris brun. » 

Nous ne savons ce qu'est devenu «celuy du petit Desnoyel »( 2). 
Le portrait de M. le marquis d'Aubaïs, en cuirasse, a appartenu 
au peintre Emile Lévy. Nous n'avons pu voir ce portrait qui 
avait été adjugé, lors de la première vente Laperlier, en 1867, 
au marquis de Beurnonville, puis cédé par lui au peintre Emile 



(1) Edition 1908. 

(2) Ce pastel, très abimé, a été vu, il y a une vingtaine d'années, par M. Jacques Doucet, 
cliez l'expert Ferai fils. 



PI. 4 




POUTUAIT Di; JliUNi; lEMMIi 

Pastel. Siyné et daté 1746. 

(A il le vicomte l'eriKuul île lîoniiev:il) 



— 15 — 

Lévy, aujourd'hui disparu. Par contre, nous connaissons la gra- 
vure qu'en a exécutée J. Daullé, probablement avec la collabo- 
ration de Wille : un médaillon ovale contient le personnage vu 
à mi-corps, couvert d une cuirasse, tourné de gauche à droite, 
regardant de face et coiffé d'une perruque moutonne ; il repose 
sur un socle où on lit, de part et d'autre d'un écusson engagé, 
la devise suivante: « Charles de Baschi, marquis d'Aubaïs, baron 
du Caïla, seign. de Junas, etc., né au Ch^" de Beauvoisin, le 
20 mars 1686. » Ce portrait robuste, franc, qui ne déguise rien 
de la rondeur un peu ironique du visage, est celui d'une person- 
nalité curieuse du XVlir siècle. Si l'on en croit la brochure de 
Prosper Falgairolle ( 1 ), Charles de Baschi entra à l'âge de 18 ans 
dans la première compagnie des mousquetaires, fit la campagne 
de 1705, puis démissionna. Il avait réuni, dans son château 
d'Aubaïs, une riche bibliothèque, publié une Géographie histo- 
rique et fourni à Ménard les matériaux de son Recueil de pièces 
jugitives pour servir à l'histoire de France. Il mourut le 5 mars 
1777, âgé de 91 ans. I.a cuirasse qu'il porte ne fait-elle pas allusion 
à son passé militaire ? 

Nous avons vu dans la collection Noël Valois un portrait au 
pastel de Hubert Drouais (2), peintre de l'Académie, élève de 
De Troy, né à la Roque, dans l'Eure, reçu membre de l'Acadé- 
mie Royale de peinture en 1730, mort à Paris en 1767, le père 
de François-Hubert Drouais et le grand-père de Jean-Germain 
Drouais (pi. 16) ; mais ce ne peut être celui qui a figuré au Salon 
de 1746, car on lit en bas et à gauche la signature et la date: 
Pcrronecm, 7/5/, au dos: « peint par Peronot de l'Acad. Royalle 
de France », enfin cette autre note: « Ce portrait est celui de 
M. Drouais, le père de M"" Lutton, peint par M. Peronneaux, 



(\) Le matquis d'Aubaïs, célèbre érudii du XVIII'' siècle et ses lettriS autoi;raphcs inédites. 
par Prosper Faloairolle, membre de la Sociêlé lranç.'\i,<:e d'archéologie, de l'Académie 
de Nîmes (Clermont-l'Hér-iiilt, Saturnin Léotard, 1887, in-K" de 130 p.l. 

(2) Ce pastel appartient aujourd'hui à M. et M"'" Daniel Hillé. 



__ 16 — 

peintre de l'Accadémie Royalle de peinture et de sculpture, 
peint en l'année 1754 » 

Nous en sommes réduits à un seul portrait : « C-eluy de M. Gil- 
cain, peintre (en huile) » pour apprécier l'exposition de Perron- 
neau au Salon de 1746. A la vérité, ce portrait qui fait partie 
de la collection Léon Michel-Lévy pourrait, lui aussi, prêter à 
discussion. On lit en effet, sur un papier collé au revers de la 
toile: « Ce tableau est le portrait du S' Gillequin, peintre et amy 
» du Chevalier Arnoud qui le fit son héritier et est peint par 
» Perronneau, environ l'an 1750. Gillequin fi.xa son séjour à 
» Angers, je lalois voir à un passages en cette ville. En 1754, je 
» le trouvay à l'extrémité d'une Goutte remontée ; il me pria 
» d'accepter son portrait, prévoyant bien que il n'iroit pas loing. 
» En effet, 2 jours après, il mourut. 

» La présente notte faitte à Orléans le 4 7'"^« 1768. )> 

Desfrîches. 

Il se peut que Desfriches, qui assigne au tableau la date de 1750, 
se trompe. Il écrit sa note en 1768, soit quatorze années après son 
information, et d'ailleurs il fait précéder la date du mot environ. 
Dans un inventaire de son cabinet du 3 septembre 1760, il men- 
tionne et estime ainsi ce portrait : 

5. — Le portrait de Gillequin par Peronneau, présent qui ma 
esté fait (la bordure douze 1.), trente L. 

Dans un autre inventaire du 28 juin 1774, il porte son estima- 
tion de trente à soixante-douze livres. 

La valeur marchande des Perronneau avait donc au moins 
doublé de 1760 n 1774 ! Sur la personnalité du peintre Gillequin, 
on sait peu de choses. 11 naquit vers 1695 et mourut vers 1754. 
Dans son livre sur Le théâtre à Dijon ( 1 ) . M. Louis de Gouvenain 
relate que « le 28 janvier 1733, le peintre Gilquin, auteur d'un 
'.( opéra par machine, capable de divertir et de donner satis- 
faction au public », obtint l'autorisation « de le faire voir 

(1) Louis de Gouvenain. Le théâtre à Diion (1422-1790), Dijon, 1888. 



— 17 — 

à prix d'argent et aux heures convenables, « à condition 
« de tenir la main à ce qu'il ne soit fait aucun scandale ». L'opéra 
de Gilquin est le premier qui ait été composé pour le théâtre de 
Dijon ; je regrette de n'être pas renseigné au sujet du mérite et 
du succès de cette oeuvre, dont les interprètes et le titre me sont 
également inconnus. » Nous avons relevé dans le livret du Salon 
de 1745 une tête représentant M. Gilquin, peintre, par Nonnotte. 
L'indication du séjour de Gillequin à Angers reste précieuse et 
peut nous faire supposer un voyage de Perronneau dans cette 
ville avant l'année 1746. En tout cas, nous ne croyons pas que 
le mot de chef-d'œuvre soit exagéré pour exprimer la valeur 
de ce tableau, la première en date des peintures connues de 
Perronneau, et affirmer qu'il équivaut aux portraits d'Adam 
l'aîné et d'Oudry, qu'il devance de quelques années. Comment 
oublier la solidité de construction de cette figure énergique, la 
droiture de ce regard fixé vers le spectateur, la différenciation 
nuancée des valeurs et cependant l'unité du modelé, l'accent 
dédaigneux de la courbe des narines, le léger pli de scepticisme 
de la bouche, l'exécution d'un pinceau fier, toujours promené 
dans le sens de la forme, la robuste matière qui conserve dans 
certaines parties, comme le tour de cou en linon et le jabot, tout 
le floconneux et toute la fieur du pastel ! 

Le vicomte Fernand de Bonneval possède un très gracieux 
portrait ovale de jeune femme, signé : Perronneau pinx. 1746. 
Le modèle est tourné de trois quarts vers la gauche ; dans ses 
cheveux à peine poudrés, s'attachent une plume bleue et une 
fine dentelle ; l'oreille gauche est dégagée. Son corsage vert pâle, 
décolleté en ovale, est relié sur les épaules par des nœuds bleus. 
Un large nœud de soie bleue orne le devant du corsage (pi. 4). 

La critique ne dédaigna pas le premier salon de Perronneau. 
Lafont de Saint-Yenne (1), après avoir marqué la vogue du 

(1) Réflexions sur quelques causes de l'état présent de la peinture en France avec un 
examen des principaux ouvrages exposés au Louvre le mois d'Août 1746. M. DCCXLVII. 



— 18 — 

pastel, son infériorité par rapport à la peinture proprement dite, 
ajoute : « Je viens aux Pastels, espèce de Peinture excessive- 
ment à la mode, et à laquelle le sieur La Tour a donné une vogue 
et un crédit qui semble ne pouvoir pas augmenter, par les pro- 
diges qu'il a enfanté en ce genre. 11 est vrai qu'il a fait une foule 
de misérables imitateurs. Tout le monde a mis ces craïons de 
couleur à la main : il en est de même chez nous de tout ce qui est 
de mode, le Public l'adopte avec fureur. Combien l'inimitable 
Vatteau a fait de mauvais singes dans son tems !... J'aurois bien 
des choses à dire en faveur des Pastels des sieurs Drouais, Loir, 
Peronneau... mais ce seroit répéter une partie des louanges que 
je viens de donner aux talens de leurs confrères et que je n'ai 
point l'art de savoir varier. » 

La participation de Perronneau au Salon de 1747 ne fut pas 
moins remarquable. On lit, en effet, dans le livret de cette année : 

125. — Un portrait au Pastel du fils de M. le Moyne, Sculp- 
teur ordinaire du Roy, âgé de cinq ans. 

126. — Autre représentant M. *** en habit de bal (une autre 
édition porte: n° 126. Autre représentant M. *** en Domino.) 

127. — Autre, M. Huquer d'Orléans. 

128. — Autre, peint à l'Huile, représentant M""' de Villeneuve 
les mains dans son Manchon. 

129. — Autre représentant M. C... (une autre édition porte: 
Autre représentant M"° *** tenant un éventail). 

129'''^. — Le fils de M. Huquer, tenant un Lapin. 

Le numéro 125 a été identifié — un peu rapidement peut- 
être — avec le portrait de la collection de M. Groult, le père. 
Le possesseur le considérait comme étant celui du jeune 
Lemoyne, âgé de 5 ans. Ce pastel, qui est signé dans le bas, à 
droite, n'est pas daté. Au dos, on lit, en écriture du temps: 
« Ce pastel a été fixé par Loriot ». Le fait qu'il représente un 
charmant petit garçon au minois éveillé et fûté ne démontre pas 



PI. 5 




Gauuiul Ilu(ii;u-.R 
Pastel. Signé et daté 1747. 

(.A M. .An.liL- Liizard) 



— 19 — 

suffisamment l'identité supposée. Cependant on retrouve les 
traits de l'enfant dans un pastel, par Louis Vigée, de Jean- 
Baptiste-Antoine Lemoyne, fils aîné du sculpteur, né à Paris 
le 17 août 1742, mort à Port-au-Prince le 14 mars 1781. Ce 
pastel, passé en février 1912 dans la vente de la collection de 
M. Yves Le Moyne, le représente âgé de vingt ans environ. 

On voyait à l'Exposition de Cent Pastels, en 1908, un pastel 
d'enfant appartenant à M. Albert Lehmann qui était signé en 
bas à droite: Perronneau pinx. 1747, et que l'on donnait comme 
le « portrait présumé d'un fils de Le Moyne, sculpteur du roi ». 

Nous ignorons la destinée des portraits de M'"' de Villeneuve, 
une orléanaise (1), les mains dans son manchon, de M. C... ou 
M"" ***, tenant un éventail. Par contre, sur le numéro 127, 
M. Huquer, d'Orléans, et le numéro 129'"'% le fils de M. Huquer, 
tenant un lapin, nous avons de précieuses indications. Le por- 
trait de Huquier le père (collection André Lazard) ne prête 
pas à la discussion. Le pastel (pi. 5), remarquable en tous points, 
est signé au milieu, à gauche : Perroneau en 1747 , Février. 

Il s'agit de Gabriel Huquier, dessinateur et graveur, né à 
Orléans en 1695, qui s'établit à Paris comme marchand 
d'estampes, dessina des ornements dans le goût chinois, grava à 
l'eau-forte d'après F)Oucher, Gillot, Watteau, et autres maîtres 
français. Il avait réuni une nombreuse collection de dessins et 
d'estampes qu'il ouvrait, à certains jours de la semaine, aux 
artistes et aux amateurs. On lit dans une lettre de Jombert, 
adressée à Desfriches après la mort de Huquier, en date du 
12 juillet 1772: « On va faire un nouveau catalogue des desseins 
et estampes restans dans le cabinet de Huquier et comme son 
recueil de mille desseins choisis des plus grands maîtres des trois 
écoles sera détaillé ainsi que les estampes de son œuvre de 
Le Clerc, cela fera encore un catalogue assés ample. » Dans la 



(I) Dans sn lettre ùu 10 avril 177.Î, Perronneau écrit .^ Desfriclies : " Je salluë nos amis 
et particulièrement Monsieur Soyer, Alonsieur de Villeneuve et Madame son Epouze. » 



— 20 — 

même lettre, quelques lignes auparavant : « Vous scavés que ce 
pauvre Huquier est mort il y a près d'un mois ; le scellé est 
encore sur tous ses effets ; comme on ne reçoit point de nouvelles 
de son vaurien de fils qui est en Angleterre, et à qui l'on écrit 
inutilement tous les ordinaires, on s'est déterminé à appeler le 
substitut du procureur du roy qui tiendra lieu de la présence du 
fils et l'on compte commencer demain l'ouverture du scellé ; 
il me paroist que le bonhomme Huquier n'est pas mort si riche 
qu'on le pensoit et une partie de son héritage s'en ira en frais de 
justice et de procédure. La veuve, le gendre, les enfans ne sont 
jamais d'accord et vivent ensemble comme chiens et chats. Cela 
vérifie le proverbe, ce qui vient de la flûte s'en retourne au 
tambour. » 

Cette lettre nous fait pénétrer dans un intérieur d'artiste au 
XVlir siècle ; elle transforme, avec les années, le fils de 
M. Huquier tenant un lapin (n° 129'''' du Salon, 1747), Gabriel 
Huquier, graveur, en « un vaurien de fils ». Voilà en tout cas 
Perronneau portraitiste attitré des Orléanais et des nombreux 
amis de Desfriches. 

La critique ne se montra pas plus circonspecte que l'année 
précédente, et l'abbé Leblanc, lui-même, le panégyriste de 
La Tour, avoue dans sa Lettre sur l'Exposition des ouvrages de 
peinture, sculpture, etc., de Vannée 1747, faisant allusion au 
portrait de Huquier le père: « Près de ce tableau (une marine 
de Le Bel), on voit un portrait en pastel, par un jeune homme 
nommé M. Perroneau, qui est plein d'esprit et de vie et qui est 
d'une touche si vigoureuse et si hardie qu'on le prendroit pour 
être d'un Maître consommé dans son Art. Que ne doit-on pas 
espérer de quelqu'un qui marque tant de talent dans ses premiers 
Ouvrages ? » 

Nous connaissons un pastel de Perronneau qui vaut l'effigie 
de Huquier le père, et qui porte l'inscription : Perronneau, pinx. 
No^''^. 1747, mais qui ne figura pas au Salon de la même année. 



— 21 — 

C'est le portrait du comte de Bastard (collection David 
Weill) (1). Il constitue pour nous un document signé, de la plus 
grande valeur (pi. 6). En effet, il y a eu à Toulouse, au XVIir siècle, 
une famille de parlementaires portant le nom de Bastard de 
l'Estang, et il existe encore aujourd'hui, paraît-il, des représen- 
tants de cette famille à Agen. Citons dans cette généalogie: 
Dominique de Bastard, seigneur de la Fitte et de Pominet, né 
le 18 janvier 1683, reçu conseiller au parlement de Toulouse 
en 1704, doyen en 1753, premier président nommé en 1762, 
conseiller d'Etat en 1774, mort au mois de novembre 1777 ; 
François de Bastard, né à Toulouse le 16 décembre 1722, succes- 
sivement conseiller au Parlement de Toulouse, maître des 
requêtes, premier président du Parlement de Toulouse, conseil- 
ler d'Etat, chancelier garde des sceaux de S. A. R. Mgr le comte 
d'Artois, mort à Paris le 20 janvier 1780. 

Le costume concorde avec ces indications : le personnage 
porte une perruque poudrée, environnée de frisures et dite de 
ft procureur », par la raison que les gens de robe conservèrent 
longtemps encore sur leurs épaules la crinière du XVIT siècle. 
Perronneau serait-il allé à Toulouse en novembre 1747? 

Il semble bien, en tout cas, qu'il soit allé à Orléans puisque, 
cette même année, il a peint à l'huile le portrait de Charles 
Le Normant du Coudray, « conseiller et procureur du Roy de 
la garde du milieu, fores d'Orléans », par ailleurs bibliophile et 
amateur. Le modèle a 35 ans; le visage respire l'intelligence 
et la finesse qui ne sont pas incompatibles avec l'amour de la 
chasse dont témoigne un fusil passé à la bretelle et un épagneul 
que le personnage tient sous le bras. Habit vert olive, col, jabot 
et manchette de lingerie ; les cheveux non poudrés et noués en 
catogan (2). 



(1) Adjugé 116,100 francs à la vente de la collection Doucet. 

(2) Ce portrait appartient .i M. B. Fossard ; il a été signalé et étudié par M. Charles 
Saunier, dans la Revue de l'Art ancien et moderne (n» de janvier 1922). 



— 22 — 

Est-ce à la même année qu'il faut situer le portrait du « Sach- 
sichen Kammerat C. Friedrich Kregel von Sternbach (1717- 
1789)? Cette effigie du conseiller de la chambre ducale de Saxe, 
peinte à l'huilé, est signée: Perronneau pinx. Paris, 17.7 (1). 
Cette indication incomplète de la date donne à supposer, d'après 
l'âge probable du personnage, qu'il s'agit de 1747. 

Au Salon de 1748, Perronneau exposait : 

95. — Celui du Révérendissime ***, abbé Régulier de Paris, 
peint à l'Huile. 

96. — Autre au pastel, de M. Olivier en Habit de velours, 
appuyé sur une Table. 

97. — Celui de Madame Son Epouse, habillée d'une Robbe 
de Pequin. 

98. — Celui de M. ***, de l'Académie Royale de Musique 

99. — Mademoiselle Amédée de l'Opéra, en Domino noir. 
100. — Madame de ***, en Habit couleur de rose. 

Nous ne connaissons le portrait de Lazare Chambroy, abbé 
général de Sainte-Geneviève en 1745 et confirmé dans ses fonc- 
tions en 1747, cette extraordinaire figure de sacristain, marquée 
de petite vérole, que par la belle gravure qu'en a exécutée Jean 
DauUé d'Abbeville (2). Quant aux portraits de M. Olivier et 
de M""' Son Epouse (de la collection de M. Groult père), il sont 
tous deux signés et datés: 1748 ; le costume, l'attitude et la date 
les identifient avec les numéros 96 et 97 du livret du Salon. 
La tradition veut que les personnages représentés appartiennent 
à une famille marseillaise. Or, il y a eu au XVlir siècle, à Bor- 
deaux, un ingénieur maritime de ce nom, travaillant pour le roi. 
Nous avons eu en mains un livre qui lui a appartenu. I! n'est 
donc pas impossible que Perronneau ait fait un premier séjour 



(1) Elle se trouve à la Bibliothèque de l'Université de Leipzig. 

(2) 11 existe, au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale, deux états de cette 
gravure. 



PI. 6 




Lk COMTK de liASTAIiD 

Pastel. Signé et daté 1747. 

(A. il. D;ivUl WcillJ 



— 23 — 

à Bordeaux au début de l'année 1748 et que les portraits de 
M. et de M"' Olivier en soient les témoignages. 

C'est à propos de ces deux portraits que Saint-Yves déclare(l) : 
« Qui peut aussi dans le genre de M. de la Tour voler comme 
lui de merveilles en merveilles ? Ce sera M. Peronneau, s'il veut 
continuer ainsi qu'il a commencé. Deux portraits (n°' 96 et 97) 
qu'il a exposés cette année, sont d'heureux présages de la gloire 
qui l'attend. Mais ce ne sera certainement point le tas de jeunes 
peintres, qui enivrés des succès de M. de la Tour, ne semblent 
manier les crayons colorés, que pour faire sentir le mérite de 
celui-ci. Ces reproches ne sont pas faits pour M. Peronneau, 
que je viens de louer, et pour M. Loir, qui mérite de l'être: 
connu comme un bon sculpteur, on le verra dans peu un excel- 
lent peintre... » 

Et l'auteur, après avoir déploré tout ce qu'il y a d'éphémère 
dans le pastel, et regretté que M. de La Tour ne peigne pas à 
l'huile, parle de la technique de Perronneau : « Il n'est donc pas 
étonnant qu'un Peintre ayant fait cette réflexion, et cherchant à 
conserver à la nature toute sa force qui dégénère dans l'imitation 
comme l'imitation dégénère par la distance d'où elle est consi- 
dérée, charge les parties qui en ont le plus de besoin de touches 
fortes qui, à leur tour, se confondant à un certain éloignement, 
ne forment plus qu'un tout uni aux yeux du spectateur ; le por- 
trait de M. Peronneau (n° 96) vu de près, et ensuite de la 
distance de cinq pieds, servira à nous faire entendre. » 

Le numéro 98, portrait de M. ***, de l'Académie Royale de 
Musique, se trouve identifié par le manuscrit de M. l'abbé 
Gougenot (2). Parlant du i;alon de 1748, il écrit: « M. Peron- 



(1) Observations sur les arts et sur quelques morceaux Je peinture et de sculpture 
exposés au l.ourre en 1748, où il est parlé de l'utilité de l'embellissement dans les villes, 
Leyde, chez Elias Luzac Jun. 1748 (page O.S.) 

(2) Manuscrit de M. l'abbé GouRcnot, conseiller au Grand Conseil: Critiques sur la pein- 
ture, la sculpture, la gravure et l'architecture. A Paris MDCCL, Cabinet des estampes 
Y b 154. 



— 24 — 

neau ne s'est pas moins distingué dans ce salon que dans les 
précédens. Evitant pour les dispositions ces lieux-communs dans 
lesquels les peintres à portraits ne tombent que trop souvent, les 
siens se font autant remarquer par une variété de belles attitudes 
que par le bon caractère de dessein dans lequel il excelle. Quand 
de jeunes sujets se présenteront avec de tels talens, l'Académie 
ne sévira plus sans doute contre le Pastel. Ce peintre cependant 
devrait faire les derniers efforts afin que les corps de ses figures 
appartinssent mieux à leurs têtes et se souvenir de ce principe : 

Singiila memhra stio capiti conjorniia fiant. 

Unum idemqiie simtil corpus cum vesiibus ipsis. 
Duf. de art. Grap. 

Il faut pourtant convenir qu'il a été plus correct dans ses 
ensembles cette année et qu'on ne peut lui faire ce reproche que 
dans le portrait du sieur Le Page, où le corps est trop large, ce 
qui fait d'autant plus de peine que la tête en est touchée à ravir. 
D'ailleurs, il devrait donner plus d'attention pour rendre ses 
étoffes. » 

Les archives de l'Opéra indiquent deux artistes portant le 
nom de Le Page, une basse-taille et une haute-contre. Elles nous 
donnent, ainsi que les mémoires de J.-L. Dufort, comte de 
Cheverny, de gracieux détails sur M"' Amédée de l'Opéra, en 
domino noir (n° 99), qui fut enlevée par le duc de Cumberland, 
et passait au demeurant « pour la meilleure fille du monde ». 

Dufort écrit: « M. de Chailly, qui apparamment me trouvait 
trop jeune, ne me disait pas tout. 11 avait découvert une très 
jolie danseuse de l'Opéra de Paris, M"^ Amédée, dont on disait 
qu'elle était la meilleure fille du monde, puisqu'elle était sans 
soucis ! L'art lui en avait fait deux beaux et si réguliers qu'au 
vrai elle avait une physionomie délicieuse... 

L'inspecteur de police Meunier note sur ses rapports : 

a M"" Amédée, danseuse de l'Opéra. Du 14 août 1749. Demeure 
rue du Mail, près la place des Victoires, à côté d'un chirurgien 



— 25 — 

au second. Elle est âgée d'environ 23 à 24 ans, petite, brune, les 
yeux noirs, belle bouche, des sourcils postiches. Elle a été entre- 
tenue par M. de Fatay intendant des finances ; actuellement elle 
a M. le duc d'Olonne, maréchal de camp, rue de Bourbon, fau- 
bourg Saint-Germain. Il est garçon âgé de 24 à 25 ans. 

» Le 4 janvier 1750. Elle demeure depuis environ quatre mois 
cul de sac de la rue Saint-Thomas du Louvre. Elle est âgée 
d'environ 22 ans, grande (sic) et bien faite, brune, les yeus: noirs 
et grands, la bouche belle, les sourcils teints, néanmoins jolie. 
Elle est fille du nommé Valat, fondeur, peu à son aise, demeure 
rue Princesse, faubourg Saint-Germain ; sa mère est encore 
vivante ; on lui fit apprendre le métier de couturière. Pendant le 
temps de son apprentissage, elle fit la connaissance du nommé 
Belgrem, espèce de domestique, sous le titre de fourier des 
écuries de M. le comte de Charolois qui l'épousa. Ils ne restèrent 
que peu ensemble. Elle fut entretenue alors par le chevalier de 
Clermont d'Amboise, colonel du Régiment de Bretagne Infanterie. 
Depuis elle est entretenue par le duc d'Olonne qui fait pour elle 
des dépenses considérables. Le duc d'Olonne est âgé de 33 à 
34 ans et veuf depuis environ quatre mois. Il manque peu d'opéra 
pour y jouir particulièrement du plaisir d'y voir la d'' Amédée. 
Elle a fait ses couches à Vannes chez le duc d'Olonne. Elle jouit 
de 3 à 4000 1. de rente. » 

Le numéro 100, M"" D... en habit couleur de rose, est plus 
explicitement identifié par les deux premières éditions du livret 
de 1748, où on lit : « Mademoiselle de l'Epée la jeune « en habit 
couleur rose. Or, il existait, dans la collection Groult, un pastel 
signé et daté : Perroneau, 1748. représentant une femme âgée, 
en demi figure, à la physionomie spirituelle, coiffée d'une fan- 
chon, vêtue de rose tendre, attifée d'un tour de cou noir et 
d'un fichu de dentelle où s'attache une petite croix. Nous n'osons 
pas affirmer qu'il y ait identité entre les deux personnages, 
encore que « la jeune » signifie la cadette. 



— 26 — 

La duchesse d'Ayen est aussi une de ces jeunes vieilles d'une 
époque où les femmes savaient vieillir avec esprit. Son portrait, 
une peinture, existe encore dans la collection de M. David Weill 
(pi. 7) ; il est signé au milieu à droite: Perronneau, 1748, et il 
mesure lm20 de hauteur sur 1 mètre de largeur. Par son impor- 
tance, comme par sa réussite, il mérite d'avoir figuré à cette revue 
étonnante des femmes du XVIir siècle que fut l'Exposition des 
Cent portraits de femmes et qui fut passée, en 1909, sur la ter- 
rasse du Jardin des Tuileries. 

Elle est représentée dans un fauteuil canné doré ; la neige de 
ses cheveux s'auréole d'une cornette gaufrée et d'un papillon 
blanc posé au point dit « physionomie » ; autour du cou, un triple 
rang d'améthystes; une palatine de dentelle rejoint les nœuds 
du « parfait contentement » ; un tablier s'épingle sur la robe en 
velours bleu turquoise. Aux manches, des « engageantes » de 
dentelle, dont les blancs crémeux jouent avec le fond ambré et 
les petits poignets de « Chantilly noir ». Une main repose sur la 
table à ouvrage ; l'autre, sur le travail commencé. 

La duchesse d'Ayen fit faire ce portrait pour sa sœur Catherine 
Le Couteulx, femme de Jean-Baptiste Devin, trisaïeul du comte 
de Lagarde auquel il appartenait avant de passer dans la collec- 
tion de M. David Weill. 

M. Aicard possède un remarquable portrait d'homme, au 
pastel, signé: Peroneau et daté: 1748, mesurant 0m67x0m51, 
portrait qui proviendrait des environs de Dijon et représente un 
homme offrant quelque ressemblance avec le portrait de Per- 
ronneau du musée de Tours. Le personnage, vu de face, porte 
un habit bleu de France à boutons de filigrane d'or et s'enlève 
sur un fond rompu d'or ; il a un tricorne passé sous le bras gauche 
dont la main est elle-même engagée dans le gilet d'où déborde 
un jabot de lingerie ( pi. 8) . 

La critique, nous l'avons vu, fut favorable au pastelliste. On 



PI. 




La duchrssk d'Ayen 
Pointure. Sisnée et datée 1748. 

(A M. David Weill) 



— 21 — 

eut l'impression que Perronneau devenait pour La Tour un 
rival digne de considération, et Baillet de Saint-Julien semble 
résumer parfaitement le sentiment de ses contemporains en 
écrivant (1): « Je crois qu'on peut parler de M. Peronneau 
après M. La Tour. Il suit ses traces de fort près et probable- 
ment doit prendre un jour de ses mains le sceptre du pastel, 
lorsque celui-ci, satisfait de la grande multitude de ses triomphes, 
songera à se reposer à l'ombre de ses lauriers. » 

La môme année, Perronneau portraicturait le prince d'Ardore, 
marquis de Saint-Georges, ambassadeur du roi des Deux-Siciles 
à la cour de Louis XV (2) et d'Henriette Carracciolo de Santo 
Buono, sa femme, qui résidèrent à Paris de juillet 1741 à 
mai 1753. D'après les photographies de ces tableaux (3), le 
prince d'Ardore est vu de face, portant une perruque poudrée, 
l'ovale du visage allongé, les traits accentués, un grand cordon 
passé sur Thabit auquel une croix est épinglée. La princesse 
d'Ardore est représentée de face, la tête légèrement inclinée 
vers la gauche, les cheveux poudrés et coiffés d'une cornette de 
dentelle. Au cou elle porte un collier de perles appliqué sur un 
velours noir ; le corsage est décolleté en carré. 

Dans le journal du duc de Luynes, il est question de la prin- 
cesse lors de sa présentation au roi, le 25 juillet 1741 : « Madame 
d'Ardore paroît au plus avoir 40 ans ; elle est bien faite, est brune, 
le visage assez agréable, le nez un peu long, elle paroît vive, 
elle parle fort peu le français; elle a eu quatorze enfants. » 



(1) Réflexions sur quelques circonstances présentes contenant deux lettres sur l'Exposition 
dc^ tableaux au Louvre cette année 174S à M. le comte de R... 

(2) Jacques-François Milano, prince d'Ardore, duc de Santo Paolo, marquis de Saint- 
Georges. Dufort de Cheverny cite son nom dans ce passage de ses Mémoires (K" époque, 
1731-1755): <( La reine qui finissait son souper preni la parole: " Monsieur de Flamarens, 
dit-elle, est-il vrai que chez M. d'Ardore, après avoir bien diné, vous ayez mangé un lapin 
en deux bouchées ?» — « Oui, Madatne », fut la réponse laconique. 

(3) Nous devons leur communication a l'obligeance de Madame Tourneux. 



— 28 — 

Le portrait du prince est seul daté, mais les archives des ducs 
de San Paolo renferment une quittance de Perronneau recon- 
naissant avoir reçu 2-^1 lires et 20 soldi pour le portrait de la 
princesse. La mention des espèces de paiement impliquerait que 
le portrait fut exécuté en Italie et non en France. 

Nous avons vu chez M. Chévrier une peinture, le portrait 
d'un bénédictin de l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire (autrefois 
Fleury-sur-Loire), signé et daté: Perronneau, 1748 (pi. 9). Ce 
moine à la physionomie passionnée et volontaire, ne serait-il pas 
Claude Jourdain, plus connu sous le nom de Dom Maur ? Dans 
la correspondance de ce personnage avec Desfriches, on trouve 
certains passages qui nous inclinent à cette opinion. Ainsi, le 
4 décembre 1763, Dom Jourdain lui écrit: « Je me rappelle 
souvent les beaux sites des environs de votre ville, mon labora- 
toire, votre cabinet, le commerce de nos amis communs et les 
entretiens que j'avais avec vous... Je n'ai pas été content des 
portraits de La Tour (1). » Le 14 janvier 1765 : «Elle (votrelettre) 
a renouvelé en même temps les regrets de me voir éloigné d'un 
séjour auquel j'étais attaché par toutes sortes de motifs... 
Je n'ai point vu le sieur Peronneau. Je ne vous ay jamais dit 
que je n'ay pas été content du portrait qu'il a fait de M. Robbé ; 
il a saisi la ressemblance extérieure, mais il n'a pas sii peindre 
l'âme, le feu et l'enthousiasme de ce poëte célèbre... » Le 10 jan- 
vier 1767: « Mon inclination m'entraîne à Orléans... ce seroit 
une consolation pour moy si je pouvois cultiver les beaux-arts. » 
Donc, il aime Orléans, Desfriches, connaît Perronneau, marque 
son goût pour les beaux-arts. On voit dans le Journal de Lazare 
Duvaux que le clergé était représenté dans toutes les ventes par 
des bénédictins. Saint-Benoît-sur-Loire est proche d'Orléans. 
Dom Jourdain ou Dom Maur, né à Poligny en 1696, mort en 1782, 
avait 52 ans en 1748: c'est l'âge que porte approximativement 



(1) Salon de 1763. 



— 29 — 

le personnage de la collection Chévrier. Sa physionomie autori- 
taire s'accorde avec l'esprit de discipline dont il donne la preuve 
dans ses lettres. Dom Maur, qui avait embrassé l'état religieux 
en l'abbaye de Saint-Bénigne à Dijon, enseigné la philosophie 
et la théologie, reconstruit l'église de Saint-Martin d'Autun, 
occupé le prieuré de cette ville, voyageait sans cesse à travers 
les couvents de France où il semble avoir exercé une grande 
influence. Or le portrait du père Chambroy date de la même 
année; il n'est pas impossible que ces deux religieux, savants 
connus, l'un prieur, l'autre supérieur général de la congrégation 
de France, aient eu l'un avec l'autre de fréquents rapports et que 
leur situation exceptionnelle ait conduit Perronneau à les repré- 
senter. 

Autant le portrait du bénédictin est austère, autant le portrait 
de femme de la collection Armand Mame, signé et daté : 1748, est 
épanoui, savoureux et sensuel (pi. 10). Ce devait être une brune 
fort aimable, un de ces visages dont les traits irréguliers n'en 
valent que mieux pour n'être pas beaux, ayant au reste des yeux 
vifs, tendres et gais, des narines roses, légèrement frémissantes, 
et « tous ces je ne sais quoi qui enlèvent », dans une harmonie de 
vert céladon et de bleu céleste ressortant d'une atmosphère 
ambrée. Ce pastel se trouvait encore vers 1850 chez un petit-fils 
de Perronneau, garde-champêtre de la commune de Nazelles 
(Indre-et-Loire). Un amateur tourangeau, M. Roux, vint le voir 
et l'acquit pour 500 francs. A la vente de la collection Roux, 
M. Alfred Mame s'en rendit acquéreur à un prix déjà assez 
important pour 1 époque. Il resta dans la collection Alfred Mame 
jusqu'à sa vente qui eut lieu en avril 1904, date à laquelle il fut 
racheté par M. Armand Mame pour 70,000 francs. Ce pastel 
longtemps conservé par les descendants de Perronneau serait-il 
un portrait de famille ? 



— 30 — 

Si ce n'était le nom de Perronneau inscrit au iiaut de la toile, 
comment oserait-on lui attribuer l'image de ia dame dite de 
Sorquainville (pi. 11), ce tableau de somptuosité, cette tenture 
largement drapée aux soyeuses cassures, ces ornements s'enrou- 
lant aux montants du fauteuil à fond de velours vert, ce coussin à 
glands d'or où s'étale la dentelle des engageantes, l'ampleur de 
cette robe de moire puce, le bouillonné de ce négligé où se pré- 
lasse une grâce désinvolte, la majesté de cette figure ? Perron- 
neau, non content de peindre un buste et un visage féminin, 
l'escorte d'un cortège d'attifements, se montre, par l'importance 
donnée à l'accessoire, l'égal de Rigaud, de Largillierre et prélude 
noblement aux effigies d'Oudry, campé dans son habit de céré- 
monie, devant son chevalet, d'Adam l'aîné, songeant à entamer 
le marbre, le corps enveloppé dans sa gamberluque de taffetas 
vert, et le marteau en main. D'où vient cette toile de la collec- 
tion David Weill, qui est datée de 1749, et que ne signale aucun 
livret des Salons du Louvre ? On lit au dos, sur le châssis : Dame 
de Sorquainville. Notre peintre serait-il allé en Normandie, aux 
environs d'Yvetot, dans le petit village de Sorquainville? 







PI. 8 



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Pastel. Si,i;no el daté 1748- 

(A il. Aicar.l) 



III. 



Perronneau et La Tour. — Les morceaux de réception de 
Perronneau à l'Académie Royale de peinture et de sculpture. 

1750=1753 



Il n'y avait pas eu de Salon en 1749. En 1750, l'envoi de 1750 
Perronneau n'en fut que plus considérable. Il exposait: 

126. — Le portrait de M. De*** vu de côté, ayant un habit de 
velours noir. 

127. — M. C..., tenant son chapeau. 

128. - M. de la Tour, Peintre du Roy, en surtout noir. 

129. — M. *** en Robe de chambre. 

130. — M. l'abbé de ***. 

131. — M. Thiboust, Imprimeur du Roy, peint à l'huile. 

132. — M"" son épouse, au Pastel. 

133. — M"° ***, ayant un bouquet de Giroflée. 

134. — M"" *** ayant un bouquet de Barbeau. 

135. — M""" Du *** badinant avec un éventail. 

136. — M. Kam, en habit de velours noir. 

137. — M"° *** en robe bleue. 

138. — M"° *** tenant un petit Chat. 

139. - M""" *** en robe verte. 

140. — Le portrait de M. Beaumont (1). 

On remarque dans cette énumération trois hommes en habit 



(1) Pierre-François Beaumont, graveur et marchand d'estampes sur le pont Notre-Dame, 
à l'enseigne du Griffon couronné. Né à Paris en 1719, il mourut dans la niémc ville en 1769. 



— 32 — 

de velours noir; aussi bien l'habit de velours noir, égayé d'un 
gilet de soie brochée et galonné d'or, fut dès lors le costume de 
cérémonie à la mode. Avec M. Thiboust et M°" son Epouse, 
nous entrons en pays de connaissance. Après la mort de l'impri- 
meur, il est maintes fois question de sa femme dans les lettres 
de Cochin et de Robbé de Beauveset, le licencieux et grivois 
poète, neveu par alliance de Desfriches. 

Nous avons pensé que le portrait de femme, adjugé75,000 francs 
à M™ Vermau Vernon, à la vente de la collection J. Doucet, 
signé et daté 1749, correspondait à la désignation du catalogue ; 
le personnage tient, en effet, un bouquet de barbeaux, c'est-à-dire 
de bleuets. Le tableau semble avoir subi quelques retouches, 
notamment dans la main droite, mais la grâce de Cécile Volanges 
s'incarne dans cette jeune femme en robe de taffetas gris souris, 
au corselet bleu ciel, largement ouvert, encadré d'une modestie 
de gaze blanche qui affine le passage des gris aux bleus enlevés 
sur un fond d'ambre, et les chairs du cou communiquant un peu 
de leur vie à l'esclavage des perles. 

Nous avons remarqué que souvent l'orthographe des livrets 
n'était pas impeccable. Aussi n'est-il pas interdit de supposer 
que M. Kam serait tout simplement le peintre Jean-Fréderic 
Kamm, reçu membre de l'Académie de Saint-Luc, le 5 mai 1759, 
et qui habitait rue du Colombier près de l'abbaye. 

D'autre part, dans les registres de comptes de la maison de 
Soubise, conservés au château de Chantilly, et spécialement dans 
le « deuxième compte que rend à S. A. Mgr le Prince de 
Soubise, Jacques Lacerneux, trésorier général de Sa dite Altesse, 
de la recette et dépense par lui faite en la dite qualité, pendant 
l'année 1752 », nous avons trouvé, au recto du feuillet 83, cette 
mention : 

« Peintres en portraits 
Kamme. 

« De celle de onze cents quatre livres payée au S' Kamme, 



— 33 — 

peintre du roy de Pologne, sur des ordres par écrit de S. A. pour 

des portraits par lui taits, sçavoir : 

« 3 mars 1752 600 livres 

« 28 juin 504 livres 

« Revenant les dites sommes à celle susdite de 1104 livres. » 

Enfin, on lit dans les Mémoires de Wille (t. I, p. 490) : 
« Octobre 1771. — Le 1". M. Kamm, de Strasbourg, mon ancien 
ami, étant venu prendre congé, ne m'a pas trouvé, et, ma femme 
étant malade, il n'a parlé qu'à nos domestiques » ; ou encore, au 
t. II, p. 1, « Janvier 1775. — Le 22 ..., M. Kamm, peintre de 
Strasbourg, étant venu à Paris avec M. Dietrich, m'est venu voir 
tout aussitôt. J'ay revu cet ancien ami avec plaisir. » 

Ne peut-on de même identifier le n° 139, M"" ***, en robe 
verte, avec le portrait de femme de la collection Mame, que 
nous avons cité plus haut et qui est daté de 1748 ? 

Nous connaissons deux pastels de jeune fille tenant un petit 
chat. L'un, signé et daté d'octobre 1749, se trouve au Louvre, 
et nous ne savons rien de plus délicat que ce visage de fillette 
presque jeune fille. Elle a les yeux bruns, des « pruneaux ». 
comme on disait alors, le nez fin, la bouche petite et souriante 
OLi l'ironie met une fossette au coin des lèvres. Son teint blanc 
et rose rappelle les figurines de Saxe ; cette enfant est réellement 
une de leurs sœurs. Il y a une grâce et une légèreté charmantes 
dans ce minois où passe la séduction de la femme de demain. 
L'esprit, le goût, le cœur, pour se livrer avec discrétion, ne s'en 
livrent pas moins. Si l'oreille n'avait pas un petit anneau d'or, 
on la prendrait pour un coquillage, à la voir si rose. Toute la 
toilette est une harmonie de bleu et de blanc, et le rose de la 
peau qui leur sert de passage alterne les couleurs choisies. Quelle 
grâce un peu mièvre, mais charmante, des doigts fluets agaçant 
un petit chat gris et blanc ! Le pelage soyeux, brillant, est un 
satin de plus à côté des reflets du sang sous la peau. Ce jeu est 



— 34 — 

un caprice, comme la mode, comme la femme ; il crée des atti- 
tudes, des mines, des petits airs câlins, chiffonnés. Perronneau 
l'a merveilleusement rendu. Cette jeune fille est espiègle comme 
le chat qu'elle retient et caresse ; elle a des naïvetés, une mutine- 
rie badine, une jeunesse d'enfant, mais une frimousse déjà très 
piquante ; son âme de poupée coquette transparaît dans ce 
pastel. 

Ici encore, nous sommes dans le cercle des amis d'Orléans, 
puisqu'une réplique de ce portrait provient de la succession de 
M. Huau, conservateur du musée de peinture d'Orléans, léga- 
taire de Huquier, et que la tradition de famille, signalée dans le 
catalogue de la vente, en 1905, à l'Hôtel Drouot, veut que cette 
œuvre ait été exécutée par Perronneau, pour son ami Huquier, 
le père de cette fillette. 

Avec le portrait de M. de La Tour, Perronneau se confrontait 
avec son rival. Bien qu'avant la dotation Lécuyer, les portraits 
de Saint-Quentin aient été à la merci du premier venu (1) nous 
ne pensons pas que l'on puisse équivoquer l'authenticité de ce 
pastel (pi. 12). On lit en effet dans le testament de Jean-François 
de La Tour, ancien officier de cavalerie, frère du pastelliste : « Je 
donne et lègue de plus à l'école gratuite de dessein (de Saint- 
Quentin) pour rester à demeure dans la salle d'étude, savoir: 

41. — Le portrait de mon frère, peint en habit de velours noir 
et en veste rouge galonnée en or, par Perronneau, et non une 
copie qui en a été faite. 

Tous ceux qui l'ont vu ont été unanimes, depuis Concourt qui 
affirmait que cette effigie tenait vaillamment sa place au musée, 
au milieu des quatre-vingts pastels de La Tour, jusqu'à l'un des 
meilleurs pastellistes de notre temps, Chéret, qui allait droit à 
elle, comme à l'œuvre la plus remarquable de cette assemblée 



(1) Les peintres qui désiraient en exécuter une copie pouvaient les emporter chez eux; 
c'est ainsi qu'un original de La Tour a été remplacé par une copie. 



PI. 9 




rOKTiiAIT d'un IlÉNKllICTJN 

PeinturK. Signée et tlalée 1748. 

(A il. Clièvrierj 



— 35 — 

extraordinaire. Comment ne pas admirer le gilet rose aérémenté 
d'un jabot de dentelle, l'étonnante variété des noirs, noir du 
velours, noir de la soie du catogan, noir saupoudré de la poudre 
blanche qui met sur le col de l'habit des reflets d'argent, l'har- 
monie rare qui évoque un lendemain de fête, des couleurs de 
dominos, des masques de velours noir avec des barbes de marce- 
line rose, et surtout l'observation de bonne compagnie, dont 
témoigne le regard matois et le nez à facettes. Il semblerait que 
cette ironie — non une caricature — témoignât de la malignité 
du peintre de Saint-Quentin et justifiât la légende de sa rivalité 
un peu sournoise avec Perronneau. 

Cette légende tire son origine d'une page de Diderot. La voici 
en entier (1) : « Dans les ouvrages de La Tour, c'est la nature 
même, c'est le système de ses incorrections telles qu'on les y 
voit tous les jours. Ce n'est pas de la poésie ; ce n'est que de la 
peinture. J'ai vu peindre La Tour ; il est tranquille et froid ; il ne 
se tourmente point ; il ne souffre point ; il ne halète point ; il ne 
fait aucune des contorsions du modeleur enthousiaste... Il a le 
génie du technique ; c'est un machiniste merveilleux. Quand je 
dis de La Tour qu'il est machiniste, c'est comme je le dis de 
Vaucanson, et non comme je le dirais de Rubens... Lorsque le 
jeune Perroneau parut, La Tour en fut inquiet ; il craignit que 
le public ne pût sentir autrement que par une comparaison directe 
l'intervalle qui les séparait. Que fit-il? Il proposa son portrait 
à peindre à son rival, qui s'y refusa par modestie: c'est celui 
où il a le devant du chapeau rabattu, la moitié du visage dans 
la demi-teinte, et le reste du corps éclairé (2). L'innocent artiste 
se laisse vaincre à force d'instances, et, tandis qu'il travaillait, 
l'artiste jaloux exécutait le même ouvrage de son côté. Les deux 



(1) Salon de 1767. Edition Asséiat-Tourneux. 

(2) Cette description semble indiquer un portrait analogue à celui de La Tour par lui- 
même qui fut gravé par Schmidt en 1772. 



— 36 — 

tableaux furent achevés en même temps et exposés au même 
salon; ils montrèrent la différence du maître et de l'écolier. Le 
tour est fin, et me déplaît. Homme singulier, mais bon homme, 
mais galant homme, La Tour ne ferait pas cela aujourd'hui ; 
et puis il faut avoir quelque indulgence pour un artiste piqué de 
se voir rabaissé sur la ligne d'un homme qui ne lui allait pas à la 
cheville du pied. Peut-être n'aperçut-il dans cette espièglerie que 
la mortification du public, et non celle d'un confrère trop habile 
pour ne pas sentir son infériorité, et trop franc pour ne pas la 
reconnaître. « Eh ! ami La Tour, n'était-ce pas assez que Per- 
roneau te dit : « Tu es le plus fort » ? Ne pouvais-tu être content, 
à moins que le public ne te le dit aussi ? Eh bien ! il fallait attendre 
un moment, et ta vanité aurait été satisfaite, et tu n'aurais point 
humilié ton confrère. A la longue, chacun a la place qu'il mérite. 
La société, c'est la maison de Bertin ; un fat y prend le haut 
bout la première fois qu'il s'y présente, mais peu à peu, il est 
repoussé par les survenants ; il fait le tour de la table ; et il se 
trouve à la dernière place au-dessus ou au-dessous de l'abbé de 
La Porte. » 

Dans quelle mesure doit-on tenir compte d'un document qui 
a été écrit quelque dix-sept ans après le Salon de 1750 ? Ce dont 
on ne peut douter, c'est que la description qu'il donne du portrait 
de La Tour exécuté par Perronneau ne correspond en aucune 
manière avec l'arrangement du portrait de Saint-Quentin. 
Celui-ci, d'autre part, est-il bien le portrait exposé en 1750? 
N'est-il pas possible que Perronneau, comme en beaucoup 
d'autres cas, ait exécuté deux ou plusieurs portraits de La Tour ? 
Quoi qu'il en soit, le texte soulève une question intéressante. 
Quels furent les rapports des deux artistes ? Comment envisa- 
geaient-ils leurs talents? 

En ce qui concerne Perronneau, aucun doute n'est permis. 
Diderot lui-même, mal intentionné, ne dit-il pas expressément 
« l'innocent artiste », ne vante-t-il pas sa franchise ? Le ton de ses 



— 37 — 

lettres ne nous montre-t-il pas un homme malheureux, timide 
et respectueux ? La Tour, académicien depuis quelques années 
déjà, n'était-il pas son aîné et son supérieur à une époque 
où l'Académie consacrait la hiérarchie des genres et des 
talents ? Sa physionomie astucieuse, telle que Perronneau et lui- 
même l'ont représentée, la polémique des folliculaires, les déci- 
sions de l'Académie contre les pastellistes, peut-être inspirées 
par sa jalousie, semblent dire qu'il fut un « mauvais confrère ». 
L'anecdote contée par Diderot, fût-elle vraie, ne serait pas pro- 
bante: demander son propre portrait à un émule, l'exécuter soi- 
même, décider Chardin à les exposer tous deux à côté l'un de 
l'autre, n'est-ce pas au contraire un geste de bravoure ? Et pour- 
quoi ne pas tenir compte de cette opinion de l'abbé de Fontenay 
sur le talent de Perronneau (1) : « Une des plus grandes preuves 
que nous en puissions donner, c'est que le plus célèbre de< 
peintres de portraits de nos jours, M. de La Tour, a voulu avoir 
le sien de la main de M. Péronneau, et lui a toujours donné des 
témoignages de l'estime la plus distinguée. » 

Un livre du temps signalé par Concourt, VEcole de l'Homme, 
paru en 1752, prétend que La Tour aurait posé pour ce portrait 
un lendemain de fête et lui reproche amèrement ce procédé: 
« Prends ton temps pour te peindre, ambitieux Toural ; tu es en 
bonne humeur, tes yeux brillent, tu as le teint clair et vif. Saisis 
le moment; peins-toi. Une longue insomnie te rend aujourd'hui 
le visage terni, tu as la vue chargée par un cruel mal de tête, 
tu es bouffi, méconnaissable. Qu'atlends-tu ? Peut-il y avoir un 
instant plus propre pour faire faire un portrait qui ne ressemble 
pas? Ne l'échappe point, cours chez ton rival, aide encore 
l'occasion qui travaille contre lui : fais-toi peindre ; paye, et 
largement. » 



(1) Affiches, annuiicea et aris divers ou journal général de France, samedi 10 janvier 178'! 
Qiielqucs jours après, le continuateur des Mémoires secrets formulait la même opinion dan. 
des termes à peu près identiques. 



— 38 — 

Or le portrait de Saint-Quentin ressemble à La Tour peint par 
lui-même, et d'une façon étonnante au buste de La Tour par 
Lemoyne. La Tour n'y a aucunement le visage « terni, bouffi, 
méconnaissable ». Encore une raison pour ne pas assimiler le 
portrait du musée Lécuyer à celui du salon de 1750. 

Peut-on voir l'influence de La Tour dans les décisions prises 
par l'Académie contre les pastellistes en 1746 et 1749 ? On sait 
qu'en 1749 l'Académie résolut de ne plus recevoir de peintres 
en pastel, et Loir, dont les brochures du temps font l'éloge, dut 
quitter le pastel pour la sculpture. Cette mesure draconienne 
ne fut-elle pas plutôt inspirée par l'opinion, dont ces brochures 
se font l'écho depuis quelques années déjà, en termes parfois 
violents ? La Tour, dont on ne connaît pas un portrait à l'huile, 
n'avait-il pas tout à craindre d'une polémique qui ne pouvait en 
aucune manière gêner Perronneau, l'auteur des admirables effi- 
gies du Père Chambroy, du Bénédictin de Saint-Benoît-sur-Loire 
et de la dame de Sorquainville ? D'autre part, les amis de La Tour 
semblent avoir été ceux de Perronneau. La Tour peint M. et 
M"" de Mondonville ; Perronneau, pastellise l'un des fils et la 
troisième femme de Lemoyne qui fait le buste de La Tour ; ils 
fréquentent tous deux dans les coulisses de l'Opéra ; M"" Fel, 
la Camargo, Cupis, père de la Camargo, sont les modèles de 
La Tour ; M'"" Rosalline, Amédée, Lany, de moindre impor- 
tance, prêtent leurs minois à Perronneau. 

En 1761, Perronneau est à Amsterdam l'hôte de M. Hogguer, 
ministre de Hollande à Hambourg, échevin d'Amsterdam; c'est 
ce même Hogguer qui, en 1766, héberge La Tour, puis une 
seconde fois, en 1772, Perronneau, et que La Tour mentionne 
en fin de compte dans son testament du 9 février 1784 : « Je 
donne et lègue à M. Hogguer, ministre de Hollande, à Ham- 
bourg, le tableau de feu mon ami M. l'abbé Hubert lisant à la 
lumière. » Enfin, tout ce que l'on sait de la manie humanitaire 



PI. lO 




l'on IK.Ml- un ll-.MMli 

l'aslel. Siv;iio c:l date 174S. 

(A. il. .\rnianii Mumel 



— 39 — 

de La Tour, de ses dons multiples aux pauvres de sa ville natale, 
s'accorde mal avec une légende de dureté et de lutte sans merci. 

Il faut croire que le tournoi ne fut pas décisif, puisque Baillet 
de Saint-Julien, la même année, dans sa Deuxième lettre sur la 
peinture à un amateur, écrit ceci : « Il me reste à vous parler 
de nos peintres de portraits: les plus illustres sont MM. Nattier, 
Tocqué, Aved, chacun dans un genre différent, et M. La Tour, 
dans tous les genres. Nous dirons aussi un mot de M. Peronneau... 
Quant à La Tour, c'est un Protée dont l'art se montre sous toutes 
les formes imaginables : tantôt sévère, tantôt enjoué ; tantôt facile, 
tantôt plus réfléchi ; ici noble et majestueux, là piquant, vif et 
spirituel ; ses portraits, pour quelqu'un qui sait lire dans la nature, 
sont autant de caractères ; et jamais peut-être on n'eut ni de 
meilleurs yeux pour la voir, ni une meilleure main pour la 
rendre. M. Peronneau semble l'avoir pris pour modèle, et ce 
choix est déjà une preuve de son goût ; on ne saurait trop espérer 
sans doute de ses talents ; et il est probable que cet auteur doit 
prendre un jour des mains de M. La Tour le sceptre du Pastel, 
lorsque celui-ci, satisfait de la grande multitude de ses triomphes, 
songera enfin à se reposer à l'ombre de ses lauriers. » (1) 

Bachaumont, lui, est moins favorable (2) : 

« M. Peronneau fait bien le portrait à l'huille et au pastel, mais 
mieux au pastel qu'à l'huille. Il cherche la manière de la fameuse 
Rosalba, mais il est bien moins grand qu'elle. Sa touche est 
pleine d'esprit, peut-estre un peu maniérée et s'écartant un peu 
de la nature. Il faut voir ses portraits d'un peu loin, et surtout 
ceux à l'huille; de loin, ils font de l'effet. » 



(1) A comparer ce texte avec le compte-rendu de l'année 1748, par le même ci criticiiie 
d'art ». 

(2) Liste des meilleurs peintres, sciilrteiirs, graveurs et architectes des Académies royales 
de peinture, sculpture et architecture suivant leur rang à l'Académie, 1750. (Notes de 
Bacli.iiimont, tirées des papiers de la Bibliothèque de l'Arsenal, publiées à la suite des 
Mémoires de Wille.) 



— 40 — 

En 1751, il arrivait au Salon avec douze pastels et une pein- 
ture. Nous ne savons ce qu'est devenu le portrait de M. le comte 
de Bonneval, sans doute, Charles-Michel de Bonneval qui, cette 
année-là, se trouvait être un des six intendants des Menus Plaisirs, 
celui de M. Ruelle, premier échevin de Paris, demeurant rue 
Saint-Louis, près le Palais, et de M™' Son Epouse, celui de 
M"^ de Saint ***, de M"^^ Lany, de M"^ ***, de M"^ Rosalline, 
de M. ***, et le portrait, peint à l'huile, de M"° du Ruisseau, 
probablement la femme de Charles du Ruisseau, avocat au Parle- 
ment, qui signera au contrat de mariage de l'artiste. 

On pourrait penser, en lisant le manuscrit d'Amelot (1), que 
M"° Rosalline n'est autre que M"' Rosalie, « demoiselle des 
chœurs, entrée à l'Opéra en 1748, au mois d'octobre, surnumé- 
raire, supprimée à Pâques en 1749. » Mais un rapport de 
police (2) nous renseigne «ur la « demoiselle Rosaline, dite 
Raton, actrice de l'Opéra-Comique, faubourg Saint-Denis ». 
« 11 juin 1756. — Il y a dix ou douze jours que la demoiselle 
Rosaline, actrice de l'Opéra-Comique est allée demeurer au 
Eaubourg Saint-Denis, la première porte cochère à droite, passé 
la grille dans une petite maison dont elle occupe la totalité. Elle 
a pour 600 1. de loier par an. M. de Roquemont, à la charge de 
qui cecy tombe encore, lui a donné à cette occasion pour 800 1. 
de meubles d'augmentation. Monnet (3) lui donne 3000 1. d'ap- 
pointement. » 

Nous avons cherché en vain, dans les archives de l'Opéra, la 
trace de ce M"" Silanie ». Nous sommes convaincus que le livret 
du Salon dont l'orthographe est souvent fautive, veut désigner 
ainsi la demoiselle Lany, une personnalité du monde de la danse 
au xviir siècle. En effet, le 22 septembre 1751, l'agent de police 
Meunier fait un rapport ainsi conçu: 



(1) Archives de l'Opéra. 

(2) Bibliothèque de l'Aisenal. Papiers de la Bastille. 

(3) Sans doute le directeur de rOpéra-Comique. 



— 41 — 

« La D"' Lany, danseuse de l'Opéra demeure rue Fromenteau, 
(I la Gerbe d'or, chez un marchand de vin, au second sur la rue, 
vis-à-vis la place du vieux Louvre. Elle est sœur de Lany, maître 
de ballets à l'Opéra. On la dit née à Paris dans le canton de la 
place Maubert ; âgée de 22 à 23 ans, petite, brune, les yeux noirs 
et effrontés, point jolie. Elle a une autre sœur qui est sa cadette 
mais qui n'est point à l'Opéra, elle n'a même aucun talent pour 
y aspirer. 

Depuis quatre à cinq mois elle est entretenue par milord 
Holting-ton (Huntington) jeune homme d'environ 24 ans, d'une 
jolie figure et puissamment riche et d'une des premières familles 
d'Angleterre, demeurant icy, rue des Petits-Augustins, chez 
Olivier, tenant l'hôtel de Hambourg garni. On assure qu'il lui 
a donné en débutant 20 000 livres comptant, quoique la somme 
paraisse un peu forte, le fait est qu'il dépense beaucoup. » 

Il n'est pas sans intérêt de remarquer que la même année 
Perronneau habite la même rue que son modèle. Au Salon de 
1753 il enverra le portrait de milord Huntington qui protégeait 
la demoiselle Lany depuis le mois de mai 1751. C'est entre les 
mois de mai et d'août que le peintre a dû exécuter le portrait de 
celle qui, dès 1750, l'emportait sur la Camargo en battant six 
entrechats. 

Avec les portraits de M. et M"'° ***, nous nous trouvons 
en pays de connaissance. Mariette a eu le bon esprit de les 
désigner, en ajoutant en note, sur l'exemplaire de son livret, 
conservé au Cabinet des Estampes (1), le nom de Fontaine, sel- 
lier du Roi. Ces pastels, représentant M. et M"° de La Fontaine, 
appartenaient, en 1908, au marquis de Saint-Maurice-Mont- 
calm ; ils portent, à côté de la signature, la date de 1750. Quelle 
sécurité dans ces visages de gagne-gros ! Lui, en habit lilas pâle, 
la main sortant d'un chiffonnage de Valenciennes et engagée 



(1) Cabinet des Estampes, collection Deloynes. 



— 42 — 

dans un gilet noisette, le tricorne gris-bleu passé sous le bras ; 
elle, étalant son embonpoint glorieux et couperosé dans le grand 
et large manteau de velours bleu saphir, frimatté de givre, garni 
d'une fourrure brune qui donne quelque saveur au décolleté. 
Le « parfait contentement » en dentelle, un ruban de velours noir 
accompagnent les tons de cette riche maturité, une cornette du 
plus joli point de France encadre la neige des cheveux poudrés 
de son réseau de tulle gaufré, et ses barbes pendantes ondulent 
jusqu'à la taille sur le velours du manteau. Les doigts s'échappent 
des mitaines blanches que leur coloration double de rose. 

Même tranquillité bourgeoise, mais infiniment plus de grâce 
dans les figures de M. et de M°'° Desfriches, que le pastelliste 
entoure de tout ce qui affirme leurs goûts (pi. 13). L'amateur 
Orléanais (1), avec sa robe de chambre de lampas bleu à ramages 
blancs, dont les ambassades siamoises et persanes venaient de 
mettre à la mode les fleurs fantaisistes, son foulard rayé de jaune 
et de bleu, ne manque pas de nous montrer son carton à dessins, 
sans doute rempli du fameux papier à tablette où son crayon 
léger, vaporeux a fixé le souvenir 

ce Des prés fleuris qu'arrose la Loire ». 

Quel écho attendri son visage empreint de finesse souriante 
et de vraie bonté ne trouve-t-il pas dans celui de « M""" son 
épouse » (2). Elle a revêtu, pour lui plaire, sa robe décolletée 
en soie de nuance colombin, oii le bleu joue à cache-cache avec 
le mauve ; le « parfait contentement » s'étale à la naissance de la 
gorge ; les triples engageantes de blanche Malines se déploient en 



(1) Aignan-Thonias Desf riches, dessinateur-amateur, né à Orléans le 7 mars 1715. Les 
bords de la Loire et du Loiret lui fournirent le sujet de ses paysages. Lié avec la 
plupart des artistes et des collectionneurs de son temps, qu'il recevait à Orléans ou à la 
Cartaudière, sa maison de campagne, il entretint avec eux une correspondance assez suivie. 
Il avait réuni une belle collection de dessins et de tableaux, principalement des Ecoles 
flamande et hollandaise. Il mourut à Orléans, le 25 décembre 1800. 

(2) M™» Desfriches, née Marie-Madeleine Buffere;'u, morte à Orléans le 5 févi ier 1813, 
âgée de 97 ans 



PI. II 




PoRTiOMT PK IIAMIC UK SoUOUAlNVlLLli 

Peinture. Signée el datée 174g. 

(A M. Ilavi.l Wcill) 



— 43 — 

éventail sous le nœud irisé des manches ; et tandis que des mains 
distraitement occupées « à faire des nœuds » jaillit brusquement, 
comme un insecte d'or, la navette d'écaillé blonde, tout un 
poème d'intimité amoureuse passe dans son regard, et l'on songe 
à ce mot : « Rien de plus charmant qu'une honnête femme ayant 
tout ce qu'il faut pour ne pas l'être ». 

On s'étonne, devant ces œuvres, de la modération des éloges. 
L'auteur des Jtigemeris sur les principaux ouvrages exposés au 
Louvre Je 27 août 1751 , le S"^ le Comte ou Coypel, écrit — notons 
que presque toutes les brochures juxtaposent les noms de La Tour 
et de Perronneau — : « L'illusion est si frappante dans les Por- 
traits de M. La Tour qu'il semble que la nature se soit peinte 
elle-même. II n'y a rien à désirer. Pour bien faire, La Tour n'a 
qu'à se ressembler, et M. Perroneau qu'à l'imiter: ce jeune 
Peintre qui marche sur ses traces: 

Proxirnus huic Ion go sed proximus intervallo, 
s'est corrigé sur les ensembles ; mais il s'est négligé sur la couleur, 
ses têtes sont touchées avec esprit, mais elles sentent trop 
l'esquisse, et je voudrais qu'on ne pût pas en appeler séparément 
les couleurs, enfin qu'il accusât tellement les formes qu'on pût 
modeler d'après ses portraits, comme on serait en état de le 
faire d'après ceux de M. La Tour. « 

Et le Mercure de France (1), ne s'enthousiasme guère plus: 
« M. Perenneau (sic) a donné par quatorze pastels des preuves 
de sa facilité et de l'agrément de sa couleur. » 

L'année 1751 semble avoir été bien remplie. En dehors des 
douze pastels et d'une peinture signalés par le livret du Salon, 
nous connaissons les portraits de M. et de M"" Chevotet, con- 
servés au musée d'Orléans (2), et celui du duc d'Aumont. 
Tous ceux qui ont visité la salle des mariages de l'Hôtel de Ville. 
à Boulogne-sur-Mer, ont pu voir une série de portraits des 



(1) Octobre 1751. 

(2) Legs Deizons. 



— 44 — 

gouverneurs qu'à une date indéterminée on ramena, pour une 
raison ou pour une autre, à une dimension uniforme. L'un d'eux 
représente Louis-François d'Aumont, marquis de Chappes, 
duc d'Humières, lieutenant général des armées du roi, gouver- 
neur de Compiègne et du Boulonnais, né le 30 mars 1671, mort 
le 6 novembre 1751 à Paris, où il est enterré en l'église Saint- 
Gervais. Il avait épousé, en 1690, Anne-Louise-Julie de Crevant, 
fille de Louis de Crevant, duc d'Humières, maréchal et grand- 
maître de l'artillerie de France. Ici, il est debout, tourné vers 
la droite, regardant de face, portant cuirasse sur l'habit à basque 
d'or, épée et culotte rouge ; les cheveux sont poudrés et frisés 
à marteau ; une tenture retombe sur la droite, selon la tradition 
des portraits solennels de l'époque, et ajoute au caractère d'élé- 
gance et de fine distinction. L'œuvre est bien de Perronneau, 
ainsi qu'il ressort d'une pièce des archives de Boulogne (Liasse 
192, pièce n' 5) : 

« Il sera tenue compte à M. Fontaine, de la somme de six cent 
dix-sept livres pour le portrait de M. le duc de Humières, notre 
gouverneur qui a été tiré par le S' Peronneau par nos ordres 
étant à Paris pour être placé en l'hôtel de ville et ce y compris 
les frais d'emballage, ports, etc., à laquelle somme de six cent 
dix-sept livres il sera employé par le dit S'' Fontaine, dans son 
état de dépenses à Boulogne, ce 12° janvier 1751. » 

Signé: COILLIOT. 

Les ducs d'Aumont, gouverneurs du Boulonnais de père en 
fils, habitaient Paris • ils occupèrent plusieurs hôtels, rue de 
Beaune, près le pont Royal, un autre, rue de Jouy, près de la 
rue Saint-Antoine, un autre enfin, le plus beau des trois, et 
merveilleusement meublé, sur la place Louis XV. Le document 
lui-même est formel et Perronneau n'a pas été obligé d'aller 
jusqu'à Boulogne pour exécuter le portrait du gouverneur du 
Boulonnais. 
Le regard hautain, précis, un peu froid, d'un homme sûr de 



— 45 — 

lui-même, la corpulence du personnage, la nuance lilas de l'habit, 
le gilet de soie bleue, dont les broderies entremêlées de chenille, 
de cordonnet, de dentelle d'or, tout guilloché de ces minuscules 
passementeries qu'on appelait « soucis de hannetons », les varia- 
tions les plus délicates du bleu avoisinant le mauve, et trouvant 
inévitablement leur écho, leur complémentaire, dans le teint 
bilieux du visage, un peu atténué par le jabot de gaze rayée et 
le tour de cou de linon blanc, tel nous apparaît Jean-Michel 
Chevotet, architecte du roi, né à Paris en 1698, mort dans la 
même ville en 1772, membre et grand-prix de l'Académie Royale 
d'architecture, prêt à ouvrir le carton passé sous son bras, et à 
vous montrer les plans du pavillon de Hanovre ou du château 
de Petit-Bourg, à moins que ce ne soient les relevés de l'ancien 
escalier des ambassadeurs, au palais de Versailles. Perronneau 
prend prétexte de la modestie de M"'" Chevotet pour enlever 
sur un fond vert, et dans l'encadrement souple d'une mantille 
noire et d'une robe bleue, l'éblouissante gamme des blancs: 
blanc de la cornette, fixée à la neige des cheveux par deux 
épingles à têtes de diamants, deux « firmaments », blanc des 
barbes envolées, mais rejoignant sagement le réseau de tulle de 
la palatine perdue elle-même et comme absorbée dans le blanc 
crémeux des « parfaits contentements », blanc des apprêts de la 
lingère, tissus de clarté de la dentellière, nacre des perles, tous 
ces blancs participant à la vie par les reflets de la chair, apparus 
sous les trames nuageuses. 

On lit dans les procès-verbaux de l'Académie Royale de 1753 
peinture et de sculpture : 

ff Séance du 27 janvier 1753. — Lecture de la liste de M" /e.? 
Agrééa et décision à ce sujet. — Ensuite le Secrétaire a lu la liste 
de M" les Agréés, avec la datte de leur Agrégation, et il a été 
décidé que la Compagnie ne manderoit pour l'assemblée pro- 



- 46 — 

chaîne que les S" Verbrec, Adam le Cadet, Falconet et Péroneau, 
comme étant ceux qui sont le plus en retard. 

Séance du 23 février. — MM . les Agréés se présentent à l'As- 
semblée. Prolongation du temps accordée. — M" les Agréés 
dénommés dans la délibération du 27 Janvier dernier s'étant pré- 
sentés à l'assemblée pour y répondre, suivant le contenu du 
mandat, la Compagnie, après avoir reçu avec indulgence les 
excuses respectueuses qu'ils ont faites de leur retard, a bien 
voulu, par une grâce singulière et sans tirer à conséquence, 
accorder: 

Au S' Péroneau, six mois. » 

Cette fois Perroneau fut exact. 

« Réception de M. Péronneau. Aujourd'hui, samedi 28" juillet, 
l'Académie étant assemblée, le Sieur Jean-Baptiste Péronneau, 
de Paris, Peintre de portraits, lui a présenté ceux de M. Adam 
Va'tné et Oudry, professeurs, qui lui avoient été ordonnés pour 
ouvrages de réception. Les voix prises à l'ordinaire, la Compa- 
gnie a reçu et reçoit ledit Sieur Péronneau, Académicien, pour 
avoir séance dans les assemblées et jouir des privilèges, hon- 
neurs et prérogatives attachés à cette qualité, en observant par 
lui les Statuts et Règlemens d'icelle Académie, ce qu'il a promis 
en prêtant serment entre les mains de M. de Silvestre, Ecuyer, 
Premier Peintre du Rov de Pologne, Directeur et Ancien Rec- 
teur. » 

En effet Perronneau, en sa qualité d'académicien, signe aux 
procès-verbaux de l'Académie le 4 août, le 23 août, le 31 août, 
le 24 novembre, le 1" et le 29 décembre de l'année 1753. 

Au Salon du Louvre, il envoyait, avec ceux d'Oudry et d'Adam 
l'aîné, cinq autres portraits. Qu'est devenue Elisabeth de Rohan- 
Soubise, princesse de Condé, mariée à seize ans la même année, 
et morte en 1760 ? Nous avons relevé dans les archives du musée 
Condé, à Chantilly, parmi les registres de comptes de la maison 
de Soubise, et plus spécialement dans le « troisième compte 



PI. 12 




MAUKin-; (Juii.NTiN hk la Thuu 
Paslcl. Siyiié et daté 1750. 

(Alusfe iic Saint-Qucntiii) 



— 47 — 

que rend à S. A. Mgr le prince de Soubise, Jacques Lacerneux, 
trésorier général de Sa d. A., de la recette et dépense par lui 
faite en lad. qualité pendant les années 1752 et 1753, la mention 
suivante (feuillet 67, au verso) : 

« Peintres en portraits. 

Plus de la somme de mille livres payée au S' Perronneau, 
autre peintre, le 9 octobre 1751, pour le portrait en pastel de 
S. A. suivant l'ordre et quittance rap'" cy . . . 1000 livres. » 

Dans les comptes-rendus contemporains, conservés au fond 
Deloynes (Cabinet des Estampes), il n'y a aucune indication des- 
criptive sur le portrait de la jeune princesse de Condé. A Ver- 
sailles, dans les salles de l'attique nord, se trouve un portrait 
de Charlotte-Godefrede-Elisabeth de Rohan-Soubise, médiocre 
copie, due à M"° Danse, et mesurant 0ml8 de large sur 0m25 de 
haut. Soulié, dans son catalogue du musée de Versailles, écrit à 
ce propos : «L'original se trouvait (et non se trouve) autrefois 
au château de Chantilly. » Au musée Condé, à Chantilly, dans 
les appartements privés du duc d'Aumale, il existe toute une 
série de petits portraits des membres de la famille de Condé. 
Parmi ces portraits qui ont tous été exécutés vers 1775 ou 1776, 
pour le Palais Bourbon, par les soins de Simon-Bernard Le Noir, 
peintre ordinaire du prince de Condé, on voit celui de la prin- 
cesse Charlotte-Godefrede-Elisabeth, qui est identique à la copie 
exécutée par M"" Danse, avec cette seule différence que la pein- 
ture de Le Noir est un ovale et celle de M"" Danse un panneau 
rectangulaire. Sur un fond bleu légèrement rompu d'or, s'enlève 
le visage ovale aux traits réguliers, aux grands yeux bleus, au 
teint rose, à la bouche jolie. Les cheveux sont poudrés et coiffés 
en tapé. On aperçoit le lobe de l'oreille droite. Le décolleté très 
pur s'encadre d'une modestie blanche reflétée de bleu. Une 
draperie blanche se noue sur le devant de la poitrine avec une 
draperie bleue, en formant trois coques. Un fil de perles s'attache 
sur le bras gauche. Le modelé en pleine lumière, les valeurs 



— 48 — 

déterminées par un éclairage unique de gauche à droite, l'équi- 
libre des tonalités bleues et jaunes, l'arrangement même sont 
familiers à Perronneau. La princesse de Condé étant morte en 
]760, le portrait de Le Noir, exécuté vers 1775, est lui-même une 
copie. L'original est-il de Perronneau ? En tout cas, nous en 
trouvons la trace dans les registres de comptes de la maison de 
Soubise (année 1752, feuillet 73, recto) : 
« Peintres en portraits... 
Perronneau. 

Plus de celle de six cents livres payée le 6 May 1752 au 
S' Peronneau autre peintre pour le portrait de M"' de Soubise, 
aujourd'hui princesse de Condé. Suivant l'ordre et quittance 
rapportés, cy : 600 livres. » 

Il s'agit de la princesse Charlotte-Godefrede-Elisabeth de 
Soubise qui avait épousé le prince de Condé le 2 mai 1753. On 
peut voir aux Archives nationales, dans la vitrine 78, son contrat 
de mariage (n° 978). Les Archives conservent également une 
correspondance d'une sentimentalité délicate, adressée par cette 
princesse à son mari, et qui a fait l'objet d'une publication du 
comte Fleury, dans le Carnet historique et littéraire du 15 octobre 
et du 15 novembre 1898. 

Qu'est devenu Milord de Huntington, M"' ***, et Julien le 
Roy, horloger du roi ? Nous avons indiqué les relations de Milord 
Huntington avec la demoiselle Lany, de l'Opéra. Un rapport 
de police (1) donne la date précise à laquelle Perronneau a dû 
exécuter son portrait: « 29 août 1753. M'' Otting-ton est venu 
à Paris il y a environ 1 mois ou 5 semaines, mais il n'a point 
été chès la D"° Lany ; elle a été lui rendre 2 ou 3 visittes rue du 
Colombier, chez la Cour. )> 

On connaît Julien Le Roy par la belle planche de Moitte, 
et par la gravure de Hubert qui accompagne une notice 



(1) Bibliothèque de l'Arsenal. Papiers de la Bastille 



— 49 — 

biographique de Le Prévôt d'Exmes. Né à Tours, en 1686, cet 
émule et ce concurrent de Jean-Baptiste Bâillon, Gudin, Joly, 
Etienne Lenoir, Moisy, fournisseur comme eux de la Cour et 
des marchands d'antiquités, mécanicien achevé, auteur de bons 
écrits sur son art, était à tel point favori de la mode que dansThé- 
midore, un élégant trouvant sa montre en retard sur le méridien 
du Palais Royal « promet que Julien le Roy ne travaillera plus 
pour lui ». Inventeur des montres et des pendules à répétition, 
des pendules à secondes, il conquit sur l'Angleterre la suprématie 
de l'art de l'horlogerie et Voltaire dit un jour à l'un de ses fils: 
« Le maréchal de Saxe et votre père ont battu les Anglais (1). » 

Le portrait de M""" Lemoyne, probablement Jeanne Dorus, 
la troisième femme de M. Lemoyne, le fils, professeur à l'Aca- 
démie, existe dans la collection de M. Georges Dormeuil ; c'est 
une œuvre sobre, d'un arrangement simple, avec un esclavage 
de perles, une mantille de taffetas bleu, un décolleté encadré 
d'une modestie, un « parfait contentement », des riens, et cepen- 
dant une touche spirituelle qui se pose çà et là sur les paupières, 
le nez, la lèvre inférieure, faisant sourire cette jeune femme, sans 
parti-pris violent d'ombres et de lumières. 

La Tour, dont les écrivains contemporains vantent sans cesse 
le naturel, n'a rien laissé de plus vivant, de plus ample, de plus 
vrai dans le « laisser aller », de moins théâtral et cependant de 
plus noble que les effigies d'Adam l'aîné et d'Oudry, surpris 
dans un moment d'arrêt, devant l'œuvre interrompue. Adam 
l'aîné (2) s'enveloppe dans sa gamberluque de taffetas vert, 
quelque chose d'intermédiaire entre le manteau d'abbé et le 
domino, un souvenir de cette Italie de prédilection, d'où il s'est 
arraché à grand'peine, et vers laquelle courent les peintres fran- 



(1) Voir la notice de M. S.-L. Chalmcl, dans le t. IV de l'Histoire de Touraine depuis la 
conquête des Gaules par les Romains jusqu'à l'année 1790. 

12) Lamhert-Sigisbert Adam, dit l'ainé, né à Nancy en 1700, prix de Rome en 1723, membre 
de l'Académie royale de peinture et de sculpture en 17.'?7, professeur en 1744. mort i Paris 
en 1759. 



— Su- 
çais, depuis le Poussin qui revient y mourir, jusqu'à Fragonard 
qui y retrouve la Grande Grèce. Voyez le ragoût des couleurs, 
de ces bleus et de ces verts où passent des reflets d'or, et la par- 
faite simplicité d'attitude de cet homme qui s'est assis quelques 
minutes auprès du socle d'une statue pour détendre ses mains 
fébriles, ses belles mains sortant des manches retroussées, gardant 
encore le marteau et le ciseau (pi. 14) On devine dans l'ombre la 
naissance d'une jambe, peut-être une des deux nymphes, la 
Chasse et la Pêche qu'il avait taillées chacune dans un seul bloc 
de marbre, et que Louis XV donna plus tard au roi de Prusse ; 
ou plutôt cette figure de l'Abondar^ce, exécutée pour les jardins 
de Choisy avant 1758, payée dix mille livres à ses héritiers en 
1760, et dont il avait exposé le plâtre au Salon de 1753. S'il 
s'arrête, c'est pour mieux penser à sa merveilleuse collection 
d'antiquités grecques et romaines, aux soixante-huit morceaux 
de marbre de Paros et de Saligno, trouvés au mont Palatin, dans 
le palais de Néron et dans les ruines du palais des Maures, qu'il 
eut à bon compte des héritiers du cardinal de Polignac et dont 
il veut bien faire les honneurs au public, en sa maison de la rue 
Basse-du-Rempart. 

Quant à Oudry (1), il vient d'achever sur le châssis àe foile 
le croquis au fusain de Mitte et Turlu, de Mignonne et Sylvie, 
de Blanche ou de telle autre chienne de la meute royale. Campé 
devant son chevalet, il ouvre largement la main droite dans un 
geste d'enseignement ; l'autre main, appuyée sur un magnifique 
fauteuil en velours de Gênes cramoisi, tient les pinceaux et la 
palette dont le maître se servira pour démontrer l'excellence des 
idées et de la méthode qu'il tient de son maître Largillierre( pi. 15). 
Perronneau, comme pour montrer que lui aussi pourrait être élève 
de Largillierre au sens large du mot, s'est plu à entourer le véné- 



(1) Jean-Baptiste Oudry, né à Paris en 1689, élève de son père et de Largillierre, membre 
de l'Académie royale de peinture en 1719, directeur de la Manufacture de Beauvais, surins- 
pecteur de la Manufacture des Gobelins, mort le 30 avril 1755. 



PI. i3 





y K g 

U. .^ V 

Ci £ k 



— 51 — 

rable Oudry d'une symphonie de verts sourds rompus d'or, 
vibrant, se répondant à l'infini, à égayer l'habit de cérémonie, 
le jabot et les manchettes de dentelle du vieux peintre, de la fan- 
taisie débraillée d'un mouchoir de priseur, sortant de la poche. 

On se souvient encore d un double portrait de la collection 
de M. Camille Groult, prêté à l'Exposition de Cent Pastels. Les 
deux vieillards, un homme et une femme, lui assis devant une 
table de travail et dessinant dans l'ovale d'une miniature, elle, 
regardant par dessus son épaule, passèrent aux yeux de M. Groult 
pour M. et M""" Perronneau, jusqu'au jour où, en comparant le 
portrait de M"" Desfriches mère et la figure féminine de ce double 
portrait, il crut qu'il représentait M°" Desfriches la mère. Les 
rédacteurs du catalogue de l'Exposition et la plupart des cri- 
tiques s'en tinrent à cette attribution. Nous avions supposé nous- 
mêmes qu'il s'agissait de M. et de M"" Oudry. Or il s'agit de 
Philippe Cayeux et de sa femme Jeanne d'Humières (1). 

En effet, il existe au musée d'Arras une peinture h l'huile qui 
représente ces deux personnages. Au dos de la toile, on lit cette 
inscription, tracée au pinceau : « Philippe de Cayeux, nat' du V»^ 
d'Humières, sculp"^ en ornemens renomé à Paris, chéri et très 
bien venu céans. En sus Mad° honesta sa très aimée et très digne 
épouse. » 

« Philippe Cayeux (2), né en 1688 à Humières (Picardie) était 
un sculpteur d'ornements très réputé à Paris. Sa spécialité semble 
avoir été les bordures et les boiseries. Installé de très bonne heure 
dans la capitale, paroisse Saint-Roch, il habite d'abord dans la 
rue Saint-Honoré, ensuite rue Villedo où il meurt en 1769. Offi- 
cier de l'Académie de Saint-Luc, continuellement en relation 



(1) Communication de M. Jean 1 ocquin à la Société de l'Histoire de l'Art fr.inç!\is (3 dé- 
cembre 1909). 

(2) « Cayeu,\ (Claude-Philippe), sculpteur, reçu le 22 septembre 1722, rue Villedo, con- 
seiller {Liste, pp. 21, 25); + 1769 (Méni., Paris; Scellés, t. II, p. 150). » Liste générale des 
maîtres peintres et sculpteurs de la Communauté de Saint-Luc de la ville de Paris (I3fil- 
1789), publiée par Jules Guiffrey dans VHistoire de l'Académie de Saint-Luc. 



— 52 — 

avec les meilleurs artistes de son temps auxquels il fournissait des 
cadres, il était très achalandé. Il avait commencé de bonne heure, 
dit Rémy, à rassembler « une des belles collections (en dessins et 
estampes surtout) qu'il y ait à Paris ». Diderot la connaissait bien 
et il l'avait « couchée en joue » pour le compte de Catherine II ; 
mais le brave Cayeux y tenait plus qu'à un monceau de pièces 
d'or et n'avait voulu s'en défaire à aucun prix. Artiste de talent, 
ami serviable et amateur avisé, il était presque un personnage au 
XVIir siècle ; bien qu'il fût d'une famille bourgeoise apparentée à 
des « maîtres rôtisseurs » et à des « marchands pâtissiers », il 
occupait une assez jolie situation pour donner le change et méri- 
ter qu'on lui prêtât par mégarde une particule. Il comptait parmi 
ses intimes Noël-Nicolas Coypel, Charles Parrocel, Carie van 
Loo, Boucher, Natoire, Taraval, Chasle et aussi Cochin, Des- 
friches et vraisemblablement leur ami commun Perronneau. Un 
dessin de Cochin, gravé par Lempereur et représentant Philippe 
Cayeux de profil, confirme l'identification fournie par l'inscrip- 
tion de la toile d'Arras. Le front droit, le nez fort, cassé, le pli 
accusé à la naissance du front, la bouche aux lignes fermes, le 
double menton, le cou très court, le regard un peu dur, tous les 
traits du profil de Cayeux par Cochin se retrouvent dans les por- 
traits de trois quarts d'Arras et de la collection Groult. 

Il reste encore la question d'attribution à résoudre. Qui est 
l'auteur du pastel et de la peinture ? Probablement le même 
artiste (1). » 

Ce double portrait nous montre une certaine qualité d'émotion, 
la sentimentalité d'un Perronneau tâchant d'exprimer le rêve 
dont il fera l'année suivante une réalité. Quel précieux document 
n'est-ce pas là de la vie des artistes de ce temps! Ne fait-il pas 
songer à cette familiarité charmante des familles qui abritaient 



(1) Communication de M. Jean Locquin. Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art 
français, 1909, p. 243. 



— 53 — 

leur existence sous les vieux toits du Louvre? Ne voilà-t-il pas de 
quoi évoquer le mot du prince de Ligne à propos d'une vieille 
femme : « L'amour a passé par là ! »? 

Le Louvre possède le portrait au pastel du savant ingénieur 
hydrographe Pierre Bouguer (1), daté de 1753. L'artiste sem- 
ble y affirmer sa prédilection pour ces contrastes de lilas et de 
jaune, lilas de l'habit et du gilet, jaune des fonds et du visage 
bilieux. De même, dans l'étude de ces traits accentués et comme 
taillés à coups de hache, il parvient à la même force expressive 
que dans les portraits de Chevotet, du père Chambroy ou du 
bénédictin. 

Le catalogue de l'Exposition de Cent Pastels donnait la même 
date, que nous n'avons pu voir et dont nous n'avons pas eu 
confirmation, au portrait de la comtesse Jacquette d'Arches, née 
de Loupes. Au charme de cette harmonie de gris taupe et de 
bleu, que la poudre des cheveux et le blanc de la modestie rend 
plus délicat, s'ajoute un intérêt iconographique. En effet, un 
d'Arches a été conseiller au Parlement de Bordeaux, au 
xviir siècle ; aux environs de la ville existe un château d'Arches, 
qui remonte au XVir siècle, et dans la même région, se trouve le 
village de Loupes. Perronneau a-t-il fait un voyage à Bordeaux 
à cette époque ? Cela n'est pas impossible. Même date encore 
inscrite en haut du portrait au pastel du président Bignon, mal- 
heureusement abîmé, que nous avons pu voir, en 1908, dans la 
collection de M"° Véry, à Mantes ; c'est Armand-Jérôme Bignon, 
né à Paris en 1711, reçu avocat général du Grand Conseil en 
1729, maître des requêtes en 1745, bibliothécaire du roi, prévôt 



(I) Pierre Bouguer, hydrographe du roi, mathématicien, astronome, membre de l'.Académie 
royale des Sciences, de la Société royale de Londres, né en 1698 au Croisic (Loire Inférieure). 
Le 22 décembre 1756, les Affiches, annonces et avis divers annoncent: n La Manœuvre 
des vaisseaux ou Traité de Mechaniqae et de Dynamique, par M. Bouguer, de r.\cadémie 
royale des Sciences, de la Société royale de Londres, Honoraire de l'Académie de Marine, 
ci-devant hydrographe du Roi au Port du Croisic et au Havre-de-Gràce. .A Paris, chez Guérin. 
1757, in-4''. M. Bouguer est déjà l'auteur du Traité du navire. » 



— 54 — 

des marchands, conseiller d'Etat, membre de l'Académie fran 
çaise, grand ami des lettres, mort le 7 mars 1772. 

Quel fut cette année le sentiment de la critique ? Le Mercure 
de France (1) déclare que « M. Peronneau a mérité des applau- 
dissemens par la légèreté de sa manière et celle de ?a touche dans 
les sept portraits qu'il a présentés. » L'abbé Le Blanc n'est pas 
moins élogieu.\ (2) : 

« Le public est tellement accoutumé à ne voir au Sallon que 
des chefs-d'œuvre de M. de La Tour qu'il ne peut plus l'étonner 
que par la multiplicité et c'est l'effet qu'ont produit les dix-huit 
tableaux qu'il y a mis cette année. Les différens Portraits de 
M. Perroneau sont autant de preuves des progrès qu'il fait jour- 
nellement dans son art. On voit qu'il cherche la nature en homme 
qui en connoit tout le prix. L'exemple de plusieurs peintres 
prouve que les yeux du corps ne suffisent pas pour l'apercevoir, 
on ne la saisit bien que des yeux de l'esprit. Elle ne peut échapper 
à quelqu'un qui a tout celui qui fait le mérite de la touche de cet 
Artiste. » 

L'abbé Garrigues de Froment (3) nous renseigne sur l'impres- 
sion que produisirent sur les académiciens les deux morceaux de 
réception d'Adam et d'Oudry : 

« M. Aved me ramène à M. Perronneau. Peut-être aurois-je 
dû le nommer immédiatement après M. de la Tour, parce que 
leur genre de travail est le même, parce qu'ils sont les seuls ou 
presque les seuls qui peignent au Pastel ; mais je vous ai demandé, 
et je crois avoir obtenu de vous, monsieur, la permission de 
suivre plutôt le fil de mes idées, ou celui de mes sensations, que 
l'analogie des talens, leur ordre ou l'ancienneté des Artistes. 



(1) Octobre 1753. 

(2) 1753, Observations sur les ouvrages de MM. de l'Académie de peinture et de sculpture, 
exposés au Salon du Louvre, en l'année 1753, et sur quelques écrits qui ont rapport à la 
peinture. A .Monsieur le Président de B... 

(3) Sentiments d'un amateur sur l'Exposition des takleau.x du Louvre et la critique qui 
en a été iaite. 



PI. 



14 




LAMiiiiicr-Suiisiiiiui Adam, i-'aIm; 
Peinture (morceau do roception). i-53. 

(Alusce du 1-ouvtcj 



— 55 — 

Je reviens à celui qui a été l'objet de ma nouvelle digression. 
Le Dessein de ses portraits est toujours fin, toujours gracieux et 
spirituel ; mais en revanche, il est souvent maniéré ; le bleu 
domine dans toutes les ombres de ses têtes de femmes ; partout 
ailleurs à force d'être reflétées et trop peu décidées, elles lui font 
perdre son effet. J'ajoute que le ton trop colorié des fonds de 
ses deux portraits d'homme, efface, détruit celui de ses deux 
têtes. Un autre parleroit des deux Morceaux de Réception du 
même Auteur, des deux portraits de MM. Oudry et Adam l'aîné ; 
un autre en diroit tout le bien qu'il y a lieu d'en dire. Quant à 
moi, qui suis au fait des éloges que ces deux tableaux lui attirèrent 
de la part de ses Confrères, quand il les présenta à l'Académie, 
du bruit et du plaisir qu'ils y firent, je m'en tiens au silence ; c'est 
toujours le parti le plus sûr, quand les Maîtres se sont énoncés 
aussi positivement, aussi clairement, d'aussi bonne foi, qu'ils le 
firent en faveur de M. Perroneau. » 

Fréron (1), lui, réplique: 

« M. de la Tour reçoit l'encens qui lui est dû. Mais dire qu'il 
scait par son tact subtil et magique saisir et fixer le sel volatil de 
l'esprit, si facile à s'évaporer des mains de qui que ce soit, et 
de ceux même qui le possèdent, outre que ce n'est là qu'un 
précieux galimathias, c'est pousser l'hyperbole au dernier degré. 
Oui est-ce qui croira jamais, par exemple, que le principe qui 
pense, et qui a dicté à M. de la Chaussée tant de Comédies 
morales, soit identifié avec le Pastel, et réside sous la glace de 
son portrait?... M. Aved est pourtant de quelque utilité à notre 
Auteur; il lui sert de transition pour parler de M. Péronneau 
auquel il reproche d'être trop maniéré. » 

Et ailleurs, dans son Année littéraire, il ajoute ceci : 

« Outre les deux morceaux de réception de M. Peronnean 



(I) Lettre sur quelques écrits de ce temps au sujet des tableaux exposés dans le Grand 
Salon du Louvre en 1753, en réponse à l'abbé Garrigues de Froment. 



— 56 — 

qui sont les portraits de Messieurs Oudry et Adam l'aîné, ce 
peintre a donné plusieurs têtes en pastel qui sont fort belles. Il 
étudie avec fruit la manière de M'" Rosalba de Carriera. » 
L'admiration de Huquier fils (1) va plus loin: 
« M. Peronneau suit de près M. de La Tour. Ses deux Portraits 
de réception pour l'Académie sont universellement admirés ; 
l'un est celui de M. Oudry, et l'autre celui de M. Adam l'aîné. 
Professeur de la dite Académie. Le dessein l'emporte sur le 
pinceau ; quoique l'un et l'autre soient très bien, le Pastel est 
son genre, il y brille encore d'avantage ; la légèreté de la touche, 
la fraîcheur du coloris, et le caractère du dessein, tout y est ras- 
semblé, je n'en veux d'autres preuves que le portrait de M"" la 
princesse de Condé, et celui de M. Julien Le Roy; j'ose dire 
que ce dernier le dispute à M. de la Tour: l'art et la nature 
y sont employés et réunis admirablement bien. » 
L'abbé Laugier se montre plutôt sentimental (2) : 
« M. Perronneau, Académicien, a exposé le portrait de cet 
aimable artiste (Oudry). Le plaisir que j'avois eu à considérer 
tant de jolis Ouvrages, m'a donné beaucoup de goût pour ce 
portrait qui est bien peint... » 

Estève estime que « M. Perronneau a été jugé plus ressem- 
blant à lui-même et sa couleur moins variée que celle de M. la 
Tour. Cet artiste a donné cette année deux morceaux de récep- 
tion qui ont été applaudis. » 

Lafont de Saint-Yenne (3) s'intéresse surtout à Julien Le Roy. 

« Le S' Perroneau, loin d'être oublié dans cette classe, mérite 

beaucoup d'éloges. Ses pinceaux et son pastel ont de la finesse 

et des beautés singulières. Parmi plusieurs de ses portraits, on a 



(1) Lettre sur l'Exposition des Tableaux au Louvre, avec des notes historiques. 

(2) Jugement d'un amateur sur l'Exposition des tableaux. Lettre à M. le marquis de V... 

(3) Sentimens sur quelques ouvrages de peinture, sculpture et gravure. Ecrits à un Par- 
ticulier en Province, à l'occasion de l'Exposition de 1753. mais qui n'ont paru qu'en 1754, 
année qu'il ne se fit point d'exposition. 



— 57 — 

distingué ceux de deux grands Artistes: MM. Oudri et Adam 
qui sont peints jusqu'aux genoux, et avec les enseignes hono- 
rables de leurs professions et de leur célébrité. On a vu avec 
plaisir celui du S' Julien le Roi, cet artiste si renommé dans les 
deux mondes, et qui a porté l'art de l'Horlogerie à un si haut 
degré de perfection que les nations, même les plus jalouses de 
notre supériorité, ont été forcées de l'accorder à ce savant 
homme. Ce que j'estime en lui bien au delà de sa science et du 
rang qu'il tient dans sa profession, c'est une probité invariable 
avec beaucoup de simplicité et de modestie. » 

Lacombe, auteur du Dictionnaire portatif des Beaux-Arts, 
opine, dans son Salon de 1753, que les tableaux de Perronneau 
ont paru dignes de sa réputation. 

Et Baillet de Saint-Julien, dans son Ode sur la peinture, pro- 
clame qu'il « admire le génie pittoresque des Perronneau ». 




IV. 



Mariage de Perronneau. — Ses envois aux Salons de Paris et au 
Salon de Toulouse. — Séjours à Lyon, à Bordeaux, à Abbe- 
ville, à Orléans. — Voyages en Hollande et en Italie. ■ — 
Lettres à Desfriches. 

1754=1780 



1754 En 1754, il n'y eut pas de Salon. L'année est d'ailleurs fort 
bien remplie. Perronneau se marie au mois de novembre et il 
semble avoir pris son amour si fort à cœur qu'il en oublie de 
travailler. En effet, il ne signe guère que trois fois aux procès- 
verbaux de l'Académie, le 5 janvier, le 23 février et le 
7 décembre. Nous imaginerions volontiers que lartiste fit l'école 
buissonnière du printemps à l'automne, n'étaient le portrait de 
Hubert Drouais de la collection Daniel Halle (pi. 16), et un pastel 
de Jacob van Kretschmar que possède M. le jonkheer J.-A. van 
Kretschmar van Veen à Utrecht (pi. 17). Van Kretschmar, en 
habit bleu clair, soutaché d'or, portant cuirasse, les cheveux pou- 
drés, vu de trois quarts, tourné vers la gauche, paraît âgé de 
trente ans (1). On lit en haut du tableau l'inscription: Perron- 
neau, peintre du Roy, en 1754, à La Haye. On verra plus loin 
que Jacques van Rynweld, « hollandois », signe au contrat de 
mariage du peintre. Ainsi, dès 1754, Perronneau s'acheminait 
vers la patrie de Rembrandt. 



(1) Jacob de Kretschmar, seigneur de Wijk, Aalburg et Ween, plus tard général d'infanterie 
au service des Provinces Unies, né en 17?1 et mort en 1792. Le pastel mesure O^GO de 
hauteur sur 0™46 de largeur à l'intérieur du cadre. 



PI. i5 




J. B. OlDRY 

reinliue (inorceaii de récoplion). 1753. 

(Muscc Un I.oiivrc) 



— 59 — 

II épousait Louise-Charlotte Aubert. fille de Louis-François 
Aubert. Nous ne connaissons pas de pastel ni de peinture de cet 
Aubert, dont Lazare Duvaux appréciait fort le travail, et qu'un 
brevet autorisait « à se dire et qualifier peintre en émail du Roy ». 
Il faut le distinguer d'un autre Aubert, joaillier, qui laissa une 
collection de tableaux précieux, dessins, gouaches, estampes dont 
le catalogue a été rédigé par A. Paillet. Nous ne pouvons affirmer 
s'il s'agit de M. Aubert, de l'Académie de Sainf-Luc (1), dont 
le cabinet contenait une superbe collection de différentes 
branches de l'histoire naturelle et principalement de coquilles. 
Suivant une adresse gravée par Choffard en 1756, « Aubert, mar- 
chand et graveur, rue Saint-Jacques, près la fontaine Saint- 
Séverin, à l'enseigne du Papillon, donne avis qu'il a trouvé la 
véritable façon de fabriquer les papiers veloutés ou papiers d'An- 
gleterre en façon de damas et velours d'Utrecht, en une ou 
plusieurs couleurs, propres pour tapisseries, écrans à pieds, et 
devants d'autels, à Paris. » Louis-François Aubert, comme tous 
les miniaturistes, était fort occupé, à cause de la mode qui voulait 
qu'on introduisît des portraits dans les bijoux ; on relève dans le 
journal de Lazare Duvaux, en avril 1754, un beau spécimen de 
son travail, une tabatière d'écaillé piquée, en cage, à contours, 
la garniture en or émaillé de rose par Aubert, au retour d'une 
vieille garniture d'or, dont M"' de Pompadour avait fourni le 
dessin, et que l'antiquaire estime à 920 livres. 

Le contrat (2) fut signé le 3 novembre, par devant Maître 



(1) ce Aubert (Louis-François), peintre en émail du Roi, reçu le 23 septembre 1747, rue du 
Four-Saint-Germain {Liste), t 29 octobre 1755, rue du Four. (Son scellé, t. Il, p. 215). » Liste 
générale des maîtres peintra et sculpteurs de la Communauté de Saint-Luc de la ville de 
Paris, publiée par Jules Guiffrey dans VHisioire de l'Académie de Saint-Luc. 

(2) Contrat de mariage de Jean-Baptiste Perronneau (à peu près in-extenso) : 

Actes 
Mariage des 

3 novembre 1751. Not. de Paris. 

Fait en parchemin. (Dix sols.) 

Par devant les Conseillers du Roy, Notaires au Chastelet de Paris soussiRnés, furent 
présens sieur Jean Baptiste Perronneau de l'Académie Royalle de Peinture, majeur, fils de 



— 60 — 

Desmeures. Les futurs époux reconnaissaient un apport de six 
mille livres deniers, quatre mille livres en meubles et linge, 
seize mille livres de douaire. On retrouve dans les signataires du 
contrat la même variété de situations sociales que dans les modèles 
du portraitiste, et de précieux indices pour les portraits qui 
n'ont pas encore été identifiés: Jean-Louis de Gontaut-Biron, 



feu sieur Henry Perronneau, bourgeois de Paris et de Damoiselle Marie Geneviève Frémonf 
cy-devant son épouse, à présent sa veuve, ses père et mère de laquelle d" sa mère le d. sieur 
Jean Baptiste Perronneau a dit avoir le consentement pour son mariage cy-après ; demeurant 
à Paris rue Fremanteau, parroisse Saint-Germain l'Auxerrois pour luy et en son nom d'une 
part. 

Et sieur Louis-François Aubert , Peintre du Roy en émail et damoiselle Marie-Antoinette 
Rapilliar Duclos son épouse qu'il autorise à l'effet des présentes, demeurant à Paris place 
Dauphine, parroisse Saint Barthélémy, stipulant tant en leurs noms que pour Damoiselle 
Charles Louise Aubert leur fille mineure demeurante avec eux à ces présentes et de son 
consentement pour elle et en son nom d'autre part. 

Lesquelles parties, en la présence et de l'agrément de Très haut et très puissant seigneur 
Monseigneur Jean-Louis de Gontaut de Biron, Duc de Biron, Pair de France, abbé de Moisac 
et de M"' JV.ichel Bouvard de Fourqueux, Procureur général de sa Majesté en sa chambre 
des Comptes comme aussy en 'a présence et du consentement des parens les amis du d. sieur 
et de la dite d«"<^, futurs époux, savoir dud. futur époux de: M. Louis Jean Gaignat, Ecuyer, 
conseiller secrétaire du Roy, Maison couronne de France et de ses finances, Receveur général 
des Consignations des Requestes du Palais, M''' Louis Félix de Boustancourt, Ecuyer prestre- 
docteur de Sorbonne, M"' Barthélémy Augustin. Blondel Dazaincourt, Lieutenant colonel 
d'Infanterie, chevalier de l'ordre royalle militaire de Saint-Louis, Intendant des Menus- 
Plaisirs du Roy, sieur Charles Girard, marchand orphèvre, sieur Jean Baptiste Massé, Con- 
seiller de l'Académie Royalle de Peinture et sculpture, sieur Peter de Pape, bourgeois de 
Paris, d" Marie Agnès Dubois, son épouze, sieur Isaac van Ryneveld, holandois, sieur 
Louis Depape fils, sieur Jean Baptiste Lafontaine, sellier des petites Ecuries du Roy, sieur 
Jean Louis Barante, bourgeois de Paris, s'' Louis Daniel, banquier à Paris, sieur Laurent 
Cars, graveur du Roy, M'' Gérard Baudet, avocat au Parlement, sieur Julien Leroy, horloger 
du Roi, sieur Philippe Charles Legendre de Villemorien, administrateur général des Ports, 
sieur Jean Laroche, arquebuzier du Roy, sieur Sauveur Laroche, aussy arquebuzier du Roy, 
sieur Jacques Billaudel, intendant ordonnateur des Bastimens du Roy, controlleur du chastenu 
de Choisy, s'' Charles Duruisseau avocat au Parlement, tous amis. 

Et de la part de la damoiselle future épouze, de M' François Joseph Marteau, graveur des 
Médailles du Roy et de d" Geneviève Girard son épouse, oncle et tante, d""" Marie Françoise 
Aubert fille, sœur, M. Charles François Aubert de Rigny, Procureur au Parlement, cousin; 
D""' Geneviève et Victoire Marteau, fille et cousines, d"" Geneviève Colin, fille, sieur Jean 
Ducrottoy, marchand orfèvre, sieur Jacques Charlier, Peintre du Roy, sieur Michel Ange 
Charles Challe, Peintre ordinaire du Roy, d"° .Madelaine Nérot, sieur Claude Charles Domi- 
nique Tourolle, d*' Charlotte-Félicité Tourolle et de d<' Marguerite Françoise Cocquelin fille, 
tous amis. 

Ont volontairement reconnu, fait, réglé et arresté les conventions du futur mariage d'entre 



— 61 — 

duc de Biron, pair de France, abbé de Moissac ; Michel Bouvard 
de Fourqueux, procureur général de Sa Majesté en Sa Chambre 
des comptes; à distance respectueuse, les témoins de l'époux: 
Louis-Jean Gaignat, écuyer, conseiller secrétaire du Roy ; Louis- 
Félix de Boustancourt, écuyer, prêtre docteur de Sorbonne ; 
Barthélémy-Augustin Blondel d'Azincourt, lieutenant-colonel 



les d. s. Jean-Baptiste Perronneau, Charles Louise Aubert, selon le contrat qu'il s'ensuit. 
C'est à savoir que les d. sieurs Louis François Aubert et d"'^ Marie Antoinette Rapilliart 
Duclos son épouse ont promis donner la d. d"« Charles Louise Aubert, leur fille au d. sieur 
Jean-Baptiste Perronneau qui promet la prendre pour sa femme et légitime épouze par nom, 
foy et loy de mariage et de luy faire faire les solennités de l'autorité de notre mère Sainte 
Eglize catholique, apostolique et Romaine, le plutost que faire se poura et aussitost qu'il en 
sera requis. Pour estre les d. sieur et demoiselle futurs époux au d. mariage vus le commun 
en tous biens meubles et conquets immeubles, suivant la coutume de Paris, au désir de 
laquelle leur future communauté sera régie et gouvernée et le partage des biens d'icelle fait 
quand bien même ils feroient cy après leurs demeures ou des acquisitions en Pays Régis 
par loix, usages, de dispositions contraires, auxquelles est pour le regard dérogé et renoncé. 
Ne seront néanmoins les d. sieur et d"^ futurs époux tenus de dettes et hypothèques l'un 
de l'autre antérieures à leur mariage, et si aucunes se trouvent, elles seront payées et acquit- 
tées par celuy des d. s. et d'^" futurs époux qui en sera débiteur et par ses biens sans que 
l'autre des biens ni ceux de la d. communauté en soient aucunement tenus garans ni respon- 
sables. 

Le d. sieur futur époux se marie avec les biens et droits qui luy apartiennent. (Rayé cy 
endroit deux lignes entières et seize mots comme nuls du consentement et de la réquisition 
des parties). 

En considération du d. futur mariage, les d. sieur Louis François Aubert, et d" Avarie 
Antoinette Rapilliart Duclos, son épouze, constituent en dot à la d"'= Louise Charlotte Aubert 
future épouze, leur fille, la somme de dix mille livres que lesd. sieur et d» Aubert, père et 
mère, promettent et s'obligent solidairement et sous les renonciations ordinaires au bénéfice 
de droit pa>eur, fournir et remettre au d. sieur et d"° futurs époux la veille de leurs épou- 
sailles .savoir: six mille livres en deniers romptans et espèces sonnantes et quatre mille livres 
en meubles meublans, effets mobiliers, habits, linge, hardes et bijoux à l'usage de la 
d. D"» future épouze. Au moyen de laquelle dot et du payement et fournissement d'icelle, 
les d. sieur et d"" futurs époux, leurs enfans et autres les représentans ou étans en leurs 
droits ne pouriont demander au survivant des d. s. et d^ père et mère de la d. d"' future 
épouze aucun compte ni partage des biens du prédécédé d'eux à la charge par le survivant 
de faire faire bon le fidèle inventaire et encore sous la condition que les d. s. père et mère 
de lad. d"« future épouze feront faire cette soumission par leurs autres enfans lorsqu'ils 
les établiront. Desquels biens apartenans aud. sieur futur époux et de la d. somme de dix 
mille livres constituée en dot à la d. d"' future épouse, il en entrera de part et d'autre en la 
communauté cy dessus stipulée la somme de mille livres et le surplus sera et demeurera 
propre à chacundes d. s. et d"» futurs époux et aux siens de son côté et ligne, ensemble, 
tout ce qui aviendra et échoira aux d. s. et d"' futurs époux pendant leur mariage tant en 
meubles qu'immeubles à quelque titre que ce soit. Le d. sieur futur époux a donné et donne 
à la d. d"" future épouze de la somme de seize mille livres de douaire, préfix une fois payé 



— 62 — 

d'infanterie, chevalier de Saint-Louis, intendant des Menus- 
Plaisirs; Ch. Girard, orfèvre; J.-B. Massé, conseiller de l'Aca- 
démie de peinture ; Pierre Peter de Pape, bourgeois de Paris, 
et Marie- Agnès Dubois, son épouse ; Louis de Pape fils ; Isaac 
van Rynweld, « holandois » ; J.-B. La Fontaine, sellier des 
Petites-Ecuries du Roi ; Jean-Louis Barante, bourgeois de Paris ; 



lequel sera propre aux enfans qui naîtront du mariage en cas qu'il en existe lors de l'ouver- 
ture du d. douaire, mais sera sans retour et en toute propriété au profit de la d. future épouze 
s'il ne se trouve point d'enfans vivans au mariage lors de l'ouverture du douaire, même 
dans le cas qu'ayant enfans ils décèdent avant d'avoir ateint leur majorité ou sans laisser 
de postérité. Le survivant des d. s. et d"" futurs époux aura et prendra par préciput et 
avant partage faire des biens, meubles de la communauté cy dessus stipulée, tels d'iceux 
qu'il voudra choisir suivant la prisée de l'inventaire qui en sera lors fait et sans crue 
jusqu'à concurrence de la somme de quatre mille livres où la d. somme en deniers comptans 
au choix et option du survivant. En outre, si c'est le d. sieur futur époux qui survit, il 
reprendra encore au d. titre de préciput, ses habits, linge, hardes et autres choses étant 
à son usage personnel en particulier, le tout jusqu'à concurrence de la somme de deux mille 
livres seulement, et si c'est la d">^' future épouze qui survit, elle reprendra encore au d. titre 
de préciput ses habits, linge, hardes, diamans et autres choses étant à son usage personnel 
particulier, le tout aussy jusqu'à concurrence de la somme de deux mille livres seulement. 
Le remploy des propres aliénés de part et d'autre pendant le mariage, sera fait suivant la 
coutume de Paris, et, aura ia d. d"' future épouze son indemnité sur les biens propres dudit 
s. futur époux si ceux qui se trouvent dans la communauté cy-dessus stipulée ne se trouvent 
pas lors de la dissolution d'iceile suffisans pour opérer à son égard le d. remploy, l'action 
duquel sera et demeurera propre, cy immobilière, à celuy des d. sieur et d"" futurs époux 
qui aura droit de l'exercer et aux siens de son côté et ligne. 

Sera permis à la d. d"" future épouze et aux entants qui naîtront du mariage de renoncer 
à la communauté cy dessus stipulée, ce faisant de reprendre franchement le quittement de 
tout ce que la d. d"» future épouze aura aporté au d. mariage, ensemble. Tout ce qui lui sera 
avenu et échu pendant iceluy, tant en meubles qu'immeubles à quelque titre que ce soit, 
même la 3. d"" future épouze survivante et exerçant la d. faculté de renoncer, reprendra 
ses douaires cy préciput tels qu'ils sont ci-dessus .stipulés sans par la d. d"' future épouze 
ni ses d. enfans être tenus d'aucune dette et charge de la d. communauté, encore que la 
d. demoiselle future épouze y fut obligée ou condamnée dont, du tout la d'= demoiselle future 
épouze et ses enfans seront acquittés et indemnisés par les héritiers et par les biens dudit 
sieur futur époux. Pareille faculté de renoncer à la d. future communauté cy-dessus stipulée 
est accordée par les présentes aux s. le d. père et mère de 'a d. demoiselle future épouze 
et aux survivants d'eux Et pour le sieur futur époux donner à la d. d"= future épouze pre- 
mières marques de la sincérité de son estime, il a fait et fait par les présentes à 'a d. d"' 
future épouze ce acceptant, même, ce acceptant pour elle par les dis parents de la d"« ses 
père et mère, donnation entre vifs et irrévocable la somme de quinze mille livres à prendre 
sur les plus clairs et apparens biens qui se trouveront estre dans la succession du dit sieur 
futur époux le jour de son décès. Pour que la d"" future épouze, dans le cas où elle survivra le 
dit sieur futur époux recueillir l'effet de la présente donnation, le jouir faire et dispose en 
toute propriété de la d. somme de quinze mille livres, pourvu toutefois qu'au dit jour du décès 



PI. i6 




IIi:i;iciîT DlioUAlS 
l'iislil. Sij;né et dalo 1754. 

(A M. Uaniol ll:illc) 



— 63 — 

Louis Daniel, banquier à Paris ; Laurent Cars, graveur ; Gérard 
Baudet, avocat au Parlement ; Julien Le Roy, horloger du Roy ; 
Philippe-Charles Legendre de Villemorien, administrateur géné- 
ral des postes ; Jean Laroche et Sauveur Laroche, arquebusiers 
du Roi ; Charles-Jacques Billaudel, intendant ordonnateur des 
Bâtiments du Roi, contrôleur du château de Choisy ; Charles 
Duruisseau, avocat au Parlement. 

Du côté de Louise-Charlotte Aubert : François-Joseph Mar- 
teau, graveur des médailles du Roi et Geneviève Girard son 
épouse, ses oncle et tante ; Marie-Françoise Aubert, sa sœur ; 



du d. sieur futur époux il n'ait aucun enfant vivant nez ou à naître du d. futur mariage et s'il 
y en a et qu'ils viennent à décéder avant d'avoir aleint leur majorité sans ettre pourvus par 
mariage, sans laisser de postérité et sans avoir valablement disposé de leurs biens, la 
présente donation reprendra sa force et vertu et sortira son plein et entier effet au profit 
de la d. d"" future épouze. Pour l'exécution de toutes les clauses et conventions du présent 
contrat de mariage, il y aura hypothèque acquise et formée dès aujourd'huy. Pour faire et 
justifier ces présentes où besoin sera, les parties ont fait et constitué leur procureur, le por- 
teur auquel elles donnent à cet effet tout pouvoir requis et nécessaire, promettant obligeant 
chacun en droit les dits sieurs et d. père et mère de la d. futur épouze solidairement comme 
dessus reconnus. 

Fait cy après à Paris, en la demeure des d. sieurs pèie et mère de la d. d""^ future épouze 
cy devant désignée; l'an mil sept cent cinquante quatre le trois novembre avant midy et 
ont signé: Perronneau - Aubert — Rapilliart du Clos — Aubert — Collin - Marteau — 
Aubert — Ducrottoy — Girard — J. B. Massé — Peter de Pape — Ryneveld — Dubois de 
Pape — L. de Pape fils — G. Girard — Geneviève Marteau — Charlier — M. A. Challe — 
M. Victoire Marteau — M. Nérot et Tourolle — C. Tourolle — Félicité Tourolle — H. Coque- 
lin — La Fcntaine — Babauit — Gaignat — Billaudel — de Boustancourt — Cars — Laroche 
— Baudet — Gontaut de Biron — duc de Biron — J. Laroche — Julien Leroy — de Ville- 
morien — Blondel Dazaincourt — Duruisseau — Raguenau — Desmeures. 

et le quatorze décembre mil sept cent cinquante cinq est comparu devant les Conseillers 
du Roy, notaires au Chastelet de Paiis, soussignés le dit sieur Jean Baptiste Perroneau de 
l'Académie Royale de Peinture, nommé en son contrat de mariage cy-dessus et des autres 
parts demeurant à Paris, Place du Palais Royal, paroisse Saint Germain l'Auxerrois, lequel 
a reconnu avoir reçu en plusieurs et différentes fois; des f. Louis François Aubert, 
peintre du Roy, actuellement décédé et dame Marie Antoinette Rapilliart-Duclos — son 
épouse à présent ?a veuve qui lui ont payé du vivant du sieur Aubert la somme de dix mille 
livres dont six mille livres en deniers comptans et espèces sonnantes et quatre mille livres 
en effets le tout pour la dot par eux constituée 3 demoiselle Charles Louise Aubert leur fille, 
à présent épouze du d. sieur Perroneau de laquelle somme de dix mille livres, il quitte et 
décharge le feu sieur Aubert et la d. demoiselle son épouze, à présent sa veuve et s'en 
charge envers la d. dame son épouze promettant, obligeant. 

Fait et passé à Pr.ris en l'élude le jour et l'an désignés cy-dessus. 



— 64 — 

Geneviève et Victoire Marteau, ses cousines ; Charles-François 
Aubert de Rigny, procureur au Parlement, son cousin ; Jean 
Ducrottoy, marchand orfèvre ; Jacques Charlier, peintre du Roi ; 
Michel-Ange Challe, peintre ordinaire du Roi ; Geneviève Colin ; 
Madeleine Nerot ; veuve Tourolle ; Claude-Charles-Dominique 
Tourelle ; Charlotte-Félicité Tourolle ; Marguerite-Françoise 
Cocquelin ; « Tous amis ». 

Le père et la mère de la mariée habitant place Dauphine, le 
mariage fut célébré en l'église Saint-Barthélémy, leur paroisse, le 
9 novembre ; Perronneau et sa jeune femme s'en allèrent habiter 
leur appartement de la rue Fromenteau, qu'ils durent occuper 
jusqu'en 1756. 11 semble que les charges nouvellement assumées 
aient provoqué l'instabilité de notre artiste. En fait, sa vie pour- 
rait se diviser en deux parties: l'une presque entièrement vécue 
à Paris ; l'autre, à dater de son mariage, faite de déménagements, 
de pérégrinations, sans trêve, jusqu'à sa mort. 

L'année 1755 inaugurait cette série d'épreuves. Un envoi con- 
sidérable au Salon trahissait une recrudescence de travail. La 
mort de son beau-père, survenue le 20 octobre 1755, dans son 
nouvel appartement de la rue du Four, en la paroisse de Saint- 
Sulpice, lui créait une situation difficile. Il fallait partager l'héri- 
tage entre la veuve, les deux filles et le fils mineurs. Cet héritage 
comprenait trois catégories de biens : les meubles usuels ; les 
métaux et bijoux, prisés par Hubert-Léon Cheval de Saint- 
Hubert, orfèvre, quai des Orfèvres, et Barnabe-Augustin Mailly, 
peintre en émail, quai des Morfondus , enfin des biens en Cham- 
pagne, qui précisément allaient bientôt mettre Perronneau dans 
le plus grand embarras. 

Cette année, il signe cinq fois aux procès-verbaux de l'Acadé- 
mie, le 30 août, le 6, le 10 et le 28 septembre, enfin le 
31 décembre. Donc, jusqu'au Salon, qui s'ouvrait le 25 août, il 
ne donne pas signe de vie Même obscurité en ce qui concerne 



— 65 — 

ses envois. N'étaient les comptes-rendus des folliculaires contem- 
porains, nous serions bien embarrassés. Heureusement les 
Annonces, affiches et avis divers du 10 septembre nous aver- 
tissent que « deux portraits de M. Perronneau se distinguent aisé- 
ment de la foule : ce sont ceux du prince Charles de Lorraine et 
de la princesse Charlotte de Lorraine, abbesse de Remiremont 
et de Mons ». En quoi se distinguaient-ils ? La « Lettre d'un par- 
ticulier à un de ses parents peintre en province, sur le Sallon », 
datée de Paris, le 19 septembre, nous l'apprend : « M. Peronneau 
nous a mis sous les yeux un portrait colossal, en cuirasse, n° 92, 
(respect à part dû au Prince qu'il représente) ce portrait eût pu 
figurer au plafond du dôme des Invalides, s'il eût été plus fier 
de couleur. Tous ses autres portraits sont gris et portent un air 
com.mun. Je vois avec chagrin la décadence d'un si jeune acadé- 
micien qui avoit paru promettre d'abord. » 

Estève (1) s'indigne de l'abondance des portraits, ne reconnaît 
qu'aux personnages d'importance le droit de se faire portraic- 
turer: « Qu'on peigne M. le marquis de Marigny, c'est le droit 
des gens, personne n'en saurait murmurer. Il en est de même du 
portrait qu'a fait La Tour et de plusieurs autres que je pourrais 
citer, soit de M. Van Loo le neveu, de M. Nattier, de M. Tocqué 
et de M. Perronneau... Vous voulez donc scavoir. Monsieur, par 
quels motifs je blâme la multiplicité des portraits qu'il y a cette 
année dans le Salon. Ma réponse est toute simple. La plupart 
de ces portraits sont peints si admirablement, que les yeux les 
moins faits pour s'y connaître en sont blessés. » Et il déclare 
que « dans le portrait de M""' la princesse Charlotte de Lorraine, 
Id main qui tient l'éventail est estropiée et la tête fort mal 
coëffée. » 

Dans quel refuge se cachent les portraits de M°'° Vanville 
tenant un bouquet de barbeaux, de M"' *** et de M'"° *** en 



(1) Lettre à un partisan du bon goût sur l'Exposition des tableaux faite dans le Grand Salon 
du Louvre, le 28 août 1755. — Seconde lettre "i un partisan du bon goût. 



— 66 — 

chasseresse ? Quels noms dissimulent ces astérisques ? Pouvons- 
nous au moins ranger parmi « les cinq portraits d'hommes sous 
le même numéro dont un peint en huile, le docteur Poisson- 
nier, dont G. -P. Benoît a gravé une planche aux frais de Louis- 
François Rigaut, médecin et physicien de la marine ? Le per- 
sonnage est vu de face, assis, avec une cravate et un jabot de 
dentelle, un gilet entr'ouvert, un chapeau passé sous le bras droit ; 
à gauche, une tenture soulevée laisse voir quelques livres. L'ovale 
repose sur une tablette où on lit les titres du savant. Né à Dijon, 
le 5 juillet 1720, le docteur Poissonnier fit ses études à la Faculté 
de médecine de Paris, succéda en 1747 à Dubois comme profes- 
seur de chimie au collège de France, fut premier médecin au.K 
armées, puis médecin consultant du Roi. Il trouva, nous dit la 
chronique, un procédé pour dessaler l'eau de mer. En relation 
avec les écrivains et les savants de son époque, il possédait une 
belle collection de tableaux, et Boucher, auquel il donnait ses 
soins, peignit pour lui son dernier tableau. Pendant la Terreur, 
il fut incarcéré avec sa femme, l'ancienne nourrice du duc de 
Bourgogne, et il mourut à Paris, le 17 septembre 1798. 

En 1755, on découvre enfin la seconde trace des rapports 
de Perronneau avec la Hollande. En effet, comme Desfriches, 
cette année-là, demande à un marchand hollandais, un certain 
Van der Muer, des Hobbema et des Ruisdaël : « J'en ay, lui 
répond celui-ci dans son jargon, qui sont autant plus bons que 
cel que j'avai vandu à M. Perronneau que leurs prix est au dessu 
et vous pouvez bien croire, Monsieur, que pour un des melieurs 
Reysdal, vous les aurez pas moins cent florins. » 

Du 31 décembre 1755 au 26 mai 1759, Perronneau ne signe 
pas une seule fois aux procès-verbaux de l'Académie. 

1756 Cependant la liste que publiait chaque année l'Académie 
Royale et qui contenait l'adresse et les noms de ses membres. 



PI. 17 




JArOU Uli IvUETSClÈMAR 

Pastel. Signé et daté 1/54. 
(A il. Van Kictschmar) 



— 67 — 

en une petite brochure à couverture dorée, nous apprend qu'il 
habite, de 1756 à 1759, au bas de la rue des Fossés Saint-Victor. 
Que s'était-il passé dans cet intervalle ? Chacun se souvient 
d'avoir vu à l'Exposition de Cent Pastels un délicieux portrait, 
l'Homme aux trois roses, qui troubla bien des cœurs sensibles 
et charma tous les yeux. Sur le fond vert tendre s'enlève l'habit 
souple, flottant, d'un rose « velours de pêche » où les reflets 
blancs sont à ce tissu ce que la fleur est au fruit ; le revers du 
col est de satin noir; un flot de dentelles s'échappe du tour de 
cou en linon et descend en double jabot ; les larges bouillonnes 
en point d'Alençon font un nuage aux trois roses thé qui sortent 
d'une boutonnière de l'habit. Comme l'habit est bien le prin- 
cipal personnage ! Comme il efface ironiquement la physionomie 
un peu efféminée de ce jeune homme aux yeux d'aigue-marine, 
au nez busqué, au toupet « en vergette », aux cheveux poudrés 
à frimas, frisés sur le côté en larges boucles qu'on appelait alors 
des ailes et, sur la nuque, ramassés en catogan par un large nœud 
de taffetas noir ! A coup sûr, ce joli homme est un galant, un de 
ces compagnons de plaisir dont une femme aimait à dire : « Son 
air m'enchante, son ton, ses manières. » 

Le premier moment de séduction passé, on s'approchait, et on 
lisait en haut du tableau la signature et la date 1756. Comme nous 
le verrons plus tard, à propos de l'année 1765, l'Homme aux trois 
roses ne serait autre que M. Tassin de la Renardière. M. Groult 
avait fait sa connaissance aux environs de Bordeaux, dans le 
château du Petit-Verdus. Voilà qui nous donnerait la date d'un 
second séjour de Perronneau dans cette ville, confirmé par le 
portrait au pastel d'un jeune homme appelé M. de Reauséjour, 
signé et daté, et en possession de M. Laliment, au château de 
In Touratte, dans la même région. A la même année remonte le 
portrait de Jean Couturier des Flottes, à l'âge de vingt-trois ans, 
légué au Musée du Louvre par M. Henri de Fonbrune. 



— 68 — 

L'année 1757 reste mystérieuse. Au Salon du Louvre, l'artiste 
envoyait « plusieurs portraits au pastel », sans plus d'explication. 
Même incertitude si l'on consulte les contemporains. Le Mercure 
de France nous déclare en octobre que « M. Perronneau a exposé 
plusieurs portraits en pastel peints avec facilité. » Les Annonces, 
affiches et avis divers du 7 septembre observent la même discré- 
tion: « Les pastels de M. la Tour et ceux de M. Perronneau font 
ici leur effet ordinaire. » Et ce serait tout, du moins quant aux 
documents officiels, si l'on n'avait fait récemment une décou- 
verte que nous considérons comme étant de la plus grande impor- 
tance. Nous savions déjà que Perronneau avait séjourné et tra- 
vaillé à Bordeaux et nous avions signalé, dans la première édition 
de cet ouvrage, un certain nombre de ses portraits exécutés dans 
cette ville en 1769. Mais voici que l'on vient de trouver chez les 
descendants de la famille Journu, à laquelle nous avions fait allu- 
sion, toute une série de portraits des membres de cette famille 
dont huit sont de la main de notre artiste et une quinzaine 
d'autres dus à différents peintres. Le premier en date serait celui 
d'un fils Journu (1) : le personnage est un ecclésiastique vu de 
face, en soutane noire et rabat, avec une ceinture montant très 
haut et reflétée de bleu, tandis que le fond s'éclaire d'un or 
léger (pi. 18) ; l'œuvre est signée, en haut et à gauche, à la mine 
de plomb : Perronneau, 1757. S'agit-il d'un des vingt-deux enfants 
de Madame Journu, de celui qui fut chanoine au chapître de 
Saint-Dié ? 

Faut-il rapporter à cette même année quatre pastels qui ont 
la même origine? Le premier est un portrait d'homme, vu de 
face, dans une harmonie de rouge, un tricorne passé sous le bras, 
avec un col de lingerie blanche, une cravate de dentelle attachée 
à un ruban de soie noire (pi. 19) ; le deuxième représente une 
femme dans une harmonie de rose, avec un décolleté en carré, 



(1) Collection Demotte. 



— 69 — 

généreusement ouvert et sur lequel tranche, d'une manière 
piquante, un ruban noir, noué autour du cou ( pi. 20) ; le visage est 
gracieusement incliné, avec des yeux à la fois tendres et rêveurs, 
une expression légèrement ironique, un grand front, auréolé de 
cheveux poudrés et relevés sur lesquels se pose légèrement une 
coiffe aérienne de dentelle. Cette œuvre et la précédente sont 
signées, en haut et à droite, à la mine de plomb. Le troisième 
pastel (1) figure un homme encore jeune, tourné de droite à 
gauche, regardant de face et, comme on dit, laissant venir(pl.21) ; 
les cheveux sont frisés sur les tempes en marteau, noués sur le cou 
en catogan, les yeux fins, les sourcils bien marqués ; l'habit de 
velours rose s'agrémente d'un jabot blanc ; le tableau est égale- 
ment signé en haut à la mine de plomb. Le quatrième est loin 
d'avoir la qualité des trois précédents. Est-ce la faute de l'artiste 
qui ne semble pas avoir atteint ici à la désinvolture et au brio des 
ouvrages qui précèdent ? Est-ce au contraire le fait de cette 
demoiselle Journu qui manque décidément de grâce, malgré la 
somptuosité de son collier de perles et de son costume bleu 
encadré de cygne ? En tout cas, cette dernière œuvre n'est pas 
signée (2). 

En 1758 il n'y eut pas de Salon à Paris, mais à Toulouse, et 1758 
Perronneau y figurait avec quatre portraits (3). Suivant le livret, 
l'un d'eux ne portait pas de désignation ; l'autre était celui de 
M. Dujon, peintre toulousain (4), ami de l'artiste. Deux autres 
enfin figuraient M. le marquis de Mirepoix, Brigadier des armées 
du Roi, et M°" la Marquise. M. le duc de Lévis-Mirepoix, leur 
descendant, a bien voulu nous écrire de son château de Léran 



(1) Ces trois pistels faisaient partie de la collection Demotte. 

(2) Collection Demotte. 

(3) Cf. L'Art à Toulouse. — Les n Salons de peinture ii, par le baron Desazars de A\ont- 
gailhard dans les Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, 1901, in-4''. 

(4) Dans l'Histoire de l'Académie de Saint-Luc, par Jules Guitfrey ,est mentionné un 
peintre du nom de Charles Dujnn, reçu en 1784, rue du Faubourg Saint-Denis, député en 1786. 



— 70 — 

qu'il possédait plusieurs portraits du marquis de Mirepoix, briga- 
dier des armées du roi et de la marquise, sa femme, et notam- 
ment deux très jolis pastels non signés, mais qui peuvent bien être 
les deux portraits exposés par Perronneau au Salon de Toulouse. 
Ce n'est malgré tout qu'une supposition et les archives de la 
famille de Mirepoix ne contiennent aucune indication à ce sujet. 
Il s'agit probablement de Louis Marie-François-Gaston, marquis 
de Lévis-Léran, mousquetaire de la Garde du roi en 1744, colonel 
du régiment royal de Marine-Infanterie, en novembre 1745, 
lieutenant-général au gouvernement de Bourbonnais, qui se trou- 
vait, avec son régiment, à la conquête de l'île de Minorque, fut 
fait, en juillet 1756, brigadier des armées du roi et, le 25 sep- 
tembre 1757, mis en possession de la totalité des biens du 
maréchal de Mirepoix, dont il était le neveu. Il avait 
épousé, en août 1751, Catherine-Agnès de Lévis-Château- 
Morand, sa cousine, née en 1736, fille aînée de feu Charles- 
François, comte de Lévis, lieutenant général des armées du roi. 
La mention de M. Dujon, « peintre toulousain » et ami de 
l'artiste, la participation importante de Perronneau au Salon de 
Toulouse, son abstention à l'Académie, tout nous fait supposer 
un voyage à Toulouse en 1758. 

«759 Nous sommes mieux documentés quant à l'année 1759. L'Aca- 
démie, dans sa séance du 16 janvier, reçoit « une lettre de com- 
pliment de M. Peronneau, académicien, présentement à Lion ». 
Dans son Livre de Raison (1), Jacques-Charles Dutilleu écrit: 
(f C'est en 1759 que j'ai fait faire mon portrait et celui de ma 
femme (2). » Ce Dutilleu (3), né à Paris en 1718 et mort à Lyon 



(1) Publié et annoté par F. Breghot du Lut, Lyon. Imprimerie Mongin-Rusand, en 1886, 
gr. in-8">, p. 37. 

(2) Le portrait du mari est passé entre les mains de M. Lasquin, à !a vente de la collection 
de M. Jacques Doucet, puis dans la collection de M. Georges Dormeuil ; l'autre se trouve 
dans la collection de M. Léon Michel-Lévy. 

(3) On connaît un autre Dutilleux, peintre, rue Sainte-Marguerite, faubourg Saint-Germain, 
qui a exposé au Salon de 1753: un panier de pêches, des tulipes, différents légumes et 
animaux, une corbeille de fleurs et quelques fruits, etc. 



PI. i8 




L'aubk Jouhnu 
Pastel. Sisnc et daté 1707. 

A il. Demottc) 



— 71 - 

[e 30 octobre 1777, avait travaillé quelque temps à Paris sous la 
direction d'Oudry. Dessinateur à Lyon, puis fabricant, sous la 
raison sociale Dutilleu et C\ il fut inscrit en 1747 sur le livre de 
la communauté des maîtres fabricants et nommé maître Garde 
en 1760, par dérogation exceptionnelle aux statuts qui excluaient 
de cette charge tout fabricant né en dehors des provinces dési- 
gnées. Sa femme, Benoîte Sacquin, qu'il avait épousée le 8 jan- 
vier 1753, naquit à Lyon le 7 mars 1731 ; elle lui donna, avant 
1759, trois fils, dont un mort en nourrice, et devait lui en donner 
un quatrième, à la fin de cette même année. L'homme apparaît 
à 41 ans, tel que nous le montre son Livre de raison, correct, hon- 
nête, cordial, vertueux, si la vertu consiste à dominer sa passion. 
La monotonie de la composition est sauvée par un arrangement 
exquis de complémentaires : un habit abricot, un gilet de la 
même nuance, doublé de fourrure, car l'hiver est rude et la 
Saône est gelée, un fond de bleu rompu de jaune, un tricorne 
passé sous le bras, voilà pour encadrer ce visage limpide, aux 
yeux bleus, dont la franchise s'accommode fort bien du tour de 
cou en linon blanc et de l'habituel jabot de dentelle. Elle, a 
vingt-huit ans ; son large décolleté, s'entoure d'une ample drape- 
rie bleue, qui rappelle l'Olympe mythologique de Nattier ; un 
nœud de ruban attache sur le cou un esclavage de perles ; dans 
les petites frisures des cheveux poudrés en tapé, quelques fleurs 
rappellent le bleu de la toilette et répondent aux ors du fond. 
Avec ces deux portraits, nous entrons dans la société lyonnaise 
du XVlir siècle qu'évoque le Livre de Raison de Dutilleu; car 
il est probable que Perronneau ne dut pas s'en tenir à in fnmille 
de Dutilleu. 

De Lyon, Perronneau s'en fut en Italie, à Turin, puis à Rome. 
En effet, dans une lettre (1) à Marigny, de Rome, le 28 mars 



(1) Correspondance Jes directeurs de l'Académie de France à Rome avec les surintendants 
des liàtiments, puhliéc d'après les iii.amiscrits tics Archives nationales, par Anatole de Mon- 
taiglon et Jules Giiiffrey. Tome .\I, 1751-I7(!,^, Archives nationales, O^ 1040. 



— 12 — 

1759, Natoire, directeur de l'Académie de France, déclare: 
« M . Peronot, peintre en pastel et arrivé depuis quelques jours 
à Rome; ses affaires l'enpêcheront de faire un long séjour; à 
paine verat-il les principalle chose. Je suis... Natoire. » 

Une lettre (1) envoyée par Perronneau à Dutilleu nous indique 
de quelles affaires il s'agissait : 

« Monsieur, 

« Il i a lontemps que j'aurois eu l'honneur de vous écrire si 
je n'avois eu envie de voire monsieur Bachelier, qui est introu- 
vable, estant à la Cour ou à Sèvres: je l'ay vu et lui ay fait vos 
compliments, et aussi sur plusieurs de ses ouvrages dont il fait 
une lotterie ; c'est très beau. Il nous a donné un grand tableau 
d'une Résurrection, peint d'une manière trouvée par M. le c. de 
Queylus, qui est de peindre à fraisque et, quand cela est fini, de 
passer à l'huile par derrière. Je ne croi pas cette façon bonne. 

« Je ne vous ay point écrit aussi parcequ'étant arrivé à Paris, 
j'ay trouvé les affaire de famille pour des partages et arrérages 
de terre si embrouillé que j'ay esté obligé d'aller en Champagne 
où tout est terminé et arrangé. J'y ai trouvé de la mauvaise foix, 
du moins de la négligence pour des orfelins, des maisons point 
loué depuis quatre ans, des réparations exorbitante, enfin 'e 
revenu depuis la mort de mon beau-père sans fruit. Quant à 
Paris, il n'i a point d'argent, beaucoup de manquemant de 
parolle de gens qui ne paient qu'en parti. Enfin j'ay hâté mon 
voyage d'Italie affin de terminé mes affaires et aussi de me mon- 
tré au sallon ; mais je le continuerai peut-estre cet hivert ; je 
verrai Milan, Gennes, etc. C'est Mgr le prince Charles qui me 
décidera ; il est fâché que depuis quatre ans son grand portraict 
ne soit pas fini. 

« Je ne puis assé vous remercier à tout égard des bontés dont 
vous m'avez honoré à Lion ; j'en sens tout le prix. C'est aussi par 



(I) Cette lettre appartenait à M. Maurice Tourneux. 



— 12,— 

le sincère attachement que j'ay pour vous, monsieur, que j'ay été 
mortifié de ce que vous prite dans un sens moins avantageux la 
lettre que j'eu l'honneur de vous écrire de Turin, mon intention 
n'ayant esté que de vous donner le témoignage de ma bonne 
volonté à vous servire ; je vous doit exactement tout ce que j'ay 
fait à Lyon ; je vous en proteste ma sincère reconnaissance. Vous 
auray une teste de moy que je vous priray d'accepter ; je ne 
puis vous dire quand ; ce ne sera pas pour macquitter, mais 
comme un tribu de tout ce que je vous doit. Assuré Madame de 
mes obéissanses ; je lui soitte une bonne santé. Ditte bien des 
choses pour moy à monsieur Hémard ; je ne puis assé le remer- 
cier des marques d'amitiés qu'il m'a témoigné ; j'assure aussi de 
mes respects Madame Hémard. 

« J'ay l'honneur d'estre, monsieur, avec bien de la reconnais- 
sance, 

« Votre très humble et très obéissant serviteur. 

c( Perronneau. 

« A Paris, ce 1" S^^^ 1759. 

« Mon adresse est à l'Emperetire Tibère, quay de la Mégisse- 
ne. Bien des compliments, s'il vous plaist à M. Douet que 
j'estime à tout égard. » 

Perronneau ayant passé par Lyon, Turin, Rome et... la Cham- 
pagne, était arrivé à Paris au mois de mai ; le 26, il signait au.v 
procès-verbaux de l'Académie et, le 23 août, il arrivait au Salon 
du Louvre avec huit portraits, ceux de M. Vernet, de M. Cars, 
de M. Cochin, de M. Rohbé, et « quatre têtes d'hommes « clas- 
sées sous le numéro 64, sans plus de commentaires. 

Trois lettres de Robbé de Beauveset à Desfriches (1) montrent 
que les portraits de Cochin et de Robbé étaient commencés 



(1) Collection Ratouis de Limay. — Pierre-Honoré Robbé de Be.iuvesct, poète licencieux 
de l'école de Piron, né à Vendôme, en 1714, mort à Saint-Oerm-iin-en-Laye, en 1792, est 
l'auteur d'une Satire sur le gnCit de Mon Odyssée ou le Journal de mon retour de Sain- 
tonge, poème pour lequel DeRfriclie."!, son oncle par alliance, composa quatre vignettes 
qui furent gravées par Cochin, et de quantités d'épîtres badines, d'odes, de contes licencieux. 



— 74 — 

depuis longtemps et nous renseignent sur la méthode de Per- 
ronneau. 

La première est datée de 1757: 

ri Ah, mon cher oncle, que c'est un cruel métier d'être mane- 
quin. Ce diable de Peirroneau exigea hier de ma complaisance 
que j'endossasse la casaque de soye de Mons. Cochin qui pendant 
ce tems-là étoit aux noces de M'" Jombert dont, par parenthèse, 
je n'ay pas été prié. M. Jombert jugeant apparament qu'il y 
avoit assés de beaupères, il exigea dis-je en outre que je tinsse 
le bras gauche tendu ayant un porte crayon entre l'index et le 
pouce, et que je restasse dans cette gênante attitude la journée 
entière, mon diner néanmoins prélevé sur ce tems-là. J'ay cru que 
le poids du levier que formoit mon bras étendu emporteroit ma 
clavicule. Jamais Spartiate n'a poussé si loin la patience. Je me 
suis tenu comme un terme dans cette gênante attitude avec un 
bon serment cependant de refuser à jamais quiconque me pro- 
poseroit de faire de ma carcasse un homme d'ozier et de me 
manequiniser. Ainsi, mon très cher, quand vous verres le gra- 
cieux minois de Cochin qui semble vous parler, vous dires c'est 
bien la voix de Jacob, mais ce sont les mains d'Esaii. Je vais chés 
mon peintre à dix heures pour recevoir ma dernière façon d'habit 
après quoi l'on enchâsse le nouveau saint, dont la translation dans 
votre Musœum se fera après qu'il aura été exposé un mois à la 
vénération publique. » 

La seconde est de 1758 : 

« Nous partons sans faute, mon très cher, en chaise de poste, 
vendredy matin, pour arriver à diner à Villegagnon où nous ne 
resterons certainement que dix jours. Vous aurés de mes nou- 
velles dès que j'y serai arrivé. Ma tête est d'un fini étonnant; 
pas le plus léger trait ne lui est échappé. La séance de Samedy 
m'a cruellement fatigué. Peironeau m'a tenu sur les jambes une 
demi-journée entière, toujours dans la même attitude. Mon nés 
lui a fait souffrir les douleurs de l'enfantement ; il dit qu'il renon- 



PI. IC 




POKTKAIT li'ilOMMli llli LA l'AMII.LK Joi'KNU 

Pastel. Sisné. 1767? 

(Ancienne collection Demotte) 



— 75 — 

ceroit au métier s'il falloit qu'il accouchât tous les jours de pareil 
nés. Il y trouve autant de finesses que Marcel trouve de choses 
dans un menuet. Il ne luy reste que l'habillement à achever. 
L'habit de soye bleue qu'il me taille relève on ne peut pas mieux 
sa figure. La tête sort de la toile et menace de l'épigrame qui- 
conque la regarderoit de travers. Je ne scais si vous n'entendes 
pas le stile métaphorique. J'aurois dû pourtant vous y habituer. 
Je vous dis cela à propos de ce que vous ne me dittes rien des 
frais qu'il faut nécessairement faire pour me mettre en état de 
paroître décement au Salon. La glace et la bordure sont, je 
pense, une affaire de 30 ou 36 L. Il n'est pas naturel que Peirron- 
neau les tire de sa poche ; j'en ferai les avances... J'emporterai 
là-bas le prologue de Boucher et, si la verve m'en dit, je le finiray 
en Brie. Je n'iray pas aujourd'hui chés Peirroneau parce que 
comme amateur j'ay une loge de retenue à la grève pour assister 
au spectacle que doit nous donner un graveur de mes voisins qui 
s'est avisé il y a eu hier huit jours d'assassiner de douze coups 
de poignard un huissier au Parlement dont il besognoit la 
femme. » 

La troisième est de 1759 : 

« Je serois inconsolable si quelqu'un vous faisoit sa cour avant 
moi. M*^ Thibout, à qui j'ay lu votre lettre et qui vous attend 
comme Vernet fait les gens, je veux dire les bras ouverts, vous 
prie de vous prêter de bonne grâce à cet arrangement... Mon 
bon Ange me fit dernièrement faire au Luxembourg la rencontre 
de Peirroneau. J'étois avec M" Thiboust. Je ne manquay pas à 
me plaindre bien haut du martire qu'il me fait souffrir en me 
tendant depuis sept ans sur le chevalet sans me donner le coup 
de grâce. Il sentit ce que cela vouloit dire et sur le champ le jour 
fut pris pour reprendre et continuer ma figure. Cochin est mon 
camarade de Grève, nous sommes sur le chevalet à côté l'un de 
l'autre. Trois vacations passées sur mon ébauche ne l'ont plus 
rendu reconnoissable. Je me vois sur la toile comme dans un 



— 16 — 

miroir. Il a volu que je lui récitasse des vers pendant sa connpo- 
sition et je le voiois saisir avidement et transporter rapidement 
sur la toile tout le feu qui sortoit de ma déclamation. Son inten- 
tion est de me pendre au Salon en regard avec Mons Cochin et 
il compte que nous ferons deux pendus d'assés bonne mine. Vous 
y verres aussi Verney qu'il a rendu avec toute l'âme qu'y auroit 
mis La Tour, et quelques autres que vous ne connoissés pas et 
qui sont très bons à voir. Le fâcheux de l'aventure c'est que ce 
n'est pas pour moi que Monsieur travaille et que c'est à vous que 
ce portrait est destiné de façon que je n'auray pas même le 
plaisir de vous en faire le cadeau. Ecoutés, M"^ mon oncle, 
quand je me donne, je me donne in puris uaturalibus, c'est à 
vous à faire les frais de ma friperie si vous ne voulés pas voir à 
votre neveu les postères en un état d'indécence qui vous feroit 
honte. Je suis enchanté que M' le Noir ait réussi à peindre aussi 
parfaitement ma Germaine aînée. Est-ce que nous ne verrons 
pas aussi le malin petit chat guettant sa proie sur la toile ? Il ne 
manque que cela pour compléter la famille. » 

Le portrait de Robbé de Beauveset, fait pour Desfriches qui 
l'estimait 72 livres — au prix du temps — se trouve au musée 
d'Orléans. Le poète porte un habit bleu et l'habituel tour de cou 
en linon blanc avec un jabot de dentelle ; le nez est, en effet, 
caractéristique, et nous ne doutons pas que Perronneau ait dû en 
« souffrir les douleurs de l'enfantement ». Le « gracieux minois 
de Cochin » reste inconnu. Si l'on en croit la lettre de Robbé, 
le dessinateur tenait « le bras gauche tendu, ayant un porte- 
crayon entre l'index et le pouce », avec « une casaque de soye ». 
La dernière phrase de cette lettre : « Je vais chés mon peintre 
à dix heures, pour recevoir ma dernière façon d'habit, après quoi 
l'on enchâsse le nouveau saint, dont la translation dans votre 
Musœum se fera après qu'il aura été exposé un mois à la vénéra- 
tion publique », prête à la confusion. Robbé vient de dire qu'il 
pose au lieu et place de Cochin; il se pourrait que le portrait de 



— 77 — 

Cochin ait été fait pour le cabinet de Desfriches. On ne connaît 
pas davantage la destinée du portrait de Vernet. A en croire son 
Livre de Raison, ce peintre quitta Paris de 1753 à 1759, pour 
peindre la suite des ports de France, et il séjourna notamment 
à Bordeaux de 1757 à 1759. Il est probable que Perronneau a 
exécuté son portrait dans cette ville, soit en 1757, soit en 1758, 
avant ou après le Salon de Toulouse. 

Il y a dans les notes manuscrites de Mariette, conservées au 
Cabinet des Estampes, un joli croquis de Laurent Cars, le fils : 
« Cars, ami des artistes, les réunissait souvent chez lui, son esprit 
vif et agréable était parfois caustique, mais sa douceur faisait 
disparaître cette erreur de l'esprit. Nous rappellerons ici un 
trait qui en peignant sa vivacité offre une preuve de sa bonté 
naturelle. Son père en son absence ayant fait des corrections à 
une planche qu'il gravait, en avait gardé plusieurs parties ; à son 
retour le jeune artiste emporté par un mouvement involontaire 
efface avec colère la place où les travaux avaient été changés ; 
à peine rappelé à lui, la crainte et la douleur d'avoir manqué à 
son père lui fit une telle révolution qu'il en tomba dangereuse- 
ment malade. Les qualités de son cœur étaient encore préférables 
à celles de son esprit. » Le pastel de Perronneau, entré au Louvre 
avant 1781, révèle ce double caractère du personnage, esprit et 
bonté(pl.22). L'œuvre enchantait Concourt qui vantait «le ragoût 
des petites touches, le modelage dans le tapotage,le travail artiste, 
léger, spirituel, le verdâtre corrégien des demi-teintes d'où s'en- 
lèvent des tons de santé et le rose du front, du nez, des pom- 
mettes, du menton, l'animation riante de toute la tête ». La 
Chalcographie possède la belle planche qui en a été gravée par 
Miger, exposée au Salon de 1779, et achetée en 1782 par l'Aca- 
démie Royale de peinture et de sculpture pour la somme de 
300 livres. En mai 1904, à la vente de la collection de la prin- 
cesse Mathilde, un autre portrait de Laurent Cars, une pein- 
ture sur toile était adjugée 12,500 francs à M. David Weill ; 



— 78 — 

on y voyait le peintre, en robe de chambre couleur gorge de 
pigeon, perruque poudrée, un mazulipatam de soie rayée de bleu 
et de puce, négligemment noué autour du cou, et laissant appa- 
raître l'extrémité du col de la chemise; Thomme semblait avoir 
pris en vieillissant une physionomie plus soucieuse et décidément 
abandonné la raillerie pour une bonté un peu grave. 

Les envois du pastelliste ne plurent pas à tous. Un folliculaire 
de 1759 (1) le reprend ainsi: (f M. Perronneau donne dans un 
autre excès ; ses Portraits quoique dessinés avec esprit sont d'un 
ton gris qui leur ôte une partie de leur mérite. » Les Annonces, 
affiches et avis divers, se bornent, en les mettant sur le même 
plan, à citer « plusieurs portraits en pastel de M. de la Tour et de 
M. Perronneau ». h'Année littéraire se montre plus satisfaite: 
Ci M. Perroneau dans ses pastels joint à une exécution spirituelle- 
ment détaillée une couleur vraie et séduisante. » La Feuille 
nécessaire insère la rectification suivante : « Vous avés mis par 
erreur M. Tocqué au nombre des peintres en pastel ; c'est sans 
doute M. Peironneau dont vous vouliés parler ; cet artiste a 
donné à ses pastels toute la vie et toute la grâce dont ce genre 
est susceptible. » 

1760 Du 23 août 1759 au 3 septembre 1763, Perronneau ne signe 
pas aux procès-verbaux de l'Académie. On relève, d'autre part, 
dans la liste annuelle des membres de l'Académie Royale, son 
adresse à Paris de 1760 à 1763, rue Notre-Dame-des Victoires, 
la cinquième porte cochère à droite en entrant par la place. 
Nous avons les preuves d'un séjour de l'artiste sur les bords du 
Loiret en 1760: ce sont deux pastels représentant François Pin- 
chinat, écuyer, conseiller secrétaire du Roi, et Avoye Seurrat, son 
épouse (pi. 23) ; François Pinchinat et sa femme habitèrent durant 



(1) Lettre critique à un ami sur les ouvrages de MM. de l'Académie exposés au Salon du 
Louvre, 1759. 



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I 



«r. 




POKTKAIT DE ncMMK DlC I.A l'AMII.I.E JoURNU 

Pastel. Sicile. 1767? 

(Ancienne l'ullcction Dcniotte) 



— 79 — 

toute la fin du XVIIT siècle la terre de La Fontaine, près d'Olivel, 
qui appartient aujourd'hui à M. d'Illiers, l'un de leurs descen- 
dants. Ces pastels, restés sur les bords du Loiret, et dans la 
même famille, se trouvent aujourd'hui chez le comte de Riche- 
bourg. Tous deux ont subi, dans le courant du XlX" siècle, des 
transformations destinées à leur donner la forme de l'ovale 
empire. On a recollé du papier sur les fonds et, à ce jeu, toute 
signature a disparu. Toutefois, à droite et en haut du pastel de 
M"" Pinchinat, on a réécrit au crayon « Perronneau » et la date 
1760. A défaut de cette indication, la facture des pastels dénote 
suffisamment la main du maître pour que nous n'ayions pas hésité 
un instant à les lui attribuer. Les lettres de Perronneau à Des- 
friches, montrant son intimité avec la famille Pinchinat, con- 
firment cette attribution. M"" Pinchinat a mis son bonnet de 
dentelle, un collier de perles et une robe de soie bleue agré- 
mentée d'une dentelle noire. Son mari porte un habit de soie 
rose avec un jabot de dentelle. 

Nous estimons que les portraits de M. Boyer, armateur, d'une 
jeune femme « inconnue )> et d'un enfant en costume de hussard 
bleu, que M. Arthur Veil-Picard avait prêtés à l'exposition de 
Cent Pastels, doivent remonter à la même époque, et cela pour 
une raison tirée de l'histoire du costume. Les cheveux poudrés 
de l'enfant, bouclés en ailes, débordent du shako ou bonnet de 
hussard dont la pointe allongée, renversée sur l'épaule droite, 
se termine par des pompons et de petites boucles de métal qui 
indiquaient, dans les régiments, combien de têtes avait coupées 
chaque hussard avec son grand sabre recourbé. Il est revêtu du 
dolman, c'est-à-dire de la veste bleue à manches plates, relevée 
par des brandebourgs et des boutons d'or. La pelisse de drap 
bleu, doublée de peau de mouton, jetée sur l'épaule gauche et 
retenue par un simple cordon, est décorée de ganses, de tresses 
et d'olives également en broderie d'or. Ce manteau se mettait 
du côté que venait la pluie. L'enfant porte une bandoulière de 



— 80 — 

soie, galonnée comme elle l'était pour les corps d'élite, et allant 
de l'épaule droite vers le côté gauche; une petite cravate de 
linon blanc rayé met un nuage très doux à ce visage rosé. Ce n'est 
que vers 1760, après maints changements, que le costume, 
jusque-là étranger, se francisa, et qu'en 1760 que le costume fut 
bleu de ciel, dit « de hussard », pour devenir ensuite vert avec 
shako et culotte rouge. Or, le charmant petit hussard est le fils 
de M. Boyer, armateur, si agréablement vêtu d'un habit et d'un 
gilet vieux rose, avec un tour de cou en linon blanc et un jabot 
en point d'Angleterre ; peut-être sa mère est-elle la « femme 
inconnue » qui lui ressemble étrangement, accompagne sa grâce 
mutine d'un charme jeune encore, et harmonise, comme lui, à 
sa joliesse blonde, des tonalités bleues ou noires. Avec M. Boyer. 
nous pénétrons dans la société bordelaise du XVllf siècle. 
M. Boyer, armateur, était l'ami de Le Kain. Les archives de la 
Gironde ont publié des lettres de Le Kain à Boyer. Le Kain vint 
même à Bordeaux pour lui recommander son fils, désireux 
de s'embarquer pour l'île Bourbon. A cette époque, Perronneau 
demeura quelque temps à Bordeaux. 

•763 De là, il se rendit en Hollande. La Hollande était fort à la 
mode dans ce temps chez les artistes et chez les amateurs de 
France. Comme la France, elle avait ses Lally Tollendal, ses 
Suffren, et cherchait à compléter l'exiguité de son territoire par 
la hardiesse de ses entreprises. Rien d'étonnant à ce que les 
Boucher, les Desfriches, les La Tour, les Perronneau aient voulu 
voir ce pays où se retiraient des nababs, où les navires débar- 
quaient les trésors des Indes mystérieuses, où Rembrandt, Hob- 
bema et Ruysdaël avaient vécu. C'est là qu'en 1766 Boucher 
accompagnera l'amateur Randon de Boisset. C'est à Amsterdam 
qu'en 1766 Desfriches achètera des tableaux hollandais de 
M. Fouquet, marchand. C'est à Utrecht, dans le même temps, 
que La Tour, hôte de la famille de Tuyll, au château de Zuylen, 



— 81 — 

fait le portrait d'Isabeila Agneta Elisabeth van Tuyll, dite Belle, 
de Zuylen, la future Madame de Charrière. C'est à La Haye 
ou à Amsterdam que Perronneau, en 1761, court après la for- 
tune (1). 

Le portrait de Gérard Meerman (2), conseiller et syndic de 
Rotterdam, au muséum Meermanno-Westreenianum de la Haye, 
pourrait-il dater de 1747, année pendant laquelle Meerman se 
trouvait en France ? La tête est-elle bien celle d'un homme de 
vingt-cinq ans, Meerman étant né en 1722 ? 

Puis ce fut le tour du baron Daniel Hogguer, échevin d'Am- 
sterdam. Il s'intéresse à notre artiste, héberge La Tour ; il semble 
avoir assuré aux Français de passage à Amsterdam une hospita- 
lité cordiale, une table « hollandoise » et avoir tenu pour eux, 
avec eux, une véritable cour d'amateurs. C'est dans son entou- 
rage que Perronneau a dû connaître ses autres modèles et notam- 
ment un autre échevin d'Amsterdam, Gérard Arnout Hasse- 
laer (3), bourgmestre de la ville, né en 1690 et mort en 1766. 
Cet Hasselaer est sans doute « M. Hasslard, gentilhomme hollan- 
dois », auquel Joseph Vernet, dans son Livre de Raison, con- 
signe avoir livré six tableaux en toile de quatre palmes de large. 
Le portrait qu'en a tracé Perronneau est bien dans la manière 



(1) La date de ce premier voyage est donnée par une lettre de Perronneau à Desfriches 
en 1772. 

(2) Gérard Meerman est l'auteur d'un ouvrage, en deux volumes, intitulé : Origines tvpo- 
graphicœ, Gerardo Meerman auctore, 1765. Trois années auparavant, il avait fait paraître un : 
Plan des origines typographiques, traduit du latin en français. Amsterdam et Paris, 1762, 
in-S" de 124 pages. 

(3) Nous devons à l'obligeance de M. Staring, communication des précieuses indications 
suivantes: 

Ce Gérard Arnout Hasselaer (1690-17C6), fut plusieurs fois élu bourgmestre d'Amsterdam 
(notamment en 17fil, 1702, 1764). F.n 1763, il a 73 ans; c'est bien l'âge du modèle du pastel 
de M. Kronig. Sa fille Catharina Elisabeth épousa, en premières noces, Lieve Geclvinck, mort 
en 1757, fils de Nicolaas Geelvinck, seigneur de Castricum (1706-1764), élu bourgmestre 
d'Amsterdam en 1747, mais déposé l'année suivante par le Stadhouder. C'est le « Guelwin » 
du livret du Salon de 1763 ou, peut-être, un de ses fils, Nicolaas (1732-1787), ou Joan 
(1737-1802). 
M™" Lieve Geelvinck, née Hasselaer, grande amie de Belle, de Zuylen, appartenait (comme 



— 82 — 

grave qui sied à un échevin d'Amsterdam (1): le visage aux 
traits pinces s'encadre d'une perruque de magistrat bouclée avec 
une régularité volontairement monotone, et le rabat blanc tran- 
chant sur la robe noire écarte toute idée d'indulgence et de 
fantaisie (pi. 24). 

Ce sont deux autres grands bourgeois de là-bas que Nicolas 
Geelvinck et Œgidius Willem Tolling, avocat à Amsterdam, 
né en 1699, mort en 1778. On peut voir encore, dans la collection 
du baron van Lynden van Nederhorst, à Soestdijk, quatre por- 
traits, dont trois au pastel, certainement de Perronneau, 
remontent aux mois de mars et d'avril 1763 et dont le quatrième, 
une peinture, est du même artiste et de la même date, selon toute 
vraisemblance. Celui de Arent van der Waëyen, fils de Arent 
van der Bruyn, né le 16 janvier 1684, mort le l"août 1767, est signé 
et daté de mars 1763 : le personnage a donc 78 ans ; depuis long- 
temps il fait fi de toute coquetterie ; le portraitiste a exprimé à mer- 
veille le chiffonnement flasque des joues, du menton et des gen- 
cives déchaussées, la solennité et l'ennui de cette perruque de pro- 
cureur, le négligé de ce foulard ou plutôt de ce cache-nez( pl.25) . 
Celui de Sara Hinlopen, née le 14 août 1688, son épouse depuis 
le 15 mai 1710, fille de Frans Hinlopen par Sara van Reygers- 
bergh, et morte le 1" juin 1775, porte la même date ; cette bonne 
vieille dame a donc 74 ans ; les années semblent l'avoir recroque- 
villée douillettement dans sa robe de chambre, où s'épanouit 
largement la flore du damas des Indes; son visage auréolé d'une 



les Rendorp de Marquette et les Boreel) à un cercle intéressant de Hollandais nobles ou 
patriciens, aux sympathies cosmopolites, mécènes par excellence des bons portraitistes venus 
en Hollande (La Tour, Perronneau, Liotard), qui cherchaient la compagnie des diplomates, 
des officiers étrangers et qui, avec les banquiers internationaux d'Amsterdam, encourageaient 
l'influence française ou anglaise sur la « bonne société ». 

M. Staring suppose que les portraits de M. et de M™" Hogguer seraient les pastels, attribués 
à Perronneau, qui se trouvent au Musée de Genève. 11 est d'avis que si le portrait de 
M""' Hogguer peut, en toute vraisenihlance, être donné à Perronneau, celui de M. Hogguer, 
au contraire, doit être attribué à La Tour. 

(I) Ce pastel se trouve dans la collection de M. Kronig, à La Haye. 



PI. 21 




POKTHAIT d'hoMMK I)K LA FAMILLE JoURNU 

Pastel. SisiK'. 1737? 
Ancienne collection Demotte) 



— 83 — 

cornette s'incline doucement vers la terre et le fichu de linge 
blanc, croisé sur la poitrine, évoque une guimpe monacale(pl.25). 
Le portrait de leur gendre, Antoni Warin, échevin, fils de 
Nicolas Warin et de Magdeleine-Christine Lestevenon, né le 
12 décembre 1712, marié le 12 décembre 1742 à Jeanne-Marie 
van der Waëyen et mort le 10 novembre 1764, porte lui aussi 
une date précise: avril 1763. Antoni Warin a donc 51 ans : il est 
vêtu comme ses beaux-parents, comme les Hollandais ses con- 
temporains, à la française: habit, tour de cou en linon blanc, 
jabot de dentelle, perruque poudrée et frisée. Nous pensons que 
le portrait à l'huile, d'une femme, conservé dans la même gale- 
rie, de par la convenance de l'âge, par la ressemblance physiono- 
mique avec M" Arent van der Waëyen, par le costume, par 
le fait qu'il a toujours, chez le baron van Lynden, héritier de la 
famille Warin, accompagné les trois autres portraits, est aussi 
de Perronneau : tel est l'avis de M. Staring qui, d'après la coif- 
fure du modèle, assignerait à ce portrait une date beaucoup plus 
avancée que 1763. 

Au Salon du Louvre, Perronneau rapportait de son voyage, 
suivant le livret: « M. Asselart, Bourguemestre d'Amsterdam. 
M. Guelwin, M. Tolling, M. Hanguer, Echevin d'Amsterdam ». 
Il y avait ajouté « Madame Perronneau, faisant des nœuds », 
c'est-à-dire occupant ses mains avec le fil de la frivolité et jouant 
avec la navette, ce « petit magasin des grâces » ; M"' de Tourolle, 
probablement celle qui avait signé à son contrat de mariage, 
parmi les amies de sa femme, enfin M. et M'"" Trudaine de 
Montigny. 

Ici nous pénétrons dans un milieu nouveau, la brillante société 
du Temple. Dans une lettre à Desfriches, du 2 janvier 1770, 
Perronneau écrit : « Je n'ay pu voire M. de Fourqueux qui me 
veut du bien, qui est à sa terre... M. de Fourqueux msiste pour 
que je soient stable à Paris. » Et dans une autre lettre de Paris, 
le 14 mai 1772, au même correspondant: « Aussi n'ai-je veu 



— 84 — 

personne que M. de Fourqueux, mon ancien amie et protecteur; 
j'y ay diné avec un Monsieur Cadot, j'i ay aprie le mariage de 
madame votre cher fille. M. de Trudaine est à Montigny ; 
j'ignore si je le voirray avant mon départ. » 

Michel Bouvart de Fourqueux, conseiller d'Etat et successeur 
de Galonné au contrôle général, que Perronneau avait peut-être 
connu par l'intermédiaire de Desfriches, et qui signait à son 
contrat de mariage, avait épousé la fille de M. Montyon, celle-là 
même qui se plaisait, dans son salon, aux mystifications du 
« fameux Goys jouant le personnage et le sexe de la chevalière 
d'Eon ». Il en eut deux filles, dont l'une épousait, en 1761, 
Jean-Charles-Philibert Trudaine de Montigny, intendant des 
finances, et l'autre, en 1769, Etienne Maynon d'Invault, contrô- 
leur général en 1768 et prédécesseur de l'abbé Terray. Du châ- 
teau de Montyon au château de Montigny Lancoup, l'un et 
l'autre dans les environs de Provins, le chemin était court. 

Que dire de M. Trudaine, sinon qu'il donnait aux arts tout le 
temps qu'il n'accordait point aux affaires de l'Etat ou aux demoi- 
selles de l'Opéra. Il amassait à Paris, dans sa demeure de la 
rue des Vieilles Haudriettes, les tableaux, dessins, estampes, 
terres cuites, bronzes et bijoux qui furent vendus au mois de 
décembre 1770. Comme les portraits de M. Hauguer, de M. Guel- 
win et de M. Tolling, comme ceux de M""' Perronneau faisant 
des nœuds, et de M"" de Tourolle, son amie, les effigies de 
M. et de M™ Trudaine de Montigny se sont égarées. On le voit, 
lui, dans l'exquis tableau d'Olivier, le « Thé à l'Anglaise », 
causant avec le prince de Conti, bien connu pour sa répugnance 
à se laisser peindre, et qui avait consenti, par grande faveur, 
pour que le tableau comprît tous les familiers de ce salon aux 
boiseries blanches, à la lumière si délicate, aux grands rideaux 
roses, à montrer la perruque et le dos du maître de maison. 

Que pensait la critique ? M. du P***. académicien associé, 
dans une Lettre sur les arts a M. d'Yfs, de l'Académie des Belles- 



— 85 — 

Lettres de Caen, lui dit : (c Vous auriez sçu gré au pinceau de 
M. Perroneau d'avoir rendu avec vérité les traits d'un jeune 
Magistrat pour lequel vous avez la plus grande estime et qui 
est digne de l'affection que vous lui portez ; il ne vous en faut 
pas davantage pour reconnaître M. de Montigny. » Le témoi- 
gnage de Mathon de la Cour est plus précieux et nous apprend 
l'existence d'un portrait non mentionné au catalogue (1) : « Je 
n entrerai pas, Madame, dans beaucoup de détails sur les 
ouvrages de M. Perronneau ; ce sont des Portraits en pastel. 
Celui de M. Hanguer, Echevin d'Amsterdam, et celui d'un jeune 
enfant ont beaucoup de caractère. La ressemblance fait sans 
doute le principal mérite des autres ; mais c'est un mérite dont 
je ne saurois juger. » L'abbé de la Porte est du même avis (2) : 
« Plusieurs portraits en pastel, par M. Perronneau, sont vus avec 
satisfaction, tant pour les vérités de ressemblance que pour 
d'autres parties qui méritent l'attention des connoisseurs. » On 
lit dans les Affiches, annonces et avis divers du 14 septembre : 
« Quelques bonnes têtes de M. Perronneau et de M. Greuze. » 

Dans le Mercure de France du mois d'octobre: ft Plusieurs 
portraits en pastel par M. Perronneau sont vus avec satisfaction 
tant pour les vérités de ressemblance que pour d'autres parties 
qui méritent l'attention des connoisseurs. » 

Dans V Avant-Coureur : « M. Peronneau s'est en quelque sorte 
surpassé cette année, plusieurs portraits en pastel de sa façon 
sont admirés des gens de goût. » 

Dans l'Année Littéraire: « Monsieur Peronneau se distingue 
toujours par une manière de peindre très spirituelle et par les 
détails rendus avec légèreté. » 

Le Journal encyclopédique : « Entre plusieurs morceaux du 



(1) II" lettre à M""' "" sur les peintures, les sculptures et les gravures e^cposées dans le 
Salon du Louvre en 1763. 

(2) Description des tableaux exposés au Salon du Louvre, avec des remarques par une 
sociHc d'amateurs (F.xtraordinjire du Mercure de septembre). 



— 86 — 

sieur Peronneau on distingue les portraits en pastel de Monsieur 
et Madame Trudaine de Montigny et celui de Madame Peron- 
neau faisant des nœuds. Les ressemblances en sont bonnes ; mais 
il semble que cet artiste ait négligé la forme de la couleur qui était 
son partage. » 

Seul Diderot se montre aigre-doux (1) : « Ce peintre marchait 
autrefois sur les pas de La Tour ; on lui accorde de la force et 
de la fierté de pinceau. Il me semble qu'on n'en parle plus. » 

La même année, il exécutait le portrait (présumé) de 
M°" Miron (2) dont l'arrangement et la couleur ne diffèrent pas 
sensiblement de sa manière préférée : cheveux poudrés, un escla- 
vage de perles autour du cou, large décolleté ; la mantille de tulle 
noir, garnie sur les bords d'une dentelle de Chantilly, laisse 
transparaître la nuance bleue du corsage en taffetas ; un devant 
de corselet en soie rose s'orne du « parfait contentement » ; 
la modestie voile la chair opulente de cette personne mûre ; c'est 
une harmonie de bleu, de rose, répondant aux fonds jaunes. 

y64 En 1764, il n'y eut pas de Salon. Perronneau change de logis, 
et vient habiter rue de Cléry, vis-à-vis la rue du Gros-Chenet, où 
il restera jusqu'en 176Q. Il signe aux procès-verbaux de l'Aca- 
démie, le 23 août et le 31 décembre. 

765 En 1765, l'académicien ne signe pas une seule fois aux procès- 
verbaux. Par contre, le livret du Salon mentionne, de lui, quatre 
portraits à l'huile et trois au pastel. Que sont devenus les quatre 
premiers? M. Maujé, peut-être un procureur du présidial de 
Rennes; M"" Perronneau, la sœur de l'artiste; M. Denis, 
probablement le trésorier général des Bâtiments du Roi, qui 
poussait souvent dans les ventes pour le compte de M"" de Pom- 
padour ; une tête, en ovale? Le sort des trois autres reste aussi 



(1) Salon de 176.'». 

(2) Ce pastel a passé à la vente des 11-12 juin 1920 (Galerie Georges Petit). 



PI. 22 




Laurent Cars 
Pastel. i7?9- 

[Musée du Louvre} 



— 87 — 

mystérieux: M'" de Bossy, M'" Pinchinat en Diane, qu'on se 
souvient avoir vu dans la famille d'illiers (1), descendante des 
Pinchinat. Seules, la date et la signature du portrait de femme de 
l'ancienne collection de M. Camille Groult nous font supposer 
qu'il s'agit de M"" Miron. 

Perronneau eut une « bonne presse w. 

Les AfficJies, airnonces et avis divers, du 11 septembre, 
déclarent: « Le Salon est à l'ordinaire amplement garni de por- 
traits. Ceux de M. Perroneau, tant à l'huile qu'au pastel, se font 
toujours remarquer.» Mathon delaCourécrit(2) : «M. Perroneau 
a fait exposer plusieurs portraits à l'huile et au pastel, qui paraissent 
dignes de soutenir sa réputation. Celui de Mademoiselle Perro- 
neau est peint avec beaucoup de hardiesse. » Mathon de la Cour 
fils (3) ne se compromet pas davantage : « M. Perronneau, acadé- 
micien, a aussi donné plusieurs portraits à l'huile et au pastel, qui 
ont fait plaisir et d'un heureux succès. » Le Mercure de France, 
dans son numéro de novembre: « M. Perroneau en avait mis 
plusieurs tant en huile qu'en pastel et tous méritaient de justes 
éloges. « De même, l'Année littéraire: « M. Peronneau en a 
exposé tant au pastel qu'à l'huile qui sont très spirituellement 
dessinés et du faire le plus facile et le plus léger. » De même, 
le Journal encyclopédique : « Aussi passons-nous rapidement 
sur... plusieurs portraits à l'huile de Monsieur Peronneau, distin- 
gués par la correction du dessin et par l'ensemble d'une tête mais 
à qui l'on reproche de négliger un peu la couleur jusques dans 
ses pastels, qui n'ont ni l'éclat ni le brillant dont cette manière 
de peinture est susceptible. » Diderot s'incline : « Parmi ses por- 



(1) M. Cailleux, expert, possède un pastel de jeune femme tenant un arc. qu'il dit être celui 
de M"" Pinchinat, en Diane. 

(2) 11^ Lettre à M. "' sur les peintures, tes sculptures et les gravures exposées dans le 
Salon du Louvre, en 1765. 

(3) Critiques des peintures et sculptures de MM. de l'Académie royale, l'an 17(i5. Lettre 
à un amateur de la peinture. 



— 88 — 

traits, il y en avait un de femme qu'on pouvait regarder, bien 
dessiné, et mieux dessiné qu'à lui n'appartient. Il vivait et le 
fichu était à tromper. » 

Perronneau semble avoir passé à Orléans une bonne partie 
de l'année 1765. Il y avait pour modèles M'" Pinchinat, 
M. Robert Soyer et M. Raguenet. Robert Soyer, l'ami Soyer, 
comme on disait dans la famille Desfriches, ingénieur des Ponts 
et Chaussées, né à Paris en 1717 et mort à Orléans en 1802, 
y avait construit, de 1751 à 1760, sur les plans des inspecteurs 
généraux Pitrou et Hupeau, le pont sur la Loire où, dit-on, 
M"" de Pompadour fut la première à passer et dont la représen- 
tation des travaux a été plusieurs fois fixée par le crayon de 
Desfriches. Son attitude indique sa profession. Sous son bras, il 
a passé un carton vert, et de la main gauche il tient le compas 
traditionnel. Ici, comme dans le jeune homme aux trois roses, 
c'est une harmonie de rose et de vert, lilas-rose de l'habit, vert 
du fond, égayés comme à l'habitude d'un tour de cou en linon 
blanc et d'un jabot de dentelle. L'habit doublé de fourrure 
semble prouver que le portrait a été exécuté en hiver. 

On voyait autrefois, dans un château des environs d'Orléans, 
un portrait d'homme, signé et daté de la même année (1): le 
personnage, M. Raguenet, d'Orléans, vu de trois quarts, portait 
l'habit de velours rouge brique un peu passé, et un jabot de 
dentelle ressortant sur un fond gris vert. La collection de 
Madame Fellows contient un autre portrait d'homme, vêtu d'un 
habit bleu à galons et à boutons d'or, d'un gilet de la même 



(1) D'après une déclaration de M. Raguenet de Saint-Albin, descendant du modèle de 
Perronneau, rapportée par le docteur Garsonnin, au cours de la séance du 13 juin 1913 de 
la Société archéologique de l'Orléanais, ce tableau n'était pas signé quand il quitta la 
famille Raguenet de Saint-Albin. D'autre part, dans une note parue dans le Bulletin de la 
même société (année 1913), M. P. Jouvellier indique que Raguenet de Saint-Albin n'était pas 
échevin en 1765. « De 1760 à 1775, il n'occupe aucune fonction municipale. Auparavant, 
sans doute, pas davantage. En 1776, un M. Raguenet, demeurant rue des Minimes, est député- 
négociant à l'Hôtel de Ville. En 1777, il devient échevin et l'est encore en 1779; sa rue 
s'appelle alors rue d'Illiers. » 



— 89 — 

nuance, tenant sous le bras un bicorne galonné, et coiffé suivant 
une mode que le peintre ne nous a pas encore montrée : les pans 
de la coque qui noue les cheveux en catogan se prolongent et 
viennent entourer le cou en larges ondulations pour se perdre 
dans le jabot ; ce sont, en quelque manière, des dragonnes de 
rubans, des « chacones » comme on disait alors, en empruntant 
le nom d'un air de ballet qu'un danseur de l'Opéra avait esquissé 
en laissant flotter ainsi ses rubans. 

Par une coïncidence singulière, il existe dans la collection de 
M. René Benjamin un portrait d'homme qui offre quelque 
analogie avec le précédent. Quoiqu'il s'agisse d'une peinture à 
l'huile et non plus d'un pastel, d'un cadre rectangulaire et non 
d'un ovale, d'une figure de face et non de trois quarts, le per- 
sonnage porte à peu près le même âge, un habit de la même 
tonalité — ce délicieux bleu vert familier à Perronneau — , avec 
les mêmes galons et boutons d'or (pi. 26). La figure est coupée à 
mi-corps, mais on ne voit plus cette fois de tricorne passé sous le 
bras, ni de décoration par dessus le jabot de dentelle qui 
s'échappe du gilet entr'ouvert. Il semble bien aussi qu'il y ait 
plus de plénitude dans les traits, plus de bonhomie et d'esprit, 
un nez et des lèvres plus sensuelles. Sur le fond rompu d'or, en 
haut et à droite, on lit la signature de l'artiste ainsi orthogra- 
phiée : perronneau, et la date de 1765. M. René Benjamin, que 
nous avons questionné, n'a pu que nous indiquer que ce portrait 
provenait du château de Sache, près de Tours, le fameux Sache 
d'où est datée une partie de la correspondance de Balzac, à 
7 kilomètres d'Azay-le-Rideau, c'est-à-dire dans une région où 
on a retrouvé d'autres oeuvres de l'artiste. 

Une communication de M. Paraf à la Société de l'histoire de 
l'art français, en 1910, complète heureusement les indications 
que nous possédions déjà sur l'année 1765, en même temps qu'elle 
précise l'identité de l'homme aux trois roses qui date de 1756: 
(' L'homme aux trois roses ne serait autre que M. Tassin de la 



— 90 — 

Renardière. En effet, il existe un autre tableau du même per- 
sonnage, exécuté par Perronneau en 1765, et dont la pose est 
presque identique à celui de la collection Groult ; l'habit est bleu 
avec un gilet rose, mais il n'y a pas de roses sur l'habit ; le tableau 
ovale a pour dimensions O^ôô x 0°50. Une inscription manu- 
scrite, au verso, donne le nom cité plus haut et y ajoute que le 
personnage représenté était le père de M. Tassin d'Authon. 
Il fait pendant au portrait de sa femme, de mêmes dimensions, 
également daté de 1765, au verso duquel se trouve l'inscription 
manuscrite: M"" Tassin de la Renardière, née Seurat. On voyait 
dans la collection Groult deux autres pastels de Perronneau 
représentant les portraits présumés de M. et de M"" Miron. Or, 
dans la famille orléanaise oij se trouvaient les pastels de M. et 
de M"" Tassin de la Renardière, il y avait deux tableaux — non 
ovales — de dimensions 0"57 x OMS, l'un d'homme, l'autre de 
femme, ce dernier absolument semblable à celui de la collection 
Groult, à quelques variantes près (le collier de perles est rem- 
placé par un nœud bleu). Derrière le portrait de femme, on lit 
ceci : « Portrait de M""' Miron de Portioux, fille d'Etienne 
Seurat de la Barre, propriétaire du château de Coudray, morte 
le 6 décembre 1824. » Elle était donc la sœur de M"' Tassin de 
la Renardière. Ce tableau est daté de 1765 et il est, sans conteste, 
celui du Salon de la même année ; car s'il s'agissait de celui de la 
collection Groult, le livret du Salon l'aurait indiqué comme 
ovale. Le pendant représente M. Miron de Porthioux (mort le 
16 mars 1797) ; il est daté aussi de 1765 ; il offre de nombreuses 
ressemblances avec celui de la collection Groult ; mais je ne puis 
certifier que les deux tableaux représentent le même personnage 
Ces tableaux proviennent des descendants des Tassin et des 
Miron. » 

La même année est enfin marquée par deux événements 
domestiques : le 29 décembre 1765, Perronneau acquiert au prix 
de 16.000 livres une maison située à la barrière de Montreuil, 



PI. 23 




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— 91 — 

et attenant à l'abbaye Saint-Antoine, probablement une maison 
de campagne pour l'été, « une folie », puisqu'en même temps 
il venait occuper, en ville, un autre appartement, rue du Boulois, 
près de l'Hôtel de Hollande, où il demeurera jusqu'en 1769. 

C'est encore à ses amis d'Orléans qu'il va en 1766, à Le Nor- 1766 
mant du Coudray (1) et à M°" Fuet (2). 

Nous ne dirons pas de cette femme qu'elle nous inspire, comme 
beaucoup d'autres modèles bourgeois de l'artiste, une confiance 
illimitée. Il y a tant de finesse dans le souiire, dans le regard 
des yeux gris mélangés de bleu, abrités de sourcils bruns très 
accentués ! Cette finesse s'accompagne d'une recherche rare 
dans le costume et l'attifement: parmi les cheveux poudrés et 
coiffés en tapé, quelques fleurettes jetées çà et là, un esclavage 
de perles attaché sur la nuque par un nœud de ruban blanc, une 
robe de soie jaune mouchetée de pastilles, une modestie en marli 
rayé qui épouse la naissance de la gorge, la bande de fourrure 
noire qui encadre le décolleté pur et souple, les trois échelons 
de fourrure qui barrent le corselet de soie jaune, tout cela est 
d'une saveur étrange. 

Dans le portrait de Charles Le Normant du Coudray, person- 
nage déjà portraicturé, nous l'avons vu, en 1747, l'accord se 
résout par les complémentaires bleu et jaune. Le costume offre 
beaucoup d'analogies avec celui de Desfriches: une robe de 
lampas bleu sur laquelle un mazulipatam négligemment se noue ; 
le carton que retient la main droite, et sur lequel on lit en toutes 
lettres « Recueil d'Estampes », les rayons de la bibliothèque que 
laisse voir une tenture soulevée, tout indique les goûts du per- 
sonnage ; c'est un fonctionnaire de province qui occupe ses loi 



(1) Jusqu'en 1909 dans la collection de M. Doisfau ; adjugé 18.500 francs à la vente de 
celui-ci. 

(2) Musée d'OrléaD8. 

7 



— 92 — 

sirs, comme Desfriches, à collectionner des estampes et des 
livres. 

Le même maintien, la même physionomie nous donneraient 
à entendre que le portrait d'homme, peint à l'huile, qui se trouve 
dans la collection de M. Potin, représente le même personnage. 
Nous aurons d'ailleurs l'occasion d'y revenir à propos de l'année 
1767, puisqu'aussi bien c'est la date de ce dernier portrait. 

Nous connaissons quatre autres pastels de la même année. 
Deux d'entre eux, représentant chacun une femme, n'ont pas 
d'état civil. L'un se trouve dans la collection de M. Chévrier, 
l'autre faisait partie de l'ancienne collection de M. Groult, le 
père. Le premier est une harmonie de bleu et d'or: le corsage 
décolleté s'ouvre sur un « corps » bleu garni du parfait contente- 
ment, dont les coques s'étalent sous une modestie ; un fichu de 
gaze bleue mat, barré de raies satinées jaunes est jeté sur les 
épaules ; la physionomie spirituelle s'encadre d'une cornette de 
dentelle aux barbes retroussées ; le cou s'orne d'un esclavage 
de perles. Le second est une recherche de rose et de noir: un 
corsage rose, une mantille de soie noire à pois, un « corps » de 
satin blanc, voilà pour faire oublier la corpulence et l'air absent. 

Nous avons des raisons de croire que les deux portraits à 
l'huile, naguère conservés dans la collection Jacques Doucet, oij 
ils se faisaient pendant, sont ceux de M. et de M"° Blondel 
d'Azincourt.Tout d'abord, ce portrait de femme nous fit songera 
M""' de Villeneuve, les mains dans son manchon, du Salon de 1747. 
Mais la date de 1766, inscrite en haut et à droite du tableau, 
à côté de la signature, nous fit renoncer à cette première hypo- 
thèse. Certains détails du costume et l'âge du personnage, dans 
le portrait d'homme, nous amenèrent à penser qu'il s'agissait de 
Barthélémy- Augustin Blondel d'Azincourt, lieutenant-colonel 
d'infanterie, chevalier de Saint-Louis, intendant des Menus- 
Plaisirs, celui-là même qui signait au contrat de mariage de Per- 
ronneau. En effet, il porte, épinglée sur son habit, la croix de 



— 93 — 

chevalier de Saint-Louis, la croix pattée qui rappelle par son 
rayonnement non plus la forme sévère des anciennes croix de 
Malte et des ordres croisés, mais l'une des formes de l'étoile. 
11 porte cette croix suivant l'habitude militaire, puisque dans la 
vie civile, on se contentait du joyau suspendu à un nœud de 
ruban bleu. Enfin, une plume blanche, la plume des lieutenants- 
colonels d'infanterie, ressort à la pointe du tricorne sous le bras. 
Ce Blondel d'Azincourt qui possédait, entre autres charges, celle 
de « garde des pierreries de la couronne », était le fils du fameux 
Blondel de Gagny, curieux et connaisseur en dessins et coquil- 
lages, dont Pierre Rémy, en 1770, dispersa la collection. Il avait 
formé lui-même, rue Notre-Dame de Nazareth, près le Temple, 
dans le quartier du Marais, un cabinet « très intéressant par la 
variété et le choix des objets ». 11 s'attachait à y rassembler prin- 
cipalement des tableaux modernes, de belles esquisses, une très 
grande quantité de dessins, « au nombre desquels, nous dit le 
Dictionnaire pittoresque et historique de Hébert (1), on en doit 
surtout remarquer près de cinq cents de Boucher. On trouve 
aussi, dans ce cabinet, cent-soixante pierres gravées en camée, 
tant égyptiennes qu'étrusques, grecques et romaines, dont 
presque toutes viennent des princes de Palavicini, et ont 
été substituées, pendant des temps infinis, dans cette illustre 
maison. M. Narcisse de Thoret en fit l'acquisition en 1699. C'est 
aux connaisseurs qu'il est réservé d'en sentir toute l'importance 
et le mérite. Le temps les a respectés parce que la vraie beauté 
n'est pas soumise à son inconstance. Des bronzes bien choisis, 
des porcelaines anciennes également montées, du lacq de la plus 
grande finesse, et une multitude infinie d'objets séduisants pour 
les yeux, laissent aussi dans l'imagination une sensation qui 
prouve incontestablement qu'il faut que l'agrément soit d'accord 
avec l'art, et que la perfection consiste dans leur réunion. C'est 



(1) Dictionnaire pittoresque et historique de Hébert, 1766, t. I, pp. 81-8.1. Ce cabinet était 
déjà cité par VAlmanach des Beaux-Arts de 1762, p. 200, mais sans description. 



— 94 — 

dans la nature même que l'on peut chercher et que l'on découvre 
certainement ce principe. Il est facile de s'en convaincre sans 
sortir de ce cabinet, qui renferme des choses aussi rares que 
curieuses, qui sont une suite de minéraux, de cristallisations, 
d'agates, de pierres précieuses, de madrépores, de coraux et de 
coquilles dont la parfaite conservation, la beauté des formes et 
la richesse des couleurs sont fort au-dessus de nos idées, etc. ( 1 ) . » 
Ici Perronneau revient au rouge et noir, habit de velours noir, 
gilet naccarat, tour de cou en linon blanc, jabot de dentelle, 
cheveux poudrés, frisés à marteau et noués en catogan ; la pose 
est familière, une main passée dans le gilet, le visage regardant 
de face, le corps de profil, une demi-figure. Le portrait de 
M™ Blondel d'Azincourt est d'un arrangement plus original : elle 
est prête à sortir ; elle a mis sa cornette de dentelle légèrement 
gaufrée, dont la passe de ruban se noue en papillon sur la « phy- 
sionomie » ; le fichu palatine en gaze dont les larges raies satinées 
se détachent sur un fond mat ; la pelisse de soie bleue mouchetée 
de noir, doublée de petit gris et garnie d'un coqueluchon, qui 
se rabat dans le dos et qui protégera la trame nuageuse de la 
dentelle ; le nœud qui sert d'agrafe ; le passe-caille, ruban qui 
maintient à la hauteur de la taille le manchon de queues de 
martre, où s'engagent les mains gantées de mitaines blanches ; 
le manchon si grand qu'une petite chienne gredine, aux oreilles 
longues, à queue soyeuse, aux pattes grêles, un de ces chiens- 
manchons qu'on vend rue du Bac, peut s'y blottir. 

'767 Si nous en étions réduits au seul livret du Salon, nous ne sau- 
rions rien ou presque rien sur l'année 1767. Comment énumérer 
« plusieurs portraits sous le même numéro « ? Les critiques, qu'on 
avait voulu contraindre à signer leurs observations, s'abstiennent 



(1) Cf. aussi la Conchyologie de Dargenville, édition de 1780, t. I, p. 247; l'Almanach des 
Artistes, de 1776, p. 200. — La vente Blondel d'Azincourt eut lieu en 1783. 



PI. 24 




Le nouRCMESTRE Hasselakr 

Pastel. Salon de i-ôS. 

A M. J. O. Kronig) 



— 95 — 

de tout commentaire. C'est tout au plus si Fréron (1) déclare: 
« M. Perronneau s'annonce toujours par une touche légère et 
spirituelle. » Bachaumont (2) ajoute: « M" Perronneau, Roslin, 
Drouais le fils sont en possession de nous enrichir de Portraits »... 
Diderot est plus dédaigneux : « Perronneau fut quelque chose autre- 
fois dans le portrait (3). » On trouve un autre écho de l'opinion 
publique dans les oeuvres de De Piles (4), qui datent de 1767: «La 
peinture en pastel a bien autant de partisans que la miniature. 
Plusieurs peintres de nos jours, tels que MM. de La Tour, Roslin, 
Lundberg, Perronneau, etc., ont porté cette sorte de peinture à 
un très haut degré de perfection, et leurs portraits au pastel ne le 
cèdent en rien aux portraits peints à l'huile, tant pour la vérité 
avec laquelle ils ont rendu la nature, soit pour la force et la 
vivacité des couleurs. » Et cependant, en 1767, nous trouvons la 
trace du passage de l'artiste à Orléans, à Bordeaux, à Abbeville. 
Si, comme nous l'avons indiqué plus haut, le portrait de la collec- 
tion Potin est bien celui de Le Normant du Coudray, il justifie- 
rait du voyage de Perronneau à Orléans. En tout cas, c'est une 
oeuvre d'une belle venue (pi. 27). Le personnage, vu de trois 
quarts dans un ovale de pierre, porte un manteau de taffetas du 
même bleu vert que la gamberluque d'Adam l'aîné ; la collerette 
entr'ouverte, les doigts repliés sur un portefeuille indiquent bien 
le désordre studieux d'un amateur d'art. La toile (5) est signée 
et datée, en haut de l'ovale, légèrement à droite: Perronneau, 
1767. A Orléans également, c'est un portrait de femme, con- 
servé au musée de cette ville, auquel il a été offert par M. Gati- 
neau, d'après une inscription fixée au dos du pastel. Cette femme 
porte au-dessus du front l'étoile du matin. Ses doigts nacrés s';ip- 



(1) Année littéraire, par Fréron, 1767, t. VI, lettre IV'. Exposition de peintures, sculptures 
et gravures de MM. de l'Académie royale. 

(2) Mémoires secrets, Salon de 1767, lettre 11. 

(3) II aitiibue à Perronneau un portrait de femme fait par Roslin. 

(4) De Piles, Œuvres diverses, 17G7, t. III. De la peint ire en pastel. 

(5) Ce tableau provient de l.i cnllectinn de M"'" Boursin. 



— 96 — 

puient sur un coq qui, s'éveillant dans la lumière, chante son cri 
de joie. Son large décolleté s'accompagne de draperies blanches 
et violettes, les unes argentées de lumière, diaphanes comme les 
vapeurs de l'aube, les autres, sombres et opaques, rappelant les 
demi-rêves de la nuit, que l'Aurore « aux doigts de rose » fait 
doucement s'évanouir. Tout ce charme frais flotte pour ainsi dire 
sur un fond vert, perlé de gris, imprécis et vaporeux. D'après 
certaines notes consignées sur un inventaire de la collection de 
Desfriches, cette « Aurore » ne serait autre que M"' Perronneau 
représentée ici suivant la mode mythologique de l'époque. 

On lit dans les Affiches, annonces et avis divers de Bor- 
deaux (1), en cette même année: « Il a été perdu le 25 mars, 
entre la Bourse et le Château-Trompette, un étui de chagrin verd 
contenant un compas, un porte-crayon et un équerre d'argent 
et oià il y a écrit: par Butterfield. On prie ceux qui l'auront 
trouvé de le faire tenir à M. Perronneau, peintre du roi, place 
du Marché-Royal, chez M. Lagarde, rue du Parlement, vis-à-vis 
la rue des Lauriers; il remettra douze livres à celui qui le rap- 
portera. » C'est à cette époque que Perronneau a exécuté le 
grand portrait à l'huile de BonavenLure Journu (2). Le portrait 
de Journu est signé et daté 1767, en bas, à droite. Le personnage 
porte un costume de taffetas bleu, un foulard de mazulipatam 
rayé ; il est tourné de gauche à droite, et regarde de face Assis, 



(1) 1767, p. 58. 

(2) h'Almanach des Curieux mentionne que: » M. Journu, négociant et juge de la Bourse, 
possède de très bons tableaux d'anciens maîtres, ainsi que des modernes comme de M. Vernet. 
II a formé un des plus beaux cabinets d'histoire naturelle qu'on puisse trouver en province. 
On doit à son honnêteté la satisfaction de le voir quand on veut ». Il est également cité dans 
le Livre de raison de Joseph Vernet. 

Ces portraits, ainsi que ceux que nous signalons à l'année 1757, ont été trouvés chez 
les descendants de la famille Journu, dans trois ou quatre châteaux des environs de 
Bordeaux ou dans des hôtels privés à Bordeaux même. Ils ont été achetés par l'antiquaire 
Demotte et vendus en partie à New-York. 



— 97 — 

les jambes croisées, il se détache sur un fond de tenture, désignant 
de la main droite, dans l'écartement de cette tenture relevée, des 
bocaux, des coquillages et des coraux (pi. 28). 

Il n'est pas impossible qu'on doive aux mêmes circonstances 
le portrait à l'huile de Frédéric Hausen de Liliendahl, consul de 
Danemark à Bordeaux ( 1 ) , que conserve la bibliothèque de l'Uni- 
versité de Copenhague (pi. 29). Le personnage, d'un certain âge, 
est vu de face dans un ovale de pierre. 11 porte perruque grise 
et visage à bajoues. L'habit et le gilet d'un rouge assourdi sont 
bordés de skungs ; un jabot de dentelle se rattache au col de 
lingerie. Un tricorne est passé sous le bras. La peinture mesure 
0"88 de hauteur sur 0"70 de largeur. 

Dans quelle ville a vécu le personnage qui se présente à nous 
dans un portrait de l'ancienne collection de M. Camille Groult, 
signé et daté de 1767 ? L'homme est corpulent, la physionomie 
franche, le ragoût délicat de cet habit en velours rose violacé et 
de ce gilet en taffetas rose. Abbeville est sur la route de Hol- 
lande l2), Perronneau devait s'arrêter dans cette ville où l'on 
voyait encore, il y a quelques années, chez le comte van Robais, 
un portrait au pastel par Perronneau d'Abraham van Robais, né 
le 25 mai 1698, cinquième fils d'Isaac van Robais, et décédé le 
31 mai 1779. Abraham van Robais donna ce pastel à son fils 



(1) M. Mario Krohn, à la page 207 du tome II de son livre, intitulé: Frai:krigs og Danmarks 
Kuntsheriske forbindelse i det IS Aarhundrede, indique que ce tableau est signé à droite: 
Perronneau, qu'il a été vraisemblablement exécuté en 1767 ou 1769, et qu'il est de grandeur 
naturelle. Nous devons ce renseignement à l'obligeance de M. Léo Swane, conservateur au 
Musée royal de Copenhague, qui nous met en garde contre l'inexactitude d'un petit livre 
de C. Desma?és, paru en 1854, et consacré à La Tour. Dans ce livre on assure, ii la page 20, 
que Perronneau a été en Danemark. Notre correspondant s'inscrit en faux contre cette 
assertion. 

(2) M. Jacques Doucct nous a indiqué qu'il y aurait trace dans le Bulletin d'une ancienne 
société d'Abbeville du passage de Perronneau en cette ville; Perronneau aurait fait annoncer 
par le tambour son arrivée et le prix de ses pastels. 



— 98 — 

Josse Abraham van Robais en 1767 (1), ainsi qu'il était écrit 
derrière le portrait. Ce pastel, détérioré, puis restauré, passait 
aux mains d'un marchand, puis dans la collection Groult. Abra- 
ham van Robais, ayant neuf enfants, commanda deux répliques 
de son pastel à Perronneau. L'une fut exécutée en 1767, l'année 
même du mariage d'un petit-fils d'Abraham van Robais, appelé 
Samuel ; le pastel passa dans la famille Camp, alliée à Samuel 
van Robais et demeurant à Montauban, puis dans la collection 
Jacques Doucet, enfin au musée du Louvre. L'autre a appartenu 
à M. Henry Michel-Lévy et a été adjugée au prix de 17,000 francs 
à la vente du 4 juin 1923. Il y a peu de différences entre ces 
trois répliques, de dimensions sensiblement équivalentes. Celle 
de la collection Camille Groult est d'une tonalité plus claire ; dans 
celle de l'ancienne collection Henry Michel-Lévy, la figure semble 
rajeunie ; celle du musée du Louvre nous paraît typique (pi. 30). 
En effet, on y remarque dans le fond et dans l'habit de velours 
lie de vin, la tendance de plus en plus marquée vers les tonalités 
ambrées, vers les couleurs de soleil, vers la clarté. Et quelle 
étude humaine il a réalisé dans ce visage d'un vieillard de 
soixante-neuf ans , dont il marque à merveille le front jaune, le 
regard sinon éteint, mais refroidi, le plissage des yeux enfoncés 
dans l'orbite, la bouche qui tourne, qui rentre, parce qu'il n'y a 
plus de dents, mais dont la déchéance s'enoblit de la majesté 
d'un jabot de dentelle, et d'une perruque à la conseillère qui 
retombe sur l'épaule en tire-bouchon, en dragonne. 

C'était une dynastie importante d'Abbeville que celle des van 

(1) En i754, un Van Robais faisait construire une villa sur laquelle Sedaine a écrit une 
pièce devers intitulée: « Bagatelle ou description anacréontiqne d'une maison de campagne 
dans un des faubourgs d'Abbeville ». Vve De Vérité, 1770, in-S". n Cette retraite, écrit-il 
dans l'Avant-Propos, fei>oit plaisir aux Dieux... mais il n'appartient qu'à la Vertu de l'habiter. 
Son jardin est un lieu délicieux où le philosophe le moins abstrait douteroit souvent de son 
existence... c'est une merveille enfin! » 

Le 18 décembre 1767, un Théophile Van Robais " entrepreneur de la Manufacture de 
draps fins établie à .-^bbeville, y demeurant, et Jeanne-Julie-Rosalie Vanrobais, son épouse ", 
achetaient, à Saint-Maur-Ies-Fossés, une maison bourgeoise avec jardin et dépendances. 
(Archives de la Seine. ■! 



PI. 25 








£1 



— 99 — 

Robais. Propriétaires d'une fabrique de draps fins fondée sous 
Louis XIV, leur dignité les désignait à héberger les princes de 
passage en leur ville: « En l'année 1741, dit un manuscrit du 
XVlir siècle ( 1 ) . le 3 juillet, est arrivé en cette ville M. le Duc de 
Bourbon, duc de Chartres, fils de M. le duc d'Orléans. On lui a 
fait une entrée digne de sa naissance ; toute la bourgeoisie était 
sous les armes en double haie, depuis la porte Marcadée, par où il 
est entré, revenant de faire son tour de Flandre, jusqu'à la porte 
d'Auquet (sic) ayant passé le long de la chaussée et traversé îa 
place de Saint-Pierre et celle de Saint-Georges, ainsi continué par 
la chaussée d'Auquet, jusque chez MM. de Van Robais où il a été 
deux jours entiers. » Les van Robais, comme Hogguer d'Amster- 
dam, aimaient et encourageaient les arts. A plusieurs reprises, 
dans ses lettres à Desfriches, Perronneau parle de leur hospita- 
lité. Est-ce par eux qu'il a connu les Hogguer d'Amsterdam et 
qu'il a été introduit dans le cercle hollandais ? Ou, au contraire, 
est-ce par les Hogguer qu'il a été présenté à la famille van Robais? 
Il y a un évident trait d'union entre ceci et cela. En effet, en 
1745, M"° Marie- Anne van Robais, fille de Samuel, épouse 
Daniel Hogguer, dont l'aïeul avait été banquier à Paris et dont 
le père avait encore des intérêts importants en France. Elle 
mourut jeune, et Daniel Hogguer, dont il a été question précé- 
demment, épousa, en 1751, Henriette de Mauclerc. Plus tard, 
en 1771, son fils, Jean-Jacques, banquier à Paris, épousa, à 
Harlem, Madeleine-Sophie van Robais, née à Abbeville en 1756 
et fille de Josse Abraham. Toujours d'après les documents 
fournis avec tant d'obligeance par M. Staring, nous savons qu'en 
1773 Daniel Hogguer était nommé ministre plénipotentiaire des 
Etats généraux près le Kreits de la Basse-Saxonie et les villes 
lianséatiques h Hambourg. 



(1) Notes sur l'histoire d'Abbeville, 1G57-1764, tirées J'un m.inuscrif du xviii" siècU 
publiées par le comte Le Clerc de Bussy. Amiens, 1876. 



— 100 — 

Suivant l'opinion de M. Staring, basée sur l'âge des modèles 
de Perronneau, il faut dater de 1767 ou de 1768 trois pastels qui 
appartiennent à la famille van Weede de Dijkveld, à Utrecht. 

Willem Straalman, seigneur de Ruwiel (1723-1799) demeurait 
à Amsterdam ; il est représenté en buste, dans un ovale de 
pierre, tourné de trois quarts vers la gauche, vêtu d'un habit et 
d'un gilet de velours rose et d'une cravate de dentelle, les chev^eux 
poudrés, relevés sur les tempes et noués en catogan (pi. 31). 
Sa femme, Cornelia van Meeckeren ou Mekeren (1722-1783), 
est montrée en buste également, tournée de trois quarts vers la 
droite, vêtue d'une robe de soie bleue, d'une écharpe grise, avec 
un nœud du « parfait contentement », une dentelle modestie sur 
un décolleté immodeste, où triomphe un collier deperles(pl. 31). 
Leur fille, Cornelia Straalman (1751-1832) nous apparaît à i'âge 
de di.s:-sept ou dix-huit ans, de face, en buste dans un ovale de 
pierre, le visage incliné d'une façon tendi^e qui contraste avec la 
rigidité de sa mère (pi. 32) ; elle est vêtue d'une robe de soie 
jaune avec un nœud rose et une écharpe s'entr'ouvrant sur le 
décolleté que pare un collier de perles ; Cornelia Straalman 
devait par son mariage, en 1768, devenir M'"' van Weede de 
Dijkveld. 

De l'année 1768, l'exposition de Cent Pastels nous a donné 
deux témoignages. Le portrait d'homme qui appartient à 
Madame Fellows nous présente une demi-figure vue de face, une 
physionomie volontaire, un accord entre l'habit de velours acier 
à reflets bleu et le fond ambré. Le portrait de M''' Perpétue- 
Félicité Desfriches, la fille d'Aignan-Thomas Desfriches, née à 
Orléans le 30 avril 1745, épouse en 1777 de Jean Cadet de Limay, 
alors ingénieur en chef des Ponts et Chaussées à Tours, morte 
à Orléans en 1834, porte la même date et complète dignement 
la famille orléanaise. Des tons tendres, heureux ; la palatine en 
réseau soyeux, garnie de cannetilles satinées et de « blondes », 



— 101 — 

laisse transparaître, comme une trame de jour, la robe de taffetas 
ciel. Quelle légèreté dans ce tulle, quelle harmonie dans la robe 
qui semble faite d'un pan d'azur, d'où se détache, délicieuse- 
ment chiffonné, le nœud pékiné bleu et blanc du « parfait con- 
tentement ». On dirait une écharpe tissée par l'argentin travail 
du brouillard. 

Nous avons reçu, en 1914, une lettre intéressante de M. Abel 
Jay, de Bordeaux. Il nous signalait qu'il possédait un portrait 
de famille attribué à Perronneau, mais ne portant pas de signa- 
ture. Ce pastel ovale, de O^SS x 0'°47, dans un cadre ancien, 
représentait, sur fond gris-bleu, une jeune fille, les cheveux 
relevés et poudrés, un ruban noir autour du cou, un corsage 
blanc décolleté bordé d'une dentelle, avec une écharpe de mous- 
seline rose sur les épaules. Derrière le cadre, sur le papier ancien 
qui garnissait le fond, on lisait ceci : « Mademoiselle Corrégeolles, 
la troisième, peinte par M. Peronneau de l'Académie de pein- 
ture, fait à Bordeaux au mois d'avril 1768 ». M. Jay nous assurait 
que ce portrait n'était jamais sorti de sa famille et nous donnait 
quelques renseignements précieux sur le personnage et le milieu 
auquel il appartenait. Il avait relevé dans l'ancien registre de 
l'église protestante de Bordeaux la mention suivante: 

« Le 14 décembre 1774. Mariage de Jacques Clamageran, 
négociant, fils de Jean Bourgeois, avec Marthe Courrégeolles, 
fille de feus Isaac et de Marg. Biré. Présents: J.H. Baour, fils, 
Marg. Courrégeolles de Balguerie, Baour fils aîné ». 

M. Jay nous rappelait que Perronneau vint à Bordeaux à cette 
époque et qu'il y exécuta des portraits pour plusieurs riches 
familles protestantes qui étalent à la tête du commerce de la ville, 
notamment les Couderc et les Drawman. 

L'année 1769 est féconde en renseignements. Perronneau écrit 1769 
à Desfriches le 2 janvier 1770: « J'ay esté bien mortifiez de ne 



— 102 — 

vous avoir point embrassé à Paris où je suis arivé très bien portant 
malgré les fatigues d'un assé Ion voiage, mais comme M"" Per- 
ronneau croiait que j'allois en Espagne elle avoit quitté le loge- 
ment de Paris et a esté demeuré au petit Charonne. Cela m'a 
beaucoup fatigué de venir à Paris souvent à pied, ne trouvant 
pas toujours des fiacres au barières du faubourg St. Antoine... 
Je pence que cela (voyager) me seroit plus sûrement fructueux 
que de m'instalé avec un logement cher à Paris où je serois seul 
car le bacanal d'enfant me distroiroit. » 

Ce passage nous donne une indication sur la vie domestique 
de l'artiste lequel quitte son logement de la rue du Bouloir pour 
venir s'établir à sa maison du Petit Charonne qu'il avait achetée 
en 1765 ; cette indication concorde avec la liste annuelle des 
membres de l'Académie Royale. Perronneau fait allusion à un 
projet de voyage en Espagne qu'il ne peut réaliser entièrement. 
Il devait s'arrêter à mi-chemin, à Bordeaux, et son séjour en 
cette ville se place dans les premiers jours de l'année puisque le 
portrait de M"" Journu, la mère, figura au Salon du Louvre qui 
s'ouvrait au mois d'août. Ce portrait, à l'huile, signé eî daté en 
haut et à doite : 1769, apparaît, au milieu de la grâce un peu 
superficielle du XViir siècle, comme une étude exceptionnelle de 
gravité et d'humanité profonde ; par là, il s'apparente aux por- 
traits de l'école hollandaise et à ceux que l'artiste a exécutés en 
Hollande. M"" Journu est vue de face, les mains dans son man- 
chon, les épaules couvertes d'une mantille noire, le visage auréolé 
d'une cornette blanche par-dessus laquelle est jetée une écharpe 
noire dont les pans viennent se nouer sur la blouse blanche, un 
peu au-dessous du collier de perles dont l'éclat paraît mourir 
auprès des chairs vieillies. Par un artifice ingénieux de mise en 
page, qui place la tête très bas dans le cadre, le modèle paraît 
affaissé en une attitude lourde et pesante. Et tout l'intérêt, toute 
la clarté se portent sur le visage pétri de vieillesse et vidé, sur les 
yeux de bonté qui illuminent le grand front (pi. 33). 



PI. 26 




POUTRAIT D llOMMli 

Peiiiliire. Signi'e et datce 1765. 

(A il. Ren6 lîenjamin) 



— 103 — 

Le portrait présumé de M. Darcy (1) est aussi une peinture à 
l'huile. Quoiqu'il ne soit ni signé, ni daté, il offre toutes les appa- 
rences d'authenticité désirables (pi. 34). C'est une œuvre d'un 
grand caractère ; rien n'égale la dignité et l'allure distante de cet 
homme, dont le visage tourné, comme le buste, de gauche à 
droite, regarde cependant de face et obliquement. Les cheveux 
poudrés et frisés à marteau auréolent la physionomie autoritaire, 
le front lumineux et le regard fin. Le rabat, par-dessus le large 
ruban bleu auquel pend la croix de Saint-Louis, est l'accom- 
pagnement attendu de cette figure, dans la psychologie qu'elle 
suppose. 

Il faut ajouter à ces chefs-d'œuvre les portraits de 
M""" Râteau, d'une jeune fille et d'une petite fille qui se trouvaient 
dans la collection du docteur Azam, à Bordeaux, jusqu'en 
décembre 1899, pour se faire une idée de la moisson de 
Perronneau dans cette ville. Le livret du Salon mentionne celui 
de M" Journu la mère, tableau à l'huile de deux pieds trois 
pouces sur un pied dix pouces ; celui de M. Darcy, de même 
grandeur, à l'huile aussi ; celui de M. le Normand du Coudray, 
tableau d'un pied dix pouces sur un pied six pouces (au pastel), 
celui de M"" Gaugy, tableau d'un pied huit pouces sur un pied 
cinq pouces. Il convient d'y joindre M"" Desfriches, ainsi qu'il 
ressort d'une lettre de Perronneau à Desfriches (2) : « Madame 
est bien bonne d'avoir eu égard aux instances que je lui ay fait au 
sujet du portraict de Mademoiselle, et, vous, monsieur, de l'avoir 
aporté. Il a esté encore mieux placé que les piemiers jours. Mon- 
sieur Chardin m'a dit qu'il vous le renvoiroit, je vous fait bien 
mes remerciment à ce sujet. » En effet, Chardin, « concierge » du 
Salon, se charge de la réexpédition, comme en témoigne un 



(1) 11 ne saurait y avoir aucune identification entre ce portrait en buste et le portrait en 
oied qui figura au salon de 1769 et que Saint-Aubin a consigné, dans ses croquis, en marge 
de son livret de ce Salon conservé au Cabinet des Estampes. 

(2) 2 janvier 1777. 



— 104 — 

billet de M"'* Chardin à lamateur Orléanais (1) : « Le 7 octobre 
1769. — Monsieur et ami, j'ay envoyer hier vendredy, après 
midy, au carrosse d'Orléans, riie Contrescarpe, la quais qui 
renferme le portrait de Mademoiselle votre fille à votre adresse, 
il vous arrivera sûrement à bon port. » 

Sur son exemplaire du livret, conservé au Cabinet des 
Estampes, Saint- Aubin a croqué les œuvres exposées par Perron- 
neau ; on reconnaît M"" Journu, les mains dans son manchon, 
M. Darcy debout, Le Normant du Coudray (au crayon, Saint- 
Aubin a ajouté : tenant un recueil d'estampes), M'" Gaugy, tenant 
des fleurs, M"° Desfriches, et en note: « la joiie brûllée ». Que 
signifie cette remarque ? Peut-être le commentateur a-t-il 
entendu par là l'accentuation des tons préférés, des tons ambrés 
répondant aux tonalités bleues de la robe ? 

On ne trouve un supplément d'informations que dans le 
numéro d'octobre du Mercure de France ; dans sa lettre sur le 
Salon, Boulmiers déclare que « les Pastels de M. Peronneau ont 
un véritable mérite ; et, quoique le Faire de l'Artiste y disparoisse 
moins entièrement que dans l'exécution de M. de La Tour, ils 
satisfont néanmoins beaucoup les Amateurs. Il y a entr'autres une 
D"° Gaugy, dans laquelle on apperçoit avec émotion toutes les 
grâces d'une Nature naissante. » 

Les autres critiques s'en tiennent aux observations générales. 
L'auteur de la Lettre sur l'Exposition des ouvrages de Peinture 
et de Sculpture au Sallon du Louvre de 1769 écrit : « Vous 
trouvères dans ses Portraits une touche de goût, des finesses de 
couleur, et un dessein spirituel ; mais il me semble que ce n'est 
pas en général le ton de la nature, elle n'est pas si heurtée, le 
local en est trop roux. » 

Dans la brochure intitulée : Sentimens sur les tableaux exposés 
au Salon: « On lit avec plaisir cette manière facile d'écrire la 
nature dans les portraits de M. Perronneau. » 



(1) Collection Ratouis de Limay. 



— 105 — 

Une Lettre manuscrite adressée aux auteurs du « Journal Ency- 
clopédique » au sujet des ouvrages exposés au salon du Louvre 
de 1769 nous dit: « L'on reconnoit encore dans les portraits de 
M. Perronneau quelques restes des talens qui excitaient les 
applaudissemens du public ; ses pastels sont d'une légèreté de 
ton qui ferait presque croire qu'ils s'effacent en les transportant 
des différentes villes où il les a faits. Il est singulier que M. Perron- 
neau se soit déterminé à courir la province avec le talent qu'il a ; 
le séjour de Paris est le seul pour l'émulation et le bon goût ; et 
la fortune y réside toujours pour ceux qui la forcent à les favo- 
riser. » 

h' Avant-Coureur assimile Perronneau à La Tour : « Cet artiste 
(La Tour) ainsi que M. Peronneau, dont le salon nous offre 
aussi quelques portraits peints au pastel et d'autres à l'huile 
ne se contente pas de rendre la physionomie des personnes qu il 
peint ; mais il exprime encore leur caractère distinct, et pour 
nous servir d'une expression familière aux Anglais « leur 
humeur ». 

h' Année Littéraire de Fréron (1) souligne les mêmes 
qualités avec quelque restriction : « Quelques pastels et deux 
portraits à l'huile de M. Peronneau ont mérité l'estime publique. 
Il est peu de peintres qui voient aussi bien que lui dans la nature, 
et dont l'œil y saisisse autant de finesses de détail. Ses ouvrages 
demandent à être examinés avec attention pour en sentir tout le 
mérite. Cependant (qu'il soit permis de le dire) il leur manque 
ce premier charme qui attire le spectateur, cet effet qui donne 
de la saillie et de la rondeur. Les lumières paroissent un peu 
éteintes, et les ombres manquent de vigueur dans plusieurs 
endroits qui en seroient susceptibles et qui donneroient tout un 
autre relief à ses compositions. Ce défaut léger ne lui fait rien 
perdre vis-à-vis des connoisseurs attentifs, mais le commun des 
hommes ne lui rend pas toute la justice qui lui est due. 

(1) Lettre 13. 



— 106 — 

Diderot se montre dur: « Il faut que je me débarrasse, et vous 
aussi, d'une demi-douzaine de pauvres diables qui ne valent pas 
ensemble une ligne d'écriture: ...d'un Perroneau qui semblait 
autrefois vouloir être quelque chose et qui a bien changé d'avis 
comme il paraît par trois ou quatre pastels faibles de couleur, 
fades et sans effet. » 

Même sévérité dans les Mé7noires secrets de Bachatim07Jt (1) : 
ft La multitude de Portraits, Monsieur, qui se présentent de toutes 
parts à mes yeux, m'oblige malgré moi d'en parler à présent, et 
de traiter cette matière aride et monotone que j'avais réservée 
pour la fin. En vain le Public se plaint depuis longtemps de 
cette foule obscure de bourgeois qu'on lui fait passer sans cesse 
en revue... Grâces au malheureux goût du siècle, le Sallon ne 
sera plus insensiblement qu'une galerie de portraits. Ils occupent 
près d'un grand tiers de celui-ci ! Encore si l'on ne nous offroit 
que des hommes importans par leur état ou par leur célébrité, 
ou de jolies femmes du moins, ou de ces têtes remarquables par 
de grands caractères, et qu'on appelle têtes à médaille, en termes 
de l'art. Mais que nous importe de connoître Madame Guesnon de 
Ponneuil, Madame Journu la mère, M Darcy, M. le Normand du 
Coudray, M'" Gougy, M. Couturier, ancien Notaire, Madame 
Couturier, M. l'Abbé Jourdans, etc. Les noms ne flattent pas plus 
les oreilles que les figures ne plaisent aux yeux. On ne vante pas 
moins, par exemple, dans les têtes de M. de La Tour, le Roi du 
pastel, la beauté, le précieux fini de son faire, le grenu moelleux 
de ses chairs, qui en découvrant les pores presqu'imperceptibles 
de la peau, ne lui ôte rien de son uni, de son velouté. Ce genre 
de perfection le distingue infiniment du pastel crû, dur, rem- 
bruni de M. Peronneau, dont les portraits à l'huile ont aussi un 
caractère de rudesse qui doit l'exclure à jamais de peindre les 
Grâces, mais le rend très propre à tracer les rides de la vieillesse, 



(I ) Lettre II sur le Salon de 1769. 



PI. 27 




l'on l'K.MT d'iIOMMK 

Pcinluie. Signée et datée 1767. 

lA JI, Julien Folin) 



— 107 — 

la peau tannée d'une paysanne ou la morgue d'un Turcaret. 
M. Valade a plus d'aménité dans sa touche... » 

Heureusement les Affiches, annonces et avis divers réhabi- 
litent l'artiste, le mettant en bonne compagnie : « On remarque 
aussi de très beaux portraits de M. de La Tour, de M. Roslin, 
de M. Peronneau, de M. Valade et de M. Drouais. » 

De Paris, Perronneau se rendit à Abbeville avant la fin du 1770 
Salon. Il écrit à Desfriches, le 2 janvier 1770, d'Abbeville : « J'ay 
profité de l'automne pour venir chez Monsieur Théophille Van- 
robesse à Abbeville, faire le portraict de leur perre... Donné 
moy de vos nouvelles chez M. Théophille Vanrobesse à Abbe- 
ville. » Il s'agit de l'automne de l'année 1769, ce qui nous donne- 
rait la date et l'origine du portrait de l'ancienne collection Henry 
Michel-Lévy. Et en 1772, il ajoute: « J'ay fait des choses vigou- 
reuses à Abbeville dont M. Vanrobesse a quatres tableaux à 
Paris. » Que signifie ce mot à Paris ? Nous l'ignorons, mais le 
comte van Robais a vu autrefois, à Abbeville, quatre pastels de 
Perronneau qui pourraient bien être les quatre tableaux précités : 
le portrait d'Abraham van Robais qu'il possédait ; un portrait de 
M™ de Richement qui appartenait alors à M. de Boiville . 
deux portraits de membres de la famille Duchesne de Lamotte. 
L'un d'eux, le portrait de Marie Charlotte de Buissy, exécuté 
en 1770 (1), à Abbeville, comme l'indique lui-même l'artiste à 
côté de sa signature au crayon, peint sur parchemin dans les 
tons chauds du portrait de van Robais, se trouve en possession 
d'une descendante du modèle de Perronneau. Dame de Buissy a 
les cheveux relevés en haut toupet et poudrés. Un filet de 
velours noir entoure le cou, et par dessus le corsage rouge 
falballassé de ruchons et de bouillonnes en soie naccarat, elle 
porte un fichu de gaze blanche. 



(I) Une note ancienne, placée .111 dos du portrnii, porte ces indications: « Madame de 
Buissy, peinte au pastel à 26 ans par J.-B. Perronneau, peintre du Roy. T. C, de l'Academy 
roval de peinture et sculpture. Abbeville, Janvier 1770 ». Le portrait inesure 0'"64 sur O^SS. 

8 



— 108 — 

A propos d'une statue du sculpteur Pfaff, les Annonces et 
ajjicher. de Picardie relatent, dans leur numéro du 20 janvier 
1770, la présence de Perronneau à Abbeville : « M. Pfaff, célèbre 
sculpteur, résidant à Ahbeville (1), vient de terminer la statue 
de sainte Angèle ; cette figure a six pieds de proportion, est 
destinée à orner le maître autel de l'église des Ursulines de cette 
ville, elle est dessinée avec beaucoup de noblesse, son attitude 
est des mieux saisie, elle est debout auprès d'un priez Dieu tenant 
de la main gauche un livre ouvert et de la droite un crucifix vers 
lequel elle se penche affectueusement. La candeur et la modestie 
sont peintes sur son visage, tout y annonce l'amour divin dont 
cette vraie religieuse est pénétrée, son corps a toute la souplesse 
de la nature, il est adroitement balancé sans perdre de grâce, 
la draperie laisse apercevoir toute l'élégance du nu, les plis en 
sont simples, larges d'une manière savante. Enfin cette belle 
figure a mérité non seulement l'applaudissement des amateurs 
cîes beaux-arts, mais encore un éloge plus distingué de la part de 
M. Péronneau, peintre de l'Académie Royale de peinture et de 
sculpture à Paris, qui est actuellement à Abbeville ; c'est d'après 
cette figure, a-t-il dit à plusieurs jeunes élèves qui lui deman- 
daient la permission de copier quelques-uns de ses portraits, que 
vous pourrez faire d'excellentes études ; je n'ai rien à vous offrir 
qui en approche ; à ce trait, on reconnaît le vrai mérite, il met 
en même temps le comble à l'éloge de M. Pfaff à qui un homme 
de mérite et distingué par son goût pour les arts a adressé cet 
impromptu : 

« Angèle à ton ciseau doit sa nouvelle vie. » 



Il existe, dans la collection de M. Georges Dormeuil, un por- 



(I) Simon-Georges-Joseph Pfaff, né en 1715, à Vienne (Autricfie), exilé à la suite d'un 
duel, vint s'établir à Abbeville en 1752. 11 est l'auteur de deux statues en marbre blanc que 
l'on voit encore dans l'ancienne collégiale de Saint-Vulfran. — Voir la Généalogie du sculpteur 
Pfaff, sa vie et ses œuvres, par Cli. VC'ignier de Warre. Abbeville, 1897. 



— 109 — 

trait d'homme vêtu d'un habit vert bronze à touffes de passe- 
menteries et à boutons d'or, les cheveux noués en catogan, la 
main gauche engagée dans le gilet, signé et daté de 1770 (pi. 35). 
La physionomie offre une ressemblance frappante avec celle de 
l'homme aux trois roses, daté de 1756. La différence d'âge con- 
corde avec la différence de date. S'agirait-il du même person- 
nage? Et, dans ce cas, Perronneau serait-il allé à Bordeaux l'année 
même du voyage à Abbeville ? Cela n'est pas impossible, si l'on 
en croit une lettre qu'il adresse à Desfriches le 2 janvier 1770, 
d'Abbeville, et dont nous avons déjà cité quelques passages: 
« Je voiray d'autres villes et repasseray par Orléans où à mon 
passage j'aurois l'avantage de voire votre maison et Monsieur du 
Coudray et i peinderois l'époux de M°° Pinchinée (je ne sais pas 
son nom) ; de là j'irois à Lion ayant des connoissances pour cette 
ville, qui est aussi bonne que Bordeaux, mais il faut bien en fille. » 
Il semble donc que l'année 1770 ait été occupée à un véritable 
tour de France, d'Abbeville à Orléans, où il voudrait compléter 
le groupe de M°" Pinchinat et de M"" Pinchinat en Diane par le 
portrait de « l'époux de M""" Pinchinée », à Lyon, peut-être à 
Bordeaux, ce que tendrait à prouver le pastel de la collection 
G. Dormeuil. 

Un an après, jour pour jour, Perronneau est à Amsterdam. 1771 
Nous en avons la preuve dans une lettre qu'il adresse de cette 
ville au marquis de Marigny (1) : 

'( Monsieur, 
« Il est de mon devoir de vous présenté mon respect, mes hom- 
mages (puisque vous êtes le Ministre du Roy pour nous), mais 
c'est encore mon inclination qui m'i engage ; bon, juste, éclairé, 
mêsme avant que le Roy vous eu choisi (puisque vous assossiate 
à votre voïage d'Italie des hommes d'un mérite très-rare), accou- 
tumé de recevoir tant de sollicitations de personnes qui demande 

(1) Archives Nationales, 0', 1952. 



— 110 — 

et ne mérite pas toujours, vous recevez ces importunités par 
Etat ; écouté les mienne. Monsieur, avec intérois. Avant, je suis 
bien aise que vous sachiez une petitte anecdotte. 

« Il i a environ cinq années que des personnes de qualitée 
voulois que je peignissent le Roy et Mes Dammes, mais quelle 
ne voulois point que ce fut par la voie de Monsieur le Marquis 
de Marigni (ce sont les termes dont on se servi) ; on prévint 
Mes Dames et je n'avois qu'à aller à Versailles; je dis oui (ne 
voulant rien opposé), mais je parti de Paris à cette occasion ; il ût 
esté atrosse de ma par de l'entreprendre, si vous, Monsieur, ni 
ussent eu aucune part ; vous este la seul voie, et je ne suis pas 
capable de vous manqué. C'est la vérité que je vous expose. 

« C'est en 1753 que je fus reçeu de l'academy. Plusieurs ont eu 
par aux bienfaits du Roy par votre Ministère qui n'ont été receû 
que depuis à tite de grâce et à tite de mérite, accordé moy, 
Monsieur, les mêmes avantages. Je puis i prétendre (non pas, 
il est vraie pendant des temps que je m'étoit négligé. Il i a des 
présomtions pour moy. J'ay perdue la plus grande partie de 
mon bien et il ne me reste que ma maison du petit Châronne que 
M"' Perronneau habite, n'ayant plus d'apartement à Paris. Si 
cela n'étoit, je ne vous demanderois point un petit logement 
pour recevoir le publique, n'importe où, alors je resterois à 
Paris pour faire honneur a vos dons et à ma patrie. 

« Je suis, Monsieur, avec un très profond respect, votre très 
humble et très obéissant serviteur. 

Perronneau. 

A Amsterdam, chez M. Hogguer. 
Ce 2 janvier 1771. » 

Voici la réponse du marquis de Marigny (1) : 
« J'ai reçu, Monsieur, la lettre par laquelle vous me faites part 
du désir que vous avez d'obtenir à Paris un logement qui vous 



(1) Archives Nationales, Qi, 1222, fol. 36. 



PI. 2E 




BONAVI-.KTUKK JoUUNU 

^Pcinluie. SiRiiùe el datée 1767. 

(Ancienne collection Demottc) 



— 111 — 

facilite les moyens d'y retourner et d'y travailler à réparer les 
pertes que vous avez faites. Il n'y a, au moment actuel, aucun 
qui ne soit occupé et je ne prévois même pas qu'il y en ait sitôt 
à ma disposition. Il peut néanmoins se présenter des circons- 
tances qui me fournissent les moyens de vous obliger, et je ferai 
avec plaisir ce qui dépendra de moy pour vous mettre à portée 
de rentrer dans votre patrie et d'y faire usage de vos talens. 
Je suis, Monsieur, etc.. » 

A quelle catastrophe Perronneau fait-il allusion ? Ses lettres 
nous le montrent à court d'argent, préoccupé d'en trouver et 
résigné à courir le monde. Il disait en 1770 : « Monsieur de Four- 
queux insiste pour que je soient stable à Paris, moy j'i trouve 
bien du temps à perdre et de la misère. » 

Il s'en fallut que le séjour de Hollande lui fût favorable. Le 
14 mai 1772, de retour à Paris, il faisait part à son confident 
Desfriches de ses désillusions, dans une lettre (1) infiniment 
triste. La voici en entier, elle a son éloquence : 

a Ce 14 may 1772. 

« Monsieur et ancien amy (ce sont les meilleurs), 
« Je suis arivé à Paris depuis quelque jours, ou je ne resteray 
pas long temp car il me paroît qu'il ne me seroit pas util ni fruc- 
tueux dans ces circonstances, aussi n'ai-je veu personne que 
M. de Fourqueux mon ancien amie et protecteur; j'i ay diné 
avec un Monsieur Cadot, j'i ay aprie le mariage de madame 
votre cher fille. Monsieur de Trudaine est à Montigny ; j'ignore 
si je le vairay avant mon départ car je veut suivre encore quel- 
qu'année mes volages ; il nous est arivé tant de malleurs, tant de 
pertes, qu'il faut les réparé de tout mon pouvoir. J'ay des lettres 
pour différents endroits. J'aurois désiré vous voire et vous 



(1) Collection Ratouis de Lini.ny. 



— 112 — 

embrassé à Orléans mais je n'ay point de temp à donné à ce 
qui me feroit tant de plaisir, à moins que je nussent un ou deux 
portraict à i faire en passant. 

« J'ay peint à l'huille notre amy Monsieur Fouquet à Amster- 
dam qui vous aime beaucoup, nous avons bu à votre santée et à 
celle de Madame et de Mademoiselle. J'ay trouvé la Hollande 
bien différente de mon ancien voiage ; ils ont perdu moitié de 
leurs rentes et sans M. et M"' Hogguere et M. Rindorp, je n'u 
rien fait n'ayant esté occupé que lentement ; on n'i a eii mil 
bontée pour moy, bien reçu, logé partout aux belles campagnes, 
! autre voiage personne ne m'a invitée et j'i ay plus gagné en 
six mois qu'en deux ans celte fois ici. Et voilà quatres mois que 
je ne fait rien ; au reste l'aire de la Hollande ne m'a pas esté 
favorable ; ils ont un paye si mal sain, j'aime les jens et point 
le paye. Honnoré-moy d'un mot de vos chères nouvelles, de 
celle de Madame que j'assure de mes respects et Madame votre 
cher fille, aussi Messieurs Soyer, Le Normand du Coudrait et 
M' son frère, Champremaux, Pinchinée, La Bare et nos amis. 
Je suis. Monsieur et cher amy, avec un souvenir toujours plein 
de reconnoissances. 

Votre très humble et très obéissant serviteur. 
Perronneau. » 

« Si vous voiez M"° Bénier (1), voulé vous bien lui faire mil 
compliments de ma part. pLcrivé-moy rue du petit Careau, à cotée 
de la rue du Bout-du-Monde, chez une m" Lingère à Paris. 
Donné-moy le plutôt de vos nouvelles. » 

On relève dans cette lettre la durée approximative des deux 
voyages en Hollande. Le premier six mois, le second deux ans ; 
on y remarque aussi les noms des amis de Perronneau. Le por- 
trait de Hogguer, Perronneau l'avait exécuté en 1761, lors de 



(1) Dans les Etrennes orléanaises de 1775, M"" Besnier est mentionnée comme k peintre 
en mignature », habitant rue de la Lionne, à Orléans, et donnant des leçons. 



— 113 — 

son premier séjour aux Pays-Bas. Peut-être, à son deuxième 
voyage, a-t-il portraicturé M"' Hogguer ? 

Nous ignorons ce qu'est devenu le portrait, peint à l'huile, de 
Fouquet, marchand de tableaux, qui a de bonnes raisons 
« d'aimer )> Desfriches, qui lui vend des tableaux, et reste en 
correspondance avec lui. Le 4 juin 1772, il lui écrit précisément : 
« J'eai vue avec beaucoup de satisfaction M. Peroneau, et j'eai 
profitté d'une occasion qui ne se trouve presqe jamais et je me 
ferés toujours reproche de ne pas avoir proffitté de son offre 
gracieux. S'il est encore chés vous je vous prie de l'assuré de mon 
respec.» Par contre, il existait en l'église de Moïse et Aaron à Am- 
sterdam, une peinture à l'huile signée et datée : 1771 , représentant 
Petrus Woortman (1729-1791), prêtre catholique (1). L'esprit de 
de la physionomie compense un peu ce que la pose a de hiératique. 
Le visage, encadré des cheveux frisés en marteau, sourit douce- 
ment dans la lumière et atténue la sévérité de l'habit à brande- 
bourgs, de l'étole brodée de feuillages emblématiques et protégée 
— le détail est charmant — par un col de dentelle finement ajou- 
rée contre la profanation de la poudre tombée de la perruque. 

Si l'on en croit la lettre de Perronneau à Desfriches, « ce '772 
Vendredy 1772 », on est tenté de donner cette date à toute une 
série de portraits d'après la famille Boreel. Voici le texte: « J'ay 
pein à l'huille en Hollande, mais ce voiage n'a pas été aussi 
fructueux que celuy de 1761, quoique l'on m'aye autant payez, 
mais peut de personnes m'ont occupé, ayant perdu eu\-mêsmes 
sur la France et si ce n'ussent esté Monsieur et Madame Hog- 
guere, M. Rindorp et M. Rorelle, je n'ussent rien fait ; ils m'ont 
comblée de bontés, enfin je n'ay pas autant gagné en près de deux 
ans qu'en cinq mois, tout le monde de mesme a Amsterdam, et 
ma santé ni a pas esté bonne, l'aire estant si mal sain. » 



(1) Nous disons: existait, car elle a élé vendue par le pasteur et remplacée par une bonne 
copie; elle se trouve aujourd'hui dans la collcciion de Sir Philip Sassoon Bart, à Londres. 



— 114 — 

La plupart de ces tableaux se trouvent chez le jonkheer Boreel 
van Hogenlanden, le descendant de la famille, bourgmestre de 
Harlem, en son château de Waterland, à Velsen, dans la banlieue 
de Harlem. C'est tout d'abord Jacob Boreel (1711-1778), fils 
de Jean Boreel, en perruque poudrée, en habit rouge brique, 
gilet de la même tonalité, tour de cou en linon blanc et jabot de 
dentelle. L'œuvre, un pastel, est signée, mais non datée. II en 
existe une réplique chez un membre de la famille, en Angleterre. 
Une autre réplique, signée et datée 1778, appartient au jonkheer 
G. S. Boreel, au château de Westerhout, près de Beverwijk, 
également dans les environs de Harlern. Si le portrait original 
date de 1772, suivant le texte de Perronneau, le personnage est 
âgé de t^oixante et un ans ; si nous en croyons la date de la 
réplique, il porte soixante-sept ans. L'examen de la physionomie 
— bien entendu, ce ne peut être qu'un indice — révèle plutôt 
soixante et un ans. En tout cas retenons la date de la réplique. 
Elle situe un nouveau voyage de l'artiste aux Pays-Bas en 1778. 

Cinq autres portraits se trouvent au château de Waterland. 
Deux d'entre eux, des peintures de dimensions sensiblement 
équivalentes, représentent Jacob Boreel Jacobsz (1746-1796), 
fils du précédent, avec cette variante que les habits ne sont pas 
de la même couleur et que les profils sont tournés différemment. 
Même rigidité dans l'attitude du personnage, en habit brun, tour 
de cou de linon blanc et jabot de dentelle, les cheveux poudrés 
et noués en catogan, un tricorne passé sous le bras ; même finesse 
aussi dans le visage modelé en pleine lumière. Ce Jacob Boreel 
Jacobsz fut le deuxième époux de Jeanne Barbara Voët van 
Winssen, autrefois femme de Théodore Boendermaker. Le por- 
trait, à l'huile, de Jeanne Barbara porte à côté de la signature 
une date qu'il est difficile de lire, 1773 ou 1778? Nous penchons 
pour cette dernière date, puisqu'en 1773 Perronneau, par ses 
occupations, n'a pu avoir le temps d'aller en Hollande et que 
nous avons la preuve d'un voyage en 1778. Un filet de ruban fait 




FKIiDIiRIC Hausion de Lilienhahl 
Pcintuie. 1767? 

(liibliollièqiie do l'Université de Copcnliagiie] 



— 115 — 

valoir les chairs du visage et du décolleté ; elles s'enlèvent dans 
un corsage rose orné d'un ruchon étage, le « monte-au-ciel » vers 
lequel les boucles du chignon retombent lourdement en « confi- 
dent abattu ». Enfin, deux pastels représentent Willem Boreel 
(1744-1796), peut-être un autre fils de Jacob ; l'un n'est qu'une 
esquisse, effacée en partie ; l'autre est au contraire achevée et 
fort belle, dans sa souplesse et sa forme qui rappelle, par ses qua- 
lités, le portrait de Perronneau par lui-même. 

Dans les premiers jours de mai 1772, Perronneau était de 
retour à Paris. Il donne lui-même son adresse, qui coïncide avec 
l'adresse indiquée par l'Académie: « rue du petit Careau, à 
cotée de la rue du Bout-du-Monde, chez une m° Lingère à 
Paris ». Il ne songe pas à signer aux procès-verbaux de l'Aca- 
démie. Il s'agit bien de cela ! Il faut repartir: « Je veut suivre, 
encore quelqu'année mes volages, écrit-il à Desfriches. Il m'est 
arrivé tant de malleurs, tant de pertes, qu'il faut les réparé de 
tout mon pouvoir. J'ay des lettres pour différents endroits. 
J'aurois désiré vous voire et vous embrassé a Orléans, mais je 
n'ay point de temps à donné à ce qui me feroit tant de plaisir, 
à moins que je n'ussent un ou deux portraict à i faire en passant. » 

Il est probable que l'excellent Desfriches trouva aussitôt les 
modèles puisque derechef ce « vendredy » 1772, Perronneau 
lui écrit : 

« Monsieur et cher amy, 

« Puisque vous voulé que je vous avertisse de mon départ de 
Paris, ce cera samedy et seray à Orléans le jour de la Pentecotte 
(par le carosse, n'ayant pu avoir place dans la berline, m'i estant 
prie trop tar pour i avoire des places). J'ai esté fort enrumé 
depuis que j'ay eii l'honneur de vous écrire, ce qui a causé mon 
retart, car comme mon intention est encore de voiagé, je n'ay 
veii personne à Paris que Monsieur de Fourqueux. Les pertes 
que nous avons fait sur quelque papier publique nous ont mie 



— 116 — 

à l'étroit ; sans cela je me serois fixé à Paris, car depuis que j'ay 
quitté Orléans j'ay gagné 20,100 1. tout fraix fait, quand à mes 
dépences et moienant ce que je viend de vous dire, je me trouve 
pie que quand vous m'avez veu, bien heureux encore que 
M" Perronneau ait une maison au Petit-Châronne (quoique c'est 
une folie puisque cela revien à 27.000 1. et raporte très peu de 
chose en susse des dépences journalière pour l'entretien des 
légumes et autres ; mais elle i est logé et l'aire i est excellent et 
cela a toujour une valeur réelle, enfin cela se venderoit plus de 
20.000 1. mais sa santé foible (car je craint qu'elle ne soit un peu 
attaqué de la poitrine) m'a fait prêtée à cette dépence qu'elle 
n'ii pas faitte si on eut put prévoir de si fâcheuses circonstances. 
Je n'ay qu'un petit garçon de cinq ans é demie qu'elle a nourie, 
qui est charmant (que je vien de peindre) et cela n'a pas peut 
contribuer à altéré son tempérament. Elle est toujour triste, il 
faut donc que je tâche à gagné quelque chose et à présent qu'il 
n'i aura plus de dépense à faire pour ce bien, je placerois en 
sorte qu'il n'i a plus qu'à mettre à profit. J'ose dire que j'ay 
aquie dans mon petit tallans, j'ay fait des choses vigoureuses à 
Abbeville dont M. Van robesse a quatre tableaux à Paris. J'ay 
pein à l'huille en Hollande mais ce voiage n'a pas esté aussi 
fructueux que celuy de 1761, quoique l'on m'aye autant payez, 
mais peut de personnes m'ont occupé, ayant perdu eux-mêmes 
sur la France et si ce n'ussent esté Monsieur et Madame Hog- 
guère, M. Rindorp et M. Borelle, je n'ussent rien fait; ils m'ont 
comblée de bontés, enfin je n'ay pas autant gagné en près de 
deux ans qu'en cinq mois, tout le monde de mesme à Amsterdam, 
et ma santé ni a pas esté bonne, l'aire estant si mal sain. J'ay 
beaucoup de lettres, je jugeray avec vous et suiveray vos sages 
conseilles sur mes interois. Si je pouvois faire troix ou quatres 
portraict à Orléans, soit du marie de la fille de M. Pinchinée 
ou d'autres, cela me feroit plaisir et je partirois tout de suitte au 
loin (tout cela soit die entre nous), Monsieur, je n'ay rien de 



— 117 — 

caché pour vous de qui j'ay receii tant de bontée ; si j'avois plus 
de fortune, je passerois la moitié de ma vie à Orléans. Je seray 
très aise de voire souvent Mademoiselle Bénier, de la voire 
peindre, elle est pleine de reconnoissances pour vous car dans 
mon dernier volage de Paris, il i a 2 ans édemie, elle ne sessa 
de me dire quelle joie elle resentoit du cas que vous fesiez d'elle. 
Son caractère gaie, active, sage me l'a fait estimé particulière- 
ment. 

« Je m'aperçoie que je suis un bavar ; j'auray bien de la joie de 
vous embrassé et de présenté à Madame mes sentiments de 
reconnoissances et de soumissions ; ma foible voie à rendu hom- 
mage au mérite distingué de Monsieur Soier au diné que je fit 
chez Monsieur de Fourqueux ; présenté luy mes sivilités et à 
tout nos amis. La maladie de Monsieur du Coudrait, m'aflige 
beaucoup; j'espère qu'il s'en tirera. Adieu, Monsieur et vraie 
amy, je ne veut point vous importuné, je dessenderay vis-à-vis 
S*"" Croix, l'auberge où demeuroit un M. Huquier et j'auray 
aussitôt le plaisir de vous assuré du respect et de la reconnais- 
sances constante avec laquelle je suis. Monsieur et amy, 

Votre très humble et très obéissant serviteur. 
J.-B. Perkonneau. » 

On relève dans cette lettre une sorte de bilan de sa situation 
matérielle: 20.000 1. de gain depuis le dernier voyage à Orléans, 
c'est-à-dire en près de quatre ans, une spécufation malheureuse 
sur les <( papiers publics », l'acquisition prématurée d'une maison 
de campagne, une femme tuberculeuse, que l'absence perpé- 
tuelle de son mari rend neurasthénique, un enfant de cinq ans 
et demi qu'elle a nourri et dont il vient de faire le portrait, 
l'espoir d'exécuter d'autres portraits à Orléans, grâce à son vieil 
ami Desfriches, trois ou quatre, peut-être celui du mari de 
M'" Pinchinat, en attendant de repartir au loin, toujours en quête 
de la fortune. 



— 118 — 

Plusieurs œuvres témoignent de ce nouveau séjour à Orléans. 
Le portrait présumé de M. Miron (1) porte, en effet, la date 
de 1772 ; l'homme est corpulent, le cou fort, le visage sanguin ; 
aussi l'habit de velours bleu s'entr'ouvre négligemment et le 
décolleté se pare des dentelles de la chemise. L'Exposition des 
Beaux-Arts à Orléans, en 1884, a fait connaître les portraits en 
ovale, au pastel, de mêmes dimensions, et se donnant la réplique, 
de Pierre-Horace Demadières et de M""" son épouse, datés de la 
même année (2). 

Le 29 octobre 1772, M""" de Limay écrit à Desfriches, son père : 
(c J'étois bien sûr, mon cher Papa, que vous sériés content de 
M. et M'"° Ducluzel, je suis fort aise que M. Perroneau fasse le 
portrait de leur fils; c'est un bien joli modèle à peindre. » Ce 
passage révèle l'exécution d'un portrait, soit à Orléans, soit dans 
la « généralité » de Tours, dont M. Ducluzel était l'intendant. 

De 1772 datent également les portraits du marquis et de la mar- 
quise deCourcy(pl.36), tous les deux portraiturés par LaTourO), 
Michel-François Roussel, marquis de Courcy, seigneur d'Espour- 
don, de Courcy, de Claireau, Bouillancourt et autres lieux, 
chevalier de Saint-Louis, colonel au régiment de Quercy, lieute- 
nant du Roy de la ville et du château de Poix, est représenté en 
buste dans un ovale, regardant de face ; il porte un tour de cou 
en linon blanc avec un jabot de dentelle d'Alençon. Sur son 
habit de velours bleu ciel est épinglée la croix de Saint-Louis. 
Tandis que sa physionomie dénote la volonté et l'énergie, celle 
de la marquise de Courcy exprime la finesse. Par dessus le 
décolleté en carré, orné d'une modestie et du double nœud du 



(1) AlUrefois dans la collection de M. Camille Groult: vendu en juin 1920 à la Galerie 
Georges Petit 

(2) Ils appartenaient alors à M. Albert Porcher. 

(3) Les portraits, par La Tour, du maïquis de Courcy, en habit gris ouvert sur un gilet bleu, 
et celui de la marquise de Courcy, vêtue d'un costume rouge garni de fourrure et tenant 
un petit griffon blanc, avaient été prêtés à l'Exposition de Cent Pastels par M. .Arthur 
Veil-Picard. 



PI. 3o 




AiMiAUAM Van RuiiAis 
Pastel. Signé 1767. 

(Musée du Louvre) 



— 119 — 

a parfait contentement » en taffetas rose, elle porte une écharpe 
de gaze blanche, à rayures de satin blanc. Marguerite-Georges 
Roussel de Rocquencourt, marquise de Courcy, fille du seigneur 
de Rocquencourt était, par sa mère, cousine germaine de 
Mareschal, marquis de Bièvre, célèbre par ses calembours. 

Dans quelle ville a été exécuté le portrait au pastel de la com- 
tesse de Corbeau de Saint-Albin (1) qui est daté, lui aussi, de 
1772 ? On peut du moins mesurer la souplesse du talent : après 
les portraits de Hollande, plus de grâce, peut-être aussi un peu 
plus d'afféterie dans l'arrangement de la figure, de la poudre 
parsemée sur le haut toupet, sur le double croissant de boucles, 
sur les épaules, de l'écharpe de gaze vert céladon alternative- 
ment rayée de larges bandes satinées ou mates, de la modestie de 
dentelle qui encadre le jeune décolleté, du « corps » d'un bleu 
délicat, et du « parfait contentement «. 

Le 10 avril 1773, Perronneau se trouve à Lyon, d'où il écrit 1773 
à Desfriches : 

« Monsieur et vraie amy, 

« Que diray-vous de moy, je vous paroitroy un négligent de 
ne vous avoir point écrit ni remercier des amitiéz effectives que 
vous avez eii toujours pour moy. Hélas, si vous saviez combien 
i'ay eii de chagrin depuis que je vous ay veii, vous me pardonne- 
riez cette faute ! 

« J'ay trouvé M°" Perronneau dans la plus grande mélancolie 
qui a tellement prie sur son tempérament qu'el est tombé mal- 
lade ; je n'ay point de ses nouvelles depuis quelque temp ; je ne 
lui ay pas rendu assé de justice sur son économie et sur ses soins ; 
sa vertu a esté trop haustèrc et a prie sur santée ; c'est son état 
qui m'a rendu mallade depuis que je suis à Lion où j'ay languie. 
Je me sent mieux, sans cela j'aurois passé plus loin, mais je reste 



(H Collection Jubiiial de Saint-Albin^Geor};e Duruy. 



— 120 — 

encore ayant quelque occupations. Je prie Madame de recevoir 
mes vœux, mes hommages, mes remerciments ; je me souvien 
bien que je vous ay promis le portraict de Monsieur votre 
gendre ; j'espère qu'en courant mons et veau, je vous le feray. 
Continuéz-moy votre amitiés et présenté mes respects à Madame 
votre fille quand vous luy écriray ; je salliie nos amis et particu- 
lièrement Monsieur Soyer, Monsieur de Villeneuve et Madame 
son épouze. 

« Je suis, Monsieur, avec bien de la reconnoissance. 

Votre très humble et très obéissant serviteur. 
Perronneau. » 

« Mon adresse est chez M. Privât, rue Royal, vis à vis la mes- 
sagerie — maison Merciez à Lion. » 

De ce séjour, dont Perronneau ne semble pas enchanté, il 
reste un petit portrait, aux trois crayons, de Dutilleu. Au Salon 
de 1773 il envoyait: N° 62. Le portrait de V. R., tableau en 
pastel de vingt sept pouces sur vingt-deux. — N° 63. Le portrait 
de M. Dupérel, tableau à l'huile de mêmes dimensions. — 
N° 64. Le portrait d'un vieillard âgé de 83 ans, tableau ovale de 
vingt-trois pouces sur dix-neuf. — N° 65. Autres portraits sous 
le même numéro. 

Quel est ce vieillard âgé de 83 ans ? Quels sont les « autres 
portraits sous le même numéro »? 

Faut-il y voir les portraits, peints à l'huile, de M. et de 
M™ Braun, signés: Perronneau, et datés: 1773, qui se trouvent 
actuellement chez M. Knœdler, à Paris ? M. Braun, qui aurait 
eu le titre de chambellan, et M"° Braun, celui de dame d'honneur 
à la Cour de Furstenberg, vivaient à la fin du xyill" siècle à 
Strasbourg où ils jouissaient des droits de bourgeoisie française. 
Vu de face, dans un ovale de pierre, les cheveux poudrés, les 
yeux bruns, le teint animé, M. Braun est vêtu d'un habit violet 
pâle changeant et d'un gilet bleu agrémenté de passementeries 



— 121 — 

d'or (pi. 37). M"' Braun est représentée de trois quaits, égale- 
ment dans un ovale de pierre, les cheveux légèrement poudrés, 
les yeux gris-brun ; elle porte une écharpe de gaze blanche bordée 
de rose et un corsage de soie rose (pi. 38). 

Le catalogue de la vente Cronier décrivait ainsi, sous le n° 19, 
le portrait de M. Dupéril, une peinture sur toile ayant figuré au 
Salon de 1773, signée et datée de 1771: « Vu jusqu'à mi-corps 
de trois quarts à gauche, il est vêtu d'un habit rouge éteint, d'un 
gilet à jabot de dentelle et à boutons de métal. Les cheveux sont 
poudrés, coiffés à marteaux et noués avec un ruban noir. La 
physionomie est calme avec une certaine expression de dédain. » 
Perronneau, en 1771, voyageait en Hollande. M. Duperel 
serait-il un de ses modèles hollandais ? Or, ce « portrait de 
M. Dupéril (1) » ressemble d'une manière frappante à celui de 
Jacob Boreel Jacobsz (1746-1794), que nous avons déjà décrit. 
Que penser de cette confusion ? 

Les initiales V. R. ne désignent pas Van Robais, mais un 
Parisien. En effet, Daudé de Jossan (2) imagine le dialogue 
suivant entre deux visiteurs du Salon : 

L'abbé. — rc Voulez-vous jetter un coup d'œil sur ces portraits 
N°' 62, 63, 64 et 65 ? 

Myïord. — « Je ne connais pas les personnes. Je pense avoir 
vu ce M ***, N° 62, aux Thuilleries. 

L'abbé. — « Et moi aussi, cela m'a l'air très ressemblant ; mais, 
Mylord, nous avons encore un très beau sujet de marine à voir ? » 

Les autres critiques ne donnent aucun supplément d'informa- 
tions. 

Le Mercure du mois d'octobre se borne à signaler le succès de 
l'artiste: « Plusieurs portraits de MM. Peronneau, Drouais. 



(1) Cf. Les Arts, novembre 1905: La collection Cronier, par Arsène Alexandre. Cf. le cata- 
logue illustré de la vente Cronier. 

(2) Entretiens de M. l'abbé A" avec mylord B". Eloge des tableaux exposés au Louvre 
le 25 août 1773. 



— 122 — 

du Plessis et Aubri ont attiré l'attention des connoisseurs. » 
Ij' Année littéraire fait son éloge: « La réputation de M. Per- 
roneau ne s'est pas démentie ; au contraire, elle acquiert un 
nouvel éclat par plusieurs portraits à l'huile et au pastel où l'on 
voit les détails les plus spirituellement rendus. » Les Affiches, 
annonces et avis divers citent simplement « plusieurs portraits 
de M. Perronneau ». L'auteur des Dialogues sur la peinture (1) 
prête à ses interlocuteurs les paroles suivantes : 

M. Rémi. — « Sans converser ici avec personne, voyez un 
peu ces ouvrages de M. Per... 

M. Fabretti. — « Il y a de la noblesse dans ces têtes. Elles 
sont touchées avec esprit et dessinées scavamment. Mais ce 
mérite perd bien de sa valeur, parce qu'il n'y règne absolument 
aucune connoissance sur la couleur locale et ses effets. » 

Seul, Du Pont de Nemours, dans ses Lettres critiques (2) sur 
les salons de 1773, 1777 et 1779, publiées par Maurice Tourneux 
dans les Archives de l'art français, affiche le plus profond 
mépris pourPerronneau qu'il classerait volontiers, comme Diderot, 
parmi les pauvres diables qui ne valent pas une ligne d'écriture. 

La collection Wildenstein a contenu deux portraits à l'huile, 
de mêmes dimensions, signés et datés de 1773. On remarque 
dans ces deux œuvres la même grâce que dans le portrait de la 
comtesse de Corbeau de Saint-Albin. On nous a fait part d'une 
ressemblance entre les deux personnages représentés et les por- 
traits au pastel de lord et lady Coventry, par La Tour, qui pas- 
sèrent en 1905 à la vente Cronier. Les deux peintures auraient, 
de plus, été trouvées en Angleterre, ce qui nous donnerait la date 
d'un séjour de Perronneau dans ce pays, d'autant que l'on perd 
absolument sa trace après le Salon de 1773, et durant les années 
1774, 1775, 1776. 



(1) Deuxième édition, enrichie de notes. 

(2) Lettres adressées à la margrave Caroline-Louise de Bade. (Archives de l'Art français, 
nouvelle période, t. II, 1908.) 



PL 3i 




a, 







te 

S) 



C-, 



— 123 — 

En mars 1774, on lit dans les Dialogues sur la peinture de «774 
Renou : Dialogue IV — Sur M. Perrotineau — une apprécia- 
tion sur les œuvres du peintre, conçue en des termes absolument 
identiques à celle du Dialogue entre M. Rémi et M. Fabretti 
cité à l'année 1773. 

Peut-être le portrait d'homme, au pastel, qui a passé successive- 1775 
ment de la collection Thomas Agnew à la Galerie Bachstitz de La 
Haye, et à la maison Artaria et C" deVienne(l) a-t-il été exécuté, 
lui aussi, en Angleterre? Il porte, à côté de la signature, la date 
de 1775. Et c'est une oeuvre charmante : le toupet en « vergetîe », 
les ailes frisées, les cheveux légèrement poudrés et noués en 
catogan par un large ruban noir, voilà pour accompagner l'ex- 
pression volontaire, un peu dure, du visage. Le peintre ajoute à 
cette lumière celle du tour de cou en linon blanc ; il agrémente 
l'habit bleu barbeau de fausses boutonnières que simulent des 
galons d'or retenus chacun par un gros bouton ; il entr'ouvre le 
gilet en soie pékinée jaune et blanc, pour laisser passer un jabot 
de tulle brodé ; il glisse sous le bras du personnage, pour lui 
donner un maintien, un tricorne galonné d'or dont le bord se 
trouve naturellement vergeté par la ganse que retient une olive. 
Quoiqu'il n'ait pas exposé au Salon de 1775, nous relevons dans 
les Mémoires de Bachaumont (2), continués par Pidansat de 
Mairobert, un passage qui peut donner une indication sur l'opi- 
nion publique: « Quant au peintre, M. Robin, on lui trouve la 
touche dans le genre de M. Perronneau, c'est-à-dire grave et 
pesante, propre à sillonner un front de rides, à rendre les phy- 
sionomies dures, maussades et rembrunies. » 



(1) Exposition de Cent Pastels, 1908, n° 70, Ce pastel a figuré à la vente Rougier (Galerie 
Georges Petit, m.ii 1904, repr. d.nns le catalogue.) A la Galerie Baschsiitz (voir l'annonce avec 
image dans le Connaisseur de mai 1021), le portrait fut donné, on ne sait à quel titre, comme 
étant le portrait de M. de Billy. 

(2) Lettre I sur le Salon de 1775. 



— 124 — 

•777 Perronneau réapparaissait au Salon de 1777 avec un portrait 
ovale, peint à l'huile, de M. Coquebert de Montbret, consul 
général dans le Cercle de la Basse-Saxe, sur lequel les mêmes 
Mémoires (1) apportent un semblant d'éclaircissement: « Je 
vous parlerai encore du Portrait de M. Coquebert de Montbret, 
Consul général dans le Cercle de Basse-Saxe, moins à raison du 
Peintre M. Perronneau, dont la manière dure est en général peu 
estimée mais à raison du personnage qui, déjà Membre du Corps 
diplomatique depuis plusieurs années, se trouve initié aux mys- 
tères de la politique dans un âge où l'on n'en soupçonne pas 
encore l'existence, et fournissoit ainsi un sujet plus analogue au 
pinceau de l'Artiste. Celui-ci, en vieillissant la figure du jeune 
homme a du moins caractérisé son génie précoce et sa prudence 
déjà consommée. » Un passage des Affiches, annonces et avis 
divers (2) laisse à supposer que ce ne fut pas le seul envoi de 
l'artiste: « On voit aussi cette année les productions de M. Per- 
ronneau qui a mérité de la distinction dans le portrait au pastel. » 

«77» M. Pierre Decourcelle possédait un portrait d'homme, signé 
et daté de 1778. L'exécution de Perronneau se montre souple 
comme à l'habitude dans le jabot de dentelle, l'habit violet pâle, 
l'accord parfait du costume clématite et du fond vert. Le geste 
du personnage qui semble montrer, tant il le tient en évidence, 
un porte-fusain, le carton à dessin en cuir truite avec un ruban 
vert flottant, le décolleté familier aux artistes, tout indique un 
peintre. 

La même année, nous l'avons vu, Perronneau voyage en Hol- 
lande. Il y exécute la réplique que nous avons signalée du por- 
trait de Jacob Boreel, le père, datée de 1778 et conservée au 
château de Westerhoul, et les portraits de Joachim Rendorp 



(1) Lettre II sur le Salon de 1777. 

(2) 17 septembre 1777. 



— 125 — 

de Marquette et de sa femme Wilhelmina Hillegonda Schuyt. 
Ces deux portraits, peints à l'huile, appartiennent à M™ Gevers 
de Marquette, au château de Marquette (1). Joachim Rendorp 
de Marquette (1728-1792), plusieurs fois élu bourgmestre d'Am- 
sterdam, est vu de trois quarts vers la gauche, dans un ovale de 
pierre, les cheveux poudrés, noués en catogan ; il porte un tour 
de cou en linon blanc et un jabot de dentelle ; la main droite, 
sortant d'une engageante de dentelle, est passée dans le gilet. 
La peinture est signée « par J. B. Perronneau en 1778 » et porte 
de plus l'inscription peinte « Joachim Rendorp ond 50 Jaaren 
(âgé de 50 ans) ». Le portrait de M"" Rendorp (1728-1802), 
n'est pas signé ; elle est représentée de trois quarts, tournée de 
gauche à droite, dans un ovale de pierre ; elle porte un collier 
de perles ; le corsage décolleté est orné d'un nœud « le parfait 
contentement » que surmonte une modestie ; une écharpe de 
gaze passe sur les épaules. Les dimensions de ces deux portraits, 
dont l'état de conservation laisse à désirer, sont de 1"03 x 0'"92. 
N'est-ce pas à ce séjour de 1778 qu'il faut attribuer les deux 
peintures (2) qui appartiennent au jonkheer J. van Weede van 
Dijkveld? Albert Schuyt (1722-1791), d'Amsterdam, est figuré 
en buste, dans un ovale de pierre, tourné de trois quarts vers la 
droite, vêtu d'un habit et d'un gilet de soie bleu foncé sur lesquels 
tranche un tour de cou blanc. Le visage qui regarde de face, 
avec des yeux durs sous des sourcils très marqués, est pincé dans 
une physionomie qui concorde avec la rigidité derattitude(pl.39). 
Albert Schuyt était le frère de M""" Rendorp de Marquette et il 
possédait une propriété appelée Jagerslust, à Heemskerk, tout 
près du château de Marquette (3). Sa femme Johanna Cornelia 

(1) Ce château s'est nppelé château de Heemskerk, nom de la localité don. il dépend, 
jusqu'en 1612, époque à laquelle Daniel de Hertaing, seigneur de Marquette, lieutenant- 
général de cavalerie au service des Etats-tiénéraux, possesseur de ce fief, obtint le change- 
ment du nom de Heemskerk en celui de Marquette, en mémoire de la seigneurie de ce nom 
aux Pays-Bas méridionaux, qu'il avait vendue. ^Renseignements fournis par M. Slaring.) 

(2) H. 0.75; L. O.fil. 

(3) Renseignements fournis par M. Staring. 



— 126 — 

van Gheel van Spanbrock (1737-1797) n'est guère plus avenante: 
comme son mari, elle paraît en buste dans un ovale de pierre, 
tournée de trois quarts vers la droite, le visage haut coiffé, d'une 
manière qui dégage l'oreille ; elle regarde de face avec la même 
dignité austère ; la robe de soie bleu foncé, le décolleté géné- 
reux et le nœud du « parfait contentement», l'écharpe légère de 
mousseline blanche, le collier de perles ne suffisent pas à éclairer 
cette physionomie rébarbative (pi. 39). 

«779 Trois documents nous renseignent sur l'année 1779. Le 31 juil- 
let, Perronneau signe aux procès-verbaux de l'Académie. Le 
19 août, il « réclame les bontés de M. le comte d'Angiviller, pour 
obtenir des bienfaits du Roy un logement au Louvre ou dans les 
maisons qui appartiennent au Roy. M. de Tournéant (de Tour- 
nehem ?) lui avait donné sa parole qu'il en auroit un des premiers 
vacants. Depuis, M. le marquis de Marigny lui écrivit à Amster- 
dam que le premier seroit pour luy ; mais différents voyages qu'il 
a faits l'ayant empêché de se rappeler à son souvenir, les Peintres 
qui ont été reçus depuis luy ont profité du logement qui auroit 
dû lui être réservé. 

« Le suppliant ayant eu l'honneur de peindre plusieurs fois 
devant Sa Majesté, ne se servit point de cette occasion pour en 
obtenir cette faveur, se reposant toujours sur les promesses que 
M. le marquis de Marigny lui avoit fait. 

« M. le comte d'Angiviller pourra juger de ses talens, s'il 
daigne jetter les yeux sur quelques tableaux que le suppliant 
exposera cette année au Louvre, il espère beaucoup de ses 
bontés, tant par son rang d'ancienneté d'académicien que par 
les promesses qui lui ont été faites, il ne cessera de faire des 
vœux pour la conservation de ses jours. 

« Si M. le comte d'Angiviller a des ordres à donner 
à M. Peronneau, il aura la bonté de luy faire adresser chez 
M. Robin, agréé de l'Académie, cloître des Bernardins. » 



PI. 32 




M">-' CouNiiLiA Stkaalman 
Pastel. SiRiK'. 1767 ou 176S. 

A Ui f.iniilic: van Witilo van Dijkveld) 



— 127 — 

Cette supplique est annotée par Pierre, premier peintre du 
roi, de la manière désobligeante que voici: 

« Il y auroit trop de choses à répondre au présent mémoire. 
Elles pourroient être désobligeantes, quant au talent. Mais 
comme les encouragemens présentés par les supérieurs ne sont 
jamais que conditionels, l'on estime que sans faire sentir à 
M. Peronneau que ses plaintes ne sont pas plus fondées que ses 
droits, une réponse vaguement encourageante doit suffire (1). » 

Et Perronneau reçoit, en effet, la réponse suivante (2) fort 
aimable, mais hélas ! négative: 

« J'ai reçu. Monsieur, le mémoire que vous m'avez adressé 
et par lequel vous me demandez un logement au Louvre ou dans 
quelque maison du Roy, attendu l'ancienneté de votre réception 
à l'Académie. Je ferai volontiers en votre faveur ce que les 
circonstances me permettront, sur quoi je crois néanmoins devoir 
vous observer qu'il y a plusieurs officiers de l'Académie qui n'ont 
point encore de logement chez le Roy. Je verrai, au surplus, 
avec plaisir, les ouvrages que vous comptez exposer cette année, 
et je ne doute pas qu'ils ne soyent, comme ceux que vous avez 
mis dans d'autres occasions, très propres à vous faire honneur, 
ainsi qu'à l'Académie. — Je suis... 

d'Angiviller. » 

Le 25 août, il envoyait au Salon, nous dit le livret : « Plusieurs 
Portraits de Femmes en pastel sous le même numéro ». Les avis 
furent partagés. Le Mercure de France (3) se contente d'une 
citation: « On voit de M. Peronneau, plusieurs portraits de 
femmes en pastel. » Radet, l'auteur présumé de la brochure: 
Ah! Ah! Encore une critique du Sallon! Voyons ce qu'elle 
chante déclare que M. Perronneau a exposé « des Portraits dont 



(1) Archives Nationales, 0' 1673" (3M. 

(2) Archives Nationales, 0' 1135, fol. 122 

(3) Septembre 1779. Lettre d'un Ualien sur le Sallon. 



— 128 — 

on ne dit rien ». Une légère restriction dans la Bonne Lunette: 
« Les portraits faits par M. Perronneau sont pleins de légèreté, 
d'une teinte fine et délicate ; mais on demanderoit plus de réso- 
lution dans les formes et de fermeté dans les lumières. » Un autre 
folliculaire (1) a plus de générosité dans le jugement: « Un por- 
trait de M. Loir, nouvel agréé, et plusieurs autres par M. Per- 
ronneau, Artiste dont on connaît la touche fine et spirituelle, 
ont obtenu un grand nombre de suffrages. » h' Année litté- 
raire (2) mélange le blâme et l'éloge : « Les portraits de 
Monsieur Perroneau quoique d'une touche légère et moelleuse 
paraissent gris à côté de ceux dont je viens de parler (Callet, 
Duplessis, Roslin). » 

"780 Un pastel ovale appartenant à M. Wildenstein, signé et daté 
1780, nous donne une précieuse indication sur cette année. Il 
représente deux enfants, les frères Théophile et Quirin de Caze- 
nove, peints à l'âge de 15 et 12 ans (pi. 40). Leur père, Théo- 
phile de Cazenove, né à Amsterdam en 1740, mort à Paris en 
1811, fut chargé par la Compagnie hollandaise des Indes de 
l'achat de vastes territoires en Amérique. Il réussit dans sa mis- 
sion et fonda deux villes: Cazenovia, dans l'Etat de New- York 
et Olden Barneveldt. Il épousa en 1763, à Harlem, Marguerite- 
Hélène de Volkert van Jever dont la mère était Quirina van 
Sypestein. Il en eut deux fils: Charles-Théophile de Cazenove 
(1765-1813) qui épousa plus tard Julie-Catherine Roguin 
d'Yllens, et Quirin-Henri de Cazenove (1768-1856) qui devint 
dans la suite le mari d'Elisabeth de Villas-Boissière. Quelle 
meilleure preuve pourrions-nous avoir d'un nouveau séjour en 
Hollande ! Quelle distance parcourue depuis l'infant chamarré 
de l'année 1744 jusqu'à ces petits maîtres dans la fleur de l'âge, 



(1) Coup d'œil sur les ouvrages de peinture, sculpture et gravure de MM. de l'Académie 
royale au Salon de 1779. 

(2) Exposition de peintures, sculptures et gravures. 



— 129 — 

vêtus à la dernière mode du temps Louis XVI ! Leurs visages 
évoquent certains portraits du dauphin, parés de mélancolie. Ils 
ont la toilette négligée qui convient à leur âge, à leurs jeux, à 
leurs espiègleries. Comme les enfants de Chardin, ils jouent 
encore à la raquette, au volant ; mais leurs cheveux, frisés à 
la Panurge, retombant à la jockey, ne sont plus noués en catogan 
et flottent à leur guise. Ils ne portent plus l'habit à panier, mais 
de petites vestes collinettes lilas bleu et lilas rose, prenant leurs 
nuances dans les ailes changeantes des pigeons, avec des boutons 
en marcassite, et le col rabattu. Les gilets de même nuance 
s'entr'ouvrent sur des chemises garnies de ces collerettes qu'on 
appelle « pierrots hollandais ». Il se trouve enfin que la mode 
s'accorde avec le goût de Perronneau pour la simplicité. Elle 
prend parti de plus en plus pour les linons, les batistes, les 
mousselines rayées, tandis que les splendides brocarts de Lyon 
sont mis de côté. A la simplicité des blancs et vaporeux tissus se 
mêlent le charme et la naïveté des costumes pris à la paysannerie 
et qui, à cette époque, voltigent dans l'espace, comme l'air que 
l'on respire. La paysannerie est partout, dans l'imagination, 
dans les romans, dans la musique et dans les cœurs. C'est 
l'églogue à la manière de Fontenelle, quand il disait: « Il en 
va, ce me semble, des églogues comme des habits que l'on prend 
dans les ballets pour représenter des paysans; ils sont d'étoffe 
beaucoup plus belle que ceux des paysans véritables, ils sont 
même ornés de rubans et de points et on les taille seulement en 
habits de paysans. » Telle est la dernière œuvre datée que nous 
connaissions de Perronneau. 

Par une transition d'idées toute naturelle, il nous faut citer ici 
le portrait de Théophile de Cazenove en habit de velours clair 
sur un fond gris, vu de face dans un ovale de pierre, un tricorne 
passé sous le bras (1). 



(I) Le commandant de Cazenove possédait encore ce portrait en 1909. 



V. 



Voyage en Russie et dernier séjour en Hollande. — Mort de 
l'artiste. — Son caractère. — Les causes de son instabilité. 

1781-1783 



1781 « Un document récemment découvert à Pétersbourg par le 
baron N. Wrangell, l'infatigable chercheur qui a tant contribué à 
élucider l'histoire de l'art russe, écrit M. Louis Réau(l), confirme 
de la façon la plus nette la réalité d'un séjour du grand pastelliste 
français en Russie. Ce précieux document est emprunté à la 
Gazette ( Vie domosti) de Saint-P étersboiirg du 10 décembre 
1781, n' 99, qui mentionne, parmi les personnes partant pour 
l'étranger, « Perronneau, peintre de l'Académie de Paris, habi- 
tant sur la Perspective Nevsky, dans la maison Boudakov, chez 
M. Barail ». On sait qu'il était d'usage, à cette époque, pour tous 
les étrangers de distinction, d'annoncer le jour de leur départ 
dans la Gazette de Saint-Pétersbourg (2). 

« Le baron N. Wrangell, qui glisse cette note en appendice du 
remarquable article qu'il a récemment publié dans la revue russe 
Staryé Gody, sur les artistes étrangers du XVIIT siècle en Russie, 
se demande s'il s'agit bien du célèbre pastelliste Perronneau et 
il n'ose conclure. « Dans ses biographies, écrit-il. il n'est dit nulle 
part qu'il ait été en Russie; mais, d'autre part, je n'ai pas 



(1) Chronique des Arts du 11 janvier 1913. 

(2) Cf. Mémoires de Casanova, t. VI: (( Nous fixâmes le jour du départ. J'en envoyai 
aussitôt l'annonce à la gazette de la ville: c'est l'usage des personnages de distinction ». 



PI. 33 




M""' JoUHNU MKRIC 

Peinture. Signée et datée 1769. 

(Ancienne collection Demottc) 



— 131 — 

trouvé dans un seul dictionnaire un autre Perronneau qui fût 
membre de l'Académie de Paris (1). » 

« Il me semble que nous pouvons être maintenant plus affir- 
matifs. Il est inexact de prétendre que les biographes de Per- 
ronneau ne fassent pas mention de son séjour en Russie, puisque 
nous voyons deux de ses contemporains, l'abbé de Fontenay 
et le continuateur des Mémoires secrets de Bachaiinioni, con- 
firmer, dans leurs articles nécrologiques l'exactitude de l'infor- 
mation publiée par la Gazette de Pétersbourg. Cette concor- 
dance a l'évidence d'une preuve. Il est bien établi, désormais, 
que la vie errante de Perronneau l'a entraîné jusqu'en Russie. 
Nous sommes même en mesure de préciser la date de son 
voyage: c'est dans le courant de l'année 1781, deux ans seule- 
ment avant sa mort, que se place son séjour à Pétersbourg. 
Ce voyage nous explique son abstention au Salon de 1781. Il 
faut donc ajouter le nom de Perronneau à la liste des nombreux 
peintres français : Louis Caravaque, Le Lorrain, Lagrenée l'aîné. 
Louis Tocqué, Jean-Baptiste Leprince, Elisabeth Vigée Lebrun, 
etc., qui sont venus, pour un temps plus ou moins long, profes- 
ser à l'Académie des Beaux-Arts ou travailler à la Cour de 
Pétersbourg. 

« Dans quelles conditions Perronneau a-t-il visité la capitale de 
la Neva ? Il n'est guère croyable que la curiosité seule ou 
« l'inconstance de son caractère » l'aient déterminé à entre- 
prendre ce long voyage. D'autre part, rien ne nous laisse sup- 
poser que, comme tant d'autres artistes français du XVIII* siècle, 
il eut l'heur et l'honneur d'être mandé à Pétersbourg, qui était 
alors l'Eldorado des peintres de tous les pays d'Europe, par 
l'impératrice Catherine II ou par l'Académie des Beaux-Arts. 
Mais peut-être céda-t-il aux instances de quelque Mécène russe 
qui lui fit des commandes de portraits ? En attendant que la 



(1) i< Les Artistes étrangers en Russie » {Staryé Gody, juillel-eepterabre 1911, p. 79). 



— 132 — 

découverte de nouveaux documents nous éclaire sur les cir- 
constances et les résultats de ce voyage, nous devons nous bor- 
ner, pour le moment, à en affirmer la réalité. 

« Il est impossible que ce séjour en Russie n'ait pas laissé de 
traces, et les collections de Pétersbourg recèlent probablement 
des portraits de Perronneau qui n'ont pas été reconnus et iden- 
tifiés. On n'a pas signalé à ma connaissance dans les collections 
privées de Russie aucun pastel authentique de Perronneau. » 

La découverte du baron Wrangel nous conduit à nous deman- 
der comment Perronneau s'était décidé à partir pour la Russie. 
Y fut-il introduit par un de ses modèles, le docteur Poissonnier, 
oui se rendit en Russie de 1758 à 1761 auprès de la czarine 
Elisabeth ? Il a pu, d'autre part, être présenté à la comtesse 
Strogonoff par Desfriches qui était en relations avec elle. Par 
un billet du samedi 17 juillet 1779, elle prie le dessinateur 
Orléanais de « vouloir bien se rendre à l'image S' Nicolas, rue 
Bagnier où elle se trouve depuis quelques moments. » 

M"" Vigée Le Brun, dans ses Souvenirs, raconte sa visite, à 
Moscou, à la comtesse Strogonoff, femme de son vieil et bon ami, 
qu'elle trouva hissé sur une machine très élevée qui faisait con- 
tinuellement la bascule. « Je ne concevais pas comment elle 
pouvait supporter ce mouvement perpétuel ; mais elle en avait 
besoin pour sa santé ; car elle était dans l'impossibilité de mar- 
cher et d'agir, ce qui ne l'empêchait pas d'être aimable. » 
La comtesse de Strogonoft offrit à M"" Vigée Le Brun de 
loger dans une maison qu'elle possédait ; celle-ci n'accepta qu'à 
condition de faire le portrait de sa fille, comme prix du loyer. 

Chacun a pu voir, en 1908, à l'Exposition de Cent Pastels, 
un portrait du comte Louis-Claude Goyon de Vaudurant, sous- 
gouverneur de Bretagne, prêté par M. Wilbrod-Chabrol. 
Edmond de Concourt, qui avait les meilleures raisons de l'admi- 
rer, s'exprime ainsi, dans la Maison d'un Artiste: 



— 133 — 

« Louis Claude, comte Goyon de Vaudurant, sous-gouverneur 
de Bretagne, coiffé à l'oiseau royal ; il est en habit de velours 
noir, jabot de dentelle, gilet de soie à fleurettes traversé par le 
cordon rouge de commandeur de l'ordre de Saint-Louis. 

Pastel sur peau vélin. 
Provient de la collection du docteur Aussant de Rennes, où il 
était attribué à La Tour. Ce pastel, qui a tous les caractères du 
faire de Perronneau, n'a pu être exécuté par La Tour qui, déjà 
un peu fou, ne travaillait plus à l'époque où M. Goyon était 
nommé commandeur de l'ordre de Saint-Louis. » 

La décoration donne la date la plus ancienne que l'on puisse 
assigner à ce tableau ; le comte de Vaudurant a été nommé com- 
mandeur de l'ordre de Saint-Louis en 178L Nous ne pensons 
pas, en effet, qu'il s'agisse d'une oeuvre de La Tour; mais nous 
restons tout aussi sceptiques quant à l'attribution à Perronneau 
d'une oeuvre retouchée, qui n'a aucune des qualités de délica- 
tesse, de légèreté qu'on observe généralement dans l'œuvre de 
cet artiste. Si nous avons bonne mémoire, lors de la vente Gon- 
court, en 1897, l'e.x^pert, au moment de l'offrir aux enchères, 
avait cru devoir formuler des réserves sur cette attribution et 
avait même prononcé le nom de Ducreux. 

Nous A'oici arrivés au terme de ce long voyage vers la posté- 1783 
rite. Perronneau semble attiré de plus en plus vers cette Hol- 
lande, où il fut en 1754, en 1755, en 1761, en 1771, en 1772, 
en 1780. Il dut s'y arrêter une dernière fois, au retour de son 
voyage en Russie, à la fin de l'année 1781 ou au commence- 
ment de l'année 1782, puisqu'il quitta Saint-Pétersbourg le 
10 décembre 1781. 

Tandis que sa femme reste au logis, au Petit-Charonne, jus- 
qu'en 1783, et l'année de sa mort, rue Saint-Victor, dans la 
maison de M. Dufresnoy, Perronneau disparaît obscurément. 
C'est à peine si, le 20 décembre 1783, le procès-verbal des 



— 134 — 

séances de l'Académie Royale mentionne cette fin: « Il a été 
oublié de notifier la mort de M. Perronneau. » Quelques jours 
plus tard, le 10 janvier 1784, on lit dans le même registre: 
« Aujourd'huy samedy 10 janvier, l'Académie fait l'ouverture 
de ses conférences. Mort de M. Péronneau, décédé à Amster- 
dam, âgé de 68 ans. ■ — En ouvrant la séance, le Secrétaire a 
notifié la mort de M. Péronneau, Peintre Académicien, décédé 
à Amsterdam au mois de novembre dernier, environ dans la 
68° année de son âge. » 

Or on lit dans le registre des enterrements du cimetière de 
Leyde, situé à Amsterdam près de la porte de Leyde : 

20 novembre 1783- 

Jean-Baptist Perraimot. 

Van de Heeregragt by de Lyse Straat. Is gehaalt. 

Heeregracht (près de la rue de Lyse, où J.-B. Perronneau 
avait son domicile). 

Is gehaalt, c'est-à-dire on a cherché le corps. 

D'autre part, on remarque cette note dans le registre oii sont 
inscrits les noms des décédés, classifiés selon une taxe fiscale, 
payée pour leur enterrement. Un registre annuel et spécial donne 
les noms des personnes pauvres enterrées sans payement de 
cette taxe : 

1783 (November 19). 

Jan Martens v{oor) Jean Baptist Ferraunot 42 J{aren) Koorts. 

J. Martens est celui qui a dénoncé, déclaré la m.ort de 
J. B. Perronneau. — 42 J{aren) 42 ans. Les chiffres ne donnent 
pas le moindre doute. -- Koorts. Fièvre, cause de la mort. 

Les documents français et hollandais concordent quant à la 
date approximative de la mort ; ils se contredisent quant à l'âge 
du défunt. 

Peut-on voir dans cette contradiction une simple erreur de 
copie? On se souvient qu'au salon de 1746, Perronneau avait 
exposé « le portrait à l'huile d'un jeune écolier, frère de l'auteur. 



PI. 34 




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Peiiituio. I7f9? 

(Aiicu'iine collection Dcmntlc) 



— 135 — 

tenant un livre ». N'était la parfaite similitude des prénoms, ne 
pourrait-on pas voir dans cet écolier, beaucoup plus jeune que 
son aîné, le frère de Jean-Baptiste Perronneau ? L'âge de 42 ans 
donné par le registre du cimetière fixerait-il à l'année 1741 la 
date de naissance du jeune écolier de 1746? On remarque, 
d'autre part, dans le même document, qu'on a cherché le corps 
non pas à la rue de Lyse, où J.-B. Perronneau avait son domi- 
cile, mais près de Heeregracht, près de la dite rue. Il n'est pas 
impossible à priori, que les deux frères soient morts à la même 
époque. 

Le même jour que les registres de l'Académie, l'abbé de 
Fontenay signale en ces termes l'événement (1) : « Nous venons 
d'apprendre que M. Péroneau, peintre de portraits très distin- 
gué étoit mort cet Automne en Hollande. Cet artiste, né à Paris, 
fut d'abord instruit dans le dessin par M. Natoire ; ensuite il 
entra chez M. Cars, dans l'intention d'être Graveur ; mais il 
n'étoit pas né pour l'exercice d'un art qui demande beaucoup 
de constance et de patience. Il quitta la gravure et peignit au 
pastel. Il y fit des progrès très rapides et, en peu d'années, il fut 
en état de mériter l'approbation des personnes de l'Art les plus 
éclairées. Une des plus grandes preuves que nous en puissions 
donner, c'est que le plus célèbre peintre de portraits de nos 
jours, M. de la Tour, a voulu avoir le sien de la main de 
M. Péroneau et lui a toujours donné des témoignages de l'estime 
la plus distinguée. 

« Le dessin de ce Peintre était correct, ses attitudes d'un choix 
noble, la disposition des draperies, agréable, et sa touche légère 
et spirituelle. Le coloris et l'effet sont les parties foibles de son 
talent. Il l'a exercé presque par toute l'Europe et son instabilité 
fut une des singularités de sa vie. Rien n'a pu le fixer dans le 



(1) Affiches, annonces et avis divers ou Journal général de France, samedi 10 janvier 1784. 
Morts remarquables. 



— 136 — 



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— 137 — 

même endroit quelque avantage qui s'y présentât. L'Italie, 
l'Espagne, l'Angleterre, l'Allemagne, la Russie, la Pologne, 
Hambourg, la Hollande, et toutes les villes principales de la 
France conservent des preuves du séjour qu'il y a fait. Un goût 
si marqué pour changer sans cesse de domicile, n'a point empê- 
ché que M. Péroneau n'ait été bon mari, père tendre et fidèle 
ami. Il étoit de l'Académie Royale de peinture de Paris. » 

Quelques jours après, le 24 janvier, les Mémoires secrets de 
Bachaumont, continués par Pidansat de Mairobert (1), repro- 
duisent avec peu de variantes cette notice : 

« 24 janvier 1784. — On n'a appris que depuis peu la mort 
en pays étranger de M. Perronneau, dont l'Académie même 
ignorait la destinée, puisqu'il se trouve encore sur la liste de 
l'almanach royal de 1784. La vie errante qu'il avait toujours 
menée habituait à ne le point voir, et à se passer de ses ouvrages. 
Il n'avait point exposé au Salon dernier ni même en 1781. L'in- 
constance de son caractère l'avait empêché de se fixer nulle 
part, quelqu'avantage qui s'y présentât pour lui ; on voit de ses 
ouvrages en Italie, en Espagne, en Angleterre, en Allemagne, 
en Russie, en Pologne, à Hambourg, en Hollande où il a terminé 
sa carrière, et dans les principales villes de France. 

« C'était un peintre de portraits en pastel. Son dessin était 
correct, ses attitudes d'un choix noble, la disposition de ses 
draperies bien prise, mais sa touche lourde et sans effet. Il avait 
le coloris mauvais, ('e qui cependant, sans doute, fait l'éloge de 
son talent, c'est que le plus célèbre peintre de portraits de nos 
jours, dans cette manière, M. de la Tour, l'avait choisi pour 
faire le sien. » 

Ainsi les contemporains reculent encore l'horizon de Perron- 
neau. Nous suivions sa trace en France, à Ahbeville, Orléans, 
Angers, Bordeaux, Toulouse, Lyon, en Italie, à Turin, à Rome, 



(1) Cabinet des Estampes, collection Deloynes, t. M. Extraits manuscrits 



— 138 — 

en Hollande, à Amsterdam, La Haye, Utrecht, en Allemagne, 
à Hambourg (1), en Angleterre, en Russie, et voici qu'ils 
ajoutent à son itinéraire l'Espagne et la Pologne. 

A Paris même, quelle aimable fantaisie ! Le voici au moment 
de son mariage, dans cette rue Fromenteau, ou Froidmanteau, 
de mauvaise réputation qui passait déjà au temps du poète 
Guillot, pour un centre de prostitution ; à la Gerbe d'Or, vis-à-vis 
la place du Vieux Louvre, demeurait M"" Lany, une gracieuse 
'( surnuméraire » de l'Opéra, un de ses modèles. En 1756, il s'en 
va au bas de la rue des Fossés Saint- Victor (2) où Ronsard avait 
habité, où Buffon devait habiter en 1771 ; quatre ans plus tard, 
nous le trouvons rue de la Madeleine, dans une maison de M. de 
la Chapelle, au coin du faubourg Saint-Honoré (3). En 1763, 
il demeure « rue Notre-Dame des Victoires, la cinquième porte 
cochère à droite en entrant par la place », en face du couvent 
des Petits-Pères, et tous ces détails, on les distingue fort bien sur 
le plan Turgot (4). L'année suivante, on le rencontre « rue de 
Cléry, vis-à-vis la rue du Gros-Chenet (5) tout près de la maison 
de M"° de Cléry, la maîtresse de l'abbé Terray, près de la maison 
de Robert Poquelin, frère de Molière, de M"" Vigée, donnant 
dans son salon ses fameux repas à la grecque, puis y faisant dire 
secrètement la messe, tout près de l'autel où M. Lebrun hospi- 
talise quelque temps l'Exposition de la Jeunesse, tenue autrefois 
place Dauphine. 



(1) On trouve l'indice de son passage à Hambourg dans le portrait d'Henrich-Christoph 
Siemers (1719-1777), conservé à Hambourg che? M. Siemers, l'un de ses descendants. 

(2) Aujourd'hui rue Thouin, entre les rues du Cardinal Lenioine et de l'Estrapade. 

(3) Aujourd'hui rue Pasquiei*. 

(4) Planche XIV. 

(5) Plan Turgot, planche XIV: rue de Cléry, entre la rue Montmartre à peu près, jusqu'à 
la rue Beauregard, n" 60, et au boulevard de Bonne-Nouvelle; sur l'emplacement où est 
actuellement la rue de Mulhouse, s'élevait l'hôtel de Cuisy qu'habitèrent Necker et 
M™» de Staël. 



PI. 35 




PoRTUAlT d'uoMMIÎ 

Pastel. Signé et daté 1770. 

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— 139 — 

En 1765, le voici près de l'hôtel de Hollande, rue du Bou- 
loir (1), dont le nom rappelle un jeu de boules et, non loin de 
cette maison, de la rue Croix-des-Petits-Champs où habitait 
la Bourdan, célèbre entremetteuse du XViir siècle. En 1770, il 
s'installe près de la rue de Soly (2), dans la maison de M. Buret, 
rue de la Jussienne qui tirait son nom, par corruption, d'une église 
consacrée à Sainte-Marie-l'Egyptienne, à qui les filles venaient 
demander, dans leurs neuvaines, de ne pas devenir enceintes. 
Dupleix, le défenseur de Pondichéry, et après lui, à la mort de 
Louis XV, la Dubarry, occupait au n" 2 un joli hôtel aux belles 
ferronneries. En 1771, la liste de l'Académie lui donne une rési- 
dence, le « Petit Charonne, dernière maison neuve à gauche », 
cette maison de la banlieue qu'il semble avoir achetée pour les 
relevailles de sa femme. En 1772, il revient en deçà de l'enceinte 
fortifiée, mais à l'extrémité de Paris, au coin de la rue du Bout 
du Monde, chez une marchande lingère, dans cette rue des 
Petits-Carreaux, accaparée, en effet, par les lingères établies 
dans ce quartier depuis plus de deux siècles. En 1780, il retourne 
au petit Charonne, pour se trouver enfin, en 1783, dans la maison 
de M. Dufrenoy, rue Saint-Victor, où l'on voit encore de vieilles 
échoppes, non loin de la rue des Fossés-Saint-Victor où il avait 
autrefois demeuré. Il semble qu'il ait pris comme devise celle 
de Regnard, gravant sur un rocher du Cap Nord: sistimus hic 
tandem nobis ubi defuit orbis. 

Pourquoi cette course errante, sans répit? L'abbé de Fontenay 
dit: « Son instabilité fut une des singularités de sa vie. Rien n'a 
pu le fixer dans le même endroit, quelqu'avantage qui s'y pré- 
sentât. » Pidansat de Mairobert ajoute: « L'inconstance de son 
caractère l'avait empêché de se fixer nulle part. » 



(1) Aujourd'hui la rue Ju Bouloi va de la rue Croix-des-Pefits-Champs à la rue Coquil- 
lière, n» 27. 

(2) Plan Turgot, planche XIV, tout près de la rue de Cléry. En 1883, la rue Solye fut sup- 
primée; elle commençait rue de la Jussienne et finissait rue des Vieux-Augustins (aujour- 
d'hui rue d'Argout). 

10 



— 140 — 

Et cependant, tout le retient à Paris. L'hostilité de La Tour 
ne semble avoir été qu'un mythe ingénieux, inventé par les folli- 
culaires pour corser l'intérêt d'une lutte d'émulation; si l'on 
excepte Diderot et deux ou trois publicistes sans doute fatigués 
de l'entendre appeler le Juste, les journaux, les correspondances 
et les mémoires de l'époque s'ingénient à mettre les deux pastel- 
listes sur le même plan, à grouper leurs deux noms, à faire de 
Perronneau, plus jeune de dix ans, le continuateur de son aîné. 
Ses amis et Fourqueux « qui lui veut du bien », insistent pour 
qu'il soit « stable ». Lui-même ne le désire-t-il pas de tout son 
pouvoir ? L'amour de l'intimité familiale, du « chez soi », trans- 
paraît dans son œuvre, dans ses actes et dans ses paroles. Il a 
laissé d'adorables portraits d'enfants, des couples patriarcaux, des 
figures féminines qui expriment une poésie paisible. Ce qu'il 
aime à traduire, c'est la vie simple, intérieure ; la monotonie 
même de ses arrangements révèle un homme qui découvrirait 
^'olontiers un monde de joies dans un voyage autour de sa 
chambre. S'il voyage, c'est que les charges qu'il a voulu assumer 
pour réaliser un certain idéal à la manière d'Oudry et de Made- 
moiselle Froissié sont un fardeau trop lourd. Ce fils d'un bour- 
geois de Paris, né pour passer de longs jours, comme Chardin, 
entre le Louvre et les boutiques d'estampes de la rue Saint- 
Jacques, n'a pas le droit de « vivre entre ses parents le reste 
de son âge ». 

Certains écrivains insinuent, sans preuves, que cette instabilité 
a son secret dans la vie privée de Perronneau. Or, jamais il ne 
songe à faire grief à sa femme d'une succession qui a dû le 
grever; comme il craint « qu'elle ne soit un peu attaqué de la 
poitrine », il fait « une folie », lui qui n'est pas riche, et qui 
gagne « par mons et veau » 20.000 livres en cinq ans ; il achète 
une maison dans la banlieue, le Petit Charonne « car l'air y est 
excellent ». Ailleurs, il lui rend un hommage maladroit, mais 
cette maladresse même ne prouve-t-elle pas sa sincérité ? 



— 141 — 

« J'ay trouvé M"° Perronneau, écrit-il à Desfriches, dans la plus 
grande mélancolie qui a tellement prie sur son tempérament qu'el 
est tombé mallade ; je n'ay point de ses nouvelles depuis quelque 
temp ; je ne lui ay pas rendu assé de justice sur son économie 
et sur ses soins ; sa vertu a esté trop haustère et a prie sur sa santée ; 
c'est son état qui m'a rendu mallade depuis que je suis à Lion où 
j'ay languie. » 

L'homme nous apparaît sentimental, modeste, sans un soup- 
çon d'ironie, un peu perdu dans le vaste monde. Diderot qui 
n'est pas suspect de bienveillance, l'appelle « l'innocent artiste » 
et le déclare « trop franc pour ne pas reconnaître son infério- 
rité ». Perronneau ne s'abaisse pas, mais s'humilie, se fait petit, 
demande des conseils, n'a pas l'autorité de son talent ni l'en- 
vergure d'un La Tour. Timidement, vers 1772, à l'âge de 57 ans, 
cet académicien se risque enfin à s'affirmer : « J'ose dire que 
j'ay acquis dans mon petit tallans. » Partout dans ses lettres, ce 
ne sont que déboires, spéculations malheureuses, héritages 
embrouillés, prières à ses amis, requêtes aux grands : ce n'est pas 
le ton d'un homme à bonnes fortunes. Il quitte le monde discrète- 
ment, comme un salon trop rempli oii il ne veut rien interrompre. 
Trois mois après sa mort, sa femme épouse le peintre Robin (1). 



(1) Jean-Baptiste-Claude Robin, né le 24 juillet 1734, agréé de l'Académie royale, fut 
choisi par l'architecle Louis pour peindre le grand plafond du théâtre de Bordeaux. Il fit 
des tableaux d'histoire et aussi quelques portraits. Diderot fut aussi sévère pour lui que pour 
Perronneau: k II faudrait renvoyer cet artiste pour cinq à six ans à l'Académie, écrit-il dans 
son Salon de 1775 »; en 1781, il juge une « Transfiguration » de Robin pur ces mots: « Détes- 
table de tout point. Passez ». C'est à l'âge de 62 ans qu'il épousa, en deuxièmes noces, 
M"!» Veuve Perronne.iu ; il habitait alors la Pigeonnière, commune de Chailles, arrondisse- 
ment de Blois. Il mourut le 23 novembre 1818, à l'âge de 84 ans; M"' Robin, Veuve Per- 
ronneau, était morte à cette époque. Dans le registre des oppositions aux hypothèques 
(Archives de la Seine. 1123), nous avons relevé un acte d'opposition (( du 4<' jour de Pluviôse, 
an 3 de la République, à la requête de Jacques-Charles-Alexandre Keguelin, officier retiré, 
et Louise-Barbe-Marie Rozières, son épouse, demeurant à Strasbourg..., sur Jean-Baptiste- 
Claude Robin, peintre, et Charlotte-Louise Aubert, sa femme, elle avant veuve de Jean- 
Baptiste Perroneau, au sceau des lettres de ratification de la vente d'immeubles réels et 
fictifs, situés dans le ressort du tribunal du district. Dans les comptes-rendus des .Sociétés 
départementales des Beaux-Arts, M. Marionneau a publié un travail sur J.-B.-C. Robin. 



— 142 — 

Là encore, une tradition veut que Perronneau ait été dans la 
logique de son rôle et lui prête la générosité d'avoir conseillé, 
à ses derniers moments, cette nouvelle union (1). 

Qu'il y a loin de cette discrétion à la hauteur d'un La Tour. 
Prié à Versailles pour le portrait de M°" de Pompadour, celui-ci 
répliquait : « Dites à Madame que je ne vais pas peindre en ville. » 
Il lui réclamait, pour ce faire, quarante-huit mille livres. Per- 
ronneau n'exige pas tant. Desfriches, dans ses inventaires, estime 
ses portraits entre 30 et 100 livres. On lui paye six cent dix-sept 
livres celui du duc d'Humières, gouverneur du Boulonnais ; voilà 
ses prétentions. Cependant il ne manque presque jamais de 
donner à l'œuvre achevée la consécration de son paraphe. Il 
signe largement, d'une écriture inclinée, régulière, appliquée, 
ennoblissant son nom d'une magnifique initiale ; peu lui importe 
l'orthographe ! Tantôt il redouble Vr, tantôt il redouble \'n ; 
parfois il se contente d'un seul r et d'un seul n ; ailleurs il donne 
au mot toutes ses consonnes. Nous croyons qu'il faut adopter 
cette dernière manière, qui est celle de son contrat de mariage. 

Si les documents ne laissent pas le moindre doute sur ses 
habitudes morales, dans quelle incertitude sommes-nous en ce 
qui concerne son portrait physique ! Il existe, au musée de Tours, 
un fort beau portrait d'homme, signé, et qui passe pour être 
celui de Perronneau ; il s'y présente de face, vêtu d'un habit 
rouge brun à boutons d'or, d'un gilet rose à broderies vermeilles, 
qui s'entr'ouvre sur un jabot de dentelle, festonné, attaché à un 
tour de cou en linon blanc ; les cheveux poudrés se nouent en 
catogan ; la physionomie révèle l'âge, trente ans au plus, ce qui 
assignerait à l'œuvre la date de 1745, mais rien ne trahit la 
profession. Charles-Nicolas Cochin, ami de Desfriches, n'a pas 
manqué de ranger le peintre pastelliste dans sa galerie de médail- 
lons. Nous avouons qu'en général ces profils en série nous 



( 1 ) Rapporté par Maurice Tourneux. 



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semblent dénués d'accent personnel ; cependant celui de Per- 
ronneau échappe à cette uniformité. Ici le modèle paraît plus 
âgé ; mais autant qu'on puisse comparer deux portraits d'âge et 
d'arrangement différents, la ressemblance est frappante : un 
front dégagé, un regard direct, un menton accentué, un visage 
ovale, des traits marqués, une certaine énergie qui s'accorde mal 
avec tout ce que nous savons du personnage. 




VI. 



Vicissitudes de la réputation de J .-B. Perronneau. 
Sa technique. 



Voilà donc Perronneau entré dans la postérité. Là encore, il 
retarde sur La Tour ; avec lui, il fut englobé dans le mépris que 
le XlX" siècle, en ses premières années, manifestait pour tout ce 
qui touchait au siècle précédent. Desfriches, qui connaissait la 
valeur marchande des tableaux, n'allait guère au delà de cent 
livres pour un pastel de Perronneau (1). En 1912, à la vente 
Jacques Doucet, on adjugeait cent-dix mille francs le portrait du 
comte de Bastard. Lentement le pastelliste s'est élevé à la gloire 
précise des fortes enchères. 

Le premier, à notre connaissance, Arsène Houssaye, en 1858, 
dans une gentille comédie en un acte : Le Pastel de Mademoiselle 
Fel, maîtresse de la Tour, souligne le mérite de Perronneau. 

Ailleurs (2), il décrit ainsi le portrait de M"" Juliette: 

« Mais le portrait de Fleur-d'Épine, par Péronneau, est là qui 



(1) Voici les œuvres de Perronneau que mentionne Desfriches dans les différents inven- 
taires de son cabinet, avec les prix d'estimation qu'il leur assigne : 

Le 29 juillet 1752: 2 testes d'enfant; 1 contre épreuve d'Apollon; 1 teste d'après l'antique 
plus grande que nature; 1 académie; 1 teste de fleuve; 4 testes de Perronneau. 

Le 3 septembre 1760: Le portrait de Gillequin, par Perronneau, présent qui m'a esté fait 
(la bordure 12 1.), 30 I.; le portrait de Robbé, sous glace, par Péronneau (la glace et la 
bordure, 36 I.), 72 1. 

Le 28 juin 1774: Le portrait de Gillequin, 72 1.; un pastel représentant le matin, 72 1.; 
Portrait d'une femme, 24 '. 

Le 23 janvier i778: Le portrait de M" de Sabran, 24 1.; teste de femme, tenant un coq. 
72 1. ; le portrait de Robbé. sous glace, 120 1. 

(2) Arsène Houssaye, Princesses de comédie et déesses d'opéra, t. XVIII. Flenr d'Epine, 
p. 281. 



— 145 — 

me parle par la plus jolie bouche de toutes les belles folies de 
cette comédienne oubliée. Fleur-d'Épine me confesse ainsi 
qu'elle a aimé une fois, qu'elle a été aimée cent fois, qu'elle a 
tyrannisé tous les coeurs pour se venger de son premier amant. 
O les liaisons dangereuses ! dirait La Clos. 

« Ce portrait est une merveille d'éclat et de fraîcheur, — des 
fraises fondues dans du lait, des pêches mûrissantes, des lys et 
des roses, — ou plutôt, comme dit le poète antique : « Une goutte 
du sang de Diane sur la neige des montagnes ». Jamais le pastel 
n'a répandu plus de charme féminin, plus de grâce féline, plus 
de volupté pénétrante. » 

La biographie de Perronneau manque à l'histoire des peintres 
de Charles Blanc. L'auteur, à qui Maurice Tourneux signalait 
cette lacune, lui répondit : De mifiimis non curât praetor. Déjà 
cependant des amateurs devinaient ce talent méconnu. Bien 
avant la guerre de 1870, M. Camille Groult le recherchait très 
loin. Lisez plutôt ce joli passage du Journal des Concourt (1) : 
« Au bout d'une causerie sur l'art qui lui apporte une espèce 
d'enivrement, les yeux tout ronds, le bout du nez fébrilement 
dilaté, la bouche contractée comme en une dégustation gour- 
mande, Groult, au milieu de paroles en déroute, coupées par 
cette phrase : « Vous les verrez. Monsieur, chez moi ! », me parle 
de deux Péronneau, deux Péronneau achetés à quatre ou cinq 
heures de Bordeaux... achetés dans une propriété à laquelle on 
n'arrivait qu'au moyen d'une mauvaise carriole... Et le marché 
conclu, et M. Groult se disposant à les porter dans la voiture, 
la femme qui venait de les lui vendre lui disant : « Il y a encore 
» une condition... ce sont mes aïeux... et je ne consentirai à les 
» laisser sortir que la nuit tombée. » Et la vendeuse promenait 
dans les vignes son vendeur jusqu'au crépuscule. Ne trouvez- 



(1) Mercredi 8 janvier 1890. 



— 146 — 

vous pas quelque chose de joliment superstitieux, dans l'arrange- 
ment de cette femme pour que ces portraits de famille ne puissent 
pas se voir sortir de chez eux ! » 

Les frères de Concourt publiaient dans la Gazette des Beaux- 
Arts, dès 1867, une étude sur le pastelliste de Saint-Quentin où 
ils écrivaient, à propos de son portrait par Perronneau : « Un 
artiste que La Tour a eu raison de redouter et qui, en marchant 
derrière lui, a souvent dû l'atteindre. » Ailleurs ils ajoutaient: 
a Perronneau est un coloriste supérieur à La Tour. Il y a de la 
lumineuse école anglaise, du Reynolds dans son pastel. » 

En 1867, à la première vente Laperlier, passait le portrait du 
marquis d'Aubaïs, adjugé au peintre Emile Lévy. De son côté, 
M. Roux (1), de Tours, avait eu la bonne fortune d'acquérir, à 
des prix dérisoires, du garde champêtre de Nazelles, le dernier 
descendant de l'artiste, cinq portraits au pastel; à sa vente, en 
1868, M. Alfred Marne, obtenait pour 470 francs un pastel de 
femme en robe décolletée vert céladon ; pour 265 francs un autre 
portrait de femme endormie (pi. 41) ; M. Mannheim avait pour 
127 et 128 francs deux portraits de jeunes garçons, quelque peu 
endommagés, et le docteur Piogey enlevait pour 70 francs un 
portrait de jeune femme à la robe garnie d'hermine et de fleurs. 
A la même époque, Eudoxe Marcille achetait pour 25 francs, 
chez un fripier d'Orléans, un portrait de femme, au pastel. 
En 1869, M. Reiset, dans son catalogue des dessins du Louvre, 
esquissait une biographie du peintre pastelliste. L'année suivante, 
le musée achetait à l'expert Ferai fils, pour 300 francs, le portrait 
d'une jeune fille tenant un chat. 

Il est curieux de suivre, d'année en année, d'exposition en 
exposition, de vente en vente, le processus de cette réhabilita- 
tion, et de voir ce Perronneau méconnu se dévouer encore, 



(1) Philippe Burty écrivait dans la Gazette des Beaux-Arts, en 1862 : « Le cabinet de 
M. Roux est un des plus intéressants que je connaisse; un goût éclairé, une patience intel- 
ligente et d'heureux hasards ont présidé à sa formation ». 



PI. 37 




M. liliAUN 

PciiUmc. Si,gnéG et ihilcL- 1773. 

(A M. Kmcllirr) 



— 147 — 

après sa mort, à des œuvres de bienfaisance ou à l'édification 
des fortunes. Ainsi, on voyait deux de ses pastels, un portrait 
de femme et celui du comte de Bastard, à l'exposition organisée 
au Palais de la Présidence du corps législatif, en 1874, « au profit 
de la colonisation de l'Algérie ». En 1876, à Orléans, à une 
K exposition rétrospective des Beaux-Arts et des Arts appliqués 
à l'industrie », M™ Delzons prêtait les portraits de M. et de 
M""' Chevotet, et M. Porcher, ceux de M. et de M""" Pierre- 
Horace Demadières. l.a même année, V Intermédiaire des cher- 
cheurs et des curieux (1) publiait une série de questions rela- 
tives à notre peintre pastelliste, entre autres quelques renseigne- 
ments pris aux archives de l'ancienne Académie. 

En février 1879, à la vente Laperlier, on adjugeait 3,200 francs 
le portrait de Gillequin ; quelques mois plus tard, en mai et en 
juin, M. de Concourt envoyait à l'exposition des dessins anciens, 
à l'Ecole des Beaux-Arts, le portrait de Vaudurant. Philippe de 
Chennevières écrivait à ce propos : « Perronneau, avec le por- 
trait de M. de Goyon de Vaudurant, sous-gouverneur de 
Bretagne, acquis par MM. de Concourt à la vente Aussant, beau 
pastel d'une couleur intense et empâtée, rappelant les tons de 
l'école anglaise, fait ici bonne figure à côté de son rival. » 

En 1881, à l'exposition rétrospective de Tours, on admirait 
le pastel de femme de la collection Mame et Alfred Darcel le 
déclarait « la merveille du genre ». Dans le même temps, à la 
vente Wilson, on donnait 5,050 francs du portrait du comte de 
Bastard (2). En juillet 1883, Eudoxe Marcille achetait à Pui- 
seaux (Eoiret), pour le musée d'Orléans, le portrait à l'huile de 
Robert Soyer, qu'il payait 100 francs. 

L'année 1884 est glorieuse: à l'exposition de l'art du XVIII' 



(1) 10 mai 1876. 

(2) Dans une réunion de.s Sociétés îles beaux-ans des liép-irtements, en 18S2, M. Gaston 
Le Breton fais-iit une cnmmunlcation sur « un très beau pastel de J.-B. Lemoine, de la collec- 
tion Groult ». 



— 148 — 

siècle organisée aux galeries Georges Petit, il y avait un pastel 
de jeune fille, à M. Camille Groult. L'exposition des Beaux-Arts 
d'Orléans ne comprenait pas moins de onze pastels et peintures 
du maître: Desfriches et sa famille. M"" Fuet, l'Aurore, M. et 
M"" Pierre-Horace Demadières, Robbé de Beauveset, M. et 
M"° Chevotet, la jeune fille au chat qui appartenait alors à 
M. Huau. 

Enfin, on lit en 1884, dans les Comptes-rendus des Sociétés 
départementales des beaux-arts : « L'ordre du jour appelle la 
lecture d'un travail de M. Eudoxe Marcille, membre non rési- 
dent du comité, vice-président de la réunion, sur le portrait de 
Robert Soyer par Perronneau. » La même année enfin, Mau- 
rice Tourneux, dans l'Intermédiaire des chercheurs et des 
curieux, sollicitait, en faveur de ses recherches, le concours des 
correspondants français, hollandais et anglais, et, le 10 décembre, 
Alfred Darcel, dans le même journal, donnait la première indi- 
cation : « M. Coquelin aîné, sociétaire de la Comédie-Française, 
doit posséder un portrait de vieillard qu'on dit être Jean-Baptiste 
Rousseau, par Perronneau. » 

A l'exposition des portraits du siècle, ouverte à l'Ecole des 
Beaux-Arts, le 20 avril 1885, au profit de la Société Philanthro- 
pique, c'étaient deux portraits d'inconnus et le bénédictin de la 
collection Marcille. Le même mois, aux galeries Georges Petit, 
la Société des pastellistes français, voulant se mettre sous le 
patronage des maîtres anciens, réunissait dans une « rétrospec- 
tive » les portraits de Charles Le Normant du Coudray, alors à 
M. Alexandre Dumas fils, du comte de Bastard, d'un gentil- 
homme (à M. Marmontel), de M. et de M""' OUvier, de M. et de 
M"' Pierre-Horace Demadières, de La Tour, une tête d'homme 
à M. CoqueHn aîné, une tête de femme à M. Eudoxe Marcille. 
A la vente La Béraudière, également en 1885, passait un portrait 
de Marie Leczinska payé 5,500 francs. A cette occasion, le baron 
Portails publiait dans la Gazette des Beaux-Arts, un article qui 



— 149 — 

n'apportait aucune lumière nouvelle, mais qui insistait avec bon- 
heur sur la valeur des oeuvres de Perronneau. 

En 1896, Maurice Tourneux publiait dans la Gazette des 
Beaux-Arts trois articles très substantiels (1), où il résumait les 
études entreprises depuis plus de douze ans. A la vente de Gon- 
court, en février 1897, le portrait du comte de Vaudurant, sur 
lequel l'expert avait cru devoir formuler des réserves quant à 
l'attribution, ne dépassait pas l'enchère de 3,000 francs. Au 
mois d'avril, l'exposition des portraits de femmes et d'enfants, 
ouverte à l'Ecole des Beaux-Arts, groupait le portrait de la col- 
lection Eudoxe Marcille, ceux de M™ Dutilleu, et « d'une jeune 
femme en costume noir et rose tenant un loup » prêté par un 
amateur anonyme. 

En 1898, à la vente de M. Marmontel, professeur honoraire 
au Conservatoire, un portrait d'homme, au pastel, signé et daté 
1770, atteignait le prix de 5,700 francs. En 1899, à la vente Mulh- 
bacher, un pastel attribué à Perronneau n'allait pas au delà de 
2,520 francs. 

A la vente Mame, en avril 1904, Perronneau triomphe 
enfin: le portrait de femme provenant de la collection Roux 
est adjugé 70,000 francs et la femme endormie, de la même 
provenance, va jusqu'à 30,000 francs. Signalons à la vente 
Ch. P. de Meurville, en mai 1904, les portraits du marquis de 
Camyran et d'une jeune femme. Le même mois, à la vente 
de la collection de la princesse Mathilde passent deux peintures 
à l'huile: le portrait de Laurent Cars atteint 12,500 francs et le 
portrait d'un gentilhomme que la princesse Mathilde, conseillée 
par le marquis de Chennevières avait acheté jadis 175 francs, 
parvient à l'enchère fabuleuse de 110,000 francs ! Voici, à la 
vente du comte de Bryas, le 6 février 1905, le portrait présumé 
de la marquise d'Anglure, adjugé 39,000 francs. 



(I) Réunis en 1903 en une plaquette de 60 paRCS. Gazette des Beaux-Arts. 



— 150 — 

A la vente Cronier, en décembre 1905, les portraits de 
M. Dupéril, de Marie-Louise-Catherine-Françoise-Colette de 
Villers, épouse de Jacques-Nicolas le Boucher de Richemont, 
peint en mars 1770 (10,600 francs), d'un homme (20,000 francs) 
et d'une femme inconnue (28,000 francs) ; dans un catalogue 
du 19 avril 1907, le portrait de M. E. Floret, signé et daté 1773, 
(4,000 francs) ; dans un catalogue du 16 avril 1907, le portrait 
d'un gentilhomme, signé et daté 1775 (15,000 francs) ; dans un 
catalogue du 8 avril 1908, un portrait de femme signé et daté 
1768 (22,000 francs). 

En 1908, Perronneau devait atteindre à la grande gloire de la 
popularité. L'exposition de Cent Pastels, organisée par la mar- 
quise de Ganay, au profit de la Société française de secours aux 
blessés militaires, et ouverte aux galeries Georges Petit du 18 mai 
au 17 juin, réunissait trente-trois de ses pastels, presque tous 
indiscutables. Le 22 mai, le peintre Albert Besnard, aujour- 
d'hui directeur de l'Ëcole nationale des Beaux-Arts, faisant au 
milieu de tous ces chets-d'œuvre une conférence sur le pastel 
au XVIir siècle (1), expliquait avec un sens très fin pourquoi 
Perronneau ne fut pas très bien compris de ses contemporains : 

«... Je crois, moi, que si Perronneau fut si mal compris de son 
temps, c'est qu'il est venu trop tôt. Ici même, au milieu de cette 
troupe somptueuse, il fait l'effet d'un moderne égaré chez les 
anciens. 

» Personne ne comprenait rien à ce qu'il voulait dire. 

» Des gens accoutumés à l'acuité d'un Latour ne pouvaient 
distinguer la liberté de sa couleur. J'ai dit plus haut que le public 
n'aimait pas à être gêné dans ses habitudes. Perronneau le gênait 
parce qu'il l'obligeait à regarder une chose dont personne n'avait 
eu jusqu'alors la révélation: la couleur. Il y avait bien eu Wat- 
teau ! Mais ce n'étaient que des fantaisies dans des paysages. 



(1; Reproduite intégralement par la Grande Revue, numéro du 25 juin 1908. 



PI 38 




l'ciiiliiie. Signée et daléc 17/3. 

(A M. Knœdler) 



— 151 — 

Portraitiste, peut-être eût-il été méprisé. Le public devient 
féroce dès qu'il s'agit de sa figure, et on lui eût dit volontiers 
comme l'Empereur d'Autriche à Mozart après la représentation 
de Don Juan : « Trop de couleur, Perronneau, trop de couleur. » 
A quoi il aurait pu répondre aussi : « Juste ce qu'il en faut, ni une 
de plus ni une de moins. » Combien est étrange cette propension 
des foules à faire l'éducation du génie ! Il serait pourtant bien 
temps de reconnaître que c'est toujours celui-ci qui, en fin de 
compte, impose sa loi par la raison très simple que l'intelligence 
des foules est dispersée et que la sienne étant concentrée, ramas- 
sée, tassée, par conséquent plus pénétrante, doit fatalement 
triompher. 

» Mais revenons à Perronneau. Comparez ses personnages à 
ceux de La Tour. Ceux-ci droits, élancés, toujours sur le qui-vive, 
malins comme celui qui les a peints, dardent toute leur vie par 
les yeux ; car c'est surtout par les yeux qu'ils vivent. Le masque 
est tout dans un portrait de La Tour, et c'est pour cela que ses 
préparations sont des chefs-d'œuvre qui se passeraient fort bien 
d'avoir des corps. La matière des vêtements est plutôt indiquée 
que réalisée, malgré l'admirable conscience qui les a tracés. Il 
manque à ces êtres une atmosphère propre. Aucun échange 
d'ambiance. La coloration est arbitraire et on aperçoit peu de 
différence entre le teint d'une femme et celui de son compagnon. 
L'ombre qui fait saillir la tête est la même qui modèle les traits. 
Et, certes, cela ne se passe pas ainsi dans la nature. L'absolu 
n'existe pas dans l'apparence. La vérité serait insupportable si 
elle n'était mouvante. C'est donc une faute que de nous la mon- 
trer immuable. 

» Perronneau, lui, cerveau moins complet, plus fruste, doué à 
cause de cela, sans doute, d'une sensibilité plus aiguë, l'a com- 
pris ; ses têtes, ses vêtements, sont baignés de l'onde mouvante 
que créent autour d'eux la lumière et le reflet. Il perçoit les 
différences de matières. Le blanc d'un jabot est différent de 



— 152 — 

celui des cheveux poudrés. Le visage a un ton, l'habit en a un 
autre dont la lumière se comporte autrement que celle du visage. 
Il note les accidents du costume, un bouquet de roses fanées 
s'échappant d'une boutonnière. Il peint enfin des gens qui ont 
la peau rose, rouge, jaune, et dont les types proclament l'évo- 
lution de l'espèce, ce qui réjouit infiniment notre cœur moderne, 
mais ne pouvait toucher une société confinée dans le désir de 
plaire et la ferme volonté de ne voir dans la vie que le côté 
plaisant. Voilà pourquoi Perronneau fut incompris de son temps. 
Il lui montrait des prodiges qu'il n'était pas préparé à regarder. 
Plus avisé, il se serait dit que le public est comme un cheval à 
l'écurie, il faut le prévenir avant de le caresser. Et Perronneau 
ne le prévenait pas. 

» Comprenant que le triomphe complet ne lui viendrait jamais, 
bien que l'Académie lui eût ouvert ses portes, il s'en alla en 
Hollande, devinant, ce maître des harmonies, que là était sa 
vraie patrie, non loin de Rubens et tout près de Rembrandt. Il y 
mourut à Amsterdam en novembre 1783. Peu s'en inquiéta le 
public, l'Académie encore moins, puisqu'elle oublia de notifier 
son décès en temps voulu dans les séances mensuelles... Plus 
j'étudie cette admirable collection, plus je regarde Perronneau, 
plus il me semble voir en lui un frère de Watteau. Même choix 
de costume ou presque. Comme Titien et Véronèse, il aime les 
vêtements noirs et gris, ces deux couleurs favorites des pastel- 
listes, parce qu'elles aident au jeu des ombres et sont l'appui 
nécessaire des tonalités claires ; d'ailleurs le blanc, le noir, le 
gris, sont le point de départ de toute harmonie. Dans Rubens il y 
a toujours quelque part un noir, et partout des gris. Tous les 
autres tons au fond ne sont que des variétés de ces trois tons, 
qui ne sont pas, à proprement parler, des couleurs, mais seule- 
ment des valeurs que l'atmosphère colore ou varie au gré des 
contingences. 

Perronneau n'use pas seulement de ces trois valeurs, il fait une 



— 153 — 

ample consommation de rose, comme Watteau, de vert, de vert 
miroitant en rose, tons qui rayonnent et absorbent, et variant de 
tonalité, par conséquent, lui permettent le jeu divin des nuances. 
Aucun de ses contemporains ne l'a osé comme lui. 

Voici bien des mots prononcés, et je n'ai pas trouvé celui qu'il 
fallait pour traduire exactement la nature de mon affection pour 
Perronneau, celui que Diderot n'a pas manqué de ranger parmi 
les « pauvres diables qui ne valent pas ensemble une ligne 
d'écriture... » 

L'Exposition des Cent Portraits de Femmes, organisée en 
1909, dans la salle du Jeu de Paume aux Tuileries, par la revue 
VArt et les Artistes, réunissait deux des plus admirables pein- 
tures de Perronneau : les portraits de la dame de Sorquainville 
et de la duchesse d'Ayen. Enfin, en 1912, à la vente de la 
collection de M. Jacques Doucet, deux peintures et cinq 
pastels de Perronneau atteignaient ensemble un total de plus 
d'un demi-million. Pour la première fois, dans une vente 
publique, un pastel de Perronneau dépassait la somme de cent 
mille francs ; le portrait du comte de Bastard était adjugé 
110,000 francs, tandis que le Musée du Louvre se rendait acqué- 
reur, au prix de 87,000 francs, du portrait de van Robais- 

* 
» • 

On ne connaît de La Tour que ses pastels ; nous connaissons 
au moins quarante-cinq peintures de Perronneau. Or, le pastel est 
« de toutes les manières de peindre, celle qui passe pour la plus 
facile et la plus commode en ce qu'elle se quitte, se reprend, se 
retouche, et se finit tant qu'on veut ». Mais ce n'est qu'un pro- 
cédé. Comme l'aquarelle, comme la détrempe, il tire ses moyens de 
la technique propre à la peinture à l'huile. L'art du peintre domine 
celui du pastelliste. Leurs pratiques que différencie le choix de la 
matière, obéissent à des principes communs. On les envisage l'un 
et l'autre au point de vue du modelé et de la couleur. 



— 154 — 

Le modelé, c'est-à-dire la répartition des masses claires et 
sombres, l'appréciation du degré d'intensité lumineuse, le juge- 
ment des valeurs, cette science, Perronneau et La Tour la pos- 
sèdent également. Si l'on exige une comparaison, nous dirons que 
le modelé de La Tour est plus systématique, celui de Perronneau 
plus souple. C'est ce qu'on observerait facilement sur une prépa- 
ration de Perronneau (1). 

On n'en connaît pas, mais il ne faut pas conclure qu'il tra- 
vaillait vite... et négligemment. On a vu (2) à quel point il se 
montrait scrupuleux dans l'imitation de la nature. Si la science 
du modelé apparaît moins dans l'œuvre de Perronneau que dans 
celle de La Tour, c'est que le premier admet le reflet qui peut, 
dans cei tains cas, modifier l'échelle des valeurs, en atténuer 
l'évidence, c'est que l'autre ne l'admet jamais. 

C'est aussi que Perronneau est un coloriste supérieur à 
La Tour. A regarder ses œuvres, on remarque la persistance 
d'un certain gris souris, le gris des Flamands et des Hollandais, 
qui règne dans les fonds, qui en est la base, et se retrouve même 
dans les têtes et les vêtements. Ce gris fait valoir la couleur. 
Quant à ses tonalités, Perronneau les choisit avec un goût véri- 
tablement exquis. Elles sont plus rares chez lui que chez La Tour. 
L'un a le sentiment de la couleur ; l'autre n'en a que l'adresse. 
Ce sentiment se manifeste dans la beauté de la matière, de 
l'atmosphère, des accessoires, des chairs où le sang afflue, des 
étoffes, des dentelles, et surtout des velours. 

Il y a plus. Tandis que la coloration de La Tour reste mono- 
tone, sans autre contraste que celui du clair et de l'obscur, celle 
de Perronneau, tout en tenant compte du reflet, tout en se 
variant à l'infini, s'ordonne, comme celle de Watteau, en deux 
catégories, l'argenté et le doré, qui s'équilibrent et s'opposent. 



(1) Le dessin à la sanguine de la collection Ratouis de Limay n'est qu'une étude 
d'académie, et non une préparation pour un portrait. 

(2) Cf. Lettres de Robbé à Desfriches. 



PI. 3g 








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7} £^ ^ 



— 155 — 

Cette loi des contrastes colorés, Delacroix l'appliquera plus tard. 
Il y a des couleurs froides et des couleurs chaudes. Si les lumières 
sont froides, les ombres seront chaudes, et réciproquement. 
L'observation de ce principe crée une parenté entre des artistes 
qui ne sont séparés que par la divergence du sujet traité. Il n'y 
a pas de classiques ni de romantiques. Ces sortes de divisions 
ne correspondent qu'au côté littéraire, accessoire des arts plas- 
tiques. Il y a des peintres que séduit particulièrement la science 
du modelé, et d'autres qu'intéresse davantage la classification 
raisonnable des couleurs Les critiques reprochent à Perronneau 
<f ses tons roux » ou ses ombres « bleues », sans reconnaître que 
pour équilibrer un tableau par une opposition, le peintre est 
conduit à accentuer telle ou telle tonalité. D'autres tâchent de 
déterminer deux ou plusieurs manières, suivant que les ombres 
sont « rousses » ou « bleues », ce qui est négliger la loi de réci- 
procité qui régit les couleurs des masses lumineuses ou sombres. 
En réalité, Perronneau fait partie de la famille qui unit Rubens 
à Watteau, à Largillierre, à Chardin, à Delacroix. 




11 



CATALOGUES 



PI. 40 




Tiiicoi'iiii.i; HT QuiKiN nE Cazenove 

Pastel. Si.mié et daté 1780. 

(A il. Wildenslein) 



CATALOGUE 

de l'œuvre gravé de J.-B. Perronneau. 



PAR LUI. 

Le serviteur d'Abraham auprès de Rébecca, d'après Boucher. 

Responderuntque Laban d'après Boucher. 

L'Air. — La Terre, d'après Charles Natoire. — Gravures ovales en 
I. faisant pendant. La seconde porte ce titre: La Terre, Gravé d'après le 
Tableau de Charles Natoire, Peintre du Roi, Du cabinet de M. du Fort, 
par J. B. Perronneau. A Paris, chez Huquier, rue S' Jacques, au coin de 
la rue des Mathurins, avec privilège du Roi. — (Cabinet des Estampes, 
Œuvre de Natoire. Db 26) . Les deux autres pièces de cette suite : Le Feu 
et l'Eau, ont été gravées par Aveline. 



Quelques planches dans le Livre de diverses figures d'académies dessi- 
nées d'après le naturel par Edme Bouchardon, sculpt. du roi. A Paris, 
chez Huquier, rue S' Jacques, au coin de la rue des Mathurins, avec pri- 
vilège du roi, 1738. 

Dans le second Livre de figures d'Académies, gravées en partie par les 
Professeurs de l'Académie Royale: 

Le titre, signé /. b. Peroneau 1737, d'après C. Vanloo. — La planche 3, 
signée Peroneau, d'après C. Natoire. — La planche 10, signée /. h. Pero- 
neau, d'après C. Vanloo. — A Paris, chez Huquier, rue S' Jacques, près 
les Mathurins. C. P. R. 



Dans le Livre de Chinois, dessiné par Boucher et gravé par Aveline (avec 
privilège du Roy, à Londres, chez Major), la planche 6, Magicien Chinois, 
signée: F. Boucher del., Huquier exe. C. P. R., Perronneau sculp. 



— 160 — 
D'APRÈS LUI 

PAR: 

BALECHOU. 

L'EvÊQUE DE Messène. (Cf. Dictionnaire de Heinecken.) — II y a, 
dans l'œuvre de Balechou, deux portraits de prélats: l'un vu à mi-corps, 
tenant sa barette de la main gauche (le cartouche des armes en blanc) ; 
l'autre debout, tenant de la main gauche quelques feuillets (connu seule- 
ment par une épreuve avant toute lettre. (Cabinet des Estampes.) I! est 
permis de supposer que l'évêque de Messène est un de ces deux prélats. 



BENOIT. 

Le Docteur Pierre Poissonnier. — Personnage vu de face, dans un 
ovale, à mi-corps, assis. Il tient son chapeau sous le bras droit. Sur la 
gauche, une tenture soulevée laisse voir les rayons d'une bibliothèque. 
Gravure assez médiocre. 

On lit sur la tablette : Petrus Poissonnier. — Régis in Sacro Consistorio 
Consiliarius, Régi a Consiliis Medicis, in Regiis Arcibus Maritimis et Colo- 
niis totius Medicinoe Prœfectus, é Regiâ Scientiarum Acad. Parisiensi, nec 
non Brestensis, Divionensis, Societatis Regioe Londinensis, Stokolm et 
Petropolitanoe Socius, Professor et Censor Regius, Facultatis Medicinoe 
Parisiensis Doctor Regens. 

A gauche, sous le trait carré: Perronneau pinxit 1755; à droite: 
G. P. Benoist, sculp. 1774, et au-dessous: Offerebat Ludovicus Franciscus 
Rigaut rei Maritimoe Reg. Med. Physicus Regioe Scientiarum Academioe 
Correspondens nec non Regioe Societatis Agrarioe Laudunensis Socius. 

Deux états au Cabinet des Estampes. (Portraits français.) 



IJ. A. CLAESSENS. 

Gérard Meerman, gravure au burin in-8°, publiée avec les Bijvoegsels- 
en aanmerkingen, bestaande in noodige nalezingen voor de Vaderlandsche 
Historié van Jan Wagenaar, t. 2, Amsterdam, 1801. 



— 161 — 

J. DAULLÈ. 

Charles de Baschi, marquis d'AubaÏs. — Médaillon ovale posé sur 
un socle. Personnage vu à mi-corps, couvert d'une cuirasse; large figure 
d'une laideur caractérisée ; armes sur le socle. 

Bonne gravure, les traits sont bien modelés. — H. 0.256; L. 0.178. 
Sur le socle: Charles de Baschi, marquis d'Aubaïs, baron du Caïla, seign"^ 
de Junas, etc., né au cha" de Beauvoisin le 20 Mars 1686. A la marge: 
Peint par Peroneau, peintre du R., juillet 1746. Gravé par J. Daullé, 
gr. du R. janv. 1748. 

Ch. le Blanc, dans son Cat. de Wille, signale cette pièce comme due à la 
collaboration de Daullé et de Wille. (Catalogue raisonné de l'œuvre gravé 
de Jean Daullé d'Abbeville par Delignières, n" 7.) 

Cette gravure fut exposée au Salon de 1750. 

Cabinet des Estampes, épreuve avant toute lettre (œuvre de Daullé). 

Lazarus Chambroy. — Personnage vu à mi-corps dans un encadrement 
figuré en pierre; il est vêtu d'un simple surplis uni avec une croix sus- 
pendue au cou, la tête couverte d'une calotte. Le corps est posé à gauche, 
la figure raide, droite, regardant en face; elle est très laide, marquée de 
petite vérole, la bouche entr'ouverte; mais le portrait paraît d'une vérité 
saisissante. Armes au milieu du titre, à la marge dans un second médaillon. 

Bonne gravure; la figure est très bien modelée. — H. 0.374; L. 0.280. 
Le titre sur le socle : Lazarus Chambroy, abbas S'^? Genovefse Parisiensis, 
praepos. gênerai, canon, regul. congreg. Gai. 

A la marge: Rectorem posuerunt: fuit in illis quasi unus est ipsis 
(Eccl. 32 cap. VI). A la bordure, dans la marge à g.: Peronneau pinx. 
A droite: J. Daullé sculp. 1749. (Catalogue de Delignières n° 11.) 

Cabinet des Estampes (œuvre de Daullé). 

Gerardus Meerman. — Personnage dans une attitude un peu raide et 
forcée, le corps tourné à droite, la figure vue de trois quarts; il est vêtu 
d'un vêtement bordé de fourrures. Armes dans la gravure même, au milieu 
du titre, avec deux lions de chaque côté de l'écusson. 

Tête fine, bien posée et assez bien modelée; les détails de manchettes 
et de col sont bien rendus. — H. 0.207; L. 0.157. — A la bordure (1), 
sous la gravure: peint par Peronneau — gravé par |. Daullé. 

Dans la gravure même, au bas, le titre: Gerardus Meerman, reipublicae 
Roterodamensis consiliarius et syndicus. 



(1) L'écusson de la bordure avec deux lions se trouve dans l'œuvre de Choffard (Cabinet 
des Estampes). 



— 162 — 

Trois élats avec la lettre : 

1"'' état: celui ci-dessus; la gravure est moins fine, le burin est moins 

accusé, surtout aux armes. 
2""' état: après J. DauUé il est ajouté: grav. du roi, 1763. 
3""° état, le plus complet: on lit dans une guirlande qui est au bas de 
l'écusson: Gaudeant bene nati. 
Man. de Ch. Le Blanc, n° 38. Meermann (Gérard), conseiller et syndic 
de la ville de Rotterdam: Perronneau, in-fol. 1753 — Huber et Rost, 
t. 8, n° 10. — Catalogue de Delignières, n° 46.) 

Cabinet des Estampes (œuvre de Daullé), 2 états: avant l'inscription: 
« gaudeant bene nati », et avant les mots: grav. du roi, 1763. 



GILBERT. 

Le comte de Bastard, pour le catalogue de la vente Wilson (1881). 



J. HOUBRAKEN. 

Jacob Boreel Janszoon, gravure au burin in-8°, tète dans un médaillon 
ovale posé sur un socle qui porte l'inscription : Meester Jacob Boreel Jansz. 
Raad en Advocaat Fiscaal van het Ed. Mog. Collegie ter Admiraliteit te 
Amsterdam, et, en bas: J. Houbraken fec. na 't orig. schilderij bij den 
Wel Ed. Hr. Mr Wm. Boreel, Oud Schepen en Raad der Stad Amsterdam. 
Gravé pour la deuxième édition de : J. Wagenaar, Vaderlandsche Historié 
t. 20. 



F. HUBERT, d'abbeville. 

Julien le Roy, in-12 pour une notice biographique de le Prévost 
d'Exmes. 

Cette estampe diffère de celle gravée par Moitte d'après le même portrait, 
en ce que Julien le Roy ne tient pas de livre de la main droite. 



LUCAS. 



Daniel Jousse. — Gravé d'après un dessin au crayon de Jacques de 
Favanne, en tête du Traité de la Sphère (1775, in-12). Le dessin de Jacques 
de Favanne (0.15x0.08) est conservé au Cabinet des Estampes (Collection 



PI. 41 




PoKTUAlT Dli HliMMIC ENDORMIE 

Pastel. Signé. 

(A M"' la baronne G. de Kavignan 



— 163 — 

des portraits français). La gravure, comme le dessin, porte autour de 
l'ovale: « Danielle Jousse, conseiller au présidial d'Orléans né en 1704 ». 
Elle est signée: Peronot pinxit. — Gravé par F. Lucas. — Le dessin de 
Jacques de Favanne a été exécuté d'après le portrait à l'huile de Jousse, 
aujourd'hui au Musée d'Orléans. 



DE MARCENAY DE GHUY. 

Buste de femaie. — Dans un encadrement rectangulaire, de trois quarts 
à droite, coiffée en cheveux frisés, attachés derrière par un nœud de ruban 
et pendants sur le dos. Collier de trois rangs au cou. Sein droit découvert. 
Vêtue d'une draperie légère. D'après un pastel de Péronneau. — H. 0.072; 
L. 0.057. — Fait pendant au numéro précédent (Vieillard dont l'habit et 
la toque sont garnis de fourrure d'ap. Greuze). 

Catalogue Marcenay. 1764. Sa vente posthume 1811. Marcenay avait 
copié l'original en miniature fn" 9 du catalogue de l'œuvre de Marcenay, 
en tête de son œuvre au Cabinet des Estampes. Ef 27 in-f° 4231). 



MIGER. 



Laurent Cars, graveur du roi. Médaillon ovale suspendu à une patère 
dans une planche carrée; trois quarts à droite. Sur la console de support, 
on lit: Laurent Cars, Graveur du Roi, conseiller en son Académie royale 
de peinture et de sculpture. Dans la marge du bas, on lit à gauche: Peint 
par Péronneau, P'" du Roi; à droite: Gravé par Miger. 

H. 0.239; L. 0.170. — 1777. 

(Catalogue de l'œuvre du graveur Miger par E. Bellier de la Chavigne- 
rie, 1856, n° 206.) 

Cabinet des Estampes, Œuvre de Perronneau (supp' 3). 

La planche est à la Chalcographie du Louvre (n° 2123). Elle fut achetée 
en 1782, par l'Acadmie rovale de peinture et de sculpture, pour la somme 
de 300 livres (V. Procès- Verbal du 25 Mai 1782). 

D'autre part, on lit dans le Mercure de France d'Octobre 1777: « Gra- 
vures. — Le Portrait de Laurent Cars, Graveur du Roi, d'après Perron- 
neau. Prix: 1 liv. 4 sols... chez l'auteur, M. Miger, rue Montmartre, au coin 
de celle des Vieux-Augustins. » 



— 164 — 

Pierre Boucuer, hydrographe. Médaillon ovale dans une planche car- 
rée; trois quarts à droite. On lit dans la marge du bas, à gauche : Peint par 
Peronneau ; à droite: Gravé par Miger. 

H. 0.239; L. 0.171. — 1779. 

(Catalogue de l'œuvre de Miger par Bellier de la Chavignerie, n° 189). 

Cette estampe fut exposée au Salon de 1779 sous le n° 275. 



MOITTE. 

Julien le Roy. — Vu de trois quarts, à gauche, dans un encadrement de 
fenêtre. Longue perruque. Habit avec jabot et manchettes de dentelle. De 
la main droite il lient un livre fermé. On lit sur la tablette: « Julien le Roy, 
Horloger du Roi, ancien directeur de la Société des Arts », et, en dessous, 
à gauche: k Né à Tours le 3 Aoust 1686 » — à droite: <( Mort à Paris 
le 20 7bre 1759 ». Perroneau pinx. Moitte sculp. ». 



TEYSSONNIÈRES. 

Robert Soyer. — Eau-forte (H. 0.095; L. 0.08) d'après la peinture du 
musée d'Orléans, pour la notice biographique de M. Eudoxe Marcille sur 
Robert Soyer. — Orléans 1884. 



VALENTIN GREEN. 

Le comte de Rochford : The R' Hon''''^ Henry Earl of Rochford one 
of his Majestys Principal secretaries of State And of his Majestys most 
honourable Privy Council, Lord lieutenant, custos Rotulorum and Vice 
Admirai of the County of Essex. — Peronneau pinxit. 

Sold by V. Green, Salisbury Street, Strand London. 

Gravure en manière noire dans un ovale. 

Cabinet des Estampes. Œuvre de Perronneau. 



11 existe deux lithographies du portrait de La Tour par Perronneau : 
l'une de Ad. Moureau, d'après un dessin de J. Geoffroy, fait d'après 
le pastel de Perronneau; l'autre de A. Williot. 



— 165 — 

Portraits de J.-B. Perronneau. 

Par C. N. CocHiN, gravé par B. A. Nicolet. Profil à droite, dans un 
médaillon suspendu par un nœud. Sous le médaillon on lit: J. B. Peron- 
neau, de l'Académie Royale de Peinture et sculpture. Diamètre du médail- 
lon .-0.115. 

Au Musée de Tours: Portrait présumé de Perronneau, par lui-même. 
Peinture. — H. 0.54; L. 0.44. Signée à droite: Perronneau. — Provient 
de la collection Schmidt. 

A la vente des dessins provenant de la collection du Marquis de V*** 
(novembre 1907) passait un petit portrait à la sanguine, désigné au cata- 
logue comme étant celui de Perronneau : 

N" 100. Portrait de Perronneau, peintre. 

Sanguine en médaillon. — Diam. 0.16. — Signé Fernandez. 



EXPOSITIONS 

des œuvres de J.-B. Perronneau. 



XVIIP siècle. 



Salons du Louvre ^■^\ 



1746. 

Par m. perronneau, Agréé de l'Académie. 

5 portraits dont 3 au Pastel. 

N° 146. Celuy de M. le Marquis Daubail, en Cuirasse. 

147. id. de M. Drouais, Peintre de l'Académie. 

148. id. de M. Gilcain, Peintre (en huile). 

149. id. du petit Desnoyel, tenant une Poule huppée. 

150. id. d'un jeune Ecolier, frère de l'Auteur, tenant un Livre 

{en huile). 

1747. 

Par m. PERONNEAU 

N° 125. Un Portrait au Pastel, du Fils de M. le Moyne, Sculpteur ordi- 
naire du Roy, âgé de cinq ans. 
12Ô. Autre représentant M*** en habit de bal (2). 
127. Autre, M. Huquer, d'Orléans. 



(1) Dans ce catalogue, nous avons conservé l'orthographe bien souvent défectueuse des 
livrets. 

(2) Une autre édition du livret porte: 

N" 126. Autre représentant M'" en Domino. 

N" ;29. Autre représentant M"» "' tenant un éventail. 



PI. 42 




rOKTKAlT n'uN GI-.NTlLHOMMli 

Peiiitme. 

(Musée du Louvre) 



— 167 — 

128. Autre, peint à l'Huile, représentant Madame de Villeneuve, les 

mains dans son Manchon. 

129. Autre représentant M. C***. 

129bis Le fils de M. Huquer, tenant un Lapm. 

1748. 

Par m. PERONNEAU 
Six portraits. 

N° 95. Celui du Révérendissime *** Abbé Régulier de Paris, peint à 
l'Huile. 

96. Autre, an Pastel, de M. Olivier en Habit de velours, appuyé sur 

une Table. 

97. Celui de Madame son Epouse, habillée d'une Robbe de Pequin. 

98. Celui de M. *** de l'Académie Royale de Musique. 

99. Mademoiselle Amédée, de l'Opéra, en Domino noir. 
100. Madame de ***, en Habit couleur de rose. 

1750. 

Par m. PERONNEAU, Agréé. 

N° 126. Le Portrait de M. De ***, vii de côté, ayant un habit de velour 
noir. 

127. M. C*** tenant son chapeau. 

128. M. de la Tour, Peintre du Roy, en Surtout noir. 

129. M*** en Robe de chambre. 

130. M. l'abbé De ***. 

131. M. Thiboust, Imprimeur du Roy, peint à l'huile. 

132. Madame son épouse, au Pastel. 

133. Mad. *** ayant un bouquet de Giroflée. 

134. Mad. "** ayant un bouquet de Barbeau. 

135. Mad. Du *** badinant avec un éventail. 

136. M. Kam, en habit de velour noir. 

137. M"" *** en robe bleue. 

138. M"° *** tenant un petit Chat. 

139. Mad. *** en robe verte. 

140. Le Portrait de M. Beaumont, Graveur de l'Hôtel de Ville, peint 

à l'huile. 



— 168 — 

1751. 

Par m. PERONNEAU, Agréé. 

N° 76. Le Portrait au Pastel de M. le Comte de Bonneval. 

77. M. Ruelle, Premier Echevin. 

78. Madame son Epouse. 

79. Monsieur et Madame *** sous le même N° (1). 

80. Madame de Saint ***. 

81. Mademoiselle Silanie. 

82. Mademoiselle ***. 

83. M. Desfriches. 

84. M. ***. 

85. Mademoiselle Rosalline. 

86. M. ***. 

Addition. 
Par m. PERONNEAU, Agréé. 
N° 101. Le Portrait, peint à l'huile, de Madame Du Ruisseau. 

1753. 

Par m. PERONNEAU, Académicien. 

N° 122. Le Portrait de Madame la Princesse de Condé. 

123. Le Portrait de Milord d'Hunlington. 

124. Le Portrait de M. Oudry, Professeur de l'Académie Royale de 

Peinture et de Sculpture. 
124t''s Le Portrait de M. Adam l'aîné, Professeur de l'Académie Royale 
de Peinture et de Sculpture; ces deux Portraits sont les Mor- 
ceaux de Réception de l'Auteur à l'Académie. 

125. Le Portrait de Madame le Moyne, femme de M. Le Moyne, le 

fils, Professeur de ladite Académie. 

126. Le Portrait de M. Julien le Roy. 

127. Celui de Madame ***. 



(1) Mariette, sur son exemplaire du livret conservé au Cabinet des Estampes de la Biblio- 
thèque Nationale (collection Deloynes) a ajouté à l'encre le nom de Fontaine, sellier du roi. 



— 169 — 
1755. 

Par m. PERONNEAU, Académicien. 

N° 92. Le Portrait de S. A. R. Monseigneur le Prince Charles de 
Lorraine. 

93. Le Portrait de S. A. R. Madame la Princesse Charlotte de 

Lorraine, Abbesse de Remiremont et de Mons. 

94. Le Portrait de Madame Vanville, tenant un Bouquet de Barbeaux. 

95. Le Portrait de Madame *** en Chasseuse. 

96. Le Portrait de Mademoiselle ***. 

97. Cinq Portraits d'hommes sous le même N° dont un peint en 

huile. 

1757. 

Par m. PERONNEAU, Académicien. 

N° 56. Plusieurs Portraits en Pastel. 

1759. 

Par m. PERRONNEAU, Académicien. 
Ouvrages en Pastel. 

N" 60. Le portrait de M. Vernef. 

61. Le portrait de M. Cars. 

62. Le portrait de M. Cochin. 

63. Le portrait de M. Robbé. 

64. Quatre autres Têtes sous le même N°. 

1763. 

Par m. PERRONNEAU, Académicien. 

N° 82. M. et M""" Trudaine de Montigny, Portraits en ovale. 

83. M. Asselart, Bourguemestre d'Amsterdam. 

84. M. Hanguer, Echevin d'Amsterdam. 

85. M™ de Tourolle. 

86. M. Guelwin. 

87. M. Tolling. 

88. M"" Perronneau, faisant des nœuds. 



— 170 — 

1765. 

Par m. PERRONNEAU, Académicien. 
Portraits à l'huile. 

N" 59. M. Maujé. 

60. Mademoiselle Peronneau. 

61. M. Denis, tableau ovale. 

62. Une Tête, Portrait, Tableau ovale. 

Portraits au Pastel. 

63. Mademoiselle de Bossy. 

64. Mademoiselle Pinchinat, en Diane. Tableau ovale. 

65. Madame Miron. 

1767. 

Par m. PERRONNEAU, Académicien. 
N° 45. Plusieurs Portraits sous le même numéro. 

1769. 

Par m. PERRONNEAU, Académicien. 

N° 50. Le Portrait de Madame Journu la mère. 

Tableau à l'huile de 2 pieds 3 pouces, sur 1 pied 10 pouces. 

51. Le portrait de M. Darcy. 

De même grandeur, à l'Huile aussi. 

Ouvrages en Pastel. 

52. Le Portrait de M. le Normand du Coudray. 

Tableau d'un pied 10 pouces sur 1 pied 6 pouces. 

53. Mademoiselle Gaugy. 

Tableau d'un pied 8 pouces sur 1 pied 5 pouces. 

1773. 

Par m. PERRONNEAU, Académicien. 

N' 62. Le Portrait de M. V. R. 

Tableau en pastel de 27 pouces sur 22. 
63. Le Portrait de M. Duperel. 

Tableau à l'huile de 27 pouces sur 22. 



PI. 43 




POUTUAIT VK FliMMIi 

Peinliirc. 
(A il. Georges Duniicuil) 



— 171 — 

64. Le Portrait d'un Vieillard, âgé de 83 ans. 

Tableau ovale de 23 pouces sur 19. 

65. Autres portraits sous le même numéro. 

1777. 

Addition. 
Par m. PERRONNEAU, Académicien. 

N° 210. Portrait de M. Coquebert de Montbret, Consul général dans le 
Cercle de Basse-Saxe. 
Tableau ovale peint à l'huile. 

1779. 

Par m. PERRONNEAU, Académicien. 
N° 77. Plusieurs Portraits de Femmes en Pastel, sous le même numéro. 



EXPOSITIONS DIVERSES. 

1758. 
Salon ouvert à Toulouse. 

PERRONNEAU. 

N° 24. Portrait sans désignation. 

25. M. Dujon, peintre toulousain, ami de l'artiste. 

26. M. le marquis de Mirepoix, brigadier des armées du Roi. 

27. M""' la marquise de Mirepoix. 



1783. 
Salon de la Correspondance. 

PERRONEAU, Peintre de portraits. 
N° 131. Un portrait de femme à M. de S' Aubin. 

12 



— 172 — 

XIX*" siècle. 



1874. 

Société de protection des Alsaciens 

et Lorrains. 

Catalogue supplémentaire des ouvrages de peinture exposés au profit de la 

colonisation de l'Algérie par les Alsaciens-Lorrains 

au Palais de la Présidence du Corps législatif, le 22 juin 1874. 

PERRONEAU (Jean-Baftiste). 

N° 963. Portrait de femme. 

Collection de M. Heine. 
964. Portrait du comte de Bastard. 

Collection de M. Wilson. 
Dans la troisième édition corrigée de ce catalogue figure seulement, sous 
le n° 634, le portrait du comte de Bastard. 



1876. 

Exposition rétrospective des Beaux- Arts et des 
Arts appliqués à l'industrie à Orléans. 

M. PORCHER. 

N° 269. Portrait de Chevotet, architecte du pavillon de Hanovre et du 
château de Petit-Bourg, pastel de Péronneau, 1751. 
270. Portrait de M""" Chevotet, pastel de Péronneau, 1751. 

M. PORCHER. 

1142. Portrait de femme, pastel de Perronneau, 1772. 

1143. Portrait d'homme, pastel de Perronneau, 1772. 



— 173 — 

1879. 

Catalogue descriptif des dessins 

de maîtres anciens 

exposés à l'Ecole des Beaux-Arts. 
Mai-Juin 1879. 

PERRONEAU (Jean-Baptiste). 

541. Portrait de Louis-Claude, comte de Goyon de Vaudurant, sous- 
gouverneur de Bretagne. Coiffé à l'oiseau royal, en habit de 
velours noir, jabot de dentelle, gilet de soie à fleurettes, tra- 
versé par le cordon rouge. 

Pastel sur peau vélin. Ovale. H. 0.710; L. 0.580. 
Collection Aussant, de Rennes. (Appartient à M. de Con- 
court.) 



1881. 
Exposition rétrospective de Tours 

J.-B. PERRONNEAU. 
Portrait de femme en corsage vert. — A M. Marne. 



1884. 
Exposition des Beaux-Arts à Orléans. 

PERRONNEAU (Jean-Baptiste). 

N" 493. Portrait de Mad. Fuet. — Pastel ovale. — H. 0.58; L. 0.48. — 
Légué par M. Souque au Musée. 
494. L'Aurore (1767). — Pastel. — H. 0.50: L. 0.42. — Donné 
par M. Gatineau au Musée. 



— 174 — 

495. Portrait de Robbé de Beauveiset. — Pastel ovale dans un carré. — 

H. 0.55; L. 0.45. — Donné par M. Gatineau au Musée. 

496. Portrait de M. Pierre-Horace Demadières. — Pastel ovale. — 

H. 0.55; L. 0.45. — Appartenant à M. Albert Porcher. 

497. Portrait de Mad. Pierre-Horace Demadières. — Pastel ovale. — 

H. 0.55; L. 0.45 (1772). — Appartenant à M. Albert Porcher. 

498. Portrait d ' Aignan-Thcmas Desfriches, paysagiste distingué ( 1 751 ) , 

né à Orléans le 7 rnars 1715, mort dans cette ville le 24 dé- 
cembre 1800. — Pastel. — H. 0.60; L. 0.50. — Appartenant 
à M. Ratouis. 

499. Portrait de Mad. Desfriches, née Marie-Madeleine Buffereau 

(1751), née à Orléans, le 25 septembre 1716, morte dans cette 
ville le 5 février 1813. — Pastel. — H. 0.62; L. 0.50. — 
Appartenant à M. Ratouis. 

500. Portrait de Mad. Cadet de Limay, fille de Desfriches, née le 

29 avril 1745, décédée le 12 février 1834. — Pastel. — 
H. 0.51; L. 0.43. — Appartenant à M. Ratouis. 

501. Portrait de M. Chevotet (Jean-Michel), architecte du Roi (1751). 

— Pastel. — H. 0.60; L. 0.52. — Appartenant à M. Delzons. 

502. Portrait de M"" Chevotet, née Rémond (Anne-Catherine) en 

1751. — Pastel. — H. 0.60; L. 0.50. — Appartenant à 
M. Delzons. 

503. La jeune fille au chat. — Pastel. — Appartenant à M. Huau 

(Hippolyte), à Orléans. 



Exposition de l'Art du XVIIF siècle. 

Décembre 1883 et Janvier 1884. 
Galerie Georges Petit. 

PERRONEAU. 

191. Portrait de jeune fille. — Pastel. — Appartient à M. C. G. 



PI. 4^ 




POUTUAIT PE FHMME 

l'einture. Sijjnée. 

fMusée Jacqueniurt-Amiré 



— 175 — 

1885. 

Deuxième Exposition des Portraits du Siècle. 

Ouverte au profit de l'œuvre de la Société philanthropique 

à l'Ecole des Beaux-Arts 

le 20 Avril 1885. 



PERONNEAU. 



N° 216. Inconnu. — Appartient à M""" la princesse Mathilde. 

217. Inconnu. — H. 0.38; L. 0.33. — Appartient à M"" Charras. 

218. Un bénédictin. — H. 0.55; L. 0.45. — Appartient à M. Marcille. 



Société des pastellistes Français. 

Exposition rétrospective du 1" au 25 avril 1885 
à la Galerie Georges Petit. 

PERRONEAU. 

N° 69. Portrait de Charles Lenormant Ducoudray, conseiller, procu- 
reur du Roy. — Salon de 1769. — A M. Alex. Dumas. 

70. Tête d'homme. — A M. Coquelin aîné. 

71. Portrait de jeune femme. — A M. Eudoxe Marcille. 

72. Portrait de M. de Bastard. — A M. Georges Petit. 

73. Portrait de M. X***, gentilhomme de la chambre du roi. — 

A M. Marmonfel. 

„. \ Portrait de M. Olivier. ) c i j n^to a «a r> ,- 
74 { o , ... ,.,„o/-,i- • } Salon de 1748. — A. M. C. G. 
) Portrait de M'"^ Olivier. \ 

75. Portrait d'enfant. — Salon de 1747. — A M. C. G. 

76. Portrait de M. Pierre-Horace Demadières( 1772). — A M. Porcher. 

77. Portrait de M" 'Pierre-Horace Demadières( 1772) . — A M. Porcher. 

78. Portrait de La Tour. — Appartient au Musée de Saint-Quentin. 



— 176 — 

1897. 

Exposition des Portraits de femmes 
et d'enfants. 

ouverte à l'Ecole des Beaux-Arts le 30 avril 1897. 

PERRONEAU (Jean-Baptiste) 

161. Femme. — H. 0.54; L. 0.44. — Appartient à M"' H. J. — 

(Collection Eudoxe Marcilie). 

162. Madame Dutilleux. — H. 0.68; L. 0.54. — Collection de 

M. Michel-Lé vy. 

163. Jeune femme en costume noir et rose tenant un loup. — H. 0.75 ; 

L. 0.60. — Collection de M. X. 



XX^ siècle. 



1904. 

Exposition de l'Art Français 
au XVIIP siècle. 

organisée par la Société Française de bienfaisance de Bruxelles. 

PERRONNEAU (J.-B.). 

N° 56. Portrait de dame. — Pastel. — Collection Paul Sohège, Paris. 
96. Portrait du comte de Fontenelles. — Peinture. — Collection 
Arthur Bloch. 



— 177 — 

1908. 

Exposition de Cent Pastels du XVIIF siècle. 

Organisée par M"" la Marquise de Ganay, 

au profit de la Société Française de Secours aux blessés militaires, 

du 18 mai au 10 juin 1908. — Galerie Georges Petit. 

PERRONNEAU (Jean-Baptiste) 

N" 70. Portrait d'homme. — Ovale. — Signé et daté: 1775. — H. 0.61 ; 
L. 0.51. — Collection de M. M. Thomas Agnew and Sons. 

71. Portrait d'homme. — Signé et daté: 1765. — H. 0.73; L. 0.57. 

Collection de M. le Duc Decazes. 

72. Portrait d'homme. — Signé et daté: 1763. — H. 0.65; L. 0.52. 

— Collection de M. le Duc Decazes. 

73. Portrait d'un peintre. — Signé à la mine de plomb et daté: 1772. 

— H. 0.43; L. 0.55. — Collection de M. Pierre Decourcellc. 

74. Portrait d'artiste. — H. 0.63; L. 0.49. — Collection de 

M. Doistau. 

75. Portrait de Jeanne Dorus à l'âge de 32 ans, en 1753, troisième 

femme de J.-B. Le Moyne. — A figuré au Salon de 1753, 
n° 122, — H. 0.66; L. 0.57. — Collection de M. Georges 
Dormeuil. 

76. Portrait d'homme (1770). — H. 0.90; L. 0.75. — Collection de 

M. Georges Dormeuil. 

77. Portrait de femme. — H. 0.75; L. 0.65. — Collection de 

M. Georges Dormeuil. 

78. Portrait de M. Van Robai. — H. 0.71 ; L. 0.57. — Collection de 

M. J. D*** (1). 

79. Portrait du Comte de Bastard. — Signé et daté: 1747. — H. 0.67; 

L. 0.56. — Collection de M. J. D***. 

80. Portrait de M. Dutilleul.— Signé à droite.— H. 0.72; L. 0.60.— 

Collection de M. J. D""**. 

81 . Portrait de jeune femme tenant un bouquet. — Signé et daté : 1749. 

H. 0.60; L. 0.47. — Collection de M. J. D***. 



(1) Jacques Doiicet. 



— 178 — 

82. Portrait d'enfant. — Signé et daté : 1741 . — H. 0.51 ; L. 0.41 . — 

Collection de M. J. D***. 

83. Portrait de la Comtesse Jacquette d'Arche, née de Loupes (1753). 

— Signé en haut à droite, au crayon. — H. 0.47; L. 0.39. — 
Collection de M'"" René d'Hubert. 

84. Portrait de la comtesse de Corbeau de Saint-Albin. — Signé et 

daté : 1772. — H. 0.98 ; L. 0.78. — Collection Jubinal de Saint- 
Albin. — Prêté par M"" Georges Duruy. 

85. Portrait du graveur Huquier. — Signé et daté : 1747. — H. 0.62; 

L. 0.52. — Collection de M. André Lazard. 

86. Portrait présumé d'un fils de Le Moyne, sculpteur du Roi. — 

Signé et daté: 1747. — H. 0.40; L. 0.32. — Collection de 
M. Albert Lehmann. 

87. Portrait de femme. — H. 0.54; L. 0.43. — Collection de 

M. Henry Michel-Lévy. 

88. Portrait de M"" Dutilleul. — H. 0.69; L. 0.55. — CollecHon de 

M. Léon Michel-Lévy. 

89. PortraitdeM. delà Fontaine. — Signé et daté: 1750. — H. 0.72; 

L. 0.64. — Collection de M. le Marquis de Saint-Maurice 
Montcalm. 

90. Portrait de M°'= de la Fontaine. — Signé et daté : 1750. — H. 0.72; 

L. 0.64. — Collection de M. le Marquis de Saint-Maurice 
Montcalm. 

91. Portrait de Aignan-Thomas Desfriches, dessinateur amateur, né à 

Orléans en 1715, mort dans la même ville en 1800. — Signé en 
haut, à gauche et daté: 1751. — H. 0.69; L. 0.50. — Collec- 
tion de M. Ratouis de Limay. 

92. Portrait de M°" Jean Cadet de Limay, née Desfriches, née à 

Orléans en 1745, morte dans la même ville en 1834. — Signé 
en haut, à droite et daté: 1768. — H. 0.49; L. 0.40. — Collec- 
tion de M. Ratouis de Limay. 

93. Portrait d'homme. — Signé et daté. — H. 0.66 1/2; L. 0.54. — 

Collection de M. Sortais. 
94 ._ Portrait de jeune femme inconnue. — H. 0.55; L. 0.44 — Collec- 
tion de M. Arthur Veil-Picard. 

95. Portrait d'homme en habit rose (M. Boyer, armateur). — 

H. 0.60; L. 0.48. — Collection de M. Arthur Veil-Picard. 

96. Portrait d'enfant en costume de hussard bleu (enfant Bover). — 

Ovale. — H'. 0.53; L. 0.43. — Collection .de M. Arthur 
Veil-Picard. 



PI. 45 







ti 



p- :: 







— 179 — 

97. Portrait de M"" Desfriches et de l'artiste. — H. 0.71 ; L. 0.58. — 

Collection de M°" X*** ( 1 ) . 

98. Portrait de M. Olivier. — Signé et daté : 1748. — H. 0.71 ; L. 0.58. 

— Collection de M"'" X***. 

99. Portrait de M"' Olivier. — Signé et daté: 1748. — H. 0.71; 

L. 0.58. — Collection de M""" X***. 

100. Portrait d'tiomme à la rose. — Signé et daté: 1751. — H. 0.58; 

L. 0.48. — Collection de M"'' X***. 

101. Portrait du Comte Louis-Claude Goyon de Vaudurant, sous- 

gouverneur de Bretagne. — A figuré à l'Exposition de l'Ecole 
des Beaux-Arts en 1879. (Collection de Concourt.) — Pastel 
sur peau vélin. — H. 0.71 ; L. 0.58. — Collection de M. Wil- 
Drod Chabrol. 

Non catalogué. 
Portrait de femme. — Signé et daté: 1748. — H. 0.51 ; L. 0.41. 

— Collection de M. Mame. 



1909. 
Exposition de Cent Portraits de femmes. 

des Ecoles anglaise et française du XVlir siècle, organisée sous le 
haut patronage de S. M. la Reine d'Angleterre par la Revue 
l'Art et les Artistes, au profit de la Société de secours aux 
familles des marins français naufragés, du 23 avril au 
1" juillet 1909, dans la salle du Jeu de Paume des Tuileries. 

PERRONNEAU (Jean-Baptiste). 

N° 87. Portrait de la duchesse d'Ayen. — Signé et daté. — H. 1.20; 
L. 1 m. — Collection de M. le comte de Lagarde. 

88. Portrait de M"° de Sorquainville. — Signé et daté: 1749. — 

H. 1 m.; L. 0.80. — Collection de M. David Weill. 

89. Portrait de Lady Coventry. — Signé et daté. — H. 0.95 ; L. 0.80. 

— Collection de M. Wildenstein. 



(1) Camille Groult. 



— 180 — 

1910. 

Les Enfants, leurs portraits, leurs jouets 

(1789-1900). 

Exposition rétrospective 

organisée par la Société nationale des Beaux-Arts 

dans les Palais de Bagatelle. 

PERRONNEAU (Jean-Baptiste). 

N° 216. Les frères Casenove (1780). — Pastel. — Appartient à M. Wil 
denstein. 



1921. 
Exposition Het Portret in Nederland 

(1730-1830), 

(Le Portrait en Hollande). 
A la Haye. 

N° 56. Arent van der Waeyen. 

57. Sara Hinlopen, épouse du précédent. — Collection du baron 

van Lynden van Nederhorst. 

58. Jacob van Krefschmar. — Collection du Jonkheer J. A. van 

Kretschmar van Veen. 



ŒUVRES DE J. B. PERRONNEAU 

ou attribuées à Perronneau 

passées dans les ventes publiques. 



1852. 

22-24 novembre. 



N° 190. Une dame occupée à faire de la tapisserie, présumée M^'Geoffrin, 
par Perronneau, 1776. 



1879. 

Février. 



Vente Laperlier. 

PERRONEAU (Jean-Baptiste). 

N° 36. Portrait de Gillequin, peintre. 

De trois quarts, tourné à gauche, perruque poudrée, cravate blanche et 
jabot, habit gris, le tricorne sous le bras. 

H. 0.62; L. 0.52. 3,200 francs. 



1881. 

27-28 janvier. 



Tableaux anciens. 

PERRONNEAU (Attrihué à). 

N° 90. Portrait du bailly de Suffren. 
Pastel. — H. 0.59: L. 0.48. 450 francs. 



182 



Vente John Wilson. 

PRRRONNEAU (J.-B.). 

N° 20. Portrait du comte de Bastard. 
Pastel. 



Vente de Beurnonville. 

PERRONNEAU (J.-B.). 



Portrait de Gillequin. 
Peinture. — H. 0.62; L. 0.52. 



1883. 
Vente Marmontel. 

PERRONNEAU (J.-B.). 



5,050 francs 



2,050 francs. 



Portrait d'homme. 
Pastel. — H. 0.75; L. 0.58. 




1,120 francs 




1885. 

Mai. 





Collections de feu M. le comte de la Béraudière 

PERRONEAU (Jean-Baptiste). 

N" 141. Portrait de Marie Leczinska. 

Une robe de soie blanche agrémentée de ruches et de rubans bleus, avec 
tour de cou et bonnet de dentelle, les cheveux frisés et poudrés; de face, 
en buste. Fond bleuâtre. 

Très beau cadre en chêne sculpté et doré du xviii' siècle, couvert de 



PI. 46 




Louis Colas nie liiioi^vii.i.K Mai.mis-e 

Paslcl. 

(A M. Colas des 1-raiics) 



— 183 — 

palmettes, de rinceaux et d'entrelacs, très délicats et d'une grande richesse 
d'ornementation. 
Pastel. — H. 0.55; L. 0.45. 5,500 francs. 



1890. 

Mai. 

Collection G. Rothan. 

PERRONEAU (Jean- Baptiste). 

N° 184. Portrait d'homme. 

En buste et de trois quarts. Imberbe, les cheveux rejetés en arrière et 
poudrés, cravate blanche. Habit orangé. 

Portrait en esquisse, brossé avec une surprenante facilité. 

Toile. H. 0.50; L. 0.39. 







1891. 








27 avril. 








Vente X*** 








PERRONNEAU (J. 


-B.) 


Portrait 
Pastel. 


d'homme. 







300 francs. 



1894. 

Vente Baudot. 

PERRONNEAU (Jean-Baptiste). 

Portrait d'une jeune dame. 
Pastel. — H. 0.52; L. 0.40. 2.350 francs. 



— 184 — 

1895. 
Vente Leguillon. 

PERRONNEAU (J.-B.). 

Portrait de Gillequin. 
Peinture. 3,200 francs. 



1897. 

15, 16, 17 février. 

Collection des Concourt. 

PERRONEAU. 

(Attribué à Jean-Baptiste). 

N° 232. Louis Claude, comte de Goyon de Vaudurant, sous-gouver- 
neur de Bretagne. 

Coiffé à l'oiseau royal, il est en habit de velours noir, jabot de dentelle, 
gilet de soie à fleurettes traversé par le cordon rouge de commandeur de 
l'ordre de Saint-Louis. 

Pastel sur peau vélin. 

Provient de la collection du docteur Aussant de Rennes, où il était attribué 
à La Tour. Ce pastel, qui a tous les caractères du faire de Perronneau, n'a 
pu être exécuté par La Tour qui, déjà un peu fou, ne travaillait plus à 
l'époque où M. de Goyon était nommé commandeur de l'ordre de 
Saint-Louis. 

A figuré à l'exposition de l'Ecole des Beaux-Arts, en 1879, sous le n° 541. 

L'expert n'ose garantir ce beau pastel comme étant une œuvre de Per- 
roneau. Son exécution lui indiquerait plutôt une œuvre de Ducreux. 

H. 0.71 ; L. 0.58. 3,000 francs. 

1898. 
Collection de feu M. A. Marmontel. 

Professeur honoraire au Conservatoire. 
PERONNEAU. 
N° 44. Portrait d'homme. 
Il est vu en buste, la main dans son gilet, et porte un habit gris brodé d'or. 



— 185 — 

Beau pastel. — Signé en haut et à droite: J. B. Peronneau. 1770. 

H. 0.73; L. 0.5S. 5,700 francs. 



30 avril. 

Vente de M. le comte C***. 

PERRONNEAU (J.-B.). 

Portrait de femme. 
Pastel. 200 francs. 



1899. 

Mai. 

Collection G. Mùhlbacher. 

PERRONEAU. 

(Attribué à Jean-Baptiste). 

N" 230. Portrait d'un jeune gentilhomme. 

Vu à mi-corps, de face, les cheveux poudrés, une main dans sa poche, 
l'autre appuyée sur une table, il porte un habit verdâtre sur un gilet de satin 
blanc à fleurs. 

Pastel. — H. 0.59 ; L. 0.49. — Cadre bois sculpté. 2,520 francs. 



Décembre. 

Collection de La Rochenoire. 

PERRONNEAU 

(Attribué à Jean-Baptiste). 

Portrait d'homme en buste. 
Pastel. 715 francs. 



— 186 — 
1900. 

14 juin. 

Tableaux anciens, gouaches et dessins 
de l'Ecole française du XVIIP siècle. 

PERRONNEAU (Jean-Baptiste). 

N° 35. Portrait d'un magistrat. 

Vu en buste, presque de face vers la droite, l'œil injecté de sang ; il porte 
une robe noire à rabat, coiffé d'une perruque poudrée; au fond à gauche 
un rideau rose relevé. 

Toile. — H. 0.80; L. 0.63. — Cadre en bois sculpté. 700 francs. 



1901. 

25 mai. 



Tableaux anciens. 

Pastels, gouaches, dessins et miniatures. 

PERRONNEAU (Jean-Baptiste). 

N° 44. Portrait de petite fille. 

Elle est représentée de face, les cheveux sur les épaules, retenus par un 
ruban rose, elle porte un corsage iilas décolleté et ceint d'une écharpe rose. 

Très délicate peinture au pastel. — Signé et daté en haut, à droite. 

H. 0.45; L. 0.37. — Cadre bois sculpté. 8,825 francs. 

N° 45. Portrait du Baron P. de L., Officier de la Maison du maréchal 
de Belle-Isle. 
Vu en buste, tourné de trois-quarts vers la gauche, la tète presque de 
face. Il est vêtu d'un habit bleu galonné d'or, le chapeau sous le bras. 
Peinture au pastel. — H. 0.63; L. 0.57. — (Ces deux pastels sont repro- 
duits en phototypie dans le catalogue) . 6,200 francs. 



PI. 47 




POKTKAll' nie l-iiMME 

Pastel. 

(A 11. l'eral. 



— 187 — 
1903. 

4 juin. 

Collection de M. le comte A. de G*'* 

PERRONNEAU (Jean-Baptiste). 

N° 39. Portrait d'un magistrat. 

Vu de face, la perruque poudrée, il porte la robe de Conseiller à la 
Cour du roi. 

Très délicate peinture aux tonalités grises. — Signé et daté en haut à droite. 

Toile. — H . 0.65 ; L. 0.54. — Cadre Louis XV en bois sculpté et doré. — 
(Reproduit en phototypie.) 3,000 francs. 

PASTELS. 

N" 69. Portrait de Madame du Mas de la Roque. 

Un bouquet de fleurs dans les cheveux, un nœud de soie bleu au cou, 
vêtue d'un corsage bleu décolleté. 2,600 francs. 

Pastel sur vélin. — H. 0.46; L. 0.36. — Cadre en bois sculpté. 

N° 70. Portrait de femme de la famille du jurisconsulte Râteau. 

De trois quarts vers la gauche, la chevelure poudrée, costume décolleté, 
un gros nœud de satin rose sur la poitrine. 

Pastel. — H. 0.65; L. 0.54. — Signé et daté en haut à gauche. 

Exposition de Bordeaux, 1882. 4,200 francs. 



1904. 

7, 8, 25 février. 



Collection de M. H.-J, M***. 



*** 



Pastels provenant du château de M 

PERRONNEAU (Jean-Baptiste). 

N° 51. Portrait présumé de M""" Miron. 
Les cheveux relevés et poudrés, un collier de perles au cou, un mantelet 



(1) Cette vente fut remise au dernier moment 
13 



— 188 — 

de dentelle noire sur son corsage bleu décolleté à devant rose orné d'un 
nœud de ruban de même couleur, elle est vue jusqu'à la ceinture de trois 
quarts à gauche. 

Œuvre remarquable de l'artiste, d'une grande fraîcheur de conservation. 

Pastel de forme ovale. — H. 0.63; L. 0.50. — Signé et daté: 1765. 

N° 52. Portrait présumé de M. Miron. 

En perruque poudrée à catogan, habit bleu, chemise bordée de dentelle, 
ouverte sur le cou, il est à mi-corps, de trois quarts à gauche. 

Œuvre remarquable de l'artiste, d'une grande fraîcheur de conservation. 

Pastel de forme ovale. — H. 0.63; L. 0.50. — Signé et daté: 1772. 

(Ces deux portraits sont reproduits en phototypie dans le catalogue 
illustré de la vente). 



Avril. 

Vente Marne. 

PERRONNEAU (Jean-Baptiste). 

N" 64. Portrait de jeune femme. 

Elle est vue jusqu'à la poitrine, robe bleue au corsage décolleté. Ses 
cheveux poudrés sont coiffés coquettement d'un petit bonnet de dentelle 
égayé d'un nœud bleu sur le sommet de la tète. Un collier de quatre rangs 
de perles enveloppe son cou. Les yeux bruns, à la prunelle très noire, ont 
de la verve sous une paupière sensuelle. Le menton est délicat dans l'ovale 
du visage un peu alourdi par l'approche de la trentaine. Les lèvres sont 
aimables, avec une commissure spirituelle. Le nez est expressif avec des 
narines promptes à l'émotion. Une jeune femme dont M"' du Deffand 
eût dit : « Les yeux de la chair la comprennent mieux que les yeux de 
l'esprit. )i 

Signé à gauche, vers le bas: Perronneau pinx — 1748. 

Pastel. — H. 0.51 ; L. 0.41. — Collection Roux. 70,000 francs. 

N° 65. Femme endormie. 

Oh! la sommeilleuse ravissante! Quel galant apprêt dans le nonchaloir! 
Quelle science délicate dans l'abandon! Elle est assise, vue jusqu'à la poi- 
trine, la tête reposant sur des coussins, les cheveux tombant en boucles 
sur la nuque. De son corsage bleu aux dessous de fine batiste, ses épaules 
émergent sans que nul gonflement vienne gêner un regard scrupuleusement 
chaste. De sa main gauche relevée, elle touche sa joue plus qu'elle ne s'y 



— 189 — 

appuie. Les paupières sont closes sur sa bouche, nul rêve ne fait flotter 
le sourire ou l'alarme. C'est le calme, le calme absolu, rythmé par une 
respiration douce, qui ne doit pas gêner l'harmonie des lignes. Près de 
la joue rosée, l'oreille s'arrondit au dessin vivant et chaud, comme une fleur 
ou comme un papillon. Il y a de la grâce dans cette figure, une fossette 
presque invisible au menton; au cou d'une blancheur chaude, de petites 
ombres qui courent de-ci de-là comme des frissons: c'est du repos, mais 
c'est aussi de la vie adorablement féminine. 
Pastel. — H. 0.51 ; L. 0.41 . — Collection Roux. 30,000 francs. 



3 et 4 mai. 

Collection Rougier (de Lyon). 

Portrait d'homme. — Pastel. — Signé et daté 1775. 



17 au 21 mai. 

Collection 
de S. A. I. Madame la princesse Mathilde. 

PERRONNEAU (J.-B). 

N° 42. Portrait de Laurent Cars. 

En habit gris, perruque poudrée, un foulard de soie marron rayée de 
bleu, noué sous le menton et pendant sur la poitrine; il est représenté en 
buste, tourné de trois quarts à droite. 

Peinture exquise où le célèbre pastelliste a déployé tout l'esprit et toute 
la délicatesse de son art. 

Toile. — H. 0.50; L. 0.40. — (Reproduit au catalogue.) 12,500 francs. 

ECOLE FRANÇAISE DU XVI IT SIECLE. 

N" 48. Portrait d'un gentilhomme. 

Il est représenté à mi-corps, de profil à gauche, la fête tournée de trois 
quarts vers le spectateur, en perruque poudrée à catogan, habit gris orné 
de boutons d'or sur le parement de la manche et ouvert sur un gilet brodé 
à fond crème. 



— 190 — 

Œuvre magistrale, d'une étonnante hardiesse d'exécution, d'une rare 
délicatesse de couleur. — (Reproduit au catalogue en phototypie.) 

Toiledeformeovale. — H. 0.74; L. 0.59. 110,000 francs. 

Cette toile a été avec beaucoup de raison attribuée à Perronneau par 
plusieurs connaisseurs. 

26, 27, 28 mai. 

Collection de M. Ch. P. de Meurville. 

PERRONNEAU (J.-B.). 

N" 44. Portrait du Marquis de Camyran. 

Il est vu de face, la tète haute coiffée d'une perruque poudrée à frimas, 
colleté d'un jabot de fines dentelles; il est vêtu d'un habit bleu à larges 
broderies et boutons d'or. 

Pastel signé et daté en haut à droite. — H. 0.65; L. 0.54. 

N° 45. Portrait de jeune femme. 

Cette femme d'une rare distinction est représentée de face; elle porte une 
coiffure poudrée, la tête légèrement penchée sur l'épaule gauche, la poitrine 
décolletée, elle est vêtue d'une chemisette les épaules à demi-couvertes 
d'une draperie de soie bleue. — Œuvre des plus délicates. 

Pastel sur vélin. — H. 0.46; L. 0.38. — Cadre en bois sculpté. 



11 juin. 

Tableaux anciens. 

Appartenant à M. le Comte A. de G***. 

Deuxième vente. 

PERRONNEAU (Jean-B.\ptiste). 

N° 20. Portrait d'un conseiller au Parlement. 

Il est représenté de face jusqu'à mi-corps, le rabat de crêpe noir à liseré 
blanc tombant sur la robe noire à simarre rouge. II porte la perruque courte. 
Ses yeux sont bleus, le teint animé, les lèvres fortes et d'un joli dessin. 

Œuvre aux tonalités grises. Signé en haut, vers la droite: Perronneau 1768. 

Toile. — H. 0.66; L. 0.54. 



— 191 — 
1905. 

6 février. 

Collection du comte Jacques de Bryas. 

PERRONNEAU (Jean-Baptiste). 

N° 17. Portrait présumé de la marquise d'Anglure. 

Vue à mi-corps, presque de face, les yeux fixés sur le spectateur, les 
cheveux relevés et poudrés, bouclés sur la nuque, la poitrine découverte, 
elle est entourée d'une draperie bleue relevée sur l'épaule gauche et laissant 
apercevoir un corsage de mousseline. 

Très gracieux pastel. — Signé en toutes lettres. — (Reproduit au cata- 
logue.) — Cadre en bois sculpté. — H. 0.58; L. 0.48. 39,000 francs. 



13—15 avril. 

Tableaux anciens appartenant à divers. 

PERRONNEAU (Jean-Baptiste). 

N° 299. Portrait de M"" Huquier. 

Représentée en buste, le visage souriant, tournée de trois quarts à 
gauche, tenant dans ses mains un petit chat dont elle tire l'oreille. 

Les cheveux blonds bouclés sur les tempes et ornés de plumes blanches 
et bleues, elle porte un corsage de soie bleue décolleté et un ruban de même 
couleur noué autour du cou sur une fraise de tulle. 

Cette œuvre, exquise de grâce et d'esprit, fut dessinée par le maître, 
à Orléans, pour son ami Huquier. Elle fut conservée dans cette ville et dans 
cette famille jusqu'à ce jour. 

Pastel. — H. 0.45 ; L. 0.34. 19,000 francs. 

N° 300. Portrait de jeune femme. 

Vue à mi-corps, de face, les cheveux poudrés et relevés, en corsage blanc 
décolleté, une écharpe bleue autour de la taille. 

Signé en toutes lettres et daté: 1773.— H. 0.72; L. 0.58. 15,500francs. 
N" 301. Portrait d'homme (pendant du précédent). 

En habit rose, ouvert sur un jabot de dentelle, tricorne sous le bras, il est 
vu de face à mi-corps. 

Signé en toutes lettres et daté: 1773. — H. 0.72; L. 0.58. 

(Ces trois portraits sont reproduits au catalogue) . 14, 100 francs. 



— 192 — 

10 et II mai. 

2' Vente de M'"^ E. Warneck. 

PERRONNEAU (Jean-Baptiste). 

N° 113. Portrait de femme. 

Vue de face jusqu'à la ceinture, les cheveux relevés et poudrés, elle porte 
autour d'un corsage de tulle décolleté une écharpe de soie gorge de pigeon. 

Pastel de forme ovale. 2,600 francs. 



20 juin. 

Deux pastels par J.-B. Perronneau. 

N° I. Portrait de M"^ ***. 

Buste de jeune femme aux yeux bruns, sourcils noirs et cheveux relevés 
et poudrés, le visage de face, la poitrine décolletée. Elle est vêtue d'un 
corsage de taffetas noir agrémenté de rubans roses plissés, bordé de den- 
telle. La gorge est parée d'un tour de cou couleur de rose. 

Pastel de forme rectangulaire sur papier. — Signé en haut et à droite. 

Cadre du temps en bois sculpté doré.— H. 0.53; L.0.44. 11,200 francs. 

N" 2. Portrait de M"' ***. 

Buste de femme aux yeux bleus, sourcils châtains, front dégagé, cheveux 
relevés et poudrés, vue de trois quarts décolletée. Elle est vêtue d'un cor- 
sage blanc bordé de dentelle et orné d'un large nœud de ruban. Les épaules 
sont recouvertes d'une légère écharpe rose. 

Pastel de forme ovale sur vélin. 

Cadre ancien bois sculpté. — H. 0.63; L. 0.53. 

(Ces deux pastels sont reproduits dans le catalogue de la vente). 

l.IOO francs. 

4, 5 décembre. 

Vente Cronier. 

PERRONNEAU. 

N° 19. Portrait de M. Dupéril. 
Vu jusqu'à mi-corps, de trois quarts à gauche, il est vêtu d'un habit 



— 193 — 

rouge éteint, d'un gilet à jabot de dentelle et à boutons de métal. Les 
cheveux sont poudrés, coiffés à marteaux et noués avec un ruban noir. 
La physionomie est calme avec une certaine expression de dédain. 

Signé en haut, vers la droite: Perronneau 1771. 

Cadre en bois sculpté, époque Louis XVI. — Toile. — H. 0.685 ; L. 0.575. 

36,000 francs. 

N" 39. Portrait de M.'^rie- Louise -Catherine -Françoise -Colette 
DE ViLLERS, épouse de Jacques-Nicolas Le Boucher de Riche- 
mont, peinte en mars 1770, âgée de 42 ans et 7 mois. 

Elle est vue jusqu'à mi-corps, de trois quarts à gauche; elle porte un 
manteau de satin blanc bordé de vison, ouvert sur un corsage de soie 
bleue décolleté; un rang de perles autour du cou. Une coiffe de dentelle 
blanche et de batiste ruchée domine ses cheveux poudrés. 

La bouche est petite et la commissure des lèvres indique un léger sourire. 
Les yeux sont grands sous les sourcils bien dessinés. Le nez a de l'espiègle- 
rie; le menton d'un dessin délicat est marqué d'un repli où s'inscrit la 
quarantaine. Le front est dégagé avec une jolie ligne de cheveux sur les 
tempes. 

Signé à gauche, vers le bas: J. B. Perronneau 1770. 

Pastel. — H. 0.73; L. 0.59. 10,600 francs. 

N" 40. Portrait d'homme. 

Il est vu jusqu'à mi-corps, de profil à gauche, la tète tournée de trois 
quarts. Il est vêtu d'un habit gris, ouvert sur un gilet de soie rose à jabot 
de dentelle. Il tient sous son bras gauche son tricorne noir. La tète, coiffée 
de la perruque poudrée à marteaux, a du caractère : la bouche est fine, le 
menton puissant, les yeux bleus ont de l'expression mordante sous la pau- 
pière à demi baissée. La figure se détache sur un fond giis. 

Signé à droite en haut: Perronneau. 

Pastel. — H. 0.665; L. 0.54. 20,000 francs. 

N" 41. Portrait de femme. 

Elle est assise, en costume de bal, robe de mousseline de soie azur, au 
corsage amplement décolleté. Un manteau bleu gris est drapé sur les épaules 
et semble retenu par une écharpe de gaze blanche. Elle est vue jusqu'à la 
ceinture, de face; son cou élancé est marqué par un rang de perles. Le 
visage est d'une délicieuse joliesse; le menton fin, marqué d'une fossette, 
se dessine dans un ovale régulier; la bouche est petite, sans excès. Le nez 
a de la volonté; les yeux sont bleus, avec d'intelligentes clartés. Dans les 
cheveux poudrés se trouve piqué un petit bouquet de myosotis. La figure 
se détache sur un fond gris bleuté. 



— 194 — 

Signé à droite, en haut.— Pastel.— H. 0.665 ; L. 0.535. 28,000 francs. 
(Ces trois pastels sont reproduits en héliogravure dans le catalogue). 



1906. 

16, 17 mai. 



Tableaux, Dessins, Sculptures, etc. provenant 
de la Collection de M. J*** D***. 

PERRONNEAU (Jean-Baptiste). 

N° 77. Portrait d'homme. 

Il est vu de trois quarts vers la droite, assis sur une chaise cannée, la tête 
presque de face, vêtu d'un habit marron avec col, jabot et manchettes de 
mousseline. Physionomie vivante et expressive. 

Pastel. — Beau cadre ancien Régence en bois sculpté doré. — H. 0.65; 
L. 0.51. 

(Reproduit en phototypie dans le catalogue) . 5,400 francs. 

N° 78. Portrait de femme. 

En buste, la tèlt tournée vers la gauche. Corsage décolleté, bordé de 
mousseline, nœud de ruban bleu autour du col. 

Cadre ancien Louis XV en bois sculpté doré, agrémenté d'un écusson 
timbré d'une couronne. — Toile. — H. 0.48; L. 0.40. 



1907. 

26 avril. 



Vente de Tableaux Anciens. 

Pastels, etc., appartenant à M. X***. 

N° 36. Portrait de C. Floret. 

Vu à mi-corps de trois quarts à gauche, en habit bleu, jabot de dentelle, 
perruque avec large nœud de ruban noir pendant sur la nuque. 

Signé et daté: 1773. — Pastel. — H. 0.65; L. 0.53. 

(Reproduit au catalogue). 4,600 francs. 



PI. 48 




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Paslol. 
(A M. Fci-al) 



— 195 — 

Vente du 16 Avril. 

Portrait au pastel d'un gentilhomme. 
Signé, 1775. 15,000 francs. 

1908. 
Vente du 8 Avril. 

Tableaux anciens. 

N° 23. Portrait de femme. 

Elle est représentée complètement de face, vue à mi-corps, ses cheveux 
frisés et poudrés à frimas, une légère coiffure de fines dentelles, ornée de 
petits rubans bleus, retenue par des broderies de dentelles mi-serrées sous 
le cou, la poitrine décolletée, recouverte d'un fichu de gaze blanc ; elle est 
vêtue d'un corsage de soie lilas, à plastron de soie bleue. Sur les seins et à 
la saignée des bras, des nœuds de soie bleue sont disposés en coques. 

Signé et daté: Perronneau 1768, en haut, à droite. Œuvre d'une maîtrise 
et d'une harmonie de la plus haute distinction dans une harmonie infiniment 
délicate. — Toile. — H. 0.73; L. 0.60. — Cadre en bois sculpté et doré. 

(Reproduit au catalogue). 22,000 francs. 

Vente du 11 Avril. 

Tableaux anciens. 

PERRONNEAU 

W 29. Portrait de jeune femme endormie. 
Toile. — H. 0.62; L. 0.52. — Cadre en bois sculpté. 



1909. 

1"'' avril. 



Collection de M. le comte de L**'. 

N° 26. Portrait d'homme. 
Ce jeune seigneur en perruque poudrée, époque de Louis XV, est repré- 



— 196 — 

sente à mi-corps et de face. Il porte un liabit d'hiver, bleu pâle, bordé de 
fourrure, et entr 'ouvert, laissant voir un jabot de dentelle. 

Pastel. — Signature effacée dans le haut à droite. — Daté: 1757. 

Cadre Louis XV, en bois sculpté et doré. — H. 0.66; L. 0.51. 



9, 10, 11 juin. 

Collections de M. Félix Doistau. 

PERRONNEAU (Jean-Baptiste). 

N" 93. Portrait de Charles Le Normant du Coudray. 

Sur un fond de tenture verdâtre, la tête se dégage de trois quarts à droite 
légèrement. Autour du cou, un mouchoir de couleur, noué sur un habit 
bleu. De la main droite, le personnage retient un album sur lequel on lit: 
Recueil d'estampes. 

Signé et daté en haut, à droite: 1766. — Pastel. — H. 0.63; L. 0.49. 

Cadre ancien Louis XVI en bois sculpté doré. — Vente Alexandre Dumas. 
— Exposition des Cent Pastels (1908), n° 74, sous ce titre: Portrait d'artiste. 

Nota. — Nous avons conservé ici, pour le nom du personnage repré- 
senté, celui indiqué par une ancienne note manuscrite se trouvant au revers 
du pastel. Dans le recueil des Cent Pastels, M. Roger-Miles croit y recon- 
naître le dessinateur Hubert Gravelot. 

18,500 francs. 



15 décembre. 

Collection du D'^ Azam, de Bordeaux. 

PERRONNEAU (Jean-Baptiste). 

N° 75 Jeune fille en buste. 

Les cheveux blonds bouclés, légèrement poudrés et relevés sur le front; 
la main droite drapant un fichu de gaze autour de son corsage bleu, décolleté, 
elle tourne la tête de trois quarts vers la gauche. 

Pastel. — Signé et daté. — H. 0.43 ; L. 0.32. 

(Reproduit au catalogue). 4,800 francs. 



— 197 -. 
1911. 

29 et 30 mai. 

Collection Pierre Decourcelle. 

N° 137. Portrait présumé de Charles-Nicolas Cochin. 

Il est représenté de trois quarts à droite, vêtu d'une large blouse d'atelier 
mauve, le col dégagé de la chemise blanche garnie de dentelle. Il tient de la 
main gauche un crayon à dessin et replie le doigt sur le bord d'un carton. 
Ses cheveux poudrés, relevés sur les tempes, sont noués par derrière avec 
un ruban noir. 

Pastel. — Signé et daté: 1772. — (Reproduit au catalogue). — Cadre 
ancien en bois sculpté. 

(Suit une longue note dans laquelle l'auteur du catalogue base son iden- 
tification sur les relations de Cochin avec Desfriches et Descamps) . 



1912. 

5 — 8 juin. 

Collection Jacques Doucet. 

PERRONNEAU (J.-B.). 

N° 85. Portrait d'enfant. 

Vu à mi-corps, très légèrement à gauche, les yeux bleus regardant en 
face, il est vêtu d'une robe à taille, décolletée et à manches courtes, de 
brocart blanc à broderies jaunes, bleues, roses et rouges, bordée de den- 
telles au corsage et aux manches. Dans la main gauche, il tient un jouet 
couvert en rouge. Le bras droit pend le long du corps. Fond gris bleu, 
ombré à droite dans la partie inférieure. 

Signé en haut, à gauche: Perronneau pinx., 1744. — Pastel. — H. 0.51 ; 
L. 0.41. 

Cadre ancien, d'époque Louis XVI, en bois sculpté et doré, avec nœud 
de ruban, formant fronton, guirlandes et chutes de fleurs et de rubans. 

77,000 francs à M. Hœntschel. 
N° 86. Le comte de Bastard. 

En buste, la tête levée, de trois quarts et regardant à gauche, il porte 
la haute perruque dite <( de procureur n, à larges boucles tombant sur les 
épaules. Il est vêtu d'un habit de velours gris noirâtre, sur un gilet gris 



— 198 — 

foncé qui s'ouvre sur un jabot de dentelles. Le cou est serré dans une 
cravate de linon blanc. Sous le bras gauche, on aperçoit une pointe du 
tricorne noir. 

Signé, au-dessus de l'épaule gauche: Perronneau pinx, no^re 1747. — 
Pastel. — H. 0.67; L. 0.56. 

Collection John W. Wilson (1881, n° 20). 

116,100 francs à M. Guiraud. 

N° 87. Portrait de jeune femme tenant un bouquet. 

Assise et vue à mi-corps, un peu penchée vers la gauche, elle tourne vers 
la droite sa tête coiffée de cheveux bruns, légèrement poudrés, et regarde 
en face. Le cou est orné d'un rang de perles. La robe décolletée, d'un gris 
bleu, et les manches courtes sont bordées de fine batiste blanche plissée. 
Le corsage et les rubans sont bleus. De la main gauche, qu'elle ramène vers 
la poitrine, la jeune femme tient un petit bouquet de « barbeaux » ou 
bleuets. La main droite est posée à plat sur une table. Un bracelet de trois 
rangs de perles serre le poignet gauche. Fond gris clair, avec, à gauche, 
une draperie rouge. 

Signé à gauche, au-dessus du bras droit: Perronneau, 1749. — Pastel. — 
H. 0.60; L. 0.47. — Salon de 1750 (n" 134.) 

Cadre ancien, d'époque Louis XV, en bois sculpté et doré, de forme 
mouvementée, à coquilles, torsades et guirlandes de fleurs. 

75,000 francs à M°"° Vermaut-Vernon. 

N° 88. Jacques-Charles Dutillieu. 

En buste, il est aperçu dans un ovale formant lucarne. Portant la petite 
perruque poudrée, nouée par un ruban noir, il est vêtu d'un habit de 
velours rouge-orangé, sur un gilet de même couleur. A la cravate de linon 
blanc, serrant le cou, s'attache un jabot de dentelles. Sous le bras gauche 
on aperçoit la pointe du tricorne. Fond gris bleu. 

Signé près de l'épaule gauche: Perronneau. — Pastel. — H. 0.72 ; L. 0.60. 

Ancienne collection Willemoy. 

Cadre ancien, d'époque Louis XV, en bois sculpté et doré, à baguettes, 
avec coquilles et ornements dans les coins. 28,100 francs. 

N° 89. Abraham van Robais. 

En buste et vu de face, la longue perruque poudrée tombant sur les 
épaules, il est vêtu d'un habit de velours rouge. A la cravate de linon blanc 
est attaché un jabot de dentelles. Sous le bras gauche, on aperçoit la pointe 
du tricorne. Fond gris jaunâtre. 

Signé en haut, à droite: Perronneau. — Pastel. — H. 0.73; L. 0.59. 

Cadre ancien, d'époque Régence, en bois sculpté et doré, à coquilles et 
ornements dans les coins. 87,000 francs au Musée du Louvre. 



— 199 — 

N" 90. Portrait de femme. 

En buste, la tête de trois quarts à gauche, elle regarde en face avec une 
expression souriante. Sur les cheveux bruns, légèrement poudrés, où sont 
piquées quelques fleurettes, est posé un fichu bleu dont une pointe retombe 
sur l'épaule droite. Au côté droit du corsage décolleté, de gaze transpa- 
rente, s'attache une draperie bleue dont on voit flotter l'extrémité derrière 
l'épaule gauche. — Pastel. — H. 0.6i ; L. 0.49. 

Cadre ancien, d'époque Louis XV, en bois sculpté et doré, avec fronton 
ornementé. 10,500 francs. 

N° 172. Portrait présumé de M"" Blondel d'Azincourt. 

Vue à mi-corps, de trois quarts à droite et regardant en face, la tête, aux 
cheveux poudrés, recouverte d'une coiffe de dentelles à rubans bleus, un 
rang de perles autour du cou, elle est vêtue d'un manteau à capuchon de 
couleur bleu ciel, à pois, bordé de fourrure, retenu par un ruban de même 
couleur, noué au cou. Le corsage bleu décolleté est recouvert d'un fichu 
transparent 5 rayures blanches. La main droite, gantée de blanc, est engagée 
dans un manchon de fourrure. 

Signé en haut, à droite : Perronneau, 1766. — Toile. — H. 0.78 ; L. 0.62. 

Pendant du numéro suivant. — Cadre ancien, d'époque Louis XV, en 
bois sculpté et doré, à coquilles, torsades et fleurettes. 

83,000 francs à M. Sarrazin. 

N° 173. Portrait présumé de Blondel d'Azincourt. 

Vu à mi-corps, de trois quarts à gauche, il regarde en face. Il porte la 
petite perruque poudrée, nouée d'un ruban noir. Une cravate de lingerie 
blanche serrant le cou, il est vêtu d'un habit de velours noir sur un gilet 
rouge, qui s'ouvre sur un jabot de dentelles. Tenant son tricorne sous le 
bras gauche, il a la main droite engagée dans l'ouverture du gilet. Au côté 
gauche de l'habit, l'insigne de la décoration du Saint-Esprit est suspendu 
à un ruban rouge. 

Toile. — H. 0.78; L. 0.62. — Pendant du numéro précédent. 

Cadre ancien, d'époque Louis XV, en bois sculpté et doré à coquilles, 
torsades et fleurettes. 42,500 francs à M. Graat 

(Tous ces portraits sont reproduits au catalogue) . 



— 200 — 
1913. 

5 — 6 mai. 

Collections Eugène Kraemer. 

Deuxième vente. 

PERRONNEAU (Je an- Baptiste). 

N° 7. Raguenet de Saint-Albin, échevin de la ville d'Orléans. 

A mi-corps, de trois quarts à gauche, le visage presque de face, les yeux 
fixés sur le spectateur, il porte un habit de velours vieux rose, ouvert sur 
un jabot de dentelles, le tricorne noir sous le bras gauche, la perruque pou- 
drée à catogan, un ruban noir autour du cou. 

Pastel. — Signé et daté: 1765. — H. 0.61 ; L. 0.50. 

Cadre en bois sculpté. — (Reproduit au catalogue.) 23,000 francs. 

N° 8. Portrait de M""^ d'Eprémesnil. 

En buste, presque de face, les cheveux relevés et bouclés, les yeux bruns, 
elle porte, sur son corsage blanc décolleté, une écharpe bleue, retenue sur 
l'épaule par une agrafe à cabochon, un collier de perles autour du cou. 

Pastel. — H. 0.60; L. 0.50. 

Cadre en bois sculpté. — (Reproduit au catalogue.) 



2 — 5 juin. 
Troisième vente. 

PERRONNEAU (Jean-Baptiste). 

N° 125. Portrait d'homme. 

En habit noir, jabot et cravate de mousseline, perruque poudrée, la tête 
relevée vers la droite. 

Pastel. — Signé à droite et daté: 1747. — H. 0.56; L. 0.45. 

Cadre en bois sculpté. 

1918. 

26—27 mars. 

Collection Edgar Degas. 

PERRONNEAU (Jean-Baptiste). 

N° 4. Buste de femme. 
Signé dans le haut, adroite, et daté: 1771. — Toile. —■ H. 0.66; L. 0.54. 

30,500 francs. 



— 201 — 

3 mai. 

Collection du vicomte de Curel. 

N" 56. Portrait de M. Pommeret. 

Il est représenté de trois quarts à gauche, jusqu'à la poitrine, et vêtu 
d'un habit bleu pâle avec une cravate blanche à barbe de dentelle. Ses 
cheveux poudrés sont noués d'un ruban noir. La figure se détache sur un 
fond neutre. 

Pastel de forme ovale. — Signé à droite, en haut: Perronneau. — 
H. 0.55; L. 0.44. 

Cadre en bois sculpté et doré. 14,600 francs. 

N° 57. Portrait de M""" Pommeret. 

Elle est jeune encore, avec des yeux ingénus et bleus, et le visage égayé 
d'un rose aimable. Elle est vêtue de blanc, avec un corsage décolleté, 
orné de rubans roses. Un étroit ruban de même couleur lui tient lieu de 
collier, et une rose est piquée dans ses cheveux poudrés qui ne demande- 
raient qu'à rester blonds. La figure se détache sur un fond gris bleu. 

Pastel de forme ovale. — Signé à droite, en haut: Perronneau. — 
H. 0. 55; L. 0.45. 

Cadre en bois sculpté et doré. 

(Ces deux pastels sont reproduits au catalogue). 12,000 francs. 



17 — 18 décembre. 

Succession de M. Georges Boin. 

PERRONNEAU (Jean-Baptiste). 

N" 25. Portrait de femme. 

Vue de face en corsage rose décolleté orné d'un gros nœud de ruban. 
Elle est parée d'un collier de perles et porte une écharpe sur ses épaules. 

Pastel à vue ovale. — Signé et daté: 1767. — H. 0.57; L. 0.48. 

Sur une étiquette collée au revers, on lit: Marguerite..., épouse de Pierre 
Boyer-Fonfrède, peint en 1767. 

Cadre ancien en bois sculpté doré. 11,500 francs. 



— 202 — 
1919. 

31 mars — 2 avril. 

Succession Georges Hoentschel. 

PERRONNEAU (Jean-Baptiste). 

N" 18. Portrait d'enfant. 

Vu à mi-corps, très légèrement à gauche, les yeux bleus regardant en 
face, il est vêtu d'une robe à taille, décolletée et à manches courtes, de 
brocart blanc à broderies jaunes, bleues, roses et rouges, bordée de den- 
telles au corsage et aux manches. Dans la main gauche, il tient un jouet 
couvert en rouge. Le bras droit pend le long du corps. Fond gris bleu, 
ombré à droite, dans la partie inférieure. 

Pastel. — Signé en haut, à gauche: Perronneau, pinx. 1744. — H. 0.51 ; 
L. 0.41. — (Reproduit au Catalogue.) 

Cadre ancien, d'époque Louis XVI, en bois sculpté et doré, avec nœud 
de ruban, formant fronton, guirlandes et chutes de fleurs ei rubans. 

Collection Jacques Doucet. Vente du 5 juin 1912, n" 85, catalogue: 
P' vol., p. 89. — Exposition de Cent Pastels, Paris 1908, n° 82 (indiqué 
par erreur comme daté de 1741 ) . 49,500 francs. 



12—13 mai. 

Collection H. Michel-Lévy. 

PERRONNEAU (Jean-Baptiste). 

N° 106. Portrait de van Robais. 

De face, à mi-corps, en habit de velours rose ouvert sur un jabot de 
dentelle, le feutre noir sous le bras gauche, une cravate de mousseline 
autour du cou, il porte une longue perruque bouclée retombant sur les 
épaules. 

Pastel.— H. 0.72; L. 0.57.— (Reproduit au catalogue.) 47,000 francs. 

N" 107. Portrait de Marie-Thérèse de Villette, femme Laruette. 

En buste, de trois quarts tournée vers la gauche, le haut du corps penché 
en avant, les cheveux poudrés relevés au sommet de la tête, un ruban bleu 
autour du cou et noué sous le menton, elle porte un corsage de soie jaune 
décolleté avec nœuds sur la poitrine, et un mantelet noir sur les épaules. 

Pastel. — H. 0.55; L. 0.45. — (Reproduit au catalogue.) — Cadre en 
bois sculpté. 



— 203 — 

Exposition de Cent Pastels, n° 87 du catalogue. 

Marie-Thérèse de Viilefte-Laruette, pensionnaire du Roi, fut reçue en 
1760 à la Comédie italienne, où elle créa un certain nombre de rôles dans 
des œuvres de Grétry, de Monsigny, etc. 16,200 francs. 



26—27 mai. 

Collection François Flameng. 

PERRONNEAU (Jean-Baptiste). 

N° 33. Portrait de jeune femme en robe rose. 

Les cheveux frisés et poudrés, le visage de face, les yeux bleus, en robe 
rose décolletée jusqu'à la naissance de la gorge et survoilée d'une écharpe 
de gaze rayée, une ceinture bleue lui ceignant la taille sous un nœud de 
ruban de même couleur, elle est représentée à mi-corps, dans un ovale de 
pierre. 

Pastel. — H. 0.57; L. 0.47. — Cf.: Les Arts, n" 164, p. 11, où il est 
reproduit. 16.500 francs. 

31 mai. 

Vente X***. 

PERRONNEAU (attribué à Jean-Baptiste). 

N° 82. Portrait d'homme. 

A mi-corps, le visage de trois quarts vers la droite, un ruban gris nouant 
la perruque poudrée, il porte un habit rouge. 

Toile.— H. 0.68; L. 0.53. 

1&— 19 juin. 

Collection L. de M***. 

PERRONNEAU (d'après Jean-Baptiste). 

N° 268. Portrait de M. Q. de Latour. 

Copie ancienne du portrait du maître pastelliste, par son émule, se trou- 
vant au Musée Lécuyer, à Saint-Quentin. 

Pastel. — H. 0.55; L. 0.45. 

14 



— 204 — 
1920. 

10—11 mai. 

Collection Sigismond Bardac. 

PERRONNEAU (Jean-Baptiste). 

N° 28. Portrait de femme. 

Un bonnet de dentelle sur ses cheveux poudrés, le visage souriant et 
tourné de trois quarts vers la droite, elle porte un corsage bleu décolleté 
en carré, dont le devant de soie jaune est agrémenté d'un ruban de même 
nuance et les manches courtes bordées de dentelles. Les mains croisées, 
elle est représentée presque à mi-corps. 

Pastel. — Signé à droite, en haut, et daté: 1744. — H. 0.63; L. 0.51. 

Cadre en bois sculpté. — (Reproduit au catalogue.) 31,000 francs. 

N° 29. Portrait du Marquis de Puente-Fuerte. 

Les cheveux poudrés, noués d'un catogan de velours gris, le visage de 
trois quarts vers la droite, il est représenté à mi-corps. Un jabot de dentelle 
s'évase sur son habit bleu où brille, agrafé à un ruban de même couleur, 
un ordre espagnol dans un médaillon enrichi de diamants. 

Pastel. — Signé à droite, en haut. — H. 0.65; L. 0.55. 

Cadre en bois sculpté. — (Reproduit au catalogue.) 

Un portrait du marquis de Puente-Fuerte est reproduit dans la Gazette 
des Beaux-Arts, 466" livraison, du 1" avril 1896, p. 315 (article de M. Mau- 
rice Tourneux). Cf. également la Gazette des Beaux-Arts du 1"" février 
1896, pp. 141-142. 21.000 francs. 

N° 30. Portrait d'homme. 

Les yeux bleus, la chevelure poudrée nouée d'un catogan, le visage de 
trois quarts vers la droite, il porte un habit rose à col gris. Un léger jabot 
de dentelle dépasse à l'échancrure du gilet. Il est représenté en buste, une 
cravate de mousseline autour du cou, le tricorne sous le bras gauche. 

Pastel. — Signé à droite, en haut. — H. 0.55; L. 0.44. — (Reproduit 
au catalogue.) 

On lit au verso, sur le cartonnage de protection, la mention: Juillet 1756, 
par Perronneau. 25,500 francs. 



— 205 — 
8—10 juin. 

Collection A. Beurdeley. 

Portrait de femme (1). 

Pastel. — Signé. — H. 0.59; L. 0.45. 

Cadre ancien en bois. 37,500 francs. 



21—22 juin. 

Tableaux anciens et modernes. 

Provenant de la collection X*** . 

PERRONNEAU (Jean-Baptiste). 

N° 25. Portrait présumé de M. Miron. 

La chevelure poudrée et nouée d'un catogan, il est représenté en buste, 
le visage de trois quarts vers la gauche; son habit de velours bleu, à revers 
bleus, s'enlr'ouvre sur une chemise de fine dentelle. 

Pastel de forme ovale. — Signé et daté à droite, en haut : Perronneau, 1772. 

H. 0.60; L. 0.51. 

Collection du comte Joachim Lepic. 

35,000 francs avec le suivant. 

N° 26. Portrait présumé de M"" Miron. 

Les yeux bruns, les cheveux relevés et poudrés, un collier de perles au 
cou, elle est représentée le visage de trois quarts vers la gauche. Une man- 
tille de tulle noir garnie de Chantilly couvre ses épaules et son corsage de 
soie rose décolleté est orné d'un nœud de ruban. 

Pastel de forme ovale. — Signé et daté à droite, en haut : Perronneau 1763. 

H. 0.62; L. 0.48. 

Un portrait au pastel de M'"" Miron par J.-B. Perronneau a figuré au 
Salon de 1765, sous le n° 65. 

Collection du comte Joachim Lepic. 

N° 27. Portrait de femme. 

Les cheveux poudrés et bouclés, un collier de perles autour du cou, elle 
porte un bouquet de bleuets à l'échancrure de son corsage. 

(I) Portrait de la marquise d'Entrevaux de Ribeyrolles. 



— 206 — 

Pastel. — • Signé à droite, en haut. (La signature est en partie effacée.) 

H. 0.52; L. 0.44. 

(Ces trois pastels sont reproduits au catalogue) . 20,000 francs. 

N° 28. Portrait de femme. 

Un bonnet de dentelle sur ses cheveux relevés et poudrés, un collier de 
perles autour du cou, une écharpe bleue sur les épaules, elle est représentée 
en buste, le bras gauche accoudé sur un coussin de velours. 

Pastel. — Signé à droite, en haut, et daté: 1766. — H. 0.65; L. 0.53. 

Cadre en bois sculpté. 8,500 francs. 

N° 29. Portrait de femme. 
Un ruban noir autour du cou, les cheveux relevés et poudrés, les yeux 

bruns, le visage de face, elle porte un corsage bleu et une écharpe brune 

recouvre ses épaules. 

Pastel. — Signé à droite, en haut. (La signature est à demi effacée.) 
H. 0.58; L. 0.46. 9,000 francs. 

N° 30. Portrait de jeune femme. 

Les yeux bleus, le visage presque de face, un bonnet ruche posé sur ses 
cheveux bouclés, elle est représentée en buste et porte un corsage lilas 
légèrement décolleté et bordé de dentelle. 

Pastel de forme ovale. — Signé à droite, en haut, et daté: 1780. 

H. 0.55; L. 0.42. 5,000 francs. 

N° 31. Portrait de femme. 

De face, vue presque à mi-corps, un collier de perles autour du cou, !a 
main gauche contre la joue. 

Pastel. — Signé à droite, en haut et daté: 1770. (La signature est en 
partie effacée.) — H. 0.72; L. 0.58. 

Cadre en bois sculpté. 2,400 francs. 

N" 32. Portrait de femme en Diane. 

La tète inclinée vers la gauche, un carquois à l'épaule, elle présente une 
flèche de la main droite. 

Pastel. — Signé à droite, en haut et daté: 1760. — H. 0.53; L. 0.45. 

900 francs. 

N° 33. Portrait de jeune femme. 
En corsage bleu, coiffée d'une fanchon de gaze rayée, le visage tourné 

de trois quarts vers la droite, elle est représentée en buste. 
Pastel. — Signé et daté à droite, en haut: J. B. Perronneau, 1770. — ■ 
H. 0.53; L. 0.45. 15,000 francs. 



— 207 — 

N° 95. Portrait d'un magistrat. 

La perruque poudrée et bouclée, le visage de face, il est représenté en 
buste, dans un ovale de pierre et porte le rabat et la robe rouge. 

Signé à droite, en haut, et daté: 1768. — Toile. — H. 0.65; L. 0.52. 

Cadre en bois sculpté. 

(Reproduit au catalogue). 15,100 francs. 

6 — 8 décembre. 

Collection de M. Alphonse Kann. 

PERRONNEAU (Jean-Baptiste). 

N° 133. Portrait de Marie-Louise-Catherine-Françoise-Colette 
DE ViLLERS, peint en 1770. 
En buste de trois quarts à gauche. 

Pastel de forme rectangulaire à vue ovale. — Signé à gauche, vers le bas: 
H. 0.75; L. 0.59. — (Reproduit au catalogue.) — Cadre en bois sculpté. 

— Vente Cronier, n° 39. 

1922. 

18—19 mai. 

Collection Alfred Sussmann. 

PERRONNEAU (Jean-Baptiste). 

N° 48. Portrait de M. Duperel. 

Vu jusqu'à mi-corps, de (rois quarts à gauche, il est vêtu d'un habit rouge 
éteint, d'un gilet à jabot de dentelle et à boutons de métal. Les cheveux sont 
poudrés, coiffés à marteaux et noués avec un ruban noir. La physionomie 
est calme avec une certaine expression de dédain. 

Peinture à l'huile. — Signée en haut, vers la droite: Perronneau, 177L 

H. 0.685; L. 0.575. 

Collection Lrnest Cronier; vente à Paris, les 4-5 décembre 1906, n" 19 
(sous la désignation: M. Dupéril). A figuré à l'Exposition du Salon du 
Louvre, en 1773, sous le n°63: le portrait de M. Duperel. Tableau à l'huile 
de 27 pouces sur 22. — (Reproduit au catalogue.) 36,000 francs. 



— 208 — 
1923. 

15 mars. 

Tableaux et pastels appartenant à divers. 

PERRONNEAU (Je an- Baptiste). 

N° 41. Portrait du Marquis deCamiran. 

Vu en buste et de face, il est vêtu d'un habit de velours bleu clair bordé 
de larges galons d'or et orné de boutons d'or. 

Pastel. — Signé et daté en haut, à droite. — H. 0.65; L. 0.54. 

Cadre de l'époque de Louis XV, en bois sculpté et doré. 

Collection Ch.-P. de Meurville. 

(Reproduit au catalogue) . 11, 000 francs. 



4 juin. 

Tableaux anciens et modernes. 

PERRONNEAU (Jean-Baptiste). 

N" 24. Portrait de Van Robais. 

De face, à mi-corps, en habit de velours rose ouvert sur un jabot de den- 
telle, le feutre noir sous le bras gauche, une cravate de mousseline autour 
du cou, il porte une longue perruque bouclée retombant sur les épaules. 

Pastel. — H. 0.72; L. 0.57. — (Reproduit au catalogue.) — Collection 
H. Michel-Lévy, vente à Paris, les 12 et 13 mai 1919, n° 106 du catalogue. 

17.000 francs. 



CATALOGUE CHRONOLOGIQUE 
DE L'ŒUVRE DE J. B. PERRONNEAU ^'^ 



1740. 

M"= CATHERINE-THÉRÈSE DESFRICHES. — Dessin au crayon 
rouge. (P. 9.) 

1743. 

PETITE FILLE TENANT UN CHAT. — Pastel. Signé en haut, à droite: 
Perronneau, Aoust 1743. — Galerie Nationale de Londres, n° 3588. 
(P. 10, PI. 2.) 

1744. 

M"' DESFRICHES MÈRE. — Pastel. H. 0.54; L. 0.43. Signé en haut, 
à droite: Perronneau, 1744. — A M'"" Ratouis de Limay. — Coiffée 
d'un bonnet blanc de dentelle en point de France, elle porte une mantille 
de taffetas noir à fleurettes brochées, nouée en fichu sur la poitrine. 
(P. 11.) 

PORTRAIT D'ENFANT. — Pastel. H. 0.51 ; L. 0.41. Signé en haut, à 
droite; Perronneau pinx. 1744. — A M. Georges Dormeuil. — Les 
cheveux blonds, habillé d'une robe fourreau en tissu de brocart à fond 
crème, bigarré de fleurs jaunes, bleues et roses. De la main gauche, il tient 
un livre ou une crécelle. — Exposition de Cent Pastels, 1908, n" 82. — 
Vente J. Doucet, 1912, n° 35 (77,000 francs). — Vente Hœntschel, 
1919, n" 18 (49,500 francs). (P. 11.) 

PORTRAIT DE FEMME. — Pastel. H. 0.63; L. 0.51. Signé en haut et 
daté: 1744. — Vente Bardac, 1920, n° 28 (31,000 francs). (P. 204.) 



(I) Nous avons cru inutile de reproduire ;\ nouveau dans ce catalogue les descriptions 
des œuvres de Perronneau déjà données dans le texte de l'ouvrage; pour chacune de ces 
œuvres, nous nous contentons d'indiquer la page du texte où elle a été décrite. Pour les 
œuvres reproduites, l'abréviation PI. désigne le numéro de la planche. 



— 210 — 
1745. 

PORTRAIT DU NÈGRE BLANC MAPONDÉ. — Pastel. H. 0.772; 
L. 0.565. — Château de Drottningholm (Suède). (P. 12, PI. 3.) 

PORTRAIT D'HOMME. — Pastel, carré en hauteur. Signé en bas, à 
droite: Perronneau, 1745. — Ancienne collection de M. Camille Groult. 
(P. 12.) 

PORTRAIT D'HOMME. — Pastel. Signé en haut, à droite et daté: 1744. 

— Vente S. Bardac, 1920, n" 28 (31,000 francs). (P. 204.) 

.^ 1746. 

CHARLES DE BASCHI, MARQUIS D'AUBAIS. — Pastel. — Salon de 
1746, n" 146. — Gravé par Daullé. — V Vente Laperlier, 1867. — 
Anciennes collections du marquis de Beurnonville et du peintre Emile 
Lévy. (Pp. 14 et 161.) 

HUBERT DROUAIS. — Pastel. — Salon de 1746, n" 147. 

LE PETIT DESNOYEL TENANT UNE POULE HUPPÉE. — Pastel. — 
Salon de 1746, n° 149. (P. 14.) 

PORTRAIT DE JEUNE FEMME. — Pastel ovale. H. 0.54 ; L. 0.45. Signé 
à droite, près de l'épaule: Perronneau pinx., 1746. — Au vicomte 
Fernand de Bonneval. (P. 17, PI. 4.) 

GILLEQUIN. — Peinture. H. 0.62; L. 0.53. — A M. Léon Michel-Lévy. 

— Vu à mi-corps, la perruque poudrée, en habit gris, tenant son tricorne 
sous le bras gauche. — Salon de 1746, n° 148. — Ventes Laperlier, 1879, 
de Beurnonville, 1881, Leguillon, 1895. (P. 16.) 

JEUNE ÉCOLIER, FRÈRE DE L'AUTEUR, TENANT UN LIVRE. — 
Peinture. — Salon de 1746, n" 150. — Peut-être le portrait d'enfant, attri- 
bué à Perronneau, qui se trouve au Musée de l'Ermitage, à Saint- 
Pétersbourg. (P. 14.) 

1747. 

LE COMTE DE BASTARD. — Pastel. H. 0.67; L. 0.56. Signé dans le 
fond, à gauche: Perronneau pinx., no.^'^'' 1747. — A M. David Weill. — 
En buste, les yeux bleus, la bouche enfr'ouverte, portant un habit de 
velours taupe, le gilet entr'ouvert sur un jabot de guipure, tenant son 
tricorne sous le bras gauche. — Exposition pour les Alsaciens-Lorrains, 
1874, n°964. — Vente Wilson, 1881, n" 20. — Exposition rétrospective 



— 211 — 

des Pastellistes français, 1885, n° 72. — Exposition de Cent Pastels, 
1908, n" 79. — Vente J. Doucet, 1912, n° 86 (116,100 francs). (Pp. 21 
et 197, PI. 6.) 
GABRIEL HUQUIER. — Pastel. H. 0.62; L. 0.52. Signé au milieu, à 
gauche: Penoneau en 1747, Février. — A M. André Lazard. — Vu de 
trois quarts, la perruque « moutonne » poudrée, les yeux gris-bleu, por- 
tant un habit et un gilet de nuance tourterelle, tenant sous le bras gauche 
son tricorne noir à reflets bleus. — Salon de 1747, n° 127. — Exposition 
de Cent Pastels, 1908, n° 85. (P. 19, PI. 5.) 

LE FILS DE M. HUQUIER TENANT UN LAPIN. — Salon de 1747, 
n" I29bis. 

PORTRAIT D'ENFANT (probablement le jeune Lemoyne, fils aîné du 
sculpteur, âgé de 5 ans). — Pastel. H. 0.43; L. 0.35. Signé dans le bas 
à droite: Perroneau. — Les yeux bleus, les cheveux frisants, un peu 
ébouriffés, la bouche entr'ouverte, la tête un peu penchée vers la gauche, 
il est vêtu d'un habit bleu violacé à gros boutons et d'un gilet bleu 
montant. Au dos du pastel, on lit, en écriture du temps: n Ce pastel a été 
fixé par Loriot. » — Salon du Louvre, 1747, n° 125? — Exposition 
rétrospective des Pastellistes français, 1885, n° 75. — Ancienne collection 
de M. Camille Groult. (P. 18.) 

PORTRAIT D'ENFANT. — Pastel. H. 0.40; L. 0.32. Signé en bas, 
à droite: Perronneau pinx. 1747. — Les cheveux châtains et ébouriffés, 
!es yeux bruns, vêtu d'une veste en velours vert pâle avec un gilet semé 
de fleurettes roses. — Exposition de Cent Pastels, 1908, n" 86 (portrait 
présumé d'un fils du sculpteur Lemoyne). — Ancienne collection de 
M. Albert Lehmann. (P. 19.) 

PORTRAIT D'HOMME. — Pastel. H. 0.56; L. 0.45. Signé à droite et 
daté: 1747. — 3» Vente Krœmer, 1913, n° 125. (P. 200.) 

G. FRIEDRICH KREGEL VON STERNBACH. — Peinture. H. 0.58; 
L. 0.488. Signée: Perronneau pinx., Paris 17.7. — Bibliothèque de 
l'Université de Leipzig. (P. 22.) 

CHARLES LE NORMANT DU COUDRAY. — Peinture. H. 0.645; 
L. 0.53. — A M. B. Fcssard. (P. 21.) 

MADAME DE VILLENEUVE, d'Oriéans, tenant les mains dans son 
manchon. — Peinture. — Salon de 1747, n° 128. (P. 19.) 

PORTRAIT DE FEMME. — Peinture. H. 0.60; L. 0.49. Signée au milieu, 
à gauche: Perronneau pinx. 1747. — A M. Hulin de Loo. — Dans ses 
cheveux bruns non poudrés, un bijou retenant une grosse perle est 



— 212 — 

attaché à un nœud bleu. Cette femme au visage épanoui, au teint coloré, 
aux sourcils très marqués, est encore jeune. Une rose blanche est fixée 
à son corsage décolleté, de nuance brun-orangé, bordé de bleu. 

1748. 

LE PRINCE D'ARDORE, MARQUIS DE SAINT-GEORGES. — Pastel. 
Signé et daté: 1748. (P. 27.) 

LA PRINCESSE D'ARDORE, née Henriette Carracciolo de Santo- 
Buono, femme du prince d'Ardore. — Pastel. 1748? fP. 27.) 

M. OLIVIER. — Pastel. H. 0.71; L. 0.58. Signé au milieu, à gauche: 
Peroneau pin. 1748. — Vu à mi-corps, portant une perruque de procu- 
reur, vêtu d'un habit de velours prune et d'un gilet de satin blanc brodé 
et rebrodé de passementeries d'or. La main droite, sortant d'une man- 
chette de dentelle, est posée, l'index replié, sur une petite table. — Salon 
de 1748, n° 96. — Exposition de l'Union des Arts de Marseille, 1863. — 
Exposition rétrospective des Pastellistes français, 1885, n° 74. — Exposi- 
tion de Cent Pastels, 1908, n° 98. — Ancienne collection de M. Camille 
Groult. (P. 22.) 

M"" OLIVIER. — Pastel. H. 0.71; L. 0.57. Signé au milieu, à droite: 
Perronneau pinx. 1748. — Elle est représentée assise, la tête tournée 
de trois quarts, coiffée d'une cornette de dentelle blanche, les cheveux 
poudrés et frisés en « tapé ». Elle porte au cou un collier de perles de 
trois rangs. Le corsage décolleté en carré s'ouvre sur un «i corps » garni 
et barré d'i< échelons » de dentelles. Sa robe de << pékin » est brochée 
de pétales de fleurs rouges et de feuilles vertes. Son bras droit est replié, 
accoudé sur une petite table de marqueterie ; la main s'appuie délicate- 
ment sur le cou près de l'oreille. — Salon de 1748, r.° 97. — Exposition 
de l'Union des Arts de Marseille, 1863. — Exposition rétrospective des 
Pastellistes français, 1885, n° 74. - — Exposition de Cent Pastels, 1909, 
n" 99. — Ancienne collection de M. Camille Groult. (P. 22.) 

PORTRAIT DE FEMME. — Pastel. H. 0.51 ; L. 0.41. Signé au milieu, 
à gauche: Perroneau pinx. 1748. — A M. Armand Marne. — Son visage 
épanoui s'encadre dans la fine dentelle d'une cornette à barbes pendantes 
ondulant sur les épaules. Elle porte un collier de quatre rangs de perles; 
son corsage décolleté en carré est en soie vert pâle ou vert céladon, 
broché de fleurettes bleues. — Peut-être le portrait du Salon de 1750 
catalogué: « Madame **"' en robe verte ». — Vente Marne, avril 1904, 
n" 64. — Exposition de Cent Pastels (non catalogué). (Pp. 29 et 188, 
PI. 10.) 



— 213 — 

PORTRAIT DE FEMME ÂGÉE. — Pastel. H. 0.55; L. 0. 43. Signé 
en bas, à gauche: Perronneau pinx. 1748. — Ancienne collection de 
M. Camille Groult. — Probablement le n° 100 du Salon de 1748: 
« Madame de *** en habit couleur de rose ». (P. 25.) 

PORTRAIT D'HOMME. — Pastel. H. 0.67; L. 0.51. Signé et daté: 
Peroneau, 1748. — A M. Aicard. (P. 26, PI. 8.) 

LA DUCHESSE D'AYEN. — Peinture. H. 1.20; L. 1.00. Signée et datée 
au milieu, à droite: Perronneau, 1748. — A M. David Weill. — Exposi- 
tion de Cent Portraits de femmes, 1909, n° 87 (à M. le comte de Lagarde) . 
(P. 26, PI. 7.) 

PORTRAIT D'UN BÉNÉDICTIN. — Peinture. H. 0.55; L. 0.45. 
Signé et daté en haut, à droite: Perroneau 1748. — A M. Chévrier. — 
Peut-être dom Jourdain, plus connu sous le nom de dom Maur. Cette 
toile avait été donnée le 9 novembre 1862 à M. Marcille par M. Tardif, 
curé de Combleux qui l'avait reçue lui-même d'un aubergiste de Sully 
(Loiret). — 2' Exposition des Portraits du siècle, 1885, n" 218. (P. 28, 
PI. 9.) 

M"^ AMÉDÉE, de l'Opéra, en domino noir. — Salon de 1748, n° 99. 
(P. 24.) 

LAZARE CHAMBROY. — Gravure de Daullé exposée au Salon de 1750, 
d'après le tableau de Perronneau ayant figuré au Salon de 1748, n° 95. 
(Pp. 22 et 161.) 

M"° DE L'ÉPÉE, LA JEUNE, « en habit de couleur de rose ». — Salon 
de 1748, n" 100. (P. 25.) 

LE PAGE, artiste de l'Opéra. — Salon de 1748, n° 98. (P. 24.) 

1749. 

M"= HUQUIER TENANT UN PETIT CHAT. ^ Pastel. H. 0.47 ; L. 0.38. 
Signé en haut, à droite: Perronneau pinx. Oct.''"''' 1749. — Musée du 
Louvre. — Sur une coiffure basse à boucles frisées, une plume blanche 
et une plume bleue sont piquées dans ses cheveux poudrés. Elle porte des 
boucles d'oreille. Son corsage bleu à ramages blancs est décolleté en 
ovale. — Salon de 1750, n° 138. — Acheté le 7 avri' 1870 par la Direction 
du Louvre à l'expert Ferai, pour la somme de 300 francs. (P. 33.) 

M"' HUQUIER TENANT UN PETIT CHAT. — Pastel. — Réplique du 
précédent. H. 0.45; L. 0.34. — A. M. M***. — Pastel venant de la 



— 214 — 

succession de M. Huau, conservateur du Musée de peinture d'Orléans, 
légataire de Huquier. — Exposition des Beaux-Arts à Orléans, 1884, 
n" 503. — Passé en 1905 à l'Hôtel des Ventes (19,000 francs). (Pp. 34 
et 191.) 

DAME DE SORQUAINVILLE. — Peinture. H. 1.00; L. 0.80. Signée en 
haut, à droite: Perronneau 1749. — A. M. David Weill. — Exposition 
de Cent Portraits de femmes, 1909, n° 88. (P. 30, PI. 11.) 

1750. 

M. DE LA FONTAINE. — Pastel. H. 0.72; L. 0.64. Signé au milieu, à 
droite : Peironeau, 1750. — Il s'agit de M. de La Fontaine, sellier du Roi, 
qui signe au contrat de mariage de Perronneau. — Salon de 1751, n" 79. 
— Exposition de Cent Pastels, 1908, n" 89 (au marquis de Saint-Maurice 
Mor.tcalm). (P. 41.) 

M"" DE LA FONTAINE. — Pastel. H. 0.72; L. 0.64. Signé en bas, à 
gauche: Perroneau 1750. — Salon de 1751, n° 79. — Exposition de Cent 
Pastels, 1908, n" 90 (au marquis de Saint-Maurice Montcalm). (P. 41.) 

LA TOUR. — Pastel H. 0.56; L. 0.48. Signé et daté en bas, à gauche: 
Perronneau, 1750. — Musée de Saint-Quentin. — Exposition rétrospec- 
tive des Pastellistes français, 1885, n" 78. (P. 34, PI. 12.) 

LA TOUR. — Pastel. — Salon de 1750, n° 128. (P. 36.) 

JEUNE FEMME TENANT UN BOUQUET DE BARBEAUX. — Pastel. 
H. 0.58; L. 0.46. — Elle est représentée assise, la main et le bras droits 
s'appuyant à une table. De la main gauche, elle tient un bouquet de 
barbeaux ou bleuets. — Peut-être le numéro 134 du Salon de 1750. — 
Exposition de Cent Pastels, 1908, n° 81. — Vente J. Doucet, 1912, n° 87 
(75,000 francs). (Pp. 32 et 198.) 

M""° THIBOUST. — Pastel. — Salon de 1750, n" 132. (P. 32.) 

THIBOUST, imprimeur du roi. — Peinture. — Salon de 1750, n" 131. 
(P. 32.) 

BEAUMONT, graveur de l'Hôtel de Ville. — Salon de 1750, n" 140. 
(P. 31.) 

KAMM. — Salon de 1750. n° 136. (P. 32.) 

1751. 

JEAN-MICHEL CHEVOTET. — Pastel. H. 0.59; L. 0.50. Signé au 
milieu, à gauche: Perroneau, 1751. — Musée d'Orléans. — Exposition 



— 215 — 

rétrospective des Beaux-Arts et des Arts appliqués à l'industrie, Orléans, 
1876, n" 269. — Exposition des Beaux-Arts d'Orléans, 1884, n° 501. — 
Légué par M. Delzons au Musée d'Orléans. (Pp. 43 et 45.) 

M"° CHEVOTET. — Pastel. H. 0.59; L. 0.50. Signé au milieu, à gauche : 
Perroneau 1751. — Musée d'Orléans. — Exposition rétrospective des 
Beaux-Arts et des Arts appliqués à l'industrie, Orléans, 1876, n° 270. — 
Exposition des Beaux-Arts d'Orléans, 1884, n° 502. — Légué par 
M. Delzons au Musée d'Orléans. (Pp. 43 et 45.) 

AIGNAN-lHOMAS DESPRICHES. — Pastel. H. 0.59; L. 0.50. Signé 
en haut, à gauche: Perroneau, 1751. — A M"' Ratouis de Limay. — 
Salon de 1751, n° 83. — Exposition des Beaux-.'^rts d'Orléans, 1884, 
n" 498. — Exposition de Cent Pastels, 1908, n^ 91. (P. 42, PI. 13.) 

M"" DESFRICHES. — Pastel. H. 0.59; L. 0.48 — A Af"^ Ratouis 
de Limay. — Exposition des Beaux-Arts d'Orléans. 1884, n° 499. 
(P. 42, PI. 13.) 

LE PRINCE DE SOUBISE. — Pastel. [P. 47.) 

LE DUC D'AUMONT. — Peinture. H. 1.80; L. 0.67. — Hôtel de Ville 
de Boulogne-sur-Mer. (P. 43.) 

M"" DU RUISSEAU. — Peinture. — Salon de 1751, n° 101. 

LE COMTE DE BONNEVAL. — Salon de 1751, n° 76. (P. 40.) 

M"' ROSALINE, DITE RATON, artiste de l'Opéra-Comique. — Salon 
de 1751, n" 85. (P. 40.) 

M. RUELLE, premier échevin de Paris. — Salon de 1751, n° 77. (P. 40.) 

M"" RUELLE. — Salon de 1751, n" 78. (P. 40.) 

M"^ SILANIE (M"" LANY, danseuse de l'Opéra). — Salon de 1751, 
n" 81. (P. 40.) 

1753. 

LA COMTESSE JACQUETTE D'ARCHES, née de Loupes. — Pastel. 
H. 0.47; L. 0.39. Signé en haut, à droite: Perronneau. — Les cheveux 
poudrés, elle est vêtue d'un mantelet de taffetas gris foncé avec le devant 
du corsage bleu. Un ruban bleu, noué sous le menton, entoure le cou. — 
Prêté à l'Exposition de Cent Pastels, 1908, n" 83, par M"'" René 
d'Hubert. (P. 52,.) 



— 216 — 

LE PRÉSIDENT BIGNON. — Pastel. H. 0.54; L. 0.44. Signé en haut, 
à gauche: Perroneau, 1753. — Tourné de trois quarts vers la gauche, 
la perruque poudrée, il porte un tour de cou de linon blanc avec jabot, 
un habit et un gilet noirs. (P. 53.) 

PIERRE BOUGUER. — Pastel. H. 0.58; L. 0.44. Signé en bas. à gauche: 
Perroneau, 1753. — Musée du Louvre. — Il est représenté assis dans un 
fauteuil, portant un tour de cou de linon blanc avec jabot de dentelle, 
un habit lilas pâle changeant, un gilet de même couleur mais plus pâle. 
11 tient la main droite passée dans son gilet, son tricorne sous le bras 
gauche. — Le 10 octobre 1846, M. Grangeret de Lagrange, l'un des 
conservateurs de la bibliothèque de l'Arsenal, donne, pour le Musée de 
Versailles, le portrait peint au pastel par Perronneau, en 1753, de Bou- 
guer, membre de l'Académie des sciences. (Pp. 53 et 164.) 

PHILIPPE CAYEUX ET M"' CAYEUX. — Pastel. H. 0.71 ; L. 0.57. — 
Cayeux est assis au premier plan, le corps penché en avant, la ièit tournée 
à gauche. Il porte un habit marron à gros boutons avec des manchettes 
de dentelle. Sa main droite qui tient un porte-fusain s'appuie sur la 
gauche. Derrière lui, à gauche, regardant par-dessus son épaule, se tient 
M™" Cayeux, sa femme, coiffée d'un petit bonnet blanc que recouvre une 
bagnolette noire. Elle porte un mantelet de taffetas noir. — Ancienne 
collection de M. Camille Groult. — Il existe au Musée d'Arras une 
réplique de ce tableau, peinte à l'huile. (P. 51.) 

M"'°LEMOYNE,née JEANNE DORUS, troisième femme de J.-B.Lemoyne, 
âgée de 32 ans. — Pas^eZ. H. 0.66; L. 0.57. — A M.Georges Dormeuil. — 
Salon de 1753, n" 125. — Exposition de Cent Pastels, 1908, n° 75. (P. 49.) 

ADAM L'AINÉ. — Peinture (morceau de réception à l'Académie royale). 
H. 1.28; L. 0.95. — Musée du Louvre. — Salon de 1753, n° 124. — 
Collection de l'Académie royale de peinture et de sculpture. — Ecole 
nationale des Beaux-Arts. (P. 49, PI. 14.) 

J.-B. OUDRY. — Peinture (morceau de réception à l'Académie royale). 
H. 1.28; L. 0.95. — Musée du Louvre. — Salon de 1753, n° 124. — 
Collection de l'Académie royale de peinture et de sculpture. — Ecole 
nationale des Beaux-Arts. (P. 50, PI. 15.) 

LA PRINCESSE DE CONDÉ. — Salon de 1753, n^ 122. (P. 46.) 

MILORD DE HUNTINGTON. — Salon de r753, n" 123. (Pp. 41 et 48.) 

JULIEN LE ROY. — Gravé par Moitié et par F. Hubert. — Salon de 
1753, n" 126. (Pp. 48 et 164.) 



— 217 — 
1754. 

HUBERT DROUAIS. — Pastel. H. 0.63; L. 0.56. Signé en bas, à gauche: 
Perroneau, 1754. — A M. Daniel Halle. — Tourné de trois quarts à 
gauche, la perruque poud'^ée, vêtu d'un habit de velours noir avec man- 
chettes de dentelle, un jabot de dentelle s'attachant sur un col de satin 
blanc, il est assis sur un fauteuil au dossier de velours rouge ; de la main 
gauche il tient un portefeuille. Au dos du tableau, on lit: (( Peint par 
Peronot de l'Acad. Royalle de France », et cette autre note : <( Ce portrait 
est celui de M. Drouais, le père de M"° Lutton peint par M. Peronneaux, 
peintre de l'Académie Rovalle de peinture et de sculpture, peint en 
l'année 1754 ». (Pp. 15 et 58. PI. 16.) 

JACOB DE KRETSCHMAR. — Pastel. H. 0.60; L. 0.45. Signé: Per- 
ronneau peintre du roy, en 1754, à la Haye. — A M. van Kretschmar, 
à IJtrecht. — Exposition k Het Portret in Nederjand », La Haye, 1921, 
n° 58. (P. 58, PI. 17.) 

1755. 

LE PRINCE CHARLES DE LORRAINE, en cuirasse. — Salon de 1755, 
n° 92. (P. 65.) 

LA PRINCESSE CHARLOTTE DE LORRAINE, abbesse de Remiremont 
et de Mons. -- Salon de 1755, n° 93. (P. 65.) 

M-« VANVILLE TENANT UN BOUQUET DE BARBEAUX. — Salon 
de 1755, n''94. 

LE DOCTEUR PIERRE POISSONNIER. — Gravé par J.-P. Benoît. 
(Pp. 66 et 160.) 

1756. 

M. DE BEAUSÉJOUR. — Pastel. Signé en haut, à droite: Juillet 1766, 
par Perronneau. — A M. Laliment. 

JEAN COUTURIER DES FLOTTES. — Pastel. H. 0.58: L. 0.44. Signé 
en haut, à gauche: Perronneau. — Musée du Louvre. — Il est vu de 
trois quarts à gauche, les cheveux poudrés, les yeux bruns. Il porte un 
tour de cou de linon blanc avec jabot de dentelle, un habit bleu avec 
quelques fleurettes blanches à la boutonnière. — Donné par M. Henri 
de Fonbrune. (P. 67.) 

PORTRAIT DE JEUNE HOMME AUX TROIS ROSES (M. Tassin de 



— 218 — 

la Renardière). — Pastel. H. 0.58; L. 0.47. Signé en haut, à droite: 
Perronneau 1756. — Ancienne collection de M. Camille Groult. (P. 67.) 

PORTRAIT D'HOMME EN HABIT ROSE. — Pastel. H. 0.55; L. 0.44. 

— Vente Sigismond Bardac, 1920, n" 30 (25,500 francs). (P. 204.) 

1757. 

L'ABBË JOURNU. — Pastel. Signé en haut, à gauche: Perronneau, 1757. 

— A M. Demotte. (P. 68, PI. 18.) 

M'" JOURNU? — Pastel (1757?). -- A M. Demotte. (P. 69.) 

PORTRAIT DE FEMME DE LA FAMILLE JOURNU. — Pastel. Signé 
en haut, à dioite; Perronneau. (1757?) — Ancienne collection Demotte. 
(P. 68, PI. 20.) 

PORTRAIT D'HOMME DE LA FAMILLE JOURNU. — Pastel. Signé 
en haut, à droite; Perronneau. (1757?) — Ancienne collection Demotte. 
(P. 68, PI. 19.) 

PORTRAIT D'HOMME DE LA FAMILLE JOURNU. — Pastel. Signé 
en haut: Perronneau. (1757?) — Ancienne collection Demotte. (P. 69, 
PI. 21.) 

PORTRAIT D'HOMME. — Pastel. H. 0.66; L. 0.51 ; daté 1757. — Vente 
du comte de L***, avril 1909, n° 26. (P. 195.) 

PORTRAIT D'HOMME. — Pastel. H. 0.55; L. 0.44. Signé en haut, à 
droite. — Vente S. Bardac, 1920, n' 30 (25,500 francs). (P. 204.) 

1758. 

DUJON, peintre toulousain. — Salon de Toulouse, 1758, n° 25. (P. 69.) 

LE MARQUIS DE MIREPOIX, brigadier des armées du roi. — Salon de 
Toulouse, 1758^ n" 26. (P. 69.) 

LA MARQUISE DE MIREPOIX. — Salon de Toulouse, 1758, n" 27. 
(P. 69.) 

1759. 

LAURENT CARS. — Pastel. H. 0.58; L. 0.49. — Musée du Louvre. — 
Vu de trois quarts vers la gauche, la tête presque de face, la perruque 



— 219 — 

moutonne poudrée, les narines dilatées, la physionomie spirituelle et 
enjouée. Il porte un habit gris à gros boutons, fermé du haut sur un tour 
de cou de linon blanc, laissant bouillonner les ondulations de la dentelle 
d'un jabot. Entre le pouce et l'index de la main droite, il tient un porte- 
crayon, les autres doigts maintenant un carton bleu à dessin. Il est assis 
sur un fauteuil à dossier canné. Il s'agit de Laurent Cars, graveur, né 
à Lyon en 1699, reçu à l'Académie royale de peinture et de sculpture 
en 1733, conseiller en 1757, mort en 1771. — Salon de 1759, n" 61. 
(Pp. 77 et 163. PI. 22.) 

JACQUES-CHARLES DUTILLEU. — Pastel. H. 0.72; L. 0.60. Signé 
en haut, à droite: Perronneau pinx. — A M. Georges Dormeuil. — 
Ancienne collection Wiilemoy. — Vente J. Doucet, 1909, n° 88 
(28,100 francs). (Pp. 70 et 198.) 

M-"" PEZANT-DUTILLEU — Pastel. H. 0.69; L. 0.55. — Exposition 
des Portraits de femmes et d'enfants, 1897, n° 162. — A M. Léon Michel- 
Lévy. (P. 71.) 

ROBBÉ DE BEAUVESET. — Pastel ovale dans un carré. H. 0.53; 
L. 0.44. Signé en haut, à droite : Perronneau. — Musée d'Orléans. — 
Salon de 1759, n° 63. — Exposition des Beaux-.Arts à Orléans, 1884, 
n° 495. — Ce portrait provient de la collection de Desfriches pour lequel 
Perronneau l'avait fait. En 1760, Desfriches l'estimait 72 livres (la bor- 
dure et la glace 36 livres). 11 a été donné au Musée d'Orléans par 
M. Gatineau père, le 28 décembre 1877. (P. 76.) 

CHARLES-NICOLAS COCHIN, LE FILS. — Salon de 1759, n° 62. 
(Pp. 73, 76.) 

JOSEPH VERNET. — Salon de 1759, n" 60. (Pp. 76, 77.) 

1760. 

M. BOYER, armateur. — Pastel. H. 0.60; L. 0.48. Signé en haut, à 
droite : Perronneau (probablement fait en 1760). — A M. Veil-Picard. — 
Les cheveux poudrés, frisés à marteau, il est vêtu d'un habit vieux rose; 
un jabot de dentelle s'attache sur un tour de cou de linon blanc. Il tient 
son tricorne sous le bras gauche. — Exposition de Cent Pastels, 1908, 
n° 95. (Pp. 79 et 80.) 

PORTRAIT DE JEUNE FEMME (M"" Boyer?). — Pastel. H. 0.55; 
L. 0.44. Signé en haut, à gauche: Perronneau (probablement fait en 1760 
à Bordeaux). — A M. Veil-Picard. — Les cheveux légèrement poudrés, 

15 



— 220 — 

elle est vêtue d'un manlelet de taffetas noir, laissant apercevoir sur le 
devant du « corps » le nœud bleu du >< parfait contentement ». — Exposi- 
tion de Cent Pastels, 1908, n" 94. (P. 80.) 

PORTRAIT D'ENFANT en costume de hussard. (Enfant Boyer, proba- 
blement fait à Bordeaux en 1760). — Pastel ovale. H. 0.53; L. 0.43. — 
A M. Veil-Picard. — Exposition de Cent Pastels, 1908, n" 96. (P. 79.) 

FRANÇOIS PINCHINAT. — Pastel ovale. H. 0.63. — A M.le comte de 
Richebourg. (P. 78, PI. 23.) 

M'"' PINCHINAT, née Avoye Seurrat. — Pastel ovale sur vélin (fait 
probablement en 1760) . H. 0.63. — A M.le comte de Richebourg. (P. 78, 
PI. 23.) 

PORTRAIT DE FEMME EN DIANE. — Pastel. H. 0.53; L. 0.45. Signé 
en haut, à droite et daté 1760. — Ancienne collection de M. Camille 
Groult. — Vente X***, 1920, n" 32 (900 francs). (P. 205.) 

1761. 

ELISABETH-CHRISTINA VAN DER DUSSEN (1695-1766), veuve de 
Willem Schepers, bourgmestre de Rotterdam. — Pastel. H. 0.66 ; L. 0.52. 
Signé et daté (gravé sur le verre) : Perronneau, 1761 . — A M. le docteur 
A'. Beets, Amsterdam. — Elle est vue en buste, presque de face, coiffée 
d'un bonnet de dentelle, vêtue d'une mantille doublée de fourrure d'her- 
mine. Au dos, on lit cette inscription: « Madame la douairière Schepers, 
née van der Dussen par J.-B. Perronneau peintre du Roy de l'Academy 
Royalle de peinture...» (le reste illisible). (Renseignements communiqués 
à la dernière heure par M. Staring et dont il n'a pu être fait mention dans 
le texte de l'ouvrage déjà imprimé.) 

1763. 

LE BOURGMESTRE HASSELAER. — Pastel. — A M. J.-O. Kronig. — 
Salon de 1763, n" 83. (P. 81, PI. 24.) 

ARENT VAN DER WAËYEN. — Pastel. Signé et daté: Mars 1763. 
H. 0.56; L. 0.435. — Au baron van Lynden van Nederhorst. — Tourné 
de droite à gauche, presque de profil. — Exposition <( Het Portret in 
Nederland », La Haye, 1921, n° 56. (P. 82, PI. 25.) 

M"" ARENT VAN DER WAEYEN, née Sara Hinlopen. — Pastel. Mars 
1763. H. 0.56; L. 0.435. — Au baron van Lynden van Nederhorst. — 
Iconographia Batava door E. W. Moes (tome I): n° 3523. Sara Hin- 



— 221 — 

loopen (1689-1767), Echtg. van Arend van der Wayen. Door J.-B. Per- 
roneau, pastel. Bij de Freules Warin op den huize Nederhorst bij 
Abcouden. — Exposition » Het Portret in Nederland », La Haye, 1921, 
n" 57. — (P. 82, PI. 25.) 

ANTONl WARIN, échevin. — Pastel. Avril 1763. H. 0.56; L. 0.435. — 
Au baron van Lynden van Nederhorst. — Gendre de M. et de M'"" Arent 
van der Wr ëyen, Warin descendait d'un Français chassé par les dragon- 
nades. — Iconographia Batava door E. W. Moes (tome II) : n" 8859. 
Anthonie Warin (1712-1764), Schepen van Amsterdam. Door J.-B. Per- 
roneau, pastel. Bij den graaf van Lynden, huize Nederhorst bij Nigte- 
vecht. (P. 83.) 

PORTRAIT DE FEMME. (Portrait présumé de M"^" Miron). — Pastel 
ovale. H. 0.63; L. 0.47 (pendant du portrait d'homme daté: 1772). 
Signé en haut, à droite: Perronneau, 1763. — Ancienne collection de 
M. Camille Groult. — Vente H.-J. M***, février 1904, n" 51. — 
Vente de tableaux provenant de la collection X*""*, juin 1920, n° 26. 
(35,000 francs avec le portrait présumé de M. Miron). (Pp. 86 et 205.) 

GÉRARD MEERMAN, conseil et syndic de la République de Rotterdam 
(1722-1771). — Peinture ovale. 1763? — Muséum Meermanno- 
Westreenianum, à La Haye. — Vu de trois quarts, regardant de face, 
les cheveux poudrés, frisés à marteau, noués en catogan, il porte un 
tour de cou en linon blanc, un jabot de dentelle, un habit et un gilet 
bordés de skungs. La main droite est passée dans le gilet. (Pp. 81, 160 
et 161.) 

PORTRAIT PRÉSUMÉ DE M"" ANTONl WARIN. — Peinture. 
1763 (?). H. 0.58; L. 0.48. — >1« baron van Lynden van Nederhorst. — 
Regardant de face, vue de trois quarts, les cheveux poudrés et relevés 
en toupet retombant sur la nuque en dragonne. Le décolleté s'encadre 
d'une modestie par-dessus laquelle passe une écharpe bleu-clair, nouée 
sur l'épaule par un cordonnet à glands. (P. 83.) 

GEELVINCK. — Nicolas Geelvinck, plusieurs fois échevin et ensuite 
bourgmestre. — Salon de 1763, n" 86. (P. 82.) 

AGATHA-THEODORA GEELVINCK (portrait présumé), 1763? — 
H. 0.615; L. 0.49. — A M"'" la baronne de Constant Rebecque. — Elle 
est vue en buste, tournée vers la gauche, un rang de perles autour du 
cou, portant une robe bleue décolletée et un châle de soie de nuance gorge 
de pigeon changeante. — Fille de Nicolaas Geelvinck, seigneur de Cas- 
tricum, née en 1739 et morte en 1805, M"° Geelvinck épousa le baron 



— 222 — 

n. W. de Lynden de Hoevelaken. (Renseignements fournis à la dernière 
heure par M. Staring et dont il n'a pu être fait mention dans le texte de 
l'ouvrage.) 

HOGGUER. — Le baron Daniel Hogguer, ministre de Hollande à Ham- 
bourg, échevin d'Amsterdam (1722-1793). — Salon de 1763, n" 84. 
(Pp. 81, 85.) 

M"^ PERRONNEAU faisant des nœuds. — Salon de 1763, n" 88. 
(Pp. 83, 86.) 

WILLEM TOLLING, avocat, à Amsterdam (1699-1778). — Salon de 1763, 
n° 87. (P. 82.) 

M-° DE TOUROLLE. — Salon de 1763, n° 85. (P. 82.) 

TRUDAINE DE MONTIGNY. — Ovale. — Salon de 1763, n° 82. (Pp. 84, 

85, 86.) 

M-"" TRUDAINE de MONTIGNY. — Ovale. — Salon de 1763, n" 82. 
(Pp. 84. 85, 86.) 

1765. 

M"" DE BOSSY. — Pastel. — Salon de 1765, n" 63. (P. 87.) 

M. MIRON DE PORTHIOUX. — Pastel. H. 0.57; L. 0.45. Daté 1765. 
(Pp. 87, 90.) 

M-"" MIRON DE PORTHIOUX, sœur de M"" Tassin de la Renardière. — 
Pastel. H. 0.57; L. 0.45. Daté 1765.— Salon de 1765, n° 65. (Pp. 87, 90.) 

M'"' PINCHINAT EN DIANE. — Pastel ovale. — Salon de 1765, n° 64. 
(P. 87.) 

M. RAGUENET, d'Orléans. — Pastel. Signé ( ?) en haut, à droite : Perron- 
neau 1765. — 2" Vente Krsemer, 1913, n" 7 (23,000 francs). (Pp. 88 
et 200.) 

M. TASSIN DE LA RENARDIÈRE. — Pastel ovale. H. 0.66; L. 0.50. 
Daté 1765. — M. Tassin de la Renardière avait déjà été portraituré par 
Perronneau en 1756, en un pastel connu sous le nom du « Jeune homme 
aux trois roses ». (P. 89.) 

M"' TASSIN DE LA RENARDIÈRE. — Pastel ovale. H. 0.66; L. 0.50. 
Daté 1765. (P. 90.) 

PORTRAIT D'HOMME. —Pastel ovale. H. 0.73; L. 0.57. Signé et daté 
1765. — A M""' Fellows. — Exposition de Cent Pastels, 1908, n" 71. 
(P. 88.) 



— 223 — 

M. DENIS. — Peinture ovale. — Salon de 1765, n° 61. (P. 86.) 

M. MAUJÉ. — Peinture. — Salon de 1765, n° 59. (P. 86.) 

M'" PERRONNEAU. — Peinture. — Sans doute la sœur de l'artiste. — 
Salon de 1765, n" 60. (P. 86.) 

ROBERT SOYER. — Peinture. H. 0.70; L. 0.57. Signée en haut, à droite: 
Perronneau 1765. — Musée d'Orléans. — M. Eudoxe Marcille, au mois 
de juillet 1883, se rendit acquéreur, pour le Musée d'Orléans, de ce por- 
trait qu'il paya 100 francs à M. Lartheau, juge de paix à Puiseaux 
(Loiret). (Pp. 88 et 164.) 

PORTRAIT D'HOMME. — Peinture. H. 0.65; L. 0.53. Signée en haut, 
à droite: perronneau, 1765. — A M. René Benjamin. (P. 89, PI. 26.) 

1766. 

M"'" FUET. — Pastel ovale. H. 0.58; L. 0.48. Signé en haut, à droite: 
Perronneau 1766. — Musée d'Orléans. — Ce pastel a été légué en 1876 
au Musée d'Orléans par M. Henri-Joseph Souques, conseiller à la Cour 
d'appel d'Orléans, petit-neveu de M"" Fuet. — Exposition des Beaux- 
Arts à Orléans, 1884, n° 493. (P. 91.) 

CH . LE NORMANT DU COUDRAY. — Pastel. H. 0.63 ; L. 0.49. Signé en 
haut, à droite: Perronneau 1766. — Salon de 1769, n° 52. — Exposition 
rétrospective des Pastellistes français, 1885, n' 69 (collection Alexandre 
Dumas fils). — Exposition de Cent Pastels, 1908, n° 74. — Vente 
Doistau, juin 1909, n" 93 (18,500 francs). (Pp. 91 et 196.) 

PORTRAIT DE FEMME. — Pastel. H. 0.63; L. 0.52. Signé en haut, à 
droite: Perronneau 1766. — Une cornette de dentelle sur ses cheveux 
gris poudrés, un esclavage de grosses perles autour du cou, elle porte une 
mantille de soie noire à pois par-dessus le corsage rose, le décolleté s'ou- 
vrant sur un (( corps » de satin blanc pékiné, orné du nœud blanc assorti 
du « parfait contentement »; le bras gauche est accoudé sur une table 
recouverte d'un tapis de velours bleu. — Ancienne collection de M. Camille 
Groult. — Vente de tableaux provenant de la collection X""**, juin 1920, 
n" 28 (8,500 francs.) (Pp. 92 et 206.) 

PORTRAIT DE FEMME. — Pastel. H. 0.54; L. 0.44. Signé en haut, à 
droite: Perronneau, 1766. — A M. Chévrier. — Exposition rétrospec- 
tive des Pastellistes français, n° 71. — Exposition des Portraits de 
femmes et d'enfants, 1897, n" 161. (P. 92.) 

PORTRAIT D'HOMME (Blondel d'Azincourt?). — Peinture. H. 0.78; 
L. 0.62. — Vente J. Doucet, 1912, n" 173 (42,500 francs). (Pp. 92 et 199.) 



— 224 — 

PORTRAIT DE FEMME (M"" Blondel d'Azincourt?). — Peinture. 
H. 0.78; L. 0.62. — Vente J. Doucet, 1912, n" 172 (83,000 francs). 
(Pp. 92 et 199.) 

1767. 

ABRAHAM van ROBAIS. — Pastel. H. 0.73; L. 0.59. Signé en haut, 
à droite: Perronneau. — Musée du Louvre. — Exposition de Cent 
Pastels, 1908, n°78. — Vente Jacques Doucet, 1912, n° 89(87,000 francs). 
(Pp. 98 et 198, PI. 30.) 

ABRAHAM van ROBAIS — Pastel. H. 0.70; L. 0.57. Réplique du pré- 
cédent, d'une tonalité plus claire. — Ancienne collection de M. Camille 
Groult. (P. 97.) 

ABRAHAM van ROBAIS. — Pastel. H. 0.71 ; L. 0.56. Réplique des 
pastels précédents, la figure un peu rajeunie. — Vente Henry Michel- 
Lévy, 1919, n" 106 (47,000 francs). — Vente du 4 juin 1923, n° 24 
(17,000 francs). (Pp. 98, 202 et 208.) 

WILLEM SRAALMAiN seigneur de Ruwiel. — Pastel. H. 0.615; L. 0.49 
(1767 ou 1768) . — A la famille van Weede de Dijkveld. (P. 100, PI. 31 .) 

M"' STRAALMAN, née Cornelia van Meeckeren, ou Mekeren. — Pastel. 
H. 0.61 ; L. 0.49. Signé: Perronneau (1767 ou 1768). — A la famille 
van Weede de Dijkveld. (P. 100. PI. 31.) 

M"= CORNELIA STRAALMAN. — Pastel. H. 0.61 ; L. 0.49. Signé: Per- 
ronneau ( 1767 ou 1768) . — Ala famille van Weede de Dijkveld. (P. 100, 
PI. 32.) 

PORTRAIT D'HOMME. — Pastel ovale. H. 0.63 ; L. 0.51 . Signé en haut, 
à droite: Perronneau, 1767. — Ancienne collection de M. Camille 
Groult. (P. 97.) 

L'AURORE. — Portrait de femme (peut-être M""" Perronneau). — Pastel. 
H. 0.51 ; L. 0.42. Signé en haut, à droite: Perronneau, 1767. — Musée 
d'Orléans. — Ce pastel qui fit partie des collections de Desfriches fut 
donné par M. Gatineau père au Musée d'Orléans, le 28 décembre 1877. 
— Exposition des Beaux-Arts à Orléans, 1884, n" 494. (P. 95.) 

PORTRAIT DE FEMME en corsage rose. — Pastel. H. 0.57; L. 0.48. 
Signé et daté : 1767. — Vente Boin, 1918, n" 25 ( 1 1 ,500 francs) . (P. 201 .) 

FRÉDÉRIC HAUSEN DE LILIENDAHL, consul de Danemark. — Pein- 
ture. H. 0.88; L. 0.70. — Bibliothèque de l'Université de Copenhague. 
(P. 97, PI. 29.) 



— 225 — 

PORTRAIT D'HOMME. — Peinture. H. 0.80; L. 0.63. Signée en haut. 
à droite: Perronneau, 1767. — A M. Julien Potin. (P. 95, PI. 27.) 

BONAVENTURE JOURNU. — Peinture. H. 1.05; L. 0.85. Signée en 
bas, à droite: Perronneau, 1767. — Ancienne collection Demotte. — 
1! s'agit de M. Journu, ami de Vernet, négociant et juge consulaire, père 
de Journu Auber, comte de Tustal qui fut le fondateur du Musée de 
Bordeaux auquel il donna le cabinet de son père. (P. 96, PI. 28.) 

1768. 

M"° CORRÉGEOLLES. — Pastel ovale. H. 0.58; L. 0.47. (P. 101.) 

M"" DESFRICHES. — Pastel. H. 0.49; L. 0.40. Signé en haut, à droite: 
Perronneau 1768. A M"" Ratouis de Limay. — Ce portrait, bien que 
non mentionné au Livret, figura au Salon de 1769. Robbé de Beauveset 
écrit à Desfriches, le 20 septembre 1769: « Vous ne m'aviés pas dit que 
Mademoiselle Desfriches étoit au Salon de la façon de Perronneau. 
Je l'ay apperçu en détaillant le Salon ; elle est très ressemblante et je n'ay 
pas eu besoin de recourir à l'écriture pour la deviner. » — Exposition 
des Beaux-Arts d'Orléans, 1884, n° 500. — Exposition de Cent Pastels, 
1908, n° 92. (P. 100.) 

PORTRAIT D'HOMME. — Pastel carré dans un ovale. H. 0.65; L. 0.52. 
Signé en haut, à gauche: Perronneau 1768. — A M'"" Fellows. — 
Vu de face, la perruque poudrée, le toupet en <( fer à cheval », les cheveux 
attachés par un large nœud gris, la narine dilatée, il est vêtu d'un habit 
de velours noir acier à reflets bleus, boutonné du bas et s'ouvrant du 
haut sur un four de cou de linon blanc avec jabot de dentelle. Son gilet 
rose est galonné de jaune. Sous le bras gauche, il tient son tricorne. — 
Exposition de Cent Pastels, 1908, n° 72. (P. 100.) 

PORTRAIT D'UN CONSEILLER AU PARLEMENT. — Peinture. 
H. 0.66; L. 0.54. Signée en haut, vers la droite et datée: Perronneau 
1768. — Vente du comte A. de G***, 1904. (P. 190.) 

PORTRAIT D'UN MAGISTRAT. — Peinture. H. 0.65; L. 0.52. Signée 
en haut, à droite. — Ancienne collection de M. Camille Groult. — Vente 
de tableaux provenant de la collection X*"*"*, 1920, n" 95 (15.100 francs). 
(P. 207.) 

PORTRAIT DE FEMME. — Peinture. H. 0.73; L. 0.60. Signée et datée 
en haut, à droite: Perronneau, 1768. — Vente du 8 avril 1908, n° 23 
(22,000 francs). (P. 195.) 



— 226 — 
1769. 

M"''GAUGY. — Pastel. H. un pied huit pouces; L. un pied cinq pouces. — 
Salon de 1769, n" 53. (P. 104.) 

PORTRAIT PRÉSUMÉ DE M. DARCY. — Peinture (1769?). — 
Ancienne collection Demotte. (P. 103, PI. 34.) 

M. DARCY. — Pem/ure. H. deux pieds trois pouces; L. un pied dix pwuces. 
— Salon de 1769, n" 51. 

LE CHANOINE JOURNU, chanoine au chapitre de Saint-Dié. — Pein- 
ture (1769?). 

M'"" JOURNU MERE. — Peinture. H. deux pieds trois pouces; L. un 
pied dix pouces. Signée et datée, en haut, à droite: Perronneau, 1769. — • 
Ancienne collection Demotte. — Salon de 1769, n" 50. (P. 102, PI. 33.) 

M. RATEAU. 

M"'' RATEAU. — Ancienne collection du docteur Azam. (P. 103.) 

1770. 

MARIE-CHARLOTTE de BUISSY, épouse de François de Buissy, mous- 
quetaire du Roi. — Pastel sur parchemin. H. 0.62; L. 0.52. Signé en 
haut, à droite: Perronneau, 1770. — A M"' la comtesse de P***. 
(P. 107.) 

M'"" DE RICHEMONT, née Marie-Louise-Catherine-Colette de Villers. — 
Pastel. Signé et daté à gauche, vers le bas: J.-B. Perronneau, 1770. — 
Vente Cronier, 1905, n° 39 (10,600 francs). — Vente Alphonse Kann, 
1920, n" 133. (Pp. 107, 193 et 207.) 

PORTRAIT D'HOMME. — Pastel. H. 0.90; L. 0.75. Signé en haut, à 
gauche: J.-B. Perronneau 1770. — A M. Georges Dormeuil. — Exposi- 
tion de Cent Pastels, 1908, n° 76. (P. 108, PI. 35.) 

PORTRAIT DE FEMME. — Pastel. H. 0.72; L. 0.58. Signature en 
partie effacée; daté: 1770. — Agée de trente ans environ, les yeux gris, 
la bouche légèrement entr'ouverte, la physionomie gracieuse. Dans ses 
cheveux poudrés on distingue un ornement de perles. Un nœud de satin 
bleu est attaché sur la gauche au collier d'une rangée de perles. Son habit 
bleu, frangé de petit vair, est entr'ouvert; le bras droit est engagé dans 
un manchon de petit vair, le gauche est découvert jusqu'au-dessus du 



— 227 — 

coude. Le corsage est décolleté en carré avec un transparent. Elle est 
assise dans un fauteuil à fond rose crevette, accoudée sur une table de 
marbre rouge ; la main gauche dont les doigts sont entr'ouverts est repliée 
vers la joue gauche. Dans le fond, une tenture. — Ancienne collection de 
M. Camille Groult. — Vente de tableaux provenant de la collection X***, 
1920, n" 31 (2,400 francs). (P. 206.) 

PORTRAIT DE JEUNE FILLE. — Pastel. H. 0.53; L. 0.44. Signé en 
haut, à droite et daté: J.-B. Perronneau, 1770. — Elle est vue de trois 
quarts, tournée de gauche à droite, regardant de face. Les cheveux sont 
poudrés. Un nuage de linon s'accrcchant au chignon passe sous le cou 
par-dessus un ruban de soie bleue dont le nœud est fixé par derrière. 
Elle a les yeux bleu-iris, le nez fin, la lèvre inférieure avançante; la phy- 
sionomie est spirituelle, un peu gamine; son corsage bleu avec une bor- 
dure plus foncée et une modestie de dentelle est décolleté en demi-lune. 
— Ancienne collection de M. Camille Groult. — Vente de tableaux prove- 
nant de la collection X***. 1920, n" 33, portrait de jeune femme 
(15,000 francs). (P. 206.) 

1771. 

M. DUPEREL. — Peinture. H. 0.685; L. 0.575. Signée en haut, à droite: 
Perronneau, 1771. — Vente Cronier, 1906, n" 16. — Vente A. Suss^ 
mann, 1922, n'' 48 (36,000 francs). (Pp. 121, 193 et 207.) 

PETRUS WOORTMAN. — Peinture. H. 0.79; L. 0.62. Signée et datée: 
1771. — A sir Philip Sassoon Bart. — Autrefois dans l'église de Moïse 
et d'Aaron, à Amsterdam. — Iconographia Batava. Door E. W. Moes, 
t. II, n" 9253: Petrus Woortman (1729-1791), Pastor te Amsterdam, 
door J.-B. Perronneau, 1771. Mozes en Aâronkerk, te Amsterdam). 
(P. 113.) 

PORTRAIT DE FEMME. — Peinture. H. 0.66; L. 0.54. Signée en haut, 
à droite et datée 1771 . — Vente Edgar Degas, 1918, n° 4 (30,500 francs) . 
(P. 200.) 

1772. 

WILLEM BOREEL. — Pas/d ovale. H. 0.62; L. 0.51. {1112?). — A M. le 
Jonkheer Boreel van Hogenlanden. (P. 115.) 

WILLEM BOREEL (le même). — Pastel. H. 0.63; L. 0.53. Signé en 
haut, à droite: Perronneau, 1772. — A M. le Jonkheer Boreel vnn 
Hogenlanden. — En habit de couleur violette. (P. 115.) 



— 228 — 

JACOB BOREEL JANSZ. — Pastel. H. 0.65; L. 0.53. Signé. — A M.le 
Jonkheer Boreel van Hogenlanden. — Gravé par J. Houbraken. (Pp. 1 14 
et 162.) 

JACOB BOREEL JANSZ. — Réplique du précédent. — A M. J.-P. Crom- 
melin, à Londres. 

LA COMTESSE DE CORBEAU DE SAINT-ALBIN. — Pastel ovale. 
H. 0.98; L. 0.78. Signé en haut, à droite: Perronneau, 1772. — Collec- 
tion Jubinal de Saint-Albin-Georges Diiruy. — Exposition de Cent 
Pastels, 1908, n" 84. (P. 119.) 

LE MARQUIS DE COURCY. — Pastel. H. 0.60; L. 0.54. Signé: 
J.-B. Perronneau, 1772. — A la marquise de Courcy. (P. 118, Pi. 36.) 

LA MARQUISE DE COURCY. — Pastel ovale. H. 0.60; L. 0.54 .Signé: 
J.-B. Peronneau, 1772. — A la marquise de Courcy. (P. 118, PI. 36.) 

PIERRE-HORACE DEMADIÈRES. — Pastel ovale. H. 0.55; L. 0.45 
(1772?). — Exposition rétrospective des Beaux-Arts et des arts appli- 
qués à l'industrie, Orléans, 1876, n° 1143. — Exposition des Beaux-Arts 
à Orléans, 1884, n" 496. — Exposition rétrospective des Pastellistes 
français à Paris, 1885, n" 76. (P. 118.) 

M™ PIERRE-HORACE DEMADIÈRES. — Pastel ovale. H. 0.55; 
L. 0.45. — Exposition rétrospective des Beaux-Arts et des arts appli- 
qué à l'industrie, Orléans, 1876, n" 1142. — Exposition des Beaux-Arts 
à Orléans, 1884, n° 497. — Exposition rétrospective des Pastellistes 
français à Paris, 1885, n" 77. (P. 118.) 

PORTRAIT D'HOMME (portrait présumé de M. Miron de Porthioux). — 
Pastel ovale. H. 0.60; L. 0.51. Signé en haut, à droite: Perronneau, 
1772. — Ancienne collection de M. Camille Groult. — Vente H.-J. M*** 
1904, n' 52. — Vente de tableaux anciens provenant de la collection X***, 
juin 1920, n° 25 (35,000 francs, avec le portrait présumé de M"' Miron). 
(Pp. 118 et 205.) 

JACOB BOREEL JACOBSZ. — Peinture. H. 0.64; L. 0.495. Signée à 
droite: Perron... A M. le Jonkheer Boreel van Hogenlanden. (P. 114.) 

JACOB BOREEL JACOBSZ (le même que le précédent). — Peinture. 
H. 0.60; L. 0.50. — A M. le Jonkheer Boreel van Hogenlanden. — Vêtu 
d'un habit rose. (P. 114.) 

M. DUCLUZEL, fils de l'intendant de la généralité de Tours. (P. 118.) 



— 229 — 

FOUQUET, marchand de tableaux à Amsterdam. 

LE FILS DE J.-B. PERRONNEAU, à l'âge de cinq ans et demi, portrait 
fait dans la première moitié de l'année 1772. (P. 116.) 

1773. 

JACQUES-CHARLES DUTILLEU. — Petit portrait aux trois crayons 
fait à Lyon en 1773. 

C. FLORET. — Pastel. H. 0.65; L. 0.53. Signé et daté: 1773. — Vente 
du 26 avril 1907, n° 36 (4,600 francs). (P. 194.) 

PORTRAIT D'HOMME. — Pastel. H. 0.72; L. 0.58. Signé et daté 1773. 
— Vente des 13-15 avril 1905, n" 301. (P. 191.) 

PORTRAIT DE JEUNE FEMME. — Pastel. H. 0.72; L. 0.58. Signé et 
daté 1773 (pendant du précédent). — Vente des 13-15 avril 1905, n" 300. 
(P. 191.) 

M. BRAUN. — Peinture. H. 0.715; L. 0.585. Signée en haut, à gauche: 
Perronneau, 1773. — A M. Knœdler. (P. 120, PI. 37.) 

M"' BRAUN. — Peinture. H. 0.715; L. 0.585. Signée en haut, à droite: 
Perronneau, 1773. — A M. Knœdler. (P. 120, PI. 38.) 

PORTRAIT PRÉSUMÉ DE LORD COVENTRY. — Peinture ovale. 
H. 0.64; L. 0.50. Signée en haut, à droite: Perronneau, 1773. — Vu de 
face, !a perruque poudrée, frisée à marteau, il porte un tour de cou de 
linon blanc avec jabot de dentelle, un habit rose vif, sans col, un gilet 
rose déboutonné du haut. — Vente des 13-15 avril 1915, n°301. (P. 122.) 

PORTRAIT PRÉSUMÉ DE LADY COVENTRY. — Peinture ovale. 
H. 0.62; L. 0.50. Signée en haut, à gauche: Perronneau, 1773. — Vue 
de face, les cheveux relevés en arrière et poudrés, décolletée en ovale, 
vêtue d'une draperie blanche et d'une draperie bleue. — Exposition des 
Cent Portraits de Femmes, 1909, n° 89. — Vente des 13-15 avril 1915, 
n" 300. (P. 122.) 

UN VIEILLARD âgé de quatre-vingt-trois ans. — Peinture. H. vingt-trois 
pouces; L. dix-neuf pouces. — Salon de 1773, n" 64. 

1775. 

PORTRAIT D'UN GENTILHOMME. ~ Pastel. Signé et daté: 1775. — 
Vente du 16 avril 1907 (1,500 francs). (P. 195.) 



— 230 — 

PORTRAIT D'HOMME. — Pûsid ovale. H. 0.61 ; L. 0.51. Signé en haut, 
à gauche: Perronneau, 1775. — A MM. Artaria et Cie, à Vienne. — 
Exposition de Cent Pastels, 1908, n° 70. — Anciennes collections Thomas 
Agnew et Bachstitz. 

PORTRAIT D'HOMME. — Pastel. Signé et daté: 1775. — Vente Rougier, 
1904. (P. 189.) 

1776. 

PORTRAIT PRÉSUMÉ DE M"« GEOFFRIN, faisant de la tapisserie. — 
Vente des 22-24 novembre 1852, n" 190. (P. 181.) 

1777. 

COQUEBERT DE MONTBRET, consul général dans le Cercle de la Basse- 
Saxe. — Peinture ovale. — Salon de 1777, n" 210. (P. 124.) 

1778. 

JACOB BOREEL JANSZ. — Pastel. Réplique, signée et datée 1778, du 
portrait fait en 1772. — A M. G.-J. Boreel, au château de Westerhout, 
prèsde Beverwijk. (Pp. 114 et 124.) 

PORTRAIT D'UN PEINTRE. — Pastel. H. 0.55; L. 0.43. Signé et daté: 
1778. — Exposition de Cent Pastels, 1908, n" 73. — Vente Pierre 
Decourcelle, 1911, n° 137, donné comme portrait présumé de Ch. Nicolas 
Cochin, et datant de 1771 (10,100 francs). (Pp. 124 et 197.) 

JEANNE BARBARA VOÉT van WINSSEN, femme de Jacob Boree! 
Jacobsz. — Peinture. H. 0.64; L. 0.495. Signée en haut, à droite: Per- 
ronneau 1778 (ou 1773?). — A M. le Jonkheer Boreel van Hogenlanden. 
(P. 114.) 

JOACHIM RENDORP de M.4RQUETTE. — Peinture. H. 1.03; L. 0.92. 
Signée et datée: par J.-B. Perronneau, en 1778. — A M'^° Gevers de 
Marquette. (P. 125.) 

M™' RENDORP DE MARQUETTE. — Peinture. H. 1.03; L. 0.92. — 
A M""" Gevers de Marquette. (P. 125.) 

ALBERT SCHUYT. —Peinture. H. 0.75; L. 0.61. — A M. le Jonkheer 
]. van Weede van Dijkveld. (P. 125, PI. 39.) 



— 231 — 

M""' ALBERT SCHUYT, née Johanna Cornelia van Gheel van Spanbrock. 
— Peinture. H. 0.75; L. 0.61. — A M. le Jonkheer J. van Weede van 
Dijkveld. (P. 125, PI. 39.) 

1780. 

THEOPHILE DE CAZENOVE ET SON FRERE QUIRIN. — Pastel 
ovale. H. 0.65; L. 0.54. Signé en haut, à gauche: J.-B. Perronneau, 
1780. — A M. Wildenstein. — Exposition rétrospective de portraits d'en- 
fants à Bagatelle, 1910, n" 216. (P. 128, PI. 40.) 

THÉOPHILE DE CAZENOVE. — Pastel. (P. 129.) 

PORTRAIT DE JEUNE FE/vIME. — Pastel ovale. H. 0.55; L. 0.42. 
Signé en haut, à droite, et daté : 1780. — Ancienne collection de 
M. Camille Groult. — Venie de tableaux provenant de la collection X***, 
1920, n° 30 (5,000 francs). (P. 206.) 



CATALOGUE 
DES PORTRAITS NON DATÉS. 

I. — Pastels. 

LA MARQUISE D'ANGLURE. — H. 0.70; L. 0.58. — Ancienne collec- 
tion de Bryas. —Vente de Bryas, 1905 (39,000 francs. (P. 191.) 

JULIE-EMILIE BOY de la TOUR. — H. 0.54; L. 0.44. Signé en haut, 
à droite: Perronneau. — A M. M. Boy de la Tour. — Elle est vue en 
buste, de trois quarts à gauche, regardant de face, les cheveux relevés, 
vêtue d'un corsage bleu, bordé d'une modestie. M"" Boy de la Tour ( 1751- 
1826), épousa Emmanuel de Willading, bailli à Nyon, veuf en premières 
noces de M"" de Goumoëns. Son père était banquier à Lyon mais 
neufchâfelois et sa mère, née Roguin, offrit asile à J.-J. Rousseau au Val 
de Travers. (Voir Lettre sur la Botanique, par J.-J. Rousseau). (PI. 45.) 

LE MARQUIS de CAMYRAN. — H. 0.65; L. 0.54. — Vente de Meur- 
vilie, 1904, n" 44. — Vente du 15 mars 1923. n" 41 (11.000 francs). 
(Pp. 190 et 208.) 



— 232 — 

LOUIS COLAS DE BROUVILLE MALMUSSE. — H. 0.60; L. 0.50. — 

A M. Colas des Francs. — II s'agit de Colas de Brouville Malmusse 
(1715-1795), écuyer, seigneur des Fauchets, membre du conseil de la 
ville d'Orléans, administrateur de l'hôpital général. — Le corps est de face 
tandis que la tête, relevée dans un mouvement altier, est tournée de 
trois quarts vers la droite. Il porte une perruque poudrée, frisée à mar- 
teau, un tour de cou de linon avec jabot de lingerie, un gilet à broderies 
entr'ouvert. A droite, un chien dont on ne voit que la tête et une patte, 
semble réclamer l'attention de son maître. (PI. 46.) 

M™' COLAS DE BROUVILLE MALMUSSE. — H. 0.60; L. 0.50. — 
A M. Colas des Francs. — Elle est représentée assise, le corps de trois 
quarts, la tète tournée vers la gauche, coiffée d'une cornette de tulle. 
Au point dit « physionomie » est posé un bouquet de fleurs; les cheveux 
sont poudrés et coiffés en tapé, les yeux sont bleu foncé, le visage 
exprime une intelligence enjouée. Un ruban de velours noir entoure le 
cou. Elle est emmitouflée dans une pelisse de velours gris argent dont le 
capuchon s'orne de petit-gris. Claude-Marie-Pierre Colas de Brouville 
Malmusse était fille de Vandebergue, négociant hollandais, établi à 
Orléans; sur la grande vue de la ville et du pont d'Orléans, en 1761, 
Desfriches l'a représentée à côté de l'intendant de Cypierre, de M. Soyer 
et de Paul, le nègre. 

LA MARQUISE D'ENTREVAUX de RIBEYROLLES. — H. 0.59; 
L. 0.45. Signé en haut, à droite: Perronneau. — Elle est vue à mi-corps, 
tournée de droite à gauche, le visage de trois quarts, les cheveux poudrés, 
coiffés en tapé. Elle porte une robe de satin blanc, ornée de garnitures 
bleues. De la main droite elle tient un domino noir. — Vente Beurdeley, 
1920, (37,500 francs). (P. 205.) 

M"=^ D'EPREMESNIL. — H. 0.60; L. 0.50. — 2^ Vente Krœmer, 1913, 
n°8. (P. 200.) 

LE COMTE DE GOLOWKINE, ambassadeur de Russie, mort en 1791. — 
H. 0.62; L. 0.42. — .4 M. le comte F. d'Aldenburg Bentinck. — II est vu 
dans un ovale, presque de profil, tourné vers la gauche. Ses cheveux 
poudrés sont noués en catogan. Il porte un tour de cou de linon blanc, un 
jabot de dentelle, un habit rouge brique sur lequel est fixée la plaque d'un 
ordre russe. Sur le cadre on lit l'inscription : « Iwan Graaf van Golowkin, 
oudste zoon van Alexander Graaf van Golowkin, ambassadeur van Zijne 
Russische Majesfeit, en van Catharina Henrietta Burggravin en Gravin 
van Donna Ferassière f Kinderloos 1791. » 

LA COMTESSE de GOLOWKINE, née Cornelia van Sfryen, née en 1727, 



— 233 — 

épouse du comte de Golowkine. — H. 0.62; L. 0.52. — A M. le comte 
F. d'Aldenburg Benfinck. — Elle est représentée en buste dans un ovale, 
de trois quarts, tournée vers la droite. Les cheveux poudrés et relevés en 
toupet retombent sur la nuque en dragonne, laissant l'oreille droite déga- 
gée. Une dentelle encadre le décolleté du corsage bleu clair qui est orné 
du nœud rose du » parfait contentement. » Sur le cadre on lit l'inscription : 
« Cornelia Gravin van Golowkin geb. van Stryen, dochter van Jacob van 
Stryen, schepen en Raad der Stad Amsterdam en van Geertruid Blauw. 
tr. 1759 Iwan Graaf van Golowkin en f 1794. Ce pastel et le précédent 
proviennent de la famille de Wassenaer d'Obdam dont un membre épousa 
la sœur de la comtesse de Golowkin. (Renseignements fournis à la der- 
nière heure par M. Staring et dont il n'a pu être fait état dans le ttxte 
de l'ouvrage. Perronneau aurait-il exécuté ces portraits en Russie, pen- 
dant le séjour qu'il y fit en 1781 ?) 

PORTRAIT PRÉSUMÉ DE M""' HOGGUER. — Musée d'art et d'his- 
toire de Genève. — Elle est vue de trois quarts vers la droite; les che- 
veux sont poudrés et coiffés en tapé. Un esclavage de perles s'enroule 
autour du cou, attaché sur la nuque par un nœud de ruban. La robe 
décolletée en carré est bordée de fourrure noire. Le devant du corsage 
est orné du <( parfait contentement ». — • Provient du château de Vufflens 
(Vaud), et acquis par le Musée de la succession de Senardens. 

M"" JULIETTE, dite Fleur d'Epine. — Pastel. — (P. 144.) 

MARIE LECZINSKA. — H. 0.55; L. 0.45. — En robe de soie blanche 
avec tour de cou et bonnet de dentelle, les cheveux poudrés et frisés, vue 
de face. — Vente du comte de la Béraudière, 1885, n° 141. (P. 182.) 

LE BARON P. DE L***, officier de la maison du maréchal de Belle-Isle. 
— H. 0.63; L. 0.57. — Vente du 25 mai 1901. (P. 186.) 

M"« DU MAS DE LA ROQUE — Pastel sur vélin. H. 0.46; L. 0.36. — 
Vente de M. le comte A. de G***, 1903, n" 69. (P. 187.) 

M"" MÉTAYER. — Musée d'Amsterdam. — Un fil de perles passe sur ses 
cheveux où, parmi les boucles, est fixée une rose. Sur ses épaules est jetée 
une grande écharpe de gaze rayée. — Provient d'un legs d'un descendant 
de Jean Bernard, artiste amateur qui vivait à la fin du xviii" siècle. 
(PI. 45.) 

M. POMMERET. — Ovale. H. 0.55; L. 0.44. Signé en haut, à droite: 
Perronneau. — Vente du vicomte de Curel, 1918, n" 56 (14,600 francs). 
(P. 201.) 



— 234 — 

M""" POMMERET. — Ovale. H. 0.55; L. 0.44. Signé en haut, à droite: 
Perronneau. — Vente du vicomte de Curel, 1918, n" 57 ()2,000 francs). 
(P. 201.) 

LE MARQUIS de PUENTE-PUERTE. — Signé en haut, à droite. — On lit 
derrière le p&slel la note suivante : (( Don Pablo Antonio de Barrenechea 
y Novig, marquis de Puente-Fuerte, ministre d'Espagne près des Etats 
Généraux des Provinces Unies. » — Vente S. Bardac, mai 1920, n" 29 
(21,000 francs). (P. 204.) 

PORTRAIT DE FEMME DE LA FAMILLE DU JURISCONSULTE 
RATEAU. — H. 0.65; L. 0.54. Signé et daté. — Exposition de Bor- 
deaux, 1882. — Vente du comte A. de G***, 1903, n° 70. (P. 187.) 

LE COMTE DE ROCHFORD. — Gravé en manière noire par Val. Green. 
— Le comte de Rochford est William Henry de Nassau-Zuylestein, 
41" comte de Rochford (1717-1781), issu d'une branche illégitime des 
Nassau-Orange. Il passa sa vie en Angleterre mais il possédait en Hol- 
lande des terres et le château de Zuylestein où il se rendit en 1776. Peut- 
être ce portrait est-il du nombre des portraits hollandais du maître? 
M. Staring l'a vainement cherché dans les familles hollandaises appa- 
rentées aux Nassau-Zuylestein. (P. 164.) 

M"° ANNA-ELISABETH-CHRISTINA DE TUYLL DE SEROOS- 
KERKEN. — H. 0.56; L. 0.46. — A M . le comte W. d'Aldenburg Ben- 
tinck. — Elle est vue de face, dans un ovale, la tête très légèrement incli- 
née, un ruban bleu autour du cou. Le large décolleté de son corsage bleu 
s'encadre d'une draperie et d'une écharpe de mousseline. — M"" de Tuyll 
de Serooskerken, cousine de M"" de Charrière, née en 1745, morte 
en 1819, épousa le comte de Reede, 5*^ comte d'Athlone et seigneur de 
Middachten. (Renseignements communiqués en dernière heure par 
M. Staring.) 

PORTRAIT D'HOMME. — Ovale. H. 0.62; L. 0.51. Signé en haut, à 
droite: perronneau. — Au baron de Crisenoy. — Il est vu de face, la 
tête légèrement inclinée vers la gauche, les cheveux poudrés et frisés, 
les yeux bruns. Il porte un tour de cou de linon blanc avec jabot de den- 
telle, un habit rouge à gros boutons d'étoffe, un gilet à broderies rouges. 
Partant du catogan, les rubans de la n chacone » ondulent autour du cou. 
Ce portrait est présumé représenter un membre de la famille de Crisenoy 
qui habitait Bordeaux; il aurait donc pu être fait dans cette ville. 

PORTRAIT D'HOMME. — Ovale dans un carré. — A M"" la comtesse 
d'Oberndorf. — Vu 'Hé face, le toupet en vergette, les ailes frisées et 
nouées d'un large ruban noir. Il a les yeux bleus, le teint animé; il porte 



— 235 — 

un tour de cou de linon blanc avec jabot de dentelle, un habit et un gilet 
de velours bleu. — Acheté à Amsterdam. — Ancienne collection du che- 
valier de Stuers. — Actuellement prêté au Rijksmuseum d'Amsterdam. 

PORTRAIT D'HOMME. — H. 0.665; L. 0.54. — Signé en haut, à 
gauche : Perronneau. — Vu de trois quarts, tourné vers la gauche, les 
cheveux poudrés, les paupières clignotantes, le teint bilieux, vêtu d'un 
habit gris-bleu, d'un gilet de brocart rose s'ouvrant sur un jabot de den- 
telle. Il tient son bicorne sous le bras gauche. — Vente Cronier, 1905, 
n° 40 (20,000 francs). Prêté à l'Exposition de Cent Pastels, 1908, n° 93, 
par M. Sortais; fut acheté à Lyon par M. Brame avec un portrait de 
femme qui lui faisait pendant, vendu également à la vente Cronier. 
(P. 193.) 

PORTRAIT D'HOMME, en habit gris brodé d'or. — H. 0.73; L. 0.59. — 
Vente Marmontel, 1898. (P. 184.) 

PORTRAIT D'HOMME. — H. 0.65; L. 0.51. — Vente de la collection 
de M. J. D***, 1906, n° 77 (5,400 francs). (P. 194.) 

PORTRAIT DE JEUNE HOMME. — En buste, le visage de face, les 
cheveux poudiés. Il porte un habit de velours bleu uni avec un jabot de 
dentelle et un col de satin blanc. — Ancienne collection de M. Camille 
Groult. 

PORTRAIT DE JEUNE HOMME (le même que le précédent). — Le 
corps légèrement tourné vers la gauche, les cheveux poudrés, frisés à 
marteau, la figure épanouie. Il porte un habit de velours rose à col noir 
qui se détache sur un col de satin blanc avec jabot de dentelle. — Ancienne 
collection de M. Camil'e Groult. 

TÊTE DE VIEILLARD. — H. 0.18; L. 0.15. — Dessin à la sanguine 
d'après l'antique. — A M. P. Ratouis de Limay. — Provient de la collec- 
tion de Desfriches. 

PORTRAIT DE FEMME. — H. 0.60; L. 0.50. — Musée de Dijon. — 
Elle est représentée de face, dans un ovale de pierre, les cheveux relevés 
en haut toupet, jetés en arrière et poudrés; l'ovale du visage est allongé; 
au cou elle porte un collier de trois rangées de perles. Son corsage gris 
vert est en partie couvert d'une écharpe jetée sur les épaules. Le k corps » 
est formé de nœuds de soie bleue superposés. Ce portrait, qui semble 
inachevé ou abîmé, présente de grandes ressemblances avec celui de 
Marie-Charlotte de Buissy. — Donné en 1910 au Musée de Dijon par 
Jules Maciet. 

16 



— 236 — 

PORTRAIT DE FEMME. — H. 0.75; L. 0.65. — i4 M. Georges Dormeuil. 

— Vue de face, dans une attitude un peu raide; ses cheveux relevés en 
arrière sont poudrés; sa physionomie boudeuse est peu expressive. Un 
ruban rose entoure le cou. Elle est vêtue d'un corsage noir avec appli- 
cation de ruches roses. — Vente du 20 juin 1905: deux pastels par 
J.-B. Perronneau, n" 1. — Exposition de Cent Pastels, 1908, n° 77. 

PORTRAIT DE FEMME. — H. 0.62; L. 0.46. — A M. Georges Dormeuil. 

— Tournée de gauche à droite, vue de trois quarts, regardant de face, 
le visage souriant. Les cheveux relevés et poudrés sont surmontés d'une 
fanchon de dentelle. Un esclavage de perles, noué par un ruban sur la 
nuque, s'attache autour du cou. Elle est vêtue d'une robe de soie bleue, 
bordée d'une fourrure de skungs. Le « corps », barré de bandes de 
fourrure de skungs, fait suite au décolleté en carré orné d'une modestie. 
Il s'agirait, suivant M. Georges Dormeuil, d'un portrait de M""" Lemoyne, 
exécuté à Nantes par Perronneau, lors de son séjour dans cette ville. — 
Collections Garnier, Huche et Chenard-Huché. 

PORTRAIT DE FEMME. — H. 0.62; L. 0.46. — A M. Georges Dor- 
meuil. — Elle est vue de trois quarts vers la droite, les cheveux poudrés, 
coiffée d'un bonnet de dentelle. Un esclavage de perles s'enroule autour 
du cou, attaché sur la nuque par un nœud de ruban. Elle porte une robe 
bleue, décolletée en carré et bordée d'une bande de fourrure. Une 
modestie est disposée au-dessus de trois échelons de fourrure barrant 
le « corps ». 

PORTRAIT DE FEMME. — H. 0.57; L. 0.47. —A M. Ferai. — Vue de 
face dans un ovale de pierre, elle parait âgée de quarante ans environ ; 
ses cheveux sont poudrés et relevés en tapé. Elle est vêtue d'un corsage 
de velours rose abricot, orné du nœud bleu du « parfait contentement » 
sur lequel est jeté un fichu de mousseline. — Vente Flameng, 1919, n" 33 
(16,500 francs). (P. 203, PI. 47.) 

PORTRAIT DE FEMME. — Ovale. H. 0.61 ; L. 0.51. — A M. Ferai. — 
Vue de face, les cheveux relevés et poudrés, les yeux bleus. Le décolleté 
s'encadre d'une draperie gorge de pigeon. 

PORTRAIT DE FEMME ENDORMIE. — H. 0.51; L. 0.41. Signé. — 
A M""" la baronne Gustave de Ravignan. — Le décolleté s'encadre de 
l'écharpe de gaze, de la modestie, du ■< parfait contentement ». Elle som- 
meille, et sa tête repose sur la main gauche. — Collection Roux. — Vente 
Mame, 1904, n° 65 (30,000 francs). (P. 188, PI. 41.) 

PORTRAIT DE FEMME. — H. 0.52; L. 0.44. — Elle semble âgée de 



— 237 — 

trente ans. Elle est vue de face, les cheveux poudrés, retombant de 
chaque côté en frisures, les yeux bleus largement ouverts en amande. Le 
corsage de linon blanc et bleu, avec des bleuets à droite, est décolleté 
en carré; une étoffe de soie, à reflets prune et bleu, est jetée sur les 
épaules; un esclavage de perles entoure le cou. — Ancienne collection 
de M. Camille Groult. — Vente de tableaux provenant de la collection 
X***, 1920, n" 27 (20,000 francs). (P. 205.) 

PORTRAIT DE FEMME. — H. 0.665; L. 0.535. Signé en haut, à droite. 
— Vente Cronier, 1905, n° 41 (28,000 francs). (P. 193.) 

PORTRAIT DE FEMME. — Ovale. — 2- Vente de M"' Warneck, 1905, 
n" 113 (2,600 francs). (P. 192.) 

PORTRAIT DE FEMME. — H. 0.53; L. 0.44. Signé en haut, à droite. — 
Vente du 20 juin 1905, n° 1 (1 1,200 francs). (P. 192.) 

PORTRAIT DE FEMME. — Pastel sur vélin. H. 0.63; L. 0.53. — Vente 
du 20 juin 1905, n° 2 (1,100 francs). (P. 192.) 

PORTRAIT DE FEMME. — H. 0.61 ; L. 0.49. — Vente J. Doucet, 1912, 
n° 90 (10,500 francs). (P. 199.) 

PORTRAIT DE FEMME. — H. 0.52; L. 0.44. — La fête tournée de trois 
quarts vers la gauche, légèrement penchée en avant. Elle porte au cou 
un collier de ruban bleu ; son corsage de soie puce, décolleté en carré 
et bordé d'une modestie, est en partie caché par un mantelet de taffetas 
noir. Ce pastel provient des environs de Bordeaux. — Exposition de 
Cent Pastels, 1908, n° 87. — Vente Henry Michel-Lévy, 1919, n° 107 
(portrait de Marie-Thérèse de Villette, femme Laruefte) (16,200 francs). 
(P. 202.) 

PORTRAIT D'UNE JEUNE DAME. — H. 0.52; L. 0.40. — Vente 
Baudot, 1894. (P. 183.) 

PORTRAIT DE JEUNE FEMME. — Pastel sur vélin. H. 0.46; L. 0.38. — 
Vente de Meurville 1904, n" 45. (P. 190.) 

PORTRAIT DE JEUNE FEMME. — H. 0.60; L. 0.47. — Elle paraît 
âgée d'une trentaine d'années. Vue de face, les cheveux poudrés, la 
bouche un peu pincée. Un nœud de velours noir est attaché à la gauche 
du cou. Une écharpe de soie est jetée sur les épaules et laisse voir le 
décolleté en carré du corsage de taffetas bleu dont les manches ornées de 
nœuds bleus sont bouffantes. — Ancienne collection de M. Camille 
Groult. — Vente de tableaux provenant de la collection X***, 1920, 
n" 29 (9,000 francs). (P. 206.) 



— 238 — 

PORTRAIT DE JEUNE FILLE. — Ovale. H. 0.59; L. 0.58. Signé en 
haut, à droite. — A M. Ferai. — Elle est tournée de trois quarts vers la 
droite, coiffée d'un bonnet de dentelles avec passe bleue, les yeux bleus, 
les sourcils bien marqués, la tête un peu chevaline. Un petit ruban bleu 
entoure le cou. Elle porte un corselet bleu avec nœud de taffetas de même 
nuance, un mantelet en taffetas gris, un fichu de mousseline croisé. 
(PI. 48.) 

PORTRAIT DE JEUNE FILLE. — H. 0.43; L. 0.32. Signé et daté (?). 
— Vente du D"^ Azam, 1909, n" 75 (4,800 francs). (P. 196.) 

PORTRAIT DE JEUNE FILLE. — H. 0.38; L. 0.29. — La tête presque 
de face, les cheveux poudrés et coiffés d'une légère dentelle avec ruban 
rose ; elle a les yeux bleus. La physionomie est gracieuse, la bouche 
souriante. Son collier de trois rangs de perles est en partie caché par un 
large ruban rose chiffonné, formant devant. Son corsage de soie brochée 
bleue, à ramages blancs, est bordé d'une mince fourrure noire. Des 
pensées sont fixées au corsage. — Ancienne collection de M. Camille 
Groult. 

PORTRAIT DE PETITE FILLE. — H. 0.43; L. 0.35. — Vue de trois 
quarts, le corps de profil, la tête tournée à gauche, les cheveux poudrés, 
les yeux bleus. Un nœud bleu entoure le cou; son corsage est bleu. — 
Ancienne collection de M. Camille Groult. 

PORTRAIT DE PETITE FILLE. — H. 0.45; L. 0.37. — Vente du 25 mai 
1901. (P. 186.) 

II. — Peintures à l'huile. 

LAURENT CARS, graveur. — H. 0.50; L. 0.41 . — A M. David Weill. — 
Vu de trois quarts, tourné de gauche à droite, il porte une perruque 
poudrée. Il a les sourcils très marqués, les yeux brun clair à la prunelle 
très noire. Un mazulipatam ou foulard rayé bleu et marron est noué 
autour du cou sur une robe de chambre aux reflets d'un bleu violet 
changeant. Fend vert. — Vente de la princesse Mathilde, 1904, n° 42 
(12,500 francs). (Pp. 77 et 189.) 

M-"» DE CHAPEAUROUGE, née Marie-Elisabeth Hadorne (1752-1793). 
— A M. Aug.-Charles de Chapeaurouge. — Jacques de Chapeaurouge, 
son mari, banquier à Hambourg, était né d'une famille internationale de 
financiers suisses comme les Hogguer, les Thélusson, etc. La coiffure du 
modèle semblerait assigner une date postérieure à 1770 à cette œuvre qui 
est reproduite dans le Genealogisches Taschenbuch bûrgerlicher Familien, 
t. 23 (1913). 



— 239 — 

LE COMTE DE FONTE?-^ELLES. — Exposition de l'Art français au 
xviii^ siècle, 1904, n° 96. (A M. Arthur Bloch.) 

JOUSSE. — H. 0.78; L. 0.61. — Musée d'Orléans. — Il est vu presque 
de face, tourné vers la droite, la perruque poudrée <i en procureur », 
tombant sur les épaules, les yeux brun clair spirituels, le nez épanoui, 
la bouche volontaire, le feint animé. Il est vêtu de la robe noire avec 
rabat blanc et manchettes festonnées. Il tient sa main droite ouverte sur 
la poitrine. Une tenture sombre, avec un gland, est soulevée sur la droite, 
laissant voir les rayons d'une bibliothèque et une sphère. — Daniel Jousse, 
né à Orléans en 1704, mort en 1781 , entra au présidial d'Orléans en 1734 ; 
en 1755, il publia le Traité de la Sphère. Ses travaux sur le droit criminel 
le placèrent au premier rang des jurisconsultes. — Donné en 1860 au 
Musée d'Oiléans par M"" Regnard, petite-nièce de Jousse. Ce portrait est 
attribué à Le Noir dans V Inventaire des richesses d'art de la France 
(Musée d'Oiléans par Eud. Marcille). (P. 162.) 

PORTRAIT PRÉSUMÉ DE J.-B. PERRONNEAU par lui-même. — 
H. 0.54; L. 0.44. Signé en bas, à droite: Perronneau. — Musée de 
Tours (collection Schmidt). — Vu de face, éclairé de gauche à droite, 
les cheveux très légèrement poudrés, les yeux gris vert à la prunelle noire, 
le regard très expressif, les narines dilatées. L'habit rouge brique tirant 
sur le brun avec boutons d'étoffe or; le gilet rose à broderies d'or, 
entr'ouvert sur un jabot de fine dentelle festonnée, attaché à un tour de 
cou de linon blanc. L'homme parait âgé d'une trentaine d'années. Fond 
vert neutre. (P. 142, PI. 1.) 

HENRICH-CHRISTOPH SIEMERS. — Ovale. H. 0.74; L. 0.59. — 
A M. E.-j.-A. Siemers, à Hambourg. — 11 est vu de trois quarts, regar- 
dant de face, les cheveux poudrés et frisés à marteau, vêtu d'un habit 
rouge, d'un gilet blanc s'ouvrant sur un jabot de dentelle. — Décrit et 
reproduit dans le Geneaîogisches Taschenbuch biirgerlicher Familien, 
t. 18 (1910). 

PORTRAIT D'UN GENTILHOMME. — Ovale. H. 0.75; L. 0.60. Musée 
du Louvre. — Tourné de trois quarts vers la gauche, regardant de face, 
les cheveux poudrés, noués par un large catogan, les yeux gris-vert, la 
physionomie hautaine, les pommettes saillantes, le teint animé. Il est 
vêtu d'un habit gris, orné de boutons d'or sur le parement de la manche, 
largement ouvert sur un gilet crème à ramages. Fond jaune ambré. — 
2° Exposition des Portraits du siècle, 1885, n" 216. — Vente de la prin- 
cesse Mathilde, 1904, n" 48 (Ecole française du xviii" siècle), acheté 



— 240 — 

110,000 francs par le comte 1. de Camondo et légué par lui, en 1911, au 
Musée du Louvre. Une réplique, en miniature, de ce portrait a été publiée 
par V Illustration. (P. 149, PI. 42.) 

PORTRAIT D'HOMME. — H. 0.50; L. 0.39. — Vente G. Rothan, 1890. 
(P. 183.) 

PORTRAIT D'UN MAGISTRAT. — H. 0.80; L. 0.63. — Vente du 
14 juin 1900. (P. 186.) 

PORTRAIT D'UN MAGISTRAT. — H . 0.65 ; L. 0.54. — Vente du comte 
A. de G***, 1903. (P. 187.) 

PORTRAIT D'HOMME. — H. 0.50 ; L. 0.40. Esquisse peinte à la manière 
de Fragonard. — Vu de trois quarts, tourné de gauche à droite, regar- 
dant de face. Ses cheveux poudrés sont ébouriffés. Il porte un habit 
marron et un gilet gris-vert avec jabot de dentelle. La main gauche dont 
on aperçoit trois doigts est repliée vers un bouton du gilet. — Ancienne 
collection de M. Camille Groult. 

PORTRAIT DE FEMME. — H. 0.55 ; L. 0.44. — A M. Georges Dormeuil. 
— Tournée de droite à gauche, vue de trois quarts, regardant de face. 
L'expression du visage est spirituelle, la bouche souriante. Sur les 
cheveux poudrés est jetée une fanchon de dentelle à barbes pendantes. 
Elle est vêtue d'une robe de taffetas rose falbalassée et d'un fichu de 
dentelle. Sur la poitrine une petite croix. (PI. 43.) 

PORTRAIT DE FEMME. — H. 0.48; L. 0.40. — Vente de la collection 
de M. J. D***, 1906, n° 78. (P. 194.) 

PORTRAIT DE JEUNE FEMME. — H. 0.52; L. 0.43. Signée. — Musée 
Jacquemart-André. — Tournée de gauche à droite, l'expression un peu 
sévère, les yeux bruns, elle est coiffée d'une cornette de dentelle aux 
barbes retroussées avec une passe de ruban bleu se nouant en papillon 
au-dessus du front au point dit « physionomie ». Elle a les cheveux 
poudrés et l'oreille droite dégagée; un esclavage de perles est attaché 
autour du cou par un nœud de ruban blanc. Le corsage bleu dont on ne 
voit que le « corps » est orné d'un nœud bleu, le u parfait contentement » 
que surmonte une modestie de malines; sur les épaules est jeté un man- 
telet de taffetas noir, garni de ruchons. Ce portrait provient de la collec- 
tion Jahan-Marcille ; il offre une grande ressemblance avec le portrait 
au pastel d'une jeune femme, provenant de la même collection et appar- 
tenant à M. P. Chévrier. — N" 130 du Catalogue du Musée Jacquemart- 
André. (PI. 44.) 



— 241 — 

M"« X*** TENANT UN LOUP. — Ovale. H. 0.71 ; L. 0.56. — Vue de 
face, la tête légèrement penchée vers la gauche ; un ruban rose et une 
plume noire sont piqués dans ses cheveux poudrés; la figure est très 
gracieuse, l'expression tendre et mélancolique. Un nœud rose entoure 
le cou. Elle porte un corselet rose en pointe avec passementeries noires. 
Le bras gauche est plié, la main gauche tient un petit loup. A droite, une 
tenture. — Ancienne collection de M. Camille Groult. 

PORTRAIT DE JEUNE FEMME ENDORMIE. — H. 0.62; L. 0.52. — 
Vente du 11 avril 1908. (P. 195.) 



ŒUVRES 
ATTRIBUÉES A J.-B. PERRONNEAU. 

Pastels. 

PORTRAIT PRÉSUMÉ DE CHOISEUL. — Musée de Saint-Quentin. 

LOUIS CLAUDE, COMTE DE GOYON DE VAUDURANT. — Pastel 
sur vélin. H. 0.73; L. 0.59. — Collection des Concourt. — Exposition 
des dessins de maîtres anciens, 1879, n° 541. — Vente Concourt, 1897, 
n" 232 (3,000 francs). (Pp. 132, 147, 184.) 

LE BAILLI DE SUFFREN. — H. 0.59; L. 0.48. — Vente des 27-28 jan- 
vier 1881. (P. 181.) 

PORTRAIT D'UN JEUNE GENTILHOMME, en habit verdâtre et gilet 
blanc à fleurs. ^ H. 0.59; L. 0.49. — Vente Mùhlbacher, 1899, n° 230 
(2.520 francs). (P. 185.) 

TÊTE D'HOMME. — Étude. — Musée de Toulouse. 

Peintures à l'huile. 

CAYEUX ET M-' CAYEUX. — Musée d'Arras. — Donnée par M. Braque- 
hay, notaire. (P. 51.) 

LECLERC DE LESSEVILLE. — Musée de Versailles. — Aux Archives du 
Louvre, on lit: « Le 16 juillet 1846, M. de Cailleux faisait l'acquisition 
pour le Musée de Versailles, au prix de 120 francs, de M. Benoisf, du 
portrait au pastel de Charles Leclerc de Lesseville, président aux enquêtes 



— 242 — 

du Parlement de Paris. » (Catalogue Soulié, n° 4477). M. Pératé nous 
a écrit à ce sujet: « C'est une peinture à l'huile du xviir siècle, qui a 
souffert et a été rentoilée sans doute au moment de son admission dans 
le musée. L'inscription — du temps de Louis-Philippe ou bien posté- 
rieure — placée au dos du tableau contient, après une notice sommaire 
sur le personnage, la mention : par Perroneau ; ce qui, étant donné la 
qualité de la peinture, est fort peu vraisemblable. » 

PORTRAIT D'HOMME. — H. 0.68; L. 0.53. — Vente du 31 mai 1919. 

n"82. (P. 203.) 

PORTRAIT DE FEMME ÂGÉE. — H. 0.90; L. 0.72. — Cette peinture 
qui présente tous les caractères du faire de Perronneau est signée au bas, 
à droite: Boucher. — Ses cheveux gris sont coiffés d'un bonnet de fine 
dentelle; elle a les yeux bleu foncé, le nez assez fort, la bouche volontaire; 
la physionomie est un peu triste. Au cou, elle porte une rangée de perles. 
Un manteau bleu très foncé, jeté sur les épaules, laisse voir le décolleté 
carré du « corps » orange, orné d'un nœud. La main gauche, passée 
dans une sorte de gant blanc montant, sans doigts, tient un éventail 
fermé dont le bas est posé sur les genoux. A droite, une tenture. — 
Ancienne collection de M. Camille Groult. 

PORTRAIT DE FEMME. — Esquisse. H. 0.34; L. 0.26. — A A^' Aimée 
Godard. — Vue de trois quarts, tournée vers la gauche, regardant de 
face, vêtue d'un corsage bleu. Cette ébauche, largement brossée, pour- 
rait être une élude pour un portrait de Belle, de Zuylen, plus tard M'"" de 
Charrière. La comparaison avec la préparation de La Tour, du Musée 
de Saint-Quentin, permet cette hypothèse. 

PORTRAIT D'ENFANT. — Musée de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg. — 
Ce portrait serait-il celui du d Jeune écolier, frère de l'auteur, tenant un 
livre )) qui figura au Salon 1746? — Ancienne collection Teplov. (P. 14.) 



CATALOGUE 

DES 

œuvres de J.-B. Perronneau 

(ou attribuées à J.-B. Perronneau). 

qui se trouvent dans des MuséeS 
ou des 

Collections publiques. 



MUSÉE DU LOUVRE. 

Adam l'aîné. — Peinture (morceau de réception de Perronneau). H. 1.28; 

L. 0.95. — 1753. 
J.-B. OuDRY. — Peinture (morceau de réception de Perronneau) . H. 1 .28 ; 

L. 0.95. — 1753. 
Portrait d'un gentilhomme. — Peinture ovale. H. 0.75; L. 0.60. 
Pierre Bouguer. — Pastel. H. 0.58; L. 0.44. Signé. — 1753. 
Laurent Caps. — Pastel. H. 0.58; L. 0.49. — 1759. 
Jean Couturier des Flottes. — Pastel. H. 0.58; L. 0.44. Signé. — 1756. 
M"" HuQUiER tenant un petit chat. — Pastel. H. 0.47; L. 0.38. Signé 

et daté: 1749. 
Abraham van Robais. — Pastel. H. 0.73; L. 0.59. Signé. — 1767. 

MUSÉE JACQUEMART-ANDRÉ. 
Portrait de jeune femme. — Peinture. H. 0.52; L. 0.43. Signée. 

MUSÉE D'ARRAS. 

M. ET M'"" Cayeux. — Peinture, attribuée à Perronneau. 

HÔTEL DE VILLE DE BOULOCNE-SUR-MER. 

Le duc d'Aumont. — Peinture. H. 1.80; L. 0.67. — 1751. 



— 244 — 

MUSÉE DE DIJON. 

Portrait de femme. — Pastel. H. 0.60; L. 0.50. Don Jules Maciet, 1910. 

MUSÉE D'ORLÉANS. 

Chevotet. — Pastel. H. 0.59; L. 0.50. Signé et daté: 1751. 
M"" Chevotet. — Pastel. H. 0.59; L. 0.50. Signé et daté: 1751. 
M°"> Fuet. — Pastel. H. 0.58; L. 0.48. Signé et daté: 1766. 
RoBBÉ DE Beauveset. — Pastel. H. 0.53; L. 0.44. Signé. — 1759. 
L'Aurore (peut-être M"'" Perronneau). — Pastel. H. 0.51 ; L. 0.42. Signé 

et daté: 1767. 
JoussE. — Peinture. H. 0.78; L. 0.61. 
Robert Soyer. — Peinture. H. 0.70; L. 0.57. Signée et datée: 1765. 

MUSÉE DE SAINT-QUENTIN. 

La Tour. — Pastel. H. 0.56; L. 0.48. Signé et daté: 1750. 
Portrait présumé de Choiseul. — Pastel, attribué à Perronneau. 

MUSÉE DE TOULOUSE. 

Tête d'homme. — Ëtude, attribuée à Perronneau. 

MUSÉE DE TOURS. 

Portrait présumé de J.-B. Perronneau par lui-même. — Peinture. 
H. 0.54; L. 0.44. Signée. 



Étranger. 



AMSTERDAM. 
RiJKS Muséum. 
M"° métayer — Pastel. 

COPENHAGUE. 

Bibliothèque de l'Université. 

Frédéric Hausen de Liliendahl, consul de Danemark. — Peinture. 
H. 0.88; L. 0.70. Signée. — 1767 ou 1769. 



— 245 — 

GENÈVE. 

Musée d'art et d'histoire. 
Portrait de femme (M""° Hogguer?). Pastel. 

LA HAYE. 

Muséum Meermanno Westreenianum. 

Gérard Meerman. — Peinture ovale. — 1763? 

LEIPZIG. 

Bibliothèque de l'Université. 

C. Friedrich Kregel von Sternbach. — Peinture. H. 0.58; L. 0.488. 
Signée et datée: Paris, 17.7. (1747?) 

LONDRES. 

Galerie Nationale. 
Petite fille tenant un chat. — Pastel. Signé et daté: Aoust 1743. 

SAINT-PÉTERSBOURG. 

Musée de l'Ermitage. 

Portrait d'enfant tenant un livre. — Peinture, attribuée à Perronneau. 
— Peut-être le portrait du « jeune écolier, frère de l'auteur, tenant un 
livre )y, du Salon de 1746. 



INDEX ALPHABÉTIQUE 
des portraits exécutés par J.-B. Perronneau. 

Adam (Lambert-Sigisbert), dit l'aîné, pp. 49, 55, 56, 168, 216, pi. 14. 

Amédée (M'"), pp. 24, 167,213. 

Anglure (marquise d'), portrait présumé, pp. 149, 191, 231. 

Arches (comtesse Jacquette d'), pp. 53, 178, 215. 

Ardore (prince et princesse d'), pp. 27, 212. 

AuMONT (duc d'), pp. 43, 215. 

Ayen (duchesse d'), pp. 26, 153, 179, 213, pi. 7. 

Baschi (Charles de), marquis d'Aubaïs, pp. 14, 146, 161, 166, 210. 
Bastard (comte de), pp. 21. 147, 148, 153, 162, 172, 175, 177, 182, 197, 

210, pi. 6. 
Beaumont, pp. 31, 167, 214. 
Beauséjour (de), pp. 67, 217. 
BiGNON (président), pp. 53, 216, 

Blondel d'Azincourt(M. et M""), portraits présumés,pp. 92, 199, 223. 
BoNNEVAL (comte de), pp. 40, 16S, 215. 
BoREEL Jansz (Jacob), pp. 114, 124, 162, 227, 230. 
BoREEL (M. et M"^ Jacob Jacobsz), pp. 114, 228, 230. 
BoREEL (Willem), pp. 115, 227. 
BosSY (M'"- de), pp. 87, 170. 222. 
BouGUER, pp. 53, 164, 216. 
Boy de la Tour (M"'), p. 231, pi. 45. 
BoYER (MO, pp. 79, 80, 178, 219. 
Boyer (M""), portrait présumé, pp. 80, 220. 
Boyer (fils), pp. 79, 178, 220. 
Braun (M. et M^O, pp. 120, 229, pi. 37. 
BuissY (M'^'-de), pp. 107, 226. 

Camyran (marquis de), pp. 149, 190. 208. 

Cars (Laurent), pp. 6, 77, 149. 163, 169, 189, 219, 237. pi. 22. 

Cayeux (M. et ArO, pp. 51. 179. 216, 

Cazenove (Th. de), pp. 129, 231. 

Cazenove (Théophile et Quirin de), pp. 128. 180. 230. pi. 40. 



— 247 — 

Chambroy (Lazare), pp. 22, 161, 213. 

Chapeaurouge (M""" de), p. 237. 

Chevotet (M. etM-^"'», pp. 43, 45, 147. 148, 172, 174, 214. 

CocHiN (Ch. Nicolas), pp. 73, 76, 169, 219. 

Colas de Brouville-Malmusse (M. et M"""), p. 231, pi. 46. 

CoNDÉ (Elisabeth de Rohan-Soubise, princesse de), pp. 46, 168, 216. 

Coquebert de Montbret, pp. 124, 171, 230. 

Corbeau de Saint-Albin (comtesse), pp. 119, 178, 227. 

Corrégeolles (M""), pp. 101, 224. 

CouRCY (marquis et marquise de), p. 118, pi. 36. 

Couturier des Flottes, pp. 67, 217. 

Coventry (lord et lady), portraits présumés, pp. 122, 179, 229. 

Darcy, pp. 103, 170, 225. 

Darcy, portrait présumé, pp. 103, 225, pi. 34. 

Delépée la jeune (M'"^), pp. 25, 213. 

Demadières (M. ef M"' Pierre-Horace), pp. 118, 147, 148, 174, 175, 228. 

Denis, pp. 86, 170, 222. 

Desfriches (M"" Catherine-Thérèse), pp. 9, 209. 

Desfriches (M""), mère, pp. 10, 209. 

Desfriches (M. et M"" Aignan-Thomas), pp. 42, 148, 168, 174, 178, 215. 

pi. 13. 
Desfriches (M""), pp. 100, 103. 174, 178, 224. 
Desnoyel (petit), pp. 14, 166, 210. 
DoM Maur. portrait présumé, pp. 28, 175, 213, pi. 9. 
Drouais (Hubert), pp. 15, 58, 166, 217, pi. 16. 
Ducluzel, pp. 118, 228. 
DujON, pp. 69, 171, 218. 
Dupérel, pp. 120, 150, 170, 192, 207. 
DuTiLLEU (M. et M"'°), pp. 70, 120. 149, 176, 177, 178, 198, 219. 

Entpevaux de Ribeyrolles (marquise d'), pp. 205, 232. 
Epremesnil (M"'° d'), pp. 200, 232. 

Floret, pp. 150, 194, 229. 
Fontenelles (comte de), p. '76. 
Fouquet, pp. 112, 228. 
Fuet (M""), pp. 91, 148, 173, 222. 

Gaugy (M""), pp. 103, 10-1, 170. 
Geelvinck, pp. 82, 169, 221. 
Geelvinck (M""), p. 221. 



— 248 — 

Geoffrin (M""), portrait présumé, pp. 181, 230. 
GiLLF.QUiN, pp. 16, 147, 166, 181, 182, 184, 210. 
GoLowKiN (comte et comtesse de), p. 232. 

Hasselaer (G.-A.), pp. 81, 169, 220, pi. 24. 
HaUSEN de LlLlENDAHL, pp. 97, 224, pi. 29. 
HoGGUER, pp. 81, 85, 169, 221. 
HuNTiNGTON (milord), pp. 41, 48, 168, 216. 
HuQUiER (Gabriel), pp. 19, 166, 178, 211, pi. 5. 
HuQUiER, fils, pp. 19, 20, 167, 211. 
HuQUiER (M"^), pp. 33, 148, 174, 178, 191, 213. 

JouRNu (abbé), pp. 68, 218, pi. 18. 

JouRNU (Bonaventure), pp. 96, 224, pi. 28. 

JouRNU (chanoine), p. 225. 

JouRNU (M""'), mère, pp. 102, 104, 170, pi. 33. 

JouRNU (M'"), portrait présumé, p. 69. 

JouRNU (famille), p. 68, pi. 19, 20, 21. 

JoussE, pp. 162, 238. 

Juliette (M""), dite Fleur d'Epine, pp. 144, 232. 

Kamm, pp. 32, 167, 214. 

Kregel von Sternbach, pp. 22, 211. 

La Fontaine (M. et M"" de), pp. 41, 178, 214. 

Lany (M""), pp. 40, 168, 215. 

Laruette (M"""), née Marie-Thérèse de Villette, pp. 202, 236. 

La Tour (Maurice-Quentin de), 34, 148, 164, 167, 175, 214, pi. 12. 

Leczinska (Marie), pp. 148. 182, 232. 

Lemoyne (M"^), pp. 49, 168, 177, 216, 235. 

Lemoyne (le petit), pp. 18, 166, 178, 211. 

Le Norm.\nt du Coudray, pp. 21, 91, 103, 148, 170, 175, 196, 211, 223. 

Le Page, pp. 24, 213. 

Le Roy (Julien), pp. 48, 162, 164, 168, 216. 

Lorraine (prince et princesse de), pp. 65, 169, 217. 

Mapondé (nègre), pp. 12, 210, pi. 3. 
Mas de la Roque (M"" du), pp. 187, 232. 
Maujé, pp. 86, 170, 222. 
Meerman (Gérard), pp. 81. 160, 161, 221. 



— 249 — 

Métayer (M""), p. 232, pi. 45. 
MiREPOix (marquis et marquise de), pp. 69, 171, 218. 
MiRON DE PoRTHioux (M. et M"^), pp. 86, 90, 118, 170, 187, 188, 205, 
222, 228. 

Olivier (M. et M"»), pp. 22, 148, 167, 175, 179, 212. 
OuDRï (J.-B.), pp. .50, 55, 56, 168, 216, pi. 15. 

Perronneau (J.-B.), pp. 165, 238, pi. 1. 
Perronneau (M'"'^), pp. 83, 96, 169, 221, 224. 
Perronneau (M"^), pp. 86, 170, 222. 
Perronneau (fils du peintre), p. 116. 
Perronneau (frère du peintre), pp. 14, 166, 210. 
PiNCHiNAT (M. et M""^), pp. 78, 220, pi. 23. 
Pinchinat (M""), pp. 87, 170, 222. 
Poissonnier (docteur), pp. 66, 160, 217. 
Pommeret (M. et M"^"), pp. 201, 232. 
Puente-Fuerte (marquis de), pp. 204, 232. 

Raguenet de Saint-Albin, pp. 88, 200, 222. 
Râteau (M. et M""), pp. 103, 226. 
Rendorp (M. et M"'"), pp. 124, 125, 230, 232. 
RiCHEAiONT (M-^-^ de), pp. 107, 150, 193, 207, 228. 
Robbé de Beauveset, pp. 73, 76, 148, 169, 174, 219. 
Rochford (comte de), pp. 164, 233. 
RoSALiNE (M"'0, pp. 40, 168, 215. 
Rousseau (J.-B.), portrait présumé, p. 148. 
Ruelle (M. et M""), pp. 40, 168, 215. 
Ruisseau ^M™^ du), pp. 40, 168, 215. 

Schepers (M"'^), p. 220. 

Schuyt (M. et'M"'° Albert), pp. 125, 230, pi. 39. 

Sorquainville (dame de), pp. 30, 153, 179, pi. 11. 

SouBiSE (prince de), pp. 47, 215. 

SoYER (Robert), op. 88, 147, 148, 164, 222. 

Straalman (M. et M"'" Wiilem), pp. 100, 224, pi. 31. 

Straalman (Cornelia), pp. 100, 224, pi. 32. 

SuFFREN (bailli de), p. 181. 

Tassin DE la Renardière (M. et M""), pp. 67, 89, 218. 222. 
Thiboust (M. et M"'"), pp. 32, 167, 214. 
Tolling (Willem), pp. 82, 169, 221. 



• — 250 - 

TouROLLE (M™ de), pp. 83, 169, 221. 

Trudaine de Montigny (M. et M""^), pp. 84, 85, 86, 169, 221. 

TuYLL DE Serooskerken (M"" de), p. 234. 

Van der Waëyen (M. et M""), pp. 82, 180, 220, pi. 25. 

Van Kretschmar (Jacob), pp. 58, 180, 217. 

Van Robais (Abraham), pp. 97, 107, 153, 177, 198, 202, 208, 223, pi. 30. 

Vanville (M""), pp. 65, 169, 217. 

Vernet (Joseph), pp. 76, 77, 169, 219. 

Villeneuve (M'-'^de), pp. 18, 19, 167, 211. 

Warin (Antoni), pp. 83, 220. 

Warin (M'™ Anfoni), portrait présumé, pp. 83, 221. 

Woortman (pasteur), pp. 113, 227. 



TABLE DES ILLUSTRATIONS. 



En regara 
page 



Frontispice. — Portrait de J.-B. Perronneau (gravure de 
Nicoîet, d'après Cochin fils) 

PI. 1. Portrait présumé de J.-B. Perronneau, par lui- 
même. Peinture. (Musée de Tours) 2 

PI. 2. Petite fille tenant un chat. Pastel. 1745. (Galerie 

Nationale de Londres) 6 

PI. 3. Le nègre Mapondé. Pastel. 1745. (Château de 

Drottningholm, Suède) 10 

PI. 4. Portrait de jeune fem.we. Pastel. 1746. (A M. le 

vicomte Fernand de Bonneval) 14 

PI. 5. Gabriel Huquier. Pastel. 1747. (A M. André 

Lazard) 18 

PI. 6. Le comte de Bastard. Pastel. MAI. (A M. David 

Weill) 22 

PI. 7. La duchesse d'Ayen. Peinture. 1748. (A M. David 

Weill) 26 

PI. 8. Portrait d'homme. Pastel. 1748. (A M. Aicard) . . 30 

PI. 9. Portrait d'un bénédictin. Peinture. 1748. (A 

M. Chévrier) 34 

PI. 10. Portrait de femme. Pastel. 1748. (A. M. Armand 

Mame) 38 

PI. 11. Dame de Sorquainville. Peinture. 1749. (A 

M. David Weill) 42 

PI. 12. Maurice Quentin DE LA Tour. Pasfd. 1750. (Musée 

de Saint-Quentin) 46 

PI. 13. Aignan-Thomas Desfriches. M"'" Desfriches. Pas- 
tels. \15\. {kW" 'Raiomsùc Umzy) 50 

PI. 14. Lambert-Sigisbert Adam, l'aîné. Peinture. 1753. 

(Musée du Louvre) 54 

PI. 15. J.-B. OuDRY. Pt'm/ure. 1753. (Musée du Louvre) . . 58 

PI. 16. Hubert Drouais. Pastel. 1754. (A M. Daniel Hallé). 62 

PI. 17. Jacob de Kretschmar. Pastel. 1754. (A M. Van 

Kretschmar) 66 

PI. 18. L'ABBÉjouRNU.Pas/d. 1757. (AM. Demotte) . . . 70 

PI. 19. Portrait d'homme de la famille Journu. Pastel. 

1757? (Ancienne collection Demotte) 74 

PI. 20. Portrait de femme de la famille Journu. Pastel. 

1757? (Ancienne collection Demotte) 78 

17 



252 — 



En renard 



PI. 21. Portrait d'homme de la famille Journu. Pastel. 

1757? (Ancienne collection Demotte) .... 82 

Laurent Cars. Pastel. 1759. (Musée du Louvre) . . 86 

François Pinchinat et M" Pinchinat. Pastels. 

1760. (A M. le comte de Richebourg) 90 

Le bourgmestre Hasselaer. Pastel. Salon de 176.3. 

(A M. J.-O. Kronig) 94 

Areni van der Waëyen et m™' van der Waëyen. 

Pastels. 1763. (A M. le baron van Lynden de 

Nederhorst) 98 

Portrait d'homme. Peinture. 1765. (A M. René 

Benjamin) 102 

Portrait d'homme. Peinture. 1767. (A M. Julien 

Potin) 106 

BoNAVENTURE JouRNU. Peinture. 1767. (Ancienne 

collection Demotte) 110 

Frédéric Hausen de Liliendahl. Peinture. 1767? 

(Bibliothèque de l'Université de Copenhague) . . 114 
Abraham van Robais. Pastel. 1767. (Musée du 

Louvre) 118 

Willem Straalman et M'"' Straalman. Pastels. 1767 

ou 1768. (A la famille van Weede de Dijkveld) . . 122 
M"" Cornelia Straalman. Pastel. 1767 ou 1768. (A 

la famille van Weede de Dijkveld) 126 

M"" jouRNU MÈRE. Peinture. 1769. (Ancienne col- 
lection Demotte) 130 

Portrait présumé de M. Darcy. Peinture. 1769? 

(.'\ncienne collection Demotte) 134 

Portrait d'homme. Pastel. 1770. (A M. Georges 

Dormeuil) 138 

Le marquis et la marquise de Courcy. Pastels. 

1772. (A M"° la marquise de Courcy) 142 

M. Braun. Peinture. 1773. (A M. Knœdler) ... 146 
M""" Braun. Peinture. 1773. (A M. Knœdler) ... 150 

Albert Schuyt et M""' Schuyt. Pieintures. 1778. 

(A M. le jonkheer J. van Weede van Dijkveld) . . 154 
Théophile et Quirin de Cazenove. Pastel. 1780. 

(A M. Wildenstein) 158 

Portrait de femme endormie. Palstel. (A M""' la 

baronne G. de Ravignan) 162 

Portrait d'un gentilhomme. Peinture. (Musée du 

Louvre) 166 



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22. 


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23. 


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32. 


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33. 


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34. 


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35. 


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36, 


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37. 


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38 


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39 


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40. 


PI. 


41 


PI. 


42. 



253 — 



En regard 
page 



PI. 43. Portrait de femme. Peinture. (A M. Georges 

Dormeuil) 170 

PI. 44. Portrait de femme. Peinture. (Musée Jacquemart- 
André) 174 

Pi. 45. M"" MÉTAYER. Pastel. (Rijksmuseum d'Amsterdam). 
Julie-Emilie Boy de la Tour. Pastel. (A M. Boy 
de la Tour) 178 

Pi. 46. Louis Colas de Brouville Malmusse. Pastel. (A 

M. Colas des Francs) 182 

PI. 47. Portrait de femme. Pastel. (A M. Ferai) .... 186 

PI. 48. Portrait de femme. Pastel. (A M. Fera!) .... 194 



TABLE DES MATIERES. 



Avant-propos v 

Chapitre I : Les débuts. — Perronneau graveur, 1715-1742 . ... 1 

Chapitre II : Perronneau agréé à l'Académie royale de peinture et de 

sculpture, 1743-1749 10 

Chapitre III : Perronneau et La Tour. — Les morceaux de réception 
de Perronneau à l'Académie royale de peinture et de sculpture, 
1750-1753 31 

Chapitre IV : Mariage de Perronneau. — Ses envois aux Salons de 
Paris et au Salon de Toulouse. — Séjours à Lyon, à Bordeaux, à 
Abbeville, à Orléans. — Voyages en Hollande et en Italie. — 
Lettres à Desfriches, 1754-1780 58 

Chapitre V : Voyage en Russie et dernier séjour en Hollande. ■ — Mort 
de l'artiste. — Son caractère. — Les causes de son instabilité, 
.1781-1783 130 

Chapitre VI : Vicissitudes de la réputation de J.-B. Perronneau. — 

Sa technique 144 

Catalogue de l'œuvre gravé de J.-B. Perronneau 159 

Portraits de J.-B. Perronneau 165 

Expositions des œuvres de J.-B. Perronneau. — xviii" siècle. 

Salons du Louvre 166 

xviii" siècle. Expositions diverses 171 

xix" siècle 172 

xx° siècle 176 

Œuvres de J.-B. Perronneau (ou attribuées à Perronneau) 

passées dans les ventes publiques 181 

Catalogue chronologique de l'œuvre de J.-B. Perronneau . . . 209 

Catalogue des portraits non datés 231 

Œuvres attribuées à J.-B. Perronneau 241 

Catalogue des œuvres de J.-B. Perronneau (ou attribuées à Per- 
ronneau) qui se trouvent dans des musées ou des collections 

publiques 243 

Index alphabétique des portraits exécutés par J.-B. Perronneau. 246 

Table des illustrations 251 



ND 
55 
P4 
1923 



Vaillat, I^andre 
553 J,B, Perronneau 

P4.3V3 2. ^d., rev. et augm. 



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