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Full text of "Journal d'agriculture tropicale: agricole, scientifique et commercial"

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7'' AniXée 



1907 



N°^ 67 A 78 



JOURNAL 

D'AGRIGDLTURE TROP 

[AGRICOLE, SCIENTIFIQUE et COMMERCIAL) 
FONDÉ PAR J. VILBOUCHEVÎTCH 




■ SI i $« s> a n t 



lo ïiii «io olmcgiio iiioÊs 



LIBRARY 

NEW YORK 
BOTANICAI 
OAS<DE 



ARACHIDE, BANANE 

CACAO. CAFÉ, CAOUTCHOUC 

CANNE A SUCRE 

COCOTIER, COTON 

INDIGO, MANIOC, RAMIE 

RIZ, SISAL, TABAC, THÉ 

VANILLE, etc., etc. 

ARBRES TrUITIERS 
CULTURES POTAGERES 

ÉLEVAGE 

BASSE-COUR, ABEILLES 

VERS A SOIE 



COMITE DE REDACTION 

MM. 0. lABROY 

licdacU'iir in'incii'iil , 

F. MAIH 

Seirclaire i/r la Rpiluclion, 

J, GRISARD & E. BlIllADD, 
H. BURAG 

Adniin'istrnleiir. 



AçonES, Canaries, .Madèbk 

Cap-Vert. Sao-Tho.ué, Congo 

Afrique occidentale et centrale 

Algérie, Egypte, Abyssinie 

Erythrée, Obok, Moza.mbique 

Maurice, La Réunion, Madagascar 

l.OUISIANR, A.MÉRIQUE CENTRALE 

Mexique, A.mérique du Sud 
Antilles, Cuba, Porto-Bico 

PoNDiCHÉRY, Indo-Chine 
Philippines 

OcÉANIE 



Collaborateurs et Correspondants : 

MM. ALLEAUME ! \ e Havre). DE ALMEIDA (AiiRola). APFELBAUM (Palestine). E.VLDRATI fErvlliroc) 
U. BERNARD (Paris). BERTHEI.OT DU CHES.NAY (Conco franeaisi. BERTONI (Paraguay), BICHOT (Tonkin.. BOV; VERT 
(Saint-DominpiicV BOURDE ll'aris>. BOIS (Paris). BONAME (Ile Maurice). D' BONAVIA ( Worllilnn). BUDiN (Culja> 
CARDOZO (Mozambiquci, P. C.VRIEdle Maurice). A. CHEV.VIJER 'Afrique occ), COLLETAS (Paris!, COPPENS /Marlinique)' 
A. COUTURIER (Paris), DAIREAUX (Buenos-Avres). DELIGNON-BUFFON (Annam), DESPEISSIS (Ausiralie occ' 
DUFOUR (Paris\ DULIEU (llo Sainte-Lucie), E'RN«T (Le Havre), ESSMENJAUD (Guali^mala), ESTEVE (Dahomey)' 
FASIO (Alger), FAUCHERE (Madagascar). FAA'RE (Paris). FIRING.i. (Madagascar), FUÎTCHER (Bomba.v), DR FLOR'lis 
(MadagBsK'ap), A. et E. PO.H.HAT (Le Hai-re), FREEJL-t.X^ (Londres), GEROME (Paris), GIOVKTTl (Angola), GOBBETTI 
(Pavie), GREIN (Paris), P. DES GROTTES (Inde). R. GUÉRIN (Guatemala). HAMEL SMITH (Londres) L HA.UTE- 
FEUILLE (Tonkin). HECIIT FRERES et Ci» (Paris). D'HERELLE (Guatemala). HILGARD (Calirornie) K VRPELES 
(Calcutta), KENNEY (Bombav), KOBUS (.Java), KOSCIINY (Cosla-Rica), LAURENT ( Anjouan),- H. LECOMTE (Paris) 
LEHMANN (Mancliesler), LÉ TESTU (Congo), LOCKART (Dominique), D' LOIR (Paris), LOPEZ Y PARA (Mexico)" 
LOW (Nicaragua), MAINE (Podor), MAJANI (Trinidad), MALLEVRE (Paris), P. MARCHAL (Paris) M\RTINE\U 
(Martinique), DE MENDOiNÇA (Ile San Tliomé), MIRANDA (Para), MOLLISON (Naepurl, MONTET (Tunisie) MOSSERI 
Le Caire!, NEGREIROS (Paris!, NEUVILLE (Paris), V,. NIEDERLEIN (Zittau i. S.,, D' NICIIOLLS (Ile Dominiauel 
D'OLIVEIRA FR.VGATEIRO (Cabinda), PAIVA DANDRADA (Paris), PARIS (Saigon), PARKIN (Cambridge), PASZKIEWICZ 
(Parana), PATOUILLARD (NeuiUy), PEDROSO (Cuba!. PERROT (Paris), PERRUCHOT (Conslantino!. PITTIER (Washington i 
POBEGUIN Guinée française), JULES POISSON (Pans). EUGENE POISSON (Dahomey), POULAIN (Pondiciréryl " 
G. DE PRE.\UDET (Nanles), PREYER (Le Caire). PRINSEN GEERLIGS (.lava). QUESNEL (Cantho). RINGELMANN (Paris' 
CH. RIVIERE (Alger. Nantes). ROCCA. TASSY et DE ROUX (.Marseille). SAVOUR (Abvssiuici. SEGURA (Mexico) SMERI.ING 
(Le Havre), SUTER (Bombay), TABEL (Sumatra), TAYLOR et C» (Liverpool), THEYE (CÙbai, THOMATIS 'Qucensland) TOLEDO 
(Venezuela), TOUCHAIS (Mavotle). TRO.MP DE HAAS (.Java:, VAQUIN et SCHWEITZER (Le Havre), VERMOND (Paris) 



G. VERNET (Annam), G. VERT (Piracicaba). A. DE VILLELE (La Réunion), WARBURG (Berlin) 
(Bruxelles), WYLLIE (Goa), ZEHNTNER (Bahia), ZIMMERMANN (Amaiii), etc. 



DE WILDEMAN 



A-dministration : 21, rue Hautefeuille, Paris (VP). — Télépli. 825-16 

ABONNEMEN'TS : U.\ an, 20 fra.ncs. — Recojima.\dé, 23 francs. 



Les abonnements sont reçus : 

A Paris, à l'Administration du Journal (21, rue Haulefcuille), et à l'Office Colonial (20. Galerie d'Orléans, Palais-Royal).— 
« Alexandrie (Egypte), chez L. Schuler. — d Amsterdam, cl ez De Bussy (Rokin 60). — d Bahia. chez Reis et C» (rua Consèlheiro 
Dantas, 22). — à Batoum (Caucase) : M. J. Nicoladze. — à basse-Terre (Guadeloupe), chez Adrien G. Gralenel. — d Berlin, chez 
R.Friedkenderund Sohn(N.W.— Karlslrasse.ll). — d Bordeaux, chezFeretetfils.— a A-^î/ie, Librairie E. von Masars{Pelrislra5se,(;i), 

— à Bruxelles, à la Librairie Sacré (33, rue de la Putterie). — au Caire, chez Mme J. Barbier. — à Caracas, Empresa Washinglou 
(Yanes y Castillo M.). — d Gtfatnnala, chez Goubeau et C'^ — d Hnmbonrq. chez G. Boysen (Heuberg, 0). — d Hanoi ei Haiphoiu;. 
chez Schneider aîné. — d la Harane, Wiisou's International Book Store (Ohispo. &3).— au Baerc,ehez J. Gonfreville (7. rue de l'a 
Bourse). — d Lisbonne, zbez Ferin (70. rua Nova do Alniada). — « Z,rj/irf)e.s. chez Wm.Dawson and Sons (Cannon House. Bream's Buil- 
dings, E. C), et à l'Impérial Institute.— d Managua, chez Carlos Heuberser.— « Marseille, Librairie de la Bourse (Cassius-Frézet), 
5, place de la Bourse. — « l'ilc Maurice, chez P. Pitol. château Belle-Vue, Curepipe. — d Mexico, chez Mme venve Bouret (U. 
Cinco de Mayo). — d New York, chez G.-E Stechert (129-1.33, W-20-th SIreet). — d Nouméa, maison LhuiUior. — d Pernambuco, 
chez Manoel Nogueira de Souza. — à Rio-de-Janeiro et Bello-Borizonle, chez Alves et C°. — à San Jase de Cnsto-Hica chez Antonio 
Lehmann. — d San Salvador, chez Halo Durante et C°. — ri .Sao-Paiiio.chez Mello Barjona. — d la Trinidad, chez D.-A. Majani. 
planteur (Port-of-Spain). — « Turin, Home et Milan, chez MM. Booca frères. — d Vicluj, chez J. Dichamp (Grande Libra rie Centrale). 

— à Port-au-Prince {Baiti). Bibliothèque Arnica (Louis Goicou). 

Ainsi qu'en général chez tous les Libraires français et ètraugers, et dans tous les Bureaux de Poste. 



Vente au Numéro 

Prix : 2 francs 



.\ l'Administratioii du " .J. d'.\. T. •). 21, rue Haulefeuil 

A roriice Colonial, 20, Galerie d'Orléans. 

A Londres : Impérial Institute, Exhibition Galleries. 



.->. V 






TABLES 



Les articles bibliographiques sont suivi--. Maiis les Tables, de l'^tbrt^ via tien B cl du cliitTro dôsignaul U* par.igrapbe 
correspondant dans les pa^cs bleues. Pour le corps .lu journal, nos Tables renvoient toujours aux pages. 
Voici la Correspondance dos nuin(5ros des cahiers cl de la pagiuatiou : 



1-3-2 


... 07. 


.lanvier. 


129-160 . 


33-64 


... 68. 


Février. 


161-192 . 


65-96 


... 69. 


Mars. 


193-H4 . 


9--1-Î8. . 


... 10. 


Avril. 


225-256 . 



.MOIS 

Mai. 
Juin. 
Juillet. 
Août. 



257-283 . 
■ii'.'-'iiO . 
321 -352 . 
353-38 i . 



76. 
77. 
78. 



Scptembro. 
Octobre. 
Noveml>re 
Di^conihre ' 



TABLE DES AUTEURS 



Ali.e.vu.me (Anthiaie) : Le mar- 
ché du Cacao. Chronique 
mensuelle. 

Almf.ii).\ (Joaquim de) : Le Pal- 
mier ù huile dans l'.Vngola. 329 

Ancelin : Le Cocotier à l'ile 
d'.\pi N. IK'hrides'i et la cul- 
ture intercalaire du maïs. . 106 

Assis Iîeiasii, (J. !•'. de) : Cul- 
tura dos Caïupos. ... B. i:i27 

B.xiLL.vi 11 (Emile) : Jean Vil- 
bouclievitch 36 

— Les Quarantaines agricoles. 13" 

— La Traction mécanique en 
forint. . , 170 

— Les travaux de la " British 
Cotton Growine Associa- 
tion » dans l'Afrique Occi- 
dentale m, 2'Jl 

— Préparation du Caoutchouc 
du ïuntuiiiia elaslica dans 
rU^'anda . 3i;i 

— La lutte contre les parasites 

du Cotonnier 332 

— Mode indigène de décorti- 
licalion du Paddy dans 
llnde 382 

Bai.dii,\ti j. : Catalogue rai- 
sonné de l'Erylliréc à l'ex- 
position de Milan . . . B. 1314 

B.VLi. (Carletr.n. U.) : Etude de 
diverses variétés de Soja.B. S:\'M 

BAniiER (G. A.): Piper nigrum. 

B. 1208 

B.^uiiET {V.. A.) : Préparation 
du Gingembre pour le mar- 
ché 13!) 

Bahtei (Ch.) : Industrie Coton- 
nière à Bombay .... B. 1331 

B\TiiK \V. (1.1 : Le Céleri. B. 1112 

Bi:i.i. (JiiinesM.): Cuiilrihiilidn 
a l'éluile des dépôts cal- 
ciires B. 1330 

Be.nson (Albert II.) : Les Fruits 
du Queensland B. 1335 

Benxeiit/ ; In nouveau ti-aite- 
aient de la Itainie. ].,e pro- 
cédé 2.ï:; 

BEiix.\ni) (D'' Ch.) : A propos 
d'une maladie des Cocotiers. 

B. 1454 



Bkiix.\iiii (U.) : Le Manioc de Ma- 
dagascar 95 

Beiii.esi; l'A.) : Destruction de 
la Mouche des Olives ou 
Keïroun B. 1395 

BEnKuoCT (A. H.) : Agenda du 
Colon aux Indes néerlan- 
daises B. 1304, 1305 

Beiitom (D' Moises S.) : Le 
Manioc au Paraguay. ... 108 

BL.vxKixsinr (J. \V.) ': Cata- 
logne des plantes de la ré- 
gion de Montana. . . . B. 1333 

Bois [D. : Arbres fruitiers 
indo-chinois 4 

Boi.i.EY II. L.) : La culture du 
Lin B. 1351 

BoiiNAC.KEB (J.i : La culftire du 
Kiz B. 14-26 

Boiizi (Prof.) : La culturi' in- 
dustrielle du Kicus elaslica. 

B. 1310 

BcisciiAHUT (A.) : L'agriculture 
au Caucase . . . . B. 1322, 1337 

Boi viEH (P.) : Emploi de la 
Bagasse comme combus- 
tible B. 1320 

BoYKix (E. B.) : Avanlagesdes 
graines lourdes de Coton. B. 139s 

Bhaemeii (P.) : L'irrigation en 
.\nnam.Les .Norias du (Juang- 
.Ngai 338 

iiiiAix (I)'' K.) ; Nouvel ouvrage 
sur l;i culture et l'exploita- 
tion des Agaves 222. B.1383, 1413 

BiiKxiEH : Les principaux oléa- 
gineux de llndo-Cliine. B. 1309 

BiiiDAXK (Luther : .Nouveaux 
Cactus inermes 31 1 

Brssv {i. II. de) : Annuaire 
commercial et agricole des 
Indes néerland.iises . . B. 1310 

BtTi.Eii iE. J.) : Etude bota- 
nique du groupe de Cham- 
pignons du genre Pvlhium. 

B. 13.",!) 

— Maladie d'un Mil (Pennise- 
tiim lyphoideum. . . . B. 1399 

Biv-Qi ANG-CniEx : La Ri-zicul- 
ture au Tonkin 172 

Camehon (Krank K.l : Contri- 



bution i l'étude des dépôts 

calcaires B. 1330 

Cai'is (G.' : Culture du Colon 

eu Indo-Chine B. 1331 

Caiiaciolo (II.) : Le séchage du 

Cacao 11 la Trinidad .... 92 
Cabivé (P.) : Cacaoyers sous 

avocatiers . . . .' 29 

Castelli (Prof. Ing. Mario) : 

Semoirs à Riz. . . B. 1318, 1319 
Cates ;J. s.) : Destruction de 

l'Andropugon halcpcnse. D. 1400 
Cayi.a (V.) ; Le Camphre de 

synthèse 227 

— Huile de Camphre 295 

— Camphre naturel 335 

— Extraction du Camphre des 
feuilles 382 

CiiAXOLFit (S. E.' : Grandes cul- 
tures du monde .... B. 129ti 

Ciii;\ AI.IEI1 (Aug.) : .\ge de fruc- 
tilication du Palmier à huile. 167 

— Caoutchouc do Periploca . Itl7 

— Un nouveau Manihot à 
caoutchouc 356 

CiiMiK Krères : Le Caslilloa à 
Tacotalpa .109 

CoKBETT (L. C.) ; Etude des di- 
verses variétés de llaricols.B. I H3 

CiiAMEii (D'' P.) : Maladie du 
Manioc causée par un Tc- 
tranychus B. 1321 

CiiÉnix (J. ; La Chèvre rélia- 
hililéc B. 1300 

Ci\ésyi.-Jkvks : •"•2 

CiiKvAT J.) : Les conditions 
d'Irrigation rationnelle. B. 1367 

Ciiivosi: Les principaux Oléa- 
gineux de l'Indo-Chine. . B. 1309 

Cl Doxi : Desiruction de la Mou- 
che desOlivesouKeiroun. B. 139.'; 

Dfi.ai.ioiix jD'G.': Uecherches 
sur quelques maladies du 
Tabac en France. ... B. 1291 

Dei.h.nox (L.^ : Critique du 
Manihot glaziovii en .\nnam. 73 

Dickson : .Machine à enfumer 
le Latex l'i"< 

Doi.soN : Bapport annuel des 
stations de la Louisiane. B. 13.'i; 

DûFTEis(Frani): Ostasienfahrt. 

B. 1302 



TABLE DES AUTEURS 



m 



DoiiSKY (Clarence W.i : Les 
Terrains salants des E. U. B !311 

DiiiKHn». (Alfred) : Cocotier 
fiuiii^s et non fumés . . B. 1441 

DiiiisT (A. W.) : La culture du 
Kiz B. 1426 

DwiGirr Sandehson (E.) ; Hi- 
bernation pour rAnlhonônie 
du coton R. 1388 

Eabdley-Wilmot (S.); Influence ' 
du Déboisement au point 
de vue hydrologique. . B. 1401 

EnKiiiiAïuiT ": La Badiane au 
Tonkin B. 1442 

Edw.miiis U. t.) : Culture du 
.Maguey aux Philippines. B. 1338 

Emjlicii (li.: : Le nouvel arbre 
à Caoutchouc du Mexique . 249 

EiiNST (Georges) : L<» marché 
dps produits de Droguerie, 
Mercuriale mensuelle. 

Ebnst ( B.1 : Une nouvelle 
Mercuriale de M. Ernsl . . 3 

EriLi.xo (Cari)-. Culture et pré- 
paration du Cacao. . . B. 1392 

EvAxs (A.) : Catalogue des 
Jardins d'Aburi .... B. 1334 

Fauciièiie (A.) : Le Cofl'ea con- 
gensis reujplacera-t-il le Li- 
béria 63 

— Notes de voyage et d'expé- 
rience sur le Cocotier. . 67 99 

— Extraction mécanique indi- 
gène du Caoutchouc des 
écorces 3;jl 

Feiihf.ira de Carvalho iR. E.) : 
Traité scientifique d'Elevage. 

B. 1342 

Fletcher (F.) : Classement du 
Coton au point de vue de 
l'acheteur B. 1445 

Flvx (Chas. W.) : Expériences 
contre le « Boll-weevil ». B. 131S 

FoHBEs (R. H.) : Dépôts laissés 
par les eaux d'irrigation. B. 1404 

FoRTiER (S.) : Manuel d'Irriga- 
tion B. 137.'5 

FossAT (A. et E.) : Le marché 
du Coton. Chronique men- 
suelle. 

Freeman (W.) : Grandes cul- 
tures du monde .... B. 1296 

Fritsch (J.; : Fabrication delà 
Fécule et de l'Amidon . B. 1290 

— Fabrication de la Glucose, 
de la Dextrine et de l'Ami- 
don soluble B. 131S 

Gané (E.) : On demande une 
machine pour couper le Co- 
prah 64 

Garxfr ("V\''ightmann W. : 
Méthode de recherche de la 
qualité des Cigares . . B. 1406 

Gerrard (P. N.) : Hygiène dans 
la Malaisie ...... B. 1384 

GrrroRT Pixcuot : Les Euca- 
lyptus B. 1356 

GiusTi.MANi (E.) : L'Agriculture 
coloniale en France . . B. 1424 

Godard (F.) : Le Cotonnier eu 
Algérie B. 1352 

Godillot (G. Alexis! : Foyers 
pour mauvais Combustibles. 

B. 1387 

Goulu ;H. P.) : Séchage des 
Pommes B. 1401 

Gbein 'J. II.) : Produits d'Ex- 
trême-Orient. Mercuriale 
mensuelle. 

Gresiiokf (.\I.) : Agenda du 
colon aux Indes néerlan- 
daises B. 1304, 1303 

— Composition et utilisation 



des déchois de décorticage 

du Café 187 

GRiFFriTs (David) : Cactus, ali- 
ment des bestiaux . . . B. 1299 
Grisard (Jules) : Cire de Raphia 285 
Grottes (P. des) : Conditions 
parliculières de la culture du 
Cocotier dans l'Inde .... 229 

— Procédé de Tannage des 
peaux dans l'Inde 208 

— Procédé de maturation des 
Bananes dans l'Inde tamoule 313. 

GuiLLociiox (L.i : Traité pra- 
tique d'IIorticullure pour le 
Nord de l'Afrique. . . . B. 1347 

Hardouin (C.) : Rats et Man- 
gousles 63 

Habold IlroiE (H.) : La culture 
de l'Ananas B. 1360 

Harrlsso.n (Prof. J. B.) : Res- 
sources de la Guyane an- 
glaise B. 1416 

Hart (M""' Ernest) : Ramie B. 1312 

Hautefeuille (L.) : Le Sisal et 
les Agaves textiles dans 
l'Inde et en Indo-Chine. . . 134 

— L'Agave textile. B. 12x9 et 360 
IIecht Frères : Le marché du 

Caoutchouc. Chronique men- 
suelle. 

Henry Yves ; Essais Coton- 
niers dans l'Afrique occi- 
dentale française en 1903- 
1906. . . . .' B. 1403 

Herbst (E.) : Agenda des indus- 
tries du Caoutchouc . . B. 1303 

IIer.maxn (Ernest) ; Etude sur 
l'Agriculture du Sud- Ouest 
africain allemand . . . B. 1110 

Herscher (G.) : Culture du co- 
ton à Nossi-Bé B. 1331 

Heyxe (K ) : L'exportation de 
l'huile de Coprah. . • . B. 1423 

HiLGARD lE. W.) : Amendement 
chimique des Salants . . . 284 

— Une Vigne américaine pro- 
pre aux climats tropicaux . 302 

IliiXDS (W. E.) : Lutte contre 
r.Vnthonôme du coton. B. 1389 

Howard (Albert) : Cultures frui- 
tières à Pusa B. 1420 

Hoyer : L'extraction du Coir à 
Ceylan et au Malabar. ... 47 

— Rapport de voyage . . B. 1313 
HuREH (J.) : A seriugueira He- 

vea brasiliensisl .... B. 1432 

Hubert (Paul) : Etude com- 
plète du Bananier . . . B. 1411 

Huoo de Vrifs : Crilique de la 
méthode de sélection pro- 
gressive et continue . . B. 1 433 

Hcxc.ER (Dr F. W.) : Essai de 
culture à l'ombre avec le 
Tabac de Déli à Sumatra . . 366 

HuNT : Les formes d'Hevea à 
Ceylan 113 

Jamin (Ch.) : Les Animaux do- 
mestiques de Madagascar . 93 

Kaubele : L'Entomologie aux 
iles Hawaii B. 1428 

Kausinky ; L'Entomologie aux 
iles Havaii B. 1428 

Kelway Bamber : Le Camphre 
à Ceylan 38 

Kexdrick Hatt (W.^ : Essai 
des caisses d'emballage. B. 1368 

Kexny (J.) : Amendement des 
salants 138 

Rerckhove (G. Van den) : Cata- 
logue d'instruments et d'ap- 
pareils destinés au Caout- 
chouc B. 1422 

Kixdt (L.) : Végétation de l'A- 



gave rigida dans le Nord de 
l'Afrique orientale allemande 74 

Kitchen et SoNs (J.) : La cul- 
ture du Coton B. 1308 

Knai'p \D') : L'état de la cul- 
ture du Riz aux E. U. . B. 1 i29 

Kulyff (E. de) : Composition 
de l'eau de Coco et diastases 
du fruit B. 1437 

Larroy (I.): Huile d'Andiroba. 02 

— L'Heveà discolor de la ré- 
gion de Manaos 69 

— Le Rorako comme arbre 
d'ombrage à Java 137 

— Les Guis à caoutchouc. . . 163 

— Le Caoutchouc de Guayule 259 

— Propagation de l'Abaca par 
semis 283 

— Nouveaux Cactus inermes 

de M. Luther Burbank. . . :!14 

— A quelle distance doit-on 
planter l'IIevea 362 

— La fructification du Dattier 

à la Dominique 384 

Lauille (A.) : La Martinique 

B. 1292 

— Productions coloniales et 
colonisation B. 1403 

Lallemanm) :H.! : Une planta- 
tion de Castilloa en Colombie 46 

Leather (J. Walther) : Compo- 
sition des graines oléagi- 
neuses de l'Inde .... B. 1377 

— Culture en pots à l'iuslitut 
agronomique de Pusa . B. lil'.i 

Lf.clfri (E.) : L'exportation 
des Mangues 189 

Le Cuinte 'Paul; : Exploitation 
et commerce de la Châtai- 
gne ou Noix du Brésil ... t3 

Ldc.k r.) : Annales des Jar- 
dins botaniques de Perade- 
niya B. IHS 

Low (H. E.) : Culture de l'I- 
gname de Cuba au Nicara- 
gua 30 

LowRY : A propos de la Ma- 
chine à récolter le coton . . 224 

Maclaren : Agenda commer- 
cial du Caoutchouc. . . B. 1297 

Maiden (J. H.) : Rapport du 
Service botanique de Sydney 

B. 1315 

Mallèvbe (A.) : Expériences 
sur les Autruches :103 

Maine (E.) : A propos de la 
Vigne aux Saintes (Guade- 
loupe) -ii^i 

Main (F.) : Le troiïiènie Con- 
grès Rizicole en Italie ,. . . 6 

— Les Machines agricoles et 
le Génie rural à l'Exposition 

de 1906 de Marseille .... 39 

— Les Hachc-Raquetles pour 
Cactus au Texas 63 

— Le séchage du Caoutchouc 

à la Trinidad 92 

— L'exploitation de l'ixtle au 
Mexique ''4 

— Sur le marché des Riz en 
Europe et les conditions de 
production en Indo-Chine . 103 

— Le développement de la cul- 
ture du Sisal 204 

— A propos de la machine à 
récolter le Coton de Lowry. 224 

— Une nouvelle machine à 
décortiquer 239 

— Pavage en Caoutchouc. . . 250 

— L'Exposition Coloniale de 
1907 à. Nogent-sur-Marne. . 263 

— Machine à envelopper les 
Oranges '2S^ 

— Les Affiches coloniales . . 287 



ly 

Main , l".; : I!roya>'C el Broyeurs. 291 

— Succédanés du Jute. . . . :il ' 

— I.e liénie rural ii l'Exposi- 
tion coloniale de li'o" • . • ■'-*' 

— Longévité des A!.Mves. . . 36!) 
Maiichm. ,1'.) : Les Insectes et 

l'Afiricultureaux lies Hawaii i33 

— Destruction des Termites 
el protection contre leurs 
rav.i','es 2i0 

— liiinemis du Théier ii Cey- 

lan ,• 3**' 

MviiLATT (C. L.) : Le l>ou de 

San José H. l3:iG 

Mai;siiai.l : Le roulage du Thé. 

Les rouleurs modernes. . . 1 'i:i 
May (l). W.i : Itapport de la 

Station d'agriculture de l'or- 

to-Kico B. IIUO- 

Miuiui.i. \Vm. D.i : Moiiogra- 

phie bol.initiMC des (Irami- 

nécs des l'iiilippines. B. 1372 
.MiiiA.NDA (V. Cliermont de; ; 

(llossaire agricole . . . B. l:U)l 
.Min.iiti.i, (George E.) : Culture 

et prépnratiou du Tlié. B. l'ilii 
Mo.vTKT iM. : Trois ennemis 

du Cacaoyer à Sin Thomé. Um; 
MouiiiiorsK ': Ficus à branches 

dressées et Ficus à branches 

tomlianles 3iil 

— Le .Manioc à Malacca ... 320 
Nf.sons Georges E.i : Répar- 
tition des stations agrono- 
niifiues aux iles Philippines. 

' B. 1333 

Ni:>s n.T. Ec.) et Lewis .\yer : 
Essais de culture du Tabac 
en .\lahama B. 137li 

.NoKi. ;L.) : Culture du Cactus 
inerme en Tunisie comme 
fourrage et ponr le fruit . . l'.iO 

Nooiii.AMiii (Victor A.) : L'éle- 
vage el les maladies du Bé- 
tail aux ile.s Hawaii. . . B. 1428 

NovF.i.i.i (D' Prof. N.) : La Lo- 
mellina agricola. . . . B. 1340 

— Culture dn lUz en Italie B. l3Sli 

— Sur le développement rad'i- 
culaire du Biz B. 1402 

<)i ivKii G. M.) : Voir Wf.stgatk 

et Oi.ivF.R li- 1358 

(li.ivMju (E. F.; : Le CacaoyerB. 1434 
Piapiioso :'A. : La sucrerie ù 
Cuba .' 29 

— A propos de l'Igname de 
Cuba 1j6 

- L'n .Mais qui n'est pas atta- 
f|iié par les saulcrelles. . . 248 

— Les Choux fourragers à 
Cuba 252 

— Evaluation <le la richesse 
saccharine de la Canne. . . 2.')4 

— Procédés de conservation de 

la B.Miane 380 

Pi:i\itnT Prof, il Les produc- 
tions du sol de nos colonies 
à l'Exposition coloniale de 
Marseille K- 1293 

PiiviKiis A. J.l: Graines et 
Plantes importées aux E.l'.B. 1357 

PiiENTM'S AiiMSiiY (H.): Valeur 
calorifique des Grains , 
Fourrages, (de B. 1131 

Piii'AiiiKT (George de): Le mar- 
ché du Sucre, Chronique 
mensuelle. 

— Les elVels nuisibles de l'ef- 
feuillage de la Canne à sucre. '.^ 



TM! 



|)i;S AI TKUUS 



PiiKAi l'i 1 t.iorge de] : L'Acide 
Citrique à la Domiiii(iue . . 

— La Vigne aux Saintes (Gua- 
deloupe) 

Pi\iAMr.iiMKov(D. S.]: Culture 
du Tournesol en Russie . . 

PiiTNsKN Gfkiu ILS U.C. : Elude 
des rendemenls en sucre de 
la Canne !*• 

yuAvi.K Il.J. ; Cimipagne con- 
tre les Moustiquis en Cali- 
fornie lî- 

'OiEsxEi. ;P. ! : La culture du 

" Tabac daus la province de 

Canlho 

Heimek (Dietrich : Catalogue de 
lillérature coloniale B. 137 4. 

lÎKHMoNii C. F. : Sur ijuel- 
ques Fibres à papier des 
Philippines 

Riiii.EV Henry ; Rapport des 
Jardins botaniques de Sin- 
gapour et Penang . . . B. 

— ICxpériences de saignées 
d'Ilevea à Singapour. . . . 

RoiiiN : Le Cardamome au 
Cambodge 

RoccA, Tassy et m: Roix: .Ma- 
tières grasses . Mercuriale 
mensuelle. 

Boom s.): .Multiplication de 
l'Erylhrine par marcottage 
en i'air 

Sanchez Jil.): Le caoutchouc 
dans la République de Pa- 
nama ;, • 

— La culture du CastiUa- 
clastica 15- 

Seiuie (Paul): Pour(|uoi Singa- 
pour n'exporte pas de fibres 
d'.Xnanas 

— Le Rapok, ses qualités, ses 
défauts 

SiiAMEi. (A et D.letCoBEY(W.) : 
Culture du Tabac ... B. 

Sii.vESTiii : Destruction de la 
Mouche des Olives ou Keï- 
roun • IL 

Skinxeh iB. P.): Les Arachides 
américaines et rilnilene . . 

SMFui,ixG:Mercurialr^(hi Havre 

Smitm iJ. J.' ; iJescriplion de 35 
espèces nouvelles d'Orchi- 
dées de l'archipil malais B. 

Si'ii.i.siANN : Planning and Crop- 
ping System R- 

— Destru'ction de l'Andropo- 
gon halepense B. 

Sor/EAl' l>E PlVBEll.NEAl- : La 

Vigne aux Saintes (Guade- 
loupe) 

SïAMsEoiiTii S.MiTii : La Citron- 
nelle à Java 

SïAn- Otto': The Oil grasses 
of India and Ceylan . . B. 

SiEiniiNGlE. P. : Monographie 
des Forêts du Uelouchis- 
lan IL 

Stein : Cultures sous les Coco- 
tiers dans l'Est- .Vfricain al- 
lemand 

Si ONE ^llerbert : Echantillon- 
nage des Bois R. 

Sriiii.MAXN (l)'^ F. : Compte 
rendu de l'Institut biologi- 
que d'Amani B. 

Tayi.oh et Co: Produits agri- 
coles africains. .Mercuriale 
mensuelle. 



60 
93 
17 

1421 

1390 

188 
1430 

79 

1 396 
379 

23.'i 



127 I 

271 
136 l 

Cl 
120 
1371 

1393 

160 
3' 

1318 
1350 
1400 

93 

128 

1306 

IVII8 

123 
1394 

1430 



TiiÉvEXAni>(M.; : R herches his- 
toloKiuues su les llica- 

cées H. 1294 

ToNNKi.iF.li ,A. C.) : l'n Maïs qui 
n'est pas attaqué par les 

sauterelles 248 

Vai.kntino (Dr;: Le commerce 

des Aiachides d.tns Tlnde 124 
Vaojin el Sr.iiwEiTZKii : Fibres 
de brosserie et de Corderie. 
.Mercuriale mensuelle. 
Vfkmoni. (H.): Le marché du 

Café. Chronique mensuelle 
Vkhmohei. V.) : Almanach des 

Viticulteurs de France . B. 1295 
— .\genda agricole et viticolc 

pour 1908 B. 1140 

Veiinei g. : Etude des varia- 
lions botaniques etphysiolo- 
gi(|ues de l'Hevea brasilien- 
lis appliquée à la séledion. 193 
Veut liermanoi : Culture ra- 
tionnelle du Café sans abri. 131 
Vf;zia : Culture et exploitation 

du Cocotier aux iles.Malicola. s 
Vii.)ioiii\-.\snniErx etCie: Cata- 
loi;ue 1908 des araines et 
plantes utiles des Pays 

chauds B. 1139 

Viu.LEr : Egrenage du coton 

au Soudan B. 1393 

Wai.ta: Les plantations de thé / 
au Caucase. Slalistic|ne. . . 221 
Wahbuitdn jC. \V. : Sorghos 
non saccharifères comme 

fourrage B. 1370 

Watson iE. J.): Légumes et 
fruits de la station du North 

Louisiana B. 1319 

— Étude des fruits et légumes 

cultivés à Calhoun, N. La. B. IIU 
WEiiiiEii Herbert J. : Avanta- 
des graines lourdes de 

B. 1398 

Agenda agricole 

. B. 1 135 

Jim.) et Oi.ivER 
Application des pro- 



ges 

coton . 
Werv g 

1908 . . 
Westgate 

(G W. 



cédés de mullinlicalion arti 

ficielle au séleclioiineuient 

des Légumineuses foumgé- 

i*g3 . B. 1338 

Wii.DEMAN (E. De) : Encore le 
Periploca nigresccns .... 

— Quels sont les Caoutchoucs 
à cultiver en .\frique tropi- 
cale? B- 

— Graines de ses propres cul- 
tures ou graines originaires 
d'autres régions 

Wii.EY (IL W. : Alcool d'inJus- 
trie IL 

— Sirop de sucre de canne B. 
Wiiir.iii vllertf""'' : Taille de 

l'Ilevea, écimage, moyen de 
hâter l'entrée en rapport . . 

— Etude sur le Cacaoyer. B. 

— Dill'érents modes de saignée 
de l'Ilevea 

— Culturi; du Caoutchouc de 
Para IL 

Zimmeumann (Prof.): Etude du 
Manioc dans l'Est-Africain 
allemand 

— Le Manioc de Madagascar . 
■>CiNTiiEo (C.J.i : Alachines pour 

la culture du .Mais . . . B 



ni 



1332 



358 

I32S 
13. '9 



n9 

1H5 

190 

1 12:) 



1369 



TABLE DES MATIÈRES 



TABLE DES MATIERES 



Abaca : Sa propagation par 

seiiiis 2S.J 

Acide citrique : L' — à la Do- 
minique, par M, G. de Piuîai- 

iiFi 60 

Affiches Coloniales iS7 

Afrique : Exportation de nos 

colonies -lOl 

Produits agricoles afri- 
cains. Mercuriale mensuelle, 
par MM Taylou and C", de 
, Livcrpoùl. 
Agave : L' — , par M. le D'' K. 

BiiAr.x B. 1 tio 

Culture et exploitation, 
par M. le D' K. Biulun 

222 et B. 1383 
La végétation de 1' — 
rigida dans le nord de l'A- 
frique orientale allemande. 

d'après L. Kinut 74 

L' — textile, par M. L. 
Haitefeuille. . . 360 et B. 1289 

Le Sisal et les — textiles 
dans l'Inde et l'iDdo-Chine, 
par M. L. Hal-tefeiille . . 13i 
Longévité de 1' —, par 

MM. F. .\1aix 3C',l 

Agenda : L' — du Colon des 
Indes néerlandaises. B. 1304- 130.j 

— agricoles et viticoles 

B. 143.5 et B. 1440 

— Conunercial du Caout- 
chouc B. 12117 

— des industries du Caout- 
chouc B. 1303 

Agriculture coloniale .... 318 
L' — en Kr.ance, par M. E. 

Gu'sTiMA.M B. 1424 

Alcool : Le Cactus, nouvelle 

source d' — 3'jl 

Alcool d'industrie : Etude 

sur r —, par M. H. W. 

Wii.Ev fe. I32N 

Almanach : — du Marsouin 

1907 B. 1341 

— Des Viticulteurs de 
France, par M. V. ^'EB.MollEL . 

B. 1293 
Amani : Compte rendu de 

l'Institut biologique . . B. 1436 
Amidon : Fabrication de la 
Fécule et de 1' — . par .M. J. 

Fiurscii B. 1290 

Fabrication de 1' — so- 
luble, par M. J. Fiutsch. B. 1315 
Ananas : Emploi de la Tourbe 
pour leur exportation . . . 249 
Fibres d' — . . . . 618, 323 
Récolte et emballage des 
fruits, par M. HArtoLu Hime. 

B. 1360 
Pourquoi Singapour n'ex- 
liorte pas de fibres d' — , par 

M. l'vn. Serke 61 

Andiroba : Huile d' —, par 

M. U. Laproy 62 

Animaux domestiques : Les 
— .i .Madagascar, d'après 

.M. Ch. Ja.mi.x 93 

Andropogon halepense. . B. 1400 
Annuaire : — Colonial alle- 
mand B. 1344 

— Commercial et agricole 
des Indes néerlandaises. B. 1316 
Arachides : Composition des 



graines oléagineuses, par 

M. J. Wai-liieii Leatmer. B. 1377 
Les — américaines et 

l'huilerie, d'aprcs M. li. P. 

Skinneji 160 

Leur commerce dans 

l'Inde, par M. le D^ Valen- 

TINO 124 

Arbres fruitiers : Les — en 

Indo-Chine, par M. D. Bois. 4 
Atlas : — Colonial allemand. 

111 et n. 1.32:; 

Autoraobilisme : L' — et l'.V- 

griculture 2S1 

Autruches : Projet d'élevage 

d' — dans l'Inde 223 

Expériences sur les — , 
par M. .\. Mali.evre .... 303 
Avocatiers : Culture des (.'.a- 
caovers sous —, par M. P. 

Caiuik 29 

Badiane : La Badiane au 
Tonkin, par M. Ereriiarui. 

B. 1442 
Bagasse : Son em[iloi comme 
CMUjbustible, par M. P. Bou- 

viKU B. 1320 

Banane : Farine de — ... . 191 
Prix payés pour les — au 
Surinam et à la Jamaïque . 2".0 

Supériorité de la — de 
Chine pour l'exportation. . 2.'i') 

Procédé de maturation 
des — dans l'Inde tamoule. 
par .VI. P. ljks Grottes . . . 313 

Procédé de conservation 
de la — , par M. A. Peuroso. 380 
Bananier : Rendement à Gosta- 

Rica 146 

Son étude, par M. P. Ilu- 

UERT B. 1411 

Bibliographie : Catalogue de — 
coloniale, par M. Dietrich 

Rei.mer B. 1374 

Bois : Echantillonnage des — 

par M. Herbert Stone. . B. 1394 
Brésil : Cultura dos Campos, 
par .M. J. F. de .\ssis Brasil. 

B. 1327 
Broyeurs : Broyage et — . par 

M. 1'. Main 297 

Cacao ; Le marché du — . Chro- 
nique mensuelle, par M. .\,\- 

TI1IME ALLEAU.IIE. 

Evolution du marché mon- 
dial 60 

— et Coprah contre caout- 
chouc . . 192 

Culture de préparation, par 
M. Carl Ettlino ... B. 1392 

Etude sur le — ,par M. Hkk- 
BEBT Wright B. 141.5 

Séchage ilu — à la Trini- 
dad, d'après M. II. Garac.ioeo. 92 
Cacaoyer : Le — , par M. F. E. 
Oeivieri B. 1434 

Culture des — sous .avoca- 
tiers, par M. P. Carre ... 29 

Trois ennemis du — à San 
Thomé, par M. .Mo.ntet. . . 106 
Cactus ; Nouvelle source d'al- 
cool 351 

— Aliment des bestiaux, 

par M. David Grifi riTS." B. 1299 

Culture comme fourrage, 
d'après M. L. Noël 190 



Ilache-raquetles pour Cac- 
tus au Texas 63 

Nouveaux — inermcs de 

M. Luther Bcrraxk 311 

Sélection du — inerme 
pour fourrage, par .M. llioo 

Lie Vries B. 1 13ii 

Café : Le marché du -, Chro- 
nique mensuelle, par .M. H. 
Ver.mono. 

— sans abri 2.'iil 

Le (lolfea congensis rem- 
placera-t-il le Libéria, pjr 

M. A. Falc.iière 03 

Culture rationnelle du — 
sans abri, par M. G. \'ert. . 131 

Composition et utilisation 
des déchets de décorticalion 

du — 187 

Concours pour un dépul- 
peur de Coll'ea rfdjusta . . . 81 

Graines de ses propres cul- 
tures ou graines originaires 
d'.iutres régions, par M. E. 

De Willema.x 338 

Lemaltagedu — 288 

Statistique du — au Brésil. 

B. 136 4 
Caisses : Essai des — d'em- 
ballage, par M. W. Kexdrick 

Hatt." B. 1368 

Calamdra coryza B. 1428 

Calhoun : Etudes des fruits et 
li5gumes de cette station, par 
M. E. S. W.vrsoN. ... B. l'.U 

Camphre : Le — à Ceyian, par 
M. Kklway Bamrer . .... .j8 

Extraction du — des feuilles 

par M. \'. Cayla 3S2 

L'huile de — , par M. \. 

Cayla 29.". 

— naturel, par M. V.C ni. A. 33'i 
La production du — en 

190S 123 

Le — de synthèse, par 

M. V. Cayla 227 

Canne à sucre ; La — dans les 

Antilles B. 1 427 

La — au Brésil 319 

Déehii'iueteur pour — . . . 319 
Sa culture à Maurice. B. 1363 
Les effets nuisibles de son 
efi'euillage, par M. G. de 

Préaudet 32 

Evaluation de sa richesse 

saccharine 23 4 

Etude des rendements, par 
M. H. C. Prinse.x Geerligs 

B. 1421 
Caoutchouc : Agenda commer- 
cial M. 1207 

Agenda des industries du 
—, par M. E. Heriist . . B. 1303 

Catalogue d'appareils et 
d'instruments destinés au — . 
par M. G. \'an dexKerckiiove 

lî. 1422 
Catalogue bibliographif|ue. 

B. 1430 
Le — dans la République 
de Panama, par M. Jil Sax- 

CHEZ 271 

Extraction du — des 
écorces, par .M. Falciière. . 331 

Un nouveau Manihot à — , 
par M. A. Chevalier .... 336 



VI 

Caoutchouc: Cacao cl Coprah 
lonlre — • • 

Quels sont les Caoutclmu- 
liers A cultiver en Afri<|ue 
tropiiiilc. par M. E. Dk Wil- 
l'rMv.v , • ■ j ■ ,^'' 

Les Mérautsau — de plan- 
tation ,•••,•,■■ 

Maihinc « enfumer le La- 
tex de llickson 

l.e niarihé du — . Chronique 

uiensuelle, par MM. IIeihi 

Fn-res. 

La culture du CasI illoa elas- 
lii-a, par M. -In.. Sa.m,iii:z. H. 

L'ne pkinliition deCastilloa 
en Colombie, par M. II. Lm- 

Lc Casiilloa à Tacotalpa, 
par MM. Coni>k Frères . . . 
'^ l,e _ de Céara à l'Exposi- 
lion de Ceylan 

L'essence d'Oranges anic- 
res, sous-produit du — de 

Céara ■,,•.;•■ 

Ficus elaftica, par M. Moou- 

iiofsi: .■,,■■,■ 

La culture induslriclle du 
Ficus elastica, par M. le pro- 
fesseur Boiizi B. 1 

Préparation du — du Fun- 

luniia i-laslica - • 

Le — de Guayule, parM. 0. 

Lahuov. . • • • 

Les Cuis a —, par M. O. 

LvimoY 

Les formes d'Ilevea a Cey- 
lan, d'après M. IIint. . . . 
SéleitioM de l'ilevea bra- 
siliensis. par'M. G. Xkunkt. 
Taille de l'Hevea, éciniage, 
d'après M. IIkiuikht Wincirr. 
Kendemcnt et innocuité 
des dillTM-ents modes de sai- 
f;ni'-e de rilevea, d'après 

>L llr.iuiKin VViuoiiT 

Expériences de saignées 

d'Ilevea à Singapour, par 

MM. Hiiii.i v et Dkiihy. . . . 

A quillr distanci: doit-on 

planter I Uevea, par M. 0. 

Lauhoy 

ASeringueira (llevea bra- 
siliensis ,par M..I. lU-iii:i\. B. 
L'Il'vea discolor de la ré- 
gion de Manaos, par M. 0. 

Laiihov • • 

t'.ri tique du Manihot dla- 
ziovii en Annam, par M. L. 

l)i-i.io>-oN :••.•• 

lu nouveau manihot a — , 
pnr M Aïo. C.iii.n.m.ieh . . . 

Le l'alo Auiarillo 

Culture <lu l'ara, parM.HfîH- 
ui:nr Wiiu.iiT B- 

— de l'eriploca. par M. An;. 
Ciir.vM.iKu • 

Periploca nigrescens Afzel, 
par M. E. De Wii.df.man . . 

Le nouvel arbre à — du 
Mexique, d'après M. U. En- 

hl.ICll 

Pav.age en — 

Cardamome : Le — au Cam- 
iHHlgr, par M. Hoiux .... 

Castilloa : Voir Cooutchoiic. 

Catalogue : — des graines 
utiles des pays chauds i Vii.- 
MoiiiN-ANi>iiii;iix et C'). . B. 

— des .larJius d'Ahuri. B. 

— des Jardins de Perade- 
uiya ........... H. 

— de Littérature coloniale. 

B. 



TABLE I)I-S MATlÈin-S 



1314 

I3:n 



i'-m 



Catalogue de Bibliographie co- 
loniale B. 

Caucase : L'Agriculture au —, 

parM.A. Bosi iiAïu.T. B. 1322, 

Céleri : l.e —, par M. \V. B. 

B.miE B. 1112 

Céréales : Etude d'une mala- 
die d'un Mil, par M. E. J. 

Br 11.1.11 1399 

Ceylan : Circulaires du Jardin 

botatiiquo B. 13^)5 

Ghancaca ; Friandises au sucre 

de Caiini- el lUx Amandes. 

Cb&taigne du Brésil : Son ex- 

poilution et son i-omnicri-e, 

par M. P. Lk Coimi .... 

Chèvre : Sa rèhabilit.ition, par 

M. CnKiMN lî. 

Chilgoza ; Le Pin B. 

Choux : Les — fouiragers a 

Cuba, par M. A. l'nmoso. . _ _ 
Cire : La — de liapliia. ... 28^ 
Citrate de Chaux ; Sa fabrica- 
tion d.-ins les plantations. . 
Citronnelle : La — à .lava, 
(l'.iprfS M. Stami-oiitii S.MiTU. 
Coco : Composition de l'eau de 

— . Diastases. . , 

Cocotier : Culture et exploita- 
tion du — aux lies Mallicola 
(,\'. Hébrides . par .M. \'i;zia. 
Notes de voyage el d'expé- 
riences sur le —, pai- M. A. 

Fauchèue fi''. 

Le — à l'ilc d'Api, par 

M. AXCELIM 

Cultures sous les— .d'après 

M. Stein 

Sa culture dans l'Inde, par 

M. P. DES Gi(oTn:s 

— fumés et non fumés, par 

M. IIHIEIIKIHI B. 

Maladie .luPestalozzia Pal- 
marum 

Coir : Son extraction à Ceylan, 
d'apn's MoYiîii ... H et B. 1313 

Combustibles : Foyers à coui- 
buslioninélhodiquedcs mau- 
vais —, par M. G. Alexis 

(loljlLLoT B. 

Conférences ; — à la Société 
nationale d'Acclimatation de 

France 3.;|0 

— à l'Office colonial . . . •>;>- 
Congrès ; l.e II h' — rizicolc 
italien, par .M. F. Main ... 6 

Le — inlernalioiial des In- 
dustries frigorifiques. 288 et 
Coprah : On demande une ina- 
cliine à le couper, par M. E. 

Gam'; • 

Exportation de l'huile de 

—, par M. K. IU.vne . . B. 

Coton ; Le — en Chine. . . . 

Classement de la Fibre an 

point de vue de l'acheteur, 

par M. F. Fi.etc.iieu . . B. 

Sa culture, par MM. J. Kit- 

r.iiEN and Sons. B. 1304-130;;, 

A B C of Cotton planting. 

B. 

Sa culture à Maurice . B. 

Son ègrcniige au Soudan, 

par M. ViiLLET lî. 

Engrais pour le — . . B. 
Avantage des graines lour- 
des de —, iKir .\l. IlEiiiiEur 
Weiibeh et M. K. B. Boymn. 
1439 B- 

1334 Machine à récolter le —, 

HE LowKY 

J41« Le marché du — . Chro- 

nique mensuelle, par MM. A. 
1430 et E. FossAT. 



69 
73 

3;i6 

319 

1423 

167 

91 



249 
250 

235 



81 



43 
1300 

nos 

252 



2j3 

128 

14'.n 



99 

106 

123 

229 

1441 

1444 



1387 



384 



64 

1425 
31 



1445 

1308 

1362 
l'J65 

1393 
1385 



1398 
224 



Rapports de rA>sociation 
coloniile colonniire. . . B. 1331 

Uappoitde .M. Y\i^ Uknhv 
sur les Essais cotonniers en 
Afrique occidentale fran- 
raise B. UOS 

Les travaux de la « Brilish 

Cotton Grovring Associa- 

' tion ", par M. E. Baii.i.aih. 

231 el 291 

Expériences contre le» boll- 
■wcevil 1, par .M. Ciias \V. 

Fi.YNN B. mr; 

llibenialiun pour l'Anlho- 
nônie du —, par .\1. Dwh.ht 

Saxiiehson B. 1388 

Lutte contre le •■ boll- 
weevil «.par M. \V. E. Hinas. 

B 1389 
Cotonnier : Le — en .VIgérie, 
par M. F. Godaiu.. . . . B. 13.';2 

La lutte contre les para- 
sites du — . par M. E. Baii.- 

LAiu B. 332 

Crésyl-Jeyès 62 

Cultures : Les grandes — du 
monde, par M.M. Ciiaxdi.eh et 

Fbeinunn B. 1296 

Dattier : Sa fruclification à la 
Dominique, par M. 0. La- 

KH..Y. 3SS 

Déboisement : Son inilucnce 
au point de vue hydrolo- 
gique, par M. S. Eaiuiley- 
Wii.Mur B. 1107 

Dégommage : l.e — de la l(a- 
mie ■" 

Déjectious animales : Leuruti- 
lisationd.ins lus pays chauds. 2:;i 

Delacroix : La mori du D'' G. 

Lll I \: IliilX 341 

Dépulpeur : — pour le Colfea 

robnsia **1 

Dextrine : Sa fabrication, par 

M. .1. FiUTSCii B. 1313 

Diastases ; — du Coco . . B. 1437 

Droguerie : Le marché des 

produits de — . Mcrcuiiale 

mcnMiellc, par M. G. EnNsi. 

Effeuillage : Les eUels nui- 

>ililf!t lie r — de la Canne à 

sucre, parM. G. de Phéaihet. 32 

Elevage ; Traité scienlilique 

d— . par .\I. 11. E. Fehiieiba 

iji C\iiVALiio .' B. 1342 

Elevage : Valeur calorifique 

desgr.iiiis, fourrages, etc. B. 1431 
Entomologie : Catalogne de la 
Bibliothèque du déparliment 
,rAgricnlliire des E. f. . B. l^i-'l 

Les Insectes it l'Agricul- 
ture aux lies Hawaii, par 

M. P. Maiiciiai 233 

Le Ke'iroun des Olives. B. 1393 
Calaindra oryza. ... B. 1428 

Ennemis des cultures de 
1 l'.st africain. ..... B. 1 136 

Erythrée : Catalogue raisonné 
(le cette colonie à l'Exposi- 
tion de Milan, par .M. J. Bai.- 

MIATI B. 1314 

Erythrine : Sa multiplication 
par m.arcotlage en l'air, 

d'après M. S. Boom 127 

Eucalyptus : Leur étude, par 

M. liinoiiT PiM.uoT . . B. 13.")6 
Exposition : La presse aux — 

coloniales I''^ 

Les produits du sol de uos 
colonies à l'— coloniale de 
Marseille, par M. le profes- 
seur PiimoT B. 1293 

Les productions coloniales 



"TABLE DES MATIÈRES 



VII 



à l'exposition coloniale de 
Marseille parM.A.LAiiiLLE.B. 1403 

Exposition : L' — coloniale de 
1IIU7 à Nogent-sur-Marne. 

2G.Ï et 326 

Extrême-Orient : Le marché 
des produits d' — . Mercu- 
riale mensuelle, par M. J.-H. 

GliKIN. 

Fécule : Fabrication de la — 
et de l'amidon, par M. J. 
Fritsimi B. 1290 

Fibres : Le marché des — de 
Corderie et de Brosserie. 
Chronique mensuelle, par 
MM. Vaqci.x et ScH\vi:irzEB. 

Sur quel(|ues — à papii'r 
des Philippines, d'après MM. 

C.-F. Bichmomj 19 

The Cultivation of Maguey 
in the Philippine Islands, par 
M. H -T. lÙJWAHDS . . . B. 1338 

Nouvelle machine à décor- 
tiquer les — 239 

Voir également Agave, 
Ananas, Sisul. 

Ficus elastica : Voir Cnoul- 
ch<iiic. 

Fourrage : Les Choux comme 
— à Cuba, par M. A. Pedroso. 2î>2 

Fourragères ; Procédés de sé- 
lectinimeiiient des Légumi- 
neuses — , par MM. Westgate 
et Oi.ivKii B. 1358 

Funtumia elastica: Voir Cnoi//- 

cllOllr. 

Génie rural : Les machines 
agricoles et le — à l'Exposi- 
tion de Marseille 1906, par 

M. F. Main 39 

Le — à l'Exposition colo- 
niale de 190";, par M. F. Mai.\. 32(i 

Gingembre : Sa préparation 
pour le m.irché, d'après M. 
C.-A. Barhet 139 

Glucose : Fabrication de la —, 
delà Dextrine et de l'Amidon 
soluhlc.parM. J. Fritsc.h. B. 1313 

Gold Coast : Catalogue des Jar- 
dins d'.Vburi.p.ir M. Evans. B. 1334 

Gomme laque ; La — de l'Inde 
anglaise 224 

Graines : Catalogue de la mai- 
son Vilmorin- Andrieux et C"', 

pour 190s B. 1439 

Composition des — oléagi- 
neuses, par M. J. Walter 
Leatiiii; B. 1377 

Graminées : .Monographie bo- 
tanique des — des Philip- 
pines, par JI. Merrill . B. 1372 

Guayule : Voir Caoulchouc. 

Guyane anglaise : Ses res- 
sources, par M. le professeur 

J.-B. ItvRRISdN ... 

Hache-Raquettes : — pour 
Cactus au Tex.is 

Haricot : Etude de diverses 
variétés, par M. Corrett. B. 1U3 

Hawaii: Cultures nouvelles et 
recherches agronoiuiques. . 77 

Uapport du service de 
l'Agriculture et des Forêts 
de cet Etat . . . B. 1330 et 13S1 
Lutte contre les Insectes. 

B. 1428 

Hevea : Voir Caoïilchoiic. 

Horticulture : Traité pratique 
d — pour lenord de l'Afrique, 
|iar M. L. Guillocuon. . B. 1347 

Hygiène : — des coolies dans 
la .Malaisie B. 1384 

Igname : .V propos de 1'— de 
Cubo. par M. A. Pekroso. . 156 



B. 1416 



63 



Culture de l'Igname de 
Cuba au Nicaragua, par H.- 

E. Low 30 

Indes Néerlandaises An- 
nuaire commerciale et agri- 
cnle,parM. J.ll.uE BU.SSY. B. 1315 
Indo-Chine : Annuaire général 

pour 1906 B. 13.39 

Irrigation : Le s conditions d' — 
rationnelle, par M. J. Cre- 
vât B. 1367 

Manuel pratique d' — , par 

.M. S. Fi.RTiER B. 1373 

Dépôts laissés par les eaux 
d'— , par M. R. 11. Forres. B. 1 404 
L'— en Annani, par M. P. 

Braemer B. 338 

Ixtle : Son exploitation au 

Mexiiiuc . . 91 

Jute : Recherches sur le — 

dans l'Inde 124 

Succédanés du — .... 317 
Extension de sa culture 

dans l'Inde B. 1382 

Kapok : Ses qualités, ses dé- 
fauts, d'après M. Paul Serre. 126 
Keiroun (.Mouche des Olives) : 
Destruction de la — , par 
MM. Berlese, Cuboni et Sil- 

A'ESTRI B. 1395 

Légumes : — et fruits de la 
Station de la North-Loui- 
siana, par M. Watsox. . B. 1319 
Lin : ga culture, par M. Bol- 

LEY B. 1331 

Lombiro : Au sujet de sa cul- 
ture 32 

Louisiane ; Rapport annuel 
des Stations d'essais de cet 

Etat B. 1334 

Machines agricoles : Les — 
et le Génie rural à l'Expo- 
sition de Marseille (1906), 

par M. F. Main 39 

Mais : Bulletin des Stations 
expérimentales du New Jer- 
sey B. 1310 

La culture intercalaire du 
— dans les Cocotiers, par 

M. Anhelin 106 

Machines pour sa culture, 
par M. C. J. ZiNTHE.. . . B. 1369 

L'n — qui n'est pas atta- 
qué par les Sauterelles, par 
M.M. Ton.nelier et .\. Pe- 

ijROSo 248 

Sur la sélection du — , par 
M. lln;n de Vries . . . B. 1433 
Mangoustes : Rats et — , par 

M. C. IIarddlin 63 

Mangues : Leur exportation, 

par .\l. E. Leclerc 189 

Leur exportation 287 

Manihotglaziovii : Voir Cnmit- 

chouc 

Manioc : Son étude dans lEst 
africain allemand, par M. le 
professeur Zi.m.mer.mann ... 15 

Le — de .Madagascar, d'a- 
près M. ZiM.MER.MANX .... 95 

Le — à Malacca, d'après 

M. ModRiiousE 320 

Le — au Paraguay, par 
M. le Dr S. Bertom .... 168 

Maladie du — causée par 
un Tetrachynus , par M. le 

D'' P. Cramer B. 1321 

Martinique : La —, par M. A. 
Lahille ........ B. 1292 

Maté : Recherches histologi- ■ 
ques sur les llicacées, par 

M. Tfm;\enarij B. 1294 

Matières grasses : Mercuriale 



mensuelle, par MM. Rocca, 

Tassv et riE Rorx. 
Mercuriale : Une nouvelle — 

du Havre 3 

Montana : Plantes naturelles 

utiles de la région de — , par 

M. J. W. BLANKiNsriie . . B. 1333 
Moustiques : Campagne contre 

les — en Californie, par 

M. Qiavi.e B. 1390 

Nécrologie : Jean Vilbouche- 

vitch 36 

Le D' Georges Delacroix. 3il 
New Zealand : Rapport duDé- 

partenient d'Agriculture. B. 1343 
Noix du Brésil ] Exploitation 

et commerce de la — , par 

M. P. Le CiiiNTE 43 

Norias : Les — du Quang- 

Ngai, par M. P. Braemer . . 338 
Oléagineux : Les principaux 

— de rindo-Chine, par MM. 
Crevost et Brenier. . . B. 1309 

Olive : La .^louche des — ou 
Keiroun B. 1395 

Oranges : Exportation à gran- 
des distances B. 1366 

Machine à envelopper 

les — 287 

L'Essence d' — auières 
sous-produit de Caoutchouc 
de Céara 96 

Orchidées : Description de 33 
espèces d' — récoltées dans 
l'archipel malais, par M. S. S. 
S.MiTii B. 1348 

Outils : — de labour perfec- 
tionnés 10 

Paddy : Mode indigène de dé- 
cortication du — dans l'Inde, 
par M. E. Brillaid 282 

Palmier : Age de fructification 
du — à huile, par M. .Vio. 

Chevalier 167 

— à huile dans l'Angola, 
Yiar M. JoAQi'iM DE Al.meida . 329 

Pdlo Amarillo : Nouvel arbre 
à caoutchouc 319 

Patchouli : Recherches sur le 

— à Java 126 

Peaux : Leur tannage dans 

l'Inde 268 

Pennisetum typho'idum . B. 1399 

Peradeniya : Annales du Jar- 
din botanique B. 1418 

Periploca : Voir CiinuU-kimc. 

Pestalozzia Paimarum : Ma- 
ladie du cocotier. ... B. 1444 

Pin Chilgoza : Monographie 
des forêts de — , par M. E.- 
P. Sterbing B. 1408 

Piper nigrum, par M. C.-A. 
Barber B. 1298 

Pommes : Leur séchage, par 
M. H. -P. GnuLD B. 1401 

Pommes de terre : Essai de 
culture de la — au Congo. 223 

Porto-Rico :, Rapport de la 
Station d'Agriculture. . B. 1379 
Rapport de M. D.-"W. Mav. 

B. 1409 

Pots : Culture en — . par M. 
J. Walter Leather. . . B. 1419 

Pou : Le — de San-José, par 
M. C.-L. Marlatt . . . b. 1326 

Pusa : Culture des fruits à — , 
par M. Howard ALUEy. B. 1420 

Pythium : Etude des champi- 
gnons de ce groupe, par M. 
E.-J. BiTLER B. 1359 

Quarantaines : Les — agri- 
coles, par M. E. Baillaud. . 137 

Queensland : Les fruits du —, 
par M. Albert H. Benson.B. 1333 



VI (I 



fAHi.i; iii;s riGHii:s 



Ramie : Uiinfcreucc de M""^ K. 

Huit b. 1312 

Le (léjîoinmagc de la — . 31 
Un nouveau traitement de 
la — , le procédé Henncrtz . 255 
Raphia : Lu cire de — . . . . 2S'i 
Rats . — et mangoustes, par 

M. C. IIaiukui.n C3 

Rhum : Knqiu'te sur les dé- 
liduchés du — de la Jamaï- 

i|ue 64 

Ricin : L'huile de — employée 

|icpui' io tannage 352 

Rinderpest : I. épidémie de — 
nux l'Iiilippines, par M. G.- 

i:. Nkso.ns B. 1353 

Riz : Le 3' Congrès rizicole 
italien, par M. K. Main. . . G 

Machines à semer le — , par 
M. Maihii Casteli.! U. 1318, 1319 

La !■ Lomellina .\gricola », 
journal spécial du — . . B. 1340 

Sur le marché des — en 
ICurope et les conditions par- 
ticulières de production en 
Indo-Chine, par M. 1>'. Main. 103 

Essai du r.arolina Golden 
Hice aux Philippines, par 
M. r,.-E. Rksuns. ... B. 1353 

La Hiziculture au Tonkin, 
d'après M.niy-QiAXG-CiiiEN. n2 

La culture du — en Italie, 
par M. le P'-N. Novelu. I!. 1386 

Sur le développement ra- 
(liculaire du — , par M. .N. 

N(.vi:i.i.i B. 1402 

— gonllè 317 

Culture du — . par M. J. 
BcMlNADKEll et A. W. Dko.st 

B. 1426 
Etat de la culture du — au 

Brésil B. 1429 

Rorako : Le — arbre d'oni- 
hrage à .lava, par M. O. La- 

imiiy , . . . 157 

Sauterelles : La destruction • 

des — 175 

Un mais qui n'est pas at- 
taqué par les —, par M. iM. 
Tci\m:i. 11.11 et A. Peuhoso . . 248 
Sechium : Action de la soude 
sur le ilécorticage du — . . 3.M 



Selerospcra graminicola. B. i:t'J9 

Singapour: lîa]iji..rl du.lardin 
botdiiique B. 1396 

Sisal : Le — textile d.ms 
riude et rindo-Chinc, par 

M. L. IIaiteeei iii.ii 134 

Le dèvêloppejiient et la 
oullure du —, par M. !•'. 
Main. 204 

Soja : Etude de diverses va- 
riétés, par M. CAiaKToN H. 
Boi.i B. 1397 

Sol : Composition chimique 
du — d'Ainani 11. 1136 

Sorgho : Le — non sacchari- 
fère comme fourrage, par 

^^ c. W. waiuiihiox. u. i.na 

Soude : .\ction de la — sur le 

ilècoilicage du Sechium. . 351 
Sucre : Le marché du — . Chro- 
nique mensuelle de M. G. de 
Piu: vroKT. 

Sirop de — de canne, par 
M. II. W. WiLEV. ... B. 1329 
Sucrerie : La — à Cuba, par 

M. A. Pkkhoso 29 

Sydney : Happort du Service 
botaniiiue, par M. J. H. Mai- 

iiEN B. 134:; 

Tabac : Sa culture dans la pro- 
vince de Cantho, par M. P. 

QUESNEl 188 

Essai de culture à l'ombre 
avec le — de Déli à Suma- 
tra, par M. le D^ F. W. HtN- 

oEii 366 

Essai de culture en .\la- 

bama B. 1370 

Recherches sur quelques 
malailies du — en Trance. 
par M. le D'' G. Uelacihmx. 

B. 1291 
Méthode de recherche de 
la i|ualilé des eigar s, par 
M. Wh.nvMAN W.Gakneii. B. 1106 

Séicctionnemcnt et croise- 
ment, par MM. A. D. Siia.mel 

et W. CoiiKV B. 1371 

Tannage : Le — des peaux 
dans l'Inde, par M. P. bi:s 
GiiirriES 2l'i8 



Le tannage à l'huile de 

liicin 

Termites : Leur destruction, 

par M. P. Miiicim 

Terrains salants ; Amende - 

meut par les superphosphates 

d'os, par M. J Kevnï. . . . 

Amendement chiuiique des 

—, par .M. E. W. Ilii.i.tiui. 

284 et 

Les — des E.-U., par 

M. DoiisET B. 

Contribution à l'élule des 
dépôts calcaires, par MM. 
FiiANK K. Camehoin et James 

.M. BKI.L B. 

Textiles : Voir Agnre, Aniiiinx. 

Fihrt's, Si^flt. 

Thé : — américain 

La consommation du — en 

Perse 

(Culture et préparation, par 

0. E. MnriiEi.i II. 

Plantations de — au Cau- 
case, statistique de. ^L Wm.ta. 
Les rouleurs moilernes. . 
Lets over Theefabrieken. 
B. 
Théier : Les ennemis du — à 
Ceyian, par M. P. Mauciiai. . 
Tourbe : Son emploi pour l'ex- 
portation des Ananas. . . . 
Tournesol Sa culture en 
liussie, par .V. D. N. Piuami ii- 

XlKilV 

Traction ; La — mécanique en 

forèi, par M. E. Baillaiii. . 

Vigne : La — aux Saintes Gua- 

<leloupe , d'après M. Soizeai 

IIE PlYllERNEAl' 

La — aux Saintes (Guade- 
loupci, par M. E. .Maixe . . 
Le Vitis rotundifolia pro- 
pre aux climats tropicaux, 
par M. E. W. IliiiiMu> . . . 
Agenda îles Vilicullcurs, 
l)ar \'. Nkioiokel .... B. 
Vilbouchevitch : Mort de — . 
Viticulteurs : .\lmanach des 
— . de M. V. Veiimuhel . B. 
Vitis rotundifolia : Voir Vigne. 



3:,2 
270 

l.'IS 

350 
1311 

1330 

2:.i; 
2:.i; 

1446 

221 
142 

1317 

316 

219 

n 

170 

93 
220 

302 

1295 
35 

1295 



TABLE DES FIGURES 



Broyeur : — à percussion 

Krupp ouvert 301 

— monté et fermé muni de 
son alimentateur 301 

Charrue : — '■ Ethiopienne », 
— " Brabant », — « La Fran- 
çaise » 11 

Uevea : Fruits d' — brasiliensis 
il trois et quatre coques . . 196 



Graine ordinaire et graine 
caionculée vues sur les trois 

faces 196 

Moulin : Meule de — " Ex- 
celsior » 29S 

Coupe d'un — « Excel- 
sior 299 

— avec renvoi d'engre- 
nages 299 



Moulin avei alimentateur à 

serousscs 30tl 

Noria : Bétails d une roue de 

la — du Quang-Ngai. 339 et 340 

Rouleur : — Jackson à simple 

cD'ct 143 

— Jackson à double cITcl. 144 

— Jackson " Little (Jiant >■. 1 15 
Vilbouchevitch (J.) : Portrait . 35 



7« Annkk 



No 67 



31 Janvier 1907 



JOURIAL 

D'AGRICULTURE TROPICALE 

[AGRICOLE, SCIENTIFIQUE et COMMERCIAL) 



PUBLIE FAR 



J. VILBOUGHËVITCH 



-JO 



ARACHIDE, BANANE 

CACAO, CAFÉ, CAOUTCHOUC 

CANNE A SUCRE 

COCOTIER, COTON 

INDIGO, MANIOC, RAMIE 

RIZ SISAL, TABAC, THÉ 

VANILLE, etc ,etc. 

ARBRES Fruitiers 

CULTURES POTAGERES 

ÉLEVAGE 

BAS9E-COUR, ABEILLES 

VERS A SOIE 



4 



•r^c^ 



'Parait le deniiep jour de 
chaque mois 

ABONNEMENTS 

Un ail 20 francs 

Iteconiinatidé . . 23 — 
Le Numéro : Z francs 



î 



AçoREs, Canaries, Madère 

Cap-Vept. Sao-Thomë, Congo 

Afrique occidentale et centrale 

Algérie, Egypte, Abyssinie 

EpY^rHBÉE, Obok, Mozambique 

Maurice, La Réunion, Madagascar 

l.ouisiANK, Amérique centrale 

Mexique, Ami^rique ou Sud 

Antilles, Cuba, Porto-Rico 

PoNDiCHËRY, Indo-Chine 
Philippines 



Collaborateurs et Correspondants : 

ALLEAUME (Le Havre), DE AI.MEIDA (Angola). APFELBAUM (Palestine), BAII.LAUD (Toulouse), BALDUATI {Ery- 
thrée), U. BERNARD (Paria). BF.RTHELOT DU CHESSA Y (Congo français). BERTOXI (Paraguay). BICHOT (Tonkin). BOGAEH.X 
(Saint-Dominsue). BOURDE (Paris), BOIS (Paris). BOEKEN (Dnren). BOΫ"AM13 (He Maurice), D' BONAVTA (Worthing), BtJDAN 
<Cuba), CAEDOZO (Mozambique), P. CARIE (Ile Maurice), A. CHEVALIER (Afrique Occ), COLLETAS (Paris). COPPENS (Marti- 
nique), A. COUTURIER (Paris). DAIREAUX (Buenos-Ayres), DEL-ICROI.X; (Paris), DELIGNON-BUFPON" (Annara), DES- 
PEISSIS (Australie Occ). DUFOUR (Paris). DULIEQ (He Sainte-Lucie). ERNST (Le Havre). ESME^JAUD (Guatemala), ESTEVE 
(Dahoraev), FASIO (.Alger), FAUCHERE (Madagascar), FAVRE (Caire), FIRINGA (Madagascar), FLETCHER (Bombay), DR 
FLORIS (M.-icIaaascar). A. * E. F0S3AT (Le Havre), FREEMAN (Londres), GEROME (Paris), GIOVETTI (Angola), GOBBBTCI 
<Pavie), 0RI3I\ (Paris), GRISARD (Paris). P. J)ES GROTTES (Inde). R. GUERIN (Guatemala), HAMEL SMITH (Londres), 
L. HAUTEKIÎUILLE (Tonkin). HECHT FRERES * C (Paris), D'HERELLE (Guatemala), HILGARD (Californie), KARPELtîS 
<Calcutta). KEXNEY (Bombay), K()BUS (.lava), KOSCHNY (Costa-Rica). LABROY (Paris), LAURENT (Anjouan), H. LECOMTK 
(Paris), LEHMAN>f (Manchester), LE TESTU (Congo), LOCKHART iDominiiiue), D' LOIR (Paris), LOPEZ Y PARRA (Me.\-ioo), 
LOW (Nicaragua), MAIN (Paris). MAINE (Podor). M-iJANI (Trinidad), MALLÈVRE (Paris), P. MARCHAL (Paris), MARTINE AU 
(Martinique), DE MENDONCA (Hé San Thom5), MIRANDA (Para), MOLLISON (Nagpur), MONTET (Tunisie), M03SERI (Le 
■Caire), NEOREIROS (Paris), NEUVILLE (Paris). G. NIEDERLEiN (Philadelphie). D' NICHOLLS (Ile Dominique), D'OLIVEIRA 
FRAGATEIRO (Cabinda), PAIVA D'ANDRADA (Paris), PARIS (Saigon), PARKIN (Cambridge), PA85ÎKIEWICZ (Parana), 
PEDROSO (Cub.a), PERROT (Paris). PERRUCHOT (Constantine). PITTIER (Washington), POBEGUIN (Guinée franc.), JULES 
POISSON (Paris), EUGÈNE POISSON (Dahomey), POULAIN (Pondichéry), O. DE PREAUDET (Nantes). PREYER (Le Caire), 
PRINSEN GEERLIGS (.Tava), PUTHET et C (Le Havre), QUESNEL (Rentré), RINGELMANN (Paris), CH. RIVIÈRE (Alger), 
<Nantcs). ROCCA, TASSY&DE ROUX fMarseille). SAVOURÉ (Abyssinie), SEGURA (Mexico), SMBRLING (Le Havre), STERN8- 
FADELLE (Ile Dominique), SUTER (Bombay), TABEL (Sumatra), TAYLOR & C" (Liverpod), THEYE (Cuba), THOMATIS 
(Queensland), TOLEDO (Venezuela), TOUCHAIS (Mayotte), TROMP DE dÀAS (Java), VAQUIN & 8CHWBITZER (Le Havre), 
VEBMOND (Paris), G. VERNET (Annam), A. DE VILLELE (La Réunion), WARBUllG (BerUn), DE WILDEMAN (Bruxelles). 
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Dantas, 22). — A Batoiim (Caucase) : M J. Nicoïadze. — d Basse-Terre (Guadeloupe), chez Adrien G. Gratenel. — à Berlin, chez 
E. Friedlœnder & Sohn (N. W. — Karlstrasse. 11) — à Bordeaux, chez Feretet (ils. — d Brème. Librairie E. von Masars (Petristrasse. 81, 

— â Bruxelles, à la Librairie Sacré (33, rue de la Putterie), — au Caire, chez Mme J. Barbier. — à Caracas, Empresa Washington 
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Bourse). — à Lisbonne, chez Ferin (70, rua Nova do Almada). — à Londres, chez Wm. Dawson A Sons (Cannon House. Breara's Bui'- 
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T Année. N" 67 



31 Janvier 1907 



Journal d'Agriculture Tropicale 



Sommaire 



ETUDES & DOSSIERS p^ï'^'^ 

LA RÉDACTION : Notre nouvelle Mer= 
curiale du Havre 3 

D. BOIS : Fruits iodo-chinois (Mangues, 
Mangoustan, Litchi, Longan, Dou- 
rian) 4 

F. MAIN : Travaux du 3« Congrès Rizi- 
cole italien 6 

A. VÉZIA : Le cocotier aux îles Mallicola. 
Nouvelles Hébrides 8 

A. BAJAC : Charrues nouvelles desti- 
nées aux colonies 10 

G. DE PRÉAUDET, LA RÉDACTION: 
Papier de bagasse. A propos des nou- 
velles tentatives de M. Quintin Hogg 

et du Syndicat de la Barbade .... 12 
L'Exposition du Caoutchouc de Cevlan 
(Analyse des Conférences faites à l'oc- 
casion de l'Expositioni i3 

L'étude du manioc dans l'Est Africain 

.\lleniand, par M, le prof. Zimmerm.\n). i5 
Le tournesol. Sa culture en Russie. 
(D'après D. N. Prianichnikov) ... 17 

PARTIE COMMERCIALE 

(Cours, Statistiques, Débouches, etc.) 

H ECHT FRÈRES &&": Bulletin men- 
suel du caoutchouc 20 

A. & E. FOSSAT: Bulletin mensuel du 
coton 21 

G. DE PRÉAUDET : Bulletin mensuel 
du sucre 22 

H. VERMOND : Bulletin mensuel du 
café. 23 

A. ALLEAUME : Bulletin mensuel du 
cacao. — Revue de fin d'année. ... 23 

VAQUIN&SCHWEITZER: Fibres de 
corderie et de brosserie, etc 24 

ROCCA, TASSY & DE ROUX : Mercu- 
riale des huiles et graines grasses. . . 25 



ulBRARY 

NEW YORK 
BOTANÎCAL 

Mercuriale africaine de 



26 



26 



28 



TAYLOR & Co 

Ljverpool . . 
GEO. ERNST : Produits de Droguerie. — 

Produits divers 

J.-H. GREIN : Mercuriale de quelques 

produits d'Extrênie=Orient 

ACTUALITÉS 

(Correspondances, Informations, Exhviils, etc) 

Les mérites du Coffea robusta, d'après 
M. H. D. Mac Gillavby 

A. PEDROSO : Estimation de la récolte 
de sucre de Cuba. — Usines monstres. 
— Main d'œuvre 

P. CARIÉ: Cacao sous avocatiers. (Une 
expérience à l'île Maurice"! 

H. E. LOW : Essai de culture de l'igna- 
me de Cuba au Nicaragua 

F. M. : Pourquoi la Chine ne produit pas 
da\antage de coton. (D'après un rap- 
port consulaire américain) 

C. G. : Où on en est du dégommage de 
la ramie 

G. DE PRÉAUDET : Les effets nui- 
sibles de l'effeuillage de la canne à 
sucre (^D'après Eckart) 

Encore le lombiro. (Réponse à la note du 
n" eu. 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE 

(sur papier bleu) 

Livres nouveaux p 1289=1303. — Principaux 
sujets traités : Agaves à libres. Banane. 
Pimenta acris (poivre de Jamaïque). Maté 
Caoutchouc. Gutta-percha. Poivre noir 
(variétés). Cactus-fourrage. Essences d'An- 
dropogon (citronelle, etc.). Cotdn. — Cul- 
tures et produits de la Martinique, du Para, 
de la Chine et du Japon, de Ceylan, des 
Indes néerlandaises. Glucoserie de manioc. 
— Maladies du tabac. — Encyclopédie nou- 
velle des produits tropicaux, V, X"V, X'VII. 



19 



2Q 



3o 



il 



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O Fig. I à 3. — Charrues « Ethiopienne », « Brabant » et « La Française », de A. Bajac 



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Septième Année. N" 67 3^ Janvier 1907 



Journal d'Agriculture Tropicale 



Notre nouvelle Mercuriale du Havre 



Nous avons habitué nos lerteurs à trouver chaque fois, dans le premier uuniéro d'une 
nouvelle année, quelque amélioration e.ssentielle du Journal, le plus souvent ces perfection- 
nements ont porté sur la Partie Commerciale que nous n'avons cessé d'étendre, d'enrichir 
■et d'organiser. Cette année encore, c'est une noiivelle chronique commerciale que nous 
apportons à nos abonnés, en jjuise d'étrennes. 

Un certain nombre de produits très intéressants n'étaient pas du tout cotes, jusqu'ici, 
dans les mercurialee du « J. d'A. T. » ; la lacune se faisait .sentir, en particulier, pour divers 
produits de droguerie et similaires, cultivés dan? des pays oii nous comptons une clientèle 
Adèle et gTossi.ssante Nous avons donc été très heiu'eux de nous a.ssurer la collaboration 
régulière d'un nouveau rédacteur commercial en la personne de M. Geo. Ern.st, négociant- 
commissionnaire au Havre, avec lequel nous entretenions, depuis plusieurs années déjà 
des relations surtout scientifiques. Car M. Ernst. ancien élève de l'Ecole supérieure de 
Pharmacie de Paris, demeuré en contact étroit avec les savants de ce grand établissement. 
olïre ce rare avantage d'être à la fois un commerçant très avisé et un naturaliste aimant 
la recherche et la docuiuentatiou précise. Nos lecteurs trouveront sous sa signature des 
renseignements souvent précieux et toujours très stirs. 

La mercuriale de M. Ernst devant tenir une certaine place et le Journal n'en ayant 
plus beaucoup de reste, nous nous sommes décidés à supprimer, par compensation, la Mer- 
curiale des produits coloniaux français ; d'ailleurs, une partie des produits qui y étaient 
cotés, ont été englobés dans la nouvelle mercuriale, dont le titre sera : Produits de Dro- 
guerie. — Produits divers. Pour les gros articles du marché, eu particulier, tels que cafés. 
cacaos, cuh's, cornes, caoutchoucs, etc., M. Ernst sera assisté, dans la rédaction de son 
bulletin, par M. Sjierling, négociant-consignataii'e au Havre, même adresse ; il se réserve, 
au contraire, les articles de droguerie, de tannerie, les essences aromatiques, etc. Pour évitei' 
des malentendus et en nous conformant au dé.sir des intéressés, nous ne mettrons qu'une 
seule signature, celle de M. Ernst, mais nous tenons à exprimer ici notre reconnaissance 
à l'ami qui a accepté de l'aider de ses lumières, pour le plus grand proilt du Journal et des 
colons. — M. SivEERLiNG distribue tous les mois une mercuriale imprimée des produits 
des colonies françaises, envoyé gTatis aux iiersounes qui en font la demande. Avis à 
ceux de nos abonnés qui désu'eraient entrer en rapports directs avec la maison. 

Au moment de nous séparer de SIM. Puthet & C"", qui nous ont fait la mercuriale 
du Havre après le départ de M. Derais, soit depuis mai 1905, ce nous est un agréable devoir 
de leur présenter nos sincères remercîments pour la collaboration si utile et désintéressée 
qu'ils nous ont apportée pendant plus de dix-huit mois. Nous devons des remercîments 
particuliers à M. Bled qui prenait la ]j1us large part à l'établissement de cette mercuriale. 
Nos abonnés sont toujours sûrs de trouver, comme par le passé, auprès de MM. Pcthet & C"' 
et de M. Bled, l'accueil le plus gracieux, lorsqu'ils auront à s'adresser à leur entremise 
•commerciale ou à leur demander conseil. — La EÉDACTION. 



JOIRNAL D'AGRICULTUHI': I l{< "PKALE 



N" 1)7. — Janv. VM~ 



Quelques Arbres Fruitiers lndo=Cliinois 

Manguier. — MauKoustan. — Litclii. — Lonpaii — Dourian. 
D'après une contéicucc de AI. D. Bois. 



Ceci est le quatrième et dernier chapitre de 
la conférence de M. Bois, faite au Muséum d'His- 
toire naturelle. Dans notre numéro (11, nous 
avons publié ce qu'il a dit des légumes d'Europe 
cultivés en Indo-Cliinc : dans le numéro (i.'i, nous 
avons donné les principau.x tubercules cultivés 
par les indigènes pour leur alimentation : ])atates, 
ignames, taros, dolic bulbeux ; enfin, dans le 
numéro 65, un certain nombre de plantes vi- 
vrières et potagères cultivées par les indigènes 
pour leurs tiges, feuilles, gousses et graines, et 
quelques légumes-fruits. — X. d. l. R. 



On trouve en ludo -Chine, un (ertain 
nombre d'arbres Iruitiers des pays eliauds, 
importés d'autres pays. C'est le cas du Ba- 
nanier, dont on cultive d'excellentes va- 
riétés ; des Goyaviers ; de l'Oranger ; d(^ la 
Pomme -Cannelle (Annna squamosa) ; de 
l'Avocatier ; du Cocotier, du Papayei- {Ga- 
rica Papaya) ; etc. 

L'Ananas est au.-^si 1 (ihjct d'iniiiorlaMtcs 
culturch. 

Parmi les arbres fruitiers originaires de la 
région ou de régions A-oLsines, on peut citer 
surtout : le Manguier, le Mangoustan, le 
Litchi, le Jacquier, le Dourian. 

Le Manguier {Mangifera indica, Anacai- 
diacées) est originaire de l'Asie méridionale. 
C'est un très bel arbre qui peut atteindre 
20 ni. de liauteur. >Ses feuilles sont lancéo- 
iées, longuement atténuée.'- en iiointe, glabres, 
d'abord rosi's puis rouges dans le jeune 
âge ; d'un vert foncé brillant à l'état adulte. 
L'arbre donne un ombrage épais. Les fleurs 
sont j.'clites, d'un blanc rosé, disposées en 
grappes dressées. Le Iruit est une drupe de 
forme et de couleur A'uriablcs. 11 |iciil l'iic 
sphérique plus ou nioii].^' conijnime. droit ou 
courbé, vert, jaune ou rougcàtre à la matu- 
rité; il jicut avoir de 10 à lit! cm. de long c! 



atteindre dans certaines variétés, le poids 
■exceptionnel de 2 kilos. En général, le 
volume de la mangue ne dépa.s.se pas celui 
d'une poire moyenne. 

Ce fruit contient au centre, un gros noyau 
aplati entièrement couvert de longues fibres, 
(pii pénètrent dans la pulpe qui l'entoure. 
Dans le fruit sauvage ou Mango, le noyau 
est très gros, couvert de longues fibres ; la 
chair est peu abondante et po.ssède une 
saveur accentuée de térébenthine. Mais il 
existe de nombreuses variét&s cultivées, 
dans l'Inde principalement. Certainesd'entre 
elles, comme les mangues Alphonse, Frey- 
ciNET, Mangue d'Ob, sont des h\v\<- déli- 
cieux, qui peuvent être comptés .m M()iMl>re 
des meilleurs fruits (Dunus dans U' monde 
entier. 

Ces fruits ont une pulpe abondante, pres- 
que dépourvue de fibres, exempte de goût 
de térébenthine, juteuse, parfumée et sucrée. 
La mangue Alphonse est la plus estimée. 
Le manguier a été introduit dans tous les 
jiays intertropicaux. Il demande un sol pro- 
fond et drainé, des pluies suiïisamment 
abondantes avec une chute annuelle de 1 mè- 
tre. Une altitude dépa.ssant 1.000 m. lui est 
défavorable. C'est au-dessous de 100 m. 
daiif. les sols fertiles, eu région chaude qu'il 
donne les meilleius produits. 

L'arbre se propage par semis ; mais les 
iiidi\uliis ainsi obtenus perdent les qua- 
lités des paitnts. Pour rcinoduire avec cer- 
titude les bonnes variété.s on emploie la 
greffe. La grelle par approche est celle qui 
est le plus généralement usitée ; mais la 
gretïe en fente (en couronne) donne aussi 
de bons résultats. Le marcottage est un 
l)i(iccd('- de multiplication également à re- 
coin luaiulcr. 

I']n ('ochinchiiie, la meilleure saison de pro- 
1 ludion dos fruits est comprise entre mai 



N" i\~! — 



1907 



JOUUXAl. D'AGHICUI.TURE TROPICALE 



et juillet ; la l'écoîte fi<t moindre en mars- 
avril. 

Eu sol approprié et en pay.s favorable, uu 
manguier peut produire de 5 à 10.0(»(! fruits 
ebacpie année. 

Le Jhni(ji>.iiiif(rn {Garciina ^loiignsiana. 
Outtifères). i-st un arbie de 10 à 15 m. de 
hauteur, à leuiilage persistant. Le fruit, de 
la grosseur d'une petite mandarine ou d'une 
grosse prune, possède une peau épaisse, 
lisse, de couleur rouge violacé à la matu- 
rité ; ce frnit contient à l'intérieur des ti'an- 
ches disposées, comme celles d'une oi'ange, 
chacune de ces tranches étant constituée 
par une graine entourée d'une pulpe succu- 
lente transparenté, dont la délicieuse saveur 
peut être comijarée à celle du raisin Chas- 
selas. 

Le mangoustan est certainement l'un des 
meilleurs fruits connus ; malheureusement 
il perd rapidement ses Cjualités et doit être 
consommé dès la récolte; 2 ou 3 jours après, 
il est complètement gâté. 

On multiplie l'arbre par gi'aines, et la cul- 
ture doit en être faite en sol bas et tourbeux, 
mais drainé. C'est une plante de la zone 
équatoriale, qui ne prospère que dans les 
pays où la chaleur et l'humidité régnent 
d'une manière constante. Ou le cultive sur- 
tout en CocMnchine où il porte le nom de 
Cay-Mang. Dans notre colonie les fruits 
miirissent de mai à septembre. 

Le Litclii (Nephelium LUchi de la iamille 
des Sapindacées) est un arbre de 5 à 6 m. de 
hauteur, originaire de la Chine méridionale 
très répandu dans tout le sud de l'Asie, Les 
feuilles sont persistantes, composées pen- 
nées. Les fleurs sont verdâtres, disijosées en 
gi'appes. Le fruit, de la grosseur d'une noix, 
possède un piricarpesec ou coque couverte 
d'aspérités, et de couleur rouge à la ma- 
turité. Il renierme une gTaine enveloppée 
d'une pulpe blanche, transparente, juteuse, 
ayant la délicieuse saveur du raisin 
Chasselas. Le litchi est excellent à l'état 
frais. 

On l'utilise aussi à l'état sec après l'avoir 
séché au four. Il constitue alors une sorte 
de pruneau qui ne jieut donner aucune idée 



de la qualité de ce fruit lorsqu'il est con- 
sommé frais. 

On trouve des litchis secs chez la plupart 
des marchands de produits coloniaux à 
Paris. 

Le Longan {Kephelium Lnnguna) est un 
arbre voisin du litchi ; il est 'également 
l'objet de cultures importantes en Indo-Chine. 
Sou fruit est d'excellente qualité. 

Le Jacquier {Artocarpus integrijolia) est \in 
arbre très voisin de l'Arbre à Pain (Arto- 
carpus incisa) lequel est originaire d'Océanie 
où son fruit entre pour une grande part dans 
la nourriture des indigènes. 

Le jacquier a pour patrie l'Asie méridio- 
nale et on en cultive plusieurs variétés en 
Cochinchine. C'est un arbre de 10 à 15 m. de 
hauteur, à feuilles entières, beaucoup plus 
petites que celles de l'Ai-bre à Pain. 

Le fruit, très volumineux, est ovoïde et 
peut atteindre jusqu'à 70 cm. de longueur 
sur 40 cm. d'épaisseur. Il en est qui pèsent 
jusciu'à 15 kilos et même davantage- 

Ce fruit contient des graines que l'on dési- 
gne soirs le nom de châtaignes et que l'on 
consomme en très grande quantité comme 
notre châtaigne d'Europe, après les a.v(.)ir 
fait griller ou bouillir dans l'eau. 

Dans le fruit, ces graines sont plongées 
dans une pulpe blanche, crémeuse, dont la 
saveur est un peu sucrée, assez agréable, 
mais qui dégage une odeur infecte à laquelle 
s'habituent difficilement les Européens. 

Le Dourian [Durio zibethinus , Malvacées). 
Cet arbre, cpelque peu cultivé en Cochin- 
chine et au Cambodge, est l'objet de très 
importantes cultures dans l'Ai-chipel malais. 

11 atteint de très grandes dimensions et ne 
prospère que dans la zone équatoriale. 

Le fruit, de forme sphérique, ayant de 

12 à 15 centimètres de diamètre, est cou- 
vert d'aspérités en forme de pointes co- 
niques. 

Sous le péricarpe, ou trouve une masse 
pulpeuse, divisée en tranches qui renfer- 
ment les graines. Cette pulpe est blanche, 
crémeuse, un peu visqueuse ; elle a une 
saveur bizarre, sui generis, qu'on ne peut 
mieux comparer qu'à une crème sucrée 



joruNAi. nAGiucn.rrHi-: thoimcai.k 



N» «7. - Janv. 1907 



dans laquelle on aurait introduit de l'ail 
et de l'oignon. 

A cettt! saveur si particulière est associée 
une odeur d'hydrogène sulfuré d'une inten- 
sité telle que la présence d'un dourian s'en 
trouve révélée même à une grande distance. 

Cette puanteur et cette saveur font que 



les Européens couunencent par éprouver 
un véritable dégoût pour ce fruit curieux ; 
mais avec le temps on s'y habitue, parait-il. 
Quoi iju'il en soit, h- dourian est peut-être 
le fruit le plus estimé des indigènes et, sou- 
vent, des colons en .Vlalaisie. 

1>. Bois, 

As^isUllll :iti Mii^.t'iifD 



Le 3' Congrès Rizicole Italien à Pavie 

Analyse rapide des communications, d'après une note de M. V. (Jobetti. 

Main-d'œu^Te et surproduction (Novelli). — Engrais chimiques (Menozzi). — Bnisone (Farseti). 

Machinerie, Semoirs (Bianchini). — Variétés (Bianchini, Fakneti). — Questions fiscales 

(Bercamasoo, Negri). — Rizières et Malaria (Golui). — 

Contrat de travail (Galbahim). — Le riz au .lapon (Yahagi). — L'absence de délégués français. 

Par M. F. Main 



Le troisième Congrès Tîizicole Italien, qui 
a tenu ses séances à Pa\'ie du 27 au 29 oc- 
tobre 1906, a e\i un succès plus grand encore 
que les précédents, dont il a été rendu 
compte dans les plusieurs n"" du « J. d'A. 
T. ». Un grand nombre de riziculteurs et de 
savants s'y sont rendus, et ils ont été très 
flattés de la i)résence de nombreux délégués 
étrangers venus d'Angleterre, du Chili, du 
Pérou, des Etats-Unis, d'Espagne, du Ja- 
pon, de la Chine et de la Grèce. Le compte- 
rendu que nous avons sous les yeux (l),et que 
nous devons à l'obligeance de son auteur, 
M. le professeur V. Gobbetti, mentionne 
même l'adhésion de l'Indo-Chine Française ; 
nous savons qu'il a été dans les projets du 
Gouvernement de cette Colonie de s'y faire 
repré.senter officiellement, mais ce projet n'a 
pas été réalisé. 

Les séances du Congrès ont été fort bien 
remplies, et une dizaine de rapports impor- 
tants y ont été lus et discutés. 

Sur la culture même de cette céréale et 
ses conditions économiques, nous remar- 
quons le rapport du prof. M. NoVELLi, qui, 
estimant que la main-d'œiuTe ne s'accroît 
pas en proportion du développement des ri- 



(1) (( Giornale di Agricoltura de la Ddinenica », n*> du 4 no- 
vembre iy(i6. 



sières, déclare qu'il y a lieu d'en diminuer 
l'étendue, en les remplaçant par des prai- 
ries : nous avons a ])cinc besoin d'ajoiiter 
que, s'appuyant sur l'importance du riz dans 
le monde, de nombreux orateurs se sont 
élevés contre cette assertion s'appliquant. 
de toute façon, à quelques pays seulcnicnt. 
tels que l'ItaUe. l'Egypte, etc. 

La question des engrais chimiques a fait 
l'objet d'une communication du prof. Mk- 
Nozzi, qui, après avoir donné des residtats 
d'essais faits avec des engrais phosphatés 
et azotés, a parlé de la magnésie, signalée 
par lui au Congi-ès de Novara. Il semble 
résulter des expériences faites que cette 
substance n'a pas d'action, ou tout au 
moins pas d'action directe. 

Iveprenant la ([Ucstion toujours brûlante 
du u brusone », le prof. K. Fakneti en a fait 
l'historique : il a rappelé les deux opinions 
en présence : maladie parasitaire et maladie 
Ithysiologique, et s'est prononcé nettement, 
en ce qui le concerne, pour la maladie para- 
sitaire, qu'il a pu isoler dans diverses re- 
cherches : il admet, bien entendu, les cir- 
constances physiologiques prédisposant la 
plante à la maladie, circonstances assez pré- 
dominantes parfois pour faire croire à leur 
existence comme causes de la maladie. Les 
discussions soulevées piw ce rapport prou- 



N" 67 — Janv. 1907 



JOURNAL DAGRICULTIRE TROPICALE 



vent que les spécialistes eux-mêmes sont 
loin d'être d'accord, et, à l'unanimité, le 
Congrès a invité le Gouvernement et les 
Conseils provinciaux à nommer une Com- 
mission et à lui accorder les fonds néces- 
saires pour mener à bien l'étude du bru- 
■sone (1). 

n a été peu question de mécanique au 
Congrès. Seul, le prof. Bianchini a exposé 
que, si l'agricultuie ne ijouvait, comme 
l'industrie, remplacer totalement la main- 
d'œuvre par les machines, elle pouvait du 
moins, pour certains travaux, user avantageu- 
sement de celles-ci : indépendamment de 
la préparation du sol . il y a les semis 
et les sarclages. (Nous ajouterons : et la 
récolte). 

Il a fait en.suite l'historique du Concours 
des semoirs a riz, qui a eu lieu récemment 
en Italie, et a fait ressortir que ce Concours 
avait abouti à la construction de deux appa- 
reils évidemment perfectibles, mais capables, 
tels qu'ils sont, de rendre des services. Il a 
préconisé pour plusieurs machines la trac- 
tion par câble ; c'est là un problème déjà 
soulevé en Indo-Chine — et il a terminé en 
appelant l'attention iiur la nécessité de 
créer une Station d'Essais de Machines, 
comme il en existe à l'étranger. SOI. Bian- 
chini et Fakneti ont parlé de la variabilité 
des races introduites, au point de vue .spé- 
cial de la résistance au brusone. 

Les conditions fiscales de la production et 
de la consommation du riz ont été successi- 
vement examinées par M. Bergamasco, qiii 
a étudié le régime douanier des divers pays 
producteurs ou importateurs, et par M. N". 
Negri, qiii a passé en revue les taxes de 
consommation locales et les charges résul- 
tant des tarifs de chemins de fer ; cette der- 
nière question acquiert tous les jours, avec 
l'extension des transports de denrées, une 
influence plus grande, et elle ne saurait être 
étudiée de trop près lorsqu'il s'agit de pro- 
duits d'une faible valeur .sous un poids 
élevé. 



Les relations de la riziculture avec le 
développement de la malaria avaient fait 
l'objet, il y a trois ans. de longues discus- 
sions montrant bien l'importance de ce 
sujet en Italie. Ce sujet a reparu à Pavie, 
mais sous une autre forme, et c'est princi- 
palement sur la législation régissant le tra- 
vail dans les rizières qu'a porté la commu- 
nication du prof. GoLGi. A .son avis, c'est 
un préjugé sans fondement qui donne la 
riziculture comme le travail le plus malsain, 
il comporte en réalité des précautions né- 
cessaires, qui ne .sont pas toujours prises. 
Telle qu'elle est, et malgré ses lacunes, la 
législation actuelle rend îles services, mais 
il faudrait tenir à l'application de certaines 
prescriptions d'hygiène qui sont lettre morte 
pour les paysan.s. Enfin, les récentes agita- 
tions ouvrières ont amené l'avocat A. Gal- 
BARiNi à étudier le contrat de travail dans 
son application aux rizières. A sa demande, 
le Congrès a émis le vœu de voh' s'élaborei 
des règlements locaux, spéciaux à chaque 
province, et se créer des Commissions arbi- 
trales devant régler à l'amiable les diffé- 
rends qui pourraient survenir. 

Parmi les communications des membres 
étrangers, les congre.ssistes ont écouté avec 
intérêt le professeur japonais Yahagi, qui 
les a entretenus de la culture du riz au 
Japon, 011 on obtient des rendements allant 
de 50 à 130 uuintHux à l'hectare, et de la 
pénétration des japonais en Corée, oii ils ont 
déjà créé une station rizicole. 

Devant un succès aussi complet et en pré- 
sence des sujets traités, nous ne pouvons 
que regretter encore plus l'absence de nos 
compatriotes. Espérons que la Direction de 
l'Agricultuie de l'Indo-Chine reprendra ses 
projets abandonnés et que le prochain Con- 
grès, qui aura lieu à Vercelli (siège de plu- 
sieurs usines de machines agricoles spéciales 
pour rizières), sera suivi par des délégués 
riziculteurs et techniciens, susceptibles de 
faire profiter nos colonies de ce qu'ils y 
auront vu et entendu. 

F. ALuN, 



Ingénieur-aoronome. 



(Il On Iroiivera dans les années .Tiilérieures du ".I. d'A-T. >, 
plusieurs notes sur celle maladie si irrax-c du riz, — N. d. l.U. 



Paris. 10 janvier 1907. 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALIC 



N» 67 - Janv. 1907 



Culture et Exploitation du Cocotier 

aux îles Mallicola, Nouvelles=Hébrides 



Par M. A. Vézia 



Il nous arrive simultanément plusieurs notes 
sur la culture du cocotier dans des plantations 
françaises des Nouvelles- Hébrides. Celle qui suit 
relate principalement les pratiques adoptées dans 
la cocoteraie de Sateau des Masquelines (iles 
MaUicola) : 

Semis. — Ou sélectionne les noix de coco 
en prenant de préférence les cocos germes 
sur la Grande-Terre, ou sur une autre île 
(ce qui est mon cas). Ou bien on en met 
de côté au cours de la cueillette, ou encore 
on en achète aux indigènes. On met ces noix 
germées sous abri de bananiers, ou d'arbres 
quelconques , en ayant soin , aux sai- 
sons chaudes, de les tenir humides par 
de fréquents arrosages ; on met en place 
quand les plants ont de 20 à 30 centimètres 
de haut. 

Repiquage. — Après le défrichement, — 
débroussage, briilage des bois et herbes, — 
il importe de maintenir le sol le plus propre 
possible ; puis, on jalonne. Les trous de- 
vront avoir de 0"n50 à 1 mèlre de diamètre, 
avec une profondeur de 0"'.50 ; les noix ou 
plants devront être en elTet mis en terre 
très profondénu'nt pour leur donner une 
bonne direction. On recouvre les noix jus- 
qu'au germe, laissant une <lifférence (con- 
trebas) de 20 centimètres en^^^on par rap- 
port au niveau général du terrain, ce qui 
permet aux eaux de ])luies de s'amasser dans 
les trous de plantation et facilite la reprise 
des plants. On tasse fortenunit à l'entour 
du coco, cette pratique assure aux ■()lants 
une grande régularité et un port droit. 

Les pluies, dans la suite, comblent la 
différence du niveau (la marge des trous de 
plantation) ; de cette manière on obtient de 
fortes racines résistant au vent, (pii par- 
fois est très violent. — quand ce n'est ])as 
un cyclone ! 



Distance. — Les cocotiers sont espacés, 
babituellHueut, en plaine, de 9 à 10 mètres, 
soit en lignes parallèles, soit en quinconces, 
en réservant une route carrossable pour l'ex- 
ploitation dans l'avenu-. En montagne, on 
observe des espacements moyens de 7 à 
S mètres, l'un dans l'autre. 

Cnlture intercalaire du maïs. — Pour 
payer les travaux de débroussage du ter- 
rain, la plantation et l'entretien des coco- 
tiers, l'on intercale une deuxième culture, 
qui est le maïs ; nous arrivons à en faire 
trois récoltes ^y^r an , iiiic amiéi- dans 
l'autre. 

On sème d'abord le mais en lignes distan- 
tes d'un mètre, et à 30 centimètres entre 
les pieds dans la ligne. Quand le maïs a 
atteint plus d'un mètre de hauteur, ce 
n'est qu'alors qu'on comiilètc le semis en 
rcsenuint du maïs entre les ligues; ce qui 
pcrnu't d'abriter les jeimes plants de raa'is 
sous l'ombre des plus anciens : précaution 
fort utile, surtout aux saisons sèches. A la 
maturité du premier semis, on en fait la 
récolte, et l'on continue à semer ; et cela 
durant quatre et cinq années, jusqu'à ce 
que les cocotiers, devenus gi'ands, le maïs 
ne donne plus que des résultats de plus eu 
plus médiocres qui ne paieraient pa.s la 
main d'œuvre ; ou y renonce alors. 

Rendements. — Uabituellement nous comp- 
tons 7 années pour qu'un cocotier com- 
mence à rapporter, progiessant ensuite 
chaque année. Il n'est pas rare de voir des 
cocotiers donnant de 60 à 120 noix par an, 
ce qui est une bonne moyenne. On ne cueille 
pas sur l'arbre ; on se borne à rama-sser les 
cocos tombés. Le cocotier vit très longtemps, 
les imligèiies disent : la vie d'un homme, 
soit t)0 à 70 ans. 



N" 67 — Janv. 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



Maladie. — J'ai remarqué qu'il vient 
une maladie sur les feuilles de nos cocotiers : 
une sorte de voile blanc ; cela porte préju- 
dice aux jeunes plants, qui finisseut par 
pourrir, si on n'y prend garde. 

Eau de mer. — Il est certain que les coco- 
tiers exposés aux embruns de la mer sont 
plus florissants que ceux de l'intérieur. J'en 
ai même planté dans le sable de la plage, 
qui, à chaque marée, .sont dans l'eau, 
ce qui ne nuit nullement à la valeur du 
coco. 

Pas de café avec les cocotiers. — Je ne con- 
seille pas d'intercaler la culture des coco- 
tiers avec du café ; l'essai de divers colons, 
dont la « Société Française des îfouvelles- 
Hébrides », a été désastreux : chaque année 
les cocotiers perdent de leurs feuilles ; or, 
celles-ci tombant sur les caféiers chargés de 
fruits, dans leur chute cassent les branches 
et font tomber à terre la récolte ; on aban- 
donne ce genre d'exploitation combinée. 
J'en ai vu les effets, dans les caféeries et 
cocoteraies de Port Sandwich (Nouvelles- 
Hébrides) de la S. P. N. H. déjà citée ; je 
vous répèt*, c'était un désastre. 

Bétail. — Après que la cocoteraie a existé 
pendant 4 ou 5 années, c'est le moment de 
s'occuper de l'élevage. Le buffalo-grass, ou 
un chiendent du pays, offriront un pâturage 
très avantageux pour le bétail, d'un excel- 
lent rapport. Mais je recommande bien de 
ne pas essayer d'introduire les animaux à 
cornes avant la 4'' ou o'^ année ; j'ai dû payer 
bien des ennuis occasionnés par mon bétail, 
l'ayant laissé paître dans la cocoteraie dès 
la 3^ année de plantations. Surtout les tau- 
reaux, qui ont un talent pour dénicher les 
feuilles tendres des jeunes cocotiers dont ils 
sont très friands, et même au besoin luttent 
à coups de tète pour faire tomber le 
palmier. 

Cueillette. — Coprah fumé (snioke coprah). 
— Les noix des cocos tombant à terre sont 
ramassées par les indigènes qui arrachent 



d'un côté, avec leurs dents, un bout de fibre 
et attachent les noix l'une à l'autre ; il en 
résulte des paquets enchevêtrés de 10 co- 
cos, qu'ils emportent par 2, 3 ou 4 paquets 
à la fois, avec un bout de bois sur les épaules. 
Ils entassent ces tas sur les rivages, oîi les 
noix .sont prises par pirogue ou baleinière et 
transportées aux stations à coprah, ou ven- 
dues aux blancs telles que. 

Dans les endroits éloignés du rivage, les 
indigènes font le coprah en coupant les noix 
en deux et viennent l'apporter en chapelets 
jusqu'aux stations, ou bien ils débarrassent les 
noix du coir (bourre) en se réservant une 
partie de la libre pour les attacher deux par 
deux et en taire des paquets comme il a 
été dit plus haut. 

Le déshabillage des cocos se fait à l'aide 
d'un bout de bois appointé, formant pieu, 
qvi'ils enfoncent en terre : en un tour de 
main, en quatre coups, ils enlèvent la bourre ; 
un indigène peut éplucher de 4 à 600 cocos 
par jour. 

Une fois les cocos rendus à la station à 
coprah, ils sont coupés (après avoir été dé- 
barrassés du coir), à l'aide d'un sabre d'a- 
battis, d'un seul coup ; c'est un coutelas de 
14 à 16 pouces. Puis, les noix sont mises 
sur une claie dans une case que nous appe- 
lons fumoir u smoking house ». La claie est 
élevée de l'"50 à 2 mètres, l'amande re- 
garde le sol. On alimente un feu durant 1 
à 2 jours, c'est la bourre de cocos qui sert 
pour cet " enfumage » de l'amande. Après 
l'enfumage, l'amande se détaché assez faci- 
lement de la cocjue ligneuse ; il n'y a plus 
qu'à la couper en fragments prêts à être 
livrés au commerce. 

Dans les îles, on fait peu de « sun dried » 
(coprah séché au soleil) : nous avons des 
averses assez fréquentes, qui pourriraient 
l'amande à la saison des pluies, d'autant 
plus qu'en ces pays neufs, on est installé 
très primitivement, au début surtout. 
N'ayant pas d'ouvriers de métier, on est obligé 
de payer de sa personne et de faire preuve 
d'initiative, en se faisant tour à tour maçon, 
menuisier, charpentier, peintre, cultivateur, 
jardinier, etc. 



* * 



10 



JOl'RNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



N" ()" 



Janv. 1!)07 



Main-A'œitrre. — La niaiii-d'œuvTp est 
difficile à obtenir ; en ce pays neutre, on 
recrute les « boys « par ses -[jropres moyens, 
ou par des recruteurs de profession, métier 
pénible et très dangereux. Les indigènes, 
chez eux, sont très paresseux, ne vivant que 
du travail des femmes, ou de la pêche ; 
quand ils sont expatriés d'une ile à l'autre, 
on en lait de bons serviteurs. 

Ecoulement. Prix. — On commence à 
faire du « sun-dried », mais cela est diir à 
obtenir des indigènes, et répugne à toutes 
leurs façons d'agir. Les colons sont plus 
tentés à le faire, la différence de prix oscil- 
lant autour de 25 francs la tonne en plus, 
pour du sun-dried. 

Le mais se paye de 55 à 200 francs la 
tonne, suivant les époques de l'année et 
l'état du stock de Nouméa. Chaque mois, 
les Kouvelles-Hébrides envoient par le 
paquebot « Pacificiue » des Messageries Ma- 
ritimes, de 1.500 à 2.500 saes do 100 kg. 
environ, non compris les vapeurs anglais. 

Le coprah est à un prix très rémunérateur : 
entre 350 et 400 francs, pris sur place, sans 



aucun frais. Les vapeurs ou voiliers font 
même l'ensachage et le pesage et rendent 
les sacs vides. 

Tout se paye en or anglais, très peu eu 
argent français, ou bien on échange contre 
des articles de traite ou de première néces- 
.sité 

Dans ma tournée, ce mois-ci. j'ai i)u li- 
Yvcr et obtenir le prix de 402 fi-. 50 la tonne 
de coprah, vendue à un négociant de la 
place de Nouméa, prix net. sans aucun 
frais. Les courriers anglais font la concur- 
rence à nos nationaux, à l'avantage des (>x- 
ploitants et planteurs de ces pays. 

Vous avec pu remarquer à l'Exposition 
Coloniale de Marseille mes envois de eoi)rah, 
sun-dried. smoke et en chapelets- 

Voir. — N'est pas utilisé ici; depuis bien- 
tôt un an, MM. V.VQtriN & SrnwTîiTZER, du 
Havre, possèdent un grand sac de cette 
bourre, expédié par mes soins. Ils devaient 
me donner le rendement de fabrique. Je 
vous en ferai part dès que je le connaîtrai. 

A. VÉZIA. 

Tonghoiié(NlleCalédonie), 18nov. 1906. 



Les Outils de Labour Perfectionnés 

Les charmes de A. Bajac : <( L'Ethiopienne », « La Française » et « Brabant double 

Communiqué 



Dans toutes les cultures et sous toutes les 
latitudes, une condition essentielle de réus- 
site est de posséder l'outillage convenable, 
car c'est surtout en agriculture que s'ap- 
plique l'adage bien connu : on ne fait rien 
avec rien, autrement dit : rien ne se crée 
et nous ajoutons, rien ne se perd. 

Bien ne se crée : il est évident que pour 
récolter il faut d'abord confier à la terre une 
quantité déterminée de semence et en outre 
lui restituer, sous forme d'engrais organi- 
ques ou chimiques, ce qu'elle a donné précé- 
demment sous forme de moissons. Mais cela 
ne siiffit pas.l 

Avant de jeter le grain en terre, il faut 



l'avoir préparée, cette terre, 11 faut Tavoir 
labourée, hersée, débarrassée des herbes 
nuisibles qui. elles, ont le fâcheux privilège 
de croître spontanément et de se déve- 
lopper avec une désespérante facilité, sur- 
tout dans les pays à température élevée. Et 
que faut-il pour assurer la boime prépara- 
tion du sol i II faut preniièrenuMit une bonne 
charrue, et c'est ici que trouve son ap])li- 
cation le second tcrint» de notre adage : rien 
ne se perd. 

Ce n'est pas de l'argent perdu que celui 
consacré à l'achat d'un bon matériel de 
culture, c'est au contraire de l'argent placé 
à gros intérêts, car, nous le répétons, un 



'N» 67 



Ianv. 1907 



JOI'HNAL D'AGIIICULTUI^E TROPICALE 



11 



outillage perfeetiouué, solide, bien approprié 
au travail demaudé, est le iJiemier et le 
meilleur auxiliaire de l'agTiculteui'. 

Evidemment dans les pays neufs, où cet 
outillage moderne est encore totalement 
inconnu ou inemployé, la transformation ne 
peut s'opérer que progressivement, en te- 
nant compte des usages locaux, du genre de 
cvdture, des attelages usités et du personnel 
préposé à la conduite. 

C'est ainsi qu'aux Colonies il faut, du 
moins au début, des outils simples et 
solides, qu'on puisse mettre sans crainte 
entre les mains d'indigènes inexpéri- 
mentées. 



train à deux roues lui assure aussi plus 
de stabilité en travail. 




* il 11 [ Ile I i* lliiujii 



ili V lu 



Tel est le cas de la charrue « Ethiopienne » 
(fig. 1 ) construite aux Etablissemknts 
à. Ba,jac. à Liancourt (Oise) ; c'est un outil 
robuste, tout en acier, qui i)eut être traîné 
par chevaxix, buffles, mulets et au besoin à 
bras d'hommes ; malgré sa gi-ande simpli- 
iCité, elle est infiniment supérieure aux char- 
rues de pays, par trop primitives, dont la 
disparition n'est qu'une affaire de temps. 

Un autre modèle, également recomman- 
dable pour les colonies, est la charrue dite 
>( La Française de A. Bajac » (fig. 2) dont 
les organes se prêtent, mieux que dans le 
précédent outil, aux différents réglages en 
profondeur et largeur de raie ; son avant- 




Chari'ue « La Française » de A. Ba,iac 



Ces outils sont de bonne con.struction et 
leur fonctionnement est satisfaisant, mais 
il y a quelque chose d'infiniment mieux pour 
quiconque désire posséder une charrue tout 
à fait perfectionnée, une véritable charrue 
de progrès : c'est le « brabaut double » de 
A. Bajac (fig. 3), qui réunit tous les avan- 
tages qu'on peut souhaiter rencontrer dans 
ce genre d'instruments. 

La charrue brabant double est la machine 
labonreuse par excellence, qui se tient seule 
en travail sans que le conducteur ait à y 
mettre la main autrement que pour la 
retourner à chaque bout de raie, ce qui se 
fait d'ailleurs avec facilité. Travaillant à 
l'aller comme au retour et versant toujours 
la terre du même côté, elle laboure à lîlat. 
ce qui permet par la suite, de donner, toutes 
les façons que l'on désh'e et pour tous les 
genres de cultures ; tel qu'il est fabriqué aux 
Etablissements de Liancourt et avec les 




Fig. 3 —Charrue BialKinl ilmililr ili- A, Bajac 

nombreux perfectionnements qu'y a appor- 
tés M. Bajac, le brabant double est véri- 
tablement la charrue moderne, le nec 
■plus ultra de la construction agricole. 






12 



JOURNAI. iJAGHICn.TlHK TKOPICALE 



N» 67 - Janv. ITOT 



Papier de Bagasse 



L'information du n West India Comittee » : Trinidad et Barbade. — Critiques 
du (c Louisiana Plantur u. Probabilité d'un nouvel échec. — Le carton dp bagasse. 

Mise au point. 



M. George de Pkéaudet attire notre attention 
sur une note du « West India Comittee's Cir- 
cular 11 de Londres, reproduite par plusieurs 
de nos confrères coloniaux, dont « Le Cer- 
néen », de Maurice ; en voici le fond : 

» M. Beet de Lamarre, do Tiiniilad, :t 
pris se.s dispositions pour eroer sous peu une 
usine qui l'abriqueni du papier de bagasse 
et de fibres de bananiers. 

« A la Barbade, un syndicat s'est cons- 
titué dans le même but. Un brevet pour les 
procédés de fabrication a été pris récemment. 
» Afin de s'assurer un approvisionnement 
régulier de bagasse, pendant un teniijs rai- 
sonnable, on tente d'obtenii' des proprié- 
taires sucriers la faculté d'acheter leur 
bagasse, pendant cinq ans, aux conditions 
suivantes : 1 S 20, par tonue pour les 
balayures (« sweepings ») de certaine qua- 
lité, et, pour la première qualité, convena- 
blement séchée. 5 >* par tonne. 

Des brevets pour la fabrication du pa- 
pier de bagasse furent i)ris à la Guyane, 
dès 1883, ])ar ^l. QriNTix Hogg. qui expédia 
même daus la colonie des machines ad hoc. 
Mais, dit-il, cette expérience démontra que 
les frais étaient trop élevés pour que l'opé- 
ration rapportât ; aussi y renonça-t-on. 
Une autre tentative fut faite, sans succès 
également, par la « New Colonial Co. >•. Elle 
échoua parce que .son papier de bagasse 
était couvert de taches noires qu'il était 
impossible de faire disxmraître ». 

Depuis, ILsons-nous, les conditions ont 
changé et l'on espère que les nouvelles ten- 
tatives réu.ssiront. 

Malheureusement, notre confrère de la 
Nouvelle-Orléans, le « Louisiana Planter », 
du 20 octobre 1900, doiiiu' sur la même 
question des renseignements infiniment 
moins optimistes. Nous avons eu déjà bien 
souvent l'occasion de citer ce périodique 



dans le « J. d'A. T. », précisément à propos- 
de ce problème si ardu du papier de bagas.se, 
et toujours nos lecteurs ont pu constater 
que le « Louisiana Planter « avait vu juste ; 
il lui est rarement arrivé de se dédire en 
cette matière. Cette fois encore, nous crai- 
gnons fort qu'il n'ait raison de crier gare. 
L'article du « J^ouisiana Planter » est une 
répon.se directe à l'information duuW. I. C. 
Circular ». laquelle y est citée en substance. 
Il .se trouve que c'est ce même Quintin 
Hogg qui avait monté la papeterie de baga.sse 
de Kenilworth, eu Louisiane, dont il a été 
(juestion à différentes reprises dans le « J. 
d'A. T. ». L'atïaire dut être abandonnée 
par suite du rendement industriel insuflSsant, 
singulièrement inférieur au rendement tiiéo- 
rique sur lequel ou s'était basé dans les 
devis : la bagasse ne fournit, en fait, que 
très peu de papier, en dépit de sa richesse 
en fibre et cellulose. L'explication anato- 
niique et chimi(|ue en a t'té donnée par 
M. Brow.m: (voir " J. d'A. T. », n" 35, 
p. 154). 

Le rajjport est jjIus la\(nal)le lorsqu'il 
ne s'agit que de fabriquer du gros carton. 
M. Tennant Lee en fait avec de la bagasse, 
en Louisiane et semble y trouver son compte; 
le « Louisiana Planter » promet d'en dire 
jilus long prochainement. 

En passant <Y l'affaire de la Barbade. — 
qui est lancée par MM. Cottle, Catford 
& Co., — le « Louisiana Planter » fait obser- 
ver tout d'abord que la bagasse sèche, telle 
que ces nu-ssieurs l'exigeront probablement 
pour le prix offert de 5 dollars la tonne, re- 
présente à peine le quart du poids de bagasse 
sortant du moulin. 

D'auti-e iiart, le charbon de terre est 
beaucoiiii |iliis cher à la Barbade qu'en 
Louisiane ; or, l'échec de Keuihvorth a dé- 
montré qu'au prix où la papeterie peut 



N» 67 — Janv. 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



13 



effectivement payer la bagasse, le sucrier y 
perdrait en la lui vendant, car il faudrait 
bien qu'il achète du charbon pour rem- 
placer la bagasse dans les foyers de sa 
sucrerie, et ce charbon, en Louisiane même, 
coûte plus cher .que la papeterie ne saurait 
payer la bagasse équivalente. 

Le calcul s'établit à peu près comme 
ceci : 

Il faut brûler 1 kg. de charbon pour ob- 
tenir un kg. de sucre. Et lorsqu'on brûle 
de la bagasse, la presque totalité de ce qu'on 
en obtient comme déchet de fabrication de 
1 kg; de sucre, y passe. C'est avec ces don- 
nées qu'il faut opérer dans chaque cas 
particuliei' pour voir" si eu raison du prix 



du charbon, on a avantage ou non à se 
défaire de sa bagasse. 

Le calcul du prospectus du Syndicat de 
la Barbade semble reposer, d'ailleurs, sui' 
un malentendu grossier. Ses auteurs ad- 
mettent que 100 tonnes de .sucre laissent 
400 tonnes de bagasse ; or, ce chiffre ne 
serait acceptable que si on parle de bagasse 
humide. 

Eu fait, — le « Louisiana Planter » le 
déduit de minutieux calculs — les gens 
de la Barba.de ne sauraient recueillir. ])Our 
100 tonnes de sucre, plus de 13.3 à 140 tonnes 
de bagasse sèche. îfotre confrère eu conclut 
que tout le raisonnement .sur lequel l'af- 
faire est basée, tombe dans l'absurde. 



Le Compte =Rendu officiel de l'Exposition du Caoutchouc 

à Cevlan 



Analyse rapide des conférences faites à l'occasion de l'Exposition. — La culture 
combinée de l'Hevea et du Coton en terrain irrigué. — La vulcanisation directe du latex. — M 
Le caoutchouc en blocs et le séchage dans le vide. — Cultures .secondaires : Tabac. — Camphre 



Noticel bibliographique 



The Ceylon Bnbber Exhibitioii, Scptember \3-tJi, 
■274h. 1906. In-8" carré, XXIX, 1.30 pp. Quel- 
ques photos (vues et groupes). A. M. & J. 
Fergdson, édit. à Ceyian. Dépôt à Londres : 
52, Gracechurch St., E. C— 1900. Cartonné, 
4 shillings. 

Ce volume donne, d'une part, les listes des 
récompenses et autres documents officiels de 
l'Exposition du Caoutchouc à Ceyian, 
d'autre part le compte rendu complet des 
conférences, démonstrations et excursions 
faites à cette occasion. Avec le traité de 
Wright analysé dans notre n» 6.5, § 1270, 
et ce recueil de comptes-rendus, on a le 
tableau le plus instructif, le plus véri- 
dique de tout ce qui se fait, à Ceyian, eu 
Malaisie et dans l'Inde, dans le domaine si 
nouveau, si passionnant, si riche d'avenir, 
du caoutchouc cultivé. 

L'Exposition a été un succès sans précé- 
dent, on peut le dire en toute conscience: 
rénumération des têtes de chapitres du 
Compte-Rendu de Ferguson donnera une 



idée de l'activité intense qui y fut déployée. 
Il faut considérer ciue le texte de chacune 
des conférences et démonstrations est suivie 
d'iuie analyse très complète de la discussion 
à laquelle prenaient part les spécialistes 
venus un peu de partout et les planteurs les 
plus réputés et les plus expérimentés ; quel 
ques-uus de ceux-ci sont déjà à la tête de 
superficies importantes de caoutchoiitiers 
en rapport ( principalement Hevea ) et 
expédient leur marchandise par tonnes 
suf le marché mondial. — Voici les su- 
jets que nous relevons dans la table des 
matières : 

Pp. 1-8, J.-C. WiLLis :• Caoutchouc et 
coton. Il s'agit d'une région particulière de 
Ceyian où l'air étant humide mais les pluies 
insuffisantes, la culture semble pouvoir se 
faire néanmoins avec succès en y suppléant 
par l'irrigation ; c'est ce concours de cir- 
constances qui permettrait de combiner 
l'obtention des deux produits, le coton 



u 



JOLNNAI, DAGRICILTURE THOIMCAI.K 



N" ti" 



Ianv 1907 



étant envisagé coin me «ultuiv il'attfiitf 
t-ntre les lignes des llevea. 

Pp. 9-22, E. G. WiNDLE : La cultiirc du 
caoïitchoiic dans le sud de l'Iude. 

Pp. 23-41, Herbert Wright : Le caont- 
c'iioiie ciiltivé et son avenir. 

Pp. 41-54, Kelav.w B.vmber : La viilca- 
nisatiou du caoutchouc. — L'éniiueiit chi- 
miste croit à l'avenir de la vulcanisation 
directe du latex. Les heureux essais ouvrent 
des horizons nouveaux et laissent prévoii' 
une transformation profonde — dans un 
avenir plus ou moins procliain — de la 
mamifacture mênu' des objets en caout- 
chouc. 

P[). 55-58, K. E. Green : Les insectes 
ennemis des arbres à caoutchouc. 

Pp. 5<S-()(>. T. Petch : Les ennemis crypto- 
games. 

Pp. 07-72, Kelway-Bainiber : Culture et 
distillation du camphre. Nous avons tléjà 
donné des extraits de ce chapitre, et nous 
en donnerons encore d'autres.Il n'y a guère de 
lien entre la culture du camphre et celle du 
caoutchouc ; la conférence s'explique sim- 
plement par le fait que le camphre est d'ac- 
tualité. 

Pp. 73 - 74, Spencer Brett (de la mai- 
son Gow, WiLSON & Stanton, de Londres) : 
Kéflexions sur les conditions nécessaires 
pour faire bien voir pai- la manufacture, 
les caoutchoucs cultivés. 

Pp. 75-80, C. K. SiMITHETT (de WiLSON, 

Sïutkett & Co) : Sur la meilleure forme et 
préparation à donner au caoMtclio\U' cul- 
tivé. 

Pp. 81 -0(», J. B. Carruthers : La culture 
du caoutchoïKt en Malaisie. 

Pp. 91-102, C. G. Dewitt (de la maison 
Lewis & Peat, de Londi-es) : Sur la meil- 
leure façon d'emballer et d'expédier le 
caoutchouc. 

Pp. 103-110, Kelway Bamber : La cul- 
tm-e du tabac à Sumatra. — L'auteur vou- 
drait voir créer à Ceylan une station d'essais 
spéciale, le tabac devant servir, éventuelle- 
ment, de cultvire d'attente, entre les lignes 
des Hevea. 

Pp. 111-110, Herb. Wright : Présen- 



tation de machines destinées au traite- 
ment sur place du latex et du caout- 
chouc. 

Le nombre et la variété des machines expo- 
sées, la plupart en fonctionnement, et dont 
plu.sieurs sont déjà d'usage courant dans 
l'ile et en Malaisie. révèle d'une façon parti- 
culièrement impressionnante la vitalité et le 
modernisme de la culture du caoutchouc 
dans les colonies anglaises. 

Pp. 117-128, llERB. Wrk;ht : Excursion 
à Henaratgoda. — Démonstration des pro- 
cédés de saignée de l 'llevea sur les arbres du 
Jardin botanique, les doyens des caoutchou- 
tiers cultivés du monde. 

P|). 128 et 129, Francis Pears (de Lana- 
dron Estate, Johore, presqu'île de Ma- 
lacca) : Interview, sur la préparation du 
caoutchouc en blocs. — Cette présenta- 
tion nouvelle, couronnée par la plus haute 
récompense de l'Exposition, est appelée — 
c'est le sentiment à peu près général, — à 
supplanter toutes les formes pratiquées jus- 
qu'ici. On fait d'abord des « crêpes » (v. 
" J. d'A. T. » n" 03) qui sont séchées rapide- 
ment dans le vide, dans im appareil de 
Passbtjro tel qu'en emploient les manu- 
factures eui'opéennes ; puis, ces « crêpes » 
sont agglomérées en gros blocs solides au 
moyen d'une presse. C'est là le « dernier cri», 
en attendant que la vulcanisation diiecte 
du latex, préconisée par M. Kelway Bam- 
ber, acquiert droit de cité ; ce qui amènerait, 
dans cette branche d'industrie, une trans- 
formation ])rofonde dont il serait hasardeux 
de vouloir, dès aujouid'lmi , ]U'edire les 
limites et l'évolution. 

Nous tâcherons de donner, dans de pro- 
chaines notes, quelques glanures recueillies 
dans les chapitres cités, en groupant de 
])référence les données ayant trait à la végé- 
tation et à la saignée de l'ilevea et aux ma- 
chines employées pour le traitement expé- 
ditif du latex, des scraps et des co]H'aux. Ce 
dernier mot appelle une explication : H 
s'agit des « chutes » d'écorce imprégnée 
de caoutchouc, qui constituent un déchet 
inévitable avec le procédé courant des sai- 
gnées répétées comportant un rafraîchisse- 



No .67 — Janv. 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



15 



ment ou rabotage continuel de la lèvre 
inférieure des incisions. Une grande maison 
de Ceylan a présenté une machine pour 
la trituration de ces copeaux.elle ]Kxraît s'ac- 
quitter admirablement de sa tache et trou- 
vera, peut-être, une application dans d'au- 
tres pays, pour le traitement d'écorces caout- 



cboutiférées quelconques, des caoutchoucs 
d'herbes, lianes, etc. 

Nous allons aussi grouper en un article 
séparé, les renseignements très importants 
donnés incidemment sur le caoutchoutier 
de Céara, que l'Exposition a décidément 
mis en très bonne posture. 



L'Étude du /Manioc dans l'Est Africain Allemand 



La coUection d'Amani. — Quelques facteurs agissant sui- la teneur en acide cyanliydriqiie. — 
Maniocs rouges et Maniocs blancs. — Descriptions de variétés. — Le Manioc de Madagascar. - 

La maladie de la « frisure ». 

Analyse d'un mémoire de M. le Professeur Ziidceeiiann 



M. le professeur ZnviMERJLiNN, directeur 
de l'Institut de Biologie agricole d'Amani. — • 
qui est la station agronomique de l'Est 
Africain Allemand, — donne, dans son 
organe « Der Ptianzer », u° 16-17, du 20 no- 
vembre 1906, un mémoire de 15 pp., très 
substantiel, sur le manioc ; ce petit travail 
constitue, en effet, un document des plus 
importants, malgré sa brièveté. La station 
d'Amani a évidemment entrepris une étude 
très sérieuse de cette plante économique si 
importante ; nous ne doutons pas que son 
personnel, très actif, ne sache mener la 
tâche à bonne fin et nous serions heureux 
d'y contribuer par la publicité et les rela- 
tions du « J. d'A. T. >). M. ZendœrjVIANN 
s'occupe notamment, de réunir le plus 
grand nombre possible de variétés. 

D'après l'ouvrage américain de Teacy 
que nous avons eu l'occasion de signaler 
dans le « J. d'A. T. », on cultiverait rien 
qu'au Brésil, — patrie du manioc, — une 
cinquantaine de sortes douces et une dou 
zaine de vénéneuses. M. Zeveviermann s'est 
adressé aux diverses institutions scientifi- 
ques des tropiques, pour obtenir des graines 
et boutures des maniocs dont elles pourraient 
disposer et il adresse la même demande aux 
planteurs ; il offre en échange d'envoyer à 
ses correspondants des graines ou boutures 
de quelques-unes des variétés déjà cultivées 
à Amani. Voilà une occasion excellente : 
nous engageons nos lecteurs à en profiter et 



à se mettre en correspondance avec ce 
savant et habile observateur. 

M. Zbevierm.\nn s'est posé, entre antres, 
la question de savoir si les caractères bota- 
niques généraux indiqués par les auteurs 
comme distinctifs entre les maniocs doux 
et les maniocs amers, étaient bien sérieux. 
La réponse paraît négative, tout au moins 
pour quelques-uns des signes relevés ; en 
particulier, la plupart des caractères qui, 
d'après une récente communication de 
Peckolt (k Berichte der Deutschen Phar- 
maceutischen Gesellschaft », 1906, vol. XVI. 
p. 22), distingueraient les maniocs doux du 
BiésU, ne se retrouvent pas chez les maniocs 
cultivés par les noirs de l'Est-Africain Alle- 
mand, généralement doux ce^jendant. Xo- 
tammeut, on ne les constate pas cliez le 
manioc dit de îladagascar, très apprécié 
dans la colonie allemande où il est cou- 
ramment consommé crii. 

Du reste, il apparaît de plus en plus, que 
la richesse en acide cyanhydrique qui cause 
l'amertume et la nocivité des maniocs véné- 
neux, n'est pas seulement liée à la variété 
botanique mais aussi aux conditions de 
culture ; d'autre part, les maniocs les plus 
doux en contiennent toujours d'assez grandes 
quantités dans l'écorce des tubercules ; 
cela a été nettement démontré par Carmodt 
à la Trinidad. Dans les races vénéneuses, le 
poison est réparti plus uniformément dans 
toute la substance du tubercule. 



16 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



N» 67 — Janv. 190: 



L'influence du sol est affirmée par BtJK- 
KILL dont l'intéressante monographie a été 
analysée dans le n" 40 du « J. d'A. T. «, 
p. 318. Elle est également attestée par les 
noirs de l'Usambara. 

M. ZnvQtKRMANN a aussi recueilli le 
témoignage d'un noir qui lui inspire con- 
fiance : d'après ce cultivateur, des maniocs 
doux deviendraient amers sous l'influence 
de sécheresses prolongées, accompagnées de 
fortes chaleurs ; de même, les tubercules 
pris sur des plantes très âgées de maniocs 
généralement doux, seraient couramment 
amers ; etc. 

Il a été dit ])lus haut que la plupart des 
maniocs couramment cultivés dans l'Est 
.tll'ricain Allemand, sont doux. Les indi- 
gènes de la colonie distinguent les variétés 
de manioc en « blanches » et en « rouges « ; 
les premières ont la peau (conche tubéreuse) 
des tubercules légèrement jaunâtre ou grise 
tirant sur le brun : chez les secondes, elle 
est d'un rouge brun plus ou moins vif. La 
coloration apparaît surtout à la lace interne 
de la dite couche tubéreuse. « Le manioc 
de Madagascar », si intéressant à divers 
titres, se classe dans les variétés « blanches » 
quoique les assises du tissu cortical sous- 
jacent y soient toujours d'un rose plus ou 
moins vii'. selon l'âge et la végétation des 
pieds examinés. Les constatations visées 
ci-dessus, sont aisées à faire sur des tuber- 
cules frais, car ils se pèlent facilement. 

La couche tubéreuse qui revêt les tiges 
d'un certain âge, semble participer de la 
même coloration que les tubercules ; dans 
les tiges encore, le pigment est abondant, 
surtout dans les a.^sises internes de la dite 
couche. Un examen superficiel ne renseigne 
point à cet égard, car le vert intense des 
assises chlorophylliennes sous-jacentes trans- 
])araît toujours assez pour donner à la tige 
des colorations extérieiires variées où le 
rouge de la couche tiibéreuse n'apparaît que 
masqué par le vert de la chlorophylle et de- 
vient, ainsi, difficile à distinguer. 

La concordance de la teinte de l'assise 
tubéreuse des tubercules et des tiges, est très 
nette chez le « manioc de Madagascar » qui est 



une variété" blanche » : cette teinte est jau- 
nâtre dans les deux cas. De même, chez le 
manioc « makandoro », sensiblement plus 
coloré et chez le « makauderinya », rouge- 
brun ^^f; 

Ces trois variétés sont les seules que 
M. ZiSDCERMANN ait cu l'occasion d'étudier 
à fond, il en donne des descriptions extrême- 
ment détaillées que nous n'hésitons pas à 
recommander comme modèles aux personnes 
désireuses de s'appliquer à l'étude des formes 
si nombreuses de cette plante si répandue 
aujourd'hui dans les deux hémisphères. Il 
se réserve de décrii'e dans la suite, d'après 
le même schéma, — lorsqu'il les connaîtra 
mieux, — les autres maniocs de la colonie. 
Toutes les variétés que l'on aura pu réunir 
à Amaui y seront cultivées en plusieurs 
séries parallèles, les sujets de chaque série 
étant placé.s dans des conditions aussi iden- 
tiques que possible ; et on se propose de 
relever en même temps que leurs signale- 
ments botaniques exacts, la qualité, la pré- 
cocité et le rendement des tubercules, la 
durée de leur conservation en terre, etc. 

Dans un prochain numéro, nous donne- 
rons, à titre d'exemple particulièrement 
intéressant pour nos lecteurs, la traduction 
lie la description que M. Zuemermann fait 
du manioc dit de Madagascar et qui pro- 
vient etïectivement des boutures primitive- 
ment importées de cette île. Ce manioc 
étranger a été reconnu économiquement 
supérieur aux races du pays et tend à s'y 
répandre de plus en plus. 

M. Zr>rMERMANN qui est un phytopatho- 
logiste universellement ré])uté. ne ])onvait 
manquer de faire entrer dans son progi'anime 
de recherches l'étude des ennemis et mala- 
dies du manioc ; il en relève plusieurs, mais 
dans ce nombre, la maladie encore mysté- 
rieuse (bactérienne'?) qu'il appelle « Kraeusel- 
krankheit » (la traduction française serait : 
Frisure) est la seule qui cause des dégâts 
vraiment sérieux dans l'Est Africain Alle- 
mand. L'auteur lui a déjà consacré deux 
notes dans des numéros précédents du 
« Pflanzer » et il se propose d'y revenir pro- 
chainement. 



N" 67 - Janv. 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



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l.e Tournesol. — Sa culture en Russie 



Historique. — Teneur en huile. — Variétés comestibles et d'iiuilerie. 
CueOIette. — Batteuses. — LTne culture de remplacement 



— Exigences. — Soin.s. 
le Saflor. 



D'après D. N. Prianichnikov. 

Dans notre n" 44, nous avons expliqué 
que le tournesol (Helia)ithus annuus) inté- 
resse les planteurs de certains pays tropi- 
caux dont le climat con\ient à la plante 
quoiqu'elle ne soit pas généralement classée 
parmi les cultures tropicales. Nous avons 
indiqué à la fois à quelles difficultés les 
planteurs se heurtent lorsqu'ils veulent 
vendre leur récolte : 

Cette graine oléagineuse, l'une des plus 
importantes de la Russie, cultivée et connue 
plus ou moins dans bien d'autres pays, n'a 
pour ainsi dire pas de débouchés sur les 
grands marchés internationaux. Le planteur 
du Mozambique qui le premier nous avait 
demandé de nous occuper du tournesol, 
nous écrivait le 13 mai 1905, qu'il avait 
enfin vendu sa graine en Angleterre au taux 
de 20 fr. .50 les 100 kg. et que ce prix lui 
convenait très bien. Il notait d'ailleurs, 
dès ce moment, que le marché était limité. 

Le 6 juin, il en avait la preuve, à ses 
dépens : 

« J'ai, écrivait-il, été leurré de belles pro- 
messes, mais aucun acheteur ne s'est pré- 
senté pour de gros lots : j'ai donc interrompu 
mes essais de culture en grand, bien que je 
reste per.suadé qu'il y a quelque chose à 
faire et qu'il faudrait pousser l'étude. — 
La teneur en huile des graines est vraiment 
faible. Il faudrait triturer, je crois, sur 
place. » 

Le 10 aoiÂt de la même année nous rece- 
vions, sur la même culture, une lettre de la 
Eéunion, de notre excellent confrère, M. 
Al^g. de Villèle, nous demandant à nou- 
veau de ne pas abandonner le sujet et de 
voir, en particulier, comment les choses se 
passent en Russie, le principal pays de pro- 
duction. Xous sommes heureitx de pouvoir 
offrir aujourd'hui un l)on document d'ori- 
gine russe sur le tournesol, nous l'avons 
extrait du chapitre consacré à cette graine 



Précédé d'une note de la Rédaction. 

dans le cours d'Agriculture spéciale pro- 
fessé à l'Académie Agiicole de Moscou par 
notre camarade, D. N. Prianichnikov (3« 
éd., Moscou, 1904. En russe). 

Le tournesol ( podsolnetchnik des 
Eusses) est, parmi les graines oléagineuses 
cultivées eu Russie, la plus pauvre en huile 
(24 %), le ricin en est la plus riche (50 à 
60 %). 

La patrie du tournesol est l'Amérique, et 
notamment le Mexique et le Pérou, d'oii les 
Espagnols l'importèrent pour la première 
fois en Europe. Il fut ainsi cultivé d'abord 
en E.spagne, et ensuite en France et dans 
d'autres pays, tantôt comme plante d'agré- 
ment, tantôt en vue des graines destinées 
à la consommation. En Russie, le podsol- 
netchnik apparut vers le commencement 
du xix<? siècle. Là il trouva un terrain excep- 
tionnellement favorable à sou développement 
dans la région sud-est, et principalement 
de Saratoff et de Vorouège. C'est précisé- 
ment dans le gouvernement de Saratoff que, 
vers le milieu du siècle dernier, le paysan 
Bokarofï apprit la culture du tournesol. 
Le goîit de la graine du tournesol rappelant 
celui de la noisette du cèdi-e, dont on ex- 
trayait de l'huile en Sibérie, Bokaroiï eut 
l'idée de tenter la même expérience sur la 
graine du tournesol. 

La richesse en huile de la giaine du tour- 
nesol n'est pas bien considérable, la moyeune 
étant, comme notis venons de voir, de 24 % 
(moyeune, il est vrai, souvent dépassée 
dans les sortes spéciales destinées à l'ex- 
traction de l'huile). Mais si l'on considère 
que ce taux est calculé sur le poids intégral 
de la graine, de sorte que le poids de l'amande 
se réduit de 53 à 55 %, cette dernière peut 
déjà paraître comme étant très riche en 
huile. 



18 



JOURNAL D'AiimCri.TL'HK Hit H'ICAl.K 



N'o 67 



Janv. 1907 



Les diûereutes variétés de tourm'st)ls se 
divisent en deux gioupes : d'un côté celles 
dont la giaine, grosse, oblongue, avec des 
rayures noires dans le sens de la longueur, 
est destinée à la consoniniation, et d'autre 
part celles dont la graine, menue, courte, 
ventrue et blanche, est particulièieinent 
recherchée par l'huilerie. Ces dernières, dont 
le poids brut comprend moins de coque, 
grâce à la forme ventrue des graines, sont 
d'un poids net supérieur d'un quart à celui 
des premières. Dans les deux groupes, les 
sortes se distinguent ])ai- la couleur des 
graines, dont la gamme va du blanc au noir. 
Il en est même qui comportent plus d'une 
teinte. 

Voici (HH'l(|ucs noms de variétés de tour- 
nesols . 

<( Mousseline » (kiceïny), « grise » (séry), 
« mouchetée » (riaboï), « noiraude » (VORO- 
NOK), etc. 

... Par suite de la proi'onde\ir de ses ra- 
cines, le tournesol s'accommode aisément 
de terrains relativement secs. Toutefois, il 
est loin d'être l'ennemi de l'humidité et affec- 
tionne tout particulièrement les terrains 
périodiquement inondés (par les hautes eaux 
printauières). 

... Le tournesol, par la ([uantité de ma- 
tières minérales tirées d\i sol. se rapproche 
de la pomme de terre et de la betterave à 
sucre. 11 emmagasine notamment beaucoup 
de potasse (environ 90 kg. par hectare). 
C'est pour cela qu'on considère la cendre 
comme l'engrais le mieux approprié à cette 
plante, et c'est par cette même consomma- 
tion intense de potasse que l'on essaie d'ex- 
pliquer le fait que la culture de cette j)lantc 
pratiquée sans interruption ])endant jilu- 
sieurs années sur le mênu' terrain (comme 
cela se fait souvent en Hussie) donne des 
récoltes de moins en moins abondantes. Mais 
en réalité, cela doit être attribué en partie, 
et peut-être même uniquement, à l'oro- 
banche, à la rouille et aux autres ennemis 
qui. alors, s'attaquent au tournesol. 

La quantité de la semence nécessaire 
oscille entre 10 et 40 li\Tes russes i)ar decia- 
tine, selon la manièi-e de renscniincement 



et la qualité de la graine (le plus souvent 
cette quantité est d'environ 20 livres). 

... Les distances entre les rangs varient 
de 8 à 16 pouces russes (verchoks) selon la 
nature du terrain et celle de la plante. 
(Ainsi, iioui les sortes d'imilcrie. ces dis- 
tances sont moindres que. pour les sortes 
comestibles.) 

Les soins à donner pendant la culture, 
comprennent : le binage qui s'opère ordinai- 
rement en deux fois : l'éclaircissage des 
plantes (si besoin est) ; le buttage (bien iiue 
cette dernière opération, très indiquée à la 
suite d'une forte sécheresse, ne soit pas 
toujours piatiquée), et enfin le pincenuMit 
qui a ])()ur objet la suppression des bran- 
ches latérales inutiles, afin de favoriser le dé- 
veloppement d'un ou deux chapeaux seu- 
lement, lesquels profitent ainsi de toute la 
sève de la plante. Cette dernière opération 
est surtout applicable aux sortes li'liui- 
lerie. 

La maturité du tournesol se reconnaît 
aux signes suivants : jaunissement de la 
base des chapeaux, lictrissure et chute des 
pétales, coloration et durcissement de la 
graine. — Dans les petites cultures, chez les 
paysans, on récolte les chapeaux un à un, 
au fur et à mesure qu'ils mûrissent ; mais 
dans les grandes plantations une telle façon 
de ])rocé(l('r reviendrait tro]) cher. Foice est 
donc d'opérer le tiavail simultanément dans 
le champ entier. 11 importe alors de saisir 
le moment projjice à la récolte, car les grai- 
nes insuffisamment mûres sèchent mal, pour- 
rissent parfois et, toujours, le battage en est 
très difficile, tandis que les graines trop 
mûres toml)ent tro]) facilement et sont 
perdui's. 

On procède donc habituellenu-nt à la 
récolte dès ([ue la majeure partie des cha- 
peaux ont mûri et .sans attendre les autres. 
La récolte s'opère soit en coupant les cha- 
peaux que l'on cnlilc sur les tiges mêmes 
du tournesol pour les faire sécher, soit en 
co\i]>ant hi tige nuMue au ras du sol, soit 
enfin en arrachant toute la plante avec sa 
racine. Dans le premier cas. ou procédera, 
ainsi, par exemi)le : les chapeaux de huit 



N0 87. — Janv. 1907 



JOURNAL D'AGHICl'LTURE TROPICALE 



19 



rangs parallèles sout enfilés sur les tiges 
d'un seul (le huitième) et les chapeaux une 
fois secs, on coupe ces tiges faisant office 
de tringles et on les entasse sur des char- 
rettes s'avançant le long des rangs. 

Le battage de chapeaux secs se fait au 
moyen de fléaux, de battoirs cylindriques 
ou de batteuses mécaniques spéciales ; 
M. B. GoRiATCHKiNN. en a décrit plusieurs 
dans le « Vestnik Selskavo Khosiaïstva » de 
1904, notamment les machines de TcHA- 
CHINSKI, Abakoitîmov, Menghikov. etc. 



maladies du tournesol, dont nous ne retien- 
drons que les conclusions où l'auteur s'arrête 
incidemment aux qualités et défauts d'une 
plante oléagineuse, cultivée aussi comme 
tinctoriale, entre autres dans l'Inde anglaise, 
— le Carthmnus tinctorius. 

Par suite des grands ravages produits 
dans le tournesol par ses différents ennemis, 
ou a, ces derniers temps, préconisé le saflor 
comme plante propre à le remplacer en 
Russie. Ce qui milite surtout en faveur du 
saflor, c'est sa résistance à la sécheresse. 



T"ne bonne récolte donne environ cent jointe à une relative insensibilité aux gelées 



pouds (1.600 kg) de graines par dessiatina 
(1 ha., 1), la moyenne étant de 60 à 70 pouds. 
Les tiges, les chapeaux (dont une partie est 
aussi donnée aux bestiaux), les coques vides, 
enfin, servent de combustible ; les foyers 
du pays sont spécialement aménagés à cet 
effet. La cenclre de ces foyers est très riche 
en carbonate de potasse, et peut être uti- 
lisée soit pour l'obtention de ce corps, soit 
comme engrais. Les tourteaux de tournesol 
sont hautement appréciés, c'est une excel- 
lente nourriture concentrée pour les bes- 
tiaux. 

Suit une étude sur les ennemis et les 



blanches ; enfin son immunité vis-à-vis des 
insectes et autres parasites qui déciment le 
tournesol. Mais, d'autre part, le saflor four- 
nit un tourteau sans consistance, s'effritant 
facilement et amer, ce qui le rend très infé- 
rieur au tourteau de tournesol. Toutefois, 
ces matières désagréables, ayant leur siège 
dans la coque, peuvent être éliminées en 
décortiquant la graine avant son passage 
à la presse. On reproche encore au saflor ses 
feuilles extrêmement piquantes qui rendent 
la cueillette peu commode. Mais on pour- 
rait peut-être obtenir, par la sélection, uue 
variété plus maniable. 



-^^^^^-.-^^s^m^mm^^^L^-^^ 



Les mérites du Coffea robusta 

Ses qualités eultiirales. — La question île sa 
résistance aux maladies. 

D'après M. U. D. Mac Gillavry 

Dans un article du <( Tropenpflanzer i, de 
mars 1905, M. H. D. Mac Gillavry, plan- 
teur et pépiniériste à Djati Eoenggo (.Java), 
l'obtenteur du fameux « cacao blanc « 
résume ainsi les avantages du Coffea. rohnsUi, 
ce caféier d'origine inconnue répandu dans 
les cultures dans ces dernières années, 
par la maison Linden de Bruxelles : 

1" Il est réfractatre à l'Hemileia ; 

2" Il pousse plus vite que le Libéria ; 

3° Il est plus prolifique et fournit un 
café meilleur. 

Il semble d'autre part, à lire les pério- 
diques hollandais, que le dépulpage du 



('. Robuste présente certaines difficultés 
avec les dépulpeurs ordinaires. 

Dans le n^ 63 du « J. d'A. T. », M. De 
Wildeman, tout en préconisant chaudement 
le C. canephora dont le ('. robusta ne serait 
d'après lui que l'une des nombreuses formes, 
déclare cependant que cette espèce est 
i( aussi facilement attacpiée par l'Hemileia 
que le caféier classique, le C. arabica. Nous 
aimerions apprendre, par nos correspon- 
dants à Java, ce qu'ils ont observé, eux, à 
ce sujet ; ainsi qu'au sujet de la résistance 
aux anguillules des racines qui sont égale- 
ment l'une des grandes raisons de la subs- 
titution graduelle du Libéria à l'arabica 
à Java et dans d'autres pays. Nous publie- 
rons, du reste, prochainement, des notes plus 
détaillées de M. De Wildeman, sur le 
C. robusta d'après les témoignages de la 
presse spéciale de Java. 



20 



JOURNAL D'AGIîICULTUHL: THOPICAI.K Nn 67 — Janv. 1907 



PARTIE COMMERCIALE 



Le Marché du Caoutchouc 

Chronique spéciale du « J. d'A. T. » 

Par MM. Hecht frères & C'«. 

Para. — La fermeté que nous avons signalée 
dans notre dernier article comme coïncidant avec 
la fin de l'année 190(). a persisté au commence- 
ment de l'année dans laquelle nous venons d'en- 
trer. 

Le Para l'Mii du Haut Amazone est monté h 
un moment jusqu'à fr. 14,45, prix auquel il s'est 
fait des affaires importmtes, aussi bien en dis- 
ponible qvi'en livrable jusque sur les mois de 
mars et d'avril. 

Cette hausse a été causée en grande partie 
par le retard qui s'est produit cette année dans 
les arrivages du Haut Amazone. Plusieurs ri- 
vières voient leurs récoltes retardées de \nès de 
deux mois sur les années précédentes, et si h' 
marché américain n'avait pas été approvisionné 
pour longtemps, nous aurions sans doute assisté 
à une hausse plus importante encore. 

A la fin, le marché semble s'être nn peu calmé, 
sm'tout en raison de l'inditïérence des Etats- 
Unis qui paraissent vouloir attendre les içrands 
arrivages au Brésil avaut de se mettre résolu- 
ment aux achats. Nous clôturons cependant 
avec de grands acheteurs à fr. 14,25, c'est-à-dire 
à peu près au même cours (ju'il y a un mois et 
encore est-il probable qu'à ce prix on ne pourrait 
obtenir de gros lots. 

Sernamhy. — Le Sernamby Manaos après être 
monté un moment à fr. ll,.'îô reste très ferme- 
ment tenu à 11,25, ce qui est un prix relative- 
ment bon marché par rapport aux autres sortes 
analogues. 

Le découvert sur le Sernamby Pérou parait 
avoir été aussi grand pour janvier qu'il l'avait 
été pour les deux mois précédents et les vendeurs 
à découvert effrayés n'ont pas attendu la fin 
du mois pour se racheter jusqu'au prix maximum 
de fr. 11,80. Peut-être s' agissait-il encore de lots 
à livrer sur décembre et même novembre. Quoi 
qu'il en soit, cet élément semble avoir mainte- 
nant disparu du marché et il est peu probable 
que pour de la marchandise à livrer réellement 
en disponible, on obtienne rien qui y ressemble, 
aux cours en question. Quant au caoutchouc à 
livrer sur février à avril, il vaut de 10,80 à 11,80 
suivant l'époque. 



Le Sernamby Cameta est nominalement à 
8,50 et celui des Iles à 8,30. 

Caucho slnb. — Plusieurs petites affaires ont 
été traitées de fr. 9 à 9,2.">. 

Les recettes av Para étaient au 17 janvier de 
1.700 tonnes. Celles du mois de décembre 1906 
se sont élevées à 2.610 t. (dont 90 du Pérou) 
contre .3.480 en décembre 1905, ce qui porte le 
total de la récolte du premier juiUet au 31 dé- 
cembre 190fi à 14.730 t. contre 14.690 t. en 1905. 

/.es statistiques générales donnent au 31 dé- 
cembre les chiffres suivants, en tonnes, contre 
ceux de l'année dernière : 



Sorlts du Para 




Arrivages au Para 


2610 


3Ï80 


Stocka à Liver- 






— depuis le 






pool 
— & New-York 


9i 


1)31 
in!i 


1" juiUet. 
Expédit. du Para 


1 1.-|«0 U640 


— au Para 


■5fi0 


63;i 


en Europe . . 


1090 


1459 








— à New- York 


1970 


15i0 


En rout« pour 












l'Europe 


.'i;io 


630 


Sortes (VAfrxqxie 




— New- York . 


49l. 


650 


Stocks à Liver- 






En route 






pool 


58S 


388 


d'Europe à 




' 


— à Londres. 


73T 


588 


New-York 


— 


-" 


— à New-York 


i-\ 


432 




;.'On'J 


2(i9l' 


1696 


liOB 


Stocks sur le 












Continent .... 


Un 


IiU 


Arrivases à Li- 












verpool 


CSG 


7!" 












2129 


2742 


— à Ixindres. 


207 


189 


.Arrivages à Li- 






— à New-York 


lîlO 


1265 


verpool . . 


S29 


liiii 


Livraisons à Ll- 






— A New- York 


■2\U 


liso 


vcrpool 


751 


791 


Livraisons à Li- 






— à Londres. 


259 


263 


verpool . . 


'.117 


i:tlO 


— à New- York 


1 2S.^ 


41.5» 


— ;; à New- York 


il. 10 


If 70 


Stocks de t. sort. 


3725 


1150 



Sortes d'Afrique et d'Asie. — Toutes ces qua- 
lités sont restées extrêmement fermes et les lots 
supérieurs se sont vendus à des pris inconnus 
jusqu'à ce jour : 

Les Conakry .Niggers se sont traités de fr. 
12,15 à' 12,25. 

Les Soudan rouges à 11,10. 

Les Soudan blancs de 10,50 à 10,75. 

De grandes affaires de Gambie prima se sont 
traitées entre fr. 8,50 et 8,75, de G. secondaire 
à 7,50 environ. 

Les arrivages de Tonkin rouge sont presque 
nuls et se .sont vendus à des prix fort élevés. 

Le Tonkin noir reste demandé à fr. 8,55. 

Maniçoba. — Les arrivages continuent à être 
rares. Il semble qu'il n'y ait plus que deux qua- 
lités, l'une tout à fait supérieure, valant de 11 
à 12 fr., l'autre très ordinaire qui se. traite entre 
7,25 et 8,25. 

Anvers. — On a vendu le 16 environ 320 t. 



N» 67 — .Tanv. 1907 



.lOlJHNAL D'AGItlCULTl'KE TROPICALE 



21 



qui se sont traitées avec une hausâe inoyenne 
(le 40 centimes au-des»ius des taxes. 

Havre. — La prochaine vente iiura lien le 
30 janvier et comprendra environ 30 t. 

Caoutrhoui' cultivé. — On a payé de fr. l().ir> 
à 16,20 pour la qualité supérieure, 

Mexique eultivi. — Un premiej- lot de cette 
provenance sera vendu à la vente du .'{(> janvier 
au Havre. 

Hecht Frères â- C '". 



.1, rue Sl-l.u/.ai-e. 



Paris, 22 janvier 1907. 

Le Marché du Coton 

Chronique spéciale du « J. d'A. T. m 
Par MM. A. & E. Fossat 

Nous coutimioiis a assistci- a dt's séances 
très peu mouvementées et étant donne le 
niveau des prix assez élevé où nous nous 
retrouvons à cette époque cependant peu 
avancée, le parti baissier devrait pouvoir se 
livrer à des pressions dirigées sur les mar- 
chés à terme en vue d'aiïecter défavora- 
blement les cours de l'article, puisque main- 
tenant il est plus aisé de se faire une idée 
sur ce que sera la récolte américaine en 
cours de route : les recettes et mouvements 
aux Etats-LTnis indiquent en effet plutôt 
une gro.sse production. 

Malgré ces perspectives encourageantes 
pour les amateurs de ventes à découvert, 
il y a peu d'opérateurs enclins à risquer la 
partie ; la cause de cette pénurie de ven- 
deurs est la marche fantastique de l'indus- 
trie qui, loin de désarmer, paraît au con- 
traire très disposée à s'engager à fond sur 
toute l'année 1908. 

Les achats faits journellement en dispo- 
nible Amérique, sur les grands marchés du 
continent, sont sans précédents, et il se 
traite à Liverpool des affaires immenses qui 
atteignent parfois le chiffre de 18.000 balles 
en une seule journée. 

Etant donné que les gTades ou classe- 
ments qui intéressent le plus la consomma- 
tion deviennent journellement de plus en 
plus rares, la situation actuelle peut con- 
tinuer encore longtemps et les cours de 



l'article rester très soutenus encore quelque 
temps. 

Le Rapport des égreneurs. publié le 9 
courant, indiquait 11.750.000 balles égrenées 
au l'^'' janvier, soit un million de balles eu 
moins que durant l'année de la plus grosse 
récolte ; en tenant compte du retard subi 
])ar la récolte actuelle, il n'est pas permis 
d'espérer un rendement final au delà de 
13 "l à 13 -^ millions (dont une forte par- 
tie non utilisable pour notre industrie 
française); soit à peu près l'équivalent des 
besoins de la consommation. 

D'autre part, comme l'approvisioune- 
ment visible continue à être a.ssez restreint 
eu cotons américains, que les beaux classe- 
ments qui conviennent le plus à la consom- 
mation font totalement défaut dès à pré- 
sent et que la situation financière paraît 
devoir s'améliorer, il ne nous paraîtrait nul- 
lement impossible que le réveil de l'article 
se fasse sentir avant peu. 

Il ne s'est traité, depuis la date de notre 
précédent article, que peu d'affaires en 
cotons autres que l'américain et cela sim- 
plement parce que, pour les beaux cotons 
de soie d'un classement au-dessus de la 
moyenne, les détenteurs, assurés qu'ils 
étaient cette saison de ne pas avoir de con- 
currence à craindre sur ce chapitre de la 
part des Etats-Unis, ont demandé des prix 
ne laissant plus aucune marge pour l'indus- 
trie et ont de ce fait écarté la demande. 

Les dernières correspondances reçues de 
Haïti annonçaient que la future récolte se- 
rait intéressante et pour cette soi te nous 
continuons à préconiser surtout un nettoyage 
mieux compris du coton brut mis en balle, 
car les acheteurs préfèrent payer un cours 
assez élevé, mais recevoir un coton propre 
et de soie régulière. 

Ci-après quelques chiffres indiquant « l'en vue » 
de la récolte américaine au 18 décembre (depuis 
le 1" septembre 190.5), en balles de 220 kg. en 
moyenne ; en regard, les statistiques des années 
précédentes à la même date : 
1906/1907 1905/1906 1904/190.5 1903/1904 
9.154.000 7.627.000 8.575.000 7.673.000 

L'approvisionnement visible du monde entier 



JOURNAL D'AGRICLLTL UK TWOPICAI.K 



N"67 — Janv. 1907 



était, au 18 janvier, eu balles (le 50 à 300 kg. se- 
lon provenance : 

1907 lOOti 1905 1904 

4.921.000 4.612.000 4.099.000 3.617.000 

Cours du coton disponible, par sortes, en francs, 
au 19 janvier, les 50 kg. entrepôt : 



UpUnd (MiddUoK) 


lill . .")0 


Broach (Fiae) 


ii6 


Ses Island (Extxa 




Bengale (Fine) 


n; 


Fine) 


:<i» 


Chine (Good) 


t>:> 


Sea Island (Fine).. 


jjri 


Egypte bran (Good 




Haïti (Fait) 


«s 


Fair) 


li.". 


Savanilla (Fair)... 


01 


Egypte blanc (Good 




Céara(Fair) 


h;. 


Fair) 


17ij 


Pérou dur (Good 




Afrique Occ. Fair. 


Ti.51 


Fair) 


Il'i 


Saigon (Egrené).. 


•i, 



Autres sortes. — Cotations et renseignements 
sur demande. A. & E. Fossat. 

Le Havre, 19 janvier 1907. 

Sucre de canne et Sous-produits 

Chronique spéciale du « J. d'A. T. » 

Par M. George de Préaudet 

Silualion générale. — Les cours du suci'e .sont 
toujours en baisse ; en France nous sommes des- 
cendus au-dessous de fr. 26, ce qui résulte, 
comme nous ne faisons que le répéter dans ce 
Journal, de la situation normale de l'article. Les 
autres marchés européens sont soutenus à la 
date où nous écrivons, il faudrait que nous les 
laissions reprendre de l'avance sans les suivre 
afin de pouvoir exporter; notre marché s'assai- 
nirait ainsi par l'écoulement de notre stock troji 
considérable. La situation donne beaucoup 
d'anxiété à nos planteurs coloniaux. Les sucres 
de la Réunion sont en plein arrivage: comme l'an 
passé, ils trouvent des cours d'application désas- 
treux. Les expéditions des Antilles vont com- 
mencer dans doux mois, peut-être avant ; que 
coterons-nous à ce moment ? Tout dépendra de 
l'importance des ensemencements de betteraves: 
il est inutile de s'appuyer sur d'autres causes. 

Antilles françaises. — L'usine Basse-Pointe 
étant dans l'impossibilité de charger ses goé- 
lettes vu l'état de la mer et la Martinique étant 
dénuée de voies de communication dans toute 
sa partie nord, 3.50 tonnes de la campagne 1905- 
1906 ne pourront s'expédier qu'en 1907. La ré- 
colte s'annonce belle. 

A la Guadeloupe, la mise en marche de plusieurs 
usines est retardée par suite de la relàclie à la Co- 
logne du voilier « Sorrento » portant à la colonie 
du matériel, notamment l'usine Grande .^nse ne 
pourra commencer la roulaison avant le 15 fé- 
vrier. Les cannes ne se sont pas développées 
partout comme on l'espérait il y a quelques 



mois, ce qui atteint l'importance de la récolte- 

Réunion. — Les cristallisés 98° se vendent à 
la parité de : déprime 0..50 à 0,25 sur cote n" 3. 
Les grains fins de chocolaterio se pla«-ent vers 
1,50 prime sur cote des 88 à l'analyse. 

Maurice. — Les exportations en Australie ont 
beaucoup diminué, passant de 57.000 tonnes à 
1.200 tonnes en 1905-1906. Le Comité d'hygiène 
d.ans ce pays a récemment défendu l'introduction 
du sucre mauricien comme contenant de l'arse- 
nic. Il va sans dire que la Chambre de Port- 
Louis se défend. 

On sait qu'aux Indes les Brahmanes condam- 
nent tous les sucres étrangers comme contenant 
du sang de bœuf, ce qui entrave le commen-.e de 
ce côté aussi. La compensation semblait être 
du côté de l'Afrique du Sud oii lep livraisons 
sont passées de 3.0001. à 40.000 t. dernièrement, 
mais l'abaissement du tarif douanier de '/g 
enlève à Maïuice sa situation privilégiée. I-à 
encore la lutte. 

Haivaî. — D'après le« rapports du Consulat 
de France, la récolte est très tardive par siiite 
de la sécheresse et sui'tout du manque de bras ; 
une partie de la récolte sera même perdue. J^a 
situation de l'arciiipel est certainement prospère, 
mais la difficulté de trouver des bras est tou- 
jours grande : on essaye de renouveler l'immi- 
gi'ation portugaise ; un nav're apporte environ 
300 travailleurs, mais il en faudrait 20.000. 

Cuba. — D'après Guma, les exportations de 
sucre do Cuba en 1905-06, rcssortent :\ 1.150.466 
tonnes, contre 1.04t.450 en 1904-05. Le stock 
étant de 993 t. contre 73.<î68 t., les ressources 
se montaient à 1.151.369 t., contre 1.118.098 t. 
en 1904-05. Déduisant la consommation locale, 
— 46.830 t., contre 46. 160 t., l'an passé,. — et le 
stock au 1" jau\'ier, — 19.450 t., — nous trou- 
vons pour la production 1905-06, 1.178.749 t., 
contre 1.163.258 t. en 1904-05 ; soit une augmen- 
tation de 15.491 t. Si la totalité des cannes en 
terre peut être travaillée, la récolte 1905-06 dé- 
passera 1.500.000 t. ; on la calcule exactement à 
1.524.714 t. 

Porto-Rico. — Les frais de fabrication du sucre 
se montent, pour les 100 kg., 96°, rendus à New- 
York, :i : 

Canne IV. 14. «8 

Kubrli-alion ^.4- 

.Mise à lioid 4; 

KrcI cl Assurances 2.1.1 

Soit fr. i.ï,'J."> 

La valeur du sucre 96° à New- York est actuel- 
lement de fr. 40. acquitté, et l'on sait q»io les 
sucres de Porto-Rico ne paient pa« de droits. 



N" 67 — Janv. 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



23 



Demerara. — D'après le Département d'Agii- 
ciilture, la superficie plantée en canne est de 
31.200 hectares dont 1.000 appartenant à de 
petits cultivateurs. C'est en dix ans une augmen- 
tation de 4.440 hectares. Le pri.\ de revient d'une 
tonne de sucre est de 2(3 1 francs. En 1890, il était 
de fr. 289.2.5. Les cannes obtenues de graines 
remplacent de plus en plus la ': Bourbon ". Elles 
donnent des rendements supérieurs à cette der- 
nière de 12 à 20 % et demandent moins d'engrais. 

G. DE Peéaudet. 

Xantes, 20 janvier 1907 

Le Marché du Café 

Chronique spéciale du « .T. d'A. T. » 
Par M. H. Vermond. 

Les « walorisateurs " brésiliens semblent affolés; 
leurs manipulations diverses ne peuvent arrêter 
le flot toujours montant du café. Immobiliser de 
la marchandise dans les entrepôts pendant un 
temps plus ou moins long, essayer de cacher 
l'importance réelle des recettes journalières, 
retarder l'expédition des récoltes sur les ports 
d'embarquement, tout cela ne diminue pas d'une 
unité le nombre de sacs, ne détrmt pas un kilo 
de café. C'est se cacher les yeux pour n'être pas 
vu. 

Aussi, nous sommes aujourd'hui à 37 fr. 7.5. 
en attendant mieux, probablement. Le Brésil 
émettait il y a quelques années la prétention 
d'anéantir tous les autres pays producteurs de 
café ; certes, il leur a fait bien du tort ; mais, 
c'est encore lui la plus pitoyable victime de sa 
surproduction insensée et aucun expédient, y 
compris la fameuse « Régie du café en France ", 
n'est capable de le sauver. 

11 devra fatalement, sans même que l'Etat 
ait à s'en mêler, par la .simple loi naturelle de 
l'offre et de la demande, réduire ses plantations ; 
mais ce ne sera pas demain, et nous avons encore 
des années de bas prix en perspective. 

Cours au 19 janvier. Entrepôt Havre, 
1^/4 % comptant ; les 50 kilos .• 



Santos good average 


37,75 


Malabar fr. 


60 


)> 


Rio lavé supérieur. . 
Haïti Port-au-Prince 


5"' » 




6S 




46 ). 


Moka 


10;. 


)) 


Mexique gragé 


6.Ï i> 


Java Hollande (bon or- 






Porto-C'ahello et La 






08 


„ 


Guayra 


i 1- )i 


Libéria supérieur de 






GuadeIoupeHab.(à 1.) 


111 » 


Java 


SI 


n 


Porto-Rico 


75 n 


Libéria dit d'Afrique - 


41 


» 


Costa-Rica lavé 


75 » 


Bourbon 


170 


11 


Guatemala lavé 


68 » 


Nouméa 


95 


11 


San-Salvador 


50 11 


Kouilou de Madagascar 


77 


I) 



y -B. — Ouelques-unes des qualités cotées dans le tai)leau 
ci-contre M'nrriveiit en faitjamiiis au Havre ; nous les avons 
choisies cependant comme pennetlant de suivre le plus facile- 
ment la tendance (fenérale des cours des provetiances en ques- 
tion, I>ans tous les cas, nous indiquons les cours à la parile 
du Havre. — Les cafés des colonies françaises bénéficiant d'une 
détaxe de :n francs par 50 kilos, il faut diminuer leur cote d'au- 
tant pour la comparaison avec le reste ilu tableau. 

H. Vermond, 

3, me des Juges Consuls. 
Paris. 19 janvier 1907 

^•*''»è>'^^ 

Le Marché du Oacao 

Chronique spéciales du « ,1. d'A. T. n 

Par M. Anthime Alleaitme 

L'année !!l"lj qui vient de se terminer, uura 
été marquée par la hausse extraordinairenient 
brusque des cacao.s de toutes provenances : en 
effet ce n'est qu'à partir de la fin d'aoîit qu'aclie- 
teurs et consommateurs ont pris leur parti d'une 
hausse qui s'imposnit tant par suite de la fai- 
blesse des récoltes en cours que par la dimiiiutiou 
progressive des arrivages et des stocks dispo- 
nibles sur les divers marchés européens. Le 
Havre, Londres et Hambourg en tête. 

Nous reviendrons le mois prochain sur les pro- 
ductions des diverses provenances, mais dès 
maintenant nous pouvons constater les eft'ets 
qui en sont résidtés • 

Au Havre, nous nous trouvons au 31 décembre 
avec un sctok en entrepôt de 07.175 sacs, contre : 

133. S13 en 1005 70.8.30 en 1901 6G.7S5 en IS97 

139.097 en 1904 S6,631 en 1900 120. 9S0 en 189G 

124 75i en 1903 1C1.92Ô en 1899 128.363 en lS9.i 

sii.CSt en l'.lOi 72.096 en 1S9,S 

A Londres, à la même époque, les stocks 
étaient de 44.533, contre : 

60 964 en 1903 51.244 en 1903 77.652 en 1901 

8,3. H2 en 1904 61.690 en 1902 90.200 en 1900 

Quant à Hambourg', qui ne fournit pas de 
stocks officiels, il y a peu lieu d'en tenir compte 
quant à présent. 

Par suite, la moyenne quinquennale des prix 
des divei'.ses provenances se trouve dépassée con- 
sidérablement ; ainsi, voici ce que nous trouvons 
au 31 décembre 1906. pour quelques-unes des 
principales sortes : 

Fin 1906 1900-1903 

Para-.Marasrnan 106 80,20 

Trinidad.." 106 80,10 

Côte-Kerme, Venezuela 107,50 86,80 

Baliia fermenté 100 73,70 

Haïti 90 61,40 

Guayaquil 100 88,10 

Martinique et Guadeloupe 112.60 94,80 

Les avis des pays producteurs ne sont tou- 
jours pas des phis satisfaisants, et les catastro- 
phes comme celle qui vient encore de fondre sur 



24 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



N" «7 — Janv. 1907 



une partie de la .lainaïque, les appréhensions 
pour quelques autres des Antilles, ne peuvent 
encore laisser entrevoir le retour à des prix plus 
raisonnables. Le mouvement sur place pour la 
première quinzaine de janvier eonfirme les pré- 
cédents, et si le stock s'accuse en légère augmen- 
tation, cela n'est dû qu'à un arrivage important 
(6.043 sacs) de la Gold Coast, dont partie est 
entrée eu magasin et passera prochainement en 
vente publique. 

Mouvement au Havre 
l'^ quimaine de janvier 1907 

Moik Impoilul. Dfliourh» SlD V m 

MIKIK df la lit 11 

prêfPileDt quiuMÏnr i|iitniuUie l5jiiD.19llï 

Para. Maragnan i.osi » iW --*■'* 

Trinidad 16.4V'J :nf, i.m it.lMl 

cote-Ferme. Venezuela. 13.12s i.Mi S96 J U.\i<) 

Bahia ^.6lî i.030 66i 5.0^7 

Halti.RépuWique Uoni. '.m 1.719 l.fiW 7.65.' 

Martinique et Guadcl.. 1.77s m 3iia l.7'.i;i 

«"^y»""" ! 5-2.G39 <i.VM 1.1» -'8.311 

Divers I 

Total:8aC3 07.173 i:i.9i« 7..ï:t7 73.564 

contre, en 1905-1 II 133.91.^ l.-).703 s.lO.". 1H.513 

El ecl l'.'OHilOi 139.097 7.19* 5.036 lil.2.")3 

La fin do décembre et les premières semaines 
de cette année n'ont eu qu'un marché peu actil. 
Cependant les pri.x sont restés soutenus et il a 
encore été traité un millier de sacs en toutes pro- 
venances. 

Cours au Havre 
(lu 31 décembre 1905 au 31 décembre 1900 



Para. Maragnan . . 
Trinidad 

Côle-Pertoc, Véaéweln . 

Babia 

Haïti 



Cours ;iu Cours ju Coui'S ou 

ôl ik. I90S l:; dcc. 19Ilt 51 déi. I9(1l> 

fr. 64 à 69 9S à 105 103 à 107,50 

n 65 à 67 101 à 103 I0(i à 109 

H 70 à 130 100 k 175 100 à 173 

» 5S à 65 'J.i à 100 07,50 à 10:;, 50 

,< 45 à 60 SO à 90 S5 à 93 

Sanchez. Porto-Plata, 

Samana » 54 à 57,30 90 à 95 90 & 95 

Guayaauil ■' "8 à 92 90 4 105 95 à 105 

Martinique et Guadel. » S4 à S7,50 11làll* 112 à 113 

Au 15 janvier, la demande renaît plus régu- 
lière et comme les quantités disponibles en toutes 
provenances sont des plus réduites, quelques 
sortes même inobtenables, les prix se relèvent 
de quelques francs, ainsi, pour les principales 
qualités : 

P.ini, Mara^'nan, de l(iS l'illO 

rriiiidid 107 à IIJ 

r,<Ue-Kerme, Venezuela 100 an."» 

Bahiii 97,50 à I02,.ï0 

Hiiili ". SS A 95 

Sanuhez. Porlo-Plal;i, Samana 92 à 97 

Guavaquil , 95 à 110 

,Ma(-liiiii[ue el Guadeloupe US ô 122 

Comme on voit, il y a eu encore hausse assez 

appréciable 



Anthime Alleaume, 



Lo Havre. 21 j.mvier 19(17. 



Fibres de Corderie et de Brosserie 
Chronique spéciale du " J, d'A. T. ■> 

Par MM. Vaquin ot Schveitzer 

Sisal. — Les prix continuent fermes, par suite 
des offres peu importantes des producti-urs mexi- 
cains. Les cours de la bonne niarcliandise qualité 
EEH ou similaire s'établissent à fr. 8<5, les 100 kg. 
en disponible et embarquement rapproché. 

Les siirtes des Indes ont été très recherchée» 
et les prix ont monté de 10 fr. les 100 kg. sur le» 
dernières cotations, pour la boiiue qualité longue 
et blanche. 

Manille (Abaca). — Le marché a été très actif 
et de bonnes ventes ont été traitées depuis le 
début de l'année. Par suite, les cours ont encore 
accentue leur mouvement progressif, et les der- 
nières transactions s'établissent comme suit ; 

Fair nirrent, oml>.tr(]l. Uêo. Janv fr. MO 

Supérieur Sfcoiuis. Janvier loi 

Kair seconds. Décembre. . ... 'oi 

Good brown. Janvier- .Mars . I' j 

.\ux 100 kg,, c, i, f, Europe. 

Le disponible vaut 3 à 4 fr, plus cher. 

Le total des recettes en 1906 s'élève à 761.000 
balles de 127 kg., alors que l'année précédente 
il avait été de 904,000 balles, ce qui constitue 
une très grosse différence. Il demeure évident 
que le plus bel avenir est réservé à cette catégorie 
de fibres et les liauts prix actuels, en raison de 
cette situation, doivent se iii:iintenir encore 
longtemps. 

Lin de la N"'-Zclande (Phonnium). — Lo 
marché a été beaucoup plus calme ces semaines 
dernières et les prix ont été influencés par le peu 
de demande de la fabrication. 

En dernier lieu, sous l'influeuee des prix du 
Manille, le ton a été un peu plus animé et le 
marché est de nouveau un peu plus ferme aux 
prix suivants, les 100 kg. : 

Pair Wellington, fr, S7. 

Good fair Wellington, fr. 91. 

Les étoupes sont peu iliiii:indées ;\ fr. 33,50 
les 100 kg., c, i, f. Europe. 

Magueij (Aloès de Manille). — Seulement de 
très petites affaires en disponible aux anciens 
prix payés. 

Aloès (Chanvre de Maurice). — La très belle 
qualité fait défaut. Le.< bonnes sortes courantes 
de la nouvelle récolte sont olïertcs à fr. 73 les 
100 kg., c. i. f. Europe pour expéditions mars : 
et les qualités secondaires de fr. 69 à 71, mêmes 
conditions — Bon courant d'atïaires, marché 
plutôt ferme. 



No 67 — Janv. 1907 JOURNAL D'AGUICULTURE TROPICALE 



25 



Zomandoque. — Prix nominaux, de 69 à 7'2 fr. 
les 100 kg. c. i. t. France ou Angleterre. 

Tampico (Itxle). — Les offres des produc- 
teurs se sont encore raréfiées, et les cours ont 
un peu plus de fermeté que précédemment, ce- 
pendant il est encore possible de traiter aux 
environs des prix indiqués dans notre levue de 
décembre. 

Le Palma semble plus recherché et la mar- 
chandise rare obtiendrait fr. 63 à 6.5 les 100 kg., 
suivant qualité. 

■Jute de Calcutta. — Toujours très ferme de 
fr. 44 à 5') les 100 kg., suivant qualité. 

Jute de Chine. — Très cher : Une bonne sorte 
de Tientsin attendue prochainement a été payée 
fr. 53, .50 les 100 kg. c. i. f. — Pour la provenance 
de Hankow, les prix de demande des exporta- 
teurs ne permettent pas les achats. 

Bamie. — Quelques offres, aux prix précé- 
dents. 

Kapok. — Très forte demande pou/ toutes les 
provenances, surtout pour Java. Nous devons 
confirmer ce que nous écrivons dans ce journal 
depuis des mois : que la consommation ira pen- 
dant encore des années toujours augmentant, et 
que cette fibre est un article d'avenir dont la 
culture doit être essayée partout oii l'arbre réus- 
sit bien. Nous rappelons les principales condi- 
tions nécessaires pour constituer une marchan- 
dise de première qualité : bonne soie brillante, 
assez longue, bien blanche, et surtout légère et 
bien propre. 

Il ne paraît pas qu'un article réunissant ces 
conditions puisse de longtemps descendre au- 
dessous de fr. 130 les 100 kg. ; par contre, il peut 
atteindre dans certains cas fr. 180, c. i. f. Europe. 

Piassava. — Pas de changements. 

Para sec fr . l"iO ii ii)S 

Bahia loua 140 

Afrique fin souple, diverses provenances. 50 à 69 

Conffo dur -'ri à 45 

Madagascar 05 à 70 

Palmirah. — Se cote, suivant qualité : 

Courante molle fr. 40 à 45 

Souple nerveuse 47 à 55 

Dure à Extra-forte. • IJO à 85 

Le tout, ans 100 kg. c. i. f. Havre. 

Fibres de Coeo. — • Sans changemeut pour les 
fibres filées, pour corderie et sparterie : de fr. 30 
à 75 les 100 kg., suivant grosseur, nuance et ré- 
gularité du fil 

Les fibres peur brosserie sont très demandées 
et les prix haussant pour les deux qualités, — 
Anglaise et Ceylan, — il semble môme que les 



quantités qui yjeuvent être proiluites dans ces 
ieux centres seront à peine suffisantes pour la 
consommation. 

De différents côtés nous avons demandé des 
renseignements de colons, concernant l'utilisa- 
tion des bourres de noix de coco pour la fibre ; 
nous répoudrons t lujours pour chaque cas par- 
Uculier. 11 est en elïet peu faeUe, — à moins de 
rester dans les généralités plutôt vagues, — de 
formuler une réponse qui donne satisfaction à 
-liacun. Cependant, sur' la demande de la Rédac- 
tion de ce Journal, nous avons indiqué, en une 
petite note, quels sont les caractères généraux 
que doivent présenter les bourres de coco pour 
que leur utilisation pour la fibre soit rémunéra- 
trice. On trouvera cette note dans le n" 68. — 
N. D. L. R. du « J. d'A. T. 

Chiendent. — Les cours élevés du moment 
paraissant devoir se maintenir, il serait intéres- 
sant de rechercher do nouvelles proven;inces. 
Tous renseignements utiles sont à la disposition 
des lecteurs de ce journal, tant sur les qualités 
qu'il faut que cette racine présente aux ache- 
teurs que sur son mode d'exploitition. 

Raphia. — Bonne demande, prix sans chan- 
gement. 

VAQTJIN & SCHWEITZER. 
Le Havre, 21 janvier 1907. 

Matières grasses coloniales 

Mercuriale spéciale du « J. d'A. T. » 
Par MM. Rocc-4, Tas.st & de Roux 

Coprah. — Tendance : hausse constante. — 
Nous cotons nominalement, en disponible, les 
100 kg. c. a. f., poids net délivré, conditions de 
la place de Marseille : 



Java sundried . . . . 63,50 

Ceylonsundried.. . ii4 

Singapore ^>2 

Macassar 02 

Manille ô 1 

Zanzibar 6-2 



Mozambique 02 

Saïgon 61 

Cotonou 02 

Pacifique (Samoa). 62,50 

Océanie française. 62 



Huile de palme. — Lagos, fr. 77 ; Bonny- 
Beuin, fr. 74 ; qualités secondaires, fr. 71 les 
100 kg. ; conditions de Marseille, fûts perdus, 
prix povu' chargements entiers 

Palmistes. — Guinée, fr. 42.50 les 100 kg. 

Mowra (Bassia). — 29 fr. les 100 kg. 



26 



JOURNAL D'AGRICULTURK TROPICALE 



N" til — J\Nv 1907 



Graineu oléagineuses. — Situation station- 
naire. — Nous cotons nominalement : 

Scsanic Bombay blanc, gr Krainc fr. :ts.:.u 

— — pet. graine a.s 

— Jaffa (A livrer) il A U,..'! 

— bigarré, Kurrachee :<s 

[xptrliscs 1 I-io* Bombay, bruns, gr. graine. . is..'iUà i8 

. 1 Colza Cawnpore :t • à 34,.~>ii 

I Pavot Bombay 39 

«arstilf f Ricin Coromandel nouv. récolte.. M à Ï9 

Arachides décortiquées Mozambique i i 

— — Coromandel nouv. réc 31 à :'ii 

Ventes connues de. la semaine : 2.000 balles 
aracliides décortiquées Coromandel, janv. -février, 
fr. 28.75 : coût et fret, poids net délivré. 

Autres matières. — Cotations et renseijinements 
sur demande. 

ROCCA, T.l.SSY & UE Koux. 

Marseille, 18 janvier 1907. 

Produits agricoles africains 

sur le marché de Liverpool 

Mercuriale spéciale du u .1. d'A. '['. 

Par MM. T.-vylor & Co. 

Huile de palme. — Depujs notre dernière 
revue, le marché a été très ferme, et les prix en 
hausse. Cependant les derniers jours les prix 
étaient un peu en baisse. 

Voici les cours du jour, hi toiiui' sur place : 

Lagos i '11.5- Brass. Niger. 

Bonny, Old New Calabar. . . :;'j.|j 

Calabar 3ii.l.")- Congo 30.5,- 

Camcrouu :iii.l5 - ' Sait Pond 29.-'- 

Beoin 30.10- Ordinaire et 

Accra 30. m- mo.venne i'.i.i- 

Palmistes (.\mandes de Palme). — Marché 
ferme et en hausse, (^ours sur place : 

Lagos. Cameroun Bénin, Congo... H 17.7 6 

et qualités supé- Libéria. Sher - 

rieures des Ri- bro 1 7 . i f 

vièrea £l7.lii- Côte-d'Or 17.- 

Caoutchouc. — Le marché a été ferme, fîoniu' 
demande on général. Para 5 /2 ■' /,. 

Cajé. — Calme. Vendu 8 aacs Eléphant Berry 
de 43/3 à 43/9 et 70 sacs Cold Berry à 32/- 

Cacao. — Ferme. Il a été vendu 4.650 sacs. 
Derniers prix pour Victoria fine de 63/- à 77/- ; 
Lagos de 64/- à 73/3. 1000 sacs de 65/- à 71/- 
selon quahté. 

Gingembre. — Vendu 1,S6 sacs Sierra Leone 
à 26 /6 le cwt. 

Piassava. — Vendu 8.500 bottes. Old Calabar 
£ 23, Opobo £ 24. 10/-, Grand Bassa de f 20.10/- 
à 22. 15/-, Sierra Leone £ 22. 15/-, Cape Palma^ 
£ 21.5/-, Sherbro de £ 24 à 24.5/-, Bereby 



£ 27.. Axini t' 21.5/-. 800 bottes Gaboon d® 
£ 13 à 15.10/- 

Oire d'abeilles. — Vendu 7 Sicrrii Leone 
£ 6.15/- le cwt 

A'otx de Kola. — Petite vente à 2 d. la livre 
anglaise. 

Coprah. — \'endu seulement 22 sacs de 
£ l-'i.lO/- à 16 ,-. On cote maintenant £ 17. 

Poivre de Guinée (Maniguettc). — Rien à rap- 
porter. 

Fèves de Calabar. — Rien à rapporter. 

Arachides. — Vendu 186 sacs Bathurst à 
£ 16. 10 et 650 sacs non décortiqués de £ 10.10/- 
à i' 17. 150 sacs Bathurst à S 16 et fine Rufisque 
à ï 18. 

Chillies (Piment enragé). — 56 sacs ordinaire 
de Sierra Leone à 25 sh. le cwt. 

yoix de Karité (Shea). — Sans existence, va- 
leur nominale de £ 8.10 à 9.10 la tonne. 

Coton. — De 4 ''/, à 6 ^ /^ la livre anglaise. 
Mats. — Ferme, 4/1 les 10 livres anglaises. 

Peaux. — Le marché a été ferme. Assez bonne 
demande pour des peaux africaines. 
Conakry sèches, poids avérage 10 Ibs à 10 d. la 1. 
Lagos salées, » » 15 » 10'/^ » 

Bathurst sèches » » 11/14» 8'/. » 

Accra sèches, 2"= et S" qualité 8 ' /. » 

Autres produits. — Cotations et renseignements 
sur demande. Tayi.or & Co. 

17 janvier 1907. 

Produits de Droguerie. - Produits divers. 

Mercuriale spéciale du <i ,1. d'.\. T. « 
Par M. Geo. Ernst. 

• L'astérisque dêsliriic les produits bciiéliciaiit ii'uue détaxe 
partielle ou enlièrc eu raison de leur prox-eiuince des colonies 
t'rau^-aises. Le mécanisme et le tarif de ce •« priviU-tre colo- 
nial » ont elc exposés dans nos n«» 35 et 37. — .\. <1. 1". 11. 

Ambrette. — Toujours sans aflaires. Petit 

stock en gi'aines Martinique, à 75 fr. le 100 kg. 

Baumes. — Copahu : Para. fr. 3,75 à 4 fr. le 

kg, en bonne demande : AInrac:iïho. I,.^0 à .'> fr. 

entrepôt ; sans stock. 

PÉROU : Très ferme et rave ; I.),j0 à 16 fr. 
le kg. entrepôt. On voit de plus hauts cours. 

ToLU : Un peu meilleur et demandé de 2,75 
à 3 fr. en bonne qualité dure, acquitté. 
Bois. — Santal des Indes : en billes. 125 à 
130 fr. 

Santal N'" -Calédonie : 75 à 85 fr., 

c. i. f., pour bûches et branches ; 65 à 75 fr. 

pour souches et racines. Atix 100 kg., acquitté. 

QuASSL\ AMARA : Antilles. 12 à 15 fr. suivant 

rendement. 



N» 67 — Janv. 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



27 



Fèves de Galabar. — Afrique (Nyauze), sans 
mouvement et d'im débouché restreint ; coté 75 
à 80 fr. les 100 kg. 

Noix de Kola. — Sèches : Saines, de vente 
courante, de 90 à 95 fr. les 100 kg, 

Fraîches : 3 fr. à 3,50 le kg. pour belles 
noix de conserve. 

Camphre. — Toujours très ferme, demande 
toujours très active. — Chine, arrivages très 
restreints ; cru, 9,50 à 10 fr. le kg. — Japon, 
demi-raffiné, 11 fr. à 11,50. — Japon, tablettes, 
12,50 à 13 fr. 

Café. — La forte récolte du Brésil, que l'on 
estime à 15 miUions (et plus) do sacs, a fait rétro- 
grader aujourd'hui les cours du Santos Good 
Average jusqu'à fr. 38, pour mois courant. En 
disponible les affaires restent modérées, à prix 
en baisse. Cours, les 50 kg., entrepôt : 

Santos 40'à JoS "Guadeloupe 

Haïti 47"à 55 Habitant Uià'lU 

Moka trié 93 à 105 • Tonkin îio à mu 

Java jaune 56 à 68 ■ Nouvelle Calé- 

" Bourbon Réu- donie 90 à i 00 

nion 160 à 170 * ^Madagascar 

" Guadeloupe Libéria, ^so à >'-'' 

Bonifleur. 123 à 12.^ 



* Cacao. — La tendance reste très ferme avec 
prix en hausse. Cours, les 50 kg. : 

Congo conventionnel fr. 92 à 97 

(droit : 9:, fr.) 

Martinique, Guadeloupe 119à il-',50 

(droit : .".2 fr.) 

Nouvelles-Hébrides 122 à 127,50 

Congo Français 120 à 127,50 

Madagascar, Réunion 115 à 1 20 

Caoutchouc. — En bonne situation ; demande 
active. 

Gambie 6 gà 11 Tuléar 3,70 à 6,25 

Diégo-Suarez, ^ Tonkin, noir. . . 8 à 9,50 

Tamataverose lu à 10,26 — ronge.. 10 ;i 10,50 

Majunga Nossi- Nlle Calédonie EJ 

Bé 7 à 9,50 (« Sa «) U :i 1 1 50 



*Cire d'abeille. — Les prix restent soutenus 
et l'on espère une amélioration des cours d'ici 
peu. — Cours, les 50 kg. : Madagascar, fr. 165 à 
166. — Tonkin, fr. 160 à 162,50. 

Cornes. — De vente très courante sur notre 
marché, les belles qualités obtiennent de pleins 
prix. Cours, les 100 pièces : Bœufs, vaches (Mada- 
gascar), fr. 20 à 35 ; Buffles (Tonkin), fr. 70 à 
85 ; Cerfs, fr. 110 à 175. 

Cuirs. — Marché ferme, on espère de meilleurs 
prix malgré l'hésitation momentanée des ache- 
teurs. Cours, aux 50 kg. : 

Bœufs, vaches (Madagascar) ; secs 100 à 105 

— — salés, secs 81 à 83 

Guadeloupe, Martinique ; salés 60 à 72 

Tonkin, vaches ; sèches . . 115 à 120 

— buffles 5.Ô à 60 

Nouméa, salés 6 à 717 



Ecoroes d'oranges. — Quarts Haïti : 30 à 32 fr 
les 100 kg. acquittés. 

Manioc. — Fécule de Manioc : Le marché 
reste ferme et il devra en être ainsi jusqu'aux 
mois de mai-juin, époque de la récolte des pom- 
mes de terre dans notre pays, les cours du ma- 
nioc subiront alors l'influence, en hausse ou eu 
baisse, de cette dernière. Cours : Réunion, Ma- 
dagascar, fr. 33 à 36 les 100 kg. 

Racines : Le manioc « eu carotte » est seul 

vendable actuellement. Cours normaux, fr. 13 

à 16 les 100 kg., rendu Havre. 

Biz. — Les 100 kg. logés. On cote le Saïgon 
n° 2, embarq. mars-avril, de fr. 19 à 19,50, c.a.f. 

Bocou. — Sans affaires. Antilles, marque Bis- 
darry : 65 fr. les 100 kg. Autres provenances, 
sans arrivages. 

Gommes. — Aux 100 kg. Copale : Toujours 
ferme. 

Afrique, sortes Ir. sO à 90 

Madagascar reste demandée : 

Triée, claire, dure 325 à 350 

Triée, teintée 275 à 300 

Sortes, qualités courantes 175 à 200 

Les belles sortes sont toujours recherchées et 
les exportateurs ont intérêt à bien trier leui's 
lots, 

Damar : Sans stock, rare. Batavia, fr. 195 à 
215. — Singapore, fr. 160 à 175. 

GoMME-GUTTE : Un pcu moins ferme. Cam- 
bodge et Siam, fr. 8,25 à 8,50 le kg. 

Gomme-Laque : Stationnaire, fr. 5,25 à 5,50 
le kg., c. a. f. 

Sticklac : Tonkin, 370 à 375 fr. les 100 kg. 
c. a. f. 

Ipéca. — Ce produit reste stationnaire, mais 
dans de bons cours pour les vendeurs. Cours, 
le kg., c. a. f. : Rio cultivé, fr. 20 à 21, .50. — 
Matto grono, fr. 20 à 20,50. 

Depuis peu. une excellente qualité, prove- 
nant de cidtures faites au Johore (Malaisie) 
est importée en Angleterre oîi elle est très 
appréciée. EUe donne un rendement sensible- 
ment égal aux bonnes sortes cultivées du 
Brésil, patrie de cette drogue, et est coté avec 
une légère plus-value sur les Rio ou Minas. 

L'Ipéca de Carthagène n'offre que des arri- 
vages très restreints ; ventes à prix très voisins 
du Rio : 19 à 20 fr. le kg., suivant triage. 

Essences. — Linaloë Mexique, en bonne de- 
mande et ferme : fr. 19,50 à 20 le kg. entrepôt 
(au droit de 50 fr. les 100 kg.) 

Petitgrain du Paraguay. Très rare et recher, 
chée. On a payé des prix très élevés, jusqu'à 
45 fr. le kg. et on reste acheteur. 



28 



JOURNAL IVAGUK II.TUKI': THÛI'ICAl.l': 



N" 67 — Janv. 190- 



*Vanille. — Le kg. nu, acquitté Havre. La 
marchandise de conserve et bien préparée se 
vend très bien ; prix en hausse. Cours : 

R^^union 1 " qimlité fr. . . 30 à 33 

— têtes-queues S3 à 2.1 

Madiigascar 18 à -J-l 

(iuadeloupe 12 « 17 

Tahiti. l'« quaUté . 12 il 14 

Soychellea IIS, 19 cent.) 2i à 25 

*Vanillon. — Article demandé et en haus.^e. 
Toutes provenances, fr. 15 à 17 le kg. 

Toris autres produits : Cotations et renseigne- 
ments sur demande. 

GÉo. Ernst. 
59, quai d'Orléans. 
Le Havre, 19 janvier 1907. 

Mercuriale de quelques produits 
d'Extrème-Orisnt 

Par M. J. H. Geein 

Gomme laque. — La baisse dont j'ai parlé le 
mois dernier n'a pas persisté et j'avais donc 
raison de dire que ce mouvement n'était pas ilù 
à \\n changement de la situation statistique de 
l'article, mais à des circonstances pui'ement ex- 
térieures. Du reste on ne peut pas dire que les 
affaires en gomme laque aient repris leur coui's 
normal et ce marché reste fort peu actif. .Je cote 
aujourd'hui {t. 520 les 100 kg. c. a. f. pour lu 
T. N. 

Poivre. — On ne fait pas d'affaires, mais les 
cours Ijaissent et on a parlé ces teinps deriiiers 
d'une affaire à fr. 55 les 50 kg. c. a. f. 

Gambier. — Toujours inactif, mais plus ferme. 
Quelques vendeui-s parlent de fr. 4,'5.50 les lOl) 
kg., c. a. f. 



Tapioca. — Cet article aussi semble inspirer 
peu d'enthousiasme aux acheteurs. Les affaires 
se font difficilement, malgré les fluctuations en 
hausse et en baisse que l'article présente et qui 
auraient pu tenter l'esprit d'entreprise des spé- 
culateurs. 11 est vrai que ces fluctuations ne se 
sont produites que sui- ime échelle restreinte, et 
d'est ainsi que, de 49 fr., on est graduellement 



monté à 54, pour redescendre ensuite à fr. 50.75 
les 100 kg. c. a. f. C'est le prix actuel. 

Racines de Manioc. — On s'intéresse de plus 
en plus à ce produit, dont les multiples usages 
paraissent enfin avoir frappé le» diverses indus- 
tries auxquelles il peut s'adresser. On en a fait 
queliiues centaines de tonnes dans les environs 
de fr. 12,50 les 100 k". c. a. f. 

Fécule de Manioc. — On pourrait taire des 
quantités assez importantes en qualités ordi- 
naires, mais les offres manquent en ces sortes, 
tandis qu'elles sont abondantes au contraire en 
belles qualités, qui ne trouvent pas preneurs. Les 
prix sont sans changement, de fr. 15 à fr. 30 les 
100 kg. c. a. f. 

Fécules de Sagou. — Se sont raffermies. Le 
prix actuel est d'environ fr. 19 les 100 kg. C'est 
beaucoup plus qu'on ne vent payer. 



Cire végétale du Japon. — Cet article semble 
définitivement entré dans le chemin de la fer- 
meté, du moins au .Japon, car en Europe, ou no 
paraît nullement disposé à suivre Tcxaltatidn 
qui semble régner au Japon pour ce prodmt et 
pour certains autres. L'importation est donc 
enrayée pQiu l'instant puisque la deuxième main 
peut offrir A bien meilleure marché que la pr- 
mière. Les cotées diffèrent selon les appréciations 
et j'ai vu dans la même journée des offres à fr. 
100, à 150, à 155 et h 147, .50, ce qui est assez 
déconcertant. 

Galles de Chine. — Le décUn a fait de nou- 
veaux progrès et on trouve facilement vendeur 
aujourd'hui à fr. 129,50. 

Bamie. — On ne parle guère en ce moment 
de cet article, qui paraît être complètement dé- 
laissé. ^'endeurs et acheteurs se tiennent sur la 
réserve. Comme la première récolte n'a lieu que 
d'ici quelques mois, il est probable que cette 
situation se prolongera encore quelque peu, a 
moins de besoins subits do la consommation, que 
cependant aucun des signes précurseurs habituels 
no permet de prévoir. 

J. H. Gkein. 

Iti, rue Stc-r,roix de la Brrlonncric 

Paris. 21 janvier 1907. 



-^<^^;à^mê0^^^^^^^- 



N" 67 — Janv. 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



29 



ACJUALIJES 

.La Sucrerie à Cuba différentes îles paraissent henreux de venir 

Estimatious iippioximativeis de la s'y embaucher ; d'autant plus qu'ils peuvent 

prochaine récolte. retourner facilement chez eux après la ré- 

Usines monstres. — La solution trouvée polte 

du problème de la main-d'œuvre. t j. j. t j^ ■ 

*^ Le gouvernement entend favoriser aussi 

Par M. A. Pedroso l'immigration d'ou\'riers européens, princi- 

Je m'empresse de vous envoyer les der- paiement espagnols ; un crédit de o millions 

niers renseignements sur la récolte présumée ^'' francs va être employé à cet effet. 
de l'ile de Cuba, qui a été calculée par Alberto Pedroso 

MM. JoAQtTEVi Gin\L\ et Federico Me.ter, Pari.s, ô janvier 1907. 

à 1.524.711 tonnes. Il s'agit de tonnes an- 
glaises de 2.i!10 livres. Ce sera, le record de '*~ "^^ 
Cuba, l'équivalent de 10.673.000 sacs. Nos Cacaoyers sous Avocatiers 
sacs de sucre, à Cuba, pèsent bien plus, en Par M. P. Carié 

général, que ceiix des autres colonies ; on 

f , , , ^„^ ,. Je lis dans le n" 60 de juin 1906 du « J. 

les calcule a 320 InTCS en movenne. itour 

^ ^. ^. ' d'A. T. », une note de M. AuG. Chevalier 

les statistiques. 

-r ,., 1 ,-, 1 1 ■>, 1 i^ - signalant la bonne réussite du cacao sous 

Lue de tum produit donc, cette année, ^ 

, ^-i T, 1 • l'ombre d'avocatiers, a San-Thome. J'ai 

presque une tonne de sucre par tête d habi- 

^ ^ • • ^ ^ • j. , , fait, il y a deux ans environ, une plantation 

tant, ce qui n est certainement i)as banal. 

^, , - 1 /-, 1 , T r. i -r. 1 «le 3.000 cacaoyers dans un verger, oti se 

C est près de Gebara et de Puerto-Padre •' ^ 

, , , , . trouvent à peu près tous les arbres a fruits 

que se trouvent les plus grandes sucreries '■ '■ 

T ^ , , , . 1 r, ^. des tropiques, ainsi que divers arbres d ave- 

de Cuba, dans la province de Santiago : ' ' ^ 

r, J. -, r^^ ■ i • o-^,^,^,, uucs. ctc. Eu voici les résultats, ils Confirment 

Central Cnaparra, qui produira 3o0.000 sacs ; 

r. i 1 -r. 4. OP-- ,,«/A /-i 4. 1 /-< l'observation de San-Thomé. 

Central Boston. 2 /a. 000 s. ; Central (riiaso 

(Kipe Bav Co), 200.000 s. Toutes ces sucre- ^'"■■'"'" ..Aur.a.K actuelle 

* ' ■ l'URTI. D.Mimii l'ES CACAOYERS 

ries api)articnnent à des Compagnies anié- . ^. i ,„ - o m 

^ ' ^ ■ Avocatiers 1 ™ a 2 ™ 

ricaines. Dans cette juridiction, 5 sucreries, -.^ , , ^^c^ > -i,„cn 

■' Eucalvptus '^ ia '^ 1 50 

— en ajoutant a celles déjà nommées la ^ " .^ . , -m-/ - ^cr c/ 

■' ■' Orangers, citronniers, etc.. oOV a 75% 

Central Santa Lucia et la Central San Ma- ,^ ' . o-cx - .^c/ 

, 1 ■ ,^ - n 11 -n- Manguiers 2o':/ a 40% 

nuel. — produiront a elles seules 1 million, ^ . . , .„ . . t ,, i, r-r-cr ~ -imc:r> 

Bois noir (Albizzia Lebbek) 75% a 1™50 
105.000 sacs, soit environ 353.600.000 livres . ,, ,. o^c" ^ z^^c^ 

\noneii{Anonas quanwsa. etc- 30 ^^ a 50% 

de sucre. r,- . • ^ oac - «ne/ 

Divers :e])ices,ravensava, etc. 30% a 40% 

22 sucreries auront cette année une pro- 
duction de i)lus de 100.000 sacs chaque ; Ces différences très grandes proviennent 

l'énorme production tot;ile citée plus haut. en grande partie du feuillage plus ou moins 

sera fournie par seulement 183 sucreries, épais des arbres porte-ombre. Il faut au ca- 

toutes « centrales ». caoyer de l'espace et un jour plus ou moins 

On a résolu le problème de la main-d'œu- tamisé. Là où l'ombre est épaisse, il végète ; 

^^»e en faisant venir des travaillées de Porto- je vais élaguer le plus possible les manguiers, 

Eico, où la main-d'œuvre abonde, de la orangers, anones. arbres à épices de mon 

Jamaïque qui est à douze heures seulement verger, aiin d'assurer le développement des 

de Sautiago-de-Cuba ; enfin, de Saint-Do- cacaoyers rachitiques, qui n'ont pu se déve- 

miugue et de Haïti. Les salaires de Cuba, lopper faute d'air et de lumière. Le climat 

étant bien sui)érieurs, les ouvriers de ces de ma propriété est très humide et chaud 



30 



JOURNAL D'AGRICl LTUHE TROPICALE 



N" 67 



Janv. 1907 



de décembre à juin, et ])lutôt sec le reste de 
l'année, quoi qu'il y ait de petites pluies eu 
cctt'C saison. 

En tous cas, il résulte de cette expé- 
rience que le cacaoyer aime l'ombre tamisée 
et peu épaisse des avocatiers. 

Je voudrais m'étendrc plus louyuemciil. 
mais je suis en pleine coupe, et l'usine à 
cannes réclame tous mes soins. 

Je vais tâcher de me rendre à une usine 
d'aloës mue par l'électricité, et vous donner 
des renseignements (jui vous intéresseront. 

Veuillez agréer, etc. 

P. Carié. 

Curepipe (Ile Maurice), 29 sept. 1906. 

Culture de l'Igname de Cuba 

au Nicaragua 

Par M. II. E. Low 

Il a déjà été question, dans le « J. d'A. T. )i 
(n" 62, p. 254), d'une iaiiaine très intéressante 
que M. H. Low, de Managua (Nicaragua), a 
obtenue de Cuba et dont il préconise la culture 
comme plante alimentaire de premier ordre. 

En réponse à ime demande de renseignements 
que nous lui avions adressée au sujet de cette 
plante, M. Low a bien voulu nous envoyer la 
lettre sïii vante, datée du .'? septembre 1906, dont 
nous allons donner la traduction, revue par notre 
collaborateur horticole, M. Ulysse Bernard ; 
elle contient, en même temps que la des .'ription 
de la plante, dos détails cultiu'aux très précieux. 

D'après M. Low, — et l'échantillon botanique 
qu'il nous a envoyé 8eml>le confirmer son dire. — 
il s'agit du Dioseorea alata. ■ — \. n. i..' H. 



« Les tiges de (^ette igname, écrit M. Low, 
portent quatre ailes membraneuses et trans- 
parentes ; elles sont volubiles et s'enroulent 
de gauche à droite. Les feuilles sont cordi- 
formes (.'t opposées. Il n'y a pas de fleurs, 
mais les feuilles portent à leur aisselle des 
petites bulbilles qui se détachent de la 
plante mère vers le 8"^ ou 10<^ mois, — 
lorsque la plante approche de sa maturité, — 
tombent sur le sol et s'y enracinent. 



» Ayant planté trois bulbilles grosses 
comme des petits pois, j'ai obtenu 22 k. 500 
de racines comestibles ((5 pesant de 6 à 
8 livres chacune et (» ou 8 grosses comme 
des pommes de terre) et un grand nombre 
<lc bulbilles Mllaiit de la grosseur du petit 
pois à celle du marron d'Inde. 

» J'ai distribué une certaine quantité de 
ces bulbilles ; j'en ai gardé 160 que j'ai 
plantées en ligne autour de mon janlin, 
et qui forment actuellement une haie haute 
de 5 mètres et d'un très bel effet. 

» La plaiitatipn a lieu au début de la 
saison des ])luies. On l'ait choix d'un bon sol, 
riche en humus et .suffisamment léger pour 
faciliter l'arrachage. 

» Les bulbilles sont plantées en lignes 
distantes de 2 m. 50 et à 80 cm. sur le rang. 
Le sol a été ameubli au préalable sur toute 
la longueur des lignes, sur une largeur de 
50 cm. de façon à foruu'r des billons au 
.somnu't desquels a lieu la ])laiitatiou. 

« Les bulbilles sont enterrées de 2 à 
8 cm. Une plus grande ])rofondeur rendrait 
l'arrachage plus diflicile car les racines ont 
parfois 50 cm. de longueur. 

» L'on obtient ainsi 5.000 plantes à l'hec- 
tare. Dans une bonne terre, la production 
moyenne par pied est de 10 kg. ce qui donne 
un reiulenuuit de 50.000 kg. à l'hectare. 

)) A Cuba et à la Jauuiïque, en raison de 
ce grand rendement, les indigènes culti- 
vent beaucoup cette plante mais laissent 
les tiges ramper sur le sol. ce qui «liminue 
sensiblement le rendement : en eflet, pai 
suite du contact avec le sol, il se produit une 
grande quantité de racines adventives qui 
nuisent au développement des racines prin- 
cipales. H est donc préférable de tuteurer. 
ce qui donne à la plantation l'aspect d'une 
houblonnière. 

» Je ferai connaître au " J. d'A. T. " les 
résultats de la culture dès que la récolte aura 
été faite, c'est-à-dire en novembre. » 

H. E. Low. 

■ Managua, 3 sept. 1900. 



N» 67 — Janv. 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



31 



Le Coton en Chine 

Impossibilité de produire à la fois assez de coton 
et de vivres. 

Le (I British Trade Journal » du 1" mars 1905 
publiait la note suivante, empruntée à un rapport 
du eonsul des Etats-Unis à Hangchau : 

Les possibilités de la eulture du coton 
eu Chiue sont immenses. Depuis de longues 
années on produit cette fibre dans dt s 
régions constituant presque la moitié de 
ce vaste empire. — Toutes les terres sont 
loin d'être propices à cette culture, mais sur 
les coteaux aussi bien (jue dans les vallées 
il reste encore assez de sols à coto7i pour 
suffire aux besoins de la Chine et pour per- 
mettre, en plus, une forte exportation. 

Ceci, en théorie. En t'ait, l'Empire chi- 
nois actuellement et pendant longtemps 
encore, ne saurait étendre ses cultures de 
coton, les sols qui s'y prêteraient étant 
accaparés par la production des vivres né- 
cessaires à l'immense ])opulation indigène. 

Il coûterait plus cher d'importer des vivres 
qu'il n'en coûte à importer le coton néces- 
saire à la consommation intérieure. Aussi 
longtemps que cet état de choses durera, 
la Chine achètera de grandes quantités de 
cotons étrangers. — Si elle peut l'avoii' à 
bon compte, sous l'orme de produits manu- 
facturés, elle l'achètera sous cette forme. 
Sinon, on l'achètera sous forme de fil, et les 
métiers grossiers des indigènes feront le 
reste. « 

Au moment où diverses publications et 
de nombreux ou%Tages examinent et ana- 
lysent la part présente et future de chacun 
dans la production mondiale du coton, il 
nous a paru intéressant de mettre sous les 
yeux de nos lecteurs cette courte note qui 
inspire confiance. 

L'Administration française, secondée par 
l'Association cotonnière, s'emploie à déve- 
lopper la culture du coton en Indo-Chine ; 
si elle y parvient, le marché chinois s'em- 
pressera de lui prendre la totalité de sa 
production comme cela a lieu déjà pour 
les petites quantités produites actuellement. 
Des lots isolés arrivent bien en France de 
]0in en loin ; mais, dans la règle, la Chine 



paiera toujours mieux ; telle est l'impres- 
sion de tous ceux qui ont eu l'occasion 
d'examiner la question. — F. il. 

Où on en est du dégomiuage de la Ramie 

Un auteur anglais, peu sérieux, en général, 
ayant affirmé récemment que le dégommaoe de 
la ramie était aujourd'hui im problème résolu 
et à la portée de tout le monde, nous avon,* 
recueilli à ce sujet d'intéressantes déclarations 
d'un industriel aussi compétent que désintéressé. 
On verra qu'en réalité une seule des usines exis- 
tantes, justement célèbre d'ailleurs, a su ré- 
soudre la difficulté ou à peu près. Le procédé 
à l'eau de mer, d'origine algérienne, est malheu- 
reusement à l'étude depuis trop longtemps déjà 
sans avoir donné lieu à la constitution d'une 
affaire industrieOe, et ce fait nous laisse peu 
d'espoir de le voir jamais prendre de l'importance . 

\. D. L. R 



Les procédés de dégommage actuellement 
connus en France ne suffisent pas pour as- 
surer un grand développement à la filature 
de ramie ; ils ne donnent qu'une filasse 
compacte qui, dans les peignes, abandonne, 
sous forme de blonsses ou étoupes. une 
partie importante de son poids, augmentant 
ainsi, et de beaucoup, le juix de revient du 
peigné. 

Un nouveau procédé à l'eau de mer, 
actuellement à l'étude, donnerait, si l'on 
en croit l'inventeur, une filasse très belle 
pouvant convenir- à la filature de numéros 
très fins, mais les résultats définitifs n'eu 
sont pas encore connus. 

Quoiqu'il eu soit, et quel que soit le pro- 
cédé employé, il est nécessaire que la force 
de la fibre ne soit pas atteinte ; car le fil 
de ramie n'étant pas naturellement régulier, 
fatigue plus que le fil de coton lorsqu'on 
l'emploie pour la chaîne. Il est plutôt indiqué 
pour la trame. — Cependant, nous avons 
vu des numéros fins de l'usine allemande 
d'Emmendingen (chaîne et trame), qui 
étaient bien uniformes et assez résistants ; 
mais nous ignorons le procédé de dégom- 
mage de cette usine, tenu secret. — C. G. 



32 



.lOUUN.VI. D'AGHICl I.ITHK TUUl'lCAl.l'; 



.\" ()7 — Janv. 1907 



Les Effets nuisibles de l'EfFeuillage 
des Cannes 

Les expériences du prof. Rckart, à Ilonolulii. 
Par M. G. de Pré.\i'det 

Le professeur C. F. Ecicart, directeur de 
la Station agronomique de l'Association 
Hawaïenne des Planteurs de sucre, a publié 
réceiiunent un travail fort intéressant sui 
l'inlluence de reiïeuillage des cannes sur les 
récoltes de cannes brutes et de sucre. On 
sait que l'eileuillage consiste à débarrasser 
le pied de la canne des feuilles mortes, ce qui 
donne de l'air dans les tiges. Ce travail, qui 
se faisait en grand depuis tant d'années, est 
moins suivi dans les colonies anglaises main- 
tenant et les recherches du professeur 
ECKAKT nous en donnent la raison ; nous 
en empruntons l'exposé au « Daily Mer- 
cury » de Mackay (Queenslaud), n" <lii 
15 se])tembre 1906 : 

Jjcs ])remières expériences furent faites sur 
des chiniips donnant 75 tonnes de cannes 
à l'acre. 

Ceux qui curent un elïeuillage en juin 
donnèrent 78 tonnes à l'i'cre ; ceux qui 
eurent deux effeuillages en mars et octobre 
donnèrent 71 tonnes, ceux qui en eurent trois 
en mars, août et novembre, iw donnèrent que 
70 tonnes. 

La ])lus haute polarisation fut donnée par 
des cannes elteuillées deux fois ; la ])lus 
basse, ])a.i' des cannes etïeuillées trois fois. 
Mais les unes et les autres ont donné une 
moyenne de sucre par acre très inférieure 
à celle des cannes effeuillées une seule 
fois. 

Ce sont là, à notre ((iiinaissance, les pre- 
mières expériences scien(ili(iues sur la ma- 
tière ; à moins qxi'U n'en ait été fait à Java. 
Le sujet serait à reprendre dans chaque pays 
])roducteur, car les résultats doivent évi- 
demment varier suivant les climats, les 
terrains et les sortes, de cannes. 

G. De Préatjdet. 
Nantes, 10 novembre 190(5. 



Au sujet de la culture du Lombiro 

Lettre de Madagascar. 

L'abonné, auteur de la lettre qui suit, a bien 
lu notre note du n" (il, mais ne pouv.iit encore, au 
moment où il nous écrivait, avoir reçu le n<> 62, 
qui comprend une communication de M. Zotier, 
le concessionnaire des peuplements de lombiro 
de Diego-Suarez. Il est peu probable, du reste, 
que la communication en question, tout inté- 
ressante qu'elle soit, l'eût fait changer de senti- 
ment : 

« Je lis dans le n" (il du « ,7. d'A. T. » une 
notice sur le lombiro et les résultats qu'en 
attendraient certains planteurs. Je ne vou- 
drais, certes, décourager aucun espoir, 
mais je ne saurais que vous louer des ré- 
serves (lue vous avez faites à ce sujet. 

» Le produit du lombiro a certes de la 
valeur, il est coté à Diego de 8 à 10 fi . : le 
rendement d'un pied est même suffisamment 
abondant pour permettre de penser que la 
culture en serait rémunératrice ; on compte 
en effet une moyenne de 150 grammes de 
gomme comme produit annuel d'un plant. 
Mais de là à des plantations de 100.000 
Cryptostegia Madagascarentis il y a loin... 
Mieux que personne, vous savez qu'il est 
toujours bon d'être un peu sce|)tique 
lorsqu'on vous parle de plants en les 
eliillrant pas centaines de mille : sur le 
pa])ier, cela peut aller; sur le terrain, autre 
affaire. 

» Pour l'instant, les essais de culture, 
faits les uns en graiul. mais sans soins, les 
autres plus modestement, n'ont pas été 
très he\iicu\. Doit -on itrefcicr le .semis, 
l)rocedé bien long, au lioutinage, pour 
lequel on ignore l'epociue favorable et les 
soins utiles? Doit-on conduire les planta- 
tions arbustivement ou en lianes? Peut-on 
compter sur une ou plusieurs saignées, à 
la 3<= année '? Autant de q\iestions non réso- 
lues, et qui (Icfendriil |ii>iiv l'instant de 
chanter trop haut la gloire du lombiro, 
ceci dit sans préjuger en rien de son avenir. » 



\ cis.iillcs. Société Aiiunynic îles Imprimeries Cieriirilin 



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No 67 - Janv. 1907 JOURNAL D'AGRICULTULE TliOPICALE 



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fab-ication des pelilcs <lélibrfuses à reprise (à simjjU- effet), 
leslinées aux essais seulement Elles fournissent des fibres de 
qualité supérieure, en quantité égale àccile de toutes les ma- 
chines existantes de ce genre. 

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Lesdelibreuscs Lu C.onioniie et lli-hc ne sont pas seulement 
le produit d'une longue expérience |)rati(iue, mais encore le 
résultat ilc l'psprit scientifi<|ue qui préside aux mélhod<;s de 
la Maison IIihikkt H<ki(i.n ,^ C<>; la Station d'essais de ma- 
chines du Ministère de l'Agriculture d'arisi lui a rendu 
justice à deux reprises dans les Bulletins d'expériences rédigés 
par .M. le Professeur Hingkl>i*nn. 



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ARBRES "fruitiers 
CULTURES POTAGERES 

ÉLEVAGE 
BASSE-COUR, ABEILLES 
VERS A SOIE 



Comité de Rédaclion : 

MM.J.GIÎISARD 
0. LABROY & E. BAILLAUD 

Seci't'taire de la Réduction 

F. MAIN 

f 
A dm i n is/ rate II r : 

H. HUBAC 



AçoREs, Canaries, Madère 

Cap-Vert, Sao-Thomé, Congo 

Afrique occidentale et centralk 

Algérie, Egypte, Abyssinie 

Erythrée, Obok, Mozambique 

Maurice, La Réunion, Madagascar 

Louisiane, Amérique centrale 

Mexique, Amérique du Sud 

Antilles, Cuba, Porto-Rico 

PoNDicHÉRY, Indo-Chine 
Philippines 

OCÉANIB 



Collaborateurs et Correspondants : 



mi. 



ALLEAUME (Le Hawe). T>i: ALMEIDA (Angola). APFELBAU.M (Palestine). BAILTAUP (Toulouse), BALDR\TI (Ery- 
thrée). TJ. BERJTARD (P.iris). BERTHELOT DU CHESNA Y (Congo français). BEllTOXI (Parasiwy). BICHOT (Tonkin). BOGAERT 
(Saint-Dominsue). BOURDE (Paris). BOIS (Paris), BOEKEN (Duron). BONAMB (Ile Maurice^ D' BONAVIA (Worthing), BXJDAX 
(Cuba). CARDOZO (Mozamhique). P. CARIE (Ile Mamice), A. CHEVALIER (Afrique Oco.). CoLLE'r4.,S (Paris) COFPEKS (Mart- 
ninuei. A. COUTURIER (Paris). DAIREAUX (Buenos-Ayres). DELACROIX (Paris). DELIUNO.V-BUFFoV f \nnam). DES- 
PETS.SB (Australie Oce.), DUFOtlR (Paris). DULIEU (Ile Saintê-Lueic). ERNST (Le Havre), ESMEVJAUD (Guatemala) ÉsTEVIÎ 
(Dahomey). FASIO (Alger). FATICHRRE (Madagascar). FAVB,E (Caire), FIRIJ)fOA (Madagascar). FLETCHRR (Bombay). DE 
FLORIâ (M.adag.ascar), A. ^r E. FOSSAT (Le Havre), FREEMAN (Londres). GBROME (Paris). OIOVETTI (Angola) GOBBBTTI 
(Pavie). GBEIN (Paris). GRLSAUD (Paris). P. DES GROTTES (Inde). R. GUERIN (Guatemala). HAAIEL .'ÎmITH (Londres) 
L. HAUTEFEUTLLE (Tonkin). HECHT FRERE,S A C" (Paris). D'HERELLE (Guatemala). HILGARD (Californie). KARPELEs 
(Calcutta), KEXXEY (Bombay), KOBUS (Java), KOSCHNY (Costa-Rica), LABROY (Paris). LAURENT (Anjouan), H. LECOMÏi' 
(Paris), LEHMANN (Manchester), LE TE.STU (Congo), LOCKHART (Dominique). D' LOIR (Paris), LOPEZ Y PARRA IMexicoi 
7.0W (Nic^agua), MAIN (Paris), MAINE (Podor), JLiJANI (Trinidad), MALLÈVRE (Paris), P. AIARCHAL (Paris) MARTINE\i 
(M.irtinique). DE MENI)ONf,'A (Ile San Thomé). MIRANDA (Para). M0LLI80N (Nagpur). MO^^TET (Tunisie) MOSSERI (T 
Caire). NECREIROS (Paris). NEUVILLE (Paris), G. NIEDERT.EIN (Philadelphie). D' NICHOLLS (Ile Dominique) D'OLIVF.IR \ 
FRAGATEIRO (Cabinda). PATVA D'ANDRADA (Paris) )VARIS .Saïgon). PARKIN (Cambridge). PASZKIEWICZ (Parana) 
PEDRO.S0 (Cuba). PERROT (Paris). PEBRUCHOT (Constaot.ine). PITTIER (Washington), POBEGUIN (Guinée franc ) JULES 
POISSON (Paris). EUGÈNE POISSON (Dahomey), POULAIN (Pondichérj-), G. DE PBEAUDET (Nantes) PREYER (Le Cairn) 
PRINSEN GEERLIGS (.Java). PUTHET & C° (Le Havre), QUESNEL (Rentré), RINGELMANN (ParU), CH RIVIÈRE (Al»erl 
(Nantes), ROCCA,.TASSY& DE ROUX (Marseille), SAVOURÉ (Abyssinie), SEGUUA (Me>dco), SMERLING (Le Havre) STER°NS- 
FADELLE (De Dominique), SUTER (Bombay), TABEL (Sumatra), TAYLOR & C (Liverpool), THBYB (Cuba) THOMATIS 
(Queensland), TOLKDO (Venezuela), TOUCH.AIS (Mayotte). TROMP DB HA.AS (.Java), VAQUIN ,t SCHWEITZBR (Le Havre) 
VERMOND (Paris). G. VERNET (Annam). A. DE VILl.ELE (La Réunion). WA^BURG (Beriin), DE WILDE\IAN (Bruxelle-o)' 
WYLLIE (Goa), ZEHNTNER (Bahia), ZIMMERJLA N.N (Amani,. etc. ' " "='""'=■ i- 

Vente au numéro [ -^ rAcIniini.^tralion du « .1. d'A.T. », 21, rue Hauteleuille. 
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Les abonnements sont reçus 



A Paris, k l'Administration du Journal (21, rue Hauteteuille), et à l'Office Colonial (20, Galerie d'Orléans, Palais-Royal).— 
i Alexandrie lEaypU). chez L. Schuler. — à Amaterdam, chez De Bussy (Rokin 00). — d JSahia. chez Reis & C (ru.^" Conselheiro 
Danti\s. 22). — â Batoum (Caucase) : M J. Nicdladze. — A Basse-Terre (Guadeloupe), chez Adrien G. Oratenel. — ù Berlin, chez 
E. l'riedlœnder * Sohn (N. W. — ICarlstraase, 11). — * Bordeaux, chez Feret et (Ils. — à Brème, Libr.airie E. von Masars (Petristrasse, 6), 
— à Bruxelles, h la Librairie Sacré (33. rue de la Putt«r!e). — au Caire, chez Mme J. Barbier. — â Caracas, Kmpreaa Washington 
(Tanes y Castillo M.). — à Guatemala, chez Goubeau & C''. -— à Hambourg, chez C. Boysen (Heuberg. 9). — à Hanoi et Haiphong. 
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Bourse). — n Lisbonne, ctez Ferin (70. rua Nova do Almada). — à Londres, chez Wm. Dawson & Sou? (C'annoii House, Bre'ara's Buil- 
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{ 



T Année. N" 68 



28 Février 1907 



Journal d^Agriciilture Tropicale 



Sommaire 



EMILE B\ILLAUD . Jean Vilbouchevitch 

ÉTUDES & DOSSIERS 

F. MAIN : Les Machines Agricoles et le 
Génie rural à l'Exposition de iqoôde 
Marseille "... 

PAUL LE COINTE : E.xploitation et 
commerce de la Châtaigne ou Noix du 
Brésil 

H. LALLEMAND : Une plantation de 
Castilluj en Colombie ,û 

L'E.vtraciion du Coir à Ceylan et au 
Malabar, d'après Hoyer _^y 

PARTIE COMMERCIALE 

(Cours, Statistiques, Débouchés, etc.) 



H ECHT FRÈRES &C"': Bulletin men- 
suel du caoutchouc 

A. & E. FOSSAT: Bulletin mensuel du 
coton 

G. DE PRÉAUDET : Bulletin mensuel 
du îucre 

H. VERMOND : Bulletin mensuel du 
café. 

A. ALLEAUME : Bulletin mensuel du 
caca9 .... 



Pages 



3 y 



4^ 



-lO 

5i 

52 

53 
53 



VAQUIN&SCHWEITZER: Fibres de 
corderie et de brosserie, etc 

ROCCA, TASSY & DE ROUX : Mercu- 
riale des huiles et graines grasses. 

TA\LOR & Co : .Mercuriale africaine de 

Liverpool 

GEO ERNST : Produits de Droguerie. 

Produits divers 55 

J.-II.GREIN: Mercuriale de quelques 

produits d'Extrênie=Orient 58 



54 

55 
56 



LIBRARY 

NEW YORK 
liOTAfilZAL 

ACTUALITÉS Pages 

(Correspondauces, Infoimatious, Exliaiis, etc.) 

Le Camphre à Ceylan, d'après Kelway 

Ba.mblr ;^ 

Faille de l'Hevea, l'ëcimage, moyen de 
hâter l'entrée en rapport, d'après Her- 
bert Wright 5g 

G. DE PRÉAUDET : L'Acide citrique à 
la Dominique Cq 

Evolution du Marché Mondial des Cacaos ûo 
PAUL SERRE : Pourquoi Singapour 

n exporte pas de fibres d'ananas . . . Ci 
F. MAIN : Charrues coloniales (rectifica- 



tion) 



t)2 

62 



63 
63 
63 



O. LABROY ; Huile d'Andiroba .... 

Société Française de Produits sanitaires 
antiseptiques : Le CrésyNJeyès 

F. M. ; Les Hache=Raquettes pour cactus 
au Texas 

C. HARDOUIN ; Rats et Mangoustes. 

A. FAUCHÈRE : Le Coffea congensis 
remplacera-t-il le Libéria ? 

E. G.ANE : On demande une machine 
pour couper le Coprali . 64 

Une enquête sur les Débouchés du Rhum 64 
de la Jama'ique 

BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE 

(sui- [ja[iier bleu) 

Livres nouveaux || 1309-1318. — Principaux 
sujets traités: Oléagineux de l'Indo-Chine 
Ficus elastica. Sols alcalins. Ramie. Coir 
Riz.Féculeriede Manioc. Sansevières. Sisal 
Coton. Glucose. Dextrine. Amidon. Cul 
tures et produits des Indes Néerlandaises 
Thé V. XV, XVII 



FIGURES 



F.ig. 4. — Portrait de Jean Vilbouchevit 



CH 



35 




CAMPEMENTS COMPLETS — 



T , „ , „ , MEUBLES COLONIAUX 

feule.s l'opottes, M,iilcs, Pharmacie, etc.. Lils genre "^xxu a 



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CORRESPONDANCE SOLLICITÉE 

On foiiiiiil Devis ei .'\()jots 



ADRESSE TÉLÉGRAPHIQUE 

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Septième Année. 



N' 68 



28 Février 1907 



Journal d'Agriculture Tropicale 



MORT DE JEAN VILBOUCHEVITCH 




Au moment même où paraii'snit le nmiirro de Janrnr du JoiiriirJ d'Agriculture Tropicale, 
'Une catastrophe anssi terrible qu'imprévue, jetait la désolation dans l'administration du 
Journal. 

JEAN VILBOUCHEVITCH est mort le 27 janvier, quelques heures à peine après 
avoir écrit un dernier article pour ce jejurnal qu'il aimait tant. 

D'autres diront ce qu'était le savant et ce que fut son (euvre ; nous nous contenterons de 
pleurer celui don* l'histoire humaine pouvait se résumer en deux mots : Droiture, Bouté. 

es administrateurs et rédacteurs du (( J. d'A. T. » pensent que la meilleure manière 
de rendre hommage à la mémoire de leur regretté directeur est de continuer son œuvre. 

Ils suivront la voie que M. VILBOUCHEVITCH leur a si magistralement tracée et 
qui lui avait permis de faire prendre au Journal d'Agriculture Tropicale une place importante 
dans la Presse coloniale. 

Ils espèrent que le précietix concours des Abonnés et des Collahorateurs ne leur manquera 
pas dan'< cet'e entreprise. 



ffi JOURNAL I) \iiHlil l.nui: 1 l.'iinCMJ.: No us — ImH-. ]907 



Jean YILBOUCHEVITCH 

L'ajiriculture coloniale française vient de faire, par la mort de Jean Vilbouchevitch^ 
ane parte cansidérable. 

Il y a sept à huit ans, un mouvement nouveau se dessinait en faveur des colonies. 
tJn certain nombre d'entreprises agricoles s'étaient fondées pour les mettre en valeur, un 
plus grand nombre étaient sur le paint de se créer, mais si les bonnes volonté.s ne faisaient 
pas défaut, elles manquaient fort de direction. Ls nombre des personnes qui s'occu])aient 
d'une manière réoUemsnt scientifique des questions d'agriculture tropicale, était extrême- 
ment réduit, et c'était, du reste, une agriculture entièrement nouvelle qu'il fallait inaugurer 
puisqu'elle devait s'adapter à des pays dont on ne connaissait à peu près rien. 

C^tte science de l'agriculture dans les colonies françaises devait en réalité se constituer 
e-n grande partie à la suite des essais des colons eux-mêmes ; mais ceux-ci devaient pouvoir 
s-'inspirer des méthodes appliquées dans des pays présentant des conditions analogues à 
i^elles de la contré? qu'ils exploitaient et des résultats qu'on y obtenait. Ils devaient surtout 
pouvoir jjroflter de leurs travaux réciproipies et rex])érience des uns devait être la leçon 
ies autres. 

Vilbauchevitch eut le mérite de concevoir très nettement ces nécessités et celui, encore 
plus gi'aud, de trouver le moyen de réaliser cette sorte de communion d'idées qui seule 
pouvait féconder les efforts de nos planteurs. 

On ne saura jamais quelle énergie il lui a fallu pour fonder son Journal et en faire 
ÎTorgano renixrquab'.e qu'il e^t raiintenant. 

La difficulté était double : il lui fallait non seulement trouver des abonnés, mais encore 
et surtout grouper des collaborateurs. 

Vilbouchevitch n'aurait pu atteindre le but qu'il poursuivait si du fait de ses travaux 
intérieurs il n'avait été depuis de longues années en relations suivies avec les princ'paux 
agi'onomes étrangers, théoriciens ou planteurs. 

Ce n'était pas tout de les connaître, il fallait obtenir d'eux qu'ils voulussent bien com- 
muniquer le résultat de leurs travaux. Vilbouchevitch sut mieux faire : il spécialisa ces 
eomni uiications vers le but qu'il voulait atteindre. Il devint en quelque sorte le guide de 
ses collaborateurs en provoquant leurs recherches et en leur indiquant dans quel sens ils 
devaient l(>s poursuivre ])our qu'elles se complètent mutuellement et qu'on en puisse tirer 
d«s conclusions d'ordre pratique. 

En France son influence aura été inappréciable et il aura servi <rii:itiateur et de guide 
à la i)lupart des spécialistes de l'agriculture tropicale. 

Ce sera le grand mérite de sa revue d'avoir été mieux qu'un simple recueil d'articles ; 
car grâce à son esprit essentiellement ])ratique. il lui imprima une direction toute parti- 
culière répondant entièrement an but (iii'il s'était i>ropos(' et (|ui tendait uniquement à 
Ëavoriser les échanges des colonies avec la niétro])ole. 

Et c'est ce qui faisait le charme de son journal. Ses nombreux lecteurs, eu le lisant, 
avaient la sensation (|u'ils n'étaient pas isolés dans leurs eiïortxS ; ils avaient la ceitilude 
que d'autres s'intérasseraient à leurs succès et que les échecs des uns étaient du moins 
d'utiles leçons pour les autres. Ils sont nombreux, ceux qui ont fait part de leurs essais au 
Journal d'AgrictiUure tropicale, et qui, sans se connaître, grâce à Vilbouchevitch, ont, 
eollaborateurs de la même œu^Te, contracté une féconde confraternité de travail ! 

c n'était pas cependant sans se donner beaucoup de mal qu'il arrivait à se docu- 
menter. Il entretenait une correspondance considérabh» ; s'elïorçait de voir tous ceux 



No 68 — FÉv. 1007 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 33 

dont l'opinion ou l'.>s travaux pouvaient avoir (pielque valeur et le temps qu'il ne passait 
pas à lire, il le cousi'criit à des interviews nombreuses. Il y faisait preuve de eette entière 
sincérité que tou i lui connaissaient, et lorsqu'il se trouvait eu face d'un contradicteur 
dont la probité scientiti([U(' lui ét;^it connue, il se bornait souvent à dij'e » Je n'ai pas com- 
pris... ». Cette trop firande confiance qu'il avait eu ses amis, est certainement la seule 
chose qu'ils pourraient être eux-mènu's tentés de lui reprocher. 

Mais s'il était arrivé à réunir autour de son Jouruiil la collaboration la ])lus renseignée 
et la plus compétente qui se puisse rêver, il n'avait pas eu autant de bonheur du côté d'> 
ses lecteurs. 

Il avait fait preuve d'un grand courage eu lanc^'ant sa revue, et maintenant qii'il n'est 
plus, on peut dire avec quel désintéressement il l'a l'ait. 

La première fois que j'ai aii VilboucheAitch, c'est à mon retour du Soudan, à la fou- 
dation universitaire de Belleville, cpie A-enait de créer Jacques Bardoux. Il fn-quentait 
parmi les humbles, comme il n'a jamais cessé de le faire et, ayant appris que j'allais m'oc- 
cuper de plantations en Guinée, il me parla du Journal qu'il voulait fonder 

D'autres revues privées d'agriciilture coloniale existaient alors et bénéficiaient de la 
bienveillance des pouvoirs publics et des sociétés de propagande coloniale. Le Journal 
d'Agriculture Tropicale était une concurrence fâcheuse, il ne fallait donc pas compter .sur 
le concours pécuniaire des organismes officiels ou quasi officiels. Mlbouchevitch n'hésita 
pas à se lancer, sans aucun concours financier, dans son entreprise, bien décidé, comme 
il me le disait alors, à risquer tout son modeste avoii- ])our la réalisation de ses idées. 

Lorsque le Journal (l'A. T. parut pour la première fois, c'était au moment où les grandes 
sociétés du Congo étaient dans tout le succès de leur formation, que de tous côtés, en Indo- 
Chine, en Océanie, à Madagascar, se créaient des plantations disposant de capitaux consi- 
dérables. Yilbouchevitch pensait qu'il trouverait là une clientèle précieuse d'abonnés. 11 
rêvait de faire du bureau de son Journal une sorte d'office de renseignements agricoles 
que toutes ces sociétés auraient eu le plus grand intérêt à subventionner, et en fait, il s'était 
mis très vite en situation de leur rendre les plus grands services. 

Il disait : « Voici à quoi je peux être utile : lorscju'une société vent se créer ou qu'un 
planteur veiit appliquer un nouveau mode de culture, je pni.s l'aider au moyen des dossiers 
que j'ai réunis ; je puis dire : il y a telle ou telle chose qu'il faut ou ne faut pas entreprendre.; 
tel essai a déjà été fait en des pays analogues où il a échoué pour telle ou telle raison : 
voici la machine qu'il faut employer ; la manière de se procurer des semences ; le débouché 
qu'il faut envisager ; les prix que l'on peut obtenir. Si je n'ai pas ces renseignements, je 
l)uis ouvrir une enquête pour provoquer la discussion et préciser les choses. Une fois qu'une 
exploitation déterminée est entreprise, je peux tenir au coi^rant ses fondateurs de tout 
ce qui, dans le monde entier, se rapporte à l'industrie ou à la culture qu'ils ont entreprise, 
leur indiquant ainsi les fautes à éviter et les améliorations qu'ils doivent apporter à leurs 
cultures. » 

Ces services, on ne les lui a pas demandés, non que la nécessité de lui offrir une juste 
rémunération de ses peines en ait été la cause, mais pareç, que les entreprises françaises 
ne sont en général pas encore assez habituées à regarder ce qui se passe autour d'elles et 
à s'entourer des renseignements d'ordre scientifique qui pourraient, sinon toujours leur 
procurer le succès, du moins leur é"vnter généralement bien des échecs. 

Au lieu de consacrer des lignes élogieuses aux nouvelles cultures ou aux nouveaux 
procédés, il commençait par bien préciser quelles étaient les données exactes que l'on pos- 
sédait à leur sujet. Il prenait l'avis des théoriciens et le portait à la connaissance des 
planteurs en leur demandant quels étaient les résultats qu'ils avaient obtenus et peu à peu 
il arrivait à dégager la vérité. 



38 JOIKNAL DAGltlCLLTL'UK TKtil'lLALt; N (18. _ l^v 19i~ 

C'est ainsi (pi 'il :i prôcisi- les eoiulitions d'exiiloitatiou des ]ii'0(luits dts haiiiHiit-rs. 
fruit, libres et farine et qu'il a détruit à leur sujet bien des lejrende.s ; qu'il a dt'tennine 
les conditions de cultures des agares ; ([u'il s'est attaché, avec le coccours précieux de 
M. Main, à faire connaître la machinerie agricole coloniale : qu'il r. surtout apporté une 
grande lumière dans les questions complexes se rattachant à la culture df s pluntis à caout- 
chouc, étude à laquelle sa belle édition du livre de Warburg l'avait tout spécialement pré- 
paré. Tout ce qui concernait la fertilité des sols tropicaux le préoccupr.it beaucoujj : il 
eut le grand mérite de se faire des idées très nettes sur ce sujet et suiv; nt son habitmie. 
il les ])roclama courageusement ; l't c'est bien C(l;: qui constitue son princii>al titre de gloire 
et fait (|ue son nom restera comme celui (riiii véritable agronome. 

Il ne se coiitentiiit pas de ces vaines formules sur les(juelles on a voulu trop souvent 
édifier toute l'agriculture tropicale. Il pensait ave(' raison que le procédé de vulgarisation 
des choses coloniales qui consiste à les montrer uniquement sous le jour le plus favorable, 
est faux et dangereux ; il ne voulait rien avancer dans son Journal (|ui ne fût contrôlé 
par l'expérience et jamais il n'aliaiidonnait une question avant de l'avoii entièrement mise 
au point. 

Il était heurcus( nient ai<lé dans sa tâche par la iuccicusc connaissance qu'il avait de 
la ])lupart des langues européennes. Il savait le français a.ssez bien pour (pi'à lire son 
Journal ou à causer avec lui, on ne pût deviner qu'il était Russe de naissance et d'éducation. 
Il savait tout aussi bien l'allemand et l'anglais et lisait couramment le hollandais, l'espagnol 
et l'italien. Il possédait ce don des langues à un tel degré qu'il lui arriva d'écrii'e cet ai)ho- 
risme qui était pour lui une vérité : « Bappelons que toute personne ayant vraiment besoin 
de se tenir au courant de ce qui se fait à Jara. pourvu qu'elle sache l'aUemand. saura ap- 
prendre en que'ques jours anscz de hothnidais pour se débrouiller dans un document technique. 
Grâce à un labeur de tous les instants, il parven;iit ainsi à se tenir au courant de tout 
ce qui se publiait sur l'agriculture tropicale et il en faisait généicusement part à ses lecteuis 
dans ses bulletins bibliographiques qui étaient la iiartie de son .iouitial à laquelle il tenait 
le plus. 

Doué d'une mémoire extraordinaire, il se .souvenait de tout <e (|u'il avait lu. et con- 
naissait exactement l'état de toutes les questions qui présentaient <|iielque intérêt ])Oui 
lui et ses lecteurs. C'est ainsi (|u'il ('tait arrivé à connaître les (cuvres de tous les savants 
français et étrangers s'occupant d'agriculture coloniale. Il sut apprécier leur valeur et 
entrer en relations avec eux et avec les principaux planteurs, ce (pii lui pernu'ttait de 
signaler très régulièrement l'état de leurs travaux. 

Le Journal d'Agriculture tropicale. api)récié dès le début par les étrangers, avait fini. 
gi'âce à la science et à l'énergie de son directeur, par vaincre toutes les apathies et s'imp'oscr 
à tous, et Vilbouchevitch, après une lutte opiniâtre qui ne dura pas moins de huit années, 
allait pouvoir considérer son œuvTC avec une juste fierté et s'écrier : j'ai vaincu. 

Ilélas ! ce n'est pas à lui que ])rofitera la victoire ! Il tombe terrassé par la maladie qui 
le minait depuis longtenii)S déjà. 

Ses amis garderont le soiivenir de sa bonté exquise et ne se consoleront point de 
n'avoir pas su le garder au milieu d'eux. Ils s'etïoreeront du nutins de continuer son œuvre : 
le Journal d' Agriculture tropicale poursui\Ta sa belle carrière et l'on pourrait ]jeut-être 
émettre le regret que la colonisation française n'ait pas su mieux profiter du labeur de 
cet honnête homme (pii, en d'autres pays, eût été largement rémuiu'ré de sa peine et sans 
doute aussi comlile d'honneurs. Emile Baill.^l'D. 

Jean Vilbouchevitch naquit à Bielostok (Russie), le 24 juin 1866. Il fit ses études au lycée <lc 
cette ville et les continua ;\ l'Acaflémie .agricole de Moscou (Pctrovskaïa Academia). Après nii pn - 



N»(i8 — l'Kv. 1907 jo;i;nai. n'AGRicui;rui;i': TuopiCALn: 39 

mier voyage d'études dav.s \c sud do la Russie, il vint en Franco en ISS9, où il repiésenta los étudiants 
russes aux fêtes universitaires de Paris ; c'est de cette époque que datent ses premières relations avec 
le monde scientifique friinçais. Pondant ce premier séjour dans notre pays, il parcourut principale- 
ment la Provence, où il réunit les matériaux d'une étude approfondie sur les terrains salés, leur agri- 
culture et leur flore. La Société nationale d'Agriculture de France garde de lui une petite plaquette 
intitulée Les Plantes utiles des Terrains salés {Paris 1892). Il retourna alors en Russie avec la déléga- 
tion française chargée d'organiser l'Exposition d'horticultuie de Saint-Pétersbourg. Attaché au minis- 
tère de l'Agricirlture de Russie, il s'y livra à l'étude du reboisement et des nombreuses questions 
intéressant son pays et fit partie d'une commission offieiollo pour le relèvement de l'agricidture russe. 
Puis il revint on France, où il so fixa définitiveir.ent à Pivris, en 1895. D'abord attaché à la Sevue 
(les Cultures coloniales, il fonda, en 1901, le Journal d'Agriculture tropicale, qu'il plaça rapidement 
au premier rang des publications de ce genre. Entre temps, il avait publié une remarquable traduction 
annotée de l'ouvrage du professeur V/arburg : Les Plantes à caoutchouc et leur culture (Paris 1902). 
II apporta une active collaboration à diverses revues agricoles, et, pendant toute la, durée de son séjour 
en France, consai-ri une grande pavtie d? S33 l>i-iv3 à de? œuvres populaire-;. 



Les Machines agricoles et le Génie rural 
à l'Exposition de 1906 à Marseille 

F.iuvreté extrême de la section dos machines. L'obstination incomproliensililo des constructeurs 
français de machines agricoles. — Les machines à café de Krupp. — Le décortiqueur de riz 
de NiCHOLSON (ra.aison Piltbr). — Le matériel pour palmier à huile, de l'huilerie Fouexier. — 
Les maisons en fer et brique du Cdmptoir général de.? Poutrelles. — Les distillateurs d'eau, 
moulins et presses à huile de la Compagnie des Foege.s et Chantiers de la Méditerranée. 
— L'araba de Caisergtte. — Les selles et bâts do Camille & fils. — Le matériel de trans- 
]iiirt de PÉTOLAT. — Id., de Decauville. — Excellence générale des collections d'appareils 
indigènes. — Analyse des pré-sentations de I'LkIo. Chine. : Instruments de labour. Tarares. 
Manèges. Moulins à canne. Decortiqueurs de riz. A]ipareils pour le traitement du coton. Chariots, 
Clialands, etc. L'exposition do la Société Française des Distilleries de l'Indo-Chine 
■Appareils hydrauliques. — Collections diver.ses. 

Par M. F. Main 

Loi',squ'(.-!i 1905 ii0O3 avou.s pa,ssé en revue, machines dont nii cei-lain noni1>re n'avaient 

dans ce Journal, les exposants de machines même auenne application possible dans nos 

à l'Exposition d'agricultuie coloniale de colonies. Nous n'avons donc pas l'intention 

Nogent-sui--Marne, nous avons sig'nalé. en d'cnuniérer dans ce qui suit tout ce que nous 

le déplorant, que les exposants avaient fait avons vu : la place nous manque pour parler 

preuve d'une grande indifférence à l'égard de sujets qui ne sont pas strictement du 

des besoins des colons et des exigences parti- domaine de l'agriculture coloniale ; nous 

culièrcs des exploitations coloniales. Encore nous bornerons à signaler les expositions 

avions-nous pu y s'oir plusieurs décorti- de nature à intéresser nos lecteurs, 

queurs de café et de riz. des égreneuses de Par contre, le génie rural était brillam- 

coton, des séchoirs à, bananes et à cacao, etc. ment représenté dans les pavillons des 

— A Marseille, nous avons constaté a,vec diverses colonies où nous avons admiré, 

tristesse que ce résultat n'était même pas outre les photographies, de nombreux mo- 

atteint : les appareils spécialement des- dèles de machines et d'instruments indi- 

tinés au traitement des produits tropicaux gènes, ])our la plupart remarquablement 

étaient exactement au nombre de trois, établis. B en qu'un peu futiles à première 

noyés dans une quantité d'appareils et de vue, nous considérons personnellement ces. 



40 



JOUU'NAL D'AGIîK L'LTCUK THOIMCAI.!?: 



N" 68 



Fiiv. 1907 



modèles coniiiu' iiidispcnsiiblcs à rcduc;!- 
tion du constnioteiir, qui peut y trouver 
tout ce qu'il lui est nécessaire de connaître 
pour établir à son tour des machines adaptées 
aux conditions locales de sol, de traction et 
de maniement. Nous en ferons l'examen 
dans la deuxième partie de cette note. 

La grande galerie des macliin«'s ne com- 
portait puère de machines agricoles pro- 
prement dites. Deux ou trois maisons Iran- 
çaises, autant de représentants de maisons 
américaines. ex])osaient leurs types cou- 
rants, sans aiu'un souci de l'adaptation aux 
cidfures tropicales. Dans les appareils de 
préparation des récoltes, il y avait plus : 
Pourquoi une maison française, qui cons- 
truit de très bons appareils d'huilerie, les 
avait-elle sacrifiés à un pressoir à vendange 
à alimentation continue ? Peut-être invo- 
((uera-t-on la proximité de l'Algérie et de 
la Tunisie ; cette excuse n'est pas suffisante, 
et elle n'existe pas pour cet autre construc- 
teur, français également . dont les batteuses 
à pointes sont parfaitement convenables 
pour le riz (nous croyons savoir qu'il en a 
envoyé en Indo-Chine), et qui nous présen- 
tait à Marseille une batteuse à battes, exclu- 
sivement emiiloyée pour le blé ! 

Citons tout de suite les trois appareils 
destinés à des produits coloniaux ; la mai- 
son Keupp exposait un décortiqueur de 
café système Krull (Cf. J. d'A. T., n" 04) . 
la maison Pilter un décortiqueur de riz 
système Kiciiolson, décrit dans le J. d'A. T, 
et enfin l'huilerie Félix FotrKNir.R et Cie, 
de Marseille, deux machines faisant partie 
d'un matériel complet pour la fabrication 
de l'huile de jialme. Un de ces matériels est 
actuellement en cours de montage à la 
Côte d'Afrique (1). et nous pensons y revenir 
lorsque nous connaîtrons les résultats des 
essais prati(iues. 

Parmi les autres exposants, nous avons 
peu de choses marquantes à signaler ; nous 
avons vu plusieurs matériels pour la fabri- 
cation des tuiles et briques, dont quelques- 
uns bien compris. Dans le même ordre 



(!) Comparer avec nos uiiiiola tiens à la U ttrc de M. Pai oisîE, 
i( J. d'A. T. )) n» 11. — N. D. !.. H. 



d'idées, le COMPTOIR GÉXÉR.\L DES Poi- 
TRELLES pré.sentait de nombreux tyjies de 
constructions en fer avec entrevous en bii- 
ques faciles à établir aux colonies, et ayant 
des avantages sérieux de solidité et de 
légèreté ; l'album de cette maison sera con- 
sulté avec fruit par bien des colons — 
Citons un «Tund nombre de machines d'hui- 
lerie, deux types de machines à glace, des 
turbines hydrauliques et quelques exposi- 
tions de matériel de travaux publics. La 
Compagnie des forges et Chantiers de 

LA MÉDITERRANÉE, à CÔtc de (pielqueS UIOU- 

lins et presses à huile, exposait un apjiareil 
à distiller l'eiu de mer, qui peut être inté- 
ressant dans bien des cas, pour des stations 
côtières dé^jourvues d'eau potable . 

Parmi le matériel de transport, citons 
une petite charrette, genre arabe, simple, 
solide et légère, construite par M. Caizeegue, 
à Avignon, et les selles et bâts de ]\DI. Ca- 
iULLE & FILS, à Paris. La maison PÉT0L.4T, 
de Dijon, occupait un vaste emplacement 
garni de wagonnets divers, plates-formes, 
etc. ; nous y avons vu également une loco- 
motive de trois tonnes, divers types de voies- 
étroites et des treuils en acier évitant le» 
risques de casse en cours de transport. 
Enfin, dans les jardins, les ateliei-s Decau- 
viLLE avaient installé un excellent type de 
wagon colonial mixte, monté sur boggies, 
et muni de dispositifs spéciaux assurant 
une ventilation efiScace ; ce wagon était 
destiné à des voies de un mètre. 

Et c'est tout : il est regrettable que le 
caractère national de l'Exposition ait éli- 
mint' certains constructeurs étrangers, spé- 
cialistes dans le matériel destiné à la pré- 
paration des récoltes tropicales et dont la 
présence aurait permis à nos colons de se 
rendre compte de la construction et du fonc- 
tionnement de la machinerie du thé, du café, 
du cacao, de la canne à sucre, du caoutchouc, 
etc., etc . 

Eu revanche, si les industriels fraiiçaLs 
n'ont pas tenu à montrer aux coh)ns s'ils 
pouvaient leur fournir ce qui leur est néces- 
saire, ceux-ci ont eu à cœur de i)résenter 
avec autant d'exactitude que po.ssible les 



N" 138. 



Fév. UI07 



JOURNAL D'AGilICILTUI^'l': TUoPICALK 



41 



type.s d'iustruiuents indigènes dont ils se 
servent, ;ivec un luxe de variété qui ne 
laisse pas de doute sur l'importance des 
déboueliés qu'oiïrirait notre empire colo- 
nial à une maison soucieuse de s'informer 
de ses besoins et de les satisfaire. 

Bien que les pliotograjiliies et les modèles 
soient disséminés un peu partout, nous 
croyons bien faire de les grouper dans l'ordre 
suivant : machines agiicoles, appareils de 
technologie, appareils hydrauliques et maté- 
riel de transport. 

Un assez grand nf>nilire de charrues figu- 
raient dans les pavillons de l 'Indo-Chine, 
toutes à un seul mancheron, à sep assez lai'ge, 
à soc souvent rele\ é : un modèle cochinchi- 
nois était caractéristique à ce point de vue, la 
pointe faisant un angle de près de 20 degrés 
avec l'horizontale. Le réglage, au moyen de 
coins en bois, ne présentait rien de sjjé- 
cial, non plus que l'âge, toujours long et 
destiné à se raccorder directenu-nt avec le 
joug ; notons qu'à part une ou deux excep- 
tions, les socs n'avaient pas de garniture 
métallique 

Les herses, indo- chinoises également, 
étaient d'un type unique : une sorte de 
peigne à quatre ou cinq dents tenu dans 
une position oblique par un barreau hori- 
zontal parallèle au bâti et derrière lequel se 
tient le conducteur ; les traits se fixent à 
mi-hauteur et l'appareil, qui travaille en 
accrochant, doit exiger une grande habileté 
de la part de rou\TieT 

Dans le pavillon de la Cochinchine, une 
série de rouleaux, irnis ou dentés indi- 
quaient que l'usage de ces instruments est 
très répandu et la variété de forme des dents 
correspond certainement à des utilisations 
très différentes. 

Dans les salles réservées au Sénégal, où 
le travail du sol se fait à la main, nous avons 
trouvé des hilaires et des dabas, de gran- 
deur naturelle, les uns en fer. les autres en 
liois, avec les formes originales de lames 
((u'on connaît 

Toujours dans la superbe collection tle la 
Cochinchine française figuraient plusieurs 
modèles de tarares, presque identiques aux 



instrumen.ts construits eu France, mais com- 
portant un système de coulisse ingénieux 
pour le réglage de l'i'.linu'utatiou. 

>.'ous ne pouvons manquer de signaler une 
su])erbe collection de photographies figurant 
dans l'hémicycle de l'Indo-Chine, et repré- 
sentant toutes les phases de la culture du 
riz : les opérations exposées étaient effec- 
tuées avec les instruments dont les modèles 
étaient exposés ailleurs. — Avant de quitter 
cet hémicycle, signalons une scène de battage 
du Polygaïa (graine oléagineuse) : les tiges 
sont battues sur le bord d'une caisse à trois 
côtés comjilets :^t un côté bas. formées de 
toiles tendues sur une carcasse de bois léger 
(probablement de bambou). 

Enfin, au Tonkiu. un manège à quatre 
flèches d'une longueur démesurée, attelées 
chacune de deux animaux de volée. Rap- 
pelons qu'en Annùique on attelle s<nivent 
deux animaux sur la mênu' tlèche. mais de 
préférence côte à côte, ce qui ne conduit pas 
à augmenter outre mesure le diamètre de la 
piste, et par conséquent à diminuer la vitesse 
du manège, 

Comme il fallait s'y atteiufre. les instru- 
ments ou nuichiues ])oui' la préparation des 
récoltes étaient plus nombreux : nous avons 
remarqué plusieurs moulins à canne, tous 
à uui-nège direct, la flèche étant palée sur 
l'axe d'un des rouleaux ; ceirx-ci. au nombre 
de deux ou trois, mais siu' une seule ligne, 
portaient à leur partie supérieure des dents 
d'engrenages taillées dans la masse et ren- 
dant leurs mouvements solidaires ; h s plus 
beaux modèles étaient ceux du Pavillon de? 
forêts de l'Indo-Chiiu'. et du Pavillon de la 
Cochinchine. 

Plusieurs modèles de décortiqueurs de ri:^ 
nous ont intéressé : ils se composaient en 
général de deux meules plates, horizontales, 
la meule inférieure étant fixe et la meule 
supérieure animée d'un mouvement alter- 
natif au moyen d'un.e longue pièce de bois. 
Les meules en bois étaient, dans deux mo- 
dèles, composées de planches de bois dur 
sur champ, juxtaposées, et disposées suivant 
des secteurs. — La Cochinchine exposait 
aussi un mortier à riz avec un pilon à balan- 



42 



JOL'UNAL DAGUICri.TUliK TROPICALE 



N" 08 — Fév. 1907 



cier, mû par le poidt* de l'ouvrier. — Enfin 
la dt-cortiration par piétinement, le mode 
le ])lu.s primitif peut-être, était représenté 
par une ]iliotogia])bie du Pavillon de l 'Indo- 
Chine. 

Le travail du eoton a donné lieu à l'expo- 
sition de deux sortes de inaehines : des 
égreneuses, comportant un loulcau en fer 
et un en bois, et un instrument assez eu lieux, 
dénonniH- nuiehine à tisser (?) le eoton. 11 
s'agissait d'un eylindre v'ertical en bois, 
ouv'ert à sa partie supérieure, dans lequel 
jouait à frottement doux un pistou de bois 
muni d'un manche. A défaut d'explications, 
nous sommes portés à croire qu'il s'agit 
d'une sorte de feutrage, bien que le résultat 
ne doive pas v-aloir un tissage, même gros- 
sier. — t^uelques métiers à tisser figuraient 
également dans l'annexe de l'expositiun du 
Tonkiii. 

Dans ce même pavillon, d'intéressantes 
photcg \'.phies du séchage du café sur patio, 
et dans de <,;ramls paniers plats, de l mètre 
euviion de diamètre, paraissant servir éga- 
lement au transport et au séchage. 

Nous avons regretté que la collection de 
vermicelles de riz exposée dans l'liémi<'ycle 
de l'Indo-Chiue n'ait pas été accompagnée 
d'un exposé photographiciue des procédés 
de fabrication ; nous y aurions trouvé d'inté- 
ressants renseignements. 

Parmi les outils et instruments divers, 
signalons, dans le PaAàllon des forêts de 
rindo-Chine, une collection d'instruments 
pour la conservation et le séchage du pois- 
son; au Dahomey, une collection d'outils 
poui' la. cueillette des fruits du ]ialniier à 
huile et l'extraction de l'huile de pahne ; 
un ensemble analogue figurait à l'exposition 
de la maison EoccA, Tassy & de Eotjx, 
qui avait réuni les instruments indigènes 
employés pour l'extraction du coprah. 

La Société Française des Distilleries 
uE l'Indo-Ciune, à Nam-Dinh, exposait 
un alambic, de grandeur naturelle, com- 
portant, au-dessus d'un fourneau en bricpies, 
un chapitt au en bois surmonté d'une calotte 
de teiTe cuite ; un tube de bambou se rendait 



au réfrigérant, en étaiii, avec lequel il était 
relié par un curieux assemblage d'écorce et 
de brins d'osier, admirablenu-nt travaillés ; 
dans un autre modèle, la carcasse d'écorce 
était remplacée par des fragments d'enve- 
loppe de noix de coco 

Les machines de construction européenne 
n'étaient représentées que par des photo- 
graphies dans lesquelles, en général, la vue 
de la machine était sacrifiée à la vue de 
l'usine, ce dont nous ne pouvons, d'ailleurs, 
taire un reproche aux exposants; mais nous 
n'avons pu, d'après ces pbotograi)liies. dis- 
cerner la provenance des moulins à Iniile, 
égi'cneuses de coton, défibreuses, rouleurs 
à thé, etc., fonctionnant dans les diverses 
usines qui exposaient 

Parmi les appareils hydrauliques, nous 
citerons, en première ligne, à la porte du 
Pavillon de l'Annam, une roue élévatoire 
mue par le courant ; cette roue, entièrement 
en bambou refendu, ((lii lui donnait l'appa- 
reiu'c d'un travail de vannerie, avait (I"'!t0 
de diamètre sur o'"!,') «le largeur : les aubes 
iiP peu courbes, étaient doublées par des 
tubes de bambous posés en diagonale et ser- 
vant à l'élévation de l'eau. La roue propre- 
ment dite, qui ne comportait aucune pièce 
métallique, était di.sposée dans un couloir 
également en bambou, servant à l'aiiivée 
de l'eau 

Dans les divers ]);i.villons de l'Iniio-L'biue, 
nous signalerons des norias fonctionnant au 
pied, et formées tl'une chaîne sans fin por- 
tant des i)alettes carrées ])assant à frotte- 
ment doux dans une auge inclinée, sorte de 
couloir en bois à trois cotés, de 0">ir) x 0"'15 
de section, ("est l'axe supérieur de la chaîne 
riui j)Orte les niarche])ieds radiaux sur les- 
(jUels agit l'ouvrier. Comme la nnw précé- 
dente, ces norias sont destinées à de très 
faibles élévations, fait qui a son intérêt pour 
l'étude des pompes pouvant être envoyées 
avec succès dans nos rizières d'Extrême- 
Orient. — Nous regrettons de n'avoir ]>u 
examiner un modèle ou une bonne plioto- 
giaphie des immenses roues nu-ntionnées 
dans le volume publié par la Chambre d'agri- 
culture de l'Annam (W .f. d'A. T. », n» f>5. 



N» 68 — Véx 1907 



JOURNAL D'AGRICULTUHE TROPICALE 



41! 



§ 1271, pour riiTiyation de certaine pro- 
vince de cette colonie 

Comme matériel de transport indigène, 
nous avons surtout remarqué des charrettes 
asiatiques dont les roues soit pleines, soit 
oharronnées, présentaient des assemblages 
curieux. Dans le Pavillon des forêts de 
rindo-Chine, nous avons admiré une col- 
lection de photogTaphies sur le transport 
des bois en forêt, leur flottage, le transport 
sur chalands plats des feuilles de lataniers, 
«elui des noix de coco, etc. — Au Sénégal, 



nous avons déjà signalé plusieurs types de 
bateaux à fond plat servant au transport 
des voyageurs et des colis pour le passag' 
des barres. 

En terminant, nous mentionnerons un 
groupe de cases et greniers malgaches ex- 
posés dans les jardins du ])avillon de Mada- 
gascar et donnant un aperçu de l'art du clnu- 
pentier dans notre grande île africaine. 



Paris, 10 janvier 1907. 



F. Main. 

liHj;''iii('tir-A£;ronoiiu'. 



Exploitation et Commerce de la Châtaigne 
ou Noix du Brésil 



Les deux espèces : Châtaigne An Para. — Sapucaia — - Habitat. CuL^illette. Déboucliés. Statistique. 

Par M. Paul Le Oointe 



Nous sommes ln-ureu\' de publier ce premier 
article de M. P. Le Coixte, ingéuieiu' géograplie, 
■et naturaliste amateur des plus renseignés, ha- 
bitant depuis de longues années à Obidos Para. 
Il a beaucoup voyagé dans la région et la con- 
naît assez pour avoir pu dresser une carte nou- 
velle de l'Amazone, qui doit paraîti'e incessam- 
ment chez A. Coliu. Lorsqu'il revient passer de 
courtes vacances à Paris, il ne manque jamais 
les déjeuners mensuels de la Société île Gcogra- 
phie Commerciale ; c'est là que nous l'avons 
e.oanu. Il a publié de nombreux mémoires dans 
le « Bulletin )i de cette Société, et entre autres, 
tout récomment, une étude sur l'élevage dans le 
Bassin de l'Amazone et une autre sur le caout- 
chouc. Nous donnerons prochainement des ex- 
traits de ce dernier travail, complétés par des 
rensîignements importants que l'auteur a bien 
voulu y ajouter de vive voix. Après avoir di- 
rigé une grande exploitation de caoutchoutiers 
■croissant spontanément dans la forêt, M. Le 
CoixTE a l'intesition de passer à la cidture 
de l'Hevea, dans le pays même, en combinaison 
avec le cacaoyer. Il estime que celui-ci est avan- 
tageux pour ombrager les troncs des Hevea, 
qui, dit-il, ne fournis.sent que peu de latex en 
terrain découvert. Nous avons sa promesse de 
nous donner un article spécial sur les quelques 
plantations de ce genre existant déjà dans la 
région. — Nous aurons également à revenir en- 
core sur la noix du Brésil, notamment sur les 



emplois industriels de son huile et sur les débou- 
chés de l'amande en tant que friandise et commi; 
matière première de confiserie. Sur les tables 
françaises, cette noix n'occupe pas encore la 
place à laquelle elle aurait droit ; cela tient, pa- 
rait-il, à certaines négligences dans l'emballage 
et le transport qid font qu'elle arrive parfois ran- 
cie ; d'autre part, il est assez malaisé de briser 
la noix du Brésil dans de bonnes conditions avec 
nos casse-noix ordinaires. Dans le pays, ou se 
sert d'un couteau bien aiguisé, mais ce procédé 
ne saurait être recommandé chez nous, aux en- 
fants surtout. II paraît qu'en Angleterre on 
emploie un bri.se-noix spécial, à vis, qui fait par- 
faitement l'affaire ; nous aimerions en posséder 
un spécimen. — nos amis de Londres nous fe- 
raient grand plaisir en organisant une petite 
e.iquête sur la question. — N. d. l. R. 

Ou la désigne vulgairement en France 
sous le nom de « noix du Brésil ». Il y en 
a deux sortes principales : 

La xdus imijortante, la châtaigne du Para, 
ou de Maranhào, est le fruit d'un des plus 
beaux arbres de l'Amérique du Sud, le 
Bertholletia excelsa (Lécythidées) qui dépasse 
sorrvent 35 mètres de hauteur et 2 mètres 
de diamètre à la base dir tronc ; l'autre, 
appelée « Castanha sapucaia » provient du 
Lfcyflus grandi flora. (" Quatelé », a Cana,i'I 



11 



.lOrii.NAf. D'AdUICLLTUUK TUOIMCALE 



N" 68 — Fiiv. 1907 



macaque » ou >i Marmiti* de singe » de la 
(iuyaue française). 

La cliâtaigne du Para est aussi de Ix-au- 
eoup la plus commune ; à l'ëtat sauvage les 
châtaigniers vivent toujours groupés en fa- 
milles ; ils constituent l'essence dominante 
de certaines pii.rties des forêts de terres 
luiutes, dans toute l'étendue du bassin ama- 
zonien. On comnuMice à les rencontrer à 
20 ou 30 kilomètres des rives du Grand 
Fleuve, et l'on en trouve encore dans le 
haut Béni (Bassin du Madeira, Bolivie). 

r { stsurlarivegauche de l'Amazone que se 
trouvent les « castiinhaes » (1) les plus denses, 
près d'Alemquer. entre cette ville et Obidos. 
et surtout au rio Trombetas. On n'en ex- 
ploite d'ailleurs pas encore la millième partie. 

Jusqu'à CCS dernières années, on ne ra- 
massait que ks fruits trouvés dans le voi- 
sinage des couis d'eau facilement navigjshlcs; 
à l'intérieur des terres, tous les transports 
étant faits à dos d'honiiiic. ])ar des sentiers 
à peine indiqués à coups de sabres d'abatis, 
il était dilTicile d'aller les récolter dans la 
forêt loin de l'endroit ou restait accosté le 
canot. Depuis quelque temps, le gouverne- 
ment ayant vendu les principaux « cas- 
tauhaes » à des ])articuliers c(ui les fout ex- 
l)loiter par un ])ersonnel à leur solde, les 
fiimples cherche urs de » châtaignes » ont dû 
filler explorer ])lus loin des régions encore 
vierges oii ils poiivaient exercer librement 
leur primitive industrie. Ils se sont alors 
quelquefois associés entre eux, et ont ouvert 
des routes reliant les « castanhaes » du centre 
aux ports d'embarquenient. alin de per- 
uu'ttre le transport de leur récolte au 
moyen de chariots grossiers, lentementtraîiu'S 
])ar des ba^nl's :;u milieu des fondrières et 
des souches d';:rbres mal coupés. 

Le fruit d\! licrfhollctin cjtcIuii uiùrit en 
novembre. t"i st un véritable boulet de 
12 centimètres de diamètre, pesant quelque- 
fois plus de 1 kilog. et renfermant, sous la 
c()(|ue extérieure, ligneuse et très dure. L"i 
ou 20 noix, étroitement j\i\laposées, à ti'ois 



arêtes vives, qui contieuiu-nt chacune une 
amande allongée. 

On attend, pour commencer la récolte, 
que tous les fruits soient tombés sur le sol, 
ce qui a lieu en jauvier ; on évite ainsi le» 
accidents et, d'ailleurs, les châtaigne.^ 
com])lètenient mûres sont de meilleure con- 
servation. 

Il est curieux de voir alore reparaître les 
habitudes encore un peu nomades de la 
population amazonienne. Dès le mois de 
décembre, abandonnant sa maison, ses plan- 
tations, et toutes ses occupations habituelles, 
le « caboclo » (1) entasse ses maigres Ijagagcs 
et quelques provisions dans un minu.scule 
canot, et, accompagné de toute sa fainille. 
s'embarque pour le « castanhal » ; tant bien 
que mal accroupis sur les caisses, la femme 
et les enfants de tout âge font force de pa- 
gaies, tandis qu'à la poupe, les jambes croi- 
sées, tirant d'énormes bouffées de fumée 
d'une longue cigarette roulée dans un uu)r- 
ceau d'écorce de « tauari » (2). l'homme 
maintient le « jacumâ » (3) sous .son bras 
replié. Pendant des journées, ils voyageront 
ainsi, s'arrêtant le soir chez (luelque con- 
naissance que l'exemple décide, et qui, le 
lendemain, son canot pareillement équipé, 
s'en ira de même chercher la fortune, assurée 
cette fois, puisque la nouvelle est connue, 
on la réi)ète partout : il n'y a Jauuiis eu 
autant de châtaignes que cette aimée ! 

Il s'agit d'amener les embarcations aussi 
près que possible du c Castanhal » oh l'on 
va travailler. Une cabane rapidement cons- 
truite sur la rive, et couverte de feuilles de 
])almiers, ser\ira d'abri durant la « safra )'(4); 
elle n'est pas grande, les hamacs s'y étagent 
et s'y entrecroisent, d'aut^nit plus <|u'uiic 
cloison en réserve une partie pour le dc'pot 
tle la récolte. 

Les fruits tombés des châtaigniers ont 
roulé sur le sol qii'ils cou^Tcnt aux alentoui-s 
de leiu's gros troncs élancés et rugaeux. 



(Il Oast.mhal ;I',iilie le l.T forèl 



:i!i >n(ici)l !c àtftiirnicrs 



il' C'iliorlii ; Indien cnilÏM*. 

(il Taïuiri ; *ir;iiul jirhrc iCoiiruteiri niiitinfnsis Lècythi- 
fl(''is\ dont récnrcr se divise en frnillels In s minces. 

(it; .hiciuiiit ; Ui-iii.i)e piiuMic reinpliii,-anl le iTttiivcrn.iil diins 
ics peiiles endwirL'.ilions. 

<i) Siifra : C.'esl re|tO(|ne diir.-inl liii|uellc se fait la recolle. 



N» 68 - Kév. 1907 



JOURNAL D'A(;RICL'LTrKK IIMPICALE 



45 



faciles à distinguer de l(nn ;xu milieu des 
autres arbres qui les entourent. Le travail 
est vite organisé : petits et iiTands se par- 
tagent la besogne, ceux-là réunissent les gros 
fruits en tas, ceux-ci les ouvi'ent à l'aide du 
«abre d'abatis pour en extraire les châtai- 
gnes. Ces dernières sont transportées a la 
baraque dans des paniers ou des hottes (jue 
le soir on a tressé avec la liane Ouanibé ou 
le tronc délié de la Jacitarà (Palmier sar- 
menteux : Macorccinthos Desmonchnx). 

Un homme peut récolter par jour 90 à 
100 kilos de châtaignes et pourrait réaliser 
ainsi un beair bénéfice. Mais, comme les 
vautours suivent la caravane, un « regatao » 
ou marchand ambulant, a suivi chaque 
longTie file de canots en voyage pour la 
« castanha " ; il a établi son dépôt de mar- 
chandises non loin d'un groupe de baraques, 
et là, derrière sa batterie de bonbonnes rem- 
plies de « cachaça » (1), entouré de quelques 
ballots d'étoffes voyantes, de paquets de 
tabac, de sacs de sel, de bidons de pétrole 
et même de caisses de mauvaise bière, il 
guette les ramasseurs de châtaignes qui ne 
pourront mancpier de devenir sa proie. 

Peu à peu toutes les récoltes s'accumulent 
dans le magasin qu'il a préparé près de sa 
l)outique, A la fin de la saison, les pauvi-es 
«aboclos se sont même endettés, heureux 
s'ils i^euvent, pour s'acquitter, aider le 
« regatào » à charger ses embarcations et à 
les conduii'c jusqu'au port le plus proche. 
Plusieurs manquent à l'appel, car la morta- 
lité est grande dans les « castanhaes », et, 
pour- les aiitres, bien triste est le voyage ; 
adieu, les beaux rêves de fortune ! Maigres, 
jaunis par les fièvi'es, la mauvaise nourriture 
et l'alcool, ils jurent que le grand bois ne 
les reverra plus ; ils y retournent l'année 
suivante 

Si la châtaigne n'enrichit pas celui qui 
la ramasse, elle ne fait pas toujours la for- 
tune du premier acheteur. Son prix est très 
variable, et les oscillations brusques qu'il 
subit sur le marché du Para, impossibles à 
prévoir dans les centres de production privés 



de tout moyen de communication rapide, 
exposent à bien des déboires. 

De 1830 à 18.51, ce prix éti^it de 3 à mil- 
rcis (L) rheetolitre (environ 50 kilos; en 
1892. il a atteint 127,950 reis ; il varie main- 
tenant eutie .8 et 21 mihvis. 

Le fruit du châtaignier « sapucaia '> est 
encore plus grand que celui du châtaignier 
du Para ; il atteint 20 centimètres et plus 
de diamètre. C'est une capsule qui, à la 
maturité, s'ouvre à son sommet par uiy 
couvercle qui se détache, laissant tonibei 
les amandes. Le Lecythis grandiflora est plus 
rare dans la forêt que le Bertholletia ; ses 
fruits sont d'ailleurs plus estimés que ceur 
de ce dernier et atteignent un prix plui 
élevé de 1,'.3. D'ailleurs, planté dans les ter 
raius d'allu\ions des rives de l'Amazone 
il vient très bien et rapidement, et produit 
beaucoup. 

Les amandes de l'une et de l'autre espèce 
sont excellentes à manger crues ou cuites, 
elles sont utilisées en confiserie pour 
remplacer l'amande d'amandier. Elles four- 
nissent abondamment une huile jaune clair, 
transparente, d'odeur et de goût agréables 
cpiand elle est fraîche. Cette huile peut rem- 
placei celle d'amandes douces et même 
celle d'olives, mais eUe est utilisée surtout 
pour la fabrication du savon blanc aroma- 
tisé et pour l'éclaii-age. 8 kilos d'amandes 
produisent envir-on 5 kilos d'huile. 

L'écorce des deux '< châtaigniers » donne 
une étoupe excellente pour le calfatage des 
embarcations. Par le battage, les Indiens 
du Béni (Haut-Madeii'a, Bolivie), s'en fa- 
bricj[uent même des vêtements souples et 
résistants. 

Le bois peut être utiUsé pour la construc- 
tion, surtout celui de « sapucaia ». (D. =1,077) 

Exportation de châtaignes provenant â' Amazonie 
(en hectolitres) 

1874 43.390 1887 101.927 

1875 67.447 "l888 161.307 

1876 48.889 1889 67.791 



(1) (;iM-Iia(,-a : Alcuol de canne à sucre. 



(1) Mili-eis : Unité monétaire valant au pair 2 fr. 83, anjour 
(i'hiii au cbaniît de li d. le niilrcis (on lOOn reis) vaut i fr. 5._ 



46 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPtCALK 



N" 6S 



rM;\ 1907 



1877 ll.î.2()0 

1S78 87.41!» 

187!) :U.89.> 

1880 i)8.371 

1881 121.5Ï>S 

1 882 80 . 400 

1883 42.734 

1SS4 1 38. 488 



188.") 59.403 

188li 59.282 

18!t(i 33.576 

1891 243.080 

1892 104.914 

1893 81.456 

1894 216.421 

1896 139.992 



1902. . 
1903.. 



148.277 
157.905 



1!I04. 



92.580 



Cette exportatioa est à peu près égale- 
ment répartie entre l'Europe et les Etats- 
Unis. 

P. Le Cointe. 
Paris, 17 j;invier 1907. 



Une Plantation de Castilloa en Colombie 

Notes sur la hacien.la > la E.speranza ■>. (!«■ MM. \ . DuG.\îiD et iils : Exigences du Castilloa. Sa végé. 
tatioii. — Culture. — Rendement : 200 gr. par an, à 9 ans, en 2 saignées. — Bons 
et mauvais laitiers, le moyen de les reconnaître. 

Par ^1. II. Lalleîiand 



MM. V. DuGAND ET FILS {Dugand é liijo), de 
Baranquilla (Colombie), nous transmettent une 
note bien intére.ssante de leur associé teclinique, 
M. II. Lallem.\nd, ayant trait à leur hacienda 
La Ksperanza, située prè.s Rio-Hacha, dans le 
départ, do Magdalena, à 2 lieues de la mer des 
Antilles. C'est une vaste plantation de cacao, 
combinée avec culture du Castilloa. 

îsoii.s allons avoir, à bref délai, nous écri- 
vent-ils, 100.000 arbres de Castilloa, et 
comme nous en possédons quelques milliers 
déjà saignables, et se couvrant de graines, 
il nous sera facile d'aller toujours augmen- 
tant nos semis, dans les immenses et riches 
terrains de réserve que comporte notre 
hacienda de cacao (( La Es])eranza >. 

Nous avons multiplié les Castilloa de dif- 
férentes manières, écrit de son côté M. Lal- 
leivuisTd : par graines, par plantes arrachées 
de la pépinière et par plantes transplantées 
avec leur motte de terre, comme on trans- 
plante le cacao. 

Les deux premières manières sont jjIus 
économiques, il faut faire la ]ilantation sous 
bananiers et sous bois. La re])rise des plantes 
arrachées est lente et souvent défectueuse 
sans ombrage. Il est préférable de trans- 
planter par un temps pluvieux, les jeunes 
sujets ne se ressentent pas alors du repi- 
quage s'il est fait avec soin. 

Des terrains fertiles d'alluvioii .sont abso- 
lument nécessaires. . 

Le sous-bois doit être très édairci et on 



laissera à peine quelques grands arbres es- 
pacés ; si ))()ssible. la broussaille sera brûlée. 

Les plantations sous bois troj) ombragé 
donnent un mauvais résultat : les arbres, 
minces, sans -vigueur, font prévoir un rft\- 
dement tardif. 

La distance doit être de ."> à (1 mètres : 
les arbres robustes, bien développés, se 
gênent mutuellcnient a une distance 
moindre. 

Nos arbres les plus âgés ont 9 ans et me- 
surent 1 m. 20 à 1 m. 40 de circonférence, 
à un mètre du sol. 

Chaque arbre donne en moyenne 200 à 
250 grammes de latex à chaque .saignée. 
10 livres de latex donnent un peu ]ilus de 
4 livres de caoutchouc sec. Nous pouvons 
faire deux saignées à l'année (1). 

Les saisons pluvieuses sont deux ; la pre- 
mière en a\Til-mai, la seconde en septembre- 
octobre, se prolongeant jusqu'en novembre. 

Nos arbres de 9 ans nous donnent des 
gi'aines deux fois l'année. 

Après essais, nous en sommes revenus 
au simple coutelas pour les saignées. Nous 
avions fait faire une espèce de gouge, qui 
ou\Tait la plaie en triangle, le résultat a été 
négatif; car il semble ((u'au contact de 
l'air le latex s'épaissit ou bien les vaisseaux 
laticifères s'obstruent, toujours est-il que 
l'écoulenu'ut se l'ait nuil. 



(Ij »!cla fait l'iiO çr. de citoiilclioiic par an ; gucic plus que 
des Ci-aras du munie liare. - X. n. i.. I\. 



N» 68 — l'Év. 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



47 



Généralement, au coup du coutelas, le 
latex sort liquide, mais cela n'est qu'un jet 
et immédiatement après il ne se présente 
déjà sur la plaie que lentement, épais comme 
du lait caillé ; le « péon » doit le recueillir 
avec une spatule de bois. 

Quelques jours après la saignée, on peut 
ramasser sur la cicatrice du caoutchouc sec 
( scraps ) 

Jusciu'à présent nous avons laissé la coa- 
gulation se faire spontanément, mettant 
simplement le latex à sécher sur des petites 
claies tendues d'un fond de grosse étoiïe. 
Comme résultat nous obtenons un caout- 
chouc parfaitement sain, mais noir ; on 
le I trouve excellent à Xew-York et sur 
les marches d'EuroiJe. nous le vendons à 
87 cents (environ 4 fr. -10) la livre anglaise 
de 453 grammes. 

Nous nous jDroposons, du reste, d'amélio- 
rer notre préparation ; jusqu'ici nous n'avons 
donné que peu d'attention, la quantité 
récoltée étant encore assez fLil:)le, 

Quelques arbres donnent plus que d'au- 
tres, sans qu'on pui se en donnei' la raison. (1) 



(I) PliéiiomÙHe commun i toutes les espèce-i caoutciuHilifi'res 
N. D, L. n 



mais nous n'avons pas trouvé un seul arbre 
ne donnant rien. Ce qu'il y a de curieux, 
c'est que le péon cpii me fit les dernières 
saignées reconnaît au coup de coutelas 
l'arbre qui rendra davantage ; je me pro- 
pose de voir cela avec lui. Le son du coup 
est. suivant lui, distinct chez l'arbre riche 
en latex. 

L^n jeune arbre de 6 ans que je fis saigner 
à mort, c'est-à-dire jeter bas et saigner 
sur tout le tronc, donna 500 grammes de 
caoutchouc parfaitement sec. 

Nos arbres se dépouillent de leurs feuilles 
au moment de la fructification, mais se rha- 
billent très vite. 

J'ai fait saigner un arbre à nouveau cpiinze 
jours après la première saignée, répétant les 
coups de coutelas à peu de distance des 
premiers : le latex vint de même qu'à la 
première saignée et l'arbre ne parut pas 
s'en ressentir. Je suis convaincu que dans 
une plantation d'arbres absolument formés, 
de 10 à 12 ans. les saignées pourront se faire, 
parfaitement, quatre fois l'an, avant et 
après les pluies. 

H. Lallemand. 

H La l-'sporanza », 16 décembre 190(). 



L'Extraction du Coir à Ceylan et au Malabar 



D'après Hoyee 



Dans une notice bibHographique (papier bleu), 
parue sous le § 1007, dans notre n" 53, nous a\'ons 
donné certains détails sur la mission d'étndes 
de M. HoYER qui devait diriger le Bureau de 
renseignements de Botanique industrielle et com- 
merciale nouvellement créé au Jardin botanique 
de Buitenzorg. Ce jeune savant a résigné son 
poste après l'avoir occupé très peu de temps, 
comme nous l'a appris à son récent passage à 
Paris, le chef du service chimique de Bidtenzorg. 
M. Tkomp de Haa* ; mais il a fourni siu- sa mis- 
sion un rapport succinct, cependant intéressant ; 
ce document est englobé (pp. 10-22) dans le gros 
'( Verslag, 190.5 m (publié en .1906), des services 
techniques du Département d'Agxiculture des 
Indes Néerlandaises, publication qui sendde de- 
voir remplacer les rapports annuels du Jardin 



botanique de Bmtenzorg qui paraissaient jus- 
qu'ici ; ou sait que le Jardin et le Département, 
de création toute récente, n'en font qu'une, en 
quelque sorte, et sont dirigés tous deux par 
l'éminent M. Teeub. 

Les renseignements qui suivent sont donc em- 
pruntés au dit (I Verslag » rédigé en Ibdlandais. 
Ils ne Sont pas aussi détaillé» que ceux fonrnis 
par yi. Peudhomme dans son excellent volunw 
(V. « J. d'A. T. », m^ 60, § 1179), cependant il 
sont personnels et inédits. 

Pendant l'été de 1904. M. Hoyer a visité 
cinq des plus fortes cocoteraies de Ceylan, 
toutes pourvues de séchoirs à coprah. Quel- 
ques-unes possèdent aussi des machines 



48 



JOUUNAl. DAGHICUl.riUK TIK )1'1C.V 1.I-; 



N" 18 — hÉv ITO": 



pour l'oxlraotioii du coir. Mais, dans ocs 
plantations mêmes, on est loin d'utiliser 
pour la fibre la totalité des bourres de coco 
disponibles. M. IIoyer en conclut que l'in- 
dustrie du coir est, probablement, bien 
moins rémunératrice qu'on ne le croit au 
dehors. JNI. Pkudhomme signale également 
que, dans certains cas, on trouve plus de 
bénéfice, à reylaii, à employer les envelop])es 
des cocos comme engrais (c'en est un excel- 
lent) que de les convertir en coir. 

M. IIoyer s'est laissé dire que les enve- 
loppes de cocos (husks) employées comme 
engrais telles que, ne doivent jamais être 
enfouies contre les troncts mêmes des pal- 
miers, car cela provoque l'apparition d'abon- 
dantes racines adventives blanches el ten- 
dres qui attirent les infectes 

P. 1.5, en décrivant ks différents procédé.s 
de cueillette des noix en usage à Ceylan, 
l'auteur rappelle incidemment que .dans le 
pays de Lampong (Sumatra) la cueillette 
des noix de coco est aite par des singes 
dressés ; nous nous imaginions jusque-là 
que c'était une It'gende. Nous avons tenu 
à relever l'indication à la<|uclh' l'estampille 
de Huitenzorg donne du poids 

La bourre de coco (coir) sert à faire deux 
catégories de fibres : P la « bristle fibre ». 
avec la « mattress fibre « comme produit 
secondaire ; ou bien 2° le « yarn ». iMM. Va- 
QuiN et ScHWEiTZER sc sont expliqués lon- 
guement là-dessus dans l'une dr h'urs ])re- 
mières chroniques, dans le « .). d'A. T. n. 

La u bristle fibre » est une spc'cialite de 
Geylan ; dans les différentes exploitations 
on l'obtient par des procédés à ])eu lu'ès 
identiques 

On commence par faire macérer les husks 
sous l'eau, pendant jours, dans des l'éser- 
voirs en bois ou en fer ; ])our que ces tlerniers 
puissent en recevoir une ]>lus grande quan- 
tité, les husks sont au préalable aplatis entre 
des cylindres caimelés. Cet écrasement favo- 
r se, du reste la pénétration de l'eau et 
accélère le rouissage en conséquence, 

MM. CiRTBB, Round & Co.. qui fabri(iuent 
dé la fibre de coco à Londres mênu> (avec 



les enveloppes Nndes qu ils se procurent sur 
la place ?) ont trouvé le moyen de réduire 
encore sensiblement la durée du roui.ssage 
en faisant pa.sser dans les rouis.soirs un cou- 
rant de vapeur. 

Lorsque le rouissage est fini, on toril les 
husks pour en exprimer l'eau et on les pré- 
.sente, encore luunid* s, au i)eigne tpii consiste 
en un cylindre tournant, garni de pointes. 
Ce peigne en retire la « mattress fibre» qui 
tombe à terre, et il reste la " bristle fibre «. 
Après avoir traité ainsi une moitié de l'en- 
veloppe fibreuse de la noix, l'ouvi'ier la re- 
prend à l'envers et présente au peigne, dans 
les mêmes conditions, l'autre moitié ; de 
sorte i|u'il ne lui reste dans la main, à la 
fin, que de la « bristle fibre " relativement 
propre ; il n'y a plus qu'à la sécher el à la 
repeigner à nouveau pour la débarrasser 
des brins trop courts. 

La « mattress fibre passe », d'autre part, 
dans une « tossing up machine » et est 
ensuite séchée à son tour 

Dans l'une des usines de défil)ration visi- 
tées i)ar lui à Ceylan, M. IIoyer a vu sou- 
fier la « bristle fibre » (pour la blanchir .'). 
Il en a noté aussi qui était teinte en noir ; 
probablement, d t-il, pour l'écouler comme 
« kitool ». Ce dernier nom ne saurait être 
donné loyalement qu'à une fibre, de ])al- 
mier également, mais d'origine botanique 
absohnnent différente ; il en a été question 
dans le n" 17 du «^ J. d'A. T. ■ (voir la lettre 
«le M. \N'iLLis, directeur des jardins l)ota- 
niques de Ceylan). 

On relire en moyenne, à Ceylan. Ki.iiiiii 
husks, 45 à 50 cwt. (à 50 kg. environ) de 
c( mattress fibre » et 9 à 13 cwt. de « bristle 
fibre ». Cette dernière sert principalement à 
faire des brosses, balais,etc. D'après un grand 
fabricant hollandais cité par M. IIoyer. 
elle ne doit pas mesurer moins de 20 centi- 
mètres de long. 

La « mattress fibre « sert de icnibonrrage 
et pour la corderie. 

La préparation du <i yarn » ou lil de coco 
destiné plus .spécialement à la corderie, est 
pratiquée à Ceylan dans le district de Galle, 
mais elle est surtout localisée sur la côte de 



N» 68 



'Év. 190 : 



JULHNAl. U'AGKICULTUItiL riiOlMCAl.E 



19 



Malabar, dans l'Iude. C'est là que l'on 
produit la fibre de coco la plus belle du 
monde. 

La population est rompue à ce travail et 
y a acquis une très grande habileté. 

M. HoYER, (lui a visité la région, signale 
en premier lieu ({Ue seules les enveloppes 
des noix cueillies pendant la saison sèche 
sont converties en yarn. C'est que le coprah, 
produit principal, y est obtenu surtout par 
séchage au soleil et les noix rentrées ])eu- 
■dant la saison des pluies sont emmaga- 
sinées en attendant que le soleil reprenne 
le dessus ; et alors, pendant ce long maga- 
sinage, les enveloppes s'abîment et ne sont 
plus bonnes qu'à être brûlées, les cendres 
servant ensuite d'engrais. 

L'extraction de la fibre d'après la mé- 
thode de la côte de Malabar exige de l'eau 
de mer. 

Les husks sont entassées dans des fosses 
profondes de 1 mètre à 1 m. 50 dont le fond 
a été garni de sable. L^ne autre couche de 
sable recouvre la fosse une fois remplie. 
Ces rouissoirs sont creusés sur la plage en 
choisissant des endroits qui soient sous Teau 
pendant le flux ; pendant le reflux, au con- 
traire, les fosses se ressuient comiDlètement. 
Pour garnir le fond et recouvrir le rouissoir. 
on n'emploie que du sable de mer ; le sable 
de rivière est, il fa.ut croire, trop gros ; il 
risquerait aussi de salir la fibre par les par- 
ticules de limon dont il est généralement 
imprégné, 

Ce rouissage particulier dure une année, 
l'eau de mer l'empêche de tourner en putré- 
faction ijendant cjue la bourre de coco se 



désagrège lentement. S'il y a très forte 
demande de marchandise, le rouissage est 
interrompu plus lot, quelcjnefois même déjà 
au bout de (i mois ; mais on obtient alors 
une filire moins appréciée 

La fosse une fois vidée, les husks sont 
tordues à la main pour en expi'inu'r l'eau ; 
on les dépouille ensuite de la pellicule ex- 
terne et des femmes battent la fibre avec un 
bâton cylindrique en bois dur .sur une planche 
de même nature. On élimine ainsi cette 
sorte de substance subéreuse qui remplit 
les interstices de l'enveloppe fibreuse du 
coco et que les horticulteurs anglais a^ipel- 
leut « coir refuse » ; ce déchet est bien connu 
aussi en Europe des marchands de graiues. 
en particulier. 

Il ne reste plus cpi'à sécher la fibre et à 
la convertir en fil (yarn), par double torsion 
(« dubbel draads », dit le texte hollandais) ; 
ce travail est fait à la main, par des femmes 
et des enfants. 

M. HoTEB s'est laissé dire, au Malabar, 
que 500 à 600 husks fournissent 45 à 50 
livres anglaises de yarn. 

La population de la côte fait aussi, à 
l'occasion, des cordes avec l'envelojjpe de 
la noix jeune et alors, sans rouissage préa- 
lable. La fibre ainsi obtenue, cotée sur le 
marché anglais sous le nom de " unsoaked » 
(non macérée), se reconnaît facilement à la 
couleur, à l'odeur, et à sa résistance moindre; 
elle se paye moins cher, en consécjuence. 

A différentes reprises, l'on a essayé, à la 
côte de Malabar, de substituer à la torsion 
manuelle des machines de corderie. mais 
sans jamais y réussir. 



7^ V I S 



Association des Anciens Élèves de l'École nationale supérieure d'Agriculture coloniale 

Présidenl : M. José (^oukf.t 
SiPfje social : Jardin Colonial. NOGENT=SUR-MARNE (Seine) 

L'Associjili'jii peut fournir aux l^huikHirs, tics Inu-éiileiirs anciens élèves des Ecoles Xationales 
d'A^îi-icullure er d'Horliçullure. de l'in.slitul au;mn(iniii[ue. de l'Kcole (Coloniale, des grands l'istituts 
cliiuni|iu's. Ii<-cni-iés-és-sciences cl (Idck'ursde l'Unixci-sité de Paris, diplômés en même temps 
de l'Ecole supérieure d' Agriculture coloniale. 



50 



.un UNAI. IfAGRICULTU 



IliOPICALK 



No 68 — I''É\ . 1907 



PARTIE COMMERCIALE 



Le marché du caoutchouc 
Chronique spéciale du « J. d'A. T. » 

Par ^IM. Hecht frères & C'^. 

Para. — La baisse que nous signalions eu 
terminant notre dernière chronique s'est encore 
accentuée et le cours de 14 francs pour Haut- 
Amazône a été touché une fois, de même qu'il y 
a quelques mois. 

Mais ce prix semble également, à l'époque pré. 
sente, constituer la limite des bas cours, et le 
prix n'a pas tardé à se relever à fr. 14,15 pour 
disponible et 14,20 pour livraison éloignée. On 
a même payé 14,25 pour Bolivie 

Les grands arrivages annoncés pour le mois de 
février ne sont encore descendus qu'eu partie 
du Haut-Fleuve, et, comme toujours, c'est 
l'attente des fortes recettes, beauccmp plus que 
la présence de la marchandise elle -même, qui 
amène la faiblesse du marché. 

La récolte actuelle sera certainement de 3 à 
5 % plus forte que la précédente ; reste à savoir 
si la consommation, très pourvue, semble-t-il. 
prendra facilement ce surplus et si elle se sera 
accrue dans les mômes proportions que les arri- 

Vi 



Serniimhy. — Le Sernamby de Manaos a faibli 
considérablement au moment des arrivages du 
commencement de l'année, mais il semble se 
raffermir aux environs de 11 francs et l'on a payé 
11,25 pour du Scrappy de Bolivie en surons. 
Par contre les Sernambys importés du Javary 
et autres rivières à production inférieure, se 
sont traités de 10.50 à 10,75. 

Le Sernamby Pérou. ])()ur IimjucI il n'y a i)hi.-; 
de découvert, est revenu à des cours normaux, 
et vaut 10,75 pour disponible, on a payé de lO.dd 
à 10,70 polir livrable, suivant les époques. 

Cauclio sliihx. — Quelques petits lots ont été 
vendus de 8,70 à 9 fr. 

Les recettes au Para étaient au 2.3 février de 
3.950 tonnes ; celles du mois de janvier 1907 se 
sont élevées à 3.780 (dont 4.50 du Pérou), contre 
5.720 t. en janvier 1906, ce qui porte le total de 



la récolte au 31 janvier à 18.510 t. contre 20.41(» 
en 1906. 

Les statistiques générales donnent au .'il jan- 
vier 1907 les chiIVres suivante, en tonnes, contre 
ceux do l'année dernière : 



SorUt du Para 



Stocks à Livcr- 






pool 


4U0 


549 


— à New- York 


.")l 


191 


— au Para 


1130 


1703 


En route pour 






l'Europe 


■SJO 


1980 


— New- York . 


r,iâ 


11.^0 


En route 






d'Europe ù 






New- York 


2.1 


2.'t 




ÏKÔl 


5i78 


Stocka sur le 






Continent 


j-O 


.")U 




:ii) J 1 


Ji'Ms 


Arrivages à I,i- 






verpool . . 


731 


766 


— à New-York 


|.)T3 


1746 


I.i'VTaisons à Li- 






verpool . . 


7+9 


SOI 


— à New- York 


lljls 


1660 



Arrivages au Para 

— depuis le 

!•' juillet. 

Expédit. du Para 

en Europe. . 

— & New-Yotk 



37SO 5»0 



33!0 !C440 



1450 3675 
1700 ÎU75 



SorUt d'Afrique 
Stocks & Liver- 

pool 070 41g 

— à Londres. 779 580 

— à New-York iS» 384 



1737 t3s 



Arrivages & Ll- 

verpool .... 78» 8iî 

— à Ix)ndres. 317 Îi4 

— A New- York II. s; 115! 
Livraisons à Ll- 

verpool 706 813 

— à Londres. J73 :3; 

— à New- York lliO lîOO 

Stocks de t. sort. 176s 6710 



Hortes d'Afrique et d'Asie. — Toutes ces qua- 
lités sont restées chères, et la baisse des Ser- 
uamliys n'a jtas eu à leur égard la moindre in- 
llueuce. 

Les Conakry Xiggers sont restés très demandés 
à environ fr. 12,70. 

Le Soudan rouge de 11 fr. à 11,10. 

Le Soudan blanc de 10,40 à 10,75. 

Le Gambie prima a baissé à 8,35. prix auqtiel 
se sont traitées de fortes affaires. 

Le Tonkin rouge n'arrive que par petites quan- 
tités, le Tonkin noir est en hausse à fr. 8,65. 

Maniçoba. — Les arrivages ont été assez 
abondants et en général d'une bonne qualité. 

Do grandes affaires de qualité très bonne, sans 
être complètement supérieure, se sont traitées 
de fr. 10 à 10,50 ; pour qualité moyenne, on a 
payé de 8,75 à 9,25. 

Anvers. — Le 22 janvier a eu heu une vente 
d'environ 635 t. du Haut-Congo, qui se sont 
vendus avec une hausse moyenne de fr. 15 par 
kilo par rapport aux taxes pour les sortes noires 
e* une baisse de Ofr. 10 pour les qualités rouges. 



N« 68 — Fév. 1907 



JOURNAL D'AGRICULTt'HE TROPICALE 



51 



Havre. — Le 30 janvier on a vendu seulement 
30 t. avec une hausse de 10 centimes sur les éva- 
luations. 

Paris, 25 février 1!)(»7. 

Hecht Fkères à' C'^ 

75, rue St-Liizare. 

Le Marché du Coton 

Chronique spéciale du « J. d'A. T. » 
Par MM. A. & E. FossvT 

La mauvaise qualité de la récolte américaine 
eu cours s'est fait durement sentir durant ces 
dernières semaines, et bien que les chiffres des 
recettes indiquent une récolte abondante, les 
cours ont été affectés favorablement par une 
demande constante de la part de la consomma- 
tion pour les cotons américains utilisables en 
filatui'e et tout spécialement pour le Oocd Midd- 
ling Liveipool. 

Lorsqu'au début de la saison 1906-1907, le 
monde cotonnier s'était fait, avec juste raison, 
à l'idée que la récolte cotonnière américaine 
serait tout particulièrement productive, per- 
sonne ne s'imaginait que la trop grande humi- 
dité qui précéda la maturité absolue détériorerait 
la fibre au point de la rendre souvent inutilisable 
et à cette époque il s'est traité de grandes quan- 
tités de ventes à livrer sur les mois de la saison 
qui se déroide actuellement et ces ventes por- 
taient principalement sur le classement moyen 
utiUsé par presque toute la filature et que l'on 
nomme le Good Middiing Liverpool. 

De cette qualité il s'est traité quelques bonnes 
affaires durant les mois d'août et septembre, 
mais depuis la seconde quinzaine d'octobre ce 
classement s'est subitement raréfié et les primes 
payées aux Etats-Unis pour se procurer du réel 
Good middiing augmentent de jour en jour. 

La hausse du Good middiing a entraîné une 
amélioration sensible des prix poiu' tous les 
autres cotons produits aux Etats-Unis et cette 
saison le producteiu- américain aura encore tiré 
un superbe parti de sa récolte. 

Le sentiment qui règne sur les grands marchés 
cotonniers est que les cours se tiendront à un 
niveau relativement élevé tant que la consomma- 
tion continuera à verdr aux achats ; qu'un recvd 
des prix de l'article ne pourra se produire que 
lorsque les Américains auront vendu la plus 
grande partie de la récolte 1906-1907 et que 
les indications qu'ils pourront fournil- au monde 



cotonnier sur les ensemencements de la .saison 
1907- 190S ne pourront être ilirigées contre leurs 
propres intérêts. 

En ce qui concerne les autres sortes, l'Inde 
paraît devoir fournir un ; el appoint à la pro- 
duction mondiale car la récolte cotonnière y 
sera abondante cette année. 

Nous sommes heureux de constater que les 
cotons possédant une belle soie et d'un classe- 
ment supérieur trouvent toujours des débouchés 
rapides et ces derniers jours il s'est à nouveau 
traité de bonnes affaires en cotons du BrésU sur 
le marché du Havi-e. 

Une autre sorte dont on a beaucoup parlé ces 
temps derniers trouverait également des débou- 
chés avantageux auprès de la consommation, 
nous voulons parler du coton cultivé par M. le 
Dr David Thomatis, de Cairns (Australie). Ce 
genre, qui est tout spécial, n'a que le défaut de 
ne pas être cidtivé en grandes quantités, mais 
nous savons de bonne source que des essais de 
cidtm'e de coton Caravoniea sont tentés dans 
diverses régions et étant donnée la résistance de 
ce cotonnier, qui est obtenu par l'hybridation 
de deux genres très vigom-eux, nous sommes con- 
vaincus de la réussite des essais faits à l'hem-e 
actuelle. 

Voici la saison qui va commencer pour les 
sortes indo-chinoises et nous allons pouvoir nous 
rendre compte des améliorations apportées dans 
l'égrenage de cette provenance en comparant 
les produits récoltés avec ceux de la saison dei - 
nière. Nous pensons que l'égrenage, s'il est mieux 
fait, attirera à nouveau la demande de la con- 
sommation sur ce genre appelé à un grand déve- 
loppement par suite de sa similitude de fibre 
avec le coton de l'Amérique du Nord. 

Ci-après quelques chiffres indiquant « l'en-vue » 
de la récolte américaine au 19 février (depuis le 
l''"' septembre 1906), en balles de 220 kg. en 
moyenne ; en regard, les statistiques des années 
précédentes à la même date : 

1906-1907 1905-1906 1904-1905 1903-1904 
10.518.000 8.396.000 9.269.000 8.480.000 

L'approvisionnement visible du monde entier 
était, au 15 février, en baUes de 50 à 300 kg. 
selon provenance : 



i. 1906 ( 1-,_1905 I 1904 1903 

4'936.000 '4.359.000 3.663.000 3.403.000 

Cours du coton disponible, par sortes, en francs, 
au 19 février, les 50 kg. entrepôt : 



JUI HXAl. DAl.lUCLl.n liK IKi UMCALK 



N ' (58 — l'-iiv. 1907 



l'pland (Middling) :i 


Broach (Fine) 


1)7 


Sra Island (Extra 


Bengale (Fine) 


H 


Fine) 


Cliine (GooJ) 

Egypte lirun (Oood 


>JS 


S.-a Island (Fine).. •■i 




Haïti (Fair) i'^ 


Fair) 


ni 


S.ivanilla (Fair).. . o ■ 


Kgyptc Ijlunc (Gool 




<:(^ara(Fair) 


Pair) 


1 T^ 


Pérou dur (Good 


AfriiiU'' Ucc Fair. 


7:1 


Fair) i r 


Saigon ( E^rcni) . . 


e.'. 



Autres sortes. — Cotations et ren.sciirniMnpiits 
sur demimle. 

A. & E. Foss.\T. 
L(i il;ivr,\ 1!) ft^vrier 19U7. 



Sucre de canne et sous produits 

(jhronique spéciale du « J. d'A. T. » 
Par M. Georgk de Pbéaudet 

Situation générale. — Les cours des sucres de 
betterave, qui régissent ceux des sucres de canne, 
sont toujoiu's bas. selon nos prévisions, et l'avenir 
ne donne encore aucune indication de hausse. 
La consommation française est faible, les expor- 
tations on recul et les prix élevés, chose assez 
illogique, dont on parle déjà pour les contrats 
de betteraves, favoriseront de grands ensemen- 
cements. A l'étranger, les ensemencements seront, 
on lo sait déjà, importants 

Il faut donc voir le prix actuel de -i.î.ôO à 26,00 
comme courant pour bien dos mois encore. 

Les arrivages simultanés dans nos ports des 
sucres de la Réunion et des sucres des Antilles, 
par vapeurs, garnissent les magasins des raffi- 
neries et les k)ts invendus no pourront trouver 
acheteurs qu'à déprime. Ce n'est vraisemblable- 
ment qu'au mois de juillet-août, plutôt plus 
tar(l,h)r8que les sucres Antilles seront tous arrivés 
et en partie fondus, que des vendeurs pourraient 
trouver la parité des cours ou une petite prime. 

Antilles. — Les premières expéditions sont 
annoncées. Les voiliers « Saint-Mathurin » et 
(i Léon » et trois vapeurs de la ligne « Austria- 
«ana » vont arriver en mars dans nos différents 
ports. Les nouvelles de la Martinique sont bonnes ; 
la récolte do la Guadeloupe sera inférieure à celle 
de l'an passé. 

Les conditions économiques de ces iles n'ont pas 
varié et ne sont pas brillantes par conséquent. 

A la Martinique, 350 tonnes de sucre de la 
campagne dornière restent bloquées faute de 
communications soit par mer soit par terre I 

Réunion. — Au 31 décembre, les expéditions 
des trois dernières campagnes étaient compara- 
ive ne it : 



HlOli-l'Ju; : 21 navires, 15.500 t. 
1905-1900 : 10 navires, 8.600 t. 
1904-1905 : 12 navires, 11.500 t. 

Au début de la campagne les cristallise.s se 
vendaient de 2-1,50 à 25.00 suivant lieu d'em- 
barquement, mais en raison du recid dos cours 
en France et de la baisse du change on n'olTre 
plus que 20.50 à 21,00 pour les mêmes qualités 
et les détenteurs préfèrent attendre. 

Les rhums valent à l'hectolitre, 54". fûts usagés, 
franco bord, de 27 à 28 fr. 

La récolte est estimée à 40.000 t. 

Maurice. — La production de cette cauiiiagMc 
est estimée à 210.000 t. La manipulation s'est ter 
minée on janvier dans d'excellentes conditions. 
Les dernières cotations étaient : 

Sirops, de Ils 4.80 à Ils 5.50. 

Blancs, de Rs 8.00 à Rs 8.40. 

Les exportations do décembre ont été, sur ces 
bases de prix, de : 

147.000 balles pour l'Inde. 
23.000 balles pour le Cap. 
20.000 Ijalles pour ilong-Kong. 
25.000 balles pour l'Kurope. 

Ilawai. — Le retard dans la récolte, nous 
apprend le rapport de notre consul, n'est pas 
dû seulement à la sécheresse, mais au manqui 
do bras. Beaucoup de planteurs ne pourront 
couper toutes leurs cannes et devront laisser 
perdre une partie do la récolte. La récolte est 
évaluée à environ 400.000 t. 

L'Association des planteurs ayant rompu avec 
la raffinerie Spreckols, qui accaparait sa pro- 
duction, et ayant monté une raffinerie à !*an- 
Francisco, la raffinerie ."^prockels a dû recherchor 
du sucre brut à Java. 

La situation sucrière continue à être prospère, 
mais la question de la main-d'œuvre reste dillicili 
à cause de l'annexion aux Etats-Unis. On continue 
à essayer de reprendre l'immigration portugai-'ii- 
et un navire va transporter un millier do gens 
on famille, ce qui représente trois cents hommes 
propres au travail, contingent bien faible puis 
qu'il on faudrait 10.000 dans l'état actuel des 
cultures et 20.000 si l'on voulait défricher les 
terres utilisables. 

La première cargaison po\ir New- York avei- 
transbordement par le eliemin de fer do Teliuau 
tépec a quitté l'aroliipel sur S.t-.lriconnah le 
21 décembre 1906. 

Mexique. — Le prix du sucre s'étant relevé sui 
place, les producteurs feront moins d'alcool. L:i 



N" 68 



KÉv. 190; 



.lOl-KNAl. liAGHICri/rUHE TROPICALE 



53 



production atteiiirlr;ùt cette année 12(1.000 t. 
contre lOô.OOO t. l'année flernière. 

La faVjrication bat son plein. Qnelqnes fabrique.? 
auro t terminé en avril, mais la majeure partie 
eu mai, juin. Presque toute la récolte est ventlue 
à des négociants pour la consommation du pays. 
Les exportations se feront des fabriques du golfe. 
qui ont vendu en Angleterre de 50 à 70 % de leur 
production. 

Les prix sont de fr. 00 plus bas que l'an 
passé, mais on compte les voir se relever en mars. 

Cuba. — D'après Guma, l'amélioration de l'ou- 
tillage permettra d'effectuer la récolte avec beau- 
coup plus de rapidité que les années antérieures. 

La température a été prosjjère à la matura- 
tion et à la roulaison de la vieiUe canne, mais 
préjudiciable à la jeune canne. 

Le coût du sucre dans cette île nous est donné 
ainsi par le consul M. Max J. Baelir 

100 arrobas de cannes rendus au moulin, 13 l'r., 
main-d'œuvre et diverses dépeises pour amener 
100 arrobas de cannes, moyenne suivant les pro- 
priétés. 5 fr. 

En prenant la moyenne de rendement en sucre 
des deux dernières récoltes, soit 10 %, un arroba 
de sucre reviendra, suivant les données ci-dessus. 
à 1 fr. 80. 

Le transjjort.au port d'embarquement, est de 
fr. 25 par arroba. Donc, un arroba de sucre 
rendu aux magasins de la côte, coûtera 2 fr. 05, 
ce qui revient, pour cent liilos, à 17 fr. 85. 

G. DE PKÉAITDET. 
Nantes. 19 février 1907. 

Le Marché du Café 

Chronique spéciale du J « d'A. T. » 

Par M. H. Vermoxd. 

Hormis les récoltes formidables du Brésil, qui 
atteindront près de ! 8.000.000 de sacs cette 
année, les autres pays produisent de moins en 
moins. Les Indes Néerlandaises envoient en 
Hollande des Libéria, qui n'intéressent pas notre 
commerce. l'Inde anglaise voit sa récolte de 
Malabar diminuer chaque annéj ; l'Amérique cen- 
trale n'aiigmente pas ses exportations et, somme 
toute, bien qu'on soit obligé de trouver le Brésil 
par trop envahissant, il faut bien reconnaître 
que, sans lui, il serait difficile de satisfaire aux 
besoins de la consonimation. 

Cependant, que font nos colonies '. Delà Réu- 



nion, il ne ])eut plus être question : les ,310.000 
kilos de la Nouvelle-Calédonie et les 580.000 
kilos de la Guadeloupe sont à peu près seuls à 
représenter notre plantation coloniale dans les 
91.000.000 de kilos consommés en France. Com- 
bien serait intéressant un effort sérieux pour 
créer de vastes plantations. 

J'ai traité cette question dans le Journal 
d'Agriculture Tropicale à propos des nouvelles 
sortes de café que, de Madagascar, on avait sou- 
mises à mon appréciation. J'y reviens, fr.appant 
souvent sur le même clou pour l'enfoncer, parce 
qu'il y aurait autant d'intérêt pour la France 
que pour les colonies elles-mêmes à être nos 
propres fournisseurs de café comme nous sommes 
nos producteurs de sucre, de poivre et de vanille. 

Qu'avons-nous besoin d'être les humbles ser- 
viteurs des BrésUens et les victimes de leurs fan- 
taisies économiques, lorsque tant de terres ïran- 
çaises sont en friche ! Mais il faudrait aux initia- 
tives privées les encouragements judicieux et 
énergiques des pouvoirs coloniaux ; il faudrait 
aussi que les capitaux français intervinssent 
moins timidement quand il s'agit de nos cidtures 
coloniales françaises. 

Tout cela n'aura pas lien demain. 

Raison de plus pour attirer l'attention de tous 
sur cet avenir. 

Coiu's au 20 février. Entrepôt Havre, 
1 3 / % comptant ; les 50 kilos ; 



37, 



+« Il 
6.5 )i 



Malabar Ir. 


60 


i> 


Salem gragé 

Aloka 


68 
105 


)> 


JavaHoUande (bon or- 




dinaire) 


es 




Libéria supérieur de 






Java 


51 


11 


Libéria dit d'Afrique . 


41 


» 


Bourbon 


I/O 


H 




95 

77 


„ 


Kouilou de Madagascar 


,, 



Santos good average 
Rio lavé supérieur. . 
H.aïti Port->iu-Prince 

Mexique gragé 

Porto-Cabeilo et La 

Guayra i * 

GuadeloupeHab.làl.) fil 

Porto-Rico 75 

Costa-Rica lavé 75 

Guatemala lavé 68 

San-Salvador 50 

y.-B. — Quet<iues-unes des quîdites cotées ddiis le tableau 
ci-contre n'arrivent en fait jam;iis an Havre ; nous les avons 
clioisies cependant comme permettant de suivre le ])liis facile- 
ment la tendance yenei aie des cours des proveniinces i n ques- 
tion Dans tous les cas, nous indiquons les cours à la [larité 
du Havre. — Les cales des colonies françaises henéfii-iaiit d'une 
détaxe de :!',) francs par 50 kilos, il faut diminuer leur ente d'au- 
tant pour la coniparaison avec le reste du talilenu. 

H. Verjiond, 
3, rue des Juges Consulsi 
Paris, 20 février 1907, 

ïje Marché du Cacao 

Chronique spéciale du « J. d'A. T. » 
Par M. Anthime Alleauime 
Cacaos. — Ainsi qu'il ressort des dernières 
statistitiues des douanes françaises, le chiffre de 



54 



JOUUNAI. D'AGHICULTUKK TUOPICALE 



N" 68 — Fèv. 1907 



la <M)ns()nmuttion accuse une sérieuse augmen- 
tation pour l'année 1906. Celle-ci a donc été du 
23.403.800 kg., soit au delà de 1.600.000 kg. de 
plus que chacune des deux années précédentes. 
Comme ces deux années étaient déjà en aug- 
mentation, les besoins de la matière première 
sont conséquemment do 25 % P'^is élevés qu'il 
y a cinq ans. Il faut peut-être en partie attribuer 
cette auginentation de consommation aux bas 
prix auxquels étaient obtenables et le cacao en 
fèves et le sucre ; les hauts prix actuels pour- 
raient tendre à ralentir cette progression. Cepen- 
dant il n'y en a pas encore l'apparence pour les 
six premières semaines de l'année, que je vous 
donne ci-dessous, 

Mimvement au Havre 
du l" janvier au 15 février 1907 

Slock mi liii|ioiijil. llphoiirlit^ Sliuk ni 

SOUTES 51 (léttmb. ilu 1" j.ili\iti' KiilrtpiJl 

19011 au 15 In. 191)7 lârtv.l'JOT 

Para. Maragnan i.Usil ■-' TO: I.Sisli 

Trinidad lii.li'J l.!>'.>9 7.221 11.2iT 

Côte-Ferme, Venezuela. li.iiS 7.129 S.9W 10. «17 

Bahia : ^'.615 .'(.757 2.708 9.691 

Haïti. République Dora. 7.S4i 7.766 5.S97 9.411 

Martinique et Guadel.. 1.77s i.O-'ô 1.336 1.477 

«uayaquil ! -22.639 13.3S6 7.717 28.3(8 

Divers ' 

Total : sacs.. . Ii7.l7.'i 40.074 3i.52B 72.723 

contre.enl906(l"Janv.) 133.913 45.01.1 3.1.250 14ii.29S 

Le cas se trouve être absolument le même dans 
les principaux pays étrangers, où, en général, 
l'augmentation a été encore plus considérable ; 
■comme les récoltes do certains pays producteurs 
ont été défavorables, il a fallu quelque temps 
puiser sur les approvisionnements et ceux-ci 
«'épuisant, payer, bon gré mal gré, les prix de 
plus eu plus élevés réclamés par les expéditeurs. 

Les cours accusent, sur l'année dernière une 
plus-value variant do 50 à 70 %, comme l'in- 
dique le tableau ci-dessous. 

Cours au Havre 
du 1,5 février 1900 au 1.5 février 1907 

t.Durs .'tu Cours au Cours au 

15t«. I90C M jallï. 1907 15 tél. 1907 

Para, Maragnan fr. OU i 69 103 à 110 107,50 à 112,50 

Trinidad 66 à 67 107 à 112 108 à 112 

Cote-Ftrnit, Veiitluela u 70 à ICO 100 à 175 100 à 173 

Bahia » 01 à 63 98 A 103 9.S à 103 

Haïti " 16 à 60 s2 à 95 so 6 95 

Sanchez. Porto-Plata, 

Samana » S3 i .39 93 à 97 90 à 93 

<3uayaciuil » 80 à 92 97,50 à 112,50 100 àll2,50 

Martinique et Guadel. » ^i à ^6 119 & 12 119 & 12;t 

Par suite de cette situation, les transactions 
no peuvent avoir une grande activité et il est 
à présumer qu'il en sera ainsi jusqu'à ce qu'une 
baisse de 20 à 25 % permette de reconstituer 
un stock. Les acheteurs devront s'attacher, pour 
•opérer leurs achats, à suivre l'époque des diverses 



récoltes et à s'approvisionner de cliaimc -iorte 
à ce moment même. 

Ainsi, depuis un mois, les transactions ont 
principalement porté sur les Haïti, Grenade, 
Sainte-Lucie, Trinidad et Venezuela, mais le 
cliiflre ^'lubal ne <lépasse guère 3.000 sacs. 

Anthime Alleavme. 

Le Havre, 21 février 1907. 

Fibres de Corderie et de Brosserie 
Chronique spéciale du ■ .1. d'.\. T. > 
P;ir MM. VAylI.N et 8C1IVEITZER 

Sisal. — Les affaires pendant le mois sous revue 
ont été assez réduites, les prix de demandes étant 
considérés par les acheteurs comme trop élevés; 
il en est résulté une certaine lourdeur dans les 
cours qui en dernier lieu s'établissent vers fr. 88 
les 100 kg ci f, Europe pour belle qualité cou- 
rante, prompt embarquement au Mexiqiie 

Les sortes des Indes Anglaises ont été égale- 
ment un ])t'u délaissées, les prix sont à peine 
soutenus. 

Nous avons reçu des échantillons des nouvelles 
plantations de sisal aux Indes. La qualité en est 
excellente et rivalisera, avec un peu de soins et 
un clioix judicieux de feuilles, avec les meilleures 
sortes d'Afrique. 

Manille {Abaeca). — Le marche a ete assez irré- 
giilior tout ce mois pour cette ftbre. Au début, le 
peu d'empressement des acheteurs avait influencé 
les vendeurs et une légère baisse s'était dessinée ; 
mais par suite de la demande venue des Etats- 
Unis une réaction s'est rapidement fait sentir 
et des affaires assez importantes ont été traitées 
.sur les bases suivantes : 

l'air cniTcnl, emlianil. Avril .Mai fr. 110 

Supérieur secjiuis, j'évrrcr Mars 107,30 

Godd seconds. Février .Mjirs 107 

Guod brown. Février, Mars loi 

le tout aux ion kg. c.i.f. Kiu'ope. 

Le total des recettes depuis le commencement 
de l'année au 18 courant est de 109.000 balles 
contre 98.000 balles pendant la période corres 
pondante de l'an dernier. 

Lin de la N ouvelle-Zvlanûe (Plionniuiii). — Les 
prix ont été peu soutenus et la faiblesse des cours 
a provoqué un certain mouvement d'achat et vu 
le chiffre important des affaires traitées les prix 
sont remontés à : 

Pour ifood fair \\'elliii'.rlon , . 96 

Four tnir Wolliii^lofi o ) 

aux 100 kg c. i. f. Europe 



N" 68 - Fév. 190"; 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



Les étoupes bonne qualité moyenne sont tenues 
fi'. 37 les 100 kg très fermes 

Maguey (Aloès de Manille). — Pas d'affaires, 
les prix nominaux sont : 



Pour qualile n" t. 
l*our qualilû ir 2 . 



Aloès (Chanvre de Maïuice). — Demande plus 
calme cependant les prix restent fermes. On 
achète, qualité supérieure, à fr. 80, disponible, 
fr. 77,50 pour expédition prompte ; les bonnes 
qualités courantes sont offertes de fr. 70 à 75 
les 100 kilos suivant la marque, 

Nous avons eu à examiner divers échantillons 
défibres d'aloès. provenance Nouvelle-Calédonie, 
la qualité des échantillons reçus nous montre une 
fibre approchant des belles qualités fortes de 
Maurice : il y a là, nous croyons, une affaire inté- 
ressante à étudier ; car la demande de ces textiles 
doit forcément aller augmentant chaque année. 

Zomandoque. — Pas d'oô'res, cette fibre est 
absorbée par la corderie aiix Etats-Unis, 

Tampico (Itxle). — Les offres restent toujours 
peu abondantes, cependant comme à la faveur 
des prix réduits précédemment pratiqués, la fabri- 
cation s'est largement pourvue, il n'y a pas de 
besoins immédiats à remplir, la situation reste 
ferme mais inchangée aux prix précédents pour 
toutes les classes. 

Jute de Calcutta. — Sans modification ferme 
a(ux prix précédents. 

Jute de Chine. — Les prix élevés limitent les 
affaires en ce textile. 

Il y a des offres de fr .51, à fr. 52,50 pour bonne 
qualité de Tientsin. Peu d'achetems, 

Bamie. — Quelques offres importantes sont 
parvenues de Chine pour quaUté spéciale n China 
gi'ass 1) dans le prix de fr. 8<ï à 95, suivant qua- 
lité et longueur et marque de l'expéditeur. Ces 
prix élevés rencontrent peu de demandeurs. 

Kapoh. — Les prix pour Java, bonne qualité, 
ont considérablement monté et la bonne sorte 
com'ante vaut actuellement aux ports d'embar- 
quement la parité de fr. 170 à 180, aux 100 kg. 
suivant qualité ; U paraît que toute la saison ces 
prix seront maintenus de sorte que pendant encore 
plusieurs mois la marchandise restera à des prix 
excessivement élevés. 

Nous avons examiné des échantillons de 
diverses provenances de l'Amérique du Sud, 
échantillons représentant des qualités tout à fait 
recommandables qui obtiendraient certainement 
les mêmes prix que le Java. 

Les qualités exportées par les Indes Anglaises 
n'ont pas été influencées par la hausse et sont 



aux prix actuels fort avantageuses, il n'y a 
presque plus rien de l'ancienne récolte 

Fibres de coco. — Ferme pour les flls à corderie 
et sparterie 

En hausse, pour- les fibres destinées à la bros- 
serie, il devient évident que les quantités pro- 
duites actuellement sont à peine suffisantes poru- 
le besoin de la fabrication. Il n'y a donc aucune 
crainte à encom-ager l'étude de la production de 
ces fibres dans d'autres contrées. 

Il convient de remarquer qu'à un autre point 
de vue la consommation en Europe pour noix de 
coco grandit régulièrement et pour les produc- 
teurs il y aurait intérêt à récolter des coques pré- 
sentant ce double avantage : coques propres à 
la production des fibres de coco et renfermant des 
noix de qualité supérieure pour la consommation, 
ce qui réduit à l'extrême limite les frais de trans- 
port de la marchandise. 

Chiendent. — Etant donné la situation spéciale 
de l'article, nous recommandons à tous les lec- 
teurs de ce journal de rechercher les sortes de 
graminées ayant de longues racines : y a là 
une source d'affaires très intéressantes à traiter 
dans l'avenir, ces racines improprement appelées 
chiendent étant de plus en plus employées dans 
la brosserie. 

Baphia. — Bonne demande, mais par suite de 
forts arrivages les prix sont descendus à fr. 60 
les 100 kg. pour bonne qualité, courante, large 
feuille, lielle couleur ; cependant la qualité extra 
peut atteindre jiisqu'à fr. 70. 

Le Havre, 19 février 1907. 

VaqXJIN & SCHrWEITZEB. 

Matières grasses coloniales 

Mercuriale spéciale du « J. d'A. T. » 

Par MM. Eocca, T.issy & de Roux 

Coprah. — Tendance : hausse constante. — 
Nous cotons nominalement, en disponible, les 
100 kg. c. a. f., poids net délivré, conditions de 
la place de Marseille : 



Ceylon sundried. . . 

SiQgapore 

Macassar 

Uanille 

Zanzibar 



61 

6i,75 



Mozambique 

Saigon 

Cotonou 

Pacifique (Samoa). 
Océanie française. 



62,75 
61,50 
6-2,25 
62,5(1 
62,25 



Huile de palme. — Lagos, fr. 78 ; Bonny, 
Bénin, fr. 76 ; qualités secondaires, fr. 74 à 75 
les 100 kg. ; conditions de Marseille, fûts perdus, 
prix povir chargements entiers. 

Palmistes. — Guinée, fr. -1:3,75 les 100 kg. 



JOLKNAL IVAGlilCILTlIfl'; TROIMCALK 



N" lis — Fi v. mr. 



Mowm (Bassin). l''r. 2<,) fr. les 100 kg. 
Graines oléagineuses. — Situation stationiiairi'. 
— Xous cotons nominalement : 

Sesamc Bombay blanc, gr graine Ir. 3 S, 50 

— — pet. graine 38 

— Jaffa (A livrer) 'S 

— bigarré. Kurrachee .IS.SU 



E.\.»rliH* { 

.1. .' 



il 



Lins Bombay, bruns, gr. graine. 
Colza Cawnpore 



Pavot Bombay. 
Mirsfi'lt I Ricin Coromandel nouv. récolte.. 

Arachides décorlitiuées Mozambique 

— — Coromandel nouv. réc 



î* 

V3 

;)î,5o 



Ventes connues de la semaine : G.OOO quintaux 
arachides décortiquées Coromandel, février-mars 
et mars-avril à 32,50 et 32,25 ; coût et fret, poids 
net délivré. 

Autres matières. — Cotations et renseignements 
sur demande 

RoccA, Tassy & i)K Roux. 
Marseille. IS février 1907. 



Produits agricolse africains 

sur le marché de Liverpool 

Mercuriale spéciale du .i .1. d'.\. T. >, 
Par MM. Taylok & Co. 

Huile (le palme. — Depuis notre dernière roviui 
le marché a été très ferme, les prix toujours en 
hausse, et une l)onnc demande 

Voici les cours du jour, la tonne sur place : 

Lagoa i 33.l,ï - Brasi". Niger, 

Bouny, Old New Calabar. .. 31.5/- 



Calabar 32.15,- 

Cameroun 32.10.'- 

Benin 3i.5,- 

Accra 3i.i,- 



Congo 31.5/- 

Salt Pond 30. lu 

Ordinaire et 

nioycnne 31 ,- 



Lagos, Cameroun 
et qualit/'s supé- 
rieures des Ri- 
vières £ 1 



Palmistes [Amandes de palme). — Le marché 

a été ferme, bonne demande, prix en hausse. 

Coirrs du jour, la tonne sur place : 

Bénin, Congo... £ IS.IT t; 
Libéria. Sher • 

bro I8.1J 1 

Cotc-d'Or is.io . 

Caoutchouc. — Assez bonne demande. Au 
commencement de ce mois, le marché était très 
ferme, mais durant les trois dernières semaines, 
plus calme. Prix un peu en baisse. Vendu 14 t. 
Reds à 4/5 »/« Para ."> I. 

Café, -r Seulement vendu 18 sacs Elépliain 
de 41 /- à 43/6 et 7 sacs Liberian Eléphant Berrv 
à 45/6. 

Cacao — Calme. Vendu 3.100 sacs. Prix va- 
iiaieut de 60/- à 75/6. Ce dernier prix pour 
Lagos fine. 

Gingembre. — Seulement ve idu de la vieille 
récolte de Sierra Leone. Prix de 27/6 à 28/6. 



Piassava. — Vendu 14.100 bottes. Hassa il 16 
à 24/15. Sinoeïl4/5. Cape Palmas Ï16/10 à 17. 
Sierra Leone £24. Opobo f 21 '10 à 23. Gaboon 
£14/10 à 18. Old Ciilabar £22. Cape Mount £19. 

Cire d'abeilles. — Petites ventes de .'Sierra 
Leone à £6.15. 6 paquets de Gambia à £7 

Noix de Kola. — 5 sacs secs à 2 d. la li\re 
anglaise. 

Coprah. — Petites ventes de £17 à 18. 

Poivre de Guinée (Manigueite). — Rien à rap- 
porter 

Fèves de Calabar. — Vendu 3 sacs à 2 d. la Ib. 

Arachides. — 50 sacs Rufisque à VIS. 10; 
22 sacs décortiqués à 15.10; 470 sacs Uu- 
flsque fine à £18.15 médium à £1C ; 100 siics 
médium Bathurst à £16. 

Chillies {Piment enragé). — 10 sacs Sierra 
Leone à £26 

Noix de Karité (Shea). — Sans existence, valeur 
nominale de £8.10 à 9.10 la tonne 

Coton. — 6 d. la livre anglaise. 
Mais. — 4-6 les 100 livres anglaises. 

Peaux. — Ferme. Vendu 140 peaux Bathurst 
poids avérage 13 Vj Ib à 8 7-8. 

Autres produits. — Cotations et renseignements 
sur demande. Tatlor & Co. 

7, Tilliebiirn slrecl 
18 février 1907. 

Produits de Droguerie. - Produits divers 

Mercuriale spéci.ale du « .1. d'A, T. " 
Par M. Geo, Ernst. 

• L'aslèrisque dèsî&rnc les produits bénéficiant d'une détaxe 
partielle ou eiilière en raison de leur provenance des colonies 
l'ran^-aise-i. Le mécanisme et le tarif de ce « privilège colo- 
nial 1) ont été e.'cposes dans nos n»» 35 et 37. — M. d. I. R. 

Ambrette. — Sans changements, petits arri- 
vages. Vendeurs plus exigeants, de 90 à 100 fr. 
les 100 kg. en belles semences Antilles. On offre 
à bas prix des graines des Indes de qualité et 
rendement inférieurs. 

Baumes. — CopaHU : En forte hausse la belle 
qualité pure en Maranhao a été payée jtistiu'à 9 
et 10 fr. le kg. entrepôt. Lartielo se raréfie et les 
arrivages sont nids 

Pkrou : Reste très ferme à 16 et 16,,">(i U- kg. 
entrepôt. 

ToLU : Sans variation ; 2 fr. 7.t à 3 fr. le kg. 
ac(|uitté. 

Tlois. — Santal des Indes : Sans disponible ; 
on demande bonnes qualités 128 à 130 fr. 

S. Nouvelle-Calédonie : En biiches et 

branches, 80 à 85 fr. les 100 kg. ; tout venant 

65 à 80 fr 



X« 6S 



1907 



JOL'I^NAL D'AGRICUITLIiE TROPICALE 



Quassia-Amara : On serait aclicteur de bois 
sain, jaune, type .Taniaïque de 12 à 15 frs, sui- 
vant rendement. 

Cacaos. — Le maintien des hauts cours actuels 
a ralenti un peu la demande. Les bonnes sortes 
Haïti restent recherchées giàce aux concessions 
des vendeurs. Cours : les 50 kg. 

Congo conventionnel fr. '-'ï a 9^ 

Martinique, Guadeloupe ... . l::o à !_:! 

Nouvelles-Hébrides 

Conpo Français 

Réunion 



(droit : ■! . fr.) 
(droit : o-2 fr.i 



l?o a 12s 
li-2 -.1 |-J7,:W 
115a i::" 

Cafés. — La consommation ne s'approvisionne 
qu'au fur et à mesure de ses besoins ; les recettes 
continuent à être très fortes au Brésil ; la ten- 
dance reste à la baisse, malgTé les efforts du gou- 
vernement brésilien pour empêcher l'avilissement 
des prix. Cours : les 50 kg. entrepôt. 



Santos .-iN à -"'ti 

Haïti 4" à ;"t.T 

Moka trié '■<■< à l"."i 

Java jaune h6 à. 6s 

* Bourbon Réu- 
nion 160 à Ifiô 



■ Guadeloupe 

Bonifieur. l-î" à t--"' 

Habitant ll.t à li:. 

' Tonkin :iu à lUO 

■ Nouvelle C'alé- 

donie 911 à 100 

■ Madagascar ... sO à s. . 



Caoutchouc. — Les prix sont un peu plus faibles 
par suite du recul du Para ; malgré cela bonne 
tendance toujours 

à 11 



Gambie 

Diégo-Suarei, 

Tamataverose 1 
Majunga 



Tuléar 3,70 à .H 

Tonkin, noir . . . 8 à 

10. .'Il — rouge. 9 à 10 

'.I NUe Calédonie 

(. Sâ«) Il à 11.;.» 

Camphre. — Toujoiu's ferme et demandé. Raf' 
fine Japon tablettes sont cotées fr. 12 à 12,50 
le kg., c. i. f. Chine cru embarquement février- 
mars est oiïert à la parité de fr. 9,75 c. i. f. 

*Cire d'abeilles. — Sans changement, peu d'ar- 
rivages. 

.Madaifascar \th à 16^ 

Tonkin 1 BO à 1 d:.',.jO 

Cire végétale. — C. Carnauba : Nominal fr. 4,50 
à 5,50 le kg. 

C. Japon est ferme ; 155 à 157,50 les 100 kg. 
c.i.f 

Cornes. — Sans variations. La bonne marchan- 
dise trouve facilement preneur. Cours, les 100 
pièces ; Madagascar, de 25 à 30 fr. ; Buffles (Ton- 
kin), de 75 à 85 fr. ; Cerfs, de 25 à 175 fr. 

Cuirs. — Les 50 kg. En hausse. La demande 
étant toujours active, les coirrs ont encore pro- 
gressé. 

Bœufs, vaches (Madagascar) ; secs 

— — salés 

Guadeloupe, Martinique : salés 

Tonk n, vaches ; sèches 

— burdes 

Nouméa, salés 



lO.î à 110 
SI à 88 
1)5 à 75 

120 » 125 
57 à f>'^ 
70 à 74 



^^ Ei3rces d'oranges. — Quarts Jacmel, sans af- 
faires. 32 à 34 fr.^les 100 kg. acquittés. 



Es.^eiice.'-. — Linaloe (Mexique) : Stationnairc, 
reste demandée en bonne qualité de fr. 22 à 22,50 
le kg. entrepôt. 

Lemongra.^5 (Verveine des Indes) : L'n peu 

plus ferme, les vendeurs sont plus réservés ; 

parité de fr. 17,50 à 18 le kg. ci. 

Petit grain du Paraguay : Quelques petits 

arrivages ont fait fléchir les hauts prix, ou ob. 

tiendrait encore de 33 à 35 fr. le kg. 

Gommes. — Copale.s : Toujours fermes et re- 
cherchées ; le disponible s'enlève facilement sur- 
tout en Madagascar. 



Afrique, sortes ■ 

^'adagasca^ reste demandée : 

Triée, claire, dure 

Triée, teintée 

Sortes, qualités courantes . . 



so 


à 


90 


;^:!.. 


A 


MiO 


::; d 


M 


:ii>ô 


l'on 


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i:i5 


'2i 




:I1'5 


Ifjd 


:i 


175 



Damar : Recherchée et ferme. 

B(la\ra 

Siiii,'a|iore 

GoMME-GuTTE : Statiounaire ; bonne qualité 

Cambodge tuyaux, fr. 8,25 à 8,40 le kg. 
Gommes -Laques : Toujours ferme, fr. 5,50 

à 5,75 le lig. caf. 

Sticklac (Tonkin) : En bonne situation et 

demandée. L'industrie se met à employer cette 

matière première plus volontiers, depiùs qu'elle 

arrive mieux présentée et triée. 370 à 375 fr. 

les 100 kg. c.a.f. 

G.-Gayac : Petites demandes en qualité pure 

St-Domingue, 1,60 à 2 fr. le kg. 

Ipécas. — Sans changement ; se maintient 
ferme : le kg. : Rio cultivé, fr. 20 ,à 21 ; Matto 
grosso, fi'. 20 à 20,50 ; Carthagène, fr. 18 à 19. 

Jalap. — Tampico Vj lourd. Petit stock offert 
à fr. 1,25 le kg. Le type lourd est demandé. 

Manioc. — Fécule : Sans variation. Réunion, 
Madagascar, 35 à 36 fr. les 100 kg 

Racines : Cours nominal. 15 à 16 fr. les 

100 kg. Havre. 

Bocou. — Sans arrivages. Petits lots, bonne 
pâte, auraient prenem'S : cours sur feuilles. 62,50 
à 65 fr. les 100 kg. 

Salsepareille. — Le type Mexique surtout 
intéressant pour nos aclieteurs est un peu plu& 
faible. On cote 50 à 52,50 les 50 kg. — La salse- 
pareille Para-Couronne devient rare et trouve- 
rait acheteurs aux bons prix, si elle était bien 
triée et régidière. 

Vanille. — Le kg. nu acqxùtté. Toujours ferme 
et en bonne situation ijour les producteurs. 

fr 



3-2 à 35 
n à 26 
20 à 24 
12 à i6 

Tahiti, !'■ qualité . . 12 à 15 

SeycheUes (18 20 cent ) 24 à 2& 



Réunion !"■ qualité.. 
— têtes-quauii 

Madagascar 

Guadeloupe 



58 



J(iri(NAI. l)AL.HICl I-TimC TI.'OI'ICAI.E 



N"^ 68 



lin: 



VaniUon. — Guadeloupe en forte hiiusse. 20 à 
22 fr. entrepôt. Stocks réduits 

Tous autres produits. — Cotes et renseigne- 
ments sur demande 

Le Havre, 20 février 1907. 

GÉo. Ernst. 

59, quai d'Orléiui''. 

Mercuriale de q lelques produits 
d'Extrême-Orient 

Par M. J. n. Gkkix 

Gomme-laque. — Les r,flfaires en cet a"ticle 
restent assc: crimes, et depuis quelques jours, 
on observe une tendance à la baisse. Néanmoins, 
les cours restent élevés, et, depuis le mois der- 
nier, les prix n'ont perdu en somme que ce qu'ils 
avaient gagné. Ainsi, après avoir touché un ins- 
tant fr. 537, ils sont revenus aujourd'lnii à 
fr. 513, les 100 kg. c.a.f. pour la T. N 

Poivre. — On a fait quelques ventes à décou- 
vert à fr. 54, mais immédiatement après, l'article 
s'est raffermi et il faut parler maintenant de 
fr. 56 les 50 kg. c.a.f. L'opinion générale n'est 
cependant pas en faveur de l'article, car on dit 
que la récolte est abondante, que l'Angleterre a 
beaucoup acheté et, que pour écouler l'excédent, 
les vendeurs de Saigon seront obligés à consentir 
des s.icrifice.?. 

Gambie,-. — Pr.r suite des fêtes chinoises, les 
cours n'ont guère varié. La demande est d'ail- 
leurs tr.iînante. Officiellement, on inscrit ton- 
jour.^ fr. 43,50 les 100 kg c.a.f. mais je présume 
qu'on pourrait se couvrir légèrement au-dessous 
de ce prix 

Tapioca. — Comme il arrive si souvent pour 
ce produit, qui est devenu décidément un article 
de spéculation, les prix ont subitement haussé 



et, comn.e on pay,".it des primes assez sérieuses, 
pour certaines époques d'embarquement, il y a 
quelques reventes à signaler. Cependant la 
demande de consommation reste calme, et il 
est évident que, si elle ne se laisse pas amorcer 
par la liaus.se qui s'est produite, les prix fléchi- 
ront de nouveau, quitte à faire un nouveau 
saut sur le tremplin de la spéculation. 

Racines de Manioc. — Partiellement par suite 
de la s.'-.ison des pluies, et aussi j)ar suite de la 
demande toujours croissante, il y a une hausse 
considérable sur cet article, pour lequel on 
demande aujourd'hui fr. 13,50 les 100 kg. c.a.f. 

Fécules de manioc. — Toutes les qualités restent 
chères, et même les sortes fines, qui semblaient 
fléchir un peu, ont repris depuis quelque peu. 
Les prix actuels sont de fr. 15 à fr. 33 les 100 kg. 
c.a.f, selon qualité. 

Fécules de Sagou. — Toujours fermes, mais 
au cours actuel de fr. 19,50 les 100 kg. c.a.f, on 
ne trouve pas acheteur en France. 

Cire végétale du Japon. — La hausse continue, 
et le livrable est aujourd'hui bien plus cher que 
le disponible. Comme toujours en pareil cas, les 
afl'aires s'en ressentent et la consommation se 
restreint autant que possible II est certain que 
ces hausses continuelles sont des plus défavo- 
rables à l'extension des nombreux emplois que 
ce produit a trouvés, et il est à craindre que si 
les .Taponais ne se montrent pas ])lus prudents 
dans les mouvements qu'ils impriment aux cours 
de \r. cire, ils finiront par tuer la iioule aux (rufs 
d'or. 

Galles de Chine. — 11 y a quehiues vendeurs, 
dit-on, à des pris assez bas. Mais, d'une façon 
générale, les offres viennent en hausse et le cotirs 
est aujourd'hui fr. 131,25 les 100 kg c.a.f. 
P.aiis, 19 février 1907. 

J. H. Grein. 

10, rue Slc-r.roix île la. Brelomicrie 



ACTUALITES 



Le Camphre à Ceylan Ceylan. distribue comme supplément du " Ceylou 

Kendements. — Conseils sur la distillation. Observer » du 20 septembre 1906 ; le paragraphe 

.^, . -, .^ .„ fait partie du rapport spécial du chimiste du 

D après M. Kelway Bambek. ,. . >, ,- r. , . 

(.iiuvernement, .M. IvELW.w B.vmbkh, dont 

Ce qui suit est traduit textuellement de la page certaines brochures sur le même sujet ont déjà 

H du Rapport 10(i5 des .lardins bot.iniques de été analysées dans le « .1. d'A. T. ». On sait que. 



No fig _ 



1907 



JOUl^XAL ]>'AGHICL'LTUHE TROPICALE 



53 



"cîs temps derniers, le camphre de Formose a 
atteint des chiffres fantastiques. Cette hausse 
a excité le? colons de Ceylm à planter le cam- 
phrier et il y en a déjà, dans cette ile, près de 
900 acres ; il en a même été exporté déjà près 
d'un millier de kilogrammes de camphre, d'après 
le 'i Bull -tin semestriel » de la Maison Sciiimmel, 
daté d'octobre-novemhre I9O0. — N. d. l. R. 

« Depuis la publication de notre bro- 
chure sur la distillation des pousses et 
feuilles de camphriers », écrit M. Kelway- 
Bamber, (i la culture de cet arbre s'est un 
peu étendue. Dans quelques propriétés on 
n'arrivait pas à extraire une assez forte 
proportion de camphre pour rémunérer l'en- 
treprise, la cause a été recherchée et il se 
trouve qu'on distillait trop vite et conden- 
sait mal. Diverses distillations ont été faites 
dans le courant de l'année avec des pousses 
provenant d'altitudes variées, depuis des 
propriétés situées au-dessous de 2.000 pieds 
et jusqu'au-dessus de (3.000 x)ieds : les ren- 
dements ont été de 1.16 % à 1,71 %. En 
distillant feuilles et rameaux séparément, 
on s'aperçoit cpie les premières sont trois 
fois plus riches que les derniers » 

» Une fois cpie la distillation est en train, 
il importe de réduire la chaleur au minimum, 
de manière à ce que les vapeurs de camphre 
n'entrainent que très peu de vapeur d'eau. 
Il faut veiller, d'autre part, à ce que l'eau 
du condensateur soit bien froide et abon- 
dante et coule dans le sens opposé à celui 
de la distillation. 

» Si le camphre obtenu apparaît impur 
et de mauvaise couleur, il n'y a qu'à le 
redistiller à noitveau ; du reste, si la pre- 
mière distillation est conduite comme il 
faut, on n'aura jamais besoin de recom- 
mencer 

» Le liquide rouge qui reste dans la cornue 
après la distillation des pousses a été ana- 
lysé ; il contient du tanin, un colorant jaune, 
du sucre et des éléments minéraux dont 
une forte proportion de manganèse. » 



Taille de 1 Hevea 

L'écimage, moyen de hâter l'entrée en rapport. 

D'après M. Herb. Wright 
M. Herbert Wright, sous-directeur des 
Jardins botaniques de Ceyh.n, rutcur du iiicilleur 
livre existant sur la culture de l' Hevea, a fait. 
le 9 juin 1906, devant la» Planters' Association „ 
de KegaUe, une conférence sur le même sujet, 
des plus importantes. Nous empruntons quelques 
indications, toutes d'actualité, au compte rendu 
illustré, publié dans le (( Tropical Agriculturist » 
de juillet 1906 : 

11 apparaît que, par un ecimage appro- 
]jrie, on peut hâter sensiblement l'épaissis- 
sement des jeunes Hevea, de manière à 
gagner 1 pouce de circonférence en un an. 
Cela revient à gagner un an, — ce qui est 
énorme — sur les 4 ou 5 années d'attente 
où le planteur dépense et ne récolte rien. 

Il est admis, à Ceylan, qu'un Hevea doit 
avoir au moins ^ingt pouces de circonfé- 
rence, à 1 yard au-dessus du sol, pour être 
saigné utilement. En écimant, et si toutes 
les autres conditions sont favorables, on 
peut espérer amener les arbres à ce point 
dans le courant de la quatrième année. 
Voilà qui change joliment les données éco- 
nomiques de la culture du caoutchouc ! 

Cet effet de l'écimage vient de ce'quil 
décuple le nombre des feuilles et, partant, 
la nutrition de chaque arbre. On obtient, 
eu même temps cet autre avantage : des 
arbres trapus, épais et bas de tronc, et, de 
ce fait, plus faciles à saigner sur toute leur 
surface utile ; chose impossible évidemment 
avec des géants tels que ceux de Henerat- 
goda qui, à 30 ans, mesurent presque 
100 pieds de haut ; ils sont, du reste, rela- 
livement minces. 

Hâter l'entrée en rapport est chose essen- 
tielle pour toute culture et en tout état de 
cause ; on y a intérêt davantage encore 
lorsqu'il s'agit de caoutchouc et que celui-ci 
(« Para » cultivé) se vend 5 et 6 shillings la 
livre ; car, dans quelques années, lorsque 
les gTandes surfaces complantées entreront en 
rapport à leur tour, le prix pourrait fort 
bien retomber au niveau d'il y a dix ans, 
soit 3 .shillings environ. 



60 



JOI liNAl, DAGIÎICLLTUHK TROPICALE 



.\»G<. - Fé\- 1907 



Voici le mode opératoire que recoiiiinande 
M. Wkight eu se basant sur ses récentes 
expériences : 

Lorsque le jeune arbre a atteint IL' iticds 
de haut, écinier en eidevant. par pincement 
avec les ongles, le bourgeon terminal. La 
tige se divisera à la suite de ce pincement ; 
on laissera pousser deux branches, symé- 
triquement disposées. Dans six semaines 
environ, ces brandies ayant un \h'U plus 
de 1 pied de long, chacune d'i'lles sera 
éciinée à son tour iiar le mf'nie procédé et on 
lai.ssera pousser sur chacune six branches 
encore. Quatre ou cin(| mois ])lus taid. cha- 
cune de ces ramifications de deuxième ordre 
ayant atteint 4 à 6 pieds de long, sera i)in- 
céc à nouveau et émettra un nombre va- 
riable de rameaux de troisième ordre. Ainsi, 
chacun des douze sommets portera autant 
de feuilles qu'en aurait eues le sommet 
unique de l'arbre^ non écinié ; soit, jjour 
l'cusemble de la couronne, douze fois ])lus. 
Il n'est pas étonnant que l'arbre s'épaississe 
plus vite dans ces conditions. 

Au cours de la discussion faisant suite à 
1% conférence, M. Wright reconnaît que, 
dans bien des iilantations. à Ceylan, on com- 
nience à saigner U's llevea avi«:;t même 
qu'ils ' n'aient atteint la circonférence de 
20 pouces, à 1 yard du sol : mais il estime 
que c'est compromettre l'avenir des arbres 
ainsi brusqués. 

L'Acide citrique à la Dominique 
('ommuni(iué par M. G. DE Préaudkt 

L'industrie du jus de citron et de l'acide oitri- 
qiie et la culture du cition (plus exactement de 
hi lime acide) en vue de cette utilisation, plus 
particulièrement à la Dominique, ont fait l'oltjet 
de différents articles et notes dans les années 
antérieures du « J. d'A. T. ». Nous y avons signalé, 
entre autres, l'évolution dont parle rinformation 
ci-après et qui s'annou(.';iit <léjà ileiuiis ])hi.sieur.* 
années. 

I^a note anonynu? qui suit nous a été aima- 
blement communiquée par M. George de 
Préaudet, qui l'a cueillie dans la « Sucrerie 
indigène et coloniale « du V janvier 1907 : 



L'île de la Dominique, située entre la 
Guadeloupe et la .Martinique, s'efforce de 
conjurer la crise qui la î)oursuit, par l'cxten- 
sidu de cidtures secondaires. C'est ainsi que, 
dciuiis une dizaine d'années, elle a forte- 
ment étendu la culture du citronnier. D'a- 
bord, on a essayé de transporter les citrons, 
mais ce commerce présentant de nombreux 
aléas et les paquebots n'étant pa.s parfaite- 
ment aménagés, on y a peu à peu renoncé, 
sauf pour les expéditions directes vers les 
Etats-Unis. 

Ou a ensuite fait l'expédition d\i jus de 
citron réduit au dixième par l'evaporation. 
("e jus traité en Angleterre, fournissait 
l'acide citrique. Tout récemment, on s'est 
mis à .la fabrication du citrate de chaux «jui 
est le produit intermédiaire entre le jus de 
citron et l'acide citrique. Le citrate vendu 
dernièrement titrait 69 % d'acide citrique. 
11 était ])arfaitenient cristalli.sé. 

11 résulte des rapports officiels (|Uc la 
I)()iiiiiiii|ue a déjà expédié 13,600 kg. de 
citrate. Il est bon de rappeler ces détails 
aux planteurs des Antilles françaises voi- 
sines. Le jus de citron obtenu dans les pro- 
priétés voisines des usines, serait transportt'^ 
dans des frits, saturé par la chaux obtenue 
au moyen des madrépores lav'és ou des co- 
([uillages, le citrate neutre évaporé dans les 
trii)le-elTet des usines sucrières et abandonné 
à la cristallisation. Le turbinage ou la dé- 
cantation donnerait des cristaux secs (|ue 
la métropole pourrait raffiner pour en i.soler 
l'acide <'itriquc. 

Evolution du Marché mondial 

des Cacaos 

L'essor de Ilamliourg. — l>isi>arition 
des sortes fines. — La falirication <'n lii04. 



D'après le « Gordian „ 

Notre confrère de Barbados, « Agrieultural 
isews », du 20 octobre 1900. signale, d'après 
ie « Gordian « de Hambourg, l'augmentatioi» 
continue des exportations de cacao des 
principaux pays producteurs : Equateur. 
Brésil, Trinidad. Saint-Domingue. Véné- 



N" 68 — F'Év. 19.)': 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



61 



ziK'la, Grenade, auxqiiels sont venus s'ajouter 
■dans ces dernières années, avec des chiffres 
■de plus en plus lorts, une série de fournis- 
seurs nouveaux :1a Gold Coast, le Cameroun, 
Culia, Porto-Eico. Cette énumération, où 
manque San-Tliomé, — rien que çà ! — 
«st loin d'être complète et olïre peu d'intérêt ; 
il n'en est pas de même des réflexions dont 
notre confrère l'accompagne : 

Toujours d'après le « Gordian ", qui est, 
•comme ou sait, l'organe autorisé de l'indus- 
trie cacaoyère allemande, c'est surtout la 
culture des sortes bon marché qui augmente, 
les cacaos de haute qualité se trouvant de 
plus en iilus reculés à l 'arrière-plan. C'est 
que la démocratisation du chocolat comme 
boisson journalière dans les pays civilisés 
a élargi les débouchés des sortes moyennes 
et communes; d'autre part, les chocolatiers 
ont beaucoup perfectionné leurs procédés, 
dans ces dernières années, et savent au- 
jourd'hui tirer un meilleur parti que par le 
passé, des sortes de seconde qvialité. 

Quant à la consommation (fabrication), 
en 1904, les Etats-Unis tenaient la tête, 
employant 33.159 tonnes de fèves de cacao ; 
la même année, l'Allemagne en avait absorbé 
27.101 t., la France 21.799 t., le Eoyaume- 
Uni 20.552, la Hollande 21.124 t 

Hambourg est devenu le marché régula- 
teur du com'merce mondial des cacaos, 
ayant battu le Havre et K'ew-York. Quant 
à Londres, il perd du terrain d'année en 
année. 

[Comparer les copieuses statistiques mon- 
diales de la décade 1894-1 903. dans le « J. d' A. T. », 
n" 44 et celles de 1904-1905, dans notre no 46. 
Voir aussi le n" 64, p. 320. l 

Pourquoi Singapour n'exporte pas 

de fibres d'Ananas 

D'après M. Paul Seere 
C'est une question qui revient bien souvent 
dans les lettres que nous recevons des planteurs 
tropicaux : pourquoi ne pas tirer parti des feuilles 
de l'ananas après en avoir récolté le fruit ? 
M. Paul Serre, vice-consul de France à Bata- 
via, y répond très à propos, dans une note pa- 
rue comme supplément du 'i Bulletin des séances 



la Société nationale d'Agriculture de France ><» 
novembre 1905. Elle est reproduite ci-après. 

Nous croyons savoir cependant que ly plus 
grande partie de la fibre d'ananas préparée aux 
Philippines est employée par les tisseurs locaux ; 
le prix indiqué pour Londres doit être acci- 
dentel, car les grandes maisons de commerce de 
Londres ne cotent point la fibre d'ananas dans 
leurs circulaire.?. Quant à la prétendue fibre d'ana- 
nas du marché d'Amsterdam, nous avons expliqiié 
dans le n° 62 ce qu'il en est : c'est simplement 
du sisal, cultivé à Java. Nous ferons enfin une 
dernière réserve : Même eu y mettant le prix, on 
n'est pas encore absolument fixé sur la macbine 
qui conviendrait à la déflbration en grand des 
feuilles d'ananas, qui sont bien plates. 

Toute cette question de la fibre d'ananas a été 
fort bien traitée, récemment, dans T « Agricul- 
tural Bulletin of the Straits », nous n'avons pas 
le document sous la main en ce moment, mais 
nous tacherons de le retrouver. — N. d .l. R. 

« On peut se demander, en Europe, pour- 
quoi Singapore, grand marché d'exportation 
pour les conserves d'ananas, n'est pas, 
comme Manille, un centre d'expédition im- 
portant pour les fibres de piùa. En effet, la 
plante d'ananas croît rapidement dans les 
détroits et aucun insecte ne l'attaque ; mais 
alors qu'on doit la planter au soleil pour 
obtenir un fruit irréprochable, il serait né- 
cessaire de la planter à l'ombre pour obtenir 
une fibre longue et lourde. En outre, les in- 
digènes demandent un prix ridiculement 
élevé (60 cents de dollar) pour un picul de 
feuilles rendu à Singapore, vu l'éloigne- 
ment des centres de culture et la cherté des 
charrois ; de plus, les propriétaires chinois 
ne veulent pas convenir que la plante ne 
souffre aucunement quand on la prive de 
quelques feuilles. 

» Pour obtenir les fibres à un prix de re- 
vient qui assurerait des bénéfices raison- 
nables, il serait nécessaii"e de jjrocéder à la 
décortication dans une usine construite au 
milieu d'une plantation d'ananas, de possé- 
der des connaissances spéciales, de disposer 
d'un capital assez important, de bonnes 
terres et d'un bon climat, d'eau à profusion, 
notamment pour actionner les turbines, do 
m^jChines très modernes, de bois à brûler et 



62 



JOLKNAL DAGUICILTL'HE TUOPICALE 



N" 68 — Fi:v. 1907 



de petits wagonnets DecauvillE; il liiiidniit, 
en outre, s'aiiner de courage et de patience, 
ne pas être visité par un cyclone, et jouir 
d'une température de 35". iiidis])eusable pour 
le blanchiment des fibres, tomme on le voit, 
c'est beaucoup demander 

» Les fibres d'ananas valaient, dernière- 
ment, près de 1 franc le kilo, sur le niarcli('' 
de Londres; mais le prix moyen, pour 
une période remontant à quinze années, n'a 
pas dépassé 23 ï. st. la tonne. >■ 



Charrues coloniales 
Rectification 

Dans la note sur les outils de l;'i)our ])er- 
fectionnés qui a paru dans notre ii" (57. 
page 10, une erreur de composition a fait 
intervertir les clichés des figures 1 et 3. La 
charrue représentée par la figure 3 est non 
pas le brabant double, mais bien la chaiTue 
« étliio])ienne », montée avec un simple sup- 
port à roulette, et un mécanisme de réglage 
aussi simple et aussi réduit que possible. 

C'est au contraire le « brabant double » 
que représente la figure 1, tel qu'il est au- 
jourd'hui, avec ses organes de réglage qui 
en l'ont un instrument parfait, mais dont 
la perfection même sera peut-être encore 
longtemps un obstacle à sa diffusion dans 
nos colonies, 

La plupart de nos lecteurs auiont d'ailleurs 
fait d'eux-mêmes la rectification. 

-tsai^ -, . 

Huile d'Andiroba 
Par :M. O. Labroy 

M. Labroy, rentré depuis à Paris, nous écri- 
vait de Manaos (Amazonie), en date du 22 juin: 

J'ai envoyé dernièrement au Muséum 
des graines d'ANDiROBA ,• les indigènes les 
utilisent beaucoup pour la fabrication d'une 
graisse vendue couramment sur le marché 
de Manaos. C'est une sorte de beurre non 
comestil)le, niais recherché en médeciiu>. 
L'extraction est très ]iiimitive, 



Les Seringueiros et autres habitant^s de 
l'intérieur s'en servent beaucoup pour 
combattre les acariens et autres parasites 
de l'homme. 

Les indigènes font cuire les graines, les 
étalent ensuite au soleil pendant quinze jours 
pour les ramollir, enlèvent l'écorce en écra- 
sant l'amande dans un mortier. Ils dispo- 
sent cette iiâte sur une ])laque de tôle 
inclinée et rétrécie en gouttière dans sa 
partie inférieure où s'écoule lentement, dans 
un récipient disposé ad hoc. la matière gra.'^se 
vendue sous le nom d'ANDiROBA. ' 

L'arbre est lun des ])lus beaux des 
forêts de l'Amazone autant par ses graiules 
dimensions et son superbe port pyramidal 
(|ue par son épais feuillage vert foncé ; 
j'en ai planté plusieurs exemplaires dans 
les jardins de la ville. Son bois est ap- 
précié pour le chauffage. Le nom botanique 
est Carapa Guianensis. 

O. Labkoy. 

Crésyl Jeyes 

Société française de Produits sanitaires 
ANTISEPTIQUES : Le Crésijl Jeyes. In-8°, 80 m). 
Au siège, 35, rue des Fraucs-Bourgeois, Paris. 
1906 

ICxeellente brochure de vulgarisation, très 
consciencieusement faite. Tout colon a in- 
térêt à se la procurer, elle est distribuée 
gratis 

Les applications du Crésyl et de ses dif- 
férentes préparations sont multiples : pour 
riiyuièue et le traitiMuent des homnies. des 
animaux, des plantes même, ainsi (|ue ])()ur 
l'entretien et la désinfection des locaux 
d'iiabitation et autres. Parmi les prépara- 
tions dérivées, nous relevons la poudre pré- 
servatrice Matamite, recommandée pour 
l'emballage des peaux, cornes brutes et 
autres articles similaires, dont le long voyage 
depuis les colonies jus(|u'au marche consom- 
mateur comporte toujours un certain risque 
de détérioration par les insectes et les cryji- 
togames. 



N' 5S — Fév. 1907 



JOT'h'XAL D'AGRICir.TUUK TROPICALE 



63 



Les Hache Raquettes 

pour Cactus au Texas 

Lettre d'im Construoteui 

Diius le n° 59. notre collaborateur ;M. F. 
Main a décrit, d'après la brochure officielle 
de Griffiths, les hache -raquettes méca- 
niques employés au Texas, concurremment 
avec les flamboirs, pour faciliter la consom- 
mation par le bétail du cactus épineux qui 
constitue quelquefois un appoint important 
de la nourriture des troupeaux dans cet 
Etat. En même temps, nous demandions a 
l'auteur de la brochure les noms des cons- 
tructeurs, qu'il n'a fait aucune difficulté 
de nous communiciiier, et nous leur écri- 
vîmes pour avoir de phis am])les détails sur 
leurs machines. 

Les renseignements qui nous ont été 
envoyés sont assez succincts : Les couteaux 
ont généralement m. 70 de longueur sur 
m. 7.5 de largeur ; le débit des machines, 
qui exigent une force de 2 chevaux-vapeur, 
va de 18 à 20 tonnes par jour, suivant la 
nature des raquettes et la conduite des 
appareils. Le prix en est de 4 à 500 francs. 

D'autre part, une des maisons auxquelles 
nous nous sommes adressé nous a déclaré 
qu'elle n'en construisait plus et n'avait 
même plus de ])rospectus. La raison qu'elle 
nous donne est intéressante à noter : les 
raquettes, dit-elle, ne se consomment guère 
que dans les années de sécheresse, aux- 
quelles se restreint par conséquent la vente 
des machines à couper les raquettes ; depuis 
plusieurs années, la sécheresse n'ayant pas 
sévi, la construction de ces machines a été 
complètement abandonnée, 

Nous devons dire d'ailleurs que les pros- 
pectus reçus par ailleurs ne sont ni luxueux, 
ni importants, ce qui tendrait à prouver 
— surtout en Amérique - — qu'il n'y a 
jamais eu là l'objet de grosses transactions. 

F. M. 

Rats et Mangoustes 
Lettre de M. C. Hardouik 

« Dans le no 01. je lis l'article de M. P. 
Qi.'ESNEL sur la destruction des rats en 



Cochinchine. A Porto-Rico. nous sommes 
parvenus à nous débarrasser de ces ron- 
geurs qui y pullulaient il y a encore quelques 
années et y faisaient des ravages considé- 
rables. On a tout simplement introduit dans 
l'ile une jolie petite bête puante qui ressem- 
ble beaucoup au furet et dont le nom fran- 
çais est. je crois, mangouste ; hiqu^lle a 
débarrassé le pays en un clin d'œil de tous 
les rats. 

» Ceux de ces rongeurs qui ont survécu 
à riiécatombe en sont réduits à vivre sur 
les arbres, et encore doivent-ils prendre les 
plus grandes précautions ; car étant obligés 
de descendre pour manger, si la mangouste 
les guette, il leur est bien difficile d'échapper.» 
19 septembre 1900. (_\ Hakdouin. 

X.-B. — L'efficacité (le hi mangouste contre les 
rats est un fait bien connu, mais ce carnassier en 
arrive facilement à devenir à son tour une cala- 
mité, car après avoir dévoré les rats il s'en prend 
aux volailles, l'élevage de la basse-cour devient 
quasiment impossible dans les pays oïl la man- 
gouste s'est multipliée. Dans plusieurs colonies 
anglaises, les gouvernements locaux en sont à 
payer des primes pour la destruction des man- 
goustes. Nous avons publié divers documents sui 
cette question épineuse. — X. d. l. R. 

Le Coffea Congensis remplacera-t-il 
le Libéria ? 

D'une lettre de M. A. Fauchère 

M. FaltchÊre. en qui quelques-un.s de nos 
lecteurs ont déjà reconnu l'auteur des récente? 
communications sur le C. congensis parues dans 
le « .1. d'A. T. )), nous écrit sur cette espèce, de 
T.amatave, en date du 17 décembre, en réponse 
à l'article de notre n» 6.5 dont nous lui avions 
communiqué une épreuve. Rappelons que ce 
même café, soumis à M. Verjioxd, à Paris, 
après plusieurs mois de magasinage et de voyage, 
a été trouvé par ce spécialiste très acceptable et 
supériem-, en tout cas, au café de Libéria. Rappe- 
lons aussi que l'introduction du C. congensis est 
l'œuvre méritoire du Jardin Colonial dirigé par 
M. Dybowski. — N. d. l. R 

* 

* * 

« Dans votre article : Coffea congensis ? j'ai 
relevé un lapsus. Vous semblez faire dire à 



04 



JOUUNAL D AdRKULl llil': I li( )Pi;;.VI,l': 



Nil (iS 



1'"kv. 1907 



M. de NVlLDKJlAN (jiu' le Cofjia cunvpliom 
est réfTaftaire à l'Hcinileia ; or il a dit juste 
le contraire dans le n° 63. et sur ce point 
nous sommes absolument d'accord. 

» Où je ne suis plus d'accord avec !M. de 
AVlldejWA?;, c'est quand il dit que lo C. eu- 
uephora arrivera bien à supplanter le Lib«'- 
ria. Pourquoi le Libéria est-il culti\é ? Tout 
uniquement parce qu'il résiste à 11 leinilei;! 
qui tue le C. arabica (1). alors, où est l'in- 
térêt de substituer à ce Libéria le C. cunc- 
■phora qui est lui-même aussi sensible à 
1 lieniileia que V arabica f (d'après ^I. T)E 

AVlLDE>L\N), 

» En réalité, le C. cdncphora est atta(|ne 
))ar riTeniileia. mais il est plus résistant ([ue 
Varabica. 

» 8i on peut espérei' remplacer le Libéria, 
c'est uniquement par un caféier réfractaire 
aux attaques du champignon qu'on y arri- 
vera ; autrement la question est insoluble. 
Ce caféier sera-t-il le C. congensis f Je ne 
m'avancerais pas à le dire. c;îr s'il est vrai 
qu'il est consommable lorsqu'il a vieilli un 
peu, il est réellement mauvais (luand il est 
fraîcjiement récolté. Je viens de govlter 
celui de la dernière récolte.-vraiment il n'est 
pas bon. Je lui trouve un goiit de vert qu'il 
perd en vieillissant, il est vrai 

» A. Fauchère. » 

On demande une iwachine 

pour couper le Coprah 

Lettre de M. E. Gané 

Dans le i\° 67, nous avons pnbUé sur la culture 
t't l'exploitation du cocotier aux Kouvclles- Hé- 
brides, une communication fort intéressante de 
M. VÉzi.\. et une autre, encore sur le même 
sujet de M. Anceux. Aujourd'hui. M. G.\nk. 
colon dans ce même archipel, soulève ime ques- 
tion nouvelle, que nous ne nous sim venons pas 
avoir posée encore. 

Il ne de\T:ait pas être impossible de trouver 
une machine peu coûteuse qui fasse l'affaire : 
nous croyons savoir que notre collaborateur, 
M. F. M.MX s'est occupé de la question. Nous 
aurons l'occasion d'en reparler. — X. i>. r. R. 



Il) Kl iniN..i à l'a lïTuillulc. — N. l>. L. R. 



J'ai iû.OOO cocotiers eu rapjjort. eliilVre 
qui permet de faire de jolies affaires, mais 
je ne suis pas outillé comme je voudrais ; 
aussi je m'adresse à votre comi)étence pour 
savoir si vous avez connaissance d'une uni- 
chine à coupei- le coprah. Dans l'archipel, 
aucun de nous n'est outillé, du reste. Ainsi 
je sais qu'il existe un couteau pour sortir la 
noix (lu eoet) après la cuisson. Ce couteau a 
un manche que le travailleur plante en terre, 
il introduit la lame entre la noi.x et la co- 
quille et par un mouvement de rotation la 
fait sortir. Aucun de nous n'a de ces cou- 
teaux-là. 

Ce qui m'intéresse le ])lus, c'est le décoti- 
page du coprah. Je possède un luiir ou je 
mets C.OOO ou 7000 cocos, ce qui me donne 
une tonne de coprah marchand.; mais une 
fois retiré de la coque, il me faut couper le 
coprah, car je ne peux l'expédier par demi- 
noix. Je coupe donc une noix moyenne en 
six ou huit morceaux et cela se fait au cou- 
teau ; vous coiii]iren(h'ez sans ]icine l'éco- 
nomie (le main-d'œuvre que me donnerait 
une petite machine à bras, à deux manivelles 
par exemple, qui me couperait le co])rah à 
la grosseur que je désirerais. En elTet. je 
coupe en dés. le coprah séché au soleil, et 
plus gros celui fumé. 

La maison (|ui me livrerait une machine 
a])i>#»i)riée ferait de jolis bénéfices, ])arce 
([Ue ]iersonne n'en po.s.sède ici. 

Une enquête sur les débouchés 

du Rhum de la Jamaïque 

Le Chimiste du Département d'Agricul- 
ture de la Jamaïque — où il existe un ser- 
vice spécial pour l'étude dti rhum — a été 
l'année dernière en tournée eti .Viifileterrc 
et en Allemagne pour sa rendre eomi)tedela 
.situation du rhum de la Jamaïque sur ces 
deux ma.rches. Il a présenté un rappcnt au 
Board of Agricultiu-e de l'ilc ; il est a .souhai- 
ter que ce rapport soit publié ; les produc- 
teurs de tous pays le liraient avec intérêt et 
profit, certainement. 



Versailles, Soeicle AiionN (lie des Inifiriincries Ijeranlii 



/./■ (lérani, P. l,ir.AiLLO>. 



N° 68 — Fév. 1907 



JOURNAL D'AGRICULTULE TROPICALE 



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Seci-éUni-e de la Récl/icliai, ■ 

F. MAIN 

Administrateur : 

H. HDBiC 






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.FRIQUE occidentale ET CENTRALE 

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d'expérience sur le Cocotier . ' 

0. L.^BROY : L'Hevea discolor de la ré- 
gion de Manaos 

Le Caoutchouc de Céara à l'Exposilion de 
Ceylan (d'après le conapLe rendu offi- 
ciel) 

L. DELIGNON : Critique du Manihot 
Glaziovii en Annani 

Végétation de l'Agave rigida dans le 
Nord de l'Afrique Orientale allemande, 
d'après L. Kindt 

Cultures nouvelles et Recherches agro- 
nomiques aux Havaï, en 1905 (Notice 
bibliographique) 

Sur quelques Fibres à papier des Phi- 
lippines, d'après les expériences de 

M. C. F. RiCllMOND 



PARTIE COMMERCIALE 

(Cours, Statistiques, Lli'boucli.-s, etc.! 

HECHT FRÈRES et C- : Bulletin men- 
suel du Caoutchouc 

A. ET E. FÛSSAT : Bulletin mensuel du 
Coton 

G. DE PRÉAUDET : Bulletin mensuel du 
Sucre 

H. VERMUND : Bulletin mensuel du Café. 
A. ALLEAUME : Bulletin mensuel du 

Cacao (Revue de fin d'année'i 
VAQUIN ET SCHWEITZER : Fibres de 

corderie et de brosserie, etc. 
ROCCA, TASSY et DE ROUX : Mercuriale 

des Huiles et Graines grasses 
TAYLOR et Co. : Mercuriale africaine 

de Liverpool 

GEO. ERNST : Produits de Droguerie. — 

Produits divers 

J.-H. GREl.X : Mercuriale de quelques 

Produits d'Extrême-Orient 



Pages. 

67 
69 

71 

73 



79 



82 

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88 

89 

90 



ACTUALITÉS 



(Corresponaanre, Infonualions, Extraits, c-tc , 

E. DE WlLDEMAi\ : Encore le Periploca 
nigrescens Afzel 

F. MAIN ; Le Séchage du Caoutchouc à 
la Trinidad, d'après M. U. Cah u:iolo 

G. DE PREAUDET : La Vigne aux Saintes 
(Guadeloupe), d'après M. Souzeau dk 

PUVB.ERNEAU 

Les Animaux domestiques de Madagas- 
car, d'après M. (Ju. Jamin 

F. MAIN : L'Exploitation de llxtle au 
Mexique 

U. BERNARD : Le Manioc de Madagascar, 
d'après Zimmerman.n 

L'essence d'Oranges amères, sous-pro- 
duit du Caoutchouc de Céara 

Friandises au Sucre de canne et aux 
Amandes : Le Chancaca 

Concours pour un dépulpeur de Coffea 
robusta 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE 

(sur ijapier bleu) 

Livres nouveaux, ?<S 1319-1329. — Prin- 
cipaux sujets traités : La vapeur en 
sucreries de cannes; Maladies du Ma- 
nioc; L'Agriculture au Caucase; An- 
nuaire de l'Ecole coloniale allemande 
Wilhelmshof; Vie, diffusion et dégâts 
du Pou de San José (Aspidiotus perni- 
ciosus), moyens de destruction, liste 
des plantes attaquées; Culture du riz; 
Alcool industriel (plantes pouvant pro- 
duire de l'alcool : canne à sucre, riz, 
banane, patate douce, manioc, arrow- 
i-oot); Canne à sucre; Terrains sa- 
lants; Coton; Caoutchouc; Fruits co- 
mestibles de Queensland . . . v, xv. 



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N" 69 



.'il Mars 1007 



Journal d'Agriculture Tropicale 



Notes de Voyage et d'Expérience sur le Cocotier 

I. Le Climat 



Trinidad. Jamaïqufi. Demerara. Madagascar. — Témoignages divers : Java. Ceylan 

Tanganika. Mozambique (Rollot). Zanzibar. Anjouan. — Influence marine. Pluies. Température. 

Altitude. — Limites présumées du cocotier à Madagascar. 

Par M. A. Faucuère. 



Humidité. — • Le cocotier est incontes- 
tablement un arbre des climats marins. Il 
ne s'éloigne jamais de la mer et l'intluence 
de celle-ci paraît jouer un rôle considé- 
rable sur son développement. 

Nulle part, croyons-nous, il ne s'avance 
loin dans les terres. On a signalé la pré- 
sence d'un certain nombre de cocotiers sur 
les bords du lac Tanganika, mais il n'est 
pas certain qu'ils y fructifient. M. Rollot, 
agent de culture à Madagascar, qui a par- 
couru longuement la colonie portugaise du 
Mozambique, l'année dernière, a recueilli 
à ce propos les témoignages de mission- 
naires revenant de la région des lacs. 11 
ressort de ces témoignages que les coco- 
tiers du Tanganika n'ont jamais fructifié. 

C'est du reste une chose connue que ce 
palmier, lorsqu'il s'éloigne trop de la mer, 
devient de moins en moins fécond et perd 
également de sa rusticité. 

Sous le rapport de l'humidité atmosphé- 
rique, c'est un arbre exigeant, qui demande 
un climat franchement humide. 

A Ceylan, on admet (Ferguson: AU ahout 
coconnl) qu'une chute annuelle de pluie 
inférieure à 70 pouces, soit environ l'",50, 
influe très défavorablement sur la pro- 
duction. 

Ce chiffre ne paraît pas applicable à 
toutes les situations et à tous les pays 
puisque à la Trinidad, dans le district de 
Cedroo, où le cocotier croît avec facilité et 



fructifie abondamment, les chutes annuelles 
de pluie dépassent rarement 1°',S0 et quel- 
quefois elles sont beaucoup moindres. 

La moyenne annuelle donnée par les 
relevés pluviométriques faits à la plantation 
«' Constance », la plus vaste de la Trini- 
dad, a été do l^jSG pour les quatre années 
1898, 1809, 1900 et 1901. La chute la 
moins importante a été observée en 189!); 
elle a atteint seulement l",lo. 

11 ne semble pas qu'un climat plus 
humide ait une influence défavorable sur 
le cocotier. 11 est cultivé dans des régions, 
à Java, aux Seychelles, à Anjouan, à 
Zanzibar, oii il tombe au moins 3 mètres 
d'eau par an et il s'y comporte fort bien. 

Pour notre part; nous l'avons vu à la 
Guyane hollandaise, oi!i les chutes annuelles 
de pluie atteignent quelquefois 4 mètres; 
il y vient bien et fructifie régulièrement. 

Il n'est pas sans importance cependant 
de signaler, à ce propos, l'opinion d'un 
agronome distingué, de Deli, Sumatra, 
M Tabel, qui dit, dans une communication 
parue dans le n° 38 du <( Journal d'Agricul- 
ture Tropicale », qu'une trop grande humi- 
dité atmosphérique est nuisible au cocotier 
en provoquant la pourriture des fruits. 

Nous n'avons trouvé aucune indication 
relative à l'influence de la répartition des 
pluies ; mais il ressort bien de ce que noua 
avons observé qu'une sécheresse très pro- 
longée est fort préjudiciable. 



os 



KM K.N.M, h.M.lilCLI.ri Kl-: 1 lii il'K.AI.I-: 



.\" (i'.l 



Mai> IlliiT 



Les oljsi'ivMlions ijiK' M. Udi-Lui ii l'ailcs 
;iii Mozambique conlirmenl celle opinion : 
ilaprf-s lui, les cocoliers cullivés dans celte 
parlie de l'Esl AlVicain donnant des fruits 
très petits, il est convaincu que c'est la 
longueur de la saison sèclie ([ui all'ecle 
défavoniljlement la riiulificalion. Dans la 
colonie portugaise il pleut, comme dans 
l'ouest de Madagascar, à peu près quatre 
mois par année; on observe sept à huit 
mois de sécheresse ininterrompue. 

A la ïriiiidad, dans la région où l'on 
cultive le cocotier, les pluies sont réparties 
presiiiie unirorniénienl sur tous les mois. 

Tour résumer ce (jui précède disons, ([u"à 
notre avis, le cocotier réclame une chute 
annuelle de pluie de l"',40 au moins et 
qu'une saison sèche ininterrompue, se 
prolongeant au delà de quatre ou (•in([ 
mois, influe défavorablement sur la Irucli- 
lication. 

Nalurellemcnt la culture en est encore 
possible dans des climats plus secs, mais 
dans ces situations défavorables il y a di- 
minution dans les rendements et l'irriga- 
lion peut devenir indispensable. 

T/'Dipth-attire. — Le cocotier est une 
plante des climats à tempéralureconstante. 
H ne })araît pas supporter facilement de 
grands écarts thermoniétriques et c'est là, 
probablement, la raison principale pour 
laquelle il alTectionne les climats moins 
iuimides. 

11 s'éloigne assez de l'équaleur et parait 
pouvoir être cullivé avanlageusement jus- 
qu'au vingtième degré de latitude Nord ou 
Sud. 

L'auteur de ces notes a visité dans je 
nord de la Jamaïque, par 18 degrés de lati- 
tude Nord, des cocoteries très prospères, 
dans lesquelles les arbres sont aussi fé- 
conds que ceux des plantations de la Trini- 
dad situées beaucoup plus au sud. 

Sous le rapport de rallilude, le cocotier 
paraît moins accommodant; il ne s'élève 
pas beaucoup au-dessus du niveau de la 
mer et sa culture n'est guère pratiquée 
îi|irès la cote 300. 

11 jH'iil naiiindlcmcnl |iiius>iM' |du~ iiiul ; 



à Ceyiau. à .la\a cl dan> d aulri> jav- un 
en trouve des sujets isolés jusqu'à "UO et 
800 mètres au-dessus du niveau de la mer; 
mais à ces alliludes la culture en grand 
n'aurait, semlib'-t-ii, auciiui' chance de 
ri'ussir. 

L'alliludc de iillll mèlres, indii|ni''e plus 
iiaul cumme limile de la culture écono- 
mique du cocotier, doit s'enlendre pour les 
régions voisines de l'équateui'; elle s'abaisse 
à mesure qu'on s'en éloigne el par IS° de 
latilude il semble (pie la cote 100 repré- 
sente le maximum de hanicur que li>s 
cocoteries peuvent alleiiulre. 

.\ la Jamaïque les plantations son! lonles 
situéi'S à de basses altitudes; il ne nous 
souvient pas d'en avoir vu à plus de 50 ou 
()0 mèlres au-dessus de la mer. Dans la 
même île nous avons observe des cocotiers 
isolés, très chargés de fruits, jusqu'à huit 
cents pieds d'allilude (environ 27.') mèlres). 

Uésunions ce qui jirécède, el disons que 
le cocotier réclame un climat à tempéra- 
liiie constante; (|u'il peut être cultivé éco- 
nomitiuement jusqu'au vingtième degré 
de latitude et qu'il ne vient plus très bien 
au-dessus de ;100 mètres. A la limite nord 
ou sud de sa zone de culture, il ne peut 
être cullivé avanlageusement ;i plus de 
(il) mètres d(> plu- au-dessus du niveau de 
la mer. 

La température moyenne de la zone de 
culture du cocotier varie entre 23 et 28 de- 
grés et sa température minimun ne des- 
cend pas au-dessous de 14 degrés. 

A Madagascar, la limite sud de culture 
en grand de ce palmier paraît être voisine 
de Mananjary, sur la cote Est. 

Nous avons vu de très beaux cocotiers 
à Farafangana, mais il ne semble pas que 
la présence de ces plauls isolés, très féconds 
du reste, autorise à en reporler aussi loin 
au sud la limite de culture. 

11 pousse encore à Forl-Dauphin et à 
Tuléar, mais on ne sait pas s'il y fructi- 
iiera convcnablemenl. 

A. I'ai rin;itE. 



T;iiiial;U'' \' i\' 



)h\i' \'.m. 



N" Cil 



Mars 19:)7 



JOURNAL D'AGKICULTUUI' TROPICALE 



09 



L'Hevea discolor de la Région de Manaos 



Description. Habitat. Xon-v;ilour économique. — Comparaison ave,; 
les espèces voisines : II. Spmccana Mueli.. Aug. et 11. similis Hemsl. — TémoignaL; 
Opinion- concordante de M. J. Huiiek. — Conclusions. 

Par M. 0. Labmoy. 



des auteurs 



Ce mémoire, dont Tiniportance n'échappera pas 
aux botanistes s'occupaiit du caoutchouc, nous 
avait été envoyé par M. Labroy à la veille de son 
retour pour Paris, où il est arrivé lui décembre 
1906, pour reprendre son poste de Chef .les Serres 
du Muséum, après une année diî fructueux tra- 
vaux à Manaos, agrémentés d'excursions dans la 
région qui lui ont permis de recueillir quantité de 
renseignements et de matériaux. — N. d. l. R. 

Je vous ai signalé précotlerament la 
]irésencc (.run certain nombre d'exem- 
plaire^ (ÏUevea discolor clans le voisinage 
immédiat de Manaos, en faisant remarquer 
(jue plusieurs auteurs, parmi lesquels M\r- 
Tius dans la Flora hrasiliensis et M. E. Ui.e 
dans le « Tropenpllanzer » (1905) donnaient 
cette espèce comme le principal produc- 
teur de caoutchouc du Rio-Negro. 

Une observation prolongée de ces arbres 
m"a montré qu'ils étaient incapables de 
fournir un produit de quelque valeur. Plu- 
sieurs d'entre eux, saignés à différentes 
reprises, n'ont jamais donné qu'une faible 
quantité de latex incoagulable. La même 
opération répétée sur des exemplaires 
jeunes (cinq à sept ans) et d'autres, dans 
la force de l'âge (troncs de 1 mètre à l'",50 
de circonférence), végétant au milieu ou 
sur les bords de rivières tranquilles qu'ils 
paraissent habiter exclusivement, a tou- 
jours abouti aux mômes résultats négatifs. 
Malgré ces constatations, je tins à montrer 
les Hevea en question à deux personnes 
fort au courant des « seringals )> (1), du 
bas Rio-Negro; elles n'hésitèrent pas à 
m'affirmer qu'il s'agissait de « seringucira 
barriguda », c'est-à-dire, sans intérêt au 
point de vue du latex, qu'ils avaient vu 
employer cependant dans le Rio Madeira 



pour adultérer le produit des buimcs 
espèces. 

Un autre point, non moins important, 
restait à éclaircir. Les arbres de Manaos 
appartenaient-ils indiscutablement à V lle- 
vpa discolor Muell .\kg., déjà trouvé par 
Mautils et Spp.uciî dans la même région et 
par Ule dans le moyen Rio-Negro'? D'après 
les auteurs que j'ai pu consulter, V Hevea 
discolor est une espèce ayant de grandes 
affinités avec 1'//. Spruccana MiEtx Arc. et 
surtout avec VU. similis Hejisley; elle s'en 
distinguerait par une élévation moindre, 
n'excédant pas 7 à 10 mètres de hauteur, 
par des folioles plutôt ellipti([ues (|u'obo- 
vales, pubescentes et glauques à la face- 
inférieure, des inflorescences duveteuses- 
blanchâtres composées de lleurs plus petites 
que dans les deux autres espèces. Son fruit 
serait plus conique que celui de 1'//. Spru- 
ccana et les graines atteindraient 4 centi- 
mètres de long sur 17 à 20 millimètres de 
largeur. 

Les Hevea observés à Manaos étaient des 
arbres de 12 à 15 mètres de hauteur, à 
tronc souvent régulier et nu jusqu'à 6 et 
8 mètres du sol; les branches principales 
à ramifications peu nombreuses et plutôt 
étalées. Jeunes pousses et pétioles fine- 
ment 'duveteux; ceux-ci arqués, de 10 à 
20 centimètres de long, présentant à leur 
sommet un faisceau serré de cinq petites 
glandes, comme il est mentionné dans la 
description de Hemsley (1). Folioles de 
forme variable selon l'âge des individus. 
Les jeunes arbres, de 4 à 5 mètres de haut, 
portent ordinairement des folioles nette- 



^1) Exploitation de caoulchouc. 



N. n. I.. 1!. 



(1) Hookeb's Icônes Vlantarum, 4' série, 1899. Suivant 
ce même auteur, le nombre de ces glnndes est réduit 
à deux d ins I /'. >'pruce ma. 



.1(11 KNAI. DAdliiCULTURE TROPICALE 



N" fi!» — M. MIS 1007 



mi'iil ovales-elliptii)iiL'.s Je H) à l."i ci'iili- 
nit'tres de long cl i ;i 3 ccnli mètres de lar^e, 
lundis que les sujets adultes présentent en 
général des folioles largement ovales-ar- 
rondies, brusquement rétrécies en pointe à 
Texlrémité, mesurant 11 à 13 centimètres 
de long et (i à 7 centimètres de large au 
milieu. Celle dilTérence de feuilles est de 
nature à compliquer l'élude des Ihrca 
d'après éclianlillons d'herbiers incomplets 
récoltés sur des arbres d'âge trop difléient, 
à une époque plus ou moins avancée de la 
végétation. 

Les folioles portent de 12 à 15 paires de 
nervures, sont vertes et glabres à la face 
siipériiMire, blancbàlres et duveteuses sur 
toute la face inférieure. 

Inflorescences également variables sui- 
vant (|u'elles sont prises au di'bul ou ii la 
tin delà floraison; à ce dernier moment, 
leurs dimensions sont beaucoup plus ré- 
duites. Les pédoncules floraux, les bou- 
tons et les ovaires sont loujours 1res pubes- 
cenls. Fleurs mâles de 211 à 2") niillimèlros 
de long. 

Fruits arrondis, presque spli-'-riques, de 
5 à 6 centimèlres de diamètre, marqués de 
six sillons longitudinaux dont trois plus 
profonds. 

Graines de 3 cm. 5 de long sur 2 centi- 
mèlres de large, de même couleur (jue 
celles de Vll/vea brasiliensis. 

Il est à noter que ces fruits et graines se 
rapportent aussi exactement que possible à 
la reproduction donnée par M. Ji'meli-e, 
dans son traité : Les Plantes à caoutchouc 
et à cjvlta (fig. In, p. 122) d'éclianlillons 
de « seringa barriguda » rapporlés du >Ia- 
deira par M. Bonnechaux (1). Par contre, 
ils dilTèrent du dessin que [îe.msi.i:y a d()nn(' 
du fruit de Vllevra Jiscolor (2), au moins 
par leur sommet qui, au lieu d'être co- 
nique, est plutôt arrondi. 

En résumé, les différences constatées 



J M. Ji.MKi.i.E a inséré la figure dans le chapitre se 
rapiHirtant à 17/. Sprtueanii. 
{■2< Voir Huokeh's icônes l'iantarum et le traité de 

JU.MELLE (fig. lu, p. 128 



• Mitre nos échantillons et les descriptions 
des principaux auteurs sont uniquement 
d'ordre végétatif (^hauteur des arbres, 
dimensions des feuilles), à part le fruit 
plus arrondi dans sa forme, ce qui peut fort 
bien résulter d'un dessin exécuté d'après 
un fruit déjà ouvert et recnnslilué à l'aide 
de ses loges plus ou moins modifiées. 11 y 
a donc tout lieu d'admettre (|ue les échan- 
tillons observés par nous à Manaos se rap- 
portent bien à VHevea discolnr signalé 
par difl'érents monograplies de l'Aniazope. 
La description de V H. discolor ainsi rec- 
tifiée rapproche davantage cette espèce de 
1'//. S/ir/(if'aii((. donné comme existant à 
peu pri's dans la même région, o\i il serait 
égalemenl appidé « seringuera barriguda » 
et considéré comme dépourvu d'intérôl 
pour l'exploitation; celle remarque semble 
encore appuyer nos constatations person- 
nelles, d'où il résulte que VUivea discolor 
n'est pas producteur du caoutchouc dans 
le bas Kio-Negro. 

Pour compléter mes renseignements sur 
17/. discolor de Manaos, je dois ajouter que 
les arbres croissent loujours dans l'alluvion 
des rivières peu courantes et que leurs 
graines tombant en grande ()arlie dans 
l'eau sont parfois recueillies pour servir 
d'appâts aux pécheurs du Rio-Negro et ilu 
Solinioes. 

.l'ai réeoiti' vin bnii iidinhi'i' ili' ci's 
graines en vue de les semer dans les jar- 
dins de la ville de .Manaos; mes essais 
sont demeurés infructueux malgré les soins 
apportés dans le choix des meilleures 
graines. Celles que j'avais adressées en 
siratilicalion «u Muséum d'Histoire natu- 
relle ii l'aris, prélevées sur l'arbre avant la 
déhiscence des fruits, ii'onl pas donné de 
meilleurs résultais. 

U. Laiuiov. 

.Manaos, 2i> novembre 1906. 

l'.-S. — Depuis la rédaction de la note] 
ci-ilessus, j'ai reçu une leilre de M. Jj^ 
llLniiit, le botaniste du Musée Goeldi 
Para, dont les travaux sur le genre Heve\ 



N" «9 



Mars 1907 JOURNAL D AGRICULTURE TROPICALE 



71 



font autoriié. M. Huber, sans avoir eu con- 
naissance (le mes observn lions, émet éga- 
lement des cloutes au sujet do VHevea dis- 
color indiqué comme producteur de 
caoutchouc. Il ajoute que cette espèce ne 
lui « paraît pas encore bien dilTérenciée de 
V Hecea Spriiceana et de 17/. similis ». 

0. L. 



Cette opinion d'un Ijolanisto ayant vu sur place 
un lion nombre d'rspèces à'Hecca et, possédant en 
culture dans le Jardin botanique du Para sept ou 
liuit espèces, an nombre desquelles 1'//. Spriii:cana, 
trouve déjà un certain appui dans les observations 
de M. Lauhov; il est permis il'espérer que l'étude 
des échantillons d'herbier l'cueillis par notre 
collaborateur apporteront encore un peu de 
lumière dans le genre Hevca et plus particulière- 
ment dans le groupe des obtusiflor:_s, encore bien 
confus à l'heure actuelle. — N. d. l. U. 



Le Caoutchouc de Céara à l'Exposition de Ceyian 

.Nervosité des échantillons présentés. La question de Fàge. — Les rendements 
■élevés du sud de l'Inde (Windle, Cameiion). — Le facteur individuel. Sélection. — Coupes annuelles 

Absurdité de ce plan. 

D'après le Compte rendu officieL 



L'important volume publié par Ferguson à la 
•suite de l'Exposition du Caoutchouc de Ceylan 
(.< The Ceylon Eiubber E.xhibition. — Lectures and 
Discussions on Rubber cultivation and prépara- 
tion ») contient, à côté d'une profusion de docu- 
ments sur l'Hevea.des remarques incidentes sur le 
Céara (M. Giaziovii) qui méritaient d'être relevées. 
— Xous avons signalé à diverses reprises déjà, que 
le Céara, très en faveur à Ceylan tout au début, 
dans les premières années qui suivirent son intro- 
duction, puis complètement délaissé, y est de nou- 
veau, et de plus en plus, pris au sérieux, soigné 
et replanté (Cf. «J.d'A. T, »,n°65, p. 337). L'Expo- 
sition a été indiscutablement un succès pour ce 
raoutchoutier. 

Ce qui suit est puisé dans le volume de l'Expo- 
sition, au petit bonheur du crayon et sans que nous 
ayons trop cherché à relier entre eux les extraits 
successifs; ils viennent tels que, dans l'ordre des 
pages de l'original : 

P. XIX. — La généralité des échantillons 
de caoutchouc Céara présentés à l'Exposi- 
tion, se faisaient remarquer par leur ner- 
vosité, — même les « biscuits » les plus 
minces. De l'avis de certains, ils surpas- 
saient en l>eauté les présentations de caout- 
choucs d'Hévea ; ce que l'on cherche à 
expliquer par le fait que la plupart des 
Céaras actuellement exploités à Ceylan sont 
des arbres d'une vingtaine d'années en- 
viron. — -les survivants de la période d' em- 
ballement rappelée plus haut; tandis que 
les caoutchoutiers Para qui fournissent le 
gros de l'exportation de l'île, sont beau- 



coup plus jeunes. L'âge des individus pro- 
ducteurs apparaît, en efTet, de plus en plus, 
comme un facteur décisif de la qualité du 
caoutchouc, de quelque espèce que ce soit. 

L'ensemble des présentations de caout- 
choucs Céara était de si haute qualité 
que le jury s'est trouvé embarrassé, lisons- 
nou*, pour désigner les lauréats du concours 
spécial réservé à cette espèce. En fin de 
compte, dans la sous-classe des ■< biscuits» 
Céara, la médaille d'or et une coupe d'hon- 
neur ont été adjugées au Rangbodde Estate 
(district de Hamboda), administrateur, 
M. W. De Lemos; et, dans la sous-classe 
des Céara en feuilles (» sheet »), la médaille 
d'or, au Kondesalle Estate (district de 
Kandy), administrateur, M. J. S. Forsyth. 

Des récompenses spéciales avaient été 
prévues pour les outils qui seraient re- 
connus plus particulièrement appropriés à 
la saignée du Céara, mais rien de bien 
intéressant ne fut présenté dans cet ordre 
d'idées, pas plus que, du reste, pour la 
saignée du Castilloa. Une médaille d'argent 
a été accordée néanmoins au couteau de 
Macadam. Le môme inventeur en a eu une 
en or pour son couteau à Castilloa. 

Il fut beaucoup question du M. Glaziovii 
dans la conférence faite "a l'Exposition par 
M. E. G. WixDLE : (( Sur la culture du caout- 
chouc aux grandes altitudes, dans le sud 



J(irit.\.\l, DAl.llICILTlHi: TliUPiCAI.I-: 



N' f.'.i — Maiis i'.nr, 



(11" I Inde »: ainsi q 110 dans ladiscussinn (|iii 
siiixil. V.u voici quclipies cxliails : 

/'. il. — Il y a viiigl-ciiHj ails, il a élc lail 
i!i' nonibicuscs plantalioiis do Céaras dans 
riiidfc nK'ridiunale, génôialenionl oniro 
2.:;(lO ol 'i.OOO pieds. L'ignoranco dos 
LiKinos niolliodos do saignoc lit (|u'on non 
sut lircr anoiin pioni. L'emploi de larbro 
c<inime porto-onihrc pour oafoiors a ôlô 
aljsolumonl condaninô par l'expérienco. 

P. 10. — Ces lomps derniois. l'on s'est 
remis à saigner certains vieux Céaras dis- 
séminés un peu partout dans lo pays, et 
gviK'raloment le produit a dldi'ini do fort 
lioaiix jiiix. Lo ( onlércncior cilo, par 
CM niplo. un lot — " liiscuit >< du ^^ ynaad 
.'^ud — vendu li sliillinsis la livre angiai.se; 
ol un petit lot do C.oara lïiiué, du Coorg, 
taxé à ") sh. 9 d. 

/*. 12. — Les Céaras d'un oortaiu àgo 
l'durnissenl un fort joli londement ; c'est 
ainsi que dans leAVynaad Sud, à 3.000 pieds 
daltitudo, il a été tin-, de 40(1 arbres, en 
di'ux saignées, près de 170 livres anglaises 
di^ caoutchouc soc, par des coolies peu 
exercés et à peine surveillés. Lo proprié- 
taire, homme sérieux, estime qu'une oxploi- 
lalion méthodique pourrait produire 1 livre 
jiararbreet par an, comme grosse moyenne. 

Dans un an on deux, plusieurs planta- 
tions importantes du pays vont onirordans 
ràgedercxploitalion régulière; ainsi, colles 
{\c la Poriyar Co, au Travanoore. 

Pp. 1Î)-1G. — Dos déclai'atioiis intéres- 
santes ont été faites au cours de la discus- 
sion de la conférence AVindi.k, par M. C.v- 
juîiiOX.duMysore. Celobservateur a publié, 
il y a quelquesannéos, des rendements sen- 
sationnels (v. « .1. d'A. T. », n" 39, p. 272). 
et nos loclours ndnl pas oublié ([u'avoc 
1 aide pécuniaire do M. \v>,. Caudozo, nous 
avons |ui faire aller à Dangaloro. tout 
exprès poumons rendre compte, un ami du 
.lournal, on mission dans l'Inde et don! 
l'itinéraire passait à quobiuos centaines do 
kiloniètresdc là. Nous silmes pailui que les 
sujets do M. Cameron étaient dis|iorsos. jieu 
nombreux et très négligés. et (|uo le i'amoux 
arbre saigné 110 lois ou nue année ('■lait 



mort ou à peu près. — Ceci ilil, voici les- 
soutiol du témoignage de M. (>.\3iki;on : 

Il raconte avoii- ciiltivi' lo Cc'ara sur uih' 
petite échelle, au jaidin li<danii|uo ou dans 
SOS dépendances deiiui^ (|iiin/.o ans. .luxiu'à 
l'âge do 7 ans. il y a très pou do latex on 
géné-ial ; mais loi'sijue les arbres vont sur 
leurs 12 ou i.'j ans. il \ on a qui lont pn'uvc 
alors d'une grande richesse on caoutchouc 
tandis que d'autres demourenl à pou près 
iniprodnclil's. 

Il existe dans le pays des arbres ayant 
(au jugé) jusqu'à L" pieds do liant ol 
i pieds de circonf('roii(o. à ti pieds du sol. 
Los bons sujets lio celle taille lourni^soiit 
3, iol .") livres anglaises de caoutchouc, — 
sans dommage pour leui- santé, lisons-nous. 
s'ils sont saignés inlelligemnieiit. I n aibn- 
saigné plus éueigiquemenl, avec le propos 
délibéré d'aller jusqu'à la limite exirémo 
du possible, a donné 7 livres do caontchouc 
recueilli sous forme de scraj) taxé à Lon- 
dres à 3 sh. la livre. 

P. 19. — M. Ç. H. KiiLMiuix.Er. (fnde'l 
compte exploiter le Céaia p;ir coupes an- 
nuelles des jeunes pousses ol trituration Ac 
celles-ci. C'est de la haute fantaisie et nous 
sommes surpris qu'aucun des spécialistes 
présonls ne soit intervenu, car, à cet àge-là. 
le Céara ne contient pas de caoutchouc — 
pas pins qu'aucune autre espèce lalicifoio 
connue; les organes végétaux jeunes no 
Cdutionnout que do la viscino, substance 
induslriellemonl inulilisable. 

P. 20. — Communication incidente tlo 
M. PiiouDLOCK, du .lai'din l>otani(|ue do 
Nilghir'is. Ce nom osl biou tciunu de noslec-- 
lours IV. " .1. d'.V. T. >.. n" 31). 

M. l'iiOLDi.oiK a pu constater, comme 
.M. (].\^u;ii0N ol tant d'autres idisorvalours, — 
nous en avons cité une longue série dans 
ce journal, — les grandes dill'éroncos imli- 
viduollos (|ui existent on ne sait pas poui- 
(|uoi et toutes conditions égales d'ailloui>. 
OH Ire les rendements dos Céaras d'une mémo 
pianlaliou ;on pt)urrait.du reste. généraliser 
olen dire autant de tous les caoulchouliers 
quels (|irils soient. I'"l alors, AL l'itoi di.ock 
a oniropris do sidoclionner ses Céaras. L'ox- 



N" 69 



Mars 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



périence ne dure pas depuis assez de temps 
pour en juger le lésullat industriel, mais 
les planteurs du pays semblent y croire et 
payent volontiers l'oit chéries semences de 
choix : 

Eu février 19(12, dans la plantation du 
Gouvernement du Wynard, M. Piioudlock 
eut à saigner des centaines de Céaras(( d'âge 
à être exploités ». Sur le nombre, un seul 
se montra excellent producteur, puisqu'il 
fournil plus de 13 onces de caoutchouc sec 
en une saignée. Les graines de cet arbre 
fuient soigneusement recueillies à part, et 
c'est elles que plantent depuis le Jardin 
bolanique et les particuliers ; ces derniers 
les payent au Jardin à raison de 8 roupies 
(quelle quantité'?) et il n'y en a jamais assez; 
tandis que les graines de Céaras quelcon- 
ques, non spécifiés, trouvent diflicilement 
preneurs à 2 rs. 8 annas. 

M. PnoLDLocK sélectionne de même la 
descendance d'un autre sujet bon pro- 



ducteur, à Katar, et il affirme que les sai- 
gnées occasionnelles pratiquées, depuis 
deux ans, sur les jeunes arbres qui en pro- 
viennent, permettent de bons rendeuienls 
moyens. Malheureusement nous n'y Irou- 
vons pas d'expérience précisr, nidechitfres 
suivis : il n'y en a pas plus dans la communi- 
cation de M. PiiOLDLocK analysée à l'instant, 
qu'il n'y en a dans sesrapports annuels (Rap- 
ports du Jardin bolanique d'Ootacaniud), 
donl nous avons eu l'occasion d'examiner 
plusieurs déjà dans ce journal. Tout ce 
qu'on peut retenir de cette affaire, c'est 
que l'on s'occupe de la sélection du Céara 
à Ootacamund. On en fait autant depuis 
longtemps pour l'IIévea à IJuitenzorg et 
depuis peu également en Malaisle (Carru- 
THERs). il ne semble pas que l'on s'en soit 
déjà occupé à Pcradeniya, mais à l'Expo- 
sition, le directeur des Jardins botaniques 
de Ceylan, M. Willis, s'est prononcé fer- 
memenl en faveur de ce tordre de recherches. 



Critique du Manihot Glaziovii en Annam 

L'enseignement de huit années d'essais : Dégâts des cerfs et des sangliers. — Les vents; 

fragilité extrême des troncs. Moelle pourrie. — Difficulté des saignées. Texture désavantageuse de 

l'écorce. — Irrégularité du llux du latex. Faiblesse des rendements. — L'Hévea. 

Par M. L. Delignon. 



Nous avons eu déjà l'occasion de publier des 
communications de M. Deligno.x qui est un de nos 
abonnés de la première heure. Rappelons que sa 
principale affaire, en Annam (siège central, à Qui- 
Nhon), est la soie; il cultive et e.'iporte également 
du thé et un peu de café. Gomme on verra, il con- 
sidère aujourd'hui ses vastes plantations de mani- 
çoba comme une affaire manquée, mais il espère 
beaucoup de l'Hevea qu'il est en train d'y substi- 
tuer. Cet arbre est, du reste, le favori du jour en 
Indo-Chine; le « rubber boom » des colonies an- 
glaises voisines, est contagieux. On ne peut que 
s'en féliciter. — N. d. l. R. 

Je lis avec infiniment d'intérêt tout ce 
que publie le » J. d'A. T. » sur le caout- 
choutier de Céara, et je constate le revi- 
rement qui se produit actuellement dans 
l'opinion publique en faveur de ce dernier. 

Pour moi, les résultats que j'ai obtenus 



depuis 1899 ne sont pas pour m'encourager 
à développer cette partie de mes j)lanta- 
tions. 

Jeune, le Céara doit être protégé à 
grands frais contre les bêtes Je la forêt : 
les cerfs ont une prédilection particulière 
pour ses feuilles, et les sangliers recher- 
chent avidement ses tubercules souter- 
rains. En 1901, à Ta-Giang, j'ai eu près 
de 10.000 pieds détruits en quelques nuits 
par les sangliers. 

Les jeunes arbres épargnés font, par 
leur croissance rapide, l'admiration du 
planteur, et celui-ci croit dès lors à un 
succès certain. Satisfaclion de courte 
durée... Des vents un peu forts cassent 
aisément des arbres de belle venue; dfes 
sujets plantés dans des endroits b'gère- 



JOLHNAI. D'AGIÎICrLTUm- TlinpiC.\LE 



N" IJl» 



Maus r.»((7 



ment humides tombent à la moindre brise, 
avant l"inli1iiour du tronc, coniplôtcmont 
pourri. 

Au moins ceux qui tiennent bon don- 
nent-ils un latex abondant et facile à ex- 
traire ? 

A mon avis, le Céara est un arbre dil'li- 
cile à saigner. Sou écorce, très lisse les 
premières années, devient rapidement ru- 
gueuse et ligneuse, un peu analogue à 
celle du merisier et du cerisier. L'incision 
n'est pas aisée à pratiquer : l'instrument 
doit être très tranchant, sinon l'écorce se 
déchire, présente une section irrégulière, 
(( baille » en quelque sorte, et une partie 
du latex se perd entre l'écorce et le tronc. 
En raison de cette nature particulière 
de l'écorce , les grandes entailles en 
« arêtes de poisson », si pratiques avec 
rilévea, sont très difficiles à faire sans 
endommager l'arbre sérieusement et exi- 
gent une grande habileté. On est obligé 
dès lors d'avoir recours, si l'on veut uti- 
liser la main-d'œuvre indigène, à l'entaille 
simple, avec un gobelet (« Fichela ») au- 
dessous de celle-ci. 

Si l'arbre est difficile à saigner, le latex 
est-il au moins abondant? Parfois, le latex 
coule librement dès la saignée faite; mais, 
bien souvent aussi, il se coaunle au bout 



de quelques instants sur la plaie et bouche 
l'orilice des vaisseaux lactifères. 

.le citerai, eiilre cent, lexpérience sui- 
vante faite l'n août l'JO.'i. par mon colla- 
borateur et ami C Paius sur di'< ('éaras 
de cinq ans de ma plantation du Dak- 
Joppau. Sur clia(|ue arbn', (juarante en- 
tailles avaient étt- laites, à raison de di\ 
sur clia(|ue face, de la base jusqu'à 2 mèlres 
du sol. (Juelques heures plus lard, d'au- 
tres saignées furent faites entre les pre- 
mières. Celles-là, comme on devait s'y 
attendre, donnèrent fort peu de latex. 
Traité de la sorte, chaque Céara fournit 
une moyenne de 40 grammes de caout- 
chouc sec. 

De tels résultats n'étant guère encoura- 
geants, j'ai résolu de ne pas étendre cette 
cullure et d'essaver, au contraire, celle de 
l'IJévea. 

En 1905, j'en ai mis 170.000 graines en 
pépinières, dans ma concession de la Ui- 
\ièr(vYerle. Ces graines m'ont donne à 
riieure actuelle environ 60.000 petits 
arbres. 

Je vous tiendrai an courant des résultats 
de ce dernier essai. 

L. Delignon. 

Paris, 18 janvier 1907. 



Végétation de TAgave rigida 
dans le Nord de l'Afrique Orientale Allemande 

l'ne culture paradoxale : Sisals à l'ombre de cocoti*r.s, en terrain niart^cageu.x 
.\lluie végétative et qualités industrielles. Longévité. Hendement, etc. — Variétés. — Nord et Sud. 

13'après L. Kindt. 



Le « Tropenpflanzer » a publié récem- 
ment une étude intéressante M. L. Kindt, 
sur la culture des agaves dans l'Afrique 
Orientale Allemande; les conditions de 
végétation de ces plantes sont très dillé- 
rentes dans cette région de ce qu'elles sont 
ailleurs, et les observations de l'auteur 
prennent d'autant plus d'importance que 
l'exploitation dos agaves constitue bien la 



principale entreprise européenne dans la 
partie littorale de la colonie. Il en a déjà 
été question à diflérentes leprises dans le 
« J. d'A. T. » entre autres dans le n° .39; 
mais jamais encore nous n'avons eu sous 
les yeux de document aussi complet que la 
note de JL Kindt. INous allons en citer les 
indications les plus curieuses : 

Tout le monde connaît l'aptitude remar- 



N» 69 



Mars 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



73 



quable Ju sisal à vivre ot à prospérer dans 
des terrains secs et pierreux, à tel point que 
jamais personne n'aurait songé à cultiver 
ces plantes en i;i-and dans des terrains hu- 
mides, ou même simplement frais. C'esL 
pourtant ce qui a lieu dans les régions visi- 
tées par l'auteur en 1905. 

Partout dans cette contrée le Fourcrotja 
ijiyaiUea (aloès de Maurice) était autrefois 
seulcultivé; ilest aujourd'hui pialiqiiement 
abandonné: son faible rendement en liiires, 
la difliculté que présente la délibration 
mécanique de ses feuilles, lui ont fait de 
plus en plus préférer le sisal Agave rigida, 
var. sisalana, inerme, que L. Kindt, avec 
M. R. llirvDORF, appelle agave verle, par 
opposition à l'agave blanche, nom qu'il 
applique kV Agave rigida xav.e/oiiga/a, épi- 
neuse, désignée dans sa patrie sous le nom 
delienequenet deSacci. Il affirme que celle 
distinction par couleur s'impose à quiconque 
a vu une fois ces deux variétés. 

Dans le sud de la colonie, les conditions 
de sol et de climat se rapprochent de celles 
des pays d'origine de l'Agave rigida et elle 
y prospère admirablement. Le nord de la 
colonie au contraire est humide, bas, maré- 
cageux même en certains endroits; le ter- 
rain eslfréquemment inondé, et s'imprègne 
même d'eau salée à chaque marée. Le coco- 
tier y vit partout, mais n'y prospère pas. 
Les racines sont souvent asphyxiées par 
l'eau et les arbres ne vivent pas vieux; 
de plus, les noix n'ariivent pas à maturité 
et tombent sur le sol, recouvert d'un épais 
feutrage d'herbes de toutes sortes. Cesl 
sous le couvert des cocotiers et dans cette 
terre marécageuse que le sisal vit et pro- 
duit. 11 y devient même plus grand que 
dansles terres sèchesduSud, et son exploi- 
tation est rémunératrice. 

Est-ce à dire que le sisal, contraire- 
ment à ce que nous savons jusqu'ici, est une 
plante s'accommodant d'ombrage et conve- 
nant aussi bien aux terrains humides 
qu'aux terrain secs? Non, et les planteurs 
allemands de l'Est-Africain eux-mêmes sont 
bien convaincus du contraire puisqu'ils aug- 
pientent graduellement l'étendue des plan- 



talions sans ombrage et en terrains secs; 
mais il n'en est pas moins vrai que dans ces 
sols marécageux, le sisal a subi une sorte 
d'acclimatation, qui se traduit par des phé- 
nomènes extérieurs très nets : Les feuilles 
sont plus longues qu'en terrains secs, mais 
elles sont minces, ontuneconsistance moins 
ferme et se laissent facilement plier: elles 
sont d un vert plus foncé, et on ne trouve 
pas à la surface cet enduit cireux (pruino) 
qui les recouvre dans les plantations cail- 
louteuses. De plus, l'accoutumance à l'ombre 
et à l'humidité est si complète que la plante 
souffre d'un changement dans ses habitudes. 
Si par suite de la chute d'un cocotier, quel- 
ques plantes viennent à manquer d'omlire, 
le développement des feuilles subit un 
arrêt, et celles-ci n'acquièrent que les deux 
tiers de leur longueur normale; de même 
une période de sécheresse dessèche les 
feuilles, leur donne une pointe épineuse 
énorme, ce qui se traduit par une diminu- 
tion de rendement en fibres; il semble que 
l'action directe du soleil diminue la vigueur 
de la feuille, qui cède sous son propre poids 
et se fend dans le sens de la longueur. 

Les plantations rapportent au bout de 
3 ans '/j, quelquefois 2 ans '/^ (1); mais la 
hampe llorale apparaît rapidement aussi, 
ce qui entraîne comme on sait la mort de la 
plante. M. Kindt s'est livré à ce sujet à 
diverses observations; on sait que la longé- 
vité des agaves et sa prolongation par le 
relard de l'apparition de la hampe florale 
ont fait l'objet de nombreuses discussions. 
Rappelons qu'une enquête sérieuse a été 
menée en 1893 par les Jardins botaniques 
de Kew, à l'effet de connaître l'opinion des 
diverses personnalités compétentes; les ré- 
sultats de cette enquête ont été publiés dans 
le Bulletin double n° 82/83 des Jardins 
de Kew (octobre, novembre 1893). 

L'opinion recueillie par M. Kindt à la 
plantation de Kitunda était que l'ablation 



11) L'auteur du mémoire dit ailleurs que dans les ter- 
rains secs du Sud, l'agave est bonne à couper à 2 ans et 
demi, cela nous semble bien tôt, et de plus il y a là une 
espèce de contradiction avec la précocité qu'il invoque 
pour les agaves de terrains marécageux. — F. .M. 



I 



7f) 



JUUH.NM. irvGRlCLLTLUE ÏKUlMCALK 



ÎS» GO — Mahs lîKH 



(!<■ la hampe lloraloà son apparition i>ouvail 
prolonger d'un an la vie di» la plante, période 
pendant liKiiiclle elle conlinuait à donner 
des feuilles utilisables. Mais les essais laits 
pour eonlrôler cette opinion ont été complf- 
tenicut négatifs, les plantes amputées mou- 
rant assitôt, tandis que celles ([ui avaient 
j^ardéleur iumipe vivaient encore 6 à 8 mois. 
Ce fait est intéressant à noter, mais il ne 
peut i;uère être généralisé en raison des con- 
di liens spéciales de végétation des plantes 
avant servi à ces essais. 

Enfin, comme dernière particularité du 
sisal en terrains humides, signalons qu'il 
y donne moins de rejets qu'en terrain sec. 
La fibre est-elle plus ou moins abondante 
que dans ces derniers? Les essais faits ii ce 
sujet ne sont pas concluants et laissent voir 
des différences sensibles avec les années; 
il semblerait seulement que la fibre des 
feuilles récoltées à l'ombre et pendant la 
saison des pluies soit moins résistante 
que celle tirée des plantes ayant poussé au 
soleil. 

Des cultures intercalaires ont été tentées 
à Kitunda entre les rangs des sisals; le ricin 
et le colon ont été principalement essayés, 
puis abandonnés presque aussitôt : le coton 
n'a jamais prospéré, peut-être parce que 
l'agave était lr(q) exigeante comme nour- 
riture pour ne pas lui nuire; dans tous les 
cas le sisal est considéré dans la région 
comme assez rémunérateur pour qu'on lui 
consacre tous ses soins, sans chercher une 
autre source de bénéfices. 

L'abondance des rejets permet de ne pas 
aliaelier une grande importance à la durée 
individuelle des plantes; il suffit de prévoir 
le remplacement des sujets arrivés au terme 
de leur existence, et pour cela, le mieux est 
de planter un rejet au centre de chaque carré 



ou rectangle formé par quatre agaves con- 
sécutives. Cette planlation doit avoir lieu 
pendant la saison de> pluies (|ui suit la pre- 
mière coupe de leuilb's : la plantation se 
liduvi-, ainsi com[)lèlement reiiouvcdée 
lois(|ue les premicii'-; piaules ont île i-inq à 
six ans. 

L'agave blanche ou llcniqncn .1. riiiiila 
var. floinjala , égali'incnl cullivée dans 
l'Afrique (Irientale Mi. •mande, a l'avantage 
de donner un pouiceutage de fibres plus 
élevé, atteignant 4 %. Sa fibre est 1res 
vantée, mais il faudrait que se-, ijualités 
fussent confirmées par l'oblenlioii de prix 
plus élevés sur le luaiché. L'agave blanche 
émet moins de rejets (jue l'agave verte, et 
semble lleiiiir plus lardivemenl. 

La quantité d'agaves à piauler |ioMr nue 
exploitation ri'munératriee parait devoir 
être comprise entre 300.000 et 1 million. 
Avec moins de 300.000 plants, on ne peut 
alimenter suffisamment les machines à dé- 
fibrer, pour les faire produire avec béné- 
fice. Au delà de I million, la main-d'œuvre 
n'est pas assez abondante dans la colonie 
pour que toute la récolte puisse être ap- 
|)orléeà l'usine en temps utib". et une partie 
se perd; on n'arrive pas non plus à, dés- 
herber convenablement. Le chill're d'un 
million de plants semble donc è'.re le 
maximum pour une exploitation normale 
dans l'Est-Africain Allemand. 



Nous reviendrons ultérieurement sur la 
question de la défibralion mécanique à 
Kitunda. car elle donne lieu à des obser- 
vations d'une cerlainc importance. 

F. M.Mx, 

inséiiieui'-agronoiuc. 



N° 69 — Mars lOO" 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



Cultures nouvelles et Recherches agronomiques 
aux liawaï, en 1905 

l-a Société pour la culture du Céara. — Les prétendus rendements à ;j ans 

Bananes de rebut et déchels d'ananas, leur utilisation pour la distillerie. — L'enlumologie 

agricole aux H.iwaï. La collection des cacaoyers types. — " Banane du Bré^i^', " B. de Li Jamaïque' 

" B. de Chine". — Les (^itrus, objet d'impoi talion ! — Les Litchis secs sui- le mardi'- de 

Washington. — Maladies de la banane et du bananier. — Caféiers néinatodés 

Le tabac. — L'azote dans les sols. 

Notice bibliographique. 



Smith (Jared Cj.) : Report on agriculliiral invcstiga- 
lioiis in Ilawaï. IWj, in-8°, (56 pp., 4 pi. Publié 
comme Bull. 170 de l'Oftice of Experiment Sla- 
lions, par les soins du Département fédéral 
il'Agriculture. Washington, avril l'.iOô. 

Rapport scioiilirique de la Station agro- 
nomique de Honolulu (Station de l'Etat) 
sur l'exercice 190S; partie par M. S.mitii, le 
directeur, partie par les chefs des services : 
chimiste, entomologiste, horticulteur. Ce 
dernier, M. HiuGiiNs, a reçu en partage un 
domaine plutôt vaste, puisqu'il est cliargé 
à la fois des cultures spéciales telles que 
café, cacao et bananes, et des maladies 
cryptogamiques des végétaux. 

L'ensemble du rapport est, comme tous 
les ans, d'un haut intérêt. Notons quelques- 
uns des principaux sujets traités, en glis- 
sant sur ceux déjà développés dans plusieurs 
lirocliur(>s monographiques analysées ces 
niiijs derniers ou à analyser prochainement 
dans le texic du « 3. d'A. T. », ou dans son 
supplément bibliographique. 

Le FicH.s elastica est jugé inléressanl pour 
les districts de Hilo, Puna, Olaa, Nahiku 
et similaires; mais en fait de caoutchouc, 
c'est surtout le Céara, iniroduit en 1893, 
«|ui rencontre les pi'éférences des auteurs 
du rapport. Le plus fort des arbres de la 
Stalion, planté près de la route deTanlalus, 
a iO pieds de haut et 10 pouces de dia- 
mètre. Une Compagnie s'est constituée qui 
a déjà mis en terre 100.000 graines de 
celte espèce et entend amener le total à 
SOO.OOO ai'bres en deux ans. Le rapport 
laisse espérer aux colons un premier ren- 



dement « modéré » à l'âge de trois ans et 
des revenus considérables à cinq ans; nous 
en concluons que ces Messieurs de la Sta- 
lion ne se sont pas donné la peine de saigner 
leurs arbres tant soit peu sérieusement. 

Si des particuliers se lancent sur la foi 
de pareilles affirmations et y perdent leur 
argent, ils seraient en droit de s'en prendre 
à la Station agronomique. Nous avons accu- 
mulé nous-mêmes, depuis quelques années, 
dans le « J. d'A. T. », de nombreux témoi- 
gnages prouvant que le Céara peut devenir, 
dans des conditions favorables, et intelli- 
gemment saigné, une ciillure lémunéra- 
trice; mais nous ne pouvons laisser passer, 
sans faire toutes nos rései-ves, des pro- 
messes de rendement à trois ans, lors- 
qu'aucune expérience n'est citée à l'appui. 

9 pp. de M. SnoKEv, résumant ses re- 
cherches sur l'azolc dans les sols hawaïens, 
trop spéciales pour être caractérisées da- 
vantage ici. 

Celte année AL Shorey se proposait 
d'étudier le rendement en alcool des ba- 
nanes inférieures (petits régimes) restant 
pour compte aux exportateurs et des déchets 
de l'industrie des conserves d'ananas : 
peaux, axes (cœurs), etc.; ces derniers 
constituent iO ° odu poids des fruits. Voilà 
une recherche dont les résultats seront 
bien intéressants pour tout le monde, 
quoique ni l'un ni l'autre des deux sujets 
ne soit absolument neuf. 

Tous ceux qui suivent un peu les publi- 
cations d'entomologie agricole tropicale 
savent que cette branche est fortement or- 



78 



JOUK.N-iVL D'AGRICULTIHK TROI'ICAI.I' 



N' (i!l 



M.m;s irinl 



ganisée nnx llawaï, on n'en l'pinuvi' [las 
moins iiMc admiiulion mèléo d'envie 
lor>(nroii lil, p. 'M) du rapport. (|u"il y 
existe acluelicnieiil trois orgiinisalioiis en- 
tomologiques distinctes, ayant eliiiciinc son 
pcrsonml. 

he Déparleineiit d'I'^nlonioloyie de la 
Station agronomiqne, créé en 1902 (M. van 
DiMC, chef de service); la Division d'Knlo- 
mologie du Hoard of Agriculture, créi^e en 
•tOO.'i (elx'f M. A. CuAW, trois spécialistes 
dont M. IvoEiiELE, une célébrité); enfin, la 
Division d'iuitomologie de la Station de 
l'Association des Planteurs, créée en l!)Oi 
(chef, M. I'eiikins, et quatre spécialistes, 
dont M.M. Cii.wv et KoKHKr.i: qui constituent 
ainsi un lien entre les deux organisations). 
Il no semble pas qu'on puisse citer au 
monde une autre colonie disposant d'un 
pareil luxe. Il serait instructif de relever 
un jour ce (juc l'entomologie agricole a 
coûté aux Hawaï et ce qu'elle a économisé 
de pertes à la colonie; le bilan serait, à 
n'en pas douler, une démonstration triom- 
phale de l'utilité de la science. 

Parmi les sujets que M. van Dink traite 
dans son rappoit, relevons : une liste des 
plantes mellil'ères, des expériences de séri- 
ciculliu'c, une liste raisonnée d'insectes 
nuisibles, classés par plantes attaquées 
(suite de celle de 190 i, 4 pp); enfin, un 
essai de Bibliographie entomologique des 
Ilawaï, relevé précieux dont 3 pp. de Sys- 
tématique et Généralités et i pp. d'Ento- 
mologie agricole et forestière. 

Du rapport de M. llir.(.iNs, nous appre- 
nons que la Station a enlrepiis depuis 
1904 la constitution, à llilo, d'une collec- 
tion de cacaoyers qu'elle veut aussi com- 
plète que possil)le. l'n certain nombre de 
variétés ont été fournies par M. E. \V. (Iurr, 
de ïutuila, Samoa; le Département fédéral 
se charge de procurer les autres. 
« (lomme le cacao a besoin d'ombre, et 
que les jeunes pieds poussent mieux sous 
les bananiers, la Direction en a pris pré- 
texte poui- faire à la fois, de la succursale 
de llilo, un champ d'essais sur la banaue. 
Cette dernière est, du reste, largement 



cultivée déjà, dans la localité et aux envi- 
rons, pour l'exportation à San-Francisco. 
Des expériences ont été entre|)iises sur la 
mulli(ilicalion, la culture, la lumurc. mais 
iiK une encore n'est achevée. 

.On va également l'-tudiei' les moyens de 
faire parvenir à San-Francisco dans des 
conditions commerciales, la banane, dite 
du Hrésil, que M. Hi(;gins croit identique 
au " pisang radjah ■■ ou au " p. medgi » de 
.lava; voilà une ex|)érienci' que les étran- 
gers suivront avec intérêt. Cette banane est, 
lisiins-nous, la ]ilus savoureuse, la plus 
piulumée et la plus jolie des ilasvaï; en 
môme temps réfractaire, senible-lil, ft cer- 
taines maladies; malheureusement les ba- 
nanes mûres se détachent bien facilement 
du régime; c'est poun|uoi les exportateurs 
ne veulent pas s'en occuper et s'en tiennent 
au bananier nain de Cavendish, dit aussi 
de Chine, la variété classique des bana- 
neraies commerciales. 

C'était, jusqu'à ces dernières années, la 
seule que nous recevions en lùirope. Au- 
joiud'hui, les Anglais consomment en 
même temps beaucoup de bananes plus 
grossières de la Jamaïque. Mais c'est 
surtout aux Etats-lnis ([ue cette variété, 
qui est aussi celle de niuelields (Nicaragua), 
domine; on s'explique donc que la Station 
s'applique à la propager à litre d'essai et de 
comparaison, malgré son infériorité re- 
connue. C'est là encore une expérience dont 
le résultat intéressera bien des lecteurs 
étrangers. 

La banane a déjà fait l'objet d'ini Uulletin 
spécial de la Station. (|iu' nous avons ana- 
lysé en son temps. 

Nous nous imaginions que les Hawa'i 
exportaient des oranges et autres Cilrus. Il 
se trouve (p. 61 i (|u'ils en importent, pour 
fiO.OOOS paran. In IJulletin spécial (n°9)a 
été juiblié sur cette classe d'arbres; nous 
l'analyserons prochainement. 

P. t'>3, nous apj)renons avec qucbiin» stu-- 
prise que les litchis secs sont de |)lus en 
plus i'ecli(>rcliés sur le marché noi'd-amé- 
ricain; nous n'avons jamais pu coin prendre 
l'intérêt (|ue ce fruit peut oll'i-ir dans col 



N° 09 



Mars 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



79 



état, un bon pruneau est infiniment supé- 
rieur. Quoiqu'il en soit, les litchis secs de 
Chine se vendent à Washington 50 cents 
(2 fr. 60) la boite de I quart américain, 
et la production, très limitée, des llawaï 
trouve preneur également à des prix éle- 
vés. La Slation encourage en conséquence 
la culture de cet arbre. 

Parmi les aulros arbres fruitiers auxquels 
elle attache un intérêt parliculier, notons 
la mangue, longuement traitée dans un 
Bulletin spécial (voir « J. d'A. T. », n° 64), 
le mangoustan, le spondias dulcis (nom 
local : wi, ou aussi pomme de Tahili). 

Il ne nous reste plus que quelques mots 
à dire des maladies des végétaux. Le Glae- 



osporium musarium « ripe rot », ou 
« anthracnose d , détériore quantité de 
bananes exportées, ainsi que le « scab », 
déjà signalé par JN. A. Cobb au New-South 
Wales, mais dont la détermination reste à 
faire; l'un et l'autre de ces parasites 
semblent pouvoir être aisément combattus. 
Il n'en est pas de même de l'auguillule des 
racines (nématode), que nos lecteurs con- 
naissent bien; elle a été constatée à Hilo. 
Un nématode infeste également le cfifé à 
Kona. Le chapitre qui traite de ces diU'é- 
rentes maladies n'est pas long, 1 p. i/2 
seulement. 

Signalons simplement, sans insister, les 
7 pp. consacrées au tabac; on espère en 
faire une grande culture industrielle. 



Sur quelques Fibres à Papier des Philippines 

Les déchets d'abaca et la papeterie américaine. — Statistiques. — Expériences 
sur l'ulilisalion de déchets de délibration de l'atiaca pour pâtes à papier. — Principes fertilisants 
de ces déctiets et de la sève. — Bananiers comestiljles : supt'riorité industrielle des « plantains 
Graminées herbacées : Gogon et Talàbib. — Sansevière. — Déchets de défibration du Maguey. 

Fibres diverses. 

D'après les expériences de M. G. F. Richmoxu. 



KicHMOXD (Georges F.) : Philippine fihers... forpaper 
making. Gr. 8°. 30 pp., 6 pi. i microphotographies), 
2 échantillons de papiers. In « Philippine Jour- 
nal of Science », juin 1906. 

Première série d'études techniques de 
fibres à papier disponibles aux Philippines, 
mais inemployées actuellement ; travail 
exécuté au Laboratoire de Chimie du ser- 
vice scientifique officiel (Bureau of 
Science), analyse de M. Mariako Vivencio, 
déterminations botaniques de M. Eljier D. 
Merrill. 

D'après le recensement décennal (Cen- 
sus) de 1900 (statistiques de 1899), la pape- 
terie américaine emploierait annuellement 
dans les 100.000 tonnes de déchets d'abaca 
« Manilla Stock » payés en moyenne $ 25 
la tonne. Ce sont de vieux sacs et fils, de 
vieilles cordes et ficelles de moissonneuse- 
Heuse, etc. ; en fait donc, comme l'auteur 
le fait observer avec raison, aulantde fibres 



d'abaca que de jute. Mais alors, pourquoi 
pas aussi des fibres d'agaves? Les vieilles 
cordes en sisal, ne se négocient probable- 
ment pas séparément et ne sont certaine- 
ment pas distinguées dans les statistiques 
du Recensement décennal! M. Richmond les 
a, peut-être, simplement oubliées. 

Quoi qu'il en soit, la papeterie utilise et 
apprécie les déchets d'abaca, mais n'en 
consomme encore que ceux provenant d'ob- 
jets manufacturés. M. Richmoxd voudrait 
lui faire employer aussi ceux provenant de 
l'extraction même de la fibre marchande et 
qui aujourd'hui restent sur place, déchets 
encombrants et ennuyeux, sans débouché 
aucun. 

Des essais dans cette direction furent 
tentés dès 1887, l'auteur ne dit pas ce qui 
les a empêchés d'aboutir. Ses recherches 
personnelles sur la matière — recherches 
de laboratoire — occupent une dizaine de 



80 



l(Ml;\AI. h \(,llli.l l.ri Kl'! Tl;(illi M.t: 



N" fi!) — .M\iis l'.iOT 



pages. D 'iipri'S sps cssiii-^ di- di-librulion, 
ropi'ralion à la niiiiii l'IltMindii la pratique 
haliiluelIciiH'nt, lai>s('rail à peu près autant 
de libre inuUlisi'c, dans les décliels, qu'on 
en obtient do marchande. LerapporI devient 
encore liiiii jdiis avaiilajieux ])our le pape- 
tier avec l'emploi de icrlainc délibreusc 
mécanique que laulcnr a pu l'aire l'oiic- 
tionncrà titre d'ixpi'rieiice, mais dont il ne 
donne seulement que le nom; dans ce cas, 
il y eut, p(jur cent du poids sec tolal des 
stipes (taux troncs) d'abaca, 0,tS2l "/o de 
fibre marchande de 4,54 "Z» de déchets 
fibreux bons pour la papelerie. 

P. 4'i-G, analyse inslniclivc des déchets 
en <|uestion, au point de vue de l'appau- 
vrissement du sid (|ue pourrait causer b'ur 
enlèvement mélliodique. L'auteur en con- 
clut que ce serait peu de chose; les prin- 
cipes fertilisant- sont, an contraire, abon- 
dants dans la sève de l'abaca qui constitue 
liés 90 Vodw poids vert des stipes. Celte sève, 
à son tour, contient 2,(52 ",„ de matières 
'.solides dont pi-es(]iie le tiers (30,oG "/o) tle 
potasse; ce qni l'ait pres(]ue 1 7o ''u poids 
du lii|nide.Onjugerade l'importance de ce 
chilIVe en se rapjielant que des cendres de 
bois de bonne qualité n'en contiennentque 
cinq fois davantage. 

Nous renonçons à apprécier les données 
techniques copieuses accumulées par 
' .\1. HicMMOM), le sujet dépasse notre compé- 
tence ; l'échantillon de papier joint au tra- 
vail est crème ; celui fait avec de la fibre 
<le cogon, qui l'accompagne, tire plutôt sur 
Fe vert. 

Le cogon (hnpcrata exaltala, Buonu). — 
L'auteur l'étudit» longuement, ainsi qu'une 
auliegraminée, le lalàhib, Saccharum spon- 
laiiciim et la fibre de bananiers comestibles: 
liaiianes-figues [Mx^a sa/jienliim) et plan- 
tains (.1/. /yrtrar//,s7'a(«j; d'après Moiuusqu'il 
cite (Jamaïque, 1884), ces derniers fourni- 
raient une fibre plus blanche, ])lus fine, 
plus comparable ii celle de l'abaca. 

A retenir cette réflexion, p. 4o4 : que la 
faiblesse relative des filaments des bana- 
niers comestibles comparés à l'abaca , défaut 
essentiel lorsqu'il s'agit de corderie, devient, 



au coniraii-e. un avantagi^ pour la papeterie, 
par siiilr (le 1,1 plus graiule l'acililé de disso- 
ciation en libres élémentaires. 

Quelques lignes seulement sur le .^a/isc- 
vicria ;^//A////rrt, bowslring hempdes.Xnglo- 
lndicn^, larj^emenl répandu à travers l'ar- 
chipel, lullivé par endi'oils. !/auleur dit 
avoir trouve- une jurande facilil(' à délilirer 
celle |ilante il l:i niiieliiiie. — il ne dit pas 
la(|uelle, nous U' |ui.a\on> déjà reproebé 
plus liant. (Jnelle (ju'elle soit, le l'ail est à 
retenir, car ;;énéralement les diMilireuses 
mécaniques agrippent mal ces l'cuilles re- 
lativement minces et plates. La stiuclure 
de la libre esl ciuu|)arée par M. Hk umond à 
celle du niaguey. dont il no)is reste à parler 
à présent. 

Cet a;;ave. donl nous avons eu ;i nous oc- 
cuperàdifVérentes reprises dans le » .luurnal 
d'Agriculture» Tropicale », — sa fibre y est, 
du reste, régulièrement coli-e par MM. Va- 
QUiN et ScnwEiTZER, — apparaît celle Ibis 
avec un nom botanique ; Ayave Ctinlulu, 
que nous ne croyons pas lui avoir vu en- 
core ; la garantie de I\l. Mi.iiiiu.i,, botaniste 
très renseigné, lui donne de l'importance. 
La plante est cultivée, toujours d.iv.inta|.;e. 

dit M. lllCH.MOM). 

Le maguey — que M. Uir.uAio.ND a tort, 
si c'est de VA. Cantula, d'appeler encore 
sisal, car ce nom est réservé à l'espèce 
mexicaine Agave riçjida, et en particulier à 
sa variété sisalaiia — vient tout de suite 
ajU'ès l'abaca comme valeur d'exportation, 
parmi les libres des Philippines. 

Pendant que nous en sommes aux déter- 
minations, nous aimerions bien savoir ce 
qu'est exactement YAgavr Korot/i^ îles An- 
tilles, donl des analyses chimiques (des 
libres) sont citées par M. Ricumcnd à lilre 
de comparaison, p. i.'i.'). d'après Cuoss. C'est 
encore un nom que nous ne croyons pas 
avoir rencontré souvent. 

^1. HicuMOMj ne s'occupe j)as dé la fibre 
marchande qvie l'on exlraitdu maguey, mais 
seulement des déchets de sa di'dibration 
(effectuée à l'aide d'une machine dont, en- 
core, il ne dit pas le nom"). Comme ceux du 
sisal ou du Fuiircroija (chanvre de Maurice), 



A" 69 



Mars 1907 



JOUR.NAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



les déchois de magiiey, très caustiques, sont 
iibondanis et fort désagréables, bien des 
producteurs de libre se sont demande si on 
ne pourrait pas en tirer parti autrement 
<]u'à titre d'engrais (comparer Boname, 
« Journal d'Agricullure Tropicale »,n° 33); 
en dernier lieu, des éludes en ce sens ont 
été entreprises dans l'Est- Africain Alle- 
mand, entre autres. L'utilisation pour la 
papeterie, préconisée par M. Riciimonm, est 
donc de nature à intéresser vivement les 
producteurs de fibres similaires de Ions 
pays. Ils consulteront avec fruit les expé- 
riences faites par l'auteur en vue de réduire 
le volume et le poids des déchets en ques- 
tion pour en faciliter le transport depuis les 
lieux de culture. 

Ou peut y arriver fort bien, d'après lui, 
par la cuisson sous pression (6 à 7 atmo- 
sphères) avec de la chaux vive, ou même 
par une cuisson très prolongée sans pres- 
sion en employant de la soude caustique. 
Avec l'outillage nécessaire, on obtiendrait 
une pulpe brutefpàteà papier, « half stuif >■) 
très utilisable pour la fabrication de papiers 
d'emballage bruns; n'étant pas de la partie, 
nous n'entreprendrons pas de résumer les 
liuUelins d'expériences reproduits pp. 455 



et 4."6, mais les spécialistes sauront en 
tirer prolit. 

Dans la dernière page de son travail, 
M. UicuMOND présente, en un lableau synop- 
tique, des mensurations de fibres élémen- 
taires de quelques textiles philippins rele- 
vées par M. E. B. Coi'Elaxd; ni>us y notons, 
outre ceux déjà cités dans cet article, deux 
bambous {B. Blumeana et B. Lumampao), 
la paille de riz et la filtre du palmioi- liuri 
{Coryphauinbraculifcra). Dans un deux ii 'me 
lableau, spécial à « quelques lilires, paiiui 
les plus importantes, employées dans les 
industries textiles de la papeterie » et em- 
prunté aux Eludes sttr /es Fibres végétales 
textiles de Yétillari', nous notons, à côté 
du lin, du chanvre, du jute, de l'alfa et du 
sparte d'Espagne {Lygeuin Sprirtum), le 
Ijowslring hemp, le Broussonelia, b; Cory- 
pha déjà nommé (« talipot ■■ du commerce) 
et le coir. 

Le mémoire se termine sur la promesse 
d'étudier, dans une prochaine pui)lication, 
d'autres fibres à papier des IMulippines 
ainsi que les conditions d'approvisionne- 
ment avec lesquelles il y aurait à compler 
dans l'archipel. 






Friandises au sucre de canne 
et aux amandes. 

I^e « cliancaca ". 

Tel est, d'après le « Pflanzer » d'Amani, 
le nom d'une friandise très connue au 
Pérou; la consommation en est importante, 
et les sucreries industrielles ne dédaignent 
pas de s en occuper. 

On fond du sucre roux el on le coule en 
tablettes; dans la masse encore chaude, on 
parsème des amandes, noix, arachides, mor- 
ceaux de noix de coco, etc.. On fabrique 
ainsi des bonbons très estimés. 

Nous avons mangé, il y a vingt ans, 
aux Antilles, des friandises analogues ; 
l'une d'elles, notamment, connue sous le 
nom de Juuji, est d'une délicatesse appré- 
ciable. — M. C. 



Concours pour un dépulpeur 
de « Coffea robusta ». 

Dans sa séance du 20 avril 1906, le Syn- 
dicat des Planteurs de café, etc.,deMa- 
lang, a institué une récompense de 1.500 
florins, à donner, par voie de concours, au 
meilleur dépulpeur approprié pour le tra- 
vail du Coffea robusta. 

On sait les résultats admirables que 
cette même organisai ion a obtenus par ses 
différents prix accordés aux dépulpeurs à 
C. liberica. Les dépulpeurs ordinaires, 
construits en vue du classique C. arabica, 
se prêtent mal à la manipulation de ces 
cafés nouveaux. 



82 



.lOrUNAL D'AGRICULTL'UI- TROPIC.ALH 



N' (•>!• 



Mmi< iniiT 



PARTIE COMMERCIALE 



Le Marché du caoutchouc. 

Clironique spéciale du <■ J. d'A. T. •>. 
Far MM. IlEcnT frères et C". 

Para. — La reprise qui s'est produite il y a 
un mois n'a été que de courte durée, et au 
moment où nous rédigeons ces lignes nous 
nous trouvons aux cours les plus bas qui aient 
été constatés depuis plusieurs années. 

Le l'ara fin se trouve en effet sensiblement 
au-dessous du cours de 1-4 fr. 

De grandes affaires viennent d'ailleurs de 
se traiter à 13, 6.^ pour disponible et 13,7") pour 
livrable, prix auxquels il y a plutiH acheteurs. 

Le Bas Amazone, comme cela a lieu souvent 
dans cette période de l'année, est au même 
cours que le Haut Amazone. Les arrivages 
continuent régulièrement et l'on annonce que 
le mois de mars dépassera 6.000 t., ce qui 
n'aurait rien d'étonnant vu le retard qui s'est 
produit dans la première partie de la récolle. 

SerDomlnj. — Le Sernamby de Manaos est 
resté assez ferme et la bonne qualité régulière 
vaut encore environ 10,80, c'est-à-dire qu'elle 
a beaucoup moins baissé que le Para fin. 

Far contre, le Sernamby du Pérou est à des 
cours beaucoup moins élevés, et il sembli' que 
la baisse, par une sorte de contre-coup méca- 
nique, se soit produite dans les mêmes propor- 
tions qu'il \ a quelques mois la hausse. Un 
assez fort courant d'alVaires vient d'avoir lieu 
à 10,25 le kilo et, ce qui est singulier, c'est 
qu'il y a acheteurs pour livraison éloignée, 
telle que Juillet et aoiM ù 10,30. 

Lns recettes au Para étaient au 26 mars de 
''i.S.'jO t., celles du mois de février 1907 se sont 
élevées à .").160 t. (dont 1.180 du Pérou) contre 
3.M20 en février 1!)06, ce qui porte le total de 
la récolte au 28 février à 23..")70 t. contre 
2'i.330 pendant la récolte précédente. 

Il semble donc probable qu'à la fin du mois 
de mars l'excédent de cette récolte sur la 
précédente ne sera pas plus élevé; mais après 
ce qu'on nous a dit du retard des arrivages 
dans cette saison et des grandes quantités qui 
se trouvent à l'intérieur, il faut supposer que 



ce .sont les mois d'avril, mai et juin qui donne- 
ront l'excédent sur lequel on compte. 

Les statistiques ijrnéralex donnent au 28 fé- 
vrier 1907 les chiffres suivants : 



I9fr! I9(i6 Arrivages au Para. 5000 
I Arrivages depuis 



3900 



Sortes du Para. 




le 1- juillet . . 


•JS.-no Ï1310 


.^tocksà l.ivcrpool. 


5w 


1001 


ExpiS.lit. .lu Para 






— il Now-York. 


as 


364 


en Europe . . . 


2810 


2672 


— au Para . . . 


380 


8SI 


— :i New-York. 


2110 


■»:*) 


En roule pour TEu- 
rope , 


1930 


U20 


Sortes dAfi 


igue. 




— Non-York. . 


830 


810 


Stocks.^ l.iverpool. 


5.W 


■x« 


En route d'Kurope 






— à Kon'lrcs . . 


843 


554 


à No «-York . . 


2.Ï 


. 


— ùNow-York. 


346 


.-iOI 
















'•or.8 


ma 




1739 


1216 


Stocks sur le Con- 






Arrivages à Liver- 






liDonl 


110 


600 


l)00l 


790 


-;« 




il 68 


r.û-6 


— ;t Londres . . 


309 


165 




— à New- York. 


1258 


una 


.\rrivagos à Livor- 












pool 

— .'i New-York. 


1119 
2097 


1958 
I6T3 


Livraisons à Livor- 
pool 


010 


790 








— à I.iondres. . 


245 


191 


Livraisons 6 Livor- 






— à New-York. 


I2U0 


I5'i0 


popl 


%i 


1506 








— à New-York. 


2000 


1500 


Stocks de 1. sortes. 


5907 


6292 



Sortes d'Afrique et d'Asie. — Les prove- 
nances de ces parties du inonde ont baissé 
légèrement, mais beaucoup moins que les 
sortes intermédiaires du Hrésil. 

Les Conakry . Niggers qui étaient montés 
au-dessus de 12 fr. ;\ des cours exagérés 
produits par le découvert, se traitent encore 
à 11,!).") pour première (|iialité et 11,8." pour 
qualité légèrement moins bonne. 

Les Soudan rouges restent di' Il fr. à 11,10. 

Les Soudan blancs do 10, 'lO à 10, ti."). 

Le Gambie prima a donni' lieu à des trans- 
actions actives de 8,20 à 8,30. 

Le Tonkin rouge dont il commence à arriver 
de petites quantités a été vendu à 11, 3o; le 
Tonkin noir s'est traité à 8,60. 

.Vaniroha. — Les arrivages ont encore été 
très faibles et d'une qualité assez variable. Il 
ne s'est pas traité d'affaires en qualité primis- 
sima, mais la bonne qualité dite prima s'est 
traitée de 10,10 à 10,7.") et la qualité moyenne 
aux alentours de 9,33. 

Anvers. — Le la mars a en lieu une petite 
vente d'environ 21 t. qui se sont traitées aux 
environs dfs taxes. 

Le 21 mars on a vendu 270 t. qui se sont 
traitées avec une baisse moyenne de fr. 20. 



i\o 00 — Mars 1007 JOrR.NAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



83 



Havre. — Le 27 février a eu lieu une vente 
de 114 t. qui se sont traitées avec une baisse 
moyenne de fr. 20. 

Le 27 mars a eu lieu une vente de 80 t. avec 
une baisse moyenne de fr. 1.5. 

Hecht frères et C'"". 

"Î5, rue Saint-Lazare. 

Paris, 28 mars 1907. 

Le marché du Coton. 

Chronique spéciale du v J. d'A. T. ». 
par MM. A. et E. Fossat. 

Uien de bien intéressant à noter depuis 
notre dernière clironique; cependant, nous de- 
vons constater que la grande fermeté qui n'a 
jamais cessé de se manifester dans les cours 
depuis le début de la saison 1906-1907 con- 
tinue toujours. 

Cette perpétuelle tenue des hauts prix est la 
conséquence de la forte demande continuelle 
de la part de la consommation, et nous appre- 
nons que la filature du monde est maintenant 
largement engagée par contrais jusqu'en juin 
1908, ce qui laisse entrevoir une demande très 
sérieuse en coton effectif pour la production 
1907-1908. 

La plus grande partie de l'argumentation 
en coton est actuellement en faveur de la 
tenue des cours et même de l'accentuation des 
hauts prix actuels, et cela uniquement parce 
que les chiffres de la forte production 1906-1907 
ne sont, celte saison, pour ainsi dire rien en 
comparaison de ceux de la consommation. 

Il peut se produire quelques incidents qui, 
à l'occasion, pourront entraver le mouvement 
ascensionnel des cours ; ces jours derniers 
même, nous avons eu lé marché financier 
américain qui, montrant une faiblesse sensible, 
a enrayé le mouvement de hausse provoqué 
en coton par de forts opérateurs de New-York 
ayant à leur tête M. Tu. Price; mais il nous 
parait que les reculs de l'article ne peuvent 
être que momentanés vu le nombre considé- 
rable d'opérateurs qui attendent pour se cou- 
vrir des larges quantités vendues par eux à la 
consommation, et cela sous toutes les formes 
permises par les procédés modernes employés 
par les divers intermédiaires existant entre le 
producteur et le consommateur. 

Pour donner une idée au.x lecteurs du 
« Journal d'.\gricuUure Tropicale >> de la 



marche de la consommation en cotons États- 
Unis, nous relaterons que les débouchés 
en coton d'Amérique du 1" septembre 1906 
au 1.5 mars 1907 atteignent le chilïre de 
8.550.000 balles contre 7.358.000 balles en 
190i-1903. 

Or, en 1905-1906, la prodticlion américaine 
a atteint le chiffre de 11.300.0(1(1 balles et, en 
1904-1903, celui de 13.600.000 h.Alles. En ad- 
mettant que la consommation qui, pour arriver 
au chiffre de 8.3.50.000 balles Amérique au 
15 courant, a pris, depuis le début de la saison 
en cours, une moyenne de 840.000 balles Amé- 
rique par semaine, ne prenne plus, d'ici au 
1" septembre, que 230.000 balles par semaine 
en cotons américains, ce qui est très possible, 
nous atteindrions un total de consomma- 
tion en cotons États-Unis, pour 1906-1907, de 
14.000.000 de balles, et comme la production 
ne devra pas dépasser de beaucoup ce chiffre, 
le monde cotonnier, en fin de saison, se trou- 
vera en présence de stocks non reformés et se 
composant de nombreuses quantités non utili- 
sables. 

En conséquence, nous pensons qu'il est ur- 
gent de se mettre à l'œuvre et de faire produire 
à tous les pays susceptibles de s'intéresser à 
cette culture, par suite de leur position géogra- 
phique et des conditions climatériques favo- 
rables, le coton demandé par la consommation ; 
il ne faut pas oublier que le genre le plus cou- 
ramment demandé par la filature mondiale est 
le classement type produit par les Étals-Unis, 
et que nous avons désigné dans un précédent 
article sous l'appellation de « Good middling ». 

« Nous tenons à la disposition des plan- 
teurs, lecteurs de ce journal, des échantillons 
du classement type que nous préconisons. » 

Pour la longueur de la fibre, il est reconnu 
que tout dépend de la graine utilisée et de 
l'irrigation bien appropriée durant la période 
de développement de la plante. 

Pour la netteté, la température joue un 
grand rôle et également l'égrenage, qui doit 
être soigné. 

11 ne faut pas oublier que le progrès marche- 
à pas de géant et que les emplois du coton; 
sont multiples. Ces jours derniers, il nous a 
été permis d'examiner un fort joli tissu fa- 
briqué avec des cotons de la Géorgie, cotons 
longue soie qui ont une très grande valeur 
commerciale, et ce tissu sert à garnir les ban- 
dages des pneumatiques pour automobiles. 



«i 



JOLUNM. Il AGHICL'LTI m: TUOPICALK 



N (;!l 



M MIS 19(17 



vtanl donné que seul le lissii r,iljiii|ii(' avec ce 
-colon peul résistera la picssinn des ihaiiilnes 
A air. 

Que chaque pays possédunl un terrain sus- 
reptiblft d"èlre i-nsemencé avec le cotonnier 
n'hésite pas à planter libéralement, car tout et 
mitant que la fibre possédera une longueur 
-moyenne de 28 millimètres niinimn, le colon 
produit trouvera loujours des preneurs à des 
prix rémunérateurs pour le producteur, et 
<rautant plus élevés que la libre sera résislanle 
«!l propre. 

Ci-après (juehiues chiffres indiquant i. len- 
vuc » de la récolte américaine au l.'i mars 
(depuis le !"■ septembre 190G), en balles de 
i'M lig. en moyenne; en regard, les slatisliques 
des années précédentes à la même date : 

1906/1907 1903/190(1 19IU/190-; 1903/190'. 
11.51)0.000 9.086.000 111.076 UOO 9.003.000 

1/approvisionnement visible du monde en- 
tier était, au 13 mars, en balles de oOù 300 kg. 
selon provenance : 



1907 
4.669.000 



1906 
3.915.000 



1905 
3.428.000 



1901 
2.88-2.000 



Cours du coton disponible, par sortes, en 
francs, au 18 mars, les oO kg. entrepiM : 



l'planil iMiddliiiK) .... 71 

Sfa Islaiid Evtra Fine) . 305 

-Sca Islaiid (Kim>) .... -.'eo 

Haïli (Kair) 70 

Savanilla (Fair) 60 

Ci-ara (Fair) 88 

Torou dur (Good Fair). . 150 



Broach (Fine) 67 

Bengalo (Fine) -iO 

Chine (Good) 69 

Efiyplo lirun (Good Fair). ).17 

Kgypto blanc (Good Fair). 180 

Afrique Occident. (Fair). T* 

Saï^ron (Fprcni-i Cô 



Aiilrrs sorties. — Colisalions et renseigne- 
ments sur demande. 

\. et 1^. FossAT. 

Le Havre, 18 mars 1907. 

Sucre de Canne et sous-produits. 

Chronique spéciale du « J. d'.V. T. » 
Par M. George ni-; PiiKAinicT. 

Situation inchangée depuis notre dernière 
chronique, même mai-asme dans les affaires 
et même faiblesse dans les cours. 

Antilles. — Les arrivai;es se succèdent dans 
nos trois ports alimentés par les vapeurs de 
la Compagnie Auslro Americaua. 

Le premier voilier, le « Saint-.MaIhurin ", est 
arrivé à Nantes avec un chargement d*! l'usine 
■Courcelles (Guadeloupe . 



Le )>rochain vapeur, le <• Dora » est allendu 
liti mars. 

Les cours d'application tml été i.'l.ST.'j pour 
le « Sainl-Malhurin » et 26,00 pour le ■• Vir- 
ginia ». 

/{ihtnion. — l>ans la partie sous le vi-nl, la 
culture soulli-i- de la sécheresse. I.'ile a béné- 
lieié de quelques pluies trop courtes, amenées 
par un cyclone passant au large. 

Au commencement de février, la récolte 
était à peu près terminée dans tous les dis- 
tricts: on l'estime délinitivemenl à lO.tXK) t. 
Actuellement, les cours sont Irop bas sur les 
nouvelles d'Kurope pour donner lieu à des 
transactions. 

Voici, en tonnes, les exportations comparées 
<les trois dernières années au 31 décembre : 



i'.ioi-i9or. 



1905-1900 



190f.l'.i07 



'iiir .Marseille. 10 nav., 17.131 1-2 nav., 8.791 i:i nav.. l».'.i|3 

-Madagascar . 4 — 90 — l-JO — I i:i 

Uomliay. . . 1 — .T/l 1 — 310 

Nantes ... . ■ 1—08» 

Monba. ... .^ *» •-* — '.'<'< 

Djibouli. . . • :i — 4"! 

15 nav., n. KM 19 nav.. 9. -i:!:! l:t nav.. -"«.SIO 

Un courrier arrivé par « Melbourne >> dit 
que des menus grains sont tenus à !2'« fr., pre- 
mier coût. Ce prix est impratic.ible mainlc- 
nant; il ferait revenir le sucre tel quel aux 
environs de 20 fr., quai .Marseille, alor-^ qu'en 
se basant sur un prix moyen de déprime, 1 fr. 
base 88 degrés et sur un titrage moyen de 
8G degrés, la valeur de ce sucre quai Marseille 
est actuellement de 23 fr. 2r> environ. 

Maurice. — Les expéditions pendant les 
trois dernières récoltes se comparent ainsi, en 
tonnes 

1901-1905 1905-191H 



l'our le R. U ihH 

la France ... » 

l'Amt^rique ... > 

rindo 40.601 

TAuslralie . . . 7."»0 

le SuJ-Al'ricain. -21.7r.* 
D(^pendanees de 

Maurice . . . i.'.Vi\ 

Aden 7 

Honp-Kong. , . 1.500 

Monibassa ... » 



1 8-Jl 



1906-1907 
4,710 



1.90-2 3.4H'. 

('.7.06-2 05.990 

-2.9W. -2.311 

-2,7. 000 io.;n« 

\y> 151 

'>8-2 -2 10 

5 95:1 5.S1.-' 

'29 -2:1 



?.Mlli 



En février, la culture avait besoin de pluies, 
celles causées par le cyclone (jui passa à dis- 
tance de l'ile lin décembre étant insufhsanles 
après la grande sécheresse dont on souffrait. 

On cotait au commencement de février : 

Siirop blanc Roujiies. 7.75 4 8.40 

>;i(-ops - 4.80 i 5. « 

Australie. — Depuis que les indigènes Sun! 



N" 69 



Mars 1907 



JOURNAL D'AGHIGULTURE TROPICALE 



85 



exclus des travaux sucriers, au bénéfice des 
ouvriers blancs, la main-d'œuvre semble de- 
voir faire défaut, et l'on parle d'introduire de 
la main-d'œuvre étrangère. 11 est question de 
faire venir prochainement l.OOU Italiens. 

Arge7iline. — D'après un rapport du mi- 
nistre de France, les 39 usines de ce pays onl 
produit, au cours de cette campagne consi- 
dérée comme terminée, 114.530 t. de sucre 
cristallisé vendu en gros sur wagon usine de 
piastres -2,5o h 3,00 les 10 kg., équivalant à 
fr. 5,81 à 6,81. 

Le droit de douane est de A fr. par 10 kg. 
L'exportation se fait en Uruguay. La province 
de Tucuman contribue pour les 3/16 à la pro- 
duction; les provinces du nord-ouest produi- 
sent le reste. 

L'extractiiin se fait à la diffusion et on 
cliautfe au bois de quebracho obtenu sur place 
à très bon prix. 

Le prix de production serait de 38 fr. 60 le 
quintal métrique. 

Pérou. — La production de celle année 
semble devoir être 220.000 t., dépassant de 
60.000 t. les estimations. La canne laisse à. 
désirer, et certaines usines devront suspendre 
la roulaison -de mai à juillet probablement, 
faute d'aliment. 

Cuba. — D'après Willett-Gray, la produc- 
tion visible à Cuba, en fin février, est supé- 
rieure de 261.314 t. à celle de l'an dernier. En 
se basant sur les arrivages 1906, la production 
totale atteindrait 1.440.000 t. 

La roulaison a été hâtive cette année, alors 
qu'elle était tardive l'an passé. Étant donné 
l'avenir politique du pays, W. et G. croient 
devoirmaintenir leur estimation de 1.250.000 t. 

G. DE PfiÉ\UOET. 
Nantes, le 20 mars 1907. 

Le Marché du Café. 

Chronique spéciale du <■ J. (l'A. T. ■> 
Par M. H. Vermond. 

La chronique du " J. d'.\. T. >> étant com- 
posée 1g 20, les lecteurs voient toujours des 
cotes sensiblement semblables ;cependant, des 
tlucluations ont lieu dans l'intervalle et les 
derniers jours de chaque mois sont générale- 
ment marqués par de la hausse. 

Ce phénomène presque constant provient 



surtout du découvert qu'il faudra racheter. 
Non pas que de vastes spéculations aient en 
lieu, que des meneurs de grande envolée aieni 
remué la Bourse ; le découvert est causé ei> 
grande partie par les ventes faites a>^ec terme n 
déclarer. 

J'ai expliqué jadis en quoi consiste ce mode 
de vente ; je ne comprends pas plus aujourd'hui 
qu'alors quels avantages y ont les acheteurs et 
vois clairement, au contraire, tous les risques^ 
ciiurus par eux. Un brCileur de Paris m'.i vouait 
dernièrement qu'en achetant ferme, au fur et 
à mesure de ses besoins, les cafés qu'il avait 
pris avec terme à déclarer, il aurait, en un an, 
ou 17.000 francs de plus dans sa caisse. Mais 
celle expérience ne corrigera personne, pas 
même lui. L'attrait du hasard, l'espérance d'un 
lot à la loterie sont plus séduisants que le gain 
terre ;i terre et journalier. 

Voilà, je crois, la raison du terme à déclarer, 
pourquoi le succès de celle vente est assez 
grand pour conlre-balancer en partie la baisse 
dont nous menacent les énormes recettes du 
Brésil. 

Le découvert ainsi créé est plus efficace que 
toutes les combinaisons officieuses des valori- 
sateurs pour maintenir les cours. Tout le 
monde avait plus d'esprit que M. de Voltaire; 
la masse des petits acheteurs avec terme à 
déclarer est plus puissante que les gros faiseurs 
du Brésil. 

Chacun Séparément espère déclarer son 
terme dans un moment de baisse; mais quand 
il le déclare, à la dernière minute, c'est aussi 
le jour où la masse doit se décider; tout le 
monde déclare son terme en même temps, 
comme les gendarmes rient dans les gendar- 
meries, et ces bons baissiers sont ainsi la cause 
ingénue d'une reprise de la cote. Grâces leur 
soient rendues, car un effondrement des prix 
n'est pas à souhaiter. 

La morale de l'affaire est que l'initiative 
individuelle, la liberté commerciale font plus 
pour les cours que tous les efforts de la pression 
plus ou moins officielle. Cette pensée ne pré- 
sente ni nouveauté ni hardiesse et ferait bien- 
dans la bouche solennelle de M. Prud'homme. 
Mais, par ce temps de protection à outrance, 
où tous tendent des mains suppliantes vers 
l'Etal-Providence et font appel au bras séculiei- 
pour le règlement des questions économiques, 
M. Prud'homme est neuf et hardi en énonçant 
des vérités autrefois banales. 



«0 



.lOL'KNAL DAriUlCCLlLUi: TMiU'ICALli 



.N" (i*l 



M AU- l'.io: 



C"urt. au 20 mars. Entrepôt liu Havre 
I •/* % complant; les 50 kg. 



Malabnr 'a* 

Salem gragL- 68 

Moka . 105 

Java Hollande (bon or- 
dinaire) 68 

Libi^ria supi^rieur de 

Java ni 

Libéria dit d'Afrique. ^1 

Bourbon l'?0 

Nouméa 95 

Koutlou de Madagascar "H 



jV. B. — Quel(|u(*s-uues des qualit(;s cotées dans le tableau 
ci-contre n'»rrlv«nl en fait jamais au Havre; nous les avons 
choisies ce[jendaiit comme permettant de suivre h; i)lus facile- 
mont la tendance yéiu-raie des cours des provenances en ques- 
tion. — Dans tous les cas, nous indiquons les cours à la pariti'- 
du Havre. — Les cafrs des colonies frani;aise.s bi'néliciant 
d'une 'Iclaxe do 39 francs par r»0 kg., il faut diminuer leur cote 
•d'autant pour la comparaison avec le rnsto du tableau. 



Siinlos <;ootl ovprage . 


38 50 


Uio lovi- ïsu[iri-ieiir . . 


52 


» 


Haïti Port-at]-I*riin:o. 


4C 


» 


Mexique graaC'. . . . 


65 


> 


Porto - Cnlicli.) cl La 






Guavro 


44 


y, 


Guadeloupo llab. (àl.). 


Ul 


t 


Porlo-Uico 


15 


t> 


Cosla-Hica lavé . . . 


Tj 


u 


Guati'mala lavé. . . . 


C8 


>, 


^^an■Salvallor 


50 


•1 



H. Veumond. 



Paris, 20 mars 1907. 



Le Marché du Cacao. 

Chronique spéciale du ■ J. d'.\. T. ■ 
Par M. Antri.me Ai.leaume. 

Cacao. — J^e.s chilîres des récolles depuis 
le 1" janvier n'ont encore qu'une importance 
relative ; cependant il semble résulter d'un 
examen de l'ensenible qu'il n'y a aucune amé- 
lioration sur l'année dernière; c'est notamment 
le cas pour laTrinidad et l'Equateur. Far suite, 
les prix d'importation de ces deux provenances 
conservent le maximum. 

Sur place les arrivages en même temps que 
les entrées en entrepôt, cette derniers quin- 
zaine (du 1"' au 15 mars), balancent ceux de 
l'année dernière (12.831 sacs contre 12.090 
en l'.)00 et 9.8-29 en 190."»), tandis que les débou- 
chés et les sorties sont légèrement inférieurs 
à l'année dernière, mais égaux à ceux de 1905 
soit 9..i39 en 1907, lO.G-iO en 1906 et 9.703 
en 1905. 

Ce sont des dill'érences bien insignifiantes en 
présence d'un si grand changement de prix, 
nullement favorable à une augmentation de fa- 
bricalion ou de consommation. 

Du reste, à prendre la statistique depuis le 
l'-' janvier, la conclusion ne se maintienl pas 
puisque le cliilTre des débouchés est resté le 
même que pour pareille période de l'année 
dernière, soit 53.917 sacs contre 33.413 en 1906 
cl 51. 62 Un 1903. 



Mouvi'iiienl au Ihivre du {"Janvier au 15 murs l'JU'î. 

Slukig la^riv. lètgft^i Sitctei 

SuKTt^ !H»<tib. A l"jiiti«i Utnfil 

im uliiinlvt; li lin 1117 

l>ara, .Maragiian i.ù'i\ -Xti t.ll.'i 1.831 

Trinida.l. 10.419 4.156 8.4i;' 12.186 

Citc-rermo, Véntoi*la . l-2.iî8 13.8fl8 16.100 9.920 • 

Bahia 3. M.'. 10.044 5.152 8.531 

Haïti. U.'i.ulilji|iie liom. 1 r.ii 1I.V.I0 8.!'ll 10. TOI 

MarlintqiieeKiuaiIcloupo. 1.178 1.291 1.5U 1.531 

D-Ts'."'.' : : ; ; ; ; : I •^^••»» -^-^ «•3«« =»«'^ 

Total : sacs . . . OT.nj f.l.W-J M.'JIT 15. n:." 

contre, on 1900(1" janv.). 133.913 08.009 5:). 113 118.509 

et en 1905 — ..139.09'; 53.611 51.021 111.014 

La comparaison des prix s'élablil par suite 
comme ci-dessous : 



Cours au Havre du \'i mars 190S au 15 mars 1907. 

Coon » CiiK » (nn >i 

liBirsIHS 15 un IttC liBinbl? 

Para. Maragnan . . 69 à 71 50 06 >. i 09 ■ 10150àlll 

Triiiiilad 68 & 10 - 66 " à 67 ^ 1U8 >àllO 

Côto-Fernio, Vdni- 

ziiâla 70 à 120 » 70 • il 120 - 100 ' à 115 

Bahia 05 A 07 » 60 » à 65 ^ 97 50 à 101 

Haïti 18 * 65 » 46 » à 60 » 81 - » 95 

.Sauchcz, Porto-Pla- 

t«, Samana . . . IJO ù Cl » 55 506 57 50 9Î • ù 96 

Ouayaquil 80 A 87 .-.O 80 - ft 90 - 102 .A 114 

Martinique et (Vua- 

■ Icloupc 87 à 88 • ' 84 »à 8i; I -M ;. I .M 



Par suite des surtaxes imposées aux mar- 
chandises qui viendraient d'entrepôts euro- 
péens, la fabrique est dans l'obligation de 
s'approvisionner en marchandise d'importation 
directe; ne devant aux cours actuels s'appro- 
visionner que progressivement, elle fait donc 
bien de ne pas laisser passer l'occasion qui se 
présente à elle, à chaque arrivage, d'augmen- 
ter petit ;\ petit son stock et ainsi ne pas se 
laisser prendre au dépourvu; quitte à payer, 
même cher actuellement, elle parait appelée à 
•en récolter un bénélice en provoquant une 
détente à un moment donné. C'est du reste ce 
qui paraît se passer puisque le chiffre des 
entrées en entrepôt est arrivé à dépasser 
([uelque peu le chiffre des sorties, pour la 
période depuis le !"■ Janvier. 

Toujours est-il que la demande, seulement 
modérée à la lin du mois dernier, a reprisées 
derniers jours plus d'activité. Le chiffre des 
ventes depuis un mois est de 7 à B.OtHlsacs en 
majeure partie des provenances de HaVti, envi- 
ron 2.500 sacs, environ 2.000 sacs de la Répu- 
blique Dominicaine, un millier de .sacs liahia, 
environ autant Sainte-Lucie et Grenade, lereste 
on Para, Caracas, Martinique cl Guadeloupe. 



N" 09 — Mars 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



87 



Cours au Havre au 20 mars l'JOl. 
Les 5U kg., en fr. : 



.lu droit iJr lOi /■!■. 



50 à 







Guayaquil .-Yrriba 

— lîalao. lî. de Garaqucz 

— Wachala 

Para, Itacotiar.n - . - . 

Manaos , 

Carupano 

La Guayra, Caracas 

Guiria, Rio-Ghico 

Puerto-Cabello 

Nicaragua, Maracaïbo 

Colombie : Buenaventura, Gauca 

— Savanilla, Carthagi^ne .... 

Ceylan, Jav-'i •- . 

Trinidad 

Grenade 

Sainle-Lucie. Dominique. Saint -^'inecn! . 

Mexique -'- 

Jamaïque ï'2 

Costa-Rica, Corinto, Honduras ' . -. . 03 

Cuba '.18 

Surinam, Demerara 102 

Bahia fermenté '■''' 

S. Thomé 96 

Cameroun, Congo - . -'3 

Côte-d'Or, .Vccra. Addali 81 

Samana 01 

Sanchez. Puerto-Plata Vi3 

S. Pedro-Macoris, S. Domingo '.''^ 

Haïti préparé (Usines). '.'^ 

— Plantation Extra choix 86 

— Ciioix 84 

— Ordinaire 81 

Au ih-oii de O.j fr. : 
Congo (conventionnel; 

..1 « dn:il ih: r.-.' /■/■. : 

Cout.'0 français 122 50 à 130 » 

Warlinique 121 » à 122 50 

Guadeloupe 122 » à 123 .10 

Madagascar, Réunion 117 50 à 122 50 



115 
108 
100 
111 

lU'.l 
110 
115 
120 
160 
110 
100 
95 
105 
112 
102 

101 » 

97 50 

98 » 

95 » 
lO.S » 
104 .. 
10 i » 

102 .. 
98 ■■ 
90 » 

96 ,. 
96 .. 
O-i » 
96 ■■ 
89 .. 
85 « 
83 » 



97 oO à 102 .50 



A. Alleaume. 



Le Havre, 21 mars 1907. 



Fibres de Corderie et de Brosserie. 

Chronique spéciale du « J. d'A. T. » 
Par MM. Vaquin et Schweitzer 

Sisal. — Le marché a été assez irrégulier ce 
mois-ci pour la plupart des textiles à cor- 
derie. 

Les dernières offres pour Sisal (Mexique), 
belle qualité EEH, ou similaire, ressortent à 
86 fr. les 100 kg., cif Europe. 

Par suite, les Sisals des Indes ont été peu 
demandés et les prix ont également subi une 
légère baisse. 

Manille (Abaca). — Contre toute attente, les 
recettes à Manille sont en progression sur les 
chiffres accusés l'an passé (166.000 balles 
contre l'r2.000 en 1900, au 11 mars), les ache- 
teurs en ont protité pour peser sur les prix et 
malgré que de fortes ventes aient été enre- 



gistrées, les dernières cotations sont en baisse 
aux prix suivants : 

Aux 100 kiL, cif Europe : 

Fair curreiit, embarqucuicuL IV-vrier-avril. 100 » 

Supérieur second, disponible 100 )' 

Good sccon-I 98 » 

Fair second 97 » 

Lin de la Nouvelle-Zélande. — Ce textile a 
surtout été influencé par la baisse en raison 
même de l'exagération des prix de ces temps 
passés; les acheteurs se montrent très réservés 
et seulement de petites affaires ont été enre- 
gistrées aux prix de 92 fr. pour Good fair 
Wellington disponible ou dû sous peu, et avec 
2 fr. 30 aux 100 kg. de moins pour embarque- 
ment mars-mai. 

Le fair Wellington est ofl'ert de 87 fr. à 
84 fr. 50, suivant position. 

Les ètoupes sont totalement délaissées par 
suite des prix trop élevés demandés par les 
vendeurs, le cours nominal est 38 fr., le tout 
aux 100 kg., cif Havre. 

Maguey (Aloès de Manille). — Sans intérêt, 
les prix de demande pour embarquement sont 
trop élevés et les fabricants paraissent avoir, 
pour le moment, abandonné celte qualité. 

Les dernières otl'res étaient à 77 fr. pour n° 1 
et 72 fr. 30 pour n" 2. 

Sans affaires. 

A/oM (Chanvre de iMaurice). — Petites ventes, 
les vendeurs se refusant à suivre la baisse 
générale, les prix s'établissent de 74 fr. 30 pour 
belle qualité blanche, longue, à 70 fr. pour 
bonne sorte ordinaire : aux 100 kg., magasin 
Londres, Anvers ou Le Havre. 

Zoraaadoque. — Les producteurs sollicitent 
des offres vers 08 fr. les 100 kg. sans rencontrer 
d'acheteurs. 

Tampico (Itzle). — Les offres restent peu 
abondantes par continuation et les désirs des 
producteurs semblent devoir bientôt se réa- 
liser. 

Les stocks en Europe sont très faibles, la 
demande de la fabrication reste très abon- 
dante; dans ces conditions, il semble bien que 
la hausse sur cette libre parait certaine à brève 
échéance. 

Les prix actuels sont : 

Fair average Tula ' 58 > 

Good — 60 » 

Jaumave Bz 07 » 

Palma 65 a 

le tout aux 100 kg., cif Havre. 

11 n'y a pas d'offres pour Tula tel quel. 



88 



KjlU.NAL l) AdKlCLl.inU-: lltUIMCM.!-; 



>' C!) — M. VHS I!t07 



Jiile de Cdicullo. — Ki'ste 1res l'erine de H 
à ."Il li. les 100 k^., suivant qualité. 

Jule de Chine. — Très calme : très peliles 
alTairos de ."il à •>3 fr. les 100 kp:., pour prove- 
nance de Tientsin. 

Ramif Chine grass.). — l'as de modifica- 
tion appréciable. 8:i IV. à S7 fr. .jO les 100 kg., 
suivant qualité. 

Kapok. — La demande reste très forte 
malgré les prix élevés, la consommation pre- 
nant facilement son parti de la hausse acquise. 

Les exportations de .lava diminuent cons- 
tamment d'importance, et il est présumable que 
celte sorte fera totalement défaut avant la pro- 
cliainc récolle. 

Les autres provenances ont bénéficié de 
cette situation anormale et les cours sont plus 
élevés de ."i à Vô fr. les 100 kg., suivant qualité. 

Nous sollicitons des offres de toutes sortes, 
de Kapok; principilement Amérique du Sud, 
marchandise blanche, propre, qui obtiendra 
des prix 1res avantageux. 

Fibres de Coco. — Restent très fermes aux 
derniers prix, tant pour fibres filées pour cor- 
derie et sparterie que pour fibres peignées 
pour la brosserie. 

11 y a toujours demandes de coques (enve- 
loppes de noix) en vue de l'obtention en Europe 
des libres pour brosserie; nous étudierons 
bien volontiers les demandes de renseigne- 
ments qui nous parviendront et auxquelles 
nous répondrons toujours. 

('hiv)ideiil. — Le ciiiendenl Mexi(pie reste 
et restera longtemps encore très cher; il y a 
place pour sortes nouvelles et source, par cela 
même, d'allaires qui peuvent devenir très 
intéressantes. 

Itaphia. — l'ar suite de l'abondance des 
arrivages, les prix ont de nouveau fléchi, et les 
bonnes qualités courantes se vendent de ."i.") 
à .j7 fr. les 100 kg., ports d'Europe. 

On nous parle d'une nouvelle provenance 
de la C('ite Est d'Afrique de bonne longueur, 
feuilles larges, mais la marchandise paraît 
avoir manqué de soins, elle ne peut avoir par 
suite le plein de sa valeur réelle. 

FeuiUes. — iSous avons de grandes de- 
mandes pour ''euilles de toutes sortes de pal- 
miers, pour la coufeclion de plantes arlilii'ielles 
dites slérdisées, nous pouvons acheter de 
grandes quaotités cl soUicitojis des échan- 
tillons. Vaoiin et ScuwEiTziit. 

Le Havre, 21 nuir.- 11)07. 



Matières grasses coloniales. 

Mercuriale spéciale du « J. il A. T. ■> 
Par .M\L Kocca, 'I'.\ssy ri m; lloi \. 

Coprah. — Tendance : hausse constante. — 
Nous cotons nominalement, en disponible, les 
100 kg. c. a. f., poids net délivré, conditions 
de la place de Marseille : 



C(._vlttn suiiilriotl .... GT " 

sinpfaporo G^ M) 

Macassar G;t 50 

Manille " OJ 50 

Zniiziliar 03 50 

Java sundriotl (>i *• 



Moznmbiinie C't » 

iSaïgon. (W r>0 

Coiuiioii *i:i r.<> 

Pacifique I Samoa I . . . Gi '•" 

Océauic française' . . . GIl 



Huile, de palme. — Lagos, 70 à 70 fr. ; Bonny, 
Bénin, 77 fr., qualités secondaires, 74 à ~o fr. 
les 100 kg.; conditions de .Marseille, fûts pcr- 
ilus, prix pour chargements entiers. 

Palmistes. — Guinée 4.") fr. les 100 kg. 

Mowra (Bassia). — :28 fr.:iO les loo kg. 

Graines nléii<iineuses. — Situation slalion- 
iiaire. — Nous colons nominalement : 

St'saine Bombay blanc, frrande graine 39 50 à 40 o" 

— — pelilc graine 39 • à -iO 

— Jafla (à livrer) 45 50 i Vi ■ 

— bigarrt', Kiirracbco ;iS 50 . . 

,, f liins Br>mbny bruns, grande graine, x'.^ 50 A '2*J '>** 

' , ) l.olza (.aunpore i9 • à 29 •■ii 

«le ' 



Marseille 



I l'avol liombay .•« 



Uioin Coronianilel. nouvelle récolte. •.*'.> 50 à 29 "" 

.\racliiiles décorliquées Mozambique 43 » 

— Coromandel, nouv. recolle. :ti » à :tl ■.';, 

Ventes connues de la semaine : 4.000 (|uin- 
laux arachides décortiquées Coromandel. mars- 
avril H;t.87r) fr. ; coût et fret, poids net délivré. 

Autres matières. — Cotations et renseigne- 
menls sur demande. 

RocCA, Tassv et lu-; Roi'x. 

Marseille 19 mars 1007. 

Produits agricoles africains 

sur le marciié de Liverpool. 

Mercuriale spéciale du .■ J. il'A. T. 
Par MM. Tavi.oh a.nu Co. 

Huile de palme. — Depuis notre dernière 

revue, le marché a été calme, et les prix en bas. 

Voici les cours du jour, la tonne sur place : 



l.i.g,.^ ,. £ :«.i(i. ■ 

llonny, Obi Calabor . 3i. '• .(> 

Cameroun 32. 5." 

li.iiui T 31.12.C 

A.-, ni . 31. -.0 



Brass, Niger, New Ci- 

labar £ 31 . 10 .. 

Congo 31 . 5. 

Sait Pond ;I0. 5. 

Ordinaireclniovenne. 31. 



Palmistes (Amandes de Palmc'. — Le march| 
a lié ferme, prix en haus=e; npeiulanl. durant 



N" 00 — Mars 1907 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



.SU' 



la dernière semaine, il élait un peu flucluatif, 
mais étail ferme aux mêmes prix comme la 
semaine précédente. 

Voici les cours du jour, la tonne sur place : 



l.agos, Ganiorouii ot 
qualili'S supi'rioLiros 
dos Rivioros. . . £ 



I Bi-nin, Cnnt'n . ■ £ 10 »." 

Libéria et yliL'i'hro. . INlTi.. 

10. -2. G I Côle d'Or is.l-,' 



Caoïilcliouc. — Le marché élait assez calme. 
Prix un peu en bas. Reds de i/'3 '/,à4/o'/,. Ce 
dernier prix a été payé par les acheteurs dans 
la deuxième semaine. Para 5/0 7r 

Café. — Firme Eléphant Berry de -i4 - à 
'<5,'6. 36 sacs Bold Berry à 32/-. 

Cacao. — Vendu 300 sacs de 64/- à 66/-, 
236 sacs 35/- à 68/-, 1.460 sacs sortes d'Accra 
et de Lagos 6'» - à 69/-, 620 sacs 63/- à 71/-. 
Victoria valait 71/-. 

Ginijenibrc. — Vendu Feulement tle la nou- 
velle récolte. Sierra Leone vaut 30/-. 

Pvtssaoa. — Vendu 8.700 hottes, (irand Rassa 
£ 19. 10/- à 21.10 -, Cape Mount S 18., Gahoon 
£ li.lO/- à 14.13/-, 0kl Calabar £ 21.10/-, 
Cape Palmas £ 18/- à £ 19.1.3/-. Sierra Leone 
£ 23.3/- à 23.10/-, Sherbro £ 23 à £ 24, Opoho 
£ 22.3/-. 

Cire d'abeille.^. — Vendu 13 paquets de 
Gambia à £ 7. 

I\'oix de Kola. — Prix est 1 ' \ d. la livre 
anglaise. 

Coprah. — Pas de ventes. 

Poiore de Guinée (Maniguelte). — Pas de 
ventes. 

Fi'oes de Calabar. — Rien à rapporter. 

Arachides. — 673 sacs non décortiqués £ 16 
à £ 18.15/-, 9 sacs de la nouvelle récolte ù 
£ 17.10/ . 

ChiUies (Piment enragé. — Calme. 70 sacs 
Niger à £ 22.6/-. 

i\'oix de Karilé (Shea). — Sans existence, 
valeur nominale de £8.10, -à £9.10/- la tonne. 

Colon. — 6 '/^ à 7 '/^ la livre anglaise. 

Maïs. — 4/ 3 '/,^ à 4/ 7 les 100 livres anglaises. 

l'eaux. — Le marché a été inaclif et peu de 
demande, cependant les prix ne sont pas 
changés : Dakar sec vaut 9 d. la Ib, Accra sec, 
2* et 3° qualité à 8 ' d., Bathurst sec, 8',' 

à9V.. 

.\utres produits. — Cotalions et renseigne- 
ments sur demande. 

Tavlor and Go. 

"i, FiUiobarn Slrocl. 

Liverpool, 19 mars 1907. 



Produits de Droguerie. — Articles divers 

Mercuriale spéciale du « .1. d'A. T. » 
Par M. Gkm. Er.n'St. 

' î^'ash'risqiie dt'si;.;no les pr.jdiiils lHn(''lir>iant dune dét.ixf 
partielle ou cntiOre en raison de leur pio^onance des colonies 
fraur-aisos. Le mi-ranisntc et lo larit'de ce >■ |irivili-ge colonial » 
ont él(^ exposés dans nos n"' .'!") et '.H. — .\. ■\. I. R. 

Anibrctte. — Sans affaires, on resie vendeur 
à 90 à 93 fr. les 100 kg. Martinique. 

Baumes. — Coi'ahu : Toujours rare ei cher. 
La belle qualité pure B. P. a été vendue à 
Londres à la [jariié de 9 Tr. 30 le kg., rien sur 
place actuellement. 

PÉROU : Sans changement, toujours ferme : 
vendeurs en disponible à 16,30 c.i.f. 

ToLU : Petits arrivages; 2 fr. 60 à 2,73 le kg. 
(caisses de 2 eslagnons de 20 kg. environ). 

Bois. — Santal dks Indls Orientales : En 
hausse ; 140 à 160 fr. les 100 kg. suivant clas- 
sement. Les délenteurs tiennent les prix Fans- 
concessions. L'essence de ces bois est très 
ferme et reste demandée entre 30 et 32 fr. 
pour qualité pure. 

Santals Nouméa ou Madagascar : Sans arri- 
vages; des lots de bonne coupe profiteraient 
des hauts cours des bois des Indes. 

B. Gayac, Saint-Domingue ou autres prove- 
nances : des bons bois pour distillation trou- 
veraient facilement acheteurs. 

Quassia-Amara : On reste acheteur de bois 
bien amer pour trituration. 

Cacaos. — Marché calme, peu d'arrivages, 
tendance toujours ferme : aux 30 kg. : 

Congo convenlionnel (droit de 05 Tr.). . . 9-2 à 95 fr. 

Marliniquc-Guadcloupe (droit de 52 l"r.J . 1 19 a VU 

Nouvelles-Hébrides 119 à I-H 

Congo français US à l'2l> 

Mada^^asear, Réunion lli â 115 

Cafés. — Tendance toujours faible, la situa- 
tion de l'article reste précaire pour les délen- 
teurs du Brésil, les recettes sont toujours 
élevées; marché réservé. Cours : les 30 kg. 
entrepôt : 



Sanlos 

Haïti 

.Moka trié. . . . 
.Java (en liausse). 
'Réunion , . . . 



:» à n 

45 à 5-2 
97 à lia 
75 à 95 
165 à 175 



*GuadoIou])e ; 

bouilleur . . 

lialûianl. . . 

*Tonkin 

*Nouv.-GaIédonie. 



ll-> 
90 
95 



1-25 
115 
95 
100- 



Caoutchouc. — Peu d'afl'aires ; marché calme : 



Gaml>ie . . . 
Diego-Suarcz 
Jlajunga . . 
Tuléar . . . 



S » à 10 » 

10 » à 10 50 

S » à 9 » 

a 50 à 5 .. 



Tonkin noir . 

— rouge . 
Nouvelle-Calé - 

donie . . . . 



7 50 M S 50 

8 50 à 10 1. 



. U 50 il 13 '. 

Camphre. — Affaires toujours actives et aux. 



90 .lULUNAL DAi.IlKJULTLKl. I lUd'lCM-K N ti'i — M.mi- l'.»ll7 

pleins prix. Le Hafliné lablelles Japon s'est Sticklac Tonkin) : En bonne demande pour 

payé jus(iu"à 13 fr. 'lU le kg. c.a.f. Le camphre marciiandise bien criblée el sans bois, on cole 

cru de Cliine est tenu à la parité de !» fr. 30 le .'180 à ;j«3 fr. les 100 kg. c.a.f. 

1^„ ^.jf HiisiNE iiE (i.\Y.\<; : Haïti ou Saint-Domingue, 

Ciies diiheUles. — Peu d'arrivages; affaires belle qualité vitreuse 1,80 a ± fr. 20 le kg., en 

un peu faciles; les 30 kg. : sortes, tout venant, fr. 73 à 1 fr. -23. 

.-„..--, /-k-, ,-' 4 m ^ft h"'<^" (Racine d' . — Sans arrivages sur 

Madagascar. .-. . IIO .'i 1 -.. Chili \,.,U\noO l , ,, . , . , , , 

'j,,ni4in ic> ù ira Inaïli 108 à HO .. placc ; dernières ventes en baisse a Londres. 

V • iKs Rio cultivé, It» à 20 fr.; Mattotjrosso plus tenu 

Cires végétales. — Cahnaiiu : Nominal 5 à .. „,,.,« -(noi.r 

^ ^ ^ à 21 fr. ;C irlhagi'ne.dernifri' cille a lt),.>0 le Ivg. 

3 fr. 501e kg. ' ,/,,/«».— Sansatlaires; on serait acheteur dr 

Japon : Plus faible 130 à L-)2fr.. .Oies 100 kg. ' ', i.,c km» L,r 

,., . , , n bon lamnico lourd. 12o a luO Ir. les HK» kg. 

Cornes. — ioiiiours bonnes ventes. Loiirs, ,, • ,,.^ ' o i ^ i k -,.. 

. . , , n.,...-r n m .)/((Mior. — Fécule : Sans changement, lieu- 
es 100 pièces : Madagascar, 28 à .«o fr. ; BufOes 

•r ,• N — -u,vr r- r i3"A«"Pn mon, Madagascar, J(. à JS fr. les 100 Ug. 

Tonkin , /o a 80 fr. ; Cerfs, 12.J à i ij fr. v • i jr • ai r.. i . ini» i ,, 

' ' . ' , , . , Ra(;i,nes : Nominal, 10 a 17 Ir. U'> 100 kg. 

Citirs. — Transactions calmes, à prix tou- , , , i|,,.,.„ 

..^ , Jlorou. — Antilles : bo les 100 kg. Haxre, 

jours soutenus : les M kg. : ^ n . 

-' " CAYE.NNE, Paka, manquent. 

■Madagascar : bœufs, vaches, secs . 93 . à 105 . Sahevcireille. — .MEX1(.)LT. : Offerte i",.-.!»;! 

_ — salés. 75 » à 80 » ' 

ouaaciMupc. Martinique : salés . . 6u ..à r2 50 'i8 fr. les .30 kg. Para, demandée, sans arrivagcs. 

Tonkin, vaches sèches V- r;i * ';'! " /(nlaiilua. — PÉnoL" : Cette racine est bien 

— liuflcs 5a 50 a Oi » _ _ 

Nouniia, sai.s 07 50 à ii dépréciée actuellement par suite d excès de 

,, c „i o„„o,r,„..ie production, la qualité de la plupart des lots 

Kcorces doranqes. — Sans changements. i , , ,. , , , 

„ . „ ..,• , ,o , «•,,;. •)-•) Qo f,. lo^ offerts étant très médiocre. Les exportateurs 

Quarts Haïti 1/2 verts offerts à 32, ii fr. les ..,..,. j ri i i ■„„ 

,„,, , .... , , ., .(.f -, , .nn i.„ \ auraient intérêt a n envoyer que des lilets bien 

100 kg. acquittes droits : 10 fr. les 100 kg.). , vi ■ . „ i ,;i 

,, j ■■ ,,, • \ . T^.Tv..... triés, sans souches, à bon rendement en extrait. 

Lssemes. — Linalok (Mexique : Toujours ' . .„ ■ nr. ^ n- < 
. . r 1 ■ io =i-^,.L- ■ Cours : aux 100 kg., 60 à 7o Ir. 
très ferme, pas d arrivages, peu de stock : . o ■ i r, „ . ,„i. ,l„.,.. 
cc ^ a., r '-rM 1 1 it'ii„„.i,„ 0»(W7)/nifl.<i. —Sansstock. On serait achelonr 
22 à 22 fr. oO le kg. en bonne qualité blanche. \ ^ ,, , r- i n . r r 

^ n V , i- ^ ;m^ o.,.. de bonnes sor es en l'orto-Cabello el Calisaya 

Cithonklle-Ceylan : vente en disponible sur 

1 ■ /■ (• -Il i„ 1 , „„,,;iiA durs et demi-durs, 

place a G Ir. oO le kg. acquitté. , ^.,.1,1 /-r- n „i ^ 

, IV ■ A \ A„a.\ . co„= SeiH'. — Feuilles des Indes fTinevelly plu? 

Lf.mongrass (Verveine des Indes) : Sans ^ , ...^ , 1 ,,,,,1 

, . . • .• 1 1 niv A I :iA ferme, disponibles à 80 fr. les 100 kg. 

changement, louiours taible. Offres à la parité " ' ,. '^ . . ■....■ r 

, .,...,.. ,of • . 1 r . r,' 'onW/i'S. —Au kg. acquitte, toujours ferme: 

de 1(5, .30 à 18 fr., suivant rendement et qualité. e "i J 

Petit grai.n PAn.\Gi'Aï : Sans arrivages, «Ri^union, ir'quaiiw ai à 30 

— têtes, queues -Mal» 

ferme toujours, 38 à 40 fr. le kg. -Madagascar. .... . -25 à 30 

GÉKA.Niu.M : Bourbon, très ferme, a beaucoup ■.îari'ii!"i"V'»ii''' '■ '■ • ''^ * ',*'"'""' 

haussé depuis quelque temps; se maintient seycheiios (rares) 28 à .•»3 hmit^. 

€ntre 30 el 32 fr. le kg. Vamilon. - Guadeloupe, bonnes ventes .'i 

Gommes. — Copale : De vente courante et ^^ ^^^-,,^ ^^ ^^^^ acquitté 

recherchée en sortes triées Madagascar : - j.^'^ ^^^^^^^^ produits. - Cotes el renseigne- 

Afrique, sortes '75 à 85 ments à la disposition des i)rodiicteurs. 

Mada;;ascar, trii^c, claire, dure .... ^0 à 305 

— triée, Icinlén 300 il 325 ( JEO. Lll.NST, 

— sortes iSO à 200 -,.,, q„,i ,r0rl<5ans. 

„ , . , l.c Havre. 10 Mar.s I90: 
Damah : Sans changement. On serait acheteur 

belle gomme blanche : i^-s-i.-^cSj 

Batavia . -'-'5 J 2-30 

Singapour. . nô à iNi Mei'curiale de quelques produits 

Cl TTE : Très ferme, arrivages réduits : d'Extrème-Orient. 

Siani et Cambodge, lujaux orange, le kcr. s :•" Chronique spéciale Ju <■ J. il'A. T. •• 

Tonkin, sortes . — >• ol8 25 m ■ n ,■ 

par M. J. II. Oui in. 

l.AOL'ES : Stationnaire : 

Gomme laque. — Affaires toujours restreinte' 

l''ine or,inKe, T. M., cotée. . ■ m' a ii ir. le kg. r,:i I , ■,• ■ i j . i.. 

Bonne ordinaire. .". 25 ■- cu iTaucû cl les coufs sc ra lemiissent de plu- 



N" 69— Mars 1907 



JOURNAL D'AGUICULTLIRE TROPICALE 



91 



en plus. On est remonté jusqu'à o3.j fr., les 
100 kg. c.a.f. pour La T. N. 

Poiore. — C'est un article dont personne n(; 
parle en ce moment et les cours ne bougent pas. 
Néanmoins, je n'ai pas entendu parler de vente 
à des prix aussi bas que ceux que j'ai cités dans 
ma dernière mercuriale, mais il paraît pro- 
bable que les Saïgonnais s'exposent à des dé- 
boires. L'Angleterre ne semble pas vouloir 
acheter celte année pour la décortication, et si 
cet appoint est enlevé aux planteurs de nos co- 
lonies, ils auront bien de la difficulté à écouler 
leur récolte. Je n'envisage donc pas l'avenir 
d'un œil très favorable et il est possible que 
nous voyions des cours plus bas que ceux dont 
on parle actuellement. 

Gambier. — Toujours sans entrain. On cote 
43 fr. les 100 kg c.a.f. 

Tapioca. — La hausse persiste eton flemande 
aujourd'hui 58 à 56 fr., selon l'époque d'embar- 
quement. Il parait constant que les arrivages 
resteront restreints au pays d'origine, et je ne 
serais pas étonné de voir des prix plus élevés 
encore. 

Racines de Manioc. — Restent très fermes et 



très demandées à 13 fr. 50 les 100 kg. c.a.f. Il 
est difficile d'en obtenir en embarquement rap- 
proché. La récolte parait être nianquée et les 
vendeurs se montrent exlrêmement réservés. 

Fécule de Manioc. — Il en est de même pour 
cet article, dont les qualités ordinaires surtout 
semblent manquer tout à fait. On en fait de 
tout petits lots dans des prix variant dans les 
environs de 15 fr. les 100 kg. c.a.f. 

Fécule de Sagou. — Sans cliangemeiii. 

Cirevégélale du Japon. — La hausse se luain- 
tient, surtout au Japon, où l'on cote 163 fr. les 
100 kg. c.a.f., mais on trouve à meilleur compte 
en flottant, surtout en disponible, ce qui tient 
principalement à ce que les détenteurs des lots, 
quiontacheté bon marché, profitent delamarge 
qui leur est actuellement olTerte. Inutile de dire 
que les hauts prix restreignent les affaires. 

Galles de Chine. — Par suite de la baisse du 
change, on peut acheter dans les environs de 
123 fr. les 100 kg. c.a.f. 

J.-H. Grei.n, 

IG, rue Saiûtc-Croix-do-la-Bretonnci-ie. 

Paris, il mars 1907. 



-^ 



ACTUALITÉS 



Encore le « Periploca nigrescens < Afzel. 

A diverses reprises nous sommes revenus 
ici sur celle liane productrice de caout- 
chouc. Récemment M. E. Perrot analysant 
dans la Quinzaine coloniale le premier 
fascicule du vol. Il de nos Notes sur 
quelques plantes utiles et intéressantes du 
Conijo, a rappelé les discussions qui ont 
surgi dans le « .1. d'A. T. », entre mon col- 
lègue et ami Aug. Chevalier et moi. Je 
persiste dans mes opinions antérieures et 
les renseignements que M. Sapin nous a 
fait Iransmellre par l'intermédiaire de 
1\I. V. Lagourt, de la Compagnie du Kasai, 
nous fortifient encore dans ce que nous 
avons dit antérieurement. 

Le Periploca nigrescens., répandu en 



Afrique Occidentale, porterait au Kwilu le 
nom de « Kaiababa i et chez les Bangalas 
celui de « Ludiki ». 

» Cette plante volubile est inconnue, 
dit M. Sapin, comme plante caoutchou- 
titère, des indigènes du Ivwilu et de ceux 
du pays Bangala; mais ils s'en servent 
pour empoisonner leurs flèches. A cet ell'et, 
ils font bouillir les écorces dans l'eau après 
hallage ; le liquide brun obtenu est évaporé 
à consistance d'extrait. Cet extrait sert à 
enduire les pointes des flèches. 

K La plante, excessivement répandue, se 
rencontre sous forme de liane, dont les 
tiges peuvent atteindre 10 mèlres de long 
et souvent davantage, sur 8 centimètres de 
diamètre. La partie extérieure dé l'écorce 
est rugueuse et s'exfolie; le bois est poreux; 



Îl-J 



.KiritNAI, I) ACIIICn.TI liK riîdl'MAI.l. 



N I. 



Maii- IOKT 



la |iailie interne i\e IV'Corcc et la partie 
ni('iliillaii'e centrale laissent (^rouler un 
latex Ijlanc rosi^ ». 

Pour cNlrjiire le lalex, en vne de l'ulilen- 
lion cln caoulcliouc, on ne poui'rail utiliser, 
d'après M. Sapi.n, que les tiges ayant au 
moins la grosseur du pouce. Le battage ne 
donnerait rien, les incisions 1res peu de 
lalex. 

M. Sapin ajoute : « Le procédé qui nous 
a le mieux réussi consiste à couper les tiges 
en lron(;ons de 30 eenlimètrcset à recueillir 
le lal(\\ (]ui s'écoule par les deux liouls; ce 
latex est addiliiiiiiié ti'une à deux l'ois ^nw 
volume d'eau et soumis à rébullilion. Le 
caoulcliouc coagulé surnage, on le las- 
somble el on le façonne en boules, en ayaul 
soin d'éliminer le plus de sérum possible. .. 

C'est par caravane que les indigènes 
m'apporlenl des brassées de ces liges que 
je suis forcé de refuser. Je leur ai montré 
comment ils j)ourraient en tirer parti. 

Nous avons entre les mains des échan- 
tillons de caoutchouc obtenu par ce pro- 
cédé, ce sont des boules noires, sans trace 
de poissage ni slickage, d'une 1res grande 
élasticité. 

Notre examen s'est fait le 23 novembre, 
les échantillons avaient été préparés en 
juin. 

Le rendement est faible ."ÎOÛ à .'{ô(l pour 
■IIHI kg. do lianes fraîches. 

Nous le répétons, nous nous trouvons ici 
en présence d'une liane, ou d'une plante 
volubile, à caoutchouc, qui ne peut ôlre 
traitée par la saignée et à laquelle les i-égle- 
mentalions édictées par le Gouvernement 
et l'Ktat du Congo ne peuvent être appliqués. 

Quant à l'assertion de M. Sapin, tendant 
à faire conduie que le battage ne peut être 
opéré avec le moindre succès, nous vou- 
drions voir refaire (juid(jues expériences 
en traitant la liane après morlilicalion (d 
séchage; peut-être alors ce procédé niéca- 
ni(|ue, qui est pour nous un des procédés 
d'extraction du |>lus grand avenii", donne- 
rail-il des lésullats supérieurs à celui du 
tronçonnage des tiges qui laisse indiscu- 
tablement perdre du lalex dans les tissus. 



les 301) graniuies ét:iiit loin de représenter 
la (|uantit('; de caoulchouc existant rc'elle- 
menl dans les 100 kg. de tiges. 

E. Di; \\ ll.IilM AN. 

Le séchage du Cacao à la Trinidad. 

Séchage au soleil el séclioirs arlificiels 
D'après M. IL CAitACioi.o. 

.Nous avons reçu récemtnenl Je l'urt-of-Spaii» 
un clinrmant petit livre ^Jackson : Tlic booh of Tii- 
iii/lad, V. « J. (l'A. T. », II" 02. S 1228i qui a iiour 
iiut di^ faire connaître les ressources et les allrac- 
lionsde la Trinidad, surtout aux touristes; cepen- 
dant on y trouve incidemment quelques ron^ei- 
Snements intéressants sur l'agriculture el le 
commerce, el d'admirables photographies de 
plantes cultivées constituant des documents utiles. 
1.0 cacao, en particulier, est l'objet d'une excul- 
Icnle petite monojjraphie ; ce chapitre occupe 
douze pages. Il y est dit entre autres: 

I' L'usage des séchoirs artiliciels <e 
répand lenlenient, mais sûrement, el 
quand la su[)i''rioiilé du séchage arlificiel 
sur le naturel sera prouvée, on peut s'at- 
tendre à de nouveaux progrès. » Ailleurs 
nous lisons ceci : » Dans la majeure parlie 
des plantations, le séchage a lieu au soleil, 
c'est ce qu'il y a certainement de mieux. » 
Les toits mobiles sont également décrits, 
et les pludographies des séchoirs ainsi 
établis sont certainement les plus belles 
que nous ayons vues justiuici. 

Un seul séchoir artificiel est di'ciit eu 
détail : il est donné comme étant l'nlijel du 
brevet de M. Scma'Br et de Veiitixii,, niai> 
nous n'avons pas trouvé, d'après cette des- 
cription, (|u'il suit dill'éi'ent iln fameux 
séchoir de Verdanl Vale : les dimensiiuis 
indiquées concordent même bien avec 
celles que nous connaissions ; serait ce le 
même appareil '.' .Vucune photographie mal- 
heureuseuu'ul ne nous permet de nous en 
en assurer. 

Signalons daiihi' |i.iil une scène de cas- 
satre des cabosses, où le Iravail est lait 
avec une sorte de machete ; mais rien dans 
le texte ne vient compléter les explica- 
tions de bi phologiaphie. 



^° 69 



M A lis 10)"; 



JOURNAL DAGlilCLLTUUt: TROPICALE 



ya 



La valeur des e\|)orlalioiis de cacao de 
la Trinité est donnée comme ayant passé 
de £. 500.000 en 1894 à £. 907.000 en 
1903. — Le commerce des noix de coco 
est signalé comme ayant beaucoup baissé 
pendant la même période malgrél'existence 
il'ime huilerie bien outillée. — F. M. 

La Vigne aux Saintes (Guadeloupe). 

D'après M. Solzeau de Puvberneau. 

Notre ami M. W. Melesse nous signale, comme 
•coniributiou à iiolre enquête sur la vigne (voir le 
mémoire de M. Bertoni, « J. d'A.T. », n° 56), cette 
page curieuse qui se trouve dans la Monographie 
sur les Saintes [Guadeloupe], de M. Souzeau de 
PuYBERiNEAU, imprimée en 1901, à Bordeaux, chez 
Paul Cassignol. Le témoignage est d'autant plus 
intéressant qu'il s'agit d'un pays situé presque 
au niveau de la mer. Nous copions textuellement, 
pp. 34-35 : 

« La vigne vient sans soins ; en très peu 
de temps, du tronc principal, s'élancent de 
vigoureuses tiges qui ont vite garni les 
échalas protecteurs ; il eu est même d'or- 
phelines qui deviennent très satisfaisantes. 
Et voyageurs et touristes sont frappés de ce 
que les indigènes poussent l'apalhie au 
point de ne pas aider du moindre efîort un 
sol si complaisant. 

(■ Deux lois par an, on peut faire une 
abondante récolte : mars et septembre. 
Chaque tonnelle donne environ de 2o à 
30 grappes de raisin de 2 à 3 livres la 
grappe. 

" On pourrait à la rigueur faire deux ré- 
coltes supplémentaires, mais les ceps s'en 
fatiguent vile, deviennent rabougris et ne 
produisent plus que de maigres grappes à 
petits grains ratatinés. Les grains, d'ordi- 
naire, sont au contraire gros, tendus, pré- 
sentent une transparence parfaite lorsque 
la maturité n'est pas précoce, et sont doués 
d'un parfum très musqué et d'une saveur 
délicieuse. 

« De l'avis môme des personnes que fa- 
natise la pensée de leur clocher métropoli- 
tain, le raisin des Saintes ne le cède en rien 
à aucun raisin de France. 



<< Je suis bien sûr que l'extension de 
cette culture serait une source de richesses 
considérables pour des propriétaires qui 
voudraient s'en occuper. » 

M. r.EortGEs DE Préaudei, quH nous avons eu 
l'occasion d'entretenir du docunieni qui précède, 
nous a adressé à ce sujet une leltie qui prouve 
que de nouveaux détails sur les vignes ne seraient 
pas inutiles; nous altirons sur la question l'atten- 
tion de nos correspondants dans la colonie: 

« Je suis resté plusieurs mois à la Gua- 
deloupe ; j'y ai même connu un médecin 
militaire ayant résidé aux Saintes, ainsi 
que d'autres habitants de la Grande Ile 
connaissant la petite ; or, je n'ai jamais en- 
tendu parler de raisin. J'ai même reçu des 
caisses de raisin du Bordelais qui ont été 
répandues autour de moi sans provoquer 
la moindre réflexion sur la présence de 
vignes dans le voisinage. » 

G. DE Préaudet. 

Les animaux domestiques de Madagascar. 

Bovidés. La tuberculose. — Chevaux, ânes et mu- 
lets. L'ostéomatacie. — Moutons. — Chèvres. — 
— Porcs. ~ L'autrucherie de Tulèar. — Le Ser- 
vice vétériuaire. 

D'après M. Cu. Jamin'. 

Jajiin (Ch.) : Lélevage des animaux domes- 
tiques, à Madagascar. Publié comme 
« Dépèche Coloniale illustrée » du 30 no- 
vembre 1905. 

Principalement, description des races 
indigènes et des essais de croisements des- 
tinés à les améliorer. A peu près rien sur 
les fourrages. 

On compte dans l'île, grosso modo 
3.000.000 de zébus, plus un petit nombre 
de bœufs sans bosse provenant de croise- 
ments effectués du temps de Jean Laborde. 
Dans le Sud, les bu'ufs sont décimés par 
la tuberculose et par le charbon; ce der- 
nier commence, du reste, à être efficace- 
ment combattu par la vaccination pasto- 
rienne, lisons-nous. 

Il y a environ 500.000 moutons à poil 



il'l 



.lOLR.NAL DAC.RICULTURE TROPICALE 



N" Oît 



Mahs 1!»(»T 



(Jui- cl à grosse (|uene; leur viande esL 
iiK^diocre, copenilaut ils sont foil bien 
p.vyi^s, dit l'auteur, par les acheteurs de 
l'AiViquc du Sud. Des éleveurs australiens, 
ai)rès un voyage de reconnaissance dans 
le centre de l'île, ont proposé d'y intro- 
duire 3.000 moutons mérinos, sous cer- 
taines conditions qui leur seront proba- 
blcuient accordées, pense M. Jamin. 

Il n'y a que quelques milliers de chèvres 
i\ Madagascar, mais en revanche plus de 
500.000 porcs. 

\'.n 18% on n'y comptait que 500 che- 
vaux, la plupart amenés par le corps expédi- 
tionnaire; cependant, des iniroduclions ont 
été faites dés 1810 et il s'est constitué 
même, par mélissagos multiples et variés, 
une sorte d(! race locale, représentée, il est 
vrai, par un petit nombre d'individus. 
L'auteur s'étend longuement sur les me- 
sures d'encouragement de la production 
chevaline appliquées par l'administration 
française. lAlalheureusement, dans le centre, 
où le climat est favorable aux chevaux, les 
sujets introduits des bonnes races sont 
décimés par l'ostéomalacie, attribuée à la 
pauvreté en chaux du sol et des fourrages; 
ce lléau est inconnu dans les régions 
côliéres calcaires. 

Dans notre n° Gti, p. 369, nous avons 
signalé que M. Siiorkv a constaté la même 
pénurie de chaux dans la piiipail des four- 
rages aux ïïawaï, sans (jue, du reste, il 
parie d'ostéomalacie; peut-être, tout sim- 
plement parce que, dans son travail, il 
n'envisage que les bovidés. Quoi qu'il en 
soit, les recherches de ce chimiste sur les 
fourrages des Ilawa'i seraient à suivre par 
le service vétérinaire de Madagascar. Pour 
le moment, M. Sn(ini:v préconise surtout 
l'emploi aussi large que possible de jilanles 
fourragères légumineuses, sensiblement 
plus riches en chaux que les graminées, 
par exemple. 

L'âne et le mulet étaient à peu près 
inconnus à Madagascar avant la conquête 
el n'y sont toujours représentés que par 
un petit nombre d'individus. L'un et l'autre 
sont ex|)osés à rostéom;ilacie, mais moins 



que le cheval. Les mulets de race alivssine 
et argentine paraissent plus résistants que 
les autres; les races européennes îi ossa- 
ture très développée, sont, au eonlrairo, 
particulièrement vulnérables. 

En 1902. un négociant de rAfri(|ue du 
Sud fit don au gouvernement de Mada- 
gascar de u couples daulruches; 2 ayant 
péri, il en reste 3, et un certain nombre 
d'autruchons. Ce petit troupeau est installé 
à Tuléar. Certaines |)arties du pays telles 
(jue Mahafaly, Antandroy, liara, oITreni 
d'immenses espaces qui semblent devoir 
convenir à l'auliuche; l'expérience sera 
à suivre. 

Ne quittons pas le travail de M. Jamin 
sans signaler qu'il donne divers détails sur 
l'organisation du Service Vétérinaire à 
Madagascar; il est assuré par des vétéri- 
naires de l'armée. 

L exploitation de llxtle au Mexique 
d'après le » Modem Mexico ». 

Nous trouvons dans le » Modem Mexico » 
de janvier 1904, une note intéressante sui' 
rixtle(agave Lechuguilla). Sans faire autant 
de bruit que l'agave sisalana, par exemjile. 
celte espèce n'en est pas moins l'objet d'un 
commerce important, dépassant 12 millions 
par an pour le Mexique seul, (|ui l'exporte 
par le porl de Tampico, d'où le nom très 
répandu de « Crin de Tampico » donné à 
sa fibre. 

Celte plante, dont les feuilles ne dé- 
passent guère 0'",î)0 de longueur, peut, en 
raison même de sa petite taille, être plantée 
à de faibles écartemenls, et on voit au 
Mexique de 20 à 'iO.OOO pieds à l'hectare. 
On prétend que le produit net est tle 
2o0 francs par hectare et par an, sans soins 
particuliers. 

La distribution îles plantes semble assez, 
bizarre. Certaines terres en sont coinplèle- 
menl dépourvues, alors que d'autres, en] 
apparence id(>nti(|ues, en sont couverles.1 
d'une manière si dense qu'on pi'ut diffici- 
lement y circuler. 



N° 69 — Mars 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



93. 



Il y a relativement peu de temps que 
celle plante a trouvé des débouchés sérieux, 
et la qucsiion des machines s'est posée 
aussitôt. Il semble qu'on soit arrivé à de 
bons résultats dans ce sens, et les machines, 
qui se font de diverses tailles, sont mobiles 
et amenées là, oîi il y a des plantes ta 
exploiter. En l'absence de toute force mo- 
trice, elles sont mues par des manèges. 
Nous aimerions savoir de quelles machines 
il s'agit, mais notre confrère ne le dit pas. 

L'exploitation de l'ixtle a opéré de grands 
changements dans certaines régions du 
Mexique, où les terres autrefois cotées de 
1 fr. 25 à 2 francs l'hectare valent au- 
jourd'hui de 15 à 40 francs. 

La libre, utilisée surtout en brosserie, 
vaut environ 600 francs la tonne. Elle est 
régulièrement cotée dans la partie com- 
merciale du « J. d'A. T. ». — F. M. 

Le Manioc de Madagascar. 

Description de cette variété telle qu'on l'observe 
dans l'Est-Africain allemand. 

D'après Zimmerjia^n. 

Dans notre n" 07 nous avons caractérisé l'ex- 
cellent travail de Zimmermann sur le manioc dans 
l'Est-Africain allemand. C'est à cette étude, parue 
dans le " Pllanzer n de novembre l'.»06, que nous 
empruntons la description donnée ci-après. Elle 
est intéressante à plusieurs titres : 1° par sa 
remarquable précision, un modèle de description 
de variété, à suivre par tous ceux qui entrepren- 
draient de décrire des maniocs; 2" parce que la 
variété en question parait avoir des mérites éco- 
nomiques exceplionnels : elle est en train de sup- 
planter, dans la colonie allemande, tous les autres 
maniocs; 3° enfin, parce qu'elle est originaire d'une 
colonie française où nous avons de nombreux 
lecteurs; elle n'y a jamais été, du reste, décrite 
avec autant de déiails. 

— La traduction qui suit, a été obligeamment 
faite pour nous, par les soins de M. Ulysse Bernard, 
chef intérimaire des serres du Muséum, qui a 
repris depuis son ancien poste au Jardin Colonial, 
à Nogent-sur-Marne. — N. d. l. R. 



Cette variété est appelée par les indi- 



Ulaya », « mpesazi » et, à ce qu'il paraît, 
également « mtope ». Elle est très diffé- 
rente des autres variétés du pays, par ses 
tiges qui s'en vont en zigzag; il y a autant 
de coudures que de nœuds. 

Les tubercules ont la couche interne de 
l'écorce d'un rouge rosé; la couche tubé- 
reuse externe est jaune sale. 

On peut observer aussi les caractères 
suivants : 

Les feuilles jeunes sont de couleur rouge 
brun; plus tard elles deviennent vert 
sombre en dessus et vert clair en dessous. 

Le pétiole est presque toujours rouge sur 
toute sa longueur, mais parfois il est rouge 
à ses deux extrémités et vert au milieu. 

Les stipules sont bifides et persistent sur 
la tige après la chute des feuilles. 

La tige est légèrement anguleuse et en 
zigzag. Quand elle est jeune, l'écorce est 
rouge; plus tard elle devient verte mais la 
coloration rouge persiste plus longtemps 
sur les côtes; elle devient ensuite complè- 
tement verte, et, enfin, une fois le revê- 
tement tubéreux constitué, elle prend une 
coloration grise argentée. Le tissu immé- 
diatement sous-jacent est vert intense mais 
seulement sur les tiges âgées : près du sol 
il est d'une couleur plus ou moins rouge- 
rosée. 

La coloration extérieure de l'écorce des 
tubercules varie du gris-jaunâtre au brun; 
vue par la face interne (pelée) elle est 
blanche, mais les assises sous-jacentes à la 
pellicule subéreuse externe sont teintées 
de rouge. 

Il n'y a de latex que dans l'écorce; celui 
des tubercules est peu acide, celui de la 
tige et des pétioles l'est fortement. 

Les fleurs sont blanches, striées de rou- 
geâtre; rarement elles sont jaunâtres ou 
vertes. L'ovaire est ailé, à pistil blanc. 
Disque jaune, tirant vaguement sur le 
rouge. Les anthères des Heurs mâles ont 
de 1 centimètre à I cm. 12 de longueur; 
le connectif est appendiculc, couvert de 
poils emmêlés. — U. B. 



gènes : « mhogo wa Bukini 



mhogo wa 



i'-t» 



.luriîNAi. Il Adiiit.i i.iriîi-: kkiimcm.: 



i;.) — Ma:> !;i;>7 



l-'essence d'Oranges amènes, sous produit 
du Caoutchouc de Céara 

Qui se serait alU'iitlti à ic (iiio I aroniat 
suave extrait Je récoreedcs oranges anières 
ileviennc un jour une «orle de décliel de 
labricalioa du caoulciioucde Céara, le plus 
nauséalioiid des caoutclioucs, on peut l)ien 
1c dire ! Tel esl, cependaul, l'espoir qvi'onl 
conçu les |>lanleiMs de ri'>l-.\lricain alle- 
mand, d"après le <• l'ilauzer ■■ du 'M^ juin 
1901), p. nt). 

On sait que le M'iui/int (ilaziovii est 
aujourd'hui une des grandes eulUues de 
la colonie. Une partie des plantations sont 
«k\jà en exploitation et la coagulation du 
latex y est faite volontiers au moyen du 
jus d'oranges amères ; on en emploie des 
quantités considérables, el alors, les gens 
se sont dit qu'il était dommage de laisser 
se perdre l'huile cssentiidle contenue dans 
les innombrables pelures d'oranges qui 
restent comme déchel, puisqu'en Sicile et 
dans le sud do la péninsule italienne cette 
même essence donne lieu à une exportation 
qui n'est pas à dédaigner. Sou prix était 
en Allemagne, vers le milieu de lOdG, 
•17 marks le kg. 

l'our obtenir lu qualité à laquelle le 
marché est habitué, il faut que l'essence 
en question soit extraite par expression ; la 
distillation n'est pas applicable. En Italie, 
lisons-nous, les écorces sont exprimées à 
la main; comme dans TEsl-Africain alle- 
mand la main-d'œuvre est trop chère pour 
cela, les planteurs de la colonie se sont 
mis en quête d'une machine. 

Un essai de compression des écorces au 
moyen d'une forte presse n'a donné aucun 
résultat utile. Depuis, il a été commandé 
en Europe « un petit appareil dans le genre 
de ceux employés aux Antilles pour l'ex- 
pression de l'essence de limette » (Citrm 



»l''i/ii(i, riir. mii/n. t.i's appari'il> •«oppo- 
sent la manipulation d'orangi's entières, 
avant ([u'elles ne soii'ul ipiuehées pour la 
coagulation du caoulciiDU'^. 

Nous nous rapjielons avoii^ reçu, il y a 
quelques années, un excellent document 
allemand, illustré, donnant des détails 
sur l'exlraetiuu des essences de Citriis au 
moyeu de véritables petites machines, dans 
le sud de l'Italie. Si muis avons bnnne 
mc'moire, ces niacliines s'appliiiuenl parti- 
culièrement aux lii'iuamiiltes, plus régu- 
lières de l'orme et plus pareilles entre elles 
que les autres fruits du genre ('itnis. 

Puisque le sujet redevient d'actualité, 
nous tâcherons de faire profiter nos lec- 
teurs des renseigneinr'nls eonteinis dans 
ce doeumenl. 

Reste à savoir si l'essence d'oranges 
amères peut èli^(; ('■coulée sur le marché en 
grandes quantités. .Nous lisons, en elVet, 
dans GiLDtMEisTKK liT IJorF.MANN (ce remar- 
quable traité a été longuement analysé 
dans notre journal) que le Cilnis Bk/'i- 
radi/i donne trois sortes de produits utilisé-s 
en parfumerie : 1° l'essence d'oranges 
amères ou de curaçao, exprimée de l'écorce 
des fruits ; 2 " l'essence de néroli amèrc, 
extraite des fleurs; cl 3° l'essence de petits 
grains obtenue, princi|>alement au Para- 
guay, par distillation des rameaux entiers 
avec feuilles el fruits non développés. Oi, 
si les deux dernières essences jouent elïec- 
tivemeiil un grand l'ôle sur le marché, 
l'essence tl'oranges amères exprimée des 
écorces, (|ui seule est à considérer dans le 
cas présent, <> ne joue qu'un rôle tout à fait 
secondaire vis-à-vis de celle d'oranges 
douces », dont elle ne se dislingue, du reste, 
que par peu de choses. 

Mais en parfumerie il n'y a pas df liillc- 
renee négligeable. 




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l'aris. — L. .MARKiiiiiL-x, imprimeur, I, rue CasscUo. 



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JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



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N" 70 



30 Avril 1907 



JOURNAL 

D'AilRIGDLTDRE TROPICALE 

{AGRICOLE, SCIENTIFIQUE et COMMERCIAL) 

FONDÉ PAR 

J. VILBOUCHEVITCH 



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CULTURES POTAGERES 

ÉLEVAGE 

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Paraissant 
à la fin de chaque mois 

Comile de Rédaclion : 

m. J. GRISiBI) 
0. LABR07 & E. BAIILADD 

Secrétaire de la Rédaction : 

F. MilR 

Administrateur : 



BDllC 



k 



AçoRËS, Canaries, Madère. 

Cap-Vert. Sao-Thomé, Congo 

Afrique occidentale et centrale 

Algérie, Egypte, Abyssinie 

Erythrée, Obok, Mozambique 

Maurice, La Réunion, Madagascar 

Louisiane, Amérique centrale 

Mexique, Amérique du Sud 

Antilles, Cuba, Porto-Rico 

PoNDiCHÉRY, Indo-Chine 

Philippines 



Océanie 



Collaborateurs et Correspondants : 



„ „^J!^}^- '^LLE-VUME (Le Havre), DE ALMEIDA (Anfrola), APFELBAUM (Palcsline), BALDRATI ( Ervlhrée) 
U. BERNARD (Pans), BERTHELOT DU CHESNAY (Congo Fran/ais), BERTOM (Paraffuav), BICHOT (Tonkin). BOV}"f:RT 
(&aint-Dom[ntriie), BOLRDj; i(Parisj, BOIS (Paris), BONAME (Ile Mauri.e). D' BONAVIA (Worthinfr' '"' ' "• - ' 

DE.SPEISSIM 



CARDOZO £Mozambique), P. CARIEdle Maurice), A. CHEV.\LIER /Afrique occ'.). COLLETAS (Paris), COPPENsTwartimauêi' 
ris). DAIREAUX ( Buenos- Ayres), DELACROIX (Parisl, DELIGNON-BUFFON (A "~ 



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(Ausiralie ocf. . DUFOUR (Paris), DULIEII (Ile Sainte-Lucie), ERNST (Lé Havre), ESMENJAUD (Guatemala), ESTEVE 
l?,? ïïi'riil'r .''-V?'*? (•^lg'=";)' JAUCHERE (Madagascar), FAVRE (Paris), FIRINGA (Madagascar), FL TCHER (Bombay), 
?nnnfeSS,*,u'^ ''=''?o2;^At„'^^'.^' î,O^^AT (Le Havre), FREEMAiN (Londres), GEROME (Parisl, GIOVETTI (Angoli), 
?°w'^?™4nM'?t -"^^"^'^^ 'f.''n';.'l;.P^v„î!Sï, GROTTES findo), R. GUÉRIN (Guatemala). HAMEL SMITH (Londres 
L, IAUTEJ.EUILLE (Tonkin), HECHT FRERES et C'. (Paris), D'HERELLE (Guati^mala), HILGARD (Californie). KARPELES 
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LEHMANN (Manchester). LE TESTU (Congo), LOCKART (Dominique), D' LOIR (Paris), LOPEZ Y PAR\ (Mexico) 
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bMERLING (Le Havre). SUTER (Bombay), TABEL (Sumatra), TAYLOR et C« (Livorpool), THEYE (Cuba). THOMATIS 
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Prix : 2 francs 



A l'Administration du « J. d'A. T. », 21, rue Hautefeuille. 

A l'Office Colonial, 20, Galerie d'Orléans. 

A Londres : Impérial Institute, Exhibition Galleries. 



Les abonnements sont reçus : 

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Danlas, 22). — d llatoum (Caucase) : M. J. Nicoladze. — à Basse-Terre (Guadeloupe), chez Adrien G. Gralenel. — d Berlin, chez 
R. FnedUender und Sohn (N.W.— Karistrasse, 1 1). — « Bordeaux, chez Feret et fils.— à Brème. Librairie E. von Masars (Petristrassa, 6), 

— a Bruxelles, à la Librairie Sacré (33, rue de la Putterie). — au Caire, chez Mme J. Barbier. — à Caracas, Empresa Washington 
(Yanes y Castillo M.). — d Ountémata. chez Goubeau et C". — d Uambourq. chez C. Boysen (Heuberg, 9).— d Banoi el Haipliong, 
chez Schneider aîné. — ri la Havane, Wilson's International Book Store (Obispo, 52).— au Barre, chez J. Gonfreville(7, rue de la 
Bourse). — ri Z,is4o«hc, chez Ferin (70, rua Nova do Almada). — ri ionrfces, chez Wm.Dawson and Sons (Cannon House,Bream's Buil- 
dings. E. C), et à l'Impérial Institute.— d Managua, chez Carlos Heuberger.— d Marseille, Librairie de la Bourse (Cassius-Frozet), 
.5, place de la Bourse. — d l'ile Maurice, chez P. Pitot, château Belle- Vue, Curepipe. — ri Mexico, chez Mme veuve Bouret (U, 
Cinco de Mayo). — d New Yoric, chez G.-E Stechert (129-133, W-20-lh Street). — d Nouméa, maison Lhuillier. — d Pernambuco, 
chez Manoel Nogueira de Souza. — d Bio-de- Janeiro et Bello-Horizonte, chez Alves etC". — d Sun José de Cnsto-Rica chez .Vntonio 
Lehmann. — d San Sulcador, chez Italo Durante et C". — d .Sao-/'n!(/o.ohez Mello Barjona. — d la Trinidad. chez D.-A. Majani, 
planteur (Port-ut'-Spain). — d Turin, Borne et Milan, chez MM. Bocca frères. — d Vicluj, chez J. Dichamp (Grande Librairie Centrale). 

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JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



N- 70 — Avril 1907 




The TROPICAL AGRICDLTURIST 

publié sous la direction de M. le D' J.-C. WILLIS 

Direi teur <1<'^ i'.M\;iI Itotauir («ardens. PL-rodenivn, Coylan 

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7« A.NNÉE. N» 70. 



30 Avril 1007 



Journal d'Agriculture Tropicale 



SOOimAlRE 



ÉTUDES ET DOSSIERS 

Pages. 

A. FAUCHÈHE : Noie.s de voyage el 
d'expérience sur le Cocotier (II. LeSoT). U9 

F. MAIN : Sur le marché des Riz en Eu- 
rope et les conditions de production en 
Indo-Chine ■ • • 1"3 

AINCELIN : Le Cocotier à l'ile dApi 
(Nouvelles-Hébrides); la culture inter- 
calaire du mais l'J6 

M. MONTET : Trois ennnemis du Ca- 
caoyer à San-Thomé (propriété de 
M. II. J. Mouleiro de Mendonca). ... 106 

Le Castilloa à Tacotalpa (d'après un ar- 
ticle de MM. Co.NDE frères. — Observa- 
tions de la rédaction) 109 

Un Atlas colonial allemand (publication 
du KûlûnianVirlscliaftlichesKomitee). 111 

PARTIE COMMERCIALE 

(Cours, Statistiques, Débouchés, etc.) 

HECHT FRÈRES et C' : Bulletin men- 
suel du Caoutchouc 114 

A. ET E. FOSSAT : Bulletin mensuel du 
Coton 11-4 

G. DE PRÉAUDET ; Bulletin mensuel du 
Sucre 113 

H. VERMUND: Bulletin mensuel du Café. 117 

A. ALLEAUME : Bulletin mensuel du 
Cacao (Revue de fin d'année) 117 

VAQUIN ET SCHWEITZER : Fibres de 
corderie et de brosserie, etc 118 

ROCCA, T.\SSY ET DE ROUX : Mercuriale 
des Huiles et Graines grasses 120 

TAYLOR ET Ce. : Mercuriale africaine 
de Liverpool 120 

GEO. ERNST : Produits de Droguerie. — 
Produits divers 121 

J.-H. GREIN : Mercuriale de quelques 
Produits d'Extrême-Orient 122 



ACTUALITES 

(Correspondance, Inforiu.-ïtions, Extr.iits, cLc ) 

Cultures sous les Cocotiers dans l'Est 
Africain Allemand (d'après M. Steiin). . 

D' VALENTINO : Le commerce des Ara- 
chides dans l'Inde 



Pas 



Recherches sur le Jute dans l'Inde ' d'après 
le Rapport officiel) 

La production du Camphre en 190o. — 
Statistiques du monopole .laponais. . . 

Recherches sur le Patchouli à Java (No- 
lice bibliographique 



Le Kapok. — Ses qualités, ses défauts 
(d'après M. Paul Serre) 

Multiplication de l'Erythrine par marcot- 
tage en l'air (d'après M. S. Room). . . 

La machine à enfumer le Latex de Dick- 
son 

Les formes d'Hevea à Ceylan (d'après 
M. Hunt) 

La Citronnelle à Java (d'après M. Stani- 

FORTH SmITU) 



123 

121 

124 ■ 

12.-. 

126 

12(; 

127 

128 

113 

128 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE 

sur jjajjicr bleu) 

Livres nouveaux, S§ 1336-1349. — Prin- 
cipaux sujets traités : L'Agriculture en 
Tran.scaucasie, la culture du riz, du 
colon, du tabac, de la vigne; L'élevage; 
La sériciculture; Culture des plantes à 
fibres aux Philippines; Extraction de 
la fibre, machines; Annuaire général 
de rinJo-Chine. Nombreux renseigne- 
ments agricoles; Travaux d'hydrau- 
lique agricole en Indo-Chine; Etude sur 
la constitution de l'outillage écono- 
mique dans l'Afrique Occidentale; 
Elevage; Laiterie; Viticulture; Riz; 
Annuaire colonial allemand; L'horti- 
culture dans le Nord de l'Afrique; Or- 
chidées V, XV,, 



XVII 



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Septième Année 



N" 70 



30 Avril 1007 



Journal d'Agriculture Tropicale 



Notes de Voyage et d'Expérience sur le Cocotier 

II. Le Sol ' 



Salure : Impressions de route à Trinidad, à la Jamaïque, à la Guadeloupe, 

aux Seychelles, à Anjouan, à Zanzibar. Les expériences de Madagascar. — Fertilité, 

Considérations diverses. Les cocoteries de l'embouchure du Zambèze (Roixot). — Terrains 

coralliens. Pourquoi il n'y a pas de cocoteries à la Barbade. — Sables. Humus. Calcaire. — Comparaison 

des sables riches de la Trinidad avec les sables pauvres de l'Est de Madagascar : Fertilité relative 

des sables de la bande littorale, comprise eulre la mer et la lagune. — Terrains 

volcaniques et granitiques. — Couclusions plus particulièrement 

au point de vue des sols de Madagascar. 



Par M. A. Faucuère. 



tlBKARY 
NEW VORK 
aOTANfC-.L 

UAROeW, 

Tous les auteurs s'accordenl pour recon- dessus de la mer; il ne semble pas cepen- 

naître au cocotier des tendances lialophytes dant que ce sahle soit salé, car il porte 

très marquées, et un grand nombre d'entre aussi de fort belles plantations île cannes h 

eux avancent qu'il préière les sols sau- sucre (1). 

maires des bords de la mer à tous les Du reste, l'action du sel marin el de 

autres. l'eau de mer sur le cocotier parait ètie 

Il est indiscutable que le voisinage de la beaucoup moins grande qu'on ne l'a pré- 
mer lui est favorable ; il est également cer- lendu. INous sommes à peu près certain que 
tain que l'eau de mer n'a aucune influence ceux qui donnent du sel marin comme 



fâcheuse sur lui, quand elle est en contact 
avec ses racines; nous avons vu aux An- 
tilles des cocotiers baignés régulièrement 
par le flot à marée haute qui se portaient 
fort bien. 

Toutefois, il semble excessif de conclure 



engrais à leurs cocotiers perdent leur 
temps et leur argent. 

A la cocoterie de Vohidatra et à la sta- 
tion d'essai de l'Ivoloina, près de-Tama- 
tave, nous avons conduit pendant trois 
années consécutives des expériences qui 



qu'il préfère les sols saumàtres. Pour notre nous autorisent à émettre cet avis. 
part nous l'avons observé dans plusieurs De jeunes cocotiers ont reçu régulière- 
pays, à la Trinidad, à la Jamaïque, à la ment, au commencement de chaque tri- 
Guadeloupe, aux Seychelles, à Zanzibar, à mestre, 3 kilogrammes de sel marin, on ne 
Anjouan; dans aucune de ces contrées il remarque aucune différence entre leur 
ne croit sur des sols réellement imprégnés végétation et celle des témoins, 
d'eau de mer. L'eau de mer ne semble pas non plus avoir 
C'est à la Trinidad que nous avons vu d'influence marquée. Depuis trois ans, à la 
les plantations situées aux plus basses cocoterie de Yohidotra, on ariose chaque 
altitudes. Dans le district de Cedros, les matin dix cocotiers à l'eau de mer; dix 

cocoteries sont installées, pour la plupart, 

sur un banc de sable très peu élevé au- 



— (1) Voir « J. d'A. T. », n» 60, p. 67. 



(1) La canne à sucre n'est pas absolument incompa- 
tible avec le salant. V. « J. d'A. T. », et. surtout, les 
récentes publications de M. Prinsex Geeiiligs i,Java) et 
de la station dllùnolulu. 



lut) 



JOURNAL DAGRICL'LTL'UE TROPICALE 



N" TU — AvHiL 1007 



palmiers voisins rcroivont une ('■gale ration 
dcau douce. Ces vingt |)almiers se com- 
portent absolument de la nu'nn- manière 
et ni" paraissent sensibles qu'aux arrosaires 
réguliers; en saison sèclie ils sont, les uns 
et les autres, beaucoup plus verts que leurs 
voisins non arrosc's. 

Jadis, il s'était accrédité à Madagascar 
une opinion très fausse. On disait couram- 
ment que le cocotier n'est pas difficile et 
qu'il peut se contenter des sables les plus 
pauvres. 

Cette opinion erronée a entraîné quelques 
mécomptes sur la côte Est et on parait 
maintenant être revenu à une appréciation 
plus juste des exigences de cet arbre. 

En réalité, bien qu'il soit capable de 
prospérer dans des terrains qui convien- 
draient mal i\ d'autres cultures, — à cause 
de leur proximité de la mer, — c'est un 
arbre assez difficile sous le rapport du 
sol. 

Il ne parait pas possible diudiquer le 
terrain idéal qui lui convient. .Nous l'avons 
vu pousser et prospérer dans des terres 
bien diverses. A la Triiiidad, les plus 
belles plantations sont établies sur un banc 
de sable f'nimé par dos alluvions marines; 
à la Jamaïque, dans la région de Port- 
Antonio, le sol des cocoteries paraît être 
d'origine corallienne, comme à Zanzibar ; 
aux Seycbellcs, il semble bien que les ter- 
rains plantés en cocotiers aux environs de 
Mabé sont dus à la désagrégation des 
roclies primitives, gneiss et granit; à An- 
jouan, où ce palmier prospère parfaitement 
sur les collines des bords de la nier, le sol 
est d'origine franeiiemenl xolcaiiique. 

11 nous est bien diflicile d'indiquer lequel, 
parmi ces terrains si divers, convient le 
mieux au cocotier. 

Seules des études comparatives faites 
dans ces différents pays permettraient 
d'émettre un avis ferme à ce sujet. 

Ces études, nous ne les avons mallieu- 
reusemenl pas laites et nous ne pouvons 
pas nous permettre de nous (irononcer en 
faveur de; telle ou telle terre. 

Coatentons-nous de constater que dans 



liius les pays énumérés plus baul la cul- 
ture de cet arbre est léiiiuiK-ralrice. 

Si. à uotre avis, on ne peut pas indiquer 
le sul (|ui convient le mieux à ce |)almier, 
il est |)liu leurs points sur lesquels ou peut 
donner des indications précises. 

On sait parfaitement qu'il a des préfé- 
rences calcicoles très marquées, et la pré- 
sence du calcaire dans le sol est un lieureux 
indice de réussite pour les plantations. 
Encore faut-il remarquer cependant qu'il 
prospère sur des terres dans les(juelles 
l'analyse chimique ne décèle que des traces 
de chaux. 

Les terres fortes ne lui conviennent pas 
du tout. Il demande des terres légères, 
meubles et profondes. 

Les alluvions déposées par les rivières 
([ui descendent des montagnes granitiques 
semblent de même lui être favorables. 
Nous connaissons dans plusieurs vallées de 
la côte est de Madagascar, sur des terres 
de celte nature, de beaux cocotiers qui 
fructifient d'une façon très satisfaisante. 

M. RoLLOT a fait à ce propos des obser- 
vations très intéressantes pendant son 
voyage à la côte orientale d'Afrique. 11 a 
vu, à l'embouchure du Zambèze. dans l'île 
il(> Sanibo, dont le soi est une ailuvion très 
riche en mica noir, de jeunes plantations 
de cocotiers ayant pris un développement 
vraiment extraordinaire, il rapporte que 
des arbres de quatre ans portent déjà des 
régimes de plusieurs noix. Un tel résultat 
est surprenant, car dans les meilleures 
situations à la 'l'i inidad, le cocotier n'arrive 
à ce développement que sept ans après la 
phyilaliou. 

Les terrains formés par des débris de 
coraux mélangés d'algues marines et de 
squelettes d'animaux marins, paraissent 
également être pour lui des sols de prédi- 
lection. On sait, en elTel, qu'il prospère 
aduiiiablement dans les atolls du Pacifique. 
11 constitue à peu près l'unique richesse de 
plusieurs des îles de nos élablissements 
d'Océauie. 

Ces îles singulières sont au plus élevées 
de 2"", 50 à 3 mètres au-dessus du niveau 



N° 70 



Avril 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



101 



de la mer, de sorte que les orbres trouvent 
toujours dans la terrela quantité d'eau qui 
leur est nécessaire. Cette condition paraît 
ètie, pour les terrains de cette nature, un 
des facteurs les plus importants de la 
réussite, et il est très probable que si ces 
mêmes sols coralliens se trouvaient beau- 
coup plus élevés au-dessus de la mer, le 
cocotier ne pourrait vivre dessus. 

Personnellement nous avons fait en visi- 
lant la Barbade des conslalatioiis qui 
méritent de prendre place ici. 

Cette ile anglaise est indiscutablement 
d'origine corallienne et elle a certainement 
été produite par un soulèvement marin. 
Son sol semblerait devoir convenir au 
cocotier tout aussi bien que celui des atolls 
du Pacifique. L'altitude maximum de cette 
île est de 70 mètres, son étendue est si 
minime que les vents de mer s'y font sentir 
partout. On serait tenté de voir là les con- 
ditions idéales de réussite du cocotier; 
cependant ce palmier est excessivement 
rare à la Barbade ; il ne nous souvient pas 
d'en avoir vu un seul dans l'intérieur de 

nie. 

Cette constatation est d'autant plus frap- 
pante que toutes les îles des Antilles en 
possèdent de grandes quantités et, en la 
faisant, on est amené à rechercber la cause 
pour laquelle les cocotiers sont si rares à 
la Barbade. 

Cette cause ne réside pas dans la séche- 
resse du climat; les tables météorologiques 
de l'île accusent pour vingt années une 
bauteur moyenne annuelle de pluie voi- 
sine de 1",60. Cette quantité d'eau est 
répartie sur tous les mois de l'année, il n'y 
a pour ainsi dire pas de saison sèche à la 
Barbade. 

Il faut donc attribuer la pauvreté en 
cocotiers de cette île à des conditions spé- 
ciales du sol. En elTet, ce sol qui paraît 
bien réunir toutes les qiuilités du sol coral- 
lien des atolls de l'Océanie, présente deux 
graves défauts : il est peu profond et ne 
retient pas du tout l'eau. Le sous-sol, 
qui est formé de blocs de coraux encore en 
parfait état de conservation, ne se prête 



pas du tout à la capillarité et ne peut en 
aucune façon nudlro à la disposition dos 
arbres la quantité d'bumidilé que réclament 
leurs racines. 

Ainsi, d'après nous, les sols formés de 
débris grossiers de coraux ne peuvent con^ 
venir à la plante qui nous occupe qu'à la 
condition de reposer sur une nappe d'eau 
peu profonde, dans laquelle ses racines 
trouveront l'humidité qui lui estnéeessaire. 

La môme observation semble s'appli- 
quer aux sols sableux, comme ceux (jui 
portent les belles cocoterics de Trinidad. 
A la plantation « Constance », que nous 
avons plus spécialement étudiée, le plan 
d'eau se trouve à 2°', 30 environ. 

Nous avons lu quelque part que le défaut 
d'humus dans les terres n'est pas un obs- 
tacle à la culture du cocotier; tel n'est pas 
notre avis, il paraît au contraire que la ma- 
tière organique est pour lui, comme du 
reste pour toutes les plantes, un élément 
indispensable, et les sables qui en sont dé- 
pourvus ne se prêtent pas du tout à sa cul- 
ture. 

A la Trinidad, les sables des cocoteries 
contiennent, mélangés à toute leur masse, 
beaucoup de débris organiques, en même 
temps qu'une grande quantité de coquil- 
lages, source de calcaire. 

11 est inutile d'insister ici sur la différence 
très apparente qui existe entre ces terres 
sableuses et celles de la côte est de Mada- 
gascar, dont on a voulu, bien à tort, semble- 
t-il, faire des terres à cocotiers. 

Les premiôr-es, celles de Trinidad, sont 
à peu près semblables à elles-mêmes dans 
toute leur épaisseur; elles contiennent des 
détritus organiques, des coquillages, des 
débris de coraux mélangés à toute leur 
masse. 

Tout, en un mot, décèle dans les terres 
une origine marine et par suite une grande 
richesse en calcaire. Les détritus organiques 
qu'elles contiennent viennent de ce qu'elles 
reçoivent une partie des limons jetés à la 
mer par les bouches de l'Orénoque. 

Les secondes, celles de Madagascar, pré- 
sentent à leur surface une couche d'humus 



102 



JÛI liNAI. |i.\(iKlCULTL"l(l-; THOIMCALK 



N» 70 — Aviiii. 1907 



dY^|iiiissfiir variable, d<5passant rarcmonl 
30 cenliinètres. 

Cet humus est particulier, et ressemble 
beaucoup à celui des n terres de bruyères » 
caracliTisliques des bandes granitiques 
d'Europe. 

Au-dessous de lui on observe une couche 
de sable rougeâtro prcsenlani sur plusieurs 
mètres de prol'ondeur une uniformité remar- 
quable. Ce sable ne renferme aucune trace 
(le ib'bris organi<|ues, non plus que de 
coquillages ou de coraux. 

11 nous semble bien qu'il soit totalement 
dépourvu de calcaire. 

E. (lAUTHiER, dans son bel ouvrage : Essai 
(le ffcot/rap/iic physlqui- de Madagascar, 
s'exprime ainsi au sujet des sols sableux 
du littoral de la côte Est : » Ce sol n'a pas 
seuleaientl'originalilé'd'èlre sablonneux ; la 
proximité des bancs de coraux, éternelle- 
ment triturés par l'océan, laisse à supposer 
qu"il contient une assez forte proportion de 
calcaire. » 

Les observations pratiques que nous 
avons exposées plus luiul paraissent être 
en contradiction avec celte opinion d'un 
aulcursi aulorisé.En réalité, elles ne le sont 
pas. 11 existe sur la côle esl de ^Madagascar 
deux zones de sable; l'une, très étroite, qui 
s'étend le long du littoral entre la lagune 
et la mer; l'autre, beaucoup plus importante, 
qui s'étend entre la lagune et les marais 
la séparant de la première ligne des col- 
lines. 

Les observations de M. E. Gaithier sont 
parfaitement justes pour la première bande 
de sable; et il semble que les nôtres s'ap- 
pli(|iient à la seconde. 

.Vjoulonscjue la dill'érence entre ces deux 
zones est très marquée par la végétation 
qui s'y développe spontanément après 
qu'elles ont été déboisées. 

Sur la bande qui s'étend entre la mer et 
la lagune on rencontre très raiemcnl une 
grande fougère, sorte de Pleris, très ana- 
logue au P/rris (ii/iilliii/i, des châtaigniers de 
France, qui ])ousscnt au contraire en abon- 
dance, souvent en compagnie <rune bruyère 
sui- Il MIS les sables de la deuxième zone. 



Les terres volcaniques, avons-nous dit, 
peuvent porlerde belles plantations île coco- 
tiers; les résultats dbleiuis à Anjuuan et 
aux Comores autorisent à émettre cette 
opinion. 

Les terres granilii|iies elles-mêmes peu- 
vent dans certaines situations être cultivées 
avantageusement; les excellents résultats 
obtenus par les agriculteurs des Seyclielles 
en sont une preuve. 

Mais il est une opinion en-oni'e très répan- 
due, à savoir (]ue le cocotier |)rélère les sols 
très sableux à tous les autres. En réalité, 
les sables qui se lenconirent souvent le 
long du littoral ne lui peuvent convenir 
que s'ils contiennent des matières orga- 
niques et du calcaire. On juge sans difli- 
culté la fertilité de ces sortes de sols à la 
végétation spontané'e ([ui les recouvre; 
s'ils ne portent qu nue maigre végétation 
arbuslive à lacjuelle se mêlent les fougères 
calçifnges et les bruyères, on peut être cer- 
tain (|uils ne peuvent se prêter à la culture 
du cocoli(>i'. 

l'inlin, dans tous les cas, on doit se rap- 
peler que le cocotier est un arbre qui ne 
supporte pas du tout les siii> marécageux, 
il lui faut des terrains sains. 

I']n somme, si nous clierrhons à résumer 
ce qui précède, nous ui>u> troUNdus tort 
embarrassé pour indiquer en quelipies 
lignes les conditions de sol à rechercher 
quand on désire installer une cocoterie. 

Si on arrive dans un pays neuf, où le 
cocotier n'existe pas, il semble bien que 
seuls des essais préalables seront de nature 
à fournir des indications précises sur les- 
(|uelles s'ap])uyer pour se-fornier un juge- 
ment sain. 

Les observations tirées de la végétation 
spontanée peuvent également guider dans 
une certaine mesure. Il est bien évident, à 
moins de se trouver en présence de sols 
spéciaux comme ceux des atolls qui ne 
]inrlent |ias de végétation. (|u'une abon- 
dante végi'lalion forestière esl un indice 
sûr de fertilité. Les planleurs de Trinidad 
attachent une très grande importance à 
la ju-ésence de la forêt, même lorsqu'il 



N° 70 — Avril 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



103 



s'agit des sols sableux dont nous avons parle 
plus haut. 

Pour la culture de cet arbre, plus peut- 
être encore que pour n'importe quelle autre 
culture, le choix du sol présente une extrême 
importance. 

S'il est bien choisi, s'il convient bien aux 
palmiers, ceux-ci commenceront à fructifier 
vers sept ou huit ans et auront atteint la 
période de pleine production vers douze ans. 

Au coniraire, s'il ne répond pas exacte- 
ment à leurs exigences, la première récolte 
pourra se faire attendre jusqu'à douze et 
quatorze ans et la pleine production n'arri- 
ver que vers la vingtième année. 

Enfin, si le sol est par trop mauvais la 
plantation ne réussira pas du tout, quoi 
qu'on puisse faire. 

Nous avons entendu soutenir l'opinion 
qu'avec des engrais appropriés on pouvait 
établir des plantations sur des sols très 
pauvres et en obtenir des résultats satis- 
faisants. 

Ceci est peut-être vrai pour les cultures 
annuelles; mais il semble que ce soit un 
non-sens quand il s'agit de plantations ar- 
buslives ou arborescentes laissant attendre 
très longtemps la première production. 



Dehérain' a écrit dans son remarquable 
Traité de chimie agricole une phrase que 
nous reproduisons ici et que nous invitons 
tous les futurs planteurs à méditer : " // eut 
très clanijereiix d'entrer en lutte avec une 
mauvaise terre, elle ne rembourse pas les 
avances ([u'elle a reçues. » 

En ce qui concerne plus spécialement 
Madagascar, il a été écrit beaucoup et depuis 
longtemps déjà sur l'avenir que cette île 
réserve à la culture du cocotier. 

La côte Est fit naître de grandes espé- 
rances, rien jusqu'à ce jour n'est venu 
les confirmer. 

On parle maintenant beaucoup du coco- 
tier pour l'ouest de Madagascar. Il semble 
que ce versant de l'île présente de meilleures 
conditions de réussite que le versant Est; 
mais il serait très prématuré actuellement 
de se prononcer sur l'importance que la cul- 
ture de ce palmier est appelée à y prendre. 

Des tentatives sérieuses sont faites en ce 
moment sur plusieurs points, dans le nord- 
ouest de l'ile, il faut en attendre les résul- 
tats pour se faire une opinion sûre. 

A. Falcuère. 
Tamatîve, le 17 décembre 1900. 



Sur le Marché des Riz en Europe 
et les Conditions de Production en Indo=Chine 

Une petite enquèle sur la place de Marseille : Exigences dos rizeries 

et du public. — Les reproclies que l'on fait aux riz des colonies françaises. — Conditions 

d'embarquement et de bonne conservation. — Brisures. — Nécessité de syndicats locaux de producteurs, 

leur objet : établissement de bonnes races uniformes; d'usines jour la décortication 

sommaire du paddy; assistance commerciale. 

Par M. F. Main. 



Nous avons exposé dans le n° 35 du « .1. 
d'A. T. », quelques idées personnelles sur 
le travail du riz sur la plantation, envisa- 
geant comme conséquence de cette organi- 
sation la possibilité pour les producteurs 
de s'adresser directement aux marchés 
métropolitains. Le grand nombre de lettres 
que nous avons reçues à la suite de cet 
article nous ayant montré l'intérêt qui 



s'attache à cette question, nous croyons 
devoir exposer ici les résultats d'une petite 
enquête sur le même sujet, que nous avons 
menée loi's d'un récent voyage à Marseille. 

Cette enquête, disons-le tout de suite, 
n'a pas été entièrement favorable à nos 
idées, auxquelles elle a apporté des modi- 
fications assez importantes. 

En ce qui concerne la production destinée 



lUi 



.lOLRNAL D'AGRICULTUUE TdOPlfALE 



N- 70 — Avril 1907 



à l;i rniiMamiialinu lucalc, nous n'avuiis 
rien ù iijduler h ti' i|Uo nous avons dit in 
janvier dernier, et nous conlirnioiis vnlun- 
tiers nos a[)pi'écialions sur le travail local 
du riz, léconomiedu transport des déeliels, 
la valcui' des matières fertilisantes restant 
sur la plantation, etc. Mais pour Texporta- 
tion, les conditions sont eomplètomenl dif- 
férentes. 

Marseille travaille des riz de diverses 
provenances, et, en particulier, une grande 
quantité de riz d'Indo-Ciiine (dans mw 
usine en particulier les riz dlndo-Cliine 
constituent les 2'i de la production totale). 
Ces riz, ou plutôt les riz des Colonies Fran- 
çaises en général, sont considérés par les 
usiniers comme les plus mauvais; cela 
peut tenir à leur nature et à l'irrégularilé 
des mélanges envoyés en France; nous 
avons souvent insisté ici sur la nécessité 
de la sélection des riz de nos colonies, et 
nous croyons savoir que plusieurs colons 
sont entrés résolument ilans cette voie; 
l'industrie leur fournissant aujourd'hui 
sous forme de trieurs mécani(|ues parfaite- 
ment adaptés au travail ilu paddy, les 
moyens d'éluMir scientili(|iieinent les liases 
de cette sélection. Quant au niélaiiue des 
variétés après récolte il semble plus dilli- 
cile à éviter, d'abord parce (jue chacjiie type 
produit par un planteur n'est pas assez 
abondant encore pour donner lieu à un 
travail à lui spécial suffisamment impor- 
tant; ensuite et surtout, parce qu'avec les 
procédés d'achat en cours, il sera bien dif- 
ficile au producteur de ([uantités moyennes 
d'empêcher le Chinois (I) de léunir dans 
son sampan la production de plusieurs 
planteurs, et peut-être môme d'améliorer 
des lots inférieurs en les diffusant dans de 
meilleures lécoltcs; il y a là toute une 
éducation à faire : nos lecteurs d'Extrême- 
Orient seuls seront à même de donner un 
avis sur sa possibilité. 

Les pri.Y obtenus par les riz d'Indo-Chine 
oscillent autour de 21 francs, alors que cer- 



'1,. Dans cet article, nous faisons plus spécialement 
allusion à nos colimies d'.Vsie. comme étant les plus 
importants producteurs de riz. 



laines [irovenances obtiennent plus du 
double; certains ri/ île Java sont [»ayés 
jus(|u'à 'i.'i francs. 11 est juste tic dire (jue 
ces dillérences de prix ne tiennent pas 
uniquement à des din'éreuces de qualité, 
mais que les conditions du transport, 
assurant leur parfaite conservation, entrent 
en ligne de compte. Certaines expéditions 
garanties contre l'échaullement ou la moi- 
sissure sont embarquées dans des cales 
ventilées à grands fr;»is, ce qui naturelle- 
inriil ilniiui' lieu à une |dus-value dans la 
valeur de la marchandise. 

Les chillros ci-dessus ont une consé- 
quence assez inattendue sur Timporlance 
des brisures : le prix est en eiïet de 18 à 
20 francs |)our les brisures des riz valant de 
•22 à 23 francs, et de 22 à 22 fr. ."iO pour les 
brisures des riz de grande valeiii'; il s'ensuit 
que, dans l'état actuel de notre production, 
l'augmenlation de la proportion des bi'i- 
sures n'a qu'une importance relative. Pour 
lixer les idées, signalons que 10 ° o est 
considéré industriellement comme une 
proportion assez faible, qu'il n'y a pas 
iulérèl à it'duire beaucoup. 

Au poicit de vue de rex|)i'ditiiin liirccte 
en France |>ar les producteurs cidoniaux, 
il \- a lieu de considérer la l'acun dunt se 
font les expéditions et les réceptions. Le 
riz est expédié non pas en vrac, mais en 
sacs, contenant un mélange de 80 "/„ de 
riz décortiqué et 20 ° '„ de paddy, la pré- 
sence de ce dernier étant destinée à em- 
pêcher les échaulTements et fermentations 
CM cours de route. iJe plus les expéditions 
sont toujours fort impnrlanles, en général 
3 à i.UOO tonnes à la fois. Les expéililions 
sont faites en général par des usines locales 
([ui centralisent la production d'une région 
plus ou moins étendue, et l'envoient apri'S 
avoir fait subir au paddy un traitement 
moins parfait à coup sur (juc celui qui 
serait fait dans des usines françaises, mais 
assurément moins coûteux. Il ne sauiait 
donc être question pour les planteurs, 
comme nous l'avions supposé, d(> pi'oduire 
du riz blanc, glacé ou non, et de l'envoyer 
sur les marchés métropolitains; l'envoi du 



N° 70 — AviuL 1907 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



iOo 



ri/ (Ml niosses, sans paddy conservateur, 
présenterait des risques capables de com- 
prometlre l'ensemble de la cargaison. Nous 
croyons de plus avoir compris que le travail 
du paddy, commencé dans les pays de pro- 
duction, puis achevé en Europe, ollVaitdes 
avantages au point de vue du prix de 
revient. 

D'un autre côté, nous ne nous arrêterons 
pas à une observation d'un de nos interlo- 
cuteurs sur la conformité des cargaisons et 
des échantillons <( Qui nous garantirait 
cette conformité, nous a-t-on dit : un pro- 
ducteur dont l'éloignement ne nous per- 
mettrait aucun recours contre lui en cas de 
désaccord ». 

Cette objection ne pourra tenir devant 
un examen sérieux de la question. S'il peut 
dans certains cas n'y avoir pas de recours 
contre un producteur peu scrupuleux, il 
faut admettre que ce sera l'exception, et 
d'ailleurs toute opération commerciale ne 
comporte-t-elle pas de risques? Mais, quatre- 
vingt-dix-neuf fois sur cent, le ou les plan- 
teurs soucieux d'établir entre eux et un 
usinier français un courant d'affaires sé- 
rieux trouveront nécessaire h leurs intérêts 
d'envoyer toujours des marchandises rigou ■ 
reusement conformes à leurs dires ou éclian- 
tilloas, et d'assurer leur expédition dans 
les meilleures conditions possibles, pour 
ne pas s'exposer à voir cesser des transac- 
tions avantageuses, et à se voir refuser à 
l'arrivée une importante cargaison, qui 
nécessairement serait vendue à vil prix au 
port de débarquement. Ceci est encore plus 
vrai s'il s'agit d'un syndicat de planteurs 
opérant sur des quantités beaucoup plus 
importantes qu'un particulier. Quoi qu'il en 
soit, nous croyons utile de signaler aux 
intéressés cet état d'esprit des acheteurs, 
afin qu'ils en tiennent compte le jour où 
ils seront en mesure de placer 'sur le mar- 
ché d'une manière suivie des quantités im- 
portantes de paddy d'une qualité soutenue. 

Les diverses considérations ci-dessus 
nous amènent à une conclusion diflerente 
de celle que nous avions formulée Tan 
dernier ; nous avions songé à la livraison 



par les planteurs du riz décortiqué à de> 
usines finisseuses indépendantes installées 
dans les ports d'embarquement et travail- 
lant pour l'exportation soit à leur propre 
compte soit pour le compte des planteurs. 
Mous cioyons plus conforme aux conditions 
commerciales actuellement existantes de 
préconiser la création entre planteurs de 
syndicats de production dont le premier 
soin serait de sélectionner rigouieusetaent 
leurs variétés. Comme forcément ces syn- 
dicats engloberaient les plantations d'une 
même région, l'obtention d'un type unique 
serait grandement facilité. L'installation 
d'une petite usine de décortication, com- 
plétée ou non par des magasins, silos ou 
élévateurs, suivant l'importance de la pro- 
duction des syndiqués et la capacité des 
décortiqueurs, s'imposerait ensuite; cela 
ne nécessiterait pas une grosse mise de 
fonds de la part des adhérents, car il ne 
faudrait que des appareils de nettoyage et 
de décortication pour enlever environ 
80 7û des balles, le polissage, le brossage 
et le glaçage ne devant pas être effectués 
sur place. L'usine, établie au port d'em- 
barquement, pourrait se charger de toutes 
les opérations d'expédition et surveiller le 
chargement. Les sous-produits seraient ré- 
partis entre les adhérents au prorata de 
leurs apports respectifs, ou vendus par la 
direction de l'usine : mais celle-ci ne de- 
vrait pas constituer un intermédiaire entre 
le planteur et l'usinier européen. Il seiait 
nécessaire que ceux-ci fussent en rapports 
directs. Nous ne croyons pas que ces rela- 
tions soient impossibles à établir, le jour 
où chaque partie sentira en face d'elle un 
négociant sérieux et consciencieux. Rien 
ne s'opposerait d'ailleurs, si ce système 
était répandu, à ce que les usiniers envoient 
sur les lieux de production des inspecteurs 
à leur solde, chargés de vérifier l'état des 
cultures; cela se fait couramment pour dés 
produits dont l'importance est loin d'at- 
teindre celle du riz. 



F. Main, 

Ingciiieur-agrououie 



Paris. 1:3 janvier 1907. 



10(1 



JOURNAL DAURICLLTUKE TROPICALE 



N" 70 



AxitiL 1907 



Le Cocotier à nie Api, NouvelIes=Hébrides 

La culture inlrrcalaire du mais. — L'n coléoptère phyllophage. 
Note de M. Ancelin. 



Nous avons déjà publii'' dans notre journal une 
note fort inti^ressaiite de M. Vkzi*, sur la culturi' et 
l'exploitation du cocoliei' dans un autre coin du 
même archipel. La communication que nous don- 
nons aujourd'hui vient du « Syndicat agrico'e et 
commercial de l'île l'Api ». Nous avons demandé 
à notre correspondant de nous envoyer quelques 
spécimens du fâcheux coléopti're et lâcherons de 
le faire di'lerminer, ce qui permettra alors — 
mais alors seulement — de chercher dans la 
hibliographie s'il a jamais étù appliqué conire lui 
quelque remède avec succès, en un pays quel- 
conque. — N. D. L. R. 

C'est bien le mais qui nous aide à créer 
nos plantations de cocotiers, ^'oici com- 
ment nous procédons : 

Le terrain débronssé, brillé et nettoyé, on 
jalonne et on fait les trous; espacement : 
X mètres sur 8 mètres ou 9 mètres sur 
9 mètres, suivant les terrains. On plante le 
maïs et, quand il a environ ."iO centimèli'es 
de liant, on plante le.s noix t;ermées; de 
celte façon, l'ombrage léger du maïs |)ro- 
lège les jeunes pousses du cocotier conire 
les rayons solaires et facilite la reprise. 

La culture du maïs se continue deux ans ; 
après cette époque, le cocolier est robuste 
et de belle venue, car il a profité de la cul- 
ture, et il peut être abandonné à Ini- 
môme; il sul'iit de le visiter (juebiuel'ois 
dans l'année. 



11 est atteint ici jiar un l'oléoptère d'en- 
viron i ou .") mm. de long : tète et cor- 
selet rouge, partie postérieure noire; il 
attaque le cœur des jeunes plants, et les 
feuilles en arbres foi ts. Il perce la feuille, 
fait des galeries dans l'épaisseur même de 
la feuille et y dépose ses œufs, qui donnent 
naissance à des vers blancs, qui se pro- 
mènent ensuite dans toutes les parties de 
la feuille. 

La cliloni|)liyl!e verte disparaît, les 
feuilles tombent; un cocotier ainsi atteint 
a l'aspect gris cendré. 

Ces symptômes se reproduisent pendant 
un an ou deux et disparaissent: le cocolier 
reprend vigueur, mais il a été l'elaidé dans 
sa végétation. 

J'ai essayé la nicotine, l'eau de savon et 
le pétrole, mais je n'ai réussi que médio- 
crement. 

Nous serions ici désireux d'avoir des ren- 
seignements à ce sujet; car le cocotier a 
une grande imjiortance pour nous : pour 
(|uelques exploitations françaises à .\pi, 
nous aviins tui ensemble d'environ (iiiatre- 
vingt mille arbres de idanté-s, et nous arri- 
verons à un chillVr bien jilus ('■lexc'. 

Ancelin. 

Ile d'Api, 24 octobre 1906. 



Trois ennemis du Cacaoyer à San=Thomé 

Extrait d'un rapport spécial, sur la propriété de M. H.-J. Montkiro he .Me.ndonça, l!oa Lnlrada 

Saii-Thomé. 

Par M. .Mairice Montet. 



Rats ET Tkhmites. — Le cacaoyer compte considérables estimées pour Inuir l'Ile h 

ici quelques ennemis dont les plusacbar- ruvimn 10 niillinns de francs par an. 

nés sont les rats, (|ui commettent de non:- (Jue faire contre eux'.' .hisiju'ici les 

breux dégâts, occasionnent des purtes cliiens et les pièges, sans cependant sulïire, 



N° 70 — Avril 1907 



lOURXAL D'AGRICULTURE TRUPICALE 



107 



sont les moyens de lutte les plus efficaces. 
Boa Extrada possède une cinquantaine de 
chiens sans race, aussi laids que bruyants, 
mais assez bons destructeurs de rats. Des 
fox-terriers les aident dans leur besogne 
exterminatrice de toute leur impétueuse 
haine héréditaire. 

Les nègres, au cours des travaux, dé- 
truisent aussi nombre de rongeurs, et, 
bon an mal an, 20.000 rais expient ainsi 
leurs déprédations. Chaque rat tué et 
rapporté par les nègres leur est payé à 
raison de 20 reis (soit 10 centimes), cela 
sans préjudice de la perte subie à la vente 
sur le « cacao dos ratos », c'est-à-dire des 
fèves tombées de la cabosse, et recueillies 
à terre par les femmes et les enfants. Les 
rats en effet n'apprécient que la pulpe rose 
et parfumée du fruit et abandonnent les 
graines. 

Destruction en grand. — Quant aux 
moyens de destruction en grand, leur 
application présentera, si cette question 
prend à nouveau une forme précise, de 
réelles difficultés. Jusqu'ici il est deux 
méthodes préconisées : celle du virus et 
celle de la mangouste. 

Virus. — La première méthode fut 
essayée infructueusement il y a quelques 
années. Le virus i|ui avait donné d'excel- 
lents résultats en France contre les cam- 
pagnols, fut absolument inefficace à San- 
Thomé contre la variété du genre Mus 
{Mus ratus et Mus decumanus), qui en est 
le fléau. 

Doit-on s'arrêter là et désespérer? Ce 
serait jeter le manche après la cognée. Or, 
l'ennemi contre lequel il faut lutter mérite 
plus de persévérance. Les bénéfices qu'on 
retirera d'un succès, long, difficile et coû- 
teux sans nul doute à atteindre, valent 
d'être pris en considération. 

A mon avis, si l'on désire atteindre ce 
résultat par l'action d'un virus, il faut 
créer celui-ci sur place. Ce nest certes pas 
le travail d'un jour ; l'installation du labo- 
ratoire nécessaire présentera des diffi- 
cultés; les tâtonnements et les surprises 
seront nombreux. 11 ne faudra pas oublier 



que les conditions climatériques accrois- 
sent dans une très grande proportion la 
difficulté d'un travail délicat, en vue d'ob- 
tenir un produit essentiellement mobile 
dans sa composition. 

La chimie analytique, la bactériologie, 
toutes les sciences demandant les condi- 
tions normales au sein desquelles elles 
sont nées et ont progressé, sont-elles donc 
à jamais bannies des climats équatoriaux? 
Je suis loin de le penser; mais de deux 
choses l'une : ou l'on parviendra dans la 
mesure où il sera nécessaire à modifier les 
conditions de milieu, à atténuer ou à 
annihiler leur influence, ce qui est pos- 
sible avec des capitaux, ou, peu à peu, 
avec l'expérience, on aura modifié, adapté, 
changé les méthodes d'analyse ou de cul- 
ture bactériologiques, ce qui est réalisable 
avec le temps. 

Dans le cas d'urgence, le capital devra 
prévaloir sur le temps, car le préjudice 
causé par l'attente, les études, les ater- 
moiements, reviendrait plus cher. 

En ce qui concerne San-Thomé, y a-t-il 
urgence? C'est aux planteurs à se pro- 
noncer. Préféreront-ils supporter une peite 
annuelle de 10 millions ou dépenser 100 
ou 200.000 francs s'il le faut pour atteindre 
le but souhaité? 

Un essai n'a pas pour conséquence iné- 
luctable un succès. Cependant, qu'on 
n'oublie jamais que ce qui est exact, pra- 
tique, exécutable en Europe l'est rarement 
en région équatoriale, quel que soit le but 
qu'on se propose, mais on n'en doit pas 
fatalement conclure à l'impossibilité. 

Mangouste. — La destruction des rai-; 
par la mangouste a donné d'excellents 
résultats à la Martinique. Là on a bien 
atteint le but, on l'a même dépassé, et 
maintenant on cherche un destructeur de 
mangoustes. Les roceiros de San-Thomé, 
instruits par l'expérience d'autrui, se 
refusent non sans raison à l'importât^ n 
de la mangouste dans l'île. 

M. Aljiada de Negreiros, notre excellent 
ami et collaborateur, a proposé de tran- 
cher la question d'une façon tout au moins 



108 



JOUHNAI- D'.VGRICULTUKE TROI'K.AI.I 



.N 7(1 — AviiiL l'.tO" 



oripinalo et qui peut se résumer ainsi : 

Dans l'île des Clicvrcs, située au nonl- 
csl (le San-Thmné, on élèverait sous la 
surveillance et garantie Jii gouvernement 
Je nojiibreuses i'aniilles de inangousles. 
Seuls les mâles seraient livrés aux pro- 
priétaires pour accomplir leur œuvre de 
carnage. Les femelles seraient impitoya- 
blement retenues sur le roc escarpé de 
l'île des Chèvres. Ainsi, la genl mangouste 
serait dans l'impossibilité absolue de se 
multiplier île façon désastreuse sur la 
grande île sœur. 

Mais qui charger de la direction de ce 
haras étrangp? Quel Européen réunissant 
les qualités et les connaissances zootech- 
niques voulues, car c'est bien une sorte 
d'élevage dont il s'agit, consentirait à 
s'isoler sur ces mamelons rocailleux ? 

Admettons qu'on l'ait trouvé. 11 ne pourra 
faire tout par lui-même, car il faudra 
élever, sélectionner non pas une centaine 
de mangoustes, mais bien des milliers pour 
suffire aux demandes. Des aides nombreux 
et stylés dans ce sens seront nécessaires, 
et je doute que l'on puisse recruter parmi 
les noirs le personnel sérieux indispensable. 

Knfin, comment se nourrirait, en atten- 
dant les hécatombes prochaines, la mul- 
tiple rativore? L'île des Chèvres ne produit 
rien et ne peut économiquement rien pro- 
duire. 

En tout état de cause, le Gouvernement 
et les particuliers seraient-ils disposés à 
faire les sacrifices nécessaires? 

Tkumites. — Les rats ne sont |»as les 
seuls ennemis des planteurs de San-Thomé. 
Les termites, les « saloles », comme on 
les nomme ici, leur causent un piM'judice 
non moins grand, bien qu'il soit moins 
apparent. 

Leurs travaux de cheminement sur les 
troncs des cacaoyers, ces longs tunnels 
entre-croisés qu'ils construisent avec une 
surprenante rapidité, ont pour inconvé- 
nient de diminuer singulièrement l'espace 
sur lequel peuvent naître les lleurs, ce qui 
est déjà grave. Mais lorscpie ces travaux 
d'approche atteignent leur but, c'est-à-dire 



quelque plaie metlaul à nu les tissus 
internes de l'arbre, le mal est plus grand 
encore, car les termites vont alors puiser 
là la sève, la vie de la plante. 

Leur destruction est encore un problème 
délicat. On a conseillé d'enduire de coaltar 
le tninc des cacaoyers ou de l'enrouler avec 
des bandes de toile qui en seraient impré- 
gnées. J'ai tentérexpérience,netloyantcons 
ciencieusemcntquidques arbres, faisant dis 
paraître les moindres vesligi-s des travaux 
de terrassement des sabiles. Quelques jours 
après, les tiiniuN itaient reconstruits. La 
seule diiï'i''rence lut ijue les ouvriers arri- 
vaient jiar en liant an lieu de venir direc- 
tement de la surlaïf du sol. Des arbres 
voisins, cacaoyers ou autres, non enduits 
de coaltar, leur servaient de ponts par le 
contact des branches. 

D'autre part, l'essai serait-il concluant, 
la méthode applicable sur (]uel(]ues cen- 
taines de pieds, ne l'est plus en pratiquée! 
économi(iiicnii'nl sur des domaines (|\ii en 
comptent plus d'un million. 

La destruction des nids est un palliatil 
d'utilité incontestable, mais non un remède 
absolu. Dans la plantation de Boa Entrada, 
au plus loin des routes et des sentiers (|u'on 
puisse pénétrer, on n'en rencontre pas, et 
cependant, sur la plus grande partie du 
territoire de la IJoca, cacaoyers et aulres 
arbres sont sillonnés à la sui'face par les 
travaux d'art des termites. 

Ceci fient à ce (jm», si l'on détruit les 
nids sur le domaine, les propriétaires limi- 
trophes n'en ont aucun souci pour la i)lu- 
|)ar(. Kniin, il ne faut pas oublier que le 
termite est inseete ailé et qu'il abusei'a 
malgré fous les elforls île ce privilège. 

Pour la desfruelion des nids, le feu me 
parait être l'agi^nt le |)lus prafi(|ue, mais jj 
faudrait ([ue fous les |)ropriéfaires voulus - 
seul bien comprendre la nécessité de celte 
miïsure. 

Les'asphyxiants, sulfui'e de carbone, -a/, j 
Claylon, sont d'un emploi malaisé, dange- ^ 
reux et coùleiix. Il e>| donc ])référable de 
di'hnir'e le |dus de nids possible, et de même 
les arbres proroudément atteints, dans les 



N° 70 



Avril lft07 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



109 



tissus desquels s'est installée une colonie 
de saloles, devraient être brûlés. 

Enfin peut-être existe-t-ilun autre insecte 
grand ennemi du termite, comme il existe 
un « kelep » pour combattre et anéantir l'an- 
f honome des cotonniers américains. L'étude 
ou le hasard le découvriront sans doute 
quelque jour, c'est à souhaiter. Mais qu'on 
n'oublie point ce qu'il advint de la man- 
gouste. 

BoRER. — Parmi les animaux ennemis 
du cacaoyer, je crains que la larve du « bo- 
rer » ne commette de sérieux ravages plus 
tard, dans les plantations neuves, si les 
mesures ne sont pas prises au plus tôt. 

Ne serait-il pas possible de charger de 
temps à autre quelques serviteurs de gratter 
au « machim » le sol au pied des arbres, à 
une profondeur d'environ 6 à 8 centimètres? 
Les larves rencontrées seraient apportées 
à la dépendance. Mais ce travail doit être 
fait consciencieusement, et il me paraît 



que kl meilleure manière serait d'adopter 
ainsi qu'on le fait pour les rats, la mé- 
thode des primes. 

D'autre part, le chaulage énergique du 
terrain serait doublement efficace, en ce 
qu'il détruirait le borer et porterait en 
môme temps au sol le calcaire qui lui t'ait 
défaut, modifiant ainsi heureusement ses 
propriétés physiques et chimiques. 

Ce chaulage, d'une application peu facile 
dans les terrains déjà complantés, peut 
être exécuté comme préventif lorsqu'il est 
procédé au creusement des fosses destinées 
à recevoir les jeunes plants, en ayant soin, 
toutefois, longtemps avant la mise en place 
de ces derniers, de mélanger la chaux à la 
terre qui devra les recouvrir. Le mélange 
aura été ainsi plus intime et les réactions 
qu'il entraine auront perdu toute leur vio- 
lence, à laquelle sont généralement sen- 
sibles les jeunes planles, principalement le 
cacaoyer. M. Montet. 



Le Castilloa à Tacotalpa 



Conduite et rendement d'une plantation de Castilloa porte-ombre dans l'Etat 
de Tabasco. — Les deux formes : à latex jaune fluide; à latex blanc épais. — L'enquête de M.-J. Ludevig. 

Analyse d'un article de MM. Conde frères. — Observations de la Rédaction'. 



_ Les plantations de Castilloa ayant atteint 
l'âge de la production et régulièrement 
exploitées, sont toujours encore très rares. 
C'est donc avec le plus vif intérêt que nous 
avons lu, dans la partie espagnole du 
« Modem Mexico » de janvier I90o, p. 48, 
la communication dont les données les 
plus importantes sont résumées ci-après. 
Nous avons déjà publié précédemment 
(« J. d'A. T. .) 190.1, p. 245) la traduction 
d'une première communication des mêmes 
auteurs ; rappelons que MM. Conde frères 
(CoNDE iiERMANOs) cultiveut Ic Castilloa à 
Tacotalpa, dans l'Etat de Tabasco, depuis 
dix-huit ans environ, l'employant comme 
porte-ombre dans leurs plantations de 
cacao. Le document que nous analysons 
aujourd'hui, ne fait point double emploi 



avec celui que nous avons publié en 1905 
et qui est à relire. 

MM. CoNDE commencent par constater 
qu'à f état naturel le Castilloa met bien des 
années à atteindre les dimensions qui per- 
mettent de le soigner ; son exploitation est, 
du reste, de courte durée; car, dans 
l'ombre humide de la forêt vierge, des 
larves tarodeuses ne tardent pas à infester 
le tronc, à la faveur des blessures causées 
par les incisions et tuent l'arbre en peu de 
temps. 

L'arbre semé lleurit vers l'âge de six ou 
sept ans. Après avoir décrit longuement le 
semis, les soins en pépinière, la plantation 
et la culture proprement dite, MM. Conde 
racontent qu'ils commencent la saignée 
vers l'âge de sept ans et tirent de chaque 



110 



JOURNAL D'AGRICL'LTLIIE TROPICALt: 



^' 7(1 



AvHii I!tf»7 



arbre, pnr >ix incisions dont trois sur le 
eôtc droit ot autant sur le côté gauche du 
tronc, une moyenne de 150 à 200 irrammcs 
de caoutciioue. Les arbres ainsi saii^nés 
sont alors laissés au repos pendant uni" 
année el donnent ensuite déjà davantage : 
300 à 400 grammes en moyenne. A partir 
de ce moment, on peut saigner tous les ans. 

« Psotre méthode de saignée, écrivent 
MM. CoNDE, est fort mauvaise; nous esti- 
mons que le tiers du caoutchouc se perd 
par suite de linsulfisance de nos procédés. 
Sinon, un arbre de douze ans devrait donner 
une moyenne de 600 à 700 grammes de 
caoutchouc. » 

A|)iès douze à quinze années d'exploita- 
tion continue, nos auteurs recommandent 
de laisser reposer les arbres pendant quatre 
à cinq années; par suite des saignées bru- 
tales, l'écorce en arrive, du reste, à être 
couturée de cicatrices vicieuses qui ren- 
draient quand même le travail impossible. 

Les quatre ou cinq ans de repos per- 
mettent il l'arbre de l'aire peau neuve; on 
peut les considérer alors comme des arbres 
vierges et, lorsqu'on les reprend en exploi- 
tation, ils donnent 'S kilogrammes de caout- 
chouc environ. 

L'époque la plus avantageuse pour les 
saignées va de décembre à avril. 

Nous avons insisté à maintes reprises, 
dans ce journal, — et déjà avant, dans 
notre édition annotée des Pla/iies à caout- 
chouc de Warburg, — sur la présence de 
plusieurs formes économiquement diffé- 
rentes, appartenant les unes et les autres 
à l'espèce Castilloa claslica, ou tout au 
moins confondues avec elle. MM. Conde 
confirment le fait, voici exactement ce 
qu'ils en disent : 

« Nous connaissons deux sortes de buir, 
le blanc et le jaune (« amarillento »): il 
est impossible, avant l'incision, de deviner 
auquel des deux on a alfaire. Le hule jaune 
a le latex plus lluidc; il coule le long des 
canaux obliques pratiqués sur le tronc de 



droite à gauche, e^^t recueilli en bas et coa- 
gulé sous forme de « planchas o. Celles-ci 
sont débitées après coup en <f liras », pour 
cette raison que les ■■ planchas » sont 
moins cotées sur le marché. 

Le hule blanc a b' latex plus épais; il ne 
coule pas le long du tronc, mais se fige 
dans les canaux mêmes et en est retiré 
ensuite par les huleros ; ce qui constitue 
la < barucha » ou « grcna ■. 

M.M. CoNDi; Iciminent par un chilTre 
intéressant touchant le rendement des 
vieux Castilloa spontant's de la région : 

" Lorsijue, racontent-ils, nous achetâmes 
nohr linca de Tacotalpa, nous trouvâmes 
dans le bois inculte quelques sujets aux- 
(juels des voisins, établis depuis longtemps 
dans le pays, donnaient cinquante ans; ils 
avaient, à la base, 2 mètres de circonfé- 
rence. Saignés la premièie fois, ils fourni- 
rent (chacun ?l presque une boite à pétrole 
pleine (le lali'x, lequel, dùnienl tiavaillé, 
nous laissait "j kilogrammes de caout- 
chouc. » Il est certain qu'on a déjà obtenu 
plus que ça de vieux Castilloa, jamais 
saignés. 

Dans un prochain numéro, nous donne- 
rons quelques extraits d'un document de 
première importance, sur le Castilloa : le 
compte rendu d'une tournée d études de 
.M. II. Jlan Lldevig, agronome du Minis- 
tère de Fomento de Mexico, dans les plan- 
tations de caoutchouc, — la plupart 
allemandes, — du département de Pa- 
lenque. Etat de Chiapas; il a paru dans 
l'excellente revue de I5erlin, <> Der Tropen- 
[illanzer d de novembre 190t). 

Dès à présent, nous pouvons indiquer 
une opinion recueillie par M. LuuEvir, : 
dans la forêt, les arbres à latex fluide se 
transformeraient en sujets à latex épais, si 
les troncs restent exposés pendant long- 
temps aux rayons directs du soleil, par 
exemple à la suite d'un déboisement partiel 
de la véiiétatiou environnante. 



^'^«^3<*\Sg' -^ Vfî^«^'- 



N° 70 



Avril 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



111 



Un Atlas colonial Allemand 



Une publication instructive: des cartes parlantes. — L'œuvre du Kolonial Wirfschatfiiches 

Komiter; la carte des missions et expéditions. Les cartes agricoles et cotonnières de l'Afrique allemande. 

Concentration et dissémination des diverses cultures. 



Nous avons signalé dans notre nu- 
méro 61», par une courte notice bibliogra- 
phique (n° 1325 pages bleues), la publica- 
tion de IWtlas du Kolonial Wirtschaftliches 
Komitee, en nous réservant de revenir plus 
en détail sur cet ouvrage. Il nous semble, 
en effet, conçu sur un plan fort intéressant, 
à la fois simple et complet, et peut servir 
aussi bien au savant, qui complèlera ou 
confirmera avec lui des données incer- 
taines, qu'au profane auquel il donnera 
une excellente idée de l'œuvre coloniale 
allemande. 

Luxueusement édité chez Dietbich Rei- 
MER , à Berlin, sous la surveillance du 
Comité, cet Atlas comprend 10 pages de 
texte et autant de cartes. Le texte crmtient 
des renseignements de propagande pour le 
Comité, des statistiques et des énoncés de 
travaux. Les cartes, très nettes, compor- 
tent une série de signes conventionnels de 
sept couleurs différentes et de formes 
diverses, sans compter les lettres et les 
hachures. Le choix judicieux de ces signes 
permet une ju-xtaposilion étroite sans en- 
traîner de confusion, et pour peu que le 
lecteur puisse faire abstraction de ce qu'il 
veut momentanément laisser de côté, il lui 
est facile de se rendre compte, d'un rapide 
coup d'œil, de l'étendue de telle ou telle 
culture. 

Le premier chapitre de l'Atlas porte sur 
l'œuvre du Comité : œuvre scientifique 
d'abord, puis travaux pratiquement utili- 
sables pour le commerce et l'industrie alle- 
mande. Vient ensuite l'énumération des 
Missions à l'élranger et des entreprises 
patronnées par le Comité dans les colonies 
allemandes. 

L'exposé des résultats occupe une grande 
page ; il est d'ailleurs un peu aride, se bor- 



nant à signaler les chiffres de consomma- 
tion de l'Allemagne en produits coloniaux 
et les chitTres correspondants de produits 
exportés par les colonies allemandes dans 
la métropole. 

Dans la liste des membres honoraires, 
correspondants, etc., si beaucoup de Cham- 
bres de Commerce et d'Ecoles sont men- 
tionnées, nous avons constaté que le nom- 
bre de commerçants et industriels inscrits 
est excessivement faible. Ce fait semble 
contraire à l'exubérance de l'expansion 
commerciale allemande ; les industriels 
auraient-ils flairé les grosses difficultés que 
traversent justement à l'heure actuelle cer- 
taines de leurs colonies? 

Suivent quelques pages de statislique, 
ayant tout d'abord trait aux chemins de 
fer. Nous avons constaté avec plaisir que 
la France n'est pas, en ce qui concerne le 
nombre de kilomètres de voie achevée ou 
en construction, en trop mauvaise posture 
vis-à-vis des autres nations, ou tout au 
moins plus avancée qu'on ne le croit géné- 
ralement; nous ne parlons pas, bien en- 
tendu, des considérations économiques qui 
ont guidé plus ou moins heureusement le 
tracé, cela nous entraînerait trop loin de 
noire sujet. Les statistiques se continuent 
par des chiffres d'exportation et d'importa- 
tion ; si le Cameroun et l'Est Africain Alle- 
mand exportent tous deux pour une valeur 
à peu près égale de produits du sol (9 mil- 
lions de marks), cette dernière colonie im- 
porte beaucoup plus de produits bruts ou 
manufacturés que le Cameroun (18 millions 
de marks au lieu de 13 millions); nos lec- 
teurs savent d'ailleurs que les efforts de 
nos voisins se sont très énergiquement 
portés sur l'Est Africain depuis trois ou 
quatre ans, et que diverses personnalités 



112 



JOUIiNAL D'AHRICULTritE TfUJPICALK 



N" 7(1 — AvKiL l'.ti>7 



y ont éli' onvoyécs (.'ii mission junir éludier 
principaliMiicnt le coton, lo caoutchouc, 
l'agavo ol la sansevièrc. 

Si celle piemièrc partie, accessoire d'ail- 
leurs, (le l'Atlas a f'orcémcnl l'aridilé de 
toute ('■numération de mots ou de cliill'res, 
les cartes donnent, au contraire, une im- 
pression de vie qui rend le conlraste sai- 
sissant. 

I. La Carte des Em reprises nu Iv. W. Iv. 
18110, 1906 indique sur une projection de 
Mercator les points du globe sur lesquels 
se sont portés les ellorts du Comité dans 
ces dix dernières années ; nous y avons 
retrouvé les noms bien connus de Preuss, 
Zlmmerma.nn, ^VouLTMA^^, etc. ; nos lecteurs 
ont ét(' tonus au courant de leurs travaux, 
dont quelques-uns sont devenus classi- 
ques. 

II. La Carte des Chemins de eer d'Afriqie 
ne présente, à notre point de vue agricole, 
rien de saillant; mais sa présence sinipn- 
sait dans un .\llas colonial. 

III. Avec la Carte dc To(;o, nous abor- 
dons la série des cartes agricoles. La forêt 
d'Eheis y ligure avec vnu^ étendue en 
profondeur beaucoup moins considérable 
qu'elle ne l'est au Dahomey; elle s'arrête 
aux premières ondulations de terrain, et, 
entre ces hauteurs et la côle, est nettement 
coupée en deux parties, assez éloignées 
l'une de l'autre. 

IV. A celte carte générale succède uno 
Carte coio.nniérk du Toco. signalant seu- 
lement deux entreprises européennes, lune 
à la côte, l'autre 100 kilomètres plus haut. 
On sait que la culture directe du coton 
par les Européens a souvent donné lieu à 
des échanges de viies 1res inipoi'lauts, dont 
il semble résulter en définitive que celle 
culture directe ne sera réellement [lossible 
el réuuiui'i'alrice que lorsqu ou [lourra em- 
ployer la charrue, c'est-à-dire disj)oser 
d'animaux de traction venus du \ord 
([u'on aura pu acclinuiler et surtout nour- 
rir. La carte révèle Texislencc de 10 sta- 
tions d'cgrenage, dont 8 dans des centres 
de production exclusivement indigène. 

Y. Ce (lui nous a pai-liculièrement frappé 



h l'inspeclion de la Carte i>r Cameuoi .s, 
c'est la prolongation des peuplements de 
(Cocotiers jusqu'à 100 kilomètres envinni 
de la côte, dans les hauteurs confinant à 
la Nigérie anglaise d'une part, el d'autre 
part sur les bords de la Sanaga. Sauf dans 
l'Extrême Sud de la colonie, il ne paraît 
pas y avoir de |)euplenienls très près de la 
nier. Quelques cacaoyères ont été établies 
dans celle région; nos lecteurs se rappel- 
leront que la question du séchage des fèves, 
dans cette contrée humide, a été plusieurs 
fois étudiée dans nos colonnes. — Nous 
n'avons pas besoin d'ajouter que le caout- 
chouc est largement représenté au Came- 
roun, ainsi que l'Ela-is, celui-ci surtout 
dans le Sud-Ouest de la colonie; le coton 
est surtout concentré dans les parages du 
lac Tchad, où 1 liumidilé atmosphérique 
commence à diminuer. 

VL La Carte de Sid-Ouest Africain 
.Vi.LEMAND présente moins d'intérêt pour 
nous. La latitude s'élevanl, nous voyons le 
bétail augmenter d'ini|iorlauce, en même 
temps (jiK' disparaissenl les productions 
vi'gélales des climats |dus cliauds, coco- 
tier, caoutchouc, etc. La présence normale 
du cheval est indiquée à partir du 22° de 
latiludc. Les Acacias à gomme sont signa- 
lés dans toute la partie nord de la colonie. 
VIL La Carte de l'Est Africain Alle- 
mand est celle qui présente le plus de va- 
riétés (le ciillures : le cocotier abonde à la 
côle, l'arachide occupe une ])lace impor- 
tante dans lo Centre et dans l'Ouest. Assez, 
disséminé, le riz semble pourtant devoir 
s'étendre un peu partout. Le café domine 
dans ri'sambara, et la canne à sucre se 
cultive dans tout l'est do la colonie. Le 
tabac, le sésame et la vanille complètent 
C(,'t ensemble. 

Nous avons pouilaiil elé surpris de voir 
que deux textiles importants sont à peine 
représentés : les sansevières no sont indi- 
quées que comme petits peuplements dans 
le nord de l'Usambara, el l'agave ne figure 
qu'aux environs d'.Vmani ; il en existe 
cependant aillour<. ol nous avons encore 
pr(''senle à l'esprit la rolalionde M. L. Kindt 



N" 70 — Avril 1907 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



113 



sur les conditions de végétation comparées 
de l"agave dans le nord et dans le sud de 
cette colonie. (Voir « J. d'A. T. », n" 69, 
page 74.) La plantation de Bushiruiof, 
dans le Nord, est bien indiquée, mais il 
n'est pas question de celle de Lindi. 

VIII. Le Coton dans l'Est .Vfricain 
ayant fait l'objet d'études spéciales de la 
part du K. W. K., a les honneurs d'une 
carte séparée, et son importance le justilie. 
Autour de trois centres de cultures inten- 
sives, se sont établies des cultures plus 
étendues, deux à proximité de la côte, la 
troisième près du lac Victoria. — D'après 
les statistiques même de l'Atlas, l'exporta- 
tion du coton de cette région vers l'Alle- 
magne aurait atteint 191.000 marks en 
1905. Huit stations d'égrenage sont répar- 
ties dans les divers centres cotonniers. 

IX. Les Possessions Allemandes de 
l'Océanie n'offrent guère que du Cocotier, 
dont la seule exploitation suffirait d'ail- 
leurs à donner à ces îles une importance 



économique considérable. — Un peu de 
caoutchouc à Samoa et aux îles Carolines, 
de la gutta en Nouvelle-Guinée, très peu 
de café, de vanille et de kapok sont les 
seules diversions au précieux palmier qui 
fait vivre une partie de l'Océanie. 

X. Les Possessions Allemandes en Chine 
font l'objet de la dixième et dernière carte, 
qui ne nous retiendra pas, étant donné le 
caractère plus politique et commercial 
qu'agricole de ce point d'appui de l'in- 
fluence germanique. 

Xous serions heureux que ces quelques 
lignes puissent inspirer à un géographe éco- 
nomiste le désir de consulter cet Atlas; il 
ne pourrait qu'y puiser le désir de lui don- 
ner un équivalent pour l'Empire Colonial 
de la France. En ce siècle d'enseignement 
par l'image, nul doute qu'il n'obtienne un 
réel succès, et qu'en intéressant à la fois 
savants, agriculteurs et commerçants, il 
ne rende un important service à la cause 
que nous défendons tous. F. M. 



Les formes d'Hevea à Ceyian 

A.spect et couleur Je l'i-corce. 
Dimension des feuilles. 

D'après M. Hunt. 

Au cours d'une discussion très impor- 
tante sur l'Hevea qui eut lieu à Kegale 
(Ceyian) le 9 juin 1906, et k laquelle nous 
avons eu l'occasion de nous référer dans 
le " J. d'A. T. », des indications fort inté- 
ressantes ont été données sur les variétés 
— ou formes, si l'on aime mieux — obser- 
vées par les planteurs de caoutchouc de 
l'île ('< Tropical Agriculturist », juillet 1906, 
p. 12). Le sujet a fait l'objet de divers ar- 
ticles et notes dans le « J. d'A. T. », nos 
lecteurs feront bien de les relire pour 
mieux apprécier les témoignages qui 
suivent : 

M. Hunt signale que les uns des Hevea 
ont l'écorce lisse, polie et rosée, tandis que 
d'autres l'ont grisâtre, comme saupoudrée 
de sciure, très rugueuse. 11 semble que 



l'écorce rose, quoique plus mince, soit plus 
riche en latex. 

Dans cette même propriété de M. Hunt, 
les Hevea se distinguent, paraît-il, par la 
petitesse de leurs feuilles, comparées à 
celles que l'on voit dans les autres planta- 
tions de l'île; ce ne serait pas une question 
d'âge ; mais bien une caractéristique de la 
forme particulière des arbres de la pro- 
priété? Leur rendement est absolument 
satisfaisant. 

Cela nous rappelle que des observations 
du même ordre — et beaucoup plus pré- 
cises — ont été publiées à Java; ainsi que 
sur la grosseur des graines qui diffère aussi, 
sensiblement. M. Herbert Wright, le dis- 
tingué sous-directeur des jardins bota- 
niques do Ceyian, la grande autorité du 
jour, ne semble pas s'être encore occupé 
spécialement de l'étude des formes et va- 
riations individuelles de l'Hevea cultivé, 
— à en juger par ses réponses aux ques- 
tions de M. Hunt. 



11'. 



JOURNAL DAliRICULTURE TROPICALE .V 70 — Avuii. i'.m 



PARTIE COMMERCIALE 



Le Marché du caoutchouc. 

Clironique spéciale du n J. J'A. T. ». 
Par MM. Heciit firrcs et C". 

Para. — Le marché est resté absolument 
stationnairo deijuis un mois et les pri.x ont à 
peine varié ; on resle à 13. oo pour disponible 
et 13 fr. (!.") pour livrable, mais avec fort peu de 
transactions. Les fabricants, en général bien 
approvisionnés, ont été plutôt surpris par la 
baisse; ils préfèrent attendre maintenant, et 
voir ce que sera la fin de la récolte actuelle. 

Les arrivages au Para pour le mois de mars 
ont presque atteint (i.UOO 1., car ils se sont 
élevés à 5. 075 t., chiffre qui n'avait jamais 
été atteint Jusqu'à présent. 

Les recettes du Para étaient au i.'j avril de 
y. 500 t. ; celle de mars 1907 ont été comme 
nous l'avons dit plus haut de 5.075 t. contre 
3.700 en mars lOOt!, va qui porto le total de la 
récolte au 31 mar.s à 20.'.l0(> 1. contre ^J8.03O 
pendant !a récolte précédente. 

Comme le mois d'avril de celle année dépas- 
sera certainement celui de l'année précédente, 
il faut donc compter que la récolte actuelle 
présentera un excédent de près de 3.000 t., ce 
qui est beaucoup, malgré l'accroissement de 
la consommation, et ce qui explique en partie 
la baisse à laquelle nous assistons en re 
moment. 

Les Slalisliques Générales donnent au 
31 mars 1907 les chiffres suivants comparés ù 
ceux d'il V a un an : 



1007 1906 ArnvagL'sau P.-ir.T. :>>;;iu ;ttjân 

Arrivages depuis 

Sortes du Para. le 1- juillet . . ÎOÎOO S7990 

Expédit. du Para 

en Europe . . . 2810 252" 

— à New-York. iiôO 1857 



Stocksàl.iverpool. 1150 1094 

— à New- York. 96 376 

— ou Para ... 1150 147 
Kn rouie ])our l'Eu- 
rope 1780 1425 

— New-York. . 880 930 
En route d'ICuropo 

à New-York , , » 35 



Stocks sur le Con- 
tinent 



^ii 4007 

150 400 

iâïi TiÔ7 

Arrivages à Livor- 

pool 1093 1385 

— .'1 New-York. 1948 1436 
Livraisons^ Liver- 

pool 1092 1272 

— à New- York. 2000 1424 



Sorte.^ d'Afrique. 

StocksàLiverpool. ' 755 467 

— ft Londres. . 874 551 

— à New-York. 417 400 



Arrivages ù Liver- 
pool 

— .'i Londres . . 

— à New- York. 
Livraisons à Livor- 

pool 

— à Londres. • . 

— it New- York. 

Stocks de t. sortes. 



201ij 1121 



997 

32;) 

liJSl 

792 
298 
1610 



773 
210 
KO 

664 
210 

Ki4 

582S 



Sernamùy. — Le Sernamby de Manaos n'a 
pas non plus varié, il reste reclierciié à 

10 fr. 75 le kg. 

Le Sernamby du Pérou qui arrive par fortes 
quantités est tombi' un moment à 10 fr. mais 
en même temps on a payé de 10 fr. 10 à 10 fr. 15 
pour livraison éloignée, c'est-à-dire juillet 
et aoi'it. 

Sortes d'. Afrique et d'Asie. — Les prove- 
nances de ces parties du monde ont ])eu varié, 
et n'ont subi qu'une baisse insignifiante. 

Les Conakry Niggers tombés un moment à 

11 fr. 50, restent demandés à 11 fr. 60. 

Les Soudan rouges restent sans cliangemenl 
à 11 fr. mais les Soudan blancs suiit plus 
délaissés à 10 fr. 25. 

Le Gambie Prima a été vendu de 8 à 8 fr. 10 
et le moyen de 7 à 7 fr. 15. 

Le Tonkin rouge Prima.est coté 11 fj. et le 
noir 8 fr. 35 à 8 fr. 40. 

Maniioba. — Les arrivages ont été fort peu 
iinporlants et la récolte 1007 semble en retard, 
à moins qu'elle ne soit en diminution. On a 
payé 10 fr. 25 à 10 fr. 'lO ]iour prima. fr. 25 
à y fr. 40 pour moyen et 8 fr. 50 pour ordiu;iire 
(appelé prima au Brésil). 

Anvers. — On a vendu le 10 avril l.'l t. et le 
20 avril G78 t. avec une baisse moyenne de 
25 centimes. Ce sera la dernière vente impor- 
tante de la saison. 

Havre. — 11 n'y a pas eu de vente en avril. 
Le premier mai aura lieu une vente compre- 
nanl 112 t. 

Heciit frères et C", 

75, rue Saint-Lazare. 
Paris, 20 avril 1907. 

Le marché du Coton. 

Clironique spéciale du ■ .1. d A. T. •'. 
Par MM. A. et E. Foss.u'. 

.Notre article continue à être très soutenu 
avec une tendance à la hausse. 

Kn plus de l'argument haussier fourni par 
les débouchés en cotons de toutes sortes qui, 
cette saison, atteignent des cliilïres inconnus 



N" 70 — Avril 1907 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



113 



jusqu'à ce jour, il y a aussi la chute des re- 
celtes de la saison américaine en cours qui 
contribue au maintien de l'opinion favorable 
que la majeure partie du monde cotonnier 
possède sur l'article. A l'appui des idées de 
hausse qui journellement gagnent du terrain 
auprès du monde cotonnier, nous citerons les 
déboucliés mondiaux en cotons États-Unis 
qui, à eux seuls, atteignent le chitTre de 
9.1ÎU.0OO balles, depuis le 1"' septembre 1900 
jusqu'au 12 courant, contre 8.381.000 balles 
durant la période correspondante de 1903-1906, 
et 8.6.32.000 balles, même période de 1904-1903. 
Les avis qui nous parviennent de la région 
cotonnière aux États-Unis et relatifs aux pro- 
grès des travaux d'ensemencements et de pré- 
paration de la terre en vue de la récolle 1907- 
1908, sont unanimes à reconnaître le manque 
d'humidité dans de nombreux districts de la 
région cotonnière américaine, et tout spécia- 
lement au Texas, oii la pluie est indiquée 
actuellement comme étant très nécessaire à la 
germination de la plante. 
E Le froid qui s'est fait sentir assez sévère- 
ment ces temps derniers dans les États coton- 
niers de l'Atlantique et la sécheresse dont 
nous avons déjà causé, ont été les causes qui 
ont obligé bon nombre de planteurs à réense- 
mencer leurs champs. D'autre part, la qualité 
de la graine provenant de la récolle dernière 
(très inférieure comme qualité) laisse, d'après 
certaines personnalités assez autorisées, beau- 
coup à désirer, et ces diverses informations 
arrivant sur les marchés s'occupant du coton 
brut soit à terme, soit en disponible, contri- 
buent au maintien des prix et à leur accentua- 
tion du côté haussier. 

Les hauts classements, tant en cotons amé- 
ricains que dans toutes les autres sortes, con- 
tinuent à être très recherchés par la consom- 
mation et les primes payées sur la cote du 
terme pour le Good middling et les grades 
supérieurs à ce classement augmentent de 
jour en jour. A nouveau, il s'est traité sur 
notre marché de bonnes atl'aires en colons du 
Brésil et à des prix eu hausse sur ceux qui 
étaient pratiqués le mois dernier; les sortes 
haïtiennes trouvent un débouché facile cette 
saison, les cotons nous arrivant actuellement 
de cette région paraissent mieux soignés que 
ceux qui ont été vendus au Havre l'année 
passée. 

Toutes les sortes cotonnières non nuancées. 



c'est-à-dire possédant un éclat blanc et brillant, 
s'enlèvent avec une facilité marquée à des prix 
très élevés, et cela d'autant plus aisément si 
la fibre est régulière, fine et résistante. 

Ci-après quelques chiffres indiquant c l'en- 
vue » de la récolte américaine au 19 avril 
(depuis le l"'' septembre 1906), en balles de 
220 kg. en moyenne; en regard, les statis- 
tiques des années précédentes à la même date : 



1906/1907 
12.429.000 



1905/1900 
9.S21.000 



1904/1903 
11.2.57,000 



190.3/1904 
9.. 390. 000 



L'approvisionnement visible du monde en- 
tier était, au 19 avril, en balles de 30 à 300 kg. 
selon provenance : 



1907 
.1 lia. 000 



1906 
.3.277.000 



1905 
3.3S2.000 



1904 
2.503.000 



Cours du coton disponible, par sortes, en 
francs, au 22 avril, les 30 kg. entrepôt : 



Uplan-l iMiddlmg) .... 71 

Sea Islaud (E.\tra Fine) . ,30.î 

Sea Island (Fine) .... -.'nS 

Haïti (Pair) 70 

Savanilia (Fair) GO 

Céara (Fair) S9 

Pérou dur (Good Fair). . 1-30 



Broach (Fine) 67 

Bengale (Fine) 45 

Chine (Good) 09 

Egypte brun (CJood Fair . 115 

Egypte blanc (Good Fair). 170 

Al'riciue Occident. (Fair). 77 

Saigon (EgremM (S 



Autres sortes. — Cotations et renseignements 



sur demande. 



A. et E. Fos.ÇAT. 



Le Havre, 22 avril 1907. 



'f^^^'s^^ 



Sucre de Canne et sous-produits. 

Chronique spéciale du <i J. d'\. T. ». 
Par M. George de Préaudet. 

Malgré les nouvelles d'une réduction impor- 
tante sur les estimations de la récolte de Cuba, 
la spéculation n'a pu relever "nos cours, qui 
continuent à se traîner entre 23,73 et 26. 

On doit s'attendre encore à une grosse pro- 
duction de betteraves la campagne prochaine. 

Le budget anglais maintient \e statu guo dans 
la question des droits sur le sucre. On s'atten- 
dait, à une réduction et bien des stocks ne 
se sont pas alimentés dans cet espoir. Nous 
devons donc avoir de ce côté de la demande 
qui nous permettra quelques exportations si 
nous n'en sommes pas empêchés par un mou- 
vement de hausse malencontreux de la spécu- 
lation. 

Antilles françaises. — Les arrivages se suc- 
cèdent et s'appliquent encore à prix bas : 



IIG 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



N" 7(1 



AviiiL IK07 



2o,7o à 20. La grève du port de Nantes trouble 
les réceptions. 

Comme déjà dit, la récolle sera inférieure à 
celle de l'année dernière. 

Nous cotons à Nantes aujourd'hui en re- 
vente : 

Crislolliads N' ;i il à 27 î". les 100 k-. 

Roux 88» -.':! à 23 2D — 

Grains fins de commissio i . 22 à 25. » — 

Sirops foncés. . . 3:1 à 34 » — ifqiiltd 

Quelques bilans d'usines sur la campagne 
1905-1906 : 

LaoMtiD SaiDtr-larie FeUt-Boatg tiritre SiKe 
Cannes travail- — — — — 

Icos. Tonnes. 69.950.000 ^6.6UM0 80.668,000 47.517.000 
Pri.x de la canne. 12 60 12 35 15 90 12 • 

Frais de (abrica- 

lion [>' tonne 

(le caiino . . 7 54 7 63 6 38 7 11 

Rendement pour 

100 kg canne.- 
I"jel . . . 5,83) e.65j„,., •'.21)g^.T 6.57) 

Autres jets. l.SOP'" 1,77 r'"*' Mlj*'-^- l.SOJ*'^^ 
Mélasse. . . . 4.20 

Résultat ... 
Pri.x moyen de 

vente! ... 2253 2252 2222 22 11 



3,52 4,10 4,34 

83,342 167,029 



Réunion. — Les exportations étaient au 
3 mars de 23.872 t. contre 1 i.ri20 t. l'an passé. 

Une maison belge aurait acheté directement 
ù la colonie pour être dirigées sur Anvers quel- 
ques centaines de tonnes de cristallisés. Elle 
en a vendu à 25,50 caf Anvers; quelque prix 
qu'elle ail payé, on peut se demander comment 
elle s'y retrouve. Les délenteurs retiennent la 
marchandise, espérant de meilleurs cours plus 
tard. 

Maurice. — Les exportations élaienl lin 
février de 114.241 I. contre 123.837 t. l'an 
passé cl S0.222 t. en 1901-1905. Cela repré- 
sente une dill'érence en moins de y.')96 t. sur 
l'an passé et en plus de 34.018 t. sur 1904-1905. 

Indes anglaise!:. — Les importations de sucre 
par mer s'inscrivent comme suit pour les deux 
derniers exercices. l'unité étant de .50.800 K. 
(cwl) : 

Provenance 1906-1907 I'.i05-19DC 



.Angleterre . . - . 


169. ,313 


212.688 


Autriclie . 


1.1 il, 111 


1.293.753 


Belgi<;tie . 


112.898 


15.250 


France . . 


13.713 


49.983 


Allom.'igne 


1.991.202 


216. -383 


Hollande . 


300 


792 


Efc-yi.te ... 


56 


132.785 


Maurice. . 


1.829.185 


1.6X..392 


Chine. . . 


10.854 


128.078 


Java . . . 


2.613.504 


1.372.685 


Los Détroits 


30.172 


115.974 


Autres pavs 


125.391 


37.127 




8.971.032 


5.240.791 


Sncrc brut . 


- . . 537.918 


295.461 




9.508.950 


5.5L;6.255 



Ces quantités représentent 445.447 I. en 
1900-1907 contre 276.812 l'année précédente. 

Cuba. — D'après des documents officiels, 
leslimalion de lu récolte 1900-1907, basée sur 
les quantités de cannes disponibles devrait 
c'tre de 1.5.'Î9.050 t. longues, mais le défaut de 
main-d'oeuvre, la dilliculté des transports obli- 
gent a la ramener au-dessous de l.aOO.OtK! t. 

D'après Otto Licht de Magdebourg elle ne 
dépasserait pas 1.350.000 t. 

La jeune canne souffre beaucoup de la 
sécheresse et la campagne prochaine ne pro- 
met pas beaucoup. Le dernier câble annonce 
134 centrales en marché contre 180 en 19(M'i 
et 155 en 1905. 

Les ports ont reçu 37.000 t. dans la semaine 
du 7 au 13 contre 45.000 t. et 27.000 t. aux 
époques correspondantes des deux années 
précédentes. 

l^aint-nomingue. — Les cristallisés valent 
10 (1 quai Liverpool. Les sirops 7 à 7 '/, flot- 
tant sur Londres base 85 degrés de polarisa- 
tion. 

Aniilles anglaises. — Les transactions de 
la première quinzaine du mois ont été en 
.\ngleti'rre de 15.500 barils ou sacs'? Les prix 
se maintiennent à : 

Cristallisés Demerara 16 6 à 17 3 suivant 
qualité, ilroits payés. 

Cristallisés Trinidad de 15 - à 16/3; sirops 
12 fi. 

Cristallisés Sainte-Lucie Iti 6 à 17/-. 

Cristallisés Jamaïciue menu grain 14/6; mos- 
covade foncée 12/7 '/,■ 

Porlo-liico. -- D'après le consulat français 
le rendement de cette campagne ne sera pas, 
malgré l'accroissement des champs, supérieur 
à celui de la dernière récolte qui a donné 
205.000 t. 

Le Sud accuse un déficit de 30 » '„ causé par 
la sécheresse. On commence à remédier à la 
sécheresse ordinaire de ce versant par dr~ 
essais d'irrigation. La lendance des propriétés 
individuelles à passer aux mains d'imporlanles 
sociétés favorisera ce mouvement. 

Dans la partie nord de l'île, la récolte a été 
relardée par les pluies persistantes. Actuelle- 
ment nous sommes en pleine fabrication, mais 
on manque do matériel roulanL les command' > 
ayant subi des retards. 

Il y a dans l'Ile deux centrales montées avec 
des capitaux français, une montée avec des 
capitaux belges. 



N° 70 — Avril 1907 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



117 



On sait que les sucres de Porlo-Rico ont un 
avantage de 2 £ GoC» par 100 kg. sur le tarif 
général américain. 

Les frais de transport, assurances, courtage 
des magasins du port jusqu'à la raffinerie de 
New- York sont d'environ 0,07 par 100 kg. 

Mexique. — On estime la récolte à 11.5.000 t. 
contre 107.300 les deux campagnes précé- 
dentes. Mais les péones sont des travailleurs 
insuffisants et les Japonais que l'on avait 
introduits quittent le Mexique pour les Etats- 
Unis, où les salaires sont meilleurs. 

Des cristallisés ont été vendus fin mars à 
10 6 quai Liverpool. 

G. DE Préaudet. 

Nantes, le 20 avril 1907. 

Le Marché du Café. 

Chronique spéciale du «. J. d'A. T. ». 
Par M. H. Vermond. 

Depuis quinze jours, le café a subi une baisse 
assez forte, et le 18 avril a vu la cote de 
34 fr. 73 pour le Santos. C'est que la surpro- 
duction de l'année ne permet pas d'avoir con-. 
fiance dans l'avenir; le placement des quan- 
tités actuelles et futures est un problème 
difficile à résoudre par de la hausse. 

L'acheteur inquiet ne veut traiter, même 
pour ses besoins les plus immédiats, qu'avec 
des concessions de la part des vendeurs, non 
seulement pour les sortes brésiliennes, mais 
aussi pour les cafés fins. 

C'est ainsi que le Guadeloupe ne trouve 
preneur qu'à des cours sensiblement plus bas 
qu'à la Guadeloupe même. Les planteurs se 
plaignent, mais ils s'adresseraient directe- 
ment a l'épicerie qu'ils auraient la surprise de 
trouver des prix encore inférieurs à ceux pra- 
tiqués chez eux. Je me sens incapable de com- 
prendre et, par conséquent, d'expliquer com- 
ment un importateur peut gagner sa vie en 
vendant meilleur marché qu'il n'achète; cepen- 
dant la concurrence est grande pour se livrer 
à cette opération. L'ancien axiome d'acheter le 
meilleur marché possible pour vendre le plus 
cher possible n'existe plus. Acheter cher, 
vendre bon marché, c'est le commerce mo- 
derne. On s'en tire tout de même, semble-t-il. 
Mystère insondable ! Tant mieux, du reste, 
pour le colon et pour le détaillant. 



Les provenances d'Haïti sont d'un écoule- 
ment laborieux. 

Par contre, la crainte de voir au 1" août 
appliquer le droit de 300 francs aux Porto- 
Rico fait tenir celte sorte. 

Le moka est toujours rare, et la vente des 
fardes vides laite à des prix fabuleux par les 
détaillants aux marcliands d'emballages est la 
preuve et la conséquence de cette rareté. 

Cours au 23 avril. Eiilrepôt du Havre 

1 ^U % comptant; les r>û kg. 

Malabar 60 .. 

Salem grayi^ ... . GS '. 

Muka 105 .. 

Java HoUaiiilu (liun or- 
dinaire) 60 » 

Libéria supérieur de 

Java 48 >' 

Libéria dit d.^friqiio. 40 >' 

Bourbon 170 « 

Nounii-a . ... 95 » 

Kûuilou de Madagascar '/5 » 

N. B. — Quelques-unes des qualiti's cotées dans le tableau 
ci-contre n'arrivent en (ait jamais au Havre; nous les avons 
choisies cependant comme permettant de suivre lo plus facile- 
ment la tendance générale des cours des provenances en ques- 
tion. — Dans tous les cas, nous indiquons les cours à la parité 
du Havre. — Les cafés des colonies françaises bénéliciant 
d'une détaxe de 39 francs par 50 kg., il faut diminuer leur cote- 
d'autant pour la comparaison avec le reste du tableau. 



Santos good average . 


30 » 


Rio lavé supérieur 




50 » 


Haïti Port-au-Prince. 


46 » 


Mexique gragé. . 
Porto -Cabello et 


La 


65 " 


Guayra 

Guadeloupe Hab. (à 


l.K 


4'2 .. 
108 .. 






1') 


Gosla-Rica lavé . 




75 1 


Cinatémala lavé. . 




68 " 


San-Salvador . . . 




48 » 



Paris, 23 avril 1907. 



H. Vermond. 



<^TnS.-M,^ 



Le Marché du Cacao. 

Chronique spéciale du " J. d'A. T. ». 
Par M. Anthime Alle.\ume. 

L'état des récoltes en cours pour Guayaquil 
et pour Trinidad n'a pas encore été bien satis- 
faisant, puisque les expéditions ont encore été 
inférieures à celles de l'année dernière, qui 
était une mauvaise année. 

Guayaquil. — Les trois premiers mois ont, 
en efïet, donné en 1907 60.300 quintaux contre 
112.000 en 1906, 117.750 en 1903 et 143.000 en 
1904. 

Trinidad. — Les expéditions depuis le 1" jan- 
vier jusqu'au 16 mars se sont élevées à 
3.383.082 kg. contre 3.993.910 en 1906, 3 mil- 
lions 732.123 en 1905 et 7.207.071 en 1904. 

Les avis du Venezuela ne sont guère plus 
encourageants. Cependantles recettes de Bahia, 
San-Thomé, Côte d'Or, viennent en grande par- 
tie compenser le déficit constaté quant à pré- 
sent. 

11 y a lieu, d'autre part, de tenir compte de l'état 
de la consommation mondiale qui n'a cessé de 



118 



JOURNAL IfAGRICULTUKE TROPICALE 



N" 70 



AvKii. l'.iO"; 



s'aciToilre d'une faoon régulière ces dernii'Tes 
années et qui ne p;irail jias disposée à s'arrêter 
en chemin, ainsi qu'il a été constaté par les 
stalisliques de l'année dernière. En effet, en ce 
qui concerne notri> port en particulier, nous 
voyons que les expéditions, rien que de len- 
trepi">l, se chiffrent, depuis le 1" janvier, psir 
82.;2"2.'{ sacs, et il est évident que certains lots 
de débarquement écliapiient à la statistique. 
L'augmentation est donc assez sérieuse sur 
l'année dernière avec 75.939 sacs et 72.400 sacs 

en loo:;. 

Les entrées ont bien été de leur c(5lé en 
augmentation sur les années antérieures ou 
84.:il8 sacs contre 80.273 en 1906 et 78.319 en 
190.J. Les deux tableaux ci-joints i^l et 2j en 
donnent les .détails par provenances font res- 
sortir les provenances le plus touchées. 

Mouvement au Havre du \" janvier au 15 avril 1907. 

Stockai Importai. Dtbon'ht'! Stock» 

SORTES 31 décenib. di l"jiitier [ntnpôt 

1905 iuiôavriM90; 15,iïrill907 

P.nra, .Maragn.nn i.69S 1.903 1.30-2 3.095 

Trinidad 16. «9 4.989 11.836 9.612 

C.oU-Kerme, Venezuela . 12.498 22.139 25.149 9.418 

li-ihia 3.64Ô 10.121 10. 150 4.316 

Haïti, lU'-publique Dom. 7.542 n.377 13.734 U.IW 

MarliniquootGuaileloupe. 1.778 2.103 2.785 1.096 
Ouavaquil . . I 

\)\ycn\ . i ^^-f^'i 25.686 M .TH 30.548 

' ^~~^~^ ' ' li 

Total : sacs . . . 07.175 84.318 82.223 69.270 

contre, en 19nG(l"janv.). 133.913 80.273 75,939 1.38,247 
et en 1905 — . , 139.097 78,319 72.409 144,897 

Mouvement au Havre i" quinzaine d'avril 19U7. 

Stock Importât. Dèbooehés Stock as 

SORTES -df la (1( la 

prhMcnt quiniiioe qoluaiie' I5«trill;t07 

l'ara, .Marat-nan 1.794 1.43i 133 3.095 

Tnnuiaa 10.929 373 1.690 9.612 

Côlo-Fernio, Vi'néziiéla . 7.875 5.687 4.144' 9.'il8 

Bahia 5.946 21 1.651 4. 310 

Haïti, Uipublique llom. 11.009 2,198 3,652 11,185 

Marlinic|iieet Guadeloupe, 1,206 330 440 , 1.096 

(tuayaqull i 

ll.vers 5 --"^^ '■'^- ^-^'^ 

Total : sacs , . , 70.236 12.076 13,042 69,270 

contre en 1906 112,631 3,517 7.901 138.247 

et on 19115 143,339 12 381 10,723 144,897 

Nous voyons donc la demande rester très 
active et donner lieu k des affaires suivies 
réduisant de plus en plus la marchandise dis- 
ponible. Par suite les prix restent très soutenus 
et pour certaines provenances celles qui sont le 
meilleur marché il y a môme nouvelle avance. 
Les demandes qui se produisent pour le dehors 
indiciuent que les autres marchés ne sont guère 
iiiieiix pourvus. Le tableau (3) qui suit nous 
donne la comparaison des prix avec ceux de 



l'année dernière. Depuis un mois, les ventes 
sur place comprennent environ 2.o00 sacs on 
provenance do Haïti etmème chiffre environ de 
la République Dominicaine; les autres prove- 
nances avec des arrivages moindres ont eu des 
ventes insignifiantes. Cependant quelques cen- 
taines de sacs du Para oui aussi facilement 
trouvé preneurs, à prix bien tenus; de même 
certains lots du Venezuela dont la tiualité est 
généralement satisfaisante. 

Cours au Havre du 15 avril 1906 au 15 <ji'/i7 1907. 

Coirs 11 (tm ai Ctin u 

li atnl im 31 uirs I8t7 li avril 1117 

Para, Marapnan . . 66 f> 69 • 107 50àlll - lOjiUlO - 

Trinidad 66 6 67 . 108 .4 110 » 107J11I0 

Cnte-Ferrnc, Vene- 
zuela 09 à 100 • 100 .iil7ô . iiV)4l75 . 

Baliia 59 à 6i » 97 50» 104 • 9X4 1(14 ■ 

Haïti 45 4 60 > 81 > 4 100 > 834 100 

SaDchez, Porto-PIa- 

ti, Samana ... 50 4 00 » 93 • 4 90 • 91à 975i' 

Gluyaquil 78 4 '.H) » 105 •4 115 . 105 4 115 

Martinique et Gaa- 

deloujie 83 à 87 ■ 1->J •4r.'i . 122 4 121 . 

A. .Xlleai ,MF. 
Le Havre, 22 avril l'.iOT. 

Fibres de Corderie et de Brosserie. 

Chroniciue spéciale du « J. d'.\. T. ». 
Par MM. V.\(,iiix et Schweitzer. 

Le mois sous revue se caractérise par une 
baisse assez générale sur les diverses sortes de 
libres employées en corderie. 

Sisal. — U y a peu de marchandise dispo- 
nible et le prix actuel est 86 fr. pour bonne 
qualité: par contre, le livrable sur prompt 
embarquement est assez facilement oblenable 
à 8S fr. pour Good fair et a SU Ir, 75 les 100 kg. 
pour fair c, i. f, grands ports européens. 

MdiiiUc (Abaca). — Les fortes recettes con- 
tinuent et les acheteurs escomptant la iiaisse 
en raison des quantités plus imiioiiaiitcs (|tii 
devront être mises au marclié se inonlrcnt peu 
disposés aux achats. Les prix ont subi une 
baisse assez sensible et les dernières cotations 
ressortent pour : 

Good l'urrcnl . . Juin-Juillet cit. 134 » 135 • 

Kair curreiil , . . . . . . t'5 - 

Supérieur second '.'i> 5n 

Good seconil >~ 5m 

Fair secontl ... .•^5 . 

Good brown ^2 5»j 

aux 100 kg. C, i. f. Europe. 



N° 70 — Avril 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



119 



Les recettes au 17 avril s'élevaient : 

1SI07 l'.lfi6 l'J05 

Balles iii> 157 kg-. . . 2C8.000 ili.OOO -280,000 

Lin de la Nouvelle-Zélande (Phormium . — 
La baisse du manille a influencé li's prix de ce 
textile principalement sur les marchés con- 
sommateurs; les producteurs font de grands 
efforis pour enrayer la faiblesse des prix, 
cependant en dernier lieu on a pu traiter c. i. f. 
85 fr. i5 pour Good fair Wellington et 77 fr. 
pour fair Wellington. Les étoupes sont peu 
demandées. 

Marjuey (Aloèsde Manille). — Il n'y a presque 
plus rien de l'ancienne récolte. La nouvelle est 
ofTerte pour embarquement avril-juin à 76 fr. 
qualité n''l et 70 fr. qualité n"'2 aux 100 kg., c.i.f. 

Aloès (Chanvre de Maurice). — Marché très 
calme. Pas d'acheteurs pour de l'embarque- 
ment; il a été traité quelques petiles ventes en 
disponible sur la base de 76 fr. pour Good, 
73 fr. pour fair et 68,50 à 66 fr. pour ordinaire : 
aux 100 kg. en docks. 

Zomandoque. — Cette fibre sans intérêt pour 
la consommation européenne aux cours actuels 
est exclusivement employée aux Etats-Unis. 
Prix nominal 62 à 65 fr. les 100 kg. suivant 
qualité. 

Tampico (Ixtle). — Il paraît que la séche- 
resse régnant depuis quelque temps dans les 
4istricts producteurs Jlxtle, a considérable- 
ment nui au développement des feuilles d'aloès 
produisant ce textile. Il faut s'attendre à une 
qualité courte et à une réduction sensible des 
quantités à exporter. 

Les producteurs ont presque cessé leurs 
offres et semblent avoir des difficultés pour 
exécuter leurs contrats. 

En conséquence les prix ont monté quelque 
peu et il est impossible d'obtenir : 

Tula good average à moins de 60/6-i >: 

— fair — — dS/ôSI » 

— Tel quel — — 55/56 ■> 

Jaumave Bz 67/67, 75 

aux 100 kg., c. i. f. Europe. 

Le Palnia reste très rare et cher surtout pour 
belle qualité propre bien divisée et blanche 
qui trouve acheteurs c. i. f. 66 fr., aux 100 kg. 
Europe. 

Juie de Calcutta. — Sans changement. La 
demande reste toujours forte. 

■hde de Chine. — Il n'y a pas d'offres pour 
provenance de Hankow. La qualité Tien-tsin 
est tenue à 50 fr., aux 100 kg., c. i. f. 



Ramie de Chine (China-grass). — Plus faible, 
il y a vendeurs vers 80 fr. les 100 kg. pour 
sorte courante ordinaire. 

Kapok. — La hausse pour Java s'accentue 
considérablement, et il semble impossible de 
traiter aujourd'hui en dessous de 170 fr. pour 
bonne sorte courante et 175 fr. à 182 fr. 50 
pour belles qualités blanches, propres, supé- 
rieures. 

Les acheteurs de plus en plus nombreux, 
écouteraient volontiers des propositions d'ex- 
portateurs quelles que soient les provenances, 
et nous sommes à leur dispositiou pour leur 
fournir tous renseignements utiles. 

Nous avons fait accepter ce duvet végétal 
par certains grands services de l'Etat français, 
et les quantités employées seront de plus en 
plus importantes. 

La dernière récolte des Indes anglaises est 
totalement épuisée et nous attendons impa- 
tiemment les rapports sur la récolte obtenable 
juin-juillet. 

Cet article sera dans quelques années classé 
parmi les grands articles de consommation. 

Fibres de coco. — Position toujours très 
ferme aussi bien pour préparation anglaise 
que pour provenances deCeylan. L'avance des 
prix acquise précédemment se maintient ferme 
et une nouvelle hausse pour les mois pro- 
chains ne parait pas impossible. 

Les préparateurs européens manquent de 
coques et ne peuvent plus prendre d'ordres 
avant juin-juillet. 

Chiendent. — Les prix sont encore plus 
élevés que précédemment, et l'on fait actuelle- 
ment 180 à 190 fr. les 100 kg. des qualités qui 
se vendaient difficilement 120 à 130 fr. les 
100 kg. l'an dernier et 105 à 110 fr. en 1905. 

C'est aussi un article du plus grand intérêt 
surtout aux prix actuels, qui doivent être con- 
sidérés comme normaux étant donnée l'exten- 
sion de la consommation. 

Raphia. — La demande a été 1res forte tout 
ce mois, mais les stocks étaient très importants, 
les cours ont peu varié. 

Chapeaux. — Nous recommandons de nous 
soumettre types de chapeaux de paille tressés, 
quelle que soit la forme et la nature de la paille. 
Nous avons de grandes demandes de même 
pour paille pouvant servir à leur confection. 
Les feuilles nous intéressent également. 

Feuilles. — Nous avons des acheteurs impor- 
tants pour feuilles entières, pouvant servir à 



120 



JOURNAL D'At.UICULTURE TROPICALE N° 7(t 



\ vit IL 1007 



la fabriculion de plantes artificielles dites sté- 
rilisées, nous étudierons attenlivenient toutes 
les ollres qui nous parviendront de niému jiour 
oiseaux, ailes--, ])lumes pour parures, peaux 
pour fourrures, etc. Sur demande nous four- 
nirons détails pour leur conservation par des 
moyens pratiques, faciles à exécuter et peu 
coftteux. moyens permettant d'obtenir le maxi- 
mum de la valeur de l'article proposé. 

Vaoi'i.n et ScnwEiTZER. 
Le Havre, 21 avril l'.tOT. 

Matières grasses coloniales. 

.Mercuriale .spéciale du « J. d A. T. ». 
Par MM. Rooca, T.\ssv et un Rorx. 

Coprah. — Tendance : moins ferme. — Nous 
cotons nominalement, en disponible, les 100 kg. 
c. a. f., poids net délivré, conditions de la place 
de Marseille : 



Coyloii sundriod .... Gi » 

Siiijjrapore 01 •• 

Macassar 00 75 

Manille r>9 50 

Zanzibar 00 75 

Java sunJried 01 -20 



.Mozambique Ou .">u 

Sai^'on 00 » 

Cotonou 01 " 

Parilique (Samoal ... Gl » 

Oct'anie française ... 60 50 



Ihiih de palme. — Lagos, 77 fr. ; Bonny, 
Bénin, 70 fr., qualités secondaires, 73 à 74 fr. 
les 100 kg.; conditions de Marseille, fûts per- 
dus, prix pour chargements entiers. 

Palmistes. — Guinée 4î2 fr. 2,") les 100 kg. 

Moiora (Bassia). — 27 fr. 30 les 100 kg. 

Graines oléagineuses. — Situation slation- 
naire. — Nous cotons nominalement : 

Sésame Bombay blanc, grande graine il • 

— — petite graine iO " 

— JatTa (à livrer) M » 

— bigarri^, Kurrachee .-ÎO 50 

^ Lins Bombay bruns, grande graine wî* » 

l!.X|.crt,sesVj.„,^, Cawnpore 58 50 

"il y'""^"' Bombay 31 50 

.Marseille ^ ^^^^.■^^ Coroin.niulel. nouvelle récolle 29-25 

.\rarln(les >l('-cortiquées Mozambique V? 50 

— Coromandol, nouv. récolle ^i .>0 



Ventes connues de la semaine : 2.000 balles 
arachides décortiquées Coromandel, avril-mai 
34 fr. 30; 2.000 quintaux dito, avril-mai 
34 fr. 373; coût et fret, poids net délivré. 

Aulres matières. — Cotations et renseigne- 
ments sur demande. 

IlOCCA, TaSSV et DE ROLX. 
.Marseille, 19 avril 1907. 



Produits agricoles africains 

sur le marché de Liverpool. 

Mercuriale spéciale du « J. d'A. T. !■. 
Par MM. Tavloii anu Co. 

//iiile de Palme. — Depuis notre dernière 
revue, le marché a été très calme, la demande 
était inaclive et les prix en baisse. 

Voici les cours du jour, la tonne sur place : 



l.agos .£ -i9.10.- 

lîonny. Old Calabar . -29. 5. 

Cameroun -21». 5. 

Bi-nin -2'.». •. 

Accra 28.15. 



Brass, Niger, New Ca- 

lahar £ 'A.V, 

Congo 28.10. 

Sali Pond Î8. •. 

Ordinaireel movenne. 28. >. 



Palmistes (Amandes de Palmej. — Le mar- 
ché a été très calme. Les prix en baisse. 
Voici les cours du jour, la tonne sur place : 



Lagos, Cameroun cl 
qualités supérieures 
des Rivières. . . £ 11.1-2.0 



Bénin. Congo . . .£ 17.I0.> 
Libéria et Slicrbro. . 17. 5.» 
Cèle dOr 17. 2. G 



Caoutchouc. — Le marché a été calme et les 
prix en baisse. Para 4/11. 

Café. — Firme. Rléphant à 'i4, . 

Cacao. — Vendu .US sacs Lagos de 70/- à 
72/-, 68 sacs sortes d'Accra 71 '-, 130 sacs 
Lagos 70/6- 71/6. 

Gingembre. — Durant la dernière semaine, 
le marché était calme. Vendu 300 sacs et 
13 tonnes Sierra Leone 30/- à 31 -, 56 sacs 
Sierra Leone 30/-. 

Piassava. — 2.770 bottes. Junk River l"20..S- 
a 20.10. Sinoe <■: 16.3/-. Sierra Leone .t |23. 
Sherbro C 23.10 - à K 24. Bassa .C 19 à .C 22. 

Cire d'abeilles. — Petites ventes de Gambia 
à £7. 

Noix de Kola. — Seulement vendu 8 sacs 
secs à 2 '/, d la livre anglaise. 

Coprah. — Petites ventes V." 19. 

Poivre de Guinée (Maniguelte). — Rien à 
rapporter. 

Fèves de Cnlahar. — Seulement vendu 
10 sacs à 2 V. J la Ib. 

Arachides. — ll'O sacs décortiqués de Niger 
à £ 17; 570 sacs Ruiisque t IS.IO -. Balliursl 
£ 18à 19.«/ . 

Chillies (Piment enragé,. — Pas de ventes. 

Noix de h'arité Shea). — Sans existence, 
valeur nominale de V 18.10/- à VJ 9.10- la 
tonne. 

Colon. — 4 7, à 6 '/, la livre anglai.se. 

Maïs. — 4/8 à 4 10 les 100 livres anglaises. 

Peaux. — Firme. Quelques ventes de Ba- 
tiiurst 8 7, d. 



N° 70 — \vniL 1907 



JOURNAL D AGRICULTURE TROPICALE 



121 



Autres produits. — Colations et renseigne- 
ments sur demande. 

Taylor and Co, 

~, TiLliebarn Slrcct. 

Liverpool, 19 avril 1007. 



Caoutchoucs. — Le marché est un peu moins 
lourd et semble reprendre plus d'activité. 



Gambie . . . . 


S » à .. 


Tonkin uoir . . 


9 


» à 10 ,. 


Die^'o-.Suaruz . 


9 n à 10 r.o 


— roupie . 


10 


) A 10 50 


Majuiljïa . . . 


" 50 à S .. 


NouvelIe-Calé - 






Tuk'ar . . . . 


3 50 à 4 . 


flonie '. . . . 


„ 


» à .. » 



Produits de Droguerie. — Articles divers. 

Mercuriale spéciale du « J. d'A. T. ». 
Par M. Geo. Ernst. 

* L'asLûrisquo désigne les produits liônèficiaût d'iino détaxe 
partielle ou entière en raison de leur provenance des eolonies 
françaises. Le mt*canisme et le tarif de ce " pri\ilège colonial » 
ont été e.xposés dans nos n"^ 35 et 37. — N. d. 1. R. 

Aviljretle. — Ventes nulles, article délaissé; 
cours nominal, 73 IV. les 100 kgs. 

Baumes. — Copauu : Sans arrivages. Tou- 
jours cher. Quelques lots de Para clair et de 
Maracaiho. Solidifiable, véritable, seraient bien 
accueillis, avis aux exportateurs. 

PÉROi : Toujours ferme, dernière vente à 
17 fr. 50 le kg. entrepôt. 

ToLU : Plus ferme. Tendance des autres 
baumes ; pourra monter encore et voir des prix 
plus rémunérateurs pour les producteurs. Der- 
nières ventes à 2 fr. .50 le kg. c.a.f. 

Bois. — Santal des Indes : Toujours cher, 
sans disponible; en bois d'ébénisterie on cote 
de 3 à .'J fr. 30, pour billes de choix : en bois 
pour tiituralion, souches et racines, on offre à 
123 fr. les 100 kgs. c.a.f. 

Santal Nouvelle-Calédo.me : Sans arrivages, 
75 à 90 fr. suivant classement. 

B. Gayac : Odorant pour distillation, de- 
mandé, 

B. QuASSiA AMARA : sans changements.- 

Cacao. — Sans changement, bonne ten- 
dance toujours, aux 30 kgs. entrepôt. 

Congo conventionnel (droit do 95 l'r.). . . 90 â 9-3 fr. 

Martinique-Guadeloupe (droit de 53 fr.) . 115 à 1-20 

Nouvelles-HéLprides 118 à 1-20 N. 

Congo français 105 à 110 

Café. — La situation ne s'est pas modifiée, 
l'article reste faible et l'avenir bien incertain, 
la co'nsommalion est limitée aux besoins cou- 
rants, depuis un mois nous avons à constater 
une nouvelle baisse des cours. Cote du jour 
35 fr. 30 acheteur. 

Cours : 



Camphre. — Affaires plus calmes, à prix 
toujours 'fermes. Raffiné tablets Japon coté 
13 fr. à 13 fr. 23 le kg. en disponible. 

Cru de Cuine : Plus faible, 8 fr. 73 à 9 fr. 25 
le kg. c. i. f. Le disponible est faisable dans les 
9 fr. 50 le kg. 

Cire d'abeilles. — Bonnes ventes et meilleure 
tendance. 



Jladagascar . 16T " à 11-2 50 1 ilaïli. . 
Chili . . . . m 50 à 180 » | Tonkin. 



no à m 

165 à « 



Santo* 36 à 45 

HaAi 43 à 53 

Moka Inc 95 à 105 

Java (plus ferme) . 80 à 95 

*Eéunion 165 â 170 



•Guadeloupe : 

bonifleur , . US à 1-20 » 
lialiitant. .. 110 à 112 » 

*Tonkin 90 à 9i » 

*Nouv.-Calédome. 90 à 93 50 



les 30 kg. 

Cires végétales : 

Cirnauba 450 à .535 .. les 100 k'„'. 

Blanche Japon 145 à 141 50 — 

C&rnes. — Les bonnes qualités se vendent 
toujours bien sur place. Cours sans change- 
ments. 

Cuirs. — Marché faible par suite d'arrivages 
successifs et d'une demande restreinte. 

Madaga.scar : bœufs, vaches, secs . 100 » à 10" • 

— — salés. 75 » à 80 " 

Guadeloupe. Martinique : salés . . 60 " à 65 » 

Tonkin, vachettes sèches 116 .• à 130 > 

— bufles 55 . à 63 » 

Nouméa, salés 65 » à 71 » 

Ecorces d'oranges. — Sans affaires et calme 
sans doute jusqu'à la nouvelle récolte. Cours 
32 à 33 fr. acquittés (droit de 10 fr. aux 100 kg.). 
Essences. — Linaloë (Mexique) : Toujours 
ferme et rare. Belle marchandise blanche et 
pure est demandée. 

Citronnelle (Ceylan) : Toujours ferme. — 
Parité de 3 fr. 30 à 6 fr. entrepôt. 

Le.mongrass ("Verveine des Indes) : Essence 
très dépréciée actuellement par suite de sur- 
production et d'un arrêt dans la demande ; nous 
reviendrons sur ce sujet dans une prochaine 
mercuriale. 

Petit grain du Paraguay : Quelques petits 
lots offerts à prix fort, 35 à 40 fr. suivant qua- 
lité. 

Géranium Bourbon : Toujours ferme, quelques 
arrivages bien placés. 

Clous de Girofle : Bien tenue à 12 fr. 50 et 
13 fr. le kg. 

Santal des Indes : 32 fr. .50 à 33 fr. le kg. 

Badiane : Sans changement de 14 à 14 fr. 30. 

Gommes. — Copale : Toujours de bonne 



12-2 



JOURNAL I) AC.UICULTURE Tlîi il'K.M.K 



N" 7(1 



Avril l!t07 



venlo, 1 1 inanhandise bien Iriée reste deman- 
dée. 

Mo lau'ascar. lri<o. clairo, duro .... :î-X« i* ;i-'>o 

— trii'c, teintée ÎTS A 3ij 

— sortes, sans bois ..... 2'2.*> à ■i'JO 

— Jochots. triage 25 à TiO 

Cont'O, triée, clair IS'S à îiS 

G.shuii, sortes **r> à 9r> 



D.^M.xR : Sans changement. 

Hatavia (un Jiou plus terme) -.'.jn :i -.'iii 

Singapour I" Iw .'i 180 

_ -j. 1511 à > 

Gu n E : Toujours ferme, ventes en disponible. 

Bonne qualité. Siam. Invaux, le k^'. î"> à 9 50 
Toukin, sorli- — S50à9« 

L.\orE : peu d'afTaires, mais toujours bien 
tenues, en disponible aux 100 kg., on. cote : 

Fine orange, T. N 6'.'j à 0.30 

Uenii-fine , . ô'iO à 0*5 

Cerise, A. O . . 500 * - 

pour livrable, les oITres sont plus basses et, 
d'ailleurs, sans contre-partie. 

Sticklac. (Tonkin) : toujours demandé et ther. 
1 Lot Saigon, criblé et déboisé, non bloqué, 
vendu à 395 fr. les iOO kg. c.a.f. 

RiisiN'E Dii G.\ïAC : .Vnlilles; sans arrivages, 
pas de demande : cours : 1" 2 fr. à 2 fr. 50 le 
kg. ; sortes 1 fr. à 1 fr. 50. 

Itaclne d'Ipéca. — Sans variations impor- 
tantes, un peu "plus faible, la consommation 
est restreinte. 

Le bon Rio cultivé olilienl encore 19 fr. 50 à 
20 fr. Mi.NAS, un demi point à un point, de 
moins. Cac/Aa^éfU', véritable sans bois, 15 fr. 50 
à 16 fr. 50. 

Racine de Jalap. — Tampico lourd, demandé, 
sans allaires, 125 ti 150 fr. les 100 kg. 

Manioc. — FixLLE : plus ferme et demandée, 
la bonne qualité courante faisant défaut. Réu- 
nion-Madagascar, 38 à 40 fr. les 100 kg. 

De même pour Racines : cours nominal : de 
15 à 18 fr. les 100 kg. 

Hocou. — Antilles : dernière vente à Gi fr. 
les 100 kg. c.a.f. 

HaUinhia. — Sans afTaircs. 
(Juiiujuinas. — En meilleure tendance. 
.Nous restons acheteurs de Maracaïbo et Cali- 
saya durs et demi durs. 

^cné (feuilles). — Des Indes, sans ciiangc- 
ments. Tinévei.ly, type I, 85 à 93 fr. ; type H, 
75 à 85 fr. les 100 kg. c.a.f. 

Tapioca. — Toujours en hausse : Rio, .50 à 
52 fr. les 50 kg. c.a.f. ; Singapore, 33 à 35 fr. 



les 100 kg. ; entrepôt, droit de 1 1 fr. : Réunion, 
disponible à (^5 fr. les KH» kg.. ae<iuittés. 

]'anilU':<. — Au kg., acipiitté. faculté d'en- 
trepôt, toujours en bonne demande et ferme. 
Les prix deviennent rémunérateurs pour la 
culture qui a tout intérêt, pour leur maintien, 
à n'envoyer que de bonne marchandise saine 
et de conserve. 

•Réunion, l"i(ualil- .H à 38 

— têtes, queues 95 à 28 

"Madagascar 22 à 28 

Suivant classement, ces vanilles, bien cotées 
maintenant, peuvent obtenir de bons prix, 
sensiblement voisins des Réunions à prépara- 
tion égale. 

•Guadeloupe 18 à 20 t«ek»rcMt 

•Tahiti, 1" qualili- Il .'i 10 

Seychelles (rares 30à35 tilfffit. 

Vaiiilloii. — Guadeloupe : toujours bonne 
tendance ;'i prix fermes, disponible restreint, 
de 22 à 23 fr. le kg., acquitté, bonne marchan- 
dise onctueuse et bon parfum. 

Tous aulnes produits. — Cotations et rensei- 
gnements à la disposition des producteurs. 



Le Havre, 19 avril 1907 



Geo. EnxsT, 

59. quai d'Orléans. 



Mercuriale de quelques produits 
d'Extrême-Orient. 

Chronique spéciale du c J. d'.V. T. ". 
Par M. .1. II. Ghlin. 

Gomme- laque. — Après une longue période 
de stagnation, le marché parait s'être sou- 
dainement affaissé et l'on oITre aujoiirdiiui la 
T N sur les mois de juillet-aoiit à .500 fr. les 
100 kg. c.a.f. Il est difficile de connaître les 
causes de cet affaiblissement, sauf peut-être 
que le marché a fini par se ressentir de l'abs- 
tention prolongée des consommateurs. On pré- 
tend aujourd'hui que, pour certains emplois, 
on a abandonné la gomme-laque, devenue trop 
chère. 11 est vrai que ces choses-là se disent 
toujours lorsqu'on a dépassé un certain niveau, 
et c'est un renseignement dont on ne peut 
vérifier l'exactitude qu'à longue échéance. 

Poivre. — Cette denrée se traîne pénibh- 
ment. Les offres sont rares, mais plus rare 
encore est la demande. Cependant les ven- 
deurs au cours de b\ fr. dont j'ai parlé dans 



N" 70 — Avril 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



123 



ma dernière mercuriale se sont peu à peu 
retires et il faut coter aujourd'hui 34 fr. 50 les 
cinquante kg. c.a.f pour le poivre Saigon gris. 

(Jambiei-. — On a fait quelques affaires, 
peu, dans les environs de H fr. et on paraît 
être vendeur aujourd'hui à 41 fr. 30 les 100 kg. 
c.a.f. sans preneurs toutefois. 

Tnpiora. — Après avoir fléchi jusque dans 
les environs de 32 fr. 30, on est revenu à de 
meilleurs sentiments et l'on ne trouverait pas 
aujourd'hui vendeur au-dessous de 33 fr. les 
100 kg. c.a.f. même sur l'éloigné. 

Racines de Manioc. — Sont de plus en plus 
fermes. Quoique les affaires ne soient pas 
très vives, il faudrait compter aujourd'hui sur 
un prix de 13 fr. 30/13 fr. 73 les 100 kg. c.a.f. 
pour pouvoir se couvrir. 

Fécule de Manioc. — On en offre peu. Cet 
article est moins demandé, car on arrive main- 
tenant à féculer les racines en France et ce 
produit donne satisfaction, parait-il, tout en 
étant bien meilleur marché par suite de la 
différence de droits. 

Fécule de Sagou. — Pour les mêmes raisons, 
ce produit est de moins en moins demandé et 



on est loin de vouloir payer le prix de 10 fr. 75 
les 100 kg. c.a.f. que l'Extrême-Orient de- 
mande aujourd'hui. 

Cire du Japon. — La situation tend à 
changer, car les cours ont fléchi sensiblement 
au Japon, où l'on cote actuellement 148 fr. 30 
alors que les détenteurs de disponible lâchent 
à regret difficilement à 130 fr. les 100 kg. c.a.f. 
Comme toujours, en cas de baisse, les ache- 
teurs se montrent très réservés, et même les 
offres à des prix relativement bas comme ceux 
dont je viens de parler ne semblent guère les 
tenter. 

Galles de Chine. — Continuent à baisser. On 
offre aujourd'hui à 12-2 fr. 30. les 100 kg. c.a.f. 
et on sollicite des offres. 

Raniie. — Les affaires en cet article con- 
tinuent ii être des plus restreintes. On a offert 
vainement 81 fr., car les acheteurs ne veulent 
guère dépasser 75 fr. les 100 kg. c.a.f. On 
prétend qu'il y a eu une offre à ce prix. 

J.-H. Grei.n, 

16, rue Saintc-Croix-de-la-Brelonnerie. 

Paris, -21 avril 1907. 



-^ 



ACTUALITÉS 



Cultures sous les Cocotiers 

dans l'Est africain allemand. 



Sisal. — Piment. — Coton. — Ananas. 



Arachide. 



Il a déjà été souvent question dans le 
« J. d"A. T. )i des embarras qu'éprouvent 
les planteurs de l'Afrique orientale pour 
trouver des cultures intercalaires à faire 
entre les cocotiers. Ceux-ci ne tirent parti 
du sol qu'imparfaitement à eux seuls, étant, 
comme on sait, plantés à de très grandes 
distances; d'autre part, il importe aussi au 
planteur de s'assurer une source de re- 
venus pendant les années d'attente qui 
paraissent toujours bien longues. Nous 
avons indiqué, dans des numéros anté- 
rieurs, plusieurs des solutions proposées; 
celle que nous citons ci-après est tirée 



d'un articli' de M. Steix sur le cocotier 
dans l'Est africain allemand, publié dans le 
(( Tropenpflanzer » d'avril 1903, p. 19o-201 . 
L'auteur préconise la plantation des coco- 
tiers à la distance de 9 à 10 mètres en tous 
sens; il compte sur une première floraison 
au commencement de la sixième année et 
prévoit la première récolte au commen- 
cenumt de la septième, année. Voici tex- 
tueliement ce qu'il dit des cultures inter- 
calaires : 

« On peut cultiver entre les cocotiers 
le sisal, les piments [Capsicmn], l'ananas 
et l'arachide. Je ne pense pas que, pour la 
région dont il s'agit, il puisse être ques- 
tion d'autres plantes, pour le but à atteindre. 
Ces quatre là réussissent bien ici et sont 
susceptibles de rapporter quelques' béné- 



\-n 



lOlRNAI. DAr.RICULTlRF, TIlOPICALR 



.N" "(1 



AviiiL i;h)7 



lici'S. I (iillcluis, Ir >is;il -^oiiliri' (U- I ;iiiscnC(' 
(rair cl tic liiniicrc ilcs que les cocolicrs 
atteignent une cciiainc laillc; do ce l'ail, 
il faut |inhoir une porte de i) "/o on 
moyenne, sur ce que le sisal aurait rap- 
port!^ s'il n'était pas omliragc. Le |)inicnt 
("ail tiès bien lalTaire mais pullule à ce 
point qu'on a bien de la peine à en dc^bar- 
rasser le sol dans lu suilc. 

" Des essais sont faits ici actuellement, 
plus particuli^renlcnt par les soins du Tiou- 
verncmcnl, conccriianl la culture du coton 
sous les cocotiers. La combinaison sera 
peut-ôlre très bonne poui' riniciieur; mais 
je ne crois pas qu'elle soit à recommander 
pour le littoral, car le cotonnier est trop 
attaijué ici par des ennemis de toutes 
sortes. » 

Le commerce des Arachides dans l'Inde. 

l\ir le D' Valentino. 

Le D' Vale.nti.no, qui a publié sous le litre de 
i< .Notes sur l'Inde )> d'intéressantes réflexions sur 
l'iigriculture de ce pays, dit fi propos des cultures 
irarnchides de la côte Est : 

Actuellement, l'aracliide liindt^ue est 
d'origine sénégalaise: mais elle a pris dans 
l'Inde des qualités qu'elle n'avait pas au 
Sénégal : sa coque s'est amincie de telle 
sorte que ce péricarpe, qui fait 23 7o du 
poids de l'arachide sénégalaise, ne fait plus 
(lue 2l,3"/odu poids de l'arachide hindoue; 
en outre, l'amande a in-)ini et s'est en- 
richie. Voici l'analyse complète de l'ara- 
chide hindoue : 

Péricarpe 21,3 

Episperme (1) :\,ii 

Germe 2,90 

, Amande n8,88 

100,00 

It'aulrc part, des essais ont été lentes 
pour acclimater dans l'Inde l'arachide de 
.lava, dont la caractéristique est de ne 



I L ^(li^iperme est une pellicule rouge.ilre qui enve- 
I 'ppe l'amande; elle conlieni im principe asiringcnt 
r|i i donne à lluiile d'arachides un goCit désaf^riable si 
l'aininde n'a pas été dévêtue de lépispeniie avant 

I ccrasaire. 



I.iiiccr auruiK' e.\|iau--icin lali'ralc, ce (|ui 
permet d'ai'racher la piaule eu un tour d(> 
main d'oîi diminution des frais de récolte/ 
et de semer deux fois plus serré, ce qui 
double les bénéfices, la récolle étant deux 
fois plus abondante pour des frais généraux 
idonliijucs. Mais les résultats n'ont |)as été 
encourageants : l'arachide de Java n'a 
donné dans l'Inde que des graines pauvres 
en huile (30 "/„). 

-Vulrefois, Pondichéry était ii peu |irès 
seul à exporter des arachides, parce que les 
territoires proches de Pondichéiy étaient u 
peu ju'ès les seuls cultivés en arachides : il 
était naturel que ces territoires vinssent 
déverser leur production au port le plus 
voisin. 

Depuis quelques années, la culture des 
arachides s'étend sans cesse vers le sud de 
rilindoustan, dans les provinces de Tan- 
jore et de Madura. Les arachides produites 
dans ces régions se déversent sur les ports 
les plus voisins, en l'espèce des ports 
anglais, deiuéme que depuis longteraps les 
arachides produites trop au nord de Pon- 
dichéry ne viennent pas ft Pondichéry, 
luais s'embarquent au port plus septen- 
trional de Madras. 

Les ports anglais dont Pondichéry 
s'alarme sont : Madras, Cuddalore. Portn- 
Novo et Negapatam; l'extension de cette 
culture est évidente, puisqu'en 1903 l'ex- 
portation totale des cinq ports de Coro- 
mandel était de 1.692.014 halles, alors 
([u'elle n'était que de 96."). 092 balles en 
1888. D' Yalentino. 

Recherches sur le jute dans l'Inde. 

Variétés. — Fraudes. — liendements. 
D'après le rapport officiel. 

En publiant, dans noire n° 58 des con.«idérations 
de M. Léon Hactefeuille sur la germination du 
jute, nous avons signalé qu'il se livrait au Tonkin. 
sur la rivière Noire, à des ohservalions compa- 
ratives sur un grand nombre de variélés de jute, 
rap|iorlées de sa mission dans l'Inde anglaise. 
Voici d'autre pari quelques renseignements que 



i\o 70 _ A.VRIL 1907 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



12Î- 



M. 0. I.ABROY a bien voulu résumer pour nous 
J'apn'-'s une revue de l'Inile, sur les principaux 
résultats des recherches concernant le jute pour- 
suivies dans l'Empire des Indes par ordre du gou- 
vernement anglais : 

Un rapport du directeur de l'Agriculture 
du Bengale, analysé dans « Indian Plan- 
tingand Gardening» du 17 septembre 1904, 
donne le résultat d'intéressantes expé- 
riences elTectuées l'année d'avant, sur 
l'ami'dioration du jute. La baisse de la 
qualité du jute a ému l'Association des 
emballeurs de jute (« Haled Jute Associa- 
tion ))) de Calcutta, et le Gouvernement a 
tenu à conduire une enquête sérieuse sur 
les causes de celte dépréciation. 

Le Directeur de l'Agriculture pense que 
l'eau, ajoutée d'une façon frauduleuse, est 
la principale cause du mal ; cette pratique 
constitue le danger le plus grave parce 
qu'il en résulte un amoindrissement de la 
force, une altération de la leinte et du 
brillant de la fibre. 

Le travail expérimental, auquel prirent 
part des experts délégués et des commer- 
çants de jute, établit celte autre conclusion 
intére!?sante comme résultat de treize 
années d'observations : que la ferme gou- 
vernementale de Burdwan fournit les 
meilleures graines : le Conhorus capau- 
laris fournitune fibre supérieure au C. oli- 
toriwi. 

Le rendement le plus élevé obtenu à la 
ferme de Burdwan a élé de 2.560 livres de 
libre par acre, avec la variété k.\jla. La 
variété desval, considérée comme la meil- 
leure de toutes les variétés de jute, quant 
à la qualité, a donné seulement 2. 180 livres. 

INous aurons peut-être l'occasion de 
revenir encore sur la (|ueslion en analy- 

i sant quelques grosses brochures (dossiers) 
sur le jute, qui viennent de nous arriver, 
offertes au « J. d'A. ï. » par l'inspecteur 

■ général de l'Agriculture des Indes. 



La production du camphre en 1905(1). 

Statistiques du monopole japonais. 

F'ormose, Japon, Chine. 

La question des feuilles, à Formose. 

Les feu.x de brousse. 

L'avenir. 

Il a été exporté de Formose en 1905, 
2.923.117 vins (à 0kg. 6j de camphre et 
2.579.782 vins d'essence de camphre. L'ad- 
ministration du monopole avait compté sur 
4. .327. 503 vins de camphre et 3.102.500 
vins d'essence àtirer deFormose, 1.382.250 
vins de camphre et 100.000 vins d'essence 
à trouver sur place au Japon et 60.000 vins 
d'essence à prendre en Chine ; mais à la fin 
de l'exercice le total des quantités qu'il 
fut possible d'acheter s'est trouvé être 
inférieur aux prévisionsde plus de 1 .000.000 
vins. Le déficit porte principalement sur 
Formose, où les peuplements jouissant d'un 
semblant de sécurité s'épuisent de plus en 
plus, tandis que la pacification du terri- 
toire sauvage ne progresse que lentement 
où il reste encore des peuplements inabordés. 

On espère toujours, à Formose, arriver 
à augmenter le rendement des forêts en 
distillant, concurremment avec le bois, les 
feuilles des camphriers, mais pour le mo- 
ment les résultats ne sont pas brillants. 

On ne peut, disons-nous, faire la cueil- 
lette des feuilles avant l'âge de quatre à 
cinq ans. Pour l'abatage en vue de la dis- 
tillation du bois il faut des troncs de qua- 
rante à cinquante ans au moins. 

Dans le cours de ces dernières années, le 
2ouvernement de Formose a fait mettre en 
terre plus de 1.000.000 de camphriers, il 
s'applique aussi à faire cultiver cet arbre 
précieux parles indigènes, mais les 707o 
des plants confiés à ces derniers ne tardent 
pas à être détruits par les feux de brousse 
dont les Chinois de Formose ne savent pas 
se passer. 

11 y a encore de beaux jours pour l'in- 
dustrie naissante de Ceylan ; la culture du 
camphrier y est, avec raison, l'objet d'ef- 
forts de plus en plus sérieux. 



;l) <i Tropeopflanzer ■■, de décembre 19ûli. 



J> 



12C 



.luriîNAL DAGRICULTI'IIE THOPICALK 



N- 70 



Avmi. I0()7 



Recherches sur le Patchouli à Java. 

Aae de récolte. — Feuilles. Tlyes. Uacines. 
Ferraenlalion. — Espèces et variétés. 

.Notice bibliograpiii([ue. 

De Jong (A. \V. K.) : Aetherische olkn. In-8°, 4 pp., 
) croquis. Tiré à part du u Tiysmannia » n° 6 de 
1900, comme n° 2) des >< Korte Rericliten » du 
Département d'.\i;ricullure de Java (Buiteiizorg). 
G. KolIT et C', éditeurs à Batavia. 

Premier mémoire d'une série que l'auteur 
se propose de consacrer aux essences aro- 
matiques de Java. Les reclierciies de cet 
ordre sont, du reste, de tradition à Huilen- 
zorg; il en a été exécuté un grand nombre 
dans ce bel élablissemenl, du temps do 
M. le professeurjv.VN Romiuiu.ii entre autres. 

Dans la plaquette qui est sous nos yeux, 
il n'est question que du palclioiiii et en 
particulier des variations de ricbesse des 
i'euilles en essence aromatique on raison de 
leur âge; les dosages ont porté sur le pat- 
chouli dit de Singapore [Pogostemon tomeii- 
losi/s, H.vssK.?) qui est, parmi les trois 
patchoulis connus à Java, la seule qualité 
recherchée sur les grands marchés. 

Conclusion pratique : 11 faut récolter les 
plantes lorsqu'elles ont cinq leuillos. 

Les tiges contiennent trop peu d'essence 
pour qu'il vaille la peine de les distiller; il 
est plus avantageux de les employer pour la 
multiplicalion et la roplantation. L'essence 
contenue dans les racines est de composi- 
tion chimique diiïérente et n'entre pas en 
compte. 

D'après Gildemeisteu et Hoff.m.vnn dont 
le gros ouvrage classsique, traduit on fran- 
çais, a été analysé dans l'un des premiers 
numéros du « Journal d'Agriculture tropi- 
cale », les producteurs de Singapore con- 
sidèrent les fouilles fraîches comme im- 
propres à ladislillalion: ils les font d'abord 
sécher pendant un certain lomps, puis, 
légèrement formontor; M. de Jom; annonce 
pour bientôt une communication sur les 
processus chimiques observés au cours de 
ces manipulations préparatoires. Il men- 
tionne aussi (|ue certains mélangent, pour 
la distillation, les feuilles du patchouli do 



.•^iiigapoio avi'C celles de la variéli- di' 
Java: il parait r|ue l'on obtient ainsi un 
jiarfum plus délicat. 

Le mémoire se termine par une (•om|)a- 
raison des propriétés chimiques ol phy- 
siques de l'essence tirée des trois formes de 
palchouli existant à Java : le patchouli do 
Siuga|iiiro iléjà uomnn'; le palolinuli de 
Ja\a, qui n'est, peut-être, qu'une simple 
variété du premier; enfin, une troisième 
plante (|ue l'auteur nomme Por/osteiiion 
Ili'l/neartus Bth., avec un point d'interro- 
gation. 

Les espèces, variotésetraces de patchouli 
sont en somme fort mal connues, ot souvent 
confondues; plusieurs botanistes, en France 
ot ailleurs, sont aciuellemont occupés à 
débrouiller la question ijui, en plus yW son 
intérêt scientifique, présente une grande 
importance pratique pour les planteurs et 
pour les indusiriels métropolitains, ache- 
teurs de feuilles sèches. M. de Jo.m;, chi- 
miste, n'aborde pas ce côté du sujet. 

L'industrie du patchouli à Singapore a 
déjà été l'objet d'une petite note dans le 
n" .")4 du " .1. J'A. T. ». 

Le Kapok. 

Ses qualités. — Ses défauts. 
D'après iM. P.ulSehre. 

Audialur et altéra pars ! Fidèles à cette règle de 
l'investisaliou scientifique, nous nous empressons 
de joindre la pièce qui suit à la longue série de 
documents publiés dans ce journal sur le Kap^U, 
produit toujours d'actualité, dont les bonnes qua- 
lités continuent à rencontrer un débouctié crois- 
sant. La communication de l'infatigable coiTes- 
pondant de la Société Nationale d'Agriculture de 
l'rance a paru dans le " liulle'in des Séances » 
d'aoùt-octobre, lOOG. — N. d. l. II. 

A Java, pays que j'ai habité trois 
années ot d'où l'on exporte annuellement 
quatre millions et demi de kilogrammes de 
kapok, on utilise cette ouate pour le rem- 
bourrage des matelas et des oreillers, voire 
mèmedes longs traversinsqui s'inlercalont 
onirc les jambes pour éviter, ou dormant, 
une transpiration trop abondante. 



î\'° 70 — Avril 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



127 



« Un malelas rembourré de kapok brut, 
assez soigneusement e'grené, el dont on a 
fait boulFer les liltres au soleil, semble 
suffisamment dur aux coloniaux pour qu'ils 
se dispensent de placer une natte sous le 
" drap, et il coûte assez bon marché. En 
Europe, au contraire, les fabricants de 
literie ont dû s'ingénier à économiser la 
matière [iremière sur laquelle les intermé- 
diaires qui l'ont payée moins d'un franc 
le kg. réalisent un assez beau bénéfice, et 
ils y sont parvenus en employant du kapok 
cardé. Il suffit alors de 7 kg. de cette ouate 
pour faire un bon matelas dune personne, 
suffisamment élastique, et d'un prix de 
revient moins élevé que le matelas de 
laine ou de crin animal. 

« Il semblerait donc que le kapok dé- 
daigné des rongeurs et que certains hémip- 
tères et aplianiplères, buveurs de sang, 
n'habitent pas volontiers, fût tout désigné 
pour remplacer dans la fabrication des 
matelas la laine ou le crin de bonne qua- 
lité, pai' trop chers, le crin végétal et le 
tampico, par trop inférieurs; malheureu- 
sement, une matière végétale ne saurait 
avoir la même élasticité qu'une matière 
animale, surtout lorsqu'elle a été expédiée 
comme le kapok en balles pressées à la ma- 
chine. Et la France est l'un des rares pays 
où l'on apprécie encore les bons lits ! 

« Comme les fabricants de cols en cellu- 
loïde qui s'obstinent à nous vendre des cols 
en caoutchouc, les importateurs de kapok 
ont jugé bon de ne pas révéler la grande 
intlammabilité de cette bourre. Or, dans 
certains hôpitaux et sanatoriums où le per-' 
sonnel dirigeant semble bien renseigné, 
on accepte des malelas de kapok dans la 
section des femmes, mais on préfère le 
crin dans la section des hommes, plus ou 
moins fumeurs impénitents. 

«' On a souvent affirmé que le kapok 
était imputrescible, mais je doute que la 
chose ail été bien prouvée; ce produit 
étant plus ou moins inapte à prendre l'eau, 
selon sa provenance, quand des intermé- 
diairiîs peu scrupuleux ne l'ont j)as doté de 
la faculté d'imbibition en le mélangeant 



à des déchets de colon, on peut se demander 
si, en plaçant un matelas de kapok dans 
un appareil désinfecteur, on n'obtient pas 
une stérilisation illusoire. 

« Il reste, je le sais, au kapok sa puis- 
sance de llottabilité, de six fois supérieure 
à celle du liège; aussi est-ce surtout dans 
les équipements navals et militaires qu'il 
trouvera des applications, jusqu'au jour oîi 
l'on sera parvenu à bien filer sa tibie courte, 
et à le rendre ignifuge. Il est bon d'ajouter 
qu'on emploie déjà celte bourre végétale, 
assez précieuse en somme, dans la sparte rie 
et la chapellerie. >i 

Multiplication de l'Erythrine 
par marcottage en l'air. 

D'après M. S. Room. 

Le développement d'une maladie rend 
la mulliplication de l'Erythrine (En/t/irina 
indica) assez difficile depuis quelque temps 
à Java. 

M. S. RooM signale à ce sujet, dans « De 
Cultuurgids » (1), un procédé de marcot- 
tage qui semble très pratique. 

« Le remplacement des sujets morts 
dans les anciennes plantations, au moyen 
de boutures de m. !J0 à 1 m. 20 ne donne' 
aucun résultat ; d'autre pari, les belles bou- 
tures de 1 m. 80 à 2 m. .50 sont difficiles à 
trouver, ne s'enracinent pas sûrement et 
sont d'un prix de revient assez élevé par 
suite du transport. 

» C'est ainsi que j'ai eu l'idée de recourir 
aux boutures enracinées, obtenues de la 
façon suivante : à l'endroit choisi pour 
provoquer le développement des racines, 
détacher l'écorce sur une longueur de 
10 centimètres environ ; frotter ensuite la 
plaie avec du sel de cuisine puis appliquer 
à cet endroit de la terre argileuse main- 
tenue par un ligament. Dans ces condi- 
tions, les racines apparaissent au bout de 
sept semaines environ. 



(1) 4e livraison, 1903. 



128 



JOUUÎSAL D'AGRICULTURE TROPR^.ALE 



N" 70 — Aviiii I;HI7 



.. Ces boulines enracinées offrent beau- 
coup plus de chances de réussite que celles 
plantées suivant l'ancienne méthode 

(I On est assuré, par ce prucédi-: t" d ob- 
tenir de bons résultats en prenant des 
boutures sur de beaux arbres ; 2" de réduire 
leur prix de revient, qui ne dépasse pas 
2 centimes par bouture enracinée. » 

La machine à enfumer le Latex, 
de Dickson. 

Nous avons publié dans notre n" Si (dé- 
cembre lilOo) le dessin et la description 
d'une macllinoàenfumer le latex, imaginée 
au Para et dont nous ne garantissions pas 
le sérieux. Nous mentionnions, à cette 
époque, qu'uTie nouvelle machine, autre- 
ment intéressante, semblait devoir taire 
prochainement son apparition à Ceylaîi. 
Nous pouvons aujourd'hui donner une 
courte description de celte machine, due 
à M. R. G. Dickson, directeur technique de 
la Colombo Commercial Co. 

Dans celle machine, le fourneau est sur- 
monté d'une boite à fumée, avec laquelle 
il communique par une série de chicanes 
empêchant le passage des tlammes et des 
étincelles. Dans la boîte à fumée se trouve 
"un grand tambour tournant librement sur 
son axe, et tangent à un petit cylindre 
pouvant être mis en mouvement de l'exté- 
rieur par une manivelle; une cuvette, 
destinée à recevoir le latex à coaguler, 
trouve également place dans la boite à 
fumée, où elle est fixée de telle sorte que 
le petit cylindre plonge en partie dans le 
latex. Lorsque la température voulue est 
atteinte et qu'elle a suffisamment réchaud'é 
le tambo)ir,on tourne doucement la mani- 
M'IIi': le petit cylindre entraîneune mince 
couche de latex qui se dépose sur les parois 
du tambour, qui suit le mouvement de ro- 
talion. Couche par couche, le tarubour 
finit par èlre recouvert d'une épaisseur 
assez importante de caoutchouc, le latex 
s'étant très régulièrement coagulé par suite 



du peu d rqiai-iit'ur de chaiiue couche, l ne 
porto permet d'accéder au lambour, qu'on 
dépouille facilement avec un couteau. 

Ou con<;oit qu'une pareille machine soit 
[leu coûteuse et qu'elle puisse être cons- 
truite assez légèrement poun'^tre utilisable, 
en cas de besoin, sur les lieux mêmes de 
saignée, supprimant ainsi le transport du 
latex à de trop grandes distances. — F. M. 

La citronnelle à Java. 

Impoilunci'. — HiMulemeiits. 
D'après M. St.wifohth Smiïil 

L'lionoral)le Stanifouth Smith, député au l'arle- 
inent australien, dit dans un rapport officiel (cf. 
X Kew Bulletin " 1906, n" 8; v. aussi ■■ .1. d'A. T. - 
II» 5-2, p. 306) : 

« La citronnelle, Ândropogoii Nardiis, 
lournit une essence employée pour par- 
fumer les savons de luxe, etc. 11 en existe 
plusieurs grandes plantations à Java, jeu 
ai visité une qui tient près de LOOO acres. 

« La citronnelle pousse très vite, en bon 
terrain fertile et à Condition de recevoir 
beaucoup de pluies. Dix acres doivent 
fournir, ]>ar coupe, 12 tonnes d'herbe; soit, 
en 4 coupes, 48 tonnes par an. Le rende- 
ment en essence est de 0,5 7»' à 3 s. 10 d. 
Il' kilogramme, cela fait f 4G Kl s. pour 
les lu acres. 

(< Un champ dure douze ans, après quoi 
on est obligé de le replanter. L'outillage 
de distillation est relativement insigni- 
fiant :, un alambic coûtant £ 230, et un 
réservoir coûtant, avec condensateur cl 
' luyaulages, £ 8;j. Un réservoir cylindriiiuc 
de 10 pieds de diamètre doit suffire pour 
le traitement de 4 coupes annuelles de 
200 acres de cultures, à condition que 
l'usine marche jour et nuit. » 

Si nous avons bien compris le texte anglais qui 
est un peu vague, les cliamps de citronnelle vus 
par l'auteur à Java, y constituent surtout une cul- 
ture d'attente, culture intercalaire entre les rani.-- 
des cocotiers et des arbres à caoutchouc. L'exploi- 
tation de 1.000 acres de citronnelle dont il parb'. 
ne serait-elle pas celle de l'usine » Ojorala -^Ei 
est-ce là qu'il aurait pris ses chiffres? 



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1' Année 



N" 71 



31 Mai 1907 



JOURNAL 

D'AIIRIGDLTIIRE TROPICALE 

{AGRICOLE, SCIENTIFIQUE et COMMERCIAL) 

FONDÉ PAR 



J. VILBOUCHEVITCH 



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VANILLE, etc., etc. 

ARBRES FRUITIERS 

CULTURES POTAGERES 

ÉLEVAGE 

BASSE-COUR, ABEILLES 

VERS A SOIE 



=-ro 



Paraissnnr 
à la (iu de chaque mois ' 

Cojnllé de ftédac/ion : 

MM. J. GHISABD 
0. lABHOY & E. BAJILADD 

Secrétaire de la Rédaction : 

F.^MAIH 

Adrniiiis/ râleur : 

H. HUBAG 



î 



AçoREs, Canaries, Madère 

Cap-Vert, Sao-Thomé. Congo 

Afrique occidentale et centrale 

Algérie, Egypte, Abvssinie 

Erythrée, Obok, Mozambique 

Maurice, La Réunion, Madagascar 

Louisiane, Amérique centrale 

Mexique, Amérique du Sud 

Antilles, Cuba, Porto-Rico 

PoNDiCHÉRY, Indo-Chine 

Philippines 

OcÉANIF 



Collaborateurs et Correspondants : 

A COUTURIER (Pa'ris rK\mEAVX(BTùàs%'re^)mt^^^^^^^ 

(Australie occ. , DUFOUR (Pans' DIII IPri Mu? s ■', i • > "i'-^ (Pans), DELIONON-BUFFON (Annam) DFSPFt^'ÏiC; 

i)li I<LURIh, (Madagascar, A. pt E FOss^T n ,y h„„,.,ï TiDl7.r.\, , i^'',^'^''^"-^ (Madagascar), FL TCHER (Bomhavi 
r'°S'??,'?;ïï ^^"'-'"-'^ '^'REÎN (Fa is), P DES C ROTTEs'VtLm ^p'^'ï^^fe']' i:?"'' «EROME (Paris), (UOVETTI ( Wa^^ 
L. HAUTEFEUILLE (Toiikin) HECHT FRPPP* V, V- ,D ■',,".';, ^- RUERIN (Guatemala). HAMEL SMITH \n„?.i=' 

^EHMANN (Mancl.eslcr), LÉ ÏESTU (C™o«) LorKAR/ /^ ^^^'''f '' r^-'^P^'''''^' ('^njoi'an), H. LECOMTE (Paris) 

LOW (Nicaragua), MAINE (Podor), mKvNI (Tr?n^,^adl \r?iTi;.v'i",^'So^' ■ ';°'? 'P^'''^'- '^«PEZ Y PARA (M«ico ' 

Martinique, DE MENDON'ÇA (Ile San Tii mu) MIRANm /p ? ?r^, K''''A''' ^- MARCHAL (Paris), MARTInÊaU 

•OI^Vr;'» r'^'.n^^^'^OS (I-^arik NE^VIL E Va^)^; NIFDERI ÈlN //^^^ '-^'§^^1 MONTET (Tuid^e) MOSSEr" 

,P?!;i^); ÇH. RIVIERE (Alger Nan es) rSTcA TVSSY r'DP ^^^^^^ '■" "^"e). QUESNEL (CanthorRINGELJMANN 

SMERLING (Le Havre). ^SUTER (Bomba v) TA PPr\i^ . ^'^"^ M,?''^'"'!^ • SAVOUR (Abvss nie), SEGURA /Mevi, ni 
(QueenslanJ), TOLEDO (Venezuela) TOnrH\T« M ..•^''li!?.'^'iL^^^^^'°^ <"' '-° (Livernool , THEYE (ru baV THOM AT w 
VERMOND (Paris), G VERnÈt (Annam) V DF vA^^^ "AAS (Java)\ VAcjuiN et SCHWE TZErTi e^^^^^^^^^^ 

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The TROPICAL AGRICULTURIST 

publié sous la direction de M. le D^ J.-C. WILLIS 

DîrtTliur d<s 1U\\j1 Hotunir dartU'iis. Poradcniva. Ce>'lan 

l'ublîration «tiricielle inunsiKllo. en anglais. NumbroiiBo» 
illiiatralioDs. D»m uim-Dtation ct>mpl<>te sur t.'ui^-s les ques- 
tions clA^çricullure tropiralc- T«'U8 I<*fl nmis, ariirli'K par k*H 
agfOtH s(-icnlil'u|Ui':t du nnuvcriu-iiieiK l't par dis l'Iuntt^urfl 
rcniminu'S. Comuiuniralioc» de ttpéi'taltstes Hur \v (lauut- 
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Mi^me ailrcss.' : I Annuaire <le Ceylan <l lis Manuels «lu i afi', du 
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31 Mai 1907. 



Journal d'Agriculture Tropicale 



somaïAif^E 



ETUDES ET DOSSIERS 

Pages. 

G. VERT : Culture rationnelle du Café 
sans abri. Résistance à l'insolalion 
par l'évaporation 131 

L. H.\rTEFEUILLE : Ee Sisal et les 
Agaves textiles dans l'Inde anglaise 
et en Indo-Cliine; conclusions de 
l'enquête 134 

E. BAILLAUD : Les " Quarantaines " 
agricoles; la législation nouvelle des 
colonies anglaises de l'Afrique du 
Sud et de l'ile d'Hawaï. ....... 137 

Le roulage du Thé et les rouleurs 
modernes ; les rouleurs Marshall . . . 1 V2 

PARTIE COMMERCIALE 

(Cours, Statistiques, Débouchés, etc.) 

HECHT FRÈRES irr C'" : Bulletin men- 
suel du Caoutchouc 147 

A. ET E. FOSS.\T : Bulletin mensuel du 
Coton _i/t7 

(î. DE PRÉAUDET : Bulletin mensuel du 

Sucre Ii9 

H. VERMUND : Bulletin mensuel du Café. 130 
A. ALLEAUME : Bulletin mensuel du 

Cacao (Revue de fin d'année) loi 

VAQUIX El- SCHWEITZER : Fibres de 

corderie et de brosserie, etc 132 

ROCCA, TASSY et DE ROUX : Mercuriale 

des Huiles et Graines grasses 153 

TAYLOR ET Co. : Mercuriale africaine 
de Liverpool 133 

GEO. ERNST : Produits de Droguerie. — 
Produits divers 13i 

J.-H. GREIN : Mercuriale de quelques 
Produits d'Extrême-Orient 136 



ACTUALITES 



LIBRARy 
NEW YORK 
'WTaNICal 



(GorresponJani-e, Informations, I'\-trails, etr i 

Pages. 

Rendement de la culture du Bananier à 
Cosla-Rica 14g 

A. PEDROSO : A propos de l'Igname 
de Cuba irjg 

0. LABROY : Le Rorako iI',ir/;i,i.ionia 
nculi'a'a) comme arbi-e d'oinbroge à 
Java l,j,7 

J. KE.\NY : Amendement de Salants par 
les superpliospliates d'os dans llndel 13S 

Préparation du Gingembre pour le mar- 
ché (d'après M. C.-A. Hahuet) 15? 

Les Arachides américaines et l'huilerie 
(d'après R. P. Skinner) 166, 

BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE 

(^ur ]ia[)icr l'ii-ii) 

Livres nouveaux, ;5S 13S0-1359. — Prin- 
cipaux sujets traités : Culture du lin, 
Maladies du lin ; Culture du cotonnier 
en Algérie, les meilleures variétés à 
prendre, frais de cette culture, béné- 
fices : Culture du riz aux Philippines, 
essais du riz Carolina Golden; h^pidémie 
du bétail, eu 1903, aux Philippines; 
Culture de la canne à sucre; Expé- 
riences d'hybridation sur les cilrus; 
Conseils sur la coca; Maladies du 
Théier, de l'Hevea, du Cacaoyer, du 
Coton, de l'Arachide à Ceylan; L'api- 
culture et la sériciculture à Ceylan ; 
Latex de l'hevea, sa composition chi- 
mique; Eucalyptus à planter dans les 
régions subtropicales; Compte de cul- 
ture; Graines et plantes importées aux 
E.-U. depuis 190.'j,avec nombreux ren- 
seignements; Sélectionnement des lé- 
gumineuses fourragères par les procé- 
dés de multiplication artificielle, v, xv, xvh 



FIGURES 

Fig. 3. — Rouleur Jackson à simple efTet I43 

Fig, 6. — Rouleur Jackson à double effet I44 

Fig. 7. — Rouleur Jackson " Little Giant " 145 



FLEM 



CAIVIPEIVIENTS COMPLETS - IVIEUBLES COLONIAUX 

Tenli's. l'opolles. Mal/es. Phavmacie, etc., Lits genre anglais, Sii"jes et Tables pliants 

jyjons FLEji et PICOT réunies S "^'son principale 40, rue Louis-Blanc, Pans. /CîtaloguesX 
T,'i.-.|.i,.in.<s: 422-17 ri 314-22 ( SuccuTsale . 5. TUS R chelieu, Paris. l franco ) 



130 



.KiIKN.M. DAC.KlCULTIItF. TliOl'ICALl-: iN» 71 - Mu 1!K)7 



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Septième A^née 



N° 71 



.•{1 Mai 1!)07 



Journal d'Agriculture Tropicale 



Culture rationnelle du Café sans abri 

La ((uestion de la résistance à Tinsolalidn par l'évaporation. — Impoitance de la richesse du sol en eau. 

Abri l't irrigation souterraine. 

Par M. Germami Veut. 



L'aflinnalioii cohIciur' dans mon arlicle 
du 31 août dernier, i|iio la ciilhue ralion- 
nello du café éUiil la cnllure sans abri, 
ayant provoqué des proteslalions; qu'il me 
soit permis de revenir sur lo même snjel, 
pour mieux l'aire comprendre ma pensée. 

Je crois ([ue la principale raison de ces 
protestations se trouve dans ce fait que l'on 
n'a pas assez remarqué que mon but, en 
écrivant ce modeste travail, était d'indi- 
quer une méthode culturale simple et peu 
coûteuse, permettant de produire lo calé à 
bon marché, et, par conséquent, de lutter 
avec avantage contre la crise de déprécia- 
tion actuelle. 

Il est tout naturel que les plantations 
officielles, pour lesquelles la question de 
main-d'œuvre n'existe pas, puisque cette 
main-d'œuvre représente un impôt, une 
corvée, une redevance, qui doit être payée 
d'une façon ou d'une autre, se trouvent, 
par cela même, liors de cause. Le plus ou 
moins de difficulté du travail incessant de 
sarclage et de binage n'entre vraiment en 
ligne de compte que pour le planteur, 
obligé de payer lo travail au prix de la 
main-d'œuvre tropicale, toujours fort 
élevée et de peu de rendement. Pour lui, 
toute disposition qui augmente d'une façon 
quelconque cette difficulté est une question 
de vie ou de mort de son entreprise, parce 
que, dans les entreprises agricoles colo- 
niales, si la fortune vient vit;e, quand tout 
marche bien, elle part encore plus vite, 
aussitôt que quelque chose cloche. 



Or, je le répète, l'abri, dans la culture 
du calé, est une cause de plus grande dif- 
liculti' de culture, de moindre rendement 
de la plantation, de dépréciation dans la 
qualité du produit, de plus rapide épuise- 
ment de la terre, de complication dans la 
manipulation de la cueillette; enfin, quoi- 
([ue cela puisse sembler un paradoxe, une 
cause lie moindre résistance à la séche- 
resse. 

Nous reviendrons séparément sur chacun 
de ces points. 

Et notez que je ne suis pas le seul à 
penser ainsi, ce qui ne prouverait pas 
grand'chose, ni pour ni contie, si je ne me 
trouvais d'accord sur la plupart des points, 
avec les conclusions du U. S. Department 
of Arjriciilture, dont je n'ai pas à rappeler 
les tendances foncièrement pratiques et 
sûres. 

Lisez le travail de 0. F. Cook, Spécial 
Agoni for Tropical Agriculture of Division 
of ISotany, publié en 1901, et intitulé 
Shade in coffee culture, et vous vous con- 
vaincrez que nous en arrivons à peu près 
aux mômes conclusions. 

Je crois même que l'accord serait plus 
complet, s'il avait envisagé la question 
d'une manière moins préparatoire, si je 
puis me servir de cette expression, et plus 
immédiatement applicable. 

Sans vouloir entrer dans des considéra- 
tions trop scientifiques, qui nous entraî- 
neraient trop loin, et ne seraient pas à leur 
place dans ce modeste travail, qu'il me; 



m 



.IULH.NAL DAdltlC.LLTl Kl-: Tlt(il'H;.\l.l-; 



.\° 71 



Mai lVtU7 



soil, pourlant. porniis de dire (iiicl(|ues 
mois du mécanisme physiolo^iqni- de l'in- 
solation, ou coup do chaleur, pour expli- 
quer comment le café peut échapper à son 
action, niùme sans abri, et dans les zones 
les plus ciiaudes du glolx'. 

Laissez-moi, d'abord, faire une remarque 
importante, (^"esl une erreur de croire (jue 
îa tempiTaturc, au soleil, varie beaucoup 
entre les tropiques, selon la latitude. J'ai 
déJM dit ailleurs que j'ai observé soi.rante- 
douze degrrs ccntigradrs [\), le long d'un 
mur blanc, à l*urto-Alcgre, capitale de Rio 
Grande du Sud, à 7 degrés au Sud du tro- 
jÀque, aussi bien que sur un appui de 
fenflre en pierre, à Miteroy, capitale de 
t'État de Rio de Janeiro, à 1 degré au Nord 
du même tropique : cela en climat mari- 
ÎJnie. J'ai, dej)uis, observé soi.iaiite deffrcs 
a ma fenêtre, à Piracicaba, Etal de Saint- 
Paul, par 22° 43' S., et 325 mètres d'alli- 
tode. Je ne crois pas que ces chiffres soient 
dépassés de beaucoup ailleurs. Ils sont, du 
ïcste, suffisants, et au delà, pour détruire 
©ntièrenient toute végétation. 

Comment se fait-il, donc, que celte végé- 
tation continue? 

C'est que le végétal, comme, du reste, 
i'animal, a un modérateur naturel, vrai 
régulateur de tempi'rature, (jui lui permet 
de résister : la transpiration. 

Tant que l'évaporalion est active, par 
suite du phénomène physique, que je crois 
de toute inutilité d'expliquer ici, il y a 
flompensation entre l'échaudement el le 
refroidissement, et la plante résiste. Si 
fiivaporation se ralentit, la température 
Hw>nte rapidement, et la plante meurt, sans 
leTOède : c'est le coup de chaleur. 

Et il ne faut pas une bien forte lempé- 
nrfure pour le provoquer. 11 suffit, comme 



(îj Nous lîiissons bien entendu, h noire distingué 
eolJaburaleur. la responsabilité de ses observations. 
Oa tait que dans certaines conditions cxlri/nies, le 
degré de chaleur indiqué par les appareils de mesure 
fçut èlre influencé par la cotnpositiou chimique du 
tent du thermomètre euiployé. Toutes les mesures 
ie température faites au soleil devraient, pour être 
ïoooparables, flre faites avec le thermomètre fronde, 
fwiT être soustraites à l'action du rayonnement 
sol&ire. — N. d. l. R. 



je lai vérilié, que les tissus soient échaulTcs 
à 4U degrés centigrades. 

La turgescence diminue, la l'i-uille se 
ramollit, se fane, cl la plante est perdue. 

Les pallies ligneuses, plus mauvaises 
conduclrices de la chaleur, ii-sistent beau- 
coup mieux, il aillant jilus (|ur, nous le 
savons, par nature, elles simt beaucoup 
moins sensibles ii son inllucnce. 

Les feuilles molles, larges, exigent une 
évaporation si active, pour résister, que 
leurs organes sont incapables de la fournir, 
el (juc, le pied dans l'eau, la plante qui les 
porte est incapable de se sauver. J'ai une 
espèce de bégonia, provenant des bois 
humides et sombres, qui est incapable de 
supporter 45 degrés centigrades. 

Cela posé, quelles seront les conditions 
pour qu'une plante puisse résister à la plus 
haute lempérulure s(daire pratique? Une 
seule : qu'elle |)nisse évaporer assez acti- 
vement [)our é<|uilibrei- la température 
extérieure. 

Celte condition sera remplie, toutes les 
fois que le sol contiendra assez il'eau pour 
fournir à la surabsorption nécessaire, et que 
les organes seront assez actifs, et volumi- 
neux pour la réaliser. Il faut ajouter, aussi, 
une condition, qui, pour être secondaire, 
n'en a pas moins sa valeur; les organes 
foliaires devront posséder une organisation 
spéciale. 

Etudions le café sous ce point de vue. 

Le système radiculaire est vaste, puisque 
j'ai trouvé des racines s'enfonçant jusqu'à 
dou/c mètres de profondeur dans le sol. De 
ce côté, donc, rien à craindre. 

Le système foliacé est plus variable. Chez 
tous ceux qui se trouvent encore à l'élat di' 
nature, ou chez qui les conditions piimiti- 
ves ont été maintenues, les feuilles ont une 
grande tendance à rester larges et molles. 
Une étude des diverses variétés (|ue j'ai pu 
avoir à ma disposition est des plus intéres- 
santes, à cet égard. 

La race acclimatée sans abri, le cafr com- 
iiiini des planteurs brésiliens, a le feuillage 
coriace, bien adhérent, vert sombre, relati- 
vement petit, et les plus fortes insolations 



N" 71 — Mai 1907 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



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sont sans action sur elle, tant que la séche- 
resse nesl pas excessive ou que les racines 
n'ont pas été détruites par un des nombreux 
parasites qui les poursuivent : larves di- 
verses, anguillules et autres. 

La race naluraiisée, le café jaune, qui 
s'est formé spontanément par les semis sau- 
vages, dans le sous-bois, a ta feuille plus 
large, plus claire, plus caduque, mais ré- 
siste bien encore. 

La race importée, plus tcM-d, des pays à 
abri, race qui a gardé, en souvenir, le nom 
de cafi- Bourbon, a les feuilles plus déve- 
loppées encore, et se montre beaucoup plus 
sensible aux sécheresses. 

Le Marariogipe, né sous des abris puis- 
samment humifères du Nord du Brésil, 
atteint un développement foliacé incroyable, 
presque égal à celui du Libéria, ce produit 
monstrueux des forêts africaines. 

Mais toutes ces considérations sont de 
peu d'importance, pour le moment. Il vaut 
mieux laisser parler les faits. 

En terra roxa, le café résiste à des séche- 
resses de quatre à six mois, avec des tem- 
pératures excessives que je n'ai aucune 
donnée officielle pour déterminer mathé- 
matiquement, mais qui ne sont nullement 
inférieures à celles que j'ai signalées pour 
Piracicaba, et cela, absolument sans abri. 
Il est vrai, que la couche de terra roxa a 
une puissance qui atteint souvent et dépasse 
cent mètres. Je ne puis donc pas me résoudre 
à croire que la température puisse imposer 
l'abri, dès que le sol se Irouvera en condi- 
tions de fournir une réserve d'eau sullisante 
pour rési.stor à la sécheresse. 

C'est là. pour moi, le vrai point à consi- 
dérer. Mais, même en cela, l'abri est au 
moins insuffisant, j'espère le prouver. 

Cet abri peut fonctionner de deux ma- 
nières : en favorisant la pénétration des 
eaux pluviales dans le sol, et, par consé- 
quent, leur emmagasinage; en conservant 
autour des caféiers une atmosphère saturée, 
ou à peu près, et, par conséquent encore, en 
empêchant, dans une certaine limite, le 
dessèchement des dits caféiers. 

Si nous considérons que les plantations 



de caféiers se font en terrain déclive, 
nous verrons ([ue, sur le premier point, 
la .stricte logique nous dira que nousdevons 
jilanternon pas immédiatement .sy;?« l'abri, 
mais au-dessom, c'est-ii-dire, plus bas que 
lui, sur la pente du terrain. Donc ici, la 
protection se réduira à l'obligation de res- 
pecter le boisement de la crête des collines 
plantées, ou de les reboiser, ce que je ne 
me lasse ptis d'enseigner depuis bientôt 
vingt ans, mais ce qui n'est pas de la cul- 
ture sous abri. 

Au sujet da second point, nous deman- 
derons, tout d'abord, s'il est si avantageux 
de tant diminuer l'évaporation, que nous 
savons être si intimement liée à la nutri- 
tion; supposant, toujours, que l'action soit 
aussi eflicace que l'os veut bien le suppo- 
ser. Pour moi, toutes les fois que j'ai pu 
réaliser ou voir réaliser une quasi satura- 
tion autour d(>s plants de café, j'ai toujours 
constaté, non moins sûrement, un éliole- 
ment immanquable, que je n'ai pu faire de 
moins que de juger incompatible avec une 
bonne et rémunératrice cueillette. Et puis, 
il faut bien le reconnaître, l'évaporation 
énorme des plantes d'abri, quelles qu'elles 
soient, compense, et bien au delà, la petite 
économie de liquide que nous pourrions 
faire ainsi. C'est absolument comme si, 
pour empêcher la déperdition de l'eau dans 
un alcaraza poreux, et économiser l'eau du 
réservoirquisertàleremplir, nous ouvrions 
en grand le robinet de ce réservoir, de sorte 
que l'alcaraza fût toujours mouillé. 

Donc, aussi bien quant à la température 
que quant à l'évaporation, je ne trouve 
aucun argument valable pour imposer 
l'abri. Plutôt mille fois l'irrigation, et, 
surtout, l'irrigation souterraine. 

Il est des cas et, en cela, je suis d'accord 
avec M. 0. F. Cook, où son action serait 
plus justifiée : comme engrais vert, quand 
les arbres employés sont des légumineuses; 
comme coupe- vent; comme soutien des 
terrains trop déclives, etc. Mais il n'est 
besoin, dans aucun de ces cas, de recourir 
à un abri, comme on l'entend générale- 
ment, en culture caféiè,re. Dans le premier 



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JOURNAL D'AGRICrLTL'Iil- THOl'ICALK 



N" 71 



Mm 10(17 



cas, il suKil irniio simple |ilMiit;iliiin iIc 
légumineusp licrijacéc, que l'on enleiie 
ensuite, ce qui est de beaucoup meilleur. 
Dans le second, une simple lit;ne d'euca- 
lyptus, ou d'all)izzia, suflira. Dans le troi- 
sième, une jilantation en terrasse bien 
faite. 

Je dois me résumer. Je ne sais si j'aurai 
eu le bonheur de porter la conviction dans 
les esprits; je n'ose l'espérer. Ce que j'ose 
croire, c'est que tous ceux qui auront vé- 
ritablement étudié, sans parti pris, les 
conditions économi(|ues des cultures tropi- 
cales, et ne chercheionl pas à adapter les faits 
à une doctrine économique ou scientilique 
préexistante, comprendront mon insis- 
tance, quand je répète : « La vérilable, la 
seule culture économique, rationnelle du 
café, est la culture sans abri. » 

Sous abri, l'aire cultivée est plus grande, 
pour le même nombre de pieds; la culture 
mécanique est impossible; les binafjes et 
sarclaf^es sont plus longs, plus fatigants et 
pluscluMs; la ([ualilé (ralcaldidecslmoindrc 
et la qualité, par conséquent, inférieure; 
les cerises sont beaucoup plus aqueuses et 
moins sucrées, donc, le traitement consé- 
cutif est plus long el l'arôme moindre. 

Et supposons môme que, dans certaines 
régions, cette culture soit im|)Ossil)le sans 
abri, malgré tous les points d'infériorité 



signalés! Quid est l'agronome, vraiment 
digne de ce nom, qui conseillera, dans un 
siècle où l'industrie est un combat sans 
merci, on la facilité des voies de commu- 
nication riMid im[)ossible le maintien des 
privilèges de cbercber la fortune et la vie 
dans une producliun clière, dont le prix à 
peine rémunérateur ne peut être soutenu 
que grâce à de Inurds tarifs de pnitection? 

Depuis quand le café est-il la seule res- 
source des planteurs, pour que l'on puisse 
dire, comme on l'a dit il y a peu de jours, que 
la baisse du café en France serait le coup 
de grâce des vieilles colonies, qui ne vivent 
que par lui ? 

C'est grâce h ces principes que l'Ktat de 
l^l-l'aul, le plus riche du Brésil, traverse 
une crise dont la gravité n'a pu échapper 
à personne, crise dont il ne se sauvera dé- 
linilivement que quand la polyculture aura 
décidément triomphé. 

Madagascar a des terres analogues à 
celles du Brésil. Il est impossible que 
l'Afrique Centrale n'en renferme pas de 
plus ou moins favorables. Bien ne force 
donc à continuerune culture ruineuse, dans 
des colonies épuisées. 

A trop aider les jambes d'un enfant pa- 
resseux, on le rend paralytique. 

D' Ckrmano Vert. 
Piracicaba. 19, janvier l'.iOT. 



Le Sisal et les Agaves textiles 

dans l'Inde Anglaise et en Indo=Chine 

État d'avancement des essais d'exploitation existants. 
Conclusions de l'unqucle de -M. L. Haltefeiili-E. 



A la suite d'une enquMe sur place au cours de 
laquelle il a visité les plantations de Powaï 
(lîonihay), Dauraclierra (.\ssam), Turcoleah et 
Dalsing-Seraï (Tirhoot, terrains salants) et maints 
autres lieux, notre ami Hactefeuillk arrive à des 
conclusions qui paraissent plutôt crues lorsqu'on 
les lit sans le contexte, c'est-à-dire sans les 
quinze pages de descriptions et de discussion (jui 
les précèdent. (Voir son rapport « J. d'A. T. », 
n» 67, § 1289.)] 



Le document est daté de juillet l'.uiii. Les deux 
entreprises de Powai et Dauracherra onl été 
décrites dans le •■ J. d'A. T. » par leurs créateurs, 
M. SuïER pour la première, M. .FHASEri pour l.i 
deuxième, qui voyaient leurs affaires sous un jour 
plus favorable, cela va sans dire. Le savant 
M. Mann, dans l'opuscule qu'il a publié avec 
M. HuNTER, successeur de M. Fr\sf.r " J. d'A. T. i, 
n" '17, !■ 1093), est également plus encourageant. 

D'autre part, la thèse de M. Hautefeuillk quant 



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JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



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à l'impossibilité de bons résultats économiques en 
terrains et climats humides, demande à être 
revue depuis que nous savons dans quelles condi- 
tions extraordinaires, prosprrent et rapportent 
certaines plantations de sisal de l'Est-Africain- 
Allemand (V. .< J. d'A. T. », n" 64). 

Quant au Foiircroi/d, sa culture semble condam- 
née partout ; il ne peut soutenir la comparaison 
avec le sisal, pas plus dans l'Inde et dans l'Est- 
Africain-Allemand où on en avait mis des quan- 
tités au déijut (V. Hi.NDORFF « J. d'A. T. ») 
que dans sa patrie même, à Maurice (V. Bo.name, 
« J. d'A. T. »). L'industrie du « Chanvre de Mau- 
rice » ne se maintient que grâce à l'existence de 
peuplements plus ou moins spontanés que l'on 
exploite sans avoir eu la peine de les créer. Ceci 
dit, voici les conclusions de M. Hautefeuille : 
L'expérience qu'il a antérieurement tentée lui- 
même à Cuba (V. « J. d'A. T. »), ajoute un poids 
considérable à l'impression que lui a laissée son 
voyage dans l'Inde ; on ne saurait donc ne pas 
examiner ses idées avec la plus grande attention. 

En ce qui concerne les conclusions de l'auteur 
pour l'Indo-Chine, nous ferons la même réserve 
vis-à-vis de nos lecteurs : nous extrayons du 
Rapport une page qui y arrive préparée, appuyée 
et mitigée par les soixante-deux pages d'enquête, 
de descriptions, de comparaisons et de discussions 
qui la précèdent. — N. c. l. R. 

Je n'ai rencontré dans l'Inde anglaise, 
écrit-il, ni une exploitation en pleine pros- 
périté ni des essais encourageants, pas plus 
au Sud qu'au Nord. Il n'y a rien de l'ait qui 
nous rapproche de la solution du problème 
posé : la culture de l'agave est-elle possible 
et avantageuse dans l'Inde anglaise'.' 

Faut-il en conclure que rien n'est pos- 
sible dans cette direction? Nullement. Les 
essais faits l'ont été dans de mauvaises 
conditions, comme à Povva'i et dans le 
Tirhoot; dans des conditions insuffisantes, 
comme dans l'Assam, oîi l'humidité du 
climat est un obstacle à la production avan- 
tageuse de la fibre d'agaves. 

Mais l'Inde est immense et renferme des 
contrées beaucoup plus favorables à la 
culture qui nous intéresse dans ce travail, 
lant dans le Nord que dans le Sud, notam- 
ment sur les mamelons rocheux du Sud, 
dans certaines parties incultes du Punjab 
et du Radjpulana, on peut espérer que les 
vrais rigida pourraient être essayés. A 
Lahore même, sur un tertre du Jardin 



botanique, où une longue sécheresse sévit, 
les agaves, quoique trop serrés et mal entre- 
tenus, sont dév(doppés et dignes d'être 
exploités. Ce sont des indications dont on 
doit tenir compte. 

Les plantations du Sud, dont on a trop 
parlé, n'existent pas. Celte affirmation 
ne s'appuie pas seulement sur mes re- 
cherches, mais sur une déclaration de 
M. Benson, directeur de l'Agriculture de la 
Présidence de Madras, qui s'intéresse à ces 
questions d'une manière toute particulière, 
puisqu'il a lui-même créé un essai modeste 
aux frais de son administration. 

Voici ce qu'écrivait M. Benson au « Jour- 
nal d'Agriculture Tropicale », en novem- 
bre 1901 ; " Aucune Compagnie ni entre- 
prise privée ne possède ici une plantation 
d'agave ». 

Je ne parlerai pas, bien qu'il soit inté- 
ressant d'en suivre le développement, 
d'un commencement de plantation de Four- 
croya par un planteur anglais dans le Sa- 
lem. Les conditions semblent favorables, 
mais l'écartement des plantes est insuf- 
fisant. 

Il est acquis en outre que nulle part, 
dans l'Inde, la fibre A' A. americana ne 
fournit un produit supérieur à la fibre d'A. 
sisalana. Lorsque le D'' Suier, dans le 
i< J. d'A. T. », affirmait cette supériorité et 
s'inscrivait en faux contre les assertions 
du prof. Warburg, de Berlin, il appuyait 
son opinion sur une confusion d'espèces. 
C'est ainsi que M. Sûter classe les plants 
sous ces noms : 1" /l. americana, var. 
rigida; 2" A. americana, var. elongata: 
3° A. americana, var. sisalana. Cela suffit 
pour réduire à néant toutes les affirmations 
que la presse spéciale a recueillies sur ce 
sujet. 

11 n'y a donc à tirer démon voyage dans 
l'Inde que cette conclusion générale : la 
culture de l'agave, plante de terrains 
pauvres et secs, avantageuse seulement en 
climat sec, est une culture qui, comme 
toutes les autres, présente ses difficultés et 
exige, pour être entreprise avec succès, 
des connaissances spéciales. 



130 



JOURNAL D'AGRICULTLUK TIK ilMC.VLl-: 



N° 71 



Mai l'.lUT 



Il n'a pas été fait on Indo-Chine d'éludés 
ou d'essais pouvant juslilier \ine opinion 
délinitive sur l'avenir de lagave textile 
dans ce pays. 

Il y a lieu de distinguer nettement, d'ail- 
leurs, leTonkin des autres parties de notre 
colonie. Au Tniikin, le climat humide et 
comportant de notables abaissements de 
température paraît défavorable à l'agave 
qui y végète et s'y présente mal. Les ter- 
rains convenant à l'agave, calcaires et secs, 
sont rares dans le Delta ; on en trouve 
cependant dans la région des OU collines. 

L'argile, les sables frais ne conviennent 
piis à l'agave. 

L'Annam doit posséder des terrains où 
l'agave se plairait, mais c'est pour nous une 
simple présomption, puis(|ue nous n'avons 
pas débarqué dans ce pays. 11 semble que 
les peuplements qu'on y trouve sont de 
nature à donner des espérances, mais nous 
ne les connaissons pas davantage et nous 
devons avertir les colons que l'exploitation 
des peu])l('ments naturels présente plus 
de diflicultés qu'on ne le croit générale- 
ment; elle oflre peu de chance de succès, 
ainsi que la preuve en a été faite dans l'Inde 
même. 

En Cocliinchine et au Cambodge surtout, 
il y aurait une étude à faire qui pourrait 
l'être rapidement et à peu de frais; de 
grands espaces incultes pourraient peul- 
ôti'e y cire consiicrés à l'agave. Resterait à 
résoudre l'importante question delà pro.xi- 
mité des moyens de transports. 

L'agave du Tonkin, importé sans doute 
de l'Asie centrale comme plante d'orne- 
ment, est VA. americana, qui y existait 
avant l'arrivée des Français ; mais il est si 
peu spontané qu'on ne le trouve guère 
qu'aux abords de la plupart des pagodes. 
\j Agave americana est ordinairement exclu 
de la production de la fibre, en raison du 
faible poui'centage qu'il fournit. La phy- 
sionomie que cette espèce y présente est de 
nature à inspirer les plus grandes hésita- 
tions quant à sa culture. 



l'ar contre, un |iied d',-1. /•/<-//(/«, var. 
eloiigata, se maiiilieni ])arfaitement rigide, 
mais nous avons condamné les jugements 
basés sur di's spécimens uni(|ues. De plus, 
celui dont nous parions est trop 'jeune 
encore pour servir de terme de comparai- 
son. 

Knfin, d'assez nombreux exemplaires 
d'.l. cfindi/a, var. ririjiara. se comportent 
1res bien au Tonkin et s'y développent 
merveilleusement, présentant toutefois 
une moindre rigidité des" feuilles qu'en 
climat sec. C'est une espèce à étudier sur 
une échelle moyenne et l'Administration 
devrait prendre à sa charge celte élude peu 
coûteuse. 

Cet agave mérite (|uel(|iie .itliMilion 
comme producli'ur de libre et en raison de 
sa lustieilé. Dans les parties les plus éloi- 
gnées de la |iresqu"ile hindoue, où elle est 
naluialisée et dans des conditions dissem- 
blables, au Nord et au Sud, nous avons 
rencontré de superbes rivipara, qui nous 
ont paru plus intéressants que les ameri- 
cana h côté (ios(iuels ils tranchaient, malgré 
les dimensions réduites de leurs feuilles. 
Les feuilles de l'A. vivipara sont vertes, 
atteignent \ mètre, sont peu épaisses, 
coriaces; dents marginales crochues, pointe 
terminale peu piquante ; hampe llorale de 
3 à o mètres, ramifiée, souvent vivipare, 
c'est-à-dire produisant des bulbilles au lieu 
de fruits. 

Malgré le peu d'épaisseur des feuilles, 
très droites et très régulières, donnant à 
cette plante quebiue ressemblance avec le 
Yucca, elles sont rigides et sont exploitées 
parfois pour leur libre par les indigènes, 
mais sans donner lieu à un grand com- 
merce. Nous devons ajouter (jue la libre est 
très blanche. On la demande beaucoup à 
Amsterdam, mais à la condition qu'elle 
soit présentée en écheveaux réguliers, bien 
peignés. 

La main-d'œuvre est inégalement répar- 
tie en Indo-Chine, mais elle est habile, 
endurante et souple; enfin, elle est et res- 
tera quelque temps à bas prix. C'est là une 
condition essentiellement favorable si l'on 



N» 71 _ Mai 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



137 



song;e que, dans la patrie de l'agave textile, 
au Yucalan, le prix de la journée d'un 
ouvrier agricole dépasse S francs. 

L'agave, malgré son peu d'exigence, ne 
peut devenir l'objet d'une entreprise agri-- 
cote et industrielle que si l'on remplit toutes 
les conditions voulues. Ces conditions sont 
connues, mais dans un monde restreint; 



celles que révèle la littérature agricole sont 
incomplètes. Si nous en avons signalé 
quelques-unes, c'est pour montrer que la 
question n'est pas simple, pour engager le 
colon à aller au fond des choses et, ce fond 
des choses, on ne le trouvera qu'au Yuca- 
tan môme (1). 

L. Hautefeuille. 



Les "quarantaines" agricoles 

La législation nouvelle des Colonies Anglaises de l'Afrique du Sud et de l'Ile d'Hawai. 
Défense rigoureuse contre les introductions de parasites. — La puissance des règlements intérieurs. 

Une ile sans serpents. — Un exemple à suivre. 

Par M. Emilf, Baillaud. 



On peut dire que ce qui favorise le plus 
actuellement l'agriculture tropicale, c'est 
la facilité avec laquelle colons et jardins 
d'essai peuvent se procurer les variétés de 
plantes dont la culture est la plus avan- 
tageuse en les faisant venir de leurs pays 
d'origine. 

C'est ainsi que des quantités consi- 
dérables de graines de coton américain 
sont introduites en Afrique occidentale par 
les soins des Associations cotonnières, que 
les plantations de cacao du Cameroun et 
de San-Thomé ont été créées avec des 
graines provenant des Antilles ou de l'Amé- 
rique centrale, et que le « boom » du 
caoutchouc a été rendu possible dans l'Indo- 
Malaisie, grâce aux importations des 
graines de IWmérique du Sud. 

Le malheur est qu'on ne transporte pas 
seules les graines et les boutures, mais 
qu'on introduit avec elles les parasites qui 
attaquent les plantes qui les ont produites. 

On a pensé, dans quelques |)ays, qu'il y 
avait lieu de défendre les plantes indigènes 
contre ces maladies étrangères, de la même 
manière que l'on s'efforçait de sauvegarder 
la santé des hommes, et c'est ainsi que des 
quarantaines d'une nature très originale 
ont été instituées. 

Ce sont les colonies anglaises de l'Afrique 
du Sud qui ont la législation la plus rigou- 
reuse à ce point de vue. 



Les dispositions de cette législation ont 
été prises à trois points de vue difi'érenis : 
surveillance des importations de plantes 
provenant de l'étranger, importations de 
plantes provenant d'une des colonies du 
groupe et surveillance des plantes trans- 
portées dans l'intérieur même d'une co- 
lonie. 

Des mesures analogues ont été prises 
dernièrement par le Gouvernement d'Ha- 
wai, (2) oîi le débarquement de toute mar- 
chandise susceptible de transporter des 
parasites nuisibles n'est autorisée qu'après 
une inspection très détaillée faite par le 
personnel de « l'Agricultural horticultural 
quaranline ». Au moindre insecte ou cham- 
pignon rencontré, le colis est fumigé ou 
détruit si cela est nécessaire ; les troupeaux 
et les récoltes de l'île sont ainsi protégés 
dans la mesure du possible contre toute 
maladie nouvelle. 

Il nous a paru mtéressant de reproduire 
ici quelques-unes des observations faites 
par le service de la quarantaine dans ces 
lieux régions pour montrer l'utilité de sem- 
blables institutions. 



(l;El dans l'Est Africain-Allemand, ajouterons-nous. 
(Comparez les nombreux articles que nous avons publies 
depuis six ans, sur le développement des exploitations 
de sisal dans cette colonie. — N. d. l. R.) 

(2) Second report of the Board of coramissionei s 
of agriculture and forestry of tlie territory of Ilawaï 
— Honolulu — distribué sur demande par ce service. 



138 



JUUH.NAl. U'.UiUlCLLTLRK THOI'lCALt; 



•N" 71 



Mai 1!)07 



Pour les pays anglais de l'Afrique du 
Sud, le règlement dit que l'impurtaliou de 
plantes ou de parties de plantes, racines, 
bulbes, graines, boutureh, etc., n'est au- 
torisée que par les ports de Beira, Lorenzo 
Marques, Durban, Kasl London. Port Eli- 
sabeth, Mossel Bay et Cape Town, sauf per- 
mission spéciale du Minisire de l'Agri- 
culture. 

II est interdit d'importer : 
Des eucalyptus, des acacias ou des co- 
nifères, ou toutes parties vivantes de ces 
plantes à l'exception des graines ; des 
arbres produisant des fruits à noyau pro- 
venant des parties de l'Amérique du Nord 
où existent les maladies connues sous le 
nom de « Peach ïellow » et " Peach Ro- 
sette ». 

Tout raisin U lélat frais ; tout noyau de 
pèche pouvant germer ; tous plants à 
l'exception de ceux de poiriers, pruniers, 
abricotiers, cerisiers, manguiers, pommiers, 
acceptés par le Ministère de l'Agriculture 
comme résistant aux attaques du Sc/iizo- 
nrura lanificra ; tous troncs d'arbres non 
écorcés à l'exception de ceux provenant de 
la mer Baltique et du Canada. 

Les importations de plants d'un certain 
nombre d'arbres fruitiers ont été autorisées 
pour ne pas trop gùner le développement 
des plantations, mais ces plants sont fumi- 
gés avec soin à l'acide cyanhydri(|ue. 

Les importations de plants de vigne et 
autres plantes de la famille des Vilaceœ, 
de cannes à sucre et de plantes à caout- 
chouc ne sont permises qu'au Gouver- 
nement qui doit, lui aussi, se plier à cer- 
taines mesures protectrices. 

Les importations de toutes autres plantes 
ne peuvent se faire qu'avec un permis spé- 
cial du service de l'agriculture. On ne 
peut obtenir de permis pour plus de 
tu arbres ou 100 boutures à la fois et la 
même personne ne peut importer plus de 
lOfl arbres ou 1 .000 boutures dans la même 
année. 

Les permis ne sont accordés qu'aux per- 
sonnes qui peuvent justifier qu'elles ne 
vendront pas les plantes im])ortées mais 



li's cultiveront et qu'il leur a été impos- 
sible de se procurer la môme variété dans 
le pays. Toutes les plantes ou parties de 
plantes dont l'importation a été autorisée 
sont examinées et traitées de la manière 
qui parait nécessaire. Toutes les plantes 
ligneuses sont fumigées aux frais du des- 
tinataire et sans que le Gouvernement en- 
coure aucune responsabiliti' de ce fait. 

Les colonies de l'Afrique du Sud ont 
voulu se protéger les unes contre les autres 
dans le cas où elles seraient indemnes des 
maladies sévissant dans la colonie voisine. 

Elles ont voulu également éviter des in- 
convénients qui pourraient résulter pour 
elles de la mauvaise ai>plication par l'une 
d'elles de la quarantaine et ont posé, en 
principe, qu'il serait interdit d'imfiorter, 
de colonie à colonie, les plantes dont l'im- 
portation par mer était défendue. 

En outre, pour éviter la propagation de 
parasites existant dans la colonie du Cap, 
il a été interdit de faire, d'une colonie dans 
une autre, des importations de plants de 
vigne susceptibles d'être attaiiués par le 
phylloxéra, et de pommier non grelTé sur 
des plantes résistant au Sc/uzoncura laiii- 
i/cra. 

En ce qui concerne les autres plantes, 
seules peuvent être introduites d'une colo- 
nie dans une autre celles qui proviennent 
de chez, un horticulteur produisant un cer- 
tificat fait par le service denloniologie de 
sa colonie et constatant que ses plantations 
sont indemnes de maladies. 

Toute graine ou bouture doit, du reste, 
être fumigée de façon à détruire les para- 
sites qu'elle pourrait transporter. 

Il semble que cette disposition devrait 
suffire et ([u'on ne devrait pas interdire, 
d'une manière absolue, les importations de 
certaines plantes: mais on a voulu éviter 
que (jiielque in>ecte ne s'envolàl ou ne 
s'échappât avant que la fumigation ail été 
faite. 

Ces dispositions sont complétées par la 
réglementation sur le transport des plantes 
dans l'intérieur d'une même colonie. 

Les établissements horticoles sont divi- 



N° 71 _ Mai 1907 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



139 



ses en deux catégories : les uns, appele's 
local niir!;eries, ne peuvent expédier leurs 
produits par chemin de fer; les autres, 
gênerai nurseries, ont toute liberté. Ne sont 
rangés dans cette deuxième catégorie que 
les établissements que l'inspection pério- 
dique du service entomologique a reconnus 
indemnes de toute maladie. 



Le second rapport du service de l'Agri- 
culture et des Forêts du gouvernement 
d'Hawaï vient montrer combien l'organisa- 
tion d'un pareil service de protection peut 
rendre de services lorsqu'il est dirigé par 
des personnes compétentes et soucieuses 
de leurs devoirs. 

On peut admettre, en efl'et, que les im- 
portations de fruits et de plantes faites 
dans tous les pays sont aussi infestées de 
parasites que celles qu'ont examinées les 
entomologistes d'UonoluIu. 

Les observations suivantes sont des plus 
typiques : 

En janvier, une boîte contenant des bou- 
tures de canne à sucre arriva d'Australie, 
et le service de quarantaine constata que 
ces boutures étaient attaquées par des 
larves de lépidoptères mesurant de l.o à 
20 millimètres. Ces larves perçaient des 
galeries entre les nonids et les rendaient 
impropres à la reproduction. Un grand 
nombre de pseudococcus furent trouvés 
sous les feuilles. Gomme c'était une nou- 
velle variété de canne, l'entomologiste 
essaya de tuer ces parasites sans détruire 
les boutures et se servit pour cela de bi- 
sulphure de carbone à haute dose. On 
constata que la canne à sucre ne pouvait 
pas supporter ce traitement aussi bien que 
la vigne, car si les larves furent tuées, il 
en fut de même de la plupart des boutures. 

Un autre lot de boutures de canne étant 
arrivé de Fiji, on voulut éviter que les 
insectes s'échappassent du ballot lorsqu'on 
l'ouvrirait, et on le traita par l'acide cyan- 
hydrique. La précaution ne fut pas inutile, 
car on découvrit, après l'opération, une 
larve d'un petit buprestide qui avait fait 



un tunnel presque transversal à la surface 
et quelques Dactijlopius calceulariœ à l'état 
adulte et de larve. 

Deux autres ballots de boutures de 
cannes à sucre étant arrivés du Queens- 
iand, on constata qu'elles étaient attaquées 
par un fungus superficiel formant sur la 
canne des protubérances à forme de pus- 
tules. A la base des feuilles saines étaient 
des colonies importantes de meahj Inujs 
qui s'étaient multipliées comme si elles 
avaient été dans un champ de canne à 
sucre. On fut obligé de brûler le tout après 
avoir prélevé des exemplaires de chacun 
des parasites. 

On dut de môme détruire un paquet de 
cannes provenant des Philippines et qui 
portait des lépidoptères. 

Une goélette de la colonie apporta, en 
janvier, un chargement de noix de coco 
et 15 jeunes arbres provenant de l'ile de 
Palmire. Ces arbres étaient infestés de 
petits vers différents des vers ordinaires 
du cocotier [Onnodes Blackhurni). Les 
feuilles étaient couvertes de mites micros- 
copiques qui se nourrissaient de la chloro- 
phyle. Tous ces arbres furent détruits par 
le leu, et comme on ne voulut pas faire de 
même de la cargaison, on boucha hermé- 
tiquement toutes les ouvertures des cales 
avec des bandes de papier, de manière à 
éviter la déperdition des gaz, et on fumigea 
tout le bateau avec une quadruple dose 
d'acide cyanhydrique. Les marins de ce 
bateau avaient apporté un énorme crabe 
de cocotier qui fut impitoyablement tué 
par le service de quarantaine, les règle- 
ments sur la matière interdisant tout par- 
ticulièrement son importation dans l'île 
d'Hawaï. 

Les agents du service de la quarantaine 
agro-horticole inspectent avec le plus grand 
soin, même les cargaisons qui paraissent 
les plus inoffensives. 

C'est ainsi que plusieurs bateaux chargés 
de sucre, étant arrivés de San Francisco, 
sur lest, le capitaine, qui avait été autorisé 
à débarquer son lest, dut déclarer quel 
était le point où il l'avait obtenu. C'était 



140 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICAL!- 



N" 71 — Mai liKJ" 



du sMo et (lu ^'raviorqui fut oxaminé avec 
soin pemiaiil le ilécliargenu'iit et dans 
lequel il ne fut rien trouvé d'anormal. 

Ce ne s^nt pas seulement les envois des 
simples particuliers qui sont ainsi surveil- 
lés, mais môme ceux des Stations d'essais 
officielles. Les parasites suivants Curent 
trouvés dans cinq paquets de gretVes de 
manguiers expédiés par le département de 
l'Agriculture des E. U. à un planteur de 
l'île et provenant de la Floride : Clin/sntn- 
phalits i/icff/os/jej-Dii , Aslcrolccdiiinm sfj. 
Aspidiatiis rapax et un fitngus de l'écorce. 
On les montra au destinataire, qui ne fit 
pas d'objections à ce qu'on détruisît les 
greffes par le feu. Douze orangers couverts 
de Parlatoria pergandci et de Lepidosaphes 
/fer/.j<" subirent le mémo sort. 

M. .Vlexandre Cray, le dislinguc chef du 
service d'entomologie, déclare du reste que 
les imporlalions de citrus de Floride et di' 
Louisiane devraient être interdites d'une 
manière générale parce qu'ils sont infestés 
de « moucbcs blanches » [Aleip'ode^ citri), 
qui font de si grands ravages dans ces pays 
et ([u'il est difficile de détruire par fumi- 
gation parce qu'elles s'envolent des paquets. 

La rigueur du service de la « quaran- 
taine » d'IIawaï étant connue, les expédi- 
teurs de plantes à l'adresse de cette ile 
accompagnent leurs envois de cerlilieals 
déclarant ([uo ces plantes sont exemptes de 
tous parasites. Mais cela n'est d'aucun elfet 
sur la vigilance des entomologistes. C'est 
ainsi qu'un Pidvinaria et un Lecanhon 
furent trouvés dans deux paquets de plantes 
semi-tropicales provenant de Floride et qui 
furent fumigées à la grande indignation 
de leur [)ropriétaire qui avait rei'u une 
lettre du pépiniériste l'assuranl que ses 
plantes étaient absolument indemnes. 

Cinq grandes caisses Ward expédiées par 
le Département de l'Agriculture de Was- 
hington arrivèrent accompagnées d'une 
lettre de ce service ]iorlanl qu'elles avaient 
été [jréparées avec le plus grand soin el 
qu'on espérait que les inspecteurs de la 
" quarantaine >> d'IIonolulii ne feraient pas 
Je difficultés pour les recevoir. Ceux-ci ne 



les examinèrent que plus attentivement et 
découvrirent les insectes suivants en vie : 

Coccus toiKjulus ; 

Sdts.-ielia ul.ri' (contenant des oeufs); 

l'ulvitKiria caiiwlidda; 

Lepidosaphes Beckii; 

('/iri/soi)i/>/ialiis /kuf ; 

Aspidiattis sp. 

Les deux premiers en grandes quantités. 

Les caisses furent fumigées à l'acide 
cyanhydriquc et inspectées à deux reprises 
dillérentes avant d'être délivrées à leurs 
propriétaires. 

Un navire apporta du .lapnn deuxcaisses 
contenant des arbres. L'une d'elles pdrtait 
une ouverture d'aération fermée par une 
toile métallique au travers de laquelle les 
inspecteurs a|ierrurent un grand nombre 
de chenilles du [)apillon " (îipsy » iPort/ie- 
tria dispar). La caisse nV'Iant |ia'~ fermée 
à clef, elle fut vissée pour ([ue perxiiine ne 
Fouvril pendant le debaniuement. L autre 
caisse laissait passer les branches des 
arbres sur lesquelles on trouva les mêmes 
chenilles et um^ espèce de larve de " Saw 
Fly » qui s'attaquait aux feuilles, l'our 
empêcher qu'aucun insecte éclos dans le 
voyage ne s'envolât avant la fumigation, 
les inspecleurs acbelèrent dixliuil yards 
de gaze à moustiquaire et en entourèrent 
les arbres. M. Alexaiidre Craw fait remar- 
quer que le papillon '< dypsy n inlroduil 
dans le Massachusetts il y a une trentaine 
d'années, y cause des dégâts énormes el 
qu'on a dépensé plus d'un million de dol- 
lars pour essayer de le détruire sans y arri- 
ver. Il eùl l'Ié plus simple de prendre des 
mesures analogues à celles en vigueur à 
Hawai. 

Le Service de r.Xgrieullure ijii Massa- 
chuselts a du reste reconnu l'iiianili' de 
ses elforts et s'est enfin décidé à étudier 
le procédé qui a si bien réussi à Hawai 
pour d'autres insectes, et propage actuelle- 
ment d(^s |)arasites de ce papillon, prove- 
uanl (lu .lapon, 

Le service de « quarantaine -> ne fait pas 
porter ses investigations seulenieni sur les 
gros colis, mais même sur les petits pa- 



N» 71 



Mai 1907 



JOURNAL D AGRICULTURE TROPICALE 



141 



quels de graines ou de plants envoyés par 
la poste. 

C'est ainsi que dans des paquets de bou- 
tures on trouva des larA^es de « onion fly » 
[Phorbia ceparwn), qu'il est très difficile 
de détruire, de Platysamia Cecropia et de 
P. Cj/nthia. On téléphona aussitôt aux 
destinataires pour les leur signaler, et ils 
consentirent à ce qu'on brûlât ces bou- 
tures. 

Les destinataires ou expéditeurs ne pren- 
nent cependant pas tous aussi bien la 
chose. C'est ainsi qu'en novembre et dé- 
cembre, on constata qu'un lot important 
de citrons comprenant 2.950 caisses était 
infesté d'insectes et de champignons di- 
vers ; fruits et caisses furent brûlés. Les 
importateurs assignèrent en justice le ser- 
vice de quarantaine pour lui demander des 
dommages-intérêts, et une ordonnance fut 
prise par le Conseil législatif de la colonie, 
interdisant à l'avenir « toute importation 
d'insectes nuisibles ». Les importateurs 
ont le droit de réexporter leurs marchan- 
dises, mais lorsqu'il s'agit de fruits, cela a 
lieu rarement et ceux-ci sont détruits. 

L'entrée de l'île d'Hav^aii est également 
interdite aux animaux dangereux. C'est 
ainsi qu'il n'y a pas dans ce beau pays de 
serpents; aussi le service de la quaran- 
taine se montra-t-il très ému lorsqu'en 
juin il trouva à bord d'un navire une 
caisse contenant quatorze serpents, tous 
très venimeux, qu'un imprésario avait l'in- 
tention de montrer aux populations. 

L'article 2 de la circulaire générale sur 
la quarantaine porte que « de tels animaux 
arrivant dans la colonie doivent être im- 
médiatement détruits ou réexportés. Pour 
éviter toute fraude, les fonctionnaires pré- 
sents achetèrent ces serpents de leurs pro- 



pres deniers et leur mise à mort fut 
décidée. 

Elle donna lieu à une curieuse consta- 
tation. On introduisit la boîte dans la 
cliambre à fumigation, une double charge 
d'acide cyanhydrique fut employée et, 
après quatorze minutes, on trouva que les 
serpents étaient encore en vie, alors que 
des animaux à sang chaud auraient suc- 
combé au bout de quelques secondes. On 
les remit dans le fumigateur et une qua- 
druple charge fut employée. Au bout d'une 
heure et demie, on trouva plusieurs des 
serpents encore vivants. On les plongea 
alors dans de l'alcool à 95 7" ^^ '1^ Y trou- 
vèrent entin la mort. 

Les investigations du service en qua- 
rantaine agro-horticole ont porté en 1905 
sur 104.829 colis de fruits et de plantes. 

Ce service de défense contre les animaux 
et les plantes parasites provenant de l'ex- 
térieur est admirablement complété par 
les travaux des entomologistes de l'île, qui 
recherchent et propagent les insectes utiles 
pour la destruction d'autres insectes ou de 
plantes envahissantes. On sait que cet em- 
ploi des insectes utiles a donné des résul- 
tats remarquables grâce aux travaux des 
savants de ce pays, MM. Albert Kœbele et 
KoTiNSEV. Le Journal reviendra sur cette 
question dont il a souvent parlé et qui est 
des plus importantes. 

En attendant que ces méthodes nou- 
velles soient introduites dans nos colonies, 
on peut souhaiter y voir fonctionner la 
quarantaine agro-horticole. Ce serait du 
plus grand intérêt, notamment en Afrique 
occidentale où on introduit actuellement 
toute une série de plantes nouvelles. 

Emile Baillaud. 



H2 



JOURNAL D'AGRICULTl ItE TROPICALE 



V 71 



Mai 1907 



Le Roulage du Thé et les Rouleurs modernes 

l'ne opération mécanique di'-licale : Importance d'un bon roulage. 

Le premier rouleur mécanique de Marsliall. — Les rouleurs Marshall actuels. 

Rouleurs à simple, double et triple effet. 

Par M. F. Main. 



Dans 1p processus de la fabrication du 
th^', aprfts le flétrissage naturel ou artificiL4 
de la feuille, vient le roulage. Cette opéra- 
tion brise les cellules des feuilles, ce qui 
entraîne le mélange des sucs, et aniône 
l'enzyme au conlact des matières fermen- 
tcscibles. Nous n'insisterons pas sur le dé- 
tail chimique de cette opération (|ui a été 
décrite cl analysée d'une manière remar- 
quable dans l'ouvrage de notre collabora- 
teur IM. U. Neuville, la 'fechnolo(jie du Tlii'. 
Primitivement, le roulage se faisait à la 
main : l'ouvrier prenait une poigni'C de 
feuilles et les froissait jusqu'à en faire une 
petite boule qu'il roulait dans ses mains, 
puis désagrégeait, et roulait à nouveau, 
une, deux ou trois fois. On n'a pas tardé 
à chercher à substituer la machine au tra- 
vail humain jiour cette opération lente, 
mais il faut observer que le travail était 
diflicile : le mouvement à imiter ne pouvait 
s'obtenir que par le mouvement rotatif de 
deux surfaces en présence, avec assez de 
force pour obtenir la mise en boulettes des 
feuilles, et pourtant avec assez de souplesse 
pour que les feuilles ne fussent pas déchi- 
rées, mais que seules les parois des cel- 
lules du parenchyme fussent brisées. 

Le ])reniier rouleur vraiment pratique 
fnl construit par ^I. Marshall, le fondateur 
de la maison]\larsliall. Sons etC°, de Gains- 
borougb, qui en conserve encore un petit 
modèle que nous avons pu examiner à 
Londres. Ce rouleur comportait deux par- 
ties mobiles, une table plane, et une sorte 
de boîte carrée reposant sur celle-ci. La 
table, montée sur des glissières ou des ga- 
lets, était reliée par un de ses côtés à une 
bielle lui donnant un mouvement alter- 
natif. La caisse était animée d'un mou ve- 



inent semblable, mais perpendic nlaiie à 
celui de la table, et les mouvements des 
deux bielles, au lieu d'être simultanés, 
étaient un peu en retard l'un sur l'autre, 
ce qui donnait un mouvement elliptique à 
un point quelconque de la table par rapport 
à une des parois de la caisse. In cmivercle 
lixe. indépendant, formait sommier au- 
dessus de la caisse, et, pour augmenter la 
{iression sur les feuilles, on lenionlait 
l'ensemble de la iiKiriiine contre le cou- 
vercle. 

Hien qu"im])arfail. le n'sullat obtenu dif- 
fi'rait peu de celui que donnait le roulage 
manuel. i|iii d'ailleurs devait bientôt être 
r(''alisé par les i-ouleurs du système .laek- 
son, que construit aujourd'hui la maison 
Marshall. 

Les rouleurs Jackson sont à simple ou à 
double eilet; dans les premiers, la caisse 
seule est mobile sur une table fixe ; dans les 
seconds, la table et la caisse sont mobiles. 
11 existe bien certains types de rouleurs, 
dits il triple elVet, dans lesquels le chapeau 
ou couvercle de la caisse est également 
animé d'un double mouvement de rotation, 
mais ces rouhnirs sont d'un usage excessi- 
vement restreint, et il n'existe pas de rou- 
leurs Jackson de ce type, les modèles à 
double effet répondant ;\ tous les besoins 
courants. 

Les deux premières des figures ci-des- 
sous donnent l'aspect géné'ral et quelques 
détails des rouleurs à simple elîet tig. o) 
et à double effet (fig. 6). 

Dans toutes ces machines les parties 
mobiles sont animées d'un mouvement 
circulaire au moyen de manivelles dont 
une seule est motrice, étant reliée à l'arbre 
de commande ; les deux autres ne servent 



KO 71 _ Mai 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



143 



■qu'à guider la table ou la caisse. — Cette 
disposition estvisible dans la fig. 5 quirepré- 
sente un rouleur à simple effet, sans cha- 
peau de pression. La hauteui' de la caisse 
dans ce cas est nécessairement augmentée, 
afin que le poids des feuilles qu'on y en- 
tasse supplée à l'absence de pression artifi- 



La perfection du mouvement obtenu est 
beaucoup plus visible lorsqu'on observe 
un rouleur à double effet en marche (fig. 6). 
Dans cette machine, les trois manivelles 
sont contre-coudées, et un de leurs axes est 
relié à la table, tandis que l'autre est soli- 
daire de la caisse ; la combinaison de ces 




Fig. 5. — Rouleur .lackson à simple effet, sans chapeau de pression. 



«ielle ; la capacité se trouve ainsi portée à 
180 kg. environ, demandant pour le rou- 
lage de 20 à 4.T minutes, avec une force de 
3 chevaux-vapeur. — Le chargement se 
fait par la partie supérieure de la caisse, 
librement accessible, et le déchargement 
par une trappe placée au centre de la table. 
L'absence de chapeau de pression est pré- 
férée par certains planteurs en raison de la 
meilleure ventilation qu'elle assure et qui 
donne à la feuille une couleur brillante. 



deux mouvements donne à la machine en 
fonctionnement un asp^ect humain saisis- 
sant et difficile à décrire. — La durée du 
roulage est sensiblement abrégée par la 
perfection plus grande du travail, et peut 
parfois s'abaisser à 10 minutes pour un 
chargement de 140 kg. — Notre dessin 
montre un type de rouleur à double effet 
avec chapeau de pression ; celui-ci est 
monté sur une vis, et, pour permettre de 
faire varier la pression pendant la marthe 



\u 



JOURNAL D'AGRICULTIKE TROPICALE 



N° 71 



Mu 1907 



de l'appareil, l'écrou fixe do celle vis forme pas de s'aj^glomérer en un tuul indivisible ; 

poulie à gorge et est commandé par une ces tasseaux existent dans tous les rouleurs 

chaîne facilement accessible. Ce type de- Jackson. — Au centre de la table, nous 

mande une force d'environ ï chevaux- trouvons encore une trappe de di'-charge- 

vapeur, ment, mais le chargement se fait celle fois, 




Fii;. Cl» — Rouleau .JaoU#on à iloulilc oflet, avec cliaiie.ui de pression. 



Au centre de la table on peut apercevoir 
une sorte d'excavation munie de dents ; 
celte excavation, d'une faible profondeur 
et à pentes latérales très faibles, est en elTel 
garnie de tasseaux en bois qui retiennent 
les feuilles et les boules de feuilles en con- 
tactavtc eux et impriment des mouvements 
dans- la masse même, en ne lui permettant 



à cause de la présence du chapeau de pres- 
sion, par une ouverture latérale que dé- 
couvre le relevage du chapeau, et qui se 
continue par une trémie, visible sur la 
figure. 

Nous n'insisterons pas sur laconslrulion 
des rouleurs Jackson, mais nous dirons un 
mot des diverses matières dont sont faites 



N° 71 — Mai 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



145 



ou recouvertes ces tables, en raison de cer- 
taines particularités peu connues. 

Trois substances peuvent entrer dans 
leur construction : le bois, le granit ou le 
bronze. Les tables on bois (de teck) sont 



elles ont l'avantage de se nettoyer admira- 
blement. Enfin, les tables en bronze, ou 
plus exactement recouvertes de bronze, 
durent de cinq à six ans : leur prix est 
intermédiaire entre les tables en bois et 




|Ng59 l| 
Fig. 7. — Rouleau Jackson « Little Giant ». 



très employées, mais s'usent assez vite; 
ce sont celles qui coûtent le moins cher à 
remplacer; elles sont légères et nécessitent, 
dans les routeurs à double effet, le mini- 
mum de force motrice. Les tables en gra- 
nit sont l'antithèse des tables en bois; 
d'une durée presque infinie, elles exigent 
une assez grande puissance motrice en 
raison de leur poids, et coûtent fort cher; 



les tables en granit, et la maison Marshall 
les établit sur gabarits, de façon à per- 
mettre le recouvrage facile des tables, 
après usures du revêtement; l'épaisseur 
des feuilles est de trois millimètres sur les 
parties plates, et 5 à 6 millimètres sur les 
bords de l'excavation centrale. L'usure des 
tables de bronze, qui sont les plus em- 
ployées, est surtout sensible dans les usines 



116 



JOURNAL D'AnUir.ULTLIii; TROIMCM.K 



V 71 



Mai \'.m 



où les porlos sont frcHiiii'mnient ouvertes, 
car cela laisse entrer de la poussière qui 
forme rapidement poudre d'émeri et amin- 
cit les plaques par suite du frottement con- 
tinuel. Disons cependant (|ue la caissi' d'un 
rouleur ne repose pas sur la table, un inter- 
valle de quelques millimètres les sépare; 
cha(|ue partie de la machine repose sur les 
crapaudines des manivelles (|ui l'action- 
nent. 

Avant de terminer, disons quelques mots- 
du rouleur « Little (liant » que représente 
la fiii'. 7. Cet appareil n'a pas absolument 
été créé pour les petites usines, bien iinil 
y soit souvent employé, mais surtout 
pour des essais. A cet ell'et, il est muni 
d'un chapeau de pression manœuvré seu- 
lement par un volant à main. Tl est monté 
avec deux poulies fixe et folle pour la 
marche au moteur, mais peut également 
être actionné à la main; il est bon d'ajouter 
que ce mode de mise en mai'che n'est 
prévu qu'accessoirement, le travail à la 



main ne pouvant jamais donner une régii- 
larité parfaite dans le roulage. La capacité 
de la caisse est d'une vingtaine de kilos : 
elle ne prt'sente pas de trémie lati-ralr de 
ciiargemenl : cette oi>ération s'effeelue jiar 
le haut de la caisse, après avoir fait |)ivoter 
le col de cygne qui sert de support au cha- 
peau de pression. La table est générale- 
ment en bois, mais peut être recouverte de 
bronze : elle ne se fait pas en granit. 

On voit enfin d'après la lig. 7 (ju il s'agit 
d'un rouleur à simple effet. 

l". .Main, 

Ingénieur agrononio. 

Nous sommes redevable de la plupart des ren- 
seignements ci-dessus, à l'obligeance de MM. Wnilis 
et Zimmermaii, des services couimerciau.v de la 
maison Marshall Sons et C", qui, lors d'une visite 
à leurs usines de Gainshorough, ont eu l'obligeance 
de faire spécialement monter et mettre en marche 
à notre intention leurs principales machines à thé, 
niuleurs, diviseurs, séchoirs, etc. Nous sommes 
heureux de leur réilirer ici tous nos remcrcie- 
menls. F. M. 



Développement de la culture du bananier 
à Costa-Rica. 

Dans son numéro du 8 octobre 1904 
« The Agricultural News » reproduit le 
passage suivant du Rapport consulaire 
anglais, relatif à la situation actuelle de 
l'industrie des bananes à Costa Rica ; 

« La superficie totale occupée actuelle- 
ment par les bananiers, • est évaluée à 
42.060 aères et ne cesse pas de s'accroître 
rapidement, en raison du prix de vente rela- 
tivement élevé qu'atteignent les bananes. 
Les beaux régimes sont payés ioute l'année 
1 fr. 33 aux producteurs par V u Inited 
Fruit Company » qui trouve de grandes faci- 
lités de transport auprès de la Compagnie 
des chemins de fer de Costa-Rica et du 
« Northern-raiiways ». La banane de Cof=.- 
ta-Rica jouit de la plus haute réputation ; 



c'est ainsi que dans le courant de 1903 
(sans parler des Etals-l'nis), il a été em- 
barqué régulièrement, tous les quinze jours, 
ri'iÔ.OdO régimes de fruits à destination de 
Manchester où ils se sont écoulés dans 
d'excellentes conditions. Ce nombre de ré- 
gimes exportés en 190.3 marque un accrois- 
sementde23,ll "/„ sur les chiffres de 1902. 
l^a progression des cin(i dernières anni'es 
s'établit lie la façon suivante : 189!t. 
2.902.771 régimes; 1900, :i. 520. 1(16 ré- 
gimes; 1901, 3.870.156 régimes; 1902, 
4.174.199 régimes ; 1903, 3.139.003 ré- 
gimes. 

'L' « United l''ruil Company « emploie 
4.000 indigènes à ce trafic ; depuis trois ans 
et demi, elle a planté, avec ses compagnies 
associées, 1C.303 acres en bananiers. Pen- 
dant l'année 1903, 206 paquebots ont dé- 
chargé les fruits dans les ports des Etats- 
Unis, et 23 dans le port de Manchester. 



N° 71 



Mai 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



147 



PARTIE COMMERCIALE 



Le Marché du caoutchouc. 

Chronique spéciale du •< ,1. d'A. T. ». 
Par MM. llEcnr frères et C'". 

Para. — Le marché a été faible ce mois-ci 
sous l'influence de plusieurs raisons : d'abord 
les fortes recettes de la récolte au Para, ensuite 
rabstention des fabricants américains, enfin 
le large approvisionnement des fabricants 
européens. Après une baisse lente et continue 
nous clôturons au plus bas, soit 13 fr. 00 pour 
disponible et 1.3 fr. O.j à 1.3 fr. 10 pour livrable 
juillet-aoïit. 

Les arrivages au Para pour le mois d'avril 
ont été de 4.-i90 t. contre 2.500 t. en avril 1906, 
ce qui portait le total de la récolte 1906-1907 au 
30 avril 1907 à 33.93.5 t. contre 30.310, chiffre 
de la récolte 1903-1900 au 30 avril 1906. 

Les Recettes du mois courant sont de 2.200 t. 
au 25 mai contre 2.340, chiffre du mois de mai 

1906 entier. 

Les prévisions de notre dernière mercuriale 
se sont donc réalisées et nous nous trouvons 
actuellement à la fin de la récolte avec des 
■cours bas tels qu'on ne les avait pas vus depuis 
sept.-oct., 1904, c'est-à-dire depuis presque 
trois ans. 

Les statistiques générales donnent au 30 avril 

1907 les chiffres suivants comparés à ceux d'il 
y a un an : 



1907 1906 



Sortes dn Para. 



Stocks à Liverpool. 

— à Ne\v-York. 

— au Para . . . 
ÏEn route pour l'Eu- 
rope 

— New-York. . 
En route d'Europe 

à New-York . . 

Stocks sur le Con- 
tinent 



1 135 

■im 

1040 

1 160 
500 



1585 
350 
296 

790 
910 

15 



796 3956 

■250 625 

5046 4581 
Arrivages à Liver- 
pool 1899 1543 

— à New-York. 1935 750 
Livraisons à Liver- 
pool 1620 1042 

— à New-York. 1765 776 



Arrivages au Para. 4490 2530 
Arrivages depuis 

le 1" juillet . . 33690 30.550 
Expédit. du Para 

en Europe . . . 2600 1172 
— à New-York. 2000 909 

Sories lï Afrique. 
Stocks à Liverpool. 812 



à Londres . 
— è New-York. 



Arrivages à Liver- 
pool 

— à Londres . 

— à New-York 
Livraisons à Liver- 
pool : . . . . 

— à Londres. 

— à New-York 



Stocks de t. sortes. 



859 
424 

2095 

740 
315 
1475 

583 
260 



486 
555 
320 

1361 

663 
152 



644 
151 
1468 1560 

714 1 5942 



Sernambys. — Le Sernamby Manaos a suivi 
la marche descendante du Para en tombant aux 
environs de 10 fr. .50. 



Quant au Sernamby Pérou, après une légère 
reprise qui l'a amené vers 10 fr. 40, il est 
revenu aux cours du mois dernier, soit aux 
environs de 10 fr. 

Sortes dWfriqueet d'Asie. — Les sortes inter- 
médiaires ont peu varié. 

Les Conakry Niggers valent de H fr. 35 à 
11 fr. oO. 

Les Soudan rouges de 10 fr. 75 à 11 fr. 

Les Soudan blancs de 10 fr. 15 ;ï 10 fr. 23. 

Le Gambie prima de 8 fr. à 8 fr. 10, le secon- 
daire de 6 fr. 90 à 7 fr. 10. 

Les sortes du Tonkin restent très fermes vu 
leur rareté. Le rouge prima est coté 11 fr. 35 et 
le noir 8 fr. 40 à 8 fr. 50. 

Maniçoba. — Les prix n'ont subi aucun chan- 
gement et il n'y a pas eu encore de grand arri- 
vage. Le prima vaut 10 fr. 25 à 10 fr. 60, le 
moyen 9 fr. 25à9 fr. 50 et l'ordinaire de 7 fr. 75 
à 8 fr. 50. 

Anvers. — On a vendu le 17 mai 21 tonnes 
de petits lots avec une légère baisse sur les 
taxes. 

Une vente plus importante comprenant 
364tonnesaeulieule23mai,en baisse moyenne 
de fr. 30 et 70 t. sont restées invendues. 

Havre. — La vente du premier mai n'a eu 
qu'un demi succès. Les lots vendus ont subi 
une baisse de 23 à .50 centimes. Les Batouri, 
Madagascar et Batavia sont demeurés sans 
offres. 

Le 29 aura lieu une nouvelle vente compre- 
nant 78 t. dont 20 t. du Haut-Oubanghi et 18 t. 
Batouri. 

Ceylan. — Les plantations de Ceylan ont 

subi le contre-coup de la baisse du Para. Les 

biscuits se sont payés 15 fr. 50, les crêpes de 

14 fr. à 15 fr. et les Scraps de 11 fr. 50 à 12 fr. 

Hecht frères et C\ 

75, rue Saint-Lazare. 

Paris, 26 mai 1907. 

Le marché du Coton. 

Chronique spéciale du « J. d'A. T. ». 

Par MM. A. et E. Fossat. 

Lorsque nous écrivions notre dernière chro- 
nique, nous préconisions une accentuation 



H8 



JOURNAL D'AGRICULTUHK TKUIMCALK 



N' 71 



Mai I!in7 



sensible du mouvement de hausse. Ce jour, 
nous ronslalons que la hausse des cours du 
colon continue cl ce mouvemenl ascensionnel 
est la conséquence du relard conslalé dans la 
germination de la graine aux Etals-Unis. Le 
ni;il pourrait être réparable si, comme |)Our 
les années antérieures, le fermier américain 
pouvait aisément se procurer de nouvelles 
graines, mais le planteur américain, assez im- 
prévoyant, a vendu les graines les meilleures, 
produites par la récolte 19U()-11)U7, aux l'aliri- 
cants d'huile et ne s'est réservé qu'une faible 
quantilé qu'il jugeait cependant assez impor- 
tante pour ses ensemencements de la saison 
1907-1908. 

Ktanl donné le mauvais temps qui. durant 
la saison 1900-1907, n régné dans le district 
cotonnier américain pendant de longues se- 
maines, la plante n'a produit que peu ou point 
de bonnes graines, et les mauvaises graines 
conservées pour l'ensemenceaient de la saison 
prochaine, ne germent pas ou pourrissent par- 
fois el le travail ne peut être refait par suite 
du manque de semences. 

Seuls, les avis qui nous parviennent du 
Texas, du Territoire Indien et de l'Oklahoma, 
constatent que le rot-root, ou pourriture de la 
racine de la plante, n'existe qu'en petite pro- 
portion dans ces Etats cotonniers 

L'élément spéculatif haussier, s'emparant 
des raisons citées précédemment et exploitant 
les avis de température qui, journelleiucnt, 
indiquent un temps par trop pluvieux et sur- 
tout trop froid dans toute l'étendue du district 
cotonnier aux Etals-Unis, a réussi à inquiéter 
le parti baissier et, en ce moment, nous assis- 
tons à des séances mouvementées et qui prou- 
vent à nouveau l'intérêt que le monde coton- 
nier consommateur peut avoir à se soustraire, 
par tous les moyens en son pouvoir, à la 
domination américaine, assez puissante pour 
maintenir, malgré une forte production, les 
prix de l'article .'i un niveau au-dessus de la 
moyenne, même en tenant compte de l'énorme 
consommation actuelle. 

Il est probable (jne les avis qui nous sont 
envoyés, journellement, par câble, de la part 
des maisons d'exportation américaine, sont 
parfois un peu exagérés, lorsqu'ils causent des 
dommages causés par les intempéries au sujet 
de la récolle 1907-1908, cependant, malgré la 
multiplicité des informations, il faut recon- 
naître qu'elles sont unanimes à signaler un 



relard sérieux de la récolte et alors la plante, 
moins vivace, subira plus difti(;ilement les 
grosses chaleurs en Juillet-a(n"U et les ])remiers 
froids d'octobre, si contraires à la <> lop crop » 
ou seconde pousse, qui n'est pas ?i dédaigner 
dans le cbill're linal de la production. 

Pour les autres sortes que l'américain, les 
hauts prix des cotons du Brésil ont fait repor- 
ter la demande sur les provenances de Haïti et 
de Savanilla, bien nettoyées, cette année, el 
nous avons eu à enregistrer de bonnes ventes 
pour ces deux variétés. 

La demandr continue plus que médiocre 
pour les cotons de moyenne et courte soie, el, 
en général, le dernier mouvement de hausse a 
entravé les affaires, d'autant plus que l'indus- 
trie prévoyante, ayant traité tout cet hiver de 
brillantes affaires, s'est approvisionnée pour 
quelque temps et peut se permettre de ne 
pas conlribuei' a une effervescence des prix 
par trop exagérée s'ils dépassent de beaucoup 
la cote actuelle. 

En résumé, il faut s'attendre à une nouvelle 
accentuation de la hausse, si les avis concer- 
nant la marche de la récolle 1907-1908 conti- 
nuent à être défavorables, aussi, étant donné 
les engagements sérieux de la consommation, 
engagements qui portent même sur le premier 
trimestre de 1909 ; nous ne cesserons de répé- 
ter que la culture cotonnière laissera, au plan- 
leur qui s'occupera de cultures colonniéres, 
l)ien conduites, des bénéfices très apprécia- 
bles. 

Ci-après quelques chifTres indiquant u l'en- 
vue •' de la récolte américaine au 17 mai 
(depuis le l" septembre 1900 , en balles de 
-2'H) kg. en moyenne; en regard, les statisti- 
ques des années précédentes à la même date : 

r,)06/1901 1905/1906 1904/1905 l'.)0S/1904 
12. SU. 000 lO.ïSo.OOO ll.9ii0.000 9.605.000 

L'approvisionnement visible du monde en- 
tier était, an 17 mai, en balles de 50 à 300 kg. 
selon provenance : 



1907 
3.r>7T.OO0 



1906 
2. 84». 000 



190.'; 
3.011.000 



1904 
2.176.000 



Cours du coton disponible, par sortes, en 
francs, au 21 mai, les 30 kg. entrepôt : 



Uplan'l ^Mitidlin^'i . . . 
Sca Island Extra Fine) 
Sca Islarni (Fine) . . . 

Hoïli iFair) 

Savanilla (Pair) .... 

Ci-ara (Pair) 

P(*rou dur (Good Fair). 



79 
310 
25S 

•;o 
'.'1 

liO 



Broacli (Fine) 7-î 

Bengale (Fine) &-2 

Chine (Good), 65 

Egypte Imin (Ooo.l Fair). 114 

Egypte blanc (Good Fair). 165 

Afrique Occident. iFair). 80 

Saïgon (Esrcni') 65 



N" 71 — Mai 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



149 



Autres sortes. — Cotations et renseignements 
sur demande. 

A. et E. FossAT. 

Le Havre, 21 mai 1907. 

Sucre de Canne et sous-produits. 

Chronique spéciale du « J. à' A. T. ». 
Par M. George de Phéaudet. 

ncnseiijneinenls (/éitéraux. — Les cours ex- 
cités par la spéculation ont presque été, en une 
semaine, jusqu'à 28 fr. 00, mais sont vite re- 
venus au niveau du mois dernier, plus en 
rapport avec la situation statistique de l'article. 

Nous pourrons monter un peu en juillet- 
août, mais rien ne peut faire présager un relè- 
vement sérieux et durable de nos prix. 

Le gros événement est le projet de sujipres- 
sion de la détaxe de distance. Tout le monde 
sucrier se lève en niasse contre une pareille 
mesure qui frapperait durement nos colonies 
et nos raffineries des ports. 

Si la limitation de cette détaxe semble devoir 
s'imposer pour les indigènes circulant entre 
les fabriques du Nord et les raffineries des 
ports, elle ne doit pas être touchée pour les 
Colonies. 

Un groupe s'est formé représentant les inté- 
rêts de la sucrerie et il importe qu'aucun colo- 
nial ne s'abstienne. 

Antilles françaises. — La Chambre d'Agricul- 
ture de la Guadeloupe a nommé une commission 
chargée de demander aux fabricants que la 
canne des planteurs leur soit payée sur la base 
de 6 '/^ °/o de sucre 88° au lieu de 6 "/o, ce 
qui fera revenir la tonne à 10.00 au lieu 
de 8.00. 

Les ventes des sucres Martinique ont com- 
mencé cette année, secrètement il est vrai, 
plus tôt que les années précédentes. Sans que 
l'on puisse savoir si les ouvertures ont été 
faites par les acheteurs ou les vendeurs, il est 
plus probable qu'elles sont le fait des intermé- 
diaires qui ont travaillé pour fi.xer plus rapi- 
dement la répétition de ses contrats habituels. 
Ils ont été aidés par les rafflneurs de Marseille 
qui étaient pressés de s'assurer du sucre de 
canne en grande quantité devant l'éventualité 
de la diminution de la détaxe de distance des 
indigènes et par conséquent de plus grands 
besoins d'exotiques dans tous les ports. 



Les premiers jets Petit -Bourg, Rivière- 
Salée, Lareintz ont été vendus aux raffineries 
de Marseille aux mêmes conditions que l'an 
passé. Aux mêmes conditions aussi elles ont 
pris les productions du Crédit Foncier colonial 
et de la Banque des consignations. 

Nantes a pris les premiers jets Basse-Pointe 
et Lorrain, les deuxièmes jets Basse-Pointe. 

Les deuxièmes jets Petit-Bourg et Riv. -Salée 
sont également vendus. 

Toutes ces afraires,qui s'étaient traitées l'an 
passé en juin/août, se sont faites cette année 
dès avril, certaines mêmes sont antérieures. 

Les arrivages se suivent rapidement par va- 
peurs, trop rapidement même au gré des 
réceptionnaires, surtout ceux de Nantes oii la 
chambredecommerce n'est pas outillée, ce qui 
est triste à constater, pour faire face aux im- 
portations de sucre par gros contingents. 

Réunion. — Chaque vapeur des lignes régu- 
lières apporte des invendus qui trouvent à se 
placer sans trop de difficultés de 11/4 '/» à 
11,6 ci. f. R. M. de 27 fr. 2.'5 à 27 fr. 50 c. i'. f. 
Anvers. 800 t. grains fins à la marque G. D. M, 
par « Folfo » ont été prises par notre chocola- 
terie. 

Les deuxièmes jets se placent en Angleterre 
à c. i. f. parité de 20 fr. 70 en magasin. 

Cuba. — Les recettes des trois dernières 
semaines ont été de 29.000 T., 22.000 T. etc. 

La campagne touche à sa lin et la diminu- 
tion est normale ; il ne faut donc pas chercher 
là des arguments à la hausse comme font les 
spéculateurs parisiens. La récolte actuelle aura 
été très copieuse et celle de l'an prochain 
s'annonce très bien; en effet, les pluies ont fait 
leur apparition et les conditions politiques et 
financières de l'Ile sont excellentes. 

Maurice. — Les pluies sont enfin venues; la 
végétation est on retard mais non compromise. 

Les idées de centralisation font leurchemin. 
MM. de Chazal et Co vont faire de ■< Saint-An- 
toine » la plus grande « Centrale •> du Nord ; 
elle pourra produire de 13 à 20.000 tonnes. 

Les trois <• Centrales » de Maurice seront 
donc: Aima, Mon-Désert et Saint-.\ntoine. 

La récolle de 1907 dépassera 220.000 tonnes, 
c'est-à-dire qu'elle sera la plus grande que l'ile 
ail jamais eue. 

L'.Vngleterreatraité cette semaine 1.000 bal- 
les sirop, les foncés à 11/3 acquittés, les bas 
moyens à 11/6, les bons bruns à 1 1 9, les bons 
gris à 12. 



150 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



N" 71 



Mai 1:10" 



Jnde. — D'après le " Memoranduiii gOniTal ■< 
la Euperlicie plantée en cannes a été en 1906- 
1907 de 9. .'{il:). 200 hectares, soil une augnieu- 
latiuii de 9.'J.120 lieclares sur l'année dcniiùrc. 
La production a atteint 2.2-23.400 tonne:;, soit 
une au^anentation de 97.000 tonnes. 

Les moyens d'extraction du sucre sont très 
rudimenlaires et si des usines convenablement 
Outill('es se créaient, l'Inde s'afTranchirail faci- 
lement des importations de l'étranger. 

Java. — Le « Journal des Fabricants de 
Sucre » publie sous la signature de son direc- 
teur, M. G. Bureau, un article fort bien docu- 
menté sur l'industrie sucrière dans celte co- 
lonie. Son rapide essor est étonnant grâce à 
un remar(}uable perfectionnement technique. 
De 189(i à 1900, la production a passé de 
33'k.'J9(I tonnes à 1.048.27.'i tonnes, et semble 
rester stalionnaire depuis 3 ans. 

La concentration est favorable au rendement 
économique; les 173 fabriques produisent en 
moyenne 6.000 tonnes chacune. 

Le rendement est poussé d'une façon inten- 
sive tant au.K champs qu'à l'usine. 

L'hectare a rapporté en 1903 03.038 kg de 
canne en moyenne et les 100 kg de canne 
10 kg 37 (le sucre. La proportion de bas pro- 
duits a diminué d'une façon remarquable. 

Le rendement en sucre à l'hectare a été en 
1903, de 9.034 kg premier jet et de 444 kg 
deuxième jet. 

Cette semaine, l'.Vnglelerre cotait les char- 
gements flotlanls n° 13. D. S. 111 '/, et base 96 
de polarisation 10 9. 

Auslialie. — D'après le >< British >'ase Jour- 
nal n l(> remplacement partiel de la main- 
d'œuvi-e noire par la main-d'univre de couleur 
n'a pas encore entravé l'essor de la culture de 
la canne, mais s'il est prouvé par la suite que 
la main-d'anivre canaque est indispensable 
« la colonie aura ;i enregistrer la ruine d'une 
de ses plus intéressantes industries ». 

Le Tussusland produit environ 1.5<X).000 t. 
de cannes produites par 39.000 hectares, soit 
à peu près 13 tonnes à l'arpent. Un tiers des 
cannes est coupé et manipulé par des blancs 
et le sucre ainsi produit a bénéficié de 
1" Hl.(i08de iirimes. 

G. DE Préaldet. 
Nantes, le 20 mai 1907. 



Le Marché du Café. 

Chronique spéciale du ■ J. <1'A. T. ». 
Par M. H. Vkhmumi. 

Le " Bulletin de Correspondance » du Havre 
a réuni ces jours-ci en un tableau les informa- 
tions reçues pour la future récolle 19071908. 
depuis aoi"!! dernier jusqu'à mai courant. 

Il est instructif et amusant de suivre la 
marche des prévisions elles appréciations plus 
ou moins contradictoires des divers corres]ion- 
danls. 

En aotlt, pas d'indication de tloraison, mais 
les arbres semblent épuisés. 

En septembre, la future récolle parait être 
sérieusement en danger, par la sécheresse 
d'abord, puis par la tempête et le froid, enlin 
jiar le mauvais état des arbres. 

En octobre, les estimations commencent, et 
avec elles les contradictions. Pour les uns, la 
floraison de septembre a bien réussi, pour 
d'autres elle a été passable, pour d'autres 
encore les arbres sont dans une très pauvre 
condition. 

Et les phropliéties se succèdent ainsi jusqu'au 
Il mai, (III une dépêche les résume toutes en 
ces t(n'mes : <( Pour Kantos, aucune information 
(ligne de foi, les estimations variant de 3 lï 
10 millions de sacs. » 

iNous voilà bien renseigm's, avec des avis 
présentant un écart du simple au double. C'est 
pourtantsur ces documents quechacun discute, 
se formeune opinion, pri'voit l'avenir et engage 
des opérations. 

La vérité est qu'on ne sait rien de ])récis; 
mais, il est probable que la récolte 1907-1908, 
sans atteindre les proportions formidables de 
celle en cours, sera encore trop forte pour 
alléger les stocks actuels. U est donc naturel 
que la spéculation se détourne du café pour 
chercher des marchandises plus intéressantes. 
Le Hrésil smillii' de la surproduction du café 
comme riliiaull de la surproduction du vin. 
N'en plante/ ])lus, la cour est pleine. 

Cours au 21 mai. Enlrepût du Havre 
I */4 % comptant; les .^lO kp. 



Santos ^'00(1 avcr.igc . 
Rio lavt^ supérieur . . 
Haïti Porl-au-Prince. 
Mexique gragé. . . . 
Porto -CaboUo ot La 

Guayra 

Ouadcloupo Hnl). . . . 
Porlo-Uico 



.% or. 



(18 



107 



Costa-Rica lav.' . . . 

Ouati^raala IavL^. ... (>8 

Saii-Salvatlor 48 

Malabar 00 

S.ilem gra^'«' 68 

Moka . 103 

Java IloUanile (bon or- 

ilinairo) C^ 



N° 71 



Mai 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



131 



Lil)('ria supt-rieur de Bourbon HO ^^ 

Java 4S » Noumi-a 9-2 » 

LibtTia dit d'Afrique. 'lO » Kouilou de Madagascar 15 » 

A'. B. — Quelques-unos des qualit(>s cotées dans le tableau 
ci-contre n'arrivent en l'ait jamais au Havre ; nous les avons 
choisies cependant comme permettant do suivre le pl^s facile- 
ment la tendance gcncrale des cours des provenances en ques- 
tion. — Dans tous les cas, nous indiquons les cours à la parité 
du Havro. — Les cafés des colonies frant.'aises bcnéticiant 
d'une dt-ta.xe de 1^9 francs par ÔO kg., il faut'diminuer leur cote 
d'autant pour la comparaison avec le reste du tableau. 



H. Vermond. 



Paris, 21 mai 1907 



Le Marché du Cacao. 

Chronique spéciale du " J. (l'A. T. n. 
Par M. Antiiime Ai.leaume. 

A défaut des chifTres générau.x de la Douane 
pour la France voici ceux du Bureau du Havre 
pour les 4 premiers mois depuis trois ans : 

190T 1905 190.J 



Entrées 
Sorties. 



7. 8159. 471 8.Ti5,227 7. 103. 73-3 
8.303.392 7. 971. SI i 7.484.9'i7 



Pour ces mêmes années, le stock en entrepôt 
était au 30 août : 7.997.314 Ivg., 9.998.010 kg., 
10.902.594 kg. 

11 ressort de ces chiffres que les importa- 
tions sont absolument normales mais comme 
les provisions sont considérablement réduites 
et probablement ne sont pas régulièrement 
réparties, la marchandise est impatiemment 
attendue et immédiatement absorbée par les 
besoins courants. Il se produit cependant d'une 
façon à peu près générale, une légère restric- 
tion de la consommation, et il est impossible 
qu'il en aille autrement, puisqu'il est évident 
que la production générale est tombée depuis 
deux ans à vingt pour cent ou environ au- 
dessous du chiffre de consommation. 

Mouvement au Havre du i<'' janvier au 15 mai 190". 



SORTES 



Stock au liportat. Béboutliés Slocii en 

31 ilèceiLb. (lu l'^jaDvier Entrepôt 

1906 au 15 mai 1907 ISmailOO? 

Para, -Maragnan 2.694 3.524 1.899 3.319 

Trinidad 113.449 6.000 14.349 8.100 

Cùle-Ferme, Venezuela . 12.428 27.846 31.706 8.468 

Bohia 3.645 11.502 11.003 4.144 

Ha'iti, République Donl. 7.542 29.902 17.861 10.583 
MartiniqueotGuadeloupe. 1.778 2.282 3.622 438 

Guayaquil 

Divers 



22.639 26.985 23.523 26.101 



Total : sacs . . . 67.175 97.941. 103.963 61.153 

contre, enl906{l"janv.). 133.913 97.395 99.247 133.061 

et en 1905 — . . 139.097 99.085 92.892 145.290 

Dans le tableau 1, fournissant la statistique 
en sacs au 15 mai, il y a lieu de considércp que 



l'Extérieur vient puiser depuis quelque temps 
sur notre Marché des quantités assez sérieuses 
et que cela contribue quelque peu à la tension 
des prix. Ceu.\-ci étaient en dernier lieu comme 
suit. . 

Cours au Havre du 1.5 mai 190G au \'.i mai 1907. 



Coups au 
15 mai 1908 

Para, Maragnan . . 68 à 71 

Trinidad 60 à 09 

Côte-Ferme, Vene- 
zuela 70 à 150 

Babia 60 à C5 

Ha'iti 45 à 65 

.Sanchez, Porto-Pla- 

ta, Samana . . . 57 à 60 

Guayaquil so à 92 • 

Martinique et Gua- 
deloupe 85 à 87 ,50 124 »i|-.'7 50 126 » .i 130 



fours au 
30 avril 1907 

106 ., àUU . 

107 .50 à 113 I 

100 » à 160 ' 

100 » à 105 . 

84 » à 102 I 



l^ours au 
15 mai 1907 

110 ..à 113 
112 ..à 115 

107 50 à 175 
103 » à 106 
90 » à 105 



94 .. .1 97 50 98 « à 103 
106 «a 116 " 110 ..à 125 



Comme en même temps les débarquements 
n'ont aucune tendance à augmenter, quoique 
arrivant à l'époque où ils sont généralement 
le plus important, 

Mouvetnent au Havre \" (quinzaine de mai 1907. 

Stock Importât. Doltouchés Stock au 

SORTES de la dt la 

précédât quinzaine quinzaine 15 mai 1907 

Para, Maragnan 3.360 408 349 3.319 

Trinidad 8.919 805 1.624 8.100 

Côte-Ferme, Venezuela . 8.IJ77 3.565 3.774 8.468 

Bahia 3.343 1.381 580 4.144 

Haïti, République Dom. 10.519 1.556 1.462 10.583 

Martinique et Guadeloupe. I.IOS 21 691 438 

Guayaqud ) 

Divers "l 



20.000 



173 



3.072 20.101 



Total : sacs . 



04.836 



7. 879 11.552 Cl. 153 



contre en 1906 134.327 12.306 14.472 133.061 

et en 1905 113.515 13.266 11.601 145.180 

non seulement il ne peut survenir de baisse 
sérieuse mais encore le marché reste à peu 
près inactif, faute de marchandise. 

Les transactions du dernier mois atteignent 
à peine cinq mille sacs, parmi lesquels domi- 
nent comme habituellement les sortes de la Ré- 
publique Dominicaine (soit environ 2.000 sacs 
seulement, de 94 à 101 fr.), les plus hauts prix 
ayant été pratiqués ces jours derniers. Les 
Haïti ont eu de leur côté l'écoulement d'un 
millier de sacs à prix de plus en plus tendus, 
soit de 83 à 98 fr., évidemment selon qualités. 

Les 2000 autres sacs comprennent en grande 
partie des Para puis quelques Venezuela, Tri- 
nidad, Grenade, Bahia, forcément en quantités 
très restreintes, pour lesquels les prix suivent 
les valeurs relatives. 

A. Alleaume. 
Le Havre, 21 mai 1907. 



152 



.IULU.NAL IJ'AGKICLLTUKE TROPICALE 



N" 71 



Mai 1907 



Fibres de Corderie et de Brosserie. 

Chronique spéciale du « J. d'A. T. ». 
Par MM. Vaql'in et Schweitzer. 

Sisal. — Pendant ce mois écoulé nous avons 
enregistré diverses fluctuations soit eu hausse, 
soit en baisse, cette dernière position a cepen- 
dant dominé et malgré que le marché soit un 
peu plus ferme ces jours derniers les prix sont 
descendus à «3 fr. 30 à 84 fr. les 100 kg. cif. 
Europe pour bonne qualité courante dispo- 
nible. 

Les provenances des Indes, de Centre Amé- 
rique sont cependant en bonne demande sans 
avoir été influencées par la faiblesse générale 
des fibres et on vient de vendre une bonne 
partie Centre Amérique en mer à 7i fr. les 
100 kg. cif. 

Manille (Abaca). — Les recettes se maintien- 
nent supérieures ;\ celles de l'an passé et i\ ce 
jour le total (."JU.OOO balles! depuis le 1" jan- 
vier, dépasse de 79.000 balles celui de Tan 
dernier. 

Les prix descendeut progressivement par 
bonds avec des essais de réaction presque 
aussitôt avortés et les dernières ventes s'éta- 
blissent aux prix suivants : 

Qualités supérioures liO » » 151 » 

Ucllos marques i3~i „ à 144 „ 

Goo.l curront Ilil 50 « 135 » 

Kair current ii-2 » à 93 » 

SupiTieur second 87 .. à SI 50 

Pair supérieur 83 50 à 84 » 

Gooil Ijrown 82 » A 8-2 50 

Le tout aux 100 kg. cif. Europe pour mar- 
chandise disponible ou pour embarquement 
avril-juin. Les prix seraient un peu plus faibles 
pour chargement à date plus éloignée. 

Lin (le la Nouvelle-Zélande iPhonnium). — 
Le marché tout ce mois a été très irrégulier en 
sympathie avec les fluctuations du manille. 
La marciiandise en mer pour l^urope est tns 
abondante, elle peut être évaluée à environ 
près de 3.000 tonnes, dont partie il est vrai en 
application de contrats précédents. 

Le marché est lourd et les prix nominaux 
sont : 

F.-iir average Wcllini.'ton '5 ft 10 M 

Oood fair 85 à » 

les 100 kg. cif. Europe. 

Les chilires suivants indiquent quelle esi 
depuis ces dernières années l'importance de la 
progression de la consommation de ce textile. 



Voici l'estimation des diverses récolles ; 

l'.H1l environ 10.000 luDnea. 



l'JO.' . 
im:i . 
I9ni . 
1905 . 



■!l .000 
■K.500 
•27.000 
•27.500 
1'i.:â>0 



Les prix cependant ont toujours été au-des- 
sus de la moyenne des cours des années précé- 
dentes. 

Maguey (Aloës Maurice). — Peu d'afl'aires 
en disponible. Quelques ventes ont été enre- 
gistrées pour expédition ; les cours s'établissent 
vers : 

Première qualili^ 73 ■ à 74 50 

Good fair 6» 50 à 09 50 

Fair 67 50 .i • • 

Ordinaire 64 50 à « . 

le toul aux IHO kg. cif. Havre. 

ZiimundQ<iui'. — Pas d'offres. 

Tampico ! Itzle). — Les exportateurs ne pren- 
nent plus d'ordres à livrer et les prix pour dis- 
ponible ont encore légèrement monté. 11 faut 
payer 1 fr. à 1 fr. .'10 aux lOÛ kg. de plus que 
nos dernières cotations pour Tula toutes classes 
et pour .laumave. 

Le Palma belle qualité est coté 66 fr. cif. Eu- 
rope marché ferme. 

Jute de Çalculla. — Sans changement. 

Jute de Chine. — Diffictlemenl obtenable le 
Tientsin à ot fr. ."iO aux 100 kg. ; le Hankow, 
n'est plus offert provisoirement. 

KapoL — Les derniers prix déjà très élevés 
colés précédeniinent se sont conlirmés par les 
ventes nouvellement notées et il est à penser 
que la hausse n'est pas encore terminée. La 
demande en efTet reste très active, et comme la 
marchandise est très rare aux divers pays 
producteurs, il devient ainsi obligatoire que la 
hausse s'accentue encore. 

Fibres de Coco. — Même situation que précé- 
demment, les ordres d'Europe aux pays pro- 
diuleurs reslenl 1res abondants, et les der- 
nières offres s'établissent comme suit : 

I" Fibres peignées pour la brosserie : 

Uonno sorte moyonno 40 à 'r2 

Itelle qunlili! '>'>'< V.i 

.Marchandise 51 ;•! 55 

supérieure, belle couleur libre longue et forte; 
2° Fibres filées pour la corderie et la spar- 
tcrie : 

Fil» gros 30 a 36 

Fils lin :« à 10 

couleur plus ou moins terne. 

Pour 111 lin 'i2 ;\ oO fr. suivant qualité et 



N° 71 



Mai 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



133 



51 à 60 fr. pour marchandise supérieure sui- 
vant régularité et finesse du fil. 
le tout aux 100 kg. cif. Europe. 

Chiendent. — Pas de changement dans la 
situation décrite précédemment. 

Cette racine devrait tenter les chercheurs de 
produits nouveaux à exporter; la plante qui 
porte ces racines existant par tout le globe, 
évidemment avec des différences de rendement 
suivant les climats, le sol, les variétés, etc. 

Haphin. — Marché assez actif, prix un peu 
plus fermes à 33/33 fr. pour bonne qualité 
courante, 67/69 fr. 30 pour belle qualité et 
80/84 fr. pour marchandise réellement supé- 
rieure aux 100 kg. marchandise disponible. 

Feuillfis. — Nous restons toujours acheteurs 
de feuilles pour ornementation, pour fabrica- 
tion de chapeaux et de pailles destinées aux 
mêmes emplois. 

Nous avons également de la demande pour 
chapeaux tressés, d'une seule pièce, quelle que 
soit la forme, quelle que soit la nuance, la 
nature de la matière employée. 

Il va un élément important d'afifaires et nous 
tenons tous renseignements utiles à la dispo- 
sition des intéressés. 

VaOUI.X et SCHWEITZER. 
Le Havre, 17 mai l'.»07. 

Matières grasses coloniales. 

Mercuriale spéciale du « J. d'A. T. ». 
Par MM. Rocca, Tassy et de Roux. 

Coprah. — Tendance : calme. — Nous colons 
nominalement, en disponible, les 100 kg. c.a. f. , 
poids net délivré, conditions de la place de 
Marseille : 



Ccylon siinilricd . 
Singapore . . . . 
Macassar . . . . 
Manille- 



62 » 
5fl » 

57 25 



Zanzibar 58 50 



Mozambique 58 50 

Saigon 58 » 

Cotonou 58 50 

Pacifique (Samoa) ... 58 50 

Océanic française ... 58 "25 



Huile de palme. — Lagos, 71 fr. ; Bonny, 
Bénin, 70 fr. ; qualités secondaires, 69 fr. les 
100 kg.; conditions de Marseille, fûts perdus, 
prix pour chargements entiers. 

Palmistes. — Guinée, 42 fr. 30 les 100 kg. 

Moicra (Bassia). — 27 fr. les 100 kg. 

Graines oléagineuses. — Marché très ferme. 
— Nous cotons nominalement : 



Sésame Bouiljay blanc, grande graine il >■ 

— — pelite graine -'lO » 

— Jatïa (à livrer) ^*i " 

— bigarré, Kurracliee ,39 50 

■ Lins Bonii)?y bruns, grande graine -0 50 



ExpcrLisos^ 

de < 



Colza Cawni'oi-e 



j Pavot Bombay 

.Marseille I ^^^.-^^ Coromandel, nouvelle recolle. 



as 

•J8 



Arachides décortiquées Mozambique -W 50 

— Coromandel, nonv. récolte .3^ 50 



Ventes connues de la semaine : néant. 
Autres matières. — Cotations et renseigne- 
ments sur demande. 

Rocca, Tassy et de Roux. 

Marseille, 21 mai 1007. 

Produits agricoles africains 

sur le marché de Liverpool. 

Mercuriale spéciale du « J. d'A. T. ". 
Par MM. Taylor and Co. 

Huile de Palme. — Depuis notre dernière 
revue, le marché a été très inactif dans la pre- 
mière semaine, prix en baisse; plus tard la 
demande était bien meilleure, les prix aug- 
mentaient environ 30/-. 

Durant la dernière semaine le marché était 
plus calme, les prix en baisse. 

Voici les cours du jour, la tonne sur place : 



Lagos £ 30. 5.. . 

Bonny, Old Calabar . -29. 15.» 

Cameroun '.'9.10.» 

Bénin iO. 7.6 

Accra 29. 3.6 



Brass, Niger, New Ca- 

labar ." £ •-'9^ ». 

Congo 29. ». 

Sait Pond 2' 10. 

Ordinaire et moyenne. 28. ». 



Palmistes (Amandes de Palme). — Durant la 
première semaine, le marché a été très inactif. 
Les prix ont baissé environ de 30/-. Plus tard 
le marché est devenu plus ferme et les prix 
sont montés avec une bonne demande. 

Voici les cours du jour, la tonne sur place : 



Lagos, Cameroun et 
qualités supérieures 
des Rivières. . . £ 18. 7.0 



Bénin, Congo . . . £ 18. 5.» 
Libéria et Sherbro. . 18. ».» 
Cote d'Or 17.17.0 



Caoutchouc. — Le marché était calme. Les 
prix en baisse. Vendu 20 tonnes Red de 4/1 à 
4/1 '/., Lumps était à 2/2 '/, Para à 4/9 '/,. 

Café. — Éléphant-Berry valait 45/- à io/S. 
Bold-Berry 3î/-à30/-. 

Cacao. — Très ferme, Côte d'Or et Victoria 
68/- à 75/9. 

Gingembre. — Sierra Leone valait de 25/- à, 
30/-. 

Piassava. — Venduo.OOObottes Grand Bassam 
£ 16.3 à £ 24. Bassam £ 18.10. Cape Palmas 



i: 



JOURNAL D AGRICULTURE TROPICALE 



:i 



Mai 1907 



\: 17 à i: 18.5. Opodo £' 25. Sierra Leone 
.\.'2i.l5. 

Cire d'abeilles. — Seulement vendu 17 blocs 
Sierra Leone à £ 7 le c.w.t. 

.Xoix de Kola. — On cote 2 ','. "à 2 '/, d. la 
livre anglaise. 

Coprah. — Pas de vente. 

Poivre de Guinée (Maniguelle). — Le prix est 
de Xi/- à 37 6. 

Fèves de Calubar. — Vendu seulement 
20 sacs à 3 d la livre anglaise. 

Arachides. — 3iî0 sacs de Balliur.st s: 16.5 à 
IG.i;;.; 3«0 sacs Rufisque à s: 18.10. et Niger 
décortiqués .f 17.2. lU.; 370 sacs i: 10.10 à 
£ 18.10. 

ChiUies (Piment enragé). — Vendu 37 sacs 
Sherbro à 2!)/-. 

On cote maintenant 2o/- à 27/6. 

jVoî'x de Karité iShea). — Sans existence, 
valeur nominale de i" 8 10 - à £ 9/10/- la 
tonne. 

Coton. — 6 7,-6 ' , la livre anglaise. 

.(/fl(s. — 4/10-4/11 les 100 livres anglaises. 

Peaux. — Bonne demande : Batliurst de 
iA Ibs. à 9 '/. d. la Ib. Sierra-Léone de 10 Ibs 
à 10 '/.. Accra de 8 Ibs à 8 '^ d. la Ib. Dakar 
à 8 d. la livre. 

Auires produits. — Cotations et renseigne- 
ments sur demande. 



Taylok and Co, 

~i, Titlicbarn Slroet. 



Liverpool, 17 mai 1907 



produit a augmenté dans lerlains pays et 
nous croyons à des cours plus élevés encore. 

Tolu : coté 2 fr. 75 à 3 fr. le kg. c. i. f. pour 
sortes claires, sans pied on obtiendrait mieux 
pour baume pur de consistance demi-ferme, 
certains acheteurs recherchant surtout la qua- 
lité et disposés à payer plus, le produit aroma- 
tique. 

/Jois. — Santal hes Indes : Tenue très ferme 
pour disponible 2.')0 fr. à 300 fr. pourpremière 
qualité, 173 fr. à200fr. pour tout venant. 

S. iNoivellk-Cai.édo.me : On cote 80 fr. à 
100 fr. suivant classement. 

B. Gavac : On achèterait bois odorant pour 
trituration. 

B. QiAssiA AMAiiA : Jamaïque et autres 
grosses billes demandées, 15 fr. à 16 fr. les 
100 kg. 

Cacaos. — Toujours fermes, bien demandés 
avec offres limitées pour disponible. 

Aux 50 kilos (entrepôt) : 

Conffo convunlionnel iJroit do 9j fr.). . . 97 à Iik) fr. 

Martinique-Giiadcloupa (droit de 52 fr.) . 1"26 à l'28 

NouvcUes-H.'bri.lps l'i") à 130 N 

Congo français M.'' à 118 

Cnfés. — Situation toujours indécise et sans 
grandes variations depui.s un mois. Le senti- 
ment baissier domine toujours. Les recettes 
actuelles d futures devant rester très fortes. 

Cote du jour, 36 fr. 

Cours : 



t^TNi-^^^Sj 



SniUos 


.%* 


15 


•Guadeloupe : 






Haïli 


« à 


50 


Bonideur . . 


118 i 


va 


.Moka trii'. . . . . 


97 i» 


113 


Habitanl . . 


107 à 


us 


Java (plus ferme) 


90 à 


105 


•Tonkin 


9-? à 


95 


•Kriinion .... 


icri à 


115 


*Nouv.-Calédonie 


.■ à 


" 



Produits de Droguerie. — Articles divers. 

Mercuriale spéciale du « .1. d'A. T. ». 
Par M. Geo. Ernst. 

' L"asU'nM[iio iiési|_^nc les produits bém-ficjant <i iule «It^laxe 
parliolto ou enlièro en raison de leur provenance -les eolonies 
fraoçaiscs. Le mécanisme cl le tarif de eo -< privil<*ire roloinal i. 
ont été exposés dans nos n"* 35 et 37. — N. d. 1. R. 

Ambretles. — Sans alFaires, petites ventes à 
75 fr. les 100 kg. 

Baumes. — CoPAHU : toujours rare et cher en 
qualité pure et claire, coté 9 fr. .50 à 10 fr. 
le kg. ]iour Colombie et 7 fr. 50 à 8 fr. le kg. 
pour Brésil. 

PÉRoi! : en hausse continue, vaut aujourd'hui 
en disponible réduit 22 fr. 50 à 23 fr. le kg. 
Pour livrable, sans garantie de délai, on de- 
mande 23 fr. c. i. f. La consommation de ce 



Ciioutrhoucs. — .VITaires plus calmes, la 
marciuindise disponible ne manque pas et le 
type Para, conducteur du marché est plutôt 
faible. 



Gambie .... 


; r.0 à 


ts 50 


Tonkin noir . . 


9 .. à 10 


Hicgo-Suarcï . 


'.) 50 à 


10 . 


— ronpe . 


10 u à 11 


Majun^a . . . 


7 » Ji 


8 . 


iNouvelle-Calé - 




Tnléar . . . . 


il .50 à 


'• > 


donie . . . . 


.. . « . 



Camphi-f. — La demande 'en raffiné reste 
bonne à prix soutenus pour C. Jai-on : 12 fr. .50 
k 12 fr. 75 1ekiï. 

Ciiu iii; Chine : en baisse par suite d"offres 
importantes, 7 fr. à 7 fr. .50 le kg. c. i. f. ; en 
disponible, il est à 8 fr. et 8 fr. 50. 

Cire d'ii/ieilles. — Plus ferme, légères va- 
riations en hausse. 

Madagascar . 170 50 k 177 ^ I Haïli .... 173 50 * 175 . 
Chili .... 177 M à 180 . I Tonkin ... IC5 » i 166 » 



N" 71 



Mai 1907 



.lOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



II 



Cires végétales. — Fermes. 

Carnauba V'O h 550 » les 100 k^. 

Blanche Japon irC. à 100 . — 

Cornes. — Sans changements. Ventes cou- 
rantes à bons prix. 

Cuirs. — Toujours faible, l'offre dépassant 
la demande. 

Ma<lagascar : breuls. vaches, secs . 100 " :i lor. .. 

—i — salés. 'tfl » à "iS " 

Guadeloupe. Marlinique : salés . . 60 » à 0-2 50 

Tonkin, vachettes sèches 110 » à 115 » 

— bufles 55 » à 60 » 

Nouméa, salés 04 » à G8 >» 

Ecorces d'oranges. — Sans changement jus- 
qu'en juillet-août pour provenance Antilles. 

Essences. — LiNALoii (Mexique) : bien tenue, 
malgré quelques petits arrivages. Cotée de 
20 fr. 50 à 21 fr. c. a. f 

Citronnelle :Ceylan) : très en hausse, cotée 
6 à G,SO entrepôt; demandée. 

Lemongrass (verveine des Indes) : toujours 
très calme; cours actuels de 13 à 15 fr. le kg. 
entrepôt suivant teneur en citral. Ces origines 
auront désormais à compter avec la production 
d'essences similaires venant de l'Indo-Chine et 
d'autres variétés des Indes, et ne retrouveront 
de bons cours que lorsque la consommation 
des dérivés de ces matières premières pourra 
s'étendre en France. 

Petit grain du Paraguay : Toujours rare et 
chère; on achèterait belle qualité fine à 38- 
40 fr. 

GÉRANIUM Bourbon : bien placée toujours et 
ferme. 

Clous de girofle : sans changements, vente 
à 12,50 le kg., disponible. 

Gommes. — Copale : de vente courante pour 
Madagascar et Congo, sur place et toujours 
acheteurs. 

Madagascar, triée, claire, dure .... 3-35 à 350 

— triée, teintée 300 à 3-20 

— sortes, sans bois 250 à -275 

— déchets, triage 25 à 50 

Congo, triée, clair 190 à -200 

Gabon, sortes 80 à 100 

Damar : Sans affaires sur place. 

Batavia (toujours ferme) 225 à 240 

Singapour l'"" nô à 180 

_ 2' 150 à » 

GuTTE : Calme, tendance ferme, quelques 
arrivages offerts. 

Bonne qualité, Siam, tU3'aux, le kg. 9 25 à 9 50 
Cambodge, sortes — 8 25 à 8 50 

Laques : tendance plus faible, les stocks 
sont assez élevés et la demande plus calme. 
Nous croyons à une réaction, les pri.K atteints 



ayant découragé certains acheteurs qui em- 
ploient les produits similaires. En disponible 
aux 100 kg. on cote : 

Eine orange, T. N 580 il 590 

Demi-fine 550 à 575 

Cerise, A. C 500 à 525 

Stigklac (Ilaïphong et Saigon) : matière 
première toujours en bonne demande, rem- 
place dans certaines industries les produits 
manufacturés (laques diverses) et d'un emploi 
courant à bon prix pour les sortes bien récol- 
tées et triées : 383 à 393 fr. les 100 kg. c.a.t. 

Résine de gaïac : Antilles. Sans affaires ai 
variations, 1 fr. 23 à 2 fr. 50 le kg. 

Racine d'ipéca. — Stationnaire, sans arri- 
vages mais sans demande. 

Rio cultivé — Minas 18 50 à 19 50 le kilo. 

Carthagène trié 15 00 à 10 » — 

Racine de jcdap (Mexique). — Quelques arri- 
vages, mais le type lourd, résineux, reste rare 
et demandé. 125 à 130 fr. les 100 kg. 

Manioc. — Fécule : plus calme; sans de- 
mande et sans stock. 

Racines : plus fermes et en bonne demande, 
l'industrie se met à travailler le produit. Sans 
offres sur place; on obtiendrait 15 à l(i fr. les 
100 kg. 

Hocou. — .\ntilles : pas d'arrivages; un loi 
de bonne pâte sur feuilles serait bien accueilli. 

Cote nominale : 32, 5t) à 33 fr. les 30 kg. 

Ralanhia. — Sans changement. 

Quinquina. — La tendance des gros marchés 
d'Amsterdam et de Londres est calme. 

Nous nous intéressons surtout aux sortes 
centre Amérique, Porto-Cabello, Carthagène. 

Séné (des Indes). — Feuilles : type 1, 80 
à 90: type II, 70 à 80 les 100 kg. c.a.f. 

Tapioca. — Toujours ferme. Rio, 32 à 33 fr. 
les 50 kg. c.a.f. ; Singapour, 53 à 36 fr. les 
100 kg. entrepôt (droit de 11 fr.); Réunion, 
62 fr. 30 les 100 kg. (acquittés). Stock réduit. 
En Réunion prochaine récolle, il s'est traité de 
grosses affaires entre 60 et 62 fr., suivant 
époques de chargements. 

Vanilles. — Au kg. acquitté, faculté d'en- 
trepôt; se maintient en bonne tendance, à 
bons prix, afTaires un peu plus calmes. 

•Réunion, Ir» qualité 32 à 38 

— tètes, queues 26 à 30 

"Madagascar 24 à 32 

' Guadeloupe 18 à 20 reclieri'jiftc. 

•Taliiti, 1" qualiti' 15 à 16 

Scychelles (rares) 32 à 35 'entrepôt, 

V'flrtîï/on (Guadeloupe). — Ferme, peu d'ar- 



150 



JOIH.NAI. D'AGHiri'LTIlll- ÏIînpirM.K 



N" 71 - Mj 



lOuT 



rivages, se maintient;'! 22-23 fr. le kg. acquitté, 
])()iir marchandise de choix. 

Toits (lulres produits. — Cotations et rensei- 
gnements à la disposition des producteurs. 

Geo. Eh.nst, 

dQ, quai «rOrlùans. 

I.e Havre, 18 mai 1907. 

Mercuriale de quelques produits 
d'Extrême-Orient 

Clironique .spéciale du i< J. li'.K. T. ». 
Par .M. J. II. Grkin. 

Gonnne lai]ue. — Depuis la baisse dont j'ai 
jviiIl' dans mon dernier article, a produit se 
Irainn assez jK'nihlement. On ne fait puinl 
d'alTrtires et les légères variations (jui sur- 
viennent de temps en temps n'ont même pas 
l'utilité d'un stimulant. En attendant, après 
avoir touché 'i.'iU fr., la T. i\. est aujourd'hui à 
environ /»75 fr. les 100 kg. c. a. f. 

Poivrp. — Toujours aussi dépourvu d'ani- 
malion. Les cours du livrable se maintiennent 
eependani el on rn est loujour.-^ à "li fr. 'iO les 
.■■)0 kg. c. a. f. pour le Saigon gris. 

Gomlj'ier. — l'^galement sans changement. 
Un a traité quelques affaires dans les environs 
de 'il fr. riO les 100 kg. c. a. f., mais, comme 



l'.^mérique semble s'intéresser davantage à cet 
article, il est possible qu'il se relève quelque 
peu. 

Topioca. — Ce produit reste extrêmement 
ferme, ce qui est d'autant plus surprenant que 
les acheteurs se rebiffent et personne. ne veut 
acheter à la cote actuelle, soit 37 fr. 30 les 
100 kg. c. a. f. Il est vrai que ce cours s'est 
jjraliquc' iiour quelques reventes [lour compte 
de spéculateurs. 

Ilncines df mnnioc. — Les producteurs sont 
revenus à de meilleures idées el on a fait des 
offres assez nombreuses à 12 fr. 30 les 100 kg. 
c. a. f. Cependant on ne fait pas grand" chose 
et il est possible que les Indes doivent baisser 
encore quelque jieu avant de tenter les ache- 
teurs. 

Fi'culea d'' uinninc l'I de sagitu. — Sans chan- 
gement. 

Cire végi'tale du Jupon. — Les prix restent 
slationnaircs. On a payé I iO fr. pi>iir du tlollant 
et on offre du livrable à l'i.") fr. lui somme peu 
d'affaires. 

Gall>!s de Chine. — Baissent toujours et on 
parle aujourd'hui de 120 fr. les loi) kg. c. a. f. 

.1.-11. (ilil IN. 

16, rue Sainlc-Cryix-di?-la-nrcloQiicrre 

Paris, 2-2 mai 1907. 



.<3^. 



ACTUALITÉS 



A propos de l'Igname de Cuba 

par M. A. Pedroî-o. 

J'ai lu avec beaucoup d'inlérèt la com- 
munication de M. E. Low, sur une ip,nanio 
remarquable de (liiba, dans le n" i)2 du 
H J. d'A. T. ". A Cuba, on cultive un grand 
nombre d'espèces de plantes, doiiuaut des 
tubercules comestibles; je pense que le 
tubercule dont parle M. I.,o\v dans sa lellre 
est ce qu'on nomme à Cuba n fiame » (qui 
se prononce enanié), nom ressemblant à 
Jiiname. 

Ces tubercules appartiennent à trois es- 
pèces nommées scienliriquement : Uio^- 
curea alata, Dioscuvcu ■■saliva et Dioscorra 



bulbifera. C'est une plante grimpante, qui 
produit le lubereiile nommé i\ Cuba fiame, 
très abondant. Ktanl très cultivé, il con- 
tient beaucoup de fécule blanche, juteuse 
et dont la masse est solide, dense; il se 
conservi' deux à trois mois en bon état, et 
pourrait par conséquent être exporté. 

Cette |ihuite esl indigène et les anciens 
indiens du pays la nommaient ajr. Au 
moyen de la culture, on arrive à avoir des 
tubercules d'un poids de 25 livres. 

Ou cultive deux autres variétés intro- 
duites à Cuita : une dont la chair est rou- 
geàlre. insipide, et la jaune d'AI'i'ique, un 
peu .iinere. 

lui plus du ùame, on cultive à (luba, les 



N° 71 



Mai 1907 



JOURiNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



157 



tubercules nommés Bonialo, au pays, et 
scientifiquement Convolviilus Batatm ou 
Ipomœa Batalm fdont il existe un grand 
nombre de variétés). 

De même on cultive beaucoup la « Ma- 
langa amarilla » [Colocana anùquonim), 
le « Guagui » (Arum collec(iim),\e « Lleren » 
[Maranla A/loiti/a), la « Malanga » [Xan- 
thosoma sagittifoliitm), le Sagii {Maranta 
arundinacea), la « Yuca » qui n'est autre 
chose que le Manihot utiliisima. 

J'ai pris ces détails dans un petit livre 
intitulé : ArboricuUura y floriciillKra Cu- 
bana, par P. F. T. qui est en vente Salud, 23, 
librairie, et a été imprimé en 1894, im- 
prenta La Uni versai, de Ruiz y hermano. 
Calle de San Ignacio, 15. La Havane. 

Il y a peut-être des erreurs dans les 
noms botaniques. Pour plus de détails, 
vous pourriez écrire au Jardin d'essai de 
Santiago-de-las-Negas, les noms vulgaires 
des tubercules. h'If/na?)ie, la Malanga, la 
Bonialo et la Vtcca. dont il existe de nom- 
breuses variétés, forment la base de l'ali- 
menlation des habitants. La pomme de 
terre d'Europe, nommée " papa ». est 
aussi cultivée, mais moins appréciée, elle 
constitue plutôt un mets de choix pour les 
habitants des villes qu'un légume courant 
pour les travailleurs. — Alberto Pedroso. 



La note de M. A. Pedroso établit l'existence de 
plusieurs espèces d'ignames dans l'île de Cuba en 
même temps qu'elle nous renseigne sur d'autres 
plantes alimentaires dont les noms indigènes sont 
rarement mentionnés dans les ouvrages spéciaux. 

Notre excellent collaborateur considère l'igname 
signalée par M. Low comme se rattachant au Dios- 
corea alata, ce qui est fort possible étant donné 
que cette espèce, des plus appréciées, se trouve lar- 
gement disséminée dans toutes les régions tropi- 
cales. Enregistrons cependant la contradiction 
qui existe sur ce point entre A. Regnoso, auteur 
de X Agricultura de tos indigenos de Cuba et de Haïti 
et P. F. T., qui a écrit V Arhoricidlura y floricultura 
Cubana. Selon Ueguoso, la plante cultivée à Cuba 
sous le nom de name ne serait pas le D. alata L., 
mais le D. Berteroana Kth., tandis que l'igname 
désignée par les indigènes sous le nom de « aje » 
se rapporterait au D. triloba Wild. Ces trois 
espèces donnent des tubercules également volu- 



mineux, mais de forme et de qualité différentes; 
le D. Berteroana ne fournirait que des tubercules 
très durs, moins appréciés que ceux des deux 
autres espèces. 

Quant aux D. sativa et D. bidbifera, ce sont des 
espèces assez douteuses, sur la distinction et l'im- 
portance desquelles lee auteurs ne sont pas 
d'accord; les tubercules du D. bidbifera seraient 
d'une grande àcreté. 

Nous n'avons pu trouver d'indications sur l'Arum 
collectum (Guagui), qui pourrait bien être un Alo- 
casia ou un Xanthosoma. — N. d. l. R. 

Le Rorako (Parkinsonia aculeata) comme 
arbre d'ombrage à Java 

D'après M. A. -F. IIekrmann, 
par 0. Labroy. 

Nous trouvons dans une revue publiée 
à Java, « Tijdschrift voor Nijverherden 
Landbouvv» (n° de juillet 19Ô5), la repro- 
duction d'une note de M. A. -F. IIehhmann, 
directeur de l'exploitation de Djebroeng, 
au sujet de l'emploi du " Rorako » (Par- 
kinsonia aculeata) comme arbre d'ombrage 
dans les plaatations de cacaoyers et de 
poivriers. 

Le Parkinsonia aculeata est une légu- 
mineuse ca?salpiniée originaire de l'Amé- 
rique tropicale et non des Iles Moluques 
comme l'indique l'auteur de la note pré- 
citée à laquelle nous empruntons les détails 
suivants : 

« Le '■ Rorako '" est un bel arbre de 
10 mètres de hauteur. Ses avantages le 
désignent comme l'une des meilleures 
espèces d'ombrage ! 

1° Il se bouture facilement. 

2° L'enracinement et la végétation sont 
rapides. 

3° Les racines sont plutôt superficielles 
et pourvues de nodules bactériennes qui 
enrichissent le sol en azote. 

4° Le feuillage peu épais, persistant et 
très beau se referme pendant la nuit et 
ne s'oppose nullement à la formation de 
rosée. 

5" L'arbre se prête bien à la taille, ce 
qui permet de lui donner la forme, la 
hauteur et l'épaisseur désirables. 



i:j8 



JOrKNM> DAiiKIGULTLUE TIIOPICALE 



li 



Mai l'.tUT 



Le " Rorako " a t'té Ironvô supérieur aux 
autres essences pour la l'orniatioii di^s haies 
très défensives. Jl a Inurni les rneillfiiis 
l'ésullats dans une planlalion de cacaoyers 
cl de [)oivriers : les arbres l'dani élèlés à 
10 mètres de hauteur prociii'ainil aux 
jeunes cacaoyers un omhrai^e sul'iisant, 
tout en laissant pénélicr facilement l'air et 
la lumière indispensables à une bonne 
végétation. 

Enfin , le Parhinsunia aciili'uta n'est 
attaqué par aucun insecte ou autre ennemi; 
la dureté de son écorce le niel à l'aliri des 
" rajaps ". » 



Indépendamment du bouturage, que 
M. llerrmann lecommande spécialement, 
il y a lieu de signaler le semis |»our les 
localités où l'espèce n'existe pas. Kn moins 
d'un an, nous avons obtenu |)ar ce procédé 
des arbres de ,") à G mètres; dans ce cas, on 
doit Intervenir fréquemment pour tailler 
et provo(|uei' la ramilication des sujets qui, 
sans celte opération, resteraient trop grèli's 
pour donner un ombrage convenable. 11 
faut également supprimer progessivement 
les branches de la base dont le rapide 
allongement deviendrait bientôt un incon- 
vénient pour la circulation, en raison des 
fortes épines qui garnissent les rameaux ; 
celle suppression a en outre pour résultat 
de luUer la croissance delà lige principale. 

Le Par/einsonia aculeata constituerait 
certainement d'excellentes clôtures défen- 
sives ; c'est peut-être là son principal 
mérite. 

0. L. 

Amendement de Salants 
par fes Superphosphates d'os, dans llnde. 

-Noie de M. J. Ivl.n.ny. 

Nous avons, depuis longtemps, le plaisir de 
compter parmi nos abonnés M. John Ive.nnv, cliel' 
d'une usine d'engrais chimiques dans la prési- 
dence de Madras. Sachant qu'avant de se spécia- 
liser dans les cultures tropicales, le directeur du 
« J. d'A. T. » s'est beaucoup occupé du probM'me 



si curieux des terrains salants, .M. Kknny nous 
cnlretieiil quelf|uefois de certains essais qu'il pour- 
suit concernant l'aniendement des terrains salants 
de sa conlrri- .. usars ■', << uskers " des indii^ènes, 
<< alkali lands » des Kuropéens. Le i'alanl est 
appelé " reh >). 

Il nous en parlait encore dans la lettre coiiU- 
nanl l'hypothèse chimique Iri'-s coiileslable sur la 
liaisse des cafés de l'Inde, ([iie nous avons publiée 
dans le n° 6.'). .Nous avons préléré séparer les deux 
sujets qui n'oni t^m'-re de rapport outre eux. Voici 
donc ce (\\\f. .M. Kkn.nv nous dit di>s terrains- 
salants : 

(• .le ne juiis eii((jre en i)arler avec toute 
l'assurance vmdue, mais il est exucl que 
j'ai eu plusieurs très jolis succès en fait 
dameudenient chimique de salants. Mes 
ex|)ériencesne couvrent ce|)endant pas une 
superticic ni un temps sullisanis pour en 
juger délinitiveinent. 

«' Voilà cinc|uanle ans que rameiidemenl 
des salants pri''occupe le gouverneiueut de 
llnde, mais il n'a guère eu à enregistrer 
beaucoup de succès, que je sache. Dans le 
temps, il a donné une large |)ublicité aux 
travaux de votre 1res savant collaborateur, 
le professeur E. N\'. Hii.oaud, de Californie; 
mais ce qui leur réussit là-bas. ne produit 
pas le même elfel chez nous : 

'< D'après Uu.ç.aud, en Amérique les 
salants sont riches en acide phosphorique; 
les nôtres en sont didicitaii-es à un degré- 
remarquable. Aux Etats-Unis, on peut 
drainer les salants; les nôtres couvrent 
des fonds de cuvettes où il n'y a rieii à 
l'aire en ce sens. El ainsi de suite. 

" i'iiur ma |)art, voici comment je m'y 
suis pris, cl j'oserais suggérer qu'une expé- 
rience de eonlrôle soit faile en lïgyple, par 
exemple par votre collaborateur, M. Victor 
MossÉRi, si compétent en la matière : 

(1 i\os salants contiennent une forte pro- 
portion de carbonate de soude el, je pense, 
pas mal de sullite de chaux. En y a|)por- 
lant des superphosphates d'os, on donne à 
ces sols l'acide phos|diorique qui bnir fai- 
sait défaut, en même temps (|u'on détache 
jusqu'à certain point l'acide carbonique de 
la soude, de sorte (|ue celle-ci devient bien 
moins nuisible. (Juant au sullite de chaux, 



N" 71 — Mai 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



139 



il passe peu à peu en sulfate (plaire). Ainsi, 
le salant qui empoisonnait la couche arable, 
perd de sa novicité et acquiert même un 
caractère d'engrais fertilisant. » 

John Kenny. 

Ranipettai, N. Arcot, 7 mai 190i'i. 

Préparation du gingembre pour le Marché 

D'après Î\I. C. A. Barret 

Les excellents conseils de M. Barret sont em- 
pruntés à une communication présentée par ce 
planteur, il y a quelques années, devant la section 
de Lamb's River, de la célèbre Société d'Agricul- 
ture de la Jamaïque ; nous ne croyons pas en avoir 
encore jamais rencontré d'aussi précis, sur la 
matière. La culture du gingembre n'a guère d'im- 
portance pratique en dehors de quelques localités 
restreintes, — du moins pour ce qui est des colons 
travaillant avec capitaux européens. Nous croyons 
néanmoins être agréables à nos lecteurs en met- 
tant sous leurs yeux ce document, qui complète 
utilement ceux sur la même culture, donnés dans 
les années antérieures du « J. d'A. T. ». 

— Pour rédiger notre résumé nous nous som- 
mes servis du texte inséré dans le « Indian Gar- 
dening et Planting » du 12 septembre 190.3. I.a 
communication a été également publiée bien 
entendu, dans le « Journal » de la Société d'Agri- 
culture de la Jamaïque. — N.d.l. R. 

C'est une bien longue affaire que de pré- 
parer le gingembre pour l'exportation. Les 
rhizomes étant retirés de terre, on com- 
mence par enlever les racines et la boue 
puis, on épluche; ce travail exige beau- 
coup de soins et se fait à l'aide d'un cou- 
teau d'une forme particulière. Les doigts 
et les pointes devront être soigneusement 
arrondis ; les doigts les plus petits, retran- 
chés, mais sans que la section soit appa- 
rente. C'est ainsi qu'on arrive à donner à 
la pièce un aspect régulier et engageant. 

Vient ensuite le lavage qui demande 
encore à être fait très proprement. Puis, le 
séchage, qui a lieu au soleil. A cet effet 
les rhizomes sont rangés très soigneuse- 
ment cl très régulièrement, un à un, sur 
des nattes faites exprès... Bien des per- 
sonnes il la Jamaïque sèchent encore le 



gingembre sur des planches ou des plaques 
de tôle, mais la natte est préférable, car 
elle laisse passer l'air et le gingembre se 
ressuie ainsi plus facilement. 

Pendant toute la durée du séchage le 
gingembre doit toujours rester entouré 
d'air, sinon il s'échauffe, rougit et sécrète 
une gomme qui attire la poussière et toutes 
sortes de saletés. 

Une fois que le gingembre a été mis à 
sécher au soleil, il ne faut plus le laisser 
mouiller, sous peine de le voir gonfler. Le 
séchage prend de .3 à ti jours. 

Il existe trois sortes de gingembre : le 
tumeric, le gingembre jaune et le gingem- 
bre bleu. Les deux dernières qualités sont 
en somme identiques, sauf la couleur ; au 
contraire le tumeric, qui est bleu et petit, 
a les rhizomes composés d'un plus grand 
nombre de doigts. Il se ratatine moins au 
S('ehage, enfin il a l'avantage de se gâter 
beaucoup moins facilement, même par le 
mauvais temps, pourvu qu'il soit traité 
intelligemment. 

Les rhizomes de gingembre provenant 
de plan 1 s restés en terre deux années, sor- 
tent du séchage beaucoup plus blancs et 
sont plus volumineux ([ue ceux cueillis 
sur des souches n'ayant qu'un an de végéta- 
tion. Il en résulte que si une année le gin- 
gembre est à bas prix et qu'on ne soit pas 
sur, — ça s'est vu — d'en tirer même de 
quoi couvrir les frais d'épluchage, il vaut 
mieux laisser les plantes en terre une 
année de plus : on regagnera sur la qualité 
In valeur de la récolte sacrifiée, et pourvu 
qu'on soit un peu favorisé par le m;irché, 
on aura même fait une 1res bonne affaire. 

Quand la récolte entière aura passé au 
séchage, on choisit un jour pour procéder, 
sur l'ensemble, à une opération particulière 
qui consiste à tremper le gingembre sec 
dans de l'eau bien propre, pendant une 
demi-heure; quelques personnes y ajoutent 
du jus de citron (une demi-pinte de jus 
pour 6 ou 7 gallons d'eau"). Après avoir 
été encore lavés dans ladite eau, les rhi- 
zomes sont étalés sur des nattes et lors- 
qu'ils sont ressuyés, il n'y a plus qu'à les 



IfiO 



JOURNAL DAORICULTL'KE TROPIC.MJ-; 



N" 71 — Mai 10(17 



emballer. La dilTérence entre le i,'ingenibrc 
lavé et celui qui ne l'a pas été, esl très 
apparente : le premier est bien plu? blanc, 
et plus volumineux aussi. 

Les arachides américaines et l'huilerie. 
D'après R. P. Skinner. 

Dans un rapport relatif au commerce des ara- 
chides, paru dans les n Daily Consular Reports ■■ 
de Washington, le 7 juin 1905. M. R. P. SKiNSEn, 
consul général des Etals-Unis à Marseille, donne 
sur les arachides de diverses provfMiances et plus 
particulièrement sur celles d'Amérique, quelques 
renseignements de nature à intéresser nos lec- 
teurs : 

« En 190i, il est entré dans le port de 
Marseille 182.010 tonnes d'arachides, dont 
100.971 tonnes à l'état décorti(|ué, prove- 
nant en grande partie de l'Inde et 80.049 
tonnes d'arachides en coques, importées 
surtout de la Côte Occidentale d'Afrique. 

» ... L'arachide américaine ne figun- 
pas sur le marché de Marseille parce 
qu'elle est produite en trop petite quan- 
tité (1), pour permettre aux exportateurs 
de tenter l'expérience et que, d'autre part, 
elle ne possède pas les qualités nécessaires 
pour la fabrication de l'Iinile. L'huile 
qu'elle produit esl de médiocre qualité et 
très peu abondante; les cultivateurs des 
Etats-Unis qui viseraient le marché d(>s 
graines oléagineuses seraient obligés, dans 
tous les cas, de recourir à de nouvelles 
variétés. 

« Un autre délaul de l'arachide amé'ri- 
caine est la grande diflicullé qu'elle offre 
à la trituration; elle détériore rapidement 



'1' Les États-Unis produisent cepciulnnt annuelle- 
ment 150.000 tonnes an^'laises i300.000 000 livres) d'ara- 
chides, proveniiut de 350.000 acres de cultures; com- 
parer <i J. d'.\. T. », n" .59, 5 1113 (analyse du manuel 
américain de Roper : llie l'ennui). Mais, commi' le dit 
plus loin le consul, cette masse immense d'arachides 
est destinée \ la consommation directe comme aliment 
et friandise dans le pays. — N. n. i.. lî. 



les nattes (scourlins'?) employées dans celte 

opération 'II. 

" Les défauts de l'arachide américaine 
comme graine oléagineuse sont examinés 
en détail dans un rapport paru dans les 
(< Daily (^.onsular lleporls » du 2."{ avril 1904. 

c< Les arachides récoltées aux iilats-Unis 
soni totalement consommées sous leur 
forme naturelli; ou utilisées dans la confi- 
serie. La récolte de 1901 ayant été très 
faible en Amérique, il y a même été im- 
porté pour 27. OC") dollars d'arachides de 
Marseille. Cette imporlatiou d'arachides 
ouest-africaines a montré, du reste, qu'ex- 
cellentes pour l'huileiie, elles étaient par 
contre très inférieures pour la consomma- 
tion directe, aux arachides obtenues aux 
Etats-Unis môme. 

« Ne serait-il i)as possible, se demande 
le consul, de créer une variété satisfaisant 
en même temps à toutes les exigences? Si 
cet espoir n'est pas réalisé (2), les fermiers 
devront prendre le parti de culliver une 
variété pour la consommation directe et 
une autre pour l'huilerie, 

« ... L'huile d'arachides obtient actuel- 
lement (6 avril I90o) la préférence sur 
celle de coton, à Marseille. Tandis que 
l'huile comestible d'arachides esl cotée 
7(1 fr. SO les 100 kg. sur ce marché, l'huile 
blanche alimentaire de coton vaut seule- 
luenl 46 fr. les 10(1 kg. Il convient toute- 
fois de remarquer que celle dilTérence de 
prix est exagérée et due à une pénurie 
exceptionnelles d'arachides. 

'I Les meilleures arachid(>s travaillées 
dans les huileries de .Marseille viennent de 
Itulisque. de Sine et de ('ayor, au Sénégal. 

« On s'étonne en Europe, conclut le 
consul, que les Etats-Unis n'accordent au- 
cune importance à la fabrication de* Imites 
végétales autres que celle de eoldii; la 
demande de ces huiles s'accroît cependant 
régulièrehient ». 



1 Comment cela? — N. i>. i. II. 
{2 11 y a peu de chances pour (|u'il le soit jamais, 
car il est utopique. — N. n. i • H. 



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Paraissant 
a fin de chaque mois ' 

Comité de Rédaction : 

m. y 6RISARD 
0. L&BROÏ & E. BULLADD 

Secrétaire de la Rédaction 



F-'^MAIH 

Administrateur 

R. RDBiG 



1 



AçORES, Canaries, Madère 

Cap-Vert, Sao-Thomé, Congo 

Afrique' occidentale et centrale 

Algérie, Egypte, Abyssin ie 

Erythrée, Obok, Mozambique 

Maurice, La Réunion, Madagascar 

Louisiane, Amérique centrale 

Mexique, Amérique du Sud 

Antilles, Cuba, Porto-Rico 

Pondichéry, Indo-Chine 
Philippines 

OCÉANIB 



Collaborateurs et Correspondants : 

MM. ALLEAUME (Le Ilavrol, DE ALMEIDA (AnRola), APFELRAUM (Palcsline), BALDRATI (Erythri^o) 
U. HERNARD (Paris). BERTHELOT DU CHESNAY (ConRo français). BERTOM (ParaKuav), BICHOT (Tonkinl. BO'GAERT 
(Siainl-Dominsue), BOURDE (Paris). BOIS (Paris), BONAME (Ilo Mauri.ol, D' BONAVIA (Wortliintr), BUDAN (Cuba), 
CARDOZO iMozaniliiquo), P. CARIE (Ilo Maurice), A. CHKV.\L1ER (Afncnio ofc.l, COLLETAS (Paris), COPPEN'S (Mari inique) 
A. COUTURIER (Paris). DAIREAUX (Buonos-Ayres). DELACROIX (Paris), DELIGNON-HUFFON (Annaui), DESPEISSIS 
(Ausiralio occ.), DUFOUR (l'aris), DULIEU (Ile Sainte-Lucie), ERNST (Le Havre), ESMEN.IAUD (liualémala), ESTEYE 
(Dahomev), FASIO (Al'.'er), FAUCIIERE (Madasascar), FAVRE (Paris), FIRINGA {Madagascar). FL TCHER (Bombay) 
DR FLORIS (Ma.iayasiar). A. et E. FOSSAT (Le Havre), FREE.NtAN (Lnmlrcs), GEROME (Paris). GIO^■ETT^ (Ant'ola 
GOBBETXr (Pavie). GREIN (Paris), P. DES GROTTES (Dide), R. GUÉRIN (Guatemala). HAMEL SMITH (Londres). 
L. IIAUTEFEUILLE (Tonkin), HECHT FRERES el Ci» (Paris), D'HERELLE (Guatemala), H II,GARD ICalilorniol. KARPELES 
(Calcutta), KENNEY (Bombav), KOBU.S (.lava), KOSCHNY (Costa Rica), LAURENT (Anjouan), H. LECOMTE (Paris) 
LEHMANN (Manchester). LÉ TESTU (Conjïo), LOCKART (Dominir|ue), D' LOIR (Paris), LOPEZ Y P.VPA (Mexico). 
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(Le Caire), NEGREIROS (Paris), NEUVILLE (Paris), G. NIEDERLEIN (Zittau i. S.). D' NICHOLLS (Ile Dominique). 
DOLIVEIRA FR.VG.VTEIRO (Cabinda). PAIVA D'ANDRADA (l'aris). PARIS (Saigon). PARKIN (Cambridge), PASZKIEWICZ 
(Parana), PEDROSO (Cuba), PERROT (Paris). PERRUCHOT (Conslaiitine). PITTIER (Wasiiinslon), POBEGUIN (Guinée 
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Alger. Nanlesl. ROCCA. TASSY et DE ROUX (Marseille), SAVOUR (Abvssinie), SEGURA (Mexieoi, SMERLING (Le Havre) 
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Dantas, 22). — à Uaioum (Caucase) ; M. J. Nicoladze. — à Basse-Terre (Guadeloupe), chez Adrien G. Gralenol. ~ d Berlin, chez 
R. FriedUenderund Sohn(N.\V. — Karlstrasse.ll). — à Bordeaux, chez Feret et fi ls.— «5r(J//^e. Librairie E. vonMasars(Petristrasse,6). 

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7= Anmée. N" 72. 



30 Juin 1907 



Journal d'Agriculture Tropicale 



sommAit^E 



ÉTUDES ET DOSSIERS 

0. LABROY : Sur l'exploitation des Guis 
à caoutchouc de l'Amérique centrale . 163 

AuG. CHEVALIER : Âge de fructification 
du Palmier à huile. — Caoutchouc de 
Périploca 167 

D-- MoisÉs S. BERTONI : Le Manioc au 
Paraguay 168 

E. BAILLAUD : La traction mécanique 
en foret 170 

La Riziculture au Tonkin (analyse du 
mémoire de M. Buv-Quang-Cuieu) . . . 172 

La destruction des Sauterelles 173 

La Presse aux expositions coloniales. . 176 



PARTIE COMMERCIALE 

(Cours, statistiques, DL-boucIiés, etc.) 

HECHT FRÈRES et O" : Bulletin men- 
suel du Caoutchouc 177 

A. ET E. FOSSAT : Bulletin mensuel du 
Coton 178 

G. DE PRÉAUDET : Bulletin mensuel du 
Sucre 179 

H. VERMUND : Bulletin mensuel du Café. 181 

A. ALLEAUME : Bulletin mensuel du 
Cacao 181 

VAQLIN ET SCHWEITZER : Fibres de ^ 
corderie et de brosserie, etc 18.3 

ROCCA, TASSY et DE ROUX : Mercuriale 
des Huiles et Graines grasses 181 

TAYLOR ET Co. : Mercuriale africaine 
de Liverpool 184 

GEO. ERNST : Produits de Droguerie. — 
Produits divers 183 



J.-H. GREIN : Mercuriale de quelques 
Produits d'Extrême-Orient 



Pages. 
187 



ACTUALITÉS 

(Correspondance, Informations, Extraits, etc.) 

GRESHOFF : Composition et utilisation 
des déchets de décorticage du Café. . 187 

P. QUESNEL : La culture du Tabac dans 
la province de Cantho 188 

E. LECLERC : L'exportation des Mangues. 189 

Rendements et innocuité des différents 
modes de saignée de l'Hevea (d'après 
M. Herbert Wright) 190 

Culture du Cactus inerme en Tunisie 
comme fourrage et pour le fruit 
(d'après M. L. Noël) 190 

E. B. : Farine de Banane 191 

Cacao et Coprah contre Caoutchouc. . . 192 

BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE 

(sur papier bleu) 

Livres nouveaux, §§ 1360-1372. — Prin- 
cipaux sujets traités : L'Ananas en 
Floride, cueillette des fruits, construc- 
tion et aménagement du magasin 
d'emballage; Culture du Caoutchouc 
dans la République de Panama, dans 
les établissements des Détroits; Cul- 
ture du Coton; Triage et emballage 
des Oranges, Exportation à grandes 
distances; Conditions d'irrigation ra- 
tionnelle; Essais de résistance des 
caisses d'emballage; Machines à récol- 
ter le Maïs; Culture du Tabac dans 
l'Alabama ; Monographie botanique 
des graminées des Philippines. . v, xv,xvn 



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Septiè.me Année 



N" 72 



30 Juin -1!)()7 



Journal d'Agriculture Tropicale 



Sur l'Exploitation des Guis à Caoutchouc 
de l'Amérique Centrale 

Documents de M. Roversi. — Lettre de M. Cayla. — Le produit brut est vulcanisable. — Récolte 
des fruits. — Cultures de parasites. — Espèces caoutchuutifères. 

Par M. 0. Labroy. 



Depuis qu'il a été question du caoutchouc 
de diverses Lorantliacées de l'Amérique 
centrale (V. « J. d'A. T » n" S6, S9 et 63), 
la nouvelle industrie ne paraît pas avoir 
donné lieu jusqu'ici à une véritable exploi- 
tation commerciale. M. Rovel'.si et ses 
collaborateurs en sont toujours aux essais 
préliminaires qui se poursuivent en Italie 
dans le but de trouver un outillage adapté 
à la préparation de cette gomme si spéciale. 

Sans vouloir présumer de l'issue de ces 
expériences, encouragées par une Société 
française, il peut être intéressant de signa- 
ler les résultats obtenus à ce jour en même 
temps que certains renseignements com- 
plémentaires d'ordre différent, puisés en 
partie dans un mémoire rédigé par M. Ro- 
versi et dans nos notes personnelles. 

La taxation de 7 marks 62 le kg., 
indiquée par le D"' Warburg, lui a été 
fournie par la maison Weber et Silver de 
Hambourg pour un produit de qualité 
inférieure reçu du A^énézuéla ; im échan- 
tillon préparé ultérieurement par le savant 
directeur du « Tropenpflanzer » a été coté 
de 8 mks. 30 à 8 mks. 50 le kg. Ces chiffres, 
dûment établis, montrent la valeur de ce 
nouveau produit qui, selon M. Roversi, 
aurait trouvé acheteur pour toutes quantités 
disponibles, à 10 mks. '/,{i). 

D'autre part MM. Hecht frères, consultés 



(1) Lettre datée de Caracas, mai 1906. 



au sujet d'échantillons Roversi reçus en 
mauvais état et en trop petite quantité, ont 
trouvé la gomme « peu intéressante et 
moins bonne que celle obtenue de la façon 
ordinaire en Colombie ». Ce jugement ne 
saurait toutefois avoir une valeur définitive, 
étant données les réserves faites sur l'insuf- 
fisance et l'altération de ces échantillons, 
assez comparables à ceux que nous avions 
obtenus sans pouvoir les conserver au 
delà de quelques semaines. La gomme 
dépurée et vulcanisée que nous avons vue 
depuis en excellent état de conservation se 
présentait sous un aspect très ditférent et 
possédait évidemment une plus grande 
valeur commerciale. 

Il résulte de ces différentes observations, 
confirmées d'ailleurs par Roversi dans un 
passage de son mémoire, reproduit dans le 
n^59 du«J. d'A. T. »,p. i 32, que le caout- 
chouc des fruits de Loranthacées, plutôt 
médiocre à l'état brut, s'améliore et devient 
intéressant lorsqu'il a été préparé avec soin 
et vulcanisé par un procédé particulier. 
Celle différence dans la qualité des pro- 
duits apparaît encore dans l'extrait suivant 
de M. Roversi : » En traitant les échantil- 
lons plastiques de Giordana et Knoop à 
l'aide de petits cylindres concasseurs et 
d'une machine à vulcaniser, j'obtins de 
parfaits échantillons de caoutchouc dépuré 
et vulcanisé incorporant de i à 33 parties 
de soufre. Ceux-ci envoyés en Europe par 



1G4 



JOURNAL DAGRlCULTlHt; TROPICALE 



N» 7-2 



Jn.N loin 



M. K.NOOi', en nii^nic temps que quelques 
spécimens bruis de fiiordana, destinés à 
servir de comparaison, Inurnirentles résul- 
tats sxiiviiuts : 

(liordana, 40 "/o de caoulciiouc; Hoversi 
et Knoop, 80 7o. évalués dans les deux cas 
à 8 mks. '/, Je ^ë- 'le caoutchouc pur : 

« Le caoutchouc de Guis, conclut hâtive- 
ment M. UovEnsi, est supérieur à tous les 
autres connus et peut au surplus rem- 
placer la gulta dans plusieurs de ses appli- 
cations, car il se prépare indifféremment à 
l'état plastique ou vulcanisé. » 

On s'explique assez difficilenienl les pro- 
priétés de ce caoulciiouc-gulta, d"autant 
plus (jue l'auteur convient avec nous que 
le produit non vulcanisé tourne au gras 
très rapidement; serait-ce cette substance 
gutloïde qu'il assimilerait à la gutta ? 

Les expériences de M. Roveksi l'ont 
amené à rechercher la possibilité de traiter 
les fruits verts sur place, afin d'éviter la 
dépense occasionnée par un séchage de 
deux nioisqui,selonM. (iiOKi)ANA,élaitindis- 
pensable pour arriver à extraire lagomme. 
Après divers essais, Roversi et Ivnoop 
réussirent à préparer, avec des fi-uits frais, 
un caoutchouc qui obtint en Europe la 
même taxation que celui provenant des 
fruits secs. Il devenail donc possible d'ex- 
ploiter immédialenieni lu récolte sur place. 

Ces résultats obtenus au A'éné/uéla par 
les promoteurs du caoutchouc de guis ont 
servi de base à de nouveaux essais, entre- 
pris dans de meilleures conditions en 
Europe, particulièrement à Turin. Nous 
avons été assez heureux pour recueillir sur 
ce point en dehors de notre compétence 
l'opinion d'un ami du « J. d'A. T. )>, 
M. Cayl.v, ingénieur-agronome, quiaassisté 
aux expériences de Turin en qualité de 
délégué, technique, et vérifié surplace l'état 
de la question. La lettre ci-dessous qu'il a 
bien voulu nous adresser constitue un 
document inédit des plus intéressants : 

« J'ai eu, comme vous le savez, l'occa- 
sion d'assister à des expériences sur la 
gomme retirée de fruits de guis du Vene- 



zuela, et il en ressort de façon certaine (|ue 
le produit brut extrait est vulcanisable : 
c'est là un fait acquis. La vulcanisation est 
opérée, je ne dirai pas par un procédé 
nouveau, mais par un lour de main spé- 
cial, et son résultat immédiat est d'amé- 
liorer la gomme de fai;on assez sensible. 
La possibilité de lu vulcanisation était du 
reste à prévoir, puisque la substance élas- 
tique extraite contient du caoutchouc, ce 
(|ui résulte, à défaut d'autres preuves, de 
l'analyse du D' Ficnuleu, mentionnée par 
le l'rofesseur Wahulrg (1). On aurait donc 
toujours pu vulcaniser le caoukiiouc séparé 
des autres corps (jui l'accompagnent. 

" Mais on a trouvé un moyen de vulca- 
niser le produit brut : a priori, on pouvait 
douter de l'efficacité d'une telle vulcanisa- 
tion en raison de la nature toute particu- 
lière de la production caoulchoutifère du 
Sinilhaiitlius. Car, somme toute, comme 
la fait remarquer le professeur AN'Aïuaai;, 
le produit ne provient pas d'un latex circu- 
lant dans des laclifères, mais est contenu 
dans les cellules constituant le mésocarpe 
du fruit. L'extraction mécanique de la tu- 
nique gommeuse des fruits secs du Slni- 
thanthus fournit donc, non seulement le 
contenu gommeux et caoulchoutifère des 
cellules, mais aussi leur membrane cellu- 
losique ou les corps sur lesquels cette 
membrane se transforme et tju'on ne voit 
guère a priori pouvoir être du caoutchouc. 
Ces éléments doivent se relnniMM- dan-^ la 
gomme brute. 

(i Lorsqu'il s'agit de (juestions aussi 
complexes et aussi obscures que celle-ci. il 
est bon de fixer exactemeni tous les points 
susceptibles de variation, et notamment 
les conditions de l'expérience 

<( L'expérience de vulcanisation a porté 
sur de la gomme extraite mécaniquement 
de fruits secs provenant du Venezuela. Ces 
fruits récoltés au début de lOOli étaient 
donc (février 1907 détachés de la plante 
depuis environ un an et arrivés en Europe 
depuis huit à dix mois. J'ignore le procédé 



1) « Triiiii-npIl.iiiziT ", iiiivrinbre l'.lUj, p. ti63. 



N» 72 — Juin 190" 



lOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



16» 



de dessiccation. On n'avait pas pris, que je 
sache, de soins spéciaux pour leur conser- 
vation. Resle à savoir à quelle espèce ap- 
partenaient ces fruits. On m"a affirmé que 
c'était au Struthanthus si/ri/iga'/olins Mart. 
N'ayant eu que des fruils, je n'ai pu faire 
de détermination. Toutefois, ces fruits 
avaient des dimensions analogues à celles 
que le professeur Warburg attribue dans 
le « Tropenpflanzer » h V « espèce à gros 
fruits » [S. sijruigœfolius), et d'ailleurs leur 
forme et leurs autres caractères sont à peu 
près identiques à ce que figure cet auteur 
dans une planche qui accompagne l'article. 

« Je désire, sur un sujet aussi délicat, 
m'en tenir aux faits absolument certains 
que j'ai pu observer par moi-même. Je ne 
signalerai — sous réserve et parce qu'ils 
peuvent vous intéresser — que deux points 
dont je ne sais rien personnellement. On 
m'a dit que le Plithirusa Theobromœ (Willd.) 
Eichl. (espèce à fruits moyens de Warburg) 
n'était pas intéressant comme plante caout- 
choutifère. — On m'a affirmé également 
que la teneur en caoutchouc variait pour 
une même espèce avec les régions oîi elle 
se rencontrait, 11 y aurait intérêt pour ce 
dernier point à recevoir des échantillons 
précis de personnes compétentes aussi 
nombreuses et aussi dispersées que pos- 
sible. 

'< En somme, comme le dit M. Roversi 
(« J. d'A. ï », n" 66), dans cette question 
du caoutchouc des Loranthacées on en est 
encore aux recherches préliminaires. En 
ce qui concerne le côté botanique et agri- 
cole, personne en France ne peut avoir 
une opinion mieux assise que la vôtre. Le 
côté industriel et commercial est encore 
trop vague. La possibilité de vulcaniser la 
gomme extraite mécaniquement des fruits 
secs du Slriithanl/nis syrincj;efoliui reste la 
seule certitude de l'heure présente. 

« V. Cayla. 

« Paris, 6 avril 1907. -. 

Cette mise au point nécessaire montre 
que le problème est encore loin d'être 
complètement résolu au point de vue in- 



dustriel. Les faibles quantités de gomme 
employées dans les essais de vulcanisation 
auraient été extraites à la main des fruits 
secs ; cette façon d'opérer, à la fois lente et 
coûteuse, est inapplicable dans une exploi- 
tation. On se préoccupe donc, avec raison, 
de la remplacer par un procédé plus rapide 
et plus économique. Ce résultat obtenu, il 
est fort possible que l'on éprouve quelques- 
difficultés pour se procurer des quantités 
suffisantes de fruits dans des conditions 
avantageuses. 

M. RovERSi regrette, dans son mémoire, 
que, malgré des circulaires distribuées 
par milliers, la récolte de 1905-1906 ait été 
très réduite par suite de l'élévation exces- 
sive des prix de transport, de l'insouciance 
et du scepticisme des ouvriers et des pro- 
priétaires. Il est convaincu de l'impossibi- 
lité d'utiliser les ressources naturelles du 
Venezuela tant que les colons ne seront 
pas initiés à la préparation directe de ce 
caoutchouc. 

Voici comment on parviendrait, d'après 
lui, à se procurer la matière première 
nécessaire : 

1" Les habitants de la campagne recueil- 
leraient les fruits spontanés de leur voi- 
sinage ; 

2" Les colons, qui détruisent ordinaire- 
ment les guis implantés dans leurs cultures, 
agiraient de façon à utiliser le produit des 
parasites, sans préjudice pour les planta- 
tions (sic!) ; 

3° Les grands propriétaires établiraient 
des cultures raisonnées de parasites sur 
divers végétaux économiques appropriés, 
tels que les arbres à caoutchouc; ils obtien- 
draient ainsi « deux récoltes difierenles, 
de rendement normal ». 

Ainsi considérée, l'exploitation des guis 
à caoutchouc peut évidemment devenir 
avantageuse et mériter la vulgarisation; 
mais la conception de M. Roversi nou& 
semble bien hypothétique sur plusieurs 
points. La première source de production 
(récolte des fruits spontanés) est certaine 
à condition que les frais de récolte ne 
soient pas excessifs, car il faut remarquer 



1('>(> 



JOURNAL D'AUlilCULTCUt: TUUl'lCALh: 



N" 7: 



JiiN mo- 



que les arbres ne suiil pas loujours d un 
accès facile el que les louires de Loran- 
thacées sont souvent implanlécs sur les 
cxirémilés de branches, mieux l'clairées 
que l'inlérieur. 

D'autre [larl. on n'entrevoit |)as le moyen 
<le ménager les [larasites des cultures sans 
que celles-ci n'en éprouvent un yiave pré- 
judice, les déf;;àls occasionnés par ces Lo- 
ranthacées à développement beaucoup plus 
rapide que celui de nolie gui, sont d'une 
constatation Iroj) fréquente pour (ju'il soit 
utile d'insister sur ce point. On pourrait 
tout au plus rechercher si le tort causé aux 
cultures serait compensé par le profit en 
caoutchouc. 

L'r'tahlisscuient de cultures de parasites 
dans une plantation de Caféier, deCaslilloa, 
de Cacaoyer ou d'autres espèces ligneuses 
parait encore, à l'heure actuelle, une ten- 
tative bien hasardeuse; il importe de n'agir 
qu'avec beaucoup de prudence dans une 
question aussi délicate. Si la perspective 
de doubles récoltes est très ca])tivanle, elle 
ne va pas sans quelques risques, el ce n'est 
qu'à la suite d'expériences précises que l'on 
pourra résoudre le curieux problème agri- 
cole, posé pour la première fois i)ar M. Ho- 

VKIISI. 

Suivant une information du D'' NVauburi;, 
le collecteur allemand au Venezuela, 
M. Gross:ma.\n, aurait réussi à amener à 
Uambourg quelques spécimens vivants do 
Loranthacécs {Slrti//ia/it/ais?) sur Caféier 
el Carj/ocar; ces. j)lantcs ont été dirigées im- 
médiatement sur le Cameroun, où elles ont 
dû parvenir vers la lin de mai '190(1. Les 
résultats de celte intéressante tenlalive 
devaient être consignés dans un rapport du 
colonel KoN, ainsi que dans le « Tropen- 
pflanzer >• ; il est donc probable que nous 
serons fixés prochainement. 

Le procédé employé par M. Grossmann 
pour reproduire les parasites à une aussi 
grande distance est le seul convenable, 
étant donné la courte durée germinalive 
des graines. M. Roveksi évalue celte durée 
à vingt-(|uatre heures seulement, en indi- 
quant loulefois qu'il était parvenu, eu re- 



courant à un procédé parlirulier, à l'aire 
germer les graines dans une proportion de 
40 à 30 "/„ au bout d'un li'uips beaucoup 
plus long. Ln ceilain nombre île graines 
ilu Phthiriisa ikclonettra que nous avions 
conservé onze jours dans un papier fin 
humide, enveloppé do papier d'élain, ont 
donné 70 "/„ de germination sur Cacaoyei", 
l'expérience, renouvelée après (luatorze 
jours de conservation, n'a plus fourni qu'un 
pourcentage de 3U "/ „ el aucune graine n'a 
germéau bout de dix-neuf jours. 

« Au Venezuela, écrit M. Rovehsi, on 
trouve la plante depuis le niveau de la 
mer jusqu'à 2.000 mètres d'allilude; elle 
fructifie à la fois dans les endroits secs, 
non arrosés, ol dans les sols frais. Dans les 
fonds humides, sa production est à peu 
près ininterrompue, avec deux fruclilica- 
lions principales en juin el en octobre. 

« La Tina à gros fruits vil de préférence 
entre 1.000 et 2.000 mètres, tandis que les 
antres qualités prospèrent surtout dans les 
climats humides cl les terrains arrosés. 

" Les espèces à fruits blancs sont de 
petites dimensions el peu intéressantes; on 
recherchera spécialoment celles à fruits 
jaunes el verts do bonne grosseur. 

" La fructification commence dès la 
deuxième année, sur les plantes de semis, 
pour atteindre son maximtim la quatrième 
année; l'existence des parasites peut être 
[wéQ approximativement t'ulro (juinze el 
trente ans. 0\\ calcule on nioyonne (|u'une 
plante produira de oOO grammes à 2 kg. 
de fruits annuellement, et qu'il sera pos- 
sible de cultiver commodément 1.600 
plantes à l'hcclare. Le rendement en caoul- 
chouc varie entre 4 et IG °/„ du poids des 
fruits, selon l'espèce et selon tiu'il s'agit 
de fruits voi'ls ou secs. » 

Ces renseignements d'ordre végélalif 
concordent avec nos propres observations 
en Amazonie. Le Strtit/ianl/iiis si/r'nuja'fo- 
liiis qui représente de beaucoup la plus 
intéressante des Loranlhacéescaoulchouli- 
fères est assez peu répandu dans les terres 
d'alluviou du bord dos rivières ; par contre, 
il devient très abondant daus les sites les 



N" 72 



Juin- 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



4G7 



plus élevés. Les fruits comiiiencenl à mùiir 
en octobre-novembre et se succèdent sur 
les touffes jusqu'en mars-avril; pendant la 
période plus ou moins sèche comprise de 
mai à septembre, ils font totalement 
défaut. 

Le Stnithanthus si/ring^folùfs ne cons- 
titue sans doute pas l'unique espèce de 
Loranthacée caoutchoutifère ; mais c'est 
certainement, jusqu'à présent, celle qui 
mérite Je plus de considération en raison 
de la grosseur de ses fruits pouvant attein- 
dre 2 cenlimètres de long et 1 centimètre 
de diamètre et de leur richesse en gomme 
élastique. D'autres espèces du môme genre, 
en particulier le S. lugr/cans Eiclil. à 
feuilles et fruits plus petits et le S. concin- 
nus Mart. à fruits encore plus réduits, abon- 
dent dans les environs de Manaos et nous 
ont paru renfermer également du caout- 
chouc; leur exploitation serait certaine- 
ment moins avantageuse que celle de la 
première espèce. 

Les Phthirusa sont beaucoup plus com- 
muns encore et présentent un choix d'es- 
pèces plus considérable ; par contre, leurs 
fruits sont à la fois plus petits et plus pauvres 
en produit, si celui-ci est réellement utili- 
sable. La même observation peut s'appli- 



quer aux Phoradendron, tels que P. thiouv- 
forme et P. acinacifolium (1) dont les fruits 
sont encore moins intéressants. 

L'exposé qui précède montre que la cer- 
titude en cette question ne porti; actuelle- 
ment que sur la présence de caoutchouc 
(environ 7 à 8 °/o du poids des fruits secs) 
dans la pulpe des fruits de certaines Loran- 
thacées et la possibilité d'épurer et de vul- 
caniser le produit dont la valeur commer- 
ciale atteint alors 8 à 10 francs le kg. Avant 
d'arriver à une solution défmitive, il y aura 
lieu de rechercher l'outillage mécanique 
indispensable pour réduire au minimum 
les frais de main d'œuvre et de transport, 
toujours très onéreux dans l'Amérique cen- 
trale, d'étudier comparativement les prin- 
cipales espèces de Loranthacées et plus 
spécialement des Slrulhanthus au point de 
vue du rendement en caoutchouc et du 
traitement mécanique des fruits, d'essayer 
l'exploitation économique des fruits spon- 
tanés sur les végétaux indigènes et cultivés 
avant d'envisager la possibilité de répandre 
et de cultiver pratiquement des plantes dont 
on connaît plus sûrement les ennuis que 
les ressources. 

0. Labrov. 



Age de fructification du Palmier à huile 
Caoutchouc de Periploca 



Lettre de M. Ai'G. Cdevalier. 



On sait que M. Rouhe a chargé M. Chevalier — 
que ses belles exploration.s antérieures ont large- 
ment préparé à une semblable mission — de pros- 
pecter pour ainsi dire la forêt de la Côte d'Ivoire, 
afin d'en faire l'inventaire botanique forestier et 
de déterminer les essences qui paraîtront suscep- 
tibles d'applications industrielles. 

M. AuG. Chevalier a déjà rempli la première 
partie de sa mission et fait une ample collection de 
matériaux d'études. Nous savons que beaucoup 
d'essences nouvelles ont été signalées par lui et nul 
dijute qu'on en puisse bientôt tirer parti; nous en 
leparlerons quelque jour. En ce moment, après 
cinq mois d'exploration de la région que va tra- 



verserle chemin de fer, il s'engage pour un voyage 
de l.bOO kilomètres à pied et en pleine saison de 
pluies, à travers la grande forêt de la Sassandra, où 
vivent les derniers anthropophages de l'Afrique 
occidentale française, et il rejoindra sans doute la 
Guinée par l'ouest. Une de ses dernières lettres 
renferme quelques détails intéressants que nous 
voulons porter à la connaissance de nos lecteurs, 
et qui concernent le Palmier à huile, et le Caout- 
chouc de Periploca : 



(1) Espèces signalées dans le n" 59; la première dis- 
tincte par ses rameaux aplatis, la seconde par ses 
feuilles vert foncé. 



168 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



.\° 



— .Il- IN 1HU7 



<• J'ai repris aussi, dit Aug. Ciif.valii;ii ; 
l'élude du Palmier à huile; quel imbroglio 
daus les variétés ou espèces! Y aurail-il 
des races assez fixées pour Iransmetlre des 
cai'aelèr(!s d'une manière lu-n'ililaire? je 
n'en suis pas encore siir. Dans Lien des 
cas, je crois que la l)eaulé des fruits d'Elécis 
lient à la qualité du terrain et à l'entretien 
que reçoivent les Palmiers. C'est ainsi que 
je n'ai pas encore rencontré sur le continent 
de fruits d'Ela'is aussi gros que ceux que 
j'ai vus en l!Kl.">, dans le domaine de 15oa- 
Enlrada à San-Thomé. Il y en avait (jui 
pesaient juscju'à 23 grammes. 

1' Je dois réparei' une erreur aiinoncée 
ilaiis une nouvelle d'un numéro di'jà ancien 
du i< J. d'A. T. » dans laquelle vous disiez 
sur la foi de mes renseignements qu'un Pal- 
mier à huile rapporte au bout de trois années 
(je crois). Or, j'ai revu h Bingerville les Pal- 
miers en question ainsi que M. Lic.miu.ain qui 
les a vus naîtie. Kli bien! les régimes de ces 
i'auKMix palmiers ont avorté en 190.') ; la flo- 
raison de lyOd a également avorté et poui- 
la première fois, l'arbre signalé particulière- 
ment, porte celte année ?/?(^' dizaine de petits 
régimes femelles dont les fruits sont déj;\ 
gros et arriveront certainement à maturité. 

(' Il faut donc se défier de i*almiers qui 
fructifienl daus un Age trop jeune ; je serais 
même d'avis de couper les inflorescences 
avant leur développement pour rendre 
plu^^ rapide la croissance du tronc et des 
feuilles. 

<| Au ilire des indigènes de cette région 



— qui cultivent n'ellement le palmiei- cl lui 
ilunnent des soins sé-rieux — VEl.ris est en 
plein rapport de sept à vingt ans. Plus tard 
il s'élève trop et ne donne plus qu'un 
nombre restreint de régimes. 

Comme à San-Thomé, ici, le Pahnier <) 
/mile et le Cacuoijer formeraient une excel- 
lente association. » 



« J'ai vu votre ai'licle sur b^ Periploca 
7iiffrescens; y Al souvi'ul icucnulri' cette As- 
clépiadée depuis mun arrivée ii la Côte 
d'Ivoire et je maintiens mes premières aflir- 
mations : la plante ne donne pas de caout- 
clioiic commercial. Peut-être en contient- 
elle chimiquement parlant, c'est ce que 
nous saurons bientôt, car la plante pullule 
en ce moment auloui' di^ ma liuli'. Je vais 
l'aire récoller des racines el ilcs liges et en 
enverrai un colis postal au Laboratoire de 
chimie du Muséum (1). 

" Quant au Periploca à gros«es tiges du 
Congo dont parle M. É. De Wildemax (2), 
je l'ai découvert avant de quitter Paris... 
dans mon herbier. Je l'avais récolté en 
190.3, à Bangui, et l'étiquette que j'avais 
rédigée là-bas in situ (n"' 1087'.!, 10895, 
10929, 10959), porte : « lige de la grosseur 
du doigt, sarmenteuse. s'élevant de 8 à 
10 mètres; feuilles d'un vert sombre; latex 
blanc (dans le fruit jeune) devenant très 
rapidement rosé à l'air, servant îi emjioi- 
sonner les tlèches des IJondjos ». 



Le Manioc a» Paraguay 

Vari('lés douces et amères. Les tiges considén-es comme fourrape. 

[{'■■colle el conservation. Csaires et sous-produits. Variétés cultivées au Paraguay. 

Uésistance à la sécheresse. 

Par le D' MoisÉs S. Beutoxi. 



Je virns de lire, dans le n" (il du <■ J. 
d'A. T. » un petit article de M. H. Low 
sur les usages du manioc, qui me prouve 
une fois de plus que cette précieuse plante 
n'est pas encore assez connue. Je parle des 



maniocs, en général, mais surtout des 
maniocs doux. 



(!' Le produit examini' par M. le iirofesseur .\i\nai d 

ne donne en ellet qu'une quaidile infinie de caoutchouc. 

(•2) Nous ne pouvons nous expliquer comment deu.K 



N° 72 — Juin 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



169 



Le manioc n'esl pas seulemenl une 
plante fourragère par ses racines; elle l'est 
tout entière; toutes ses parties constituent 
un excellent aliment pour le bétail, les 
feuilles et les tiges tout aussi bien que les 
racines. Seulement, lorsqu'on veut utiliser 
les parties aériennes, il faut cultiver les 
variétés douces. 

Tout en étant aussi productifs en racines 
que les maniocs amers, et même davan- 
tage, et aussi riches en fécule, les maniocs 
doux ne présentent pas l'inconvénient de 
la toxicité; ils sont en général plus pré- 
coces et ont les tiges plus succulentes et 
plus Irendres, bonnes pour le bétail jusqu'à 
la base. On les cultive comme plantes an- 
nuelles; la maturité des racines commence 
le cinquième mois pour les variétés pré- 
coces, le septième pour les variétés tar- 
dives. On peut couper avant, si l'on veut : 
on a alors des tiges très feuillues; par 
contre, le développement des racines s'ar- 
rête, mais pour reprendre tout de suite 
après, la croissance des nouvelles tiges 
étant très rapide. 

Au Paraguay, on coupe généralement 
les tiges au commencement de la saison 
tempérée, c'est-à-dire en mai, là où il y a 
des gelées à craindre. Il faut alors les 
garder dans un local sec et aéré, comme 
je l'ai démontré par des essais très probants. 
Autrefois on les gardait en tas mal recou- 
verts de paille, dans les plantations, ou 
bien dressées les unes contre les autres 
dans la forêt voisine, et on en perdait 
énormément à cause de l'iiumidité. Mais ce 
qu'il y a de mieux à faire c'est de ne les 
couper qu'au fur et à mesure. Dans les 
endroits froids, elles perdent leurs feuilles, 
mais n'en constituent pas moins un excel- 
lent fourrage. 

Au moment de les donner au bétail, on 
les coupe à l'aide d'un hache-paille, et, 
chez les petits propriétaires, tout simple- 
ment au sabre. Les hache-paille doivent 



observateurs comme M. De Wir.nEiiAN et A. Ciievalieu 
soient en si complet désaccord. L'avenir le dira sans 
doute, et peut-être en somme ne s'agit-il pas de la même 
plante. — N. d. l. R. 



être assez puissants pour les vieilles tiges; 
ceux de la maison Marti, de Winterthur 
(Suisse), à grand volant, sont ceux qui 
nous ont donné le meilleur résultat. Les 
jeunes tiges se coupent très facilement. 

Le bétail devient friand de ce fourrage, 
surtout les bovidés. Tous les animaux s'y 
habituent facilement; c'est une grande 
ressource en temps de sécheresse, par 
exemple, car celle-ci ne peut rien contre 
le manioc, à moins qu'elle no se prolonge 
d'une façon excessive. 

Rien ne se perd du manioc doux. Les 
racines nous offrent un aliment si utile, 
qu'il remplace le pain dans presque toute 
la campagne ; on en tire la fécule ou 
amidon, qui est de qualité supérieure; on 
en fait de la farine qui forme la base de 
plusieurs préparations culinaires, et, un 
peu torréfiée (farinha) remplace le pain, 
sur la table brésilienne, même chez un 
grand nombre de personnes aisées, et de- 
meurant dans les villes; on les torréfie 
pour les garder sèches; quelques variétés 
contiennent beaucoup de sucre et on en 
fait du miel, que l'on consomme comme 
celui de la canne à sucre. Les déchets de 
la racine se donnent aux porcs. Les tiges 
et les feuilles nous donnent un fourrage 
excellent. 

Le Paraguay est le pays classique des 
maniocs. Mais les variétés vénéneuses y 
sont peu cultivées, car elles ne sont pas 
très bonnes à manger; la plupart ne se 
consomment même jamais directement, 
servant exclusivement à la fabrication de 
la farinha et de la fécule, et présentent 
toujours l'inconvénient de la toxicité des 
racines et des feuilles, danger constant 
dans les plantations et à la fabrique. 

En dehors du Paraguay, ce sont, au 
contraire, les variétés vénéneuses qui pré- 
dominent, souvent exclusivement; le fait 
s'explique. Le manioc est une conquête 
des Indiens guaranis, dont les procédés 
culturaux mériteraient d'être étudiés à 
part; ils ont soumis à la culture une espèce 
indigène de nos forêts, qui est très véné- 
neuse; les variétés obtenues ne furent, 



170 



JOIH.WL DAGRlCULTritK THOPlCALi: 



JiiN 1907 



pour Lien lon^lenips, que des variélés plus 
uu moins toxiques, lesquelles, aclo[»t(^os 
par les autres peuplades, s'étendirent sur 
loul le eonlineul. L'oblention du manioc 
doux esl lelativementassezreeenle, d'après 
les souvenirs des Indiens guaranis. 

f'.'est donc au Paniiruay (ju"il laul 
s'adresser pour avoir de bonnes variétés 
douces et lifttives. Parmi les meilleures, il 
faut imiiquer particulièrement le Carapé, 
le Conception, le Tapoyoa, le Morolî, le 
l'eruclii. le Yeruli et le Manioc noir. Ce 
dernier est lardif, mais excellent. Au 
Hrésil. surtout dans les Etats de Minas et 
Saù l'aiilo, il y a quelques variétés douces 
de grand mérite, généralement connues 
sous le nom de .\ypim. 

Ces variétés ne reproduisent jamais 
de graines qu'en donnant un pourcentage 
très élevé de sous-variétés; parmi celles- 
ci, par un retour atavique, il y en a assez 
souvent (le vénéneuses. A cause de cela, la 
rcpniiilulidii ne se l'ail que par tles trou- 



ions de la tige. 



J'ai dit que la conservation des tiges une 
lois coupées, était un problème. On en 
l)erd encore énormément au Paraguay, là 
où les idées nouvelles ne pénètrent que 
lentement. Par une expérience de plus de 
vingt ans et des essais méthodiques, je 
suis arrivé à cette conviction que, en 



dehors du charançon commun {Caluiuliia 
f/rniiaria}, qui ne l'attaque d'ailleurs que 
très rarement, la tige coupée du manioc 
n'a absolument pas d'ennemis en dehors 
de l'humidité. 

En revanche, elle résiste à la sécheresse 
(l'une fa(;on étonnante Sous une toiture 
de ter cannelé, l(juchant presque à la 
plaque ardente, en j)lein été, elle résista 
peiulanl trois mois Sur une treille, en 
plein soleil d'abord, puis plus ou moins 
abritée par les feuilles de la vigne, elle ne 
mourut qu'en mars, ayant été coupée en 
septembre de l'année antérieure. Knfin, 
cette année, j'ai pu la conserver dans iuk^ 
pièce l'ermée, mais très sèche, d'une 
maison de bois, pendant les six mois de 
notre été. Condition indispensable : ne 
pas enlever l'épiderme. 

Pour les envois à longue dislance, il 
■ faudra donc toujours emballer les tron(;ons 
(de 30 à 40 centimètres de longueur) dans 
une substance bien sèche, en les maniant 
avec précaution pour ne pas blesser l'épi- 
derme. Je préfère les feuilles de bananier, 
très légères et ne bougeant pas, car il faut 
que les tron(;ons ne se touchent jamais 
l'un l'autre. 

l)' M. S. HlillTO.M. 

Asuncion, 16 avril 1907. 



La Traction mécanique en Forêt 



Par .M. E.Mii.i: H.^ill.\li). 



On sait (umiiuMit la grande forèt de 
l'Afrique occidentale sui)é(|uatoriale n'a 
été exploitée jusqu'ici que sur les rives des 
rivières tloltables. La partie la plus dense 
de cette Jorèt se trouve dans noire i'.ùie 
(l'Ivoire et nous construisons un chemin 
de fer pour en faciliter la mise en valeur. 

Si les méthodes actuellement employées 
pour la Iraclion des billes abattues conti- 
nuent à être seules usitées, ce chemin de fer 
ne sera pas d'une très grande utilité, car il 
sera 1res difiicile de le desservir. 



Les inffénieurs an£;lais des mines d'or 
de la Gold Coast ont estimé qu'il fallait 
renoncer à ces procédés rudimentaires. lis 
ont besoin de quantités énormes de bois 
pour la construction de leurs usines de 
broyage et de lavage et ils ont songé à uti- 
liser le système de treuils à vapeur appli- 
(|ué dans l'.imérique du Nord pour l'ex- 
ploitation des forèt.-. 

Le service des Forêts des Philippines vient 
de publier un rapport très intéressant et 
très bien illustré sur l'Insular Lumber Co. 



N» 7; 



Juin 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



171 



Négros Occklontal, l\ h. (1) dans lequel ce 
mode d'utilisation des treuils mécaniques 
est décrit avec assez de détails. 

Nous en extrayons les renseignements 
suivants : 

Le matériel utilisé par l'insular Lumber 
Company pour la traction des billes, con- 
siste en un treuil à vapeur d'environ 50 che- 
vaux de force, hàlant un câble de traction 
ayant une longueur d'environ trois kilo- 
mètres dont une moitié, d'un diamètre de 
23 millimètres, sert de câble de traction 
et l'autre moitié, qui n'a que lo millimètres 
de diamètre, sert de câble de retour, et d'un 
second treuil de 40 chevaux tirant un câble 
d'un diamètre uniforme de 18 millimètres 
et d'une longueur de 600 mètres. 

La première opération consiste à établir 
une piste convenablement nivelée, perpen- 
diculaire à la rivière qui doit servir à tlotter 
les bois. Cette piste aussi droite que pos- 
sible doit avoir environ 3 mètres de large. 
Des ponts établis simplement avec des 
troncs d'arbres sont jetés sur les ruisseaux 
et sur les dénivellations trop importantes. 
Des traverses de 2™,.')0 de long et de 30 à 
40 centimètres de diamètre sont placées en 
travers de la piste à environ l'",80 les unes 
des autres. Elles soqt enterrées à moitié 
mais elles sont creusées en leur milieu 
jusqu'au niveau du sol ; les billes que 
l'on tire glissent sur ces traverses. De 
cette roule principale partent des pistes 
auxiliaires non nivelées et qui sont de 
simples éclaircies relies ne doivent pas avoir 
plus de 300 mètres de long. 

Le câble de traction qui s'enroule sur le 
tambour du treuil placé à l'extrémité de la 
voie principale, glisse sur le sol du che- 
min de halage ou sur des rouleaux de fer 
lorsqu'une bosse du terrain le rend néces- 
saire. A l'extrémité du chemin de halaae 
est placée uu(; poulie sur laquelle passe le 
câble de traction qui levient s'enrouler sur 
le tambour du treuil à vapeur. La moitié 



(1) a A i>reliminary working pl.inforthe public forest 
tract oT the Insular Lumber C", Negros Occideiilal 
P. L.,'» II. D. EvEitE-r et Wiiitfoivi). — Bureau ol' Fores- 
try. Manille, WOG, 1 broch. 5'.) pages, 1 carte, 12 planches. 



de ce càbb; ne servant pas à la ti-action des 
billes mais simplement à assurer le va-et- 
vient est, comme nous l'avons dit, d'un 
diamètre plus petit. 

Le second treuil à va|ieur placé sur le 
chemin de halage dessert successivement 
chacune des pistes qui forment les chan- 
tiers d'abatage. Le câble de traction qui 
part de ce ti'cuil est établi comme le câble 
principal, en |)assant sur une poulie à l'ex- 
tr(''mité de la piste. Son diamètre est uni- 
foi'mc à cause de sa faible longueur. 

l'arallèlement à ces câbles sont installés 
des lils de fer qui aboutissent aux siftlels 
des chaudières, de manière à pouvoir trans- 
mettre des signaux aux mécaniciens. 

Les arbres sont abattus avec des haches 
et sci('>s avec des passe-partout maniés par 
deux hommes; un léger échafaudage est 
construit de manière à pouvoir parvenir au- 
dessus des contreforts. Les troncs sont en- 
taillés à la hache d'un côté et sciés de 
l'autre. Une équipe de deux liommes abat 
trois ou quatre arbres par jour. Les arbres 
sont coup(''S en billes de 5 à 10 mètres île 
long ([ui sont api»ointées à une extrémité, 
et, si elles sont très volumineuses, écorcées 
d'un côté pour faciliter le glissement sur 
les traverses. 

Une bille est entourée d'un bout de 
câlde attaché lui-même au câble de trac- 
tion. On signale au mécanicien du treuil 
que tuut est prêt et la bille est tirée jusqu'à 
la voie pi'incipale. Lorsque plusieurs billes, 
2 lorsque les traverses sont sèches et 4 ou 
plus si elles sont humides, ont été ainsi 
réunies, elles sont reliées les unes à la suite 
des autres à l'aide de crochets et de câbles, 
la première est attachée au câble de trac- 
tion, un signal est donné au treuil placé 
au terminus et le train de bois est amené 
jusiju'à la rivière. 

Le personnel employé comprend 2 Euro- 
péens et 42 Philippins, dont 2 surveillants, 
2 mécaniciens, 2 cbautfeurs, 4 abalteurs, 
6 tronçonneurs, 7 hommes pour surveiller 
les câbles, 4 pour couper le bois pour les 
machines, 4 pour préparer les pistes et 
10 porteurs d'eau pour les machines. 



17-2 



JOUliN.M. IVAC.UICULTL'UE TROPICALL; 



N" 7-2 — JiiN 1007 



L'Insular Lumber C° a dtaMi une légère 
voie ferrée en dernier lieu, pour pénétrer 
plus avant dans l'intérieur et le système 
des treuils de traction sert à l'alimenlor 
dans tous les sens. 

Les ingénieurs que jai vus à la dokl 
Coast m'ont assuré que quel que soit le 
prix élevé dc^ liciiiN d des câbles, l'éco- 
nomie réalisée grâce à leur emploi était 
grande. Ils n'emploient pas généralement 
de traverses pour faciliter le glissement 
des billes. 

Il vaut mieux en eiïet dans cette forêt 
de la Côte d'Ivoire et de la Goid Coast 
pouvoir déplacer très facilement et sans 
dépenses les pistes, que d'en faire de très 
longues; la majorité des arbres étant de 
petit diamètre et les gros troncs assez 
disséminés, il faut procéder par rayonne- 
ment. L'emploi des traverses n'est néces- 
saire du reste que pour permettre la cons- 
tiliition de trains de bois. 

Les Anglais ont eu soin de faire venir 
des Canadiens habitués à ce mode d'exploi- 



tation, el l'un ne saurait trop conseiller à 
ceux qui voudront exploiter la forêt de la 
Cùle d'Ivoire d'en faire autant. 

Celle exploitation de la forèl par des pro- 
cédés mécaniques ne sera en fait avanta- 
geus(! (jue si l'on trouve le moyen d'utiliser 
les buis d'un diamètre j)lus petil (jue ceux 
(jur l'iiii expiii-le actuellement de ces pays, 
le grand obstacle étant le prix de revient 
élevé des Iransporls. Chemins de U'.r el 
treuils de traction résoudront une partie des 
diflicultés. Il restera le passage de la barre 
et le taux du fret par mer. La percée de Port 
IJouet aura raison de la barre et la grande 
quantité de produits exportes amènera 
automatiquement l'abaissement du prix du 
fret. 

En somme, on ne saurait étudier avec 
trop de soin l'application de ces procédés 
nouveaux à l'exploitation de la forêt afri- 
caine. Cette nécessité n'échappera certai- 
nement pas à notre ami Auguste Chkvalier 
dans le cours de sa mission actuelle. 

EMii.t: IJaili.alu. 



La Riziculture au Tonlvin 

Diverses variétûs; composition el qualités. — Culture pratique 

repiquage et pépinières; instruments de culture, de récolte, de baltai;e"et de décorlicalion 

Engrais, maladies, commerce el consommation. 

Notice bibliographique sur le mémoire de M. BuY-QiAXG-CniEU. 



M. 1!ly-Ulang-Cuieu, ingénieur-agro- 
nome, sous-inspecteur de l'Agriculture au 
Tonkin, a publié dans le c Hulletin écono- 
mique de l'Jndo-Chine » (n° d'août l'JOO) 
un long mémoire sur la riziculture au 
Tonkin. Cette étude documentée nous a été 
fort agréable à lire, car elle précise bien 
des points à l'étude desquels nous avons 
nous-même consacré pas mal de temps, et 
en ce qui concerne le travail du riz, nous 
avons été heureux de pouvoir comparer 
cerlains des chiffres cités avec ceux que 
nous avons obtenus nous-mème dans di- 
vers essais. 

Nous n'entreprendrons pas de résumer 
l'étude de M. IJuy-Qla>;g-Ciiii:l, nous pré- 



férons y renvoyer pour la lecture /// extenso 
ceux que la question intéresse de tous 
points, et nous ne ferons que noter au pas- 
sage les détails (jui nous ont paru les plus 
intéressants. 

Notons d'abord que la connaissance de 
la langue annamite a permis à l'auteur de 
pousser très loin la question de l'identi- 
fication de variétés désignées sous des 
noms diflérenls dans les diverses pro- 
vinces ; cette identilication, si elle était 
plus suivie, serait précieuse pour les études 
faites en vue de la sélection. 

En ce qui concerne la valeur alimentaire, 
nous voyons que les riz gluants, plus exi- 
geants comme sol (]ue les riz ordinaires, 



N" 72 — Juin 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



173 



sont plus indigestes, mais plus savoureux 
que ceux-ci ; ils donnent à la distillation 
un alcool plus parfumé. Leur poids est en 
général d'un tiers plus élevé que celui des 
riz ordinaires. 

Ce qui frappe surtout dans l'exposé de 
la culture pratique, c'est la complication 
qu'entraîne le repiquage et les dépenses 
qui doivent en résulter. Le trempage ne se 
fait que pendant le jour : la nuit, il faut 
mettre les semences à l'abri, la rosée et la 
pluie leur étant préjudiciables. Puis, le 
trempage lini, on les entasse sous de la 
paille ou des feuilles de bananier, pour 
entretenir dans la masse une température 
favorable à la germination. Enfin, les 
semailles se font le matin ou le soir, pour 
éviter l'action de la grosse chaleur sur les 
graines germées. Ensuite vient l'entretien 
de la pépinière : celle-ci a été par deux fois 
labourée, plusieurs fois hersée, fortement 
fumée avant le dernier hersage, et enfin 
nivelée à l'aide d'une herse dont les dents 
sont provisoirement réunies par une perche 
de bambou. Après un mois et demi de 
soins assitius, le ma est prêt à repiquer. 
Malgré le soin considérable qu'exige la 
création d'une pépinière, il y a des indi- 
gènes qui en font pour vendre les graines 
germées ; à vrai dire, ce n'est pas un com- 
merce bien lucratif, si on songe qu'un 
panier de semences valant "i à 6 ligatures 
ne produit que 9 à 12 ligatures de ma ; la 
différence paie à peine la main-d'œuvre et 
la location du terrain, sans parler des aléas 
de la culture. 

Les chiffres indiqués pour les travaux 
de préparation des pépinières ont donné 
lieu à une note précise sur les me- 
sures agraires usitées en Indo-Chine; nous 
ne pouvons qu'en savoir gré à l'auteur, 
ces transformations de chiffres étant en 
général une grande gêne en l'absence de 
tables bien établies. 

Le repiquage est un des travaux les plus 
pénibles de la culture. Avec la pépinière, 
il constitue un tel surcroît de travail qu'on 
se demande pourquoi l'Lido-Chine en est 
encore là, pendant que de vastes étendues 



de l'Amérique du Nord sont ensemencées 
directement. Nous avons d'ailleurs de 
bonnes raisons de croire qu'un ensemen- 
cement direct ne donnerait pas de plus 
mauvais résultats en Indo-Chine que dans 
les plaines du Texas. 

Le riz une fois en jilace, la grande 
question de l'eau entre en jeu. Au Tonkin, 
les indigènes ne sont pas maîtres de l'eau, 
et les inondations en sont la conséquence 
souvent fatale. L'immersion peut être com- 
plète, et si elle dure plus de 8 jours, la 
récolle est entièrement perdue. On a éga- 
lement remarqué que le limon laissé par 
le fleuve sur les tiges, en amenait len- 
tement la pourriture. En résumé, là comme 
dans toute l'Indo-Chine, le régime des 
eaux est entièrement à organiser tant au 
point de vue des digues pour la protection 
des champs contre les crues, qu'au point 
de vue des canaux d'alimentation et d'éva- 
cuation. 

Nous avons trouvé avec plaisir, au cha- 
pitre Récolte, l'opinion que la beauté de 
certains liz était due probablement à l'assè- 
chement de la rizière avant la récolte; non 
que nous ayons une opinion sur le côté 
physiologique de la question, côté qui nous 
est étranger, mais parce que nous croyons 
que cet accroissement de qualité sera plus 
que tout autre de nature à faire accepter 
cet assèchement, indispensable pour arri- 
ver à l'emploi des machines de récolte. 
Celle pratique est d'ailleurs courante en 
Birmanie, el aurait également cours au 
Cambodge. 

Après la récolte, faite à la faucille, vient 
le battage qui se pratique de plusieurs 
façons : a) dépiquage à -pieds d'hommes; 
c'est un travail pénible, mais très en faveur, 
car il occupe les veillées de toute la famille 
et n'exige aucun outil; il fournit environ 
39 kg à l'heure, b) dépiquage par buffles ; 
il suppose la possession des animaux et 
d'une aire et donne un travail plus rapide, 
mais moins parfait que le précédent: de 45 
à 70 kg à l'heure avec trois buffles et un 
conducteur, c) battage à la main, obtenu en 
pinçant les épis entre deux brins de bam- 



17 i 



JOUHNAL DAdIUCl'LTUItE ïtlOPICM.I': 



N' 7-J 



.Il IN l!»07 



bon ol on los frappant sur une arête vive; 
c'est UM InivMil analogue au l)attajre au 
peigne, encore coui'ant pour le seigle dans 
nos grandes régions agricoles, d) r/c/^/yz/rtyc 
ail rouleau, ç.yw lequel il n'y a pasdc détails, 
('elle lacune est compensée par la publica- 
tion des résultats d'une série dessais laits 
avec une petite batteuse française, donnant 
de 300 à 950 kg de |)addy à l'iieure, nn'ic 
au manège. .Malheureusement, et bien i|ue 
cette batteuse fonctionne avec succès depuis 
trois ans sur une plantation, son proprié- 
taire ne semble pas avoir eu d'imitateurs. 
La décorticalion du paddy donne lieu de 
la part de M. Ikv-QuANG-Cniuu à un long 
exposé de chiffres très complet et très édi- 
fiant sur les procédés indigènes. La décor- 
ticalion ;\ la meule de piei're traite .'16 kg 
de p.'uldy à l'heure, avec 3 à 3 '/s "/o ^^ 
brisures. Le rendement est donné en cargo, 
ce qui ne nous permet pas de connaître la 
propoiMion de paddy à repasser, mais nous 
trouvons un peu |)lus loin le cbillre de 
64,45 "/o, ce qui nous rapproche des con- 
ditions de travail des bons décorticiueurs 
européens; la luoporlion de brisures esl 
égalemeni très faibli'. Au n\or\\i^v (coi dup], 
le reniletuent tombe tout de suite très bas : 
20 kg en 1 h. 25, avec deux hommes. Cela 
n'a d'ailleurs que peu d'importance, l'indi- 
gène conservant le riz à l'état de paddy cl 
ne décorti(|uant (|u'au iur et à mesure de 
ses besoins, jiour éviler le rancissement. 

Au point (le vue de la consommation, le 
riz à blanchir esl sou\(Mit mélaugi' de 
feuilles vertes (|ni lui donnent un ;iiiiuie 
spécial et une couleur qui le font recher- 
cher. Le liz gluant se consomme cuit ;'i 
la vapeur, et sert à faire des gâteaux anna- 
mites. Germé, il sert à faire le sucre de riz. 
Nous avons regrellé de ne voir dans cette 
énumération rien ([ui put nous renseigner 
sur le « riz gonllé )> vendu par cerlains 
épiciers de l'aris, sans que nous aycjns 
jamais pu avoir de détails sur la provenance 
du produit et sa ilestination culinaire 
exacte. 

L'étude des instruments agricoles amène 
cotte réllexion qne les indigènes dressés au 



maniement des cliarrues européennes per- 
fectionnées, IJrabanI double ou autre, ont 
[larfailemenl reconnu leur •supériorité mais 
en mèmelemps l'impossiliilitéoùils seraient 
toujours de réunir la somme nécessaire h 
leur acquisition. Nous tenons i\ rappeler ici 
à ce sujet la conception remarquable de 
!\L\I. Leco et Rivn;«K disant ; IWrabe paie 
au forgeron 18 l'r. le fer d'une mauvaise 
charrue, le problème consiste donc à lui 
fournir piuu' 18 l'r. au maximum lesferrures 
d'une bonne charrue. Le problème, fort 
ardu, n'était pas insoluljle: il fut soumis à 
une des premières maisons de machines 
agricoles de France, qui eut soin de le 
comprendre tout de Ira vers, et sans se 
douter de la portée du raisonnement de 
s(îs clients, proposa des pièces de 36 à 38 Ir. 
11 y a pourtant là une pensée philosopiiique 
à médit{;r: c'est toute l'histoire du génie 
rural dans llnde Anglaise. 

La question des engrais a retenu l'allen- 
tion de l'auteur qui, en résumé, adopte les 
conclusions de M. L. Aciiaiuj: les n'-sultats 
ne sont pas concluants, car les augnn'nt;i- 
lions de récolle n'onl jjus varié cou'-iani- 
ment d;ius le même sens (|ue les doses 
d'engrais. Si dans tous les cas, les témoins 
ont donné moins (jue les pai'celles fumées, 
il n'en est pas moins vrai que les l'ésultats 
n'ont jamais été de nature h s'imposer à 
l'attention des indigènes : dans ces condi- 
tions, leur importance esl secondaire. 

Il nous a été très agréable de voir repro- 
duire ro|)iuion de M. I.kmaiiii;, qui regi-ette 
<• (|u"oii ail voulu liiire des ilritioiisiralions 
avant d avoir fait des cssuis, et (|u"on se 
soit livré en pâture à l'ironie des indigènes 
à la suite d'insuccès bien dilïérents des 
résultats escomptés. » 

Le conunerccthipatldijnow^^ fait connaître 
les mesures indigènes, la forme et la nature 
des récipients en usage, récipients de con- 
tenances 1res diverses, malgré la similitude 
des noms, l'ourlant il y a un réel jiiogrès 
]>uisqu'on commence à employer comme 
mesures des boites métalli(iues ayant servi 
à contenir certains produits européens; ce 
choix ne peut être déterminé que par la 



N° 72 — Juin 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



173 



constance de leur capacité. La base du 
prix est établie sur cette opinion que le 
paddy rend la moitié de son poids en riz 
blanc, opinion erronée; en elTet, M. Buy- 
QuANG-CniEu estime le rendement à 65 % ; 
nous sommes beureux de nous rencontrer 
avec lui sur ce cbiffre auquel nous sommes 
toujours arrivé pendant plusieurs années 
d'essais divers. (Nous avons même vu 73 %) . 
La production du riz au Tonkin serait 
supérieure de 243.000 tonnes à la consom- 
mation. Toutefois, ce chitTre est donné 
sous réserves, la superficie réelle des 
rizières ne correspondant pas exactement 



à la superficie officielle ; de plus, l'équilibre 
entre la production et la consommatitm est 
souvent détruit par les mauvaises condi- 
tions de la culture indigène; le régime de 
la propriété n'est pas fait non plus pour 
entraîner des améliorations soutenues. 

Le riz de montagne, |)lus rustique et 
plus facile à cultiver, ne se cultive guère 
que dans deux ou trois provinces du llaut- 
Tonkin. Il est parfumé et rcchercbé, mais 
moins productif et moins lourd, il pèse 
couramment de 5 à 10 kg de moins par 
bectolitre que le riz irrigué. 

F. M. 



La Destruction des Sauterelles 



L'enquête de la Cliambre d'Agriculture de Cochinchine. Procédés de caplure- 
et de destruction des adultes, des jeunes et des œufs. Inefficacité des incendies de cliaumes. 

La submersiou des œufs. 



La Chambre d'Agriculture de Cochin- 
chine, au début de 1906, a ouvert une 
enquête auprès des administrateurs, chefs 
de province, dans le but de connaître les 
procédés en usage dans les diverses régions 
pour la destruction des- sauterelles, et l'effi- 
cacité des divers moyens employés. Cette 
enquête a donné lieu à des réponses inté- 
ressantes, et étant donnée l'importance de 
ce fléau dans un grand nombre de régions 
tropicales et subtropicales, nous croyons 
intéressant de signaler quelques-unes des 
remarques faites, surtout au point de vue 
de l'efficacité des procédés; on y cons- 
tatera quelques faits assez inattendus. 
L'exposé des communications des admi- 
nistrateurs a été publié dans le « Bulletin 
de la Chambre d'Agriculture » de mai 1906, 
auquel nous empruntons les renseigne- 
ments suivants : 

Dans la province de Cholon, un cultiva- 
teur indigène avait imaginé de pousser les 
sauterelles dans une sorte de V en clayon- 
nage, analogue à ceux qui lui servaient à 
prendrelepoisson.Ils'agitlàd'un procédé en 
usage depuis longtemps; nous croyons nous 
souvenirqu'il est employé en Algérie, où les 



branchages sont remplacés par des toiles 
tendues sur des cadres. Mais au lieu de les 
pousser vers un trou où on les saupoudrait 
ensuite de chaux vive, l'Annamite en ques- 
tion les brûlait lorsque la masse arrivée au 
sommet du Y était assez considérable. 

Pendant le jour, les insectes sont assez 
difficiles à détruire, ils s'abattent tempo- 
rairement sur un champ qu'ils dévastent, 
puis s'envolent dès qu'on cherche à les 
pousser vers un piège. Le mieux est de les 
pourchasser pour les empêcher, en se po- 
sant, de se nourrir et de se reposer. Ce 
résultat est atteint facilement par le bruit 
que font les indigènes, au moyen d'instru- 
ments divers. Le soir venu, le nuage s'abat 
et on le détruit facilement. En général, les 
rabatteurs armés de bambous poussent les 
insectes vers de grands feux oi^i ils se brû- 
lent, ou vers des cours d'eau oîi on les noie. 
— Le lendemain matin, on peut en capturer 
un grand nombre encore engourdis par la 
fraîcheur. 

Dans la province de Mytho, on a égale- 
ment usé, avec succès, de la capture à l'aide 
de filets à papillons; ce moyen imprévu a 
donné d'excellents résultats; les femmes et 



170 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



N° 'i — Ji IN 1907 



les enfants'peuvont être eniiiloyés à cette 
chasse. 

Poiirdctriiiro lesjeunescriqucts, on lirùlc 
souvent tes chaumes qui garnissent les 
champs dans lesquels ils sont nés; ce pro- 
cédé est défectueux, car les insectes, voyant 
venirTincendie, rentrent dans les crevosses 
du sol et en ressorlent ensuite indemnes. 
L'enquête a démontré qu'il ('lait j>référ;ilile 
de mettre ù profil les mœurs, assez peu 
connues, des criquets qui suivent aveuglé- 
ment leur chef de file. — On les pourchasse 
alors vers des trous creusés en terre ou vers 
des silos vides; si la manœuvre est bien 
dirigée, la bande entière s'y précipitera; 
leur destruction est alors facile, soit qu'on 
les tue, soit qu'on les flambe, soit qu'on 
les enterre après; les avoir saupoudrés de 
chaux vive. 

Contre les jeunes criquets les feux ont 
donné de non moins bons résultats que 
contre les insectes adultes; c'est de plus 
un procédé qui ne demande pas une grande 
somme de^travail et, comme tel, convient 
bien aux indigènes. 



Enliu hi (lestruclion des omis, également 
facile, deniauile iilii< il'nhservalion.En Indo- 
Cliinc les sauterelles pondent dans la ri- 
zière détrempée, le terrain sec ne leur étant 
pas indispensable. 1! y a lieu d'observer 
exactement les champs où la ponte a eu 
lieu, et de profiter pour les inonder de la 
première grande marée, à moins (|u'nM ne 
possède des moyens de submersion; on liint 
la rizière submergée pendant ([uelques 
jours, puis on passe la charrue pour ra- 
mener les œufs à la surface : leur évolu- 
tion est complètement arrêtée, et pas un 
insecte vivant n'en sort. Ce procédé a été 
employé avec succès dans la province de 
Gocong. Plusieurs des procédés ci-dessus 
sont il conseiller: leur essai dans des régions 
(lillV-renles peut donner li<'u à des adajita- 
tions nouvelles. 

Nous serons heureux de connaître les 
résultats obtenus par nos lecteurs et abon- 
nés soit par d'autres procédés, soil ]'.ir les 
procédés ci-dessus dans des régions dif- 
férentes. 



La Presse aux Expositions Coloniales 

Le '< Journal d'.Vgricullure Tropicale », 
qui figurait en bonne place dans la Collec- 
tion de Journaux et Revues que le « Cour- 
rier de la Presse » avait été chargé de 
réunir pour VEjposUion Coloniale orga- 
nisée l'an dernier au Grand Palais, vient de 
recevoir le Diplôme de la Médaille d'Or 
qui lui fut décernée à cette occasion. 

Nous apprenons d'autre par' avec plaisir 
que « le Courrier Je 'a i*resse » est à nou- 
veau chargé par Monsieur Paul Vivu-.n, le 
.sympathique Président du « Syndicat de 
la Presse Coloniale », d'installer ses col- 
lections dans le Pavillon réservé à la Presse 
h.YExposition Coloniale Nationa/r qui vient 
de s'ouvrir à Nogent. 

«Le Courrier de la Presse» a lait figurer 
non seulement les Journaux des Colonies 
ou s'occupant spécialement de Questions 
Coloniales, mais aussi la Collection de lou 



les principaux journaux et périodiques de 
la Presse Parisienne et de la Presse Dépar- 
tementale. 

Ce choix est un sûr garant du soin qui 
a présidé ?i celte installation, et nous y 
applaudissons, 

AVIS 

Coi.oN très au courant de la plantation, 
de la culture et de la préparation de la 
vanille, du café, du tabac, du cacao, etc., 
demande association ou emploi. 

Se contenterait d'appoinlenienlsfixestrès 
réduits avec une part dans les bénéfices. 

Sa connaissance parfaile des pays tropi- 
caux et (les dill'érenles cultures, lui pcr- 
niellrail de réduire au minimum, les irais 
d'in>laliatiou il driilrclien, et assurerait 
rapidement un beau renilenieni du ca|)ital 
engagé. 

S'adresser au bureau du journal. 



N" 72 



Jlin' 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



177 



PARTIE COMMERCIALE 



Le Marché du caoutchouc. 

Chronique spéciale du « J. d'A. T. '•. 
Par MM. IIecut frères et C''. 

Pava. — La baisse que nous sif<nalions le 
mois dernier s'est encore prononcée depuis, et 
les cours du Para ont rétrogradé à un niveau 
qu'ils n'avaient pas atteint depuis plusieurs 
années. Le plus bas cours coté a été d'environ 
12,33 pour Para fin du Haut-Amazone et 12,23 
pour Bas-Amazone. A ce moment chacun a 
prévu le cours de 11 fr. qui a été le cours 
moyen pendant une assez longue période. 
Chaque fois qu'il en est ainsi, on peut prévoir 
que les plus bas cours sont atteints, et c'est 
en effet ce qui semble être le cas, car depuis 
les cours ont légèrement remonté et l'on 
reste aujourd'hui avec marché calme, mais 
soutenu, à 12,70 pour disponible et 12,03 pour 
livrable. 

II est très difficile de prédire l'avenir de 
l'article en ce moment. Nous sommes au 
moment des plus faibles arrivages au Para, 
mais d'un autre côté, la fabrique est large- 
ment fournie pour quelques mois encore, et à 
des prix plus élevés que les cours actuels. 
Quelques fabricants ont déjà baissé leurs prix 
de vente et, comme leur stock actuel leur coûte 
cher, ils l'ont fait plutôt dans l'idée que 
l'article ne montera pas d'ici quelques mois. 
L'événement en réalité dépend de l'importance 
des arrivages et de la précocité de la récolte 
qui va commencer. 

Les arrivages au Para pour le mois de mai 
ont été de 2.630 tonnes, dont 910 tonnes de 
Gaucho contre -4.490 le mois précédent et 
2.320 tonnes en mai 1906. Ces chiffres portent 
le total de la récolte 1906-1907 au 31 mai, à 
36.320 tonnes contre 32.840, chiffre de la 
récolte 1903-1906 au 31 mai 1900, soit un 
excédent de près de 4.000 tonnes. Les recettes 
au Para le 26 juin étaient de 1.400 tonnes. 
D'un autre côté les livraisons de caoutchouc 
du Para à la consommation cette année sont 
de 1.000 tonnes inférieures à celles de l'année 
dernière. 

Les statistiques géiv'rales donnent au 31 mai 



1907 les chiffres suivants comparés à ceux d"il 
V a un an : 





ivn 


1906 


Arriv.Tgos au Para. 


2620 


2340 




— 


— 


Arrivai^'es depuis 






Sortes du P 


ira. 




le 1"' juillet . . 


36310 32800- 


Stocks* Liverpool. 


lO'.iS 


1333 


ExpéJit. du Para 






— à New- York. 


348 


295 


en Europe . . . 


1830 


1655 


— au Para . . . 


740 


132 


— à New-York. 


1090 


819 


En route pour l'Eu- 






Sortes d'Afi 


ifjuc. 




rope 


1210 


810 








— New-York. . 


28-2 


217 


Stocksà Livorpool. 


797 


518 


En route d'Europe 






— à Londres . . 


894 


638 


à New-York . . 




" 


— â New-York. 


405 


355 




«73 


2787 




2096 


1511 


Stocks sur le Con- 






Arrivages à Liver- 






tinent 


2-.0 


500 


pool 


645 


668 




4323 




— à Londres . . 


395 


280 




..-).j i t 


— à New- York. 


1521 


1295 


Arrivages à Liver- 






Livraisons à Livor- 






pool 


1521 


1076 


pool 

— à Londres. . 


660 


636 


— à New- York. 


lUÛ 


1 1 i5 


290 


197 


Livraisons à Liver- 






— à New-York. 


1540 


1260 


pool 


126Ô 


l.'^;:i8 








— à New-York. 


1058 


1200 


Stocks de t. sortes. 


6619 


4888 



Sernamby. — Le Sernamby Manaos a baissé 
beaucoup plus que le Para fin et le plus bas 
cours coté a été de 10 francs. Nous sommes 
actuellement à 10,10. . 

Quant au Sernamby Pérou, il est tombé au 
plus bas à 9,23, prix auquel il s'est fait quel- 
ques ventes, mais depuis de nombreuses 
demandes l'ont fait remonter à 10 francs, c'est- 
à-dire presque au niveau du Sernamby Manaos, 
ce qui a été le cas d'ailleurs pendant une 
grande partie de l'hiver dernier. 

Sortes d'Afiique et d'Asie. — Les sortes 
intermédiaires ont également baissé. Les 
Conakry Niggers valent de 10,30 à 10,73. Les 
Soudan rouges de 10 francs à 10,40; les 
Soudan blancs de 9 à 9,50. 

Le Gambie prima s'est traité à 7,73 et le 
secondaire à 6,73. 

Les sortes du Tonkin sont restées relative- 
ment fermes, le rouge prima de 11 à 11,23 et 
le noir de 7,30 à 7,75. 

Maniroba. — Après une longue période de 
tranquillité, quelques alfuires ont été traitées 
aux environs de 10 francs pour prima, 
9 francs pour moyen et 8 à 8,23 pour ordi- 
naire. 

Anvers. — On a vendu le 31 mai, 8 Ion u es 
aux environs des taxes ; le 14 juin on a traité 
22 tonnes avec une baisse moyenne de fr. 30 et 
le 18 juin 437 tonnes avec une baisse moyenne 
de 0,23; la prochaine vente qui aura lieu fin 



I7S 



JOUUNAL D'AGRICULTURE TROI'ICALl- 



N" 72 — JiiN 1007 



jiiillcl ne comprcniliM qu'environ 20(1 tonnes. 

Iliwre. — Le 2!» mai, on a olTerl 78 tonnes. 
Les deux licrs ont été vendus avec une baisse 
moyenn(ï do fr. 30. La prochaine vente a eu 
lieu le 26 juin et a compris environ 77 tonnes. 

Ccylnn. — Les caoutchoucs de colle prove- 
nance ont baissé à peu près dans les mi'mes 
proportions que le Para. Certains biscuits 
supérieurs se sont vendus près de io francs, 
les crêpes valent 13,7.") à 1-4, 7.j suivant la qua- 
lité cl lesScraps environ 11,30. 



Hecht frères et C'-, 

"70, ruo Saint-I.îizoro. 



Paris, 27 juin 1907 



Le marché du Coton. 

Clironiquo spéciale du i' J. d'.\. T. •>. 
Par MM. A. et E. Kussat. 

Les cours de notre article contiiuient à se 
maintenir élevés, nous avons même atteint, le 
10 courant, le prix de 82 fr. oO pour les posi- 
tions rapprochées et 80 fr. pour les mois éloi- 
gnés. Depuis cette date, les avis de tempéra- 
ture, qui jusqu'ici étaient défavorables au déve- 
loppement normal de la plante, sont venus sen- 
siblement meilleurs et nous retrouvons ce jour 
les mois rapprochés cotés 80 fr. cl les mois 
éloignés se traitent à 76 fr. 50. 

Le recul de ces derniers jours est aussi la 
conséquence dos avis reçus de l'industrie et 
(|ui indiquent une demande moins active en 
lilés et tissus, ]iar suite des liants prix de- 
mandés par le fabricant i hausse causée par 
l'élévation soudaine de la matière brute), la de- 
mande devient plus limitée. 

Le i juin est paru le premier rapport de la 
saison publié par le Bureau d'agriculture de 
Washington et donnant la condition de la 
plante au 1"" juin. 

Ce rapport indique une condition de 70,.") 
contre 8'(,tj en r.lOr.-l!l(l7 : 77,2 t>n l'JOS-l'JOliet 
83 en li)04-190.'i. 

Le rapport donne comme acréage planté en 
cotonau 1" juinau.\ElatsUnis32.0G(l.000acres 
contre 32.0in.000 (chiffre révisé, le chiffre 
donné précédenunent était de 28.(180.000 acres) 
en 100()-1!I07, 2C.!ni!l.OOO en l'JO.'i-l'.K»; et 
31.730.000 acres en J<.»04-190."i. 

Les autorités colonniéres américaines atta- 
chent une grande imporlance au chiffre de la 



condition di- l.i plante, qui réellement présente 
une certaine faiblesse lorsqu'on le compare 
avec le chiffre communiqué par Washington 
durant ces dernières années, à la même date. 

Il nous faut remonter à l'année ItlO.'l pour 
trouver une condition de la plante (74,1) au 
l" juin supérieure et approchant de celle qui 
nous a été donnée le i courant, et. en lOO.'i- 
1004, la récolte fut de 10.011.000 balles. 

Nous conslalons qu'il y a, cette saison, aug- 
mentation sensible de l'acréage planté aux 
Etats-Unis en cotonniers, mais que la plante 
jusqu'ici a subi une réelle détérioration par 
suite de la longue période de mauvais temps 
qui a présidé aux débuts de l'en-iemencement 
et a continué jusqu'à ces derniers jours. Il est 
permis d'en conclure que nous n'aurons pas 
encore cette année un rendeuiont très supé- 
rieur, et comme qualité et comme quantité, à 
celui de la .saison dernière, et étant donnés les 
forts engagements de l'industrie, un recd 
sérieux des cours de l'article n'est pas à prévoir. 

Pour les sortes autres que l'.Vméricain, de 
bonnes affaires continuent à être enregistrées 
pour les colons dits de soie, c'est-à-dire pos- 
sédant une libre longue, régulière et résistante. 
Les cotons du Pérou dits pérou mou, blancs et 
se rapprochant des Rendors américains, trou- 
vent au Havre un débouché à des prix avanla- 
geu.x ; les Brésil se sont traités plus libérale- 
ment et il n'y a réellement que les courtes soies 
dont nous n'entrevoyons pas un débouché ré- 
gulier. 

Ci-après quelques chiffres indiquant " l'cn- 
vue » de la récolte amoricaiuo au 14 juin (de- 
puis le l^soijtcmbre lOOli, en balles de 220 kg. 
en moyenne; en regard, les statistiques des 
années précédentes à la même date : 



1006/190" 
13.129.000 



1903/1906 
10.648.000 



190J/1905 
IJ. 187.000 



1903/1904 
!», 738.000 



L'aiq)rovisionnomenl visible du monde en- 
tier était, au 14 juin, .mi b.illcs do .■;o -i :tOO K- 
selon provenance : 



1907 

3. 06:;. 000 



1906 
2.433.000 



190:i 
2.703.000 



I'.I04 
I.7:i2.000 



Cours du colon disponible, par sortes, eu 
francs, au 19 juin, les oO kg enlrepAl : 



Ijjlana (Middiingt .... Sî 

Sca Islaiid (E.vlra Fine) . .%5 

Sea Islanil (Fine) .... OôS 

Hnïli (Kair) 76 

Savanilln (Fair) *0 

Céara (Fair) •>i 

PtTou dur (G,»od Fain. . I?*2 



Bioaoli ( Fine) 74 

Bengale (Fine) t6 

Chino i,CSood) 6.'^ 

E(.'.v|>to brun (Good Fair). 13.^ 

Eijyi.lc libhofGood Fair). ITS 

Afriipio Ocridcnl. (Fair). S5 

>all.-"n FLTonr Ct 



N" 72 



Juin 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



179 



Aulrcs sortes. — • Cotations et renseigne- 
ments sur demande. 

A. et E. FossAT. 

Le Havre, 19 juin 1907. 

Sucre de Canne et sous-produits. 

Chronique spéciale du « J. d'.\. T. ». 
Par M. George de Préaudet. 

Renseifjnemenis riênéraux el slalisliques. 
Production d'après milett et Gray [mai 1907). 

Df-but 
de la 

AMéniQun nu campagne. 1905-07 190500 1904 05 

Nord ; — — — — 

Louisiane .... Sept. 230.000 3,30.000 335.000 

Texas Sept. 13.000 1-2.000 15.000 

Porto-Rico. . . . .Janv. 230.000 213.000 145. OOO 

Iles ll.iwaï. . . . Xov. 390.000 3S3.225 380.576 

Cuba Dec. 1.. 325. 000 1.178.748 1.163.258 

Trinidad Janv. 50.000 55.000 31.000 

Barbade .lanv. 40.000 49.864 41.600 

Jamaïque . . . .- Janv. 15.000 13.523 11.251 
Antipua et Sjint 

Kilts Janv. 24,000 21.000 24.000 

Martinique. . . . Janv. 40.000 42,231 29.986 
Guadeloupe . . , Janv. ,36,000 33.000 Sii.OOO 
.Sainte-Croix, , , Janv. 13.000 13.000 11,000 
Haïti et Saint-Do- 
mingue , . , , Janv. 60.000 55.090 47,309 
Autres Antilles. , Janv. 13.000 13.000 13.000 

.Mexique Dec. 115.000 107.529 107.0,JS 

Amérique crntr.vle : 

Guatemala Janv. 7.000 6.795 7,640 

San Salvador . . Janv. 6,000 5,944 5,588 

Nicaragua .... Janv. 4,000 4,400 4,235 

Cosla-Rica. . . . Janv. 2.000 1.377 2.305 

Amérique du .Sud : 
Guyane anglaise 

(bemerara). . . Oct.-Mai. 118.000 121.693 101.278 
Guyane hollan- 
daise (Surinam!. Oct. 13.000 13,000 13.000 
Venezuela. . .- . Oct. 3.000 3.000 3.000 

Pérou Oel. ISO. 000 150.000 150. 000 

République Ar-, 

genline .... Juin. 120.000 137.308 128. lOi 

Brésil Oct. 260. 000 275 000 195.000 

Total pour 

l'.Vmérique . 3.267,000 3.2i3.72î 3.001,168 
Asie : 
Inde anglaise, ex- 
portations , . . Dec ■ 10.000 12.822 10.933 

Siam » » » >. 

Java Mai 1.011,516 990.994 1.008,900 

Japon ...... "' ' ri » Il 

Philippines . . . Dec. 150.500 115.525 106.875 

Chine 

Total pour 

l'Asie, . . , 1.172,016 1.140.341 1.125.708 
Australie et Polynésie : 

Queensland . . . Juin. 182. CO) 170.000 147.638 
Nouvelle Galles 

du Sud Juin. 24.000 20.000 91.525 

lies Fidji .... Juin. 43.000 40.000 47.000 
Tot.nl pour 
l'Australie et la 

Polynésie . . 249.000 230.000 916.213 
.^FRlguE : 

EL'j-jne Janv. 60.000 65.000 60.000 

Ile Maurice . . . Août. 205.000 188.364 142.101 

Réunion. . . . . Sept. 30.000 30.000 30,000 
Total pour 

l'Afrique . . 295.000 283.364 232.101 

Total du sucre de canne. . 4.973.046 4.906.433 4,576.190 



Les deux grandes questions sucricres du 
mois sont : 

Les détaxes de distance. 

La Convention do Bruxelles. 

La première est résolue. Les détaxes sont 
un fait de notre législation intérieure, elles 
ont été reconnues comme telles par In Conven- 
tion de Bruxelles et resteront une condition 
absolue de notre participation à la Convention. 
Elles seront modifiées cependant pour les indi- 
gènes et probablement ramenées à un t.iux 
fixe inférieur à 2 francs. 

Dans un an, en septembre 1908, la Conven- 
tion de Bruxelles devra se continuer pour une 
nouvelle période ou sera dénoncée par un ou 
plusieurs États contractants. L'Angleterre a 
ouvert le feu et a fait comprendre qu'elle 
demanderait des faveurs spéciales ou bien se 
retirerait. Les faveurs qu'elle demande sont 
tout simplement la suppression pour elle des 
pénalités frappant les sucres primés à leur 
entrée dans les pays contractants. Donc les 
sucres primés entreraient librement en Angle- 
terre et les autres pays contractants ne pour- 
raient en recevoir ni lutter contre eux sur le 
marché anglais. 

C'est inacceptable. 

En Angleterre même, les avis sont partagés. 
Les colonies sont nettement opposées, ce qui 
se comprend, et l'Inde orientale demande 
même à entrer dans la Convention. 

Dans un opuscule fort bien présenté « Avant 
et après la Convention », sir Neville Lubbock 
prouve que les consommateurs anglais ne 
peuvent que se louer des résultats de la Con- 
vention qui ont été : une alimentation régu- 
lière et des prix sans fluctuations exagérées. 

Ne serait-ce pas une manœuvre de l'Angle- 
terre pour faire baisser le ton au marché à un 
moment "où elle va avoir besoin de renouveler 
ses approvisionnements? C'est bien possible. 

Antilles Françaises. — Les arrivages conti- 
nuent normalement. La récolte sera un peu 
inférieure à celle de l'an passé à cause de la 
pauvreté du jus. 

La qualité des sucres Martinique sera aussi 
inférieure, mais pour un tout autre motif, qui 
paraîtra étonnant au premier abord : à cause 
des chargements précipités par vapeurs. En 
effet, afin de fournir du fret aux vapeurs dans 
les conditions de leurs charteS-pàrties, les 
usines mettent leur sucre dans-les bourauts 
au sortir des turbines, sans lès. faire refroidir 



180 



JOURNAL DAGRICULTURli: TROPICALE 



N" 72 — Jlin 1î)07 



et sans les aérer; ce sucre, empoté très cliaiid, 
refroidit lentement par l'extérieur et il se 
forme une réaction chimique, à rintérieur. due 
à la présence de l'acide sulfureux employé 
pour le blanchiment. A l'arrivée en France, 
les sucres paraissent beaux au sondage, mais 
quand on vide un boucaut tout l'intérieur est 
jaune, ce qui rend la marchandise ni loyale ni 
marchande. Ce défaut de qualité causera un 
grand tort aux fabricants s'ils n'y portent pas 
remède. A la Guadeloupe un fléau d'un autre 
genre est menaçant : la grève et l'exode vers 
Panama des travailleurs. 

Le gouvernement de cette île fait d'un côté 
de beaux discours sur les cultures secondaires, 
conseils qui ne datent pas d'hier, mais d'un 
autre côté il vient de rapporter un arrêté d'un 
gouverneur précédent empêchant l'émigration 
des travailleurs. Deux entrepreneurs de la 
Jama'ique, nullement qualifiés comme ambas- 
sadeurs américains, ont suffi pour impres- 
sionner le gouvernement de la Guadeloupe et 
nombre de travailleurs sont déjà partis pour 
l'isthme. Cet étal de chose est déploruhie. 

Réunion. — Le marché est calme par conti- 
nuation. Les principaux propriétaires préfèrent 
courir la chance d'une expédition pour compte 
plutôt que d'accepter les prix dérisoires de 
20 à 21,30 °/o suivant qualité et point d'embar- 
quement qui ont été pratiqués par des petits 
planteurs. Les sucres qui arrivent maintenant 
en France sont d'arrière-saison et se placent 
aux environs de 25 francs sur quai. 

Matiiicn. — On sait que la récolte de cette 
année est la plus grande qui soit constatée 
dans les annales de l'industrie mauricienne. 
Elle a dépassé 20o.()00 tonnes. 

Mais l'exportation ne s'est pas faite avec la 
facilité des années précédentes. Le marché 
indien a fait défaut à la suite de la campagne 
faite contre les sucres travaillés par des pro- 
duits d'origine animale. Les autres marchés, 
sauf le Royaume-Uni, ont acheté beaucoup 
moins aussi, et l'on calcule une différence de 
2.500 t. pour les ports indiens, do 7.O0O t. 
pour ceux du Sud africain, relativement ;\ 
l'année dernière. 

Japon. — Les importations de sucre étranger 
de lOUO à litO/i ont été les suivantes : 

Roux Raflini^' 

IW 209.178 T 195.390 T " 

I9II1 iJS.lSî 261.265 

1902 nS.'i'iO 85.300 

1903 2'.r,.985 97.303 

190-1 338.911 7l.r,.i3 



Ces chillres montrent le développement des 
raffineries par l'accroissement des importa- 
tions de sucre roux et la diminution de celles 
des raffinés. 

Hawaï. — La roulaison se poursuit d'une 
façon très satisfaisante. La majeure partie du 
sucre est acheminée sur r.Xtlanlique, par la 
voie de Tehuantepec. La main-d'œuvre noire, 
repoussée de l'.Xustralie. trouvera un débouché 
dans ces îles; Melbourne a déjà fait des oll'res, 
mais elles n'ont pas été acceptées pour le mo- 
ment, les travaux actuels ne nécessitant pas 
un supplément de travailleurs. 

/{>;jnihlii/uc An/rnlinc. — La récolle n'ayant 
été que de 100.000 t. au lieu de 130. UOU t., il 
règne une véritable disette de sucre que le 
gouvernement essaie de conjurer en abaissant 
les droits d'entrée sur les sucres bruts au- 
dessous de 96 polarisation de 0.01 dollar par 
kg. brut. 11 uKUKiue 20.(JOO t. cl certaines 
fabriques de confiserie ont dû arrêter. 

Déniera) a. — Les pluies continuelles ont fait 
le plus grand tort à la récolte, ainsi que le 
froid qui a empêché la maturité. Le renilement 
sera au-dessous de toute prévision. La Chambre 
d'agriculture de la Guyane anglaise a émis le 
vœu que l'Angleterre ne se retirât pas de la 
Convention de Mruxelles, décision qui cause- 
rait le plus grand tort à la colonie dont le 
sucre représente 73 °/<, des exportations. La 
fabrication sera de 20 à 23.000 t. pour le tri- 
mestre finissant en juin. 

Mexique. — La production totale est estimée 
à Ma. 000 t. longues (l.Olo l<gs.). 

Les principaux l^tats produisent respective- 
ment : 

Morelos W.OOO T 

Vera Cruz 16.000 

Puobl.i 16.000 

Siiialoa 9.000 

Michooo.ln 7.000 

.lalisoo 7.000 

Cuba. — La récolte actuelle peu! être consi- 
dérée comme terminée. Quehiucs usines seu- 
lement sont en marche, et. en comptant ce 
qu'elle.s peuvent donner encore, on peut évaluer 
la production à L.'IOO.OOO t.. .soit 130.000 tonnes 
de plus que l'année dernière, et par conséquent 
la plus importante production que l'ile ail 
jamais donnée. La nouvelle campagne se pré- 
sente normalement. Les plants sont faits en 
bien des endroits, notamment dans les pro- 
vinces de Pinar del Rio el de Malanzas, el tout 
fait prévoir une jiériode de i)luies dont on a 
bien besoin après la sécheresse prolongée. 



N° 72 — Juin 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



181 



Anligua. — Cette colonie a réalisé l'édifica- 
tion d'usines centrales, ce qui lui a très bien 
réussi. Elle a travaillé cette campagne 24. 42G t. 
de cannes donnant 9,52 "/o de sucre. 

Porto-Rico. — Depuis deux ans, on constate 
la création de sept sucreries, alors que nombre 
d'anciennes usines sont perfectionnées avec 
un outillage moderne. La valeur du sucre 
exporté pendant la dernière année fiscale 
s'élève à 2.983.383 livres, en excédent de 
o03.7."").'j livres sur l'année précédente. 

G. DE Prkaudet. 

Nantes, le 19 juin 1907. 

Le Marché du Café. 

Clironique spéciale du " J. d'A. T. «. 
Par M. H. Vebmond. 

Il faudrait n'avoir aucun sentiment de l'ac- 
tualité pour ne pas parler un peu do fraude en 
ce moment. Non que je veuille disserter sur le 
vin et sortir de ma spécialité ; le café me suffit : 
sur lui s'exerce aussi la fraude, au vu et au su 
de tout le monde. 

Des teinturiers en cafés gonflent artificielle- 
ment du Sanlos, ils le colorent en vert pour que 
ces cafés teints entrent dans la consommation 
non comme Santos, mais comme Porto Rico. 
C'est permis, c'est légal; ce travail d'art se fait 
ouvertement dans nos entrepôts fictifs. 

Le gros brûleur veut regagner une partie du 
déchet de la torréfaction : il inonde d'eau le 
café qui sort du brûloir, puis il lui donne un 
brillant factice au moyen de vernis divers. 
N'est-ce pas là une fraude aussi caractérisée 
qu'impudente? Du tout, car personne ne dit 
rien, le consommateur pour la bonne raison 
qu'il ignore ces pratiques, le petit marchand 
par veulerie. 

Celui-ci cependant est la première victime de 
cette concurrence déloyale; il ne possède pas, 
lui, l'outillage perfectionné permettant le 
mouillage et le glaçage; aurait-il l'envie de 
frauder, il ne le pourrait, faute de moyens, et 
force lui est de regarder vendre à son nez et à 
sa barbe des cafés qui reviennent à son voisin 
meilleur marché qu'à lui par ces détestables 
procédés. 

Quant au Code pénal, il pouvait bien se dis- 
penser d'édicter des peines contre la tromperie 
sur la nature de la marchandise et la vente à 



faux poids. Qui aurait l'esprit assez mal l'ait 
pour considérer comme des falsifications 
l'aqua simplex et le vernis, ou s'inquiéter de 
l'augmentation de poids qu'enregistrera la ba- 
lance? 

Aussi, jamais on n'a vu une poursuite quel- 
conque à propos de ces fraudes connues, to- 
lérées, approuvées même par les pouvoirs 
compétents. Des poursuites, c'est bon pour le 
charbonnier du coin : 

Selon que vous serez puissant ou misérable, 

Les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir. 

Cours au 20 juin. Entrepôt du Havre 
1 '/i % comptant ; les 50 kg. 



Santos fcood average . 


35 '/5 


Malabar 


CO 


Rio lavi- supérieur . . 


55 .1 


.Salem gragé 


6S 


Haïti Port-au-Prince. 


4i » 

es .. 


Moka 


101 


Mexique gragé. . . . 


Java Hollande (bon or- 




Porto -Cabello et La 




dinaire) 


65 


Guayra 


4i » 


Libéria supérieur do 




Ouaiieloupe Hab. . . . 


107 .. 


Java 


4S 


Porto-Rico 


'.■! '■ 


Libéria dit d'Afrique. 


40 


Gosta-Rica lavt- . . . 


"5 ■■ 


Bourbon 


no 


Guatt-mala lavé. . . . 


e.s ., 


Nouméa 


9-: 


San Salvador 


4,x .. 


Kouilou do Madagascar 


--, 



jV. B. — Quelques-unes des qualités cotées dans le tableau 
ci-dessus n'arrivent en l'ait jamais au Havre; nous les avons 
choisies cependant comme pernietlant de suivre le plus facile- 
ment la tendance générale des cours des jirovenances en ques-- 
tiou. — Dans tous les cas, nous indiquons les cours à la parité 
du Havre. — Les cafés des colonies françaises bé-néliciant 
d'une détaxe de 39 francs par 50 kg., il faut diminuer leur cote 
d'autant pour la comparaison avec le reste du tableau. 



Paris, 20 juin 1907 



H. Vermoxd. 



<^'>S.'Î<1^ 



Le Marché du Cacao. 

Chronique spéciale du ". J. d'A. T. ». 
Par M. Anthime Ai.leaume. 

Une erreur typographique me faisait in- 
diquer le mois dernier le stock en entrepôt au 
30 août alors qu'il faut lire au 30 avril, et en 
outre 7.997.314 kg. au lieu de 4.997.314 kg. 

Nous regrettons de n'avoir pu la rectifier 
plus tôt, mais comme elle n'allait pas à ren- 
contre de nos déductions, les appuyant au 
contraire, si nos lecteurs s'y sont arrêtés, ils 
n'y auront attaché, espérons-nous, qu'une im- 
portance relative. 

Les chiffres de l'entrepôt réel du Havre 
étaient au 31 mai, soit pour les cinq premiers 
mois : 

1907 1900 1905 

Entrées .... 9.112.129 10.384.238 9.592.î66kg. 

Sorties 9.491.014 9.6S9.6i4 9.575:580 

StockauSlmai. 5.052.150 9.920.191 11.301.188 



lS-2 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



N» 7-2 — .IriN r.i()7 



La silualion j;<^néralc reste donc incliangée; 
nous allons arrivera une époque où la faljri- 
calion se lalentil habiluellemont; il n'y iuirait 
donc rien de suri)renant à ce que les stocks au 
31 Juillel et au 31 aoiU viennent à accuser une 
cerlaine augmentation. Il en est du reste ainsi 
chaque année. Malgré l'élévation des cours 
actuels, les fabricants feront sagement en ne 
se liant pas troj) à une léduclion séi-ieuse des 
|irix, car avec des avis aussi peu satisfai- 
sants que ceux que nous avons eu récemment 
des lieux de production, le contraire pour- 
rait plutôt être à craindre. 

Les débouchés du deuxième semestre ont 
été, ces deux dernières années : 

En 100Gj.de y-2.781 sacs; en lOO.'i, de 
13o.iyt5 sacs. 

C'est donc au moins 100.000 sacs qu'il faudra 
trouver d'ici la lin de l'année, sans augmen- 
tation encore du stock au 31. décembre pro- 
chain. 

Tour la France, la consommation du 
deuxième semestre avait été, en 190G, de ' 
il.9i9.000 kg.; en 1905, de 11.611.000 kg.; 
soit, à peu de chose près, les mêmes liesoins. 
C'est 25.000 sacs environ à ajouter aux 100.000 
ci-dessus. 

T(uis commentaires à ce sujet paraissent à 
peu près inutiles. 



Mouvement au Ilaure du l"'^ janvierait l'j juin 1907. 

Stock 31 IgpoiUt. DtboucliH fiicd «a 

SORTES 31 ilfifub. ilu i"jaiiïier tmrepit 

vm au 15 JDin ISiOi I5jgliil90; 

Para, Maraguau vJ.OOi 4.89-2 3.015 'i.UH 

Trinidad. lO.'i'iO 9.3C1 lô/Mù lO.'iSi 

Colo-Kerme, Venezuela . 12.428 32.570 41.533 3.465 

Bahia 3.015 11.802 13.213 2.23i 

Haïli, Ktipublique Dom. 7.542 24.170 21.581 10.628 

MarUniquootOuadeloupe. 1.778 2.476 4.054 200 

'^^i^t] :::::::!_^ ^^ "±^ "±^ 

Total : sacs . . . 07.175 110.755 121.333 59.777 

conlrc, enl906(l«'janv.). 133.913 118.151 121.314 127,723 

ft en 1905 — . . 130. Oin 121.881 112.761 151.107 



Couru au Havre du iâ juin 1907 au lô juin 1900. 

Conrs .111 Coers au Cour.' air 

15 Jais 19117 MœailiO; liJuiDl906 

Para, Maragnaii . . 113 à 110 » 110 ..à 110 » 08 » à 71 

Trinidad 115 à 120 .. 114 »àll7 50 68 » à 72 

Cotc-Fermo, Vén6- 

ïuiSla 115 4 175 » 107 -à 180 - 72 u à 160 

Baliia 110 .M 15 . 107 50 à 112 » 61 .. à 66 

Haïti 100 à 112 » 97 »àll2 >. 46.,^66 

Sanchcz, Porto-Pla- 

ta, Samaua . . . 101 à 109 u 104 «iill2 » 58»à62 

Guayaquil 110 à 125 » U3 »àl25' . 82 i. à 94 

Martinique et fiua- 

deloupo 135 à 112 » 131 ^ à 110 . 85 .4 88 



Mouvement au Havre l" quinzaine de juin 1907. 
StMt lifiiiui. hbNctd StoL . 
yi*tkin\ qiiuiiM fiiuaiH lijiiilt07 

Para, Maragnan 3.850 1.415 721 4.571 

Trinidad 8.770 2.304 640 10. 4M 

CùtcFcrmo, V(in6zni)la . 5.069 3.742 5.316 3.4W 

Bahia 3.460 300 1.52C 2.231 

IKiIti. lU-publiquc Dom. 10.115 2. 699 2.!I6 10.628 

Martiiiiqueol Guadeloupe. 363 15 208 300 

'iz:r': ::::::] ^^ _^ _j^ ^ 

Total : sacs .. . 00.390 10.010 11.623 59.777 

contre on 1906 129.519 8.667 10.463 127.723 

et en 1905 1.-.1.411 9.590 9.927 151. lo: 

Cours au Ilaure au 20 juin 1907. 
Les 50 kg., en fr. : 
.lu droit de 101 fr. 
(MKi^aquil .Vrrilia 11^ .hi .-, r.'.t u 

— lialao. U. de Caraqucz 111 - à 118 . 

— Maehala 112 • & 116 . 

Para, Itacoliara 113 • & 116 • 

Manaos 112 • à 114 » 

Carupano 116 » à 120 » 

La Cruayra, Caracas 113 > à 118 ■ 

Guiria, Rio-Chico 117 50 A 125 • 

Puerto-Cabello 125 . à 175 a 

Nicaragua, Maracalbo 110 » à 120 » 

Colombie : Buenaventura. Cauca 115 » à 117 50 

— SavaniUa, Carthagi>ne 105 » à 112 50 

Ceylan, Java 107 50 â 115 • 

Trinidad ■ 114 • à 118 • 

Grenade 112 • à 116 » 

SainleLucie, Uoininique, Saint- Vincent. . . 110 » i 114 • 

Mexique 107 SO à 112 50 

Jamaïque 105 » à 110 ■ 

Costa-Rica, Corinto, Honduras 105 • il 108 > 

Cuba 105 • à 110 » 

.Surinam. Deuierara 103 " à 108 ■ 

lîahia fermenté 111 »àllS» 

S. Thomù. . ■ 105 > à 112 . 

Camorou», Congo 105 • à 109 • 

Cote dOr, .\ccra. Addah 101 . à 106 • 

Samana 107 • il 108 • 

Sanchez, Puerlo-Plata 105 . à 110 « 

S. Podro-Macoris, S. Dominga 105 • i lOG 50 

Haïti prépara (Usines) 110 » à 113 • 

— Plantation Extra choix 101 ■ * 107 • 

— Choi.v 102 » à 105 » 

— Ordinaire 98 - à 102 50 

Au droit de 95 fr. : 

Congo (conventionnel) 107 '•" ?i M" ^ 

Au droit de 52 fr. : 

Coniïo français 1.15 •■ .-ï 1 ir» • 

Martinique 135 > il 137 50 

Guadeloupe 138 • à 110 ■ 

Madag.iscar, Réunion 130 » à 137 50 

Les transactions ont été depuis un mois de 
moindre importance, le disponible et le débar- 
([uement ne fournissant ijue peu de choix; 
les ventes peuvent être évaluées à -i.OOO sacs 
environ. Il y a donc nécessité pour la plupart 
des acheteurs à se fournir en marchandise à 
livrer ou attendue prochainement. 

A. Alleaume. 
Le Havre, 21 juin 1007. 



N" 72 — Juin 19U7 



JOURNAL D'AGllIGULTURE TROPICALE 



183 



Fibres de Corderie et de Brosserie. 

Chronique spéciale du « .1. d'A. T. o. 
Par MM. Vaquin et Scuweitzer. 

Sisal. — Marché assez irrégiilier se clôturant 
à 83 fr. r>() pour marchandise disponible, et à 
83 fr. les 100 kg. sur embarquement rapproché, 
pour provenance du Mexiijue, belle qualité ELU 
ou similaire. 

Les libres des Indes anglaises sont ferme- 
ment tenues avec cependant une demande assez 
active de la fabrication. 

Manitli' (Abaca). — Les Américains ont fait 
de grands achats de ce textile, elles prix, après 
avoir baissé fortement, sont de nouveau plus 
fermes, quoique les recettes restent très 
importantes. En effet, au 20 de ce mois elles 
atteignent le chifl're de 437.000 balles depuis 
le 1" janvier, contre 333.000 balles pendant la 
période correspondante l'an dernier. 

Les derniers cours (embarquement juin- 
juillet) s'établissent à : 

Fair cuiTent H6 n à ■> n 

Supérieur second 78 50 â » » 

Good second 71 » à » » 

Fair second 70 50 à » » 

Good brown 70 .- à " >' 

Lin de la Aûuvelli'-Zélartde (Phormium'). — 
Les exportateurs ne semblent pas vouloir 
accepter les cours actuellement pratiqués en 
Europe, et font très peu' d'ofl'res, à prix d'ail- 
leurs hors de proportion en général avec ceux 
qui sont proposés par les acheteurs. 

Les quelques ventes enregistrées ne sont que 
pour marchandise disponiljle, elles ont été 
traitées sur les bases suivantes : 

Good fair Wellington 83 » à > » 

Good fair 73 ôO à >. -. 

L'étoupe, bonne qualité est très peu offerte 
à 37 fr.; le tout aux 100 kg., c.i.f ports euro- 
péens. 

Magucij (Aloès de Manille). — On fait fort 
peu d'affaires en raisoD .des stocks tout à fait 
réduits; les prix, par-suitre, ne se sont pas 
modifiés. 

Aloès (Chanvre de Maurice). — Cette fibre 
est offerte très abondamment sur la nouvelle 
récolte, et par suite les prix ont assez forte- 
ment fléchi. Les bonnes qualités ne se payent 
pas plus de 68 à 70 fr. les 100 kg., les qualités 
secondaires peuvent être obtenues à partir do 
62 fr. 30 aux 100 kg., c.i.f porls européens. 

Jule de Chine. — Les prix sont toujours fort 
élevés, devant les cours plutôt faibles de tous 



les textiles à corderie, la fabrication a momen- 
tanément délaissé cette fibre. 

Jute de Calculla. — Peu de modifications, 
les nouvelles de la prochaine récolle qui va 
commencer dans quelques semaines ne sont 
pas précises. Il est cependant vraisemblable 
que les prix se maintiendront aux taux actuels. 

Iclle. — Les Mexicains confirment les avis 
précédents, quant à la faiblesse de la récolte 
en perspective; les offres des exportateurs 
sont totalement nulles, certains vendeurs à 
découvert ne peuvent, quant à présent, trouver 
de marchandise pour remplir leurs engage- 
ments. Nous pensons que la hausse peut 
atteindre une certaine importance. 

Les prix nominaux sont pour 

Tula fair average G-3 à » 

good (j'i à 65 

■Tauniave B Z ou égal . 09 à » 

Palma fair average 65 à >i 

good 68 à 70 

le tout aux 100 kg., c.i.f Havre. 

Ramie (China grass). — Offres assez régu- 
lières variant suivant marque et classement 
entre 77 fr. 30 à 87 fr. 50 les 100 kg., port 
d'arrivée. 

Kapoli. — Pas de modifications notables 
dans le prix des diverses provenances connues. 

En raison des prix très élevés du kapok 
Java, les acheteurs ont donné la préférence au 
kapok Cochinchine, Tonkin, etc., dont la qua- 
lité se rapproche assez du premier; nous ne 
cessons d'encourager l'étude de l'introduction 
delà culture de celte fibre dans nos colonies. 

Les prix, suivant cfualité, varient entre 
1-iO fr. et 163 fr. aux 100 kg., Havre. 

l'iassava. — Peu de modifications sur toute 
sorte sauf pour bassine qui n'est plus offerte 
par les producteurs, les stocks en Europe étant 
très réduits, il faut conclure que la hausse doit 
se développer ; les prix actuels pour bonne 
marchandise ordinaire ont déjà atteint 30 
à 32 fr. aux 100 kg. c.i.f. Havre. 

Fibres de Coco. — H est acquis que la récolte 
des noix de coco sera cette année très faible à 
Ceylan,les prix pour fibres peignées utilisables 
en brosserie et pour filé sont en liausse de 
2 à 3 fr. les 100 kg., nous pensons que cette 
hausse s'accentuera encore. 

Raphia. ^ Bien tenu ; lesbellesqualitéssont 
toujours rechei'chées et restent à prix avan- 
tageux. 

Chiendent. — Mêmes prix que précédemment ; 
la demande reste fort active, la fabrication qui 



IH'i 



JOURNAL D'AGRICULTL'HE TlîOI'lCM.I- 



N- 



Juin 1907 



a relevé sesprix de revient accepte plus facile- 
ment les cours actuels. 

l-'cuUlfs. — lionne demande, il y a intérêt 
pour louli' nouveauté. 

Nous croyons devoir recommander aux pro- 
ducteurs éventuels de ces feuilles pour : 
chapeaux, plantes artificielles, etc., de ne 
prendre que toutes jeunes pousses pour nous 
adresser des échantillons : il est en efl'ct absolu- 
ment nécessaire que les feuilles destinées aux 
emplois énoncés plus haut, une fois sèches, 
aient une nuance jaune pâle très claire ; toute 
autre rend l'article sans valeur commerciale, 
de sorte que les frais faits, si petits soient-ils, 
sont complètement perdus. 

D'ailleurs tous renseignements utiles sont à 
la disposition des lecteurs an J ournal d' Agricul- 
ture Tropicale. 

Vaoiin et ScnwEiTZER. 

Le Havre, 19 juin 1007. 

Matières grasses coloniales. 

Mercuriale spéciale du i< J. J'A. T. ». 
Par MM. Rocca, Tapsy et df. Roux. 

Coprah. — Tendance : calme. — Nous cotons 
nominalement, en disponible, les 100 kg. 
c.a.f., poids net délivré, conditions de la place 
de Marseille : 



Coylon siinilried .... 57 » 

Sinjjrapore 55 "Î5 

Macassar 55 "5 

Manillo 51 50 

Zanzibar 55 "75 

■lava Sundrick . , , . 5ri 50 



Mozambique 55 75 

Saïgon 55 » 

Cotonou 55 » 

Pacifique (Samoa) . . . 55 .. 

OcL-anic française ... 50 » 



Huile de palme. — Lagos, 7o fr. ; Bonny 
Bénin, T-i fr., qualités secondaires, 73 fr. les 
loi) kg.; conditions de Marseille, filts perdus, 
prix pour chargements entiers. 

Palmistes. — Guinée, 41 fr. les 100 kg. 

Mowra (Bassia). — 27 fr. les 100 kg. 

Graines oléagineuses. — Situation station- 
naire. — Nous cotons nominalement : 

Srsamo Bombay blanc, grande graine 40 •• à 41 « 

— — petite graine 

— JalTa (à livrer) 46 » à 4" » 

— liigrarré, Kurrachço 39 « à » » 

„ ,. f Lins Bombay bruns, grande graine. 31 50 à 

"''aci ?"■'"' ^»^^"l''"'«^- • . ■ • . r . . . 34 » à 34 50 



Marseille 



Pavol Bombay 



40 



à 39 



Ricin Coromandel, nouvelle récolte. 29 » A 29 25 

Arachides décortiquées Mozambique 42 50 & 43 50 

— Coromandcl, nouv. récolle. 33 50 ù 34 50 

Ventes connues de la semaine : 2.000 balles 
arachides décortiquées Coromandel, août-sep- 



tembre, 34 rr.2o; 2.080 quintaux dito, aoiU-sep- 
tembre 3.") fr. ; 1-2.000 quintaux dito, juin- 
juillet, juillet-aoïit, aoiit-seplembre par 13, 
3-4 fr. 10; coiil et fret, poids net délivré. 

.Autres /ntiliéres. — Cotations et renseigne- 
ments sur demande. 

RocCA, Tassy et ue Rolx. 

Marseille, 20 juin 1907. 

Produits agricoles africains 

sur le marché de Liverpool. 

Mercuriale spéciale du « J. d'.\. T. . 
Par MM. Tavlor and Co. 

Huile de palme. — Depuis notre dernière 
chronique, une hausse assez sensible s'est 
manifestée, malgré que les prix aient baissé 
de 10 -. pendant la première semaine. Le 
marché est très calme en raison des fêtes de 
,1a Pentecôte. La semaine suivante, sous l'in- 
tluence d'une forte demande, le marché monte 
rapidement de 30, -, mais sitôt cette affaire ter- 
minée, le marché redevient calme, et est des 
plus tranquilles pendant ces derniers jours. 

Suivent les prix du jour, la tonne sur place. 

Lagos £ 31.10... à 31.15.. 

Bonny, Old Calabar 31. 2.6 à 31. 7.6 

Cameroun 31. • à 31. 5.- 

Bénin 30.15.. à 31 >: 

Accra 30. 5.» à 30. 10.» 

Brass, Niger, New Calabar. . 30. ».» à 30. 5.. 

Congo 30. ".• à 30. 5.» 

Sait Pond 28.10.» à 28.15.» 

Ordinaire et moyenne 2$.1Q.. à 30. ..• 

Piilmistes '.\mandes de palme''. — Pendant 
la première quinzaine le marché reste slation- 
naire. 11 subit une augmentation de a/-, qu'il 
perd la semaine suivante. Le marché clôt avec 
une tendance à la baisse. 

Voici les prix du jour, la tonne sur place: 

Lago3. Cameroun et qualités 

supérieures des Rivières. £ 18. 7.6 h 18.10.» 

Bénin, Congo IS. 5. - à 18. 7.6 

Libéria et Slierbro 18. ... à 18. 2.6 

Cùlo dOr 17.17.6 à 18. ».» 

Caoutchouc. — Marché très calme et inactif 
pendant ces quatre dernières semaines, les 
prix restent sensiblement les mêmes, faute de 
demandes; on note seulement une baisse de 

l'A ci- 
Para : descend de i ".) à •'» 7. 

Café. — Calme; Eléphant Berry : 44 6 à io/. 
par cwt : Bold Berry : 2'J '-. par cwt. 

Cacao. — Marché très ferme ; Lagos: 75/-. 
à 80, 3; Victoria: 86/3. 



JOURNA.L D'AGRICULTURE TROPICALE 



18o 



Gingembre. — Sierra-Leone de 20/- à 28/-. 
Piassava. — Arrivées et vendues '(.500 bottes. 



Junk River 


. . . .£ 


on, » à -20. 5 


River Cess 




18.15 à » » 


Slierbro 




35.15 à 26. 5 


Bercby 




2(5.10 à » » 


Bassa 




15, » a 22.15 


Cape Palmas . . . . 




n. » à » .. 


Gabon 




li;.15 à » » 



Sierra-Leone î-i.lÔ à » » 

Cire d'abeilles. — Sierra-Leone à £7/3/9 le 
cwt; Gambie, 7/3/-. 

Noix de kola. — Peu de vente de 1 '/, d. à 
2'/^ d. la livre. 

Coprah. — Le total des ventes ne dépasse 
pas l'IG. 

Poivre de Guinée (maniguelle) et Fèves de Ca- 
labar. — Pas de vente sur le marché. 

Arachides. — Bathurst de £13-/-. à 18-/-; 
Rufisque de £13.-10/-, à 20.-/-. 

Chillies (Piment enragé). — Sierra-Leone 
28/6; 27/-. sur quai, un peu négligé et peu de 
ventes. 

Noix de Karilé (Sheai. — Sans existence, 
valeur nominale de £8/10/- à £9/10/-. la tonne. 

Coton. — 6 '/, d. à 6 '/, la livre, en demande. 

Maïs. — Forte demande o/-. à 3/0 '/^ les 
100 livres. 

Peaux: 

Balhurst 9 3/4 d. à » » la livre 

Sierra Leone 10 > il. à 10 */* d. — 

Accra S - d. à S '/ad. — 

Dakar s « d, à ■ — 

Autres produits. — Cotations et renseigne- 
ments sur demande. 

Taylor and Co, 

7, Titliebarn Street. 
Liverpool, 18 juin 1907. 

Produits de Droguerie. — Articles divers. 

Mercuriale spéciale du » J. d'A. T. ». 
Par M. Geo. Ernst. 

♦ L'astérisque désigne les produits bénéficiant d'une détaxe 
partielle ou entière en raison de leur provenance des colonies 
françaises. Le mécanisme et le tarif de ce .< ])rivilège colonial » 
ont été exposés dans nos n^^ 35 et dl. — N. d. l. R. 

Ambrelle. — Délaissé. Petits stocks, dis- 
ponibles à 75 fr. les 100 l<g. 

Asphalte. — Trinidad, brut, cours 31 à 35 fr. 
la tonne ; épuré, 86 à 90 fr. la tonne. 

IJadiane, semences. — Sans existence sur 
place. Demandées 133 à ICO fr. les iOO kg. 

Baumes. — Copauu : très ferme toujours, les 
belles sortes étant rares. Maracaïbo demandé. 



Pi':rou: La hausse s'est encore accentuée 
depuis un mois. En qualité garantie pure on 
cote 23 fr. par kg., sans engagement. Les stocks 
sont partout réduils et les détenteurs escomp- 
tent le cours de 30 fr. 

ToLU : Sans changniiient, toujours ferme, 
pas d'arrivages, 2 fr. 50 à 2 fr. 75 le kg. 

Bois. — Santal des Indes: un peu moins 
ferme. Sans affaires pour lots de distillation. 

S. Nouvelle-Calédonie : pas de disponible, 
cours 75 à 93 fr. suivant qualité. 

Gayac rose: demandé. 

Quassia amara : on est acheteur de bois en 
billes de 25 à .50 centimètres, à bon prix sui- 
vant rendement. 

Cacaos. — Toujours bien demandés, arri- 
vages restreints pour toutes les sortes, prix en 
hausse, aux 30 kg. entrepôt. 

Congo conventionnel (droit de 95 fr.l. . . 105 h 108 fr. 

Martinique-Guadeloupe (droit de 52 fr.) . 135 à 142 

Nouvelles-Hébrides 132 à 135 N 

Congo français 1 18 à 125 

Cafés. — Sans changements de cours appré- 
ciables depuis un mois; légères variations 
en hausse et baisse, suivant l'imprii^sion du 
jour. L'avenir de l'article reste bien incertain, 
et, à moins d'une future récolte très limitée, 
ce qui est bien improbable, un mouvement de 
hausse duralde parait impossible. 

Cote du jour : 



Santos (mois cour'). 

Santos lavé .... 

— non lavé. . 

Hani 

iMoka trié 

Java (ferme) . . . 



35 


50 1. 1 


44 


à 


50 


34 


à 


46 


12 


à 


50 


95 


à 


110 


95 


à 


107 



♦Réunion 165 à 173 

♦Guadeloupe : 

Boniticur . . . 115 à ICO 

Habitant . . . 107 à 110 

•Tonkm 92 ù 95 

*Nouv.-Calédonie. . » à » 



Caoutchouc. — Les forts arrivages de C. Para 
ont pesé sur les cours; toutes les sortes sont 
en réaction, les acheteurs sont réservés. 



Gambie .... 
Diego-Suarez . 
Majunga . . . 
Tuléar .... 



7 50 à 8 50 

9 » à 9 50 

7 .1 à 7 50 

3 50 à 4 » 



Tonkin noir . . s 75 à ".n 
— rouge . 10 25 à 10 5ll 
Nouvelle-Calé- 
donie .... 9 75 à 10 " 



Camphre. — Les affaires sont plus calmes à 
prix plus bas, les arrivages sont d'ailleurs 
importants. 

Cru de Chine reste offert à 7 fr. et 7 fr. 50 le 
kg. c.i.f. 

Raffiné .lapon, en disponible obtenable de 
12 fr. 25 àl2fr. 50 le kg. 

Cire d'abeilles. — Sans changement à' prix 
bien tenus pour diverses provenances. 



Madagascar . 175 » à 177 50 1 Haïti . 
Chili .... 172 50 à 175 » | Tonkin 



173 50 à 174 

165 i à 168 



Cires végétales. — Se maintiennent fermes, 



18G 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



,\° 7-2 — JiiN 1007 



pour disponible réduil ; en baisse pour livrable. 

Cnrnaiiba V.O a 560 » les 100 Uy:. 

Blanilic Japon i:>0 à 105 • — 

CoDii's. — Bonne marchandise toujours 
demandée. 

Cuirs. — Apn-s la baisse du mois dernier 
un bon mouvemenl d'achat se manifeste, les 
prix soiil jilus fermes. 

Madafrascar : bœnfs, vachos, secs . 95 » à 100 > 

— ^ — saU's. 13 i> A ~tù n 
fiua.lploupc. Martinique : salés . . 00 » il 0-2 50 
Tonkin, vacliplles sèches -105 .■ h 110 .. 

— bufles . GO .. à 02 50 

Nouméa, salés .' . 05 » à 70 .. 

Fcorces d'oranges. — Sanschangement. t'.ours 
nominal :}2 fr. les 100 kg. (droits de 10 fr. , 

Essences. — Ciihonnei.lk (Ceylanj : toujours 
ferme à la parité de ."i fr. 73 à 6 fr., entrepôt. 

B.VDiANF. DE Chine : en haus.se; cotée do 13. .50 
à 15 fr. le kilo suivant marques. 

Vervki.ne des Indes (Lemongrass cil) : Sans 
changement. Toujours faible. 12 fr. :\0 à 13 fr. 30 
le ku;. suivant rendement. 

Petit ghain du Pauagiay : iNous conlirmons 
dernière cote pour cet article. 

Géranium Bourbon :Sanschangement,21fr. 50 
à 22 fr. le kg. 

Ci.OLS DE GiRon.ES : 12 fr. à 12 fr. 25 le kg. 
disponible. 

Ltxai.oe (Mexique! : Toujours très ferme, 
21 fr. ;iO à 22 fr. c. a. f. 

FÈVES DU Calarar : Sont demandées avec 
tendance à la hausse, peu de slocks et arri- 
vages très réduits acluellemenl. Nous avons 
petits lots disponibles, au cours. 

FÈVES ToNKA : Deviennent rares et tenues à 
prix fermes pour Augustura et Surinam. Les 
Para moins demandées. 

nommes. — Copals : De bonnes ventes pour 
toutes provenances. 

Madagascar et Congo toujours demandées 
sur place. 

-M;iilagoso,ar, triée, claire, dure .... ;):f5 à 300 

— triée, toinlée 330 à 330 

— sortes, sans bois 250 à i.'75 

— déchets, triage Î5 4 75 

Congo, triée, clair 175 à 180 

Oabon. sortes 85490 

G. Damar, sans affaires. 

Halavia (ferme) 225 à 2S0 N 

Singapore I" 175 à 180 

— 2' 150 * » 

GuTTE : Tenue ferme, qualité bien jaune tou- 
jours recherchée. 



G. Laque 
disponible. 



Slalionnaire, peu d'affaires en 



Fine orni(;;e, 1 . N. 

Iicnii-flne 

Cerise, A. C . . . 



.VI.-. 4 5iO 
Ml Sa 510 



Siam, tuyaux, lo kg. 
Cambodge, sortes. . 



9 » à 9 25 le i 
8 « à S 25 



Sticklac : Un peu moins ferme, en bonne 
demande toujours: 375 à 380 fr. les 100 kg. 
c.a.f. 

RÉSINE DE GAÏAC : La itiiiino qualité vitreuse 
Haïti devient rare et demandée, un petit arri- 
vage serait bien accueilli. 

Racine d'ipécacuanha. — Affaires toujours 
calmes pour les diverses provenances, article 
plutôt délaissé en cette saison et plus faible. 

Rio cultivé cote 18 50 A 19 50 le kilo. 

Minas 18 . à IS -25 — 

Carthagène trié 14 > i U 50 — 

Racine de jalap (Mexique). — Bonnes sortes 
lourdes demandées. 125 à 150 fr. les 100 kg. 

Manioc. — FÉCULE : sans mouvement. 

Racines : plus faibles; on obtient facilement 
aujourd'hui ofl'res à 12 et 12 fr. .50 les 100 kg. 
c.a.f. Peu de demandes. 

/iocou. — Antilles : confirmons l'absence 
d'arrivages. Peu de demande d'ailleurs. 

Racines de Ratanhia (Pérou). — La consom- 
mation reciierche les racines filets, sans sou- 
ches, et parait avoir épuisé ses stocks, nous 
croyons à une reprise de cet article si déprécié, 
parce que de récolte intensive et médiocre. 

Des lots bien préparés obtiendraient actuel- 
lement des prix rémunérateurs pour les pro- 
ducteurs, cours 90 à 120 fr. les 100 kg., bonnes 
racines. 

Quinquinas. — Sans changement. 

Séné (des Indes). — Feuilles : la nouvelle 
récolle est offerte à prix un peu plus fermes, la 
belle (jualité longue est rare. 

Type l ... SO à 85 les 100 kg c JJ. 

Type II . CO 4 65 — 

Type III 56 a 00 — 

Fruits 00 4 05 les 100 kg 

Tapioca. — Très ferme, pas de stock. Rio. 
52 à 5S fr. les 50 kg. c.a.f. ; Bahia, 30 A 35 fr. 
les 50 kg. c.a.f. : Singapour, 58 fr. 30 à 59 fr. 
les 100 kg. c.a.f. (droits de 11 fr.. soit 70 fr. 
acquittés); Réunion. (13 fr. les 100 kg. (ac- 
quittés) sans disponible. 

VaniUes. — Au kg. acquilté, faculté d'en- 
Irepôt; toujours très fermes, arrivages réduits. 

•Réunion, U* qualité 31 à :18 

— tètes, queues 28 4 32 

• Martai-ascar 28 4 32 50 

•Guadeloupe 18 4 22 ntluttUt. 

•Tahiti, 1" qualité 15 4 17 

Seycholles (N). 32 4 ^ ntrffôt. 



N° 72 — 



1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



187 



Vanillon. — Plus calme, 21 à 2-2 fr. oO les 
100 kg. acquittés. 

Tous autres pruduits. — Cotations et ren- 
seignements à la disposition des producteurs. 

Geo. Ernst, 

59, quai d'Orléans. 

Le Havre, 19 juin 1907. 

Mercuriale de quelques produits 
d'Extrême-Orient. 

Chronique .spéciale du « J. d'A. T. ». 
Par M. J. H. Grein. 

Gomme laque. — Les affaires sont toujour.s 
rares et, quoique Calcutta montre un peu de 
fermeté, Londres suit ce mouvement avec beau- 
coup de difficulté. Les prix varient entre 475 et 
480 fr. les 100 kg. c.af. pour la T. N. 

Poivre. — Il en est de même pour cet article, 
dans lequel il ne se fait pour ainsi dire pas 
d'aiîaires. Les prix sontassez fermes cependant 
et le Saigon gris vaut de 51 fr. 50 à 34 fr. 73 les 
r")0 kg. c a.f. 

• Gambier. — Est faible et les cours, après 
avoir légèrement remonté, sont de nouveau 
dans les environs de 41 fr. 30 les 100 kg. c.a.f. 

Tapioca. — A subi un léger déclin, surtout 
pour les embarquements éloignés, parce que, 
dit-on, les expéditions sont plus fortes qu'on 
ne croyait. Les embarquements juin-août, juil- 
let-septembre, août-octobre, etc.. valent actuel- 
lement 33 fr. les 100 kg. c.a.f. mais on paie jus- 
qu'à S8 fr. pour les mois rapprochés. 

Racines de Manioc. — 11 s'est fait quelques 
affaires dans les environs de 12 fr. 50 les 
100 kg. c.a.f. Dunkerque, mais l'importation 
est gênée par des reventes de spéculateurs, qui 
avaient cru pouvoir réaliser un gros bénéfice 



et qui, voyant échouer leurs projets, écoulent 
maintenant leurs stocks à des prix qui n'ont 
plusde rapport avec les cours d'Extrême-Orient . 
C'est ainsi que j'ai entendu parler de ventes à 
12 fr., ce qui doit signifier une perte d'au 
moins fr. 73 par 100 kg. pour les revendeurs. 

Féculcx de Manioc et de Sagoti. — Ces pro- ■ 
duits sont extrêmement fermes, surtout pour 
les sortes secondaires de fécule de manioc 
parce que ces qualités sont de moins en moins 
fabriquées aux pays d'origine où l'on semble 
se porter davantage sur les belles qualités. 
Cela est fâcheux pour la France, qui n'a pas 
•l'emploi des belles qualités, à cause des droits, 
et qui ne pourra que difficilement, pour les 
mêmes raisons, payer les prix demandes pour 
les sortes secondaires. Ces dernières, qui autre- 
fois, valaient 14 fr. 30, valent aujourd'hui 
16 fr.oOles 100 kg. c.a.f., el il est évident que, 
dans ces conditions, on ne peut s'attendre à 
des prix plus bas. 

Cire végétale du Japon. — La deuxième main 
a, à un moment donné, fait des offres extrême- 
ment basses, et on a été jusqu'à 121 fr. Les 
importateurs du Japon n'ont pas toutefois suivi 
cette tactique et aujourd'hui, même la revente 
est revenue aux cours de 137 à 140 fr. les 
100 kg. c.a.f., mais on fait toujours peu d'affai- 
res et la consommation est évidemment rebutée 
par un article présentant des tkictuations aussi 
violentes. 

Galles de Chine. — Restent faibles, sans 
demande, toujours dans les environs de 120 fr. 
les 100 kg. c.a.f. Il est à noter cependant que 
des offres au- dessous de ce prix n'onteu aucun 
résultat. 

J.-H. GreiiV, 

16, rue SainLe-Croi.Y-de-la-Bretonneric. 

Paris, 21 juin 1907. 



^+ 



ACTUALITÉS 



Composition et Utilisation des déchets 
de décorticage du Café. 

Par M. Gresqoff. 

Dans notre numéro GO, nous avons 
publié quelques lignes ayant trait à la 



teneur de la pulpe sèche du café en élé- 
ments fertilisants, au point de vue de son 
utilisation possible. 

A ce sujet, M. Greshoff, le distingué 
directeur du Musée Colonial de Haarlem, 
nous a écrit ce qui suit : 



188 .Idl U.N.VI. I) AdUICl LTIHi: I lidl'ICAI.l-: .N ' 'ri — Jus 1I)U7 

.< ( »ii ;i luôciiiiisi' la pulpe sécliéc du calV Vuici conimt'ut iU [irocèdcnt pour l;i 

c'diiime siK-c(''(.iaiié du café pour lomplaccr ciilliiic. Los giaincs sont soniées sur un 

la chicorée, mais je n'y vois pas yiand panier rempli de terre fine mélangée de 

a\antaj;e avec les bas prix du vrai café, fumier. Le panier est mis au soleil et 

Dans mon laboratoire, nous avons trouvé arrose. Il faut éviter la pluie qui empô- 

dans les fruits sèches du café (sans parler cherait les graines de lever. Dès qu'elles 

des graines). ont levé, on met chaque petit pied dans une 

. , , sorte de pot de 4 centimètres de diamètre 

Caféme 1,1 -/o . ■• , , i i , r -, 

Albumine ~ ''< et d autant de hauteur, fait avec un morceau 

Matières grasses :i,3 de feuille de palmier roulée. (Juand la 

Carbohydrates 23,3 plantule atteint 3 centimètres, on la met en 

Cellulose 16,1 ((,p,.p j;,ns j^j j^ous faits à l'avance et 

l^"^'^""*^^ I?^'g • garnis de lerrc fine. (Juand la plante atteint 

40 centimètres de hauteur, on la fume avec 

<< C'estunecomposilionassczengageante, des tourteaux d'arachide. Les insectes et 

mais pourtant j'ai bien peu d'espoir qu'on les vers atta:iuent souvent la tige et les 

trouve un usage rémunérateur autre que fouilles. Deux Annamites de Canlho em- 

de retourner cette pulpe <à la terre, qui eu ploient un procédé assez singulier (|ui leur 

utilisera les éléments minéraux ». a été enseigné par un Malais de C.iiaudoc. 

M CrfshoI'F II consiste, avant de repi(jucr la plantule en 

pleine terre, à la tremper légèrement avec 

''^^^'^^^ la terre qui l'entoure, dans du vinaigre 

La culture du tabac dans la province de ordinaire. Un litre suffit pour cent pieds. 

Cantho (Cochinchine française). ^f '"d.gènes prétendent que les vers 

nattaquent pas leurs pieds, tandis que 

Semis et repiquages. Inimures. (.(.^^ de leurs voisins qui n'ont pas subi 
Procédé indigène pour prolëger les plantes - ■• i , ,, i i i- -n 

contre les parasites. cette opération le sont. Ouaiul les touilles 

.. ^ ^ sont à point, on fait la récoite au fur et à 
Par M. P. QuEs.NEL. ' . . ,, , , 

mesure; puis on récolte les graines pour la 

La province de Cantho n'est pas une plantation prochaine, en choisissant celles 

province où la culture du tabac ait une des fruits les plus gros, 
grande importance, comme dans celle de Le tabac est surtout cultivé dans les 

C.haudoc où une colonie de Malais s'en terres sablonneuses de l'est de la Cochin- 

occupe et les environs de Saigon et parti- chine. Dans les terres argileuses de l'ouest, 

culièrement la région de Go-vap. il donne des feuilles de médiocre qualité. 

Cependant, dès la fin de la saison dos Aussi on ne le cultive dans ces dernières 

pluies, fin décembre, les indigènes nettoient régions (ju'aux alentours dos habilationsoù 

un petit morceau de terrain attenant à leurs le sol est toujours un |ieu plus fertilisé par 

habitations et beaucoup y cultivent une tous les déluis ménagers, 
centaine de pieds de tabac. Chaque pied P. Qlesnei.. 

donne de 8 à 10 feuilles, soit 800 à Cantho, -23 janvier 1907. 

1.000 feuilles que chaque famille prépare 
elle-même et qui sert a la consommation, 
surtout comme adjuvant à la chique de Le Sisal aux iles Turks et Ca'l'cOS. 

bi'lel; le tabac de notre région se fume ... . ,, i i >i 

' 111 1* après M. le consul Moff.\t. 

pou^ parce qu il brûle mal. Ces petites cul- 
turcs ne représentent pas la consommation .M. -AluFFAT, consul dos Etats-Unis aux 

familiale, 'mais y contribuent en grande iles Turks (Antilles anglaises), signalait 

partie. dons |_le « Daily Consular Reports » du 



N» 72 — Jlin 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



189 



28 juillet lOÛo l'intérêt persistant qui se 
manifeste pour l'extension de la culture du 
sisal dans les dites îles. Il arrive des quan- 
littis de lettres au consulat de personnes 
désireuses d'engager des capitaux dans 
cette culture, fort rémunératrice, et derniè- 
rement, le représentant d'un groupe anglais 
est venu faire une enquête sur place dans 
le même but. 

Actuellement, il existe, lisons-nous, aux 
îles Caïcos, dépendance des Turks, une 
compagnie travaillant principalement 
avec des capitaux américains et qui, depuis 
plusieurs années, y exploite 1.100 acres 
de sisal en plein rapport, la totalité de la 
marchandise étant vendue aux Etats-Unis. 
Une autre compagnie, à capitaux anglais, 
a pris la suite d'une entreprise antérieure, 
tombée en faillite il y a trois ans, et devait 
commencer à exporter, toujours vers les 
Etats-Unis, dès 1903. Enfin, le gouverne- 
ment dispose encore de plusieurs milliers 
d'hectares de terre, convenant au sisal et 
qu'il otlre, ainsi dire, pour rien : il n'en 
demande que 10 cents américains de fer- 
mage annuel par acre. 

Etant donnée une plantation en âge d'être 
exploitée, la cueillette, la défibration, etc., 
et le transport jusqu'à New-York, revien- 
nent à moins de .3 cents par livre anglaise 
de fibre, dit le consul. 

L'exportation des Mangues. 

Importjince du point de maturité. 

Décomposition rapide des fruits. 

Emballage et transport. 

Lettre de M. E. Leclerc. 

Mon opinion sur les mangues est telle 
que tout le bien que vous en pourrez dire 
ne sera jamais exagéré; elles sont le fruit 
le plus agréable et le plus universellement 
estimé aux colonies. 

Les espèces en sont très nombreuses et 
donnent des fruits de goûts très variés 
comme d'aspects très ditTércnts. Que la 
chair en soit pâle, dorée, ou sanglante, elles 
sont à mon avis toujours bonnes, si l'on 



observe pour la cueillette des soins particu- 
liers. Le manguier vit en Nouvelle-Calédo- 
nie aussi bien dans des terrains caillouteux, 
voire même dans le schiste friable qui com- 
pose beaucoup des terrains des coteaux. 
C'est donc à mon avis un arbre robuste et 
qui serait une ressource intéressante pour 
tous les colons si l'on trouvait un procédé 
d'expédition tant soit peu pratique. ' 

IMalhcureusement ce fruit porte en lui- 
même des vices qui en rendent le transport 
bien difficile, sinon impossible. 

La mangue ne supporte pas la médiocrité, 
elle est ou excellente ou détestable. 

Cueillie en parfait état de maturité et 
consommée presque immédiatement, c'est, 
je le répète, le paradis des gourmets. Mal- 
heureusement dans cet état elle est fragile, 
le moindre coup, la moindre pression la 
flétrissent et peuvent amener sa décompo- 
sition rapide. Des essais que j'ai faits moi- 
même il lésulte qu'avec beaucoup de soins 
dans l'emballage, en employant des caisses 
cloisonnées avec l'écorce sèche du bananier 
(écorce qui est très souple), et en remplis- 
sant les vides avec ces parches de café qui 
remplacent avantageusement la sciure de 
bois, on peut arriver à leur faire subir un 
transport de quelques jours sans ou presque 
sans déchet. 

Mais, cueillie trop tôt, ainsi qu'on le fait 
pour les ananas, les bananes, et en général 
tous les fruits tropicaux qui viennent en 
Europe, la mangue ne mûrit pas; sa peau 
se flétrit, elle devient molle et détestable 
au goût. Je ne serais pas, dans ces conditions, 
sans crainte des accidents, car elle sécrète 
alors un suc laiteux qui est très corrosif. 
Beaucoup de personnes ont ainsi expié leur 
gourmandise par des bobos aux lèvres, des 
boutons qui sont très longs à guérir, don- 
nant l'apparence d'une brûlure en état de 
suppuration. 

II serait certes intéressant de provoquer 
l'importation en France d'un fruit excel- 
lent, et je serais tout le premier à me féli- 
citer d'un nouveau débouché ouvert à une 
culture essentiellement intéressante; mais, 
me basant sur des expériences précédem- 



100 



JOURNAL DAGRICrLTl'HE TROPICALE 



N" 7-i — Juin 1907 



monl faites sur ce que j'ai vu et tenté nioi- 
iiirme/je suis obligt^ d'être très sceptique à 
l'éganl d'une nouvelle tentative de ce 
genre. 

Le Français demande qu'on lui fournisse 
de très bons fruits, et c'est à cette seule 
condition qu'on peut espérer une consom- 
mation intéressante. Tout ce qui sera cx- 
poi'té avec un voyage supérieur à cinq ou 
dix jours ne donnera que des fruits pas 
mi^nie médiocres. Les pays où la culture du 
manguier donne de bons résultats sont 
trop éloignés pour un tel voyage. Je crois 
donc qu'il faut renoncer, tout au moins jus- 
qu'à nouvel ordre, à voir la mangue sur le 
marché parisien. ' 

Je vous prie d'agréer, monsieur, mes 
salutations empressées. 

E. Leclerc. 
Nouméa, janvier 1907. 

Rendements et innocuité des différents modes 
de saignée de I Hevea. 

Comparaison de la saignée eu spirale, 

avec la demi-spirale 

et les procédés plus anciens. 

D'après M. IlEitnFJVi' Wnicirr. 

Au cours de la discussion si intéressante 
qui a suivi sa conférence sur l'IIevea. déjfi 
citée, d'après le (( Trop. Agricullurist » de 
juillet 1906, dans notre n" (iS, M. Ueudert 
AViuiiin a fait une déclaration de haute 
importance sur le rcndemeul comparé des 
saignées « en spirale » (procédé Northway 
et HowMAN, décrit et figuré dans le n" Gl 
du " J. d'A. T. )i) et des procédés anciens, 
moins hardis : 

C'est la spirale complète qui fournit le 
plus de caoutchouc dans un temps donné 
(six mois, par exemple), mais ce système 
de saignée est, de tous ceux employés, 
celui qui produit le moins de caoutcliouc 
par unité d'écorce excisée; autrement dit, 
c'est, selon toutes probabilités, la saignée 
en spirale qui fatigue le plus l'arbre, pour 
un rendement donné. 

La demi -spirale jiroduit relativement 



peu, en un temps donné; mais accuse le 
maximum par unité d'écorce excisée; et 
fatiguerait dune le moins l'arbre, pour une 
quantité donnée de caoutchouc. 

De fous les systèmes, c'est avec la spi- 
rale complète que la reconstitution de 
l'écorce se fait le plus uniformément: c'est 
ce système qui en gâte le moins l'aspect 
extérieur, mais M. Wruuit estime que le 
fait a peu d'importance pratique et ne suf- 
firait pas pour justifier l'adoption du sys- 
tème en question, à l'exclusion de tout 
autre. 

11 apparaît, en définitive, (ju'à Ceyian 
los gérants pressés de distribuer des divi- 
dendes, auront recours, de préférence, à 
la saignée en spirale: tandis que le service 
agronomique, soucieux de l'avenir, opine 
pour la demi-spirale. Dans la |)éninsule 
malaise, à eu juger par certaines réllexion-^ 
de M. RiDLEY dans 1' « Agricultural IJul- 
lelin » de Singapour, l'une et l'autre sont 
très contestées, aujourd'hui que l'engoue- 
ment de la première heure est passé, et on 
en revient à la denii-arèfe de poisson. 

Culture du Cactus inerme en Tunisie 
comme fourrage et pour le fruit. 

D'après M. L. Noël. 

Les renseignements culluraux suivants 
sont extraits d'un article de M. L. Noël 
paiu dans le « Réveil Agricole » de Mar- 
seille, du 27 mars 1904; nous les publions 
comme contribution iudiriH'te à reiuiiu''li' 
engagée depuis longtemps dans le " J. d'A. 
T. » (voir 1902 pp. tliU, 220, 231; I90i 
pp. 72; 190:;, pp. 77. 128, 20;i, 313, 346 . 
iNous avons encore une série d'articles sur 
la même question. — M. Noël envisage 
exclusivomenl la Tunisie: 

(< Le cactus inerme est doué d'une 
grande résistance à la sécheresse ; néan- 
moins, en 1897, la plupart des plantations 
de Kairouan (Tunisie) furent ilélruites à la 
suite d'un été exceptionnellement sec. 

« Pour le bouturage, on choisit une ra- 



N° 72 — Juin 1907 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



191 



quelte-mùre portant 2 raquetles-rejclons 
à sa base; c'est sur la raquelte-mère que 
poussent les racines. Il faut, avant de 
planter, laisser les boutures exposées au 
soleil pendant une vingtaine de jours ; la 
raquette n'est bonneà bouturer que lorsque 
sa surface est llélrie. Les Arabes opèrent 
alors de la façon suivante: ils tracent à la 
cbarrue des sillons espacés de 2",;i0 à 
3 mètres; à 1 mètre d'écartement, ils font 
des trous qu'ils garnissent de fumier et 
dans lesquels ils plantent les boutures. 

« Avec ce système, dix hommes peuvent 
planter 1 hectare par jour. On emploie, 
pour cette surface, o.OOO kg de fumier. 

« Les plantations sont protégées contre 
l'avidité du bétail par une haie de cactus 
épineux; il est même bon de placer au 
début une haie sèche de jujubier sauvage. 

« Les seuls soins d'entretien se réduisent 
à un buttage la pi'emière et la seconde 
année. Le cactus est en pleine production 
la cinquième année ; on récolte de préfé- 
rence tous les deux ans seulement. — Dès 
que les pieds se dégarnissent et affai- 
blissent leur production, on les recèpe 
successivement. La récolte annuelle d'un 
hectare est de 25.000 à 30.000 kg. 

« Ijcs Italiens se livrent beaucoup, de- 
liuis quelques années, à l'exploitation du 
cactus pour le fruit ; ils arrivent, par un 
procédé spécial, à faire fructifier les plantes 
en hiver et à récolter de 12.000 à IS.OOO kg. 
à l'hectare. » 

Farine de banane. 

Nos abonnés nous demandent souvent 
des renseignements sur la possibilité d'é- 
couler en Europe de la farine de banane. 
Nous avons à plusieurs reprises parlé de 
la fabrication et des débouchés de cette 
denrée. Notre enquête à ce sujet reste 
ouverte, mais il semble bien que Ion ne 
soit encore arrivé à rien de pratique et la 
farine de banane risque fort, comme le 
sucre de banane et les bananes sèches, de 
rester du domaine de l'utopie. 

A plusieurs reprises, dans les exposi- 



tions d'hygiène anglaise, nous avons vu 
des aliments préparés à base de farine de 
banane, mais il ne paraît pas qu'aucun de 
ces produits soit entré dans la consomma- 
tion courante. 

Plusieurs personnes s'occupent à Ceylan 
de la question et elles paraissent assez dé- 
couragées. 

On se rappelle que, d'après M. Leucuer, 
10 régimes de lu à 20 kg. chacun pou- 
vaient produire 50 kg. de farine. D'après 
les expériences du directeur du Jardin 
botanique de Saharanpur qui s'est servi du 
séchoir américain Ryder, 250 kg. de fruits 
sont nécessaires pour produire 50 kg. de 
farine. M. Stouter a obtenu des résultats 
analogues à Ceylan ainsi que M. B.villaed, 
dans ses essais en Guinée française. 

Une des raisons probables de ces diffé- 
rences de rendements est que M. Leucher 
s'est servi de grosses bananes dont 3 suf- 
fisent pour faire 1 livre, tandis qu'il faut 
10 bananes des variétés les plus courantes 
de Ceylan pour faire le même poids. 

L' « Impérial Institute » s'occupe depuis 
longtemps de trouver des débouchés à la 
farine de banane et, dans une lettre du 
24 novembre 1905, le professeur Dlnstan 
écrit au « Ceylon Tropical Agriculturist » 
que, d'après les déclarations d'un spécia- 
liste, les importations en Angleterre ne 
dépassent pas 50 tonnes par an. Des cour- 
tiers lui ont déclaré qu'il ne pouvait y 
avoir de marché réel pour la farine de 
banane que si celle-ci pouvait entrer en 
concurrence avec les farines ordinaires et 
que l'on ne pourrait essayer d'en organiser 
la vente que s'il y avait des arrivages 
réguliers d'environ 50 tonnes par mois; le 
prix varierait entre 140 et 200 francs la 
tonne c.i.f. Londres, suivant qualités. 

Bien que cet avis de 1' « Impérial Insti- 
tute » remonte à près de deux ans, il 
semble bien que la question n'a fait aucun 
progrès, en Europe tout au moins. 

Un grand fabricant d'aliments pour 
enfants (ne serait-ce pas M. Nestlé?) a pro- 
posé au « Ceylon Tropical Agriculturist » 
de se porter acheteur pour 'JO à 95 francs 



Ii12 



JOURNAL D'AGRICULTUm- TROPICALE 



N" 



Jl'IN litO" 



la tonne, soit moins de 10 centimes par 
kg. ! 

Un industriel des West Indies écrit ([u il 
n'y a, à vrai dire, pas de marché pour les 
produits à base de farine de hanane. Une 
maison de Londres lui ayant oll'ert de se 
porter acheteur :\ fiT'i francs par tonne, il 
lui a proposé de lui en fournira ce prix, 
mais l'oiTre resta sans réponse. Ce même 
industriel déclare en avoir envoyé des 
tonnes sur diiïérentes places, uuiis en vain : 
il semble que l'on désire que cetti' farine 
puisse lutter au point de vue des prix avec 
celle du blé ou du riz. 

Un autre négociant de Londres est d'avis 
que la production actuelle est presque suf- 
lisante pour satisfaire à la demande. Il y a 
deux ans, il a reçu des petites offres 
d'achat à iO francs les 30 kg., mais les 
planteurs n'y répondirent que d'une façon 
très irrégulière et il a abandonné cet ar- 
ticle. Des planteurs l'ont avisé dernière- 
ment qu'ils pouvaient produire régulière- 
ment de la farine, mais il estime (jue le 
marché est trop limité pour qu'il vaille la 
peine de s'en occuper. 

Il paraîtrait qu'eu Amérifjue, il n'en est 
pas de même, mais nous continuons à 
n'avoir aucun renseignement sur la ques- 
tion: étant donné le taux élevé des droits 
de douane placés à l'entrée des marchan- 
dises aux Etats-Unis, il semble bien que cela 
n'intéresse pas la généralité des planteurs. 

Si nous prenons comme rendement à 
l'hectare les chillres généralement admis 
à la Jamaïque, soit 70 régimes pesant 
en moyenne do kg., nous avons pour 
10.000 kg. de fruits frais, environ 1.200 à 
l.riOO kg. de farine, ce qui, à 200 francs la 
tonne, donnerait un revenu brut d'environ 
300 francs l'hectare, perspective qui ne 
serait tolérable que si les bananiers pro- 
duisaient des fruits avec la même facilite 
que la mauvaise herbe. C'est là une asser- 



tion contre laquelle il n'est |>lus néces- 
saire que nous nous élevions. 

Voici en tous cas, à titre d'indicalinn, 
quatre adresses de marchands de |)roduits à 
base de farine de banane que nous relevons 
dans le « West India CnMunittce Circu- 
lar » : 

M. Pattinson et Son, Anerly S. E. Lon- 
dres ; 

W. A. Jom;s et Co, .\orlh John Street 
Liver[)ool; 

Ji)s. Ai'Pi.Kitv et SonsLimiled, Liverpool; 

Jas. Pau. Il' and Co, 4, Fenclmicli Huil- 
dings, Londres E. C. 

E. 15. 

Cacao et Coprah contre Caoutchouc. 

D'après une information recueilli(> parle 
« Modem Mexico » i novembre 1 906 1, d'assez 
nombreux planteurs mexicains songent à 
substituer aux plantations de caoutchouc, 
des cacaoyères et des plantations de coco- 
tier, dont les produits trouvent des dé- 
bouchés avantageux au Mexique et aux 
Etats-Unis. Un certain nombre de pro- 
priétés primitivement destinées à être 
plantées en caoutchouc auraient même été 
détournées de cette destination pour rece- 
voir des cacaoyers ou des cocotiers. 

Ce fait est intéressant à signaler à un 
moment où la production du caoutchouc 
et sa culture augmentent sans cesse, et oîi 
on prévoit ([ue la consummalion croissante 
est de nature à absorber une (|uantité beau- 
coup plus importante encore que celle 
actuellement produite. Il est juste de dire 
aussi que, pour le cocotier au moins, la 
hausse des produits constitue une raison 
très plausible pour se retourner vers lui. 
La récolte, la préparation du cacao et du 
coprah sont en outre moins délicates et 
moins onéreuses que celles du caoutchouc. 



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Paris. — L. Mabetuhux, impiimcur, 1, rue Cosî^etto. 



Le Gérant : H. IIUBAC. 



N» 72 — Juin 1907 



JOURNAL D'AGIÎICULTURE TlîOPICALE 



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Coinilé lie Rédaclion : 

MM. J. GRISiRD 
0. L&BROT & E. BilLLAUD 

Secrétaire de la Rédaclion : 

F. MAIN 

Administraleur : 

I. HOBAC 



AçORES, Canaries, Madère 

Cap-Vert, Sao-Thomé, Congo 

Afrique occidentale et centrale 

Algérie, Egypte, Abyssinie 

Erythrée, Obok, Mozambique 

Maurice, La Réunion, Madagascar 

Louisiane, Amérique centrale 

Mexique, Amérique du Sud 

Antilles, Cuba, Porto-Rico 

PoNDicHÉRY, Indo-Chine 
Philippines 

OCÉANIE 



Collaborateurs et Correspondants : 

MM. .\LLE,VUME (I.c- Havre). DE ALMEID.V (Angola), A)'FEJ>BAUM (Palostinel, 1!.\LDRATI (Erythrée) 
U. BERNARD (Paris). BERTHELOT DU CHESNAY , 'Congo franr.-ais). BERTONI (Paraguay). BICIIOT (Tonkin). BO'Ci\ERT 
(Sainl-DoIl^ngue^. BOURDK (Paris), BOIS (Paris), BONAME lllo Mauricoi, D' BONAVIA /Worlliinp). BUDAN (Cuba) 

CARDOZO (Mozamhiqucl, P. CARIE (Ilo Maurirel, A. CHEVALIER (Afnijiie ocf.), COLLETAS (Paris), COPPENS (Martinique) 
A. COUTURIER (Parisi. DAIREAUX (Bucnos-Avros). DELACROIX (Paris), DELIGKON'-BUFPON (Annam), DESPEISSIS 
(Australie occ). DUFOUR (Paris). DULIEU (IlJ Sainte-Lucie), ERN.sT (Le Havre), ESMEN,IAUD (fiuatémalai, ESTEVE 
iDalionievi. FASIO (Alger), FAUCHERE (Madagascar), FAVRE (Paris), FIRINGA (MaJagasear), FL TCHER (Bombay), 
DE FLORIS (Madagascar). A. et E. FOSSAT (Le Havre), FREEMAN (Londres), fiEROME (Paris). GIOVETTI (Angola , 
GOBBETTI (Pavie). GREIN (Paris), P. DES GR0TTE;s (Inde), R. GUÉRIN (Guatemala). HAMEL SMITH (Londres , 
L. HAUTEFEUILLE (Tonkiu). HECHT FRERES et C!« (Paris), D'HERELLE (Guatemala), HILGARD (Calil'orniel. KARPELES 
(Calcutta). KENNEY (Bonibav). KOBUS (.lava), KOSCHNY (Costa-Rica), LAURENT (Anjouan), H. LECOMTE (Paris) 
LEHMANN (Ma"clicsler). LÉ TESTU (Congo), LOCKART (Domini(|uel, D' LOIR (Paris), LOPEZ Y PARA (Me\i,-o) 
LOW (Nicaragua), MAINE (Podor). MA.IANI (Trinidad), MALLEVRE (Paris), P. MARCHAL (Paris), MARTINEAU 

Martinique), DE MENDONÇA (Ile San Tliomé), MIRANDA (Para), MOLLISON (Nagpur). MONTET (Tunisie), MOSSERI 
(Le Caire), NEGREIROS (Paris), NEUVILLE (Paris), G. NIEDERLEIN (Zittau i. S,), D' NICHOLLS Ile Dominique) 
P'OLIVEIRA FRAGATEIRO (Cabinda). PAIVA D'ANDRADA (Paris), PARIS (Saigon), PARKIN (Cambridge), PASZKIEWICZ 

I^arana), PEDRCSO (Cubai. PERROT (Paris), PERRUCHOT (Constantinc), PITTIER (Washington), POBEGUIN (Guin(r'e 
Iraneaise). .IULES POISSON (Paris). EUGENE POISSON (Dahomey), POULAIN (Pomiirhérv) , G. HE PREAUDET 
(Nantes). PREYER (Le Caire). PRINSEN GEERLIGS (.lava), QUESNEL (Cantho). RINGELMANN (Paris), CH. RIVIERE 
Alger. Nantes), ROCCA, TASSY et DE ROUX (Marseille), SAVOUR (Abvssmie), SEGURA (Me.vicoi, SMERLING (Le Havre) 
SUTER (Bombay), TABEL (Sumatra), TAYLOR et C (Liverpool), THEYR (Cuba). THOM ATIS (QueonsIan.D. TOLEDO (Venezuela), 
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.31 Juillet 1007. 



Journal d'Agriculture Tropicale 



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ÉTUDES ET DOSSIERS 

Pages. 

G. VERNET : Elude des variations bota- 
niques et phy.siologiques de l'Hevea 
brasiliensis a]ipliqiiée àlaséleelion . 1!).') 

F. M.\IN : l.e développement di.' la cul- 
ture du Sisal 20i 

Sur quelques e,\portations de nos colonies 
d'.M'rique en 1905. (Notice bibliogra- 
phique.) 207 

PARTIE COMMERCIALE 

(Cours, Stalistiques. Dt.'l.ii.iurhi.-s, etc.) 

HECHT FRÈRES et C'" : Bullelin men- 
suel du Caoutchouc 211 

A. ET E. FOSSAT : Bulletin mensuel du 
Coton 212 

G. DE PKE.\UDET : Bulletin mensuel du 
Sucre 2i:i 

H. VERMO.ND : Bulletin mensuel du Café. 214 

A. ALLEAUME : Bulletin mensuel du 
Cacao 215 

VAQLI.N ET SCilWFITZER : Fibres de 
corderie et de brosserie, etc 21G 

ROCCÂ, TASSY ET DE ROUX : Mercuriale 
des Huiles et Graines grasses 217 

TAYLOR ET Co. ; Mercuriale africaine 
de Liverpool 218 

GEO. ERNST : Produits de Droguerie. — 
Produits divers 218 

J.-il. GRI^IN" ; Mercuriale de quelques 
Produits d'Extrême-Orient (ne parait 
pas ce mois pour cause de vacances). 



ACTUALITÉS 

(CoiTes|ioiiilaiiri', Inf.jnualions, Exiraits, clrl 

l'a ses. 

E. MAINE : A propos de la Vigne aux 
Saintes (Guadeloupe; 220 

Les plantations de Thé au Caucase (sta- 
tistique de M. W.\LT.\! 221 

Un nouvel ouvrage sur la culture et l'e.x- 
ploitalion des Agaves (.\olice biblio- 
grapliique) 222 

Projets d'élevage d'Autruches dans 
l'Inde 22.'! 

Un essai de culture de la Pomme de terre 
au Congo 223 

F. M. : A propos de la machine à récolter 

le Coton de Lowry 22i 

La Gomme laque de l'Inde Anglaise . . . 224 
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE 

(sur iiapier liloii) 

Livres nouveaux, §^ 1373-1387. — Prin- 
cipaux sujets traités: Planlalion lardive 
du coton, résultats médiocres obtenus: 
Culture du sorgho non saccharifère 
comme fourrage ; Composition des grai- 
nes oléagineuses de l'Inde anglaise : 
DilTérentes cultures de Porlo-Rico ; 
Etude très importante sur les maladies 
du tabac ; Rapport sur Hawaï (forêts, ta- 
bai', multiplication des insectes utiles, 
exploitation des animaux, maladies des 
troupeaux, leur nourriture); Extension 
de la culture du jute dans l'Inde; Ré- 
partition des diverses espèces de Sanse- 
vières dans r.\frique Or. Ail.; Culture 
du coton, du riz; Utilisation des mau- 
vais combustibles V,XV XVII 



FIGURES 

Fig. 8. — Fruits d'Hevea brasiliensis à trois et quatre coques. Graine ordinaire et 

graine caronculée vues sur les trois faces 196 




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Teiilex, l'o/'ulles. Malles-. Pharmacie, etc., Lits genre anglais. Sièges et Tables pliants 

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Huitième Année 



N- 73 



31 Juillet 1907 



Journal d'Agriculture Tropicale 



Étude des variations botaniques et physiologiques 

de l'Hevea brasiliensis appliquée à la Sélection 

Par M. Geohges Vernet. 



Nos lecteurs et abonnés u'out pas l'ié jusqu'ici 
habitués à rencontrer de lonps inéiiioiies dans le 
(. J. d"A. T. » En effet, eu raison de la diversité des - 
cultures pratiquées dans les régions habitées par 
ses correspondants, la Hédaction a toujours tenu 
à assurer dans chaque numéro la variété néces- 
saire pour satisfaire les intérêts de chacun. Excep- 
tionnellement, par suite de Tintérêt qui s'attache 
actuellement à la culture des arbres à caoutchouc 
et à leur extension en Asie, nous avons voulu 
donner dans tout son développement et sans la 
scinder, l'étude consciencieuse que nous a fait par- 
venir notre correspondant M. Vehnet; nous sommes 
certains que nos lecteurs nous en sauront'gré. — 
N. D. L. R. 

Voici lould'abord, résumé en quelques mots, 
le sujet sur lequel nous nous proposons de 
nous étendre dans cette élude : 

Il n'est peut-être pas une espèce végétale 
aussi variable que VNevea brasiliensis. Nous 
pouvons, en effet, constater des différences 
botaniques importantes, non seulement sur les 
feuilles de celte Euphorbiacée, mais encore sur 
ses racines, sa lige, son écorce, ses fleurs, ses 
fruits, ses graines, sa végétation, la composi- 
tion de son latex et, ce qu'il y a de plus impor- 
tant, sur le rendement de chaque arbre en 
caoutchouc commercial. Ces variations ne sont 
du reste pas solidaires, mais bien, le plus géné- 
ralement, indépendantes les unes des autres; 
nous n'avons donc pas affaire à des variétés 
de la même espèce, mais bien à des diû'érences 
individuelles propres. Et il devient alors tout 
naturel de chercher à fixer certaines des par- 
ticularités constatées. 

Or, c'est par la sélection que l'agriculture, 
l'horticulture et l'élevage sont arrives à fixer 
des variétés innombrables issues de mêmes 



espi'ces, et ce sera par la sélection que nous arri- 
verons à fixer des types à'tlevca brasiliensis à 
grand rendement. La transformation cherchée 
sera longue et progressive ; mais les arbres se 
perfectionneront de génération en génération, 
donnant, à chaque étape, des sujets plus par- 
faits pour arriver, peu à peu, au bout d'un 
nombre d'années certainement assez considé- 
rable, à la création de quelques types à grand 
rendement neltement spécialisés à des situa- 
tions diverses. 

Eu même temps s'étendra l'aire géographi- 
que du gommier du Para. 

Variations botaniques et plvjsiologifjues. — 
Examinons maintenant attentivement l'Hevea 
et cherchons à découvrir les variations bota- 
niques les plus frappantes de chacun de ses 
organes : 

D'une façon générale, le système radiculaire 
de l'Hevea bi-asiUensis est double, c'est-à-dire 
que chaque arbre possède une racine pivotante 
et des racines fasciculées naissant directement 
à la base du tronc. A la germination, nous 
voyons une écale se soulever sur la. graine, 
comme un opercule, pour laisser apparaître la 
radicule qui se courbe bientôt vers la terre. 
Puis naissent à son extrémité des bourgeons 
qui vont former un faisceau de racines secon- 
daires fasciculées en même temps que le pivot 
s'enfonce dans le sol. Sur des graines en ger- 
mination et sur de jeunes plantules, nous 
avons pu constater que le nombre de ces raci- 
nes secondaires est extrêmement variable; nous 
en avons compté de 8 à 26. Cliez l'adulte, un 
des systèmes radiculaires peut se développer 
plus que l'autre, suivant la nature du terrain; 
la meilleure situation est pourtant celle qui 
permettra à toutes ses racines de croître simul- 



lix; 



JOURNAL IfACltlcn.TLIii; TIUil'ir.ALE N" 73 



.hiLLir lîlO" 



lanémciit. Ceci nous explique cumiiienl il se 
fail qu'à Siiigaiiore, au jardin de <• Bolanic|ue 
éconiiiiiiquc ■', des lleveas vivent dans un ter- 
rain bas, presque marécageux, el qu'ailleurs on 
en lenconlre de belle venue dans des plaines à 
sol profond ou sur des collines. 

Les variations du tronc portent surtout sur 
ses dimensions. C'est ainsi que des arbres de 
9 ans, dont les graines proviennent de la même 
source, mesurent en moyenne ici, dansleSud- 
Annam, 81'"'. 00 de circonférence à ) nièlre de 











l'ig. S. — llevea ltrasilieiixif.\ 

Fruits ;"i trois et quatre roques. 

Oiainc orfliiiaire vue sur les trois faees. 

Giaine earoiu-iiléc vue sur li'< linis f.-ices. 

I^éduil'. 

la base, tandis que les extrêmes vont de 0'",fit1 
;•» I^.IO. 

Sa tige, droite en général, iiorle de nom- 
breuses branches, qui peuvent ne se développer 
qu'à plusieurs miJtres du sol, mais se di-essenl 
parfois à une faible hauteur et sont alors 
accompagnées de légères branches jiendaiili's 
qui meurent au fur et à mesure que l'arbre 
grandit. 

L'écorce est plus souvent gris brun et légùrc- 
menl fissurée à la surface; ou bien elle est 
fortement rugueuse, s'en allant en écailles 



brunes plus ou moins foncées. On rencontre 
aussi des arbres recouverts d'une sorte de 
liège assez épais qui gène les instruments de 
saignées. Mais ce ne sont pas là des caractères 
qui puissent pcrmelire de cimclure à des varié- 
tés diUérenles de la même espèce. 

L'écorce est fréquemment mince, les latici- 
fères se montrant presque à fleur de peau; mais 
le plus géni'ralement elle est assez épaisse, de 
sorte qu'il faut faire une entaille de 4 à o inilli- 
mèlresde profondeur avant de voir apparaître 
(juelques gouttes de lalex. 

La couclie du liber est elle-même plus ou 
moins développée el semble devoir nous inté- 
resser particulièrement, puisque c'est elle qui 
contient les vaisseaux lalicifèri's: ce))endant ce 
n'est pas enct)re là un critérium nous permet- 
tant (l'anirn-.er la valeurd'un arbre: l'expérience 
nous montre en e(Tet (|ue dans l'un et l'autre 
eus nous pouvons avoir de bons et mauvais 
rendements. 

Toute personne qui s'est lant soit peu occupée 
des Heveas, a pu remarquer combien leurs 
feuilles présentent de diCférences sensibles dans 
leurs formes et dans leurs dimensions; mais la 
[iratique des saignées nous montre que ce n'est 
pas encore là une particularité qui puisse nous 
permettre de distinguer un bon d'un mauvais 
caoulchoutier. 

Nous avons déjà signalé^l) que l'on peut par- 
fois compler au périanlhe des Heurs femelles 
comme au périanthe des fleurs mâles de 6 à 7 
pièces sèpaloïdcs au lieu de 5. que l'on trouve le 
plus fréquemment. Celte particularité se pré- 
seule, non seulement sur des arbres dilférenls, 
mais encore sur le même individu el dans la 
même intlorescence, qui peut alors porter les 
doux genres de fleurs. Nous n'avons jamais 
rencontré d'arbres n'ayant que des Heurs à 7 ou 
8 pièces au pi'rianthe. 

Le fruit de VHevea 6ro.<(/ie»i.sis est, dans l'im- 
mense majorité des cas, formé d'une capsule à 
trois coques; cependant, il nous a été donné 
d'en observer cette année à quatre loges con- 
tenant chacune une graine bien développée. 
Comme pour les lleurs, les fruits quadrilocu- 
laires ne se rencontrent jamais seuls sur h- 
même arbre, où ils sont toujours accompagnés 
de capsules triloculaires. 

Jusqu'à ce jour, les botanistes n'ont pu dire 
d'une façon précise si la graine de lllevea 



(1) Rtiltelin Kco)iomi</ue île t Indo-iliiite, n" 4i. 
août 190."). 



N° 73 



Juillet 1007 



JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



197 



étaU caronculée ou si elle ne IV'lail pas. Pour 
mon compte, jusqu'en 1906, je n'avais pu cons- 
tater personnellement la présence de caron- 
cules sur les graines. Cependant, au Muséum 
d'Histoire naturelle de Paris, M. Poisson' me 
montrait en 1905 un dessin d'après nature 
représentant une graine d'Hevea caronculée. 
De retour en Indo-Ciiine, j'étais résolu à éluci- 
der ce point particulier, et j'ai suivi pour cehi 
le développement de la graine sans apercevoir 
jamais la moindre trace de caroncule. Mais ii 
la récolte, j'ai pu examiner de rares spécimens 
qui en étaient pourvus. Il ne nous est permis 
de tirer de lii qu'une conclusion : l'extrême 
variabilité de VfJpvea brasiliensis. 

Dans une plantation d'Heveas la végétation 
n'est pas homogène, la chute des feuilles, la 
tloraison et la fructification n'ayant pas lieu en 
même temps chez les divers sujets. Il y a là un 
fail intéressant à noter, car le rendement en 
latex augmente lorsque les feuilles commen- 
cent;! jaunir pour diminuer rapidement jusqu'à 
devenir parfois nul avec l'arrêt complet de la 
végétation ; et cela même chez les meilleurs 
Hevea.'5. Ceci connu, il nous en faudra tenir 
compte lorsque nous poursuivrons la sélection 
des arbres, car nous devons chercher à avoir 
une plantation homogène de sujets analogues 
obéissant aux mêmes inlluences. 

Les Heveas qui, dans l'année, tieuriront les 
premiers et, par conséquent, dont les graines 
arrivent les premières à maturité, sont en gé- 
néral des sujets à faibles rendements, tandis 
([ue les types les meilleurs sont moins pré- 
coces. C'est ainsi qu'à Suoi-Giao, en 190(3, les 
semences des arbres choisis parmi les meil- 
leurs ont été, pour la plupart, récoltées les 
dernières. Il y a un certain nombre d'excep- 
tions à celte règle dans un sens ou dans l'autre ; 
et comme ce sont précisément ces exceptions 
qui font le sujet de cette étude, il nous en 
faudra tenir compte, car leur connaissance 
peut nous être utile à l'appréciation de la 
valeur des différents sujets. On peut ainsi 
conseiller de ne pas récolter les graines qui, 
dans l'année, arrivent les premières à matu- 
rité. 

Les arbres de six, sept ou huit ans que nous 
avons pu examiner jusqu'à ce jour ne portaient 
pas tous des graines. Mais il arrive parfois 
que desHeveas de quatre à cinq ans fructilient 
déjà; pourtant, en général, ce ne sont pas les 
mieux venus; au contraire, dans la suite, ils 



ne donnent que des rendements inférieurs. 
C'est du reste là un phénomèni' d'niiire n i- 
turelcar la souffrance porte à la repniduclion. 
Cette particularité nous conduit ainsi à ne pas 
employer pour la iilantation les semences 
issues d'arbres très jeunes. 

Jusqu'ici les Heveas de Suoi-(jiao n'ont porté 
des graines qu'une fois par an, tandis qu'à 
Singapore et à Ceylan ils fru(;tillent deux fois. 
Il y a là une influence cliinalubigiquc qu'il es 
bon de noter atin de bien montrer l'importance 
de la création d'une race d'Ileveas acclimatés 
à rindo-Chine. 

Nous avons déjà moniré que la teneur du 

Comparaison de la teneur du latex en caoutchouc 
au rendement journalier. 

P.ARCELLE I'; 93= Saignée; 12 Janvier 1907. 



NCMÉllns 


VOI.r.ME 


TiTiu: 




CAOCTCHOL'C 




ilu 


.lu I.TlOX 




sec récolté 


tl'*3 Heveas 


lalex m:,. lié 


Hll cnuuh'jiu 


n- 


par arbre 


Kl 


U c. c. 


.,,,-, „ 




'•,3-;igr. 


11 


l'i 


311, Ki 




4.321 


12 


29 


39. U 




111.99.^ 


IM 


1(5 


31,20 




4.492 


14 


4 


32. n 




1,28G 


13 


12 


29.23 




3 . 3U'! 


18 


48 


29,:il 




li.K'.'t 


Classement d'après le ruinieiiien 


en latex : 


X»s IS, 12, 13, 11, 1.5, 111, 


1 


'- 


Classement d'après le rendemeii 


en latex : || 


iN"s 18, 12, 13, 11, 15, Kl, 


1 


4. 



latex en caoutchouc diminue snus l'inlhience 
des saignées répétées, et que le volunu' que l'on 
en peut recueillir est d'autant plus grand que 
sa richesse est moins forte. Il était intéressant 
de savoir si, à un moment donné des saignées, 
la composition de ce latex est idenlique d'un 
pied à l'autre. 

Or, l'expérience nous montre qu'il n'en est 
rien. En effet, lors des premières incisions, 
le latex des Heveas, peu abondant, s'écoule 
assez lentement; cependant, sur certains sujets, 
il est tellement riche, tellement épais, qu'il 
reste coagulé sur la plaie, et ce n'est, alors, 
qu'après vingt ou trente journées de traite- 
ment consécutif que l'on arrive à faire donner 
à ces arbres un rendement appréciable, les 
.(utres caouchouliers donnant aliu's leur maxi- 
mum. 

Plus tard, cette différence de constitution 
subsiste encore. Pour nous en rendre compte, 



198 



.KilltWI, |i\r,lilCULÏL'HE TKUl'ICALl-: N" 73 — Ji ii.i.ii 1!)()7 



nous avons soumis à ranulyse, le même .joiir. 
le lalex de diflérenls arbres du neuf ans de 
même origine, plantés sur le même soi. el 
présenlanl un état de végélaliou idontitiuc. 
Nous avons pu ainsi constater une inégalité 
frappante de leur teneur en caoulcliouc. 
Cependant, en général, les Iloveas qui four- 
nissent la plus grande quantité de latex sont 
aussi ceux dont le rendemenl en gomme élas- 
li(|ue est le plus considérable. Les quelques 
cliiirres du tableau de la page précédente nous 
le montrent d'une fagou très nette. 

Quoique, dans les deux résultais de classe- 
ment fournis par l'expérience, le résultat se 
trouve idcnliquc, il y a pourtant dans la plan- 
tation des arbres qui, tout en se monlranl, 
sans doute, supérieurs au point de vue lalex, 
sont inférieurs au point de vue caoutchouc. 
Mais il est facile de concevoir qu'il n'est pos- 
sible de trouver cette anomalie apparente que 
cliez les lleveas à rendements voisins, car, 
dans l'expérience, les teneurs du lalex en 
caoulcliouc no varient qu'entre des limites 
assez étroites : 29,2:5 ii 39,74 "/.,. 

Ainsi, dans la pratique, l'élude des rende- 
ments en lalex sera suffisante pour permeltre 
de se rendre compte de la valeur ruUurale 
comparative de Ions les arbres. 

Il est de notion courante qu'il existe des 
différences énormes de rendement en caout- 
chouc d'un arbre ;"i l'autre; il nous est donc 
permis de conclure que c'est un fait général. 
Et je crois devoir, à mon tour, insister, en 
conseillaul de consulter le lableau de rende- 
ments que nous donnons dans le chapilre 
suivant. Je pense qu'il aura alors suffi au lec- 
teur de voir que sur deux arbres de neuf ans : 

L'un, n° 1, a donné o',83:i de lalex corres- 
pondant à i kg. 864 de caoutchouc; 

L'autre, ii" 118, a donné 0',428 de latex cor- 
respondant A kg. 130 de caoutchouc, pour 
qu'il lui vienne immédiatement à l'esprit que 
les graines provenant du premier doivent fata- 
lement fournir de meilleurs résultats culturaux 
que celles provenant du deuxième. 

Notons toutefois que les rendements en 
gomme élastique sèche commerciale ne sont 
qu'approximatifs. .Nous avons pris, en elVel, 
pour les évaluer, comme titre du lalex, la 
teneur moyenne en caoutchouc (31,30 "/o) 
de la récolte en 145 jours de saignées sur la 
parcelle H pendant la campagne 1906-1907. On 
conçoit facilement, en eU'el, qu'il nous était 



matériellement impossible d'analyser, tous les 
jours, le lalex de 140 lleveas saignables qui la 
constituent. Cela aurait, du reste, élé parfaite- 
ment inutile au point de vue de la sélection, 
comme nous l'a montré précédemment l'étude 
des dilTérences de constitution du lalex. 

Rien, extérieurement, ne pouvait nous faii'e 
prévoir ces variations énormes de rendement. 
Le développement des deux arbres étant à peu 
près identique i 

N° 1. Circonférence à 1 mètre du sol le 
2:; juillet 19(H), ()"',77. 

N° 118. Circonférence à 1 mètre du sol, le 
2r> juillet 190C, 0"',tSU. 

Quoique nous puissions relever une légère 
dillérence dans les dimensions des feuilles, 
l'état des deux arbres est à pou près le même, 
comme pour les autres caractères botaniques. 
Cela nous permet de constater, une fois de plus, 
que ces variations étant indépendantes les 
unes des autres, nous n'avons pas atfaire à des 
variétés de la même espèce, mais bien à des 
différences individuelles propres, dont nous 
pourrons fixer les plus importantes par la 
sélection. 

Dixcuission « propos du la sijleclion. — L'exa- 
iruMi attentif que nous venons de faire des 
particularités botaniques el ])hysiologiques de 
V Hi'ci'd lirax'diensis nous mon Ire l'extrême varia- 
bilit(' de celte espèce. La sélection universel- 
lement pratiquée avec succès, nous permettra 
de lirer parti de ces connaissances, de sorte 
que l'on choisira toujours pour la plantation les 
semences donnant les meilleurs rendements. 

Cependant, il a élé fait, à ce sujet, quelques 
objections auxquelles je veux répondre avant 
d'entrer dans la pratique de la sélection. 

1" « Tout d'abord, a-t-on dit, vous ne savez 
pas encore ce que donnera celle mélhode 
appliquée à l'Hevea, il y a trop peu de temps 
encore que celte espèce a été introduite en 
Indo-Cliino. » 

— Évidemment, je ne puis encore donner 
les résultats d'une expérience personnelle faite 
dans le sens que j'indique, ce]>endant la sélec- 
tion appliquée, soit aux animau;, soil aux 
végétaux, a donné des résultats tellement 
constants, tellement probants, qu'il nous est 
bien permis, je suppose, de croire [que l'Hevea 
ne fera pas exception à la règle. Du reste, si 
je ne puis encore donner les résultats de l'ex- 
périence positive, je puis au moins donner 
ceux de l'expérience négative, ce qui revient <^ 



N" 73 



JiiLLET 1907 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



199 



peu près au même. Comme bien l'on pense, 
les premières graines que produisil la planta- 
tion du Suoi-Giao furent recueillies avec soin 
et donnèrent de jeunes plantules qui furent 
repiquées dans un excellent terrain, ayant 
servi à des pépinières, à côté d'Heveas plus 
âgés. Or, je l'ai montré précédemment, les 
premiers Heveas qui portent des fruits sont en 
général des arbres malingres, donnant du 
moins les [iremières années de fort mauvais 
rendements. Ce sont précisément des graines 
issues de pieds semblables qui ont donn(' nais- 
sance à ces arbres, qui ont maintenant quatre 
ans, et dont la croissance est, comparativement, 
bien inférieure à celle de leurs voisins. Bien 
plus, M. Permn, qui est cbargé des cultures de 
la concession de Suoi-Giao, me montrait, ces 
jours derniers, un de ces jeunes arbres qui 
avait été fortement blessé et qui portait déjà 
des fruits. Un heureux accident a achevé de 
le détruire; mais je ne pense pas que, si ses 
semences avaient de nouveau été récoltées, 
elles aient jamais pu donner naissance à des 
sujets bien brillants. 

En l'envisageant à un autre point de vue, 
cet exemple vient encore renforcer notre thèse. 
En effet, cela prouve que les arbres à fructifi- 
cation précoce peuvent transmettre cette pro- 
priété à leurs descendants. II est donc assez 
probable qu'il en sera de même pour d'autres 
caractères et notamment pour les rendements 
en caoutchouc. Toutefois, comme pour toutes 
les autres espèces végétales issues de semis, il 
faudra nous attendre à voir des dilTérences 
sensibles entre les pieds issus de semences 
provenant du même arbre, et cela, surtout au 
commencement de la sélection. 

2° On a dit aussi : « Oui, la sélection est 
certainement à recommander, mais comme les 
arbres ne donnent pas de bonnes semences 
avant sept ou huit ans auminimum, âge auquel 
on peut commencer à faire un choix judicieux 
des porte-graines, chaque étape demandera 
au moins une période égale, de sorte que, 
pour arriver au type fixe à grand rendement 
(|ue vous nous annoncez, il faudra un nombre 
d'années tel que nous ne le verrons jamais. » 

— Certainement, le résultat cherché ne sera 
pas immédiat, mais il est permis d'affirmer 
qu'à chaque étape correspondra une améliora- 
tion de l'espèce. C'est ainsi que le planteur qui 
pratiquera la sélection d'une façon raisonnée, 
obtiendra chaque fois un résultat partiel dont 



il tirerabénéfice. Celte amélioration sera donc 
bien immédiate si les types fixes à grands ren- 
dements ne sont pas encore créés. C'est du 
reste dans cette voie que nous convions à 
entrer tous ceux qui voudront se livrer à la 
culture de l'Hevea. 

3° « Quelques personnes ont pensé que l'Hé- 
véa non sélectionné donnait des résultats satis- 
faisants et qu'il était inutile de changer de 
manière de faire. " 

— Je répondrai à cela par une simple com- 
paraison : les quinquinas qui ont éti; judicieu- 
sement sélectionnés à Java ont (lonn('' des 
résultats tels que leur culture a été quasi 
abandonnée à Ceylan, oii ils ont d'abord été 
importés. 

A" « On a encore objecté que les graines 
d'Hevea étant encore assez rares, il valait mieux 
toutes les planter, au risque d'avoir une pro- 
portion de sujets à faibles rendements, que 
d'en laisser perdre une seule. » 

— Tel n'est pas mon avis : nous pensons, 
au contraire, qu'il est préférable de faire moins 
et mieux que de faire beaucoup et efîectuer du 
mauvais travail. De plus, nous ne conseil- 
lons pas de ne planter que les graines issues 
de quelques pieds exceptionnels, mais bien 
seulement d'éliminer toutes les semences ve- 
nues d'arbres dont les rendements sont, à 
chaque série de mensurations, au-dessous de la 
moyenne. Dans ces conditions, il n'y a, à peu 
près, que les deux tiers des graines qui ne sont 
pas utilisées. Il y a du resté aujourd'hui assez 
d'Heveas à Ceylan, en Malaisie et dans nos 
colonies d'Asie, pour permettre le choix judi- 
cieux des porte-graines, sans pour cela dimi- 
nuer de beaucoup l'importance des plantations 
futures. Et les personnes qui peuvent faire le 
commerce des graines, trouveront bien vile 
une compensation sur la quantité de semences 
non vendues, en taxant plus cher une mar- 
chandise d'une valeur supérieure. 

5° « On peut penser, avec quelque raison, 
que le croisement d'arbre à arbre va entraver 
la sélection. <■ 

— Nul doute, rilevea étant une plante mo- 
noïque, que le croisement puisse intluer d'une 
façon très sensible sur la sélection, si l'on ne 
prend la ])récaution, comme nous le conseil- 
Ions, d'abattre tous les arbres dont les rende- 
ments restent par trop inférieurs durant 
plusieurs années; mais l'importance de ce 
voisinage funeste est sensiblement diminuée 



200 



JOURNAL DAdHlCULTURE TROPICALK N' T.J 



.1iii.li;t i!Mi7 



du fait que, d'unf faron géniTale. la floraison 
des ineillciirs arbres n'a pas lieu en mémo 
temps que celle des plus niiuvais, quoiqu'il y 
ail des exceptions à la règle. Mais, quaml hien 
même celle fécondalion croisée devrait dimi- 
nuer de moili(5 la rapidité de la sélection, il y 
aurait, mal};ré tout, amélioration de l'espèce. 
6° <• On peut croire encore que celte pratique 
culturalc doit demander un travail tellement 
considérahle qu'elle devient par là môme im- 
possible. Si, en ell'et, on doit noter chaque 
jour la quantité de lalex formée par chaque 
arbre, les gommiers pouvant être traités sui- 
vant la nouvelle nit'lhode employée à Snoi-Oiao, 
cent ciiuiuanle Jours par an. au niinimuni, il 
faudra une i'(uiiplaliilili' telle qui' l'un ne pourra 
s'y livrer ([u'avec un personnel par Irop dis- 
pendieux. » 

— Mais là n'est pas encore la critique (jui 
doive nous faire rejeter la pratique de la sélec- 
tion. En efTet. l'élude approfondie que nous 
avons faite de la question nous a montré qu'il 
n'était nul besoin de ce travail considérable, et 
que quelques rendements journaliers, judi- 
cieusement [iris sur chaque arlire, suflisaicnt 
amplement pour se faire une idée de la valeur 
réciproque des llevea brasiliensis. Nous verrons, 
du reste, plus loin, coiiiinent ces mensurations 
doivent être faites. 

7° « Ou a (lit enfin, qu'avec l'âge, il y avait 
atlénuation des dill'érences individuelles de 
rendeuient cl que, de ce fait, l'importance de 
lasélecliiin élail bien diminuée. » 

— Nous avons, pour noire romple, constaté 
pendant plusieurs années déjà, que les lleveas 
donnant la plus grande quantité de latex ne 
perdent jjas leur valeur avec l'âge; c'est ainsi 
qu'ils sont restés en tète, comme rendement, 
pendant trois années consécutives. M. Cibot a 
remarqué de même (Le caoutchouc au Hio- 
Réni, « ,1. d'A. T. »,n° 18) que certains arbres ne 
donnaient janiius que quelques gouttes de 
lalrx au fond des tichelas. 11 s'agit bien pour- 
tant, dans ce cas, de peuplements naturels 
dont les sujets sont certainement très âgés. 
Du reste, enadmettanl même cette atténuation, 
elle n'en subsiste pas moins, et, quanti bien 
même elle deviendrait complète, la sélection 
aurait encore pour ell'et dr nous donner des 
Heveas précoces, ce qui n'est pas à dédaigner, 
lorsque l'on songe que nous devrons attendre 
au moins six à sept ans avant de pouvoir sai- 
gner les arbres. 



Comidéralions ^rm'rales au sujet de la pia- 
liquo d'' In séleciion. — .Nous devons mainte- 
nant entier dans quelques considérations gé- 
nérales et noter les parlii-ularilés dont la 
connaissance esl indispensable à l'opr-raliiui di' 
la sélection. 

Après la misi' en train, ([ui correspond à une 
période de vingt jours environ de rendcuicnls 
régulièreuumt croissants, la quantité de Inlex 
fournie chaque malin par un arbre esl assez 
constante d'un jour à l'autre, si les cnndilious 
météorologiques ne changent pas subilcmenL 
Cependant, nous avons remarqué bien souvent 
des saules brusques que nous ne savons encore 
à quoi attribuer. Tel arbre, de moyenne infé- 
rieure, peul donner un jour une quantité de 
latex bien supérieure à son rendement journa- 
lier, pour retomber le lendemain à sa produc- 
tion misérable. De même un Hevea qui fournil 
en général une forte quantité de latex peul. 
certains jours, tomber au rang des mauvais 
caoutchouliers. 

Nous avons pu constater de nombreux 
exemples de ce fail, et nous citerons le cas 
typique suivant : 

Le .'î novembre lOOtî, parcelle H, -i'J" saignée, 
une forlc proportion des Heveas Iraités d'une 
faion régulière donnent une quantité de lalix 
bien au-dessus de leur moyenne et, le lendi'- 
rniin. rctombeiil à leurs n'Uilenients précé- 
dents, tandis que les arbres (jui, la veille, 
avaient peu donné, accroissent ce jour-là leur 
productivité d'ime façon déconcertante quoique 
aussi fugace. .Nous nous sommes assurés que 
cela ne provenait pas de la négligence de l'in- 
digène opérant les saignées, el ne pouvons 
encore que signaler sans l'expliquer celle ano- 
njalie qui se rencontre fréquemment chez les 
sujets isolés. 

Nous lirons de là cet enseignement qu'il ne 
faut pas se contenter du rendement d'un seul 
jour pour détei-miner la valeur respective des 
arbres à caoutchouc. 

— Lorsque les feuilles des Heveas commen- 
cent à jaunir, le rendement augmente pour 
diminuer avec leur chute, i)uis arriver à être 
presque nul lorsqu'elles sont complètement 
tombées, et reprendre enlin plus lard avec la 
végétation. C'est là un phénoiuêue très net 
que nous avons observé sur de nombreux 
sujets. Notons encore que la chute des feuilles 
n'a pas lieu en même temps chez les divers 
arbres, quoiqu'elle se produise à des époques 



N° t;j 



JiiLLicT 1907 JOUI{.\.\L D'AGlilCULTURE TROPICALE 



201 



voisines (janvier et avril). La baisse des quan- 
tités de latex récollées n'est donc pas non plus 
simultanée, et le lecteur s'en fera une juste 
idée en consultanl le tableau que nous donnons 
un peu plus loin. 

Celte remarque nous intéresse à un autre 
point de vue. car la floraison ayant lieu en gé- 
néral après la cliute des feuilles, les arbres i[ui 
lleurissent les derniers et, par conséquent, qui 
[lerdent leurs feuilles les derniers, seront aussi 
ceux qui donneront le plus longtemps leur 
rendement maximum et qui seront le plus 
longtemps exploitables. L'expérience directe 
vient du reste vérifier la théorie. Mais comme 
ceitains arbres, qui ne perdent leurs feuilles 
que très tard, ne donnent jamais un rendement 
considérable, ceux-là devront être éliminés. 

Cela nous permet de dire qu'il ne faut pas se 
contenter de quelques mensurations prises 
pendant la période de la chute des feuilles, pas 
plus, du reste, qu'il ne faut se borner à noter 
linéiques chiffres pendant l'époque qui corres- 
pond au maximum de rendement, si l'on veut 
se faii'e une idée exacte delà valeurréciproque 
des Ilevcas pendant toute la saison des sai- 
gnées. 

— Certainement, la meilleure façon de se 
rendre compte de la puissance productive de 
chaque ai'bre serait de mesurer, chaque jour, 
le latex récolté sur tous les Heveas; nous 
avons vu, en effet, qu'il était à peu près pro- 



portionnel au rendement en caoutchouc. Mais 
cela demanderait une main-d'œuvre trop con- 
sidérable, incompatible avec la conduite d'une 
grande exploitation. Nous avons alors cherché 
un moyen pratique nous permettant d'arriver, 
à peu de frais, à une approximation suffisante 
de la valeur de chaque sujet. 

I\iur cela, nous avons suivi les renihMiients 
particuliers des caoutchoutier.s qui peuphr^utia 
parcelle II. Cesarijres sont saignés suivant une 
nouvelle méthode, par ponction sur rigole 
hélicoïdale, dont nous nous occuperons dans 
une étude prochaine. Nous avons pu ainsi 
constater deux faits }ii'écis: 

1° Les quantités de latex fournies pai' les 
premières incisions, pendant la période des 
orages précédant la saison des pluies, sont, en 
général, assez faibles, et ce n'est qu'au 'M" ou 
-'tO" jour de i-aignées consécutives que les 
arbres arrivent à donner leur meilleur rende- 
ment. La récolle est sensiblement égale pen- 
dant la saison des pluies pour diminuer avec 
la saison sèche ; 

i" Eu ten;inl c.)mpte du cas de la chute des 
feuilles correspondant au commencement de 
la saison sèche, les totaux de 10 saignées faites 
sur chaque rigiile hélicoïdale sont assez com- 
parables pour se faire une idée de la valeur do 
chaque individu. 

Ces (|uelques chiffres, pris dans nos notes, 
en sont la preuve. 



Rendement en latex de l'Hevea brasiliensis, Suoi-Giao (I'aucei-le M . 
Ctiaque nombre reprôsenlc le total du latex en centiuièli'es cube^ rei'ucilli en 10 h:.oif.'nées 



Niiiiiéros . . . 






1IEVE.\3 .\OÉS DE 9 ANS 






i\r.\T,,\s .\GÉs ni; 


7 AKS 


1 


2 


s 

ce. 


13 

c. c 


14 
c. c. 


30 

C. C. 


31 

C. C. 


36 

i?. C. 


48 

C. c. 


50 

c. c. 


67 

r. c. 


us 

c. c. 


10 

c. c. 


12 

C. C. 


17 

C. c. 


52 

c. c. 


70 

C. C, 


79 


83 

C. C. 


05 lii.'' 

c. c. 




III -il sept. 1^106. 


118 


;_i2 


S9 


106 


56 


04 


177 


70 


78 


157 


03 


s 


56 


88 


94 


199 


in; 


76 


Gl 


38 


22-2;isei.t.. . . 


243 


102 


42 


166 


S9 


131 


455 


118 


50 


256 


309 


4 


87 


90 


1 ;iS 


211 


lis 


115 


141 


75 


30 sepl.-9 oct.. 


-lîO 


212 


120 


2SS 


132 


26S 


629 


184 


68 


355 


519 


3 


150 


125 


319 


277 


20'^ 


13: 


201 


147 


10-20 cet. . . . 


122 


101 


124 


291 


144 


327 


.560 


227 


71 


326 


313 


13 


240 


146 


361 


27 -■ 


105 


95 


250 


50 


'21-:J1 net. . . . 


506 


242 


148 


420 


139 


431 


422 


101 


88 


221 


460 


17 


231 


163 


301 


1S5 


154 


75 


255 


51 


1-12 nov. . . . 


ioi 


2;6 


H8 


391 


109 


409 


618 


276 


67 


300 


431 


18 


230 


165 


304 


233 


215 


SO 


292 


12 1 


13-30 nov.. . . 


460 


220 


:m 


372 


83 


40 i 


568 


216 


lo:; 


405 


425 


=)•> 


235 


1» 


247 


386 


219 


59 


236 


13 ; 


1-10 liée. . . . 


433 


2o;j 


99 


314 


97 


320 


394 


181 


118 


427 


332 


36 


237 


137 


267 


329 


186 


68 


.).^-i 


23 1 


', 12-îl dér. . . . 


370 


22li 


107 


447 


192 


564 


356 


209 


134 


512 


446 


40 


205 


190 


337 


3S3 


302 


80 


510 


51 


22iiéc-;ij'M907. 


:ni 


318 


188 


466 


199 


620 


209 


278 


110 


285 


623 


9fi 


232 


254 


291 


260 


376 


129 


392 


91 


4-2b j.T-iiv. . . . 


112 


206 


134 


314 


123 


406 


186 


58 


97 


260 


465 


31 


237 


102 


213 


26(1 


174 


31 


165 


9 


2Sia,v.-23 fùv. 


342 


318 


70 


398 


87 


338 


147 


24 


43 


231 


421 


40 


109 


57 


348 


241 


95 


14 


6i 


15 


27 fév.-8 mars. 


331 


106 


23 


184 


33 


151 


111 





6S 


201 


402 


:iO 


9 


24 


172 


114 


78 


18 


55 


1 : 


1 1-21 mars . . 


200 


133 


n 


139 


62 


120 


202 


106 


30 


161 


275 


0-1 


39 


59 


109 


47 


55 





2 


■) 


22 mars-2 avril. 


3fi- 


14t 


4 


168 


14 


28 


73 


66 


28 


65 


2 47 


25 


45 


27 


88 


97 


47 


22 


20 


' 


Totaux . . 


5'835 


3'131 


l'404 


4'464 


vm 


4'721 


5'107 


2'234 


l'194 


4'162 


5'764 


0'428 


fm 


l'780 


3'602 


3'494 


mi 


l'û36 


rm 


0'578^ 



.IULIi.NAL DAOUICULTURE TROPICALE N" 73 



JlILLlT 1(107 



Ainsi donc, l'examen de ce lableau nous 
montro qu'il est suffisant, pour apprécier la 
valeur comparée de chaque arbre i'i caoukiionc, 
d'en noter les rendements pendant certaines 
périodes seulement. 

Rappelons encore qu'il vaut mieux ne pas 
employer, pour consliluer une plantation, les 
graines d'arbres trop jeunes, ni récoller les 
scnKMifcs provenant des Ilevcas sur lesquels 
la maturation a eu lieu de bonne heure. 

Pratique de la sélection. — Les lleveas sont 
numérolés dans chaque parcelle, chaque nu- 
méro correspondant à une colonne spéciale sur 
un cahier qui sera constamment tenu à jour. 
Sur des feuilles volantes, chacune correspon- 
dant aux arbres que peut traiter chaque ou- 
vrier indigène, seront inscrits les numéros des 
Ilcveas, et à côté seront portés, sur le terrain, 
leurs productions journalières. Chaque feuille 
pourra ainsi servir à noter les résultats de 
10 saignées consécutives que l'on totalisera 
dans une colonne spéciale. Les rendements de 
10 traitements ainsi obtenus seront inscrits sur 
le cahier de sélection avec les inilications ijuc 
l'on jugera à propos d'y faire figurer. 

Une première série de 10 mensurations de 
latex seront faites d'une façon périodique, par 
exemple toutes les .semaines. Puis, à l'époque 
du rendement maximum (ici, d'octobre à jan- 
vier;, une deuxième feuille portant régulière- 
ment les quantités de latex fourni, quotidien- 
nement, pendant 10 jours consécutifs, sera 
ouverte. Knfin, une troisième série de 10 sai- 
gnées nous permettra de nous rendre compte, 
par intervalles, des produits successifs jusqu'à 
la fin de la récolte. 

Notons ici (jue cette pratique aura l'énorme 
avantage de nous permettre la surveillance 
régulière des ouvriers employés aux saignées. 
Si en eCfel, quelque jour, un fait nous parait 
anormal, il nous faudra, dès le lendemain, 
aller voir ce qui a pu se produire. 

D'année en année, nous pouvons ainsi suivre 
nos lleveas. Plus longues auront été les obser- 
vations, plus elles auront de valeur. 

Les mensurations de latex pourront se faire 
de la i'açon suivante : 

Dans une éprouvette de 300 centimètres 
cubes graduée en centimètres cubes, on ver- 
sera le contenu des godets. On lira chaque fois 
le volume occupé par le latex qui, retranché 
du chiffre lu précédemment, donnera le rende- 
ment journalier de chaque arbre. j 



Il faut de trente cinq à (juarante minutes 
])onr noter le latex fourni chaque matin par 
100 Hevcas. Ainsi, trois séries de 10 mensura- 
tions de latex sur toutes les parcelles seront 
amplement suffisantes pour nous permettre 
d'ellecluer une sélection parfaite, car nous ne 
choisirons comme porte-graines que les arbi-es 
qui, chaque fois, se seront montrés supérieurs 
à la moyenne. De cette façon, nous pourrons 
établir par comparaison \ lots dilïérents : 

1° Heveas à rendements très élevés. — Les 
graines qui en proviendront seront soignées 
d'une façon toute ])articulière : elles seront 
placées dans les meilleures parcelles de la con- 
cession et seront surveillées au point de vue de 
la sélection future. 

-2," //eveiis à rendements au-dessus df lu 
moyenne. — Les semences de ce lot seront uti- 
lement employées pour établir le fond des 
plantations. 

;j" IJeveas à rendements au-dessous de la 
moyenne. — Leurs graines ne devront pas être 
utilisées. 

4° Heveas à rendements misérables. — Si plu- 
sieurs années consécutives, les quantités de 
latex fournies par ces arbres demeurent insi- 
gnifiantes, ils devront être détruits et rem- 
placés par d'autres. 

Les lleveas appartenant aux lots 1 cl -1 rece- 
vront des marques spéciales permettant de les 
reconnaître à tout n)oment. Par exemple, on 
clouera une planchette sur les sujets du lot 1, 
et on enlouiora d'un rotin les arbres appar- 
tenant au lot 2. Il n'y aura ainsi aucune confu- 
sion possible pour les indigènes employés à la 
cueillette des graines. 

.Maturation. — Les semences seront cueillies 
bien mûres sur les sujets que nous aurons ainsi 
pris soin de sélectionner, c'est-à-dire lorsque 
la coque du fruit commencera à prendre une 
teinte liruno. 

La récolte durera donc assez longtemps ri 
sera, de ce fait, successive, comme du reste la 
tloraison qui, sur chaque arbre a lieu pendant 
un mois environ. Le système qui consiste à 
cueillir tout ;\ la fois, lorsque l'on voit un grand 
nombre de graines milres sur les arbres, est 
complètement à rejeter, car on a de cette façon 
des semences trop avancées, d'autres à point, 
et enfin une forte proportion incomplètement 
formée. Il faut donc, de toute nécessiti-, faire 
passer, tous les huit jours environ, un indigène 
dans la plantation pour récolter les fruits au 



N° 73 



Juillet 1907 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



203 



fur et à mesure de leur matuiùté. Il sera muni 
d'une éclielleen bambou très légère, et d'un cro- 
chet fixé au bout d'une canne de 2 à 3 mètres, 
ce qui lui permettra de faire tomber facilement 
les fruits qu'il aura choisis. 

Triage. — Lîne dernière opération, le triage, 
achèvera enlin le travail de sélection liien com- 
pris. Parmi les graines récoltées, un certain 
nombre sont vides: d'auti-es sont mal formées 
et n'ont |ias de pouvoir germinatif; quelques- 
unes, légèrement atrophiées, peuvent bien 
germer, mais ne nourrissent qu'insutlisam- 
ment le jeune pied d'IIevea; enlin, un Ijon nom- 
bre, bien venues, lourdes parce qu'elles sont 
bien pleines de réserves nutritives, pourront 
donner naissance à des plantules vigoureuses. 
Ces dernières seules doivent être conservées. 

Il est facile de concevoir que le poids des 
graines nous renseignera à ce sujet d'une façon 
très complète. C'est du reste cette méthode, 
employée pour le triage de bon nombre de se- 
mences diverses, que nous pouvons appliquer 
à l'Hevea. 

L'opération pourra se faire à la main, un peu 
d'habitude permettant de ne choisir que les 
graines de belle apparence ayant une bonne 
densité. Mais le mieux est certainement d'em- 
ployer une balance assez sensible, un Irébu- 
chet par exemple, pour nous permettre de ne 
conserver que les semences d'un poids égal ou 
supérieur à .5 grammes. Ce travail pourra se 
faire très rapidement et complétera le choix 
judicieux des graines dont nous allons nous 
servir pour établir nos plantations. 

Sélection future. — Sept ou huit ans après 
celte première sélection, les Heveas provenant 
du lot I, seront étudiés à leur tour. Il est plus 
que probable que nous pourrons constater alors 
une amélioration de l'espèce, quoiqu'il soit 
certain que nous puissions encore constater 
des diU'érences très sensibles. Nous ne devrons 
alors prélever les semences que sur ceux d'entre 
eux qui se seront montrés supérieurs à la 
moyenne pour effectuer le fond des plantations 
futures. Un lot spécial d'arbres à très grands 
rendements sera encore choisi et les semences 
qui en proviendront seront de nouveau placées 
dans les conditions les meilleures en vue de la 
sélection future, et ainsi de suite, sans jamais 
nous lasser dans celle voie. 

Suivant la situation dans laquelle se trou- 
vera le planteur, il arrivera à créer, de celte 
façon, des variétés d'Heveas à grands rende- 



ments qui se seront peu à peu adaptés aux mi- 
lieux spéciaux dans lesquels ils devront vivre. 

f'.eci nous amène à conseiller aux futurs 
planteurs d'Heveas de toujours choisir leurs 
semences sur les peuplement? voisins les plus 
fliirissants et dont les conditions culturales se 
rapprochent le plus de celles dans lesquelles 
ils se trouvent. 

Et peu à peu, au fur et à mesure que la cul- 
ture des Ileve is s'étundi'a vers le Nord, l'aire 
géographique du gommier du Para s'élargira 
progressivement, suivant en cela les lois du 
transformisme et de l'adaplalion. 

Conclusions. — Tel est le système que nous 
croyons devoir être employé pour arrivera lixer 
en Indo-Chine une race d'Heveas acclimatés. 

Nous ne devons pas perdre de vue, en effet, 
que si la culture des arbres à caoutchouc nous 
donne ici (sur la concession de M. le D'' Yer- 
sin à Suoi-Giao, province de Nha-Trang,Annam} 
les plus belles espérances: 

-Moyenne des arbres de neuf ans, 1 kg de 
caoulchouc commercial sec; 

Moyenne des arbres de sept ans, OkgCOlJ do 
caoutchouc commercial sec: 
nous sommes cependant en Indo- Chine sur 
la limite actuelle de la végétation de l'Hevea. 
Il convient donc, si nous voulons nous lancer 
dans cette culture, de le faire dans les condi- 
tions qui. pcientili([uenient, doivent nous don- 
ner les meilleurs résultats. 

X'oublions pas que les Heveas devant res- 
ter eu terre peut-être pendant plus d'un siècle, 
nous ne saurions trop prendre de précautions 
dans le choix des sujets qui doivent constituer 
nos peuplements. 

Je dois mettre ici les planteurs en garde 
contre l'emballement (jui consiste à vouloii', 
malgré tout, faire nombre et planter beaucoup 
trop à la fois; ceux d'entre eux qui agiront 
ainsi pourraient bien nerécolter quedes désap- 
pointements, car les plantations énormes qui 
se créent en Malaisie et à Ceyian feront, je crois, 
d'ici peu, baisser la valeur que le caoutchouc 
atteint aujourd'hui sur les marchés. 

Alors il se trouvera que seules les personnes 
qui auront conduit leur plantation d'une façon 
raisonnée retireront la juste rémunération de 
leur travail. G. VEHXEr, 

Diiilômê de l'Ecole nationale d"aL,n'iculturo 
de Grignon, 
Gl'iniiste à rinslilut Pasteur 
' de Nha-Trang (Anuani). 

Suoi-Giao, le 2S avril 1907. 



-H)'i 



.1111 llNAI. D'AGRlCULTrill' TKUl'lCAI. 



.\ 7:{ 



Juillet lilOT 



Le développement de la Culture du Sisal 

L'extension de la culture dans le monde. — lluwaï et l'Australie; les brochures de MM. A.-J. Hoyii 

et T. H. Wells. — L'élut actuel de la question et les problèmes à résoudre : 

botanique des A^'aves, époque de la floraison et dur«'e de la plante. 

Défibraliou ù l'usine et sur le champ. 

Par M. r. Main. 



INoslecteuis onliniieniaiHnicr qac, depuis 
quelques mois, les |)ublications relatives à 
la culluri' des i)lantes à fibres se font de plus 
en plus nouibieuses. Dans la jiresse mon- 
diale, les articles se mulliplienl, engageant 
les colons à se tourner vers la culture d'une 
plante aussi peu exigeante et aussi produc- 
tive, ou traitant telle ou telle parlicularilT', 
culturale et botanique; de nombreuses 
brocbures en tontes langues résument l'élul 
de la (]uestiou, niellent en garde les colons 
contre une cxploitalion trop rapide ou tio|) 
intense, iiidi(|uenl les i>spèces à j)Iantei'. 
INous avons nous-mèm*^ tenu nos lecteurs 
au courant des tentatives faites dans cer- 
taines régions oîi la culture de l'Agave se 
pi'ésente sous un aspect 1res dilîérenl des 
caractéristiques classiques. (Cf. d. d'A. T. » 
n"69, p. 7i.). 

!*]st-ce à dire (|ue la question a l'ait d(> 
grands progrès et (ju'onris(jue moi us aujour- 
d'hui à entrepreudre de cultiver l'agave? 
l'as absolument, et si celle culture oll're 
peut-ôlre moins d'aléas qu'une autre, la plu- 
pari des points délicats sont encore à élu- 
cider. 

Nous avons rapidement analysé dans le 
n° 70 une brochure publiée en 19(Mi par le 
bureau de l'Agricullnre de Manille (tj 13.38, 
pages bleues). L'auteur. !\1. 11. T. Ehwaiuis. 
s'étendait sur les conditions d'adaptation 
de la plante aux exigences locales des Plii- 
iippines, et prenait comme point de dépari 
le Yucatan, en s'altachanl toutefois plulùl 
aux défauts qu'il avait pu yconslaler (ju'aux 
perfectionnements aujourd'hui classiques 
qui font de cette région le principal pro- 
ducLeur de libres d'agaves du inonde entier. 

C'est aujonrd'hui au Queensland que nous 



avons à enregistrer l'apparition presque 
simultanée de di'ux nouvelles brochures : 
l'une : T/ir Sisa/ Fibrr linliislnj lit Qm-ms- 
laiiil, émane du Deparlmenl of Agriculture 
and Stock de Brisbane, quia chargé M . .\ . -.1 . 
]{ovi) de mellre la chose au point; l'autre : 
Sisal Culture, a Report on ils possihUities 
for Qiieenslan'l. est l'œuvre d'un planteur 
de Farnbro(Childersi, M. T. -II. Wells, qui 
a rédigé une douzaine de pages pour ses 
compalriotes avec uni' compétence toute 
parliculière. 

Nou-^ n'avons pas l'iiilenlion tl'analyser 
complèlemeni ces deux brochures ni de les 
opposer l'une à l'autre : nous désirons seu- 
lement les parcourir pour voir ce qu'elles 
olfrent de nouveau à latlenlion des plan- 
leurs, avant de résumer les quehjues points 
sur les(|uels nous désireiions voir se porter 
mainlenani l'allenliiui des spécialisles, et 
en ilehors de l'élude desipiels Imil travail 
ne sera guère qu'une répélilirm. 

La brochure du Uépartemenl de l'Agri- 
culture semble mettre les planteurs en garde 
contre un trop grand travail du su! : bien 
enlendu, un amenblissement trop soigné 
pou ri'a a mener une augmentai ion du xolume 
foliacé avec dimiinitinu du |iourcenlage de 
libres, mais il ne faut pas oulilier (|ue ce 
li'avail est souvent nécessaire en terrains 
imperméables, pour éviter la stagnation de 
l'humidité fatale à l'agave. Ensuite, il nous 
parait un peu exagéré de comparer cette 
cuilure avec celle de l'oranger ou de la 
canne à sucre, la cuilure d'abnrd. la mani- 
[lulation des produits cnsuiti'. n'ayant rien 
d'o[)posable. Nous savons ensuite ce qu'il 
faut penser des sols pauvres pour l'établis- 
sement des plantations. De ce <|u'on peut y 



N" 73 



Jlillet 1907 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



203 



faire prospérer l'ogave, il ne faut pas con- 
clure qu'il faut n'y consacrer que les ter- 
rains pauvres à l'exclusion de ton s les au très; 
cetle assertion est d'ailleurs vigoureuse- 
ment combatlue par.M. ^^'EI.Ls, qui rappelle 
que diverses [)ersonnalités ont fait bon 
marché de cette fable. Il se borne quant à 
lui à émettre cette opinion fort juste que 
si l'on a de très bons terrains il vaut mieux 
les réserver à d'autres cultures qui s'accom- 
moderaient mal d'un sol médiocre. Quant 
à l'âge de la plantation, il nous parait aven- 
turé de conseiller la mise en place k de 
plants de 0'",30 de hauteur, ceux de 0",.50 
à G"', 75 de hauteur étant plus longs à 
reprendre ». En ce qui nous concerne, nous 
considérons que 0"',30 représente un maxi- 
mum à ne pas dépasseï-; nous doutons de la 
reprise régulièie et certaine de plantes 
ayant déjà 0"',7o de hauteur, c'est à-dire 
deux ans dans bien des régions. 

L'espacement des plants sur la ligne et 
des lignes entre elles est donné avec raison 
comme lié à la fertilité du terrain : c'est une 
corrélation à laquelle nous voyons rare- 
ment donner assez d'importance en pareil 
cas; mais si les allées sont conseillées de 
distance en dislance, il n'est pas question 
de leur principale raison d'être, la lutte 
contre le feu; il est vrai que cette éventua- 
lité sera ■ peut-être moins à craindre au 
Queensland qu'au Mexique. 

La récolte et la défibration donnent lieu 
à quelques chilfres intéressants, mais les 
auteurs expriment à leur sujet des idées 
contestables. C'est ainsi qu'à propos du 
nombre de feuilles récoltées par jour et par 
ouvrier, M. Wr:i.i,s nous parait être très au- 
dessus delà vérité lorsqu'il parle de 2..JÛ0; 
avec 1.200, M. Bovd se rapproche du chiffre 
adopté par l'Afro-American Co, de Voi 
(Afrique Orientale), qui est peut-être de 
toutes les exploitations nouvelles celle oi!i 
les données économiques ont été le plus 
sérieusement étudiées. Pour le séchage, 
nous voyons exprimer cette idée que, même 
après lavage, la libre est encore verdàtre et 
que la décoloration nécessite un séjour de 
deux jours à l'ombre, avant exposition au 



soleil. Nous croyons que sur ce point les 
auteurs sont en contradiction formelle avec 
la plupart des planteurs du Mexique, ([ui 
sèchent directement au soleil et obtiennent 
une libre parfaitement blanche; sans aller 
aussi loin, notre correspondant M. Fasio, 
dans son usine d'IIussein-Dey, a toujours 
fait sécher directement au soleil, sans aucun 
préjudice pour la blancheur de ses libres. 
Enlin nous avons pu nous-mème dans de 
nombreux essais faits avec diverses espèces 
d'agaves, nous convaincre qu'un simple 
rin(;age à l'eau douce élimine complètement 
la chlorophylle adhérente aux libres au 
sortir de la machine et que celles-ci peu- 
vent être mises immédiatement au séchage. 
Nous avons de nombreux échantillons 
obtenus de cette façon : aucun ne présente 
de teinte verdàtre; nous ne l'avons oliservée 
que sur des libres de sansevières obti'iuies 
de feuilles ayant déjà deux mois et demi de 
cueillette : là la teinte a persisté et résiste 
à tous les lavages. 

Nous aimerions enlin avoir la conlirma- 
tion de l'opinion de M. Wells au point de 
vue de l'eau de mer, qui vaudrait l'eau 
douce pour le lavage des fibres. (]e pro- 
blème est fort important pour certains pays 
qui n'ont pas d'eau douce à discrétion, et 
où l'incertitude du fait est un obstacle au 
développement de cette culture. Il n'est 
pas douteux que l'effet immédiat soit le 
même, mais rien ne dit que la solidité de 
la fibre ne soit altérée, et sa conservation 
compromise. 

Nous ne suivrons pas plus longtemps 
Mil. Wells et Bovd dans leurs brochures : 
les considérations économiques qu'ils énon- 
cent sont d'ordre local et affectent unique- 
ment le continent australien; nous nous 
bornerons à féliciter M. Wells de l'esprit 
dans lequel son travail a été conçu, et nous 
recommanderons la lecture de sa préface 
à tous ceux qui veulent entreprendre une 
culture, quelle qu'elle soit, en payschauds. 
Il y a là une douzaine de lignes qui valent 
à elles seules le prix élevé de l'opuscule et 
que tous — les colons français en parti- 
culier — auront intérêt à méditer 



206 



.loi ll.NAL l».\(.lil(;ri.TLI{i; THOPICALK N" 73 — .Int.i.ix lîtOT 



lîevenanl à notre point lie ili-pait cl 
après avoir niar(|ué les qiiol(|ui>.s piorres 
ajoutées à l'i'Jilice des connaissances 
acluelios sur l'agave par ces deux récenles 
publications, nous nous (ictnanilerons à 
nouveau où en est actueil(Mnent la ([iie>- 
lion. A vrai dire, il reste i)eu de problèmes 
eu jeu, mais ils sont d'une très grande 
iuiportance. 

lin premier limi se place ie côté bota- 
nii|iie. Depuis la mort du D' ^^'Klt^u, qui 
était sans contredit lo spécialiste le plus 
éminent pour ces plantes, personne ou à peu 
près ne s'est adouné plus particulièrement 
à la détermination artiue des espèces et 
vai'iélés, détermination rendue encore plus 
dillicile pai- la disséminalion extrême de 
celte l'amille, el accentuée encore par la 
confusion (|ui résulte du nouibre considé- 
rable de nom< \ ulgaires locaux qui b' [)lus 
souvent devraient èlre Iraduils |iar >• plante 
à libres » que par tout aulrc nom. .Nous 
dirons même qu'à cùlt' de l'identilicalion 
hoianique pure qui peut rester du domaine 
d'un petit nombre, on constate dans un 
certain monde des confusions inexcusa- 
bles. 

M. AN'ei.i.s ne donne-t-il pas l'.i. sisa/fiiia 
comme synonyme de aitirricaii'i, variété 
de VA. rigi(/a'! In peu plus loin, Alors et 
Agave sont donnés comme synonymes d'un 
seul et môme genre. — Nous souliailons 
que cette longue étuile ienle nu joui' un 
botaniste : nous en connaissons de fort bien 
préparés pour cette tàclie : M. |{ivn.ui:, 
M. lIvrTi:i-iaii.i.K, M. Dicuiict, M. Itoi.AM)- 
GossKi.iN, poui- ne ciler (jue ceux i|ui nous 
viennent à l'esprit, auraient là une belle 
occasion d'occupi'r leurs loisirs... s'ils en 
ont jamais. Nous venons d'aulre part de 
recevoir de Calcul la un volume de VAgri- 
ciiUural Lcdgrr, la publication bien connue: 
ce volume, intitulé : Noies on Ar/aee ami 
Fmcrœain India, est avant bml un Iravail 
bolani(jue : il est suivi d'un long index di^ 
noms vulgaires qui sera des plus inléres- 
sanls à examiner de près. Au moment où 
nous écrivons ces lignes nous n'avons eu 
le temps que d'y jeter un rapide coup d'iuil. 



mais nous non-- |)romettons d'\ rrxcinriMi 
détail. 

Au point de vue de la culture on est 
généralement fixé sur les pratiques à 
a'l(q)ler : les questions de planlalion, espa- 
cement, soins culturaux, terrains, sont bien 
déterminées et ne laisseraient guère de 
marge à de savantes recherches, si les 
Allemands n'av lient ouvert la porte à un 
nuM\(Mu tb.inip d investigations en i^xpo- 
sanl les conditions toutes |)arlii-ulières de 
V(''gétalion dans l'Afrique Orientale. (Cf. 
« .1. A. T. », n° (59, p. 75). Les éludes de 
physiologie végétale peuvent se donner 
libre cours sur ce sujet. 

Moins importante au point de vue cul- 
tural jiratique, el cela en raison de la faci- 
lité de repi-oiluction de l'agave, mais inté- 
ressante au point de A'ue absolu, est la 
duri'e cle la vie de la plante el l'iMlluence 
de la lloiai^on sur cette dnré(\ Un sait 
(|u il y a ([uelques années (1893), les jar- 
dins de Kew avaient ouvert une enquête 
sur l'âge d'apparition de la li.impe et 
l'inlluence de son amputation sur la mort 
des feuilles. Les résultats oblenns furent 
à peu près nuls, les observations consignées 
jiar les correspondants élant insuffisantes 
td (|iiidquelois contradictoires. 

A côté de ces recherches ijui relèvent 
du l)olanisle et du planteur, se place un 
inoblème plus important ])eut-êtrc encore 
el qui est plutôt du ressort de l'ingénieur 
et de l'économiste; nous voulons parler 
de la délibration. Non pas que nous vou- 
lions revenir sur les machines employées, 
il y en a qui travaillent parfaitement, bien 
(|n (dles siiieni de genres très dilTi'rents, 
mais nous voulons jiarler des condilions 
économiques de bMir eniplui. Il y a. en 
clfet, en présence, de grosses machines et 
de petites qui, à notre avis, ne se font pas 
concurrence, mais l'emploi de chacune 
ayant ses avantages et ses inconvénients, 
il im|>orle souvent de prendre une déci- 
si(3n, el dans ce cas laquelle? 

Nous n"enlri'|)rendi'ons pas d'y r('|i"ndie. 
L'agave, de (juidque espèce (ju'elle soit, est 
une marchandise encombrante par rapport 



N" 73 _ ,1, iLLEi- 1907 JOURNAL D'AGRICULTIJRE TROPICALE 



207 



au peu de matière utile qu'elle contient 
(2 à 4 "/ocn poids). Le transport de toute 
la feuille à l'usine représente donc le 
transport d'un poids mort considérable, et, 
pour l'éviter, les constructeurs de petites 
machines conseillent l'envoi au milieu du 
champ exploité de leurs appareils qui tra- 
vaillent en chantiers et laissant sur le 
champ toute la pulpe inutile pour ne 
ramener au magasin que des libres, pro- 
duit de grande valeur sous un poids res- 
treint. En réalité, cette solution n'est pas 
sans défauts et certaines personnes ont 
proposé une solution mixte : dans la rela- 
tion de son voyage dans l'Afrique Orien- 
tale Anglaise, M. R. Sorge en exposait un 
exemple en détail (Cf. « J. d'A. T. » n° 6-5, 
p. 323) : broyage des feuilles sur place, 
transport de feuilles allégées du poids de 
leur eau et dune partie de leur pulpe. 
Malheureusement ce procédé, séduisant 
sur le papier, applicable peut-être dans 
certaines régions, ne l'est pas partout, et 
nous connaissons un planteur qui, amené 
à ce procédé par suite de l'éloignement 
des plantations, a dû y renoncer presque 
complètement, les l'euilies à demi dessé- 
chées ne reprenant pas même par un trem- 



page prolongé, l'élasticité nécessaire à une 
bonne détibration. La question des peu- 
l)lements naturels dépend aussi entière- 
ment de la solution qu'on pourra apporter 
au problème ci-dessus : et on sait ce que 
l'attrait de la chose « toute poussée » a 
déjà coûté à ceux qui s'y sont fait prendre. 
Actuellement l'usine centrale classique au 
Yucatan, où des Decauville sillonnent les 
plantations, tend à être adoptée de plus 
en plus; mais les partisans des machines 
réduites n'ont pas encore abandonné la 
partie : nous pouvons donc considérer 
encore le problème comme entier^ 

En lésunié, les données scienlifiques 
sur la culture et l'exploitation de l'agave 
ont fait peu de progrès depuis quelques 
années; seules des données conuues et 
admises se sont précisées et on a fait jus- 
tice do quelques erreurs comme celles des 
terrains pauvres. Mais les grandes ques- 
tions à résoudre il y a dix ans ne le sont 
pas encore; celles que nous venons de 
signaler sont les principales, et l'industrie 
des libres devra savoir gré à ceux qui con- 
sacreront leurs ellorts à les solutionner. 

F. Main, 

Ingénieur- agronome. 



Sur quelques Exportations 

de nos Colonies d'Afrique en 

Situation dconomique des Colonies franraises pendant l'année 190a. — Ministère des Colonies. 
Oflice colonial. In-S", 4i4 pp. Pri.x : 3 fr. oO. 

(Notice bibliographique ) 



Séncgal, Haut-Srnpffnl, Niger. — Le 
commerce à l'exportation présente sur 
celui de 1904 une diminution de 3 millions 
3S6.538 fr. occasionnée uniquement par le 
peu de rendement de la récolte d'arachides 
de 1904, laquelle, a laissé beaucoup à dé- 
sirer tant sous le rapport de la quantité 
que sous celui de la qualité. A ce premier 
point de vue les chilfres ci-dessous sont 
assez significatifs. 

Arachides de Rufisque et du Cayor 



S6. 126.712 kg. contre 73.027.938 kg. en 
1904 avec un décroissement de valeur de 
3.024.199 fr. 

Arachides de la Petite-Côte 33 .306 899 kg. 
contre 39.301.672 kg. avec un décroisse- 
ment de valeur de 3.399.217 fr. 

Quelques petits excédents sur les ara- 
chides de Galam, de la Casamance et 
autres ne compensent que dans une me- 
sure insignifiante ces diminutions. La pro- 
duction en elle-même pouvait encore pa- 



208 



JOURNAL DAClilcri.TlIU-: TUOPICALK N" 73 — Juillet 19ii7 



raître satisfaisante si ili's cirfcjnslami's 
climatf'i'ifjucs mallii'mi'usi's n'étaient ve- 
nues en altérer la (juaiité. Les pluies 
tombées pendant la piemière quinzaine de 
décembre 1904 ont mouillé la graine en 
cécos. Celle-ci a fermenté. Des triages ont 
été ctTectués, et tandis qu'une liaussc 
aurait dû se produire comme conséquence 
de In faiblesse du cliillVe de la récolte, 
l'avarie de la graine a entrnhu' le com- 
merce à abaisser les prix primitivement 
oirerts à l'indigène; mais ce dernier, favo- 
risé par un sursis accordé par l'Adminis- 
tration pour payer ses impositions et par 
les engagements contractés entre les irai- 
tanls et les armateurs et usiniers, a |)u 
attendre et faire dans la suite des livrai- 
sons à des prix plus rémunérateurs; de 
sorte que les ofTres fixées après la pluie, 
d'abord à 8 ou !) fr., ont atteint vers In lin 
delà Iraile 17 et 18 fr. 

Il n'est pas encore possible (['('Nalner 
les résultats de la campagne 1905-06. 
Tout permet d'inférer qu'au moins dans 
la qualité elle concurrencera avantag(uise- 
ment les produits similaires d'auhes |)ays 
et les sésames de l'Inde. 

La récolte du iiiil a été très abondante 
en 190î). Une maison du elief-lieu a fait 
sur JJordeaux un envoi de 7tG I. destiné 
à renouveler des essais de fabrication 
d'alcool. De là l'excédent de 68.2aS fr. Il 
est à souhailer que celle tentative soit 
couronnée de succès; elle ouvrirait à la 
colonie une souice de nouveaux débou- 
cbés. 

Il convient d'ajouter (jue celle expc-di- 
tion a été provoquée par le bon marché du 
mil qui s'est vendu dans le fleuve o IV. les 
100 kg. au plus. 

Les gommes dans leur ensemble accu- 
sent, quoique avec une diminution de 
97.961 fr. sur celles de Galam el du Cayor, 
une petite plus-value de Ii8..'i29 fr. el de 
240.216 kg. Il serait cependant téméraire 
de conclure à un relèvemenl de la \cnle 
de ce produit avili sur les marchés d'Eu- 
rope. Ses cours locaux de fr. 3î) et de 
fr. 40 ne se sont pas améliorés et son 



extracliiiu, malgré l'augnu'nl.ilion signab'e. 
est de moins en moins rémunératrice. 

Il n'en est houieusemenl pas de môme 
du caoutiliouc, dont les expéditions totales 
atteignent le chilTre de 1.017.311 kg. va- 
lant 4.700.010 fr. avec une augmentation 
de 15.496 kg. et de 697.745 fr. Encouragé 
de toutes parts, l'aborigène s'adonne tou- 
jours davantage à sa production; guidé 
il.ins ses travaux, il ajqioi-te sans cesse 
plus de soins dans l'incision méthodique 
des lianes et la coagulalion du latex. 
Aussi les résultats ont répoinlu à ses 
elTorls pour le plus grand bien de la répu- 
tation d'un article conslituanl liiin; des 
bases principales de la prospi'rité du Sé- 
négal, du Ilaut-Sénégal et Miger. 

La France s'est attribué une bonne |)art 
dans les excédenis signalés en faveur du 
caoutebouc. Le relevé ci-dessous conlirnic 
cette assertion. 

Quantité Valeur 



190:;. 

1901. 



810.886 kg. 
8S1.912 kB. 



3.983.131 fr. 
3.522.893 fr. 



Soil, pour 1!I05, une dill'érence en inoin- 
.le il.0S6 kg. et en plus de 460.238 fr. 

Os deux nombres contraslent siuguliè- 
renienl. Mais il faut considérer (|ue la \a- 
leni' du caoutchouc ■■ aulres ■> ou du Soudan, 
mercurialisée à 4 fr. le kg. en 190i a é!é 
lixée à 5 fr. l6 kg. en 1905 et que la pro- 
duction Itdale de cette région a atteint 
634.502 kg. On peut donc en conclure que 
la métropole, malgré une diminution de 
41.0S(i ki:. due aux provenances de hi 
(iasamance, les(|iielles ont été dirigt-es d;ius 
une plus foile proportion vers llambouig, 
a prélevé la lolaiilé de l'exlraclion souda- 
naise. 

11 faut espérer que la (jualilé des pio- 
duils de ht Casamance qui va sans cesse 
en s'améliorant, permelira an marché de 
Hordeaux de s';ii>provisitinner [dus ample- 
ment dans cette prov inee et d'attirer à lui 
le courant exporhileur qui sous ce rapport 
s'est établi depuis longlem|is et se main- 
tient encore avec assez d'intensité entre 
Carabane el Hambourg, à la faveur de la 



N° 73 



Ilii.lkt 1907 JOCR.NAL D'AGRICULTUIIE TROPICALE 



209 



ligne de navigation « Worrniaini ", (jui 
dessert la Casamance. 

La dcsiination donnée aux caoutchoucs 
paraît surtout soumise aux connaissances 
parliciiiières des maisons de commerce 
(|ui les exportent. L'une dirige tous ses 
envois sur Hambourg, une autre sur Li- 
verpool. Ce ne peut être (ju'une queslion 
de nationalité ou de relation qui guide les 
exportateurs, car il est avéré aujourd'hui 
que les prix du marche de Bordeaux sont 
aussi élevés que ceux de l'étrangei- pour 
les premières sortes ainsi que pour les 
caoutchoucs d'assez bonne qualité. 

(iuirive. — Les amamlc^ de palme sont 
en diminution : 2.809.833 kg., 361.972 fr. 
contre 2.833.G09 kg., 071.121 fr. Sur la 
quantité de 2.810 t. sorties en 1903, 1.349 
ont été dirigées sur l'Angleterre et 1.4G1 
sur l'Allemagne. Il est bon de rappeler que 
la colonie pourrait facilement exporter 
4.000 t. d'amandes si elles étaient toutes 
recueillies. 

Les arachides sont aussi en diminution 
sensible : 119 t., 14.933 fr., contre 344 t., 
42.903 fr. L'arachide ne serait guère sus- 
ceptible d'être cultivée qu'au Rio-Nunez. 

Les sésames oITrent au contraire une 
augmentation considérable, soit : 2.335 t. 
valant 4(>G.977 fr. contre 373 t. valant 
7 4.934 fr. La culture de cette graine oléagi- 
neuse dont le placement sur le marché de 
Marseille serait facile, (juelb> que fût l'im- 
portance des envois, doit être poussée 
avec la plus grande activité en vue de pro- 
curer un fret important au chemin de fer. 

La (joiniiv topai donne lieu à des sorties 
de : 112.147 kg., valeur 224.294 fr. Les 
sorties s'étaient élevées à 123.838 kg. va- 
lant 188.737 fr. en 1904, presque exclusi- 
vement sur l'Angleterre, soit une nouvelle 
réduction d'exportation de quelques tonnes. 
C'est là une denrée de prix qui tend à dis- 
paraître, après avoir procuré,, i' y a une 
dizaine d'années, des envois de 400 à 
300 t. 

Les expéditions de caoutchouc ont passé 
de 10.862.624 francs en 1904 à 12 millions 



7 42.432 francs en 1903, d'où une plus- 
value de 1.879.828 francs en faveur de 
l'année dernière. Les quantités exportées 
se sont accrues de 33 tonnes (1.381 tonnes 
au lieu de 1.41 6 tonnes) ; la valeur du pro- 
duit a été calculée sur la base de 8 francs 
le kg. en 1901, do 9 francs en 1903, prix 
bien inférieur à la réalité. 

L'augmentation considérable des expé- 
ditions sur la France est en lapport avec 
l'extension que prend le marché de caout- 
chouc (le Bordeaux, où la sorte Niçicjcrs 
Conaln-fj est des mieux cotées. 

Lidépendamment do 22.730 francs de 
kolas réexportés à destination de la fiuinée 
portugaise, la stalisti(|ue accuse des sorties 
de kolas du cru pour un poids de 37.21 1 kg. 
et une valeur de 114.422 francs. Les sorties 
constatées en 1904 s'étaient totalisées à 
24.910 kg. et à 49.832 francs, soit une aug- 
mentation très satisfaisante au profit de 
l'année dernière. 

Côle d'Ivoire. — \J huile de palme qui, à 
la statistique de 1904, avait été trop favo- 
rablement valorée à fr. 41 le kg., a été 
ramenée, pour 1903, à un chilTre plus rap- 
proché de la vérité, soit fr. 33 en moyenne. 
11 Q\\ est résulté, en moins, pour l'année 
écoulée, une dillérence totale île 200.000 IV. 
envii'on, qu'il y a lieu de retrancher du 
déficit apparent, 200.000 francs. 

Dahomey. — On constate une considé- 
rable augmentation dans l'exportation du 
maïs indigène, 2.039.068 kg. au lieu de 
207.367 kg. en 1904. 

Les huiles et les amandes ayant fait dé- 
faut cette année, le ma'is a profité de cette 
situation et a été très locherché des mai- 
sons de commerce qui, se trouvant à la tête 
de fortes encaisses disponibles, ont exporté 
de grandes quantités de mais, moyen com- 
mode de retourner leurs esj)èces en Europe. 
11 est à souhaiter que l'exportation du maïs 
prenne de plus en plus d'extension ; pour 
cela il faudiait obtenir de l'indigène que 
le maïs ne fût r'k'olté qu'en pleine ma- 
turité. 



:ilO 



JOURNAL D'AGRICULTCRK TItOPICALK N" 73 — Juillet 1<I(I7 



Acluelk'menl ce commerce ne répond 
pa-; aux espérances des exportaleurs, car le 
iiiaï< l'écDllé \crt est généralenienl piqué 
avant d'arriver à deslinalion. 

Les arachides e\. le caoutchouc présentent 
une tiès légère diminntion. 

Le coprah et la co/a sont en anj,^menla- 
lion. 

Congo. — Le tablean ci-dessous indique 
les dillerences entre les exportations des 
années iOO.'i et l'JO'i : sauf en ce qui con- 
cerne le cacao, le copal, l'ébène, les bois 
d'ébénisterie autres et le piassava, elles 
sont à l'avantage de l'année 190o. 

Les augmentations les plus sensibles se 
)nstatent 
et les bois. 



constatent sur les liuiles et sucs végétaux 



Quantité Valeur 

Palmistos. . . . (i6-.172kil. 151.963 fr. 

Café 33.9.".0 23.532 

Cacao ."0.558 67.041 

Huile (le palme. 159.402 66.906 

Copal 23.546 28.214 

Caoutchouc. . . 1.085.940 7.310.350 

Buis okoiitué . . 6.751 t. 959.376 

— ébi^no ... 75a 150.9:il 

— acajou. . . 8.177 951.772 
Piassava .... 20 S20 kil. 5.154 



Madar/a.^car. — Le caoutchouc a doiim', 
en l!tOo, des résultats satisfaisants : i mil- 
lions 810.020 francs an lieu de .3.812. 10(1 fr., 
soit une dinV'rence en plus de y!}8.820 francs 
au profil du dernier exercice. En t!tOi, 
l'ani^mentalion des exporlalions de ce pro- 
duit avait déjà atteint l.iOO.OOT francs. 
Les mesures prises par r.VdniinistraliiHi 
pour empêcher, dans la mesure du possible, 
la circulation et la vente des produits fre- 
latés a probablement contribué à faire 
ap|)iécier de plus en plus, sur les marchés 
d'Europe, le caouttdiouc de Madagascar. 

Le raphia est en augmentation de 
299.832 francs. Malheureusement, l'écou- 



lement de celle fibre est limité. Elle n'a 
guère servi, Jusqu'il [uésent, ijuaux vili- 
eulteurs lic l-'iauci'. d'.VIgéric (d d'ilalic. 
qui l'utilisent pour allaclier les >arnieuls 
lie vigne. La jiKuluitinn devenant clia<]ue 
année plus imporlaulc, il eu est résullé. 
sur les marchés d'Europe, une- baisse di' 
nature à nuire à l'exportation de ccl article. 
11 est à souhaiter (|ue l'emploi, dans la 
confection de certaines étolfes, du (il de 
raphia, puisse se généraliser et qu'un nou- 
veau délxjuclié soit ainsi ouvert à ce pro- 
duit essentiellement malgache. 

Los exportations de vanille A de légumes 
scc-i accusent égaleuieut une reprise a|)pM''- 
ciable, se traduisant par une augmentai icm 
de 293.178 francs et de 229..jG1 francs. 

Va\ ce qui concerne les légumes secs, cou- 
slitués essentiellement par les /yo/'.s- du cap 
récoltés dans la région de Tuléar, le déve- 
lopiienienl pris par ce commerce est di'i, 
seniide-l-il, à la création d'un service ré- 
guliii- de navigation entre Tuléar, Forl- 
I)au|)hin et Durban. Ces légumes sont, en 
elfel, ex|)édiés via Natal, de Tuléar en An- 
gleterre,oii ils sont, parait-il, 1res a|)préciés. 

Il reste à signaler les expéditions de riz 
de .Madagascar, qui ont atteint, en 190."i, 
• une valeur de 213.85') francs contn' 
02. 520 irancs en I!)II4, suit uin" plu<-\alui' 
de 1.j1.32.") francs. 1! résulte, de ceschilfres 
et des considérations ei-ilessus, que la misi- 
en valeur de la colonie |)arait n'avoir subi 
aucun arrèl au cours du dernier exercice. 

Côte dci Somalis. — Le café de la région 
du llarrar (|ui possède un cxcidleul arôme 
commence à élr(^ connu et apprécié sur 
les dilïérents marchés. Le commerce de 
cette denrée a une grande tendance à se 
développer. Il en est de môme des objets 
de collection très recherchés par les Imi- 
ristes qui visitent l'Abyssinic. 






N" 73 



Jlillici r.l07 



lOUItNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



211 



PARTIE COMMERCIALE 



Le Marché du caoutchouc. 

Chronique spéciale du •< J. d'A. T. ». 
Par MM. lIixuT frères et C. 

Para. — Un revirement complet s'est pro- 
duit durant le mois de juillet dans le marché 
du caoutchouc. Soit que l'Amérique se soit 
remise aux achats, soii qu'il se soit créé un 
découvert important en disponible et sur les 
mois rapprochés, soit que les faibles recettes 
au Para aient inûuencé les spéculateurs, le fait 
est que nous retrouvons aujourd'hui presque 
toutes les sortes et principalement celles du 
Para en hausse d'environ 1 fr. sur les cours 
cotés il y a un mois. 

C'est ainsi que le Para fin du Ilaut-Amazone 
vaut 13 fr. 30 pour disponible, 13 fr. l.'j pour 
aot!it-septembre et 13 fr. 10 pour octobre à jan- 
vier. 

Sernoinliijs. — Les Sernambys ont éprouvé 
également un vif mouvement de reprise. 

Le Sernamby Ma naos vaut 10 fr. 80, celui 
du Pérou 10 fr. 60, mais pour ce dernier, il y a 
du report sur le livrable, car la récolte est ter- 
minée et les grands arrivages de cette sorte 
ne recommenceront pas avant le printemps 
1908. 

Arrivages. — Les arrivages au Para pour le 
mois de juin ont été de l.oOO tonnes contre 
LH-'iO en juin 1906, soit un déficit de 3oO tonnes. 
La récolle totale de 1906/1907 a été de 37.810 
tonnes contre 34.710 en 190^/1906, soit une 
augmentation totale de 3.100 tonnes pour 
l'année, c'est-à-dire de près de 9 °/o. Ce résul- 
tat explique en grande partie la baisse qui 
s'est produite de mars à juin. 

Les receltes au Para pour juillet sont es- 
timées 1.000 à 1.200 tonnes, tandis que celles 
de juillet 1906 se sont montées à 1.840. 

Il faut remarquer par contre que les livrai- 
sons de juin se sont élevées à Liverpool à 
1.081 tonnes contre 837 en juin 1906 et aux 
Etats-Unis à 810 contre 680 en juin J90(l. 

Les statistiques générales donnent au 30 juin 
1907 les chifl'res suivants : 



Arrivages au Para. 


ISOO 


1850 


Arrivafjes depuis 






le l"luillet l'J06. 


:i:sio 


31710 


Expédit. du Para 






eu Kurope . . . 


1110 


85-2 


— à Xew-Yurk , 


'j30 


1098 


Surlex d'.if, 


îque. 




Stocksà Liverpool. 


7;i8 


41i 


— à Londres . . 


950 


707 


— àNew-Yorli, 


i\r, 


360 










il 33 


15-20 


Arrivages à Liver- 






pool 


372 


5S0 


— à Londres . , 


o-|4 


•277 


— à New-Yorli. 


1330 


960 


Livraisons à Liver- 






pool 


«1 


Obi 


— à Londres. . 


lus 


■208 


— à New-York. 


1-29Û 


940 








Stocks de t. sortes. 


5r.-i7 


475-2 



1907 1906 

Sortes du Para. 1 

.Stocksà Liverpool. 1550 1235 

— à New-York. 354 185 

— au Para . . . 200 32 
En route pour l'Eu- I 

rope 810 505 ' 

— New-York. . 300 760 
En route d'Europe 

à New-York . , 10 15 ] 

3-2-21 2732 1 
.Stocks sur le Con- 
tinent 170 500 

3394 3232 
Arrivages à Liver- 
pool 938 739 

— à New-York. 816 570 
Livraisons à Liver- 
pool ....... 1081 837 

— à New-York. 810 B80 



Sortes dfAfriqxie et dWsie. — Elles ont 
presque toutes suivi le mouvement de hausse 
et à peu près dans la même proportion que 
celles d'Amérique. C'est ainsi que les Conakry 
iNiggers valent aujourd'hui de 11 fr. 30 à 
11 fr. 7."), les Soudan rouges de 11 fr. à 11 fr. 2.'j, 
les blancs de 10 fr. 2.^i à 10 fr. .30. 

On a traité du Gambie prima de 8 fr. à 8 fr.2o 
et du secondaire de 7 fr. à 7 fr. 23. 

Les sortes du Tonkin sont très fermes: le 
rouge prima aux environs de 11 fr. et le noir 
de 8 fr. à 8 fr. 30. 

Maniçûbu. — Ils'est traité de grandes affaires 
entre 7 fr. 73 et 9 fr. 50, mais la plupart de ces 
achats, effectués à Liverpool, ont été expédiés 
en Amérique. 

Anvers. — La vente du 18 se montait à 
environ 330 tonnes et s'est réalisée avec une 
hausse moyenne de 30 à 40 centimes suivant 
les sortes. 

Le Havre. — Il n'y a pas eu de vente en 
juin ni juillet. La prochaine vente aura lieu en 
aoiU etcomprendra une cinquantaine de tonnes 
des provenances habituelles du Congo fran- 
çais. 

Ceyion. — A la dernière vente de Londres 
on a payé les biscuits supérieurs de 13 fr. à 
15 fr. 30. les crêpes de 13 fr. à 14 fr. 23 et les 
Scraps environ 11 fr. 23. 

Heciit frères et C'% 

75, rue Saint-Lazare. 



Paris, 20 juillet 1907 



212 



JOURNAL D vr.UIGLLTURI' TROPICALE N" 73 — Juillet I!)07 



Le marché du Coton. 

Chronique spéciale ihi " J. d'A. T. . 
Par MM. A. cl. E. l'oss.\T. 

Li' rappoil liii Ruroau d'Agricullure de 
Wasliingion paru le i courant donnait comme 
condition de la plante au I " Juillet le cliillie 
de 72, contre 70,3 le mois précédent et 83,5 
au I" juillet lîlOG. Ce cliiiTre extrêmement bas 
a prov()i|ué un mouvement de hausse d'en- 
viron 'i francs aux :>0 1<{,'- au Havre dès son 
appariliun. 

Depuis celle date, les avis relatifs à la tem- 
pérature dans toute l'étendue du district co- 
tonnier américain indiquent un temps parfait 
pour le développement de la plante, aussi 
l'élément ])aissier profilant de ces avis favo- 
rables, essaye acluellenient de créer un recul 
des cours, et la hausse acquise ]>ar suite du 
bas chillVe du Bureau d'Agriculture est main- 
tenant totalement reperdue. 

L'o])iniou qui domine sur les uiarchés du 
continent est qu'il ne faut pas oublier le relard 
très préjudiciable que la récolle américaine 
1907-1908 a subi au début de son ensemence- 
ment, retard qui, au cas de sécheresse en aoiM 
et de gelées précoces en octobre, pourrait être 
la cause d'une récolte relativement courte, et 
cette idée dominante empêchera le monde 
cotonnier de se mettre du côté baissier et par 
cela même enrayera tout mouvement de recul 
sérieux, toutefois jusqu'à ce qu'il soit enliè- 
rement acquis que la récolte en terre n'est 
pas une produclion record, vn rappcn-t avec 
les besoins imposants de l'induslrie mon- 
diale. 

Nous avons eu ces jours derniers le plaisir 
de veiulre pour la consommatidu française 
une jiartie de 2"> balles de coliin ([ui nous 
avaient été expédiées par M. le W David Tiio- 
M.\Tis de Cairns (Australie). 

Ce lot était composé de trois genres dilVé- 
rents : le Wool, le Silk et VAlpaca. 

Étant donné les qualités toutes spéciales que 
possède le coton résultant des travaux entre- 
pris par M. David Tijom.\tis, qualités que nous 
n'avons plus à signaler, l'éloge de ce produit 
ayant été fait par nos revues et égalemeni par 
les revues anglaises, nous devons signaler 
pourtant les prix obtenus sur notre grand 
marclu' cotonnier. 

Le Wool et le Si'l; ont trouvé ac(iuéreui-s à 



Hio francs aux .jO kg. et VMpara ii ['il francs 
aux ilO kg. 

Le jour de la vente nous devcms faire ubser- 
ver i|ue la qualité du lîrésil correspondant au 
classement du coton Caravonica se vendait 
92 francs aux 50 kg. et le Good middling amé- 
ricain soie de 28 29 millimètres 94 fr. "JO, ceci 
pour bien indiqm-r l'énorme dillérence comme 
valeur marchande existant entre les produits 
de M. David ïuom.\tis el les sortes courantes 
mais possédant une soie ; Brésil» au-dessus de 
la moyenne et employées journellement i)ar 
l'industrie. 

Lors(iue dans dilVérents articles nous avons 
écrit ici même que nous engagions les p'an- 
leurs de colon à lultiver spécialement les 
sortes à longue libre régulière et résistante, 
nous ne pensions pas devoir en conclure ((u'un 
planteur pouvait facilement faire fortune en 
suivant nos modestes avis, et pourtant la de- 
u)audo a été toujours grandissante pour les 
colons dits de soie et les prix obtenus pour la 
vente de ces sortes dép.issent toutes espérances. 
et continueront encore longtemps à faire vivre 
largement ceux qui se donneront la peine de 
les cultiver d'une manière rationnelle. 

Ci-après quelques chiffres indiquant ■■ l'en- 
vue » de la récolte américaine au 12 juillet 
(depuis le 1" septembre 190(ii, en balles de 
220 kg. en moyenne ; en regard les statistiques 
des années précédentes à la même date : 

1906/1907 1905/19011 190i/1905 

n.iSli.OOO 10.S54.000 15.871.000 

L'approvisionnement visible du nioinle en- 
tier était, au 12 juillet, en balles de oO à 300 kg. 
selon provenance : 

1907 1906 1903 1901 

2.480.000 1.835.000 2.283.000 l.:i63.000 

Cours du colon disponible, par sortes, en 
francs, au 17 juillet, les 30 kg. en entrepôt : 



Uplonil ^Middling) .... S5 

Soa Islaïul (Exlra Fine) . 305 

SiM IslanJ (Fine) .... 250 

llaïli ;Fair) 75 

Savanilla (Fair) G9 

Ci-ai-a (Foir) '.'•.' 

Pitou ilur (Good Fair). . 1-M 



Broacli ( Fine) "G 

Buiigalo (Fille) 60 

Chiiio jOcod) . 67 

Epyplo liriin (Good Pair). 125 

KKvplo Wanc (Good Fair). 163 

Afiit[iie Oocidenl. (Fair). 89 

Saïgon (Fgroni') ".'! 



Aulrcs sorifx. - 
sur demande. 



Cotations et renseignements 
A. et K. FossAT. 



Le tlavre, 17 juillet 1007. 



N° 73 — JiiLij:r IDJ? JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



213 



Sucre de Canne et sous-produits. 

Chronique spi-ciale du « J. d A. T. ». 
Par M. Geohue he Préaudeï. 

Renseignemmls dioers. — Dans peu de temps 
on sera fixé sur la position que prendra l'An- 
gleterre devant la Convention de Bi'uxelles. 
Il est probable que, si elle veut un traitement 
de faveur, les autres pays contractants n'accep- 
tent pas et maintiennent la Convention sans 
elle, alors on devra logiquement frapper d'un 
droit compensateur les produits de la confi- 
serie et de la biscuiterie anglaise fabriqués 
avec des sucres primés. 

La nouvelle loi du 4 juillet réglemente la cir- 
culation du sucre. Pour empêcher de passer 
(') 000 t. égarées on va filtrer 000. OOû t. à tra- 
vers un réseau épais d'employés de régie 
coûteux, de lois vexatoires forcément arbi- 
traires dont le principal effet sera de retenir 
le sucre à sa source, diminuant la consomma- 
lion et, par conséquent, la perception des 
droits. En effet, à partir de 23 kg. le sucre sera 
suivi. Le fraudetu- pourra acheter chez un 
épicier l-'i kg. chez un autre 20 kg. sans être 
inquiété, mais l'épicier, dont un acquit de 
23 kg. aura été égaré, qui aura été victime 
d'une erreur ou d'un vol qu'il ne pourra jus- 
tifier, sera durement frappé par la régie. Aussi 
des épiciers parlent-ils de ne plus tenir de 
sucre. 

Il est incontestable que tous les moyens 
consistant à toucher au commerce du sucre 
pour protéger celui du vin ne rendront aucun 
service à ce dernier et compromettront singu- 
lièrement le premier. 

Il est un fait acquis depuis un certain temps 
que la canne donne des graines reproductives; 
étant donné les diverses maladies de la plante 
à sucre et l'avilissement du produit fabriqué, il 
est intéressant de rechercher dans la repro- 
duction par semis l'augmentation du poids à 
l'hectare et la plus grande richesse du jus, 
point de départ du sucre revenant à bon 
marché, mais on ne peut se contenter d'intro- 
duire dans un pays des graines provenant des 
meilleures cannes d'un autre pays, il faut 
encore que les graines aient une origine leur 
permettant de s'acclimater dans leur nouvel 
habitat. Les études se poursuivent activement 
et l'on a commencé à trouver une solution par 
l'hybridation dans l'Inde, à Java, à Hawaï 



dans 



Queensland, à Maurice, dans les 



Antilles anglaises et la Louisiane. 

Antilles. — Les arrivages touchent à leur 
fin. Marseille recevra son dernier vapeur le 
mois prochain elles réceptionnairesparaissent 
regretter les chargements par voiliers, bien 
plus espacés. Beaucoup de contrats sont faits 
sur l'.lOS en premier jet. Les seconds jets se 
placent très difficilement car la chocolaterie 
subit une crise et préfère s'alimenter en cris- 
tallisé de betterave plutôt qu'en arrière jet 
colonial d'un prix plus élevé. Les vendeurs ne 
se rendent pas compte des déboires actuels 
de leurs acheteurs ordinaires et tiennent des 
prix hors de question, dans l'étal actuel du 
marché. 

Le Gouvernement cherche maintenant à 
arrêter l'exode des travailleurs qu'il avait 
encouragé. 

Réunion. — Il ne vient plus que des lots 
d'arrière-saison. Un lot de 13.000 balles arrivé 
invendu au Havre vient d'être pris par la com- 
mission de Paris à 2-4 fr. 50 tel quel. Lin autre 
lot attendu par la prochaine malle est placé à 
la raffinerie de Marseille à 22 fr. 23 les S8°, les 
deux prix se valent. 

Au 31 mai les expéditions se comparent 
aiiisi : 



41 navires 

(3-..S55 T) 



1003-1900 

38 u.ivires 
(■:(■.. 300 T) 



190-1- l'Xir. 

29 navires 
(■23. 007 T) 



Il est à remarquer qu'il n'a rien été vendu 
aux Indes cette campagne; en dehors de 
Nantes, Marseille et le Havre les expéditions 
ont été de : 

22"? tonnes [njur Madai4:ascar. 
97 -- pour Monl)assa. 
40 — pour Djibouti. 

Natal. — La surface ensemencée est d'en- 
viron 19.000 hectares; la dernière production 
a été de 26.603 t. sucre et 12G t. mélasse. La 
consommation a pris 7.830 t. sucre brut et 
1.800 t. raffiné; le dernier ne paye pas plus de 
droits que le brut, soit 3/6 par cwt. 

L'Australie et l'Amérique alimentent presque 
exclusivement ce marché où Maurice ne va plus 
depuis l'application des nouveaux tarifs. 

Maniici'. — « Le Cernéen » dit que le <i mo- 
lascuit » va trouver un sérieux concurrent en 
Angleterre dans un nouvel aliment mélasse 
pour bestiaux lancé par une maison qui a traité 
la production de mélasse des deux plus impor- 
tantes raffineries du Royaume-Uni. 



211 



.louu.wL h'aoiucultuhl; troi'ic.m.k .n 7a 



JllLI.1.1 t'.HlT 



Jncii. — Deux lois imporlanls arrivés in- 
vendus à Liverpool ont dû être cédés à 10/3 
base 9(3" polarisalion. Les détenteurs en dcn);in- 
daienl 10/(i sans trouver preneur. 

Australie. — D'après le Drilish tradeJuurmI, 
les usines du (Juefnsland ont travaillé en lOO.'j 
l.'ilo.Ti.'i t. de cannes coupées sur .'!S.'i;jO hec- 
tares, moyenne 14 7. t- par acre. Ce lonnaKC 
alimentait 37 moulins et 2 raffineries. Ces éla- 
blissuments employaient 2.3"2.j hommes repré- 
sentant un capital de l.!)71.ol)5 ^g. 

La valeur de la production, canne et bette- 
rave, était cette année de 2.31o.000f. 

Un tiers de la production est manipulé par 
des blancs et le gouvernement a payé, pour 
encourager cette main-d'œuvre,'l 1 1 .(108 $. 

L'.Vustralie importe annuellement 10.01)0 I. 
et trouv(î le moyen d'exporter dans l'Afrique du 
Sud des raffinés soi-disant australiens qu'elle 
a elle-même importés de Java. 

Répubthjtti: Anjentinc. — Pour combler le 
déficit de la ré(;olte dont nous parlions dans le 
précédent numéro, la raftinerie a importé 
l.i.UUO t. de sucre brut dont 4.,o00 t. du Pitou, 
4.800 t. du Brésil, 3.500 t. de Maurice et 2.000 t. 
sucre de betterave d'Allemagne. 

Giiyaiifi Anglaise. — Mauvaise année à tous 
les points de vue. Les coupeurs de canne se 
sont mis en grève, bien que les salaires soient 
plus élevés que l'année dernière, et les usines 
n'ont pu travailler que 3' \, à i jours par se- 
maine. La moyenne aux champs a été désap- 
poinlanle, 1,70 t. par acre; peu de districts ont 
donné 2 t., les autres moins de 1 '/, t. 

Mexique. — La récolle 1907 promet d'être 
une des plus belles que l'on ait vue depuis quel- 
ques années. Le rendement de la canne a été 
excellent comme quantité et qualité et les prix 
aussi favorables aux fabricants qu'aux con- 
sommateurs. Il s'est fait peu d'exportation, la 
production trouvant son écoulement sur place. 
Plusieurs plantations font du rhum avec le 
vesou plutôt qu'avec la mélasse provenant de 
la fabrication. 

Cuba. — D'après le « Havana Post », l'énorme 
production de cette campagne a laissé les pro- 
ducteurs dans une situation peu satisfaisante à 
cause des prix élevés des salaires et du bas 
prix du sucre. La température est favorable à 
la prochaine récolte, mais la roulaison sera 
tardive. On donne déjà des pronostics sur la 
richesse du jus, mais il est trop tùt pour se pro- 
noncer. 



Sainte-Croix. — L'année sucrière a été très 
bonne. Le déficit causé par une extrême sé- 
cheresse de deux mois a été rattrapé par un 
fort rendement de 12,3 ",„, sucre premier jet. 
Toute la production va à New-York, où elle 
paye le droit élevé de $ 33,70, après avoir été 
frappée au départ du droit d'exportation de 
3 %. Le seul avantage des usines est de rece- 
voir sans droits les machines, le charbon, les 
produits chimiques; mais la terre et les bêles 
de somme sont imposées. 

G. Dt: PaiiALutT. 

Nantes, le 18 Juillet 1907. 

Le Marché du Café. 

Cliroiiique spéciale Ju " J. d'.\. T. ». 
Par M. II. Vr.RMOND. 

Quand une année finit, il semble à chacun 
qu'une ère nouvelle va luire où d'heureux évé- 
nements, inconnus jusqu'alors, vont se révéler, 
mais, tous les souhaits échangés n'empêchent 
pas la vie d'être le lendemain ce qu'elle était 
la veille. 

11 n'eu a pas été ainsi avec la lin de l'année 
caféière 1900-1907 morte le 30 juin. L'aurore 
de la nouvelle campagne 1907-1908 a été fètOe 
par une reprise immédiate des cours, reprise 
toujours grandissante depuis lors. De 33 fr. 73 
il y a un mois, nous voici à 38 fr. 

L'arrivée du 1" juillet a suffi pour dissiper 
les alarmes. Tout est vu en beau : la valorisa- 
tion a réussi; les cafés qu'elle immobilise ne 
devant sortir des entrepots qu'à des prix fan- 
tastiques, ils ne complenl plus dans les cal- 
culs des probabilités et cessent d'être un dan- 
ger pour l'avenir; les avis sur les recettes 
futures peuvent être contradictoires, il n'im- 
porte : les prévisions restent optimistes de 
parti pris; plus de krach en perspective. C'est 
la hausse. 

Ce revirement était désirable; il est des plus 
utiles aux alVaires; trop longtemps l'atonie 
de la cote a paralysé la vente; le commerce 
était devenu dune timidité déplorable; il crai- 
gnait toujours de se tromper en achetant; si 
l'urgence des besoins l'obligeait à se mouvoir 
un peu. il po le faisait qu'en tremblant et en 
cherchant à s'assurer contre la baisse toujours 
piévue par l'achat aux conditions de terme à 
déclarer. 



N° 73 



Juillet 1907 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



215 



Que la hausse se maintienne, qu'elle s'accen- 
tue surtout, l'acheteur prêtera sans doute plus 
d'attention aux offres des courtiers et des voya- 
geurs, dont le rôle était vraiment trop ingrat 
depuis plusieurs mois. 

Saluons donc comme il convient la nouvelle 
année caféière; espérons que l'ardeur avec 
laquelle elle entre dans la vie se maintiendra 
et n'aboutira pas à une cacochyinie précoce. 

Cours au 20 juillet. Enirepôl du Haere 
I ^''i % complant; les 50 Icg. 



Saatos croo'l average . .S8 

Rio lavé supérieur . . 56 

HaiU Purt-au- Prince. -iG 

Mexique gragè. ... 08 
Porto - (.'.abcllo et La 

Giiayra 'ir» 

rTuadcIoiipe Hal). . . . 110 

Porto-Rioo ..... T7 

Gosta-Rica lavé ... "> 

Guatemala lavé, . . . 08 

San-.Salva'lor 5-J 



Malabar 03 

Salem grayé i^^ 

Moka 105 

Java HoUanile (bon or- 
dinaire) OS 

Libéria su]iéricur <le 

Java 48 

Li})éria (lit (l'Afrique. U 

Bourbon HO 

Nouméa 9-2 

Kouilou «le Madagascar 'û 



iV. B. — Quelques-unes Hep qualités cotées dans le tableau 
ci-dessus n'arrivent en l'ait jamais au Havre; nous les avons 
cboisies cependant comme permettant de suivre le plus facile- 
ment la tendance générale des cours des ])rovenances en ques- 
tion. — Dana tous les cas, nous indiquons les cours à la parité 
du Havre. — Les cafés des colonies frani;aises bénéticiant 
d'une détaxe de 39 francs [)ar 50 kg., il faut diminuer leur cote 
d'autant jtour la comparaison avec le reste du tableau. 

H. Vermond, 

3, rue des Juges-Consuls. 

Paris, 20 juillet 1907. 

Le Marché du Cacao. 

Chronique spéciale du • J. J'A. T. ■>. 
Par M. ÂNTUiME Alleaume. 

Les statistiques de la première quinzaine de 
juillet conPirment ce qui a lieu habituellement 
à cette époque de l'année, soit une diminution 
des débouchés et avec des arrivages réguliers 
une certaine augmentation du stock, qui s'élève 
cette année à lO.OUO sacs pour la quinzaine. En 
cet état de choses les acheteurs considèrent 
qu'ils n'ont qu'à s'abstenir, espérant obtenir 
par la suite des conditions plus douces. L'ab- 
sence de renseignements précis et vraiment 
désinl(''ressés des lieu.x de production nous 
empêche de diagnostiquer avec quelque cer- 
titude l'avenir prochain de l'article. Le chiffre 
de la consommation continue à marquer la 
progression annuelle {!I.(S73.100 kgs pour les 
cinq premiers mois, contre 9.380.000 kgs l'an 
dernier el 8.341.300 kgs il y a deux ans). On a 
lieu d'être quelque peu surpris que l'augmen- 
tation considérable des prix dans ces derniers 



temps n'ait pas encore en ce sens produit 
d'effet. Cette situation impose une surveillance 
journalière de la part de la consommation et 
du commerce engagé sur les mois futurs; du 
reste ceux-ci devront être fixés complètement 
d'ici un mois, et peut-être avant, si la reprise 
déjà signalée à Londres et à Hambourg se 
confirme et doit avoir quelque durée. 

Mouvemeut sur lu place du Havre, du !"■• au 13 juillet. 

ENTRÉES 

1907 lOOG 1905 

Para. .Maraiinan -3.5913 15 12'i 

Trinidad . ." a. 765 795 2.297 

Cùte-Ferme, Vénézuéh. . . . 7,959 5.515 3.075 

Bahia 599 • 1(9 

Ha'iti et Dominique i.235 1..385 2.051 

Martinique cl Guadeloupe . . 470 304 29 

Guayaquil el divers 1,330 1.202 41i 

Totaux 20.954 9.270 8.099 

SORTIES 

1907 1906 1905 

Para, Maragnan 938 438 49» 

Trinidad 1.259 2,511 2.049 

Côte-Ferme, Venezuela. . . . 2,S90 l..'H9 1.977 

Bahia 2'M 722 527 

Haïti et Dominique 3.245 2.513 734 

Marlinique et Guadelou}ie . . 40 374 339 

Guayaquil et divers 2.119 1.878 1.862 

Totaux 10.711 9.765 7,981 

STOCK, 

1907 l'.lOO 1905 

Para, Maragnan 6,919 5,470 10.229 

Trinidad . 15.466 38.360 41,528 

Côle-Ferme, Venezuela. . . . 8.990 27.361 34.588 

Bahia 2.577 6,161 9.886 

Haïti et Dominique 13.557 22,737 18.439 

Martinique et Guadeloupe . . 580 i.l41 4.205 

Guayaquil el divers 20.251 31,715 35.235 

Totaux 74.340 f35,951 154.110 

Depuis le 1"' janvier : 

ENTBKKS TOT.VLES SORTIIS TOT ALES ^ 

1907 1906 1905 1907 1906 1905 

147,575 139.894 142.996 140.410 137.856 127.983 

Cours des mêmes sortes au 13 juillet. 

1907 1906 19f5 

Para, Maraguan . . 113 »àll5 .. 68 »à 73 .• 07 à 71 » 

Trinidad. ..... 114 » à 11750 67 »à 70 ■■ 67 à 09 » 

Côte-Ferme, Vene- 
zuela 113 »àl60 « 72 50àli0 » 67 à 150 » 

Bahia 109 »,all3 » 59 «à 55 » 63 à 67 50 

Haïti et Dominique. 9750àll0 « 16 »à 60 « 44à 60 » 

Martinique et Gua- 
deloupe 135 "à 1,39 .. 84 ..à 87 50 86 à 89 • 

Guayaquil et divers. 118 m à 128 » 80 «à 94 » 80 à 92 » 

Les transactions sont restées actives pendant 
la seconde quinzaine de juin, principalement 
en provenance du Para, de la I.^ominicaine et 
du Venezuela avec des prix très fermes; mais 



-Mi) 



.JOUHNAI. D'MIUIC.Il.iritl-; IKdl'Ii.M.K N" 7;{ — Jui.lit l'.KiT 



avec les premiers jours de juillut a commencé 
la période de calme avec transactions très res- 
treintes. Le total du mois atteint environ 

T.OJO sacs. 

A. .\lleaime. 

I.» H-ivre, (9 juillet 1907. 

Fibres de Corderie et de Brosserie. 

Clironiciuo spéciale du « J. d'A. T. ». 
Par MM. Vaql'in et Sciiwf.itzkh.- 

Sisal. — l'eu de fluctuation sur les qualités 
provenant du Mexique; les prix pratiqués à 
N.'W-York pour cette fibre, comparés à ceux 
faits en Kurope pour marchandise similaire, 
ne permettent pas l'importation régulière de 
ce textile. 

Les cours nominaux s'établissent sur la 
base de 83 fr. 2.'; à H'i fr. ^0 les lOl) kg., ci. T. 
Ivirop'.'. 

Les arrivMp;es eu Ir-xlile des Indes, prennent 
lie plus eu jdus d'importance et en général 
les qualités tendent à s'améliorer aussi bien 
sous le rapport de la longueur de la fibre que 
ilans la couleur, les prix suivent cette amélio- 
r.ilion et certaines parties ont été vendues 
jusqu'à 78 fr. les 100 kg. 

Les qualités ordinaires sont un peu dédais- 
sées, elles se cotent de A2 fr. 23 à .'lO fr. les 
10» kg. suivant mérite. 

Manille lAbaca). — Après avoir subi une 
certaine hausse au début du mois, les prix 
pour ce textile, influencés par les recettes 
élevées, sont devenus assez lourds; les tran- 
sactions sont très restreintes aux prix sui- 
vants : 

OualiUV» siip6rieuros 149 « à 152 50 

Gooil curront 131 >■ à l.'ÎO » 

l'air cnrreiU 89 50 ii 02 » 

Siipt'i'ioui" bocoiitls 85 75 à 87 » 

Fair seconds 7S 50 à 79 50 

Good brown 77 .. à 77 .^0 

Le tout aux 100 kg. c.i.f. Europe, pour dispo- 
nible ou prompte arrivée : sur expédition 
jiiiu-aoûtetméme août-octobre il faut voir une 
réduction de 2 fr. 50 à i fr. les 100 kg., sui- 
vant grade. 

Au 17 courant, les recettes, depuis le com- 
mencement de l'année, s'élevaient à 503.000 bal- 
les, contre 390.00.) balles pendant la période 
correspondante de l'an dernier. 

Lin de la Nouvclle-Zclande (Phormium). — 
Très peu d'alTaires ont été enregistrées en 



cette fibre, les vendeurs des pays producteurs 
résistent à la tendance faible, qui domine sui- 
les marchés consommateurs, el les oITres sont 
généralement trop au-dessus des limites fixées 
par la fabrication. 

Malgré de très gros arrivages attendus, les 
cours, en dernier lieu, s'établissent comme 
suit : 

Good (air Wellington b8 25 4 89 .'.0 

Good f«ir "1 50 * 70 « 

aux 100 kg., pour marchandise disponible. 

Maf/ueij. — Il n'y a pour ainsi dirf pas «le 
marchandise ; les (luelques petites alVaires 
traitées ne modilient pas les prix précé-dents. 

^Woës (Chanvre de Maurice). — Les afl'aires 
sont assez difficiles, les acheteurs propos;i nt des 
prix trouvés trop bas par les exportateurs, (|ui 
croient pouvoir escompter une meilleure si- 
luation prochaine. 

H'autre part, la marchandise est assez abon- 
dante sur les divers marchés européens ; 
quehiues consignations ont été réalisées sur 
les bases : 

Belle qualité Idsnfhe "S • è 74 a 

lionne sorte 68 50 à 70 75 

(Jualilé ordinaire f>3 r>0 à GG « 

Ir joui aux 100 kgs en magasin. 

Jiile de Chine. — On commence à faire des 
offres sur la prochaine récolte, expédiable des 
ports d'embarquement en septembre-octobre, 
à la [iarilé de AH fr. 50 à i9 fr. 75 pour bonne 
(jualité Tientsin. 

11 se traite encore quelques petites afTaires 
en disponible à 52 fr. 50 jjoiir Tientsin el 
'iS fr. 50 pour Ilankow; aux 100 kilos. 

/(//(," rf'> Calcutla. — Prix fermes pour la 
récolle dernière, d'ailleurs presque épuisée, 
les cotations se font de 30 fr., à W el 50 fr. les 
100 kg., suivant marques et ipi.ilités. 

l.iilo. - Presque plus d'offres des pays pro- 
ducteurs, la demande en matière préparée est 
très abondante, les prix sonldéjj't sérieusement 
augmentés. 

Il ressort des détails que nous recevons, 
que cette situation ne fera que s'accentuer 
pendant les mois à venir; certains exporta- 
teurs annoncent des prix tels (|ue l'on n'en a 
pas encore pratiqué de pareils depuis nombre 
d'années. 

Les dernières ofl'res s'établissaient A : 

Qualité Tula ordinaire 50 ■. 

Fair average Tula 01 50 

Goi.d aver.iL'»' Tula 66 55 

Le Paliiia est iiKibtenable : le Jaumave, par 



N° 73 



Juillet 1907 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



217 



■contre, a été peu influencé et nous avons encore 
pu traiter à ()9 fr. les 100 kg., c.i.f. Europe. 

liamie. — Les Chinois continuent à offrir 
régulièrement sans modification dans les prix. 

Kapok. — Nous n'avons pas de nouvelles 
sur la prochaine récolte à Java ; pour le pré- 
sent, les prix sont très fermes aux cours élevés 
signalés précédemment. 

La consommation accepte assez facilement 
de payer les limites des vendeurs; nous devons 
noter un bon courant d'affaires sur cet article. 

Les derniers prix varient entre 175 à 183 fr. 
les 100 kg. pour bonne qualité propre, sans 
corps étrangers et de belle couleur. 

Les premiers arrivages des Iodes Anglaises 
sont dus sous peu — les prix pour cette sorte 
sont également très élevés, les offres pour de 
l'embarquement prompt s'établissent de 125 à 
\:i± fr. m les 100 kg., c.i.f. Havre. 

J'iassava. — Sans changement, la demande 
pour bassine reste très abondante et les prix 
de plus en plus fermes. 

Il ne se fait d'ailleurs plus d'off'res pour 
emliarquement, les préparateurs eui'opéens 
emploient leurs stocks avant de s'adresser aux 
revendeurs, dont les prétentions leurparaissent 
un peu exagérées. 

Fihi-ps de coco. — Pas de modilications dans 
les prix, toujours très fermes, on cote : 

Ceylan courant 40 .. ;i 4J i, 

— ])onne sorte 41 ■> ;i 4^i ÔO 

— belle sorte extra Tii) » à ô"3 » 

— e.\tra, fort long .'■;! '^ à 07 o 

La qualité anglaise vaut de oo à 02 fr. les 
100 kg. suivant qualité et longueur. 

Les fibres lilées pour la corderie et la spar- 
terie sont également en bonne demande ; de ,'JO 
à 40 fr. les 100 kg., les filés gros pour la cor- 
derie (roping) et de 30 à 60 fr. pour tilé moyen 
à fin, suivant nuance, finesse et régularité du 
fil proposé. 

Tous ces prix aux 100 kg., c.i.f. Havre. 

Raphia. — Surabondant sur tous les mar- 
chés, les exportateurs ont exagéré les envois 
et devant l'encombrement général, les prix 
sont tombés au plus bas possible. 

Il y a vendeur pour qualité ordinaire à 
Al fr. 50 les 100 kg. ; par contre les belles qua- 
lités supérieures, feuilles larges, sont recher- 
chées parce qu'elles sont rares et obtiennent 
jusqu'à 70 fr. aux 100 kg. 

Chiendetil. — Toujours même situation pour 
chiendent Mexique, les prix restent très élevés 
entre ISO à 210 fr. aux 100 kg. suivant qualité. 



Feiii//pi. — Toujours bonnes demandes avec 
prix avantageux pour feuilles bien présentées. 

Feuilles à fîln-ex. — Nous avons reçu, ces 
temps derniers, des demandes de tous côtés 
jiour renseignements concernant une machine 
pratique, de prix assez réduit et à grand ren- 
dement, pour le défibrage des feuilles diverses 
renfermant des fibres quelconques. 

Nous reviendrons sur ce sujet dans un pro- 
chain article, sans doute spécial. 

Vaouin et ScnwEiTZER. 

Le Havre, 19 juillet i!l07. 

Matières grasses coloniales. 

Mercuriale spéciale du « J. d'A. T. ». 
Par MM. Rocca, Tassv et de Rorx. 

Coprah. — Tendance : Plus faible. — .Nous 
colons nominalement, en disponible, les 100 kg. 
c. a. f., poids net délivré, conditions de la place 
de Marseille : 



Ceyion siinilrieil .... 5s 

sin^^apore 51 

Macassar 51 

Manille 5'2 

Zanzibar 51 



Mozambique 5i » 

Saï^^on 53 »' 

Cotonou 54 " 

Pacilique (Samoa) ... 53 50 

Océanie française ... 53 5t) 



Huile de palme. — Lagos, 73 fr. ; Bonny, 
Bénin, 74 fr. ; qualités secondaires, 72 à 73 les 
100 kg.; conditions de Marseille, fûts perdus, 
prix pour chargements entiers. 

Palmistes. — Guinée, 38 fr. 30 les 100 kgs. 

Moivra (Bassia). — 26 fr. les 100 kgs. 

Graines oléagineuses. — Situation station- 
naire. — Nous cotons nominalement : 



S<''sanie Rombay blanc, grande graine 4-2 

— — petite graine 4-2 

— Jalïa (à livrer) 4(j 

— ))igarré, Kurrachee 30 

' Lins Bombay bruns, grande graine. 31 

) Colza Cawnpore 34 

Pavot Bombay 30 

Ricin Coromandel, nouvelle recolle. 30 

Arachides décortiquées Mozambique -43 

— Coromandel 35 



Expertises 

de 
.Marseille 



Autres matières. — Cotations et renseigne- 
ments sur demande. 

RoccA, Tassy et de Roux. 

Marseille, 17 juillet 1907. 



218 



JOURNAL I) AdUICULTUHi: TROI'IC.M.F. N" 73 — Jiiu.kt l-.lO" 



Produits agricoles africains 

sur le marché de Liverpool. 

Mercuriale spéciale du u J. il'A. T. . 
Par .MM. Taylor .\nd Co. 

JJiiile de palme. — Première quinzaine, mar- 
ché calme sans demandes. Les prix s'en res- 
sentent et subissent une baisse d'environ 15/'-. 
Deuxième quinzaine, la baisse continue ù 
s'accentuer et on note une nouvelle perte de 
10 -. Malgré cette circonstance, il y a peu de 
demandes, el le marché reste calme, l'iie forte 
demande fait remonter la moyenne pendant la 
quatrième semaine, et la perte précédente est 
presque entièrement balancée. Clôture ferme, 
avec tendance à la hausse. 

Suivent les prix du jour, la tonne sur place : 

I.ngos £ ;».10.» à 30.15.. 

Bonny. Oid Cslal.nr •.; ). 10.» ,^ 30. 

Cameroun •.?■.», 5.» â -'9.!0." 

Bi^nin i9. Sr» à 29.I0.'. 

.\ccra 59. ».. à 29. 5.» 

Brass, Niger, New Celnlmi-. . 2,S. 15... 4 30. »... 

Cougu. ." ;S.15.» A 20. .. » 

Sali Pnii.l Sl.l.".... à 28. ..... 

Ordinaire el moyenne '.'7 10... à 29. . 

Palmistes {am3.ndes de Palmes). — Le marché 
est calme, les pri.\ baissent d'abord de .j/-, 
puis de 10 -. Mais les prix reprennent la moitié 
de cette perte à la tin de cette quinzaine, el le 
marché clôt à la hausse. Deuxième quinzaine : 
baisse de nouveau de 10/- Le marché se niain- 
Lienl el clôture ferme. 

Prix du .jour, la tonne sur place : 

Lagos. Cameroun el qualités 

supérieures des Rivières. £ 11.12.6 à 17.15." 

Bénin. Conff.) 17.10.» 4 17.12.0 

Libéria el Slicrbro 17. d.m h 17. 7. G 

Cole dOr 17. 0.0> à 17. 5.- 

Caonlcliouc. — Après un début calme, le 
marché s'anime, el on noie une forte demande 
qui amène une hausse. Le marché est très 
actif, les prix s'en ressentent, el on note une 
haus.se de 1 d. à 1 ' , d. par livre. Des ventes 
importantes sont faites. Le marché clc')t avec 
une bonne tendance. 

l'ara. — Fortes demandes el prix élevés : 
4. 10' ;tV4. 11. 

Café. — Marché stationnaire : Eléphant 
fierry, 51 /- à 45/6; Bold Berry, 28/-. 

Cacao. — Marché calme. Lagos et Accra, 
316 sacs vendus de 72/6 el 82 3; Cùte-d'Or, 
102 sacs de 72- à 76/-. 

Gingembre. — Sierra-Léone : Vendu ."> i8 .sacs 
de 27,6 à 28,'- le cwt. 



J'iasiava. — 2.000 boite';. 



fî<.)))on. . . . 


. . £ 


1.3. . à 15 


Basaa. . . . 




17. . (. 24. 


Cnpc Palmas 




t'i.lO .i a 


Juiik Uiv,-r 




:;, 1'"' ". ■ 


Shorbro 







Cire d'abcilk. — Gambie, SJ 7.."»- le cwl; 
Sierra-Léone, 0.17 le cwt. Vendu 20 blocs 
Sierra-Léone à 7.- -. 

Noix de Kola. — Peu de ventes, 2 d. à 
2' . d. la livre. 

Copra. — Pas de ventes à reporter. 

Poivre de Guinée (maniguette). — 37/0 k i (• -. 
Peu de ventes. 

Fèves de Calabar. — En demande. 

Arachides. — Vendus : 480 sacs lialliui'sl 
non décortiquées, de K 15- - à 19- -: 2.'>0 sacs 
lîufisque de *-; 15-10 - à 20-/-. 

Chillies (Piment eni-agé"). — 25 - ù 27-('. piir 
cwt. Sans ventes. 

Noir de h'arité iSheai. — Sans existence» 
valeur nominale de fCH 10 - à 9, 10 -. 

Colon. — o '/, d. à 7 '/, la livre. 

Maïs. — >L-\rché Irimquille.o -parlOOlivres. 

Peaux. — .\.ssez forte demande: 8 ■\ d. ù 
9 ',. d. la livre. 

Autres produits. — Cotations el renseigne- 
ments sur demanile. 

Tavloh and Co, 

7, Tidicliarn Street. 

Liver|>ool, lii juillet 1907. 

Produits de Droguerie. — Articles divers. 

.Mercuriale spéciale du i. J. d'.V. T. 
Par M. Geo. Eknst. 

* L'astérisque désigrno les produits bénéficiant d'une dtïtaxo 
partielle ou entière en raison de leur provenance .les colonies 
françaises. Le mécanisme el le tarif do ce » privilège colonial * 
ont été exposés dans nos n"' 35 et 37. — N. o. i.. U. 

Ambrelie. — Plus ferme. Stock réduit en 
premières mains, 90 fr. à 95 fr. demandés les 
100 kg. 

/I.s7j/ia/(c. — Trinidad. Brut, 52 fr. à 55 fr.la 
tonne ; épuré, 8o fr. à 86 fr. la tonne. 

liadiaur. — Semences sans affaires; cours 
nominal, 160 fr. les 100 kg. 

Hiiitm''s. — (]oi>Aiii ; quelques arrivages ont 
amené une réaction sur les hauts cours pra- 
tiqués depuis un mois. .Maracaibo pur, coté 
Ir. 50 A 7 IV. le kg., avec tendance en baisse. 
Para. 5 fr. à 6 l'r. 

Pérou : continue très ferme ventes à 27 fr. 50 



N° 73 — Juillet 1907 .lOl'K.NAL D'AGRICULTURE TROPICALE 



219 



le kg., et reste demandé; ou voit toujours le 
cours de 30 fr. 

TuLL' : sans changements, la saison étant 
d'ailleurs peu favorable pour les achats. 

Buis. — Santal des I.ndes : rien sur place. 
Pas de changement, les rares lots disponibles 
restent tenus sans variation. 

S. Nouméa : on serait acheteur de bon bois 
sain pour trituration. 

Gayac rose : reste demandé. 

Qlassia amara : nous cherchons des lots de 
bois sain, billes moyennes, et à bon titre, pour- 
rions payer 18 fr. et 20 fr. les 100 kg. 

Cacaos. — Situation calme, bon courant 
d'affaires, à prix inchangés. Quelques prove- 
nances en baisse par suite d'arrivages défec- 
tueux. 

Congo conventionnel (droit <le rl5 l'r.). . . 10-3 à 105 fr. 

Martinique-Guadeloupe (droit de 5-3 fr.) . l/io à 139 

Nouvelles-Hébrides 132 à 135 N 

Congo français U.'i à 1-0 

Cafés. — La spéculation maintient les cours, 
et a provoqué une légère hausse depuis une 
huitaine; la situation de l'article ne justifierait 
pas un mouvement plus accentué en avant, 
d'autre part les détenteurs du Brésil paraissent 
mieux en situation pour défendre le produit 
et une baisse ne semble pas probable actuel- 
lement ; les belles sortes Brésil sont plutôt 
fermes et demandées, de même pour les cafés 
des .\n tilles. 



Santos (mois oour') . 

Snntos lavé . . . 

— non lavé. 

Haïli 

iMoka trié. . . . 
Java(trésferine). 



37 


75 à .: 1 


46 50 à 52 50 1 


36 


)■ à 45 » 


41 


..à 50 » 


•Jl 


» à 113» 


93 


.) à 107 . 



^Réunion (moins lenu). 
^Guadeloupe : 

Bonilleur . . . 

Habitant . . . 

^Tonkin 

^Nouv.-Calédonie. . 



155 à 165 

118 à 123 
lis à 112 
92 à 95 



Caoulch.dtics. — Meilleure tendance malgré 
la période de calme pour les achats. Les prix 
sont plus iermes, de 25 fr. à fr. 3o au- 
dessus de nos dernières cotes. 

Camphre. — ■ Stationnaire, mais ferme. 

Cru de Chine : 7 fr. à 7 fr. oO le kg. 

Raffiné Japon : offert à 12 fr. 25 et 12 fr. 30 
le kg. 

Cire d'ubnlles. — Sans changements, tou- 
jours bon courant d'affaires. 



Madagascar 
Chili . . . 



165 » à 167 50 I Haïti . 
172 50 à 177 50 Tonkin 



174 » à 175 
165 .1 à 168 



Cuirs. — Toujours bien tenus, les afTaires 
ont été bien suivies ce mois ù prix toujours 
fermes. 

Madagascar : bœufs, vaches, secs . 92 ■. à 90 .. 

~ — salés. 72 » .'t 75 1. 

Ouadcloupe. Martinique : salés . . 65 » à 6S » 

Tonkm, vacliettes sécliés 102 » a lii5 » 

— buffles j 57 50 S on .. 

Nouméa, salés ,;.-, „ ., ,-,^ „ p^r 

Ecorces drorangrs. — Sans changement, nous 
attendons nouvelle récolte en août. 

Essences. — Citronnelle (Ceylan : toujours 
ferme, S fr. 30 à 6 fr. le kg. 

Badiane de Chine : calme, 13 fr. 50à 1 i fr. le kg. 
suivant marques. 

Verveine des Indes (Lemongrass Oil) : en 
réaction continue, peu d'affaires et du dis- 
ponible offert à 11 fr. 30 et 12 fr. le kg. 

Petit grain du Par.^glav : toujours recherché 
et sans arrivages. 

Géraniu.m Bourbon : un peu plus ferme. Les 
prix devront hausser, carlesstocksse réduisent 
et la con.sommation est toujours active 22 fr SO 
à 23 fr. le kg. 

Clous de Girofle : 12 fr. à 12 fr. .^O le kg., en 
disponible, 

Linaloé (Mexique) : se maintient très ferme, 
très peu otTert, 22 fr. 30 à 23 fr. le kg. 

FÈVES de Caladar: toujours en bonne ten- 
dance, demandes actives et offres limitées. 
Nous voyons les cours de 130 fr. et plus les 
100 kg. si les arrivages manquent encore 
quelques semaines. 

FÈVE Tonka : très ferme et plus rare en belles 
qualités ; Augustura. 

Gommes. — Copals : Peu de rhangements 
depuis un mois, affaires restreintes pour les 
provenances de nos colonies. 

Madagascar et Congo, en bonnes sortes 
restent toujours demandées. 

-Madagascar, Iriée, claire, dure .... 335 à 375 

— triée, teintée 3-35 à 350 

— sortes, sans bois -250 à 280 

— déchets, triage 25 à 60 

Congo, triée, clair fio à 185 

Galion, sortes 65 à 85 

Damar: Sans affaires sur place. 

Batavia -ii., à 235 N 

Singaporo I" 175 à 1S5 

-2e 



150 à 



Cires végétales. 
restreintes. 



Peu d'affaires, demandes '^'•'™ ' ^n peu plus facile. 



Cnrnauba. . . 
Blanche Japon 



425 » à 525 n les 100 kg 
1 12 50 à 147 50 — 



Cornes. — Sans affaires, tendance faibles, 
peu de demandes. 



Siam, tuyaux, le kg 8 50 à 9 » le k" 

Cambodge, sortes — 7 8ûà8» 

Laque : Marché calme, prix soutenus. 

Fine orange, T. N 560 à 575 

Demi-Une 525 à 540 

Cerise, A. C 475 à 485 



220 



.loriiNM, D'Acjiirri.Tiui- troimcm. 



N- :.•) 



Jlili.kt 10(17 



Sticklac : Sans cliangcment, bonne demande 
toujours, 375 à 380 les 100 k^. c.a.f. 

Ukï^ink ni'- GAïAC : Sans arrivages, toujours 
rccheriliée en belle qualité. 

lidcinc d'Ipéca. — Plus faible par suite de 
divers arrivages ; sans demande acluellement. 

Rio rullivf 10 W il 17 50 le kil.i. 

Miiios IC 50 A n r,0 — 

Cnrthagfeno vrai l3»àH" — 

Raàne de Jalup. — Sans affaires, on serait 
acheteur de bonnes racines lourdes. 

Manioc. — Fkcile: Calme, sans change- 
ment. 

Racimcs : Toujours faible, 11 fr. ."jO à \-l fr. 
les 100 lig. plus ofl'ert acluellement. 

Ilocoii. — .'V.NïiLi.Es: Manque el demandé, 
on coterait 39 à 40 fr. les 30 kg. 

Rnlanh'w. — Prroi' : Sans aU'aires. 

Quinquinas. — De forts arrivages ont fait 
baisser les cours, les vi'ules étant plus difficiles. 



Tapiocas. — Toujours ferme: Rio, 3:2 à îi.j fr. 
les oO kg. c. a. f. ; Singapore, 'tCi à 3K fr. les 
100 kg. entrepôt (droit de 1 1 fr. ; Rc-union. 03 à 
(i" fr. .■;)() les KMl kg. acquittés. 

Vanilles. — Airaires plus calmes, .sans arri- 
vages, tendance toujours très ferme. 

' Ri'Uiiion, Ir'qualiliS 35 à 38 

— léte», qncncs « à M 

Ma.laiiascor. . . . -31 à 33 50 

Cuadoloupp . . . . . IS .'i 90ntkmt(<. 

Taliili, I" quàlili' 16 .'i 11 

soychcllcs (rares) (N). 3-J A 3i MttfH. 

VaniUon (Guadeloupe). — Sans oflVe et sans 
demande, se maintient très l'orme, les stocks 
réduits sont tenus de 20 à :2I fr. le kg. acquitté. 

Tous autres produits. — Cotations et rensei- 
gnements à la disposition des producteurs. 

(JEO. Ernst, 

5'.'. quai ir0rl(5aiis. 

I.e Havre, 18 juillet 1907. 



.c^^ 



ACTUALITÉS 



A propos 
de la vigne aux Saintes (Guadeloupe). 

Par M. i;. Maim;. 

('.omme siiile à la note sur la vigne aux Saintes 
pul.lice dans le n"> 09 (p. 9,3) du « .1. d'A. T. ■■, 
d'après M. SouzEAu de l'uvBEn.NKAU el M. 0. uk 
l'uÉAUDET, nous avous reçu de noire eoUaboraleur 
M. E. Maine l'intéressante communication que 
l'on va liie; elle confirme le succès de la vigneaux 
Saintes en tant que produit de table, el précise cer- 
tains détails culluraux relatifs surtout au palissajjp 
des ceps, qui complètent utilement les renseigne- 
renseignements fournis par M. de Puyber.neau. 
Nous sommes d'autant plus heureux d'insérer la 
la note de M. Mai.ne qu'elle émane d'un observa- 
teur el d'un chercheur, ayant habité el parcouru 
la Guadeloupe el le Sénégal pendant douze années 
i|u'il a dirigé le service des douanes. Nous rappe- 
liiiis à l'attention de nos abonnés du Sénégal, la 
Utntalive d'introduction de pêchers de la Guade- 
loupe à Saint-Louis, relatée par M. .Malnecu 1903; 
les heureux résultats du début se sont-ils n)ain- 
lenus et la culture a-l-elle été étendue? 

.l'ai l;i avec beaucotiii d'inh'rèt l'arlicio 
sur la vigiio aux Sàinles paru dans votre 



éxccUcul u .1. i\'.\. T. ", et suis heurrux Je 
pouvoir lui donner une suile. 

Jai déjà eu l'occasion d'enlrolenir le 
journal à propos des pèches do la (uiadc- 
liiupe I .. J. d'A. T. ». n"2-2, p. 1001, «|ui sont 
1res belles, très Ijonnes el viennent, non 
sur un arbuste raliougri et lorlueux comme 
chez nous, mais sur un bel .niire. sain el 
bien formé. 

J'ai même pu, on eni|ii'unlaiil les noyaux 
do CCS fruits recollés aux Aniilles. accli- 
mater facilement le iiècher au Sénégal, où 
tous les essais tenh's depuis longlenips 
avec des noyaux ou des [ilftnls V(>nus de 
France avaient in\ariablemenl éciioué. 
Ses amandes ne germaient pas ; les plants 
véeélnienl un |h'u. |iiiis si'ciiaient sans avoir 
Henri. 

Les sujets issus de noyaux guadelou- 
péens lleurirent la seconde année et don- 
nérenl une belle recolle la troisième. Le 
récil délailli' .b' celle expérience a paru 
dans le <■ J. d'A. T. » \W:\, p. IO(i>. 

I"ii ce (|ui concerne la vii^nc des Sainles. 



iN" 73 — Juillet 1007 



JOURNAL DAGRICULTURE TROPICALE 



221 



je puis en j)arlei", car je l'ai vue, jai eon- 
sommé son raisin sur place. J'en ai même 
fait tfanspoi-tor une Ireille au poste des 
Douanes du Vieux Poil. Va\ ell'et, habitant 
de la IJasse-Terre peiulant deux ans, je 
suis allé aux Saintes une demi-douzaine 
de fois au moins. Les raisins, très connus 
à la Basse-Terre, n'y sont même pas d'un 
prix fou, étant donnée la précieuse frian- 
dise qu'ils constituent pour l'Européen sous 
les tropiques : 4 à 5 fr. le Ug. Jeparle, il est 
vrai, d'il y a quinze ans. 

La vigne se cultivait bien, comme l'in- 
dique M. S. DE l'uviiERNEAU, cu « berccaux ». 

Ces « berceaux » étaient des carrés de 
2 mètres au moins de côté, 4 ou 5 au plus, 
formés par 4, 7 ou 8 forts poteaux do 
2'",oO environ de haut. Les ceps se plan- 
taient au pied, aux angles de préférence, 
quelquefois aussi sur les côtés, quand les 
carrés étaient grands et les poteaux nom- 
breux. 

A 2 mètres environ de hauteur était 
palissée, avec des liambous refendus, une 
traverse iiorizontale destinée à donjirr 
appui aux sarments pour former le « ber- 
ceau » sous lequel doivent pendre, pour 
se bien développer, les grappes de raisins. 

Jusqu'ici rien que d'assez ordinaire, mais 
la partie originale de l'installation était 
celle-ci : tout aulour du plafond à raisin, 
décrit ci-dessus, courait une galerie en 
bois, l'aile soit de douves de tonneaux, soit 
de bonnes planches, solidement clouées et 
bien jointes contre le haut des montants et 
en faisant le tour complet. 

Cette galerie, entourant le plafond du 
berceau, descendait et montait de 40, 50, 
60 centimètres (plus ou moins selon la 
dimension du carré) au-dessous et au-dessus 
de ce plafond, qui occupait donc le milieu, 
en hauteur, de la galerie. 

Le but de cet arrangement est de mettre 
feuilles et fleurs à l'abri des vents du 
large qui, les Saintes élant de petites îles, 
viennent de tous les côtés horizontalement 
et sont des plus nuisibles à la végélationo 
délicate de la vigne. 

Derrière cet abri, la floraison, la fécon- 



dation, la maturation s'opèrent tranquille- 
ment. 

Le résultat est magnifique : des grappes 
énormes, bien formées, bien lournies, 
abondantes; grains très gros, vert doré, 
transparents; raisin, en un mot, superbe... 
et délicieux. La chair est ferme, et la saveur 
ne le cède, certes, en rien, si elle ne lui 
est supérieure, à celle du meilleur muscat, 
de Franco, car c'est un raisin muscat. 

Je suis surpris que M. de Pric.u det n'ait 
|)oint entendu parler de ce raisin à la 
Basse Terre, car mes compatriotes de là-bas 
sont très tiers de leur >■ raisin des Saintes », 
([ui le mérite, au reste. Jl ne se sera pas 
trouvé là dans la saison propice. 

J'ai parlé du Sénégal tout à l'heure à 
propos du pêcher. J'en puis parler encore 
à propos de raisin. Le chasselas y vient très 
bien. 11 donne de belles et bonnes grappes 
dans les " patios », ou cours intérieures des 
grandes maisons hispano-mauresques de 
Saint-Louis. H y en avait une treille magni- 
li([uedans le» patio » de la Recette générale 
des Finances. 

Le trésorier d'alors, M. Frappier, était 
fort généreux de son raisin, ce qui me 
permet d'affirmer qu'il était excellent. Au 
j)ied du cep s'étalait une corbeille de beaux 
chrysanthèmes (1res bien venus, ma foi, 
quelques-uns même à grosse tleur), et de 
pensées. 

Nous avons souvent songé à planter une 
bordure de fraisiers autour de celle cor- 
beille, mais l'instabilité coloniale nous en 
empêcha. C'est dommage! Je suis sûr qu'ils 

eussent réussi. 

E. Maine. 

Les plantations de thé du Caucase. 

Statistique de M. Walta. 

Nous avons déjà parlé plusieurs fois, dans 
ce Journal, des cultures de thé existant au 
Caucase russe. M. V. Walta leur consacre 
un article très documenté, d'une vingtaine 
de pages, dans le « Tropenpflanzer » de 
décembre 1906. Il en fait l'historique, — 



222 



JOUUNAl. I)\GUICULTIU1-; IliOlMCALE N" 73 — Jlii.i.i.i 1907 



le plus clc'taillii que nous ayons lu. — et 
expose (oui au long les procédas de culture 
suivis chez MM. Popoft et dans les planta- 
lions des Domaines (Apanages?). 11 ne l'ait 
que glisser sur la préparation, qui a lieu 
d'après le mode chinois, mais, cependant, 
en employant quelques machines d'origine 
anglaise. 

Ce qui nous a intéressé le plus dans 
l'étude de M. Yalta, ce sont ses chiiïres. 
Ils nous paraissent plutôt exagérés; cepen- 
dant l'allure générale de l'article semhie 
iii(li(iiii'r (jue l'auteur s'est renseigné sur 
place et de première main. Nous les don- 
nons sous toutes réserves; d'autant plus 
que les premières secousses de la grande 
Hévolntion russe doivent avoir déjà pro- 
voqué une désorganisation sensible dans 
tout ce qui relève des Apanages de la i'a- 
millc impériale, désorganisation (]ui ira 
falal(>menl on s'accentuant à mesure (|ue la 
Hévolulion développera son cours fatal. 

l'eut-èlre ne laissera-t-elle pas grand'- 
cliose des belles phmlalions acluclles de la 
Colchide, — c'est ainsi que les géographes 
aiment désigner la région intéressée; mais 
la culture du thé y sera certainement re- 
prise un jour, même si le bouleversement 
inévitable du régime foncier devait la faire 
négliger pour un temps; car la contrée se 
prête à merveille, désignée pour ce genre 
de cultures par son climat paradoxal, 
unique en Europe : il y tombe, dans les 
promniiloires, une moyenne annuelle de 
2.400 millimètres de pluies. 

Quoi qu'il en soit, voici les chiffres Je 
M. Walta : 

MM. l'opoFF. près lîatoum, produiraient 
actuellement <le 000.000 à 700.000 livres 
(russes?) de liu' par an, provenant de leurs 
propres plantatinns, sans compter la niar- 
ciiandise préparée dans la factorerie de la 
maison avec les feuilles achetées, toutes 
fraiches, chez les petits planteurs des alen- 
tours qui ne sont pas en état d'en tirer 
parti eux-mêmes. 

Le siège administratif dos plantations 
l'opOFF se trouve à Salibauri. Le person- 
nel, très nombreux, conn)rend entre autres, 



un contremailre et cinq coolies chinois. 

Aux Domaines! Apanages?! de Tchakwa, 
M. Walta compte 94ij.000 théiers dont les 
plus âgés produisent depuis IS'.lî). 

La plantation de .MM. ."^olowtsof, près 
Tchakwa, est de 900 hectares; c'est la plus 
ancienne du pays, mais les héritiers lie 
son créateur l'ont laissée [léricliter; elle est 
très négligée, lisons-nous, et grevée de 
lourdes dettes. 

M. A\'alta sitrnale encore, comme mo- 
dèle, la [iropriété » .Miramarc ".de M"" IJ.-J. 
W'rrcniNO, qui compreud ".'i.OOO théiers 
ainsi que de remarcpuibles collections de 
plantes sublropicalesde toutes iirov(>nances. 

Les autres théeries de la région, très 
nombreuses, lisons-nous, sont, pour la plu- 
part, toutes petites et ne méritent pas de 
mention particulière. 

Un nouvel ouvrage sur la culture et 
lexploitation des Agaves 



?U1' 



Nolicc l)iljlin^i'apliique 
a mouograpliii' dr .M. K. BKAr.N. 



Braun (D' K.) : Die Agave», ihre lûilliir 
uni/ Verwendunrj. 

Travail paraissant dans le « Pllanzer », 
l'organe de l'Institut de biologie agricole 
d'Aniani (L'sambarai; l'auteur fait évidem- 
ment partie du personnel scienliliqne de 
cet établissement. iNous n'avons pas sous 
la main la collection complète du » Pllan- 
zer » et no saurions dire dans quel numéro 
a commencé la publication, mais il y en a 
15 pp. dans le n" 15 (20 octobre l'JO(i) et 
autant dans le numéro double 1 (1/17 (10 no- 
vembre 1906); r.iuiiMir y commence seule- 
ment l'exposé de la iiuestion de l'.l. riijida 
qui est son principal objet. 

Pour l'étude pratique de celle-ci on est 
particulièrement bien placé dans l'Est 
Africain Allemand, où son exploitation a 
pris, depuis quelques années, une très 
«e;rande importance, comme nos lecteurs le 
savent parles articles consacrés à ce sujet 
dans dillérents numéros iln « .1. d'A. T. ». 



N" 73 



Jun.i.iiT 1907 JOURNAL D'AGRIGULTUR,E TROPICALE 



La variiHé communément cultivée dans la 
colonie, est la « yaxci » des Mayas (Yuca- 
tan), A. rigida Mill., sisahma Eni-elm., 
« sisal vert » des auteurs allemands, forme 
plus ou moins inerme. 

Il n'y a él6. introduit encore qu'un petit 
nombre d'individus de la « sacci », A . rigiila 
Mill., var. elongata Jacob., le » sisal blanc >i 
des .Vlleniands, forme à fortes épines (jui 
domine dans les plantations du Yiicatan, 
tandis que la première constitue, à l'exclu- 
sion de toutes autres, cel les des îles Bahamas. 

M. Braun n'a pas seulement relevé, sur 
le <( sisal vert », toutes les indications qu'il 
a pu recueillir auprès des planteurs de la 
colonie, il met en œuvre également une 
profusion de documents bibliographiques 
de toute provenance ; jamais encore nous 
n'en avons rencontré une analyse aussi 
complète et aussi sérieuse. Il a procédé de 
même pour la première partie de son tra- 
vail oîi il passe en revue, d'une façon 
minutieuse, les données économiques dis- 
ponibles sur l'ensemble dos espèces du 
genre Agave qui peuvent, à un titre quel- 
conque, intéresser le colon. 

Nous avons trouvé, dans ce mémento, 
l'explication du nom A. Cantula qui nous 
avait intrigué dans certaines publications 
récentes des Philippines et de l'Indo- 
Cdiine; c'est un nom de Roxburgh, syno- 
nyme de 1'^. vivipara de Linné. 

Nous sommes sûrs d exprimer la pensée 
de tous ceux qui suivent les aiïaires tropi- 
cales eu demandant à l'administration de 
l'Est Africain Allemand de tirer à part le 
travail de M. Braun aussitôt que sa publi- 
cation sera terminée dans le <c Pflanzer », 
et de mettre le volume dans le commerce. 
Il est appelé à rendre les plus grands ser- 
vices. (Test, avec la brochure anglaise de 
Mann et IIukter (traduite en français par 
Fasio (v. « .1. d'A. ï. ») et le rapport de 
M. Léon IlAUTEFEurLLE (« Bull. écon. de 
l'Indo-Ghine », 1906) sur sa mission dans 
I Inde anglaise, dont nous avons parlé lon- 
guement, ce qui a été fait de mieux, en ces 
dernières années, sur la culture indus- 
trielle des agaves en dehors de leur patrie. 



Projets d'élevage d'autruches dans l'Inde. 

D'-après un rapport consulaire américain 
de Calcutta, analysé dans le « Tropen- 
pflanzer » de décembre 1906, il serait ques- 
tion d'introduire l'élevage de l'autruche 
dans certaines régions de l'Inde anglaise; 
la question est, lisons-nous, discutée avec 
le plus vif intérêt dans la presse de la 
colonie. Dans le Sind, en pnrticulier, et 
dans le Beloutchistan, des millions d'acres, 
sur la lisière du désert, paraissent admira- 
blement appropriés à cette destination. Les 
promoteurs de la campagne font valoir les 
bénélices réalisés par les autrucheries en 
Egypte et aux Etats-Unis, sans compter les 
gros revenus obtenus par les éleveurs du 
Cap. 

iNous pouvons ajouter que la chose ne 
tente pas seulement les Anglais et les Amé- 
ricains; nous croyons savoir qu'un de nos 
amis, qui connaît admirablement l'Afrique 
pour y avoir fait de longs séjours, s'inté- 
resse à une entreprise française de ce genre ; 
nous ne pouvons que lui souhaiter un plein 
succès, préparé d'ailleurs par les longues 
études auxquelles se livrent les promoteurs 
de l'alTaire. 

Un essai de culture de la Pomme de terre 
au Congo. 

1' La Belgique Coloniale » (1) a rendu compte 
d'un essai de culture de la pomme de terre d'Eu- 
rope entrepris au Congo I5elge par M. P. Van 
Bellinghem ; nous croyons intéressant de résumer 
les résultats obtenus, tout en réservant d'autres 
documents pour un article d'ensemble sur la 
pomme de terre en pays chauds. La tentative de 
M. P. VanBelllnghem montre que le succès de cette 
culture est fort aléatoire au Congo et que l'on 
aurait grand tort de se désintéresser des excellents 
résultats fournis aux environs de Brazzaville par 
certaines labiées tuberculeuses (Matabolo, Oussou- 
niftg, Oumine, Dazo). 

Sans prétendre qu'une plantation de 
pommes de terre soit pratique partout, je 
pense bien que des opinions pessimistes 



(1) Numéro du 19 janvier 1902. 



224 



JOURNAL DMiUlCULTUin; m(»l>lC\LI': N" :.{ — Jliu-i.t l'Jin 



i-oposoni sur des tenlulives incompli-los ou 
mal conduites. 

Congo-da-Leinba est un plateau cMevé de 
îioO nièlres au-dessus du niveau de la mer; 
le sol y est assez riclie en iiumus, l('j,à're- 
ment argileux, profond et perméable. Le 
IS février 1890, ti'ois ados d(> I mètre de 
largeur, transversaux à la peu le, sont 
plantés sur 2 lignes, en alternant les tu- 
bercules à 0'",50 de distance sur le rang; 
cette plantation est complétée par 8 lignes 
en pleine terre et par 4 lignes ensemencées 
avec des tubercules coupés par le milieu. 
Soit en tout : J)o2 plantes en ados. 
771) plants d'un tuhei'cule entier en pleine 
terre et ^588 i)lauls d'un d(Mîu-tubercule. 
Celte plantation couvrait une sviperficie de 
M ares 88 et avait nécessité environ 100 kg. 
de li!l)ercules, d'une valeur de 50 francs à 
Matadi. Le 15 mars suivant, les tiges attei- 
gnaient 0"',iO à 0"',50 ; elles furent buttées. 
La lloraison commença le 1 " avril et la 
récolte le 11 mai; chaque pied fournit en- 
viron 700 grammes de tubercules, d(ï sorte 
([VM) 100 kg. de semence ont donné un ren- 
dement de 12.000 kg. laissant encore un 
bénéfice net de 400 francs. La grosseur des 
tubercules varie d'une bille à jouer à un 
gros (l'uf de poule ; ils sont fort bons, fari- 
nent un peu, mais ne possèdent pas la 
saveur de la pomme de terre d'l<]urope. Les 
tubeicules laissés en terre se sont ti-ès bien 
conservés pendant tnute la saison sèclie. 
c'est-à-dire, jus(|u'au 15 septembre. 

La plantation sur ados ayant paru donner 
les meilleurs résultats, je recommençai en 
octobre 18110 mes essais de culture en me 
servant, cette fois, de tubercules venus 
d'Europe et de ceux récoltés précédemment 
au Congo; mais la saison a été tellement 
sèche qu'il ne parait pas utile de consigner 
les résultats obtenus. 

A propos de la machine à récolter le coton 
de Lowry. 

D'après une brochure publiée par un des 
membres de la iiritish Colton Growing 



Asssocialion, peu de personnes actuelle- 
ment ont conliance dans l'avenir de la 
récolte mécanique du coton. Seul. M. le 
professeur Duce. vu. d'.\uburn .Mabama) 
pcTise (|ue l'inventeur est sur la Vdie de la 

véritable soluliun pr.iliquc et qu'il ri-us- 
sira. 

Ij'auirni' di' Im liriicliuri' rslinie au con- 
traire i|uc 11 (|ii.niliti'' di' riitiui récoltée à la 
macbiui', (jui serait le double de celle (pi'on 
peut lécolter à la main dans le même 
lem[)s, n'est pas suffisante pour compenser 
à la fois le prix d'arliat et di> eonduitc de 
la machine, et la peile causée |)ar la 
nécessite de cultiver le coton en lignes plus 
espacées. « En effet, dit-il. dan- la plupart 
des champs de coton que j'ai vus, aucune 
machine n'aurait raisonnal)leinenl pu 
passer sans détrnin' un grand nnmlire de 
lirauiiies, les interlignes étant souvent 
complètement couverts. Je n'ai pas ren- 
contré de personnes qui, ayant vu trav.iillei' 
la nuu hine, lui trouvent encore quelque 
chanci^ de succès ])ratique. » 

{{ien cntentlu, nous laissons à l'auteur 
la responsabilité entière de son opinion, 
qu'il avoue d'ailleurs ne pas être celle de 
tous, M. le |U'ofesseur Dn;(;AU trouvant au 
contraire l'idée prali(jue. Nous serions 
heureux de recueillir l'opinion de ceux de 
nos correspondants d'Amérique (|ui auront 
assisté h des essais de la machine Lowry. 
- F. M. 

La Gomme-Laque de l'Inde anglaise. 

statistiques 1905-1006. 
Du " Tropenpllanzer », dôcembre 1906 : 

Pendant l'année 11)05-1 OOG il a été exporté 
de l'Inde anglaise pour 14.1(52.000 roupies 
(2O.:!0O.000 marks; de shcllack à destina- 
tion des Étals-lnis, pour 9.421.000 rs. on 
Angleterre cl pour 4.i00.0()() rs. en Alle- 
magne. 

La demande \a toujours en augmentant, 
par suite des besoins croissants de l'in- 
dustrie électrique. 



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8« Année 



N" 74 



31 Août 19 01 



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Mexique, Amérique du Sud 

Antilles, Cdba, Porto-Rico 

PoNDiCHÉRY, Indo-Chine 
Philippines 

OCÉANIE 



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ÉTUDES ET DOSSIERS 

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