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JOURNAL ASIATIQUE 



SEPTIÈME SÉRIE 
TOME XII 



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JOURNAL ASIATIQUE 

OD 

RECUEIL DE MÉMOIRES 

D'EXTRAITS ET DE NOTICES 

RELATIFS A L'HISTOIRE ,, A LA PHILOSOPHIE, AUX LANGUES 
ET A LA LITTÉRATURE DES PEUPLES ORIENTAUX 



PAR MM. BARBIER DE METNARD , 

CHRRBONNBAD, DBFRÉMBRT, J. DBRBNBOURG, DDGAT, DULAORIBR, PEBR , 

FODCAUl, GARGIN DE TA8ST, GCYARD, HALEVT, 

OPPBRT, REGNIER, RENAN, SANGDINETTI , E. SENART, ETC. 

ET PUBLIÉ PAR LA SOCIÉtÉ ASIATIQUE 



SEPTIÈME SÉRIE 
TOME XII 



PARIS 

IMPRIMÉ PAR AUTORISATION DE M. LE GARDE DES SCEAUX 

A L'IMPRIMERIE NATIONALE 

M Dccc Lxx^pnv; t^:/ vV 



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PROCÈS-VERBAL 

DE LA SÉANCE GÉNÉRALE DU 30 JUIN 1878. 



La séance est ouverte à une heure, par M. Garcin 
de Tassy, président. 

Le procès-verbal de la précédente séance générale 
est lu , la rédaction en est adoptée. 

Sont reçus membres de la Société : 

MM. Ferté , élève de TÉcole pratique des hautes 
études et de TÉcole des langues orien- 
tales vivantes, présenté par MM. Bar- 
bier de Meynard et Pavel de Courteille. 

Edouard Lorgeon , interprète du consulat 
de France à Bangkok, présenté par 
MM. Garcin de Tassy et Guyard. 

Félix Thessalus Boittier, membre de la 
Société allemande d'anthropologie , 46 , 
boulevard Central, à Bruxelles, pré- 
senté par les mêmes. 

M. Garcin de Tassy exprime le regret que son état 



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6 JUILLET 1878. 

de santé ne lui permette pas de présider habituelle- 
ment les séances de la Société, et donne ensuite la 
parole à M. Pavet de Courteille, qui présente le rap- 
port de la Commission des censeurs sur les comptes 
de lexercice 1677. L'assemblée, adoptant les con- 
clusions du rapport, vote des remercîments aux 
membres de la Commission des fonds. 

M. E. Renan, secrétaire, donne lecture du rap- 
port annuel. 

M. Clermont-Gannea», qui devait faire tme lec- 
ture, étant retenu chez lui par une indisposition, on 
procède immédiatement au dépouillement du scru- 
tin, qui donne les résultats suivants : 

Président : M. Garcin de Tassy. 

Vice -présidents : MM. Adolphe Regnieb, Bar- 
thélémy Saint-Hilaire. 

Secrétaire : M. Ernest Renan. 

Secrétaire adjoint et bibliothécaire : M. Barbier 
DE Meynard. 

Trésorier : M. de Longpérier. 

Commission des fonds : MM. Barbier de Meynard, 
Garrez, Specdt. 

Censeurs : MM. Pavet de Courteille , DefriJmery. 

Membres du Conseil : MM* Pavet de Coorteille, 
DoLAURiER, Oppert, Senart, Stanislas Guyard. De- 
frémery, Bréal. 



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l»R0CÈ$-VeB8AL. 7 

OUVRAGES OFFERTS X LA SOCll^Té. 

Par 1 auteur. Almanach mahrati pour Tannée 1 878- 
1879. 

— Des couleurs considérées comme symboles des 
points de Vhorizon chez les peuples du Nouveau Monde, 
par H. de Charencey. In-8°. 

— Avesta, livre sacré des sectateurs de Zoroastre, 
traduit du texte zend, par C. De Hariez. Tome H. 
In-8^ 

— Essai sur la symbolique planétaire chez les Sémites, 
par H. de Charencey. In-8". 

Parle rédacteur. Theindian Antitjuary (mai 1 878). 

— Revue africaine (mars-avril 1 878). 

Par la Société. Le Globe, journal géographique 
de Genève, tome XVII, 3* série, livraison 1. 1878. 

Par lauteur. De verbis ienommaims Ungaœ bactricœ, 
scripsît Eug. Wilhelm. 

Par le rédacteur. En-Nahlat (rAbeille.). N*^ des 
i5 mai, 1" et i5 juin 1878. 



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JUILLET 1878. 



TABLEAU 

DU CONSEIL D'ADMINISTRATION 

GOMFOAMBMENT AUX NOMIMATIONS FAITES DARS L'ASSEMBLEE GÊKEBALE 
DU 3o JUIN 1878. 



PRESIDENT. 

M. Garcin de Tassy. 

VICE- PRÉSIDENTS. 

MM. Ad. Régnier. 

Barthélémy Saint-Hilaire. 

SEGRÉTAIRB. 

M. Ernest Renan. 

SECRÉTAIRE ADJOINT ET RlfiLIOTEEGAIRE. 

M. Barbier de Meynard. 

TRÉSORIER. 
M. DE LONGPÉRIER. 

COMMISSION DES FONDS. 

MM. Barbier de Meynard. 
Garrez. 
Specht. 

CENSEURS. 

MM. Pavet de Courteille. 
Deprémery. 



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TABLEAU DU CONSEIL D ADMINISTRATION. 



MEMBRES DU CONSEIL. 



MM. PaVET de GOURTEIU.E. 

dulaurier. 

Oppert. 

E. Senart. 

Stanislas Guyard. 

Defr^mery. 

Br^al. 

J. Derenbourg. 

D'Hervey de Saint-Denys. 

De Khanikof. 

Glermont-Ganneau. 

De Vogué. 

ly Leclerc. 

Marcel Devic. 

RODET. 
ZOTENBERG. 

Kabbë Bargi^s. 

DUGAT. 
FOUCAUX. 

Sanguinetti. 
Charies Schefer. 
Feer. 
Langbreau. 



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10 JUILLET 1878. 



RAPPORT 

SUR 

LES TRAVAUX DU CONSEIL DE LA SOCIÉTÉ ASIATIQUE 

PENDANT L'ANNÉE 1877-1878. 

FAIT A LA SÉANCE ANNUELLE DR LA S0G115TÉ, 

LE 3o JDIN 1878, 

PAR M. ERNEST RENAN. 



Messieurs , 

Vous avez voulu, Tan dernier, me cop^r pour 
cinq ans encore les fonctions si honoraires de secré- 
taire de votre Société. Je me sens infinûsa^t flatté 
de ce choix, qui, grâce au dévouement éehiré de 
M. Barbier de Meynard et à lesprit de hoane con- 
fraternité qui règne parmi nous , ne m'impose qu un 
fardeau bien facile à porter. Le compta rendu annuel 
que je dois faire de vos travaux serait une tâche 
des plus délicates ou plutôt une tâche in^j^ossible, 
si tous vous ne m aidiez à laccompUr par les pré- 
cieux renseignements que vous me fournissez, et 
surtout par fesprit d'indulgence avec lequel vous 
voulez bien accueillir des jugements rapides, des 
référés improvisés sur Theure, et qui ne peuvent 



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RAPPORT ANNUEL. 11 

avoir d'autre mérite que celui de la sincérité. Pas une 
fais vous n*avez rédamé contre des appréciations 
que je cherche à rendre aussi impersonnelles que 
possible, mais qui, par la force des choses, impli- 
quent néanmoins une certaine manière de voir et de 
juger. La Société asiatique, uniquement attentive 
aux progrès de la science, c est-à-dire à iaugmenta- 
tion du trésor des faits constatés, na aucune opinion 
ni politique, ni littéraire, ni religieuse, ni même 
philosophique (si 1 on entend par philosophie quelque 
chose de dogmatique et d'arrêté). Tout membre de 
la Société, en même temps qu'il garde lentière li- 
berté de ses opinions, a le droit que, dans le compte 
rendu qui vous est présenté, la balance ne penche 
pas un moment en faveur de doctrines diflérentes 
des siennes. J'essaye de réaliser cette impartiahté; 
mais cek me serait tout à fait impossible sans la lar- 
geur d'esprit que vous apportez ici, sans cette tolé- 
rance réciproque que nous demandons et accordons 
tour à tour, et qui nous permet de ne rien sacrifier 
daifâ les questions de vérité, justement parce que, 
dans les questions de personnes, nous ne nous dépar- 
tons jamais d'une mutuelle déférence et d'une res- 
pectu^ise confraternité. 

Une critique comme celle qui est de mise en ce 
jour serait fade, si toute appréciation lui était in- 
terdite. Elle serait, d'un autre côté, déplacée, si elle 
paraissait une distribution d'éloge ou de blâme et 
impliquait des jugements personmels. Tout travail 
sérieux, «ntrepris de bonne foi et dans une intention 



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12 JUILLET 1878. 

désintéressée, est un service rendu et mérite detre 
accueilli avec égard. On ne nie pas qu'il y ait des 
travaux superficiels, absurdes même, qui, loin de 
servir la science, la desservent, en troublant les esprits. 
Mais l'omission, en pareil cas, nous parait le meilleur 
parti. Non que nous blâmions ceux qui, plus mili- 
tants, s'envisagent comme chargés d'une sorte de 
rôle de gendarmerie littéraire et scientifique, et se 
croient obligés de signaler les publications tout à 
fait défectueuses. Tel ne saurait être, en tout cas, le 
devoir d'une société scientifique ni de ceux qui la 
représentent. Montrer le progrès de la science, 
dresser le bilan exact de ce qui a été gagné dans 
l'année, sans tenir grand compte des pertes, des 
efforts en sens contraires , qui ne seront pas écrits au 
livre de vie de la science future, voilà le devoir de 
votre secrétaire. Vous l'aiderez. Messieurs, à le rem- 
plir. Vos travaux, toujours inspirés par la plus saine 
méthode, seront la matière excellente qui alimentera 
ces rapports , en fera la vie et la valeur. 

Vous avez enfin tranché, Messieiu^s, la difficile 
question de votre local. Pom* la première fois depuis 
des années , vous habitez im appartement loué par 
vous et ne servant qu'à vous seuls. Il n'y aiu^ait peut- 
être qu'à s'en réjouir, si les expériences que vous 
avez traversées ne vous avaient laissé quelques fâ- 
cheux souvenirs. Il est clair que l'importance de vos 
études et la diligence que vous y portez ne sont pas 
suffisamment comprises de tous ceux qui devraient 
les comprendre. Uniquement voués aux travaux de 



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RAPPORT ANNUEL. 13 

première main, vous ne faites aucun sacrifice à la 
frivolité du public. Vous ne recherchez pas la publi- 
cité que donnent les journaux incompétents. Tout 
en déMrant que vos études soient goûtées et appré- 
ciées du plus grand nombre possible de personnes 
éclairées, vous ne cherchez pas à élargir ce cercle. 
Vous avez mille fois raison ; mais vous portez les 
conséquences d avoir raison. Moins réservés, vous 
auriez peut-être mieux réussi. Si Ton avait cru, en 
favorisant votre juste désir detre logés par TÉtat, 
plaire à une clientèle bruyante, cultivant la réclame 
et soucieuse de popularité, on eût peut-être tenu 
davantage à vous satisfaire. Il y a plus d'un exemple 
qui montrerait au besoin qu'une société n est pas 
toujours traitée en proportion de sa modestie (vertu 
bien rarement récompensée) et de ses solides services» 
Mais n importe; vous ne changerez pas. Votre but 
est la recherche de la vérité; vous ne préférerez pas 
à ce but noble et philosophique les succès que don- 
nent fintrigue et l'esprit de coterie. Vous durerez; 
votre œuvre sera estimée quand les frivoles succès 
qu'on obtient en flattant les gens du monde seront 
oubliés. Un des plus graves dangers de notre temps 
est la perte de tout criteriam scientifique. L'autorité 
que donnent les études spéciales longtemps prolon- 
gées est de moins en moins comprise. Vous pro- 
testez contre ce défaut, Messieurs, par votre seule 
existence , par le seul fait de maintenir votre ancien 
esprit. Vous avez la seule récompense qui vaille la 
peine d'être poursuivie , celle que les sages antiques 



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14 JUILLET 1878. 

résumaient en ces termes : « Bien faire et être estimé 

des Grecs. » 

Ce que nous venons de dire de notre Société, 
nous pouvons le dire de nos recherches, dans un sens 
général. De grands sacrifices ont été faits par TÉtat, 
depuis des années, pour le progrès de toutes le:& 
branches d'études. Nous y applaudissons hautement; 
mais peut-on dire que nos études orientales aient eu 
dans ces encouragements la part proportionnelle qui 
leur est due? Les études grecques et latines ont pour 
séminaires l'École normale , TEcole d'Athènes , TÉcole 
de Ronfle ; ettes ont pour d^Muché douze ou quinze 
facultés ou plutôt 1 université tout entière. Les études 
du moyen âge sont, comme elles doivent l'être, tar* 
gement représentées et récompensées. Qu a-t-on fait 
pour nos études , Messieurs? Quel avenir a-t-on ouvert 
à une jeunesse qui ne demande qu'à travailler pour 
l'honneur du pays? Presque rien, il faut le dire. 
Serait-ce trop de demander qu'il y eût pour les 
études orientales des bourses d'étude et de voyage, 
quelque chose d'analogue aux écoles d'Athènes et de 
Rome? Ne serait-il pas juste surtout qu'il y eût dans 
les facultés des lettres de province trois ou quatre 
chaires au moins consacrées aux langues et aux litté- 
ratures orientales. Paris a le Collège de France, 
l'École des langues orientales vivantes, l'École des 
hautes études. Mais la province? Est-il admissible 
que, d'un bout à l'autre de la France, Paris et, dans 
une limite très*restreinte , Marseille exceptés, il n'y 
ait pas un seul moyen d'acquérir une notion quel- 



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RAPPORT ANNJUÊL. 15 

conque'dans un ordre de connaissances si important? 
Faut-il s étonner après cela de cette ignorance qui se 
révèle si naïvement quand elle trouve quelque occasion 
de s'exprimer ? ^k)us ne voulons rien exagérer. Nous 
ne rêvons pas pour les études orientales un rôle clas- 
sique. Les littératures grecque et latine resteront 
toujours en* possession de faire Téducation de la jeu- 
nesse, en ce qui concerne le goût et le style. Le 
moyen âge aura toujours pour nous, qui en sortons, 
un intétêt majeur. Mais, au point de vue de l'his- 
torien de l'esprit humain, f Orient a peut-être un 
intérêt supérieur encore. H renferme l'origine de 
toutes choses. Ayant été beaucoup moins cultivé 
scientifiqàiement que l'antiquité classique et le moyen 
âge, il réserve au travailleur bien plus de décou- 
vertes. Mais, pour comprendre cela, il faut une vue 
étendue des recherches historiques , im esprit phi- 
losophique , capable de s'élever au-dessus de ce qui 
amène des résultats tangibles et immédiats. Il fau- 
drait surtout la volonté, qui ne se repose pas dans 
de vâfgues promesses, mais qui résolument se met 
À l'œuvre. Vous savez attendre. Messieurs, et c'est 
ainsi que vous finirez par avoir raison. Si vous ne 
faîtes auômie concession au public, le public vien- 
dra â vôcis* Le nombre toujours croissant de voà 
a<&iérents prouve votre force et vous est un gage de 
l'avenir^ 

M. Honoré Chervée, que la mort a enlevé cette 
année , à l'âge de soixilnte-deux ans , aux études de 
philologie cottçarée, n'appartfnait pas à votre Sa- 



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16 JUILLET 1878. 

ciété; mais ce nen était pas moins un ardent et 
vaillant travailleur, dont nous reconnaissions tous le 
zèle et lactivité. C^était peut-être moins un philologue 
qu'un apôtre de la philologie. La science, comme il 
la comprenait, n était pas un con^omérat, résultant 
des acquisitions faites chaque jour; c était un dogme , 
qu'il fallait adopter tout entier au nom de ce qu'il 
appelait « la méthode intégrale. » Et ce dogme avait 
des conséquences pratiques. Nous nous complaisons 
tous dans la pensée d'un idiome aryen primitif, qui 
serait aux idiomes particuliers de la famille indo- 
européenne ce que le latin est aux langues romanes. 
Mais c'est là pour nous une hypothèse toute spécula- 
tive. Chavée voulait que Yaryaque fût un jour une 
vérité et qu'il redevînt la loi de la pensée. Les mots, 
impliquant deux choses, l'idée et la syllabe, vivent 
deux vies à la fois , la vie de la syllabe et la vie du sens. 
La vraie méthode, selon Chavée, est celle qui étudie 
simultanément les lois de la phonologie et celles de 
l'idéologie. Msdgré certaines exagérations, Chavée a 
rendu de vrais services ; c'était un infatigable prédi- 
cateur ; il avait la foi qui se communique et s'impose à 
autrui. Sa mémoire était extraordinaire, et l'étendue 
de ses connaissances très-remarquable. Il aimait l'en- 
seignement, et évidemment il enseignait bien; car il a 
formé des élèves qui lui ont été fort attachés et qui 
tous se distinguent par l'amour de la philologie com- 
parée et par un esprit philosophique distingué. La 
conséquence de la méthode intégrale de Chavée fut 
qu'on ne remarque pas dans ses ouvrages un sensible 



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RAPPORT ANNUEL. 17 

progrès. Sa Lexiologie indo-européenne , parue en 1 8 48, 
dlfiere peu de son Idéologie lexiologique des langues 
européennes y que la piété de sa veuve a publiée après 
sa mort^. Comme tous les autodidactes, il tourna 
beaucoup sur lui-même. Il inventa , pour son compte, 
la philologie comparée , quand M. Bopp lavait déjà 
inventée. Pour les esprits de ce genre, la valeur des 
résultats obtenus n est pas toujours en proportion 
avec Toriginalité d'esprit qu'ils y dépensent ni avec 
la persévérance qu'ils mettent à les affirmer. 

L'effort d'un esprit chaque jour attentif à s'amé- 
liorer et à s'étendre est, au contraire, ce qui fait le 
prix des travaux de notre confrère M. Bréal. Ces 
essais élaborés avec le soin le plus minutieux jusqu'à 
la dernière syllabe, M. Bréal les revoit sans cesse, 
et l'excellent volume ou il vient de les réunir^ a 
tout le prix d'un travail nouveau. On n'a jamais 
mieux montré que la même méthode peut s'appli- 
quer à la religion et au langage, que la mythologie 
et la linguistique sont deux sciences tout à fait sœurs. 
Comme le regretté Chavée, M. Bréal se préoccupe 
de renseignement pratique des langues; mais il 
y met beaucoup plus de réserve; il sait mieux 
que personne que la science et la pédagogie sont 
choses diverses, quoique se prêtant un mutuel se- 
cours. Un nouveau mémoire sur le nombre des cas 

^ Idéologie lexiologiqne des langues européennes, Paris, Maison- 
neuve, xvi-68 pages in-8°. 

* Mélanges de mythologie et de linguistique. Paris , Hachette , viii- 
h 1 6 pages in-8*. 



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18 JUILLET 1878. 

dans la primitive grammaire indo - européenne ^ 
prouve que cette louable activité trouvera long- 
temps des choses nouvelles à tirer du sol le plus 
profondément remué. 

MM. Hovelacque et Vinson^, M. André Lefèvre^ 
ont également recueilli en volume des études di- 
verses, que les bons esprits aimeront à relire. La So- 
ciété de linguistique de Paris, de son côté, tient tou- 
jours école d'excellente philologie *. 

M. Paul Renaud continue ses études sur la phi- 
losophie vedanta^ avec la plus louable assiduité. La 
subtilité de cette singulière théologie n*est pas une 
raison pour ne pas y appliquer la plus exacte analyse. 
Notre siècle doit à tous de porter dans ces vieilles 
pensées obscures un jet de puissante lumière élec- 
trique, avant quelles ne meurent. Disons-en autant 
des littératures. On ne cherche plus guère dans la 
littérature sanscrite , comme on faisait il y a cin- 
quante ans, des morceaux d'une valeur absolue. Et 
pourtant personne ne lira sans charme Télégante 
traduction que M. Foucaux a donnée de Malavika et 



^ Mémoires de la Société de linguistique de Paris, t. III, 4* fascic. 
p. 33 2-3a4 (Vieweg, 1877). 

. ' Études de Ungaistùjue et d^ ethnographie. Paris, Reinwald, yiii- 
376 pages m-12. 

' Etudes de linguistique et de philologie, Leroux, 1877, ^^^ pages 
iQ-12; Religion et mythologie comparées, Leroux, 1877, 33o pages 
in-i2. 

* Bulletin de la Soc. de ling. de Paris, n" 18 (mars 1878). 

* Revue philosophique (Parin, Baillière), décembre 1877, février 
et mai 1878. 



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RAPPORT ANNUEL. 19 

Agnimitra^. Wilson eut bien tort de présenter ce 
drame comme inférieur à Sakountala et à Urvaci; il 
méritait la même réputation , et il semble bien, quoi 
qu'on en ait dit, appartenir également à Kaiidasa. 
Personne mieux que M. Foucaux ne sait rendre ces 
tableaux de mœurs hindoues, excepté peut-être 
M"* Mary Summer, qui, dans un volmne aussi élé* 
gant d'exécution typographique que de composition 
et de style ^, nous a raconté avec talent, par des pro- 
cédés qui tiennent le milieu entre la traduction et 
la composition libre, quelques-uns des plus char- 
mants récits du peuple xîonteur par excellence. Le 
style hindou allégé par la main habile de M"^ Mary 
Summer n!a plus que de l'aisance , et la traduction 
ainsi arrangée se trouve en définitive plus fidèle que 
celle qui, en étant littérale, laisse une impression de 
gaudierie et de pesanteur. 

Les savants articles de critique sanscrite de 
M. Barth^, de M. Feer\ de M. Bergaigne^ sont 
des travaux originaux, par les thèses de doctrine 

^ Malaeika et Agnimitra, drame sanscrit traduit par M. Ph.-Éd. 
Foucaux. BibJ. elzévirienne. Leroux, xii- 1 1 8 pages. 

* Contes et légendes de l'Inde ancienne, par Mary Summer, avec 
une introduction par Pb.-Éd. Foucaux. Paris, Leroux, x-i53 pages 
in- 1 2 , BibL elzév. 

^ Revue critique, 2 1 juillet (Paris, Leroux), 1 1 août, i5 septem- 
bre, 2 2 septembre. 1877; i^juin, 8 juin, 29 juin 1878. 

* Revue critique, là. }m\\et, 

* Revue critique, 8 sept. Un professeur de faculté, M. Philibert 
Soupe, a donné une sorte d'histoire de la littérature sanscrite, qui 
n a sûrement la prétention de rien apprendre aux indianistes , mais 
qui résume bien des études fort suivies. Études sur la littérature 
sanscrite. Paris, Maisonneuve. 365 pages grand in-S". 



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20 JUILLET 1878. 

que les auteurs y ont insérées. Notre vénérable prési- 
dent, d*un autre côté, ne se fatigue pas de nous 
instruire. Grâce à lui, nous assistons à tout le mou- 
vement littéraire et religieux de Tlnde contempo- 
raine comme le mieux informé des Anglais de Cal- 
cutta ^ Je ne connais rien de plus vivant que ce ta- 
bleau; car les analyses de M. Garcin de Tassy sont 
faites avec infiniment de naturel et de sincérité. 

Nos études iraniennes, qui languissaient, se 
sont merveilleusement ranimées depuis l'impulsion 
qu elles reçurent il y a quelques années de M.Bréal^. 
M. James Darmesteter ne se repose pas après les 
grands et beaux travaux qu il nous a récemment 
donnés. Sur une foule de points de détail^, il a pro- 
posé des conjectures, des combinaisons nouvelles, 
marquées au coin de la plus rare sagacité. M. Hove- 
lacque a publié le commencement d un grand travail 
d ensemble sur ÏAvesta'^. G est une savante préface, 
où lauteur pose parfaiteinent la question, montre 
les différents systèmes, en présence et les juge avec 

^ .La langue et la littérature hindoustanies en 1877, Paris, Maison- 
neuve, io4 pages in-8". Comp. Comptes rendus de tAcad, des inscr, 
et belles-lettres , 1878, p. 55-56. 

* Mélanges de myth. et de ling,, p. 187 et suiv.; Bévue critique, 
27 oct. 1877. 

^ Mém. de la Soc. de ling. de Paris, t. TII. fascîc. 1 , p. 3o3-33 1 ; 
Revue critique, 18 août, 1 5 sept. 1877. 

* Hovelacque, Zoroastre et le mazdéisme; 1" partie, introduc- 
tion : découverte et interprétation de VAvesta, Paris . Maisonneuve , 
1878, in-8°, v-i45 pages. Le même : Les médecins et la médecine 
dans l'Avesta , 2 1 pages in-8**. 



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RAPPORT ANNUEL. 21 

une* rare impartialité. M. le chanoine de Harlez écrit 
dans vôtre journal et semble vouloir se rattacher à 
notre mouvement; nous l'envisagerons donc comme 
un confrèje. Ceux mêmes qui font des réserves sur 
certaines assertions de ce savant iraniste recon- 
naissent que sa traduction de YAvesta ^ est une œuvre 
vraiment scientifique, complétant celle de Spiegel, 
la rectifiant parfois. M. de Harlez a donné, dans votre 
journal, l'explication et en quelque sorte l'apologie 
de sa méthode. Dans ces articles judicieux ^ il 
s'élève , avec raison , ce semble , contre l'abus du sans- 
crit et des comparaisons védiques dans finterpréta- 
Xion dn Zend'Avesta. M. de Harlez pense avec M. Spie- 
gel qu'une réforme religieuse accomplie à une époque 
historique a modifié éhez les Iraniens le naturalisme 
antique et donné aux mots des sens moraux analogues 
à ceux de la religion juive de l'époque prophétique, 
n est certain que ces distinctions de plans sont sou« 
vent nécessaires en critique. Dans la plus haute, an- 
tiquité sémitique, la fête dnpaskh fut très-probable- 
ment la fête du printemps. On se tromperait fort 
cependant si l'on conclmait de là que les juifs et les 
chrétiens attachent de nos jours à cette fête une si- 

^ Avesia, livre sacré des sectatenrs de Zaroastre, traduit du texte 
par C. de HaHez. T. I, viii-292 pages ;^ .t. II, 260 pages; t. III, 
i4o pages. Paris, Maisonneuve; Liège ^ Grandmont-Donders. Voy. 
les articles de M. Barthélémy Saint-Hikûre, Jonrn. des 5ar., janvier, 
février, mars, avril, juin 1878. 

* Février-mars et avril-mai-juin 1877, février-mars 1878. Comp. 
- avril-mai-juin 1877, p. 5o8-5io» août-septembre 1877, P* ^^^' 
289. Tirage à part, Études avestiques, 72 pges. 



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22 JUILLET 1878. 

gnification naturelle. M. de Haïriez cherche aussi à 
établir que TAvesta ne fut pas la religion de lepoque 
achéménide. Il a encore probablement raison sur ce 
point. Il est difficile que cette religion étroite, aux 
prescriptions minutieuses , aux innombrables en- 
traves, qui lient le masdéen à toutes les heures du 
jorn* et de la nuit et lui rendent la vie de rdation 
presque impossible , il est difficile , dis-je, qu'une telle 
religion ait été le culte officiel d*un grand peuple. 
VAvesta est un code plus restreint encore que la 
Thora juive; il touche parfois aux scrupules du TaU 
mud. De telles utopies piétistes ne sauraient guère 
être considérées comme des codes nationaux ayant 
fonctionné officiellement. Qui nous dira enfin THis- 
toire vraie, siècle par siècle, de la religion de Tlran? 
Tant que ce problème ne sera pas résolu, il y am« 
une lacune énorme dans Thistoire religieuse de l'Asie 
et du monde. Il est clair, en effet, qu'il y eut entre 
le développement iranien et le dévelo{^ment juif 
et chrétien un croisement d'importance majeure. 
Dans quelles conditions se fit ce croisement? Dans 
quel ordre le messianisme parsi et le messianisme 
juif dérivent-ils l'un de l'autre? Nous attendrons peut- 
être longtemps encore avant de le savoir. 

M. Rodet a recueilli avec soin les textes iraniens 
relatifs à Tour et Touran, et bien groupé tout ce 
qui concerne les mythes étymologiques relatiis à 
ces deux mots ^ 

^ Le Touran et Us Touraniais, selon la tradition persane. Paris,* 
Leroux, 1877, ah pages in-8". 



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RAPPORT ANNUEL. 23 

La belle publication restée inachevée par la mort 
de M. Mohl est enfin terinfnée, grâce aux soins de 
M. Barbier de Meynard, Le dernier volume duSchah" 
Nameh, avec les index indispensables, a paru, et 
ToBuvre à laquelle notre illustre ami avait consacré 
sa vie ne restera pas, comme tant d autres, inache- 
vée. Avec un zèle digne des plus grands éloges, 
M"* Mohl a fait suivre sans aucun retard la réimpres- 
sion en petit formata Mohl voulait donner, comme 
suite à son ouvrage, une histoire de toutes les épo- 
pées persanes, une analyse des principaux de ces - 
poèmes. Belle tàdie qui devrait tenter ceux d'entre- 
nous qui ont feit de cette belle et curieuse littéra- 
ture persane la province de leur choix ! 

Les personnes qui ont du goût pour fhistoire lit- 
téraii^e envisagée d'une manière philosophique at- 
tachent beaucoup d'importance a ces drames per- 
sans, ayant pour éternel sujet le massacre des Âlides, 
que chaque année Ton voit éclore en Perse de nos 
jours. C'est à M. Alexandre Chodzko et à M. de Go- 
bineau que nous devons la connaissance de ces bi- 
zarres compositions, nées dans des conditions tout à 
Éaût semblables à celles où apparurent nos mystères 
du moyen âge. M. de Gobineau en a décrit parfaite- 
ment le caractère. Aujourd'hui M. Chodzko vient de 
nous donner la traduction de cinq de ces morceaux ^^ 

^ Le livre des Bois par Aboulkasiin Firdonsi, traduit et connnenté 
par Jules Mohl. Petite édition publiée par M""* Mohl , Paris , Impri- 
merie nationale, tome VI, vni-568 pages; t. VII, xv-A5i pages. 

2 Théâtre persan, choix de téaziés ou draines, traduits pour la pre- 



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24 JUILLET 1878. 

Le style de ces drames en plein air a trop souvent 
la mollesse et la prolixité auxquelles n'échappe, de- 
puis des siècles, presque aucune œuvre de l'Orient. 
La langue na rien de précieux, rien qui dépasse les 
ressources bansdes d une exubérante facilité. Ce qui 
étonne, c'est la variété d'invention qui éclate dans 
ces œuvres singulières. Nulle part ne se voient mieux 
les lois intimes qui président aux différents dévelop- 
pements littéraires. La Perse a toujours eu l'épopée, 
et voilà qu'elle commence à posséder le drame. IjSl 
kasida arabe, sans récit ni mise en scène, est comme 
une longue arabesque, artistement travaillée; elle 
manque de fantaisie ; elle est froide, étrangère à toute 
émotion. Ici, au contraire, le romantisme déborde. 
Shakespeare reconnaîtrait sa race è ce quelque chose 
de profond, de saisissant, d'excessif. Les person- 
nages sont arabes ; mais le sentiment est d'un tout 
autre monde. Le grand défaut du Mahomet histo- 
rique est d'être aussi peu touchant que possible. 
Le Mahomet légendaire des chiites est mélanco- 
lique et pleureur. Les pressentiments qui remplissent 
les derniers jours de Mahomet, les visions qui em- 
poisonnent la fin de sa vie, en lui révélant que les 
Arabes tueront tous les saints de sa famille, sont très- 
bien nuancés. Touchante surtout est la pièce intitulée 
le Jardin de Fatima, destinée à montrer la brutalité 
d'Omar. Mais la plus frappante de toutes les pièces 
publiées par M. Chodzko est sûrement celle qui est 

mière fois du persan par A. Chodzko. Paris, Leroux, 1878, xxxvi- 
220 pages, Bibl. elzévirieiine. 



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RAPPORT ANNUEL. 25 

intitulée le Monastère des moines européens. Le prin- 
cipal personnage est la tête de Timam Hossein. Dé- 
posée pour une nuit dans un couvent chrétien, la 
tête récite des versets du Coran; tous les person- 
nages célèbres de TAncien et du Nouveau Testament 
viennent lui porter leurs compliments de condo- 
léances; Jésus, en particulier, vient saluer son con- 
frère dans le martyre et attester sa sainteté. Ainsi 
le génie mystique de la Perse a réussi à donner à 
rislamiisme ce qui lui manquait, Tidéal tendre et 
souffrant, la Passion. 

Larchéologie et Tépigraphie sémitiques conti- 
nuent d être l'objet de prédilection des études d'une 
jeune école pleine d'ardeur, d'esprit sagace, et à la- 
quelle on peut annoncer le plus bel avenir. Le zèle 
avec lequel la Syrie a été exploirée depuis trente ans 
a porté ses fruits ^ L archéologie syrienne sera bientôt 
une science organisée, ayant ses règles et ses lois. 
L'épigraphie sémitique fait de rapides progrès. Nous 
aurions bien aimé à vous annoncer dès cette année 
la publication du premier fascicule du Corpus inscrip- 
iionum semiticarum. A notre grand regret, cela n'a 
pas été possible. Nous espérons fermement que, 
Tannée prochaine , nous vous présenterons le com- 

' Voir, pour ft*en former une idée, THistoire , tardivement publiée, 
de i* Académie de» inscriptions et belles-lettres , depuis 1 86 1 , dans 
les Mém, de l'Acad, des inscr. et belles-lettres, t. XXV, XX Vil et XXÏX , 
premières parties. Ces trois demi-volumes ont paru en 1877. Ils sont 
pleins de détails intéressants pour TOrient. 



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20 JUILLET 1878. 

menceinent de ce grand ouvrage, qui , en rapprochant 
des textes épars jusqu'ici , ouvrira sûrement la voie 
à des idées nouvelles et à des combinaisons aux- 
quelles on n avait pas encore songé. 

Beaucoup de textes nouveaux ont été recueillis et 
ont vu le jour. Le cabinet des antiques a acquis des 
fragments de patères de bronze, venant de Chypre, 
mais qui, d après des indices bien concordants, 
semblent provenir réellement de la côte de Phénî- 
cie^ Ces textes paraissent de la plus haute antiquité; 
le caractère se rapproche beaucoup de cdui de Tin- 
scription de Mescha. Le dieu auquel les patères 
furent consacrées était Baal-Lihan, 

Les fouilles de Délos dirigées par M. Homolle, 
membre de TEcole d* Athènes, ont amené la décou- 
verte dune inscription bilingue, dont la partie phéni- 
cienne est malheureusement tout à fait mutilée^. On 
ne peut assez le regretter; car certainement le texte sé- 
mitique eût porté sur un ordre d'idées et de formides 
peu ordinaire en épigraphie, et il est probable que 
le protocole royal qu'il contenait eût offert des 
moyens pour fixer la chronologie de la petite dy- 
nastie à laquelle appartenait Eschmounazar. Cet 
exemple prouve du moins combien d'espérances sont 
permises et combien de questioifê aujourd'hui dou- 
teuses seront un jour tranchées par des textes. 

M. Halévy a repris l'étude de l'inscription de By- 
blos, d'après le tracé de M. Euting, et a gagné cer- 

* Journal des Savants, août 1877. 

- Académie des inscriptions et belles-lettres, i5 mars 1878. 



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RAPPORT ANNUEL. 27 

tâines parties des dernières lignes qui avaient échappé 
aux eflforts des premiers interprètes^ de ce monu- 
ment. Il a fait quelques observations sur l'inscrip- 
tion de Carpentras^ et expliqué un de ces disques 
judéo-babyloniens (couvercles de jarres à blé ou à 
huile?) où les idées talmudiques s associent bizarre- 
ment aux folies de la magie et des talismans^. 

M. Reboud nous a donné d utiles renseignements 
sur Importante collection d'inscriptions puniques 
recueillie par feu M. Lazare Costa , et a publié le fac- 
similé de plusiem^ d'entre elles*. Cette belle collec- 
tion a été acquise par le musée de Constantine. Le 
déchifiFrement complet de ces textes fournira de pré- 
cieuses données sur l'histoire de la Numidie et sur 
Tinfluence carthaginoise en ces pays de l'intérieur. 
Le Recueil de la. Société de Constantine^ contient un 
autre texte ^gulier, une inscription gravée sur un 
tumulus, et qui ressemble aux inscriptions du Safa. 
Avis à^ qui de droit. 

M. Philippe Berger s'attache aux monuments de 
l'Afrique, et en tire de très-intéressants résultats. La 
précieuse collection de cippes à Tanit, qui est dépo- 
sée à la Bibliothèque nationale, lui a fourni des 
données précieuses pour l'archéologie carthaginoise, 

* Académie des inscr., 12 et 17 avrii, 3 mai 1878. 
^ Zeitschrift der d, m. G., 1878, p. 206-207. 

^ Comptes rendus de ÏAcad,, 1877, p. 288 et suiv. 

* Dans le Recueil des notices et mémoires de la Société archéologique 
de Constanline , 1876-1877, p. 434-463 et 10 planches; tirage à part 
in-4°, 24 pages, Arnolet, Constantine. 

* Planche XII, p. 328. 



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28 JUILLET 1878. 

jusqu'ici bien mal connue ^ Les cippes en question, 
au-dessus de Tinscription votive, contiennent fré- 
quemment des représetitations figurées. Ces représen- 
tations sont parfois très-singulières , burlesques même. 
On ne vit jamais symbolisme religieux plus grossiè- 
rement naïf, moins préoccupé d'idéal, exprimé 
d un trait plus réaliste et plus sûr. Les représenta- 
tions d'animaux en particulier offrent un grand in- 
térêt pour l'histoire naturelle et poiu* l'histoire de 
l'art du dessin. Le culte, la vie privée, l'industrie 
carthaginoises reçoivent de ces petits monuments, 
trop longtemps dédaignés, les plus utiles éclaircisse- 
ments. Ce qu'il y a de particulier, c'est que ces stèles 
proviennent toutes d'un seul temple de Carthage, 
le temple de Tanit pené-Baal, ou uFace de Baal». 
M. Berger a étudié cette dénomination, ime des 
plus obscures de la théologie phénicienne, et a bien 
montré qu'il faut continuer à y chercher un sens 
mythologique, et non un sens géographique, comme 
on l'avait proposée 

M. Clermont-Ganneau vous a donné de nouvelles 
preuves de sa sagacité en fait d'interprétations archéo.- 
logiques. Quoi de plus ingénieux que cette explica- 
tion de la patère de Palestrine', où les Scènes en ap- 
parence les plus incohérentes sont ramenées à tout 
ce qu'il y a de plus simple , au moyen d'un principe 

^ Les ex-voto du temple de Tanit à CarAage, Extrait de la Gatette 
(unhéologique. Paris, Maisoniieuve, 5i pages in-4°. 
* Journal asiatique, février-mai^ *^77* 
' Joumcd asiatique , ^éyiier-mass 1878. 



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RAPPORT ANNUEL. 29 

susceptible de nombreuses applications, la juxtapo- 
sition iconographique de scènes successives, ainsi 
qu on Tobserve dans les peintures du moyen âge , au 
Gampo-Santo de Pise, par exemple? Une foule de 
descriptions de coupes et de boucliers dans Homère , 
Hésiode, Théocrite, qui semblent d abord impos- 
sibles, deviennent de la sorte faciles à concevoir. 
M. Glermont-Ganneau n'exagère pas en considérant 
ces patères et les autres monuments du même genre 
déjà connus comme ayant exercé une influence dé- 
cisive sur la formation de certains mythes grecs, 
surtout du mythe d'Héraclès. L'étude comparative 
qu'il en fera constituera sûrement un travail de pre- 
mière importance, et sera l'un des ornements de 
votre journal. 

Vous avez tous lu également, avec l'intérêt qu'il 
mérite , ce mémoire sur le dieu Satrape , où notre sa- 
vant et ingénieux confrère a groupé, autour d'une 
appeUation divine révélée par une inscription du 
Liban, des textes décisifs et des rapprochements pour 
la plupart très-plausibles ^ M. Ganneau sait mieux 
que personne distinguer les certitudes des conjec- 
tures; il ne tient pas pour indissolubles les légères 
associations d'idées qu'il sait créer avec un rare 
bonheur. Mais ce qui fait que ces séries de conjec- 
tures ont leur prix, même quand elles ne constituent 
pas une démonstration, c'est qu'elles sont toujours 
organiques, toujours inspirées par un vrai sentiment 

^ Journal asiatique, août-septembre 1877. 



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aO JUILLET 1878. 

des lois qui ont présidé aux croyances antiques et à 
leurs transformations. M. de Longpérier \ M. Fran- 
çois Lenormant^ ont élucidé plusieurs points de dé- 
tail. Le dernier a proposé sur larchitecture phéni- 
cienne des vues ingénieuses^. M. Colonna Ceccaldi 
a repris la question de Sarba, dans le Kesrouan, et 
est arrivé au même résultat que ceux qui lavaient 
déjà identifié avec Palapbyblos^. 

Que la côte méditerranéenne de la France ait 
eu des comptoirs et des colonies phéniciennes, telles 
que Monaco, Port- Vendres , cest cequon a démon- 
tré depuis longtemps. Mais peut-être, en ces der- 
niers temps, a4- on exagéré cette thèse, en tirant 
des conséquences forcées de Tinscription phéni- 
cienne de Marseille et en se contentant trop facile- 
ment de certaines étymologies. On se convaincra 
nn jour que Tinscription de Marseille ne prouve rien 
pour l'existence dune période phénicienne dans 
rhistoire de la ville jdiocéenne. Cette inscription 
a été gravée à Carthage, sur pierre d'Afrique; elle 
mentionne un temple et des suffètes carthaginois. 
Il faut néanmoins savoir gré à M. l'abbé Barges ^ et à 
M. Desjardins ^ des nombreux renseignements qu'ils 

^ Journal des Savants , sept. 1877. 

* Gazette archéologique, i3* année, p. 1 85- 188. 

^ Revue de l'architectare de M. César Daly, 1877, col. 99 et suiv., 
1 93 et suiv. et planches. 

* Bévue archéologique t ^iny. 1878. 

^ Rech. archéol. sur Us colonies phéniciennes établies sur le littoral de 
la CeltO'Ligurie , Paris, Leroux, 160 pages in-8'. 

* Comptes rendus de lAcad. des inscr., 1877, P* 79 ^' suiv. 



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RAPPORT ANNUEL. 31 

ont recueillis et qui, s'ils ne sont pas tous d'égale va- 
leur, ont du moins l'avantage de fournir aux criti* 
ques les éléments du débat. 

L'an dernier, en vous annonçant la publication 
des inscriptions du Safa, par M. de Vogiié, j'osais 
-ajourner à un an notre jeune et vaillante école d'é- 
pigraphistes. «Dans un an, j'en suis sûr, disais-je, 
je vous annoncerai que- le problème est résolu à la 
satisfaction de tous. » Grâce à M. Halévy, cette pro- 
phétie s'est accomplie. Oui, la clef de ces singuliers 
graffiti du désert basaltique situé à l'est du Hauran 
est trouvée d'une façon qui ne laissera plus de place 
que pour des rectifications de détail ^. Le problème , 
comme je me permettais de le dire, n'est pas de 
première difficulté. Certaine bases devaient se ré- 
véler tout d'abord à l'observateur attentif, le b initial 
de la plupart des graffiti y le groupe représentant p, 
les formes caractérisées de ïaleph, du mem, du 
thav, etc. En procédant du connu à l'inconnu, 
M. Halévy a identifié les vingt-trois lettres de l'al- 
phabet safaïte (cet alphabet a deux lieth, comme 
l'éthiopien). De ce décbiflrement résultent des noms 
propres arabes, toujours satisfaisants, conformes à 
ceux que présentent les inscriptions grecques du 
Hauran et le Kitâb-el-Aghâni. La langue est de l'arabe , 
non de i'araméen..Le caractère se case bien dans 
l'ensemble de la paléographie sémitique; il se rat- 

* Comptes rendus de l'Acad, des inscn, 1878, p. 269 et suiv. ; 
Journal asiatique, oct.-nov.-déc. 1877 ; Zeitschrift der d. m. G., 1878, 
p. 167 et suiv. 



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32 JUILLET 1878. 

tache à la famille du sud et servira peut-être à expli- 
quer la filiation des deux familles , phénico-araméenne 
et éthiopico-himyarite. Si, comme on est en droit 
de le supposer, les inscriptions qu on a signalées 
dans TArabie centrale ont de l'analogie avec celles 
du Safa, ces dernières se trouveront avoir été Ta- 
vant-garde du monde ép^raphique des inscriptions 
arabes proprement dites. Où est le temps où M. de 
Sacy consacrait un vaste et savant mémoire à la 
question de savoir si les Arabes avaient écrit avant 
Mahomet? Si une inscription analogue à celles du 
Safa se trouve sur un ridjm près de Constantine, 
comme nous le supposions tout à l'heure , cela 
voudrait dire simplement que des Arabes servirent 
en Numidie et y laissèrent des traces de leur écri- 
ture, comme des Palmyréniens y ont servi et écrit. 
Lentement, discrètement, comme à dessein pour 
entretenir noire impatience, M. Clcrmont-Ganneau 
ouvre de temps à autre ce riche portefeuille de I^- 
lestine, qui contient tant de curieuses inscriptions, 
tant de précieuses observations topographiques. 
Cette fois, ce sont les tombeaux dits des prophètes, 
sur le mont des Oliviers, qui ont fait Tobjel prin- 
cipal des communications de ce pénétrant archéo- 
logue ^ M. Ganneau montre très-bien qu*il y faut 
voir un polyandrion des siècles . chrétiens , occupé 
surtout par des gens de la Batanée et du Hauran. 
On sait que les Églises de ces contrées étaient ébio- 

* Académie des inscr. , 8 . i5, 22 mars 1878. 



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RAPPORT ANNCEL. 33 

nites et judéo-chrétiennes, en schisme avec l'Eglise 
grecque orthodoxe. Peut-être avaient-elles de ce 
côté leur cimetière à paît. Une note bien raisonnée 
sur la campagne d*Abiyah et le site de la ville biblique 
de Yechâna^, une très-intéressante communication 
sur la Bethphagé des croisés et sur un curieux monu- 
ment du moyen âge, qui vient d'y être découvert^, 
font également beaucoup d'honneur à notre con- 
frère. M. Victor Guérin a lu, de son côté, à l'Aca- 
démie des inscriptions et belles-lettres^ des extraits 
de son grand ouvrage sur la Galilée, relatifs à Jota- 
pata et à Saint- Jean- d'Acre; on y trouvera d'utiles 
renseignements. 

J'ai relu plusieurs fois , en me disant comme Strep- 
siade : fcNon, vous ne me persuaderez pas, quand 
même vous me persuaderiez, » les deux opuscules de 
quelques pages, mais pleins de substance et de cal- 
culs, de M. Oppert, sur la chronologie primitive 
de la Genèse*. Il est clair que les chiffres qui font 
la base des premières pages de la cosmogonie hé- 
braïque ne sont pas arbitraires ; que la durée , par 
exemple , attribuée à la vie de chacun des patriarches 
anté-historiques n'a pas été choisie au hasard. Com- 

^ Journal asiat., avril -mai-juin 1877. 

* Revue archéol. j déc. 1877. 

' Comptes rendus de l'Acad. des iuscr., 1877, p. 69-60, 201-202. 

* Origine commune de la chronologie cosmogonique des Chaldéens et 
des dates de la Genèse, k pages în-8" (extrait des Annales de philos, 
chrél., février 1877). — La chronologie de la Genèse, Leroux, 
20 pages in-S". — Die Daten der Gencsis, dans les Nachrichten de 
Gœltingue, mai 1877, pages 201-223. 

xn. 3 



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34 JUILLET 1878. 

ment ne pas être frappé , quand M. Oppert nous fait 
remarquer que, dans le comput chaldéen, la créa- 
tion dure cent soixante-huit myriades d'années; dans 
le comput biblique, sept jours, c'est-à-dire cent 
soixante-huit heures; que, à partir de la création jus- 
qu'au déluge, dix rois, dans le comput chaldéen, ont 
régné quatre cent trente-deux mille ans; dix patriar- 
ches, dans le comput biblique, ont vécu seize cent 
cinquante-six ans, chiffres qui s'équivalent exacte- 
ment, si l'on fait répondre chez les Hébreux une 
semaine à un sosse de mois ou cinq lustres. Du dé- 
luge aux débuts des temps chronologiques, Bérose 
donne trente -neuf mille cent quatre-vingts ans ou 
six cent cinquante -trois sosses d'années^ la Bible 
six cent cinquante -trois années. Rien de plus frap- 
pant assurément, et, après les curieuses découvertes 
des dernières années qui ont fait retrouver en Gbal- 
dée les prototypes des récits bibliques de Babel, du 
déluge , etc. il n'y aurait rien de surprenant à ce qu'il 
fût prouvé que le récit de la création et toute la pri- 
mitive histoire patriarcale eût aussi ses origines ba- 
byloniennes, — que ces récits si simples, si hmimins, 
renfermés en des chiffres si modeste , ne vinssent de 
récits bien plus mythologiques, procédant, comme 
les kalpas de l'Inde , par kotis et myriades d'années. 
Cela est tout à fait possible, probable même. M. Mas- 
pero et M. Vernes^ ont été frappés, coname le sera 
tout lecteur attentif, du calcul de M. Oppert. Si on 

^ Bévue cridqvLe , 5 janv. et ii mai 1878. 



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RAPPORT ANNUEL. 35 

hésite à iui attribuer le caractère de révidence, c'est 
qu'on est souvent trop porté à douter que ce qui a 
paru longtemps inexplicable puisse recevoir tout à 
coup une explication claire, adéquate, mathéma- 
tique. Ce qui est sûr, c est que ces cinq ou six pages 
de M. Oppert font penser et feront discuter beau- 
coup plus que bien des gros livres pleins de raison- 
nements a priori. 

En fait de critique biblique, je n'ai à vous signa- 
ler que IV^ai de M. Maurice Vernes pour expliquer 
la composition moderne du livre de Joël par des 
procédés littéraires et des imitations de textes plus 
anciens ^ 

Nous avons souvent répété cette pensée qu une 
traduction du Talmud, sans être un chef-d œuvre, 
pourrait être fort utile aux savants non Israélites qui 
comprennent Timportance de cette grande composi- 
tion et ne sa^raient la manier avec la facilité des 
personnes qui ont fait des études rabbiniques. Des 
travaux comme ceux de M. Rabbinowicz ^, de 
M, Schwab', doivent, à ce point de vue, être bien 
accueillis. Ces deux laborieux traducteurs semblent 
sêtre partagé le travail. S'ils veulent aussi tenir 

* Revue critique, 4 mai 1878. 

* Législation civile du Tkalmud, nouveau commentaire et traduc- 
tion critique du traité Baba-Kama, par le D' Rabbinowicz, t. II. 
Pari8,Tborin, uuiy-5i 1 pages; t. III, Baba metsia, Ln-488 pages, 
in.8^ 

^ Le Tàimnd de Jérusalem., traduit pour la première fois par 
Moïse Schwab, tome second : traités Péa, Demaï, Kilaîm, Schehiithé 
Maisonneuve, xn-436 pages grand in-8°. 

3. 



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30 JUILLET 1878. 

compte des traités dont il existe déjà des traductions 
latines, peut-être le jour n'est-il pas fort éloigné où 
les savants chrétiens pourront parcourir rapidement 
toute la Gemare, sauf à revenir avec la critique né- 
cessaire sur les passages importants . 

M. Arsène Darmestetcr continue son grand tra- 
vail sur les gloses françaises de Raschi et des tosa- 
.phistes. Les missions qu'il a remplies à l'étranger, 
surtout k Parme \ lui ont fourni à cet égard une ri- 
chesse d'informations qui n'a été et ne sera jamais 
égalée, ij'ensemble de ces recherches formera un 
livre de première importance pour les romanistes. 
Aurait-on pu prévoir, il y a quelques années, que 
cette littérature rabbinique du moyen âge , si dédai- 
gnée, dût devenir une des sources les plus impor- 
tantes pour la connaissance philologique de notre 
vieux français ? 

M. HoUaenderski a terminé le premier volume de 
son dictionnaire français-hébreu ^, dont la composi- 
tion a dû fort le charmer . mais qui sera , ce semble , 
peu consulté. M. Roller, qui vient de donner en hé- 
breu un récit de la guerre de 1870-1871 et des 
deux sièges de Paris ^, prouve que l'usage littéraire 
de la langue hébraïque n'est pas éteint parmi nous. 
Mais il est douteux que , jusqu'à la fin du monde , on 

^ Arch. des miss, scient., 3* s. rie, t. IV, p. 383-432. 

2 Dictionnaire français-hébreu, i" partie, 464 pages, in-8**, Mai- 
sonneuve. 

^ Ha-milchama we-ha-niazor. La guerre franco-allemande et Its 
deux sièges de Paris décrits en langue h(^braïqu.; par E. Roller. 
Paris, cbez l'auteur, i8o pages in-8". 



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RAPPORT ANNUEL. 37 

ait à exprimer en hébreu tant d'idées particulières 
à notre civilisation auxquelles M. HoUaenderski a 
laborieusement cherché des équivalents dans la Bible 
et dans l'hébreu rabbinique. 

M. Bréal a pris dans son domaine cette intéres- 
sante philologie chypriote \ qui a révélé un fait si 
complètement inattendu et jeté sur l'histoire de l'é- 
criture alphabétique un véritable trait de lumière. 
Du grec écrit dans une écriture dérivée , ce semble ; 
de cunéiforme, quoi de plus attrayant? Quelles cu- 
rieux problèmes de phonétique ! Que de questions 
historiques posées pour l'avenir! Le problème phi- 
lologique du moins a été résolu avec une merveil- 
leuse sûreté. Chaque nouvelle découverte confirme 
l'hypothèse de Georges Smith et de Brandis, si elle 
avait besoin d'être confirmée. 

MM. Oppert et Menant, dont la collaboration a 
été si souvent utile au progrès de la science assy- 
rienne, se sont unis une fois de plus pour traduire 
et pubUer des Documents juridiques de l'Assyrie et de 
la Chaldée'^. C'est un recueil qui comprend des frag- 
ments de lois chddéennes , rédigées primitivement en 
sumérien ou accadien , puis transposées en langue as- 

^ Comptes rendus del'Acad., 1877, p. i83 et suîv.; 1878, p. 2 5- 
29; Journal des Savants, août, sept. 1877 ; Revue aicliéoL, 110 v. 1 877, 

* Documents juridiques de F Assyrie et de la C'Aa/d^c, par MM. J. Op- 
pert et J. Menant, in-8^ Paris, Maisonneiive , 1877, 367 pages. La 
traduction des documents a ité publiée eu anglais , par les mêmes 
auteurs, dans les Records of ihe Past, t. IX, p. 89-108, sous le titre 
de Babjlonian Public Documents. 



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38 JUILLET 1878. 

syrienne, des contrats d achat et de vente, de louage 
ou de prêt. L'espace de temps qu embrassent ces do- 
cuments est considérable. A ne tenir compte que des 
pièces datées, le plus ancien des contrats publiés 
nous reporte au règne de Mardouk-idin-akhé , vers 
Tan 1 loo avant J. C; le dernier mentionne un roi 
parthePikharisou, Pacorus, et nous ferait descendre 
jusqu'à Tan 8i après J. C. On ne se serait guère at- 
tendu, au début des études assyriennes, à voir des 
actes au nom d'Antiochus, de Démétrius ou de Da- 
rius, des rois grecs et perses qui ont régné sur Ba- 
bylone, remplir près de la moitié d'un livre qui 
traite des lois chaldéennes. L'avenir nous réserve 
sans doute bien d'autres surprises, et, depuis que 
l'ouvrage de MM. Oppert et Menant est publié, voici 
déjà qu'on rfous annonce d'Angleterre la découverte 
des archives d'une maison de banque babylonienne 
contemporaine de Nabuchodonosor, de Cyrus et de 
Darius. 

Quelques cylindres de nos musées ont fourni à 
M. Menant la matière d'un petit mémoire intéres- 
sant ^ M. Opport a trouvé le temps de publier deux 
articles de vulgarisation sur Babyloné et la Chaldée ®, 
de revoir, pour les Records cfthe Pûst, ses traductions 
des inscriptions des rois perses et de la grande ins- 
cription de Khorsabad ^, et d'engager une polémique 

* Comptes rendus des séances de l'Académie des inscriptions et belles- 
lettres, 1877, p. 327-337. Tirage à part, chez Maisonneuve, 1878. 

* Dans Y Encyclopédie des sciences religieuses de Lichten berger, 
t. IJ; 1877. 

' Inscriptions of the Persian monarcJis et Great inscription in the 



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RAPPORT ANNUEL. 30 

avec M. Lepsius au sujet des tablettes mathématiques 
de Senkéreh^ 

M. Lenormant a commencé, dans ce journal, une 
série d'Études canfifirmes qu'il continue avec ardeur 
de mois en mois^ : il y maintient, plus que jamais, 
Tor^ine ooralienne de la langue chaldéennc primi* 
tive. C'est dans la même pensée qu'il a donné des 
Recherches philologiques sur quelques expressions acca- 
diennes et assyriennes^. Ajoutez à cela une édition 
ai^aibe de Touvrage sur la magie, considérablement 
augmenté^, plusieurs mémoires assez courts sur des 
textes magiques ou religieux qui ont paru dans la 
Revue archéologique ^ et dans la Gazette archéologique^, 

palace of Khorsahaà, dans les Becords of the Past, t. IX, p. 65-88 
et p. i-2o. 

^ Voici, à ma connaissance, les principales pièces du débat: 
R. Lepsius, Die hahylonisch-assyrischen LàiKjenmasse nach der Tafel 
von Senk?reh (dans les Abh. der K. Ah, der TV. zu Berlin , 1877) , in-/»**, 
Berlin, 1877, 89 pages et deux planches, — J. Oppert, DieMaasse 
von Senkereh nnd Khorsabad (dans les MonaUberichte der K. Ah. der 
W. zvL Berlin, Dec, 1877)^ 6 pages. — R. Lepsius, fVeitere Erôrte- 
rungen ûber dos babylonischTOSsyrische Làngenmasssjrsteni (dans le 
même recueil), 11 pages. — Ces deux derniers mémoires ont été 
tirés à part et réunis dans une brochure sous le titre : Auszug ans dcm 
Monatshericht der K. R. Ah. der W. zu Berlin, in-8°, 18 pages, 1877. 

* Dans le Journal cLsialique, 1877, février-mars, août-septembre; 
1878, lëvrier-mars, avril*mai-juin. 

^ Recueil de travaux relatifs à la philologie égyptienne et assyrienne, 
t. I. fasc 2-3. 

* Chaldœan Magic: its origin and development, trauslated from the 
French, with considérable additions by ^ axUhor, in-8*, à ho pages. 

1877, London, Bagster. 

* Octobre 1877. Comp. Journal asiatique, février-mars 1878. 

* Le dieu Lune délivré de l'aitta(fue des mauttais esprits (janvier 

1878, p. 20-35). 



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40 JUILLET J878. 

enfin deux articles de vulgarisation sur les dieux de 
Bahybne et de V Assyrie ^ et sur la doctrine de la péni- 
tence chez lès Chaldéens^, Et pourtant M. Lenormant, 
occupé à publier son grand ouvrage sur la Monnaie 
dans [antiquité^, na pas pu consacrer cette année 
autant de temps aux études assyriennes qu'il est ac- 
coutumé de le faire ''. 

M. Mariette, retenu en France par la maladie et 
par les nécessités de sa position oflGcielle , a suspendu 
cette année le cours de ses grandes publications. Je 
n ai guère à signaler de lui que le premier volume 
dun Voyage dans la haute Egypte^, où sont résumés, 
localité par localité, les résultats de ses dernières 
fouilles. Aussi bien sa véritable œuvre est-elle, cette 
année-ci, l'Exposition universelle. La maison qu'il 
a fait construire sur le modèle d'une maison de 
la Xir dynastie , dont les ruines ont été récemment 

* Publié d*aborJ dans la Bévue de France (juin 1877); ^'^age à 
part, chez Maisonneuve, in-8% 27 pages. 

* Dans la Revue politique^t littéraire, i*' septembre 1877. 

^ La monnaie dans l'antiquité, ïn-8", 1878, Paris, Maisonneuve, 
t. I, xxii-3oi pages; t. II, àSà pages. 

* Mentionnons deux brochures de polémique : Pour un fait per- 
sonnel, par M. Lenormant, 8 pages, Paris; Une nouvelle révolution 
de l'accadisme, 2' partie, Leroux, 1878, in-8^ 24 pages; et un tra- 
vail du P. Delattre, destiné a prouver que les Chaldtens de Mero- 
dach-Baladan , etc. étaient des étrangers à Babylone. Revue des ques- 
tions historiques, 1877. Le problème obscur des inscriptions cunéi- 
formes arméniennes a été abordé par le docteur L. Robert, sinon 
avec succès, du moins avec suite et sérieux. Etude philologique sur 
les inscriptions cunéiformes de r Arménie, in-4°, autographié, Leroux. 

^ Tome I, in-fol., seul paru. Alexandrie, Mourès; Paris, Goupil. 



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RAPPORT ANNUEL. 41 

découvertes à Abydos, montre ce quêtait au temps 
de lancien et du moyen empire i architecture ciArile 
des Egyptiens. Les monuments de toute nature qu'il 
a exposés dans les galeries . du Trocadéro ont été 
choisis et groupés de manière à former comme une 
histoire de Tart et de la civilisation en Egypte. 
M. Mariette a su rendre visible aux yeux de la foule 
le progrès des études, et on peut espérer que son 
exposition de 1878 amènera autant d élèves à fé- 
gyptologie que lui en a valu son exposition de 
1867. 

La plupart des égyptologues en activité de service 
ont employé l'année qui vient de s'écouler à termi- 
ner ou à continuer les grands travaux commencés 
pendant les années précédentes. M. Chabas, frappé, 
]ui aussi, par la maladie, a pu cependant finir la 
publication de ses Maximes da scribe Ani^, C'est une 
œuvre considérable, rédigée au courant de la plume, 
alourdie par des hors-d'œuvre de polémique vio- 
lente, mais remplie de notes précieuses et de faits 
nouveaux, égale, sinon supérieure, aux études sur 
le Papyrus magiciue Harris et sur le Voyage d'un Egyp- 
tien, M. Jacques de Rougé vient de mettre au jour 
le troisième volume des inscriptions recueillies en 
Egypte par son père, E. de Rougé 2. Les monuments 
de Thèbes ont fourni presque exclusivement la ma- 

^ L'Égyptologie, IV" annde, juin à décembre 1877, Paris, Mai- 
sonneuve, in-4°. Voir Bévue critique , 20 avril, p. 268. 

^ Inscriptions hicroghyphicfues copiées en Éyypte pendant la mission 
scientifique de M. le vicomte Emmanuel de Rou(jé, t. III, Paris , Franck , 

1878, in-r, pi. i58-232. 



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42 JUILLET 1878. 

tière de ce troisième volume. Les textes sont copies 
dune main sûre et rectifient, sur bien des points, les 
erreurs des publications antérieures; ils permettront 
de donner bientôt une édition critique des précieux 
documents relatif aux règnes de Ramsès II, Mé- 
nephtdi et Ramsès III. MM. Lefébure et Guieysse 
ont fait, dans la dernière livraison du Papyrus de 
Soutimès, la traduction de Touvrage religieux dont 
ils avaient reproduit le fac-similé dans la livraison 
précédente; ils ont joint à cette traduction une sé- 
rie de dissertations ingénieuses sur diflférents points 
du dogme égyptien ^. M. Grébaut a continué 1 étude 
qu'il avait commencée sur la nature et le rôle de la 
déesse Mât ^. Enfin M. Maspero^ a pu ajouter à ce qu'il 
avait publié dernièrement du papyrus n* i de Ber- 
lin la transcription , la ti*aduction et le commentaire 
philologique de cent trente lignes de cet important 
document. Le voici à moitié de sa tâche, et il espère 
avoir terminé Tan prochain ce beau travail, grâce 
aux encouragements éclairés du Ministère de Tins- 
truction publique. 

* Le Papyrus funéraire de Soatimks, publié d'après un exemplaire 
hiéroglyphique du Livre des morts, appartenant à la Bibliothèque 
nationade, traduit et commenté par MM. P. Guieysse et E. Lefé- 
bure; Paris, 1878, £. Leroux, in-folio, 6) pages de texte (2* et 
dernière livraison). 

* Dans le Recueil de travaux relatifs à l'archéologie égyptienne, 
3Tasc. 1878. 

* Dans les Mélanges d'archéologie égyptienne et assyrienne, lO^fiewc 
Le Ministère de l'instruction publique a accordé à M. Maspero dix 
feuilles de supplément pour finir l'impression de son mémoire. Ces 
dix feuilles formeront une ou plusieurs livraisons supplémentaires. 



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RAPPORT ANNUEL. 43 

Jamais peut-être les dissertations sur des points 
de détail, dont se compose le progrès journalier 
de la science , n'ont été aussi nombreuses que cette 
année. De M. Edouard Naville, nous avons à si- 
gnaler trois articles fort intéressants sur ie musée 
égyptien du Château Borély, à Marseille*, sur les 
Israélites en Egypte^, sur un monument de la 
XÏP dynastie conservé au musée égyptien de Mar- 
seille *. M. Ghabas a inséré dans les Transactions de 
la Société dardiéologie biblique de Londres* la 
traduction et le commentaire d'une inscription con- 
servée au Musée de Turin. M. Ledrain a étudié, à 
deux reprises, l'hymne du Papyrus de Luynes, à la 
Bibliothèque nationale^; il a aussi expliqué les re- 
présentations figurées sur le cercueil de la fille de 
Dioscore®. M. Réviliout^ a essayé de tirer quelques 
farts historiques nouveaux des décrets bilingues de 

* Le musée égjytien da Châteaa Borély. Marseille, 1877, in-8*, 
1 1 pages; extrait du Compte renda des travaux du Congrès des orien.' 
talisles à Marseille (4- 10 octobre 1876); 2* session des Congrès 
provinciaux des orientalistes. 

* Les Israélites en Êqypte, dans la Revue chrétienne, nouvelle série, 
t. IV, n" 12 (5 février 1878), p. 65-8a. 

' Sur un monument de la XIIV dynastie conservé au musée de Mar- 
seille , dans \e Recueil des travaux, 3* fascicule, 1878. 

* Notice sur une stèle da musée de Tarin (avec une planche), dans 
les Transactions of ihe Society oJBiblical archœology, vol. V, part. 2 , 
p. 459-474. Londres, 1877. 

* Dans le Contemporain (1877), et dans le Recueil, 3*fasc. 1878 
(avec une planche de fac-similé). 

* Les momies gréco-égyptiennes , avec portraits peints snr panneaux, 
par E. Ledrain (extrait de la Gazette archéologique) , Paris, 1877, 
in-4", 7 pages. 

' Etude historique et philologique sur les décrets de Rosette et de 



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44 JUILLET 1878. 

Rosette et de Canope. M. Maspero a fourni au Jour- 
nul égyptologicjae de Berlin ^ une dissertation sur les 
auxiliaires irtipersonnels de l'égyptien antique et du 
copte; à la Revue archéoloyiciue'^, une étude sur quel- 
ques monuments nouveaux du règne de Ramsès II, 
récemment découverts à Tell el-Mashouta, sur l'em- 
placement d'une des villes de Ramsès de la basse 
Egypte, et une traduction nouvelle du Conte des 
deux frères^, découvert il y a bientôt trente ans par 
M. de Rougé ; aux Transactions de la Société et archéo- 
logie bibtiqae de Londres*, rexplication d'une stèle 
du Louvre. Dans une dissertation spéciale ^, il a tenté 
de montrer que la grande mosaïque de Palestrine est 
l'œuvre d'un artiste qui s'est inspiré des peintures tra- 
cées sur les murs des tombeaux égyptiens. On trouvera 
dans ce journal la dissertation que le même savant a 
composée sur les idées que se faisaient de la fata- 
lité les Egyptiens du temps des Ramessides, et le 
texte, jusqu'alors inédit , du Conte du Prince prédestiné^. 

Canope , ])ar M. E. HcviHout, Paris, 1877, in-S", 24 pages (extrait 
de la Revue archéologique ^ novembre 1877). 

^ Sur les auxiliaires pe , te, ne du copie, dans la Zeilsclirijljdr 
œgyptische Sprachc und Alterihuniskiinde , 1877, p. 1 1 1-1 1 3. 

* Sur deux monuments nouveaux du règne de Bamsès II, par G. Mas- 
pero. Paris, 1877, in-8^ 7 pages, 1 planche (extrait de la Revue 
archéologique, novembre 1877). 

^ Le Conle des deux Jrhes, 1878, in-8°, 16 pages (extrait de la 
.Revue archéologique , mars 1878). 

* Vol. V, part. 2, 1877, 8 pages. 

^ Les peintures des tombeaux égypt. cl la mos. de Palestrine , dans 
les Mélanges de l'Ecole des hautes études, in-8°, 1878, p. 45-5o. 

^ Tjc conte du Prince prédestiné , dans le Journal asiatique, août- 
septembre 1877, p. 237-261; avril-mai-juin 1878, p. 236-259. 



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RAPPORT ANNUEL. 45 

M. de Horrack a rompu enfin le silence qu'il 
gardait depuis trop longtemps. Son ouvrage sur le 
Livre des Respirations ^ renferme tous les éléments 
dune excellente édition dun des monuments les 
plus curieux de la théologie égyptienne. C'est, avec 
la copie en fac-similé de deux des manuscrits du 
Louvre , la traduction et le commentaire d'un recueil 
de prières , qu'on trouve parfois sur les momies de 
basse époque, à la place du Livre des Morts, Il est 
à regretter que les occupations de M. de Horrack 
ne lui laissent pas beaucoup de temps pour l'é- 
tude; presque tout ce qu'il a publié porte la marque 
d'un esprit perspicace et consciencieux. De M. Pier- 
ret, je n'ai guère à signaler, pour le moment, qu'une 
sorte de dictionnaire mythologique des noms divins 
de l'ancienne Egypte, placé à la suite d'une petite 
mythologie élémentaire^. Malgré certaines lacunes et 
des inexactitudes inévitables , l'ensemble est ce qu'on 
a publié de plus complet dans ces derniers temps 
sur la mythologie égyptienne. 

Une des branches d'étude qu'on avait le plus long- 
temps négligées, l'étude du démotique, vient d'être 
reprise de deux côtés à la fois et d'une manière indé- 
pendante par MM. Révillout et Maspero. M. Révil- 
lout, partant du copte comme point de départ, a 

' Le livre des Respirations, d'aprh les manuscrils du musée du 
Louvre (texte, traduction et analyse), par P. J. de Hon'ack, avec 
sept planches de texte hiératique. Paris, Kiincksieck, 1877, in-4^ 
2 5 pages. 

' Petit manuel de mytholoyie, Paris, 1878, Didier, in- 16, 
178 pages. 



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46 JUILLET 1878. 

entrepris de traduire les contrats si nombreux dans 
les musées de TEurope. Rien na été publié des 
longues lectures qu'il a faites pendant plusieurs mois 
à r Académie des inscriptions et belles-lettres \ si ce 
n est les quelques fragments contenus dans la Lettre 
à M. Chabas sur les contrais de mariage égyptiens^. 
Mais les deux livraisons parues du Boman de Setna ^ 
nous permettent aisément de nous rendre compte 
de la méthode employée par M. Révillout. M. Ré- 
villout s'efforce moins de transcrire les textes démo- 
tiques que de les traduire en copte ^ puis en français, 
et d'en extraire les particularités curieuses pour This- 
toire, le droit égyptien et la grammaire, qu'il pense 
y rencontrer. M. Maspero ^ prend la langue ancienne 
comme point de départ et s'est donné pour tâche d'as- 
surer le déchiÉErement matériel des tes^tes démo- 
tiques» L'article qu'il a publié à ce sujet dans le 
Journal de Berlin est le fruit de six années d'études 
paléographiques et le résumé d'un cours professé 

^ Du 17 août 1877 *^ ^^ mars 1878. Voir les comptes rendus 
sommaires de la Bevne critique, 

* Lettre à M, Chabcu sur les contrats de mariage é^ptiens, dans le 
Journal asiatique , 1877, p. a6 1-384* 

* Le roman de Setna, étude philologique et critique avec traduc- 
tion mot à mot du texte démotique > introduction historique et com- 
mentaire grammatical , par E. Révillout, Leroux, Paris, 1877 (a* et 
3* livraisons), 224 pages autographiées. Cf. Journal asiatique, août- 
sept. 1877 (article de M, Pierret). Voir aussi .Revi^ orientale et améri- 
caine ,.2i\n\-}vàn 1877, p. 192 et suiv. 

^ Une page du roman de Satni, transcrite en hiéroglyphes par 
G. Maspero (cours de l'Ecole des hautes études, de novembre 1876 à 
juin 1877), avec une planche, dans la Zeitschriftt 1877, P- '^^" 
i46, 1" article. 



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RAPPORT ANNUEL. 47 

Tan dernier à TEcole des hautes études. M. Maspero 
a essayé de déterminer la valeur de chaq[ue signe et 
de chaque groupe démotique , de les ramener tous 
à leur origine hiératique et de retrouver la série des 
formes intermédiaires qui a conduit les signes de 
leur type hiéroglyphique à leur type démotique. 
H faut espérer que Tétude des textes démo tiques, 
abordée des deux côtés à la fois, ne tardera pas à 
produire des résultats heureux. 

Signalons encore la continuation d*un très-cu- 
rieux commentaire égyptologique sur Hérodote, par 
M. IVfaspero ^, et un intéressant mémoire de M. Fran- 
çois Lenormant sur un fragment de statue d'un des 
rois Pasteurs qui se trouve, on ne sait comment, 
dans les collections de la villa Ludovisi, à Ronie^, 
sans oublier les excellents articles de M. Maspero, 
dans la Revue critùfae^. 

La grande entreprise de la traduction de Ma- 
çoudi, si honorable pour notre Société, qui la exé- 
cutée sur ses fonds, et pour celui de nos confrères 
qui a consacré à cet immense travail seize années 
de sa vie, est enfin arrivée à son terme. Jje premier 
volume avait paru en 1861; le neuvième, qui vient 



* Dans YÀnnvuiire de T Association pour l'encouragement des études 
grecques, 1877. Voiries annunires île iS'jS et 1876. 

* Dans le BuUettino detla conmdssione ea^heologica comunale di 
Borna, y année, série 9, janyier-juin 1877, *^ pages avec une 
planche. 

* Bévue critique , 1 1 août 1877; 26 janvier, 28 mars, 18 mai 1878. 



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48 JUILLET 1878. 

de paraître \ achève l'œuvi^e de Maçoudi et contient 
un index général fait avec le plus grand soin et selon 
les meilleurs principes. M. Barbier de Meynard a 
droit d'être fier de voir son nom attaché à un tra- 
vail aussi durable. Quels que soient un jour les pro- 
grès de rhistoriographie arabe, l'édition donnée par 
notre Société restera un monument toujours con- 
sulté, et, tant qu'il y aura des hommes de goût, il se 
trouvera des lecteurs qui auront à lire ces pages 
presque autant de plaisir que Maçoudi en eut à les 
composer. Les énormes difficultés que M. Barbier 
de Meynard et ses collaborateurs pour les premiers 
volumes ont eues à vaincre ne peuvent être appré- 
ciées que des hommes spéciaux; mais tout homme 
instruit saura comprendre que c'est ici un Uvre de 
forte science et de sohde critique. S'il y avait pour 
nos travaux des récompenses , comme il y en a dans 
d'autres sociétés, ce serait à une pareille œuvre 
qu'on aimerait à les voir décernées. 

Le docteur Perron était un si parfait connaisseur 
des Arabes que l'on désire naturellement savoir son 
jugement sur une question aussi capitale que celle 
de l'avenir de l'islam^. Perron était une nature bien- 
veillante et Imaginative; ses attaches avec l'école 
saint-simonienne le disposaient à des illusions en fa- 

^ Maçoudi, Les prairies d'or, texte et traduction par G. Barbier 
de Meynard; t. IX, viii-Syô pages. Imp. nat., Leroux. 

^ L'islamisme , son institution , son influence et son avenir, par le 
D' Perron. Paris, Leroux, vi-i 27 pages. Mentionnons Le Koran ana- 
lysé, par Jules La Beaume. Paris, Maisouneuve, xxiv-795 pages 
grand in-8^ 



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RAPPORT ANNUEL. 49 

veur de TOrient. H commença par la sympathie et 
finit par l'impartialité, fl ne pouvait être indifférent 
à tant de rares qualités que possèdent certains mu- 
sulmans; il savait que, pendant plusieurs siècles, les 
nations musulmanes servirent réellement la civili- 
sation, non en lui faisant faire de sérieux progrès, 
n^is en conservant des traditions que la barbarie ger- 
manique avait laissées périr. D un autre côté, comment 
n'eût-il pas été sévère pour ce fanatisme sombre, cet 
orgueil insensé, cette haine pour l'Europe et surtout 
pour la science européenne , qui a été presque par- 
tout la conséquence de l'islam? La distinction des 
dates est ici nécessaire. Jusqu'au \uf siècle, d'excel- 
lents éléments luttent encore dans l'islam contre le 
flot croissant de l'intolérance théologique; puis la 
victoire de la théologie est complète; la science et 
la philosophie meurent, et avec elles toute force et 
toute vie sortent de cette société condamnée. Oui, 
la science et la philosophie , dans la première moitié 
du moyen âge, ont fleuri en terre musulmane; mais 
ce n'a pas été à cause de l'islam , c'a été malgré l'is- 
lam. Pas un philosophe , pas un savant musulman 
qui n'ait été persécuté. Dans la première moitié du 
moyen âge , la persécution est moins forte que l'ins- 
tinct de la libre recherche, et la tradition rationaliste 
se maintient; puis l'intolérance et le fanatisme l'em- 
portent. Certes l'Eglise du moyen âge fut aussi très- 
gênante pour la science, mais elle ne l'étouffa pas, 
tandis que la théologie musulmane l'étouffa. Faire 
honneur à l'islamisme d'Averroès et de tant d'autres 



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50 JUILLET J878. 

illustres penseurs, qui passèrent la moitié de leur vie 
dans la prison, la retraite forcée, la disgrâce, dont 
on brûla les livres et dont les écrits ont été presque 
supprimés par l'autorité théologique, est comme si 
l'on faisait honneinr à l'inquisition des découvertes 
de Galilée et de tout un développement scientifique 
qu'elle n'a pas pu empêcher. 

Cette lutte de la philosophie et de la théologie 
musulmanes , que l'on peut personnifier en Averroès 
et Gazzali , est un des spectacles les plu» frappants 
de l'histoire. M. Dugat en a pris l'occasion d'un tra- 
vail ^, animé par ce sentiment d'amour pour le 
progrès qu'il porte en toutes choses. Il reste quel- 
que incertitude sur le plan de notre confrère et 
sur le cadre qu'il a voulu remplir. Une histoire à^e 
la philosophie arabe en un volume de médipcre 
étendue ne se laisse guère concevoir. Mais, capable 
de puiser aux sources, M. Dugat en a tiré des 
extraits fort intéressants pour ce qu'on peut ap- 
peler l'histoire extérieure de cette philosophie* L'état 
de persécution continue où vécurent les libres pen- 
seurs musulmanes -qpi ne firent point partie des so- 
ciétés secrètes ismaéliennes ressort d'une manière 
frappante de ces authentiques récits. 

M. Leclerc a commencé la publication du Traité 
des Simples d'Ibn-Beïthâ;r^, avec l'autorité que lui 
donnent ses connaissances médicales et d'histoire 

* Histoire des philosophes et des théologiens musulmans. Maison- 
neuve, XLiv-386 pages, in-8*. 

^ Notices et extraits, t. XXIII, i" partie, xvi-476 pages. Imp. nat. 



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RAPPORT ANNUEL. 51 

naturelle. L'intéressante préface de M. Leclerc nous 
présente Thistoire des progrès de la botanique chez 
les Arabes et particulièrement en Espagne. C'est une 
des branches d'études où les Arabes ont le mieux 
pratiqué la méthode d'observation. Ils faisaient pour 
leurs herborisations de longs voyages, se donnaient 
tous les soucis nécessadres pour la synonymie, ne re- 
culaient pas même devant des recherches de lin-- 
guistique qui d'ordinaire excitaient peu leur curio- 
sité. Les essais antérieurs de traductions d'Ibn-Beï- 
thâr laissant beaucoup à désirer, M. Leclerc a fait 
une œuvre utile en entreprenant ce vaste travail, et 
l'Académie des inscriptions et bell«-iettres a eu rai* 
son de lui ouvrir le grand recueil des Notices et ex- 
traits. L'essentiel est que cette belle oeuvré soit ter- 
minée, et terminée sur ie même plan où elle a été 
commencée. 

L'histoire des mathématiques en Orient et en 
Grèce est un problème difficile; car, avec la connais- 
sance, bien mrement unie, du grec, de l'arabe, du 
sanscrit, elle exige chez ie même savant une forte 
connaissance des mathématiques elles-mêmes. C'est 
ce qui rendit si r^ettabie aux yeux des personnes 
qui s'intéressent à ce cm-ieux chapitre de l'histoire 
de l'esprit humain la mort de Wœpcke. M. Rodait, 
nous l'espérons, est appelé à remplir cette lacune. Le 
beau travail qu'il nous a donné sur l'algèbre d'Al- 
Khârizmi et sur les méthodes indiennes et grecques ^ 

* Journal a^ùtti^iif^ janvier 1878. Voir aussi octobre-novenibre- 
décembre 1877, pu 53o. 

4. 



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52 JUILLET 1878. 

renferme les résultats les plus neufs. M. Rodet croit 
à l'originalité dç lalgèbre hindoue et à une grande 
école de sciences abstraites dans la vallée du Gange, 
quels que soient d'ailleurs les emprunts que le génie 
hindou a pu faire à des civilisations antérieures. 
L'hypothèse, trop facilement acceptée, de grands 
emprunts faits à la Grèce a singulièrement nui au 
progrès de ces études. M. Rodet montre très-bien 
que toutes les questions de ce genre sont à reprendre, 
et il a raison de convier à ces études tant de jeunes 
philologues qui cherchent un emploi à leur activité. 
Le problème est capital. L'algèbre, la théorie des 
nombres semblent avoir dû être la création prédes- 
tinée de ce génie si puissant dans l'ordre de la pen- 
sée abstraite, de la métaphysique, si nul dans tout 
ce qui est expérience et observation du relatifs L'his- 
toire de la science, quand on la dressera avec le 
sentiment large que les études comparatives ont in- 
troduit, donnera certainement des résultats com- 
parables à ceux de la philologie comparée, de la 
mythologie comparée, des lois et des religions com- 
parées. 

M. Devic a publié, en un élégant volume^, d'après 
un manuscrit appartenant à M. Schefer, un de ces 
livrets de fables sur les navigations lointaines qui ont 

^ Voir un mémoire de M. Édouaiïl Lucas sur un théorème d'a- 
rithmétique indienne, dans le Bullettino du prince Boncompagni, 
mars 1876. 

* Les merveilles de l'Inde, ouvrage arabe inédit du x° siècte, tra- 
duit par M. Marcel Devic. xxxii-220 pages in-i 2 , Lemerre. 



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RAPPORT ANNUEL. 53 

produit tout le cycle si amusant de Sindbad et des 
Mille et une nuits. L'introduction géographique que 
M. Devic a mise en tête de sa traduction est instruc- 
tive, et il y a plaisir à lire en leur source ces contes, 
souvent puérils, mais qpi ont leur valeur critique. 
Nous voyons tant de choses en histoire à travers 
l'imagination arabe que les lois de réfraction de ce 
prisme sont à étudier soigneusement. Il est peu de 
milieux optiques aussi décevants. L'Arabe n'est pas 
bon observateur; son œil déforme les objets. Les 
voyageurs dans les pays arabes ont besoin sans cesse 
de corriger ce qu'on leur dit. Des recueils comme 
celui qu'a publié M. Dévie donnent bien l'idée de ce 
que doivent être ces sortes de corrections. 

L'histoire des sectes secrètes qui , sous le couvert 
des prétentions alides , minèrent l'islamisme au moyen 
âge, est un des sujets les phis intéressants pour un 
esprit philosophique. Après M. Defrémery, qui a déjà 
répandu tant de lumière sur ce sujet, M. Stanislas 
Guyard y est passé maître. Il y revient sans cesse, 
et chaque fois nous fait de plus en plus désirer qu'il 
prenne cette belle et curieuse matière pour objet 
d'un travail complet. Cette année, c'est le grand 
maître des Assassins, Râschid-eddîn Sinân, le Vieux 
de la montagne , sur qui notre savant confrère nous 
donne des renseignements puisés aux sources origi- 
nales ^ M. Guyard suit très-bien ce tissu d'impos- 
tures jusqu'à nos jours; car rien ne meurt, et l'insi- 

* Jonm. asiat. , avril-mai-juin 1 877. 



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54 JUILLET 1878. 

gnifiant descendant des redoutables possesseurs de 
Qadamous et d^Aiamoùt vit, à Theure qu'il est, tran- 
quille à Bombay . Ce labyrinthe de sectes fanatiques et 
incrédules demande à être soigneusement expliqué. 
L'origine des nosa'iris ou ansariés paraît s y rattacher, 
et M. Guyard monti'e que peut-être certaines lumières 
viendront dé ce côté siir le problème bizarre de la 
composition du Desatir, 

L'histoire des croisades n a jamais été plus tra- 
vaillée que depuis quelques années. Le grand recueil 
de textes oûriginaux publiés par TÂcadémie des ins- 
criptions et belles-lettres s'est augmenté d'un demi- 
volume , contenant l'histoire des Atabek de Mossoul 
d'Ibn-el-Athir ^. Cet ouvrage ne nous est parvenu 
que par un seul manuscrit très-défectueux. Il fallait 
pour le rétablir la sagacité de M. de Slane et les nom- 
breuses citations que d'autres historiens et Ibn-el- 
Athiriui-même en ont faites. C'est ime source tout 
à fait originale et de la. plus grande valeur. 

Xa numismatique dès croisés a été l'objet d'un 
vaste ouvrage d'ensemble , auquel les juges les plus 
compétents décernent de grands éioges ^, et qui jette 
d^ lumières inatté«¥lues sur l'organisation féodale de 
la Paiestine. M. SeUumberger n'a rien négligé pour 
faire de son recueil un Corpus destiné à être succes- 



^ Recueil des kisioriens des croisades , hist. oïdentaux , t. II , 2 * partie, 
394 pages. Impr. nat. , in-fol. 

* Nwnismalique de l'Orient latin par E. Schlumberg. r, in-4^ 
5oo pages et 19 planches gravées. Paris, Leroux. Voir lievue cri- 
ûqne, 6 juillet 1878, article de M. E.xle Barthélémy. 



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RAPPORT ANNUEL. 55 

sivement enrichi et à servir toujours de base aux 
recherches futures. Les finances des croisés sont un 
des points les plus curieux de leur histoire, et M. La- 
voix Ta éclairé d'un jour nouveau par son étude des 
iXK)nnaies arabes frappées par les chrétiens, M. La- 
voix a bien dédiififré ces curieuses légendes, où 
raffirmation des dogmes fondamentaux de la foi 
chrétienne est substituée à la proclamation de Tis- 
lam^ M. Lavoix attribue ces monnayages aux Véni- 
tiens, qui avaient des zekka à Tyr et à Saint-Jean- 
d*Acre. M. Sauvaii^ a publié d'intéressants mémoires 
de numismatique arabe ^ et le traité d'Élie de Nisibe 
sur les poids et les mesures ^. 

JM* Glermont-Ganneau a définitivement expliqué 
l'inscriplion arabe deBœra, intéressante pour This- 
toire cUs croisades ^. M. Guyard a confirmé son in- 
génieuse théorie de la métrkpie arabe par de nou* 
velles observations ^. M* Hartwig Derenbourg ^, 
d'autres arabisants encore '^, ont semé les observa- 
tions critiques sur les objets les plus divers. M. Sau- 

* Monnaies à légendes arabes frappées en Syrie par les croisés^ 
Paris, Baer, iii-8°, 62 pages. 

^ Journal de h, Soc. royale asiatique de Grande-Bretagne et d'Irlande, 
mars 187/1; Journal de la Soc, de nurrùsnii de Londres , 1873. 

^ Journal de la Soc. royale asiatique de Grande-Bretagne et d'Ir^ 
lande, ^nin 1877. 

* Journal €isiatttf ae, ocié<ïoy»-déo. 1877. 

* Journal asiatique, août- sept. 1877. Voir aussi avrii-mai>juin 
1877. 

^ Revue critique, 29 déc. 1877, «6 janv. 1878. 
' Revue des questions historiques, i" janv. 1878; Revue critique, 
i5 déc. 1877. 



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56 JUILLET 1878. 

vaire a traduit des textes importants du rite hané- 
fite ^ L'histoire de l'Afrique musulmane continue de 
s'enrichir de données nouvelles, grâce à l'activité lit- 
téraire de MM. Féraud^, Mercier ', Devoulx*. 

L'épigraphie berbère, dont la création fait tant 
d'honneur à notre école algérienne , est toujours en 
bonne voie ^. Ce monde africain autochthone se ré- 
vèle quelquefois d'une manière surprenante, même 
par les inscriptions latines^. M. le général Faidherbe 
a publié les documents recueillis par lui en i854 
sur le zénaga ''. Personne ne connaît comme lui le 
Sénégal et ne le fait si bien voir. 

Au point de vue de l'historien , même la médiocrité 
a le droit d'être étudiée, car la médiocrité est un fait 
comme un autre. L'esprit turc ne brilleras par sa 
finesse. Les répertoires de plaisanteries et de pro- 
verbes que vient de traduire M. Decourdemanche en 
donnent au moins la mesure *. Les rivaux de M. de 

* Daos le Compte rendu (/a congés des orientalistes de Marseille, 
1876. Tirage à part, 3a pages. 

* Revjie a^'coine, juiliel-aoûl-sept.-oct. 1877, janv.-février-mars- 
avrii 1878. 

' Recueil des notices et mémoires de la Soc. arch. de Constantine, 
1876-1877, p. 4.28-435. 

* Revue africaine, mars^vril 1878. 

* JourtL asiatique , avril-mai-juin 1877. Cf. oct.-iiov.-dec. *^77» 
p. 526-527. 

* Comptes rendus de tAcad. des inscriptious, '^77* 39-32 (Cber- 
bonneau). 

^ Le zénaga des tribus sénégalaises. ContributioQ à l*étude de la 
langue berbère, 1" partie, 23 pages; a* partie, 97 pages iii-8'. Lille, 
Danei. 

* Les plaisanteries de Nasr-eddin Uodja, traduites du turc par F.-A. 



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RAPPORT ANNUEL. 57 

Bièvres échappent difficilement à la grande loi de 
Martial : 

Sunt bona , sunt quaBdam mediocria , sunt mala plura. 

M. Pavet de Courteille nous a donné ses juge- 
ments si cmnpétents et si bien raisonnes sur les tra- 
vaux de Zenker\ de Shaw^. Votre journal a publié, 
en regrettant que ce jfât le dernier, le travail annuel 
de bibliographie turque que dressait notre laborieux 
M. Belin'. M. Schefer dirige avec son goût exercé et 
sa science profonde ces belles publications qui font 
tant d'honneur à notre école des tangues orientales*. 
Personne ne connaît comme M. Schefer les publica- 
tions relatives à TAsie centrale. Un très-beau volume 
d'itinéraires et de voyages dans cette partie si peu 
connue du monde ^ est dû à son initiative éclairée 
et à ses doctes conseils. 

Les littératures chrétiennes de fOrient ne sont pas 
négligées. M. labbé Martin imprime avec zèle les 
nombreux textes syriaques qu'il a copiés. La chro- 

Decourdemanche. Leroux, 1876, 108 pages, format elzévirien. — 
Mille et un proverbes turcs, recueillis, traduits et mis en ordre par le 
jnévae. Leroux , 1 878 , vin- 132 pages » formai elzévirien. 
^ Journal asiat, , févriei-mars 1 877. 

* Ihid,, avril-mai-juin 1877, P- 5 2 3-53 2. 
•* Joamo/ onat.» février-mars 1877. 

* Mémoires sur l'ambassade de France en Turquie et sur le com^ 
merce des Français dans le Levant, par M. le comte de Saint-Priest. 
Paris, Leroux, xiV'542 pages grand in*8°. 

* Recueil d'itinéraires et de voyages dans ÏAsie centrale et l'extrême 
Orient, Paris, Leroux, 38o pages grand in-8^ 



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58 JUILLET 1878. 

nique de Josué le Styiite est intéressante poiiricxacte. 
connaissance du règne d*Anastase en Orienta Cest 
plus encore une lamentation qu'une chronique. On y 
sent bien combien TOrient chrétien était une société 
faible, destinée à crouler au premier choc. La re- 
prise^es hostilités entre Tempire chrétien et la Perse 
semble comme le prélude du cataclysme de Tislam. 
Les lettres de Jacques de Sarug (vers 5î2 i ou 522) 
aux moines du couvent de Mar-Bassus et à Paul 
d'Edesse^ sont très-instructives pour Thistoire des 
querelles tihiéologiqueis à cette époque. On peut les 
citer, en outre, comme des modèles accomplis du 
style syriaque à sa plus bdle époque. 

Ces chroniques byzantines des vif, viif et ix"* siè- 
cles, sœurs de celles de Malala, s<!>nt, en général, 
des monuments d-un grand abaissement d'esprit. 
Elles sont néanmoins intéressantes, ne fût-ce que 
pour marquer le milieu intellectuel où est née la 
polygraphie arabe et où elle a puisé ses renseigne- 
ments. C'est donc une bonne fortune que celle qu a 
eue M. Zotenberg de découvrir en éthiopien une 
de ces chroniques composées en grec par un évêque 
d'Egypte, Jean de Nikiou^. Ce sera là un texte nou- 
veau que ne devront pas négliger les auteurs de By- 
zantines futures. L ordre, la clarté, la méthode 

^ Chronique Je Josué le Styiite ;éc!vï\je vers Tan 5 1 5. Leipzig , 1876, 
dans les AbhandL fur die Kunde des Morg., Band VI, n' 1, 82- 
LXXXYiii pages in-8°. Brockhaus. 

« Dans la Zeitschrift der d. m, GêseUsehaft, XXX* vol. (1876), 
jK 2 1 7 et suiv. 

^ Journ, asiat., oct.-nov.-déc. 1877. 



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RAPPORT ANNUEL. 59 

d exposition distinguent cette excellente publication , 
comme toutes celles de M. Zotenberg. 

Les mjêmes qualités se retrouvent dans le beau 
catalogue des manuscrits éthiopiens de la Biblio- 
thèque nationale, publié par cet orientaliste ^ Notre 
collection n'égale en; importance ni celle du Musée 
bcitaniiique ni celle d© M* d'Àbbadie; elle est consi- 
d^able cependant^ M. Zotenberg l'a décrite excel- 
lemment. Onauca bientôt vu le bout de cette pelite 
Iktérature chrétienneiiqui, par sa position isolée, a 
pu nous conserver. des textes judéo-chrétiens, ébio- 
nitesyi que TE^lise grecque orthodoxe a proscrits. Mais 
certes tme ou deux générations de savants seront en- 
core nécessaires pour tirer de ces manuscrits toutes 
les lumières qu'ils renferment pour Thistoire du 
christianisme primitif 

M. d'Ahbadie aôus a donné des notes recueillies 
sur place relative^ aux grandes inscriptions éthio- 
piennes d'Axum ?♦ Elles ont pour principale utilité 
de nous feire conpaitre l'opinion des savants du pays 
sur ces inscriptions. Le titre de PhilheUène^ pris par 
les rois d'Axum, lui a échappé^; mais sans doute 
celui qui fer^ l^pigraphie d'Axum dans le Corpus in- 
scriptionum semiticaram aura grand profit à tirer de 
ces nombreuses observations de détail, toutes sin- 
cères et faites d'original. 

* Catalogue des manuscrits éthiopiens ( gkeez et amhariifue ) de la Bihl. 
naL, n-287 pages ijir4°. Impr. qat. 

* Comptes rendus del'Acad. des inscr., 1877, p. i4 elsuiv. ,p. 186 
el suiv. 

^ Joseph Halévy, communication inédite. 



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60 JUILLET 1878. 

Une partie de la relation du voyage de M. Joseph 
Halévy a été publiée en anglais ^ et fait regretter 
d'autant plus vivement que dautres parties de ce 
voyage se soient égarées^. 

M. Révillout continue de tirer des documents 
coptes de précieux détails sur Thistoire ecclésiastique 
et surtout sur Thistoire monastique de f Egypte by- 
zantine^. M. Révillout joint â la parfaite connais- 
sance du copte un sentiment profond de Thistoire 
ecclésiastique. Il nous montre de plus en plus quel 
intérêt aurait une histoire de TÉgypte chrétienne, 
faite avec intelligence. L'Egypte forma une province 
tout à fait à part dans le développement chrétien et 
byzantin. A Tabri des invasions, comme la Syrie, 
elle oflfrit au christianisme uoe aire tranquille, où il 
put tirer en toute logique ses conséquence^ sociales, 
auxquelles les pays conquis par les Germains et les 
Slaves se prêtaient peu. Ces conséquences furent des 
plus bizarres, et 1 Egypte offrit, durant les siècles 
qui s'écoulent de Théodose à la conquête musulmane , 
un des spectacles v les plus frappants qui se puissent 
voir. La vie monastique était l'affaire capitale du 
pays, et cette vie observait ici des règles qu'on ne 
trouve pas ailleurs. 

* Travels in Abyssinia, by Halevy, translated from the autlior s 
french manuscript by James Picciollo. Londres, Wertheimer, 80 
pages petit in- 8*. 

* Voir aussi un mémoire du même , sur les anciennes populatioos 
de l'Arabie et sur Textension des colonies sabéennes vers le nord , 
dans la Revue orient, et améric, n° 2, avril- juin 187 7, p. 167 et suiv. 

3 Archives des missions scientifiques, 3' série, t. IV, p. 4^7 et suiv. 



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RAPPaRT ANNUEL. 61 

M. d'Hervey deSaint-Denys avance dans sa grande 
publication de Ma-touan-iin^. Quoi de plus intéres- 
sant que les renseignements fournis par le dernier 
fascicide sur ces restes des indigènes primitifs de la 
Chine, qui, protégés par de très-fortes défenses na- 
turelles, complétées de main d'homme, se sont con- 
servés au sud-ouest de l'empire, opposant une bar- 
rière infranchissable à la civilisation chinoise et à la 
race qui la portait? Les études dites pré-historiques 
ont grand compte à tenir de ces curieuses pages sur 
les Miao-tse. On ne peut dire que les relations des 
Chinois sur les pays étrangers aient beaucoup d'ac- 
cent, de couleur; mais tout a son prix, quand il s'a- 
git de régions lointaines. On devra donc lire un mé- 
moire d'un voyageur chinois dans l'empire d'Annam, 
traduit du russe par M. Leger^, et le Journal d'une 
mission en Corée par Roei-Ling, ambassadeur de 
l'empereur de Chine près la cour de Corée en 1 866 , 
traduit du chinois par F. Scher^er^. 

M. Imbault-Huart vous a donné la traduction d'un 
curieux morceau d'historiographie chinoise*, le récit 
des guerres de Kien-Long contre les Birmans dans 
la seconde moitié du dernier siècle. Il est extrême- 
ment intéressant de suivre ainsi, dans un cadre dé- 

* Ethnographie des peuples étrangers, de Ma-touan-lin, t. II, 
1*' fascic, i20 pages. Dans VAtsume Gnsa de M. Turrettini , Genève , 
petit m-4", Georg. 

* Dans le recueil d'Itinéraires et de voyages dans l'Asie centrale et 
r extrême Orient, p. 63 et suiv. 

^ Même volume , p. i et suiv. 

* Journal asiatique, févr.-mars, p. i35 et suiv. 



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62 JUILLET 1878. 

terminé, la marche des idées et l'ordre des réflexions 

de 1 auteur chinois. 

Des juges compétents diront quel genre d utilité 
peuvent avoir divers essais de lexicographie chinoise 
qui ont paru^ M. H. Cordier commence à nous 
donner le fruit de ses recherches sur la bibliogra- 
phie chinoise^. M. d'Hervey nous a intéressés par 
sa détermination du cachet de l'empereur de Rien- 
Long^. M. Dabry de Thiersant a puMié la traduc- 
tion d'un intéressant Opuscule, sorte de Murale en 
action , appliquée à la Vertu qui a toujoneftrs été la piene 
angulaire de la société chinoise, la piété filiale^ Ceux 
qui veulent se rendre compte des mouvements reli- 
gieux dont la Chine est actuellement le théâtre ^ sur- 
tout de ce fait capital des progrès de l'islamisme (enot 
ce pays, devront aussi lire les volumes de M. Dabry 
de Thiersant sur ce sujet ^. Il n'y a pas de matière 
plus importante. La question chinoise et , en particu- 
lier, la question de la religion chinoise sera la grande 
question dans un demi-siècle. Cô ne sont pas seule- 
ment les orientalistes, ce sont les diplomates et les 
hommes d'Etat que je voudrais voir préoccupés de 

* Dictionariuni lingaœ sinicœ latinum, 784 pages. Ho-kien-fou, 
in-8». 

* Revue critique , 20 avril 1878. 

' Comptes rendus de t Académie, 1877, P* 33-35. 

* La piété filiale en Chine, par P. Dabry de Thiersant , avec 2 5 gra- 
vures d'après les originaux chinois. Bibi. elzév. , 22^6 pages, Leroux. 

* Le makométisme en Chine et dans le Turkestan otientah ^ vol. 
in-8**, 336-5 1 4 pages, Leroux. Du mêm^, Le catholicisme m Chine 
au VII f siècle de notre ère, 60 pages grand irt-8", Leroux (il s'agit 
de l'inscription de Si-ngan-fou). 



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RAPPORT ANNUEL. 63 

ce qu ont de menaçant ces progrès dune religion qui 
a toujours inspiré à cewL qui Tont adoptée un si 
grand fanatisme, dans une fourmilière dhommea où 
l'individu a le mépris de la mort, et peut prendre 
tout à coup les qualités d'organisation militaire qui 
lui ont manqué jusqu'ici. 

Autant le Japon moderne préoccupe et attire la cu- 
riosité du public , autant l'étude du Japon ancien, au 
point de vue des langues , de fhistoire et de Tarchéo- 
logie, semble sommeillera Pour le Cambodge, votre 
journal a publié un travail important, je veux dire la 
notice de M. Feer^ sur les manuscrits , les papiers , 
les travaux inachevés , donnés à la Bibliothèque na- 
tionale par la famille du D' Alexandre Hennecart, 
courageux travailleur, mort, comme tant d'autres, 
victime de son dévouement, La littérature cam- 
bodgienne a peu d'originalité. Elle ne doit pas être 
séparée de la littérature siamoise , et reste toujours 
vassale du sanscrit et du pâli. Quelques romans, sur- 
tout le Lacsanavong, ont seuls une certaine valeur; 
le travail publié dans votre journal en donne la pre- 
mière noticfe un peu suivie. M. Aymonier a traité 
des monuments du Cambodge méridional^ et traduit 
quelques textes*. M. MaiTe d^* Marin a donné des 

* Je ne vois à signaler que les Disticfaes populaires du Nippon. Ex- 
traits du Gi-Retû Hyakn-nin is-syn. Paris, 1878, Màisoiltieuve , 
16 pages. 

* Journal asiatique, février-mars 1877. 

^ Revue orientale et américaine^ 1. 1, n° 2 , avril-juin 1877, p. 176 
et suiv. 

* Revue orientale et américaine, t. II, n" 3, p. 209 et suiv. 



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06 JCJILLET J87«. 

COMPTES 

DBPBItôBS» 

Honoraires du libraire pour le recouvrement 

des cotisations 43îi' 00*" 

Frais d'envoi du Journal asiatique, 267^ ao" \ 

Ports de lettres , circulaires , bandes f . 

ndprunées, gravure pour le l 

Journal 4^7 55 ] 

Frais de bureau , tinabres , négociation de traites . 9 7 7 o 

Honoraires du soùê-bîbliothécaire 600 00 

Service, chauffage, étrennes 190 5o 

Dernier versement pour la publication du Tka- 

barl arabe , 1 ,000 00 

Frais d*impression du Journal en 1876 . 10,^59 65 

Indemnité au rédacteur 600 00 

Frais d'impression du tome IX des Prairies 3! or. 3,825 09 

Pour la rédaction de Tindex du même ouvrage. 700 00 

Allocation à l'ancien compositeur du Journal, , 200 00 
Droits de garde et renouvellement des titres à 

la Société générale 89 i5 



Total des dépenses de 1 877 1 8,658' 84° 

Espèces en compte courant au 3i déc. 1877. 11, 838 71 
Achat de 5oo francs de rente 3 p. 0/0 (pour 

mémoire). . . 11 ,9^ 1 70 



Ënseinhle 43,A39' aS'' 



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RAPPORT DE LA COMMISSION DES FONDS. 67 

^^ANNÉE 1876. 



RECETTES. 



Cotisations de rannéeucourante.. . 3,i5o'oo* ) 

Cotisations arriérées 670 oo > 4, 3 20^ oo* 

Deux cotisations à vie 600 00 ) 

Abonnements an Journal av^ao 00 

Vente des publications de la Société 53 a 3o 

Intérêts des fonds placés : 

1* Rente sur l'Etat 3 0/0 i,55o 00 \ 

a" 6 Q obligations de TEst. ., . 1,601 34 f / /?/ o, 
o" 20 obligations d Orléans,. 278 20 ( 
4* 60 obligations Lyon-fusion. 834 80 | 
Intérêts des fonds disponibles déposés à la So- 
ciété générale 77 o4 

Souscription du Ministère de llnstruction pu- 
blique 2,000 00 

Crédit alloué par Tlmprimerie nationale , en dé- 
grèvement des frais d'impression du Journal, 5>ooo 00 
Crédit alloué par Tlmprimerie nationale pour 

le tome IX des Prairies d*or ' 1 ,5oo 00 



Total des recettes de 1877 17,91 3' 68* 

Eàpèces en compte courant au 1 *" janvier 1 877 . 2 4»5 2 5 67 

Total égal aux dépenses et à l'encaisse 

au 3i décembre 1877 42,439' 25* 



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68 JUILLET 1878. 



RAPPORT 

DE LA COMMISSION DES CENSEURS SUR LES COMPTES 

DE L^EXERGICB 1877, 

LU DANS LA SÉANCE GENl&RALB DU 3o JUIN 1878. 

Messieurs, 

Nous avons vérifié les comptes de la comimssîon des fonds 
pour Tannée 1877, et voici les résultats principaux de notre 
examen : 

Les recettes se sont élevées à la somme de 17,918 fr. 
68 cent, et les dépenses à celle de 1 8,658 fr. 84 cent. , d'où 
il ressort que si le budget de Tannée dernière présentait un 
excédant de recettes d'environ 6,000 francs, l'exercice courant 
se solde par un excédant de dépenses de plus de 700 francs. 
Les sommes relativement élevées que nous avions réalisées 
en 1876 parle remboursement d'un grand nombre de coti- 
sations arriérées et par la vente en bloc des anciennes publi- 
cations de la société ont seules formé cet écart qui tenait à un 
fait anormal et tout à fait accidentel. Quoi qu'il en soit, une 
partie des fonds en compte courant a servi à acheter une 
inscription de 5oo francs de rente 3 p. 0/0, et nous espérons 
qu'il en sera de même pour l'exercice 1878. Cette situation 
est bonne sans doute ; mais nous devons vous faire remarquer 
que si nos fonds immobilisés vont grossissant , nos charges 
s'augmentent aussi sérieusement, tant par les i,aoo à 
i,3oo francs de loyer que nous aurons à payer désormais, 
que parles irais qu'entraînera l'année prochaine la publication 
d'un nouveau volume de la collection des auteurs orientaux. 
Nous devons donc redoubler d'ordre et d'économie, et c'est 
un devoir pour vos censeurs d'inviter plus que jamais ceux de 
nos confrères qui résident à l'étranger comme ceux qui habi- 



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RAPPORt DES CENSEURS. 69 

tent au milieu de nous à s'acquitter régulièrement de leurs 
cotisations. On pourrait éviter ainsi une multitude de faux 
frais et réduire singulièrement les difficuftés de la compta- • 
biiité. Espérons que notre appel sera entendu au grand avan- 
tage de la société et des intérêts qu*elk représente. 

Pavet de Courteillb. Defrbmery. 



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70 JUILLET 1878. 



SOCIÉTÉ ASIATIQUE- 



1 

LISTE DES MEMBRES SOUSCRIPTEURS, 

PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE. 

Nota, Les noms marqtiés d*un * sont cenx des Membres à vie. 

L* Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. 

MM. Abbadie (Antoine d'), membre deTInstitut, rue 
du Bac, 120, à Paris. 

Adam (Lucien), conseiller à la Cour d appel, 
membre de TAcadémie Stanislas, à Nancy. 

Amari (Michel), sénateur, professeur d arabe, 
via délie Quattro Fontane, 53 , à {lome. . 

*Aymonibr, lieutenant d'infanterie de marine, 
professeur de cambodgien au Collège des 
administrateurs stagiaires, à Saigon (Cochin- 
chine). 

Bibliothèque Ambrosienne, à Milan. 
Bibliothèque de l'Université , à Erlangen. 



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LISTE DES MEMBRES., 71 

Bibliothèque ob l'Université, à Utrecht. 
MM. Baubier m Méyt(Ar0, professeur au Collège de 
France, boidevard Mageata, 18, à Paris. 

Barges (Lahbé), professeur d'hébreu à la fa- 
culté de théologie de Paris, rue Malebran- 
che, 3, à Paris. 

Barré de Lancy, secrétaire archiviste de Tam- 
bassade de France , à Constantinople. 

Barth (Auguste), rue du Vieux-Colombier, 6, 
à Paris. 

Barthélémy Saint-Hilaire , membre de Tlns- 
titnt, sénateur, rued*A$torg, ^^hù^h Parb. 

Baroch, interprète de f armée d'Afrique, à 
CoUo, province de Constantîne (Algérie). 

Bazan^edn (Louis), Hiagbtrat, i. Saigon (Co- 
chinchine). 

Beck (L'abbé Franz Seignac), professeur au 
petit séminaire, à Bordeaux. 

Bellegombe (André de), homme de lettres, 
avenue de Paris, à Choisy-le-Boi (Seine). 

Bellin (Gaspard), magistrat, rue des Marron- 
niers , /i , à Lyon. 

Bergaigne, répétiteur à l'Ecole pratique des 
Hautes Etudes, rue Gay-Lussac, 3 7, à Paris. 

Berger (Philippe), sous-biMîothécaire de l'Ins- 
titut, au palais de l'Institut, rue de Seine, 1 . 

Bbbtraad (L'abbé), chanoine de la cathédrale, 
rue d'Anjou, 66, à Versailles. 



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72 JUILLET 1878. 

MM. Boisson NET de la Touche (Le général), à la 
Touche, commune d'El-Biar, par Alger. 

BoiTTiER (Adolphe), rue Larribe, 3, à Paris. 

BoNcoMPAGNi (Le prince Balthasar), à Rome. 

BoNNETTY, directeur des Annales de philosophie 
chrétienne, rue de Babylone, 89, à Paris. 

* Boucher (Richard), rue Dufresnoy , 5 , à Passy- 

Paris. 

Bouillet (Labbé Paul), missionnaire en Bir- 
manie, avenue de Villars, 16, à Paris. 

Bréal (Michel), membre de l'Institut, profes- 
seur au Collège de France, boulevard Saint- 
Michel, 63, à Paris. 

Briau (René), docteur en médecine, rue Jou- 
bert, 37, à Paris. 

Brosselard (Charies), préfet honoraire, rue 
des Feuillantines, 8^ , à Paris. 

BiJHLER (George), professeur d'hindoustani, 
Elphinstone Collège, à Bombay. 

BuLLAD, interprète militaire en retraite, à Am- 
boise. 

* Bureau (Léon), rue Gresset, i5, à Nantes. 

BoRGESs (James), archéologiste de la Prési- 
dence de Bombay, à Bombay. 

Bdrggraff, professeur de littérature orientale, 
à Liège. 



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LISTE D£S MEMBRES. 73 

MM. *Bdbnbll (Arthur Coke), of the Madras civil 
service, à Mangalore (présidence de Ma- 
dras). 

* BuRT (Major Th. Seymour) , F. R. S. Pipp- 
brook House, Dorking, Surrey (Angleterre). 

Caix de Saint -Aymour (Le vicomte A. de), 
membre du Conseil général de TOise, au 
château d'Ognon (Oise). 

Carletti (P. V.), 33, Muséum street, à Lon- 
dres. 

Cernuschi (Henri), avenue Velasquez, 7, parc 
Monceaux, à Paris. 

Challamel (Pierre), rue des Boulangers-Saint- 
Victor, 3o, à Paris. 

Chârengey (Le comte de), rue Saint-Domi- 
nïque, 69, à Paris. 

Chenery (Le professeur Thomas), Norfolk 
Square, 3, à Londres. 

Cherbonnead, correspondant de llnstitut, ins- 
pecteur des écoles musulmanes d enseigne- 
ment supérieur, rue Mogador, 35, à Alger. 

Chodzko (Alexandre), chargé du cours de lit- 
térature slave au Collège de France, rue 
Notre-Danie-des-Champs, 77, à Paris. 

Clerc (Alfred), interprète principal de la divi- 
sion d'Oran, à Oran (Algérie). 



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74 JUILLET 1878. 

MM. Clbrcq (F. S. A. de), inspecteur-adjoint des 
écoles indigènes, à Padang (Molnques). 

Clermont-Gânneau, répétiteur à TÉcole pra- 
tique des Hautes Études, rue de Vaugirard, 
60, à Paris. 

CoRDiER (Henri), rue de Surène, i5, à Paris. 

*Croizier (Le marquis de), consul de Grèce, 
rue du Quatre-Septembre , 9 , à Paris. 

CusA (Le commandeur), professeur d'arabe à 
l'Université de Païenne. 

CusT (Robert), Saint-Georges Square, 64, à 
Londres. 

Dabry de Thiersant, consul de France au 
Guatemala. 

Darmesteter (James), rue Bausset, 10, à Pa- 
ris-Vaugirard. 

*Dastdgue, général de brigade, à Talence, 
près Bordeaux. 

Débat (Léon), boulevard Magenta, i/l5, à 
Paris. 

Defrémbry (Charles), membre de Tlnstitut, 
professeur au Collège de France, rue du 
Bac, 1x2, à Paris. 

*Delamarre (Th.), rue du Colisée, Sy, à Paris. 

Delondre, rue Mouton-Duvernet, 16, à Paris. 



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LISTE DES MEMBRES. 75 

MM. * D^RENBOunG (Hartwig), place du Thëatre- 
Pran^s^ 3, à Paris. 

Derenbodrg (Joseph), membre de l'Institut, 
rue de Dimkerque, 27, à Paris. 

Devic (Marcel), rue Daumesnil, i4, à Vin- 
cennes. 

DiLLMÂNN, professeur à l'Université de Berlin, 
Grossbeereu-Strasse , 68, à Berlin. 

Donner, professeur de sanscrit et de philologie 
comparée, à fUniversité de Helsingfors. 

Drocin, avocat, rue de la Ferme-des-Mathu- 
rins, 26, à Paris. 

DuGAT (Gustave), chargé de cours à TEcole 
spéciale des langues orientales vivantes , bou- 
levard Montparnasse, 53, à Paris. 

DoKAs (Jules), rue Go<piillière , 10* à Paris. 

DoLAORiER (Edouard), membre de fbistitut, 
professeur à l'Ecole spéciale des langues 
orientales vivantes, rue Nicolo, 27, à Passy. 

DoMAST (Le baron P. G. de), correspondant de 
l'Institut, président d'honneur de l'Académie 
Stanislas, à Nancy. 

* Eastwick (Edward) , Hogarth Road , 5/i , Crom- 
wellRoad, à Londres. 

EicuTHAL (Gustave d'), rue Neuve-des-Mathu- 
rins, 100, à Paris. 



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76 JUILLET 1878. 

MM. Fag^iân , attaché au département des manus- 
crite à ia Bibliothèque nationale , rue de 
Lille, a5, à Paris. 

Faidherbb (Le général), à Lille. 

Favre (L'abbé), professeur à TEcole spéciale 
. des langues orientales vivantes, avenue de 
Wagram, 5o, à Paris. 

* Favre (Léopold), rue des Granges, 6, à Ge- 
nève. 

Feer (Léon), attaché au département des ma- 
nuscrits de la Bibliothèque nationale, bou- 
levard Saint-Michel, i45, à Paris. 

Ferté (Henri), élève de TÉcole des langues 
orientales vivantes , rue Guy de la Brosse, 4 , 
à Paris. 

Fleischbr , professeur à TUniversité de Leipzig. 

Florert (J. L. L.), rue Notre -Dame -de- Lo- 
rette, i6, à Paris. 

FoucAux (Edouard), professeur au Collège de 
France, rue Cassette, a 8, à Paris. 

*Fryer (Major George), Madras StafiF Corps, 
Deputy Commissioner, British Burmah. 

Gargin de Tassy, membre de l'Institut, pro- 
fesseur à rÉcole spéciale des langues orien- 
tales vivantes , rue Saint-André-des- Arts ,43, 
à Paris. 



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LISTE DES MEMBRES. 77 

MM. Gabrbz (Gustave), rue Jacob, Sa , à Paris. 

Gattetbias, élève de TÉcole spéciale des lan- 
gues orientales vivantes, rue Monge, 36, à 
Paris. 

*Gadtier (Lucien), professeur d'hébreu à la Fa- 
cidté libre de théologie, à Lausanne. 

Gilbert (Théodore), agent-consul de France à 
Erzeroum (Turquie). 

GiLDEMEiSTBR , profcsscur àrUnivcrsité de Bonn. 

Girard (L'abbé Louis-Olivier), ancien mission- 
naire, à l'Asile des convalescents, à Vin- 
cennes. 

Girard de Rialle, rue de Glichy, 64, à Paris. 

GoLDSCHMiDT (Siegfried), professeur à l'Univer- 
sité de Strasbourg. 

GoRRESio (Gaspard), secrétaire perpétuel de 
l'Académie de Turin. 

Grigorieff, conseiller intime, professeur d'his- 
toire orientale à l'Université de Saint-Pé- 
tersbourg. 

Gui^RiN, interprète militaire, à Oriéansville 

(Algérie). 

*GuiEYSSE (Paul), ingénieur-hydrographe de la 
marine, rue des Ecoles, 46, à Paris. 

GuYARD (Stanislas), répétiteur à l'Ecole pra- 
tique des Hautes Etudes, rue Saint-Placide, 
45, à Paris. 



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78 JUILLET 1878. 

MM. Halévy (J.), rue Aumaire, 36, à Paris. 

*Harkavy (Albert), bibliothécaire de la Biblio- 
thèque publique impériale, à Saint-Péters- 
bourg. 

Harlbz (C. de), professeur à l'Université, à 
Louvain. 

Hauvette-Besnault, bibliothécaire à la Sor- 

bonne, rue Monsieur-le-Princc , 5i, à Paris. 

« 

Hegqcard (Charles), attaché à la légation de 
FVance, à Tanger (Maroc). 

*Hbrvey de Saint-Denys (Le marquis d ), mem- 
bre de rinstitut, professeur au Collège de 
France, rue du Bac, 1 îï6, à Paris. 

HoDJi (Jean), rue Monge, 1 6, à Paris. 

HoLMBOÊ, professeur de langues orientales à 
rUniversité de Norwège, à Christiania. 

Hû (Delaimay), à Pont-Levoy, près Blois. 

HuART (Camille), âève diplômé de TEcole des 
langues orientales vivantes, rue du Pré-aux- 
Clercs, 18, à Paris. 

HuART (Clément), drogman du consulat de 
France, à Constantinople. 

Jadpi?ret (E. m.), rue d'Enghien, 4/i, à Paris. 

*JoNG (De), professeur de langues orientales à 
rUniversité d'Utrecht. 



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LISTE DES MEMBRES. 79 

MM. Kahla (Raphaël], ancien intorpiète principal 

de la Compagnie du canal de Tlsthme de 

Suez, rue de FArc- de -Triomphe, i5, à 

Paris. 

Kemal Pacha (Son Exe), ex-ministre de Tins- 
tiTiction publique, à Constantinople. 

* Kbbr (M™' Alexandre), à Londres, 

Khanikof (S. E. Nicolas db), conseiller d'Etat 
actuel, rue des Écoles, a 4, à Paris. 

KossowiTCH, professeur de sanscrit et de zend 
à rUniversité de Saint-Pétersbourg. 

Kremer (Dr), conseiller de section au minis- 
tère des affaires étrangères, à Vienne (Au- 
triche). 

Lagus (Guillaume), professeur à l'Université 
de Helsingfors. 

Lambert (L,), interprète militaire à Mascara 
(Algérie). 

Lancereau (Edouard), licencié es lettres, rue 
de Poitou, 3 , à Paris. 

Landberg-Berling , à Stockholm. 

Landes (A.), administratem- des affaires indi- 
gènes, à Travinh (Cochinchine). 

Latocr (M. db), interprète militaire, à f Arba, 
près d'Alger. 



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80 JUILLET 1878. 

MM. Lebidart (Antoine de), conseiller de légation 

à lambassade autrichienne, à Gonstanti- 

nople. 

Lbclerg (Chaiies), quai Voltaire, a 5, à Paris. 

Leclerc (Le ly), médecin-major dé isolasse, 
à Ville-sur-IUon. 

Lee (Lionel F.), du Civil Service, à Ceylan. 

Lefévre (André), licencié es lettres, rue Hau- 
tefeuille, ai, à Paris. 

Lenormant (François) , professeur d archéologie 
près la Bibliothèque nationale , rue de Sèvres, 
û , à Paris. 

Lestrangb (Guy), Park Street, i o4 , à Londres. 

Letourneux, conseiller à la Cour d appel, à 
Alexandrie. 

Levé (Ferdinand), rue du Cherche-Midi, 21, 
à Paris. 

LÉVY-BiNG, banquier, rue Richelieu, 102, à 
Paris. 

LiÉTARD (Le I>), maire de Plombières. 

Loewe (D' Louis), M. R. A. S. examinateur 
pour les langues orientales au Collège royal 
de précepteurs, 1 et a, Oscar Villas, Broad- 
stairs (Kent). 

LoNGPÉRiER (Adrien de), membre de Tlnstitut, 
rue de Londres, 5o, à Paris. 



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LISTE DES MEMBRES. 81 

MM. Mac-Douall, professeur, Queens Collège, à 
Belfast, 

Maghuel, professeur d arabe au lycée d* Alger. 

Madden (J. p. a.), agrégé de TUniversité , rue 
Saint-Louis , 6 , à Versailles. 

Marrash , à Paris. 

Marre de Marin (Aristide), professeur de 
langues orientales, rue Mayet, 1 1 , à Paris. 

M assied de Glerval (Henry), boulevard de la 
Reine, 1 1 3, à Versailles. 

Massoh (Ernest), avocat, agronome, à Vigne- 
au-Bois-Malzéville, près Nancy. 

Matthews (Henry-John), Arlington Villas, à 
Brighton. 

Mehren (D'), professeur de langues orientales, 
à Copenhague. 

Mercier (E), interprète-traducteur assermenté , 
rue de France, i3, à Constantine (Algérie). 

MoHN (Christian), vico Nettuno, 28, Chiaja, à 
Naples. 

MoNiER Williams (Le D"), professeur à l'Uni- 
versité d'Oxford. 

MoNRAD (Mgr. D. G.), à Copenhague. 

MoTY, capitaine d'infanterie de marine, admi- 
nistrateur des afiFaires indigènes, à Saigon. 

MoucHLiNSKi , professeur, à Varsovie. 

xii. 6 



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82 4UILL£T 1878. 

MM. MoiR (John), C. I. E., D. C. L., L. L. D., Ph. 
D., Merchiston Avenue, lo, à Edimbourg. 

Mdir (Sir William), membre du Conseil de 
rinde, IndiaOfBce, à Londres. 

*MuLLER (Max), professeur à Oxford. 

Neubauer (Adolphe), à la Bibliothèque Bod- 
léienne, à Oxford. 

NèvE (Félix), professeur à TUniversité catho- 
lique, rue des Orphelins, 4o, à Louvain. 

NoER (Frederick, prince de Schleswig-Hol- 
stein, comte de), à Noer (Prusse). 

NouET (L'abbé René), curé à Roëzé, par la 
Suze (Sarthe). 

Oppert (Jules) , professeur au Collège de France, 
rue Mazarine, 1 9, à Paris. 

Pages (Léon), rue du Bac, 1 1 o, à Paris. 

Palmer (Edward H.), professeur de persan, 
Saint-John s Collège, à Cambridge. 

* Parrot-Laboissière (Ed. F. R.), à Cérilly 
(Allier). 

Pavet de Courteille (Abel), membre de l'Ins- 
titut, professeur au Collège de France, rue 
de l'Université, 28, à Paris. 

PÉRETiié, chancelier du consulat général de 
France , à Beyrout. 



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LISTE DES MEMBRES. 83 

MM. Pertscu (W.), bibliothécaire, à Gotha. 

Petit (Labbé), curé du Hamel, canton de 
Granvilliers (Oise). 

*Philastre (P.), heutenant de vaisseau, ins- 
pecteur des affaires indigènes en Cochin- 
chine, à Phnôm-Penh (Cochinchine). 

PiATON (Pierre), rue du Plat, 4o, à Lyon. 

PiJNAPPEL, docteur et professeur de langues 
orientales, à Leyde. 

*PiNART (Alphonse), à Marquise (Pas-de-Calais). 

*Pl ATT (William), Conservative Club , St.-James 
Street, à Londres. 

PoPELiN (Claudius), rue de Téhéran, &, à 
Paris. 

PRyETORius (Frauz), Genthiner Strasse, 4o, à 
Berlin. 

Priaulx (O. de Beauvoir), Cavendish Square, 
8 , à Londres. 

Qderry (Amédée), consul de France à Trébi- 
zonde (Turquie). 

Rat, capitaine au long cours , rue Glacière , 2 , 
à Toulon. 

Regnadd (Paul), à Besançon. 

Régnier (Adolphe), membre de Tlnstitut, rue 
de Vaugirard, 22 , à Paris. 

G. 



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84 JUILLET 1878. 

MM. Hegny-Bey (De), chef du bureau central de la 
statistique, en Egypte. 

* Rehatsek (Edward), M. C. E., à Khetvadi (Inde). 

Renan (Ernest), membre de linstitut, pro- 
fesseur au Collège de France, rue Saint- 
Guillaume, 16, à Paris. 

* Revillout (E.), conservateur-adjoint au Musée 

égyptien du Louvre , à Paris. 

*Reynoso (Alvaro), docteur de la Faculté des 
sciences de Paris, rue Saint- Lazare, 56, à 
Paris. 
RicHERT, conseiller à la Cour, à Alger. 
. *Rlmbaud, rue Satory, 10, à Versailles. 

RiviÉ (Labbé), vicaire de Saint- Nicolas-des- 
Champs, rue Réaumur, 53, à Paris. 

Robert (D' L. de), à Trébizonde. . 

RoBiNSON (Jojin R.), à Dewsbury (Angleterre). 

RoDET (Léon), ingénieur des tabacs, rue de la 

Collégiale , 1 , à Paris. 
RoLLER, rue Popincourt, 4, à Paris. 

RoNDOT (Natalis), ex-délégué du commerce en 
Chine, au château de Chamblon , près Yver- 
don (Suisse). 

RoNEL, capitaine de cavalerie, professeur à 
l'École de Saumur. 

RosT (Reinhold) , bibliothécaire k f India Office , 
à Londres. 



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LISTE DES MEMBRES. 85 

MM. Rothschild (Le baron Gustave de), avenue Ma- 
rigny, a3, à Paris. 
R6M DÉ GollbNbërô (Le comte), à Heidelberg 

(Allemagne). 
RtDV, pi^ofes^eur, rue du f'àubourg-Saint-Ho- 
noré, 19, à Paris. 

Sai«tb-MarIê (Dfe), dtogman du vice-consulat 
de France, à Raguse. 

Sanguinetti (Le docteur B. R.), 17, Strada 

aile Cappucîne, Piacenza. 
Satow (E. m.), secrétaire pour le japonais de 

la légation anglaise, à Yédo (Japon). 
ScHACK (Le baron Adolphe de), à Munich. 

ScHEFER (Charles), interprète du Grouverne- 
ment aux Affaires étrangères, professeur de 
persan et administrateur de l'Ecole des lan- 
gues orientales vivantes, rue de Lille, a, à 
Paris. 

ScHMiDT ( Valdemar) , professeur, à Copenhague. 

Sgbou- (J. C), homme de lettres, à la Mai- 
son-Blanche, près Evilard-sur-Bienne , can- 
ton de Berne (Suisse). 

ScHDYLER (Eugène), secrétaire de légation et 
consul général des États-Unis, à Constanti- 
nople. 

Seidel (Le capitaine J. de), à Botzen (Tyrol). 

Sélim Géohamy, à Smyrne. 



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86 JUILLET 1878. 

MM. Senart (Emile), rue Barbet- de- Jouy, 34, à 
Paris. 
Specht (Edouard), rue du Fauboui^-Saint- 

Honoré, i gS , à Paris. 
Spooner (Andrew), au château de Poiongis, à 

J oinviile-le-Pont. 
Steinnordh (J. H. W.), docteur en Géologie 
et en philosophie, à Linkôping (Suède). 

Taillefer, docteur en droit, ancien élève de 
l*École spéciale des langues orientales, bou- 
levard Saint-Michel, 8i, à Paris. 

Tardieu (Félix), attaché à la Préfecture, à 
Constantine (Algérie). 

Tardif, chef atux Archives nationales, rue des 
Francs-Bourgeois, 6o, à Paris. 

Terrien-Poncel , manufacturier, à Pont-d'Hen- 
necourt, près Magny-en-Vexin. 

Textor de Ravisi (Le baron), rue d'Annonay, 
7, à Saint-Étienne. 

Thomas (Edward), du service civil de la Com- 
pagnie des Indes, Victoria road, /iy, Ken- 
sington, à Londres. 

Thonnelier (Jules) , membre de la Société d'his- 
toire de France, rue Lafayette, 66, à Paris. 

Trubner (Nicolas), libraire -éditeur, Ludgate 
Hill, 67 et 59, à Londres. 

Tritong-Vinu-Ki, professeur au Collège des 
stagiaires, à Saigon. 



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LISTE DES MEMBRES. 87 

MM.*TuRRETTiNi (François), rue de THôtel-de-Ville , 
8, à Genève. 
TuRRiNi (Giuseppe), professeur de sanscrit à 
l'Université de Bologne. 

Ujfalvy (Ch. Eug. de), de Mezô Kôvesd, 
chargé de cours à TÉcole des langues orien- 
tales, à Paris. 

Vasconcellos-Abreu (De) , professeurde langues 
et littératures orientales , rue Neuve-San-Fra n- 
cisco-de-Paula , 28, à Lisbonne. 

Veth (Pierre-Jean) , professeur de langues 
orientales, àLeyde. 

VoGDÉ (Le comte Melchior de), membre de 
f Institut, ambassadeur de France à Vienne, 
rue Fabert, 2, à Paris. 

VoLLON , conseiller à la Cour, à Alger. 

Waddington (W. V.), membre de l'Institut, 
ministre des affaires étrangères, rue Du- 
mont-d'Urville, 11, à Paris. 

* Wade (Thomas), ministre d'Angleterre à Pékin 
(Chine); chez M. Richard Wade, Upper 
Seymour street, 58, Portman square, à 
Londres. 

WiLHELM (Eug.), professeur, à léna. 

WiLLEMS (Pierre), professeurde l'Université, 
place Saint-Jacques, à Louvain. 



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88 JUILLET 1878 

MM. WaiGHT (I> W.), professeur d arabe à TUni- 
versité de Cambridge, Saint-Ândrew's sta- 
tion Road, Cambridge. 
Wylie (A.), British and Foreign Bible Society, 
Queen Victoria Street, à Londres. 
* Wyse (L. N. B.), lieutenant de vaisseau, ave- 
nue de Priedland, 43, à Paris. 

ZoTENBERG (H. Th.), bibliothécaire au dépar- 
tement des manuscrits à la Bibliothèque na- 
tionale, avenue des Ternes, 96, à Paris. 

II 
LISTE DES MEMBRES ASSOCIÉS ÉTRANGERS, 

SUIVANT L'ORDRE DES NOMINAttONS. 

MM. Briggs (Le général). 

HooosoN (H. B.), ancien résident à la cour de 
Népal. 

Manaicji-Cursetji, membre de la Société asia- 
tique de Londres, à Bombay. 

Rawlinson {Sir H. C), à Londres. 

VuLLERS, professeur de langues orientales, à 
Giessen. 

KoWALBWâKi (Joseph-Etienne), professeur de 
langues tartares , à Varsovie. 

DozY (Reinhart), professeur, à Leydc. 

Bbosset , membre de l'Académie des sciences , 
à Saint-Pétersbourg. 



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LISTE DES OUVRAGES PUBLIÉS. 80 

MM. Flbisghbr , professeur à TUniversité de Leipzig. 

DoRN, membre de l'Académie impériale de 
Saint-Pétersboiirg. 

Weber (Docteur Albrecht), à Berlin. 

Salisbury (E,), secrétaire de la Société orien- 
tale américaine, à Boston (Etats-Unis). 

Wbil (Gustave), professeur à TUniversité de 
Heideiberg, 

m 

LISTE DES OUVRAGES 

PUBLIÉS PAR LA SOCIÉTÉ ASIATIQUE. 

En vente chez Ernest Leroux , éditeur, libraire des Sociétés Asia- 
tiques de Paris, de Calcutta, deNew-Haven (U. S,) et deChangbaî 
( Chine), rue Bonaparte, 38, à Paris. 

Journal asiatique, Secofwfe série , einnées 1828-1 835, 16 vol. 

in-8°, complet 200 fr. 

Troisième série, ann. 1 836- 18^2, i4 vol. in-8*. lyofr. 
Quatrième série, ann. 1 843- 1862 . 20 voL in-8". 260 fr. 
Cin^ième série, ann. 1 853* 1862 « ao vol. 10*8°. 35o fr. 
Sixième série , ann. 1863-1872, 20 vol. in-8'. ; 25o Tr. 
Septième série, ann. 1873-4878, 10 voL in-8°. . x5o fr. 
Choix de fables arméniennes du docteur Vartan, çn armé- 
nien et en français, par J. Saint- Martin et Zohrab. i825, 

in-8" 3fr. 

Éléments de la grammaire japonaise, par le P. Rodriguez, 
traduits du portugais par M. C. Landresse, etc. Paris, 
1825 , in-8*. — Supplément à la grammaire japonaise, etc. 

Paris, 1826, in-8* 7 fr, 5o c. 

Essai sur lb Pâli , ou langue sacrée de la presqu'île au delà 
du Gange, par MM. Ë. Bumouf et Lassen. Paris, 1826, 
ïn-8*. (Epuisé.) 9 fr. 



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90 JUILLET 1878. 

Meng-tseu vel Mencium , iatina intcrpretatione ad interpre- 
tationem tartaricam ulramque recensita instruxit, et per- 
pétue commentario e Sinicis deprompto iUustravit Stanis- 
las Julien. Lutetiœ Parisiorum, i8a4, i vol. in-8". . 9 fr. 

Yadjnadattabadha , ou LA Mort d'Yadjnadatta, épisode 
extrait du Râmâyana, poème épique sanscrit, donné avec 
le texte gravé, une analyse grammaticale très-détaillée , 
une traduction française et des notes, par A. L. Chézy, et 
suivi d'une traduction latine littérale, par J. L. Burnouf. 
Paris y 1826. In-ii'', avec quinze planches 9 fr. 

Vocabulaire de la langue géorgienne, par M. Klaprotb. 
Paris, 1827. In-8** 7 fr. 5o c. 

Elégie sur la Prise d'Edesse par les Musulmans, par Ner- 
sès Klaietsi, patriarche d'Arménie, publiée pour la pre- 
mière fois en arménien, revue par le docteur Zohrah- 
Paris, 1828. In-8'^ 4 fr. 5o c. 

La Reconnaissance de Sacocntala, drame sanscrit et pra- 
crit de Càlidâsa , publié pour la première fois sur un ma- 
nuscrit unique de la Bibliothèque du Roi, accompagné 
d'une traduction française, de notes philologiques, cri- 
tiques et littéraires, et suivi d'un appendice, par A. L. 
Chézy. Paris, i83o. ln-4**, avec une planche ad fr. 

Chronique géorgienne, traduite par M. Brosset. Paris, Im- 
primerie royale, i83o. Grand in-8° 9 fr. 

Chrestomathie chinoise (publiée par Klaproth). Paris, 
i833. In-8*' 9 fr. 

Éléments de la langue géorgienne, par M. Brosset. Paris, 
Imprimerie royale, 1837. In-8" 9 fr. 

Géographie d'Abou'lféda , texte arabe, publié par Reinaud et 
le baron de Slane. Paris, Imp. royale, i84o.In-4** . • 24 fr. 

Radjatarangini , ou Histoire des rois du Kaghmir, pubUé 
en sanscrit et traduit en français, par M. Troyer. Paris, 
Imprimerie royale et nationale , 3 vol. inS° 36 fr. 

Précis de législation musulmane, suivant le rite malékite, 
par Sidi Khahl , publié sous les auspices du ministre de la 
guerre, troisième tirage. Paris, Imp. nat. 1872. In-8*. 6 fr. 



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OUVRAGES DE LA SOCIETE DE CALCUTTA. 91 

COLLECTION D'AUTEURS ORIENTAUX. 

Les Voyages d'Ibh Batoutah » texte arabe et traduction par 
MM. C. Defrémery et Sanguinetii. Paris, Imprimerie im- 
périale; 4 vol. in-8* et i vol. de Tables 3i fr. 5o c. 

Table alphabétique dbs Voyages d'Ibn Batoutah. Paris, 
1 8^ y in-8° i fr. 5o c. 

Les Prairies d*or de Maçoudi, texte arabe et traduction 
par M. Barbier de Meynard (les trots premiers Yolumes 
en collab<Nration avec M. Paret de Courteilie). 

— Premier volume. Paris, i86i, in-8* y fr. 5o c. 

— Deuxième volume, i863 7 fr. 5o c. 

— Troisième volume, i864 7 fr. 5o c. 

— Quatrième volume, i865 7 fr. 5o c. 

— Cinquième volume, 1869 7 fr. 5o c. 

— Sixième volume , 1 87 1 7 fr. 5o c. 

— Septième vcdume, 187a , . . 7 fr. 5o c. 

— Huitième vcJume, 1874 7 fr. 5o c 

— Neuvième et dernier volume, 1877 7 fr. 5o c. 

Noia. Les membres de ia Société qui s'adresseront directement 
au libraire de la Société, M. Ëmest Leroux, rue Bonaparte, 28, à 
Paris, auront droit à une remise de 33. p. g/o sur les prix de tous 
les ouvrages ci-dessus. 

LISTE DES OUVRAGES DE LA SOCIÉTÉ DE CALCUTTA. 

En vente chez Ernest Leroux , éditeur, libraire des Sociétés asia- 
tiques de Paris, de Calcutta, de New-Haveo (U. S.) et de Changbaï 
(Chine) , rue Bonaparte, 28 , à Paris. 

Journal of the Asiatic Society of Bengal. Les années 

complètes, de 1887 à 1877, l'année 4o fr. 

Le numéro 5 fr. 

Mahabharata , an epic poera , by Veda V^asa Rishi. Calcutta , 
1837-1839, 4 vol. in-4**, avec Index 180 fr. 

Ra'ja Tarangini', a History of Cashmir. Calcutta, i835, 
in-A" 3o fr. 



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92 JUILLET 1878. 

Inatah. a commentary on the Idayali, a work on Muhamu- 
dan law, edited by Moonshee Ramdhun Sen. Calcutta, 
i83i. Tomes III et IV 76 fr. 

The Moojiz col Kanoon , a médical work , by Alee Bin Abee 
el Huzm. Calcutta, 1828, in-4°, cart i5 fr. 

The Lilavati , a treatîse on arithmetic , translated into Per- 
sian, from the Sanscrit work of Bhascara Acharya, by 
Feizi. Calcutta, 1827, î""^"» cart 6 fr. 5oc. 

Sélections descriptive, scientiGc and historical translated 
irom English and Béngalee into Persian. Calcutta, 1827, 
in-8% cart 8 fr. 5o c. 

Tytler. a short anatomical description of theheart, trans- 
lated into Arabie. Calcutta, 1828, in-8% cart. 2 fr. 5o c. 

The Ragho Vansa, or Race of Raghu, a historical poem, by 
Kalidasa. Calcutta, i832 , in-8° 1 7 fr, 5o c. 

The Susrdta. Calcutta , 1 835 , 2 vol. in-8'* br. . j 1 fr. 5o c. 

The Dj[aishada Charita, or Adventures of Nala, raja of Nai- 
shada, a Sanscrit poem, by Sri Harsha of Cashmir. Cal- 
cutta, i836, in-8'' a5 fr. 

(Le tome I", le seul publié.) 

AsiATic Research ES , or Transactions of the Society insti- 

tuted in Bengal , for inquiring into the history , the anti- 

quities, the arts, sciences and litérature of Asia. Calcutta, 

1 832 et années suivantes. 

VoL XVI, XVÎI, XVIII, le vol 22 fr. 

Vol. XIX, part i; vol. XX, parts i, 11. Chaque par- 
tie 1 2 fr. 



Le Gérant : 
Barbier de Metnard. 



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JOURNAL ASIATIQUE. 

AOÛT-SEPTEMBRE 1878, 

COMMENT ^ 

THOUTII PRIT LA VILLE DE JOPPÉ, 

CONTE ÉGYPTIEN 
CONSEUTE âju PAPYRUS HARRIS n" 5oO DU BRITISH MUSEUM * 

(Verso. P. 1-3). 
(Cours da Collège de France, déc. 1877 — janv. 1878), 

PAR M e. MASPERO. 



Le début manque. Au point où nous prenons le 
récit, trois personnages son^ en scène : un officier 
égyptien appelé ^ ^ ^ Thbutii , le prince d une 
vîMe syrienne et son écuyèr. Le nom de la ville a 
été transcrit par le premier traducteur, M. Good- 
win^, ^^^Ç J^, nom quon n a jamais rencontré 
ailleurs et qu on pourrait identifier tout au plus avec 
celui des D''D''K , Emim ^. On le rencontre cinq fois 

* Sur le Papyrus Hanis n" 5 00, voir Journal asialùjué, 1877, 
p. 239-2/10, et Goodwin, Transactions of ihc Socieiy of Biblical Ar- 
ùlwolûgy.t. III, p. 340-348. 

^Transactions, t. III, p. 34 1. 

' Genhe, xiv, 5; Dealer., m, 10, 11, 



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94 AOÛT-SEPTEMBRE 1878. 

dans les parties conservées des trois pages, mais tou- 
jours plus ou moins mutilé. En comparant et en 
complétant 1 un par l'autre les passages où il se trouve, 
on parvient à le rétablir en son entier ^ : 

P. IJ. 8. P. 11,1.3. 

p. 1,1. i3. P. 11,1. 10. 

p.ni,i. g. 

La première lettre est bien \\^ mais la seconde 
n est certainement pas ^.. C'est im m bien caracté- 
risé, tout semblable au ■ de ■ Ç , I ^ ' ^^^^ ^ ^^^ 
mule finale ^ P ' J ^ ^. H faut donc lire , au lieu de 
^ f ^ Ç J[^ et des Emim, ^ ^ ' JL ^^ *^ ^*® ^® 
Jôpou (Joppé). 

H est probable que le conteur rappelait au début 
comment le chef de Jôpou avait tenu longtemps 

^ J*ai agrandi un peu les dimensions des caractères pour «n rendis 
les parlicularités plus sensibles. 
«Pl.IIIJ.i3. 



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COMMENT THOUTll PRIT LA VILLE DE JOPPE. 95 
contre les armées égyptiennes sans que ruse ni force 
triomphât de sa résistance. Un officier du nom de 
Thoutii promettait de le réduire, à condition quon 
lui condât la grande canne du roi Thoutmôs III et 
qu'on lui laissât la liberté d agir à sa guise. Il faisait 
cacher la canne de Thoutmôs III dans un ballot de 
fourrage , puis désertait et se rendait au camp syrien 
avec un corps de cavaliers : peut-être donnait-â pour 
motif de sa défection quelque accident arrivé au 
sceptre du roi. Le prince de Jôpou Taccueilkit avec 
honneur et l'invitait à sa table; au moment où s'ouvre 
le récit, le transfuge égyptien et le chef syrien sont 
occupés à boire. 

Bien que mutilée, la première page est facile à 
restituer presque entière. Deux formules y reviennent 
sans cesse qui facilitent singulièrement l'œuvre de 
restauration : i ** le titre du Syrien , ^ ^ ^ '^ M ' 
.1 . , 2* le nom du sceptre royal, ^^—i^J^ ou 

Grâce au retour perpétuel de ces deux formules,, on 
peut établir que la page en question avait non pas 
0,077 de large comra» la pajpe II , ou 0, 1 48 de large 
comme la pagelll , mais 0, 1 58 comme les cinq autres 
pages du verso. Les lignes 6 et 7 du fragment sont 
ronçues de la sorte : 



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% AOÛT-SEPTEMBRE 1878. 

Les membres de phrase qui fopnent ce passage sont 
tous construits de la même manière. Ils se- com- 
posent de ^'f' I , d'un verbe et de son r^'me. Le 
membre de phrase mutilé commençait par ^ Ç et se 

terminait par ^^J^^ j (®^^ HP' ^" P^«* 
donc rétablir a priori dans la lacune ^ Ç [çTl 



m 



^m 



^^"k— '^JL-S-l'^ + JlJ' etc. Les signes 
restitués nous donneraient, sans tenir compte du 
verbe encore manquant, une longueur égale à celle 
des lignes de la page II; tenant compte du verbe, 
on arrive à obtenir la même longueur de lignes que 
pour les pages IV- Vil. Aux lignes i i - 1 2 , le texte 
mutilé porte : 

Ici, la restitution est d autant plus certaine qu'elle 
se compose de fragments des deux formules : 

Qu on ajoute ou non fépithète ^, la restitution 
nous ramène, à trois millimètres près, à la longueur 
des lignes de la page V. 



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COMMENT THOUTIl PRIT LA VILLE DE JOPPÉ. 97 

Il J I I I < 1 AtMMVi^l 11 I 

les mannes, [et il] les 

[fil disposer], comme oa fait aux mannes. ..•-... 

* Le mot paraît se rattacher à la racine ^J «joindre, unir» et 
signifier au débat «un assemblage d'objets divers», par suite le 
«contenant! dans lequel on assemble des objets, ou, comme Cha- 
bas a bien traduit, un « panier i, une «manne», une «confie», un 
« co£Bre » , dans lequel on embadle des denrées et des substances ali- 
mentaires [Mélofiges égiyptologiifues , IIP série, t. II, p. 137» note 3). 

JjCs '**^^H^ sont mentionnés à plusieurs reprises {Papyhis de 
Zeyde I 3d8, pi. IX, 1. 8; cf. Chabas, l. L; Papyrus AnastasilVj 
pi. XIII, 1. 11), une fois avec l'indication des matières employées à 

leur industrie: \ \ A."^ M Ç P "^ J I mTT^ 

l. 11-12) «Fais approvisionner les fabricants de confies, en ro- 
seaux et en joncs». Des « conserves »^ (?) j|^ ^^^ ^ 1 1 1 ♦ ^^^ 
espèce de gâteau ^ ^ 1 1 1 1 1 » ^^^ substance du nom de , _ =^ 
I I I (Papyrus Anastasi IV, pi. XIII, 1. i4 ; pi. XIV, 1. 2-3) étaient 
placés dans ces confies, ainsi que des j ots de miel : j|^ j _ j^ 

^^ J^ ^. ç^ [Id, , pi. XrV, 1. 10-12), « Item : tu feras enlever 

les miels exprimés (?) quon a mis en confie (litt. : ils ont mis des 

couffes à eux). Mémorandum desdits : Miels exprimés : 5o crucbes 

* neuves , etc. » Le texte faisait sans doute allusion à la provende 

X J^ \ I , , des cbevaux dont il sera question plus bas, et disait 



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08 AOÛT-SEPTEMBRE 1878. 

Thoutii les artisans de 

Pharaon v. s. f. • - . . . . eux. Et après 

qu^ils eurent passé leur heure à boire, Thoutii dit au 
[vaincu de Jôpou : «S'il te plaît I Tandis que] je 
« [demeure] avec les femmes et les enfants de ta cité 

qti*on avait arrangé cette provende comme on fait les couffes pleines 
d'une substance dont le nom a disparu dans la lacune, 

* Le nom propre du dieu est Jjj;. Thoatl; en y joignant le \ i 
(cf. Mélanges d'archéologie égyptienne et assyrienne» t. lU.p. iSg* 

note 5), on a ^)^ ' Thouti-i, «celui qui est à Thot». 

* 7^, ^ ^ ^***7 ffi désigne une classe de personnes encore mal 
déterminée. J*ai pris, faute de mieux, le sens donné par Cbabas 
{Mélanges égyrpUdogi^ues , 3' série, t. I, p. 1 4, 3 43-244). 

^ Litt. : « aprè» leur heure de boire i. 

* La première partie de îa restitution J^ ^_^ ^ ^ ^p \ ij ç ^ 1 . 
est commandée par le contexte et remplit à peu près la moitié de la 
lacune. Le sens et le mouvement général de la phrase exigent, dans 
le discours qui suivait : i ° une formule de politesse à fadrcsse du 
chef de Jôpou; 2' une formule où Thoutii , parlant à la première per- 
sonne, met son étal actuel en opposition avec Téîat de son escorte. La 
formule de politesse, nécessairement très-brève, puisque la moitié, 
de la lacune est déjà remplie d*une manière certaine, m^est fournie 
par un passage du Prince prédestiné (p. III, 1. 2) où le hérœ. 



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COMMENT THOUTII PFUT LA VILLE DE JOPPÉ. 99 
I I 1 1 I I I Jk ^ Q if"^ I I I I I A II I Jl I ''m>^.»^ 

«à toi, qu*on fasse entrer [mes compagnons avec 

. «leurs chevaux] pour leur donner la provende, ou 

« bien qu'un Apourou coure [à l'endroit où ils sont I » 

s'adressant aux fiis des chefs de Syrie , leur dit : '^ J^ , , , , 
âjifî Ç :éî etc. .S'il vous plaît, je vis ad..sser«ne pri^ 
aux dieux •;!€!• il suffit de changer le pronom sujet '^ J^ , , , 
, ^^ < S'il te plaît I » Dans ce qui suit , il ne pouvait y avoir que 
I >^ ^ i^ ^^ ^^ * Tandis que je demeure » ou I A ^ P "***" 

<5 ^Hl • Tandis que je bois ! » qui est en opposition avec Tétat de 
Tescorte restée au dehors du camp oa du palais , comme l'indique 
la demande de Thoatii : i Qu'on Êisse entrer mon escorte». 

' Liit. : «Ta ville de tes membres», e est-à-dire «ta propre ville». 
Sur ce thème pronominal , cf. de Rougé ( Chrestomathie , II , p. 54-55 ). 

* Je ne vois guère que le mot J^ lu j^i JÇ famiUe, peuplait, 
tribu, escorte» suUe, en général tout assemblage de personnes unies 
par les liens du sang , de la religion , du vasselage ou de la domesti- 
cité, qui réponde aux nécessités du contexte tout en complétant la 

syllabe 3Lj. Le mot J J^ \ 1 1 1 désignant la provende, le fourrage, 

suppose nécessairement dans la lacune le mot J _ -_^ ^ ^ , , , ; d*où 
la restitution. 

* C'est dans ce nom que M. Chabas avait cru devoir reconnaître 
le nom des Hébreux. 



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100 AOÔT-SEPTEMBRE 1878. 

On] les [fît entrer]; on entrava les chevaux, on leur 
donna la provende, on [y trouva la grande canne 
du] roi (Menkhôprirî^ v. s. f., on [r]alla dire à 
ïhoutii. Et [après cela, le vaincu de Jô]pou dit à 

* La prière portant |' JK ^ ^ J^ [IH JV^ n t J » ^ Phrase 
où Ton marque qu elle est accomplie devait renfermer le même 
verbe, soit, avec la forme grammaticale qui régit tout le mouve- 
ment [ ^ ^ î I' 3^ y^\ \ I I I • ^® commencement de la lacune , 
qui répond à la fin du discours de Thoutii , contenait le r^ime du 

verbe •***" '^Tp j\ » c'est-à-dire un nom de lieu régi par la prépo- 
sition <=?>, ou la formule qui remplace un nom de lieu en par^ cas 

' Goodwin (p. 345) lit le groupe !J;^ v,_j et traduit «let the 
horses to be tetbered» (p. 342). Il me semble bien que les carac- 
tères qui suivent «v-^ dans le texte hieralicpie sont les débris du 

signe -a— I , et que nous avons le verbe ^^ — ^ t^ i . 

' La suite du récit paraît exiger qu'on ait» dans la lacune : t [On 
trouva la baguette du] roi Thoutmôs ». Cette restitution peut se faire 

de deux manières : ou bien on aurait T x [ Ç , ^4) j^ ^ J^ "J^ 

"^'^ S i / ^ J 4^ s ^^ y « On [ trouva en elle la canne du] roi » , ou 

bien \^ [çT'^lkiîl-^^JlTl^] +JU- 



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COMMENT THOUTII PRIT LA VILLE DE JOPPÉ. lOJ 



Tr:+z.i (F^H HPiSEznrsr^ 



Thoutii : « Mon désir est de contempler la grande 
u canne du roi (Menkhôpbirî^ v. s. f., dont le nora 

<( est tiout nôfru Par la personne du 

ttroi(MENKHÔPRiRÎ^ V. S. f . , puisqu'elle est avec toi 

uen ce jour, excellent, toi apporte- 

« la-naoi. » Thoutii fit comme on lui disait; il apporta 

La locution \ j^ '^-^ » i Jk » ^^ place d'onlinaire tout à la fin de 
la phrase, quelque longue qu'elle soit, et ne s'intercale pas souvent 
entre le verbe et son régime. C'est la raison qui m'a déterminé à 
.choisir la seconde restitution de préférence à la première. 

1 La restitution [^jL,)|i^^^'^< |] (g J^, com- 
mandée à la fois par le sens et par les signes ^ ^ \ . qui subsistent 
à la lin de la lacune, ne laisse de place que pour une transition Irès- 

I \y^ » m^'^^ trouve dans le même emploi au roman 
démotique de Satni. 

* Le signe y est douteux dans le papyrus ; il servirait de détermi- 
natif au nom de la canne personnifiée. 

* Un point noir qui peut être ^ , mais dont je ne garantis pas 
la valeur exacte. 

* Lit». : « Il (Thoutii) fil de même». 



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102 . AOÛT-SEPTEMBRE 1878. 

la canne du roi (Menkhôprirî^ v. s. f. [II saisit le 
vaincu de Jôpou par] son vêtement , et il se dressa tout 
debout, en disant : «Regarde ici, ô vaincu de [Jô- 

* Le mot se retrouve au Papyrus de Leyde, I 353, 1. 8 (cf. 

Gbabas, Mélanges égyptologiqaes ^ I, pi. II), écrit ^^^ q ^ ; deux des 
objets qui! désignait sont estimés six outen de cuivre. Au Papyrus 

Anastasi n" IV, pi. III, L i. il est dit du matelot : < < Q J^ Si 

\ \ ^_j ^^^ W a . Dans Anastasi V (pi. XIII, i. 4-5), un scribe 
éciit à un autre : ^j|i,Ai^ç/C<=><=>*/C/J«AÎ^ 

Dans aucune de ces phrases, le sens du mot ne ressort du contexte. 
On voit seulement qui! s*agit d'une pièce d'habillement, peut-être 
d*un manteau. La restitution de la lacune est presque évidente de 

soi. La forme grammaticale \ «^ , est donnée par le mouvement 

général du morceau où tous les verbes sont régis par \ ^^ j . La 
clarté du récit exige que Tboutii saisisse le prince de Jôpou par une 
pièce de son vêtement avant de le frapper. 

* Litt. : « Il se tint debout en il se dresse ». ^^ ^^ est un subs- 
tantif de la forme en j^-^ final déjà signalée souvent [Mélanges d! ar- 
chéologie égyptientie et assyrienne, t. III , p. 8o note i , et p. 1 59 note 7 ). 



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COMMENT TOOUTÎI PRIT LA VILLE DE JOPPE. 103 

« pou, la grande canne du roi] (MENHUôwuRQv.s.f., 
ule iîon redoutable, le fils de Sokhet, à qui donne 
« Ammon , son [père , la force et la puissance ! » II] 
leva sa [main], il frappa à la tempe le vaincu de 
Jôpou, et celui-ci tomba sans connaissance devant 

lui. Il le mit dans le • des 

peaux. Il embrassa (?) 

i La lecture J |* V J^ J^ est douteuse. 

* Les débris de signes semblent représenter les rentes de *^— ^, 

Ue J^ et de y) devant V— i. 

^ Le dét^minatif est à moitié efiacé. Restitution douteuse. 

^ La seconde page commence en cet endroit. Elle est complète, 
sauf dans le baut» où quelques déchirures ont enlevé partie des deux 
premières lignes. 

' La restitution j^ L J ^ ÎW l ^^ ^^^ J • *"* [affaissement] • 

n'est qu un à peu près. Le groupe J Q J^ |' ^A ^*" , écrit comme 
il Test dans le Conte du Prince prédestiné (pi. F, 1. lo), remplit exac- 
tement la lacune. . 



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104 AOÛT-SEPTEMBRE 1878. 



/mSma I I pi 






la paire de fers qul^il] du 

vaincu de Jôpou, [et] on lui mit aux pieds la paire 
de fers de quatre anneaux. Il fit apporter les 

* M. Goodwin ( 346 , n. 2 ) lit (eA (?) , suivi d'un délerminatif incer^ 

tain , le groupe ^\^^ i 1 1 1 . ^^ revient deux fois en deux lignes , et 
que je traduis une pahre (?) àe fers, une paiie de chaùi^. Le texte 

explique aussitôt que la p^ire de chaînes se composait , , , , ^^ | ' q 

avec un déterminatif nouveau , O, du mot 5|^5k I • ^® ^^^®^'^^"^*'*^ 
nouveau , étant un cercle , peut représenter les cuineanx dont se com- 
posait la chaîne. Suit un mot à demi effacé où M. Goodvnn (p. 346, 

note 1 4 ) distingue les signes jj^ , ^ J J », in ihe moulh of hîs 

magazine. La barre que M. Goodwin transcrit m est tracée sur une 
fibre de papyrus qui n'est plus à sa place originale ; il feut la reporter 

en avant, ce qui semble donner, pour le groupe restauré, ^ g—, 

\ \ x^ . Tout le passage se rapporte aux préparatifs de Thoutii. 

Après avoir tué ou, tout au moins, étourdi le prince de Jôpou d*UB 
coup de la canne de Thoutmôs III , Thoutii se déguise en prisonnier, 
et , entre antres précautions qu'il prend , ordonne qu*« on lui mette 
aux pieds la paire de chaînes de quatre anneaux ». Nous verrons, en 
effet, plus loin que Téouyer du prince de Jôpou dit à sa souveraine 

_ y , i*^'jy^ «Nous sommes maîtres de Thoutii». 

* Le chiffre est k moitié effacé. La restitution n'en est pas moins 
probable, le chiffre 5oo étant le seul dont la forme hiératique se 
prête à compléter les traits déjà existants sur le, papyrus. 



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COMMENT THOUTU MIT LA VILLE DE JOPPÉ. 105 
1 1 A. ^««««^ ^«.^ S— i iri<«»> I j| I I 1 1 « • |MM»A A««»^ I ^ A /i I il I 1 1 

ccccc jarres qu'il avait fait fabriqtier et y introduisit 
deux cents soldats; [puis] on remplit la panse [des 
trois cents autres] de cordes et d'entraves en bois, 
on les scella du sceau , on les revêtit de leur banne 

* Le sens paraît être des jarres quil avait données à la lu- 
mière, les jarres qa*il avait produites!. Goodvirin (p. 346, note i5) 

rattache ^ J^ *J^illiii^^^ racine h^raîque Cf 3n et y 
voit tun vase ou un paquet d*une certaine espèce •. Il me semble 
qae le mot doit désigner ici de grandes jarres en terre, semblables à 
celles dans lesqudles Ali-Baba et sa servante découvrirent les qua- 
rante voleurs. Tboutii cfait descendre» dans deux cents de ces jarres 

jdeux cents hommes , et remplit la « panse » ^ ^^^^ 1 ^ W ^"^ ^" '''®^*® 
de cordes et d*entraves en bois. On scdlle le tout, on met sur chaque 
jarre Tappareil dont ces vases étaient revêtus d'ordinaire et qui ser- 
vait à les charger, et cinq cents soldats solides les prennent sur leurs 
épaules. 

^ j|^ passé , comme c^est souvent le cas , devant un mot commen- 
çant par )^ (cf. Orbiney, pi. VI, 1. 7). 

' Le mot est bien | J \ 1 1 1 » non U \ 1 1 1 . comme pensait 
M. Goodwin {p. 847, note 17). Le mot est employé au calendrier de 

Médinel-Abou , dans la phrase ijiniJl^" fin iii»^ 
désigne, d'après Brugsch (Dicl., p. 1 583), une certaine mesure. Le 

mot dérive de la même racine que *^=^ J 9 • ""*^ cruche, un vase ». 



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106 AOÛT-SEPTEMBRE 1878. 

Il I ^"^ JV I 1111 Ml Ç I 1111 1 e I A ^»-iJ 

1 ^ I I ii^e Jk .—i-ic JVi III I 1 e I ■•^».-es>.p-—\WV' 

et de [l'appareil de cordes nécessaire à les porter ^], 
on les chargea sur autant de forts soldats, en tout 
ccccc hommes, et on le^ir dit : « Quand vous entrerez 
« dans la ville, vous ouvrirez [les jarres] ait vos corn- 
a pagnons , vous vous emparerez de tous les habitants 
« qui sont dans la ville, «t vous [ie«r] mettrez les liens 
u sur-le-champ. » On sortit pour dire à Téçuyer du 

H me paraît désigner ici ia couverture , le sac en toile grossière ou en 
natte, dont on revêt les jarres pour les consolider, et, dans le texte 
de Médinet-Habou , le même sac employé pour contenir de» légumes. 

^ Le délerminatif de*— ^ j^ | \ est douteux, ainsi que celui du 

mot suivant; de plus, le • de ^3J (g i i n'est pas certain. 
Goodwin traduit (p. 343) vtfUk. their garlands efjlouters, Ceti<e tra- 
duction supposerait une lecture *— ^ j|^ J \ [ n | J ... i i 

L 1 1 1 J idont je ne puis retrouver les éléments sur 1 original hiéra- 
tique. Je pense que les deux mâts devaient désigner ici tout Tappa- 
reil de cordes et de poignées dont on entourait les jarres et qui 
servait à les porter. 

' Litt. ; «On mit tous les soldats bons sous eiies ». 



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COMMENT THOCJTII PRIT LA VILLE DE JOPPÉ. 107 

vaincu de Jôpou : «Ton maître est tombé! Va dire 
a à ta souveraine : Joie ! car Sou[tekh]ou nous a livré 
tt Thoutii avec sa femme et ses enfants. Voici , on 
« a déguisé sous le nom de butin fait sur eux les 

* GoodWin (p. 347» note 21) lit iç^jf » et voit dans ce mot 
« un nom collectif désignant la troupe entière des sennou ou cama- 
rades ». Le premier signe du mot est certainement \ , non J[ ; le 
second, un peu mutilé en cet endroit, mais bien conservé à la 
ligne 1 3 de la même page, est y; le resle est i»i ou m^^ mais 

plutôt ml* he tout nous -donne J ^ 1 )| ou ^ ^ , )| Ja régente , 
la souveraine, probablement i<â la femme du prince de Jôpou, 
chargée du gouvernement de la ville pendant Tabscnce de son mari. 

^ La restauration =T ^ 4 ^ il est très-probable; en tout cas, ii 

y avait là le nom d'un dieu. =T \ © J Soutehh était, d'après le 
traité ^e Ramsès II avec le prince de Khet , une sorte de nom générique 

que les Égyptiens donnaient aux divinités de« villes syriennes. Le "Y" \ 

# \ y de Jôpou serait à joindre aux différents Sonlehhcm que les 
textes nous fbfit connaître ailleurs. 

' Goodwin (p. 348, note 20) transcrit : ,.^_^ \ \ ^^ _^- , ,Yi w% 

wPrTilTâl^Xl^etc» e^ *^d^t (p. 243) : «May it 
please you, let us give up (?) Tahutia, with bis wife and bis cbil- 
dren. Bebold, it bappened, tbey performed as was desired, wrth 

regard to tbe 200 vessels, etc. » Il n y a certainenaent pas ^.^^ 1 1 1 * 
comme le prouve ia comparaison des signes tracés en cet endroit avec 



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108 AOÛT. SEPTEMBRE 1878. 



^7\ 



« ce jarres qui sont remplies de gens, de colliers de 
« bois et de liens. » L'écuyer s*en alla à la tête de c)bs 
gens-là pour réjouir le cœur de sa souveraine en 
disant : «Nous sonunes maîtres de Thoutiil» On 
ouvrit les fermetures de la ville pour livrer passage 

les signes qiii forment ^^ dans le reste du manuscrit. On peut 
hésiter entre ^|%. et ^|^; le second me paraît être préférable. 
Le mot à mot de la phrase donne : < Voici main-d*Œuvrc d*eux , elle 

"5^ m1 ,, • ) aux (*=»') deux cents 
jarres » ; c'est-à-dire : « et voici , on dira que les deux cents jarres 
pleines d'hommes et de liens sont le produit du travail de Thoutii 
et de ses enfants, sont le butin fait sur le bien de Thoutii et de sa 
famille». La phrase paraît être construite sur le modèle des phrases 

citées par Brugsch (Dict, p. 1486-1487) : ^ ^ A J < — » 

j ^.j^ tEst appelé Tbou pour le nom de ce nAme». Seulement le^sujet 

^ , ^ ;^^ ^j**l 1 I I I » °^ i^ I IL ®^ féminin comme dans ^ , v*""^ 

(Brugsch, Dict., p. 1670), est rappelé derrière 3^ jji P^"* ^ 
forme '^^ du passé. Le chifire Ç Ç paraît être en contradiction 
avant le chiffre de Ç Ç Ç Ç Ç que j'ai rétabli plus haut et qui est 
bien certain. B faut croire que le scribe aura songé aux deux tcnts 
jarres qui, seules, renfermaient des hommes, et aura donné ce 
nombre partiel sans plus songer au nombre total de cinq cents. 

\ Litt. : « // 8*en alla en a Vaut tVeux ». 

^ Litt. : a On ouvrit les fermetures delà ville devant les porteurs ». 



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COMMENT THOUTII PRIT LA VILLE DE JOPPÉ. 109 

tvmr^içx^isi:i:^np^îr 

* [\X]-iK'^.®P*.y5Jfcl^MçrakJ 

auï porteii£s; ils entrèrent /dans la viHe, ouvrirent 
[les jarres de] leurs compagnons, s'emparèrent de 
[toute] la ville, petits et gr8ttids,-et ils mirent [aux 
gens qui l'habitaient] les liens et les coUieris, sur-le- 
champ. Quand l'armée de Pharaon, v. s. f. , se fut 

^ Une expression équivalente se rencontre dans le grand Papyrus 
Harris (pi. LXXV. 1- »-4 ) : |Ë; X %W E" * ik Ô î ]k 'II' 

■ 1 1 <€ i, I I «3» A I I U A- I I I ** I I I 1 ^^ .^ M-m 

Ji 3l Ç 5l^^ , , , «Lepaysd'Égyptes'enallaàladérive, 
et aucun de ceux qui s'y trouvaient neut de suzerain, durant des 
années nombreuses du temps d'auparavant jusqu'à d'autres époques 
où la terre d'Egypte fut aux mains des princes des villes et où cha- 
cun massacra son voisin , grands et petits. » 

* Le mot _ ^ j^ I î^ [ ^"^ paraît être composé de la même ma- 
nière que I ^ ï <— > 1 1 1 1 « la cavalerie •. J'ai traduit d'après le sens 
du (Contexte, mais d'une manière générale, armée, force mililaire.' 

' Le sens est douteux. Peut-être faut-il traduire « s'installa Thoutii » . . 

xir. 8 



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110 AOÛT-SEPTEMBRE 1878. 

emparée [de la] ville , Thoutiî se reposa et envoya un 
message en Egypte au roi (M enkhôprirî^ v. s. f. , son 
maître, pour dire : « Rëjouis-toi ! Ânmion, ton bon 
«père, ta donné, le vaincu de Jôpou avec tous ses 
« sujets et aussi sa ville. Viennent des gens pour les 
« prendre en captivité , que tu remplisses la njiaison dô 
(( ton père Âmmon-Râ, roi des dieux, d'esclaves et cU 
M servantes qui sont sous tes deux pieds pour tt)U- 
« jours et à jamais !» 

Explicit féliciter par Toffice du scribe instruit dans 
les récits, le scribe 

^ Le determinatif -Mk. n^iest pas certain. 

* Le texte semble porter "^ j^ J^ _ ; toutefois la lecture 

llr 3V ^ ÎW -- ®**^ possible également. Je f ai adoptée parce 
qu'elle o£Bre un meilleur sens. 

' Le nom du scribe est presque entièrement efiacé; les traces qu*it 
a laissées sont indécbi£Erables. 



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COMMENT THOUTU PRIT LA VILLE DE JOPPÉ. IH 
Les aventures de Thoutii sont-elles le récit d'un 
épisode réel des guerres ^ptiencœs? 

Jôpou a été de boiine heure occupée par ks Égyp^ 
tiens. Thoutmôs P lavait probablement soumise dès 
ses premières campagnes au delà de TisAme; en tout 
cas, elle figure sur la liste des conqirètes de Thout^ 
môs in^ Selon 1 usage du temps, eiie pt^ait un 
tribut au vainqueur^ mais conâerrait son chef béré^ 
ditaire. Le vaincu de Jôpoa ^, puisque tel est, dans le 
langage de la chancellerie égyptienne , son titre offi- 
ciel, dut agir souvent comme le vainca de Thanep^, 
le vaincu de Kodesk et tant d'autres , qui se révoltaient 
sans cesse et attiraient sur leur ville la colère de Pha- 
raon. Le fait d'un prince de Jôpou en lutte avec éon 
suzerain n'a rien d'impossible en soi » quand même 
ce suzerain était aussi puissant et aussi dur k la ré- 
pression qu'élait Thoutmôs IIF, 

L'officier Thoutii n'est pas un personnage entiè- 
rement fictif. On connaît un Thoutii qui vivait, lui 
aussi, sous le règne de Thoutmôs III et qui a déjà 
fourni la matière de deux mémoires à MM- Birch * 

1 MarieUe, Juirna^^ pi. XVII > XVUI, XIX. n** 62, et Ie5 List^ 
géografihiqnfis des Pylénês de Keumak, p. 32, n' 63; cf. de Rcugë, 
Sur divers monaments du règne de Tkùtttmh fil, p. 55 , ti* 61. 

* J^ ..— ^ \ TjT* \ i^ ^-L Litt. : «le ton^mt ou le renversé 
àe Jôpoai. 

• ^J^ JLZ^ ■€ J- {Annales de Thoutmks IIl, l 3). 

. * Mémoire sw une paûte égyptienne du nmsée du Lowre, par 
Bi. Samuel Btrdiu Paris, i858, iIv8^ 74 pages (extrait du t. XXIV 
des Mémoires de la Société des Antiquaires de France). 

8. 



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112 AOÛT-SEPTEMBRE 187S. 

et Devéria^ Le Louvre a de lui un canope en 
albâtre^, un vase en or intact*'*, et les débris d'une 
patère en argent*; le musée de Leyde, une palette 
^1 talc^, un vase à collyre et un canope en albâtre*, 
un scarabée funéraire de jaspe vert monté en or ''. 
Il avait exercé de grands conunandements en Syrie 
et en Phénicie. Il s intitulait «prince héréditaire, 
(ipère divin aimant dieu, dél^^ué du roi en toute 

^ Notice de quelques antiquités relatives au BasiUcogrammate Thouth 

oa Teti J^ , pour faire suite au mémoire de M. Samuel Birch sur 
une patëre égyptiemie du musée du Louvre , par M. Théodule Devé- 
ria. Paris, i858, in-8', 26 pages (extrait du t. XXIV des Mémoires 
de la Société des Antiquaires de France), 

' Provient de la collection Drovetti ; est donné dans le catalogue de 
cette collection (n* 2 38) comme trouvé à Thèbes. Décrit par Devé- 
ria (Notice, p. 8); n* 1 127 de l'inventaire actuel. 

* GoUection Drovettt, n** 260. Décrit par Ghampollion (Notice des 
monuments, 1827,! i2 3, p. 95); par Birch et Devéria (op. laud.), 
et par Pierret (Catalogue de la salle historique, 1878, n** 358, p. 86- 
87 ); indiqué par E. de Rougé (Notice sommaire des monuments égyp- 
tiens, p. 64 % vitrine H). 

* Provient d'une des collections Anastasi. Décrite par Fr, Lenor- 
mant (Catalogue dune collection d'antiquités égyptiennes, Paris, 1 857,. 
in-8% n*'956, p. 80) et dans Devéria (Notice de quelques antiquités, 
p. 12-16). Achetée en 1867 par M. Raifé (Fr. Lenormant, Descrip- 
tion des antiquités, . * composant la collection de feu M. Raifé, Paris , 
1 867, in-8*, n** 38o , p. d 1) ; acquise par le Louvre en 1 867 et décrite 
par P. Pierret (Catalogue, n" 359 ♦ ?• 87-88). 

* Provient d'une des collections Anastasi (I^eemans* Description, 
287, p. 109; Monuments, 2* partie, pi. XCV, I 287). . 

* Même provenance (cf. Leemans, Description, H 929, p. 89, et 
Monuments, 2* partie, pi. LVIIl). 

^ Même provenance. Décrit et reproduit par Leemans (Descrip- 
tion raisonnée des monuments égyptiens , Lejde ^ i84o, in-8%086, 
pr 202 , et Monuments égyptiens du musée d'antiquités des Pe^s-Bas, 
2*partie,pl. XXXV, G94). 



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COMMENT THOUTJI PMT LA VILLE DE JOPPÉ. 113 
« région étrangère des pays situés dans la Grandi- 
a Verte ^ » C'était lui qui remplissait le trésor de a k- 
« pis, d argent et dor. » Il était scribe royal, général 
d'armées, gouverneur des contrées étrangères^, gou- 
verneur des contrées du Nord^. Rien nMnpêche que 
-dans une do ses canq^agnes.il ait eu à combattre un 
prince de Jôpou. 

Les principaux acteurs du récit peuvent dolic ap- 
partenir à llMstoire. ' Les actions qu'on leur prête 
ont*^lles la couleur historique ou sont- elles du do- 
maine de la fantaisie? Thoutii se rend comme trans- 
fuge auprès du chef ennemi et le tue. Il se déguise 
en prisonnier de guerre pour pénétrer dans la place. 
Il introduit avec lui des soldats habillés en esclaves 
et qui portent d autres soldats cachés dans des vases 
de terre. On trouve, chez la plupart des historiens 
classiques, des exemples qui justifient suffisamment 

* 1^ ŒK 1^ "o™ ^6 I21 °^^r ^^ général , souvent de la mer Mé- 
diterranée. 

yj + Z, HiJfe Û 1 1 (Patère en or dn Louvre.) 

' tlî^ -1} i à^ ^ (Scarabée de Leyde.) <^^^Z1 
(Vase en aMtredeLeyde.) iTl^ïI^T^' Kl ^ «^ (Pa- 
lette du musée de Leyde.) . . ; ,„_^ • j^ J^ • 3 (Patère en 
argent du Louvre.) 



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114 AO(JT*S£PTfiMBRE 1878. 

remploi des deux premières nis^. J'accorde volon- 
tiers qu'dles doivent avoir été employées par les 
généraux de T^ypte aussi bien que par ceux de ia 
Grèce et de Rome. La troi^ètne renferme un éiément 
non-seulement vraisemblable , mais réel : Tintrodue- 
tion dans une place forte de soldats habillés en es- 
claves ou en prisonniers de guerre. Polyen rapporte 
que Lykos, un des généraux de Lysimaque, roi de 
Thrace, s*étant associé à un ichef de pirates, oeluin», 
pour surprendre Ephèse , désarma un ocrtein nombre 
des soMats de son allié, les endiaina, les pousaa de- 
vant lui, et, quand il fut près de la ci^elle, leur 
ordonna de tirer le poignard tpi'ils portaient caché 
sous leurs vêtaootents. Les portiers et la garnison, 
pris au dépourvu par cette attaque, &rent massa- 
crés, et Lykos demeura maître de la place ^. Le 
même auteur jracotite, dans un autre passage -de son 
ouvrage, comment Néarque le Cretois prit la ville 
de Telmissos, en feignant de confier au gouver- 
neur Ântipatridas une troupe de femmes esclaves. 
Des enfants enchaînés accompagnaient les femmes 
avec 1 appareil des musiciens , et une escorte dliommes 
sans armes surveillait le tout. Introduits dans la cita- 
delle, les hommes d'escorte ouvrirent chacun Tétui 
de leur flûte qui, au lieu de Imstrument, renfer- 

^ O fièm af>)(t9Mtpitrif€ roùs AtJxov (rlpoittéraf dévXovs èp IpLariois 
xoù vftSSiat Meftépovgf <&f «^yoriJi^t/g, XaSùfP, eMyaye, xal t^Ath- 
oiov^ift dxpom6Xeûi>ç yeim^iàifos^ 'ma^yyetXt ^Sadat toTs iyx^etptShts 
& xexpvfiiiépa èxàfuiov vifo ficO^p* réip ^è tgepi rifp axpàicoXtp ^erv^a- 
p&p xai i^X^atù)v Çop€V0pLévœp, alpexûu tnifi^p rots tstpl tàv \^xop 
{StiaL, V, xix). 



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COMMENT THOUTU PRIT LA VILLE DE JOPPÉ. 115 
mait im poignard nu, fondirent sur la garnison et 
V^mparèrçot de la WUe ^ 

$i llioutii » était borné i charger ses soldats de vases 
Qrdmtire$ ou de boîtes renfermant, sous prétexte de 
lrésof$ ou dln^umeots, des lames hien affilées, je 
naiiraîfl H^n i obJ60t^r contre rauthenticité de son 
Jsiistoîrç* Mm â le9 «ecabla da poids de vases énormes 
qui coatwftieiit obaoun un soldat armé ou des 
chaînon aiu lieu d'anms» Bour trouver Téquivalent 
de ce stratagème» il &ut descendre juscpi'aux récits 
véridiques des Mî/fc et mw Nuit$. Le chef des qua- 
rante voleurs, pour introduire sa troupe chez Ali- 
Baba , ne trouve rien de mieux à faire que de la mettre 
en jarre , un homme par jarre , et de se donner pour 
un marchand en voyage. Elncore le conteur arabe 
îi-t-il plus souci de la vraisemblance que le conteur 
égyptien, et fait-il voyager les pots de la bande à dos 
de bêtes, non à dos dliommes. Il me semble que ce 
trait suffit seul à compromettre Tauthenticité de tout 
le récit. Les actions de Thoutii ne sont plus des inci- 
dents d'histoire, mais des incidents de roman popu- 
laire. De même que d autres conteurs prenaient des 

* 'Séap^os Kpiif xdtstrx^ TeXfttaaèp, kvmtarpiSov xparoUvros, 
ILariitXevat (Up if xèp Xiitépa Véap/os * ivei iè kprticaxpièas , tgaXouàg 
Ap ^tXàs, d%6 riis âxpas xaréêri vpèç a^rèp, xoâ iteXé^apro tsspi 
&p iSouXolfTO, 6 Kpils é^, poiiXeadat yvpaîxas dicédeadat 'map*a^T&, 
xal maûfSas êsSsftépovs, ô fièp kpiticai plias iicérpt^tp' oï Si 'waSêes 
ol êeieftépot rà axviti tSp iiovaovpy&p yvpeux&p dptxéfuiop • èp 3è 
ToU xiSùjrioig i&p «ôX&p èpffp èy)(€iplSui yv{i.pà' ip êi tous x^</Jats 
véXrtxs. ùg Se ettreù riis dxpaç èyépopro, ol tàs yvpàixas xai roùs «a7- 
Sas dyopxes, tritourdfispot rà èy)(eipihay xaTa}afi€dpov9t rrfp ixpap 
xii tUs TêXfiitraoM ^éap^oi ixpdmaep {Strat,, V, xl). 



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1J6 AOÙT^SEPTEMBRE 18^8. 

noms de Pharaons pour les donner à leurs héros, 
récrivain à qui nous devons le premier récit du 
Papyrus Harris pouvait avoir pris le nom d un per- 
sonnage célèbre du t^nps de Thoutmôs EII, et avoir 
donné libre carrière à sa fantaisie. Le cadre du 
récit était historique, selon Thabitude égyptienne; 
le fond du récit était de pure imagination. Les stra- 
tagèmes que Thoutii emploie pour s'emparer de la 
•ville de Jôpou ont juste autant de réalité que les 
ruses employées par le voleur d'Hérodote pour piU^* 
le trésor ou tromper la Aile du roi Rhampsinite. 



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DES ORIGINES DD ZOROASTRISME. 117 



DES ORIGINES 
DU ZOROASTRISME, 

PAR M. C. DE HARLEZ. 

(deux/ème article.) 



IL 

GfiNAé. AMESHA-GPENTâS. ASHA. 

^ Avant de continuer cette étude, nous devons 
jeter un regard en arrière et cotopléter' quelques 
poiùtâ dés précédentes discussions. Pour ne pas ies 
prbloiîger outre mesure , nous avbns omis ' bon 
nombre darguments que nous eussions pu faire 
valoir; nous ny reviendrons point, la plupart des 
questions ayant été suffisamment traitées. Il en est 
trofe, Cependant, que nous croyons devoir élucider 
d*une manière plus comjrfète et plus méthodique, 
parce qu'elles ont une importance particulière et 
parce qu'elles nous permettront de fiiîre 'ressortir 
en leur pieiia jour les deuk méthodes qui divisent 
les interprètes de VAvestùi 

Ces questions sont celles qui concernent les Gênas , 
les Amesha-^fentas et YAsha. 



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118 AOÛT-SEPTEMBRE 1878. 



1. DES GRNAS. 



Le hâ XXXIX du Yaçna s'ouvre par ces mois : 
« Nous honorons la terre avec les gênas , » et la version 
pehlvie les rend de la sorte : « Nous honorons la terre 
avec les femmes.» Que signifie donc ce mot ^ena, 
quels sont les êtres qu il désigne ? 

Pour répondre à cette question, le VédisaM 
n^hésite pas longtemps. H va droit au lexique des 
Védas. Il y cherche, il y trouve le mot gnd, équi- 
valent phonologique de gerta. Il voit que ce terme 
désigne d abord des divinités féminines isolées, 
épouses dlndra, d'Agni, de Varuna, représentant 
les deux mondes, le sacrifice, etc. (V. 43 6; id., 
46, 2-8 ; V, 68, 4), puis l'ensemble de tous les génies 
féminins et des groupes de divioité3 femQ^e^ qui 
accompagnent généralement Ttmhtar, ié fQrmateur 
du monde, et, deux fois p^ut-êtr^, p^rso^nifie^t Im 
^aux céie^tQs. De ce^ v^eurs, il choisit celle qui 9*ac^ 
corde le mieux avec ses idées préconçu^^, fiveç le* 
aiitres partie? du système qu-il a embrassé, celui 
deau^ célestes, par ewmpie; et s9ii/$ plus, il f^oit 
pouvoir aSiro^r que les ^^nas avestjqu^ îçont mm 
le^ reprrffewtapts de Vè3ètmnt humide dw ci?|. 

hÈrmmM, lui» we va pas si vite e^ h^^gWt U 
imm^^^ j^aiement Jee Védm et *ote le» rew§i- 
gnemenU qu'il y pui^e; mai» pQwr lt|i, tout ^^'ftst 
point dit après cela. U ne eroit p$|$ a^ dpgm^ 4e 
fidentité de» doptrine» ^anieimeset hindpues, 
il pense que les mots dune kngue et d W livre 



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DES ORIGINES DU ZOROASTAlSME. 110 
doivent être étudiés avant tout dans cette langue Qt 
dans ce livre. Il scrute donc VAvesta et voici ce qu*il 
y trouve. Le mot ^na désigne , en plusieurs endroits, 
les simples mortelles, et conséquemment il a con- 
serve en zend , comme dans presque toutes les autres 
langues îndo^inropéennes,. le sms originaire (gr. 
yvvff) got. ^iito; V. prus. ganna; anc. kona). C^est 
ain^ que les demeures des amis de Mithra sont dites, 
au yesht x, célèbres par les femmes qui les habi- 
tent (pi^do^endo, yt. x, 3o), et que lauteurdu pç. xlv 
promet de conduire en paradis quiconque, homme 
ou femme^ lui aura fsât des dons généreux (nâ va , 
pnâvâ^ y. xly, lo). 

Il est donc incontestable que gêna a , dans \Ayesta , 
une autre signification, un autre emploi que dans 
les Vé^, et que Ton ne peut transporter un sens 
d*un livre dsms Tautre sans s exposer à des erreurs. 
Cdb est d autant plus vrai, que la s^ification 
fournie par les Vidctjs est figurée et par conséquent 
dérivée, moins ancienne que lautre. C'est donc à 
XAv&ta seul qu'il faut demander la nature de ses 
gmas^ et pour connaître celle -€1 avec certitude, il 
&ut examiner tous les passages où ce mot se ren- 
contre^ 

Nous connaissons déjà le yesht x et le Yaçna xlv. 
Les gemas se trouvent encore quatre fois dans ie 
Yaçna et trois fois dans Je Vispered. Aux bas i, 18 
et Hi , 3a , ïatharvan ofifre le sacrifice ùshcwnânmfravas- 
kinâam ghenaaâamca mx fravashis des ashavans (des 
fidèles) et des femmesw Le mot ashavan, dans iex- 



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120 AOClT-SEPTEMBRE 187^. 

pression ashionânntfravùshinânm, dé^gne partout les 
hommes fidèles à la loi," appartenant à Çpenta- 
mainyus; les ghenas qui sont misea en .parallèle 
doivent donc être les femmes terrestres* Le hâ ii, a 5, 
contient une toiu^nure un peu différente mais qui 
doit être équivalente : ashaonânm fravashayô (jhe- 
nâoeca. L'interprétation doit rester la même. 1(6 
commencement du hâ xiv invoque le ratu des chel& 
de nmdaa, de vîç, de zantu, de danha, puis le chef 
des femmes [ghenanânm) , lequel est la lot mazdéenne 
(daénânm mazdayaçnîm). 

Venant après les chefs terrestres, ayant pour chef 
la loi mazdéenne, les gênas ainsi mentionnées ne 
peuvent être que des femmes de la terre; la loi leur 
est donnée pour chef parce, quelles sont destinées 
à être toujours soumises [ha hâmçâstay voy. xxn, 
yesht i8, Visp. m, ao). D'ailleurs ce sens est assuré 
par la mention suivante : a et la bipède sainte et 
cette terre qui nous porte, n Certes, la bipède ne 
peut être que la simple mortdfc. Ce terme est, 
du reste, familier à ïAvesta pour désigner les hu- 
mains. Cette bipède est ici placée entre ashi vanahi, 
Parendi et le feu, ratu du c&rps humain, ce qui 
nous prouvera qu'on ne peut argumenter, contre le 
sens littéral, de la place qu'occupent ailleurs les 
gênas; elles restant simples femmes bien quentoiaréés 
de génies. : : , :' 

Au Yaçna xvii et au Vispered ii, i y, les gênas sont 
qualifiées de ha baghÂo (riches, heureuses), hafedhris 
(nées de pères bons, ou illustres), haraodhâo (à la 



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DES ORIGINES DU ZOROASTRISME. 121 
belle taille). Il serait impossible de trouver dans la 
mythologie éranienne des gënies féminins auxquels 
c*es épithètes pourraient convenir; d'ailleurs, ce 
passage est suivi immédiatement de cet autre : 
«L'homme pur qui a un ahu et un ratu,» cest- 
à-dîre qui suit la prescription de Yahanavairya, 
l'homme terrestre. Tout cela assure le sens primitif 
de gêna. 

Enfin , le kardé ni emprunte au yesht xxxvni une 
des expressions qui caractérisent les gênas de ce 
morceau {yâoçca toi genào) « ces femmes qui sont à 
toi,» et les applique aux femmes mazdéennes ap- 
pelées au sacrifice. 

Jusquici, rien n'autorise à rejeter le sens na- 
turel; mais en plusieurs des endroits cités, les 
gênas sont qualifiées de virôvanthwa. Cette expression 
n*indique-t-efle pas un sens métaphorique? En 
aucune façon. 

L'épithète virôvanthwa peut être expliquée de deux 
manières , mais toutes deux ont le inême résultat. Van- 
thwa f eut être le substantif ronffctDaa troupe, groupe, » 
ou un adjectif dérivé de van. Dans le premier cas; 
le composé signifie « qui a autour de soi un groupe 
d'hommes, dès fils nombreux, ou qui réunit les 
hommes, » dans le second, il a pour sens « qui aime 
les hommes ou qui doit en être aimée , qui s unit 
aux hommes par amour» ( Vanihwa\iendvait de van 
comme janthwa de jan). Or, d'une part, vanthiva 
ne désigne que des troupeaux de bœufs (géus vanthwa , 
Vend: xViii, 58; J. lxi, 27; yesht x, 28; xiiî, Ss), 



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122 AOÛT-SEPTEMBRE 1878. 

souvent opposés aux chevaux (yesht xviiî , 5, etc. ) , ou 
des groupes d'hommes faisant la force des nmànas 
terrestres , et Yima le huvanthwa par excellapbce ne 
réunit que les mortels (voy. Vend* n, 4 a). D autre 
partt vira, substantif, ne désigne que les hommes, 
souvent même les hommes en général opposés aux 
animaux {poçu vira), fin composition même, vira 
conserve ce dernier sens. On le trouve pris ainsi 
dans Texpression de valeur, virô mazanh, valeur 
d*hoaune et semblables ; dans virôraodha > la iornie 
humaine qne prennent les Dévas, etc* Ce sens est 
encore mieux établi par le composé renforcé poam 
çaredhô vîrô vanthwa « qui réunit des groupes d*hom* 
mes de difF(^entes espèces, » Ce ne sont certainement 
pas les génies célestes qui peuvent être qualifiés de. 
la sorte « hommes de beaucoup d'espèces, » 

La tradition, et ce point nest pas à dédai^^r» 
confirme complètement cette interprétation ; ghena 
virôvanthwa est rendu en pehlvi par nakad Dirralnk 
«femme (mortelle) au troupeau d'hommes,)) ee 
que Neriosengh traduit nairika nwra sanghâ, moU 
qui ont le même sens et désignent également des 
femmes et des hommes d'ici bas. 

Il est donc certain que dans tous les passag^n 
étudiés et par conséquent dans ceux qui les repro- 
duisent textuellement (yesht ii, 5, i o, gah iv, a ^ 9, 
10, sir. Il, 7), les gênas sont les femmes terrestre», 
les simples mortelles. On a cru que dans le Yaçna 
et le Vispered, aux invocations précitées, il s'agissait 
plutôt des fravashis des femmes que de cellefr-cî 



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DES ORIGINES DU ZOROASTRISME. 123 
mêmes; cela pourrait être sans rien changer à l état 
des choses ; il y aurait en ce ca$ une métaphore qui 
ne modifie jioint le sens du mot« 

Reste le Haptanhaithif qui, dans $on chapitre à" 
(yaç. xxxviiii 1,2), mentionne les genaa de manière 
à fsùre soupçonner une signification ou une appli* 
cation nouvelle. Ce chapitre contient deux parties 
toutes différentes, d^mitées par les termes atyaza- 
maidé (or nous honorons) qui commencent lune et 
lautre. La (dernière a pour objet exclusif la terre et 
les gmas ; la seconde s occupe des eaux , d*une ma- 
nière égaiaoœnt exclusive* On ne peut rien transférer 
de Tune dans l'autre sans confondre des choses net- 
tement séparées et disparates* La première comprend 
les paragraphes 1 -6 ; la seconde tout le reste ( 7- 1 5 ). 
Mais il sera mieux de citer ici tout le commence- 
ment, nos lecteurs pourront juger par eux-mêmes : 

« I Voici que nous honorons la terre avec les 
gênas \ a (la terre) qui nous porte, les ^nas qui 
sont à toi, ô Mazda, parla sainteté; 3 nous honorons 
ces [geims) excellentes; k nous honorons les of* 
firandes, les principes de formations, les prières (ou 
les principes de développement et de sage dispo- 
sition); 5 la rectitude (ou bénédiction) parfaite qui 
en provient, et le saint désir, et le hon accroissement 
et le hon développement (ou la louange) et la honne 
Parendi (génie des richesses cachées en terre); 

« 7 Et maintenant nous honorons les eaux ruis- 
selantes (de la rosée), les eaux qui coulent en 



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124 AOÔT-SEPTEMBRE 1878. 

torrent et vous, eaux ahuriques (ou royales, sou- 
veraines) appartenant à Ahura, etc. n 

La simple lecture de ces lignes suffit k convaincre 
que les gênas du Yaçna Haptanhaithi nont rien de 
comm^m avec les eaux célestes> Elles se rapportent 
uniquement à la terre , et s*il faut en chercher 1 ex- 
plication dans ce passage, ce ne peut être que dans 
Tënumëration qui en suit la mention aux paragraphes 
A à €. Donc les gênas sont ici ou bien les femmes 
terrestres, productrices [barethris) comme la terre, 
ou des personnifications des conceptions religieuses, 
des forces productrices ntitureiies, mentionnées au 
paragraphe 4. Et celies-ci ' déjà sont isolées des 
gênas parles mots : «Nous honorons ces ^nrt^ excel- 
lentes par leur sainteté i> (i 3). Mais ne sont-^les pas 
du moins les épouses d'Ahura, et sous ce rapport lé 
^stème de M. Dartùéstetêr n a-t-il pas quelque 
vérité? Examinons la chose de près. Les seuls 
termes qui peuvent servir» dune sorte de preuve 
sont les mots du paragraphe 'i'.yâoçcwioi genâo «et; 
ces gênas qui sont à toi^ » Pour tirer quelcpie parti 
de ce texte, il faudrait que gêna pût signifier épouse, 
or cela n est point. La gnâ védique elle-même n'a 
point cette nature ; les gnâs formant groupe^ ne 
sont point les épouses de Twashiar ni de Radra.W 
est si vrai que ce mot gnâ n a rien de la signification 
du mot épouse, que, pour faire dq la ^na l'épouse 
dun dieu, il faut ajouter le terme pa^wi (épouse) ou 
deva patni (épouse dun dieu). (Voy. gnâs patnt, R. V. 
IV, 34, 7; gnâ deva patnî, t, 61,8; v, /i6, 8). 



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DES OKIGINES DU ZOnOAS TRJSME. 125 

En serail-il autrement dans YAvesta ? En aucune 

façon. Jamais le mot genn (ou ghena) n est pris dans 

i acception d'épouse; celle-ci est désignée par le 

mot pathni ou peut-être par khshathri. 

Yuoçca toi genâo signifie donc « ces femmes qui 
sont à toi, qui t'appartiennent, à toi et à ta création, 
eft qui suivent tes lois; haca ashât tairyâo.n La 
citation qui est faite de ce passage au kardé m en 
est une preuve de plus, car il s'agit là des fidèles 
appelés au sacrifice. Comment donc, en présence 
de textes clairs et formels comme ceux-ci, a-t-on 
pu soutenir ie contraire ? Parce qu un système pré- 
conçu entraîne sans qu on s en rende compte; parce 
que c'était conforme à cette méthode que nous ne 
saurions trop combattre et qui consiste à prendre 
rà et là quelques mots, à recueillir çà et là quelques 
analogies apparentes, sans considérer Tensemble, 
avec la seule préoccupation d'identifier les Védas et 
ï A resta. 

Concluons. Il n'y a dans YAvesia ni personni- 
fications des nuages, ni gênas , eaux célestes, épouses 
d'Ahura , et cet appui du système d'Ahura dieu-ciel 
croule complètement. Les gênas avestiques sont de 
simples femmes ou peut-être parfois \esfrava$his des 
femmes terrestres, ou bien encore des personnili- 
cations d'idées abstraites. Encore ceci reste-t-il for- 
tement douteux. En tout cas, elles ne sont ni 
épouses d'Ahura ni représentants des nuées ou des 
eaux célestes. 



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126 .itOUT-SEPTEMBRÉ 1878. 

2. DBS AUESHA-ÇPENTÂS. 

Autour d'Âhiu*a-Mazda , chef et créateur du 
monde mazdéen, figurent sii génies ou conceptions 
mythiques , occupant le plus haut rang dans la hié< 
rarchie céleste. Âhura -Mazda lui-même est parfois 
ccmipté parmi eux, restant toutefois infiniment su* 
périeur à ces génies, dont alors même il est dit le 
créateur. 

Jusqu'ici on s'était borné à exposer les données 
que fournit VAvesta sur les Saints immortels ; 
M. Darmesteter a voulu pénétrer jusqu'à leur source. 
Les amesha çpenthas, dit-il, sont les ûdilyas védiques, 
de simples dédoublements , une simple multiplication 
d'Ahura-Mazda produite par TinHuence du nombre 
mythique sept. \\ fallait que la divinité eât s^t 
manifestations ou formes; on le décréta sans savoir 
^i. jouerait ces rôles; puis, petit à petit, on at- 
tribua à chacun un titulaire. Le caractère Aes génies 
qui naquirent de cette conception fut la Imnière, 
parce que c'était là le caractère principal de la 
divinité. . ^ 

Tout cela est très-beau, très-bien conçu en soi- 
même, mais malheureusement contraire à la réalité. 
Il en est ainsi par suite du vice de la méthode suivie, 
méthode qui ne tient compte ni des temps ni des 
auteurs, qui traite XAvesia comme un livre écrit 
par une seule main, eh un seid jour, et qui manque 
par conséquent à ceiiiaines lois de la critique. 

Ce que Ton doit chercher avant tout, c'est de 



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DES ORIGINES DU ZOHOASTRISME. ïil 

refaire Vlristoire des amêsha-fpei^ias et de constater 
ce qu ils étiaieni dans la période la plu$ ancienne ; 
car ils ne furent point toujours ce que nous les 
voyons aux derniers siècles de Tère antique y et 
ÏA^esUi lui-même nous les montre sous des aspects 
hma diSèrmcits. Nous devoo^flonc interroger d'abord 
les livres laa pki$ anpiens. On peut considérer 
comme tels, sans hésiter, les Gâthas avec le Yaçna 
Haptanhaithi , le premier fai^ard , et le fond où ont 
^é puisés les souvenirs de ces sacrifices antiques 
que nous rappellent les yeshts v, ix , xv et xvii. Voici 
les résultats de cette recherche : 

Le fargard initial du Vendidâd, qui relate les 
principaux faits de la création, ne connaît point les 
omesha-çpentas ; nous y voyons Ahura-Mazda agis- 
sant et créant seul. De tous les sacrifices offerts 
aux génies de l'Olympe primitif, aucun n est adressé 
à un amesha-çpenta quelconque. Le yesht qui leur 
est consacré est très-récent, très-court, sans im- 
portance; c'est un composé de fragments mutilés, 
incohérents, et Une rapporte aucun mythe ancien. Il 
contraste étrangement avec les autres. ( Voy. yesht iv.) 

Dans les Gâthas et dans le Haptanhaithi, le mot 
amesha'Çpenta ne parait point; on la vu dans la 
première, partie de ce travail ^ Les six génies qui for- 



* ïje$ mots çpentétiij ameshàig du hâ xxxix ne se rapportent pas 
à ces génies. Ce qui le ppuve , c'est : i** l^ordre des roots, çpenia étant 
avant amcsha, ce qui est un fait unique dans VAvesla. De même 
ârmaiti'çpenia, au kardé iv, 21, ne désigne pas çpentaàrmaili , mais 
la femme sage et sainte ; 2" la [lace de ces termes ; s'ils désignaient 



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128 AOUT-SEPTEMBRE 1878. 

mèrent plus tard le corps des amcsha-cpentas ne sont 
encore dans les Védas éraniens que des figures allé- 
goriques. En quelques endroits seulement, trois 
d entre eux, Asha, Vohamanô eiArmaitij Asha surtout, 
semblent prendre corps et vie. Le plus souvent cité 
est Asha , que Ion invoque fréquemment en même 
temps qu Ahiira et que nous voyons en entretien avec 
celui-ci dans le deuxième gâtliâ (yesht xxix). On les 

les amesha-cpentas , ceux-ei seraient invoqués après les âmes des 
bestiaux et des hommes.*, 3° les pluriels féminins vannhis , jraoç , qui 
se rapportent à ces mêmes termes ; or, il n'y a qu*un seul ameska- 
çpenta féminin, çpenta-ârmaiti On répondra peut-être que œs ex- 
pressiohs sont répétées ailleurs et appliquées à nos génies , mais cela 
ne fait point difficulté. En ces passages , il y a citation et transfert de 
sens ; comme au kardé ii , le yaoçca toi (jenâo est appliqué à la 
Mazdëenne présente ou appelée au sacrifice , sans tenir compte même 
de la di£Pérence de nombre existant entre nairika et yaoçca, U n*est 
pas admissible que, YOulan( parler des ameska'Çpentas , dont un seul 
est féminin , Tauteur se soit exprimé de la sorte : « bonos , et bonas 
qui cum Vohwnanô habitant et qaœ ita.* 4* La mention «qui habi- 
tent avec Vohumanô, qui lui sont unis^i sied très-mal ici, s*il s*agit 
des amesha-spentas. Vohumanô étant de leur nombre , il habiterait 
avec lui-même. Cette difficulté n'empêche point que ces expressions 
n*aient été appliquées plus tard, sans aucun changement, à ces 
génies ; cela est dans le genre avestiqne , comme nous venons de le 
voir. Un autre fait significatif est que dans les endroits où ces appli- 
cations du hâ xxxix ont été faites , on y a ajouté les épithètes carac- 
téristiques des amesha-çpentas : hndhâo, httkhshàthra, comme si cela 
était nécessaire pour que ces emprunts pussent leur convenir. D autre 
part, les termes toujours vivant, toujovursprospéranl sont les épithètes 
propres des justes parvenus au monde céleste, au monde restauré 
(vo/. yesht XIX, il). S'ils prouvent ici quelque chose, c'est qu'd 
s'agit des habitants humains du Garônman; car, en dehors de ces 
citations du hâ xxxix, jamais les amesha-çpentas ne sont qualifiés 
de la sorte. 11 est donc évident qu'il n'est point ici question de ces 
derniers (voy. Visp. x, 21, yesht iv, 8 et xxiv, 25). 



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DES ORIGINES DU ZOKOASTttISME. J29 
trouve tous mentiomiés dans la première strophe du 
gâthâ 1 2 (yaçna xlvi); mais là Je groupe, même allé- 
gorique, n existe point encore, car Gpenta mainyu^ 
distinct d'Ahura-Mazda , leur est adjoint en septième ; 
les actions et paroles saintes y sont mises sur le 
même pied que le Bon Esprit et ses autres collègues, 
et Asha n y paraît que comme qualificatif des actes 
et des paroles. Ce dernier n'est bien probablement 
pas ÏAsha Vahista des Parses, mais le simple Asha. 
ïl y a loin de ce mélange de conceptions disparates 
à un groupe de génies. Remarquons en outre que 
Asha, Kshaihra et /Irmaitf n y ont point encore leurs 
qualificatifs propres et caractéristiques de vahista, 
vairya et çpenta. Tous, du reste, sont entièrement 
subordonnés à Ahura-Mazda et n'ont aucune part 
à la création. (Comp. yaçna xxx, li , que Ion verra 
plus loin.) 

Une autre circonstance qui jette un grand jour 
sur cette question, c'est que la Perse antique ne con- 
naissait pas le^ amesha-^pentas. Il n'exista jamais de 
nom persan pour les désigner, on dut emprunter le 
terme bactrien. Les inscriptions cunéiformes qui 
parient dfes bagas locaux, de Mithra, d'Anahita, 
ignorent les Saints immortels, et, avant l'époque des 
Arsacides, aucun Persan ne porta le nom de l'un 
de ces génies. 

Dans les parties de ÏAvesta dont l'âge relatif ne 
peut être fixé avec certitude, le rôle des am£sha^ 
çpentas est très-divers. Beaucoup de morceaux où 
leur nom se rencontre maintenant ne le contenaient 



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130 AOÛT-SEPTEMBRE 1878. 

point dans le texte primitU'. L'iaterpolation se ti^it 
par le trouble qu elle apporte au mètre. Nous avom 
déyi signalé, à ce point de vue, les paragraphes 5t, 
90 et 1 ^9 du yesht x. La même diose aé rencontre « 
par exemple, dans Thymne à Ardvi^çûra (yaç. l.\iv, 
^7^*1^)4 Le rhythme se maintient, presque sans in^ 
terruption, jusqu'au paragraphe kj (fin, 12), où 
Tinvocation des amesha-çpeMias et dautres génies 
vient le brisera Au Vendidàd xix, Zoroastre, répé- 
tant ia prière que lui a apprise AhunnMazda lui- 
mâne , omet ces noms que le créateur avait spéciide- 
ment mentionnés (voy. Vend, xix , A 3 et 5 1 ). Du reste 
le Vendidàd, à part les fargards xii et xix, ne semble 
pas les connaître; il ne les mentionne nulle part. 

Au Yaçna et au Vispered, on les trouve fréquem- 
ment cités et invoqués. Mais, là encore, les ameshct- 
cpeAtas sont subordonnés à Ahura-Mazda et ne le 
comptent point dans leurs rax^s, même comme un 
chef suprême, comme un roi au milieu de ses mi- 
nistres. Voici, par exemple, comment le commen- 
-cernent si solennel du Yaçna parie de lun ^t des 
autres : 

a 1*4. J annonce et j'accomplis (ce sacrifice) en 
fbonnpur du créateur Abura-Mazda, brillant, ma- 
jestu^ix , tràs-grand , très:4>Qn , très-beau , trè&iferme , 
très-intelligent, très-bien fait, le plus élevé en pu- 
reté (de nat^re) , à lesprit très-sage , plein de délices , 
qui nous a créés, qui nous a fermés, qui nous a 
toujours entretenus, lui, Tesprit le plus auguste. 

^ Même ch6s2 au yesht X , 5e. ' 



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by V^jOO-iiv 



DES ORIGINES DU ZOROASTRiSMË. 131 

u5. Jannpnce (et j'accomplis) à Vohumanô, à 
Asha-Vahista, à Khathra- Vairya , à Çpenta-Armaiti , 
à Haurvatât et Aremetât, à 1 ame du bœuf, etc. » 

Il en est ainsi partout; partout' Âhura-Mazda est 
invoqué seul; la fptmuie se dit pour lui seul dV 
bord, puis pour Içs amesha-çpentas , et le nom d*A- 
hora est accompagné depithètes pompeuses, alors 
que celui des amesha-çpentas en est entièrement dé- 
pourvu. En voici un exemple : «Nous présentons 
ces hômas à Ahura-^Mazda ^ vainqueur» faisant pros- 
pérer le monde ) bon maître, smnt; nous offrons ces 
hômas aux amesha*çpentas ; nous les offrons aux eaux 
saintes, etc.» (Visp. xij initio). 

Quelquefois les noms d autres génies, de Çraosba, 
de Verethraghna, des eaux, etc. sont intercalés après 
celui d'Ahura, avant ceux des amesha-^pentas (voy. 
yesht IV, 4î Viq)ered xn, i, 18; yaç. lhu, 2, etc.). 
Au yaç. xvJi, i-i3, on trouve ainsi placés le Fra- 
vashi de Zoroastre et ses ^iseignements, la loi, etc. 
Ahura-Mazda est seul le créateur {dadhvâo, dâtar). 
Il est ^eul le chef, le maître suprême de toutes choses 
(yaç. XX vu, 1). A lui seul est attribué tout ce qui 
est bien, tout ce qui est bon (yaona xli, 1 » 3). 

Ahura a créé {dadha)-^ les amesha$ nont fait que 
développer (fp^ihdken). Un laaot du hâ lv|i* iS {yoï 
né data), pourrait faire croire que la création est 
aiisçi attribuée aux ameshorçpentas > mais ce serait une 
errimr; data peut provenir de dhâ «établir, consti- 
tuer, créer», ou de dâ « donner, combler de biens ». 
La version pehlvie, si favorable au développement 



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132 AOCT-SEPTEMBRE 1878. 

de puissance des saints immortels, rend ici dâlu par 
yehabunt (qui avez donné les biens); le datar du 
yeslit XIX , 18, doit avoir le même sens. En tout cas, 
il ne signifie pas créateur (voy. plus haut, 1" partie). 
On a donc pris en cet endroit dâtar [de dâ) «bien- 
faiteur, donateur» pour Aî^ar (de dhâ) «créateur». 
Yol né data signifie donc « qui nous avez comblés de 
biens ». 

En quelques passages, la qualification d'amcsha- 
rpenia est donnée à dautres qu'à ses titulaires ordi- 
naires ; ainsi le feu est appelé le plus secourable des 
amesha-cpentas (Visp. xii, 34; yesht 1,6). 

Dans la majeure partie des yesbts, les choses 
restent en fétat où nous venons de les voir; mais 
dans quelques-uns et surtout dans ceux qui appar- 
tiennent à fépoque la plus récente, il se manifeste 
une tendance à agrandir la puissance des amesha- 
cpentas, à les rapprocher d'Ahura -Mazda; nous 
voyons alors celui-ci compté dans leur nombre; 
«nous, amesha-çpentas , n dit Ahura-Mazda au yesht 
m, I, et î, m; «les sept amesha-çpentas^^^ porte le 
yesht ir, i3; et, depuis, ce nombre sept se trouve 
plusieurs fois dans les livres parses. 

On a conclu de ceci qu'il y avait toujours eu 
sept amesha-cpentas dont Ahura-Mazda était le prin- 
cipal et le chef, et f on a fait de ces esprits les équi- 
valents des sept archanges bibliques et des sept Adi- 
tyas. Rien de plus beau que ce rapprochement; mais, 
hélas! il nest fondé que sur des erreurs et des inter- 
pi'étations fautives. Le& yesl>ts où Ton trouve Ahura- 



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DES aUlGINES DU ZOROASTRISME. 133 

Mazda rangé parmi les amesha-çpenias sont récents 
et ne forment que des réunions de fragments in- 
dépendants , incohérents , souvent inintelligibles. 
Nombre de phrases incorrectes y témoignent d'un 
travail tardif. Il en est surtout ainsi du passage du 
yesht III où se lit le nombre sept (3). La partie du 
yesht XIX où ce chiffre se retrouve est aussi fragmen- 
taire. Les paragraphes i -7, 8-2 4 , 2 5 à la fin , forment 
des morceaux différents, et, dans la seconde partie, 
la même vertu , les mêmes opérations sont attribuées 
aux créatures terrestres et aux amesha-çpentas (para- 
graphes 11, 19). Là même, par conséquent, ces 
derniers n'égalent point Ahura. Le passage qui les 
concerne contient une contradiction qui ne peut 
provenir que d'une erreur ou d'une interpolation. 
«Nous honorons la majesté des amesha-çpentas; 
. . . tous sept de même pensée , de même parole , etc. » 
«et qui ont tous sept un même père et maître, le 
créateur Ahura-Mazda , dont l'un voit l'âme de l'autre 
pensant de bonnes pensées, de bonnes paroles, etc., 
pensant au Gardnmâna. » Certes, on ne contestera 
pas qu'il n'y ait là des idées toutes nouvelles que 
le reste de ïAvesta ignore : unité de pensées, etc., 
pénétration des esprits, amesha-çpentas pensant au 
Garônmâna comme de simples fidèles qui y aspirent. 
On ne contestera pas non plus que le chiffre sept ne 
constitue une contradiction ou une erreur, et par 
conséquent que tout cela ne soit récent et erroné. 

Au yesht i se trouvent deux fois les termes «à 
nous, amesha-çpentas y) , attribués à Ahura-Mazda. Le 



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134 AOÙTrSEPTEMBRE L878. 

premier passage témoigne encorç <! upe faute 4e co- 
piste ou d'un remaniement. En effet, Zo^oastre (i) 
demande cq qui e$t le principal de la loi sainte; 
Ahura-M^zda lui répond : «Ce sopt nos noms à 
nous, amesha-çpentasn (3); Zoroastre pontiniie en 
demandant ^ Âhura-Mazda de lui indiquer son 
iK>m à lui, et cela, sans faire aucune illusion aux 
anmha-çpentas (4); puis Ahura énumère ses noms 
dans une longue amplification et laisse ég^iem^Qt de 
côté tout ce qui pourrait ^e rapporter ^ux génies 
immortels (5«3o). Le paragraphe 3 ^t donc altéré. 
Au second endroit, Texpre^sion «à nous, amesha- 
çpentas n ne peut être mi^e dans la boucha du créa- 
teur; car le paragraphe 36, qui la contient, est im 
fragment interpolé appartenant à un yesht perdu de 
Vohumanô. De plus, peu avant, Asha*Vahista est 
appelé aie plus beau dés am^Jlui-fpeMtas», ce qui 
exclut Ahura-Mazda du nombre; et immédis^em^nt 
ajM^ viennent ces paroles du dieu av^t|qu^ : « Ici 
est Vohumanô, ma créature; ici est AshfitYahi^, 
etc, mes créatures. » Ahura ne ee compta pius^ sans 
doute, parmi ses propres créatui:es! 
« Le yesht .n, dit «des sept» selon le titre pârsi, 
sépare lui-même Ahura des amesha-^penU^, Il com- 
mence par ces mots : «A Ahura-Majada, brillant, 
lao^jestueux, aux amesha-çpentas , à Vohumanô, etc. n 
Le yesht iv, dédié à Haurvatat, énumère ces m{»rits 
et nen compte que six : «Celui qui honora 'Cet 
amesha-çpÉnia comme les entres ameska^perUas Vo- 
humanô, Asha-Vahista , Çpenta^Armaiti , tshathra- 



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DES ORIGINES DU ZOROASTRISME. i3ft 
Vairya, etc.» (yesht iv, i'3). On. le voit donc, taus 
les textes avestiques qui assimilent Ahura-Mazda aux 
amenas 8o»t nouveaux ^ fragmentaires, mutilés 
et interpolés. Le nombre sept n est soutenu oniver- 
ft^^^Bent à aucune éppque; ou il est le résultat 
d'ujae erreur, ou bien il appartient à quelque docteur 
isolé d*une époque tardive. Il en est de même de la 
port attribuée aux ameshas dans la création de lu-* 
nivers visible, par un Àfrin pârsi^. Les auti*efl livres 
des Parses n admettait point ce fait; le Sadder, entre 
autres, i^aconte aussi cette création en six époques, 
maib les ameska-çpeatas en sont absents et n y coo- 
pèrent point (p. g4)» 

La. même protestation se rencontre, relativement 
au nombre sept, dans la prière Nanm-çtâishn, par 
exemple. Cette prière , qui fait partie du rituel journa- 
lier des Pdrses , dit tô^pressément qu^Ahura-Mazda est 
beaucoup plus grand que les six ûmeAa-çpenias (voy. 
Spiegel, in, p. ao); ellfe nen reconnaît donc pas 
ds»mntage. Le Dhikari , qu. 8 1 , proclamé aussi qu Or- 

\ \^ yMbt I , i|««ç sa longue tisie ^e termes abetmtts et de dis- 
tinctions subtiles, n appartient certainement pas aux temps antiques. 

* «En quarante-cinq jours, dit Ahura-Mazda , j*al bien travailië 

iiveè lèft ameska-cpands ; j'ai fait le cie| En soixante jours , 

j'i^i travaillé avec ie^ wmka-çpmdi: j'ai créé iVau En 

soixante-quinzs jours , j*ai travaillé avec les ame^ha-çpands ; j'ai créé 
la terre,» et aiiisi de suite. On voit, comme il est dit plus loin, que 
la création proprement dite est attribuée À Âbura-Mazda seul; les 
ame^^çpfmds n^ font que YpUfiv à former .œ qu il a créé, ou peut* 
être moins encore. 

Le Gosti-fryanô , dont le fond remonte aux temps avestiques, com- 
fKuréOrm^zd et les ameska-cpandi à un roi et à ses ministres (ii, 57). 



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136 AOÛT-SEPTÈMBRE J878. 

mazd a créé les six amesha-^pands (voy. t. II, p. 90, 

texte). 

UAfrin pârsi, qui raconte la création en six 
époques et la coopération des amesha-cpentas à cette 
œuvre, est aussi un travail privé et récent. VAvesia 
ne connaît rien de ces six époques ni de ce travail 
commun. JJAfrin, du reste, ne dit pas du tout que 
les ameshas ont créé quelque chose , Ahura y affirme 
seul qu'il a créé les êtres. 

Voilà, en résumé, toutes les données que VAvesia 
nous fournit sur les six esprits supérieurs de la hié- 
rarchie mazdéenne; il sera facile, en les coUation-r 
nant, de refaire l'historique de ces génies. 

Nous trouvons d'abord, dans les livres les plus 
anciens, quelques allégories, quelques conceptions 
abstraites représentant les idées principales de la 
théologie mazdéenne. Quatre d'entre elles repré- 
sentent exactement qiiatre futurs amesha-çpenlas , à 
savoir : Vokamanô, Armaiti, Haurvât et Ameretât; 
d'une cinquième, Kshatkra (la puissance), la nature 
reste indéterminée; la sixième, Asha, représenté 
l'ordre général, la sainteté, et ne correspond pas à 
TAsha-Vahista des temps postérieurs. Son rôle, du 
reste, est de beaucoup supérieur à celui des autres; 
son nom figure à chaque instant, uni à celui d'Ahura- 
Mazda. Les autres paraissent diversement; une fois 
ils se trouvent tous mentionnés dans une même 
strophe, mais pas seuls; Haurvatât et Ameretât 
semblent faire couple à part. Rien ne témoigne la 
pensée d'en faire im groupe complet; l'expression 



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DES ORIGINES DU ZOROASTRISME. 137 

imesha-^^penta est inconnue, le mot ameska lui-même 
n est pas employé. 

Dans une période subséquente, les termes amesha 
et çpenta s'unissent, mais dans Tordre inverse o cpenta- 
amesha » , et qualifient les saints du mazdéisme et spé- 
cialement ril5&a(yesht xxxix, 7, i3). 

Puis le groupe se forme, il est invoqué comme 
tel; mais il ne ccmipte que six membres, et il reste 
entièrement subordonné à Ahura-Mazda, son créa- 
teur; ses fonctions se bornent à arranger, protéger, 
déveloj^per les créatures du maître suprême. On 
rintroduit par interpolation dans des morceaux où 
il ne figurait nullement. 

Ëi\fin , à une époque très-récente , quelque docteur 
parse se plaît à* les élever à un degré supérieur; il 
fait rentrer Ahura- Mazda dans leur rang et leur at- 
tribue peut-être une part de la création. 
' C'est probablement 1 époque où d'autres théolo- 
giens de la même école abaissent le dieu mazdéen 
sous le trône du temps infini, du zervan-akarana. 

Les mêmes données nous éclairerc«it complète- 
ment sur la nature des esprits saints et immortels de 
YAvesta. 

Ce sont d'abord des conceptions abstraites. Hatir- 
vatât et Ameretâtf comme l'a démontré M. Dar- 
mesteter, sont les notions d'incolumité, de santé et 
d'immortalité se -personnifiant et prenant pour do- 
mame* les biens matériels qui contribuent le plus à 
conserver aux mondes ces dons précieux , les eaux 
et les plantes. 



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\U AOUrSEPTEMBRE 1873. 

Vohumanô est la disposition interne, droite et 
sainte, relative aux devoirs religieux et hunnaîns, 
prenant pour règne le monde des troupeaux. 

Kbshathm est la puissance proveimnt de f esprit 
du bien et tendant à étendre sou îègne. 

Armaiti la saitite est la sagesse^ rhftbile disp<mticHi 
de toute o^osc^ âpédalement de la terre, dont elle 
est le génie aussitôt qu'elle est ooiH)ue« 

Asha est la nature pure, sainte, do la bonne créa- 
tion et des êtres qui, créés par Tesprit du bien , en 
suivent les lois. Sa part à lui est le feuv axdilème 
de la sainteté, de la pureté. 

Simples abstractions d abord, devenus génies « ils 
conservent toujours cette double natore. Mai$ déjà 
dans les Gâthâs, Armaiti est la personnification de 
la terre, Asba celle de Tordre général; Vohtunano 
parait déjà comme protecteur des troupeaux (yeaht 
xLVi , 3 ) ; les trois autres ne sortent pas du rôle d!abs- 
traction pure. Khshathra n est pas même une >aU^o^ 
rie. Ce simple exposé sufliratt ampleinent à démon- 
trer combien est faible la thèse de M. Dàrmestefter, 
soutenant que le caractère pniicipal des anushur 
çpenias est la lumière. Cette thèse a pour but de rame- 
ner les génies nuizdéens dans le cercle des Àdkyas in- 
diens; la défense quon nous en donne est dune 
extrême finesâé, mais elle prouve à elle seule cœ^ 
bien f explication est peu sûre. 

Elle repose : 

1° Sur ce fait que les amesha-çpentas habitent les 
régions des lumières éternelles. — Le fait est réel, 



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DES ORIGINES DU ZOROASTRISME. 139 

mais tous les esprits, tous les justes morts y habitent 
égî|lement. — Seraient-ils tous des Âdityâs? 

2° Sur un texte dans lequel M. Darmesteter voit 
que le corps des amesha-çpentas est fait de lumière 
6t de rayons de soleil* Or M. Darmesteter ie cite 
ainsi lui-même : (tNous invoquons Ahura-Mazda . . . 
et les beaux, les grands corps dont il revêt les amesha- 
çpentas \ nous invoquons le soleil aux coursiers ra- 
pides. » Le texte ne parle donc nullement de corps 
lumineux; ce que le soleil vient faire dans cette ci- 
tation est assea difficile à saisir; on devine cependant 
que c'est pour donner à entendre qu'il y a rapport 
entre le soleil et les corps des amésha-çpentas. L'A- 
vesta, évidemment j ne dit rien de cela; il faut en- 
core rayer cet argument. 

3** Sur cet autre texte qu'on nous donne écôurté , 
laissant croke de lia sorte cpie la, demeure construite 
pour Mithra par les ameshorçpentas n'a que le carac- 
tère lumineux : « Ils n*ont qu'une même volonté avec 
le soleil, et, d'accord avec lui, ils ont établi, sur la 
montagne du Hara, la demeure éclatante de Mithra, 
oii ne pénètrent ni nuit, ni ténèbres. » Or, voici le 
texte; on remarquera aisément qu'il dit tout autre 
chose : « Nous honorons Mithra ... à qui ie créa* 
teur Ahura-Mazda a construit une demeure sur le 
sommet du Hara , élevé, brillant; où il n'y a ni nuit, 
ni ténèbres, ni fpojd, ni ôhaleur excessive, ni ma-^ 
ladie, ni impureté créée par les Dévas; ni nuage qui 
s'élève sur le Haraïti; demeure que les amesha-çpentas 
ont bâtie en union avec le soleil. » 



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140 AOÛT-SKPTRMBRf: 1878. 

Il appert de ceci : 

1** Que ce nest point la demeure construite par 
les ameshaSf mais le Hara-^erezaiti €pii est lumineux, 
inaccessible au froid et au chaud, etc., et que, pai' 
conséquent, les ameshas ne sont pour rien dans la 
production de cette splendeiu*. Rangés comme ils 
le sont par Tint^rprète, les mots de cette phrase di- 
saient tout le contraire; 

2** Que Tabsence de nuit et de ténèbres n'est 
qu un des privilèges du Bara, qu'elle rentre en sous- 
ordre dans lattribut général, la préservation de 
toute imperfection, de tout mal, et que, consé- 
quem^ient, elle ne peut servir à caractériser les cons- 
tructeurs de lia maison , qui ne sont du reste 'pour 
rien dans ce jour perpétuel. 

Si maintenant des suppositions et des combinai- 
sons subtiles nous passons à la réalité, à XAvesla^ 
nous trouverons que les amesha'Çpentas n ont pom* 
qualificatifs habituels aucun de ces mots signifiant 
lumineux (raêt^at^ qarenanhaiy etc.), que YAvesia pro- 
digue à ses génies. Les titres caractéristiques de Vo- 
humaiiô et dq ses collègues sont hudhâx), hukhsha- 
thra , « à la bonne science , à I0 bon Ae puissance » ; ya- 
vaéji, yavaécHy ^ tppjours vivant, toujours prospérant 
(ou développant) », qui se rencqntrent trois fois. 

Leurs corps; s<>nt dits simplement beaux et grands; 
on yien^ de le voir. En un, autre passage, ils sont dits 
«bien formés» hûrihwarsia (Vend, xix)^ Où est 

' Ce passage est Irès-obscur et ne peut servir à aucune supposi- 
tion probable. Hà-hu comme dans hiùsù* 



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DES ORIGINES DU ZOROASTRISME. 141 

donc le caractère exclusivement ou même spéciale- 
ment lumineux de ces immortels? 

Cependant, sous un certain rapport, nous irions 
plus loin encore que M. Darmesteter. Nous le di- 
sons hardiment; dès quun docteur mazdéen s'avi- 
sait de donner des corps aux ameshas , il devait né- 
cessairement les rendre lumineux et les faire res* 
plendir au soleil; tout rêveur, quel qu*il soit, à 
quelque temps, à quelque pays qu'il appartienne, 
ne jpourrait agir autrement. C'est la nature; tout gé- 
nie céleste doit être plein d éclat. Mais ceci ne fait 
rien à la question, et il nen reste pas moins avéré 
que le caractère lumineux n'est pour les amesha- 
çpentas ni principal, ni primitif; leur origine n'est 
point là; elle est dans les spéculations philosophico- 
reUgieuses des Atharvans. Ils formèrent groupe 
lorsque Tesprit de systématisation sempara de ces 
derniers; mais jamais ils n'égalèrfent leur créateur 
et seigneur Ahura-Mazda , et ce groupe ne dépassa 
jamais le nombre six, si ce nest dans quelques spé^ 
culations tardives et isolées de novateurs. 

Faute de reconnaître ces choses si simples, on 
est arrêté par des difficultés imaginaires. Ainsi M. Dar- 
mesteter constate qu'il y a sept amesha-çpentas , qu'A- 
hura-Mazda est le créateur de ces génies, et que, 
par conséquent, il semble être son propre créateur. 
Il se tire de cet embarras en attribuant cette con- 
tradiction à te double fait que les Mazdéens recon- 
naissaient en principe sept ame^ha-çpentas et qu'ils 
regardaient Ahura- Mazda comme leur créateur. 



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142 AOÛT-SEPTEMBBE 1878. 

Cette réponse est peu satis&isante , et de plus eiie 
confond les temps et les hommes. Les deux afiBr^ 
mations contradictoires n'appartieniieiU; pas au 
même temps : lune est celle de lantiquité et de 
l'universalité des docteurs avestiques; 1 autre est le 
fruit dune erreur ou dune innovatioB tardive. 
Lorsque deux assertions opposées se rencontrent 
dans un auteur quelconc[ue, dans Homère, par 
exemple, on conclut à une diversité d'or^ne. Peut-il 
en être autrement dans VAvesta? Les principes scien- 
tifiques ne sont-ils pas partout les mêmes? 

Tel est donc Thistorique véritable de$ amesha- 
çpentas : des conceptions abstraites, objets princi- 
paux des spéculations atfaaiTaniques, ont été per- 
sonnifiées et transformées en génies; ceux*ci ont été 
élevés au sommet de f Olympe éranien , primant les 
héros des mythes antiques, et préposés à la garde 
des biens terrestres les plus importants; formés en 
groupe , ils ont été rangés autour du Dieu supr&»e 
et finalement constitués ses pairs par quelques no- 
vateurs hardis. 

Ces fastes embrassent la période mazdéenne dans 
toute son étendue. On se demande si Ton ne peat 
pas remonter plus haut encore, 4épaMer le monde 
éranien et rattacher les ameshaçpenias à quelque 
conception aryaque. 

 cette question certains savants répondent affir- 
mativement. A leurs yeux, le masdéisme ne peut 
avoir rien créé; tctute conception mydiique doit 
prendre sa source dans les Védas, seul labomtoire^ 



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DES ORIfHNES DO ZOROASTRISME. 143 
primilîf des pens^irs aryai[ues. Ge$t cbâie auxRika 
quiis demandent les types premiers des wmsk^ 
çpemtas , et comme tels ils nous présentent les Adiiyas 
yédM|ues ^. Les motifs qu ils donnent pour justifier 
cette idmitifieation sont l«s suivants : 

i** Les deux groupes comptent sept membres; 

ql° Les premiers sont de simples dédoublements 
dAhura, égaux à celui-ci, comme les seconds le sont 
de Varuna ; 

3° Leur trait distinctif est le caractère lumineux 
commun à tous. 

Il n est guère besoin dmsister pour £dre ressortir 
la faiblesse de ces argiiments. Tous les génies ce* 
lestes sont lunaioeux comiDe le ciel, leur demeure; 
on peut dédoubler non^seulement deux êtres sem- 
blables, mais Je mêm^e étre^ sans ie £ûre au mémie 
point de vue^ ^[ifin, Tidentité du nombre peut exi$- 
ter entre ies groupes les plus diss^œibiabies; dono 
aucune de c^ raisons me porte coup. 

Mais nous laisserons de eôté ces objections et 
pous examinerons si les assolions tpii foumilsent ki 
matière dB cette argumentation ont quelque appa-* 
r^Qce de vérité. 

Que sont donc ces Adityas qui doivent nou6 don* 

* Il eât^i^ét difficil« de ccmipr^iuire ()ourquoi l'on se pâs^onfte 
tant pour ces assimilations. Lorsque ï^n a dit î « Les amesha-çfienlii^ 
sont les AdityaSf » qu'est-ce que la science a gagné à cette assertion? 
Les seconds ont une nature Lien pius indéterminée que les pr6- 
miêrsk On a fait *n pas » msn» un pite têflte les ténèbres. 



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144 AOÛT-SEPTEMBRE 1878. 

ner une solution finale? Il suffirait, semble-t-il, de 
demander la réponse à quelqu un des savants au- 
teurs qui ont traité cette matière. M^eureusemait 
nous trouvons parfois, même dans les plus doctes 
écrits, ce vice de critique et de méthode scientifique 
que nous signalions tantôt. On étudie les chants sa- 
crés de rinde comme s ils formaient un monument 
monolithique; on ne distingue point les époques et 
les auteurs; on dirait qu'il ne peut s'y rencontrer ni 
contradiction, ni divergence. On verra plus tard les 
conséquences de ce défaut de procédé scientifique; 
pour le moment, poursuivons notre route. 

Pour comprendre la nature du groupe des Âdi- 
tyas, il faut savoir de quels membres il se compose, 
et , par conséquent , quel en est le nombre. Ce nombre 
varie, nous dit-on; il est deux, trois, quatre, six ou 
sept; il va même jusqu'à douze; mais sept est le 
chiffre originaire, et, pour l'époque védique, c'est 
le chiffre normal. H y a sept Âdityas comme il y a 
sept amesha-çpentas. Cette recherche est sans utilité 
ni objet, ajoute M. Darmesteter; il doit y avoir 
sept Âdityas , parce que sept est le nombre mythique; 
et ce nombre était fixé par la nature des choses, 
avant que l'on se fût préoccupé de rechercher quels 
pouvaient être les ayants droit au titre. 

Nous sommes bien forcé de le dirie, c'est là de 
l'histoire faite a priori , contraire à la réalité des faits, 
et dépourvue de toute preuve. Sept n'est pas le 
seul nombre mythique, trois l'est tout autant. Rap- 
pelons seulement, en passant, les trois deux, les 



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DES ORIGINES DU ZOROASTRISME. 145 
trois terres, les trois grandes déesses (i , 1 3 , 9)9 les 
trois yoshanas apiâs, les trois mâtris, les trois. Hant9, 
les trois Nirritis^ les trois langues, les trois corps 
d'Agni, etc., le tridivam, le tridhdtu, le trinârakam » le 
trtyugam , etc. — Deux , cinq et dix sont aussi du do- 
maine mythique. Il n'y a donc aucune raison pour 
que le nombre sept soit nécessaire. 

Fausse en principe, cette théorie disparaît au plus 
simple examen des faits. Les Âdityas sont firéquem- 
ment cités et invoqués dans les Védas; le plus sou- 
vent, ils le sont dime manière générale, en groupe, 
seuls, ou à côté des Marais, des Hadras, des Vasas, 
quelquefois 'aussi des Ribhas et des Angiras, c'est-à- 
dire avec les génies des vents, des tempêtes, des 
biens, de lart et de la poésie sacrée. 

Dans une seconde catégorie de textes, les Âdityas 
sont invoqués nominativement; mais alors ils ne sont 
point partout les mêmes ni en même nombre. Ainsi 
l'on trouve : 

1° Varana, cité comme TÂditya par excellence, 
i„ 24, i5; I, a5, la; 11, aS, 1, 4; iv, 1, a; vi, 
84, 4; 

2** Varana et Mitra seuls, 11 , 29 , 1 , et 4 1 , 6 ; m , 
54, 10; v, 69, 4; vui, 47, 1; 

3* Varana , Milra , Aryaman (trois Âdityas) , i , 4 1 ♦ 
1, 4, 5; I, 137, 2; m, 67, 1; vu, 5i, 2, et 60, 4; 
vni, 19, 34, 35; VIII, 47, 9; vin, 56; vin, 73, 
2-5; 



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146 AOÛT-SEPTEMBRE 1878. 

4*" Varuna, MkrUy Aryuman, Bkaya (quatre Âdi* 
tyas), IV, 5i, à; vi, 5i, 3; 

5** Les précédent» et Savitar (cinq Âdityas), vm, 
1 &, 3 (ceci est cependant douteux); 

6" Le nombre sept fixé dans deux hymnes, sans 
indication de noms (v, ix, 1 14, 3, et x» 72 , 9). 

Il est, en outre, ufie trossième calégoffîe det textes 
dans lesquei» Ts^ppeliation générsd^ dA^tyas figure 
à eàté de noma de dieux qui, en certains eodr^îl», 
sont compté» eosome itb d'Aditt et pttrfUs d'auHres 
eaooire,^ os qui jette \m certain doiiite sur i extension 
réefle du titre d'Aditya. Acoai, am B. ir,. %y, t, on 
lit : i»Se rené ew diants pleins de; ghrita dans ia 
cuiller du sacriiioe^ en ilaoïBaieur de» Âdityas; royauîx; 
^û tomi écoute, Mitrot^ Aryama, lik^, le puis- 
sant Varma^ Dahiha^ Ança.n Mkm aussitôt apirès 
scunren:! ces mots r « que Mitra» Aryama., Vactusa , unis 
d*esprit, écoutent aujourd'hui mon chant €b;kftiiange; 
Âdityas brillants, rayonnants, etc.;» de même aux 
strc^hes 5,6, 7 et S. Ces tr^i» génies sont seuls qua- 
lifiés à' Adityas , et les trois autres ne reparaissent pkis. 

Les noms de Bhaga, Daksha, Ança, sont donc 
probablement aux premiers vers comme ceux d'In- 
dra, Agni^ Vayu, Pashan, Saraswali, Vishna, Rudra, 
Aditif Brhaspati, etc. , au commencement de l'hymne 
X , 6,5 ; aumm^. cenci de Vùkm , Indra et Savitar au 
R. X, 6&, 3, et ceuK de, presque toits les dieux au 
Rùx, u4i> 1-5. Bhag^, Dahka, Ança ne sont point 
pour cela du groupe royal. 



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DES ORIGINES DU ZOROASTRISME. 147 

Notons en dernier iieu que Savitar est qualifié 
d'Adilya au R. i , 1 63 , 3 , et Indra , de quatrième Adi- 
fya dans le quatrième hymne du Vâhkbilya, 

Ce tableau pourrafit donner à croire que le nombre 
dm Adityas varie de i à 7. Mats un ^Lamen attentif 
noos permettra de nombreuses é&ninations. Rap 
pekms^otts d*abord qu'il s agit ici des génies, pères 
putati& des anusha-çpentas éraniens, et que, par 
conséquent, ies cone^tions datant d'une époque 
avancée de la période védique ne peuvent venir en 
ligne de compte. Ce qui est commun aux deux races 
a dû ptéeéder leur réparation; tout ce qui n est point 
primitif dans les Védas ne leur est pas commun. A 
ce titre y le nombre sept doit être éliminé, car il ne 
se Feneontre que dans des morceaux d'origine tar- 
dive. Le premier (x, 73 , 9) a été même retranché 
dit corps du texte par Grassmann, critique prudent 
et judicieux, s 3 en fut; le second porte les marques 
de sa d«le récente dans ses aperçus cosmogoniques 
et danS' le mythe nouveau qui le termine et nous 
montre Âdifti enfantant huit fils, puis rejetant le 
huitième y le Solefl (comp. Grassmann, t. II, p. 358). 
Pour ie même motif, Indra ne peut être admis 
comme quatrième fils de la grande déesse (comp. 
Grassmamn, t. II, p. /i35); et, en vertu de ce qui est 
exposé ci-dessus, Dakshaet Ança, cités au R. 11, 27, 
I , doivent être égdement effacés de notre liste. Tous 
troiii om xme origine récente. 
' Il nous reste donc cinq Adityas seulement, mais 
de ces cinq il en est deux qui ne sont guère dans 



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I'i8 AOÛT-SEPTEMBRE ISIS. 

la même position que les trois autres; ils ne sont 
donnés que deux fois comme tels, aucun hymne ne 
leur est adressé; les chants consacrés spécialement 
aux Adityas ne les mentionnent point (voy. R. ii , 
87, Q-17; II, 29; vîii, 56). Cela ne sufiit-il pas pour 
prouver leur adjonction tardive au groupe déjà 
formé et pour peruiettre de concltu^. que les seuls 
Adityas primitifs sont Mitra, Varuna et Aryaman? 
Du. reste, la nature des nouveaux venus, Bhaga et 
Savitar, nous dit assez quil doit en être ainsi. En 
effet, Aryaman, Bhaga et Savitar (comme aussi 
Daksha et Ança) ne sont que des noms différents 
du soleil; le premier le représente comme ami de 
fhomme; le second, comme source de bien pour 
le monde; le troisième, comme vivifiant, comme 
favorisant lengendrement et la production des êtres 
(de arya, bhag «donner en partage» et su «engen- 
drer»). Cette multiplication des Adityas sexph'que 
très-aisément; loubli du vrai sens des mots a fait 
prendre des qualificatifs du soleil pour des noms de 
génies distincts, mais les qualificatifs du soleil n'ont 
* pu devenir Adityas qu après le soleil lui-même. 

A lorigine , il n y avait donc que trois Adityas ; 
Varuna, Mitra et Aryaman. L union intime et le rôle 
suréminent des deux premiers devraient même peut- 
être faire exclure le .troisiènoe du groupe originaire. 
Qu était-ce donc que l'Aditya primitif? 

L explication de ce nK)t doit être cherchée dans 
son origine. Âditya dérive d'Aditi. Aditi est Timmen- 
sité qui entoure la terre, c'est la nature sans terme, 



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DES ORIGINES DU ZOROASTRISME. 149 

conçue à un point de vue panthéistique. La géné- 
ration des Âdityas s'explique par le mode de for- 
mation ordinaire des mythes , et celui-ci par le pro- 
cédé d'observation naturel à Thomme. Mis en .face 
de la nature , f homme n'en aperçoit pas d un seid 
coup d'oeil toutes les parties. Il saisit d'abord un 
certain ensemble qu'il divise, et de là descend aux 
détails. Ainsi les mythes se développent et se mul- 
tiplient par la division des phénomènes et la multi- 
plication des propriétés du fait naturel observé. 

L'Arya védique, plongeant son regard dans l'im- 
mensité qui l'enveloppait (l'Aditi), en détacha par 
la pensée la voûte céleste; ce fut Varuna, le Varuna 
physique*, premier enfant d'Aditi, roi des Adityas. * 
De cette voûte, tantôt obscure, tantôt resplendis- 
sante de clarté, il sépara de même la lumière qui 
se montrait à ses regards comme indépendante du 
soleil; ce fut Mitra 2, qui devint le second Âditya et 
forma avec son aîné un couple uni par les liens les 
phis étroits. De cette lumière fut distinguée celle 
que projette le soleil, et le troisième Âditya naquit. 

Ces trois premiers, ayant seuls une raison d'être 

* C*est là une distinction nécessaire. Lorsque les Aryas recon- 
naissaient à Varuna une puissance presque créatrice, lorsqu'ils ie 
constituaient le gardien du droit , le vengeur du crime , ils ne don^ 
naient certainement pas ces attributs à la pierre des cieux. Sous ces 
formes matérielles transparentes, apparaît le génie divin, Tinteili- 
gence essentiellement distincte. Les Védas témoignent d*un état 
d'intelligence trop élevé , pour qu'on puisse supposer chez leurs au- 
teurs une conception aussi grossière. v' 

* Mitra précède le soleil ( voy. yesht x , 1 3 ) et reste sur la ten'e 
après lui [ibid. 96). 



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150 AOLT-SEPTEMaRE 1878. 

spéciale et bien déterminée , restèrent aussi les seuls 
Adityas permanents et universels. Les suirants ne 
furent plus que des Bgures diverses du soleil, mal 
comprises par des poètes ignorants des origines. D 
faut cependant en excepter Indra , le dieu de la foudre, 
que la piété de ses fidèles devait élever au fang de 
Varuna, son rival déchu; mais son adduction au 
groupe antique fut naturellement une œuvre tardive. 
Résumons encore brièvement tout ce qui précède : 
Les Adityas primitifs représentent de» fractions de 
la nature une et illimitée et personnifient la yoùie 
éthérée, la lumière et le soleil. Ils étaient au non^re 
de trois. Les poètes y ajoutèrent successivement dif- 
férentes %ures all^oriques du soleil; ce dernier 
devmt le centre du groupe qu» finit j^u? n être phit 
qu un symbole des douze stations solaires de I année. 
Cet historique est fondé, comme on la vu,, sur 
les faits de la langue védique, sur la nature des choses 
et sur les textes sacrés. On doit donc regarder cooune 
absolument faux que les Adityas soient des dédou- 
blements de Varuna; les premiers sont ses frères et 
pairs, les suivants sont des dédoublements du soleil 
ou plutôt de simples figures métaphoriques. Il est 
également faux que les Adityas aient été originaire- 
ment sept; que ce nombre ait été fixé à l'avance, at- 
tendant quil fût rempli par des créations ultérieures. 
On ne peut non plus ni logiquement ni historique- 
mkent prétendre que les Adityas ont précédé Aditi, 
c est-à-dire que les dérivés sont antérieurs au primi- 
tif, les effets à la cause. Soutenir ces choses, est^e 



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DES ORIGINES DU ZOROASTRISME. 151 
re^ecler les lois de l'histoire? Le dernier point, du 
reste ^ présente une regrettable confusion d'idées. 
Aditi « l'innneiisiLé » a dû précéder les Âdityas comme 
tels et la formation du groupe; Itdée de sa mater- 
nité peut seule être d origine plus récente. En outre, 
Varuna et MHra ont été. bien probablement nommés 
paor les chaHtitres védiques anrant la conception de 
ïAdki et de génies émanés d^efie. Mais ces dsrimtes 
isolées sont en dehors de notre sujet; elles ne peu- 
vent être mises en parallèle avec les ames^a^çpent&s 
qu'en tant que formant le groupé aditique et douées 
dm attributs de ce demi^. 

No«Ba aorrinrons au terme de cette discussion. Il ne 
nouft teste pkus qu'à comparer les deux groupes et è 
rechercher S' ibî ont ré€lkn)ent des caractères com- 
mw qui permettent de les rapprocher et de cons- 
tâbnnr entre eux une fifliaticm pix)bable« 

Noua examinerons chaque point s^arément. 
Rf^ifidkoiis ea passant que Ahura est considéré 
comme le Yamna éranieuu 

1^ liât MMis. Le nom et la nature de VÂdkya 
provient die ÏAdiii. Or, la eoKKception de i' Aditi est 
eschisivement indoue , ïEran n a rien qui y corres- 
ponde; les nffiots aiiii, âdity^ lui sont entièrement 
ineonfliis, tout aussi bien que la notion d'un groi^pe 
dmsGBOlt cotre ses< membres l'immiensité de la nature. 
Il ne connaît pas davantage ces tuoupes divines que 
les chantres védik{ue$ mulitipljent autour de leurs 
dîeuiv les l4M'Uit&^ les Rudras, les Vasus, les Angi- 
ras, etc* D'autre pert, l'expression ameska-çpenta est 



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152 AOÛT-SEPTEMBRE 1878. 

entièrement étrangère aux Védas, ainsi que Tidée 
quelle renferme. Le mot çvânta, équivalent de 
çpenta, se rencontre deux fois seulement dans les 
Védas, et aucune des deux fois il ne qualifie ni Aditya 
ni dieu quelconque (V. R. V. i, 1 45, 4 ; x, 6 1 , 2/1); 

a° Les nombres. F^es Âdityas sont deux ou trois, 
aux premiers temps des Védas, c est-à-dire à une 
époque postérieure déjà à la séparation des deux 
peuples aryaques. Les amesha-çpentas , dès leur ori- 
gine , sont au nombre de six et s y tiennent. On a vu 
plus haut dans quelles circonstances et conditions ils 
ont atteint le chiffre sept, et pourquoi Ton ne peut, 
sans erreur, en tenir compte ici. Ce qui a été créé 
longtemps après la séparation de deux peuples ne 
peut certainement leur avoir été commun ; 

3° Génies qui les composent. Les Âdityas repré- 
sentent des choses ou des phénomènes du monde 
céleste : la route céleste, la lumière et le soleil sous 
diverses figures. Les amesha-çpentas sont des concep- 
tions abstraites, morales en majeure partie. Ce sont: 
le bon esprit, l'ordre ou la sainteté, la bonne puis- 
sance, la sagesse, i'incolumité , fimmoiialité. L'un 
deux, Armaitiy semble représenter la terre, mais 
précisément la terre n est ni Aditya ni génie pro- 
prement dit , dans les Védas ; elle n y a pas de nom 
propre, elle est bhumi, prthwi, hhamâ, simples dé- 
signations du globe terrestre. 

Les Âdityas sont : Varuna y Mitra ^ Aryaman, le 
soleil ; tous ces êtres mythiques figurent également 
dans la mythologie crânienne, mais ils nont rien 



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DES ORIGINES DU 20ROASTRISME. 153 

de commun avec le groupe des amesha-çpentas , 
aucun d'eux n en fait partie. 

Du côté de rÉran , même chose et plus encore. 
Non-seulement aucun des amesha-çpentas n a d*équi- 
valent parmi les Âdityas, mais aucun des génies 
éraniens (hormis Armaiti) n a de représentant dans 
tout le panthéon indou; le nom d aucun d'eux n y 
est pris même comme allégorie. Vasa-manas , rta, 
kshatra , sarvatat. amrtatva ne sont que les termes 
abstraits : bonne disposition, ordre (droit ou sainteté), 
puissance, intégrité, immortalité, et n ont que Tac* 
ception première naturelle. Elnfin, Aramati même, 
qui semble être le pendant lexicologique d'Armaittf 
en difiEere essentiellement ; elle n a jamais été la 
terre; elle ne désigne que l'ardeur sainte, la dé- 
votion ; enfin, elle n'approcha jamais des Âdityas. 

Des conceptions entièrement étrangères les. unes 
aux autres pourraient-elles donc avoir une même 
origine ? 

Les Âdityas sont, non point des dédoublements > 
mais les égaux de Varuna : celui-ci est bien le prin- 
cipal, le plus royal [râjishiha) d'entre eux; mais il 
n'est pas leur maître, encore moins le créateur des 
autres. On trouve, il est vrai, par-ci par- là, des 
traces de l'ancienne prédominance absolue du grand 
dieu aryaque, dans les passages où ii est invoqué 
seul ; niiais partout où figure avec lui l'un ou l'autre 
de ses compagnons aditiques , l'égalité est complète. 
Mitra et Aryaman , conune Varuna , sont des dieux 
souverains, u L'homme que gardent Varuna, Mitra, 



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154 AOÛT-SEPTEMBRE 1878. 

Âryaman, n éprouve aucun dommage, il grandit 
exempt de tout mal» (R* V. i 4i, i-a).'« Il obtient 
tout trésor, tout bien » ( w/. 6 , i , 1 3 6, 5 ). « Leur trône 
est élevé au plus haut des cieux dans la lumièm, 
et ]à ils constituent une force puissante; celui qu'as 
protègent ne court aucun dangers {id. n^ 5). Aiîtra 
et Varuna sont paiement rois nâ râjAnâ ^antam^ 
(i, iSy, i). Aryaman ne Test pas moms. Mitra, 
Arjaman,Aarana,rajiskthâs{vn, 5i, &; vni, ig.SS). 
Tous trois soutiennent les trois deux et ks trois 
terres; ils sont justes, ils soutiennent le droit, ils 
donnent le bonheur et la gloire (n , a 7, 8>» 1 1 , o 9, i ) , 
ils accordent la longue vie (ii. vin , 1 8, !2 a). & frayent 
la voie au soleil (vu, 60, û). Ils châtient Tinjustice 
(vu, 60, 5). Ils siunreillent rhomme du haut du ciel 
et le conduisent par le droit chemin, ils le délivrant 
de toute faute. Eux , les che& des races (diverses et 
humaines), intrompables , glorieux par eux-mêmes^ 
ils gardent intactes les lois (viii, 67, 3) et sont le» 
conducteurs du droit, de k justice {rtasya rathyas, 
vm, 83, a). 

Que Mitra et Aryaman ne soient pas de simples 
multiplications* de Varuna, c est ce que prouvent et 
leur nature d abord, la lumière, le soleil, ne sont 
point la voûte éthérée, et des textes du genre de 
celui-<n : u Mitra est né du ciel; toi Varuna, tu es le 
roi de toutes choses» (x, iSa, 4); leur origine est 
donc différente. 

Tout autre est la position des ameslm-^pentas , 
simples génies, jamais dieux; ils doivent leur exis- 



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DES ORIGINES DU ZOROASTRISME. 155 

tence à Afaura- Mazda, auquel ils sont partout et 
toujours entièrement soumis. On a vu plus Imut les 
titres modestes qu'ils portent : sages, bons maîtres, 
toujom^ avants, toujours prospérants; leur action 
se borne à fevoriser, développer, protéger et diriger 
les créatures de leur seigneur et maître, et à leur 
faire des dons, ainsi quà chasser loin d'eux les 
Dévas ( huihéumhô , hakhshathra , jaméjjô , yavaéçvô , 
yaç. XXXIX, 8, etc. vohânâm dâtdrô; ddmanâm iâtdrô, 
aiwijâhhshtarô , yesht xix, 18). Lçur puissance, leur 
éclat, pâlissent devant ceux de Mithra, de Vére- 
thagfana, des Fravashis, d'Ardvi-çura-Anahita. Ils 
n'ont point su inspirer les poètes^ éraniens ; les trois 
yeshts qui leur sont consacrés sont courts et insi- 
gnifiants, mutilés et incorrects (yeshts 11, m, rv). Le 
troisième se compose de six lignes; le premier, qui 
porte leur nom, ne fait que les citer en passant 
(yesht II, 1-3). Asha-Vahista lui-même, qualifié de 
brillant, n'opère que par les mantkras et Aryaman. 
Ils construisent un palais à Mithra sous les ordres 
d'Ahura; Rashnu, lui, en élève un à lui seuP. 
Pris comme troupe divine, les Adityas figurent avec 
leur roi Varuna à leur tète, comme les Radras avec 
Radra , les Maruts avec Indra. Mais c est là un fait 
exceptionnel, une création tardive dont i'Avesia ne 
sait rien. Varunasya râjms, Âdityânâm çardhas ugram, 
terrible est la troupe des Adityas du roi (x , 1 o3, 9 ^). 



^ Voy. yesht ni. — Yesht x» 5o et 79. 
* Comp. ▼!!, 35» 6. 



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156 AOÛT-SEPTEMBRE 1878. 

Ordinairement c est Âditi qui préside au groupe qui 
porte son nom [Adityebhis AcUtiSy vu, lo, 4). 

Notons encore ces derniers faits : le mot adili 
désigne parfois Agni (i, gA, i5; vu, 9, 3, etc.); il 
est alors qualificatif^; et Àdityas, tous les dieux en 
général ; Agni semble être compté comme Adilya au 
R. VII, 85, 4. D autre part, les amesha-çpentas par- 
venus à leur développement complet obtiennent 
pour domaine vohumanô «les troupeaux», asha va- 
hisia « le feu » , kshathra vairya « les métaux » , armaiti 
« la terre » , haarvatât et ameretât « les plantes et les 
eaux)). Déjà dans les gâthâs , Armaiti est la terre et 
Vohamano protège les troupeaux. « Tu as donné à la 
vache Armaiti^ pour pâturage, ô Mazda, après 
quelle s'était concertée avec Vohumanô,» dit le 
gàthâ-Çpenta-mainyus (yaçna xui, 3). 

Nous le demandons maintenant à nos lecteurs : 
est-il dans ce long parallèle qui embrasse les ori- 
gines et les développements , est-il un seul trait de 
simUitude et de ressemblance ? Eln est-il un qui 
permette de supposer une commune origine ? Non , 
sans aucun doute. Jout est différent, opposé même; 
tout, jusqu'au moindre détail, démontre des créa- 
tions mythiques indépendantes. Gomment donc ce^ 

* Le soleil semble être identifié à Aditi au R. vu, 82 , 10, mais 
cela n est rien moins que sûr. La lumière du soleil peut être celle 
d'Âditi en tant que cdle-ci est mère ou réceptacle. 

' La tradition fait d'Armaitim un accusatif de manière «avec 
sagesse ». Armaiti serait donc ici même un terme abstrait. On traduit 
aussi le second nombre : « après que tu t'es concerté, » mais le 
texte ne s*y prête pas bien ; consulté devrait êti^ au vocatif. 



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DKS ORIGINES DU ZOKOASTRISMK. 157 

deux systèmes contradictoires ont-ils pu se pix)duireP 
La chose est des plus simples; la cause en est dans 
la différence de méthode. 

Les uns, persuadés d'avance que Védas et Avesla 
sont mêmes choses, voient partout des analogies, et, 
malgré une science parfois éminente, sont exposés 
à des erreurs d'appréciation dangereuses. Leur science 
même les porte à donner trop d'importance au sans- 
crit, comme le disait si justement M. Renan dans 
son dernier rapport. 

Les autres, au contraire, et ce sont les éranisants, 
n'ayant aucune solution préconçue, étudient la 
matière à fond , scrutent les textes et les monuments 
de la tradition, sondent le terrain à chaque pas, 
distinguent les temps et les hommes, l'accidentel et 
f essentiel, ne se contentent pas d'apparences trom- 
peuses, mais réclament partout des arguments 
sérieux et évitent ainsi de regrettables méprises. 

3. DE L'ASHA. 

Nous avons établi précédemment que la sainteté 
mazdéenne n'est point simplement une vertu litur- 
gique; que les paroles et les actions dont elle est la 
règle ne sont point uniquement les prières et les cé- 
rémonies du culte. Nous croyons cependant devoir 
revenir sur cette matière pour renforcer encore nos 
preuves et examiner un côté de la question que nous 
n'avons point envisagé jusqu'ici : nous voulons par- 
ler de VAsha, considéré comme ordre physique du 
monde. Il importe de le faire, car on ne peiit trans* 



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158 AOlVr-SEPTEMBRE I87S. 

former l'Asha en ordre pur et simple , sans dénaturer 
complètement les doctrines mazdéennes. Avant donc 
d'entrer dans cette nouvelle discussion, montrons 
par quelques exemples nouveaux que Y Asha est vrai- 
menl une vertu morale : 

1 • Partout YAsha et son expression , développés dails 
la triple fonnule hamata, hdkhta, kuvarsta (bonnes 
pensées, bonnes paroles, bonnes actions), sont pris 
dans une acception générale et embrassent tous les 
actes de l'homme, sans exception. Les cas sont trop 
nombreux pour être cités, signalons -en seulement 
quelques-uns. 

a. La célèbre prière vi^pa-humata est ainsi con- 
çue : « Toutes les bonnes pensées , toutes les bonnes 
paroles, toutes les bonnes actions sont oeuvres d'in- 
telligence; toutes les mauvaises sont œuvres d*inintel- 
ligence. Toutes les bonnes pensées, toutes les bonnes 
paroles, toutes les bonnes actions obtiennent le pa- 
radis, etc.» 

b. Le S i5o du fargard m porte : «La loi maz- 
déenne efface tout ce qu'un ashavan a pu commettre de 
mal en pensées , en paroles , en action. C'est un grand 
bien que l'accomplissement des bonnes œuvres. » 

c. if La loi mazdéenne efface le vol , la tromperie 
(les impuretés) inexpiables, etc. » Cette loi défend, en 
effet, tous ces actes contraires à la morale humaine, 
et le yaç. vur, i6, exhorte les lidèles à conformer 
leurs pensées, leurs paroles, leurs actions à cette 
loi. Choses semblables se rencontrent à chaque pas. 



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DES ORIGINKS DU ZOKOAîiTRlSMK. i5tf 

(L Le yaçna xiii signale comme source de péchés 

Je trop grand amour du corps et de la vie (V. $ 1 3). 

e, H serait superflu de rappeler qu'il y a d'autres 
actes punis des supplices infernaux que les manque- 
ments à la litui^ie et aux rites sacrés; notons, toute- 
fois, encore les paragraphes 20 du hâ xxxi et 1 1 du 
hâ XLV qui y condamnent 'les auteurs d'actes trom- 
peurs ou oppressifs; le paragraphe 2 du yesht x, qui 
dit que la violation de la foi jurée arrête la ferti- 
Kté, la prospérité des biens terrestres, et la fin du 
yesht XXII , que l'on verra plus loin, et qui nous four- 
nît un nouvel exemple. 

2" Le Vendidàd v, 1 4 , nous dit que le péshôtanns 
a perdu YAsha ou la disposition à YAsha [Ashemjlt 
ciéshcm , péshôtanns). Or, le fargard xv, 1 - 1 5 , nous ap- 
prend quels actes rendent le mazdéen péshôtanns; les 
premiers et les principaux sont : entraîner un fidèle 
dans l'apostasie ou le schisme , nuire à un chien , mal- . 
traiter une chienne, connaître une femme k ses 
époques mensuelles ou pendant la grossesse. Que Ton 
nous indique donc quel rapport il y a entre ces actes 
et l'ordre physique ou le culte? Tout y revêt, au con- 
traire, un caractère, bizarre parfois, mais toujours 
moral. 

3"* Au yesht x, 6, Mithra, le génie de la vérité et 
de la fidélité aux engagements, est appelé ars vaçanh , 
vyâkhna u ss^e )> , haianrô gaosha « aux mille oreilles ». 
Évidemment ars vacanh ne peut signifier ici * qui ré- 
cite exactement les prières du culte»; le sens est, 



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m) AOÛT-SEPTKMBRK 1878. 

sans contredit, « aux paroles vraies ». Ars , eresli n ont 
donc pas le sens de «bien arrangé», mais de «vrai,* 
juste»), comme ereshva au yaçna xxvui, 6. 

Au yesht m , 2 , Zarathustra , interrogeant Ahura- 
Mazda, lui dit : «Dis-moi une parole, » arsvacô, tout 
comme l'auteur du gàtha xiii lui répète à chaque in- 
ten^ogation : ères moi vaoca. Ce que l'on deniande 
d*Ahura n'est point certainement une parole bien dite 
ou bien faite , mais la vérité : ars égale donc ères 
«droit, vrai». D'autre part, ce qui est opposé à 
hâkhia, c'est duzhakhta, ce qui signifie « parole mau- 
vaise » , et non « parole , prière mal dite ». Le sens de 
hâkhia doit être corrélatif, et exclut donc non-seule- 
ment la prière mal dite, mais le mensonge, la parole 
maligne et calomniatrice ou cause de dommages. 

4** Le yaçna lxiv, ilx-ii , demande que les eaux 
ne sei'vent point à l'homme aux mauvaises pensées, 
aux mauvaises parples, aux mauvaises actions, à la 
loi mauvaise; puis il fait connaître ce que sont ces 
actes , cette loi dignes de réprobation , et s'exprime en 
ces termes : «Que nos eaux saintes ne servent point 
à celui qui nuit à un ami, à un prêtre (à un grand), 
à quelqu'un de la maison, à un parent; à celui qui 
nuit à nos biens, à nos corps; au voleur, à l'homme 
de violence , à celui qui frappe ou tue un fidèle , ou 
qui pratique la magie; à celui qui enterre les morts, 
qui se livre à sa passion , qui ne fait point d'offrande ; 
au sectaire impur; s'il est quelque homme méchant 
et tyrannique , que les maux l'accablent. » On le voit, 
ce morceau, d'une antiquité incontestable dans ses 



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DES ORIGINES DU iSOHOASÏKISME. 101 

quarantersjx premiers versets, considère comme 
spécialement mauvais, contraires à YAsha et à la 
bonne loi, les actes qui nuisent aux hommes, les 
actes défendus par la morale iimnaine; les délits 
liturgiques sont à peine mentionné^ et ne vionnem 
qu'en second ordre. 

5° Au yaçna lxvii , 3 y-Ao , le prêtre demande pour 
lui et pour tous les Mazdéens la connaissance et le 
désir du droit chemin, de ce droit chemin qui est 
déterminé par YAsha ou y tend (pathô razislahê aé- 
shemca, vaêdhemca, â ashât), ainsi que la possession 
du paradis , et le titre qu'il invoque pour obtenir cette 
faveur, c'est que ces Mazdéens « persévèrent dans le 
bien, s'éloignent du péché et de tout acte de nui- 
sance. » 

De même, au yesht xxii, les actes qui sont dits 
mériter le ciel ou l'enfer sont principalement la bien- 
veillance, la bienfaisance pour les fidèles, d'une part, 
et, de l'autre, le manque de soumission à son chef 
chez la femme et la mauvaise conduite. (Yesht xxu, 
i3 et 36.) 

Nous n'insisterons pas davantage. Il serait impos- 
sible de soutenir que YAsha, en tant que vertu, n'est 
qu'un engin de sacrifice et n'a trait qu'aux obser- 
vances liturgiques. Mais on pourrait peut-être pré- 
tendre qu'il doit être considéré sous un autre point 
de vue, et que , sous ce dernier rapport, il est l'équi- 
valent du Rta védique, l'expression de l'ordre phy- 
sique du monde , et qu'il faut interpréter ce mot de 
la sorte quand il est isolé. Cela n'est pas plus exact. 



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162 AOUT-SEPTEMhE 1878. 

Nulle part ïAsha ne joue un rôle aussi important 
que dans les gàthâs, et c'est dans ces morceaux les 
plus anciens de ïAvesta qu'il fout en chercher la vraie 
nature. Or, plusieurs passages de ces chants sacrés 
ne laissent aucun doute sur la vraie valeur de YAska. 

On y trouve d'abord une profession de foi expli- 
cite et claire, qui suffirait à elle seule pour éclaircir 
la question et trancher les doutes. 

« Il y avait, à l'origine , deux esprits jumeaux appe- 
lés, en raison de leur nature et sous le rapport de 
la pensée, de la parole et de l'action, le bon et le 
mauvais. Ces deux esprits produisireiit, à l'origine, 
leurs créations, la mort et la vie, et ce qui est le but 
final de l'être^ le mal pour le méchant, le bon esprit 
pour Yashavan. De ces deux esprits, le méchant s'at- 
tacha au mal; le saint, à VAsha, et bomme lui firent 
ceux qui cherchent à satisfaire Mazda par des actions 
justes. » (Voy.Yaçna XXX, 3-5.) 

La conclusion de ceêi saute aux yeux. L'Aiha est 
le caractère propre de l'esprit bon et saint, ainsi que 
de tous ceux qui obéissent à la loi mazdéenne. C'est 
la vertu qui distingue leurs pensées, leurs paroles et 
leurs actes , et qui fera mériter ou juste le monde 
parfait, le paradis. 

UAÈha est l'équivalent de l'esprit bon , du Vohi- 
manô. Cette équivalence se manifeste partout dans 
les gâthàs. VA$ha et le Vùhûmanôj comme qualités 
abstraites ou comme personnifications, y sont cons- 
tamment Uïiis. 

a Que personne dVntre vous n'écoute les maximes 



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DES ORlGIiNES DU Z0R0ASTH18MK. \Ù3 

et les enseignements du méchant, dit le yaçna xxxi; 
écoutez le sage qui enseigne VAsJia, qui est en état 
d enseigner avec vérité (littéralement ; de dire les 
paroles avec vérité).» (Yaç. xxxi, 18, 19.) 

VAsha est ici, comme an le voit, synonyme de 
vraie doctrine ou de sainteté. (Comp. yaç. xxxiii, 3 
et 7; xxxîv, i, 6, 8, i5; XLïii, 9, etc.) 

«Donne-moi ïAsha, que j'implore pour moi en 
plénitude, dit le poète du yaç. xlu, que j'implore 
m'attachant à la sagesse. » 

Or, que peut-on demander ainsi pour soi , en rai- 
son de la sagesse dont on suit les préceptes, si ce 
n'est une vertu, une perfection morale? Pourrai t-on 
raisonnablement supposer que le poète demande à 
Ahura de lui donner Tordre physique général? Evi- 
demment, non. 

Le Yaçna xxxiii est encore plus explicite. 

La strophe première annonce que le méchant et 
ïashavan recevront leur rétribution telle qu'elle a été 
réglée à l'origine des choses et d'après leurs actes, 
selon qu'ils se seront adonnés au mensonge, à la va- 
nité [mitha) ou à la vérité, la justice [erezvâ). Lasha- 
van est donc celui qui pratique ces vertus. 

Le gàthâ continue en indiquant les principaux 
mérites de Vashavan, les actes qui lui valent ce titre 
et la récompense finale. « Cekii qui sera pour ïasha- 
van un parent, un client, un ami parfait et cjui pour- 
voira aux besoins des troupeaux avec un soin em- 
pressé, celui-là habitera les champs de ÏAsha et du 
bon esprit. Si l'on éloigne de toi, Mazda, ladésobéis- 



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164 AOÛT-SEPTEMBRE 1878. 

sancc et les dispositions impies; de ses proches, Tor- 
gueii (qiii les méprise); des clients, la tromperie; de 
Tiimi, ceux qui Toffensent; du pâturage du bœuf, les 
mauvais soins, donne-nous, pour une longue durée, 
ô Mazda, la possession du bon esprit; fais-nous par- 
venir à ces voies de rectitude qui partent de YAsha 
et dans lesquelles Mazda fait son séjour. » 

Donc, pour être ashavany pour posséder le bon 
esprit et marcher dans ces voies de YAsha qui con- 
duisent à la demeure d'Ahura par la justice, il faut, 
avant tout, être bienfaisant envers les hommes, fidèle 
de Mazda, éviter lorgueil, la tromperie, etc. Ajou- 
tons un dernier trait. Le même gathà , à la strophe 6 , 
porte : Ye zaoîâ a$hâ crezas hv6 mainyéas a vahislat 
kayâ. a Moi , zaotar, jfii5/e j^ar lAsha , je tends par mes 
désirs vers le bon esprit. » Qu'on ne prétende point 
cf^Asha est un vocatif, rien dans tout ceci nest 
adressé au génie Asha; il n'y a pas de trace de cette in- 
vocation , ni dans ce qui précède, ni dans ce qui suit; 
le vers 3, au contraire, prouve que tout s'adresse à 
Mazda [iâ iôiizyâ Ahurâ Mazdâ, etc.). Par YAsha on 
est donc erezas «juste, droit», et non pas seulement 
observateur des rites. 

Est-il besoin d'insister encore, en présence de 
textes formels de telle nature ? Un examen sommaire 
suffit pour former conviction et prouver que les par- 
ties les plus anciennes de YAvesta concordent avec les 
plus récentes pour donner raison à la tradition. 

S'il en est ainsi, sur quoi donc s'appuie Imterpré- 
iation nouvelle 1^ Comme pour la première partie, 



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DKS ORIGINKS DU ZOROASTKISME. 165 

pour le riâ moral, nous ne trouvons ici que des ana- 
logies plus que hasardées, et même, nous regret- 
tons de le dire, des erreurs d^interprétation qui éton- 
nent grandement. Tout est fondé sur un mirage , sur 
des termes isolés du texte, et, par conséquent, mal 
rendus. L'Avesta ne fournit aucune preuve, aucun 
indice, il fait même tout le contraire; on va le voir 
à Tinstant. 

On croit, il est vrai, trouver un indice en ceci que 
les Éraniens avaient, eux aussi, remarqué la régula- 
rité de la succession des jours, des lunaisons et des 
années. Certes, nous ne contesterons pas ce point, 
nous remarquerons seulement que , parmi les nations 
les plus sauvages, il en est peu qui n'aient fait sem- 
blable observation , et qu'ici ou nulle part se vérifie 
le dicton : qui prouve trop ne prouve rien. Il y a , 
d'ailleurs, encore ici confusion complète. L'Eranien 
remarque l'ordre de l'univers, mais ne s'en préoc- 
cupe pas; il n'est pas anxieux à son endroit et ne 
craint pas qu'il faillisse , il ne se croit pas en état de 
le rétablir ou d'empêcher sa destruction. S'il de- 
mande qui maintient le ciel et la terre, l'ordre des 
saisons et le reste, c'est chez lui simple question de 
curiosité philosophique. Il sait que les astres, la terre 
sont assurés contre toute chute [deretâ avapaçtois), il 
veut savoir seulement qui les en préserve. (Y. xliii, 
3-6.) 

M. Darmesteter est forcé de reconnaître que, pour 
désigner le rtomatériel, ÏAvesta n'a point de terme 
technique, trmais, ajoute-t-il, c'est qu'en réalité le 



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166 AOCT-SEPTEMBRE 1S7S. 

mot Aiha marque cet ordre-là comme lautre, et la 
preuve uous en est fournie parle grand nombre d'ex- 
pressions techniques dans lesquelles Asha joue le 
même rôle que r/a dans les expressions védiques cor- 
respondantes , et qui s'appliquent aussi bien au monde 
matériel quau monde moral.» Suivent les expres- 
sions techniques en question ; nous les examinerons 
plus loin. Notons avant cela que les derniers mots du 
raisonnement en détruisent tout l'ensembie et lui 
enlèvent toute base sûre. Si le rta védique, si les 
t^mes dans lesquels il entre se rapportent aussi bien 
au monde moral qu'au monde matériel, il suffit que 
les expressions avestiques correspondantes se rappor- 
tent au monde moral pour qu'elles forment les pen- 
dants exacts des termes védiques. Rien ne justifie le 
choix donné au sens matériel et, par conséquent, 
rien ne pennet de tenir même pour probable que 
ïAsha désigne l'ordre physique. VAvesia ne connaît 
qu'un seul Asha et point deux; nulle part il n'existe 
le moindre indice qui permette de le scinder; aussi 
voyons-nous qu'on est obligé d'en chercher dans les 
Védas. Dans les gàthâs, comme ailleurs, ÏAsha est 
un; c'est une idée abstraite ou un génie; tnais tous 
deux ont toujours le même aspect. Ce qui caractérise 
le mieux une notion qui n'est point définie expres- 
sément en soi, c'est la notion contraire qu'on lui 
oppose. Or, à Asha est opposé Draje mie mensonge, 
la nuisance rt. C'est Ashtt qui remporte sur la Drtge le 
triomphe final (yaç. xun, i ), c'est à lui ou par Im 
qu'elle est enchaînée (yar. xxx , 8). Ceux qui ne sui- 



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DES ORIGLNES DV ZOROASTRISMK. 107 

vent pas ïAsha sont livrés à la Droje (yaç. xlui, 
i3, etc.). D autre part, celui qui commet des actes 
coupables perd à la fois IcspHt de Mazda et ÏAsha. 
nAhuraJiya khraiéas naçyanlô ashâatca.n C'est par 
ÏAsha et le bon esprit que Ion protège le pauvre 
(yaç. xxxiv, 5) , que la loi feit opérer les bonnes ac- 
tions (m/., i3), que Ton obtient la vie dans les deux 
mondes (yaç. xxxi, a). Ceux que le bon esprit a 
abandonnés ne pensent plus à 1*^45^0, ny conforment 
plus leurs pensées, etc. C'est en vertu des bonnes 
actions, des sacrifices,, que Mazda donne ÏAsha et 
Timmortalité (yaç. xxxiv, i). 

Nous pourrions ainsi parcourir tout ÏAvesta, re- 
cueillant des preuves à chaque pas. Nulle part nous 
ne trouverions de traces dun Asha matériel. Disons- 
le, toutefois, ÏAshàR un certain caractère physique, 
conforme aux conceptions duaiistiques de ÏAvesta, et 
c'est ce qui peut avoir trompé un interprète qui 
n'en a pas saisi la nature et n a point distingué le ca- 
ractère particulier de ces conceptions étrangères aux 
Véias, Tel qu'on nous le présente, ÏAsfui est entiè- 
rement dénaturé; nous reviendrons là-dessus. 

Elxaminons maintenant les analogies qu'on nous 
signale; nous pourrions certes nous en dispenser, 
après ce qui vient d'être dit; mais la chose est trop 
intéressante pour que nous ne nous y arrêtions point. 

Nous trouvons d'abord des translations du zend en 
védique, dont on recherche en vain l'utilité. Elles- 
ne peuvent, en effet, qu'égarer le lecteur et lui ikn*e 
prendre pour expressions védiques des formules qui 



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168 AOUT-SEPTEMBRE 1878. 

ne se rencontrent nulle part et ne sont que de pures 

créations de lauteur, créations sans portée. 

Les expressions érano-védiques que Ton signale 
sont au nombre de six. Les voici avec les remarques 
qu'elles comportent : 

1** Ashemhap égale rtasâp. L'équation est double- 
ment fausse. Dabord ashemhap signifie s'attacher, 
suivre YAsha par ses paroles et ses actes, et non favo- 
riser Tordre matériel. Car de quoi s agit-il? « Celui 
qui trompe le fidèle , Yashavan , sera puni des ténèbres 
étemelles; mais Mazda donnera la plénitude de Tin- 
columité , de l'immortalité , de la jouissance , de YAsha 
et du bon esprit à celui qui le satisfait par son intel- 
ligence et par ses actes; il en sera ainsi pour le sage, 
pour le bon , car il suit YAsha par ses paroles et ses 
actions. « (Yaç. xxxi, a 0-2 2.) Où est, en ce passage, 
la place du rta matériel? Mais l'équation fût-elle vraie, 
encore ne prouverait-^Ue rien , car rta sâp lui-même 
désigne celui qui favorise la justice. (Voyez R. V., 
X, iSliy ày a.) 

2° Dama ashava data = rtasya dhâman , c'est-à-dire 
les créatures (matérielles) de YAsha, Les termes zends 
se rencontrent au yaç. lxx, 26, où nous lisons : 
((Nous honorons les créatures créées par Mazda, 
créées avec la qualité à*Asha, formées avec la qua- 
lité d'Asha, dont la foi est ashava, dont le culte est 
ashava. n Nous les trouvons encore au yaç. xxxi, 1, 
qui porte : « Rappelant vos enseignements (prescrip- 
tions), nous publions ces paroles, que ne peuvent 
écouter ceux qui , par les enseignements du mensonge, 



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DUS ORlGIiNES DU ZOaOA^TRISME. 169 

détruisent les mondes de ÏAsha , mais paroles excel^ 
lentes pour ceux qui sont attachés de cœur à Mazda. » 

Dans ces deux passages, on le constate aisément « 
il est uniquement question de choses, de faits de 
1 ordre moral. Ces créatures dont la foi, dont le culte 
est droit, sainte n auraient-elles pour qualités que 
Tordre matériel? Ces mondes, attachés de cœur à 
Mazda, que détruisent les enseignements du men- 
songe , ne seraient-ils que lensemble régulier des mou- 
vements phénoménaux ? Mais , chose plus curieuse , 
M. Darmesteter nous renvoie à Grassmann pour le 
sens et Temploi de rtasya dhâman. Or, le savant lexi- 
cographe et interprète des Védas traduit partout « siège 
de la justice » , une seule fois u siège du sacrifice ». Où 
sont donc , dans les Védas , les créatures du rta et les 
analogies avestiques? Comment expliquer cette ^er- 
reur et cette ai^umentation? 

3" La suivante n'est pas moins spécieuse. Les Vé- 
das appellent le ciel isi rtasya y ôni y c'est-à-dire la ma- 
trice du rta, et le fidèle védique va, après la mort, 
rejoindre les dieux dans la rtasya yônim ; de même, 
nous dît-on, le fidèle mazdéen va rejoindre Ormazd 
dans le garônmân ,¥ashâyaoneni, ou matrice de VAsha. 
Tout cela est très -habile, mais malheureusement 
manque de fondement. Les commentateurs ne 
donnent point k rtasya yôni ie sens de matrice ou 
sein de Tordre matériel; sur vingt-sept fois que ces 
expressions sont employées, dix-neuf fois elles sont 
rendues par sein du sacrifice , de l'offrande , et huit fois 
par sm de la justice. (Voyez Grassmann, a 35, i i ; 



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170 AOUT-SEPTEIMBRK 187*. 

îi88, 6; 297, 12; 725, 9; 834, 3; 891, 7, 8; 720. 
3 , et 9 1 1 , 2/1 , qui est précisément Tendroit cité en 
preuve!) 

En outre , rien n est moins certain que l'existence 
du mot ashâyaonem en avestique. Si deux manuscrits 
ie portent, en un seal emdroit, les autres ont un mot 
tout différent, qui laisse supposer dans le texte pri- 
mitif ravôhva shayanem,^, leçon qui a lavantage de 
ne pas supposer un mot nouveau, inconnu, et de 
donner un meilleur sens. Ashé^aamem existât^l, rien 
ne permet de le rendre par matrice ou sein de 1 ordre 
matériel, ni même de décider qu'il qualifie le gapônt 
mâna; car, dans le seul verset où il se rencontre, il 
peut également être appliqué à Ahura-Mazda, il doit 
même letre, car tous les mots composés de ya^aa 
se rapportent à des êtres animés et agissants, à Asha 
Vahistay ^uxfravashis, à un hœuf; ici il doit en être 
de même, car un substantif ne peut être déterminé 
par un locatif ravôhu, Yaona, d'ailleurs, ne signifie 
nulle part matrice, à moins quon ne prétende, par 
exemple , qxiAsha Vakisla , génie mâle , a une matrice 
(yesht 4 , 3 ) , ou que le taureau a sa matrice pour far- 
deau, barema yaonem. Tout rend, d'ailleurs, l'exis- 
tence du mot ashoyao&eni improbable. En cent en- 
droits , il est parié de garânmâno , du paradis des jystes , 
et jamais la qualification de «sein d'un ordre quel- 
conque » ne lui est appliquée. Peut-on s'appuyer sur 
un texte altéré, sur un mot douteux, sur une inter- 

* Au lieu de ra%^6ku askàyaottem. 



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DES OHiGLNKS DU 2UB0ASTH1SMK. 171 

prétation plus que contestable, pour étayer un sys- 
tème? Nous ne ie pensons pas. Mais concédons tout; 
nous nous retrouverons encore en face du védique, 
sein de lajastice, et ia thèse nouvelle n aura pas Ëiit 
un pas; le fidèle mazdéen ira également dans le sein 
de la justice. 

k"* Les dieux maintiennent ie rta [rta/n dhârayantn) , 
et le Mazdéen demande le maintien de ïAsha. Com- 
ment admettre semblable raisonnement! Tout ce que 
Ton maintient est-il donc identique? Mais faisons 
abstraction de cette considération. Tout dans cette 
analogie est erroné. Le texte des Védas, unique de 
son espèce, ne porte point rtam dharayanta, mais 
rlam dharunam dhârayanla. Rtam est adjectif et non 
substantif, et ne p^it, par conséquent, désigner 
Tordre; il qualifie Agni dans ce passage que voici en 
son entier : « J apporte un hommage de chant au sage 
ordonnateur (des choses). . . Agni est le soutien du 
bien, (les dieux) maintiennent, par Tordre sacré, le 
soutien sacré au haut du firmament dans Taccom- 
plissen>ent du sacrifice. » 

C'est donc Agni et non Tordre matériel que les 
dieux maintiennent , et s il est ici question d un ordre , 
c est de celui qui règle le culte et la morale , et non de 
celui qui régit Tunivers matériel. L analogie est donc 
fausse ou se retourne contre le système qu elle devait 
soutenir, car elle exclurait de YAsha le sens d ordre 
physique. Du reste, le texte de ÏAvesta ne laisse 
place à aucun doute , il est ainsi conçu : « Donne-moi , 
ô Armai ti (sagesse), les biens, les bénédictions ^ la 



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172 AOUT-SEPTEMBKE 1878. 

vie du bon esprit pour maintenir YAsha. » (Y. xlii , i .) 
Certes, le Mazdëen na pas la prétention de contri- 
buer k assurer la succession régulière des jours, des 
temps * la marcbe régulière des astres et le reste; de 
plus, si! demande la vie du bon esprit, ce nest pas 
pour produire cet effet physique , mais pour assurer 
le règne de ce bon esprit et faire triompher la loi 
mazdéenne. 

5" « Le monde védique croît par le rta [rta vrdh ) ; 
le monde mazdéen croît par YAsha [ashâfrâdh), » Ici 
on reste stupéfait. On nous dit que le monde védique 
croît par le rta , et 1 on cite Grassmann , article rtavrdh. 
Or, si Ton ouvre Grassmann , on trouve : i " que rta 
vrdh signifie, non «qui croît par le rlan, mais «qui 
se plaît à la justice , à la piété ». En outre , et ceci n est 
pas matière à contestation, rla vrdh ne s'applique 
pas au monde , il ne qualifie que les dieux , Agni , 
Mithra, Varuna, les génies des portes célestes, les 
piiris , etc. Comment donc et dans quel but rta vrdh 
fîgure-t-il ici? Passant ensuite à YAvesta , on n éprouve 
pas une moindre surprise. Dans les passages invo- 
qués en preuve, il ne s agit nullement d'Asha (ordre 
d'une nature quelconque) faisant prospérer le monde. 
Les uns nous disent, au contraire, que les bonnes 
actions font prospérer ïAsha dans le monde, ce qui 
est l'inverse [ashâfrâdhô verezénâ)\ yênhé skiyaothnâis 
gaêlhâo asha frâdheniê , a par les actes de qui la terre 
gre^nàit en Asha, » (Yaçna xxxiv, i A; xix, 4 9, etc.) Les 
autres, deux peut-être, parient bien d'un Asha qui 
développe les gaéthâs, mais cet Asha est le génie de 



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DES ORIGINES DU ZOROASTRISME. 173 

ce nom et nullement Tordre matériel ou moral. De 
plus, cette faculté de faire prospérer les gaêthâs est 
attribuée successivement à presque tous les génies 
avestiques , à la loi , à Haoma , à Verethraghna , à Arstât 
(la justice), à Ai^wtçûra. (Yaçna ii, 3o; xxxiii, i i ; 

LVI, I ; LIV, 16; LXVU, 5. Visp. VIII, 11. ' 

Yesht viiï, 33; XIII, 18, etc.) C'est la qualité géné- 
rale de tous les habitants du Garônmana. 

Il n'y a donc rien là de spécial au génie Asha, rien 
qui le distingue et le rapproche du. Arta. Mais puisqu'il 
en est ainsi, puisque le rla vrdh na aucun rapport 
ni avec Tordre physique du monde , ni avec le monde 
lui-même, et que ïashâfrâdh est dans le même cas, 
comment ne pas regretter les vices d'argumentation 
et d'interprétation qui échappent aux esprits les plus 
distingués? 

6° K Le rta est ce qui préoccupe le plus le fidèle 
védique; YAsha est le but des efforts du fidèle maz- 
déen, donc rta et Ashci> sont identiques et dés^ent 
tous deux Tordre physique des mondes. » Nous ne 
nous arrêterons pas à réfuter ce dernier argument, 
qui aboutirait à identifier tous les objets de ten* 
dance de tous les peuples ^ et le Nirvana lui-même, 
à ÏAsha. 

Conduons. Tous les arguments que nous avons 
examinés portent à faux ou reposent sur des erreurs 
d'interprétation. VAsha n'est ni une vertu purement 
liturgique, m Tordre physique des créations visibles, 
et, pour pouvoir soutenir le contraire, il faut mé- 
connaître les véritables caractères des doctrines aves-» 



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174 AOÛTSEPTEMBRE 1878. 

tiques. Cependant rien de si simple que de les cons- 
tater; tes passages cités plus haut suffisent déjà à cet 
effet. Rappelons-en les points principaux. 

A l'origine, existaient deux esprits jumeaux, mais 
de nature opposée, l'un bon, 1 autre mauvais. Tous 
deux produisirent des créations. Celles du premier 
tendaient à la vie, au bonheur, au bien; celles du 
second au mal, à la mort, au malheur. L'esprit bon 
prit pour sa part, dans toutes les choses existantes, 
ce qui est bon, ce qui est beau; l'esprit méchant 
choisit tout ce qui est mauvais. Les créatures inani- 
mées et inintelligentes se trouvaient distribuées entre 
les deux dernières, d'après leur provenance; les créa- 
tures intelligentes le furent par leur propre volonté, 
par leur choix. Ceux qui se rangèrent du côté de l'e^ 
prit du mal furent les méchants, dregvanto ; ceux qui 
adhérèrent à l'esprit du bien et à $e$ lais ftirent les 
bons, ashavanô. Ces données sont pleinement confir- 
mées par la prière du yaçna vni ,12, qui bénitla oréa- 
tion de ïashavan, et maudit, voue à la destruction 
celle de ïanashavan, et par tous les passages où îl est 
fait mention des créations des deux esprits, des ani« 
maux créés par les deux esprits, etc. 

Pour les compléter, nous devons rappeler que, se- 
lon YAvesta , certaines fautes; transforment le fidèie en 
Déva ou en fils des Dévas, et que les deux catégories 
d'hommes spécialement déclarées dédbuesde la qua- 
lité dashavan [anaskavan) sont les ian^)ereiha5 ou 
peshôianus , et les ashemaoghasi Les premiiers sonticeus 
qui ont gravement péché contre les vertus religieuses 



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DES ORIGINES DU ZOROASTRISME. 175 

et morales, l'obéissance liturgî<|u6, la bienfaisanbè et 
la puretë imposées aux croyants par la loi mazdéehrie 
(Vend. XVI et xvii fin., ii? in.); les seconds sont les 
infidèles, leà dissidents et leà schismafiques qui dé- 
truisent le règne de la loi {ahéih merencô ayâo dùè- 
nayâo, yesht ix, 99; Vend, xit, 63), ou qui usurpent 
les pouvoirs dès ashavatis rilazdéétis, été. (Vend, ix , 
188-190). 

La concliision de tout ceci est claire et simple. 
LAsha est la qualité qui distingué le Bon esprit, saf 
création visible, 'et les êtrei intelligents qui, prove- 
nant de lui, suivent 'fidèlëttient la loi ttiazdéfenne, là 
loi de cet esprit, daris sé^ J)réceptes moraux aussi bfeh 
que dans ses fre^èrfptioiiâ i*éîigieuses et Irturei^és; 
Le monde de ÏAsha est ce monde , cet ensemble ^i 
comprend et Tesprit incréé et les créatures qu'une 
infidélité, des crimes ou des souillures ne transpor- 
tent pas dans le monde du mal. Et ïashavan , enfin , est 
tout être qui^ produit orî^irtairpment ^^ns cfe li^ijldQ , 
n'en est point sorti par une des trois Causes indiquées. 

Ce sont ces idées que la tradition a rendues assez 
exactement par Jç§ tqrfne^ par rtptfre(^„ généralement 
adoptés aujourd'hui. Certes, si l'on entend par là « la 
pureté virginale » , on se trompe , comme on se trompe 
aussi quand on veut scinder en deux ÏAsha de VAvesta , 
et constituer un il5/ia litui*gî<^ué'ëtun AsKa cosmique. 
VAsha est un, ce^t l'appartenance h ^ créç^tioq du 
bien, à la création liimineii^e^ ^ ^ l'origii:^, pourJës 
êtres^ uiatérieis^ pair l'origiijie et la vi»tonté, pourjes 
intelligences, et cela c'est la sainteté itî^aàdéeftne. ' ■ 



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176 AOÛT-SEPTEMBRE 1878. 

Le monde créé par Mazda est par {ashàvan) ; l'homme 
Test aussi tant qu'il garde la loi. , 

Le rta cosmique n existe pas dans ïAvesta , on en 
convient, et nous avons vu que toutes les inductions 
que Ton a voulu tirer des Védas sont basées sur de 
faussas interprétations des textes. 

Si jamais ïAsha-ordre exista , ce lut avant la période 
mazdéenne, et ce serait un anachronisme que de l'in- 
troduire dan^ ÏAvesta. Mais cela n^ênoe ne f|it jamais, 
du moins rie^ n'autorise à l'aflirmer- 

VAs}ia reste donc la pureté , la sainteté mazdéenne , 
naturelle ou acquise, et non V ordre; jCar le bon\, pour 
le mazdéisme, n'est pas dans ïordre^ mais dans l'ap- 
partenance à la création du bon, esprit, et dans la 
fidélité à la loi mainte. 



NOUVELLES ET MÉLANGES- 



SOCIÉTÉ ASIATIQUE. 



SE^CE DU 12 JUILLET 1878. 

La séance est ouverte à 8 heures par M. Defrémery, rem- 
plissant les fonctions de président. 

Le procès-verbal de la séance précédente est lu ; la rédac- 
tion en est adoptée. 



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NOUVELLES ET MÉLANGES. t77 

Est reçu membre, de la Société : 

M. Parrot Laboissièrb (Edouard), demeurant à Cerilly 
(AUier) , présenté par MM. Renan et Barbier de Meynard. 

On procède à la nomination de la Commission du Journal. 
Sont réâus pour Tannée 1878-1,879: 

MM. Adolphe Regnibr. 
Defrémbry. 
dulaurxer. 
Barbier de Meynard. 
E. Senart. 

Le secrétaire adjoint informe le Conseil que le tome VII 
et dernier du Liyt» des Bois que la mort.deM. Mbhl à laissé 
inachevé est entièrement terminé; il renferme la fin du texte 
et de la traduction et un index fort détaillé. La bibliothèque 
de la Société ne tardera pas à recevoir l'exemplaire qui lui 
est destiné. La pelite édition, dont la publication est due 
aux soins de M"** veuve Mohl , a été achevée presque en même 
temps que l'édition in-folio publiée par rimprimerie natio- 
nale. Elle ne donne ^ comme on le sait, que la traduction 
française et la table des chapitrea sans index; mais réunie 
au lexte que M. Vullers publie actuelleoient à Leyde , elle est 
destinée à rendre de grands services aux études orientales. 

Sur la proposition de M. Barbier de Meynard > le Conseil 
charge M. Garrez, membre de la Commission des fonds, de 
signer désormais les quittances de cotisation, les chèques et 
toutes les autres pièces relatives aux finances de la Sociétés 
Avis de cette décision sera conununiqué à la Société géné- 
rale. 

La séance est levée à 9 heures. 



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i7§ AOUT-SEPTEMBRE 1878* 

HiSTORY OF NbpAl, translated from the Parbalîyâ hy Munshi Shew 
Shunkéri^iD^ «nd PandH Shri Gwubaiid, with an iotroductory 
sketch of the copAtry and pepple of Népal , by the editor Ddniel 
Wright. Cambridge, 1877, in-4', xv-324 p«ges, 16 planches. 

Le Népal possède une chronique ûviligènQ intitulée Vam- 
çâvalt (série des dynasties) ; elle est écrite en parbatiyâ, quoi- 
qu'elle représente la tradition bouddhique et que le parbatiyâ 
ne soit pas la langue de la portion bouddhiste des habitants 
du Népal ; un manuscrit de cet ouvrag'è est' entre les mains 
de M. le professeur Cowell, à Cambridge. U existe un autre 
texte qui est la version gorkha ou hindoue, et dont le Bri- 
tish Muséum et la Bibliothèque de FUniversité de Cambridge 
possèdent des çKempiaifes. Nous ne savons pas (et je crois 
pouvoir dure : on ne sait pas encore) qudle difiërence il y a 
entre ks deux retadoni, à ce soiit des chroniques absolu-» 
ment distinctes , ou une seule et même chronique dont chaque 
race ou chaque parti reUgieux aurait voulu avoir une rédac- 
tion qui lui appartienne en prc^pre. Il serait désirable que la 
cofiq>aratson put être feite ; car il est évident que, pour bien 
connaître Thistoire du Népal, il fà«it entendre les deux partis. 
Maià pt»ut*ètre va-t-on nous trouver bien inltatiable , quand 
nous devrions nous estime tro|> lieitfeiux d^avoir k notre dis- 
position Tune au moins des deux versions , celle des boud- 
dhiste», qui est, selon toutes les apparences, k principale et 
{a plus ancienne. 

C'est M. Daniel Wright que nous devons remercier pour 
cette belle, intéressante et utile publication ; il en a |Hris Tini- 
tiativ« ièt >dirigé resécution ; mais il a eu cies collaborateurs. 
La traduction anglaise du Vamçàvali est l'oeuvre d'un Hin- 
dou attaché à la résidence britannique du Népal, Shew Sun- 
ker Singh; il s'est fait assister du pandit népalais Shrî Gu- 
nânand, issu de la famille des rédacteurs de cette chronique. 

M. Daniel Wright a revu le travail; il s'est procuré, pour 
orner sa publication, des dessins faits par un Népalais, des 
photographies tirées par un de ses amis. 



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NOUVELLES ET MELAMGES. 17g 

L' Université de Cambridge a fait imprimer Fouvrage à ses 
frais en un volume soigné contenant seize planches de gra-' 
vures généralement coloriées, remarquables par la netteté et 
Texactitude ^ et qui nous font connaître l'aspect des principaux 
mimuments du Nép&l et les traits de quelques personnages 
éminents, entre autres ceux du roi actuel et de son premier 
ministre, feu sir Jung Bahâdur. L*ouvrage se compose d*une 
Préface (zv p.) , d^une Introduction (p. 1-75) , de la traduction 
du Vamçàvali (p. 76*991) et d'un Appendice (p. 3g3-3a4) 
fournissant divers renseignements dassés sous neuf rubriques 
diffiérentes. Les principales> sections sont : une liste de ma- 
nuscrits en diverses langues, mais surtout en sanscrit, dont 
M. Wright a doté l'Université de Cambridge ; un petit glossaire 
anglaià-f»ari>atiyâ-newari , un petit recueil de chants newarî 
avec traduction; une liste des souverains du Népal classés 
par dynasties, liste dressée d après la chronicpie , et qui permet 
de mieux suivre l'ensemble du récit. Les autres sections de 
l'appendice, relatives à la mesure du temps, aux poids et 
mesures, aux monnaies, aux instruments d'agriculture et de 
musique, âidlitent l'inteliigence de certains points traités 
dans Touvrage, ou complètent les notions qu'il fournit sur 
le Népal. 

M. Daniel Wr^ht a adopté l'orthographe nouvelle, celle 
qui cherche a reproduire par un calque aussi parfait que 
possible les noms orientaux, sans s'asservir aux bizarreries 
de f orthographe anglaise. Cependant , pour un petit nombre 
de noms très-connus , il s'est conformé à l'usage ancien. Son 
système de transcription n'est pas rigoureux et n'a pas d'ail- 
leurs la prétention de l'être : je le jugerais susceptible de 
perfectionnement; mais, au total, il est très -satisfaisant. 
Certains noms ne sont pas toujours transcrits de la même 
n^anière; mais M. Wright nous avertit que ces variations 
correspondent k celles du texte original lui-même. On re- 
marque en particulier des différences quelquefois assez grandes 
entre les noms de rois donnés à l'appendice (p. 3ia-3i5) et 
ceux qui se trouvant dans Le corps du récit : ceux de la liste 



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180 AOÛT-SEPTEMBRE 1878. 

paraissent les plus corrects. En effet Mi Wrigfat nous avertît 
qu^ellé a été faite avec un soin particulier. 

Le Népal esl un pays petit, mais bien digne de fixer Tat'- 
tention; Celle vallée où M. Hodgson a retrouvé les débris de 
la littérature sanscrite du bouddhisme ne peut nous être 
indifférente. Nous croyons donc utile de présenter ici au lecteur 
une description du Népal tf après 1 introduction de M. 
Wright^ et un résumé de Thistoire du pays diaprés le Vam- 
çâvalî. Dans cette seconde partie de notre travail, nous sup- 
primerons, ou du moins nous réduircms considérablement 
r élément religieux qui pénètre tout le récit et se m^ pour 
ainsi dire à chaque événement, pour lui donner une physio- 
nomie particulière. Nous tâcherons de noter seulement les 
faits les plus saillants de l'histoire politique,- civile et rdi- 
gieuse. Du reste, pour fournir au lecteur les moyens de com- 
pléter son instruction et de contrôler nos assertions, en 
même temps que pour ne pas dissimuler Torigine de nos 
connaissances , nous renverrons pour les principales mentions 
que nous aurons à faire aux pages du livre de M. Wright. 

Nous empruntons d'abord à l'introduction qudques détails 
sur le pays ; nous donnerons ensuite un résumé de son histoire. 

f. GÉOGRAPHIE DU NÉpAl *, ETHNOGRAPHIE, MOEURS, 
RELIGIONS, ETC. 

Géographie, Si claire que puisse être une description 
géographique ou topographique, l'existence d'une carte ou 
d'un plan qui aide à la suivre est quelquefois nécessaire, tou- 
jours utile. La description géograj^ique que M. Wright nous 
donne ne manque pas de clarté, mais une carte manque à 
son livre , et nous regrettons cette lacune. Nous allons es- 
sayer d'indiquer la position des principaux points du pays 
dont il nous parle. 

La vallée du Népal , longue en moyenne de 30 milles anglais 
et large de 1 5 \ est entourée de montagnes dont les princi- 

* H <îc s'agit ici que du N^pâl proprement dit, de la vallée o« esl la 



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NOUVELLES ET MELANGES. 181 

paux. sommets sont au nord le M unichûr, le Seopûri , le Ku- 
kani , le Kowhilia ; à Test le Mabadeo Pokhri ; k l'ouest le Nâgâr- 
jun ; au sud le Ghandragiri , le Champa Devi , le Phurphing et le 
Phulcbowk : ce dernier, le plus haut de tous, s*élève à 9,720 
pieds anglais au-dessus du niveau de la mer. Le pays forme 
un réseau de vallées et de {bateaux ; les vallées sont sillonnées 
par des cours d*eau presque toujours à sec une partie de 
Tannée ; le plus considérable d*entre eux est celui qui est formé 
par la Vishnumati qui arrive du N. E. et la Bagmati plus occî* 
dentale, dont les eaux se rejoignent, se mêlent près de Kath- 
mandu et continuent leur course dans la direction du S. E. 
Kathmandu, fondé en yaS, actuellement capitale du Népal, 
est situé à peu près au centre du pays. A un peu plus de 2 milles 
au S. E. est Pâtan , appelée aussi Lâlitapatfan ou Lâlitpur, 
autre capitale du Népal fondée en 299; enfin à 9 milles à 
Test se trouve Bbatgaon, troiûème capitale fondée en 865. 
De Kathmandu partent deux routes, l'une .dans la direction 
de Test vers Bbatgaon , l'autre vers le N. E. sur laquelle on 
rencontre , à environ 3 milles de Kathmandu , Paçupati , le plus 
ancien sanctuaire et l'un des plus vénérés du Népal (p. 21). 
Il s'en trouve deux autres dans les mêmes parages , Gaukama, 
à 2 milles au N. E. de Paçupati, et Bodbnatli, entre ces deux 
localités à 3 milles ^ de Kathmandu. Le temple bouddhique 
de Bodhnath attire un grand nombre de Boutaniens et de 
Tibétains (p. 22). Le Heu le plus remarquable à l'ouest de 
Kathmandu est Stmbhunâth ou Svayambhunâth (à 1 mille {) , 
remarquable par son temple et sa statue colossale de Çâkya- 
Sinha (Çâkyamuni). Si l'on part de Kathmandu dans la di- 
rection du S. O. , la ville la plus considér£d)le que l'on rencontre 
est KMtpôr, ville de 4,000 âmes , importante pour la religion , 
et célèbre par son héroïsme et par ses souffrances dans lar 
goei^e des Gorkhas. A 5 milles au S. E. de la capitale est 

capiialç; car le royaume de Népal est beaucoup pfos vaste et s^étead aur 
une longueur de 5oo nulles anglais et une largeur de i33. Seulement, 
tout ce territoire est fermé aux Européens; la vallée centrale est seule un 
peu accessible , et c'est seulement à elle que se rapporte le livre de M. Wright. 



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182 AOÙÏ-SEPTEMBRE 1978. 

Bogmatî, célèbre par le culte de Macchindra, la divinité pro> 
tectrice du Népal. 

Deux routes partent de Pâtan, Tune dans la direction du 
3ud, Tautre dans celle du S. £. ; cdle-ci se termine à Godâ- 
vari, lieu vénéré, ren(^ec-vous des pèlerins pendant le mois 
du Mêla qui s'y lient tous les douze ans, et où se trouve une 
source qu*on prétend en communication avec la Godâvari du 
Dekkhan, qui Talimenterait de ses eaux; elle est située au 
pied du mont Phûlchowk (p. ao). 

Ethnographie. Les habitants du Népad se partagent en 
plusieurs races diverses , parmi lesquelles il y en a deux, prin- 
cipales, les Newars et le» GorUias. Les Newars forment le 
fond de la population et descendent des anciens maîtres du 
pays; ils ont le type mongol et parlent le newari, langue 
non aryenne. Les Gorklias sont la race dominante, et des- 
cendent des envahbseurs qui conquirent le Népal il y a un 
siècle; ils ont le type hindou; leur langue, le parbatiya, est 
de souche indo-européenne, A coté et aunlessous de ces deux 
groupes se trouvent dans quelques cantons les Magars et les 
Gurungs à fouest, les Limbus et les Kirâtis à Test, les Bho- 
tiyas sur la frontière du Tibet au nord, les Lepchas sur celle 
du Sikkim au S. E. Chacune de ces races a son langage spé- 
cial ; les Limbus et les Bhotiyas parlent des dialectes du tibé- 
tain. 

]V{. Hodgson s'était occupé de ces différents peuples, et il a 
donné des listes de mots dans leurs langues réactives. Les 
Lepchas du Sikim ont été Tobjet spécial des études du capitaine 
Mainwaring, qui a publié tout récenunent une grammaire 
très-complète de leur langue , précédée d'une introduction fort 
instructive» ^ous comptons rendre compte ultérieurement de 
cet ouvrage. 

Religions, wœars. Le bouddhisme est la religion des Newars, 
des Bhotiyas, des Limbus, des Kirâtis; T hindouisme celle 
des Gorkhas , des Magars et des Gurungs ; Fislamisme est pro- 
fessé par un certain nombre d'étrangers. Il y a donc une assez 
grande liberté comme une assez grande variété de cultes. 



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NOUVELLES ET MÉLANGES. 183 

Cette variété se manifeste surtout par le nombre des fètes 
religieuse» ; il n'existe pas moins de a, 733 sanctuaires dans le 
payfi, et les solennités qu on y célèbre durent quelquefois des 
semaines entières et même des mois. Ces fêtes sont le grand 
attrait et k prificipale occupation des Népalais. 

I^s pratiques religieuses de chaque culte sont plus ou 
mnÀsm dénaturées par des alliages et des mélanges. Les fleurs 
et les fruits sont les principales ofirandes ; toutefois quelques 
sectes sacrigent encore des animaux , il y a même des exemples 
df^ Sficiifices humaiqs qui ne sont pas fort anciens. Ces tueries 
s*acoomplifisaient jadis avec une grande barbarie; mais de gé- 
néreux et persévérants efforts en ont modifié le caractère. 
ioL même influence s est exercée sur les lois pénales , qui ont 
été fort adoucies , et sur certains usages tels que celui du sacri- 
fice des veuves, qui n a pas été aboli, mais qu'on s'est efforcé 
de restreindre. Du reste, il y a sur ce point des différences 
Delon les r^ces ou les f eligion^. Ainsi c'est cbei les Gorkhas 
que les veuves ont de l'inclination pour le bûcher, à cause 
de l'interdiction de se remarier. Chez les Newars bouddhistes , 
les veuves peuvent se remarier et ne se brûlent généralement 
pas,. quoiqu'elles aient le droit de le faire. La polygamie est 
admise et fort en usage chez les gens riches. L'adultère est 
pi^i très-sévèrement, surtout parmi les Gorkbas, car les 
Newafs spnt beaucoup moins rigoureux, et admettent même 
le divorce* Toi|te jeune fille newari est mariée dans son 
eofance avec un fruit de f e^ce appelée Bel, qu'on jette à 
1*09^ aprës. Id cérémonie, et qui est toujours censé le véritable 
épouxt ce qui diminue singulièrement la gravité des incidents 
IliatrÛDoniaux qui peuvent survenir par la suite. 

L'esclayage existe au Népal, et le nombre des esdaves y 
est considérable* Indépendamment de ceux qui le sont de 
nfttSMaçe, il y en a qui le deviennent eu punition de certains 
crûmes. 

La nourriture animale est plus usitée au Népal dans toutes 
les classes de la population qu'on ne le voit dans l'Inde propre. 
C^est sans doute un effet du climat. La liqueur enivrante 



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184 AOÛT-SEPTEMBRE 1878. 

appelée rakshi, tirée du riz et de l'orge, est un objet de 
grande consommation de la part des Newars et des basses 
classes; le thé est la boisson favorite des classes supérieures; 
mais les inférieures ne le dédaignent pas. 

Il n'y a point d'écoles au Népal , l'instruction se donne dans 
les familles, par le concours des pandits , moyennant salaire; 
il en résulte que les basses classes sont dans une profonde 
ignorance. 

Les pèlerinages et les processions n'empêchent pas les 
Népalais de vaquer à l'agriculture , leur travail de prédilection. 
Chaque famille a son lopin, et il n'est pas un coin de terre 
cultivable qui reste en friche. Le peu d'industrie qu'il y a 
dans le pays est entre les mains des Newàrs , tandis que la 
profession des armes est réservée aux seuls Gorkhas. L'armée 
peut compter de 60 à 70,000 hommes ; elle est organisée à 
l'image de l'armée anglaise; malheureusement l'armement 
est insuffisant et surtout très-inégal, le commandement est 
défectueux. C'est une armée impropre à l'attaque, mais qui 
pourrait, dans ses montagnes, opposer une défense vigou- 
reuse. 

Les Népalais sont fiers de leur indépendance, décidés à la 
maintenir et très-défiants à l'égard des étrangers : de là vient 
que les communications avec eux sont difficiles. L'état des 
routes les rendrait d'ailleurs presque impossibles, et la pau- 
vreté du pays peu finictueuses. D'après M. Wright, tant que 
les Gorkhas seront les maîtres du Népal , il n'y a rien à espérer 
par les voies pacifiques. Si donc on voulait absolument établir 
des relations commerciales entre l'Inde anglaise , le N^pâi et 
le Tibet, la première chose à faire serait d'annexer lé Népal; il 
en coûterait quelques millions et plusieurs milliers d'hommes. 
Encore peut-on douter que «le jeu en valut la chandelle» 
(p. 70). Tel est l'avis de M. Wright; rious le donnons td 
quel , sans hasarder l'examen minutieux de cette grosse ques- 
tion. 



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NOUVELLES ET MELANGES. 185 

' HISTOIRE DU NÉPAL. 

Si le» cartes sont nécessaires pour rintelligence des des* 
eriptions géographiques , les index ne le sont pas moins pour 
lés recherches historiques. Il n'y a pas d'index à la fin du vo- 
lume de M. Wright. Nous ne lui en fieiisons pas un reproche ; 
le9 circonstances dans lesqu^les ce volume a paru rendaient 
sans doute la composition d'un index particulièrement di65- 
ciie. Du reste, nous ne nous plaignons de cette lacune que 
dans l*intérèt des travailleurs ; le résumé que nous offrons en 
ce moment au lecteur n en a pas souffert, et il n'eut guère 
été meilleur qu'il n- est ou plus facile à exécuter, si le volume 
avait ë^ pourvu d,'un index. 

Ott peut distinguer dans l'histoire du Népal plusieurs pé- 
riodes : 1 • la période fabuleux des Buddhas et des Bodhisattvas, 
pendant laquelle la vallée du Népal fut presque toujours un lac 
de Nâgas , où les Asurs faisaient revenir les eaux que les dieux 
avaient fait écouler ; a** la période asses prolongée , et suscep- 
tible elle-même de divisions , pendant laquelle plusieurs dy- 
nasties se succédèrent, transportant à plusieurs reprises d'un 
lieu à un {lutre le siège de l'empire ; 3° la période du partagé 
de l'État entre plusieurs membres d'une même dynastie, celle 
des Mallas ; 4** la période actuelle de la dynastie Gorkha. 

Nous laisserons presque entièrement de côté la première 
période. Citons seulement , parmi les bizarreries qu'on y re- 
marque, le transport dans cette période fabuleuse du règne 
de Vikramàditya avec la fameuse histoire de son trône, sur 
lequel le roi Bhoja voulut s'asseoir, ce dont il fut empêché à 
trente-deux reprises par les « attributs » du trône. La théorie 
de la transmigration rend ces fantaisies faciles; car il est bien 
entendu que le Vîkramâditya de cette période fabuleuse et 
le Vikramàditya postérieur, créateur de l'ère qui porte son 
nom, ne sont, à trois mille ans de distance, que des appari- 
tions d'un seul et même individu. 

Dynastie Gupia, L'histoire du Népal conunence avec Ne^ 



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186 AOÔT-SEPTEMBRE 1878. 

Muni , qui donna son nom au pays ; il institua roi , dans des 
circonstances merveilleuses , un tils de pâtre appelé Bkukta- 
mâna, chef de la première dynastie népalaise êf^pdée Gupta, 
du nom que prirent tous ses descendants. La dynastie Gupta 
compte huit rois qui régnèrent en tout ciqq ceikt viiigt et un 
ans. Ua avaient leur résidence au lieu appielé HfAiA itrik4 
c Tétang de la mère » , ainsi nommé à cause d'un? légende q^i 
s'y rattache (p. 107-108). 

Dynastie Ahtr. Cette dymastie, qui régna aj^t i'^xtinc^fi 
de U dynastie Gupta, était originaire des plaines de THio*' 
doustan ; elle compte seulement troi» rois. Les IUratts>, qu'on 
nous dit ailleurs être venus dans le Népal pendant la période 
fabuleuse, avant les dieux, et y avoir dominé dix inîll# ans 
(p. 106) , firent la conquête du pays et y {otiàèt^tik une pIM* 
sance nouvelle. 

Dynastie Kiràtt Cette dynastie compte vingi-nenf rpis. Ce 
fut sous le sixième , Humati , qu'eurent lieu la fieuneuse^pierdb 
de succession racontée dans le Mith&khamki» Texil des £lf dff 
Pandu dans la forêt et le combat de Tuii d*enx, Arjnni^ / £^1^ 
un Kiràtî qui n était autre que Mabadevui. Sou^' le aep^èmj? 
roi, Jitedâsti, Çâkyamuni vint visiter 1$ Népal, et );ôt fi)s de 
Pandu livrèrent à leurs ennemis la fprmidahli» WtwUe de Ku- 
nixetra; Jitediisti, leur allié, était avec eux «t péril eii €(9ilft* 
battant (p. 109-1 10); synchronisme plu^ que doHlevixi^ nmi 
qu il ne faut pas oublier de noter» Un autre synchronknie se r«|^ 
tache au nom du quatorzième roi, Stbunko, ^'eiH le vtoyifgiÉ 
au N^âl du grand roi Açoka. Sa fille , Çami^^, qui rao^fHnt 
pagnait, s y fixa, sy maria, et y iDot^rui ij^hixnni d^Pli uli 
vihâra cpi'elle avait fait 4;oQstruire. Sous le vingt-bnitièfli^ ffÀi 
Patuka, comment l'attaque d^ EUjpnt» de la rAce lutuin^ 
(Somabaosi), qui mirent en fiûte le vii^-neuvième et d^r-^ 
nier Kirâtî, appelé Gasti; ils sé^lirent près de Godavari, 
au sud-est de Népal, et fondèrent une dynastie nouvelle 
(p. lia). ■' 



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NOUVELLES ET MELANGES. 167 

Dynastie Somabmnsi ou Iwnaire. Elle ne compte que cinq 
rois ; le quatrième , Paçoprekhadeva , introduisit le régime des 
quatre castes et restaura le temple de Paçupati. Les heureux 
effets de cette belle action ne tardèrent pas à se faire sentir; 
car, par la vertu des Mantras de Paçupati, le cinquième roi, 
Bhâskara-Barmâ , fît de grandes conquêtes et soumit le monde 
entier. H ne laîf sa pas d*en&unts , mai$ il avfiit demandé à Pa- 
çupati cette faveur, ordinairement peu enviée; il laissa son 
trône à un mesure de la race de Gautama , Bhûmi-Bbarmâ , 
fondateur de la dynastie scdaire (Sâryabansi) — (p. 1 1 3- 1 1 4 )• 

Dynastie Sûryahioui ùa solawe. Elle compte trente et un 
rois. Le pren^r, Bhèmi-Barmâ , transporta sa résidence de 
Godàvari k Bàneswara ; le onzième , Haridatta-Barmâ , institua 
le cuHe des quatre Nârâyana, ce qui signifie indubitaUement 
qu'il £aivorisa Thindouisme (p. ii4). Sous le dix-septîémc, 
Rudradeva-Barmâ , il y eut une réaction dans le sens boud- 
dhique. Un brahmane, appelé SunayasrîMisra, originaire de 
Kapilavastu , était aUé à Lha-Sa et y avait reçu les leçons de 
trois Lamas. De retour au Népal, il répara les caityas d*Âçoka , 
mit des offrandes dans quatre d*entre eux et fonda un vibâra ; 
il en fonda ensuite deux autres pour deux de ses disciples, 
qui vinrent de Kapilavastu au Népal pour le rejoindre. Sa 
femme et ses enfants y vinrent aussi , et il établit cette loi dans 
sa famille que ses descendants, aussitôt qu ils auraient un fils, 
embrasseraient Tétat monastique. Toute cette histoire pareil 
être f indice d' une recrudescencedu bouddhisme (p. i i5-i 17), 
succédant peut-être à une période d'affiôblissement. l^is sout 
le règne suivant, cdui de Brikhar (ou Vrxa-) Deva-BstrmÂ,^ 
iirère (ki roi précédent, eut Heu le terrible mouvement anti^ 
bouddhique diiigé par Çankara Acârya, qui serait venu de 
m personne au Népal, aurait confondu les docteurs boud- 
dhistes (lesquels, en ce temps-là, n étaient pas, parait41, de 
(NTeniière force) , ordonné les sacrifices d animaux , le mariage 
des nonnes, la destruction des quatre-vingt-quatre mille HVres 
sacrés, et établi le çitaisme sur les ruines du bouddhisme. Cette 



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183 AOÛT-SEPTEMBRE 1878. 

révolution causa .dans le pays un trouble profond et prokmgé. 
Les docteurs qui n avaient pas su tenir tète à 1 adversaire fu- 
rent affectés du goitre, en punition de leur faiblesse ou de 
leur incapacité, et dans les Népalais atteints de cette diffor- 
mité, on reconnaît encore aujourd'hui les descendants de ceux 
que Çankara Acârya a vail^ vaincus (p. 12a). Les bouddliktes 
n'acceptèrent pourtantspas leur défaite avec une entière rési- 
gnation; ils oublièrent la patience, le mépris des injures et 
leurs autres vertus pour exercer des représailles ; on nous parle 
de sept cents Brahmanes de Bisâlnagara oftassacréi» par. mille 
Banras bouddhistes ; les meurtriers furent réduits en cendres 
par les malédictions des fermes de ces Bcahmaties qui avaient 
suivi leurs maris dans la mort, et dont les e^its causèrent 
tant de trouble qu'un roi dut les apaiser par une cérém^iie 
religieuse. Si éclatante qu'eût été la victoire de Çankara Acâ- 
rya, il n'avait pas totalement extirpé le bouddhisme, qui finit 
par se relever de cette chute profonde. Les derniers repré- 
sentants du culte vaincu s'étaient réfugiés dans Je vihàra de 
Pingalâ-Bahâl-kot, d'où ils sortirent dans des temps plus hevt- 
reux pour se répandre danb le pays et y iaire refleurir leur 
doctrine (p. iai-133 et 157-1 58). Le vingt-septième roi, 
Çiva-Deva-Barmâ, transporta sa résidence de Baneswara à 
Deva-Patan , il institua ou réforma plusieurs cérémonies , parmi 
lesquelles la plus notable est le samfice bumain offert tous 
les ans à Bachla-Oevi, la principale divinité (femelle) du Né- 
pal (p. 126). Il finit ses jours dans les pratiques religieuses, 
et renonça même àU trône; il s'était lié d'abord avec tuifokir, 
adorateur des divinités brahmaniques, ensuite il rencontra un 
bbixu qui le décida à construire un vihâra et à se faire boud- 
dhiste (p. 127-129). Le trente et unième et demi«r roi, 
Viçva-Deva-Barmâ^ tenta en vain d'abolir les sacriÊ<tes hu- 
mains; la divinité sanguinaire ne voulut pas lâdi^r ses vic- 
tipaes. Il mourut sans postérité mâle ; sa h lie unique épousa 
un Thakurî ou Rajput légitimé, et le ûls né de cette. unioli, 
Ançu-Barmâ, fat le chef d'une dynastie nouvelle. Viçva-Deva- 
Barmâ étail contemporain du célèbre roi Vikramâditya, qui 



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NOUVELLES ET MÉLANGES. 189 

vint au Népal , y acquitta , par Tordre du dieu Ganeça , les 
dettes nombreuses dont souffrait le pays, et institua, en mé- 
moire de cette généreuse libéralité, l'ère qui porte son nom 
(p. i3i). 

Dynastie Thakariou Rajpat, Elle* compte dix-huit rois. Le 
premier, Ançu-Barmâ , transporta la résidence royale de Deva- 
Pattan à Madhysdakhu. Cest sous son règne que les dieux ces- 
sèrent'de se montrer aux hommes. Le quatrième roi , Nand- 
Deva, introduisit au Népal, par une sorte de caprice (peut-être 
par force) , Tère de Çâlivâhana , autrement dit , l'ère Çâka, qui , 
néanmoins , ne fut pas imposée aux habitants , ne supplanta 
pas cdle de Vikramâditya et fut employée concurremment 
avec elle. Le cinquième roi, Bar-Deva, fonda la ville de La- 
lita-Patan ou Lalitpur, la plus ancienne des capitales du Népal 
encore subsistantes. Sous le sixième, Candraketu-Deva, lepays 
fut subjugué et ravagé par des envahisseurs , venus de tous 
côtés , qu'on ne désigne pas autrement. On attribue à la piété 
du roi et à l'intervention d'une divinité (Lomn-Masakali-Devi) 
la cessation du fléau. Les Rajas ennemis, effrayés par son ap- 
parition , rapportèrent ce qu'ils avaient enlevé (p. 1 38). Sous ce 
règne, un célèbre docteur bouddhiste, Bandhudalta, com- 
mença à se faire connaître ; son influence continua sous le sep- 
tième roi , Narendra-Deva ; ce fut alors qu'il apporta du Tibet le 
culte de Mahâkâk (p. 1 89 ) . Le Népal subissait donc alors d'une 
manière très-sensible l'influence tibétaine et bouddhique. Le 
huitième roi , Bar-Deva , transporta sa résidence à Lalita-Pattan , 
fondée peu de temps auparavant. Bandhudatta, dont l'influence 
ne faisait que croître , institua sous son règne le culte de Mac- 
chendra-Nâtha \ protecteur du Népal. Macchendra-Nâtha , dont 
la légende est longuement racontée (p. iâo-i52), n'est autre 
que Avalokiteçvara, le Bodhisattva principalement vénéré des 
Tibétains , jet qui renaît perpétuellemeïit dans leur Dalaî Lama 

* Macchendra est la prononciation du mot qui s'écrit Matsyendra «prince 
des poissons». Maisya se prononce donc Macchà, exactement comme il s'écrit 
en pÂli. 

xn. i3 



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190 . AOOT-SEPTEMBRE 1878. 

(d'institution plus récente). Les créations de Bandhudatta sont 
un épisode important de la réaction qui suivit la révolution 
violente dont Çankara -Acârya avait été Tauteur. Kinfluenee 
du Tibet dans ce grand mouvement est visible. Cest ce qui 
ressort , entre autres indices , d'une légende relative à un Brah- 
mane , incarnation de Çankara-Àcârya , qui serait venu au Né- 
pal pour voir si son œuvre subsistait encore, y aurait confondu 
quelques docteurs, et serait passé ensuite au Tibet, dont le 
Lama l'aurait complètement vaincu (p. i52-i53). Cette lé- 
gende , dont nous ne racontons pas toutes les bizarreries , si- 
gnifie sans doute que le rétablissement du bouddhisme au 
Népal n'y détruisit pas l'hindouisme, dont la persistance dans 
ce pays est manifeste ,. tatidis que, au Tibet, nulle doctrine 
ne put subsister à cdté du bouddhisme. 

Le quinzième roi, Guna Kàma-Deva, régna cinquante et 
un ans , fonda Kantipur ou Kathmandu , et y établit sa rési- 
dence (p. i54). Nous voyons ainsi se fonder successivement 
les villes qui sont aujourd'hui les plus importantes du Népal. 
Ce même roi institua plusieurs solennités religieuses, entre 
autres celle de Lâkhyà-Jâtra , en l'honneur de Çâkya-Mani , 
vainqueur de Mâra sous l'arbre de Bodhi (p. i55). C'est aussi 
à lui qu'on attribue la création du jeu de Siti , dafts lequd les 
enfants se battent à coups de pierres. Dans les premier temps, 
on sacriGait les prisonniers que faisaient les deux partis : les 
sacrifices furent abolis , naais l'usage du combat fut maintenu 
jusque dans ces dernières années. Le résident anglais, Colvin, 
ayant eu la curiosité d'assister à ce jeu dangereux, fut atteint 
par un des projectiles , et Jung Bahadur supprima cette cou- 
tume barbare. — Jaya-Kâma-Deva , le dix-huitième roi , mourut 
sans postérité. Les Thakuris du mont Nuwakot créèrent roi 
l'un d'entre eux qui fut le fondateur d'une dynastie nouvelle. 

Dynastie Thakurî de Nuwakot. Cette dynastie dura peu : eHe 
ne compte que cinq rois. Il semble que dans cette période on 
se soit encore ressenti des troubles religieux causés par Çan- 
kara Acârya. Le premier roi de la dynastie, Bhâskara-Deva , 



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NOUVELLES ET MÉLANGES. 191 

qonstruisit un vihâra pour les Banras (docteurs) de Pingak 
Bahâl et leur divinité, qui avaient quitté la retraite où letpér^ 
sécutions de ÇankaTa-Acarya le& avaient contrainb de cherdier 
un refuge; légende assez obscure, qui indique une sorte de 
malaise i*eligieux , de même que Térection d un emblème de 
Çiva pour apaiser les esprits des sept cents brahmanis qui s*é- 
taient brûlées sur le bûcher de leurs maris, massacrés par les 
bouddhistes, et d autres cérémonies de purification, imagi- 
nées par le cinquième roi, Çankara-Deva (p. 1 5^- 160). Ce 
prince mourut sans postérité ; le pouvoir passa alors à un des- 
cendant d^Ançu-Barma, de la race solaire, Bama-Deva, qui 
fonda ce qu*on appelle la deuxième dynastie Rajput.' 

Deuxième dynastie Rajpui. Cette dynastie compte douze 
rois. Le troisième, Sadâsiva-Deva, fut le fondateur de Kîsti-* 
pur; le dixième, Abhaya-Malla , est surtout remarquable pour 
avoir donné son nom à une dynastie qui régna plus tard sur 
le Népal. li eut deux fils qui lui succédèrent simultanément, 
h premier, Jaya-Deva-Malla , à Lalita-Pattan et à Kathmaradu ; 
le deuxième, Ananda-MaUa, à Bhaktapur ou Bhatgaoa, troi- 
sième capitale du Népal, dont il fiit le fondateur. Sous son 
règne, un çudra appelé Sâkhwal, devenu extraordinairement 
rid)e, paya les dettes existant dans le pays, et ce &it notable 
. fiit le pcHnt de départ d une ère nouv^le , Fère nationale du 
Népal, qui commence en octobre 880 de notre ^e (p. 16^). 
H y a donc au Népal trois ères : celle de Vikramâditya , celle de 
ÇaHvâhana (ouÇàka), apportées du dehors Tune et Faulre 
et c(»nmune& à Tinde et au Népal, et Tère népalaise propre- 
ment dite (Népâl-Samvat). En Tan 9 de Tère nouvelle, une 
invasion formidaUe mit fin à la doomination des deux rois 
liallas et de leur dynastie. Nânya-Devai>Ràja , venu de la oon^ 
trée méridionale Karnâtaka, et suivi de bandes parmi les- 
quelles étaient les Newaras', originaires du pays de Nayera, 

* Ce nom ressemble beaocoap à celui des Newars, qui forment le fond 
de Tancienne population du Nëpàl. Cette popalalion se confondrait-elle avec 

i3. 



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192 AOÛT'SEPTEMBRE 1878. 

conquit le Népal , expulsa la dynastie régnante et fonda une 
puissance nouvelle. 11 apporta Tère de Çàka-Sahkâla (p. 167). 
Gela signifie, je suppose, qu'il eut la prétention d*imposer 
exclusivement f ère de Çaka ou Çâlivâhana qui parait, en effet, 
être employée de préférence dans le midi de l'Indè. 

Dynastie KamâtakL Elle ne compte que six rois. Sons le 
troisième, appelé Narsinha-Deva , Râjà-Malia*Deva et Kath>a- 
M alla fondent le village de Ghapagaon (ou Ghampapuri), ce 
qui indique une sorte de retour offensif de la dynastie pré- 
cédente. Sous le sixième roi, Hari-Deva, toute la ville de 
Lalita-Pattan s'insurgea, et le roi fut défait par les rebelles 
(p. 170). Un chef voisin, Mukunda-Sena , profita de ces trou- 
bles pour envahir le Népal, amenant avec lui les Khas et les 
Magars ; on dit même que ce fut à Imstigation d'un Magar 
qu'il entreprit cette concpiète. De grandes atrocités furent 
commises par les bandes envahissantes ; mais la contagion se 
mit parmi elles et les détruisit, si bien que Mukunda-Sena 
s'enfuit presque seul. Ainsi parle la chronique, mais elle 
avoue que les Klias'et les Magars n'en restèrent pas moins 
dans le pays , où ils avaient importé deux aliments nouveaux, 
le sinki (radis qu'on enterre jusqu'à fermentation) et le ha- 
wukâ (riz qu'on met en tas avant qu'il soit mûr, et qu'on 
recouvre de terre jusqu'à sa maturité ; après quoi on le fait 
sécher). Cette invasion causa un trouble profond, elle fut sui- 
vie d'une période d'anarchie et de division qui dura deux cent 
vingt-cinq ans. Ghaque ville, même chaque quartier des 
grandes villes avait son roi. Tous ces tyranneaux étaient des 
Thakurî, il y en eut tant que leurs noms n'ont pu être con- 
servés. On remarque qu'ils furent en général favorables au 
bouddhisme, ou du moins que, pendant cette période, le 
bouddhisme put se développer plus librement. 

Dynastie Ayodhyâ. Enfin , en 1 3^4 1 nn prince d'Aoude , Ha- 
ies envahisseurs dont il s*agit, on, dn moins, anraît-elle pris leur nom? 
On ne le dit pas expressément; mais on semble Tadmettre. 



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NOUVELLES ET MÉLANGES. 193 

risimha-Deva , liiyant les Musulmans, arriva, après bien des 
aventures , dans le Népal. Les Thakurîs de Bhatgaon l'accueil- 
lirent lûen; il repoussa une attaque des Bhotiyas (Tibétains 
ou Boutaniens), et fonda une dynastie qui ne compte que 
quatre rois et ne se distingue que par le calme rdatif dont 
jouit le pays (p. 174-179). Les Newaras de Nayera, venus avec 
Nânya-Deva-iyya , occupaient ^ encore le pays (p. 179)* Sous 
le dernier roi de, la dynastie dAoude, un tremblement de 
terre causa, en i4o8, d'effroyables malheiu's. Çyâma-Sinha- 
Deva (c'est le nom de ce roi) ne laissa qu'une fille, dont le 
mariage avec un descendant des- Mailas chassés , comme on 
l'a vu plus haut, par Nânya-Deva^Râja, ramena cette famille 
sur le trône (p. 180). 

Dynastie Malla. Tous les rois de cette dynastie , la plus glo- 
rieuse et la plus prospère du N^pâl , portent le nom de Malla ; 
ils régnèrent trois sièdes. On peut distinguer deux p^iodes 
dans cet espace de temps. Pendant la première (huit règnes), 
l'unité du royaume fut maintenue; pendant la deuxième, elle 
fut brisée ; il y eut alors |^usieurs États distincts , parfois réu- 
nis momentanément. Le règne du premier roi , Jayabhadra- 
Malla, fut signalé par l'abondance des récoltes. Le sixième, 
Açoka, repoussa les rois Thakurîs et leur enleva leurs posses- 
sions ; il régnait sur Lalita-Pattan et Bhatgaon , à l'est. Son 
successeur, Jayasthiti-Malla , occupa le trdne quarante-trois 
ans et fut le roi législateur par excâlence du Népal. Il légiféra 
sur la propriété, institua des amendes proportionnées aux 
crimes, réglementa les funérailles des rois et des particuliers, 
renouvela, rassembla et lit exéciUer les lois sur les castes. 
Cinq pandits l'assistèrent dans ces grands travaux législatifs 
qui ne furent, en grande partie, que la révision et la codifi- 
cation des anciens usages et de lois plus ou moins oubliées 

' Dans la traduction anglaise, il y a le présent «occupe». La phrase 
semble être une remarque de Tauteur indigène jetée au milieu de la nar- 
ration ; il a i'air de considérer les Newars actuels comme les descendants des 
bandes méridionales. 



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194 AOOT-SEPTEMBKE 1878. 

(p. i8ii-i86). Jayasthki-MaUa ae négligea pas la religion. 
Ainsi , pour apaiser Sîtalâ (la petite vérole) , il érigea Unmatta- 
Bhairava, avec une pierre portant une inscription datée de 
Tan 5^2 (ère népalaise) = lA^a de notre ère. La chronique 
mentionne antérieurement ane ou deux de ces inscriptions 
lapidaires ; mais soisâ les rois Maila elles se midtiplient, et les 
mentions en deviennent très -fréquentes. Yaxia-Malla> fils de 
layasthiti*Malla, régna quarante^trois ans, comme son père, 
il fortifia Bhatgaon. La religion Toccupa Iseauooiip; il se mon- 
tra très-large; car le cuite de Paçupatinâtha, divinité locale, 
celui de Ganeça, divinité hmdoue^ et celui des Bodhisattvas, 
par conséquent le bouddhisme , furent les objets de ses soins 
(p. i88). Yaxa-Malla mourut en i^V^^ et laissa trots fils qui 
se partagèrent ses États (p. 189). Il exista d*abord trois royau- 
mes, ceux de Kathmandu, de Bhatgaon et de Ban^. Il y 
eut treize rois àXathmandu etonle à Bhatgaon. Le royaume 
de Banepa n^eut pas de durée ; mais il se forma un peu plus 
tard un royaume de Lalita-Pattan, qui compte treize rois. La 
chronique raconte successivement l'histoire des royaumes de 
Bhatgaon , de Kathmanci^ et de Li^ta-Pattan. Cette disposi- 
tion, qui a ses avantages comme elle a ses imperfections , nous 
convient d'autant moins que nous n avons pas la prétention 
de faire une histoire complète. Nous noterons donc les évé- 
nements les plus remarquables dans i'(Mrdre des temps, en 
qudUpie lieu qu'ils se soient produits. Mais nous nous atta- 
clterons plus particulièreknent au royaume de Katbmandu, 
que l'éclat de ses rcMs, sa position centrale, le rang que sa 
capitale occupe encore , et même Tamiexiion qu'il s'est fa^ 
plusi^irs fois du royaume de Pattan , semblent désigner comme 
le principal. 

Royaumes multiples (dynastie Malla). Le premier roi de 
Kathmandu, Ratna-Malla, s'assura le pouvoir en empoison- 
nant les douze rois Thakuris dans un festin ; après quoi il mit 
à mort leur kâjî', qui les avait trahis, et dont il se défiait à 

' Kâji n'est que la transcription du niot arabe ^y^U qui signifie «jngc>. 



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NOUVELLES ET MÉLANGES. 195 

bon droit. ]1 fut «insi engagé dans une lutte contre les Tha- 
kuris de Nuwakot et les vainquit. 11 fut ensuite obligé de re^ 
courir à Taide des brahmanes du Tirhut, au sud, pour repous- 
ser une attaque des Bhotiyas de Kuku. H changea la monnaie 
courante et substitua au sakicâ le paisâ, d'une valeur huit 
f(HS moindre. C'est sous lui que les Musulmans commen- 
cèrent à paraître dans le N^pâl. Pendant les soixante et onze 
ans qu'il régna à Kathmandu, {dusieurs rois se succédèrent 
à Bha^aon; le deuxième d entre eux, Suvama-Malla, réunit 
à ses Etats celui de Banepa qui cessa d'exister à la mort de 
Ran-MaUa, deuxièine fils de Yaxa-Malla. Une cruelle famine 
désola son royaume, et Bhatgaon fut un instant dépeuplé 
(p. 189). Amara-MaUa, deuxième roi de Katbmandu, régna 
quarante-sept ans et fonda de nombreuses institutions reli- 
gieuses; il régnait sur vingt-six villes (p. a 06). Le troisième 
roi, Surya-N^a, enleva deux places au roi de Bhatgaon; le 
cinquième, Mahindra-Malia, alla a Delhi rendre hommage 
au Grand-Mogol , et obtint de lui la permission de frapper une 
nouvelle monnaie, le mohar, première monnaie en argent qui 
se vit au Népal. Le sixième roi, Sadâsiva-Malla, avait la pas- 
sion des chevaux , qu'3 faisait paître sur les terres de ses sut- 
jets , et des femmes , qu'il séduisait par tous les moyens pos- 
siUes ; il en résulta un soidèvement qui le força à prendre la 
fuite : il chercdia un asile à Bhatgaon , dont le roi le fit enfer- 
mer, et l'on^n'entendit plus parler de lui (p. 207-209). Çiva- 
Sinha-Malla , hrère du roi expulsé, fiit mis sur le trône, mal- 
gré la tache de sa naissance : il était fils d'une Thakurî. Ce fut 
• un homme sage. » Sa fenune, la Râai Gangâ, s'occupa des 
affaires pnUiques et surtmit des affaires religieuses ; plusieurs 
temples furent réparés. Un de leurs fils, Laxmî-Narsinha, ré- 
gna à Kathmandu^ après Çiva-Sinha; l'autre, qui était d'un 
caractère violent, à Ldita^Pattan , royaume spécial qu'il s'était 
déjà formé du vivant de son père (p. 209 et 233). 



Eu népalais, il paratt avoir quelquefois un sens plus large et désigner un 
conseiller da rm. — H existe dans d'autres langues de Tlude. 



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IJO AOUT-SEPTEMBRE 1878. 

Laxmî-Narftinha, huitième roi de Kathmandu, fit un traité 
de commerce avec le Tibet. Les négociants népalais eurent 
la faculté d aller à Lha-Sa , et les biens de ceux qui y décéde- 
raient devaient être rendus au gouvernement népalais (p. 2 1 1- 
213). Le deuxième roi de LaUta-Pattan , Siddhi-Narsinha, 
qui protégea aussi le commerce et attira beaucoup de mar- 
chands dans sa capitale, participa à ce traité et en fit bénéfi- 
cier ses sujets; il institua, en outre, une cérémonie de pu- 
rification pour ceux qui feraient le voyage du Tibet, afin 
qu ils pussent être réintégrés dans leur caste (p. 237). Cette 
particularité semble indiqua sinon une £ftveur spéciale pour 
rhindouîsme, du moins tme grande tolérance; car on nous 
dit qu'il y avait sous ce règne dix vihàras , dont cinq d'un 
rang supérieur, et qu'il fut pris des dispositions pour le gou- 
vernement de ces couvents bouddhiques (p. 23^-235). Ce 
même roi de Lalita-Pattan fit beaucoup de règlements sur la 
religion et d'autres matières; il eut un règne prospère et finit 
en fakir. 

Le traité de commerce dont il vient d'être cpaestion avait 
été négocié par Bhîma-Malla, parent et kajî (conseiller) du 
roi de Kathmandu, homme intelligent et zélé, qui était aUé 
de sa personne à Lha-Sa et en avait rapporté beaucoup d'or 
et d'argent. Il fit rentrer Kuti sous la puissance de Laxmi- 
Narsinha , et n'aspirait pas à moins qu'à étendre la domina- 
tion de son maître sur tout le Népal. Mais des «n vieux per- 
suadèrent au roi que Bhîma-Malia nourrissait des projets 
d'usurpation , si bien que Laxmî-Narsinha fit périr son fidèle 
et habile kajî. La femme de Bbima-Malk le suivit dans la 
mort, en prononçant cette malédiction : « Que cette cour soit 
à jamais privée de jugement ! » Le roi perdit la raison peu de 
temps après, et son fils, Pratâpa-Malla , lui succéda (p. 212). 

Pratâpa-Malla régna de iGSg à 1G89, ce qui fait cinquante 
ans; mais le texte attribue à son règne une durée de soixante 
et un ans. La différence tient peut-être à la manière dont on 
compte le temps pendant lequel le père de Pratâpa-Malla vé- 
cut encore fou et détrôné. Dans sa jeunesse , Pratâpa-Malla 



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NOUVELLES ET MÉLANGES. 197 

s'était laisse entraîner par sa passion pour les femmes ; mais 
il finit par s amender (p- 216). Il eut des démêlés avec les 
autres rois du Népal. Une de ses rânîs étant morte, Siddhî- 
Narsinha, qui régnait encore à Lalita-Pattan , ne prit pas le 
deuil et n'interrompit pas la célébration de la fête de Dasâin 
(p. î38). Ce fait, en lui-même peu important, semble déjà 
dénoter de la mésintelligence entre les deux rois. En effet, 
nous voyons , dix ans plus tard , le roi de Bbatgaon se liguer 
avec celui de Lalitpur contre le roi de Kathmandu et rendre 
libre le chemin de Bbatgaon , apparemment bloqué par Pra- 
tàpa-Malla. Mais , par un revirement soudain « le lendemain (on 
tkenextday) , «les deux rois de Lalitan-Paltan et de Khatmandu 
s'unissent en prêtant serment sur le Harivamsa et le Kâlî-Pu- 
rana et sur un couteau , puis débarrassent le chemin do Kath- 
mandu à Lalita-Pattan et d'autres voies obstruées par un 
ennemi qu'on ne désigne pas , mais qui ne peut être que le 
roi de Bbatgaon , car la guerre continue entre ce roi et les 
deux autres. Dans un coup de main , le roi de Bbatgaon , Ja- 
gat-Prakâça-Malla , ayant surpris un poste avancé, fit trancher 
immédiatement la tête à huit hommes et emmena vingt-deux 
prisonniers , qu'il fit ensuite décapiter en les sacrifiant aux di- 
vinités (p. a 44). La guerre finit par le succès des rois alliés de 
Kathmandu et de Lalita-Pàttan ; ils forcèrent Jagat-Prakâça- 
Mallaà leur livrer un éléphant et de l'argent, puis rentrèrent 
dans leurs capitales respectives , après avoir enlevé plusieurs 
places à leur commun adversaire. 

Ces démêlés , qui ne paraissent avoir eu de gravité que par 
les sacrifices humains dont ils furent souillés, n'empêchèrent 
point Pratâpa-Malia de vaquer aux soins intérieurs de son 
royaume. Il construisit ou fit réparer nombre d'édifices reli- 
gieux, entre autres le monument de Svayambhû-Nàtha. Ce 
(ut un lama tibétain , Syamârpâ , qui exécuta les travaux de 
réparation et d'embellissement, en particulier la dorure des 
images du temple. Le roi composa à cette occasion une prière 
è Svayombbû , qui fut gravée sur une des pierres du temple 
(p. 21 5); il fit de même pour plusieurs autres édifices. 



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198 AOÙT-SEPTEMBRE 1878. 

Ses hymnes, ses pièces de vers décorèrent les niontiments 
publics. 

En effet, Pratapa-Malia se distingua par ses goûts litté- 
raires, son amour de l'étude; il s'entoura de pandits venus 
de divers côtés et prit le titre de kavîndra « prince des poètes » , 
qu'il iinit par ajouter à son nom sur sa monnaie. Parmi les 
nombreuses inscriptions qu'il a fait graver sur la pierre des 
monuments, il en est une qui mérite une mention spéciale, 
parce qu'elle nous présente, sous un jour inattendu, les 
goûts, les tendances , les prétpntions , les connaissances mêmes 
du roi (p. ai3-2ii). EÛe avait frappé le P. Joseph, qui en 
parle dans sa relation , et M . Wright a eu l'heureuse idée de 
Ja reproduire dans son livre, dont elle forn^e la f^nche XIIL 
Cette inscription , vraiment curieuse , est en sept lignes tra- 
cées sur une pierre encastrée dans le mur du premier édifice 
qu'on trouve à gauche, en arrivant sur la place royale de 
Kathmandu. Elle renferme une prière à la déesse Kalîkâ. On 
lit clairement le nom et les titres du roi à la quatrième ligne, 
qui commence ainsi : Mahârâjâdhirâja-çrîçrî-Kavtndra'Jaya 
PraXàpa-Malla ... « le grand roi des rois , l'auguste auguste 
prince des poètes , Jaya-Pratàpa-Malla ... », et à la cinquième 
ligne, vers le milieu, la date de l'inscription, samvat llk, ce 
qui donne l'année i654 de notre ère. Mais ce qu'il y a de cu- 
rieux dans cette inscription , œuvre d'érudition bien plus que 
de religion , c'est que l'auteur y a réuni des ^léciineiis de 
toutes les écritures et de toutes les langues qu'il connaissait 
ou qu'il avait étudiées. Parmi ces types divers , qui sont au 
nombre de quinze, et où dominent, parmi les écritures in*- 
diennes , les variétés du devanàgari , on n'est pas peu étonné de 
voir se détacher aa grosses lettres , à la fin de la cinquième .et 
^u cocQimencement de la sixième ligne, les caractères latins : 
AVIOMNE WINTER LHIERT «automne, winter, l'hiver.. 
On étudiait donc le finançais dans les vallées de l'Him&laya au 
xvii' siècle I Assurément, il y avait bien des progrès à faire. 
Mais le fait n'est-il pçs bien remarquable P Et. n'est-il pas per- 
mis d'y voir les premiers symptômes d'une influence qui 



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NOUVELLES ET MELANGES. 199 

promettait de devenir puissante et que l^indigne gouverne- 
ment de Louis XV a laissé perdre comme à plaisir dans le 
siècle suivant? Saluons en Pratâpa-Malla un prince indien qui 
aimait notre langue, a fait des efforts pour la connaître, et 
noias a témoigné une sorte de sympathie que nous ne devons 
pas oublier. 

Mahîndra (ouBhûpalendra} Malla, successeur de Pratapa- 
Malla, réunit à ses États le royaume de Lalita-Pattan, lorsque 
Yoga-Narendra-Malla, désespéré par la mort de son (ib, re- 
nonça au trône. Les deux fds de Mahindra, Çri-Bhâskara- 
Idalla et Jaya-YogaPrakâça , lui succédèrent , le premier comme 
roi de Kathmandu , le second comme roi de Lalita-Pattan. Çrî- 
Bhàskaara-Malla succomba au fléau appelé mahAmài, qui rava- 
gea ses États. 11 ne laissait pas d'héritier ; un parent éloigné , 
Jagaj|aya-Malla, lui succéda et mourut en 178 a. Jaya-Pra- 
kâça, qui vint après, lut le dernier roi de Kathmandu; cest 
sous son règne qu eut lieu la lente et cruelle conquête des 
Gorkba^ . 

Jaya-lVakaça-Malla commença par être en lutte avec son 
frère, qui se réûigia à Pattan. Ses principaux officiers, les 
Th^ris y 9e soulevèrent contre lui et voulurent même créer un 
autre roi. La Râni Dayàvatî se joignit aux révoltés ; mais le 
roi fut le plus fort, quelques-uns des rebelles furent punis, et 
Dayâv^ti finit ses jours en prison. A ces dissensions intestines 
s'ajoutèrent des démêlés plus graves a Fintérieur. Le roi de 
Kathmandu fut en lutte avec ses voisins de Bhatgaon et de 
Xialka-Pattan. Le dernier roi de Bhatgaon, Banjit-Malla, était 
prudent et économe, il avait Dût une bonne opération finan- 
ei^re avec Lha-Sa, en achetant nne grande quantité de mé- 
taux précieux du Tibet qu il paya en monnaie du Népal. I) 
tetowmi à Taide du roi de Kathmandu pour ériger une co^ 
fenne; Jaya-Prak&ça*Maiia témoigna dans cette circonstance 
des dispositions peu loyales. En 1737, les trob rois du Népal 
.étaient en pleine discorde; le roi des Gorkhas, Narbhûpàla- 
Sah, en. profita pour tenter la conquête du Népal, et lut re- 
poussé principalement par les rois Vaiçyas de Noakot ( loca- 



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200 AOÛTSEPTEMBRE 1878. 

lité dont on a vu plus haut le nom écrit Nuwakot). Il était 
réservé à son IHs, Prithwî-Nârayana , de mener à bonne fin 
celte grande entreprise. 

Prithwî-Nârayana avait été reçu par le rdi de Bhatgaon qui 
l'avait gardé trois ans près de lui , réchauffant le serpent dans 
son sein. Le prince Gorkha en avait profité pour étudier le 
Népal et méditer sa conquête. Aussi , déjà avant la mort de 
Tavant-dernier roi , s'était-il emparé de Noakot que Jaya-Pra- 
kâça-Malla lui reprit plus tard. Vers 1 7^0 , le roi de Kath- 
mandu fit périr Kasiram-Thâpâ qui avait des intelligences avec 
Prithwî-Nârayana. Le roi des Gorkhas vengea son ami par l'oc- 
cupation d'un territoire népalais, et vint bientôt après assiéger 
Kirtipur; il fut repoussé, et on croyait les Gorkhas détruits; 
mais pendant dix-huit ans, ils revinrent à la charge (p. 227). 
Dans cette lutte, soutenue avec constance, Jaya-Prakâça se 
heurta à toutes sortes de difficidlés. Sans parier des ravages 
causés par la petite vérole , ses officiers le traliirent et livrèrent 
plusieurs places à l'ennemi. Le roi de Bhatgaon, au lieu de 
le secourir contre l'ennemi commun, fiit en guerre avec lui. 
Quant à Lalita-Pattan , l'anarchie la plus complète y régnait. 
Les six pradhânas (ministres ou eunuques) y étaient maitres 
absolus ; après avoir crevé les yeux à Râjya-Prakâça-Malla , ils 
firent et défirent les rois à leur guise, appelant au trône pour 
les renvoyer ou les tuer bientôt, le roi de Kathmandu, le roi 
de Bhatgaon et divers autres personnages. Les actes religieux 
de Jaya-Prakâça ne le sauvèrent pas de la ruine. En 1 767, un 
tremblement de terre causa de grands désastre» , et les Gor- 
khas se montrèrent plus menaçants que jamais; qudques 
troupes, envoyées par les Anglais ^ sous la conduite du capi- 
taine Kinloch, pour les repousser, n'eurent aucun succès, et, 
en 1 768 , Prithwî-Nârayana entra vainqueur dans Kathmandu. 
Jaya-Prakâça , après s'être bravement <]fôfendu , s'enfuit à Bhat- 
gaon, où régnait encore Ranjit-Malla. Le vainqueur l'y suivit, 
s'empara de la deuxième capitale du Népal, et fit les deux rois 
prisonniers. Ranjit-Malla fiit envoyé, sur sa demande, à Bé- 
narès , et Jaya-Prakâça-MaUa au sanctuaire de Paçupati. Déjà 



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NOUVELLES ET MÉLANGES. 201 

auparavant le conquérant Gorkha avait pu, sans peine, se 
rendre maître de Lalita-Pattan , où il avait mis à mort les six 
tyrans qui Topprimaient depuis si longtemps. Maître des trois 
capitales, il étendit sa domination sur tout le pays. D*horriUes . 
cruautés signalèrent cette conquête , des villages entiers furent 
exterminés, et les corps des habitants trouvés pendus aux 
arbres de la campagne. Kîrtipur ayant été pris, après une 
résistance héroïque qui avait coûté un œil au frère du vain-* 
queur, Prithwî-Nârayana fit couper les lèvres et le nez à huit 
cent soixante-cinq défenseurs de la place ; la vue de ces mal* 
heureux qui , pour la plupart , vécurent encore longtemps après 
cet événement , était navrante : le colonel Kirckpatrick , lors de 
sa mission au Népal, en 179a, en rencontra plusieurs. Cette 
afi&euse guerre a eu un témoin oculaire européen , le P. Jo- 
.seph, chef de la mission itahenne, dont les notes sur le Né- 
pal et la conquête gorkha ont été insérées dans le tome II des 
Asiatic Researches, sous la forme que leur a donnée John 
Shore. Gastera a traduit cet article en français et Ta mis à la 
suite de la traduction de la Description de VIndostan, de Ren- 
nell, par Boucheseiche (Paris, an viii). 

Dynastie Gorkha. La dynastie étrangère qui s'étabUt alors de 
force au Népal y règne encore aujourd'hui : les Gorkhas sont 
toujours les maîtres du pays ; mais leur puissance n est plus 
redoutable. L'établissement de ces envahisseurs avait été une 
cause ou une menace sérieuse de troubles pour les pays voi- 
sins. Les deux puissances entre lescpielles ils se trouvaient 
serrés, la Chine au nord et l'Angleterre au sud, les mirent à 
la raison. 

Depuis le conquérant Prithwî-Nârayan , mort en 1776, cinq 
rcHs ont régné sur le Népal. 8inha-Pratâp-Sah, le premier 
d'entre eux , ne régna que trois ans ; Ran-Bahadur-Sah , qui vint 
ensuite, régna dix -neuf ans, «avec puissance,» dit la chro- 
nique. H s'étendit de l'est à l'ouest, fit trembler les Anglais^ 
ei envoya ses forces dans le Tibet, où elles pillèrent Digarchi. 
L'empereur de la Chine voulut tirer vengeance de cette in- 



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202 AOUT-SEPTEMBRE 1878. 

suite; mais ses années furent détruite», el il fut trop hcureuK 
d'obtenir la paix. Ainsi parle la chronique (p. 267); k vérfté 
est que les Népalais furent complètement battus et obligés de 
subir un traité ignominieux. Ce fut dans ces circonstances que 
les Anglais envoyèrent au Népal le colonel Kirckpatrick ; mais 
il arriva trop tard pour intervenir utilement, et le seul résul- 
tat de sa mission Ait la conclusion d'un traité de ccminierce. 
Ran-Bahadur-Sab succomba sous les coups de son frère. Son 
fils, Girban-Juddba-Vikrama-San, régna vingt ans (17^7- 
1817). On le représente comme un adorateur dé Vtsnu et 
un soutien du brahmanisme. Nous avons déjà dît que les Gor- 
khas ne sont pas bouddhistes , leur religion est Thindouîsme. 
Le nouveau roi était doux et pacifique; néanmoins, il ne put 
éviter la guerre avec les Anglais , à propos du Teraî , mais il les 
battit, et pourtant voulut bien leur permettre de demeurer près • 
deTambahil (p. 366) ; c est ainsi qu on écrit 1* histoire à Katb- 
mandu. On T écrit un peu difiPércmment à Calcutta et à Cam- 
bridge. Les relations du gouvernement de l'Inde anglaise avec 
le Népal avaient toujours été difficiles. Un nouveau traité de 
commerce , signé en 1 80 1 , et en vertu duquel la puissance 
britannique devait avoir un résident au Népal, fut si mal exé- 
cuté, que l'Angleterre le dénonça en i8o4 ; la mésint^igence 
dura entre les deux États jusqu'à l'explosion de la guerre, 
en i8t4- Les Anglais éprouvèrent d'abord quelques revers; 
mais à la hn leur victoire , sous la conduite du général Och- 
terlony, fut complète; le traité de 1816 assura aux Anglais 
une cession de territoire et le droit d'avoir un résident au 
Népal , droit qu'ils ont toujours exercé depuis cette époque.' 
Parmi les faits divers du règne de Girban-Juddha , nous signa- 
lerons un sacrifice offert à Guhjeçvari par un brahmane ; ce 
sacrifice se composait d*un homme de basse caste , d'une'brâh- 
mani et d'un cheval. Heureusement, la chronique déclare que 
ce brahmane était fou. C'est sous ce règne que le grand et 
habile ministre fibimasena commença sa carrière. Girban- 
Juddha- Vikrama-Sah succomba à une épidémie meurtrière de 
petite vérole et laissa le trône à son fils , Ràjendra- Vikrama- 



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NOUVELLES ET MELANGES. 203 

Sah. Pfaisieurs calamités afiUgèrent ce r^fne : l*épidémie ap- 
pelée makâmài, le choléra (Bisûci) , l'explosion delà poudrière 
de Noakot, et surtout le désastreux tremblement de terre 
de i833 (p. 269-370). En 1887, le général Bhimasena, qui 
était à la tête des affaires depuis plus de vingt ans, fut dis- 
gracié; il se coupa la gorge en i83g. 

La chronique Vamçâvalî ne va pas plus loin ; mais le livre 
de M. Wright nous permet de continuer l'histoire jusqu à nos 
jours. En i847> Hâjendra-Vikrama-Sah fut déposé (il vit en- 
core) et remplacé par le roi actuel, Çrî-Surendra-Vikrama- 
Sâh, dont M. Wright nous donne le portrait (pL XV). Çrî-Su- 
rendra fit une guerre heureuse avec le Tibet, et fut toujours en 
paix et en amitié avec l'Angleterre. La prospérité de son règne 
est due au talent de son premier ministre, Jung-Bahadur, 
homme éminent qui , arrivé au pouvoir par les plus détestables 
moyens , s'y maintint par la plus grande habileté et la plus 
grande sagesse. Il nous semble à propos d'esquisser ici cette 
brillante carrière. 

Jung Bahadur avait sept frères ; il était ûls d'un kâjî , et 
neveu de Matabar-Singh , neveu lui-même du fameux minis- 
tre Bhimasena. Entrainé dans la ruine de son oncle, Matabar- 
Singh, après une sorte d'exil, était rentré au Népal et s'était 
élevé au premier rang, après avoir fait périr les ennemis de 
Bhimasena qui étaient aussi les siens. Les progrès de son ne- 
veu, Jung Bahadur, nommé colonel en iSùU^ l'inquiétaient, 
et ii n'avait que trop de raisons de s'en défier; car, en i845, 
Jung Bahadur, ayant gagné la confiance d'une des rânîs , assas- 
sina Matabar-Singh , et mit le crime sur le compte du roi , qui 
eut l'ineptie de s'en vanter ; la vérité fut connue plus tard. L'an- 
née suivante, le chef du nouveau ministère qui, cependant, 
avait la confiance de la rânî , fut assassiné , et , à la suite de ce 
meurtre, il y eut un massacre de ministres et de grands per- 
sonnages , au nombre de trente-deux , sans compter une cen- 
taine de gens de moindre état qui périrent dans cette bouche- 
rie (p. 67-58). Tout avait été concerté entre la rânî, qui n'eut 
pas lieu de s'en réjouir, et Jung Bahadur, devenu le maître 



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204 AOUT-SEPTEMBRE 1878. 

de la situation. Peu après, cet ambjtieux se délit par les 
mêmes procédés de trente deux serdars ( odiciers supérieure ) 
qui voulaient lui résister, exila la rânî, sa complice, à Béna- 
rès , déposa le roi qui vécut depuis en prison , et mit sur le 
trône le roi actuel qui fut toujours son très-obéissant souve- 
rain. Pour mieux s'assurer le pouvoir, Jung Bahadur eut soin 
de contracter lui-même et de faire contracter aux membres de 
sa famille des mariages importants qui missent dans ses in- 
térêts tout ce qu'il y a de notable au Népal. Aussi jouit-il pai- 
siblement du pouvoir jusqu'à sa mort, malgré quelques tenta- 
tives pour le renverser, tentatives dont Finsuccès ne fil que 
mieux démontrer sa solidité. 

Ce pouvoir acquis et conservé par des moyens tout orien- 
taux, Jung Bahadur l'exerça quasi à l'européenne, d'une ma- 
nière intelligente, dans un esprit de prpgrès et avec un sen- 
timent vrai des intérêts et des besoins du pays. Il eut toujours 
soin de s'appuyer sur l'alliance anglaise, et, dès i84i8, il offrit 
à ses voisins du Sud, engagés dans une guerre contre les 
Séikhs , un concours qui ne fut pas agréé , mais qui était un 
témoignage clair et certain de ses excellentes dispositions. Un 
voyage à Londres, exécuté en i85o, en fut une nouvelle 
preuve et exerça sur lui la plus heureuse influence. Une des 
conséquences immédiates de cette exploration lointaine fut la 
révision du code criminel , l'adoucissement des peines et beau- 
coup d'autres réformes , entre autres , les mesures prises pour 
entraver les sacrifices des veuves. Ne pouvant les interdire 
absolument, il déclara que celles de ces malheureuses qui au- 
raient déjeunes enfants ne seraient pas admises aux honneurs 
du bûcher, et que celles qui , au dernier moment , reviendraient 
sur leur décision, pourraient y renoncer sans être lapidées, 
comme cela se luisait autrefois. Ce furent sans doute ces ten- 
dances réformatrices qui motivèrent les tentatives faites en 
1 85 1 , 1 8^2 et 1 853 pour renverser Jung Bahadur ; le frère du 
roi et un de ceux du premier ministre étaient entrés dans le 
premier complot; ils furent détenus à Allahabad, dans l'Inde 
anglaise, et rappelés plus tard par le gouvernement népalais 



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NOUVELLES ET MELANGES. 205 

lui-même , acte de modération qui atteste à la fois le progrès 
des mœurs et la forée du pouvoir de Jung-Bahadur. De 1 85 A à 
i856 , le Népal fut en guerre avec le Tibet, à cause des vexa- 
tions qu'éprouvait, en traversant ce dernier pays , l'ambassade 
envoyée tous les cinq ans par le Népal à Tempereur de Chine. 
Le traité qui mit fin aux hostilités assujettit le Tibet à payer 
un tribut annuel de a5,ooo francs, à consentir la réduction 
des droits imposés sur les marchandises venant du Népal et à 
admettre la résidence d'un officier gorkha à Lha-Sa. Les Né- 
palais avaient donc eu l'avantage dans cette guerre , mais ils 
l'avaient acheté par de grandes souffrances; les vivres leur 
avaient souvent manqué. Entre autres mesures adoptées pour 
obvier aux difficultés de l'approvisionnement, Jung Balladur 
avait fait déclarer par l'autorité religieuse que les yaks (bœufs 
grognants du Tibet) sont des daims et non des bœufs, qu'ainsi 
les Hindous orthodoxes peuvent en manger sans scrupule 
(p. 6.). 

Dès qu'éclata la grande insurrection de 1867 , le ministre 
népcdais ofifrit de faire marcher ses troupes contre les révol- 
tés. L'offre fut déclinée; si elle eût été acceptée, le massacre 
de Cawhpore n'eût sans doute pas eu lieu (p. 61 ). A la fin 
les Népalais vinrent se joindre aux troupes anglaises, qu'ils 
renforcèrent de douze mille hommes et de vingt-quatre ca- 
nons. Les frais de l'expédition furent payés par le gouverne- 
ment britannique, et un terrain productif de la région du 
Tend fiit cédé au Népal. Les rebelles fugitifs avaient trouvé 
un asile au Népal, après la répression du soulèv^nent (parmi 
eux était le fameux Nana Sahib qui serait mort de la fièvre 
dans le Tera! , sans qu'on ait la certitude du fait) ', ces misé- 
rables furent expulsés par d'énergiques mesures du premier 
mniiistre. : ' 

Malgré cette étroite alliance avec l'Angleterre, le Népal 
resta' fermé aux Européens sous l'administration de Jung Ba- 
lladur : ce n'est pas qu'il fût personndlement hostile à des re- 
lations plus &ciles avec eux ; au contraire , il y était favorable; 
maii sur ca point, comme sur bien d'autres, et plus encore 
xn. i4 



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200 AOÛT-SEPTEMBRE 1878. 

sur celui-là que sur tout le reste, â lui fiedlait conq)ter arec les 
préjugés de ses compatriotes. Un traité pour l'extradition des 
criminels, conclu en 18 53, fut plusieurs ibis retouché; mais 
jamais rien de sérieux ne fut fait pour ouvrir aux Européens 
l'accès du pays. Quand les frères ScMagîntweit demandé* 
rent, en 1 855, à y pénétrer pour se Urrer à des observations 
scientifiques, ils essuyèrent un refus formel; en i856, néan- 
moins , Tun d'eux put profiter de la tolérance accordée aux 
Européens de séjourner dans la capitale et aux envircms, dans 
un rayon de quinze milles. A part cette exception, «le Né^ià. 
est resté une terra incognita, comme lorsque le eolond Kirck- 
patrick le visita, il y a cent ans (p. 66). » 

Jung Bahadur avait reçu de nombreux honneurs. En 1856 , 
le roi kii avait donné le titre de maharaja et avait épousé 
une de ses soeurs. Le gouvernement anglais Tavait créé G. C. 
B. en 1857, à cause des services rendus lors de rinaurrection , 
puis G. C. S. L. en 1875. L'empereur de Chine l'avait décoré 
du titre de Thong-lin-pim-ma-ko-kang-wang-syân (p. 66 
et a 88), c'est-à-dire ichef de l'armée, le plus brave dans 
toutes les entreprises, parfait en toutes choses , maitre de l'ar- 
mée, maharaja». Jung Bahadur qui, en 1875, avait encore 
tenté un second voyage en Angleterre, dont un accident le 
détourna, mourut en février 1877, chargé de gloire et d'h<Hi- 
neurs , mais non d'années , car il n'avait guère plus de soixante 
ans. 

Je venais de recevoir le livre de M. Wright et Je r^|«r- 
dais le beau portrait en pied de Jung Bahadur qui en forme 
la première planche, lorsque mes regards tombèrent sur on 
entre-filet du journal Le Temps du 10 avril 1877, que je crois 
devoir reproduire ici textudlement. 

« Les journaux des Indes nous apportent quelques détails 
sur la mort de sir Jung Bahadur. Le câèbre alUé de TAngle- 
terre a été trouvé inanimé sur les bords d*an cours d*eau« à 
Bagonuttee , au sortir d'un bain. Les trois principales ranées, 
son frère et son fds ont été immédiatemeot appd^ pour cons- 
tater le décès. Les funérailles ont eu lieu le 1*' mars. Après 



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NOUVELLES ET MELANGES. 207 

avoir annoncé leur intention de se sacrifier, les notées ent 
donné Tordre d^élever un immense bûcher de bois de sandal 
et de résine; elles ont pris ensuite nn bain et fait des présents 
considérables a*x brahmines. Avant de mourir, dles ont 
voulu encore charger leur beau-frère de Texécution de diverses 
mesures à prendre en vue du maintien du bon gouvernement 
du pays et de la paix, et mettre en liberté quelques prison- 
niers. £31es sont entrées dans le bûcher, sans manifester la 
moindre émotion et en récitant des prières. Le corps a été 
placé sur le dos ; Tainée des ranées a pris la tète de Jung Ba- 
lladur sur ses genoux , et les deux autres les pieds. Après cette 
cérémonie, les trois princesses , dont les regards ne quittaient 
j^us le cadavre t ont été «rtourées de combustibles odorifé^ 
rants, puis le feu a été mis au bûcher par le fils du défunt 
Qudques minutes après* il ne restait plus du bâcher que des 
cendres» De granda efforts avaient été fiufts , mais inutilement , 
comme on le voit, pour détoiumer les trois ranées de leur sî^ 
nistre projet » 

Un mot d*abokd sur une petite inexactitude qcd se trouve 
«u début de ce récit. Au lieu de « sur les bords d*un coors 
d*eau, à Bagonuttee » , il faut évidemment lire i smr les bords 
dtt.coursd*eauBagmatî n; car M. Wright nous dit : «A un mille 
au S* fi. de Kathmandu isstThâtapi^, résidence de Jung fia>- 
hadur. Cest une immense construction ou piutèt une rangée 
de constructions, située près du bord septentrional de la Bâg- 
matS, juste à Tendroit où die est traversée pafr un pont con- 
duisant à Pattan» (p. i3)* Maintenant, nous nous bornerons 
À une nmple réflexion sur ce récit de fimérailles : voîià les 
obsèques d'un ministre qui, pendant près de tfente ans, a 
cherché à faire disparaître les sacrifices des veuves; trois 
femmes s*y donnant en holocaoste. On voit par là s*il est fa*- 
cile de déraciner les coutumes les {dus revotantes, et com- 
l^îen il faut lutter pour &ire p^étrer le bon sens et la rai- 
son dans des esprits gâtés par des superstitions séculaires. 

Le fioère d^ air JUng Bahadur a pris sa place dans le poste 
qu'il occupait, et rien n*est venu nous donner lieu de croire 

i4. 



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208 A06t*SEPTëMBRë IS78. 

que la mort de f homme émînént qui a dirigé si longtemps 
les afEaires du Népal ait amené des désordres ou troublé le 
régime qu il avait inauguré. 

L. Febr. 



Etymologiscbes Wôrtbrbvch der TvriO'Tatarjschen Spra- 
CHEN, Ein Versnch zur Darslellung des Familienverhàllnisses des 
Tarko 'Tatarischen WortschaUes , von Hermann Vambéry, Leip- 
lig, 1878. 

M. Vambéry, qui s*est déjà £iit connaître par des travaux 
originaux et intéressants sur Vouîgour et le tchagataî, a entre- 
pris cette fob une tâche que personne n^avait encore tentée et 
qui présente de grandes difficultés. La principale, la plus sé- 
rieuse de toutes, conmie hii-mème Ta fort bien remarqué dans 
sa préface, est le manque d'un point de départ, d*une base 
certaine et incontestée, telle que le sanscrit pour les langues 
indo-européennes. La langue turque se subdivise en une infi- 
nité de rameaux, mais dont la plupart sont restés à Tétat de 
dialectes parlés par des populations à demi-sauvage^, étran- 
gères à toute cidture intellectuelle et ne nous ofihint aucun 
monument écrit qui puisse servir de point de comparaison. 
Des notes recueillies pour ainsi dire à la volée , quelques chants, 
quelques légendes, c'est peu pour des études philologiques 
rigoureuses. Dans les dialectes qui ont été cultivés, comme 
Youigowr et le tckagataî, les textes ne manquent pas , mais ils 
sont d'une époque relativement basse , puisque le Kondatkow- 
Bilik, qui est le plus ancien de tous, ne remonte pas plus 
haut que la dernière partie du xi* siècle de notre ère. Tel qu'il 
est, ce document a cependant une grande importance, parce 
qu'il nous offre certainement le spécimen le plus pur de la 
vraie langue turque , la plus libre de toutes ces influences étran- 
gères qu'dle a subies, à mesure qu'elle s'est étendue vers 
l'ouest de l'Asie, la plus digne, par conséquent, d'être prise 
pour type. 



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NOUVELLES ET MÉLANGES. 209 

Je crois que M. Vambéry est dans le vried, lorsqu'il propose 
de diviser la langue turque en deux grandes famflles : celle 
du nord, celle du midi; la première comprenant les dialectes 
qui se parlent depuis la Lena jusqu au Jenissd, ou plutôt jus- 
qu'aux pentes septentrionales des monts Saîan, tels que le 
yahoui, le hoîhal, le karagas, etc., etc. ; la seconde, ceux qui 
se rencontrent depuis la Chine jusqu'au Danube , en suivant 
une direction sud-ouest. On pourrait encore adopter une autre 
classification , un peu vague peut-être et encore moins scienti- 
fique que la première : les dialectes des populations nomades , 
ceux des populations sédentaires ; mais ces divisions n'ont rien 
de précis , ne représentent qu*une constatation géographique ,- 
topographique , si Ton veut , et ne doivent pas nous faire perdre 
de vue deux faits qui paraissent démontrés dans f état actuel 
de nos connaissances : d'une part, que Youîgour est la forme 
la plus ancienne sous laquelle se présente le turc en tant que 
langue cultivée; d'autre part, que Yaltaîqae est celui des dia- 
lectes paiiés qui semble se rapprocher le plus de la forme 
primitive. Par exemple , je serais porté à croire qu'il y a un 
peu d'exagération à afiîrmer que le texte du Koadatkoa-BiUk 
est facilement intelligible aux habitants du Turkestan « der 
Textdes Kudatku Bilik jedem Ostturkestaner, ja dem Mittel- 
asiaten im Âllgemeînen leicht verstândlich ist. » Le turc de 
Kachgar, si je m'en rapporte aux extraits que M. Shaw a pu- 
bliés à la suite de son intéressant livre (A Sketch qfike Tarki 
language as spoken in eastem Turkistcm, Kàshgar and Yarkand) , 
et surtout au texte précieux du ^J..t^y ^^lUL* ^ù oty^, publié à 
Kasan *, a subi l'influence arabe et persane à un degré in- 
croyable , ce qui est tout le contraire du célèbre ouvrage ouï- 
gour, dont le Vocabulaire a une originalité toute particulière. 
Et ce n'est pas seulement dans cette partie de l'Asie qu'on 
remarque une différence aussi notable entre la langue courante 
et écrite et la langue des anciens livres; une observation plus 
frappante encore peut être faite dans le khanat de Khiva , et 

* Il o^en a paru encore que les dix premières feailles. 



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210 AOÛT-SEPTEMBHe'i878. 

c es& ua écrivain de haut rai^« très- versé dans la oonaaissance 
de sa langue et de son pays , qui nous la fournit. En ^et, 
AbouWGazi, apoès avoir énuméréf les sources auxquelles il a 
puisé pour composer son Histoire généalo^ae des TtUars, feàlt 
la déclaration suivante ( i '* édtt. , p. aS ; a* édit. , p. 37) : ^^t? 
f^6>omTyii^-^ j^ Sy3 i-^ o^-^ tf;*^;W 0^3 ifCdJe dMs^ts 

« J*ai écrit cette chronique en langue turquie, afin quq tous, 
bon^ ou mauvais , pussent la con^tprei^dre. J*ai emfdoyé des 
m/9ts turcs tds qu'un enfant de cii>q ans ait à même à^ lea 
entendre. Pour être plus clair, j ai r^jiQté les expressions em-^ 
prontées at| turc ichagaiaî, au, persan et à Tiurabe. » Ce pas- 
sage est très-important. Il prouve que c'est* à tort que noujs 
appelons tchagataî la langue dans laqudle ont écrit Aboui- 
Gâsi , Bàber et Neva! , laquelle n*est autre que le turc , le iarki» 
comme ils le nomment eux-mêmes. Mais que faut-il entendre 
par le tchagataî? Ne serait-ce pas précisément la langue dans 
laquelle est rédigé le KoudatkouSilik et qui n est autre que 
le turc dans sa forme la {dus anciennement connue et dans le 
pays le plus rapproché de son berceau? On s'iexptiquQ alors 
pourquoi Aboid-Gâzi , qui écrivait au i^vii* siècle de notre ère , 
évitait d'emidoyer des mots qui étaient compris de tous 
au XI*, mais qui étaient tombés en désuétude et n étaient jdus 
entendus qu^ des érudits. C est exactemeiiit, ce qui. a lieu de 
nos jouiis pour la langue de Rabelais, de Froissaôd et de Join^ 
ville. Les expressions de langue çuigoat^e, de langue tchagataî 
ne doivent, désigner que le^ différences. d*âge et d étapes de 
Tidiome turc. 

Pour en revenir au. travail de M. Vambéry, je ne prétends 
pas ici en rendre un compte exact' et rigoureux. Le terrain 
qu'il a entrepris le pren^er d'exploiter est si scabreux , si glis< 
sant; les rapprochements qu'il a cru devoir fiEÛre-sont parfois 
si inattendus , quoique très-plausibles , scientifiquement par- 
lant; les questions difficiles et obscures que soulèvent ses as- 



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NOOVELLËS ET MELANGES. 211 

sertums sont si nombreuses, si délicates, que chacune d'elles 
exigerait un examen minutieux et une étude spéciale ; et puis , 
âiut-ii le dire, je n*ai que peu de goût pour le domaine des 
étjmblogies. Je me bornerai donc à dire, en général, que 
M. Vambéry a dû déployer une grande somme de patience et 
dérndition dans ses recherches, qui! les a faites avec beau- 
coup de conscience, et qu*on ne peut s* empêcher de trouver 
très-ingénieux des rapprochements dont la légitimité peut, du 
reste, paraître contestable. 

11 est temps maintenant de passer k certaines observations 
de détail que m*a suggérées la lecture du livre de M. Vam- 
béry. Ce ne sont pas précisément des aflBrmations critiques 
que je prétends émettre; ce sont plutôt, du moins en majeure 
partie, des doutes que je kd soumets. 

Le rapprochement qui est &it à la page 2 entre le tchaga- 
tai aguz, ogiz, avuz, signifiant «bouche, ouverture, embou- 
chure •, et le tehouvache sjuvar (sjwo correspondant à aj , av, 
et or à nz, iz), signifiant également «bouche», me semble 
avoir besoin d*ètre justifié par des exemples. 

A la page 3 , M. Vambéry s exprime ainsi : « Aji «Tugend, 
Gûte, Vl^ohlthat, und hiervon das im Kudatku Bilik hâufig 
vorkommende miiz = schlecht, lasterhaft, richtiger ajiiz -= 
ohne Guftes, tugendlos; ajik » Wohlstand, Wohlbefinden , 
Reichthum,» et plus loin : •etkm » gut, fromm; àt — Hei- 
lung, Genesung; àtemsk == Heilen, etc., etc. » Je crois qu'il 
y a la une confusion. Aji, racine de ajik, n existe pas, si je 
ne me trompe, ou du moins on n en produit pas d'exemple. 
^Jux^t , signifiant propr^onent « ce qui est à &ire » , a formé 
yJLjtS par la suppression du o, et est devenu à son tour ^! 
dans Tottoman. Ajik, ^^^t, signifiait «richesse, bien-être», 
et même « abondant » , d'où JU j^l « de nombreuses bêtes » , 
dans Rad. M , 89 , n a, je pense, aucun lien de parenté avec 
asiz (Hi ysiz (cette dernière forme est hypothétique). Asiz, 

* Je déligne oiati la CûtUclion dt$ chants tibiriêns an D' Rtcttoff. 



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212 AOÛT-SEPTEMBRE 1878. 

yf^\ , est sans doute pour ^^^^A^yn.) , comme semble le démon- 
trer, du reste , la forme ^«A«*t , et doit se traduire proprement 
par « sans utilité , sans profit ». Quanta à/ « c»)t , signifiant « gué- 
rison » , ce serait plutôt par « hedbe », d* où « herbe médicinale, 
remède», quil faudrait le rendre, mais sans le rattacher en 
rien à àtemek, JUb^t, qui veut dire, en général, « s^acquitter 
de , payer » , par extension « soigner » , et semble venir lui- 
même de duefjl «passer, passer par, pénétrer, suivre,- percer, 
passer sa vie ». 

A la page 81, on lit : « karuk,koruk, karuk =Z&nn, Umfrie- 
digung, Schuti, Wehre; /r(traAr/aÂr=Besohûtzung; fcorukmak, 
kurakmak => sich schûtzen , sich zurûckziehen , sich £irchten 
( Furcht bedeutet daher im concreten Sinne dieHaadlung des 
Sichzurûckziehens). ■ Il semlderait, d* après cela, que M. Vam- 
béry veuille rattacher à la mèmie racine des mots comme ^^t 
où le y3 est un aflRxe, ei^^, J^^^i ^i^)y^'» ^^ ^ ^^ radical; 
en d* autres termes , qu'il dérive de J4jy> ou ^y^ * craindre » , 
de v5-»^y» «disposer, enclore, défendre». Je crois qu'il y a- là 
une parenté plus apparente que réelle, quoiqu'elle soit pré- 
sentée d'une manière très-ingénieuse. 

A la page 1 o5 : kujas, hojas =s « Sonne , Sonnenhitze », est dé- 
rivé de kûjmek, kûimek, gàjmek^uhrennea^ entzunden ». Ce 
serait très-bien pour le sens , mais il y a une difficulté : c'est 
de rattacher J^Q^ à «iU^. Ne semble^t-il pas {^s naturel de 
le rattacher à ,^jcyi qui a, entre autres sens, celui de « verser, 
répandre»? C'est ainsi qu'on lit dans les extraits publiés par 
M. Shaw, pv n : c^oJ^^ y^ ^j^^^b «l'eau se déversa du haut 
des montagnes »v jxy», dans. ce sens, peut se rapprocher du 
mongol >9\>\> « eingiessen ». D'après cela^ J^ksy^ signifierait 
proprement « celui qui déverse (la lumière ou la chaleur) ». 

Peut-être M. Vambéry s'avance- t-il trop, lorsqu'à affirme, 
page 106 , que kôngàl, kàngàl, gênul signifient proprement et 
originairement « courage , désir, zèle • , ce que le grec ancien 
appelle ^vfiôsy et, par ^tension seul^nent, cor, le cumr, au- 



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NOUVELLES ET MÉLANGES. 213 

trement dît, jare^. A Tappui de son assertion, il cite Texpres- 
sion kôngâl almak « reprendre courage , s'enhardir ■. Mab alors, 
si JiojS'n'a que ie sens que lui attribue M. Vambéry, comment 
expliquer des locutions c(Hnme «ilc^^^ JSj^ « avoir des batte- 
ments de cœur », et jXU JXi^iiètre irrité •, dans R. III , i5, 
où on lit : 

Si irrité que soit ton cœur, 

et où il est évident que JSj^ est pris dans son sens matériel 
et tanffihle, lequel a toujours du précéder le sens moral ou 
abstrait, et non pas procéder de lui ? De même que J)^^ vient 
d'une racine qui exprime «le mouvement, Tactivité», JlCs^ 
vient de «iW^, qui a trait à « une altération ou changement 
purement physique » , comme le prouve l'exemple de Bâber, 
cité dans mon Dictionnaire : j^^-.HX-^^UCjyS'jLé^lSj jl^^Lm* ^^ 
tf.>LfçjU ^^L-s-^ yê; d'où il suit que é\^, veut dire * celui qui 
marche*» qui bat » , et JJu^« celui qui subit des changements , 
des altérations». Si JJu»^ vient réellement de liW^, cequeje 
ne garantis nullement, il ne faut pas oublier qu'il est pour 
JSjj^, puisque JJj est l'aflBxe. D'après M. Vambéry, d'accord 
en cela avec Ahmed- Vefîk-Pacha (page 1070 de son Diction- 
naire) , JJj^est pour J^^et vient de dLc^, ce qui est peut- 
être plus juste; mais ma remarque n'en subsiste pas moins; 
car alors JJCj^'veut dire proprement « chaud, ardent», pris 
dans son sens propre. 

A la page i45, M. Vaitibéry, pariant du mot sàjàrgaî , qui 
sigfnifié proprement «un présent d'un supérieur à un infé- 
rieur » , par opposition à sàcik « présent d'un inférieur à un 
supérieur » , fait observer avec raison qu'il y a là une atiotnalie 
tenant probablement à ce que cette expression ne nous a été 
transmise que par les écrivains persans de l'Asie centrale (« von 
den persisch-mittel-asiatischen SchriftsteUern»). En effet, 
JU^^^^ ou JU^i^^^, qui vient de «iU^^^^w«M, signifiant « réjouir, 
rendre ccmtent » , semble être une forme contractée de Jl5^>ûu» 



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214 AOUT-SKPTEMBRE 1878. 

poar « réjouir » , pour « rendre content • , et devrait s'écrire par 
un< à et non par un ^. Je suppose que cette confusion tient à 
ce que le mot s'est dabord présenté aux écrivains persans, 
écrit en caractères ouîgours, ou le -^, qui se rend par le ^ 
ou le ^, ne diffère que par les deux points superposés du ^ 
correspondant au J. 

Je ne puis souscrire à Topinion de M. Vambéry, lorsque, à 
la page 1 6a , il rapproche taUm, telim = « viel, gross » ; talai = 
« viel , reich , gross »; talai=* Meer, ein grosses , weites Wasser t ; 
tola, dola, tolo, to{n c selir, viel und sUxk ». Je crois qu'il y a 
là une distinction à établir, fjLS, ^oM* jo^ signifiant avant 
tout t nombreux, beaucoup», et ce sens vient lui-même de 
celui de tranche, morceau», le verbe d)J^ se traduisant par 
« diviser ai petits morceaux »< Ainsi, dans le Koadatkat^Bilik , 
page 8o, vers i5 : 

Ji^l U (^'^Ijt ^l^ ji>b ^1 J^ 

Les avantages de k langue sont nombreux: ses inconvénients aossi 
sont nombreux. 

Dans le ^J^ JUU^^ otyi v^i P%^ 7* %i^^ &, on le trouve 
dans le sens de « grand » , qui est venu du premier : 

Vont qu*ii reste comme un mémorial pandant un ^rand (nom- 
breux) temps. 

De même le mot ^U, venant de ^^U « piller > , propre- 
ment t diviser en morceaux » , signifie « nombreux , beaucoup , 
très ». Ainsi dans Rad. IV, 4^ : dLs^^ ià^J^J»^^ <^^ « après 
beaucoiq> de temps»; id. III, i55 : (^«><^^ idepuis long- 
temps»; id. in, d79 : J^ ^U ^ tun grand nombre de ci- 
gognes»; id, m, 56 : 

^J|i£if yJLà tfiKj y^ ^J|i£^ UU 
Ce qu on appelle moudMron est un être bien humble. 



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NOUVELLES ET MÉLANGES. S15 

On voit que, dans ces racines, Tidée primordiale est cdle 
de la dhnsiom, et, par suite, 42a nombre, et non pas cette de h 
gnmieur, de laimemion. Dans les mots tolu, dola, telo, ici, 
ridée d«miniœte es! celle de la plénitude. Ainsi dans Rad. IQ , 
683 : ^3^ ^^ « plônement » , puis ^^ J«^ V * beaucoi:qp d*an* 
nées • , mot à mot, tout plein i années; puis dans le o)^ *J^ 
^^-ï^ JLJU ^ j , page 89 , ligne 7, cette expression : 

La plus grande partie fie plus plein ) était tout uniment des fourbes. 

De lift encore peut-être le sens de « butte , tertre » , mot à 
mot, ce qui est plein, dans Rad. I , a 56. Quanta tohi = « Meer, 
ein grosses , weites Wasser », que M. Vambéry cite conune ap- 
partenant au dialecte altaique, ce nest que le mot mongol 
U * t * ^^ signifiant proprement « une grande masse d'eau » , et 
se joignant même à ^.n» ou à ySj^^ comme dans Rad. II, 687 : 

La grande eau rouge se remue. 
Et plus bas : 

Il arriva à la grande mer. 

A la^page 168, M. Vambéry rattache le mot tangri => Gott, 
HÛBmel à Uuig » Tagesanbfuch, Tageslicht, Lîcht. Je senôs 
porté à^ croire que (^-^J^, en mongol V>^^5^-^i signifiant « le 
cuà^ ia^dirinité • , renferme plut^ Tidée primitive de t haut, 
élevée ^ efc n a pas de raf^ports avec dUb « le matin ». 

ILésttrès'certain que ^ormoA signôifiie «se mettre en mou- 
vement v aller, marcher», s^aiace qid fest beaucoup moina, 
Cï*eslrque (ciroii, ^oro»^ moran ^ « jeder viorstehende Theë als : 
Nase:, Vorgd)irge , Spitze » , doivent se rattacher à cette radne , 
to^mim on le voîl pag& 300» J*aim«rais imeux , pour ma part , 



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216 AOUT^SEPTEMBRE 1878. 

les fiaiire dériver de ^\ , ^^t « haut, élevé, en haut », les idées 
de kaateur et de proéminence ayant entre dles une connexité 
toute naturelle. Toutefois, je ne vais pas jusqu*à trouver une 
parenté entre âr, àr et bôr.^ d où sort hôrmek dans le yakoute , 
hàrài signifiant « couvrir par en hauti (conf. p. an). 

Je crois que je n ai pas besoin de pousser plus loin ces ob- 
servations pour appeler Tattention sur le savant travail de 
M. Vambéry. Lorsqu'il s*agit d'un sujet aussi difficile à traiter 
que celui qu'il a eu le courage de chobûr, ce n'est pas trop 
des efforts de tous pour arriver à un résultat sérieux et vérita- 
blement scientifique. Dans tous les cas, M. Vambéry aura eu 
le mérite de se risquer le premier sur un domaine encore à 
peu près inexploré et d'avoir élucidé déjà plusieurs points 
obscurs. 

Pavet de Courteillb. 



AoGEMADAÊcA; Eiti Pàrsentractat in Pdzend, AUbactrisch nnd Sans- 
crit, herausgegeben , ûbersetzt, erklàrl und mit Glossar verseken von 
U fViLHELM Geigbr, Privat-Doccnt an der Universitàt Erlangen, 
— Erlakgen, Deichert, 1878 , 1 vol. 160 pages in-ia. — AoGE- 
MADAÊCÂ; trailé parse en pdzend, vieux bactrien et sanscrit, édité, 
traduit, expliqué et doté dtun glossaire par le, Tf W, Geiger. 

L'an dernier, lorscpe le docteur Geiger publiait l'inter- 
prétation de la version pehlvie du fargard I du Vendidâd, 
nous exprimions le vœu de voir le fonds de manuscrits re- 
cueillis par Haug ouvert au jeune et savant auteur. Aujour^ 
d'hui ce désir est complètement réalisé; M. Geiger a pu puiser 
dans cette riche mine et il donne au monde orientaliste une 
pierre retirée de ce vaste fond. Sous le nom un peu bizarre 
mais suffisamment justifié èe Aogemadaécâ, emprunté au 
commencement même du livre, nous voyons paraître un petit 
écrit de 360 larges lignes, dû à la plume d'un pieux Mazdéen, 
écrit jugé, du reste, par le» coreligionnaires de l'auteur 



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NOUVELLES ET MÉLANGES. 217 

comme assez important pour recevoir une traduction sans- 
crite. 

Ce sont ces sept pages et leur version indoue qui font Tobjet 
de ce travail d*une étendue assez considérable. Aussi ce n'est 
point une simple édition de manuscrit, mais un travail com- 
plet pouvant servir de modèle à tous les éditeurs interprètes. 

On y trouve d'abord , dans une introduction , T histoire de 
l'ouvrage principal et l'appréciation de sa valeur, puis l'histo- 
rique de la version sanscrite et l'indication des différences de 
langage que l'on remarque entre cette dernière œuvre et celle 
de Nériosengh ; enfin la description des trois manuscrits dont 
M. Geiger a fait usage et une intéressante discussion sur leur 
origine et leurs rapports. Tout cela est fait avec autant de 
méthode que de jugement. A l'introduction succèdent le texte 
pârsi, mêlé de citations de VAvesta, puis la version sanscrite 
et un tableau riche, bien qu'incomplet, des variantes des 
deux textes. Après cela viennent la traduction en allemand du 
pârsi et du zend, de nombreuses notes exégétiques , un double 
glossaire pârsi-zend et un index des mots sanscrits avec les 
termes de l'original en regard. 

Certes M. Geiger a eu la main heureuse lorsqu'il Ta mise 
à ce travail. LAogemadaécâ, dans ses bornes étroites, ren- 
ferme bien des choses intéressantes ; il nous montre les oon^ 
ceptions religieuses du Mazdéen sous un jour assez neuf et 
nous donne lieu de croire que son auteur s'est inspiré de 
pensées et de lectures chrétiennes ou tout au moins bibliques; 
car dans ce traité, ou plutôt cette espèce de méditation sur 
la mort, nous trouvons bien des points de ressemblance avec 
certains traités de spiritualité patristiques ou avec certains 
textes sapientiaux. Il nous donne , en outre , plusieurs passages 
perdus de l'antique Avesta, si toutefois, et ceci est une sup- 
position de M. Geiger lui-même , ces passages n'ont point été 
composés très-tardivement à une époque où ÏAvesta était déjà 
livre (dos. Ce point serait très-important à vérifier, car la so- 
lution de cette difficulté permettrait de fixer l'époque du der- 
nier usage de la langue avestique. 



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218 AOÛT-SEPTEMBRE 1876. 

Les inaiitta€rits que M. «Geiger a eus à sa dispoMiien sont 
malheureusement, comme il l'explique, d*une imperfectîoa 
très^grande et ne s^accontent pas entre eux dans leurs erreurs. 

Le texte avesdque y est particulièrement maltraité» Le 
docte ^éditeur a dû y faire bien des correctîoiis et restitutîoiis, 
et il s*esi tiré de ces passages difficiles avec beaucoup de dis- 
cernement. ^ 

Grand nombre de ses conjectures sont assez sdUdemeot 
étaUies pour n être point attaquées. Telle est la sid)^ti^ioB 
de arhis à ésii, ceUe de «z^shâ à arta, de patkanê à pahana ou 
ptma et beaucoup d autres semblaUes. 

Ce nest point que nous partagions, en toutes c^ses, les 
vues de M. Geiger; mais les divergences d'<^nion n^ét^nt 
rien à la valeur scientifique d*un ouvrage. Trop sourent les 
critiques croient pouvoir condamner non^seulement ce qui 
est erroné, mais aussi ce qui ne s*accorde pas avec leur sen- 
timent propre. 

Comme objets de divergences d'opuiion, nous »gaale- 
rons: 

i" L'assertion de la première page qui fiût de la rdigion 
avestique cdle de Fempire de Darius. On peut voir la discussion 
de ce point dans nos Etmâei aoestiques, p. 5o et suiv. ; a** Tin- 
terprétation du iermo frashâ ktreti qui ne signifie pointu résur- 
rection» mais « restaurattion et pérennisation du monde», 
comme le prouvent du reste le terme parsi et surtout le naot 
sanscrit correspondant akkh&yaaurt; â* celle de aogemuJti 
auquel nous ne pouvons donner avec Justi une racine ^» mais 
bien un radical aoga (tnvayâ^ d où ttoga ; du inot parai anfardmm 
{=^mm kar) dont le sens doit être f aocomplir une cérémoaie. • 
Ajoutons en outre : zari, de ^arivio, peut très*bien BwpUqni9r 
comme dérivé de $ar, vieillir, d^érir, et sigmiiehonime {M^ 
mani). Il ne parait pas nécessaire de corriger msynnki M 
étant emfdoyé dans ÏAvuta. Enfin Afiigun traduit âkâç^ 
nmim (coîdeur duciel) , et, <^f^sé à ifpidhâé {fin froni blanc)^ 
signifie-t-ii bien « de couleur noire fP O^autre part, plusieurs 
mots nouveaux sont interprété» très-beureusement, et Texr 



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NODYELLES ET MÉLANGES. 219 

plication de termes connus reçoit une confirmation nouveDe. 
Citons entre autres : pathana, large; ^rai para, longue à tra- 
verser; Mnu, fleuve; dry a, actif, prompt; yavanha, pâture; 
vairi, goufiËre, etc. 

Nous ne pouvons résister à la tentation de citer quelques- 
uns de ces textes avesttques arrachés à l'oubli. Ils appartien- 
nent à des fragments rhythmés , c*est là du moins notre con- 
viction ; M. Geigar n a point envisagé ce point de vue et donne 
ces phrases ininterrompues. — Aux paragraphes )5 à 28, 
Tâme adresse à son corps les objurgations suivantes : 

Âat manm , tanv6 ithyéjanuhaiti , 
manya mananha humatem; 
Aat manm , tanvô ithyéjanuhaiti , 
hizva mrûidhi hûukhtem i 
Aat manm tanvô ithyéjannhaiii 
zaçtaèibya vareza huvarstem. 
Ma manm tanvô ithyéjanuhaiti 
anrâi vairim fraçpayôis 
yim khnivantem âithivantem 
yim daévim afradereçvantem 
frâkerentat anrô mainyus 
bunem anhéus temanhahé 
yat ereghatô daoEhanhahé 

«Pour moi, ô corps périssable, pense de Tesprit le bon 
penser. 

«Pour moi, ô corps périssable, dis de la langue le bon 
parler. 

«Pour moi, ô corps périssable, fais des mains le bien 
fait.» 

« corps périssable , ne me jette pas au destructeur, dans 
«le gouffre redoutable, destructeur, dans ce (gouffre) que 
« Anro-Mainyus a fait diabolique , affreux, le fond du lieu des 
• ténèbres , du terrible enfer. » 

$ 78. Patrithvô bavaiti pantâo 
yim axhis pftiti gàu ^v&o 



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220 AOÛT^SEPTEMBRE 1878. 

açpanhâdô, vîranhâdliô 
vîraja anamareihclikô 
hâo did aevô apairithwô 
yô vayaos[an]amarzhdikahê. 

f Elle peut être évitçe la route que garde un serpent gros 
« comme un taureau , qui attaque les clievaux , qui attaque les 
« hommes, meurtrier des hommes, impitoyahle. Celle-là seide 
«ne peut être évitée, (la voie) de Timpitoyable Vayou» (l'at- 
mosphère que traverse 1 ame passant à l'autre monde). 

EnGn , après avoir énuméré les richesses que peut acquérir 
un méchant, le paragraphe 84 ajoute : 

pançnus gavô, pançnus açpa, 
pançnus erezatem, zaranim, 
pançnus narô ciryÔ, takhm6 

« Poussière sont les troupeaux ; poussière , les chevaux. 

• Poussière l'argent et l'or. 

« Poussière est l'homme actif, puissant. » 

Remercions M. Geiger de nous avoir fait connaître ces 
intéressants extraits et souhaitons que semblahle trouvaille se 
renouvelle. 

C. De Hablez. 



BEMARQUES SUR LE MOT ASSYBIKN ZABAL 
ET SUB L*EXPBESSION BIBLIQUE BBT ZBBOVL. 

Tous les orientalistes connaissent cette inscription de Na- 
buchodonosor, trouvée. à Borsippa, . que ' traduisit pour la 
première fois M. Oppert en 1867 et qui servit de base au 
déchiffrement ultérieur des textes assyriens. Le roi y relate 
comment il réédifia à Babylone le temple de Mérodach , et 
comment il reconstruisit à Ëorsif^ le temple de Nébo, 



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NOUVELLES ET MÉLANGES. 221 

celui-là môme auquel parait se rattacher le souvenir de la 
Tour de Babel \ 

Un même terme générique, celui de Zikurai, est apjdiqué 
dans rinscriptiôn à Tun et à Tautre temple; mais ils sonU 
en outre désignés Tun et Tautre par un nom propre, éèrit 
dans la langue des inventeurs de récriture cunéiforme, et 
dont la. lecture est, pour le premier temple, £-SGHAK^IL\ 
pour le second, Ë-ZI-DA* 

Le mot Zikurat vient de la racine Zakar, racine qui se 
retrouve dans toutes les langues sémitiques avec le sens pri- 
mordial di^TepimtxL, d*oà les sens secondaires de marquer^ 
noter, se souvenir, nommer, célébrer. Zikarat peu donc être 
étymologiquement rendu soit par monument commémoratif^ 
soit par monument en forme de pointe; mais, dans Tusage, il 
s'entend d une pyramide à étages. 

Quant aux mots SCHAK-IL et ZI-DA, le sens n en était 
pas très -clair à Tépoque où M. Oppert révâait au mon^ 
savant la véritable nature de la langue assyrienne. Ce qu*oti 
en savait de certain se bornait à ceci, que tous deux ^sont 
précédés de Tidéogramme de la maison ou du temple , qui se 
lit £ dans la langue primitive des inscriptions et BU en 
assyrien. 

Depuis, grâce à la publication de la grande collection 4u 
British Muséum , The Caneiform Inscriptions of Western Asia, 
il a été possible de déterminer avec la dernière précision la 
valeur de ces groupes SCHAK-IL et ZI-DA. 

ZI-DA se rencontre dans Texpression ID-ZI-DA, que trans- 
crit invariablement l'assyrien imnu « main droite » ; et, comme 
Fa fait remarquer avec justesse M. Lenormant^, ID étant le 
signe de la main , il s'ensuit que ZI-DA doit signifier de bon 
augure, propice, favorable. D'autre part, ZI-DA est souvent 
transcrit par l'assyrien ^^a^ mot qui signiQe stable, durable, 

» Voy. Schrader, KAT, p. au 

^ Le compte ^||î^ JTTET se lit ici IL; cf. Delitzscfa, Assyrische 
Lesestûcke, Syllabaire, n* i6ii. ' 

' Etudes sur quelques parties des syllabaires cunéiformes , p. 98 , note. 

511. i5 



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222 AOÛT-SEPTEMBRE 1878. 

étemel *. E-Zl-DA peut donc être exprimé «n assyrien par Bit- 
imni ou par Bit-kinu, M. Schrader a adopté la première trans- 
cription et rend Bit-imni par Tempel des Heik*. M. D^tzsch, 
au contraire, lit Bit-ktnu, et traduit TêmpU éHmeV. 

Arrivons à SCHAK-IL. Le sens littéral n*en est pas dou- 
teux. SCHAK et IL sont isdément transcrits en assyrien par 
rîscku, « tète » * et par ickaqi, « dever » ', et cc^ectivement fax 
schaqâ scha rtschi * ou par son synonyme mschâ scim rischi '' 
c élération de la tète » , oo encore par risckan eHatav ' • tète 
devée ». Ejfi outre « TexjpresMon SCHAK-IL est susceptible de 
se prendre au figuré dans le sens Û^éiévation^ grandeur, majeUé, 
absolument comme , en hébreu , ^^H1 Mtt3 « il a devé sa tète » 
se dit de celui qui a été élevé eh dignité. Aussi voyoQs-nous 
qu'un dérivé de SCHAK-IL, GAR^HAR-IL-LA, est expli- 
qué dans un endroit* par ZaJtkarat ■ renom, cél^farilév^*, et 
dans un autre '^ par haut « éclat, splendeur » ^^. Le nom du 
temjde Ë-SCHAR-IL signifie donc, au propre, Temph de la 
Haatear (Temple élevé), comme le pense M. Scbrader ^, ou, 
au figuré. Temple de la Grandeur, Temple de la Majesté ^^, 

• Dditzsch, Assyrisehe Lesestûcke, Syllabaire, au signe ^J^* 
« KAT,p. 23/i, 236. 

• Loc, cit. 

• Cf. Scbrader, ABK, p. a6, n' i. 

> W. A. I, t. II, pi. XXXI, 1. 2. Ce verbe doit être rapproché de Tanibe 
Ulm (cf. ^Lû J.A^ montagne élevée] et peut-être aussi de y^^. 

• W. A. I.,t. ll,pLXXX, 1. 3. 
' /6id., pi. XXVI, 1.59. 

• J6iU,pl. XXX J. lA. 

• /tirf., pi. VII, L 6a. 

*® Le mot zttkkarat que cite M. Schrader (EîAT, p. 36, note) comme un 
équivalent de ^ '^yj^f— ^f JJ^ ], TTET »" ^[ , et qu'il traduit. 
Spitze, Hôhe, parait plutôt être un doublet de zakhirut. Que zvkkumt ait 
bien le sens que nous lui attribuons , on n'en peut tlonter, car ce même mot 
est expliqué, W^. A. I., t. II, pi. XLIII, 1. 6, par »xkar sehtm, 

" W.A. I., t. Il, pi. 28, LAa. 

" Sur 6ttar = ar. «^^, voy. Lenormant, op, land^^ p. aoa. 

" KAT, p. a35. — M. Dditiscb fait E-SCHAf-IL synonyme de «i- 
kurat; cf. Assyr. Lesest. , Syllabaire, au signe ^. ]\tX — 

** Ces noms abstraits étaient usités chez les Assyriens. Ainsi , W. A. I. , 



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NOUVELLES ET MÉLANGÉS. 223 

Mab ié point sur lequel nous voulions surtout appeler 
Tattentiôn des assyriologues, c'est que dans un court texte 
bilingue du grand recueil anglais^, le groupe SCHAK-IL 
est. transcrit non plus par la périphrase scheujâ icha rt^schi 
ou naschu scha rischi, mais par un seul mot assyrien, zahal, 
dont le sens général Sélévation se trouve ainsi bien déter- 
miné ^. La plupart des langues sémitiques emjdoient, il est 
vrai, la racine zahàl avec le sens tout différent à% faire âuju^ 
mier, fumer la terre; et pour l'assyrien lui-même nous cite- 
rons une phrase d'une insoriptioh de Sargûn, traduite par 
M. Oppert *, ou zeStcd équivaut à pâturage. Heureusemait l'a- 
rabe a conservé ce Verbe avec la double acception dejkmer la 
terre et de soulever, poréer, élever * , en sorte que les deux sens 
de l'assyrien zabal n'ont rien qui doive nous étonner. En 

t. IV, pi. XXIV, 1. a 3-3 à» mention est faîte dn «'temfde de la Renommée» 
(scha zikar tehum). 
» VV^. A. I., t. II, pi. XV, 1. 43 et suiv. 

* L'inscription dont nous nous occupons est une de ces pbrases détachées, 
servant d'exemple grammatical , comme il j en a tant dans le second volume 
de W. A. I. Anwi ne:ptatxm se liatter de les toii^oors bien comprendre, 
d'autant plus que le scribe assyrien traduit servilement le teite, accadi^ ou 
sumérien , qu'il a sou» le^ yeu^ La première ligne UT-HI-IN ki-im-ri est 
obscure : nous ignorons la valeur de l'idéogramme UT-HI-IN. La seconde 
ligne schi-ni-pat KA-LUM-MES€H (= salappi) signifie «les deux tiers des 
stiuppUn. Les sttlnppis so&t nnc sorte de graine ou de fruits qu'on offirait 
aux diçux en sacriBce. Voyez Lenorm'ant, /. c, p. lao, et Delitzscb, Astyr, 
Thiernamen^ p. 82. Enfin les trois dernières lignes i-na za-hal ra-ma-ni-schu 
a-na EN (B^l) GilS-SCHAR (kiri) KA-LUM-ME$CH [sulippi) i-man-da-ad 
signifient : «Pout* son offrande (littéralement : son élévation), il (le fermier? 
le jartlinieir?) ofiîriira {mot k mctt : mcsaireta) les snhippis au proprîétaite de 
la {^taMon». - 

* Dour-Sarkayan, p. 16, 1. 5. 

* Voyez Lane, Dictionnaire ^ v. Jo^. De J.>^ déiive le mot bien connu 
J^^ tehil •corheiUe* (ce dans quoi on porte). M. Haiévy, rapprochant zahal 
de zebil, a fnroposé, à la séance du 8 mars 1878 de la Société asiatique, de 
rendre ina zahal ramanischn par «dans sa corbeille». Il a ajouté qu'au surplus 
cette interprétation n'infirmait en rien nos condusions, zahal ayant pu 
réunir les sens d'élévation et de corbeille. Pour justifier la conjecture de 
M. Haiévy il resterait à démoirtfer que SCHAK-IL = corbeille, car il ne filut 
pas perdre de vue que dans notre texte zabal traduit le groupe SCHAK-IL, 

i5. 



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Î24 AOÛT-SEPTEMBRE 1878. 

assyrien, comme en arabe, le verbe zahal voulait dire porter, 
élever et même enlever * ; ainsi s explique fort bien le titre spé^ 
çjal des rois tributaires de TAssyrie : zahil kadarri '. incon^^ 
testablement, ce titre signifie porte-couronne ou qui a charge 
•4e la couronne (cf. en arabe yJt)y)» Pour en revenir à zabal, 
nous ne pi^nsons pas trop nous aventurer en supposant que 
ce mot ait pu traduire aussi le groupe SCHAK-IL dans Tex- 
pression EÎ-SCHAK-IL , d'on cette conclusion que le nom du 
^temple de Mérodach se lisait Bit^Zahal en assyrien. 

En présence de ce résultat , on se reporte tout naturelle- 
nient à ce passage de la Bibie, relatif à la dédicace du temple 
de Jérusalem, dans lequel Sal(»non s'exprime en ces termes r 
« Dieu a dit qti'il voulait habiter dans les nuages. J'ai construit 
pour toi (Dieu) un Bêé'2^boul comme lieu de séjour pour 
toi à jamais *. » Jusqu'ici l'on avait cru que Bêt-Zeboul devait 
s*entendre d'udè maison d'habitation ; mais peut-être avons* 
nous ici l'équivalent du Bit-Zabal assyrien. Peut-être même 
le rédacteur hébreu songeait -il à ce Bit-Zahal lorsqu'il qua- 
lifiait de Bêt'Zehoul le temple de Jérusalem. 
. Quoi qu'il en soit , nous ferons observer que ie moi zeboul 
a été interprété par simple conjecture dans les rares endroits 
de la Bible où il se rencontre. Ni en hébreu , ni dans les 
eAitres langues sémitiques, il n'existe de racine zahal ayant 
'la valeur bien constatée de demeurer. Aussi les exégètes se 
fendent-ils principalement sur l'exemple tiré du Livre des Rois 
pbur assigner au mot zehoul le sens â* habitation. Or, si nous 
passons en revue les autres exemples du mot zeboul, nous re- 
connaîtrons qu'il s'agit toujours d'un lieu élevé. Ainsi, dans 
Isa!e, ch. LXlii, v. i5, on rencontre la phrase suivante : 
« Regarde du haut du cid ; contemple du zehoul de ta sain- 
teté et de ta majesté. » Dans Babacuc, ch. m, v. 1 1, on lit : 

' t)ans un passage (W. A. I,, t. IV» pi. XV, L Ao), on a le prëcatif K^ 
iz'zab'lu traduisant l'idëogramme bien connu ZI «enlever». 
. ' Voy. par exemple W. A. I. , 1. 1 , pi. Xyill , l. 5t6. La valeur zahil de For- 
biographe H ^^^f est établie |^r la vanante zorhi-iL 

* I Rois, vin, V. i2-i3; cf. 11 Chron,^ vi, v. a» 



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NOUVELLES ET MÉLANGES. S25 

• Le soleil et la lune se sont arrêtés dans leur zehoul » Dans 
le psaume xlix, un verset, très-obscur il est vrai, le i5*, 
oppose le zehoul au s(^uol; et il est curieux de constater ici 
que la Vulgate a souligné cette opposition en traduisant zehoul 
par ghria : « et auxitium eorum veterascet in inferno a g^orîa 
eorum. » Dans la Genèse , enfin , ch. xxx , v. ao , lorsque Léah 
vient de donner Zabulon, son sixième fils, à Jacob, die pro- 
nonce les pannes suivantes : ^^ ^mS*» ^D ^tf^K "^ih^V D^DH 
D"*i3 ntftf , ce que la Vulgate rend ainsi : « etiam hac vice 
mecum erit maritus meus, etc.» N*est-il pas préférable de 
dire : « Maintenant mon mari va m^bonorer, me placer at;^ 
dessus de ses autres femmes , parce que je lui ai engendré six 
enfants mâles ? » Ainsi s expliquerait que le varbe >3*?3tt ait =^ 
un régime à laccusatif. Plusieurs commentateurs ont sCDti 
cette di£Scuité, et ils ont essayé de la tourner en admettant 
que yizheUni • il m'hahitera » est |)our ^DV ^3T^ « i7 hahHem 
avec moi ». L'emploi du r^^ime direct devient très-naturel dès 
que Ton restitue à la racine zahal son vrai sens de porter, 
élever. Si Ton accueille cette hypothèse , ce serait Fidée de ffrtaft- 
deur et non celle â!hahitation qu'il conviendrait de diercher 
désormais dans le nom propre de Zabulon. 

G' est avec toutes les hésitations d'un débutant dans le$ 
études assyriennes que nous nous hasardons à présenter ces 
qudques remarques. Mais, fondées ou non, nous avons con- 
fiance qu'elles atteindront leur but qui est dk provoquer la 
discussion sur ce petit problème , intéressant surtout parce 
qu'il touche à l'exégèse biblique. 

Stanislas Guyard. 



MM. Guieysse et Lefébure viennent de faire paraître une 
importante publication, le Papyrus de SoutimèSi texte et traf 
duction d'un exemplaire hiéro^yphique du Livre des Morts, 
appartenant à la Bibliothèque nationale *. Le fac-similé, très- 

* Ernest Leroux , éditeur. 



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826 AOÛT.SEPTKMBRB 1878. 

exact et très -soigné, est dà à 1« main savaate et habSe de 
M* Guieysse, qui a déjà fait ses preuves comme égyptok^^ 
p^r un^ étude sur le chapitre lxiv du T9€UeiAueh, mais qui 
parait , cette fois , avoir abandonné à son collaborateur la partie 
scientifique de la publication, car la traduction et le corn* 
ikientaire sont signés de M. Lefébure seul.. On y retrouve les 
qualités bien connues de ce savant distingué : uiie grande 
pénétration, une érudition très- étendue ^ une connaissance 
sérieuse de la langue égyptienne. U est le premiâtr k recon* 
naître qu une traduction d*un exemplaire du JU^nre ies Morts 
ne peut être présenlée comme définitive. U serait oiseux 
d'entrer dans Ijb détail de son travail pour discuter telle 
i^u t^le de ses interprétions ; aucun dé. ^es confirèrea aV 
serait se flatter de s'acquitter mi^ux que lui de la même 
tâche, les traductions variant forcément suivant Tktte qu'on 
se î^i de la religion égyptienne. Que M. Lefébure ne se 
méprenne pas sur le sens de mes paroles et ne m'accuse pas 
une seconde fois de vouloir discréditer les étpd^s mytholo- 
giques. £n disant dans mon Dictionnaire étarchéalogie. égyp- 
tienne que « la religion s'est prêtée jusqu'ici à de nombreuses 
explications contradict<>ires dont aucune n'a été manifeste- 
ment adoptée,» j'ai constaté un fait que personne ne peut 
nier, mais je ne désespère pas de i% réussite finale. Je crois 
ti'ès- désirable, au contraire, que ce domaine de l'égyptcdo- 
gie soit abordé par des esprits sagaces, prudents et phUolo- 
giquement bien armés, comme mon savaift confi'ère, par des 
investigateurs d'une critique sûre, qui n'asseyent leurs in- 
terprétations que 9ur des textes traduits d'une manière indis- 
cutable. Loin de faire fi des études mythologiques , je les 
considère comme très -attachantes, et je vais donner une 
preuve de l'intérêt qu'elles m'inspirent en présentant quel- 
ques observations à propos d'une des notes finales de la pu- 
blication qui nous occupe. 

M. Lefébure a reconnu la nécessité d'analyser l'expression 
mâ'kheru ^^; il a parfaitement dégagé la règ^e de forma- 



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NOUVELLES ET MÉLANGES. 227 

ûùm de ce groupe si in^rtant; il comprend que toute sa 
videur repose sur rélément ma « vrai » ou • vérité » , mais il 
ne parvient pas à en déterminer le sens ; il s*en tient à Tex* 
pUcatîon approximative, puissance par la parole, triomphe par 
là parole, précisément parce qu'il ne s'est pas rendu compte 
de ce c[ue les Egyptiens entendaient par ma, la vérité. 

Nous appelons vérité la conformité de l'idée avçc son oIh 
jet, dont le contraire est l'erreur; la conformité (le ce qu'on 
dit avec ce qu'on pense, dont le contraire est le mensonge; 
la conformité du récit avec le fait, du portrait avçc le mo- 
dèle, etc. La conformité se prouve par la comparaison; aussi 
les Égyptiens avaient- ils adopté pour déterminatif et pour 
idéogramme du mot vérité l'instrument-type 4e la compa- 
raison et de la mesure, la coudée qvl régie — ma, qui 
varie aux ancien^ies époques avec ie doigt | , :au^e ui^ 
de mesure primitive et universelle. Est vtai d'une ttianîèrc 
absolue tout ce apâ esrt conforme à la règfe, tout ce qui n'est 
pas autrement qu*il ne doit être : de là l'identité du vrai et éa 
bien. Des artisans qui exécutent des ouvrages irréprochables 
sont en égyptien »des savants de leurs mains , auteurs t d'owi- 
vTes de vérité^ i>. Un cadavre qui ne se décompose pas est 
« à l'état d'être vrai * «. Hermès Trismégiste , en nous disant que 
« ce qui n'est pas toujours n'est pas vrtii ' », neus apporte un 
écho très -fidèle de la pensée égyptienne. Soustraire une 
chose à la destruction, c'est lui maintenir sa réalité, sa vé- 
rité : idée exprimée par le verbe causatif M "^ i s-mâ. L'au- 
teur de V Hymne à Oiiris, conservé à la Bibliothèque natio- 
nale et traduit par M*, Chabas, ^près avoir dit ^e le dieu a 
créé la terre, l'eau, les plantes, les animaux, ajoute : s-mâu 
n se Nut taui hera h'er-s, t le fils de Nout (Osiris)^if vraie 
(maintient la réalité de) la double terre qui s'en réjouit». 

» Cf. Cbabas, Mélanges, III, ii, iSa. 
« Navitte.,%ffctfcfHorii*,XXI, i. 
* Traduction L. Ménard, IV, 9. 



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228 AOÛT-SEPTEMBRE 1878. 

C'est-à-dire qu après avoir créé il maintient sa création. Hd- 
his rëpoossant de sa lance les animaux malfaisants qui sym- 
bolisent les ennemis de la création, est appelé ^5 ^ '"'^ 
(variante de smâ, par substitution d*un impulsif à un autre), 
p2grce qu'en agissant ainsi il fait la vérité. M. Grébaut a dé- 
montré en effet * que le rôle solaire de la divinité consiste à 
entretenir la vie des êtres et à maintenir riiarmonie du monde 
par son lever quotidien. Dès que l'astre surgit à rorient, les 
ténèbres, ses ennemies, sont vaincues et le règne de la vé- 
rité commence. La vérité est la raison de la vie, elle repré- 
sente le développement, ]a conservation et la reproduction 
des êtres organisés; elle est en opposition avec les mauvais 
principes qui, en tant que personnification du mal phy- 
sique, entravent son action. Mais elle représente anssi Tordre 
moral, le bien, là vertu. E31e est la loi qui régit ie monde 
moral auAsi bien que le monde physique, Tordre universel, 
le bien unique que la philosophie alexandrine, s'inspirant 
sans doute de la doctrine égyptienne, confondait avec Dieu; 
car la vérité fait corps avec le dieu égyptien, elle est sa 
substance même; on la lui offre comme aliment et il la 
mange ' ; il ne s'en sépare pas : • O Râ , uni à la vérité , as- 
socié à la vérité depub le commencement ' I » Cest pour- 
quoi, au point de vue mythologique, elle est déesse elle- 
même et possède la plénitude des attributs divins, «dame 
du ciel, régente de tous les dieux*,» tantôt déesse fille, 
tantôt déesse mère , jouant le rôle d'Isis ou de Nephthys au- 
près du sarcophage qu'elle couvre de ses ailes *, ou le rôle 
d'Hatbor dont elle. prend la coiffure *. 

Le rôle de la vérité étant ainsi expliqué, et c'est à la sa- 



^ Hymne à Ammont p. io8, et MéL â^archéoL é^pU, I, ^k%. 

^ Livre des respirations, éd. de Horrack, V, 5. 

3 ChampoH.,iVo/., 1,854. 

*' Denkm., fli, 78. 

^ Louvre A. 8^ ; Duemich, Hist Inschi^,, 43; Denkm,, HI, a45. 

• Denkm, AWri^- 



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NOUVELLES ET MÉLANGES. 229 

gacité de M. Grébaut qiten revient le premier honneur, on 
n*a pas besoin de demander au groupe 7^ mâ-kheru autre 
chose qiie ce qu'il contient ; il contient les mots vérité et pa- 
role, et Ton est sûrement guidé dans la manière dont on 
doit le décomposer, par cette paraphrase si fréquente dans 
les textes religieux au kheta-k ma er khefiu-k : • est ta parole 
vérité contre tes ennemis » , formule dans laquelle il est 
facile de reconnaître la ^cûvr^ àXrj^ijs que Plutarque * nous 
signale comme ayant eu un pouvoir t^dismanique chez les 
Égyptiens. Pour faire la vérité, c'est-à-dire pour maintenir 
rharmonie du monde, le dieu égyptien n'a besoin que de 
sa parole; il a dit au soleil : ■ Viens à moi *, » et le monde a 
été constitué. • Étant trouvé que la parole d'Horus est vé- 
rité, on lui confia la fonction de son père le soleil*. » iTa 
parole est vérité contre tes ennemis , ô dieu grand dans son 
disque^.» Ses ennemis sont les puissances typhoniennes , 
les seba-VL : « Il renverse les seha-u par la vérité de parole *. » 
Il est dit du défunt assimilé au soleil c[u'il sort avec la vérité 
de parole, traverse le ciel et détruit le mal qui se produit 
sur toute la terre *. Faire la vérité par la parole est synonyme 
de donner la vie , ainsi que le prouvent ces deux phrases sy- 
métriques prononcées par des vaincus s'humiliant devant un 
Pharaon : • Accorde-nous les souffles par le don qui est en 
toi de la parole être vérité; accorde -nous les souffles par le 
don qui est en toi de la vie être à ton gré '. » 

Tel est le sens du mâkheru divin. L'homme est investi du 
même pririlége lorsqu'il est dieu ; mais , dans un autre ordre 
d'idées, lorsqu'il va se présenter dans la grande salle du 



» Uhis et d'OsirU. LXVEU. 

* Todtenb., XVII, 4i ; variante d*un papyrus de Boulaq. 

* Hymne à Osiris, i. 18. 

* rodtent., CXXVU. 4. 
' /d.,LXIV, i3. 

• w.;cLxm,i8. 
' Dewfon.,111, 117. 



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230 ÀOÛTSEPTEMBRE 1873. 

jugement suprême, on exprime qu*U est pur en disant qu'il 
a vaincu ses ennemis, les péchés, par TefiPet du mâ-khera que 
lui a conféré Thot ou telle autre divinité. L*€mcienne traduc- 
tion justifié pourrait, à ce point de vue, être maintenue, à 
la rigueur, pour le groupe mâ-keru, si elle était comprise 
dans le sens plus latin que français àe fait Juste; car le juste 
est le sa-n-mâ shu em aseft «homme de vérité exempt de 
fautes », contenant la vérité, disant et faisant la vérité '. Etre 
doué du mâ'kherut c'est être à ce point identifié avec la 
vérité qu on Témet par la parole. 

Paul Pierret. 



'-^^ ^y* ^^ * Slif TSÉu KiNG, Le Livre classique des trois ca- 
ractères de Wang peh héou, en chinois et ea français, par 
G. Pauthier. Paris. 1873, un volume in-8'. (xnet i48 p.) Chal- 
lamel aîné , éditeur. 

Le Livre des trois caractères , sorte de compendium des con- 
naissances des Chinois, résumé de leur état intellectuel et 
moral , de leur histoire et de leur littérature , est Tun des pre- 
miers ouvrages que l'on mette aux mains des jeunes Chinois 
qui commencent à lire et à écrire leur langue. Ce petit ouvrage , 
écrit en vers de six syllabes composés chacun de deux phrases 
de trois mots (d'où son nom), est d'un style exceuent et 
d'ordinaire clair, quoique souvent concis, et, comme il ren- 
ferme plus de cinq cents caractères différents, celui qui 
r étudierait à fond pourrait acquérir une certaine connaissance 
de la langue chinoise; aussi a-t-il été recommandé par les 
sinologues comme l'un des premiers ouvrages à étudier avant * 
d'aborder la lecture des classiques. 

Il existait déjà plusieurs traductions du )4vre des trois mots 

* P. Pierret , Etudes égyptologiifues , t. II , p. 89. Deahn, , Âbth. lïl , 
Bl. 365 et 43 c-d. 



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NOUVELLES ET MÉLANGES. 231 

qua&d M. Pauthier en a entrepris une nouvelle : M. Pauthier 
a voulu faire mieux que ses devanciers et il ne pouvait man- 
quer de réussir. En effet, il nous a donné non-setdement 
lîi UndMfMîon du texie mêmet qui! a enrichie de notes tou- 
jours ioslruràv«9» mais de plus il a traduit en entier le com- 
mentaii^ de Wang tçin ching^ le plus estimé du San tseu 
Img et. qui m accompagné presque toutes les éditions» De 
plus, par une innovation heureuse, dont lui sauront gré les 
étodâaajbs v M. Pauthier a divisé le ti^te en xm certain nombre 
de deotions qui en rendent la lecture et 1* étude plus aisées. 
Sou« cfatiqiiQ ^ractère chinois M4 Pauthier a mis la pronon- 
ciation Âuaiidarine-chinôise , et comine isa traduction , qu'il 
avait en^epris^ et publiée à la demande de M. le contre- 
amind Dupré, était destinée spécialement à TÉcole d'admi- 
nistration de Saigon, M. Luro avait été chargé de transcrire 
le texte en langue mandarine^anamite. 

M. Pauthier s'était imposé la tâche de serrer de près ce 
texte concis, et de traduire le plus littéralement possible : Ton 
peut dire qu'il a presque toujours réussi. Nous citerons ce- 
pendant un passage où , croyons-nous , M. Pauthier n'a pas 
Hen rendu le sens de l'original : c'est le vers 76, p. 55, 
dont voici le texte et le mot à mot : 

(il s'agit de Tchéou kong) : * en instituant ' les six ^ magis- 
tratures , * il conserva * la substance , les principes fondamen- 
iauic * dii gouvernement. M. Pauthier traduit : « il rédigea les 
Statuts des Six magistratures, dans lesquelles est compris 
tout le corps des lois civiles et religieuses (de son temps). » 
Le commentaire n'explique pas le vers de cette façon ; M. Pau- 
thier n avait qti' a traduire le texte mot poUr mot. Signalons 
aussi deux erreurs qui se dont glissées dans Timpression du 

t^xte^ page 5a , vers 78 , le quatrième caractère doit être "31 
choa, livre, et non ^g hoaa, peindre. De même, page 70, 



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232 AOÛT-SEPTEMBRE IS1S. 

vers 88, troisième caractère , il faut lire Jffi^ t^ong, comprendre, 

au lieu de ^g|^ pou, fuir. 

Eo somme, c*est un excellent livre que nous recomman- 
dons non-seulement à ceux qui veident aj^rendre le chinois 
ou lanamite, mais aussi aux esprits curieux qui désirent 
connaître avec plus de certitude ce vaste pays que nous 
nommons la Chine. 

Rappdons d'ailleurs avec, un sentiment de douloureuse 
sympathie que ce livre a été le dernier ouvrage d'un orienta- 
liste distingué, dont les travaux seront toujours entre les 
mains de ceux qui s'occuperont des choses de Textr^ie 
Orient, et dont le nom est classé à jamais parmi ceux des 
premiers savants de notre siècle. 

Camille Imbault-Huart. 



QUELQUES MOTS X AJOUTER AUX LEXIQUES ARABES. 

Avîcenne, analysant les forces naturelles qui servent à la 
nutrition, nomme parmi ces forces la force attractive; celle- 
ci, dans certains cas, doit son effet à la contrainte du vide, 
« comme l'attraction de l'eau dans les zarâqât, i Uî uS^^ 

Qu'est-ce que les zarâqât? Ce mot a échappé, je crois, â 
l'attention des lexicographes. Avicenne l'emploie sans autre 
explication, ce qui montre qu'il le jugeait suffisamment in- 
telligible à ses lecteurs. Il paraît cependant étranger à la langue 
arabe, et ne saurait assurément se rattacher par le sens à la 
racine ^^y Ce sens est bien clair, la zarâqa ne peut être qu'un 
tube dans lequel un piston se déplace et fait le vide , comme 
dans la pompe aspirante; et, en effet, Gérard de Crémone, 
dans son Index des termes arabes de" la version latine d'Avî- 

^ Qanoûn, Hv. I, sect. i, instr. vi, chap. Di, p. ^f de l'édit. de Rome. 



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NOUVELLES ET MELANGES. 233 

çenoè, Texplique ainsi: «Azaraca est instrùmentum simile 
cânnsB, per quod pueri attrahunt aquam et ^um voluat vio- 
lenter expeliont. » On sait qu'Abou H-Cacim (Albucacis) décrit 
la seringue sous le nom de S3^\y\ cest évidemment le mèi^ê 
mot, avec le ^ des noms d^instruments. On peut donc inscrire 
!i3\y^ zarâtja dans les lexiques avec le sens de « seringue » S 
Reste à savoir quelle est Torigine du vocable. Je conjecture 
qu'il dérive (comme notre seringue et le btin syringa) du 
grec (jiipiyi^ tripiyyos « roseau, tube ». La chute du y nasa- 
lisé se trouverait compensée par l'allongement de la voyelle 
précédente. 



Voici encore un mot d'Avicenne que ne donnent pas nos 
lexiques arabes. C'est le terme ^^ù daaraq, plur. ^.^^^à da- 
ioâriq, que Tauteur, cette fois, prend soin d'expliquer lui- 
même: « SijL^y\ \^yy>^Sy ^')^3^ H^ A r uJLjJ! wuac ^^ ^'^^. 

* Jlb^l ; • prenez, dit-il, du jus de raisin. . . dix daaraq, et le 
daaraq représente quatre livres. » L'Index de Gérard de Cré- 
mone porte : « Darchim et daurach pondéra sunt. » Darchim, 
dont j'ignore l'orthographe arabe , est probablement le grec 
Ipaxjfuj «drachme ». Quant à dauraq, Û faut sans doute l'as-» 
similer avec le dauraq du Qamous, signifiant § jarre, cruche ». 



Le mot que nous venons de noter se trouve dans un cha- 
pitre intitulé (^yioLtt^ iuU> i « sur le Raçâtoân ». Golius a relevé 
ce terme, qu'il explique tout simplement par vinum, Me- 
ninski, et, après lui, Freytag, Richardson et les autres lexi- 
cographes , se contentent de répéter Golius. Il s'en faut pour- 

* Depuis que ceci a été communiqué à la Société asiatique, j*ai vu que 
M. Dozy, dans le y fascicule de son Supplém. aux Dict. arabes , a fait un 
artide assez étendu sur le terme iok; qui, entre autres instruments, a servi 
à désigner le tube avec lequel on lançait le napbte incendiaire. 

* Qanoûn, liv. V, somro. i, dise vi, p, rh de l'édition de Rome. 



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234 AOÛT-SEPTEMBRE 1878. 

tant que le raçàtoûn smi du Tin tel que noi^s Tenfembiis; 
c est-à-dire du jus de raisin femtenté. D après ie procédé de 
préparation qu'indique Avieeiine^ c'est dû mèàt cttft, rédknl 
à petit feu, sucré de miel, fo^tekhent épicé iet^roitiatîsè^ que 
Ton conserve comme un cordial ïxm en hiver pour ie^ ykA* 
lards t iUs^JkW UûJI i au i^>^. Le raçàtoân n'ek done pas du 
vin , mais une sorte de ratafia , quelque oHos^ ccnaime le mdK 
$ùm des Romains. C'est le grec pœévov » rwathm^ vin rosat 



Dans un petit ouvrage intitulé oJ^\ *tsî^ 'Adjaîb al-Hind 
« Merveilles de Tlnde » , dont je dois la conununication à 
M. Schefer, et dont j'ai fait une traduction qui paraîtra dans 
quelques jours S j'ai aussi relevé quelques mots qui manquent 
dans nos dictionnaires. Ce sont, pour la plupart, des termes 
de l'art nautique. Dans, mon Dictionnaire étymologique des imU 
français d'origine oriçntaieit j'ai déjà cité Jt^ Midj « cabine ». 
En voici deuK autres : 

Le mot ^0, pluriel ^\^<> , se rencontre cinq ou six fois, 
presque toujours, il est vrai, sans points diacritiques, ce qui 
en rend la lecture tout à fait incertaine. Quant au sens , il ne 
reste aucun <loute, c'est une barque i une chaloupé, une em- 
barcation de moyenne grandeur; dans un passage, l'auteur 
emploie le mot comme synonyme de v^U qàrih. 

D'autre part, Edrici a un mot que je n'ai point vérifié dans 
les manuscrits , mais que Jaubert écrit ^ù et prononce dbimdj : 
t Chaque marchand (de Bahréîn) est accortipaghé d*Un plin- 
geur qu'il a loué, et toute la flottille sort de là ^e, au nom- 
bre de plus de deux cents doanij. La doundj est une so^e de 
barque ordinaire, construite avec Un entrepont que les mai*- 
chands divisent en cabines, au nombre de cinq ou six. » C'est 
sans doute le même mot. De plus, les dictionnaires arabes 
donnent ^y^ , qui a la tournure d'un mot persan , formé du 

« ^ L*<Mivrage est aujourd'hui eii venté (^es Lemerre (Collection Jannet). 



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NOUVELLES ET MÉLANGES. 255 

numéral ^ù deux et d'un antre terme di£Bctle à fixer. 11 mt^ï 
impossible de décider quelle est la vrate leçou. 



Cest encore une embarcation que désigne le mot Ji ^ t* -> 
matyâh ainsi écrit régulièrement quatre ou cinq fois. Dans un 
récit, dont le conmiencement est certainement tronqué, ce 
terme parait employé comme synonyme du précédent. Un pi- 
lote célèbre, nommé Abbara, a fait naufrage : i ^ i ^ juU 
L*L,îl y^] i <â«£s #U K^y» «M ôo^J^ a)1«J^ « 11 se mit dans son 
matyâîy emportant une outre d*eau , et resta en mer des jours. » 
Un navire Taperçoit ; les matelots reconnaissent Abbara « sur 
son maiyâl, avec une outre d'eau. » On le prend sur le navire, 
lui , Tembarcation et loutre : v^ J^ ^ ^y»^^ '^^^y «?bJU0 : 
ici matyâl est remplacé par ^yy [sic). Le naufragé, racontant 
son aventure à ses sauveurs, dit : «Quand le navire se brisa, 
je me sauvai sur ce matyâl que voilà. » Les autres passages où 
figure le mot n'en précisent pas davantage la signiGcation. Il 
faudra donc, jusqu'à nouvel ordre, l'inscpre, comme le pré- 
cédent, avec le sens de « cbaloupe, embarcation secondaire ». 



Parmi les termes de marine dont VAdjaîh aUHind peut 
aider à fixer le sens, je citerai ^1^, que les dictionnaires in- 
terprètent par « voile de navire ». Or, divers passages de l'ou- 
vrage susdit démontrent l'insuflBsance de cette interprétation. 
Tels sont les suivants : ^ j c^wc»! ^^^\ J) ^^^ SS\^\ jhjt^ 
^^1 i LtUt ^y^^^ t^r^ J^ ^î^*-^ 3^ 0*^) iûuu JU4 w « Un 
navire, parti pour la Cbine, fit naufrage en pleine mer; six 
ou sept personnes s'en sauvèrent sur les chera et demeurèrent 
des jours sur la mer. » *^^^\ jLiftt ^^ iUl^ ^ ojiaJI^ ^r'^-c^^ 
'dyn^ iLxSyh ^\yj!^\ Jue « On fit naufrage et je me sauvai avec 
quelques gens du navire sur les chera ; puis nous abordâmes 
à une Sle. » Kf j-JUu^ o^ ^^y^W oJlU^ ^^I ^\^ 4^*5^) «--hy>0^ 
^^ J^ « Le navire ayant fait naufi*age, il arriva que je me 



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230 AOÛT-SEPTEMBRE 1878. 

eramponnai aux chera, et déjà plusieurs autres personnes s*y 
étaient cramponnées avant moi. • H est éYidènt que Texpres* 
sion r^y^ désigne ici autre chose que les voiles proprement 
dites. A défaut d'un sens plus précis , on traduirait assez exac- 
tement, ce semble, par agrès. Je crois donc qu'il est néces- 
saire, dans les lexiques, d'expliquer ainsi le terme en ques- 
tion : Jiy& • voile d'un navire, voilure, agrès ». 



J'ajouterai, pour terminer, le mot «^ zhaloûm, nom d'un 
pcHsson qui paraît être le phoque ou xm autre mammifère ma-' 
rin du même ordre. Voici ce qu'en dit l'auteur de YAdjmh 
alHind : ^^ jJ^ c^^iM ï^^^ J^ |*>^l-^î *J J^ ^-^ (û^ J^ 
^-^3s^ JuuUî oOa. ^JM ^^ oJL*. a|) ^lajt (P^^3 y^^^ o-^ ST^ 
c^UloU J^jjuy^ « On dit c[u*un poisson , nommé zhaloûm, a une 
figure humaine et des organes sexuels pareils 'à ceux des 
hommes, tant mâles que femelles. On le pèche. Sa peau, plus 
épaisse que la peau de l'éléphant, est tannée et sert à enve- 
lopper ou à fabriquer des chaussures , des guêtres '. » 

L. Marcel Devic. 



Sur la traduction de la bulle IneffabiUs en diverses langues des. deux 
continents. 

L'on sait que M. l'aWîé Sire , directeœir à Saint-Sulpice , avait 
conçu l'heureuse idée de réunir une collection de traduetkmiB 
de la bulle IneffabiUs en un bon nombre de languies des diffé- 
rentes parties du monde. 

Plusieurs de ces traductions offrent un grand intérêt philo- 
logique, car eUes nous donnent des spécimens d'idiomes dont 
nous ne possédions aucun ou presque aucun texte en Europe. 
Tel est, par exemple, le cas pour la bulle coréenne écrite 

* J ai des doutes sur la lecture et le sens de ce dernier mot. 



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NOUVELLES ET MELANGES. 237 

en caractères md^nes et due à la plume de misnonrtâîres 
€pxun s^our prolongé en Corée avait familiarisés avec la 
langue de ce pays. 

Ûon doit à d*aii^re$ missionnaires les traductions dans 
divers dialectes fortipea connus de la Nouvelle-Galédonie et 
de rAméric[ue du Mord. 

M. Ual^ Sire s^est adressé à M. Leroux, Téditeur du journal , 
pour livrer à Tin^ression ceUes de ces buHes qui présentent le 
fins d'importance au point de vue scientifique. Elles forme» 
ront un beau Tolume éc^ avec huce et tiré à un petit nombi^ 
d'exemj^res. Le prix en sera dé 5o francs et Impression 
conmienc^ra dès qu*un certain nombre de souscripteurs se 
seront présentés. Avis aux bibliophiles et amateurs d* études 
philologiques. > 

H. C. 



LE DIED Si^TRAPE. 



NOTt ADDITIONNELLE 9fUR LE NOM D'ABDOITSIROS 
ET LA PRONONCIATION DU NOM D*0SIRIS PAR LES PHENICIENS. 



■ Depuis Timpression de mon travail sur le dieu Satrape *, 
les nouvelles salles asiatiques du 'Louvre ont été ouvertes au 
public, n m*a été loisible df étudier alors à tète reposée l'ori- 
ginal du cippe de Ma^âd, dont j avais du me borner à repro- 
duire le texte de seconde main. Un examen attentif de la pierre 
ma convaincu qu'on doit. lire le^ patronymique de l'auteur de 
la dédicace : ABAOTCIPOT, et non : ABAOTCIBOT. M. Re- 
nan , qui a bien voidu coi^r61er cette lecture , la tient également 
pour certaine. Il faut donc renoncer à expliquer l'élément di- 
vin de ce nom théophore par ^iSos, Oij<Tt€oSj aussi bien que 

' Journal asiatique, août septembre 1877» p. 167 et sniv. 

XII. 16 



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238 AOUT-SEPTEMBRE 1878. 

par Oùa&os ou DV ; cet élément ne saurait être décidém^ot 
autre diose que ie nom du dieu Osiris. H est plairdésoiwuiû 
qu'il s'agit d'un Phénicien , toujours égyptisant, bien entendu, 
appelé *ll^M13y y serviteur £Osms. Je renvote, pobr f usage 
iîréquent de ce nom chez ierPliénicieiifi, atix renuurques consi-» 
gnées p. 161, note 3 , de mon mémcore. 

Mous connaissions déjà /grâce à TinslHiptson bâingue de 
Maite, Téquivai^nt hdiénique de ce nom égn^pto^^bémciei» : 
AcoMtfirias, équivalent intéressant parce qui! noUs proiive que 
Osins avait l»en pour correspondant ^>fficid., dans ie panthéon 
hell^ique^ Dionysos, ainsi que rassuraient. Hérodote^ Dio< 
dere de Sicile, Plutarqûe^ etc. Ai^urd'hui, f înscriptkMi de 
Ma^âd nous apprend en outré comment les. Phéniciens pro-- 
nonçaient ce nom sous sa forme originale : Abdoasir* B ré* 
suite de ce document qu'en Syrie , au premier siècle de notre 
ère , le nom du grand dieu égyptien était Oasir et non pas 
Osir. 

En était-il de même en Egypte, je ne dis pas chez les 
Égyptiens , mais chez les Sémites ëtÂlîè ' lau milieu d'eux ? 
Cette question se pose naturellement*, |]^s.U.^st. ass^ difficile 
d y répondre. Dans les inscriptions apoifi^éennes idEgyp*® • 
table à libations du Sérapeum , stèle de Saqqâra datée de Tan iy 
de Xerxès , stèle du Vatican , stèle de Carpentraà , le nom d'O- 
siris est invariablement écrit: "»1DW*'. Le groupe initial 1K a-t-il 
ici la valeur phonétique de d (^ ou) , ou bien, ce que je croi- 
rais plus volontiers, de on? Avons^nous, en un mot, affaire 
à un holem ou à un choureq? La distinctioii est d^cate, sur- 
tout dans un dialecte où les quî^Keiiteft sont prodiguées. £n 
tout cas , cette orthographe parait bien imj^quer que la syl^ 
iabe initiale n*étail pas un ^simple o bref ^ conone on aurait 

' Seul le papyrus atamëen du Jjoawt afécaKte ici toni A fidt clcs aotret do* 
cuments congénères, en écrivant 1^0i( ; et encore pe^e Ifcture n^est-elie pas 
absolument certaine : les caractères du papyrus sont bien peu distincts en 
cette rt^gioti ( verso , ligne d ] * comme on pemt s*en assurer en comparant avec 
Toriginal lefac-simiU donné par M. Barges ( Papyrus égypto-araméen appar- 
tenant au Musée ^pûen du Louvre, pi. II). 



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NOUVELLES ET MÉLANGES. , 330 

strictement le droit de le croire si Ton s en tenait à iaTf^Rid 
phénieknne *1DK. 

On pourrait, il est vrai, invoquer en faveur de la valeur 
1K =*5 bnef, dans >*)D1ÎC, le» errements deraraméen ultérieur 
qui TëadvCn^ effet, normadement par 1K le a initial dans' les 
mots empruntés au grec, par exemple, Kp"»1D1^1K = ôAoeriy^ 
(9fxéf. Il lie fait qii* obéir, dû reste, en ce cas, à une loi gêné- 
rële de lorthographe sémitique. Mais la valeur omicron n e/l 
ndlleinent' exclusive pour ce groupe ifiC; car il peut aussi bien 
réprésenter, daiis lesidialettes M^améèns, les sonp initiaux ai 
(U1H « ânnr); eà (pV^11^f ^ ffù^yyéXtov): et enfin, ce qui 
nous intéresse snitcmt ici, où ■: WDSH = oinHa. Ce dernier 
exemple a Talvantage de nousi iBoumir la voyelle discutée pré- 
cisément dans les conditions on nous la présente le mot^noiK , 
c est-à-dire au contact direct d'un tmikech. Rien ne s'opposerait 
donc à ce que les Araméens d'Egypte , en écrivant ^"IDIK , 
eussent voulu transcrire Ousiri 

Uest possible d'aiUeurs qu'on prononçât, selon les régions , 
ou pour o , et réciproquement. Nombre de faits semUent indi- 
quer que les Phéniciens avaient une tendance gèfiérale à sub- 
stituer le son ou au hcdem hébreu \ 

Il est instructif de rapprocher de ces trois formes : ^101*<, 
O^fpoc, et ôatpif, la manière ckmt est traité le nom de 
Ojpà/r : TDW; (H(^eip (km les Septante, Ù^êiftjç dans 
FI. Josèf^e (cf. Vcdgate :• Ojphxr), 

J*avais signalé conditionnetiement à la décharge de cette 
transcription insolite, et par cda suspecte, de ^DK par Ousir, 
au lieu ée Omr, un passage de Piutarque rapportant que Hei* 
lanikos aurait entendu les prêtres prononcer fatpK au lieu de 
ôaipis. Mais j'ai eu soin de faire remarquer qu'il ne fallait 

' C^tie tenciRBce se manifeste sarloat chetlei Phéniciens d'Afrique, et 
«si bien mife en luoiière par la frëqoçnee de U lettre t& dam les noms tran»» 
criU en latin (cf. Schroeder, Die phôn, Spr. i3a). Elle existait aussi chez 
tes Pfaiéniciens «l'Asie, comme le montrent les transcriptions : EAiovv, 
Xovff«5p, Oovpfit», etc., et aussi probablement celles, si nombreuses, où 
apparaît le V simple. 



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240 AOÛT-SEPTEMBRE 1878. 

accepter le renseignement que sous bénéfice d'inventaire, 
parce que Piutarque avait Tair d'avoir voulu jouer sur les mots 
et faciliter un de ces rapprochements impossiUes , chers aux 
Grecs ilrrai, (nfv^ difovdia^ cwfWHria, Cette réserve faite, il 
nous reste encore là, somme toute, une indication <pn a sa 
valeur. 

Un argument plus sérieux à faire valoir à Tappui de f exis- 
tence réelle d une forme Onsir est cdui que j*avais tiré de 
Cténas et sur lequel je crois devoir revenir. Ctésias parie à 
plusieurs reprises (Ctésias 5S. a et &, éd. Didot) d*uti certain 
Oi^ipi5, général d'Artaxerxès, envoyé par ce roi contre son 
lieutenant révolté Mégaby^. S'il s agisaak d'un personnage 
notoirement égyptien, il serait tout naturd de considérer 
Oitatpiç comme une variante d'ômpM, et d'admettre que ce 
personnage portait le nom même dudiett (fait des }dus fréquents 
en Egypte aussi bien qu'ailleurs ). La suite du récit de Ctésias 
me parait précisément contenir, sinon la preuve, du moins 
i indice , que cet Ousiris était bien d'origine égyptienne. En 
effet Ousiris, battu et blessé par son adversaire, est recu^lli, 
soigné par lui et finalement mis en liberté. Artaxerxès, déses- 
pérant de venir à bout du rebelle, se résigne à traiter avec lui. 
Une députation est envoyée à Mégabyse , et parmi les personnes 
qiH la composent figure un fils d' Ousiris ; or ce fils s'appdait 
Petesas : Tcai Uenj^aç à Oinrlptoi xai Siriaéjxa "Csr^çr, Cetle 
fois il est difficile de méconnaître la physionomie égyptienne 
du nom de Petesas , qui rentre sans cÎTort dans la cati^orie si 
étendue des noms égyptiens : Ilrràfuin», TLévapis^ UsrapàvptSy 
UereaOvpifç , Uertacl épr7f\ etc., formés de noms de divini- 
tés précédés de la syllabe Ilrr, mot égyptien signifiant : qai 
appartient à. 

Je comparerai en particulier à U&njirag les noms incontes- 
tablement égyptiens Uéryfç (Papyrus Cas) ^Uér écris (Papyrus 
de Leyde et de Liège) , Uetétfatç (C. L Gr. 4848, Siog) , Di- 

' Qui appartienl à Ammon , -Horas , Haroeris, Alhor, Asiarlé, Ce dernier 
nom est particulièremenl curieux ; il était évidemment porté par un Sémite 
et correspond exaclement à Abdaitoret. 



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NOUVELLES ET MÉLANGES. 241 

Turiff (Arrien, Anabase, III, v, a), noms qui sont visiblement 
composés, à Taide des mêmes procédés, avec ie nom de la 
déesse Isis. 

Le nom du fîls d'Ousiris vient donc confirmer la nationa- 
lité que nous avions été tenté d'attribuer au nom du père. Il 
n y a d'aOleurs rien d'historiquement invraisemblable à ce que 
des Égyptiens aient été au service perse «rÉgypte étant sou- 
mise depuis longtemps à la domination des' Achéménides^ 

-Si ces observations ont quelque fondement, nous aurions 
dans. Gtésias , à Tappui de la prononciation Ousiris pour Osi- 
ris, un exeiàfie d'un âgé respectable. 

Peut-être y a^t-il lieu de faire lastrer aussi en Ugne de 
compte Texistence d'un (Htrspx^p^^ ''oi égyptien de la v* 
dynastie, sdonle Syncdle (67, d. (iO'j) = Ùâàift) &8 (109). 

Enfm , tout en me défendant de voidoir aborder aucuûement 
la que^on de la véritable prononciation du nom d'Osiris par 
les Égyptiens euM^mêmes ', je ne puis m'eiiq>écher de faire 
remarquer^ ea ce qui concerne la transcription grecque ôtrtptç , 
que eeiite transcription est fort ancienne et remonte à une 
épocpe ou , comme en fcmt foi une hiàe d'inscriptions , la 
dif^thongue OT était, dans certains dialectes helléniques, 
constamment écrite (par exem|de BOAH pour BOTAH). 

Je profiterai de cette occasion pour corriger quelques 
fautes qui se sont glissées dans le travail auqud se rapporte 
cette note. Il faut rétablir k.&oit€ao^w au lieu de ÀâotH 
€à(/Jtos, p. 163-165, passim.; p. i65, note 5, «ippriiner la 
citation introduite là par erreur : {n* lié, Aarwjç) , et écrire : 
UoaetiS»(pç) , Èpfiâtv^) , avec la terminaison du génitif entre 
parenthèses (ccxnme ayant été ajoutée après co^). 

Clermont-Ganneau. 

* Peut-éti^ fawt-il voir encan an Égyptien dans le UwutieibtfXs dbnC 
paHe Ctésias {Penica, 5) et qui était Ton /les ennemis de Cyras. 

* •'^B>. I j ^t transcrit couramment Asar par les égyptoiogues; mais 
ils admettent que la véritable prononciation devait être Ôsiri et même Oàsiri 

(cf. oycipe). 



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242 AOUT-SEPTEMRRE 1878. 



Tbe àuifiESE GOVÉhÀMENT. A maiiual of chinese tides , categori 
cally arranged and explained , wilh an appendix , by W. Frederick 
Mayers. Shanghaï , American presbyterian mission press. London , 
Trùhner and €", 1878. vr-iSg pages in^'. 

M. Frédéric Mayers , qui a. passé de longues années eb 
Chine et donné |)ki8ieurs traYauk întére^nts sur ce pays, a 
publié récemmfint une liste complète de icms les titres que 
portent les nombreux fonctionnaires- du Céleste Empire v 
suivis des dénominations usitée^ dans Je style épîatokire et la 
langue parlée, le^tout accompagné des caractères drigmàux. 
Ce book of référence ne. peut manquer d'être fort utile , non- 
seulemeîût aux interprètes et agents diplomatiques en Chine 
auxquels il est spécialement destiné > mais aussi mix eino- 
Ic^^ues. Souvent en effet ob reiQcontre dans lés textes des 
titres ou dénominations que les dictionnaires indigène se 
gardent bien d'expliquer et sur lesquels les dictionnaîres eu- 
ropéens, quand ils en donnent la traduction ou réqoivxd^iit, 
ne fournissent pas de détails. Jusqu'ici on était obligé de re* 
courir au Ta toHny ^homi tienn ou Statuts de la dynastie des 
Ts^g, et èe n était ^bùventqu après avoir fouiUeté maints 
volumes de cette immenfie collection que Ton arrinrait à trouver 
r^xpUcatioa cherchée. L ouvrage de M. Mayers v qui est le 
résiimé cbndensé de ces Statuts, épargnek*a déiormais Inen 
des peines et des ennuis aux traducteurs. 

Ce volume est divisé en douae parties comprenant h. liste 
de& titres dignes à TempereuE^ à l'impératrice,' aux princes et 
princesses <^ sang, aux .fohcticmnaires de l'administration 
non-sçufement du la Ch^ne propre, mais aussi de la Mand- 
chourie, de la Mongolie, du Turkestan, du Tibet, et des dé- 
tails,, que L'on cher^cberait vainement ailleurs», sur l'armée, 
les titres nobiliaires ; les exanlens , le Bouddhisme et le Ta- 
vismè. Enfin, dansi un appendice, l'auteur parïe des rangs oflS- 
ciels des Chinois , de la position que doivent occuper certains 
caractères ou expressions dans le style écrit, et donne une 



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NOUVELLES ET MÉLANGES. £43 

liste des titres européens avec leur traduction ou correspon* 
dance chinoise. L'ouvrage se termine far un index rangé 
par radicaux:, renyoyant sous chaque expression au corps du 
livre* 

Cest en un mol un ouvrage court mais substantif, certai* 
nement destiné à rendre uiî grand service a«x études* chi* 
noises , et méritant à ce titre d*ètre chaudement recommandé 
à ceux qui', par goût ou par position , en font l'objet de leur 
occupation. 

Camille Imbaolt-Huart. 



Le public savant apprendra avec plaisir que les Rapports 
annuels de J. Mohl vont être réimprimés par les soins pieux 
de Madame veuve Mohl , à qui nous sommes déjà redevables 
de l'édition in- 18 de la traduction du Schah-Nameh, 

Personne n'ignore l'importance de ces rapports pour l'his- 
toire de r orientalisme pendant une période d'environ trente 
ans, de i84o à 1867. MM. E. Renan, Max Mûller, Maury et 
en général tous les savants qui ont eu à apprécier la vie et 
les travaux de J. Mohl sont unanimes à considérer ces comptes 
rendus périodiques comme les archives de l'érudition orien- 
tale, non -seulement en Europe, mais dans les pays musul- 
mans, l'Inde et les contrées de l'extrême Orient. Informations 
ordinairement complètes et de première main, critique sin- 
cère et dégagée de toute considération étrangère à la science , 
encouragements donnés à toute tentative sérieuse; blâme, 
sévère quoique modéré dans l'expression, de tout ce qui est 
œuvre d'ignorance ou de frivolité , telles sont les qualités dc^ 
minantes de ces documents auxquels le regretté secrétaire de 
la Société asiatique consacrait chaque année la meilleure 
partie de son temps. — L'édition nouvelle , de format in-oc- 
tavo, peu différent de celui du Journal, sera complète en 
deux forts volumes accompagnés de leur complément indis- 



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244 AOUT'SEPTKMBRE 1878. 

pensable, une table alphabétique détaillée des noms d'auteurs 
et d* ouvrages. M. Ad. Régnier a bien voulu se charger de sur- 
veiller rimpression de cette publication importante, et ii s'est 
acquis ainsi un nouveau titre à la reconnaissance de la Société 
dont il préside les séances depuis la mort de M. MoM. Nous 
ferons connaître en temps utile la date et le lieu de publica- 
tion ainsi que le prix de l'ouvrage. 

B. M. 



Lé Gérant : 

BAHBffiR DE MbTNARD. 



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JOURNAL ASIATIQUE. 

OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1878. 



MEMOIRE 

SDB 

LA CHRONIQUE BYZANTINE 



JEAN, ÉVÊQUE DE NIKIOU, 



PAR M. H. ZOTENBERG. 



m. 



La partie de la chronique de Jean de Nikiou qui 
embrasse l'histoire de l'empire romain^ depuis lavé- 
nement de Dioçlétien jusqu'à la mort de Tibère, dif- 
fère d'une manière notable de la première moitié de 
l'ouvrage. Si, pour les récits mythologiques et légen- 
daires des teinps anciens, l'auteur a suivi presque 
exclusivement, en y insérant quelques traditions lo- 
cales, la chronique grecqwe qui a servi de source 
également aux premiers chronographes byzantins, 
tels que Jean Malala, Jean d'Antioche et le com- 
pilateur inconnu de la Chronique pascale, dans 

XII. 1 7 



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246 OCTOBRE. NOVEMBRE-DÉCEMBRE 187^. . 
l'histoire de l'empire d'Orient, son travail présente 
un caractère plus original et plus personnel. Bien 
que plusieurs passages de cette série de chapitres 
s'accordent encore avec les textes parallèles de la Chro- 
nique pascale et de Jean Malala, d'autres, en plus 
grand nombre, viennent, scMt de traditions égyp- 
tiennes , soit de divers documents écrits , dont nous 
ne sommes pas en état de déterminer la nature, 
mais qui ont tbcimi les mêmes éléments à quelques 
historiens ecclésiastiques et profanes. Ainsi certains 
faits rapportés par notre chroniqueur se lisent, avec 
des variantes plus ou moins graves , dans l'Histoire 
ecclésiastique de Socrate ou dans les extraits que 
nous possédons de l'ouvrage de Théodore le Lecteur. 
L'Histoire ecclésiastique d'ÉVagrius, la Chronique 
de Victor, évêque de Tunes, celle du comte Marcel- 
lin , l'Historia miscella , le Breviarium du diacre Li- 
bératus, la Dissertation de Léonce le Scholastique 
sur les sectes, la Chronographie de Théophane, 
sans parler des chroniques plus récentes , renfer- 
ment des renseignements recueillis aussi par Jean 
de Nikiou^. Cependant, nous ne saurions indiquer 
avec certitude aucun des ouvrages antérieurs que 
l'auteur a eus sous les yeux. On vènra ci-après qu'il 



* Les ouvrages de Josué Stylite, de Zacharie ie Rhéleur, de Jean 
d'Éphèse et de Denys de Telmahlir, composés sur d'autres données , 
n ont que peu de rapports de ressemblanCv) avec notre chronique. 
Celle-ci, de son côté, est restée, comme nous l'avons dit, complète- 
ment inconnue aux auteurs des siècles suivants, même aux chroni- 
queurs égyptiens, tels qu'Eulychius ci Elmakip. 



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CHRONIQUE BYZANTINFL 247 

cite lui-même deux écrivains : Procope et Âgathias. 
Mais ce n'est pas parce qu'il se serait servi de leurs 
livres qu'il les nomme , c'est pour apprendre au lec- 
teur qu'ils ont écrit l'histoire des guerres des Perses 
et des Vancfciles^ * 

L'on doit s'attendre à ce que i'évêque monophysit^ 
de Nikiou considère les événements à un autre point 
de vue que les auteurs attachés à la doctrine des 
deux natures. Mais nous ne chercherons pas dans 
ses appréciations un moyen de contrôle pour les 
documents ànanés du parti opposé. La passion ne 
lui a pas laissé une liberté d'esprit suffisante , ni pour 
juger avec équité les acticms de ses adversaires, ni 
même pour les raconter toujours avec exactitude. 
Néanmoins, plusieurs de ses infiormatîons viennent 
compléter, rectifier ou confimwr certaines données 
des autres chroniques byzantines, qui sont, comme 
chacun sait,, pour une période de plusieurs sièdcs, 
les seules sources qtd nous fassent connaître l'histoire 
de l'empire d'Orient et les faits et gestes d'une foule 
de nationalités. 

Le résumé qu'on lira dans les pages suivantes 
r^oduit l'ordre capricieux dans lequel les événe- 
ments sont énumérés. Il ne m'a pas paru nëces^ 
saire de i:elever toutes les erreurs de l'auteur, ni 
celles que les traducteurs ont introduites dans l'ou- 

^ Les citations des chroniques de Josëphe, de Jules l'Africain et 
de Timotliée, qtic nous avons trouvées dans les premiers «âhs^res, 
ont passé de Touvrage que Jean de Nikiou a transcrk dans son 
propre ouvrage. 

17. 



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248 OCTOBRE NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1878. 
vrage. Ces fautes ne sont pas des accidentspartîcuiiers» 
au manuscrit qui a fourni cette notice, mais bien 
des défauts constitutifs de ia paraphrase éthiopienne. 
L exemplaire de ia chronique conservé au British 
Muséum renferme les- mêmes lacunes et les mêmes 
contre-sens. Mon savant ami, M. W. Wright, a bien 
voulu, à ma demande, comparer quelques passages 
des deux copies. . Il en a constaté la parfaite res- 
semblance. 

Le chapitre lxxvii (fol. 8i v°) contient Thistoire 
du règne de Dioclétien et de ses collègues, et l'his- 
toire de ses successeurs jusqu'à ia mort de Constan- 
tin. Lauteur raconte que ia ville d'Alexandrie et 
rÉgypte ayant refusé de reconnaître Dioclétien 
a l'Égyptien , » celui-ci arriva avec ses trois collègues. 
Maximien, Constance* et Maximién^, et soumit le 
pays par les aimes. Quant à la ville d'Al^andrie, il 
ne s'en rendit maître qu'après un long siège et après 
avoir construit, à l'est de la viUe, une citadelle. Les 
habitants d'Alexandrie vinrent lui indiquer un en- 
droit favorable pour y pénétrer, et on réussit à ou- 
vrir les portes. Il se trouvait dans la ville plusieui*s 
milhers de soldats, « à cause de la guerre qui existait 
parmi eux.» Dioclétien livra la ville aux, flammes. 

Le chroniqueur mentionne ensuite les persécu- 
tions que Dioclétien exerça contre les chrétiens pen- 

^ ACTA^ t> transcription fautive de Tarabe UomJ^. 
* L^auteur oo ie tradacteur a confondu souvent Maximien (Ga- 
lère) avec son neveu Maximin. 



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CHRONtQOE BYZANTINE. UO 

dant dix-neuf ans, la destruction des églises et des 
saintes Ecritures, et le martyre de saint Pierre, pa- 
triarche d'Alexandrie, et dés autres évoques d'Egypte 
attachés à la foi orthodoxe ^ Les deux Maximien com- 
mirent également de nombreux actes de violence, 
tandis que Constance, investi du gouvernement 
de l'Asie, se montrait bienveillant envers ses sujets 
et proté^ait les chrétiens. Trois ans après cette 
gratide persécution, Dioclétien tomba en démence, 
il fut déposé par le sénat de Rome^ et exilé dans 
une île d'Occidei\t couverte d'arbres, nommée Wâ- 
rôs (♦Ctt t). Il y demeura abandonrîé, recevant sa 
nourriture de quelques fidèles qui avaient échappé 
aux persécutions et qui s'étaient réfugiés dans cette 
île. Puis, ayant recouvré la raison , il voulut remon- 

^ Le mot « orthodoxe » est un anachrooismé ; la persécution de Dio- 
clétien fut étrangère aux questions de dogme et aux luttes intestines 
de rÉglise chrétienne. 

' ipMM* 1 1?^ 1* L«! mot.ip^^f* 1 a spécialement le seiis 
d'armée. Mais dans ce chapitre de l'ouvrage» on le trouve plusieurs 
fois associé au mot ih^ i , et il représente évidemment une classe 
dliommes autre que Tannée» Ainsi , un peu phis loin, dans ce même 
chapitre, on lit : flol^^^f* i (Odki* t tfhP&Cf* t* ^^ <^1'^ 
pitre Lxxxiv, fol. 96 y" (voyiez ci-après, p. 274), il est dît que, lor^ 
d*un tremblement de terre qui tut lieu à Coitstantinople, on fit des 
supplications et des processions, auxquelles n prenaient part Tem- 
pereur, ip^f f* 1 , le clergé et le peuple : iP^s^f* 1 IDlfOÇf' l 
0*A1MI t 'tfhiS t* I<^it il est absolument certain que le mot 
iP^Cf* 1 est la traduction de aiùyxXnros; car dans un passage de 
la Ghronographie de Jean Malala, qui rapporte le même événement, 
on lit : S(/Jis PcunXeùs iXnâvevae iterà Tîjftf <rwyx>ifTow xai xov 6x}-ov 
xad Tov xAifpoti àv\m6httos èiti iifiépois xsoXXds. Voyez Joann. Malalœ 
ckronogr. ,L c, col, 54 1 . — Comparez Chron. pasck,, /. c. , col. 8 1 2 A. 
Et ainsi dans d'autres passages. 



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250 OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1878. 
ter sur le trône de lempire ; mais les chefs de iarmée 
et le sénat s y opposèrent. Alors sa mélancolie aug- 
menta; il versa tant de larmes qu'il en devint aveugle, 
et il mourut. 

. Malgré le caractère légendaire de lensèmble du 
récit, qui rappelle la manière dont les feits histo* 
riques sont souvent présentés dans les vies des saint$, 
on peut y relever quelques indications utiles, La 
révolte de TÉgypte (sous Aehillée) est mentionnée 
par EutropeV Eusèbe, Orose, Aurâius Victor et 
par d autres historiens^. Mais ce que ces auteurs ue 
disent pas et ce qui ressort de notre te^te, eest que 
les habitants d'Alexandrie , s ils onX fait cau^. com- 
mune avec rusurpa;Çeur, avaient ^nirpar l'abandon- 
ner. Nous ne possédons d'ailleurs que peu d? ren- N 
seignements sur cet épisode de l'histoire de l'Egypte, 
période d'indépendance de fait qui dura plus de dix 
ans et qui donna lieu, dans ce pays, à l'établisse- 
ment d'une ère nouvelle^. Ce n^st qu'en 097 que 

* Voyei Eqtrope, lib. H, c«^. xxii-xxin. 1 — Eusèjje, G^-on. ad 
OJymp. cc^xyi et cclxu. — Orose, VII, a5. *— Aurel. Yiçtpr, De 
Ç0saribus., otp. ^\ux^ 22. — Jomfi. Ài^iiook^ fragm. , Le, p. 601, 
fragm. 1 64 et 1 65. -^^Jomn, Mol. ckroH,^ l. e., coi. 465. ^ — Z<»ia- 

. * Noua voulons parier de Tère dite des martyr», dont ia data ini- 
liale est ie 1 |hot ou 29 août de Tan :»84 de J« C4. et qui a remplacé 
celles des Nabonassar et des. Augustes. L origine de cette ère, qui;? 
]l>eaucoup embarrassé les chronoiogisles, ne s'explique ni par lavé- 
nement de Dioclétien , ni par la saumi^ision de t'Égypte qui n'eut 
Jieuqu en 297, ni par la persécution qui ne commença qu'en l'an 3o5. 
Il est constant qu'elle était en usage aus$û bien cbez les païens que chez 
Jet chrétiens. Ijetronne, qui a consaoi*é à cette question une ^vante 
dissertation insérée dans les Mémoires de rAeadénûe desm$cripÙQn& et 



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CHRONIQUE BYZAiNTlNE. 251 

Dioclétien arriva en Bigyptc et qu'il se rendit rnaiiro 
d'Alexandrie, après lavoir assiégée pendant huit 
mois. La citadelle construite par lui, dont parle Jean 
de Nikiou, existait encore trois siècles plus tard et 
porlait toujours son nom ^ Quant à la maladie men- 
tale de Dioclétien , on sait que cette tradition , rap- 
portée par presque tous ies auteurs clu*étiens, depuis 
Lactance, est en contradiction avec le témoignago 
unanime des écrivains pafens ^ qui représentent lab- 
dication de cet empereur coitime un acte volontaire , 
sinon spontané. 

Notre chroniqueur parie ensuite des onchante- 

bclles-leilres (tome X, p, 208 et siiiv.), a cbcrché à démontrer que 
rère de Dioclétien avait été créée pour gloriGer le triomphe du paga- 
nisme sur la religion chrétienne. «Cet empereur (Dioclétien), est-il 
dit dans ce mémoire, après sa victoire sur Achiih'e, s'occupa séiicu- 

sèment de TEgypte La recoD naissance [wur ces améliorations, 

le lèle de Tempereur pour le paganisme, et sa haine pour la religion 
nouvelle, dorent natoreiiement suggérer aux Egyptiens l'idée de 
prendre son avén.'ment à la coiirouue pour le poiut de départ d'une 
nouvelle ère,» laquelle, d'après le même savant, ne devint d'un 
usage civil, parmi les chrétiens d'Egypte et de Nubie, qu'après la 
conquête arabe. Ces assertions me paraissent erronées. Aucim évc- 
neoient, si ce n'est la proclamation de Tindépendance do l'Egypte, 
n'a pu être considéré comme assez important pour donner nais- 
sance, dans ce pays, à une nouvelle ère. Après le rétablissement de 
la domination romatilc, cette ère continua A être employée par les 
païens et les chrétiens, soit qu'on en ai^ dissimulé la véritable bri- 
gioe, ^it, ce qui paraît plus probable, que l'administration romaine 
elle-même, tout eu conservant l'ère nouvelle d'un usage plus com- 
mode i{ue l'ancienne, lui ait assigné -une aulri» détiomination et une 
autre origiiie. 

' Voyez Victor Tununensis ep. , Ciivonwotit ad ann. 555, dans 
Migne, Patrol. latina, t. LXVJll, col. 960. — Comparez Gisb. 
Cuperi Nottt in lib. {LachiMii) Da^morùbas pcritcalw'iimj ad cap. xui- 



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252 OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1878. 
ments abominables pratiqués par Maximien, qui 
s'étrangla de sa propre main, deux ans après la mort 
de «son père,» c est- à -dire de Dioclétien. Comme 
labréviateur arabe et le traducteur éthiopien ont 
souvent confondu Maximien Galère avec Maximin , 
son neveu (les deux Maximien sont présentés comme 
les fds 5e Dioclétien), et même avec Maxence, fils 
de Maximien Herculius, en attribuant à lun les 
actions de l'autre, il est inutile de nous arrêter au 
récit du petit nombre de faits mentionnés sous leurs 
règnes. Il ny est question, en résumé, que des per- 
sécutions exercées contre les chrétiens, de la ma- 
ladie et du repentir de Maximien Galère (flvIilMt 
M •), de ses pratiques superstitieuses, de la guerre, 
d'Arménie, et des terribles flénux, la famine et la 
peste, qui désolèrent l'empire. Il est dit que les 
païens, en Orient, regrettaient Dioclétien et Maxi- 
mien; que Maxence, afin de gagner la sympathie de 
ses sujets, se montra d'abord favorable aux chrétiens 
et fit cesser la persécution , mais que bientôt il 
s'abandonna à ses mauvaises inclinations et exerça 
une violente tyrannie. Quant à Constance, parmi 
les actions louables qui lui sont attribuées, l'auteur 
cite la fondation de la ville de Byzance. 

L'histoire du règne de Constantin (folio 83) 
n'est pas plus que les pages précédentes de la chro- 
nique un récit complet et précis des événements. 
L'on n'y trouve que quelques généralités sur les mé- 
rites et les vertus de l'empereur chrétien , et la nar- 
ration très-sommaire de quelques faits isolés : la 



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^CHRONIQUE BYZANTINE. 253 

victoire de Constantin sar Maxence; son entrée dans 
Rome; sa guerre contre les Perses^; l'invention de 
la sainte croix par Hélène ^ ; la construction de Té- 
glise du Saint-Sépidcre et de Téglise (de Sainte- 
Sophie) de Constantinople ; la recherche des Saintes 
Écritures, qui lurent déposées dans les églises; la 
réunion du concile de Nicée; la guerre de Licinius 
contre Maximin; la défaite et la mort de Maximin; 
le martyre de Gélasinus (*M&f*A •); la défaite et la 
mort de Licinius; enfin la mort de Constantin. A la 
fin du chapitre, on lit un passage relatif à lange 
gardien qui veillait sur Constantin à tous les mo- 
ments de sa vie, qui lassistait et lexhortait. Mais, 
entre la mention de la mort de Constantin et le pas- 
sage dont nous venons de parler se trouve un récit 
qui, prôbaWement, avait sa raison d'être à cette 
place dans Touvrage original, mais qui, dans notre 
texte , la tran^tion ayant été supprimée , paraît abso- 
lument étranger à ce chapitre. Il s agit de la conver- 

^ Voici la traduction du passage qui parie de cette guerre : «Il 
partit ensaiti pour envahir les provinces de Perse. Il triompha de 
ses ennemis, et, après les avoir vaincus, il les laissa en paix et les 
combla de présents, parmi lesquels se trouvait le cor avec lequel 
on sonne devant le roi {^Cl • UfiWdk^ • fl'la • Al?"/*' «)» 
et il accueillit tous les chrétiens qui s'y trouvaient. . . » 

' On sait que.révéque de Jérusalem^ à cette époque, était Maca- 
rius. Mais il est dit dans notre texte que sainte Hélène vint à Jéru- 
salem aaotpùlUh I nUlhù I K4i Kj&A.cn»-'} « MA i l»Uf<« 
ikt^l^ Il «du temps du bienheureux Abhâ Ayiîmoân, évéque de 
Jérusalem. » JifitLif^f i est peut-être une forme altérée du nom 
d'Hermon , prédécesseur do Macarius. Cependant le voyage d'Hélène 
na pu avoir lieu sous le pontificat d'Hermon, qui mourut en 3i i 
ou, au plus tard, en 3i3. - • 



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254 OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE J878. 
sion du Yemen, du temps de lempereur Honorius. 
Voici en quels termes cet événement est rapporté : 

tt Le bienheureux Constance faisait le bien conmie 
son père, et pendant toute sa vie il accomplissait 
des actions louables. Après lui, le$ habitants du 
Yemen apprirent à connaître Diçu, et ils brillèrent 
de Téclat de la gloire de Notre-Seigneur Jésus-Christ 
(qu'il soit loué!), par le fait d'une sainte femme, 
nommée Théognoste {i^^^0H t ). C'était une vierge . 
une religieuse, qui avait été eplevée de son couvent, 
situé sur le territoire romain , emmenée comme cap- 
tive et donnée au roi du Yemen. Cette femme chré- 
tienne , douée à un haut degré de la grâce du Sei- 
gneur, accomplissait un grand nombre de guérisom, 
et elle convertit au christianiMne le roi, ainsi que 
tous les habitants de l'Inde. Le roi et ses sujets de- 
mandèrent ensuite à l'empereur Honorius, l'ami de 
Dieu, de leur donner un évêque. L'emperew% très- 
heureux de leur conversion, leur envoya un saint 
évêque, nommé Théonios (:l"Flf^li), qui les 
exhorta, les instruisit et les fortifia dans la foi du 
Christ Noire-Seigneur, jusqu'à ce qu'ils fussent pré- 
parés à recevoir le baptême , qui est la seconde nais- 
sance : tout cela par l'efftt de la prière de la sainte 
vierge Théognoste et là grâce de Notre-Seigneur 
Jésus-Christ, qui seul accomplit des miracles et con- 
fère des bienfaits à ceux qui ont confiance en lui. 
Et il en fut également ainsi dans le pays d'Esken- 
deryâ, qui est la grande Inde ^ Car les habitants de 

' iDhaoni 1 II» 9 4^ 8 0071! ■ Ib&llf «Cif i M+ ■ 



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CHRONIQUE BYZANTINE. 255 

ce pays avaient auti'efois accueilli un certain i^hroii- 
dit, qui était un homme de noble origine du pays 
de rinde, et lavaient choisi pour évêque; il avait 
été confirmé et ordonné ^ par Athanase l'Apostolique , 
patriarche d'AlexancUîe. » 

Les éloges qu au début du récit notre texte dé- 
cerne à Constance , ne s accordent ni avec la tradition 
historique, ni avec la relation du règne de cet empe* 
reur que nous donne le chapitre suivant. On pourrait 
supposer que cet épisode ne faisait pas partie primiti- 
vement de louvrage de Jean de Nikiou. En effet , le 
passaga que nous venons de traduire n'est qu un 
extrait de Thistoire de sainte Théognoste, dont la 
mémoire e^ célébrée par TÉglise copte et éthio- 
pienne le dix- septième jour du mois de septembre, 
que Von lit dans le synaxare arîd)e des Jacobites et 
dans le synaxare éthiopien ^. 

uEn ce même jour, dit l'auteiu' du synaxare 
arabe, mourut sainte Théognoste (lla,«**Jli^U), qui vi- 
vait du temps d'Honorius et d'Arcadius, les empe- 

fiiMi * Uff^ 1 Mjft H Je ^e ^is |)as le nom authentique qui est 
caché sous cette forme hAllfA'CJ^ <• ^^ ^^ ^^nt pas songer à 
Alexandrie d'Egypte, nom qui, ordinairement, est orthographié 
TkA^MÊfMlf >• L*autear a-t-ii voulu parler d'Alexandrie sur le 
^gDJfe persique (Spasimé-Kbarax) ? Mais dès avant notre ère , celte ville 
avait r^çu ie n,om d'Antiochia. 

' aa>»T4âi+ 1.. mMaC • fcft t. Au lieu de ao^aih* t 
il faut lire aoQi^i^ i. 

* Ma. arabe de la DibliothèquQ nationale, supplément, n° 90, 
fol. i4 v*. — Ms. éthiopien de la Bibliothèque nationale, n** 126, 
fol. 20. •^- Sur les synaxar^ s jacobites et leurs auteurs, voyez Cata- 
lo(jue des manuicrits éiàiopiem ik la Bibiiolhèmie nalipnak, p. i52. 



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256 OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉGEMBRE 1878. 
reurs fidèles. Un jour, des envoyés du roi de ilnde 
qui avaient apporté à ces empereurs des présents, 
rencontrèrent, en s en retournant, cette jeune fille, 
Théognoste, tenant entre ses mains un livre dans 
lequel elle lisait. Ils lenlevèrent et remmenèrent dans 
leur pays, où elle fut intendante de la maison et du 
sérail du roi ^ Or, il arriva que le fib du roi tomba 
gravement malade. Théognoste prit lenfant sur son 
sein, fit sur lui le signe de la croix, et aussitôt il fiit 
guéri. La réputation delà jçune fille se répandait dans 
ce pays, 'et depuis ce moment, elle n était plus con- 
sidérée comme esclave, mais comme maîtresse. Un 
jour, le roi , ayant entrepris une expédition guerrière, 
se vit enveloppé d un épais brouillard. Il se rappela 
alors le signe de la croix qu avait fait Théognoste; 
il fit ce signe en l air, et le soleil reparut. Et grâce au 
signe de la croix il remporta aussi la victoire sur ses 
ennemis. Lorsqu'il revint de la guerre, il se pros- 
terna aux pieds de la sainte et lui demanda de lui 
donner le saint baptême, à lui et aux habitants de 
son pays.Elle leur fit comprendre- qu'elle ne pouvait 
administrer le baptême à personne. Alors ils députè- 
rent vers Tempereur Honorius, Tinformèrent de 
leur conversion à la religion chrétienne, et lui de- 
mandèrent un prêtre pour les baptiser. L empereur 
leur envoya un saint et célèbre anachorète, qui les 
baptisa tous et les fit participer au corps et au sang 
du Christ. La jeune fille lut très-heureuse de son 

' Texte éthiopien : tDhi^ t hoo t «fï* t iD+^i^H i Mft 



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CHRONIQUE BYZANTINE. 2^7 

arrivée, le bénit et reçut sa bénédiction. Elle se fit 
construire un couvent, où un grand nombre de 
vierges vinrent demeurer, en suivant son exemple. 
L anachorète, à son retour, annonça à l'empereur 
la conversion de ce peuple à la foi chrétienne, et 
l'empereur, très-heureux de la conversion de ces 
hommes, le nomma évêque et le renvoya dans leur 
pays. Les habitants le reçurent avec joie et se mirent 
à construire une grande église. Comme ik avaient 
besoin de colonnes, la jeune fille adressa une prière 
ardente à Jésus-Christ, et de belles colonnes, qui 
se trouvaient dans un magnifique temple élevé en 
ces contrées, se détachèrent de leurs bases et vinrent 
se placer dans Téglise. Alors les fidèles glorifièrent le 
Seigneur le Christ, et ceux qui n avaient pas encore 
abandonné le culte des idoles, se convertirent. La 
jeune fille en fut très-heureuse. Puis elle mourut dans 
ce couvent, au milieu des vierges. » 

Les deux récits qu on vient de lire diflPèrent com- 
plètement de rbistoire de la conversion du Yemen 
(lors de lambassade de Théophile, du temps de 
Constance), telle qu'elle a été rapportée par Philo- 
storge et Nicéphore ^ Ils sont également en désac- 
cord avec ce que nous savons touchant l'introduction 
du christianisme en Ethiopie, contrée qui, égale- 
ment, est souvent appelée ÏInde. Aussi ne s'agit-il 
ici ni de l'un ni de l'autre de ces deux pays. C'est 
la conversion des Ibères du Pont-Euxin que Jean de 

» Philostorge, iib. III , fragm. 4-6 (Patrol gr. , t, LXV. coL 484 
etsuiv.). — Nicéphore, liv. IX, chap. xviii. 



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2&8 OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1878. 
Nikiou et l'auteur du synaxare ont voulu raconter. 
Toutes les circonstances de cet ërénemeiit (la faoEune 
captive, le miracle du ^gne de la croix, etc.), qwi 
nous ont été trsHisinises par Rufin^ et après lui par 
Socrate et par Sozomène \ et que Rufin afiirnie 
avoir entendues de la bouche même de Bacurius, 
roi des Ibères, se retrouvent, avec de légères modi- 
fications, dans le texte du synaxare, dont notre 
chronique ne présente qu'un résumé soudé à un 
récit tout différent. Nous ne savons pas si le nom de 
Théognoste (Rufin na pas indiqué le nom de la 
sainte) repose sur quelque tradition ancienne. Chez 
les autetus géorgiens, la jeune fille captive qui a 
introduit le christianisme dans les provinces du Cau- 
case est appelée sainte Nino^. 

Jean de Niktou afïirme, au commencenaent du 
chapitre lxxviii (fol. 86 v), que les trois fils de 
Constantin se partagèrent les différentes parties de 
Icmpire par le sort. 11 mentionne la guerre qui éclata 
entre Constant et Constantin, la mort de ce der- 
nier , 1 apparition d'Arius t< sous le gouvernement de 
Constance, » et la guerre de Perse sous Sapor*, qui 
est représentée comme le châtiment de l'hérésie de 
Constance. Il raconte ensuite la constnicticm du pont 
du fleuve Pyrame en Cilicie; le tremblOTaeot de 

^ Rufin, Hist, eccles., Wh. I, cap. x. — Socrate, HisU eccles,, 
lib. I, cap. XX. — Soaomènc , Hist. eccUs,, \\h. If, Câp. vu. — Com* 
parez Théodoret, HisL eccles., lib. [, cap. xxiu. 

^ Voyez Brosset, Histoire de la Géorgie, i I, p. 90. 

^ 4f"AC4llf^A * * ce^qui est ia transcription du nom lùttlSSovpap- 



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CHRONIQUE BYZANTINE. ^50 

terre qui détruisit Nicée ot qui était envoyé par Dieu , 
afin d empêcher les Ariens d'assembler un concile 
dans cette ville sainte; l'apparition de la Croix au 
Golgotha; les dissensions entre Constant et Cons- 
tance , au sujet de S. Athanase ; les persécutions des 
orthodoxes par les Ariens, notamment après la mort 
de Constant; la révolte de Magnence; le concile des 
évêques hérétiques à Mjlan (im'fcnA^ i I1I+ t jRlk 
t»K^A^« ); la condamnation d' Athanase; l'exil 
des évêques ^ ; la requête des dames romaines pour 
le rappel de Libérius , qui avait été remplacé par le 
pape Félix; l'histoire de Gallus (brièvement résumée 
et travestie d une façon étrange) ; l'histoire de Julien 
l'Apostat; le rappel des évêques exilés, et les nou- 
velles persécutions. Le chapitre se termine par l'his- 
toire de la préservation du corps de S. Jean- Baptiste 
que le§ païens avaient voulu brûler et qui , transporté 
à Alexandrie , fut confié par S. Athanase à un haut 
fonctionnaire , dans la maison duquel il demeura 
jusqu'au moment de sa translation, du temps du 
patriarche Théophile 2. 

A propos du nom de Théophile, l'auteur inter- 
rompt son récit, et nous donne, dans un chapitre 
spécial (fol. 88 v^), l'histoire de ce patriarche et 
ceHe de Cyrille, son neveu. Théophile, né dans la 



^ Les évêques mentionnés sont : Libérius, patriarche de Rome; 
Juies, métropolitain de Galatie; Denys, métropolitain de Milan; 
Lucifer (K^fL^C *)» mélrojwlilain de l'île de Sardaigne, et 
hClItA *' «évéque d'Occident.» 

* Comparez Rufiu, Hist. ccclcs., lib. II, cap. xxviii. 



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260 OCTOBRENOVEMBRE. DÉCEMBRE 1878. 
vilie de Memphis, autrefois appelée Arcadia ^ étant 
resté orphelin, fut conduit un jour avec sa petite 
sœur, par une esclave éthiopienne, au temple d'Ar- 
témis et d*ApoUon. En présence des deux enfants, 
les idoles tembèrent et se brisèrent. L esclave, crai- 
gnant la vengeance des prêtres païens, se réfugia avec 
les enfants d abord à Nikiou , puis à Ale^^ndrie , où 
ils fiu'ent baptisés par S. Athanase , qui avait eu une 
révélation à leur sujet. La sœur de Théophile épousa 
plus tard un homme de la ville de Mahalê, lancienne 
Didoûsyâ, située dansTÉgypte septentrionale^. Cest 
là que naquit S. Cyrille. . . -^ ,,. ^j-^. 

0VJS 1 fiCPKtf V Je nQ sav» fti la vitte de ]M6ipphi» à jamais* 
été désignée par le npm d*Arcadic. C*e^t la provitic^^ont Meli^^is 
était la capitale, c'est-à-dire l'Egypte moyenne; et plui spécialement 
les cinq nomes septeûtrionaux de rHeptanomdH et ie'nbme L'etopo- 
lites,.qut était appelée par ce nom. VoyeiiEilstatlïef'bofiliru^fii; in' 
Dionys. Perieg.y et Anonymi Sclioîla ïn Dionys, Perieg,, ad vers, 25 1 



i\ 



lion . VÉ^pU Sëudés Phàfoôns X'I < ^* y^.)he^im>i 'TbHf^W **' 
signifie demeure , ; et rarâbe i^ en est VéquIvaUqt. Gep^pdâq^pr^Mii.. * ^ . 
vant les listes coptes - arabes , leJiom furake ,dé .TbéËH}i9^|op9Hi| ç^^^ 
Taha/et coVnme nolrç texte délemine j.a Î^OfiÎMpjf Y^^fi ^^SOfiH'^i 
nord, il ne peitt s'agir ici cfç Théodosiogolis, " , ^,,. , „,, > ^ ''•-^^Ç 



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CHRONIQUE BYZANTINE. 261 

Revenant à l'histoire de Julien, le narrateur men- 
tionne la construction du temple de Jérusalem, la 
guerre de Perse, le sacrifice au mont Casius, le 
martyre de S. Domèce, la mort de Julien par la 
main de S. Mercurius, et le rêve ou la vision de 
S.Basile touchant cet événement. Les deux légendes 
de S. Domèce et de S. Mercurius se trouvent re- 
produites, presque littéralement, dans la Chrono- 
graphie de Jean Malala et dans la Chronique pas- 
cale*. Enfin, on voit, par une phrase fragmentaire 
de notre texte, que le texte grec original contenait 
l'histoire des deux transfuges perses qui avaient con- 
duit larnaée romaine au milieu du désert pour la faire 
périr, et auxquels Julien fit couper le nez. 

Salhiste, préfet du prétoire, ayant refusé la cou- 
ronne, Jovien, après son élection par larmée, et 
après sa déclaration au sujet de la rehgion chré- 

* Voyez Joctnn, MaUdm chronogr,, /. c, coL A 89, 497 et suiv. — 
Chronicon pasckale, l. c, col. 745 et 748. — Comparez le récit 
de Sévère d'Aschmounaïn résumé par Renaudot, Hist. PatriQ,rch. 
Alexandr. jacohit, , p. 93. — EiiVychii Annales, t. I» p. 485. — Il est 
dit, à la fin de Tbistoire de S. Domèce, que ce saint anachorète 
subit le martyre le 2 3* jour du mois de bamlê. Cette phrase paraît 
avoir été ajoutée par le traducteur arabe. — Ce récit est suivi de la 
mention de» oracles mensonger? donnés à Julien par les prêtres 
païens, et de Tépisode «du fleuve (Te feu , » dont voici le texte, évi- 
demment tronqué : 0XJM i âP"P t tl^v 1 i^QP 1 Mdhfi 1 

M» 1 finit ï +PVM • lAJ • h^Ah^ • hoD i a^sth * 
àhM* ï /LAT t A+AftA^»l » €Êah'h'tiù ï riH-n • fl A* i 

0^ If mûa^fiP I AaMb-|3 1 ^h1 I /LA? I M^ 1 Ohl* 1 

HUAia • II* 1 K&«* » oHïhi't t Tfj* • 'tàr? • a 

Hby, u (Comparez Georg. Hamartolus, Chronicon, col. 669.) 
xii. 1 8 



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.2C^ 0CT0BKf^-MOyEM,«RiK^Pr|^)l$/^l9|Ri!: IS78. 
tiennjB ,/ vit^j^lypr deB;;fij;nba^dje)|jr^f jWveiyés,, j))»f 
les . Jîf^ji fipiw, !çp«<;J4ir^,,^,,,pîffc.,^»-^,s',«§(g^^ 

d'^p anpée,, jptLfçf que,4pHçfl|a;«^fcj4^g^t')^|#p 
de fcîftCff7^t-( Anïi^î)..Isp.K^^çiïf pp(^a|)ifHmi!^ 
a,!%ée;4fi ice,jfeil^ ;iÔ|^^.^p ^ti^re C9^P^u^.HWf* 
trtii^uctçMj-, a^q, l'éj¥ispjifl^:ïl^,NJS!%âk'^'^ir^^ 
est dit, ^uç }|ov».q«,, -4ésii^ EÇRp^sgtejg Ig tjSî^i(ife> 

de donner le nom de ^pijpuçàjg gçjH)î^efYfjl§^^ga(ïl^ 

Jijsinajà aflfe-^r^ jqiffv^^pvi^ fit ^^pgr jîUvç.^ p^ tq)*? 
,Ç^)pq.i(ii.^v3fqn^^p^t3géJfs fÇîïOg^feçilts ,cls M^^ 

nous apprend ce fait ne^t^ i^e,,^J}}|5i^,^^ j^fff^ 
de Jovien le secrétaire ^ 

' Oft'ïît^en$uîtè deux ' lettres (fe^Jdvi^^^^ 
tre circulaire au sujet de b. préo^y^pter^ r/d«ç 

égirses 2ui et "la- lèWé «ftpfessé'é ^à'«^#/TMKiiiâse 

■^ Cette 'iettre,n'es{^^i^s^m^«Upniiéç^9Hî^jijps^ ^^^^ -^^,^^ - 



• *j*>T ^riH30"î 



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fcë]^lfe5â«ciê-4Vi*r^t-«f|)é*^ary'àW,iribfetih synode dfe 
«btf*^ leS' ëVéWùëà' ' iet ' dobteùiès , ' è* ^ co*b|^- deux 
■felàîtâJ PJHiaW*^JvTti»'-'stir^=î«> Vèi*fe -et W'Trinitë 

+JMIIi)i"i%ûtt'<^>8ift'Jlë* '^éé|)t*s ' dte ' Jës^s-Chriét 
lflfili*^''iHCW'»'^l«ift'M *^'"pûîàr '■ ùné-'-^léttre 
•èAfèyM %^Sr^'im\ dèn8''la^aëHë 'fl ëi^riine'sâ 
^mé>'Vie'mif- Vé>inp^i%\i^Wtëi^m attaché =à' la foi 
'ârtiwà<Jkê''fei-'t^«flë asf'Niége-.-^"- '■' ''• '■ •'' ■'<■' ■'■> 
'•'•NI«is>*iàVéalà;>^/é#ët;'^(ie>'{)étf <etfq*^près son 
retour du quatrième exil, S. Athanase avait assem- 

*» d^ffiàiiWè'-dè'^Jb^étf ; 'tifl'ti^ilé'îstW 1i PW^.'Maife 
di' ïPèSfikiS éWakilliiëht'dè' dét'^yfràgê ' ifàfemte'Ul- 
féfi<^éTVëticbïh«y<tt6ttSt)d's43à6nS'^fasiëùb''tfeii 

m mè Fftitàiyttoh''àii^v«i'tié''attHifiufe^ rsi ï^hài 

Ms«J,^tttfïie-8SMt\!Ki'è'9RiWe'iiWiUëi^ 'fjféaié'iiùa 
•«t^^cfeMfi âbftf'ff' S'agit 'ÔàM 'ttkWl^iiMgl'*. %*-cè 

rf*éiy*é^!j'S. 'BàfeSé». yig^fA-fe'sIl'iy fesV'faH 'AéntteH 

aài«<îid(ïàé'aiiW'(/rfvfkgé;"' ''"• •••' '■""■"im'- -;•'"< 

, 'i I^e texte donné par Jean de Nikiou (fol. oi) diffère imi p«u de 
celui quon lit dans les œuvres de saint Athanase. (Voyei Patrologia 
^a,'^t*X!X?T»^ô6f;«8i3\) 'i^ *"!;>^^ '^- ^(.'..'iJ'/ii ^ M? 
'*^^,flM1^Tfc^o^0t, lfii;l^4?<î(^., hh^i% cap, ii )9| m. ->r.,^Hçé; 
pboreCalliste, lib. X, cap. xLn. — S. Athan. Opéra, /. c, col. 8i3 
et sniv. — Pagi, ad Baron, Annal. , ai ann. 363 . S cxxxii. 
'' >^ yjiîâAllAv^?;^^^ '0%U.èJa^m^'rif'9^'^; un 

rifs ivffdpxov èitt^vtias roif Btoîi "kéytj^l on Itêpi li^$ ivaapxov blkà^ 
voftias Tov Beoii X6yov i«î <B^kpl trfs àyictf xptàèbs , <Btc'. * 

i8. 



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264 OCTOBKE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1878. 

Le chapitre consacré au règne de Valentinien et 
de Valens n occupe que deux pages dans la chro- 
nique de Jean de Nikiou (fol. 9 1 v^, 92 ). On y trouve 
d'abord quelques renseignements inexacts sur l'élec- 
tion de Valentinien, grâce à l'influence prépondé- 
rante de Salluste ( Itt « tPMi^ *)* et sur la nomina- 
tion du même Salluste aux fonctions de préfet du 
prétoire (iDILi! i AdA t tf-An*»* 1 wt^Hf" «)» U est en- 
suite question de l'élévation de Valens, du jugement 
de Rhodanus, et du mariage de • Valentinien avec 
Justina, après qu'il eut exilé l'impératrice Mariana\ 
qui avait commis un acte de prévarication. L'éléva- 
tion de Gratien à la dignité d'Auguste et la moit de 
Valentinien sont brièvement mentionnées®. Valens, 
ayant succédé à son frère, embrassa la doctrine 
d'Anus et persécuta les orthodoxes. Sous son rè- 
gne il y eut un tremblement de terre à Nicée^. Ta- 
tien, préfet d'Egypte (/*'fe» • ÛUli • hMàiftCf • Il 
ft^* i ^^ttfft ï ), fit lîonstrui^e à Aleicandrie-icJdmix 
portes dé pi^ri^e, ndai^s lé B^ichîttfni(ir0«iÉ+'i nalrîi» 

^ Dans iaf Gbïûnic(U6pitficâti^'J1ehom'dèrii^7>naaQiè]t:e.|^^ 
lentinien est écrit Marina. Jornandès, Théophane et Zonaras rappel- 
lent Sévera: Jeàh Mâîala dôtitic^dfifa^ , et 9^é> fle^NiKftf y •? CJ?Ç 1 
. * Cenatoit dèi liioui^oÀ Valentiftiêii eart appelé <i^f*^^ -' " ' ' 

* Je pense qti*il s'^agrt du ^trétafièymenf ck tërrë, tfdi'!d^aillettr& 
rfélidt pas lÎIni^é^i là vilfe ai^ îïîcëô;^ menti<Ân^«%b)iS^iij?i|MWïrtier 
consulat de Valentinien et de Valens, par Ammien ^îMai^tilin 
(Kb: XXSl^j étpar$oa*éié{mt:ëcctés.,Hhi1J^ Com- 

parez Sinrëbn 1 JVfêtàjifcraïste ,- Vitu AÛanai. ,'^17^ '■ eV qui , J d^ptè^ la 
CLrotiîque paicàle, élit Hea en 568.^— & iiêhm^ (Q^A^ Euseb. 
ad annum. -^ Oam^^^rezVita'Hêamm.t 4o. -^ CemnieiRt, iniheuim, 
cap. XV ) place cet événement en Tan S69. . . » i: ^. ., . 



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: CHRONiQUf; BYZANTINE. 265 

BJ&AoèjK 1 mU^bn « ) , pour rentrée du grand fleuve , 
et d'autres .fortifications dans la province d'Egypte ^ 

La fuifdii thapitre /cofntient le récit dun miracle 
accompli par S. Athanasfe. Lés eaux de la mer avaient 
-envahi la ville d*Alèxahdrie, jusquà THeptastadion 
{%'i^lb^ftrn «^. Le patriarche, accompagné de tout 
le dergéi se rendit au' bord de^k mer, tenant dans 
sa ifminiile PAitateuque, et pria ainsi: «Seigneiw, 
Dieu véridiquevtii afs promis /à Noé, après le déluge, 
en disant i'Jefn amènerai pas u|l^ autre. fois un dé* 
Jugersuxl la: tèfreï'i) Baf suite de, cette oraison les eaux 
-se i-ëûFèroitet lu yilj||e fiit^sauvée. 

Je mp|)0$eA^e f Jti|3ildËition dont parle fauteur, 
en 3ôe |)2â»age, ^ticeliejqui^t lieai soustle règne de 
Jiilieô;etrtpi&jaiebtioni)eât) ég^leilieût Ëutychius et 
-Geoiqges^Ibtt' aJPAialîd*; r i 

Au-^iuqpiire -Lxttm ^ébk .9i^)<.aprè|^ un éloge de 
€rMien jE!trd!»^TlbLéoda^»%ei»pelièurs i^f«h&4wes,.en- 
'iSBÊois d« Vaiîamsiti&vOp lit qu0>S. Grégoire» la Théo- 
logien, qui était venu à Constantinople , « après avoir 
ëté'H$b)igétlersr<cat^r'eiod'«trf«rrde.'BMiâotii en mai- 

; 4 "^Çï leprléfet Tatieû et sur ses oon^truçtioas à Alexandrie, voyei 

jRr^i^o^cfkWi 1^* ^. -^.PagViori Bar<uu 4nn* 370 , w; ^1^1 » 1 ; 3^3, 

-rr v,^ Voy^'/ni^A^t imp€réitori4<<lUfiB_^st^f«ria»p^.éd, Hertleio (Leipzig, 
.uift^S^J t. rl.« pr 5^5.(Le|tFQ<d% J^i^ien à Ëcdiciusrr' préfet augastal). 
<'^r^^\ilif6kiijAnn0Ui\, t»* U p. 43^1» — . Chronique de Georges Ibn 
ftiràmid (j&lmajk^), m»* arab^i^^^iarfiiibiiothièque oationalè, sup- 
plément, n° 761, fol. 2ld» ^ . , '. \ 



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260 OCTOBRfi^ItOVJ&MBftBf.a?ÉCBIiBBE 1878. 

sûQL et d'ualîéii .£( i^'mt^çiiKkfciit^iméf^ési ed cû»l^ 
truisit uïue^lise^ii^bjFel: ILesq^nd^i^^a/^Ueiiki^ 

saintv>} et.{idU*e$3âc(im Qïiflf^s il&Hule,ijiféquQfd^iGê4 
«atrée .^ja^GftppadaQCie , ,à[ .Qmgoifie^d^lNjFMe^ B^tpilû^qpaV 

thodoxie. fiesiaîts, itttrtb^^ AjS^^jb^okéid^MaakBsiév 
étaient peut-être, dans le tesii3>'0ngtBàl9irs^|)iiMrbaf)à 
plus juste titm À >Théodi»ev: Maû.(0Draii3'd(rfiiit'^s 
fSBt tmte iâe/qaékï çifreiU b;iKim)di£i^4^iki»)figitm 
dans :Qe.pas3age^iij''ëYdqitôbar4ej:^ çb3oGôJiiléjD£m^]|& 
exilé par le ^ând teâi^$i;mir; * ^ttftjdb dtdn^ sMsqvt li» 
rmikiioii ckt^coi^cohQilBiéoundaiicpaie^ 

! Sî*noiiS)^an8iiâi|iYentl)à>f«i]blal»r)(fai^^ 
^hiopiemied^lftebiiénique jds;^jQili dà ]ïllik«(^^QS)la)i 
e^és V lusup^easfon deto^rlai^eafttctkstidstiriq^ 
que coiitenaki:Qaf)èiitiluimitti)stefanésiBdeniidHe^ 
oi!igitnd<piiotibiBayimàuaif cc«lraiitt,'<jpidiDOi^dciuB;i^ 

tïïarfour^ÀtGi x^oràis piiVàn$>èit'gaidB dniiierlti)9^(Btd 
redit préskàtitfit(iiA{l(Hikrimixiane^i^ë) Iciifanôtisë4e(uUt 
Ymis, âab^Dqnileil'tmoâkhë èèÎDGaileàt eUejpeàtailienééM 
TfaiétQxii^ jdui âongâi fie; .TjiécMiefsk^ i ) qui luiii fxnidisaîlb 
son avènement au trône ^, et la fameuse réponse tou- 

i.tjj <• .')\llM i;( jlj <'.I«mI iHhlUMuA) /-llJflA --/jl' lU'l JiJiJO lï J''J H • Uà»/ 

\'.A\llj8'a^bdëlVégiift^rtl»JrMi*<a5ârk'))^F. j, . iix'.'iqL'. ^^^ r-ii^ Jijaq lui 

à Byzance, auprès du bienheureux empereur Gratien, vit en KMig!& 
eoÊààie Méièce(^>paUlià/chèid*ikitioehe^,)i)e ottironiur'^de«lBr(C0«îbiine 
impéHàie V diiticéàsep*»iii»ft^e8# pn^set (kmbi'if^i* i»). » -Mis. lâcnfc 
m)e phrase évidemment isolée de ce qui précédaity6&xie ^e-tquIlsiÉN 



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etotvt te IVin^ ^^Si.'Amplâloquè , évéque dlcone , 
prôhôiiçâ ^|>ré&toipeocle TkéoÂù^^ûe '«^ses deux 
ftbq?H'én^iiW'^^q Arrifereteis; îassii sur iears trbnes** m 
Béhï]^rmïrV|*ar sUH» dé t «!3A[(jrMbft d'Awiphilocjue , 
»flp^l&|titar2W«fî iriguGlir il J^iabiir te^^^ et 

pt^miUgi»aia<Ëlkob(ràittie l^^jhénéti^pDes', Iqui furent 
chasràsaiés^Miés^^fiefltîcaaèpâj;^ LësT* Ariens furent 
déjfk^(lit^>delietjls*àtégtiie^l •• ^ »>'•> 't 1 ^ • { 

^i(fj'*ftnfetiinrace>iitelfriévmhQtttlIà Féwitë de Mfjxhrie 
^iî|e^€P.d?Ë3%èHd>(lli»<fHlL9ft'«^');' Wmqrt^^de' Gi^tien 
eé^^i ^«aièntûOeaV etfe 'îdéfiiife^^t'la^iïiwt' jdes deux 
diiiipaleiarpj 'Lie Coimle (rfiâfsemfaiëiiiiC^](^^:^n^n6^ 
a^astUtétabii f^tsDn^raiihih là '^si jdam^ IfÉgHse; 
Satan, jaloux de cet heureux état, y fit naître' de 
m&me&ïiiiR^àiàiOFàBXllimdAMe , patiiaorche^^Alexàn- 

sîégpi dë^(%)}S8tafiii^HQpte ip^ab impmw^GnsAnmé^ 
«iltéKeiin"»t0t«ié|iïé ^pâlriaiiéhfeTTîprHytbéenslatmt w*^ 
rogéiié^Àvmt^^ mmtaet^ patriarche/ és^<&oiistàs^9 
noplë l^febomé ;> Vietikbe Ides ip^f^ciii!;i^te< 4^^"^^^^-^ 
be8'évét[aè5iorièntbux.etde^évéqtte&iégyp^leiisc^ 
divisés^ Enfin 1 6i^gon*eryfOonfiKlnémèa4^à l^vif tina-. 
oknedes ^vêqtMs^lQtiBxi/kè dd €omtïivlif]fia^»f^ c^insi 
(|ueiMa]qiniBtetïtpu$ie9ii^è4ïWl^m<afrak;n^ 

-MOt »^:i.ji[^. f M>i! ':^^i,[ 'J î ,'- r. m' ,}> ^'i )iiLuÙ ii^ iM\. 

vait : i Et il était Tun des Aiieiis denieuraot hors de la ville. » Gela 
ne peut pas se rapporter à MélècOb^'^»^i^dtiifiai^TFtijédcbretili/(5(. 
éebta^j, ^h:,]f'i càp. vti -^ .(itfokg; ^ihmâti.v^hrqmyAh. IV,' (^p. 

:<ij bcGiMnpareaif : Sozainène , ^(^t/^ 90cfa£ y^l ii}io^yib^^^ 

éwe» 4^'Hist, ac(?farf Ww^^> 'Capi' ij^vïî' -*« 26eiitap^iH»nirfrt. j îiGérqn. ; 

l3bi'IVv"Cap. jdxClKl -h'» J •'>:'' ii'l'» ■ ' ''^ î>^''>3' ♦"'jrninv»l>!/'i î^f.filt^ :■ ' 



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268 OCTOBRE-NOVEMBRE-DÈCEMBRE 1878. 
nés par lui, et Nectaire fut nommé patriarche. C'est 
ainsi que la concorde fut rétablie au sein du Concile. 
Mais Satan , ennemi de notre race , troubla encore 
le pontificat de Nectaire. Pendant que Théodose était 
à Milan et sur le point de hvrer bataille à l'usurpa- 
teur Maxime, les Ariens répandirent te bruit, à By- 
zance, qu'il avait subi une défaite, et ils mirent le> 
feu à la maison du patriarche ^ 

En ces temps , Théophile , patriarche d'Alexandrie, 
fit construire une magnifique église*,' qu'il consacra 
au nom de Théodose ^, et une autre qui fiit appelée 
Arcadia, en l'honneur d'Arcadius, fils de iempe^ 
reur*. Il convertit le temple de Sérapisf en tine 
église * qui porta le nom d'Honôriùs, second fils^dfe 
l'empereur; mais elle étaifttappefé&'aussii^^sedés 
Saints Go^ne et Daiâienç çHe se trouvàit^ettÊiGB d^ 
l'église de S^.Pierre martyr. Théodtosé, desjori cété; 
fit exéou^ier.plusiëuars constroètieito ^ dato- teseep virons 
d'Aotiodbe^^eptoeiaaiikre:^ un jumVeaubfmuDridfantia 
i»wit0gpë i h^ jmip de^ rqippbrëur » Tîbèare ^V«taiJi4t 

Hist. eccles,, lib. VII,. cap. xiv. — Théophane, Chronoœ\^ L c^y 

COI. 201. ■ 

*' D^>rài ita Mitre téâièighâ^é! V%^e àè ^hédfoae^k lUXêssair 
drie, aurait été construite par Théodose le Jeune. Voyez Joai^t^liSç^ 

^ Comparez Èiityc^u Annales, t. i; pi Sag ei ^^g.^^ Kënaiidot, 

^ Dans la première partie de 3a phrase; lenraotnuir éàt exprimé. 
par ^^JtCi-, daMlasec©ti(k.parliep» JMMtift^'t. tv ^'" 



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CHRONIQUE BYZANTINE. 369 

entourer de murs les champs qui en étaient dépour- 



vus^. 



La sédition de Tbessaionique est présentée comme 
ayant été provoquée par les Ariens qui, au nombre 
de quinze mille, en furent aussi les seules victimes. 
C'est au patriarche Mélèce que lauteur attribue le 
mérite d'avoir fait naître le repentir de l'empereur. 
En racontant Thistoire de la révolte d'Antioche, il 
reproduit le texte de l'exhortation adressée à Théo- 
dose par le célèbre anachorète Macédonius Critho- 
ph^ ^, et un résumé de la lettre de Théodose aux 
habitants d'Antiods^. 

Le chapitre consacré au règne de Théodose se 
termine par4e rééit de là- séquestration de personnes 
dans cër^iiies'boufaQg)eries publiques de Rome. Des 
passants et« dos étrangers , attirés dans un guet-apens , 
furent 1 forces. de tiooMâr .la' nscule, dans des souter- 
rains ;<peiHi2BiÉ^toBtoJleur^iBV ou de demeurer dans 
defiiHifissoa8rdeiid0bauch6« Dénoncés par un soldat, 
qui aa^t réktsl ài «'échapper, les coupables furent 
sévèrement punis. L'empereur fit promener les 
femnes'pro^tuéeâ, coiriplices du tuîme, à travers 
la ville, avec accompagnement dé sons de cloches 
{m^Sioh p}i ,po}xrfqH^ leur honte fut rendue pu- 

. Socçpte et j^ après lui , l'auteur de VHîstoria miscella , 
ainsi que Théophane , Georges Cédrénus; et Grégoire 

^ Voyez sur ces constructions Joann, MaMm chrûnogr,, /. c. , 
col. $iè G. -^ Cump.'TfanDphaaM', L ciy col. aoi. 
* Notre texte se^doniiepas i&abni' cte i«nachbrèU. > 



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^m: 0CT0BR.H;NOVKMBRKlJlÉC£)5tfB»E 1878. 
Bai)bëferi»in^fapppbten4)iq iidèiii^&âUfmsto'iPv^i^altaB 
Ydriantâp diinGt âertildiietâafip0etaitce è.ifiAr^pâiJàl9Ddii^ 

ànBonye^P des laiteeursidoueiit'pfrdbdi^iiibiYt^^ 
mesures : la punition des botdangetaccbi^btesdflit^ 
sd^uetstfatibii cteperiotpiëdletilàidttsAiU^tiiUilQUbrs 
bAtiltaftAtlj'ftK t'illxylîtlôtei rd'imé heocitttiAe^kibbJn<l3;^ai; 
lftqitelkoétaiétit:doiiniiidé8 lèslfett»ileB>@q|dnbiè4kmità(^ 
kiérinibtdiHiluitière/Voidr, eH^e/^ifitohôétièqfed^^ 
nier^éijetvies'^aroiqs d^iSoètute-tiAf ^fkot'iiA^ji&fifk^ 

tt^. (rAie<gêêip'^âttA ^fh^^ jàu^p»trfh'yl^kMpimr éféSsen^ 
é9à>/6m;i(ike§^ Saif^jtiliképêénir^bh^vrUf^tA§'^ j^&fiÀ^ 

; Ch?^cQlliIileioniîie f^mlJtiaUciiAeieôii^u^ 

* Socrate , HisU ecclesi, , lib, V. caiO.^ xvui. i— Thépphane . ChrQtiQgXyA 
col. 209. — beor|j, tiédrenus, tiistor, compemL, L c, col. 617 U. 

Ta remarqué Valois, dans ses notes au passage correspondant de 

coL] ^tk sdiw «^<^ Gr^ir.^lBarfaebir. '6hhonr(te^e$n'^^^fl^Amii6^ 
et Lamy, t. I , p. 1 1 5. >'.:--->.,.). si ^ --■! .1 .'{-.'-.^^ /.nr » v. . ; -<. . . 



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•'.;HI ::€rHIfeaNIi}UBmOAWTIÎSB./:M(r:'-:j rn: 

pinév «qmrr^Kkbtit iài^om»:^ .étânVtâiiikié;Jnaladfiv Ar 
Qàd^^ii05jsé^f^piH£it ïftDs^0etleidtib^plnir46>'itomiHofid^ 

m*> te* ^^*îqM«i(twtQ«tSî fe» tvérltas /i pcéfôr^ot\clr. 
b^ JAa^}i^TpiiïËmT«t\^'ap^iqtillTé :4bdyb^de3TiB5tiUitS 

battants dans 1 arène de Rome,. f(iU]tt3ë:|»i* <èH^icà^ 
06Uffe 'dbnpi6m>iafj.'>Pjeildiantle MJOKir- d'i^^ à 
R^miy; (unic^pilBineideariGothsi t((M^|Mmlt tflkirffi*)'^ 
Qf^bméiGlûilaa .(PVfr«|i, sieiiFiwltBi;âr^ic(}uB)paFtUi 
immédiatement pour Byzance; et comme il était 
fe|^èrià|ènt àtiacjlié'à pi fdi.oMnb'^o^é, ït tribi^^ 
4p,,iiçWili?^ qiw>appfrten^t àiatî5eG)i04«s.Arions«et 

A^Voyez Tbéodofrtv Hwt^:COifejt.i Ji*>j Vv iÉ*p.»JfiJ^i. Cet wiieinr- 
afficmift ;<|ue( iIan<«lMNrèto ^it vanu à; floa«D ^ « n^ayant cl/autre JbàO. qite • 
de 8 opposer aux combats des gladiateurs. l » v...» I » 



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fi72 OCTOBHE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1878. 
il le tua. Puis Ârcadius mourut et eut pour succes- 
seur Tbéodose le Jeune. Il y eut alors de grands 
troubles à Rome. Honorius, irrité, abandonna la 
ville et se retira à Ravenne (♦*ll ») ; car une grande 
partie de Tannée lui était hostile, à cause de la sain- 
teté de sa vie. Un duc de la province des Gaides 
{lA^f «)t nommé Marie (KMk4^iiA «), vint à la 
tête d'une nombreuse a^née, pour s'emparer de 
Rome. Les habitants traitèrent avec les ennemis de 
l'empereur et consentirent à payer tribut à Alàrîc. 
lilais celui-ci refusa de faocepteF, 3e rendit au palais 
de l^empereur, s'empar» des trésors de l'empire et re- 
tourna ^mstate dans l^es Gaules^ emmenant avec lui 
4â s«^4r <dIf^norJùs'^ ii:ii$mbaé^piteîdiefh|l4lLlfri^ »). 
Honorius avait tminiinK<sre ^ (noifibaè Gous^ce ( t4 
'^TAlA^t <pïi t^8i^neiia;^îàt^l'insoiLd'Alaa*ic,; i» j6Qnè 
fiUe  son frêne, L'euppeiteur le) eoknbkt d'bomn^rs; 
lël^và' A k^d^gnfté de pr^rfder iniîii^t^ {dnj^â'jf, 
f ui^ à'^Ue 4'empéi»6tiBrv€^ lui domia s^sa^ùr m ma- 
riage. Hoii»)irius^ Bt<jG<inkaticë^,rèi9d»^nt}phsaite'à 
Romev firenit met^liàumdrt ^^eiiii (pii atye^t'xmé- 
connu rautteitéude leuri 50t(Verain>j confisquèrent 
iê^ËT») bit^9i^'^ puiyk^ni^ 1# ^Té}màBf\{nàWit^^}ioii^ 
Âoii^s «êoiifial* Tett^ivtf '-à Gôntoftîcsijéflipïir^' pêwr 
Gon^t£Hitinoplê, dû il fut le ^^otiègûQ dé^^noneVeu 
'thétfàoÈe ' le Jô'ùiie: Après » qufBlqtie' Steifflpâ ,, '^ re- 
tourna à Rom^j 'eti'par suitô* de sgs ijednési W dés 

1 /M^P^^^ CçpQt^d^is, Ivoire tQ^lç,d^s^|p[|0^pi^^ " 

fort dijfîèreqies. En cet endroit , il est féqui valent de xofins. {Com- 
parez Joann. Maï&ia , l d. ,'fcbh Saf i . — Thëbphàûe ,' F.iK ; éoH n 1 6.) 



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CHRONIQUE BYZANTINE. 273 

pratiques austères auxquelles il se livrait sans cesse , il 
tomba malade et mourut sans postérité, ayant gardé 
la chasteté pendant toute sa vie. Constance eut de 
Placidie un- fils nommé Vaientinien. Mais un géné- 
rai nommé Jean usurpa le Cràne de i empire. 

Ce récit fiintaisiste s accorde, dans son ensemble, 

avec le passage parallèle de la chronique de Jeart 

Malala. Il est suivi dun épisode qui, malgpré ses ap* 

parénces romanescpies, nous ramène dans la vérité 

historique. C est Thistoire de TAthénienne Athénais 

devenue Tépouse, sous le iiom xl'Eudocie ou Eu- 

doxie, de lempereupTfaéodose. Lee dewx traducteurs 

n*ont omis aucun détail de cette curie^e aventure. 

Nous ne les iipaiterons pas , le sujet étant aùffisainment 

contm. Notons seulement qaei daprèsiiaoU'e texte^ le 

jeune empereui' aurai ti été décidé par le^ jnsianofsde 

ses trois. sdëursâ(cfaereheruii«répoute. Ltetpèred^Athé- 

naïs esit àppedéiMCMMhfr tï, ntoi.qui panslt lêtre aiië 

fonxie altéfée du nom* tf Heraclite v 4uei donne la 

Chrooiquftpaàc^ , au ima deiLàoncQ , cpie^'on ti^uV^ 

dana'itoutefi ksf^autres dbronjqueB;> etikâ>itom»'dJ^ 

deu^j^râres; dei:l*»npépatricé «t)nt{li(fl|f4'WW* ^, 

(j^oriee^ou VelérfleiE^?}, et liffMA • ^ Géné$iui9j Quavtt 

aax| pérég^oatioaa de l^>j«uiie.fiti/e), il.^t. dit^leUe 

fut conduite piir '$h tante malernelle' auprès de aO'n 

oncJe, (f^ deôQd père, h ^iBHflW'lli, qù detowWH 

là} sœur d!un phik)sophe de^ Bj^m:^ ^n^n^nné A*C 

AA • , laquelle réussit par ses démarches à mettre 

'Atfîéïlâîfe feri pté^ènee des sdeùrs dô Tliéodose. \ 

A propos du rétabiisçement du i^mdp.S.. Sç^n 



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27â OCTOBBIE-)îf0VEIffBflE)iJ)IÉ€^il»RE 1878. 
îGhrysiMtome «knsle^dt^^^c^, lètittt^dénotflè^ftÂ^CF- 
tioimëledrati>lé%sur^ftWs m^itk^àé t^lj^^éè gbti^ 
txjôùaupte />!( dQite4^a|p» de ô^^nâiliy ét^pémti^TW^ 
do5^ i>>;caiub; dbii'étil ^diifl^^^ârblfé^;^ dtiaài^ de 

tiâHS d« ViiSipéràtric^'Eudoxig/V ku^s^ 
d^la^lvetiMé.^ Aprê^ li^rtiwtWFirfipefMc*?; lé^^i^P- 
t^lal^chb AtlliéUS kléddii ffefâ^ei'èi^'Tlk^ *^ttW4 

et ât4^ecoM«initt«e' leâ'^hè» qliià^di4hî/à@dâVtiH)^. 

qui p^kid\!^ ti^e^liàâédtidë^étî^è'GtihsliàiiUÀô^^^ 

Èi(m>, ttttlfci q^i'uttë'teoùHèi^dafltln^dès' liri^Wâagyi 
des foaures qui, ayant surpris et pillé la ville dè^Sëi 
teiiète^^déiSyrife *et%'Vîflé dë'Rbërtàdy; *^étf i^r- 
nëhôiWM d^P^^ièiiT'payé' 41 HfàV^ lés''tiibM^\^éé' âè 

-^'ii^l/n Iiï'dàk4d4âttj i^ltii^Tlr' i\' i:e ^i^éviàemmenl ^t une 

• Ferrata, àans le Spicileg^i^m romamim, t. II ^ pars in. fragm. IJIi) 
Mais, même avec cett^ œiVeédén I il esi'<iimciîé*tfaamettre que Tes 
l9iv|rfntfa^<9B ËHi'^iilie!itU94|rucu J^^ Sélteiueiéiàtf^'SylÀ et 

viUe de Séleucie en Isaurie, laquelle province, jusqu'au .iv* siècle. 

fâîia?«^rtife'dy'i&ciriMé."'-' ' '■'■ I""' '^ ■■•'• '' ■'■ 



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_af^ #pn^fl^.j( 44^tAi4$iai«r pkii'f^iépidcUeuiiieltiBdad- 
J^€*^r? s^Jc^cfôfè hAl^4©,^i^ sMjpfsimÊ la ik^^nshkut. 

mfP^J>kii9^^^ ^>fihifc)^«#iis: iii^s^seif^iifie 
;ç^§j%e,j^çp ï>p|q[ilwfiW^^P*w4vs mtro^ttto 

y^ n^^ji^gndpfinajçi villes d^ Boa)erIl y< mvQya uBf^flSn 
cier nommé Aspare (h&Q.^ i), avec une nombreuse 

^JwSi^! ^^^r^^^^9^^^^^^r^V\ l.H^vrp^^r., Après 

ay;^ï\[V^wa^çaT«b^iies il vétaÛitoMir>^levtFéiye V«*J 
lefttaèi!mv'^fife-^e Pfeèîdie' ëî â^Cotistatifeé, ët'M 

, . X)^si'histofi?e det£)yriiSr,ipréf«t'd€ rQonst8«tiiioplef 
et |>i»éfët 'du prétoire ('^i^fiiWi), Jean' dé;Niki6^,' 
(Faècord avec la plupart des'auteujr3i)^iDri^pj|j3,qjii^;PP 



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276 OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1878. 
personnage, après sa disgrâce, fut nommé évêque 
ou, comme il dit, métropolitain de la ville de 
Smyme^ tandis que Jean Malala et Suidas rap- 
portent qu^il fut ordonné évêque de Cotyée en Phry- 
gie ^. On connaît les arguments très-sérieux qu a fait 
valoir le P. Pagi contre Tauthenticité de la première 
de ces deux versions, et ceux par lesquels il a cher- 
ché à démontrer que Cyrus occupa réellement le 
siège de Cotyée*. En effet, parmi les signatures des 
évéques qui ont assisté au concile de Gonstantinople 
en tikS, au second concile d'Éphèse et à celui de 
Ghalcédoiné*, nous trouvons celle d'iEthéricus , 
évêque de Smyme, lequel est également nommé 
comme destinataire de la lettre circulaire de lempe- 
reur Léon, qui fut promulguée en 458*. 

L'histoire de Thérésie de Nestorius (fol. 97 v") et 
du concile d*Ephèse ne fournit aucun détail qui mé- 
rite detre relevé^. Elle est suivie de la relation du 

* Voyez Chronicon pasch, ,1. c, col. §09. — Tfaéophane , Chronogr. 
ad ann. 6937. — Georg. Gédréous, /. c, col. 652. — Joann. Zo- 
naras, Annales, lib. XIII, cap. xxii. * 

* Joann, MaUdœ chronogr,, col. 587. — Suidas, s. v. Beoë6aiQS 
et Kûpof, é:l. de Kuester, t. Il, p. 175 et ào2,,-r- Jean Maliala dit 
que Tempereur envoya Cyrus à Cotyée espérant qu il aérait tué , 
étant Grec, par les habitants, qui avaient déjà tué quatre évéqaeis.' 
La Chronique pascale donne le même détai) , mais en' tnéîtant 
Smyrne à la place de Cotyée. Jean de Nikiou dit que les habits^nts de 
Smyrne avaient tué leur évêque, , , / i r. 

* Voyez Baronii Atmalet eccles,, t. VU, ad ànii. *4a6, xv.. ^ " . 

* Voyez Le Quien, Oriens christianus, 1. 1, col. 744 et su^I , 

* Le texte, d'ailleurs, est altéré. Dans l' une* \^ ces phases frag-/ 
mentaires il est dit que les évéques et Jean, f qfnarch^ 'd*Antiofclie,^, 
furent d'accord avec tles douze évéques et ïiVeé'^CYiT^c,^'î)â1jriarch^ 



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CHRONIQUE BYZANTINE. ilj 

pontificat du patriarche Maximien et du pontificat 
de Produs. L'auteur mentionne le sermon prononcé 
par Proclus, h Gonstantinople , du temps de Nesto- 
rius, contre la doctiHne de cet hérésiarque ^ ainsi 
que sa lettre aux Arméniens^, et le traité qu'il com- 
posa à loccasion de la translation du corps dé S. 
Jean Chrysostome à Gonstantinople*. 

Le récit de la révolte de Rhoilos ou Rougas, qui 
avait raflié les débris dé farmée de Jean Tusurpateur, 
et du phénûmène céleste dont fut frappé le rebelle, 
nrajotite rien aux renseignements que donnent sur 
ces événements les Histoires ecclésiastiques de So- 
crate èi (de Théodôret*. 

Voici en quels termes Jean de Nikiou rapporte 
fhi&toire du meurtre dTIypatie eï des troubles d'A- 
léiandrie: '/ 

« En c5éà*temps existait, dans la vAle jÀle^^aiwirie , 
une fè^tne païenne, philosophe, nommée Hypatie 
(li^'JI|I^JfS«), qyi.pe s'occupait que. de magie i' d'ast^o- 

d* Alexandrie. » LWteur avait probablement parié çnicei t^adroit <ie$ , 



»9 



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278 OCTOBKE-NOVEMBKE-DÉCEMBRE 1878. 
iabes et de musique ^ Elle avait séduit un grand 
nombre de personnes par les artifices de Satan. Le 
préfet de la ville Tbonorait particulièrement, car eUe 
lavait séduit par son art magique; il cessait de firé- 
quenter l'église et y allait à peine une fois [de temps 
en temps]. Et non-seulement il agissait ain» en ce 
qui le concernait personneUement^ mais il attirait 
auprès d'Hypatie beaucoup de fidèles, et recevait 
chez lui les incrédules. • 

u Or, un certain jour on donnait un- spectacle, sur 
l'ordre d*Oreste, le préfet de la ville, qui suivait les 
coutumes de la population (étrangère) d'Alexandrie^, 
et tous les habitants de la viHe étaient réunis au 
théâtre. Cyrille, le patriarche, qui avait, succédé à 

1 l^pf 1 "fHHkf* I . On trouve un renseignement t^^if aux 
connaissances musicales d'Hypatie, dans Suidas, s. v. "firaTMi, éd. 
de Kuester, t. III, p. 533. 

4 « 'tOhl^ I 0^1+ 1 hCflhA « ^toB 1 Vie t IMHXtri 
744 1 anao I riQ£ 1 tAnU 1 HUAin. 1 aU74 t hÙfÈt» 

Cf 1. Cette phrase n'offre pas ute iens satisfaisant. Mais on peut voir 
ce que l*auteur a dit, ou voulu dire, par le passage de l^Hisloirè 
ecclésiastique de Socrale (lib. VII, cap. X:iii) qui se rapporte à ces 
événements. Le préfet tenait habituellement ses audiences dé police 
au théâtre, le jour du sabbat, jour férié des juifs, qui s'y trouvaient 
toujours en gtand nombre.. C/ést ^ qm 9otre tejEte e»p9f{e, p9ir 4es 
paroles «et il suivait le^ coutumes de la population étrajAgèvr 
d'Alexandrie.» Ce sont ces ordonnances que Cyrille désirait connaître,, 
et Uiénax venait au théâtre pour lui en (aire le rapport. Les mots 
filHi- t f^/^A* 1 Ûr^VU I ♦l»«i^f• t sont peut-être la 
traduction inexacte d*u&e phrase anaWgue à celle qu on li^ dftos 
Socrate : ^ohxtiw èp rf^edrff^ «roiounro^. Le mot vpArre/a ayant 
4té mai comprit par plus^urs auteurs, ilne ferait pas étonnant que 
le traducteur arabe de notre t-xte en eûtn ignoré le véritable sens» 



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CHRONIQUE BYZANTINE. 270 

Théophile, désirait être exactement inforaié à ce 
sujet. Il y avait un chrétien, nommé Hiérax (IU«|| 
Al), homme instruit et capable, qui avait f habitude 
de railler les païens, «qui était entièrement dévoué i 
rillustre patriarche et, de plus, versé dansk oon^ 
naissance de la doctrine chrétienne. Hiérax s'iélant 
rendu au théâtre, lesjuifij, en le voyant, s écrierait: 
Cet homme n'es|t pas venu ici dans une bonne in- 
tention; il veut exciter d^ troubles! Oreste, le pré- 
fet, qui haïssait les en&nts ée la Sainte Église, fit 
indsir Hiérax et fit soumettre publiquement, au 
théâtre, cet homme innocent à la torture.^ GyriUe 
fiit très^irrité contre le préfet de la ville, non-seule^ 
ment à cause de ce fait, mais inissi parce qiul avait 
fait tuer un vénérable moine du monastère de Bar- 
nôdj S nommé Ammonius (^"iMi), et d autres 
moines* Lorsque ie gouverneur de la ville? en fut in- 
formé, il fit dire aux juifs de cesser leuifs hosti^ 
ktés contre l'Élise '. Ceux-ci , confiant en b pro- 
tection damagistratqui était d accord avec eux, ne 
tinrent aucun, compte de cet avertissement, et po«rr 
comb^de scélératesse^ iU complotèrent un massacre 
des^^bhréti^^is , au moyen d'un guet-apens. Ayant posté 
fàes l)CM9einies affidés, pendant la nuit, dans toutes les 
rues de lé ville » certains d*entre eux se mirent à crier 

Û(ËfJ5^'^^^^^^i ^^^ '^ ^^^ ^^^ désert ^e Nitrie chei^ ies 



a(' u|i 1 



' i:-.- 



"'^1rtîI|i^Fi'|f7Cî paraît désigner le gouverneur militaire. 
"I' iyKtfl>è^Ie*^ëèltde*Socratd, cet aveiti88«m<*.nt fut donné aux 
jiSife pk lié <pàtriarébèl Cyrille. 

*9- 



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280 OCTOBRE-NOVEMBRE-DECEMBRE 1878. 
que le feu avait pris à Téglise de S. Albanase i apos- 
tolique \ et ils appelaient les chrétiens au secours. 
Les chrétiens, ignorant la perfidie des juifs, sorti- 
rent, et aussitôt les juifs tombèrent sur eux , les mas- 
sacrèrent et firent un grand nombre de victimes. Au 
matin, lorsque lès autres chrétiens connurent le 
crime, ils se rendirent auprès du patriarôhe, et tous 
les fidèles ensemble se portèrent, pleins de colère , 
vers les synagogues des juifs,. s*en emparèrent, les 
sanctifièrent et les transformèrent, en é^ses, h Yvtnt 
desquelles on donna le vocable de $. deorges: Quant 
aux assassins jui&, on les chàssa!^de,{a vflié^ aprèk 
les ^avofr dépouillés de leurs )i^iérxs, 'sans qu^Wpi'TOS^ 
reste put Jôs protjéger. , , • . . , 

«(.Ënsiiiité, le peuple dés ftd^ïès*; conâuk par' We*rre 
le magistrat^, qui. éVaît un' parfait sêtvîiêûi^ dë'Jfestiâ- 
Christ, 




préfet. Ces Wmméis',' ayant 
elle se li^cm^ritV^j Wndfrwilv^ï'arraoh^iptode sa 
châîrè et la ïif^îi^fcl^ 1 là g^àiîdejégiîié^ 
Caesaria'. Cela se passait pendant l^'^^ij^^.^l'ui^ 
i'àyanï^épc«lîl*éè de ses véteBieùts^iilsj^teoU-aMièrent 
d^AS ïfe înièk de lîa^^ Ville ItiiqU'i xje rfffiËïfe ^otifÉ^t ,:^ët 

? 5ur j!€)gj^j pç^ .wWi* flî* ■ Ca^non , voyez çi-dessus , j^ier 

Hmrtêfs, hb. II, tome II, hsere^. LAlA,,cap. ii. — - Eulychii An- 
naf«5, l. I, p. 3oi, t. Il, p. 5o2. 



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CHRONIQUE BYZANTINE. 281 

portèrent son corps à un Heu appelé Ginaron (lh.T 
fd »), où ils le brûlèrent. Toute la population en- 
toura le patriarche Cyrille, et l'appela le noaveaa 
Théophile, parce quil avait délivré la ville des der- 
nièreç idoles ^w 

Il y eut encore d'autres troubles, excités par les 
juifs, sous le r^;ne de Théodose le Jeune. Dans une 
ville nommée 4t^^i* i ou fi^^hCf « , située entre 
Chalcis {l^tMf i*) et Antioche de Syrie, les juifs, 
pour tourner en dérision le crucifiement de Jésus- 
■ Christ, avaient fait mourir un enfant en l'attachant à 
une croix. Les chrétiens voulurent tirer vengeance 
du crime et de l'outrage, et il y eut beaucoup de 
morts des deux côtés. L'empereur donna' aux préfets 
l'ordre de punir les juifs coupables. L'Histoire ecclé- 
siastique de Socrate contient un récit circonstancié de 
cet événement*, qui motiva plusieurs lois relatives 
aux juifs qu'énumère le Code théodosien. 

Dans rfle de Crète, un imposteur juif, nommé 

* Compares Socrate» Hist ecdes., lib. VA, cap. xiii-xv. — Joann. 
Mdalœ ckronogr,, L c. col. 536 A. — Théophane, coL a 24. — 
Georg. Gédrénus, Histor, compend,, l. c.^col. 64o. 

* OuGhalybon? 

* Mut, ecdes,, iib. VU, cap. ivi. — Gomparez Théopfaane, 
Chronoyr., ad anùum 6908 (/. c, coi. 328). — Georg. Gédrénus, 
Histor. compend,, l. e., col. 64 1. — Socrate écrit le nom dd la ville 
lpfUf/!dp; Théophane et Gédrénus rappellent tfifiot, qui est Vlmma 
de Ptolémée; dans Gassiodore (Hist: tripartita , \ïb, XI, cap. xiii) 
on lit : 'Mestar. Georges Ibn al-*Aiûîd, en sa chronique (ms. arabe de 
la Bibliothèque nationale, n* 75 1 , fol. 23o v**) . rapporte un fait ana- 
logue. Il raconte qtie, sous le règne de Thésclpsele Jeune, les juifs 
d*Alexandrie exhibèrent une idole (^-^^) sor une croix. Peut-être, au 
lieu de Lêu>o , faut-il lire ^^^t^. 



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282 OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1878. 
4UklLA • OU AlllAC t\ se fit passer pour Moïse. Il 
prétendit conduire les juifs en Palestine , en renou- 
velant le miracle de la traversée de la mer Rouge. 
Socrate raconte la même aventure^, et sa relation se 
trouve reproduite dans YHistoria miseella, ainsi que 
dans la chronique arabe <k Geoi^fes Ibn al-^Amîd 
(Elmakin)'. Les deux textes sont presque identiques 
et proviennent évidemment de la même aouroe. Seu- 
lement Jean de Nikiou fixe la date de l'événement 
par le pontificat d*Âtticus, patriamhe de Constantin 
noplcr tandis que Socrate le piaioe sous le patriaveb^ 
Maximien. Le nom dli^fiiugi 'pr^phèfte^^i'a pus «éléi 
trartsmfe'ipai' Socfât8*'*''p ^Mwimui tni ^nA A, siiùi 
héi thûpifat^ inxx'^n^ (4^* I ào^I^lâ^utèt ps^ Ur>cé^^ 
lèb^el UiÛ^ 'àë i la^ ^pùttm^ < (qi»; fit 4ai^' i»<disJ 
et^l^dè âu'setni()«f ïaiftttiiUeiiitâj^iial«'>elï^ 
^^4>»uSte d^étëiieifidtitsfof^ impoiH»nf«>>Qiwi'^4p> 
éini^tltt de iM^iiltiditéiiâci'déiréQit^iboiâme^tJvaaty 
certain mérite littéraire , et que lauteur monophysite 

no«i9>'aUoi)s^e9i^dô]^nefiilaitradtiJctioiiidi!Mj; t^^q iy»ov^i^r, 

iy Kjj» , 'jt< n ij}, .'>:<{(< "tfj, 111 ^,,,| ,i,/,.^> .3,, If ,',tf,:'i')qff|j •iJm^^ih al 'Ai 

« Les raisons que Gibbon a fait tatéif; «dOlife riHQàttmidtéf'^i^ 
n ont pas une grande portée. 



«fjji'«';Mf') I 



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CHHONIQUK BYZANTINE. 283 

«L'empereur Théodose, dans sa première jeu- 
nesse, lorsqu'il apprenait les Saintes Écritures inspi- 
rées par Dieu, avait eu pour compagnon d études un 
enfant nommé Paulin (J(A.t>A«, lULMk •), fils dun 
ministre (MUS^*)> et les deux enfants avaient grandi 
ensemble. L empereur Tbéodose aimait Paulin, et 
il loi avait cxmfôré la dignité de tiroisième empereur, 
fcmctioii qui est appelée J(^iUHk«^ Paulin dînait 
souvent avec l'empereur et l'impératrice, tant était 
grande l'intimité qui eicistait entre eux. Or^ il arriva 
qu'un ijour, Pautin étant malade, on apporta [à l'em- 
pttremv de.4a<^p«rt.}diuii.£onctionniare qui était es* 
timé de lui^ une pomme, quoique i^: ne fût pa6 la 
sahosid^ fruits» dont- fejtepenwr/^t t^iofli^^iefs de 
la*oirf*3qmj*faivDywnt»«dmiï«içh^fci b*«Jéi H^Aïr 
peiM»ir$fapilè$ »avbiri donné [b^rpiiè^odV^ri à t0elui 

lrûBVO|0r>» Rwilini'pâfQe^qil^ét^i^Mll^ls It^èfU». 

* Je ne saurais dire avec certitude quel est Iti mol gj-ec et. quelle 

d'accord pour attnbucr)ll'PâfalinJl£bfgfiitéi(l4.fKlfpr^fietj(9Hi^^ 
officieruni),, position plus élevée que celle de putrice, et appnK^haut 
delà dignité impériale. 11 ue serait pas impossible, du reste, que ce 
«iÇ^ <te KffMtb mvvfût/uiikf fprJnevt4:è*'.4l<^ *H l^y^V^^- On 
pourrait pensep nm^'Èi}99f!4ff1^*^%mië^fJeti^mfniÇ^,^^K 
ce dernier titre ne parait pas avoir été fn,|H9i^?avj^q^leirf^i^<|'Ué- 
raciius^^J^ P«^ifîV«»)}çtlre (jU|WRÇD;i)iW;^iAi^ ^re 

çoi^d^réç,. ^fVkïjÇ^^ippoe i^,p*;fSp^ili<wi> flkWffl «»PHPe ^^nt jjartie 
du mol grec transcrit, nous aurions' peut-être ici un des te^fufs de 

(<riî>ixA|^ol/) ,til, «|^.î»emW«h^'ilî?iftffff4)li*^t^s 5>f|^cipi 

la cour ou la suite de l'empereur. yjto ? olui-vf onn r 



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284 OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1878. 
avait une grande affection pour lui. Paulin: ignorait 
que c était un cadeau que l'empereur avait fait à l'im- 
pératrice. Puis l'empereur, étant venu pour lui rendre 
visite, vit chez lui la. pomme. Ji rentra aussitôt, au 
palais, lit appeler fimpératrice et lui <iit;: Ou donc 
est la .pomme . que je t'ai donnée ? L'&npératrice , 
craignant que l'empereur ne, fût mécorit^t d'efle* 
voulut lui cacbai-, la,;^iérité^^t,dit ijelm^uff^i^^^^e^ 
croyant pas que tif :ptei?L; dow^^d^iW çpnpjfitg,.— - 
Ne l'as-tu pas eavoyéi^r^^fp^e^V^ l^fij* 

p^r?Fî . E%/ma. 4%mvw'h.^^^l^.mm^m^^^^ 

W(i99P^fftS^WPk^ oeobokir 'in9'ï9qfn9'J — .grioiJ 

comme étant hérétique ^ Quelque temps après; 
l/«mpë&ettr fol? aV^rti qfue^PauSn Wurnsiatt^de^É^ 

exciter une révolte. EnftfiQn;|^fflçc$ja<yiii,fit,taftft^ 

la demierë pLrase est Manieurs mcotqu,^^ , ^ , ,,-^ ,,^, ,. ,j^^^^,[„r, 



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CHRONIQUE BYZANTINE. 385 

cher la tète, ainsi que Paulin avait voulu agir lui- 
même avec l'empereur, iami de Dieu. L'impératrice 
Eudoxie et l'empereur Théodose avaient eu pour lui 
une grande affection et l'avaient comblé d'hon- 
neurs'.»' 

On sait que, par suite de cet événement, Eudoxie 
n'ayant pas su établir son entière innocence, et 
ayant en outré, par ses intrigues, éloigné Puichérie 
du palais, il y eut en fait séparation des deux époux ^. 
Mais notre auteur monophysite, pour lequel Théo- 
dose «t 'Evdoxie étaient 4es 'modèles des souverains , 
afflraMf4/ÀKiià¥éM>^^6Wv%i^tM èbt falissé et que 
bP«Vfl^?^4«8taPV§^x!iaiit"lfeW^Ï<yiBïë -dé 

iBèp,^t«?é*aïlMfô 'émé Biei#tôWja?M^^8*it^ 
tma^m<miM\itM ^s'wWMï'^'cày^a^^i&iié^ 

ilà%Hél'f:MH)^Yf^fft4^-^^Ma{W@6tH^iaH^^ 

é^èièm?!^m^è\k'm ^SMitl^'ya^toàfeW & 

Uons. — L'empereur Théodose e«\«^tf^M'1fèïti%' 

,eéiqB aqmaJ aupbup .'oupujiod JnfiJb aintni^: 
(T. c, , col. aoo). — tteorg. Cedrenus , J. c. , cdi, 6a i . — Joann. 



* D'après une notice de Suidas (s. v. IIovAycp/a], ii pardtrait 

Piiltf*K0t*io avait it la vîniihriw > ^ - ' ' | ' 



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Saû; OGTOBRX/QIOVii^^BliË.DÉGËMBRt: 1878. 

deffildiqidiiqrait'daaiK^I&'péché» Cette réponse a(Hi* 
gea profondément Tempereur Théodose et sa femme, 
qni> flesbèlitfitEîftl)!!^ coiiiDhi^ce conjugal et vécurent 
dm^ »iif>paar£dt)açlQoéd'Bt >daiiè iâ chasteté, n 

<;Jie n&eiiB^flbii^^ieanr/cfis Nildoù a tiré ce récit « qui 
n&'3Qi(irauvieiyyif9iÉk>biijàc(i^^ autre chro- 

mqitQ>^.fiia9à'7quî:aiété(Teproduit avee cert^uns déve- 
^!»pe|nHltft)liâaK':leb)açp^i^ \. 

Laîi4nmvk)âp^olrtecMaitei('iî^ lOÀ v")'4a retraite 
d'Ëndo9CKiâ Jétfr^sdsimv;A|iiésrlf maHage de sa fille 
&i<kKtté ai)eoiVMeétiBKdv^eDi|ief bund'Oœd^^ elle 
depnandar &j TUâbdose^ la < ptébomsiGni^ ifaire' un< |iè- 
lerilu^(|atixl(^csiii siMtsv^^afih! dIactbBftglîr< «ai^ \aty^ 
cfûiAh&déU&timi^osik Ueippàrevoriy bcu^ienlâtv écmit 
afix'ibagji»ira]lb derdiffiinihtKBtpIvmKxè^lâisnio^ 

téiVCtMé dfàilecxaikdfiie^ÀlliiocobfpagnQrpàcdlén^ 
à)iJai>hiéiiir ^et/Ji'>lal .gfà^^ÀéMnilhm^^içaiJ^^^ 
dBÊ^'hdaoBSiCmÛKtii. A lUuiBaledifd^iidfmieiiH^QPCSit^ 
\daaaEfàf)iîbi(^iBést^ conàtDdH/élvdËs, iangetf oefidsb tobn 
vjÉiibî|ii8tf.dasfh(iispfee9ipon0|leB' pHednil^ibtiirçlèMBq 
les murs de la ville. Puis elle se^e«tifa>fttlhfi(hidB;^ 
vécut dans la solitude. L empereur, de son côté, se 
U)ai9itpWi4ei«vQ et,ài2iiprièrçHlichaBt^d#5 kx 
et «dtes^ caàti^«!s^'et' '^*atrq«itfîf ^ W ^ vertife^ lîjei MéO*' 
soeurs' dé Têbip'ereiû^l^ Arcà^fc; èf TiJannîT' 

j') <,- . ;. .- •) > \) /y '/ qfei ,1 .fil! ,.ca\ao:i .1ul\ ,aun;^s'y — 
^ Me/i aiolie. de \ia .ttt^btbèq1■ft<^\Vk^•llalaJ:>aM)[)k(^^ jgcu^ 

ifl^riits v?îjel«Uv. j(aéi^^(»ii' dtiibioyt^eiftoidiii^Bff- Jdpiuctbio^iait 
<ld iéBiMbthâquQJBatiottjfle^a'^iYfi,^ ful.>jM5arcàmiD9i&^'Co«pai)6Kl 
Catalogue des mss. éthiopiens- kl£>iaiiiUi9éh.jkLt!itipi^t^vyidj j^iniob 



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CHRONIQUE BYZANTINE. 287 

étaient mortes avant qu^Ëudoxie eût quitté le pa- 
lais. 

Oi'voit que Jean de Nikiou, pattageant i erreur 
de Jean Malala et de l'auteur de la Chronique pas- 
cide, ne cognait qu*un &evà voyage d'Eudoxie, tan- 
dis qu'il est bien établi » d après les meilleures sources, 
que rimpémtriGe a fait'im premier plèlèfinage en 
^38 ou /iSg, afarès le mariage de sa fille, et quelle 
na qilitté;le palais dSine Biamère définitive qu'après 
la mort de Paulin^ qui eut lieuiett 4Âo* Le^ auteurs 
b^kadlÎDièûÉlI enidés^rooi^d ^â»Jiavdateld j» sépa*^ 
Fadioni jdari iIliéèdosèadàtiidLj^udoûoJ) (IMbpiiahe i^iqal 
podr e0ttèlpBfft»3idb ïiflstQsOeiiie j^end^iKeiipai^ M 
ikiiettX)iiliiDQitv)il<^nneda|idaU Ae*)l^àùyMàh'Jih^o^ 
qnilomiQti^daiflitiutcfleisJsiûiieiQeiBfe éaiTJQ^oabsci^ 

la;^^^'^^'^.'^^^''^^^^^^'^^^^ eiûabkeçT 

canUiiOkHln^ufiipaflpaie^tmUviefiabJ^ Mfaroéti 

lin'jen«ui(2^oo^ëhmiabl<%ifiiç, fiieâv££ mieghddé 
précisièi^ïéjio^e, d&iàmuaii é^JésmammasimkanU 

sdort «U)Bnotogànë «tlid^Afibnlin^p kàimi^ù&WQhfSMhi 
[HaxIè^dûdiçtitin'jHq lft)i[|ttanfito4iqattièmd)aki)néefidiy 
itègnbrdaiaiyéodàsa^t'f^ olli gii/I .ollîv d <*b niuni <•) 

— Ckroni,d>asch..4KÀ, SoA et suiv. et &eS. — Tbéophane. CAronojir. 

— Évagrius, Hist, eccles,, lib. I, cap. xx-xxii (/. c, col. 3 47^61 

L»i^hhiniqi]fe fas^salbjoêt ^IMuodliii) désîi^ienA àêarimïW tùmià^ 
V^po^tmjàe Valaotkifeem'Celtct «crmir«*eiiftè(ve(iieiDàf>ialiaMii<<ié ïà 
donnée chronblogifue^ide oesîkkMkuèetttftiuvc^o^ A w './«m ttl^ t\i\>'.'\ï>^) > 



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Ô«S OCTOBBIE-INtaFVKlttBRE.DÉCEMBRE 1878. 
ttfrApBà9^>Ia2niiirtide.Sir^yrUle, patriarche d'Alexan- 
dipe]'«tiié}J«an'v,patriaybh6<d^Ântidche, dit lauteur 
|fij^.riix)it)ifJé8oHaii»é '<évêqa»s^ nestoriens d'Orient, 
^ tearenfe lâb;T^wiité*]9t( admettaient deux natures» 
en Jéaif^t£lh*i8tfiet>iptfr0^ du vivant de 

Si;i€yfvUie^'M)fnqntfârfOf| <jk nouveau. Les évêques 
hèrétàigaSd&lVie^Qtm^tfmliiiQ]^ «t d'autres villes se 
mèaàis^wntkh^bi9ttiet^^miéni que ce n était pas 
dmMT«i}éBfi^iisééridfer^lé)q«ie(renipereur et Timpé- 
«ratrim B'è^iati^séf^àré^i^i&lm^ en discorde, à cause 
^fioiiiîfEiiUjMEèpcinsnrurde^dd^ coté, irrité contre le 
faiÉi(iai)cliB^i^vieiarf^iles érêques de son parti, les 
fdcdiffioitdiWoinfraUnid^é^ Aamdie^nestc^rieniie déjà 
^feiiEbe. fffdid)ériei,((s(»uirr'dçr'lp)é3mperèur Théodose, 
(pDQÉdg»ij(^)lfrTpal»iaTbhefFlaYie3ti. Toutefois, elle ne 
^yduiiaitIplafir>ieJiHWèégeif(tuw9tem€^t, car Tempereur 
baïsÉlift rte$^4y(^ysitjesj,o dal'SQrte ^e* ee^ ne 

iniisfésptrtrdis/fbrtil qui atiiii€bi4rn0tr6 auteur à jus- 
^ep/)iiiiiigné ile5rrtân0%Mg«^rJks f^luis formels, la 
mmêÊfàbfb Idé YitapéÊmtm^aï^ {laquelle, plus 

mtirtéowïûqlsb^Aki^Tâkï^i^^^ porté' ai^ssi à 

noircir la mémoire de Pulchérie. Nous venons de 
^^ofc-^ ^c^iH^ûëcsMse (Pafv^r ?»^ neilorianisme '. 

i^ù q ,11 J .HViB^ 9f) \é .nirx rf^-} J1Ï7 ■ i":^ ^' 
T(î¥ i(PuIchéÛi!Barf!aitMu,top)ii9«èi/jd6$^griBfii{f«i»^^ oonti« Nés* 



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CHRONlQU'BiSIifl^Mrrj^in&dOTJO S80 
On ^k que Puid)erk(,t'i^i^4i9iRttdiingéia^qiant 
de sollicitude rédUi>aiioi»idtet}ktiy|j^iiBslfBtrdoet'^iqiU 
ne eessa jamais^ de veîttejp sinr iai),udë8âia|](ti cavrigéf 
riodolence de Ttféèl(k6è>^ téquëi^listft dontùÉ idbfs 
décrets dans^en À^i^^ftJMnw|isiandeviii^^ im 
jour, de faire 8tÉ»eti0fïiM> ^ifaJ$igiiat«^ ^ilbfpéKai^ 
un ordre fkti^ iâédaji^qt>4lttipiératïicel£iad^ 
^sclave^. €e'faîip4tii''^*^stoa 'f(»^«U4nrà^iàjJB^ 
moment oti'jâ'^ius lgyiqid^^îii|tkéîté^iigqi^ 
dans la &iibttê<^dê Hiéidtfs» ç:^'«ffe^'iii<ir i aucune 
«uîte^.^lèanfdéiKitriou /3Aéniibui«mi»qdMUu9Bmeh^ é» 
êfeitsi'l^oilfi ê«)(fâii|tift^. «'Putehéti^i^r^w.deSieiQ- 
^i^i«/x|i[ii4«lfia»dàiidk E^aMbinVioanxelfeiJSlinsaiti^ 
t^{4^'jiéôlfé> #||i£«eb]^mnrv^l^^ .^lisdo- 

^ItlaSiMN^.' j^iiài^j^lle 4br|g^iimi(kioiitttfm 
t|i^$^^(|M JP€mpê#%in^iJtui:^)ii«^t^3iou*^ 
^ tfiM^pè%ti»kid , ^!slès><el5b et^^^dipnci^^'jét Jdfeifid- 
mk cette pièi^i â 4^(hxl^i^vt^ 
fiè^[iié''lë^d^uaiéti4b^t^ ^t^) lilridf vibitfi i^egléhat, 
#uièbà>^e4^ ,<t^f^l|ffii;^g|ffËÉnait «i^kuli^^dds 
%^Hl4k>i^^l^lfi^0^^n^de«ttpm^ àbleihipbniiir 

%«ié^. ^Uttfid l'cbïpfer§Uii^^ittfaJpiée€BlptnHiiiarttBe 

Alicb. Glycaé^ Annales » éd. .'de Pari^, p.- 30a. -;- Constantin • Man&s- 
368, Çon^ehi. hisiar,, éd. de Paris, p. {^<^ Mkc}-^4J^MiiièÀ^A^hé- 
n&^AnmL, lib. XIII, cap. xxm, éd. de Paris, t. II, p. 44. 

-^tmëkltlfk^f^m^^ttàoili» èt^|è«Jlëireiitrée4el»uitbéivevi^^kè. 
L'auteur a combiné aiiifit deux fa|l9iaibs>Ai«mwitciliffiÉnnt0uist iMoq 



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290 OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1878. 
et la signer, il y lut ces mots : l'impératrice Ëudoxie 
est mon esclave. H fat très^irrité contre sa sœur* 
tant à cause de son audace, que parce quelle avait 
manqué de pudeur. Il fa fit arrêter et enfenaafer^ 
puis il voulut que le patriarche lui imposât la maiii 
et lordonnât diaconesse: A fa suite de cette afl^re^ 
il y eut de l'inimitié et une grande haine entre rim*- 
pératrice Ëudoxie et Puldiérie, et 1 empereur se se* 
para de sa soeur Pulchériè^. » 

Le chapitre ique nous veDons de résumer se «terr 
mine par une courte notice sur lé faux ooneile 
d'Éphèse, fa mort de Théodose ^ le r^e>de Mmv 
cien, le coi^ile de Chalcédoine et fa mort d*Eki<k)xie.: 
«Ensuite l'empereur donna ^ des ordrf^ pouir-'la 
convocation d'un second concile àÉphèse, et y ap^ 
pefa Dioscore, patriarche ~<1' Alexandrie, successeur 
de Cyrille. Ffavien, patriarche de GonstantlAOple; 
Ëusèbe, évêquede Dorylée {tM/t" rW^tCHlk t); Dùm- 
nus (Ka»<(ki), patrfarche d'Antioche^ Ibas (f*JUkt)\ 
Jean , Théodoret et ^16-M • , évêqûes^^d'Oriient , <fo- 
rent déposés ^. — Aprife» cela, Fempereûr Thébdose 



* Sûr les dissensions entre Théojdose etPulchérie, voyez Théo- 
phane, l. c, e©!. 2 56 et soiv., 264 et suiv. — Georg. Cédrénus, 
/. c, coi. Ç^3C. -«^ Joantt.xZo<iafîa«^v'-.tî., tJ H, p.- 45i;f '^' /* : ' 

^ Aa lieu de Jean, il faut peut-être lire : Irénée; car Évagriûs, en 
son Histoire ecclésiasliqfie {lil^. 1,'iaBip. wj/^îfientfctitkë^pt^rMt lèB 
évéques excommuaîés DanielViéréquè âe GairrlifitovIréAéè^,' ê^èifa^ 
de Tyr, et Aquilin « ^éqne 4o Bybit»«. 11 e^ a^iâ <fGt^rénM>tfvâit'éié 
déposé anténêttKement , en vertu d%n édittfîMpéridV tijais^cietlte bDn-^ 
damnation n^atait pas enebftt éfé cotifl^mÂe par tin^fcbrlcîlê. (¥oyiet 
Baroniug, Ammihs, t; Vllf, anii.'43<<t,^'^«N!îJ-A*i»Vâteif,'^i#<iÉéf<ir. 



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CHRONIQUE BYZANWÎ^EJ H T )0 flOf 
tomba malade et mourut; il quitté vcëttej^^ietiJilla 
retrouver le Seigneur. Et taâdll qicmllainpiénatrtee 
Eudoxie vivait dans la retrait» v an» lleuxîjsaiiû^iiki 
Jérusalem, Pulchérie s'eni{)aî!a.aitdaQijei»ienûua^tiBdk 
rautorité, sans le consenlemei^t 4e'\^ta3iitinieAi,.éni]^ 
pereur de Rome , ni céluf desetaàgtstiiatfr.eÉidù'fiéhalb 
Elle épousa Marciên le taîibuii<{èÂ#)rftimJ>4t^«^,'^ûî 
mit la couronne sur lé tâteieiMe'noiatnfaBi'^isiittifi^ 

Elle devint sa femmeetpéirdilr litffvir^aûté>>^)L*<iixt 
pereur, avant sa> mort, </famjtirT&it|:}gaird<|]pi|i'nta%ré 
elle, afin qa aucun b(mm^)yéilTaugHtu n\fAf, aoèè^ 
auprès d*eUe et n usur^^B eidpireïi» si . ^f-ArUiiU 

Le récit suivant a «l!^^^tobatde(d!iefft'>imag^éi|itv 
quelque auteur monopfaydbe liJbi^tçiir) de ofavéâe^ 
ment de Marcien, il y eut^.sor touubebladtèrcewune 
obscurité pareille h VôhscutààéiqtÀi^t^iitmsâSkerÀiiuf 
rÉgypte, du templs ddMvîseq e):iqiiiâ(Ara)iAfl^s jb 
premEÎire heure du jo⣠JB8^atis«i6ri J^]i9pidUitn3 
de Gonstantinople^ tei](sferfiiie'i<Qi)t)^t(qUHM^n£du 
monde était arrivée; . fîî-r.î^ îo jsîoBoèdT .ncî^l 

L empereur .Maveieoj^i^t^h^î^ ensuitcH^oOfèboMpia 
un concile dans > la ville de Chalcédoine; ^x cent 
quarante-sept évèques' sV .réunirent. Di^sapre ^ pa- 
triardié dJAGiwx(3i^mi<J^%Àéffd§i^ «|ie[iio.i» dç^iHiUî 
vien, mort en eîdl, duitemps'klef^héod^Sé^ Ft^noe^ 

ad Evagt ^ L c^_) ^ M^yo^()ieBt,éviffe^m0pt!«MiièÉtsi» ^iécél4>cul^ 
élre ce\md*Atidpé, (€onipÉregf/^M»pllânQi(f.£Ôisr(09kri»6i9) 'idnpâvA 

* Cette dfirntè«9ràBQU9ilVcwèiP((i 
des auteura ck V)u|e'j^iif<nii^w do2t>4U«)CQi9i^lénki!0ti»iBS»itmè£iHfëb 
calomnie, ^le a iété f§^rc4itMf«ff Qèégoixttiinii^bnMiâf ( wfèts^^iftéf 
nicnm syriacwn, éd. dç.Brit«s et Kireck, [)J^^)i ^^' •' ^ acrfrioisil 



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292 OCTOBRE-NOVÊMBRK-DÉCEMBRE 1878. 
reur bienheureux* fut inscrit dans les diptyques. Il y 
eut des troubles à Constantinople et chez tous les 
peuples, et Marcien mourut, après une maladie de 
cinq mois et après avoir régné six ans. Pulcherie 
était morte avant lui. Vers ce temps mourut aussi\ à 
Jérusalem, Timp^trice Eudoxie, illustre par ses 
vertus et par la pureté de sa foi. Elle reftisa de com- 
muniquer avec Juvénal ( NLf AM i), évêque de Jénir 
salem, et avec ceux qui -avaient assisté au concile de 
Chalcédoine ; car elle savait qu*ils avaient changé la 
foi véritable de nos saints Pères et des empereurs 
orthodoxes. Ellle ne voulut être bénie que par les 
moines -prêtres qui communiquaient avec Théo- 
dose, ((patriarche d'Alexandrie *. » 

Après la mort de Marcien, dit lauteur au com- 
mencement du chapitre Lxxxvni(fdi. 102), régna 
Léon le Grand. Sous son règne, la ville d'Antiodie 
fut couverte de ruines [ilHA^ •), par suite d'un 
tremblement de terre ^. Il y eut aussi une pluie de 
feu ( ùdt t) dans la ville de Constantinople (cest-à- 
direla fameuse pluie de cendres qui eut lieu quelques 
années plus tard) et un grand incendie qui s'étendait 
dun rivage à l'autre, menaçant .même lé palais im* 

^ Il s^agit de Théodose , moine d*ÂlexandHe , qui avait cbassé^de 
Jérutalem Tévéque Juvénal. 

* Ce trembiement de terre eut lieu dans la 066! aùnéede Tère 
d*Ântiocbe, 45o de J. C. --^ Voyez. JfoiiR. Hûlcim vhnmogr», Z. c. , 
col. 5^9. — * Ëvagnus, Hist, eedet,,hh. II, cap. xn(l. c, cd. 9556). 
-ir-.Thé(»phane, Cfcrenojfr. r, coi. a^Ro. -r-rt ^Georg. iCédtéxmê.^ Uisii 
compend,, L c,,co\. 661. .;.'/.. 



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CHRONIQUE BYZANTINE. 293 

périal, et pendant lequel Fempereur se transporta à 
Téglise de S. Mammès, où il demeura six mois ^ 

L'empereur Léon, est-il dit, promulgua ime loi 
relative à la sanctification du dimanche, défendant 
pour ce joui* tout^ sorte de spectacles et de musi- 
que. Cette mention est incomplète; car ladite loi, 
confimiant et renforçant deux lois antérieures de 
Théodose I" et de Théodose le Jieune, concernait 
non^seulefnent les divertissements publics, mais 
aixssi c^tains actes.de la vie publique et civile 2. 
Puis cdci lit : «Et il expulsa les Ariqns de toutes les 
provinces de son empire , et défendit à tous ses sujets 
de les laisser entrer dans les é^ses. )> Jean Malala et 
la Chronique pascale parlent également de la persé^ 
cution des Ariens par Léon , mais seulement des 
Ariens Ëxocionités, <5est-à-dire ceux qui, depuis 
les t^ps idu grand Théôdose, demeuraient hors des 
murs de Constahlinoplè^'*.. Toutefois , ces deux textes 
disent aussi que Lépn envoya partout {^avTaxoS) des 
édits qui défendaient aux Ariens *d*avoîr des églises 
et de se réunir** On Voit que chacune des deux par- 
ties: de la pbpàse que nous venons de reproduire ren- 
fermé nrr malentendu. ' 

* Voyez Jeann. Mal. chronogr.', col. 553. — Citron, pasch., 
col. 828 C, 839. — Évagrias, /fis/, eccles., lib. II, cap. xiii. — 
ThéopiMaé^ fiàiiw^.,ieoi^'3oo;^Gédfg. Gêdrétiùs, /. c,,/coi. 664' 

2 Voyez Joann, Mal, chronogr., col. 552 C. — • Chrùn. pasch., 
coL 8'è5*i.-74fCod. Justhi., €. LilU/tit. Xjl, p. De diehus Jestis, 

? Sut le^ Afietift Siocionite» , voy. Du Cange, bonstmt^ chrisliana , 

*\vV*ye*«J(Wuii».'.Wa/^i okronogr., col. 553 B. — Chron. paschaie, 
col. 828. . 



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294 OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1878. 

L'histoire ûe ia conversion, du f>hîlosophe Isocase 
au christianisme est présentée avesc certains dévelop- 
pements, tnais aussi avec plusieurs erreurs et omis- 
sions, li est inutiiie de nous y atrèter K 

Les troubles religieux et les graves évà:^ment$ qui 
eurent lieu à Alexandrie, à la suite du concile «ée 
Chaicédoine*^, sont racontés daiis nôtre texte, au 
point de vue monophysite, ainsi qu'il suit : 

t( Lorsque lempereur Léon apprît que des troubles 
et des meurtres avaient eu lieu à Alexandrie , du temps 
de Marcien , au sujet du coHicile de Chalcédc4ne, et 
({ue les habitants, voulant maintenir la fot orti»odoxe 
en une seule nature de Jésus-Christ , avaient tué Pro- 
térius, Tévêque des Chalcédôniens (oêt évoque avait 
été d'abord archiprêtre * à Alexandrie, et, lorsqu'il 
eut signé le rescrit impérial, les Chaicécjbni^is 
l'avaient élu évêque; mais la population orthodoxe 
s'était soulevée contre lui , l'avait tué et avaft brûlé 

* Voyez, 8urraventured7socase, Joami, Mal. chrono^r,, col, 5^9 
et suiv. — Chron, pasch,, col. 821 et suiv. — Théophane, /. c, 
col. 292. — Georg. Hamartolus, L c, col. 757. — Georg. Cé- 
drénus ,!.«.> coi. 665. Dans notre texte, le mot qurnstors Kvealéptogt 
a été pris pour le nom du père dlsocase : %i'}llKlCftf>& t IDAi^ * 
hJbOtù >f Le mot XTifro^p est traduit par HO+CT* j^ > > c^- 

* . Voyez , sur ces événemente , Theod. Lector» Patrol. gr., t. LXXXVI, 
pars prior, col. 1^9. — Compiàrez HacLarias Rhetor, dans Land, 
4necdota syr,j t. III, p. iZh. -^ Victor Tununensis , CAronfcon (P«- 
irol. lat., t. LXVIII), <xî[. i[>43. -^Liberatus Diac, Breviarimn» 
cap. XV et XVI [Pair, lat., t. LXVIII, col. 1Ï017). — Évagrius; ^wf. 
eccles., Uh, H, cap*fy «; vin (t Cé, toi. iSôg et sSiii). — Chro- 
nicon pasçh., col. 833 et suiv. -^ Théophane", CAn)«o^.,rÇol, 272', 
280. ' ' . ' . - ■ ' .^ V' •- -'> '^ -r' 



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CHRONIQUE BYZANTINE. 295 

son corps) , ii nomma patriarche Timothée, disciple 
de Dioscore. Tinradiëe étah un ancien moine du 
couvent de Gafanôn et prêtre. Il fut éhi, après la 
mort de Dioscore, lequel avait été d^osé illëga- 
kinent par Tempepeur ftf arcten et son coiicik. Tî- 
TÊÊdUhée ne recohnut pas le concile des Chaioédo- 
niens qui troùbfarit le monde entier ^ 

« Puis 1 erap^eur Léon adressa une lettre à tous 
les iîvèques, et les adjura de lui laÈre conns^tre «xac* 
tement leur opinion sur ie concile de Cfaalcédoine^. 
Mais comme les évêques craignaient lemperear, 
ils cachèrent leur sentiment et ne se prononcèrent 
pas, à Texc^tion de deux iévèques. Lun, nommé 
Ettstathe... ^, homme dune haute inidligence et très« 

* Il n'est pas erâct que Timothée hit été nommé par i*emperBun 
ni ^'il soit mopté anp* le «iége pon^cal immédiatement après ia 
mort de Dioscore. En effet, Dioscore mourut, à Gangres, en d54 « 
et Timotbée Élure ne revint à Alexandrie qu*en A 5 7. Les auteurs 
jacobttes, sans doute pour ne point admettre dlntervaUe entre la 
mort de Dioscore et Tavénement de Timothée , son successeur mono- 
physke, donra^ im ponlifidat:^ pramitr' tme 4iiBée de lA ou 
d« 16 an». — • Le rensei^ement sur ie s^om^ de Timothée an 
Matent de Cdatvftn sot à eomjpléter )& récit donné par Théodore 
le Lecfeemr, Tkéopfaane et Cédrénu», star ies jon^eries pnitic|ttée9 pa^ 
ce moine poitt.'^hldpirie 8iëg^d*>Akiàndite. 

' L- auteur monophysite atombt'SaHs Qelite sdenHUitPlf une'cir- 
eonslanee importante, à àavotr que kdke {etbpe-^ voyez Zachafias 
Bhetor,^ c;,p. lâ^rSç. — ÉvAgrân», i/ût. eedes,, lib» lî, cap«^ ix. 
^>— Comparez Liberatcis Diac. , £reriarniat/2. c*, eoL 1 oi<8. -*- Labbe , 
Qèncâ, i!olL,'i. iV, e^. t-83ô) demande au^i Tavis d<es «évâques- sui' 
l^^ectièn de timothée ÉIupb; • • 

"^ Aft^4*f-A t VM s- ^ »V^ probabiement d*£ustathe 
évique de Bénfte, qui n avait adhéré quetard'tm cotvciie de Ghaké 
doine, et dont le nom ligure parnu ceux des évéques auxcpiels-la 
lettre de Léon avait été adressée. 



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396 OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1878. 
versé dans TEcriture sainte , lit connaître à Tempe- 
reur son opinion sur Marcien , à savoir que c était sous 
l'inspiration de la crainte qtie les évêques de Chal- 
cédoine avaient changé la foi, de façon à jeter le 
trouble dans le monde et dans toutes les églises. Le 
second évêque qui osa répondre, était Amphiloque, 
de la ville de . . . ^ Tous les autres évêques, sujets 
de fempire, s abstinrent de déclarer ^ ouvertement 
que ce fut la tyrannie de Tempereur Marcien et la 
crainte du pouvoir impérial. qui avaient déterminé 
les évêques à agir à Chalcédoinè comme ils avaient 
agi. 

«En ce temps, vivait Eulychès le.Nestorien, qui 
s appliquait à être damné , au lieu de s'appliqua à 
apprendre f Ecriture sainte qu il ne savait pas^. 

«Le patriarche Timothée, en arrivant à Alexan- 
drie , fut arrêté et conduit dans un lieu nommé 
Chersonèse*, où on le fit demeurer; et il y eut des 

^ ^ A4& I nU7l! 1 avfSAflA «. La forme iCA^A i représente 
évidemment le nom d^Amphiloqué , évêque de Sidôn, qui, en effet, 
répondit à la lettre de Léon dans le sens indiqué par notre auteur 
(voyez Zacharias Rhetor, dai» Land, L e.,p. i4«* — Evagrius, le, 
cap. x). Mais je ne sais comment expliquer fiof«Af^ •• 

' KJBIMIF 1 pour i.hjajfrif» 1. 

*- Voilà un exemplç des jugements des Jacobites sur cet héré- 
siarque. Voyei à ce sujet Renaudot, Hist. patriarch. Alexandr, jaco^ 
bit,, p. ii5 et suiv. — Comparez Zacharias Rhetor, dans Landti. 
c, p. 99 et suiv. — Evagrius, Hist. eceîes., lib. lil, cap. v, infate. 
Nous savons, d'ailleurs^ par un passage de Léonce le Seholastique 
(De sectis, actio V, Patrol grœca, t. LXXXVI A, coL i2j8) que 
Timothée Élure avait anathémadsé également le concile de Chalcé- 
doinè et le patriarche Eutychès. . ^ 

* IClÛ^Ift »• Timothée fut d*abOTd exilé à Gangres, puis à 



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CHRONIQUE BYZANTINE. 297 

émeutes et des luttes à Alexandrie. Le préfet de la 
ville qui avait usé de violence contrôle saint patriar- 
che Timothée tomba en pourriture et mourut ^. Les 
habitants disaient alors que le mal qu'il avait souf- 
fert était un châtiment de Dieu très-haut, à cause du 
traitement infligé au serviteur de Dieu, le patriar- 
che Timothée, afin que tous les hommes reconnais- 
sent que Dieu veille sur ses élus et qu'il punit les 
oppresseurs. 

((Basilisque^ lun des successeiu^ de Léon, qui 
prit pour collègue, pendant peu de temps, son fils 
Marc...^, rappela le saint patriarche Timothée du 
lieu où il avait été exilé par Léon le Grand. Lorsque 
Timothée fut amené à Constantinople, avec tous les 
honneurs et toute la pompe sacerdotale, tout le 

Ghersonèse. Je suppose que c'est ce dernier nom que représente la 
fornae éthiopienne Tjnjk't'Ul. J. 

* C'était Stiias , préfet augustai ou , d'après Zacharie le Rh^^eur, 
commandant de Tarmée» (Voyei Libératus, /. c, coi. 1019. — Za- 
charias Rhetor, L c.j p. i44.) 

* J'ai remplacé par des points une phrase incidente dont je n'ai 
pas saisi le sens , et qui est ainsi conçue : mAfl t 'f'AïKlV?^ > 7! 
AA»I^ 1 IklH « «P^? i AKA-F i ik^hah'lbéfUli « Chà > am 
«fil?* • 'J.^^,» m/^^ t «Tt»* I llJ&Aii»J& i 0-P4t' « 

On peut croire qu'il était question, en ce passage, de Patrice, maître 
des offices , et amant de Yérine. Un «Chratt de Tflistoire de Candidus 
conservé dans la Bibliothèque de Photius (Patr. gr., t, LXXXV, 
C(À. 1749) nous apprend que Vérine* lors de sa conspiration contre 
le gouvernement de Zenon, aurait eu l'intention de mettre sur le 
trône Patrice, mais que le Sénat choisit Basilisqiie. Il est possible 
qu'elle ait renouvelé sa tentative et qu'elle ait» voulu obtenir pouf son 
amant , de la complaisance de Basilisque , le titre de César ou d'Au- 
guste, Voilà, peut-être, ce qui était indiqué dans le texte original de 
Jean de Nikioïk. 



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298 OGTOBEËMNOV£MBR£DÉCfiM&R£ 1878. 
sénat et le peuple lui firent accueil. Une iettre^ûr- 
culaire fut adressée à tous les évêques avec Tordre de 
chasser ceux qui admettaient la foi des Chalcédo- 
niens^ de les exconununier et de les rejeter. Saint Ti- 
mothée et ses pieux compagnons firent à lemp^eur 
Boailisque c^te déclaration prophétique : Le jour où 
tu renieras la foi déposée dans cet écrit, ton gouver^ 
nemiCffit sera ébranlé ^ ta fin sera proche* L'empe- 
reur répondit : Je ne renierai jamais cette fiû. Mais 
je convoquerai un concile à Jérusalem, afin que la 
foi orthodoxe soit fermement et d^nitivement éta- 
blie.. Ayant reçu cette promease, le saint patriarche 
Timodxée se rendit à Alexandrie et occupa sonsi^|e, 
gardant ta profession de foi écrite au nom de Tem- 
pereur. L'empereur Ba^liaque> s'étant laissé séduire 
par des dons, manqua à sa parole; il détruisit ce 
quIL avait précédemment établi , et il ne convoqua 
paô,^de concile à Jérusalem,, comme il avait promis 
au patriarche Timothéede faire. Au contraire, il écri- 
vit une autre lettre par laquelle il ordonna de laisser 
les Chaicédonlens dans leur foi et de les respecter. 
En conséquence, la prédiction du vénérable Père 
Timothée et de ses pieux compagnons s'accomplit, 
tl y eut à Constantinopie une peste qui fit tant de 
victimes, qu'il manqua de gens pour enterrer les ca- 
davres qui infectaient 1 air. La ville de Gabala , en 
Syrie,, fut détruite par un tremblement de terre. 
Puis Zenon , empereur de Rome, se mit en campa- 
gne, s'empara de l'Isaurie, rassembla une nom- 
breuse arnuée et marcha sur Constantinopie » 



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CHRONIQUE BYZANTINE. 299 

Telle est la veraion monophysUei et pour ainsi 
dire légemdaire de cet épisode de Thistoire de ï&ax" 
pire dOriont. Il suffit de 1^ comparer avec les récits 
des auteui^ que nous appelons orthodoxes, pour çe- 
connaitre que Tévêque de Nikiou, orthodoxe à un 
autre point de vue, na pas respecté la vérité ^ La 
suite du récit pressente le même caractère : 

Zenon, arrivé à MM « (Antioche?), fit arrêter 
le patriarche Pierre, pour apprendre de lui les des- 
seins de Basilisque. Celui-ci envoya contre 2énon 
Armalim (ou Harmatius) et ACOmA < (P), avec un 
grand nombre de troupes du palais. Ces deux offi- 
ciers layant trahi ^, il fut jeté par sa sœur Vérine 
dans une citerne. U $e réfugia avec sa femme Zéno- 
die et $es enfants d^na un baptistèt^ç; puis il fut exilé 
à Limnès^ en Cappadoce, où on le fit mourir de 
faim avec sa famille^ 

' Vojez Théodore le Lecteur, col. 180 et suiv. — Victor Timu- 
nensis, /. c, col. 944-945. -^ Joann. Mol, ckronogr.y col. 56i et 
suiv. — Ëvagrius, HisL eccles.^ lib. UI, cap, ma viii. — Théo- 
phanc, Ckronogr. , col. 3oi et suiv. - — Georg. Gédrénus, Hist. corn- 
pend, y coi. 673. 

' Il y a , dans ce passage , un étrange malentendu , sans parler de 
celui qui consiste à présenter Zenon comme un conquérant s'em- 
parant du trône de Byzance pour la première fois. H est dit que les 
deux généraux firent jurer Zenon de ne pas les trahir. G^est Basilis- 
que qui avait exigé d'Armatius un tel serm^t« L'on conçoit qu il ne 
rentre pas dans notre tâche de relever toutes le9 erreurs imputables 
soit aux. traducteurs, soit à Tauteur lui-même. 

^ Les auteurs anciens ne sont pas d'accord sur le lieu d exil de 
Basilisque. Le comte Mait^dlin, Jean M^lala et Tauteur de la Chro- 
nique pascale doonent Liimiès, comme notre chronique. Théodore 
le Lecteur écrit èv Bova<ifiois, Thét^hane, Kovkov^o^, etc. (Voyei 
Valesii ÂdiiotcU. ad Theod. Lect., l. c.} 



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300 OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1878. 

Pierre, le patriarche (d'Antioche) , fut arrêté et 
exilé à Euchaïtès du Pont ^ ; car il avait été lié avec 
Basilisque et Tavait soutenu; c'est lui qui Tavait cou- 
ropné. C est, pourquoi Basilisque lavait nommé pa- 
triarche. Comme il persécutait les partisans de Nes- 
torius, les habitants de la ville le détestaient, et il lut 
massacré (lisez : Etienne, son troisième successeur, 
soupçonné d'être partisan de Nèstorius , fut massacré) 
par le peuple et le clergé, dans un endroit appelé 
Barlaam (OCm^AA «), le jour de la fête des Quarante 
martyrs , et son corps fiit jeté dans fOronte (MolA *). 
Zenon nomma à sa place un patriarche appelé Calan- 
dion^ 

Armatîus, lieutenant de Zenon, après le retour 
de celui-ci dans sa ville , se voyant à la tète du gou- 
vernement, songea à se révolter, et Zenon le fit 
mettre à mort. Sur le point de partir pour la Perse, 
Zenon dépouilla Basilisque (mfftAf'k-A «), fils d'Ar- 
matins, de sa dignité de César, le fit ordonner mé- 
tropolitain de Cyzique (h&h& «) et distribua ses 
biens'. 

Théodoric (M&ID«& t) , l'un des généraux attachés 



* fcftJK^ V • ^^^^ Malala rapporte également (Le, coi. 565) que 
Pierre Foulon fut exilé à Euchaïtès. La version exacte se trouve dans 
Théophane et Gédrénus. Pierre fut exilé à Pityonte; mais il s'é- 
chappa et se réfugia h l'église de Saint-Théodore d'Eudiaîtès. (Voyez 
Théophane, /. c, col. Sog; — Georg. Cédrén, , /. c, coi. 672 D.) 
^ Voyez Jean Malala, col. 565. — Théophane, col. 3 16* 
^ Comparez Evagrius, Hist cccîes., lib. III, cap. xxiv. — Basi- 
lisque est appelé plusieurs fois , dans notre texte , le père d' Arma- 
tîus. 



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CHRONIQUE BYZANTINE. 301 

'ÀhUMIItiif^à t\ craignant de subir le même sort, 
qu Armatius, se mit à la tête de ses guerriers goths 
(Klty* »), du pays de <1W.Ç •, s'empara de Sélym- 
brie (•VA^^Cfllk «) et de toute la Tbrace, et après 
être r^té longtemps àSycène, sans pouvoir attaquer 
la ville de Byzance et Tempereur Zenon, se rendit à 
Rome, fit amener le roi des barbares nommé 
Odoacre^, avec le consentement du sénat, s'empara 
de la ville de Rome, tua tous les barbares, et y 
exerça le gouvernement pendant quarante-sept ans, 
à titre de roi, à l'exclusion de tout autre roi, en 
soumettant la province à l'autorité de l'empereur 
Zenon , qu'il consultait pour toutes les affairés. 

Suit le récit bien connu de la sentence sévère 
prononcée par Théodoric contre les juges qui avaient 
lait preuve de négligence dans le procès entre la 
veuve Juvénalia et le sénateur Formus. 

Après la mort de Théodoric régna Athalaric, qui 
était de la secte des Ariens*. 

a L'empereur Zenon envoya ensuite un officier 
nommé tdiaipti*^ {(fuœsior) à Alexandrie, pour 
amener auprès de lui le patriarche Timothée , 

* Je ae sais si cette forme barbare représente réellement un nom 
propre , par exemple Basilisque , ou si c est une mauvaise traduction 
de l'expression 6 ixo v^diav c ancien consul ». 

' iohr»h 1 àiL* 1 acac > -un»- 1 h&oik « iin > oi* 

ày*f » KlI>«T*P'ÎÛ « • Jean Malala, col. 569 :. . .PeSfinv Tare xa- 
.te^ofiévnv vvà tou ùèodxpov ftr\ybç rœv BapÊdpœp, . . . 

* Voyez Jbann. Mal, chromer. ^ col. 669. — Chron, pasch., col. 
844- — Evagrius, HisL eccles.^ lib. III, cap. xxvii. — Tbéophane, 
Ghronogr, , coJ. 320-32 1 . 

' Ou bAabC « 



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302 OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1878. 
rhomme de Dieu. Lorsque le questeur se pré$enta 
devant le patriarche et lui dit que lempereiur l'ap- 
pelait auprès de lui, le patriarche lui répondit : 
L'empereur ne me verra pas. Et aussitôt il tomba 
malade et mourut comme il avait dit. La population 
orthodoxe s empressa d'élire un nouveau patriarche 
en la personne de Pierre l'archidiacre, surnommé 
Mongus^ Les magistrats de la ville voulurent le 
foire arrêter; mais il réussit à s'échapper d'entre les 
mains des soldats et il se ré&g^ dans la maison [de 
l'un] des fidèles. Il y eut des troubla dans la ville. 
Les partisans de Protérius, de leur côté, diurent un 
patriarche nommé Âïas (kj&b «) qui mourut peu de 
temps après. Alors ils nommèrent Jean Tabenne- 
siote^, qui obtint le siège d'Aîas en coirompant, lui 
aussi, les magistrats par des dons. Il jura qu'il ne 
prendrait pas l'avis de l'empereur Zenon au sujet du 
gouvernement de l'Église. Zenon, en apprenant 
cette parole, fut très-irrité et donna l'ordre de l'exiler. 
Alors Jean s'enfuit et se rendit à Rome. 

«Acacius, patriarche de Constanti^>ple, étant, 
à cette époque, en faveur auprès de Zenon, persuada 
à l'empereur d'écrire Xliénotique (flilif T «), oest-à- 
dire la profession de foi des trois conciles de Nicée, 
de Constantinople etd'Éphèse, en rejetant les autres 
conciles. A cette occasion [11 rappela] de 41,Ï{-CJP i 

' H+IPJBOD j [sic] flLunCtA « . 

* Il y a, dans ce passage, uns iacune imputable au scribe du ma- 
nuscrit : mnkao^^t « {'^^) n^àaofi • f«AlÛ 1 1kV*4lf^A. 
4iD«^T i 



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CHRONIQUE BYZANTINE. 303 

(S. Théodore (fEudiaîtèsP) à Antioche le patriarche 
Pierre, qui précédeaunent ayait pris la fuite ^ Ca- 
landion , patnaixdie d* Antioche , dans la crainte d'âtre 
tué comme son prédécesseur Etienne, car il était 
Chalcédonien, s'enfuit. Le ciei^ et le peuple fai- 
saient des vœux pour leQipereur Zenon, et le pa- 
triarche Pierre accepta THénotique de l'empereur. Il 
y eut, de son ten^s, des troubles dans la ville (d'An- 
tîoche), à cause de k profession de foi écrite par 
l'empereur, prescrivant d'anathématiser le concile 
de Chaloédoine et le dogme abominable qui affirme 
qu'il y a deux natures en Jésus ^Christ. L'édit de 
Zenon dédare que le Verbe de Dieu qui a été fait 
chair est d'une seule nature, et il ordonne de men- 
tionner (dans la célébration de l'eucbaristie) les 
évéques qui avaieM été chassés. » 

En oe qui concerne la mort de Timothée Élure , 
Zacharie le Rhéteur, Théophane , Georges Cédrénus 
et Eutychius la mentionnent sans indiquer qu'elle fût 
acccHnpagnée d'aucune circonstance extraordinaire^. 
Evagrius nous apprend que l'empereur, en considé- 
ration de l'âge avancé de Timothée, su^endit l'ordre 



» Voici ie teite du passage : CHUM't • TU* « MLTCà « 

IL* t AMf« t tt>f t tS^m t "la 1 irM I MMêJ I Ikf^ 

1174 « flLÇfrC/ * Au lieu de il rappela, on devra peut-être 

suppléer il rétablit sur son siège le |)atriarche Pierre , en supposant 
que Pierre Foulon avait quitté spontanémeat le lieu de son exil, 
pour revenir à Antioche. 

* Zacharias Rhetor, dans Land J,c.,p. ij3. — Théophane , Chro- 
nogr., col. 3t)g C. — Genrg.Cédr. , col. 672 D. — Eulychius, i4?wafc.ç , 
t. If, p» 106. 



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304 OCTOBRE-NOVEMBREDECEMBRE 1878. 
d exil qu'il était sur le point de donner ' ; et Libératus , 
diacre de Carthage, en son traité sur les hérésies de 
Nestorius et d'Eutychès, rapporte ce qui suit : Post- 
qaam ergo imperator Zeno reversas est ad imperiam^ 
Timotheas Mlaras metaens zelam qaem habebat circa 
Chalcedonense coacilianif optavit sibimet nwrtem, et 
istadperseveranter orans ab hamana vita, kaastoveneno, 
solatus est Dicanl vero seqaaces ejas prœscisse eam 
iiemmortis saœ; et rêvera y qaia se parabat veneuQ in" 
terjicere, sciebat^. Le fait rapporté par Jean de Ni- 
kiou fournit le commentaire de ce passage qui, 
d'ailleurs, il est à peine besoin de le dire, n a pas 
le même caractère d authenticité que le témoignage 
de notre auteur et celui d'Évagrius. Pour les^ autres 
événements d'Alexandrie, il est inutile de rechercher 
comment de Jean Talaïa le Tabennesiote notre texte 
a fait deux patriarches, et comment la parole qui y 
est attribuée à ce patriarche Jean peut représenter 
celle que rapporte ÉvagriuSy d après Zacharie le Rhé- 
teur, et que nous nliésitons pas à considérer comme 
la seule authentique^. 

Les intrigues^ conspirations et révoltes qui ont 
rempli la seconde période du règne de Zenon, et 
dans lesquelles Vérine, lUus , Ariadne et Léonce rem- 
plissaient les principaux rôles, sont rapportées avee 

• Évagrius, Hist. eccles., lib. IIl,cap. xi. 

2 Libératus, Breviariiuti , cap. xvi, L c, coi. 1020. Comparez Ba- 
tonius. Annales eccles., i,\Ul, aà &nn. ^'J'],$xvu 

3 Voyez Zacbarias Rhelor dans Land, Anecdota syriaca, t. III. 
p. 177. — Evagrius, Hist, eccles., iib. III, cap. xii. — Théophane, 
Chrottogr. , col. 3 1 6 et 3 20. 



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CHRONIQUE BYZANTINE. 305 

d assez nombreux détails ^ et le récit, exact dans 
son ensemble, sauf les cireurs qui y ont été intro- 
duites par le traducteur arabe , a été puisé aux meil* 
leures sources. J y relèverai im seul fait qui ne se 
trouve pas mentionné dans les autres historiens et 
qui, peut-être, ne repose que sur un malentendu. 
Jean de Nikiou nous apprend que, lorsque Zenon 
eut résolu de faire mourir Armatius, Vérine, à fe 
demande d*Illus, était intervenue en sa faveur au- 
près de Tempereur son gendre, mais qu eHe n avait 
pas réussi à le sauver. L'emprisonnement de Vérine 
dans le château de Papyrios, la tentative de meurtre 
sur la personne dlUus, la révolte d'Hlus, le couron- 
nement de Léonce par Vérine et ia. lettre adressée 
par cette dernière aux provinces, les conseils de 
Pamprépîus, le philosophe païen, la retraite deS' con- 
jurés au château de Papyrios, la mort de Vérine, la 
trahison de Pamprépius, et la capture d'Illus et de 
Léonce, toute cette narration est conforme aux textes 
de Jean Malala, d'Évagrius, de Théophane et des 
autres chroniqueurs. Le chapitre se termine par 
l'histoire du meurtre du patrice Pelage. 

Le chapitre lxxxix (fol. )o6) débute par une 
histoire singulière dont voici la traduction : 

a L empereur Zenon, lami de Dieu, étant mort, 
Anastase, lempereur chrétien, qui craignait Dieu, 
lui succéda. Il avait été lun des pages de Tempereur, 
et, par la grâce de Dieu et par lefFet des prières des 
Pères égyptiens, il devint empereur. L'empereur Zé- 



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300 OCTOBRE-NOVEMBRE^DÉCEMBRE 1878. 
non Favait exilé dans r^ deS. Irâyiy (^44»ih«MMfti) 
fiituée dans le fleuve de Manonf (AA7 « o^Mi^ i). Les 
habitants de Manoaf, par huinanite, le traitoient 
avec bonté. Amomos , de ki ville de Hesèni (tMX i) , 
située du coté d'Aiexan<k*ie , {et les habitants de cette 
ville J le recevaient chez eux, Thonoraient et lui témoi- 
gnaient beuicoiq) d a&otion. Un jour, les gens tle 
Manouf et ceux de Hezénà conviorâét ûe monter, à 
rintentk)n d'Ana^tase, qui éèail en disgrâce sniprès de 
Tempereur Zenon, au couvent du samt ihéophore 
Abbâ Jérémied*Aiexandrie.C'était unhcMnme, demeu- 
rant sur leur territoire, que Dieu avait fevoriaé de la 
connaîssanoe de toutes choses. Bs s'entretenaient de 
la saùttte vie de cet hononae de Dieu, et ils v<Milatent 
être bénis par lui et demander quA adressât ponr 
efux^ses prières à Jésus-Christ, son maitre^ Us se ntf^ 
dirent donc sm Heu où demeurait Abbâ Jérëmie, 
lliomme de Dieu, qui les béniit tous, mais n adressa 
aucune parole i Andstase. Cekii-ci, au snomemt du 
départ des pèlerins, fiit t^ès-affligé et pleura amère* 
ment; car il pensait que c éts^t à cause de ;sés péchés 
qu'il n'avait pas été béni, comme les autres, par 
rhomme de Dieu, Les gens de Manouf et Amonios 
de Hezênâ retourneront auprès du saint homme de 
EHeu et lui firei»t part du chagrin d'Anastàse. Abbâ 
Jérémie jappela Anastase, le prit à part et, en pré- 
$esïCù de quelque fidèles, ^ amis, ^ d'Amônios, 
il lui dit : (( Ne t'afflige pas ; ce n'est pas, ^x)aMftie tu 
le orois à tort, à cause de tes péchés que tu n'as 
pas été béni par moi* Au contraire, jome »iis abs- 



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CHRONIQUE BYZANTINE. 307 

tenu de te bénir, parée que j ai vu que la main de 
Dieu était ^ur toi. Comment pourrais-je, moi qui 
commets tant de péchés, bénir celui qui est béni et 
honoré de Dieu? Dieu ta dioisi entre des miUîers 
pour être son oint. Car la main de Dieu le Seigneur 
est maitpée sur la tête des rois, et il ta destiné k 
être son lieutenant sur la terre, pour que tu protèges 
son peuple. Mais k>r8que tu te souviendras de mes 
paroles, agis, en quelque afiaire que ce soit, smvant 
lavis que je te donne maintenant, afin que Dieu te 
sauve de tes ennemis : ne commets aueun péché et 
n'entreprends rien contre la rebgion de Jésus-Chrisrt. 
N*embrasse pas la foi chaicédonienne que Dieu 
désapprouve. Anastase reçut ces recomn^ndations 
JAbbâ Jérémîe et les grava sur les parois ^ de son 
cœur, ainsi que Moïse, le prophète, avait reçu des 
mains de Dieu les Tajbles de TAHiance sur lesquelles 
étaient gravés les commandements de la loi. Quelque 
temps après, Anastase fut rappelé tJe Texil auquel 
1 empereur de la terre, en vertu de son pouvoir, 
IWait eondamné. Pub il fbt nommé empereur. Alors 
il envoya un message aux disciples d'Abbâ Jéréeaie 
[et les appela auprès de lui]. Parmi eux;^ se trouvait 
Abbâ Vâryànos, qui était de k fanntte d'Abbâ Jé- 
rémie. L'empereur les pria avec instances d-aeceptèr 
dfe lui des vivres pour la route et pour le monastère. 
Mais leur père saint Jérémie leur avait recommandé 
de n'accepter aucun don , si 6e n'est de Tencens 

* Littéralement : avec les tables ilncœur. 



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308 OCTOBRE-NOVEMBRE.DÉCEMBRE 1878. 
pour célébrer la messe et pour offrir- le sacrifice , et 
quelques objets sacrés. Ânastase fit aus^i construire 
à grandes dépenses, dans le lieu où il avait été exilé, 
une vaste église consacrée à S. Iraï, car il h'y avait au- 
paravant quune petite église dans c^te ile; et il y fit 
porter quantité de vases, en or et en aident, et de 
magnifiques étoffes. Il envoya aussi beaucoup d'or 
et dallent à ses amis de Manouf et.de Hesênâ; il 
leur conféra des fonctions, et en fit entrer quelques* 
uns dans le clergé ^ » 

Jai rapporté ce passage en entier,nonque j y voie 
autre chose qu'un conte d'édification à l'usage des 
monophysites, mais afin d'y relever, au profit de là 
géographie ancienne, les noms de deux localités que 
je n'ai pas trouvées mentionnées ailleurs. La ville de 
Manouf ou de Memphis, dont parle l'auteur en eet 
endroit, n'est pas l'ancienne capitale de, VÉg^pt'?* D 
y avait encore deux autres ville8vi^pie.les Arabes .ont 
appelées Manouf : l'une, située à 4'ouverture du 
Delta, dans le nome ou l'île ProsK>ppti^,, ^}Pf^ Jb.ords 
du canal de Maaouf ,. qui. neliaft ki bi^asAhe iOaiio- - 
pique du Nil à la' bratiche sabemiitique, est iden- 
tique à l'ancien Panpi^fRçfi, qu, I^^o^fi 5^*^- ^pidi; 
l'autre, Manouf al-^i^fHyyaiv Manouf iiifëiri^il^ 
représente le Panbuf-Khêt ou Panotif du liord des 
anciens Égarptien^i/Jte; Moipem ' 

y Zacbarie le/IU»4teuF,d^às sébHfefeoir&^cclésiâistique, rnèbU^ae 
u ne tradition d*apès laqùdle l'étévatioti d'Xnastâsè' aurait été (crédite ^ 
à Gonstantinopie, par .Jean te Seliolastique , d'Amîd. Voyer Latld, 
Anecdoia tyriaca i \. \\\ , ^^ ^ik^i). ' '• ^ • ' ^ ' . ' 



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CHRONIQUE BYZANTINE. 309 

située aux bords du lac Maréotis, près du canal qui 
reliait ce lac à la branche canopique du Nil'. Je 
crois que c est cette dfemière ville qui représente le 
Manouf de notre texte. Dans un manuscrit arabe 
de la Bibliothèque nationale, contenant une autre 
légende d*Âbbà Jérémie^ on lit que ce saint avait un 
couvent dans le district de Manouf, a à loccident de 
Damiette^. » En conséquence, c'est près du lac Ma^ 
réotis qu'il feudra chercher la ville de Hezènâ et l'île 
de S. Irai. 

^ Sur la carte de PExpédition d*Égypte , la ville de Momemphis 
est placée plus au sud, au bord du Nil. 

' * Ms. arabe de la BiMiotbàipe nationale, ancien fonds, n*" i5$, 
fol. 207 V** à 229. Cette histoire d*Abbâ Jérémie, dont le nom ne 
figure ni dans les ménologes , ni dans les synaxares , a pour auteur 
un cbrétien melkite; elle est assez moderne, et il s'y trouve même 
des traditions musulmanes. On y lit qu'Abbâ Jér^ie, après avoir 
confondu Satan et résisté à ses tentations, est favorisé d'une appa> 
rition de Jésus^brist , qui lui annonce qu'il y aura trois couvents 
portant son nom , i*un dans TÉgypte méridionale , l'autre du côté de 
la Syrie, la troisième dans le district de Menouf, à l'occident de Da- 
miette. Jérémie se rend ensuite auprès de Jean , gouverneur (vlLJU) de 
Syrie, serviteur fidèle de Dieu, lutte de nouveau contre Satan, fonde 
les trois couvents , etc. Sur Tordre de Dieu , il se met en route pour 
Constantinople , afin d'exborter l'empereur Anastase, qui s'était laissé 
séduire par l'hérésie de Jacques Baradée. Guidé par l'archange 
Michel et introduit dans la chambre à coucher de l'empereur, il le 
réveille et lui reproche d'avoir abandonné la vraie foi. Le lendemain , 
Anastase fait pénitence; puis, après le départ 4' Abbà Jérémie, il en- 
voie en Egypte, fait agrandir et embellir son monastère, bâtir des 
cellules pour les moines , etc* — On peut rapprocher de ce récit la 
tradition recueillie par plusieurs historiens sur la vbion nocturne 
par laquelle Anastase fat averti de sa mort prochaine. (Voyez Chron. 
pasck^ , CqI* 856. — Joann. Mal. chronogr, , ooL 60^^ — Théophane, 
Chr&nogr. , cfÀ, 32 8, — Georges Cédrénus, Cempend. hist., col. €92. 
— Comparez VUœ Pairum, iib. X, Pratum spiritnale, cap<. xxxvm.) 



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310 OCTOBRE-NOVEMBRE pÉCBMBBE 1878. 

Après avoir meatioimé, hrîèvemeftt «t ^ termes 
généraux, l'envoi d'un mes^agç-à tAntioqheet d*w»^ 
lettre circulaire aux gouvémiftu^ »exq*^Brç9îp^ 
reur recommande la coQc3iatîoiiidfUQsJe9*af&iiie$ de 
religion, Fauteur raconte. (foU lofeiv") la^andesé-ï 
dition de Constantiiiople» qui éut:lieiiten 5o6; e) 
Tinsurrection d'Antioche que l^/)iis^rfeâ$ placjeei 
en Tan Soy. En pariant des cQnstrîifctiQfifii q^'Anaér 
tase fit exécuter sous son râgnQv.Jf^fMi derNikioU^i-f 
gnale spécialement les fort&'élevës sur ie6:bocdaL de 
la mer Rouge, pour prot^ries. moines contçe lès 
invasions des Sarrasins, et.^e^ éôn^tnicUons eR 
Egypte, notamment les f(Hti%tttiomr;d^ lai: viite.de 
Mawradâ [a^m^m %)■ L'ei^p^reur y Tit éley^ tm 
mur^ et dans ce mur ét^blk d^s p<prtes>ôu^ouvertwe3 
destinées à Técoulement de£^e«iXTdtt[llsi£te, plou^ 
en garantir les alentours de la ville ^ 

Dans une émeute qMlwt,liW),èiÂlp»l«)4diÇï(^^^ 
564 dé Tère d'Antiocbe, Si 6 de J: ?Gfc;> i%\ pi^et 
augustal, Théodose;, fut iiiërCë Th 
ginaire (3CAxkliQékç^.e%Mh^^ .%,^ll^}^^f^%]^^ 
Notre auteur, je ne saig d'après wpÈ^eanixmtfé ,mim% 
apprend qne Théodose avait été élevé dans" W mai- 
son du patriarche JAutioche. .,. ^ ni r- j, \jru n a, , r, ^ 

Nous lisons^ ensuite . q»e ' ieà îalçtièns triépit<»res 

^ Il n'eUr p^î fail inenti^n aiU#«iniiia)€eft f(0!iHt&^t^|As^,Mai»l^d 
autres bi^t^QOB parient 4e, CQiMi^t$iom^ mkhig^t» dam ik viSe 4# 
Dara en Mésopotanofie, • . - i. .^^ .-» , ... •■ .. ,'.■'.• ^ 

^ Voyez Jaaim* Mal. chtronoign^ Gel,.5^ C — T lié^h tfne., Cfoti^ 
ndj^r. , col. 3 8q. . . , < , t.. •- f 



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CHRONIQUE BYZANTINE. 311 

d'Anastase ëtaietit innombrables^; qu*il était un 
croyant orthodoxe, ennemi de la fei des Chalcédo^ 
niens, ainsi que le lui avait recommandé Âbbâ 
iérémi^) quil approuvait THénotique de Zénoit; 
qu'il fit proclamer la foi des conciles de Nicée, de 
Gonftantinople et du premier concile d*£phèse, et 
qu'il eodla le patriarche Eupbëmius, qui, partisan 
éi concile de Clfôdôédoine, admettait dans Jésus - 
Qirist deux natures distinctes et avait introduit 
une modification dam le trisaj^m Anastase le rem^ 
^ça par lllacéd(»misv et se fit rendre par ce der- 
nier a récrit de l'empereur Zenon ^.n 

LeS' discussions dogmatiques et les troubles qui 
«datèrent à- Constacttinoples à la suite de l'arrivée 
des moines de Syrie sôus la conduite de Sévère: 
lexH. et la depo«itîoii^u patriarche I^cédonius, et 



'X*^innfêraiièédtf^rifil^ra{)pioHés dans cepiH^graphe est ioter- 
roonpitie pai* i)ae.p}i|»B(»^<^ui 9a>p^rsHfN».99iUtiu^r ici à .9a place 

refusèrent de recevoir la lettre que Léon envoya de Rome. Mais comme 
la tymniM'ei de'Aforcien et de ses ifidgistbits pesàk sur eux, ils craî- 
gwi^t de. aqi|Br.i« «lèi^ vidénc# que Diôscore, pttriiirehe d^A- 
lexandrie.» ,,,.,,' 

* C'est son propre engagement , celui qu'il avait remis à Éuphé- 
mitts en montant aar lé h^ne « qu*iJ w ftt restituer.' ( Voyet Victor Tu- 
iia«eQ!li8i«t|^c.r;PQi* 9i8.)^4n«t^«, qd: outre, fiDiiga Mao6d«fiilias à 
souscrire à rHéiiotif{ue de Zenon. Les deux faits sont confendus dans 
notre texte. D y a aussi erreur en ce qui concerne le trisagion. 
C'est éou» lepontiftèat^deMaoédomus qud l«s^ But^cbiens corn- 
mefibèiredtfà€Mi»MintiiM(!^, i\fcgilatîmi pour la fhrtmh à t^tuD^tû- 
Btig h* "f^fiSf i dont l'origine, d'après Théodore lé Leétetir, remonte 
à iSeiTO F\ûiuk»ii, qui le pn^miet-en ^t tirage à ^Aioché. (Voyer 
Theod. LecU, /. c.,col. 176.) 

21 . • 



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312 OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1878. 
Texil de Flavîen, patriarcbe d'Antkxîhe, ferment « 
dans notre texte, un récit «livi, dont vcftci le ré- 
sumé : . 
• Les moines orthodoxes de la Palestine é^nl 
divisés au sujet du rescrit impértaU, cetix qtti refu- 
saient de le recevoir eurent à subir des persécutions, 
à l'instigation d'un moine, grand iaijitèur de trou- 
blés, nommé Néphaiios (iji^Af^l t) ^; ëeim consé- 
quence « ils députèrent un certain nonibre de n^oines 
du désert, de vénérables anachorètes, .auprès de 
l'empereur, pour demandei^t; qu'il wdonnat aiïx 
moines de demeurer traïaquillas dans leurs monas- 
tères. Avec ce$ députés. (oest-A-diré, à leur t^) se 
trouvait Sévère^, qui -était jun/hotnètrie savtot, l?^ès- 
versé dans: les-, Écri^tu-es.iteti rarprêtare» farfa^ 
furent ^lisfjenjfiréilence dutpateiaircAô.JiSacéd^îMuft, 
avec lequd il^ diicUtètenfl ati sujfet Be la ft)i;{e* IVfck- 
cédtÀiuSï&tt^iQbli^i'd'avûufâc! «estfii9ntîsie«A%>J|^éréti^ 
que» quHl avait j9upaa»ymitdis8|îiBii^il(/^ ^ r;;,/ ^ 
Unrhomme d* Alexandrie y t)onuné;D6ro^hée y pos- 

^ Frôbi^la^eni; r^éiiolûmf de lé^Qf^ f^a, ^N^'<t1^W^^ oÇ- 
commandant 1^ réception ,de l'Hénotique. , ^ . . , 

* L*aitilUdè de INéphaiiôs , dans ïes événements eccièsîasiï<|ues ae 
cette époque, n'est ^pa^itr^ft-élaire/Ltrits'âéi tfMifaiekâ'AlfciMikdÉk, 
du temps de Pierre Mongus, il parait 4M«i^^ 'p^^i^4^49i^^<^ 
de Chalcédoine , ou au moins avoir cherché la conciliation ( Voyez 
Liheratus Diac, Breviarium, cap. xyiii, l. c, coi. losg. — Zacha- 
nas Rhetor. da»8.La»4^ 4'^P^<'i?«»»V'W<îffi*% Wftffï^1.0P #/*Sr3; — 
Evagrius, HisL eccles. , lïb: ïfl^^ç^. ^i^vv-ipûnpa^e^jptaiTDmus, 
Annal, eccles,,i, VIII, ad annum 4&4, xxxix). Pjui», ava^isfirrupliure 
avec Sévère, il fut, comm^^u^|pi'^pp•^f^|;)f^gri^ftl^^^ 
partisan de la doctrine monophysite. , , ,, ..^ , u :iM^],\t 



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CHRONIQUE BYZANTINE. 313 

sédait la profession de foi de S. Cyrille. Ayant 
trouvé^ dans ses oonrersatwns^ avec Sévère, que la 
foi de celui-ci était conforme à la doctrine de S. Cy- 
rille, il se joignit à lui pour exhorter Macédonius 
et les Chalcédontens qui prétendaient qu*il y a deux 
natures en Jésiis^Oirist « Cet écrit leur parut admi- 
rable et ib Tàfppelèrent Phiklétés.n 

'Remarquons en passant que ce dernier paragraphe 
renferme phiiîeiirs largeurs graves, et que deux faits 
absolutiic^t lilffiérents y sont ccnxfondus. L'ouvrage 
du momeiDorothée, adÛéreut du concile de Chedcé- 
dome^ eontèuait une apoiogie de ce concile et avait 
été rédigé par l'austeur afin de ramener Anastase de 
son hërésie. >Théophane raconte que l'empereur, 
trouvant iiicoBÉvenant le titre de Tragédie que Doro- 
Ûkèe avait>dônné à son traité, exila lauteur dans Toa- 
sts €*'fit'te*àleîrUe'Uvpe*jLe.J%iteirfté5, au contraire, 
aviiit ^oàrsettl auteur Sévère, et il résulte du titre de 
la version syriaque qui en existe, que cet ouvrage a 
été' cMii^M»sé loDSipie Sévère était encore moine en 
Palestine, cest-à'dire longtemps avant son élévation 
au'poîirificatet,^ paryx)nséquent, avant son exil^. Les 
f;elatiQns 4ç Sévère et de Dorothée sont, d'ailleurs, 
un>.faî43jréel^<OQmmeie mcoxlre une le^re adressée à 
c^ deffcii«rpj<r Sévère ^ 



^ Voyfe Théo^ariè , Kjhrbnogtaphla ; l 'fc. , cof . 'Sfi'o. 

^' VoycÉ Àsaematii , ftt'MiVtA. apostnh Vatio.eodieatn manUscr, cofa- 

ioyOi/t. m, p. 22 1. 

' Voyez Wrighl, Catalogue ofthe Syriac manttscripls in the Bridsh 
Muséum, p. -loi i. r - ■ 



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314 0€TOBR£-NOV£MBB£-DÉC£MfiR£ 1878. 

Macédomius et ses partisans, ainsi que ceux qui 
se liaient aux. Nestoriens, prétendaient qu!it fal- 
lait réciter le trisagion tel que le récitent les anges, 
sans la formule qui cradfûoas es pro n^Us. Sévère ré** 
pondait que le trisagion des ai^^es ne contt^it pas 
cette formule, parce que Jésus-Cbrkt avait été ctvt- 
ci6é, non pour les. anges, mais pour les hommes, et 
que la formulé était oUigatoire pour nous. • • • Ma- 
cédonius, ayaiït été réduit au silence par les argu- 
ments péremptoires de Sévère, dierdiîait i tromper 
Tempereur et les oûagîstrats. Il diécbrait que. sa 
croyance était conformé à la doctrine des Orientaux^ 
et que, dans Téglise, il récitait les trisagion avec la 
formule qui crucifixus es pra iwbis. Mais il excitait en 
secret les hérétiques contre Tenqiereiir, en leur di- 
sant que la foi de nos pères avait été altérée. Aiom 
les hérétiques s assemblèrent devantle palais de l'em* 
pereur» rédamant réloignementtde Platoh qui dirv 
geaît les> agiras ^ l'eikpk^e >é|f qui était (ivibeo^x^ 
toù^ '{H#)n^ sfmMt'^ se kimkiiù iLé» h^â»^q»ek et 
léd sôidfitt^^i' étaieift>at4c^«oxj<p<)^ 
'éé^tfeiCm'et «M^^lamèl;^))^tih>flut^^ 
mjamsl^ Puistiii»^e>rek)^ 

Sji^t'hMàme tré»iaofiBidéréte«>a]3»f>^ Bii^v^^ 
Maicédôni}^ a«^uâwt'>pufetiqii^enti de \i^éim»tiêr 
l'empereur de la vraie foi. Marin ayant pris la fuite ^ 
lépeupl^rùla^ pilia ss^inaiaoïiivtenlAi^se&tiféaors en 
itfgént ef Isë Ife^' ji^rtlja^é^. Il ^^y tW)tfHit alôt^ Ùrt WtWhe 
fi*OrieAt. tç^ eI^çUler^^'';ÇfpyJl^t,q^p!c^^ 
le massacrèrent et promenèrent sa tête par toitte te 



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y. ^, : CHRONIQUE BYZANTINE. 315 

viile en criant : Voîli lennemi de la: Trinité ! Puis ils 
se transportèrent à la maison de Julioine, qui était 
de ia- famille de 1 empereur. Léon, [afin de pro- 
clamer son époux], nommé Aréobinde (hHHloHI*). 
Mais celui-ci s enfuit, Dempereur Anastase, ayant 
convoyé, le sénat, se irendit [au cirque] et se mon- 
tra srar son tràn^ n revêtu des vâtem^pdte imfiériàux. »> 
Aiorsi le peuple, {>lein de tristesse, de repentir et de 
crainte, demanda pardon à l'empereur. L'empereur 
déclara à, haute voix qu^il pardonnait, et .tous se re- 
tir^ent. Mms quelc^s'JQttr»si|N:is, ces mêmes gens 
se xéaiioll^enlk éé noiiveduV Anast^ ^asàembla des 
trofispes fnbmlni&usâs\^t' lit ârrêtlër les cbupables, 
doivllesunls 6iretïtôObfîdftmnëaà.â^air^les membres 
brâé»,4m mAvm éipejnt idéonpités^, d'autres encore 
j^Bttiés.'bm p^ fft Jatrtp^idfeil'^^np^t^rr^cent ainsi 
n^bUl9s^l;£iij $05 (tem^^fM^céiji^ii^r^^^i^Ait une 
^ivÉïs^ii^ damtfttè^ jpoBT :JpieQut?0lap d«;g^^ i fpl^ilé. 
,%i'k^à^my' ^t?ii]fi*.cti^d©i*^ ^toifti,ate a5$&sâin ^. 
10 èMft^>ié^?#îti^td'Qrf!«et «^ 

ttiteebeT^^tfwJimiétei4*9ft)W<ea^ i^pn^:^V6ir 
^tm^fÊk ÏUéi^iijpiQ; :<te X^^f/s^m^v^^l^t^m ,\' il a'éiait 

^^tij^m Cîbatefid#«i^|à<iji.^)q»îli2^^tr^ 

diïWn/îifi'i^tel^j!*^;^^'' *^*^P!'l^^?î*? W"U" et xliv. — Chron. 
pasçh. , coU 8W et suiv. — Théophàne , Ckrono^r,, col. 367 et suiv. , 
m^él^^iXV}^-^^Çiyéé6\k'^MÙ>rsi^^^^^^^ ecties., l c, t. I, 



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315 0CT0BRE-N0VEMBRE4DÉGEMBRE 1878. 
clamaela doctrine des deux nature^ et de» deux vchi 
lahtës en Jésus-Christ. L'empereur Auastase, fami 
de Dieu, ^xila ce patriarche à Pétra (Jtfld^'MfJb t ) , 
en Palestine. . , 

Or Vitalien^e comniacndant des tiX)upes de Thraçe 
[Umc t K444l«)v guerrier femeux, haïssait Séfkre\ 
le saint de IMeu^ que r^^npereur Anastâseni^àma, 
en présence des évêques orthodoxes d'Orient^ pa^ 
triarche dÂntioche, à la pkbe de Fiavîen,, le maK 
faiteur, qu'il avait exilé. Vitalien se révolta contre 
l'empereur^ s'empara, de la Thrae6 » :^ la S^cjlfafe <»t 
de la Mésie (hWKt TfOM». i 4NlMiMr i «MftAi)l 
et rassembla un^^ nombreux ^rmée^ l/'e^per^u* -ett- ' 
voya contre lui* un gé^nér^'naiSQmi^Hj^tiui^. GfdwKîi 
lut hat^u ;fît fait prJûspiwi^r ; ^juisi^. mc^eté mo^f^e^mixA 
une foE^o rjinçoii, lil i^minU ^ÇoBi^m^^m^ii^iÂ&^tu^ 
Ie;dei3titu2r' et nQiafiUft) à ^m placei GjKrJUe • jl'Ittyi^^ 

hsf^l^fi^Ç^i^if s^{r^ti^^4is^M* îirjtt«fj(iîQrtfs^i«Mli<i-/ 
taliftp,t^,qui.,»'é»Ml ?;-^p^den!Siijgapie j(?.ifPH*«SJÏ\t)4f^ 
gagP44l*fg?r<W?»^4«? pm*^ldX)^e^i*s^iiiaiiiiflr^ Cytj. 
rijil^p^dan^4^[ fm^ ^ tii^Mt«ei«|W[» 4fe Ifr» vitteJ \ 
ILr;^v^igQa.}f>5r^çac^,«ferl?p viy<^fr:diEhrppe^<;fi^i^y 
ju?KïU3jf/fai4)pprg.,,49f,5^^ Si9lîibQ-»y 

g^njç -aw}|. |ïjipj[^|is, ii^.^e i:«iî^e.maîU1^;dfe)6yi»<i€^ < 
;,^'<^iïî^uff jç^ijçpjiitebteliwi*? )^. wWimitfp» tjMiOTB) i 

^ Comparez Joann, Antioch. Jragimenta, h c, t. V, p. 3a et suiv. 



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CHRONIQUE BYZANTINE. 317 

remporta sur Vitalien, au moyen de la découverte 
du philosophe Produs : 

(( L*^npereur Anastase manda le philosophe Pro- 
dus , afin qu'il prêtât son concours à Marin. L*em- 
pereur lui fit part des audacieuses ^itreprises de 
Vitalien le rebdle. Marin consola l'empereur et lui 
dit: Je triompherai de ce rebelle avec l'aide de Dieu; 
donne-moi seulement des soldats , et que Proclus le 
philosophe vienne avec moi. Et fais-moi apporter du 
soufre vif, pareil à de petits morceaux dantimoine. 
L'^nperem* le lui fit donner. Marin broya ce soufire 
et le réduisit en poudre , puis il dit avec assurance : 
Lorsque tu jetteras cela sur une maison ou sur un 
vaisseau, au moment du lever du soleil, ils seront 
emJ>rasés , et le feu les consumera comme des ciei^es. 
Marin partit avec un grand nombre de vaisseaux, 
emmenant toutes les troupes (fcAbC « = ^Sius) qu*il 
put tricKivef à Gonstantinople, pour aB^ attaquer 
Vitalien V s^o^i^rordire dé l'^péPéiHr. EA^j^yafat ^^ 
prbchér^Marihi, fe rébcftlë pi^^ra toUSf leè^ bateauk • 
qt^if ^titî^u^èt^r^'*€!nahai^a «iVg^nfÀttOmbré^lâe- 
HûiiS' etl de Gx^'îlMM»^ #lKJ!r"i)>lel'^ ém%€k \ 
v^:Byisan6^;,^i^iihaginânt piûvdr'vàaiici^ 's(Mk érd-- 
versaîr^;^ Mi^i5»3*àriri et set? t troupe» ,'^avk>'iaidé'gfe ' 
Di^u, ;ii^âfciii^ii^l<^ce4 ennidî,'e^ 
inii»id«At <'i>ehellë (ne'sè^éihiièa^ôi^t^' Ëia c^ti Hh^ - 
reiïlil-leOSflftfmtfeHit ateïÉ(ât^otsiJteiifi^UV:d1à^s 
ses ordres, lorsque leurs bateaipt et; ceux du rebe|le 
se ïro^y^^r^t ^p ^pr^èacei yei:^ Ji^ ,trpi$^ièmçi wure 
du JQiap,.i}#tàrdlit le soûfirer.SUr les batewiXi de^l 'en^ ' 



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^n OCTOBR»l»iltrVï;iyfBlRÈJt>ÉÈEMBRE 1878. 
A<eWii,»'^tii feitisëîtèt WiPëtii fëû et coulèrent. Stupé- 
feitB' à de spfetftde, Vftàl*en ^U i^estede ses soldats 
>Je *ftll^éttf 'âifeî^i :IiGi^é#àl Marin les poursuivit 
jusqu*à Tëglise de Saînt-Mammès, tuant tous ceux 
qu'ihjMitiattèirtdfè.'Cbitti^^ approchait, Marin 

^ afift*êtaè^gaTrty fci r(m4i VWalien, après isa défaite, 
éii ^oie *ili le^t^l^; é(à*tîrfiùa* à ftiir pendant toute 
\k ïttSî\ aVëcy8es'geïis,f»ët^ag^a Un lieu nommé An- 
yi>iaië(|iwi^V*^)V»ifypè* *r<wr parcouru un espace 
de Sdttàétë'miitesj^r 'fl Wbignait de tomber entre 
iÛ'tmitiÉ ^'Mp[H)kiV^^'^ ne lui resta 

jrfiis^ùtt^ sëtit tîôiiittic ,^ et 4î)^fi !# feisi^ ^ul. 
')U(>{i;ènl^reW}<Anamsé^^)iMribûlt,' au Sosthëtiium 
^Sthél^^^ 'dkjf^HKfr ^),'"dë^'^M»iib^iài6iÉ^>' 'aumônes- Mx 
pà Wés. f II* ^HSl dé^ I* «^îtirtë> éPf *^t dfeiriettrer dâtts 
t'^^ de'Shiht-^Mi^di^d V tériAaihirgtiiOé 6 SieU pour 
tdii^' ' 1^1 4rietifeîtèi jÀMrt ^î*' i^^ft /«c^ 
l^lfctWi^ë iqti'41' ^eitàfitJ dôi^il^^ôcôhfern ti it nMMlPi^ 
%<«(è i>foi '^tr^lemlBiit ^^fthodOfJtô: ' it^oréMtiàridn^iéè 
de remettre une grattlfeJ80ffimfe»cfftrgÈi«iiaïi'«||^ 
^phë>Ph!>dn»;iMatecêlu^^li»^tfusàJdèti'ttë<î^)«^ 
éiyû»-rës^éttiè«i^éiil«M' ««/dlp à>f«i»pettkif^t> (SUni 
qui aime les richesses n est pas ^Héi^d^K 'plâlo^ 
sophe, et ceux qui cultivent la philosophie s'ho^ 
t^bré^ëÀ h^épri^iltlés ri€^eissés;iL*M[q^ffâl>ie4aîssa 
partir et le tint en grs^nd honneur, w 
(>M ^mme mijistQiriende''^(Oolui»i 0t (de-son^yeiïtiQn 
li^ 'été connue |usqrf*J)i^ertt'qùé* ^ hi ^ivinfeufe 
nJèj Jeap l^alalà et par^eàe cjie^onpras^^^^^ 

^ Jom\tt:' f^id, 'chrèno^. ,iqp>h iftg^ et i suivi' U-4>Zoi^ihiaAi Àiùudeii 



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. s : CflilONIQUE EYZANTINî;, 319 

utile de :re{H*oduirécettô troiwème verjiop» qui , mal- 
gi^ $es lacunes et les i<i9)^titcide&K{u telle ;renfenne;, 
a âi^ fnoin^lâ vpieilf dun témoignage r^montwt au 
vu'* siècle. . . 

Un peu pl«is IcHfft c«> lit k» phrases suivantes : 
itEn ce temps je^staU Jea»» prêtre et xaoi^^ de 
la vBte de Nikioiis^Qr ie patriarche refusfi de le re- 
connaftrei Et <* prêti^ Jean était savant^ ami de 
Dieu, et.veivé daw Ija^^nnaîâsance des Écritures. Il 
demeiicsâttaii couvent fdefllr4JL^s|2;4D^ de Sa et ceux 
d'AqêlA^ét^ieDt en désttcpdrd. Alûr^ les.év>êques des 
deux vilies ie rendirent auprès île Tempereur Anâs- 
tase et lui dowandèfcafittde' leur donner cfes înstito- 
tiops eo0ven9bl^, de<^0]ivpqUer jkm.cpacile , de dias- 
serie*-.Cyiwk4dQllkJls.et;dQ fe^^^ 
leur métnbite , Sftiî^ qiierfe mémoh^e d0 tèus ceu^c qui 
içjoosimyniqu^iè^t avec W éyêques qui ,9yaijB](it ^cepté 
(lîhlôttoi èe] léiMij J^ >pïîév«ririatf[uri^>piî^ç}piiWRt, }p^ 
4^031^ rna^resui/e^e^eitr^rdans sa hon|é=/,ne manqua 
pîl$.î(^ ^re droitf à leur^ dorfrs v>^ . .,>^^ f . i î 
/ ' Jç^i»^tié|as}d^î (Ç9jïim4nt»« ci«j J^J^ss^ ftooqpét 
.;f B^ estrrdit qnsulto qti*Alias|9se «wMirut à r^ge <Jk 
qiJaJrjB-vin^-dix ai^./ , /.,,, .:.,.; li -,! -,.,;:,. .^-p 

;>JLfe)tbai»tpe^3:€' |foi. I ite v^) teoî«kîea^ ifbist^r«,dM 

ilkilm^^/hr;^-^Dab^ku«linmi4u&imoki^te^'t^ un 

p. 01 6), rinvention de PkdcIus esl, seulement îiienUofipée. Georges 
HamÀrtôlùs |[l. c, col. '764) la mentionne également, éA* paà-Èlftl 
dox/eA médkpiexetdu'SOQrre brut it que Froekis «vtoliptépftiîés. * 



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310 OCTOBRfiCAlyV^W^RÈJB'ÈCEMBRE 1878. 
rigiïé (îé ,Kiétîn étiîu i^gne tf è'Justfnîén.il commence 
j^ariitii^éfcltéôiiftii; fetitièéâèt deMëSfàrtion de Justin au 
ïi^he.lÎÀnhéëroA ik é^rtlè {^Jfc1*r), dit notre 
tfexté/votiîaifAiriahtWispôûr^inïyértéur, etnon Justin, 
qîii ëtaft'lHettl^é'; ié^ ddriéieffll^ (nè^llCλ •)donnèreiit 
afeTai^^ïit ïJiiitih;tibtfrfe ilistribtter/ i Justin, à 
J)einé riiônté sur ^é"tI^5tle,'fiitùel^^ ceux qui s'étaient 
opposés è 'i^bh ëïétitîôti.'IÎ ra^ptfer Vitàiîèn, i'adver- 
sfiii^ de? rehipëï^r^Ahsïitasé^,'étf4eiiè«MBà maître de 
la rhûltb\{àîbt^t)^.li ëhkn^èâ^ta^feiorthôdosed'A- 
iristasie, fejèftîf rHétaôWt|tiè de-Zënloft , se joignît aux 
Ghàlèédoiliéiis et YèçtH la lettre ^de téôn qui fut in- 
sérée dans lés* écrite èë^ïÉ^ist'é^ên^t^. 

* Les termes ^f'AjR'J^f» t , '+^J67 l et flO*?ï||C^K i se rencon- 
trent' fréquemment cferis^ce* chapitré. Jihîft^est désiré comtne f% 
è^'^AÙà ^>4>ail#V4#l^^'MU*7'R^ »• On saitque Justin 
estait, K;apiU^)<^ U g^f^^\x^^ ^iifpfi^iTàpfa;» (Jjean ^alala) ou 
■fiyefiùw tQv rd^eeiùv (Éyagrius). Il fut. proclamé par les soldats de la 
garclé, les prétoriens (arparSç rc^y ^'Xarf^vtfap rà 'BtàCXdttop ou aa}- 
fioro^hixù}») ou, comme le n^portent Jean Malala et Tbéopkaue, 
pftç ^^pnp^ 4 iW^Pf »WW- iM(YP?!tfe Ms^^^jst, l c, coL 9A0 , le fait 
élire par le sénat. ) Au res^ , tout ce passage était probablement , 
dans le texte drigïAâi J iàefi tiqué au texte jiai^àlèlé de Jean Malala (/. 

\^^6uti,^ q^Vp c;9in^encpipei\t 4^1 i)^gfie,^e Justin, iv^ o^ier ter- 
rible iaohpf^ t wf^CV t iO^^f? 1) se souleva en Orient, et 
quà'^ause de cela 1 empereur Vâppefa Vïtaliefl. Cet officier terrible 
ét^'oilfe <^dÉidtë(f pcf^ài '^éni^iiffj^>^^6pÊ(3éfi ^fiàisiini^. (V^â& leaii 
Mal., /. c. — Chron, pasck., col. 860.) Le traducteur arabe a proba- 
blement confondu Koin^rris avec xéiiris. 

^ Comparez Joann, MaL chronogr,^ col. 609. — Zacharias Rhe- 
tor, /. c^ p. 23ft etWÎJ»^.i-^ ÉVSigftu^, Htsï. eeeles,, fib. IV, cap. i 

^ L'auteur a voulu dire , je suppose , que le nom du pape Léon fui 
inscrit dans les diptyque!».*'' I. . , . , i \ . 



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Dans la première anftéo,,4jqi, r^^,4?c^MM«f:. l^ 
grand Sév^« patriwçh^ d'M}ioc\ïfi;\yfiy,^pfr^çihmj 
gement de la foi et te\ reU^yx 4^ Y^^^^» ^1 ^^^^^ 
tant menacé» abapdjP»oa,ap^ A>J^ ^/sp f^Mgi^^, ^ 
Egypte ; car Vitalien-itait> pq^ , enpenu, et . VOMlaif \\v{i 
couper la langue ,. parce r^vC^ ^y^ij cpvfif^^ des.ti^a^t^ 
très-savants contre, rerpper^wr.Léo^^, ç^.cçmtj^pj^fj 
fausse doctrine. Paul, qi^i fQt.n(xa^xié,^^jp\^Qfi^^é 
rallia aux Ghalcédoniens ^. Mai^.sçi^s }a$,éi^èqf(e^,aç 
lempereur communiquaient iiive<ï«lp;* le, pp^p[^ \^ 
ftiyait , parce qu'il était fie^jto;ieç, ; Lps, jl^abiîtaf)^ jïj^ 
voulaient recevoir laMb^i^édjctJan^f le ^aptômqqft^ 
des prêtres que Sévère ips|îîu?i^t ôd, ^çr,?t, , i . , . ,, 

Celui qui avait voulu couper la langue au grand 
Sévère trouva bîéntptj^uhe'fin *ih'^èurè^^^ 
queî iairait pvéditi f^e:^p{[$^iflrçl9^^ Ju^n.^i( ^-Hnchûi? 
îà tétfe'à 'Vîblft»i; qttt- avait ^fottoé lé defss^lti de Ée 
réyoUer» çQjmtieil ayaii fait sous Tetnpereur précé- 

^''^fiel^atrtàrôhfe Sévère' ei^mpe^ia ttttpiaix et^swvafift 
'^itftflV^^ ïa patricienne,, 4^me 

iàustré^e la iamâleimpériateiv d'une grande piété et 




mént^a^ét&eanservé-jusqu^v^cejiAit par les moiaes 

éèyptîeh!*."^''"'-"'^'"'"' ^ >' ''^' '-^ -^ '" '^'^' ' ^' ' ■; 

-lia < n. '..A --.,.'.. t . ^^; .\ . .,..,. , .'^ • 

^ Voyez Joann. Mal. chronogr, , /. c. , col. 609 A. — Évagqu&y 
' Voy. Joann, Mal. chronogr, ^ col. 609 B, ,, -,, i, - j ., i- 1 - 



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322 OCTOBBE-NOVEMBBE-IMÉCEMlftE 1878. 

Après la mort de Paul le Ghalcédonien , on nomma 
patriarche d*À2itiocii6 E^iphtta^tesrdê Jërvtstdèmven^ 
nemi des cbrétîenâ attachée' la doctrine de Sévère. 
Beaucoup dortiiodoxes mounri^ent pour ia foi^. 
Dans tout Tempire, les citoyens se tuaient lesiins lés 
autres, età Antioche, il y eut une grande ëœecite 
qui dura cinq eamêes^. Personne n^osa se plaindre. 
A Gonstanttnople^ on àccimit pulâiquèment Jmtà^ 
nien le patrice, neveu de 1 empereur, d^êtrè comptée 
des crimes de ia faction bleue ^. Justin nomiM Tbéo* 
dote (^"^-VCTlk i) préfet de Go^tantiiièple,» lui re* 
commandant de punir sévèrenofent lés^mi^iieuvs; Ce 
préfet ayant tak metire à mort l\m d'eux '^âenânnë^ 
Théodose, qui étadt fort riche, et avant «iftsii hh 
arrêter, pour lui faire subir le nkémé sdrt, Jh^iMea 
le patrice, qu'il rdâcha ^i^ûite {^rcëqc^ 'était ttut;- 
lade*, Temptereur le destitua et l%xîb cki OHétit. 
Théodote, craignant pour sa vie, ^arcKa ùii i^éftçé 
â Jérusalem, où il demeura dans la retraite. ^ » ^ ^' 

«Ensuite 1 armée *et' te peuple {? ipfc^ t m¥dfi 
1f*i} de'Byzanbe se rassemblèrent et ierélkdtèrent 

, • , . > ,.., I .','., ;. 'jT. ,., •»l.o'; 

* Voy. Joc^rn. MaL cbrono^r, , çpl. 6i6 AB; . . .j i. - *, 

* H s*agit des désordres sc^ulevés par les factions du ,Cîrquej, 
d*dI)or(i à ÂnÉîoche, ^uis datia: d*&utrés rittes, èè qui du^èrèhi arttf ' 
ans. (Voyez Tliéophane, Chnniogr.f coL 889 A.) 

^ tf^^^^t 1 It^^Ù * • ^^ cro^^ ^"^ ^ dernier mot est }a trans- 
cription altérée du mot j-j-bU^t , lequelluî-inéme n'est ^e'ià ibrme 
arabe du mot Venefi. , • . •" 

* Procope [fiist. drc,^ capi ix) dit également que ^és éVétteihénts 
se passèrent pendant la maladie d^ Jtttthiien 4 dont la guérisoii mi- 
raculeuse est racontée par le même auteur, dans le traité àé& Édifice^ 
(iib. I,cap. vu). ' ** * ' 



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contre 1 empereur, ^l^iîdfeg^aè^wtià IJwA/Qpfta ^T^e : 
Donne-nous un bon.eaa^^raw , cOouw/ut AlH^taa^^, 
ou délivreTnou^i^içîçQ|eiBpj3r^W {^^ft^W^Q-t* ^Wh 
as donné ! Alqrs r.iw,4'QW nwM*^é .Qî^ps ((#ffft n) 
prit la parois «t^^tu y^i^i.l^^parpl^fdafDli^UM Vc^^;. 
je voudrais vous ^poi4^r /VÇtre r4^mwAda,t ^«ÎAijq 
ne puis vous 49i*WtWo*»^eîqMft,çrfip qi|ejf^iyqw| 
ai donu^, car/#iil^^^giS«MJ^ Wm^^e Ji^^^ 
ennemis d^ c^% eipppr^jur/fédlîMpaeKiienJt)^ liWf r.toWf 
Cest à cau^.d^pMhésrjd^ œtfeitrifte ^ft Jl^^p^o^i 
cet a«iper(aun te«n#p^ d^>l?Wn* jA|^ 
Je vous d,(^e^d^^ ç}^.sffi^>ic^ife.o<feur* «.^H^flip^'' 
reur non^»a4Wtl^^iI^<5tsv Ai^W(W;t lUb^OtTOffift ?. 
e^.a-flW^*" t P7A1Ç A, lps<mefc r4V^s^çflit i^>!^iw 
la paiî^. parmi, ie$,q^t,oy€ins,^^ .^ u .»« ix-n 
Mais k colère d^;Pije^;an)^na 6urîii^4çrE^,eijppr^! 
d'autre^ cyjaifli^i Ij»e f§ij;Uwba,idv,;Ci|elj$Hr h 'ViU^: 
d'Antioçhe,.!!. puLt n^issftnçftidaw.ri^l^ ^f^^ft^Wftf 
Etienne ^| ^-#pp# , .4fl .tflW Çft*ï^3 ,t îi?^iWi.p?ét|ûWr^ 
du maître de la miliç.^^jnsqMW^?fti^(9pptMi^fW^^ 
TWk 1 (Sheo%<¥?),,/etJ|uî^u;AH^in d^ ^t^fi*^^. f>'^^ 
cette époque, il y eut aussi, pendant six mois, des 
incendies dans différentes parties de l*OHeht, et beau- 
coup de personnes périrent! Le feu prenait ^oujour^ 

successeur, à Consta;iUinople , Théodore Tégania^t^. JLe ,|^(^()i^^iç;^ 
sft^s doute Ephrew <l'Api^«^i„fut ifoippiéa^ors prffet ^'^^^clie. 
Le^not ||'7^iB t /explique |>qutf(|ti:e.aiyisi ,: Epîn^ éita,ijt .^mtç 
d'Orient, JMitfin« àyatoi^niu I^e4r«<lu.ç^F ^nd?e, î^iïk;^ c;oi?fe»4v»,.^1^fM^ 
avec xcî>iiris, ,,,, ,,n.. , ^nt 



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m 0CT0BR^;N9X^:^^Ç',i;>J^^Pi^RB|E 1878. 

I Sous Je jï^eiï^e f^gpe, 1^ .vi% ^'Af^tJQçlîp.iftjit.lïWTi 
leverséejpar un tremblpmept de. t^rre^ jDç^^ncjfli«% 
de feu toml^èrent de imr.et allifjpn^renl;, p,^rtqHt 4p^j 
incer^clies. Toute la yilie fut déti:^it^,,4o^V^!V¥^n)% 
n^aisons jqui f&taifçnt l^âtiep sur i^ çoilipfS^,,b^WP^p, 
d oratoires de martyrp p, h grapde léglf^e !ÇQj>^jbî|itff) 
par Cônstaiîitin. Lcnombre djes,Yic*jme3 ^t«^4f^?f> 
cen|: cinijfis^te iiiUle. L^ jour deïA^cçnSjiQflfflei^otrei; 
Sei^n^uy^ up grarîd, nojubrp de, fi4èl^^,^ip/r4MfifffPi^) 
dans féglise de nuu^l t (i.^^j^t-C]l>ari^ftft^?çi, i^ 
célébrer i^ue messe ^ è rqçcaçjijq^]^ de Ae,terril?le(éy^ife- 
ment. lepatriarcbe,Pup^i^5H*3, qui p était ^ d^j?^/ 
docçu|)er le ^iége p^tr^arcd^périt,^^3Î^ P^fniïW?^} 
et on rait àsa plpçe.parrjçi Ajoiçj^WiSQrt {f^fx^)h^\ 

î,etdiÇ„f4.Ai) 
ipe. dist^WrPd 

* Comparez /oann. JlffliaJ» ^/ironoor., cpl., 61 y A. , , , i. 

^ 'Iflkeztj <* à Fei<fe|)iioil 'deè maisons côn^ti'aites sur la colline. » 

Eçlioem^ d*Amid/9 A^^^iw^^J, ejriJW^fiq>olai«ffe. | ^-^j rj^ înfui 

^ 0^1^ 1 AltVS > d^VâiVf * • Ce dernier mot est sans doute 
altéré. Je suppose qu jl y avait dans Je Je^te oi;j^nal Dapknéfràx>^i 
\à Mtiihtîpihn arai>c LÎU aura "étémaf ïûe (tiiLftJ'ppr le {r^duc- . 
teur éthiopien. " ' . , , 



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CHRONIQUE BYZANTINE, 325 . 

donné 4a foi orthodoxe et exilé injustement le pa* 
triarche Sévère, et aussi à cause des actions tyran- 
niqueâ de remperéur Justin , qui avait abandonné la 
fin des pieux «mpei^urs, ses prédécesseurs. L'empe- 
reur, en-apprenant tes itialheurs , déposa la couronne 
et la robe impériale, manifesta une grande douleur, 
et jdeurâ , et il èessa de se rendre au théâtre. Le jeudi 
de PSi(jàés'\ il alla nu-pieds à l'églisfe; acconkpagné 
du pèupde et du sénat. H donna de grandes sommes 
tfargenf |)Our recoiistruîre -les églises et les villes 
détruites. ^Aucuri entipei^eur, avant lui, n'avait donné 
d-'èrtîfà^i'grdhdes sommes^. 

L^s Lazes, qui avaient été chrétiens, et qui vi- 
vaient stiftsW domination des Perses, avaient em- 
brstôsé là loi tïé ces dérafiers. A la mort du dernier 
rfcii^de'Pâ:^,ibftirent touchés par là^ grâce divine, 
vinrent à<3onstantîndpî'é 'et déclarèrent à Justin qu'ils 
voulaient ch*é^ èhréttiens ^t vivre sous la domination 
dey Romains; L'empereuf le^ reçut avec joie , les fit 
baptiser; cômMd- d'honneurs leur chef, le revêtit, 
après -qu'il «ut été baptisé , d'une robe d'honneur, lui 
rendit les honnetlrs royaux, et lui fit épouser la fdle 
d'un grand dignitaire nommé lonios. Puis il le ren- 
voya dans son pays. Gabadès, roi de Perse, envoya 
des ambasç^deujrs à Justin et îm dire: Il yv avait 
jusqu'à présent amitié et paix entre nous; mainte- 
nant tu fais acte d'hostilité en détournant le roi des 

* tt>A4" t <||IIV«A 1 UVP'it 1 V Erreur de traduction. Ce fut 
ie jour de îa Perttecôte qu^eurént lieu ces prières publiques. 

* Comparez Joann, Mal», chronogr.^ col. 620 et suiv. 



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3Î6 OCTOBRe^WyVftMftRfcl^OÉtltPlIME 1878. 

}&m^ mtsmvà T:idtltn)â^ (iMM ^) o^t tventf htmai 
Himeflpt ïiiotw pn€* 4^'k dëiivtir^^^ éWêurf^ 
dii^fatix alite dôs àikmùÉ , dedSblilri^t^d^iSâlé^ 
ùees ék»mmsiâmim ti a dèîfi9i£ilii)â lèti^ daëtteti; 

Yettîrà SlêUyIe VitiiiWéâitetfrdé ruÀlvc^ 
qUliltifiii devenu olilrélleûr c« digne de^vecftVoiprM 
saint» my^tènre^/iitiù^ravcm» ftaîfisér ftétôtfrtiéi^ dbn^ 
son poySi^; ' -Mf» ;.. * . - , ^1 ci.' ^ ,•»!'' ,"' ji I ^ '» .mi-' i* 

Perses se trou^eift mîém. d!h(y^itkiUempëmij^ 
JtutUi 5 assura povà itf guerre ï^ïtïmiè dé Zii^di^^^ 
rofi.'des Héns (<«ri(| i). il lùîfit dé nomhtmxptémti^ 
et teçQt son <engageinènt, confirmé païf tliï SêitAèttl 
formel^ de hii demeurer fidèle/ Mais S3%dè$^^Mfi 
s<msfermenl. HaUa.aVec vingt miUegit4r^i«isr^i(»iÉ^^ 
Cabadèsv roî de Perse. Cependant letsit[^hvéli3ns^;'gri^ 

* . ■ . . -, - I 

' Comparez Historia misceîîa^ L c. , coi. 977-^ Joann. Malalœ 
oktèné^. , to\, '6^9 cl strrvl -^ *0^r^A'. pttsét. ; -col. Séo' y Wlr*. -i^ 
Thé^pUaae , ChronfHfr. , icoLS^J» — Le nom dv digniUirfWfiii jdovim 
aa fillç au roi des Lazes e^^ ^écr^t dans Jean^alala, Nàfiqs \^dam 
iTiéophane, ôftoj ou'Sofiàs (ms. du Vatican); dans la Ctîromqiie 
pa«îde Ôt^/i^ôfT. ' ' ' ' -•'...'..' r.iHMn 

* Ce nom, dont j'ai rétabli l'orthographe d'après la chronique 
4e) Tbéopfaane, est écrit dans noti^ t^i^te; une^fOi^ièie 4ëifA'i^l^ t , 
puis ML^ 1 i phi» bas A«Aj&& 1, enfin A;AflL& t • Jean Matala et 
la Chronique pascale domient ZJÀ71&V ou "21^7^. ' fii.ir;« > < ( 



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à I tassistaiioe I dtvtfiev i iUricMÉipbenfi i l)(>uj(mrâ( i^e ^ieutr) 
nuieiif ta^Xoroqiie > tes' PeÉ^es I fodf èoit 6>lr lu ipo 
lM}<Qerv i*e«rpeiiwM Justin aan^oya lau^rôr iderPer^ia le 

frère* sinoèremeiii/ipTOr nse.jffwrit dfnrmib ktipimt 
d»i4M& enneQQ^/<Qrrkito»iv(^0A$7tWerslâr t^errSH 
iigdlès 4(1 «Hunrf i^MC » ) [ a ^ reçu Âb ndusi He) g^dsb 

piMiuDtiti te Imhûrç âltoeutipeiidâRt Jaib^tmlU ./pnsser 

fHfjL eaifoîtioon^ie^ ttUidi/s^ ((^iiB/in'.^&ae^^ «mlrâ 
nous deThostilité, mais la paix. C^l^adès iht^iypgçti 
Sl^dèa^qui^lSoW' avpir i?efi*de rfurgt** dasRcMbgiàins 
pour ulas^ . atden . bo^f ^. i«^j Persos; lie j iroi .icpoy^t 

doiiiiai4eiiui!tmnoh|9ii(laitêt0 .^t m^^ymMi solcUta 
piHir jHiflswwîFer! $(^ :Vii^t ^Bswilei gu^riers^i jdoot l> 
nlédbappa. ' qu ua /petit l làioesbre * > (^i > > lietiuriiàreiil 
hcbteui^ement dajij^ lêur^pdy^^ AiipihtU de.aei ^p«ut^ 
Tan^ér^a «eatre Gahatièjîj, jr(«wl« P^5e,'éfe JtafltlnJ 
empereur de Rome ^. 

Jt^stin i)e survécut pas iq^gtemp^ à ^a :cpnc|tiiji9jQ 
de cettq piux. Dans la njeuvième aunéed^ Aon r^ga«u> 
un©' Me^sure qu'il» avait reçue au/trefois «i la tête^ i 
dans une bataille, se rouvrît. Peîidçiijt sa ijiiàlàdie,^^ 
nonuna empereur et couronna le fils de son ;fijère^ 

; H43<m>parez Mistoria misceUaj l, c*, co). 977. -^- Joarin, litAalk 

Théophane, /. c, col. ^^9 et suiVi . .',*i: ; r» 

22 . 



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3*i8 OCTOBRfïî.Wc^V^Èl*feRte'.ttËr(ÎÈfWbRE 1878. 

ùiin) ïïi/'j iiM<\ .!, iiiif.i iiMiHij^ut MM n'Kjiicnl , 

Justiniett , a'jirès ^Vôtr p'ii Ife ^ôilVërtiétkiénti » ré- 
A3a^ â t^n^{aritimt)W, ^V^i^stf » fethiA^^Tb^Atiora. 
'tés 'exîcélîiénteé^tiiésùWà* xïMëiirtë^é^ lui-^âiiUk 

'ietïtrèt^Mitaânsîe^ devoir. L'ëtaipërelét^èt i^piirtftribe 

fii-ètit partôW tccTrifetniî^ déi légft^feS ',»dfes b^pteGi'lloOT 

ïfes pèîerttis/|)6tir4és Vlèiltoâs^, J)alit k9iïid[ladë$'«t 

]()ôù'i^ Ws bi^phèïiirèv et d^^ildt^ ^M^ëdm^^àf^aœ 

génfe. Us firiént'aiifs^i iWtaui^^ |]fliisiiéuj*-«v4^^ 

truites. Ja^tinfefi dfetrfcû^^Jtè'^aridés' W)ttlrtiwdW- 

ge^'t. Aucun dfe^ émpérèuï^ lies prédéftiflsseUrs h^ai^t 

fait fiî^euVi de tant de ^hëfbsité.* '^ !> Jnj^;L» .usi 

iPaV ^dite de soti afiidncé 'àVte<:! ' lé^^ Rôirtaîtt» fet^ cle 

sa convéï^on âtii chri^iahdsihé ',' lé ' t*dt' des L«zes» pe 

'vît'hfèhacé'tfiine gueiW àVe«Gabiadè^,'T(yiid|ïdRebe. 

'ïiéèi^^t à'Justittîert^ tai*détoâhdtt'^eô6w»r«eil ii- 

"Vô^à^t ia^céttimunilutë dé iëùrfoi<éblfétiettrieiiàs- 

"tinieriltii! erfv^oyà^ ^u^sitôt dfe 'nothbtfettfi€|s*1itïUpes 

irbmtiiandéèfe par trois généraux r >Bélisiàkie;i€épyciis 

(Whl») et Irénée (WM»). Ceux-ci n'étant pas 

è^àt^èrd etitre ^X'; b«Bafx>apid6(iVoBjiak£i{i]^rent 

clans ïà Bataille. fcVmpéretir; irèé-ifritëV'flt 6slrtii*^le 

rjgéttéïal .iPiferre .laYec im gr^Djd.. wHISTl?. .d^r^Kers. 

'Pi^m^/'fltat^ pm 1^ co<tti(nàndetn«iit, iSè/iM>rta!i(au 

' » Côihfiàrez^û^ahttes MàMà;tdH'«^9'Brî-i^'(F*w*i«on';^ 

col. 865. Jt^/H<ivt"i{)' 



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birent de grandes pertes^. r r, , 

(( L empereur Justinien,rami de Dieu, était entiè- 
Femeotrcfe(W5Wfet clle$prÂt{f>4^1e4,J^foi3^ .; j,i 
»/ff«fIly{'tfvaituttiijiwgi<^ oiQpm?(é. Ma^l^éa (/flfft 
i4Ufc a)^, <]pi( di^eui^VàîByza^i^ ^ ewf:our)Ç.f^*^^ 

etujévit^iefit :*G^ fCpntaçt ay^iW. (jp, xn^gifpîeii 
wdp»iia.(a««^émaD3 dwfligiçi] ,^m iK)PWW?? f^U^ 
:ne&t6ki fl^ausu) lis- vivaient d^ns,;la,, dissolution, pc^ 
oupiés^imdfwenfi.d^tbéfâtrQ. #t dp cowse?.,Ç|er^^ns 
pbrsoittii^fig^a die . te j viUe ,. d*un tcès-h^, rai^f , ,Àth^- 
ae*i*'^fÉfythçée'(8kC1ïd«^<«Mfc?)i! pgtrijqçs, hçnq- 
i iraîeM: ;C«t ,epn^ d^e J^i^u,^!^ jen paxdftiçnj; à Ji empe- 
reur, disant que oçt^bpuffne é^it.eip ,é^a)t d.anéapt^r 
iestPensed ,«t| dftidoftijiex:..te ;Tictpiye. pux^:^pra^ns; 
.quep* j»çjs pratiques, ^,p^urraflt.r^dye4es/,ÇJ^^ 
4 ïétojHiîe) îrcffl«^«R[» l|a^^);eI^l; .}e$ .pppp^jpps^^ns 
ïbbéi§s«i«îe<£aum:rwiîier faci^em^ WXPJi^J^ 

doteï^ >l€fl Pof si^ ries , dépiftn& < . qui^ fef ^ççt^ p^pi^ \eifjçs 
r aaftnéf^r^pwr taWes-(Soiîtest,d^,<^aip)té^^,e^^qi\'p^B .^ 
itnip^hemjït aifisi/s^^^rcoi^ib^f. jl^^epcjpereifr^ jd^ 

t ' ( 9 itki^^iKt Jeanr Moleda , (t?^no^. i cok< 6^ 9^ -r^ 

. Gildericn, 
''^■^^^èe'jàfeeniéfafr d*iAi aMt^r kioftb^hydtô sùi' Jùsfiiiieà peut ga- 

nfitaîtdèiâkhgidier. Mais JeEliii tde .MiJnpu «li aeé. ^a^Aiet^urs nloa^ffas 
bien compris Je rôle qu'avait joué cet empereur dans les aOfaices 
ecclésiastiques de son temps. Cependant, on verra plus loin qu'ils 
Mi iMM^t ip«3ijii4qu'iLie présenter comp>,ei;aa adlféi;ent d^ If^^o^trine 
monophysite. . > i 



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339 0CT0BRte'Jl4C^ViÉ»Rtel»ÉC1îl«»RE 1878. 

d4m<>hs ; désirait teperidâmtonkâStFB^teu^ si^tm^ 
ïfÀhi^ hïse^J 'En i^ôitôéquéittiy , ^Illl^^ciéj» exlécatidtile^ 
triéftilîsldtemdvaiètiv parte i€S't)airloesrfcors^e r^im 
péMjtt èki'ftit ihfbftlAé; a«è'iatt(5tl^ et tew 

cBtv f^î^i^'cïti'à îMasédës)' t' Ji^ ni ^v©Bî)t''pa& de M 
lilftgfié m 'deiia (âivination que tu* prâtàjuefi/^ e* 'piûr 
l6!»(}€i^6B lu croi^ servir TËlâtu Moi \ lustini^n , * em^ 
j^eretarj^rétiêto, je pemfi^iévikiloirïtt^iotnpber /par 
iô' secours "dtesdémona! If cm'» ë^t aveado secoiirs 
tpA ^c!' vient de Dieu et' de monse^netHr J<éau»* 
Gh'i'ist,' créateur dés deux 'et éé te terre; s^efeTeiàx 
vaittcre ! Et il chassa 4e' ma^ieti et ses protecteurs-, 
caHïustinièn sè'fiait eu toiit tettfps à Diew. 'Et ionsque ; 
({ufel^e temps après; rempërèup obtkw une v^oire 
par la grâce de Dieu, il donna Tordre de brideÊr^^ 
tfïâgleien.'H' '' ' ' ' ' '• ' • •■ • '- '^'" • 
♦' L*épisbdeMqu'on vient de lif^ île «e trouve- meii- 
tibttnë, alitant (jue j'ai pu m^en ajssurer, dans aueu^ 
tiiiire bixvtà^. Les récits stfivslnts^dont j6 vais don- 
îïer la 'traductidn, Ae sidnX pfeis înoottmis, «laîs 'ik 
Vlifii^ewt en * qùeltjufe* points deà-narratiô!* pâmU 
Jèips.fî^:? cfeçQfliiqmeurs,by?^Dis. , . . t^^n \^,^ 

«Les Perses, renouvelant les^hoolilitësooontreilès 
Rô&^nV, MefefenSèreht %ux Hutts^ à'éiàéy^'^'mgt 
mlh^ g^e^rieJRs . pouç ,&iï]§ , la,,g]^^ejÇT?e .^^^jf/ l^pjpaai;^. 
Or, il y avait dans le pays des Huns extérieurs 

une féùimé vâîHarite, ndritthéé, dans k l^feûë» des 

' ' '• ■ '■ ■ i ' • ' ■-' ' ■ ' ','"'' . ' v 

' ^ frHK^^fB « .'Deirïéttief, éan^ la suite^ienom des/Hiiiift«M 
toujours écrit 'fs^fi t ou "P^& »• J ih • , . 1? . 1/ 



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a^ r)#n<i£(|aiifrès df» JM^tin|^ai,4;enipetr0wri,.d^étiqiï^ 
4ft >rargi!9ilt>ïfl dej/piçarPW .priéqi^j»?^ . L'ecéip^p^^^ 

^e^b^f^tûrftaîeotepf oMfche pourprejoindro IcN^P^r)- 
aeftf lej^r Ûrcia f^hrtJttila^ les vaiùquif ^ tut iGlon^e^ 
Ia^t5ieni3, :^t iSt ipri30«oieB ^ymxi ^'^lie; ^fwOya à 
€l0qstatitiDpp^^ ! ou* il . fut .alfacM «i^ gibet » et <^\yr 
çi&é?^ '.. .», H ..-..,- . [ ' •• ., -.-?'. ^. 

tt Ensuite un homme d entre les Huns^.otouimé 
(fo>iKla«] ^, , viat tBouver . l'opa^erewr. . .Justi^ieiii', i fut 
b^pjtÀsa . etf detmit^chirÀimi- . L'emp'Qi^ur, fut son, paiv 
xmn^ iulfit da magmi}(fM<es.p^éçeiits, pui$ i^.ie.^QQ- 
^pyii.d^ns.SQ^ pays. Cethoi^yae de¥Mii;l. ainsi. sijLJel 
i&iïem^^ r<oiiaain^ et jk>r$qu!ii f^t rentra €lsm^';|stQp 

* ^Màb • • Hbtoria miscêÈcc {'eo[.' *^'7^) : ' Bbateër; Bèifils* Jèdn 

(Test la tr^^uctîon du grec è^ouXxtao» où è^oépxuro» aCtév. — Com- 
^ffei'îeâïr Matila, Chrorukjr.; oÂ/^^^.^H&tàtià'm^mMl. 

^gm 'j .rMÎt -■'> ; , ' )* ' '..( tr.;;. 7 ii î( » 

mot ^lif, uipe que les auteurs grecs douueut à ces petîls rois. Le 
>ii9m /d^r<?jp^M5e,itro*xe dans , Xli^|?b«ift et d9f(s^ Çédrf^iy^^ Jean 
Malala écrH Tpcô^. ^ ^^^^^ , ; rti ^^ • - ij >. . 



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.^ OCTOBBï^^-^Q¥«¥#?*h0^fiM»BE 1878. 
Ç^ttis QwJ^i prit» tp^tes f l^^^e» i jfg^adOTaiplMw 

q^i|çJpiÉ^|t/4^ J^tafft^a,» 90u|fi(v^ètoeilil>a;vK^i^ibrGt^ 
qpRjr^.Jyi t^t.k itu^^nt^Aj^t fété^lmfdriii»; dbioto 

^vfi3W*»ïW ^«fw4i i>pi3QÎHre/idp yrôswiwi3 «vtoOifite 

x?f:wip^4fa«ie^t 4eiBadiu^riWf(«»<af4ft:f )«iiw wrf« 
4fi;jtei:i;^ iJliqs.^IiMïSiMappfiWWt ;fR^ttfti.e}|)Qjditktt^> 

.,i,ifc,E;^^fts,|ewpf5 r^a» 4wfîlep*yp de«iiHfc^,É ua 

ll^VBPW» IWi^t /S?s, pw§^îie<isi^Ltoffi<çi*j5^ Jhigtifiwo 

pppa^^ie.vfis^,de|*ei3BpijBe.^otti^i _. i ji.,^ .^m 

/t/tCop[ïpare^.4^iim WaWa^,Ctrwcf9i%iicdL'i6^6fel)iB^ 1 djh 

« Dan? Th^opJ^nf, çç npjpa e»i^,écjç\l^pfffttti^t^^C^jpf^ 

rpérvs. Le texte de Jean Malala porte Tpévvs, C était le coi. des 

^ IDlV^Kiç t iOiDVa t 4U-'l 1 IV.?-!* i • Au lieu de «»1/*» 

701. ' :pl rUffr "tr- /'l^ 



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^Mi^e^ib l4i€lî«nl$;{ art»t y iBf^lé^ÉlItiJépiëHà iWÊ/k^ 
«loi Moii^ 3Îi(Q(ttitt|é«iSattklÉ«v Le^ payr dds Étliio^lik 

«teiéi' M^ tb*fird5^de îl'OcêaM' 'Vèr^ ïo*iént j »Le5 ' hiali*- 
Idhsuoâs dkkfëtiem iqttiitraver^iMI Iè>'pày^<d^i^ ad^sj- 

iq[(ieiitiiow$i'i^MOnS'ide'iiientiMitt^^ ê^nt^etp^^^k 

^gtfànd^'tëieatkttysi Oat^ Daôiiâifti&fili^Mt t); i^ 

)^s^iH>oiiiéptl«s^{ dëpotâHÂit et tiiaih 4é5' marctiàiMè 

«lirétielisi qll^p8É»«lfent'pàri^6es 'État^; !^s'^tè!it6 

qim'îm' Romàfeis bppmciAiénV^'iiiéèki Jëi jjuîfk 

©ett}|^i(Mirt|udi, .d|si«t-il, j^ tuemi; 'ifi6î àùdài, tot6 

les chrétiens qui me lombefroiït Mttrtre àe^ ihalns: ^Eà 

«Onsi^^^Mnce; ^tOttt oonArùerbe fat i^eïrfa -khpoisible 

dfaiiâ»>rkide.wtérià»Mft>Coi^(}ue' le vm dé 'Ntibi4 

^lAxcftim)<«eut^rittais»«ft!dè deJéesfeits', fl éhVèjia 

GuiifbtAs'floiïiiériteyleméSôag^ suivant: Tiï'te?*îa! 

^iirniJ^mnfkB wiarchtiAdis^fCferëtî^ns ;' et fa la^' poW^ 

pf^w4te0^4/'iïKrn iÉtat é«' k êtà^tt^^ Étafe/^tt^ôî^. 

sins, soit éloignés. A la ^uîte:dè (ie 'finiè^5àge'[lë'^6i 

des Homérites}' prit les amiès; et lorsque les deux 

aWWébsTUrènteTi J)résence, le rôi de Nubie s*écria j 

Si'Dieu mWcorde de vaincre ce juijf Damianus,. jç 

'^Ki'm j > • ^ 1 'l < w •;».»•♦•*»' î ,wà .' ^'^ 

^ Dans ce paragraphe, le nom <ie "j||i$^îb*{^ i désigné 4^ 
A«MfÉ|itefi^,'et'^A>.^f île;) Hotnéirites.'Maii p^a^ lohi, its Hômé- 
Htdâ smit a)>|]ié]é»' simplèmeht KftQ'fl iV ei le rbi â^Élhibpfe 6a 
<rAxouin ^^iP I Tfl I . 



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33A OCTOBRB^Nl(>VRM8RP^OÉCf4l^BBE 1878. 
tet^i |efc<^ rendit» >iw^'0.«AQVs«n>rKqyQ*rtie*.^ 

Alexandrie, auprès des juifs et des piaecâ ^j^epOtU^ 
m^QuilesC'^usslaijix mfe^i^fvats roioaimi^lô^ui^ ^ftv<^er 
un ev^^ de la» oapllt^^ deAfempirftriK^ 
d^* doiîneiî ienbaptenie^ eltvd'instrwef dwr^giaite 
i»yrtèiîesîclu;étien*,ies bî^ilaiit&4^K4ibi&»el h^iti/^ 
m^ciMiJuîfd qui re6tiUeiit4nVeiKi^QWiJ4)tôtiin§oi« 
ilifovnïé deo^'faitfri/.0i^Btea.4eraftti^fairetw 
t^ment è sa' d^^n^e;! etd^JuiienMajfîev^ 4^ tpnètr^ 
fltj un évéïpie tfealre le» ie»v«)kyésf du isaini paMâ^^ 
Jean K Celait mu h&mme \ «hiist^ et; pun ToUet 4ut 
Torigine de «la canîversioa des£UiMopieii$^,<d<i^'te0^p^ 
de i en^pereurt Jostinieia ?w . i * . 



t 



'\ 



. ,,<<S(0iûs Ib règne du inêaiue .empQrQiiA^.^;!^ l^ ,y<fe^ 
Hedj2^ ( ^Ï'M • ) 1 «nommé/ Alhioadar , (Aia^U?A. i^i ), 
lil} des incursions ea . P^rso .et taSyri^^fOÙ Hoof^ 
mit do igrandesi déprédaihbpp'^ Jk $ay^M^J<^*M{»'àrl^ 
vîlW d- Antiotohe.: U tua i9ft^and noaibt» d'bf^bî^ffft? 
et brûla la ville de Chalcis et d'autres villes du canton 
de Sennium/( AQf^ftfi t ) «t du ^cautoo* de* Gynep^ 

.^ ioaohft'U tUao^ % uim %àhA\ î -10 1 OT^C 1 3k&lil 

* Au lieu de : ... Et les envoyés choisirent le papamoi^âirâiJQI^ 

sissent, mansionarium sancti Jofvifùf i^^uf^ 4|^^a<|4'^ûf(| ijii^^f ^i^ 

, ,^ Cojçrtparez ^«(*f miscelk, L çl — Joana. )M. , i/. ^- > c©!* jMiO-^t 



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(lllW^«)j't('ttmié6''d«Ôi'leftt ifafe^dhîa eh'téultè hâte 

t^eWittfttèïHôrtt liâiisr >ôU^ en' éhipùi^afnt un ^hd 
btitkii *J;d- ' '" '^'-M ■-••' '- '"!'' ' " I' '''l'p *• 'H'îM.n/s'/ 
' >^«^ te'i'ègneide' JuMiniètty dir eiktor^rl'am^V^il 
y»kit ubi^nd'ti1è!t*iémewtd»e' terre €*i Égyptô, (ôt 
lAtf 'grand noft&blte dé> vflles jet dèf tiUâ^es fai^t eiH 
glAtitfal Le^ 4è<!i&«^e^ fWi^€tet're«5efltte$T^rtôttrJèt^rté 
s^arrttèt^ht'^ttlapirèsiinef année ^. L^as Égy.ï)tiè^'cé^ 
l^bt^ient fct'miémotre^ de jour; thaquô année;' 4é 
dk^ptièéne' jour' dn mois de teqemtVw'Oe «ont 
t^ inertes ; te*» iWOfine» /^ptîeiis ; les thà^ph^ofres», iqtii 
hmi^ Onit con$feiVé l^rédtde oè«le criaittit^ ^laquellfe 
aVffït'ènfipoar <3àusé lechattgemefnt de la foi idrtho^ 
doxe par Tempereur Justinaett. w Cfeitliioî ordonnb 
àWix Oriebtâtex let à to^rteid'deisr église dfe ^i'eiiipire 
dfîhs6i^8^-»>d$ns les diptyque» les noms*, des • ^ëtè^- 
cfÉies du iconeiie.de»€hateédôï»e; et den effaceh iei 
tibtintsi 'tfAnthitoe { K^TTlA i) , patriarche ' de Cdm^ 
tàrttJn^plé^.dTAoàciufe fMi«t ^ )} pktridrché'auîtewîp^ 

«. ^ Q{mi^àtBt.Hk»^miaedla'^toUg8^j:-if^:96iB^^ Mtl«iavicolr66U 
653 et suiv. -^ Théophane, coi. 4i3. — Sur les cantons de Sei'- 
ttiCùâi^et & Cyhe^, vDyei'v évagt^jà; Htêt. * 4ficfe*J,.li]^^lUV cap. 
iPiltiT îib. IV, tiap. 'iÈt3CYiiî,<iU^ri fcjip'.^*xUix. -^tT/i^ifcj^'Jt^*^ 

ôd^'de GiMreWni^^. 5;ligne i8. » » = .' 

^^^nMt'^m4tH^ittimirtti^ '■'"' ..m... > . .-... ». 

' C«t) événeirient n'est * haentionaéi k la "date* hi^qtféfc ; ni^ 'dâii* 
les oaiendriers , ni dairts les synaxares , soit meliîlek , soit yacobites , 
lii dans lek cht^oiiiquei. Kàt ce le tremWemeat dé t«rtë <Ydi a été dé- 
crit par Agathias ( éd. de Paris, p.- Sa) cl qui eut lieu en l'an 5'5fi ? 



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330 OCTOBR6r^NaVBM8KE^OÉO£MBJlË 1878. 

d^ÀleitsUfd^iej itfadbolit >rHëDotique < ée ^énonr^ ât)'«fr 
facer* ieinom* thi^iiâiriia^obe-SévèFe .des) dîfNl^lqubsjdk 
tofifilDèliâ'fxrovtndô d^Aktticxfhe.ettoi'dxlniBadiQtieimfiil- 
diirë. Lett'IwtbitàiKtsid'AiaemdltefiiiiteBtie^^ 
$6* dé^ahéreiï àviai is<Mu*oe d&'k:dootiiiiieide<I)iD6ct)îrek 
'Slais'lorsqtie' Justiiàieii installa' dans* 4011$ ieBiaiégi^ 
dés ^vèquësi chahédmmQB^ Tîpoothéd, . pètmndte 
d'Aleistndrle, fut maintenir sursoncsiég^^ èJàt^fr 
itLWmà^'de l'impératrii3e) Tli60d)ora'f ^ir^fap^N^ 
ic'père' spÈrittiel. « •' ■ •■. i. * '..■_....:. .* ^.,!H')/tu.'^ 
'' i> (( Cfu tëmpsde lee Ipalriaiwhev JastkiîéDicèiiMi^ ià 
Aiéx^drieï upe iuombreuse iiacmëe, • tqili i;bloqa9t)ib 
ville! et 'vo.idufl'^ £àim tm Jgrand imasaabrë. ^0^- 
tria^ohe 'l'jmothëè "dépuJbanJixspéh j;de) Jienopei^itf 
plùsie^î^s'an^ehorètës «t ilsoètesr; quii di^masHtttrBiit 
^cè pbur f église, Êifm>qu'ii<d'yt^ pasijde^dailgianf- 
{^anductàkis^ la Tille, aans' motifs etcpie iesiiiabitaiits 
paient éoiiserver ta "foi delev|s 'pàirtôi'UeihpeoeiiF, 
(«tilr i'intei^d^o A> ée fimpénatôf ei flbéodeca^^lM^dida 
la requête, et envoya à lamiée Tordre <fe jcéèoanner 
êàtïk ia pmiitun ^MviqueinEk^ie patriao^be Timo- 
thée continua, dans son siège, à agir selon la (foixtr- 
iàbd^ybe.» Kempereur envoya ensuitôià AifiMi^drie 
'iin> • eunu^odt, ^ €6lotyoàiite > f MiiKi^k li)^ ' iBt; 'cNsfIe 
,^|iée fut ]^ t^87*,4e fempire romaip. Et. ^,;^U|e fut 
tranc^uille pendant <{ueiquet temps..Plii$ vi^'^téiaiéi^i^ 
patri^cjie Titnothée nWurttt.» ^ ^ ' ^^ * "^^'^^ 

Pour élucider les questions que ^ouïevèrit î|s deux 
paragraphes que Ion vient dalire^ il faudrait pouvoir 



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<U$posélr>tfleph]s»dle^cei^t de^du^dQijempfiq^ilil file 
'idék painuàd^^n orihiaordil àtèë lra^UitLlQtp0il1liflr 
tktadciil^llApMbthéè, SEÉDce^eilr detDé^scbmfieiJcfuDe^^ à 
iiid^x&ndrib ^« jë<)é>trarti:sélpaitidèsiiuttei /dogpà^qpiie^ 
^ éié Jlnt^iiUôsi diDikt>iltnex»ié èheaii^laiiAoïiit,. tant 
^«tlsedtfaàesiqiifiiiiioiiiophyitte») quuBhrdguea^mYtnii^, 
^'dont>irnnpoBtaiice i ia: téfaé tantôt x^'èf^^^^ ! tanlâTt 
«tlmimiéei^ fiaiterflpii ceneenib ^l^i itmixitii^ de ^Tl** 
isiDtUée saB^'âonaé^^ paptUinAu^ht^e d^; ilimpéràr 
4iJqe{f3rhëo^ravto^>^faitf <pra irappprAèhnt égal^ttiloiM: 
Eutychius et Georges Ibn al-^Âmid^^ Wesrl(pokrt/ia- 
fvra^«iid)laUéiaa(Jiii^biém6;MPo^ 9^ me 

tttora^iedi à (£e|Mre remacqueir qUe >Calolyohuist .(û /toià- 
tsfoi&lgfflfinsiii transcrit ice nom ^lléiiéi) a dùtUen 
«fiet>/)aarril^erijà Ale^Bacidn)Bi<3ous de !pontifica1i|d<î.Xî^ 
imothée^iquoique s«)nâûteTventi<m ne, aoit.sigrtaJl^e!» 
pa^Libéiiatua) qa>à/loecafionide l^leôljoi^td^ Théo^ 
<dc«6^/oàP dn>ppilt càMlureides |ijtrQltS"i»lêiii4Q$i<du 
diaepeide'QardMigp qwelabiiçaioxh ^udttCadotyobiiiji^ , 
f^biddaûrejn était pas- pr^ieiélB^it d^en^in^^ pir 

oiiJè'néMMSfpai eiplilpier^dtellç qui}%iirefài9(fin 
'l^U'cfllat)it^eJ^ >., . . -^k v^ ..«. - "lo!. ..ik-, -i.'.^ ••.;h 
niijfiûfm/Jeande Nikkm raconte i ^n^ tnxt^i^^tpiAre^ 
4Jjéciâll(fc(l: i<f6)»,^iiyeB(tî©!n,-i Aîfexa«wlpieiiSotii5 ie 

^' 1 VôyWLibà^tlià', Bmridf^rrtw, f.V.,éoL léf^etsliiV. -^G6tti- 

Baron, ArniaL, t. IX , ad apnf:^ ^t^^S ^î^e^ ^.UJ'V' ,. < . , 

'j Euiych. , Annales, t. II-, p. i53. — Ms.^arabe de la Bibliotjièque 



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333 OCTOBRf:/)JaV/E>MBlRE^I>¥iGBKBRE 1878. 

pmtiikfi>t idu patribrcbe Tiknotbée^ dkiiinge}.<lQtit 
Jé$usiCl^isl;is'éta«l cmAlv bMTfquaiiavbdofiptfKÎbiMeq 

d'Mi/juif jaommté tMlU^tA fyiqmyd^vaommhdm^ ^ 

à,dfioit«.deJ'égli$edç5ifaintTAthçu»a^*l^^ ap^ 
TOiïlu <îuvlrir,à différ^ntesMPepriswJe ûb^fk to\t)Xf^n 
moite qmtf^t^^ml^\i}^^^t\SM^ kmîimc^ 

avei*it**wfm teipatriitfdïf Timotiiiàe^'Cpii'a^réQdilr 
k,tiek\fi^Êmm^fin pmcf0atùni».&i9mit>pcirter«}«àiit 
luit les cmûu îles év^ngiks^i l€f& eii9eiiioinsf.')#fdeft 
ct0iigQ9raUwtié$(< Aior^ 1^0^^ isponftuié^ 

iwnt, Tîmothée.piit Ift i^lique et la déposa' à l'égtisé* 
d^ Tabbnniofiites {AffflU0Hi?Yi»^)%'>dan'^ uiy^iArinfm)^ 
e» fer, ^pfiorté^ du DÎ^ipac ua ange,' quj^b fomiik^ 
Les, habitants d'AIé)^Q4rie.sy rêodii^nt ^nfouie^ei^ 
aHèreiit demanda «.tiw^ Perses ^i» defla:feimrt)uviir^, 
Mais il fut impossible de fouvrir. Quant au juif, il 
embrassa le christianisme avec toute sa^ ^rniiÔet*'^ 

Après la mort du vénérable Père Thnolihiée^cUap. 
xcii , fol. 1 1 5 v** ) , on nomma à sa place îe. diacre 

. . , . , . .,.-/. . . , , 1,!- .. 

^ tf»14LA > iB^V^ I . Il n'est qu/eOion dans rJÈnngiie ,(k 

saint-Jean (chap. xiii, vers. 4-5) que du iinge dont Jéau^Chrilt se 
ceignit, A^toff, mot qu« les Arabe» -ont tniduit par JU)iJia<«i l5^ nQ 
sais si ic^est i'aittaur ou fua de». deux tradu0t6urs.qHir9f dédouJilQA 
cet objet. . . • , ^ . . - .f t 

^ Cette noentioiit qui paraît se rapporter i i'invBuoû de TÉf^ypie 
par les Perdes sous le règne d'Hëracdius^ serait la seulie tovcbaQt.cel 
événeipeut dana fio*re ouvrage* . i ■ /- .> ;> 



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krt^ë'fuei^. ^éod(^(d<ptit1isi ftiîtë et se TèndJ1<)dtMt 
hi iiiHë d^UlNftitj ditjii Vét^tidUtiife k retraitiez A^^ 
Isf pipUAiOùptiVfislinsA^ét ie^noninva pàtriarcheà^lâ) 
piw^^ cb >Piéodo£i^y 'ëotitmirei9beiit î h loi'^oàtlo^ 
n1^6; Ldtiiâle làa^ dirige -; des iitis >s«i éédlftmkstif 
pnvdlinià dêl 11yëo«ld^6', le^ mitifêBipailffitôkisi^'derOdïu 
ikks4> [4it ibei) p«rtii' iS»J «^ii)biimaii^^us]J(juiK|u^à|*eii^ 
jolir^îDioscore étt3dtdorsprëlet^âiiguslal(l0iAffrt*i)! 
ëtiÂriétottlaque) ooktimandttfit dé' Vatmée (ii»A«4< ^ '4d 
AU 4<9K^JtfaiAA f ): L'^itipt^renr ^ Jùsttuieiâ , ^ayati^ 
étéîfifoitpfë dercw év^tiemaits,; ôrdomia altcromman^ 
dstit de ramiéô'da se l'Indre tAiemnàvi&^ët^d'f^P^ 
mener Ablaâ Théodo9e(':'JBiiii<)Dfisà]<ieii«iâv'il 1 msf^^ 
sMMOti âégeiet ft^âdk Gateas*; Ët'lors^'ii'|n*i1f pD54^ 
sifiBsklw dffrégiïse \ ii la don«a^#Pîiful< leChalcëdcv' 
nieti,' quti était lui'moiiîfe diêi parti des Tbëodoisietïs^,' 

•'; n'»f ! '. • • . ' " > 'i--' ■ I . il " 'A 

* SI A^ . s , ï?/^'?^. I f traductioD du i^ot, Ao^oypatpojr. VfYez 
Léonce le Scholastiqiie , De sectisy aclio v {PatroL grœca, t. Lxxxvi, 
par» prior, col. 1232 A.). 

'?) H nesipas probable que ces sectes existassent encore^ fçteaps 
de notice airteur, c'est-à-dire vers la fin du vu*, siècle. J^aride Ni- 
liou paraît avoir transcrit les mots «jusqu'à ce jour» de l'ouvrage 
original dans lequel il a puisé son récit. — Comparez Libéralus , 
B$v9hriwmii. c, col. 1037. \i " -*.: 

^ 'C^t/F«nnuque NaUsès, agissinit sous l'inspiration de Fifnpétti'^ 
trite Th^edora, qui rétablit TIréckiose sur son mégei -Voyet Libéralus; 
/. €,, col. 1037» -^^ Léonce le Seholastiqne, /. c.>-col-. isSs B. 

^ On voit qu'il y a ici une lacune dans le texte. 

* Au lieu ée «Théodosiensw, il faut probaUenïeiit lire «Taben- 
mosttes»;«omme porte ^e texte de Llbératus. Il y a, d'aiHeurs, «ion^-' 
tradiction entre les attributs de Chalcéchnien et de Théodoiien.. ■ ' 



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340 OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1878. 
et H le nomma patriarche. Paul signa une déclara- 
tion d'adhésion à la foi chalcédonienne qu'il envoya 
à toutes les é^ses. U y eut des troubles à Alexandrie^ 
et la guerre civile éclata parmi les habitants; car^r^ 
sonne, ni à Alexandrie, ni dans le reste du pays, ne 
voulait communiquer avec Paul, qui était un scé- 
lérat et un nestorien, un persécuteur et fauteur de 
meurtres. Puis, comme il fut trouvé dans un bain 
commettant avec un diacre le crime de sodomie, 
Justinien le déposa^ et nomma à sa place un moine, 
nommé Zoïle {êOfiith >) , de la ville de htilLlf « , que 
les habitants de la ville refusèrent égalenient dé re^ 
ce voir. Zoïle, voyant Thostihté des habitants, adressa 
une lettre à lempereur Justinien et se déiïrft de sa 
dignité pontificale^. Alors lempereur choisit un leC' 
teur du couvent de Salàma, à Alexandrie, nomn^ 
Apollinaire (f^A«9Cf"A •), qui était un homme pieux 
et tolérant, du parti des Théodosiens, et que Ion 
détermina à remplacer Zoïle. On lui fit de grandes 
promesses pour qull cherchât à rétablir la foi de 
l'Église. Gaïnas mourut, dans son exil, avant Théo- 
dose. 



^ On voit que ce récit diffère complètement des témoignages des 
auteurs orthodoxes tels que Victor Tununensis, Libératus, Théo- 
phane, et de la narration de Procope (Hist. arc, cap. xxvii). Mais 
il n*est pas sans intérêt de voir confirmée par notre texte la donnée 
de Libératus en ce qui concerne Torthodoxie de Paul. 

* Libératus (col. io45) et Victor Tununensis (col. 969) rappor- 
tent que Zoïle fat déposé parce qu il avait refusé^e souscrire à Tédit 
de Justinien sur les Trois Chapitres. Évagrius dit qu^ApoUiiiaire 
ne fut nommé patriarche qu après la mort de Zoïle. 



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' ét'iiWftptttiéut^J^stirilferi aftJèmbfe ûh'gfârtd Aohifarfc 
d'ëvêé^ekf dfe tous les pays et' Vigîiè (IhAftft ^), p^- 
trfsK^bhé^de Rottile. A la silitë dfe lo^^ cffort!5;bëaii- 
cdat^ dPhôfittme» avaient été atafetiés à^i^eôevôîr Iji'foï 
Orthodoxie*, tandf^ quô tf atftres iiiiVaiient là fàtissé^ 
dôctrihfe 'ïiestoriehn^ et! chàlcédbïyiténhe .'..;.)) Sùif 
uriréWittëtrès-ineJcâèt de f objet du condîlc de Confe-' 
tàWtiiiople^ et de» i'^édlt de JùstirHéh ; \eqad est àpi^dé ' 
«lé^^ûttviéati Jîfwdeh. »ï ' ' *" ; 

Lû^fin du chapitre offre un imérêt spétîal ati' 
pèiM de vûé»àe fe eotn(posltion de notre chimique: 
It y»ëit> dît qu'afp^ te « grahde da!ômîtë 4[û'aVïltt éiAîè ' 
là vïtfev'» JÙitîftJert fitiapâix weclës^Pérses ei trî6i(i- 
phia dei V^Àdafe*(<^ t fthiiK^itft^). ACes'grahdék' 
vifetth^ës]: «jouté l'Sùléùr', ôiit été* Taconï^és ^âVèè' 
séHft'^ Agâthîâé(ïtfHlrt*)v'fun'de$^éci^lvaih$' (S't / 
W*HM£t^*w)' dlMlrigûé^ de Cbfrttàntînoplè; aîni/ 
qtlte'pài^ltth' sâVarft nommé^ Proôopë (h*Of^^fri)i 
l^ëtttribé, fcdriutt'é irtùsft^ et jgrtind'dîgiHtâîre (i^' 
W«)f J doht TiièÙvi^e e^ ôél'èbi-èl i» Sûft'urië ébûrfé nlën- ' 
tiôtf'àlî lé'^rtdadtion'du'Cotle.' = ^ ' ^' -^ '* 

Les dignités que notre texte attribue au secôttd'* 
des deux auteurs cités paraîtraient confirmer 1 opi- 

ntoin da certaine savants;^ qui, se fondant sttrihié 

. ...i ,- ^ j • i .. . ■ ■■ ..' ^. ■• ". 

* il6iidlBt^3. V. Uooxàntos, dohne à cet auteur Téplthéle de" fX- ■ 
^oôàîpt'os. On eïi à'côndti que Procope a dû remplir de hauleis fon<!;- 
tions ; et comme Théopliarté ( t.' c. , col. 5 2 1 ) mentidnne uii préfet tfe (ce 
naît), on n^à 'pis hésité à identifier lés deux personnages. On n*a "pas 
rebiarqàë' que Suidas, dans le même artide^ énumérant leSstitrës 
etfbnddàns^dèiPi'^ope, n'snlraît pas passé soùs silence la plus im- 
portante de ces dif^ités , si ffristorien en aVait' été rdvétn. 



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342 OCTOBRE-NOVEMBRE. DÉCEMBRE 1.878. 
donnée un peu vague de Suidas , ont prétendu que 
le personnage nommé Procopo, remplissant, en 562 
de notre ère, Jcs fonctions de pn^ectas arbi, était 
rhistorien-rhéteur de Césarée. Cependant, je doute 
qu'il soit permis de faire servir notre passage à lap- 
pui de cette hypothèse. Et d abord nous ne savons 
pas à quel terme grec correspond exactement en cet 
endroit le mot #»&¥T » que j'ai traduit par « grand 
dignitaire », et que le traducteur éthiopien a employé 
indiiTéremment pour désigner un préfet, un général 
en chef, ou tout autre haut fonctionnaire civil ou 
militaire. En second lieu, il me semble que )a phrase 
qui nous occupe et le paragraphe suivant, qui parle 
de la rédacti.6n- du Code, renferment un malen* 
tendu. Préoccupé surtout d'abréger le texte de l'ori- 
ginal, l'interprète arabe (nous avons vu auparavant 
plusieurs exemples de- ce procédé) aura cooJbndu 
jProoôpe avec Tribonien , et les titres qu'il attribue 
à l'un reviendraient à l'autre. En effet, il n'est guère 
possible d'admettre que, dans la phrase ■'^4<D«^ i 
•Mfr « ÛipÇjB • «son œuvre est célèbre», b mot 
*MC » ait le sens de «livre»; il çoaVieçit, au con- 
traire, parfaitement à Te^vre de la légiptetion justi- 
nienne. 

Après avoir mentionné les lois établies, pour les 
Romains, par Numa, Jules César et Auguste, et J' ex- 
pulsion des femmes prostituées, sur l'ordre de l'im- 
pératrice Tbéodora, l'auteur raconte^ (chap. xciiî, 

* Comparez Joann. Malala, coL 6$6. 



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CHRONIQUE BYZANTINE. 343 

fol. 1 i6) l'histoire du soulèvement des Samaritains. 
Un Samaritain, chef de brigands (Julien), avait ras- 
semblé un grand nombre de ses compatriotes et 
s était feit couronner à Naplous. H prétendait être en- 
voyé de Dieu pour rétablir le royaume des Samari- 
tains , à lexemple de Roboam , fils de Nabot, qui avait 
séduit le peuple d'Israël après la mort du roi Salo- 
mon. Un jour, dans le cirque de Naplous, il fit tran- 
cher la tête à un cocher chrétien qui venait de 
triompher, dans les courses, dun cocher juif et dun 
cocher samaritain. H fut attaqué par les troupes ro- 
maines et tué. On envoya sa tête à Constantinople , 
et, à cette occasion , Justinien distribua des aumônes 
aux pauvres. 

En paiiant des troubles qui eurent L'eu, tant à 
Constantinople qu'-à Alexandrie, entre les partisans 
de Théodose et ceux de Gaïnas, au sujet de la doc- 
trine^des Phantasiastes, Jean de Nikiou, qui ne pa- 
raît pas avoir eu une idée claire de cette question 
théologique, dit (chap. xciv, fol. i i 6 v°) que Justî- 
nien fit demander lavis d'Eutychius (haHÎ^l^lft i), 
patriarche de Constantinople. La réponse d'Euty- 
chius (reproduite dans nôtre texte dune manière 
assez ambiguë) n'ayant pas satisfait l'empereur, celui- 
ci exila le patriarche et le remplaça par Jean, de la 
ville de ftj^}&«\ lequel promit de souscrire à son 

* D'après Évagrius (f/. eecL, lib. IV, cap. xxxviit, in fine) et Jean 
crÉphèse ( The tkird part of the Ecclesiast. Hislory, liv. I, cliap. xui, 
éd. Cureton, p. Sg), Jean le Scholastique était originaire de Ser- 
mium ou Sirimium, ville de la province d'Antioclie* 



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344 OCTOBRE-NOVEMBRE.DÉCEMBRE 1878. 
édit sur k foi et de publier une lettre synodale. 
Mais, après avoir pris possession de son siëge, Jean 
j-efusa d agir selon la volonté de lempereur, et n'écri- 
vit pas la lettre ^ En effet, dans sa condition de 
la΀[ue, il était illettré et connaissait à peine la reli- 
gion; puis, lorsqu'il fut prêtre, il s'appliqua avec 
ardeur à la lecture des saintes Écritures et étudia les 
opinions des Saints Pères au sujet du Christ; il ap- 
prit ainsi la foi orthodoxe et abandonna la doctrine 
détestable de l'empereur. Il écrivît (un livre intitulé) 
TkAa^btnh^f » , sur la nature de Jésus-Christ, le Verbe 
de Dieu devenu chair, dont il affirma l'essence 
unique, divine et humaine, conformément à la doc- 
trine dé S. Athanase l'Apostolique^. 

^ Ceci expliquerait Texistence de traditions différentes touchant 
l*orthodoxie de Jean le Scholastique , au début de son pontificat 

* Nous connaissons de Jean le Scholastique trois ouvrages : Une 
collection de Canons, la plus ancienne que Ton possède, divisée en 
cinquante Tih'es (avpeeyoayil ¥ieip6po9P ds p rhXovs ^lYfpnftiyif); un 
abrégé de cette collection portant le titre de Namocanon, et une 
collection de Novelles, en quatre-vingt-sept chapitres. (Voyez Voêl 
et Justel , Bibliothecajuris canonici veteris, t. II, p. 499 et suiv. , 6o5 
et suiv. , 660 et suiv. — Assemani , Bihllotheca jnris orienialis cano^ 
nier et civilis, lib. III, p. 344 et suiv.) Le mot SkA^NhinK^^ t 
( Loi^lj U »■ U ) peut paraître une transcription fautive du grec '^ 
(ivalayayyiaf expression qui n'est pas invraisemblable comme titre 
d*un ouvrage. Quoi qu il en soit , je crois reconnaître sous la forme 
barbare de XA0*AlliK^^ 1 un traité de Jean le Scholastique qui 
fut réfuté par Jean Philopon , ainsi que nous Tapprend Photius ( Bi- 
hllotheca, cod. Lxxv). Cette dissertation catéchétique (ip t^ xam- 
Xrrttt^ Xày^) traitait de la Trinité consubstantielle, Uepî trig dyias 
xai èftoovaiov Tptci^s. L'ouvrage de Jean le Scholastique ayant été 
réfuté par Jean Philopon , et l'écrit de ce dernier très- vivement criti- 
qué par Photins , nous pouvons savoir par induction quelle était la 
tendance générale du livre de Jean le Scholastique. 



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CHRONIQUE BYZANTINE. 345 

Justinien écrivit une. lettre à Agathon, préfet 
d'Âiexandrie, et lui ordonna d*installer Apollinaire, 
cornes du couvent de QTmit, comme patriarche 
ch^lcédonien d'Alexandrie et d*£gypte. Les habitants 
de cette province étaient fermement attachés à k 
doctrine de fincomiptibilité du ccnrps de Jésus^ 
Christ. 

Un homme, nommé Menas, qui avait été pa* 

triarche de Constantinople, adressa à Vigile (illtA 

»f^«), patriarche de Rome, un écrit dans lequel il 

affirma qu*il y avait en Notre-Seigneur Jésus-Christ 

une seule volonté ^ 

Tout cela se passa du temps de Jean, patriarche 
de Constantinople^. Puis, au moment où Justinien 
songeait à déposer le patriarche Jean, mais craignait 
des troubles à Constantinople, il mourut dans la 
trente-neuvième année de son règne. Théodora était 
' morte auparavant. 

Quelques lignes seulement sont consacrées, dans 
notre texte, au règne de Justin II, dont le nom, 

^ Cest cet écrit qui, inséré dans la septième Action du cinquième 
concile général et contenant une profession de foi monotbélite, fui 
dédaré apocryphe (ou au moins interpolé) dans la' troisième, la 
douzième et la quatortième Action du sixième concile. (Voyez Sacro^ 
sancta concilia, éd. Labbe, t. VII, coL 6ià et suiv., 949 et suiv., 
1013 et suiv.) 

* Cette indication ne peut s*appliqutr qu'au paragraphe précédent 
relatif à Menas , et cela même n'est pas certain. Quant à la nomina- 
tion d'Apollinaire, elle est antérieure au pontificat de Jean le Scho- 
lastique. Je suppose que le texte grec contenait , en cet endroit, d'au- 
tres récits, que le traducteur aura supprimés. 



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346 OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1878. 
d ailleurs, est confondu avec- celui de Justinien^ 
Les événements mentionnés sont une prétendue con- 
juration des païens habitant Tempire romain^, une 
révolle des Samaritains réprimée par le moine Pho- 
tin {GJif^t «) ^, la peste et la grande famine, et la 
persécution des orthodoxes en Egypte. L*empereur, 
en proie à une profonde mélancolie, désirait vaine- 
ment la mort, car Dieu était irrité contre lui. Puis, 
lorsque sa folie devint publique , on lui ôta la cou- 
ronne et on mit à sa place Tibère. • 

L'empereur Tibère, dit l'auteur (fol. 117 v')< 
était un jeune homme fort beau, plein de vertus» 
généreux. Il fit cesser les persécutions, et il honorait 
les prêtres et les moines. C'est à tort qu'on l'accusait 
detre nestorien. Au contraire, il comblait de bien* 
faits les orthodoxes et ne permettait aucune persé^ 
cution. Il fonda un grand nombre d'oratoires, de 
couvents et d'écoles , donna de nombreuses aumônes , 

1 Le nom , et aussi . Iç règne. Ainsi i\ est dit que Phptin fut en- 
voyé contre les Samaritains par ftb^^ÇA « , « avant sa mort.» 

' Les historiens mentionnent deux persécutions de païens, ver» 
cette époque : l'une, qui eut lieu en 56 1 , sous le règne de Justinien , 
«yait pour o^et plusieurs paien» qui vivaient cathéè à Coastantinople 
( Voyez Joantu Mal, ckrono^., col. 712 A); raatr2, en 579, dao» 
ia. deuiième année du règne de Tibère, était d'abord dirige coatre 
les païens de Baalbek ou tiéliopolis, puis ootitre d'ai|tre« païens ré* 
' paiûlus dans toutes les parties de TOrient. Cette expédition avait été 
conduite par un général nommé Théophile. ( Voyei Évagrius , HisL 
eccles.y iib. V, cap. xvin. -^ Jean d*Épbèse, J, 0., Itb. lil, cap. ixvii 
à ïxxv, é I. de Gureton, p. 190 et suiv*) 

* Sur Pbotiû, beau-fiisdeBélisaire, et sur son expédition contre 
les Sainaritain& révoltés , voyez Jean d'Éphèse, Iib. I, cap. xxMit 
éd. de Cureton, p. ^7 et suiv. 



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CIlHOi^IOUE BIfZANTINE. 347 

et Dieu le récompensa en faisant régner la paix. 
Après avoir vaincu les Perses et d'autres ennemis, 
Tibère pacifia toutes les provinces de fempire. 

Après la mort de Jean, patriarclie de Constanli- 
nople, Tibère rappela Eutycbius et le rétablit sur 
son siège. Apollinaire, patriarche de& Chalcédoniens 
^ Alexandrie, eut pour successeur Jean, qui sortait 
de laiméo [hT^dÈ^ «). Ce palriarche ne forçait per- 
sonne à abandonner sa croyance. Il se bornait à ado- 
rer Dieu dans son église , au milieu de son peuple , 
et à louer les belles actions de fempereur. 

Tibère mourut dans la troisième année de son 
règne, car les hommes, par leiu's péchés, ne méri- 
taient pas un tel empereur. Avant de mourir, il or- 
donna de choisir comme empereur son gendre idC 
^^fVb » (Germain ? ) , qui était patrice et un homme 
digne, par ses vertus, d'occuper le trône. C'est Mau- 
rice, originaire de la province de Cappadoce, qui 
fut proclamé. 

(iéU fin à un prochain caliicr.) 



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348 OCTOBR£.NOVEMBRE-D£CËMBAE 1878. 



«; mmmwm^ 



HISTOIRE 



LA CONQUÊTE DU NÉPAL 

PAR LES GHIINOIS, 

sous LE R^GNE DE TÇ^IB LONG 

(1792), 

TAAODITE DD CHINOIS 
PAR 

M. CAMILLE IMBAULT-HUART. 



INTRODUCTION. 

' £n publiant dans le Journal asiatique, il y a quelques mois, 
la traduction d'un extrait du Cheng vou tçi ou Histoire des 
campagnes accomplies sous la dynastie actuelle des Ts%g\ 
nous avions promb de donner quelques autres fragments du 
même ouvrage. C*est pour remplir notre promesse que nous 

^ Voyez Journal asiatitfue , numéro de février-mars, p. i35 etsuiv. 
Le lecteur trouvera des détails sur le Cheng von tçi dans rintroduction 
du morceau dont nous y avons donné la traduction ; de ce même 
ouvrage nous avons traduit presque complètement le récit de la ré* 
volte de Djihanguir k'odja dans le Turkestan ; nous profiterons des 
quelques rares loisirs que nous laisseront les nouvelles fonctions dont 
nous venons d'être chargé en Chine, pour mettre la dernière mai» 
à ce travail. 



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HISTOIRE DE LA CONQUETE DU NÉPAL. 349 

présentons aujourd'hui le récit de la campagne que les Chi^ 
nois exécutèrent, en 1792, sur la frontière méridionale du 
Tibet et à travers les chaînes de THimâlaya, pour repousser 
Finvasion des Népâliens. Ce morceau, qui occupe une partie 
du livre V du Ckeng vou ici, a été reproduit intégrsdement 
par Oue! Yuann dans son ^Haî kouo fou ichè. Description 
des pays maritimes, à la fin du livre XUI, où il traite de la 
géographie et de Fhistoire de l'Inde. Nous n avons pas cru 
devoir donner la traduction des remarques de Tauteur, qui 
terminent le récit : elles ne nous ont pas semblé assez inté- 
ressantes. Oueï Yuann y considère la position de la Russie et 
des possessions anglaises en Asie par rapport à la Chine , et 
y recommande, pour arriver à triompher d'ennemis si puis- 
sants , de semer ia discorde parmi eux , et , selon son expres- 
sion, yi ^B Jpfr ^&, de se servir des barbares pour 
attaquer les barbares eux-mêmes. 

Le Népal étant connu des Chinois sous différents noms, 
que Ton ne trouve ni dans les dictionnaires européens, ni 
dans les dictionnaires exclusivement cliinois, nous croyons 
utile de présenter ici quelques observations sur ces appella- 
tions diverses recueillies dans les historiens , les géographes , 
et les voyageurs de Tempire du Milieu. 

Le nom le plus ancien que les Chinois aient donné au 

Népal est certainement fS "luf S^ , Ni po lo , transcrip- 
tion du mot sanscrit Népâla ^ ; nous trouvons en effet ce nom 
dans le T^ang choa ou Annales des T^ang (livre CXCVIII), 
dans la relation du célèbre pèlerin bouddhiste Yuann- 
tchouang et dans la grande encyclopédie de Ma Touann iinn. 
L'étymologie de ce mot Népâla a été diversement expliquée : 
selon Wilson (Dictionnaire sanscrit, suh voce), il vient de né, 
• chef», eipâla, t chérissant • ; d'après Lassen,' il viendrait de 
Népa, nom d'une tribu (sans doute les Néwars ou aborigènes 

^ Dans les Annales des Ming [Min^ ché) , 1. CCCXXXl, ce nom 
est mieux traHscrit par fS li »|l Ni pa ia. 



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350 OCTOBRE-iNOVEMBREDÉCEMBRE 1878. 
du Népal) , et de âla, contraction du sanacnt àlaya,* sé|our, 
demeure^». M. Hodgson, aïKjuel nous sommes redevables 
de si intéressants travaux sur le Népal et le bouddhisme, l'ex- 
plique différemment : • Mandjouçri appela k Tallée dessé^ 
chée Népala« Né signifiant « celui qui envoie (au paradis) •, 
c'est-é-dire Swayambboa, et pala, «cbén»« voulant dire que 
le génie protecteur de la vallée était SwayamUum ou Adfai 
Bouddha ^» Enfm Hamilton rapporte que les habitants du 
pays le font dériver de Niyamapala, nom d*un saint ^. 

Les noms de ^ ^ ^f^, Pa lo pou, ^ '^ t^, 

Pa eui pou, pi yftt-, Paï poU, ne sont que des transcrip- 
tions plus ou moins bonnes du mot Bal po, par lequel les 
Tibétains désignent le Népal. 

Nous trouvons le nom de t^a lo pou dans les Yaann ché 
ou Annales de la dynastie des Yuann (les Mongols), au 
livre LXllI; le dictionnaire qui , accompagne Tédition du 
Yuann ché de 1824» et qui présente en caractères mand- 
chous les noms d'hommes, de lieux ou de choses dont les 
caractères chinois sont la transcription, donne halhou comme 
équivalent de Pa lo pou, et fait suivre ce nom de la mention 

suivante : "^g 4^ ""^ W^ "rtfi J^ » • nom d'une petite 
tribu du Tibet » , mais c*est en réalité le Népal. D'anciennes 
éditions des mêmes annales transcrivent Balbo par ^^ ^m , 
Pa pou, mais cette transcriptioii défectueuse fot abandonnîée 
dans la suite. Le nom de 6)j wî^y Pîé pang, que l'on 
trouve plus rarement, serait la transcription du tibétain /(bras 
5poung5 (Brébpupg*). 

^ Indisclie Alterthumskunde , Leipzig, i86i , vol.I, p. 56. 

^ ClossificaliQn of Newars or aborigènes oj Népal proper, daus le 
Journal ofthe Asiatic Society of Bengal, i834, p. 217. 

"^ An accouM oJ ike kingdom. oJ Népal, Edimbourg, 1849, P* *^<^- 

* Description du Tibet, traduite du chinois ot publk^ pai' Klaprolli 
dans le Journal asiatique , i83o» p. 3 a G, 



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HISTOIRE DE LA CONQUÊTE DU NÉPAL. 351 

Quant au nom de WK H^ PS^, K^o eul k^i, que nous 

trouvons dans les auteurs chinois les plus récents et sur les 
cartes publiées dernièrement en Chine et au Japon , c*est la 
transcription du nom dune ville du Népal» Gork^a (ou Gor- 
Lha), située non loin de Katmandou, capitale de ce pays. 
Sdoo plusieurs auteurs chinois, les Chinois désigneraient le 
Népal sous le nom de cette ville, parce que c'est la cité la 
plus considérable et la plus commerçante de la contrée \ 
Cela peut être, et ce ne >erait pas la première fois que les 
Chinois donneraient à un État le norta d'une de «es princi- 
pales villes. Ainsi ils appellent le K^anat de Kokand ^? J^Ê, 
J^ » Ann tsi yenn , du nom d'Andidchan , la ville du K^anat 

avec laquelle ils ont le plus de relations commerciales*. Mais 
il se peut aussi que cette dénomination vienne du nom de la 
dynastie des Gork^a ou Gork^ali, qui fut fondée vers la fin du 
xviii* siècle, et à laquelle appartient encore Çri Surendra Vi- 
krama Sâh , le souverain actuel du Népal '. 

La campagne que les Cliinois exécutèrent en 179 a contre 
les Gork*a ou Népâliens n'a été jusqu'ici l'objet d'aucun tra* 
vail particulier; en ^t de documents chinois publiés, nous 
ne connaissons que le récit de Oueï Yuann et celui de Tchao 
Y, donné au livre IV de son ^Houany tcli^ao vou kony tçi chemj. 



* Voyez notamment le Yn^^houann iché lio , de Siu Tçi-yu, 
iW. L 

* Fngf 'honoMi tché Uù, i. I, et Oitn^ voa tçi, \. IV. 

^ La tribu des Gork*a, qui n'occfupait autrefois que ia viile da 
même nom et ses environs , prit peu à peu une grande extension , 
étendit ses conquêtes sur les tribus voisines, et, vers le milieu du 
xvin* siècle, sous la conduite du roi Prtifawi Nèrayana, soumit 
la presque totalité du Népal. Ainsi fut fondée la dynastie des 
Gork'a. Voyez surœs hii^History o/Nepùl, translatée Jrom the /'ar- 
baùya hy MUnshi Shew Shankcr Sintfky mth skePok oj Népal, hj ihe 
editor Daniel Wright, CwBnAinâge, 1^77, et un récit du P. Oiuseppe 
4pséré dans le second vofum0 tics j4*i«iC/c./ftfjfottrc/itf5, 



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352 OCTOBRË-NOVEMBRË-DëGëMBRë 1878. 

Histoire des exploits militaires de la dynastie actuelle ^, infé- 
rieur au premier sous le double rapport du style et de Texac- 
titude historique'. Dans plusieurs ouvrages européens on 
trouve quelques renseignements sur cette guerre. Ainsi Ton 
peut consulter la Note historique du Tibet, insérée à la fin du 
second volume (traduction française) de ï Ambassade de Tur- 
ner*, et Tappendice du remarquable ouvrage du cdonel Kirk- 
patrick sur le Népal ^. La comparaison même que Ton pour- 

' M^M ^ ^ij %^ ^' ^"""""^ "^^ '^'^*^*' "^ 

Tune des rares histoires de la dynastie actuelle où Ton trouve des 
renseignements authentiques sur les guerres faites par les empe- 
reurs mandchous, nous croyons utile d*en donner une courte 
notice. L*auteur, Tchao Y, surnommé Yunn song, du district de 
Yang *hou, occupa les hautes fonctions de secrétaire du Conseil 
privé, dlntendant de cercle (Tao taî], de membre de l'Institut 
('Hann linn), et assista à plusieurs des guerres qu'il a racontées. 
Voici la table sommaire de son ouvrage: Livre I: Récit de la soumis- 
sion des rebelles (Ou Sann-koueî et autres) ; pacification des Éleutes. 
Livre II : Guerre contre les Dioungars. Livre III : Conquête de la 
Birmanie. Livre IV : Soumission des Miao tseu du Tçinn tch'ouann, 
de rîle de Formose (Taî ouann), des Gork*a ou Nqpàliens. La pré- 
face de fauteur est datée de la cinquante-septième année Tçlena 
*0Dg(i79î»)- 

Nous avons cité jJusieurs fois en note le '■4^ \SZ [^j ^P 
Tienn ichou kouo tci yéoa. Récit d'un voyage dans l'Inde 

( Tiean ichou). Malgré son titre, cet ouvrage n'est qu'un recueil de 
notes sur le Tibet recueillies par Tchéou Aî4ienn durant un séjour 
de plusieurs années en ce pays. On y trouve des renseignements 
qui ne manquent pas d'intérêt sur cette contrée dans bien des en- 
droits encore peu connue. La préface est datée de la neuvième 
année Tçin tç*ing ( i8o4 ). 

^ Ambassade au Tibet, traduite par Castera, Paris, i8oo. 

^ An accovMt of the kingdom of Nepault London , 1 8 1 1 . — On peut 
encore consulter uo ouvrage plus récent, la publication des papiers 
de Bogie et de Manning (Narratives of the mission, of G. Boyle atid of 
the jonrney of TK Maïuùny , London, 1878, in-^**), parCl. Markham 



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HISTOIRE DE LA CONQUÊTE DU NÉPAL. 353 

rail faire de ces faits recueillis par des Européens , et du récit 
de Oueï Yuann, ne servirait qu'à montrer la véracité et l'exac- 
titude de ce dernier. 



mmmmwmm 



Le Vou sseu tsang (Tibet) ^ est à l'ouest des pro- 
vinces chinoises du Sseu tch*ouann et du Yunn nann ; 
au sud-ouest du Tibet est situé le pays des Gork*à^, 
et enfin au sud-ouest de celui-ci se trouvent les cinq 
Indes ^. C'est cette dernière contrée qui a donné nais- 

qui, dans sa préface (p. lxxvi-lxxvii ) ♦ résume cette guerre en s ap- 
puyant en partie sur les renseignements fournis à M. Hodgson par 
le célèbre ministre Népalais, générai Bhimasena. (L. Feer.) 

^ Vou sseu tsang , nom donné au Tibet par les Chinois sous les 
dynasties des Yuann et des Ming, est la transcription des noms ti- 
bétains de deux provinces du Tibet : Dvous (ou) et ^tsang. Actuel- 
lement les Chinois donnent d'ordinaire au Tibet les noms de \ftt 
j^T Si tsang, >fêr jS[. Oueï tsang (qui a la même origine que 

Vou sseu tsang), -p 4 H fSi Tou po t*o, transcription du 
mot tabed par lequel les Mongols désignent cette contrée, et à ses 
habitants celni de Ë^ "ZtT fSi T'ang kou t*o. Quant aux habi- 
tants du Tibet, ils appellent leur propre pays Bod youl, contrée de 
Bod. Le nom de Tibet donné par les Européens à ce pays , et qui y 
est inconnu , nous est sans doute venu des auteurs arabes. ( Voyei , 
sur le mot Tibet ^ Sc}ne£ner, Tibetûiche Studicn, dans les Mél. as, de 
r Académie de Saint-Pétersbourg, i. I , p. 333 , note. ) 

^ Voyez fintroduction , p. 35i. 

^ Ou ynn tou. Les géographies chinoises divisent THindoustan 



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354 OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉOEMBRE 1878. 
sance au dieu Fô (le Bouddha); située au sud-ouest 
des Ts^ong ling (Karakoroum)^ et baignée par la 
grande mer (mer des Indes), elle est éloignée du 
Tibet de deux cents lieues^. On a dit que c était le 
Tibet qui avait vu naître le Bouddha , mais c est là 
une erreur. 

Il y a plus de vingt relais de Ta tsienn lou ^ du 
Sseu tchWann, en allant vers Touest, jusquau Ti- 
bet antérieur*; de là au Tibet central, douze relais; 

en cinq parties : Tlnde de Test; Tlade de rouesi; rinde du sud; 
l'Inde du nord, et l'Inde centrale. 

* Les Chinois donnent le nom deTs'ong ling (Monts des oignons) 
aux chaînes du Karakoi*oum et des Bolor; le nom donné à ces mon- 
tagnes viendrait de ce qu'elles sont couvertes d'oignons. « Les Ts'oog 
ling sont trèsélevés; sur leur sommet poussent partout des oignons, 
d'où leur nom. » ( Ts'icnn *hann chou , Annales des 'Hann postérieurs , 
de Pann kou, 1. XCVl, part. I, note.) 

* Ici, comme dans le cours de notre traduction, il s'agit de 
lieues françaises; on sait que dix li ou lieues chinoises valent une 
de nos lieues. 

^ Ta tsienn lou « forges des flèches » , située sur la frontière du 
Sseu tch'ouann, est la dernière ville chinoise du côté du Tihet. 
C'est là que passe l'une des principales routes qui mènent au Tibet 
Son nom , suivant la tradition , vient de ce que le célèbre général 
des'Hann, Tchou-ko Léang (connu aussi sous Son titre honorîG- 
que posthume de Vou 'héou «marquis de Vou»), dans son expédi- 
tion contre les pays méridionaux , envoya l'un de ses officiers, Kouo 
(ou Kouota), établir une forge pour la fabrication des flèches dans 
la ville qui porte à présent le nom de Ta tsienn lou , mais qui alors 
s'appelait Cha oua na. On voit encore sur la colline voisine des 
ruines de ^fourneaux, et dans la ville ndême se 'trouve un temple dé- 
dié au maréchal Kouo. ( Tienn ickou tçi yéou, h IV.) 

* Voici, d'après le Ta is'in§ y t'on§ tché, L CCGCXUI, et le 
Chen^ vou tçi, 1. V, quelles sont les divisions du Tibet : i* Ts'ienn 
tsang, Tibet antérieur^ ou K*ang, en tibétain K'ams, C'est la partie 
la plus voisine de la frontière chinoise. 2° Tchpng tsang, Tibet 



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HISTOIRE DE LA CONQUÊTE DU NÉPAL. 355 
de cet endroit au Tibet postérieur, douze relais ; et 
de cette partie du Tibet au pont de chaînes de fer 
de Tsi iong\ qui est la limite extrême du Tibet 
postérieur, vingt relais. Au delà de ce pont se trouve 
à Touest le pays des Gork^a. 

Ce pays portait autrefois le nom de royaume de 
Pa io pou^. Jadis il était divisé en trois tribus : celles 
de Yé leng, Pouyenn, RW mou^. Durant la neu- 
vième année Yong tcheng (lySi), ces tribus adres- 
sèrent chacune à Tempereur une pétition écrite sur 
des feuilles d or, et offirirent en tribut des produc- 
tions du pays. Dans la suite , ces tribus furent réu- 
nies en une seule*. 

Le pays des Gork*a est limitrophe du Tibet posté- 
central, ou Oucï, Dvous (milieu); Lhassa, capitale du Tibet, est 
située dans cette province» 3° *Héou tsang, Tibet postérieur, ou 
Tsaog f^Tsang «clarté, pureté»). 4' Ngari, en tibétain mNga/i ris 
ikor ^fsoum «les trois provinces dépendantes». C'est la part'e du Ti- 
bet la plus occidentale. 

* C'est par le défilé de Tsi long ou Kirong (K'yi rong «le défilé 
du chien » ) que passe Tune des routes qui conduisent du Tibet au 
Népal. «Du Tibet postérieur au pays des Gork'a il y a deux routes : 
Tune qui passe par Nilam, c*est la plus courte mais aussi la plus 
dangereuse, Tautre qui passe par Tsi long, plus longue mais un 
peu plus plane. De Tsi long à Yangpou (Katmandou) il y a environ 
sept ou huit jours de marche.» (Tienn tcliou ici yéou, 1. VÏII.) La 
route de Tsi long n'est permise qu'aux fonctionnaires seuls, les 
marchands et voyageurs prennent celle de Nilam. (Joarney to Shi- 
gatze, in Tibet, hy a native explorer, dans le Journal of the geogr. Soc, 
oj London, 1875, p. 334.) 

^ .Voyez l'introduction, p. 35o, 

^ Voyez /«urna/ asiatique, i^3o, p. 346, note 3. 

* Aiiuiion à la conquête du Népal par les (Jork'a. Voyez l'intro- 
duction, p. 33i . 



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350 OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1878. 
rieur; il a plusieurs centaines de lieues de Test à 
louest, et une centaine environ du sud au nord. Sa 
capitale s appelle Yang pou ^ ; elle est à environ onze 
ou douze jours de marche de la frontière. Il y a 
dans cette contrée des traces du dieu Fô (le Boud- 
dha)^; aussi les habitants du Tang kou t*o (Tan- 
gout)^ y vont-ils chaque année visiter les pagodes 
et frotter la terre blanche*. 

^ YaDg pou est le nom donné par les Chinois à Katmandou , ca- 
pitale du Népal. 

* Suivant la tradition, Çakyamouni aurait parcouru Tlnde 
presque entièrement et laissé en maints endroits des traces de son 
passage. Les fidèles croyaient même trouver des marques de pas 
du Tathâgata là où celui-ci n avait jamais mis le pied, comme par 
exempte dans Tîle de Geylan. On sait qu*au sommet du pic d*Adam , 
situé dans cette île , se trouve la pierre appdée Çripâda « le pied 

^ bienheureux » sur laquelle les croyants voient la trace du pied de Ça- 
kyamouni. 

^ Tangout est un pluriel mongol (Tangghout) désignant cer- 
taines tribus de race titébaine appelées par les Chinois Tang 
Chiang , qui fondèrent jadis le royaume de Cbia sur la frontière 
nord-ouest de la Chine avecChia tchéou (Ning chiafou de nos jours, 
38* 82' 40" de latitude, io3*47' So" de longitude) pour capitale. • 
Cet État , envahi plusieurs fois par les Mongols , fut enfin détruit par 
Tchinggis k*an dans sa dernière campagne. Le pays de Tangout 
correspondait à la province actuelle du Kann sou, mais quelquefois 
ce nom fut appliqué aux pays de K'amil ('Hami) et de Tourfan« 
Les Chinois donnaient à cette contrée le nom de 'Ho si t pays à fooest 
du fleuve», c est-à-dire à fouest du *Houang 'ho «fleuvejaune». Ac- 
tuellement ce nom de Tangout est donné au Tibet par les Mongols 
et quelquefois par les Chinois. (Voyez Kiaproth , Mo^am (uiatiqne, 
t. II, p. 3 i3. Yule, Cathay and the wa^ thilher, p. 269, 374* Marco 
Polo, t. I,p. 209. Ritter, t. II, p. 2o5.) 

* ^tt H ""T Ché pai t*ou. Cela veut-il dire que les fidèles 

font des ablutions avec du sable dans les lieux où le Bouddha a 
laissé , ou est censé avoir laissé des traces de son passage ? 



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HISTOIRE DE LA COîiQUÊTE DU NÉPAL. 357 
De temps immémorial ce pays n avait eu de rela- 
tions avec la Chine ^; ce ne fut qu a partir de la cin- 

^ Notre auteur n'est pas Ici tout à fait exact. La Gbine avait eu 
déjà depuis longtemps des relations avec le Népal, et, sous la dy- 
nastie des Ming notamment , nous voyons que les ambassadeurs né- 
pâliens allèrent en Cbine, et que réciproquement des envoyés cbinois 
se rendirent à la cour des rois du Népal. Voici d^ailleurs la traduc- 
tion de la notice consacrée au Népal dans le Ming ché ou Annales des 
Ming , livre CCCXXXJ : « Le royaume de Ni pa la est à l'ouest des. 
Tsang (Tibet); il est très-éloigné de la Cbine, ses souverains sont 
tous des bonzes (seng). La dix-septième année 'Hong vou (i384), 
l'empereur Taï tsou (fondateur de la dynastie des Ming) ordonna 
au bonze Tcbé kouang d'aller dans ce pays porter ( au roi ) un sceau, 
une lettre et des soieries , et de se rendre également dans le royaume 
de Yong t'a, vassal du Népal. Grâce à la connaissance profonde qu'il 
avait des livres bouddhiques, Tclié kouang sut répondre aux inten- 
tions de l'empereur et manifester sa vertu. Le roi du Népal , nommé 
Ma ta na lo mo , envoya un ambassadeur à la cour porter des pré- 
sent^ consistant en petites pagodes d'or, livres de Fô (bouddhiques) , 
chevaux renommés et productions du pays. Get ambassadeur arriva 
a la capitale la vingtième année ( 1887). L'empereur en fut très-con- 
tent, et lui conféra un sceau d'argent, un cachet de jade , une lettre, 
des amulettes et des soieries; la vingt-troisième année (1890), un 
autre ambassadeur vint apporter tribut ; l'empereur lui fit présent 
d'un cachet de jade, d'un dais rouge ('hong lo sa). Durant les der- 
nières années du règne de T'aï tsou ^ il ne vint qu'un seul ambassa- 
deur pour une période de plusieurs années. L'empereur Tch'eng 
tsou ordonna à Tcbé kouang d'aller de nouveau en ambassade au 
^épâl; ce pays envoya son tribut la septième année Yong lo (1409). 
La onzième année (i4i3), l'empereur ordonna à Yang Sann-pao 
d'aller offrir en présent au nouveau roi du Népal Gha ko sinn ti , et 
au roi de Yong t*a , K'o pann , des lettres , des cadeaux en argent et 
€n soie. L'année suivante ( 1 4 1 4 ) » Gha ko sinn ti ayant envoyé un 
ambassadeur porteur de son tribut, l'empereur lui conféra le titre 
de roi du Népal et lui fit présent d'un diplôme contenant cette in- 
vestiture , un sceau en or et un autre en argent, lia seizième année 
(i4i8)«Gha ko sinn ti ayant envoyé de nouveau un ambassadeur 
porteur de son tribut ,. l'empereur ordonna à l'eunuque Teng tch'eng 

XII. 24 



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358 OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1878. 
quante-cinquième année Tç^ienn long (i 790), quand 
ses troupes vinrent faire une incursion dans le Ti- 
bet, quil fut en guerre avec elle. (Voici quelte fut 
lorigioe de cette guerre.) 

Le Pann tchann lama ^ du Tibet postérieur était 
venu à la cour présenter ses hommages et ses félici- 
tations à Tempereur Tçienn long, la quarante- 
sixième année de son règne (1781), à l'occasion du 
soixante -dixième anniversaire de sa naissance. De 
tous côtés on lui fit des aumônes et des présents 
considérables. Il mourut durant son séjour à la capi- 
tale, et l'empereur ordonna de remporter son corps 
au Tibet. 

Le frère aîné du Pan tchann, le *Hou t^ou k*o t^ou^ 

de se rendre au Népal et d'offrir au roi un cachet et des pièces de soie et 
de satin. Teng tch'eng distribua des présents aux princes dés diffé- 
rents pays qu'il traversa. La deuxième année GhUann to (1427), 
Feunuque 'Héou chienn fut envoyé de nouveau faire au roi du Né- 
pal des cadeaux consistant en pièœs de soie et de lin. Dès lors nul 
ambassadeur ne vint à la cour, et nui tribut n y fut envoyé. » 

' A la tête de la hiérarchie lamaîque au Tibet sont deux grands 
pontifes : le Dalai iama et ie Pan tchen lama. Le Dalaï lama (en 
tibétain rGyalva Rin po tch'é), considéré comme étant une incarna- 
tion du Dhyani-Bodhisatva Tchenresi, réside au monastère de Po- 
tala, près de Lhassa. Le nom de Dalaî qui lui a été donné ne serait 
autre chose que ie mot mongol Dalai «mer, océan» (tibétain rGya 
mts'o ) , signifiant que sa sagesse est aussi vaste que Focéan. L'autre 
pontife , qui partage ie pouvoir tenoporel avec le Dada! lama , mais dont 
le pouvoir spirituel est moindre , porte le nom de Pan tchen Rin po 
tch'é et est considéré comme une incarnation d'Amitabha. U réside 
à Tachi-iounpo dans ie Tibet postérieur. (Voyez Schlagintweit, 
Buddhism, in Tibet, p. i53. Kôppen, Lamaische Hiérarchie, t. H.) 

^ Transcription chinoise du mot mongol Koatouktou • personnage 
divin, saint». Cest l'équivalent du sanscrit Arya et du tib^n k'Pags 



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HISTOIRE DE LA CONQUÊTE DU NÉPAL. 359 
Tchong pa, mit la main sur ses richesses et n'en 
distribua ni aux monastères, ni aux temples, ni aux 
soldats tibétains ; il ne fut pas plus libéral envers son 
frère cadet Cho ma eul pa\ quil repoussa comme 
faisant partie de la secte rouge ^. Là-dessus, ce der- 

pa ; les Ckinois appellent les R'oiitouktou des 'Houo fô « Bouddhas 
vivants ». Suivant le Ta ts'w§ 'hoaeî tieim , ou statuts de la dynastie 
actuelle , 1. LII , il y a en tout cent soixante K'outouktou : à savoir 
trente au Tibet , dix-neuf dans la Mongolie septentrionale , cinquante- 
sept dans la Mongolie méridionale , trente-cinq dans la région du 
Koukounor, et cinq dans le pays de Tcha mo to (Tsiamdo sur les 
frontières du Tibet et du Sseu tch'ouann). A Péking même et dans 
les environs on en compte quatorze. 

^ Ce nom a été écrit de diverses manières par les Européens :' 
Scbamerpa, par le colonel Kirkpatrick, Sumhur, par Dunean(Ap- 
pei^dice de Touvrage de Kirkpatrick). C'est une transformation de 
(^Chamar, qui a un honnei rouge, suivie de la particule pa. (Kôppen, 
Die Ëeligiott des Buddha, t. II, p. 236, note 3.) 

s Les bouddhistes tibétains sont divisés en plusieurs sectes do;it 
les deux jprincipales sont : 'Houang tçiao t la secte jaune»; 'Hong 
tçiao • la secte rouge » , ainsi appelées de la couleur des vêtements q^e 
portent leurs adhérents. La secte jaune, en tibétain dGe longs pa 
(Gélonkpa) ou dGàh Idan pa,(du nom du monastère Galdan situé 
à Lhassa), fut fondée au xyi* siècle par le célèbre réformateur 
Tsong k'a pa , qui préchs^ la nécessité de revenir à la doctrine pure 
et simple de Çakyamouui et fît prendre à ses partisans un costume 
jaune pour les distinguer de la secte rouge, ABroug pa, dont les 
adhérents tournaient insensiblement la doctrine du Tatbàgata k des 
pratiques superstitieuses. Depuis lors , ces deux sectes ont été dans 
une rivalité constante et n ont cessé de se disputer la suprématie au 
Tibet; les adhérents de la secte jaune, qui s*acquirent un grand 
crédit par la pureté de leur doctrine et par l'observance exacte de la 
loi du Bouddha , paraissent être cependant les plus nombreux. La 
principale différence qui distingue ces deux sectes, c'est que les 
adhérents de la secte rouge peuvent se marier, tandis que ceux de la 
secte jaune ne le peuvent pas. Les^ auteurs chinois citent souvent à 
côté de ces deux sectes une troisième beaucoup moins importante 
appelée *Heï tçiao • secte noire» : c'est l'ancienne religion du Tibet, 



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360 OCTOBRENOVEMBRE-DÉCEMBKE 1878. 
nier, vexé, représenta aux Gork^a la richesse ex- 
trême du Tibet postérieur et lavarice de Tchong pa , 
et les excita à pénétrer dans le Tibet. 

Le troisième mois de la cinquante-cinquième an- 
née (avril 1790), les Gork^a, sous prétexte quon 
avait élevé les droits de douane et que le sel (que 
leur vendaient les Tibétains) était de mauvaise qua- 
lité, levèrent des troupes et franchirent subitement 
la frontière. 

Les soldats tibétains étaient dans l'impossibilité 
de leur résister. Pa Tchong, officier de la garde im- 
périale, et les deux maréchaux Ao ^Houeï et Tch^eng 
To, qt^e l'empereur envoya à leur secours, arran- 
gèrent lafFaire à l'amiable. Ils firent en sorte qiffe 
les K^ann pou^ du Tibet promirent secrètement de 
donner chaque année aux Gork'a quinze mille taëls ^. 

ia religion Bon (à laquelle les Tibétains donnent quelquefois je nom 
de nag tchos • religion noir^ » ) , qui ne serait autre que la doctrine 
chinoise du Tao. ( Voyez Rôppen , Die lammsche Hiérarchie und Kir- 
che, Berlin, 1869, 1. 109 et suivantes. Schlagintweit , Tibetan Bud- 
dMsm, passim. Ë. Schlagintweit, Veber die Bon-pa Secte in Tibet, dans 
le Sitzenbericht de t Académie de Munich, 1866, 1. p. 1-12. Cunnin- 
gham, Ladak, p. 2 58. Hodgson, dans le Journal of the Âsiatic So- 
ciety^ t. XVIII, p. 896. Annales de la propagation de la Foi, XXXVII, 
3oi, 424. Tumer, Voyage au Tibet, vol. II, p. 91. Montgomerie, 
Joumey to Shigatie in Tibet by a Pandit (Journal ofthe royal geogr. 
Society of London» 1876, p. 334-) 

* Les K*ann pou (transcription du tibétain mk'an po, en sans- 
crit upâdhyâya, en chinois n "jST Chang chéou) sont des su- 
périeurs de lamaseries ou t abbés», qui, depuis un décret de 1792, 
sont nommés par le Dalaî lama et le commissaire impérial résidant 
au Tibet 

' En comptant le taël au taux de 8 francs , cela fait 1 20,000 francs. 



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HISTOIRE DE LA CONQUETE DU NÉPAL. 361 
Ils arrêtèrent leurs troupes, et de cette façon il ny 
ei^t pas de combat. 

Bien que le Dalaï Lama n'eût pas adhéré à cet 
arrangement, Tchong pa envoya de son chef à lem- 
pereur un rapport où il dit que les ennemis avaient 
fait leur soumission. Sur ses instances, le roi des 
Gork*a vint offrir tribut et reçut finvestiture du 
royaume du Népal. On avait donc dépensé pour rien 
cent mille rations , et faifaire se termina sans qu un 
seul soldat en fût venu aux mains. 

Au septième mois (août), des envoyés des Gork'a 
vinrent au Tibet apporter tribut et remirent au com- 
missaire impérial résidant au Tibet une lettre par 
laquelle ils le priaient de vouloir bien se conformer 
au traité. Ao *Houeï, craignant que Ton ne divul- 
guât ce qui s'était passé , renvoya cette lettre et n'a- 
dressa pas de rapport à l'empereur à ce sujet. 

L'année suivante (1791), l'engagement qui avait 
été pris ne fut pas mieux exécuté, et, sous prétexte 
que la dette n'avait pas été acquittée, les Gork^a 
prirent de nouveau les armes et pénétrèrent au 
cœur du pays. 

Au sud-ouest de Tcha ché loun pou^ qui est 

* Tcha ché ioumi pou ou Taché lounpo (39° iat. , 80* long.), en 
tibétain Bkra cbis houn po « la gloire sublime » , est situé au sud- 
est de Chigatsé ou Digartchi (6Ghi kartsé), capitale politique du 
Tsang ou Tibet postérieur. Celte ville est composée surtout d*éta- 
hlissements religieux. Voici ce que nous lisons à son sujet dans le 
Ta ts*in§y t'on§ tché, i. CCCCXIU : • Monastère de Tcha ché lounn 
pou. Il est situé à deux li à Touest de Je k*o tso (Chigatsé), devant 
la montagne Tou pou. Selon la tradition , il fut construit par le prin- 



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362 OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1878. 
situé dans le Tibet postérieur, se trouvent à gauche 
Tçiu to (R^iu to) et Tçiang kong (Kiang kong), à 
droite, P^ang ts^o iing*; là existent des montagnes 
à pic, qui, défenses naturelles, constituent la clef 
du Tibet. Les ennemis, au nombre de plusieurs 
milliers de fantassins, avaient pénétré par Nié la 
mou^. Si, à ce moment, les troupes tibétaines et les 
troupes régulières chinoises s étaient divisées en deux 
corps , fun occupant solidement Tç^iu to et Tçiang 
kong, tandis que l'autre aurait exécuté un mouve- 
ment tournant par P^ang ts^o ling pour couper la 
retraite aux ennemis, les Gork^a, entrés trop avant, 
n!auraient pu être secourus et auraient été défaits 
sans combat. Mais à peine Pao Taï, commissaire 
impérial résidant au Tibet, eut-il appris l'arrivée des 
ennemis qu'il envoya le Pann tchann dans le Tibet 
antérieur, et, exagérant les forces des ennemis, 
adressa à l'empereur un rapport dans lequel il lui 
demandait la permission de mettre le Dala'i -en sû- 

cipal disciple du Tsong k*a pa, Kenn tounn tcho pa {dGé hdoiin 
groub). C^est là que le Pann tchann lama a jusquà présent habité 
... .il y a dans le monastère plus de trois mille pavillons ou cel- 
lules , il s'y trouve en quantité innombrable de petites pagodes en 
or ou en argent, et des statues du dieu Fô (le Bouddha) en or, en 
argent, en cuivre et en jade. Plus de cinq mille lamas y habitent. 
Sous sa juridiction sont cinquante et un petits monastères où rési- 
dent plus de quatre mille lamas, seize hameaux ou villages, et plus 
de dix tribus. C'est le principal monastère de la province Tsang. » 

^ Qhaldan p*oun tsoling , en tibétain dgah idan p*oun tso^5 ^rling. 

^ Gnielam , Nielam ou Nilam , appelée Routti par les Népâliens , 
•est la première ville tibétaine que Ton rencontre en venant du Népal. 
C'est là que passe Tune des deux routes qui conduisent du Népal au 
Tibet. 



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HISTOIRE DE LA CONQUÊTE DU NÉPAL. 363 
reté à Si ning\ et le Pann tchann à Taï ning^. Son 
intention était d'abandonner le Tibet aux ennemis. 
Le monastère de Tcha ché lounn pou, adossé à 
une colline et protégé par un fleuve qui coule à ses 
pieds, est situé dans une position inexpugnable. Les 
lamas, qui s y trouvaient au nombre de plusieurs 
milliers, am^aient pu faire bonne garde juscju'à Tar- 
rivée des secours. Mais le *Hou t*ou k^o t^ou Tchong 
pa s étant enfui avec toutes ses richesses, les lamas 
Tsi tchong et Tcha ts^ang prétextèrent qu'ils avaient 
consulté la Mère céleste aux bons présages', et dirent 

' Nom (l*un district et de son chef-lieu situés au nord-ouest des 
provinces du Chenn si et du Kann sou. 
* Ville de la province de Sseu tch'ouann. 

' En chinois "g îKp -^ -pr Tçi siang Tienn mou. C'est 

Ja divinité appelée j^ ^|j "^t -^ jfe jyï Mo H tché 

T'ienn p*ou sa , c'est-à-dire le Bodhisatva Maritchi dé va. Dans la 
mythologie indienne, c'est la personnification de la lumière. («Rayon 
de lumière,» Bumouf, Dict. stmscriu Cest aussi, dit YAmarakocha, 
traduction de Loiseleur-Deslongchamps , 1. 1 , p. 20 , le nom d'une des 
sept principales étoiles de la grande Ourse.) Les bouddhistes chi- 
nois représentent cette divinité comme une femme ayant huit bras , 
dont deux tiennent en l'air les emblèmes du soleil et de la lune ; 
elle est adorée comme déesse de la lumière et comme gardienne des 
nations qu'elle protège contre les furies de la guerre (Eilel, Uand- 
book ùf Ckinese bttddhum, p. 7^). L'expression Tçi siang taux bons 
présages» est l'une de ses épithètes. Les dictionnaires bouddhiques 

lui donnent pour équivalent j^ ^Ij Ché li, transcription exacte, 

puisque, encore qu'elle se retrouve dans les dialectes ou patois lo- 
caux , la lettre r n'existe pas dans le Kouann *houa ou langue com- 
mune, du moi sanscrit çri (tibétain dpaL) c prospérité», qui se place 
devant les noms de personne ou de chose en signe de respect. 



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364 OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1878. 

<ju il ne fallait pas combattre. Tous les esprits furent 

alors abattus. 

Les ennemis pillèrent donc Tcba chè lounn pou, 
et le Tibet tout entier fut dans la terreur. Les deux 
grands lamas (le Dalaî et le Pann tchann) envoyè- 
rent des dépêches (à la cour) pour faire part de la 
situation critique dans laquelle ils se trouvaient. Pa 
Tchong, officier de la garde impériale, qui avait 
suivi Fempereur à Jo^ho (Jéhol) ^ apprit ce qui se 
passait et se noya dans la crainte d être accusé. 

Alors Ao ^Houeï, vice -roi du Sseu tch^ouann, et 
Tch^eng To , maréchal commandant les troupes de 
la même province , profitèrent de ce que Pa Tchong 
avait mis fin à ses jours pour rejeter la faute sur 
lui: «C'est lui seul, disaient-ils, qui, possédant la 
langue des Tangoutes (Tibétains), avait fait les con* 
ventions secrètes. Quant à nous, nous nen avons 
point eu connaissance. » Ib reçurent Tordre de se 
rendre au Tibet et d arrêter la marche des ennemis; 
mais, loin de se hâter, ils s avancèrent à petites jour- 
nées. 

L'empereur, voyant qu'il ne pouvait pas compter 
sur eux, enjoignit à Fou R*ang-ann, duc de Tçia 
yong (louable bravoure), et à *Haï Lann-tch^a, duc 
de Tch^ao yong (bravoure éclatante), le premier 
comme maréchal, le second comme sous-maréchal, 

* C'est à Jéhol , situé prèi de la rivière de ce nom en Mand- 
cbourie, que se trouve le Pi chou chann tchouaog t villa où Ton se 
retire poar se soustraire aux chaleurs de Tété», résidence d'été des 
empereurs mandchous. 



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HISTOIRE DE LA CONQUÊTE DU NÉPAl. 365 

de faire venir les troupes mandchoues de Soion^ 
et les soldats des principautés (voisines du Sseu 
tch^ouann) pour aller dompter les ennemis. Quant 
aux subsistances de Tarmée, il ordonna à Sounn 
Ché-y, vice -roi du Sseu tch'buann, de s en occuper 
à Test du Tibet, à^Ho Linn, commissaire impérial 
résidant au Tibet, d*y veiller à Touest, et à^Houeï 
Lin g, naguère vice -roi du Sseu tch^ouann, d'y veil- 
ler au delà des frontières de Tsi long. Pao Taï fut 
condamné à porter la cangue devant toute larmée. 
L'empereur ordonna à la grande armée de péné- 
trer dans le Tibet par les steppes de Ts^ing liaï^, 
route qui est plus courte de trente jours de marche 
que celle de Ta tsienn lou du Sseu tch*ouann. Les 
ennemis , croyant que i affaire s'arrangerait à famiable 
conmie l'année précédente, étaient retournés dans 
lem' pays avec leur butin et avaient laissé un corps 
de mille hommes en observation sur la frontière. 
Ao *houeï et Tch^eng to , dont les forces s'élevaient 
à quatre mille hommes , n'attaquèrent pas les ennemis 
qui s'en retournaient gorgés de butin, ni ceux qui 
restaient sur la frontière, mais se contentèrent de 
disperser quelques centaines de soldats établis à Nié 
la mou; puis, dans un rapport qu'ils adressèrent à 

* Ville de la province mandchoue de 'Heï long içiang , dont les 
troupes ont une réputation de bravoure et d'intrépidité. 

' Ts*ing 'haï • mer bleue » est le grand lac , situé au nord du Tibet , 
aucpiel les Mongols donnent le nom de Kuke naghor, lac bleu. Ou- 
tre le nom de Ts'ing 'haï les Chinois donnent encore à ce lac celui 
de Si 'haï « mer de Touest ». Sur nos cartes il porte le nom de Koukou 
nor (nor est une contraction de nayhor «lac»). 



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366 OCTOBRE-NOVEMBREDÉCEMBRE 1878- 
Tempereur, ils dirent que les ennemis s'étaient reti- 
rés et qu'ils désiraient voir la guerre s'arrêter là; ils 
ne soufflèrent mot des ennemis établis à Tsi long et 
à Jong chia (Jonghia)^ L'empereur ne voulut pas 
que la campagne finit ainsi et blâma leur conduite. 

Le deuxième mois de Tannée suivante (mars i ygtî), 
le maréchal et le sous-maréchal pénétrèrent dans le 
Tibet postérieur en passant par les steppes de Ts'ing 
Wi. Le quatrième mois intercalaire (mai), les deux 
mille honunes de Solon que l'on avait fait venir et 
les cinq mille soldats des principautés et des colo- 
nies militaires du Tçinn tctfouann^, s'étant réunis, 
opérèrent leur jonction avec les trois mille hommes 
de troupe régulière qui se trouvaient au Tibet. Dans 
ce contre -temps, l'on avait acheté dans le Tibet 
soixante-dix mille tann' de blé et plus de vingt mille 
bœufs et moutons, de façon à suffire à la nourriture 
de plus de dix mille hommes pendant une année 
entière, et à ne pas avoir l'embarras de faire venir 
des vivres de l'intérieur des terres (de la Chine). 

Durant le cinquième mois (juin) , l'armée chinoise 
battit successivement les ennemis restés en observation 
sur la frontière et recouvra le territoire tibétain tout 
entier. Au commencement du sixième mois (juillet), 
elle se mit en marche pour aller pénétrer au cœur 

' Ville du Tibet postérieur située non loin de Nilam. 

' Tribu Miao tseu qui occupe les districts montagneux du Sseu 
tch'ouann et les bopds du Siao tçinn cha tçiang • petit fleuve au sable 
d'or», cours supérieur du Yang tseu. 

^ Uu tann est une mesure de dix boisseaux du pmds de cent 
vingt livres chinoises. 



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HISTOIRE DE LA CONQUÊTE DU NÉPAL. 367 
du pays ennemi. Comme Ton craignait que les Gor ka 
ne fissent une invasion sur les derrières de larmée , 
les commandants Tch^eng To et Taï Chenn-pao et le 
colonel Tchou Chenn-pao eurent mission de se por- 
ter sur la droite et la gauche de Tennemi alîn de di- 
viser ses forces, tandis que le corps principal pren- 
drait par la route du centre. Haï Lann-tch^a formait 
l'avant-garde avec trois bataillons; Fou K^ang-ann le 
suivait avec deux autres. 

Le pont de diaines de fer situé à huit lieues de 
Tsi long, principal défilé pour pénétrer dans le Né- 
pal, avait été rompu par les ennemis qui nous op- 
posaient ainsi de grands dangers à surmonter. 

Tandis que Fou K^ang-ann engageait faction avec 
le corps principal, *Haï Lann-tch^a traversa secrète- 
ment la rivière en amont sur des radeaux, contourna 
la montagne et déboucha au-dessus du camp en- 
nemi; Fou K*ang-ann profita de la circonstance pour 
jeter un pont sur la rivière et s'emparer du poste- 
fix)ntière; puis, ayant réuni ses forces à celles de 
son collègue, il attaqua le camp des Gork^a, exter- 
mina un grand nombre des leurs et poursuivit les 
fuyards pendant seize lieues jusqua Chié pou lou 
(Hiépoulou); comme il n y avait pas de place le long 
de la route pour établir des camps (à cause de fas- 
périté des montagnes ) , il ne resta pas un seul 
ennemi. 

Pendant fespace de plus d une dizaine de lieues 
jusqu'à la colline de Tong tçio, les deux rives de la 
rivière sont comme des murailles à pic entre les- 



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308 OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1878. 
quelles Teau profonde coule avec une grande rapi- 
dité. Nos soldats furent obligés de suivre les sentiers 
et de marcher de côté; les dangers qu'ils y rencon- 
trèrent n étaient pas moins grands que ceux du pont 
de chaînes de fer (de Tsi long). Les généraux, divi- 
sant leurs troupes, profitèrent du mauvais temps et 
de l'obscurité de la nuit pour traverser la rivière en 
aval sur des ponts faits d arbres morts, et s'empa- 
rèrent alors de ces endroits dangereux. Le 9 du 
sixième mois (juillet), ils arrivèrent à la montagne 
Yong ya. 

Les Gork^a, terrifiés, envoyèrent un des leurs au- 
devant de l'armée pour demander la permission de 
faire leur soumission. Le maréchal et le sous-maré- 
chal leur répondirent par une lettre où ils les trai- 
taient fort mal; puis, ne recevant pas de réponse au 
bout de plusieurs jours, ils s'avancèrent de nouveau 
par trois routes .différentes et attaquèrent l'ennemi ; 
six batailles livrées furent autant de victoires. Ils tra- 
versèrent par deux fois de hautes montagnes , tuèrent 
en tout quatre mille ennemis et s'avancèrent à plus 
de soixante-dix lieues dans l'intérieur du Népal jus- 
qu'aux environs du territoire de Yang pou J Kat- 
mandou) , sa capitale. 

Jusqu'alors, les montagnes s'étendaient de Test à 
J'ouest; à partir de la montagne Yong ya, elles for- 
ment des chaînes s'étendant du nord au sud entre 
lesquelles coulent les rivières. Les ennemis occu- 
paient les deux chaînes de montagnes et le pont jeté 
perpendiculairement sur la rivière. 



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HISTOIRE DE LA CONQUÊTE bU NÉPAL. 369 
Au commencement du huitième moi^( septembre) , 
les généraux attaquèrent de trois côtés à la fois, 
s'emparèrent des montagnes situées sur la rive nord 
et dispersèrent les troupes ennemies qui défendaient 
le pont. Quant aux montagnes de la rive sud qui 
s'étendent sur lespace de plusieurs lieues et derrière 
lesquelles se trouve la capitale du Népal, les enne- 
mis y avaient établi dix camps et se préparaient à 
résister avec vigueur. ^Haï Lann-tch^a était d'avis 
d'occuper la rivière et d'établir un camp sur la rive; 
mais Fou K*ang-ânn ne l'écouta pas , traversa la rir 
vière et attaqua; il gravit.plus de deux lieues dans 
des endroits, à pic et sous une pluie battante; et 
malgré les arbres et les rochers que les ennemis, 
profitant de la situation des lieux, faisaient pleuvoir 
sur les assaillants. Les ennemis qui étaient de chaque 
côté de la rivière et de la montagne vinrent nous 
attaquer de trois côtés différents; nos troupes, tan- 
tôt combattant, tantôt reculant, perdirent beaucoup 
d'hommes tués ou blessés. Heureusement que *Haï 
hann tchV vint au secoure et que Ngo lo teng pao, 
s emparant du pont, combattit avec vigueur et força 
les ennemis à la retraite. 

En ce temps , les Gork^a étaient en mauvais termes 
avec P^i leng ^ pays de l'Inde qui est situé au sud des 
frontières de leur pays, et qui, depuis longtemps, 
était sous la domination des Yng tçili (Anglais). 

^ tLes Gork'a, dit Siu Tçi-yu dans une note du livre IJI de son 
Yng Viooann iché lia , appellent P'i Icng les tribus qui sont sous la 
domination des Anglais ; ils les appellent aussi Li ti. » 



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370 OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1878. 
Lorsque Fou R^ang-ann avait envahi le Népal, il avait 
adressé des dépêches aux pays de Tcho meng chiong 
(Sikkim) \ de Tsong mou^, de Pou lou k*o (Bou- 
tan)', qui sont au sud-est du pays des Gork'a; au 
pays de Pa tso mou lang, qui en est à Touest ; à ceux 
de Tçia ko eul (Bengal)* et de P'i leng,quien sont 
au sud, pour les prier d'attaquer en même temps 
les Gork*a , leur promettant de partager avec eux le 
pays lorsque la guerre serait finie. A ce moment , les 
Gork^a, battus, firent part de la situation critique 
dans laqpelle ils se trouvaient à Fi leng qui , feignant 
d'envoyer des troupes à leur secours, sempara peu 
à peu de leur territoire '^. Les Gork^a, attaqués de 



> Le SiLkim , petit pays situé entre le Népal à l*ouest et le Boutan 
à Test , est appelé Tcho meng chiong par les Chinois et ^ras /dzong 
(Dretljong) par les Tibétains. 

* Tribus du Sikkim. 

' Il faut lire Pou lou k'o pa , transcriptiou chinoise de ABroug pa, 
nom donné par les Tibétains au Boutan , petit Etat hindou indépen- 
dant, encore peu connu, situé à Test du Sikkim dans les chaînes de 
THimâlaya. Ce nom de Boutan signifierait /în du Tibet et serait cona- 
posé de Bod c Tibet • , et de anta t fin ». Souvent les Tibétains ap- 
pellent ce pays Lho île sud». 

* Voyez plus haut, p. 869, et plus bas, p. 874 1 note 2. 

^ tin 1791, the Gorkhas had entered into a commercial treaty 
with the British, and hence, when in difificulties ynih. the Chînese 
in that year, they applied for assistance to Lord Comwallis. In con- 
séquence of this, a mission under colonel Kirkpatrick was despatched 
to Népal and reached Noakol in the early part of 1792. By this 
timc, however, the Gorkhas had submitted to the Chinese, and Bri- 
tish interférence was unnecessary. This was the first occasion on 
which a British ofBcer entered the country. One resuit of the mission 
waa the signing of another commercial treaty on the 1*' of March 
1792.» Voyez His tory of Népal, Introduction, p. Si-Sa. 



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HISTOIRE DE LA CONQUÊTE DU NÉPAL. 371 
deux côtés à la fois, furent terrifiés, et, craignant 
que notre armée ne fut encore plus en colère à la 
nouvelle de ce qui s était passé, envoyèrent de nou- 
veau un des leurs pour supplier humblement le ma- 
réchal de vouloir bien accepter leur soumission. 
Comme nos troupes venaient d*éprouver de grandes 
difficultés, que les frontières devenaient de plus en 
plus dangereuses^ et que de plus les neiges épaisses 
qui recouvrent les montagnes , passé le huitième mois 
(septembre), auraient rendu la retraite difficile, on 
accepta leur soumission." Les Gork*a rendirent les 
conventions qui avaient été faites, les richesses, bi- 
joux, sceaux d'or, boules dorées qui surmontent les 
pagodes qu'ils avaient pillées dans le Tibet, et les 
lamas Tann tsing et Pan tchou eul qu'ils avaient faits 
prisonniers; ils nous remirent le corps de Cho ma 
eul pa^ et offrirent en tribut des éléphants domes- 
tiques , des chevaux indigènes et des instruments de 
musique, demandant qu'il leur fût permis de vivre 
éternellement sous les lois de la Chine. Notre armée 
revint donc victorieuse. 

L'empereur récompensa Fou R^ng-ann en lui 
donnant le titre nobiliaire de u prince du second 
rang. )> Il avait d'abord eu l'intention de diviser le 
Népal en plusieurs principautés; maïs, lorsqu'il eut 
appris la soumission des Gork^a, il acquiesça à leur 
prière et laissa trois mille soldats indigènes et mille 
soldats chinois et mongols pour garder le Tibet. 

^ Cho ma eul pa mit lui-même fin à ses jours; il échappa aux 
Chinois par le poison. ( Tienn ichou kouo içiyéon, 1. VII.) 



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372 OCTOBRENOVEMBRE-DÉCEMBRE 1878. 
Telle fut lorigine de la garnison de troupes régulières 
au Tibet. 

Pour se rendre du Tibet postérieur au pays des 
Gork^a , il y a la grande route de Ting»tçié (Dinghie) ^ 
qui fait un détour par le pays de Pou lou k^o pa 
(Boutan) et que Ion emploie plus d*un mois à par- 
courir. C'est pour cette raison que notre armée re- 
vint par la route plus courte de Tsi long; cette route 
est bordée, d'un côté, par des murailles à pic, de 
l'autre, par le torrent; on ne pouvait y passer à che- 
val ; le maréchal et le sous-maréchal furent eux-mêmes 
obligés d aller à pied. Aussi, dut-on conduire les élé- 
phants offerts en tribut par la grande route (de Ting 
tçié) , de telle sorte qu'ils n'arrivèrent au Tibet an- 
térieur qu'au printemps de l'année suivante. Il fallut 
un jour entier pour traverser les monts Ou la qui 
ont douze lieues d'étendue, et lorsqu'on les traversa, 
comme le crépuscule tombait, il faisait un peu 
sombre, à tel point qu'on ne pouvait chercher son 
chemin. 

De plus, il y avait un amas de neiges semblable 
à une ville qui offrait, en guise de porte, un défilé 
couvert de plusieurs dizaines de tchang^ de profon- 
deur, par où prenaient les passants. Ceipt-ci n osaient 
parier de peur que d'énormes monceaux de neige ^ 



' Ting tçié (Dingbie) ou Tçié ting (Ghieding) est une ville du 
Tibet postérieur, située au sud de Tachilounpo. 

* Tchang, mesure de dix pieds. 

^ Litt. til y avait des amas de neige grands comme une cbambre 
(ta jou ou)*. L'auteur veut évidemment parler ici d'avalanches. 



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HISTOIRE DE LA CONQUÊTE DU NÉPAL. 373 
ne vinssent tout à coup à s'écrouler et à ies écraser 
dans leur chute. C'est là que deux mille Gork^a, re- 
tournant chez eux chargés du butin qu'ils avaient 
fait dans le Tibet, étaient morts de froid. • 

L'arête méridionale des Ts^ong ling (ies monts 
Bolor et Karakorum) est une barrière que la nature 
a mise entre la Chine et l'Occident; là les dangers 
sont deux fois plus grands que ceux du Tçinn 
tch^ouann ^ Le pays des Gork^a , bien plus éloigné que 
celui des tribus mahométanes (le Turkestan chinois), 
est celte contrée que les troupes des dynasties des 
^Hann et des Tang ne purent atteindre 2. Les soldats 
indigènes marchent nu-pieds; ils fixent d'avance un 
jour pour se rencontrer avec leurs ennemis. Nos 
soldats n'agissaient pas ainsi et tombaient toujours 
sur eux à l'improviste. Depuis le jour où ils subirent 
cette défaite jusqu'à présent, les Gork^a ont envoyé 
tribut sans interruption^. 

A l'ouest, le Népal est voisin de R^o ché mi eu! 

' Akoud , envoyé par Tç^ienn long pour réduire les tribus Miao 
tseu du Tçinn tch^euann , eut à surmonter ^e grandes difficultés en 
poursuivant les indigènes dans les régions montagneuses de la fron- 
tière du Sseu tch*ouann. 

' Ou^ Yuann , en disant que les troupes des *Hann et des T*ang 
ne purent atteindre la contrée éloignée du Népal , veut exalter la 
puissance de Tempereur Tç'ienn long , car, sous ces dynasties , Tem- 
pire des Chinois s'étendit sur TAsie centrale jusqu'aux bords de la 
mer Caspienne, par les victoires de Pann Tchao et de Kann Yng, 
les plus célèbres généraux de ces temps , et par conséquent les ar- 
mées chinoises pénétrèrent dans des contrées bien plus Soignées que 
le Népal. 

* Nous lisons dans le Taisin^ 'houeî tienn, 1. LIl : «Le roi des 
GorL'a envoie des ambassadeurs offrir tribut une fois tous les cinq 

XII. 2 5 



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874 a(ÎTDBIlBlï«)IVteMB1lEfI)éG|:*iaiOT( «*<?«.! 
(jMaohniiiir)^ ào llmle .aeptJBiitriontâet aïk »udi tt e^ 
liniitrQphepde,ïçfà*ko)€iil derl-Incte Qiîi^BijtaW^^ p^ 
que lies. fiiutaieséeshMm|.dési|^Dt'fQiifï;to 9(9Pii4f 

e9|^dÈplm3^ngteIafM0Owladominatigo:4^s^Qf«^ t^iif 
(4mgUi$} Aigrand QcéaaocbideBilal (r^iiroj^e:) ; ^a fî^r 
pâtde^t P^i leDg ^ ija aoixantièmo i^ni^ T9 i^i^ll €HQ^ 
^i79£)Vles An^^envoyèjteot %u^^injb^$ctd0urpiQ^ 
offiir iribitA. jGet enypyé. dit qvie ideni^ ^n^^^aiiçifti^ 
van* ' lea troûpcâ* ^Éopéwuieft javafent jwté ,|fQ .na^Kél' 
cHàlfikttsif^ oeluitci avaii attmfitté La tribu de/rTÂr^ 
(ielN^naji) qui 1 est «ifsuid^u^t d|ii IfU^etj^iM.quft sii^à 
lIifvie^ÉiJrt, jfoa^ ep avait . eiuH^re. : llç$^^ra4[^;|>QiiTfti 
compbir sàr ieur CHZ^oofs* G'OStiiilQi^'seviQliF^]^ 
i'émpereur (»)niHàt d«n& i^es détaib; rjafi&irf^ d^ .G^'t 
et jk târnèurlqtie ceux-ci .avaient i^rotyé^ «wJknr» 
froptièrps mëridionales. 
„p J^iQ^a^ jPpAngJaji^ .yiwput,at]|;^qwr,„pe^ 
^mtfftS^iàe alAHé^i Tao>koîiaৠ{i &4id)^v te»p9)^vfnlcfte 

ans. Ce tribut consiste en élépha^tei f bdv^u^^ ^^op^.jt^iiifitjji^iH^ 

minés.j .^nGiu 

» Sanscrit : kaçmira; tibélaH^,;} 4tia^<fl&*4^^ hngSbb^^^U^i^ . wJ - 

TV^-OOtfç^i YjD^qnyn dit çn i^oie : On i'appçllç ^¥V^.iJL^? ^V^ 
^!ttà,^l^ëtbfe^ukalîkâta). ^ ^ 'î^^ 

'1 «'ÔHik ¥ttittlié''ve(^etAtdértâ^r^BH^iiaclè<'a^^iib^ 
40 tirQ««p9{iddn«tete^*>CiUfr.iai^i^ 

4Qiiiidémkftl) i«sit9mf>M9a<k»Mis /eisf^pé(^/iCOlPinet> tkto'^of^^ 
4r«è»lf 4![ô^ur4^hilÂii(e4^.S9||r^nttato:d^piMaieMra^g)W 
«Uit9fMmil«ft)f«sidetit^:P>éètng^fiiÀtoe'^li'^ ayteciles plil» 

ibati^4igtM|tai«ftttidbin|oifii( Lé» tetiofti sKwi iàtoqehaQgéflU£iu&i ; f '^d 
^ L'auteur fait allusion à la guerre de l* opium ( iS^a^ëSiai^Uidili^ 



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mS^OIiRB IDE L'AI CONQUÊTE' DU l^ÛVhU 376 
de Vue» et de Tdho^vl^ Gork^a enVoyèrent au'ioonii-^ 
îxii^aire iaipërial, rësitfehtau Tibelt, tin cfes» ieuri 
piortcfiifr d*imé pétition ainsi coÉiçoe: « Chaque jc^i^i 
nofrepeCit fafà reçoilidèfi mai^ttiss "de mëjirife He la 
^art ide*I^i ietig», dontfioûsisoïiïMnesivoi^firis' eti^qtd 
^t som 4a domiiiatiori de Li tiv haas:vch(Dri$i'dfa|)-' 
pt^ftiàre que pê déminer pays ■ dst en guëire faveç 
Tçh^g cHou^ et que 'oeluivcia rtmpoHé *plus(6ur^ 
Yiotoit^esviE^oad^ésrippnsiattaqtier ies^pcâseisioiûtUe 
ii^ti lit^ «o^ftéfi^ not^traiipês, 'afi» d'^àieriiesfdToeB 
idllillbisé5^ iihé ebmipiiiaire impémi résidant shiiIU^^ 
feet iiGjsafvait pafe que ce que les Gork'^ appelaient 
iii fi étaient les Anglais, que ce quils appeiaient 
T^g i'hcia était la' province chinoise dw K^cfuang 
tcm^i 'et que ce quiis dppelaieiit les territoire^ dé^ 
pétidaiits de Fi leng; e'était Meng tçîaiai(ie Bèn^aL 

r^nt laquelle les Anglais s'emparèrent successivement des îl^s Tchéou 
c^ann (CHusiin ) l ùe King pô , Tèheiin tçiang /et furetit gwr îè point 
jde bowbaAlerlIïami tçjng (Nanittog)* qp^ni k» ianteri^éf <JiJ»QW5ft 
consentirent à entamer des négociations : le traité de Nantihg, 
fiîgiië le 39 août iS42t y mit fhi. ' - » 

'^^ Ndmal t^Jassiques des pro¥inces tki ^Kpuang tong et du Tdre 
tçiang. 

* Litt. : édépendaWUé de là capitale »i ' ' 

' Le commissaire impérial Meng Pao , qui résida^à Lli«sa de 1 84 2 

à ïèSb', a'publVéàl^éling eh i85 1, sous le tîire (Je ' j^ft| ^y ^S 

i££ Si UnH§ ts*4oii soUjMér^lres et rappo^s aq<svijet du 'Çibet, 

titt petit Volume rexi%>aiar4 sa c6!rrts^oadai]fce^âfficidliê;ftvea' les 
COUP» de PékiDg et du Népal. ^ On y a^tnate lâpélitioii doiyt notice' au» 
t^eur ne ((onne que le' sei^i général M. 'l^rederick Mâyeta a pu^ié 
dcisi e^traitf» èe cetle' correspondance, 'relatifs à la noiai fl a ti ^tt'dtt 
Dalaï lama, dans le Journal de la SociétéJ'aMatiqa^-^de Loiidreb 
fjèillet i-8§g)j^. -.■..• ,\, . . . , "", ■ '.•-,. 

25. 



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376 OCtOfeRte'î^bVEKTBfnKtDÉICÉqMBIII? iî87âl 
de rinde brieïi'talfe; -àwèfeî' WpôrtâitMl : « Lâf^ éoiM-'dfe 
Pëkîng n^à pas à ,s*bc(îuper des gueréiïés' crtîi ^MèV^hlt 
^i;^tr,e de ^ p^jtita Etats?,,» f - , , . | 

V) ifiiâii qiiè k.(bapîjbfele(de» Al)gi^& 3CHti 9U.l(^p4aj(>$ 
le grand Qcéan occidental (rEurope)^'»lîiidejquiii©B 
dëbehci M itéàtÀïibfiié ;îîihtti4^pltë dè$^^^'(^^ 
<j(euy pays» ennemis ;5ecufâires, cl)ert!îîiéwt toùjbWi^ 
4e*,prpte;î^tç&.dp, q^^^relfe^v ay^fljVloriqyç pqus 'at,ta- 
c|ù6û«ilaar:Gciricra)<l«6 A»g^ai«)W(par-^fitwl()P9iw4eiff 
lënlé^eM ittie'pa^tie>d>ë leur tOTnHoine)^^ âi^uand noUb 
âttâmibrifei^'s Âfa^àisi îè<JG^fk''à''d^ 

^' . Ri^'iipLaûyt.HaaA eilt^artak/mâ î^n^ dè^'rè^i>'!4s 
^éprcMvqs' die sorj IrAvaïi' 'et Vldèritîfiér;^ s4l ëftiit pdssft^i liis 
noms tii)étâî'n<qu il nVaii'î)ù VèciittiS'àiW.'iefs'MiiilifecMdis 




JiSI '^^M' JoL ' ^'^^'' * iutt^ mutudle& de Mann ^lÂi 



[e 



:fes'> Irâiiiqacuvs i mô ( rè» inijént i >qu4ipf èp 4VQ\t ; ponRi^vf , ]^f vf^^^s 
pendant quinze jours. » Çesji ^flempnt'i|ï rprigin^jdç rex|>^$p^pn 

•^K Sf !jc ^P" ^*^*^* *^^^ luttes des cornes de la licorne», 
c* est-à-dire des querelles mesquines, de peu d'importance. 



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jv^)jL|^^p«)>ii^e g8m,[V1, Wrignjt: 1° à propos, des anciennes re^- 
lations du Irépâl et de la Chine, dont il est question dans 
k note de la page 367 ci-dessus; 2"^ ai pfôjxii de lii' ^ét^à 
de ^-j^^i'Jc^Uti'ôh^déQekéàiéJt^i'i^^i detfi loilâltons 
aontrfprt»l»tirle5(' '! '.••;i'; :.'.».[.:'.;,'.;••-.•>(, f,,.Mj : 

^c|^ ifç,con^p|e que Quatre rois:,Hari-Sinha-Deva, Mati-Sihlvi- 
Deva, Çakti-Smha-Dév.a et Çyàma Sinha-t)evà (p/'i^ojf: eue 
est ^conçiJô eh'cek teriheki* itÇèik{'^Si^ei-m^n:^ifé^Hà'yiti^- 
iiëtix bn^/ !Cé> Mt> hb^àlief^ #ëU^ âé sdn^iki Çy^a^âinlf»- 
^Dera btifàtqbiit s4 nérideno^ -jufflahfcicibpkjrdlfti^ ifr^lpiya 
.<^r,iw^ftl^,^fi,iÇlftnpV[VWP?^f^^r^P fi^ >^|satj^faiLt 9^^^^^ 
lui envoya en retour un sceau portant gravé le nom Çakti- 
Sinha, et en plus le litre de Rama, avec une dépèche royilë, 
dans Tannée chinoise 535. » On ne donne pas la date népâ- 



'^ifSilii Péinpé^ètii*' fchitiois -peiisii^iU'airYdaifciinMettxipMij^re ^n 



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378 OGTOERË.NOYeMBR£*I>ÉCEaiBR£ 1878. 



U 



■ ■ «n / il i i< l ' . n K i r l l l H lli ' l li -t iM i n iji I fj 1 1 i , l ')li> ■, 

HYMNE iàU SOJ^Îia, ! ', 

A TEXTE PRIMITIF AGGÀDIBN, 

AYEC YERSION ASSYRIENNE, 
TRADUIT ET COMMENTÉ 

PAR M. FRANÇOIS LENORMAN^. 



Le remarquable spécimen de la poésie lyrique 
religieuse des anciens Chjaldéens que,noi|,s ét^aions 
dans le présent mémoire; a ététoonseirvé ssm «la ta- 
blette K 2 56 du Musée britannique, éditée dans le 
tome IV dôs Cuneijbrih insèripthm^ of fVesterrk Aiia^ 
pj. }!^I. Nous Favons soumis au même travail d'a- 
nalyse, et de commentaire verbal quQ lli;ica]|ptatîon 
magique dont Tétude a préeédemraent paru dan^le 
Journal asiatique. Les philologue» qui ont bien voulu 
prêter leur attention à ce'pfremîer mémoire, troîti- 
veront ici un nouvel exemple et, je réspèrè, une 
nouvelle justification de la méthode patiente, et un 
peu prolixe peut-être danà ses détails, mai&s attachaot 
rigoureusement aux conditions indispemaUes de ia 
critique J|)hiiôlogique , qlié je mWorce de suitil*e 
dans la diGTicile tentative de la restitution de Tan- 
tique idiome présémitique de la Chaldée» ^diome 
auquel les uns donnent le nom d'accadien, les autres 
celui de sumérien , et qu il serait probablement pins 



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exact d^appeler, en conciliant la& dmix système&, 
vrais en partie tous les deux, sur cette question de 
nom, la languU JeSàlne^ ht ^Xclcadi' 

TRANSCRIPTION. 



TEXTB ACCADUN. 

UDDUZU NE 
3. TA&&AK DUn OTC ANA-âi., 

azag<;ata ddduzu ne 

d*. ^rSAR ANA ^AZAGGATA I>XJ 

"'■'"' 'feAR'ôti^'XKAit^./. k^'irtE'' 
'4. > ivl^tSr? ANA MAOOAti J . l> 

, , SABUBÂZU riTB 
. . ; . . . M^;^ ANA AZAGGATA 

'^"'"•^'itài^j^ii/LAttriNrf-''' -^ "^ 
'^iTC'ii^-'. • wjjfilatfliXNri'sAw' 

5AMDRA|DABLAÇIES. 
91 .... ! X^^^ âÂZUTA KÙVA 
'' ÛDDA âAtliDANGBB. ' 

J^JIfij^-t-l* 9AI»}IIAl^AAtAGJLfi«U 



VERSION ASSYRIENNE. 



■JK. . 
12. 



GUAS BAR dlBAJVAl 



EN. 



.I|^4 >..» .r< ..1 ..<'. G^ BAD^RBI 



éllati ina ofika 
^2j> qarradti itUuv Samm ista 
kirib s<ume ellati ina 
asi^a 
Syina sïgài^sdhte étlaii s^kkit 

ellidi inapit^JifL, 

Q . ..... anà m^ Ubbikajûthi 

loi* j àj. . ^êai^isÊQt[finâtijebfS 

il* . . ♦ • .jsa' wiwe fl irsitiv 

kasajLzzasi^ukcL.' . .. 
1 a paria tdpàraih^itlii, 

•i3. 'Uiki. .«A r.i jf. UfpcSkiif^^ui] 

l3 ;.„^,„tttJ«44Jftff r, 



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390 OGTOBRË-NOy^HBUP-D^K^fiMBRE 1878. 


TBXTE ACCADIBN. 


VERSION ASSYRIENNE. 

î J î 


1 4 • . • *. .^ « * . 'SI BAWlBèlDI E 


i4 .- i . .*. tastesir 


a^,, ^n^ m^^v^9^wiA,wfi , 


aiy Mttw ;f4<*-»WWW< . 


32^ Vfll tO>Ah mi^-mB .MAE 


aa..^Bfi^vçr»iop*^s^enne.) 


MCNSIKOA EN... < 


-^ * ' ^^ 


a3, PAOCBBAW GÛW AtVàB 


a3' f;2^'(s^ 'a onift^^^ Uv^ P^' 


1 ; fiÛ^ BAIVB^ BARïUBI. 


, rfié^ampurf^^l, 


ai. ZAIF AlJDUKNAS.jèAK MIGA 


2à' atta im,<dqJ4f^(i;^salmat 


. j >l BAN|BSU>IB. 


; . nÇ,ûM«^#«^'ÇT...n t 


t^^, '3BRÏI réfl4¥A , PAGARRAB 


,a5j gaîT«rr.iMm(;,«|iwi5ttwa 


j GARGIBP^MM X^^^IB^<- 

IMir 


.marusumriuu^ir. 






N^IiCM? ^AMTAOOA AN- 


1 nav.^ids •... , .,1, 


WNKINj 


1 .:^ . ' •; ^ ..-î- • 1 - rU i 


37, QAJ-Aim^Bl Pift JHNÂKES 


^a- w^^f«ft.ffî«wj*¥ '^'* 


GIGGABI TVKA^B^Â. 


j fis ina mqr/f^.i 


28. DTil, WfH •^Aï'-ÇfAI'MMU 


jaS. Sam^^fmsifnkiij^^ q^ 


j , GANIMSU^^L . . 


1 ^■,-,M-tojiW^..H.; (^t-ài 


291 iJARM Kl3A àl&ISftE ilGlSSE 


109. ah^l^ïdlml iél4m\nitthar 


RANA DINGUlàilt^HA MCm- 


< va ilav (varolWip) ona 


i.->l.M»ARftA9-ir:!-.r/^' - 1 , • 


'.. i>^,*S«Mi^FIWi'nA ?3l 


3d^; DflÇGWOïA^^WWIiUM (?) BI 


jâaft.^ qH4tik^ 4m(^ém lippa- 


M ; .«AffiOAMàBirjtlfTAGGABI 


, ,;. viiirmmmiinf^^k. 


GANZIZI. . - 


\ ioî • 


^4 . If AUXAI^^I : ^ABANBARi T^- 


J3l. mt^uéhUiM^ma^uiéU 


;c. , «ATjiiX,tJ ;^B ANTItiB EN. 


ru MkHh ^i.r({ 


3a. LUGAïai «AI»RI9T>ii.)V. 


^%. i^nsmmfi^Mmyminne.) 


33. Pï*^ UWAtfBTII^A NA»rtA;ç. 


33i d(S^*t^^^iopftaaiyri^n^4 


Jn^/^ZO'G-H^IBBT., • '. , 


lit .1.1 .i i.^'-.'l ■,•■ 'J .K-i 


34. LUGALBI lU'VAilUfD' idANEN- 


34. {Sana.y«ff8io|ia9$yrieniie.) 


. .!• .àiwa -M .; :, 


.< "1 . .'j;. ,; .. »:• ,■ li ,'.' 


3ôvieAiiiA«^X eaiz&Q^TARzu 


35. ^(S^s^^«i6»0ii||jf;rienne.) 


GANENSH*,,!',;... 


1 



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y . . [ A /i i' ii^MM Ai)''siyiJÉiL '^ ' '' '-' ' ^ V' **!■ 



TRADUpTION. 

' «XBtelâ ÂCCADIBN. r ! >t .^EAftlONV ASSYRIENNE. . i i 



1. Sëighëàr^g'ï^ttiid*,^^^ nri* 

tes levers, 
*i*.^ héi^di vafflantvScïleil^Ai 

mâièù'dtk "Héï brillant, 
''-•'• à'iés'teVertV^-. '"■ ' •' 
3« dané'l^Verk'diit^âu del 
^* ^^*'5^^^JiaaIlt, dSinsld'jJorte 

4itf '<mvire ie'ôiel, à 

tes , 

h ^*rift 1* î)ai¥e d&ià port'e 

ducielbfk'fflant^; 

5. dans la grande porte du 
'*'■'' éid brillàdt,fors^e tir 

rordvrë^; ' ' 

mets] du cM^Mllant, 

\uAiiml#i>if>V)tte)ta^vtï}«^e r$K" 
ttiui ( ittide '}**') • '-^^-^^ ^'^ 
7. les ArchMlgts^^iMestes] 
-vir^*T^j\^>^è 3è*i^ëbçj^eei' 

À^iîtpt^MéWt^Qlbur de 

toi; 

Dame de te^tburonne 

(-onnn|igvéô«i«klis*ftHf ënr'fèt^V 

ton cœur paisiblement 

10. les . . . des foules te con- 
( >"i' «^fe*rt»dvideÉli«nt; < 



1 . •'Sel^etf^^«tt*, dtf nÂ^ 
1^1' ^ttdëiKcîe«!rf)rf!»ntS^ 

I 4. l4éré«vAilfehtî<SWèa,dii^ 
' lÉ/ffiéd* dèi feieùîc bril- 
1 ' •' ferftsVà'ïéklfevei*^; *'-' 
j 3. dans *îès- 'tèhbtfic des 
I ^^ * /^ë<ix^ibHl&nlè,'^dafti 

I ïm^ei^eil / ,à 

i tes , '^'^ 

j 4:*darrt^*la''bttri^de'kportc 

' '^ ''di^ëMxfcréaknts,..., 

5. dans la grandis pèf te dès 

^2 ^ ^èfeu^ brfflft#fcr ;îëi^èquë^ 

■^^■'ItfTMtfe^,'-^^»"'"' . 
m^àh^ léi^liRi4iàutfe^[éoiâ- 
meis] ^Aéà^^ièêtTè bril- 
saK. i|ftirtivlt«ir^d« ttfltocbjB 
->: 3 if mtfidë^ zi a A y ah 
7. les Ârchangé^/ieâestes] 
ïa ( ) î4àhi^itWptf«J%t>iéiiûjoie 
m oDÀ'eini^sMmyt^ni^ de 

toi; .isiNKA.- 

-8^ li^a*^^invjteuwj/>;déj fer 

' ' 4)àftï(é ^ âîèl)^ le con- 

d*iiéiit«ii**ev'^ -' 

^ iëê' ^/ j;up<i«#Jkr^^aïr 

de tonfiiSEÉûtvtg- fixent 

'^ '' '.le»jj«hiftr ' ■ ''"^ ■ /••■ 

10. les des foules des 

J w rpayts ^ • le /couténl^ertlf 
! avidem«illr^ '^' 



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38fi OCTORRE-lSOVBMBRE.BÉiCEMBRE 1^78. 



il. 






a^. 



aS, 



34- 



TEXCl AOCABIBN. • 

iei ËsjnrîJts du cièliet de 

la 4)^is] 4e . «enduisent 

ensemblet «l'y. 

,;i c ^. « Jl idéckib la déo»^ 

Il sHm.liuile»canoerne, 

: .. .^ i.*iiiletti7^a«oerde sa 

faveur^' ■ t.- • 
Ihprend»'.^. k. . .ik'j . « .(, 
.'-^. .J4>.a<; u «ilj le. dirige. 

lie sei^euF, épiant à 

"^!nm>ilnia envojré'») ;-• 

le. 'Seigneur - gwand , Ëa , 

' ^ant à* moi 4 xn'a en- 

Fixe <ïe i <|Hi le - rejgarde , 
enseigne Tordre qui le 
concerne, décide 1^ dé- 

' cision qui le touche. 

Tai< ^ans^ta /Bpwrche du 
diriges la race des 



a5< fais briller sur lui un 
rayon de paix et qu'il 
guérisse sa souffirance I 

26. L'homme, ûis de soq 

dieu y a déposa devant ^ 
toi ses manqujemenis et 
ses.tiïinsgi:eS3ioi>s; . ^ 

27. ses pieds et ses mains le 

font «ouffrir» doulou- 
rkisemeht la rnsdadie 
lesoiâle.' ' 



VBRSIQIf JLSftYmEHIIE. 

1 \i . lies ' Ës{(cits] • deif jdielix - jei 
. j ... di^l^tciawj,ttoii4<te con- 
duisent en tio«qf>e. 

iflr. » ^^* «Tuidécidttsdaidépîr 
[> > ' sionitittî lâs isoaceme, 

pice, n'-f'f Kf i 
ii&4 tu fiHtf^prendbfe.. uil «gt. 

tSi)>Uijdiri^.*;i^uvU& 

>-*-.. it. k t .' .>k'J V • U^uu 

21. Le seigneur^^ iigiant à 
.'jif'î munijina eiiTOfc(») a' 
aa . . ^Saas]Yèr9Îi6iuw8|yrienne.) 

aS. Fixe ce qui le^^dgarcfo, 
>.it < .:^)sei^Qrordre qui le 
..(!; vQQpperBïC^dàwcle la dé- 
cision quiilet touche. 
%h' Toi V dans tfli iigiaiiche i ti 
diriges la ^ra^ des 
1 ... <)>-bmKiii>e&;[ l. .f,j /i cC 
aô. iNMj'hBlhvi'isur.riui un 
rayon de'|>âj|pet qu'il 
guérisse sa souffirance I 
a6. L'homme, fib de son 
dieu, a déposé devant 
'toi ses manquements 

27. ses: membres, sont dans 
la souffrance ; il est qou- 
loùi*ëusenient sottilfè 
par là maladie. • '" 



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^."^. ;.'aHïllOï(E A«J^m)LfiIL. ll*U>i.)u 383 



TESTE fACCADIB!!»' 

ftS^Soleiiv ài-rélévàtioii de 
II r ToaeÉ meâxMi pk'ète atten- 

99V mfemge son kliment, n> 
'' • ^ois sa TWftime; rends 
• • < , ,s<Ma dku (pour soutien) 
à sa main I ''-> 

30. Par IME (mbe; fends 

absous son ' hiâilque>- 
mentl efface sa trans- 
« '" 'gressionl ; 

3 1 . Qiœ son malheur tourne 
; • = - 'à bien ! qu'il r«five de 

sa maladie ! 
33. Rends la vie au roi ! 
33i' Aiors, au- jour qu'il re- 
•î '' vitra, 'que- ta sublimité 
>'» ' feni^lofipe (de sa pro- 
• ' !teeti6n)1' 
i3<d' 't>lrige kl roi <quii«st soa- 
<^ ' "mis! •'! 

35. Etmoi,r6ûcbairtèur,ton 
î.î: 's^ïntenr soumis, di- 
' I' rige-^ot! 



VBJtMOR AssiçiniorB. 

a8. Soleil, à l'élévàtioh de 
• ' "mes* màins' pi»êtè atten- 
tion; 
99. mstttge son aliment, «> 
•' ocds sa victime, rends 
• 9ondieu ( pour soutien ) 
à sa main 1 ' * 

30. Par ton ordrev qdè son 

mbiàquement soit db- 
sous I que sa transgres- 
sion sait effacée 1' 

3 1 . Que son malheuor^ tourne 

à bien I que sa maladie 
«revienne à la vie ! 
3 a . (Sans version assyrienne.) 
33* (Sans version assyriénnei) 



3]&. (Safuversionàs&yriènnki) 
35. (Sans version assyi^ienne.) 



COMMENTAIRE. 



"'Dàiis h texte de fchaque verset , placé ici en tête du 
commentaire qui le concerne,,' nous ayons cru pou- 
.){fjjjf^jsai^ inçqnveuient diminuer les fraijs d'impres- 
sion, ^3k joous l)on:>ant adonner la version assyrienne 



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384 0CT0BRE-N0VfeàfBfV4:-î)ÉICEMBRE 1878. 
soiis fôrriie de transeription ;• s«ns Y^tùAmtëie» m^ 
ractères cunéiformes eux-mêmes. lVla{$ ,^oïià i^àtii 
disposé cette transcription de manière à réprésénf er 
signe à signe l'orthographe originale. 

ij. r *};.]}/•: :. . 

ACCADIEît. 

. ' ' . •' ii.it. . ;. ' •■■'.* > -.1 r-y. ,'■> > ;,"! ■; n ,'. 

" ' ' ^11" ' ''"&— "" "■ i^r^'-""-^' 

^ ^^^ ^^ AZAGGATA ^ ^, ^ ^^ _ UDDUZV . ^ T^E 

-brillant + du, (4) , ,,.(daa«Hevers4-tes . lés (5) 

ASSYRIEN, 

•■'"'! ' '"^' » '-'M* it i ■/ /'/ ; /.);^. y,^/ Jo Ârf ^/:a (f,) 

.'.. *wliçtt.i. H.. ;Mici#U^r. •n.l.:T*.abiirilJftef?,f,<3,,,n^^à^„^^j^ 

' J «'^ " ' -il v. '. laiii ■ .^J) tfll&^^^i;<^n]lv 1 no , jli^oiihmiiir/i^ 



'ij t. 



•--'!•>• "1 '••• ^ ,.>,; l'iMi ^' [ ^ii..o K'p ;n>> iiO ,;rei\ q.3<ÏJ) 
' fi) "^tlla lëCtUt^lBWt^dtv <^liclbèf««^ijf^^ %nicb- 
tiôAf de «'8dgnj»tn'>*| e«t si' connue l >Moy;.^yllab.> A*i^rââjpds)^ 
tel Vaiéiirph6ii<étiqUe«/t'dé<oê' signes ttussi bien^laèsiMiteaBles 
à^ccàdièhs'ql^e ^Mtf tes «^yt«iemv «t 6oti><ndm<iaoin)eiitîaÉiiitt! 
de enu. Si une glose de W. A. I. u, 5o» 1. ai, b^ien^toàm^t 



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ll^ f)iEta^<Hi([^ti0iY( ^WJ^ . wv liQ^ ,^, inNju f e^e, ^r»^ç . jm .rie.Q 
çlj*|^p^aç^pnî(|it^><lans le» données de la vocalisation a,cca- 
dienne^ et, aVilleurs, iî est probable qu*elle était en réalité 

(2) Syllab.A,ia4: 

GAL fcï~ • '^-^^ 

Je n'ai qii'à renvoyer le lecteur à ce que j'ai déjà dit ailleurs 
(LPC, pf Ç|6^t^ui^.J du mot GALing^nd» et de^fa variante 
GqLA, toujours écrite pbonétiqueirientlco-LA. L'aérien rabu 
(hébr. 21) eSt sa 'traduction habitu^te dans les textes bilingues 
et làîèc?!tire^feoAsknté',dans les^ tèntesHsémitiques « d^ lldéo- 
gramme ^^Jt-, qu'y suit très -souvent le phonétique u, 
^f^:i^t[]fe. MliTstAi^af ^ atfesll 4dpiis'êil dSÎ^yHét^ cfenj^ 
mor^emprunt "et synonyme /d emploi très -rare, (Iê'*rabu. 
Dan^ les, documents bitingi^ies on voit la version assyrienne 
eiïiplt)yer deux ou trois fois gaÏÏu et une foi^ { W^ A. t. ir, 1 3, 
1. aa, c-d) gulâ, 

(3) ANA sA et ANA sAga (W. a. I. II, 48, 1. 56, c-d) sont 
les exprè^ions consacrées^ pdut* dit*ë en accadieii^i lie mUieu 
du cid»,' ktrih same, comme" iiNÀ nuzku et ANA'OÂttÀ^(^ an a 
uba) sont «le plus haut du ciel», elat same, et «les fonde- 
ments du «îcï i, isiâ sarÀe (ESC^ |/.3û 3)'.' Toutes ces expres- 
sions* rentrent datni' îé* nombre aéé^ ireâtt^înt de»^etites qui 
conservent comme cristdlisée la plus antique construction 
grammaticale, où l'attribut g^éàitif, déterminé seulement par 
une, valeur de position , i^i^éêAàk^ le mot dont il dépendait 
(LPC, p. 4a 1). On sait que dans les habitudes de la langue 
-£Aaii|è, âll)éfKk[u^fwr<)iÉ>élé^«iigé?itlwi en 
à^oMàÈftk^ , /cettçt Icenstouctton. i9N^ éjbé» pr^^quei-entièr^we^t 
d^MoickàBée ^0nr iiBversQ, f elxp'iL ne* resjtmttpluA i^e J! é^^ ^ 
^térinitrTqncr qu6lqu«8r>Yestig)^MiA[^ ^ ^mfm ^^\rfi^x^ms 
'sigmiohsiîci/ • ■• I /- /'-- ..|- ■.( i- /- ^ > u- 



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586 OGTOBHË*nOIVl£9dBIVË.|yBC£IMBRË 1878. 

(4) M. Friedrich Delitzsch a établi définitivement que 
^ KÛ =^eUa ne signifiait pas^icomme on Ta pensé longtemps , 
f élevé, subKme» (de la racine Vib^), mais c brillant, clair, 
étincelant» (de la racine ^^M). Mais, avec celte signification, 
Tidéoglramme ^\ est encore susceptible de la lectui'e' acca- 
dienne azag, révélée par Syllab. A, iio. C'est l'état de pro- 
longation de ce dernier mot, azagoa, qu'il faut reconnaître 
dans ^Y ^ÎIÎv ^^ effet, il n'y a pas à lire kuga, ce qui serait 
une formation adjective dérivée de ko par le moyen du 
suffixe GA , puisqu'on trouve Xff ^lîît ^*^* ^^ ibrmes ver- 
baies qui excluent absolument une semblable interprétation, 
comme ganenazaggà (5* pers. sing. i^précàtif de là i" voix) 
= /t7iN qu'il brille» (W. A. f . w, là.n.l. 17-18 et '2^), ou 
inazagga (1" pers. sing. prés, i*' indicatif de la !'• voix) = 
yullil • il brille ». 

(5) La forme que nous avons ici, comme à la fin de tous 
iés versets suivants, est ^dodUâmentîntére^sante' au point de 
vue ^Mnmatical. Nous y nvon» d'dbbrd un PèmortpiiÀàé 
exemple de la faculté d'omettre les suffixes «asucld de dadédf- 
nâison, car k forme pieîne, avec le suffixe appdé paî:* l^^s^rvs 
éela phrase, eût 'été vuB^ztGTJ^stk.BMRtàbe noW'Minine^ en 
présfBnoe d'uH des ots <oà Titidict dm ^{JlMi6l*/Bl•a', iévmxHé 
qiie)t{iile£aifv oomoie ici^*^» m; ptriélisioB/de^àa pfnobîèsf 
vdyene;m'«tkipd» «mfrioyé «oinkie ie^pliis ihabkaettnne»!.^ 
ma&»e s'Attaoiuaxt à'ia solie du'tMymt'a^<mt>les proncansipo»- 
otBeAà et 'tel' silffiseé xie ^déàtmmÉonf^ ' oà' il «demeure ^ «n xea»- 
iTfHve; oonfonnâilMntJàitfcnarrorigiRiOipteB^ wat^ftoÛOÊk 
idétacMeqiti.i86;poeÉpi)iie ifu'nom'fpMmiidel aeà sti&tkèê'fmaod' 
mîmEHXA eticastfds sïl y)^ëeii>(IàPC,tp4 diS); li y|at(^^^ 
«ntéfét àitippffocber wi uik àullEe'iexeikplo Qii «eus tf^oonms 
«ne^icpcistriiotinqfi agnadt^nierit 46tt)blid»ie4'<tvee'cle méncljeKUBP' 
sÉon^dttjMfikteide déoitinaiéo»^ reibj^âoè par îiam sim^ v% 
l«irdepoUtion>/et>rédiictii^'>a 1», tu itieat4ei'BWB<»'dK>f nb- 
dvsQ du |d«rieU)ei]tiplÂy4'ç<e!iïiiii'e particule' êéparécj^Wit'A*!- 



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-';.'■•■■''' ' •' • • 'AcâtfUeii* •■ '( i \ y>'* 

, ' \ ,('■ ' '■ -I ff '""' (' ' !.. • ' If. , ' , [i , 

nUÇUDDAMU NE , 

fortes 4- mes . .les. ^ ,, * . . 

; t. .- vf'îi • i« I , .-• •' ■■ / '. ■.') V ,"'»'t ir offir 

--^•1'^ . ■ I. , ' ' ' ' . "A*jrjne»» , 'i ..... •• , » - ti.,^ 

fi. i , I I • . -f !<.- : ( ,•■,-,../.: I. . It.'l 

,,^ ,CJqïiU*e^_ .la terreur cle tpaforice ioiipen^. -qui, 

- ' 'f •'■,.■ '1 • -..' . ' '.. - 1 ; - ' » •*•,.,>.'/: 

/fima anut; kabluv , 

comme Anou • (est) puissante. 
/.■.' ; ■ . • . . i 1 .," . ,- \ ' )' '.I ' . ■ 

>' ' L» v^mion ass^etine ipoirtaot usika, jéi rosiitué* dans dâ 
iàéa^e< da texte acoadiefl uddiiJzd , /etrje .croili €6tt)etR^tHutiim 
absoliMMiit ceFtainei iBo ^^eti rè^vfdenoe >il(His^ii^'>d$ 
;^^.^yr>etd«tweAfeiâfltyfiep>^drf»s<3ttig(f>^^ta^ 

d'^Lemples AéSi iaMjetbé» gmnmia^calei i etiexko^aphiqiifft^ 
«iteifqiie id aprèa l'-ompiar fréqie&t de ce §^upetde» de^x 
ng<K9. tïottuneioiiproMic^ '4Uophoiieod^naf«r:(^aa»f le&ilejitBs 
.taynurorsémii^ues.^ Ce gipiipehaéfé^ettàiininieiitiaariiié 
uiDXMDposé duc lia îlaDguotsttcadkHUie jetidàh «^ £te ^ûBir^ 
•émkfTïït\émmX mix, irakurtr^'ontiboléiiieiit iesj oatnotèreA iqm 
leroonsiitiiétik Im kbtmBiphoiiétique^uiÊfQtt^eaiab^iyA ipar le 
di^vé|dBpUx^fiJt»)T)DiUdàm>iidqu€|l,ii]^ oni^biaii- 

«menb uai.o«)mpofé^d&.aiilMAai^ti£»f fv«rfcft;)ilél)épxeé^ 
«.jrediidble s^î^ oomàie'iL«6t dfi)ié^|i0ifnrpàeiljGai<:(UMjÎH 

4»'^c9i-. redoaUemeat 4 *<»tsr fônfiuence> de > laj «finafer \^- danè 
fc.parSteipendetce kiérivév ^T J^f f /jyT?t | r]f tUMM^PiU. pour 
UDDOBDA (LPC, p. 59); enTm par la m^et fratfisforniatiQii 



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de DU en DA.^ans k dérivé |ipi]|AiK:.,«,prééipUi<çi|f,»j,(^,:^.^^^ 
II, 33, 1. 4i, e; E. A. i, i,'p. 57;LPÇ,p. 139)-. u^pui^t-, 
du) a pour sens primitif «se lerer», en pariant du soleil, 
puis de tout autre astre , mot à mot t soleil —aller> ; dans cette 
significatiDn première, et comme composition, il a pour pa- 
rallèle UT-SU, devenant, dans la prononciation, u-sô, que 
nous avons étudié longuement ailleurs (ESC, p. ag-di)* Mais 
tandis que dt-sû (usu) a toujours conservé exclusivement son 
acception astronomique, elle 's*est elEeicée dans Tusage ordi- 
naire pour UT- DU (uDppJ y q|d s*emploie ibrexprimerja^ notion 
pure et simple de « sortir i,^^!* il s^agisse' d'èlVes quelconques 
ei non plus seulement d^astres (E. A. i, 1, p. 5i). L*ancîenne 
acception, qui justifiait Ik présence du radic^d «soleil» dans 
le composé , a disparu dans une notion plus compréhensive. 
fl feifié^uRe queVpour dire « le lever du soleil /, on^e servait 
quelquefois ^a expressions pléonastiques telles que utq ,uddu 
«s<flçil soiiirB (V^J. A. 1. IV, 3, çol.a, 1. 33) ou,D;rD ijDpuA 
«soleil sortant» (W. A. I. iv, i4, a» 1. 27). dddd «sortir» a 
même, en parlant de liyres, d'écrit, un sens analogue à 
celui de notre « paraître » , pouv dire «*ètre publié , être édité ». 
Cest ainsi que nous le trouvons dans la clause qui termine 
un certain nombre de tablette^- copiées d après les originaux 
des antiques bibliothèques de la Chaldée (W. A. 1. iv, 49 « 
col. 6; 6a,. col. a) : uarane (ou darabi) dim ab^ar aan 
BANUDDD « conformément à son prototype ancien a été écrit 
et public »;/Dans, IJ^? A. I. iv, S^v^cpl. 6, au lieii^e uaiianb 
Diii, nous e|^ ayons Téquividenl; assyrien kima labtjyiiu (sur 
VAfkA= labira, voy. W. A. 1. 11, 46, 1. i3, c-d). 

En tant que sij^stantif , dddu = ^sâ est « le lever du soleil • 
(W. A. I. n,.62,l. 52, c^); dans W. A. I. 11, 8, W, a-b, 
UDDU est aussi exj^qué en assyrimi par naaru (*in^) sayumi. 
Avec cette acception substantive, le groupe ^J |^y se prenait 
quelquefois f dans Tusage des textes accadiens'^ eux-mêmes, 
comme un allophone ; il était susceptible de jouer le rôle d'un 
cQiQplexe idéq^phique, qi^^on.ne lirait. plus aloi> par ypoo 
mais. par jun.mçtjE^.ttaduit a^ÛJim. seçs- des» « l^vcr du. Weil»^ 



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Ce ^ait sîngiiUeK' lùaii '^ui'ti'est jpàVsà^s f>arÀitelès','h'oiijren 

••'■'■-•■•■•^■■■'-.■' '"fcT'IT^'"- . ■■'■' asW. ■■'■'■■■■■"". 

• ti, ^ , ; ^ 3 . ■ ; ' ; I j . . ' ( ' ■ ■ i ^ I , . ; ^ j i . J . . i ■ r - > ; ■ '- : l: * • ■ ' »- / 

i/. , j 0' <: . ,"\i ; .t; '.i4'"i t *j" •-' ' -• ' ; . , m.» «, ^ i >ii 

:'(,^ ,;"> ■,, ,■ \.r.-/- ♦. , -,.■'•'''■., î lî : ^ ' - ■ ; jc' i ) ■ -i; '!■!'' 
AÇCADIËN. , ^ _ ,',..., 

du ciel 4 rtiilieu * brAlant* 4-'^du ,\ (âafts) levers -h, les 

. (n'i /I l /'- • •'/ ' '*'• 'l'-'*' ' ''^ ■>'- ^ •''!■ ' •'•■''•J <î ^■' îi'iJ'f- ■ *' 

ASSYRIEN.. 

^Çtfy TAééTAti^ ^mirftt' « gtici^riei», héros»;' est titi mot'qtiï 
se '■j^f^^nlie 'ft^rtettlrtérit dans lé* d^cdnàettts^'biKîigués" 
XII. "26 



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390 OCTOBUE-NOVEMBHE-UÊCEMBHE 1878. 

comme qualificfttion des dieux belliqueux. Ce$i un composé 
de TAS, lecture avec laquelle le signe jJ*^l est interprété 
nakarii «se révolter, ^-tre hostile» (Sayce, Assyr. gramm., 
a* édit. , p. 43, n** 4 9^)1 en même temps qu'on trouve Vad- 
verbe T T>^T ^I^, tasbi = mitharis «activement, avec hâte» 
(G, Smith, Phon. val. 358, e); puis du mot si connu èAK = 
risu et qaqqadu « t(He », mba « grand » et «chef». Le sens éty- 
mologique en est donc « chef actif». Le simple tas lui-même 
est d ailleurs quelquefois qardu, et c'est avec cette significa- 
tion qu il parait entrer comme premier élément dans plusieurs 
noms propres royaux de l'ancien empire de Chsddée. 

(2) La lecture don pour le caractère ^ft^ffff » quand il 
est traduit en assyrien idia «vaillant, noble, maître», est 
attestée par la glose de W. A. I. 11, 36, 1. 8, g-h, où la tra- 
duction est hira sa irsiti « maître de la terre » (cf. à la 1. 9 , g-h : 
DUNDON = JoTtirtt , infinitif du palel de mn). La lecture àUL 
du même camctère se rattachait à une autre acception , dont 
malheureusement la traduction assyrienne est mutilée dans 
W.A. Lu, 39,1. 45, g-h. 

DUN==iW/u est une des qualifications consacrées du dieu 
Soleil; voy. W. A. L iv, 5, col. 1, li 74-7»^» et col. 2, 1. 71. 

(3) Sur la lecture utv du nom du Soleil , m-^^J , en acca- 
dien, voy. les giosês de W. A. L 11, 57, 1. 1 5, 57 et 18, a; 
cf. aussi SyUiib. A*, i33; ESC, p. 3a. 



AGCADIBN. 

rzitjfv -M <ff:zïïî:sïï 

iXGAA , A»A AZAGGATA 

tts Verront ( i ) du cid brilkot «h dmit , 



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HYMNE AU SOLEIL. 391 

DU CAR DU ANA ZH 

rouverture (a) qui (3) ouvre (à) le ciel (à) -J- les 





NE 




' 


les. 

ASSYRIEN. 




ina si-gar 


same (ANe) 


eUuti{KÛ.MES] 


Dans les verrous 


des cieuK 


brillants , 


sik'kit nam-za . . . [ina] 


..... ka 


Touverture 


à 


tes 



(i) Mgar (que ipréoiàe le déterminatif aphone de « bois ») 
n tst autrâ que 1^ sémitique éiyaru, Hgoir, hébr. "II^D « veifrou , 
barreau » , adopté en accadien. Il est traduit ioi par un syno- 
nyme sémitique sigara, $igar, analogue a 1 arabe ^U^ et fré- 
^lemra^Dt emf^yé dans les inscriptions historiques assy- 
rienndtf (voy. ESC, p. 6a), tandis qite nous n*y rencontrons 
jusqu*ici qu'une seule fois ^igar (Khors. 1. i64)* La m6mie 
traduction se trouve dans un autre hymne au Soleil (W. A. I 
IV, 30, .a, 1. 3-4) : 

Accadien. 



âlGAR 


RU ANAGE 


NAMTAtlQ 


S verrous 


brillants ciel + ^^11 
Assyrien . 


l + If 8 + a levés 


sig^ 


sanu êUuti 


Ufîi 


Lm verrous 


des eiettx britlants 


.tu as ouvert.. 

' 26. 



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392 OCTOBRE^N^VfeMBhE-EfKtÉ'MBKE 1878. 

. 1 t^ouà aVbnfe la UH âé ctes * ifMnj^m^hte ' d^ t)ei^ilvie< ^Ui 
sont si fréquente dàiiislei vewkxii^.aaàyrièiinéà.J *-J^ v ^^^loii 4 
Un troisièinè' ^libh^è séiiiHltfà'è']f»bùt (fèriglWôt* fe^ vfeft^»i 
ou la ibari^^ de la pàrùi'»; éikkàru (^(ïy.'W.'A f.'ii7îl3, liSî 
èt^A','c^) ^îpà'sse également en 'accadiëà;'ïâaià^^'stAî^tit 
une ass^z fohe aîtérâtioh , érf désertant dkiLEfîL (W. A.' Iv ifj 
i^U;i:'Sîi^55)/'^''"") •"••■= *:- =-• '- -• -k> .^î. ).-.. 

g-1i/t)ans tous ces ëxei'dplbs*il s'tigit tré^probàtMeinent d'une 
t DorteiV t*éqtiivÂleiït kétÀiiï'qtië êikkitùv/ doWl oH^a^^iVeoréf ia 
formé sikitatav, dèsigttè 'àiliskî lës^ d^Glëà t!èS rtv)i¥ïagnes'(Tigl. 
col.X Ï..Î9)i'fc'ést propféhiënt îa 4'hipttifré«,'et parsuîte 
tri[juvérture»','''d'ùiië "i^aéirf^^ ^:!\V\ pattiMèlcà^if 

sémitique' comiliunè"'p"p;^."' '" '' "" /'■■': ^ ■•• •; '*"' ••••»'» 
La lecture do est donnée par Syilab. AÂ, 33, qui Wdoit 
daltu « porte t le simple idéogramme ^^ avec cette pronon- 
ciaQbn/bi^cIttyàtiî pàh'là' tjué Ite sîghé ^'tlst dans f^^ ^ 
un àfetermînâtif aphone pi^i.^é, qdé rofrt*péUrirt*fféréilirtieiil 
expririîer^ou'onnleftfe''" ' » «tr. • .».»•...-, . ,, 

" âyllab. AA; 33, énfiégiàti^ht «uî^ gi^artd noM>ire deàigmfi- 
caâon^ ^du ^iîdfcaî^ Verbèî accàdièn ^^" ^ ^^ » inaiheureu^Hicrit 
elles sont dans le plus déplorable état- de mutilatiolinMiiis^ 
peut y restituer du moins avec certitude hcuiâ «former», 
0[pisa « faire » , za[qara « tisser » et e[lu t dever • ; pour cette 
dernière restitution, voy. W. A. 1. 11, 3o, l. 18, g-h : kâ dd 
>B appu élu « lever le nez, la face ». 

(3) .^;nsi queje Tai dit ailleurs (LPC, p. lySjtlaîecture 
GAR popr le. pronom relatif des choses est établie aune ma- 
nière positive par la variante d*brthograpbe purement phoné- 
tique 3[|f ^ 5^^^ GA-AR , au lieu de Tpr^ variante dont j'ai 
reKvé deux exemples. Ce pronom relatif des choses est, du 
peste, le mot gar t chose, substance», exprimé 4'habitude 
par r idéogramme ^, 4je même que celui des personnes, 



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U^Lii^ ((pour^tpqUçl^Qa pmplpiç, inçlj^éicçii^ent les deux ortho- 
graphes, idéographique >-* ^.. et .phox^étique^ >>j^ TETT 
iiOri>u|/ e&t Uft ïipm «^ltribv.tif ^^igniû^n^. « hqipipe ». ; .^ ^ j 
. :M. Fçiedrit;h D^tzsçh(Aj[j, a'édit.,pt>3av^ipot^,3j4)^)cul 
Hibsti^r.àUiiJQcturç 6AR peUe <te w^^ po^^ ^ pr/9|iom.'>|5Pj*. 
miiis çrfa^^i^i^tqqmie prGuye,d^*çcttî^ ;f}ôn|f sa^ijlj ,çopijpenc^ 
ment de preuve. Cette lecture nin, prétend-il ,^e»t,ftaî)lie gçu* 
Texistence du pronom indéterminé de Tassyrien, nin, em- 
prunt manifeste fait ,, suivant lui , à Taccadieik liais .c*esjt nré? 
cisén^enl/tc^e d^mi^re .^sertion qu'il"*, ftijd?^it prô'u>fer 
d'abqr4,: eLdea jusqu'ici n^ yiçQt la j.iif^rier..^EJans ^ucun 
document açcaqUen l'oi^iie trouve, de trace d'un nronom ninI 
qt J5| la.,|pnBfi, piponomm^i^ nm demeure ^^itrcj ^ies idiome^ 
d^{Sem, cxcluisiyement parliculière à. l'as^^f ien coipme ^es 
pfrépositbn^ii/ia o^ ina, il est aus^î , imppjs^ble sçij^ntifiqup- 
ment que pour ces prépositions d'ea chercher la .source dans 

• •-' .tïr, :*:■• ^., ^ ^ ,, , - > ^ .i> •. .. .i -<, ',!>., j \»'..,o 
^^^y i«a v,ersion iissyrÂçnne çst ici t^pp muliléy^pp^r essayer 
4/<»A.tirçr: .quelque chose de cefi»in. La pi^tfuçtîqgj 4^ la 
phrase accadienne montre que nous avqns.'. ici ccjinrne verpe 
(««^singulier' de J'i^^dicatifiippi^rj. d^,l,a i'' vyix) le pi^W 
iCadical, ^^ - ^rwj qu'^Mparayani coflome siihstanlijf; <|est^aipsi 
iOue.pous^tr^EKlDi^pns, et' transcrivons. , , 

'-*-■ ■ -• ,• r- . , , :..,.. ,.,,.. .^. ., .^.. 

ACCADIEIV. 

5tWS(?)' ■ '' ÂNA ■'"•' ^^ ''•AàJA^Ai'A'^, 

La' fcjarre de la porte ( i )' du ciel ' ljriHiht"-f- dàris ? ' -' 






a» ,.»..,--.. . .,....,,...,».... : 7U . f^'^. , 



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394 OCTOBRE NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1578. ! 



\SSYaiEN. 

mi^a same (ANe) elluti (KÛ.MES) 

La barre de ia porte des cieux brâlants 

am-mi 



(i) Laccadien nous ofire ici un mot, précédé du détermi- 
natif aphone de « bois » , dont la lecture est loin d*è(re abso- 
lument sûre, car elle pourrait être, rien quen transcrivant 
les caractères ^E| J par les lectures dont ils sont d'habitude 
susceptibles isolément, qaddis aussi bien que sudis. Mais la 
version assyrienne établit le sens d'une manière inébranlable. 
Midilav,midil, est un mot bien connu, qui signifie t la barre 
de la porte», syriaque "Viso. W. A. I. ii, 33, 1. 9, a-b, en 
donnant la même traduction, accompagne le mot accadien 
de la glose sakil. Est-ce l'indication de la lecture pro- 
noncée, ou bien, comme il arrive quelquefois dans les gloses 
des tablettes lexicographiques, un synonyme ? On ne saurait 
encore se prononcer sur ce point. 



ACCADIEN. 

t^^vr< ^- —I <ff::ïïTît^TÏÏ 

IQ G AL AN A AZ.MS6ATA 

La porte (1) grande du ciel brillant + dans* 

> ' IQ-èABURÂZU NE 

^Mani) porte 4- oavrant -f tes (2 ) les. 



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HYMNE AU SOLEIL. 395 



▲SSYRIEIf. 






dat\-tav rahi-tav 


sa 


same [Ane] 


La porte grande 


des 


cieux 


êUati {KÛ-MBS) ina 




pite-e-[ka 


brillants à 


tes actions d ouvrir. 



(i) Syllab. AÂ, lo, en énumérant les diverses significa- 
tions du signe ►"f-*!^ quand il est lu en accadien gal» n'en- 
registre pa^ celle, bien connue, de «porte»,' daltu, dalat, 
avec laquelle il est presque loujour» précède, comme ici, du 
déterminatif aphone de «bois»,J^| (W. A. I. ii, i5, 1. i et a, 
a-b; 25, 1. 29, eif). Il faut en conclure que c^tte acception 
était du nombre de celles qui s attaclmient à la lecture IQ. Le 
sens primitif de ^J ^M^ 'Q paraît avoir été la désignation 
des t montants de la porte » ^ avant de s'étendre à lensemUe 
de la ■ porte» dle-mème. En effet, comme radical verbal, 
IQ veut dire proprement t élever», nasâ, explication souvent 
donnée pour Tidéogramme •-f-*!^ iW. A. I. 11, 26, 1. 48, 
c-d; 27, 1. 18, a-b). Sans doute, Syllab. AÂ, 10, nous 
apprend que cette signification d\ élever » , et celle-d\ ouvrir », 
pitâ, qui en découle par la notion d'ouvrir en levant la. clô- 
ture, pouvait coïncider avec la l^ture gal. Mais l'existence 
du verbe iq « élever » est attestée par le participe passif iqqa , 
c)ui enlre en composition du nom du t bouc » , èi*iQQA =° aladu 
(Syllab. A^àg) «l'animal aux cornes dressées» (Friedrich 
Deiitzsch, AS, p. 48), par opposition au «bélier», qui s'ap- 
pelle ài-MUi. (W. A. I. II, 6, 1. 9, c) «l'animal aux cornes 
arrondies» comme le disque d'un aslre (voy. Friedrich De- 
litzsch, AS, p. 5o). En outre, dans la forme objective du 
1" indicatif delà 2* voix, causative, que fournissait le passage 
cité tout à rheure dans la note 1 du verset 3 , na-m-tâ-iq 
(pour na-i*-tà-iq) , il est certain que le verbe représenté par 
»-^«|it est IQ, el non gal, car c est l'influence du contact avec 



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S^& OCTOBRE-NpyiËUBR^-ÛtÉGj&AfBRE 1878. 

un ^ qu; iiUKJfil^ PF^J^ Ixjfoy^ejà» Imjgwriiçv^^Si^vvmikf^A'^. 

ei^grim^daw» rorthp^pbe.eaiï>;iérfii>,t,ua E^i^nt^e ]^v8%t^j 
sj^y^ijjiip XA, Çt rjdéog^aipjptie du jçadical iQ„ wAii-tArB^Q. t ,, 

(t) Nous avons encore, dans un autre hymijjfet ,9U. Soleil, 

^/, A,-'- A^ '*.?*';•■ *•-■•. ■ •.., -... ■.■..!.. i M^-.Ki.-. 

Âccadien. » . , 

•(B*Pi)«l" -^ A»hùt ' ' ' tQ" ^'' -rtfittKsâAii^À"""" -**'' 
à^fpotite ••' eiel'+du ' *i|Mrte + iirflL'0u1rerte*gi^dem'eut.'» 

tUdat same . tapf<l 

'''•'"'■'•Li'tibHè' '' '""'aesc^éui' ' \* ' "iu k» oiverl' '" ' 

'''Kh'toni'parilnt céScÎ à >a ï!Arn4e de parkîéipe que nous avons 
dàiis rfôirè iWt'e', iQ'lABÙhXziJ ^ik'^'iria pitS k'd, iidus consta- 
tons positivement Texistcnce d'une expression composée IQ 
àAB(jQi)i,.jaiQl-à:txiot • porté I— ouvrir », que les versions assV- 
riehmia^ t^ciduùentpap n^D« ouvrir». Le '^mj^'i^lf^éABBRA 
a ^ussi c»ii» signifitatiod •: 6i«>'àAbURi«=»f)i<i Ittfàti.t^émreaf' 
de^-^taii^es,» ;rW. A..L tv.i^^S^t LgMo; kà ^amira (ira^ 
dAi^if:ftîrs;yiii€ynne- détruite) *« action d'ouvrir la bouihe» V 
Lt 79, C, 1. 71. Dans tous ces passages je Iranscris le si^e 
•^Iff'paPèeqiie cetté'lecture lui ^t donnée darts Sylîab! A, 
iS^Vet^qÙ^ "dans tirt fi'agment bilingue encore inédit j'ai' 
relevé »b^^^ ^^ ^ ^^ t^ ]] in^abira (écrit d'une maniéré 
puk*ètetent ][i(honéiiqùé), ave^l^ traduction i^/f^ aouvégrti, ' 
Alà façori'dbnt G. Sinïth '(PAW. val. 10) ràpiporte les deux 
lectures éahur, patu, il me paraît qu'il avait fait de son côté 
une observation ahâlôgué. La Ton^ie pi^emeni phonétique 
que je viens de signaler indique pour la vo)'eUe d^ la deuxième , 
syitalpe un 'çejrta^n flott^^lent. enf;i:e ^açiba et éABVRA^ Eu 
même temps elle établit que c'est bien de cette^ernièrc façonn 



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(fu^ihfatftUfahstt'irk,^ -^W g:pTf?^ 
et iSoii frA^RRÀ , coiiihie à ' pmposé ' rébentmcfnt M ; FriédHcK'' 
Délittsel^. ^u reste*,' eta' dëkors* dé' cette- pt^avé forn^dfè', ' 11^^ 
avait d^ ideu< raisoni décisives de rêjeterîa n'c^uvëliëlëciOTé'' 
mise en avant par le savant professeur de Leipzig : 

*!*" Cette ïe'iftîité, en prenant '^►- pour sir, sùpposepiit c^. 
caractère employé avec une valeur pnonétîquedôht Texis- 
tence est incontestable, mais qui demeure toujours excep- 
tionnelle et rare ; or, dans Texpression des lectures accadiennes 
que contient. id/p^emière colonne des SyllaUiires. les 8<5î'ibè^ 
ont été. (cQin^e;pn devais s*y attendre. d*après les ^«ai^«di- 
blances naturelles) très - soigneux de n'employer que les va- 
leurs phonétiques les plus habituelles , de manière à ne pas 
prêter au doute; 

2* ^ASiRRA serait Télat de prolongalion d*ui^ i^ip^ ^asir , el , 
généralement, dans les Syllabaires à trois colonnes de la 
première, classe et dans ceux à qyatre colonnes^ Jç^ Pf!^^ 
accadiens sont donnés à T état absolu, san^ Têtre soïis^lej^r,^ 
forme prolongée. . . , . , ^, ., ,, ; ;^,. ^ „,j 

Dan» Syilab. A, i3a , la traduction de «^ffff = àABURA' èSt " 
tottteid^éf^éiUe^de celle que nous vérions decônstàiei* pai^'te" 
verbe ^%&» nrt!)'. C est ri^uh mari n le vol des oiseatix ir; ^e - 
M"^. Je restitue ainsi dans la colonne assyrienne; d'aprèi^'' 
W. A. Lu, 33,1. i5, a-b\où noiw avons i^ffff ,^ff v^fàf^ 



*; W. A. i. II, 33, 1. 17-15, a^b,. enregisti'e tout un |^iip4t4^1^ 
mots c|e la racine sémitique de 33^, avec ]&ar% équivalents accar , 

^»«^«v' ..„ , , • . ; ...!/, '^ :^[ ' ',: ;: - •'-»'-' 

DVGiiNiR — rakabu « action cle transporter,, voil^u^^i^^i^t » (i^ p^-çj- ^ 
mier élémçnt du mot accadien est ici. sûrement ^ =pvGV= hirhu 
« genou », 'Syilab. AA, 6); , . 

GUSUR = rakabu sa kasiptiv « voiturement d*une sorcière • [sur kt^- , 
sip'fu • sorcière » i vovez W. A. t. iv, 56 verso, i. 10. — gusur est une 
• poutre» , et, en général , un morceau de bois; on voit que le man- 
che k bdai des soreiètes trôuVe%oh lirigine dans îâ' magie chal- 



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398 OCTOBRE-NQVEMBHB-DÉCEMBRE 1878. 

^ nlhib iffuri Une glote indicative de la prononciation y 
accompagné i^fff ^fff ^ ie fait lire sbssip; on y reconnaît 
avec certitude (conformément à Torthographe idéographique 
dont cette glose donne la lecture) le dérivé duplicalif d'un 
radical sid (synonyme de ^abura) avec assimilation de la 
consonne IJnale du premier terme du redoublement à la con- 
sonne qui la suit immédiatement (sessid pour sedsid ou 
sidsid) , nouvel exemple de ce fait capital pour la phonétique • 
que l'on constate toutes les fois que la prononciation est in- 
diquée. 

£nti*e les deux notions de «voler» et d't ouvrir», il ny 
a qu'un f^eul lien possible, l'idée d'« élever», et tel me pa- 
raît avoir été le sens premier du radical ^abora. En effet, 
la langue d'Accad exprime la notion d'« ouvrir» par deux 
sortes de mots , ceux qui signifient primitivement « fendre » , 
comme gab (voy. mon étude sur ce mot dans le Journal asia- 
tique de février-mars 1877, p. 235 et suiv.), ou «percer, 
perforer » , comme bad , puis ceux qui signifient primitivement 
« élever ><, ouvrir comme quand on lève un couvercle, une 

KMESUD UDDA = rakabu sa nmani « transport d'une armée» (Tacca- 
flien s'analyse en « (pour) réloignement — faire sortir») ; 

ANATA GUD = mkabu sa samsi «marche du soleil» (Taccadien veut 
(lire, mot à mot, «en haut — être étendu»); 

SESSID )(V — rilkub issuri « vol de foiseau â ; 

DUGVNia, qui y fijçurKÎ, se retrouve avec'nne atceptiouua peu dif- 
férente dans W. A. L 11, 48, 1. 32-35, a-b; 

SUD ( glose su) = zaï'Oifa « répondre , faire sortir » ( p*)î ) ; 

j X I (glose su) —ziriju «insigne» (voyez Friedr. Delitzsch, AS,' 

DUGUNIR = ri/iufup «action de s'éloigner, de s'échapper» (cf. ar. ^^ , 
ghez ]ké!'llD I « ouvrir, relâcher » , correspondant dans beaucoup de 
cas à l'hébreu lîDS); 

us KA6A (ou dugoa) •-= rohû «action d'éloigner, de laisser échap-^ 
per».. 



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HYMNE AU SOLEIL. 3^9 

U'appe ou un rideau. Ce dernier cas, comnne nous venons de 
le voir, est celui des radicaux gal et iq, exprimés, Tun et 
Fautre, par l'idéogramme ^|*f^. C'est encore celui de bar; 
dont nous étudierons une autre fois le sens originaire d't éle- 
ver 1 , et qui prend Tacception d'« ouvrir • dans des expres- 
sions telles que kâ barra « laction d'ouvrir la bouche • 
(W. A. L H, 39, 1. 4 et 5, a-b), traduit en assyrien»/>â pitâ 
et pâ ttssara, ou si barbarra (BM , s 1 a , recto ,1. 1 4) traduit 
sa piti inu « celui qui ouvre Tœil ». En même temps , dans 
les textes jusqu'ici connus , ce sont toujours des verbes expri- 
mant l'idée d'« élever, s'élever » , que l'accadien emploie en 
parlant du vol des oiseaux. Par exemple, dans W. A. f. iv, 
h , col. 3 , 1. 1 -3 : 

Accadien. 
XV DIM KÎ DAMALLAKU X^'^^^^'^l''^^ 

Oiseaux comme l'espace vaste + vers qu -|- elles -f s'élèvent 

Assyrien. 

kima isswi atia asri rapsi littaprus 

Commj des oiseaux vers Tespacc vastv^ qu'elle s'enfuie. 

Et dans W. A. L iv, 27, 5,1 18-19 : 

Accadien. 
yXMXy KÎSÎGABITA BARANRIRIENR 

L'hirondelle nid -f son -f de ils -J-^"sembIe -f le -|- font s'envoler. 

Assyrien. 

sinuniao ina qinisê, yusaprasa 

L'biroodelle de dedans son nid ils font s'enfuir dans l'espace. 

Le sens d'« élever » ainsi constaté comme la première acc^- 
tion du radical èABURA , celle qui a engendré toutes les autres , 



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40a OCTOBRE-NtOV^M^BJE-DEQIiMBRE 1875. 

n6uséeA»c|n9.néce»s(afefneot y réponn^itre un pyK^t 4V■lprunf^ 
C'est le racine sénûtique "ISQ^ aye&le i^ens <pj'eUç fite^j^a-f 
méen et qu'elle possédait âu^ai en assynent^ conmie l^^fii^flstré 
Ni;t.Frfedribh Oeiituoki .(i\S,. p.. i.i;9)«^q4ii y.|ii|j^M^ a¥«<f 
naisoR /tt&cc/r^ttv «le ip») s •élevé'*» Lecadioal ^vf^ilprejQt fiX.ffo^ 
preB)eDiaccadiea<8ervanti der iéctii^e^m carfiçi^^^lf .xkç^ 
ce-^efl»,-esiiaiD. '..!■!'». ».n \-,.*>,>- ••,>..•.«.,>•... .v.^'; > 
i Puisque nous avons/été« aùaëné à parler yde jcet idéogi^ini^e ^ 
jeiprorOerQi-ide T-ogoasioa -pouc achevep ^e-.paAs^r^^ reviie 
ftc^.dvfers^ ^igmiications et les lectures }ao€a€^$ln^<eA>q^i'f:y. 
rattachaient»»! îi'.rj ,: • , ^'.-.i :-..,, <■ i, -^-,.r^,« --, ->îr;'n.»> 
La valeur .plioflèliq^e taxée laqu^Ue le.sign^ir^|fff^iW^ 
variante cgrapliique. f^IIQ v- ont passé dadi i'U$age i dea> testes 
assyncos^^ esit kit., >Mie .provknJtid*u9&i Iec^re.facça4i^n9e 
attestée par les gloses 4e W. A. I. ii, 48, 1. 1 5. et 5!^. ^-f,. Ce 
radical kit, dans Tune de ses significations, est exactement 
le contraire de ^abura « puvrir»^ puisgu il s'emploie pour 
« fermer»; mais entrç kit et ^abura ou sid, le lien qui existe 
4^ns y ne eerl4>.pe mesure, et ^cjf^ a perpiis iVj^fJîcaliipfi dq 
inéme, signe graphique à ces divers radicaux^ consiste dans le 
r^ppqrt, çnjre les idées d]ai^^^s^çf\ amonçjelej.et d*élever.. . 
/ Eiji, eJÇe^ti , , K^f signifie, ^ abord « r^s^eni^bler^ an^çi^ser^ aihoçi- 
celep^ W.. A. I. ii\ /^, ). i5^ e:f^Lj|^i?;=-ç<jtrfif5tf,«,r^^eîjBÇler> 
actj^a 4^ ^asseml^ler^ 4^ .omettre ei\ paqj[f^ty(çf..îaraip.^e;ip; 
i'^i^iuble des significations^ $iv^ çarac^e ^pji^lige. a Jraduire 
ainsi qarasu, quand il y correspond; mais immédit^tement 
après vient qarasu sa is « faction de tailler le bois », où C^lp 
aet preûdvdahS' le même -sens' qjuteo hébreu; ii faut donc, en 
coiïol«re'que.ras6yrien<7ana5 réunissait .)es 4eux acceptions^ 
comme larabe {Ji^)- E. A. ii, i, p. aAG-a^?» 1. 3ai'3^i : 
UMpiKiT (a* pers. du a* urécatif, i'* voix) = kiris «pétrir» 
(^^abe'J^V^)? Daiik' W!'A f/ il, 48, 1. 55, è-JT, ôk lit kïT = 
A-fil ... ; u faut compléter en kalrasu t pétrir » , car immédiate^ 

.')\<f :v i V^,<; ;. nft .*.•: u.. •-..•. *'^.'., • --. / I .. \..'.. ' »'I 

ment après vient (la traduction assyrienne aétruue) XJ^X\' 
que W. A. I. IV, i4« a, verso, 1. 16-17, interprète par'jivD 
'«»coftibttdre', ibèlerjK^ là^aMsst* eàfertner,^ fermer .9 ; Wi'A. I- 



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«1 V ^ V \l^''^ if /•<5t'<l : «Nl^èflNrAOMtNwlf (3* pers/ sing^. fn'é^ér.i de 

(iiéèFrî*t6i)»'<fe*îd îa 'pï^son »^; Wî A.l.'-ii, ir, 1. 35peKii: 
Rrt (jpartîbîpe) t fermant; ce qui' fermer* =^ XrtfW « dôtàré', 
enifeiflte^. Ifuil autre côté, Tidée d'amonceler toondùit à celk 
^fc^i gtftiff<?rr^Wfler »^; W; A. I." n, t?, 1: 68; a-^ : a nag kws^ 
« Teau bue gonflant t = epihu « Teau qui en buvant iait enilep» 
(sjK yiiai»;).N(!ms trouvons ^tt85i(Wi A. ï. n, 3o\ 1: «ifiv'è-f) 
Y^ *^ffff mte^prété par ura 4 grossesse » (de N^i'Vj^'ntoiS'l^ii» 
glo96 >noU's apprend que c'^est J à un • groupe ^ idéographique 
complexe (représentant proprement «le gonfletnei^ii^'ia 
f^iàtiieij'quidckt se}ire pai* un mot particulier, nXiWk. ^-.y 
" W est- plus tjillicile d'établir une ^ççlâtion lentfe toutes 'ces 
hJëwfet fedle^dé « laisser, manquer i» , eîiprimée aussi- en acea- 
dien par Ici même signe, mais^ par im afutre radicaj. Sj-liab. 
AV34^': ■• ' ■• '•' ■' •"' • '-'^ '■ ' ^^ •■■'■■ ' '• •- "-^ •*^'^'^- 

CTeét'^cïé là ^êmé fàçoh qu'îl'fa'tît transcrire dans 'W." A. f.'mr , 
tx%\ I. 'SiVc-d;' et dans W. A. I. i'i\ i3 ; 1. 87,' a:b\^AfÀVA 
(3* p*efs. diijpàrticîpe conjugué dfe la i** Voixj'triJd'ùîl eri assy- 
rien ici ^izibu • ce qui reste » ; oii plutôt i'cè q\]i n^hqViè ». A 
la ktiïte'dé'TAi eiplicfué par étihaWf. A.I. n VAS, 1:33 éHS' 
iî-d, enregistre éommë exeibprés'de 6*é se'n^'dé65c'èxpMsÀfofi^ 
àc'cadfiéîines àuxt[uenes Fanaiysè' d'ôntie un <iiEàfàctèrë é#ati- 
gèinent i^eèbefché : ' •^ > . , ./. x..^ iî,t/r> 

■-' ^ •=.•'.';: • . 1.- ■• •.■^. : ^ ... .A •- '■■',.' -^ii- 

'''*6'AA NÀlif Nti.TAK,''mot à HiM^^qUoiqueice* scôt ine'imsiaftt 
pas, tie ïnanquant pas'wcis hihu «<Qccumifilation e^ukérantè^ 

{cf. B'ràm.'y^a); * * . -• ^ ^^ — ;'r-. , v ;.'î m-'iud^ 

''":'', ' ' i N ■ -t » .t. .^" ' :• • .u 1 ' 1., • 

GAR, ^AM NUTAKTAK, mot a mot f quoique^ te soit ne. lais- 
sant aucunement 9 = jfa7i/a (pour gcUéu) « acciinlùIa;tion exu- 
bérante, trésor» (cf. D3 «grand, abondant, copieux»; syr. 
Ji#i^«irésor, ricliesse»). 1. • . |. rM>/. 

DaÀs undocumentastronenûquè décrivant les phases > et 



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fm OCTOBRE-NOVEMBHE-DÉCEMBRE 1878. 

la marche de plusieurs éciipaes (W. A. I. m, 5i, vu, 1. 38). 
je Us, avec le verbe STV représenté par notre idéogramme : 

audu imncuu ipalkat ninna izib 

L^éclipse à sa droite (de la lune] passe, par suite reste 

amara sumelisa 

le voir de sa gauche. 

« L'éclipsé (qui est partielle) passe à droite de l'astre , dont 
le côté gauche garde son aspect ordinaire ii. 

»^^ est aussi un surnom du dieu Maroudouk , pour lequel 
une ^ose donne la lecture godibih (W. A.. I. ii, 48, 1. 36, 
a-b) , mais nous en ignorons la signification. 

ACCADIEîr. 

-SI — <ff :=jïï^ fc^Tïï 

MkX, ANA AZAGGATA 

très-haut (i) du ciel brillant + dans 

PAP^ALLAZU NB 

(dans) mouvements rapides -f tes ( a) les. 

ASSYRIEN. 

ina] si-ruti sa 

Dans les plus hauts des 

same (A Ne) eîîati ina {KÛ.MES) 

cieu>c brillants k 

i-te-it'tu-qi-ka 
tes mouyemenis rapide». . 



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HYMNE AU SOLEIL. iW)3 

(i) SyUftb.A,336et337: 

MAX * ^"^l ' #^ra € très-haut, le plus haut, suprême» 
(cf. W.A. Lii,3i,L2a,f-g). 

MAX "^II ''^^" «g^and». 

On interprète aussi ma^ par ma^da «nombreux»: W. A. L 
II , 3 1 , 1. 21, f-g. Mais la traduction la plus habituelle est sira; 
elle se rencontre à chaque pas dans les documents bilingues. 
Pris substantivement, te mot de ma^i qui exprime toute 
espèce de notion de grandeur poussée au plus haut degré, 
est traduit rahà «grand, magnat, chef» : W. A. L ii, 3i, 
L i8, f-g; cf. 1. 36, b. Puremenl accadien d'origine, le mol 
a passé dans le langage de la population sémitique; on trouve 
quelques exemples de mahhu «Irès-haut, très -grand, très- 
nombreux », jusque dans les inscriptions purement assyriennes 
[exemples dans Norrb, AD, p. 765 et suiv). 

(a) Sur Je mot (^ ►^ ►^ »-^| et sa signification, voy. 
ESC, p. 22. Seulement il paraît positif aujourd'hui quil ne 
faut pas transcrire , comme je faisais dans ce travail , nir^alla , 
mais PAP^ALLA. ^^ est ici un simple déterminatif aphone , 
comme le prouve l'échange des deux orthographes où ce 
signe est exprimé (W. A. L iv, 5, col. 2,1. 46) ou bien omis 
(W. A. L II, 17, l 37, c-d; IV, 5, col. 3, L 17-18 el 24-25, 
et passim)^ avec la même traduction mattalliku ou matalliku 
« passager, qui marche rapidement ». pap^alla est Tétat de 
prolongation d'un mot pap^^l, que Syllab. AA, 54, en le 
prenant comme substantif, interprète par italluka (de ^'jn), 
synonyme exact de notre itettuqu (de pD^). Jusqu'ici dans 
le Syllabaire on n'avait su lire que ||^ ^^ T x^"^^ comme 
indkàtion de lecture pour A^ *-*— ; mais M. Friedrich De^- 
litzscfa (AL, 2* édit. p. 66) affirmé maintenant avoir discerné 
dans un nouvel examen de l'original les vestiges de CT . 
►^î fK T'I'^ ^ PA-AP-xA-AL , et je ne vois aucune raison pout- 



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Wk OCTOBRK-NiOVJlQM^HE-OÉffErMBRE 1878. 

et suiv.), mais un composé PAi»);Alipër^iU))cePtff^y<Adf «it^«ik( 
(kâ'iiéialeiikB (<vl>yurdil^liititei^tte 1^0' j}efvifÉlidë|l &A étààh 
J90M^)c*la«ffÈUr;>àYli^p^>'l^878\^pJ>:]^i|^ i««»'<^' ^-» i"p ^-C:? 

■)b ioI(|fn')'l n/r/f nrn 9nnm i^l ob ,« oo(ff,8aiuoj^ôi » ni ,« noil 
.fn^»n/>î^n ^'.olyjt ^ol ^(Hh OTÎiiool oJi )d o'j/r. Offiffim^oohi'l 
. f V; .( ,ï:îr, ;f)(] .1 ,tf:p. -^cQ .1 ,d .q , .*VtMi?.K .dûm'r*» .0 .vo/ 
•ni'^'» |f:fli')v l<,0fj)r:'f nu nA§f<*^W9W*i '>?, « ')lo[ » .iij^ .OQ A ,tf'^ 
ir,n li)ibf;l *jMr>!) ')\ iiiï ojr,/ unry Ifioh >> /«pi^nj-y^i'^ , ii BJeh n^. 

(1 «: .1 I .loT ,(:.*? Jf'jrli/s-^ Mfifioriv^.î'f, nox?/r*r/ oh *ifiq //n 

1 / // Hfuh h\u\^^ '''*)^^'JX *'^ <• î<Hifr ino[ fjh nortri 
-MfUi^i'n o(lj'»7l)r iifi \?') ?.An>A — ?.îii?f|^ 1)1 .-^-f) .1 .1 ,Hr ,71 



„ ^ , ' .SAMURADANSARSiVB ', , ., " ** 

.;o>'u\ v,vH;^^fWràft.^".'r!P*^l^ï^?:'e'nj*^)tWji*i5 .«ç>« non 

uCr ^itii)i7i />! 1'. \(\')nij\fiii\inf,m InfiiioJfLqqfl 9Tliir/l J9 xiu'l 

,S'){icr/i\')\) f>I) îjviJinii'ïq AWMliEfîiiii^iii ce oiq) ^C^ odc'ifii 

^)i<>[ ')]) '>lb ) n nohY^.aft no JinJMioo Jifivc ,noi2nfiqx'» 

'>ni'>r>T fil* th crcr 'inoqrcr oiafflf%*frb iao'o .w-fei^lflBUp 

,l^)^xlil•iU. >l^kii)-*i.'r4.).r.a ob lTOWDréi(ii^j wji^îéiaftWWlfc ..C'''' 

;u jiclqnioo ')« no inp n*) iu ho , in )7ji1 » taoenoasJ .(^'{^I .q ,^f 

ùlM\i[ti ÀiiolmmM eif>'/ /iiiirSWftttifeiJ" onniyil nu anèb ,ieniE 

.Aîiaiii n')ibnoof,'l.en6<l .»^t'jçi noa gluaove} ol » ww^vi fti Ji'^àiA 

• . s empressertt^autour de toi., 

oiijoil l c tuoJ oninicb ^onoh *inovn enon ^bnoqaonoD ^ w^p 

,nnp ztncnqnîo 6'A) oiqnioyi nu ,Aauayà «neb I9 a/.oià enfih 

comme propose M. Fnedrich Delitzsch (Aliv)ii7aédi£i f.fifi)^} 
parce que , dans ces indications de prononciation que donnent 



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les^ylla]iaii;e4>» «i9st loujoKir» pour teu^ valQur^i pluonétiqueck 

nofn 4afiH' celief . idl&d'orthoj^rAphe accadi^nnev que spnt mn* 
ployés le» signes- .de. récriiurev. i ^^ - « ' . ^ - -•• . i . . .^ " 
' kissu eât l^^>réunioh r^ie t^rasêMnblementi»;. -da ia ttbciné) 
C^^D t qui est aussi cdle det kkvHl « légion v«fQule»«elqiiit«O0^ 
respond à l*hébreu DJ3. Ifiduiav est la «joie», la «satisfac- 
iion », la « réjouissance », de la racine mp- Pour Temploî de 
i*idéogramme avec cette lecture dans les textes assyriens, 
voy. G. Smith, Auurb., p. 5, 1. a3; aa4, 1. 5o; 3ia, 1. 76; 
3i4, 1. 90. ;^UL «joie» se ratta)ehe à un radical yerbal «élre 
satisfait, ètraioyoux», dont nous avons le dérivé factitif par 
dupUçatiog , au * p^;rt)pipe , ààrt^ «ce ; pjfsage a i* J» hymae qui 
n'a pas de version assyrienne (W. A^. J. ly, a5, coi. 1, 1. ai) : 
8ÂBI ;^ul;^ulla par zali.a aan « r^(Hiissan|. son cœur, lappa- 
rition du jour aussi ». Cf. ;^ul;^ulla = hidatâ cbns W. A. I. 
IV, 18, 1,1. 6-7. Ici ;^DLî.iES= hadis est un adverbe régulié- * 
renient tàmi a? cè-iTA)tWL:" Iw '^ ^ 1 \^ . ^'^ 1 

!^=If X^^ (^^ prononciation indiquée par une glose) est 
encore expliqué dans W. A. l. u, qo, 1. 27, c-d, par Tassy- 
rien nigû, et; à fc^tè (1; 32-34^, e-d); ftdus àibh*siittj libbi, 
Tun et Tautre appartenant manifestement à la racine UJ 
(arabe L^), que sa signification primitive de délivrance, 
expansion , avait conduit en assyrien à celle de joie. 

Quant â hîtirâ, c'est urte foVmc "133 pour laia de la racine 
"^13, commeriadmu pour mOTde Dl (Friedrich Delitzsch, 
AS, p. 1 /i3). Le sens est « favori , celui en qui on se complaît » ; 
ainsi, dans un hymne unili(igue,,je.vois Maroudouk appelé 
hibm sa abita « le favori de son père ». Dans laccadien bibra, 
qui y correspond, nous avons donc, comme tout à l'heure 
dans iiGAR et dans ^abuba, un exemple des emprunts que, 
pendant klorigue durée de'Ieur«sisténteeË}leli%iir «dntaçt, 
la lai^e d'Aecad a ibitsà l'assyrien sémitique vèmpl^uftts qui) 
sont, du reste, «infiniment moîn»'niul*ipKéB que betfK deîj'fi!**' 
syrien à l'accadien. ' • >.(•• " v> j..^ *•.;.« > 

xii, 37 



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400. OCTOBRE N0ViEMBRE-l)*i<]EA1pRE 1878. 

»(i) iNoU3 i ayons ici im \x^t que» la vecsâoïi ^syrienoe 
semble ^voip omis derencUe. {jQ désineficp^ n&, écrij^e^fiMm^ 
lifwsnwnl laprè» lri^éogrMo»jia;'/de/.c^ v$^i cet .celkrdain 
plitriolr, oti.biei) de.Yéf&\rdç prolon^tij9^^dt'un|])adioal se.\eTn 
mtfKui t en N/ 0|} ay fini •poiu < voy eUe «dominiif^e b • ou. i : i II «rsjt «^ 
dtt'p^te, <ipEip<Msibk,«dans réi4t actuel des oonn^issances^d^ 
traduire jetmèpiejde tpansçrire ce)l|ïi^.h car nouys ignorons \%\ 

{etîiir^ et k'sighificîïtion dé ndé»^hamlne'»-p^Pf|.i ^' » / 

')tj|,l I» j • -M^.'ijJ- . 'Cl ■*£••,•. : 'j'" < •'>'^; • V •: 

^ii(ij)y.lu0 sens est ioi' positivement déterminé ^ar la'veraioii 
as^annifie ;i nmift lartranscriptibR du r^dioai \j^As\ e^t enc<M!e 
dcMteàse.: ' Entre ies • i diverse»' iecture» ) dont édt >suaçeptiUe. 
lHdié«^àainîe g KETTiTi iivoy.. ce que nousien avonsjéitildâns la 
Jmwnul euûUi(fue,,amhjimn iS'jSyf, Sii^3i#S^, celle -quiin» al 
pam te niieiix convehira laipkrasa çat^uiu* pou^aer €n'av«i|itiKi| 
au i^ens transitif ou intransitift ([susoeptiUe| de. piolameih^^a^ 
v,oi^Ue en «ah.(Soii8 liifiOuence du) voisinage de cei^iilt sons 
yocèdiquest, )d'eàik caractère passedails/les ivagel Ass^j^rien»* 
a¥6c, la double-valeur- ][khô«étiqiie de sar étMé/^enj^Ljejlvoia 
ddnlii(;i<»dan» g£^'*^T '» f^J'^T , son dérivé dUfiictitif.»jkaBAiL 
L^oeeption; daqs'te èas, comihe celle^da sémitique D^lj^, qtii 
le traduit, est proprement « s approcher » , et ceit aii^sit^*^ 
laïQ^yoix'i (encore traduit ][>ar«lei-pa^ de a*>pv: nous k moyens 
péeriohre hf aîgaificationr que lui dcmpe M . > Friedlnch i Qelitzaehf; 
AL-,jd*'édi*.\<p,»73, 7v'l.'7->8'îfr. ».,« — viirtr* n'ïi- . ;.-.r1* 

tfii nO'Cnc »♦ f.*^./ i-.(j -t» -n -'jn •'>'> '! j «Hi.TVfjrit'. <'•! 9') • 

■n >rtrr>if, :>i naittyritî/ii • zim» , «in» ' «iso'miwibsar^roi'I' m-;u 
' I t>T»i<;ir,i>/||ir*jug£(i]bf ni* tjusU . 'ifl0 concrhnuBi^ïlécilfc dB9l3>i^ t • 

♦pi »J«;if u o ^. >>"£ "lo^ f *]\ .n • »■-, t.i f ♦-.'» .'».»:;: •',»«.?• it . 

. . AssYrien. ,1 '^ 

•)l'0| ->Ti>t. Mm'Ii • »'j « -^ ■ !." ' , ' K .- /j i>* ■ 

/c4ji suie /rifâ . * *' flùfmrabki* \ ./ .; 

Pour toi , un décret de justice te concerne. 



!.. 



") -Xi'lj^mne quei nous.érudû>ns offrç une riche sé^ jd e^çmples 
de la voix verbale que, dans mes travaiix antérieurs, j'ai 



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classée comme la 7* (LPG; p. 199 et 226). C'est d'aboixl ici 

SAMURAOAKSiARSAIV, pwis un peu pUlS ioîli SAMDRADABLléffiS 

et sabadIangùb. Cette voix 'cst>|>roduite' 'par 4a tronlbinaisoti 
de trois ^rticulcs foroïativBs'Js'A^iRÀ etnA^ ces dewk dernièrei 
sont (îelles qui cafradérisënt la* 3* voix ,, coopérative ^^et la '2v 
causativc?; Quîlnt à sa', ne'conhaisiant de \a yrÀx\ que j'app€?J 
lais alors 7'rfàfe des exemples à h 3*peworineije'rohjectut^ais' 
(LPC, pî 1^) que.^^.y. était. un propopi siujet de ce^te per- 
sonne. Ceci a été démenti par la constatation, que j'ai faite 
depuis lors (ESC, p. 3a6)^ de Texisteiicei^'aite rok |)lus 
sinnpleà laquelle doit appartenir Jégif imemènt; le- rang dé 7-,. 
tandis que celle qui nous occupe devra désonnelîsétre<3W8éé 
i5*, ^à ia suite des autres voix à combln^sbâ de. plusieurs 
formatii^es: 'Dans cette vraip 7* Voixv sa* «st posi|kiVeBiehtvunë 
particule formative qui se préfixent touteiragglutincition ver^ 
bak, même, au pronom -sujet; nous y > auront), ipar lexen^lev 
à la a*' pers. du a* ifidicatif, le radical •¥erbal/étfftt 'LMâ 
SAifUNLAL (sA-MUVLAt } Iraduit en «assyrien éirfâè « <tii>6taUk)^ 
^ étends » ( W. A. I. ly, 36 , 4s 1- ^-47)1. Le/sehà^dèilfif par- 
tiicule SA est •cbntirmatif ; co^imi m)ttsldV]^yôgs dalis SyUab. 
A , 6a , où, prise isolément, elle est Ivaduiie^pah IflssjFTÎen^/iil 
« "certes,' soit ». . rt^. .■/.'. "îm lii. ..-.i -.i' 

Dans la voix que nous appelons désorixiais 1 3^f telle se com^î 
bine aVeciles deux autres particules ra» et' da', l^voti velktbalie) 
étant conflrmative — coopérative ^ causalive. (Sowtle bénë^ 
il ce des observations précédentes, nous pouvons maintenant 
bien comprendre le mécanisme dé sa conjugaison, où le pro- 
nom objectif) quand on Tincorpore , s'insère entre la première 
et la seconde formative, tandis que ia 1 plaçai. con^nte du 
pronom sujet est à la stiite des trois formadves et immédia- 
tement avant le radical. Les formes que fournit notre texte 
doivent être analysées en : > 

• . ■ • j , . , , - ^ '.'".""' 
SA-RA-DA-N-GUB , 3' pers. sîng. prêt, du i"indicatii; 

«A-MU-RA-Diji-N-SARSAR, 3* pers; sing. prét:'dti l" indicatif, 
object. (a* pers. t)bject.); .;....» i ^|. 

27. 



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^^ OCTOBRE-!?ft^ff^Ii|; eWi^BRE 1878. 

lil «f>H'^fnr« fui itJ- -T ai,'>ïiD jo nivia ,-t ijoib • Jnfiilrii'si'^ 
. J al donne fe numeroho a Ta voix caradenseè par sjl-iia-dà, 

parce ou ilmui^clajsier aupara^anl, en Ta comptant comme i ^\ 

.•3wv- oiiiifKlKj.oI TJ/i, TAfyiiC oiinrrujKTS'^y:* mon Jjti ^onolf^v 
Une VOIX du même mécanisme , maii un pieu mouis /compJiT 

duee^qiu n onploie.qiie Tes deux Ipraiations . sa et ra 

voièi un exemple, a la o^ pers. pTur. près, du a indic. oc 

(a pers. oDjectj, que j emprunte a unlexte encore me 

SAMURABCARRiNB (sa-mu-ra-b-gabb-i-nb) «isaUoiiaJbi. 

Dans les formes de cette la* voix^ et sans doutç. aussi de 



^idiiioji (Uf;]vn nu o/i'xno ► » 11* U'nfl'Ml I nmaioj .^tn '>•> 

données pour synonymes et traduites toutes denx appa iUab^ 
hinuka «ils ont prosterné leur face (mot à mot : leur nez) 
devant toi >. W. A. I. nr, 3o , f'*, verso, L 8-10. 

Il fout analyser: ^in/-/ 

su-i MA - iU HWlBA^nES Tj^^yplur.ygrjféA Hf indicat object 

(a'prDbj7)1riMiiÔrtAi[; ^^^ '^•"^ ^ 

m/././.:i^ /.iz . . . ... . _. , 

.su-MA-liA-N-MALLi-ES, 3* IL oluT. prêter, i* indicat. ob^ 

ject (a- ^UhS^f'MmÀmy ^"«^^^ ^^ 



Notons en passyi>pgtiy^flfc^l <^i^ d éByteux radicaux gaî. 
et MAL, de même que nèûsavons éeliestœcBif et iibn« pour 
exprimer la notion dV être i^,^b(41b car et mab, traduits éga- 
lement sakana (W. A. I. ^^j^ft^^l'îq^lans une sorte d*exercice 
grammatical sur les échanges de consonnes, établit déjà le 
Dâxdlide «itre y^jariitCBir^ adi t au)^ . Ces-foi^ q^Elblenkr^^ 
néirTmthn • a Al J nSs^e^tjthtod ' u aiiuitiN. uâin la 'phonétique 
accadienne une permUftiyért dgnUt uyèt m == v, par Tintermé- 
diaire de eu. DéjflP.an^(é»â?^«wi«f*ij'j$«^ signalé (EA, i, i. 



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par l'échange des formes dimmbr et Dy[^'K^|ft)itf Wn^iei^iaiiW 




SI Offijuoo in<]J(ifnoD fil oo 9iiirnni,qiir^ lOtijÀ'jJUkin un oyilAi 
_, ence au. nom géographique oumer avec le.bibhflue "ly^C^: 
^LtrifôoQL eniom jjÇtt mj fLcrn ,9ni2inr>oafrf omorn jjffyior onu 
Vy, A. Lu, ao, W77. %-b, nous en ollre encorcrua exemple 




DATE 

oh fi>8rjfi,9iifoh anca J9 ,xioY "ci sJIsd 9b toitnoï 29! «rifiCI 



gramàiaticalèment tr^s-^gs^fj^jg, JWW iHft ?l*^#F,èm4? 
ce cas, comme 1 hébreu en a conservé un certain nombre 

l^^B't^éi^daMïlWi^MiftAÎAfâ^aéMelfc^ ''^ 

■^vSW v^c^(\vi /u'yb 29JjJol 8oliwbril to «ornyfioîfva luoq ^^oônnoL 

[son 71191 : lorri fi loin) 99fil luol ^rnoleoiq lao eli » »'Aiimt\ 

.of-8 .f ,oe'iov .9-, 08 ,vi .1 .A .7/ .«ioj incvob 

AccADiEN. . loevlenfi Junt 11 

•toojclo .Ifioibfii 'y<^"lit2fegT'''"i3T'^ttT ^ 'ïi JjNrapi ^» - AW i ua 

, A r C-^l 1^ riA»5Taibiir(Tt*5^.q 'e) 

... > . NlN-MENNABl 

do .tfioibni '"1 /loloiq ."înq.Jï 'o ,îia-MJAW-/-Afi-AM-o?. 

.lAO /«GoibB'i yuofv iMj u ' I^ l^vti^i^ygyibfeegfiq n9 znojo/l 
Tuoq ,waM i9 waa aB e9llo9 enovfiToAn oup gmàrii sh , jam Jd 
-fi^à 8iiwbBi:J ,flAM l9 flA» îfllfH^,^ 9iJà »'b noiJon fii isrnhqxs 
oobi9X9'b sJioa onif 8afitepri<^teJ\(;h)[ .1 .A .7/) «j\fti\tti Jn9in9l 
9I B[9b iildfclè ,29fino2noi ob eognsdoè «91 iu8 ifioiififnniBi^ 
H*gh f>>i9idmap «tfili-ëa^.LuMMkfiiHMdMi^^l 9-ite ^U^yj^ 
^^hoSfBf 8SlirJ9li*S=5lRt*lrp^ 

-ofaialni'I i6q ,7 — M ^èMUWIft^BiièCWIfimoq 9nii 9nn9ibB33B 
.1 ,1 ,A3) 9lBn;ji§^é«Hli4stett*<«^ttW»il^ -^^ ^^ oiicib 



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'110 OCTOBRE-Î^JaVEMBRE-ÙÉCEMBRE 1878. 



•I .» 



i -h 



. . bcli( ili el-si-à 

\ . X .ila dame des dieux [k] e^ fète 

*...!;■' • _ • 

iz-za-az zu-ka 
il te conduisent. , 

• '(i) ' 11 y îl ici désaccord complet entre le texte accadien et 
la version assyrienne. Comme il arrive plusieurs fois dans ce 
genre de documents , laccadien , mentionnant une déesse , la 
désigéa^ p;^^ un de ses titres qualiUcatifs , «ia Dame de la 
couronné, de la tiare»; le traducteur» assyriéin y a substitué 
Ison nom, plus habituel Belit ili, La grande Belit est désignée 
de la même manière jiar l'fïppeliation "-^ Z**"^ ^ ^f-H[I | 
'^ ^y* (devenue allophone dans un iexte purement assyrien 
Hît ne dilTérant de celle qtie nous avons ici iquVn ce ^quc le 
mot MENNA n y est pas accompagné du suflixe bi , du cas dé- 

* terminé de la déclinaison accadienne)^ dans l' inscription des 
'Barils de Jargon à Khorsabad (1. 38 de l'édition anglaise; 
^1.4 5 -de celle de M. Oppcrt), où elle est en outre désignée 
comme ^^] * yy*} ►^ !'•'•'• banit ill'^ génératrice des dieux ». 
L'idéogt'ahime ' ^ T- »— II [ '; entrant dafts la composition du 
nom divin diii nous occupe, esl interprété par «couronne, 
tiare» dans W. A. I. ii, 20, 1. 4i> c-d., où une glose en 
donne la prononciation M en. On remarquera que ce sont 
pi^d^éfôeiit ces 'deux signes , les phonétiques normaux pour 
écrire' ^B*ÉîN, que la composition du caractère complexe 
* ^T-'^Ï[ nous montre enfermés dans ^Jjlf .' Dans W. A. 1. 
IV, 2^9 rècto, 1. i3-i4, MEN GAMNA «la couronne (est) son 
bienfait » est traduit âge supâ « créant les couronnée ». Aux 

" liante' ïB-'i 6 du môme documeiit, le toAipôsé abstrait Hâka- 
"A^E^*, hibt à mot «là qualité de (possédep)"la colironne*», a 
éfG rendu dans la version* assyrienne pai* sUrrat via Uoyauté ». 



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- ' iriHyMNii |\UjW!0|IyeiJL..shHMt » ) . 411 
Dans notre texte, fa forme de prolongation en na confirme 
la lecture men. Celle-ci me paraît être le résultat d*une cor- 
ruption phonétique et d*une contraction, avec élision de la 
voyelle initiale, de ami bnna = o^d eM « tikre élevée», que 
W. A. I. ti, 3o, 1. 19, g-h;*dohne sous «« >fofibe pleine. Si 
cette explication est admise, ^ ^T->-I I[ men désignerait spé- 
cialement la cidaris , la tiare droite et élevée des rois , tan- 
dis que AMiA (pour lequel 'W. A. I. 11, 3a, 1. 1 3, g, dans 
une glose, donne le synonyme ega emprunté au sémitique 
AG<j) serait lexpriesskM» gésér^JQ pQur^^Ufe ç^p^çej^e (tcou- 
^ronne». .1 ; . . . ^ ,,, . .,^., ..oïdi»/ iJ 

( 2 ) Syilab. A , 1)8 et 99 , interjirète le «igné <ElJ3^^ ^*^ > 
par alla et uhu; deux mots> auxquels il £sitit aUrtbiwrisére- 
ment la signlfit^ation de «fi^te, réjoUJ86âli(ieii,<'lé<ipMHiieK»de 

, la-i^cinef^a;; ié-§econd.>âe, y^. ; Cette idwnièlWjMoitiQ) se 
dessme encore plus'dMrsment.dafla f fifl%îerbQj«poe'ifaâuf'^2U2Ps 
ici», 6/51*5 «^eniféte-^i, traduisant Tadferbë acoadâ^niuAlIlB^f^ tt^n 
ifnoins<régulièven1ent formé de r VLU V vi^ )') /m ///.Air una 

'■•ïi >fJne]vananie de:SyJlabii^v>99. substitue i{i<tl -'h iiuànili^u, 
M. Friedridb>L1elitz8oh (AL*, o^'^dif. f>.f4S')rj«stitudj<te]la 
manière laiiplus: heureutie husasjii\ Ip.Vlsrte d^àidénbe^^tf- 
?ttt, dorfné dans Wv Avd. m; i^Jv 1. a&, ^^ ,* "gbgiBWftfsyao- 
«yme ^ei^Hu^ ^{66( «^jqui^s^nc^ duvcoéur«,jpf&yi;,^i)^J. 26 
d^, même.docun^ent iif^ autre sypQHymç, çst J\jf'^^{f\^. Çt, ^}^ 

X \^ 4i25i|.inu£ figure comme unç variante. de ^^u., , , ^j 

f "• » ; f! 1 .. f »;) . »l. 

(3) JztazzueeX k cet endroit « ddns ja versiof}.aAfy<i?^9¥V^« 

pour izzazizw; c'est i)n nij^lude;! 4u>veii)e HT •ipettf)^, e^i, i)^u- 

vement»^ C'est, «n ^flÇeit,^pp fii^ljni^fduapliel (Jevçf iùb'^' 

,iirZuzu,' que rfidéogran)m(8 g^^. est i^^rprété d^ijîs^ §yij^* 

AA,,57.. ^ . ,r i„r - . . sy. t .•.•;• ... .Jfiho.d 

' Un certain noipbre de globes d^jtgWçH^Sil^^f jcpgçaplijqj^es 
donnent Ja lecture, de ce caractère. jX^les (ju elles, oj^t ét/i^ pu- 
bliées jusqu'ici ,^ on y lisait bvx (W- A. I, 11, 27, 1, 1,5» î^v.et 



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Ati OCTOBUË.TNQU£>MajIi.Ë:^RI>QliM0R£ 1878. 

iS\, i>s\6ir,m^ QU{iuç(ii>N'j(^ï riiUvi6fii,'ll.'jt>i4igM^i9iîil<p^t 

Smitb, TransacL of ihe Soc. ofBibL Archœol., t. Ill^p^g^; 

lab. A*, loi : .1.1 L j 

ilii;'| Di;. iiij^ •mi'wii yl a>/ii 'j/oliiHi'j li-.J v/.,l .olqmia -jj 

„.. ,r.,\.a .1 .. •#. .0 .Y. .? ./•".// .mff9,f^,'^,r.\ oU oui. 



>i>i>itbfU • Nl!XmU6tlIir:^.1)jySÀiS'AGG^iJ?[inLtiKU4ia%/filHNI.AJg^ 



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i||>ki^i<]^^é4^ii i(}c U'iiiâicâtitl intpeMc^el) i^ i(m.m'<àh(t M^r- 



: lOI ,*A .<(*-,( 

Le simple. LAv est emplayé avec le lucinc sens (au prti- 
cipe de la l'^'voJuVààns W. A. I. iv. 5, côll i, I. 4a-43, où 
sa traduction assyrienne est détruite : Id zioa merher laga 

■'fWS'i shi<miikiaëmm^ïrmkmi'm(mMm,cttt /i«- 

G. smiy^^Mf! ^fiwS6if^'^m."imâm^^>j.m, 

^«vi'iWèrfpl iînfp.'."aett-e 

'^n p»ss8'cnyss|rich sBlis 

•'^îi^lyi'Mflp^yt •^(llîwirtt'arrh -«btfôîf 'Ma'g^terf «V'ia 

<i^'iOMyj I , I ")!) iii)il(;(i;^i',jli «1 RicJ'J li()iji8(i(|ifH)j in ji\iuii> 

'".T^s'*'W;A4^1:'i^:'3l6|'ï?ve.^i^Jï.'i'^.4\4irifaâ^HitWirW^ 
"PR' #51 ««t''liî}Jii''A;^£'A«K3,' Wè"dëte'v«^ia¥tés^iMklt''le 

■'"^'àitii'.i.'tëii'dtea^'au'aeif bni'fodaask Au'^ttiMHi^iM. Wx^ïses 
'"{'* vàîi'dii dériiît^4fjsytï/'d^'»<;tt«k ïk,^'k''^^ »<«N- 

i,AXLAGrÉsi"céî'ui"<î*"Tihaïc^ft'ïinpeVsiWh'«^ dd Sa 3"' v6ix ; 
< iipant/.âKHiaNSSKuusù inouaf .Vt A-ecnaunssan» la^iCfC' reHiitudc 



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414 OCTOBHE.NONiEMBRt-DECBMBRE 1878. 

une 3* pers. plur. prêter, du i" indicatif de la 9* voix du 
verbe Gf.W. A.L 11, 18, i. 45-, a-^b, fournit encore ganen- 
la;(Lagibs (phiriel du 1" pricatif de la. 1^ voix»)'= lâkayan 
i'qu'ii' établisse # (la construction de- la phrase a permis de 
•lueltrele verbe au pluriel en accadien et au singulier dans la 
version assyrienne), et W. A. l. iv, 18, 1, 1. 42 et 44, éuNA 
OANEN.LA;^tAGifis = inu zumriêu lukal[nu] a qu ils éÉablissent 
dans» son corps», car kdna (pD) est donné par'AA, 67, à 
côté de^uzazu;, parmi les signHications délLA.;^'. Wi A.'I. iv, 
5t,|CDl. iv l. 48- 5i, traduit même le «vcrbei simple, non plus 
par îlT ^ mettre en mouvement » , mais par TT J • Iker, se Gxer i» 
(«ur ce dernier mot, voy.- plus 'loin la noiie 4 du verset 9) : 

' I ' ' Accadieu. • • * ' ' 

. - , • ANA DAMALLA KÎKU ANA, ■ LUGALLACË 

, (Daus) le ciel va-^te sié^re Anou - roi + de 

*" J^iSlLUBI LAGA mes '" GAfillI f^^'/i/kÀ '* ' MES 

mfdigfnemenl • ss fixant eux,*' rival n*Uyant pas . euM. 

) :• r. . I .' » , . • •. ' .' ; c 

> . .-^^^ Assyricu. I H; . . 

ma siuac rapsuù subal Aniv sarri limnis 

Da»ii> les cieux vastes siéi^e (i'Auou roi méchamment 

• '^ ' iztazu ' ^ • -va mahirà - u/ - isû 

i ils s'étaient fixés ci- rival - 1 non ils avaient, 

u. '.M ■ ' •• i] S'» * • i ,,'»• , .» 

•Dahs les formes plurielles du dérivé la;^la;^ qui viennent 
d'^e «citées, *camme'« dans- oèllesde la i3' voix du simple 
la;^ que 'donne le texte étudié par nous, mous constatons 
tpie le radical, la% a Tétat absolu, dëvientiL agi (orthographié 
.^S^r*-|f-4) P^r supporter lé suffixiff es du nombre. De 
mèmevieipairtioipe es* LAd-A , orthographié J^3f^]J[f^. -C'est 
un fait gfiimiçHficy îàîipo{*tant-,:dont U faut prendre bonne 
note.' J-ai établi ailleurs <ju*un cjei»fâln nomb^^de mois acca- 
'diens, verbes oiftsubstantifs, dont la racine se 'terminait par 



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. ' «JVMtNE lAUlSOLEli..! « 4J5 

ime gutturale , un . l , un n ou un m > ne la présentent dans 
son intégrité que lorsqu'ils reçoivent un suffire , ce)ui-ici jouaat 
•un^i^le conservateur et* retenant, pour' lui^ servir de support 
avec une voyelle de prolongation, la consonne finale, laquée 
s*élide ou s'efface à Tétat absolu < quand elle «-est pas suivie 
dur^uflixe (ESC, p. 71-76, 102-107).- Ici la racineiest mani- 
lestoment lag , et nous la retrouvons intacte quand s*y attache 
le suffixe du pluriel, lag^i-rs, ou celui du participe vLA€hA; 
à Tétat absolu elle s^tère,ilnais ne s'^ace pas encore com- 
plètement; par un>prefnitr pas vers re£kceinent, elle sf'aspire 
• en iJa;^. C'est celfe forme aspirée 4le Tétat absolu qui devient 
la lecture normalie de^ridéogrammè du verbe-, |^f ^ et, pour 
prévenir le lecteur^ de la manière différente dont il faut le 
prononcer quand il est suivtid'un suffixe de nombre , de temps 
ou de mode , on trace habituellement ie complément phoné- 
tique' ci à la suitb'dc rid^ô^ramhie âù radical et avant Tex- 
pression'du suffixe du pluriel, tg==^ Hfl-^à^ ^^ le coœplé- 
iixent phonétique ga t'galement après le radical quand il s'agit 
du participe, |§f ^iJH^- ^^'* ^^ faudrait toujours lire la- 
ciES, et non LA;tKS, ou laga, non la;(A, si le scribe, usant 
de la faculté quil possédait, s'était borné à écrire t^j^^^ 
ou HS|n, en ne joignant à l'idéogramme que l'expression 
du suffixe. 

Le verbe la;^, racine lag ,'^ faisant au pluriel du prétérit 
LAGiËS (par suite, au présent, sing. lagi, plur. laginb], est 
le premier type constaté d'une des manières dont les radi- 
caux se comportent et peuvent se modifier dans la conjugai- 
son verbale accadienne. Mais je crois. qu'un verbe tout diffé- 
rent de signiiicattion , bieii qu'homophone , ifournit un second 
exemple presque certain du même fait grammatical. A côté 
des formes du verbe ^f^f pappar «briller», faisant à l'état 
de prolongation ^|t:|g^|| papparra (ESC, p. 3A}, les 
textes- accadiens accompagnés de versions assyriennes . en 
•offrant d'^utr^s, coitoie t^ *rn ^f^J ^| ff^mi/i»(/»ir ouji 
bib aquril brille »v' où ^f^f représente, un verbe de même 
sens, mais d'une tout fautre lecture îr puisque c'est en ga 



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41$ OCTOBRE. IW.YJ:(l«6HE.»ÉeËMBR£ 1878. 

qufii fonne'siupral«ngHrtilmri. X£e(V0rbe>e«iaièil^0)Hlef^vé 
duplicatif d^unidefl t||4f^A«xf ig^jJesqqèe , f iiiMto^il(t^irïë<i^ 
est sus^cp^tiW^eyEpi^^^ 

tures conntlèsfle ridéogramme en question, il n*en est 
aupuneliébtcnilÎBafftt piiob plofiiiiâ iqoiri^Uafi} km^oaSiîiiMtàm 
wm Âittnesttfnpdui) pniiiiu^d^ttibLr>Af^n|^ r>fcfi;4ii^^4<^ 

dàil/iôilvoilfe«istfét'li>i^)(p^ 

decfmktogîàÊoiù dn. démèui^plîb|itlf'^ %e i^tfJfifi^^ooà^^l 

lji^sibriJialllc>i/âan;(tfiiralJetib6ié^r^étti«i6>^ f^ddMlfiPâiii 

c«wit(|Qek»i»MMJhofai0phbiMeili|ei9î 

possède Taccadien et qui sont la^ à rétjflrfàbjwfe|(^Kè^r^?6fttï 
fbmier leur état de prolongation d'une manière différente, 
qui ne permet pas de les confondre : 

evclusiveinent ainsi que se forme le présent du verbe, de 
même que le pluriel du pvété^. en est la;(;(Ies; quant à 
l'AyyArTr^Wtt* dans W. A.^I. ^v„32, a,. J. 54-55, et nu- 
LAvvA W.ia mwa. dans W. A. L, iv, QO, 5, 1. ïo-iA^xï^i. 
i. lo, ce sont un miperatit et un participe negalii, c est-a- 
dire deux inodes qui subslituent à k^oyeile^e prolons^tion 

dit Présent, i , un suŒxexaracleristiqife ArCêtte modification 
'>fiJï garom wfi Q / Tî 'iça.;9annldni9è£C'iv ouplsup ooyi.tio'io 
était nécessaire a introduire A ce aue .nous.pri avons ait.aans 
ïUtfMtioo T)flfî()j) , Aa vOt 9Jjp ]ifil 9o^ncl) oioffjj)ini8 o'>n9i)i3nioo 
ESC, p.. aa et suiv.j; .., i x i i -f 

lnBfn?ei;>^iq Jao , otjpiionoclq insraylqtxioo si icq 9Dnoni«9l) 

r » rnib 'moq n'irAio-) iom 1jjo2 ub odclly^ 9biiqD0a bI 

'à tort quà i ai .IranscriL dans. cd cas papparga. iSans doute.! 

2noi28iBnno9 euon oup,, « to^ioo 



oA 9 owaiifiL bT eiffeb pi,«p?.uf -«noiagiBnnoo euon oup,, « to^îîki 
celte utriifere lorrae existe (j ép aMè pçeavtâ ^siUyp^ , ^ut lescmélies 

je reviendrai dans une autii Vfc?aârori7,'^hîws eW Ist^â^ltSivôniSu 
adjéctive, et on ne,^aurait granmiajdcalement Tadmettre comme ver- 
bale. Quand ^ ^ CÎTa repre^»3\in mode d^ virbe , il nest pas 
possible de le lire papparga, c'est sûrement Télat de^ [volongation 
d^nS^meMehiiiiièt«ftdeou<<eOi;^Mfetgt)t>rtièrfâ(A ^:9» élb Vitift^ <!jio^. 



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y.r8f ai[aHSMSfi-Aii£a©i.f:«iir*-3HaoTJO ^it 

teo iio'n \\ ,noit8oijp no oinifif.i^o'JiH J bllgàunnoo feO'ini 
r^nlQtaMiAcr^ttl G»^mfiptâtolft€vdeI^ttBBflitiaoi(ËHlè^^ 

^^r^^^tkéfii^yeè^èff U29iakfél^tdejpûmdl^km6iies sigmù^ 

OfiH^fMifl'Wt^pfefedfArftîJ^'l il );/ J inoii inp 1^ noibr-jor,'! olm<î(K| 

,;iJfi9'r>fllb D'ioincffi onu'b iioil^^fiol(Jiq oh Jb)9 nuol -loimol 

: o'^fumiôo eol '>b er.q Joiinoq on inp 

SIBA BPTf ip^P.) DDMUZI MUTAMNA(?) MN ^N\ 

i«rA<4'x:4èiyèh>îiUF.<A«ia.iJ^ •; VAlavi :'ârfa"<i4(«'e>SJrcitei. 

rjf) , odvjf uh JnD80K| ol yiniol 'J8 ynp iëino Jn'jniovi8nl;jy') 
»i Jn/inp ;8ai^AJ ko noAte^*lé«Wl «jl> lorinlq ol onp oiiiôrti 

'••Pàfe' •' Sâgft^,^ '^' limàqjiî! ^""M"" "ki^iÇ^", 

-li-JaoD JiJii)^on oqioiJir^q nn Jo lii/iioqtni nu inog oo ,oi 1 

I zsbom vîioh oiib 



,, maas, je 

crois, avec quelque vraisemblance;. car il v a au moins une 
^a^Ay.uh za&iry f?k.anoft onp rtoji.ùniihcrihn b oaiBgaooon JibIo 
coïncidence singulière dans ce tait que le, ba, ilon^e comm/e, 

désinence par le complément phonétique, est precikement 

la seconde syllabe du seul mot certain pçtur dire «,pa4çur, 

l-9JU01i f.nBf*4 ./.OflAqq^T gBDi>Drfîni>bJFID^.Xie,'li. rej MJpJ'iOJ B^JèO J/ 

berger »,, que nous connaissions msqu ici dans fa ianime a Aç- 

8oli6iLmeolw8,aqviJi>.<Ki ^W^Ï4 ''O^riBfw {^j OJ«îi/aormoi 3i5iiii--l) oiryj 

i(i9/iiovi&iilo/.o J?.S ïff.) ??iXîr ,YnoTi?f>aTO 9'iJiifi snij giifil) icihniivji sj 




-rjv dminoa 9i|Jyml)B'I »n jffioli^LUiiiunB'iji Jir/fUB'^^aii no Ji jSviJ-ïajIiH 
^&q J89n li,'jd^4Hl>)l>ofn ninri^ci'n '^J^^ f^'\\^ i>nBiJp .sM 



.o-lAl)) B#/K(i/i^«^^ D»p«[T(ksiodi^ufc»jjesti^iifc!ici,M^n<Ïj7;! 



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UiS OCTOBRE. NOlVEMBRti-DÉè^airBRE 1878. 

^^ ^^, comme dans W. A. I. ii, 55, 1. i;'b, atëoili re- 
présenté idéograplHquëtoenf'(^u plutôt pai'' voie d'allôphô- 
nisme) par lesdëù)^ signés ^^ ^^.'Syllab. A*, i5 et*i6/ 
enregistre /W* comme ayant fini par devenir une valeur pho- 
nétique d*usage assyrien pour ^^ et ^"^•^"^. Ceci è&t ddn- 
firmé par Tortiiographe quelquefois eiîiployée paar le hiol 
bel « seigneur •, »— « ^rT" ®* ^® ^^^ ^^ 5^'®'* Bel, ••-J »— « 
^^ ,'car il ne faut pds y chercfieir aulre chose qu'une expres- 
sion phonétique^ d^tine recherche hiffinée,' à transcrire '6e-i7i. 
Tout ceci se rattachera rèxisteiice d un mot accadien * ^^ 
NI « dieu » , formant son phiriel par répétition , nIni « les (fieux ». 
Ce mot n'est manifesteUient qù'u'ne variante du bien cbdi^u 
ANA «dieii'i, qde nous ftVôns étudié 'dairis^ E^C, p. &-l4> et' 
que nous y avons vu^ se réduisant quelquefois à ^^^] na , par 
élisFon de la voVette 'initiale. ' n. . 1 i .. 

ACCADIEN. » 

.... ;^ILÏ ' 'H SAZUTA' • KÛVA 

la joie ^ decdeiir + ton -hdatts fi) j^isib^ement (i) 

\, .. UPi;>A,. .1 . , ,., . $ARADAN(ÇUp . . , . . 

les jours (3)i, , ; ( /il. te fixe (4). j t • •«• 

ASSYRIEN. 

'■'.'■' ' '* 

. . , . tt a^ci /lu-tt^ ^ lih'bi'ka 
pour , la paix de ton cœur 

yuml^ j^UT^ii) yu-na-za-aZ'ku 

' lés joués* ''' ' ib'te'fîxent. ^ 



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,(i) x'ï^'' *iP*^'' ^? irçisliluUon ici lyie. paraît ççrtaine-rest m- 
lerprété.àirhîit>ilu^.^ (un,pxe^ple4^4p^ Vy.,^.. I. ii^i g.reçto,] 
1. i9-pi^;paf/^tt^W «43rflknt,-4pfen^^ i;vagpi fi qi|^, y (E$,Ç.v 
p^.4^; ^^if.J^ ^^^ assyrien, Ypy/NQrriç, 4Pr P- •^'ÂG.).. À" W 
d^tejTipin^, ;^ifctB-ott-rii.|BU;^eviqnt \\ne de^ exprçsi^lQi^^.^^, 

rjwié(B.jie.^4ieuVrtrtfTW' Kh ¥: 4^» '• 2§,;^-^).,.pqJ,à| 
nçiot.«]lfî^spJq|0|di4lÇ,. iq briH^ntj» ,par e^eellençe. Conpupçiç suh^-. 
sl^ï4iL,;^ii,ï=£=^A:a£i&d, ei^pa^ai^t de.fa.iipiiîme^ e^t sa « bpauté-»Ti 
sa f gràp^ i» » sftV séd^c,^i9^^ >i ,. lians ,W. A, I. n , .?3i , l .64 , ^fe^ 
- Bft ^^y,apcl)e»,.)Y.,i)i,:.][..i,v,,A, col. 3,|1, |i^3-i5, p,ouft,. coffre 
Ê,xii*MT4 .traduit çn;, assyrien ina n^^hil^. ,Ii jFai^f inte^-pji^tejr, 
r,^çpaidiçP:«dansJa (ie,i?ie\ii:p,4® Jla jo^eji,et,ra^syripn|,«^ans) 
la ^satisfaction , dans }a paix; » ;.^es 4^i^?ç exprçss^9ns a^psij n^i^^ 
en.corresp€ndance, ç,ç(le d'uç^e des Iqngu^s est einpr|iptée^à 
la notion de la splendeur, de Téclal de }a.réjou;;s.sance { et cejjp. 
de l'autre dérive originairement de l'idée de repos , de calme 
(de la racine nu). Cet exemple justifie complètement l'équi- 
valence de xjLLi sk=nuh lihhi, que je crois retrouver dans le 
texte que je commente. . [ . 

La coiwtruction grammaticale yiLi sâzuta nous offre le 
iivessif*da substantif ;^ili j ;^ili ta\ puisî rattribp4;génitif 
SA, muni du suflixe pronominal possessif de la 2' pers. sing., 
s4-ïp,,jqqi;^'pncapsulç entre le substantif dont i^ dépend et 
son suffixe casuel ;^ili sâ-zu-ta. En représentant ces quatre 
élémen^ par A. B. Ç^ D., 1% constyiiction qi^« TassMrien em- 
ploie pourrie traduire, innd mih îibbiku, sera t). A. B. C, 
exemple où se marqùéf bierl Aettement la différencié profonde 
du génie grammatical des de^x langues écrites au nkoyén du 
même système graphique. 

(2) L'accadien J^I ^tTI ^^^ traduit nuh dans W. A. I. 
IV, 18, a, 1. 8-21. En voici quelques exemples empruntés à 
ce document : 

Accadien. 

URUZU ^ iÛVA x^'^^^^^i 

Ville + ta, , le re^^os qu +(eHe) dç toi -|- invoque ! 



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4gO OCTOBRE. NOVEMBRE DÉCEMBRE 1378. 

Assyrien. 
(duka nuh liqhika 

Ta viliç . le repos qu'elle invoque de toi! 

^ . . Aocadien, 

TIN TIR-KÎ KÔVA X^^'V^A^^' 

Dé ne-\- de Tarbre -|- ic lieu le repos qu ( il ) de toi + invoque ! 

(Ciè lieu de l'arbre de vie») 

. i » . » 

"•' ' ' ' ' ' Assyrien. 

oabiiu ' nuh Uqhika 

Babyione le repos quelle invoque de loi! 

Accadien. 

ÊZU SIEDi' URU]ZU SIEDl' UMUN 

Demeure + ia favorise , ville -|- ta favorise , seigneur 

KÔVA 

du repos ! 

Assyrien. 

Jntka naplU alaka naplis bel ' nuh 

Ta demeure favorise , ta ville favorise , seigneur du repos. 

i Je lis. KÛVA ou KÛMA, parce que je n hésite pas à voir dans 
ce mot un dérivé, et probablement à Forigine-un participe, 
du radical verbal KÔ, dont Téqui valence avec ni 3, comme 
avec 2VH et'JÛ^, est bien connue (Sayce, Assyr. gramm,, 
p. Ao , n* 46a ) , et que la formation de kuva , tiré de kû , est 
exactement parallèle à celle dé >^T^T ^| gCta , participe 
d-e- ►^T^ &ô /« parler, dire ». 

Le; signe ^^] est donné dans 'des gloses relevées piar G. 
Smith (Phon^ val,', loa) etM. Sayce (Assyr. gtamm., p. i4, 
n? i42) comdne ^susceptible de la lecture phonéticjue ma, va. 



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11 n*y a pas à douter que ce ne soit ainsi qu*ii doive être 
transcrit dans la majeure fd^Xèaes cas où il représente en 
accadien un suffi^^ii)^ dérivation. I^éNis en avMï^la preuve 
formelle {^t^^W^v^H^ï^f 'ÛSlf, àtàmiéi exenipèii îont très- 
multi|diés dans les textes bilincfues et qui s'y montre comme 
un synonyme exact du sin^lWfÈ^=dahiâ (Syllab. A, 3ii), 
f s'appro^^^i;,;^e, sattaquer,|j^ hébr. nm. î.,.;^,^ /ir 

la variante orthographique i^f fcf^ qft ^(^ïll P^I^'AWttf 
le phonétique ordinaire et indifférent de la syllabe ma=.va, 
dans W. A. I. iv, 29 , 3 , rec^jç^j^/^49-5o. L exemple est em- 
prunté à la 4* voix, pu SDTE ou soteva prennent une siimi- 

[. .. ,» ï»^^'W 1 A •*: ^:"'-rL '^^^''^^ 

ucation que 1 on rend par \e sémitique np? « prendrej». 

Accadien., 

INE ZI BARMUnSIB 

/lOiffci' ettetféemenl ^^^'«fe (pour'W)^me TaccontMs 

lU^ifV^lfff •'♦H707r,l 6)~[-0lll/ .MXnOYJi* " Ul f 'ilO^ffliU 

^ SÂ-Bn.DU SUrEVAB 

ia douleur du ccfeYif^ a^j^rée -|- ^a. 
' ^fxjor J/It 
Assyripn. 

.n')[T/22A 

kinis napUsinni va' liqe nnnini 

^TKf'.T wl) luon^i'ji" .o^novicn offiv cl .yjihovcl fiiu^rnal) «1 

La version assyrienne, dans ]e verset que nous commen- 

^nft(>>^Vf^^ilfe^fi^ot.d0)feEKlfrq leioâ(A«^V\¥jJ^iir^t 

J2S ,ùyi eb èiit ,iv7ij;i eh noiJcnnol r,l oup Jo ,(c9A "n ,oi ,4 

( EoC , p. 3 a ). UDDA = U1TU : W.As'iII) m^H^q 1. £i> LSîC3n**> 
DQ|>i,^29^f^i$H« 49«k:()N^i^imèk>lôfflDèéiltett ^^SyiPtt,^iWl-k. 
ï. jy^ î^^,.^^,^6.^qt*^)c«oijw» ittj«t(non pAr-^ qui^llétl^ 
«flH^f^ ^j^l^Mt^i^j^Bi dfe'jKidkb^««neyi^(QÉfUiafttaii^ï 

XII. 28 



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422 OCTOBHE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1878. 

repr^ente la.notion.de «joor» dans, le sens de temps. Nous 
en ayqns 4a preuve dans W. A. I. ri, 4d, 1. i3 ^ a-b, o«r une 
gtose donne la prononciation ukurilu (il faut ainsi Gorriger 
le texte imjHrimé), avec élision d&U preiatère couenne à la 
rencontre de dq, pour T adverbe composé ^f ^^ f^T ud- 
QOR-K.0 , mot à mot «jour -f autre + poiip»=éi/ia nutima • en 
(quelque cas que ce soit ». Il £aut donc lire dans W. A. i. ii , 
io,'L aa, o<i : uqubi^u uhameku (pour ui>-NAME-xju)='tf7ia 
matimaana arkar^i « en qudquo cas que ce soit, à l'avenir » 
(sm* le preimer de ces adverbes voyeat encore W. A. I. ii , 
lo, 1. à, od; ^ second est traduit €uia atkit yume «pour la 
amtt des jours», dans W. A. I. n, 48, 1. i3, a-b).' Nous 
comprenons ainsi à quels cas et à quelle altération du mot 
UD «jour» fait allusion Syllab. A, Si, quand il explique ^J 
par u =yumu. 

(4) On trouve sur la tablette, dans la version assyrienne , 
^lï= 3 ff ^Jîiîî. r^T- Il paraît évident que^| est ici une 
faute de copiste assyrien pour ►^J et qu'il faut lire yana* 
zazku , forme contractée irrégulière ^out yujiazzcLZuka , 3* pers. 
plur. présent du paël, avec suffixe de la 2* pers. sing. C'est 
du moins la seule manière de rendre un compte satisfaisant 
de l'étrange et impossiUe forme veii)ide que nous offrent la 
tablette originale et sa reproduction lïlliographiqvfe an- 
glaise. 

SARADANGUB, qu6 traduit cet ynnaztuku, est la 3' pers. 
siiig> prêter, djài** indicatif de la i3* voîx d'un verbe gub. 
O^. même veibe, à la iBème voîk, nous avons le singidier 
prétérit de Tindioatif impersonnel au verset ig de notre 
hymne : sakadagub == izzazka. Au verset a 3, c'est rknpéra- 
tif conjonctif de la i'* voix, avec suffixation du pronom per- 
s9Dadrdeil|t,3' pers* comme régime : uagobban « fixe-kii et » 

. GW le.sémitiqiie U^ dont le sens assyrien est^«fiMr», 
et quelquefois' intiianmtÎYeaMnt « se fixer », qui rend fresque 
Qonstamm^nt i'idéogramme ^^f v qMapd il ei»t lu par 1« rat* 



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HYMNK AU SOLEIL. 423 

dicttl Gtm, lettre enregistrée dan^ Syllab. A*, loo, et déter- 
minée par la forme de prolongation en ba , ^^^ «^^ GuïBAr 
En voici quelques exemples : 

iNGUB (3" pers. sing. prêter, du i^*^ indicat. de la i"' voix) 
= izziz «il a fixé» : W. A. I. n, ii, L 70, g-h. 

ABANistiUB (3* pers. sing. dn a* précatif oëjectîf de la 
i" voix) =Ziflwi« •qu-il fixe» : W. A. I. 11, 18, 1. Ag» a-b. 

GUBBA (participe de la 1'* voix), dans : àiLA gubba mes 
«(sur) les routes s*établissant eux»=ma suqi ittanamzdzà 
(var. ittanazaziij Tun et l'autre pour la forme régulière Ula- 
nazzazu) siina «eux, ils s'établissent sur les routes » : W. A. 
1. rv", a, col. 5, 1. 1617 et 55-56. 

BADAGUb (a* pers. sing. prêter. 2" indicat. de la 2" voix) — 
ittaziz «il s'est tixé, établi»^ : W. A, I. iv, 7, col. 1» L ia-i3. 

GANlUTAGtift (pour GANiNTAGVB, S* pers. sing. i" préfcat. 
de la a* \ûi\) = lizziz «qui! fixe» : W. A. T. iv, 8, col. 3^-, 
1. 44-45. 

P^ABARANGUBBA (3'pers. sing. 2° précat. object. de la 3' voix » 
avec 3' pers. object.) = lizziz « qu'il fixe » : W. A. I. iv, 1 5, 
verso, 1. 27-28. 

XAPARANGUBin (contracté ppur ;^abarangubbus, 3* pers, 
plur. du 2* précat. object. de la 3* voix , avec 3* pers. object.) 
^ lizziz « qu'il se fixe » (la construction de la phrase et la na- 
ture du sujet, permettent la divergence de nombre que l'on 
observe ici entre Taccadîen et l'assyrien) : W. A. I. 11, i8j^ 

Veyeï encore, dans l'hymne k Istar, pufeKé par M: Frie- 
drich Delitzsch (AL, p. 73-75, 7) : . < 

Rectb, i. aS-M : MONiitt? gubba DIL gubgubba «pour les 
Saisis je ÙX&, au temps accompli, je fixe puissamment » =i 
itrtrt itkabul tet^ azzaz gitmalis azzaz « pour le retour pério- 
êitf^ des sai9*»Éis, je ftxë (les ch<!>ses), à leur matimté jV 
fele^éè eH*îse&)»; fdrmule répétée aux lignes 26-26 ^inj^ 

28. 



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424 OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1878. 

28; 'en ajoutant auparavant que c est «pour son pèse Sin et 
pour son Trère Samas que la déesse fixe ainsi les retours pé- 
riodicpies des saisons. 

Recto, 1. :i(>'3o : mara ai par-sarra munnagobba mdniku 
gdbba'DIL cij^GUBBA «à moi, mon père, celui qui répand 
la lumière, me fixe; pour les saisons je fixe, au temps accbm- 
pli je fixe puissamment » =yasi ahi Nunnàru ynlzizz4Érod'$uia- 
bul tereti nzzaz « pour moi , mon père Nannar (l'illunnna- 
teur) m'a fixé; je lixe le retour périodique des saisons ». Yul- 
tizzanni,^uT yaszizzanni, est une forme contractée du 
schïiphei ; la forme pleine serait yusazzizarmi. 

Ce qui est étrange, c'est qu'aux lignes 3-4 du recto du 
même document l'auteur de la version assyrienne a traduit 
GUBBÀïu NE pat" ina uzuzlki , ce qui semblerait impliquer l'idée 
de mouvement appartenant à la racine Tlî (d'où ttzazu)^ au 
lieu de 'Celle de fixité et de station qui s'attache à la racine 
nJ;,marsi il faut supposer que uzaza est ici pour uzzuzu. Cf. 
un second exemple analogue dans W. A. I. rv, 5, col. 1, 1. 65 
et 67. 

Daiis W. A. I. IV, 3o, 3, recto, I. 43-44 1 nous lisons : êa 
UBU6TA NAMBAGUBBU NE = ina tubqàt bit la tattanamzaz • dans 
les régions cardinales du ciel tu ne t'es pas fixé ta demeure » 
(l'accadien emploie ici la 3* personne au lieu de la 2*; c'est 
ce qui arrive fréquemment dans les hymnes). Puis, aux lignes 
suivantes (45-48) : 

£a gabagub nambabbi en = ina bit hizziz la taqabbi « tu n'as 
pas dit : Je veux me fixer dans la demeure » ; 

Obobta gabagub nambabbi en = ina tubqati Inzziz la ta- 
qabbi «tu n'as'pas dit : Je veux me fixer dans les régions du 
ciel ». ■ ♦ 

^ Remarquons en passant dans ces deux exen^les , à cause 
de sori importance grammaticale à& premier ordre , la form:e 
insolite de la 3* pers.sing. du 3' précatif, gabagub, au lieu 
de l'habituel p^abagub. Elle prouve d'une manière définitive 
que , si 4a préformante de ce mode revêt d'ordinaire la foFine 



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HYMNE AU SOLEiL. 425 

^A' (et même x,^), son tyjpe primitif, conservé dans qvielques 
rares exemples, était ga; quelle ne différait donc pas. esaçn- 
tiellement de celle du i** précatif , t^ i qu'il, faut lire gaî^ (el 
non X} y comme le voudrait M. Friedrich Deiitzsch) » puisque 
nous en avons qudiquefois la variante orthographique ^|||J 

»•— [ GA-ATI. . , 

W. A. I. ir, i3, 1. a-i, a-b, nous o£Pre aussi, dans.une, série 
d'expressions du langage commercial, KtjTA-GUBBA^.mol^v à 
mot «en argent f^xant, garantissant n . c'est-à-dire ,« garantie 
réelle, ^ge^ couverture», rendu en assyrien manzazanu. 
Nous en avons méme^ dans la ligne a3, arb : kijta-Gub^as 
MiNiNGUB = ana manzazani yasziz « il lui a garanti en garan- 
tie réelle ». 

Quelquefois c'est par ]1D , au lieu de.Tî3 , que *^^ est.,tr;3- 
duit en assyrien : 

GANENGUBBA (3' pers. siug. i" précat. de la i" voix)'= 
la kayan « qu'il se place , s'établisse » : W. 'A. I. iv, i5 , 'verso 
l. 18-19; • • ' 

GANENGOBBUS (3* pers. plur. i" précat. de la i" voix) = m 
haynn «qu'on place» • W. AJ I. iv, i5, verso, 1. 22-23; 

;^ABANGUBBA (3* pers. sing. 2* précat. object. de la i" voix 
avec 3* pers. object.) = la kayan «qu'il place» : W.. A. I 
IV, i5, verso* 1. 39-^0. . , 

Voici maintenant un exemple où c'est le paél passif , de ps 
qui rend la 2* voix de gdb : (D. P.) IQ sakkul ibtangubbus 
«ils fixent la porte et le verrou» = dalt'u a élkura kunnu «la 
porte et le verrou sont fixés » (W. A. 1. 11, 1 5, 1. 2 et 3, a-b). 

Pour ce qui est de la signification du verbe TU « fixer » , 
propre à f assyrien, on peut encore citer comme la caracté- 
risant d'une manière particulièrement nette l'exemple d^ L. 
Ao, 1. 3, saqis nanzaza (pour /(azza^;^^ :permansif du; paël 
passif) «ils sont fixés en haut». Un autre dans L. ^p, 1. 4i- 
Mais c'est surtout dans les acceptions de son dérivé mar^zçLfu, 
que cette signification de la, racine est bien plaire. ^ ,'^ 
. JNous lisons dans G. Smith, Assarh,,f. 277, 1. 60, en par- 



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42Ô OCTOBRE-NOYeiiBR*:-DÉ€|;irlBRE 1878. 

lant de la déesse Belit, sa itti Anuv u Belav sitliitat majizazâ 
« qui est établie fixennent daâs la domination avec Anou et 
Bel». Les ofiBciers de cour que Ton scpçeMQ manzaz pani 
(Senn. Grotef. 1. lO; Senn. Tayl. col. i, 1. 3o; W. A. I. n, 
5i, 1. ^7» f; correspondant accadien WR ou arik sîga, W. 
A. I. Il, 39, 1. A8, g-h) ou izzaz pani (W. A. I. ni 3i, i. 63^ 
c; correspondant accadien GU^ lui, ibid, 1. 5a, e), sont ceux 
«qui se tiennent constamment en présence» du roi. Dans 
T%1. col. 1, 1. 96, ana manzaz bit-sadi-matati ana daris veut 
dire « pour demeurer éternellement dans la Demeure de la 
lÂontagne des pays». G. Smith, Assurb., p. 161, 1. 87-88 : 
Tammaritu sepâ sarrutiya yunasiiq va qa^ifuru yusesir ina zkf- 
nisu manzaz masariya « Tammaritoi^ baisa les pieds de ma 
royauté fît aj^iiqua sa barbe contre le soi iixé à Tescabeau 
de mes pieds. » 

Au concret , manzazu est toute espèce d*« objet Iixé, dressé »^ 
comme un « mât » ou un « poteau » planté en terre , gisgal 
(voy. Syllab. A, 267, qui donne ce mot comme lecture acca- 
dienne de Tidéogramme »^^m|); c*est ainsi quil s'applique 
aux deux figures colossales qu Assourbanabal enleva de la 
porte d'un des temples de Thèbes d'Egypte pour les trans- 
porter en Assyrie (G. Smith , Assurb. > p. 54 « 1- 76 ; voy. ESC , 
p. i55). 

Dans W. A. I. 11, 1. 4i, c-d, gi gXjbba amkmi =^tnan[zaz 
sep]isu est «la plante de ses pieds », c'est-à-dire la partie du 
pied sur laquelle on sç tient fixe. W. A« 1- iv, 3 , coi. 1, 1. 4o : 
KÎ-GUBBÂNiTA iJifENioiD>=^iiia munzazi sursusu «couche-le sur 
son séant ». 

JO. 

\CC\DIEN. 

îrs A k[--h:=ïït 

.... JLV SAR GALLAGB 

la foule (i) grandement (a) 



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UYMN£ AU SOLEIL. k%1 

LABBAR? 

action de regardei' 



t^r^ ^^i ri -r^- :::ïï :zA tr^ 

IN^fABÀKE^E 

ils fia + font (3). 

ASSYRIEN. 

sa kis-sat nm-a-ti mbis yu-fo^^-ka 

des foules des pa\s grandement te regardent. 



(i) L'équivalence de ^, lu sar, avec kissatav «foule, 
multitude, légion» est donnée dans Syllab. AA", 1/4. Les 
autres interprétations du mot accadien en cet gndroit soht : 

mâdu « nombreux », 
sumdau • multiplication », 
rabu « grand » , 

buliudu « action de se presser en troupe» (voy. dans Tigl. 
col. 7, 1. i3, l'expression de buhade sine pour désigner «les 
troupeaux de moutons ») , , , 

sutabu «action de faire aller» (infinitif de ïistapkal de 

sutemuqu «prière fervente» (sur ce mot, voy. W. A. L 11, 
.H9J.68,d), 

dus^û « germination , pullulation » , 

nuhsu « abondance , fécondité » , 

gitmalu «généreux», ou bien «mûr, complètement formé, 
accompli », 

nakasu sa nulm * être fécond, produire abondamment ». 



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428 OCTOBR£-NOV£MBR£DÉ€EMBRE 1878. 

(a) GALLAGB est le cas relatif de gal « grand • (sur lequel 
voyex la note a du verset i). Nous le voyons ici, et je n'en 
connais pas d*autre exemple , employé comme adverbe avec 
le sens de «grandement, majestueusement», ainsi que Téta- 
' blit la traduction assyrienne par rabis. Mais on pebt relever 
dans les textes qudques autres faits parall^es de cas relatifs 
d*adjectifs devenant adveii)es, par exem[de la;^la6age (de 
LA;^LAx)t pour dire • brillanmient , en brillant ». 

(3) Nous avons ici une expression composée d*un substantif 
^E|= *-f-. dont la lecture labbar n'e^t même que probable 
et non pas certaine, et dont on n*a pas encore relevé d autres 
exemples, puis du verbe âk « faire », à la 3' pers. plur. prés, 
du 1*' indicat object de la i** voix, avec incorporation du 
pronom objectif de la 3* pers. Le sens est révélé par la ver- 
sion assyrienne qui emploie k rendre cette expression ^opo^^a, 
aoriste du paël d*un verbe npD, correspondant à Tbébreu 
npDv arabe Jk», avec le sens d*t ouvrir les yeux pour regar- 
der». La même traduction est donnée dans W. A. L nr, 19, 
a , 1. 4a -43 , pour une expression accadienne composée de 
la même manière , mais où le substantif est difiEérent : 

Accadien. 



DEGARZOXD 

Flamboiement + ton + 


DU66A: 

vers contemplai 

6AL6ALBNB 

très-grands. 

Assyrieu. 


ion font 


ANA 

les dieux 


ana natika 
' Veis ta lumiën> 


yupaqqu 
regardeiit 


i7î 
ie& dieux 


rabttti 
grands; 



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* HtMNE AU S'0*LfelL. '• " fi29 

H. ■■ 



.^T -y ^:ïï ^ :::! m 4M«<" 

sÀmuradablagie»- , . . 

le conduisent ensemble. 



sa 


same (ANe) " à îrsitiv (Klliv) 


ka-slt 


du 


ciel ' et de la lerre 


J^'(}\ 




iz^za-aZ'ZU-ka 


- ■ ,.^ 




te conduisent. 


- > ' } 



[t) Kasa 'est l'accusatif d'un pronom renforcé et pi*ès(jUe 
démonstratif de la a' personne du singulier, dérivé du thème 
du sufiBxe ka parallèlement à celui déjà coilnu kâtu. De' là 
même façon , pour la i ™ personne , du thème suffixe ya déri- 
vent parallèlement Tun à l'autre deux pronoms dé même 
nature, yâti et yâsL Ce dernier n a pas encore été signalé 
dans les grammaires, mais quelques exemples en rendront 
certaines l'existence et la signification. 

Anayasi a zirritiya qiribta tabta liqrubuni « pour moi et mon 
lignage, qu'ils protègent d'une bonne protection». Tigl. 
col. 8, 1. 34 et suiv. 

Ina kakki izzute sa Assur bel isruka ana yâsi takuUi amma- 
niya adki « dans les armes puissantes qu'Assur, le maître, m'a 
accordées à moi, j ai rassemblé les serviteurs de mes armées ». 
Assourn. col. 2,1. a6. 

MARA AI PAR-SABRA MUNNA6UBBA «à moi, moupère^ celui 
qui répand la lumière , me fixe » =yasi abi Nannara yulziz- 
zanni «pour moi, mon père Nannar (l'illuminateur) m'a 
fixé», Friedr. Delitzsch, AS, 2* édit. , p. 78, 7, recto, 1. 29- 
3q. 



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430 QCTOBRE-NOVBIilBM£-D£C:*iMBRE J878. 

Les deux démonstratifs saatu et sâsu sont les pronoms 
exactement correspondants pour la 3* personne, l'ormés de 
ia même manière sur le tlième du suOBxe 5a. 

ACCADIEN. 
GÛAS BAR SIBARRI EN 

en ordonnant décision il leur décide ( i ) certes ('i). 

Ad»TRIBN. 

...... 1 par-ia-a ta-par-Ya-aê-su-na-ti 

5 la décisiçn tu décides pour eux. 

(i) Nous avons encore au verwt 23 : gûas barbi babrah 
« en commandant , sa décision décide-la » =c fmrasmsu parus 
«tdécide la décision qui le concerne ». 

Dans les deux exenyles, »^r^T •^ gca»» que la version 
assyrienne ne reod pas à part , est un advwbe régulièrement 
formé sur le substantif GU « parole* ordre » (qibàj dit Svllal». 
AA, 59). ■ 

Les sulistantifs përéû et putttééa , ainsi que les formes ver- 
bale» ^oponW (3*pers. sing. prés, du paôl) litpiirii^ (impératif 
du kal) , sont à rattacher à la racine D")S , qui, dans les autres 
idiontes ftémitiqaes , â a que Tacoeptioii ou^érielie de •« oou- 
per, diviser, taiUer», mais qin^-ea assyrien, prend la sigiiiii- 
cation morale de ■ trancher, décider •* A «n Bst de nâénoe de 
là racine très- voisine y^D , qui , à T acception première de 
« fendre » couper » , pm^fu (ef* p«rw/ftv « (Hiveriure * entrée »)*, 
joint celle de « décider, ordoimer, conunander » {parifu, par§u 
ordre, oommandement i») , pour laquelle Tarabe distingue 
^jbjj de ^j». Voy. Friçdr. Delitfâch , AS,p.' 1 33. 

•Cette signiGcation n'est pas enregistrée parmi la liste nom- 



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HYMNE AU SOLEIL. 4^1 

bre^ise, usais. eooftremooiinplÀie, des exfiticAtions de Tacca- 
dien »--f— rah , que doniae SyllaJb. CC; mais notre texte nous 
permet de cotaj^éter ici avec certitude les indicatioas du Syl* 
iabaire, puisque bar y est le substantif que traduit paridsu, 
aABftA Timpératif de la î*' voix que rend p^rms et jsiibariu.. le 
singulier présent de l'indicatif impersonnel de la 4' voix 
expliqué tofmrras, D'ailfeurs W. A. I. ii, lâ, 1. 65^ e-f, donne 
aussi BAR = parafa. L'étude du cercle, infiniment étendu et 
varié , des significations de *-| — bar en accadien ne saurait 
être faite ici dune manière complète; elle exigerait à elle 
seule un mémoire spécial et d'un développement considé- 
rable. Disons seulement qu*il semble y avoir eu deux radicaux 
»AR , iioiiiopkones et représentés par fe même idéogramme , 
mais parfaitement distincts; et que Tun d'eiyt, celui qui, par 
un enchaînement d*idées parallèle au passage des sémitiques 
y"1D et D")D à la notion de « décider, commander », a pu par- 
venir à la même acception , est celui dont le sens premier 
semble avoir été t diviser, couper» (parasu). De là, dans 
d'autres directions de rayonnement de ses acceptions, l'em- 
ploi bien connu de »-| — bar pour dire « demi, la moitié», 
et aussi »- | hAR = ahatav «ailleurs», ahâ et ahitii «autre» 
au masculin et au féminin, que nous donne Syllab. CC, 33, 
36, 38 et 39. 

Le radical veribal accadien kod nous offre exactement la 
même filiation et le même enchaînement d'acceptions que 
BAR. Sa signification première est celle que l'on rend en assy- 
rien par nakcUu^ et gasuxru «coup^» trancher ». Dans W. A. L 
IV, 3o, 3, recto; L 45-56, nous avons ; Kiâ^AiL KPdda == asm 
panu M milieu séparé»; cf. W. A. Lu,, ^&, Li66, d-e. Mais 
facc^ption la pl«s oïdinaire die 'kud ^ et proL i^udda , est « dé^ 
cîder, juger» (ddmi* W. A» L 11, 7, L 22 et 23, e-f) , et 
même par une nouvelle dériv^on « conjurer » (tamû : W. A. 
I. II, 7, L 24 et26, c-d). 

(3) SN eut une paHtoule explétive que Ton rtncoeÊtré aà$e^ 
souvent dans les textes poétiques acoadiens , après le verlbtB 



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432 OCTOBRE-NOVEMBRE-DECEMBRE 1878. 

qui termine une phrase. Le sens en est eneore fort obscur, 
ce|>ehdant elle parait avoir un caractère conlirmatif , coiïmie 
là dans Tassyrien sémitique. C'est pour cela que nous tradui- 
sons par « certes » , faute de savoir la rendre d*une manière 
plus précise. Oh sait, du reste, qu*il n*y a rien de plus diffi- 
cile à traduire d*une langue dans une autre que ces particides 
explétives, destinées à ajouter de Ténei^e au langage. 

13. 

AGGADIBN. 



INB MININBABRl 

faveur il lui départit (i) 



EN 

certes. 



ASSYRIEN. 

. . . .n lap-pa-al- la-as 

tu te montres propice. 



' (i ) Dans la versiôri'assyrienné \ tUppdlas est une orthographe 
i'rrégulière pour tappalaé ou tappàllaé, 2* p. sing. présent du 
niplial de dSd» Sur le sehs partictdi'er de « protéger, favoriser, 
être propice, traiter ave<i miséricorde • , que le verbe assyrien 
prend à^ cette voix et dont les exemples 'sont très-muhipliés 
dans les textes , voy. ESC , p. 26. 

Le nom, servant de régime direct au" verbe bas (que nous 
avons ici à la 3' p. sing. prés, du i*' indicatif de la 5* voix, 
avec notion de ia 3* p. obj.], que représente T idéogramme 
4\-i est IN E « attention • , et par suite « grâce , faveur •. 



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HYMl^E AU SOLEIL. 433 

C'est ce qu'établit W, A. L iv, ag, 5, où à deux reprises 
nous avons la même expression , non plus représentée par ^|- 
•-]p-, mais avec l'orthographe purement phonétique ti^ 
^^ ^y i-NE substituée à l'idéogramme ^|- : 

Rech. I. 4g-5o : inb zi bar-munsib {a* p. sing. , prêter, em- 
ployé en aoriste pour le futur, a* indic^t. abject, de la 4* voix , 
conjugaison postpositÎYe, «tu me feras e£Bcacement grâce» 
= kinû naplUinni « fais-moi grâce eflBcacement •. 

Verso, 1. 5i-5a : mulu inb barrazo (a' pers. sing. du 
i" indicat.de la i'* voix, conjugaison postpositive) = ameliv 
tappalaéi « tU accordes ta protection à l'homme ». 

Cf., dans W. A. L iv, 9, recto, L aa-a3, t^ ^Z^HJ 
iNE traduit f^T^napluéi « l'action d'être- propice ». Le sens con- 
cret primitif est «prœsentia, conspectus», assy. patm, ma- 
liru. Dans cette acception, l'idéogramme avec lequel s'é- 
change quelquefois son expression phonétique est »^T*^. 

Comme synonyme de l'expression {^ *-^ ine bar , rendu 
aussi en assyrien par le niphal de d^D» "O'i* avons quelque- 
fois ^|- M>£| INE SI , où le verbe est àî « donner, accorder » : 

W. A L IV, 7, col. I, L 16, et aa , i , recto, 1. 48 : silig- 
MULU-^i INE iMMANài = moroduku ippaliéévL «Maroudouk 
(accad. Silik-moidou-khi) lui a accordé protection ». 

Ici et dans les deux versets suivants , le texte açcadien , après 
s'être directement adressé d'abord au dieu Sc^eil, dans le 
début de l'hynme, parie de lui à la 3* personne; la version 
assyrienne, au contraire, modifiant sur ce point la construc- 
tion du texte primitif, continue à. adresser le discours au 
dieu, en employant la a' personne, CestpouY» cela qu'au ver- 
set précédent,. qui ouvre cette, nouvelle partie deifhyBfme, 
bien que la version sémitique donnât taparrcd, une %*, p. , 
nous avons traduit par la 3*, daps l'accadien, l'indicatif im- 
personnel siBARRi , qui pouvait étrjB aussi bien entendu de 
l'une que de l'autre. ,. 



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43* OCTOBRK-iNOVBMBRE DÉCEMBRE 1878. 

i^OT -jiTEi:^: -H 

GB BAMBBI (l) EN 

iJ prend certe». 

ASSmiRN. 

qa-di tu^êa-ith-hsHU 

' tu fais prendre. 

(i) Rien de mieux connu cjoé la signification de Fidéo- 
grammc j trft quand il représente le radical verbal accadien 
DIB (Syllab. AA, 4a), et. proL pibbi (voy. Sayce, Assyr^ 
(jramm., p. ^2 , n' 484). Sa traduction assyrienne pormale et 
presque constante est alors par le verbe salatu «prendre, 
saisir » , quelquefois par kamu « prendre posséder » et tamahu„ 
lamhu (hébr. ipi)) «prendre, soutenir» (cf. G. Smitb, Phon. 
val, 355). DansSyHab. D, i3, il faut lire : 



DIB . j Eff . tiâkaimn « aietmDjde pvndhv 



Ici, et je ne coonaift pas jttsqu^à pr^ni d'autre e^^^MUf^e 
analogue* c e»t par le «chapbel de TnN< «pr^ndpf , posséder • 
qu'est traduite û i'* voix, ûmfi^^ de dib^ 

badibbi est là S* p. sîng^. pré», du i* indicatif die la t*^ voix. 
(La suite à un prof hain rahier.) 



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WTES DE LEXICOGRAPHIE A8SYKIENNE.' 455 



NOTES 

DE 

LEXICOGRAPHIE ASSYRIENNE, 

PAR 

M. Stanislas GUVARD 



$ I . It existait en Assyrie deux temples très-véné- 
rës qui sont désignés , Tun sous le nom de {^IJU i^ 
E-KDR, mot qui signifie, dans la langue des inven- 
teurs de l'écriture cunéiforme , « temple de la mon- 
tagne » , l'autre sôus le nom de t^fflJ 4^ ^^TT ^" 
SAR-RA^, ce qui signifie «temple des légions [des 
dieux?] w. Le roi Binnirar (R. I. pi. XXXV, n° 1 , 1. 3) 
s intitule «restaurateur du temple E-Sx\R-RA)) et 
« gardien du temple E-KUR ». Les dieux sont souvent 
appelés fils du temple E-KUR ou du temple E-SARt 
RA , et c'est précis^ent ce dernier temple qui figure 
dans le riom de Tuklatpalesar (Tiglatpileser) , mot 

* Le signe ^ doit élre lu ici Sar puisqa4t est suivi du complé- 
ment phonétique ru. Sur SAR = kiSSàt « légions » voy. Lenonnant , 
Sftf. cm*,, p. »33, n* i4,et cf. R. IV, pï. 29, cd. 1, 1. 4i. — Je 
désigne- par R« le gnttté ivcneil d'inscriptions du British MusennD 
publié par Rawlinson et Norris. 



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430 OCTOURI>-i\QVBMBRE>DEÇEMBRE J878. 
dont le sens est.« ajdoratîon au fik 4u temple E-SAR- 
RA^). 

Il est intéressî^nt de constater que les mots E-KUR 
et E^SAR ont tous deux passé en assyrien avec le sens 
de « temple >i,le premier sçus la forme ekur^ le se- 
cond -^ous la forme eira, au pluriel . ^ir^fi. On. lit, 
R. III, pi. VIII, 1. 63 ; ina enfcttr-«-5tt uieziz «je la 
plaçai (il, s agit , d'une stèlç) d^ns son. temple»». Sur 
esréti, voyez $ i8. : . • 

Sa. M. Deiitzsch a cru pouvoir établir que le 
napt babui signiOe u aliment» [Ass. Th., p. 9). Dans 
les passages que je vais citer, ce mot ne peut se ren- 
dre autrement que par « famine ». Nous avons d'abord 
(Tukla^. L col. viii, 1. 85) les trois mots^un^a, ba- 
buta , l^usahha qui paraissent bien être synonymes. Je 
n'ignore pas que M. Deiitzsch traduit sanqa bnbuia 
par « manque d aliments » ; mais il mè semble que si 
tel était le sens, le scribe aurait écrit 501109 bàbuti, 
et n aurait pas mis sunxja et bubata expressément à 
l'accusatif. Et d ailleurs, dans une liste de R. , nous 
trouvons buhuta placé au-dessus de liasdfia et tradui- 
sant le nriême idéogramme ^jyj XJf (R.II , pi. XXXI, 
1. 2-3; cf. pi. XXXIX, n° i4, 1. 55). Une autre listé 
de R. (il, pi. XXLX, n!» 1 r^ 1. Sy, 38 et 89) nous 
fournit une variante de habaty à savoir ab-bu-ta. Cette 

* Ce fils du temple ËJSAR estiedieu Ninip, comme Ta déjà.sup- 
pom^M. Schrader, ABK, p^ 1 5 1 ; mais ce savant s*est; mépris sur k 
lecture et le sens de ESAR. 



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NOTES DE LEXICX)GRAPHfE ASSYRIËNiNE. 437 
variante est placée entre sunqa et fiahhhu , et, comme 
ces mots, elle traduit un idéogramme composé, dans 
lequel figure le signe commun f\i fcy^J. Il est fa- 
cile <le voir que ce signe doit exprimer Tidée de 
u manque», car fidéogramme complet placé en face 
de iLUsa^tiu «disette» est tijyjiz ^< ty^J^ Le ca- 
ractère ^yyy= est bien connu; il a la valeur d'ali- 
ment; donc f\i ty^y ne peut signifier que « manque, 
privation ». Ce mot ubbuta nous ramène à une racine 
ebilu qui correspond, lettre pour lettre, à larabe 
Lla^, d'où k?i, aIsap « prospérité ». On sait qu'en 
arabe même nombre de racines réunissent deux ac- 
ceptions diamétralement opposées; cette catégorie 
de verbes a reçu en lexicographie le nom de 5|4>môI; 
Dans les rapports de l'arabe avec l'assyrien , l'on ob- 
seiVe très-fréquemment ce phénomène. C'est ainsi 
que le mot assyrien nahm signifie «prospérité », tan- 
dis que l'arabe jtJ^ exprime l'idée de « sort funeste ». 
Il n'est donc pas étonnant que kx^ signifie en arabe 
«prospérité», et qu'en assyrien ubbata ait un sens 
opposé. 

Pour en revenir à babatu,je regarde ce mot comme 
une corruption de ubbatu, et lui attribue la significa- 
tion de « famine » , signification qu'il a manifestement , 
d'ailleurs , dans un passage d'Âssurbanipal (éd. Smith , 
p. 1 09), où il est dit que les Elamîtes s'enfuirent en 
Assyrie, devant une bubat 

* Urie fracture a fait dUparaître le premier éfément de. l'id^b- 
prajKljme auquel correspond u^aiu. 



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438 OCTOBRË-NOVEMBRE-DÉ€£MBRË 1878. 

De ces faits il r^ulte que la traduction des deux 
exemples cités par M. Delitzsch doit être modifiée, 
à moins, toutefois, que babat n^ait réuni en assyrien 
les deux accotions opposées de « famine i> et u d^ali- 
ment». Peut-être, outre le sens de «famine», btAai 
avâit-il encore celui de « faim ». C'est ainsi que l'ont 
compris MM. Oppert et Lenorm^nt dans leur traduc- 
tion de la légende distar. 

S â. Le mot ttibi ou hipi, qu emploient les scribes 
assyriens pour avertir le lecteur quun mot est illi- 
sible , a été jusqu ici traduit par u effacé ». Le vrai sens 
est «brisé, fruste». En effet, le verbe fjiapu doit se 
rendre par « bri$er » dans ce passage : kima karputi 
lUjipasa a qu'on le brise comme un vase » (R. I V, pL XVI , 
n"" 1,1. 6i). Traduisez de même uje brisai conune 
un vase » le karpânis a(ffi et karpânis ufiappi des lignes 
là et 8 o de la grande inscription de Kborsabad. La 
phrase de Tukla^alesar I : sa narutiya u iirhmeniya 
ihappu (col. viii, l. 63), signifie «celui qui briserait 
mes stèles et mes cylindres». 

$ 4. 'L'inscription de Tuklatpalesar I nous offre 
une expression qui revient souvent : pagrimna harri 
a bamâte sa saâi lasa^di «je répandis leurs cadavres 
sur les flancs et dans les harri de la montagne ». Que 
i^ignifie au juste le mot harri? Deux passages de textes 
historiques ne laissent aucun doute à cet égard. Les 
Aorri senties « torrents w.JNous lisons, en eflet, R. I, 
p\, XXXIII, col. ni, 1. 4p-4i : pagrisanu }iarri nai- 



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NOTES DE LEXICOGRAPHIE ASSYRIENNE. 439 
bojq sa sadi là umalli a je remplis de leurd cadavres l^s 
hLOrriqvLi coulent delà moiitiçne»), etR.III, pi. VIv^, 
1. 3a-33 : pagrUnnu harari natha(f ^a sadi umalli avec 
la variante l^arurtK 

Le verbe taba^a (ou etoèaf a) « veràér » , d'où nathaq, 
est bien connu ; mais je ne crois pas qu'on ait encore 
signalé une acception particulière de son nipbai. Na^ 
bmfVL se prend non-séulément dans Tâcception dé « se 
répandre, couler»; mais encore dans celle de «se 
lancer >r , par exemple, sur la mer, dans des vaisseaux. 
Cest ainsi qu'on lit, R.III, pi. VIII, col. ti, 1. 77 : 
ina etippt,,), . ana tamdi illûhqâ. 

S 5. Il existe en assyrien un verbe (fâsa , dont plu- 
sieurs passages de rinscriptîon de Tukfatpalesar I 
nous permettent d'établir le sens avec certitude. Ce 
verbe signifie «donner, faire cadeau de», et aussi 
CI ordonner n. Il a le sens de donner dans le passage 
suivant, où il alterne avec le verbe bien connu sa^ 

raka <» donner » : Ina yn mi su-va I nir-ma-ak «- 

pari sa ki-^sid-ti a ma-da-^U-îè sa mat Ktim-ma-lti a-na 
A-sur beliya a-^is; 1 èa-èi raq-qi eri iHi ilânisunaa^ila 
Bin ramiyaû^-rjûi-nk. « En ce jour, j ojjfm à Assur, mon 
seigneur, un nirmak de cuivre, provenant du butin 
et du tribut de la Commagène, et je donnai à Bin, 
mon protecteur (littéralement : qui m'aime) , 1 sosse 
de plaques d'airain , ainsi que leurs dieux. » (Col. 11 , 
1. 58-62;) On peut compiler avec ce. passage : erahx-a 

* Harri doit donc être rapproché de larabe Iâ. « endroit du 3oi 
labouré par ufi torrent* ,: et de yjsj^ t ravm ». 

î9- 



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44e OCTOBRtiNOVKMBRË-OÉCEMBRE ISIS, 
lu a-na Bin beli rabiramtya a-ffii « cet airain , j «n fis ca-r 
cUau à Bin, lé grand seigneur mon protecteur » (coi. iv, 
1. 5-6), et cest encore par «donner, accordera ^î^ 
Gonvient.de traduire la forme to-f i-ia-ia (coli i, 1. aSr 
21$) : A-lari-da-ia f^ra-ta xfor-du-ia ta-qUia-^su « voq$ 
lui avez accordé la primauté, la ;$^prématie■et la bra- 
voure n. Cest, au. contraire, avec llacception d*ordoi|- 
i^r qu*apparait ce mêmfi vçrbe. dans cette phrase -de 
la même, inscription : su-gul-la-oL. .,. . • sçl A-sar, m 
fi^in-ifi, ildm ramiya e'pi'e$ bu- -ri i-qi-su-ni « dççs trou- 
peaux... quAsur et Ninip, les. dieux, mes |)roteç- 
teui-s , (m )avaient ordonné de prendre à la chjStôse (2) » 
(col. vni, 1. 4-8). Le mot bu-'-ri ne laisse pas d'être 
embarrassant. D après les exemples cités par. Norris 
[DicL, p. 78), il me parait désigner la chasse et la 
p/îche, , ' , » . \ . . ... • ., ' 

Pour en revfinjr à la racine, ^oiii., signalons encore 
le participe qaU , auiéminin qaimt , qui doit sç rendre 
par M donnant »« dam le passage, cité chez:NpiTb., 
Dicty Pj, 941.. Le pael uqais (Nprris, Dict,^ p. *ji&) 
signifie ^ j ai gouve^é » ^ eit jioq ^ J coUected y>. Enfi|i> 
le.iiiQt.bien coi^nu kis-sorut n\e parait devoir être 
Ivi ^qisuf » et. traduit 5(50UYei:ain^t6i n. Cf. Norris,. PicjL\ 
p. 73fi| : ana qUutjnatâti ehe^a Uifm^ simatsu ail la 
destiné k exercer la souveraineté sur les contrées ». 

$ 6. Le mot litât, quon rencontre, par exemple, 
dans Tinscription de Tukla^alesar I , coL vui, 1. 39 : 
li-ta-tii qur-di-ya , est généralement rendu par « récit » 
bu par u gloire ». Tel n en ,parait pas être le sens prè- 



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NOTES DE LEXICOGRAPHIE ÀSSYRIENfiE. 441 
cis. Litâi et son masculin b'/u signifient, à nen point 
douter, «hauts faits», comme ie démontre ce pas- 
sage (R.III, pL VIII; coL u, 1. 63) : Utiqisutiyasainà 
mal Sun elapjm a Les Uti de ma souveraineté qtie 
j'avais accomplis dans le pays de Su ri ». Ailleurs , Utât 
et un autre mot considéré comme assez obscur; to^ 
niiiu^, sont expliqués par ipHt « œuvre » : U-tOrat Aèàr 
befya khml'tiqar-^U'ti u sal'ma{t) ip-sit qatiya sa ina nuU 
Nar--ri e-pU'Su «les* litâi d'Asur, mon seigneur, les 
ianitti de bravoure et tous les faits accomplis par ma 
main dans le pays de^Naïri. » Liiu est originaire- 
ment la force; de là lexpression, fréquente chez 
Sargon, Uia a danana; cf. itfiale Mate y R. 1, pi. !i6, 
1. i3i. 

$ 7. On lit dans finscription de Tuklatpalesar I, 
col. I, 1. ai : a/ga sira tuapirâsu «vous Tavez coiflfe 
dune couronne élevée». Le verbe aparui^iW kàl et 
à laphel , signifie « coiffer », et à Tiphtael « se coiffer ». 
On lit, en effet, R. IV, pi. XLVIII, col. 1, 1. 5 : 
ajf nia iteiprav « il se coifi^ def sa couronne » , et Senh^- 
diérib(éd. Smith, p. mo), apira rasaa «je me coif- 
fai la tête ». Je reconnais dans cette racine aparu la* 
rabe ^-Â.x «couvrir», d*ou dérivent les motsybU 
« coifïure » et yiJi u casque ». 



S 8. On connaît le mot paras (rac. {Joj») dans son 

' H faut lire tanittu » tanita et non ta-u 
emment le pluriel féminin fandta. La va 
f»»t k ajouter au syllahnirp Ap M. Delit/.s<'b. 



' H faut lire tanittu » tanita et non ta-ui-tu, car on trouve fré- 
quemment le pluriel féminin fandta. La valeur nit du signe ^j^î 



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442 OCTOBRE-KOVEMBREDÉC£MBR£ 1878. 
acception de « commandement, prescription , ordre »>. 
Un passage de Hnscription de Tuldatpdesar I nous 
montre qu'il désignait encore une partie du temple 
où se dressaient les statues des dieux. Cet endroit 
était sans doute le sanctuaire où ies dieux donnaient 
leurs ordres, rendaient leurs oracles. Voici ce pas* 
sage : pQrr(Hii§ iUtisnnu rabiti i-na kirrilhia adrdi A-nû 
a Din ilani rahûti a^na lib-bi n-^se^ri^ib «j établis le pa^ 
rat de leur grande divinité dans lui (le temple); 
je fis entrer dans son intérieur (du faraf) les grands 
dieux Anu et Bin» (col. vu, I. 106-1 10), Le mot 
qu'on lit généralement pm^tu , et dont le sens dch 
racle est d'ailleurs assuré , doit être lu pirista , en vertu 
de la valeur polyphonique du signe ^yjgîz;::; [saq 
et ris}, et rattaché à la racine parasu. Au surplus , on 
a une preuve directe de la lecture piristu dans ce fait 
que, R. IV. pi. XIX, n*" 3, 1. A8-49, piri§tu traduit 
Tidéogramme ^"^ ^fc^T» *^<f"^l ^^t expliqué pai' 
p-ra-uf, ibid., pi. XVII r\ 1. 43-4 A. 

r $ 9. Le moi raadu, quon rencontre, par exemple, 
dans cette phrase de Tinscription de Borsippa : zch 
un-^nâ u ra^a-da u^na-as-au Ihbi'Uria^saf a été souvent 
traduit par <( foudre ». Un passage de R. (I , pi. LXIX , 
col. Il , dernière ligne) nous montre que râda signifie 
c( averse 0). On y lit, en effet : ra-a-du sa mé zunni 
xdaverse des eaux pluviales». Norris, Dict., p. 1, 
rend râdn par « tempest ». 

$ 10. Les interprètes des textes assyriens rendent 



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NOTBS DE LEXICOGRAPHIE ASSYRIENNE. 443 

très-différemment le mot irninta et sa vanaiite or- 
nintu. Un passage (R. III, pi. Vil, 1. 5o) en fixe très- 
bien le sens : ilkakét qurdiya ipsit arnintiya ma kirihsu 
altar. H est clair que, dans cette phrQse, ilkakat est 
synonyme de ipsit u l'œuvre , les faits accomplis >k, et 
arnintu , synonyme de ^^rda « bravoure , vaillance ». 
Les mots ir-nin^tu lam'liOrri''ya, quon trouve chez 
Tuklatpalesar I, col. vm, 1* 3g, signifient donc «ma 
bravoure dans le combat ». 

$11. Dans la grande inscription de Tuklatpale- 
sar, CI, 1. 5, le dieu Lunus est qualifié de irsa. Que 
signifie au juste ce mot? En comparant deux pas- 
sages de Sennachérib (éd. Smith, p. 4 , 1. i , et p. 5 , 
1. 3), dans lesquels ce roi s'intitule la première fois 
irsa itpisa, et la seconde rieu itpisa, on parvient à 
cette conclusion que irsa = riea [rHa) «pasteur, gar- 
dien ». Le mot irsa nous ramène à la racine trr-^ 
«garder, protéger». Ainsi s'explique l'épîthète des 
rois : lulima irsa; elle signifie au propre «bélier, gar- 
dien du troupeau» (cf. (jX*-i> «bélier» et «chef»). 
Sur laUma, voyez Delitzsch, Ass. Th., p. à 9. 

$ 12. Tuklatpalesar I se donne le* titre ài-sib-ba 
na-'-da « isibu illustre », à la ligne 3 1 de la colonne i 
de son inscriprion. Quel sens devons-nous attribuer 
au mot Uibul Une phrase de R. (IV, pi. XLIX, 
n° 2 v*, 1. 5 1 ) paraît identifier ce mot avec l'expression 
^ ^ ^^ ^^îî ^'^T ^^^'" mahlia « grand person- 
nage » , et cette acception conviendrait bien au pas- 



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444 OCTOBRE-fiOVEMBEE.DÉCEMBRE 1878. 
^1^ de Tuklaipulesar. Si cette hypothèse est jiKte, 
iiiba viendrait dune racine esiba, qui serait le repré- 
sentant de i arabe oUmai. , d^où d^ve cJLL, «valeur 
personnelle , ' mérite , illustration acquise par soi- 
même ». Dans ce cas, les mots ina si-par i-sib-bur-ti pa- 
rakkiiann, que Ion rencontre chez Assurbanipal (éd. 
Smith , p. I ()7 ) , seraieM tris clairs i ils' signifieraient 
« pour ^ lembeHissement de- leûrs'sanctUcrires » , isibut 
'^tant raèstrtiit de isibif. » ' • » > » * » ■ ' ■-' 

$ i3. On n a pa9 encore détijEiiUyeqient établi le 
véritable sens de la racine sadadjif en assyrien. D^^ns 
ses Études cunéiformes (PsXir. des TransqçL.of thç So- 
cieiy of Bib(. Arch.) ^ j^. ij5» M.Lenormant a rendu 
antoUa ana libbisu isdad ppr a il arrêta une résolution 
dans son cœur». En réalité, çette^phrasç signifie ,u il 
lit parvenir, .pénétrer la volonté dans .son ^ cç^ur ». 
Comparent .Sennaçhéfib(,^jd\t. Spjilh,. p.. ip3) : sqr 
Êlamti finç, Bçhilii^4udu^i'{Qquris4?4Afl^] (c^ilçifir^t 
pj^ryenify, entrer le ^'QÎd'Elam. ^ BabyloQflr»; jçt^ R.,î, 
j[^l. XLVII, col. Vt Ji^ 26^ oii.4,{j*figit de cej^jnii^es 
pjerites^^^ d,es pis ^tributaires d'Aôu^hçidçJji^ f\r.ent 
PjBu^enirjà Ni^^^^ à^ grand peine ^i f\v^e:4i(ïjcujté, 
des moi^tagneSf.Jiey de l^e^r prpduction,'ppur 1î^ (?- 
bp'catipn^d^^^^mepble^ d.u p^lai^ : ^Uin kirib fjuirsani 
asar nabnijLuum ana iiisçkljLlL ekali^a ma;rfis ^pasqis a^nfi 
^^nd aiqldidâni (pour usasdidûfli)^ Çett^ raqin^ sa^ofiu^ , 
qui.est larabe O^m «diiigeiw^QstécriteicuMd^ R.iV, 

,pl, Xy r%-l,;|_Ol..> .,: -u V'.y - ^' »'' '• * '■•-*'' '-'''' 
'»s Sur WflUtymr =i|jimri cf. S rt.) '•• •»» •-!*.'- *•• : * ^ *" 



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NOTES DE LEXICOGRAPHIE ASSYtftENNE. 445 
)^<!i i4- On n*a pas éncofie, ùiila dontialssahce, du 

moins, retrouvé le TeritaWe équivalent tleiepa t^le 
pîed », dôP&auCuiie iangue.sémitique. CW éyidem* 

. ment larabe a^ « pîed , support » , de la racine Idû , 
qui, à la troisiètne forme^ signifie><( appuyer, éHtyer ». 

.s 1 5. : Tukdatpalesar. I (col. i i^l. 81 -^Si) dit, en: par- 
lant des.iïKur$ de villes ennemies } i-pHU: âUniiujm ki- 
ma ka-ri-e la-se-pi-ik. Cette phi^se signifia/ icorame. je 
vais rétablir, «j amoncelai les murs de leurs villes 
comme une di^ïïé)), cest-à-dîré, «je renyèfsîii les 
rilurs de léiirs villes, de façon qu ils fonnsJssehV des 
monceaux de pierres semblables à céùx'qii'bh acçix- 
uiiile poiir'cônsthiire une digue». Lé verbe àssynen 
sapaku revêt tous les sens de rhébréii ^Bt^ (ar. iiluu»), 
qui signifie, conime on sait : i'' faàit y effàdity^'*'proje' 
cil el vongessU dligàid àlijuo'loco [iè r€basaridîs\*ntde 
pulvere); aggessiL Le'pvémier'séïis de 5(aj)àklti'^k{^,6nnu 
'^àr 'de nori^rçuxexeiïi^les; je h^ihsii^eWr\][de*Su^^ 
àeëiiid.' Atf kâî' (/ipafc)) âii pslel ('iwiipj^ifkî' «Ji^/JiJ, 
^rsè0y; e^à'llphtaal (ÎJ^à), fcc'Vér^e^l%iiifle 
' «àrfid«6e*lèr J) et'd^ là « cpbsthiîre^ ihC^^fai^e cl'avolr 
rèb6nHtilTdêntitë du sapakn BSéyrién avec le^icié Hé- 
breu qtoé'M'.'Mehaiit ri'àpas cdiiif^ris 'ïëUd-ri-e!'. ." ïà- 
as'tap'pà-hk de Hamm'uràbi \In$cripiVdèHamfnoùrabi , 
']îy. 5d); (èes inots veulent dire : «j'amôncelàî (jeconV 
fWi^is') ûhë digue »! De itiéihë , iiOus lisons (*tutïàÎ!|i.'I, 
coL U II ,'4: ' 70-80) : ' tis-ra m-dHa o-rki àPhîrkl-^Sh^itt 

' t 'JT i 

libitti ki-ma ka-na-ni as-pa-uk «je cotistniisiii céi en- 
droit tout entier en briques, comme un fourneau». 



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440 OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCeMBRE 1876. 

S 1 6. A ia ligne 33 de la col. i de rinscription de 
Tuklatpalesarl, on lit : ba-^lât Bel ai-laf-pi-ra. Son* 
géant aux phrases amiogaes : masMir balât Bel, ma- 
rna ir balât Bel, je traduis cette phrase par «qui a 
chai^ des (qui gouverne les) sujets de Bel ». Jusqu a 
présent, les divers sens de la racine sapara n*ont pas 
été bien développés. Il convient donc de nous y 
arrêter. En assyrien, sapara (au kâl et au pael) si* 
gnifie «chaîner d'une mission» et « envoyer n. De 
là Texpression aboi sipri «messager», qui traduit 
Tidéogramme t^^ \^ Jf J^^JJ^ Abat sipri est, 
mot à mot , « Thomme de charge ». Ce qui prouve bien 
que le sens primitif de sipar est «charge», c'est la 
phrase de R. IV, pi. XII, 1. 3o-3i : ina sipar rama- 
nisa essis ibannu , phrase qui ne peut signifier autre 
chose que « il reconstruira de sa propre part, par ses 
propres soins (littéralement : par la charge de soi- 
même) », car sipar exprime ici Tidéogramme JJeU* 
Qu on examine attentivement tous les passages oii se 
rencontrent le mot sipar et ses variantes sipir et supar, 
et Ton reconnaîtra : i** que sipar, sipir et supar doi- 
vent se rendi-e par «charge, gérance, part que Ion 
prend à une chose », et de là « soin, œuvre »; 2*" que 

> G*est à lort que M. Delitzsch, Assjrr, LesesL^ Syllab. n* 280, a 
tramcrit ridëogramniQ J E fl par miri; cesl Opri qu'il faut lire. Il 
sufBt, pour s'en assurer, de recourir à R. , IV, pi. XXV, col. in, 1. 67- 
58, et pi. XII, l. 3o-3i, où TE]] est exprimé par ^J— ^] ii-par, 
et à R., IV. pi. XV y\ 1. 26-36, où TE]] &-|fxSi It I«< est 
rendu par i-iap-par, M. Opperl a, d'ailleurs, signalé cette faus>.e lec- 
ture dans les Gôthnrj, ffelekrle Ameigen, n" 33 de 1878. 



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NOTES DE LBXICOGRAPUIB ASSYRIENNE. 447 
ma sipar signifie : a. « de la part de, au moyen de »; 
k «relativement à, en ce qui concerne, pour». 

H est facile maintenant de comprendre comment 
fistaphd de iapara revêt l'acception de « gouverner »; 
il signifie proprement «se charger de», et cest ëga- 
lemefit ainsi quii faut interpréter fiphtanaal du même 
verbe , que nous trouvons , par exemple , dans Oppert , 
Ihiir-SarL , p. 6 , 1. 58 : belat Asur tbum ra HtanaJH 
paru (pour iiianapparâ) balât Bel «ils firent (exei*cè- 
rent) le pouvoir d'Asur et gouvernèrent les sujets de 
fiel ». Cest encore au sens de « travaux » que doit se 
prendre le mot sabdri (pour sapari) dans fexpression 
si fréquemment employée par Sargon, sakin iubari 
«qui a exécuté les travaux [de réparation]» (voyez, 
par exemple, Dour^Sark. , p. 3, 1. 6). 

J*ai traduit, comme on a vu , le mot halât par « su- 
jets», et je lai lu au pluriel balàt C'est que deux . 
passages nous indiquent, fun la lecture et l'autre le 
sens précis de balât Le premier, R. I, pi. LXV, col. i , 
1. 3, est ainsi conçu : ma'US'te''si'ir ba-'-la-a-ti Del. 
Dans le second, à balât est substitué tenisii «les 
hommes» : mul^tas-pi-ra te-ni-sit Bel (Tuklatp. I, 
col. vu, 1. 5o). Balai, plurfel balai, est proprement 
« la chose dominée ». 

S 1 y. Dans l'inscription de Tuklatpalesar I, col. i, 
1. i4, la déesse Istar est qualifiée de masarriliai 
qal>IMe. Cette expression signifie « ordonnatrice des 
combats ». Le verbe sarahu . au pael, se prend au sens 
de « disposer, établir » ; on en a la preuve dans la même 



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448 OCTOaRENOVEMBRE-DéCBMBRE 1878. 
inscription, col. vit, J. ici , où- la ■ fohaoei asarrii^ ac- 
compagne ui/m : igaràteiu kimaèarar sit kakkabéuiwi 
asàrrili ases' chambres, je les éttiMis let W disposai 
(bHllantcs) comme Tccbt^ du lever des étdiles »i • 
' «Le participa iphtael de la même racine; moltorJMi 
potir miàtariliiif'a'ie sens de«.«!Ouverain)K Ge qui le 
défnOntre.,' c^^est ce^ passage ^ des inscriptions , R. I « 
pli LI* n* 2, col. J, 1. 8, où nous lisons.: moHari^a 
mati a* niii « souv^,rain du pays. et. des bommes ». 

Masiàr^» se rencontre aussi cbez Tuklatpalesar I , 
mais avec le changement ordinaire du i en { devant 
le t; l'expression nsiknU kaUsmBUarlLi.[coL vu., 1. 4 1) 
signifie donc «j'ai soumis. tou» les. souverains», et 
musarbiba kalvè mùltarIjLi (coL v, 1* 65-66) doit.se 
rendre par <t<jui domine tous les souverains ». Le sens 
propre de Tipbtaal de sarafjia est «se disposera, soc- 
. cuper de » ; cf. Tcxpressien tK-iar-ra-ah ina pu^ar 
ammanâtesa «il s'occupa de rassembler ses. troupes» 
{Assurbaaipalf éd. Smith, p. 117).*. 
I 

' V • •'•■■'. 

s 18. Au ,S 17.» j'ai rendu ioror paf «éclat». A 
proprement parler, .v^mr est Iç «lever» d'un astre; 
en effet, R. H, pi. XXXV, n"" 3,1. 9, ioror est expli- 
qué par nipljLa ; mais on comprend sans peine cona- 
ment du sens de lever d'un astre on a pu passer à celui 
^ éclat y le seul qui convienne dans le passage précité, 
ainsi que dans le suivant (R. I, pi. LXIl, col. vu, 
1. 5-8) : E-SAK-IL u E-ZI-DA ki-ma sa-ru-ru samas 

^ Sur sarar « éclat », voyez S 18. 



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XOTES DE LF4XiC0GRAI>HlR ASSYBIBNNË, . . 449 
sa-uAa^ es-ri-e-ti Muirabâii yamisu-ïHham'-mi^if «jai 
f^it resplendir,, comme Féciat 4u soleil du .midi, M^ 
temples E'SAKtII^ et E-ZI^DA, et, cQmm^ lei j.our, 
les temples, des grands dieiix». Lemot jorar est àr^p- 
proeher de 4 arabe 5^ cr étincelle )vQuaïrtr au mot 
rf-rw-ft' (^eirétï)i il ^gnifie, sans aucun doute « « tem-: 
ptes)), comme le prouve ce passage ^R. I, pl,> LXt, 
cok IV- 1. 53-5&) : a-na AN G\i-LMe-eUi ma-^tUar 
at si-ri-ya E-GU-LA E^TJ-LA E*ZtBA-TI4iA â es- 
ri-e-^ii-'ia i-na-Bar^zi^-pa e-pu-us'vijeSis kSorsi^à, en 
rhoniieur de la' déesse GULA , da souveraine 4{ui*inet 
en bon état mes chairs (qui me donne- la santé)», 
les temples ^'E*GU-LA,dE*TI-L A et d E^ZI-BA-TI- 
LA, ses iTùis^srêtiyy. Le- terme -^irAi me paràiè.èm^ 
pntnté' à la» bngue- primitive •d€s^ânscriptio«isu:(£f. 

U ne faut pas confondre 4e mot sarur^ dont ;nQU9 
veribtis de'ti^îiiter, avec un autre sarinr (arabe pw)r,*'(Jiiii 
explique (R. H, pi. XXXV, n^ 3, L' 4 et ^iv:)' les 
«ynonymes idàim, namrirra, hirhirra, melamma, si- 
itt6â uinal, H6cuî<é)), At>n'jpiùs'qu'évéc'les dérivés 
dé' ia' ràéîiife sardru « fordi^e » (liebtéW n^i^jV^dônf Sri 
a 'iM '(^xém^lé, R. IV; pi. I, coir i; 1. ^5^ «îls tdf-^ 
deht côhiitieùrie^'tôurohife aes'*|yôutfes hai!rtfes"ët 

larges»; '^'''' M.ç.,r.-:.W. ,., î. ...' ...1... i; \ J...... 

»'î''''j :>',,.* 'j -l -« •!. I-. ». /!:.' . Mpi,r.-'î \î»^.«»*i 

S iQ. Une expression din revient* s6ùvènf 'dans ^ 

' Ce passage montre que c*est avec raison que M. Deliizsch iden- 
tifie iâta avec le «sud» (A$s. '/*A.^ p./i3,9.5q.). ,,i . . ;.,,., ^,,,-» 



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450 OCTOBRË-IiOVCMBRR-DÉGEMBRE 1S78. 
inscriptions historiques est ►-^ t^TT?-" F^T ^ "^" 
parqâ , ou sa variante ^ >•— <«y< ►^JJI^ ^J là na- 
parqd. Le signe >-^ étant Tidéogramme de Tannée 
(satta), et ^ ^""^J^ pouvant se lire sat-tî, il était 
facile de voir que sous ces deux formes devait se car 
cher un adverbe iattisamma, dérivé de Satta, et signi- 
fiant « annuellement ». Cet adverbe est écrit sa-aMi- 
sam, R. IV, pi. XLII, col. ii, 1. ai-aa, et suivi, 
comme dliabitude, de lu naparqd «sans cesse». 

S 20. La phrase suivante de Tuklatpalesar I (c. i« 
1. ao) : ia ina kén Ubldkan tutâiu, signifie : (c (roi) que 
vous mentionnez (ou à qui vous penset ) dans le fond 
de votre cœur ». La forme tatâhi est la deuxième per- 
sonne du féminin {^riel (employée pour le mascu^ 
lin) du verbe «te, synonyme de zakar «penser. à, 
mentionner, dire, prodamer »« Je tire cette donnée 
de la tablette bien connue (R. II, jJ. XI v", 1. 18 et 
suiv.) qui nous offre le paradign^ dts trois verbes 
synonymes uta , tenta et zakara. Que céS verbes soient 
véritablement synonymes, on n*en saurait douter, car 
ils expliquent tous les trois fidéogramme^y — ^^TJ , 
lequel est traduit (R. II, pi. VII v^, 1. 36 et ^9) par 
nabu et par zakara. On dit à laoriste : 



SIlfCUUBR. 




PLURIEL. 


u-tu 


U'tOrU 




iz-qU'Ur 


iz-qa-ra 




it-ma 


it-mU'U 




et au présent : 







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NOTKS œ 


LEXICOGRAPHIE ASSYRIENNE. 




SINGULIER. 




Pf.ORlEt.. 


U'ttt-U 




ii-Kl-to-a 




i-zu[kar] 




i-za-kd-ra 




i-tam-ma 




i-ta-mu-u. 





451 



L'infinitif du verbe uta est utat ou utuui; cf. la 
phrase : ina utat kun Uhbiéa « dans la pensée du fond 
de son cœur» (Tuklatpalesar I, col. vu, 1. 66), et la 
phrase ana uta ut Bit Istar a en l'honneur ^ (littérale- 
ment : au nom) du temple d Istar» (col. v, 1. 34). 
On rencontre aussi la forme itut; c'est ainsi que Na- 
bukudurussur se décerne le titre de « Pensée du fond 
du cœur de Mérodach » itut kun libbi Marduk » (R. I» 
pi. LI, col. I, 1. Q, et pi. LII, coL I, 1. 2). Citons 
encore un exemple du verbe utu dans cette phrase de 
Binnirar (R. I, pi. XXXV, n" 3, 1. !i-3): sar sa ina 
ahlêsa Asar sar Igigi uttusu « roi qu Asur, souverain 
des Igigis, proclame (être) parmi ses fils». 

Quant au verbe tamu, il est assez fréquemment 
employé. La troisième personne du pluriel de iao- 
riste, utmuni (forme jdeine), se trouve chez Tuklat- 
, palesar I, col. i, 1. ào , et loptatif lu-ta-mâta (2' pers. 
du sing.) est bien connu par les tablettes d exorcisme. 
Je signalerai un exemple du pael chez Tuklatpalesar, 
col. V, 1. 16 : ana ardati atammisunuti «je les désignai 
pour être vassaux ». 

S 21. Le mot avil « homme » a été jusqu'ici con- 
sidéré comme provenant dune racine Vdk (Lenor- 

^ Ana util ut est synonyme de ina tikin 



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"nimin'^' nnin'l ,.1 r, .io VN\u\\.yM' oh uoil Ufi'np luB? 

cription de Khorsabad, doit se lire ki istin u^e^m^n 
nati, et signifie littéralement «je les établis comme 
uftin~e'«st-^M^ «je les ré uni s 80US mon p ottvoir)). " 
La forme aseskin est connue : c est un saphel de sakana 

{►^. La comparaison de deux passages de la grande 
inscription de KhorsabadlîOTs" permettra d'en déter- 
miner la lectu^,,^iyjffip^3^y^^f -j^Ç^ Jf e-da 
asaïkm; a ia ligne Mo : ki-i is-tin apah^ir «je les reu- 
nis comme un»; donc ÇT J^ == ki «comme», et 

THC = «"■'^ =v#?l?ft??ife*'W"B^/ffi^ signifient 
«un». Dans le groupe |*"-JT. ïe clou vertical est, 

pifeitt^t^ÀMfi^&tfé ffiaWâ^M' piïiifiA fa-^^ife»''', 

\ . . . ^ ^ .'^aJqoftt lèo no nonoebsi ri, ni 

H^^îVoaunihi Dlenoiffin shsrnnqmri oh luoJosiib ol M 

pour lequ( 
enM«9ffa 
ieqifel le 



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NOUVELLES ET MÉLANGES. 453 

une preuve évidente de la valeur qal de ce signe, 
R. ni, p\. Vlil, cof. iî,4.'7o, où la phrasé qu'on lit 
R, I, pi. XXXnt, col. il,' 1. '47-48, sa lUma urpati 
ista sarne sa-qa-lu-ld est reproduite, rtiot potii; mot, 
sauf qu au lieu de sucfalala on a la forme féminine, 
sëufalulat, écrite sa-p^lj^J^a^lorai , çest-à-diçe sa^al- 
lU'là'àtK Dari^ ti pKrâSé pt'iécîtéé ,''le rôôtLiiijfafofe 
me paraît signifier 'suspendu : « (sommet dline mon- ' 
tagiie] qtii était suspendu dans le ciél, c'omme'un 
nuage». 



' I .M l 



NOUVELLES Et MÉLANGES. 



SOCIÉTÉ asiatique! 



SEANCE DU U OCTOBRE 1878. 

La séance est,ou^verfe à. huit he,ur.es.pdr M. Ad. Régnier, 
vice -président. Le procès- verbal de la séance précédente est 
lu , la rédaction en est adoptée. 

M. le directeur de rimprimerie nationale infonne la So- 
ciété qu'il lui adresse le tome VII et dernier du Livre des 
Rois, publié par feu M. Mohl.vDes remerciments seront 
transmis à M. le directeur au nom du Conseil. ^ 

M. Constant de Smyrne écrit à la Société qu'il commence,, 
sous le titre de Bibliothèque orientale, une série d'ouvrages 

^ Cf. "Noiris, Dicl., p. 761, M. Delitzsoh na pas admis le signe 
*^]] dans son Syllabaire (voy. AL\ p. 29» n" 9). 

iir. 3o 



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mis en relation avec ie0l^cfai^liék'i(i&0i«li(|({ée«i^yfïc^^ 

c^fl^^1^ift^lpmrsërarinM^à.M Miéiàti^dieèmk^fK^ 

nL4 Ë«^ti$^il^Auimïla(esttiÂiillér>MïiAaifM$)^ À9i>élmb 

^iTû^> {aiiéWè 4ês)irè^pm*fo mldiféfos rtâ%é^\)dt' tt.^M^b^ 
p«t(Kte^j0â/^aa^kàp!^;iLdi(Stin9eiiilg&Htsx^ â^më 

f<«l^tté>^id^ 4^è>bÀ)dliiik>nldodr)tes ^viùist-mlMsi^^ 
neTpeùt^ ^itfh»'^fdlHîJ)€J|ii?q^tjtif03tat 
<^tM '«te' dÉ«ë|^p()^i«}««it JMllûâbAl>dâ eoilâitbfnfi^^uiil^ 
ifé[|^il^1Ml0éi!i«â)i«i^t(lif^i> eiiiomùi 89b rm'f tifilè H (.èitlmB 

(ko|fifipf%fd'4âti(>f^«ltj'b (KHlr/i'jfi'j^ oitaulli aWoo b JÎBilDBitBT 

û^i^t^nS értpfeviô©/à'^nd»iP>liborfai ob mon 9I alliid afeifp 

.lokiv^ifi 9[çiof> ,JifcJ9 le .tbiR^b ai9/ib g ,lflob ^Dvélà'f 9ilé'b 

-iiribr. '}Uu.à<\rAian joç{ iA Inrabr ^ , 9iib aiyq 91 : 9V9i9 9aaib eï 
JIOMMAGE RÇ.\DU À M MEMOIRE DIÇ Jf. GilRCIN DEeTASSr, . 

2ol ^.ïjoj s'itno fjp ,9'vlift(a noe b 9i>bii3^ iir.vB hup hoiJbt 

v ^, r..' PAR M, AD. REGNIER."^. . r.» * r, 

li 9i9rj'iq JiJ9 II up »ni<)(| leo non li ^eWngm xi hup zo'^ols 
of t9 dckiB'l JiéoaëajÉgâtfe flnà vaâgtp|ceiigyi8.89iqA .M-mldD 
-auobnifl'f ob oboJè'I c in9fffolnio9q2 BiOBenoo 98 ïi ,nB8i9q 
9b ODnîSSSH'iff fi'up 'ï9Jn9fn h no^fil 9b /îu^iiitaib ^'g *9 ,inBJ 
£ Dri^tnB>qoAèèf]lâ*itiâre£aéâbcd9daâ&dicefb^ 
ricmq aa)|is'^|»Mie]le[ligainetriaadbtasD]ifr 
etnvénériiBIË qûidag^MsiSaléi^kB *Mj^B^&Amàk{màtiï»fn9^b 
ïHia» sà9n;iade8l»'^aslèfreacA«éfieii^ài^Ie^0^<lB^6bi^^ 
femié^ dànboucbe 4ainfii^â9EMc% ipi]^dkl^ iàe, ihUbdéfaliiq 
désins^^d^tioiiB '^AtBeHeifiiettbesi Jeune pensejjAddqiséila^dèq 
feneè^iif^casJk^ iènsdic^fféiinium , dba^^ 
tkfM, â:^\i{ayi)eidoâ9iqâ£eikip^heiId6a«ofitf «imi&iliiiqiief»! 



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à ronanimité, le savant, Tboinme de bien à qoÎDWrtp» i^^iM^ 

Sopi^* ^ij6ai^i»idM 3'49a>3efjHâ)î^tia'(^Â)deim^^ 

ti#iiv}lkfflàtbMOtt ôiié^fSmb^m^qmXt^^^ ^^ mi^ 
amitié.) Il était lun des témdns deAf9^4M#lll!;i»iléQfi49^ 
Sf^iéiifintém^M zùloijdWteMi, dSibelteftKsspitoii^s.i^ui 

rattachait à cette illustre génération d'(«)i^t|âiate6f)amlleM> 
quels brille le nom de ^\ri»Ufëi«birT&c;^7'Aani flalrteHiaftiit 
d*être l'élève, dont, à divers égards, il était, dois-je sauter, 
le digne dève : ie puis dire , sachant la i^ecotmaissante admi< 
ràlioA quil àkyaai gardée a son maître, qu entre tous les 
éloges qu'il a mérités, iJ n en est pomt qutl eût préféré à 
celui-là. Après âfôir >a^pvi6v àiiA bmkeaé&àt^^ Tanibe et le 
peisan, il sç consacra spécialement à Tétude de Thindous- 
tani, et s y distingua de façon à mériter quà là'il^^nde de 
sçM{i|jaIti^lii«0ii€hakû>4eiibçbidiameiâUf fdb à 

dii|iriqtt âjts*^jfdéicdtœ[>a9tei onU^dkiiiifid^ablep âlfèénôvai.) 
p^dfiiUrfde^dbnguçsïtsMiinéesi^îjiaff l^oiiDienfiè^ asmi 

pùbiiiibdMMà r'ibt fi^ikeèpiijt •gfralJBeBeqfciiiafiiBt sebcndnéb «omusil 
pM)9dakipeiri|pfami} muasl mnM'dkisliofltjle anoiltl^^^AY^i^^^ 
eir|kiu:tktiÛè^]iient)dàmi)hid&,{im(iLè«il9ûb^ 
f<Hrtj]iittlfi9iÂiia «ûoQceL lloslttâ^fiiïodfojHrèsjiit gdbéttfvmi,, WfÀi 
lem» (tifflérehia>a)spMctsv (Ehistmë ]^nfpfiite,of ètJi|b p^«oA(dè'l 
c0»p^s;ii^at{uerfttméei>dbiM>feiIdilfcoitr|» dld^ve^turidide sda: 

3o. 



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4Sfe 0CT0Blrfe'^*ï^ô>ététfRt^i3ti*eiiJMttBÉ i878. 

activité scientifique. Noire émtneDt secréiSsi^4^Qâ#afjillrfkel, 

aux bons exemples que nous laisse sa <<)^^^^p)|^[^.iyode^,; 

mant sa conduite a sa toi, ne Dornai^rpasT ses esp^ances à 
ces années passées ici-bas qui , si longues qii eues sméji^, ^du 

ysatki à'h'r^ler'Mi sk^^^l^W'Véi d^se^re'^ijie^^i^^de 
travail, de vertu comme k sienne doit avoir- i^sÉ^t«^Alit« 

ODVnAGBà OFFCRTS X LA SOClÉTB^^.^jj jjjjj.^f,.;) ' 

• ^' ' 1>ar^^rXca^â'éiU': '^JjfeM'th^^ des 

sciences de Saint-Pétenbom^ , t. XXIV, ft** 4-i'^î"i.'^JiV, 

^^ J^ •^H/irlWA' MeMiél^iÛ A^aMià^m» âêdU&i^cÙi^^ 
Lisboa, Clause' de ^c&t^&s^8r4^, f olfticW ^^]k^léitrm, 

— Jomal de sci^éihs'^fïAthenU^Ilkk^ -^ihsrjlihtatftà , 
i^pllHS«tfdft,ç€Ja^^o^o4^fpiWoaJ^^ 

— Sessâo publica da Academia rea|;(|^ f^t'^^'^A^ vjy^~ 
iM)a.,£m i3 de luaip de a87,7,,in-8'. . , 

-- Co«/;5re/iaa5oçeffibig^iyfAc4^5^^^ 
|de Lisboa aceroa dos d^cobriménios e colonisaçbes dos Por- 
Vugii^es' na kkcaOprîdSeî^^^^ tt^tSëi^^^ëSner. Lis^ 

boa, 1877, in.8'. "^^■'" ^v^' ''i^'^ilo.lc.Y .1 .hi^.j 



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Acadeniia real das sciencias de Lisboa e sob a direcç|i<^^ de 

ifiwîJfrfieiym^^çlfiçirMfiwq)Ctew^ ??ÇlSih "• 

VàY^ X!LVfi"pri^i *irc^"^5'[»'i87^WttHd!T)àtft>»iv?.i^»Tiçf'3|,r«. 

' ïë^'^Vtyc^iï^/lrfMBr/'''- '^«^'f^' «non onp a')l<jfr!')/'j ^ruul ym 
im ,1rtoiOf> »iorp>/j[> «^Mi^nol la ,ion gr.rl-hi «oo^'P.fiff ^osnnr. ;^<)') 

— Agni'Puràna, éd. by Uijendralala Mitra. Pasc. XI. 
Calcutta, in-^J'*'^^*^ ^'' ^ 2TH37'io eaoA/ivjo 

,.\, -^,,^^a(f,,,^,,4)(r f î^5^di^^^^\^,^^^^ Beiges , 

— A biographical Dictiof(imy[ qfy^n^jmk^lk^i'i; ^qhai^- 
^Vw^Vovbjf )^Ife#*^ lA^r^,]S4,^)l ^VA^)^^^,^ i^-^^^^Vql, II . 

— Akbarh<J0^;:M.rbf(hUiMhv}ààa^Mt-EBi^ 

.^- ^mmca/i 1néJi^ar1?oié§.T^'t>r^^^e%'a^^^^ 

. — r Indian Antiquary, ed.'^Dy Jas. Ëurgess. ParixiXXAl, 

part. I. Yokoliama, 1878,10-8". oy ,> , 



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'438 OCTOàA^^I<d«iMKitË^btÉ<GttM»nf£ 1878. 
oblong. i^'jg^M 'i »- 

don. .878,m-8-. , .eojnq ^6 , «-.u ,8^8, 

— Bmleltn delà SâcicioJk géographie, numéros, de mai, 

luinetiàilleLi$h8.,Pans, ih-ô*. ,. r ^ , ? ,. 
,•^-^1 ,11 Jii-J r .// ./i Jii;>iiini9/o;^ io lobio vu IjoiK^moJ 

> i^ai!l\l0()lwe<^il»^ jji^vi*^^^ri«^^ des 

> r)Pai\lftâdBrèthfa^ti\Élaiib8iIikle«f»t^^ ékïfpl^ inscrip- 
A. Gunningham. Calcutta, 1877, ifc^tj oC'^â^û ,\6\<8¥i 

rius. !'*•• Heft. Laut- undd^wyifenlAr8.i ÇWk^ (i^i»^gbi4^ 
,RWf*îi^l|W(^,4^,\j\^isfipl||^U5^^^ gages. 

(f^ioi^^^G. ]»mteÀt,iVçrimJ<3^^7çâV8%lMia^^ .1/ 

— A sketch ofthe modem Lanamg^^H^Eê^i^h^'J^ 



suivi du Sutra en 4^ arfffllèil, ^ftifflrf^ ^Më^^éc filtM- 
duUti'^n^ nbt<^sIpi^v»Léàa^eeéi^J^?^ftt)Ë}\]ucèo«is^ tôT^ in- 

^a/{ Mahàhhiirata of Kasi Rama Dasi^iâiycDinadValiiAd^to. 
Calcutta, 1872, in-12, iv-19 pages. 

— Dos hohe Lied» ùberseizt und kritisch ueiibearbeitet 



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37 pages- .p/iofdo 

dturing tlie year 1 876. Prepff^ ^1^^^, fioMfôS^S^J»!!* W 

,«78<«n^. 37 pages. ^ "8 ni .8^8. ,nof. 

Par Je gouvernement de Tl^de. A Cataloque.of. sanskrit 
manuscnpls in private Ctbmri^ otthe I\j^lu- Western provinces. 
£ompiled by order of governineht N. W v. Part it, 107'^, 

-m^^j'^9i^lfi €?4^el^«9&M%i4lj'<{Hn^'dilâd6et^aftiMà. 

29 pges.-Fà8ëq^.0Cdi«ut4))-i«f% ^^^A^'lfSL'S(i)ifin7s[fi 
~i\vvMi fy/ftfHf ^fdfAsidkatiebfiJsëfib^KiSdhegitiÈir^ 

hr^â^, îrt-8%-5t> jf'igtfW. r^^^i .r^hsoïrD .oiBif^nirmuD .A 
Par Tauteur. La bataille de Poitiers et les vraiêâ^êWise/du 

-^Jfcfdg^»^ Pàl&ïJ i*^a*rpagb^nu -JubJ .flsH "^1 .?ijn 
•^^>m hM^d^ l^'i^imè^â^WWniâkâfé^^^^iSls 

M. Camffl§f,^ia&nlf8Ifa^^^E:^toihîdj&.iirf^^ 
Mohamudgara of Sankarâchàrya witk ai)e^g^i§hj>||^^}s^V(^ 

Tn[ r%âÉ iici9oiiaE2iâ^a«î<M^2âi99<alià(^ W^ig^M- 

Part XV. London, Trûbner, iS']&9Jfi^l^bisM\g^Ç)7/.d , l* j 

.Ji/ôfB/îihKybfyiàQSypIagesQ mnnff irinyi lo iiUyvm\*U>A^Afi •,\x, . 
.d'»;^jicj ^Ji-vc ,i:/-fll ,si^iii ,f;IJjj>lr ) 



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,4(jO OCT0^.)j,,lJI()yiÇ^^|<ÇJ?ÊÇ,^»SftftE 1878. 

M-'^t^MCE Dl) 8 NOVEMBRE 1878. ' „,- 

ij,n j> iiMi'jH Tr.R iMj tifD^'j'j»! j!o/jis .laMi'jL» .ifif 

La séandc'èât^Wv^rtë'a^iuitTiWti^J^ p&r'^ltt^* Ad Uegnier, 

Le procès-verDal 'est lu , là redacuon en est adoptée. 

,MAi uni ^'alv):>aiJ . i(~ ,r'//ij)noJ ,aa/:/.Jffl .H . // 

soriE:) J> ïniMn^e'^^ré&éeitj&pif}(iMf^^eè^^ de 

nvjnn£iJ iiiirnfMCBhl^Cbe^Pàt4t^Ut(¥|è»^ , présenté 

par MM. l'abbé Favre et Barbier de Mevnard. 




M. Cldiinimt«»i(Bi9|ineta^ 

f^démyâ dil>gve0»md^to^âl^;i>Mi4d^{^Dl^ill^$^&itt^ 
legieiifBÎi/pàiyâ issîsie^ iei|twi^qg<re«'^'i%a^'Wrdk]^là^ 
(àte^ eittdéiàniqd!l{Qécr|djb$iif J^étUaP& 'êftm^lSiiéfJilk 
{'édlJMfAf^'>[ rnniirA no ^^■^Uyn tnormoe ^J^'/jV/ .M eb sèah 

(.8^81 9'idni'rVJb ^ J9 oïdmoiqsg Y tX^^" 

><o j jjirî 110 1 'jiip •'in/qtuj eol) inointi-amb^lJ «b Jfl^moviJDc 
"'^Lit^së^^î^ëSt^Wvrirt^Jfi Ri!rtti1ifeAWs*,pRI-'«t.^^MWte 

H est donné lecture du procès verbal de la séance précé- 
dente, la Téd&dÉuwieti^^Hàë^^é^i^ • >»' »' *^ ' »'nGj>. i;J 



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Sont reçus membres de la Société : 

MM. CjUimet, a Lyon, présente par MM. Renan et bar- 

Candido de Figueiredû, Alcacer (Pbrtfagisb)^ «pné- 
, sente par MM, Oppjert et Guyard. , 

,'j'3juobii \6) tfi) ii<)jij)iJrj/^fr.jjr^> r»v<H»7 ^^j >oi{j m.j 

W. H. R\LANDS, Londres, 5 1, Lincoln s Inn fields, 
W. C, présenté parMM.?Fbifetftf* ^.^léttrfres. 
i)i i> ^.jiiate5^t3B*P^AHci|j5>ili»Ckatt}ar*bia48tftMfe,pré- 
A) i')idai^ joSi^prt^?p?ilf WM>({Iferfeierif^e )J%(yiÉird et Garrez. 
Beauregaro (Ollivier), rue ^^é^'Sàlks- Pères, i5, 
)tiije'ji({ {riuÇrf^eiat^jpwi,WM..Qpportj^jri31éhnoit-Ganneau. 
fnnn/ok 'A) -loiflfr.^J hi mi n 'ï > k'»'! Î^IA 'i»u 

La réunion des officiers de Lille , désirant fonder une bi- 
Miôth'è^r's6llî«fe hifft'ài^dis^tiliKteKtîciHPay l^%o<!(été. 

iwttWâ'éq ivmm? ï' c««y^*èiy4feAï^!^^ë ^yi^tâfii^ë^âajb'Mi 
#5KiHr¥^ë?ï«awM^!*lfèsvr?i^^^^ 

bHcations faites par ces^gk%IBÏ?s/ëftfeft<ii^etfM%'#*!i 

I^|fiK«feiôit« 4awgi»otoi^^wtdoJa|a**^iicMii>B'i^}H^^ 
wJSg^flteHiîfa Gwiwe^tJ«ôu|t«fe#>ïe3«m>e»^dii> Gxinèéîii^ 
^qi^iàfi iq^ifeN^i^Soï^P5ft'itfiJQ[ttî iotèrtt ÊbéiAipiiflfûslgal' 
MfJ^jia 3^W3ti*5 *i^lii»i^ (|*i«fd'bp»*fliïbpinH|«iétrts-^ntov 
risée de M. West, seraient rédigés en langue pel4^ari8Cl(\h9ir 
les articles publiés par ce^sa^ypiji^.^^ps^.Jçjc^yjpr)^,^ 
demy, 7 s^tembre et 7 déceinbre 1878.) . 

Le Conseil ^prenday^ctilap s'occupe 

activeownt du* aéchmreinent des papyrus que Ton suppose 

arabes , etc. trouvés dans ce même tombeau atti^çiy9|:jitj|!afct^fV 
tion du inonde savant., . r . 1 1 

La séance est levée à ne)|l|(^)€Mr0«set«^tfm)Ka^l) vi <;ï \iUr)i 



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m» OCTOAK644ia«lMfi«B^IUb:»mR»£ 187^ 

OUVRAGES OFFERTS À LA SOCIiÇ'.ÇjJ gh^q .8r8f 

yiFab ÏÂiSfin^»^ mi^êaatft dtrjUml$c^ iM^èniAidk^n 
Uebersetzung. Leipzig, 1878, in-S". .es^Bq o^; 

part II, B-f4%8^i7v'^iXt«Ytt>bB^ hpln^rM^m^^k^ 

a Jo n'oqoU .IV \ 10 y .*>i"jbj\l '\o >(^^nM^ itooiçoio^j^oik — 

^oiiîSii^mEitmii^^hb'-^bnu .oIvoihbd .j .3 .a vd 

Society of Bengal. Calcutta, 1878, in-8°. .esrioncfq ixL 

in-8'. .89^Bq r^'£d ,*'8-fii ,4^^8i ,xiBbiuol /is^lA 

— Procec«Knsfi^efc^iîax«%«^/J/w"(S*^ 

spnian Institution. Jiily 1877. Wadiiagton , in-9%a9§fiq fi^i 
-âo^ATi^Ià SbciSéii^^ipnf0in&^/<At^V^^ 
»>l^¥b9]^^¥alâ»luuiâerfis87^,,ii^\,xui^^ .cxpj 
Par le rédacteur. /rtJiait Antiquary, Edited by Jos. i?ëi^%i. 

005 6 naluras, publ. sob os auspicios da Acad^lgkq da^-dâfi 

sqwni^^i^s*i*Mi\)I^^jX*W%^àg»»^^i^ itt-8'. 



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Par la Société. BulUtin de h Société de géogrxqtkie. Août 
1878. Paris iiï-fif*.*'^^^'^ ' ' ^ ëTna-î-îo ?.aL>/flYjo 

3o pages. .*'8-ni ,8^81 ^^isqioJ .^nDsioaiodoli 

— ArcJiœQhgical survey of India, yol. 'VI. nèport'of a 
by A. C. L. Carlleyle. Uhtô'lfie^^^rîWWteifâHte'^Af feijoP- 

34 planches. ."8-ni ,8^81 ^/JJuoIfk) .h^t\o3.\) ^îoiao'^. 

lI-JoXe|i4%it^}^^^)|iHti0Mrf^ ilfe^iJ mUiiimidiiJ^ extrait 
des iEfî/l^ae^ IV^t^UVîMiKiQë«$Atdb[Ié»f¥))yilIebv^ddi^)a^ 
/£i^BtV9C«boIai^e.'ét.d8>ln^8li^Aa%%^ WM^cbuel. 

Alger, Jourdan, 1874, in-8*, 6a-4i pages, .8-111 

^ MMiiael de ranliâa^-IHlt9l^Att^qi^f^(â»4r^'^> 
lAîJ pagps*°8-ni .noJ^niikcW v^\;'8i ^ful .noiJuJiJ<îiil n/iino>'. 
teyM. fiordoaux, gf879;.^,8it»,Sâ^iii^irp%^edMs4<n 

pt^s^J^.,<k:ôftOS^(!^%)Lejià»sJ?afiis^\^v)bei^u^^ 

4U(S-]k^ pÛgC^r.oA nb hohiqmm iso doè .fduq ,^iyui\v^i\ j <i. 



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m ocTotfi('B^-ïrt>Vfef«filï<r.***tllifrAl; ists. 

parE. de Campos-Leyza. Piqris, E. Leroux, 1878, gr. in-8% 
iv-584 pages. 

par Bokhâri de Diokôre. Traduit du omlais et annoté par 
A. Marre. Paris, UMéHnkn^&.^^^^/in^kk, 874 pages. 

Par r Académie de HotÊf^à»T-Àn^M. T, Akadémia Evkâny- 
vei, t. XIV, fasc. VU et VIU ; t. XV, fasc. I-V ; t. XVI , fasc I. 

8«dfl|W>fli*89^îl|ftW'»*^-')no<>ffT v,m i: ooil>n')rrf[n n^J 

ffMa milMtitf>iSs^i fa^.<ifXiVii »§|70tfa«ti^1-M^o%4lr 

'^'m^V^ff^i "^f'" •i'>lr>(f)>i^. iifi{'IniK)[nr. ^jtoï/ •)}. .lillmiiq lnr/r/it 

fd«^ f^.fiuârfpéii,'i875tlrô^7<;ihj8îh Jn'jfiioI.;>^^> rnio'iïoi 

— Nyehtudomànyi Kôzhményeh kiadia a M. T. Ak tw te ' 

Mi n^ëIi^{(idtiiâlViy^>BiSb^Clsi(^ skèrk^^étthM^^^f&i.a'S^n- 

•'^ï -1^ fiyehélnléktér' RédriiSëy^^ (**^Jè*ai«y*rila/wif^, 

"¥8'^;^8l*?^^'ïq 'Jif«'^^^ l'J Jii^aol cl t in^inuiqmo gfi up èii* 
^î^ôtct.-é«dapeïfï^ifét?9i**^. ^«oi^^^^uè aal t«o .aaièile 




j — Liteifansche Benchte aus Ungarn, herausff^eDen tén 



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6^ ^\ »mYf[^^ft^H^im^m^oTJo m 

f^ ni -lîi .8^-81 ,/jfO'ioJ •^'l'.^W^ .Bx/oJ-eoqffir.:) ob .a ua^ 

iLij DJoniifi Jo ûfAvAU jjI) iiubr/iT .o'iôiloiCI ob ri/iiJvIoO 'i>i<.| 
(jrtoA^lV wiul)\)>jAk .T Afl , L . en^n oli ob siinobfioA'l ir><l 

I ix^/'i ,1/z j ;V-i .ja/;i //z .] ;in/ jD iiv .o^ct //iz .t ,m 

Ua appendice à ma Théorie d^là rtli^c^«rab#c|^ÊMiL i 
•^^(a%k^>^'àt-9eptteftle e8^rp)sao&liélèoQ$^ipné^ t'examen 
«ii)J(i[Uel4«(^-rait»^âQf)t§e n^d^paâ tétXTBeo;i1[ii|^r.4à^ mm 
travail primitif. Je viens aujourd'hui signaler une p^d^Ufit^li^^ 

loitolHinfd©!!. ^od^U ^^^i^^^^i^^lç<i^i^M)Çi^^f^m- 
pki«rrfulifrilé'jqpÉi,.â U ,<|W mftfe^VrfÔ/MfiCt*!!^ Htt%Çltn^j:^ 
retrouve également cb^/fe^^^^i^b^^^.S^i^n^.j^ ej)^)^^- 

iiDiUs.iAâ|a^'ld©fi)iW»5l«^ ^eS^él^^frfftifeiâraSn ^M" 
;plît^epKJ teqp^^ils. iIé$Kfca»|4fif j.Yffs,'. jà.^à/ftï^m ^taSA-fttt® 
.pès»ittl«^^,i(?IéstiÇn^s^^,forflpnsoîJgid;a^égRçj:Jf3,fl^^ 

ments un peu saccadés qu^g^pllp^i^ife ^^ss^q d^g^^e 

.tonj?iiwiôtstfa(»i^*od'*«§ *?S^^ftj4'>Sil '^\^h^^^. ^- Ils 

, ia9vpl»id (teH^d^n^èrfe'tr^^esjgipug^.M ^ y^^, ^jjig- 
tité qu'ils empruntent à la longue et demie précé%i^,^g^- 

fflfel»ïAesf igBps,;^^^I^^J J^a^jljeçuj^^^^^^^ ^^^l?!?^»* 

altérée, car les successions .a«i^i gç^^itc^m.bj^.igioyït 

, iH*^^'»*^*^^"*^^^^*^^^?^ '^^^ -^Aftt^Çfc.jmais 
on obtient par ce procéaé un mouvemeni^jjf^s ^g^^j^glps 

fiJïïyl!KP«iobjja rhi ^v\^zà ô\\\sAf 

' 8-fiett^?Hl^s^^^a4^.t1|- irTr 
À rancieime métnque arabe ; biei 

phncipes londamenlaux.Un se 
par exemple , dont la mesure est 



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406 OCTOB8J:;^lt»JCMinK^BBaBMQBil 1878. 
que, semblaUement, au pied ^^^MàiMimjiisw MiyAiWtffirr 
mis de substituer la variante | ~j- L ^ I . Ici , nous trouvons 
ce principe gén^tJisé et 'èt^bdu'nbfr-seulement à ious les 

PoT^' v^n s g"'plflFi fi^ yt p fïipli^f fif^-ffî^ififfftTftnfiPÎ*\" înl iy vT. 

j^qlffliifMBiilii iiiiiilg'HMirg t^^pd^2ttiJUkBwr^(u^^ Jiiâ illdrn 

qui a pour mesure ngoureuse %j \ -v>'w — -»M»v^ l-v>w 

-V /% I xk o -V n , devient : "" *^ 



— V^ loT . 



L'hémisticbe smTant de tawit : w I ^^j. k# ^^ i x> v/ ^ o I 

Lc2i)'^io\iuli*{y^ |V'dte^*ftfc:^"'5'^"f"0^ gff,fnr,[}imoupifqx'j'n 
n')'< A) o'i j. ! !<'> If ,^'rfr/ftriui f/r fOrriôl^v? fTom ?>nG''T .?oir^n<»! 

rCéfiiir^ inIéI^stieUe'dbIrpl^{Il^ 
'■v^!v,M|L,v,l_|lnw;.«L devient: 



i^^ pi^wsflf .»*^?«»^ ,j3r^^*Çf Pî^.'î^f^^fl^ras*^»^^ 

exemple, qu'au milieu des vers les quatre variantes : 
noo iisji 8ii36f|oio3 aob nul JnemèiueeB Je9 nioofi .A .M 

:jïjpi)iln9io8 iijoij^'i onis oEuih 'iiloo r> f^iioqqe «qfflaJ^nol 



-UU DV'JIU 






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.^^81 itiaeViflDèBsamiiïtaKGXS/iOTDo Hm^ 

s^'pfdfioJicent uniformléinUAftiç^ fosifj wfi JnomoidrAcUtij^ ,ou|> 
âfiovjjoij aisoti /vA -I _ i^i::;^^:;,! oJnBi'jr// pi loulbaclue ob aim 
è&l ^lso\ /i iii;>friyIiJoa-"nclrr—ijt)nV]y fo ôeilciônèg oqiofii'iq o'^ 

-ï^t -^ai r «K^kidife mmïii4 ^^Fay s^gfâBii %«ai^\^] 

que ces quatre^£(Hatitétf ^m^mi4i^mmèmni'piii^W 

lîftltoiei^C^h^^Ôàteffi^fti^^ 

rifier une fois de plus Texactitu^e de mon système ; cAT'iréSy 

niùAiktâL ({tfCfJ^igf kuMMU[^^^ 

précitées , itrans^imption qai serait : 













v>« . 


tnoÎYob 


,.j.^L 


vy- 












^ w w ^ 










rv 


v-r 


1 ! 


u 


1 i 


-1:::^? - 


.^L 




1 \j \y 


1 


1. 


ly — 


l 


1 v^ : TîwBl 'jb 


infiviiia 


ojbikim'jitU 





n'expliquerait jamais comment 4^ j^lyçf pptr^u d^r^l^^^ 
longues. Dans mon système, au contraire^ il est lacile de s'en 
rendre cQmpti^ *Jâ. ^anâfonuajtiiim-dfî m pièiîejtù, longue re- 
pose sur le principe de l'équivalence de deux brèves à une 
l^^igM >;Ë(Saiï9yntb^ ij^ dteiftctueikâioi^liftiàQdii dAïdiàki- 
ger à sa fantaisie -^j ^ et ^ y en , .. j i , . j 



jnar/ob ,\r^\^^ri^\^^^\j- { vj^r^v^ 



r» t^ .- — . 



i^. Svcia* ÂRAMiSCHM SPMICBW4mMT0M VND RÉDeHS4RTEltK 

'îoffffihfiv o'iinijp 8ol e'iov 8ob uoilirn un up ,okjiii':>/> 
M. A. Socin est assurément Tun des Européens qui con- 
naissent le mieux lès dialectéb de Taràl^vViItraire. Il a depuis 
longtemps apporte a cette étude une ngueur scientifique 

* £n effet, en ce qui concerné les deux de^mere» Yànantes , la brève ini- 
tiale est forcément précédée d^s le ^en d*iineJoiigu£ et demie; conséquem- 
ment , d*après la règle éhoncéê ci*d«Bsin,v«ette t»M^^^gyient longue et réduit 
à une longue la longue et demie précédente. 

* «Ëinladang zur akpdemj^lîpiK Ff iç^ des^Qd^ttCitâfestes Sciner Majestât 
des Kônigs Karl von Wûrllemberg , am 7 Màrz 1 878 , im Namen des Rec- 



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46.S OCTOBRE NOVKMBR£-DËCEldBKË 1878. 

i|u'on ne saurait trop priser, et son nom méciie d'être cité 
après relui de Wailin et à côté de celui de M. Wetzstein. 

Il nous donne aujourd'hui quelques centaines de proverbes 
populaires notés par lui pendant son séjour en Orient. L* oc- 
casion de cette publication lui a été fournie par une solennité 
académique en l'honneur de la lîMe du roi de Wurtemberg. 

Le bouquet ne manque pas d'originalité. On peut même se 
demander si la délicatesse des cours n a pas eu quelque peine 
à s*accommoder de certaines fleurs au pàrfiutt^stnpeoti que 
M. Socin n*a pas, craint d*y mêler. Mais cela n'est point affidre 
à nous , et ce ne sont certes pas les philologues qui s'en iront 
reprocher à Fauteur d'avoir .cueilli , sans sourciUer, tout ce 
qu'il a rencontré sur sa route. Les propos orduriers ou obs- 
cènes occupent une trop burge place dans la vie arabe pour 
qu'on ne leur en fasse pas une dans un livre qui a pour but de 
nous faire entrevoir un côté de la langue, ou plutôt du lan- 
gage arabe. 

Nombre de ces proverbes sont d^ connus. II. Socin ren- 
voie lui-même aux recueils où l'on peut les retrouver '. Beau- 
coup sont nouYeaux. Très-souvent ils sont aooompag^s de 
transcnptionft qui prêtent un intérêt particulier à ceux mêmes 
qui ont déjà été publiés. 

Ces transcriptions sont fort importantes, car c'est surtout 
au point de vue de la phonétique que l'arabe vulgaire mérite 
l'attention des sémitisants. Pour ma part, je n'ai jamais mieux 
compris les mille minuties de la ponctuation massorétique 
qu'en essayant de fixer par écrit le langage des Arabes de 
Syrie. Je crois qu'on pourrait, sans paradoxe ^ souten^ que le. 
meilleur moyen de rendre les phénomènes les plus subtils 
de la prononciation de l'arabe vulgaire serait d'employer la 
notation imaginée par les Massorètes pour permettre d'arli- 
cjiler les mots de la Bible. 

ton und akademiicheii SeoaU der kôoiglichen Eberbard-Karis-Uiuversitat 
TûbÎDgeD. > 

' FrejUg, Burckhartlt , Boclhor, Bcrggren, Barion, E(-Xan|awi, Neu- 
|>lial, Sergîs., 



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sore e»hi^^i^istkù/iif à^\\tày^[^^'Vkréii^'Jil^T^)étïîM4' 

dûii^te4tttf|qi^?(fiôl^rf&klf b1èl*^*^ilh*^ "i^<^^^ f^ 

larigiéJfedé^HJi|ë'qué>p«riâleftlt '^tHé>M«'ley^daëtf^sV «G* i^on 
rait peut-être beaucoup plus près de la vérité si Ton'^i^Hspë^'^' 
sai<9lWi«k*dlfs 4ëi^tat«?hitt^i%r' ^It'd^^ «lU^rèffe , >'è^^itS^- 
di«fi%{lroft»«éà]it«St'4 ^^tïHgiie*i^é'f#f'0îbfé^1é^f§^tèAVi 'W 

m«iîe*idw»tW)4s^bd«^ât^^l*ï*Uiètf%|ipà^ 

au moins à laraiîe vulgaire, le syst€^ë'^iftttlfefcfi> de* fe^I 
M^*»èl%'(]^*9eÉSbie''dittii»Jél<4'(Wittëtipi»^^ «^^'^ 

C'%»|)^«rii^ftefirïi/«*<ml^«<fa«é ^e^tèyA'fprtSvêJ-bëJ fi;^i<ifà(4^>^^ 
coifapwAiii4 à^'fcttXfi^H%rt«*enti4^ ëâi^t^be^Wlà^^àlëtii^'f» 
ptel^él^iqOiéMi^ r«iJPôbe'i«i€ligflte.^if-i'^oa no'up «ioi-» oL .oh//: 

à la diversité des sources auxquelles il' ia^joidis^ ssé&'ihfô^iMlj^^ 
tions phonétiques. Je ne suis pas non plus partisan des signes 
speciauiL qu ira cru devoir niuftipiier pour rendre les art]j^*]i^^^j^ 
tiQ»?/iet j^g,^^prft8Vgfl à,fe^fr T;w|^|tr^PMfflS¥ti»nîjftrt fo 
cément imparfaite. Jusqu'à ce qu'on ait fait intervenir^lç i^^u' j 
xn. 3i 



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470 OCTOBRE-NOVEMBREDÉCEHBRE 1878. 

nographe dans nos éludes, ce qui j espère ne tarda*a pas, on 
aura beau entasser signe sur signe, on n^obtiendra jamais que 
des à peu près. Dans ces conditions , il faut éviter tout d'abord 
ia complication, puisque jnous savons d'avance qu*elle est 
inutile : les méthodes les plus simples seront toujours les 
meilleures , car elles permettent d'atteindre , avec infiniment 
moins de peine , des résultats d*une égale médiocrité. 

Les proverbes réunis par M. Socin nous font . parcourir 
toute la ganune de Tesprit populaire, depuis les dires ingé- 
nieux et réellement charmants jusqu'aux adages de la plus 
basse grossièreté. L'allitération y règne en souveraine , et la 
raison y est souvent l'esclave de la rime. 

Quelques-uns de ces dictons ne sont pas sans obscurité. 
D'autres offrent des difficultés grammaticales que M. Socin 
'« signalées sans toujours réussir à les surmonter. 

Parmi ces dernières il en est une dont je dirai tout de 
suite quelques mots, parce que la solution que M. Socin en a 
proposée aurait, si le cas était bien constaté, de graves con- 
séquences philologiques. Cette solution ne tend à rien moins 
en effet qu'à doter la grammaire arabe d'ùneforme nouvelle 
du suffixe nominal du pronom de la première personne du 
singulier. 

Voici le proverbe en jeu (n° i3) : 

M. Socin le traduit ainsi : « Man fragte ihn : Was hast du 
ini Hause .deines Feindes zii thun? — ^ Er antwortete : Ich 
habe mein Geld bei ihm liegen. w 11 regarde masârfnt comme 
le mot masârî « argent w, accompagné du suffixe nî, qui ne se 
combine d'ordinaire qu'avec les verbes : • mon argent ». M. So- 
cin (p. IX ) ne se dissimule pas l'étrangeté du fait , qu'il déclare 
unique ; car il comprend lui-même qu'on ne saurait invo- 
quer à l'appui de cette monstruosité grammaticale l'emploi 
de fînoii fouT Jiyou, usité, paraît-il, à Mossoul. M. H. De- 
renbourg, darts un article public^ il v a quelque temps dans 



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NOUVELLES ET MELANGES. 471 

la Revue critique ( 1878, 22 juin) , paraît incliner sur ce point 
vers les vues de M. Socin, et se demande même si l'on ne , 
pourrait pas citer un deuxième exemple de la substitution 
du suffixe m au sullixe 1 après un nom. Il emprunte cet 
exemple au proverbe n" io3 de M. Soctn : 

Mais le mot visé , ^^La^. , est sans aucun doute un impératit. 
M. Socin ne s'y est certainement pas mépris, bien qu'il ait 
rendu le proverbe un peu nonchalamment et que 4^**.^. soit 
représenté dans sa traduction par un substantif : « Ailes kann 
man beim Krëmer kaufen , nur Liebe widcr Willen nicht. » 

Le véritable sens est avec toute son énergie : « 11 y a de tout 
chez le droguiste ; il n'y a qu'une chose qu'on n'y trouve pas , 
c'est du aime-moi-'de'force. «Absolument comme nous dirions : 
« Ce fleuriste vend des ne-m oubliez-pas. » 4^^. est donc bien 
ici un verbe , et notre ^^yljoLê reste dès lors parfaitement isolé. 

Comment en sortir? Je n'accepterais, quant à moi, qu'à la 
dernière extrémité l'expédient d'une nouvelle forme gram- 
maticale, expédient auquel se résignent en désespoir de cause 
MM. Socin et Derenbourg, et je me pennettrai de prendre la 
défense de la grammaire un peu trop vite abandonnée par 
ces deux grammairiens émérites. L'arabe vulgaire a toutautant 
que l'arabe littéral le respect de ses règles , et il s'agit ici 
d'une loi organique de la grammaire sémitique , dont la viola- 
tion serait d'une suprême invraisemblance. Aussi préférerai-je 
toute solution qui respectera la grammaire, dût elle soulev.er 
de nouvelles difficultés. 

C'est pourquoi je proposerai de décomposer ce complexe 
énigmatique en : ^^ + ^^Lx«. Nous obtenons ainsi le suffixe 
à forme normale i, et le mot masArîn qui veut dire « entrailles , 
boyaux, intestins». ^^Lâu« passe chez les lexicographes pour 

un pluriel de pluriel : 1" ^!yâbi, 2* ^ x*a*. L'on rattache gé- 
néralement wuâ^ à la racine yâ^ ; je ne serais jws surpris que 
cette racine se fût confondue anciennement, dans notre mot, 

3i. 



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472 OCTOBRE-NOVEMBREDECEMBRE 1878. 

avec la racine jaaoj, ^Lo. Mais cela importe peu. Il faudrait 
, donc traduire : 

«Qu'as -lu à faire dans la demeure de ton ennemi ? — Il 
répondit : mes entrailles font auprès de lui. • 

.favoue que le sens ainsi obtenu ne laisse pas d'être obscur, 
et je ne me charge point de le tirer au clair, bien<|ue je croie 
l'entrevoir. Mais mieux vaut une obscurité de ce genre qu'une 
impossibilité grammaticale. Nous en serons quittes pour en- 
\over ce proverbe rejoindre quelques autres qui, malgré une 
apparente correction, n'en ont pas moins forcé M. Socin 
à donner sfï langue aux cbiens. 

De ce nombre est le n" 288 : 

■ M. Socin le déclare incompréhensible. M. Derenbourg se 
demande (article cité) s'il ne faudrait pas l'entendre ainsi : 
« Si le hibou offrait meilleure viande qu'il ne l'offre, il aurait, 
lui aussi , son chasseur. » Ce sens parait très-plausible en soi, 
mais il s'agit de savoir précisément comment on peut le tirer du 
texte arabe. S'il eut été aussi simple, il n'eût certainement pas 
échappé à M. Socin. 

Ce proverbe semble n'être qu'une variante du proverbe, 
fort net , cité et tradutt par M. Socin : 

« Si le hibou était bon à manger, le chasseur ne l'aurait pas 
laissé» (ou plutôt : ne l'aurait pas manqué). 

Juâa*. U est en arabe l'exact équivalent de cuti, comme 
on peut s'en convaincre en ouvrant le dictionnaire de Ellious 
Bocthor au mot manquer : c:>li , et dans les exemples : U 
iu^!..^! ^JJS> Juââh. « il a manqué les voleurs , il n'a pu les 
prendre. » A ce compte , notre premier proverbe , traduit ju- 
daïquement , voudrait dire : 

«Si le hibou valait quelque chose, son chasseur l'aurait 
manqué. » 



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NOUVELLES ET MELANGES. 473 

On s'attendrait précisément au contraire : « . . son chasseur 
ne Taurait pas manqué. » La grosse difficulté , qui a arrêté net 
M. Socin et qu*a tournée sans explication M. Derenbourg, 
ne viendrait-elle pas tout bonnement d'une erreur de copie 
qui aurait introduit U dans Tune des deux variantes du pro- 
verbe, où il ne le fallait pas ? Tout rentre en effet dans Tordre 
si on lit JuAJB? ^O au lieu de Juaa? ^IS U \ 

M. Socin se laisse quelquefois démonter par des obstacles 
qui n'en sont pas. Par exemple , dans le proverbe n** 5^9 : 

il s'étonne de la présence du suffixe féminin se rapportant 
à yi^' M: Derenbourg croit que cette anomalie provient de 
ce que ^^ peut avoir la valeur d'un pluriel. Point n'est be 
soin de cette fiction grammaticale : la forme yj^ , comme le 
dit excellemment M. Kasimirski dans son dictionnaire, est 
employée pour le singulier et le pluriel , pour le masculin 
comme pour le féminin. Dans les quelques exemples relevés 
par M. Derenbourg , le mot ^as^ a une signification absolue 
« bon , bien » ; la valeur comparative « meilleur » , valeur que 
ce mot a souvent ^, mais pas toujours , et que M. Derenbourg 
est disposé à lui accorder dans ces exemples (notamment 
n° 1 6 1 ) , ne ferait qu'affiaiblir la détente de l'idée et diminuer 
d'autant la portée du trait. 

Le n" io4 a sa riposte topique dans un dicton fort répandu 
qu'on me saura gré dç ne pas traduire : 

N" 107 : 

^^1 ^ » Jo «X« IJU. «lui; 

' cMoahi. se construit généralement avec ^J^ ; mais l'emploi de i n'a 
rien dHnadmissible. 

' I /arabe vulgaire emploie volontiers la forme comparative de ce mot 
w^t, plus volontiers |icul -être que no Ir fait l'arabe littéral. 



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474 OCTOBKE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1878. 

« Wir gaben ihm.unsern Essig su tragen , da steckte er seine 
Hand in unsre Reiseiasche. » La pr^nière partie du proverbe 
est tout a fait bizarre. Que peut bien être ce « vinaigre donné 
à porter • P La transcription est d'ailleurs en désaccord et avec 
le texte et avec la traduction : ràkkàbnâna * kâlna; ce qui im- 
pliquerait pour le second mot Uili^ au lieu de LA^ , mais 
cela mène à un sens guère plus satisfaisant. Deux correc- 
tions se sont présentées à moi. La première consiste à accepter 
la leçon de la transcription, en admettant seulement que 
M. Socin a confondu sur son carnet de notes un A = ^ avec 
unh = ^: Ut^., « nous-mêmes » (cf. 106, /tâb« lui-même ») *. 
Nous obtiendrions alors quelque chose comme : « Nous l'a- 
vons laissé nous monter dessus, et il a allongé la main dans 
les sacoches • ( le khourdj de voyage qui est pendu au trous- 
sequin de la selle). L'image se suivrait assez bien, et Ton 
pourrait au besoin la justifier par le proverbe 667 : 

« Tu ne nous monteras pas dessus pour nous talonner les 
flancs » : ^ db^l j^^ tu^' ^. 

La construction ne serait pas, il est vrai^ très -régulière. 
Aussi vaudrait-il peut-être mieux supposer une erreur initiale 
dans le texte arabe, et penser que M. Socin a écrit [iX^ 
pour iUHr^ en sautant une lettre. La phrase serait alors : 
« Nous lavons fait monter derrière nous (nous lavons pris en 
croupe). » La seconde partie s'expliquerait alors à merveille : 
« et il en a profité pour glisser la naain dans le khourdj *. » 

' Probablement à corriger en ràkkàbnâha, 

* JL^ désigne aussi la partie da dos du cheval qui reçoit la selle, et 
même quelquefois la charge que Ton porte sur le dos. Cette dernière ac- 
ception pourrait conduire, pour sUa5^, à un sens qui se rapprocherait de 
celui qui a été adopté par M. Socin. 

' Forme vulgaire pour ijLJLai.A. Dans le sens de :, «tu ne nous feras pas 
marcher. > 

* Cette conjecture , comme je viens de àken assurer, est pleinement con- 
firmée par la leçon donnée par Berggren {Gaide, s. v. boiteux] : ^^ ^^J 
^yH JÎ St)s{ *>^ (i^ A&A^ ^j^ (çT^ «DM ici avec ^7^). Ce qu'il y a 
de curieux , c'est que M. Socin renvoie lui-même au passage de Berggren. 



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NOUVELLES ET MÉLANGES. .475 
N* 186 : . 

« Qui fréquente îe forgeron reçoit les étincelles qui volti- 
gent. • M. Socin est embarrassé par lé mot chou^âri et se de- 
mande s'il n*a pas mal entendu pour chourâri, II est certain 
que ce dernier mol conviendrait bien , mais j'aime à croire que 
M. Socin a Toreille Irop exercée pour confondre un ghain avec 
un ra. 11 est clair cependant que (^^Iam n'offre aucun sens sa- 
tisfaisant. Ne serait-ce pas sou^àri? yutê, ^U*m «violence du 
feu »; cf. «jouw « flamme, feu qui éclale en flammes»; «jum^ 
a tison » , etc. L'arabe vulgaire se comporte souvent autre- 
ment que l'arabe littéral devant la règle du chibbolet, et il a 
volontiers sin là où l'arabe des livres nous montre un chin. 
Par exemple chadjar y^ «arbre» est fréquemment y^ 
sadjar. Il faut noter de plus que ^^l**!* a ici l'avantage d'être 
en allitération inversée avec yîwUj; ce qui contribue à nous 
garantir la réalité de la forme. 

N' 197 : 

j*o JJI ^ ^5 ly^ t)^*>Jt 

« Les mouches connaissent la barbe du marchand de dihës 
(sorte de raisiné sirupeux). » M. Socin dit que la leçon éga- 
lement usitée ^uUt «du marchand de lait», est préférable, 
parce que el-lehhàn a l'avantage de rimer avec eddibân * « mou- 
ches ». Mais sous ce rapport , la leçon eddlbês peut soutenir 
la comparaison ; car elle est en allitération avec eddihân ', et 
l'oreille arabe n'est pas moins sensible au charme de l'allité- 
ration qu'à celui de la rime. Les proverbes du recueil nous 
offrent plusieurs cas de ce genre d'allitération par les deux 
premières lettres ; il ne serait pas inutile de les signaler, parce 
que souvent la recherche de cette consonnance a sensible- 

* Oa plutôt ed-dibhân, 

* Le <> et le •> sont à peu près équivalents dans la prononciation vulgaire. 



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47C OCTOBRENOVEMBREDÉCEMBRE 1878. 

ment influé sur la forme revêtue par le proverbe et peut ser- 
vir à en expliquer les apparentes bizarreries. Par exemple , 
len»3io: 

« Il bat le briquet ici et ça s allume aux Indes. » Pourquoi 
aux Indes ? Pour jouer sur \jjt et sur ùJJt. 

.V 271 : ' 

^^l*>s?^ ^ >£; aJ LU jbw-JLI 

« Der Muslim , welcher nichts zu thun hat , bescbneidet und 
doctert. » Est-ce bien là le sens des deux derniers verbes ? 
N'y a-t-il pas Heu de rapprocher ce proverbe du n' 228,: 
»t^«>JI 0^ j jj*^ \ (j^l « Le rasoir vaut mieux que la pâte 
épilâtoire» (allusion à certaines pratiques intimes de la toi- 
lette orientale)? 

N° 385 : La transcription de x» par bina est -elle une va- 
riante intentionnelle , et est-on autorisé à la placer à côté de 
la transcription Aaj yarflnu? 

N** 466 : Pour (^^Ult dans le sens de « vols d*o{5eaiia?,»( ca- 
chant le soleil) , on pourrait songer à y{^i baiides séparées 
et dispersées d*hommes, de 5atttere2Ie5. (Kasimirski)/. Mais 
ne s'agirait-il pas par hasard de corps étrangers qui tombent 
dans r.œil (fétus de paille, cendres , poussière , brins de bois, 

etc.) P Tel est le sens des formes «^|^i yUi ^y^^ y^y^- 
N"* ^72 : si^yi hûsak = ià\y> bouzak « Ion museau ». 

N** 563 : LjJà\ UvJJ (f)js> <>^- Le sens ne parait pas dou- 
teux ^ : « Étends la main pour toucher le ciel I c*est plus près ! » 
Cest-à-dire , c*est une chose impossible , autant vouloir tou- 
cher le ciel avec la main , ou , comme nous disons , prendre 
la lune avec les dents. 

• Cf. ^l>è, «liirondelle» et^^e, «corbeau». 
' Die Ërkiàrung ist mir xweifelhaft. 



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NOUVELLES ET MÉLANGES. 477 

Je crois, en terminant, devoir, dans un intér/^t général, 
dire un mot sur les caractères arabes employés pour l'impres- 
sion du texte. Ce sont , nous dit M. Socin , ceux que la li- 
brairie Brill a fait venir de Beyrouth pour la publication du 
Tabari. Certes , ces caractères ont une 'allure plus orientale 
que ceux dont nous nous servons généralement en Europe , 
et je ne puis c[u' approuver en principe le parti qu'on a pris. 
Mais on aurait pu mieux choisir, du moment que Ton faisait 
tant que de s'adresser à l'Orient. Le type de Beyrouth , qui 
mdheureusement est à la mode dans le Levant, est grêle, 
maniéré, sautillant. Les boucles de certaines lettres sont 
étriquées. L'aspect général a quelque chose de pointu et de 
pincé qui est aussi désagréable pour l'œil que l'est pour 
l'oreille cet agaçant imâlé de la prononciation libanaise. En 
"outre , ce qui est plus grave , les assemblages se font mal ; les 
attaches trop fines se cassent au tirage. Il résulte de tout cela 
que la lecture est fatigante. Je plains ceux qui seront con- 
damnés à lire sou$ cette forme les gros volumes du Tabari , 
et je fais personnellement des vœux pour que l'on revienne , 
s'il en est temps encore, sur la décision prise. Que n'a-t-on 
tout simplement tidopté le large et solide caractère de Boulaq 
qui; 'entre 'l^S' main!* dé nos habiles typographes d'Europe, 
donnerait d' excellent s résultats ? 

Ch. Clbrmont-Ganneau. 



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478 OGTOBRE-NOVEMBREDECEMBRE 1878. 

. I 

NOTES 

PRISES 

PENDANT UN VOYAGE EN SYRIE, 
PAR M. Cl. HUART. 



Ces notes ont été prises pendant un voyage que j'ai eu 
r occasion de faire dans quelques parties de la Syrie au prin- 
temps et à Tautomne de Tannée dernière. Écrites a la hâte, 
elles n ont pas la prétention d*ètre un traité dogmatique sur la 
matière ou un Gaide des Voyageurs en Orient; loin de là : ce ne 
sont que de simples feuillets où j'ai noté mes impressions per- 
sonnelles , et rien de plus. On n y cherchera pas le récit de 
découvertes archéologiques ou de longs aperçus historiques. 
Ce que je me suis borné à décrire , mais le plus fidèlement 
possible , c*est Taspect actuel du pays , la vie des campagnes 
de Syrie, les particularités qu'offirent certaines coutumes de 
leurs habitants, qu'on avait jusqu'ici passées sous silence. Je 
livre ces notes telles cpielles à l'impression, répugnant à un 
travail artificiel de coordination qui ne serait, pour des pays 
aussi souvent décrits que ceux que j'ai traversés, qu'une 
compilation fastidieuse et sans attrait, surtout pour le lecteur. 



L'ANTI-LIBAN. 



Quand on sort de Damas par la porte nonunée Bàh-Toama, 
vieux et très-beau reste de l'enceinte médiévale, on suit la 
route d'Alep qui monte tout droit au nord , entre deux haies 
d'arbres de haute futaie, peupliers, platanes et autres es- 
sences, qui font de cette partie de la campagne un lieu de 



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NOUVELLES ET MÉLANXÎES. 479 

prcmienade et de divertissement très-fréquenté pendant la 
belle saison. Le pavé, fprt inégal, est composé de pierres 
rondes dont les tètes ressortent;à certains endroits, le mi- 
lieu de la chaussée est occupé par une voie en mauvais état, 
que la disposition des dalles, ainsi que leur grandeur, décèle 
comme un reste d*une route romaine. Nous laissons à droite 
le chemin qui mène à Sofàniyé, promenade fréquentée au 
commencement du printemps; on vient s'y rassembler tous 
les mardis : on donne pour explication à cet usage T habitude 
ou Ton était autrefois d'aller attendre l'arrivée de la caravane 
de la Mecque ; mais cette raison est tout simplement absurde. 
La caravane arrivant par la Route des Pèlerins , Derb-el-Hadj , 

c est-à-dire par Bonobt-Allah aWI iôtjjj et le Méîdân, au sud 
de la ville , ce serait faire preuve de peu de bon sens que 
d'aller l'attendre le mardi à Sofâniyé, à Test de Damas, et le 
samedi au Merdj , qui est à l'ouest. Il y a là quelque vieil 
usage dont la raison n'est plus connue des indigènes \ Le 
Barâda passe ici sous un pont étroit en pierre , sans parapet ; 
un canal amène l'eau nécessaire à la roue d'un moulin que 
l'on aperçoit à droite ; un café au bord de la rivière , encadré 
d'arbres touffus, offre une place agréable où l'on peut à 
l'aise et au frais fumer le narghilé. 

En poursuivant notre chemin , nous trouvons à gauche les 
restes d'une tour ou d'un minaret en ruines (pie l'on nomme 
Bordj-er-Roâs « la Tour des tètes. » On raconte qu'il y avait 
autrefois là un faubourg de la ville , qu'au dernier siècle les 
habitants se révoltèrent contre les autorités turques ; que le 
pacha prit le faubourg d'assaut , fit couper et exposer en cet 
endroit les tètes des rebelles. Dix minutes plus loin, un ca- 
veau auquel on accède par une dizaine de degrés contient 
une source qui est réputée comme donnant la meilleure eau 
de Damas ; on la nomme Zéînahiyé. Après les chaudes jour- 
nées d'été, quand le soleil, déclinant sur l'horizon, vient 

' Sar les samedis, suboût, à Damas, voy. Ibn-Baloutah , Voy., t. l, 
p. 197. 



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480 OCTOBRE-NO VEMBRE-DECEMBRE J878. 

frapper obliquement le rideau d arbres qui tempère Tardeur 
de ses rayons , Ton voit les Damasquins sortir de la ville et 
enir comme en pèlerinage goûter Teau de cette source. 

^lientôt après nous atteignons la limite extrême des jar 

); nous entrons dans la vaste fdaine de Qâboun; 

eaux qui supportent les Bis du tâégraphe d'Al^ e. 

apent seuls la monotonie. Voici le village de Berzé, au 
led de la montagne; nous jetons un dernier regard sur 
Damas , -et nous pénétrons dans un étroit wâdi aux flancs dé- 
chiquetés, rempli de rocs brisés et amoncelés; un quart 
d-heure plus loin, nous débouclions dans la^fraîche vallée de 
Mii/ln. Il n'est pas de région plus stérile «t plus désolée que 
le versant oriental du Djabal-Charqî ; aussi les deux dépres- 
sions où coulent le Barada et le roissead de Min^în semblent- 
elles des oasis dans ce désert. C'est près de ce dernier village 
que se trouve la source qui entretient la fertilité de cette ré- 
gion et arrose les jardins parmi lesquels on distingue les 
villages de Ma^raba , de Horné et de Ïell-Min^n , offrant des 
sites pittoresques et des points de vue intéressants. Cette 
source jaillit d'un rocher creusé de nombreuses excavations 
qui servaient autrefois de tombeaux; un fût de colonne brisé 
et renversé, et quelques autres fragments d'antiquités, in- 
diquent l'existence en cet endroit d'un centre de population 
important. 

Au-dessus du village commence une montée à pente assez 
rapide qui en quelques minutes conduit sur le long plateau 
où est située Séîdnaya; bientôt nous voyons poindre, par- 
dessus la crête d'une colline, le dôme du couvent grec : 
quelques pas plus loin nous pouvons distinguer l'ensemble 
de la boui^ade. 

II. 

LA FÊTE DB SÉÎDNAYA. 

Le village de Séîdnaya étage ses maisons bâties en pierres 
grossièrement taillées sur le flanc d'une colline rocailleuse , 



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NOUVELLES ET MELANGES. 481 

détachée de la inas9e imposante du Djabal-Charqî et se con- 
fondant à distance avec celui-ci. C'est «un amoncellement de 
rochers grisâtres et nus : les demeures des paysans semblent 
se fondre avec eux; on croirait à distance voir des habita- 
tions de troglodytes, des cavernes creusées dans le roc; mais 
de près cette illusion disparaît. Au sommet de cette colline 
aux versants escarpés se dresse fièrement le couvent grec, 
avec ses hautes et solides murailles , son clocher tout neuf et 
son dôme recouvert de zinc. Cette demeure monacale n'ins- 
pire aucune idée triste , loin de là ; les murs en belles pierres 
jaunâtres d'où émergent des constructions disparates, les 
unes en moellons, les autres recouvertes de badigeon, 
semblent être bâtis d'hier; c'est un enchevêtrement de 
cours , de corridors , de galeries , d'escsJiers , placés au hasard 
sur la surface irrégulière que présente le sommet de la col- 
line. Ajoutez que les proportions de cette construction sont 
très-restreintes ; c'est une petite église, précédée d'une très-' 
petite cour; tout à fentour, de petites cellules , assez basses de 
plafond, reçoivent les pèlerins et les simples voyageurs. Le 
regard de l'étranger, habitué aux proportions gigantesques de 
la plupart de nos monuments , se fait difficilement à la mé- 
diocrité des dimensions dans les constructions modernes de 
l'Orient, et celui qui lit un récit de voyages est plutôt porté 
à exagérer qu'à restreindre la grandeur des édifices qu'on lui 
décrit. 

Du haut de la terrasse qui sert de toit au couvent, l'on 
jouit d'une vue très-étendiie. Tout en bas s'étend la vaste et 
presque déserte plaine de Séïdnaya, où le Jardin de la 
Vierge (Bistân es-Séyyidé), dépendance du couvent, est seul 
à fomier une tache verte sur l'uniforme couleur grise du 
sol. A droite, les hauts sommets de l'Hermon ferment l'hori- 
zon; en face, à l'autre extrémité de la plaine, Ma*arra montre 
ses maisons blanches , qui semblent de petits cubes de pierre 
isolés les uns des autres; au-dessus, les sommets bas et 
arrondis d'une chaîne de collines nous dérobe la vue de la 
plaine de Damas; eniin; à gauche, la masse imposante. de • 



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482 OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1878. 

roches noirâtres qui forme le Djabai Abou'1-^Ata nous indique 
la direction de la route d'Alep; au d^, cest le désert. 

Le 19 septembre (le 7, vieux style), veille de la fêtç, les 
paysans commencent à arriver par groupes. Il en vient de 
tous les villages des environs , et même d'asser loin , de Ra- 
chaïa , de Zalilé , du Liban. Ils vont les uns à pied , les autres 
à cheval , tous armés jusqu'aux dents de fusils à un ou deux 
coups , de tromblons aju^I Jî , de pistolets , et quelquefois , mais 
rarement, de revolvers. La petite troupe fait son entrée sans 
ordre, en hurlant des chants à tue-tête, enivrée par la poudre 
dont ils font une énorme consommation, et par Varaq (eau- 
de-vie) dont ils ne se privent guère les jours de fête. Les 
femmes viennent ensuite, juchées sur les bagages que por- 
tent des mulets ; ces bagages se composent de quelques cou- 
vertures de coton piqué dont on s'enveloppe la nuit, et d'un 
.panier contenant, avec quelques .provisions , l'indispensable 
narghilé. 

Ce défilé s'accomplit dans un désordre inexprimable. Les 
cavaliers, qui forment la tête du cortège, caracolent, vont et 
viennent, et de temps en temps déchargent en l'air leurs 
tromblons chargés de poudre jusqu*à la gueule; les piétons 
viennent ensuite, en rangs pressés, — leurs pas cadencés 
sont souvent réglés par une sorte de tambour-major, qui 
exécute des danses fantaisistes en agitant en l'air un sabre 

recourbé. Les longs cheveux, le leffé M) mal enroulé au- 
tour du tarbouch écarlate , les vêtements de couleurs dispa- 
rates donnent à cette cohue un caractère tout à finit étrange; 
on croirait voir une invasion de barbares déguenillés, d'au- 
tant plus que les détonations dont ils vous assourdissent con- 
tribuent à entretenir cette illusion , que leurs mines rébarba- 
tives ne sont pas faites pour dissiper. 

Montons au couvent. On y entre par une petite porte très- 
basse pratiquée au pied de la muraille; deux ou trois marches 
à gravir, et nous sommes sur le parvis de l'église , bien étroit, 
resserré qu'il est entre la nef, qui occupe presque toute la 



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NOUVELLES ET MÉLANGES. 483 

largeur de la cour, et ia série de petits, bâtiments carrés 
qu'ont fait bâtir les principales faonilies grecques orthodoxes 
de Damas, et où elles viennent passer quelque temps à 
l'époque de la fête. De misérables escaliers et des galeries 
couvertes, le tout construit en bois, donnent accès au pre- 
mier étage , qui est de plain-pied avec la terrasse. En réalité , 
le couvent na qu'un étage, je ne saurais dire un rez-de- 
chaussée, puisque cette construction est suspendue dans les 
airs; au-dessus sont construites çà et là quelques chambres 
carrées, isolées les unes des autres, et s' ouvrant sur la 
terrasse. 

C'est dans ces couloirs étroits et sur cette terrasse aux di- 
mensions restreintes que vient s'entasser la foule dont nous 
avons vu Feutrée. Bientôt les hommes se réunissent d'un côté , 
les femmes d'un autre ; deux ou trois robustes gaillards , ou 
quelques jeunes filles au teint ^défraîchi , hélas I se prennent 
par la main , d'autres surviennent , et voilà la danse commen- 
cée ! Ces rondes de paysans se nomment dabké aJo^ ; danser 
en rond se dit dabak db^^ Les rondes des* hommes ont un 
chef, un coryphée; c'est ordinairement un improvisateur, et 
voici pourquoi : il chante des hymnes en l'honneur des prin- 
cipaux personnages présents , et en échange des louanges qu'il 
décerne , il reçoit un léger bakhchich. Une poésie improvisée 
dans dépareilles conditions doit laisser beaucoup à désirer; 
généralement elle est d'une platitude rare. Les femmes se 
contentent de régler leurs pas sur des rondes populaires en 
dialecte vulgaire, dont quelques-unes sont fort jolies; je 
parie du rythme et de la mélodie , car autrement les paroles 
sont insignifiantes ou enfantines. Ces rondes se composent 
d'un refrain répété par toutes les personnes qui figurent 

* Il est inutile de faire remarquer que cette expression n'appartient point 
à l'arabe classique. Le dictionnaire arabe-français du P. Guche, si précieux 
pour l'étude des dialectes vulgaires de la Syrie, ne donne que la deuxième 
forme du verbe, ydS<> «trépigner, piétiner». Cette danse porte le même liom 
(Debka) dans le dialecte de Mésopotamie. Cf. Layard, Discoveries in Ninevek 
and BahyJon, p. 85. 



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484 OCTOBRï:-.ÇOy£^lB|R^-D,ÉC^AJB,^^i878. 
dans la danse^ et d*iuie série de vers que chacuBe ^t à,,son , 
tour,' en sôto. Parmi, les refrains méfitant de .fi^^^ l^*?ytl(Ç|[^J)iç^i^ , 
qui ont Grappe mon oreille , je citerai ceux-ci: r ,, t\, i 

Djinu notirta âl-màyén. 



• f 1 1 r 



Et: 



Nous sommes d^enduesà la soui^ef | » ,,^^ *l .1 

Monch harom aarb el-jnahabbé , yâ mqucK harâm. r 

N*est-eHe pôii^t df .sKqnnéle , la voie de i'a|npjjr?| m - j 1 1 • H ^ 



chose (tel est du moins ce que j'ai cru voir). Ce mouvement 

Il est encore une autre sorte de dansiei<|ifi«&*eK$tQu^t<é^sd^m 
nombre de huit a dix, (iii^nieme,irft)ins. ils 3jB iienneni^r r 



deftipasbnrfttiâs) asseq seaafc^l^si<àrii?cita(I:>de ia<i4aèÂr0>idb9it j'^i^^ 



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NOUVELLES ET MÉLANGES. 485 

tendres et doux, mais accompagnés d'un sifflement désa- 
gréable produit par la colonne d'air que l'embouchure divise 
en deux \ règle les pas. Le coryphée agite en l'air de temps 
en temps un mouchoir aux couleurs vives qu'il tient à la 
main. ' 

Tels sont les divertissements des paysans pendant la fête 
de Séïdnaya. La variété des costmnes , depuis la robe taillée 
à l'européenne des femmes de Zahlé jusqu'aux voiles bruns 
à fleurs jaunes des paysannes de Ma^oula, depuis le machîah 
du Bédouin jusqu'au vêtement bleu de roi à passepoils 
rouges des gendarmés libanais , forme un ensemble des plus 
pittoresques et des plus intéressants , et permet d'embrasser 
d'un coup d'oeil les différents accoutrements des habitants de 
la montagne. C'est là, surtout pour l'étranger, le principal 
attrait de la fête ; et c'est surtout à ce moment qu'il convient 
de visiter le couvent, qui paraît bien triste quand lé silence 
règne dans ses murs. 

La principale antiquité de Séïdnaya ' est un monument de 
l'époque romaine transformé aujourd'hui en chapelle et 
placé sous l'invocation de saint Paul. Que ce soit un tombeau 
ou un sanctuaire, on n'est pas bien d'accord là- dessus; mais 
la tradition du pays prétend qu'autrefois c'était le trésor du 
roi. De quel roi peut-il bien être question ? La légende n'entre 
pas dans ces détails ; elle dit seulement que c'est le roi qui a 
bâti le couvent, Le directeur spirituel de la communauté 



' Ces flûtes se tiennent comme notre flûte traversière , mais Tembouchure 
n*€;n est point latérale ; le tuyau est ouvert aux deux bouts. La colonne d'air 
lancée avec force coQtre le bord de l'emboucbure produit ce bruit incom- 
mode dont je viens de parler. 

' Parmi les curiosités que l'on ne manque pas de visiter, se trouve encore 
une image miraculeuse de la Vierge, conservée dans un petit réduit disposé 
en chapelle et situé derrière l'église. L'image , enfermée sous des vantaux 
d'argent,' est de style ancien mais de fabrication sans doute relativement 
moderne; car les voyageurs du moyen âge nous disent que le portrait qui 
existait de leur temps ne se distinguait plus qu'avec peine. Cf. Mandeville, 
Voyages y cb. xi (p. 190 de la trad. de Wright, Early travelsin Palestine) , et 
Bertrandon de la Brocquière, t. V des Mémoires de l'Institut (ihid, p. 3o6). 



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lîiihation k!À» éJnf^rèdt^ a* Bf^ettncelt^ Vil%éWiiaifii4f»éli' 
pMtèâùv bu 'tfp6i'ç<îÂt îë^'ihttièom' isolées dû'^péÂt^Wflë^qiêf 

tion uniquement à cause de son tfir"feftltWè/'(JïA*^8r fiii 
guiers rabougris, espacés sur. ^s versants d'une colline ro- 
cailleuse, poussent chétivement', privés d'eau, au milieu des 
pierres '. Derrière le village ,• vRé bande d'un blanc vif signale 
de loin le chemin qui mène directement à Damas , mais que 

tiôWr^ei (irifliîw 'jîdrW '^d|d*ii cm& ûtië' êm' aw^kàm^ m^^' 
i^6tdé;»n'W6ttiftife''èeWé* mà'^e'Sètimë'i pk^t-^ mkioti'w 

miJ-îÉiiaS'(!siiht-Éiiey;'fc^eus*ée dàw m mnAA^i mmemë 
iriertt fa' fciiiîh^ 'des''ébîiih^'4tti^^^éiev'éttt 'à\^^éé^i'erè^eœ 

ef^dè^Shlti-Qbss^i^, dû ftiââsiP'f)i*riéip^'dt rAfitkDaMP€ë 
n'ëèl!'(^àliè''sî%ié'{)'ètité ''salit eâtWfè';'tfônt'lé»^jJli(ft)iîâqèSe 

viëtti? (jLa^tt^rôfe'dWiH hàe^éëVdéS^àWt là>b*({ftè','^0'i<^^erttU\>e 

un puits creusé'd^kihcVWhï'^^Yfmï^r'A'^^^^ 

géss^f,' '^fl 'se i^téttW Ûè^^^{m^^et)l^É4ïé^W,Hà¥\imi'éS/(iUK 

Vi fn ^ ^'»i(i'! i-tf >1 -■»') ^no^io.Tt ^mJ f.f.ib '»'u|/i.i/,'' =rifq ; >niblRi 

' Un terrain dejce firenre, arrosé upiauemetH par YeRu de pluie, gui né 

tombe guère au en luter, se nomme bal <jj^: les arbres 'qui y poussent 

iMnkt a^i'KHiitJ ex^kiëiif^, toÀ"s\i^Mi^ ïU^'^ni p^6*Ameiie'ééà 

désignant un village situé un peu à lest de la route de Ma'arra à Damas ; 
éM linë'bî^-à*i èàt"ee'vàlà^e tt*érfft<ï'^aîi."La'i*rté**ïill «6t»jtMl!i«!^a^ livre 
de M. Porter, Five yedmik'Dnikàifm; •fe*'fdft!,^tt<!'p^tei>i&^ce\noWi»<*'l >b 




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sen^tf$i véritftWeicassen€Qu;.des ina)ic;bes sofut taiUfeçes dej ,dis- 
tanice eu diatanee rdaos Je rocl^Eir. ,Ojl rempate par. IjQ. même, 
cb^nin ♦ De îa, petite plat<^form6 qm précède la, chapellp , w. 
a une vue des f|lu3 étendues iwir , toi|te la. contre : ,tput a^^, 
baj&,<i^ doux viUpgesdq Ma^noûné et de Hpféjir;.devan,1; a/cn, 
la' pliûnie ;de' Dama$ et s^» Jaca; à gauche, le deftert.de jSyrie, 
sembiaUe à uoe mcaf d(e-gJ*Qe, -tatnt le^ montagnes. aoçuiYiviéje^ 
çpH le r , 6<Hi>poS0nt ont , l'air! de s' entrechoquer iCQpnB>p dp^ 
vagim^Sk^u fondr^.perjçant.la hrwrte.Je plateau dnîLe4j|iet 
les niwlagncS'du,Haurf\^. ..., .,,,,,,, ,,,. , 

■v:'' ;;:;;■...."! . .. 'lu,,/ ,., ;.';';.,;: 

'Ht|» ' 'I 'îl -t U<^> i .• 'I ,(" .-^ ;'j' , . ■ ' , ,. f ;.. .(' » -î -il,'' ■ !• 

d^^ unfi.plaine as^, n^qi^oto»^,, pq.poi^.p^rl^^pJi^^ pxaç^^r* 
ip^i^„J>n' si^t; rinw?^»i»,e.,pl^eau qiii^çQ;^^çe,pfèg^|(J^. 
>Si^^tiD%4^.pQf4r,^J^r pc^urif . a^-dessifs d;^, Yal?^9^.en,^çe 
confondant avec les hauts plateaux de Nebk , de, P^,^{^4*^i};^, .^t 
4f %4tfifti (PfP»>/^ÇJ^i<>i9 THtewe de. Qarj,aA^f|^]|.0;ft,lo^gë 

irQ^y,^^i.k.g^^ç^\^e,^^ ^.f'RH^, tii^i?. qf^p^^Y^e^r^j^ droj^ep^ç, 
rj^ani W%^mW^!^Wï^l^fe^jPl^"^^ wi4e^.^.tn,oir^t?-^;^ «J^^^ 
i^^nt^flej d'A^quli^L^â^ , (jy;i. ,<^^cp^^pe . l|e cie.l ,dp> s^s, jj^cç; e^^ 
çaJfp^S., Quelqjuieft .^çhapjpéçs,, d^fi^rjèi:?: npii^^ .p^mç.t^ç^^ .d>p- 
^(;(Ç\oi^,uj[:^ç,4.eW^f^'^i'^ le^ jardins de la, Ql^oâl^iet |es viçrts. 
pâtHF^e§.du.l\J,ç^4j; ei?tju^,npu,s,pp\iyQ^^.di^tipg^^.lei çpilf-. 
^eqççi^^qt, du, d^s/^t içt la, ^pqte ^e P^F«? . : . . - 
, ,75^.<^s,^p^çevpfl^.,t^içi>jto| Iç village, df|Ç,ed4^», ep^oucé <^ 
jardins ; puis ^Akober, dont les maisons de terre noire ont le 
plus triste aspeçl;; un village tjiiné près duquel nous passons, 
ç!^si;,]\ia)?iyé,\ qi;ç le gouvernçnj^^nt t^rç fit dçjt^ire^ V y.^ 
une quarantaine d'ann^es^, paîxe.jqu'ii,a»vait.fef^sé.d<Ç |W^er 
1 - impôt i Ta w4ni nous montre ses habitations ëparse» , siirtées 

., MC« nflStt ne s« trwivp pas ^ur lfs,/c»rt(;$ quç' j'ai enlrc le» main^. Celle 

32. 



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Les maisons , de forme carrée , sont coi)^fj<^^ if&êfffî%^ 

*!he^''fefcc*ët^ê^*A>diMè»»é«<taulfciiWV''etMp^^ 

9\Mîm^m ih rtWiViên»«^ détniir0<)qttel4ttei«qaiB<m]etriidi 
i%Me'jp^iKt< ikii;'hsdbJeahteJ ^^mnédbe (tiiforqbevddtM^^Ua]^ 

l^ùiiiHèVt^^a^^l^ dèitt^tiikityta^f>ânfJVoitiie)aott^6atrgDfc 
catholique de Mar-Serkis; à droite, à mi-oélb{ile9ioèikiièB 
i)krldiUèiâ<à>ik'ëhtftt»lâti<Oôa¥mt(denMâr»ll](ékk<iqmi^ 
aièrl^^ttiftK' Qv^ bnk^(m^i> s«ttifali9iit 66rtiDndi£ifai]taiit)il^5 
'i^hëtéiiGlÀtlsd^ pHtioEs^âe te/moiÉtagnepqui seiifl)k)%i <&i|- 
'^^ei^itiUi^â4i]^|<>oh> Vdkfitldê ifbttjtliiiliderideirlKMtibn:, «notëi de 
'Aiéliës^èi<eà^ys ^lfttt^>% t^.o^iii^^ «defJpidfasi^^iiqéB^ée 
\ih^^àtié'^À^|iëiifi^^iliK>^ift^^i^y Metb^nPèoifK^rÀavIrBS 
^ibàVatl^s'tilâslcoh^diÉ^àlde^i^àt^mj^ 
^^}ftl^d'^4>itt^iÉ^''3dht^)<i^g»t^si''i^ sètta^esnie 

^çt5tti^à^{^^yi^ ^t«^^il4re/4d^kdip^.eBcGliicoQ^i4«u€ës 
salles sépulcrales sont à moitié détruites par les plomil^i 
''V)é|ftiieMFrèM|[eh^Jlle3)*od^i^^âl(e»l^ àltmxiJOoabciiv^siçJbont 
«lîti(i^s^|¥iktt pa^sàfM'(d'«ti)i9^<iicii^jibtiro^ hmalieiMs 
'>i)^tk^1^e}ii^lMvadt''ilejlrâÎMi»lhvep fe9 pr<^^ 
(]uM«>rli^ht dWi41iicbiiitltdi|^e')aai<de8$z»'jdki<!9âla;;yBb 311^^. 



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ww m iiilë ^m ià^i^wé 'èé^^^u^ iih'i)Wii^ii6f àfaj^îï^^inii 

trouvent aujourd'hui les baîâdirs ^^Lo oi^tàh^^il^^'^'f M. 

'^'"E^PefilfiKlisâëiSi^it^ î^*teéfi>S(^rt (Éfe 

AïMâi^-Serli^vA(ptttrftà'iQ4t^4ï^ ejf^ Aifee^^ 

qœ felkftifae e tiMi^Wuio so»ft j lii jflP(o»^g4fi^ 1 ) (fo^ 

ifautppciwr/jpouwc^o^ipatftgiru^fe H^ifnStMii^ gl ïff§«i«^i^P^ 

il aHérpitïli<ilrejàe*MiRfr(fei>^j!5^ g§lli|l^ Wittmî^efeh^îi^^i 

;«iéfiiinte9Tl^éU«>ifff ji ,;)junl) /; ;tiÂ'nr^.itlf. yb oupifoffjrn 
1 fio(^è8payoli')fi*a]^U9én Y«^ 

«d) (faniflé .J^dfjwsHnQbuoteUli^firy %M«nftn^ O^oOÙn^u^iHcjtfis 
'ïà^aàpisla^lMÉtsji^obi rieçfnlr^ée, ^d* ©^ffîftfe. aRfeft.Ms«f^iia 
j«cn)»cëiipi^inéerrUwâllàt (^€ftrpç[ty:fi#/^%(»lB^e#J,i^és<WfelfpÇf?ne 
sqde^dea9^al^8»3AV(fm<d^Jlfw^•JW«tefe^ 

iI)abs»|fDé(j ?M -inq ?,olnn1sfj yiJroio r, Ino^ 8'){finli](j'V -^olliv 
ihoi.a^l^riodBocuriwîisé 4<^MftîJtoûW > pcjijui) |wti qWydçpW» 
ifibrellawA ioiw<içs{ij*è'Jn|^ei|(Bft'Jii'0fl4e^ W<ti¥î|V)é«4$feiPW- 

Syrie ( stypÀ isesi fAeHOr- aiinexes 1 4^ i Djubhl^Adâb eiode (Ë^vkfof p ) 



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490 OCTOBRfe-NOVEMBRE-DÉCÊMBllE 1878. 

où i*oD parle encore le synaque. Nul n ignore que raraméea , 
après avoif été la langue vulgaire de la Syrie et de la Palestine 
pendant toute la durée de la domination romaine dans des 
contrées (pour ne parler que des temps les plus rapprochés de 
nous), a totalement 'disparu devant ht marche ënvaliissanie 
de la langue arabe , et qu'il faut aller jusqu'à Ouroùiàijya 
pour y trouver le syriaque encore vivant. Ma^loôla est, par un 
privilège singulier, restée seule en possession de ce dialecte 
de ce coté-ci du Tigre et de l'Euphrate '. Aucun des nonàbreiix 
voyageurs (qui. oqt signalé Inexistence de cet idiome n^avait 
songé à prendre note des expressions qu^il entî^ndait aiitour 
de lui et à en donner un vocabulaire; mais dans cBs dernières 
années, M, Albert Socin, professeur de langues orientales à 
Bàle , a été passer six mois dans cette localité et a pu recueillir 
un vocabulaire complet*. Ce travail n^a pas encore vu le 
jour; il ra^e sera donc permis de noter ici quelques mois en- 
tendus en co^rant, ou notés avec soin sous la dictée. Je ne 
me suis lié qu'à mon oreille ; la transcription est aussi exacte 
que possible. Je me" dispense en outre de faire aucun rappro- 
chement philologique, laissant ce soin à de plus autorisés; 
je me contente de signaler quelques ress^nnblances avec 
des mot^ de Tarabe vulgaire n'appartenant pas à îidiôme 
classique : -^-- 

Lahma ipain». IVokhckia^ «morsuire*. 

H<dba • lait caiilr » , uonimé en ar. yochklha ■ baiser ». " 

lében. Besnitha «jeune fîllé». 

Basra ■ viand^&/>, , , Chenitka • femme »1 ■ » /^. 



' Je ne ^nrail» piietUi ^ire q^e de renvoyer le lecl^r^ à THistoir^ tfes 
/anj|iie^M'n^i^iie^d*E. Benant p* 268, 4*^t. • \} 

' Je tiens ces renseignements de la bouche même des paysiems de Ma^oàia. 
Si jamais ces lignes tombaient sous les yeux de M. Soon , je le jitièMi -de 
me pardonnèt* les èiTeu^ involontaires que j*ai pu commettrOéj v • > •, 1 ^ 

' Le < 1 dans ]e8.f(émini|i$ se prononce comme le th angjûjjB 4m>;^^Ç|^tte 
par^cularité est plus femarçjuable dans la prononciation des femmes^ cpe 
dans celle dci> bommes. 



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lasîjc clc.mUin»). • n , .'^r66<^ «coucher clu sohulS)- , 

.•Zf/'tt7ia(t fusil à lieux coups» (cl. ,, , , . 

1(7;//; if oii.oiL^ij) ''T, '*m! )Vi/'« , 'ih^i--.. iAbAEtil|*'s;'{»'''';^,'-'>' 

(lu Iqrc vpoLsfc. )., , / l'aida «bonne i^. , , , 

Mpîa . « eau » ( arabe Njuluan'e ^^ , Halya « bplle »... , . 
Il *i*-» ÏÏiQ^éï. niÔYfi). , ,. Ërj'ekh «long», fr/tTf/m «loniçuti». 

Moïa karrise «tau froidô». , Kwrficui «noirs».. , , 
fVdrta «rose»* ' • ■ , , iîappafi* «<> rancis». ,. 

knqupuo «énniii». Kéi5a«ione)) (ar. vuly;. ueSvrieit 

Jchouth warla biia liliouppo « il ii y . , tl Egyil" , --j»j , même smn.). 

)!•»( /'» H^i.» V') r ••l'MfVrir'j' ^'!\ ,<,;:!'n(?"^'^ot;isTrV) 'Ml ^-lUr^ .'?fir 

a pas de roseà. sans' éinnes ». llalilha ,« gracieuse v , . 

ii'l/inf'i fi.' ..!•■ ');,,! 'hy^-t^h' > 1' ' ■• i u. '!.*'■. r, -TT. ',1'Îi vfnj oj.j, 
Kliaukeblha (t étoile»^ , Khretna «autre», , , 

JVoui'a «feu is.lfçM- I i/rt/i/Aa «clotice». 

)'1.(. ^') .ir'.uUTrnVr-')'! '■^ M'pl->i ,[' t .ff ..,iid •){) ^Ti. 0)1.0) '>ifi '.; 
A*/JI¥M<« «plateau» (jarabe vulL'. Neçliqhila m occnii&i*. , 

> éenijjé). ' 5a//()/a «fin, spirituel». , 



Nohra « lumière » )»aj. Ihchcll « beau ». 

Denpo «queue». Zerôkan «bkus». 

Denpo erre^/i,^«,qi^u,e^ \V.W.^« V ..f^'f^'W-.rî'Pf '''.•• »,./., );,.î .- ^.iv.V^ 
5aAwa ^Im^i)^ . ,,^,,, , ,,,\^,,.^ ,j^ Az^or, plur. zeordn «pttitî^.^^ 

Khotchma «anneau». 

Karcho «argent». Ùkhêl «mangeant». 

J/fi<:AAa «huile». ' *' /' ?''; 'ttd/Z^ii/fe «iîeA's^fÙw héiïW; ïé- 

Gkeckra «p(nil»uM(")j j,*} u;j om|» ^ i... î/.'aW^,/oMa»vrfér«(iHinn(ift<rAif /^fc/f^i 

''fc'/>fc"'.' '*' '' ■' ' ' ■''' '' *■* f"-'' ''Wt./'A'U' "''r'-''''l ,■■■/ /"'-''*U'<'J»"/j. 
Idahh « la mam », Zchnahii\ leni. ^citTiemr « Vil-i -rili ». 



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4^2 0CT0B;lV|;^pi9yÇJ)diiB^pI}^q|^§ft|S 1878. 
Mo hettahh, fém. mobettéch «que Talla «elle est venue •. 

veux-tu? » menni « de moi ». / 1 
Be'ich kelemtha «je veux (te} particules. 

dire un mot » ( araÉié' tdl^ïré ; ' ^Bkltà)^ i feëàtfcoup » . 

T^^^'^71^l•"W•^"■.^ ."^ ,.fffî'„^°i'f,'îf?m"^M i-.do b-..,., 

•™~?,' f "m •''>?■■■•• 'i^ , ,-,.,ifP,','C?!|-',1. .M..1 ....Il inov i..,. 

iTom nzelPàlih «Mevii-toil atlons* ■ Chou «ne... pas». . i r ,,,,.»., 

apaitha «a la maison», thnaié cçomipent»vi j, ., ,,,+,,..1 

ia/f/i ./ofc/ia muUakh, iem. tac/i Kallès- «un peu»» ,;. . .. „, ,,,.,^ 

(oAfia mallech «vL-ns pour) , . ,1, ,.i..K..K m! 

que le te dise». ,11 1 ! *„ L ,» ;i,,.,'l 

,r M'M-.''-'i»i'*''- '•' "'''i"' ■''-* "»;"'',•'' "i"'^' "'*' *""*^^ .'>^-i'y''' 

i«»maz «i ai vu ». i/atc/i «toi». . > n, .rwji;,* 

Baitèina «nous voulons». ,ïimchi «moi». ., ,.. ^ .,.,, ^,.l, ,a 

i?aAém «il aime». , , , "Oa^t «celle-ci ».| .,,,,,,,. ./q 

yVénrif' « nous descendrons ». . j „..:..r.',K k- 

Aorn af/or neamoukk < leVe^oi, al- £/r/i f cA^ j ?«conu][)^nh^lejE|-^^^^jfj 
Ions dormir.. ^ Pd/dpfc W^^p^if/^ .j^ç'fl.j^^ 

,",,,, |,*'*'^«f',^?,ry'^çMf.J*WBnft1i.i< 

„ ,1.1. 1 AHh%.''HW>'^'w^ii^i'-^ 

p .,„.,,! v.v*,?'îf.,f?fïf.?-^iS^W.f'Hiii ««0.1 

;i;i;;m,i vf/?^^#.'H''. H<hTf(k,'^9}^>,. 

I i.iiu^iM Mf.. JSfV) IJ lii.i'iiifKioo iioiviiiii; 

,,., iiou/n'i <.j,iif*W*)îfVn.o K9( "iip -JV^'io? no 

-.jiilin 11) umIJ iifi.d u'I .(i.)il.-|iiii.)tm .îii/;--. .lu"' .sobài.^ ^■)i-' 
.iio'tr.l- .ol,,,|r.nr.q -.|. 'mmI !'•> J'I''/: «l'i. nir-/!ior Uni ^i.on 



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^ q,jr/J*l?99S PjÇ;\^YSAN^ A:'N*:B*;^ -11- • '-Jnni .li. 'nil. 

Yabroud est situe àù centre d'un plateau que bornent au 
nord-ouest lè^'ctiâlnes sonAres et dî^nud^és jde T Antî-Libaii , 
qui vont non loin de îà s^aWisser et disparaître. Une eau v^ye^, ^ 
sortie Ue^ 'i^MriSés de Kas-el-Ain, fait nitouvoir avet ^amm^ Isu 



î{as-e1-Ain , fait nûtouvoir ayet Rapidité ïa^ 




le dédale d^,;^;s^ pptites rues, nous ^venons a passer devant 



ffris uniforme et terr 

' ^^-. ,. 

lierre 




En sortant de ïa Dourgadè, dans les jardins, pous yo^pns^ 
se dresser 1^^ ^rmipes silencieuses d'une église médiéyaler. 
nous semble-t-il ; la tradition locale les appelle le château de , 

B»timA'}^Cldst"Bmâê)i. '■" " ■■^■^■■^^' : " •":"^ 7' 

Utt'ëllfethîïl'botidreux et pierreux nous amène, en trayej'-vi 
sattt'^tlrtë èôhtréè 'absolument déserte et sauva£:é,,au erpsc^ 
bdtt^^ ne Nëbk. Uriè caravane de chameaux^ yen^e dp HJoppS;/ 
se repose sous Tombre épaisse dé"^ quelques vieux arbres îjil 
eaî-Mi 

nous u 
a(}Wdi 
nant s 

nést^'lé 
loW^'^î 

autrefc 

pldi 'Ci 

on souj 

des siècles, coulé sans interruption. Un beau khan en>uines 

nous fait souvenir que Nebk est l'une des principales stations 



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\^à OCT(>fii;t>^MOIBMlBRËTDÉ£>BMBiVE 187 8. 

ide >la rofvIè^d'Aiép.'Mkjsi diojoQlidiinii Ie9i(stoyanfi9<ne(({tearve^t 

<^lhsAixfie ^*est r posât tiH» 'inoipinksnt i, niai» libsioonstï'uptâah 
trè^siéif^'^ o«| il ni<»ri«h deiremwqjoaldci. La>[$e^ldfe\oilrû>- 
.l■fté qos xxpÉknne i'>égili9e''bst"iti^é FelΣp2eid&>jli|Uffiréittar^- 

iis9te)i fbi bunel vùei iDèri-éténdu0(iui^l€l jié^Hiqdi si9<)lr(îviite 
ail ped>*dËa) aentfe&ste ûft.ides denni^rsi ?yprofttds9d$t loàieti- 
Liban. A deux heures id^ iinirclraiefèûdE»(^'iiiuelai*g^^lift^ 

> vcarteJiioiisf)iiidiqueiles janlin^ Jqq^•&I^MK^nfe'Dè]f-iAli(fèC Au 
dé)à'ri(»(bnèteb dut Illjaisd'iCbçix)! i^iabcôas^iit p0iiii<di9pardHije 
à)sdiitOftr'èiitièreineB4i>'i ^'">'i \) ,^mÎ'v li-»*^ >'jjn/')ik> aoji [ri,';i 

* nfJtieiBépîe dbi€oe{b de fu^ kiirésIjdjBLasd'iaiibérteiifidb village 

nous annonce le commencenoxlrif)^ la((liHe'ioà)Tiebsijaoitmt^s 

invités. A la porte de la petite maison qu liabite la fiancée , 

des paysans descendent de cheval ; ce sont eux qui annonçaient 

tout àlUieure^lpif^yï^ii^n^eifl^^ifr wj>pé^^JLjB^.h ces 

hauts plateaux , grâce à l'air sain et pur de ces régions , jouissent 

d'dnd' aaniéi indltérabieg ieiDi4)|wtrid, ilcfur^ata^m^ie ^H*v>1^urs 

iwesniires: ' bie» pvTopbrtionhéfii 4 • déurs 1 t^^MàsrirégiilieJns (oeii-feirit 

utae>dc&^>faib >l^ll6ài}iop<uiâtrDBsl de'Ja i i^ytit^ l^atrlemsies^ii^e 

^toiUb beaucoup Lplo^idiédiocfevisitiiifa 9^ii6si< trepiturqtHilde^poar 

è'jftgïémeptjdé leur YiaagfB.iijotlin 'I .KiisnaiHiofn ^/Mnx'^Uy 

^tJoîS^ou^ eiilvoi«s>; 'diln^ rétroste-equE qui )piièécèd6ikilo9in)4es 

iiQ>lité»i6niia^ou{>is>is}In«l)es)inatl)és^/ettroQrdeiî6urip|usi«liS's 

)mBgs.dec^ii0f(^ndeér v^^nA d'^mq feâppeienifadeocoda dfiAaàJké 

(èâiik^onrin)s|iii»autvê ]iiaffipiodè)r;ytliHi0jdttln&ÇQiiï 1k}uJj>à 

fait.pdkmtive;ien>lads^nt>boifiiDberDU«iû ligffodf^ipét^ aUT/^ 

(ichai|drDni)de iapv«d)ren^pi*uDié'«i j» battonib -déi^mB^ Aju 

jicéiitrdj (Jbs: immea: à laccdutbeitieob p6ttû9es^pM&ii(fo^[i«Dèt 

«^ uott 3Dp(ki; ) âra|)pènb len* *eqdmicèdaa^¥f&} de'fei«#s . pfi^d^ 

> vèbsDTÎentjiei fètdL con{»ste itnt )uri)db)nidii' À jon^ifm» idenién- 
d^ j^lkfpi'acis giènQàh(,>eiK«^a|ift)kii/d|e,fiéiufSiJtr ')bqnèif«€kèt 
bfodéefr fife? fwr^ésqpeâ d'>or d'tehl^roiwMort'Iîota'ei;! le>4iwr^e 



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•vi^gieiestiencadré'il'idrbémentsIdeieaiYde quiièouyFeniie énk^t 
judquQitir omiies j * La rbndei qw elles 'fdraMjnt <ii*esi a]alke i qpe 
laiÂi&ib^> dcvdt j)ki «Il «oeasioh detpaiién à p«opok;ds^Séid- 
nàya.i Quvl^esl instebts après, le «ëcdë 9e<rffliilapt; «tià tttiur 
de (rôle v' p«}:éailft et paj/isannes^ Ariénbeottidfililsërialeà pàsr deàls 
dievkiiièslspectateorsa^teiiitifi:, àlalnearifiiixleiDràdèqq^nes 
chandellesi QeMe ddn^eisiittplejet faahfl<appràt»vléetf)e)opig»nà- 
iif^^Hoi^ oh^rèhéelet'deîbowl^cEÊit^QEakiait/ leiseid ickatol&de 
iéetAei féite^obanipélrevmiais c'ètaië' a^sek pooc intéressé^ des 
ètratigers'À oe6pecta<de>noiiveaa pour eux; . ; / m ii i 
/ MiniTit li]l;es)b'teKifipi9)de>piHrtir«:oaif BffiiudiVQJ^age^^ 
pour ^Wter lefij dhafeaFidela'jdûfiiéé.iUIiià dstai-faeùreKpltis 
tard nos chevaux sont sellés, et nous paiaonir)9ads<'trànisitMÉi 
delb* dbrté «t dm bruit )de la fête' ÀiTei^sniritô «t fai'«ilénce 
"profond' de 'cesf r^èiià désértesi -^i- /:■!': '< !*•■.(«'.!.;.,■ ,;j;,i, 

: ' i ToD» • les v<oyagêu!rs > qui chaque anniéë . foillen t ie: . sol de lia 

S^kie croiraiient naànquer à tousileur^.d^oôrsv Sfil^ntàoconi- 

plissaient ^as le ptiierinâge des ruiner 'dlHéliof^ciis^ En hréarité , 

oe'^eraiiità '^DPt qu'on vegnciberait unb visite lauiio'vesbl^i d}ei<âes 

splendides monuments; renthousiasm& desi Ebiio|)éeDS^qiii 

petroav>èrelitiBaaU]|ek'n a pas cesié'^d'étite ^f^proa/vé «par/tous 

œu^'qqi vont encore visMôrt le temple idu. iSoiei). tMais il est 

îin èèié durieui •qu'iOR' f itoiijauri laissé dodus i iKMn^é i- panoe 

t qU*it^ œ jnéi«ta«i'pa8t!k'pethe(qu/oni S'etitoecmpâtvJ 0U)^^iiii6t, 

' paroe ^e>perbonoé u(» «u^ Voo<^dnid'«n' avoir cotmaâ82|ahce: 

' }é veux I parier dies' Irèb-cùrieQ^es légende»/ îqpi obunent)panni 

•iesïihabitaii^^actUèAf de Baalbek sai> le» QrigiBie&«ib Ihi^toire 

dniteitip)^. Je n'ai pas hesèindïj prévenir iq'^ecteiMl'' que smus 

alionsjpénétrer sut* leitervàiiïiduirarvtaétique.' Je kisàeiàd ambres 

' le^Àiinidë démékr, (^armi^e^ aSDSurdké&ide ces récita popb- 

lairfes,' le'Ionds' ivi'ai^.mblaMe 'f^iîr lequel i'imagifoiiatioh dès 



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'"'Lé ftikièuviemjile'dii 'Sorëîl'fest tl^itgni ;"^'ar ïèi'ïi^BÎU'^ 

pM^itmmik Au'iiè/au-iiiiN'y 'âp:'i^âSs'taâi&i .l'nfe'vlt^i 



iè^ëJX'i'tiïi'siUW'{,'uVi3fefé^eaïha'''cit«;!è''m^^^ 
défendait s?sii\Ws,"fc'ï^it",iVi','WfUi; aWlè'ill.''^ .^'.'.' Wl'lëè 
ii'ifiiW'ï^l^HitiiM'ë 't<^u{l.éiijrii\^fe'di"è'e wMvék"èH'^.i 



taré Wate'a'ài'bsll s^W^e ïriittë^lïà'iinîyAt'^këiàiil' W ^Mï^i^i 

l'éjiiiss'ëàr 'dli'iW^!' ir i^lt'asWaîHïiïrfe d^afé-^er r^M'jfti 

'4V11' r^i^f^At'è'' in'''qji'ékWoHl •pe'1%W''ÉriKall''l^iyKg"J^*W^ 
liM' éii 'â 'ù"4'irâ^ï)è''hte'W's'efî^it"ilbi{sJéë^af^a{i't HWH«é 

pil^s'jf VciitTiiij'^'feci^'éhï oti'i^'on'ïiiàiat blw»^ lêmi', 

qui. dernier détail, était de yéM'ii'^ak ié'Mïm^ '''"''" ' 

'^Xekè''|iuri3^i.'èSiièi^i'àyfetiiyrid^;'}iJè'{¥i%%îii.M^ont 



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modernes , aurait toujours vu son enceinte rester vierMi^jM 
^,,ét.^it avis>,.,a;|Ufi,^trfta§«fl^^Vi,,r4^?s^t.,,Ç ^,t^ait bipp„^,^%, 

gjfer^ft^vait défri^H^,. C9fii^^e,^^n|;f3;,^»^trçsçj,psç,s. ,„j,.,,;i.,,, 

.Miï^^i^pfÇ/M'.^ ?p"^t.%w^Pp.Jfi,y.™ m^n?^%sf^^f 

vieilles fe%îj,}îey|^,Çjjç^^y^^Ç,,, ,,f, II,.. . Il,;ivl, nUvpb ..'..■> 
.<^>mr^i^S#,95r,^,î,V???i,f/efls^.e,f},afl?Jat,çrrp,,^ 

9m^,i^ÈwM^]mAmvAnfMmmfîhMm 



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498 OCTOBRE NOVEMBRE. DECEMBRE 1878. 

Une ouverture percée dans le rocher à la parrie supérieure 
permet d'y plonger le regard; on voit que les parois sont 
enduites de stuc ou d'une composition analogue. Cette 
citerne, quieét complètement à' sec aujourd'hui, a été trans- 
formée par l'imagination des paysans, en un four à cuire 
le pain; de là vient son nom de Tannoar el^offdr (four des 
païens) , que les chrétiens de Baalbek ont de nouveau changé 
en Tannour eUfokhâr « four à poteries ». fl est vrai que la si- 
tuation insolite de. cette citerne au sommet d'une colline 
isolée, où l'eau s'amasserait difficilement, n'a pas pu sug- 
gérer aux habitants actuels d'Héliopolis la véritable destina- 
tion de cette excavation. A Medjdel-*Andjar, village situé non 
loin de l'emplacement de l'antique Chalcis du Liban (dont il 
rté reste que des traces à peiae visibles) , «ur les flancs d'une 
colline que couronnent le* ^este» infbrme^ d'un tèmj^ paien , 
se trouve une citerne exactement semblable et placée dans la 
même situation, à mi-côte. Position remarquable et sîngti- 
lière, puisqu'il est difficile de s'imaginer que les eaux du 
ciel puissent s'y réunir ei> assez grjRnde quantité pour .rem- 
plir ce réservoir. 

, .( Tj( Ua à inn .pr^cbain numéro. ] , , 



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M^f^jre^vprj^^ Çi^rcjnic^uebyzaijitin évêque de Ni^ou. 

rtistoire cle la conquête cliï'îvepal par les CHinois, solis re règne 
'L''Tç^'en'-Long'(i»792 jl'ti^rfuite crù'clîinoisV(M: tMitï\ ' *' 
Imbadlt-Huart.) ?:'.::". ;'\ ."34Bt 

Hymne au sôleit , à te^tè pritnitif accadien , avec version assy- 
rienne, traduit et commenté par M. Fr. Lenor!»ant 378 

Notes de lexicographie assyrienne. (M. Stan. Gutard.) 435 

NOUVELLES ET MÉLANGES. 

Procès-verbal de la séance générale du 3o juin 1878 5 

Tableau du Conseil d'administration , conformément aux nomi- 
nations faites dans l'assemblée générale du 3o juin 1 877. ... 8 

Rapport sur les travaux du Conseil de la Société asiatique pen- 
dant Tannée 1877-1878, fait à la séance annuelle de la So- 
ciété, le 3o juin 1878, par M. Ernest Renan 10 

Rapport de M. Barbier de Meynard, au nom de la Commission 
des fonds, et comptes de l'année 1877 ^^^ 

Rapport de la Commission des censeurs sur les comptes de l'exer- 
cice 1877, '" ^slus la séance générale du 3o juin 1878 68 

Liste des membres souscripteurs, par ordre alphabétique. ... 70 



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500 OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1878. 

P»ges. 

Liste des membres associes étrangers, suivant Tordre des no- 
minations 88 

Liste des ouvrages publiés par la Société asiatique 89 

Collection d*auteurs orientaux. 91 

Liste des ouvragés de la Société de Calcutta 01 

Procès-verbal de la séance du 1 2 juillet 1878 176 

History of NepAL (M. L. Feer.) — EtymologischesWdrteiback 
der Turko-Tatariscben Sprachen. (M. Pavbt de Courteillb.) — 
Aogemadaécà. (M. C. de Haelbz.) — Remarques sur le mot assy- 
rien sabal et sur l'expression biblique het zirhout. (M. Stanislas 
GoTARD.) — Papyrus de Soutimès. (M. Paol Pierrbt.) — San 
tsëu king. (M. G. Ihbault-Huart. ) — Quelques mots à ajouter 
aux lexiques arabes. ( M. L. Marcel Dbvig.) — Sur la traduction 
de la bulle ineffabilis en diverses langues des deux continents. 
(M. H. G.) — Le dieu Satrape. (M. Glerhont-Ganneau.) — The 
chincse govemment. ( M. G. Imbault-Huart. ) — Réimpression des 
Rapports annuels de J. Mohl. (B. M.) 

Procès-verbal de la séance du i 1 octobre 1878. 453 

Procès-verbal de la séance du 8 novembre 1878 460 

Procès- verbal de la séance du i3 décembre 1878 460 

Hommage rendu à la mémoire de M. Garân de Tassy. (M. Re- 
GKIER.) — Note sur une particularité de la métrique arabe mo- 
derne. (M. Stakislas Gutard.) — A. Socin, Arabische Sprich- 
wœrter und Redensarten. (M. Glbrmort-Gahhbau.) — Notes 
prises pendant un voyage -en Syrie. (M. Gl. Hoart.) 



FIN DE LA TABLE. 



Le Gérant : 
Barbier dr Mrynard. 



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