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Full text of "Journal d'agriculture pratique"

JOURNAL 



AGRICULTURE PRATIQUE 

FONDÉ EN 183*7 P4B ALEXANDRE BIXIO 






et J9iiRI^AL DE L'AGRICULTURE 






FONDÉ EN 1868, FlïsrON'NÉlAVEC LB- '^JOUwN/VL D'AGR[CULTy»»€ PRUTIQUE " Ef^ 1909 



H É D A CT E U R, E I^ CHEF : 
Hexry SAGIVIER, «> 

." :^f^rétair^ perpétuel de l'Académie >d'Agrici^.iaWV ' , -^ 

Ancien rédacteur en clief au Journal de l'Agriculture^ Membre du' Conseil supSri^fiir -dç l'AgridÉp^e.^ 



Secrétaire de la Rédaction : Ad.-J. CHARON 

Ingénieur agricole. 



^ ^* ANNÉE. — 192 1 , l'^-^^EMESTRE 

!>'onvelIe Série. — TOME 3^ 

'f 

ÏOMK 146 DB LÀ COLLRCriON COMPLÈTE OC «JaCKWAI. d'AoRICULTURB CHATIQUB 



PARIS 
libkaihih: agricole de la maison rustique 

I * LIBRAIRIE DE L'ACAD&MJE D'AGRICULTURE 



26, RUE JACOB, 2 

1 m 



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LIBRARY OF THE NEW YORK BOTAi .IC^U. CAR©.^ 



JOURNAL 



D'AGRICULTURE PRATIQUE 

et JOURNAL DE L'AGRICULTURE 

FUSIONNÉ AVEC LE JOURNAL D ' AG R 1 C U LT.U R Ej P R AT 1 Q U E E f^ l9 9 



85^ ANNÉE - 1921 , i'' SEMESTRE 
Nouvelle série. — T OU E 3 5 

TOMF, 146 DE LA COLLECTION COMPLÈTE DU JoURNAL d'AgRICULTUBK PRAIIQUK 



PRINCIPAUX COLLABORATEURS 



DU JOURNAL D'AGRICULTURE PRATIQUE 



H. d'Anchald, ingénieur agricole. 

P. Andouard, directeur de Station agronomique. 

P. Antoine, ingénieur agronome. 

James Aguet ^, agriculteur (Italie). 

Ardouin-Dumazet ift, publiciste. 

Octave Audebert, viticulteur (Gironde). 

Henri Aymé, apiculteur (Vaucluse;. 

G. Barbé, météorologiste au Bureau central. 

L. Barillot ift, artiste peintre. 

Fernand de Barrau, agriculteur (Aveyron). 

Maurice Beau, ingénieur agronome. 

A. Beckerich, ingénieur agricole. 

Berthault (Pierre), ingénieur agricole. 

G. Bodmer, dessinateur. 

E. Bonlet, Présid. du Syndicat agricole du Roumois. 
A. Bourilly, professeur à Técole d'agriculture d'Hyères. 
A. Bourgne, D"" honor. des Services agric. de l'Eure. 
L. Bourguignon, ^, ancien directeur du Journal 

d'A'iriculture pratique. 
L. Bréchemin, aviculteur. 

F. Bréheret ifit, inspecteur gén honor. de l'Agric. 
L. Brétignière *, professeur à Grignon. 

F. Briot, conservateur des Eaux et Forêts en retraite. 

Raymond Brunet, ingénieur agronome. 

J. M. Buisson ift, mandataire aux Halles centrales. 

L. Bussard ift, s-directeurde la Stat.d'es. de semenc. 

Georges Carie, directeur de l'Agricult. à Madagascar. 

Caziot (Pierre), ingénieur agronome. 

Chapelle, anc. directeur du Service de l'Oléiculture. 

Chervin, sous-directeur de l'Agriculture (Alger). 

E. Chomet i^;, propriétaire-éleveur (Nièvre). 
Charon Ad.-J.), ingénieur agricole. 

F. Couvert ^, ancien professeur à l'Institut agronom. 

G. Couanon, 0. îjjt, insp. génér. honor. de la viticulture. 
G. Coupan, ing. agr., répétiteur à l'Institut agron. 

F. Couston, ingénieur agricole, agriculteur (Algérie) 
J. Crevât, agriculteur (Ain). 

J. Crochetelle, directeur de Station agronomique. 
P. Dechambre, professeur à Alfort et à Grignon. 
A. Demolon, directeur de la Station agron. de 1 Aisne. 
H. Devaux,prof. à la Faculté des scieuces (Bordeaux). 
V. Ducomet, professeur à l'école d'Agr. de Grignon. 
R. Dupréift#, ingénieur agronome. 
Ferrouillat ^, dir. hon. de l'école nat. de Montpellier. 
FleurentîSt, prof, au Conservatoire des arts et métiers. 
E. Foëx, direct.de la Station de pathologie végétale. 

G. Fron, maître de conférences à l'Institut agronom. 
Garola '^, dir. de la Station agronom. d'Eure-et-Loir. 
U. Gayon, 0. ift, direct, hon. de la St. agr. de Bordeaux. 
A.-Ch. Girard, 0. ift, professeur à l'Institut agronom. 
Henry Girard jft, agriculteur. 

André Gouin fj», de l'Académie d'Agriculture. 

Raoul Gouin *ft, ingénieur agronome. 

Alfred Grau, ingénieur agronome. 

G. T.-Grignan, publiciste agricole. 

H. Grosjean, 0. »ft, inspect. gén. hon. de l'Agriculture. 

Ch. Guflroy, ingénieur agronome. 

J.-M. Guillon,;^, inspecteur général de la Viticulture. 

H. Hitier i^, maître de conférences à l'Institut agron. 

Joseph Hitier, professeur à l'Institut agronomique. 

Jacquet (J.-B.) agriculteur (Vosges). 

Jannin (Georges), ingénieur agrcole. 

E. Kayser, «Jî», direct, du laboratoire des fermentations. 

Labergerie, agriculteur (Vienne). 

S. G. de Laharpe, prnfess. d'agriculture (Charente). 

G. Bulharowski, ingénieur agronome. 

R. Clerc, ingénieur agronome. 

M. Laplaud ' --g, ingénieur agronome, agriculteur. 



H. de Lapparent,0. Jft, insp. gén. hon. de l'Agric. 
S. de Larclause, 0. îft, de l'Académie d'Agriculture. 
Lemasson La Morinière, professeur d'agriculture. 
Ernest Lemoine, ^, aviculteur. 
Eug. Leroux, direct, de l'école de Fayl-Billot. 
F. Lesourd, publiciste agricole. 
Pierre Lesne, assistant au Muséum 
L. Lindet, 0. *ft, de l'Institut et de l'Académie d'Agri- 
culture, professeur à l'Insticut agronomique. 
J.-E. Lucas, ingénieur agronome. 

F. Main, ingénieur agronome. 

L. Malpeaux, dir. de l'école d'agr. de Berthonval. 

H. Mamelle, maître de Conférences à Grignon. 

Louis Mangin, C. >^, de l'Institut et de l'Ac. d'Agric. 

Maurice Mangin ift, inspecteur des Eaux et Forêts. 

D"" Marchai ift, de l'Institut et de l'Ac. d'Agric. 

H. Marié-Davy, ingénieur agronome. 

Francis Marre, chimiste expert. 

L. Mathieu, directeur de Station œnologique. 

P. Mazé îft,chef de service à l'Institut Pasteur. 

J. Méline, sénateur. 

Ménard (G.), îft, ingénieur agronome. 

A. Menegaux, assistant au Muséum. 

Mercier des Rochettes, ingén. agron., agriculteur. 

E. Miège, chef de tra\aux à l'école de Rennes. 

N. Minangoin, Insp. honor. de l'agricult. (Tunisie). 

Pierre de Monicault, ingénieur agronome, député. 

S. Mottet, à Verrières (Seine-et-Oise). 

Dr G. Moussu ^, professeur à l'école d'Alfort. 

J. Nanot, 0. îft, direct, de l'école d'hortic. de Versailles. 

E. Noffray, botaniste cryptogamiste. 

R. Olry, ingénieur agronome. 

Rieul Faisant, du Comité de la vente du blé. 

G. Pageot, ^, agriculteur (Sarthe). 
Passelégue (G.), ingénieur agronome. 
D'' G. Patrigeon, iJ5;, viticulteur (Indre). 

G. Paturel. directeur de Station agronomique. 
Le baron Peers, agriculteur (Belgique). 
J. Pellissier, professeur d'agriculture (Lot-et-Gar.). 
Emile Pluchet ifi;, de l'Acddémied'Agric, ancien pré- 
sident de la Société des Agriculteurs de France. 
Eugène Pluchet, de l'Académie d'agriculture. 
E. Rabaté *ft, inspecteur général de l'Agriculture. 
L. et M. Rigotard, ingénieurs agronomes. 
M. Ringelmann 0. ift, professeur à l'Institut agron. 
Ernest Robert, présid. hon. du comice de St-Quentiu. 
A. Rolet, ingénieur agronome. 

Eugène Rouart, propriét. viticult. ^Haute-Garonne). 
E. Rousseaux «ft, Di'de Station agronomique. 
L. de Roussen, viticulteur. 
Paul Roux, agriculteur (Puy-de-Dùme). 
Emile Saillard ift, professeur à l'école de Douai. 
Comte de Saint-QueQtin,de l'Académie d'Agriculture. 
T. Sarazin, professeur d'agriculture. 
E. Schribaux, 0. »ft, professeur à l'Institut agronom. 
L. Tardy ift, maître de conférences à l'Inst. agron. 
Eug. Tisserand, G. C. Jfi!, membre de l'Institut. 
A. Truelle, de l'Académie d'agriculture. 
J. Van der Vaeren, insp. de l'agriculture (Belgique). 
Vidal (D''). C. >^, corresp. de l'Ac. d'Agriculture. 
J.-L. Vidal, anc. direct, de laStat. viticole (Charente). 
Jacques de Vilmorin, agronome. 
P. Vimeux, ingénieur agr-'nome. 
L. Vuafluart, directeur de Station agronomique. 
G. 'Warcollier, B'' de la Station pomologique. 
G. Wery, 0. ift, directeur de l'Institut agronomique, 
E. Zacharewicz, dir. des Services agric. (Vaucluse). 
D. ZoUa Jft. professeur à 1 École de Grignon. 



JOURNAL 



AGRICULTURE PRATIQUE 



FOKDÉ E?{ 1837 PAB ALEXANDRE BIXIO 



et JOURNAL DE L'AGRICULTURE 



LIBRAR' 
NEW YOl 
BOTANIC 

©ARDEI 



FONDE EN 1966. FUSIONNÉ AVE 



C LE '^ JOUR^JAL D'AGRICULTURE PRATIQUE " EN 1909 



RÉDACTEUR EN CHEF : 
Hexky SAGMER, 0. * 

Sccrulaire perpcluol de l'Académie d'Agriculture, 

Anc.e,. rédaoleur en chef du M.urnal de L'Agriculture, Membre du ConsoU supérieur de l'Aericullure. 

Membre honoraire de la Société Royale d'Agriculture dAnglelerre, etc. 



85« AM.NEK.- 192 1, 1- SEMIiSTRE. 
Xonvelle Série. — TOME 35 

Tome 146 ue la collection complets r,o <■ Jolunal d'Agricultlbe rn.TiooE » 












'■^ 



IP&t 







W-A'- 




PARIS 

LIBHAIHIE AGRICOLE OE LA MAISON RUSTIO^K 

LIBRAIRIE DE L'ACADÉMIE D AGRICULTURE 

26, RUE JACOB, 26 

1921 



l1^ 



JOURNAL 

D'AGRICULTURE PRATIQUE 



CHRONIQUE AGRICOLE 



Vote par le Parlement de deux douzièmes provisoires. — Maintien du régime de l'alcool industriel. — Date 
de la fixation des prix. — Le recrutement de la main-d'œuvre étrangère, — Interpellation au Sénat 
sur la réglementation du travail en agriculture. — Réponse du ministre de l'Agriculture. — Les récla- 
mations à propos de la cherté de la vie. — Les causes du mal indiquées par M. Méline. — Les remèdes 
à ces difficultés. — A propos du marché à terme sur les sucres. — La campagne sucrière à la date du 
15 décembre. — Nomination et changements de poste de directeurs départementaux des Services agri- 
coles. — Décret pour l'application de la loi relativement à l'enseignement féminin. — Prix fixés pour 
l'achat par l'Etat des tabacs indigènes de la récolte de 1920. — Alcool et pétrole. — Vœux émis par le 
Comice de Lille. — Prochain Congrès de l'Agriculture française à Alger. — Règles fixées pour les tran- 
sactions en matière de délits forestiers ou de pêche fluviale. — Cenfenaire du Comice agricole de 
l'arrondissement de Luoévilie. — Hommage à M. Paul Genay. — Dernier recensement du bétail en 
Allemagne. 



Douzièmes provisoires . ] 

L'année 1921 s'ouvre au milieu de condi- 
tions financières assez difficiles. Ainsi qu'il 
était trop facile de le prévoir, le budget de 
l'Etat n'a pas encore été discuté; le Parlement 
a dû se résigner à voter deux douzièmes pro- 
visoires pour les mois de janvier et de fé- 
vrier. Les dispositions ne diffèrent pas de 
celles fixées dans le budget de l'année 1920. 
Le régime de l'alcool industriel est main- 
tenu; sa production demeure réservée à 
l'Etat. A cette occasion, M. Taurines, député, 
a fait valoir que la loi du 30 juin 1916, en 
établissant ce régime, a fait à l'Etat l'obliga- 
tion de fixer dès le mois de janvier les prix 
d'achat de l'alcool; or, cette obligation n'a 
jamais été observée jusqu'ici. Le ministre 
d&s Finances lui a répondu que toute dili- 
gence serait faite pour que les prix des al- 
cools industriels soient fixés dès le mois de 
janvier. C'est la condition nécessaire pour 
que les cultivateurs de betteraves puissent 
conclure des marchés avec les distillateurs 
en vue de la prochaine campagne. 

La Commission des finances proposait le 
transfert au ministère du Travail des crédits 
ouverts antérieurement au ministère des Ré- 
gions libérées pour le recrutement de la 
main-d'œuvre étrangère. A la demande de 
M. de Monicault, la Chambre a décidé que 
les crédits afférents à la main-d'œuvre in- 
dustrielle seraient transférés au ministère 
du Travail, mais que ceux destinés au recru- 
tement de la main-d'œuvre agricole seraient 
réservés au ministère de l'Agriculture. 

La réglementation du travail agricole. 
Dans la séance du Sénat du 27 décembre, 
6 Janvier 1921. — N'o 1. 



M. Henry Chéron a déposé une demande 
d'interpellation sur les mesures que le Gou- 
vernement compte prendre pour combattre 
devant la Conférence internationale du Tra- 
vail la proposition d'extension de la loi de 
huit heures à l'agriculture, proposition dont 
la réalisation est impossible et qui paralyse- 
rait toute production agricole. 

Après avoir rappelé combien cette exten- 
sion est utopique, M. Chéron a signalé l'émo- 
tion provoquée chez les agricuUeurs par cer- 
tains bruits d'après lesquels les représen- 
tants de la France devront conclure favora- 
blement sur une telle proposition. « Il im- 
porte, a-t-il dit, de couper court à toute 
équivoque et de lever tout doute à cet égard. 
Il faut que le Gouvernement déclare qu'il 
donnera des instructions formelles à ses re- 
présentants pour combattre ce projet. » 

Dans la séance du 30 décembre, M. Ricard, 
ministre de l'Agriculture, a répondu qu'il 
est impossible de 'prévoir une convention in- 
ternationale réglant Je travail agricole, et 
que le Gouvernement s'est déjà préoccupé 
de faire retirer la question de l'ordre du 
jour de la Conférence de Genève. 

La cherté de la vie. 

L'année 1920 a été remplie des plaintes et 
des récriminations contre les prix inconnus 
jusqu'ici de la plupart des denrées de con- 
sommation courante ; Tannée nouvelle s'ouvre 
avec les mêmes préoccupations. Le fait n'est 
pas spécial à la France ; de quelque côté qu'on 
se tourne, on entend les mêmes gémisse- 
ments; ce n'est pas seulement en Europe, 
c'est aussi en Amérique, en particulier aux 
Etats-Unis, qu'ils se produisent avec une 

Tome I. — 1 



CHRONIQUE AGIUCOI.K 



égale intensité. La généralité du phénomène 
devrait amener à reconnaître qu'il est sous la 
dépendance de causes supérieures qui domi- 
nent partout et qui ne peuvent disparaître 
que lentement. Chez nous, au contraire, on 
accuse l'esprit de lucre des producteurs, c'est- 
à-dire des agriculteurs, âpres au gain; il ne 
se passe presque pas de jour où ceux-ci ne 
soient violemment voués à la vindicte pu- 
blique et aux gémonies. On voit même cer- 
tains tribunaux s'approprier ces errements 
et, dans .les {affaires de vente de lait, par 
exemple, dédaigner les instructions judi- 
cieuses qui leur ont été données. 

Dans une étude qu'il a publiée récemment 
dans La Revue de la Semaine, sur ce sujet 
palpitant de la vie chère, M. Méline a montré 
avec précision les causes du mal et indiqué 
les moyens pratiques de le conjurer, sinon 
immédiatement, du moins avec le temps qui 
est un facteur essentiel pour la solution. 
Deux causes principales dominent la situa- 
tion : la diminution dans la production et la 
multiplicité des agioteurs qui cherchent à 
faire fortune sans travailler. 

La première cause est la conséquence de la 
guerre; on travaille à la faire disparaître. 
M. Méline rend justice aux producteurs dans 
ces termes : 

Il faut rendre cette justice à la masse des pro- 
ducteurs qu'ils travaillent plus ariiemment que 
jamais, et si la loi sur la journée de huit heures 
n'avait pas paralysé notre marche en avant, nous 
serions déjà bien près du but. Heureusement, 
elle n'a pas été appliquée à l'agriculture et c'est 
ce qui nous a empêché de mourir de faim. De ce 
côté, nous pouvons du moins être rassurés pour 
l'avenir. 

Nos agriculteurs ont fait plus que leur devoir 
et ceux qui les accusent d'être responsables de 
la vie chère sont aussi injustes qu'aveugles. S'ils 
prenaient la peine d'analyser les prix de revient 
des produits agricoles qui subissent encore plus 
que d'autres le renchérissement des matières 
premières, ils seraient obligés de reconnaître 
que les bénéfices de l'agriculture sont, en réa- 
lité, inférieurs à ceux de la plupart d«s indus- 
tries, à ceux du commerce surtout, et qu'ils ré- 
sultent bien plus de son esprit d'économie que 
de ses prix de vente. 

Il y a donc lieu d'espérer que notre situation 
alimentaire ira sans cesse en s'améliorant; mais 
il ne faut pas nous le dissimuler, avant que 
l'équilitire soit rétabli entre la production et la 
consommation, nous sommes condamnés à tra- 
verser une période de transition très pénible qui 
nous obligera à prendre des mesures exception- 
nelles pour obvier à l'insuffisance de la produc- 
tion. La première de toutes après l'augmentation 
de la production est l'obligation d'économiser le 
plus possible; c'est un devoir qui s'impose à 



chacun de nous, à quelque classe de la société 
que nous appartenions, de ne consommer que le 
strict nécessaire et d'éviter le gaspillage en tout. 
Celui qui gaspille devrait se .dire qu'il diminue la 
part de ceux qui manquent de tout et qu'il est 
une des causes de la vie chère. 

Mais ni l'accroissement dans la production 
ni l'économie dans la consommation ne suf- 
firaient pas à rétablir l'équilibre. Il faudrait 
avoir raison de ceux que M. Méline appelle 
les écumeurs de l'alimentation publique ou 
les mercanlis, qui « prélèvent sur le con- 
sommateur et même sur le commerce hon- 
nête une dîme formidable. » Les mesures 
administratives qui ont été prises, en parti- 
culier sur le commerce de la viande, parais- 
sent n'avoir eu aucune efficacité. Il faut donc 
chercher d'un autre côté. « L'impuissance 
de la police et des tribunaux étant aujour- 
d'hui bien démontrée, dit M. Méline, on a 
fini par comprendre qu'il ne restait plus aux 
consommateurs qu'à prendre eux-mêmes en 
main leur propre défense et à s'organiser 
pour la lutte contre la bande des spécula- 
teurs qui pullulent partout. A la ligue des 
mercantis et des spéculateurs, opposons la 
ligue de tout le monde, celle des consomma- 
teurs eux-mêmes, et hàtons-nous de l'orga- 
niser; celle-là est sûre, si elle le veut bien, 
d'avoir le dernier mot, » L'éminent homme 
d'Etat enregistre les premiers groupements 
qui se sont créés à Paris et dans d'autres 
villes; il en fait ressortir la valeur et il 
montre combien ils méritent d'être encou- 
ragés par des adhésions actives de plus en 
plus nombreuses. Ces organisations, avec 
lesquelles les agriculteurs ne demandent 
qu'à s'entendre, seront certainement plus 
efficaces que toutes les mesures adminis- 
tratives. 

Le marché des sucres. 
Dans la séance de la Chambre des Députés 
du 29 décembre, M. Macarez et un certain 
nombre d'autres députés ont présenté une 
proposition de résolution relative au réta- 
blissement du marché à terme sur les sucres 
à la Bourse de commerce de Paris. Cette 
proposition a été renvoyée à la Commission 
du Commerce et de l'Industrie, sous réserve 
de l'avis de la Commission de l'Agriculture. 
Il est à désirer, ainsi que nous l'avons in- 
diqué précédemment, qu'une solution inter- 
vienne rapidement sur ce sujet. 

La campagne sucriére. 
La campagne de fabrication du sucre est 
en pleine activité. D'après les documents 
publiés par la Direction générale des Con- 



CHRONIQUE 

Iributions indirectes, à la date du 1^ dé- 
cembre, sur les 69 fabriques ea activité au 
cours de celle campagne, 12 avaient terminé 
les travaux de défécation. Sur ces 69 fabri- 
ques, on n'en compte que 16 dans les dépar- 
lements particulièrement éprouvés par la 
guerre, savoir : 3 dans l'Aisne, 3 dans le 
Nord, 6 dans le Pas-de-Calais et 4 dans la 
Somme; ^or, ces départements, qui comp- 
taient avant la guerre 152 sucreries, étaient 
alors les principaux producteurs de sucre. 
Au 15 décembre, les quantités totales de 
sucre extraites des turbines, c'est-à-dire 
définitivement fabriquées , s'élevaient à 
225 366 tonnes, au lieu de 125 680 à la 
même date de la campagne précédente. 
La différence est importante, et elle paraît 
devoir s'accentuer encore. En effet, d'après 
la dernière enquête communiquée par le 
Syndicat des fabricants de sucre (29 décem- 
bre), la production totale paraît devoir at- 
teindre 293 614 tonnes (en raffiné), au lieu 
de 152 604 en 1919-20. 

Services agricoles départementaux. 

Par arrêté du ministre de TAgricullure en 
date du 24 décembre, il a été pourvu comme 
il suit à la nomination de directeurs des Ser- 
vices agricoles ; 

Puy-de-Dôme : M. Veyret (Jean), professeur 
d'agriculture, adjoint à la direction des Services 
agricoles de ce départemeni, en remplacement 
de M. Gillin, en service détaché. 

Basses-Pyrénées : M. Guyonnet (Georges), pro- 
fesseur d'agriculture à Saint-Jean-d'Angély, en 
remplacement de M. Breil, admis à faire valoir 
ses droits à la retraite. 

Loiret : M. Bernard (Luc), professeur d'agri- 
culture, adjoint à la direction des Services agri- 
coles de risère, en remplacement de M. Donon, 
en congé illimité. 

Manche : M. Vinet (Jean-Marie), professeur 
d'agriculture, adjoint à la direction des Services 
agricoles de la Seine-Inférieure, en remplace- 
ment de M. Servit), appelé à un autre poste. 

Ain ; M Duc (Louis-Félix-Marius), professeur 
d'agriculture à Louhans (Saône-el-Loire), en 
remplacement de M. Garapon, appelé à un autre 
poste. 

Haute-Savoie : M. Dussert (Jules-Séraphin), 
professeur d'agriculture, adjoint à la direction 
des Services agricoles de la Drôme, en rempla- 
cement de M. Michon, appelé à un autre poste. 

Ces nominations ont été la conséquence 
d'un concours ouvert récemment. 

D'autre part, ont été appelés : M. Métayer 
(Anatole-Isaïe), directeur des Services agri- 
coles au Puy (Haute-Loire), à la direction 
des Services agricoles de Maine-et-Loire, en 
remplacement de M. Morain, admis à faire 



AGKICOLE 7 

valoir ses droits à la retraite; M. Michon 
(Louis-Auguste), directeur des Services agri- 
coles à Annecy (Haute-Savoie), à la direction 
des Services agricoles de la Haute-Loire, en 
remplacement de M. Métayer; M. Garapon 
(Louis-Jules-Alphonse), directeur des Ser- 
vices agricoles à Bourg (Ain), à la direction 
des Service" gricoles du Doubs, en rempla- 
cement de M. Roussef, appelé à un autre 
poste. 

Enseignement agricole féminin. 

Le Journal Officiel du 30 décembre a pu- 
blié un décret portant règlement d'adminis- 
tration publique pour l'application de la loi 
du 2 août 1918, en ce qui concerne l'ensei- 
gnement agricole pour les jeunes filles. Les 
règles relatives au fonctionnement des écoles 
ménagères agricoles fixes, temporaires ou 
ambulantes sont déterminées par ce décret ; 
ces règles ne paraissent pas différer beaucoup 
de celles qui ont été appliquées jusqu'ici. 

Une innovation importante est inscrite 
dans l'article l^"" de ce décret. Cet article 
consacre définitivement l'adnriission des 
jeunes filles à l'Institut national agrono- 
mique. Elles peuvent prendre part au con- 
cours d'admission, être reçues au même 
titre que les jeunes gens et obtenir dans les 
mêmes conditions le diplôme d'ingénieur 
agronome ou le certificat d'études. 

Les prix des tabacs indigènes. 
A la suite des décisions de la Commission 
chargée de fixer les prix des tabacs indigènes 
de la récolte 1920, les tabacs corsés et les 
tabacs légers de cette récolle, qui sont ache- 
tés pour le compte de l'Etat, seront classés 
en cinq qualités. Ces tabacs seront payés 
pour toutes les variétés dont la culture est 
autorisée aux prix suivants : 

Ire qualité 460 fr. 

2e qualité , 410 

3' qualité 350 

4'^ qualité 330 

5« qualité 220 

A litre d'encouragement à la culture, les 
tabacs indigènes de la récolte de 1920 de 
tous les départements et de toutes les va- 
riétés dont la culture est autorisée bénéfi- 
cieront d'une prime de 10 fr. par 100 kilogr., 
qui sera accordée, sans distinction de qua- 
lité, en sus des prix ci-dessus, à l'ensemble 
ou à partie d'une livraison de feuilles bien 
conservées et bien triées. 

En outre, des primes spéciales sont pré- 
vues pour les planteurs de quelques dépar- 
tements qui présenteront, en dehors de leurs 
tabacs ordinaires^ des balles de feuilles par- 



8 CHRONIQUE 

faitement conservées et spécialement triées 
pour servir à des robes de rôles ou pour 
robes de cigares, suivant des types établis 
par Tadministralion. 

Alcool et pétrole. 

Dans une de ses récentes réunions, le Co- 
mice de l'arrondissement de I lie, sous la 
présidence de M. Georges Guilbaut, a adopté 
les conclusions d'un rapport de son secré- 
taire général, M. Numa Rousse, sur la né- 
cessité de développer l'emploi de l'alcool 
comme carburant, afin de provoquer l'exten- 
sion de la distillerie agricole et de la culture 
de la betterave. Les conclusions en ont été 
formulées sous forme de vœu, comme il 
uit : 

Que le Gouvernement Français pi'enne d'ur- 
gence toutes dispositions utiles pour que l'alcool 
carburant puisse être abondamment produit et 
constamment livré à un prix avantageux, tou- 
jours inférieur ou tout au moins à la parité des 
prix du pétrole; 

Que le Gouvernement favorise la reconstitu- 
tion et la création des distilleries agricoles dans 
la région du Nord, en particulier dans les ré- 
gions dévastées par la guerre; 

Que les agriculteurs producteurs de bette- 
raves et les propriétaires ou co-propriétaires de 
distilleries agricoles jouissent d'un régime spé- 
cial de consommation individuelle, pour l'ali- 
mentation en alcool carburant de leurs moteurs 
agricoles, tracteurs et automobiles, dans le 
même esprit que cela se pratique pour la con- 
sommation familiale des eaux-de-vie de raisins 
et de fruits. 

Dans la loi relative aux deux premiers 
douzièmes provisoires, le régime actuel est 
maintenu; l'Etat est, comme il est indiqué 
plus haut, le seul acheteur de l'alcool indus- 
triel produit en France. La réalisation des 
vœux du Comice de Lille dépend donc de sa 
volonté. 

Congrès agricole à Alger. 

La Confédération nationale des Associa- 
tions agricoles, dont M. Léon Gautier est le 
président et M. Henry Girard le secrétaire 
général, avait décidé que le prochain Congrès 
de l'Agriculture française se tiendrait à Alger 
au courant du mois de mars prochain. Afin 
de faire coïncider cette réunion avec le Con- 
cours agricole qui se tiendra dans cette ville 
dans le courant du mois d'avril, le Comité 
de la Confédération a décidé que son Congrès 
s'y tiendra du 21 au 23 a^Til. 

Comice de Lunéville. 

Le Comice agricole de l'arrondissement de 
Lunéville (Meurthe-et-Moselle), créé le G no- 



AGRIGOLE 

vembre 1820, a décidé de célébrer son cen- 
tenaire par une fête dont la date a été fixée 
au 12 janvier. Cette fête coïncidera avec la 
remise officielle de la croix de la Légion 
d'Honneur qui a enfin couronné la longue et 
laborieuse carrière de M. Paul Genayqui a été 
président du Comice pendant une trentaine 
d'années et qui a été l'initiateur de tous les 
progrès réalisés dans la région. 

Délits forestiers et délits de pêche. 

On sait que l'administration des Eaux et 
Forêts est chargée non seulement de la pour- 
suite des délits forestiers, mais aussi de celle 
desdélits de pêche dans lescours d'eauautres 
que les canaux et rivières canalisées. En 
vertu d'un décret en date du 22 décembre, 
les transactions sur la poursuite de tous dé- 
lits et contraventions constatés à la diligence 
d'administration deviennent définitives dans 
les conditions suivantes : 

1° Par l'approbation des conservateurs des 
Eaux et Forêts lorsque les condamnations en- 
courues ou prononcées, y compris les répara- 
tions civiles, ne s'élèvent pas au-dessus de 
3 000 fr.; 

2° Par l'approbation du directeur général des 
Eaux et Forêts lorsque les condamnations sont 
supérieures à 3 000 fr. sans dépasser G 000 fr.; 

3" Par l'approbation du ministre de l'Agricul- 
ture lorsque les condamnations s'élèvent à une 
somme supérieure à 6 000 fr. 

Ce décret abroge toutes les dispositions 
prises antérieurement sur ce sujet. 

Recensement du bétail en Allemagne. 

Les résultats du dernier recensement du 
bétail en Allemagne ont été publiés. Voici la 
comparaison des efl"ectifs en 1919 et en 
1920 : 

l" septembre l" septembre Aug- 

Espèces. 132Ù. 1919. monlation. 

têtes têtes tètes 

Bovine 16 904 576 16 387 796 + 516 580 

Ovine 6 629 813 5 791 382 -j- 838 431 

Porcine 14 269 497 11 173 320 4-3 096 177 

Caprine 4 874 976 4 6G6 098 -\- 208 878 

Le nombre des vaches laitières est passé 
de 7 800 383 en septembre 1919 à 7 993()2o 
en septembre 1920. Ce rapprochement est 
une démonstration nouvelle de la mauvaise 
foi insigne du Gouvernement allemand quand 
il prétend qu'il ne peut remplir ses engage- 
ments relativement à la restitution du bétail 
volé par ses armées en France et en Bel- 
gique. 

Henry Sagnier. 



L' " OMNIUM AGHICOLE " 



U'OMINIUM AGRICOLE 



»> (1) 



J'ai riionneur de déposer sur le bureau de 
l'Académie ce splendide ouvrage, qui est 
d'une haute portée agricole. C'est un grand 
dictionnaire d'agriculture qui vient d'être 
édité par la maison Hachette sous ce titre : 
Omnium agricole. 

Je n'ai pas besoin d'insister sur l'impor- 
tance que présente un dictionnaire agricole. 
11 est plus nécessaire encore pour l'Agricul- 
ture que pour toutes les autres branches de 
la production. Je ne crois pas qu'il y ait au- 
jourd'hui une industrie qui n'ait pas son dic- 
tionnaire. L'Agriculture a attendu le sien 
pendant bien longtemps. C'est qu'un diction- 
naire agricole présente d'éncrmes difficultés 
•d'exécution, puisque l'agriculture comprend 
plus de formes que toutes les autres indus- 
tries réunies. 

Aussi, jusqu'en 1886, n'existait-il pas de 
dictionnaire agricole. Celle année-là seule- 
ment, un agronome éminent, bien connu de 
nous tous, un des plus grands promoteurs 
du progrès agricole, M. Barrai, avait entre- 
pris la publication d'un dictionnaire agri- 
cole; mais il ne serait pas arrivé au but qu'il 
poursuivait s'il n'avait eu l'heureuse inspira- 
tion de s'adjoindre un coadjuteur infatigable 
comme lui, possédant à la fois la science et 
la foi, la connaissance de toutes les ques- 
tions agricoles, une rare clarté d'esprit, qua- 
lités qui ont fait de lui une des colonnes du 
monde agricole actuel ; j'ai nommé notre 
éminent secrétaire perpétuel, M. Sagnier. 

Lorsque M. Barrai mourut à la peine, c'est 
M. Sagnier qui acheva son œuvre et c'est le 
dictionnaire Barrai qui, jusqu'à ces derniers 
temps, a été le livre de fond de toutes les bi- 
bliothèques agricoles. 

Mais, depuis 189:2, le temps a marché; 
l'agriculture a fait des pas de géant et le dic- 
tionnaire Barrai est devenu manifestement 
insuffisant pour éclairer la route de l'Agri- 
culture nouvelle. C'est encore M. Sagnier qui 
l'a compris et il a entrepris de refaire un dic- 
tionnaire agricole, qui ne soit pas une re- 
fonte, mais une a^.uvre entièrement nouvelle. 

Allant plus loin que Barrai, M. Sagnier 
s'est entouré d'une élite de collaborateurs 

(1) Goiiimunication à l'Académie d'Agiicullure 
(séance du 2.1 décembre). — Otmiium cu/ricole, Dic- 
tionnaire pra/ique de i\if/ricuUure moderne, publié 
sous la direction de Henry Sagnier. — Vn fort vo- 
lume grand in-4® avec 30 planclies en couleur et en 
noir et plus de 1 000 gravures dans le texte. Librairie 
Hachette, a Paris. — Prix :] bruche, SO fr. ; relié, 
100 fr. 



dont les noms seuls donnent toute sa valeur 
au nouveau dictionnaire qui vient de pa- 
raître. Vous me permettrez de détacher les 
principaux, pour vous permettre de mesurer 
la valeur et l'autorité de VOnmium agricole. 

Malheureusement un certain nombre d'en- 
tre eux sont morts pendant la période de 
préparation, mais ils avaient eu le temps 
d'apporter leur pierre à l'édifice. Le premier 
a été M. François Berthault, le si excellent 
directeur de l'Agriculture, dont on a pu dire 
qu'il était un autre Tisserand; après lui, 
Albert de Lapparent, Adolphe Carnot, Joulie, 
Marcel Vacher, Philippe de Vilmorin. Ils ne 
sont plus, mais leur souvenir reste consacré 
parle nouveau dictionnaire. 

Les principaux collaborateurs vivants sont 
représentés par nos plus éminents confrères 
de l'Académie. Il fau! citer leurs noms parce 
qu'ils méritent toute la reconnaissance du 
monde agricole. Ce sont MM. Schribaux, Hi- 
tler, Lindet, Henri de Lapparent, Mangin, 
Bouvier, Ringelmann, Viala, Couvert, Dy- 
bowski. Et, à côté d'eux, des agronomes bien 
connus et de premier ordre. MM. Lemoine, 
Pierre Berthault, Edmond Fourel, Cadiot, 
Pierre Passy, Louis Ammann, etc. 

C'est tout l'état-major du monde agricole. 

Ce dictionnaire n'est pas purement didac- 
tique; c'est avant tout un ouvrage de vulga- 
risation. Les auteurs ont très bien compris 
que, pour le faire lire, il fallait le rendre non 
seulement instructif, mais attrayant. Les ar- 
ticles sont clairs, précis. S'ils sont scientifi- 
ques, ils sont à la portée de toutes les intel- 
ligences. L'obscurité de certains sujets dis- 
parait par l'introduction de vignettes photo- 
graphiques qui les éclairent tellement que 
les plus ignorants peuvent les comprendre. 

Tel est l'ensemble de l'œuvre, qui est mise 
maintenant à la disposition du monde agri- 
cole. Je lui souhaite la bienvenue, mais je 
n'ai pas besoin de lui souhaiter le succès, car 
il est assuré. C'est presque un meuble nou- 
veau qui va entrer dans la plupart de nos 
fermes. H pénétrera aussi, je n'en doute pas, 
dans toutes les bibliothèques du monde en- 
seignant. 

H faut surtout qu'il trouve sa place dans 
toutes nos bibliothèques communales afin 
(lue nos instituteurs l'aient à leur disposi- 
tion. Ils en ont grand besoin à l'heure ac- 
tuelle pour développer l'enseignement post- 
scolaire. C'est une sorte de Bible de l'ensei- 
gnement post-scolaire. 



10 



LES BLÉS SUR CEREALES ET LES ENGRAIS 



Voilà ce qu'en quelques mots je voulais 
dire de cette œuvre considérable. Je suis 
bien certain d'être votre interprète en expri- 
mant notre reconnaissance particulière à 
tous ceux qui y ont collaboré et au principal 



d'entre eux, à notre cher secrétaire perpé- 
tuel. Ils auront ainsi largement contribué, 
ils peuvent le dire avec fierté, à la marche en 
avant de l'Agriculture française. 

J. MÉLINE. 



LES BLÉS SUR CÉRÉALES ET LES ENGRAIS 



Un agriculteur du Soissonnais, Charles 
Duval, dont la disparition pendant la guerre 
fut cruellement ressentie par ses collègues et 
par tous ceux qui avaient suivi ses remar- 
quables travaux, s'était préoccupé, quelques 
années avant 1914, de rechercher les meil- 
leures conditions de culture des blés sur 
céréales (1). Dans les fermes où les plantes 
sarclées de toute nature jouent un rôle 
limité, oîi le bétail n'est pas nombreux, c'est 
évidemment à la production des céréales que 
l'on songe pour tirer un parti avantageux du 
sol; et, parmi les céréales, le blé apparaît, 
dans l'ensemble de notre agriculture, comme 
le pivot des combinaisons culturales. 

Avec un assolement à forte proportion de 
blé, on a la ressource d'ensemencer deux 
blés l'un après l'autre; ce système, qui est 
appliqué sur certains points de la Brie (2), 
n'est pas sans danger au point de vue du 
piélin; on opère ainsi pour ne pas accroître 
retendue consacrée à l'avoine. Ch. Duval 
préférait varier ses productions, et c'est bien 
la solution dont l'adoption peut être la plus 
large; à cet effet, il préconisait d'intercaler 
entre deux blés une autre céréale, avoine, 
orge ou seigle, suivant la nature des terres 
et le cours des produits. 

Trois céréales consécutives conduisent à 
un salissement rapide du sol lorsqu'on ne 
conserve pas une étendue suffisante en 
plantes sarclées, ou lorsque les cultures 
fourragères ne laissent pas les terres libres 
assez [tôt pour que le sol soit bien travaillé 
avant le blé. Le système Jean répond à des 
préoccupations de cette nature (3), mais 
nous estimons que l'application en est res- 
treinte, et l'on serait amené à entrevoir l'uti- 
lité d'une jachère ou d'une demi-jachère 
revenant à intervalles éloignés, en vue de 
maintenir le sol propre. A défaut, les travaux 
de déchaumage doivent donc être particu- 

(1) Voyez Journal d'Agriculture pratique^ 1912, 
t. II, page 524. 

(2) Type de succession de cultures : betteraves, 
blé, blé de mars, avoine, luzerne pendant deux ans, 
blé. 

(3) Voir Jou)~nal cV Agriculture pratique du 29 juil- 
let 1920, page 91. 



lièrement soignés, et la préparation des 
terres pour le second blé, venant en troi- 
sième céréale, demande une attention toute 
spéciale. 

D'autre part, la répétition de la culture 
des céréales correspond à une agriculture 
épuisante; comme le bétail n'est pas abon- 
dant, il faut alors s'appuyer, en ce qui con- 
cerne l'azote, soit sur la luzerne ou toute 
autrejLégumineuse améliorante pour laquelle 
un débouché existe, soit sur les engrais azo- 
tés à haute dose, le sol recevant en outre les 
engrais phosphatés et polassiques néces- 
saires. 

Les entretiens que l'un d'entre nous avait 
eus avec Charles Duval ont ainsi conduit à 
l'élaboration d'un programme d'expériences 
relatives à l'étude de l'emploi des engrais 
pour les blés de céréales. L'exécution en 
avait été commencée dès 1913-1914 avec la 
collaboration de M. F. Lévêque, alors chef de 
travaux d'agriculture à Grignon, nous l'avons 
reprise en 1919-1920. La première année, les 
essais ont porté sur l'emploi du nitrate de 
soude et du superphosphate, la seconde an- 
née sur les conditions d'emploi du nitrate de 
soude et du sulfate d'ammoniaque. 

Afin de ne pas provoquer de généralisation 
excessive des résultats qui vont être rappor- 
tés, rappelons que le sol du champ d'expé- 
riences est de consistance moyenne, faible- 
ment argilo-calcaire, et que ce sol repose sur 
un sous-sol perméable. 

I. Essais de 1913-1914. — 1'''' série. Emploi 
du nitrate de soude. — Terrain ayant porté 
des vesces fumées en 1910-1911, du blé en 
1911-1912, de l'avoine grise d'hiver mois- 
sonnée au début de juillet en 1912 1913. 
Après l'enlèvement de l'avoine, le terrain fut 
déchaumé avec le cultivateur canadien, puis 
reçut un labour moyen de l;! à 18 centi- 
mètres dans la seconde quinzaine de sep- 
tembre. Le 24 octobre, 500 kilogr. de super- 
phosphate 14/16 étaient épandus unifor- 
mément et les parcelles suivantes étaient 
délimitées: 

1° Sans nitrate de soude ; 

2° 300 kilogr. de nitrate dont 50 à l'au- 



LES BLÉS SUR CÉRÉALES ET LES ENGRAIS 



11 



tomne, 250 au printemps [en deux fois ; 

3° 300 kilogr. de nitrate au printemps, en 
deux fois; 

4" 500 kilogr. de nitrate, dont 100 à l'au- 
tomne et 400 au printemps en deux fois. 

En application de ce programme, on se- 
mait donc, le même jour que le superphos- 
phate, 50 kilogr. de nitrate dans la série i et 
100 kilogr. dans la série 4. Les engrais 
étaient enfouis à la herse et, le 25 octobre, 
on procédait au semis du blé Hijbride du 
Trésor^ en lignes distantes de 18 centimètres 
et à raisen de 180 kilogr. de semence à l'hec- 
tare. Un hersage terminait les opérations, la 
terre plutôt fraîche et non soulevée ne de- 
mandant pas de tassement. 

L'hiver endommagea les cultures, mais la 



gelée ayant atteint également les différentes 
parcelles, l'expérience fut poursuivie. Une 
première application de nitrate était faite le 
10 mars, à raison de 125 kilogr. sur la par- 
celle 2, de 150 kilogr. sur la parcelle 3, de 
200 kilogr. sur la parcelle 4; le même jour 
le terrain recevait un hersage. La deuxième 
application de nitrate eut lieu le 1*' avril ; 
des circonstances diverses retardèrent le 
roulage jusqu'au 23 avril. 

Rien d'anormal ne se produisit au cours 
de la végétation; dès le courant de juin, 
l'infériorité du blé n'ayant pas reçu de nitrate 
était manifeste et la meilleure apparence 
existait dans les parcelles à 300 kilogr. de 
nitrate; pas de piétin. 

Au battage, on constatait les résultats sui- 
vants : 



Nature des essais. 



Total. 



Poids à l'hectare. 



Paille. 



Excédents 
dus au nitrate. 



Grain. 



[Paille. 



Grain. 



Paille p. 100 
de grain. 



kilogr. 



1. Sans nitrate 2 

2. 300 k. 50 automne, 250 piin- 

temps 3 

3. 300 k. : printemps 3 

4. 500 k. : 100 automne, 400 prin- 

temps 3 



912 

872 
672 



576 



kilogr. 

1 616 

2 256 
2 200 

2 184 



kilogr. 
8SÔ 



1 162 
1 068 



1 008 



kilogr. 



640 
584 



kiloar. 



276 
182 



122 



182 

194 
206 

217 



Cette première série fait apparaître l'in- 
tluence très sensible du nitrate, les excédents 
variant de 13.7 à 31.8 0/0 pour le grain, de 
33.1 à 39.6 0/0 pour la paille. Il convient 
de retenir que le résultat le meilleur a été 
obtenuavec l'emploi de 300 kilogr. de nitrate, 
dont 50 à l'automne; la différence avec la 
parcelle qui a reçu les 300 kilogr. de nitrate 
au printemps n'est pas considérable ; une 
quantité de 500 kilogr. n'a pas produit de ré- 
sultat en rapport avec cette forte dose 
d'azote. 

L'examen de la constitution des récoltes 
permet des constatations intéressantes : 
dans la meilleure parcelle, qui a reçu une 
fumure bien équilibrée, le rapport de la 
paille au grain est de 194 à 100, ce rapport 
devient plus large avec la parcelle 3, plus 
encore avec la piircelle 4 ; sans azote, le blé de 
la parcelle 1 a mal utilisé le superphosphate, 
insuffisance de l'appareil végétatif, rapport 
182 sur 100; en 3, pas d'azote à l'automne, 
apport plus important au printemps, produc- 
tion encore bonne de paille, mais mauvaise 
utilisation des autres éléments, le rapport 
passe à 20G sur 100. Pour 4, trois hypo- 
thèses à envisager : inutilité de 100 kilogr. 



à l'automne, apport qui a pu se traduire par 
des pertes d'azote ; doses excessives au prin- 
temps ou qu'il eût été préférable de frac- 
tionner davantage, d'échelonner sur une pé- 
riode plus longue en commençant plus tôt; 
insuffisance de superphosphate ; résultat, 
une mauvaise formation de grain par rap- 
port à la paille qui se présente dans la 
proportion excessive de 217 0/0. 



2" série. Emploi du superphosphate. — Pa- 
rallèlement dans un terrain ayant porté les 
mêmes récoltes, des parcelles étaient tracées 
pour recevoir des doses variables de super- 
phosphate : 300, 500 et 1 000 kilogr. à l'hec- 
tare. 

Sur l'ensemble des parcelles, y compris 
celle ne recevant pas d'engrais phosphaté, 
on épandait 300 kilogr. de nitrate, dont 50 à 
l'automne et !250 au printemps en deux fois. 
Le superphosphate était incorporé au sol 
avant le semis, qui avait lieu le 25 octo- 
bre 1913 dans les mômes conditions que ci- 
dessus. 

Aucune remarque spéciale ne fut faite au 
cours de la végétation et, au battage, on ob- 
tenait : 



12 



UTILISATION DES MOTEURS D'AUTOMOBILES 



Kalure des essais. 



1 . Sans superphosphate 

2. 300 k. superphosphate 

3. 500 k. — 

4. 1 000 k. — 













Excc 


■dénis dus 






Poid 


s à l'hec 


tare. 




au superpl 


osphale. 


Paille p. lOO 
de grain. 


Total. 




Paille. 




Grain. 


Paille. 




Grain. 


kilogr. 




kilogr. 




kilogr. 


kilogr. 




kilogr. 




3 120 




i 840 




944 


» 




» 


195 


3 112 




1 880 




904 


40 




— 40 


208 


3 880 




2 184 




1 156 


344 




+ 206 


190 


3 521) 




2 088 




1 040 


248 




+ 96 


20J 



Il est assez curieux d'observer ici que c'est 
la dose de oOO ivilogr. qui a produit le meil- 
leur résultat, exactement comme dans la pre- 
mière série d'essais, avec un rapport de la 
paille au grain de 190/100, assez voisin de 
celui de 194/100; les autres parcelles sont 
caractérisées par un rapport plus large de la 
paille au grain. 

Avec nitrate sans superphosphate, résul- 
tats meilleurs que dans la première série 
avec superphosphate sans nitrate ; 300 kilog. 
de superphosphate sont sans influence sur 
le produit. Avec une très forte dose de su- 
perphosphate, il y a certainement insuffi- 
sance d'azote'; peut-être pourrait-on rappro- 
cher ces dernières observations de celles qui 



furent faites à Grignon, en 1911, dans de& 
essais sur les engrais radio-actifs : certaines 
des parcelles traitées au superphosphate seul 
accusèrent des diminutions de rendement. 
Retenons donc des expériences de 1913- 
1914 l'intérêt d'une association judicieuse 
des deux éléments azoté et phosphaté, sui- 
vant la proportion de 45 kilogr. d'azote pour 
75 d'acide phosphorique dans le cas consi- 
déré, et avec application de l'azote nitrique en 
troisfois, 1/6 à l'automne, 5/6 en deux fois 
au printemps. 

L. Brétignière, p. Vercuère, 

Professeur Ropolileur 

d'Agriculture à Grignon. 

(A suivre.) 



CARTE DE UALSACE ET LORRAINE 



Pour répondre à des demandes adressées à 
l'administration du Journal, on trouve ci- 
contre une carte des territoires de l'Alsace et 
de la Lorraine violemment arrachés à la 
France en 1871 et dont le retour à la Patrie a 
été le fruit de la victoire des armées fran- 
çaises en 1918. 

Cette carte, qui affecte aussi la forme d'un 
calendrier pour l'année -1921, met en re- 
lief les richesses du sol de ces deux belles 
provinces. Ces richesses sont très considé- 
rables. 

Ce sont d'abord les grands gisements po- 
tassiques des environs de Mulhouse. La pro- 
duction atteignait 325 000 à 350 000 tonnes 
de sels bruts dans les années qui ont précédé 
la guerre; elle a été accrue depuis deux ans, 
et elle fournira à l'Agritulture française toutes 
les quantités d'engrais potassiques dont elle 
aura besoin, en même temps qu'elle appor- 
tera un appoint important au commerce d'ex- 
portation. 

Les grands gisements de minerai de fer de 
la Lorraine se partageaient entre le départe- 
ment de Meurthe-et-Moselle et la Lorraine 



annexée, avec une petite partie dans le 
Luxembourg. En 1913, l'extraction du fer 
dans ce vaste bassin s'était élevée à 39 mil- 
lions de tonnes, dont plus de 20 millions et 
demi de tonnes pour la Lorraine annexée. 

Sur la production houillère du bassin de 
la Sarre qui s'élevait en 1913 à près de 
18 millions de tonnes, 3 796 000 tonnes 
appartenaient à la Lorraine. Si le traité de 
paix a attribué à la France toute la produc- 
tion de ce bassin, il n'a qu'opéré une resti- 
tution en ce qui concerne la partie lorraine. 

Une partie importante des salines de l'Kst 
avait été enlevée en 1871 à la France. Le 
traité de Versailles lui a rendu les exploita- 
tions dont la production avait, en 1913, at- 
teint 75 000 tonnes de sel raffiné et 128 000 ton- 
nes de carbonate de soude Solvay. 

Le gisement pétrolifère de Pechelbronn 
(ou Bechelbronn), au nord de Strasbourg, 
s'étend sur une assez grande surface. La pro- 
duction a donné environ 50 000 tonnes 
d'huile brute par an; le rendement en parait 
susceptible d'accroissement. 

G. Galdot. 



UTILISATION DES MOTEURS D'AUTOMORILES 



De nombreux moteurs de voitures auto- 
mobiles (de tourisme et de camions) sont 



disponibles par suite de la liquidation des 
stocks de guerre; après leur remise en état^ 



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UTILISATION Des MOTEURS D'AUTOMOBILES 



13 



ces moteurs sont capables d'assurer un boa 
service et peuvent être employés dans beau- 
coup d'exploitations. 

L'utilisation agricole des moteurs d'an- 
ciennes voitures automobiles n'est pas ré- 
cente; nous pouvons en citer une qui fut 



faite en 1903 par M. Edmond Fouret dans 
son ancienne exploitation de la Manderie, 
où il entretenait son célèbre troupeau de 
Soutlidowns qu'il transféra quelques années 
plus tard à la Norville, près d'Arpajon, en 
Seine-el-Oise. M. Fouret possédait une vieille 




Fi-. 1 . 



Batteuse actionnée par le moteur dune voiture automobile. 



voiture de Dietrich de 9 chevaux, modèle 
1900; ne trouvant preneur que pour une 
somme dérisoire, il résolut de garder l'auto- 
mobile pour l'utiliser aux travaux de la 
ferme et pour différents transports au mar- 
ché voisin. 

Sans rien changer à la carrosserie, la voi- 
ture fut placée de telle façon que le dernier 
arbre du changement de vitesse, pourvu 
d'une poulie, commande par courroie un 
arbre intermédiaire porté par des chaises 
dont le bâti est fixé j^sur le sol (fîg. 1); une 
autre poulie, clavetée sur cet arbre, actionne 
par courroie la machine à battre placée sous 
le hangar. La batteuse en travers, à simple 
nettoyage, nécessitait une dépense d'environ 
7 litres d'essence minérale par heure de 
travail. 

Cet exemple montre que de semblables 
utilisations d'anciennes voitures de tourisme 
peuvent intéresser bon nombre d'ateliers ru- 
raux de charrons, mécaniciens, ou d'autres 
applications : broyage et concassage des 
grains, cidreries, élévations communales 
d'eaux, etc. 

Il est préférable de retirer le moteur du 



I châssis de la voiture pour le fixer sur un bâti 
approprié remplaçant les longerons du faux 




F'ig. 2. — .Montage d'un moteur d'automobile 
sur un bâti en bois. 

châssis qui reçoivent les pattes du carter du 
moteur. Le bâti, en fonte, analogue à ceux 
qui constituent les bancs d'essais chez les 



14 



UTILISATION DES MOTEURS D'AUTOMOBILES 



constructeurs de moteurs, doit être établi 

spécialement pour la machine à utiliser; on 

peut le remplacer par un bâti en fer à double 

ou même par un 

bâti en boisdurfor 

mé de longerons a 

(fig. 2) assemblés 

aTec des semelles s, 

les_longerons reçoi 

ve"nt les pattes b 




Fig. 3. — Motear monté sur civière (Simoa frères) 



du moteur M dont on vot le volant u. 

Pour certaines applications, il convient de 
prévoir un réducteur de 
vitesse. lUn pignon, "calé 
sur l'arbre du moteur, 
engrène 'avec une roue 
dintée fixée sur un ar- 
bre intermédiaire com- 
me on en voit de nom- 
breux exemples dans 
l'installation des récep- 
trices ou moteurs élec- 
triques. Ilconvientd'em- 
ployer de préférence, 
pour cette transmis- 
sion, des engrenages k 
chevrons qui sont silen- 
cieux, ou un pignon eu 
cuir vert; l'arbre inter- 
médiaire, tournant à la 
vitesse qu'on désire (250 
ou 300 lours par minute 
porte une poulie rece- 
vant la courroie de 
commande des diverses 
machines à actionner. 

Dans ces installations, on a inlérèt à sup 
primer le radiateur et le ventilateur en re^ 



froidissant le moteur avec un réservoir d'eau 
latéral assez élevé. La ligure 3 donne un 
exemple du montage de ce réservoir d'eau. 

Lorsque le moteur 
est pourvu d'une 
pompe, il faut 
conserver cette 
dernière , car le 
tuyau d'échappe- 
ment de l'eau 
chaude ne serait 
pas d'un diamètre 
suffisant pour as- 
surer la circula- 
tion de l'eau de 
refroidissement 
si l'on voulait 
fonctionner en 
thermosiphon. 

Il y a intérêt à 
supprimer le pot 

d'échappement 
qui occasionne 
toujoursunerésis- 
tance, se tradui- 
sant par une aug- 
mentation de dé- 
pense de combus- 
tible. Le tuyau 
d'échappement 
sera de gros diamètre et assez long pour 
éviter les projections de flammes risquan 




Fig. 4. — -Muteur munie sur Iraiiieau (Coiiipagoie Internationale 
des Machines agricoiesj. 



d'occasionner des incendies. En appliquant 
ce qui précède, nous avons augmenté 



UTILISATION DES MOTEURS D'AUTOMOBILES 



15 



de 10 ° la puissance de l'ancien moteur de 
la Station d'Essais de Machines sans aug- 
menter la consommation de combustible. 

Le bâti du moteur peut être installé à 
poste fixe, sur un massif de maçonnerie 
élevé à la hauteur voulue (environ 0".45) 
pour faciliter la mise en route à la mani- 
velle; on peut également le monter sur une 
civière (fig. 3), en locomobile sur quatre 
galets en fonte, ou sur un traîneau, comme 
on en voit un exemple dans la figure 4, qui 



représente un moteur mi-fixe liorizontal. 
Le moteur léger, à grande vitesse angu- 
laire, comme celui des automobiles, dont 
les plus lourds ne pèsent souvent pas 20 ki- 
logr. par cheval, ne peut être rendu stable 
qu'en surchargeant le bâti avec des maté- 
riaux divers, comme par exemple des pierres 
ou de la terre logée dans des coffres en bois. 
Dans beaucoup de nos essais, il nous arrive 
de fixer une machine sur le dessus d'une 
très forte et solide caisse d'emballage que 




Fig. 5. — Groupe avec inoleur d'uLilom jbile actijnnaat uae scie à troncoaner le bois de chauflage. 



nous remplissons de terre; la machine se 
comporte alors comme si elle était fixée sur 
un massif de maçonnerie. 

Lorsqu'on veut transformer un moleur 
d'automobile en moteur fixe en le boulon- 
nant sur un petit socle, il ne tient pas; on 
oublie (jue, dans l'automobile, la stabilité esi 
assurée par le poids total de la voiture. Il y 
a donc un rapport à observer, non d'après le 
poids propre du moteur ou ses dimensions, 
mais entre sa puissance maximum et le 
poids total du bâti. Un poids total (moleur, 
accessoires, réservoir d'eau et bâti) de 100 à 
200 kilogr. par ctieval doit assurer la stabi- 
lité. Dans un de nos essais, en 1902, avec un 
moteur horizontal à 2 pistons ayant le même 



calage des manivelles, il nous a fallu porter 
le poids à un peu plus de 250 kilogr. par 
cheval par suite du mauvais équilibrage du 
moteur. Ajoutons que les moteurs à 2 pis- 
tons, à manivelles opposées, sont mieux équi- 

' libres et ceux à 4 cylindres sont encore pré- 

, férables sous ce rapport. 

Lorsque l'airectation du moleur est bien 

j définie, il y a intérêt à établir un groupe 

! moleur : pompe, scie, génératrice, etc., ins- 
tallé sur le même bâti. La figure 5 repré- 
sente une semblable application d'un moteur 

, de camion automobile de 12 chevaux à une 

! scie à tronçonner le bois de chaufïage. La 
scie, de 0"'.oO de diamètre, tourne à raison 

' de 2 000 tours par minute; le tronçonnage 



16 



d'une bûche de chêne, de 0"M0 à 0'".I4 de 
diamètre, exige, en moj'enne, de 9 secondes 
et demi à près de 10 secondes. 

Avec le groupe représenté par la figure 5, 
travaillant des bûches de 1™.14 de long, en 
chêne, tronçonnées à un, à deux et à trois 
traits, afin d'obtenir des bois longs de 0™.57, 
de 0™.38 ou de O^.^S, on a obtenu les ré- 
sultats pratiques suivants 



LÉCOLE DE VANNERIE DE FAYL-BILLOT 

Le bâti du groupe représenté par 
fig. o est long de 3 mètres et large 0"\60, 



Temps moyen employé 
pour tronçonner un 
stère de bois (mi- 
nutes) 19 

Volume de bois tra- 
vaillé en 60 minutts 
(stères) 2.63 



Tronronnag 
traits. 



28 



.1.18 



1.31 



la 



Enfin, il y a lieu d'employer un carbura- 
teur permettant d'utiliser le pétrole lampant 
à la place de l'essence minérale, ou mieux 
un gazogène à gaz pauvre réduisant considé- 
rablement les frais de combustible, surtout 
dans les conditions actuelles. Malheureuse- 
ment, malgré tous nos encouragements, ces 
petits gazogènes étudiés antérieurement 
dans le Journal d'Agriculture jjratique, d'une 
fabrication très facile, ne sont pas encore 
mis en construction et ne sont, par consé- 
quent, pas disponibles. 

Max Ringelmann. 



L'ÉCOLE DE VANNERIE DE FAYL-BILLOT 



II 

Quand on offrit à M. Leroux, professeur 
d'agriculture à Yervins, d'aller fonder et 
diriger une école de vannerie en Bassigny, il 
ne fut pas sans éprouver quelque embarras. 
Le programme de l'Institut national agrono- 
mique ne comporte pas de leçons spéciales à 
l'osier et bien moins encore de cours prati- 
que de vannerie. Avant d'enseigner aux 
autres, il fallait apprendre. On eut le bon sens 
de le comprendre au Ministère de l'Agricul- 
ture, M. Leroux reçut carte blanche; comme 
il manifestait le désir de connaître ce qu'on 
faisait à l'étranger dans les écoles dont il eut 
à deviner l'existence et dans les manufactures 
de vannerie, il obtint une mission qui lui 
permit de visiter ces établissements, en dépit 
de la mauvaise grâce qui lui fut parfois 
opposée. Ce fut une étude consciencieuse qui 
révéla à quel point d'infériorité était tombée 
la vannerie française, mais elle apprit aussi 
que nos rivaux, tout en multipliant les- cen- 
tres d'enseignement, n'avaient pas complète- 
ment résolu le problème de la formation de 
l'ouvrier. Ils avaient, ou à peu près, autant 
d'écoles que de types d'objets de vannerie. Si 
l'on avait imité ces concurrents, on eûl créé à 
Fayl-Billot une école où l'on n'eût enseigné 
qu'à faire le panier à linge, c'ei'it été réunir 
dans un local [entretenu aux frais de l'Etat 
les apprentis qui trouvaient chez leurs pa- 
rents des moyens d'apprendre fort suffisants. 
Pourquoi, pensa JVI. Leroux en parcourant 
les centres de production à l'étranger et les 
écoles où tous les élèves faisaient constam- 



(1) Voir le n'^ du 23 décembre, p. 341. 



ment et inexorablement le même objet, avec 
les mêmes matériaux, pourquoi ne pas mul- 
tiplier les articles, apprendre à l'élève à 
varier les procédés, à .être 'Capable de faire 
l'article fin aussi bien que l'article courant ou 
grossier? Une école n'a de raison d'être que 
dans cet esprit; si l'on veut faire renaître chez 
nous cette industrie charmante qu'est le 
tressage de l'osier, du roseau, du rotin, il faut 
créer une élite d'ouvriers capable non seule- 
ment de produire les formes les plus variées, 
mais encore d'imaginer, d'innover. Certes, on 
n'obtiendrait pas exclusivement des maîtres, 
des artistes; mais, enfin, quelques-uns se ré- 
véleraient, capables de faire de bons contre- 
maîtres, des chefs d'industrie, des novateurs 
à la recherche de types nouveaux. 

Telle est l'idée qui, peu à peu, prévalut 
dans l'esprit du directeur désigné pour la 
création de l'école. Elle ne fut pas acceptée 
sans protestations ni hostilités. Elle rompait 
trop avec la routine et aussi avec les intérêts. 
Certains négociants en vannerie spéculaient 
Jadis sur le manque d'aptitude des ouvriers 
à sortir du type qu'ils avaient toujours pro- 
duit. Le vannier, qui était ou se croyait 
inapte à faire autre chose que le panier à 
linge, par exemple, arrivait à une dextérité 
extrême et celle-ci causait une apparence de 
surproduction. Le négociant emplissait ses 
magasins et alors, alléguant l'encombiemenl 
et la difficulté d'écouler les produits, il fei- 
gnait d'accepter ceux-ci pour empêcher l'ou- 
vrier de mourir de faim, mais il abais^aitse8 
prix. On vit ainsi tel article jusqu'alors payé 
4 francs tomber à 50 centimes. 

Les vanniers étaient obligés d'accepter, car 



L'ÉCOLE DE VANNERIE DE FAYL-BILLOT 



17 



ils étaient incapables de fournir d'autres arti- 
cles que ceux qu'ils avaient toujours établis 
et déjà établis par leurs pères. Aucun espoir 
d'amélioration de leur sort n'était permis. 

En proposant de former déjeunes vanniers 
capables d'exécuter les arlicles les plus va- 
riés, de faire ceux que la mode impose comme 
les anciens, de tous temps conçus, le direc- 
teur de l'école voyait donc surgir bien des 
obstacles, même chezles négociants — et ils 
étaient nombreux — qui n'avaient jamais 
cherché à spéculer sur l'incapacité de leurs 
fournisseurs à produire d'autres articles que 
celui habituel; ce fut un étonnement général. 
« C'est fou! dit-on, jamais un vannier ne 
sera capable d'apprendre des formes nou- 
velles, de suivre les fluctuations de la mode 
et des inventeurs. » 

M. Leroux tint bon, il se fit apôtre, obtint 
d'élre entendu par les Chambres syndicales de 
la vannerie et de l'osiériculture. Les propos 
décourageants ne lui furent pas ménagés, 
mais il sut amener bien des contradicteurs à 
épouser ses vues et quand, enfin, l'école de 
Fayl-Billot ouvrit ses portes, ce fut avec un 
programme qui comportait l'apprentissage de 
tous les objets de vannerie, depuis les plus 
communs jusqu'aux plus fins. Peu à peu, on 
allait même aborder la vannerie d'art, nous 
verrons avec quel succès. 

Comme dans toutes les écoles profession- 
nelles, une part est faite pour compléter l'ins- 
truction des jeunes élèves en grammaire, en 
arithmétique; etc. Un cours do dessin appli- 
qué à la vannerie fut obligatoire, mais on 
s'attacha surtout à préparer des ouvriers 
avisés, capables de donner à l'osier toutes les 
flexions, les torsions, les formes que les 
besoins et les goûts les plus divers ont fait 
naître. Il fallait créer de toutes pièces cet 
enseignement, des ouvriers habiles, recrutés 
dans les centres de vannerie, furent les pre- 
miers professeurs. Et les prévisions du direc- 
teur se réalisèrent; le jeune vannier pouvait 
s'assouplir aux productions les plus diverses, 
comme le brin d'osier s'assouplit sous les 
doigts. 

Deux ans après l'ouverture de l'école, on 
pouvait proclamer le succès et montrer aux 
incrédules ce^ que l'on avait obtenu, une 
variété d'articles établis par des enfants 
ayant produit toutes \qs séries demandées par 
le commerce. Fayl-Billot n'avait pas un seul 
spécialiste, tous ses élèves étaient capables 
de livrer des objets très différents, il n'était 
guère d'objet de vannerie qui ne pût être 
obtenu. 

L'organisation de l'enseignement fut ra- 



pide, il semble que l'on possède maintenant 
la forme définitive que doivent avoir les 
institutions de ce genre, car on devra les 
multiplier si nous voulons reprendre notre 
place légitime. Les besoins de vannerie 
s'accroissent ; en effet, le développement 
constant de la production des fruits et des^ 
primeurs sous nos climats si favorables et si 
divers exige, à lui seul, un matériel d'embal- 
lage en nombre presque illimité. 

Les études sont de trois ans à Fayl-Billot; 
cette durée ne saurait surprendre si l'on 
songe à la variété des articles à produire, des 
matériaux à mettre en œuvre, du temps 
consacré à la culture de l'osier, à l'entretien 
des pépinières, à la récolte, à la préparation 
des tiges. La durée de l'année scolaire étant 
de dix mois, elle a été divisée en deux 
périodes de cinq mois, consacrée chacune à 
un atelier; quand l'élève a parcouru le cycle 
des divers ateliers, il revient à ceux qu'il 
connaît déjà et y recommence le travail, non 
plus en apprenti, mais en praticien; il com- 
plète ainsi son instruction et l'affermit. 

L'expérience a démontré que l'on pouvait 
faire plus encore, poursuivre l'enseignement 
de façon à faire des maîtres ouvriers et des 
professeurs ; dans ce but a été créée une qua- 
trième année, le cours de technologie, auquel 
nul n'est astreint; seuls les élèves qui désirent 
se perfectionner le suivent. Ils deviennent de 
plus en plus nombreux, car toutes les pré- 
ventions contre l'école sont tombées, les 
grandes maisons de vannerie retiennent doux 
années à l'avance les meilleurs sujets. 

Ce cours de technologie est l'enseignement 
supérieur d'une science nouvelle, née à Fayl- 
Billot, dont les autres pays n'ont pas l'équi- 
valent et qui trouvera son expression dans 
un livre dont l'apparition est prochaine. 

A mesure que s'écoulaient les années, les 
méthodes se formaient. Fayl-Billot a tenté et 
réussi la commercialisation — mot barbare, 
mais qu'il faut employer à défaut d'autre. — 
Les produits des élèves, même œuvre de 
début, sont vfnidus au lieu d'être enfouis dans 
des collections qu'il faudrait plus tard sacri- 
fier. L'élève reçoit non un salaire, mais le 
prix de son travail, déduction faite de la 
valeur de la matière première et des frais. Le 
résultat a été immédiat, on ne gaspille plus 
l'osier, l'élève sachant qu'on lui en retiendra 
le prix sur celui de l'article achevé ; ce même 
élève étant payé selon l'exécution et le fini du 
travail, procède vite et bien. 11 sait qu'un 
panier plaisant à l'acheteur lui sera payé 
2 francs et que tel autre mal réussi lui rap- 
portera peut-être 2o centimes seulement. 



18 



REMISE DES CHAMPS DE BATAILLE EN ETAT DE CULTURE 



Cette méthode qui n'est, je crois, employée 
dans aucune autre école professionnelle, a 
beaucoup contribué à la bonne formation des 
vanniers. 

Elle a été appliquée aussi à des cours 
d'adultes, hommes ou femmes, que Fayl- 
Billot a été amené à créer afin d'apprendre 
aux ouvriers de la région à sortir des sentiers 
battus. La plupart n'avaient jamais fait que 
la corbeille à lessive et devaient passer par 
les conditions des négociants quand cet 
article était en surabondance. 11 semblait que 
le vannier fût incapable de faire autre chose. 
On a cherché à lui donner confiance en lui- 
même, ce ne fut pas sans soulever l'hostilité 
habituelle. Enfin, à force de prêcher, on 
en convertit quelques-uns. On leur disait : 
« Vous ne savez faire que la corbeille à 
lessive? Venez à l'école, en quatre jours, 
huit jours ou douze jours, vous saurez 
confectionner un objet autre, le panier de 
blanchisseuse ou tel article de bonne vente, 
et vous aurez une ressource en cas de morte- 
saison,» L'obstacle était la crainte des adul- 
tes, pères ou mères de famille, de ne pas avoir 
de salaires pendant cet apprentissage ; en 
adoptant le travail aux pièces payé comme 
aux jeunes élèves, la difficulté disparaissait. 
Aujourd'hui, le cours d'adultes fonctionne, il 
est suivi, à la satisfaction générale. 

Un pas plus important encore a été fait. 
Aux objets usuels on a joint la production 
des articles de luxe, meubles de jardin ou de 
plage, qui était née en Autriche et semblait 
devoir rester le monopole de ce pays. 
M. Leroux alla visiter les établissements 
autrichiens dont il avait connaissance par les 
expositions des grands magasins; revenu en 
France, il se procura des modèles et les fit 
d'abord imiter par les élèves; c'est alors que 



l'enseignement du dessin apparut comme 
indispensable; malgré la répugnance des 
parents qui n'en devinaient pas l'utilité, cet 
art finit par s'imposer. Le goût des enfants se 
développa, il vint un moment où l'on put 
abandonner la copie servile du meuble de 
vannerie allemand ou autrichien, de goût 
toujours un peu lourd, et entreprendre des 
créations originales. 

Aujourd'hui, Fayl-Billot est complètement 
entré dans cette voie. Les industriels solli- 
citent sa collaboration, lui communiquent les 
projets conçus par leurs propres dessi- 
nateurs. Ces projets sont étudiés par les 
professeurs-praticiens de l'école, l'examen 
fait souvent ressortir des impraticabilités de 
métier, des détails ornementaux qui ne 
peuvent être obtenus en vannei-ie ; on en 
propose d'autres. Si le résultat obtenu plaît 
au commerçant et au client qui a demandé un 
mobilier de jardin d'hiver, par exemple, 
commande est passée et l'on verra bientôt 
dans la salle d'exposition d'un grand magasin 
de Paris ou de quelque grande ville, chez des 
négociants spéciaux, des meubles d'un goût 
parfait que les non initiés peuvent attribuer 
à l'Allemagne ou à l'Autriche et qui, en 
réalité, sont l'œuvre d'enfants de cette école 
d'une petite bourgade ignorée. 

Telle est cette institution qui devrait être 
imitée sur d'autres points où le travail de la 
vannerie est en honneur. La France repren- 
drait ainsi son rang, doterait une foule de 
communes d'une industrie rurale apte à 
retenir la population et surtout- verrait 
renaître les oseraies qui, jadis, prospéraient 
sur tant de points où l'on n'en garde même 
pas le souvenir. 

Ardouin-Dumazet. 



REMISE DES CHAMPS DE BATAILLE EN ÉTAT DE CULTURE 



Réponse à divers abonnés des Régions libérées. 

La remise en élat de culture des terres dans la 
zone des champs de bataille, après leur nettoyage 
(enlèvement des matériaux, tils de fer, obus, etc.) 
et leur nivellement, entraine à des frais évalués, 
au maximum, à 7oO fr. par liectare; ils com- 
prennent, suivant l'élal du sol, une des deux sé- 
ries suivantes de travaux : 

Prix 
par hectare. 



1 labour léger.. , 

1 scarifiage 

1 fort labour.. . . 

Total. 



francs 
230 
150 
3Ï0 

150 



OU : 



1 labour léger" 

2 scarifiages à 150 fr. 
2 hersages à 100 fr. . . 



Total. 



250 
300 
200 

750 



Ces travaux ne sont effectué^ que lorsque 
Texploitant est revenu sur ses terres (circulaire 
n° 519, du 19 septembre 1920, du ministre des 
Hégions libérées]. Ils ne peuvent étie entrepris 
aux frais de l'Etat par l'Etat (Service de la Moto- 
culture) ou par un de ses concessionnaires, 
qu'après une demande écrite par laquelle l'agi icul- 
leur déclare renoncera ses droits aux dommages 
de guerre pour les premières façons de remise 



LES FACILITÉS AU COMMERCE D'EXPORTATION ET DE TRANSIT 



19 



en état de culture des terres (circulaire précitée 
du 19 septembre 1920); cetle demande doit être 
visée par le maire de la localité certifiant que 
l'agriculteur a droit à ces travaux. 

Une Commission détermine d'avance la nature 
et la succession des travaux à exécuter pour 
chaque pièce de terre. Elle se compose de 
l'agriculteur intéressé, du directeur des Services 
agricoles du département ou son délégué, du 
représentant du Service central de la Motocul- 
ture du ministère des Régions libérées et d'un 
agent de l'entrepreneur des travaux, lorsque 
ceux-ci doivent être effectués par un concession- 



naire; le directeur des Services agricoles du 
département, ou son délégué, préside la Com- 
mission avec voix prépondérante. 

La Commission indique le compte provisoire 
ouvert à l'intéressé par la préfecture du dépar- 
tement; la prise en charge eu est effectuée par 
le Service départemental du contrôle financier. 

Mais l'agriculteur reste libre d'exécuter lui- 
même ou de faire exécuter par qui bon lui 
semble ces travaux de remise en étal de culture 
des terres en les réglant directement et en se 
faisant ensuite rembourser par l'Etat sur son 
compte des dommages de guerre. M. l\. 



CHATRAGE DES ROUES 



Lorsqu'une voiture a roulé pendant un cer- 
tain temps, le bois des roues s'est resserré 
par suite de la sécheresse, tandis que le ban- 
dage, qui est en quelque sorte laminé sur la 
route, s'est au contraire allongé. En marche, 
on entend alors le jeu des rais entre leurs 
deux mortaises, ou bien encore, le bruit ca- 
ractéristique de noix broyées, ce qui fait dire 
que la roue appelle le charron. Il faut alors 
châtrer la roue, sinon tous ses assemblages 
qui prennent du jeu de plus en plus se dé- 
truisent rapidement, toute la charge se repor- 
tant sur quelques pièces qui travaillent seu- 
les, et finalement dans un cahot la roue 
s'elïondre en faisant ce qu'on appelle le pa- 
rapluie; elle est alors irréparable. Le chà- 
trage des roues, qui consiste à resserrer le 
bandage, est une opération qui peut se faire 
très facilement à la ferme et le tour de main 
qu'il nécessite s'acquiert rapidement. Pen- 
dant la Guerre, nous avons fait exécuter ce 
travail par des cultivateurs qui ne l'avaient 
jamais fait et, nous sommes certain, qu'une 
fois démobilisés, ils ont mis à profit ce que 
nous leur avions appris. 

On décercle d'abord la roue, ce qui se fait 
sans aucune difficulté; mais on s'aperçoit 
que la roue qui, lorsque le fer était en place, 
paraissait relativement bonne, présente des 
éléments de jante et des rais à changer : 
des éléments déjante ont éclaté en plusieurs 
morceaux et des raies ont leurs tenons telle- 



ment usés qu'ils ne peuvent plus resservir. 
D'ailleurs, il est préférable de profiter de ce 
que la roue est démontée pour changer de 
suite celles de ses pièces qui ne paraîtraient 
pas pouvoir faire un long usage. 

Le premier travail consiste à faire ce rem- 
placement de façon à remonter toute la partie 
en bois de la roue. Notons, à ce sujet, que 
l'assemblage des éléments de janle entre eux 
se fait généralement dans les voitures de 
luxe par un goujon cylindrique, dans les au- 
tres voitures, c'est un prisonnier avant la 
forme d'un trapèze qui affleure à la périphérie 
de la jante. 

Il faut avoir bien soin de laisser du jour 
entre les éléments de janle, de façon que le 
bandage en se resserrant les serre contre les 
rayons, car, dans le cas contraire, le ban- 
dage serrerait seulement les éléments de 
jante les uns contre les autres, ceux-ci sup- 
portant la pression à la façon d'une voiHe et 
ne la transmettant pas aux rayons, ce qui 
diminuerait la solidité de la roue. En outre, 
pour ne pas modifier le carrossage de la 
roue, les tenons des rais que l'on changera 
ne seront pas dans le prolongement de ceux- 
ci, mais feront, comme pour les roues neuves, 
avec eux le même angle que les anciens 
rais. 

G. Passelègue, 

Ingénieur agronome. 



LES FACILITES AU COMMERCE D'EXPORTATION 

ET DE TRANSIT O 



Jamais il n'a été plus cécessaire de développer 
notre commerce d'exportation et de transit. Le 
relèvement du franc, le rétablissement de la si- 



(1) Note communiquée par la Compagnie du che- 
min de fer de Paris à Orléans. 



tuation économique du pays en dépendent en 
grande partie. 

Or, on s'était plaint que la refonte des tarifs 
de petite vitesse des chemins de 1er, à laquelle 
il vient d'être procédé, ait supprimé, pour les 
marchandises qui s'y trouvent reprises ou qui 



20 



ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE 



sont susceptibles d'y figurer, le bénéfice des 
prix spéciaux inscrits daus les anciens tarifs 
d'exportation et de transit qui avaient été sup- 
primés dans la tarilication nouvelle uniforme 
sur tous les réseaux. 

Pour conserver à ces marchandises Tavantage 
de prix plus réduits que ceux auxquels sont sou- 
mis les transports de l'intérieur, et pour favo- 
riser le commerce d'exportation et de transit, 
les grands réseaux ont admis le principe d'une 
réduction sur les prix des nouveaux tarifs. Celte 
réduction vise : i° les expéditions destinées à 
une gare desservant un point frontière ou un 
port de mer; 2" les expéditions venant de ce 
point frontière ou de ce port de mer. Fixée 
d'une manière générale à 10 0/0, elle a été 
portée exceptionnellement à 25 0/0 pour cer- 
taines marchandises. 

Une simple disposition d'ordre général, ins- 
crite dans les nouveaux tarifs au fur et à mesure 
de leur mise en vigueur, en règle l'application. 

Mais comme ces taiifs ne concernent pas les 
expéditions partielles, la réduction de 10 0/0 est 
également consentie aux transports qui relèvent 
d'une des six séries des tarifs généraux inté- 
rieurs et communs, quelle que soit la condition 
de tonnage réalisée. Toutes les marchandises de 
la nomenclature générale, à l'exclusion des 
matières dangereuses ou des objets de valeur, 
bénéficient ainsi depuis le 13 octobre d'un ré- 
gime exceptionnel limité dans les anciens ta- 
rifs P. V. n° 30 des Compagnies à certaines re- 
lations et à certaines marchandises spécialement 
désignées. 



Les grands réseaux ont également envisagé le 
moyen d'assurer au rail français le trafic inter- 
national de transit, en particulier celui qui 
relève des relations avec la Suisse. 

A cet effet, ils ont prévu pour les marchandises 
de toute nature transportées d'une gare suisse 
en Angleterre ou vers un pays extra-européen, 



par l'intermédiaire des lignes des grands réseaux 
français (c'est-à-dire, en somme, sur la distance 
de la frontière suisse à un port français), l'appli- 
cation, par voie de détaxe, de prix de transport 
calculés d'après ceux dont ces marchandises 
auraient bénéticié, si leur transit avait eu lieu 
par un port étranger compiis, soit entre Ghy- 
velde et l'embouchure de TEms, soit entre Vinti- 
mille et le détroit de Messine. 

Ce calcul de détaxe s'opère dans les condi- 
tions suivantes : lorsque la distance de taxe 
entre la gare suisse et le port étranger considéré 
est supérieure ou égale à la distance de taxe 
entie celte gare et le port français de transit, 
les réseaux français rembourseront la différence 
entre la taxe par fer perçue (frais accessoires 
compris'' et la taxe par fer applicable entre la 
gare suisse et le port étranger. 

Quand cette distance sera inférieure, les 
réseaux français rembourseront la différence 
entre la taxe par fer perçue (frais accessoires 
compris) et la taxe obtenue en appliquant sur 
la distance de la gare suisse au port français la 
base kilométrique moyenne de la taxe par fer 
(frais accessoires compris) applicable entre la 
gare suisse et le port étranger. 

Le calcul de ces diverses taxes tient compte 
des changes au jour de l'e-^pédition. D'autre 
part, les remboursements prévus ci-dessus sont 
réduits, le cas échéant, de telle sorte que la 
taxe, revenant aux réseaux français (frais acces- 
soires non compiis), ne soit pas inférieure à 
4 centimes (majorations et impôt non compris) 
par tonne et par kilomètre. Pour un vagon 
chargé de plus de 10 tonnes, le minimum de 
fr. 04 est abaissé à 1 centime par kilomètre, 
et par tonne de chargement au delà des dix 
premières. 

Les réseaux s'occupent actuellement d'abré- 
ger les formalités pour ces détaxes. 

On est fondé à espérer que ces dispositions 
auront pour effet de développer notre commerce 
d'exportation et de transit. 



ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE 



Fin de la séance du 22 décembre. 

Acidification des sols 

et moyens d'y remédier. 

M. René Berge rend compte d'un important 
travail de .M. Brioux, directeur de la Station 
agronomique de Rouen, sur les moyens de 
reconnaître le manque de calcaire dans les sols 
et les moyens d'y remédier. 

Dans le pays de Caux, notamment, les sols de 
limon des plateaux et d'argile à .[silex sont 
acides, manquent de chaux. Aussi avait-on 
l'habitude de les marner à la dose de 100 à 
400 hectoliti'es à l'hectare, tous les quinze ou 
vingt ans. Mais aujourd'hui, rares sont les cas 
où il y a possibilité de marner, tant il est diffi- 
cile et coûteux de trouver des ouvriers pour 



ouvrir des marnières et en extraire la marne. 

M. Ch. Brioux, après de nombreux essais, 
conseille, lorsque le marnage n'est plus possible, 
au lieu de chauler comme on l'a parfois con- 
seillé, d'employer, en même quantité, de la 
craie broyée finement. Son action est aussi 
active et aussi rapide que celle de la chaux. Une 
dose de 3 000 kilogr. par hectare tous les trois 
ans est suffisante. Mieux encore convient-il 
d'employer de la craie phosphatée pauvre, 
1 000 kilogr. par hectare dans ce cas. 

L'emploi des écumes de défécation de sucrerie 
est aussi excellent. 

M. Ringelmann fait remarquer que le broyage- 
des calcaires exige beaucoup de force et peut 
devenir onéreux. 



CORRESPONDANCE 



21 



M. Cayeux rappelle qu'il ne peut s'agir évidem- 
ment que de craie, c'est-à-dire d'un calcaire 
très tendre et très riche en carbonate de chaux, 
les craies du bassin parisien atteignant souvent 
une teneur en carbonate de chaux de 96 0/0. 

Séance du 29 décembre 1920. 

Présidence de M. Vlger. 

L'Institut international d'Agriculture 

de Rome. 

M. Henry Sagnier rend compte, devant l'Aca- 
démie, du fonctionnement de l'Institut inter- 
national d'Agriculture de Rome et des décisions 
prises lors de la dernière Assemblée générale de 
cet Institut. Après avoir rappelé les origines de 
l'Institut dû à l'initiative de Sa Majesté le roi 
d'Italie, il passe en revue les travaux confiés aux 
trois bureaux de la Statistique agricole, des Ren- 
seignements agricoles et des Maladies des plan- 
tes, des Institutions économiques et sociales. 

Chacun de ces trois bureaux publie un Bul- 
letin qui reçoit la plus large vulgarisation pos- 
sible. La dernière assemblée générale a examiné 
les améliorations à y apporter. Ainsi, au point 
de vue de la statistique, il a été décidé qu'on 
inviterait les Etats adhérents à faire faire, chaque 
année, une statistique du bétail entre les mois 
de décembre et avril afin d'avoir toujours des 
données comparables; le modèle recommandé 
pour établir cette statistique a été celui même 
adopté par le ministère de l'Agriculture fran- 
çaise. 

On a décidé également des enquêtes sur les 
encouragements donnés à l'agriculture dans les 
différents pays pour intensifier la production 
agricole pendant la guerre. 

A propos des maladies des plantes, on a de- 
mandé que des décisions de la Convention in- 
ternationale pour combattre ces maladies, reçus- 
sent enfin la ratification des gouvernements 
intéressés, etjque la convention, passée entre les 
représentants des différents Etats souffrant de 
l'invasion des sauterelles, fût soumise à l'appro- 
bation des gouvernements, etc. 

Au point de vue du bureau des Institutions 
économiques et sociales, afin de donner plus 
d'activité à ce bureau, l'Assemblée générale a 
été d'avis que celui-ci entrât directement en re- 
lation, non plus seulement avec les organismes 
officiels, mais les Associations agricoles des dif- 
férents pays, après approbation toutefois des 
Gouvernements intéressés. 

M. Henry Sagnier signale que la Belgique, à 
la dernière Assemblée générale de l'Institut, fit 
poser la question de la Réglementation du tra- 
vail en agriculture. 



La discussion qui s'ouvrit à oe sujet donna 
lieu à une intervention brillante et décisive de 
la part de MM. Gautier et Dariac, notamment, 
faisant partie de la délégation française. A la 
vérité, quels que fussent les pays représentés à 
Rome, tous furent unanimes pour rejeter la ré- 
glementation du travail en agriculture, consi- 
dérant la chose comme impossible. Mais le Bu- 
reau international du travail, que préside 
M.Albert Thomas, ayant décidé d'ouvrir à Genève 
en avril prochain une Conférence au sujet de 
cette réglementation, l'Assemblée de Rome de- 
manda à ce que l'avis très net des délégués de 
l'Institut international d'Agriculture fût com- 
muniqué aux différents Gouvernements pour 
que ceux-ci s'opposent à toute législation inter- 
nationale du travail en" agriculture. 

Enfin, M. Henry Sagnier insiste, en terminant, 
sur le rôle de la France dans le fonctionnement 
de l'Institut international d'Agriculture. Si l'on 
peut constater la vie très active de cet Institut, 
c'est bien grâce à l'ardeur et à la persévérance 
du délégué de la France au Comité permanent, 
M. Louis Dop, vice-président de l'Institut inter- 
national d'Agriculture, dont le rôle apparaît 
chaque jour plus considérable et apprécié, du 
reste, comme il le mérite, par ses collègues de 
tous les Etats adhérents. 

La vie agricole. 

M. Hiticr présente, à l'Académie, un petit livre 
intitulé : La Famille Aubert, les auteurs MM. E. 
Vesco de Kereven et J. Martin, dans cet ouvrage 
destiné à la jeunesse, ont réussi, sous forme 
d'histoire attrayante et très claire, à faire passer 
sous les yeux de leurs lecteurs les différentes 
régions de la France avec leurs richesses agri- 
coles et industrielles. Mais surtout, comme 
l'écrit Mgr Baudrillart dans la préface dont il a 
honoré ce livre, La Famille Aubert est vraiment 
un intéressant tableau du fond même de la vie 
française, vie familiale et vie sociale, vie indus- 
trielle et vie agricole, vie militaire au commen- 
cement du xx« siècle.* 

Ce livre fait connaître et aimer la terre de 
France et la famille française : il mérite d'être 
très largement répandu. 

Election d'un vice-président 
et d'un vice-secrétaire. 

L'Académie procède à l'élection d'un vice- 
président et d'un vice-secrétaiie pour l'an- 
née 1921. 

M. Gervais est élu vice-président. 

M. IL Hilier est élu vice-secrétaire. 

IL IllTIER. 



CORRESPONDANCE 



— N" G228 [Ardcnnes). — Nous n'avons jamais 
employé les levures de brasserie pour l'ali- 
mentation de nos animaux. Ici nous n'aurions 
probablement pas trouvé avantage à le faire. 



C'est un aliment essentiellement azoté. A toute 
période de leur croissance, si vos porcs arrivent 
à en consommer oOO à 600 grammes par jour, 
vous n'aurez plus avons occuper delà teneur en 



22 



CORRESPONDANCE 



azote du complément de leur ration. Pommes de 
terre, ou tout aliment concentré à leur goût, se- 
ront également bons. Vous n'aure?. qu'à choisir 
les moins chers, à valeur nutritive égale. 

11 n'y aura aucun inconvénient à augmenter la 
dose de levure, si les animaux la mangent avec 
plaisir et la digèrent facilement. — (A. G.) 

— M. C. I. (Ille-et- Vilaine). — Vos cultures de 
tomates sont en lignes à un mètre d'écartement ; 
pour les traitements que vous avez l'intention de 
faire avec un pulvérisateur à traction, très 
étroit, voyez la maison Vermorel, à Villefranche, 
Rhône. — (M. R.) 

— M. J. B. (Seineet-Oise). — Les subventions 
qui peuvent être allouées pour les appareils 
de culture mécanique sont actuellement réglées 
par l'arrêté ministériel du 26 décembre 1019 
(voir le numéro du 8 Janvier 1920, p. 26); elles 
ne peuvent s"appliquer qu'aux groupements 
professionnels agricoles, viticoles, horticoles, 
maraîchers, etc., comptant au moins sept mem- 
bres participants procédant à rachat et à l'utili- 
sation en commun suivant certaines dispositions 
spécifiées dans l'arrêté en question. Votre ven- 
deur, qui doit cependant être bien au courant, 
vous a induit en erreur; le tracteur acheté en 
mai 1920, étant destiné à votre usage personnel, 
ne peut prétendre à subvention. Ne cherchez 
pas à constituer un groupement fictif de sept 
personnes; l'enquête à laquelle on procède très 
sévèrement aujourd'hui, décèlerait facilement la 
supercherie, et vous en seriez pour vos frais. — 
(M. R.) 

— N" 8309 [Seine- et-Oise). — Vous venez 
d'acheter une parcelle de 1 1 ares 24, d'une 
terre partagée en 1843 et dont l'autre pariie 
a alors été acquise par un voisin pour une con- 
tenance de 6 ares 89. Ces chiffres résultent des 
titres authentiques de l'époque. Or, s'appuyaut 
sur|des indications cadastrales reconnues exactes, 
et, de plus, sur les traces d'une ancienne clô- 
ture, le propriétaire actuel de la parcelle de 
6 ares 89 prétend avoir droit à une contenance 
de 9 ares .o, quoique son droit de propriété ré- 
sulte pour lui d'une acquisition aux enchères 
publiques d'après une affiche portant une con- 
tenance de 6 ares environ. Dans ces conditions, 
ce propriétaire veut s'adjuger à lui seul une to- 
lérance réservée de 1 are 99 entre les deux par- 
celles. 

La prétention émise à votre préjudice nous 
paraît inadmissible. Des restes de clôture ne 
peuvent faire preuve contre des actes authen- 
tiques et contre une adjudication publique. 
D'autre part, des indications, quelquefois fort 
anciennes et erronées du cadastre, sont très 
discutables. A notre avis, la tolérance de 
1 are 99 doit être répartie proportionnellement. 
Si toutes tentatives amiables ont échoué, vous 
devez introduire une instance judiciaire près le 
juge de paix de votre canton. Une expertise sera 
vraisemblablement ordonnée, et les frais eu se- 
ront supportés par la partie perdante. 



La prescription ne peut être invoquée en l'es- 
pèce. — (M. D.) 

— P. D. {Allier). — Dans vos terres argilo- 
siliceuses sèches, il est préférable de vous 
abstenir de l'emploi de la sylvinite sur vos 
prairies. Cet en-^rais doit être employé en tei'- 
rains suffisamment humides. La kaïnite ordi- 
naire conviendrait mieux, mais il est à con- 
seiller de faire un essai préalable. Pratiquez 
plutôt un épandage de scories à la dose de 5 à 
600 kilogr. à l'hectare. Cet engrais phosphaté 
basique aura une action très favorable sur la 
flore de votre prairie et sur sa précocité, ce qui 
atténuera les mauvais eflets de la sécheresse. Il 
est possible également que vos terres soient trop 
sèches et inaptes à porter des prairies. — (M. S.) 

— N° 8399 {Paris). — Voici la hauteur ap- 
proximative des saules que vous nous de- 
mandez : S. caprœa, o à 6 mètres; S. cœrulea 
(S. a/6a var.), Ib à 20 mètres; S. /rt«rt/"o/m(S. pen- 
tandra), 5 à 6 mètres; S. argentea (S. alba var.), 
15 à 20 mètres; S. amplexicaulis (S. purpurea), 
1 à 3 mètres; S. rosinarinifolia, 1 à 2 mètres. Les 
S. Batavia et S. noir de Vilaine ne nous sont 
pas connus. — (S. M.) 

— N" 6387 [Charente-Inférieure). — On dit que 
le bois de l'Allante (faux vernis du Japon) est 
blanc jaunâtre satiné et aussi fin que celui de 
l'Erable, et qu il peut servir aux mêmes usages. 
Nous n'avons pas pu trouver des renseignements 
plus précis. — (S. M.) 

— M. L. E. [Eure). — Le bureau de la Chambre 
syndicale des constructeurs de machines 
agricoles est 10, rue de Lancry, à Paris. 

La longueur du batteur est lié à la longueur 
moyenne des tiges de céréales à battre; il n'y a 
pas lien d'exagérer cette longueur alors qu'on 
peut toujours engrainer un peu en biais; les 
longueurs de 1".70 et 1™.90 dont vous parlez 
sont exagérées, inutiles et coûteuses. Dans les 
batteuses en travers, le batteur est à jour. Le 
batteur de 0"i.50 de diamètre doit tourner un 
peu plus rapidement que celui qui a 0'".b5; c'est 
une question de vitesse à donner par seconde à 
la circonférence. Les roulements à rouleaux et 
à billes sont préférables aux coussinets ordi- 
naires. Le remontage par force centrifuge est 
plus simple que la chaîne à godets qui risque de 
s'engorger si elle n'a pas un débit suffisant; 
mais, à une trop grande vitesse, l'élévateur à 
force centrifuge casse des grains s'ils sont trop 
secs, ce qui n'a jamais lieu avec la chaîne à 
godets. Il nous est difficile de répondre à toutes 
les questions posées, au nombre de onze, car 
nous ne connaissons pas l'importance de l'ex- 
ploitation, c'est-à-dire la superficie cultivée en 
céréales ou le poids total de gerbes à battre en 
un certain nombre de journées pour justifier 
économiquement telle ou telle machine. 

La presse à paille en long ne pourra pas 
servir pour le fourrage, mais remplacera, pour 
la paille, la botteleuse à deux liens. — (M R.) 



REVUE COMMERCIALE 



23 



LA SEMAINE MÉTÉOROLOGIQUE 

Semaine du ^déc. 1920 au l^' janv. 1921 {OBSERVATOIRE DU PARC SAJNT-MAUR) 





r. 


TEMPÉRATURE 




à 


o 

■a 




JOURS 

ET DATES 


Oh 

millibars. 


ci 

a 

'3 


a 

'x 

a 


a 
a 
o 


Écart 
sur 
la nor- 
male. 


Vent. 


«1 
o 

beiires 


t. o 

S 'M 

3 o. 

W 
miUim. 


REMARQUES DIVERSES 
















Dim 26 déc. 


1018.8 


4°8 


120 7 


7.8 


+ 36 


S E 


3.0 


» 


Temps nuageux. 


Lundi 27 — 


1012.8 


3.7 


11.2 


9.1 


+ 6.9 


S 


1.2 


2.7 


Pluie le matin et le soir. 


Mardi 28 — 


1011.9 


9.1 


14.3 


12.4 


+ 10.2 


so 


1.0 


0.4 


Pluie la nuit, temps couvert. 


Mercredi.. 29 — 


1018.0 


9.7 


16.0 


12.8 


+10.7 


s 


1.3 


0.3 


Pluie le matin, temps couvert. 


Jeudi 30 — 


1018.2 


9.1 


12 6 


10.9 


+ 8.8 


s 


0.0 




Rosée, temps nuageux. 


Vendredi. 31 — 


1015.9 


8 4 


12.5 


10 6 


+ 8.5 


so 


0.0 


0.3 


Temps pluvieux. 


Samedi... !«•" j. 


1021 9 


8.7 


13.2 


12.0 


-f 9.9 


[S 


1 3 


0.3 


Temps couvert le matin, beau 
le soir. 


Moyennes et totaux 

Ecarts sur la normale 

1 


1016.3 
— 1 8 


7.6 


13 5 


10 8 

+ 8.7 


» 


• 


9.8 
ao litg (l« 
5-! h. 8 
dnr.théor. 


4.2 


Pluie depuis le l*"" janvier : 

En 1920 SSB-am 

Normale 594 



REYUE COMMERCIALE 



Situation agricole. — Le temps doux et humide a 
dominé pendant la huitaine ; il semble qu'en divers 
endroits, les blés ont eu à souffrir des gelées in- 
tenses de la première période de l'hiver. On con- 
firme que la levée des derniers blés semés a laissé à 
désirer. 

Par suite de l'humidité excessive du sol, les labours 
et autres travaux extérieurs sont suspendus. La cul- 
ture se préoccupe activement de s'approvisionner en 
semences pour la saison de printemps. 

Blés et farines. — Les livraison? de blés sont peu 
nombreuses, la question des transports soulève à 
chaque instant des difficultés et la culture se plaint 
de n'avoir pas encore reçu la valeur des grains four- 
nis depuis plusieurs mois aux bureaux permanents. 

En Amérique, en tenant compte du change, les 
cours des blés accusent de la hausse. Un paie aux 
100 kilogr. : 123 fr. 88 à New-York et 103 fr. 80 à 
Chicago pour le disponible, 102 fr. 95 à Buenos- 
Ayres. 

Les petits moulins, très défavorisés, travaillent 
peu; l'approvisionnement des boulangeries en fa- 
rines a lieu régulièrement. 

Sons. — Demande peu active et cours inférieurs 
de plusieurs francs à la taxe établie. On paie de 43 à 
46 fr. le quintal pria au moulin. 

Céréales diverses. — Sur les avoines, cours un 
peu plus fermes. Aux 100 kilogr. départ, on cote les 
avoines disponibles : avoines grises d'hiver de l'Ouest, 
37 fr.; avoines blanches de l'Est, 50 fr.; avoines 
grises de Beauce, 37 à 57.50; avoines noires du 
Centre, 56 fr. 

Sur les orges, on note une plus-value de 1 fr. par 
quintal. On cote par 100 kilogr. départ : orges de 



Beauce, 88 fr.; de Champagne, 86 fr.; de la Mayenne 
et de la Sarthe, 87 fr.; escourgeons, 78 fr. 

Les sarrasins de l'Ouest valent de 73 à 78 fr. et les 
sorghos du Midi 38 à 40 fr. les 100 kilogr. départ. 

Les maïs étrangers sont cotés dans nos ports de 
75 à 78 fr. les 100 kilogr. 

A Poitiers, le maïs vaut de 80 à 82 fr. les 100 ki- 
logrammes. 

Fourrages. — Au marché de La Chapelle, cours 
stationnaires sur les foins et les regains, en baisse 
sur la luzerne. On a vendu par 100 bottes rendues à 
Paris au domicile de l'acheteur : paille de blé, 55 à 
65 fr.; paille d'avoine, 43 à 55 fr.; paille de seigle, 
75 à 85 fr. 

Dans les départements, le foin vaut aux 100 ki- 
logr. : Dauphiné, 25 à 28 fr.; Languedoc, 20 à 22 fr.; 
Franche-Comté, 19 à 21 fr. 

Pailles. — En raison de l'abondance de l'ofl're, les 
cours des pailles ont fléchi de 5 à 10 fr. par 100 bot- 
tes au marché de La Chapelle. On a coté : foin, 140 
à 160 fr.; regnin, 135 à 155 fr.; luzerne, 160 à ISO fr. 

La paille de blé se vend de 10 à 13 fr.; celle de 
seigle, de 13 à 14 fr.; les pailles d'orge et d'avoine 
de 10 à 12 fr. les lOU kilogr. dans les départements. 

Bétail. — Au marché de La Villelte du lundi 
3 janvier, cours faiblement tenus sur le gros bétail. 
On a payé les boeufs de l'Allier, de la Creuse, de 
la Haute-Vienne, de l'Orne et du Calvados, 4.65 à 
4.35; de la Mayenne et de la Sarthe, 4.20 à 4.60; de 
Maine-et-Loire et de la Loire-Inférieure, 4.25 à 4.50; 
de la Vendée, 4 à 4.20; les génisses, 4.75 à 4.85; les 
taureaux de choix, 3.90 à 4.30 le demi-kilogramme 
net. 

Les veaux ont eu des cours stationnaires. On a 
vendu les veaux de Brie, de Beauce et du Loiret, 



2i 



REVUE COMMERCIALE 



6.60 à 6.90; de la Sarthe, 6 à 6.30; de l'Ouest, d.75 
à 6.30 le demi-kilogramme net. 

Les cours des moutons se sont maintenus. On a 
coté les agneaux, 6.nO : les moutons de l'Allier et de la 
Nièvre, 6.25 à 6.50; du Cher, 6 à 6.23; du Midi, 4.7.3 
à 5.23; les brebis du Midi, 5 à 5.25; les moutons 
d'Algérie, 4.50 à 5 fr. le demi-kilogramme net. 

Sur les porcs, les prix ont accusé de la fermeté. 
On a payé au demi-kilogramme vif : les porcs gras, 
3.10 à 3.20, les coches, 2.60 à 2.8.3. 

Voici le relevé des marchés du jeudi 30 décembre 
et lundi 3 janvier : 

Marché du jeudi 30 décembre. 
Entrées directes 
au.T abattoirs. Réserves 

Amenés. LaVill. Vaug. LaVill. Vaug. 



têtes 

B^ufs 1 263 

Vaches.... 580 

Taureaux.. 1*9 

Veau.x 1 03-2 

Moutons .. 7 136 

Porcs 2 196 



têtes têtes 



156 



65 



533 



têtes 



133 



■130 109 259 102 

440 4"i9 1 190 475 

648 311 4C0 UO 

Prix maxima du kilogramme. 




Prix extrêmes. 



Boeufs 

Vaches. . . , 
Taureaux.. 

Veaux 

Moutons.. . 
Porcs 



9 -22 
9 22 

8 50 
13 50 
12 00 

9 86 



8 40 

8 40 

7 00 

12 50 

10 50 

9 58 



7 80 
7 40 
7 -,0 
10 80 
9 30 
9 42 



2.50 à 5.91 

2.50 5.91 

2.50 

4.10 

3.84 

G. 19 



5.40 

8.34 
6.41 

7.00 



Marché du lundi 3 janvier. 
Entrées directes 
aux abattoirs. Réserves 



Amenés. LaVill. 



Bœufs. . . . 
Vaches . . . 
Taureaux. 

Veaux 

Moutons . . 
Porcs 




Vaug. 
têtes 

136 

298 
447 
930 



La Vill. 
têtes 

552 

0f7 

1 960 

405 



Vaug. 
têtes 

168 

127 
210 



Prix maxima du kilogramme. 
Au poids net. Au poids vif. 

1" q. 2* q. 3« q. Prix extrêmes. 



Bœufs.. . . 
Vaches .. 
Taureaux , 
Veaux . . , , 
Moutons . 
Porcs 



9.22 

9.22 
8.50 
13.60 
12.50 
9.86 



8.40 
8.40 
7.90 
12.60 
11.20 
9.58 



7.80 
7.80 
7.70 
10.80 
10.30 
9.42 



2.25 à 5.77 
2.25 5.77 



2.25 
4.50 
3.60 
5.19 



5.40 
8.30 
6.24 
7.00 



Dans les départements, on cote : 

Bordeaux,- pa-T kilogr. poids vif : bœufs, 3.40 a 
5.10 ; vaches, 3 à 5.20 ; porcs, 6.20 à 6.90 ; par kilogr. 
poids net : veaux, 10 à H. 50; moutons, 9 à 

10 fr. 

Chartres, par kilogr. poids net : veaux, 12 à 
14 fr. 

Dijon, par kilogr. poids vif : veaux, 6.30 à 6.80; 
porcs, 6.80 à 7 fr. ; moutons, 9 à 12 fr. 

Lille, par kilogr. poids net : bœufs, 8.75 à 9.25; 
veaux, 11 à 13 fr. ; porcs, 10.25; moutons, 9 à 

11 fr. 



Lyon-Vaise, par kilogr. poids vif : bœufs, 4.40 à 
5.70; porcs, 6.60 à 7.20; veaux, 6.20 à 7.60; par 
kilogr. net : moutons, U à 12.30. 

Marseille, par kilogr. poids net : bœufs, 8.30 à 
9.25; vaches, 8.50 à 9.25; moutons, 9.50 à 10.50; 
par kilogr. vif : porcs'de pays, 7.40 à 7.60. 

Nancy, par kilogr. poids net : bœufs, 8.75 à 10 fr.; 
vaches, 7 à 10 fr. ; moutons, 10 à 12.50; par 
kilogr. vif : veaux, 6.50 à 7.75; porcs, 7.50 à 7.75. 

Vins. — Affaires calmes sur les marchés méridio- 
naux et prix à peu près stationnaires. On paie à 
l'hectolitre les vins rouges : 58 à 72 fr. à Béziers, 
63 à 85 fr. à Narbonne, 60 à 75 fr. à Montpellier, 
58 à 90 fr. à Nîmes, 60 à 90 fr. à Perpignan. Les 
vins blancs valent de 100 à 130 fr. l'hectolitre dé- 
part. 

En Loir-et-Cher, oti les prix sont en baisse, on 
vend les vins rouges de 65 à 75 fr. et les blancs de 
100 à 110 fr. l'hectolitre, Dans le Loiret, les vins 
d'Auvernat .«ont cotés de 270 à 285 fr., et les vins 
blancs de Sologne de 240 à 250 fr. la pièce. 

Dans la Loire-inférieure, on cote la barrique de 
223 litres : muscadet, 400 à 430 fr.; gros plants, 200 à 
260 fr. 

A Alger, les vins rouges valent 40 à 70 fr. l'hec- 
I tolitre. 

Pommes de terre et Fécales. — Cours faiblement 
tenus. .Vux 100 kilogr. départ, par vagon complet, 
on vend : Saucisse rouge, 24 à 27 fr; Ronde jaune, 
n à 23 fr.; Flouck, 26 à 27 fr.; Institut de Beauvais, 
21 à 24 fr.; Woltmann, 18 A 20 fr. 

Aux Halles centrales de Paris, on cote aux 100 ki- 
logr. ; Hollande, 70 à 80 fr.; Saucisse rouge, 34 à 
37 fr.; Rondes à chair jaune, 29 à 31 fr.; Flouck, 
30 à 32 fr. 

La baisse s'est accusée sur les fécules. A Epinal, 
la fécule 1''-' disponible vaut 123 fr. les 100 kilogr. 
gares des féculeries. 

Graines fourragères. — Affaires a.-sez nombreuses 
en trèûe violet, beaucoup moindres en luzerne. On 
paie aux 100 kilogr. départ: trèlle violet, 430 à32ofr.; 
luzerne, 4.30 à 700 fr.; lupuliue, 200 à 250 fr.; anthyl- 
lide, 700 à 900 fr.; trèfle hybride, 800 à 1 000 fr.; 
trèfle blanc, 1 350 à 1 500 fr. 

Engrais. — On cote, pour les trois premiers mois 
de 1921, par 100 kilogr. départ usines, emballages, 
perdus : 

Ciaoamiile S. P. A. granulée, titre 19/21 0/0 d'azote; 
emballage en fûts de 75 kilogr., 115 fr. 

CianamiJeS. P. A. en poudre, titre 17/19 0/0 d'azote; 
emballage en sacs, 75 fr. 

Cianamide S. P. A. en poudre, emballage en fûts 
de 100 kilogr. nets, 90 fr. 

11 est, eu outre, consenti à la culture une prime 
de 5 0/0 pour les ordres sur janvier et une prime de 
3 0/0 pour les ordres sur la première quinzaine de 
février. 

La dolomagnésie est cotée 19 fr. 50 les 100 kilogr. 
départ, logée en sacs neufs. 

On cote : nitrate de soude, 15 à 16 0/0 d'azote, 
108 fr. vagon Marseille-Bordeaux; 110 fr., Cette; 
nitrate dammoniaque, 33 0/0 d'azote, 199 fr. vagon 
Marseille; nitrate de chaux granulé 12 0/0,94 fr., 
vagon Toulouse; sang desséché, 11 fr. l'unité d'azote 
vagon Marseile; corne torréûée, 9 fr. l'unité d'azote. 
Le superphosphate minéral 14 0/0 est coté 26 fr. 
gare ou quai Marseille. B. Dukand. 

Le Gérant : Chaki.es Dutheix. 



[ P»rib. — !.. AiAKETUiux, imprimeur, 1, rue Cassette 



CHRONIQUE AGKiCOLE 



25 



CHRONIQUE AGRICOLE 



Sur l'organisation des Chambres d'Agriculture. — Nécessité urgente d'une solution. — Sur l'application 
du décret relatif à la vente du bétail sur les marchés. — Résultats de l'emprunt national. — Part prise 
par les agriculteurs à cet emprunt. — Publication des résultats des principales cultures en 1920. — 
Comparaison avec l'année précédente. — Modi6cations dans l'organisation du ministère de l'Agricul- 
ture. — Nomination du directeur de l'Office du Crédit agricole. — Note par le Sénat d'une loi relevant 
les taxes dans les abattoirs publics. — Application de ces taxes aux viandes frigorifiées. — Circulaire 
relative au développement de l'emploi des tourteaux pour le bétail. — Résultats d'une enquête sur la 
crise du lait à Chicago. — Décret relatif à l'importation du bétail provenant des Pays-Ras. — Nomina- 
tions de professeurs aux Ecoles nationales d'Agriculture de Alontpellier et de Rennes. — Exposition de 
machines agricoles et concours de tracteurs à Lerida (Espagne). — La Semaine de Motoculture du 
printemps. — Don à l'Institut international d'Agriculture de Rome. — Rapport sur l'activité de l'Union 
Suisse des Paysans pendant l'année 1919. — Agenda aide-mémoire agricole de M. G. Wery et Almanach 
de la Gazelle du Village. 



Chambres d'Agriculture. 

On se souvient que rapplicalion de la loi 
du 25 octobre 1919 sur les Chambres d'Agri- 
culture a été prorogée jusqu'au 25 avril pro- 
chain, et que les modifications nécessaires au 
texte de cette loi doivent être adoptées par le 
Parlement avant cette dernière date. La 
Chambre des Députés a été saisie d'une pro- 
position sur ces modifications; la Commis- 
sion de l'Agriculture a longuement discuté 
sur ce sujet, et elle a chargé M. Raymond 
Gavoty, député du Var, de rédiger, en son 
nom, un rapport sur les conclusions qu'elle a 
adoptées. D'après ces dispositions, les Cham- 
bres d'Agriculture doivent être régionales; 
la Commission en avait déterminé le nombre 
et les circonscriptions. 

Mais le ministre de l'Agriculture a exposé à 
la Commission que le Gouvernement avait 
préparé et allait présenter un projet de loi re- 
latif à l'organisation de la France en régions 
administratives; il a ajouté qu'il convien- 
drait de faire coïncider les circonscriptions 
des Chambres régionales d'Agriculture avec 
ces nouvelles régions. Or, il n'est pas dou- 
teux que l'adoption par le Parlement du pro- 
jet sur les régions administratives exigera de 
longs délais. Dès lors, il conviendrait, pour 
aboutir actuellement en ce qui concerne les 
Chambres d'Agriculture, de se borner (à cons- 
tituer des Comités départementaux qui servi- 
raient ultérieurement à la constitution des 
Chambres régionales. 

La Commission de l'Agriculture s'est incli- 
née devant ces objections. Il est probable 
que le rapport de M. Gavoty, qui comporte 
d'ailleurs des modifications profondes au 
mode électoral précédemment prévu, sera 
déposé dès l'ouverture de la nouvelle session. 
Il importe, comme nous le rappelons plus 
haut, que la discussion du nouveau projet 
aboutisse rapidement. 

13 Janvier 1921. — N» 2. 



Le commerce du bétail. 
Le décret du 18 octobre 1920 relatif à la 
vente du bétail sur les foires et marchés et 
au commerce de la viande (voir le numéro 
du 28 octobre 1920, p. 356) a rencontré, dans 
son application, des difficultés que nous 
avions fait prévoir. On annonce que le mi- 
nistre de l'Agriculture a déclaré qu'il renon- 
cerait à cette application. 

Résultats de l'emprunt national. 

Le ministre des Finances a fait connaître à 
la Chambre des députés (séance du 31 dé- 
cembre) les chiffres provisoires des résultats 
du dernier emprunt national; ces chiffres ne 
seront vraisemblablement modifiés que dans 
une assez faible mesure par les apports nou- 
veaux qui parviendront encore de France, 
des colonies ou de l'étranger. Le total des 
souscriptions centralisées ^au 31 décembre dé- 
passe 27 milliards de francs, ce chiffre global 
se décomposant ainsi : 12 500 millions prove- 
nant de l'échange des rentes émises pendant 
la guerre, 14 500 millions de souscriptions 
nouvelles. Dans ce dernier chiffre, les bons 
delà Défense nationale entrent pour 5600 mil- 
lions, les billets de banque et le numéraire 
pour 9 100 millions. 

Du fait du dernier emprunt, le total des 
consolidations efTectuées en 1920 a atteint 
37 milliards de francs. 

En remerciant tous ceux qui ont contribué 
au grand succès de l'emprunt, le ministre 
des Finances s'est exprimé en ces termes : 

Les emprunts précédents avaient été souscrits 
surtout par l'industrie, par le haut et le moyen 
commerce; les souscriptions avaient été relati- 
vement rares dans les campagnes. 

Cette fois l'industrie et le gros commerce, 
dans la situation de crise ou de malaise où ils se 
trouvent, n'ont pas pu apporter à l'Etat leur 
concours habituel.... 

Tome I. — 2 



26 



CHROiNIQUE AGRICOLE 



Mais ce sont les cultivateurs qui, moins at- 
teints par les difficultés présentes, sont venus en 
grand nombre verser leur épargne à l'emprunt ; 
ils ont participé largement à l'opération de con- 
solidation en nous apportant leurs économies. 
C'est à eux surtout que nous devons l'afllux im- 
portant de billets de banque que je vous ai si- 
gnalé. Je les en remercie. 

Ainsi, dans cette admirable France, suivant 
les conditions économiques, nous pouvons 
compter, tantôt sur l'industrie, lorsqu'elle est 
dans une période de prospérité, comme il est 
arrivé au cours des dernières années, tantôt sur 
la population rurale, qui, comme aujourd'hui, 
alors que les industriels passent par une période 
difficile, apporte en masse au pays l'appui néces- 
saire à son relèvement économique et hâte pour 
lui le retour d'une prospérité dans la paix qui 
soit au niveau de sa gloire dans la guerre. 

1920 



11 n'est pas inutile de rappeler qu'à l'occa- 
sion du précédent emprunt le minisire des 
Finances avait adressé (voir le numéro du 
22 avril 1920, p. 294) des remerciements 
spéciaux aux Associations agricoles pour 
leur participation. 

Les récoltes en 1920. 
Le ministère de l'Agriculture a publié an- 
térieurement les évaluations sur les récoltes 
des céréales en France en 1920. Il vient de 
compléter ces renseignements en faisant con- 
naître les évaluations approximatives sur les 
résultats des diverses cultures. Ces évalua- 
tions sont résumées dans le tableau suivant, 
où elles sont rapprochées des résultais défi- 
nitifs donnés pour l'ar.née 1919 : 

1919 





Surfaces. 


— ^ — — — 


Récolle. 


Surfaces. 


_^ 


Récolle. 




hectares 




quintaux 


lieclares 




quintau.x 


Maïs 


231 370 
18 351 




4 265 675 
142 759 


297 870 
18 720 




2 


534 110 


Millet 


100 090 


Sarrasin 


332 690 
1 352 320 




3 629 106 
103 155 900 


32S 640 
1 256 110 




2 

77 


719 690 


Pommes de terre 


305 620 


Topinambours 


108 423 
149 080 




13 437 250 
22 005 750 


105 110 
152 900 




10 
20 


762 440 


Rutabagas et navets 


343 680 


Choux fourragers 


205 995 




52 821 230 


199 930 




45 


416 880 


Betteraves à sucre 


89 650 




20 556 140 


74 620 




12 


476 340 


— de distillerie.. 


18 620 




4 615 200 


20 8 40 




4 


681 970 


— fourragères. . . 


582 560 




156 015 391) 


527 870 




104 


411 820 


Prairies artificielles 


2 633 780 




101 096 860 


2 604 640 




85 


018 650 


— temporaires 


341 090 




10 276 090 


343 230 




9 


204 160 


Fourrages verts 


K44 820 




87 176 890 


660 430 




82 


654 940 


Prés naturels 


4 848 800 
28 170 j 


filasse . . 
graines. 


145 565 305 
376 419 ; 
113 205 


4 793 470 
21 170 j 


filasse . . 
graines . 


133 


324 750 


Lin 


160 115 
88 238 




7 546 \ 


filasse. . 


132 515 > 
51 200 \ 


7 812 j 


filasse . . 




66 668 


Chanvre 


graines. 


graines. 




35 101 




Houblon 


1 489 

10 462 

146 857 




10 175 

131 927 

1 005 900 


1 430 

9 120 

148 390 






8 415 


Tabac 


132 773 


Haricots 


925 930 


Lentilles 


6 655 




89 607 


4 410 






40 300 


Pois 


12 903 

33 209 
20 619 




121 577 
298 056 
317 822 


13 630 
34 670 
24 480 






140 100 


Fèves 


276 670 


Féveroles 


343 610 



11 convient de signaler les principales dif- 
férences qui se sont manifestées d'une année 
à l'autre ; elles ont porté surtout sur les 
pommes de terre et les plantes fourragères. 
Les étendues cultivées en pommes de terre 
ont augmenté de 96 000 hectares, celles de 
betteraves à sucre de 15 000 hectares. Il y a 
eu un accroissement de plus de oiOOO hec- 
tares pour les betteraves fourragères et de 
29 000 pour les prairies artificielles. Enfin, 
les surfaces consacrées aux prairies naturelles 
ont été accrues de 55 000 hectares; c'est la 
confirmation d'un fait qui a été signalé à 
diverses reprises au cours de l'année. 

Au ministère de l'Agriculture. 
Un décret, en date du 23 décembre, a 



apporté quelques modifications à l'organisa- 
tion centrale du ministère de l'Agriculture. 
La principale est la transformation du « Ser- 
vice du Crédit, de la Coopération et de la Mu- 
tualité agricoles » en « Service de la Mutua- 
lité agricole et de l'Economie rurale. » 

M. Maurice Lesage, inspecteur général de 
l'Agriculture, adjoint au directeur de l'Agri- 
culture, a été nommé chef de ce Service à 
dater du 1^"^ janvier. 

Crédit agricole. 

Par décret en date du 24 décembre, 
M. Tardy, inspecteur général du Crédit et 
des Associations agricoles subventionnées, 
est délégué, tout en conservant ces attribu- 
tions, dans les fonctions de directeur général 



CHRONIQUE AGRICOLE 
de l'Office national du Crédit agricole. Cette 



27 



disposition aura son eflfet à dater de la mise 
en vigueur du règlement d'administration 
publique prévu par la loi du 5 août 1920. ' 

Il est à souhaiter que ce règlement soit 
bientôt promulgué et que l'Office du Crédit 
agricole soit définitivement organisé. 

Régime des abattoirs. 

Dans sa séance du 31 décembre, le Sénat a 
adopté un projet déjà voté par la Chambre 
des Députés sur le régime des abattoirs. Ce 
projet a modifié les dispositions de la loi de 
1905, relatives à la taxe d'abatage dans les 
abattoirs publics. Cette taxe est portée de 
deux centimes à cinq centimes par liilo- 
gramme de viande nette ; elle pourra être 
élevée à dix centimes dans le cas où ce relè- 
vement sera destiné à permettre la construc- 
tion ou la réédification d'abattoirs commu- 
naux. En même temps, le maximum prévu 
pour frais de visite ou de poinçonnage des 
viandes foraines a été porté de un centime à 
trois centimes. 

Dans le rapport qu'il a présenté sur ce 
projet, M. Donon, sénateur, a fait ressortir 
qu'aux yeux de la Commission il est permis 
de considérer les viandes frigorifiées comme 
viandes foraines, et de leur appliquer la taxe 
de visite, ce qui serait une garantie pour les 
consommateurs au point de vue de leur qua- 
lité. Les municipalités y trouveraient des res- 
sources pour créer des chambres froides an- 
nexes des abattoirs. 

A l'occasion de ce projet, MM. Pierre Ber- 
ger et Manger ont protesté contre la perte 
d'importantes quantités de viandes congelées 
réunies dans le frigorifique du camp amé- 
ricain de Gièvres (Loir-et-Cher), laissé à 
l'abandon après le départ des troupes amé- 
ricaines. 

Les tourteaux dans ralimentation 
du bétail. 

M. Ricard, ministre de l'Agriculture, a, 
dans une circulaire en date du 24 décembre, 
appelé l'attention des Offices agricoles sur le 
développement de l'emploi des tourteaux 
dans l'alimentation du bétail; il les invite à 
une propagande active en vue de sa généra- 
lisation, et en même temps il donne des indi- 
cations sur les principaux tourteaux offerts 
actuellement sur le marché : arachide, co- 
prah, palmiste, lin et sésame. 

Cette circulaire a été insérée au Journal 
Officiel du 31 décembre. Toutefois, nous ne 
pensons pas qu'il soit utile de la reproduire. 
En effet, ce n'est pas ici qu'il est nécessaire 



d'insister sur les avantages de l'emploi des 
tourteaux. Depuis des années, ces avantages 
ont été démontrés dans nos colonnes, no- 
tamment par les études de nos excellents col- 
laborateurs, MM. André Gouin et P. An- 
douard. Dans ces études comme dans leur 
important ouvrage : Élevage intensif, ils 
ont réuni les règles précises sur l'emploi des 
tourteaux pour l'élevage desjeunes animaux, 
pour l'engraissement ou poui* la production 
laitière; il n'est pas téméraire d'affirmer 
qu'ils ont provoqué les progrès manifestés 
dans l'emploi des tourteaux, progrès qui 
n'ont été ralentis que par la hausse de ces 
produits. 

La crise du lait. 

A propos de la crise qui sévit sur le lait, le 
Journal des Economistes, dirigé par M. Yves 
Guyot, rappelle qu'une crise semblable a sévi 
aux Etats-Unis, particulièrement à Chicago, 
et il cite les conclusions suivantes d'un ar- 
ticle pub'ié par le Journal of Political Eco- 
nomy de l'Université de cette ville : 

1» Les cultivateurs-producteurs de lait gèrent 
leur exploitation sur une base commerciale. Ils 
font les produits qui leur assurent la meilleure 
rémunération. Si le lait ne leur donne pas le 
profit qu'ils jugent convenable, ils font du grain 
ou de l'élevage et menacent d'abandonner la 
production du lait. Les prix du grain et du bé- 
tail se sont élevés à un niveau qui les y pousse. 

2° L'enquête prouve la grande difficulté de 
tenter d'établir le prix d'un produit fini, tandis 
que les matières premières à l'aide des-juelles il 
est obtenu, et qui ont aussi d'autres [usages, 
restent sans contrôle. Le Gouvernement avait 
donné aux cultivateurs l'assurance que les ob- 
jets d'alimentation seraient, pendant l'hiver, 
d'un prix au-dessous de celui qu'ils ont atleint. 
En fait, ils continuent de s'élever. Les graines de 
coton et des sous-produits de la farine ont man- 
qué en janvier. La difficulté fondamentHle pro- 
vient proliablement d'une exagération dans l'ee- 
timation de la récolte de maïs. 

3° Deux théories sur la manière d'estimer le 
prix du produit se trouvèrent en conflit. Les 
cultivateurs comptaient le prix de leur foin et 
de leur maïs, au prix du marché. Ils disaient 
que c'était le prix auquel ils pouvaient les ven- 
dre ou le prix auquel ils devraient se les pro- 
curer, s'ils ne les avaient pas produits et ces 
prix étaient variables. La responsabilité de cette 
manière de compter provenait des écoles d'agri- 
culture. 

Ces conclusions étaient présentées à l'oc- 
casion d'une enquête faite par une Commis- 
sion d'arbitrage. Cette enquête n'a pas abouti 
à une conclusion, parce que chacun était 
resté sur ses positions. Ce résultat étaità peu 
près inévitable. 



28 



CHRONIQUE AGRICOLE 



Importation du bétail. 



Un arrêté en date du 31 décembre a auto- 
risé l'entrée en France, par les bureaux de 
douane de Tourcoing, Jeumont etThionville, 
des bovidés, des moutons et des chèvres, en 
provenance des Pays-Bas. 

Les animaux de l'espèce bovine qui ne sont 
pas destinés à la boucherie devront être ac- 
compagnés d'un certificat d'origine et de 
santé, attestant qu'ils sont indemnes de tu- 
berculose, d'avortement épizootique, d'hé- 
maturie ou dhémoglobinurie, d'entérite pa- 
ratuberculeuse, de vaginite contagieuse et 
qu'ils proviennent d'exploitations indemnes 
des mêmes maladies. Les moutons et les 
chèvres devront être accompagnés d'un cer- 
tificatd'origine et de santé, attestant que ces 
animaux sont indemnes de toute maladie 
contagieuse. 

Ecoles nationales d'Agriculture. 
A la suite des concours récemment ou- 
verts, ont été nommés à l'Ecole nationale 
d'Agriculture de Montpellier : M. Cotfier, 
professeur de zootechnie ; M. Jules Ventre, 
professeur d'œnologieet des industries agri- 
coles ; M. David Vidal, professeur d'agricul- 
ture; M. Paul-Léon Degrully, professeur 
d'économie et de législation rurales. 

A l'Ecole nationale d'Agriculture de Ren- 
nes, ont été nommés : MM. Georges Ray, 
professeur de technologie ; M. Duboys, pro- 
fesseur de botanique et de pathologie végé 
taie. 

Culture mécanique. 
Nous avons annoncé que l'importante ex- 
position de machines agricoles et le con- 
cours de tracteurs qui devaient avoir lieu en 
Espagne, à Lérida (Catalogne), avaient été re- 
portés au printemps de 1921. Cette expo**!- 
tion et ce concours se tiendront du l'^' au 
iO avril. Les déclarations des exposants se- 
ront reçues jusqu'au 15 février au Départe- 
ment d'Agriculture, à Barcelone ([^rgel, 187), 
avec l'indication du nombre de machines à 
présenter et de la surface couverte ou non 
qui leur sera nécessaire. En dehors des pri- 
mes prévues par le programme, les concur- 
rents recevront une indemnité proportion- 
nelle aux dépenses exigées par leur partici- 
pation. 

— La Semaine de Motoculture de printemps, 
organisée par la Chambre syhdicale de la 
Motoculture, se tiendra celle année sur le 
cours de Vincennes, à Paris. La date en est 
fixée du 10 au 20 février. 

A l'Institut international d'Agriculture. 
M. Louis Dnp, délégué de la France, vice- 



président de l'Institut international d'Agri- 
culture, nous apprend que M. V. Vermorel, 
membre de l'Académie d'Agriculture, vient de 
faire à cet Institut une donation de dix mille 
lires, dont la rente devra servir au Service 
des maladies des plantes, pour achats de 
tracts, publications ou collections se rappor- 
tant à ces maladies. 

Cet acte de générosité ne surprendra pas 
de la part de M. Vermorel, dont on connaît 
le dévouement aux œuvres qui ont pour ob- 
jet le développement du progrès agricole. 

Union Suisse des Paysans. 

Le vingt deuxième rapport annuel du Co- 
mité de l'Union Suisse des Paysans constate 
que, dans l'année 1919, elle réunissait 31 As- 
sociations ou Fédérations, avec un effectif de 
263 412 membres, en augmentation de 
20 120 membres sur l'année précédente. En 
outre, elle avait reçu, au 31 décembre, l'adhé- 
sion de onze associations qui ne sont pas 
comprises dans cette récapitulation. 

Au cours de l'année, l'Union a pris une 
part active aux mesures destinées à remédier 
aux conséquences de la guerre et à l'appro- 
visionnement du pays. D'autre part, les dif- 
férents Offices qu'elle a constitués ont conti- 
nué à fonctionner avec une grande activité. 

Le Secrétariat des Paysans Suisses, dirigé 
par le docteur Laur, n'a pas montré un essor 
moindre; pour en donner un exemple, il suf- 
fit de constater que 2 453 journées de travail 
ont été consacrées, en 1919, aux recherches 
sur la rentabilité de l'agriculture, et sur les 
conditions de la culture ; on a montié précé- 
demment dans nos colonnes l'inlérèt pré- 
senté par ces recherches qui réunissent les 
comptes de plusieurs centaines d'exploita- 
tions agricoles. 

Agendas et annuaires. 

L" Agenda aide-mémoire agricole pour 1921, 
par M. G. Wery, directeur de l'Institut na- 
tional agronomique, a été publié récemment 
par la librairie Baillière, à Paris (prix, 5 fr.). 
Cette intéressante publication est remplie de 
documents et de renseignements journelle- 
ment utiles pour les agriculteurs. 

On doit signaler aussi VAlmanach de la 
Gazelle du Village pour J921 que la Librairie 
agricole, à Paris, vient de publier (prix, 
3 fr.). C'est la seizième année de cet Alma- 
nach qui répond, par l'abondance des con- 
naissances pratiques et des procédés ou re- 
cettes qu'il renferme, à tous les besoins des 
familles agricoles. 

Henry Sagnier. 



SUR LES PRIX DU BATTAGE 



29 



SUR LES PRIX DU BATTAGE 



Un récent article de M. Ringelmann a 
montré l'intérêt que les cultivateurs avaient 
à former des Coopératives de battage (1). 

J'ai eu à m'occuper d'une semblable Coo- 
pérative dans une région où l'usage est de 
piyer non point l'heure de travail,Jmais l'hec- 
tolitre de céréales battues. Avant la guerre, 
les entrepreneurs demandaient de 60 à 
70 centimes par sac avec les batteuses sans 
monte-paille et 10 centimes de plus, avec les 
machines munies de ce perfectionnement. 
Une diflférence de 10 centimes existait tou- 
jours entre le prix de l'hectolitre de blé et 
celui des autres céréales (2). Cette année, on 
a demandé de 3 fr. 50 à 4 fr. aux agricul- 
teurs qui fournissaient le bois pour les loco- 
mobiles, de 4à5fr.aux autres. On a, paraît-il, 



demandé jusqu'à 6 fr. par sac avec une ma- 
chine munie de monte-paille. Toutes les cé- 
réales paient le même prix. 

La Coopérative s'est formée pendant la 
guerre entre deux Syndicats de Motoculture 
d'un même canton. La batteuse est une Ran- 
somes, à grand débit, achetée d'occasion, 
en 1917, 7 500 fr. Le nombre des adhérents 
est de 20. Comme la propriélé est très di- 
visée, le nombre des chantiers de battage est 
un peu supérieur, 30 environ. Le nombre 
d'hectolitres battus du 21 juillet au 5 sep- 
tembre (3) était de 4 514 (blé : 1 738; avoine : 
2 729; seigle : 2 (4); orge ; 38, épeautre : 7). 

Le tableau ci-dessous donne le prix de re- 
vient du battage d'un sac dans cinq exploi- 
tations : 



Exploitations 



13 



Journées de méca- 
nicien 1/2 

Journées de 2 en- 

greneurs... 1/2 

Huile 6 litr. 

Pétrole 37 iilr. 

Contribution pour : 

Sacs de blé 21 

D'aiitre&'céréales. » » 

Dépense totale... 117.90 

Prix de battage d'un 
sac de céréales. . 5.63 



t'r . c . I r . c . 

6 .. 1/2 6 .. 

10 » 1/2 10 .. 

21 60 6 litr. 21.60 

61.40 52 litr. 169.65 

18.90 14 12.60 

40 32 ., 



95 
66 



251.85 



.65 



Ir. c. 
12 » 
20 » 

198.50 

76.50 
52 » 

359 » 
2.39 



fr. 
12 
20 



fr. c . 
24 » 



50 
52 



2 40 

16 57 60 

189.20 204 litr. 239.25 

45 » 110 107.30 

41.60 145 116 » 



307.80 
3 .. 



583.95 
3.2» 



Le compte des dépenses de chaque adhé- 
rent s'établit à l'aide des données suivantes : 

I. Salaires. — Chaque adhérent paie les jour- 
nées que le mécanicien et les engreneurs pas- 
sent chez lui. Les engreneurs étaient payés 10 fr. 
par jour. Un Syndicat payait son mécanicien 
15 fr., le mécanicien de l'autre Syndicat recevait 
seulement 12 fr., mais ce Syndicat lui payait le 
battage de sa petite récolte : pétrole, huile, 
journées des engreneurs, abandon de la contri- 
bution par sac, dont nous parlerons plus loin, 

II. Huile, pétrole. — Chaque adhérent se pro- 
cure le pétrole et l'huile qui lui sont néces- 
saires. Le Syndicat a fait les achats cette année. 

(1) M. Ringelman. Le prix des battages {Journal 
d'Agriculture pratique, 11 novembre 1920). 

;2) Les prix étaient majorés dans les mauvaises 
années de grains. Les entrepreneurs battant avec 
de petites batteuses simples, laissant le grain sans 
nettoyage (petits batteurs mus par manège ou mo- 
teur) faisaient payer non point au sac, mais à la 
/)/'e, c'est-à-dire aux 12 gerbes (gerbes faites à la 
main). Ces batteuses ne sont que larement employées. 



L'huile, par l'intermédiaire de la Coopérative de 
la rue d'Athènes, a pu être livrée aux cultiva- 
teurs à 3 fr. 60 le litre. Pour le pétrole, l'opéra- 
tion a été plus malheureuse. Achetés par l'inter- 
médiaire de la Direction des Services agricoles, 
l'essence et le pétrole nous revinrent, en gare, à 
240 fr. et 165 fr. l'hectolitre, avec des conditions 
draconiennes d'emballage, alors que le com- 
merce livrait ces mêmes produits dans une petite 
ville voisine (7 kilomètres de la gare), à 218 et 
153 fr. S'il y a vraiment un projet socialiste on 
bolcheviste confiant la direction des terres, après 
leur confiscation, aux professeurs d'agriculture, 
ce n'est pas cette expérience qui poussera beau- 
coup de nos adhérents à s'y rallier! 

III. Frais généraux. — Ce chapitre comprend : 
a) Les réparations; elles étaient très impor- 

(3) Il y a eu quelques jours d'interruption au mo- 
ment des foires locales. 

(4) Gomme la lieuse est encore d'un usage assez 
restreint à cause de la division des propriétés, de" 
plantations d'arbres, des joualles, on emploie la 
paille de seigle pour faire les liens et tout le seigle 
est battu au moment des moissons avant le battage 



30 



CIRCULAIRE RELATIVE A LÉLEVAGE DE LESPÈCE POHCIXE 



tantes cette année, la machine ayant été conduite 
avec peu de soin pendant la [campagne précé- 
dente. Il y avait un gros achat : celui de la 
courroie de commande; 

b) Les assurances; elles étaient un peu fai- 
bles (o); 

c) Le salaire des engreneurs et mécaniciens 
pendant les déplacements ou réparations; 

d) L'huile, le pétrole consommés sur route, en 
changeant de chantier; 

e) L'essence nécessaire à la mise en marche, 
ïa graisse consistante, les chiffons, etc.; 

f) Les frais divers (convocations, correspon- 
dance, retour des emballages, avances d'ar- 
gent, etc.); 

g) L'amortissement et l'intérêt des parts de 
batteuse; 

h) Une contribution de fr. 10 par sac pour le 
Syndicat de motoculture qui prête le trac- 
leur (6); 

/) Enfin, les frais de battage du mécanicien du 
deuxième Syndicat. 

Pour couvrir toutes les dépenses de ce 
chapitre « Frais généraux », on a imposé 
chaque sac de blé d'une contribution de 
fr. 90; chaque sac d'avoine d'une contri- 
bution de fr. 80. 

L'examen du tableau ci-dessus montre que 
le prix de battage d'un sac varie dans de 
Vîès fortes proportions suivant les sols ("). 



Tout en justifiant un peu l'entrepreneur quj 
ne fait pas partout les gains immoraux que 
l'on suppose, les chitïres cités indiquent : 

1° Que généralement le cultivateur a in- 
térêt à adhérer à une Coopérative de battage ; 

2° Qu'il doit choisir un matériel approprié 
à ses besoins. Pour battre de petites récoltes, 
point n'est besoin de déplacer un tracteur et 
une batteuse à grand travail. Si cela a été 
fait dans Texemple de la première colonne, 
c'est que la petite exploitation était située 
entre deux propriétés utilisant la batteuse et 
appartenant au même maître. Une Coopéra- 
tive en plein développement pourrait avoir 
deux matériels, la batteuse à grand travail 
avec le tracteur pour les gros chantiers, une 
moto batteuse pour les petits sols; 

3° Qu'il faut rechercher les gros rende- 
ments : les exemples 3 et 4 montrent deux 
sols où le travail a eu la même durée, où la 
dépense en pétrole et huile a été à peu près 
semb'able. Le chantier le plus riche a payé le 
sac fr. 60 de moins que l'autre. La Coopé- 
rative réalise la prime à la production. 

Guy de Momard, 

Ingénieur, E.C.P. 

Propriétaire, Agriculteur, 

Trésorier de la Coopérative de Battage d'Issigeac. 



CIRCULAIRE RELATIVE A L'ÉLEVAGE 

DE L'ESPÈCE PORCINE (i) 



Paris, le 14 décembre 1920. 

J'attire votre attention sur l'intérêt que pré- 
sente à l'heure actuelle le développement de 
l'élevage de l'espèce ,'porcine, en vue de l'inten- 
sification de la production de la viande en 
France. 

La propagande, au cours de l'année 1920, ne 
semble pas avoir donné tous les résultats dési- 
rables, sans doute en raison de l'insuffisance 

(5) Ua commencement d'incendie heureusement 
éteint a appelé notre attention sur le danger des 
polices incomplètes. La note parue à la Correspon- 
dance di ce journal (l4 novembre 1920), p. 402, 
î^'e colonne, in fine, sera certainement utile à beau- 
coup de Coopératives de battage. 

(6) Cet arrangement est appelé à recevoir des mo- 
difications, car les labours au tracteur se font plus 
rares (prix du pétrole, difficulté de trouver un con- 
ducteur, etc.), et Tamertissement du tracteur serait 
JBsufûsant. 

'") Le sol, c'est l'aire d" battage, la place où se 
faisait aatrefois le dépiquage au fléau ou au rouleau; 
s'est là que s'installe aujourd'hui la machine. Par 
extension, c'est le cliantier de battage, la propriété 
où l'on bat « Telle métairie est un joli sol», dira-t-on, 
ci le blé y est abondant. 



des récoltes fourragères et de la difficulté d'ap- 
provisionnement en aliments concentrés au 
cours de celte année. 

La situation se trouvant aujourd'hui sensible- 
ment améliorée à ce double point de vue, j'es- 
time qu'il convient de redoubler d'efforts et de 
poursuivre cette propagande par tous les moyens 
, dont vous disposez. Pour remédier à la rareté 
des reproducteurs mâles, qui constitue dans 
certaines régions le principal obstacle au repeu- 
plement rapide des porcheries, il appartient à 
l'Office agricole départemental de multiplier, 
soit directement, soit par l'intermédiaire des 
Associations agricoles, les cessions à prix réduit 
de bons verrats et d'encourager leur conserva- 
tion par l'octroi de primes spéciales. 

L'introduction de verrats de races précoces 
permettra d'obtenir, par croisement avec des 
truies de races locales, rustiques et fécondes, 
des porcelets présentant le maximum d'aptitudes 
à l'engraissement. 

Il serait désirable que dans les pays de petite 

(1) Circulaire adressée aux présidents des Offices 
agricoles régionaux et départementaux, ainsi qu'aux 
directeurs des Services agricoles. 



LES CONTRE-EXPERTISES DE LAIT 



31 



culture, où chaque exploitation ne peut possé- 
der qu'un petit nombre de truies, la plupart des 
communes fussent pourvues de verrats commu- 
naux. 

Les Syndicats d'élevage rendront les plus 
grands services pour faciliter cette organisation, 
et je crois, à ce propos, devoir vous rappeler 
que les dispositions du décret du 8 mars 1912 (2j 
peuvent parfaitement s'appliquer à l'élevage de 
la race porcine, bien que la production bovine 
en ait presque seule bénéficié jusqu'à ce jour. 

Ailleurs, il serait possible d'envisager la créa- 
tion de porcheries d'élite qui fourniraient des 
reproducteurs de choix, mâles et femelles, dont 
la vente aux enchères permettrait la diffusion 
pour le plus grand bien de l'élevage de toute 
une région. 

Dans tous les cas, il conviendrait d'attirer 
l'attention des cultivateurs sur les profits ex- 
ceptionnels que peut leur procurer l'élevage du 
porc. 

En effet, quel que soit le mode d'exploitation 
envisagé : production de porcelets vendus au 
sevrage, élevage de porcs coureurs ou engraisse- 
ment intensif, aucune spéculation ne nécessite 
un capital proportionuellement moins élevé et 
plus rapidement rémunéré. 

Mais, pour obtenir le maximum des produits 
dans le minimum de temps, l'emploi judicieux 
de reproducteurs de choix ne suffit pas; il faut 
encore connaître et mettre en pratique les meil- 
leures méthodes d'alimentation. 

Si, d'une manière générale, les cultivateurs 
savent uiiliser, dans de bonnes conditions, cer- 
tains aliments qu'ils trouvent à leur portée : 
îait écrémé des beurreries, sérum des fromage- 
ries, eaux grasses des grandes agglomérations, 



l'emploi des aliments concentrés industriels, 
notamment des tourteaux, est beaucoup moins 
répandu. 

Or, nous disposons actuellement de très im- 
portantes réserves de ces produits, dont la 
richesse en éléments nutritifs constitue une pré- 
cieuse ressource. 

Il conviendrait donc d'éclairer les cultivateurs 
sur ce point particulier, et de .valgariser le plus 
rapidement possible les résultats obtenus par 
nos éleveurs et nos savants. 

D'autre part, grâce aux efforts réalisés en 
faveur du développement de la culture de la 
pomme de terre, il est permis d'envisager, dès 
cette année, la possibilité d'utiliser june partie 
de la récolte en vue de la production de la 
viande. 

Or, le porc est, à cet égard, le meilleur agent 
de transformation de toutes les pommes de terre 
qui ne seront pas réservées à l'alimentation hu- 
maine (variétés fourragères, petits tubercules, 
déchets de triage, etc.). 

J'attire encore votre attention sur l'importance 
capitale de la vulgarisation des meilleures pra- 
tiques d'hygiène, qui, en réduisant le taux de la 
mortalité, encore beaucoup trop élevé, notam- 
ment chez les jeunes, pourront devenir un des 
facteurs non négligeables de l'accroissement de 
notre cheptel. 

Enfin, quand ces divers moyens d'action au- 
ront été largement mis en œuvre, il conviendra 
de soutenir le zèle des éleveurs et d'encourager 
leurs efforts, par l'organisation de concours de 
porcheries, qui vous permettront de récompenser 
les plus méritants et de vous rendre compte de 
ce qui a été fait et de ce qui reste à faire. 

J.-H. KlCARD. 



LES CONTRE-EXPERTISES DE LAIT 



Dans le n" du 2 décembre dernier, M. Gar- 
nier a attiré de nouveau l'attention sur la 
question de la répression des fraudes en 
matière de lait. Nous sommes pleinement 
d'accord avec lui pour considérer que l'inté- 
rêt général des producteurs et des commer- 
çants honnêtes, aussi bien que celui des con- 
sommateurs, doit comporter des condamna- 
tions aussi sévères que possible à l'égard 
des fraudeurs ; mais, par contre-partie, il est 
essentiel, pour ne pas énerver la loi de ré- 
pression, que les délits soient toujours bien 
établis et que les erreurs soient évitées. Le 
rôle essentiel à cet égard est dévolu aux 
contre-experts. 

Les laboratoires officiels ont une tâche 
relativement simple; elle est d'ordre exclu- 
sivement analytique. Leurs conclusions sont 
mathématiques et déduites des normes 

(1) Voir Journal d Agriculture pratique, du 28 
mars 1912, p. 412. 



admises; leurs opérations de triage arrêtent 
tous les échantillons dont la composition 
s'écarte de la moyenne officielle. Cette ma- 
nière de procéder ne comporte aucune cri- 
tique, puisque, sauf aveu de l'inculpé, la 
contre-expertise contradictoire prévue par la 
loi fonctionne ensuite obligatoirement. A 
partir de ce moment, nous nous trouvons 
sur un tout autre terrain. 

11 ne faudrait pas que l'expert en posses- 
sion de son échantillon recommence pure- 
ment et simplement, dans un but de vérifi- 
cation, les opérations analytiques des labo- 
ratoires officiels. Ceux-ci offrent toutes les 
garanties désirables à cet égard etles erreurs 
d'analyse ne peuvent être que très exception- 
nelles. Les chiffres trouvés seront très voisins 
des précédents et peut-être même moins 
rigoureux quand l'expert aura — ce qui 
n'est pas rare — un échan tillon datant de trois 
mois, plus ou moins altéré malgré l'addition 



32 



COMMISSION DE LA BETTERAVE A SLXKE ET DE LA GRALNE DE BETTERAVE 



de bichromate. Selon les mélliodes suivies, 
suivant l'habileté de l'opérateur, les normes 
sur lesquelles il s'appuiera, les conclusions 
ne pourront varier que fort peu : un lait 
mouillé à l'o 0,0 le deviendra à 18 ou 12 0/0, 
ce qui, au fond, a fort peu d'importance. 
Ainsi comprise, la contre-expertise devient 
une pure superfétation. Elle peut conduire à 
de fréquentes erreurs, car on ne juge pas un 
lait comme un engrais ou un tourteau. 

Personnellement, nous avons toujours 
considéré que notre devoir était à'instruire 
les affaires de cette nature qui nous ont été 
confiées et de réunir tous les éléments d'in- 
formation nécessaires, nous substituant com 
plètement au juge d'instruction pour la 
partie technique. Toujours, après avoir pris 
connaissance du dossier, nous avons entendu 
l'intéressé et nous nous sommes rendu à 
rétable chaque fois qu'il était utile. Malheu- 
reusement, quand un échantillon de compa- 
raison ne fait pas partie du prélèvement, il 
est assez rare que l'expert puisse lui-même 
combler cette lacune en raison des délais 
écoulés. Nous nous sommes toujours refusé 
à conclure affirmativement à un mouillage 
ou un écrémage légers lorsque les présomp- 
tions analytiques n'ont pas été transformées 
en certitude par l'enquête. 

11 est un point sur lequel nous portons 
toujours notre attention dès l'origine, ce 
sont les conditions du prélèvement, car 
l'expérience nous a montré la grande impor- 
tance pratique de ce facteur et l'inobserva- 
tion, en certains cas, des circulaires spéciales 
adressées aux agents. L'homogénéisation 
d'un récipient complètement rempli, dans le- 
quel l'écrémage spontané a pu se produire, 
nécessite le transvasement ou l'agitalion par 
retournement. Voici un exemple personnel 
instructif à cet égard. Un prélèvement de lait 
est opéré sur la voiture de M. X... L'agent 
prend une bouteille cachetée avec laquelle il 
remplit directement les quatre tlacons régu- 



liers. Le laboratoire officiel, trouvant un taux 
de matière grasse de 28 gr. 10 avec un extrait 
dégraissé de 90 gr., conclut à un écrémage 
de 20 0/0. L'inculpé nie énergiquement. Or, 
le lait provient du mélange de la traite de 
60 vaches convenablement nourries et toute 
discussion du taux d'écrémage paraît impos- 
sible. Les trois é(;hantillons restant nous 
sont confiés et donnent comme matière 
grasse respectivement 40 gr. 70, 34 gr. 80, 
36 gr. 60, ce qui représente pour le litre 
prélevé une moyenne de 36 gr. 54 absolu- 
ment normale. 

Récemment, un cultivateur est poursuivi 
pour vente d'un lait donnant 2.5 gr. 1 de 
matière grasse et considéré par le laboratoire 
officiel comme écrémé à 30 0/0. Le lait est 
indiqué comme provenant du mélange de la 
traite de 10 vaches. Or, l'inculpé, d'honnêteté 
bien établie, ne fabrique pas de beurre et ne 
vend pas de crème, L'enquête nous montre 
qu'en raison de la pénurie de matériel, il n'y 
a pas eu en réalité mélange de toute la traite, 
les bidons étant remplis au fur et à mesure. 
D'autre part, sur les dix animaux, nous en 
rencontrons deux pouvant justifier le faible 
taux de beurre trouvé à l'analyse. Nous fai- 
sons classer l'afTaire. 

Nous pourrions multiplier les exemples 
pour démontrer l'importance capitale qui 
s'attache à l'instruction approfondie des 
affaires de lait. Assurément, la lâche de 
l'expert s'en trouve sérieusement compli- 
quée et peu en rapport avec les tarifs d'ex- 
pertises en vigueur. Cette manière d'opérer 
ne sera pas toujours appréciée à sa juste 
valeur par certains magistrats non initiés. 
Nous conseillons aux avocats d'en exiger 
toujours la stricle application s'il leur arri- 
vait de se trouver en présence de contre- 
expertises un peu trop sommaires. 

A. Demolon, 

Directeur de la Station agronomique de l'Aisne, 



C0M3IISSI0N DE LA BETTERAVE A SUCRE 

ET DE L-\ GRALXE DE BETTERAVE 



La Commission de la betterave à sucre et des 
graines de betteraves à sucre, instituée au mi- 
nistère de rAgriculture en i917, s'est réunie 
'e 22 décembre dernier sous la présidence de 
M. Viger, ancien ministre. 

M. Emile Saillard, secrétaire général de la 
Commission, a présenté sou rapport sur les tra- 
vaux faits pendant l'année. 

En se basant sur les analyses et les essais 



faits au laboratoire du Syndicat des fabricants 
de sucre, il a montré dans ce rapport que la 
qualité des graines de betteraves françaises et la 
qualité des betieraves françaises sont allées en 
augmentant depuis 1914 en )9i9 et en 1920 les 
betteiaves françaises ont été aussi riches que 
les betteraves allemandes'i, et il a attribué en 
grande partie cette amélioration à l'emploi de 
quantités plus laibles d'engrais azotés. 



LAUTOMNE DE 1920 



La Commission a décidé que des essais cultu- 
raux seraient institués piur faire ressortir les 
meilleurs modes d'emploi des engrais azotés, 
aussi bien pour la culture de la betterave que 
pour la culture de la graine de betterave. 

Passant à la question du séchage des se- 
mences et des produits agricoles en général, la 
Commission a chargé MM. Schribaux et Saillard 
de visiter en France et à l'étranger les princi- 
paux séchoirs qui sont employés dans la pra- 
tique, et de lui présenter un rapport sur la cons- 
truction et les conditions de marche de ces 
appareils. 



Le concours de séchoirs a été reporté à l'an 
née 1922. 

Le concours entre les maisons de production 
de graines suit son cours ; le prix de 20 000 fr. 
ne sera pas donné cette année. 

La Commission a enfin nommé une Sous- 
Commission de quatre membres (Krug, îSchri- 
baux, Saillard, de Vilmorin) qui est chargée de 
s'occuper de l'installation définitive à donner au 
laboratoire de sélection. 

Celui-ci doit servir, en effet, pour des essais 
sur la production des graines de betteraves et 
aussi sur la production de la betterave à sucre- 



L'AUTOMNE DE 1920 



En France, la température moyenne de 
Tautomne s'écarte généralement peu de la 
normale; elle est en déficit de 0"4 à Paris, 
•en excès de quelques dixièmes de degré 
•dans l'Ouest, le Centre et l'Est, de près de un 
degré dans le Sud- Ksi. Septembre a été un 
peu frais dans le Nord Ouest, moyennement 
chaud dans l'Est et le Sud. Le temps a été 



généralement doux en octobre; les écarts des 
moyennes Ihermiques aux normales varient 
entre 0°7 à Paris, Perpignan, Marseille et l°o 
à Brest et à Lyon. Novembre a été très frais 
à Paris où Ton a noté un minimum de 5° au- 
dessous de zéro et 18 jours de gelée; il a été 
frais à Nantes et à Lyon, doux dans le Sud- 
Est. 



STATION^; 



Paris (St-Maur). . . 

Brest 

Nantes 

Lyon 

liagnères-d«-Bigor 

iMars-'ille 

Perpignan 



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1-2.4 


10.7 


19.fi 


1.^.2 


11.0 


l'J.2 


15.1 



T !•:.%! PERATURE 



Minima absolus 
el dates. 



408 les 10, 23 nov. 
0.6 le 2:i nov. 
1.9 le 23 nov. 
fi 2 le 23 nov. 
■] .0 \e< 23, 2fi nov. 
3.1 le -30 nov. 
2.1 le ^22 nov. 



Maxima absolus 
et dates. 



2.J.8 le 13 sept. 

26 2 le 12 sept. 

28.0 le 12 sept. 

29.8 le 9 seot. 

29.0 le 16 sept. 

.^0.0 le 6 sept. 

30.4 le 6 sept. 
















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84 


6.0 


185 


83 


6.9 


276 


75 


6.2 


322 


77 


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NOMBRE 
de jours. 





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3 


43 





7 


41 





13 


36 


1 


/ 



L'automne de 1920 est caraclérisé en 
France par la sécheresse qui se manifesta 
dans le Nord et l'Ouest et l'abondance consi- 
dérable des pluies dans les régions du Sud. 
A Brest, le déficit sur la quantité normale de 
l'automne (261""') est de llo"""; il est seule- 
ment de 40""" à Paris, mais il aurait atteint 
une valeur voisine de celle qui a été notée à 
Brest, si la sécheresse remarquable du mois 
d'octobre n'avait pas été interrompue par 
la pluie exceptionnellement imporlanle de 
la journée du 18 qui a fourni, à elle seule, 
61°"" d'eau ; c'est le total le plus élevé qu'on 
ait recueilli à Paris en vingt quatre heures. 

Les quantités d'eatt touibees à Perpignan 
et à Marseille pendant ces trois mois, que 
l'on trouvera dans le tableau ci-dessus, dé- 
passent le total moyen dune année entière à 



Paris; celle qui a été relevée à Perpignan 
égale quatre fois la quantité normale de 
pluie de la saison d'automne '162™""); celle 
de Marseille est seulement 2.3 fois plus forte. 
L'intensité des pluies dans ces régions a été 
maximum sur le versant sud des Cévennes; 
ainsi, à l'observatoire du Mont Aigoual, on a 
mesuré en octobre TSS"""" d'eau dont 627""" 
sont tombés dans les journées du 6 au 9; le 
total de novembre atteint 439'"" ; la quantité 
totale d'eau tombée sur celle station pendant 
l'automne de 1920 est de 1 433 millimètres. 
Ces circonstances météorologiques ont en- 
travé sensiblement la préparation des terres 
et les emblavures d'automne dans presque 
toute la France. 

G. Barbé, 

Météorologiste au Bureau ceniral. 



•FAUCHEUSES AUTOMOBILES 



FAUCHEUSES AUTOMOBILES 



? Les premières faucheuses automobiles ont 
fait leur apparition en France lors de l'Expo- 
tions internationale de Paris, en 1900. Deux 




rage sec à l'hectare. La vitesse d'avance- 
ment des machines variait do 1 mètre à 
l'".10 par seconde, et la largeur coupée était 

de l'^.SO pour une 
longueur de scie 
de l'".30; ces don- 
nées nous mon- 
trent qu'il faut un 
peu plus de deux 
heures de travail 
utile pour faucher 
un hectare (1). » 

Elles ont figuré 
ensuite dans d'au- 
ires concours, puis 
on n'en entendit 
plus parler. Le 
modèle de IJeering 
se trouve actuel- 
lement dans la Ga- 
lerie du Cours de 
Génie Rural à 
l'Institut national 
agronomique. 

Plus tard, en 
1911,M.LouisVal- 
lotton, ingénieur 
à Genève, s'occupait de nouveau de cette 
question. Il prenait une faucheuse ordinaire 



Fig. 6. — Faucheuse automobile, système Vallotton, avec sa barre de coupe à terre. 



modèles étaient présentés, l'un par la maison 
Deering et l'autre par la maison Mac Cormick: 
M. Ilingelman les a 
fait fonctionner en 
travail pratique le 
30 août 1900, à 
Mitry-Mory (Seine- 
et-Marne), dans des 
essais spéciaux or- 
ganisés par la So- 
ciété d'xVgriculture 
de Meaux. Ils ont 
été l'objet de la cu- 
riosité de tous les 
visiteurs et ont ob- 
tenu, de ce fait, un 
vif succès, car, à 
cette époque , les 
applications du 
moteur à explo- 
sions à l'agricul- 
ture étaient encore 
rares. 

« Ces deux ma- 
chines ont travaillé 
sur une seconde 

coupe de luzerne dont le rendement pouvait 
être évalué de 1 500 à 2 000 kilogr. de four- 




Fig. 7. — Faucheuse automobile, système Vallotton, avec sa barre de coupe relevée. 

dont le tim on était remplacé par une 

(l)Riiigelmann, Matériei agricole àl'Expositioiii^QC. 



FAUCHEUSES AUTOMOBILES 



35 



oue directrice et sur laquelle était monté un 
moteur à explosions de cinq chevaux qui ac- 
tionnait à la fois les roues motrices et la scie. 
En 191i, cette machine était construite, avec 
quelques modifications, par MM. Berger et 
Isnard, à Fontaine (Isère). 

Cette faucheuse automobile est représentée 
par les figures. 6 et 7 ; l'une montre la 
machine avec la barre coupeuse à terre ; dans 
l'autre la barre coupeuse relevée est disposée 
pour les déplacements sur les chemins de la 
ferme aux champs. 

Le châssis m (fig. 6) supporte le moteur M à 



deux cylindres verticaux de six à huit che- 
vaux. L'arbre du moteur, dont le volant est 
en u, se prolonge à l'arrière où est placée la 
manivelle de mise en route qui n'est pas 
visible dans la figure 6, cachée qu'elle est 
par d'autres pièces. 

A l'avant, enfermée dans le carter d, se 
trouve la transmission par roues et chaîne 
sans fin qui donne à l'arbre c la même vitesse 
angulaire que celle du moteur. Cet arbre c est 
placé en dessous du moteur et dans l'axe du 
châssis m; il porte à son extrémité posté- 
rieure le plateau-manivelle r?, lequel par la 




Fig. 8. — Tracteur Fordson équipé en fauclieuse automobile. 



bielle h donne le mouvement habituel à la 
scie. 

La barre coupeuse 8 est soutenue par ses 
sabots et tirée par la tringle de traction t at- 
tachée au châssis m par l'intermédiaire d'un 
ressort amortisseur. On voit, en i, le petit 
levier dit de pointage; en y, la pédale de 
relevage reliée à un long ressort à boudin et 
en l le grand levier de relevage de la barre 
coupeuse. Ces pièces «', j/ et / se trouvent dans 
les faucheuses ordinaires, mais, ici, la ma- 
n(t>uvre du levier l fait débrayer auto- 
matiquement la transmission logée dans 
Je carter rf, arrête le mouvement de la 



bielle et, par suite, |"celui de la lame de scie. 

A l'arrière du moteur, le carter e renferme 
la transmission des roues motrices ^;enj se 
trouve le levier de changement de marche. 
Le mécanicien est assis sur le siège s, «yant 
à portée de la main le volant de direction h, 
les différents leviers et la manette des gaz 
agissant par la tringle i'. Le radiateur est en 
/"et le réservoir d'essence minérale en g. 

Cette faucheuse a été essayée à Grignon 
en juin IDLi, par M. Ringelmann, qui a bien 
voulu nous communiquer la de-criplion ci- 
dessus, en même temps que les chiffres qui 
suivent : 



36 FAUCHEUSES 

Puissance du moteur (chevaux).... 1 

Poids total (kiiogr.) 933 

Longueur de la barre coupeuse 

(mètres) 1 30 

Désignation des essais 1 2 

Nature du champ luzerne d'an an. Prairie iiai'jri>lle. 

Vitesse moyenne (mètres par 

seconde) 1.23 1.40 

Largeur moyenne de coupe 

(mètres) 1.04 1.14 

Surface fauchée par h eu te 

(mètres carrés) 2 371 3 076 

Temps employé pour faucher 

1 hectare heures, minutes) 4 h. 13 3 h. 13 

Consommation li'essence par 
hectare (kiiogr.) 4.89 4.56 

Les chiffres suivants, relatifs à la compo- 
sition botanique des prairies, ont été relevés 
par M. Brétignière, professeur d'Agriculture 
à l'Ecole nationale d'Âgricullure de Grignon, 
sur la demande de M. Ringelmann qui diri- 
geait ces essais. 

Luzerne d'un Prairie 

an. naturelle. 

Nombre de tiges par mètre 

carré 930 2 829 

HauteurmoyenD.de coupe 

(centimètres) 11.7 à 21.7 8.5 

Hauteur moyennedequel- 

ques plantes (centim.) : 

Luzerne 80 » 

Avoine élevée » 128 

Fétuque des prés ... » 98 

Dactyle » 96 

Paturi'i •> 74 

Trèfle violet » 57 

Au point de vue delà llore, les deux champs 
d'expériences avaient lu composition sui- 
vante : 



Variétés. 



Pourcentage 

de liges 

par mètre 

carré. 



Variétés. 



Pourcentage 

de tiges 

par mètre 

carré. 



i" Luzerne d'un an. 

Luzerne 28.0 

Sainfoin 8.1 

Paturin 12.1 

Oseille et pa- 
tience 1.0 

Sanves 40.3 



Lychens 

Renoncules. . 

Ortie 

Gralteron.. . . 
Plantain . . . . 

Minette 

Trèfle violet. 
Chardon. . . . 
Chiendent . . . 
Coquelicot.. . 
Avoine 



1.7 
0.3 
0.8 
3.8 
0.3 
0.9 
0.1 
0.1 
0.6 
1.5 
0.1 



2" Prairie natu 

Avoine élevée . 

Dactyle 

1* é tuqiie des 
prés 

l'aturin des prés 

Ray-grass an- 
glais 

HoiKiue 

Trèfle violet. . . 

Lotier corni- 
ciilé 

.Minette 

Anthyllide 

Trèfle blanc. . . 

>ainfoin 

Plantain 



^-elle. 

3.9 
10.0 

2.5 
11.0 

43.3 
0.2 
9.3 

5.9 
9.7 
0.1 
l.U 
0.7 
0.2 



AUT0.V10B1LES 



Toutes ces faucheuses automobiles ne se 
sont pas répandues, car on ne pouvait pas 
espérer qu'un agriculteur consacre un ca- 
pital élevé pour l'achat d'une machine aussi 
coûteuse, qui n'est appelée à travailler dans 
l'exploitation que quelques jours par an. 
Elles ont suscité l'admiration des esprits su- 
perficiels qui voyaient là une application 
intéressante de l'art de l'ingénieur à l'agri- 
culture. 

Vers 1917 et 1918, M. Paul André, ingé- 
nieur au Val d'Ajol (Vosges), fit un projet 
très intéressant d'une faucheuse automobile; 
malgré toutes les recommandations, il ne put 
décider un de nos constructeurs à établir un 
modèle d'essai qui n'aurait cependant pas 
été coûteux. 

La question vient d'être reprise dernière- 
ment, avec plus de chances de succès, avec 
le tracteur Fordson construit par MM. Henry 
Ford et fils, à Dearborn, Michigan (1), et 
dont un exemplaire figurait à la Semaine de 
Motoculture de Chartres. Sur le tracteur or- 
dinaire de 22 chevaux qui peut, par consé- 
quent, être utilisé en dehors de cela à tous 
les travaux de labour, hersage, scaritiage, etc., 
on vient rapporter en avant de la roue mo- 
trice de droite (fig. 8) une transmission logée 
dans un carter élanche et actionnant une 
lame de faucheuse. On boulonne également 
sur le carter-châssis les deux leviers de relé- 
vage et de pointage que le mécanicien peut 
manœuvrer facilement de son siège. 
. Ce dispositif n'a pas encore fonctionné en 
France en travail pratique, mais nous pen- 
sons que le trac leur se déplaçant à la deuxième 
vitesse, qui est d'environ i 500 mètres à 
l'heure, muni dune scie de 2 mètres de lar- 
geur de coupe, faucherait approximative- 
ment 7 230 mètres carrés à l'heure, soit un 
hectare en 1 h. 20 m. La consommation par 
hectare doit vraisemblablement être com- 
prise entre 7 et 10 kiiogr. de pétrole par 
hectare. 

Ce montage est intéressant, d'abord parce 
que la conduite du tracteur équipé ainsi est 
plus facile que celle du tracteur remorquant 
une faucheuse, et, ensuite, parce qu'il lui 
permet de travailler chaque année sur un 
plus grand nombre d'hectares. 

G. PASSELliGUt;, 

Ingénieur agrono'uc. 

(1) Le tracteur est r< présenté, en l-ranc \ par 
MM. X. Maleville et Pigeon, 36, rue de l'Epargne, à 
Chartres (Eure-et-Loir). 



ESSAIS SUR LES SELS DE POTASSE 



37 



SUR L'ORIGINE DES ESSAIS DE SEMENCES 



Notre article sur les essais de semences 
au moyen-àge a suggéré à M.C.-B. Saunders, 
directeur du bureau officiel des essais de 
semences au ministère britannique de l'Agri- 
culture, ridée de recherches dont il nous 
communique les résultats. M. Saunders, en 
consultant des , ouvrages qui nous avaient 
échappé, apporte ainsi une contribution des 
plus intéressantes à l'origine des essais de 
semences. 

Columelle, le grand agronome romain du 
début de l'ère chrétienne, n'a pas parlé de la 
détermination de la faculté germinative des 
graines, mais son compatriote Palladiu?, qui 
paraît avoir vécu au iv" siècle, en a fait men- 
tion. Cet agronome dont l'ouvrage, assez 
médiocre, rempli de pratiques supersti- 
tieuses, a eu une vogue immense au moyen- 
âge, signale que, de son temps, les essais de 
semences étaient en usage chez les Egyp- 
tiens; il n'indique pas que la méthode avait 
alors des adeptes en Grèce et en Italie. 

Par contre, un auteur grec du moyen-âge, 
Cassianus Btissus, qui écrivit au x* siècle et, 
dit-on, par ordre de son souverain Constan- 
tin Porphyrogénète, les Géoponiques grecs, 
affirme que « quelques cultivateurs » se 
livraient à l'essai préalable des semences. 
Cette constatation est d'autant plus intéres- 
sante à enregistrer que Cassianus Bassus 
n'a cité ni Columelle, ni surtout Palladius; 
son ouvrage, véritable compilation, men- 
tionne 34 auteurs, presque tous Grecs. 

Ces quelques explications préliminaires 
permettront de mieux saisir l'importance de 
la communication de M. C.-B. Saunders, que 
nous avons plaisir à reproduire : 

Mon attention a été attirée par un article très 
intéressant publié dans votre n° 32 du 5 août 
dernier sous le titre « Les essais de semences 
au moyen-àge ». 

Après avoir fait une remarque sur la sélection 
des semences par les Homains, l'auteur dit 
" qu'il faut arriver au moyen-àge pour rencon- 
trer les premières méthodes appliquées clans le 
but de déterminer la valeur culturale des 
ijraines ». 

Je crois intéressant de vous communiquer un 
extrait d'un article de Palladius {de Re llustica, 
livre VII, cliap. ix) qui vous montrera qu'on 



pratiquait les essais de semences bien avant 
cette époque : 

« Les Grecs prétendent que les Egyptiens se 
servaient de la méthode suivante pour connaître 
la faculté germinative des diverses graines : au 
mois de juin, ils creusent un lit peu profond 
dans un terrain humide où ils sèment toutes 
espèces de graines de blé et de légumes. Ensuite, 
à l'époque du lever de l'étoile du chien que les 
Homains placent le quatorzième jour avant les 
calendes d'août (c'est-à-dire le 19 juillet), ils 
recherchent quelles graines le lever de l'étoile a 
desséchées et celles qui sont restées intactes. Ils 
jettent les premières et donnent leur attention 
aux dernières. Cette étoile brûlante, en détrui- 
sant certaines de ces graines et en en épargnant 
d'autres, a lait prévoir le succès ou l'msuccès 
pour la saison future ». 

Un passage identique à celui-ci apparaît dans 
le « Geoponica », de Cassianus Bassus, qui 
occupa une grande place vers A. D. 950. Il attri- 
bue cette méttiode [à Zoroastre, et s'il en est 
ainsi (mais cela est très douteux), cette pratique 
remonterait à huit cents ans au moins av. J.-C., 
sinon plus tôt. 

.J'espère que cette note sera d'un certain inté- 
rêt pour vos lecteurs qui s'occupent des graines 
et des esi-ais de semences, et c'est dans ce but 
que je vous l'envoie. 

C.-B. Saunders, 

Directeur du Bureau officiel 
des Essais de semences. 

On pourrait peut-être conclure de ces 
recherches, en s'appuyant sur|rautoritéj de 
Palladius, que les essais de semences ont 
pris naissance en Egypte à une époque très 
ancienne et qu'il est impossible de préciser. 
Les Grecs connaissaient au iv" siècle la mé- 
thode en usage chez les Egyptiens ; quelques- 
uns, d'apiès Cassianus, l'appliquaient au 
x" siècle. A cette même époque, les Arabes 
se livrai-ent également à l'essai des semences 
et, ainsi qu'en témoigne l'ouvrage d'ibn-al- 
Awam, leurs méthodes étaient déjà très per- 
fectionnées au XII® siècle. 

En adressant à M. C.-B. Saunders nos plus 
vifs remerciements pour son intéressante 
lettre, nous nous félicitons d'avoir provoqué 
des recherches qui ne peuvent manquer de 
retenir l'attention des agronomes et même 
des praticiens. 

F. Lesoubd. 



ESSAIS SUR LES SELS DE POTASSE 



Les engrais potassiques étaient, jusqu'à ces 
derniers temps, peu employés en France. 
Cela tenait à deux causes. 



D'une part , une vieille théorie ad- 
mettait que les terres argileuses et celles 
d'origine granitique étaient suffisamment 



38 



ASSURANCES MUTUELLES GOXTRE LINCENDIE 



pourvues de potasse. Les travaux de M. La- 
galu en ce qui concerne les terres argileuses, 
ceux de M. Fourton sur les sols de Bretagne, 
sont venus infirmer cette théorie. Par ail- 
leurs, de nombreux essais pratiques ont dé- 
montré que l'apport de potasse, dans ces 
terres prétendues riches, donnait d'excellents 
résultats. 

D'autre part, les efTets des engrais potassi- 
ques sont généralement peu sensibles à lavue ; 
ils n'influencent pas la 'Végétation d'une façon 
apparente et, pour les constater, on doit pro- 
céder à la pesée des récoltes, ce que trop 
d'agriculteurs négligent de faire. En outre, 
l'action de ces engrais, comme celle de tous 
les engrais simples, est sous la dépendance 
étroite de la richesse du sol en éléments fer- 
tilisants autres que le dernier apporté. 

Depuis que l'Alsace est redevenue fran- 
çaise, nos agriculteurs, qui ont si largement 
pris part à cette conquête, se sont tout de 
suite fort intéressés aux engrais potassiques 
et un grand nombre les ont utilisés. Mais, 
trop hâtivement, quelques-uns ont conclu, 
au cours de la végétation, à leur inefficacité; 
d'autres, malgré les indications données, les 
ont utilisés dans des conditions défavorables 

En rapportant les résultats de l'essai fait 
cette année sur une culture de pommes de 
terre, il est bon de rappeler quelques notions 
indispensables à connaître. 

Le marché est à peu près dépourvu de chlo- 
rure de potassium et de sulfate de potasse; il 
n'est livré à l'agriculture que des sels bruts 
vendus sous le nom de sylvinite ou kaïnite 
dosant 12 à 16 0/0 de potasse et de sylvinite 
riche ou sels d'engrais dosant 20 à 22 0/0. Ces 
sels absorbent assez facilement l'humidité et 
doivent être conservés en lieu sec. 

Ces engrais doivent être enfouis t^t, avant 
les semailles, de telle sorte qu'ils participent 
aux façons culturales données en vue de la 
préparation des terres. Pour les céréales d'au- 
tomne, l'épandage a lieu au moment du pre- 
mier labour de préparation ; pour les semis 
et plantations de printemps, en hiver ou tout 
au moins trois semaines à un mois avant le 
semis ou la plantation. Sur les prairies, 
l'épandage doit être opéré en hiver et il est 
bon de le faire suivre d'un hersage ; dans les 
vignes, en hiver au moment du labour. 

L'essai ci-dessous relaté a eu lieu à Mois- 



sac (Tarn-et-Garonne), sur des pommes de 
terre de la variété Institut de Deauvais. 

Le terrain, constitué par des alluvions du 
Tarn, avait reçu la fumure habituelle au fu- 
mier de ferme au mois de novembre. Le sol 
bien préparé, la sylvinite riche fut répandue 
le 15 mars, à raison de 500 kilogr. à l'hec- 
tare. La plantation eut lieu dans la dernière 
semaine d'avril. Les soins d'entretien, bi- 
nages et buttages, furent faits normalement 
et de même façon dans tout le champ. 

Pendant la végétation, aucune différence 
ne put être établie entre le lot témoin et la 
parcelle ayant reçu l'engrais. A la récolte, les 
résultats rapportés à l'hectare ont été les sui- 
vants : 

Lot témoin 3 SOO kilogr. 

Parcelle avec sels de potasse. 6 000 — 
Excédent provoqué par l'en- 
grais 2 500 — 

Ces résultats, déjà satisfaisants, auraient 
été meilleurs encore si, pendant l'été, la cul- 
ture n'avait souffert d'une longue période de 
sécheresse. En effet, la récolte obtenue avec 
la fumure habituelle, complétée par les en- 
grais potassiques, est inférieure à celle obte- 
nue d'autres fois, sans engrais complémen- 
aires, dans des parcelles voisines ou dans le 
même champ, mais en année de moindre sé- 
cheresse. La récolte du lot témoin n'est même 
pas la moitié de celle d'une année normale. 

D'ailleurs, l'économie de cette opération et 
l'appréciation des bénéfices procurés par 
l'engrais ne pourront être déterminés d'une 
façon précise et complète qu'après l'enlève- 
ment de la prochaine récolte, car, générale- 
ment, l'effet des engrais potassiques se fait 
sentir deux années ; la dépense profite à deux 
récoltes et, cette année surtout, il ne peut 
manquer d'en être ainsi. 

Mais déjà, malgré cette moindre produc- 
tion, l'emploi des sels de potasse s'est montré 
très avantageux; il ne peut donc y avoir 
d'hésitation de la part des agriculteurs à les 
utiliser. Les engrais potassiques nous étant 
actuellement fournis par le sol de France, 
leur emploi doit se généraliser, notre agri- 
culture doit bénéficier de ce résultat tangible 
de la victoire. 

U. NÈGRE, 

Professeur d'agriculture. 



ASSURANCES MUTUELLES CONTRE L'INCENDIE 



A diverses reprises, on a signalé ici, avant 
la période de guerre, la grande activité de 



l'assurance mutuelle contre l'incendie, dite 
la Mutuelle agricole Incendie de i Est. Créée 



TRANSPORTS PAR 

en 1906, elle s'est rapidement développée, si 
bien qu'elle comptait, en 1914, il 000 socié- 
taires assurés. Le rapport présenté à la ré- 
cente Assemblée générale par M. Cassez, 
inspecteur général de l'Agriculture, secré- 
taire général de la Mutuelle, sur les exercices 
1913 à 1919, montre que, malgré les difficul- 
tés inhérentes à l'état de guerre, la Mutuelle 
a rempli ses services et tenu tous ses enga- 
gements. 

En efTet, au 31 décembre 1919, 858 caisses 
communales étaient affiliées dans les dépar- 
tements de la Haute-Marne, des Vosges, du 
Jura, de la Haute-Saône, de Meurthe-et- 
Moselle, du Doubs, de Saône-et-Loire, etc. 
Sauf celles qui existaient dans 11 communes 
des Vosges et de Meurthe-et-Moselle détruites 
pendant la lutte, toutes ces caisses ont ré- 
sisté et continuent à fonctionner normale- 
ment. Le nombre des sociétaire?, qui était de 
1=2 000 en 1914, s'élève actuellement à 20 000, 
pour lesquels il a été réalisé près de 30 000 
contrats d'assurance. Le capital garanti était 
de 146 millions de francs en 1914; il a atteint 



CAMION AUTOMOBILE 39 

300 millions au cours de l'année 1920. Les 
indemnités payées aux sociétaires incendiés 
se sont élevées à 828 000 fr. Les réserves 
de la Mutuelle dépassent 700 000 fr. ; avec 
celles des caisses locales, le total de l'avoir 
atteint 1 300 000 fr, 

La dernière Assemblée générale a décidé 
de ne pas suivre l'exemple des Compagnies 
d'assurances syndiquées qui, depuis le 1" dé- 
cembre 1919, ont majoré leurs anciens tarifs 
de 10 0/0, mais de prélever la part corres- 
pondante des réassurences sur les bonis de 
l'exercice. Par suite de cette combinaison et 
de lexemption des droits de timbre et d'en- 
registrement, les tarifs de la Mutuelle sont 
inférieurs de 50 0/0 environ à ceux des Com- 
pagnies. 

11 y a là un exemple très remarquable de 
la souplesse avec laquelle une bonne organi- 
sation de la mutualité a permis de traverser 
la période la plus critique qu'on pouvai t re 
douter pour elle. 

H. S. 



TRANSPORTS PAR CAMION AUTOMORILE 



Réponse au n° 7059 [Oise). 

Votre exploitation se trouve à 10 kilomètres 
de la gare ; la route présente des rampes maxima 
de 10 0/0 sur de faibles parcours. 

Le problème est de transporter en une demi- 
journée, de la gare à la ferme, le contenu d'un 
•vagon de 10 tonnes, à l'aide d'un camion auto- 
mobile, avec ou sans remorque. 

Voici l'exposé des calculs généraux que nous 
pouvons vous donner comme avant-projet. L'al- 
ler, de la ferme à la gare, s'effectue à vide; le 
retour, de la gare à l'exploitation, se fait en 
charge. 

a. — Camion portant 5 tonnes; le poids à 
vide est de 5 tonnes; le poids total en charge est 
de 10 tonnes; la consommation moyenne d'es- 
sence minérale est de lit. 08 par tonne kilo- 
mètre. Pour un voyage on aurait, par kilo- 
mètre : 

litres 

Aller. — 5 tonnes . 400 

Retour. - 10 tonnes 0.800 

Totfil 1.200 

h. — Camion portant 3 tonnes; le poids à 
vide est de 3 500 kilogr.; le poids total en charge 
est de 6 oOO kilogr., avec une consommation 
moyenne de G lit. 08 d'essence minérale par 
tonne kilomètre. 

La remorque pèse à vide 3 tonnes; la charge 
utile est de 2 tonnes; le poids total en charge 
est de 5 tonnes, nécessitant, au remorqueur, un 



supplémentde consommation d'au moins lit. 04 
par tonne kilomètre. 

Pour un voyage, on aurait par kilomètre : 

litres 

Aller. — Camion, .".5 bonnes 0.280 

Remorque, — 0.120 



Retour. 


— Camion, .5 
Remorque, 5 


Total. 


O.o20 
0.200 


0.400 






0.720 




1.120 



Dans les deux cas, les vitesses étant de 12 à 
18 kilomètres à l'heure, il faudrait deux voyages 
pour transporter le contenu d'un vagon de 
10 tonnes. Le transport à 10 kilomètres peut se 
faire en une demi-journée. 

En tenant compte des allers à vide, le trans- 
port d'une charge utile de 10 tonnes nécessite- 
rait, par kilomètre, une dépense de : 

2 lit. 40 avec le camion de 5 tonnes. 

2 lit. 24 — 3 tonnes et une remorque 

de 2 tonnes. 

Aux essais de 1910, pour une charge utile de 

3 500 kilogr., la consommation par tonne utile 
transportée fut de 7 lit. 2 aux 100 kilomètres. 

En octobre 1920, au meeting automobile du 
Mans, pour une charge utile de 6 tonnes, !a con- 
sommation par tonne utile transportée était de 
5 litres aux 100 kilomètres. 

Ces chiffres, constatés dans des essais, avec 
d'excellents mécaniciens, sont inférieurs à ceux 



40 



ACADÉMIE D'AGRICULTURK DE FRANGE 



qui ont servi de base dans nos calculs, car nous 
avons envisagé un service effectué pratiquement 
avec des ouvriers ordinaires. 

Quand vous aurez choisi le camion, il con- 
viendra de faire un essai de consommation 
avant l'achat ferme, les chiffres ci-dessus résul- 
tant de plusieurs essais effeclués, il y a quelques 
années, sur de bonnes machines. 



En laissant de côté la légère économie résul- 
tant de l'emploi de la remorque, il faut tenir 
compte, qu'en dehors des transports de la gare 
à la ferme, vous trouverez bien plus d'applica- 
tions au camion de 3 tonnes qu'à celui de 5 ton- 
nes, dont le prix d'achat sera plus élevé que ce- 
lui de 3 tonnes plus la remorque. 

M. U. 



ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE 



Séance du 5 janvier 1921. 
Présidence de M. Viger, puis de M. Lindet. 

Installation du bureau pour 1921. 

M. Viger, avant de quitter le fauteuil de la 
présidence de l'Académie, adresse à ses con- 
frères tous ses remerciements pour la bienveil- 
lance qu'ils lui ont témoignée, et prie M. Lindet 
de venir prendre sa place. 

M. Lindet, après avoir remercié M. Viger, 
adresse un souvenir ému ù celui qui aurait dû 
occuper le fauteuil de la présidence en 1921, ù 
M. Adolphe Carnot qui, par ses travaux, par sa 
haute tenue morale, par son accueil si aimable, 
avait su mériter toutes les sympathies. 

Correspondance. 

M. le ministre de rAgricullure informe l'Aca- 
démie, en réponse à l'avis qu'elle lui a transmis 
relativement au rétablissement du marché à 
terme pour les sucres, que cette question a été 
soumise à l'examen du Conseil économique des 
ministres. Ce Conseil a décidé la constitution 
d'une Commission chargée d'étudier le règle- 
ment de ce marché. M. le ministre ajoute qu'il 
a pris des mesures pour que les intérêts des 
agriculteurs soient efficacement représentés 
dans cette Commission. 

M. H. Lafosse, ancien inspecteur général des 
Eaux et Forêts, et M. F. Caquet, propriétaire- 
sylviculteur, écrivent pour poser leur candida- 
ture au siège vacant dans la Section de Sylvicul- 
ture. 

Présentation d'ouvrages. 

M. le docteur J. Roger, vétérinaire de l'armée 
fait hommage d'un volume qu'il vienl de publier 
sous le titre : Lts coliques du cheval. 

M. Schribaux fait hommage, de la part de 
MM. Denaiffe et Colle-Denaiffe, de la 2^ édition 
revue et très augmentée du Manuel pratique de 
culture fourragère, guide précieux pour les agri- 
culteurs très nombreux qui se proposent d'étendre 
et d'améliorer les cultures fourragères. 

Le cheptel dans les baux de métayage 
et les baux à ferme. 
M. Emile Pluchet rappelle combien la hausse 
continue et formidable du bétail a créé une si- 
tuation difficile, et des contestations au moment 
des règlements de baux entre propriétaires, 
fermiers et métayers. L'Académie a renvoyé à 
'examen de la Section d'Economie du bétail un 



mémoire de M. Duchasteau, notaire à Bessines 
(Haute-Vienne), relatif à cette question. 

M. Duchasteau pense que, pour l'avenir, de 
telles difficultés seraient évitées si, à l'estima- 
tion en valeur argent du cheptel fourni, cheptel 
attaché au\fonds, on substituait une estimation e»i 
nature, et il propose la formule que voici : 

Cheptels morts et vifs garnissant le domaine de... 

Les cheptels morts et vifs garnissant le domaine 
de..., et dont le sieur... preneur, se reconnaît en 
possession, se composent, savoir : 

1° D'une paire de bœufs race Limousine âgés de... 
ans, en cours d'engraissement (ou bien de .harnais 
ou de travail) posant ensemble... kilogrammes, poil 
rouge, taille de 1 mètre... centimètres, de... qualité; 

20 Etc., etc. 

L'idée qui a inspiré M. Duchasteau est, en 
effet, de nature à sauvegarder les intérêts réci- 
proques des propriétaires et des fermiers ou des 
métayers; mais il n'y a pas lieu d'instituer une 
loi nouvelle à cet effet, il appartient aux inté- 
ressés de s'en inspirer» dans la mesure oîi une 
telle convention pourrait se concilier avec les 
usages locaux très variables suivant les régions. 

M. Pluchet rappelle enfin que, pour les baux 
en cours et leur règlement, la Conr de cassation 
a été saisie d'un pourvoi contre un arrêt de la 
Cour de Toulouse, La jurisprudence sera ainsi 
fixée dans cette question très délicate qui a 
donné lieu jusqu'ici à des arrêts contradictoires. 

M. Henri Hitler signale que, à la fin du 
xviii' siècle, à la suite de la dépréciation des as- 
signats et de la hausse extraordinaire du bétail 
qui s'en suivit, et il cite entre autres un décret 
du Id germinal an III (4 avril 1795), dont l'ar- 
ticle 1" est ainsi conçu : 

<( A compter de ce jour, tous ceux à qui il a 
été donné des bestiaux à titre de cheptel, cabal, 
commande, et à toute autre condition équiva- 
lente à celles-ci, seront tenus de les rendre au 
propriétaire ou à celui qui le représente, à la fin 
du bail ou lors de l'exiguë, compte ou partage, 
en même nombre, espèce et qualité qu'ils les 
ont reçus. 

« Toutes conventions, stipulations et clauses 
contraires à cette disposition, sont regardées 
comme non avenues et demeureront sans effet. » 

Sur le reboisement et la conservation 
des forêts privées. 
M. Mougenot présente une brochure de 
M. Guyol, contenant le commentaire de l'ar- 



CORRESPONDANCE 



41 



licle 3 de la loi du 2 juillet 1913 souvent appelée 
loi AudifTred, ainsi que du titre II du décret du 
26 novembre 1918. 

Les propriétaires de bois peuvent confier à 
l'Administration forestière la surveillance et la 
gestion de leurs propriétés. 

L'engagement des propriétaires ne peut être 
inférieur à dix ans; mais à l'expiration de cette 
période, le contrat peut être renouvelé, 

Les avantages offerts aux propriétaires ne 
sont pas gratuits : les articles o et 6 de l'arrêté 
ministériel fixent les bases de la redevance à 
payer à l'Etat. 

M. Guyot, avec sa science et sa grande com- 
pétence, étudie les différents cas qui peuvent ?e 
présenter, et son étude est de nature à inté- 
resser les propriétaires de bois et tous ceux qui 
ont à s'occuper des intérêts forestiers. 

Conservation des sacs en toile destinés 
à loger des produits utiles à l'Agriculture. 

M. Gaston Lavergne, correspondant, envoie la 
note que voici :« Ayant à saturer par l'acide car- 



bonique de grandes quantités de carbonates (de 
soude, potasse...) naturels, extraits des eaux de 
Vichy et les étalant, pour effectuer la saturation 
sur des claies garnies de toile plus ou moins 
fine, je constatais une rapide destruction du 
tissu sous l'action corrosive des carbonates hu- 
mides. Son remplacement s'imposait trop fré- 
quemment. J'ai eu alors l'idée de silicater la 
toile dont j'ai vu ainsi décupler la durée, d"où 
une très sensible économie. 

« Je me demande si ce procédé ne pourrait pas 
s'appliquer à la conservation des sacs en toile 
grossière destinés à loger des produits utiles à 
l'Agriculture (engrais, produits chimiques...) et 
qui font rarement plusieurs usages. 

« L'essai en est des plus faciles : diluer un litre 
de silicate de potasse ou de soude dans une ving- 
taine de litres d'eau, plonger le sac dans ce mé- 
lange jusqu'à ce qu'il en soit bien imprégné, le 
tendre fortement pour récupérer une partie du 
bain qui servira à de nouvelles opérations. » 

II. HiTIER. 



CORRESPONDANCE 



— N° 6994 [Nièvre). — Dans une terre très forte 
argilo-calcaire, vous avez l'intention de semer en 
mélange :l}lé rouge de Bordeaux, Blé des Alliés, 
Blé Bon fermier. 

Ce mélange peut très bien se semer en au- 
tomne; après l'hiver, il faut l'effectuer fin jan- 
vier, au plus tard première quinzaine de février, 
sous votre climat. Nous vous conseillerons alors 
les proportions de moitié Bordeaux, un quart de 
chacune des deux autres variétés. 

Dans une terre légère, vous voulez semer Bor- 
deaux, Alliés, Japhet. Le mélange peut se se- 
mer, comme le précédent, en automne, mais, i 
après l'hiver seulement première moitié de fé- ] 
vrier, auirement Ion risque de ne pas voir ces p 
blés arriver à aiaturité. Vous pourriez semer I 
deux cinquièmes de chacune des variétés Bor- ' 
deaux et Japhet, un cinquième de la variété ; 
Blé des Alliés, si vous semez après l'hiver. — 
(H. H.) 

— N» 7142 [Rhône). — Il est préférable de 
construire en bois les cloisons de boxes dos 
écuries, selon les indications données à la 
page 34 de l'ouvrage sur les Logements des ani- 
maux, II : Ecuries et Etables, publié par la Librai- 
rie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, 
à Paris. — (M. R.) 

— M. F. [Aisne). — Contrairement à ce que 
vous croyez, il n'y a généralement pas intérêt à 
exagérer, au delà d'une certaine limite, la puis- 
sance des moteurs des appareils de culture 
mécanique. Nos conditions de France ne peu- 
vent pas se comparer, avec noire culture inten- 
sive, à celles de certaines régions de l'Amérique, 
ou de l'Europe centrale où les domaines, de très 
grande étendue, sont soumis à une culture sou- 
vent extensive. D'ailleurs, en Europe centrale 



même, la pratique a conduit à appliquer la con- 
clusion rationnelle ci-dessus : au début, pour 
concurrencer les grands appareils de labourage 
à vapeur pouvant développer 130 à 200 chevaux, 
on a construit de fortes charrues automobiles 
avec moteurs à essence de 80 chevaux; c'était le 
type de 1911; dès 1913, on a trouvé plus avanta- 
geux de réduire la machine pour ne labourer 
que 3 ou 4 raies avec un moteur de 30 à 40 che- 
vaux et, si nos renseignements sont exacts, on 
laisse actuellement ces modèles peu maniables 
pour employer ceux ayant des moteurs de 20 à 
25 chevaux. Cest ainsi que peu à peu la pratique 
vient confirmer les essais scientifiquement con- 
duits. — (M. R.) 

— P. t). [Viemip). — A la suite des froids de 
décembre, des choux ont été gelés, au moins 
les feuilles. Nous ne voyons pas de moyens, dans 
ces conditions, de les utiliser pour la nourriture 
du bétail ; l'ensilage n'est pas à conseiller. 
— H. H ) 

— A. <^e M. {Dordogne). — Pour la destruc- 
tion des ravenelles, dans les blés et avoines, 
on a utilisé, en pulvérisations, des solutions de 
sulfate de cuivre à 4 0/0, de nitrate de cuivre à 
3 0/0, de sulfate de fer à 15 00; en pulvérisa- 
tion, à la rosée, du sulfate de fer anhydre ou de 
la cianamile à la dose de 200 kilogr. par hec- 
tare. 

Mais le traitement vraiment efficace est celui 
préconisé par M. Rabalé, inspecteur général de 
l'Agriculture, qui a donné des résultats absolu- 
ment prohants dans la région du bassin de la 
Garonne en parliculier : pulvérisation d'acide 
sulfurique dilué. Il permet de détruire sûrement 
'es ravenelles, en même temps d'autres mau- 
vaises herbes : coquelicot, ficaire, renoncule 



42 



CORRESPONDANCE 



bleuet et aussi les vesces et gesses sauvages. 

La meilleure époque pour le traitement des 
blés d'automne est comprise entre ie 15 janvier 
et le 15 février. 

Il faut employer 8 litres d'acide par 100 litres 
deau. 

Certaines précautious sont à prendre : l'acide 
doit être versé lentement dans l'eau ; pour l'épan- 
dage, on doit utiliser des pulvérisateurs à réci- 
pient en tôle plombée ou en verre. Il faut ré- 
pandre en moyenne 1 000 à 1 200 litres d'eau 
acidulée par hectare (voir l'article de M. Rabalé 
dans le Journal d'Agriculture pratique, n^ du 
21 mars 1912). — (H. H.) 

— N° 6146 ( Algérie). — Vous demandez par 
quel adjuvant vous pouvez compléter la ration 
de paille de blé broyée et d'avoine que reçoivent 
vos bœufs maigres. 

Les tourteaux sont tout à fait indiqués (ara- 
chide, palmiste, etc.) à la dose moyenne de 

I kilo'^r. V^ous vous trouverez bien de faire con- 
sommer ce tourteau à l'état de buvées ou de 
pâtées, en le délayant dans l'eau et en mélan- 
geant une petite quantité de paille broyée. Il 
faut 4 à 5 litres d'eau pour 1 kilogr. de tourteau. 
Ajouter un peu de sel. — (P. D.) 

rs'o 6455 [Loiret). — La ration d'engrais- 
sement de vos vaches maigres est assez satis- 
faisante. En traitant la farine d'arachide par 
l'eau tiède et y mélangeant ensuite la balle 
d'avoine, vous obtiendrez une excellente pâtée. 
La pomme de terre cuite est également favorable 
à l'engraissement. Si vous utilisez la pomme de 
terre en même temps que la farine d'arachide 
et les vesces, vous en donnerez de 4 à 6 kilogr. 
Mais si vous l'employez seulement avec la paille 
et les balles, vous pouvez aller jusqu'à 15 et 
20 kilogr. 11 faut que les pommes de terre cuites 
soient mélangées avec un peu de paille hachée 
ou de balle pour que la rumination puisse s'ef- 
fectuer normalement. — (P. D.) 

— N» 6857 [Lot-et-Garonne). — Dans une ex- 
ploitation que vous possédez en Dorilof,'ne, vous 
avez à votre service une famille de domes- 
tiques, composée du père, de la mère et de trois 
enfants. Le père et les enfants sont seuls sa- 
lariés. La mère est simplement nourrie et a une 
part dans les bénéfices de la porcherie et de la 
basse-cour. 

Or, depuis quelque temps, cette femme et un 
des enfants, atteints de maladies diverses, ne 
peuvent plus rendre les services pour lesquels 
ils se sont engagés jusqu'au 8 septembre 1921. 

II en résulte que le travail de la propriété en 
soalTre, et que vous éprouvez de ce chef un véri- 
table préjudice. 

Nous nous trouvons ici devant un contrat de 
louage de services collectifs, et que nous suppo- 
sons ne résulter que de simples conventions 
verbales. Or, ce contrat, même pris au sens 
collectif, doit être essentiellement interprété 
comme un contrat personnel. H doit suivre les 
règles générales de droit commun (Code ci- 
vil, 1108 à 1710), quant à ses conditions et ù son 



objet qui est ici le travail. Ce contrat résulte 
également des dispositions légales des lois du 
9 juillet 1889 et du 27 décembre 1890. 

Nous estimons en conséquence que vous vous 
trouvez dans un cas de résolution du contrat de 
travail intervenu, puisque son objet est en partie 
irréalisable. Vous avez tout au moins le droit 
d'en réclamer une réduction importante pro- 
portionnelle au préjudice causé. Si vous ne pou- 
vez vous entendre à l'amiable avec cette famille, 
appelez les intéressés devant le juge de paix de 
votre canton, après vous être assuré de tout le 
bien-fondé de vos allégations, par certificats 
médicaux ou constats. 

Vous devez prévenir la Compagnie d'assu- 
rances de la présente situation. — (M. D.) 

— N° 8238 [Seine-etrOise). — Dans vos terres 
silico-argileuses, le fumitr est indispensable, 
et il y aurait lieu de le réserver pour les plantes 
sarclées en tête d'assolement. Les céréales vien- 
draient ensuite sur arrière-fumure complétée 
par des engrais chimiques. 

Nous vous conseillons cette année de phos- 
phater avant les plantations avec 600 kilogr. de 
scories à l'hectare, et d'épandre par la suite 
100 kilogr. de nitrate de soude en deux fois, sui- 
vant l'état de la végétation. Pour les pommes de 
terre, essayez 150 kilogr. de kainite. 

En raison de la nature de vos terres, vous 
pourrez employer la cianamide à l'automne 
comme complément du fumier, et le nitrate de 
soude au printemps par petites doses. Les scories 
seront préférables aux superphosphates, et la 
kainite ou le sulfate de potasse au chlorure de 
potassium ou à la sylvinite. Vous pouvez essayer 
les engrais Derome et Novo qui ont une réelle 
valeur. — (M. S.) 

— M. E. P. [Aisne). — On a remplacé, aux îles 
Hawaï (ou îles Sandwich), l'essence minérale 
par un combustible à base d'alcool pour action- 
ner les automobiles, camions, tracteurs, etc. 
Selon le journal Sugar, de New-Vork (1920), 
3 litres de mélasse fournissent, à Hawai, 1 litre 
d'alcool à 93 degrés. On obtient de l'éther en 
distillant l'alcool traité par l'acide sulfurique; 
1 litre un quart d'alcool donue environ 1 litre 
déther. Le mélange employé pour les moteurs se 
compose de 55.5 d'alcool, 42.8 d'éther, l.l d'es- 
sence et 0.6 de pyridine destinée à neutraliser 
l'acide sulfurique et l'action corrosive résultant 
de l'explosion du mélange dans les moteurs. 
Une tonne de mélasse des sucreries d'Hawai 
peut fournir 304 litres d'alcool à 95 degrés, et les 
sucreries du pays produisent environ 135 000 ton- 
nes de mélasse par an. Le mélange ci- dessus 
(alcool, élher, essence minérale, pyridine) doit 
être bien comparable à celui dont vous avez en- 
tendu parler. 

Les essais des grands concours de 1901 et 1902 
sur les moteurs fixes et locomobiles, automobiles 
et bateaux utilisant l'alcool pur dénaturé ou ad- 
ditionné de benzol, ont été elTectués à la Station 
d'essais de Machines du ministère de l'Agricul- 
ture. — (M. U.j 



REVUE COMMERCIALE 



43 



LA SEMAINE MÉTÉOROLOGIQUE 

Semaine du 'i au S janvier 1951 [OBSERVATOIRE DU PARC SAINT-MAUR) 



JOURS 

ET DATES 



o • 

05 -" 



millibars. 

Dim 2 janv. '1015.9 

I 
Lundi 3 — 102S.9 

Mardi 4 — 1024.1 



Mercredi.. 5 — 

Jeudi 6 — 

Vendredi. 7 — 

Samedi... 8 — 



1019.8 
1025.2 
1018.8 
1017 6 



TE.xlPÉRATURE 



^"1 
5.5 
4.5 
2.6 
2. S 
6.3 
2.1 



Moyennes et totaux 1021.1 4.2 

I 
Ecarts sur la normale -|- 2 9 -f-4 1 



« 

a 

"y, 

2 


a 
c 
o 

o 

2 


10" 6 


8.6 


11.6 


8.8 


8.8 


7.1 


9. G 


7.4 


9.3 


S. 8 


8.8 


7 7 


8.1 


5.4 


9 5 


7.3 


+ 4 2 


+ 0.2 



Écart 


Vent. 


à 
o 

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sur 




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la nor- 
male. 




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+ 6.7 





1.7 


+ 50 


S 


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+ 53 


S 


0.0 


+ 3.7 


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0.0 


+ 5.6 


s 


0.0 


+ 3.3 


s 





, 


1.7 






an liea d« 


'• 


« 


58 h. 4 
dor.tbéor. 



REMARQUES DIVERSES 



millim. 
1.8 Rosée, pluie le matin. 

» iTemps nuageux. 
3 Rosée, pluie après midi. 
0.4 Couvert, pluvieux, brouillard. 

» (Temps couvert, brumeux. 



1.9 

1.0 



5.^ 



Temps couvert, pluie le soir. 
Pluie le matin, temps couvert. 



Pluie depuis le 1" janvier 

En 1921 6°»™ 

Normale 6 



REVUE COMMERCIALE 



Situation agricole. — Le début de janvier a été 
très favorable aux récoltes en terre; à la faveur 
d'une température un peu élevée pour la saison et 
de l'iiumidité du sol, les derniers blés semés lèvent. 
La végétation des autres fait quelques progrès e 
dans les prairies, l'herbe commence à pousser. 

On a recommencé, partout où l'état du terraio le 
permet, l'exécution des labours en vue des semailles 
de céréales de printemps. La culture s'approvi- 
sionne en graines de plantes fourragères. 

Blés et farines. — Les livraisons de blé indigènes 
se font toujours lentement. Dans certaines régions, 
les moulins reçoivent des blés étrangers, alors que 
es cultivateurs sont obligés de conserver leur grain. 
Aussi, les plaintes sont nombreuses. 

Nouvelle hausse sur les blés aux Etats-Unis, où, en 
tenant compte du change, le disponible est coté 
130 fr. 91 à New-Vork; à Ruenos-Ayres, le livrable 
février vaut 99 fr. 80. 

Les boulangeries sont normalement approvision- 
nées en farines, mais la qualité de celle-ci, en raison 
de la forte proportion de succédanés, laisse souvent 
à désirer. 

Sons. — Ces sous-produits donnent lieu à un petit 
nombre de transactions portant principalement sur 
les belles qualités; les prix, inférieurs à la taxe, va- 
rient de 44 à 46 fr. les 100 Itilogr. au moulin. 

Céréales diverses. — A signaler la reprise du 
marché à terme pour les avoines, à la Rourse de 
Commerce de Paris. Les cours se sont raffermis. 

Aux 100 kilogr. départ, on cote les avoines grises 
du Centre et du Nord-Ouest, 57 fr. 50 ; les noires du 
Centre, 56 à 57 fr.: les blanches de la région du Nord, 
58 à 58.50 et celle de l'Est, 53 à 54 fr. 

Les orges, plus demandées, accusent des cours en 



hausse de 1 à2 fr. par quintal. On cote aux 100 ki- 
logr. départ : les orges d'Eure-et-Loir et du Loiret 
89 à 90 ir.; de Champagne, 86 à 87.50; de la Mayenne 
et de la Sartbe, 87 à 88.50; les orges de mouture de 
l'Ouest, 73 à 73 fr. 

Les sarrasins de l'Ouest valent, suivant qualité, de 
75 à 79 fr. le quintal départ; les sorghos du Midi, 
40 fr. Les maïs étrangers sont tenus à 77 fr. 50 le 
quintal sur vagon Dunkerque. 

Fourrages. — Cours stationnaires au dernier mar- 
ché de La Chapelle ou l'on a payé aux 100 bottes de 
o kilogr. rendues à Paris, au domicile de l'acheteur : 
luzerne, 160 à 180 fr.; regain, 135 à 155 fr.; foin, 140 
à 160 fr. 

Les foins sont cotés aux prix suivants, par 100 ki- 
logr. sur vagon départ, 19 à 23 fr. dans les départe- 
ments de l'Est et du Sud-Est. 

Pailles. — Les prix de la paille d'avoine ont fléchi 
légèrement; la hausse a été sensible sur la paille de 
seigle. Aux 100 bottes, rendues à Paris au domicile 
de l'acheteur, on a vendu : paille de blé, 55 à 65 fr.; 
paille d'avoine, 45 à 50 fr.; paille de seigle, 80 à 
100 fr. 

Dans les départements, on cote aux 100 kilogr. sur 
vagon départ : paille de blé, 10 à 13 fr.; pailles 
d'orge et d'avoine. 9 à 10 fr.; paille de seigle en 
gerbes, 13 à 15 fr.; triée, 21 à 23 fr. 

Bétail. — Au marché de La Villette du lundi 
10 janvier, les cours du gros bétail ont présenté de 
la fermeté. On a payé, par demi-kilogramme net : 
les bœufs de l'Allier, de l'Orne, du Calvados et de 
la Haute- Vienne, 4.75 à 5 fr.: de la Mayenne et de 
la Sarthe, 4.50 à 4.75 ; de Maine-et-Loire et de la 
Loire-Inférieure, 4.40 à 4.70; de la Vendée, 4.25 à 



24 



REVUE COMMERCIALE 



4.50; les génisses, 4.80 à 5 fr.; les bous taureaux, 
4 à 4.70. 

Vente facile et prix soutenus pour les veaux cotés 
comme suit au demi-kilogramme net : veaux de 
lEure, Eure-et-Loir. Seine-et-Marne et Seine-et- 
Oise, 6.76 à 6 fr.; de l'Aube, 6.70 à 6.90; de la 
Mayenne et de la Sarthe, 6.50 à 6.75; de l'Ouest, 
6.25 à 6.30. 

En raison de l'abondance de l'offre, la vente des 
moutons a été mauvaise et les cours en baisse de 
23 centimes par demi-kilogramme net. On a vendu 
les agneaux, 6.73: les moutons de l'Allier, de la 
Nièvre et du Cher, 6 à 6.50; \fs métis, 5.25 à 3.60; 
les moutons du Midi, 5 à 5.50; les brebis de même 
provenance, 4.50 à 5.25. 

Par suite d'arrivages très abondants, fléchissement 
de 2o à 30 centimes par demi-kilogramme vif sur les 
porcs payés aux prix suivants : porcs gras, 2.60 à 
290; coches, 2.23 à 2.50. 

Voici le" relevé des marchés du jeudi 7 et lund 
du 11 janvier : 

Marclié du jeudi 1 janvier. 
Entrées directes 
aux abattoirs. Réserves 

Amenés. LaVill. Vaug. LaVill. Vaug. 





têtee 


têtes têtes 


tètes 


têtes 


B^ufs 


950 


) 






Vaches 


500 


\ £0 85 


568 


83 


Taureaux.. 


83 


S 






Veaux 


811 


64-2 150 


90 


64 


Moutons . . 


6 136 


1 390 288 


940 


310 


Porcs 


2 ■2:0 


184 160 


160 


410 






Prix maxima 
Au poids net. 


du kilogra 


rame. 




Au poids vif. 






V q. 2« q. 3< q. 


Prix extrêmes. 


Bœufs . 




9 50 9 00 8 30 


2.50 à 


6.03 


Vaches. . 




9 50 9 00 8 20 


2.50 


6.03 


Taureaux 




8- 80 8 30 8 10 


2.50 


5.64 


Veaux... 




3 SO 12 80 10 80 


4.50 


8.40 


Moulons. 


... 


2 90 11 40 10 30 


4.32 


6.76 


Porcs . . . 




9 86 9 58 9 42 


5.50 


7.00 




Marché du lundi 10 janvier. 








Entrées directes 










aux abattoirs. 


Réserves 



Amenés. LaVill. 
têtes 



Bœufs. . . . 
Vaches . . . 
Taureaux. 

Veaux 

Montons . . 
Porcs 



tAtes 
2 577 
1 280 
293 
1 184 
12 6-<9 
5 570 



220 

1 180 
1 592 
2 396 



Vaug. 
têtes 

145 

235 

916 

1 294 



LaVill. 
têtes 

167 

314 

1 300 
760 



Vaug. 
têtes 

85 

41 

3 5 
4c0 



Prix maxima du kilogramme. 
Au poids net. Au poids vif. 

l" q. 2' q. 3« q. Prix extrêmes. 



Bœufs 

Vaches .. .. 
Taureaux .. 

Veaux 

Moutons . . , 
Porcs 



9.56 
9.50 
8.80 
13.80 
12.50 
9.42 



8.84 
8.30 
12.80 
11.00 
9.14 



8.20 
8.20 
8.10 
10.80 
10.00 
8.86 



2.50 à 5.01 
2.50 5.91 



2.50 
4.50 
3.84 
5.30 



5.46 
8.40 
6.48 
6 90 



Dans les départements, on cote : 

Bordeaux, par kilogr. poids net : bœufs. 3 a 
5.10 ; vaches, 3à 4 fr.; veaux, 10 à H fr.; moutons, 
11 fr.; par kilogr. poids vif : porcs, 6.20 à 6.90. 



1 Dijon, par kilogr. poids vif : veaux, 5.80 à 6.20' 
porcs, 6.85 à 7 fr.; par kilogr. net : moutons, 9 à 
12 fr. 

Le Havre, par kilogr. poids vif : bœufs, 8 à 10 fr.; 
vaches 7.80 à 9.90 ; veaux, 12 à 15 fr. 

Lille, par kilogr. poids net : bœufs et vaches, 
8.50 à 9.50; veaux, 12.50 à 13.50; moutons, 10 à 
à 10.50; porcs, 9.50 à 10 fr. 

Lyon-Vaise, par kilogr. poids vif : bœufs, 4.25 à 
5.65; porcs, 6 à 6.70; veaux, 6 à 7.60; par 
kilogr. net : moutons, 11.50 à 13 fr. 

Marseille, par kilogr. poids net : bœufs, 8.25 à 
8.75; vaches, 7.50 à 8.50; par kilogr. vif: porcs, 
7 fr. 

Nancy, par kilogr. poids net : bœufs, 9 'à 10 fr.; 
vaches, 7 à 10 fr. ; moutons, 10 à 12.50; par 
kilogr. vif : veaux, 6.50. à 7.60; porcs, 6.40 à 7.50. 

Vins. — On assiste à une légère reprise des ventes; 
les cours se raffermisfent et sur les uiarrhés méri- 
dionaux, on note une hsusse de 2 fr. par liectolitre. 
Oq cote à l'hectolitre les vins rouges : 60 à 80 fr. à 
Narbonne, 60 à 83 fr. à Ximès, 58 à 00 fr. à Perpi- 
gnan, 60 à 75 fr à Montpellier, 60 à 80 fr. à Càr- 
cassonne, 60 à 73 fr. à Béziers. 

Dans la Loire, à Roanne, les vins rouges valent 
de 93 à 100 fr. l'hectolitre. Dans le Lot-et-Garonne, 
à Valence-d'.\gen, on paie de 35 à 70 fr. 

On cote, à la barrique de 225 litres dans la Loire- 
Inférieure : muscadet, 400 à 430 fr.; gros plants, 
200 à 260 fr. 

A Alger, li^s vins rouges se paient, suivant degré,, 
de 35 à" 65 fr. l'hectolitre. 

Cidres et eaux de-vie de cidre — Dans le Cal- 
vados, les cidres se paient, à la propriété, de 50 à 
53 fr. l'hectolitre nu. 

Les eaux-de-vje de cidre titrant 60 degrés valent 
de 530 à GOO fr. l'hectolitre. 

Pommes de terre et Fécales. — Les cours sont 
presque sans changement. On vend aux 100 kilogr. 
sur vagon départ : Saucisse rouge, 22 à 23 fr.; Ronde 
jaune, 19 à 22 fr.; Flouck, 27 à 28 fr.; Institut de 
de BeauvaiP, 18 à 23 fr.; Woltmann, 18 à 20 fr. 

Aux Halles centrales de Paris, les pommes de 
terre nouvelles d'Algérie valent, aux 100 kilogr. : 
terre rouge, 200 fr.; grenaille, 120 fr. 

A Epin^l, la fécule 1™ des Vosges disponible est 
cotée de 120 à 123 fr. les 100 kilogr. 

Graines fourragères. — Les cours des graines de 
luzerne et de trèfle sont plus fermes; ceux des autres 
grainesrestent stionnaires. Dans la région parisienne, 
on paie aux 100 kilogr. : luzerne, iOO à 700 fr.; trèfle 
violet, 430 à 540 fr.; lupuline, 200 à "230 fr ; anthyl- 
lide, 700 à 800 fr.; trèlle blanc, 1 400 à 1 500 fr.; trèfle 
hybride, 800 à 900 fr. 

Miels. — A Paris, le miel de Bretagne est coté de 
390 à 400 fr. les 100 kilogr. 

Tourteaux. — Transactions peu importantes et 
prix soutenus. A .Marseille, on vend aux 100 kilogr. 
les tourteaux en plaques : arachide Rufisque, 59 à 
61 fr.; arachide Coromandel. 52 fr.; lin, 82 fr.; pavot 
blanc, 53 fr.; sésame blanc, 63 fr.; coprah, 72 à 
80 fr.; palmiste, 54 fr.; maïs, 61 fr. 

Sucres. — A la Bourse de commerce de Paris, il 
y avait acheteur à 193 fr., vendeurs à 200 fr. les- 
100 kilugr. B. Durand. 

Le Gérant : Charles Dutrkix. 
Pans. — !.. Maketheux, imprimeur, 1, rue Cassette 



CHRONIQUE AGRICOLE 



45 



CHRONIQUE AGRICOLE 



Ouverture de la session ordinaire du Parlement pour 1921. — Déclarations de M. Racul Péret et de M. Léon 
Bourgeois. — Crise ministérielle. — Arrêté du sous-secrétaire d'Etat du Ravitaillement relatif au prix 
de vente des sons. — Caractère illégal de cet arrêté. — Concours de primes d'honneur et de prix cultu- 
raux en 1921. — Commerce des vins pendant le premier trimestre de la campagne. — La récolte des 
vins en Algérie en 1920. — Prochain concours de vins d'hybrides à Toulouse. — Tableau de la pro- 
duction des cidres par régions en 1920. — La récolte des principales espèces de fruits de table. — 
L'exportation des huiles et les droits de sortie sur les tourteaux. — Majorations douanières sur les 
graines de betteraves et sur les racines de chicorée. — Prohibition de la sortie du lait. — Vente 
publique d'animaux reproducteurs de la rare bovine normande. — Protestation de la Société d'Agri- 
culture dn Doubs en faveur de la race Monthéliarde. — Concours de vacheries d'élevage dans l'Indre. 
— L'évolution de la fièvre aphteuse dans le mois de décembre. — Recherches du D'' A. Calmelte sur 
l'immunisation de la tuberculose bovine. — Contrôle projeté dans une ferme de la Normandie. — Nou- 
velle Revue consacrée au lait. — Les récoltes de blé et d'avoine dans la République Argentine, 



Crise ministérielle. 

La session ordinaire du Parlement a été 
ouverte le 11 janvier. Le lendemain, le mi- 
nistère présidé par M. Georges Leygues a été 
renversé presque sans débat par une majorité 
formidable, puisqu'elle a réuni près des 
quatre cinquièmes des membres de la 
Chambre des Députés. D'où provient ce 
revirement subit? 

L'explication s'en trouve dans cette phrase 
du discours de M. Raoul Péret, réélu prési- 
dent de la Chambre : « Le pays voudrait 
apercevoir plus nettement les conséquences 
positives de la paix victorieuse... Ce peuple 
vainqueur, à l'âme hère et droite, n'accepte- 
rait pas l'intolérable humiliation, qui serait 
en même temps un défi à la justice, d'un 
peuple vaincu, déchirant les engagements 
qu'il a signés; il ne peut croire que la voix 
de la France réclamant son dû, et rien que 
son dû, ne sera pas écoutée. » Le problème 
des réparations de la guerre domine tout en 
ce moment; il doit recevoir sa solution dans 
la Conlerence interalliée qui devait s'ouvrir 
le ^19 janvier. M. Georges Leygues a été 
renversé parce qu'il a refusé de fournir des 
indications précises sur l'attitude qu'il y 
prendrait. La Chambre, inquiétée par les 
sentiments manifestés par certains Alliés, 
n'a pas voulu prendre à l'avance la respon- 
sabilité de décisions qu'elle devrait ensuite 
enregistrer .sans les avoir connues. 

De son côté, M. Léon Bourgeois, réélu 
président du Sénat, a insisté sur les dangers 
de la situation financière et sur la << nécessité 
d'apporter un remède immédiat à un état de 
choses qui ne peut se prolonger sans mettre 
en péril l'avenir de la Nation. » 

Le cabinet avait été formé le 20 jan- 
vier 1020 sous la présidence de M. Millerand; 
celui-ci, élu Président de la République au 



20 Janvier 1921. 



N» 3. 



mois de septembre, avait choisi M. Georges 
Leygues pour le remplacer. 

La démission générale du cabinet avait été 
précédée par celle de M. J.-H. Ricard, mi- 
nistre de l'Agriculture. Candidat aux élec- 
tions sénatoriales du 9 janvier dans le dé- 
partement du Finistère, il n'avait pas été 
élu. 

La crise a pris fin le 16 janvier par la cons- 
titution d'un cabinet présidé par M. Aristide 
Briand, qui a pris le portefeuille des Affaires 
étrangères. 

Dans le nouveau Cabinet, M. Lefebvre du 
Prey, député du Pas-de-Calais, vice-prési- 
dent de la Chambre, occupe le ministère de 
l'Agriculture, et M. Lucien Dior, député de 
la Manche, celui du Commerce et de l'In- 
dustrie. 

Le prix de vente du son. 

Les fantaisies arbitraires du Service du 
Ravitaillement s'accumulent de jour en jour. 
On nous en signale une nouvelle qui mérite 
d'être enregistrée. C'est un arrêté signé, à la 
date du 7 décembre dernier, par M. Thou- 
myre, sous-secrétaire d'Etat du Ravitaille- 
ment. 

Cet arrêté autorise les meuniers, lorsqu'ils 
vendent directement aux consommateurs, à 
majorer de 10 0/0 le prix du son fixé à 47 fr. 
les 100 kilogr. nets, nus, pris au moulin, par 
l'article 31 du décret du 25 août 1920. 

Cette mesure est simplement illégale. Un 
arrêté, émanât-il du sous-secrétaire d'Etat 
du Ravitaillement, ne peut pas aller à ren- 
contre d'un décret signé par le Président de 
la République. 

Si l'article 31 du décret du 25 août fixe le 
prix du son, l'article 32 du même décret n'est 
pas moins catégorique. Il spécifie, en effet, 
que les bureaux permanents des céréales 
mettent, aux conditions de la taxe, c'est-à- 
dire à 47 fr.,à la disposition des Associations 

Tome L — 3 



46 



CHRONIQUE AGRICOLE 



OU groupements agricoles les quantités de 
sons qu'ils auront demandées. Il spécifie en- 
core que le surplus de la fabrication des sons 
est laissé à la disposition des meuniers, qui 
ne peuvent les vendre à un prix supérieur à 
celui de la taxe. 

Primes dlhonneur et prix cnlturaux. 

Les concours de prix culturaux, de primes 
d'honneurel de prix de spécialités aurontlieu 
en 1921 dans les déparlements ci-après : 
Aube^ Cantal, Doubs, Loir-et-Cher, Basses- 
Pyrénées, Seine, Seine-et-Oise, Deux-Sèvres, 
Var. 

Les déclarations des concurrents doivent 
parvenir à la préfecture de leur département 
avant le 1®'' mars. 

Les conditions de ces concours ont été pu- 
bliées dans notre numéro du -i décem- 
bre 1919 (page 885). 

Commerce des vins. 

En France, les sorties de vins des caves 
des récoltants ont été de 2 474 129 hectolitres 
pendant le mois de décembre et de 10 mil- 



lions 453 752 hectolitres pendant les trois 
premiers mois de la campagne en cours. 
Pendant la même période de l'année 1919, 
les sorties n'avaient pas dépassé 9 790000 hec- 
tolitres. Les droits de circulation ont porté, 
durant ces trois mois, sur 9 678 708 hecto- 
litres. 

En Alsace et Lorraine on a compté, en dé- 
cembre, 29 889 hectolitres sortis des caves 
des récoltes, et 124 653 pendant les trois 
mois. 257 503 hectolitres ont été soumis au 
droit de circulation. 

En Algérie, les sorties ont été de 883 401 hec- 
tolitres en décembre, et de 2800368 depuis 
le début de la campagne. 

Au 31 décembre, le stock commercial chez 
les marchands en gros était de 10 459 863 hec- 
tolitres en France (au lieu de 8064 000 au 
31 décembre 1919), de 285633 en Alsace et 
Lorraine, et de 952 345 en Algérie. 

Les vendanges en Algérie 

Voici le relevé officiel de la récolte des vins 
en Algérie, en 1920, en comparaison avec 
l'année précédente : 





Année 


1920. 




Année l'.MO. 




stock des récoltes 


Récolte 




Stock des récolles 


Récolte 






antérieures. 


de 19-20. 


Total. 


antérieures. 


de 19 9. 


Total, 


Départements. 


hectolitres 


hectolitres 


hectolitres 


hectolitres 


hectolitres 


hectolitres 


Alger 


55 266 


2 943 264 


3 000 530 


32 319 


3 309 132 


3 401 431 


Constantine) 


9 913 


1 091 301 


1 101 214 


16 882 


62t) 387 


643 269 


Cran 


35 148 


2 997 702 


3 032 830 


22 923 


3 782 766 


3 803 691 


Territoires du Sud 














et du command. 


1 019 
101 346 


6 953 
7 041 220 


7 972 


» 


5 082 


5 082 


Totdux... 


7 142 566 


72 126 


7 783 367 


7 855 493 



Les disponibilités après les vendanges 
étaient inférieures de 513 000 hectolitres 
seulement à celles de l'année 1919. 

Concours de vins d'hybrides 
Un concours de vins d'hybrides est orga- 
nisé à Toulouse sous les auspices des deux 
Sociétés d'Agriculture de la Haute-Garonne. 
Nous recevons sur ce sujet l'avis suivant : 

Tous les viticulteurs ayant vinifié des raisins 
de producteurs directs sont instamment priés 
d'envoyer, du 20 au 24 janvier, dernier délai, 
des échantillons suffisamment copieux pour 
permettre la dégustation et, au besoin, l'analyse 
des vins. Le jury fonctionnera le 27 janvier. 

Celte manifestation promet d'être particulière- 
ment intéressante et sera un indispensable com- 
plément à l'élude de la valeur cultuiale des 
hybrides producteurs. 

Ce concours se tiendra au siège du r^yn- 
dicat central des Agriculteurs du Sud Ouest, 
à Toulouse (63, boulevard Carnot). C'est à 
celte adresî-e que doivent parvenir les échan- 
tillons de vins. 



Production des cidres en 1920. 
Le ministère de l'Agriculture a publié au 
Journal Officiel du 10 janvier les résultats 
approximatifs de la production des pommes 
et poires à cidre en 19:20, ainsi que l'évalua- 
tion de la fabrication des cidres et des poirés. 
Voici le résumé de ce document : 









Pommes 


Production 








et 


des 








poires 


cidres 








.i cidre. 


et poirés. 








quintaux 


hectolitres 


l" 


régioD. Nord 


2 836 310 


1 768 032 


2' 


— 


Est 


258 800 


100 020 


3'- 


— 


Ouest 


8 385 400 


6 183 270 


\'' 


— 


Ceatre 


406 300 


294 134 


5« 


— 


Est-Central. 


4U0 600 


163 600 


6' 


— 


Sud-Ouest. . 


78 330 


42 066 


7'- 


— 


Massif cent. 


173 290 


33 190 


8» 


" 


Midi 

Totaux 


6 000 


2 280 




12 545 930 


8 636 592 



En 1919, la production des pommes et 
poires à cidre et à poiré avait été évaluée à 
36 567 880 quintaux, et celle des cidre et poi- 



CHRONIQUE AGRICOLE 



47 



rés à 21 780 880 hectolitres. Plus tard, la Di- 
rection générale des Contributions indirectes 
avait évalué la production des cidres à 
22 333 054 hectolitres ; la différence est peu 
importante. La production en 1920 repré- 
sente à peine les quatre dixièmes de la pré- 
cédente. 

Fruits de table. 

Voici, d'après les documents du ministère 
de l'Agriculture, les résultats approximatifs 
de la récolte des fruits de table en 1920, en 
France : 



Pommes 
couteau.. . 

Poires à cou 
teau 

Châtaignes.. 

Noix 

Olives 

Pêches 

Abricots 

Cerises 

Prunes 



quintaux 
684 800 



Prunes (pour 

pruneaux 
Oranges . . . 
Mandarines 

Citrous 

Fraises .... 
Framboises 

Cassis 

Groseilles.. 
Amandes . . 
Noisettes . . 
Figues. ... 



quintaux 



101 740 
5 330 
2 110 
1 200 

67 370 
7 600 

21 530 
9 880 

43 700 
1 060 

30 470 

compris les 
un total de 



343 150 

1 S29 240 

314 400 

228 640 

172 550 

74 660 

216 140 

201 770 

Les autres productions, y 
truffes, ont été évaluées à 
620 quintaux. 

Huiles et tourteaux. 

Un décret en date du 30 juin dernier avait, 
en vue de réserver à l'agriculture un produit 
indispensable à l'alimentation du cheptel, 
prohibé l'exportation hors de France des 
tourteaux de graines oléagineuses. Toutefois, 
des dérogations à la prohibition de sortie 
pouvaient être accordées sous réserve d'ac- 
quitter une taxe de 25 fr. par quintal de 
tourteaux exporté. 

Un nouveau décret, en date du 10 janvier, 
a rendu la liberté à l'exportation des huiles 
végétales qui était également proliibée, et 
il a modifié la taxe de sortie applicable aux 
tourteaux. Désormais, la taxe de sortie est 
fixée à 2 fr. 50 pour les tourteaux sulfurés 
pour engrais et à 10 fr. par 100 kilogr. pour 
les autres tourteaux. 

Majorations douanières. 

Un décret ilu 11 janvier a fixé les coeffi- 
cients de majoration à appliquer aux tarifs 
douaniers d'un certain nombre de produits à 
leur importation en France. 

Parmi ces produits, figurent les graines de 
betteraves avec le coefficient 2.5, et les ra- 
cines de chicorée avec le coefficient 2. 
L'exportation du lait. 

Par un décret en date du 8 janvier sont 
prohibées la sortie et la réexportation du lait 
même stérilisé ou peplonisé sans concentra- 
tion. 



Vente d'animaux reproducteurs. 

La vente annuelle d'animaux reproducteurs 
de la race normande pure, qui est faite par 
MM. Lavoinne frères à leur ferme du Bosc- 
aux-Moinps, près Doudeville (Seine-Infé- 
rieure), aura lieu cette année le jeudi 3 fé- 
vrier. 

Cette vente aux enchères publiques portera 
sur 33 taureaux nés en 1919 et en 1920 et sur 
19 génisses nées en 1918, qui ont été saillies 
et sont présumées pleines. 

La race bovine Montbéliarde. 

Des efïorts ont été faits récemment afin de 
réunir, pour les encouragements à donnera 
leur élevage, les diverses races bovines de la 
région de l'Est (Comtoise, Abondance, Ges- 
sienne et Monbéliarde) sous la dénomination 
générique de race tachetée de VEst. Dans sa 
dernière réunion, la Société d'Agriculture du 
Doubs a protesté en ces termes contre une 
confusion qu'elle considère comme préjudi- 
ciable à la race Montbéliarde : 

La Société départementale d'Agriculture du 
Doubs considérant : 

1° Que la dénomination de race Montbéliarde 
reconnue officiellempnt depuis près de trente ans 
constitue pour les éleveurs du Doubs une véri- 
table « marque d'origine » ; 

2^ Que la suppression ou la modification de 
cette dénomination officielle serait de nature à 
porter un grave préjudice commercial aux éle- 
veurs du département du Doubs qui, depui-* plus 
de cinquante ans, par une sélection méthodique 
et continue, poursuivent l'amélioration de leur 
bétail ; 

3° Qu'en fusionnant en une seule et même race 
tout le bétail tacheté de l'Est on accorderait d'em- 
blée aux animaux non encore sélectionnés, qui 
peuplent cette région étendue, les avantages dont, 
en toute justice, doivent seuls bénéficier ceux 
qui sont le fruit de lonf,'S et patienta efforts et 
ont amené la création, consa-rée otriciellement, 
des races Montbéliarde, Gessienne et d'Abon- 
dance ; 

Proteste très énergiquement contre la ten- 
dance qui paraît vouloir réunir sou-; k seule et 
même dénomination de « race jurassique » ou de 
<c race tachetée « tout le bétail tacheté de l'Est 
et de faire des races Montbéliarde, ,Gessienne et 
d'Abondance de simples sous-races ou variétés. 

Emet le vœu « Que le nom de race Montbé- 
liarde soit maintenu sans modification pour le 
bétail pie-rouge de l'Est amélioré •>. 

Il ne semble pas, en effet, qu'il serait juste 
d'enlever aux éleveurs du Doubs le bénéfice 
des efforts poursuivis pendant une longue 
période. 

Concours de vacheries d'élevage. 

Un concours de vacheries est organisé, 



48 



CHRONIQUE AGRICOLE 



pendant l'hiver 1921, par la Société d'Agri- 
culture de rindre avec le concours de TOffice 
départemental agricole. Ce concours compor- 
tera l'attribution de primes d'approbation 
aux vaches reconnues les meilleures pour la 
reproduction. Il est réservé exclusivement 
aux vacheries du département de l'Jndre qui 
sont peuplées d'animaux appartenant à la 
race Charolaise ou à la race Limousine. Les 
étables concurrentes seront rangées en trois 
catégories d'après leur importance. 

Les éleveurs désirant participer à ce con- 
cours doivent adresser une demande écrite, 
avant le 25 janvier, au secrétaire général de 
la Société d'Agriculture de l'Indre, 33, avenue 
de la Gare, ou au directeur des Services agri- 
coles, 47 place Voltaire, à Chàteauroux. Ils 
indiqueront le nombre et l'âge des vaches de 
leur étable, le nombre et l'âge des élèves, la 
superficie et l'adresse exacte du domaine. 

La fièvre aphteuse. 

Voici, d'après le Bulletin sanitaire du mi- 
nistère de l'Agriculture, le résumé des ren- 
seignements sur l'évolution de la fièvre 
aphteuse pendant le mois de décembre : 

Communes. 



Périodes. 



Dépar- 
tements. 



Foyers 
d(/ja signalés. 

5 321 

5 113 
4 398 



Foyers 
nouveaux 

495 
363 
450 



l" au 10 décembre 87 
11 au 20 — 87 

21 au 30 — 87 

A la fin de décembre, on signalait l'absence 
de foyers nouveaux dans les départements 
des Basses-Alpes, des Hautes-Alpes, des 
Alpes-Maritimes, de la Savoie, des Pyrénées- 
Orientales, de l'Aude et du Jura. Celui du 
Finistère était indemne, comme le mois pré- 
cédent. 

Dans une réunion récente, l'Office agricole 
régional de l'Est-Central a décidé qu'un 
crédit de 200 000 sera affecté à des recher- 
ches pour combattre la fièvre aphteuse. 

Sur la tuberculose bovine. 

Jusqu'ici, si les nombreuses recherches 
pour reconnaître si les animaux bovins sont 
atteints de tuberculose ont été couronnées de 
succès, il n'en avait pas été de même pour 
celles relatives à l'immunisation contre cette 
terrible maladie. Or, il semble que la voie 
soit désormais ouverte dans ce sens. 

Une conférence a été faite récemment à 
Rouen devant la Société centrale d'Agricul- 
ture de la Seme-Idférieure, par le D'' A. 
Calmette, sous-directeur de l'Institut Pasteur 
de Paris. 11 y a exposé les recherches aux- 



quelles il s'est livré en collaboration avec 
M. Guérin, vétérinaire, et qui ont abouti à 
celte conclusion : on peut atténuer la viru- 
lence du bacille tuberculeux bovin ou bu- 
main en cultivant ce microbe dans des mi- 
lieux à base de bile. Dans une série d'expé- 
riences poursuivies à l'Institut Pasteur de 
Lille, de 1912 à 1915, une seule inoculation 
de ces bacilles atténués conférait aux bovidés 
une immunité de douze î\ dix-huit mois; en 
outre, cps bacilles deviennent inofTensifs et 
incapables de produire des lésions tubercu- 
leuses. 

Le D"" Calmette estime qu'il serait néces- 
saire, pour déterminer la portée pratique d-î 
ces observations, de répéter ces essais dans 
des exploitations agricoles. Il en a établi 
ainsi le programme. On pourrait, dit-il, ino- 
culer les génisses naissant de vaches tuber- 
culeuses; on laisserait ces génisses dans des 
milieux infestés et par un procédé de revac- 
cinalion, on pourrait arriver à connaître la 
durée possible de l'immunité et aussi si les 
animaux ainsi traités restent réfractaires à 
la contamination naturelle. 

Ce programme pourra se réaliser, grâce à 
l'initiative de M. Lallemand, préfet de la 
Seine-Inférieure, qui a mis gracieusement à 
la disposition du D"" Calmette une ferme dé- 
partementale remplissant les conditions favo- 
rables à ces expériences. On doit s'en réjouir 
et souhaiter que les espérances nées des pre- 
miers essais se réalisent complètement. 

Revue des questions laitières. 

On nous annonce la publication prochaine 
d'une nouvelle revue : Le Loit^ rovue géné- 
rale des questions laitières, qui sera con- 
sacrée, comme son titre l'indique, à tous les 
problèmes relatifs à cet aliment de première 
importance. Elle prend la place de la llevue 
générale du lait qui paraissait avant la guerre 
à Bruxelles. Elle est publiée sous la direc- 
tion de M. L. Lindet, membre de l'Institut, 
professeur à l'Institui agronomique, de 
M. Beau, ingénieur agronome, et M. Ch. Por- 
cher, professeur à lEcole vétérinaire de 
Lyon (1, quai Chauveau), rédacteur en chef. 

Les récoltes en Argentine. 

On annonce de Buenos-Aires que le minis- 
tère de l'Agriculture a publié sa première 
évaluation surla nouvelle récolle de céréales. 
Cette récolte serait de 50 150 000 quintaux 
pour le blé et de 8 G40 000 quintaux pour 
l'avoine. 

Henry Sagnier. 



J 



LES VlGNtRONS DE L'AUBE 



49 



LES VIGNERONS DE L'AUBE 



La crise qui avait pris avant la guerre un 
caractère si aigu menace de recommencer 
dans le vignoble de l'Aube. Les vignerons 
espéraient que les prix .rémunérateurs ob- 
tenus les deux années précédentes allaient 
être encore c(msentis cette année, mais les 
otîres des fabricants des vins de Champagne 
ont été bien inférieures à ceux demandés; 
au lieu de 2U0 fr. l'hectolitre, on est descendu 
à 150 fr., maintenant ce serait 120 à 130 fr. 
seulement, encore les offres d'achat sont- 
elles rares. 

A ce taux le bénéfice réalisé est infime ; 
pour les propriétaires qui ne. travaillent pas 
eux-mêmes, c'est à peine le prix de la main- 
d'œuvre et de la vinification. Aussi le désap- 
pointement est-il grand, il confine k l'irrita- 
tion quand on compare le prix offert aux 
vignerons au prix extravagant auquel le 
Champagne, même de qualité secondaire ou 
inférieure, est vendu. 

Cette irritation est d'autant plus grande 
que les acheteurs habituels dans l'Aube ne 
présentent pas leur vin en bouteille comme 
vin de deuxième zone, mais comme Cham- 
pagne tout court. On n'oppose la classifica- 
tion qu'à celui-là seulement qui a récolté, a 
préparé ses vendanges avec soin et obtenu 
des vins sortant victori.eux du travail de 
vinification, mais qui a le malheur d'être 
de l'Aube. 

Les vignerons des environs de Bar-sur- 
Aube ont tenu le 19 novembre une réunion à 
i'Hôtel-de-Ville du chef lieu. Les esprits 
étaient assez montés, comme l'indique une 
Marseillaise des Vignerons, chantée à la fin 
de la journée et dont voici le refrain : 

Debout tous, vigneron?, 
Levons-nous et marchons. 
Mai'ctions ! Ça chauffera, 
Car l'Aube, un jour, chambardera. 

Exagération sans doute, car il s'est dit de 
fort bonnes choses à celte assemblée oii 
301) vignerons s'étaient rendus. Cependant, 
certaines révélations avaient excité les esprits. 
On a signalé que l'Administration refusait 
de mentionner sur les acquits l'appellation 
Champagne. M. Lesaché, député, a fait re- 
marquer que c'était en contradiction avec la 
loi de 1919. Il a engagé les auditeurs au calme 
et leur a indiqué des moyens pratiques de 
sortir de la situation pénible dans laquelle 
les place le commerce de la Marne. 

Ces moyens sont ceux que nous avons pré- 



cédemment exposés à l'Académie d'agricul- 
ture : la coopération. M. Lesaché a raconté 
comment M. Camuset, député de la Côte-d'Or, 
lui-même vigneron, a su grouper les petits 
producteurs de l'illustre vignoble. Après de 
longues années d'apostolat, il est parvenu à 
créer des coopératives dans toi^les les com- 
munes. On fait le vin en commun avec tous 
les soins indiqués par la science. L'esprit de 
coopération a été poussé si loin que les vi- 
gnerons de la région de Vougeot ont acquis 
le fameux clos, chacun pour quelques « ou- 
vrées ». La récolle est conduite au pressoir 
coopératif, le Syndicat soigne le vin et le 
vend pour répartir le produit entre les vigne- 
rons. 

M. Lesaché, en terminant, a offert d'in- 
viter M. Camuset à venir exposer ce système 
de coopération devant les vignerons de 1 Aube. 
Là proposition a été acceptée d'enthousiasme. 

On aura donc bientôt unej réunion d'où 
pourra sortir, pour la contrée, une ère de 
prospérilé. En attendant, le secrétaire du 
Syndicat a exposé les principaux points 
d'un programme de coopération entre vi- 
gnerons de la même commune ou de com- 
munes contiguës, dont voici le résumé : 

D'abord, se procurer une cuve et un pres- 
soir pour la fabrication; — réunir dès à pré- 
sent toute la futaille qu'on pourra trouver, 
car la vaisselle vinaire doit être recherchée 
sans tarder; — grouper quelques hommes 
d'initiative pour composer le Conseil d'admi- 
nistration (tant vaut l'homme, tant vaut la 
chose) ; — faire souscrire ensuite les capitaux 
indispensables pour le début, car, pour le 
surplus, on recourra aux caisses de Crédit 
agricole; — réglementer la manière dont on 
fera des avances aux sociétaires qui auront 
besoin d'argent, etc., etc. 

Il a été décidé que ce rapport serait im- 
primé et envoyé à chaque section. Une réu- 
nion pour formuler les statuts-types des coo- 
pératives aura lieu quand on aura entendu 
M. Camuset. 

Un ordre du jour assez vif a été voté pour 
protester contre la décision de la Régie de 
refuser d'insérer la désignation Champagne 
dans les acquits, il estime qu'en cela l'Admi- 
nistration sort de la neutralité qui doit exis- 
ter pour elle entre les prétentions de la 
Marne et celles de l'Aube. Un considérant dit 
que les vins de l'Aube ont baissé de près de 
50 0/0 alors que ceux de la Marne subissaient 



FEUILLE DE TRAVAIL DES APPAREILS DE CULTURE MÉCANIQUE 



50 

une hausse de 8 0/0; cette baisse des vins 
aubois est présentée comme « une manœuvre 
du Syndicat des négociants. « 

En somme, le bon sens des populations a 
empêché les protestations de prendre un ca- 
ractère de gravité; la décision de créer des 
coopératives et d'attendre, pour aborder sé- 
rieusement le problème, d'avoir entendu 
Vapôtre bourguignon, est toute à 1 honneur 
de ce petit peuple de travailleurs. Mais on ne 
semble pas avoir étudié le côté le plus 
délicat : la T)réparation du vin de Cham- 
pagne. C'est seulement par celte solution que 



l'Aube aura raison de la Marne. Même si, 
contre toute équité, lAube était maintenue 
au rang de sœur inférieure comme Cham- 
pagne deuxième zone, la concurrence de ses 
vins mousseux préparés par elle serait de na- 
ture à amener les Marnais à rabattre de leurs 
prétentions pour les prix à offrir. Ils ont tout 
avantage à payer raisonnablement; sans cela 
ils verraient échapper, les années de récolte 
déficitaire, la précieuse ressource qu'ils ont 
toujours trouvée dans le vignoble de Bar-sur- 
Aube et dans celui de Bar-sur Seine. 

Ardouin-Dumazet. 



FEUILLE DE TRAVAIL 

DES APPAREILS DE CULTURE MÉCANIQUE 



Les appareils de culture mécanique actuel- 
lement en usage en France sont très nom- 
breux ; nous n'en avons pas la statistique 
officielle, mais nous savons qu'une Commis- 



sion étudie au ministère de l'Agriculture un 
grand nombre de dossiers relatifs aux sub- 
ventions à accorder sous le régime de 1919 et, 
our l'année 1920 celles dont la demande a 



DOMAINE DES VAULX-DE-CERNAY 



ferme 
Feuille 



de — 

de travail du 



NATURE 



D > 



TRAVAIL 



O 3 



CONSOMMATION 



< 
2 * ■ 



13 



iqg. 9. - Spécimen dune feuille de travail d'appareil de Culture mécanique. 



été faite en application de l'arrêté pris le 26 dé- 
cembre 1919 par le ministre de l'Agriculture. 
Les Syndicats, groupements ou associa- 
tions, ont dû établir des feuilles de travail de 
leurs appareils afin de faciliter la répartition 
des frais d'exploitation entre les divers 
membres utilisant les machines. 

Ces feuilles de travail sont également utiles 
aux exploitants de domaines assez impor- 
tants pour justifier l'emploi d'un ou de plu- 
sieurs tracteurs en propriété. 

On nous a communiqué les feuilles de 
travail qu'a fait établir M. Martial Laplaud, 
ingénieur agronome, à Auffargis (Seine-et- 



Oiseï, qui dirige le Domaine des Vaux-de- 
Cernay appartenant au baron Henri de 
Rothschild, où se trouve le Centre d'expéri- 
mentation zootechnique dont l'activité est 
actuellement consacrée au Concours national 
de ponte, que notre Rédacteur en chef a si- 
gnalé dans sa Chronique aç/ricole du n°49, du 
2 décembre 1920 (page 448). 

Comme les feuilles de travail établies par 
M Laplaud peuvent servir de base aux pro- 
priétaires d'appareils de culture mécanique, 
nous en donnons, dans la figure 9, un spé- 
cimen réduit de moitié, en faisant remarquer 
que les colonnes 1, 2 et 14 doivent être plus 



L'AVENIR DU CHEPTEL ET LABATAGE DES VEAUX FEMELLES 



31 



larges afin de pouvoir y inscrire facilement 
les indications nécessaires. 

Dans la colonne 14, consacrée aux ob- 
servations, on doit noter : la profondeur de 
la raie et sa largeur, la vitesse moyenne (basée 
sur la position du levier commandant le 
changement de vitesse du tracteur), et les ac- 
cidents survenus au cours des opérations. 

De semblables feuilles de travail, qu'on 
peut d'ailleurs modifier suivant certaines 
conditions d'application seraient très inté- 
ressantes à compulser, car le résultat de leur 
dépouillement donnerait rapidement un cer- 
tain nombre d'indications très utiles relative- 
ment au travail pratique de certains types 
d'appareils de culture mécanique fonction- 
nant dans diverses régions de la France et 
dans différentes conditions. 

Des feuilles de travail peuvent être établies 



spécialement pour d'autres machines et tra- 
vaux, comme par exer^ple pour les moisson- 
neuses-lieuses, les batteuses, etc. 

Une publication, comme le Journal d'Agri- 
culture pratique, qui compte quatre-vingt- 
quatre années d'existence, dont la collection 
complète constitue une mine inépuisable de 
renseignements de toute nature, joue surtout 
le rôle d'organe d'Enseignement mutuel en- 
tre ses divers lecteurs. D'ailleurs, beaucoup 
d'abonnés font part, ici, de leurs observa- 
tions au profit de tous. Dans le même ordre 
d'idées, il serait désirable que les Syndicats 
ou agriculteurs, possesseurs d'appareils de 
culture mécanique, publient les renseigne- 
ments et données pratiques qu'ils ont relevés 
sur leurs machines fonctionnant dans les 
conditions de la pratique courante. 

R. Dessaisaix. 



UAYENIR DU CHEPTEL 

ET LABATAGE DES VEAUX FEiMELLES 



L'aggravation de la crise économique du 
rant ces derniers mois, et en particulier l'ag- 
gravation de la crise de la viande, ont jeté 
quelque trouble dans l'esprit des consomma- 
teurs des villes. De la viande à 8 fr. la livre, 
au détail, c'est évidemment un prix qui ne 
convient pas à toutes les bourses. 

Le public a réclamé des mesures et des 
réglementations, il a accusé le producteur 
d'être la cause de tout le mal, il a accusé les 
intermédiaires de spéculations illicites, il a 
demandé la taxation à la production. 

Nos dirigeants dont la tâche actuelle est 
fort délicate, il importe de le déclarer, ont 
cherché à remédiera la situation par deux 
séries de mesures : les unes s'adressant à la 
production (remise en vigueur du décret du 
14 octobre 1913), les autres s'adressant à la 
réglementation du commerce du bétail et de 
la viande. 

Ces mesures ont soulevé aussitôt et soulè- 
vent encore les protestations, intéressées ou 
non, des producteurs de nos campagnes et 
des commerçants des grandes villes. C'est le 
signe indéniable que tout n'est pas pour le 
mieux puisque tout le monde est mécontent, 
même le consommateur qui reste dans l'ou- 
bli. 

Sans vouloir aborder ici la seconde par- 
tie du problème, c'est-à-dire la question de 
la réglementation du commerce de la viande, 
qui ne peut être que le corollaire du pro- 
blème de la production, il n'est peut-être pas 



inutile de reprendre l'analyse de ce problème 
de la production resté pendant depuis le dé- 
but de la guerre. Les opinions les plus diver- 
gentes, basées exclusivement sur des inté- 
rêts privés immédiats et limités, ont été mi- 
ses en opposition, mais on sent à leur exa- 
men que le but à atteindre, c'est-à-dire la 
solution définitive, la solution intéressant le 
pays tout entier, reste masquée par les solu- 
tions partielles que l'on propose pour donner 
satisfaction à tout le monde ou tout au moins 
à ceux qui momentanément crient le plus 
fort. Il manque à toutes ces discussions une 
orientation ferme vers un but fixe autour 
duquel tout doit converger. 

11 ne servirait à rien de discuter sur des 
vues à priori ou sur des impressions, ce qu'il 
faut, c'est baser le raisonnement sur des 
données précises : 

¥\xi 1913, notre effectif bétail bovin était de 
près de 13 millions de têtes, exactement 
14 807 380, dont 7 807 560 vaches de repro- 
duction. 

A la fin de la guerre, c'est-à-dire décem- 
bre 1918, le troupeau français était réduit à 
12 -230 8-20 têtes dont 0.237.470 vaches de re- 
production. 

En décembre 1919, la statistique annuelle 
de fin d'année donne le chiffre global de 
12 373 <'.60 bovins, dont 6 327 310 vaches de 
reproduction. 

Ce qui veut dire que notre cheptel bovin 
présente actuellement par rapport à 1913, et 



52 



L'AVENIR DU CHEPTEL ET L'ABATAGE DES VEAUX FEMELLES 



en chiffres ronds, un déficit de 2 millions 1/2 
de têtes, dont 1 million 1/2 de vaches de re- 
production (exactement 1 480 050). C'est une 
première donnée qu'il importe de ne pas ou- 
blier ; elle se trouve complétée par une se- 
conde de non moindre importance, la dimi- 
nution globale de poids confirmée par les 
constatations faites sur les animaux sacrifiés 
pour la boucherie (quatre unités environ 
pour une tonne de viande, alors qu'il en fal- 
lait trois seulement en 1913 ou au début de 
la guerre). 

Voilà notre situation réelle telle qu'elle dé- 
coule des études et des publications faites 
par différents auteurs et par moi-même. 

Ce n'est donc pas seulement un déficit de 
nombre de tèles qu'offre notre troupeau (dé- 
ficit I/o à 1/6), mais aussi un déficit de poids 
très important. 

Si l'on veut bien se rappeler maintenant 
qu'en 1913 nous exportions fort peu, que 
nous importions déjà une certaine quantité, 
faible il est vrai, mais réelle, de viandes 
étrangères congelées, que par conséquent 
nous ne produisions que ce qui était néces- 
saire à notre alimentation, qu'il nous faut en 
plus compter avec un déficit moyen de 1 mil- 
lion de naissances par an, on pourra sans dif- 
ficultés analyser les causes de notre situa- 
tion. 

Je ne voudrais pas, une nouvelle fois, 
rééditer et développer ici les motifs qui ex- 
pliquent cette situation; diminution du 
cheptel, augmentation de la consommation, 
augmentation de nos besoins qui deviennent 
de plus en plus grands, nécessités du ravi- 
taillement des régions dévastées et de l'Al- 
sace-Lorraine, etc., etc., ces raisons sont 
connues et incontestables, elles ont été ex- 
cellemment exposées, inutile d'y insister. Ce 
que nous devons en retenir, c'est que nous 
sommes dans une position déficitaire, c'est 
que la production ne peut pas répondre 
comme il conviendrait aux besoins de la 
consommation. La demande dépasse les dis- 
ponibilités en nombre, et bien plus dépasse 
les disponibilités réelles (c'est-à-dire les dis- 
ponibilités à point). C'est là toute l'explica- 
tion des prix excessifs des denrées. Le bétail 
est une denrée périssable que l'on ne con- 
serve pas à plaisir et sans dépenses; s'il y 
avait abondance ou simplement suffisance, 
les cours se stabiliseraient d'abord, s'affais- 
seraient ensuite pour revenir à ce que l'on 
peut appeler une normale. Sommes-nous 
dans l'une de ces situations, je ne le crois 
pas ; tout indique que nous vivons une pé- 
riode de flottement où il peut y avoir encore 



un peu de hausse ou un peu de baisse, d'icî 
au printemps surtout. 

C'est donc à tort, selon moi, que l'on ac- 
cuse les producteurs de tout le mal; les ven- 
deurs ne font pas les prix actuellement, ce 
sont les acheteurs qui, pour se procurer les 
animaux dont ils ont besoin, en offrent suc- 
cessivement des prix de plus en plus élevés. 
Qui donc, en conscience, pourrait faire grief 
à un vendeur d'acce-pter les prix qu'on lui 
offre — même s'ils lui paraissent excessifs? 

Les intermédiaires de leur côté peuvent 
arguer que puisqu'ils trouvent toujours pre- 
neurs, que puisque la viande au détail se 
vend toujours, même à des prix excessifs, ils 
ne sont pas les maîtres du moment, d'autant 
que les frais de toute nature qui leur in- 
combent : tarifs de transports, frais d'em- 
barquement et de débarquement, droits 
d'abri, de séjour, d'abatage, etc., etc., ont été 
majorés eux aussi dans des proportions in- 
vraisemblables. 

La résultante en est fatalement, forcément 
endossée par le consommateur, comme tou- 
jours; c'est lui qui se plaint, il a raison, mais 
comment faire pour lui donner satisfaction? 

Il veut de la viande? 11 lui faut la payer le 
prix courant; c'est ce qu'il fait d'ailleurs; 
donc, en principe, il n'a pas droit de se 
plaindre. 

La masse des consommateurs étant impo- 
sante, et digne de tout autant de sollicitude 
que celle des producteurs, on a dit aux 
administrations gouvernementales : Taxez la 
viande à la production ! 

Taxer n'est pas une solution. 

Est-ce que la taxation augmenterait seule- 
ment d'une unité notre cheptel? est-ce que 
la taxation augmenterait nos disponibilités? 
Mais non, et alors? On comprend la taxation 
pour des denrées qui peuvent être stockées 
par des accapareurs, devenus les maîtres du 
marché d'un pays au détriment des consom- 
mateurs de ce pays. Ce n'est pas le cas de 
nos éleveurs qui cèdent déjà au commerce 
des animaux à moitié venus. S'il y avait 
taxation... à la baisse naturellement, comme 
il y a déjà pénurie de bétail, ces éleveurs 
garderaient leurs animaux plus longtemps, 
les prix s'élèveraient encore et la taxe ne 
pourrait être maintenue. Il faudrait alors 
parler non seulement de taxation, mais de 
réquisition, plus de deux années après la fin 
de la guerre! Ça n'est pas possible. 

N'a-t-on pas, d'autre part, l'expérience des- 
résultats désastreux des taxations du blé, du 
beurre, du luit, des œufs, etc.? 

Là n'est donc pas le remède. 



LES BLÉS SUR CEREALES ET LES ENGRAIS 



53 



Mestrictions. — On a proposé, par ailleurs, 
le régime des restrictions; les jours sans 
viande, les semaines sans viande, etc. Mais 
la plus puissante et la plus efficace des res- 
trictions, c'est justement la cherté de la 
viande, puisque c'est contre elle que l'on 
proteste. 

S'il n'y en avait pas qui soient obligés de 
se restreindre du fait des prix, il n'y aurait 
pas de réclamations. Ceux qui achètent 
aujourd'hui sont ceux qui peuvent le faire, et 
ils continueront demain comme aujourd'hui, 
même s'il y a restriction, parce qu'ils feront 
des provisions. Je ne sais vraiment pas, s'il 
était possible d'en faire le bilan précis et 
€xact, si les restrictions ont jamais donné 
une compensation réelle aux perturbations 
commerciales et familiales; mais ce dont je 
suis bien sûr, c'est qu'elles n'ont guère mo- 
difié les habitudes courantes des milieux 
populaires oii le travailleur rapporte chaque 
soir un gros salaire à la maison. 

Si les gros salaires ont apporté plus de 
bien-être dans la famille ouvrière, tant mieux, 
et il serait du plus haut intérêt social que ce 
bien-être puisse persister. Et puis, res- 
treindre la consommation de la viande, en 
admettant que l'on puisse y arriver, ne serait 
qu'une mesure inefficace s'il n'y avait pas la 
contre-partie, s'il n'y avait pas une compen- 
sation possible par d'autres denrées alimen-' 
taires de substitution, d'un prix moindre ou 
■d'une abondance plus grande, et lesquelles? 



Non, vraiment, il n'y aurait qu'une solu- 
tion immédiate possible et non pas deux : 
l'augmentation des disponibilités par l'im- 
portation de viandes étrangères et la récu- 
pération du bétail allemand. 

L'importation de viandes étrangères est 
particulièrement difficile pour raisons de 
change. 

La récupération du bétail allemand repose 
sur des raisons d'Etat, mais nous avons le 
devoir d'insister énergiquement pour qu'elle 
soit poursuivie sans défaillances jusqu'à 
exécution complète des conventions signées. 

La situation du cheptel allemand est plus 
favorable que celle du cheptel français, il n'y 
aurait donc aucune raison de faire des con- 
cessions plus grandes que celles déjà con- 
senties. 

Il ne paraît donc pas y avoir de solution 
immédiate possible à la crise que nous su- 
bissons, mais il y n une solution d'avenir, 
c'est le développement de notre troupeau 
national; il serait impossible actuellement 
à ce troupeau d'augmenter les disponi- 
bilités, mais il le pourra dans un temps rap- 
proché s'il est exploité au mieux des intérêts 
de la nation, c'est-à-dire si l'on en poursuit 
l'augmentation de nombre et la meilleure 
utilisation des individualités qui le consti- 
tuent, par sélection plus attentive, alimen- 
tation plus rationnelle, etc. 



{A suivre. 



G. Moussu. 



LES BLÉS SUR CÉRÉALES ET LES ENGRAIS 



(1) 



VI. Essais de 1919-1920. — Les essais de 
1913-1914 ayant montré qu'il y avait lieu de 
se préoccuper de la fumure azotée à l'au- 
tomne pour les blés sur céréales, les expé- 
riences furent reprises à l'automne 1919, en 
mettant alors en comparaison le nitrate de 
soude et le sulfate d'ammoniaque, celui-ci 
étant généralement recommandé pour les 
blés à l'automne. 

Le dispositif suivant fut adopté : 

1° Sins engrais azoté ; 

2" 200 kilogr. sulfate d'ammoniaque à 
l'automne ; 

3° 200 kilogr. sulfate d'ammoniaque, 100 à 
l'automne, 100 au printemps, en une fois ; 

4" 2G() kilogr. nitrate de soude, 66 à l'au- 
tomne, 200 au printemps en deux fois ; 

5° 266 kilogr. nitrate de soude, le tout au 
printemps en deux fois. 

(1) Voir le numéro du 6 janvier, p. 10. 



Les doses d'azote étaient ainsi les mêmes 
dans tous les cas, soit 40 kilogr. à l'hectare. 

Le terrain destiné à l'expérience avait 
porté des betteraves fourragères en 1916-17, 
du blé en 1917-18, de l'avoine grise d'hiver 
en 1918-19, La préparation commença par un 
déchaumage à la charrue à 10-12 centimètres, 
puis comporta des façons au cultivateur et à 
la herse de manière à débarrasser le .sol des 
plantes adventices; un labour à 14-10 était 
donné au début d'octobre et l'on épandait 
partout 500 kilogr. de superphosphate 13-13, 
soit 70 kilogr. d'acide phosphorique, et 
200 kilogr. de sylvinite à 20-21 0/0, Une par- 
tie des engrais azotés était apportée ainsi 
qu'il a été dit ci-dessus, et après un enfouisse- 
ment des divers engrais à la herse, le semis, 
très retardé, avait lieu le 29 novembre, en 
employant un mélange par tiers des variétés 
HùUf inversable, Bon Fermier e{ Goldendrop, 



54 



LES BLÉS SUR CÉRÉALES ET LES ENGRAIS 



les lignes étant distantes de 17 centimètres; 
190 kilogr. de semence à Thectare. 

L'hiver ayant été doux, les plantes se pré- 
sentaient dans des conditions satisfaisantes 
au printemps, et une application d'engrais 
avait lieu le 26 février: 100 kilogr. de sulfate 
d'ammoniaque en 3, 100 kilogr. de nitrate en 
4 et 133 kilogr. de nitrate en 5, hersage gé- 
néral le 3 mars ; le 20 mars, on apportait en- 
core 100 kilogr. de nitrate en 4 et 133 kilogr. 
en o. Le même jour l'ensemble était roulé. 



Nature Jes essais. 



Sans engrais azoté 

Sulfate d'ammoniaque, 200 k. à l'automne 

Sulfate .l'ammoniaque, 100 k. automne , 
100 k. printemps 

Nitrate de soude. 66 k. automne, 200 k. prin- 
temps 

Nitrate de soude, 266 k. printemps 



Les excédents de récolte sont très impor- 
tants, ils donnent la mesure des besoins 
d'une terre après une série de récoltes de cé- 
réales, d'autant qu'au cours des années pré- 
cédentes le terrain n'avait pas été parfaite- 
ment entretenu. Si l'on compare tout d'abord 
les deux engrais azotés, la supériorité du ni- 
trate s'aftirme une fois de plus à (jrignon 
(essais de Dehérain, de F. Berthault et L. Bré- 
tignière). Le sulfate d'ammoniaque donne 
ses meilleurs résultats lorsqu'on l'emploie à 
l'automne; l'épandage en 2 fois se traduit par 
une infériorité de production de 785 kilogr. 
de paille et de 487 kilogi. de grain, ce qui 
est considérable. 

Le nitrate de soude a gagné à être épandu 
en 3 fois, avec application à l'automne, avant 
le semis, de 66 kilogr. sur 266 kilogr., c'est 
donc la contirmalion des observations faites 
en 1913-14; on note un gain de 474 kilogr. de 
paille et de 354 kilogr. de grain en faveur de 
ce mode d'emploi. Tie nitrate mis au prin- 
temps est supérieur au sulfate d'ammoniaque 
distribué en 2 fois, automne et printemps. 

Si l'on étudie la constitution des recolles, 
on note que les rendements sont d'autant 
plus abondants que le rapport de la paille au 
grain est plus étroit, 172 et 174 0/0 dans les 
parcelles aux plus hauts rendements, puis 177, 
182 et 186; nous avons là une nouvelle indi- 
cation du plus haut intérêt en ce qui con- 
cerne un bon équilibre dans la nutrition des 
plantes. 

Une observation sur laquelle nous revien- 
drons au sujet d'autres expériences poursui- 
vies en 1919-1920 : dans les parcelles 2 et 4, 



Les parcelles à nitrate de soude présentè- 
rent une coloration d'un vert foncé dès l'ap- 
plication de l'engrais, peu à peu les diffé- 
rences de teintes s'atténuèrent et, au moment 
de l'épiation, les parcelles à sulfate d'ammo- 
niaque avaient également un excellent as- 
pect. Seule la parcelle sans engrais azoté 
laissait à désirer ; d'ailleurs son infériorité 
allait apparaître au moment du battage. Pas 
d'influence sensible du piétin. 







Excédante 


dus 






Poids 


à l'hectare. 


aux ei 


grais 


azotés. 


Paill 


e p. 100 


Paille. 


Grain. 


Paille. 




Grain. 


de 


grain. 


kilogr. 


kilogr. 


kilogr. 




kilogr 






2 889 


1 555 


„ 




„ 




186 


4 685 


2 €89 


1 796 




1 134 




174 


3 900 


2 202 


1 011 




647 




182 


4 74'7 


2 761 


1 838 




1 206 




172 


4 273 


2 407 


1 384 




852 




177 



les plantes ont eu de l'azote à leur disposition 
de très bonne heure, un peu à l'automne, et 
dès que la température a permis à la végé- 
tation de reprendre au printemps; c'est ainsi 
que les rendements sont les plus élevés. Le 
nitrate mis en deux fois, la dernière dose le 
20 mars, le sulfate d'ammoniaque transformé 
tardivement, ont été mal utilisés; on voit 
ainsi qu'une application opportune de l'en- 
grais azoté se traduit par des excédents de 
récoltes bien constituées. Le blé de la par- 
celle témoin n'a eu à sa disposition que 
l'azote du sol entrant lentement en jeu. 

De ces deux années d'expériences sur blés 
de céréales, nous retiendrons donc que, 
dans des terres comme celles de (îrignon, il 
n'est possible d'obtenir des rendements sa- 
tisfaisants qu'en employant de fortes doses 
d'engrais, 70 à 75 kilogr. d'acide phospho- 
rique (nous n'avons pas d'indication précise 
pour la potasse) et 40 à 45 kilogr. d'azote 
apportés plutôt par le nitrate de soude. Il est 
utile de répandre avant le semis 50 à 
66 kilogr. de nitrate de soude, le reste étant 
distribué très tôt au printemps. Le sulfate 
d'ammoniaque pourrait être adopté s'il 
mettait l'unité d'azote à un prix plus bas que 
dans le nitrate, mais à la condition de tout 
semer à l'automne et d'apporter sous cette 
forme une quantité d'azote légèrement su- 
périeure, puisque l'utilisation en est moins 
bonne. 

Rappelons que M. Garola a comparé en 
1894-1895, à raison de 35 kilogr. d'azote à 
l'hectare, le sulfate mis à l'automne et le 
nitrate apporté dans la proportion de 1/3 à 



SALUBRITE DES HABITATIONS RURALES 



55 



l'automne et 2/3 au printemps : les excé- 
dents de produits ressortaient à 1 504 kilogr. 
de paille et 956 kilogr. de grain avec le sul- 
fate d'ammoniaque, à 1 353 kilogr. de paille 
et à 1 0.i2 kilogr. de grain avec le nitrate. 
Les résultats généraux de ces essais sont 
du même ordre que ceux que nous venons 
de constater à Grignon; en outre, le nitrate 
employé en partie à l'automne a agi très 
favorablement sur la production du grain. 

Est-il avantageux de faire l'apport de 
quantités d'engrais azotés aussi importantes 
que celles dont l'emploi est recommandable 
au point de vue absolu? Dans les essais de 
1913-1914, Ici valeur des excédents réalisés 
dans la meilleure parcelle ressort à 115 fr. 
pour une dépense de 78 fr. de nitrate; cette 
année, en comptant la paille à 100 fr. les 100 
kilogr., le grain à 90 fr. (de manière à défal - 
quer une certaine proportion de déchet), le 
nitrate à 150 fr., on obtient 1 271 fr. de pro- 
dui's supplémentaires contre 400 fr. d'en- 
grais. Les résultats de 1914 étaient à peine 
rémunérateurs, mais il faut tenir compte de 
la faiblesse générale de la récolte après un 
hiver mauvais pour les plantes; en 1920, le 
blé venait sur terre en état défavorable et les 
engrais azotés ont fortement manqué. 

Nos conclusions générales sontdonc identi- 
ques à celles de Ch. Duval lorsqu'il préconisait 
comme doses d'engrais pour blés sur céréales, 
300 à 400 kilogr. de nitrate de soude employé 



très tôt au printemps, les 300 kilogr. de 
nitrate pouvant être remplacés par 100 à 
150 kilogr. de sulfate d'ammoniaque avant 
le semis et 250 à 300 kilogr. de nitrate au 
printemps. 

Les conclusions plus spéciales que nous 
tirons de l'emploi d'une partie du nitrate 
à l'automne ne surprendront pas certains 
agriculteurs de la région située immédia- 
tement au nord de Paris et qui suivent 
cette pratique assez fréquemment; ailleurs, 
l'expérience mérite d'être répétée. Des théo- 
ries si opposées ont été émises au sujet du 
mode de distribution du nitrate de soude, 
qu'il est sage de se souvenir des unes et des 
autres suivant les milieux où l'on opère. 
Ainsi que l'écrivait, en 1913, le professeur 
Paul Sabatier traitant de la même question : 
« Le problème agricole est le plus souvent 
tellement complexe que l'on peut, sur la plu- 
part des questions, y trouver des exemples 
particuliers pour appuyer les thèses les plus 
contradictoires. » Tout en constituant un 
facteur puissant de l'accroissement des 
rt^colles, les engrais représentent une source 
de dépenses tellement éle^ées à l'heure ac- 
tuelle que Ion ne saurait trop chercher à 
mieux déterminer les conditions de leur 
emploi dans les situations les plus variées. 
L. Brétigntère, p. Vekcuère, 

Professeur Répétiteur 

d Agriculture à Griguon. 



SALUBRITÉ DES HABITATIONS RURALES 



Lorsqu'une maison d'habitation doit être 
construite au bord d'un cours d'eau, il n'est 
souvent pas possible de placer un drain par 
suite du niveau du terrain par rapport au 
plan de l'eau courante. Il faut alors recourir 
à d'autres procédés d'assèchement, comme 
l'indique l'exemple suivant relatif à des mai- 
sons d'habitation qu'il s'agissait d'élever pour 
des colons sur les bords de la rive gauche de 
la Garonne; la même application se retrouve 
aux environs de Dunkerque, 

Dans les conditions où l'on se trouvait, on 
ne pouvait pas faire de caves et il fallait ce- 
pendant éviter l'humidité qui salpêtre les 
murs en rendant le logement froid et insa- 
lubre. On ne disposait que de pierres ten- 
dres; on avait déjà pu améliorer des cons- 
tructions relativement récentes en interca- 
lant, à O'^.SS de hauteur, une assise de 
pierre* dures et, pour les nouvelles maisons, 
on avait le projet de dresser le carrelage du 
rez-de-chaussée à 1 mètre au-dessus du sol 



sur un remblai de sable et de gravier. Une 
semblable hauteur est inutile si l'on prend 
certaines précautions de construction que 
nous pouvons résumer de la façon suivante, 
en supposant le carrelage dressé au moins à 
0"'.50 ou 0"'.65 au-dessus du niveau moyen 
extérieur, l'accès du rez-de-chaussée étant 
alors assuré par 3 ou 4 marches. 

Il faut enlever la terre végétale sur toute 
son épaisseur et sur toute l'étendue occupée 
par la maison, ainsi que sur le pourtour sur 
une largeur d'au moins 2 à 3 mètres. Cette 
terre doit être reportée à proximité, sur l'em- 
placement réservé au jardin potager. Le 
remblai du pourtour doit être fait ultérieu- 
rement avec du gravier. 

Les murs de fondation et.de soubasse- 
ment s (fig. 10) sont élevés jusqu'à 0'".40 en- 
viron au-dessus du niveau primitif a? du sol, 
avec des moellons ordinaires, liés au mortier 
de chaux hydraulique. 

Sur l'assise arasée à 0".20 environ au- 



56 



SALUBRITÉ DES HABITATIONS RURALES 



J^///////i_^.„.„ ,, 



dessus du sol, on étend une couche a (fig. 10) 
de 0".02 d'épaisseur de mortier de sable fin 
et de ciment à prise lente (qu'on peut rem- 
placer par de l'asphalte ou du bitume) (1), 
et l'on continue la maçonnerie en élévation m 
avec des pierres tendres et du mortier de 
chaux grasse suivant les habitudes locales. 

L'intérieur de la maison est ensuite rem- 
blayé sur O^.oO à 0™.6o de hauteur moins 
l'épaisseur nécessaire à l'établissement du 
carrelage c (fig. 10); le remblai R est fait, 
dans le bas, avec des matériaux volumineux : 
pierres et tuiles cassées provenant des tra- 
vaux, etc., puis une couche de gros gravier 
et enfin du sable de rivière non salé ou du 
sable de carrière. Le remblai constitué de 
, ; celte façon em- 

pêche l'ascen- 
sion de l'eau, 
par capillarité, 
sous le carre- 
lage , comme 
la couche de 
ciment le fait 
dans les murs 
extérieurs, de 
sorte que la 
maison est 
saine. 

La couche 
imperméable a 
(fig. 10) peut 
être quelque- 
fois réalisée d'une façon simple : pour un 
bâtiment en rez-de-chaussée, construit en 
schistes, nous avons utilisé trois couches 
de papier goudronné employé pour les cou- 
vertures; chaque couche était posée à bain 
de mortier; quatre ans après (^2) les murs 
construits en élévation sur la couche iso- 
lante ne présentaient pas trace d'humidité. 
Le remblai li (fig. 10) peut être confec- 
tionné avec du mâchefer et des escarbilles; 
lors de la construction des bâtiments de l'an- 
cienne. Station d'Essais de Machines (rue 
Jenner)en 1889, nous avons employé, comme 
remblai, du coke d'usine à gaz qui nous re- 
venait alors moins cher que le mâchefer. 

(1) On peut améliorer utilement l'action de cette 
couche isolante de ciment en ajoutant de 20 à 3o li- 
tres de pétrole Ifimpant par mètre cube de morlier. 
On peut aussi utiliser du savon noir à la place du 
pétrole, à raison de 8 kilogr. de savon noir par 
100 litres d'eau emploj'ée à la confection du mor- 
tier; le savon doit être préalablement dissous dans 
de l'eau chaude. 

(2) Notre départ de Grand-Jouan fLoire-Inférieure) 
pour Grignon a interrompu notre observation. 




Remblai d'un rez-de- 
chaussée. 



Il est recommandable de construire la 
maison d'habitation sur caves chaque fois 
que cela est possible sans entraîner à des 
dépenses exagérées. Souvent la cave ne 
règne que sous une portion de la maison ; 
ses dimensions sont alors déterminées par 
le volume des diverses marchandises qu'on 
se propose d"y loger. D'autres fois, la cave 
ne peut qu'être enterrée à faible profon- 
deur, ce qui conduit à surélever le niveau 
des pièces situées au-dessus d'elle; on en 
voit un exemple dans les habitations rurales 
de la vallée de la Lys, dans lesquelles la 
pièce située au-dessus de la cave porte le 
nom impropre de voûte, car son plancher en 
bois repose sur un solivage jeté au-dessus 
de la cave (3). 

Dans beaucoup de circonstances, un cel- 
lier bien établi joue le même rôle qu'une 
cave avec une moindre dépense de cons- 
truction. 

Il est bon d'élever une habitation sur un 
sol présentant une légère pente, assurant 
l'écoulement des eaux météoriques; une 
pente générale minimum de O^.OOl parmètre 
répond bien à celte condition relative à Vas- 
sainissement, mais on peut, sans inconvé- 
nient, admettre une plus forte pente. 



Au point de vue de l'hygiène, il est in- 
dispensable que l'emplacement choisi soit 
pourvu d'une alimentation en eau potable; 
cette eau peut provenir d'un puits, d'une 
source ou d'un cours d'eau. 




Fig. il. — Puits alimente par une mare. 

Dans les agglomérations, l'eau des puits 
est généralement contaminée, alors qu'elle a 
des chances d'être plus salubre en pleine 
campagne (i); cependant, des puits o (fig. H) 
sont souvent alimentés par une nappe 7in' 
traversant une mare ?», située en amont, et le 
terrain b n'assure qu'une flllralion très gros- 



(3) llabitaliojis rurales el Bâliments de la Vernie 
des Renions libérées. 

(4) Puits, Sondages et Sources, p. 133. 



BIBLIOGRAPHIE 



57 



sière (cas fréquent en Normandie et en Pi- 
cardie). 

Il faut toujours ouvrir le puits d'alimenta- 
tion P (fig. 12) en amont de l'habitation B et 
disposer les fumiers F à l'aval des bâtiments, 
afin d'éviter la contamination de la nappe; 
une rigole r reçoit les eaux d'égout de la 

.,-"'- .t^ - 






WM^mm. 



Fig. 



12. — Eiiiplaceinent d'un puits relativement 
à une maison d'habitation. 



cour et les dirige sur une prairie perma- 
nente 771, pouvant aussi recevoir le trop plein 
accidentel de la citerne à purin ; de cette 
façon, les eaux peuvent être épurées avant 
de rejoindre le thalweg voisin ou la nappe 
souterraine. 



Bien que cela se pratique dans bon nom- 
bre de régions, il faut éviter de construire 
l'habitation en bordure immédiate d'une 
roule ou d'un chemin, mais à lo ou à 20 mè- 
tres au moins en arrière de la voie publique; 
à plus forte raison, il ne faudrait pas cons- 
truire dans une agglomération, surtout à 
cause des questions de mitoyenneté qui sont 
la source de si nombreux procès et de haines 
prolongées entre les familles voisines. L'ar- 
gent dépensé dans ces procès serait bien 
mieux employé à l'amélioration de la maison 
d'habitation et des cultures. 

11 convient donc de réserver un espace 
entre le mur de la maison et la bordure de la 
voie publique ; cet espace, souvent réduit à 4 
ou 5 mètres, est consacré de préférence à un 
jardin. 

Max Ringelmann. 



BIBLIOGRAPHIE 



Un type de petite ferme allemande moderne, par 
Albert AIaupas, propriétaire agriculteur, ex-sta- 
giaire de Grignon, prisonnier de guerre en Alle- 
magne de lt)15 à 1919. — 1 vol. de 108 pages et 
7 figures. — Librairie Agricole „de la Maison Rus- 
tique, 26, rue Jacob, Paris (VI«)..Prix : 6 fr. 

Le désir très ardent de tous les Français, c'est 
de voir la production agricole du pays revenir 
bientôt à son niveau d'avant guerre. Si, pour ob- 
tenir ces résultats dans le plus court délai pos- 
sible, indépendamment de sages dispositions 
d'ordre général, certains exemples relevés de 
l'autre côté du Rhin paraissent présenter quel- 
que intérêt, cherchons à en faire l'application 
heureuse à notre agriculture. 

Procédant de cette pensée, M. Maupas a eu 
l'excellente idée de noter avec soin les résultats 
de ses observations en Westphalie pendant sa 
longue période de captivité. Par ses connais- 
sances antérieures et son séjour pendant une 
année, comme prisonnier, sur une petite ferme 
de i'un des coins les plus riches et les mieux 
cultivés de la Prusse, il était particulièrement 
désigné pour assumer cette tâche délicate et la 
mener à bien. Ayant pris part à tous les tra- 
vaux, regardé autour de lui, interrogé les habi- 
tants, compulsé les statistiques, lu la presse 
agricole allemande, il a pu se rendre un compte 
exact de l'état de l'agriculture wesfphalienne. 

Son ouvrage comprend la description des bâ- 
timents de la ferme, les méthodes de culture, 
une série de remarques sur les engrais, l'élevage, 
l'économie rurale; enfin les moyens employés 
en Allemagne pendant la guerre pour remédier 
à la disette des fourrages. 

Ces notes précises, prises sur le vif, éclaire- 
ront les cultivateurs français sur ce qui se fait 
en Allemagne et leur permettront peut-être de 



trouver, pour leurs exploitations, quelques appli- 
cations utiles. 

La Protection des Oiseaux : Agriculture, Hygiène, 
Esthétique, pour nos vignes, nos vergers, nos 
champs et nos forèls, par Henri Keyrig. — 1 vol. 
de 88 pages, oroé de 32 gravures. — Messageries 
Hachette, 111-113, rue Réaumur,Paris.— Prix: 3 fr. 

De coupables agissements ont dépeuplé la 
terre des oiseaux utiles à l'agriculture et qui 
sont, en même temps, la paiure des campagnes. 
Même les hirondelles et le rossignol ne trouvent 
pas grâce devant l'homme cupide et cruel. La 
conséquence en est que les parasites pullulent 
dans les champs. Il faut donc protéger les petits 
oiseaux. C'est le conseil que nous donne, en fai- 
sant appel à nos sentiments et à notre raison, 
l'auteur de ce petit livre, d'une présentation 
élégante et d'une lecture agréable, et dont on ne 
ne saurait trop recommander la lecture. 

Manuel pratique de Culture fourragère, par Dexaiffe 
et Colle-Dekaifke, 2' édition. — 1 vol. in-S» de 
416 pages, avec 112 figures. — Librairie Baillière 
et fils, à Paris. 

Celte nouvelle édition d'un ouvrage déjà estimé 
remplace un grand traité de culture fourragère, 
dont MM. DenailTe et Colle, de Carignan (Ar- 
dennes), avaient entrepris la préparation, mais 
dont tous les éléments ont été détruits par l'in- 
vasion allemande. Elle renferme néanmoins tous 
les documents dont les agriculteurs peuvent 
avoir besoin pour bien connaître les plantes 
fouri'agères. 

Après une première partie, consacrée à la 
création des prairies et aux soins exigés par leur 
entretien, les auteurs donnent la description, 
par ordre alphabétique, des plantes fourragères 



58 



LA PONTE DES POULES PENDANT L'HIVER 



des familles des Graminées et des Légumineuses, 
ainsi que de celles appartenant à d'autres fa- 
milles botaniques. Ces descriptions sont complé- 
tées par celles des plantes parasites, nuisibles 
aux prairies. On trouve encore, dans cette édi- 
tion très amplifiée, des renseignements complets 
sur toutes les plantes fourragères nouvelles pré- 
conisées depuis vingt ans. 

Le livre de M.M. DenaifTe et Colle est constitué, 
en somme, par une série de véritables mono- 
graphies des plantes fourragères que l'on con- 
sultera avec profit. 

Culture de la Pomme de terre, conseils pratiques 
pour son amélioration, par S. Mottet. — 1 vol. 



grand in-S" de 72 pages, avec 33 gravures. — Li- 
brairie agricole de la Maison rustique, à Paris. — 
Pri.\ ; 4 fr.; avec planches coloriées, 5 fr. 50. 

La production intensive des pommes de terre 
est à l'ordre du jour. Choix des variétés fertiles 
résistantes aux maladies parasitaires, sélection 
des plants, voilà autant de que.^tions capitales 
pour le succès. M. S. Mottet, dont la compétence 
est le fruit d'une longue expérience, a réuni 
dans ce volume les indications les plus précises 
et les plus utiles sur ces matières délicates. 
C'est le guide le plus sûr que l'on puisse offrir 
aux cultivateurs. 

P. F. 



PARTIE OFFICIELLE 



Loi du 5 janvier 1921 modifiant la loi du 8 jan- 
vier 1905 sur les abattoirs et les tueries par- 
ticulières. 

Art. l*"". — Le maximum prévu par l'article 1" 
de la loi du 8 janvier 1905, pour la taxe d'abatage 
des animaux sacrifiés dans les abattoirs publics 
établis par les communes, est porté de 2 cen- 
times à 5 centimes par kilogramme de viande 
nette. 

Toutefois, ce maximum pourra, après appro- 
bation par le ministre de l'Intérieur, être tempo- 
rairement porté à 10 centimes dans les villes où 
la valeur du centime communal ne dépasse pas 
2 000 fr., lorsque ce relèvement de taxe sera des- 



tiné à permettre la construction ou la réédifica- 
lion d'abattoirs communaux. 

Le maximum prévu par le même article, pour 
frais de visite et de poinçonnage des viandes 
dites « à la main ou foraines », est porté de 
1 centime à 3 centimes par kilogramme de 
viande nette. 

Ai't. 2. — La taxe prévue par l'article 5 de la 
loi du 8 janvier 1905, pour droit de visite et de 
poinçonnage des viandes dans les communes 
dépourvues d'un abattoir communal ou inter- 
communal et dans les fractions de communes 
situées en dehors du périmètre fixé par l'ar- 
ticle 2 de la même loi, est portée de 1 centime 
à 3 centimes par kilogramme de viande nette. 



LA PONTE DES POULES PENDANT L'HIVER 



Influence de l'avoine germée 
et de léclairage nocturne. 

Si différents qu'ils soient, ces deux stimu- 
lants de la ponte d'hiver ne sont cependant 
que les deux termes de la solution d'un même 
problème : suralimentation rationnelle des 
pondeuses. Ainsi s'explique leur rappro- 
chement dans le titre de ces notes. 

Dans les élevages anglais et américains, 
durant les mois rigoureux d'automne et d'hi- 
ver, on ajoule h la ration des pondeuses une 
certaine quantité d'avoine germée. Ce sup- 
plément de nourriture dite « succulente » 
augmente considérablement la ponte d'hiver. 
La plupart des éleveurs ont construit ou 
acheté les petites étuves rustiques (oals- 
sproulers) nécessaires à la production de 
l'avoine germée. 

Comment agit donc celte avoine? C'est ce 
que recherchait récemment une Revue d'avi- 
culture américaine. L'autour établit d'abord 
que plus une poule peut ingérer et digérer de 
nourriture convenablement dosée, plus elle 



pond, l'œuf puisant ses éléments constitutifs 
dans le sang de la pondeuse. 

Or, durant les mois froids, les pondeuses 
consomment surtout des graines, c'est-à-dire 
une grande quantité d'amidon. 

Pour être assimilé, cet amidon doit être 
transformé, mais les sucs digestifs chargés 
de cette opération sont sécrétés par la pon- 
deuse en quantité limitée, spécialement en 
hiver. 

Si nous voulons des œufs hors saison, il 
faut que nos pondeuses digèrent des quanti- 
tés inaccoutumées (pour l'époque) de nourri- 
ture contenant beaucoup d'amidon. 

La diastase des avoines en germination 
(comme celle de l'orge germée dans le mal- 
tage) suppléera à l'insuffisance des sucs di- 
gestifs de la pondeuse. 

L'avoine germée (rapidement, en espace 
clos) transforme non seulement l'amidon des 
grains germes, mais aide encore à digérer le 
surplus d'amidon des autres graines de la ra- 
tion. 



LA PESTE BOVINE EN INDOCHINE 



Il faut donc voir dans l'avoine germée 
autre chose que de la nourriture verte comme 
des choux, salades, racines, etc. A propos 
de cette nourriture verle, indispensable sous 
une forme ou sous une autre pour la ponte 
d'hiver, de curieuses expériences ont été 
poursuivies pendant deux années par le Ser- 
vice d'Etat du Mew-Brunswick et du Vineland. 

On a supposé, en effet, que le plus grand 
avantage de la nourriture verte — autre que 
l'avoine germée — était de maintenir les in- 
testins en bon état de fonctionnement. 

L'assimilation d'une grande quantité de 
protéine, de protéine animale surtout, aussi 
nécessaire à la production de l'œuf que la 
nourriture verte, entraîne l'élaboration de 
sous-produits toxiques, de ptomaïnes qui 
pour être éliminés, exigent des intestins ac- 
tifs. 

En hiver, les volailles qui consomment de 
la farine de viande ou de poisson, entretenues 
sans nourriture verte, ont des déjections du- 
res et ne donnent qu'une production infé- 
rieure. 

La nourriture verte, au contraire, a un 
efifet laxatif : les volailles se portent mieux et 
consomment plus de nourriture. 

Dans ses expériences de la Station du Vi- 
neland, M. Harry R. Lewis a remplacé la 
nourriture verte par une certaine quantité 
de sels d'Epsom (sulfate de magnésie) et a 
posé les conclusions suivantes, valables pour 
l'automne et l'hiver : 

« Donner des sels d'Epsom dans l'eau de 
boisson deux fois par semaine, ou plus sou- 
vent, si les déjections deviennent dures. Une 
livre anglaise'(453 grammes] pour 100 poules. 
Les sels d'Epsom, dissous dans l'eau de 
boisson, doivent être conservés devant les 
oiseaux, un jour entier. » 

Non seulement, les poules ainsi traitées 
produisent davantage, affirme M. H. R. 
Lewis, mais elles deviennent plus résistantes 
à toutes les maladies d'hiver. 

A notre avis, si l'on peut fournir une nour- 
riture verte suffisante, il est inutile de dro- 
guer ainsi ses volailles. Toutefois, les pres- 
criptions de M. H. R. Lewis, peuvent rendre 
de grands gervices en années où la nourri- 
ture verte manque. De plus, ses expériences 
ont ce grand avantage de prouver de nouveau 
que tout animal de rapport est toujours sous 



le rigoureux contrôle d'un intestin qui foBc- 
tionne bien ou mal. 

Eclairage artificiel. — Encore une nouvelle 
preuve... intestinale. L'éclairage artificiel 
d'hiver a donné les résultats les plus con- 
cluants pour ce qui regarde la ponte, tant en 
Angleterre qu'en Amérique. C'est bien, en 
effet, un mode de suralimentation, ce pro- 
cédé que nous pourrions appeler le « réveil- 
lon » des poules. 

Le but de l'éclairage artificiel des poulail- 
lers est de raccourcir les nuits du l*' sep- 
tembre au 1'='^ avril. A la Station expérimen- 
tnle de New Jetsey, on a remarqué que 
l'éclairage du matin (à partir de quatre 
heures) était le plus profitable. 

Il permet, en effet, aux volailles de s'ali- 
menter au moment le plus froid de la nuit et à 
l'instant où ces animaux sont dans leur pé- 
riode de plus basse vitalité, car, la gave et 
les intestins étant vides, la température dé- 
croît. 

L'effet de l'éclairage artificiel était donc 
uniquement considéré comme une simple 
cause de supernutrition, comme l'élément 
nécessaire d'un k réveillon » réparateur, pour 
augmenter la température corporelle et la 
vitalité. 

11 est cela, mais il est plus que cela. Les 
botanistes ontdécouvertque certaines plantes 
peuvent être amenées à fleurir en dehors des 
saisons normales par un simple accroisse- 
ment ou une diminution du temps d'éclairage 
sans changement de température. 

Les violettes, pour ne citer qu'un exemple, 
qui fleurissent seulement pendant les jours 
de courte durée du premier printemps, peu- 
vent refleurir pendant l'été, si l'on met dans 
l'obscurité, le matin et le soir, la plate-bande 
où elles sont plantées. 

On croit aujourd'hui que l'éclairage artifi- 
ciel des poulaillers agit, pour une part, d'une 
façon à peu près analogue. 

La lumière artificielle avance la production 
normale du printemps de deux mois et demi. 
On n'obtient que la même quantité d'œufs 
dans le cours de l'année, mais la plus grosse 
production a lieu au moment où les prix sont 
les plus élevés. 

Ad.-J. Ciurov, 

Ins'ônieur agricole. 



LA PESTE BOVINE EN INDOCHINE 

La peste bovine est, pour l'Annam et le 1 pement de l'élevage. Il n'est pas sans intérêt 
Tonkin, la plus grande entrave au dévelop- 1 d'enregistrer les efforts poursuivis dans la 



60 

colonie pour combatlre le fléau, dont elle est 
d'ailleurs menacée constamment par la lon- 
gueur de sa frontière avec la Chine où la 
maladie règne à l'état endémique. 

Dans une conférence donnée le 19 juin, à 
Hanoï, à la Chambre d'Agriculture du Tonkin 
et du Nord-An nam, M. Schein, vétérinaire 
inspecteur, bactériologiste à l'Institut Pas- 
teur de Nha-Trang, a exposé, avec des détails 
complets, les conditions dans lesquelles la 
maladie évolue, particulièrement sur les 
bœufs et sur les buffles, et il a montré com- 
ment elle est combattue par la méthode dite 
àeséro-v'fection. Appliquée avec succès dans 
l'Inde, aux Philippines, en Egypte, dans 
l'Afrique occidentale et dans le Transvaal, 
cette méthode a donné au ïonkin de bons 
résultats sur les bœufs, mais il n'en était 
pas de même pour les buffles; M. Schein a 
donc été incité à chercher les moyens de la 
rendre efficace sur ces derniers animaux. 



ACADÉMIE D'AGRICULTIRE DE FRANCE 



C'est par l'application de virus dilué qu'il y 
est parvenu; d'après les statistiques qu'il 
fournit, les résultats seraient très encoura- 
geants. 

Dans une lettre qu'il nous adressait à la 
date du 8 octobre, M. Marins Borel, planteur- 
éleveur à Mont-Bavi, qui a subi lui-même des 
pertes graves par la peste bovine, signale 
qu'au mois de septembre dernier il a été 
procédé à la séro-infection sur des troupeaux 
d'une Société agricole déjà atteints, et que 
sur 1 200 animaux il n'a été constaté que 
32 décès; sur d'autres troupeaux indemnes, 
on n'a compté que 3 morts sur 800 animaux. 
Il ajoute : « Il est à souhaiter que le Gouver- 
nement de l'Indochine accepte de faire les 
sacrifices nécessaires; dans quelques années, 
la peste bovine disparaîtrait dans ce pays 
où les pertes s'élèvent chaque année à plu- 
sieurs centaines de mille piastres. >> 

H. S. 



ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE 



Séance du 12 janvier 1921. 
Présidence de M. Lindet. 

Correspondance. 

L'Académie renouvelle le mandat de MM. Ha'- 
ler et Emile Pluchet pour représenter l'Académie 
dans le Conseil supérieur des Stations agrono- 
miques et des Laboratoires agricoles. 

M. Louis Muret pose sa candidature au siège 
vacant dans la Section de Grande Culture. 

M. Gaston BonnieroÏÏveh l'Académie le tome IV 
de sa Flore complète illustrée de France, Suisse et 
Belgique. Ce volume, accompagné de plus de 
600 ligures en couleurs, reproduites d'après des 
photographies, renferme la lin des Rosacées, les 
Crassulacées, Saxifragées, Onagrariées, etc. 

L'abatage des veaux femelles et l'avenir 
du cheptel bovin. 

M. Moussu rappelle que le ministre de l'Agri- 
culture, pour parer à la situation inquiétante 
résuliant de l'état de notre cheptel bovin, a 
essayé en novembre dernier, de remettre en 
vigueur le décret du 14 octobre 1915 sur la ré- 
glementation de l'abatage des veaux. Cette dé- 
cision récente a été généralement mal accueillie 
par les intéressés; des dérogations multiples 
ont été demandées et accordées à nouveau pour 
bon nombre de départements. Sont-elles justi- 
fiées? 

Par rapport à la situation d'avant-guerre, 
notre troupeau national présente un déficit de 
2 millions et demi de tètes, dont un million et 
demi de vaches de reproduction, d'où un déficit 
approximatif d'un million de naissances. Si l'on 



ajoute à ce déficit de 1/5 à 1/6 en nombre, un 
déficit plus important en poids par suite de la 
disparition d'animaux adultes ou âgés, on aura 
en partie l'explication de la situation présente : 
prix très élevés du bétail maigre on gras, prix 
excej^sif du veau de boucherie, prix invraisem- 
blables du beurre, du fromage, insuffisance de 
lait pour les villes, etc. 

Or, la consommation de la viande est plus 
grande qu'avant guerre, il faut subvenir au.x 
besoins des régions dévastées non encore assez 
repeuplées en bétail; notre troupeau national 
est donc et semble devoir rester insuffisant pour 
fournir à des prix plus normaux pour le consom- 
mateur, tout en restant suffisammeul rémunérateurs 
pour l'élevtur, tout ce qui est nécessaire au 
pays. 

Une solution immédiate se trouverait réalisée 
par l'importation de viandes étrangères conge- 
lées si le change le permettait; ce n'est pas le 
cas aujourd'hui. Mais, à défaut d'une solution 
immédiate, il peut y avoir une solution d'avenir, 
plus ou moins lointaine; c'est la reconstitution, 
l'augmentation de notre cheptel national. 

Tel est le but à atteindre; et, pour l'atteindre, 
un seul moyen : pour avoir plus de têtes de 
bétail, il faut plus de naissances, par conséquent 
plus de femelles de reproduction, et pour avoir 
plus de femelles, il ne laut pas abattre les gé- 
nisses pour la boucherie. 

But et moyen de l'atteindre sont deux choses 
qu'il importe de ne pas perdre de vue, parce 
qu'on ne peut pas les modifier, et parce que 
toutes considérations opposées ne sont que des 
considérations d'ordre secondaire qui peuvent 



ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE 



61 



être en soi justifiées, mais qui doivent s'effacer 
si la question d'intérêt j^énéral, national, mérite 
de rester au premier plan. 

M. Moussu examine quels seraient les avan- 
tages résultant de Tapplicatinh du décret d'in- 
terdiction d'abata^e des génisses — s'il était 
appliqué sans dérogation — et quels en seraient 
les inconvénients. 

Les avantages : augmentation du nombre de 
têtes de notre cheptel, et, dans un avenir pro- 
chain, du nombre des femelles de reproduction; 
but à atteindre. Secondement, augmentation des 
quantités de lait disponibles pour l'alimenta- 
tion humaine; augmentation des quantités de 
beurre. 

Un veau de boucherie consomme beaucoup 
plus de lait qu'un veau d'élevage, mais l'indus- 
trie agricole de production du veau de bou- 
cherie est, à l'heure actuelle, une opération très 
rémunératrice, et c'est la raison majeure pour 
laquelle la mise en application du décret d'in- 
terdiction a rencontré tant de résistance. 

Quels inconvénients présente l'application du 
décret? 

La mesure était inopportune à l'entrée de 
l'hiver; l'objection est fondée, mais ne le sera 
plus au printemps. 

Impossibilité d'élevage des génisses par manque 
d'abris, d'alimenfs, etc., mais l'impossibilité 
devrait exister la même pour l'élevage des veaux 
de boucherie. 

Atteinte à la liberté du commerce, atteinte à 
des coutumes locales, sans aucun doute, mais 
évidemment une mesure d'interdiction porte 
fatalement atteinte à quelque liberté, et si, pro- 
.chainement, le change baissait, que les viandes 
frigorifiées puissent être importées en quantité 
et constituer un réel danger pour nos éleveurs, 
que pourraient répondre ceux-ci contre la li- 
berté complète des importations si le troupeau 
français n'était pas reconstitué et en état de sa- 
tisfaire à tous nos besoins? 

Vouloir élever tout ce qui nail serait aller à ren- 
contre du progrès, argumentation spécieuse, car 
élever jusqu'à ce que les sujets d'élevage aient 
quatre dents de remplacement, comme le de- 
mande le décret, 'ne veut pas dire que forcé- 
ment les sujets produits et élevés devront être 
Utilisés pour la reproductisn. 

M. Moussu déclare se rendre parfaitement 
compte du trouble que jette l'application du dé- 
cret dans les habitudes commerciales, dans les 
habitudes locales; il y aurait sans doute des or- 
ganisations à prévoir pour faire connaître et 
offrir mensuellement les disponibilités de cer- 
tains pays d'élevage, de régions où l'on entre- 
tient les vaches pour la production du lait, 
afin de faciliter l'écoubmeut des veaux, des 
jeunes, etc , dans d'autres régions réfractaires. 
Offices agricoles et Syndicats pourraient prendre 
l'initiative de telles organisations. 

Mais M. Moussu estime que, quels que soient 
les arguments que l'on puijse faire valoir contre 
la mesure proposée, cette mesure est une mesure 



d'intérêt général, incontestable, et aussi une 
mesure d'intérêt d'avenir pour les éleveurs. 

M. Mas^é partage l'opinion de M. Moussu. Nos 
agriculteurs o;.t tout intérêt à chercher la ré- 
munération de leur travail beaucoup plus dans 
une production augmentée que dans des cours 
élevés par une production réduite. M. Massé 
est convaincu que, le jour où le change dimi- 
nuera, l'afflux des viandes exotiques constituera 
pour notre élevage un très réel danger. Les agri- 
culteurs feront donc preuve de sagesse en aug- 
mentant leur production de façon telle que notre 
troupeau puisse bientôt suffire aux besoins de 
notre consommation. Les agriculteurs aujour- 
d'hui insistent; ne pourrait-on pas alors limiter 
l'abafage des veaux femelles quant au temps? Il 
ne pourrait être effectué que pendant une se- 
maine sur quatre. 

M. Henry Sagnier estime qu'une solution plus 
radicale, absolument nécessaire est à préco 
niser : que le Gouvernement interdise la con- 
sommation de la viande de veau pendant de 
périodes étendues dans toute la France, par 
exemple, la première quinzaine de chaque mois. 

M. Moussu pense que ces remèdes seraient 
inefficaces, des veaux abattus dans la quinzaine 
seraient conservés dans des entrepôts frigori- 
fiques. Ce qu'il faut est l'interdiction absolue de 
'abatage pendant les mois d'été avec interdic- 
tion de la conservation de la viande dans les fri- 
gorifiques. 

M. le comte de Saint-Quentin défend énergi- 
quement le principe de la liberté, il montre 
tous les inconvénients de l'obligation de conser- 
ver tous les veaux dans nombre d'exploitations 
et de régions, souvent même l'impossibilité. Le 
problème est des plus complexes, il varie sui- 
vant les départements, les arrondissements : 
vouloir prendre une mesure uniforme, c'est aller 
à rencontre des intérêts de l'élevage; au moins 
y aurait-il lieu de poursuivre l'enquête sur la 
question. 

M. le comte Roederer signale, parmi les causes 
du déficit de notre troupeau, la fièvre aphteuse 
qui a occasionné tant d'avortements un peu par- 
tout en France. 

M. René Berge rappelle les efforts faits pour 
développer les coopératives beurrières ; mais 
comment les agriculteurs pourraient-ils conti- 
nuer à fournir ces coopératives de lait, s'ils 
devaient garder leurs veaux? 

M. le barbon Gérard fait remarquer que, dans les 
coopératives beurrières, le petit-lait peut être 
vendu pour l'élevage des veaux, et cela se pra- 
tique souvent ; il en est malheureusement 
autrement quand il s'agit de fromageries. 

Notes diverses. 

M. H. Jumelle, correspondant, communique 
une note sur la dénomination des farines, ami- 
dons et fécules. 

M. H. Kchrig, correspondant, envoie une note 
sur la récolte des vins dans la (iironde en 1920. 

H. HiTIER 



62 



CORRESPONDANCE 



CORRESPONDANCE 



— N" 7412 [Vienne]. — Vous demandez dans 
quelle publication vous pourrez trouver les indi- 
cations concernant, chez lanimal de bou- 
cherie : 1° le poids des différentes catégories de 
viande; 2« le poids des abats; 3" le poids de la 
peau; 4" le poids des divers résidus (sang, etc.). 

Ces indications sont contenues dans le Traité 
de zootechnie générale de Ch. Cornevin. Cet 
ouvrage étant devenu très rare, je vous con- 
seille de consulter, d'autre part, la brochure : 
Barèmes dea prix de la viande, par Paul Vincey, 
éditée en 1916 par la maison des Librairies-Im- 
primeries réunies (7, rue Saint-Benoît, Paris 6'). 
- (P-D.) 

— N» 8309 (Pariii). — Le droit de perquisi- 
tion existe eu matière pénale, quand il s'a;.'it 
d'opérer toutes recherches relatives ou consécu- 
tives à une infraction. Sauf le cas de flaffrant dé- 
lit, une visite domiciliaire ne peut avoir lieu 
qu'en vertu d'un mandat de perquisition (arl. 87, 
88, du Codêi d'Instruction criminelle). Il faut 
donc toujours qu'il y ait une ins'ruction ouverte, 
ou une initiative du procureur de la République, 
et l'inculpé présumé a le droit, avant que la per- 
quisition ne soit opérée, d'exiger la présentation 
du titre en vertu duquel elle est accomplie. 11 doit 
également assister à toutes les opérations effec- 
tuées. 

Donc, hors le cas de flagrant délit, la gendar- 
merie ne peut s'introduire d'elle-même dans une 
maison, sans la volonté du maître. S'il en était 
ainsi, il j aurait abus de pouvoir de sa part. Du 
reste, des gendarmes n'ont pas qualité pour faire 
d'eux-mêmes des perquisitions domiciliaires. Ils 
ne peuvent légalement qu'agir en vertu de man- 
dats, ou accompagner tout officier de police ju- 
diciaire, juge d'instruction, procureur, juge de 
paix, maire ou adjoint, le cas échéant. — (M. D.), 

— N° 7391 [Vendée). — Voici les noms d'éle- 
veurs à qui vous pouvez vous adress"r pour avoir 
de jeunes verrats de race pure Large "White : 
M. Mauric^^ Robain, à la Motte-de-Biard, près 
Poitiers (Vienne) ; M. Laplaud, à Auffargis (Seine- 
et-Oise). 

— M. L. à J. (Eure-et-Loir). — Les cours des 
bois publiés récemment, à titre indicatif, pro- 
viennent d'une enquête ouverte par la Société 
des Agriculteurs de France dans une vingtaine 
de départements. Pour le département de l'Eure, 
le plus proche du vôtre parmi ceux ayant fourni 
des renseignements, ces prix sont les suivants : 
par mètre cube réel, quai départ : chêne de O^.TO 
à l'".10 de tour, iOo f r ; 1".20 à l'^.SO, 130 fr.; 
l'^.GO à 2 mètres, 145 fr.; 2". 10 et plus, 160 fr. 

Si les arbres abattus doivent être pris sur 
place, les cours qui précèdent auront à subir 
une réfaction. Pour la vente, faites des offres aux 
marchands de bois de votre région. — (F. L. 



— N° 76b 1 [Nièvre). — Vous trouverez des 
colliers métalliques pour chevaux chez M. A.D. 
Dièck, 249, faubourg Saint-Martin, Paris, et chez 
M. Serey, 53, avenue duMiine, à Paris. — (M. R.) 

— N° 7183 {Saône-et- Loire). — Il y a une 
douzaine d'années, vous avez vendu un do- 
maine vous appartenant. Cette vente a eu lieu 
par adjudication publique, et suivant l'usage 
sans stricte garantie de contenance De plus, 
cette vente se composait de lots désignés sous 
leur numéro cadastral. 

Or, un de vos acquéreurs planta les parcelles 
cadastrales qui lui avaient été adjugées, avec 
des pins ; mais se trompant sur l'étendue de son 
bien, il empiéta de 25 ares sur une terre 
voisine (n" cadastral différent) dont vous étiez 
resté propriétaire. Sur justes observations de 
votre part au sujet de son erreur, il ne nia pas 
le fait, mais, malgré tous vos efforts, se refusa à 
tout arrangement avec vous, soit de vous acheter 
ces 25 ares, soit de recevoir de vous le prix des 
pins indûment plantés. 

Il déclare qu'il entend conserver ces 25 ares, 
comme compensation d'un manque de conte- 
nance des lots achetés autrefois lors de l'adjudi- 
cation publi ^ue. Cette prétention, contraire à son 
attitude précédente, est insoutenable, et tout au 
plus pourrait-il introduire contre vous une action 
en bornage, qui ne serait pas fondée, suivant 
nous. 

Puisque tous moyens amiables ont élé inuti- 
lement employés par vous, vous devez appeler 
votre adversaire en justice de paix, renouveler 
les offres que vous avez faites, et réclamer dom- 
mages et intérêts pour privation de jouissance 
des 25 ares indûment occupés. Nous estimons 
que ces dommages-intérêts peuvent être com- 
pensés par la valeur des pins qui y sont plantés. 
- (M. D.) 

Avis. 

i° Adicsser sous enveloppe, au nom du Secré- 
taire de la Rédaction, 26, rce Jacob, toute de- 
mande de renseignements. 

2° Joindre à toute demande de renseignements 
la bande d'adresse sous laquelle le journal est 
envoyé, et qui porte le numéro d'abonnement. 

3° Ne nous adresser qu'une seule question à 
la fois. Si exceptionnellement on a deux ques- 
tions à nous poser, écrire chacune d'elles sur 
une feuille à part. 

4» Ne jamais nous fixer un délai quelconque 
pour la réponse, et encore moins nous demander de 
répondre dons le prochain numéro, ce qui est le 
plus souvent impossible. 

o" ISe nous adresser que ce que nous pouvons dé- 
truire après Vacoir lu. 



REVUE COMMERCIALE 



HZ 



LA SEMAINE MÉTÉOROLOGIQUE 

Semaine du 9 au lo janvier i92i [OBSERVATOIRE DU PARC SAINT-MAUR) 









TE.xIPÉRATURE 






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JOURS 

ET DATES 


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REMARQUES DIVERSES 






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+ 3.0 


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0.0 


0.2 


Pluie la nuit, temps couvert. 


Lundi.... 


10 — 1020.8 


9.2 


12.7 


10.8 


+ 8.7 


S 


0.0 


•> 


Temps nuageux le matin, cou- 
vert le soir. 


Mardi . . 


01 — 1016.3 


7.1 


1 . G 


8.9 


+ 6.7 


S 


2.9 


2 


Pluie la nuit et le soir. 


Mercredi 


12 — 'l003.4 


8.8 


11.6 


10.0 


+ " 8 


S 


0.0 


5.2 


Temps pluvieux. 


Jeudi 


13 — 


997. C 


6.6 


10 6 


s.o 


+ 5.8 


S 


9 


0.3 


Pluie fine. 


Vendredi 


14 — 


1012.0 


0.0 


6.6 


46 


+ 2.4 


N 


1.0 


» 


Gouttes le matin, gelée bl. le 


Samedi.. 


15 — 


1029 5 
1014.5 


—2.8 


4.3 

9.7 


0.3 


- 1.9 


N E 


1 4 


» 


Gelée bl., brouillard le malin 
et le soir. 


Moyennes 


et totaux 


4.5 


7.1 


» 


6.2 


5.7 


Pluie depuis le l" janvier : 


Écarts sur 1 


1 
a normale — 3 7 


+ .T 3 


+5.3 


+ 4.9 


» 


» 


aa lieo de 
59 h. 7 
dor.tliéop. 




En 1921 Il""" 

Normale 20 



REVUE COMMERCIALE 



Situation agricole. — Le temps doux, alternative- 
ment sec et un peu humide, a été partout favorable 
aux cultures; les blés semés tardivement ont une 
levée régulière. La végétation a fait quehpies progrès 
et l'exécution des labours est poursuivie avec acti- 
vité. 

Blés et farines. — Les services du Ravitaillement 
ayant fait à l'étranger d'importaots achats de cé- 
réales panifiables, qui sont cédées aux meuniers, les 
livraisons de blés indigènes s'effectuent lentement et 
les cultivateurs, obligés de stocker leurs grans dans 
les grenier?, élèvent de nouvelles plaintes. 

En tenant compte du change, les cours des blés 
sont en baisse aux Etats-Unis, en hausse dans la Ré- 
publique Argentine. On paie aux 100 kilogr. : 
127 fr. 27 à New-York, pour le disponible; 106 fr. 78 
à Chicago, pour le livrable en mars et 106 fr. 02 à 
Buenos-Ayres, pour le livrable en février. 

Si la qualité des farines laisse assez souvent à 
désirer, les quantités mises à la dii^position de la 
boulangerie suffisent aiuplement aux besoins de la 
consommation. 

Sons. — Ventes lentes et difficiles à des cours 
au-dessous de la taxe. On cote, suivant provenance 
et qualité, de 43 à 46 fr. 50 le quintal pris au moulin 

Céréales diverses. — Les transactions portant sur 
les avoines sont peu actives et le mouvement de 
baisse s'accentue sur les variétés noires et grses; 
les prix se maintiennent sur les sortes à grain blanc. 
On cote aux 100 kilogr. départ, en disponible : les 
avoines noires du Centre, 54 à 53 fr.; les grises 
d'Eure-et-I oir et Seine-et-Marne, 56 à 36.75; les 
grises d'hiver du Poitou, 56 à 56.30; les blanches du 
Nord, 57 à 58 fr.; les blanches de l'Est, 53 à 53.50. 

Par contre, les orges de brasserie, toujours recher- 



chées, ont réalisé une plus-value de i fr. à 1 fr. 30 
par quintal. Aux 100 kilogr. départ, on cote les 
orges de Champagne, 88.30; d'Eure-et-Loir et du 
Loiret, 91 à 92 fr.; de la Mayenne et de la Sarthe, 89 
à 90.50,; de rOuest,74 à 73 fr.; les escourgeons, 80 à 
82 fr. 

Cours à peu près stationnaires pour les sarrasms 
et les sorghos, cotés aux prix suivcnts par quintal 
dépai-t : sarrasins de l'Ouest, 77.50 à 78 fr.; sorghos 
du Midi, 38 à 40 fr. 

Fourrages. — Au marché de La Chapelle, les prix 
des fourrages se sont maintenus. On a vendu, par 
100 bottes de 3 kilogr. rendues à Paris au domicile 
de l'acheteur : luzerne, 160 à 180 fr.; regain, 133 à 
153 fr.; foin, 140 à 160 fr. 

Pailles. — Les pailles, très demandées, ont eu des 
prix soutenus : pour la paille d'avoine, la hausse a 
atteint 3 fr. Aux 100 bottes de 3 kilogr. on a coté : 
paille de blé, 53 à 63 fr.; paille d'avoine, 43 à 35 fr. 
paille de seigle, 80 à 100 fr. 

Bétail. — Au marché de La Villette du lundi 
17 janvier, les arrivages de gros bétail ayant aug- 
menté, les cours ont lléchi de 5 à 10 centimes par 
demi-kilogramme net. 

On a coté les bœufs de l'Allier, de l'Orne, du Cal- 
vados et de la Haute-Vienne, 4.70 à 4.90; de la 
Majenne et de la Sarthe, 4.25 à 4.75; de Maine-et- 
Loire et de la Loire-Inférieure, 4.25 à 4.50; les gé- 
nisses, 4.75 à 4.90; les meilleurs taureaux, 4 à 4.50 
le demi-kilogramme net. 

Cours soutenus sur les veaux de choix, dénotant 
de la faiblesse pour les sortes médiocres. On a payé 
les veaux d'Eure-et-Loir, Seine-et-Marne, Seine-et- 
oise, Loiret et Yonne, 6.70 à 6.95; de la Sarthe, 6.23 



64 



REVUE COMMERCIALE 



à 6.30: veaux médiocres, 3.25 à 3.80, le demi-kilogr. 
net. 

En raison de la recrudescence des envois, les prix 
des moutons ont fléchi de 23 à 30 centimes. On a 
vendu : les agneaux, 6.50; les moutons du Centre, 
5.75 à 6.23; les métis, 5 à 3.30; les moutons du Midi, 
5 à 5.60;les l)rebis de même provenance, 4.50 à 5.25> 
le demi-kilogramme net. 

Hausse de 10 à 13 centimes par demi-kilogr. vif 
sur les porcs cotés comme suit : porcs gras, 2.90 à 
3.23; coches, 2.25 à 2.75. 

Voici le relevé des marchés des jeudi 13 et lundi 
du 17 janvier : 

Marché du Jeudi 14 janvier. 
Entrées directes 
aux abattoirs. Réserves 

Amenés. LaVill. Vaug. LaVill. Vaug. 

têtes têtes tètes têtes têtes 

Bœufs 1 177 1 

Vaches.... 5-20 \ 211 101 311 95 

Taureaux.. 105 ) 

Veaux 930 601 105 143 33 

Moutons.. 7 453 1410 917 1730 598 

Porcs 2 744 1417 711 660 380 

Prix maxima du kilogramme. 





Au 


poids I 


et. 


Au poids vif 




l"q- 


2.q. 


3'q. 


Prix extrêmes. 


Bœufs 


9 00 


8 80 


8 14 


2.50 


Si 5.91 


Vaches 


9 50 


8 80 


8 14 


2.50 


5.91 


Taureaux. . . 


8 tO 


8 20 


8 10 


2.50 


5.52 


Veaux 


13 éO 


12 80 


10 80 


4.t0 


8 40 


Moutons.... 


12 30 


10 50 


9 50 


3.93 


6.48 


Porcs 


9 4i 


9 14 


8 86 


5.00 


6.80 



Marché du hindi 17 janvier. 

Entrées directes 
aux abattoirs. Réserves 





Amenés. 


LaVill. 


Vaug. 


LaVill. 


Vaug. 




têtes 


têtes 


têtes 


têtes 


têtes 


Boeufs 


3 084 


\ 








Vaches . . . 


1 480 


[ 185 


167 


417 


213 


Taureaux. 


320 


) 








Veaux 


1 369 


377 


237 


279 


39 


Moutons . . 


14 516 


1 389 


665 


2 050 


480 


Porcs 


3 255 


1 481 


1 013 


2 494 


388 



Prix maxima du kilogramme. 
Au poids net. Au poids vif. 

q. 2* q. 3* q. Prix extrêmes. 



Boeufs 

Vaches 

Taureaux .. 

Veaux 

Moutons . . , 
Parcs 



9.40 8.66 

9.40 8.65 

8.70 8.20 

13.80 12.20 



8.C0 
8.00 
8.00 
9.00 



12.00 
9.72 



10.00 10.00 
9.42 9.42 



2.45 à 5.85 
2.45 5.85 
2.45 5.'i0 
4.50 8.40 
3.60 6.20 
5.00 6.80 



Dans les départements, on cote : 

Bordeaux, par kilogr. poids vif : bœufs, 3 à 
4.90 ; vaches, 2.80 à 4 fr.; porcs, 5 à 5.70; par kilogr. 
poids net : moutons, 9.50 à 11.30; veaux, 9 à 10.30. 

Bourrj, par kilogr. poids vif : bœufs, 3.30 à 
4.50; veaux, 6.50 à 7 .50 ; porcs, 6.30 à 7 fr. 

Caen, par kilogr. poids vif : bœufs, 4.50 à 4.80 ; 
veaux, 3.75 à 6.23; moutons, 3.50 à 6 fr.; porcs, 4.23 
à 4.30. 

Dijon, par kilogr. poids vif : veaux, 7 à 7.50; 
porcs, 1 à 7.20 ; par kilogr. net : moutons, 9 à 
12 fr. 



Lille, par kilogr. poids net : bœufs, 8 à 10 fr.; 
veaux, 12 à 14 fr.; moutons, 9 à 11 fr. ; porcs, 
10.25. 

Lyon-Vuise, par kilogr. poids vif : bœufs, 3.60 à 
5.65; porcs, 6.20 à 6.80; veaux, 6 à 7.60; par 
kilogr. net : moutons, 12.50 à 13 fr. 

Marseille, par kilogr. poids net : bœufs, 8 à 
8.50 ; vaches, 7 à 8fr. ; moutons, 8.30 à 10 fr.; par ki- 
logr. vif : porcs du Maroc, 4.30 à 5.23. 

Nancy, par kilogr. poids net : bœufs, 9 à 10.20; 
vaches, 7.50 à 10 fr. ; moutons, 12 à 13 fr. ; par 
kilogr. vif : veaux, 8 à 8.80; porcs, 7.20 à 7.70. 

Rouen, par kilogr. net : bœufs, 9.50 à 10.50; 
vaches, 9.50 à 10.50; moutons, 10 à 11.50r 

Suifs. — Cours en baisse de 5 fr.; la dernière cote 
officielle de la Bourse du commerce de Paris a été 
établie à 215 fr. Us 100 kilogr. 

Vins. — Les transactions deviennent plus actives 
et le mou'^-einent de hauss-e a fait de légers progrès. 
A rbectolitre nu, on cote les vins rouges sur les 
marchés liu Midi : 63 à 83 fr. à Nîmes, 60 à 80 fr. à 
Narbonne, 62 à 90 fr. à Perpignan, 62 à 75 fr. à 
Montpellier, 63 à 90 fr. à Béziers, 62 à 80 fr. à Car- 
cassonne. Les vins blancs valent de 100 à 130 fr. 
l'hectolitre. 

Dans l'Yonne, on vend à la feuillette de 136 litres, 
les vins rouges ICO à 110 fr., les blancs 130 à 140 fr. 

Dans la Vienne, les vins titrant 7 à 8 degrés s'en- 
lèvent entre 70 et 80 fr. l'hectolitre. 

Atfaires calmes dans la Loire Inférieure où l'on 
paie la barrique de 223 litres : muscadet, 330 à 425 fr.; 
gros plants, 150 à 220 fr. 

A Alger, les vins rougts sont cotés de 33 à 70 fr. 
l'hectolitre nu. 

Graines fourragères. — Cours stationnaires, sauf 
pour les luzernes qui sont en hausse. On paie aux 
100 kilogr. départ : luzerne de pays, 400 à 500 fr.; 
luzerne Provence, 650 à 750 fr.; trèfle violet, 400 à 
500 fr.; lupuline, 200 à 2.^0 fr.; anthyllide, 700 à 
800 fr.; trètle blanc, 1 400 à 1 300 fr.; trèfle hybride, 
800 à 900 fr.; ray-grass anglais, 170 à 18:1 fr. 

Sucres. — A la Bourse de commerce de Pans, 
cours en hausse. Le sucre blanc n» 3 disponible est 
coté de 217.30 à 220 fr. les 100 kilogr. 

Pommes de terre. — Les cours sont en baisse 
de 2 à 3 fr. par quintal aux Halles centrales de 
Paris où l'on cote comme suit : Nouvelles d'Algérie, 
120 à 200 fr.; du Midi de la France, 130à22(i fr.; Hol- 
lande, 70 à 80 fr.; Saucisse rouge, 30 à 34 fr.; Ronde 
jaune, 28 à 30 fr.; Flouck, 30 à 3-2 fr.; variétés à 
chair blanche, 23 à 27 fr. 

Beurres. — Vente active. Aux Halles centrales de 
Paris, on paie au kilogramme : beurres centrifuges, 
16.50 à 18 fr.: beurres marchands, 15 à 18 fr. Les 
beurres en livres valent de 14 à 17 fr. le kilogr. 

Fromages. — Demande suivie. Au cent, on vend, 
aux Halles centrales de Paris : Camemberts de Nor- 
mandie, 100 à 230 fr.; Lisieux en vrac, 100 à 470 fr.; 
en boîtes, 280 à 500 fr.; Pont-l'Evèque, 100 à 320 fr.; 
Coulommiers double crème, 400 à 500 fr. 

Aux 100 kilogr. on cole : Gruyère, 900 à 1200 fr.; 
Port-Salut, 630 à 900 fr.; Cantal, 800 à 825 fr. 

Œufs. — Les œufs valent 793 fr. le mille aux 
Halles de Paris. 

B. Dlkand. 

Le Gérant : Charles Duthkix. 
Pans. — ïu Mahktmbux, imprimeur, 1, rue Cassette 



CHRONIQUE AGRICOLE 



CHRONIQUE AGRICOLE 



DJcIaration ministérielle devant le Parlement. — Principaux caractères de ce programme. — La liberté 
rendue à la production. — Ordre du jour de confiance. — Nomination de M. Puis comme sous-secré- 
taire d'Etat à l'Agriculture. — Suppression du sous-secrétariat du Ravitaillement. — La proposition sur 
les Chambres d'Agriculture. — Ajournement au Sénat de la discession du projet sur l'autorisation des 
taureaux. — Le Bureau international du Travail et la réglementation du travail agricole. — Projet de 
loi sur l'amodiation des mines de potasse d'Alsace. — Répartition des mines en quatre lots. — Con- 
trôle des Sociétés d'exploitation. — Mesures relatives au commerce d'exportation. — Analj'se des tra- 
vaux du Comité national du Blé en 1920. — Programme pour l'année 1921. — Projet de Coopératives 
de proluction des semences. — Comité formé en vue de provoquer l'amélioration du rendement des 
céréales. — Congrès des Associations agricoles du Centre. — Date de la session de la Société des Agri- 
culteurs de France. — Hommage rendu aux agriculteurs par M. Isaac, ministre du Commerce et de 
l'Industrie. — Société des Sciences et d'Agriculture du Bas-Rhin. — Projet d'un monument à Pasteur 
à Strasbourg. — Création d'un Comité de perfectionnement des Instituts viticoles d'Alsace et de Lor- 
raine. — Composition de ce Comité. — Décorations dans la Légion d'honneur. — Association syn Ucale 
des Agriculteurs riverains de l'Indre.— Société djs Aviculteurs du SuJ-Ouest. — Exposilioa d'Aviculture 
4e Bruxelles. 



Programme ministériel. 

Le nouveau ministère s'est présenté devant 
le Parlement dans la séance du 20 janvier. 
Suivant les habitudes, M. Aristide Briand, 
président, a lu, à la Chambre des députés, la 
dé'-laration dans laquelle est exposé le pro- 
gramme du Gouvernement. 

Ce programme paraît être celui du précé- 
dent cabinet, c'est celui qu'attend l'opinion 
publique : exécution rigoureuse du traité de 
Versailles trop longtemps retardée, com- 
pression des dépenses et rétablissement de 
l'équilibre dans le budget, organisation ra- 
tionnelle des services publics, restauration 
des régions dévastées, etc. Les problèmes 
qui touchent la production n'ont pas été 
passés sous silence : « Forte par son armée 
et par ses finances, dit la déclaration, la 
France pourra se consacrer, en pleine sécu- 
rité, à son relèvement. La victoire écono- 
mique ne sera toutefois remportée qu'autant 
que la liberté aura été rendue à l'agriculture, 
au commerce', à l'industrie. Les entraves ré- 
sultant des réglementations qui ont été né- 
cessitées par la guerre doivent être levées. 
Nous nous attacherons à réaliser prompte- 
ment cette libération économique. Nous hâte- 
rons de tous nos efforts la restauration de 
nos régions dévastées. » 

Le retour à la liberté, auquel les agricul- 
teurs aspirent, a été défendu naguère par 
plusieurs membres du nouveau cabinet. 
C'est une garantie que les affirmations qu'on 
vient de lire ne resteront pas vaines. 

Un ordre du jour de confiance, adopté par 
4G2 voix contre 77, a clos la discussion de 
plusieurs interpellations. 

Sous secrétaires d'Etat. 
Plusieurs sous-secrétaires d"Etat com- 
plètent le nouveau cabinet. M. Puis, député 

29 Janvier 1921. — N» 4. 



de Tarn-et-Garonne. a été nommé sous- 
secrétaire d'Etat de l'Agriculture. 

Le sous-secrétariat d'Etat du Ravitaille- 
ment a disparu. C'est le premier achemine- 
ment vers l'abolition des rouages néfastes 
contre lesquels tant de protestations légi- 
times ont été soulevées. 

Travaux parlementaires. 

Un grand nombre de projets de loi sont à 
l'ordre du jour de la nouvelle session. Il 
importe, avant tout, que le budget pour 
l'exercice 1921 soit établi le plus rapide- 
ment possible, et que disparaisse enfin le ré- 
gime des douzièmes provisoires sur les in- 
convénients duquel les opinions sont una- 
nimes. 

Au point de vue agricole, la question la 
plus urgente se rapporte à l'organisation des 
Chambres d'Agriculture. On a vu dans noire 
Ctironique du 13 janvier (page 2o) que le 
te.\te proposé par la Commission de l'Agri- 
culture à la Chambre des députés a été mo- 
difié à la suite du dépôt par le Gouvernement 
d'un projet sur l'organisation de la France 
en régions administratives. Un rapport sup- 
plémentaire permettrait d'aborder sans délai 
la discussion de ce texte. Il n'est pas inutile 
de rappeler qu'il importe d'en finir, sinon le 
Parlement serait forcé de proroger à nouveau 
la loi du 2o octobre 1919. 

Dans la séance du 20 janvier, le Sénat a 
ajourné, une fois de plus, la discussion da 
projet de loi présenté naguère par M. Méline 
sur le choix et la surveillance des taureaux 
employés à la reproduction. Cette discussion 
a été renvoyée, sur la demande du ministre 
de l'Agriculture, à une date ultérieure qui 
n'a pas été fixée. Il esj, à souhaiter qu'elle ne 
se fasse pas attendre trop longtemps. 

A la Chambre des députés, M. Paul Tap- 

Tome I. — 4 



66 



CHRONIQUE AGRICOLE 



ponnier a présenté, dans la séance du 20 jan- 
vier, avec demande de discussion immédiate, 
une proposition de résolution tendant à ex- 
clure des délibérations du Bureau interna- 
tional du Travail la question de la réglemen- 
tation du travail agricole. Cette proposition 
a été renvoyée à la Commission de l'Agricul- 
ture. 

La potasse d'Alsace. 

Le Gouvernement a été autorisé par le 
projet de loi adopté, le 30 juillet dernier, par 
la Chambre des députés, et encore en sus- 
pens devant le Sénat, à se rendre acquéreur 
des mines de potasse d'Alsace actuellement 
sous séquestre, qu'il ferait exploiter en régie 
jusqu'à ce qu'une loi ultérieure statue sur 
les conditions définitives de l'exploitation de 
ces mines. 

Le projet définitif a été déposé à la Cham- 
bre des députés dans la séance du 14 dé- 
cembre. Aux termes de ce projet, les mines 
de potasse seront réparties en quatre lots. 
Ces lots seront amodiés à autant de Sociétés 
d'exploitation à participation ouvrière, le 
nombre des actions de travail étant égal au 
dixième du nombre des actions de capital. 
D"après l'exposé des motifs, ces Sociétés se- 
ront contrôlées par les groupements sui- 
vants :] 

1° Caisses rurales alsaciennes et départe- 
ments du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la 
Moselle ; 

2° Porteurs de Luxes et intérêts divers 
alsaciens; 

3° Agriculture et Etat français ; 

4° Industries chimiques et industries con- 
sommatrices de potasse, mines et commerce 
des produits chimiques. 

Le prix d'amodiation sera établi en tenant 
compte de la valeur inégale des lots. 

.\ l'occasion du troisième loi, l'exposé des 
motifs s'exprime en ces termes : 

La constitution d'une Société d'exploitation 
contrôlée par les représentants des intérêts de 
l'ensemble des groupements agricoles nationaux 
nous parait être un des avantages principaux du 
système ; celte Société sera la régulatrice du 
marché intérieur français, et rAgriculture sera 
assurée d'obtenir k bas prix la potasse dont elle 
a besoin sans que l'Etat ail à intervenir dans la 
fixation des prix qui, dans le système de la con- 
cession unique, serait chose très délicate. 

Pour l'exportation, les quatre Sociétés 
d'exploitation devront constituer une Société 
commerciale. Les statuts de celte dernière 
devront contenir une disposition répartis- 
sanl entre les quatre Sociétés le contingent 
disponible pour l'exportation au prorata des 



tonnages qu'elles auront vendus en France. 
Cette disposition garantit la Société agricole 
contre la situation privilégiée qui, autre- 
ment, serait faite aux autres Sociétés dont 
la plus grosse partie de la production serait 
disponible pour la vente à l'étranger. 

D'après l'exposé des motifs, la production 
brute des mines de potasse d'Alsace a été, 
en 1920, de 1 300 000 tonnes environ. Cette 
production doit être portée en quelques an- 
nées à 5 millions de tonnes. 

La culture du blé. 

Le Comité national du Blé a tenu récem- 
ment une réunion sous la présidence du mi- 
nistre de l'Agriculture. Des rapports ont été 
présentés sur les travaux poursuivis en 1920, 
par M. Hilier, secrétaire de la Section techni- 
que, M. Montet, secrétaire de la Section d'ac- 
tion corporative, M. Lumet, secrétaire de la 
Section de propagande. Dans un rapport de 
M. Rabaté, inspecteur général de l'Agricul- 
ture, sur le programme d'action du Comité 
pour l'année 1921, on relève les suggestions 
qui suivent : 

En liaison avec les autres Sections, la Section 
de propagande pourrait examiner la réalisation, 
en 1921, de deux projets : 

[° Un Congrès national des producteurs de blé, 
organisé sous le haut patronage du ministre de 
l'Agriculture et du Comité national du Blé, et 
dans lequel les agriculteurs, les techniciens, les 
spécialistes examineraient les questions rela- 
tives aux variétés, aux semences, aux engrais, à 
la récolte, à la conservation, à la vente, etc.; 

2° Des foires aux semences départementales ou 
régionales, à organiser avec le concours des Of- 
fices agricoles, et peut-être aussi une foire na- 
tionale des semences de blé, ouveite à Paris 
pendant le Congrès, probablement vers la mi- 
septembre. Une telle exposition, qui réunirait, 
en gerbes et en grains, les semences pures de 
nos principales variétés de froment, pourrait in- 
téresser les producteurs, les vendeurs et les 
acheteurs de toute la France. 

D'autre part, M. Rabaté appelle l'attention 
sur une forme nouvelle d'association qui 
pourrait contribuer à atteindre le but pour- 
suivi. Ce seraient des Coopératives Je produc- 
tion des semences, groupant des cultivateurs 
d'avant-garde dans chaque canton, disposant 
d'une ferme de sélection généalogique et 
d'un atelier central de triage et d'expédition. 
Par un contrôle des blés sur pied et un con- 
trôle au battage, il serait possible de livrer 
une ou deux variétés avec un maximum de 
garanties. M. Chasles, président de l'Associa- 
tion nationale de la meunerie française, a pris 
l'initiative d'une organisation de ce genre en 
Seine-et-Marne. 



CHRONIQUE AGRICOLE 



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Dans une réunion récente tenue par un Co- 
mité mixte que préside M. Georges Lefebvre 
et qui réunit des agriculteurs, des meuniers 
et des commerçants, en vue de l'amélioration 
des rendements des céréales, il a été insisté 
sur les avantages à retirer du triage des 
grains de semence et de leur sulfalage, de 
l'emploi comme semences des blés les 
plus lourds ayant donné le meilleur rende- 
ment lors de la précédente récolte, ainsi que 
sur l'utilité de vulgariser le plus possible les 
bons résultats obtenus. Si l'on fait abstrac- 
tion de certaines exagérations formulées 
dans la circonstance, il convient de rendre à 
ces initiatives la justice qu'elles méritent. 

Congrès agricole à Orléans. 

La Fédération des associations agricoles 
du Centre s'est réunie le 22 janvier, sous la 
direction Je M. Kiverain, son président, et 
de M. Jules Gautier, président de la Confé- 
dération nationale des Associations agricoles. 

La lenteur apportée aux achats de blés à 
livrer par les agriculteurs a été maintes fois 
signalée ici, de même que les délais injus- 
tifiés dans le paiement des blés achetés au 
compte de TEtpit. Le Congrès a protesté une 
fois de plus contre les agissements du Ser- 
vice du Ravitaillement à cet égard. 

Des vœux ont été émis en faveur de la li- 
berté d'exportalian pour les pommes de 
terre et les haricots, en même temps que des 
protestations contre les poursuites intentées 
aux cultivateurs à propos de la vente du lait. 

Un contrôle rigoureux a été demandé sur 
l'exploitation des mines de potasse d'Alsace 
et des phosphates du Maroc. 

Enfin, des vœux ont été émis en faveur de 
la liberté du commerce des sucres et du réta- 
blissement du marché à terme, et pour de- 
mander l'abaissement des tarifs de transport 
et des taxes qui pèsent sur les vins. 

Société des Agriculteurs de France. 
La session générale annuelle de la Société 
des Agriculteurs de France se tiendra au 
siège de la Société, du 6 au 13 mars prochain. 

Agriculture et communisme. 

Dans une réunion récente, M. Isaac, mi- 
nistre du Commerce et de l'Industrie, a tracé 
un portrait éloquent du cultivateur français. 

Nous nous faisons un devoir d'en repro- 
duire la partie principale dans laquelle est 
résumé le labeur actuel des classes rurales : 

La France travaille et elle laboure. Ce qui fait 
sa supériorité sur les autres nations des temps 
modernes, c'est qu'elle n'a point oublié ce 
qu'elle doit à la terre nourricière. Elle est de- 



meurée une nation à base rurale et la guerre n'a 
fait qu'exalter son amour pour la terre. 

Il s'est trouvé que les difficultés du ravitail- 
lement au cours des hostilités avaient remis en 
valeur les produits du sol national. 

L'homme des champs en a profité, il est sorti 
de sa médiocrité, il a employé son épargne à li- 
bérer ou à augmenter son domaine ; qui donc 
lui en ferait un crime? La terre est bonne con- 
seillère, elle inspire les mâles vertus d'endu- 
rance et de volonté qui, sur les champs de ba- 
taille, transforment les cultivateurs en soldats 
indomptables et vigoureux. Jamais nous ne di- 
rons trop haut tout ce que nous devons à ces sol- 
dats qui ont ramené sous nos drapeaux la vic- 
toire éloignée depuis cinquante ans. 

Ils ont reçu la plus belle des récompenses le 
jour même où la France a triomphé, mais ce 
n'est pas la seule; il en est une autre dont ils ne 
connaissent pas encore tout le prix, tout le sens 
profond social et politique. A la fois maîtres et 
serviteurs de la terre, ils ont trouvé en elle un 
génie tutélaire qui les garantit contre les idées 
folles qui exercent en ce moment leurs ravages 
dans une partie du monde. 

Ce n'est pas le paysan de France qui tombera 
jamais dans les erreurs ou les horreurs du com- 
munisme. D'instinct il les repousse comme con- 
traires à la justice et à la raison. Il n'a pas besoin 
d'avoir appris l'économie politique et sociale 
pour se justifier à lui-même le droit de propriété. 
il sait que c'est le prolongement de la person- 
nalité humaine et que chacun a droit au fruit de 
son travail. 

La terre arrosée des sueurs de l'homme est 
chose sacrée; il en fait ce qu'il veut, il la garde, 
il la vend, il la laisse à son fils, cela ne regarde 
que lui et si d'aventure quelque sophiste venait 
lui dire que tout cela n'est qu'une fiction, et 
qu'en réalité la terre ne lui appartient pas, mais 
appartient à la communauté, il lui rirait au nez. 

Et si l'on ajoutait que la propriété privée a fait 
sou temps, que c'est un reste des idées réaction- 
naires et que le progrès consiste à mettre tout 
en commun et à n'obéir qu'à un conseil composé 
d'inconnus et de bavards, ils se fâcherait pour de 
bon et mettrait le visiteur à la porte à coups de 
fourche. Et il aurait raison. 

Il faut choisir, ajoute M. Isaac : « Ou la 
propriété privée avec la liberté, ou la pro- 
priété collective avec la tyrannie. » Le choix 
du monde des champs ne sera jamais dou- 
teux. 

Société dAgriculture du Bas Rhin. 

Il convient de saluer la résurrection sous 
son ancien titre de la Société des Sciences, 
Agriculture et Arts du Bas- Rhin, fondée à 
Strasbourg en 1799. Le premier fascicule de 
son Bulletin pour 1920 (janvier à juillet) a 
paru récemment. 

Une bonne partie de ce Bulletin est con- 



68 CHRONIQUE AGRICOLE 

sacrée à Pasleur qui fut professeur à la Fa- 
culté dps Sciences de Strasbourg de 1849 à 
1854. Un Comité a été formé pour élever 
devant le palais de l'Université un monu- 
ment à l'illustre savant. La souscription e^-t 
ouverte : les adhésions sont reçues par 
M. Th. Héring, secrétaire général de la So- 
ciété et trésorier du Comité, à Strasbourg 
(6, rue des Veaux). 

Instituts viticoles d Alsace et de Lorraine. 
On a lu récemment(n°du 23 décembre 1920, 
p. 506) les vœux exprimés par FAssociation 
des Viticulteurs d'Alsace en vue du perfec- 
tionnement des Instituts viticoles de Colmar 
(Institut Oberlin) et de Laquenexy. 

Un arrêté de M. Âlapelite, commissaire 
général de la République, en date du 20 dé- 
cembre, a institué un Comité de perfection- 
nement des Instituts viticoles de TEtat. Ce 
Comité est composé sous la présidence de 
M. Hommell, directeur de l'Agriculture d'Al- 
sace et Lorraine, de neuf membres, choisis 
parmi les personnalités viticoles, nommés 
par le commissaire général de la Républi- 
que, à raison de trois pour chaque départe- 
ment, sur la proposition des Comices agri- 
coles. Il est chargé de donner son avis sur 
le fonctionnement des Instituts viticoles de 
l'Etat, en Alsace et Lorraine, et les réformes 
de nature à les améliorer, ainsi que sur tou- 
tes les questions qui lui sont renvoyées par 
le directeur de l'Agriculture. 

Un deuxième arrêté, du 5 janvier, a nommé 
les membres du Comité, savoir : 



la Coopérative de reconstruction de Pouixy 
(Marne) ; 

BiEuviLLE (Fernand), agriculteur, vice-président 
de la Fédération des Coopératives de reconstitu- 
tion de la Somme ; 

Compagne (Norbert), agriculteur, ancien raaiie 
de Bonnieux (Vaucluse). 

Jenyen (Jean-Baptiste), président du Comice 
agricole de l'arrondissement de Briey (Meurthe- 
et-Moselle); 

HoiNET (Eugène), agriculteur, maire de Berny- 
en-Santerre (Somme) ; 

Delieyrou (Jean-Jules), président du Syndicat 
agricole de Tarn-et-Garonne ; 

Priant (Hyacinthe) directeur de l'Ecole natio- 
nale de laiterie de Poligiiy (Jura) ; 

CoMMEAu (Pierre), secrétaire de la Société 
d'Agriculture d'Autun (Saône-et-Loire). 

Les décorations du ministère de l'Agricul- 
ture à l'occasion du 1'^'" janvier n'ont pas en- 
core été publiées. 



M. le directeur de l'Agriculture d'Alsace et 
Lorraine, président. 

Haut Rhin. — .M.M. René Beyer, viticulteur à 
Egibheim; Paul Greiner, viticulteur à .Mittelwihr; 
Gustave Burger, viticulteur ù Colmar. 

Bas Rhin. — MM. Adolphe Walter, président 
de la Société des viticulteurs d'Alsace à Gert- 
willer; Etienne Héring, viticulteur à Barr; Hohl, 
fils, à Wolxheim. 

Moselle. — MM. Pichon, maire de Scy; Adam, 
président de la Section viticole de Marsal; 
le comte de Berlier, à Thionville. 

Les directeurs des Services agricoles se- 
ront secrétaires, lorsque le Comité se réu- 
nira dans leur département respectif. 

Décorations dans la Légion d honneur. 

Par décret en date du 8 janvier, sur la 
proposition du ministre de l'Intérieur, ont 
été nommés chevaliers de la Légion d'Hon- 
neur : 

MM. Macquart (Jean), herbager, président de 



Les prairies de la vallée de l'Indre. 
L'assainissement des prairies de la vallée 
inférieure de l'Indre, dans le département 
d'Indre-et-Loire, est une opération qui per- 
mettrait d'en relever la valeur dans de très 
larges proportions. M. J.-B. Martin, directeur 
des Services agricoles de ce départemen- 
s'est livré à une propagande active pour dé- 
montrer la nécessité de cette opération. Cette 
propagande a heureusement abouti. Une As- 
sociation syndicale des Agriculteurs riverains 
de Flndre s'est constituée récemment en vue 
de l'amélieration des prairies; divisée en un 
certain nombre de sections réparties le long 
de la rivière, cette Association, dont le siège 
est à Tours (1, rue Michelet), poursuit avec 
activité le groupement de tous les proprié- 
taires intéressés. 

Aviculture. 

Les deux Sociétés d'Aviculture, qui exis- 
taient dans le département de la (jironde, 
ont fusionné sous le titre de Socv'té des Avi- 
culteurs de la Gironde et du Sud-Ouest. Cette 
Société organise une exposition d'Aviculture 
et d'Apiculture qui se tiendra à Bordeaux 
du 15 au 19 avril, et à laquelle tous les avi- 
culteurs de France sont conviés. Des prix 
importants y seront distribués. On peut de- 
mander le programme à M. E. Faulat, prési- 
dent de la Société, à Bordeaux (27, allées de 
Tourny). 

— La Société des Aviculteurs Belges 
tiendrai Bruxelles une exposition générale 
du 19 au 21 février. 

Henry Sagnier. 



PRÉPARATION DES TERRES A METTRE EN PRAIRIES 



69 



PRÉPARATION DES TERRES A METTRE EN PRAIRIES 

ENTRETIEN DES PRAIRIES 



Le Journal d' Agriculture pratique est très i 
souvent consulté au sujet de rétablissement 
de prairies, et l'on a pu remarquer combien, 
somme toute, était faible le nombre des 
espèces de Graminées et Légumineuses qu'il 
conseille dans la composition des mélanges 
à semer : comme Graminées, les ray-grass 
anglais et d'Italie, le fromental ou avoine 
élevée, le dactyle pelotonn'é, la fléole des 
prés, la fétuque des prés; la crételle, le vul- 
pin des prés; les palurins des prés et com- 
mun, le brome des prés, comme Légumi- 
neuses les trèfles violet, hybride, blanc, la 
minette, le lotier corniculé, le sainfoin, le 
trèfle jaune des sables. 

Encore est-il bien entendu que toutes ces 
Graminées et Légumineuses ne doivent pas 
entrer ensemble ■ dans toas les mélanges; 
mais c'est parmi elles que l'on choisit les 
quelques-unes à semer suivant les conditions 
de sol et de climat, la destination de la 
prairie — fauche ou herbage, — la durée de 
la prairie, permanente ou temporaire. 

Semer un mélange d'espèces de bonne 
qualité, avec des graines pures et de haute 
faculté germinative (ce dont Ton doit tou- 
jours s'assurer quand il s'agit spécialement 
de ces gi-aines de prairies), ne suffit pas pour 
créer de bons prés, de bons herbages, il faut 
d'abord préparer convenablement le terrain 
pour recevoir ces graines, il faut ensuite 
entretenir la prairie en bon état. 

Préparation d'une terre destinée à être 
mise en prairie, entretien de la prairie, tels 
sont les deux points sur lesquels nous dé- 
sirons appeler l'attention afin de répondre à 
de nombreuses demandes qui nous sont cha- 
que semaine adressées. 

On cite certains cas oîi, pour créer une 
prairie, d'excellents praticiens se sont con- 
tentés de semer, purement et simplement, 
quelques graines de Graminées et Légumi- 
neuses dans une céréale au printemps; la 
prairie a été ainsi établie, et le sol s'est 
trouvé couvert d'herbes qui ont donné les 
produits que l'on pouvait souhaiter. Mais ce 
sont là des cas exceptionnels, pour lesquels 
la réussite de la prairie s'explique par le fait 
de conditions physiques et chimiques parti- 
culières du sol ensemencé. 11 y a, en effet, 
des terres qui se prêtent tout spécialement 
à la création des prairies, dans lesquelles 
l'herbe pousse, pour ainsi dire spontané- 
ment, l'herbe de bonne qualité comme 



les ray-grass, le trèfle blanc, la crételle; si, 
dans de pareils sols, naturellement riches 
et propres, on sème des graines de prairies, 
et que la saison soit humide, la réussite 
pourra être complète; seulement, il faut, — 
on s'en rend compte, — un ensemble de cir- 
constances qui se rencontrent rarement. 

La vérité est que, pour créer une bonne 
prairie, il est nécessaire d'abord de bien 
préparer le sol: le nettoyer des mauvaises 
herbes, le bien ameublir, le mettre en bon 
état de fumure. 

1° Nettoyer le sol des mauvaises herbes, tel 
est le premier point; c'est, en effet, comme 
le remarque Stebler « une erreur de croire 
qu'un champ fortement enherbé se prête le 
mieux à l'établissement d'une prairie ou 
d'une- culture fourragère de trèfle et Gra- 
minées. Au contraire, l'engazonnement na- 
turel aboutit le plus souvent à une surabon- 
dance de mauvaises herbes. Après la semaille 
des espèces fourragères, celles-là continuent 
de croître et compromettent le développe- 
ment des plantes semées au milieu d'elles. 
Dans une prairie artificielle, les places primi- 
tivement envahies de mauvaises herbes se 
font reconnaître durant des années par l'état 
défectueux du gazon. Il est donc absolument 
indispensable que le terrain destiné à devenir 
un pré soit nettoyé des mauvaises herbes. Plus 
le sol en est débarrassé, mieux y réussiront 
les Légumineuses et les Graminées qu'on y 
aura semées (1) ». 

2" Ameublir et travailler le sol destiné à 
porter une prairie. — 11 est à peine besoin 
d'insister sur la nécessité dameublir parfai- 
tement le sol. Chacun sait quelle est la finesse 
de>s graines de prairies. Graminées et Légu- 
mineuses; on ne peut les confier à une terre 
creuse et garnie de grosses mottes. Mais «1 
ne suffît pas que Tameublissement soit su- 
perficiel; pour que la plante puisse dévelop- 
per ses racines dans une masse convenable 
de terre, pour qu'elle y rencontre toujours 
l'humidité qui lui est indispensable, la pré- 
paration du terrain doit être aussi profonde 
que le permet l'état du sous-sol ; donc labours 
profonds, travail à l'extirpaleur devront pré- 
céder les dernières façons superficielles au 
rouleau et à la herse. 

Mettre le sol en bon état de fumure. — La 

(1; Stebler : Les meilleures plantes fourragères 
descriptions et figures, Lib rairie p^iitclf. 



-iO 



PRÉPARATION DES TERRES A METTRE EN PRAIRIES 



prairie améliore le sol, l'enrichit en azote, 
aussi les engrais azotés, les fumures au fumier 
de ferme ne sont pas nécessaires sur les prai- 
ries déjà vieilles. Mais, avant de créer la 
prairie, des fumures au fumier de ferme, 
des engrais sont nécessaires afin de mettre 
le sol en bon état de fumure, et le bien pé- 
nétrer d'engrais. 

Il est difficile, croyons-nous, de voir de 
plus beaux herbages d'engraissement que 
ceux créés de toutes pièces par M. Fié sur sa 
ferme des Graviers, près de Saint-Cyr-l'Ecole, 
en Seine-et-Oise. Il y a là 110 hectares de 
prairies sur lesquelles on engraisse dans l'an- 
née une moyenne de 3 bœufs à l'hectare. Or, 
ces prairies ont été constituées sur des terres, 
fumées d'une façon surabondante, peut-on 
dire (elles recevaient tous les deux ou trois 
ans, 50 à 60 000 kilogr. de fumier provenant 
de la vacherie de la ferme, de la cavalerie de 
l'Ecole de Sainl-Cyr, des régiments de Ver- 
sailles, etc.). 

Le fumier apporte non seulement des élé- 
ments fertilisants, des matières humiques, 
mais toute une flore bactérienne qiii pré- 
pare très heureusement le milieu physiolo- 
gique du sol; en même temps les propriétés 
physiques de ce sol sont améliorées, et ce- 
lui-ci notamment retient beaucoup mieux 
l'humidité. 

Enfin, à moins de terres naturellement 
très riches en éléments minéraux, chaux, 
acide phosphorique et potasse, les Légumi- 
neuses et les bonnes Graminées ne se déve- 
lopperont et ne se maintiendront que si le sol 
a reçu les engrais phosphatés et potassiques 
qui en complètent la composition chimique. 
Ce qui justifie la recommandation donnée à 
ceux qui veulent semer une prairie, d'enfouir 
d'abord dans le sol 800 à 1 000 kilogr. de 
scories, 200 à 300 kilogr. de sels de potasse. 
Une telle préparation du terrain peut être 
réalisée par une jachère bien faite, mais 
dans nombre de cas elle le sera encore mieux 
et d'une façon plus avantageuse par une cul- 
ture sarclée, pomme de terre, betterave, to- 
pinambour, etc., pour laquelle on devra dé- 
foncer le terrain, au moins donner un labour 
profond, apporter une grosse fumure et, au 
cours de l'été, multiplier binages et sarclages 
qui débarrasseront la terre des plantes ad- 
ventices. Il arrive même que le résultat 
cherché n'étant pas obtenu par la culture 
d'une seule plante sarclée, on fait deux 
plantes sarclées de suite, pommes de terre 
et betteraves, par exemple, après quoi Ton 
sème la prairie dans la céréale qui suit. 
Toutefois, il ne sera pas toujours possible 



de faire ces cultures de plantes sarclées, car, 
dans beaucoup d'exploitations, on ne saurait 
trouver la main-d'œuvre pour effectuer les 
binages qu'elles exigent, ni la main-d'œuvre 
pour l'arrachage de surfaces étendues de bet- 
teraves ou de pommes de terre. Dans ce cas, 
voici une méthode qui nous a fréquemment 
donné de bons résultats. 

On prépare la terre comme si l'on devait 
semer des bel teraves; fumure, labour d'hiver; 
ameublissement à l'extirpateur, à la herse et 
au rouleau en avril. Bientôt lève une foule 
de plantes adventices; fin mai on les détruit 
par un labour léger; on prépare à nouveau 
superficiellement le sol et, en juin, on sème 
en terre nue la prairie (1). 

Une opération distincte primordiale de- 
mande à être efi'ecluée avant même la pré- 
paration dont nous venons de parler, si la 
prairie doit être établie sur un terrain im- 
perméable, c'est l'assainissement. Autrement 
la flore des terrains acides, humides, maré- 
cageux dominerait rapidement. Graminées 
dures, joncs, carex, etc. 

La régularisation du terrain, d'autre part, 
pour avoir des prés qui s'égouttent bien, qui 
se fauchent facilement, est aussi une opération 
préalable, de même que les nivellements et 
la construction d'ados, de planches, etc., si 
la prairie est destinée à être irriguée. 

Enfin, rappelons encore que dans les her- 
bages il importe que les animaux puissent 
en tout temps, et surtout par la période de 
grande sécheresse, y trouver de l'eau à leur 
disposition, soit qu'une rivière les traverse, 
qu'une source pérenne y alimente un abreu- 
voir. Le bétail doit pouvoir, toujours, boire 
à sa soif et quand il en sent le be.soin. On est 
étonné, lorsque cette condition est remplie, 
de voir des animaux se maintenir encore en 
assez bon état dans des pâtures grillées par 
le soleil, transformées en véritables paillas- 
sons. 

Soins à donner aux prairies. — La prairie, 
établie avec tous les soins que nous venons 
d'énumérer, persistera t-elle avec la belle cl 
bonne végétation de son début? 

C'est un fait d'observation courante, re- 
marque M. P. Berthault, « que seules les 
prairies submersibles ou arrosées, ainsi que 
celles qu'on fertilise artificiellement, con- 
servent une bonne végétation. Sur les autres, 
les changements sont rapides et, à moins de 
terres très riches en acide phosphorique, en 

(1) Celte méthode, bien entendu, ne peut s'appli- 
quer que dans les régions jouissant d'un climat 
trmpéré, et là où des pluies tombent durant l'été, - 
entretenant uue fraîcheur suffisante du sol. 



L'AVENIR DU CHEPTEL ET L'ABATAGE DES VEAUX FEMELLES 



71 



potasse el en chaux, les bonnes espèces, 
toutes exigeantes en ces éléments, disparais- 
sent peu à peu. Ce sont d'abord les Légumi- 
neuses, si utiles à la qualité du fourrage, 
puis les bonnes Graminées, qui sont rempla- 
cées par les mauvaises auxquelles le milieu 
appauvri suffit encore. » * 

Sur les prairies de la ferme des Graviers 
qui, comme nous le rappelions plus haut, 
ont été créées sur des terres ayant reçu de 
très grosses fumures répétées au fumier.de 
ferme, on a répandu chaque hiver à l'hec- 
tare pendant trente ans, outre du purin, 
500 kilog. de scories elSOOkilogr. de kaïnite, 
et il s'agit d'herbages d'engraissement qui 
exigent une restitution d'éléments minéraux 
bien moindre que les herbages où l'on entre- 
tient soit des jeunes animaux, soit des vaches 
pleines, surtout que les prairies de fauche 
dont le foin est exporté. 

L'engrais de ferme par excellence, pour les 
prairies et herbages, est le purin qui agit 
par la petite quantité d'azote ammoniacal et 
nitrique qu'il contient, qui rapporte à la prai- 
rie la totalité de la potasse des fourrages 
consommés par les animaux, qui agit comme 
bouillon de culture tout à fait favorable au 
développement des nombreux ferments du 
sol. 

C'est ce même rôle que jouent les composts, 
dont l'usage est si répandu dans les régions 
réputées pour leurs excellentes prairies; en 
plus, comme le faisait remarquer M. Schri- 
baux, en y insistant d'une façon particulière : 
Si le compost est appliqué en quantité un 



peu importante, s'il forme seulement à la 
surface une couche de quelques millimètres, 
il rechaussera les plantes et fournira le meil- 
leur support aux semences que l'on se pro- 
pose de répandre pour régénérer la prairie. 

Comme pour le purin, les engrais phos- 
phatés en sont le complément indispen- 
sable. 

Engrais phosphatés et potassiques, com- 
posts, sont à répandre sur la prairie pendant 
ou à la fin de l'hiver. Cette dernière époque 
convient particulièrement pour l'épandage 
du purin et pour certains travaux comme le 
hersage qu'il est souvent utile d'effectuer sur 
des prairies pour détruire beaucoup de ces 
plantes rampantes, telles que lierre terrestre, 
bugle, véronique, renoncule, paturin com- 
mun, mousse (1), etc., dont les tiges ou cou- 
lants, semblables à ceux du fraisier, for- 
ment un véritable feutrage nuisible au 
gazon. 



La destruction des autres mauvaises 
plantes est plus difficile, mais il faut remar- 
quer que, le plus souvent, le meilleur et le 
plus sûr moyen de s'en débarrasser est de 
favoriser le développement des bonnes 
espèces en modifiant le milieu physique et 
chimique du sol; en assainissant la prairie, 
disparaissent joncs, carex, prèles, Graminées 
dures et grossières; en complétant le sol 
par l'apport d'engrais phosphatés et potas- 
siques, Légumineuses et Graminées fines 
apparaissent en masse. 

H. HiTIER. 



L'AVENIR DU CHEPTEL 

ET L'ABATAGE DES VEAUX FEMELLES (2) 



Après la guerre de 1870, il a fallu dix ans 
pour réparer la brèche qui avait été faite, et 
<i\]e était moins grave que celle de la guerre 
de 1914-1918. En fin de 1915, nos effectifs en 
bétail bovin (12 286 849 têtes) étaient infé- 
rieurs de plus de 500 000 têtes (exactement 
524 740) à ceux de 1802 (12814 589 têtes), 
c'est-à-dire d'il y a soixante ans; il ne faut 
donc pas se leurrer sur la rapidité de recons- 
titution d'un troupeau de l'importance du 
nôtre, dans un pays dont les besoins sont 

(1) Lorsque le tiavail de la herse est insuffisant 
pour détruire la mousse trop abondante, avant le 
réveil de la végétation on répand, par hectare, .300 à 
500 kilogr. de sulfate de fer en neige. La mousse 
noircit et meurt. 

(•2) Voir le numéro du 20 janvier, p. ol. 



élevés et permanents. Lu reconstitution est 
soumise à des lois physiologiques et natu- 
relles qu'il n'est donné à personne de boule- 
verser : 

Un veau de boucherie se fait en trois mois 
ou moins, mais un bœuf (de boucherie ou de 
travail) et une vache de reproduction ne se 
font qu'en trois ans, au minimum. 

C'est donc avec raison et avec un légitime 
souci de l'avenir que le Conseil supérieur dt- 
l'Agriculture s'était, au début de la guerre, 
prononcé en faveur do l'interdiction d'aba- 
lage des veaux (décret d'octobre 1915). Il est 
seulement regrettable que l'application de ce 
décret soit restée lettre morte. 

Si les veaux, sans distinction de sexe, coii- 
tiauentà être sacrifiés comme ils le sont de- 



L'AVENIR DU CHEPTEL ET L'ABAT AGE DES VEAUX FEMELLES 



puis la guerre, il n'y a pas de raison pour 
que nous ne restions pas dix ans ou plus 
dans la situation où nous nous trouvons au- 
jourd'hui. Est-ce à souhaiter? Non, sans le 
moindre doute. Nos éleveurs trouvent aujour- 
d'hui dans la vente du bétail une très large 
rémunération de leur travail, j'allais dire 
une rémunération inespérée, mais ils ont en 
général la grande loyauté de déclarer eux- 
mêmes que les prix sont excessifs; ils les 
acceptent et les entretiennent parce que les 
circonstances le permettent ; ils savent fort 
bien que cela ne peut durer. 

Car il y a une restriction efficace, qui, 
celle-là, se fera toute seule, dont les consé- 
quences sont difficiles à prévoir et qui com- 
mence à se faire sentir je crois, c'est celle 
résultant de l'abaissement des salaires et, 
par suite, de la diminution de la richesse des 
classes laborieuses. Le manque d'argent sera 
le premier facteur de limitation de la con- 
sommation de la viande comme de bien 
d'autres denrées et, à ce point de vue, il aura 
une répercussion sur le développement du 
troupeau national. 

Ce sera une conséquence heureuse si l'on 
Aaut, regrettable aussi, car je déplore en 
particulier qu'il n"y ait pas chez nous comme 
en Angleterre des viandes congelées ou non, 
à bon marché. 

Des disponibilités en viandes congelées, 
c'était là, par anticipation, la solution au 
problème de la vie chère et de la viande 
chère, à prévoir avant la fin de la guerre. 

Tous ceux qui, depuis de longues années, 
se sont occupés de la question de notre ravi- 
taillement et de nos besoins en viandes, pen- 
saient que notre cheptel se reconstituerait 
rapidement à la faveur d'importations de 
viandes qui limiteraient les prix et les aba- 
lages. Les marchés avantageux et sans ris- 
ques financiers n'ont pas été passés en temps 
opportun pour nous fournir à bon compte et 
durant longtemps des viandes congelées ; 
avec la situation actuelle de notre change, il 
n'y a guère à compter qu'elles puissent lar- 
gement concurrencer nos viandes indigènes, 
et tant que cette situation de notre change 
persistera, il en sera de même. 

L'importation des viandes étrangères ne 
peut donc pas, temporairement il faut l'es- 
pérer, nous donner la solution désirée; ce 
n'est pas elle qui, dans les conditions ac- 
tuelles du marché, fera sensiblement baisser 
les cours. 

Reste la question de nos viandes colo- 
niales. Elles sont encore en quantités très 
insuffisantes, mais avec elles les difficultés 



du change ne se posent plus, et il y a lieu de 
se demander si nos administrations métro- 
politaines et coloniales font bien tout ce qu'il 
est possible de faire pour en favoriser l'im- 
portation maximum, au grand bénéfice de la 
métropole et de la prospérité des Colonies. 
D'oî#il résulte, en résumé, que l'on ne voit 
pas de solution matérielle immédiate au pro- 
blème de l'abaissement du prix de la viande 
et du prix de la vie, puisque le troupeau fran- 
çais' ne peut pas augmenter ses disponibi- 
lités, puisque la récupération du bétail alle- 
mand ne peut être qu'un palliatif léger et 
que l'importation des viandes étrangères est 
entravée par le change. 

L'abaissement se fera par la restriction vo- 
lontaire générale imposée par le manque 
d'argent. 

En cette matière, comme en bien d'autres, 
il nous faut donc compter sur nous-mêmes : 
reconstituer et augmenter notre troupeau, 
développer et intensifier l'élevage, la produc- 
tion etl'importation de nos viandes coloniales. 
Ce n'est 'pas l'œuvre d'un jour, mais c'est 
une œuvre de prévoyance pour un avenir 
peu éloigné. Comment reconstituer, augmen- 
ter et développer le troupeau national, abs- 
traction faite des exigences de second rang, 
concernant l'alimentation rationnelle, l'ali- 
mentation intensive, etc. Pour augmenter le 
nombre de têtes il faut avoir des jeunes, pour 
avoir des jeunes il faut des mères, pour avoir 
plus de mères il faut conserver des génisses, 
c'est-à-dire ne pas les abattre pour la bou- 
cherie. 

C'est là du La Palice, mais si l'on veut 
aboutir, il n'y a pas à sortir de celte formule. 
Si l'on veut seulement donner satisfaction 
aux masses plus ou moins intéressées à ré- 
clamer ou à protester contre la mesure d'in- 
terdiction d'abatage, il n'y aura qu'à conti- 
nuer les errements suivis jusqu'à ce jour, 
relativement à l'application du décret du 
li octobre 1915. Personnellement, je reste 
convaincu que si le décret du 14 octobre 1915 
avait été respecté seulement en ce qui con- 
cerne les génisses, la situation de notre chep- 
tel serait très différente de ce qu'elle est; 
mais c'était la guerre, et il est inutile de re- 
venir sur le passé. 

Ce qu'il faut voir, avant de se prononcer, 
ce sont les conséquences du décret, c'est-à- 
dire les avantages et les inconvénients. 

Les avantages, ils sont incontestables; 
c'est d'abord l'augmentation du nombre des 
femelles, l'unique mesure nécessaire et suf- 
fisante pour accroître numériquement le 
troupeau dans un avenir très proche. C'est 



INSTITUT PilYTOTECHNIQUE EN URUGUAY 



73 



-ensuite l'augmentation des disponibilités en 
lait alimentaire. Il s'agit donc bien d'une 
mesure d'intérêt général. 



Les inconvénients du décret, pour les in- 
térêts privés ou régionaux, sont non moins 
incontestables. Le premier est sans contre- 
dit une atteinte portée à la liberté; mais ce- 
pendant, si celte atteinte est motivée par 
l'intérêt général, elle se trouve justifiée. 

Le second est un préjudice matériel finan- 
cier apporté aux entreprises d'élevage qui 
l'ont le veau de boucherie. Un veau blanc de 
trois mois rapportait à l'éleveur, dans ces 
derniers temps, une moyenne de 1 000 à 

1 200 fr. Il avait consommé à cet âge autour 
de 1 000 litres de lait, ce qui fait que le litre 
de lait, sous cette forme, se trouvait payé, 
jusque dans les fermes les plus reculées, au 
taux moyen de 1 fr. le litre. Le Gouverne- 
ment ne peut avoir le droit de porter atteinte 
à une industrie agricole aussi lucrative, que 
pour une raison d'intérêt supérieur, c'est-à- 
dire d'intérêt général concernant la recons- 
titution du cheptel. 

Il est plus économique de faire en trois 
mois un veau de 1 000 à 1 200 fr. que de 
faire une bête d'élevage de deux ans valant 

2 000 fr. Il faut donc que l'on sache bien et 
quel'on affirme que dans les circonstances 
actù-elles, l'interdiclion d'abatage des veaux 
femelles est une mesure qui porte un préju- 
dice financier aux intérêts personnels immé- 
diats des éleveurs; mais par ailleurs je pense 
qti'il est permis de déclarer que les bénéfices 
généraux réalisés dans la production du bé- 



tail sont suffisants pour que l'on sollicite ce 
sacrifice des intéressés. 

Il y a encore un autre motif : l'intei'- 
diction d'abatage des veaux de boucherie 
augmentera les disponibilités en lait. Je ne 
sais si les grandes villes en bénéficieront 
beaucoup parce que l'engraissement des 
veaux se fait dans certaines régions ou dans 
les fermes de la campagne, mais il restera 
davantage de lait pour la fabrication du 
beurre ou du fromage. 

Un veau de boucherie d'excellente qualité 
consomme approximativement à quelques 
dizaines d'unités près, le chifi"re donné ci- 
dessus. Un veau d'élevage, dès la deuxième 
semaine, peut se contenter de mélanges de 
lait normal et de lait écrémé et dès l'âge de 
deux mois il est sevré, partiellement; il con- 
somme rarement plus de 300 à 400 litres de 
lait normal, encore est-ce là un maximum 
puisque dès l'âge de quinze jours, avec des 
rations bien constituées, il peut être élevé 
avec du lait écrémé et des aliments de com- 
plément. 

Ce sont là les motifs majeurs qui justifi- 
raient l'application stricte du décret, tout le 
reste ne peut porter que sur des considéra- 
tions secondaires ; mais il y a lieu toutefois 
de regretter que la remise en vigueur de ce 
décret, comme sa promulgation en 1915, 
aient coïncidé avec le début de l'hiver, c'est- 
à-dire avec la saison la plus défavorable 
pour la mise en pratique des procédés d'éle- 
vage. Dans les deux cas, les éleveurs ont pu 
se plaindre avec raison de n'avoir pas été 
prévenus ni consultés à temps. 

(A suivi^e.) G. Mocssu. 



INSTITUT PHYTOTECHNIQUE EN URUGUAY 



Le Gouvernement de la République orien- 
tale de l'Uruguay, dans l'Amérique du Sud, 
a créé depuis quelques années sur le do- 
maine de La Estanzuela, sous le titre de 
Imliluto Fitotecnico y Stmilltro national, un 
établissement de recherches d'ordre scien- 
tifique en vue de sélectionner les variétés de 
céréales et de plantes fourragères les mieux 
adaptées aux besoins du pays. 

L'organisation de cet établissement mérite 
d'être signalée. Un rapport de son directeur, 
le D"" Alberto Boerger, fait connaître les prin- 
cipaux résultats acquis jusqu'ici. 

C'est sur un domaine d'une étendue de 
il8 hectares que l'établissement a été créé. 
273 hectares sont cultivés, dont 250 con- 
sacrés à la multiplication des semences de 



blés pedigrees, obtenues au nombre de trois 
variétés, par une sélection de blés améri- 
cains primés à la première exposition natio- 
nale de blés organisée dans l'Uruguay. 

Ces blés pedigrees ont été, au cours de 
l'année 1918-1919, cultivés par une trentaine 
d'agriculteurs en comparaison avec les se- 
mences communes. Le rendement moyen 
en grain, sur l'ensemble de ces exploita- 
lions, a été de près de 1 375 kilogr. par hec- 
tare, au lieu de 679.5 pour les]^blés communs, 
soit de plus du double. C'est un résultat trop 
encourageant pour ne pas 'persévérer dans la 
multiplication et la diffusion de ces variétés, 
et pour ne pas poursuivre une amélioration 
dans leur rendement. 

Le !)'■ Alberto Boerger conclut que, la 



74 



TRACTEUR VJTICOLE < ARA » 



production moyenne du blé dans l'Uruguay i certainement d'accroître au moins de 
étant actuellement de 230 000 tonnes, l'em- 30 0/0 la production totale, pour le plus 
ploi des semences pedigrees permettrait 1 grand bien du pays. G. Gaudot. 

TRACTEUR VITICOLE " ARA " 



Le tracteur dit routier agricole, désigné 
sous le nom de tracteur ARA, dont nous 



avons parlé précédemment (n° 53 du 30 dé- 
cembre 1920, p. 530), a été spécialement étu- 








Vis. 13. — Tracteur vilicole ARA. 



dié pour la culture mécanique des vignes. A i ter une voie très étroite, et sa largeur, ré- 
cet effet, il a été construit de façon à présen- I duite à 0".70, lui permet en effet de passer 




tiis. 14. 



Tracteur AliA disposé pour le vii'age. 



dans l'interligne de vignes plantées à l^.oO I La' figure 03 (donnée dans le numéro du 
d'écarlement. I 30 décembre dernier) m(»ntrait le tracteur 



TRACTEUR VITICOLE « ARA 



ARA. attelé à une charrue brabant-double. 
Les figures 13 et li représentent le tracteur 
équipé pour travailler dans les vignes; il est 
alors monté en charrue automobile selon la 
classification indiquée par M. Ringelmann 
dans ses études sur les appareils de culture 
mécanique. 

Le châssis triangulaire, qui porte les 
pièces travaillantes, est articulé, à la partie 
postérieure du tracteur, à un axe 
horizontal dont on règle convena- 
blement la hauteur [au-dessus du 
sol. A l'arrière, le châssis est réglé 
verticalement par une roue. Sur 
les deux âges du châssis, formant 
entre eux un angle comme dans les 
houes à expansion angulaire, sont 
fixés les étançons 'portant les petits 
corps de charrue, lesquels sont 
établis avec une pointe mobile dont 
l'emploi est recommandable , sur- 
tout dans les terrains pierreux, cas 
fréquents des sols 'consacrés à la 
culture des vignes. 

La figure lo, qui montre la vue 
arrière de la machine, les pièces 
étant relevées en bout de rayage, 
indique bien la position des quatre 
petits corps de charrues disposés 
pour [effectuer le labour de chaus- 
sage; la dernière pièce travaillante 
est un petit buttoir sans pointe mo- 
bile, destiné à nettoyer la^dérayure 
restant ouverte dans l'axe de l'in- 
terligne. Les piquets qu'on voit à 
droite et à gauche de la machine, 
dans la figure 15, se trouvaient à 
un écartement transversal de i'".50 
pour représenter les lignes de ceps 
dans le champ d'essai. 

Toutes ces pièces travaillantes 
sont de petites dimensions, car elles 
ne .doivent effectuer que des la- 
bours superficiels. En enlevant le 
buttoir arrière et en changeant le montage 
des versoirs qu'on déplace d'un âge sur 
l'autre, la houe vigneronne se trouve dispo- 
sée pour exécuter le labour de déchaussage 
des vignes, c'est-à-dire le labour d'hiver 
dans les cas les plus fréquents. La figure 15 
montre en même temps la dissymétrie obli- 
gatoire des âges du bâti de la houe , afin que 
les pointes des socs ne soient pas disposées 
sur la même ligne transversale, pour éviter 
les bourrages. 

Comme il s'agit de virer sur les fourrières 
très étroites que présentent la plupart des 
vignobles, les constructeurs ont adopté un 



mode de relevage bien indiqué par les figu- 
res 13 et 14 ; c'est ce qui les conduisit à 
articuler l'avant de la houe à un axe hori- 
zontal, solidaire du tracteur, et dont nous 
avons parlé plus haut. 

A l'arrière du tracteur se trouve la volée 
d'une petite grue. Un treuil, qu'on embraye 
au moment voulu avec le moteur, enroule un 
câble d'acier passant sur deux poulies por- 




Fig. 15. — Vue arrière d'un tracteur viticoie, la houe 
étant relevée pour le virage. 



tées par la grue, puis â une poulie-mo i 1" 
attachée au bâti de la houe et revenant se 
fixer à l'extrémité supérieure de la volée de 
la grue. 

En appuyant sur la pédale d'embrayage 
du treuil, le mécanicien fait ainsi relever 
presque verticalement le châssis de la houe, 
comme on le voit sur la figure 14; dans ces 
conditions, la largeur totale de l'appareil se 
trouve assez réduite pour que l'ensemble 
puisse virer sur des fourrières larges de 
3 mètres environ. 

^'ous n'avons pas encore de données pra- 



16 



PREPARATION DES PLANTS DE POMMES DE TERRE 



tiques sur les condilions de travail de ce \ mation; des essais doivent être entrepris 

tracteur viticole : superficie ou longueur j prochainement. 

d'inlerligne travaillée par heure et consom- , R. Dessaisaix. 

PRÉPARATION DES PLANTS DE POMiMES DE TERRE 



Au cours d'une série d'articles que nous 
avons publiés dans ce recueil, durant ces 
dernières années, nous avons essayé de dé- 
montrer que la faiblesse et surtout l'inégalité 
des rendements de la Pomme de terre, dont 
on se plaint de plus en plus, tenaient à de nom- 
breuses causes que nous avons examinées 
en indiquant les moyens d'y remédier. 

De ces diverses causes, la négligence des 
soins qu'exigent le choix et la préparation 
des plants est une des principales. 11 nous 
semble donc opportun de revenir sur ce sujet, 
puisqu'aussi bien cette époque est celle où 
Ton se préoccupe des plants nécessaires. Au 
surplus, les germes commencent à se déve- 
lopper chez les variétés hâtives, surtout lors- 
qu'elles sont conservées dans des caves 
chaudes et peu aérées. 

11 convient donc de surveiller attentive- 
ment les semences que l'on possède et de se 
procurer de bonne heure celles que l'on doit 
renouveler. Et à ce sujet, qu'il nous soit 
permis de conseiller aux cultivateurs de ne 
pas hésiter à le faire dès" que la vigueur de 
leurs variétés commence à faiblir. Si oné- 
reux que ce renouvellement puisse paraître, 
il constituera toujours un bénéfice, le rende- 
ment pouvant se trouver doublé alors que 
tous les autres frais de culture, etc., restent 
les mêmes. 

Beaucoup de cultivateurs anglais renou- 
vellent chaque année un quart des plants 
qui leur sont nécessaires. Ils prélèvent, na- 
turellement, sur ce quart les semences qui 
leur sont nécessaires pour les trois quarts de 
leur emblavure de l'année suivante ; le qua- 
trième quart étant fourni par les plants qu'ils 
importeront à nouveau. Ils n'ont ainsi pour 
les trois premiers quarts que des plants 
n'ayant qu'un an de culture locale. Cet excel- 
lent système est plus économique que le re- 
nouvellement total tous les deux ou trois 
ans ; il évite, en outre, un gros débours à 
un moment donné et mérite ainsi d'être ré- 
pandu chez nous, dans le Midi surtout où la 
Pomme de terre dégénère plus vite que dans 
le Nord. 

Le choix des plantes les plus vigoureuses 
durant le cours de la végétation, puis celui des 
tubercules à l'arrachage, s'imposent autant 
et plus peut-être que celui des porte-graines 



de toute autre plante. Il constitue un des 
moyens les plus efficaces de lutter contre les 
diverses affections de la Pomme de terre dont 
les effets se traduisent par la dégénérescence 
et la diminution des rendements. 

L'air, la basse température et la lumière 
sont les meilleurs agents qui retardent la 
germination prématurée des plants. Jus- 
qu'aux environs de zéro, les tubercules secs 
n'ont rien à craindre du froid. Les semences 
qui ne seraient pas placées dans de telles 
conditions doivent y être mises le plus tôt 
possible, ainsi, d'ailleurs, que celles que l'on 
peut être amené à recevoir, et c'est pour cela 
qu'il y a intérêt à les faire venir dès que les 
gelées ne sont plus à craindre. Nous n'en 
exceptons que celles mises en silos dans les 
régions à climat rigoureux, où les froids les 
tiennent latentes et pour lesquelles il est pru- 
dent d'attendre que les fortes gelées soient 
passées. 

N'importe quel local clair et ventilé : les 
hangars, les greniers, en particulier, con- 
viennent mieux que les caves pour la conser- 
vation des plants, pourvu qu'on puisse en ex- 
cliire les gelées. Ce qu'il faut avant tout, c'est 
d'empêcher les plants de s'échauffer et de 
germer prématurément, comme c'est presque 
toujours le cas lorsqu'ils sont conservés en 
gros tas, dans des caves chaudes, obscures et 
sans air. 

En l'absence de choix et si l'on se trouve 
forcé d'employer des plants de culture locale 
et tout venants, il faut au plus tôt trier ces 
plants et les placer dans les conditions que 
nous venons d'indiquer. On sait que les 
plants de moyenne grosseur, c'est-à-dire 
ceux ayant à peu près la grosseur d'un œuf 
de poule, pesant une soixantaine de gram- 
mes, et que l'on plante entiers, sont les meil- 
leurs lorsqu'ils proviennent de plantes sai- 
nes et vigoureuses. 

Toutefois, lorsqu'il s'agit de plants à 
choisir sur un tas de consommation, il sem- 
ble préférable de prendre des gros tuber- 
cules pouvant être coupés en deux ou trois 
tranches, parce qu'on peut être certain qu'ils 
proviennent des plantes les plus vigoureuses 
du lot, tandis qu'on ne peut pas savoir si les 
tubercules moyens sont ceux de ces der- 
nières, ou bien s'ils ne représentent pas les 



L'ACIDE SULFUREUX CONTRE LES CAMPAGNOLS 
gros tubercules des plantes faibles ou mala- 
des. Là est le danger des plants tout venants 
et une des causes de l'irrégularité de vigueur 
si fréquente dans les cultures. 

Le coupage, qui doit être différé jusqu'à 
rapproche de la plantation, offre lui-même 
cet avantage qu'il permet d'éliminer les tu- 
bercules atteints de pourriture interne. Il 
arrive, en effet, assez fréquemment, que des 
tubercules apparemment sains à l'extérieur 
sont plus ou moins tachés de noir à l'inté- 
rieur. Ces taches sont causées par la péné- 
tration el le développement des spores de la 
maladie commune {P/njlophlhora infestans). 



Jusqu'ici, nous n'avons envisagé que les 
grosses quantités de plants nécessaires aux 
grandes cultures. Pour les variétés potagères, 
proprement dites, et les hâtives, en particu- 
lier, il y a grand avantage à disposer un à un 
les tubercules debout, les germes en haut, 
dans des récipients, caissettes ou paniers 
plats et à placer ensuite les récipients dans 
les conditions indiquées plus haut. Il se 
forme alors, lentement, un gros germe court, 
épais et coloré, que l'on conserve soigneuse- 
ment au moment de la plantation parce que 
ce germe renferme la meilleure partie des 
réserves du tubercule; il présente, par suite. 



le maximum de vigueur et il hâte, en outre 
la production d'une quinzaine 

Les jardiniers et les producteurs de nri 
meurs connaissent et pratiquent tous cet ex- 
cellent système de germination à la lumière 
Il y aurait grand avantage à ce qu'il se géné- 
ralise dans les campagnes où la Pomme de 
erre tient une si large place dans l'alimen- 
tation et qu .1 soit même étendu aux variétés 
demi-hâtives. La germination offre encore 
cet avantage qu'elle permet d'éliminer, avant 
la plantation, les tubercules atteints de fîlo 
sité, c est-à-dire ceux dont les germes sont 
pales et très minces, ainsi que les tubercules 
étrangers que les germes montrent d'une fa- 
tèr^'es P^^^^^'denteque les autres carac- 

Nous pourrions nous étendre encore lon- 
gueiiient sur les divers soins qu'exige de plus 
en plus la plus précieuse de nos plantes a'i- 
mentaires, mais l'espace nous fait défaut Au 
surplus, les lecteurs intéressés pourront se 
reporter, soit à nos articles parus dans ce 
Journal durant les années 1918 et 1919 soit 
à la brochure : La Pomme de terre, Comeils 
pratiques pour améliorer sa culture, que vient 
de faire paraître la Librairie agricole et gui 
en est le développement. 

S. MOTTET. 



L'ACIDE SULFUREUX CONTRE LES CAMPAGNOLS 



Les invasions de campagnols se présentent 
périodiquement comme un véritable fléau. 
Assez bénignes en 1919, elles se montrent 
particulièrement graves cette année dans la 
région de l'Est, le Haut-Rhin, Meurthe- 
et-Moselle, la Meuse, le Jura, la Côle-d'Or. 
Depuis la moisson, le nombre de ces ron- 
geurs s'est sérieusement accru et sur de 
grandes surfaces, les emblavures sont com- 
promises. La sécheresse particulière qui a 
sévi dans l'Est depuis le début d'octobre est 
une condition très favorable à l'extension 
du mal. 

En Côte-d'Or, c'est la plaine dijonnaise qui 
est la plus atteinte. Les cultivateurs se sont 
trouvés désemparés; après avoir essayé suc- 
cessivement les virus, la strychnine, les 
arséniates, ils sont obligés de reconnaître 
qu'aucun de ces procédés n'a donné entière 
satisfaction. 

Devant cette situation, et de concert avec 
l'Office agricole de la Côte-d'Or, j'ai prié 
M. Plessy devenir expérimenter son procédé 
dont les résultats avaient déjà été constatés 
en Seine-et Marne, dans quelques départe- 



ments voisins, et avaient fait l'objet d'une 
communication de M. Bachelier à l'Académie 
d'Agriculture. 

On sait que l'acide sulfureux liquide est 
d'un emploi de plus en plus répandu dans 
l'industrie, en vinillcalioa, pour la conserva- 
tion des denrées, la production des basses 
températures; ses applications sont très va- 
riées et nous ne sommes certainement pas à 
la fin des surprises qu'il nous réserve. 

Mise au point depuis quelques mois seu- 
lement, la méthode de M. Plessy consiste à 
injecter dans les galeries de ces rongeurs de 
l'acide sulfurique gazéifié, à l'aide d'un appa- 
reil d'une grande simplicité de construc- 
tion (i). Celui-ci consiste en un cylindre en 
cuivre renforcé, portatif, dont l'intérieur peut 
contenir sous pression la quantité d'acide 
sulfureux nécessaire pour le traitement d'un 
hectare; une lance en cuivre avec soupape, 
s'ouvrant par la traction d'un anneau avec le 
doigt, permet d'insuffler le gaz à l'entrée des 

(1) Cet appareil est construit par Vermorel, à Ville- 
franche (Rhône;. 



LACIDE SULFUREUX CONTRE LES CAMPAGNOLS 



galeries. La morl des campagnols atteint 
est à peu près instantanée, ainsi que le 
prouve le compte rendu des expériences 
faites en Côt«-d'Or les 3 et 4 novembre 1920; 
de plus, tout campagnol qui a été atteint, 
même légèrement, par le gaz, est voué à 
une mort certaine au bout d'un temps assez 
court. 

Expériences de Brazey-en-Plaine. — La com- 
mune de Brazey-en-Plaine est très atteinte. Les 
blés sont détruits en grande partie, les luzer- 
nières sont en voie de destruction. Le premier 
essai n'est pas concluant; mais au bout d'un 
moment, l'expérimentateur s'aperçoit, en exa- 
minant son appareil, qu'il est complètemens 
vide de gaz et de liquide sulfureux. 

Un second e?sai fait dans une luzernière à 
côté, avec un autre appareil cbargé, permet de 
constater après quelques minutes qu'un cam- 
pagnol est mort à l'entrée d'un terrier. Le pio- 
chage en fait découvrir un second dans une ga- 
lerie. 

Dans un troisième essai, on trouve dans le 
sol, deux campagnols morts après une minute. 
Expériences de Longecourt. — La plaine a un 
aspect désertique comme après une sécheresse 
intense. Les blés qui ont été semés ont péri en 
grande partie. Les luzernes et les trèfles sont 
secs. Les cultivateurs n'osent pas continuer les 
semailles dans la crainte de voir détruire le 
grain. 

L'expérience a lieu dans une luzernière à un 
kilomètre du bourg. 

La luzerne a à peu près complètement disparu. 
Les trous sont extrêmement nombreux. Nous en 
avons compté plus de 200 dans un espace de 
16 mètres carrés. Leur nombre dépasse certai- 
nement 40 000 à l'hectare. 

Une première injection, suivie d'un bêchage, 
permet de constater la mort de deux campa- 
gnols. En continuant les injections, on aperçoit 
plusieurs campagnols qui sont venus mourir à 
l'entrée des galeries. Dans un autre endroit, 
deux de ces animaux rentrant dans leui's trous 
y reçoivent un jet d'acide sulfureux. Ils sont 
retrouvés morts au bout de deux minutes. 

Deux nids sont mis à découvert. Les sept pe- 
tits n'ont pas été atteints d'une manière aussi 
foudroyante, mais ils meurent après environ 
vingt minutes d'exposition à l'air. 

Finalement vingt-quatre campagnols ont été 
détruits en moins de trois quarts d'heure. Au- 
cun ne paraît avoir échappé ù l'action du gaz 
sulfureux. Il est intéressant de faire les consta- 
tations suivantes : 

1" Que l'invasion n'a pas encore alteint-son 
maximum, puisque les nids portent des petits, 
nés depuis une quinzaine de jours seulement; 

2° Que tout campagnol atteint dans son terrier 
semble voué à une destruction certaine; 

3" Que, hors de terre, l'action est beaucoup 
moins nocive et qu'il est difficile de tuer l'ani- 
mal en lui envoyant directement un jet gazeux 



tandis que l'asphyxie en terre est immédiate. 

Expm'i''nces de Cuiserey. — La commune de 
Cuiserey, au sud de Mirebeau, a été l'une des 
premières atteintes Une très forte invasion avait 
déjà eu lieu en 1918. En 1919, une partie des 
campagnols avaient survécu en se multipliant 
dans les nombreuses friches et les accotements 
des routes. La terre est littéralement criblée de 
trous, au point que l'on s'enfonce dans les luzer- 
nières comme dans du sable, bien que le terrain 
soit naturellement fort; les galeries ont été 
creusées superficiellement et la terre meuble 
transportée à l'extérieur. 

L'appareil a été pesé avant et après l'expé- 
rience. L'opération est faite sur une bande de 
tluzerne de 84 mètres carrés et ensuite sur un 
emplacement circulaire de 50 mètres carrés, dé- 
limité par une tranchée faite à la bêche. Le trai- 
tement dure 20 minutes. Il a été injecté envi- 
ron 350 trous. La consommation a été de 550 gr. 
d'acide sulfureux. 

Sur la première partie après un quart d'heure, 
trois campagnols sont sortis des trous et sont 
morts après vingt-cinq minutes d'exposition à 
l'air. Un quatrième est trouvé mort à 4 mètres 
de la partie traitée. 

Sur la deuxième partie, le bêchage ramène 
sur le sol deux campagnols morts. 

Expériences de ISeuilly -les- Dijon. — L'invasion 
de la commune de Neuilly' semble provenir de 
la direction de Longecourt, Aiserey et Brazey- 
en-Plaine, entre le canal de Bourgogne et l'Ou- 
che. Elle n'affecte que certains emplacements et 
est de date récente. II y a un nombre moins 
grand de trous que vers Longecourt et Cuiserey, 
mais les galeries paraissent plus peuplées et plus 
fraîchement ouvertes. 

Dans tous les cas, les recherches après la sul 
furation ont permis de découvrir, dans un espace 
de quelques mètres carrés, une femelle pleine 
portant cinq petits sur le point de naître et un 
nid de cinq autres petits âgés d'une semaine. 

Ces observations confirment que l'invasion 
n'est pas encore arrivée à son maximum d'in- 
tensité. 

Un premier emplacement de 16 mètres a été 
circonscrit à la bêche et sulfuré ensuite. Après 
dix minutes de recherches, les constatations sui- 
vantes sont faites : 

Campagnols morts : 4. Campagnols suffisam- 
ment intoxiqués pour mourir au bout d'une 
demi-heure : 2. 

Parmi les premiers se trouve une femelle por- 
tant cinq petits. C'est donc un total de douze 
animaux détruits. Il n'y a aucun survivant. 

Sur un second emplacement traité, on trouve 
deux morts et un nid avec cinq petits, qui ont 
survécu environ une heure. 

Plusieurs essais isolés, notamment dans les 
trous où l'on a vu pénétrer les campagnols, en- 
traîneut la destruction de quelques autres ron- 
geurs qui sont retrouvés au fond de leurs ter- 
riers. Un d'eux est venu expirer à l'entrée en 
quelques minutes. 



AU CONCOURS NATIONAL DE PONTE 

De ces expériences, il résulte nettement 
que l'acide sulfureux à l'état gazeux est 
d'une efficacité certaine contre les campa- 
gnols. L'appareil de M. Plessy paraît suffi- 
samment au point. 

Chaque injection ne dure que trois se- 
condes environ. En admettant une perte de 
temps égale pour aller d'un trou à un autre, 
on mettrait six heures pour traiter 3 600 trous. 
Pour 1 hectare ayant en moyenne un trou 
par mètre carré, il faudrait à peu près dix- 
sept heures, soit deux jours. La plupart des 
terrains en expérience portent des trous 
plus nombreux, mais il faut remarquer : 

1° Que beaucoup sont inhabités et commu- 
niquent entre eux; 

2° Que la densité des trous varie beaucoup 
d'un endroit à un autre et que les dégâts se 
font généralement par centres isolés. 

Il est difficile d'établir exactement le prix 
de revient dans des conditions semblables, 
avec des quantités limitées de produits et sur 
des terrains non préparés; mais des calculs 
que nous avons pu faire avec une densité de 
trous atteignant 80 000 à l'hectare (ce qui 
n'est pas rare sur les petites surfaces mises 



79 

en expérience), la quantité d'acide sulfureux 
utilisée correspondrait à gr. 43 par trou 
et, par suite, à 36 kilogr. à l'heclare. Si le 
nombre de trous se réduit à 10 000, la con- 
sommation se réduit elle-même à 4 kil. 500, 
valant une vingtaine de francs. Il est vrai- 
seuiblable que ce dernier résultatsera atteint 
si l'on peut, par un hersage, boucher les trous 
inhabités la veille du traitement. On ne trai- 
tera ainsi que des trous habités. 

Le traitement d'un hectare reviendrait à 
un chiffre minime si la main-d'œuvre était 
fournie par les propriétaires eux-mêmes 
groupés dans ce but, soit arbitrairement, 
soit en Syndicats de défense. Pour que le trai- 
tement fût d'une efficacité complète, il devrait 
être organisé méthodiquement, de manière 
à battre tout le terrain. 

Gomme le temps presse, et qu'il faut avant 
tout protéger les récoltes en terre, il serait 
préférable de commencer par les terres ense- 
mencées et par celles qui sont destinées aux 
céréales de printemps. 

G. Jaguenaud, 

Directeur des Services agricoles 
de la Côte-d'Or. 



DESTRUCTION DE LA SILÈNE CUCUBALE 



La Silène cucubale, appelée aussi Silène 
renflée {Silène cuciibalus Wib),se rencontre 
plutôt dans les terres cultivées, aux bords 
des haies, dans les artificiels voisins de ces 
deux stations, que dans les prés naturels. 
Cependant, elle pousse très bien dans les 
prairies calcaires dont la végétation est de- 
venue moins riche. 

Sa souche sous-ligneuse, solidement an- 
crée dans le sol, peut émettre 15 à 30 tiges. 
Ces tiges glauques, comme toute la plante, 
sont un peu couchées, puis redressées et 
très rameuses. Elles sont garnies de feuilles 
dont les inférieures sont spatulées et pé- 
tiolées, les autres plus ou moins largement 
lancéolées. Les fleurs pourvues d'un calice 
renflé, vésiculeux, d'une corolle blanche de 
15 à 20 millimètres de diamètre, sont dis- 
posées en cimes dichotomes. Chaque tige 
peut produire 70 à 75 fleurs. La capsule 
subglobuleuse renferme de nombreuses se- 
mences, dont plus d'un cent mûrissent à 
point. Les touffes de cette Silène couvrent un 



carré de 30 à 40 centimètres. Supposons 50 
ou 60 touffes semblables dans un pré, et 
d'après ce que nous avons constaté dans nos 
excursions, la supposition est loin d'être chi- 
mérique, on juge jusqu'à quel point elles nui- 
sent au rendement. Que dire de propriétaires 
qui la laissent croître sur une ligne presque 
continue de plus de vingt mètres. Ils l'au- 
raient plantée ou semée, qu'ils n'auraient 
pas mieux réussi. Si l'on tient compte de la 
vivacité de sa racine, du chiffre énorme de 
ses graines, on devra être convaincu qu'elle 
n'est pas à ménager. Son arrachage à l'hiver 
ou au printemps s'impose, si l'on né veut 
pas aller au-devant de mécomptes, en aug- 
mentant chaque année les pertes. 

Nous conseillons, après cet arraciiage, de 
semer dans les carrés stérilisés des L<''gu- 
mineuses et des Graminées adaptées au sol, 
et de surveiller le semis, afin d'éliminer les 
plants de Silène levés de graines tombées 
sur le sol. 

E. NOFFRAY. 



AU CONCOURS NATIONAL DE PONTE 



Le deuxième rapport mensuel sur le Concours 
national de ponte, au Centre d'expérimentation 



zootechnique des VauIx-de-Gernay, renferme 
des renseignements sur ralimentation des poules 



go , ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE l'RANCE 

pendant l'hiver qu'il est utile de reproduire. 



La ration journalière est distribuée en 
deux fois : le matin à 7 heures, sur le sol du 
poulailler pour que la recherche des grains 
dans la litière oblige les poules à prendre de 
l'exercice; l'après-midi, à 14 heures dans des 
auges placées au milieu des parcs. Une bet- 
terave y est en outre accrochée chaque jour. 
De plus, on distribue une ou deux fois par 
semaine des feuilles de chicorée sauvage ou 
de choux. 

Le repas du matin est composé exclusive- 
ment par un mélange de grains qui est, en 
moyenne, par poule : avoine, 30 gr., maïs, 



1.5 gr. ; sarrasin, 10 gr.; chènevis, ^ gf-S; 
millet, 2 gr. 5. 

Le repas de l'après-midi, distribué en 
quantité supérieure à ce qui est réellement 
consommé, de façon à ce que les pondeuses 
trouvent à coup sûr les principes nutritifs 
nécessaires à l'élaboration et à la formation 
des œufs, a été composé pendant le deuxième 
mois, pour les 473 bêtes soumises au con- 
trôle, par : pommes de terre cuites, lOkilogr.; 
orge moulue, 10 kilogr. ; son de blé, 2 ki- 
logr., 3; farine de poisson, 1 kilogr.; tour- 
teau d'arachides, 1 kilogr.; sang de bœuf 
frais, cuit, 4 kilogr. ; coquilles d'huîtres 
broyée>, 1 kilogr. 



ACADEMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE 



Séance du 19 janvier 1921. 
Présidence di M. Lindet. 

Correspondance. 

M. le ministre de V Agriculture transmet l'am- 
pliation du décrel approuvant l'élection de 
M. Louis Dop comme membre non résident. 

M. L'iurens, président de la Société d'Agricul- 
ture 'de la Haute Garonne, demande l'opinion 
de 'rAcadémie sur un projet de proposition de 
loi élaboré par M. Camille Forgues, docteur en 
droit, sur les baux à cheptel. 

Développement, au cours de la guerre, de 
la fabrication de l'ammoniaque et des ni- 
trates. 

M. Haller présente à l'Académie deux confé- 
rences faites à la Société d'Encouragement pour 
l'Industrie nationale sur la production des pou- 
dres, des explosifs et de quelques autres ma- 
tières nécessaires à la Défense nationale au 
cours de la guerre. 

Cette production a été assurée par l'Etat et 
par l'Industrie privée, sous la haute direction 
du Service des Poudres du ministèie de la 
Guerre. 

Rien ne peut être plus saisissant que de com- 
parer la production journalière des poudres et 
explosifs divers au cours des années qui ont 
pi'écédé la guerre et pendant cette guerre. Cette 
comparaison donne la mesure de l'effort accom- 
pli, malgré les obstacles accumulés : 

Production par jour (en tonnes). 

Avant Au mois 

1914. de juillet 1917. 



Poudre B 

Explosifs nitrés 

Explosifs ctiloratés. . . . 

M. Haller insiste d'une façon spéciale sur les 






310 


6 


700 


4 


116 



fabrications de certaines matières qui trouvent 
leur utilisation dans la préparation des engrais : 
acide sulfurique et produits azotés. 

Poudres et explosifs exigent l'emploi de l'acide 
sulfurique, à des degrés de concentration divers, 
suivant la nature des opérations à effectuer. 

Dès le mois d'octobre 1914, on fit appel à tous 
les fabricants d'aciJe sulfurique; on remit en 
marche toutes les usines arrêtées et des conven- 
tions furent passées avec de nombreux indus- 
triels pour la construction de nouvelles cham- 
bres de plomb et de nouveaux appareils de 
concentration. L'Etat lui-même monta une fa- 
brique à Toulouse et a fait édifier, pour son 
compte, dans la région du Midi, avec le con- 
cours de la Société de Saint-Gobain, de la So- 
ciété Kuhlmann, de l'Union des fabricants d'acide 
sulfurique ou de leurs conseils, d'autres usines 
qui sont sa propriété, les sociétés ci-dessus ayant 
toutefois un droit d'option de location après la 
guerre. 

De plus, ces usines ont dit assurer la produc- 
tion d'oléum, c'est-à dire, d'acide sulfurique 
renfermant plus ou moins d'anhybride SC. 

Avec ses installations actuelles, l'industrie 
française de la fabrication d'acide sulfurique peut 
produire assez d'acide sulfurique pour subvenir 
à une fabiication de superphospliates un tiers 
plus considérable qu'avant la guerre. Et, quand 
nos usines du Nord et de lEsL seront rétablies, 
nos possibilités augmenteront encore. 

Produits azotés. — L'acide azotique est la ma- 
tière indispensable à la fabrication de toute 
poudre ou de tout explosif nitré ou nitrate. 

LaFrance importait, avant la guerre, de grandes 
quantités de nitrate de soude, surtout pour les 
besoins de l'Agriculture. Le Service des poudres 
s'assura le plus gros stock possible d-^ ces ni- 
trates, mais par suite des difficultés de trans- 
port des torpillages, il fallut bientôt s'adresser à 
d'autres sources d'acide azotique. 

L'industrie, depuis quelques années, a su 



ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE 



81 



mettre au point et réaliser pratiquement la pré- 
paration synthétique de l'acide nitrique, à partir 
de l'azote de l'air, soit directement au moyen de 
l'arc électrique sur l'atmosphère, soit indirecte- 
ment, en passant par l'ammoniaque. 

L'un de ces procédés, celui à l'ammoniaque, 
a pris, au cours de la guerre, une importance 
capitale pour l'Allemagne qui, se trouvant en- 
cerclée, ne pouvait recevoir de nitrate de l'étran- 
ger; sans la possibilité d'obtenir synthétiquement 
de l'acide nitrique, nos ennemis auraient, sans 
aucun doute, manqué rapidement de munitions. 
La nécessité les a conduits à monter, dès les 
premiers mois de la guerre, des tabriques de 
cyanamide calcique, et de pousser activement, 
d'autre part, leurs recherches en vue de la pro- 
duction synthétique de l'ammoniaque. 

En France, deux procédés ont été mis en 
œuvre pendant la guerre pour réaliser cette 
même synthèse : le procédé à l'arc électrique 
avec ses diverses modalités et le procédé d'oxy- 
dation de l'ammoniaque en utilisant la cyana- 
mide comme source d'alcali. 

M. Haller estime que, à l'heure actuelle, le 
prix de revient de l'ammoniaque, en partant de 
la cyanamide, est trop élevé, et il pense, au con- 
traire, que par les procédés Claude et Haber 
(combinaison de l'azote et de l'hydrogène) ou 
obtiendrait de l'ammoniaque à plus bas prix. Le 
procédé Haber, notamment, a été utilisé en 
grand par l'Allemagne. 

Dans tous les cas la France se trouve, après la 
guerre, en présence de nombreuses ui-ines faisant 
la synthèse de l'acide nitrique et de l'ammo- 
niaque. En plus, eUe a la libre importation des 
nitrates du Chili, et elle a des sources d'ammo- 
niaque dans la distillation de la houille, soit en 
vue de la fabrication du coke, soit sn vue de 
l'obtention du gaz d'éclairage. Par condensation 
en liqueur sulfatée, on obtient le sulfate d'am- 
moniaque. D'autre part, le traitement des eaux 
de vidange en donne des quantités qui ne sont 
pas négligeables. 

Cependant, ce n'est pas sous forme de sulfate 
d'ammoniaque que l'agriculture doit s'attendre à 
trouver surtout l'ammoniaque désormais, mais 
d'après M. Haller, sous forme de chlorhydrate 
d'ammoniaque, en quelque sorte simple sous- 
produit des usines de fabrication de carbonate de 
sodium. Plusieurs de nos soudières de l'Est em- 
ploient le procédé à l'ammoniaque pour la fabri- 
cation de ce carbonate; certainement ce procédé 
se développera, permettant de fournir à l'agri- 
culture le chlorhydrate d'ammoniaque à meilleur 
compte que le sulfate. 11 y aurait donc grand in- 
térêt à poursuivre des essais d'engrais avec ce 
produit azoté. 

M. Haller rappelle en terminant comment la 
France, en recouvrant l'Alsace, a à sa disposition 
des mines de potasse capables de lui fournir tous 
les engrais potassiques dont son agriculture a 
besoin, tandis que l'Algérie et le Maroc lui four- 
niront les phosphates qui lui sont nécessaires. 
Ainsi notre agriculture possédera en abondance 



toutes les matières fertilisantes pour son sol. 
M. le Président rappelle les services rendus 
par M. Haller dans ces circonstances tragiques. 
C'est à lui qu'on doit l'intervention du Gouver- 
nement auprès des fabrications d'acide sulfu- 
rique; c'est lui qui a imposé la réquisition des 
benzols, imposé le procédé qui permet d'obtenir 
le phénol synthétique; c'est lui qui a également 
suscité la fabrication de l'ammoniaque par la 
cyanamide et la fabrication de l'acide nitrique 
par les procédés de synthèse. 

Les orages dans la Gironde en 1919. 

M. Avgot fait hommage à l'Académie, de la 
part de M. Courty, secrétaire de la Commission 
météorologique de la Gironde, d'une étude sur 
les orages et la grêle en 1919, dans la région du 
Bordelais. 

L'inHuence des intermédiaires sur les prix 
de la viande de porc. 

M. de Uauny, correspondant, donne le résultat 
d'une enquête faite par M. Brénier, vétéiinaire 
départemental de l'Aube, sur les prix de la 
viande de porc. 

Cette enquête montre que les charcutiers 
troyens achètent rarement aux producteurs. Ils 
ont recours à des commissionnaires qui leur 
vendent actuellement les porcs au poids net 
(abattus par conséquent), à raison de 1 050 fr. 
les 100 kilogr.; or, le porc qui donne ce poids 
net de 100 kilogr. pèse 125 kilogr. vif, et il 
coûte chez le producteur 700 fr. les 100 kilogr., 
soit 87b fr. Le commissionnaire, premier inter- 
médiaire, a donc prélevé pour la rémunération 
de ses services 175 fr. Il convient de déduire de 
cette somme les frais d'abatage et d'octroi qui 
représentent 20 fr. environ. Le charcutier, 
deuxième intermédiaire, vend 1 440 fr. ce qu'il a 
payé 1050. La différence, 390 fr., représente le 
prix de son travail, ses frais généraux et ses bé- 
néfices. En résumé, le porc acheté 875 fr. au 
producteur a été revendu 1 440 fr. au consom- 
mateur, et l'opération a laissé 565 fr. dans les 
poches des intermédiaires. 

On cherche à répandre cette idée que ce sont 
les agriculteurs et les éleveurs qui gagnent 
beaucoup d'argent. La vérité, c'est qu'ils courent 
beaucoup plus de risques que certains intermé- 
diaires et qu'ils n'ont pas toujours autant de 
profit. 

Présentation d'ouvrages. 

M. le Secrétaire perpétuel présente : 

1° Les rapports et décisions du VIII* Congrès 
national de la Mutualité et de la Coopération 
agricoles, tenu à Paris au mois de juin dernier 
sous la présidence de M. Viger; 

2° Le tome I"'' de VExploraiion botanique de 
r Afrique occidentale française, par M. Aug. Che- 
valier, chef de la Mission permanente d'Agri- 
culture au Ministère des Colonies; 

3° VAlmaïiach de la Gazette du Village pour 
1921 (16'^ année), offert par la Librairie agricole 
de la Maison Rustique. 

H. HniER. 



82 



CORRESPONDANCE 



CORRESPONDANCE 



— M. N. E. {Paris). — Voici les prix moyens 
pratiqués en octobre-décembre 1917, pour le 
bois de hêtre en grume dans la région lyon- 
naise : 



1° Bois d'œuvre. 



Prix du mètre cube. 



au au 

volume volume 

réel. au quart. 

I. Hêtres de taillis sous futaie : — — 

a). Bille de pied seulement 
mesurant : 

De 0".80 à 1^.10 de circonf. iO fr. 51 fr. 

De 1™.20 et plus de circonf. 35 fr. TO fr. 

b). Bille et surbille mesu- 
rant : 

De 0^.80 à l°i.lO de circonf. 30 fr. 38 fr. 

De 1™.20 et plus de circonf. 43 fr. 57 fr. 

II. Hêtres de futaie. 

c). Mesurant de 0°i. 80 à'I-^.lO 

de circouf 

</). Mesurant de 1™.20 à \t^M 

de circonf 

e). Mesurant de 1.90 et au- 
dessus ^1) 



35 fr. 44 fr. 

50 fr. 64 fr. 

eO fr. 76 fr. 



(1) Ces deux derniers prix s'entendent peur des 
bois de qualité exceptionnelle ou de dimensions ex- 
traordinaires comme longueur. 

Tous ces prix s'appliquent au bois d'œuvre 
sur pied. 

Les circonférences ci-dessus mentionnées sont 
celles mesurées à 1.40 du sol. 

Il est question ici sous la rubrique hois d'œuvre 
de tout le volume œuvre de la tige jusqu'à la 
découpe « loyale et marchande ». sauf indication 
contraire comme pour la bille de pied. On en- 
tend généralement sous le nom de bille de pied 
celle qui finit à la première couronne de 
branches. 

2° Bois de chauffage. — Le bois de chauffage 
s'est vendu, rendu et scié, de 3b à 40 fr. le stère 
de oOO kilog., ce qui, pour un prix moyen de 8 fr. 
d'abatage et de façonnage et de 8 fr. de trans- 
port dans des conditions moyennes, laissait au 
propriétaire un bénéfice de 19 à 25 fr. — (M. M.) 

— N° 8359 (Paris). — Dans un sol argdo-cal- 
caire, sec, en Touraine, confins du Berry, vous 
voulez créer une prairie permanente. 

Vous pourriez semer, à l'hectaie, le mélange 
suivant : 



Trèfle violet 

— hybride . . , 

— blanc 

Minette 



l 
3 
1 

Sainfoin 10 

Ray-grass anglais 8 



Fromental lO^ 

Dactyle 5 

Fléole 2 

Paturindes prés. 2 

Brome des prés. 6 

(H. H.) 



— Js'o 6926 [Vosges). — 1° Le tracteur dont 
vous parlez peut très bien être utilisé économi- 



quement pour effectuer un travail nécessitant 
25 chevaux au moteur. Il faut se défier des puis- 
sances annoncées dans les prospectus ; la 
machine dont vous parlez doit faire de 21 à 
25 chevaux. 

2° Pour les Régions libérées, la subvention 
pour le tracteur en question, selon l'arrêté du 
18 décembre 1920, accordée à titre exceptionnel, 
sans garantie, serait de 25 0/0 du prix d'achat, 
si le Parlement vote les crédits nécessaires pour 
l'exercice 1921. — (M. R.) 

— N" 7418 [Seine-Inférieure). — Vous trou- 
verez de la chloropicrine à la maison Poulenc, 
122, boulevard Saint-Germain, Paris. — (P. L.) 

— N° 7256 [Seine-et-Marne). — Pour éviter 
une élévation de température dans des grandes 
masses de récolte, il suffit de ménager de place 
en place des cheminées avec des planches non 
jointives ou avec des fagots. On utilise en Suisse 
des ventilateurs en poterie ou en ciment qui 
ont été décrits dars le n" 18 du 16 sep- 
tembre 1917, page 347, figure 86. — Un essai en 
a été fait par M. Bachelier, de Mormant (Seine-et- 
Marne), lequel en a donné une communicaliou 
à l'Académie d'Agriculture, le 28 avril 1920; 
vous en trouverez l'analyse dans le n° 20 du 
13 mai 1920, page 373. —(M. R.) 

— N° 6660 (Ille-et-Vilaine). — Les sondes, de 
2 à 3 mètres de long, proposées autrefois pour 
la prise des échantillons de terre, ne se trouvent 
pas de fabrication courante ; il faut les faire 
faire sur commande, c'est-à-dire à des prix très 
onéreux dans les conditions actuelles. Adressez- 
vous aux maisons suivantes : Tissot, 7, ru-^ du 
Louvre, à Paris; R. Brochot, 69, boulevard Ro- 
chechouart, Paris; E. Lippmann, 47, rue de Cha- 
brol, à Paris. — (M. R.) 



Avis. 



Nous appelons de nouveau l'attention de nos 
abonnés sur les dispositions prises au sujet de la 
Correspondance. 

i° Adresser sous enveloppe, au nom du Secré- 
taire de la Rédaction, 26, rue Jacob, toute de- 
mande de renseignements. 

2° Joindre à toute demande de renseignements 
la bande d'adresse sous laquelle le journal est 
envoyé, et qui porte le numéro d'abonnement. 

3° Ne nous adresser qu'une seule question à 
la fois. Si exceptionnellement on a deux ques- 
tions à nous poser, écrire chacune d'elles sur 
une feuille à part. 

4" Ne jamais nous fixer un délai quelconque 
pour la réponse, et encore moins nous demander de 
répondre dans le prochain numéro, ce qui est le 
plus souvent impossible. 

0° Ne nous adresser que ce que nous pouvons dé- 
truire après ravoir lu. 



REVUE COMiVIERCIALE 



83 



LA SEMAINE MÉTÉOROLOGIQUE 

Semaine du 16 au 9.2 janvier 19^ {OBSERVATOIRE DU PARC SAINT-MAUR) 



JOURS 

ET DATES 



TE.\IPÉRATURE 

.1 



millibars. 
Dim iôjanv. 1036.i — o"-» 

I I 

Lundi 17 — 1026.7—6.0 

Mardi ... 18 — 1009.0 3.9 

I 
Mercredi 19 — ,1024.7, 4.3 

Jeudi.... 20 — 1034. 8j 3.0 

Vendredi 21 — 1037.1 j 6.9 

Samedi.. 22 — 1029 4 fi. 4 



Moyennes et totaux 1028.3 



2.1 



Écarts sur la normale -(-10. 1 -(-2.1 



307 —1.9 



3.9 
11.8 

8.0 

8.9 
10.1 

8.3 



Ecart 

sur 
la nor 
maie. 



1.0 — 3.3 



8.1 



7.7 



^.9 



4-2.8 ;-(-2.i 



Vent. 



N E 

S 



+ 5.8 S 

6.0 + 3.7 N 

G. 9 1+ 4.5| S 

8 2+5-8 S 



-f 5.3 S O 





à 














re 





m 

c 




^- 











begres 


3 


.7 





.0 





.0 


4 


.0 




0.1 





millim. 
» 

1.0 

1.5 



0.2 



9.8 
an lieo it 
61 h. ■', 

dur. th*cr. 



4.1 



REMARQUES DIVERSES 



Gelée bl., givre, brouill, le m., 

beau temps. 
Gelée bl., givre le mat., pluie 

le soir. 
Pluie la nuit et après miJi. 



Temps nuageux 

Temps couvert. Lruine. 
" jTemps couvert, brouillard. 
^•^ Temps couvert, pluie le soir. 



Pluie depuis le 1" janvier : 

En 1921 le"»" 

Normale 23 



REVUE COMMERCIALE 



Situation agricole. — Après quelques jours d'un 
froid assez vif, le temps est redevenu doux et bru- 
meux. Les céréales d'automne (seigles, blés, avoines 
et escourgeons) ont, dans la plupart des régions, un 
aspect aussi satisfai.= ant que possible. Les travaux 
des champs se poursuivent régulièrement. 

Les nouvelles des Etats-Uuis, concernant la situa- 
tion actuelle des blés en terre, sont favorables. 

Blés et farines. — La situation ne s'améliore pas' 
les services du Ravitaillement possédant des stocks 
importants de blés étrangers qu'ils ont le plus vif 
désir de liquider rapidement continuent à les céder 
aux meuniers, ce pendant que la récolte des cultiva- 
teurs français reste dans les greniers. Aussi, le mé- 
contentement est de plus en plus vif. 

Les cours sont en baisse sur les marchés améri- 
cains, où l'on paie aux 100 kilogr., en tenant compte 
du change : New-York, 120 fr. 09 pour le disponible; 
Chicago, 91 fr. 48 pour le livrable en mars; Buenos- 
Ayres, 102 fr. 92 pour le livrable en février. 

Les farines valent 128 fr. les 100 kilogr. nets pris 
au moulin. 

Sons. — La demande reste faible, les disponibilités 
augmentent dans les moulins et les cours sont fai- 
blement tenus. Aux 100 kilogr., pris au moulin, on 
paie les gros sons de 43 à 46 fr. et les sons fins 41 à 
42 fr. 

Céréales diverses. — Les achats d'avoines sont 
peu nombreux en ce moment: la baisse a fait de 
nouveaux progrès sur les avoines noires et grises; 
cours mieux tenus sur les sortes à grain blanc et à 
grain ja'me. On paie aux 100 kilogr. départ : les 
avoines grises de l'Ouest, 56.30; les avoines grises 
de Brie et de Beauce, 53.50 à 56 fr.; les avoines 
noires du Centre, 54.50 à 53.2.3; les avoines blanches 



de Ligowo du NorJ, 57 fr.; les avoines blanches de 
l'Est, 50 à 51 fr. 

A la hausse a succédé la baisse sur les orges, co- 
tées comme suit aux 100 kilogr. départ : orges de 
brasserie d'Eure-et-Loir et du Loiret, 89.25 à 90 fr.; 
de la Miyeune et de la Sarthe, 87.75 à 88 fr.; de 
Champagne, 75 à 76.50; escourgeons, 78 à 80 fr. 

On note un fléchissement de 1 fr. sur les sarrasms 
cotés 75 à 77 fr. les 100 kilogr. départ. On cote, de- 
part de Vaucluse, Gard, Drôme, le sorgho 39 à 41 fr 
les 100 kilogr. 

Fourrages. — Cours sans changement au marché 
de La Chapelle où l'on paie aux 100 bottes de 5 ki- 
logr. rendues à Paris, au domicile de l'acheteur : 
foin, 140 à 160 fr.; luzerne, 160 à 180 fr.; regain, 133 
à 135 fr. 

Pailles. — Prix stationnaires. Aux 100 bottes de 
5 kilogr., on a vendu au marché de La Chapelle : 
paille de blé, 55 à 65 Ir.; paille de seigle, 80 à 100 fr.; 
paille d'avoine, 45 à 35 fr. 

Bétail. — Au marché de La Villette du lundi 
24 janvier, l'importance des arrivages et les fortes 
réserves vivantes aux abattoirs ont rendu p'us diffi- 
cile la vente du gros bétail, dont les cours ont fléchi 
de 23 centimes par demi-kilogramme net. On a payé 
les bœufs de l'Orne, du Calvados, de la Haute-Vienne, 
4.50 à 4.80; de l'Allier et de Saône-et-Loire, 4 à 
4.50: de la Mayenne et de la Sarthe, 3.75 à 4.25; 
de Maine-et-Loire et de la Loire-Inférieure, 3.35 à 
4.10; les génisses, 4.50 à 4.60; les bons taureaux, 
3.65 à 4.13 le demi-kilogramme net. 

Cours soutenus sur les veaux de choix, ayant 
tendance à la baisse sur les sortes médiocres. On a 
coté, par demi-kilogramme net : les veaux d'Eure- 
et-Loir, Seine-et-Marne, Seine-et-Oise, Loiret et 



84 



REVUE COMMERCIALE 



Yonne, 6.30 à 6.80; de l'Aube, 6.50 à 6.73; de la 
Mayenne et de la Sarthe, 5.30 à 6 fr.; de l'Ouest, o à 
3.13. 

Peu de changement sur les cours des moutou^. 
Au demi-kilogramme net, on a coté : agneaux, 6.23 
à 6.40; moutons de l'Allier, de la Nièvre et du Cher, 
3.50 à 6 fr.; métis, 4.75 à 3.25; les moutons du Midi, 
4.30 à 5.30; brebis di Midi, 4 à 5 fr. 

Cours en baisse de 10 centimes par demi-kilogr. 
vif sur les porcs cotés comme, suit : porcs gras, 
2.70 à 3.30; coches, 2 à 2.50. 

Voici le relevé des marchés des jeudi 20 et lundi 
du 24 janvier : 

Marché du jeudi 20 janvier. 

Entrées directes 
aux abattoirs. Réserves 



têtes 

Bjeufs 1 476 

Vaches 612 

Taureaux.. 160 

Veanx 1 130 

Montons . . 8 233 

Porcs 2 951 



Amenés. LaVill. 
têtes 
273 



109 
793 
952 



Vaug. 

têtes 

136 

Î54 
433 
669 



La Vill. 

têtes 

553 

154 
433 
669 



Vaug. 

têtes 

153 

67 
690 
296 



Prix maxima du kilogramme. 



Au poids net. 



Au poids vif. 



!'• q. 2* q. 3' q. Prixextrêmes. 



Bœufs . . . 
Vaches. . . 
Taureaux. 
Veaux. . . . 
Moutons.. 
Porcs 



9 14 

9 20 
8 54 
13 00 
11 30 

9 42 



8 40 
8 4Û 

8 00 
11 40 

9 20 
9 00 



7 76 
7 76 

7 76 
9 60 

8 20 
8 58 



2.30 à 5.76 
2.30 5.76 



2.30 
4.15 
3 40 
5.00 



5.34 
8.28 
6.04 

6.80 



Marché du lundi 21 janvier. 

Entrées directes 
aux abattoirs. Réserves 





Amenés. 


LaVill. 


Vaug. 




LaVill. 


Vaug. 




têtes 


têtes 


têtes 




têtes 


têtes 


Bœufs.... 


3 278 


\ 










Vaches . . . 


1 500 


{ 165 


185 




625 


155 


Taureaux. 


348 


) 










Voanx 


1 3:6 


918 


237 




365 


97 


Moutons . . 


11 546 


1 269 


603 




2 200 


6<^5 


Porcs 


4 511 


1 922 


1 285 




720 


440 






Prix 


maxima 


du 

q- 


kilogra 
Au po 
Prix e 


îime. 




Au po 


ds net. 
q. 3- 


ids vif. 




V 


q. 2. 


ïtrêmes. 


Bœufs. 


.... 8 00 7 


30 6 


70 


2.05 


à 5.49 


Vaches 


8 


10 7 


40 6 


70 


2.06 


5.49 


Taureaux .. 7 


40 7 


00 6 


70 


2.05 


5.49 


Veaux . 


.... 12 


40 11 


00 9 


20 


3.75 


8.16 


Moutons ... 10 


f.O 9 


00 8 


00 


3.36 


6.09 


Percs . . 


9. 


12 8. 


86 8. 


30 


5.00 


6.80 



Dans les départements, on cote : 

Bordeaux, par kilogr. poids vif : bœufs, 3.40 à 5 fr.; 
vaches, 3 à 4 fr.; par kilogr. net : veau.K, 9 à 
H fr.; moutons, 9 à 11 fr. 

Dijon, par kilogr. poids vif : veaux, 6.60 à 6.00; 
porcs, 6.90 à" fr.; par kilogr. net : moutons, 10.50 à 
12 fr. 

Lille, par kilogr. poids net : bœufs et vaches, 
8 à 9.60; veaux, 13 à 13.50; moutons, 10 à 
11 fr. ; porcs, 9.50 à 10 fr. 

Lyon-Vaise, par kilogr. poids vif : bœufs, 3. 00 à 



5.60; porcs, 5.60 à 6.40; veaux, 6.60 à 7.50; par 
kilogr. net : moutons, 11 à 12.50. 

Marseille, par kilogr. poids net : bœufs, 7.25 à 
7.75; moutons de pays, 10.50 à 11 fr.; par kilogr. vif : 
porcs, 6.50 à 7 fr. 

Nancy, par kilogr. poids net : bœufs, 9.50 à 10 30 ; 
vaches, 7 à 10 fr. ; moutons, 12 à 13.25; par 
kilogr. vif : veaux, 6.30 à 8 fr.; porcs, 6 à 6.50. 

Nantes, par kilogr. poids vif : bœufs, 4.10; veaux, 
6.30; moutons, 6.10. 

Bois. — Voici, d'après le Bullelin du Comité des 
orêts, les cours des bois sur pied, au volume réel 
bille et surbille comprises, les circonférences sont 
prises à 1™.40 du sol) : 

Chênes taillis sous futaie. — 0™.S0 à 1".10 de tour, 
53 fr.; 1-.20 à l°i.50, 80 fr.; 1°^.60 à 2 mètres, 100 fr.; 
213.10 et plus, 120 fr. et au-dessus. 

Chênes de futaie. — 1 mètre à 1™.50 de tour, 90 fr.; 
1°'.60 et plus, 130 fr. 

Hêtres taillis sous futaie. — 0°^.80 à 1 mètre de 
tour, 40 fr ; l'".20 et plus, 70 fr. 

Ormes dits francs. — 0'".70 à 1™.10, 43 fr.; 1™.20 â 
1°'.50. 63 fr.; 1".30 et plus, 80 fr. 

Ormes tortillards. — 0^.90 à 1^.70, 90 fr.; l^.SO et 
plus 90 fr. 

Châtaignier pour sciage, 70 fr. 

Frêne. — 0-.50à0".80, 60 fr.; Om.90 àl".30, 100 fr.; 
l°i.60 et plus, 140 à 160 fr. 

Noyer (prix au centimètre de circoaférence au mi- 
lieu), 1 fr. 

Acacia. — 0^.80 et plus, 80 à 90 fr. 

Peupliers (suisses ou Caroline), 0™.80 à 1*^.10, 30 fr.; 
1"3.20 et au-dessus, 40 à 50 fr. 

Peupliers grisards. — 1".50 et plus, 60 à 63 fr. 

Platanes. — 1™.50 et plus, 70 fr. 

Sapin et Epicéa de VEst. — 0"n.13 à 0™.30 de dia- 
mètre, 40 fr.; 0™.35 et au-dessus, 30 à 60 fr. 

Sapin et Epicéa de Normandie. — 0'°.80 et plus de 
circonférence, 50 fr. 

Pin Sylvestre. — Sciage, O^.SO et plus, 23 à 30 fr.; 
bois de mine (sur écorce), 18 à 22 fr. 

Pin maritime du Sud-Ouest . — Gemmé, 32 fr.; 
non gemmé, 26 fr. 

Poteaux télégraphiques. — Sur écorce, 43 à 30 fr.; 
sylvestre, laricio, épicéa, maritime, 33 à 40 fr. 

Merisidrs et fruitiers divers. — 0.80 et plus, 30 à 
40 fr. 

Bouleaux, aulnes, charmes, tilleuls, de 0™.80 et 
plus, 30 à 33 fr. 

Ces cours sont en hausse sur ceux pratiqués l'an 
dernier à la même époque. 

Vins. — Cours fermement tenus sur les marchés 
méri.lionaux où les vins rouges sont cotés comme 
suit, par hectolitre nu : 65 à 80 fr. à Montpellier, 

62 à 80 fr. à Carcassonne, 62 à 80 fr. à Narbonne, 

63 à 83 fr. à Nîmes, 63 à 90 fr. à Perpignan et à 
Béziers. 

Les vins blancs valent de 100 à l."0 fr. 

Dans la Côte-d'Or, les vins rouges ordinaires va- 
lent 170 à 180 fr., les vins blancs ordinaires, 300 à 
330 fr. la pièce. 

A Alger, on cote les vins rougps de 37 à 70 fr. 
l'hectolitre suivant degré et qualité. 

Graines fourragères. — Les affaires sont calmes 
et les prix pratiiiués sans changement notable sur 
ceux donnés dans le dernier numéro. 

B. Durand. 

Le Gérant : Charles Dltrkix. 

Pans. — !.. Maketueux, imprimeur, 1, rue Cassette 



CHRONIQUE AGKICOLE 



85 



CHRONIQUE AGRICOLE 



Discussion du budget du ministère de l'Agriculture devant la Chambre des Députés. — Principales obser- 
vations présentées dans la discussion générale. — Déclarations du ministre de l'Agriculture. — Le 
décret sur l'abatage des veaux femelles. — Interpellations relatives aux ventes de blé. — Promesses 
du ministre du Commerce. — Résultats de la récolte des vins en France. — Comparaison avec celle 
de 1019. — Les permissions militaires agricoles. — Proposition de loi en faveur de la petite propriété. 

— Déclarations de M. Méline. — Constitution du cabinet du ministre de l'Agriculture. — Attributions 
du sous-secrétaire d'Etat de l'Agriculture. — Les subventions aux S^'ndicats de culture mécanique en 
1919 et en 1920. — Vœu de la Confédération des Associations agricoles des Régions dévastées sur la 
réparation des djmmages de guerre. — Union rrgiona'e des Syndicats agricoles du Sud-Ouest. — Fédé- 
ration des Syndicats agricoles de la Somme. — Herd-book de la race bovine Flamande. — Le prochain 
concours général de Moulins. — Concours de la race porcine Craonnaise. — La production de l'alcool. 

— Les auditrices libres à l'Ecole nationale d'Horticulture de Versailles. — Les salaires agricoles de 
19J5 à 1920. — Liquidation de l'administration du Ravitaillement. 



Le budget de l'Agriculture. 

La Chambre des Députés a abordé, dans 
ses séances du 27 janvier, la discussion du 
budget du ministère de FAgriculture pour 
l'année 1921. De nombreuses observations 
ont été échangées; il convient de les indi- 
quer. 

Dans la discussion générale, l'organisation 
de l'enseignement agricole a été l'objet de 
réflexions dont est ressortie surtout l'insuffi- 
sance de la préparation des instituteurs par 
les Ecoles normales pour donner l'instruction 
agricole dans les écoles rurales, et surtout 
l'enseignement postscolaire. Il a été rendu 
justice aux efforts de M. Queuille pour dé- 
velopper l'enseignement pendant son pas- 
sage au sous-secrélariat de l'Agriculture. 

Des plaintes se sont élevées contre les dé- 
lais apportés aux avances promises aux Coo- 
pératives. C'est la conséquence de l'état tran- 
sitoire dans laquelle on se trouve aujour- 
d'hui; la législationsurle créditaété abrogée 
et remplacée par la loi du 5 août 1920, et le 
règlement d'administration publique pour 
l'application de celte loi n'est pas encore 
sorti du Conseil d'Etat. Lorsqu'il aura été 
promulgué, l'organisation des rouages de 
l'Office du crédit agricole entraînera encore 
des délais. 

L'organisation du Service des Haras a 
donné lieu à des critiques qui ne tendent à 
rien moins qu'à en réduire l'activité dans 
d'énormes proportions. Les crédits pour 
l'élevage du cheval de sang ont été non 
moins fortement battus en brèche. 

M. François Hugues a pris, sous une forme 
très séduisante, la défense de la législation 
sur la chasse et sur la protection des oi- 
seaux. 

M. Plissonnier et M. Paul Tapponnier ont 
prolesté contre toute réduction dans les cré- 
dits affectés aux Offices agricoles. Ce dernier 
a surtout insisté sur les services qu'on doit 

5 Février 1921. — N» 5. 



attendre de ces Offices pour le développe- 
ment des Syndicats agricoles. 

On doit signaler encore une intervention 
de M. Compère-Morel, qui a protesté contre 
l'insuffisance des dépenses de l'Etat en faveur 
de l'Agriculture. 

En répondant aux observations gui avaient 
été présentées, M. Lefebvredu Prey, ministre 
de l'Agriculture, a débuté par une excellente 
parole ; il a affirmé, en effet, que le 'premier 
souci devait être de rendre aussi largement 
que possible la liberté au cultivateur. Il a 
a ajouté : 

Pendant les quelques jours où j'ai pu, d'ac- 
cord avec les services très dévoués du minis- 
tère, examiner les problèmes qui se posent, je 
me suis rendu compte qu'il fallait au plus tôt 
chercher dans quelles conditions on pourrait 
restituer la liberté aux avoines, aux semences, 
aux fourrages, aux pommes de terre de semence, 
aux pommes de terre de consommation, aux 
sons, aux pailles, aux chicorées, aux merrains 
et futailles, à l'abatage des veaux femelles, en 
un mot, qu'il fallait froidement, sans prendre 
des mesures trop hâtivement, rechercher les 
moyens de réaliser pratiquement et sans pro- 
voquer de contre-coup dans la vie du pays, la 
liberté, dans cet ordre d'idées. 

Je n'ai pas eu la prétention d'établir une liste 
limitative. Je n'ai voulu donner que des exem- 
ples et je suis sur de répondre à l'attente de la 
Chambre en suivant ce programme de liberté, 
qu'ont d'ailleurs déjà développé à la tribune mes 
collègues du Gouvernement qui ont pris la pa- 
role à propos de leurs budgets. 

La restitution de la lib^'rté sera bien le pre- 
mier encouragement, je pourrais presque dire le 
plus cher, attendu par les cultivateurs français. 

La discussion générale a été close par de 
très vives critiques du décret relatif à l'in- 
terdiction d'abatage des veaux femelles. Le 
ministre de l'Agriculture a répondu que, de 
l'avis presque unanime de ses collègues du 
ministère, la mesure prise en vue de dé- 
fendre le cheptel national ne paraît pas avoir 

Tome I. — 5 



86 



CHROiNIQUE AGRICOLE 



atteint le résultat espéré, qu'il serait donc 
disposé à la rapporter; en attendant, il va 
donner aux préfets des instructions pour 
accorder des dérogations dans la mesure la 
plus large possible, et il va supprimer l'in- 
terdiction de la circulation des veaux femelles 
d'un déparlement à un autre. 

Dans l'examen des chapitres du budget, 
des discussions importantes se sont pro- 
duites, dont nous réservons l'étude pour 
notre prochaine Chronique. 

Les ventes de blé. 

Nous avons signalé à diverses reprises les 
réclamations des agriculteurs contre les diffi- 
cultés qui leur sont opposées pour la récep- 
tion et le paiement des blés de la dernière 
récolte dont l'Etat, c'est-à-dire le Service du 
Ravitaillement, a pris le monopole. Des de- 
mandes d'interpellations sur ce sujet ont 
été présentées par plusieurs députés, par 
M. Alexandre Duval, par M. Lesaché, par 
MM. Barthe et Messier. La Chambre a fixé au 
11 février la discussion de ces interpella- 
tions. 

Dans la discussion du budget du minis- 
tère du Commerce (séance du 25 janvier), la 
même question a été soulevée. M. Patureau- 
Mirand s'est plaint vigoureusement que l'Etat 
se refusât à payer les fournitures de blé qu'il 
a reçues, ainsi que le blé qu'il a demandé 
aux cultivateurs de garder dans leurs gre- 
niers. Le nouveau ministre du Commerce, 
M. Lucien Dior, a été d'accord qu'il est né- 
cessaire de se préoccuper de cette situation, 
et il a promis qu'il répondrait bientôt, non 
par des paroles, mais par des actes. 

La récolte des vins en 1920. 

Le ministère des Finances a publié au 
Journal Officiel du 28 janvier les résultats 
des vendanges en France. D'après les décla- 
rations de récolte, la production totale s'est 
élevée, en chiffres ronds, à 50 034 000 hecto- 
litres, au lieu de 51 462 000 en 1919; la diffé- 
rence est de 4 572 000 hectolitres. Le stock 
chez les récoltants ayant été déclaré de 
3 544 000 hectolitres au lieu de 1 024 000 
en 1919, la différence totale des ressources 
atteindrait 7 millions d'hectolitres. 

On trouvera plus loin (page 98) les détails 
par départements. 

Les permissions de moisson- 
Dans la séance du 27 janvier, la Chambre 
des députés a adopté un projet de résolution 
présenté par M. Desjardins, et invitant le 
ministre de la Guerre à appliquer l'article 21 
de la loi de 1913 (permissions agricoles) en 



tenant compte de l'époque réelle où ont lieu 
les travaux de culture que cette disposition 
a pour objet de faciliter et d'intensifier. 

La petite propriété. 

Le Sénat a discuté et adopté, dans sa 
séance du 25 janvier, une proposition pré- 
sentée en 1913 par M. Méline, pour abroger 
une disposition qui avait supprimé l'attribu- 
tion d'une partie des ressources du Crédit 
agricole au Crédit immobilier pour les habi- 
tations à bon marché. La proposition a pour 
objet de permettre aux Sociétés de Crédit 
immobilier de faire des prêts hypothécaires 
pour faciliter l'acquisition et l'aménagement 
de petites exploitations rurales dont la va- 
leur n'excède pas 40 000 fr., quelle qu'en soit 
la surface. Le but à atteindre a été parfaite- 
ment exposé par le rapporteur, M. Paul 
Strauss, ainsi que par M. Méline. Celui-ci a 
ajouté : 

La proposition a pour but de rendre aux So- 
ciétés d'habitations à bon marché une partie des 
capitaux dont dispose le Crédit agricole, pour 
les appliquer aux habitations ouvrières qui se- 
raient accompagnées d'un complément de petite 
exploitation agricole, consistant en une petite 
écurie, une basse-cour, un jardin et même un 
champ. Il y a là incontestablement un très grand 
progrès. 

Il s'agit, aujourd'hui, d'appliquer celte loi 
dont vous apercevez tout de suile les excellents 
résultats. Elle va, d'abord, mettre à la disposi- 
tion des habitations à bon marché, pour les 
transformer en exploitations rurales, les sommes 
considérables qui ont été attribuées au Crédit 
agricole par la dernière loi que vous avez votée 
récemment. Ce sont des centaines de millions, 
je n'hésite pas à le dire, qui pourront être appli- 
quées en partie aux petites exploitations rurales 
dont il s'agit. 

Vous apercevrez, messieurs, l'importance d'une 
pareille loi : elle va faire de nos ouvriers, qu'ils 
viennent de l'usine, de l'atelier, de partout, de 
petits propriétaires ruraux. Quand la loi sera en 
plein fonctionnement, elle aura ainsi augmenté, 
dans des proportions que nous ne pouvons pas 
calculer, le nombre des petits propriétaires ru- 
raux, et elle aura ce'premier résultat de combler 
les vides formidables que la guerre a pratiqués, 
en coupes sombres, dans les rangs des travail- 
leurs agricoles. 

Une addition présentée par M. Manger 
permet de faire bénéficier de cette disposi- 
tion les mutilés et les victimes civiles de la 
guerre. 

Au ministère de l'Agriculture. 
Le cabinet de M. Lefebvre du Prey, mi-- 
nistre de l'Agriculture, a été constitué comme 
il suit : 



CHRONIQUE AGRICOLE 



87 



Chef du cabinet, M. B. Ledoux, sous-préfet, 
directeur du cabinet du préfet du Pas-de-Ca- 
lais. 

Direction des Services du cabinet, M. Boissei, 
docteur en droit, ancien chef adjoint du cabinet 
du garde des Sceaux, ministre de la Justice, 

Chef adjoint du cabinet, M. Brasart, ingénieur 
agronome, inspecteur du Crédit agricole. 

Chef du secrétariat 'particulier, M. Rambaud, 
licencié es lettres, sous-préfet. 

Attaché parlementaire, M. Mercurol, ingénieur 
agricole. 

Un décret en date du 24 janvier a placé 
dans les attributions du sous-secrétaire 
d'Etat de l'Agriculture, sous la haute auto- 
rité du ministre, les services relevant de la 
Direction générale des Eaux et Forêts et de 
la Direction des Haras, ainsi que le Service 
de la main-d'œuvre agricole. Il a, en outre, 
la délégation permanente de la signature du 
ministre pour toutes les affaires des autres 
Services que le ministre renvoie à sa déci- 
sion. 

Culture mécanique. 

Nous avons reçu la note suivante sur la 
répartition des subventions aux Syndicats 
de culture mécanique pour les années 1919 
et 1920 : 

Dans sa séance du H janvier 1921, la Commis- 
sion consultative de répartition des subventions 
à la culture mécanique, instituée au ministère 
de l'Agriculture par les décrets des 26 mars et 
24 septembre 1920, a terminé l'examen des de- 
mandes de subvention présentées par les grou- 
pements professionnels agricoles. 

120 dosiîiers concernaient des demandes pré- 
sentées fin 1919 et qui pouvaient être subven- 
tionnées avec les crédits complémentaires ac- 
cordés par la loi du 29 juin 1920, au titre de 
l'exercice 1919. 

De ces 120 dossiers, 100 ont été l'objet d'un 
avis favorable pour des subventions, d'un total 
de 9 707 314 francs, qui sont déjà ordonnancées 
ou le seront très prochainement; 15 autres ont 
été admis, mais sous la réserve que certaines 
pièces justificatives indispensables seraient 
fournies à bref délai; dès la régularisation de 
ces dossiers, les subventions les concernant 
pourront atteindre le total de 3 283 718 francs. 
Enfin, 5 demandes ont été définitivement reje- 
tées. 

82 demandes enregistrées au cours de l'an- 
née 1020 relevaient du régime de l'arrêté du 
26 décembre 1919; 63 de ces demandes, appuyées 
d'un avis favorable de la Commission, ont reçu 
des subventions d'un total de 418 941 francs, 
déjà ordonnancées ou sur le point de l'être. 
Les 18 autres demandes ont bénéficié également 
d'un avis favorable à lattribution de subventions 
d'un totnl de 808 1 \ 6 francs, mais sous la réserve 
de la production à bref délai de pièces justifi- 
catives. 



Il reste à la Commission consultative à ter- 
miner l'examen des dossiers relatifs aux exer- 
cices 1919 et 1920, présentés par l'Office de Re- 
constitution agricole au ministère des Régions 
libérées, pour les appareils rétrocédés à des 
agriculteurs victimes de dommages de guerre. 
Le montant des subventions demandées à ce 
titre atteint : 

22 339 236 francs pour l'exercice 1919, et 
6 630 144 francs pour l'exercice 1920. 

L'attribution des allocations promises 
pour l'année 1919, dont la réduction avait 
fait l'objet de nombreuses réclamations, a 
enfin reçu une solution conforme à l'équité. 

La réparation par l'Allemagne 
des dommages de guerre. 

La Confédération générale des Associations 
agricoles des Régions dévastées a adressé au 
Président du Conseil, ministre des Affaires 
étrangères, le vœu suivant : 

La Confédération générale des Associations 
agricoles des Régions dévastées, comptant sur 
l'énergie du Gouvernement pour exiyerde l'Alle- 
magne le règlement rapide des réparations sti- 
pulées dans le Traité de Versailles, demande 
que dans les négociations qui doivent être pro- 
chainement engagées, aucune diminution ne 
soit consentie, sous aucun prétexte, à la dette 
de l'ennemi, tenu par le Traité de Versailles au 
paiement intégral des dommages de guerre. 

La solution normale des difficultés pen- 
dantes paraît avoir été obtenue dans la Con- 
férence interalliée qui vient de se tenir à 
Paris. 

Unions de Syndicats agricoles. 

Dans une réunion tenue récemment à Tou- 
louse, une Union régionale des Syndicats 
agricoles du Sud-Ouest a été constituée sous 
la présidence de M. Ambroise Rendu, député 
de la Haute-Garonne. Elle a décidé qu'un 
Congrès se tiendrait à Toulouse les 2 et 
3 avril. En même temps, une Coopérative de 
Génie rural a 'été créée; le but en est de 
venir en aide aux adhérents en facilitant 
leurs achats de machines, instruments, four- 
nitures et accessoires, en facilitant les répa- 
rations sur place et en assurant à Toulouse 
toutes les grosses réparations. 

— Une Fédération des Syndicats agricoles 
du déparlement de la Somme a été créée à 
Amiens. Celte nouvelle organisation a reçu 
l'appui de la Société des Agriculteurs de la 
Somme, dont on connaît la grande activité. 

Herd-book de la race Flamande. 
Un livre généalogique ou herd-book de la 
race bovine Flamande est en voie de consti- 
tution pour les départements du Nord, du 
Pas-de-Calais, de la Somme et de l'Oise. 



88 CHRONIQUE 

Dans chacun de ces déparlements des 
Commissions sont chargées d'inscrire les 
animaux et de percevoir les droits d'inscrip- 
tion. 

Concours de Moulins. 

Nous rappelons que le concours général 
organisé par la Société d'Agriculture de 
l'Allier se tiendra à Moulins du 10 au 13 fé- 
vrier. 

On y comptera 318 taureaux de race Cha- 
rolaise, provenant des meilleures vacheries 
de il'AUier, de la Nièvre, du Cher, de Saône- 
et-Loire et de la Loire. La vente pourra com- 
mencer à partir de midi, le H février, et se 
poursuivra tout le reste du concours. 

Race porcine Craonnaise. 

On sait quelle a été l'heureuse influence 
des concours spéciaux de la race porcine 
Craonnaise qui se tenaient alternalivement à 
Chàteau-Gonlier et à Craon jusqu'en 1914. 
L'Office départemental agricole de la Mayenne 
a demandé au ministre de lAgricullure que 
ce concours soit rétabli et qu'il se tienne à 
Craon, le 9 mai prochain. A cette occasion, 
en dehors des prix prévus au programme, 
l'Office décernera des primes de conserva- 
tion aux meilleurs reproducteurs présentés 
au concours. 

Production de l'alcool. 

La Direction générale des Contributions 
indirectes a publié le relevé suivant de la 
production de l'alcool pendant le premier 
trimestre de la campagne (1" octobre au 
31 décembre) : 

1920-1921 1919-120 Différence. 

hectol. 

Vins 59 014 

Cidres et poirés 31 329 

Marcs, lies et 

fruits 118 200 

Substances fari- 
neuses 43 247 

Betteraves 412 618 

Mélasses 26 483 

Autres subs- 
tances 838 



hectol. 


hectol. 


48 124 


-f 10 890 


9 197 


-f 22 131 


99 806 


-1- 18 394 


28 8.^5 


f 14 392 


230 3i6 


-f 162 272 


6 324 


+ 20 159 


5 


-f 833 



Totaux 691729 442 657 -f- 2i9 072 

Pendant l'année 1920, la production totale 
a été de 1 294 936 hectolitres, en augmenta- 
lion de 473 740 hectol. sur l'année 1919. 

Ecole nationale d'Horticulture. 
Un arrêté ministériel a autorisé l'Ecole 
nationale d'Horticulture à recevoir, dans la 
mesure des places disponibles, des auditrices 
libres qui sont admises sans examen. Elles 
suivent les cours, les applications et les ex- 
cursions à leur convenance, mais elles ne 



AGRICOLE 

peuvent prendre part aux travaux pratiques. 
A leur sortie de l'Ecole, elles peuvent rece- 
voir un certificat d'études. 

Ces auditrices doivent être âgées de 'seize 
ans révolus et adresser leur demande au Di- 
recteur de l'Ecole, à Versailles. 

Les salaires agricoles. 
Les salaires entrent pour une part de plus 
en plus grande dans les dépenses de la pro- 
duction. Des enquêtes administratives ont 
déterminé, dans les départements, le taux 
moyen des salaires depuis l'année 1913 jus- 
qu'à l'année 1920. Ces enquêtes ont été 
résumées par La Main-d'Œuvre agricole 
(août et septembre 1920). Voici un certain 
nombre de constatations qui ressortent de 
ces enquêtes. 

Salaires moyens journaliers. 

1915 1920 Hausse. 

Allier 3 55 10.00 180 0/0 

Ardèche 3.00 9.00 200 » 

Charente 3.00 10.00 233 » 

Cher 4.45 10.30 130 » 

Corrèze 3.75 14.00 170 » 

Dordogne 4.00 8.00 100 » 

Doubs 4.00 11.00 175 » 

Eiire-et-Loir.... 4.00 8.00 100 » 

Finistère 2.25 8.00 140 » 

Hérault 4.00 12.00 200 .. 

Ille et- Vilaine.. 3.i5 10.50 180 » 

Indre 4.00 13.00 225 » 

Lozère 3.00 11.00 260 » 

Manche 3.00 7.00 133 » 

Oise 4.00 10.00 ISO » 

Saône-et-Loire. 3.50 10.00 180 » 

Seine-et-Marne. 4.50 15.00 230 » 

Somme :^.25 11.65 250 » 

Les salaires varient suivant les saisons 
dans un grand nombre de départements; les 
moyennes renfermées dans ce tableau ne 
représentent donc pas les maxima corres- 
pondant à la plupart des travaux les plus 
importants. 

Quant aux salaires moyens annuels, ils 
paraissent avoir varié dans des proportions 
à peu près semblables. 

Liquidation de l'administration 
du Ravitaillement. 

Nous avons annoncé que le sous-secréta- 
riat du Ravitaillement a été supprimé lors 
de la constitution du nouveau cabinet. On 
pouvait redouter que ses organes fussent 
maintenus sous une autre forme. 

Par un décret en date du 29 janvier, M. An- 
dré Paisant, sous-secrétaire d'Etat au minis- 
tère des Finances, a été chargé de la liquida- 
tion de l'Administration du Ravitaillement 
au ministère du Commerce. 

Henry Sagmer. 



ESSAIS CULTURAUX SUR LES VARIÉTÉS DE BETTERAVES A SUCRE 



89 



ESSAIS CULTURAUX SUR LES VARIÉTÉS 

DE BETTERAVES A SUCRE (ANNÉE:1920) (i) 



Depuis 1914, nous n'avions pas fait d'es- 
sais culturaux comparatifs sur les variétés 
de betteraves. Nous les avons repris en 1920. 
Comme d'habitude, ils ont porté sur des 
variétés françaises et des variétés étran- 
gères. Ces variétés sont les suivantes (par 
ordre alphabétique) : 

Variétés françaises : Bourdon, Legland, 
Mennesson et Gaillot (variété A), Say, Tézier 
(Drôme), Vilmorin (variété B). 

Variétés étrangères : Buczinsky et Laz- 
zinsky, Italienne (Barbe Marini), Rabb^ghe 
et Glesecke, Schobbert, Wohanka. 

Les échantillons de graines nécessaires aux 
essais ont été prélevés dans une fabrique de 
sucre sur des quantités importantes conte- 
nues dans des sacs plombés d'origine authen- 
tique. Ils représentent donc des graines 
commerciales, au senspropre du mot. 

Les sacs contenant les échantillons ont été 
adressés aux expérimentateurs sous des 
lettres, sans aucune indication de variété. 
Sept fermes ont pris part aux essais. 

Ceux-ci ont été institués suivant le plan 
que nous avions adopté pour des essais ana- 
logues avant 1914. 

Les échantillons qui nous ont été envoyés 
comprenaient 50 à 60 betteraves par parcelle 
de 8 à 10 ares. Ils ont été prélevés partout de 
la même façon et suivant les indications en- 
voyées par nous. 

Après nettoyage, les betteraves de chaque 
parcelle ont été étalées sur le plancher et on 
a fait le dénombrement des betteraves raci- 
neuses, fourchues et de forme régulière. 

Chaque échantillon a été pesé en bloc. On 
a compté le nombre de betteraves qui le 
composaient et on a pesé la plus grosse et la 
plus petite. Nous avons déterminé la richesse 
saccharine par la méthode de digestion 
aqueuse à chaud Degener-Saillard. 

Parmi les sept fermes qui ont fait les 
essais, quatre nous ont envoyé des échan- 
tillons complets; une n'a pu prélever aucun 
échantillon; dans une autre, le champ d'es- 
sais s'est montré trop peu homogène; enfin, 
une dernière n'a pu prélever des échantillons 
que sur dix variétés. 

Nos résultats ne sont donc complets que 
pour quatre champs. 

(1) La plus graade partie des données contenues 
dans la présente note ont été communiquées à la 
Commission des graines de betteraves. 



Dans ces conditions, il me semble impru- 
dent de publier maintenant des résultats 
détaillés, le nombre des champs n'est pas 
assez grand pour atténuer les causes d'er- 
reur dues à l'échantillonnage, etc.; les con- 
clusions pourraient être erronées. 

Cependant, nos essais ne sont pas perdus 
pour autant. Il ?era possible de prévoir, pour 
les essais de 1921, les mêmes variétés que 
celles qui ont été essayées en 1920, et 
alors, pour établir les moyennes, nous nous 
servirons des résultats de 1921 et de ceux 
de 1920. Les moyennes de 1921 n'en seront 
que plus probantes. 

Il peut être intéressant de savoir si les six 
variétés françaises, considérées en bloc, ont 
donné de meilleurs résultats ou de moins 
bons résultats que les cinq variétés étran- 
gères considérées en bloc. 

Comme nous avons quatre champs d'essais 
complets, les variétés françaises reviennent 
dans 24 parcelles (6 par champ), et les 
variétés étrangères dans 20 parcelles (5 par 
champ). Dans ces conditions, on peut faire 
des comparaisons. 

Voici les résultats moyens auxquels nous 
sommes arrivés en partant des richesses 
saccharines trouvées à notre laboratoire, et 
des pesées de betteraves qui ont été faites à 
la bascule de la fabrique pour les récoltes de 
chaque parcelle : 



Sucre pour 100 grammes 
de betteraves (direct) .. 

Récolle à l'hectare (pesée 
à la bascule (en kilogr.) 

Poids du sucre par hectare 
(en kilogr.) 



Nous sommes arrivés à des résultats com- 
paratifs du même ordre en tablant sur les 
quantités moyennes de sucre contenues par 
racine. 

Voici ces quantités moyennes : 



6 variétés 


5 varic'tés 


françaises. 


étrangères 


— 


— 


17.69 


n.98 


3o 913 


35 054 


6 383 


6 302 



6 variétés 
françaises. 

Poids moyen d'une racine 
(grammes) 656 

Richesse saccharine 
moyenne 17.69 

Sucre par racine (gr.) 116 



5 variétés 
étrangères. 



622 



17.98 
111 



Les deux groupes de betteraves se sont 
donc montrés équivalents dans la pratique. 



90 



GUERRE OUVERTE AUX AGRICULTEURS 



Il faut noter qu'en rapportant à 1 hectare 
les résultats de pesée obtenus sur 10 ares, on 
arrive généralement à un rendement par hec- 
tare supérieur au rendement réel; mais cela 
n'empêche pas de faire des comparaisons. 

J'ai dit plus haut que nous avons compté, 
pour chaque variété et pour chaque parcelle, 
le nombre de betteraves racineuses ou de 
forme régulière. 

Voici les résultats moyens qu"a donnés ce 
dénombrement : 

Betteraves 





de forme 


racineuses. 


régulière 


— 


— 


]). 100 


p. 100 


26 


45 


33 


43 



6 Tariétés françaises 
5 variétés étrangères 

Les autres betteraves, sans être raci- 
neuses, avaient une forme irrégulière. 



11 faut noter que, pendant ces dernières 
années, au moment de la récolte des 
graines, le temps a été en général très favo- 
rable. D'autre part, les cultivateurs de graines 
de betteraves n'ont pu employer des engrais 
chimiques azotés en quantités aussi abon- 
dantes (nitrate de soude surtout), soit à 
cause de la difficulté des approvisionne- 
ments, soit à cause du prix élevé du kilo- 
gramme d'azote. 

Je tiens à appeler tout particulièrement 
l'attention sur ces deux points, qui ont une 
grande importance au point de vue de la 
production de bonnes graines. Sans doute, 
avec une forte fumure azotée, on obtient des 
rendements en graines plus élevés par hec- 
tare; mais les graines arrivent plus difficile- 
ment à maturité, elles sont plus difficiles à 
sécher et leur faculté germinative est plus 
sujette à diminution pendant la conserva- 
tion; enfin, il est d'importance capitale que 
la graine soit mûre à point au moment où on 



la récolte et qu'elle soit bien séchée avant 
d'être mise en tas. 

Les méthodes de sélection ne sauraient 
donner tous leurs bons résultais, si les meil- 
leures conditions de récolte et de fumure ne 
sont pas réalisées. 

Pour les deux dernières années, les bette- 
raves à sucre françaises ont été aussi riches 
que les betteraves à sucre allemandes ; leur 
qualité est d'ailleurs allée en augmentant 
pendant la guerre, sauf pour les années 1915 
et 1918 qui ont été, la première, une année 
de maladies cryptogamiques, la seconde, une 
année de sécheresse excessive. 

Si les variétés françaises se sont montrées 
meilleures qu'avant la guerre, cela tient sans 
doute, pour une part, aux méthodes de sé- 
lection, mais aussi et surtout aux conditions 
de production et de récolte des graines. 

Les fortes fumures de nitrate de soude, 
employées tardivement ou en couverture, ont 
été préjudiciables en France à la culture de 
la betterave. 

On a voulu éviter les entraînements d'azote 
nitrique par les eaux de pluie qui pénètrent 
dans les couches profondes du sol. De plus 
en plus, il apparaît que ces craintes d'entraî- 
nements étaient excessives ou exagérées. 

Reviendrons-nous aux betteraves à lo- 
16 0/0 de sucre, quand les engrais azotés 
pourront être employés en quantités plus 
grandes? C'est une question à suivre. En 
tout cas, il est désirable qu'on recherche dès 
maintenant les meilleurs modes d'emploi des 
engrais azotés. C'est pourquoi laCommission 
de la betterave, instituée au ministère de 
l'Agriculture et que préside M. Viger avec 
tant d'autorité, a décide, sur ma proposition, 
d'étudier expérimentalement cette question. 

Obtenir de bonnes betteraves et de bons 
rendements par hectare, tel est le but à 
poursuivre. 

Emilk Saillaro, 

Directeur du Lnboraloiro d\''ludc3 
du Syndicat dos Fabricants do sucre de France 



GUERRE OUVERTE AUX AGRICULTEURS 



Une abominable campagne de presse, qui 
tend à égarer l'opinion publique, se pour- 
suit depuis plusieurs mois. 

V Union sacrée, réalisée le 1" août 1914, 
peut seule relever la France victorieuse, mais 
meurtrie. 11 est triste de voir que certains 
veulent la briser et semblent avoir intérêt à 
susciter une discorde que n'ont pu amener 



ni les querelles religieuses, ni les luttes poli- 
tiques, ni même les agitations sociales. 

L'audace des ennemis des agriculteurs 
vient de prendre la forme la plus odieuse 
par l'apposition, sur les murs de Paris et des 
grandes villes, du placard que nous repro- 
duisons ci-contre (fig. 10), qui^ voudrait 
prouver que l'agriculteur français ne sup- 



GUERRE OUVERTE AUX AGRICULTEURS 



91 



porte pas de charges fiscales proportionnel- 
lement égales à celles des autres contri- 
buables. 



Que voyons-nous sur ce papier colorié? 
Un paysan plein de santé tenant du bout des 
doigts un minuscule poids et un commer- 



ES ÉCHOS 



Akmankfit 



J'Agricuitei 



les Comm ________ 

p aient lOiltoîiSflus dimp ô ts 
que les Agriculteurs 



IMPOTS OUAURONT A PAYER 

LES COMMERÇANTS ET LES INDUSTRIELS DUNE PART. 
LES AGRICULTEURS D AUTRE PART. MJ r JUILLET t$]0 AU 30 JUIN 1931 



NATURE DIMPOTS 



meoi sur ISS S9nMc9s inûastmts tt Commsrtieax ■ ■ 

- sur les Bé.Tétlcts Agricoles 

- svr tBS BtnencBS ae $ti8rre 

- sur 13 cttdm li'Âffaires 

- sur i3s PaiMtas 

TIMOlti >„' M (tnu tt Com/nerci. CMQuâs. Quittancés, •* 

ipproBlmatlv 

: TdUDtioniQuts : 



i.aoooooooo 

NEANT 
4M0.0OO.0OO 
6 000 000000 

aoo 000.000 



looaoooooo 



:12QOO0OO00O 73.000.000 



NÉANT 
70.000.000* 
NCANT 
NEANT 
NEANT 



I 




Fig. 16. — Affiche tendancieuse contre les agriculteurs. 



çant malingre écrasé par un f.irdean, sous 
lequel on l'aperçoit à peine. 

Au bas, un tableau pour « préciser » les 



charges de chacun. Enfin, une conclusion 
haineuse et absurde : « Les commerçants et 
« les industriels sont dix fois moins nom- 



92 



GUERRE OUVERTE AUX AGRICULTEURS 



« breux et paient 150 fois plus d'impôts que 
« les agriculteurs. » 

Faut-il être obligé de dire une fois de plus 
que le poids des impôts tend toujours à re- 
tomber finalement sur le consommateur, car 
producteurs ou intermédiaires ne peuvent 
céder leurs marchandises au-dessous du prix 
de revient, si ce n'est très momentanément. 
De toutes façons, les charges fiscales tendent 
infailliblement à retomber sur l'acheteur. 

Mais, si ce fait n'est pas discutable quand 
il s'agit du commerce et de l'industrie, 
qui majorent automatiquement leurs prix 
de vente à mesure que leurs charges 
augmentent, peut-on dire qu'il s'applique 
à l'Agriculture? Il est facile de voir qu'il 
n'en est rien. Les agriculteurs, dispersés sur 
tout le territoire, n'ont et ne peuvent avoir 
aucune influence sur les cours de leurs 
denrées, cours qu'ils subissent dans toutes 
leurs fluctuations. Des lois draconiennes 
s'opposent, par ailleurs, à toute entente 
entre les agriculteurs, qui aurait pour ré- 
sultat une hausse, quelque justifiée qu'elle 
fût, de leurs prix de vente. Nous voyons au 
contraire les industriels conclure chaque 
jour ouvertement des conventions ou cartels 
fixant des majorations, souvent arbitraires, 
qu'il nous faut subir. 

De plus, pendant la guerre, l'Etat, appli- 
quant des mesures justifiées peut-être par les 
circonstances, a imposé aux cultivateurs, 
par les taxations et les réquisitions, la vente 
sans bénéfice et souvent même au-dessous 
du prix de revient. La taxation des produits 
agricoles a profité au consommateur, au 
commerçant et à l'industriel, qui ont eu le 
privilège de ne pas payer les prix que la 
libre concurrence mondiale leur aurait fait 
subir. Ces milliards, dont ils ont bénéficié, 
c'est le cultivateur qui les a perdus. Encore 
à l'heure actuelle, plus de deux ans après 
l'armistice, l'interdiction de l'exportation des 
denrées agricoles cause aux agriculteurs un 
préjudice considérable. 

Faut-il entrer maintenant dans le détail 
des chiffres donnés par cette affiche attris- 
tante, véritable appel à la guerre civile ! 

Le tableau de gauche énumère les impôts 
qu'auraient, soi-disant, payés les commer- 
çants et les industriels d'une part, les agri- 
culteurs de l'autre. Que d'omissions, que 
d'erreurs volontaires ou non ! 

Devant la rubrique « Impôts sur les béné- 
fices de guerre », on lit dans la colonne 
« Industriels et Commerçants » 4 oOO 000 000 
et dans la colonne « Agriculteurs » : ISéant! 

Le chiffre de 4 milliards 1/2 est difficile- 



ment contrôlable; d'ailleurs, tout le monde 
sait que l'impôt sur les bénéfices de guerre 
a, en réalité, été payé par l'acheteur, comme 
n'ont cessé de le faire remarquer les assu- 
jettis, pour faire accepter les majorations 
qu'ils faisaient subir à leurs marchandises. 

Pourquoi les agriculteurs n'onl-ils pas été 
frappés par l'impôt sur les bénéfices de 
guerre? C'est tout simplement parce que 
l'Etat a réquisitionné, pendant toute la durée- 
de la guerre, leurs denrées au prix de re- 
vient; alors que le même Etat passait, avec 
les commerçants et les industriels, des mar- 
chés à des prix tellement scandaleux que 
l'opinion publique a exigé une sorte de revi- 
sion de ces marchés sous la forme d'une 
taxe exceptionnelle : l'impôt sur les bénéfices 
de guerre. 

11 ne pouvait en être de même pour les 
agriculteurs : la diflérence entre les prix de 
réquisition qu'ils ont subis et les cours com- 
merciaux pratiqués dans le monde a consti- 
tué un bénéfice au profit de l'Etat. Un béné- 
fice fait par l'Etat sur une catégorie de- 
citoyens est bien, on ne peut le contester, un- 
impôt. Les 10 à 12 milliards dont a profité- 
l'Etat par les économies réalisées sur se& 
achats, ont été perdus par les cultivateurs 
qui n'ont pu, du fait des taxations, exercer 
aucune répercussion sur le consommateur. 

A la troisième rubrique « Impôt sur le- 
chiffre d'affaires », le tableau met à la charge 
des commerçants et industriels une somme 
de 5 milliards. Faut-il dire que cet impôt 
encore, dont le rendement est d'ailleurs 
indiqué très inexactement, n'est pas à la- 
charge des commerçants, mais bien à celle- 
des acheteurs et que, nous agriculteurs, nous- 
en payons une très large part. 

Quant à la ventilation entre les charges 
résultant du timbre, des taxes postales, du 
téléphone, etc., elle est faite d'une façon telle- 
ment arbitraire que nous croyons inutile d'y 
insister: 1 milliard 100 millions contre 3 mil- 
lions!!! Les cultivateurs mèneraient leurs- 
afl'aires sans frais et sans correspondance; 
ils ne vont jamais ù l'enregislremenl et n'é- 
crivent qu'une lettre par an I 

Dans la deuxième colonne « Charges des 
agriculteurs », nous ne voyons guère qu'un 
chiffre : 70 millions à la rubrique « Impôt 
sur les bénéfices agricoles » et encore affirme- 
t-on que, sur cette somme, le recouvrement 
n'a été que de 100 000 fr. L'Administration 
des contributions directes aurait-elle eu de 
pareilles complaisances? Nous ne nous en 
sommes pas aperçu. 

Pendant des années, on n'a cessé de dire 



L'AVEXIU DU CHEPTEL ET L'ABATAGE DES VEAUX FEMELLES 



93 



qu'il fallait dégrever la terre, qu'elle était 
écrasée. Qui le disait? Non pas seulement 
M. Méline, mais des ministres des Finances 
comme M. Ribot, M. Dumont, d'autres en- 
core. Elle supportait en efTet, avant la guerre, 
30 à 40 0/0 de charges fiscales. Depuis, au- 
cun impôt n'a été supprimé, l'impôt fondera 
été doublé (il est à l'heure actuelle de iOO/0 
du revenu net), un nouvel impôt, l'impôt sur 
les bénéfices agricoles, a été établi, et elle ne 
paierait plus rien! Oh! miracle! 

L'auteur de l'affiche ignore aussi, sans 
doute, que les centimes départementaux et 
communaux, les prestations, la taxe vicinale 
pèsent à peu près uniquement sur la terre. 
Ce ne. sont pas, il est vrai, des impôts d'Etat, 
mais les commerçants et les industriels bé- 
néficient de leur perception sous des formes 
multiples, alors qu'ils n'en supportent qu'une 
trè> faible part. 

Faut-il parler de l'impôt sur les mutations 
d'immeubles, qui grève aussi lourdement la 
propriété non bâtie. On sait que les valeurs 
mobilières, quand elles n'échappent pas com- 
plètement au fisc, paient des droits de muta- 
tion comparativement insignifiants. 

Faut-il jeter les yeux maintenant sur le ta- 
bleau de droite ? 

Les observations faites pour le premier ta- 



bleau s'appliquent au second, qui donne en 
exemple le cas d'un cultivateur ayant eu 
300 000 fr. de bénéfices de guerre. Heureux 
liomme ! qui a pu éviter les réquisitions, dont 
les produits n'ont pas été atteints par les 
taxes, qui n'a pas subi l'augmentation des 
salaires et à qui d'aimables commerçants et 
industriels ont continué à vendre ce dont il 
avait besoin, sans appliquer une majoration 
de 400 à 500 0/0! 

A quoi peut aboutir une pareille cam- 
pagne? Au désaccord entre Français au mo- 
ment où l'union serait plus que jamais néces- 
saire. A qui peut-elle profiter? Pas aux com- 
merçants ni aux industriels patriotes et clair- 
voyants qui en sont indignés, alarmés même, 
nous le savons par de nombreuses protesta- 
lions que nous enregistrons avec plaisir. Pas 
aux consommateurs, qui redoutent, à juste 
titre, qu'une augmentation des charges fis- 
cales de la terre n'amène un renchérissement 
de la vie. A qui, alors? 

Aux seuls disciples du bolchevisme. Cela 
ne suffit-il pas pour juger la campagne dis- 
solvante et haineuse entreprise contre l'Agri- 
culture. 

L. Muret, 

Correspondant de l'Académie d'Agricullure. 



L' AVENIR DU CHEPTEL 

ET L'ABATAGE DES VEAUX FEiMELLES (i) 



Du côté des agriculteurs et éleveurs, on a 
dit qu'il fallait des dérogations, qu'il fallait 
laisser aux préfets et aux administrations lo- 
cales le soin d'apprécier, que l'on ne pouvait 
bouleverser des coutumes régionales, qu'il y 
avait des départements d'industrie laitière et 
non d'industrie d'élevage, que l'on ne pou- 
vait imposer à des exploitations d'entretenir 
plus de bêtes qu'elles n'en avaient en 1913, 
qu'en d'autres termes il fallait des déroga- 
tions d'espèces visant des cas bien spéciaux 
et bien déterminés, etc., etc. 

Evidemment, les intéressés ont le droit, et 
je dirais volontiers le devoir, de faire connaî- 
tre leur opinion et de défendre leurs intérêts 
directs, de même que les administrations 
responsables ont, elles aussi, le devoir de bien 
mettre en balance les avantages et les in- 
convénients possibles. 

11 y a, ;\ mon avis, deux catégories d'ex- 



il) Voir les numéros du 20 janvier (p. 31) et du 
,29 janvier (p. 11). 



ploitants qui seront particulièrement gênés 
par le décret : ce sont les nourrisseurs du 
voisinage des villes qui vendent tout leur lait 
en nature dès le cinquième ou le sixième jour 
après le vêlage, et les fabricants de froma- 
ges, tels que les fermiers de la Brie qui uti- 
lisent la totalité de leur lait pour le fromage, 
comme les laitiers pour la vente directe. 

Mais, interdiction d'abatage pour la bou- 
cherie ne veut pas dire obligation de garder 
et d'élever durant des années ; leurs produits, 
leurs veaux, pourront être vendus pour le 
commerce d'élevage tout comme ils le font 
aujourd'hui, rien ne sera changé. C'est donc, 
je crois, une erreur d'interprétation des tex- 
tes qui a motivé les protestations de cet 
ordre, il n'y aura qu'à préciser pour faire 
disparaître les malentendus, car il est bien 
certain que des nourrisseurs ou des froma- 
gers aimeraient mieux sacrifier les veaux à 
la naissance que de se trouver dans l'obliga- 
tion de les élever jusqu'à ce qu'ils aient 
quatre dents de remplacement, c'est-à-dire 



94 



L'AVENIR DU CHEPTEL ET LABATAGE DES VEAUX FEMELLES 



jusqu'à deux ans et demi à trois ans. 
L'impossibilité d'élever, invoquée comme 
raison capitale dans les départements oîi Ton 
se livre à l'industrie laitière (laits de ramas- 
sage pour l'expédition sur les villes), ou à 
l'industrie beurrière (retour du petit-lait à la 
ferme après extraction de la matière grasse), 
n'est, elle aussi, qu'un argument de surface. 
Au lieu de livrer à la société laitière ou beur- 
rière la totalité du lait, eh bien, il en sera 
distrait un certain nombre de litres, qui, 
additionnés de lait écrémé ou d'aliments de 
complément, permettront, à côté de la conti- 
nuation de l'industrie première l'élevage de 
quelques veaux en supplément, lesquels se- 
ront lancés plus tard dans le commerce 
d'élevage. Quelle est la situation aujourd'hui 
dans les départements ou les régions dont il 
est parlé? On y fait ou bien du veau de bou- 
cherie, ou bien, du veau d'élevage ou de 
commerce; il n'y a pas d'autre alternative; 
on n'y ferait plus de veau de boucherie, 
mais seulement du veau d'élevage, et rien ne 
serait changé. 

Là encore je crois bien que l'on a commis 
des erreurs d'interprétation, et que l'on a 
cru que partout il faudrait conserver et 
élever les veaux jusqu'à 2 ans 1/2 ou 3 ans 
avant de pouvoir s'en débarrasser, et je 
comprends que dans une exploitation où il y 
aune dizaine de laitières en production in- 
tensive, on ne veuille pas être condamné à 
garder de façon prolongée des jeunes, con- 
sidérés comme improductifs. 

On a affirmé que cette année il y avait eu 
des herbages qui n'avaient pu être chargés 
faute de bétail; on ne peut invoquer dans 
l'ensemble une insuffisance de fourrages ou 
d'aliments, pour justifier l'impossibilité 
d'élevage. Il se trouvera donc bien dans nos 
provinces des exploitations susceptibles 
d'élever les produits que d'autres ne pour- 
raient conserver. 

La question des abris a été mise en avant 
comme une très grande difficulté, sinon une 
impossibilité. Evidemment, c'est une raison, 
on n'élève pas des veaux en plein air, dans 
notre pays, durant l'hiver, et c'est pourquoi 
je disais que la mise en application du dé- 
cret avait été assez inopportune à l'entrée de 
l'hiver; mais vraiment avec de la bonne vo- 
lonté, on ne peut pas dire que ce soit là un 
obstacle insurmontable ; il est si facile dans 
les moyennes exploitations de faire des abris 
de fortune, pour une saison. 

Il n'y a vraiment qu'une zone de France 
qui pourrait exciper d'impossibilités maté- 
rielles à ce point de vue, c'est toute la zone 



des régions dévastées, et cette zone réclame 
plus de bétail. 

Certains Offices agricoles ou certaines As- 
sociations locales ont, me semble-t-il, brandi 
le spectre, scientifique celui-là, de la varia- 
tion désordonnée, dans les régions où les 
races ne sont pas sélectionnées! Mais, si les 
races ne sont pas sélectionnées actuellement, 
est-ce que cela changera grand'chose à la si- 
tuation zootechnique et zooéconomique lo- 
cale? 

Je ne le crois pas, la situation nouvelle 
créée par l'application du décret m'apparaît, 
au contraire comme un stimulant très effi- 
cace de l'attention que peuvent exercer un 
Syndicat, une Association ou même un pffice 
agricole sur les craintes de variation désor- 
donnée dans un élevage régional donné. 

Les élevages de nos différentes régions de 
France n'ont pas été perturbés, que je sache; 
la situation générale n'est pas différente de 
ce qu'elle était dans ces dernières années, 
par conséquent les risques ne sont pas plus 
grands! 

Non, au fond de toutes les objections à la 
mise en pratique de l'arrêté d'interdiction, 
d'abatage des veaux, il y a surtout des inté- 
rêts particuliers en jeu, des intérêts électo- 
raux aussi, et il n'y a que cela, il faut bien le 
dire; mais au-dessus des intérêts locaux, il 
y aussi les intérêts de la France, et ces der- 
niers priment tous les autres. 

Faut-il rappeler ici que sous une autre 
forme, j'ai vu autrefois d'ardentes protesta- 
tions contre l'introduction des viandes étran- 
gères et coloniales, et cependant que serait-il 
advenu de notre troupeau si nous ne les 
avions pas trouvées au cours de la guerre? 
Il faut voir un peu plus loin que l'intérêt 
direct et immédiat. 

Il n'y a qu'une région pour laquelle les 
principes zootechniques concernant les lois 
de la reproduction, et la variation désor- 
donnée peuvent être invoqués, c'est la ré- 
gion des pays dévastés, parce que là, il y a 
mélange de toutes les races de France et de 
l'étranger. Là, il faut être plus circonspect, 
ce qui ne veut pas dire que les Offices agri- 
coles n'ont pas néanmoins une tâche fort 
intéressante à remplir. Et d'ailleurs cet 
exemple des régions dévastées ne nous 
apprend-il pas que ce qu'il faut d'abord, c'est 
avoir quelque chose, l'indispensable si pos- 
sible, même s'il est de mauvaise qualité, 
quitte à perfectionner ensuite. 

Eh bien, pour notre cheptel la situation est 
la même, il faut le reconstituer d'abord et le 



TOMBEREAU IRLANDAIS 



95 



perfectionner en même temps si possible, ou 
après seulement si l'on ne peut faire mieux. 

Voilà pourquoi j'étais et je reste partisan 
de l'appliciition stricte, pure et simple, du 
décret d'interdiction d'abatage des veaux fe- 
melles, sans autres dérogations que celles 
relatives aux accidents (vrais et non provo- 
qués) ou malformations évidentes. 

Nous y gagnerions une augmentation con- 
sidérable du nombre de têtes de moins d'un 
an, plusieurs centaines de mille certaine- 
ment et, en peu d'années, j'ai le ferme espoir 
que nous verrions le bétail revenir à des 
prix plus normaux. Mais pour cela, il faut 
une orientation de direction de l'élevage que 
rien ne puisse faire dévier. 

Evidemment, ce retour à des prix moindres 
peut être considéré comme une mauvaise 
affaire par des intéressés plus préoccupés 
d'eux-mêmes que de la situation générale; 
c'est d'ailleurs la seule raison réelle, mais 
non avouée, de l'opposition contre le décret. 
Je suis convaincu, cependant, que c'est là un 
résultat indispensable à obtenir pour la 
bonne marche des affaires de notre pays. 

Puisque notre pays ne peut actuellement 
suffire à nos besoins, quelles bonnes raisons 
pourrait-on invoquer en faveur de tarifs 
douaniers protecteurs contre l'introduction 



exagérée peut-être de viandes étrangères (il 
suffirait que la situation de noire change 
devînt plus favorable), dans un avenir pro- 
chain possible, si nos éleveurs -e refusaient 
aujourd'hui à donner une nouvelle preuve 
qu'ils sont capables de sacrifier certains in- 
térêts privés à l'intérêt supérieur de la na- 
tion, c'est-à-dire à la reconstitution et l'ac- 
croissement de son cheptel. 

Mais alors, si le décret devait être appliqué 
sans dérogations, il serait indispensable 
qu'il fût atfîché dans toutes les co'omunes de 
France, avec indication des pén dites possi- 
bles; l'interdiction des abatages de veaux fe- 
melles s'appliquant aussi bien hux petites 
boucheries non inspeclées des campagnes 
qu'aux abattoirs des grandes villes. 

Je souhaiterais enfin que, par une circu- 
laire motivfint les principales raisons de l'in- 
terdiction, on fît connaître aussi les formules 
de rationnement concernant lélevage des 
veaux avec du lait écrémé et d s aliments de 
complément. 

N'y aurait il pas là motif à une excellente 
leçon de choses à répandre dans toutes nos 
campagnes. Elle ne portera pas des fruits 
immédiats, mais elle préparerait l'avenir. 

G. Moussu. 



TOMBEREAU IRLANI)\IS 



Les tristes événements qui se déroulent 
depuis quelque temps en Irlande appellent 
l'attention sur ce malheureux pays. 

L'Agriculture irlandaise a fait ré- 
cemment l'objet d'une communica- 
tion à l'Académie d'Agriculture (le 
17 novembre 1920), de M. T. P. 
Gill, correspondant, directeur du 
Département de l'Agriculture d'Ir- 
lande. Dans ces dernières années, 
le rendement de toutes les princi- 
pales récoltes a été accru considé- 
rablement par l'application de meil- 
leures méthodes de culture, de 
choix de semences et d'engrais. 11 
a été constaté que, par suite des 
améliorations propagées par l'Ad- 
ministration agricole pour l'élevage 
des bêtes bovines, la valeur des 
animaux exportés avait augmenté 
de près de 3 livres sterling par tête. Avant 
la guerre, l'Irlande était, après les Etals- 
Unis d'Amérique, le principal fournisseur de 
la Grande-Bretagne en [produits et denrées 
alimentaires. 



Pendant la guerre, à l'époque de l'activité 
des sous-marins, l'Irlande a augmenté brus- 
quement la superficie labourée de ;j 20 UOOhec- 




Fig. 17. — Charette-toiuijcioau d Irlande. 

tares qui étaient jusqu'alors consacrés à la 
pâture. 

Dans beaucoup de petites exploitations 
irlandaises, le matériel est des plus simples 
et des plus rustiques. La figure i7 montre la 



96 

charetle-tombereau qui est en usage. Les 
brancards, fortement inclinés, reposent sur 
l'essieu des deux roues pleines; des mon- 
tants postérieurs supportent le fond ducolTre 
atin de le ramener dans un plan sensible- 
ment horizontal. La capacité du coffre est 



CONSERVATION ET UTILISATION DU PURIN 



réduite, mais il faut tenir compte que les 
chemins présentent de fortes inclinaisons 
dans la région mouvementée du pays, et que 
les roues de petit diamètre augmentent la 
résistance au roulement du véhicule. 

G. Manbin. 



CONSERVATION ET UTILISATION DU PURIN 



Au lieu d'arroser fréquemment le tas de 
fumier avec du purin, suivant la méthode adop- 
tée dans les fermes françaises les mieux tenues, 
les paysans d'Outre-Rhin se bornent le plus 
souvent à l'imprégner d'eau dès qu'il a une ten- 
dance à se dessécher; quant au purin — nous 
voulons dire par là Vurine des animaux plus ou 
moins diluée — ils l'épandent toujours directe- 
ment sur leurs champs nus ou sur leurs cul- 
tures, et prétendent réduire ainsi les pertes 
totales cVazote à leur plus simple expression, la 
terre fixant énergiquement l'ammoniaque du 
purin toutes les fois que l'épandage s'est fait 
dans de bonnes conditions (absence du soleil; 
atmosphère calme et plutôt humide; sol meuble 
et légèrement mouillé, etc.). 

Les agronomes allemands spécialisés dans la 
question des engrais sont formels à cet égard : 
« L'urine doit aller dans la fosse à purin, où 
elle ne perd rien de son action fertilisante, et 
non sur le tas de fumier (en arrosages), où elle 
se dépouille d'une grosse partie de ses principes 
azotés (professeur Soxhlet). » La mise en appli- 
cation de ce principe, préconisée dès l'année 1897 
par le professeur Soxhlet, a été très chaude- 
ment recommandée par les chimistes agricoles 
allemands pendant la guerre, ceux-ci voyant 
dans une conservation plus parfaite de l'azote 
renfermé dans les excréments des animaux et 
des personne?, le meilleur moyen de compenser 
l'insuflisance des engrais azotés du commerce : 
on n'est pas sans savoir qu'antérieurement 
à 1914 l'Allemagne épandait annuellement sur 
ses cultures une moyenne de 200 000 tonnes 
d'azote — ce qui correspondait à 1 million 
200 000 tonnes de sels azotés — et que la moitié 
de ces engrais se composait de nitrates importés 
du Chili. L'Allemagne, quoique privée du jour 
au lendemain du nitrate de soude du Chili par 
suite du blocus, et étant obligée de consacrer la 
majeure partie des engrais synthétiques qu'elle 
produisait — cyanamide de calcium, nitrate et 
sulfate d'ammoniaque, etc. — à la fabrication 
des munitions, réussit néanmoins à maintenir 
les rendements de ses terres à un niveau à peu 
près aussi élevé que celui d'avunt-guerre; de 
nombreux rapports parus soit dans la presse 
agricole germanique, soit dans la nôtre, en font 
foi. Sans revenir sur cette question, nous nous 
contenterons ici de rappeler que ces heureux 
résultats étaient dus eu bonne partie aux soins 
éclairés que les Allemands prodiguaient au purin 
toutes les fois qu'ils se proposaient d'en consti- 



tuer une réserve suffisante pour pouvoir eu 
arroser une partie de leurs cultures. 

Les principes sur lesquels repose la méthode 
du professeur Soxhlet ne sont pas inconnus des 
bons agriculteurs français : nous savons en effet 
que si le tas de fumier demeure un certain 
temps en couche trop mince ou sans être com- 
pressé énergiquement et à des intervalles régu- 
liers; si on le laisse envahir par ces moisissures 
communément désignées sous le nom de 
« blanc » ; si, enfin, on ne prend pas le soin de 
l'arroser fréquemment pour activer à la fois la 
fermentation du fumier et la production du gaz 
carbonique qui, on le sait, empêche par sa pré- 
sence la dissociation du carbonate d'ammo- 
niaque formé au cours de la fermentation, il se 
produit des pertes d'ammoniaque et d'azote 
libre très notables, susceptibles, dffns certains 
cas, de s'élever à 64 0/0 de l'azote total du 
fumier en une année (D"" A. Wôlcker). 

C'est dans le but de réduire ces pertes au 
minimum que les Allemands évitent de mélan- 
ger l'urine — toujours plus riche que les excré- 
ments solides en azote (1) — au tas de fumier; le 
professeur Soxhlet va même jusqu'à recomman- 
der de disposer l'intérieur des élables de ma- 
nière à ce que « l'urine coule le moins possible 
sur la litièie » et à ce que la quantité de ce 
liquide retenue par la litière pendant son séjour 
à l'étable ou sur la lumière soit aussi faible que 
possible. Cette précaution ne vise à rien d'autre 
qu'à hâter l'écoulement des urines vers la fosse 
à purin, de manière à les soustraire à l'atmos- 
phère relativement, chaude des étables, qui est 
défavorable à une bonne conservation du purin: 
« Il y a des espèces microbiennes qui peuvent 
décomposer jusqu'à 3 gr. 3 d'urée par heure et 
par litre... et leur température optima peut être 
comprise entre 33 et 40° C... »; parmi ces micro- 
organismes, « il y en a qui commencent déjà 
leur action vers 10 à li' C. (Kayser).» La tempé- 
rature des étaliles qui abritent des vaches lai- 
tières ou des bœufs à fengrais étant générale- 



M; Tandis f|ue furine des bovins renferme en 
moyenne 10 0/00 d'azote — le tout sous une forme 
aisémenl soluble, par conséquenl fermenlescible — 
les bouses ne contiennent que 5.9 0/00 de ce môme 
élément, dont 0.6 0/00 seulement sous forme rapide- 
ment soluble (professeur Stutzer). 

D'après Garola, une vache de 500 kiiogr. émettrait 
en une année 9 490 kiiogr. de bouses eto 694 kiiogr. 
d'urines. 



Lk CHICOREE A CAFE 



91 



ment comprise entrs 12 et 15", ou dépassant 
même ce dernier chiffre — ainsi que le cas se 
produit trop souvent dans les fermes mal amé- 
nagées et mal conduites — risque de favoriser 
nettement la fermentation des urines. Sans 
avoir déterminé les pertes subies par les urines 
seules dans les étables, Mimt/- et Girard ont 
démontré expérimentalement que, lorsque l'en- 
semble des excréments solides, liquides, et de 
la litière séjournait quelques jours dans les 
étables (25 à 30 jours), les pertes d'azote pou- 
vaient s'élever à 28.7 0/0 pour les chevaux, à 
36 0/0 pour les vaches laitières et à 50 0/0 pour 
les moutons. 

Pour diminuer dans la plus large mesure pos- 
sible la décomposition de l'urée contenue dans 
les déjections liquides — que nous savons êire 
particulièrement riches en azote aisément soluble 
— et la mise en liberté de carbonate d'ammo- 
niaque qui en résulte, la première précaution à 
prendre consiste à « séparer le plus complète- 
ment possible les excréments liquides des excré- 
ments solides, lors de leur émission et de leur 
conservation », suivant la formule du professeur 
Soxhiet; il est indispensable, en outre, de tenir 
les rigoles d'évacuation du purin dans un état 
constant de propreté, et de leur donner une 
pente suffisante pour que l'écoulement puisse se 
faire dans le minimum de temps (3 à 4 centi- 
mètres par mètre au moins) ; dans le même but, 
il pourra y avoir avantage a employer le strict 
minimum de lilière et à rapprocher suffisam- 
ment les animaux les uns des autres dans l'étable 
(bovins par exemple), pour les forcer à se tenir 
constamment dans une direction à peu près per- 
pendiculaire à celle des manj^eoires et des râte- 
liers : de cette façon, leur urine aura des chanct-s 
de tomber le plus près possible de la rigole et 
de rencontrer le minimum d'obstacles (litière); 
si, par surcroît, on prend la peine de jeter de 
temps en temps quelques seaux d'eau dans les 
ri;.;oles pour mieux entraîner le purin, tout sera 
pour le mieux. 

Voilà pour les détails d'aménagement et d'en- 
tretien relatifs à l'intérieur de l'étable; il s'agit 
à présent de savoir comment utiliser le purin 
émis par les animaux en stabulalion : avant de 
se proposer d'arroser les champs avec cet en- 
grais, il est clair qu'il faudra songer à le re- 



cueillir pendant un certain temps (trois à six 
mois dans la province de Westphalie) dans une 
citerne appropriée et constiluer ainsi un stock 
de liquide assez important pour que cette opé- 
ration vaille la peine d'êlrc tentée. En règle géné- 
rale, les paysans d'Outre-Rhin obtiennent ce 
résultat en donnant à leurs fosses à purin une 
importance supérieure à celle qu'elles ont chez 
nous : c'est ainsi que dans une petite ferme 
westphalienne de 5 hectares, oîi nous avons fait 
un stage forcé de quelques mois à titre de pri- 
sonnier de guerre en 1918 (1), la capacité de la 
citerne à purin atteignait environ 12 mètres 
cubes; elle avait été prévue pour recevoir l'urine 
produite par 3 vaches et par 30 porcs (cheptel du 
temps de paix) et les excréments solides et li- 
quides fournis par 4 personnes (2), le tout allongé 
quotidiennement de 10 à 15 litres d'eau. 

Dans la même ferme, la plate-forme à fumier 
mesurait 4"". 50 sur 3™. 50; en sorte que si, pour 
fixer la capacité à donner à la citerne à purin, 
lors de sa construction, on s'était servi de la 
formule habituelle qui consiste à donner à la 
citerne en question une section égale au 1/20 de 
la surface de la plateforme à fumier, avec une 
profondeur à peu près constante de 2™. 50, on 
aurait été amené à doter cette même ferme d'une 
fosse à purin six fois moins importante : 1 m c. 9G 
environ, au lieu de 12 mètres cubes. Autre 
exemple : dans un domaine d'une soixantaine 
d'hectares appartenant à M. Treibig, agriculteur 
à Utendorf, près de Meiningen (Saxe), la fosse à 
purin — dont la description a fait l'objet de 
rapports dans plusieurs publications agricoles 
allemandes en 1918 — mesure 20 mètres cubes 
et reçoit les urines produites par 30 bovins et 
par 6 chevaux. (Notons, en passant, que dans 
beaucoup d'exploitations d'Outre-Rhin les bovins 
passent près des 4/5 de l'année en stabulation; 
si bien que dans certains cas, comme par 
exemple chez M. Orthmann, à Schependorf — 
duché de Mecklembourg — on peut arriver à 
accumuler jusqu'à 3 mètres cubes d'urines par 
vache de 500 kilogr. et par an dans la fosse à 
purin.) 

[A suivre.) Albert Maupas, 

Propriétaire-agriculteur, ex-stagiaire 
à Grignon. 



LA CHICORÉE A CAFE 



La culture de la chicorée à café est con- 
finée dans quelques départements de la ré- 
gion septentrionale. Pendant la guerre, l'in- 
vasion des cantons dans lesquels cette plante 
était surtout cultivée, a créé, dans la con- 
somniation, une crise qui s'est accentuée du 
fait que la Belgique, qui fournissait au com- 
merce d'importantes quantités de chicorée 
torréfiée, était elle-même sous le joug de 
l'ennemi. Des essais de culture ont été sus- 



cités alors en Normandie et en Bretagne; ils 

(1) Quelques précisions sur les méthodes cultu- 
rales d'Outre-Rhin : Un type de petite ferme allemande 
moderne, par A. Maupas; préface de M. Brétignière. 

(2) On sait que les excréments solides se liquéfient 
rapidement au coutact du purin (travail microbien] 
et qu'il y aurait avantage à installer les W.-C. di- 
rectement au dessus de la citerne à purin dans toutes 
les fermes : ce dispositif permettrait de se servir 
d'une pompe (au lieu d'une écuelle ou d'un seau) 
pour la vidange, et d'éviter ainsi toute mauvaise 
odeur. 



98 



RÉCOLTE DES VINS EN FRANCE EN 1920 ET EN 1919 



ont pris, pendant deux ou trois ans, une 
certaine importance. On s'est imaginé alors, 




Fie. 18. 



Chicorée à café améliorée Vilmorin. 



bien à tort, que la chicorée à café allait faire 
une concurrence dangereuse à la betterave; 



des mesures spéciales furent préconisées pour 
en entraver la culture. Ces mesures étaient 
bien inutiles; dès la fin des hostilités, la 
plante a repris dans sa région de prédilection 
la place qu'elle y occupait naguère, et elle 
paraît avoir disparu ailleurs. D'après les re- 
levés publiés par le ministère de l'Agricul- 
ture, elle a occupé, en 1920, une superficie 
de 5 815 hectares dans les trois départements 
du Nord, du Pas-de-Calais et de la Somme, 
soit un peu plus des deux tiers de la super- 
ficie qui lui avait été consacrée en 1913. 

Aux variétés déjà connues, s'aj.oute cette 
année une nouvelle variété présentée par la 
maison Vilmorin-Andrieux sous le nom de 
Chicorée à café améliorée Vilmorin. D'après 
les indications données, cette variété, sélec- 
tionnée rigoureusement depuis plusieurs 
années dans les cultures de Verrières, s'est 
toujours montrée supérieure par son fort 
rendement en poids, tout en possédant une 
richesse en matière sèche lui permettant 
ainsi de dépasser, comme rapport à l'hec- 
tare, les variétés les plus riches. 

Très vigoureuse, à feuilles entières et 
droites, elle rappelle assez par la forme de 
sa racine la Chicorée à café longue de Bra- 
bant, elle est cependant plus épaisse dans sa 
partie supérieure et surtout de longueur 
moindre, ce qui 'présente un réel avantage 
pour l'arrachage. 

L'ensemble des qualités de cette variété 
permet de prévoir que sa culture pourra se 
généraliser très vite. 

G. Gaudot. 



RÉCOLTE DES VINS EN FRANCE EN 1920 ET EN 1919 

D'APRÈS LES DÉCLARATIONS DE RÉCOLTE 



DÉPARTKME.NTS 



Ain 

Aisne 

Allier 

Alpes (Basses-). . 
Alpes (Hautes-;. . 
Alpes-Maritimes 

Ardèche 

Ariège 



Stock. 



ANNÉE 1920 

RÉCOLTE 

(Quantités 
déclarées.) 



lectolitres 

24 894 

18 

1.0 519 

463 

171 

1 673 

483 

1 54.0 



hectolitres 

46Î 189 

26 .oOS 

328 523 

63 840 

34 466 

62 792 

393 413 

49 042 







Total. 


hectoli 

488 


1res 
083 


26 


526 


344 


042 


64 


303 


34 


637 


64 


465 


402 


898 


50 


587 



ANNEE 19ly 



Stock. 


hectolitres 
6 906 

2 550 
602 
132 
1 991 
4 718 
1 084 



RKCOLTK 


(Quantité 


(lérlar. 


es.) 


hectolitres 


460 


089 


23 


729 


389 


893 


24 


953 


21 


586 


41 


933 


414 


737 


3.'; 


679 



Total. 



hectoli 

466 
23 

392 
25 
21 
43 

419 
36 



1res 

995 
729 
443 
555 
718 
924 
455 
763 



;sUBI)I VISION 
de la récolte de 1020. 



Quantités 

do vin 
représen- 
tées 
par les ven- 
danges 
expédiées. 



Quant 


tés 


viuilii 


os 


sur place 


hectolitres 


463 


189 


26 


508 


328 


523 


63 


070 


34 


466 


61 


884 


393 


239 


49 


042 



hectolitres 



770 



908 
176 



NoT.\. — Les résultats pour l'Algérie ont été publiés antérieurement ,voir le n« du 20 janvier, p. 46). 



RECOLTE DES VINS EN FRANCE EN 1920 ET EN 1919 



99 



DEPARTEMENTS 



Aube 

Aude 

Aveyron 

Bouches-du-Rhône. . 

Cantal 

Charente 

Charente-Inférieure. . 

Cher 

Corrèze 

Côte-d'Or 

Creuse 

Dordogne 

Doubs 

Drôme 

Eure 

Eure-et-Loir 

Gard 

Garonne (Haute-) 

Gers 

Gironde 

Hérault 

Indre 

Indre-et-Loire 

Isère 

Jura 

Landes 

Loir-et-Cher 

Loire 

Loire (Haute-) 

Loire-Iuférieure 

Loiret 

Lot 

Lot-et-Garonne 

Lozère 

Maine-et- Loire 

Marne 

Marne (Haute-) 

Mayenne 

Meurthe-et-Moselle. . 

Meuse 

Morbihan 

Nièvre 

Puy-de-Dôme 

Pyrénées (Basses-) . . . 
Pyrénées (Hautes-) . . 
Pyrénées-Orientales . 

Rhône 

Saône (Haute-) 

Saône-et-Loire 

Sarthe 

Savoie. 

Savoie (Haute-) 

Seine 

Seine-et-Marne 

Seine-et-Oise 

Sèvres(Deux-) 

Tarn 

Tarn-et-Garonne 

Var 

Vaucluse 

Vendée 

Vienne 

Vienne (Haute-) 

Vosges 

Yonne 

Totaux : France. . . 



Stock. 



ANNEE 1920 

RÉCOLTE 

(Quantités 
déclarées ) 



hectolitres 

24 789 

310 32/ 

6 710 

34 357 

880 

16 108 

61 056 

9 967 

934 

79 384 

40 341 
445 

6 468 

5 

178 

49 706 

41 639 



80 841 
130 054 
441 406 

13 247 
121 239 

10 778 

26 503 

10 033 
68 902 
16 177 

463 
44 773 
15 31! 

11 633 
33 369 

222 

48 590 

9 460 

1 402 



183 
247 
21 
211 
383 



568 



173 

10 

7 

1 

1 



162 378 

143 854 

912 

443 

469 

433 

395 

11 

804 

583 

8 164 

36 169 

16 392 

14 592 

16 759 

17 823 
24 261 

2 

153 

47 815 



038 



hectolitres 

136 943 
6 299 403 

271 323 

1 137 101 

2 111 

826 628 

1 481 786 

219 979 

63 261 

413 445 

5 

962 603 

7 598 

280 466 

49 

4 338 

3 364 084 
617 920 

1 075 134 

4 869 934 
13 086 076 

345 972 

1 249 073 

366 254 

137 7ti2 
283 037 

1 309 303 
288 167 

19 376 

973 762 

339 909 

291 643 

793 063 

25 476 

818 009 

280 227 

42 811 

2 150 
91 811 

3 416 
947 

144 673 

403 682 

161 539 

87 938 

2 837 972 
39) 490 

29 731 
897 527 

67 482 
349 775 

96 106 
103 

5 066 
■ 5 328 

180 396 

888 .^91 

493 131 

1 831 988 

64* 323 

637 68 "> 

6'»8 208 

2 841 

5 855 

373 092 



16 031 124 



Total. 



hectolitres 

161 732 
6 609 730 

278 233 

1 191 438 

2 991 

842 736 
1 342 842 

229 946 
64 193 

492 829 

i 003 146 

8 043 

286 934 

34 

4 516 
3 613 790 

639 559 

1 153 995' 

6 000 008 

13 327 482 

339 219 

1 370 312 

377 032 

184 263 

293 072 

1 378 403 

304 344 

19 8.39 

1 020 537 
335 220 
303 280 
826 432 

25 698 
866 399 
289 687 

44 213 

2 224 
95 996 

3 663 
968 

133 886 

415 l'67 

171 397 

90 506 

2 999 530 
735 344 

30 663 

1 070 972 

77 951 

357 210 

97 501 

114 

6 870 

5 911 
188 360 
924 760 
311 323 

1 846 580 

661 284 

653 310 

672 409 

2 843 

6 010 
422 907 



ANNEE 1919 



39 378 162 



Stock. 



hectolitres 

6 688 
57 086 

2 668 
26 830 

7 583 

16 623 

2 460 
562 

24 578 

8 414 
176 

4 454 

1 

43 

23 769 

18 103 

26 484 

371 501 

m 451 

3 887 
21 142 

2 920 

7 231 

8 714 

9 919 

2 004 

93 
9 341 

3 037 
3 940 
9 951 

72 

12 381 
7 204 

608 
5 

1 558 

81 
23 

2 379 

2 892 
10 613 

1 037 

34 031 

21 636 

5i3 

33 985 

1 375 

3 698 
801 

4 
361 
238 

3 135 

13 490 
7 773 

17 362 
16 473 

4 448 
7 332 

1 
42 
443 



13 



1 034 024 



RÉCOLTE 


îQuantités 


déclarées.) 


hectoli 


res 


159 


296 


5 087 


420 


209 


483 


739 


750 


1 


885 


886 


443 


1 721 


194 


237 


053 


34 


497 


424 


352 




8 


852 


120 


10 


381 


253 


199 




43 


5 


622 


2 764 


577 


476 


711 


828 


709 


3 096 200 1 


Il 041 


687 


411 


763 


1 742 


537 


662 


310 


189 


514 


213 


340 


1 M9 969 1 


337 


004 


15 


796 


766 


393 


339 


643 


281 


048 


634 


196 


23 


074 


868 


043 


238 


172 


45 


244 


3 


367 


63 


973 


3 


143 


1 


996 


16i 


737 


341 


142 


103 


915 


63 


070 


3 683 


031 


733 


527 


32 


867 


1 084 


310 


113 


753 


364 


484 


81 


506 




179 


6 


886 


10 


121 


136 


133 


376 


325 


350 


019 


1 046 


322 


366 


681 


326 


818 


537 


297 


2 


098 


3 


166 


442 


UG 


31 461 


887 



Total. 



hectolitres 

165 984 

5 144 506 

212 153 

766 640 

1 885 
894 028 

1 737 817 
259 515 

55 059 

448 930 

8 

860 534 

10 757 

237 653 

44 

5 667 

2 790 346 
494 814 
835 19:< 

3 467 701 
11 136 138 

413 630 

1 763 699 

663 230 
196 743 
224 034 

1 329 88S 

339 008 

15 891 

773 736 

344 700 

284 988 

664 147 
23 146 

880 624 

243 376 

43 852 

3 572 

65 531 
3 224 

2 021 
167 316 
314 034 
114 530 

66 707 
3 717 062 

755 183 

33 44(1 

1 118 295 

113 130 

368 182 

82 307 

183 

7 247 

10 339 

139 270 

390 013 

337 794 

1 063 684 

383 134 

531 266 

544 849 

2 099 

3 208 
435 561 



52 493 911 



SUBDIVISION 
de la récolte de 1920. 



Quantités 

vinifiées 

sur place. 



hectolitres 



136 
6 299 

271 

1 117 

2 

823 
1 481 

219 
63 

405 

962 

7 



3 318 
616 

1 074 

4 869 
13 084 

343 
249 
366 
157 
283 
309 



1 



1 



19 
973 
339 
291 
792 

23 
818 
277 

42 
2 

91 
3 

144 
403 
161 

87 
833 
591 

28 
897 

67 
349 

96 



5 

178 
888 
495 
804 
460 
637 
646 



37: 



233 
420 
483 
032 
883 
320 
041 
044 
497 
499 



120 
391 
855 
43 
622 
940 
293 
709 
200 
438 
763 
537 
302 
137 
340 
969 
004 
796 
395 
643 
04S 
071 
074 
043 
219 
237 
567 
973 
143 
996 
718 
142 
913 
070 
952 
527 
313 
063 
733 
484 
506 
103 
038 
328 
969 
591 
091 
128 
875 
681 
206 
841 
242 
092 



Quantités 

de vin 
représen- 
tées 
par les ven- 
danges 
expédiées. 



hectolitres 



ilO 702 



lOO 



ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE 



SOUSCRIPTION EN L'HONNEUR DE M. TISSERAND 



Quatrième liste des souscripteurs. 

francs 

Souscriptio}is antérieures 6 895 

M. N.K. Calfayan, ingénieur agricole à Gons- 

tantinople ^^ 

Ecole pratique d'Agriculture de Grangeneuve 

(Suisse) -^ 

Association amicale des anciens élèves de 
l'Ecole de Saint-Rétny- Grangeneuve. . . . . . 40 

M. Descours Desacres, président de la Caisse 
régionale de Crédit agricole mutuel du 

centre de la Normandie 100 

Caisse régionale de Crédit agricole mutuel 

du centre de la Normandie .30 

M. Fernand Poisson, Station génétique d'En- 

genville (Loiret) 333 

M. Lecourtier, député, président de la So- 
ciété Tiers-Mandataire de la Meuse 50 

M. J.-Jh. van Ryn, conseiller agricole de la 

Légation des Pays-Bas 100 

M. Monmirel, président du Syndicat de la 

région de Paris 50 

Syndicat agricole de la région de Paris 100 

Syndicat agricole de Craon (Mayenne) 20 

Société commerciale des potasses d'Alsace. 1 500 

M. Louis Thomassin, à Puiseux 20 

Syndicat des agriculteura de l'Indre 100 

Société mutuelle bétail d'Kpeigné-les-Bois 

(Indre-et-Loire) 20 

Assurance mutuelle accidents de La Cha- 
pelle-sur-Loire (Indre-et-Loire) 5 

Union des Syndicats agricoles des Alpes et 

de Provence 20 

M. Cribler, président de l'Offioe agricole dé- 
partemental du Loiret 50 

Société d'encouragement à l'Agriculture de 

l'arrondissement de Gien 20 

Société d'Agriculture de la Loire 20 

Revue de viticulture 50 

Caisse régionale arlésienne de Crédit agri- 
cole mutuel 500 

Syndicat agricole Autunois, à La Comaille 
(Saône-et-Loire) 20 



francs, 

CoQiice agricole de Rohan (Morbihan) 10 

Société d'encouragement à l'Agriculture de 

la Dordogne 100 

M. L. Thiry, directeur de l'Ecole d'Agricul- 
ture Mathieu-de-Dombasle, à Tomblaine 

( -Meurthe-et-Moselle) 20 

Société des agriculteurs de France 500 

Société centrale dAgriculture de l'Aveyron. 200 

MM. Clasen, KauUmann, Stoffel et Zanen, du 

Service agricole du Luxembourg 100 

M. Martial Laplaud, ingénieur agronome, à 50 

Aufl'argis 50 

Société industrielle et agricole d'Angers 20 

Marquis de Vogué 100 

Syndicat agricole et viticole de Manthelan 

(Indre-et-Loire) 20- 

M. Eugène Rousseaux, directeur de la Sta- 
tion agronomique de l'Yonne 20 

Laiterie coopérative de Reignac (Indre et- 

Loire) 25 

Baron Henri de Rothschild 200 

Union des Associations agricoles du Plateau- 
Central 100 

Caisse locale de Crédit agricole mutuel de 

Damery (Marne) 10 

Syndicat agricole de Saint-Patrice (Indre- 
et-Loire) 20 

Comité d'agriculture de Beaune et de viticul- 
ture de la Cîte-d'Or 50 

M. Méline, sénateur 50 

H. Jean Chauzit, professeur d'Agriculture à 
Villefranche-sur-Saône 20 

Total il 258 



Les souscriptions sont reçues au siège de 
la Confédération nationale des Associations 
agricoles (C. N. A. A.), 39, rue d'Amsterdam^ 
à Paris VHP. 



ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE 



Séance du 26 janvier 1921. 

Présidence de M. Lindet. 

Réception de M Alfred Lacroix. 

M. le ministre de V Agriculture ivdiW&xaei l'am- 
pliation du décret approuvant l'élection de 
M. Alfred Lacroix, secrétaire perpétuel de l'Aca- 
démie des Sciences, comme membre titulaire 
dans la Section d'Histoire naturelle agricole. 

M. Lacroix est introduit et M. le président lui 
souhaite la bienvenue. 

Le Comité national du blé. 

M. H. Hitier passe en revue les résultats obte- 
nus en 1920, par le Comité national du blé, grâce 
aux travaux de ses sections, technique, des 



concours, de l'action corporative, de propa- 
gande. Des Comités départementaux, en colla- 
boration avec les directeurs Jdes Services agri- 
coles, les Offices, les Associations agricoles, ont 
organisé des foires aux semences, des atelier» 
de triage, des concours de culture de blé, etc. 

Dès à présent, comme le peut écrire M. Ra- 
baté, le très distingué et dévoué secrétaire gé- 
néral du Comité national du hlé, les résultats 
répondent au but visé lors de la création du 
Comité national, et tout donne à prévoir que 
son action prendra plus d'ampleur encore au 
cours de l'année 1921. 

Dans la Chronique du dernier numéro du 
Journal, page 66, l'on a vu quel était le pro-- 
gramme du Comité pour la campagne 1921. 

La production du blé, en France, n'est pas 



ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE 



101 



certainement ce qu'elle pourrait être; sans doute 
les rendements que nous obtenons dans toute la 
région du Nord et de l'Ile-de-France peuvent 
être mis, sans désavantage pour nous, en com- 
paraison avec les rendements obtenus en An- 
gleterre, en Belgique, en Allemagne dans des 
conditions de sol et de climat analogues — et 
ce sont seulement avec ces régions présentant 
le même milieu naturel que l'on peut établir 
ces comparaisons de rendement comme l'a 
montré M. Henry Sagnier; — quant aux rende- 
ments de blé de nos régions du Sud-Est et du 
Sud-Ouest c'est avec ceux obtenus dans des 
conditions beaucoup plus rapprochées de sol et 
de climat, en Italie et en Espagne, qu'il faudrait 
les comparer. Néanmoins, dans toutes nos ré- 
gions, des progrès dans la culture, du blé sont 
à réaliser; pour aboutir le plus tôt possible à un 
résultat, l'effort doit porter sur les régions qui 
cultivent les plus grandes étendues en blé, parce 
que possédant des terres aptes à cette produc- 
tion ; et, il y a lieu, dans l'ensemble de ces ré- 
gions, de s'attacher d'une façon spéciale à amé- 
liorer la culture de celles qui donnent les plus 
faibles rendements. M. Rabaté a dressé, à cet 
égard, un tableau tout à fait suggestif. 

Après avoir établi les chiffres moyens de sur- 
faces en hectares et des rendements en quintaux 
à l'hectare pour la période 1905-1914, il a calculé 
pour chaque département, le coefficient obtenu 
en divisant le nombre des milliers d'hectares 
emblavés par!,le rendement à^'hectare. Plus le 
coefficient ainsi obtenu est élevé, plus l'effort 
relatif d'amélioration doit être considérable. 

A la lecture de ce tableau, on se rend aussitôt 
compte des efforts à réaliser et des résultats à 
espérer, dans des régions comme celle de l'Ouest : 
Maine et-Loire, Vendée, Loire-Inférieure, Ille- 
et-Vilaine ensemençant plus de 140 000 hectares 
de blé dans chacun de ces départements sans 
atteindre un rendement moyen de 14 quintaux; 
comme celle du Sud-Ouest: Lot-et-Garonne, Dor- 
dogne, Gers, Haute-Garonne, Charente, Cha- 
rente-Inférieure, etc., ensemençant plus de 
110 000 hectares de blé et n'atteignant pas un 
rendement de 12 quintaux à l'hectare. 

Dans ces régions un bon assolement, permet- 
tant avant tout de nettoyer le sol, de le débar- 
rasser des mauvaises herbes paraît être la base 
de toutes les autres améliorations dans la cul- 
ture du blé; or c'est malheureusement, prati- 
quement, la plu:> difficile à réalis^^r. Cependant 
c'est seulement alors que rationnellement, on 
peut employer les engrais, sans risque de les 
voir profiler surtout aux plantes adventices. 

On reproche à notre agriculture, d'une façon 
générale, de ne pas employer assez d'engrais, 

Ily a à cela de multiples raisons : le prix très 
élevé de ces engrais; le prix, encore plus élevé 
relativement des sacs et des transports, qui sou- 
vent double et parfois plus le prix de l'engrais 
non logé à l'usine ou à la mine, pour les scories 
et la potasse par exemple. Mais il y a surtout 
cette raison que, en ce moment, l'agriculteur 



producteur de blé n'a pas d'argent disponible 
parce qu'il ne peut vendre son blé. De tous les 
côtés, en France, les plaintes sont unanimes; 
les meuniers déclarent leurs moulins encombrés 
et se trouver alors dans l'impossibilité d'acheter 
du blé aux cultivateurs. Le producteur de blé se 
trouve très gêné et à court d'argent, non seule- 
ment pour acheter des engrais, mais pour payer 
les notes de fin d'année, le propriétaire, le bour- 
relier, le charron, le maréchal, etc. 

A cela, heureusement, il y a un remède, et 
d'autant plus facile qu'il ne coûtera rien à l'Etat, 
au contraire; c'est celui que réclament tous les 
agriculteurs; le retour au régime normal d'avant 
guerre pour les transactions commerciales et la 
liberté des transports. L'expéi^ence de celte 
dernière année, après celle des années de 
guerre, apparaît en effet de plus en plus déci- 
sive à cet égard. 

M. Viger rappelle que, ces jours derniers, 
s'est tenu le Congrès de la Fédération des agri- 
culteurs du Centre, réunissant des centaines de 
producteurs de blé. Tous nous ont dit avoir fait 
la plus grande propagande en faveur des ense- 
mencements de blé, avoir multiplié les efforts 
pour se procurer des engrais et des semences, et 
maintenant être déçus parce qu'ils ne peuvent 
pas vendre le blé de la dernière récolle. 

M., le marquis de Vogué ajoute que l'émotion qui 
règne dans les pays où l'on se borne à la culture 
du blé est considérable parce qu'on redoute avec 
raiBon l'invasion des blés étrangers, que le Ser- 
vice du ravitaillement s'est procuré en grande 
quantité. 

M. Méline remarque qu'en effet si notre pro- 
chaine récolte n'est pas déficitaire, ce qu'il faut 
souhaiter, il peut y avoir une énorme quantité 
de blés exotiques jetée sur le marché au moment 
de la soudure; baisse considérable et une situa- 
tion pire que l'an dernier pour les agriculteurs. 

M. Henry Sagnier constate que non seulement 
le Service du ravitaillement a acheté des quan- 
tités de blé très supérieures aux besoins de 
notre consommation, mais que ces blés ont été 
achetés aux Etats-Unis et au Canada avant la 
baisse, c'est-à-dire à des cours excessifs. 

D'autre part, les agriculteurs n'ont-ils pas 
raison de se plaindre d'abord qu'on ne veuille 
pas prendre leur blé actuellement, et ensuite 
qu'après la réquisition de quantités relativement 
importantes au mois d'août, il n'ait pas encore 
été payé la moindre somme? 

M. Massé montre la nécessité de revenir le plus 
tôt possible à la liberté pour permettre aux 
moulins de travailler et de livrer des sons aux 
pays d'élevage. 

M. René Berge demande le rétablissement du 
marché à terme sur les blés afin de régulariser 
les cours, au moyen d'une spéculatiou très 
licite. 

M. le Président propose le renvoi de la question 
à la Section de (îrande Culture, afin d'émettre 
un avis qui serait présenté à l'Académie {adopté). 

H. H HIER. 



102 



CORRESPONDANCE 



CORRESPONDANCE 



— M. E. F. {Seine-et-Oise). — i° Vous désirez 
planter sur un plateau silico-calcaire une tren- 
taine de pommiers à cidre appartenant, autant 
que possible, à des variétés à floraison tardive, 
a(in d'éviter les gelées de printemps. Je vous 
conseille les quatre variétés suivantes : Binet 
rouge, Binet violet. Doux Normandie, Fréquin 
tardif ou Tardive de la Sarthe. Les arbres sont 
très fertiles, vigoureux et fleurissent à la fin de 
mai ou dans les premiers jours de juin; ils 
produisent des pommes d'élite. Ces variétés 
étant très connues, vous avez toute chance de 
les trouver dans une pépinière assez impor- 
tante, 

2» Voici succinctement comment faire la plan- 
tation : a) Creuser de suite des trous ronds de 
2 mètres de diamètre et de 0™.50 à 0™.60 de pro- 
fondeur; b) déposer sur les bords du trou en 
trois tas : le gazon, la terre arable, le début du 
sous-sol et les remettre ensuite en sens inverse 
sur les racines; c) mélanger la bonne terre avec 
du fumier, du compost ou des matières fertili- 
santes bien décomposées, mais jamais avec du 
fumier pailleux qui pourrait communiquer le 
blanc aux racines; d) si le calcaire existe en 
quantité notable, mélanger intimement à la 
terre placée sur le pourtour des racines 100 gr. 
de sulfate de fer en poudre ; e) éviter de planter 
profondément et placer l'arbre de manière que, 
le tassement opéré, le collet se trouve à O'^.OS à 
0™.10 au-dessus du sol; /") planter à la fin de 
février ou au début de mars, à moins que les 
conditions climatériques ne soient très con- 
traires. — (A. T.) 

— N" 6S14 (Eure). — Nous ne pouvons vous 
donner d'indication précise, n'ayant pas essayé 
la machine en question, et n'ayant aucun résul- 
tat de personnes en ayant fait un usage régulier; 
demandez des références à son sujet et rensei- 
gnez-vous auprès des personnes qu'on vous 
indiquera. 

Comme il s'agit d'un puits, l'eau doit être dé- 
pourvue de matières en suspension; dans ce 
cas, l'usure d'une pompe est très faible. Ce sont 
les matières en suspension dans l'eau, même 
celles qui sont très ténues et rendent seulement 
l'eau trouble ou louche, qui usent les organes 
des pompes rotatives ou à piston; cependant, 
les pompes à piston sont, jusqu'à nouvel ordre, 
considérées comme ayant une p'us grande 
durée, les autres convenant surtout pour des 
hauteurs totales d'élévation ne dépassant pas 
5 ou 6 mètres. Pour la pompe à piston, la mai- 
son dont vous parlez est très recommandable. — 
(M. R.) 

— M. C 8. (Aisne). — L'essai de réception 
d'un moteur livré à l'Etat se fait chez le cons- 
tructeur. Le moteur est pourvu d'un frein 
accepté par le Service compétent. Le moteur 
doit tourner sans aucun arrêt pendant six heures 



en développant au moins la puissance pour 
laquelle il est vendu, ou plus si cela est possible. 
La consommation de combustible n'est contrôlée 
que sur les deux dernières heures de fessai. — 

(M. n.) 

— M. E. C. [Seine-et-Oise). — Il eut été utile 
de connaître la constitution physique de vos 
terres pour établir une fumure rationnelle 
aux engrais cliimiques. La faible teneur en chaux 
(moins de i 0/0) indique une terre peu calcaire. 
Nous vous conseillons donc un phosphatage de 
fond avec 800 kilogr, de scories à l'hectare. Le 
blé viendra sur arrière-fumure organique, que 
vous pourrez compléter à l'automne par l'emploi 
de sang desséché et, au printemps, par du ni- 
trate de soude (150 kilogr.). 

La cianamide peut remplacer le sulfate d'am- 
moniaque, surtout dans vosterres peu calcaires, 
en répandant un peu avant les semailles, à la 
même dose environ que le sulfate. — (M. S.) 

— M. L. A. (Tarn).] — Pour l'achat de graines 
de sorgho, ilj faudrait 'entrer en] rapport îavec 
des négociants en grains des départements du 
Sud-Est, où cette céréale est cultivée. Voici deux 
adresses : M. E. Bermond, à Nîmes (Gard); 
M. Fournier, à Avignon (Vaucluse). — (F. L.) 

A divers. — Aucune disposition des règle- 
ments sur la vente des sons n'autorise les meu- 
niers à exiger pour les sons, livrés au moulin, 
un prix supérieur à celui de 47 fr. fixé par le 
décret du 25 août 1920. Il est inexact que ce prix 
ne s'applique qu'aux sons vendus aux agricul- 
teurs ayant livré du blé au meunier. 



Avis. 

Nous appelons de nouveau l'attention de nos 
abonnés sur les dispositions prises au sujet de la 
Correspondance . 

i° Adresser sous enveloppe, au nom du Secré- 
taire de la Rédaction, 26, rue Jacob, toute de- 
mande de renseignements. 

2° Joindre à toute demande de renseignements 
la bande d'adresse sous laquelle le journal est 
envoyé, et qui porte le numéro d'abonnement. 

3° Ne nous adresser qu'une seule question à 
la fois. Si exceptionnellement on a deux ques- 
tions à nous poser, écrire chacune d'elles sur 
une feuille à part. 

4'» Ne jamais nous fixer un délai quelconque 
pour la réponse, et encore moins nous demander de 
répondre dans le prochain numéro, ce qui est le 
plus souvent impossible. 

5" Ne nous adresser que ce que nous pouvons dé- 
truire après ravoir lu. 

Il ne faut jamais nous renvoyer à une lettre 
précédente. 



REVUE COMMERCIALE 



103 



LA SEMAINE MÉTÉOROLOGIQUE 

Semaine du 23 au 29 janvier 1921 {OBSERVATOIRE DU PARC SAINT-MAUR) 



JOURS 

BT DATES 



ce a 
Pi •« 



millibars. 

Dira 23 ianv.'l030.6 

I 
Lundi 24 — 1024.5 

Mardi.... 25 — .1021.1 

Mercredi. 26 — 1022.8 

Jeudi.... 27 — .1021.9 

Vendredi 28 — 1029.2 

Samedi.. 29 — 1025.0 

Moyennes et totaux 1025.9 
Ecarts sur la normale -j-7 7 



TEMPÉRATURE 



à 

a 

'S 


à 

a 

ce 


^"A 


906 


8.0 


10.1 


7.0 


11.1 


5.6 


10.0 


4.4 


10 2 


0.4 


10.0 


8.0 


9.8 


5.5 


10.1 


+ 5-5 


+4.2 



7.5 
9.2 



Vent. 



+ 3 0; 

+ 6.7 [S O 



.5 + 6.0 S 

.0 .+ 5 4' S 
N 
S 
S 



7.9 


+ 5.3 


6 


+ 3.4 


8.8 


+ 6.1 


8.0 


+ 5.4 


•> 



« ;- 



beites 
0.9 

0.0 

2 

1.7 

2 

0.0 

0.0 



an lien de 
63 h. 4 
dar. thèor. 



REMARQUES DIVERSES 



millim. 
0.2 Pluie la nuit, temps couvert. 

0.2 [Temps couvert, bruiue après 

I midi, 
0.1 Pluie la nuit, temps couvert. 

0.3 Rosée le mat., temps couvert, 

I pluie le soir. 
2.7 IPluie la nuit, temps couvert. 

2 Gelée bl. et brouill. le mat., 

temps couvert. 
0.0 Bruine à 8 h., temps couvert. 



Pluie depuis le 1" janvier 

En 1921 l»-"" 

Normale 38 



REVUE COMMERCIALE 



Sitnation agricole. — La huitaine écoulée a été 
marquée par un temps doux, avec journées tour à 
tour ensoleillées, brumeuses et même légèrement 
pluvieuses. On a pu continuer activement la prépa- 
ration des terres destinées aux emblavures de février 
et mars ; il est à souhaiter que l'on doone de l'ex- 
tension aux blés de printemps. 

Les céréales d'automne continuent à présenteri 
dans la plupart des régions, un aspect satisfaisant. 

Blés et farines. — Les achats de blés à la culture 
manquant toujours d'activité, les mêmes plaintes se 
renouvellent à l'égard du Service du ravitaillement- 
Des farines défectueuses ou contenant une trop forte 
proportion de succédanés ayant été fournies aux 
boulangeries, la mauvaise qualité du pain donne lieu 
à des récriminations. 

En Amérique, en tenant compte du change, les 
prix du blé ont subi une forte baisse pendant la 
huitaine. On paie aux 100 kilogr. : 98 fr. 68 à New- 
York pour le disponible; 80 fr. 05 à Chicago pour le 
livrable en mars; 84 fr. 89 à Buenos-Ayres pour le 
livrable en février. 

Sons. — On ne constate aucune reprise des ventes; 
aussi les cours se maintiennent au-dessous de la 
taxe. On cote de 40 à 45 fr. le quintal pris au mou- 
lin. 

Céréales diverses. — Offres plus importantes en 
avoine et demande faible; la baisse s'est accentuée 
de 1 fr. par quintal. L'exportation serait seule ca- 
pable de provoquer le relèvement des cours. Aux 
100 kilogr. départ, on cote les avoines noires du 
Centre, 54 fr.; les avoines grises d'hiver du Centre et 
du Poitou, 54.50 à 55 fr.; les avoines grises de Brie et 
de Beauce, 54 à 55 fr.; les avoines blanches de la ré- 
gion du Nord, 53 à 54 fr.; celle de l'Est, 51 à 52 fr. 



Sur les orges et les escourgeons, on note un nou- 
veau fléchissement de 1 fr. à 1 fr. 50 par quintal. Aux 
100 kilogr. départ, on cote les orges de Brie et de 
Beauce, 87 à 88.50; de Champagne, 86 à 86.75; de la 
Mayenne et de la Sarthe, 86 à 87 fr.; de l'Ouest, 74 à 
75 fr.; les escourgeons, 78 à 79 fr. 

Les cours ont fléchi sur les mais qui valent, aux 
100 kilogr., de 70 à 75 fr. dans les Landes, les Basses- 
Pyrénées et la Côte-d'Or. 

Nouvelle baisse de 1 fr. sur les sarrasins, de 1 fr. à 
2 fr. sur les sorghos. Aux 100 kilogr. départ, on paie 
les sarrasins de l'Ouest, 74 à 76 fr.; les sorghos du 
Sud-Est, 38 fr. 

Fourrages. — Au marché de La Chapelle, l'offre 
ayant augmenté et la demande étant plutôt faible, 
les cours des fourrages ont rétrogradé de à 10 fr. 
par 100 bottes. On a coté : luzerne, 155 à 170 fr.; re- 
gain, 130 à 150 fr.; foin, 130 à 150 fr., le tout aux 
100 bottes, rendues à Paris. 

Dans le Centre, l'Est et le Sud-Est, les prix des 
foins varient de 18 à 23 fr. les 100 kilogr. départ. 

Pailles. — Les mêmes causes qui ont occasionné 
la baisse des fourrages ont provoqué celle d' « pailles, 
cotées comme suit, au marché de La Chapelle, par 
100 bottes rendues à Paris, au domicile de l'acheteur : 
paille de blé, 50 à 60 tr.; paille d'avoine, 40 à 50 fr.; 
paille de seigle, 80 à 100 fr. 

On paie aux 100 kilogr. départ la paille de blé : 
Brie. Beauce, Loiret, 7 à 9 fr.; Auvergne, 10 à 11 fr.; 
Franche-Comté, 9 à 11 fr. Les pailles d'orge et 
d'avoine sont cotées de 7 à 10 fr.; la paille de 
seigle en gerbes, de 11 à 13 fr. 

Bétail. — Au marché de La Villette du lundi 
31 janvier, la modération de l'oflre a grandement 



104 



REVUE COMMERCIALE 



facilité la vente du gros bétail, dont les cours ont 
progressé de 50 centimes par demi-kilogramme net. 
On a vendu les bœufs de l'Orne, de la Manche, de 
rAUier et de Saône-et-Loire, 4.20 à 4.60; de la 
Haute-Vienne, 4.10 à 4.50; de la Mayenne et de la 
Sarthe, 4 à 4.40; de Maine-et-Loire et de la Loire- 
Inférieure, 4 à 4.35; de la Vendée, 3.85 à 4.13; les 
génisses, 4.50 à 4.65 ; les bons taureaux, 8.85 à 4.45. 

Pour les mêmes raisons, la hausse a atteint de 23 à 
50 centimes sur les veaux cotés comme suit : veaux 
d'Eure-et-Loir, Seine-et-Marne, Seine-et-Oise, Loiret 
et Yonne, 6. .30 à 6.83; de la Mayenne, 5.80 à 6.25; 
de l'Aube, 6.23 à 6.50; veaux médiocres de toutes 
provenances, 4.75 à 5.30 le demi-kilogramme net. 

Sur les moutons, hausse de 15 à 23 centimes par 
demi-kilogramme net. On a vendu les moutons de 
TAUier, de la Nièvre et du Cher, 5.23 à 5.15; If s 
métis, 5 à 5.23: les agneaux, 6 fr.; les moutons 
du Midi, 4.60 à 5.25; les brebis du Midi, 4.30 à 3 Ir. 
le demi-kilogramme net. 

Les cours des porcs ont progressé de 15 à 23 cen- 
times par demi-kilogramme vif. On a payé les 
porcs gras, 2.73 à 3 fr., les coches, 2.23 à 2.30. 

Voici le relevé des marchés des jeudi 27 et lundi 
du 31 janvier : 

Marché du jeudi 20 janvier. 
Entréesdirecles 
aux abattoirs. Réserves 





Ainenés. LaVilL Vaug. 


La Vil). 


Vaug. 




têtes têtes têtes 


têtes 


tètes 


Bjeufs 


1 503 1 






Vaches 


660 [ 318 63 


3j)7 


183 


Taureaux.. 


167 S 






Veaux 


1 004 350 6"3 


134 


m 


Moutons . . 


6 918 1 156 384 


1 510 


580 


Porcs 


2 680 1 042 1 120 


480 


382 




Prix maxima 


du kilogramme. 




Au poids net. 


Au p 


oids vif. 




!'• q. 2» q. 3« q. 


Prix extrêmes. 


Bœufs . . 


7 80 7 10 6 fO 


1.95 


à 4.86 


Vaches. . 


7 90 7 20 6 50 


1.95 


4.92 


Taureaux... 7 20 6 80 6 50 


1.95 


4.62 


Veaux. . . 


It 30 10 00 8 40 


3.f0 
3 12 


7 80 


Moutons 


... 11 00 8 00 7 00 


5.52 


Porcs... 


9 00 8 72 8 00 


4 00 


6.60 




Marché du lundi 31 janvier. 






Entrées directes 








aux abattoirs. 


Réserves 



Amenés. LaVill. 
têtes 



Bœufs. . . . 
Vaches . . . 
Taureaux. 

Veaux 

Moutons . . 
Porcs 




Vaug. 

têtes 

89 

198 
391 
837 



La ViU. 
tètes 

238 

254 

1 160 

410 



Vaug. 
têtes 

82 

28 
240 
416 



Prix maxima du kilogramme. 

Au poids vif. 



Au poids net 

q. 2' q. 3- q. 



Bœufs.. . . 
Vaches .. 
Taureaux 
Veaux . . . 
Moutons . 
Porcs 



8.92 
9. 02 
8.40 
13.00 
11.00 
9.16 



8.26 
8.36 
8.00 
12.00 
10.00 
9.00 



7.60 
7.60 
7.60 
11 00 
9 00 
8.58 



Prix extrêmes. 

2.50 à 5.52 
2.50 5.58 
9.50 5.23 
3.80 8.22 
2.97 5.61 
4.30 6.50 



Dans les départements, on cote : 

Bordeaux, par kilogr. poids jvif : bœufs, 3.40 à 
4.20 ; vaches, 3 à 3.80 ; porcs, 6 à 6.30; par kilogr. 
poids net : moutons, 9.50 à 11 fr.; veaux, 9 à 10.50. 

Dijon, par kilogr. poids vif : veaux, 6.30 à 6.90; 
porcs, 6.30 à 6.30; par kilogr. net : moutons, 8.50 à 
11.50. 

Lille, par kilogr. poids net : bœufs, 9 à 9.40; 
veaux, 12 à 14 fr. ; moutons, 9 à 11 fr. ; porcs, 9 à 
10 fr. 

Lyon-Vaise, par kilogr. poids vif : 
5.70; porcs, 5.40 à 6.10; veaux, 5.81 
kilogr. net : moutons, 11.50 à 12.50. 

Marseille, par kilogr. poids net : 
8.50; vaches, 7 à 8 fr.; moutons, 10.75 
kilogr. vif : porcs, 5.25 à 5.75. 

ISancy, par kilogr. poids net 
vaches, 7 à 9.50; moutons, 
kilogr. vif : veaux, 7.30 à 8.20; 

Sautes, par kilogr. poids vif 



bœufs, 4.20 à 
à 7.10; par 

bœufs, 8.25 à 
11 fr.; par 



50; 
par 



: bœufs, 9 à 9 
11 à 13.25; 
porcs, 6 à 6.80. 
: bœufs, 4 à 4.20 ; 



vaches, 3.90 à 4.10; veaux, 5.75 à 6.73; moutons, 6 
à 6.20. 

Vins. — Le mouvement de hausse s'est arrêté et 
les derniers cours accusent de la faiblesse. Sur les- 
marchés méridionaux, les vins rouges sont cotés à 
l'hectolitre : 63 à 80 fr. à Montpellier, 62 à 80 fr. à 
Narbonne, 60 à 80 fr. à Nîmts, 60 à 75 fr. à Béziers, 
62 à 90 fr. à Perpignan. Les vins blancs de mêmes 
provenances valent de 83 à 113 fr. l'hectolitre. 

A la foire aux vins d'Anjou, qui a eu lieu à An- 
gers du 8 au 11 janvier, les vins ordinaires ont été 
payés de 250 à 330 fr. la barrique de 220 litres et 
les vins de bouteilles, de 400 à 500 fr. la barrique. 

Dans le Loiret, les vins rouges sont cotés 103 à 
103 fr. et les blancs 1 13 à 120 fr. l'hectolitre. 

Transactions presque nulles dans la Loire-Infé- 
rieure, où l'on paie par barrique de 225 litres : 
muscadet, 350 à 410 fr.; gros plants, 150 à 220 fr. 

En Algérie, à Alger, on paie les vins rouges de 
l^' choix 45 à 70 fr.; de 2«, 37 à 50 fr.; les vins 
blancs, 70 à 75 fr. 

Graines fourragères. — Demande moins active 
en trèfle violet; cours plus fermes sur la luzerne. On 
paie aux 100 kilogr. départ : luzerne de pays, 300 à 
500 fr.; luzerne de Provence, 625 à 750 fr.; trèfle 
violet, 300 à 450 fr.; trèfle hybride, 700 à 900 fr.; 
trèfle blanc, 1 200 à 1500 fr.; anthyllide, 600 à800fr.; 
lupuline, 180 à 240 fr.; ray-grass, 163 à 185 fr.; vesces 
de printemps, 60 à 75 fr.; maïs, 75 fr.; saiufoin, 
80 à 103 fr. 

Lins. — .\ Bergues (Nord), les lins teilles valent 
de 8 à 11 fr. le kilogr. et demi. 

Pommes de terre et Fécules. — Nouvelle baisse 
sur la Saucisse rouge, (ta paie aux 100 kilogr. dé- 
part, par vagon : Sau'isse rouge, 17 à 20 fr.; Ronde 
jaune, 17 à 20 fr.: Institut de Beauvais, 16 à 19 fr.; 
Flouck, 26 à 27 fr. 

A Epinal, la fécule l^e est cotée de 120 à 123 fr. 
les 100 kilogr. gares des féculeries. 

Huiles. — A Dijon, on cote aux 100 kilogr. : 
huile de colza et de navette pressée à froid, 440 à 
460 fr.; pressée à chaud, 400 à 430 fr. A Marseille^ 
l'huile d'ulive de Tunisie vaut 700 fr., celle des 
Ruuches-du-Uhône, 800 fr. les 100 kilogr. 

B. Durand. 

Le Gérant : Charles Dltreix. 

Paris.  L. Maretueux, imprimeur, 1, rue Cassette. 



CHRONIQUE AGRICOLE 



105 



CHRONIQUE AGRICOLE 



Les ensemenceaientà des céréales d'automne. — Comparaison avec les éva'ualions de l'acnée précédente. 

— Accroissement de la culture du blé dans toutes les régions. — Appréciation sur l'état des cultures au 
l«i' janvier. — Suite de la discussion du budget de l'Agriculture à la Chambre des Députés. — Les 
encouragements à l'Agriculture. — Ajournement du Concours général agricole de Paris. — Les encou- 
ragements à la culture mécanique. — Subventions aux Offices agricoles. — Les primes à la séricicul- 
ture et à la culture du chanvre et du lin. — Le crédit agricole. — Service de la main-d'œuvre. — Dis- 
cussion à propos des haras. — Protection des forêts. — Destruction des sangliers. — Décret relatif aux 
certificat-, d'abalage des veaux. — Exportation des pommes de terre et des haricots. — Vœu relatif au 
marché à terme pour les sucres. — Nécrologie : mort de M. Ernest Robert. — Rapport du miuistre de 
l'Agriculture sur les encouragements à la culture mécanique. — Reltvé des subventions accordées de 
1916 à 1918. — Syndicat des distillateurs de lavande dans les Rass-es-Alpes. — Compte rendu du 
Congrès de la Mutualité et de la Coopération agricoles. — Effets de la chloropicrine sur la germination 
des semences. — Observations de M. Miège. — Prochaine exposition des industries agricoles à Melun. 

— Commerce du bétail et de la viande à .Madagascar. — Appel de l'Union civique. 



Les céréales d'automne. 

he minislt';ie de IWgriculture (Office de 
reriseignements agricoles) a publié les éva- 
luations qu'il a réunies à la dale du 1*' jan- 
vier sur les ensemencements de céréales 
d'automne el sur l'état des cultures. 

Voici, pour les surfaces ensemencées, la 
compar;.ison avec les évaluations faites à la 
même date de l'année précédente : 

1921 1920 Différences. 



Blé d'hiver.. . 

Méteil 

Seigle 

Orge d'biver.. 
Avoine d'hiv. 



lieclaros. 
4 911 910 
97 500 
830 400 
14i 500 
■i4S MO 



hectares. 

4 601 000 

92 780 

192 760 

140 170 

741 760 



hectares. 
-f 310 910 
-f 4 720 
4- 37 640 
+ 4 330 
+ 6 350 



L'ensemble des céréales d'automne couvri- 
rait, d'après ces évaluations, près de 364 000 
hectares de plus que l'année précédente. 
L'accroissement dans les surfaces semées en 
blé formerait la plus forte partie de celle dif- 
férence. On doit se réjouir de cet accroisse- 
ment, mais on ne saurait oublier qu'avant la 
guerre il élait ensemencé environ G 300 000 
hectares en blé d'aulonme. 

Voici, en ce qui concerne le blé, comment 
est répartie entre les diverses régions la dif- 
férence d'une année à l'autre : 

19-n 19J0 Différences. 

Réf,'ions. hectares hectares hectares 

Nord 037 410 809 650 -|- 147 760 

Est 384 850 347 760 -f :^' ^^90 

Ouest 1 088 850 i 056 900 + 31 950 

Centre 688 8-50 675 300 +13 550 

Est central 460 2;i0 431560 +28 650 

Sud-Ouest 755 100 695 700 + 59 400 

Massif central.. 339 630 327 700 +11930 

Midi 237 020 256 430 —19 410 

Totaux 4 911 910 4 601 000 + 310 910 

Toutes les régions, à l'exceplion de celle du 
Midi, accusent un accroissement plus ou 
moins important. C'est la région du Aord qui 

12 Février 1921, — N» 6. 



vient en tête; elle figure pour 47 1/2 0/0 
dans le total de l'accroissement. Dans les sur- 
faces gagnées par le blé dans celte région, les 
départements de l'Aisne, du Pas-de Calais, 
du Nord, de la Somme et de l'Oise entrent 
pour iOO 000 hectares environ. 

Les notes sur l'élat des cultures sont expri- 
mées, suivant la méthode ordinaire, par des 
coefficients qui signifient :^100, h^ès bon; 80 à 
99, bon; 60 à 79, assez bo7i, etc. Les notes 
moyennes données pour l'ensemble des cul- 
tures sont les suivantes : blé, 69 en 1921 
contre 68 en 1920; méteil, 72 contre 69; 
seigle, "2 contre 69; orge, 71 contre 68; 
avoine, 73 contre 69. Pour le blé, sauf dans 
quelques rares départements |dans plusieurs 
régions : Somme, Pas-de-Calais, Meuse, 
Haute-Marne, Loire-Inférieure, Doubs, Cher, 
les coefficients moyens sont généralement 
bons; ils atteignent leur maximum dans la 
région du Sud-Ouest. 

On doit regretter que les renseignements 
relatifs à l'Alsace et à la Lorraine ne figurent 
pas dans ces documents. 

Le budget de l'Agriculture. 

Plusieurs discussions intéressantes se sont 
déroulées devant la Cfiambre des Députés 
dans la discussion du budget du ministère 
de l'Agriculture. Celle-ci avait été préparée 
par un important rapport de M. Dariac, au 
nom de la Commission des Finances. 

La première discussion a porté sur le 
crédit des encouragements à l'agriculture. 
Le chiftre ^proposé par la Commission des 
Finances, savoir 7 200 000 fr., a été finale- 
ment adopté. 

Dans le projet primitif, une somme de 
2 500 000 fr. avait été demandée par le mi- 
nistre de l'Agriculture pour les grands con- 
cours agricoles, notamment pour le concours 
général prévu à Paris au mois de juin 1921. 
La Commission des l'inances a repoussé ce 

Tome I. — 6 



106 



CHRONIQUE AGRICOLE 



crédit, d'accord avec l'ancien ministre, tant 
pour motif d'économie qu'à défaut de l'em- 
placement nécessaire. Il n'y aura donc pas 
de concours à Paris en 1921. A celte occa- 
sion, une nouvelle discussion s'est engagée 
à propos de la construction du Palais de 
l'Agriculture; depuis la convention entre 
l'Etat et la Ville de Paris, signée en mai 1919, 
la solution ne paraît pas avoir beaucoup 
avancé; aucune installation, même provi- 
soire, n'a pu se réaliser. Il est à craindre 
qu'il en soit encore de même en 1922. 

M. Ambroise Rendu avait proposé un re- 
lèvement de crédit qui serait appliqué sur- 
tout à la motoculture ou culture mécanique. 
Ce relèvement n'a pas été adopté; mais sur 
les suggestions de M. hendu et du général 
de Castelnau, appuyés par M. Dariac, rap- 
porteur, et d'accord avec M. Lefebvre 
du Prey, ministre de l'Agriculture, il a été 
entendu qu'une Commission interministé- 
rielle serait chargée de rechercher le trac- 
teur qui pourra à la fois rendre service à 
l'agriculture et à l'armée en cas de mobilisa- 
tion. C'est un idéal qu'il sera peut-être diffi- 
cile de réaliser, mais qu'il est bon de re- 
chercher. 

Une discussion prolongée a été ouverte à 
propos des crédits destinés aux Offices agri- 
coles. Ces crédits s'élevaient, pour l'an- 
née 19^0, à 22 800 000 fr.; à la demande du 
ministre des Finances, ceux pour l'exercice 
1921 avaient été réduits à la somme de 15 mil- 
lions. Mais MM. Théveny et Plissonnier ont 
demandé le relèvement des crédits à leur 
ancien taux, et ils ont vigoureusement dé- 
fendu cette proposition contre laquelle le 
ministre des Finances et M. Gasl se sont non 
moins vigoureusement élevés. Après l'inter- 
vention de plusieurs autres députés, M. Da- 
riac, rapporteur, a proposé une transaction 
par laquelle la somme totale accordée s'élè- 
verait à 22 millions de francs, ainsi décom- 
posés : 1" subventions aux Offices départe- 
mentaux, 17 200 000 fr.; 2°subventions aux 
Offices agricoles régionaux, 2 400 000 fr.; 
3° subventions aux Centres nationau.'i d'expé- 
rimentation, 400 000 fr.; 4° recherches scien- 
tifiques appliquées à l'agriculture, 2 mil- 
lions. Cette combinaison, acceptée par le 
ministre des Finances, a été adoptée. 

L'an dernier, le Gouvernement s'était en- 
gagé à déposer un projet de loi ayant pour 
objet la suppression des primes à la sérici- 
culture et à la culture du lin et du chanvre. 
Ce projet a été déposé le 12 janvier dernier. 
Mais le projet de budget comportait le main- 
tien de ces allocations. £n présence de cette 



situation, les chapitres qui les concernent 
ont été réservés. 

M. Gavoty a demandé au ministre de l'Agri- 
culture de hâter la promulgation du décret 
relatif à l'organisation de l'Office national du 
Crédit agricole. Le ministre a répondu que 
ce décret serait publié incessamment . Des cri- 
tiques qui paraissent justifiées ont été adres- 
sées à certaines Caisses régionales; il y a, en 
effet, des abus qui devront disparaître. 

Les crédits relatifs au Service de la main- 
d'œuvre agricole n'ont pas été modifiés; mais 
la discussion a mis en relief le fait que l'ex- 
cédent de population agricole en Bretagne a 
pour résultat d'empêcher de bons cultivateurs 
d'y trouver l'emploi de leur énergie et de 
leurs capitaux. M. Puis, sous-secrétaire 
d'Etat, a déclaré que le Gouvernement étu- 
diait les moyens de les diriger vers des ré- 
gions du Sud Ouest où la population agricole 
est devenue insuffisante. 

Après un intermède sur l'application de la 
loi relative à la protection des appellations 
d'origine, une longue discussion s'est enga- 
gée à propos de l'administration des Haras. 
A M. Inizan, qui demandait l'achat, pour la 
monte publique, d'un plus grand nombre 
d'étalons de trait, M. Puis a répondu que les 
dépôts de l'Elat, qui avaient 1 200 étalons de 
trait en 1914, en comptent 1 803 en ce mo- 
ment. 

A propos des frais d'entretien des étalons, 
de nombreuses observations ont été présen- 
tées à propos de la réduction des effectifs. 
Mais la Chambre a compris finalement qu'il 
lui était impossible, dans la discussion du 
budget, de modifier cet effectif lixé par la loi. 

Les crédits sur le Service du génie rural 
ont donné lieu'à d'intéressantes observations, 
notamment de la part de MM. Compère-Morel, 
Rendu, Guérin, Pouzin, relativement à l'ap- 
plication de la loi sur le remembrement. 

A propos des Services forestiers, il a été 
discuté longuement sur les moyens de proté- 
ger les forêts contre l'incendie et de refaire 
les routes forestières qu'une exploitation in- 
tense a mises dans un état trop souvent dé- 
plorable. A propos de la destruction des san- 
gliers, le sous-secrétaire d'Etal à l'Agricul- 
ture a déclare que le Gouvernement acceptait 
que le poids des marcassins abattus donnant 
droit à la prime fût élevé de 10 à 25 kilo- 
grammes. 

Les certificats d'abatage. 

Un décret du 18 octobre dernier (voirie 
n' du 28 octobre 1920, p. 357) avait restreint 
dans des limites très strictes l'usage des cer- 



CHRONIQUE AGRICOLE 



tificats autorisant l'abatage des veaux fe- 
melles et des agneaux. Un nouveau décret 
en date du 31 janvier, rendu sur la proposi- 
tion du ministre de l'Agriculture, en a 
abrogé les dispositions. 

Cette mesure signifie que tout animal, 
accompagné d'un certificat dabatage, pourra 
être expédié suivant les convenances de son 
propriétaire. 

Pommes de terre et haricots. 
Le Journal Officiel du 1«^ février a publié 

I avis suivant : 

Le Gouvernement envisage la possibilité d'ac- 
corder, a partir du mois de février, un contin- 
gent mensuel d'exportation, pour toutes desti- 
nations, de pommes de terre de consommation 
et de haricots indigènes. 

Les intéressés (producteurs et ..égociants pa- 
tentes dans ce genre de commerce) devront 
adresser leurs demandes, établies en quatre 
exemplaires du modèle réglementaire, aux Ser- 
vices du Ravitaillement, 123, avenuedes Champs- 
Jilysees. ^ 

Ces demandes seront présentée, séparément 
par nature de denrées et par pays de destina- 

Elles devront parvenir, au plus tard, le 8 de 
chaque mois, dernier délai, faute de quoi elles 
ne seraient pas comprises dans la répartition 
du mois courant. 

Cette mesure répond à un vœu émis ré- 
cemment au Congrès tenu à O-léans par la 
Fédération des Associations agricoles du 
Centre. Elle a été provoquée par M. André 
Faisant, sous-secrétaire d'Klat, chargé de la 
iquidation de l'administration du Ravitail- 
lement. 

Le marché des sucres. 

Sur le rapport de M. E. Loth, la Fédération 
des Sociétés d'Agriculture du Pas-de-Calais 
et 1 Union des Syndicats agricoles du Pas-de- 
Caiais et des départements limitrophes ont 
emis les vœux suivants : 

1° Que la liberté soit rendue au commerce 
des sucres, sous réserve, bien entendu, d'un ré- 
gime douanier compensateur en harmonie avec 
les conditions de production et maintenu provi- 
soirement au tarif actuel. 

20 Que soit rétabli le marché à terme sur les 

ZZL ^r°^'^"^ '^ règlement du marché 
act.iellement soumis à l'approbation de M le 
ministre du Commerce et de l'Industrie, et com- 
CaLt deT™.' ^.«^«^"^ire.l'établ.ssement d'une 
Caisse de liquidation fortement organisée et des- 

merciaies''"''' ''''""'° '''' transactions com- 

II est annoncé que le règlement du marché 
trfsTre?dXi:"^"^^"^^^^P"^^^^^--" 



107 



Nécrologie. 

Nous annonçons avec regret là mort de 
M. Ernest Robert, président honoraire du 
Comice agricole de l'arrondissement de 
Saint-Quentin, décédé à Gouy (Aisne) le 
28 janvier, dans sa quatre-vingt-unième an- 
née. Agriculteur éminent, il a présidé pen- 
dant quarante cinq ans l'important Comice ' 
de Saint-Quentin avec un dévouement et un 
talent unanimement appréciés. Nos anciens 
lecteurs se souviennent des notes précises 
qu'il aimait à nous envoyer. 

Culture mécanique. 

Le Journal Officiel du 2 février a publié un 
rapport du ministre de l'Agriculture, en date 
du 8 janvier, sur les mesures prises pour en- 
courager la culture mécanique. Ces mesures 
consistent, comme on sait, en subventions 
accordées aux groupements ou Syndicats 
constiués pour l'achat et l'emploi des appa- 
reils de culture mécanique, tracteurs et char- 
rues. Ces subventions ont varié de 33 à 30 0/0 
du prix d'achat des appareils pendant les 
trois années 1916 à 1918, pour lesquelles le 
rapport est accompagné de tableaux dé- 
taillés, dont nous ne pouvons que donner le 
résumé : 

Nombre Prix d'achat 

d appareils des Subventions 

subventionnés, appareils. payées. 



1916, 

1917 

J918 



29 
195 
381 



francs 
217 462 
2 818 323 
6 464 530 



francs 
66 650 

1 OU 224 

2 999 300 



Sur les 605 appareils qui figurent dans le 
tableau, 10 seulement étaient de construction 
française. Cette situation s'est largement 
modifiée ; en 1920, des subventions ont été 
demandées pour 664 appareils, dont 246 ap- 
pareils de construction française et 418 de 
construction étrangère. 

Le rapport ajoute que, du 1" janvier 1918 
au 31 décembre 1919, il a été attribué des 
subventions dont le montant atteint 13 mil- 
li ms 306 219 fr. pour achat de 1 793 appa- 
reils, dont un matériel de labourage élec- 
trique. En outre, des demandes, dont les dos- 
siers sont parvenus ultérieurement, ont fait 
l'objet d'un examen dont le résultat a été 
consigné dans notre dernière Chronique 
(page 87); le montant des subventions à 
allouer s'élèverait à 34 340000 fr., d-mt 
12 millions pour les régions de lintérieuret 
2-2 340 000 fr. pour les régions libérées. Il est 
enfin annoncé que le détail des subventions 
allouées en 1919 et 1920 sera prochainement 
publié. 



108 



CHRONIQUE AGBIGOLE 



L'essence de Lavande. 
La distillation de la lavande, en vue de 
l'extraction de son essence parfumée, est une 
industrie rurale dont les caractères ont été 
rappelés à diverses reprises dans nos co- 
lonnes. En vue de donner aux acheteurs une 
garantie absolue de la pureté de leurs essen- 
ces, les petits distillateurs des Basses-Alpes 
se sont groupés en Syndicat, sous les aus- 
pices de l'Office départemental agricole. Ils 
ont créé une marque syndicale qui donnera 
la garantie de l'origine et de la pureté. Pour 
se mettre directement en rapport avec les 
acheteurs de France et de l'étranger, le Syn- 
dicat organise une foire d'échantillons d'es- 
sence. Cette foire se tiendra le 12 février à 
Digne. 

Le Congrès de la Mutualité agricole. 
On a publié ici les vœux et les résolutions 
du VHP Congrès national de la Mutualité et 
de la Coopération agricoles, tenu au mois de 
juin dernier sous la présidence de M. Viger. 
Il convient de signaler aujourd'hui la publi- 
cation du compte rendu complet de ce Con- 
grès; on y trouve le texte de tous les impor- 
tants rapports qui ont servi de base aux dé- 
libérations et aux conclusions formulées. 

Effets de la chloropicrine 
sur les semences. 
L'efficacité de la chloropicrine, pour dé- 
truire les insectes parasites des grains en 
tas dans les greniers, a été démontrée par 
des expériences répétées. Dans une commu- 
nication à l'Académie des Sciences (séance 
du 17 janvier), M. E. Miège a exposé les 
expériences auxquelles il s'est livré relative- 
ment à l'action de cet insecticide sur la fa- 
culté germinative des graines. Ces essais ont 
porté sur un grand nombre d'espèces. 11 en 
résulte que les graines de Légumineuses ne 
sont nullement affectées par le traitement; 
au contraire, les semences de céréales, en 
particulier celles du blé, perdent une partie 
notable de leur puissance germinative. 
« Dans les conditions requises pour la désin- 
fection, dit M. Miège, l'influence défavorable 
peut diminuer de 30 O'O le pouvoir germi- 
nalif du blé; les doses plus fortes sont en- 
core plus nuisibles. » 

Exposition des industries agricoles. 

Une Exposition générale des industries 
agricoles aura lieu à Melun, salle du Manège, 
du 20 au 28 mars. Elle comprendra : matériel 
agricole de toutes sortes, produits de l'indus- 
trie laitière, de l'apiculture, de l'aviculture 
avec accessoires et ustensiles qui les concer- 



nent, engrais, présures et levures, matériel 
de minoterie, boulangerie (pétrins méca- 
niques), etc., en un mot tout ce qui concerne 
les industries de l'agriculture moderne. 

Pour renseignements et règlements, on 
doit s'adresser à M. F. Hervé du Lorin, à la 
mairie de Melun, jusqu'au 25 février. 

Bétail et viande à Madagascar. 

Le dernier fascicule du Bulletin écono- 
mique de Madagascar, publié par les soins 
du Gouvernement général de la colonie, ren- 
ferme des renseignements intéressants sur 
le bétail et sur le commerce des viandes. 

D'après les rôles homologués au titre de 
l'impôt sur les bovidés, la colonie comptait 
7 277 600 bêtes bovines au 31 décembre 1919. 
Mais il est observé que ce chififre est au- 
dessous de la réalité parce qu'un certain 
nombre de têtes'de bétail échappent aux opé- 
rations de recensement et parce que ces opé- 
rations ne portent que sur les adultes. 

Les exportations de bétail vivant sont à 
peu près nulles (8 092 têtes en 1019). Quanta 
celles de<5 viandes congelées de bœuf, elle a 
été de 7 903 tonnes à destination de la France; 
il s'y est ajouté 56 tonnes de viandes conge- 
lées de porc, également pour la France. Ces 
quantités sont faibles, comparativement aux 
ressources de la colonie. Par contre, les ex- 
portations de peaux, dont la plupartà destina- 
tion de la France, ont dépassé 10 000 tonnes. 

L'Union civique. 

On nous communique l'appel suivant de 
VUnion civique, Association que préside le 
général Bailloud : 

L'Union civique organise préventivement la 
mobilisalion des volontaires du travail. Elle 
veut remplacer sur l'heure les travailleurs dé- 
faillants, en cas de grève révolutionnaire visant 
les transports en commun, les P. T. T., les Ser- 
vices du Ravitaillement et d'Hygiène, etc.. 

Vous savez très bien que la force et l'impu- 
dence des révolutionnaires n'est faite que de 
votre indifférence, de votre manque d'rnergie et 
de discipline sociales. Alors, qu'attendez-vous".' 

Envoyez donc votre nom et votre adresse à 
rUnion civique la plus proche, et vous recevrez 
les renseignements qui vous permettront non 
seulement de vous rendre utiles, selon vos apti- 
tudes et vos moyens, mais encore, par votre 
geste préventif, de faire avorter ce genre de 
grève, ce qui vaudra cent fois mieux. 

On doit s'adresser : 1" pour Paris et la 
Seine, au siège de l'Union civique, 6, rue de 
Solférino (VII* arr.); 2° pour la province, 
aux Unions civiques adhérentes à la Confé- 
dération. 

Henry Sagnier. 



L\ BETIEIIAVE INDUSTRIELLE EN 1921 



109 



LA BETTERAVE INDUSTRIELLE EN 1921 



Le Syndicat agricole de la région de Paris 
a tenu récemment une réunion fort intéres- 
sante au cours de laquelle a été examinée la 
question betteravière en ce qui concerne le 
règlement de la dernière récolte et l'étendue 
à consacrer aux betteraves cette année. 

Soucieux de ne pas allonger la présente 
note, nous ne rappellerons pas les vœux for- 
mulés relatifs au paiement des racines déjà 
livrées, préférant insister sur l'avenir d'une 
manière plus précise qu'il n'a pu être fait 
dans une assemblée de 200 à 300 cultivateurs 
qui ont surtout marqué le ferme dessein de 
rester solidaires pour ne pas travailler sans 
aucune sécurité, préférant tout naturelle- 
ment restreindre leur assolement de plantes 

Frais gcnérau.i . 



sarclées, revenir à la jachère, réduire leurs 
soucis et leurs frais plutôt que de courir le 
risque de perdre des sommes très impor- 
tantes après avoir pris beaucoup de peine. 

En vue de la réunion, nous avions à nou- 
veau établi un état des dépenses que com- 
porte 1 hectare de betteraves industrielles et 
nous croyons intéressant de le reproduire 
ici. Bien entendu, chaque chiifre est discu- 
table, mais le total donne une indication 
précieuse d'autant plus qu'il se trouve con- 
firmé à environ 100 fr. près dans un travail 
semblable élaboré par un éminent agricul- 
teur de Seine-et-Marne, travail que nous 
avons eu la bonne fortune de pouvoir exa- 
miner. 



Location, impôts et assurances, frais généraux. 

Fumure, engrais. 
30 000 kilogr. fumier à 30 fr. (4/7 à la betterave) 



400 kilogr. super à 30 fr. 
200 kilogr. nitrate à 100 fr 



Semences. 



20 kilogr. à o fr. 



Frais de culture. 



Journées. 



francs 



514 
120 
200 



francs 
400 



834 



100 



Façons. 



Hommes. 



Chevaux. 



Déchaumage, 2 coups de canadien. 

Charroi fumier 

Chargeurs, épandeurs 

Labour 

Hersage 

Diviseur 

Croskyll 

Hersage 

Roulage 

Emotteuse 

Herse ou rouleau 

Semoir à engrais 

Mélanges engrais, manutention 

Semoir à betteraves 

Triages à la machine. 



Transport des betteraves arrachées en gare. 



1 261 fr. 



1 
3 

5.50 

3 

2'i 

0.50 

0.25 

0.25 

0.20 

0.25 

0.20 

0.25 

1 

0.75 

2.25 



3 

10 
» 

12 

0.75 
2 

0.75 
75 
0.40 
0.75 
0.40 
0.50 
» 

0.50 
1.50 

20 



23.65 53.30 

24 journées X 15 fr. = 3«0 fr. 
53 journées X H fr. = 901 fr. 
Travau.x à tâche : binages, arrachage, chargement (prix hypothétiques;. 



1 261 1^ 

450 ) 



Total. 



1 711 



3 045 



INous sommes arrivés au total de 3 045 fr., 
le collègue au travail duquel nous avons fait 
allusion a trouvé 3 17o fr. Quoi qu'il en soit, 
il convient d'ajouter environ 20 0/0 au prix 
de revient, atin de couvrir les aléas et de 



trouver, avec un intérêt normal des capitaux 
engagés, la rémunération de ses peines. La 
recette à atteindre définitivement est donc 
d'environ 3 GOO fr. A chacun de faire une 
moyenne aussi sûre que possible de rende- 



NtTTOYAGE DES CHAMPS DE CÉRÉALES PAR LACIDE SULFLRIQUE 



liO 

ment et de densité pour savoir le prix de base 
minimum rémunérateur qui n'est certes pas 
inférieur à loO ou 160 fr. la tonne à l°o. 

Le montant des dépenses faites ou à faire 
est à peu près fixé. Aucune baisse à venir ne 
peut complètement modifier la situation que 
perçoivent maintenant très clairement les 
cultivateurs, habitués fort heureusement à 
mieux tenir des comptes. Or, les membres du 
Syndicat de la région de Paris exploitent dans 
la région oîi la plus grande partie des bette- 
raves sont obtenues; c'est dire que s'ils s'abs- 
tiennent de planter où s'ils réduisent consi- 
dérablement leurs cultures, il y aura un défi- 
cit très grand de sucre indigène et un sérieux 
malaise industriel, sans compter un moins 
bon état de terre pour les blés. 

L'Etat — malgré notre répulsion à sollici- 
ter son concours, — les fabricants de sucre 
et d'engrais, doivent donc s'unir aux agricul- 
teurs afin de résoudre le problème pendant 
qu'il en est temps encore. Dans un ou deux 
mois il sera trop tard et le risque est trop 



gros pour être supporté par le seul produc- 
teur ; en partageant les aléas et les sacrifices, 
le problème pourrait être plus facilement ré- 
solu. 

On ne commande pas d'engrais ; il faut que 
les fabricants mesurent sérieusement l'impor- 
tance des rabais qu'ils peuvent consentir. De 
leur côté, les fabricants de sucre ne doivent 
pas compter sur l'habitude des cultivateurs 
et les nécessités d'assolement pour avoir leur 
matière première s'il n'obtiennent pas et le 
rétablissement immédiat du marché à terme 
et les garanties nécessaires à la signature, 
dès maintenant, de contrats satisfaisants. 
Enfin, un statut équitable s'impose pour les 
distilleries. 

Si on laisse tout aller à vau-l'eau, la situa- 
tion économique chaotique se prolongera au 
lieu d'arriver à un abaissement progressif du 
prix de la vie tout en augmentant la produc- 
tion dans l'intérêt national. Nous le répétons, 
il est grand temps d'agir. 

Henry Girard. 



^INTERDICTION D'ABATAGE DES VEAUX FEMELLES 



Le projet de remettre en vigueur le décret du 
14 octobre 1915 interdisant l'abatage des veaux 
femelles a produit une certaine agitation parmi 
les éleveurs du Morvan. 

Dans nos fermes de Saône-et-Loire, le nombre 
de têtes de bétail que nous hébergeons est limité 
par la place dont nous disposons dans nos éta- 
bles. Si nous étions obligés de conserver nos 
veaux quelques années, il faudrait construire de 
nouvelles étables et, étant donné le prix actuel 
des constructions, les propriétaires n'y consenti- 
raient sûrement pas. 

Il en est de même pour la nourriture. La su- 
perficie de chaque ferme se compose d'un 
nombre d'hectares de prairies suffisant pour ré- 



colter la quantité 'de /oin nécessaire à la nour- 
riture des animaux à l'etable pendant l'hiver. 
Ou'arriverait-il si, par suite de la conservation 
des veaux, le nombre des animaux était aug- 
menté de 25 à 30 0/0? Il faudrait créer de nou- 
velles prairies : ce serait une grosse dépense ; 
qui la paierait? Serait-ce le propriétaire? Et puis 
ces créations se feraient nécessairement au dé- 
triment des meilleures terres à blé, d'où une di- 
minution considérable dans la culture du blé. 

Ce serait un résultat très fâcheux précisément 
au moment où les Pouvoirs publics poussent de 
toutes leurs forces à la production intensive des 
céréales. 

Comte d'EsteriXO. 



NETTOYAGE DES CHAMPS DE CEREALES 

PAR L'ACIDE SULFUHIOUE 



Le Journal d'Agriculture pratique a publié 
en 1911 (numéro du 30 mars) et en 1912 
(numéro du 21 mars) les recherches de 
M. E. Rabaté, inspecteur général de l'Agri- 
culture, sur la destruction des ravenelles 
par l'acide sulfurique. La méthode s'est mon- 
trée également efficace contre les autres 
mauvaises herbes. En présence de nom- 
breuses demandes de renseignements sur 
son application, il est utile de publier les 
instructions rédigées récemment par M. Ra- 
baté sur ce sujet. 



Époque du traitement. — D'ordinaire, à 
Tépoque du sulfatage (traitement à l'acide sul- 
furique), les blés, seif^'ies ou avoines d'hiver ont 
des feuilles de 10 à 12 centimètres de lon^^ueur, 
avec cinq ou six feuilles par pied; l'œil est 
encore bien enterré, mais les feuilles sont déjà 
recouvertes de l'enduit cireux qui les rend peu 
mouillables et très résistantes. Le sol est encore 
bien apparent et les herbes à détruire n'ont que 
deux ou trois feuilles développées et non cachées 
sous les feuilles de blé. 

Seulement, dans les champs de céréales d'au- 
tomne, les mauvaises plantes n'apparaissent 



NET