JOURNAL
AGRICULTURE PRATIQUE
FONDÉ EN 183*7 P4B ALEXANDRE BIXIO
et J9iiRI^AL DE L'AGRICULTURE
FONDÉ EN 1868, FlïsrON'NÉlAVEC LB- '^JOUwN/VL D'AGR[CULTy»»€ PRUTIQUE " Ef^ 1909
H É D A CT E U R, E I^ CHEF :
Hexry SAGIVIER, «>
." :^f^rétair^ perpétuel de l'Académie >d'Agrici^.iaWV ' , -^
Ancien rédacteur en clief au Journal de l'Agriculture^ Membre du' Conseil supSri^fiir -dç l'AgridÉp^e.^
Secrétaire de la Rédaction : Ad.-J. CHARON
Ingénieur agricole.
^ ^* ANNÉE. — 192 1 , l'^-^^EMESTRE
!>'onvelIe Série. — TOME 3^
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ÏOMK 146 DB LÀ COLLRCriON COMPLÈTE OC «JaCKWAI. d'AoRICULTURB CHATIQUB
PARIS
libkaihih: agricole de la maison rustique
I * LIBRAIRIE DE L'ACAD&MJE D'AGRICULTURE
26, RUE JACOB, 2
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LIBRARY OF THE NEW YORK BOTAi .IC^U. CAR©.^
JOURNAL
D'AGRICULTURE PRATIQUE
et JOURNAL DE L'AGRICULTURE
FUSIONNÉ AVEC LE JOURNAL D ' AG R 1 C U LT.U R Ej P R AT 1 Q U E E f^ l9 9
85^ ANNÉE - 1921 , i'' SEMESTRE
Nouvelle série. — T OU E 3 5
TOMF, 146 DE LA COLLECTION COMPLÈTE DU JoURNAL d'AgRICULTUBK PRAIIQUK
PRINCIPAUX COLLABORATEURS
DU JOURNAL D'AGRICULTURE PRATIQUE
H. d'Anchald, ingénieur agricole.
P. Andouard, directeur de Station agronomique.
P. Antoine, ingénieur agronome.
James Aguet ^, agriculteur (Italie).
Ardouin-Dumazet ift, publiciste.
Octave Audebert, viticulteur (Gironde).
Henri Aymé, apiculteur (Vaucluse;.
G. Barbé, météorologiste au Bureau central.
L. Barillot ift, artiste peintre.
Fernand de Barrau, agriculteur (Aveyron).
Maurice Beau, ingénieur agronome.
A. Beckerich, ingénieur agricole.
Berthault (Pierre), ingénieur agricole.
G. Bodmer, dessinateur.
E. Bonlet, Présid. du Syndicat agricole du Roumois.
A. Bourilly, professeur à Técole d'agriculture d'Hyères.
A. Bourgne, D"" honor. des Services agric. de l'Eure.
L. Bourguignon, ^, ancien directeur du Journal
d'A'iriculture pratique.
L. Bréchemin, aviculteur.
F. Bréheret ifit, inspecteur gén honor. de l'Agric.
L. Brétignière *, professeur à Grignon.
F. Briot, conservateur des Eaux et Forêts en retraite.
Raymond Brunet, ingénieur agronome.
J. M. Buisson ift, mandataire aux Halles centrales.
L. Bussard ift, s-directeurde la Stat.d'es. de semenc.
Georges Carie, directeur de l'Agricult. à Madagascar.
Caziot (Pierre), ingénieur agronome.
Chapelle, anc. directeur du Service de l'Oléiculture.
Chervin, sous-directeur de l'Agriculture (Alger).
E. Chomet i^;, propriétaire-éleveur (Nièvre).
Charon Ad.-J.), ingénieur agricole.
F. Couvert ^, ancien professeur à l'Institut agronom.
G. Couanon, 0. îjjt, insp. génér. honor. de la viticulture.
G. Coupan, ing. agr., répétiteur à l'Institut agron.
F. Couston, ingénieur agricole, agriculteur (Algérie)
J. Crevât, agriculteur (Ain).
J. Crochetelle, directeur de Station agronomique.
P. Dechambre, professeur à Alfort et à Grignon.
A. Demolon, directeur de la Station agron. de 1 Aisne.
H. Devaux,prof. à la Faculté des scieuces (Bordeaux).
V. Ducomet, professeur à l'école d'Agr. de Grignon.
R. Dupréift#, ingénieur agronome.
Ferrouillat ^, dir. hon. de l'école nat. de Montpellier.
FleurentîSt, prof, au Conservatoire des arts et métiers.
E. Foëx, direct.de la Station de pathologie végétale.
G. Fron, maître de conférences à l'Institut agronom.
Garola '^, dir. de la Station agronom. d'Eure-et-Loir.
U. Gayon, 0. ift, direct, hon. de la St. agr. de Bordeaux.
A.-Ch. Girard, 0. ift, professeur à l'Institut agronom.
Henry Girard jft, agriculteur.
André Gouin fj», de l'Académie d'Agriculture.
Raoul Gouin *ft, ingénieur agronome.
Alfred Grau, ingénieur agronome.
G. T.-Grignan, publiciste agricole.
H. Grosjean, 0. »ft, inspect. gén. hon. de l'Agriculture.
Ch. Guflroy, ingénieur agronome.
J.-M. Guillon,;^, inspecteur général de la Viticulture.
H. Hitier i^, maître de conférences à l'Institut agron.
Joseph Hitier, professeur à l'Institut agronomique.
Jacquet (J.-B.) agriculteur (Vosges).
Jannin (Georges), ingénieur agrcole.
E. Kayser, «Jî», direct, du laboratoire des fermentations.
Labergerie, agriculteur (Vienne).
S. G. de Laharpe, prnfess. d'agriculture (Charente).
G. Bulharowski, ingénieur agronome.
R. Clerc, ingénieur agronome.
M. Laplaud ' --g, ingénieur agronome, agriculteur.
H. de Lapparent,0. Jft, insp. gén. hon. de l'Agric.
S. de Larclause, 0. îft, de l'Académie d'Agriculture.
Lemasson La Morinière, professeur d'agriculture.
Ernest Lemoine, ^, aviculteur.
Eug. Leroux, direct, de l'école de Fayl-Billot.
F. Lesourd, publiciste agricole.
Pierre Lesne, assistant au Muséum
L. Lindet, 0. *ft, de l'Institut et de l'Académie d'Agri-
culture, professeur à l'Insticut agronomique.
J.-E. Lucas, ingénieur agronome.
F. Main, ingénieur agronome.
L. Malpeaux, dir. de l'école d'agr. de Berthonval.
H. Mamelle, maître de Conférences à Grignon.
Louis Mangin, C. >^, de l'Institut et de l'Ac. d'Agric.
Maurice Mangin ift, inspecteur des Eaux et Forêts.
D"" Marchai ift, de l'Institut et de l'Ac. d'Agric.
H. Marié-Davy, ingénieur agronome.
Francis Marre, chimiste expert.
L. Mathieu, directeur de Station œnologique.
P. Mazé îft,chef de service à l'Institut Pasteur.
J. Méline, sénateur.
Ménard (G.), îft, ingénieur agronome.
A. Menegaux, assistant au Muséum.
Mercier des Rochettes, ingén. agron., agriculteur.
E. Miège, chef de tra\aux à l'école de Rennes.
N. Minangoin, Insp. honor. de l'agricult. (Tunisie).
Pierre de Monicault, ingénieur agronome, député.
S. Mottet, à Verrières (Seine-et-Oise).
Dr G. Moussu ^, professeur à l'école d'Alfort.
J. Nanot, 0. îft, direct, de l'école d'hortic. de Versailles.
E. Noffray, botaniste cryptogamiste.
R. Olry, ingénieur agronome.
Rieul Faisant, du Comité de la vente du blé.
G. Pageot, ^, agriculteur (Sarthe).
Passelégue (G.), ingénieur agronome.
D'' G. Patrigeon, iJ5;, viticulteur (Indre).
G. Paturel. directeur de Station agronomique.
Le baron Peers, agriculteur (Belgique).
J. Pellissier, professeur d'agriculture (Lot-et-Gar.).
Emile Pluchet ifi;, de l'Acddémied'Agric, ancien pré-
sident de la Société des Agriculteurs de France.
Eugène Pluchet, de l'Académie d'agriculture.
E. Rabaté *ft, inspecteur général de l'Agriculture.
L. et M. Rigotard, ingénieurs agronomes.
M. Ringelmann 0. ift, professeur à l'Institut agron.
Ernest Robert, présid. hon. du comice de St-Quentiu.
A. Rolet, ingénieur agronome.
Eugène Rouart, propriét. viticult. ^Haute-Garonne).
E. Rousseaux «ft, Di'de Station agronomique.
L. de Roussen, viticulteur.
Paul Roux, agriculteur (Puy-de-Dùme).
Emile Saillard ift, professeur à l'école de Douai.
Comte de Saint-QueQtin,de l'Académie d'Agriculture.
T. Sarazin, professeur d'agriculture.
E. Schribaux, 0. »ft, professeur à l'Institut agronom.
L. Tardy ift, maître de conférences à l'Inst. agron.
Eug. Tisserand, G. C. Jfi!, membre de l'Institut.
A. Truelle, de l'Académie d'agriculture.
J. Van der Vaeren, insp. de l'agriculture (Belgique).
Vidal (D''). C. >^, corresp. de l'Ac. d'Agriculture.
J.-L. Vidal, anc. direct, de laStat. viticole (Charente).
Jacques de Vilmorin, agronome.
P. Vimeux, ingénieur agr-'nome.
L. Vuafluart, directeur de Station agronomique.
G. 'Warcollier, B'' de la Station pomologique.
G. Wery, 0. ift, directeur de l'Institut agronomique,
E. Zacharewicz, dir. des Services agric. (Vaucluse).
D. ZoUa Jft. professeur à 1 École de Grignon.
JOURNAL
AGRICULTURE PRATIQUE
FOKDÉ E?{ 1837 PAB ALEXANDRE BIXIO
et JOURNAL DE L'AGRICULTURE
LIBRAR'
NEW YOl
BOTANIC
©ARDEI
FONDE EN 1966. FUSIONNÉ AVE
C LE '^ JOUR^JAL D'AGRICULTURE PRATIQUE " EN 1909
RÉDACTEUR EN CHEF :
Hexky SAGMER, 0. *
Sccrulaire perpcluol de l'Académie d'Agriculture,
Anc.e,. rédaoleur en chef du M.urnal de L'Agriculture, Membre du ConsoU supérieur de l'Aericullure.
Membre honoraire de la Société Royale d'Agriculture dAnglelerre, etc.
85« AM.NEK.- 192 1, 1- SEMIiSTRE.
Xonvelle Série. — TOME 35
Tome 146 ue la collection complets r,o <■ Jolunal d'Agricultlbe rn.TiooE »
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W-A'-
PARIS
LIBHAIHIE AGRICOLE OE LA MAISON RUSTIO^K
LIBRAIRIE DE L'ACADÉMIE D AGRICULTURE
26, RUE JACOB, 26
1921
l1^
JOURNAL
D'AGRICULTURE PRATIQUE
CHRONIQUE AGRICOLE
Vote par le Parlement de deux douzièmes provisoires. — Maintien du régime de l'alcool industriel. — Date
de la fixation des prix. — Le recrutement de la main-d'œuvre étrangère, — Interpellation au Sénat
sur la réglementation du travail en agriculture. — Réponse du ministre de l'Agriculture. — Les récla-
mations à propos de la cherté de la vie. — Les causes du mal indiquées par M. Méline. — Les remèdes
à ces difficultés. — A propos du marché à terme sur les sucres. — La campagne sucrière à la date du
15 décembre. — Nomination et changements de poste de directeurs départementaux des Services agri-
coles. — Décret pour l'application de la loi relativement à l'enseignement féminin. — Prix fixés pour
l'achat par l'Etat des tabacs indigènes de la récolte de 1920. — Alcool et pétrole. — Vœux émis par le
Comice de Lille. — Prochain Congrès de l'Agriculture française à Alger. — Règles fixées pour les tran-
sactions en matière de délits forestiers ou de pêche fluviale. — Cenfenaire du Comice agricole de
l'arrondissement de Luoévilie. — Hommage à M. Paul Genay. — Dernier recensement du bétail en
Allemagne.
Douzièmes provisoires . ]
L'année 1921 s'ouvre au milieu de condi-
tions financières assez difficiles. Ainsi qu'il
était trop facile de le prévoir, le budget de
l'Etat n'a pas encore été discuté; le Parlement
a dû se résigner à voter deux douzièmes pro-
visoires pour les mois de janvier et de fé-
vrier. Les dispositions ne diffèrent pas de
celles fixées dans le budget de l'année 1920.
Le régime de l'alcool industriel est main-
tenu; sa production demeure réservée à
l'Etat. A cette occasion, M. Taurines, député,
a fait valoir que la loi du 30 juin 1916, en
établissant ce régime, a fait à l'Etat l'obliga-
tion de fixer dès le mois de janvier les prix
d'achat de l'alcool; or, cette obligation n'a
jamais été observée jusqu'ici. Le ministre
d&s Finances lui a répondu que toute dili-
gence serait faite pour que les prix des al-
cools industriels soient fixés dès le mois de
janvier. C'est la condition nécessaire pour
que les cultivateurs de betteraves puissent
conclure des marchés avec les distillateurs
en vue de la prochaine campagne.
La Commission des finances proposait le
transfert au ministère du Travail des crédits
ouverts antérieurement au ministère des Ré-
gions libérées pour le recrutement de la
main-d'œuvre étrangère. A la demande de
M. de Monicault, la Chambre a décidé que
les crédits afférents à la main-d'œuvre in-
dustrielle seraient transférés au ministère
du Travail, mais que ceux destinés au recru-
tement de la main-d'œuvre agricole seraient
réservés au ministère de l'Agriculture.
La réglementation du travail agricole.
Dans la séance du Sénat du 27 décembre,
6 Janvier 1921. — N'o 1.
M. Henry Chéron a déposé une demande
d'interpellation sur les mesures que le Gou-
vernement compte prendre pour combattre
devant la Conférence internationale du Tra-
vail la proposition d'extension de la loi de
huit heures à l'agriculture, proposition dont
la réalisation est impossible et qui paralyse-
rait toute production agricole.
Après avoir rappelé combien cette exten-
sion est utopique, M. Chéron a signalé l'émo-
tion provoquée chez les agricuUeurs par cer-
tains bruits d'après lesquels les représen-
tants de la France devront conclure favora-
blement sur une telle proposition. « Il im-
porte, a-t-il dit, de couper court à toute
équivoque et de lever tout doute à cet égard.
Il faut que le Gouvernement déclare qu'il
donnera des instructions formelles à ses re-
présentants pour combattre ce projet. »
Dans la séance du 30 décembre, M. Ricard,
ministre de l'Agriculture, a répondu qu'il
est impossible de 'prévoir une convention in-
ternationale réglant Je travail agricole, et
que le Gouvernement s'est déjà préoccupé
de faire retirer la question de l'ordre du
jour de la Conférence de Genève.
La cherté de la vie.
L'année 1920 a été remplie des plaintes et
des récriminations contre les prix inconnus
jusqu'ici de la plupart des denrées de con-
sommation courante ; Tannée nouvelle s'ouvre
avec les mêmes préoccupations. Le fait n'est
pas spécial à la France ; de quelque côté qu'on
se tourne, on entend les mêmes gémisse-
ments; ce n'est pas seulement en Europe,
c'est aussi en Amérique, en particulier aux
Etats-Unis, qu'ils se produisent avec une
Tome I. — 1
CHRONIQUE AGIUCOI.K
égale intensité. La généralité du phénomène
devrait amener à reconnaître qu'il est sous la
dépendance de causes supérieures qui domi-
nent partout et qui ne peuvent disparaître
que lentement. Chez nous, au contraire, on
accuse l'esprit de lucre des producteurs, c'est-
à-dire des agriculteurs, âpres au gain; il ne
se passe presque pas de jour où ceux-ci ne
soient violemment voués à la vindicte pu-
blique et aux gémonies. On voit même cer-
tains tribunaux s'approprier ces errements
et, dans .les {affaires de vente de lait, par
exemple, dédaigner les instructions judi-
cieuses qui leur ont été données.
Dans une étude qu'il a publiée récemment
dans La Revue de la Semaine, sur ce sujet
palpitant de la vie chère, M. Méline a montré
avec précision les causes du mal et indiqué
les moyens pratiques de le conjurer, sinon
immédiatement, du moins avec le temps qui
est un facteur essentiel pour la solution.
Deux causes principales dominent la situa-
tion : la diminution dans la production et la
multiplicité des agioteurs qui cherchent à
faire fortune sans travailler.
La première cause est la conséquence de la
guerre; on travaille à la faire disparaître.
M. Méline rend justice aux producteurs dans
ces termes :
Il faut rendre cette justice à la masse des pro-
ducteurs qu'ils travaillent plus ariiemment que
jamais, et si la loi sur la journée de huit heures
n'avait pas paralysé notre marche en avant, nous
serions déjà bien près du but. Heureusement,
elle n'a pas été appliquée à l'agriculture et c'est
ce qui nous a empêché de mourir de faim. De ce
côté, nous pouvons du moins être rassurés pour
l'avenir.
Nos agriculteurs ont fait plus que leur devoir
et ceux qui les accusent d'être responsables de
la vie chère sont aussi injustes qu'aveugles. S'ils
prenaient la peine d'analyser les prix de revient
des produits agricoles qui subissent encore plus
que d'autres le renchérissement des matières
premières, ils seraient obligés de reconnaître
que les bénéfices de l'agriculture sont, en réa-
lité, inférieurs à ceux de la plupart d«s indus-
tries, à ceux du commerce surtout, et qu'ils ré-
sultent bien plus de son esprit d'économie que
de ses prix de vente.
Il y a donc lieu d'espérer que notre situation
alimentaire ira sans cesse en s'améliorant; mais
il ne faut pas nous le dissimuler, avant que
l'équilitire soit rétabli entre la production et la
consommation, nous sommes condamnés à tra-
verser une période de transition très pénible qui
nous obligera à prendre des mesures exception-
nelles pour obvier à l'insuffisance de la produc-
tion. La première de toutes après l'augmentation
de la production est l'obligation d'économiser le
plus possible; c'est un devoir qui s'impose à
chacun de nous, à quelque classe de la société
que nous appartenions, de ne consommer que le
strict nécessaire et d'éviter le gaspillage en tout.
Celui qui gaspille devrait se .dire qu'il diminue la
part de ceux qui manquent de tout et qu'il est
une des causes de la vie chère.
Mais ni l'accroissement dans la production
ni l'économie dans la consommation ne suf-
firaient pas à rétablir l'équilibre. Il faudrait
avoir raison de ceux que M. Méline appelle
les écumeurs de l'alimentation publique ou
les mercanlis, qui « prélèvent sur le con-
sommateur et même sur le commerce hon-
nête une dîme formidable. » Les mesures
administratives qui ont été prises, en parti-
culier sur le commerce de la viande, parais-
sent n'avoir eu aucune efficacité. Il faut donc
chercher d'un autre côté. « L'impuissance
de la police et des tribunaux étant aujour-
d'hui bien démontrée, dit M. Méline, on a
fini par comprendre qu'il ne restait plus aux
consommateurs qu'à prendre eux-mêmes en
main leur propre défense et à s'organiser
pour la lutte contre la bande des spécula-
teurs qui pullulent partout. A la ligue des
mercantis et des spéculateurs, opposons la
ligue de tout le monde, celle des consomma-
teurs eux-mêmes, et hàtons-nous de l'orga-
niser; celle-là est sûre, si elle le veut bien,
d'avoir le dernier mot, » L'éminent homme
d'Etat enregistre les premiers groupements
qui se sont créés à Paris et dans d'autres
villes; il en fait ressortir la valeur et il
montre combien ils méritent d'être encou-
ragés par des adhésions actives de plus en
plus nombreuses. Ces organisations, avec
lesquelles les agriculteurs ne demandent
qu'à s'entendre, seront certainement plus
efficaces que toutes les mesures adminis-
tratives.
Le marché des sucres.
Dans la séance de la Chambre des Députés
du 29 décembre, M. Macarez et un certain
nombre d'autres députés ont présenté une
proposition de résolution relative au réta-
blissement du marché à terme sur les sucres
à la Bourse de commerce de Paris. Cette
proposition a été renvoyée à la Commission
du Commerce et de l'Industrie, sous réserve
de l'avis de la Commission de l'Agriculture.
Il est à désirer, ainsi que nous l'avons in-
diqué précédemment, qu'une solution inter-
vienne rapidement sur ce sujet.
La campagne sucriére.
La campagne de fabrication du sucre est
en pleine activité. D'après les documents
publiés par la Direction générale des Con-
CHRONIQUE
Iributions indirectes, à la date du 1^ dé-
cembre, sur les 69 fabriques ea activité au
cours de celle campagne, 12 avaient terminé
les travaux de défécation. Sur ces 69 fabri-
ques, on n'en compte que 16 dans les dépar-
lements particulièrement éprouvés par la
guerre, savoir : 3 dans l'Aisne, 3 dans le
Nord, 6 dans le Pas-de-Calais et 4 dans la
Somme; ^or, ces départements, qui comp-
taient avant la guerre 152 sucreries, étaient
alors les principaux producteurs de sucre.
Au 15 décembre, les quantités totales de
sucre extraites des turbines, c'est-à-dire
définitivement fabriquées , s'élevaient à
225 366 tonnes, au lieu de 125 680 à la
même date de la campagne précédente.
La différence est importante, et elle paraît
devoir s'accentuer encore. En effet, d'après
la dernière enquête communiquée par le
Syndicat des fabricants de sucre (29 décem-
bre), la production totale paraît devoir at-
teindre 293 614 tonnes (en raffiné), au lieu
de 152 604 en 1919-20.
Services agricoles départementaux.
Par arrêté du ministre de TAgricullure en
date du 24 décembre, il a été pourvu comme
il suit à la nomination de directeurs des Ser-
vices agricoles ;
Puy-de-Dôme : M. Veyret (Jean), professeur
d'agriculture, adjoint à la direction des Services
agricoles de ce départemeni, en remplacement
de M. Gillin, en service détaché.
Basses-Pyrénées : M. Guyonnet (Georges), pro-
fesseur d'agriculture à Saint-Jean-d'Angély, en
remplacement de M. Breil, admis à faire valoir
ses droits à la retraite.
Loiret : M. Bernard (Luc), professeur d'agri-
culture, adjoint à la direction des Services agri-
coles de risère, en remplacement de M. Donon,
en congé illimité.
Manche : M. Vinet (Jean-Marie), professeur
d'agriculture, adjoint à la direction des Services
agricoles de la Seine-Inférieure, en remplace-
ment de M. Servit), appelé à un autre poste.
Ain ; M Duc (Louis-Félix-Marius), professeur
d'agriculture à Louhans (Saône-el-Loire), en
remplacement de M. Garapon, appelé à un autre
poste.
Haute-Savoie : M. Dussert (Jules-Séraphin),
professeur d'agriculture, adjoint à la direction
des Services agricoles de la Drôme, en rempla-
cement de M. Michon, appelé à un autre poste.
Ces nominations ont été la conséquence
d'un concours ouvert récemment.
D'autre part, ont été appelés : M. Métayer
(Anatole-Isaïe), directeur des Services agri-
coles au Puy (Haute-Loire), à la direction
des Services agricoles de Maine-et-Loire, en
remplacement de M. Morain, admis à faire
AGKICOLE 7
valoir ses droits à la retraite; M. Michon
(Louis-Auguste), directeur des Services agri-
coles à Annecy (Haute-Savoie), à la direction
des Services agricoles de la Haute-Loire, en
remplacement de M. Métayer; M. Garapon
(Louis-Jules-Alphonse), directeur des Ser-
vices agricoles à Bourg (Ain), à la direction
des Service" gricoles du Doubs, en rempla-
cement de M. Roussef, appelé à un autre
poste.
Enseignement agricole féminin.
Le Journal Officiel du 30 décembre a pu-
blié un décret portant règlement d'adminis-
tration publique pour l'application de la loi
du 2 août 1918, en ce qui concerne l'ensei-
gnement agricole pour les jeunes filles. Les
règles relatives au fonctionnement des écoles
ménagères agricoles fixes, temporaires ou
ambulantes sont déterminées par ce décret ;
ces règles ne paraissent pas différer beaucoup
de celles qui ont été appliquées jusqu'ici.
Une innovation importante est inscrite
dans l'article l^"" de ce décret. Cet article
consacre définitivement l'adnriission des
jeunes filles à l'Institut national agrono-
mique. Elles peuvent prendre part au con-
cours d'admission, être reçues au même
titre que les jeunes gens et obtenir dans les
mêmes conditions le diplôme d'ingénieur
agronome ou le certificat d'études.
Les prix des tabacs indigènes.
A la suite des décisions de la Commission
chargée de fixer les prix des tabacs indigènes
de la récolte 1920, les tabacs corsés et les
tabacs légers de cette récolle, qui sont ache-
tés pour le compte de l'Etat, seront classés
en cinq qualités. Ces tabacs seront payés
pour toutes les variétés dont la culture est
autorisée aux prix suivants :
Ire qualité 460 fr.
2e qualité , 410
3' qualité 350
4'^ qualité 330
5« qualité 220
A litre d'encouragement à la culture, les
tabacs indigènes de la récolte de 1920 de
tous les départements et de toutes les va-
riétés dont la culture est autorisée bénéfi-
cieront d'une prime de 10 fr. par 100 kilogr.,
qui sera accordée, sans distinction de qua-
lité, en sus des prix ci-dessus, à l'ensemble
ou à partie d'une livraison de feuilles bien
conservées et bien triées.
En outre, des primes spéciales sont pré-
vues pour les planteurs de quelques dépar-
tements qui présenteront, en dehors de leurs
tabacs ordinaires^ des balles de feuilles par-
8 CHRONIQUE
faitement conservées et spécialement triées
pour servir à des robes de rôles ou pour
robes de cigares, suivant des types établis
par Tadministralion.
Alcool et pétrole.
Dans une de ses récentes réunions, le Co-
mice de l'arrondissement de I lie, sous la
présidence de M. Georges Guilbaut, a adopté
les conclusions d'un rapport de son secré-
taire général, M. Numa Rousse, sur la né-
cessité de développer l'emploi de l'alcool
comme carburant, afin de provoquer l'exten-
sion de la distillerie agricole et de la culture
de la betterave. Les conclusions en ont été
formulées sous forme de vœu, comme il
uit :
Que le Gouvernement Français pi'enne d'ur-
gence toutes dispositions utiles pour que l'alcool
carburant puisse être abondamment produit et
constamment livré à un prix avantageux, tou-
jours inférieur ou tout au moins à la parité des
prix du pétrole;
Que le Gouvernement favorise la reconstitu-
tion et la création des distilleries agricoles dans
la région du Nord, en particulier dans les ré-
gions dévastées par la guerre;
Que les agriculteurs producteurs de bette-
raves et les propriétaires ou co-propriétaires de
distilleries agricoles jouissent d'un régime spé-
cial de consommation individuelle, pour l'ali-
mentation en alcool carburant de leurs moteurs
agricoles, tracteurs et automobiles, dans le
même esprit que cela se pratique pour la con-
sommation familiale des eaux-de-vie de raisins
et de fruits.
Dans la loi relative aux deux premiers
douzièmes provisoires, le régime actuel est
maintenu; l'Etat est, comme il est indiqué
plus haut, le seul acheteur de l'alcool indus-
triel produit en France. La réalisation des
vœux du Comice de Lille dépend donc de sa
volonté.
Congrès agricole à Alger.
La Confédération nationale des Associa-
tions agricoles, dont M. Léon Gautier est le
président et M. Henry Girard le secrétaire
général, avait décidé que le prochain Congrès
de l'Agriculture française se tiendrait à Alger
au courant du mois de mars prochain. Afin
de faire coïncider cette réunion avec le Con-
cours agricole qui se tiendra dans cette ville
dans le courant du mois d'avril, le Comité
de la Confédération a décidé que son Congrès
s'y tiendra du 21 au 23 a^Til.
Comice de Lunéville.
Le Comice agricole de l'arrondissement de
Lunéville (Meurthe-et-Moselle), créé le G no-
AGRIGOLE
vembre 1820, a décidé de célébrer son cen-
tenaire par une fête dont la date a été fixée
au 12 janvier. Cette fête coïncidera avec la
remise officielle de la croix de la Légion
d'Honneur qui a enfin couronné la longue et
laborieuse carrière de M. Paul Genayqui a été
président du Comice pendant une trentaine
d'années et qui a été l'initiateur de tous les
progrès réalisés dans la région.
Délits forestiers et délits de pêche.
On sait que l'administration des Eaux et
Forêts est chargée non seulement de la pour-
suite des délits forestiers, mais aussi de celle
desdélits de pêche dans lescours d'eauautres
que les canaux et rivières canalisées. En
vertu d'un décret en date du 22 décembre,
les transactions sur la poursuite de tous dé-
lits et contraventions constatés à la diligence
d'administration deviennent définitives dans
les conditions suivantes :
1° Par l'approbation des conservateurs des
Eaux et Forêts lorsque les condamnations en-
courues ou prononcées, y compris les répara-
tions civiles, ne s'élèvent pas au-dessus de
3 000 fr.;
2° Par l'approbation du directeur général des
Eaux et Forêts lorsque les condamnations sont
supérieures à 3 000 fr. sans dépasser G 000 fr.;
3" Par l'approbation du ministre de l'Agricul-
ture lorsque les condamnations s'élèvent à une
somme supérieure à 6 000 fr.
Ce décret abroge toutes les dispositions
prises antérieurement sur ce sujet.
Recensement du bétail en Allemagne.
Les résultats du dernier recensement du
bétail en Allemagne ont été publiés. Voici la
comparaison des efl"ectifs en 1919 et en
1920 :
l" septembre l" septembre Aug-
Espèces. 132Ù. 1919. monlation.
têtes têtes tètes
Bovine 16 904 576 16 387 796 + 516 580
Ovine 6 629 813 5 791 382 -j- 838 431
Porcine 14 269 497 11 173 320 4-3 096 177
Caprine 4 874 976 4 6G6 098 -\- 208 878
Le nombre des vaches laitières est passé
de 7 800 383 en septembre 1919 à 7 993()2o
en septembre 1920. Ce rapprochement est
une démonstration nouvelle de la mauvaise
foi insigne du Gouvernement allemand quand
il prétend qu'il ne peut remplir ses engage-
ments relativement à la restitution du bétail
volé par ses armées en France et en Bel-
gique.
Henry Sagnier.
L' " OMNIUM AGHICOLE "
U'OMINIUM AGRICOLE
»> (1)
J'ai riionneur de déposer sur le bureau de
l'Académie ce splendide ouvrage, qui est
d'une haute portée agricole. C'est un grand
dictionnaire d'agriculture qui vient d'être
édité par la maison Hachette sous ce titre :
Omnium agricole.
Je n'ai pas besoin d'insister sur l'impor-
tance que présente un dictionnaire agricole.
11 est plus nécessaire encore pour l'Agricul-
ture que pour toutes les autres branches de
la production. Je ne crois pas qu'il y ait au-
jourd'hui une industrie qui n'ait pas son dic-
tionnaire. L'Agriculture a attendu le sien
pendant bien longtemps. C'est qu'un diction-
naire agricole présente d'éncrmes difficultés
•d'exécution, puisque l'agriculture comprend
plus de formes que toutes les autres indus-
tries réunies.
Aussi, jusqu'en 1886, n'existait-il pas de
dictionnaire agricole. Celle année-là seule-
ment, un agronome éminent, bien connu de
nous tous, un des plus grands promoteurs
du progrès agricole, M. Barrai, avait entre-
pris la publication d'un dictionnaire agri-
cole; mais il ne serait pas arrivé au but qu'il
poursuivait s'il n'avait eu l'heureuse inspira-
tion de s'adjoindre un coadjuteur infatigable
comme lui, possédant à la fois la science et
la foi, la connaissance de toutes les ques-
tions agricoles, une rare clarté d'esprit, qua-
lités qui ont fait de lui une des colonnes du
monde agricole actuel ; j'ai nommé notre
éminent secrétaire perpétuel, M. Sagnier.
Lorsque M. Barrai mourut à la peine, c'est
M. Sagnier qui acheva son œuvre et c'est le
dictionnaire Barrai qui, jusqu'à ces derniers
temps, a été le livre de fond de toutes les bi-
bliothèques agricoles.
Mais, depuis 189:2, le temps a marché;
l'agriculture a fait des pas de géant et le dic-
tionnaire Barrai est devenu manifestement
insuffisant pour éclairer la route de l'Agri-
culture nouvelle. C'est encore M. Sagnier qui
l'a compris et il a entrepris de refaire un dic-
tionnaire agricole, qui ne soit pas une re-
fonte, mais une a^.uvre entièrement nouvelle.
Allant plus loin que Barrai, M. Sagnier
s'est entouré d'une élite de collaborateurs
(1) Goiiimunication à l'Académie d'Agiicullure
(séance du 2.1 décembre). — Otmiium cu/ricole, Dic-
tionnaire pra/ique de i\if/ricuUure moderne, publié
sous la direction de Henry Sagnier. — Vn fort vo-
lume grand in-4® avec 30 planclies en couleur et en
noir et plus de 1 000 gravures dans le texte. Librairie
Hachette, a Paris. — Prix :] bruche, SO fr. ; relié,
100 fr.
dont les noms seuls donnent toute sa valeur
au nouveau dictionnaire qui vient de pa-
raître. Vous me permettrez de détacher les
principaux, pour vous permettre de mesurer
la valeur et l'autorité de VOnmium agricole.
Malheureusement un certain nombre d'en-
tre eux sont morts pendant la période de
préparation, mais ils avaient eu le temps
d'apporter leur pierre à l'édifice. Le premier
a été M. François Berthault, le si excellent
directeur de l'Agriculture, dont on a pu dire
qu'il était un autre Tisserand; après lui,
Albert de Lapparent, Adolphe Carnot, Joulie,
Marcel Vacher, Philippe de Vilmorin. Ils ne
sont plus, mais leur souvenir reste consacré
parle nouveau dictionnaire.
Les principaux collaborateurs vivants sont
représentés par nos plus éminents confrères
de l'Académie. Il fau! citer leurs noms parce
qu'ils méritent toute la reconnaissance du
monde agricole. Ce sont MM. Schribaux, Hi-
tler, Lindet, Henri de Lapparent, Mangin,
Bouvier, Ringelmann, Viala, Couvert, Dy-
bowski. Et, à côté d'eux, des agronomes bien
connus et de premier ordre. MM. Lemoine,
Pierre Berthault, Edmond Fourel, Cadiot,
Pierre Passy, Louis Ammann, etc.
C'est tout l'état-major du monde agricole.
Ce dictionnaire n'est pas purement didac-
tique; c'est avant tout un ouvrage de vulga-
risation. Les auteurs ont très bien compris
que, pour le faire lire, il fallait le rendre non
seulement instructif, mais attrayant. Les ar-
ticles sont clairs, précis. S'ils sont scientifi-
ques, ils sont à la portée de toutes les intel-
ligences. L'obscurité de certains sujets dis-
parait par l'introduction de vignettes photo-
graphiques qui les éclairent tellement que
les plus ignorants peuvent les comprendre.
Tel est l'ensemble de l'œuvre, qui est mise
maintenant à la disposition du monde agri-
cole. Je lui souhaite la bienvenue, mais je
n'ai pas besoin de lui souhaiter le succès, car
il est assuré. C'est presque un meuble nou-
veau qui va entrer dans la plupart de nos
fermes. H pénétrera aussi, je n'en doute pas,
dans toutes les bibliothèques du monde en-
seignant.
H faut surtout qu'il trouve sa place dans
toutes nos bibliothèques communales afin
(lue nos instituteurs l'aient à leur disposi-
tion. Ils en ont grand besoin à l'heure ac-
tuelle pour développer l'enseignement post-
scolaire. C'est une sorte de Bible de l'ensei-
gnement post-scolaire.
10
LES BLÉS SUR CEREALES ET LES ENGRAIS
Voilà ce qu'en quelques mots je voulais
dire de cette œuvre considérable. Je suis
bien certain d'être votre interprète en expri-
mant notre reconnaissance particulière à
tous ceux qui y ont collaboré et au principal
d'entre eux, à notre cher secrétaire perpé-
tuel. Ils auront ainsi largement contribué,
ils peuvent le dire avec fierté, à la marche en
avant de l'Agriculture française.
J. MÉLINE.
LES BLÉS SUR CÉRÉALES ET LES ENGRAIS
Un agriculteur du Soissonnais, Charles
Duval, dont la disparition pendant la guerre
fut cruellement ressentie par ses collègues et
par tous ceux qui avaient suivi ses remar-
quables travaux, s'était préoccupé, quelques
années avant 1914, de rechercher les meil-
leures conditions de culture des blés sur
céréales (1). Dans les fermes où les plantes
sarclées de toute nature jouent un rôle
limité, oîi le bétail n'est pas nombreux, c'est
évidemment à la production des céréales que
l'on songe pour tirer un parti avantageux du
sol; et, parmi les céréales, le blé apparaît,
dans l'ensemble de notre agriculture, comme
le pivot des combinaisons culturales.
Avec un assolement à forte proportion de
blé, on a la ressource d'ensemencer deux
blés l'un après l'autre; ce système, qui est
appliqué sur certains points de la Brie (2),
n'est pas sans danger au point de vue du
piélin; on opère ainsi pour ne pas accroître
retendue consacrée à l'avoine. Ch. Duval
préférait varier ses productions, et c'est bien
la solution dont l'adoption peut être la plus
large; à cet effet, il préconisait d'intercaler
entre deux blés une autre céréale, avoine,
orge ou seigle, suivant la nature des terres
et le cours des produits.
Trois céréales consécutives conduisent à
un salissement rapide du sol lorsqu'on ne
conserve pas une étendue suffisante en
plantes sarclées, ou lorsque les cultures
fourragères ne laissent pas les terres libres
assez [tôt pour que le sol soit bien travaillé
avant le blé. Le système Jean répond à des
préoccupations de cette nature (3), mais
nous estimons que l'application en est res-
treinte, et l'on serait amené à entrevoir l'uti-
lité d'une jachère ou d'une demi-jachère
revenant à intervalles éloignés, en vue de
maintenir le sol propre. A défaut, les travaux
de déchaumage doivent donc être particu-
(1) Voyez Journal d'Agriculture pratique^ 1912,
t. II, page 524.
(2) Type de succession de cultures : betteraves,
blé, blé de mars, avoine, luzerne pendant deux ans,
blé.
(3) Voir Jou)~nal cV Agriculture pratique du 29 juil-
let 1920, page 91.
lièrement soignés, et la préparation des
terres pour le second blé, venant en troi-
sième céréale, demande une attention toute
spéciale.
D'autre part, la répétition de la culture
des céréales correspond à une agriculture
épuisante; comme le bétail n'est pas abon-
dant, il faut alors s'appuyer, en ce qui con-
cerne l'azote, soit sur la luzerne ou toute
autrejLégumineuse améliorante pour laquelle
un débouché existe, soit sur les engrais azo-
tés à haute dose, le sol recevant en outre les
engrais phosphatés et polassiques néces-
saires.
Les entretiens que l'un d'entre nous avait
eus avec Charles Duval ont ainsi conduit à
l'élaboration d'un programme d'expériences
relatives à l'étude de l'emploi des engrais
pour les blés de céréales. L'exécution en
avait été commencée dès 1913-1914 avec la
collaboration de M. F. Lévêque, alors chef de
travaux d'agriculture à Grignon, nous l'avons
reprise en 1919-1920. La première année, les
essais ont porté sur l'emploi du nitrate de
soude et du superphosphate, la seconde an-
née sur les conditions d'emploi du nitrate de
soude et du sulfate d'ammoniaque.
Afin de ne pas provoquer de généralisation
excessive des résultats qui vont être rappor-
tés, rappelons que le sol du champ d'expé-
riences est de consistance moyenne, faible-
ment argilo-calcaire, et que ce sol repose sur
un sous-sol perméable.
I. Essais de 1913-1914. — 1'''' série. Emploi
du nitrate de soude. — Terrain ayant porté
des vesces fumées en 1910-1911, du blé en
1911-1912, de l'avoine grise d'hiver mois-
sonnée au début de juillet en 1912 1913.
Après l'enlèvement de l'avoine, le terrain fut
déchaumé avec le cultivateur canadien, puis
reçut un labour moyen de l;! à 18 centi-
mètres dans la seconde quinzaine de sep-
tembre. Le 24 octobre, 500 kilogr. de super-
phosphate 14/16 étaient épandus unifor-
mément et les parcelles suivantes étaient
délimitées:
1° Sans nitrate de soude ;
2° 300 kilogr. de nitrate dont 50 à l'au-
LES BLÉS SUR CÉRÉALES ET LES ENGRAIS
11
tomne, 250 au printemps [en deux fois ;
3° 300 kilogr. de nitrate au printemps, en
deux fois;
4" 500 kilogr. de nitrate, dont 100 à l'au-
tomne et 400 au printemps en deux fois.
En application de ce programme, on se-
mait donc, le même jour que le superphos-
phate, 50 kilogr. de nitrate dans la série i et
100 kilogr. dans la série 4. Les engrais
étaient enfouis à la herse et, le 25 octobre,
on procédait au semis du blé Hijbride du
Trésor^ en lignes distantes de 18 centimètres
et à raisen de 180 kilogr. de semence à l'hec-
tare. Un hersage terminait les opérations, la
terre plutôt fraîche et non soulevée ne de-
mandant pas de tassement.
L'hiver endommagea les cultures, mais la
gelée ayant atteint également les différentes
parcelles, l'expérience fut poursuivie. Une
première application de nitrate était faite le
10 mars, à raison de 125 kilogr. sur la par-
celle 2, de 150 kilogr. sur la parcelle 3, de
200 kilogr. sur la parcelle 4; le même jour
le terrain recevait un hersage. La deuxième
application de nitrate eut lieu le 1*' avril ;
des circonstances diverses retardèrent le
roulage jusqu'au 23 avril.
Rien d'anormal ne se produisit au cours
de la végétation; dès le courant de juin,
l'infériorité du blé n'ayant pas reçu de nitrate
était manifeste et la meilleure apparence
existait dans les parcelles à 300 kilogr. de
nitrate; pas de piétin.
Au battage, on constatait les résultats sui-
vants :
Nature des essais.
Total.
Poids à l'hectare.
Paille.
Excédents
dus au nitrate.
Grain.
[Paille.
Grain.
Paille p. 100
de grain.
kilogr.
1. Sans nitrate 2
2. 300 k. 50 automne, 250 piin-
temps 3
3. 300 k. : printemps 3
4. 500 k. : 100 automne, 400 prin-
temps 3
912
872
672
576
kilogr.
1 616
2 256
2 200
2 184
kilogr.
8SÔ
1 162
1 068
1 008
kilogr.
640
584
kiloar.
276
182
122
182
194
206
217
Cette première série fait apparaître l'in-
tluence très sensible du nitrate, les excédents
variant de 13.7 à 31.8 0/0 pour le grain, de
33.1 à 39.6 0/0 pour la paille. Il convient
de retenir que le résultat le meilleur a été
obtenuavec l'emploi de 300 kilogr. de nitrate,
dont 50 à l'automne; la différence avec la
parcelle qui a reçu les 300 kilogr. de nitrate
au printemps n'est pas considérable ; une
quantité de 500 kilogr. n'a pas produit de ré-
sultat en rapport avec cette forte dose
d'azote.
L'examen de la constitution des récoltes
permet des constatations intéressantes :
dans la meilleure parcelle, qui a reçu une
fumure bien équilibrée, le rapport de la
paille au grain est de 194 à 100, ce rapport
devient plus large avec la parcelle 3, plus
encore avec la piircelle 4 ; sans azote, le blé de
la parcelle 1 a mal utilisé le superphosphate,
insuffisance de l'appareil végétatif, rapport
182 sur 100; en 3, pas d'azote à l'automne,
apport plus important au printemps, produc-
tion encore bonne de paille, mais mauvaise
utilisation des autres éléments, le rapport
passe à 20G sur 100. Pour 4, trois hypo-
thèses à envisager : inutilité de 100 kilogr.
à l'automne, apport qui a pu se traduire par
des pertes d'azote ; doses excessives au prin-
temps ou qu'il eût été préférable de frac-
tionner davantage, d'échelonner sur une pé-
riode plus longue en commençant plus tôt;
insuffisance de superphosphate ; résultat,
une mauvaise formation de grain par rap-
port à la paille qui se présente dans la
proportion excessive de 217 0/0.
2" série. Emploi du superphosphate. — Pa-
rallèlement dans un terrain ayant porté les
mêmes récoltes, des parcelles étaient tracées
pour recevoir des doses variables de super-
phosphate : 300, 500 et 1 000 kilogr. à l'hec-
tare.
Sur l'ensemble des parcelles, y compris
celle ne recevant pas d'engrais phosphaté,
on épandait 300 kilogr. de nitrate, dont 50 à
l'automne et !250 au printemps en deux fois.
Le superphosphate était incorporé au sol
avant le semis, qui avait lieu le 25 octo-
bre 1913 dans les mômes conditions que ci-
dessus.
Aucune remarque spéciale ne fut faite au
cours de la végétation et, au battage, on ob-
tenait :
12
UTILISATION DES MOTEURS D'AUTOMOBILES
Kalure des essais.
1 . Sans superphosphate
2. 300 k. superphosphate
3. 500 k. —
4. 1 000 k. —
Excc
■dénis dus
Poid
s à l'hec
tare.
au superpl
osphale.
Paille p. lOO
de grain.
Total.
Paille.
Grain.
Paille.
Grain.
kilogr.
kilogr.
kilogr.
kilogr.
kilogr.
3 120
i 840
944
»
»
195
3 112
1 880
904
40
— 40
208
3 880
2 184
1 156
344
+ 206
190
3 521)
2 088
1 040
248
+ 96
20J
Il est assez curieux d'observer ici que c'est
la dose de oOO ivilogr. qui a produit le meil-
leur résultat, exactement comme dans la pre-
mière série d'essais, avec un rapport de la
paille au grain de 190/100, assez voisin de
celui de 194/100; les autres parcelles sont
caractérisées par un rapport plus large de la
paille au grain.
Avec nitrate sans superphosphate, résul-
tats meilleurs que dans la première série
avec superphosphate sans nitrate ; 300 kilog.
de superphosphate sont sans influence sur
le produit. Avec une très forte dose de su-
perphosphate, il y a certainement insuffi-
sance d'azote'; peut-être pourrait-on rappro-
cher ces dernières observations de celles qui
furent faites à Grignon, en 1911, dans de&
essais sur les engrais radio-actifs : certaines
des parcelles traitées au superphosphate seul
accusèrent des diminutions de rendement.
Retenons donc des expériences de 1913-
1914 l'intérêt d'une association judicieuse
des deux éléments azoté et phosphaté, sui-
vant la proportion de 45 kilogr. d'azote pour
75 d'acide phosphorique dans le cas consi-
déré, et avec application de l'azote nitrique en
troisfois, 1/6 à l'automne, 5/6 en deux fois
au printemps.
L. Brétignière, p. Vercuère,
Professeur Ropolileur
d'Agriculture à Grignon.
(A suivre.)
CARTE DE UALSACE ET LORRAINE
Pour répondre à des demandes adressées à
l'administration du Journal, on trouve ci-
contre une carte des territoires de l'Alsace et
de la Lorraine violemment arrachés à la
France en 1871 et dont le retour à la Patrie a
été le fruit de la victoire des armées fran-
çaises en 1918.
Cette carte, qui affecte aussi la forme d'un
calendrier pour l'année -1921, met en re-
lief les richesses du sol de ces deux belles
provinces. Ces richesses sont très considé-
rables.
Ce sont d'abord les grands gisements po-
tassiques des environs de Mulhouse. La pro-
duction atteignait 325 000 à 350 000 tonnes
de sels bruts dans les années qui ont précédé
la guerre; elle a été accrue depuis deux ans,
et elle fournira à l'Agritulture française toutes
les quantités d'engrais potassiques dont elle
aura besoin, en même temps qu'elle appor-
tera un appoint important au commerce d'ex-
portation.
Les grands gisements de minerai de fer de
la Lorraine se partageaient entre le départe-
ment de Meurthe-et-Moselle et la Lorraine
annexée, avec une petite partie dans le
Luxembourg. En 1913, l'extraction du fer
dans ce vaste bassin s'était élevée à 39 mil-
lions de tonnes, dont plus de 20 millions et
demi de tonnes pour la Lorraine annexée.
Sur la production houillère du bassin de
la Sarre qui s'élevait en 1913 à près de
18 millions de tonnes, 3 796 000 tonnes
appartenaient à la Lorraine. Si le traité de
paix a attribué à la France toute la produc-
tion de ce bassin, il n'a qu'opéré une resti-
tution en ce qui concerne la partie lorraine.
Une partie importante des salines de l'Kst
avait été enlevée en 1871 à la France. Le
traité de Versailles lui a rendu les exploita-
tions dont la production avait, en 1913, at-
teint 75 000 tonnes de sel raffiné et 128 000 ton-
nes de carbonate de soude Solvay.
Le gisement pétrolifère de Pechelbronn
(ou Bechelbronn), au nord de Strasbourg,
s'étend sur une assez grande surface. La pro-
duction a donné environ 50 000 tonnes
d'huile brute par an; le rendement en parait
susceptible d'accroissement.
G. Galdot.
UTILISATION DES MOTEURS D'AUTOMORILES
De nombreux moteurs de voitures auto-
mobiles (de tourisme et de camions) sont
disponibles par suite de la liquidation des
stocks de guerre; après leur remise en état^
CM
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UTILISATION Des MOTEURS D'AUTOMOBILES
13
ces moteurs sont capables d'assurer un boa
service et peuvent être employés dans beau-
coup d'exploitations.
L'utilisation agricole des moteurs d'an-
ciennes voitures automobiles n'est pas ré-
cente; nous pouvons en citer une qui fut
faite en 1903 par M. Edmond Fouret dans
son ancienne exploitation de la Manderie,
où il entretenait son célèbre troupeau de
Soutlidowns qu'il transféra quelques années
plus tard à la Norville, près d'Arpajon, en
Seine-el-Oise. M. Fouret possédait une vieille
Fi-. 1 .
Batteuse actionnée par le moteur dune voiture automobile.
voiture de Dietrich de 9 chevaux, modèle
1900; ne trouvant preneur que pour une
somme dérisoire, il résolut de garder l'auto-
mobile pour l'utiliser aux travaux de la
ferme et pour différents transports au mar-
ché voisin.
Sans rien changer à la carrosserie, la voi-
ture fut placée de telle façon que le dernier
arbre du changement de vitesse, pourvu
d'une poulie, commande par courroie un
arbre intermédiaire porté par des chaises
dont le bâti est fixé j^sur le sol (fîg. 1); une
autre poulie, clavetée sur cet arbre, actionne
par courroie la machine à battre placée sous
le hangar. La batteuse en travers, à simple
nettoyage, nécessitait une dépense d'environ
7 litres d'essence minérale par heure de
travail.
Cet exemple montre que de semblables
utilisations d'anciennes voitures de tourisme
peuvent intéresser bon nombre d'ateliers ru-
raux de charrons, mécaniciens, ou d'autres
applications : broyage et concassage des
grains, cidreries, élévations communales
d'eaux, etc.
Il est préférable de retirer le moteur du
I châssis de la voiture pour le fixer sur un bâti
approprié remplaçant les longerons du faux
F'ig. 2. — .Montage d'un moteur d'automobile
sur un bâti en bois.
châssis qui reçoivent les pattes du carter du
moteur. Le bâti, en fonte, analogue à ceux
qui constituent les bancs d'essais chez les
14
UTILISATION DES MOTEURS D'AUTOMOBILES
constructeurs de moteurs, doit être établi
spécialement pour la machine à utiliser; on
peut le remplacer par un bâti en fer à double
ou même par un
bâti en boisdurfor
mé de longerons a
(fig. 2) assemblés
aTec des semelles s,
les_longerons reçoi
ve"nt les pattes b
Fig. 3. — Motear monté sur civière (Simoa frères)
du moteur M dont on vot le volant u.
Pour certaines applications, il convient de
prévoir un réducteur de
vitesse. lUn pignon, "calé
sur l'arbre du moteur,
engrène 'avec une roue
dintée fixée sur un ar-
bre intermédiaire com-
me on en voit de nom-
breux exemples dans
l'installation des récep-
trices ou moteurs élec-
triques. Ilconvientd'em-
ployer de préférence,
pour cette transmis-
sion, des engrenages k
chevrons qui sont silen-
cieux, ou un pignon eu
cuir vert; l'arbre inter-
médiaire, tournant à la
vitesse qu'on désire (250
ou 300 lours par minute
porte une poulie rece-
vant la courroie de
commande des diverses
machines à actionner.
Dans ces installations, on a inlérèt à sup
primer le radiateur et le ventilateur en re^
froidissant le moteur avec un réservoir d'eau
latéral assez élevé. La ligure 3 donne un
exemple du montage de ce réservoir d'eau.
Lorsque le moteur
est pourvu d'une
pompe, il faut
conserver cette
dernière , car le
tuyau d'échappe-
ment de l'eau
chaude ne serait
pas d'un diamètre
suffisant pour as-
surer la circula-
tion de l'eau de
refroidissement
si l'on voulait
fonctionner en
thermosiphon.
Il y a intérêt à
supprimer le pot
d'échappement
qui occasionne
toujoursunerésis-
tance, se tradui-
sant par une aug-
mentation de dé-
pense de combus-
tible. Le tuyau
d'échappement
sera de gros diamètre et assez long pour
éviter les projections de flammes risquan
Fig. 4. — -Muteur munie sur Iraiiieau (Coiiipagoie Internationale
des Machines agricoiesj.
d'occasionner des incendies. En appliquant
ce qui précède, nous avons augmenté
UTILISATION DES MOTEURS D'AUTOMOBILES
15
de 10 ° la puissance de l'ancien moteur de
la Station d'Essais de Machines sans aug-
menter la consommation de combustible.
Le bâti du moteur peut être installé à
poste fixe, sur un massif de maçonnerie
élevé à la hauteur voulue (environ 0".45)
pour faciliter la mise en route à la mani-
velle; on peut également le monter sur une
civière (fig. 3), en locomobile sur quatre
galets en fonte, ou sur un traîneau, comme
on en voit un exemple dans la figure 4, qui
représente un moteur mi-fixe liorizontal.
Le moteur léger, à grande vitesse angu-
laire, comme celui des automobiles, dont
les plus lourds ne pèsent souvent pas 20 ki-
logr. par cheval, ne peut être rendu stable
qu'en surchargeant le bâti avec des maté-
riaux divers, comme par exemple des pierres
ou de la terre logée dans des coffres en bois.
Dans beaucoup de nos essais, il nous arrive
de fixer une machine sur le dessus d'une
très forte et solide caisse d'emballage que
Fig. 5. — Groupe avec inoleur d'uLilom jbile actijnnaat uae scie à troncoaner le bois de chauflage.
nous remplissons de terre; la machine se
comporte alors comme si elle était fixée sur
un massif de maçonnerie.
Lorsqu'on veut transformer un moleur
d'automobile en moteur fixe en le boulon-
nant sur un petit socle, il ne tient pas; on
oublie (jue, dans l'automobile, la stabilité esi
assurée par le poids total de la voiture. Il y
a donc un rapport à observer, non d'après le
poids propre du moteur ou ses dimensions,
mais entre sa puissance maximum et le
poids total du bâti. Un poids total (moleur,
accessoires, réservoir d'eau et bâti) de 100 à
200 kilogr. par ctieval doit assurer la stabi-
lité. Dans un de nos essais, en 1902, avec un
moteur horizontal à 2 pistons ayant le même
calage des manivelles, il nous a fallu porter
le poids à un peu plus de 250 kilogr. par
cheval par suite du mauvais équilibrage du
moteur. Ajoutons que les moteurs à 2 pis-
tons, à manivelles opposées, sont mieux équi-
' libres et ceux à 4 cylindres sont encore pré-
, férables sous ce rapport.
Lorsque l'airectation du moleur est bien
j définie, il y a intérêt à établir un groupe
! moleur : pompe, scie, génératrice, etc., ins-
tallé sur le même bâti. La figure 5 repré-
sente une semblable application d'un moteur
, de camion automobile de 12 chevaux à une
! scie à tronçonner le bois de chaufïage. La
scie, de 0"'.oO de diamètre, tourne à raison
' de 2 000 tours par minute; le tronçonnage
16
d'une bûche de chêne, de 0"M0 à 0'".I4 de
diamètre, exige, en moj'enne, de 9 secondes
et demi à près de 10 secondes.
Avec le groupe représenté par la figure 5,
travaillant des bûches de 1™.14 de long, en
chêne, tronçonnées à un, à deux et à trois
traits, afin d'obtenir des bois longs de 0™.57,
de 0™.38 ou de O^.^S, on a obtenu les ré-
sultats pratiques suivants
LÉCOLE DE VANNERIE DE FAYL-BILLOT
Le bâti du groupe représenté par
fig. o est long de 3 mètres et large 0"\60,
Temps moyen employé
pour tronçonner un
stère de bois (mi-
nutes) 19
Volume de bois tra-
vaillé en 60 minutts
(stères) 2.63
Tronronnag
traits.
28
.1.18
1.31
la
Enfin, il y a lieu d'employer un carbura-
teur permettant d'utiliser le pétrole lampant
à la place de l'essence minérale, ou mieux
un gazogène à gaz pauvre réduisant considé-
rablement les frais de combustible, surtout
dans les conditions actuelles. Malheureuse-
ment, malgré tous nos encouragements, ces
petits gazogènes étudiés antérieurement
dans le Journal d'Agriculture jjratique, d'une
fabrication très facile, ne sont pas encore
mis en construction et ne sont, par consé-
quent, pas disponibles.
Max Ringelmann.
L'ÉCOLE DE VANNERIE DE FAYL-BILLOT
II
Quand on offrit à M. Leroux, professeur
d'agriculture à Yervins, d'aller fonder et
diriger une école de vannerie en Bassigny, il
ne fut pas sans éprouver quelque embarras.
Le programme de l'Institut national agrono-
mique ne comporte pas de leçons spéciales à
l'osier et bien moins encore de cours prati-
que de vannerie. Avant d'enseigner aux
autres, il fallait apprendre. On eut le bon sens
de le comprendre au Ministère de l'Agricul-
ture, M. Leroux reçut carte blanche; comme
il manifestait le désir de connaître ce qu'on
faisait à l'étranger dans les écoles dont il eut
à deviner l'existence et dans les manufactures
de vannerie, il obtint une mission qui lui
permit de visiter ces établissements, en dépit
de la mauvaise grâce qui lui fut parfois
opposée. Ce fut une étude consciencieuse qui
révéla à quel point d'infériorité était tombée
la vannerie française, mais elle apprit aussi
que nos rivaux, tout en multipliant les- cen-
tres d'enseignement, n'avaient pas complète-
ment résolu le problème de la formation de
l'ouvrier. Ils avaient, ou à peu près, autant
d'écoles que de types d'objets de vannerie. Si
l'on avait imité ces concurrents, on eûl créé à
Fayl-Billot une école où l'on n'eût enseigné
qu'à faire le panier à linge, c'ei'it été réunir
dans un local [entretenu aux frais de l'Etat
les apprentis qui trouvaient chez leurs pa-
rents des moyens d'apprendre fort suffisants.
Pourquoi, pensa JVI. Leroux en parcourant
les centres de production à l'étranger et les
écoles où tous les élèves faisaient constam-
(1) Voir le n'^ du 23 décembre, p. 341.
ment et inexorablement le même objet, avec
les mêmes matériaux, pourquoi ne pas mul-
tiplier les articles, apprendre à l'élève à
varier les procédés, à .être 'Capable de faire
l'article fin aussi bien que l'article courant ou
grossier? Une école n'a de raison d'être que
dans cet esprit; si l'on veut faire renaître chez
nous cette industrie charmante qu'est le
tressage de l'osier, du roseau, du rotin, il faut
créer une élite d'ouvriers capable non seule-
ment de produire les formes les plus variées,
mais encore d'imaginer, d'innover. Certes, on
n'obtiendrait pas exclusivement des maîtres,
des artistes; mais, enfin, quelques-uns se ré-
véleraient, capables de faire de bons contre-
maîtres, des chefs d'industrie, des novateurs
à la recherche de types nouveaux.
Telle est l'idée qui, peu à peu, prévalut
dans l'esprit du directeur désigné pour la
création de l'école. Elle ne fut pas acceptée
sans protestations ni hostilités. Elle rompait
trop avec la routine et aussi avec les intérêts.
Certains négociants en vannerie spéculaient
Jadis sur le manque d'aptitude des ouvriers
à sortir du type qu'ils avaient toujours pro-
duit. Le vannier, qui était ou se croyait
inapte à faire autre chose que le panier à
linge, par exemple, arrivait à une dextérité
extrême et celle-ci causait une apparence de
surproduction. Le négociant emplissait ses
magasins et alors, alléguant l'encombiemenl
et la difficulté d'écouler les produits, il fei-
gnait d'accepter ceux-ci pour empêcher l'ou-
vrier de mourir de faim, mais il abais^aitse8
prix. On vit ainsi tel article jusqu'alors payé
4 francs tomber à 50 centimes.
Les vanniers étaient obligés d'accepter, car
L'ÉCOLE DE VANNERIE DE FAYL-BILLOT
17
ils étaient incapables de fournir d'autres arti-
cles que ceux qu'ils avaient toujours établis
et déjà établis par leurs pères. Aucun espoir
d'amélioration de leur sort n'était permis.
En proposant de former déjeunes vanniers
capables d'exécuter les arlicles les plus va-
riés, de faire ceux que la mode impose comme
les anciens, de tous temps conçus, le direc-
teur de l'école voyait donc surgir bien des
obstacles, même chezles négociants — et ils
étaient nombreux — qui n'avaient jamais
cherché à spéculer sur l'incapacité de leurs
fournisseurs à produire d'autres articles que
celui habituel; ce fut un étonnement général.
« C'est fou! dit-on, jamais un vannier ne
sera capable d'apprendre des formes nou-
velles, de suivre les fluctuations de la mode
et des inventeurs. »
M. Leroux tint bon, il se fit apôtre, obtint
d'élre entendu par les Chambres syndicales de
la vannerie et de l'osiériculture. Les propos
décourageants ne lui furent pas ménagés,
mais il sut amener bien des contradicteurs à
épouser ses vues et quand, enfin, l'école de
Fayl-Billot ouvrit ses portes, ce fut avec un
programme qui comportait l'apprentissage de
tous les objets de vannerie, depuis les plus
communs jusqu'aux plus fins. Peu à peu, on
allait même aborder la vannerie d'art, nous
verrons avec quel succès.
Comme dans toutes les écoles profession-
nelles, une part est faite pour compléter l'ins-
truction des jeunes élèves en grammaire, en
arithmétique; etc. Un cours do dessin appli-
qué à la vannerie fut obligatoire, mais on
s'attacha surtout à préparer des ouvriers
avisés, capables de donner à l'osier toutes les
flexions, les torsions, les formes que les
besoins et les goûts les plus divers ont fait
naître. Il fallait créer de toutes pièces cet
enseignement, des ouvriers habiles, recrutés
dans les centres de vannerie, furent les pre-
miers professeurs. Et les prévisions du direc-
teur se réalisèrent; le jeune vannier pouvait
s'assouplir aux productions les plus diverses,
comme le brin d'osier s'assouplit sous les
doigts.
Deux ans après l'ouverture de l'école, on
pouvait proclamer le succès et montrer aux
incrédules ce^ que l'on avait obtenu, une
variété d'articles établis par des enfants
ayant produit toutes \qs séries demandées par
le commerce. Fayl-Billot n'avait pas un seul
spécialiste, tous ses élèves étaient capables
de livrer des objets très différents, il n'était
guère d'objet de vannerie qui ne pût être
obtenu.
L'organisation de l'enseignement fut ra-
pide, il semble que l'on possède maintenant
la forme définitive que doivent avoir les
institutions de ce genre, car on devra les
multiplier si nous voulons reprendre notre
place légitime. Les besoins de vannerie
s'accroissent ; en effet, le développement
constant de la production des fruits et des^
primeurs sous nos climats si favorables et si
divers exige, à lui seul, un matériel d'embal-
lage en nombre presque illimité.
Les études sont de trois ans à Fayl-Billot;
cette durée ne saurait surprendre si l'on
songe à la variété des articles à produire, des
matériaux à mettre en œuvre, du temps
consacré à la culture de l'osier, à l'entretien
des pépinières, à la récolte, à la préparation
des tiges. La durée de l'année scolaire étant
de dix mois, elle a été divisée en deux
périodes de cinq mois, consacrée chacune à
un atelier; quand l'élève a parcouru le cycle
des divers ateliers, il revient à ceux qu'il
connaît déjà et y recommence le travail, non
plus en apprenti, mais en praticien; il com-
plète ainsi son instruction et l'affermit.
L'expérience a démontré que l'on pouvait
faire plus encore, poursuivre l'enseignement
de façon à faire des maîtres ouvriers et des
professeurs ; dans ce but a été créée une qua-
trième année, le cours de technologie, auquel
nul n'est astreint; seuls les élèves qui désirent
se perfectionner le suivent. Ils deviennent de
plus en plus nombreux, car toutes les pré-
ventions contre l'école sont tombées, les
grandes maisons de vannerie retiennent doux
années à l'avance les meilleurs sujets.
Ce cours de technologie est l'enseignement
supérieur d'une science nouvelle, née à Fayl-
Billot, dont les autres pays n'ont pas l'équi-
valent et qui trouvera son expression dans
un livre dont l'apparition est prochaine.
A mesure que s'écoulaient les années, les
méthodes se formaient. Fayl-Billot a tenté et
réussi la commercialisation — mot barbare,
mais qu'il faut employer à défaut d'autre. —
Les produits des élèves, même œuvre de
début, sont vfnidus au lieu d'être enfouis dans
des collections qu'il faudrait plus tard sacri-
fier. L'élève reçoit non un salaire, mais le
prix de son travail, déduction faite de la
valeur de la matière première et des frais. Le
résultat a été immédiat, on ne gaspille plus
l'osier, l'élève sachant qu'on lui en retiendra
le prix sur celui de l'article achevé ; ce même
élève étant payé selon l'exécution et le fini du
travail, procède vite et bien. 11 sait qu'un
panier plaisant à l'acheteur lui sera payé
2 francs et que tel autre mal réussi lui rap-
portera peut-être 2o centimes seulement.
18
REMISE DES CHAMPS DE BATAILLE EN ETAT DE CULTURE
Cette méthode qui n'est, je crois, employée
dans aucune autre école professionnelle, a
beaucoup contribué à la bonne formation des
vanniers.
Elle a été appliquée aussi à des cours
d'adultes, hommes ou femmes, que Fayl-
Billot a été amené à créer afin d'apprendre
aux ouvriers de la région à sortir des sentiers
battus. La plupart n'avaient jamais fait que
la corbeille à lessive et devaient passer par
les conditions des négociants quand cet
article était en surabondance. 11 semblait que
le vannier fût incapable de faire autre chose.
On a cherché à lui donner confiance en lui-
même, ce ne fut pas sans soulever l'hostilité
habituelle. Enfin, à force de prêcher, on
en convertit quelques-uns. On leur disait :
« Vous ne savez faire que la corbeille à
lessive? Venez à l'école, en quatre jours,
huit jours ou douze jours, vous saurez
confectionner un objet autre, le panier de
blanchisseuse ou tel article de bonne vente,
et vous aurez une ressource en cas de morte-
saison,» L'obstacle était la crainte des adul-
tes, pères ou mères de famille, de ne pas avoir
de salaires pendant cet apprentissage ; en
adoptant le travail aux pièces payé comme
aux jeunes élèves, la difficulté disparaissait.
Aujourd'hui, le cours d'adultes fonctionne, il
est suivi, à la satisfaction générale.
Un pas plus important encore a été fait.
Aux objets usuels on a joint la production
des articles de luxe, meubles de jardin ou de
plage, qui était née en Autriche et semblait
devoir rester le monopole de ce pays.
M. Leroux alla visiter les établissements
autrichiens dont il avait connaissance par les
expositions des grands magasins; revenu en
France, il se procura des modèles et les fit
d'abord imiter par les élèves; c'est alors que
l'enseignement du dessin apparut comme
indispensable; malgré la répugnance des
parents qui n'en devinaient pas l'utilité, cet
art finit par s'imposer. Le goût des enfants se
développa, il vint un moment où l'on put
abandonner la copie servile du meuble de
vannerie allemand ou autrichien, de goût
toujours un peu lourd, et entreprendre des
créations originales.
Aujourd'hui, Fayl-Billot est complètement
entré dans cette voie. Les industriels solli-
citent sa collaboration, lui communiquent les
projets conçus par leurs propres dessi-
nateurs. Ces projets sont étudiés par les
professeurs-praticiens de l'école, l'examen
fait souvent ressortir des impraticabilités de
métier, des détails ornementaux qui ne
peuvent être obtenus en vannei-ie ; on en
propose d'autres. Si le résultat obtenu plaît
au commerçant et au client qui a demandé un
mobilier de jardin d'hiver, par exemple,
commande est passée et l'on verra bientôt
dans la salle d'exposition d'un grand magasin
de Paris ou de quelque grande ville, chez des
négociants spéciaux, des meubles d'un goût
parfait que les non initiés peuvent attribuer
à l'Allemagne ou à l'Autriche et qui, en
réalité, sont l'œuvre d'enfants de cette école
d'une petite bourgade ignorée.
Telle est cette institution qui devrait être
imitée sur d'autres points où le travail de la
vannerie est en honneur. La France repren-
drait ainsi son rang, doterait une foule de
communes d'une industrie rurale apte à
retenir la population et surtout- verrait
renaître les oseraies qui, jadis, prospéraient
sur tant de points où l'on n'en garde même
pas le souvenir.
Ardouin-Dumazet.
REMISE DES CHAMPS DE BATAILLE EN ÉTAT DE CULTURE
Réponse à divers abonnés des Régions libérées.
La remise en élat de culture des terres dans la
zone des champs de bataille, après leur nettoyage
(enlèvement des matériaux, tils de fer, obus, etc.)
et leur nivellement, entraine à des frais évalués,
au maximum, à 7oO fr. par liectare; ils com-
prennent, suivant l'élal du sol, une des deux sé-
ries suivantes de travaux :
Prix
par hectare.
1 labour léger.. ,
1 scarifiage
1 fort labour.. . .
Total.
francs
230
150
3Ï0
150
OU :
1 labour léger"
2 scarifiages à 150 fr.
2 hersages à 100 fr. . .
Total.
250
300
200
750
Ces travaux ne sont effectué^ que lorsque
Texploitant est revenu sur ses terres (circulaire
n° 519, du 19 septembre 1920, du ministre des
Hégions libérées]. Ils ne peuvent étie entrepris
aux frais de l'Etat par l'Etat (Service de la Moto-
culture) ou par un de ses concessionnaires,
qu'après une demande écrite par laquelle l'agi icul-
leur déclare renoncera ses droits aux dommages
de guerre pour les premières façons de remise
LES FACILITÉS AU COMMERCE D'EXPORTATION ET DE TRANSIT
19
en état de culture des terres (circulaire précitée
du 19 septembre 1920); cetle demande doit être
visée par le maire de la localité certifiant que
l'agriculteur a droit à ces travaux.
Une Commission détermine d'avance la nature
et la succession des travaux à exécuter pour
chaque pièce de terre. Elle se compose de
l'agriculteur intéressé, du directeur des Services
agricoles du département ou son délégué, du
représentant du Service central de la Motocul-
ture du ministère des Régions libérées et d'un
agent de l'entrepreneur des travaux, lorsque
ceux-ci doivent être effectués par un concession-
naire; le directeur des Services agricoles du
département, ou son délégué, préside la Com-
mission avec voix prépondérante.
La Commission indique le compte provisoire
ouvert à l'intéressé par la préfecture du dépar-
tement; la prise en charge eu est effectuée par
le Service départemental du contrôle financier.
Mais l'agriculteur reste libre d'exécuter lui-
même ou de faire exécuter par qui bon lui
semble ces travaux de remise en étal de culture
des terres en les réglant directement et en se
faisant ensuite rembourser par l'Etat sur son
compte des dommages de guerre. M. l\.
CHATRAGE DES ROUES
Lorsqu'une voiture a roulé pendant un cer-
tain temps, le bois des roues s'est resserré
par suite de la sécheresse, tandis que le ban-
dage, qui est en quelque sorte laminé sur la
route, s'est au contraire allongé. En marche,
on entend alors le jeu des rais entre leurs
deux mortaises, ou bien encore, le bruit ca-
ractéristique de noix broyées, ce qui fait dire
que la roue appelle le charron. Il faut alors
châtrer la roue, sinon tous ses assemblages
qui prennent du jeu de plus en plus se dé-
truisent rapidement, toute la charge se repor-
tant sur quelques pièces qui travaillent seu-
les, et finalement dans un cahot la roue
s'elïondre en faisant ce qu'on appelle le pa-
rapluie; elle est alors irréparable. Le chà-
trage des roues, qui consiste à resserrer le
bandage, est une opération qui peut se faire
très facilement à la ferme et le tour de main
qu'il nécessite s'acquiert rapidement. Pen-
dant la Guerre, nous avons fait exécuter ce
travail par des cultivateurs qui ne l'avaient
jamais fait et, nous sommes certain, qu'une
fois démobilisés, ils ont mis à profit ce que
nous leur avions appris.
On décercle d'abord la roue, ce qui se fait
sans aucune difficulté; mais on s'aperçoit
que la roue qui, lorsque le fer était en place,
paraissait relativement bonne, présente des
éléments de jante et des rais à changer :
des éléments déjante ont éclaté en plusieurs
morceaux et des raies ont leurs tenons telle-
ment usés qu'ils ne peuvent plus resservir.
D'ailleurs, il est préférable de profiter de ce
que la roue est démontée pour changer de
suite celles de ses pièces qui ne paraîtraient
pas pouvoir faire un long usage.
Le premier travail consiste à faire ce rem-
placement de façon à remonter toute la partie
en bois de la roue. Notons, à ce sujet, que
l'assemblage des éléments de janle entre eux
se fait généralement dans les voitures de
luxe par un goujon cylindrique, dans les au-
tres voitures, c'est un prisonnier avant la
forme d'un trapèze qui affleure à la périphérie
de la jante.
Il faut avoir bien soin de laisser du jour
entre les éléments de janle, de façon que le
bandage en se resserrant les serre contre les
rayons, car, dans le cas contraire, le ban-
dage serrerait seulement les éléments de
jante les uns contre les autres, ceux-ci sup-
portant la pression à la façon d'une voiHe et
ne la transmettant pas aux rayons, ce qui
diminuerait la solidité de la roue. En outre,
pour ne pas modifier le carrossage de la
roue, les tenons des rais que l'on changera
ne seront pas dans le prolongement de ceux-
ci, mais feront, comme pour les roues neuves,
avec eux le même angle que les anciens
rais.
G. Passelègue,
Ingénieur agronome.
LES FACILITES AU COMMERCE D'EXPORTATION
ET DE TRANSIT O
Jamais il n'a été plus cécessaire de développer
notre commerce d'exportation et de transit. Le
relèvement du franc, le rétablissement de la si-
(1) Note communiquée par la Compagnie du che-
min de fer de Paris à Orléans.
tuation économique du pays en dépendent en
grande partie.
Or, on s'était plaint que la refonte des tarifs
de petite vitesse des chemins de 1er, à laquelle
il vient d'être procédé, ait supprimé, pour les
marchandises qui s'y trouvent reprises ou qui
20
ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE
sont susceptibles d'y figurer, le bénéfice des
prix spéciaux inscrits daus les anciens tarifs
d'exportation et de transit qui avaient été sup-
primés dans la tarilication nouvelle uniforme
sur tous les réseaux.
Pour conserver à ces marchandises Tavantage
de prix plus réduits que ceux auxquels sont sou-
mis les transports de l'intérieur, et pour favo-
riser le commerce d'exportation et de transit,
les grands réseaux ont admis le principe d'une
réduction sur les prix des nouveaux tarifs. Celte
réduction vise : i° les expéditions destinées à
une gare desservant un point frontière ou un
port de mer; 2" les expéditions venant de ce
point frontière ou de ce port de mer. Fixée
d'une manière générale à 10 0/0, elle a été
portée exceptionnellement à 25 0/0 pour cer-
taines marchandises.
Une simple disposition d'ordre général, ins-
crite dans les nouveaux tarifs au fur et à mesure
de leur mise en vigueur, en règle l'application.
Mais comme ces taiifs ne concernent pas les
expéditions partielles, la réduction de 10 0/0 est
également consentie aux transports qui relèvent
d'une des six séries des tarifs généraux inté-
rieurs et communs, quelle que soit la condition
de tonnage réalisée. Toutes les marchandises de
la nomenclature générale, à l'exclusion des
matières dangereuses ou des objets de valeur,
bénéficient ainsi depuis le 13 octobre d'un ré-
gime exceptionnel limité dans les anciens ta-
rifs P. V. n° 30 des Compagnies à certaines re-
lations et à certaines marchandises spécialement
désignées.
Les grands réseaux ont également envisagé le
moyen d'assurer au rail français le trafic inter-
national de transit, en particulier celui qui
relève des relations avec la Suisse.
A cet effet, ils ont prévu pour les marchandises
de toute nature transportées d'une gare suisse
en Angleterre ou vers un pays extra-européen,
par l'intermédiaire des lignes des grands réseaux
français (c'est-à-dire, en somme, sur la distance
de la frontière suisse à un port français), l'appli-
cation, par voie de détaxe, de prix de transport
calculés d'après ceux dont ces marchandises
auraient bénéticié, si leur transit avait eu lieu
par un port étranger compiis, soit entre Ghy-
velde et l'embouchure de TEms, soit entre Vinti-
mille et le détroit de Messine.
Ce calcul de détaxe s'opère dans les condi-
tions suivantes : lorsque la distance de taxe
entre la gare suisse et le port étranger considéré
est supérieure ou égale à la distance de taxe
entie celte gare et le port français de transit,
les réseaux français rembourseront la différence
entre la taxe par fer perçue (frais accessoires
compris'' et la taxe par fer applicable entre la
gare suisse et le port étranger.
Quand cette distance sera inférieure, les
réseaux français rembourseront la différence
entre la taxe par fer perçue (frais accessoires
compris) et la taxe obtenue en appliquant sur
la distance de la gare suisse au port français la
base kilométrique moyenne de la taxe par fer
(frais accessoires compris) applicable entre la
gare suisse et le port étranger.
Le calcul de ces diverses taxes tient compte
des changes au jour de l'e-^pédition. D'autre
part, les remboursements prévus ci-dessus sont
réduits, le cas échéant, de telle sorte que la
taxe, revenant aux réseaux français (frais acces-
soires non compiis), ne soit pas inférieure à
4 centimes (majorations et impôt non compris)
par tonne et par kilomètre. Pour un vagon
chargé de plus de 10 tonnes, le minimum de
fr. 04 est abaissé à 1 centime par kilomètre,
et par tonne de chargement au delà des dix
premières.
Les réseaux s'occupent actuellement d'abré-
ger les formalités pour ces détaxes.
On est fondé à espérer que ces dispositions
auront pour effet de développer notre commerce
d'exportation et de transit.
ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE
Fin de la séance du 22 décembre.
Acidification des sols
et moyens d'y remédier.
M. René Berge rend compte d'un important
travail de .M. Brioux, directeur de la Station
agronomique de Rouen, sur les moyens de
reconnaître le manque de calcaire dans les sols
et les moyens d'y remédier.
Dans le pays de Caux, notamment, les sols de
limon des plateaux et d'argile à .[silex sont
acides, manquent de chaux. Aussi avait-on
l'habitude de les marner à la dose de 100 à
400 hectoliti'es à l'hectare, tous les quinze ou
vingt ans. Mais aujourd'hui, rares sont les cas
où il y a possibilité de marner, tant il est diffi-
cile et coûteux de trouver des ouvriers pour
ouvrir des marnières et en extraire la marne.
M. Ch. Brioux, après de nombreux essais,
conseille, lorsque le marnage n'est plus possible,
au lieu de chauler comme on l'a parfois con-
seillé, d'employer, en même quantité, de la
craie broyée finement. Son action est aussi
active et aussi rapide que celle de la chaux. Une
dose de 3 000 kilogr. par hectare tous les trois
ans est suffisante. Mieux encore convient-il
d'employer de la craie phosphatée pauvre,
1 000 kilogr. par hectare dans ce cas.
L'emploi des écumes de défécation de sucrerie
est aussi excellent.
M. Ringelmann fait remarquer que le broyage-
des calcaires exige beaucoup de force et peut
devenir onéreux.
CORRESPONDANCE
21
M. Cayeux rappelle qu'il ne peut s'agir évidem-
ment que de craie, c'est-à-dire d'un calcaire
très tendre et très riche en carbonate de chaux,
les craies du bassin parisien atteignant souvent
une teneur en carbonate de chaux de 96 0/0.
Séance du 29 décembre 1920.
Présidence de M. Vlger.
L'Institut international d'Agriculture
de Rome.
M. Henry Sagnier rend compte, devant l'Aca-
démie, du fonctionnement de l'Institut inter-
national d'Agriculture de Rome et des décisions
prises lors de la dernière Assemblée générale de
cet Institut. Après avoir rappelé les origines de
l'Institut dû à l'initiative de Sa Majesté le roi
d'Italie, il passe en revue les travaux confiés aux
trois bureaux de la Statistique agricole, des Ren-
seignements agricoles et des Maladies des plan-
tes, des Institutions économiques et sociales.
Chacun de ces trois bureaux publie un Bul-
letin qui reçoit la plus large vulgarisation pos-
sible. La dernière assemblée générale a examiné
les améliorations à y apporter. Ainsi, au point
de vue de la statistique, il a été décidé qu'on
inviterait les Etats adhérents à faire faire, chaque
année, une statistique du bétail entre les mois
de décembre et avril afin d'avoir toujours des
données comparables; le modèle recommandé
pour établir cette statistique a été celui même
adopté par le ministère de l'Agriculture fran-
çaise.
On a décidé également des enquêtes sur les
encouragements donnés à l'agriculture dans les
différents pays pour intensifier la production
agricole pendant la guerre.
A propos des maladies des plantes, on a de-
mandé que des décisions de la Convention in-
ternationale pour combattre ces maladies, reçus-
sent enfin la ratification des gouvernements
intéressés, etjque la convention, passée entre les
représentants des différents Etats souffrant de
l'invasion des sauterelles, fût soumise à l'appro-
bation des gouvernements, etc.
Au point de vue du bureau des Institutions
économiques et sociales, afin de donner plus
d'activité à ce bureau, l'Assemblée générale a
été d'avis que celui-ci entrât directement en re-
lation, non plus seulement avec les organismes
officiels, mais les Associations agricoles des dif-
férents pays, après approbation toutefois des
Gouvernements intéressés.
M. Henry Sagnier signale que la Belgique, à
la dernière Assemblée générale de l'Institut, fit
poser la question de la Réglementation du tra-
vail en agriculture.
La discussion qui s'ouvrit à oe sujet donna
lieu à une intervention brillante et décisive de
la part de MM. Gautier et Dariac, notamment,
faisant partie de la délégation française. A la
vérité, quels que fussent les pays représentés à
Rome, tous furent unanimes pour rejeter la ré-
glementation du travail en agriculture, consi-
dérant la chose comme impossible. Mais le Bu-
reau international du travail, que préside
M.Albert Thomas, ayant décidé d'ouvrir à Genève
en avril prochain une Conférence au sujet de
cette réglementation, l'Assemblée de Rome de-
manda à ce que l'avis très net des délégués de
l'Institut international d'Agriculture fût com-
muniqué aux différents Gouvernements pour
que ceux-ci s'opposent à toute législation inter-
nationale du travail en" agriculture.
Enfin, M. Henry Sagnier insiste, en terminant,
sur le rôle de la France dans le fonctionnement
de l'Institut international d'Agriculture. Si l'on
peut constater la vie très active de cet Institut,
c'est bien grâce à l'ardeur et à la persévérance
du délégué de la France au Comité permanent,
M. Louis Dop, vice-président de l'Institut inter-
national d'Agriculture, dont le rôle apparaît
chaque jour plus considérable et apprécié, du
reste, comme il le mérite, par ses collègues de
tous les Etats adhérents.
La vie agricole.
M. Hiticr présente, à l'Académie, un petit livre
intitulé : La Famille Aubert, les auteurs MM. E.
Vesco de Kereven et J. Martin, dans cet ouvrage
destiné à la jeunesse, ont réussi, sous forme
d'histoire attrayante et très claire, à faire passer
sous les yeux de leurs lecteurs les différentes
régions de la France avec leurs richesses agri-
coles et industrielles. Mais surtout, comme
l'écrit Mgr Baudrillart dans la préface dont il a
honoré ce livre, La Famille Aubert est vraiment
un intéressant tableau du fond même de la vie
française, vie familiale et vie sociale, vie indus-
trielle et vie agricole, vie militaire au commen-
cement du xx« siècle.*
Ce livre fait connaître et aimer la terre de
France et la famille française : il mérite d'être
très largement répandu.
Election d'un vice-président
et d'un vice-secrétaire.
L'Académie procède à l'élection d'un vice-
président et d'un vice-secrétaiie pour l'an-
née 1921.
M. Gervais est élu vice-président.
M. IL Hilier est élu vice-secrétaire.
IL IllTIER.
CORRESPONDANCE
— N" G228 [Ardcnnes). — Nous n'avons jamais
employé les levures de brasserie pour l'ali-
mentation de nos animaux. Ici nous n'aurions
probablement pas trouvé avantage à le faire.
C'est un aliment essentiellement azoté. A toute
période de leur croissance, si vos porcs arrivent
à en consommer oOO à 600 grammes par jour,
vous n'aurez plus avons occuper delà teneur en
22
CORRESPONDANCE
azote du complément de leur ration. Pommes de
terre, ou tout aliment concentré à leur goût, se-
ront également bons. Vous n'aure?. qu'à choisir
les moins chers, à valeur nutritive égale.
11 n'y aura aucun inconvénient à augmenter la
dose de levure, si les animaux la mangent avec
plaisir et la digèrent facilement. — (A. G.)
— M. C. I. (Ille-et- Vilaine). — Vos cultures de
tomates sont en lignes à un mètre d'écartement ;
pour les traitements que vous avez l'intention de
faire avec un pulvérisateur à traction, très
étroit, voyez la maison Vermorel, à Villefranche,
Rhône. — (M. R.)
— M. J. B. (Seineet-Oise). — Les subventions
qui peuvent être allouées pour les appareils
de culture mécanique sont actuellement réglées
par l'arrêté ministériel du 26 décembre 1019
(voir le numéro du 8 Janvier 1920, p. 26); elles
ne peuvent s"appliquer qu'aux groupements
professionnels agricoles, viticoles, horticoles,
maraîchers, etc., comptant au moins sept mem-
bres participants procédant à rachat et à l'utili-
sation en commun suivant certaines dispositions
spécifiées dans l'arrêté en question. Votre ven-
deur, qui doit cependant être bien au courant,
vous a induit en erreur; le tracteur acheté en
mai 1920, étant destiné à votre usage personnel,
ne peut prétendre à subvention. Ne cherchez
pas à constituer un groupement fictif de sept
personnes; l'enquête à laquelle on procède très
sévèrement aujourd'hui, décèlerait facilement la
supercherie, et vous en seriez pour vos frais. —
(M. R.)
— N" 8309 [Seine- et-Oise). — Vous venez
d'acheter une parcelle de 1 1 ares 24, d'une
terre partagée en 1843 et dont l'autre pariie
a alors été acquise par un voisin pour une con-
tenance de 6 ares 89. Ces chiffres résultent des
titres authentiques de l'époque. Or, s'appuyaut
sur|des indications cadastrales reconnues exactes,
et, de plus, sur les traces d'une ancienne clô-
ture, le propriétaire actuel de la parcelle de
6 ares 89 prétend avoir droit à une contenance
de 9 ares .o, quoique son droit de propriété ré-
sulte pour lui d'une acquisition aux enchères
publiques d'après une affiche portant une con-
tenance de 6 ares environ. Dans ces conditions,
ce propriétaire veut s'adjuger à lui seul une to-
lérance réservée de 1 are 99 entre les deux par-
celles.
La prétention émise à votre préjudice nous
paraît inadmissible. Des restes de clôture ne
peuvent faire preuve contre des actes authen-
tiques et contre une adjudication publique.
D'autre part, des indications, quelquefois fort
anciennes et erronées du cadastre, sont très
discutables. A notre avis, la tolérance de
1 are 99 doit être répartie proportionnellement.
Si toutes tentatives amiables ont échoué, vous
devez introduire une instance judiciaire près le
juge de paix de votre canton. Une expertise sera
vraisemblablement ordonnée, et les frais eu se-
ront supportés par la partie perdante.
La prescription ne peut être invoquée en l'es-
pèce. — (M. D.)
— P. D. {Allier). — Dans vos terres argilo-
siliceuses sèches, il est préférable de vous
abstenir de l'emploi de la sylvinite sur vos
prairies. Cet en-^rais doit être employé en tei'-
rains suffisamment humides. La kaïnite ordi-
naire conviendrait mieux, mais il est à con-
seiller de faire un essai préalable. Pratiquez
plutôt un épandage de scories à la dose de 5 à
600 kilogr. à l'hectare. Cet engrais phosphaté
basique aura une action très favorable sur la
flore de votre prairie et sur sa précocité, ce qui
atténuera les mauvais eflets de la sécheresse. Il
est possible également que vos terres soient trop
sèches et inaptes à porter des prairies. — (M. S.)
— N° 8399 {Paris). — Voici la hauteur ap-
proximative des saules que vous nous de-
mandez : S. caprœa, o à 6 mètres; S. cœrulea
(S. a/6a var.), Ib à 20 mètres; S. /rt«rt/"o/m(S. pen-
tandra), 5 à 6 mètres; S. argentea (S. alba var.),
15 à 20 mètres; S. amplexicaulis (S. purpurea),
1 à 3 mètres; S. rosinarinifolia, 1 à 2 mètres. Les
S. Batavia et S. noir de Vilaine ne nous sont
pas connus. — (S. M.)
— N" 6387 [Charente-Inférieure). — On dit que
le bois de l'Allante (faux vernis du Japon) est
blanc jaunâtre satiné et aussi fin que celui de
l'Erable, et qu il peut servir aux mêmes usages.
Nous n'avons pas pu trouver des renseignements
plus précis. — (S. M.)
— M. L. E. [Eure). — Le bureau de la Chambre
syndicale des constructeurs de machines
agricoles est 10, rue de Lancry, à Paris.
La longueur du batteur est lié à la longueur
moyenne des tiges de céréales à battre; il n'y a
pas lien d'exagérer cette longueur alors qu'on
peut toujours engrainer un peu en biais; les
longueurs de 1".70 et 1™.90 dont vous parlez
sont exagérées, inutiles et coûteuses. Dans les
batteuses en travers, le batteur est à jour. Le
batteur de 0"i.50 de diamètre doit tourner un
peu plus rapidement que celui qui a 0'".b5; c'est
une question de vitesse à donner par seconde à
la circonférence. Les roulements à rouleaux et
à billes sont préférables aux coussinets ordi-
naires. Le remontage par force centrifuge est
plus simple que la chaîne à godets qui risque de
s'engorger si elle n'a pas un débit suffisant;
mais, à une trop grande vitesse, l'élévateur à
force centrifuge casse des grains s'ils sont trop
secs, ce qui n'a jamais lieu avec la chaîne à
godets. Il nous est difficile de répondre à toutes
les questions posées, au nombre de onze, car
nous ne connaissons pas l'importance de l'ex-
ploitation, c'est-à-dire la superficie cultivée en
céréales ou le poids total de gerbes à battre en
un certain nombre de journées pour justifier
économiquement telle ou telle machine.
La presse à paille en long ne pourra pas
servir pour le fourrage, mais remplacera, pour
la paille, la botteleuse à deux liens. — (M R.)
REVUE COMMERCIALE
23
LA SEMAINE MÉTÉOROLOGIQUE
Semaine du ^déc. 1920 au l^' janv. 1921 {OBSERVATOIRE DU PARC SAJNT-MAUR)
r.
TEMPÉRATURE
à
o
■a
JOURS
ET DATES
Oh
millibars.
ci
a
'3
a
'x
a
a
a
o
Écart
sur
la nor-
male.
Vent.
«1
o
beiires
t. o
S 'M
3 o.
W
miUim.
REMARQUES DIVERSES
Dim 26 déc.
1018.8
4°8
120 7
7.8
+ 36
S E
3.0
»
Temps nuageux.
Lundi 27 —
1012.8
3.7
11.2
9.1
+ 6.9
S
1.2
2.7
Pluie le matin et le soir.
Mardi 28 —
1011.9
9.1
14.3
12.4
+ 10.2
so
1.0
0.4
Pluie la nuit, temps couvert.
Mercredi.. 29 —
1018.0
9.7
16.0
12.8
+10.7
s
1.3
0.3
Pluie le matin, temps couvert.
Jeudi 30 —
1018.2
9.1
12 6
10.9
+ 8.8
s
0.0
Rosée, temps nuageux.
Vendredi. 31 —
1015.9
8 4
12.5
10 6
+ 8.5
so
0.0
0.3
Temps pluvieux.
Samedi... !«•" j.
1021 9
8.7
13.2
12.0
-f 9.9
[S
1 3
0.3
Temps couvert le matin, beau
le soir.
Moyennes et totaux
Ecarts sur la normale
1
1016.3
— 1 8
7.6
13 5
10 8
+ 8.7
»
•
9.8
ao litg (l«
5-! h. 8
dnr.théor.
4.2
Pluie depuis le l*"" janvier :
En 1920 SSB-am
Normale 594
REYUE COMMERCIALE
Situation agricole. — Le temps doux et humide a
dominé pendant la huitaine ; il semble qu'en divers
endroits, les blés ont eu à souffrir des gelées in-
tenses de la première période de l'hiver. On con-
firme que la levée des derniers blés semés a laissé à
désirer.
Par suite de l'humidité excessive du sol, les labours
et autres travaux extérieurs sont suspendus. La cul-
ture se préoccupe activement de s'approvisionner en
semences pour la saison de printemps.
Blés et farines. — Les livraison? de blés sont peu
nombreuses, la question des transports soulève à
chaque instant des difficultés et la culture se plaint
de n'avoir pas encore reçu la valeur des grains four-
nis depuis plusieurs mois aux bureaux permanents.
En Amérique, en tenant compte du change, les
cours des blés accusent de la hausse. Un paie aux
100 kilogr. : 123 fr. 88 à New-York et 103 fr. 80 à
Chicago pour le disponible, 102 fr. 95 à Buenos-
Ayres.
Les petits moulins, très défavorisés, travaillent
peu; l'approvisionnement des boulangeries en fa-
rines a lieu régulièrement.
Sons. — Demande peu active et cours inférieurs
de plusieurs francs à la taxe établie. On paie de 43 à
46 fr. le quintal pria au moulin.
Céréales diverses. — Sur les avoines, cours un
peu plus fermes. Aux 100 kilogr. départ, on cote les
avoines disponibles : avoines grises d'hiver de l'Ouest,
37 fr.; avoines blanches de l'Est, 50 fr.; avoines
grises de Beauce, 37 à 57.50; avoines noires du
Centre, 56 fr.
Sur les orges, on note une plus-value de 1 fr. par
quintal. On cote par 100 kilogr. départ : orges de
Beauce, 88 fr.; de Champagne, 86 fr.; de la Mayenne
et de la Sarthe, 87 fr.; escourgeons, 78 fr.
Les sarrasins de l'Ouest valent de 73 à 78 fr. et les
sorghos du Midi 38 à 40 fr. les 100 kilogr. départ.
Les maïs étrangers sont cotés dans nos ports de
75 à 78 fr. les 100 kilogr.
A Poitiers, le maïs vaut de 80 à 82 fr. les 100 ki-
logrammes.
Fourrages. — Au marché de La Chapelle, cours
stationnaires sur les foins et les regains, en baisse
sur la luzerne. On a vendu par 100 bottes rendues à
Paris au domicile de l'acheteur : paille de blé, 55 à
65 fr.; paille d'avoine, 43 à 55 fr.; paille de seigle,
75 à 85 fr.
Dans les départements, le foin vaut aux 100 ki-
logr. : Dauphiné, 25 à 28 fr.; Languedoc, 20 à 22 fr.;
Franche-Comté, 19 à 21 fr.
Pailles. — En raison de l'abondance de l'ofl're, les
cours des pailles ont fléchi de 5 à 10 fr. par 100 bot-
tes au marché de La Chapelle. On a coté : foin, 140
à 160 fr.; regnin, 135 à 155 fr.; luzerne, 160 à ISO fr.
La paille de blé se vend de 10 à 13 fr.; celle de
seigle, de 13 à 14 fr.; les pailles d'orge et d'avoine
de 10 à 12 fr. les lOU kilogr. dans les départements.
Bétail. — Au marché de La Villelte du lundi
3 janvier, cours faiblement tenus sur le gros bétail.
On a payé les boeufs de l'Allier, de la Creuse, de
la Haute-Vienne, de l'Orne et du Calvados, 4.65 à
4.35; de la Mayenne et de la Sarthe, 4.20 à 4.60; de
Maine-et-Loire et de la Loire-Inférieure, 4.25 à 4.50;
de la Vendée, 4 à 4.20; les génisses, 4.75 à 4.85; les
taureaux de choix, 3.90 à 4.30 le demi-kilogramme
net.
Les veaux ont eu des cours stationnaires. On a
vendu les veaux de Brie, de Beauce et du Loiret,
2i
REVUE COMMERCIALE
6.60 à 6.90; de la Sarthe, 6 à 6.30; de l'Ouest, d.75
à 6.30 le demi-kilogramme net.
Les cours des moutons se sont maintenus. On a
coté les agneaux, 6.nO : les moutons de l'Allier et de la
Nièvre, 6.25 à 6.50; du Cher, 6 à 6.23; du Midi, 4.7.3
à 5.23; les brebis du Midi, 5 à 5.25; les moutons
d'Algérie, 4.50 à 5 fr. le demi-kilogramme net.
Sur les porcs, les prix ont accusé de la fermeté.
On a payé au demi-kilogramme vif : les porcs gras,
3.10 à 3.20, les coches, 2.60 à 2.8.3.
Voici le relevé des marchés du jeudi 30 décembre
et lundi 3 janvier :
Marché du jeudi 30 décembre.
Entrées directes
au.T abattoirs. Réserves
Amenés. LaVill. Vaug. LaVill. Vaug.
têtes
B^ufs 1 263
Vaches.... 580
Taureaux.. 1*9
Veau.x 1 03-2
Moutons .. 7 136
Porcs 2 196
têtes têtes
156
65
533
têtes
133
■130 109 259 102
440 4"i9 1 190 475
648 311 4C0 UO
Prix maxima du kilogramme.
Prix extrêmes.
Boeufs
Vaches. . . ,
Taureaux..
Veaux
Moutons.. .
Porcs
9 -22
9 22
8 50
13 50
12 00
9 86
8 40
8 40
7 00
12 50
10 50
9 58
7 80
7 40
7 -,0
10 80
9 30
9 42
2.50 à 5.91
2.50 5.91
2.50
4.10
3.84
G. 19
5.40
8.34
6.41
7.00
Marché du lundi 3 janvier.
Entrées directes
aux abattoirs. Réserves
Amenés. LaVill.
Bœufs. . . .
Vaches . . .
Taureaux.
Veaux
Moutons . .
Porcs
Vaug.
têtes
136
298
447
930
La Vill.
têtes
552
0f7
1 960
405
Vaug.
têtes
168
127
210
Prix maxima du kilogramme.
Au poids net. Au poids vif.
1" q. 2* q. 3« q. Prix extrêmes.
Bœufs.. . .
Vaches ..
Taureaux ,
Veaux . . , ,
Moutons .
Porcs
9.22
9.22
8.50
13.60
12.50
9.86
8.40
8.40
7.90
12.60
11.20
9.58
7.80
7.80
7.70
10.80
10.30
9.42
2.25 à 5.77
2.25 5.77
2.25
4.50
3.60
5.19
5.40
8.30
6.24
7.00
Dans les départements, on cote :
Bordeaux,- pa-T kilogr. poids vif : bœufs, 3.40 a
5.10 ; vaches, 3 à 5.20 ; porcs, 6.20 à 6.90 ; par kilogr.
poids net : veaux, 10 à H. 50; moutons, 9 à
10 fr.
Chartres, par kilogr. poids net : veaux, 12 à
14 fr.
Dijon, par kilogr. poids vif : veaux, 6.30 à 6.80;
porcs, 6.80 à 7 fr. ; moutons, 9 à 12 fr.
Lille, par kilogr. poids net : bœufs, 8.75 à 9.25;
veaux, 11 à 13 fr. ; porcs, 10.25; moutons, 9 à
11 fr.
Lyon-Vaise, par kilogr. poids vif : bœufs, 4.40 à
5.70; porcs, 6.60 à 7.20; veaux, 6.20 à 7.60; par
kilogr. net : moutons, U à 12.30.
Marseille, par kilogr. poids net : bœufs, 8.30 à
9.25; vaches, 8.50 à 9.25; moutons, 9.50 à 10.50;
par kilogr. vif : porcs'de pays, 7.40 à 7.60.
Nancy, par kilogr. poids net : bœufs, 8.75 à 10 fr.;
vaches, 7 à 10 fr. ; moutons, 10 à 12.50; par
kilogr. vif : veaux, 6.50 à 7.75; porcs, 7.50 à 7.75.
Vins. — Affaires calmes sur les marchés méridio-
naux et prix à peu près stationnaires. On paie à
l'hectolitre les vins rouges : 58 à 72 fr. à Béziers,
63 à 85 fr. à Narbonne, 60 à 75 fr. à Montpellier,
58 à 90 fr. à Nîmes, 60 à 90 fr. à Perpignan. Les
vins blancs valent de 100 à 130 fr. l'hectolitre dé-
part.
En Loir-et-Cher, oti les prix sont en baisse, on
vend les vins rouges de 65 à 75 fr. et les blancs de
100 à 110 fr. l'hectolitre, Dans le Loiret, les vins
d'Auvernat .«ont cotés de 270 à 285 fr., et les vins
blancs de Sologne de 240 à 250 fr. la pièce.
Dans la Loire-inférieure, on cote la barrique de
223 litres : muscadet, 400 à 430 fr.; gros plants, 200 à
260 fr.
A Alger, les vins rouges valent 40 à 70 fr. l'hec-
I tolitre.
Pommes de terre et Fécales. — Cours faiblement
tenus. .Vux 100 kilogr. départ, par vagon complet,
on vend : Saucisse rouge, 24 à 27 fr; Ronde jaune,
n à 23 fr.; Flouck, 26 à 27 fr.; Institut de Beauvais,
21 à 24 fr.; Woltmann, 18 A 20 fr.
Aux Halles centrales de Paris, on cote aux 100 ki-
logr. ; Hollande, 70 à 80 fr.; Saucisse rouge, 34 à
37 fr.; Rondes à chair jaune, 29 à 31 fr.; Flouck,
30 à 32 fr.
La baisse s'est accusée sur les fécules. A Epinal,
la fécule 1''-' disponible vaut 123 fr. les 100 kilogr.
gares des féculeries.
Graines fourragères. — Affaires a.-sez nombreuses
en trèûe violet, beaucoup moindres en luzerne. On
paie aux 100 kilogr. départ: trèlle violet, 430 à32ofr.;
luzerne, 4.30 à 700 fr.; lupuliue, 200 à 250 fr.; anthyl-
lide, 700 à 900 fr.; trèfle hybride, 800 à 1 000 fr.;
trèfle blanc, 1 350 à 1 500 fr.
Engrais. — On cote, pour les trois premiers mois
de 1921, par 100 kilogr. départ usines, emballages,
perdus :
Ciaoamiile S. P. A. granulée, titre 19/21 0/0 d'azote;
emballage en fûts de 75 kilogr., 115 fr.
CianamiJeS. P. A. en poudre, titre 17/19 0/0 d'azote;
emballage en sacs, 75 fr.
Cianamide S. P. A. en poudre, emballage en fûts
de 100 kilogr. nets, 90 fr.
11 est, eu outre, consenti à la culture une prime
de 5 0/0 pour les ordres sur janvier et une prime de
3 0/0 pour les ordres sur la première quinzaine de
février.
La dolomagnésie est cotée 19 fr. 50 les 100 kilogr.
départ, logée en sacs neufs.
On cote : nitrate de soude, 15 à 16 0/0 d'azote,
108 fr. vagon Marseille-Bordeaux; 110 fr., Cette;
nitrate dammoniaque, 33 0/0 d'azote, 199 fr. vagon
Marseille; nitrate de chaux granulé 12 0/0,94 fr.,
vagon Toulouse; sang desséché, 11 fr. l'unité d'azote
vagon Marseile; corne torréûée, 9 fr. l'unité d'azote.
Le superphosphate minéral 14 0/0 est coté 26 fr.
gare ou quai Marseille. B. Dukand.
Le Gérant : Chaki.es Dutheix.
[ P»rib. — !.. AiAKETUiux, imprimeur, 1, rue Cassette
CHRONIQUE AGKiCOLE
25
CHRONIQUE AGRICOLE
Sur l'organisation des Chambres d'Agriculture. — Nécessité urgente d'une solution. — Sur l'application
du décret relatif à la vente du bétail sur les marchés. — Résultats de l'emprunt national. — Part prise
par les agriculteurs à cet emprunt. — Publication des résultats des principales cultures en 1920. —
Comparaison avec l'année précédente. — Modi6cations dans l'organisation du ministère de l'Agricul-
ture. — Nomination du directeur de l'Office du Crédit agricole. — Note par le Sénat d'une loi relevant
les taxes dans les abattoirs publics. — Application de ces taxes aux viandes frigorifiées. — Circulaire
relative au développement de l'emploi des tourteaux pour le bétail. — Résultats d'une enquête sur la
crise du lait à Chicago. — Décret relatif à l'importation du bétail provenant des Pays-Ras. — Nomina-
tions de professeurs aux Ecoles nationales d'Agriculture de Alontpellier et de Rennes. — Exposition de
machines agricoles et concours de tracteurs à Lerida (Espagne). — La Semaine de Motoculture du
printemps. — Don à l'Institut international d'Agriculture de Rome. — Rapport sur l'activité de l'Union
Suisse des Paysans pendant l'année 1919. — Agenda aide-mémoire agricole de M. G. Wery et Almanach
de la Gazelle du Village.
Chambres d'Agriculture.
On se souvient que rapplicalion de la loi
du 25 octobre 1919 sur les Chambres d'Agri-
culture a été prorogée jusqu'au 25 avril pro-
chain, et que les modifications nécessaires au
texte de cette loi doivent être adoptées par le
Parlement avant cette dernière date. La
Chambre des Députés a été saisie d'une pro-
position sur ces modifications; la Commis-
sion de l'Agriculture a longuement discuté
sur ce sujet, et elle a chargé M. Raymond
Gavoty, député du Var, de rédiger, en son
nom, un rapport sur les conclusions qu'elle a
adoptées. D'après ces dispositions, les Cham-
bres d'Agriculture doivent être régionales;
la Commission en avait déterminé le nombre
et les circonscriptions.
Mais le ministre de l'Agriculture a exposé à
la Commission que le Gouvernement avait
préparé et allait présenter un projet de loi re-
latif à l'organisation de la France en régions
administratives; il a ajouté qu'il convien-
drait de faire coïncider les circonscriptions
des Chambres régionales d'Agriculture avec
ces nouvelles régions. Or, il n'est pas dou-
teux que l'adoption par le Parlement du pro-
jet sur les régions administratives exigera de
longs délais. Dès lors, il conviendrait, pour
aboutir actuellement en ce qui concerne les
Chambres d'Agriculture, de se borner (à cons-
tituer des Comités départementaux qui servi-
raient ultérieurement à la constitution des
Chambres régionales.
La Commission de l'Agriculture s'est incli-
née devant ces objections. Il est probable
que le rapport de M. Gavoty, qui comporte
d'ailleurs des modifications profondes au
mode électoral précédemment prévu, sera
déposé dès l'ouverture de la nouvelle session.
Il importe, comme nous le rappelons plus
haut, que la discussion du nouveau projet
aboutisse rapidement.
13 Janvier 1921. — N» 2.
Le commerce du bétail.
Le décret du 18 octobre 1920 relatif à la
vente du bétail sur les foires et marchés et
au commerce de la viande (voir le numéro
du 28 octobre 1920, p. 356) a rencontré, dans
son application, des difficultés que nous
avions fait prévoir. On annonce que le mi-
nistre de l'Agriculture a déclaré qu'il renon-
cerait à cette application.
Résultats de l'emprunt national.
Le ministre des Finances a fait connaître à
la Chambre des députés (séance du 31 dé-
cembre) les chiffres provisoires des résultats
du dernier emprunt national; ces chiffres ne
seront vraisemblablement modifiés que dans
une assez faible mesure par les apports nou-
veaux qui parviendront encore de France,
des colonies ou de l'étranger. Le total des
souscriptions centralisées ^au 31 décembre dé-
passe 27 milliards de francs, ce chiffre global
se décomposant ainsi : 12 500 millions prove-
nant de l'échange des rentes émises pendant
la guerre, 14 500 millions de souscriptions
nouvelles. Dans ce dernier chiffre, les bons
delà Défense nationale entrent pour 5600 mil-
lions, les billets de banque et le numéraire
pour 9 100 millions.
Du fait du dernier emprunt, le total des
consolidations efTectuées en 1920 a atteint
37 milliards de francs.
En remerciant tous ceux qui ont contribué
au grand succès de l'emprunt, le ministre
des Finances s'est exprimé en ces termes :
Les emprunts précédents avaient été souscrits
surtout par l'industrie, par le haut et le moyen
commerce; les souscriptions avaient été relati-
vement rares dans les campagnes.
Cette fois l'industrie et le gros commerce,
dans la situation de crise ou de malaise où ils se
trouvent, n'ont pas pu apporter à l'Etat leur
concours habituel....
Tome I. — 2
26
CHROiNIQUE AGRICOLE
Mais ce sont les cultivateurs qui, moins at-
teints par les difficultés présentes, sont venus en
grand nombre verser leur épargne à l'emprunt ;
ils ont participé largement à l'opération de con-
solidation en nous apportant leurs économies.
C'est à eux surtout que nous devons l'afllux im-
portant de billets de banque que je vous ai si-
gnalé. Je les en remercie.
Ainsi, dans cette admirable France, suivant
les conditions économiques, nous pouvons
compter, tantôt sur l'industrie, lorsqu'elle est
dans une période de prospérité, comme il est
arrivé au cours des dernières années, tantôt sur
la population rurale, qui, comme aujourd'hui,
alors que les industriels passent par une période
difficile, apporte en masse au pays l'appui néces-
saire à son relèvement économique et hâte pour
lui le retour d'une prospérité dans la paix qui
soit au niveau de sa gloire dans la guerre.
1920
11 n'est pas inutile de rappeler qu'à l'occa-
sion du précédent emprunt le minisire des
Finances avait adressé (voir le numéro du
22 avril 1920, p. 294) des remerciements
spéciaux aux Associations agricoles pour
leur participation.
Les récoltes en 1920.
Le ministère de l'Agriculture a publié an-
térieurement les évaluations sur les récoltes
des céréales en France en 1920. Il vient de
compléter ces renseignements en faisant con-
naître les évaluations approximatives sur les
résultats des diverses cultures. Ces évalua-
tions sont résumées dans le tableau suivant,
où elles sont rapprochées des résultais défi-
nitifs donnés pour l'ar.née 1919 :
1919
Surfaces.
— ^ — — —
Récolle.
Surfaces.
_^
Récolle.
hectares
quintaux
lieclares
quintau.x
Maïs
231 370
18 351
4 265 675
142 759
297 870
18 720
2
534 110
Millet
100 090
Sarrasin
332 690
1 352 320
3 629 106
103 155 900
32S 640
1 256 110
2
77
719 690
Pommes de terre
305 620
Topinambours
108 423
149 080
13 437 250
22 005 750
105 110
152 900
10
20
762 440
Rutabagas et navets
343 680
Choux fourragers
205 995
52 821 230
199 930
45
416 880
Betteraves à sucre
89 650
20 556 140
74 620
12
476 340
— de distillerie..
18 620
4 615 200
20 8 40
4
681 970
— fourragères. . .
582 560
156 015 391)
527 870
104
411 820
Prairies artificielles
2 633 780
101 096 860
2 604 640
85
018 650
— temporaires
341 090
10 276 090
343 230
9
204 160
Fourrages verts
K44 820
87 176 890
660 430
82
654 940
Prés naturels
4 848 800
28 170 j
filasse . .
graines.
145 565 305
376 419 ;
113 205
4 793 470
21 170 j
filasse . .
graines .
133
324 750
Lin
160 115
88 238
7 546 \
filasse. .
132 515 >
51 200 \
7 812 j
filasse . .
66 668
Chanvre
graines.
graines.
35 101
Houblon
1 489
10 462
146 857
10 175
131 927
1 005 900
1 430
9 120
148 390
8 415
Tabac
132 773
Haricots
925 930
Lentilles
6 655
89 607
4 410
40 300
Pois
12 903
33 209
20 619
121 577
298 056
317 822
13 630
34 670
24 480
140 100
Fèves
276 670
Féveroles
343 610
11 convient de signaler les principales dif-
férences qui se sont manifestées d'une année
à l'autre ; elles ont porté surtout sur les
pommes de terre et les plantes fourragères.
Les étendues cultivées en pommes de terre
ont augmenté de 96 000 hectares, celles de
betteraves à sucre de 15 000 hectares. Il y a
eu un accroissement de plus de oiOOO hec-
tares pour les betteraves fourragères et de
29 000 pour les prairies artificielles. Enfin,
les surfaces consacrées aux prairies naturelles
ont été accrues de 55 000 hectares; c'est la
confirmation d'un fait qui a été signalé à
diverses reprises au cours de l'année.
Au ministère de l'Agriculture.
Un décret, en date du 23 décembre, a
apporté quelques modifications à l'organisa-
tion centrale du ministère de l'Agriculture.
La principale est la transformation du « Ser-
vice du Crédit, de la Coopération et de la Mu-
tualité agricoles » en « Service de la Mutua-
lité agricole et de l'Economie rurale. »
M. Maurice Lesage, inspecteur général de
l'Agriculture, adjoint au directeur de l'Agri-
culture, a été nommé chef de ce Service à
dater du 1^"^ janvier.
Crédit agricole.
Par décret en date du 24 décembre,
M. Tardy, inspecteur général du Crédit et
des Associations agricoles subventionnées,
est délégué, tout en conservant ces attribu-
tions, dans les fonctions de directeur général
CHRONIQUE AGRICOLE
de l'Office national du Crédit agricole. Cette
27
disposition aura son eflfet à dater de la mise
en vigueur du règlement d'administration
publique prévu par la loi du 5 août 1920. '
Il est à souhaiter que ce règlement soit
bientôt promulgué et que l'Office du Crédit
agricole soit définitivement organisé.
Régime des abattoirs.
Dans sa séance du 31 décembre, le Sénat a
adopté un projet déjà voté par la Chambre
des Députés sur le régime des abattoirs. Ce
projet a modifié les dispositions de la loi de
1905, relatives à la taxe d'abatage dans les
abattoirs publics. Cette taxe est portée de
deux centimes à cinq centimes par liilo-
gramme de viande nette ; elle pourra être
élevée à dix centimes dans le cas où ce relè-
vement sera destiné à permettre la construc-
tion ou la réédification d'abattoirs commu-
naux. En même temps, le maximum prévu
pour frais de visite ou de poinçonnage des
viandes foraines a été porté de un centime à
trois centimes.
Dans le rapport qu'il a présenté sur ce
projet, M. Donon, sénateur, a fait ressortir
qu'aux yeux de la Commission il est permis
de considérer les viandes frigorifiées comme
viandes foraines, et de leur appliquer la taxe
de visite, ce qui serait une garantie pour les
consommateurs au point de vue de leur qua-
lité. Les municipalités y trouveraient des res-
sources pour créer des chambres froides an-
nexes des abattoirs.
A l'occasion de ce projet, MM. Pierre Ber-
ger et Manger ont protesté contre la perte
d'importantes quantités de viandes congelées
réunies dans le frigorifique du camp amé-
ricain de Gièvres (Loir-et-Cher), laissé à
l'abandon après le départ des troupes amé-
ricaines.
Les tourteaux dans ralimentation
du bétail.
M. Ricard, ministre de l'Agriculture, a,
dans une circulaire en date du 24 décembre,
appelé l'attention des Offices agricoles sur le
développement de l'emploi des tourteaux
dans l'alimentation du bétail; il les invite à
une propagande active en vue de sa généra-
lisation, et en même temps il donne des indi-
cations sur les principaux tourteaux offerts
actuellement sur le marché : arachide, co-
prah, palmiste, lin et sésame.
Cette circulaire a été insérée au Journal
Officiel du 31 décembre. Toutefois, nous ne
pensons pas qu'il soit utile de la reproduire.
En effet, ce n'est pas ici qu'il est nécessaire
d'insister sur les avantages de l'emploi des
tourteaux. Depuis des années, ces avantages
ont été démontrés dans nos colonnes, no-
tamment par les études de nos excellents col-
laborateurs, MM. André Gouin et P. An-
douard. Dans ces études comme dans leur
important ouvrage : Élevage intensif, ils
ont réuni les règles précises sur l'emploi des
tourteaux pour l'élevage desjeunes animaux,
pour l'engraissement ou poui* la production
laitière; il n'est pas téméraire d'affirmer
qu'ils ont provoqué les progrès manifestés
dans l'emploi des tourteaux, progrès qui
n'ont été ralentis que par la hausse de ces
produits.
La crise du lait.
A propos de la crise qui sévit sur le lait, le
Journal des Economistes, dirigé par M. Yves
Guyot, rappelle qu'une crise semblable a sévi
aux Etats-Unis, particulièrement à Chicago,
et il cite les conclusions suivantes d'un ar-
ticle pub'ié par le Journal of Political Eco-
nomy de l'Université de cette ville :
1» Les cultivateurs-producteurs de lait gèrent
leur exploitation sur une base commerciale. Ils
font les produits qui leur assurent la meilleure
rémunération. Si le lait ne leur donne pas le
profit qu'ils jugent convenable, ils font du grain
ou de l'élevage et menacent d'abandonner la
production du lait. Les prix du grain et du bé-
tail se sont élevés à un niveau qui les y pousse.
2° L'enquête prouve la grande difficulté de
tenter d'établir le prix d'un produit fini, tandis
que les matières premières à l'aide des-juelles il
est obtenu, et qui ont aussi d'autres [usages,
restent sans contrôle. Le Gouvernement avait
donné aux cultivateurs l'assurance que les ob-
jets d'alimentation seraient, pendant l'hiver,
d'un prix au-dessous de celui qu'ils ont atleint.
En fait, ils continuent de s'élever. Les graines de
coton et des sous-produits de la farine ont man-
qué en janvier. La difficulté fondamentHle pro-
vient proliablement d'une exagération dans l'ee-
timation de la récolte de maïs.
3° Deux théories sur la manière d'estimer le
prix du produit se trouvèrent en conflit. Les
cultivateurs comptaient le prix de leur foin et
de leur maïs, au prix du marché. Ils disaient
que c'était le prix auquel ils pouvaient les ven-
dre ou le prix auquel ils devraient se les pro-
curer, s'ils ne les avaient pas produits et ces
prix étaient variables. La responsabilité de cette
manière de compter provenait des écoles d'agri-
culture.
Ces conclusions étaient présentées à l'oc-
casion d'une enquête faite par une Commis-
sion d'arbitrage. Cette enquête n'a pas abouti
à une conclusion, parce que chacun était
resté sur ses positions. Ce résultat étaità peu
près inévitable.
28
CHRONIQUE AGRICOLE
Importation du bétail.
Un arrêté en date du 31 décembre a auto-
risé l'entrée en France, par les bureaux de
douane de Tourcoing, Jeumont etThionville,
des bovidés, des moutons et des chèvres, en
provenance des Pays-Bas.
Les animaux de l'espèce bovine qui ne sont
pas destinés à la boucherie devront être ac-
compagnés d'un certificat d'origine et de
santé, attestant qu'ils sont indemnes de tu-
berculose, d'avortement épizootique, d'hé-
maturie ou dhémoglobinurie, d'entérite pa-
ratuberculeuse, de vaginite contagieuse et
qu'ils proviennent d'exploitations indemnes
des mêmes maladies. Les moutons et les
chèvres devront être accompagnés d'un cer-
tificatd'origine et de santé, attestant que ces
animaux sont indemnes de toute maladie
contagieuse.
Ecoles nationales d'Agriculture.
A la suite des concours récemment ou-
verts, ont été nommés à l'Ecole nationale
d'Agriculture de Montpellier : M. Cotfier,
professeur de zootechnie ; M. Jules Ventre,
professeur d'œnologieet des industries agri-
coles ; M. David Vidal, professeur d'agricul-
ture; M. Paul-Léon Degrully, professeur
d'économie et de législation rurales.
A l'Ecole nationale d'Agriculture de Ren-
nes, ont été nommés : MM. Georges Ray,
professeur de technologie ; M. Duboys, pro-
fesseur de botanique et de pathologie végé
taie.
Culture mécanique.
Nous avons annoncé que l'importante ex-
position de machines agricoles et le con-
cours de tracteurs qui devaient avoir lieu en
Espagne, à Lérida (Catalogne), avaient été re-
portés au printemps de 1921. Cette expo**!-
tion et ce concours se tiendront du l'^' au
iO avril. Les déclarations des exposants se-
ront reçues jusqu'au 15 février au Départe-
ment d'Agriculture, à Barcelone ([^rgel, 187),
avec l'indication du nombre de machines à
présenter et de la surface couverte ou non
qui leur sera nécessaire. En dehors des pri-
mes prévues par le programme, les concur-
rents recevront une indemnité proportion-
nelle aux dépenses exigées par leur partici-
pation.
— La Semaine de Motoculture de printemps,
organisée par la Chambre syhdicale de la
Motoculture, se tiendra celle année sur le
cours de Vincennes, à Paris. La date en est
fixée du 10 au 20 février.
A l'Institut international d'Agriculture.
M. Louis Dnp, délégué de la France, vice-
président de l'Institut international d'Agri-
culture, nous apprend que M. V. Vermorel,
membre de l'Académie d'Agriculture, vient de
faire à cet Institut une donation de dix mille
lires, dont la rente devra servir au Service
des maladies des plantes, pour achats de
tracts, publications ou collections se rappor-
tant à ces maladies.
Cet acte de générosité ne surprendra pas
de la part de M. Vermorel, dont on connaît
le dévouement aux œuvres qui ont pour ob-
jet le développement du progrès agricole.
Union Suisse des Paysans.
Le vingt deuxième rapport annuel du Co-
mité de l'Union Suisse des Paysans constate
que, dans l'année 1919, elle réunissait 31 As-
sociations ou Fédérations, avec un effectif de
263 412 membres, en augmentation de
20 120 membres sur l'année précédente. En
outre, elle avait reçu, au 31 décembre, l'adhé-
sion de onze associations qui ne sont pas
comprises dans cette récapitulation.
Au cours de l'année, l'Union a pris une
part active aux mesures destinées à remédier
aux conséquences de la guerre et à l'appro-
visionnement du pays. D'autre part, les dif-
férents Offices qu'elle a constitués ont conti-
nué à fonctionner avec une grande activité.
Le Secrétariat des Paysans Suisses, dirigé
par le docteur Laur, n'a pas montré un essor
moindre; pour en donner un exemple, il suf-
fit de constater que 2 453 journées de travail
ont été consacrées, en 1919, aux recherches
sur la rentabilité de l'agriculture, et sur les
conditions de la culture ; on a montié précé-
demment dans nos colonnes l'inlérèt pré-
senté par ces recherches qui réunissent les
comptes de plusieurs centaines d'exploita-
tions agricoles.
Agendas et annuaires.
L" Agenda aide-mémoire agricole pour 1921,
par M. G. Wery, directeur de l'Institut na-
tional agronomique, a été publié récemment
par la librairie Baillière, à Paris (prix, 5 fr.).
Cette intéressante publication est remplie de
documents et de renseignements journelle-
ment utiles pour les agriculteurs.
On doit signaler aussi VAlmanach de la
Gazelle du Village pour J921 que la Librairie
agricole, à Paris, vient de publier (prix,
3 fr.). C'est la seizième année de cet Alma-
nach qui répond, par l'abondance des con-
naissances pratiques et des procédés ou re-
cettes qu'il renferme, à tous les besoins des
familles agricoles.
Henry Sagnier.
SUR LES PRIX DU BATTAGE
29
SUR LES PRIX DU BATTAGE
Un récent article de M. Ringelmann a
montré l'intérêt que les cultivateurs avaient
à former des Coopératives de battage (1).
J'ai eu à m'occuper d'une semblable Coo-
pérative dans une région où l'usage est de
piyer non point l'heure de travail,Jmais l'hec-
tolitre de céréales battues. Avant la guerre,
les entrepreneurs demandaient de 60 à
70 centimes par sac avec les batteuses sans
monte-paille et 10 centimes de plus, avec les
machines munies de ce perfectionnement.
Une diflférence de 10 centimes existait tou-
jours entre le prix de l'hectolitre de blé et
celui des autres céréales (2). Cette année, on
a demandé de 3 fr. 50 à 4 fr. aux agricul-
teurs qui fournissaient le bois pour les loco-
mobiles, de 4à5fr.aux autres. On a, paraît-il,
demandé jusqu'à 6 fr. par sac avec une ma-
chine munie de monte-paille. Toutes les cé-
réales paient le même prix.
La Coopérative s'est formée pendant la
guerre entre deux Syndicats de Motoculture
d'un même canton. La batteuse est une Ran-
somes, à grand débit, achetée d'occasion,
en 1917, 7 500 fr. Le nombre des adhérents
est de 20. Comme la propriélé est très di-
visée, le nombre des chantiers de battage est
un peu supérieur, 30 environ. Le nombre
d'hectolitres battus du 21 juillet au 5 sep-
tembre (3) était de 4 514 (blé : 1 738; avoine :
2 729; seigle : 2 (4); orge ; 38, épeautre : 7).
Le tableau ci-dessous donne le prix de re-
vient du battage d'un sac dans cinq exploi-
tations :
Exploitations
13
Journées de méca-
nicien 1/2
Journées de 2 en-
greneurs... 1/2
Huile 6 litr.
Pétrole 37 iilr.
Contribution pour :
Sacs de blé 21
D'aiitre&'céréales. » »
Dépense totale... 117.90
Prix de battage d'un
sac de céréales. . 5.63
t'r . c . I r . c .
6 .. 1/2 6 ..
10 » 1/2 10 ..
21 60 6 litr. 21.60
61.40 52 litr. 169.65
18.90 14 12.60
40 32 .,
95
66
251.85
.65
Ir. c.
12 »
20 »
198.50
76.50
52 »
359 »
2.39
fr.
12
20
fr. c .
24 »
50
52
2 40
16 57 60
189.20 204 litr. 239.25
45 » 110 107.30
41.60 145 116 »
307.80
3 ..
583.95
3.2»
Le compte des dépenses de chaque adhé-
rent s'établit à l'aide des données suivantes :
I. Salaires. — Chaque adhérent paie les jour-
nées que le mécanicien et les engreneurs pas-
sent chez lui. Les engreneurs étaient payés 10 fr.
par jour. Un Syndicat payait son mécanicien
15 fr., le mécanicien de l'autre Syndicat recevait
seulement 12 fr., mais ce Syndicat lui payait le
battage de sa petite récolte : pétrole, huile,
journées des engreneurs, abandon de la contri-
bution par sac, dont nous parlerons plus loin,
II. Huile, pétrole. — Chaque adhérent se pro-
cure le pétrole et l'huile qui lui sont néces-
saires. Le Syndicat a fait les achats cette année.
(1) M. Ringelman. Le prix des battages {Journal
d'Agriculture pratique, 11 novembre 1920).
;2) Les prix étaient majorés dans les mauvaises
années de grains. Les entrepreneurs battant avec
de petites batteuses simples, laissant le grain sans
nettoyage (petits batteurs mus par manège ou mo-
teur) faisaient payer non point au sac, mais à la
/)/'e, c'est-à-dire aux 12 gerbes (gerbes faites à la
main). Ces batteuses ne sont que larement employées.
L'huile, par l'intermédiaire de la Coopérative de
la rue d'Athènes, a pu être livrée aux cultiva-
teurs à 3 fr. 60 le litre. Pour le pétrole, l'opéra-
tion a été plus malheureuse. Achetés par l'inter-
médiaire de la Direction des Services agricoles,
l'essence et le pétrole nous revinrent, en gare, à
240 fr. et 165 fr. l'hectolitre, avec des conditions
draconiennes d'emballage, alors que le com-
merce livrait ces mêmes produits dans une petite
ville voisine (7 kilomètres de la gare), à 218 et
153 fr. S'il y a vraiment un projet socialiste on
bolcheviste confiant la direction des terres, après
leur confiscation, aux professeurs d'agriculture,
ce n'est pas cette expérience qui poussera beau-
coup de nos adhérents à s'y rallier!
III. Frais généraux. — Ce chapitre comprend :
a) Les réparations; elles étaient très impor-
(3) Il y a eu quelques jours d'interruption au mo-
ment des foires locales.
(4) Gomme la lieuse est encore d'un usage assez
restreint à cause de la division des propriétés, de"
plantations d'arbres, des joualles, on emploie la
paille de seigle pour faire les liens et tout le seigle
est battu au moment des moissons avant le battage
30
CIRCULAIRE RELATIVE A LÉLEVAGE DE LESPÈCE POHCIXE
tantes cette année, la machine ayant été conduite
avec peu de soin pendant la [campagne précé-
dente. Il y avait un gros achat : celui de la
courroie de commande;
b) Les assurances; elles étaient un peu fai-
bles (o);
c) Le salaire des engreneurs et mécaniciens
pendant les déplacements ou réparations;
d) L'huile, le pétrole consommés sur route, en
changeant de chantier;
e) L'essence nécessaire à la mise en marche,
ïa graisse consistante, les chiffons, etc.;
f) Les frais divers (convocations, correspon-
dance, retour des emballages, avances d'ar-
gent, etc.);
g) L'amortissement et l'intérêt des parts de
batteuse;
h) Une contribution de fr. 10 par sac pour le
Syndicat de motoculture qui prête le trac-
leur (6);
/) Enfin, les frais de battage du mécanicien du
deuxième Syndicat.
Pour couvrir toutes les dépenses de ce
chapitre « Frais généraux », on a imposé
chaque sac de blé d'une contribution de
fr. 90; chaque sac d'avoine d'une contri-
bution de fr. 80.
L'examen du tableau ci-dessus montre que
le prix de battage d'un sac varie dans de
Vîès fortes proportions suivant les sols (").
Tout en justifiant un peu l'entrepreneur quj
ne fait pas partout les gains immoraux que
l'on suppose, les chitïres cités indiquent :
1° Que généralement le cultivateur a in-
térêt à adhérer à une Coopérative de battage ;
2° Qu'il doit choisir un matériel approprié
à ses besoins. Pour battre de petites récoltes,
point n'est besoin de déplacer un tracteur et
une batteuse à grand travail. Si cela a été
fait dans Texemple de la première colonne,
c'est que la petite exploitation était située
entre deux propriétés utilisant la batteuse et
appartenant au même maître. Une Coopéra-
tive en plein développement pourrait avoir
deux matériels, la batteuse à grand travail
avec le tracteur pour les gros chantiers, une
moto batteuse pour les petits sols;
3° Qu'il faut rechercher les gros rende-
ments : les exemples 3 et 4 montrent deux
sols où le travail a eu la même durée, où la
dépense en pétrole et huile a été à peu près
semb'able. Le chantier le plus riche a payé le
sac fr. 60 de moins que l'autre. La Coopé-
rative réalise la prime à la production.
Guy de Momard,
Ingénieur, E.C.P.
Propriétaire, Agriculteur,
Trésorier de la Coopérative de Battage d'Issigeac.
CIRCULAIRE RELATIVE A L'ÉLEVAGE
DE L'ESPÈCE PORCINE (i)
Paris, le 14 décembre 1920.
J'attire votre attention sur l'intérêt que pré-
sente à l'heure actuelle le développement de
l'élevage de l'espèce ,'porcine, en vue de l'inten-
sification de la production de la viande en
France.
La propagande, au cours de l'année 1920, ne
semble pas avoir donné tous les résultats dési-
rables, sans doute en raison de l'insuffisance
(5) Ua commencement d'incendie heureusement
éteint a appelé notre attention sur le danger des
polices incomplètes. La note parue à la Correspon-
dance di ce journal (l4 novembre 1920), p. 402,
î^'e colonne, in fine, sera certainement utile à beau-
coup de Coopératives de battage.
(6) Cet arrangement est appelé à recevoir des mo-
difications, car les labours au tracteur se font plus
rares (prix du pétrole, difficulté de trouver un con-
ducteur, etc.), et Tamertissement du tracteur serait
JBsufûsant.
'") Le sol, c'est l'aire d" battage, la place où se
faisait aatrefois le dépiquage au fléau ou au rouleau;
s'est là que s'installe aujourd'hui la machine. Par
extension, c'est le cliantier de battage, la propriété
où l'on bat « Telle métairie est un joli sol», dira-t-on,
ci le blé y est abondant.
des récoltes fourragères et de la difficulté d'ap-
provisionnement en aliments concentrés au
cours de celte année.
La situation se trouvant aujourd'hui sensible-
ment améliorée à ce double point de vue, j'es-
time qu'il convient de redoubler d'efforts et de
poursuivre cette propagande par tous les moyens
, dont vous disposez. Pour remédier à la rareté
des reproducteurs mâles, qui constitue dans
certaines régions le principal obstacle au repeu-
plement rapide des porcheries, il appartient à
l'Office agricole départemental de multiplier,
soit directement, soit par l'intermédiaire des
Associations agricoles, les cessions à prix réduit
de bons verrats et d'encourager leur conserva-
tion par l'octroi de primes spéciales.
L'introduction de verrats de races précoces
permettra d'obtenir, par croisement avec des
truies de races locales, rustiques et fécondes,
des porcelets présentant le maximum d'aptitudes
à l'engraissement.
Il serait désirable que dans les pays de petite
(1) Circulaire adressée aux présidents des Offices
agricoles régionaux et départementaux, ainsi qu'aux
directeurs des Services agricoles.
LES CONTRE-EXPERTISES DE LAIT
31
culture, où chaque exploitation ne peut possé-
der qu'un petit nombre de truies, la plupart des
communes fussent pourvues de verrats commu-
naux.
Les Syndicats d'élevage rendront les plus
grands services pour faciliter cette organisation,
et je crois, à ce propos, devoir vous rappeler
que les dispositions du décret du 8 mars 1912 (2j
peuvent parfaitement s'appliquer à l'élevage de
la race porcine, bien que la production bovine
en ait presque seule bénéficié jusqu'à ce jour.
Ailleurs, il serait possible d'envisager la créa-
tion de porcheries d'élite qui fourniraient des
reproducteurs de choix, mâles et femelles, dont
la vente aux enchères permettrait la diffusion
pour le plus grand bien de l'élevage de toute
une région.
Dans tous les cas, il conviendrait d'attirer
l'attention des cultivateurs sur les profits ex-
ceptionnels que peut leur procurer l'élevage du
porc.
En effet, quel que soit le mode d'exploitation
envisagé : production de porcelets vendus au
sevrage, élevage de porcs coureurs ou engraisse-
ment intensif, aucune spéculation ne nécessite
un capital proportionuellement moins élevé et
plus rapidement rémunéré.
Mais, pour obtenir le maximum des produits
dans le minimum de temps, l'emploi judicieux
de reproducteurs de choix ne suffit pas; il faut
encore connaître et mettre en pratique les meil-
leures méthodes d'alimentation.
Si, d'une manière générale, les cultivateurs
savent uiiliser, dans de bonnes conditions, cer-
tains aliments qu'ils trouvent à leur portée :
îait écrémé des beurreries, sérum des fromage-
ries, eaux grasses des grandes agglomérations,
l'emploi des aliments concentrés industriels,
notamment des tourteaux, est beaucoup moins
répandu.
Or, nous disposons actuellement de très im-
portantes réserves de ces produits, dont la
richesse en éléments nutritifs constitue une pré-
cieuse ressource.
Il conviendrait donc d'éclairer les cultivateurs
sur ce point particulier, et de .valgariser le plus
rapidement possible les résultats obtenus par
nos éleveurs et nos savants.
D'autre part, grâce aux efforts réalisés en
faveur du développement de la culture de la
pomme de terre, il est permis d'envisager, dès
cette année, la possibilité d'utiliser june partie
de la récolte en vue de la production de la
viande.
Or, le porc est, à cet égard, le meilleur agent
de transformation de toutes les pommes de terre
qui ne seront pas réservées à l'alimentation hu-
maine (variétés fourragères, petits tubercules,
déchets de triage, etc.).
J'attire encore votre attention sur l'importance
capitale de la vulgarisation des meilleures pra-
tiques d'hygiène, qui, en réduisant le taux de la
mortalité, encore beaucoup trop élevé, notam-
ment chez les jeunes, pourront devenir un des
facteurs non négligeables de l'accroissement de
notre cheptel.
Enfin, quand ces divers moyens d'action au-
ront été largement mis en œuvre, il conviendra
de soutenir le zèle des éleveurs et d'encourager
leurs efforts, par l'organisation de concours de
porcheries, qui vous permettront de récompenser
les plus méritants et de vous rendre compte de
ce qui a été fait et de ce qui reste à faire.
J.-H. KlCARD.
LES CONTRE-EXPERTISES DE LAIT
Dans le n" du 2 décembre dernier, M. Gar-
nier a attiré de nouveau l'attention sur la
question de la répression des fraudes en
matière de lait. Nous sommes pleinement
d'accord avec lui pour considérer que l'inté-
rêt général des producteurs et des commer-
çants honnêtes, aussi bien que celui des con-
sommateurs, doit comporter des condamna-
tions aussi sévères que possible à l'égard
des fraudeurs ; mais, par contre-partie, il est
essentiel, pour ne pas énerver la loi de ré-
pression, que les délits soient toujours bien
établis et que les erreurs soient évitées. Le
rôle essentiel à cet égard est dévolu aux
contre-experts.
Les laboratoires officiels ont une tâche
relativement simple; elle est d'ordre exclu-
sivement analytique. Leurs conclusions sont
mathématiques et déduites des normes
(1) Voir Journal d Agriculture pratique, du 28
mars 1912, p. 412.
admises; leurs opérations de triage arrêtent
tous les échantillons dont la composition
s'écarte de la moyenne officielle. Cette ma-
nière de procéder ne comporte aucune cri-
tique, puisque, sauf aveu de l'inculpé, la
contre-expertise contradictoire prévue par la
loi fonctionne ensuite obligatoirement. A
partir de ce moment, nous nous trouvons
sur un tout autre terrain.
11 ne faudrait pas que l'expert en posses-
sion de son échantillon recommence pure-
ment et simplement, dans un but de vérifi-
cation, les opérations analytiques des labo-
ratoires officiels. Ceux-ci offrent toutes les
garanties désirables à cet égard etles erreurs
d'analyse ne peuvent être que très exception-
nelles. Les chiffres trouvés seront très voisins
des précédents et peut-être même moins
rigoureux quand l'expert aura — ce qui
n'est pas rare — un échan tillon datant de trois
mois, plus ou moins altéré malgré l'addition
32
COMMISSION DE LA BETTERAVE A SLXKE ET DE LA GRALNE DE BETTERAVE
de bichromate. Selon les mélliodes suivies,
suivant l'habileté de l'opérateur, les normes
sur lesquelles il s'appuiera, les conclusions
ne pourront varier que fort peu : un lait
mouillé à l'o 0,0 le deviendra à 18 ou 12 0/0,
ce qui, au fond, a fort peu d'importance.
Ainsi comprise, la contre-expertise devient
une pure superfétation. Elle peut conduire à
de fréquentes erreurs, car on ne juge pas un
lait comme un engrais ou un tourteau.
Personnellement, nous avons toujours
considéré que notre devoir était à'instruire
les affaires de cette nature qui nous ont été
confiées et de réunir tous les éléments d'in-
formation nécessaires, nous substituant com
plètement au juge d'instruction pour la
partie technique. Toujours, après avoir pris
connaissance du dossier, nous avons entendu
l'intéressé et nous nous sommes rendu à
rétable chaque fois qu'il était utile. Malheu-
reusement, quand un échantillon de compa-
raison ne fait pas partie du prélèvement, il
est assez rare que l'expert puisse lui-même
combler cette lacune en raison des délais
écoulés. Nous nous sommes toujours refusé
à conclure affirmativement à un mouillage
ou un écrémage légers lorsque les présomp-
tions analytiques n'ont pas été transformées
en certitude par l'enquête.
11 est un point sur lequel nous portons
toujours notre attention dès l'origine, ce
sont les conditions du prélèvement, car
l'expérience nous a montré la grande impor-
tance pratique de ce facteur et l'inobserva-
tion, en certains cas, des circulaires spéciales
adressées aux agents. L'homogénéisation
d'un récipient complètement rempli, dans le-
quel l'écrémage spontané a pu se produire,
nécessite le transvasement ou l'agitalion par
retournement. Voici un exemple personnel
instructif à cet égard. Un prélèvement de lait
est opéré sur la voiture de M. X... L'agent
prend une bouteille cachetée avec laquelle il
remplit directement les quatre tlacons régu-
liers. Le laboratoire officiel, trouvant un taux
de matière grasse de 28 gr. 10 avec un extrait
dégraissé de 90 gr., conclut à un écrémage
de 20 0/0. L'inculpé nie énergiquement. Or,
le lait provient du mélange de la traite de
60 vaches convenablement nourries et toute
discussion du taux d'écrémage paraît impos-
sible. Les trois é(;hantillons restant nous
sont confiés et donnent comme matière
grasse respectivement 40 gr. 70, 34 gr. 80,
36 gr. 60, ce qui représente pour le litre
prélevé une moyenne de 36 gr. 54 absolu-
ment normale.
Récemment, un cultivateur est poursuivi
pour vente d'un lait donnant 2.5 gr. 1 de
matière grasse et considéré par le laboratoire
officiel comme écrémé à 30 0/0. Le lait est
indiqué comme provenant du mélange de la
traite de 10 vaches. Or, l'inculpé, d'honnêteté
bien établie, ne fabrique pas de beurre et ne
vend pas de crème, L'enquête nous montre
qu'en raison de la pénurie de matériel, il n'y
a pas eu en réalité mélange de toute la traite,
les bidons étant remplis au fur et à mesure.
D'autre part, sur les dix animaux, nous en
rencontrons deux pouvant justifier le faible
taux de beurre trouvé à l'analyse. Nous fai-
sons classer l'afTaire.
Nous pourrions multiplier les exemples
pour démontrer l'importance capitale qui
s'attache à l'instruction approfondie des
affaires de lait. Assurément, la lâche de
l'expert s'en trouve sérieusement compli-
quée et peu en rapport avec les tarifs d'ex-
pertises en vigueur. Cette manière d'opérer
ne sera pas toujours appréciée à sa juste
valeur par certains magistrats non initiés.
Nous conseillons aux avocats d'en exiger
toujours la stricle application s'il leur arri-
vait de se trouver en présence de contre-
expertises un peu trop sommaires.
A. Demolon,
Directeur de la Station agronomique de l'Aisne,
C0M3IISSI0N DE LA BETTERAVE A SUCRE
ET DE L-\ GRALXE DE BETTERAVE
La Commission de la betterave à sucre et des
graines de betteraves à sucre, instituée au mi-
nistère de rAgriculture en i917, s'est réunie
'e 22 décembre dernier sous la présidence de
M. Viger, ancien ministre.
M. Emile Saillard, secrétaire général de la
Commission, a présenté sou rapport sur les tra-
vaux faits pendant l'année.
En se basant sur les analyses et les essais
faits au laboratoire du Syndicat des fabricants
de sucre, il a montré dans ce rapport que la
qualité des graines de betteraves françaises et la
qualité des betieraves françaises sont allées en
augmentant depuis 1914 en )9i9 et en 1920 les
betteiaves françaises ont été aussi riches que
les betteraves allemandes'i, et il a attribué en
grande partie cette amélioration à l'emploi de
quantités plus laibles d'engrais azotés.
LAUTOMNE DE 1920
La Commission a décidé que des essais cultu-
raux seraient institués piur faire ressortir les
meilleurs modes d'emploi des engrais azotés,
aussi bien pour la culture de la betterave que
pour la culture de la graine de betterave.
Passant à la question du séchage des se-
mences et des produits agricoles en général, la
Commission a chargé MM. Schribaux et Saillard
de visiter en France et à l'étranger les princi-
paux séchoirs qui sont employés dans la pra-
tique, et de lui présenter un rapport sur la cons-
truction et les conditions de marche de ces
appareils.
Le concours de séchoirs a été reporté à l'an
née 1922.
Le concours entre les maisons de production
de graines suit son cours ; le prix de 20 000 fr.
ne sera pas donné cette année.
La Commission a enfin nommé une Sous-
Commission de quatre membres (Krug, îSchri-
baux, Saillard, de Vilmorin) qui est chargée de
s'occuper de l'installation définitive à donner au
laboratoire de sélection.
Celui-ci doit servir, en effet, pour des essais
sur la production des graines de betteraves et
aussi sur la production de la betterave à sucre-
L'AUTOMNE DE 1920
En France, la température moyenne de
Tautomne s'écarte généralement peu de la
normale; elle est en déficit de 0"4 à Paris,
•en excès de quelques dixièmes de degré
•dans l'Ouest, le Centre et l'Est, de près de un
degré dans le Sud- Ksi. Septembre a été un
peu frais dans le Nord Ouest, moyennement
chaud dans l'Est et le Sud. Le temps a été
généralement doux en octobre; les écarts des
moyennes Ihermiques aux normales varient
entre 0°7 à Paris, Perpignan, Marseille et l°o
à Brest et à Lyon. Novembre a été très frais
à Paris où Ton a noté un minimum de 5° au-
dessous de zéro et 18 jours de gelée; il a été
frais à Nantes et à Lyon, doux dans le Sud-
Est.
STATION^;
Paris (St-Maur). . .
Brest
Nantes
Lyon
liagnères-d«-Bigor
iMars-'ille
Perpignan
Moyennes
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T !•:.%! PERATURE
Minima absolus
el dates.
408 les 10, 23 nov.
0.6 le 2:i nov.
1.9 le 23 nov.
fi 2 le 23 nov.
■] .0 \e< 23, 2fi nov.
3.1 le -30 nov.
2.1 le ^22 nov.
Maxima absolus
et dates.
2.J.8 le 13 sept.
26 2 le 12 sept.
28.0 le 12 sept.
29.8 le 9 seot.
29.0 le 16 sept.
.^0.0 le 6 sept.
30.4 le 6 sept.
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3
46
3
43
7
41
13
36
1
/
L'automne de 1920 est caraclérisé en
France par la sécheresse qui se manifesta
dans le Nord et l'Ouest et l'abondance consi-
dérable des pluies dans les régions du Sud.
A Brest, le déficit sur la quantité normale de
l'automne (261""') est de llo"""; il est seule-
ment de 40""" à Paris, mais il aurait atteint
une valeur voisine de celle qui a été notée à
Brest, si la sécheresse remarquable du mois
d'octobre n'avait pas été interrompue par
la pluie exceptionnellement imporlanle de
la journée du 18 qui a fourni, à elle seule,
61°"" d'eau ; c'est le total le plus élevé qu'on
ait recueilli à Paris en vingt quatre heures.
Les quantités d'eatt touibees à Perpignan
et à Marseille pendant ces trois mois, que
l'on trouvera dans le tableau ci-dessus, dé-
passent le total moyen dune année entière à
Paris; celle qui a été relevée à Perpignan
égale quatre fois la quantité normale de
pluie de la saison d'automne '162™""); celle
de Marseille est seulement 2.3 fois plus forte.
L'intensité des pluies dans ces régions a été
maximum sur le versant sud des Cévennes;
ainsi, à l'observatoire du Mont Aigoual, on a
mesuré en octobre TSS"""" d'eau dont 627"""
sont tombés dans les journées du 6 au 9; le
total de novembre atteint 439'"" ; la quantité
totale d'eau tombée sur celle station pendant
l'automne de 1920 est de 1 433 millimètres.
Ces circonstances météorologiques ont en-
travé sensiblement la préparation des terres
et les emblavures d'automne dans presque
toute la France.
G. Barbé,
Météorologiste au Bureau ceniral.
•FAUCHEUSES AUTOMOBILES
FAUCHEUSES AUTOMOBILES
? Les premières faucheuses automobiles ont
fait leur apparition en France lors de l'Expo-
tions internationale de Paris, en 1900. Deux
rage sec à l'hectare. La vitesse d'avance-
ment des machines variait do 1 mètre à
l'".10 par seconde, et la largeur coupée était
de l'^.SO pour une
longueur de scie
de l'".30; ces don-
nées nous mon-
trent qu'il faut un
peu plus de deux
heures de travail
utile pour faucher
un hectare (1). »
Elles ont figuré
ensuite dans d'au-
ires concours, puis
on n'en entendit
plus parler. Le
modèle de IJeering
se trouve actuel-
lement dans la Ga-
lerie du Cours de
Génie Rural à
l'Institut national
agronomique.
Plus tard, en
1911,M.LouisVal-
lotton, ingénieur
à Genève, s'occupait de nouveau de cette
question. Il prenait une faucheuse ordinaire
Fig. 6. — Faucheuse automobile, système Vallotton, avec sa barre de coupe à terre.
modèles étaient présentés, l'un par la maison
Deering et l'autre par la maison Mac Cormick:
M. Ilingelman les a
fait fonctionner en
travail pratique le
30 août 1900, à
Mitry-Mory (Seine-
et-Marne), dans des
essais spéciaux or-
ganisés par la So-
ciété d'xVgriculture
de Meaux. Ils ont
été l'objet de la cu-
riosité de tous les
visiteurs et ont ob-
tenu, de ce fait, un
vif succès, car, à
cette époque , les
applications du
moteur à explo-
sions à l'agricul-
ture étaient encore
rares.
« Ces deux ma-
chines ont travaillé
sur une seconde
coupe de luzerne dont le rendement pouvait
être évalué de 1 500 à 2 000 kilogr. de four-
Fig. 7. — Faucheuse automobile, système Vallotton, avec sa barre de coupe relevée.
dont le tim on était remplacé par une
(l)Riiigelmann, Matériei agricole àl'Expositioiii^QC.
FAUCHEUSES AUTOMOBILES
35
oue directrice et sur laquelle était monté un
moteur à explosions de cinq chevaux qui ac-
tionnait à la fois les roues motrices et la scie.
En 191i, cette machine était construite, avec
quelques modifications, par MM. Berger et
Isnard, à Fontaine (Isère).
Cette faucheuse automobile est représentée
par les figures. 6 et 7 ; l'une montre la
machine avec la barre coupeuse à terre ; dans
l'autre la barre coupeuse relevée est disposée
pour les déplacements sur les chemins de la
ferme aux champs.
Le châssis m (fig. 6) supporte le moteur M à
deux cylindres verticaux de six à huit che-
vaux. L'arbre du moteur, dont le volant est
en u, se prolonge à l'arrière où est placée la
manivelle de mise en route qui n'est pas
visible dans la figure 6, cachée qu'elle est
par d'autres pièces.
A l'avant, enfermée dans le carter d, se
trouve la transmission par roues et chaîne
sans fin qui donne à l'arbre c la même vitesse
angulaire que celle du moteur. Cet arbre c est
placé en dessous du moteur et dans l'axe du
châssis m; il porte à son extrémité posté-
rieure le plateau-manivelle r?, lequel par la
Fig. 8. — Tracteur Fordson équipé en fauclieuse automobile.
bielle h donne le mouvement habituel à la
scie.
La barre coupeuse 8 est soutenue par ses
sabots et tirée par la tringle de traction t at-
tachée au châssis m par l'intermédiaire d'un
ressort amortisseur. On voit, en i, le petit
levier dit de pointage; en y, la pédale de
relevage reliée à un long ressort à boudin et
en l le grand levier de relevage de la barre
coupeuse. Ces pièces «', j/ et / se trouvent dans
les faucheuses ordinaires, mais, ici, la ma-
n(t>uvre du levier l fait débrayer auto-
matiquement la transmission logée dans
Je carter rf, arrête le mouvement de la
bielle et, par suite, |"celui de la lame de scie.
A l'arrière du moteur, le carter e renferme
la transmission des roues motrices ^;enj se
trouve le levier de changement de marche.
Le mécanicien est assis sur le siège s, «yant
à portée de la main le volant de direction h,
les différents leviers et la manette des gaz
agissant par la tringle i'. Le radiateur est en
/"et le réservoir d'essence minérale en g.
Cette faucheuse a été essayée à Grignon
en juin IDLi, par M. Ringelmann, qui a bien
voulu nous communiquer la de-criplion ci-
dessus, en même temps que les chiffres qui
suivent :
36 FAUCHEUSES
Puissance du moteur (chevaux).... 1
Poids total (kiiogr.) 933
Longueur de la barre coupeuse
(mètres) 1 30
Désignation des essais 1 2
Nature du champ luzerne d'an an. Prairie iiai'jri>lle.
Vitesse moyenne (mètres par
seconde) 1.23 1.40
Largeur moyenne de coupe
(mètres) 1.04 1.14
Surface fauchée par h eu te
(mètres carrés) 2 371 3 076
Temps employé pour faucher
1 hectare heures, minutes) 4 h. 13 3 h. 13
Consommation li'essence par
hectare (kiiogr.) 4.89 4.56
Les chiffres suivants, relatifs à la compo-
sition botanique des prairies, ont été relevés
par M. Brétignière, professeur d'Agriculture
à l'Ecole nationale d'Âgricullure de Grignon,
sur la demande de M. Ringelmann qui diri-
geait ces essais.
Luzerne d'un Prairie
an. naturelle.
Nombre de tiges par mètre
carré 930 2 829
HauteurmoyenD.de coupe
(centimètres) 11.7 à 21.7 8.5
Hauteur moyennedequel-
ques plantes (centim.) :
Luzerne 80 »
Avoine élevée » 128
Fétuque des prés ... » 98
Dactyle » 96
Paturi'i •> 74
Trèfle violet » 57
Au point de vue delà llore, les deux champs
d'expériences avaient lu composition sui-
vante :
Variétés.
Pourcentage
de liges
par mètre
carré.
Variétés.
Pourcentage
de tiges
par mètre
carré.
i" Luzerne d'un an.
Luzerne 28.0
Sainfoin 8.1
Paturin 12.1
Oseille et pa-
tience 1.0
Sanves 40.3
Lychens
Renoncules. .
Ortie
Gralteron.. . .
Plantain . . . .
Minette
Trèfle violet.
Chardon. . . .
Chiendent . . .
Coquelicot.. .
Avoine
1.7
0.3
0.8
3.8
0.3
0.9
0.1
0.1
0.6
1.5
0.1
2" Prairie natu
Avoine élevée .
Dactyle
1* é tuqiie des
prés
l'aturin des prés
Ray-grass an-
glais
HoiKiue
Trèfle violet. . .
Lotier corni-
ciilé
.Minette
Anthyllide
Trèfle blanc. . .
>ainfoin
Plantain
^-elle.
3.9
10.0
2.5
11.0
43.3
0.2
9.3
5.9
9.7
0.1
l.U
0.7
0.2
AUT0.V10B1LES
Toutes ces faucheuses automobiles ne se
sont pas répandues, car on ne pouvait pas
espérer qu'un agriculteur consacre un ca-
pital élevé pour l'achat d'une machine aussi
coûteuse, qui n'est appelée à travailler dans
l'exploitation que quelques jours par an.
Elles ont suscité l'admiration des esprits su-
perficiels qui voyaient là une application
intéressante de l'art de l'ingénieur à l'agri-
culture.
Vers 1917 et 1918, M. Paul André, ingé-
nieur au Val d'Ajol (Vosges), fit un projet
très intéressant d'une faucheuse automobile;
malgré toutes les recommandations, il ne put
décider un de nos constructeurs à établir un
modèle d'essai qui n'aurait cependant pas
été coûteux.
La question vient d'être reprise dernière-
ment, avec plus de chances de succès, avec
le tracteur Fordson construit par MM. Henry
Ford et fils, à Dearborn, Michigan (1), et
dont un exemplaire figurait à la Semaine de
Motoculture de Chartres. Sur le tracteur or-
dinaire de 22 chevaux qui peut, par consé-
quent, être utilisé en dehors de cela à tous
les travaux de labour, hersage, scaritiage, etc.,
on vient rapporter en avant de la roue mo-
trice de droite (fig. 8) une transmission logée
dans un carter élanche et actionnant une
lame de faucheuse. On boulonne également
sur le carter-châssis les deux leviers de relé-
vage et de pointage que le mécanicien peut
manœuvrer facilement de son siège.
. Ce dispositif n'a pas encore fonctionné en
France en travail pratique, mais nous pen-
sons que le trac leur se déplaçant à la deuxième
vitesse, qui est d'environ i 500 mètres à
l'heure, muni dune scie de 2 mètres de lar-
geur de coupe, faucherait approximative-
ment 7 230 mètres carrés à l'heure, soit un
hectare en 1 h. 20 m. La consommation par
hectare doit vraisemblablement être com-
prise entre 7 et 10 kiiogr. de pétrole par
hectare.
Ce montage est intéressant, d'abord parce
que la conduite du tracteur équipé ainsi est
plus facile que celle du tracteur remorquant
une faucheuse, et, ensuite, parce qu'il lui
permet de travailler chaque année sur un
plus grand nombre d'hectares.
G. PASSELliGUt;,
Ingénieur agrono'uc.
(1) Le tracteur est r< présenté, en l-ranc \ par
MM. X. Maleville et Pigeon, 36, rue de l'Epargne, à
Chartres (Eure-et-Loir).
ESSAIS SUR LES SELS DE POTASSE
37
SUR L'ORIGINE DES ESSAIS DE SEMENCES
Notre article sur les essais de semences
au moyen-àge a suggéré à M.C.-B. Saunders,
directeur du bureau officiel des essais de
semences au ministère britannique de l'Agri-
culture, ridée de recherches dont il nous
communique les résultats. M. Saunders, en
consultant des , ouvrages qui nous avaient
échappé, apporte ainsi une contribution des
plus intéressantes à l'origine des essais de
semences.
Columelle, le grand agronome romain du
début de l'ère chrétienne, n'a pas parlé de la
détermination de la faculté germinative des
graines, mais son compatriote Palladiu?, qui
paraît avoir vécu au iv" siècle, en a fait men-
tion. Cet agronome dont l'ouvrage, assez
médiocre, rempli de pratiques supersti-
tieuses, a eu une vogue immense au moyen-
âge, signale que, de son temps, les essais de
semences étaient en usage chez les Egyp-
tiens; il n'indique pas que la méthode avait
alors des adeptes en Grèce et en Italie.
Par contre, un auteur grec du moyen-âge,
Cassianus Btissus, qui écrivit au x* siècle et,
dit-on, par ordre de son souverain Constan-
tin Porphyrogénète, les Géoponiques grecs,
affirme que « quelques cultivateurs » se
livraient à l'essai préalable des semences.
Cette constatation est d'autant plus intéres-
sante à enregistrer que Cassianus Bassus
n'a cité ni Columelle, ni surtout Palladius;
son ouvrage, véritable compilation, men-
tionne 34 auteurs, presque tous Grecs.
Ces quelques explications préliminaires
permettront de mieux saisir l'importance de
la communication de M. C.-B. Saunders, que
nous avons plaisir à reproduire :
Mon attention a été attirée par un article très
intéressant publié dans votre n° 32 du 5 août
dernier sous le titre « Les essais de semences
au moyen-àge ».
Après avoir fait une remarque sur la sélection
des semences par les Homains, l'auteur dit
" qu'il faut arriver au moyen-àge pour rencon-
trer les premières méthodes appliquées clans le
but de déterminer la valeur culturale des
ijraines ».
Je crois intéressant de vous communiquer un
extrait d'un article de Palladius {de Re llustica,
livre VII, cliap. ix) qui vous montrera qu'on
pratiquait les essais de semences bien avant
cette époque :
« Les Grecs prétendent que les Egyptiens se
servaient de la méthode suivante pour connaître
la faculté germinative des diverses graines : au
mois de juin, ils creusent un lit peu profond
dans un terrain humide où ils sèment toutes
espèces de graines de blé et de légumes. Ensuite,
à l'époque du lever de l'étoile du chien que les
Homains placent le quatorzième jour avant les
calendes d'août (c'est-à-dire le 19 juillet), ils
recherchent quelles graines le lever de l'étoile a
desséchées et celles qui sont restées intactes. Ils
jettent les premières et donnent leur attention
aux dernières. Cette étoile brûlante, en détrui-
sant certaines de ces graines et en en épargnant
d'autres, a lait prévoir le succès ou l'msuccès
pour la saison future ».
Un passage identique à celui-ci apparaît dans
le « Geoponica », de Cassianus Bassus, qui
occupa une grande place vers A. D. 950. Il attri-
bue cette méttiode [à Zoroastre, et s'il en est
ainsi (mais cela est très douteux), cette pratique
remonterait à huit cents ans au moins av. J.-C.,
sinon plus tôt.
.J'espère que cette note sera d'un certain inté-
rêt pour vos lecteurs qui s'occupent des graines
et des esi-ais de semences, et c'est dans ce but
que je vous l'envoie.
C.-B. Saunders,
Directeur du Bureau officiel
des Essais de semences.
On pourrait peut-être conclure de ces
recherches, en s'appuyant sur|rautoritéj de
Palladius, que les essais de semences ont
pris naissance en Egypte à une époque très
ancienne et qu'il est impossible de préciser.
Les Grecs connaissaient au iv" siècle la mé-
thode en usage chez les Egyptiens ; quelques-
uns, d'apiès Cassianus, l'appliquaient au
x" siècle. A cette même époque, les Arabes
se livrai-ent également à l'essai des semences
et, ainsi qu'en témoigne l'ouvrage d'ibn-al-
Awam, leurs méthodes étaient déjà très per-
fectionnées au XII® siècle.
En adressant à M. C.-B. Saunders nos plus
vifs remerciements pour son intéressante
lettre, nous nous félicitons d'avoir provoqué
des recherches qui ne peuvent manquer de
retenir l'attention des agronomes et même
des praticiens.
F. Lesoubd.
ESSAIS SUR LES SELS DE POTASSE
Les engrais potassiques étaient, jusqu'à ces
derniers temps, peu employés en France.
Cela tenait à deux causes.
D'une part , une vieille théorie ad-
mettait que les terres argileuses et celles
d'origine granitique étaient suffisamment
38
ASSURANCES MUTUELLES GOXTRE LINCENDIE
pourvues de potasse. Les travaux de M. La-
galu en ce qui concerne les terres argileuses,
ceux de M. Fourton sur les sols de Bretagne,
sont venus infirmer cette théorie. Par ail-
leurs, de nombreux essais pratiques ont dé-
montré que l'apport de potasse, dans ces
terres prétendues riches, donnait d'excellents
résultats.
D'autre part, les efTets des engrais potassi-
ques sont généralement peu sensibles à lavue ;
ils n'influencent pas la 'Végétation d'une façon
apparente et, pour les constater, on doit pro-
céder à la pesée des récoltes, ce que trop
d'agriculteurs négligent de faire. En outre,
l'action de ces engrais, comme celle de tous
les engrais simples, est sous la dépendance
étroite de la richesse du sol en éléments fer-
tilisants autres que le dernier apporté.
Depuis que l'Alsace est redevenue fran-
çaise, nos agriculteurs, qui ont si largement
pris part à cette conquête, se sont tout de
suite fort intéressés aux engrais potassiques
et un grand nombre les ont utilisés. Mais,
trop hâtivement, quelques-uns ont conclu,
au cours de la végétation, à leur inefficacité;
d'autres, malgré les indications données, les
ont utilisés dans des conditions défavorables
En rapportant les résultats de l'essai fait
cette année sur une culture de pommes de
terre, il est bon de rappeler quelques notions
indispensables à connaître.
Le marché est à peu près dépourvu de chlo-
rure de potassium et de sulfate de potasse; il
n'est livré à l'agriculture que des sels bruts
vendus sous le nom de sylvinite ou kaïnite
dosant 12 à 16 0/0 de potasse et de sylvinite
riche ou sels d'engrais dosant 20 à 22 0/0. Ces
sels absorbent assez facilement l'humidité et
doivent être conservés en lieu sec.
Ces engrais doivent être enfouis t^t, avant
les semailles, de telle sorte qu'ils participent
aux façons culturales données en vue de la
préparation des terres. Pour les céréales d'au-
tomne, l'épandage a lieu au moment du pre-
mier labour de préparation ; pour les semis
et plantations de printemps, en hiver ou tout
au moins trois semaines à un mois avant le
semis ou la plantation. Sur les prairies,
l'épandage doit être opéré en hiver et il est
bon de le faire suivre d'un hersage ; dans les
vignes, en hiver au moment du labour.
L'essai ci-dessous relaté a eu lieu à Mois-
sac (Tarn-et-Garonne), sur des pommes de
terre de la variété Institut de Deauvais.
Le terrain, constitué par des alluvions du
Tarn, avait reçu la fumure habituelle au fu-
mier de ferme au mois de novembre. Le sol
bien préparé, la sylvinite riche fut répandue
le 15 mars, à raison de 500 kilogr. à l'hec-
tare. La plantation eut lieu dans la dernière
semaine d'avril. Les soins d'entretien, bi-
nages et buttages, furent faits normalement
et de même façon dans tout le champ.
Pendant la végétation, aucune différence
ne put être établie entre le lot témoin et la
parcelle ayant reçu l'engrais. A la récolte, les
résultats rapportés à l'hectare ont été les sui-
vants :
Lot témoin 3 SOO kilogr.
Parcelle avec sels de potasse. 6 000 —
Excédent provoqué par l'en-
grais 2 500 —
Ces résultats, déjà satisfaisants, auraient
été meilleurs encore si, pendant l'été, la cul-
ture n'avait souffert d'une longue période de
sécheresse. En effet, la récolte obtenue avec
la fumure habituelle, complétée par les en-
grais potassiques, est inférieure à celle obte-
nue d'autres fois, sans engrais complémen-
aires, dans des parcelles voisines ou dans le
même champ, mais en année de moindre sé-
cheresse. La récolte du lot témoin n'est même
pas la moitié de celle d'une année normale.
D'ailleurs, l'économie de cette opération et
l'appréciation des bénéfices procurés par
l'engrais ne pourront être déterminés d'une
façon précise et complète qu'après l'enlève-
ment de la prochaine récolte, car, générale-
ment, l'effet des engrais potassiques se fait
sentir deux années ; la dépense profite à deux
récoltes et, cette année surtout, il ne peut
manquer d'en être ainsi.
Mais déjà, malgré cette moindre produc-
tion, l'emploi des sels de potasse s'est montré
très avantageux; il ne peut donc y avoir
d'hésitation de la part des agriculteurs à les
utiliser. Les engrais potassiques nous étant
actuellement fournis par le sol de France,
leur emploi doit se généraliser, notre agri-
culture doit bénéficier de ce résultat tangible
de la victoire.
U. NÈGRE,
Professeur d'agriculture.
ASSURANCES MUTUELLES CONTRE L'INCENDIE
A diverses reprises, on a signalé ici, avant
la période de guerre, la grande activité de
l'assurance mutuelle contre l'incendie, dite
la Mutuelle agricole Incendie de i Est. Créée
TRANSPORTS PAR
en 1906, elle s'est rapidement développée, si
bien qu'elle comptait, en 1914, il 000 socié-
taires assurés. Le rapport présenté à la ré-
cente Assemblée générale par M. Cassez,
inspecteur général de l'Agriculture, secré-
taire général de la Mutuelle, sur les exercices
1913 à 1919, montre que, malgré les difficul-
tés inhérentes à l'état de guerre, la Mutuelle
a rempli ses services et tenu tous ses enga-
gements.
En efTet, au 31 décembre 1919, 858 caisses
communales étaient affiliées dans les dépar-
tements de la Haute-Marne, des Vosges, du
Jura, de la Haute-Saône, de Meurthe-et-
Moselle, du Doubs, de Saône-et-Loire, etc.
Sauf celles qui existaient dans 11 communes
des Vosges et de Meurthe-et-Moselle détruites
pendant la lutte, toutes ces caisses ont ré-
sisté et continuent à fonctionner normale-
ment. Le nombre des sociétaire?, qui était de
1=2 000 en 1914, s'élève actuellement à 20 000,
pour lesquels il a été réalisé près de 30 000
contrats d'assurance. Le capital garanti était
de 146 millions de francs en 1914; il a atteint
CAMION AUTOMOBILE 39
300 millions au cours de l'année 1920. Les
indemnités payées aux sociétaires incendiés
se sont élevées à 828 000 fr. Les réserves
de la Mutuelle dépassent 700 000 fr. ; avec
celles des caisses locales, le total de l'avoir
atteint 1 300 000 fr,
La dernière Assemblée générale a décidé
de ne pas suivre l'exemple des Compagnies
d'assurances syndiquées qui, depuis le 1" dé-
cembre 1919, ont majoré leurs anciens tarifs
de 10 0/0, mais de prélever la part corres-
pondante des réassurences sur les bonis de
l'exercice. Par suite de cette combinaison et
de lexemption des droits de timbre et d'en-
registrement, les tarifs de la Mutuelle sont
inférieurs de 50 0/0 environ à ceux des Com-
pagnies.
11 y a là un exemple très remarquable de
la souplesse avec laquelle une bonne organi-
sation de la mutualité a permis de traverser
la période la plus critique qu'on pouvai t re
douter pour elle.
H. S.
TRANSPORTS PAR CAMION AUTOMORILE
Réponse au n° 7059 [Oise).
Votre exploitation se trouve à 10 kilomètres
de la gare ; la route présente des rampes maxima
de 10 0/0 sur de faibles parcours.
Le problème est de transporter en une demi-
journée, de la gare à la ferme, le contenu d'un
•vagon de 10 tonnes, à l'aide d'un camion auto-
mobile, avec ou sans remorque.
Voici l'exposé des calculs généraux que nous
pouvons vous donner comme avant-projet. L'al-
ler, de la ferme à la gare, s'effectue à vide; le
retour, de la gare à l'exploitation, se fait en
charge.
a. — Camion portant 5 tonnes; le poids à
vide est de 5 tonnes; le poids total en charge est
de 10 tonnes; la consommation moyenne d'es-
sence minérale est de lit. 08 par tonne kilo-
mètre. Pour un voyage on aurait, par kilo-
mètre :
litres
Aller. — 5 tonnes . 400
Retour. - 10 tonnes 0.800
Totfil 1.200
h. — Camion portant 3 tonnes; le poids à
vide est de 3 500 kilogr.; le poids total en charge
est de 6 oOO kilogr., avec une consommation
moyenne de G lit. 08 d'essence minérale par
tonne kilomètre.
La remorque pèse à vide 3 tonnes; la charge
utile est de 2 tonnes; le poids total en charge
est de 5 tonnes, nécessitant, au remorqueur, un
supplémentde consommation d'au moins lit. 04
par tonne kilomètre.
Pour un voyage, on aurait par kilomètre :
litres
Aller. — Camion, .".5 bonnes 0.280
Remorque, — 0.120
Retour.
— Camion, .5
Remorque, 5
Total.
O.o20
0.200
0.400
0.720
1.120
Dans les deux cas, les vitesses étant de 12 à
18 kilomètres à l'heure, il faudrait deux voyages
pour transporter le contenu d'un vagon de
10 tonnes. Le transport à 10 kilomètres peut se
faire en une demi-journée.
En tenant compte des allers à vide, le trans-
port d'une charge utile de 10 tonnes nécessite-
rait, par kilomètre, une dépense de :
2 lit. 40 avec le camion de 5 tonnes.
2 lit. 24 — 3 tonnes et une remorque
de 2 tonnes.
Aux essais de 1910, pour une charge utile de
3 500 kilogr., la consommation par tonne utile
transportée fut de 7 lit. 2 aux 100 kilomètres.
En octobre 1920, au meeting automobile du
Mans, pour une charge utile de 6 tonnes, !a con-
sommation par tonne utile transportée était de
5 litres aux 100 kilomètres.
Ces chiffres, constatés dans des essais, avec
d'excellents mécaniciens, sont inférieurs à ceux
40
ACADÉMIE D'AGRICULTURK DE FRANGE
qui ont servi de base dans nos calculs, car nous
avons envisagé un service effectué pratiquement
avec des ouvriers ordinaires.
Quand vous aurez choisi le camion, il con-
viendra de faire un essai de consommation
avant l'achat ferme, les chiffres ci-dessus résul-
tant de plusieurs essais effeclués, il y a quelques
années, sur de bonnes machines.
En laissant de côté la légère économie résul-
tant de l'emploi de la remorque, il faut tenir
compte, qu'en dehors des transports de la gare
à la ferme, vous trouverez bien plus d'applica-
tions au camion de 3 tonnes qu'à celui de 5 ton-
nes, dont le prix d'achat sera plus élevé que ce-
lui de 3 tonnes plus la remorque.
M. U.
ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE
Séance du 5 janvier 1921.
Présidence de M. Viger, puis de M. Lindet.
Installation du bureau pour 1921.
M. Viger, avant de quitter le fauteuil de la
présidence de l'Académie, adresse à ses con-
frères tous ses remerciements pour la bienveil-
lance qu'ils lui ont témoignée, et prie M. Lindet
de venir prendre sa place.
M. Lindet, après avoir remercié M. Viger,
adresse un souvenir ému ù celui qui aurait dû
occuper le fauteuil de la présidence en 1921, ù
M. Adolphe Carnot qui, par ses travaux, par sa
haute tenue morale, par son accueil si aimable,
avait su mériter toutes les sympathies.
Correspondance.
M. le ministre de rAgricullure informe l'Aca-
démie, en réponse à l'avis qu'elle lui a transmis
relativement au rétablissement du marché à
terme pour les sucres, que cette question a été
soumise à l'examen du Conseil économique des
ministres. Ce Conseil a décidé la constitution
d'une Commission chargée d'étudier le règle-
ment de ce marché. M. le ministre ajoute qu'il
a pris des mesures pour que les intérêts des
agriculteurs soient efficacement représentés
dans cette Commission.
M. H. Lafosse, ancien inspecteur général des
Eaux et Forêts, et M. F. Caquet, propriétaire-
sylviculteur, écrivent pour poser leur candida-
ture au siège vacant dans la Section de Sylvicul-
ture.
Présentation d'ouvrages.
M. le docteur J. Roger, vétérinaire de l'armée
fait hommage d'un volume qu'il vienl de publier
sous le titre : Lts coliques du cheval.
M. Schribaux fait hommage, de la part de
MM. Denaiffe et Colle-Denaiffe, de la 2^ édition
revue et très augmentée du Manuel pratique de
culture fourragère, guide précieux pour les agri-
culteurs très nombreux qui se proposent d'étendre
et d'améliorer les cultures fourragères.
Le cheptel dans les baux de métayage
et les baux à ferme.
M. Emile Pluchet rappelle combien la hausse
continue et formidable du bétail a créé une si-
tuation difficile, et des contestations au moment
des règlements de baux entre propriétaires,
fermiers et métayers. L'Académie a renvoyé à
'examen de la Section d'Economie du bétail un
mémoire de M. Duchasteau, notaire à Bessines
(Haute-Vienne), relatif à cette question.
M. Duchasteau pense que, pour l'avenir, de
telles difficultés seraient évitées si, à l'estima-
tion en valeur argent du cheptel fourni, cheptel
attaché au\fonds, on substituait une estimation e»i
nature, et il propose la formule que voici :
Cheptels morts et vifs garnissant le domaine de...
Les cheptels morts et vifs garnissant le domaine
de..., et dont le sieur... preneur, se reconnaît en
possession, se composent, savoir :
1° D'une paire de bœufs race Limousine âgés de...
ans, en cours d'engraissement (ou bien de .harnais
ou de travail) posant ensemble... kilogrammes, poil
rouge, taille de 1 mètre... centimètres, de... qualité;
20 Etc., etc.
L'idée qui a inspiré M. Duchasteau est, en
effet, de nature à sauvegarder les intérêts réci-
proques des propriétaires et des fermiers ou des
métayers; mais il n'y a pas lieu d'instituer une
loi nouvelle à cet effet, il appartient aux inté-
ressés de s'en inspirer» dans la mesure oîi une
telle convention pourrait se concilier avec les
usages locaux très variables suivant les régions.
M. Pluchet rappelle enfin que, pour les baux
en cours et leur règlement, la Conr de cassation
a été saisie d'un pourvoi contre un arrêt de la
Cour de Toulouse, La jurisprudence sera ainsi
fixée dans cette question très délicate qui a
donné lieu jusqu'ici à des arrêts contradictoires.
M. Henri Hitler signale que, à la fin du
xviii' siècle, à la suite de la dépréciation des as-
signats et de la hausse extraordinaire du bétail
qui s'en suivit, et il cite entre autres un décret
du Id germinal an III (4 avril 1795), dont l'ar-
ticle 1" est ainsi conçu :
<( A compter de ce jour, tous ceux à qui il a
été donné des bestiaux à titre de cheptel, cabal,
commande, et à toute autre condition équiva-
lente à celles-ci, seront tenus de les rendre au
propriétaire ou à celui qui le représente, à la fin
du bail ou lors de l'exiguë, compte ou partage,
en même nombre, espèce et qualité qu'ils les
ont reçus.
« Toutes conventions, stipulations et clauses
contraires à cette disposition, sont regardées
comme non avenues et demeureront sans effet. »
Sur le reboisement et la conservation
des forêts privées.
M. Mougenot présente une brochure de
M. Guyol, contenant le commentaire de l'ar-
CORRESPONDANCE
41
licle 3 de la loi du 2 juillet 1913 souvent appelée
loi AudifTred, ainsi que du titre II du décret du
26 novembre 1918.
Les propriétaires de bois peuvent confier à
l'Administration forestière la surveillance et la
gestion de leurs propriétés.
L'engagement des propriétaires ne peut être
inférieur à dix ans; mais à l'expiration de cette
période, le contrat peut être renouvelé,
Les avantages offerts aux propriétaires ne
sont pas gratuits : les articles o et 6 de l'arrêté
ministériel fixent les bases de la redevance à
payer à l'Etat.
M. Guyot, avec sa science et sa grande com-
pétence, étudie les différents cas qui peuvent ?e
présenter, et son étude est de nature à inté-
resser les propriétaires de bois et tous ceux qui
ont à s'occuper des intérêts forestiers.
Conservation des sacs en toile destinés
à loger des produits utiles à l'Agriculture.
M. Gaston Lavergne, correspondant, envoie la
note que voici :« Ayant à saturer par l'acide car-
bonique de grandes quantités de carbonates (de
soude, potasse...) naturels, extraits des eaux de
Vichy et les étalant, pour effectuer la saturation
sur des claies garnies de toile plus ou moins
fine, je constatais une rapide destruction du
tissu sous l'action corrosive des carbonates hu-
mides. Son remplacement s'imposait trop fré-
quemment. J'ai eu alors l'idée de silicater la
toile dont j'ai vu ainsi décupler la durée, d"où
une très sensible économie.
« Je me demande si ce procédé ne pourrait pas
s'appliquer à la conservation des sacs en toile
grossière destinés à loger des produits utiles à
l'Agriculture (engrais, produits chimiques...) et
qui font rarement plusieurs usages.
« L'essai en est des plus faciles : diluer un litre
de silicate de potasse ou de soude dans une ving-
taine de litres d'eau, plonger le sac dans ce mé-
lange jusqu'à ce qu'il en soit bien imprégné, le
tendre fortement pour récupérer une partie du
bain qui servira à de nouvelles opérations. »
II. HiTIER.
CORRESPONDANCE
— N° 6994 [Nièvre). — Dans une terre très forte
argilo-calcaire, vous avez l'intention de semer en
mélange :l}lé rouge de Bordeaux, Blé des Alliés,
Blé Bon fermier.
Ce mélange peut très bien se semer en au-
tomne; après l'hiver, il faut l'effectuer fin jan-
vier, au plus tard première quinzaine de février,
sous votre climat. Nous vous conseillerons alors
les proportions de moitié Bordeaux, un quart de
chacune des deux autres variétés.
Dans une terre légère, vous voulez semer Bor-
deaux, Alliés, Japhet. Le mélange peut se se-
mer, comme le précédent, en automne, mais, i
après l'hiver seulement première moitié de fé- ]
vrier, auirement Ion risque de ne pas voir ces p
blés arriver à aiaturité. Vous pourriez semer I
deux cinquièmes de chacune des variétés Bor- '
deaux et Japhet, un cinquième de la variété ;
Blé des Alliés, si vous semez après l'hiver. —
(H. H.)
— N» 7142 [Rhône). — Il est préférable de
construire en bois les cloisons de boxes dos
écuries, selon les indications données à la
page 34 de l'ouvrage sur les Logements des ani-
maux, II : Ecuries et Etables, publié par la Librai-
rie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob,
à Paris. — (M. R.)
— M. F. [Aisne). — Contrairement à ce que
vous croyez, il n'y a généralement pas intérêt à
exagérer, au delà d'une certaine limite, la puis-
sance des moteurs des appareils de culture
mécanique. Nos conditions de France ne peu-
vent pas se comparer, avec noire culture inten-
sive, à celles de certaines régions de l'Amérique,
ou de l'Europe centrale où les domaines, de très
grande étendue, sont soumis à une culture sou-
vent extensive. D'ailleurs, en Europe centrale
même, la pratique a conduit à appliquer la con-
clusion rationnelle ci-dessus : au début, pour
concurrencer les grands appareils de labourage
à vapeur pouvant développer 130 à 200 chevaux,
on a construit de fortes charrues automobiles
avec moteurs à essence de 80 chevaux; c'était le
type de 1911; dès 1913, on a trouvé plus avanta-
geux de réduire la machine pour ne labourer
que 3 ou 4 raies avec un moteur de 30 à 40 che-
vaux et, si nos renseignements sont exacts, on
laisse actuellement ces modèles peu maniables
pour employer ceux ayant des moteurs de 20 à
25 chevaux. Cest ainsi que peu à peu la pratique
vient confirmer les essais scientifiquement con-
duits. — (M. R.)
— P. t). [Viemip). — A la suite des froids de
décembre, des choux ont été gelés, au moins
les feuilles. Nous ne voyons pas de moyens, dans
ces conditions, de les utiliser pour la nourriture
du bétail ; l'ensilage n'est pas à conseiller.
— H. H )
— A. <^e M. {Dordogne). — Pour la destruc-
tion des ravenelles, dans les blés et avoines,
on a utilisé, en pulvérisations, des solutions de
sulfate de cuivre à 4 0/0, de nitrate de cuivre à
3 0/0, de sulfate de fer à 15 00; en pulvérisa-
tion, à la rosée, du sulfate de fer anhydre ou de
la cianamile à la dose de 200 kilogr. par hec-
tare.
Mais le traitement vraiment efficace est celui
préconisé par M. Rabalé, inspecteur général de
l'Agriculture, qui a donné des résultats absolu-
ment prohants dans la région du bassin de la
Garonne en parliculier : pulvérisation d'acide
sulfurique dilué. Il permet de détruire sûrement
'es ravenelles, en même temps d'autres mau-
vaises herbes : coquelicot, ficaire, renoncule
42
CORRESPONDANCE
bleuet et aussi les vesces et gesses sauvages.
La meilleure époque pour le traitement des
blés d'automne est comprise entre ie 15 janvier
et le 15 février.
Il faut employer 8 litres d'acide par 100 litres
deau.
Certaines précautious sont à prendre : l'acide
doit être versé lentement dans l'eau ; pour l'épan-
dage, on doit utiliser des pulvérisateurs à réci-
pient en tôle plombée ou en verre. Il faut ré-
pandre en moyenne 1 000 à 1 200 litres d'eau
acidulée par hectare (voir l'article de M. Rabalé
dans le Journal d'Agriculture pratique, n^ du
21 mars 1912). — (H. H.)
— N° 6146 ( Algérie). — Vous demandez par
quel adjuvant vous pouvez compléter la ration
de paille de blé broyée et d'avoine que reçoivent
vos bœufs maigres.
Les tourteaux sont tout à fait indiqués (ara-
chide, palmiste, etc.) à la dose moyenne de
I kilo'^r. V^ous vous trouverez bien de faire con-
sommer ce tourteau à l'état de buvées ou de
pâtées, en le délayant dans l'eau et en mélan-
geant une petite quantité de paille broyée. Il
faut 4 à 5 litres d'eau pour 1 kilogr. de tourteau.
Ajouter un peu de sel. — (P. D.)
rs'o 6455 [Loiret). — La ration d'engrais-
sement de vos vaches maigres est assez satis-
faisante. En traitant la farine d'arachide par
l'eau tiède et y mélangeant ensuite la balle
d'avoine, vous obtiendrez une excellente pâtée.
La pomme de terre cuite est également favorable
à l'engraissement. Si vous utilisez la pomme de
terre en même temps que la farine d'arachide
et les vesces, vous en donnerez de 4 à 6 kilogr.
Mais si vous l'employez seulement avec la paille
et les balles, vous pouvez aller jusqu'à 15 et
20 kilogr. 11 faut que les pommes de terre cuites
soient mélangées avec un peu de paille hachée
ou de balle pour que la rumination puisse s'ef-
fectuer normalement. — (P. D.)
— N» 6857 [Lot-et-Garonne). — Dans une ex-
ploitation que vous possédez en Dorilof,'ne, vous
avez à votre service une famille de domes-
tiques, composée du père, de la mère et de trois
enfants. Le père et les enfants sont seuls sa-
lariés. La mère est simplement nourrie et a une
part dans les bénéfices de la porcherie et de la
basse-cour.
Or, depuis quelque temps, cette femme et un
des enfants, atteints de maladies diverses, ne
peuvent plus rendre les services pour lesquels
ils se sont engagés jusqu'au 8 septembre 1921.
II en résulte que le travail de la propriété en
soalTre, et que vous éprouvez de ce chef un véri-
table préjudice.
Nous nous trouvons ici devant un contrat de
louage de services collectifs, et que nous suppo-
sons ne résulter que de simples conventions
verbales. Or, ce contrat, même pris au sens
collectif, doit être essentiellement interprété
comme un contrat personnel. H doit suivre les
règles générales de droit commun (Code ci-
vil, 1108 à 1710), quant à ses conditions et ù son
objet qui est ici le travail. Ce contrat résulte
également des dispositions légales des lois du
9 juillet 1889 et du 27 décembre 1890.
Nous estimons en conséquence que vous vous
trouvez dans un cas de résolution du contrat de
travail intervenu, puisque son objet est en partie
irréalisable. Vous avez tout au moins le droit
d'en réclamer une réduction importante pro-
portionnelle au préjudice causé. Si vous ne pou-
vez vous entendre à l'amiable avec cette famille,
appelez les intéressés devant le juge de paix de
votre canton, après vous être assuré de tout le
bien-fondé de vos allégations, par certificats
médicaux ou constats.
Vous devez prévenir la Compagnie d'assu-
rances de la présente situation. — (M. D.)
— N° 8238 [Seine-etrOise). — Dans vos terres
silico-argileuses, le fumitr est indispensable,
et il y aurait lieu de le réserver pour les plantes
sarclées en tête d'assolement. Les céréales vien-
draient ensuite sur arrière-fumure complétée
par des engrais chimiques.
Nous vous conseillons cette année de phos-
phater avant les plantations avec 600 kilogr. de
scories à l'hectare, et d'épandre par la suite
100 kilogr. de nitrate de soude en deux fois, sui-
vant l'état de la végétation. Pour les pommes de
terre, essayez 150 kilogr. de kainite.
En raison de la nature de vos terres, vous
pourrez employer la cianamide à l'automne
comme complément du fumier, et le nitrate de
soude au printemps par petites doses. Les scories
seront préférables aux superphosphates, et la
kainite ou le sulfate de potasse au chlorure de
potassium ou à la sylvinite. Vous pouvez essayer
les engrais Derome et Novo qui ont une réelle
valeur. — (M. S.)
— M. E. P. [Aisne). — On a remplacé, aux îles
Hawaï (ou îles Sandwich), l'essence minérale
par un combustible à base d'alcool pour action-
ner les automobiles, camions, tracteurs, etc.
Selon le journal Sugar, de New-Vork (1920),
3 litres de mélasse fournissent, à Hawai, 1 litre
d'alcool à 93 degrés. On obtient de l'éther en
distillant l'alcool traité par l'acide sulfurique;
1 litre un quart d'alcool donue environ 1 litre
déther. Le mélange employé pour les moteurs se
compose de 55.5 d'alcool, 42.8 d'éther, l.l d'es-
sence et 0.6 de pyridine destinée à neutraliser
l'acide sulfurique et l'action corrosive résultant
de l'explosion du mélange dans les moteurs.
Une tonne de mélasse des sucreries d'Hawai
peut fournir 304 litres d'alcool à 95 degrés, et les
sucreries du pays produisent environ 135 000 ton-
nes de mélasse par an. Le mélange ci- dessus
(alcool, élher, essence minérale, pyridine) doit
être bien comparable à celui dont vous avez en-
tendu parler.
Les essais des grands concours de 1901 et 1902
sur les moteurs fixes et locomobiles, automobiles
et bateaux utilisant l'alcool pur dénaturé ou ad-
ditionné de benzol, ont été elTectués à la Station
d'essais de Machines du ministère de l'Agricul-
ture. — (M. U.j
REVUE COMMERCIALE
43
LA SEMAINE MÉTÉOROLOGIQUE
Semaine du 'i au S janvier 1951 [OBSERVATOIRE DU PARC SAINT-MAUR)
JOURS
ET DATES
o •
05 -"
millibars.
Dim 2 janv. '1015.9
I
Lundi 3 — 102S.9
Mardi 4 — 1024.1
Mercredi.. 5 —
Jeudi 6 —
Vendredi. 7 —
Samedi... 8 —
1019.8
1025.2
1018.8
1017 6
TE.xlPÉRATURE
^"1
5.5
4.5
2.6
2. S
6.3
2.1
Moyennes et totaux 1021.1 4.2
I
Ecarts sur la normale -|- 2 9 -f-4 1
«
a
"y,
2
a
c
o
o
2
10" 6
8.6
11.6
8.8
8.8
7.1
9. G
7.4
9.3
S. 8
8.8
7 7
8.1
5.4
9 5
7.3
+ 4 2
+ 0.2
Écart
Vent.
à
o
"2 "S
sur
= ç
la nor-
male.
■a
htotes
-f 6.5
S
0.0
+ 6.7
1.7
+ 50
S
0.0
+ 53
S
0.0
+ 3.7
so
0.0
+ 5.6
s
0.0
+ 3.3
s
,
1.7
an liea d«
'•
«
58 h. 4
dor.tbéor.
REMARQUES DIVERSES
millim.
1.8 Rosée, pluie le matin.
» iTemps nuageux.
3 Rosée, pluie après midi.
0.4 Couvert, pluvieux, brouillard.
» (Temps couvert, brumeux.
1.9
1.0
5.^
Temps couvert, pluie le soir.
Pluie le matin, temps couvert.
Pluie depuis le 1" janvier
En 1921 6°»™
Normale 6
REVUE COMMERCIALE
Situation agricole. — Le début de janvier a été
très favorable aux récoltes en terre; à la faveur
d'une température un peu élevée pour la saison et
de l'iiumidité du sol, les derniers blés semés lèvent.
La végétation des autres fait quelques progrès e
dans les prairies, l'herbe commence à pousser.
On a recommencé, partout où l'état du terraio le
permet, l'exécution des labours en vue des semailles
de céréales de printemps. La culture s'approvi-
sionne en graines de plantes fourragères.
Blés et farines. — Les livraisons de blé indigènes
se font toujours lentement. Dans certaines régions,
les moulins reçoivent des blés étrangers, alors que
es cultivateurs sont obligés de conserver leur grain.
Aussi, les plaintes sont nombreuses.
Nouvelle hausse sur les blés aux Etats-Unis, où, en
tenant compte du change, le disponible est coté
130 fr. 91 à New-Vork; à Ruenos-Ayres, le livrable
février vaut 99 fr. 80.
Les boulangeries sont normalement approvision-
nées en farines, mais la qualité de celle-ci, en raison
de la forte proportion de succédanés, laisse souvent
à désirer.
Sons. — Ces sous-produits donnent lieu à un petit
nombre de transactions portant principalement sur
les belles qualités; les prix, inférieurs à la taxe, va-
rient de 44 à 46 fr. les 100 Itilogr. au moulin.
Céréales diverses. — A signaler la reprise du
marché à terme pour les avoines, à la Rourse de
Commerce de Paris. Les cours se sont raffermis.
Aux 100 kilogr. départ, on cote les avoines grises
du Centre et du Nord-Ouest, 57 fr. 50 ; les noires du
Centre, 56 à 57 fr.: les blanches de la région du Nord,
58 à 58.50 et celle de l'Est, 53 à 54 fr.
Les orges, plus demandées, accusent des cours en
hausse de 1 à2 fr. par quintal. On cote aux 100 ki-
logr. départ : les orges d'Eure-et-Loir et du Loiret
89 à 90 ir.; de Champagne, 86 à 87.50; de la Mayenne
et de la Sartbe, 87 à 88.50; les orges de mouture de
l'Ouest, 73 à 73 fr.
Les sarrasins de l'Ouest valent, suivant qualité, de
75 à 79 fr. le quintal départ; les sorghos du Midi,
40 fr. Les maïs étrangers sont tenus à 77 fr. 50 le
quintal sur vagon Dunkerque.
Fourrages. — Cours stationnaires au dernier mar-
ché de La Chapelle ou l'on a payé aux 100 bottes de
o kilogr. rendues à Paris, au domicile de l'acheteur :
luzerne, 160 à 180 fr.; regain, 135 à 155 fr.; foin, 140
à 160 fr.
Les foins sont cotés aux prix suivants, par 100 ki-
logr. sur vagon départ, 19 à 23 fr. dans les départe-
ments de l'Est et du Sud-Est.
Pailles. — Les prix de la paille d'avoine ont fléchi
légèrement; la hausse a été sensible sur la paille de
seigle. Aux 100 bottes, rendues à Paris au domicile
de l'acheteur, on a vendu : paille de blé, 55 à 65 fr.;
paille d'avoine, 45 à 50 fr.; paille de seigle, 80 à
100 fr.
Dans les départements, on cote aux 100 kilogr. sur
vagon départ : paille de blé, 10 à 13 fr.; pailles
d'orge et d'avoine. 9 à 10 fr.; paille de seigle en
gerbes, 13 à 15 fr.; triée, 21 à 23 fr.
Bétail. — Au marché de La Villette du lundi
10 janvier, les cours du gros bétail ont présenté de
la fermeté. On a payé, par demi-kilogramme net :
les bœufs de l'Allier, de l'Orne, du Calvados et de
la Haute- Vienne, 4.75 à 5 fr.: de la Mayenne et de
la Sarthe, 4.50 à 4.75 ; de Maine-et-Loire et de la
Loire-Inférieure, 4.40 à 4.70; de la Vendée, 4.25 à
24
REVUE COMMERCIALE
4.50; les génisses, 4.80 à 5 fr.; les bous taureaux,
4 à 4.70.
Vente facile et prix soutenus pour les veaux cotés
comme suit au demi-kilogramme net : veaux de
lEure, Eure-et-Loir. Seine-et-Marne et Seine-et-
Oise, 6.76 à 6 fr.; de l'Aube, 6.70 à 6.90; de la
Mayenne et de la Sarthe, 6.50 à 6.75; de l'Ouest,
6.25 à 6.30.
En raison de l'abondance de l'offre, la vente des
moutons a été mauvaise et les cours en baisse de
23 centimes par demi-kilogramme net. On a vendu
les agneaux, 6.73: les moutons de l'Allier, de la
Nièvre et du Cher, 6 à 6.50; \fs métis, 5.25 à 3.60;
les moutons du Midi, 5 à 5.50; les brebis de même
provenance, 4.50 à 5.25.
Par suite d'arrivages très abondants, fléchissement
de 2o à 30 centimes par demi-kilogramme vif sur les
porcs payés aux prix suivants : porcs gras, 2.60 à
290; coches, 2.23 à 2.50.
Voici le" relevé des marchés du jeudi 7 et lund
du 11 janvier :
Marclié du jeudi 1 janvier.
Entrées directes
aux abattoirs. Réserves
Amenés. LaVill. Vaug. LaVill. Vaug.
têtee
têtes têtes
tètes
têtes
B^ufs
950
)
Vaches
500
\ £0 85
568
83
Taureaux..
83
S
Veaux
811
64-2 150
90
64
Moutons . .
6 136
1 390 288
940
310
Porcs
2 ■2:0
184 160
160
410
Prix maxima
Au poids net.
du kilogra
rame.
Au poids vif.
V q. 2« q. 3< q.
Prix extrêmes.
Bœufs .
9 50 9 00 8 30
2.50 à
6.03
Vaches. .
9 50 9 00 8 20
2.50
6.03
Taureaux
8- 80 8 30 8 10
2.50
5.64
Veaux...
3 SO 12 80 10 80
4.50
8.40
Moulons.
...
2 90 11 40 10 30
4.32
6.76
Porcs . . .
9 86 9 58 9 42
5.50
7.00
Marché du lundi 10 janvier.
Entrées directes
aux abattoirs.
Réserves
Amenés. LaVill.
têtes
Bœufs. . . .
Vaches . . .
Taureaux.
Veaux
Montons . .
Porcs
tAtes
2 577
1 280
293
1 184
12 6-<9
5 570
220
1 180
1 592
2 396
Vaug.
têtes
145
235
916
1 294
LaVill.
têtes
167
314
1 300
760
Vaug.
têtes
85
41
3 5
4c0
Prix maxima du kilogramme.
Au poids net. Au poids vif.
l" q. 2' q. 3« q. Prix extrêmes.
Bœufs
Vaches .. ..
Taureaux ..
Veaux
Moutons . . ,
Porcs
9.56
9.50
8.80
13.80
12.50
9.42
8.84
8.30
12.80
11.00
9.14
8.20
8.20
8.10
10.80
10.00
8.86
2.50 à 5.01
2.50 5.91
2.50
4.50
3.84
5.30
5.46
8.40
6.48
6 90
Dans les départements, on cote :
Bordeaux, par kilogr. poids net : bœufs. 3 a
5.10 ; vaches, 3à 4 fr.; veaux, 10 à H fr.; moutons,
11 fr.; par kilogr. poids vif : porcs, 6.20 à 6.90.
1 Dijon, par kilogr. poids vif : veaux, 5.80 à 6.20'
porcs, 6.85 à 7 fr.; par kilogr. net : moutons, 9 à
12 fr.
Le Havre, par kilogr. poids vif : bœufs, 8 à 10 fr.;
vaches 7.80 à 9.90 ; veaux, 12 à 15 fr.
Lille, par kilogr. poids net : bœufs et vaches,
8.50 à 9.50; veaux, 12.50 à 13.50; moutons, 10 à
à 10.50; porcs, 9.50 à 10 fr.
Lyon-Vaise, par kilogr. poids vif : bœufs, 4.25 à
5.65; porcs, 6 à 6.70; veaux, 6 à 7.60; par
kilogr. net : moutons, 11.50 à 13 fr.
Marseille, par kilogr. poids net : bœufs, 8.25 à
8.75; vaches, 7.50 à 8.50; par kilogr. vif: porcs,
7 fr.
Nancy, par kilogr. poids net : bœufs, 9 'à 10 fr.;
vaches, 7 à 10 fr. ; moutons, 10 à 12.50; par
kilogr. vif : veaux, 6.50. à 7.60; porcs, 6.40 à 7.50.
Vins. — On assiste à une légère reprise des ventes;
les cours se raffermisfent et sur les uiarrhés méri-
dionaux, on note une hsusse de 2 fr. par liectolitre.
Oq cote à l'hectolitre les vins rouges : 60 à 80 fr. à
Narbonne, 60 à 83 fr. à Ximès, 58 à 00 fr. à Perpi-
gnan, 60 à 75 fr à Montpellier, 60 à 80 fr. à Càr-
cassonne, 60 à 73 fr. à Béziers.
Dans la Loire, à Roanne, les vins rouges valent
de 93 à 100 fr. l'hectolitre. Dans le Lot-et-Garonne,
à Valence-d'.\gen, on paie de 35 à 70 fr.
On cote, à la barrique de 225 litres dans la Loire-
Inférieure : muscadet, 400 à 430 fr.; gros plants,
200 à 260 fr.
A Alger, li^s vins rouges se paient, suivant degré,,
de 35 à" 65 fr. l'hectolitre.
Cidres et eaux de-vie de cidre — Dans le Cal-
vados, les cidres se paient, à la propriété, de 50 à
53 fr. l'hectolitre nu.
Les eaux-de-vje de cidre titrant 60 degrés valent
de 530 à GOO fr. l'hectolitre.
Pommes de terre et Fécales. — Les cours sont
presque sans changement. On vend aux 100 kilogr.
sur vagon départ : Saucisse rouge, 22 à 23 fr.; Ronde
jaune, 19 à 22 fr.; Flouck, 27 à 28 fr.; Institut de
de BeauvaiP, 18 à 23 fr.; Woltmann, 18 à 20 fr.
Aux Halles centrales de Paris, les pommes de
terre nouvelles d'Algérie valent, aux 100 kilogr. :
terre rouge, 200 fr.; grenaille, 120 fr.
A Epin^l, la fécule 1™ des Vosges disponible est
cotée de 120 à 123 fr. les 100 kilogr.
Graines fourragères. — Les cours des graines de
luzerne et de trèfle sont plus fermes; ceux des autres
grainesrestent stionnaires. Dans la région parisienne,
on paie aux 100 kilogr. : luzerne, iOO à 700 fr.; trèfle
violet, 430 à 540 fr.; lupuline, 200 à "230 fr ; anthyl-
lide, 700 à 800 fr.; trèlle blanc, 1 400 à 1 500 fr.; trèfle
hybride, 800 à 900 fr.
Miels. — A Paris, le miel de Bretagne est coté de
390 à 400 fr. les 100 kilogr.
Tourteaux. — Transactions peu importantes et
prix soutenus. A .Marseille, on vend aux 100 kilogr.
les tourteaux en plaques : arachide Rufisque, 59 à
61 fr.; arachide Coromandel. 52 fr.; lin, 82 fr.; pavot
blanc, 53 fr.; sésame blanc, 63 fr.; coprah, 72 à
80 fr.; palmiste, 54 fr.; maïs, 61 fr.
Sucres. — A la Bourse de commerce de Paris, il
y avait acheteur à 193 fr., vendeurs à 200 fr. les-
100 kilugr. B. Durand.
Le Gérant : Charles Dutrkix.
Pans. — !.. Maketheux, imprimeur, 1, rue Cassette
CHRONIQUE AGRICOLE
45
CHRONIQUE AGRICOLE
Ouverture de la session ordinaire du Parlement pour 1921. — Déclarations de M. Racul Péret et de M. Léon
Bourgeois. — Crise ministérielle. — Arrêté du sous-secrétaire d'Etat du Ravitaillement relatif au prix
de vente des sons. — Caractère illégal de cet arrêté. — Concours de primes d'honneur et de prix cultu-
raux en 1921. — Commerce des vins pendant le premier trimestre de la campagne. — La récolte des
vins en Algérie en 1920. — Prochain concours de vins d'hybrides à Toulouse. — Tableau de la pro-
duction des cidres par régions en 1920. — La récolte des principales espèces de fruits de table. —
L'exportation des huiles et les droits de sortie sur les tourteaux. — Majorations douanières sur les
graines de betteraves et sur les racines de chicorée. — Prohibition de la sortie du lait. — Vente
publique d'animaux reproducteurs de la rare bovine normande. — Protestation de la Société d'Agri-
culture dn Doubs en faveur de la race Monthéliarde. — Concours de vacheries d'élevage dans l'Indre.
— L'évolution de la fièvre aphteuse dans le mois de décembre. — Recherches du D'' A. Calmelte sur
l'immunisation de la tuberculose bovine. — Contrôle projeté dans une ferme de la Normandie. — Nou-
velle Revue consacrée au lait. — Les récoltes de blé et d'avoine dans la République Argentine,
Crise ministérielle.
La session ordinaire du Parlement a été
ouverte le 11 janvier. Le lendemain, le mi-
nistère présidé par M. Georges Leygues a été
renversé presque sans débat par une majorité
formidable, puisqu'elle a réuni près des
quatre cinquièmes des membres de la
Chambre des Députés. D'où provient ce
revirement subit?
L'explication s'en trouve dans cette phrase
du discours de M. Raoul Péret, réélu prési-
dent de la Chambre : « Le pays voudrait
apercevoir plus nettement les conséquences
positives de la paix victorieuse... Ce peuple
vainqueur, à l'âme hère et droite, n'accepte-
rait pas l'intolérable humiliation, qui serait
en même temps un défi à la justice, d'un
peuple vaincu, déchirant les engagements
qu'il a signés; il ne peut croire que la voix
de la France réclamant son dû, et rien que
son dû, ne sera pas écoutée. » Le problème
des réparations de la guerre domine tout en
ce moment; il doit recevoir sa solution dans
la Conlerence interalliée qui devait s'ouvrir
le ^19 janvier. M. Georges Leygues a été
renversé parce qu'il a refusé de fournir des
indications précises sur l'attitude qu'il y
prendrait. La Chambre, inquiétée par les
sentiments manifestés par certains Alliés,
n'a pas voulu prendre à l'avance la respon-
sabilité de décisions qu'elle devrait ensuite
enregistrer .sans les avoir connues.
De son côté, M. Léon Bourgeois, réélu
président du Sénat, a insisté sur les dangers
de la situation financière et sur la << nécessité
d'apporter un remède immédiat à un état de
choses qui ne peut se prolonger sans mettre
en péril l'avenir de la Nation. »
Le cabinet avait été formé le 20 jan-
vier 1020 sous la présidence de M. Millerand;
celui-ci, élu Président de la République au
20 Janvier 1921.
N» 3.
mois de septembre, avait choisi M. Georges
Leygues pour le remplacer.
La démission générale du cabinet avait été
précédée par celle de M. J.-H. Ricard, mi-
nistre de l'Agriculture. Candidat aux élec-
tions sénatoriales du 9 janvier dans le dé-
partement du Finistère, il n'avait pas été
élu.
La crise a pris fin le 16 janvier par la cons-
titution d'un cabinet présidé par M. Aristide
Briand, qui a pris le portefeuille des Affaires
étrangères.
Dans le nouveau Cabinet, M. Lefebvre du
Prey, député du Pas-de-Calais, vice-prési-
dent de la Chambre, occupe le ministère de
l'Agriculture, et M. Lucien Dior, député de
la Manche, celui du Commerce et de l'In-
dustrie.
Le prix de vente du son.
Les fantaisies arbitraires du Service du
Ravitaillement s'accumulent de jour en jour.
On nous en signale une nouvelle qui mérite
d'être enregistrée. C'est un arrêté signé, à la
date du 7 décembre dernier, par M. Thou-
myre, sous-secrétaire d'Etat du Ravitaille-
ment.
Cet arrêté autorise les meuniers, lorsqu'ils
vendent directement aux consommateurs, à
majorer de 10 0/0 le prix du son fixé à 47 fr.
les 100 kilogr. nets, nus, pris au moulin, par
l'article 31 du décret du 25 août 1920.
Cette mesure est simplement illégale. Un
arrêté, émanât-il du sous-secrétaire d'Etat
du Ravitaillement, ne peut pas aller à ren-
contre d'un décret signé par le Président de
la République.
Si l'article 31 du décret du 25 août fixe le
prix du son, l'article 32 du même décret n'est
pas moins catégorique. Il spécifie, en effet,
que les bureaux permanents des céréales
mettent, aux conditions de la taxe, c'est-à-
dire à 47 fr.,à la disposition des Associations
Tome L — 3
46
CHRONIQUE AGRICOLE
OU groupements agricoles les quantités de
sons qu'ils auront demandées. Il spécifie en-
core que le surplus de la fabrication des sons
est laissé à la disposition des meuniers, qui
ne peuvent les vendre à un prix supérieur à
celui de la taxe.
Primes dlhonneur et prix cnlturaux.
Les concours de prix culturaux, de primes
d'honneurel de prix de spécialités aurontlieu
en 1921 dans les déparlements ci-après :
Aube^ Cantal, Doubs, Loir-et-Cher, Basses-
Pyrénées, Seine, Seine-et-Oise, Deux-Sèvres,
Var.
Les déclarations des concurrents doivent
parvenir à la préfecture de leur département
avant le 1®'' mars.
Les conditions de ces concours ont été pu-
bliées dans notre numéro du -i décem-
bre 1919 (page 885).
Commerce des vins.
En France, les sorties de vins des caves
des récoltants ont été de 2 474 129 hectolitres
pendant le mois de décembre et de 10 mil-
lions 453 752 hectolitres pendant les trois
premiers mois de la campagne en cours.
Pendant la même période de l'année 1919,
les sorties n'avaient pas dépassé 9 790000 hec-
tolitres. Les droits de circulation ont porté,
durant ces trois mois, sur 9 678 708 hecto-
litres.
En Alsace et Lorraine on a compté, en dé-
cembre, 29 889 hectolitres sortis des caves
des récoltes, et 124 653 pendant les trois
mois. 257 503 hectolitres ont été soumis au
droit de circulation.
En Algérie, les sorties ont été de 883 401 hec-
tolitres en décembre, et de 2800368 depuis
le début de la campagne.
Au 31 décembre, le stock commercial chez
les marchands en gros était de 10 459 863 hec-
tolitres en France (au lieu de 8064 000 au
31 décembre 1919), de 285633 en Alsace et
Lorraine, et de 952 345 en Algérie.
Les vendanges en Algérie
Voici le relevé officiel de la récolte des vins
en Algérie, en 1920, en comparaison avec
l'année précédente :
Année
1920.
Année l'.MO.
stock des récoltes
Récolte
Stock des récolles
Récolte
antérieures.
de 19-20.
Total.
antérieures.
de 19 9.
Total,
Départements.
hectolitres
hectolitres
hectolitres
hectolitres
hectolitres
hectolitres
Alger
55 266
2 943 264
3 000 530
32 319
3 309 132
3 401 431
Constantine)
9 913
1 091 301
1 101 214
16 882
62t) 387
643 269
Cran
35 148
2 997 702
3 032 830
22 923
3 782 766
3 803 691
Territoires du Sud
et du command.
1 019
101 346
6 953
7 041 220
7 972
»
5 082
5 082
Totdux...
7 142 566
72 126
7 783 367
7 855 493
Les disponibilités après les vendanges
étaient inférieures de 513 000 hectolitres
seulement à celles de l'année 1919.
Concours de vins d'hybrides
Un concours de vins d'hybrides est orga-
nisé à Toulouse sous les auspices des deux
Sociétés d'Agriculture de la Haute-Garonne.
Nous recevons sur ce sujet l'avis suivant :
Tous les viticulteurs ayant vinifié des raisins
de producteurs directs sont instamment priés
d'envoyer, du 20 au 24 janvier, dernier délai,
des échantillons suffisamment copieux pour
permettre la dégustation et, au besoin, l'analyse
des vins. Le jury fonctionnera le 27 janvier.
Celte manifestation promet d'être particulière-
ment intéressante et sera un indispensable com-
plément à l'élude de la valeur cultuiale des
hybrides producteurs.
Ce concours se tiendra au siège du r^yn-
dicat central des Agriculteurs du Sud Ouest,
à Toulouse (63, boulevard Carnot). C'est à
celte adresî-e que doivent parvenir les échan-
tillons de vins.
Production des cidres en 1920.
Le ministère de l'Agriculture a publié au
Journal Officiel du 10 janvier les résultats
approximatifs de la production des pommes
et poires à cidre en 19:20, ainsi que l'évalua-
tion de la fabrication des cidres et des poirés.
Voici le résumé de ce document :
Pommes
Production
et
des
poires
cidres
.i cidre.
et poirés.
quintaux
hectolitres
l"
régioD. Nord
2 836 310
1 768 032
2'
—
Est
258 800
100 020
3'-
—
Ouest
8 385 400
6 183 270
\''
—
Ceatre
406 300
294 134
5«
—
Est-Central.
4U0 600
163 600
6'
—
Sud-Ouest. .
78 330
42 066
7'-
—
Massif cent.
173 290
33 190
8»
"
Midi
Totaux
6 000
2 280
12 545 930
8 636 592
En 1919, la production des pommes et
poires à cidre et à poiré avait été évaluée à
36 567 880 quintaux, et celle des cidre et poi-
CHRONIQUE AGRICOLE
47
rés à 21 780 880 hectolitres. Plus tard, la Di-
rection générale des Contributions indirectes
avait évalué la production des cidres à
22 333 054 hectolitres ; la différence est peu
importante. La production en 1920 repré-
sente à peine les quatre dixièmes de la pré-
cédente.
Fruits de table.
Voici, d'après les documents du ministère
de l'Agriculture, les résultats approximatifs
de la récolte des fruits de table en 1920, en
France :
Pommes
couteau.. .
Poires à cou
teau
Châtaignes..
Noix
Olives
Pêches
Abricots
Cerises
Prunes
quintaux
684 800
Prunes (pour
pruneaux
Oranges . . .
Mandarines
Citrous
Fraises ....
Framboises
Cassis
Groseilles..
Amandes . .
Noisettes . .
Figues. ...
quintaux
101 740
5 330
2 110
1 200
67 370
7 600
21 530
9 880
43 700
1 060
30 470
compris les
un total de
343 150
1 S29 240
314 400
228 640
172 550
74 660
216 140
201 770
Les autres productions, y
truffes, ont été évaluées à
620 quintaux.
Huiles et tourteaux.
Un décret en date du 30 juin dernier avait,
en vue de réserver à l'agriculture un produit
indispensable à l'alimentation du cheptel,
prohibé l'exportation hors de France des
tourteaux de graines oléagineuses. Toutefois,
des dérogations à la prohibition de sortie
pouvaient être accordées sous réserve d'ac-
quitter une taxe de 25 fr. par quintal de
tourteaux exporté.
Un nouveau décret, en date du 10 janvier,
a rendu la liberté à l'exportation des huiles
végétales qui était également proliibée, et
il a modifié la taxe de sortie applicable aux
tourteaux. Désormais, la taxe de sortie est
fixée à 2 fr. 50 pour les tourteaux sulfurés
pour engrais et à 10 fr. par 100 kilogr. pour
les autres tourteaux.
Majorations douanières.
Un décret ilu 11 janvier a fixé les coeffi-
cients de majoration à appliquer aux tarifs
douaniers d'un certain nombre de produits à
leur importation en France.
Parmi ces produits, figurent les graines de
betteraves avec le coefficient 2.5, et les ra-
cines de chicorée avec le coefficient 2.
L'exportation du lait.
Par un décret en date du 8 janvier sont
prohibées la sortie et la réexportation du lait
même stérilisé ou peplonisé sans concentra-
tion.
Vente d'animaux reproducteurs.
La vente annuelle d'animaux reproducteurs
de la race normande pure, qui est faite par
MM. Lavoinne frères à leur ferme du Bosc-
aux-Moinps, près Doudeville (Seine-Infé-
rieure), aura lieu cette année le jeudi 3 fé-
vrier.
Cette vente aux enchères publiques portera
sur 33 taureaux nés en 1919 et en 1920 et sur
19 génisses nées en 1918, qui ont été saillies
et sont présumées pleines.
La race bovine Montbéliarde.
Des efïorts ont été faits récemment afin de
réunir, pour les encouragements à donnera
leur élevage, les diverses races bovines de la
région de l'Est (Comtoise, Abondance, Ges-
sienne et Monbéliarde) sous la dénomination
générique de race tachetée de VEst. Dans sa
dernière réunion, la Société d'Agriculture du
Doubs a protesté en ces termes contre une
confusion qu'elle considère comme préjudi-
ciable à la race Montbéliarde :
La Société départementale d'Agriculture du
Doubs considérant :
1° Que la dénomination de race Montbéliarde
reconnue officiellempnt depuis près de trente ans
constitue pour les éleveurs du Doubs une véri-
table « marque d'origine » ;
2^ Que la suppression ou la modification de
cette dénomination officielle serait de nature à
porter un grave préjudice commercial aux éle-
veurs du département du Doubs qui, depui-* plus
de cinquante ans, par une sélection méthodique
et continue, poursuivent l'amélioration de leur
bétail ;
3° Qu'en fusionnant en une seule et même race
tout le bétail tacheté de l'Est on accorderait d'em-
blée aux animaux non encore sélectionnés, qui
peuplent cette région étendue, les avantages dont,
en toute justice, doivent seuls bénéficier ceux
qui sont le fruit de lonf,'S et patienta efforts et
ont amené la création, consa-rée otriciellement,
des races Montbéliarde, Gessienne et d'Abon-
dance ;
Proteste très énergiquement contre la ten-
dance qui paraît vouloir réunir sou-; k seule et
même dénomination de « race jurassique » ou de
<c race tachetée « tout le bétail tacheté de l'Est
et de faire des races Montbéliarde, ,Gessienne et
d'Abondance de simples sous-races ou variétés.
Emet le vœu « Que le nom de race Montbé-
liarde soit maintenu sans modification pour le
bétail pie-rouge de l'Est amélioré •>.
Il ne semble pas, en effet, qu'il serait juste
d'enlever aux éleveurs du Doubs le bénéfice
des efforts poursuivis pendant une longue
période.
Concours de vacheries d'élevage.
Un concours de vacheries est organisé,
48
CHRONIQUE AGRICOLE
pendant l'hiver 1921, par la Société d'Agri-
culture de rindre avec le concours de TOffice
départemental agricole. Ce concours compor-
tera l'attribution de primes d'approbation
aux vaches reconnues les meilleures pour la
reproduction. Il est réservé exclusivement
aux vacheries du département de l'Jndre qui
sont peuplées d'animaux appartenant à la
race Charolaise ou à la race Limousine. Les
étables concurrentes seront rangées en trois
catégories d'après leur importance.
Les éleveurs désirant participer à ce con-
cours doivent adresser une demande écrite,
avant le 25 janvier, au secrétaire général de
la Société d'Agriculture de l'Indre, 33, avenue
de la Gare, ou au directeur des Services agri-
coles, 47 place Voltaire, à Chàteauroux. Ils
indiqueront le nombre et l'âge des vaches de
leur étable, le nombre et l'âge des élèves, la
superficie et l'adresse exacte du domaine.
La fièvre aphteuse.
Voici, d'après le Bulletin sanitaire du mi-
nistère de l'Agriculture, le résumé des ren-
seignements sur l'évolution de la fièvre
aphteuse pendant le mois de décembre :
Communes.
Périodes.
Dépar-
tements.
Foyers
d(/ja signalés.
5 321
5 113
4 398
Foyers
nouveaux
495
363
450
l" au 10 décembre 87
11 au 20 — 87
21 au 30 — 87
A la fin de décembre, on signalait l'absence
de foyers nouveaux dans les départements
des Basses-Alpes, des Hautes-Alpes, des
Alpes-Maritimes, de la Savoie, des Pyrénées-
Orientales, de l'Aude et du Jura. Celui du
Finistère était indemne, comme le mois pré-
cédent.
Dans une réunion récente, l'Office agricole
régional de l'Est-Central a décidé qu'un
crédit de 200 000 sera affecté à des recher-
ches pour combattre la fièvre aphteuse.
Sur la tuberculose bovine.
Jusqu'ici, si les nombreuses recherches
pour reconnaître si les animaux bovins sont
atteints de tuberculose ont été couronnées de
succès, il n'en avait pas été de même pour
celles relatives à l'immunisation contre cette
terrible maladie. Or, il semble que la voie
soit désormais ouverte dans ce sens.
Une conférence a été faite récemment à
Rouen devant la Société centrale d'Agricul-
ture de la Seme-Idférieure, par le D'' A.
Calmette, sous-directeur de l'Institut Pasteur
de Paris. 11 y a exposé les recherches aux-
quelles il s'est livré en collaboration avec
M. Guérin, vétérinaire, et qui ont abouti à
celte conclusion : on peut atténuer la viru-
lence du bacille tuberculeux bovin ou bu-
main en cultivant ce microbe dans des mi-
lieux à base de bile. Dans une série d'expé-
riences poursuivies à l'Institut Pasteur de
Lille, de 1912 à 1915, une seule inoculation
de ces bacilles atténués conférait aux bovidés
une immunité de douze î\ dix-huit mois; en
outre, cps bacilles deviennent inofTensifs et
incapables de produire des lésions tubercu-
leuses.
Le D"" Calmette estime qu'il serait néces-
saire, pour déterminer la portée pratique d-î
ces observations, de répéter ces essais dans
des exploitations agricoles. Il en a établi
ainsi le programme. On pourrait, dit-il, ino-
culer les génisses naissant de vaches tuber-
culeuses; on laisserait ces génisses dans des
milieux infestés et par un procédé de revac-
cinalion, on pourrait arriver à connaître la
durée possible de l'immunité et aussi si les
animaux ainsi traités restent réfractaires à
la contamination naturelle.
Ce programme pourra se réaliser, grâce à
l'initiative de M. Lallemand, préfet de la
Seine-Inférieure, qui a mis gracieusement à
la disposition du D"" Calmette une ferme dé-
partementale remplissant les conditions favo-
rables à ces expériences. On doit s'en réjouir
et souhaiter que les espérances nées des pre-
miers essais se réalisent complètement.
Revue des questions laitières.
On nous annonce la publication prochaine
d'une nouvelle revue : Le Loit^ rovue géné-
rale des questions laitières, qui sera con-
sacrée, comme son titre l'indique, à tous les
problèmes relatifs à cet aliment de première
importance. Elle prend la place de la llevue
générale du lait qui paraissait avant la guerre
à Bruxelles. Elle est publiée sous la direc-
tion de M. L. Lindet, membre de l'Institut,
professeur à l'Institui agronomique, de
M. Beau, ingénieur agronome, et M. Ch. Por-
cher, professeur à lEcole vétérinaire de
Lyon (1, quai Chauveau), rédacteur en chef.
Les récoltes en Argentine.
On annonce de Buenos-Aires que le minis-
tère de l'Agriculture a publié sa première
évaluation surla nouvelle récolle de céréales.
Cette récolte serait de 50 150 000 quintaux
pour le blé et de 8 G40 000 quintaux pour
l'avoine.
Henry Sagnier.
J
LES VlGNtRONS DE L'AUBE
49
LES VIGNERONS DE L'AUBE
La crise qui avait pris avant la guerre un
caractère si aigu menace de recommencer
dans le vignoble de l'Aube. Les vignerons
espéraient que les prix .rémunérateurs ob-
tenus les deux années précédentes allaient
être encore c(msentis cette année, mais les
otîres des fabricants des vins de Champagne
ont été bien inférieures à ceux demandés;
au lieu de 2U0 fr. l'hectolitre, on est descendu
à 150 fr., maintenant ce serait 120 à 130 fr.
seulement, encore les offres d'achat sont-
elles rares.
A ce taux le bénéfice réalisé est infime ;
pour les propriétaires qui ne. travaillent pas
eux-mêmes, c'est à peine le prix de la main-
d'œuvre et de la vinification. Aussi le désap-
pointement est-il grand, il confine k l'irrita-
tion quand on compare le prix offert aux
vignerons au prix extravagant auquel le
Champagne, même de qualité secondaire ou
inférieure, est vendu.
Cette irritation est d'autant plus grande
que les acheteurs habituels dans l'Aube ne
présentent pas leur vin en bouteille comme
vin de deuxième zone, mais comme Cham-
pagne tout court. On n'oppose la classifica-
tion qu'à celui-là seulement qui a récolté, a
préparé ses vendanges avec soin et obtenu
des vins sortant victori.eux du travail de
vinification, mais qui a le malheur d'être
de l'Aube.
Les vignerons des environs de Bar-sur-
Aube ont tenu le 19 novembre une réunion à
i'Hôtel-de-Ville du chef lieu. Les esprits
étaient assez montés, comme l'indique une
Marseillaise des Vignerons, chantée à la fin
de la journée et dont voici le refrain :
Debout tous, vigneron?,
Levons-nous et marchons.
Mai'ctions ! Ça chauffera,
Car l'Aube, un jour, chambardera.
Exagération sans doute, car il s'est dit de
fort bonnes choses à celte assemblée oii
301) vignerons s'étaient rendus. Cependant,
certaines révélations avaient excité les esprits.
On a signalé que l'Administration refusait
de mentionner sur les acquits l'appellation
Champagne. M. Lesaché, député, a fait re-
marquer que c'était en contradiction avec la
loi de 1919. Il a engagé les auditeurs au calme
et leur a indiqué des moyens pratiques de
sortir de la situation pénible dans laquelle
les place le commerce de la Marne.
Ces moyens sont ceux que nous avons pré-
cédemment exposés à l'Académie d'agricul-
ture : la coopération. M. Lesaché a raconté
comment M. Camuset, député de la Côte-d'Or,
lui-même vigneron, a su grouper les petits
producteurs de l'illustre vignoble. Après de
longues années d'apostolat, il est parvenu à
créer des coopératives dans toi^les les com-
munes. On fait le vin en commun avec tous
les soins indiqués par la science. L'esprit de
coopération a été poussé si loin que les vi-
gnerons de la région de Vougeot ont acquis
le fameux clos, chacun pour quelques « ou-
vrées ». La récolle est conduite au pressoir
coopératif, le Syndicat soigne le vin et le
vend pour répartir le produit entre les vigne-
rons.
M. Lesaché, en terminant, a offert d'in-
viter M. Camuset à venir exposer ce système
de coopération devant les vignerons de 1 Aube.
Là proposition a été acceptée d'enthousiasme.
On aura donc bientôt unej réunion d'où
pourra sortir, pour la contrée, une ère de
prospérilé. En attendant, le secrétaire du
Syndicat a exposé les principaux points
d'un programme de coopération entre vi-
gnerons de la même commune ou de com-
munes contiguës, dont voici le résumé :
D'abord, se procurer une cuve et un pres-
soir pour la fabrication; — réunir dès à pré-
sent toute la futaille qu'on pourra trouver,
car la vaisselle vinaire doit être recherchée
sans tarder; — grouper quelques hommes
d'initiative pour composer le Conseil d'admi-
nistration (tant vaut l'homme, tant vaut la
chose) ; — faire souscrire ensuite les capitaux
indispensables pour le début, car, pour le
surplus, on recourra aux caisses de Crédit
agricole; — réglementer la manière dont on
fera des avances aux sociétaires qui auront
besoin d'argent, etc., etc.
Il a été décidé que ce rapport serait im-
primé et envoyé à chaque section. Une réu-
nion pour formuler les statuts-types des coo-
pératives aura lieu quand on aura entendu
M. Camuset.
Un ordre du jour assez vif a été voté pour
protester contre la décision de la Régie de
refuser d'insérer la désignation Champagne
dans les acquits, il estime qu'en cela l'Admi-
nistration sort de la neutralité qui doit exis-
ter pour elle entre les prétentions de la
Marne et celles de l'Aube. Un considérant dit
que les vins de l'Aube ont baissé de près de
50 0/0 alors que ceux de la Marne subissaient
FEUILLE DE TRAVAIL DES APPAREILS DE CULTURE MÉCANIQUE
50
une hausse de 8 0/0; cette baisse des vins
aubois est présentée comme « une manœuvre
du Syndicat des négociants. «
En somme, le bon sens des populations a
empêché les protestations de prendre un ca-
ractère de gravité; la décision de créer des
coopératives et d'attendre, pour aborder sé-
rieusement le problème, d'avoir entendu
Vapôtre bourguignon, est toute à 1 honneur
de ce petit peuple de travailleurs. Mais on ne
semble pas avoir étudié le côté le plus
délicat : la T)réparation du vin de Cham-
pagne. C'est seulement par celte solution que
l'Aube aura raison de la Marne. Même si,
contre toute équité, lAube était maintenue
au rang de sœur inférieure comme Cham-
pagne deuxième zone, la concurrence de ses
vins mousseux préparés par elle serait de na-
ture à amener les Marnais à rabattre de leurs
prétentions pour les prix à offrir. Ils ont tout
avantage à payer raisonnablement; sans cela
ils verraient échapper, les années de récolte
déficitaire, la précieuse ressource qu'ils ont
toujours trouvée dans le vignoble de Bar-sur-
Aube et dans celui de Bar-sur Seine.
Ardouin-Dumazet.
FEUILLE DE TRAVAIL
DES APPAREILS DE CULTURE MÉCANIQUE
Les appareils de culture mécanique actuel-
lement en usage en France sont très nom-
breux ; nous n'en avons pas la statistique
officielle, mais nous savons qu'une Commis-
sion étudie au ministère de l'Agriculture un
grand nombre de dossiers relatifs aux sub-
ventions à accorder sous le régime de 1919 et,
our l'année 1920 celles dont la demande a
DOMAINE DES VAULX-DE-CERNAY
ferme
Feuille
de —
de travail du
NATURE
D >
TRAVAIL
O 3
CONSOMMATION
<
2 * ■
13
iqg. 9. - Spécimen dune feuille de travail d'appareil de Culture mécanique.
été faite en application de l'arrêté pris le 26 dé-
cembre 1919 par le ministre de l'Agriculture.
Les Syndicats, groupements ou associa-
tions, ont dû établir des feuilles de travail de
leurs appareils afin de faciliter la répartition
des frais d'exploitation entre les divers
membres utilisant les machines.
Ces feuilles de travail sont également utiles
aux exploitants de domaines assez impor-
tants pour justifier l'emploi d'un ou de plu-
sieurs tracteurs en propriété.
On nous a communiqué les feuilles de
travail qu'a fait établir M. Martial Laplaud,
ingénieur agronome, à Auffargis (Seine-et-
Oiseï, qui dirige le Domaine des Vaux-de-
Cernay appartenant au baron Henri de
Rothschild, où se trouve le Centre d'expéri-
mentation zootechnique dont l'activité est
actuellement consacrée au Concours national
de ponte, que notre Rédacteur en chef a si-
gnalé dans sa Chronique aç/ricole du n°49, du
2 décembre 1920 (page 448).
Comme les feuilles de travail établies par
M Laplaud peuvent servir de base aux pro-
priétaires d'appareils de culture mécanique,
nous en donnons, dans la figure 9, un spé-
cimen réduit de moitié, en faisant remarquer
que les colonnes 1, 2 et 14 doivent être plus
L'AVENIR DU CHEPTEL ET LABATAGE DES VEAUX FEMELLES
31
larges afin de pouvoir y inscrire facilement
les indications nécessaires.
Dans la colonne 14, consacrée aux ob-
servations, on doit noter : la profondeur de
la raie et sa largeur, la vitesse moyenne (basée
sur la position du levier commandant le
changement de vitesse du tracteur), et les ac-
cidents survenus au cours des opérations.
De semblables feuilles de travail, qu'on
peut d'ailleurs modifier suivant certaines
conditions d'application seraient très inté-
ressantes à compulser, car le résultat de leur
dépouillement donnerait rapidement un cer-
tain nombre d'indications très utiles relative-
ment au travail pratique de certains types
d'appareils de culture mécanique fonction-
nant dans diverses régions de la France et
dans différentes conditions.
Des feuilles de travail peuvent être établies
spécialement pour d'autres machines et tra-
vaux, comme par exer^ple pour les moisson-
neuses-lieuses, les batteuses, etc.
Une publication, comme le Journal d'Agri-
culture pratique, qui compte quatre-vingt-
quatre années d'existence, dont la collection
complète constitue une mine inépuisable de
renseignements de toute nature, joue surtout
le rôle d'organe d'Enseignement mutuel en-
tre ses divers lecteurs. D'ailleurs, beaucoup
d'abonnés font part, ici, de leurs observa-
tions au profit de tous. Dans le même ordre
d'idées, il serait désirable que les Syndicats
ou agriculteurs, possesseurs d'appareils de
culture mécanique, publient les renseigne-
ments et données pratiques qu'ils ont relevés
sur leurs machines fonctionnant dans les
conditions de la pratique courante.
R. Dessaisaix.
UAYENIR DU CHEPTEL
ET LABATAGE DES VEAUX FEiMELLES
L'aggravation de la crise économique du
rant ces derniers mois, et en particulier l'ag-
gravation de la crise de la viande, ont jeté
quelque trouble dans l'esprit des consomma-
teurs des villes. De la viande à 8 fr. la livre,
au détail, c'est évidemment un prix qui ne
convient pas à toutes les bourses.
Le public a réclamé des mesures et des
réglementations, il a accusé le producteur
d'être la cause de tout le mal, il a accusé les
intermédiaires de spéculations illicites, il a
demandé la taxation à la production.
Nos dirigeants dont la tâche actuelle est
fort délicate, il importe de le déclarer, ont
cherché à remédiera la situation par deux
séries de mesures : les unes s'adressant à la
production (remise en vigueur du décret du
14 octobre 1913), les autres s'adressant à la
réglementation du commerce du bétail et de
la viande.
Ces mesures ont soulevé aussitôt et soulè-
vent encore les protestations, intéressées ou
non, des producteurs de nos campagnes et
des commerçants des grandes villes. C'est le
signe indéniable que tout n'est pas pour le
mieux puisque tout le monde est mécontent,
même le consommateur qui reste dans l'ou-
bli.
Sans vouloir aborder ici la seconde par-
tie du problème, c'est-à-dire la question de
la réglementation du commerce de la viande,
qui ne peut être que le corollaire du pro-
blème de la production, il n'est peut-être pas
inutile de reprendre l'analyse de ce problème
de la production resté pendant depuis le dé-
but de la guerre. Les opinions les plus diver-
gentes, basées exclusivement sur des inté-
rêts privés immédiats et limités, ont été mi-
ses en opposition, mais on sent à leur exa-
men que le but à atteindre, c'est-à-dire la
solution définitive, la solution intéressant le
pays tout entier, reste masquée par les solu-
tions partielles que l'on propose pour donner
satisfaction à tout le monde ou tout au moins
à ceux qui momentanément crient le plus
fort. Il manque à toutes ces discussions une
orientation ferme vers un but fixe autour
duquel tout doit converger.
11 ne servirait à rien de discuter sur des
vues à priori ou sur des impressions, ce qu'il
faut, c'est baser le raisonnement sur des
données précises :
¥\xi 1913, notre effectif bétail bovin était de
près de 13 millions de têtes, exactement
14 807 380, dont 7 807 560 vaches de repro-
duction.
A la fin de la guerre, c'est-à-dire décem-
bre 1918, le troupeau français était réduit à
12 -230 8-20 têtes dont 0.237.470 vaches de re-
production.
En décembre 1919, la statistique annuelle
de fin d'année donne le chiffre global de
12 373 <'.60 bovins, dont 6 327 310 vaches de
reproduction.
Ce qui veut dire que notre cheptel bovin
présente actuellement par rapport à 1913, et
52
L'AVENIR DU CHEPTEL ET L'ABATAGE DES VEAUX FEMELLES
en chiffres ronds, un déficit de 2 millions 1/2
de têtes, dont 1 million 1/2 de vaches de re-
production (exactement 1 480 050). C'est une
première donnée qu'il importe de ne pas ou-
blier ; elle se trouve complétée par une se-
conde de non moindre importance, la dimi-
nution globale de poids confirmée par les
constatations faites sur les animaux sacrifiés
pour la boucherie (quatre unités environ
pour une tonne de viande, alors qu'il en fal-
lait trois seulement en 1913 ou au début de
la guerre).
Voilà notre situation réelle telle qu'elle dé-
coule des études et des publications faites
par différents auteurs et par moi-même.
Ce n'est donc pas seulement un déficit de
nombre de tèles qu'offre notre troupeau (dé-
ficit I/o à 1/6), mais aussi un déficit de poids
très important.
Si l'on veut bien se rappeler maintenant
qu'en 1913 nous exportions fort peu, que
nous importions déjà une certaine quantité,
faible il est vrai, mais réelle, de viandes
étrangères congelées, que par conséquent
nous ne produisions que ce qui était néces-
saire à notre alimentation, qu'il nous faut en
plus compter avec un déficit moyen de 1 mil-
lion de naissances par an, on pourra sans dif-
ficultés analyser les causes de notre situa-
tion.
Je ne voudrais pas, une nouvelle fois,
rééditer et développer ici les motifs qui ex-
pliquent cette situation; diminution du
cheptel, augmentation de la consommation,
augmentation de nos besoins qui deviennent
de plus en plus grands, nécessités du ravi-
taillement des régions dévastées et de l'Al-
sace-Lorraine, etc., etc., ces raisons sont
connues et incontestables, elles ont été ex-
cellemment exposées, inutile d'y insister. Ce
que nous devons en retenir, c'est que nous
sommes dans une position déficitaire, c'est
que la production ne peut pas répondre
comme il conviendrait aux besoins de la
consommation. La demande dépasse les dis-
ponibilités en nombre, et bien plus dépasse
les disponibilités réelles (c'est-à-dire les dis-
ponibilités à point). C'est là toute l'explica-
tion des prix excessifs des denrées. Le bétail
est une denrée périssable que l'on ne con-
serve pas à plaisir et sans dépenses; s'il y
avait abondance ou simplement suffisance,
les cours se stabiliseraient d'abord, s'affais-
seraient ensuite pour revenir à ce que l'on
peut appeler une normale. Sommes-nous
dans l'une de ces situations, je ne le crois
pas ; tout indique que nous vivons une pé-
riode de flottement où il peut y avoir encore
un peu de hausse ou un peu de baisse, d'icî
au printemps surtout.
C'est donc à tort, selon moi, que l'on ac-
cuse les producteurs de tout le mal; les ven-
deurs ne font pas les prix actuellement, ce
sont les acheteurs qui, pour se procurer les
animaux dont ils ont besoin, en offrent suc-
cessivement des prix de plus en plus élevés.
Qui donc, en conscience, pourrait faire grief
à un vendeur d'acce-pter les prix qu'on lui
offre — même s'ils lui paraissent excessifs?
Les intermédiaires de leur côté peuvent
arguer que puisqu'ils trouvent toujours pre-
neurs, que puisque la viande au détail se
vend toujours, même à des prix excessifs, ils
ne sont pas les maîtres du moment, d'autant
que les frais de toute nature qui leur in-
combent : tarifs de transports, frais d'em-
barquement et de débarquement, droits
d'abri, de séjour, d'abatage, etc., etc., ont été
majorés eux aussi dans des proportions in-
vraisemblables.
La résultante en est fatalement, forcément
endossée par le consommateur, comme tou-
jours; c'est lui qui se plaint, il a raison, mais
comment faire pour lui donner satisfaction?
Il veut de la viande? 11 lui faut la payer le
prix courant; c'est ce qu'il fait d'ailleurs;
donc, en principe, il n'a pas droit de se
plaindre.
La masse des consommateurs étant impo-
sante, et digne de tout autant de sollicitude
que celle des producteurs, on a dit aux
administrations gouvernementales : Taxez la
viande à la production !
Taxer n'est pas une solution.
Est-ce que la taxation augmenterait seule-
ment d'une unité notre cheptel? est-ce que
la taxation augmenterait nos disponibilités?
Mais non, et alors? On comprend la taxation
pour des denrées qui peuvent être stockées
par des accapareurs, devenus les maîtres du
marché d'un pays au détriment des consom-
mateurs de ce pays. Ce n'est pas le cas de
nos éleveurs qui cèdent déjà au commerce
des animaux à moitié venus. S'il y avait
taxation... à la baisse naturellement, comme
il y a déjà pénurie de bétail, ces éleveurs
garderaient leurs animaux plus longtemps,
les prix s'élèveraient encore et la taxe ne
pourrait être maintenue. Il faudrait alors
parler non seulement de taxation, mais de
réquisition, plus de deux années après la fin
de la guerre! Ça n'est pas possible.
N'a-t-on pas, d'autre part, l'expérience des-
résultats désastreux des taxations du blé, du
beurre, du luit, des œufs, etc.?
Là n'est donc pas le remède.
LES BLÉS SUR CEREALES ET LES ENGRAIS
53
Mestrictions. — On a proposé, par ailleurs,
le régime des restrictions; les jours sans
viande, les semaines sans viande, etc. Mais
la plus puissante et la plus efficace des res-
trictions, c'est justement la cherté de la
viande, puisque c'est contre elle que l'on
proteste.
S'il n'y en avait pas qui soient obligés de
se restreindre du fait des prix, il n'y aurait
pas de réclamations. Ceux qui achètent
aujourd'hui sont ceux qui peuvent le faire, et
ils continueront demain comme aujourd'hui,
même s'il y a restriction, parce qu'ils feront
des provisions. Je ne sais vraiment pas, s'il
était possible d'en faire le bilan précis et
€xact, si les restrictions ont jamais donné
une compensation réelle aux perturbations
commerciales et familiales; mais ce dont je
suis bien sûr, c'est qu'elles n'ont guère mo-
difié les habitudes courantes des milieux
populaires oii le travailleur rapporte chaque
soir un gros salaire à la maison.
Si les gros salaires ont apporté plus de
bien-être dans la famille ouvrière, tant mieux,
et il serait du plus haut intérêt social que ce
bien-être puisse persister. Et puis, res-
treindre la consommation de la viande, en
admettant que l'on puisse y arriver, ne serait
qu'une mesure inefficace s'il n'y avait pas la
contre-partie, s'il n'y avait pas une compen-
sation possible par d'autres denrées alimen-'
taires de substitution, d'un prix moindre ou
■d'une abondance plus grande, et lesquelles?
Non, vraiment, il n'y aurait qu'une solu-
tion immédiate possible et non pas deux :
l'augmentation des disponibilités par l'im-
portation de viandes étrangères et la récu-
pération du bétail allemand.
L'importation de viandes étrangères est
particulièrement difficile pour raisons de
change.
La récupération du bétail allemand repose
sur des raisons d'Etat, mais nous avons le
devoir d'insister énergiquement pour qu'elle
soit poursuivie sans défaillances jusqu'à
exécution complète des conventions signées.
La situation du cheptel allemand est plus
favorable que celle du cheptel français, il n'y
aurait donc aucune raison de faire des con-
cessions plus grandes que celles déjà con-
senties.
Il ne paraît donc pas y avoir de solution
immédiate possible à la crise que nous su-
bissons, mais il y n une solution d'avenir,
c'est le développement de notre troupeau
national; il serait impossible actuellement
à ce troupeau d'augmenter les disponi-
bilités, mais il le pourra dans un temps rap-
proché s'il est exploité au mieux des intérêts
de la nation, c'est-à-dire si l'on en poursuit
l'augmentation de nombre et la meilleure
utilisation des individualités qui le consti-
tuent, par sélection plus attentive, alimen-
tation plus rationnelle, etc.
{A suivre.
G. Moussu.
LES BLÉS SUR CÉRÉALES ET LES ENGRAIS
(1)
VI. Essais de 1919-1920. — Les essais de
1913-1914 ayant montré qu'il y avait lieu de
se préoccuper de la fumure azotée à l'au-
tomne pour les blés sur céréales, les expé-
riences furent reprises à l'automne 1919, en
mettant alors en comparaison le nitrate de
soude et le sulfate d'ammoniaque, celui-ci
étant généralement recommandé pour les
blés à l'automne.
Le dispositif suivant fut adopté :
1° Sins engrais azoté ;
2" 200 kilogr. sulfate d'ammoniaque à
l'automne ;
3° 200 kilogr. sulfate d'ammoniaque, 100 à
l'automne, 100 au printemps, en une fois ;
4" 2G() kilogr. nitrate de soude, 66 à l'au-
tomne, 200 au printemps en deux fois ;
5° 266 kilogr. nitrate de soude, le tout au
printemps en deux fois.
(1) Voir le numéro du 6 janvier, p. 10.
Les doses d'azote étaient ainsi les mêmes
dans tous les cas, soit 40 kilogr. à l'hectare.
Le terrain destiné à l'expérience avait
porté des betteraves fourragères en 1916-17,
du blé en 1917-18, de l'avoine grise d'hiver
en 1918-19, La préparation commença par un
déchaumage à la charrue à 10-12 centimètres,
puis comporta des façons au cultivateur et à
la herse de manière à débarrasser le .sol des
plantes adventices; un labour à 14-10 était
donné au début d'octobre et l'on épandait
partout 500 kilogr. de superphosphate 13-13,
soit 70 kilogr. d'acide phosphorique, et
200 kilogr. de sylvinite à 20-21 0/0, Une par-
tie des engrais azotés était apportée ainsi
qu'il a été dit ci-dessus, et après un enfouisse-
ment des divers engrais à la herse, le semis,
très retardé, avait lieu le 29 novembre, en
employant un mélange par tiers des variétés
HùUf inversable, Bon Fermier e{ Goldendrop,
54
LES BLÉS SUR CÉRÉALES ET LES ENGRAIS
les lignes étant distantes de 17 centimètres;
190 kilogr. de semence à Thectare.
L'hiver ayant été doux, les plantes se pré-
sentaient dans des conditions satisfaisantes
au printemps, et une application d'engrais
avait lieu le 26 février: 100 kilogr. de sulfate
d'ammoniaque en 3, 100 kilogr. de nitrate en
4 et 133 kilogr. de nitrate en 5, hersage gé-
néral le 3 mars ; le 20 mars, on apportait en-
core 100 kilogr. de nitrate en 4 et 133 kilogr.
en o. Le même jour l'ensemble était roulé.
Nature Jes essais.
Sans engrais azoté
Sulfate d'ammoniaque, 200 k. à l'automne
Sulfate .l'ammoniaque, 100 k. automne ,
100 k. printemps
Nitrate de soude. 66 k. automne, 200 k. prin-
temps
Nitrate de soude, 266 k. printemps
Les excédents de récolte sont très impor-
tants, ils donnent la mesure des besoins
d'une terre après une série de récoltes de cé-
réales, d'autant qu'au cours des années pré-
cédentes le terrain n'avait pas été parfaite-
ment entretenu. Si l'on compare tout d'abord
les deux engrais azotés, la supériorité du ni-
trate s'aftirme une fois de plus à (jrignon
(essais de Dehérain, de F. Berthault et L. Bré-
tignière). Le sulfate d'ammoniaque donne
ses meilleurs résultats lorsqu'on l'emploie à
l'automne; l'épandage en 2 fois se traduit par
une infériorité de production de 785 kilogr.
de paille et de 487 kilogi. de grain, ce qui
est considérable.
Le nitrate de soude a gagné à être épandu
en 3 fois, avec application à l'automne, avant
le semis, de 66 kilogr. sur 266 kilogr., c'est
donc la contirmalion des observations faites
en 1913-14; on note un gain de 474 kilogr. de
paille et de 354 kilogr. de grain en faveur de
ce mode d'emploi. Tie nitrate mis au prin-
temps est supérieur au sulfate d'ammoniaque
distribué en 2 fois, automne et printemps.
Si l'on étudie la constitution des recolles,
on note que les rendements sont d'autant
plus abondants que le rapport de la paille au
grain est plus étroit, 172 et 174 0/0 dans les
parcelles aux plus hauts rendements, puis 177,
182 et 186; nous avons là une nouvelle indi-
cation du plus haut intérêt en ce qui con-
cerne un bon équilibre dans la nutrition des
plantes.
Une observation sur laquelle nous revien-
drons au sujet d'autres expériences poursui-
vies en 1919-1920 : dans les parcelles 2 et 4,
Les parcelles à nitrate de soude présentè-
rent une coloration d'un vert foncé dès l'ap-
plication de l'engrais, peu à peu les diffé-
rences de teintes s'atténuèrent et, au moment
de l'épiation, les parcelles à sulfate d'ammo-
niaque avaient également un excellent as-
pect. Seule la parcelle sans engrais azoté
laissait à désirer ; d'ailleurs son infériorité
allait apparaître au moment du battage. Pas
d'influence sensible du piétin.
Excédante
dus
Poids
à l'hectare.
aux ei
grais
azotés.
Paill
e p. 100
Paille.
Grain.
Paille.
Grain.
de
grain.
kilogr.
kilogr.
kilogr.
kilogr
2 889
1 555
„
„
186
4 685
2 €89
1 796
1 134
174
3 900
2 202
1 011
647
182
4 74'7
2 761
1 838
1 206
172
4 273
2 407
1 384
852
177
les plantes ont eu de l'azote à leur disposition
de très bonne heure, un peu à l'automne, et
dès que la température a permis à la végé-
tation de reprendre au printemps; c'est ainsi
que les rendements sont les plus élevés. Le
nitrate mis en deux fois, la dernière dose le
20 mars, le sulfate d'ammoniaque transformé
tardivement, ont été mal utilisés; on voit
ainsi qu'une application opportune de l'en-
grais azoté se traduit par des excédents de
récoltes bien constituées. Le blé de la par-
celle témoin n'a eu à sa disposition que
l'azote du sol entrant lentement en jeu.
De ces deux années d'expériences sur blés
de céréales, nous retiendrons donc que,
dans des terres comme celles de (îrignon, il
n'est possible d'obtenir des rendements sa-
tisfaisants qu'en employant de fortes doses
d'engrais, 70 à 75 kilogr. d'acide phospho-
rique (nous n'avons pas d'indication précise
pour la potasse) et 40 à 45 kilogr. d'azote
apportés plutôt par le nitrate de soude. Il est
utile de répandre avant le semis 50 à
66 kilogr. de nitrate de soude, le reste étant
distribué très tôt au printemps. Le sulfate
d'ammoniaque pourrait être adopté s'il
mettait l'unité d'azote à un prix plus bas que
dans le nitrate, mais à la condition de tout
semer à l'automne et d'apporter sous cette
forme une quantité d'azote légèrement su-
périeure, puisque l'utilisation en est moins
bonne.
Rappelons que M. Garola a comparé en
1894-1895, à raison de 35 kilogr. d'azote à
l'hectare, le sulfate mis à l'automne et le
nitrate apporté dans la proportion de 1/3 à
SALUBRITE DES HABITATIONS RURALES
55
l'automne et 2/3 au printemps : les excé-
dents de produits ressortaient à 1 504 kilogr.
de paille et 956 kilogr. de grain avec le sul-
fate d'ammoniaque, à 1 353 kilogr. de paille
et à 1 0.i2 kilogr. de grain avec le nitrate.
Les résultats généraux de ces essais sont
du même ordre que ceux que nous venons
de constater à Grignon; en outre, le nitrate
employé en partie à l'automne a agi très
favorablement sur la production du grain.
Est-il avantageux de faire l'apport de
quantités d'engrais azotés aussi importantes
que celles dont l'emploi est recommandable
au point de vue absolu? Dans les essais de
1913-1914, Ici valeur des excédents réalisés
dans la meilleure parcelle ressort à 115 fr.
pour une dépense de 78 fr. de nitrate; cette
année, en comptant la paille à 100 fr. les 100
kilogr., le grain à 90 fr. (de manière à défal -
quer une certaine proportion de déchet), le
nitrate à 150 fr., on obtient 1 271 fr. de pro-
dui's supplémentaires contre 400 fr. d'en-
grais. Les résultats de 1914 étaient à peine
rémunérateurs, mais il faut tenir compte de
la faiblesse générale de la récolte après un
hiver mauvais pour les plantes; en 1920, le
blé venait sur terre en état défavorable et les
engrais azotés ont fortement manqué.
Nos conclusions générales sontdonc identi-
ques à celles de Ch. Duval lorsqu'il préconisait
comme doses d'engrais pour blés sur céréales,
300 à 400 kilogr. de nitrate de soude employé
très tôt au printemps, les 300 kilogr. de
nitrate pouvant être remplacés par 100 à
150 kilogr. de sulfate d'ammoniaque avant
le semis et 250 à 300 kilogr. de nitrate au
printemps.
Les conclusions plus spéciales que nous
tirons de l'emploi d'une partie du nitrate
à l'automne ne surprendront pas certains
agriculteurs de la région située immédia-
tement au nord de Paris et qui suivent
cette pratique assez fréquemment; ailleurs,
l'expérience mérite d'être répétée. Des théo-
ries si opposées ont été émises au sujet du
mode de distribution du nitrate de soude,
qu'il est sage de se souvenir des unes et des
autres suivant les milieux où l'on opère.
Ainsi que l'écrivait, en 1913, le professeur
Paul Sabatier traitant de la même question :
« Le problème agricole est le plus souvent
tellement complexe que l'on peut, sur la plu-
part des questions, y trouver des exemples
particuliers pour appuyer les thèses les plus
contradictoires. » Tout en constituant un
facteur puissant de l'accroissement des
rt^colles, les engrais représentent une source
de dépenses tellement éle^ées à l'heure ac-
tuelle que Ion ne saurait trop chercher à
mieux déterminer les conditions de leur
emploi dans les situations les plus variées.
L. Brétigntère, p. Vekcuère,
Professeur Répétiteur
d Agriculture à Griguon.
SALUBRITÉ DES HABITATIONS RURALES
Lorsqu'une maison d'habitation doit être
construite au bord d'un cours d'eau, il n'est
souvent pas possible de placer un drain par
suite du niveau du terrain par rapport au
plan de l'eau courante. Il faut alors recourir
à d'autres procédés d'assèchement, comme
l'indique l'exemple suivant relatif à des mai-
sons d'habitation qu'il s'agissait d'élever pour
des colons sur les bords de la rive gauche de
la Garonne; la même application se retrouve
aux environs de Dunkerque,
Dans les conditions où l'on se trouvait, on
ne pouvait pas faire de caves et il fallait ce-
pendant éviter l'humidité qui salpêtre les
murs en rendant le logement froid et insa-
lubre. On ne disposait que de pierres ten-
dres; on avait déjà pu améliorer des cons-
tructions relativement récentes en interca-
lant, à O'^.SS de hauteur, une assise de
pierre* dures et, pour les nouvelles maisons,
on avait le projet de dresser le carrelage du
rez-de-chaussée à 1 mètre au-dessus du sol
sur un remblai de sable et de gravier. Une
semblable hauteur est inutile si l'on prend
certaines précautions de construction que
nous pouvons résumer de la façon suivante,
en supposant le carrelage dressé au moins à
0"'.50 ou 0"'.65 au-dessus du niveau moyen
extérieur, l'accès du rez-de-chaussée étant
alors assuré par 3 ou 4 marches.
Il faut enlever la terre végétale sur toute
son épaisseur et sur toute l'étendue occupée
par la maison, ainsi que sur le pourtour sur
une largeur d'au moins 2 à 3 mètres. Cette
terre doit être reportée à proximité, sur l'em-
placement réservé au jardin potager. Le
remblai du pourtour doit être fait ultérieu-
rement avec du gravier.
Les murs de fondation et.de soubasse-
ment s (fig. 10) sont élevés jusqu'à 0'".40 en-
viron au-dessus du niveau primitif a? du sol,
avec des moellons ordinaires, liés au mortier
de chaux hydraulique.
Sur l'assise arasée à 0".20 environ au-
56
SALUBRITÉ DES HABITATIONS RURALES
J^///////i_^.„.„ ,,
dessus du sol, on étend une couche a (fig. 10)
de 0".02 d'épaisseur de mortier de sable fin
et de ciment à prise lente (qu'on peut rem-
placer par de l'asphalte ou du bitume) (1),
et l'on continue la maçonnerie en élévation m
avec des pierres tendres et du mortier de
chaux grasse suivant les habitudes locales.
L'intérieur de la maison est ensuite rem-
blayé sur O^.oO à 0™.6o de hauteur moins
l'épaisseur nécessaire à l'établissement du
carrelage c (fig. 10); le remblai R est fait,
dans le bas, avec des matériaux volumineux :
pierres et tuiles cassées provenant des tra-
vaux, etc., puis une couche de gros gravier
et enfin du sable de rivière non salé ou du
sable de carrière. Le remblai constitué de
, ; celte façon em-
pêche l'ascen-
sion de l'eau,
par capillarité,
sous le carre-
lage , comme
la couche de
ciment le fait
dans les murs
extérieurs, de
sorte que la
maison est
saine.
La couche
imperméable a
(fig. 10) peut
être quelque-
fois réalisée d'une façon simple : pour un
bâtiment en rez-de-chaussée, construit en
schistes, nous avons utilisé trois couches
de papier goudronné employé pour les cou-
vertures; chaque couche était posée à bain
de mortier; quatre ans après (^2) les murs
construits en élévation sur la couche iso-
lante ne présentaient pas trace d'humidité.
Le remblai li (fig. 10) peut être confec-
tionné avec du mâchefer et des escarbilles;
lors de la construction des bâtiments de l'an-
cienne. Station d'Essais de Machines (rue
Jenner)en 1889, nous avons employé, comme
remblai, du coke d'usine à gaz qui nous re-
venait alors moins cher que le mâchefer.
(1) On peut améliorer utilement l'action de cette
couche isolante de ciment en ajoutant de 20 à 3o li-
tres de pétrole Ifimpant par mètre cube de morlier.
On peut aussi utiliser du savon noir à la place du
pétrole, à raison de 8 kilogr. de savon noir par
100 litres d'eau emploj'ée à la confection du mor-
tier; le savon doit être préalablement dissous dans
de l'eau chaude.
(2) Notre départ de Grand-Jouan fLoire-Inférieure)
pour Grignon a interrompu notre observation.
Remblai d'un rez-de-
chaussée.
Il est recommandable de construire la
maison d'habitation sur caves chaque fois
que cela est possible sans entraîner à des
dépenses exagérées. Souvent la cave ne
règne que sous une portion de la maison ;
ses dimensions sont alors déterminées par
le volume des diverses marchandises qu'on
se propose d"y loger. D'autres fois, la cave
ne peut qu'être enterrée à faible profon-
deur, ce qui conduit à surélever le niveau
des pièces situées au-dessus d'elle; on en
voit un exemple dans les habitations rurales
de la vallée de la Lys, dans lesquelles la
pièce située au-dessus de la cave porte le
nom impropre de voûte, car son plancher en
bois repose sur un solivage jeté au-dessus
de la cave (3).
Dans beaucoup de circonstances, un cel-
lier bien établi joue le même rôle qu'une
cave avec une moindre dépense de cons-
truction.
Il est bon d'élever une habitation sur un
sol présentant une légère pente, assurant
l'écoulement des eaux météoriques; une
pente générale minimum de O^.OOl parmètre
répond bien à celte condition relative à Vas-
sainissement, mais on peut, sans inconvé-
nient, admettre une plus forte pente.
Au point de vue de l'hygiène, il est in-
dispensable que l'emplacement choisi soit
pourvu d'une alimentation en eau potable;
cette eau peut provenir d'un puits, d'une
source ou d'un cours d'eau.
Fig. il. — Puits alimente par une mare.
Dans les agglomérations, l'eau des puits
est généralement contaminée, alors qu'elle a
des chances d'être plus salubre en pleine
campagne (i); cependant, des puits o (fig. H)
sont souvent alimentés par une nappe 7in'
traversant une mare ?», située en amont, et le
terrain b n'assure qu'une flllralion très gros-
(3) llabitaliojis rurales el Bâliments de la Vernie
des Renions libérées.
(4) Puits, Sondages et Sources, p. 133.
BIBLIOGRAPHIE
57
sière (cas fréquent en Normandie et en Pi-
cardie).
Il faut toujours ouvrir le puits d'alimenta-
tion P (fig. 12) en amont de l'habitation B et
disposer les fumiers F à l'aval des bâtiments,
afin d'éviter la contamination de la nappe;
une rigole r reçoit les eaux d'égout de la
.,-"'- .t^ -
WM^mm.
Fig.
12. — Eiiiplaceinent d'un puits relativement
à une maison d'habitation.
cour et les dirige sur une prairie perma-
nente 771, pouvant aussi recevoir le trop plein
accidentel de la citerne à purin ; de cette
façon, les eaux peuvent être épurées avant
de rejoindre le thalweg voisin ou la nappe
souterraine.
Bien que cela se pratique dans bon nom-
bre de régions, il faut éviter de construire
l'habitation en bordure immédiate d'une
roule ou d'un chemin, mais à lo ou à 20 mè-
tres au moins en arrière de la voie publique;
à plus forte raison, il ne faudrait pas cons-
truire dans une agglomération, surtout à
cause des questions de mitoyenneté qui sont
la source de si nombreux procès et de haines
prolongées entre les familles voisines. L'ar-
gent dépensé dans ces procès serait bien
mieux employé à l'amélioration de la maison
d'habitation et des cultures.
11 convient donc de réserver un espace
entre le mur de la maison et la bordure de la
voie publique ; cet espace, souvent réduit à 4
ou 5 mètres, est consacré de préférence à un
jardin.
Max Ringelmann.
BIBLIOGRAPHIE
Un type de petite ferme allemande moderne, par
Albert AIaupas, propriétaire agriculteur, ex-sta-
giaire de Grignon, prisonnier de guerre en Alle-
magne de lt)15 à 1919. — 1 vol. de 108 pages et
7 figures. — Librairie Agricole „de la Maison Rus-
tique, 26, rue Jacob, Paris (VI«)..Prix : 6 fr.
Le désir très ardent de tous les Français, c'est
de voir la production agricole du pays revenir
bientôt à son niveau d'avant guerre. Si, pour ob-
tenir ces résultats dans le plus court délai pos-
sible, indépendamment de sages dispositions
d'ordre général, certains exemples relevés de
l'autre côté du Rhin paraissent présenter quel-
que intérêt, cherchons à en faire l'application
heureuse à notre agriculture.
Procédant de cette pensée, M. Maupas a eu
l'excellente idée de noter avec soin les résultats
de ses observations en Westphalie pendant sa
longue période de captivité. Par ses connais-
sances antérieures et son séjour pendant une
année, comme prisonnier, sur une petite ferme
de i'un des coins les plus riches et les mieux
cultivés de la Prusse, il était particulièrement
désigné pour assumer cette tâche délicate et la
mener à bien. Ayant pris part à tous les tra-
vaux, regardé autour de lui, interrogé les habi-
tants, compulsé les statistiques, lu la presse
agricole allemande, il a pu se rendre un compte
exact de l'état de l'agriculture wesfphalienne.
Son ouvrage comprend la description des bâ-
timents de la ferme, les méthodes de culture,
une série de remarques sur les engrais, l'élevage,
l'économie rurale; enfin les moyens employés
en Allemagne pendant la guerre pour remédier
à la disette des fourrages.
Ces notes précises, prises sur le vif, éclaire-
ront les cultivateurs français sur ce qui se fait
en Allemagne et leur permettront peut-être de
trouver, pour leurs exploitations, quelques appli-
cations utiles.
La Protection des Oiseaux : Agriculture, Hygiène,
Esthétique, pour nos vignes, nos vergers, nos
champs et nos forèls, par Henri Keyrig. — 1 vol.
de 88 pages, oroé de 32 gravures. — Messageries
Hachette, 111-113, rue Réaumur,Paris.— Prix: 3 fr.
De coupables agissements ont dépeuplé la
terre des oiseaux utiles à l'agriculture et qui
sont, en même temps, la paiure des campagnes.
Même les hirondelles et le rossignol ne trouvent
pas grâce devant l'homme cupide et cruel. La
conséquence en est que les parasites pullulent
dans les champs. Il faut donc protéger les petits
oiseaux. C'est le conseil que nous donne, en fai-
sant appel à nos sentiments et à notre raison,
l'auteur de ce petit livre, d'une présentation
élégante et d'une lecture agréable, et dont on ne
ne saurait trop recommander la lecture.
Manuel pratique de Culture fourragère, par Dexaiffe
et Colle-Dekaifke, 2' édition. — 1 vol. in-S» de
416 pages, avec 112 figures. — Librairie Baillière
et fils, à Paris.
Celte nouvelle édition d'un ouvrage déjà estimé
remplace un grand traité de culture fourragère,
dont MM. DenailTe et Colle, de Carignan (Ar-
dennes), avaient entrepris la préparation, mais
dont tous les éléments ont été détruits par l'in-
vasion allemande. Elle renferme néanmoins tous
les documents dont les agriculteurs peuvent
avoir besoin pour bien connaître les plantes
fouri'agères.
Après une première partie, consacrée à la
création des prairies et aux soins exigés par leur
entretien, les auteurs donnent la description,
par ordre alphabétique, des plantes fourragères
58
LA PONTE DES POULES PENDANT L'HIVER
des familles des Graminées et des Légumineuses,
ainsi que de celles appartenant à d'autres fa-
milles botaniques. Ces descriptions sont complé-
tées par celles des plantes parasites, nuisibles
aux prairies. On trouve encore, dans cette édi-
tion très amplifiée, des renseignements complets
sur toutes les plantes fourragères nouvelles pré-
conisées depuis vingt ans.
Le livre de M.M. DenaifTe et Colle est constitué,
en somme, par une série de véritables mono-
graphies des plantes fourragères que l'on con-
sultera avec profit.
Culture de la Pomme de terre, conseils pratiques
pour son amélioration, par S. Mottet. — 1 vol.
grand in-S" de 72 pages, avec 33 gravures. — Li-
brairie agricole de la Maison rustique, à Paris. —
Pri.\ ; 4 fr.; avec planches coloriées, 5 fr. 50.
La production intensive des pommes de terre
est à l'ordre du jour. Choix des variétés fertiles
résistantes aux maladies parasitaires, sélection
des plants, voilà autant de que.^tions capitales
pour le succès. M. S. Mottet, dont la compétence
est le fruit d'une longue expérience, a réuni
dans ce volume les indications les plus précises
et les plus utiles sur ces matières délicates.
C'est le guide le plus sûr que l'on puisse offrir
aux cultivateurs.
P. F.
PARTIE OFFICIELLE
Loi du 5 janvier 1921 modifiant la loi du 8 jan-
vier 1905 sur les abattoirs et les tueries par-
ticulières.
Art. l*"". — Le maximum prévu par l'article 1"
de la loi du 8 janvier 1905, pour la taxe d'abatage
des animaux sacrifiés dans les abattoirs publics
établis par les communes, est porté de 2 cen-
times à 5 centimes par kilogramme de viande
nette.
Toutefois, ce maximum pourra, après appro-
bation par le ministre de l'Intérieur, être tempo-
rairement porté à 10 centimes dans les villes où
la valeur du centime communal ne dépasse pas
2 000 fr., lorsque ce relèvement de taxe sera des-
tiné à permettre la construction ou la réédifica-
lion d'abattoirs communaux.
Le maximum prévu par le même article, pour
frais de visite et de poinçonnage des viandes
dites « à la main ou foraines », est porté de
1 centime à 3 centimes par kilogramme de
viande nette.
Ai't. 2. — La taxe prévue par l'article 5 de la
loi du 8 janvier 1905, pour droit de visite et de
poinçonnage des viandes dans les communes
dépourvues d'un abattoir communal ou inter-
communal et dans les fractions de communes
situées en dehors du périmètre fixé par l'ar-
ticle 2 de la même loi, est portée de 1 centime
à 3 centimes par kilogramme de viande nette.
LA PONTE DES POULES PENDANT L'HIVER
Influence de l'avoine germée
et de léclairage nocturne.
Si différents qu'ils soient, ces deux stimu-
lants de la ponte d'hiver ne sont cependant
que les deux termes de la solution d'un même
problème : suralimentation rationnelle des
pondeuses. Ainsi s'explique leur rappro-
chement dans le titre de ces notes.
Dans les élevages anglais et américains,
durant les mois rigoureux d'automne et d'hi-
ver, on ajoule h la ration des pondeuses une
certaine quantité d'avoine germée. Ce sup-
plément de nourriture dite « succulente »
augmente considérablement la ponte d'hiver.
La plupart des éleveurs ont construit ou
acheté les petites étuves rustiques (oals-
sproulers) nécessaires à la production de
l'avoine germée.
Comment agit donc celte avoine? C'est ce
que recherchait récemment une Revue d'avi-
culture américaine. L'autour établit d'abord
que plus une poule peut ingérer et digérer de
nourriture convenablement dosée, plus elle
pond, l'œuf puisant ses éléments constitutifs
dans le sang de la pondeuse.
Or, durant les mois froids, les pondeuses
consomment surtout des graines, c'est-à-dire
une grande quantité d'amidon.
Pour être assimilé, cet amidon doit être
transformé, mais les sucs digestifs chargés
de cette opération sont sécrétés par la pon-
deuse en quantité limitée, spécialement en
hiver.
Si nous voulons des œufs hors saison, il
faut que nos pondeuses digèrent des quanti-
tés inaccoutumées (pour l'époque) de nourri-
ture contenant beaucoup d'amidon.
La diastase des avoines en germination
(comme celle de l'orge germée dans le mal-
tage) suppléera à l'insuffisance des sucs di-
gestifs de la pondeuse.
L'avoine germée (rapidement, en espace
clos) transforme non seulement l'amidon des
grains germes, mais aide encore à digérer le
surplus d'amidon des autres graines de la ra-
tion.
LA PESTE BOVINE EN INDOCHINE
Il faut donc voir dans l'avoine germée
autre chose que de la nourriture verte comme
des choux, salades, racines, etc. A propos
de cette nourriture verle, indispensable sous
une forme ou sous une autre pour la ponte
d'hiver, de curieuses expériences ont été
poursuivies pendant deux années par le Ser-
vice d'Etat du Mew-Brunswick et du Vineland.
On a supposé, en effet, que le plus grand
avantage de la nourriture verte — autre que
l'avoine germée — était de maintenir les in-
testins en bon état de fonctionnement.
L'assimilation d'une grande quantité de
protéine, de protéine animale surtout, aussi
nécessaire à la production de l'œuf que la
nourriture verte, entraîne l'élaboration de
sous-produits toxiques, de ptomaïnes qui
pour être éliminés, exigent des intestins ac-
tifs.
En hiver, les volailles qui consomment de
la farine de viande ou de poisson, entretenues
sans nourriture verte, ont des déjections du-
res et ne donnent qu'une production infé-
rieure.
La nourriture verte, au contraire, a un
efifet laxatif : les volailles se portent mieux et
consomment plus de nourriture.
Dans ses expériences de la Station du Vi-
neland, M. Harry R. Lewis a remplacé la
nourriture verte par une certaine quantité
de sels d'Epsom (sulfate de magnésie) et a
posé les conclusions suivantes, valables pour
l'automne et l'hiver :
« Donner des sels d'Epsom dans l'eau de
boisson deux fois par semaine, ou plus sou-
vent, si les déjections deviennent dures. Une
livre anglaise'(453 grammes] pour 100 poules.
Les sels d'Epsom, dissous dans l'eau de
boisson, doivent être conservés devant les
oiseaux, un jour entier. »
Non seulement, les poules ainsi traitées
produisent davantage, affirme M. H. R.
Lewis, mais elles deviennent plus résistantes
à toutes les maladies d'hiver.
A notre avis, si l'on peut fournir une nour-
riture verte suffisante, il est inutile de dro-
guer ainsi ses volailles. Toutefois, les pres-
criptions de M. H. R. Lewis, peuvent rendre
de grands gervices en années où la nourri-
ture verte manque. De plus, ses expériences
ont ce grand avantage de prouver de nouveau
que tout animal de rapport est toujours sous
le rigoureux contrôle d'un intestin qui foBc-
tionne bien ou mal.
Eclairage artificiel. — Encore une nouvelle
preuve... intestinale. L'éclairage artificiel
d'hiver a donné les résultats les plus con-
cluants pour ce qui regarde la ponte, tant en
Angleterre qu'en Amérique. C'est bien, en
effet, un mode de suralimentation, ce pro-
cédé que nous pourrions appeler le « réveil-
lon » des poules.
Le but de l'éclairage artificiel des poulail-
lers est de raccourcir les nuits du l*' sep-
tembre au 1'='^ avril. A la Station expérimen-
tnle de New Jetsey, on a remarqué que
l'éclairage du matin (à partir de quatre
heures) était le plus profitable.
Il permet, en effet, aux volailles de s'ali-
menter au moment le plus froid de la nuit et à
l'instant où ces animaux sont dans leur pé-
riode de plus basse vitalité, car, la gave et
les intestins étant vides, la température dé-
croît.
L'effet de l'éclairage artificiel était donc
uniquement considéré comme une simple
cause de supernutrition, comme l'élément
nécessaire d'un k réveillon » réparateur, pour
augmenter la température corporelle et la
vitalité.
11 est cela, mais il est plus que cela. Les
botanistes ontdécouvertque certaines plantes
peuvent être amenées à fleurir en dehors des
saisons normales par un simple accroisse-
ment ou une diminution du temps d'éclairage
sans changement de température.
Les violettes, pour ne citer qu'un exemple,
qui fleurissent seulement pendant les jours
de courte durée du premier printemps, peu-
vent refleurir pendant l'été, si l'on met dans
l'obscurité, le matin et le soir, la plate-bande
où elles sont plantées.
On croit aujourd'hui que l'éclairage artifi-
ciel des poulaillers agit, pour une part, d'une
façon à peu près analogue.
La lumière artificielle avance la production
normale du printemps de deux mois et demi.
On n'obtient que la même quantité d'œufs
dans le cours de l'année, mais la plus grosse
production a lieu au moment où les prix sont
les plus élevés.
Ad.-J. Ciurov,
Ins'ônieur agricole.
LA PESTE BOVINE EN INDOCHINE
La peste bovine est, pour l'Annam et le 1 pement de l'élevage. Il n'est pas sans intérêt
Tonkin, la plus grande entrave au dévelop- 1 d'enregistrer les efforts poursuivis dans la
60
colonie pour combatlre le fléau, dont elle est
d'ailleurs menacée constamment par la lon-
gueur de sa frontière avec la Chine où la
maladie règne à l'état endémique.
Dans une conférence donnée le 19 juin, à
Hanoï, à la Chambre d'Agriculture du Tonkin
et du Nord-An nam, M. Schein, vétérinaire
inspecteur, bactériologiste à l'Institut Pas-
teur de Nha-Trang, a exposé, avec des détails
complets, les conditions dans lesquelles la
maladie évolue, particulièrement sur les
bœufs et sur les buffles, et il a montré com-
ment elle est combattue par la méthode dite
àeséro-v'fection. Appliquée avec succès dans
l'Inde, aux Philippines, en Egypte, dans
l'Afrique occidentale et dans le Transvaal,
cette méthode a donné au ïonkin de bons
résultats sur les bœufs, mais il n'en était
pas de même pour les buffles; M. Schein a
donc été incité à chercher les moyens de la
rendre efficace sur ces derniers animaux.
ACADÉMIE D'AGRICULTIRE DE FRANCE
C'est par l'application de virus dilué qu'il y
est parvenu; d'après les statistiques qu'il
fournit, les résultats seraient très encoura-
geants.
Dans une lettre qu'il nous adressait à la
date du 8 octobre, M. Marins Borel, planteur-
éleveur à Mont-Bavi, qui a subi lui-même des
pertes graves par la peste bovine, signale
qu'au mois de septembre dernier il a été
procédé à la séro-infection sur des troupeaux
d'une Société agricole déjà atteints, et que
sur 1 200 animaux il n'a été constaté que
32 décès; sur d'autres troupeaux indemnes,
on n'a compté que 3 morts sur 800 animaux.
Il ajoute : « Il est à souhaiter que le Gouver-
nement de l'Indochine accepte de faire les
sacrifices nécessaires; dans quelques années,
la peste bovine disparaîtrait dans ce pays
où les pertes s'élèvent chaque année à plu-
sieurs centaines de mille piastres. >>
H. S.
ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE
Séance du 12 janvier 1921.
Présidence de M. Lindet.
Correspondance.
L'Académie renouvelle le mandat de MM. Ha'-
ler et Emile Pluchet pour représenter l'Académie
dans le Conseil supérieur des Stations agrono-
miques et des Laboratoires agricoles.
M. Louis Muret pose sa candidature au siège
vacant dans la Section de Grande Culture.
M. Gaston BonnieroÏÏveh l'Académie le tome IV
de sa Flore complète illustrée de France, Suisse et
Belgique. Ce volume, accompagné de plus de
600 ligures en couleurs, reproduites d'après des
photographies, renferme la lin des Rosacées, les
Crassulacées, Saxifragées, Onagrariées, etc.
L'abatage des veaux femelles et l'avenir
du cheptel bovin.
M. Moussu rappelle que le ministre de l'Agri-
culture, pour parer à la situation inquiétante
résuliant de l'état de notre cheptel bovin, a
essayé en novembre dernier, de remettre en
vigueur le décret du 14 octobre 1915 sur la ré-
glementation de l'abatage des veaux. Cette dé-
cision récente a été généralement mal accueillie
par les intéressés; des dérogations multiples
ont été demandées et accordées à nouveau pour
bon nombre de départements. Sont-elles justi-
fiées?
Par rapport à la situation d'avant-guerre,
notre troupeau national présente un déficit de
2 millions et demi de tètes, dont un million et
demi de vaches de reproduction, d'où un déficit
approximatif d'un million de naissances. Si l'on
ajoute à ce déficit de 1/5 à 1/6 en nombre, un
déficit plus important en poids par suite de la
disparition d'animaux adultes ou âgés, on aura
en partie l'explication de la situation présente :
prix très élevés du bétail maigre on gras, prix
excej^sif du veau de boucherie, prix invraisem-
blables du beurre, du fromage, insuffisance de
lait pour les villes, etc.
Or, la consommation de la viande est plus
grande qu'avant guerre, il faut subvenir au.x
besoins des régions dévastées non encore assez
repeuplées en bétail; notre troupeau national
est donc et semble devoir rester insuffisant pour
fournir à des prix plus normaux pour le consom-
mateur, tout en restant suffisammeul rémunérateurs
pour l'élevtur, tout ce qui est nécessaire au
pays.
Une solution immédiate se trouverait réalisée
par l'importation de viandes étrangères conge-
lées si le change le permettait; ce n'est pas le
cas aujourd'hui. Mais, à défaut d'une solution
immédiate, il peut y avoir une solution d'avenir,
plus ou moins lointaine; c'est la reconstitution,
l'augmentation de notre cheptel national.
Tel est le but à atteindre; et, pour l'atteindre,
un seul moyen : pour avoir plus de têtes de
bétail, il faut plus de naissances, par conséquent
plus de femelles de reproduction, et pour avoir
plus de femelles, il ne laut pas abattre les gé-
nisses pour la boucherie.
But et moyen de l'atteindre sont deux choses
qu'il importe de ne pas perdre de vue, parce
qu'on ne peut pas les modifier, et parce que
toutes considérations opposées ne sont que des
considérations d'ordre secondaire qui peuvent
ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE
61
être en soi justifiées, mais qui doivent s'effacer
si la question d'intérêt j^énéral, national, mérite
de rester au premier plan.
M. Moussu examine quels seraient les avan-
tages résultant de Tapplicatinh du décret d'in-
terdiction d'abata^e des génisses — s'il était
appliqué sans dérogation — et quels en seraient
les inconvénients.
Les avantages : augmentation du nombre de
têtes de notre cheptel, et, dans un avenir pro-
chain, du nombre des femelles de reproduction;
but à atteindre. Secondement, augmentation des
quantités de lait disponibles pour l'alimenta-
tion humaine; augmentation des quantités de
beurre.
Un veau de boucherie consomme beaucoup
plus de lait qu'un veau d'élevage, mais l'indus-
trie agricole de production du veau de bou-
cherie est, à l'heure actuelle, une opération très
rémunératrice, et c'est la raison majeure pour
laquelle la mise en application du décret d'in-
terdiction a rencontré tant de résistance.
Quels inconvénients présente l'application du
décret?
La mesure était inopportune à l'entrée de
l'hiver; l'objection est fondée, mais ne le sera
plus au printemps.
Impossibilité d'élevage des génisses par manque
d'abris, d'alimenfs, etc., mais l'impossibilité
devrait exister la même pour l'élevage des veaux
de boucherie.
Atteinte à la liberté du commerce, atteinte à
des coutumes locales, sans aucun doute, mais
évidemment une mesure d'interdiction porte
fatalement atteinte à quelque liberté, et si, pro-
.chainement, le change baissait, que les viandes
frigorifiées puissent être importées en quantité
et constituer un réel danger pour nos éleveurs,
que pourraient répondre ceux-ci contre la li-
berté complète des importations si le troupeau
français n'était pas reconstitué et en état de sa-
tisfaire à tous nos besoins?
Vouloir élever tout ce qui nail serait aller à ren-
contre du progrès, argumentation spécieuse, car
élever jusqu'à ce que les sujets d'élevage aient
quatre dents de remplacement, comme le de-
mande le décret, 'ne veut pas dire que forcé-
ment les sujets produits et élevés devront être
Utilisés pour la reproductisn.
M. Moussu déclare se rendre parfaitement
compte du trouble que jette l'application du dé-
cret dans les habitudes commerciales, dans les
habitudes locales; il y aurait sans doute des or-
ganisations à prévoir pour faire connaître et
offrir mensuellement les disponibilités de cer-
tains pays d'élevage, de régions où l'on entre-
tient les vaches pour la production du lait,
afin de faciliter l'écoubmeut des veaux, des
jeunes, etc , dans d'autres régions réfractaires.
Offices agricoles et Syndicats pourraient prendre
l'initiative de telles organisations.
Mais M. Moussu estime que, quels que soient
les arguments que l'on puijse faire valoir contre
la mesure proposée, cette mesure est une mesure
d'intérêt général, incontestable, et aussi une
mesure d'intérêt d'avenir pour les éleveurs.
M. Mas^é partage l'opinion de M. Moussu. Nos
agriculteurs o;.t tout intérêt à chercher la ré-
munération de leur travail beaucoup plus dans
une production augmentée que dans des cours
élevés par une production réduite. M. Massé
est convaincu que, le jour où le change dimi-
nuera, l'afflux des viandes exotiques constituera
pour notre élevage un très réel danger. Les agri-
culteurs feront donc preuve de sagesse en aug-
mentant leur production de façon telle que notre
troupeau puisse bientôt suffire aux besoins de
notre consommation. Les agriculteurs aujour-
d'hui insistent; ne pourrait-on pas alors limiter
l'abafage des veaux femelles quant au temps? Il
ne pourrait être effectué que pendant une se-
maine sur quatre.
M. Henry Sagnier estime qu'une solution plus
radicale, absolument nécessaire est à préco
niser : que le Gouvernement interdise la con-
sommation de la viande de veau pendant de
périodes étendues dans toute la France, par
exemple, la première quinzaine de chaque mois.
M. Moussu pense que ces remèdes seraient
inefficaces, des veaux abattus dans la quinzaine
seraient conservés dans des entrepôts frigori-
fiques. Ce qu'il faut est l'interdiction absolue de
'abatage pendant les mois d'été avec interdic-
tion de la conservation de la viande dans les fri-
gorifiques.
M. le comte de Saint-Quentin défend énergi-
quement le principe de la liberté, il montre
tous les inconvénients de l'obligation de conser-
ver tous les veaux dans nombre d'exploitations
et de régions, souvent même l'impossibilité. Le
problème est des plus complexes, il varie sui-
vant les départements, les arrondissements :
vouloir prendre une mesure uniforme, c'est aller
à rencontre des intérêts de l'élevage; au moins
y aurait-il lieu de poursuivre l'enquête sur la
question.
M. le comte Roederer signale, parmi les causes
du déficit de notre troupeau, la fièvre aphteuse
qui a occasionné tant d'avortements un peu par-
tout en France.
M. René Berge rappelle les efforts faits pour
développer les coopératives beurrières ; mais
comment les agriculteurs pourraient-ils conti-
nuer à fournir ces coopératives de lait, s'ils
devaient garder leurs veaux?
M. le barbon Gérard fait remarquer que, dans les
coopératives beurrières, le petit-lait peut être
vendu pour l'élevage des veaux, et cela se pra-
tique souvent ; il en est malheureusement
autrement quand il s'agit de fromageries.
Notes diverses.
M. H. Jumelle, correspondant, communique
une note sur la dénomination des farines, ami-
dons et fécules.
M. H. Kchrig, correspondant, envoie une note
sur la récolte des vins dans la (iironde en 1920.
H. HiTIER
62
CORRESPONDANCE
CORRESPONDANCE
— N" 7412 [Vienne]. — Vous demandez dans
quelle publication vous pourrez trouver les indi-
cations concernant, chez lanimal de bou-
cherie : 1° le poids des différentes catégories de
viande; 2« le poids des abats; 3" le poids de la
peau; 4" le poids des divers résidus (sang, etc.).
Ces indications sont contenues dans le Traité
de zootechnie générale de Ch. Cornevin. Cet
ouvrage étant devenu très rare, je vous con-
seille de consulter, d'autre part, la brochure :
Barèmes dea prix de la viande, par Paul Vincey,
éditée en 1916 par la maison des Librairies-Im-
primeries réunies (7, rue Saint-Benoît, Paris 6').
- (P-D.)
— N» 8309 (Pariii). — Le droit de perquisi-
tion existe eu matière pénale, quand il s'a;.'it
d'opérer toutes recherches relatives ou consécu-
tives à une infraction. Sauf le cas de flaffrant dé-
lit, une visite domiciliaire ne peut avoir lieu
qu'en vertu d'un mandat de perquisition (arl. 87,
88, du Codêi d'Instruction criminelle). Il faut
donc toujours qu'il y ait une ins'ruction ouverte,
ou une initiative du procureur de la République,
et l'inculpé présumé a le droit, avant que la per-
quisition ne soit opérée, d'exiger la présentation
du titre en vertu duquel elle est accomplie. 11 doit
également assister à toutes les opérations effec-
tuées.
Donc, hors le cas de flagrant délit, la gendar-
merie ne peut s'introduire d'elle-même dans une
maison, sans la volonté du maître. S'il en était
ainsi, il j aurait abus de pouvoir de sa part. Du
reste, des gendarmes n'ont pas qualité pour faire
d'eux-mêmes des perquisitions domiciliaires. Ils
ne peuvent légalement qu'agir en vertu de man-
dats, ou accompagner tout officier de police ju-
diciaire, juge d'instruction, procureur, juge de
paix, maire ou adjoint, le cas échéant. — (M. D.),
— N° 7391 [Vendée). — Voici les noms d'éle-
veurs à qui vous pouvez vous adress"r pour avoir
de jeunes verrats de race pure Large "White :
M. Mauric^^ Robain, à la Motte-de-Biard, près
Poitiers (Vienne) ; M. Laplaud, à Auffargis (Seine-
et-Oise).
— M. L. à J. (Eure-et-Loir). — Les cours des
bois publiés récemment, à titre indicatif, pro-
viennent d'une enquête ouverte par la Société
des Agriculteurs de France dans une vingtaine
de départements. Pour le département de l'Eure,
le plus proche du vôtre parmi ceux ayant fourni
des renseignements, ces prix sont les suivants :
par mètre cube réel, quai départ : chêne de O^.TO
à l'".10 de tour, iOo f r ; 1".20 à l'^.SO, 130 fr.;
l'^.GO à 2 mètres, 145 fr.; 2". 10 et plus, 160 fr.
Si les arbres abattus doivent être pris sur
place, les cours qui précèdent auront à subir
une réfaction. Pour la vente, faites des offres aux
marchands de bois de votre région. — (F. L.
— N° 76b 1 [Nièvre). — Vous trouverez des
colliers métalliques pour chevaux chez M. A.D.
Dièck, 249, faubourg Saint-Martin, Paris, et chez
M. Serey, 53, avenue duMiine, à Paris. — (M. R.)
— N° 7183 {Saône-et- Loire). — Il y a une
douzaine d'années, vous avez vendu un do-
maine vous appartenant. Cette vente a eu lieu
par adjudication publique, et suivant l'usage
sans stricte garantie de contenance De plus,
cette vente se composait de lots désignés sous
leur numéro cadastral.
Or, un de vos acquéreurs planta les parcelles
cadastrales qui lui avaient été adjugées, avec
des pins ; mais se trompant sur l'étendue de son
bien, il empiéta de 25 ares sur une terre
voisine (n" cadastral différent) dont vous étiez
resté propriétaire. Sur justes observations de
votre part au sujet de son erreur, il ne nia pas
le fait, mais, malgré tous vos efforts, se refusa à
tout arrangement avec vous, soit de vous acheter
ces 25 ares, soit de recevoir de vous le prix des
pins indûment plantés.
Il déclare qu'il entend conserver ces 25 ares,
comme compensation d'un manque de conte-
nance des lots achetés autrefois lors de l'adjudi-
cation publi ^ue. Cette prétention, contraire à son
attitude précédente, est insoutenable, et tout au
plus pourrait-il introduire contre vous une action
en bornage, qui ne serait pas fondée, suivant
nous.
Puisque tous moyens amiables ont élé inuti-
lement employés par vous, vous devez appeler
votre adversaire en justice de paix, renouveler
les offres que vous avez faites, et réclamer dom-
mages et intérêts pour privation de jouissance
des 25 ares indûment occupés. Nous estimons
que ces dommages-intérêts peuvent être com-
pensés par la valeur des pins qui y sont plantés.
- (M. D.)
Avis.
i° Adicsser sous enveloppe, au nom du Secré-
taire de la Rédaction, 26, rce Jacob, toute de-
mande de renseignements.
2° Joindre à toute demande de renseignements
la bande d'adresse sous laquelle le journal est
envoyé, et qui porte le numéro d'abonnement.
3° Ne nous adresser qu'une seule question à
la fois. Si exceptionnellement on a deux ques-
tions à nous poser, écrire chacune d'elles sur
une feuille à part.
4» Ne jamais nous fixer un délai quelconque
pour la réponse, et encore moins nous demander de
répondre dons le prochain numéro, ce qui est le
plus souvent impossible.
o" ISe nous adresser que ce que nous pouvons dé-
truire après Vacoir lu.
REVUE COMMERCIALE
HZ
LA SEMAINE MÉTÉOROLOGIQUE
Semaine du 9 au lo janvier i92i [OBSERVATOIRE DU PARC SAINT-MAUR)
TE.xIPÉRATURE
d
o
JOURS
ET DATES
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REMARQUES DIVERSES
millibars.
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Dim
9janv.'l022.2
2 3
llol
7 1
+ 3.0
S
0.0
0.2
Pluie la nuit, temps couvert.
Lundi....
10 — 1020.8
9.2
12.7
10.8
+ 8.7
S
0.0
•>
Temps nuageux le matin, cou-
vert le soir.
Mardi . .
01 — 1016.3
7.1
1 . G
8.9
+ 6.7
S
2.9
2
Pluie la nuit et le soir.
Mercredi
12 — 'l003.4
8.8
11.6
10.0
+ " 8
S
0.0
5.2
Temps pluvieux.
Jeudi
13 —
997. C
6.6
10 6
s.o
+ 5.8
S
9
0.3
Pluie fine.
Vendredi
14 —
1012.0
0.0
6.6
46
+ 2.4
N
1.0
»
Gouttes le matin, gelée bl. le
Samedi..
15 —
1029 5
1014.5
—2.8
4.3
9.7
0.3
- 1.9
N E
1 4
»
Gelée bl., brouillard le malin
et le soir.
Moyennes
et totaux
4.5
7.1
»
6.2
5.7
Pluie depuis le l" janvier :
Écarts sur 1
1
a normale — 3 7
+ .T 3
+5.3
+ 4.9
»
»
aa lieo de
59 h. 7
dor.tliéop.
En 1921 Il"""
Normale 20
REVUE COMMERCIALE
Situation agricole. — Le temps doux, alternative-
ment sec et un peu humide, a été partout favorable
aux cultures; les blés semés tardivement ont une
levée régulière. La végétation a fait quehpies progrès
et l'exécution des labours est poursuivie avec acti-
vité.
Blés et farines. — Les services du Ravitaillement
ayant fait à l'étranger d'importaots achats de cé-
réales panifiables, qui sont cédées aux meuniers, les
livraisons de blés indigènes s'effectuent lentement et
les cultivateurs, obligés de stocker leurs grans dans
les grenier?, élèvent de nouvelles plaintes.
En tenant compte du change, les cours des blés
sont en baisse aux Etats-Unis, en hausse dans la Ré-
publique Argentine. On paie aux 100 kilogr. :
127 fr. 27 à New-York, pour le disponible; 106 fr. 78
à Chicago, pour le livrable en mars et 106 fr. 02 à
Buenos-Ayres, pour le livrable en février.
Si la qualité des farines laisse assez souvent à
désirer, les quantités mises à la dii^position de la
boulangerie suffisent aiuplement aux besoins de la
consommation.
Sons. — Ventes lentes et difficiles à des cours
au-dessous de la taxe. On cote, suivant provenance
et qualité, de 43 à 46 fr. 50 le quintal pris au moulin
Céréales diverses. — Les transactions portant sur
les avoines sont peu actives et le mouvement de
baisse s'accentue sur les variétés noires et grses;
les prix se maintiennent sur les sortes à grain blanc.
On cote aux 100 kilogr. départ, en disponible : les
avoines noires du Centre, 54 à 53 fr.; les grises
d'Eure-et-I oir et Seine-et-Marne, 56 à 36.75; les
grises d'hiver du Poitou, 56 à 56.30; les blanches du
Nord, 57 à 58 fr.; les blanches de l'Est, 53 à 53.50.
Par contre, les orges de brasserie, toujours recher-
chées, ont réalisé une plus-value de i fr. à 1 fr. 30
par quintal. Aux 100 kilogr. départ, on cote les
orges de Champagne, 88.30; d'Eure-et-Loir et du
Loiret, 91 à 92 fr.; de la Mayenne et de la Sarthe, 89
à 90.50,; de rOuest,74 à 73 fr.; les escourgeons, 80 à
82 fr.
Cours à peu près stationnaires pour les sarrasms
et les sorghos, cotés aux prix suivcnts par quintal
dépai-t : sarrasins de l'Ouest, 77.50 à 78 fr.; sorghos
du Midi, 38 à 40 fr.
Fourrages. — Au marché de La Chapelle, les prix
des fourrages se sont maintenus. On a vendu, par
100 bottes de 3 kilogr. rendues à Paris au domicile
de l'acheteur : luzerne, 160 à 180 fr.; regain, 133 à
153 fr.; foin, 140 à 160 fr.
Pailles. — Les pailles, très demandées, ont eu des
prix soutenus : pour la paille d'avoine, la hausse a
atteint 3 fr. Aux 100 bottes de 3 kilogr. on a coté :
paille de blé, 53 à 63 fr.; paille d'avoine, 43 à 35 fr.
paille de seigle, 80 à 100 fr.
Bétail. — Au marché de La Villette du lundi
17 janvier, les arrivages de gros bétail ayant aug-
menté, les cours ont lléchi de 5 à 10 centimes par
demi-kilogramme net.
On a coté les bœufs de l'Allier, de l'Orne, du Cal-
vados et de la Haute-Vienne, 4.70 à 4.90; de la
Majenne et de la Sarthe, 4.25 à 4.75; de Maine-et-
Loire et de la Loire-Inférieure, 4.25 à 4.50; les gé-
nisses, 4.75 à 4.90; les meilleurs taureaux, 4 à 4.50
le demi-kilogramme net.
Cours soutenus sur les veaux de choix, dénotant
de la faiblesse pour les sortes médiocres. On a payé
les veaux d'Eure-et-Loir, Seine-et-Marne, Seine-et-
oise, Loiret et Yonne, 6.70 à 6.95; de la Sarthe, 6.23
64
REVUE COMMERCIALE
à 6.30: veaux médiocres, 3.25 à 3.80, le demi-kilogr.
net.
En raison de la recrudescence des envois, les prix
des moutons ont fléchi de 23 à 30 centimes. On a
vendu : les agneaux, 6.50; les moutons du Centre,
5.75 à 6.23; les métis, 5 à 3.30; les moutons du Midi,
5 à 5.60;les l)rebis de même provenance, 4.50 à 5.25>
le demi-kilogramme net.
Hausse de 10 à 13 centimes par demi-kilogr. vif
sur les porcs cotés comme suit : porcs gras, 2.90 à
3.23; coches, 2.25 à 2.75.
Voici le relevé des marchés des jeudi 13 et lundi
du 17 janvier :
Marché du Jeudi 14 janvier.
Entrées directes
aux abattoirs. Réserves
Amenés. LaVill. Vaug. LaVill. Vaug.
têtes têtes tètes têtes têtes
Bœufs 1 177 1
Vaches.... 5-20 \ 211 101 311 95
Taureaux.. 105 )
Veaux 930 601 105 143 33
Moutons.. 7 453 1410 917 1730 598
Porcs 2 744 1417 711 660 380
Prix maxima du kilogramme.
Au
poids I
et.
Au poids vif
l"q-
2.q.
3'q.
Prix extrêmes.
Bœufs
9 00
8 80
8 14
2.50
Si 5.91
Vaches
9 50
8 80
8 14
2.50
5.91
Taureaux. . .
8 tO
8 20
8 10
2.50
5.52
Veaux
13 éO
12 80
10 80
4.t0
8 40
Moutons....
12 30
10 50
9 50
3.93
6.48
Porcs
9 4i
9 14
8 86
5.00
6.80
Marché du hindi 17 janvier.
Entrées directes
aux abattoirs. Réserves
Amenés.
LaVill.
Vaug.
LaVill.
Vaug.
têtes
têtes
têtes
têtes
têtes
Boeufs
3 084
\
Vaches . . .
1 480
[ 185
167
417
213
Taureaux.
320
)
Veaux
1 369
377
237
279
39
Moutons . .
14 516
1 389
665
2 050
480
Porcs
3 255
1 481
1 013
2 494
388
Prix maxima du kilogramme.
Au poids net. Au poids vif.
q. 2* q. 3* q. Prix extrêmes.
Boeufs
Vaches
Taureaux ..
Veaux
Moutons . . ,
Parcs
9.40 8.66
9.40 8.65
8.70 8.20
13.80 12.20
8.C0
8.00
8.00
9.00
12.00
9.72
10.00 10.00
9.42 9.42
2.45 à 5.85
2.45 5.85
2.45 5.'i0
4.50 8.40
3.60 6.20
5.00 6.80
Dans les départements, on cote :
Bordeaux, par kilogr. poids vif : bœufs, 3 à
4.90 ; vaches, 2.80 à 4 fr.; porcs, 5 à 5.70; par kilogr.
poids net : moutons, 9.50 à 11.30; veaux, 9 à 10.30.
Bourrj, par kilogr. poids vif : bœufs, 3.30 à
4.50; veaux, 6.50 à 7 .50 ; porcs, 6.30 à 7 fr.
Caen, par kilogr. poids vif : bœufs, 4.50 à 4.80 ;
veaux, 3.75 à 6.23; moutons, 3.50 à 6 fr.; porcs, 4.23
à 4.30.
Dijon, par kilogr. poids vif : veaux, 7 à 7.50;
porcs, 1 à 7.20 ; par kilogr. net : moutons, 9 à
12 fr.
Lille, par kilogr. poids net : bœufs, 8 à 10 fr.;
veaux, 12 à 14 fr.; moutons, 9 à 11 fr. ; porcs,
10.25.
Lyon-Vuise, par kilogr. poids vif : bœufs, 3.60 à
5.65; porcs, 6.20 à 6.80; veaux, 6 à 7.60; par
kilogr. net : moutons, 12.50 à 13 fr.
Marseille, par kilogr. poids net : bœufs, 8 à
8.50 ; vaches, 7 à 8fr. ; moutons, 8.30 à 10 fr.; par ki-
logr. vif : porcs du Maroc, 4.30 à 5.23.
Nancy, par kilogr. poids net : bœufs, 9 à 10.20;
vaches, 7.50 à 10 fr. ; moutons, 12 à 13 fr. ; par
kilogr. vif : veaux, 8 à 8.80; porcs, 7.20 à 7.70.
Rouen, par kilogr. net : bœufs, 9.50 à 10.50;
vaches, 9.50 à 10.50; moutons, 10 à 11.50r
Suifs. — Cours en baisse de 5 fr.; la dernière cote
officielle de la Bourse du commerce de Paris a été
établie à 215 fr. Us 100 kilogr.
Vins. — Les transactions deviennent plus actives
et le mou'^-einent de hauss-e a fait de légers progrès.
A rbectolitre nu, on cote les vins rouges sur les
marchés liu Midi : 63 à 83 fr. à Nîmes, 60 à 80 fr. à
Narbonne, 62 à 90 fr. à Perpignan, 62 à 75 fr. à
Montpellier, 63 à 90 fr. à Béziers, 62 à 80 fr. à Car-
cassonne. Les vins blancs valent de 100 à 130 fr.
l'hectolitre.
Dans l'Yonne, on vend à la feuillette de 136 litres,
les vins rouges ICO à 110 fr., les blancs 130 à 140 fr.
Dans la Vienne, les vins titrant 7 à 8 degrés s'en-
lèvent entre 70 et 80 fr. l'hectolitre.
Atfaires calmes dans la Loire Inférieure où l'on
paie la barrique de 223 litres : muscadet, 330 à 425 fr.;
gros plants, 150 à 220 fr.
A Alger, les vins rougts sont cotés de 33 à 70 fr.
l'hectolitre nu.
Graines fourragères. — Cours stationnaires, sauf
pour les luzernes qui sont en hausse. On paie aux
100 kilogr. départ : luzerne de pays, 400 à 500 fr.;
luzerne Provence, 650 à 750 fr.; trèfle violet, 400 à
500 fr.; lupuline, 200 à 2.^0 fr.; anthyllide, 700 à
800 fr.; trètle blanc, 1 400 à 1 300 fr.; trèfle hybride,
800 à 900 fr.; ray-grass anglais, 170 à 18:1 fr.
Sucres. — A la Bourse de commerce de Pans,
cours en hausse. Le sucre blanc n» 3 disponible est
coté de 217.30 à 220 fr. les 100 kilogr.
Pommes de terre. — Les cours sont en baisse
de 2 à 3 fr. par quintal aux Halles centrales de
Paris où l'on cote comme suit : Nouvelles d'Algérie,
120 à 200 fr.; du Midi de la France, 130à22(i fr.; Hol-
lande, 70 à 80 fr.; Saucisse rouge, 30 à 34 fr.; Ronde
jaune, 28 à 30 fr.; Flouck, 30 à 3-2 fr.; variétés à
chair blanche, 23 à 27 fr.
Beurres. — Vente active. Aux Halles centrales de
Paris, on paie au kilogramme : beurres centrifuges,
16.50 à 18 fr.: beurres marchands, 15 à 18 fr. Les
beurres en livres valent de 14 à 17 fr. le kilogr.
Fromages. — Demande suivie. Au cent, on vend,
aux Halles centrales de Paris : Camemberts de Nor-
mandie, 100 à 230 fr.; Lisieux en vrac, 100 à 470 fr.;
en boîtes, 280 à 500 fr.; Pont-l'Evèque, 100 à 320 fr.;
Coulommiers double crème, 400 à 500 fr.
Aux 100 kilogr. on cole : Gruyère, 900 à 1200 fr.;
Port-Salut, 630 à 900 fr.; Cantal, 800 à 825 fr.
Œufs. — Les œufs valent 793 fr. le mille aux
Halles de Paris.
B. Dlkand.
Le Gérant : Charles Duthkix.
Pans. — ïu Mahktmbux, imprimeur, 1, rue Cassette
CHRONIQUE AGRICOLE
CHRONIQUE AGRICOLE
DJcIaration ministérielle devant le Parlement. — Principaux caractères de ce programme. — La liberté
rendue à la production. — Ordre du jour de confiance. — Nomination de M. Puis comme sous-secré-
taire d'Etat à l'Agriculture. — Suppression du sous-secrétariat du Ravitaillement. — La proposition sur
les Chambres d'Agriculture. — Ajournement au Sénat de la discession du projet sur l'autorisation des
taureaux. — Le Bureau international du Travail et la réglementation du travail agricole. — Projet de
loi sur l'amodiation des mines de potasse d'Alsace. — Répartition des mines en quatre lots. — Con-
trôle des Sociétés d'exploitation. — Mesures relatives au commerce d'exportation. — Analj'se des tra-
vaux du Comité national du Blé en 1920. — Programme pour l'année 1921. — Projet de Coopératives
de proluction des semences. — Comité formé en vue de provoquer l'amélioration du rendement des
céréales. — Congrès des Associations agricoles du Centre. — Date de la session de la Société des Agri-
culteurs de France. — Hommage rendu aux agriculteurs par M. Isaac, ministre du Commerce et de
l'Industrie. — Société des Sciences et d'Agriculture du Bas-Rhin. — Projet d'un monument à Pasteur
à Strasbourg. — Création d'un Comité de perfectionnement des Instituts viticoles d'Alsace et de Lor-
raine. — Composition de ce Comité. — Décorations dans la Légion d'honneur. — Association syn Ucale
des Agriculteurs riverains de l'Indre.— Société djs Aviculteurs du SuJ-Ouest. — Exposilioa d'Aviculture
4e Bruxelles.
Programme ministériel.
Le nouveau ministère s'est présenté devant
le Parlement dans la séance du 20 janvier.
Suivant les habitudes, M. Aristide Briand,
président, a lu, à la Chambre des députés, la
dé'-laration dans laquelle est exposé le pro-
gramme du Gouvernement.
Ce programme paraît être celui du précé-
dent cabinet, c'est celui qu'attend l'opinion
publique : exécution rigoureuse du traité de
Versailles trop longtemps retardée, com-
pression des dépenses et rétablissement de
l'équilibre dans le budget, organisation ra-
tionnelle des services publics, restauration
des régions dévastées, etc. Les problèmes
qui touchent la production n'ont pas été
passés sous silence : « Forte par son armée
et par ses finances, dit la déclaration, la
France pourra se consacrer, en pleine sécu-
rité, à son relèvement. La victoire écono-
mique ne sera toutefois remportée qu'autant
que la liberté aura été rendue à l'agriculture,
au commerce', à l'industrie. Les entraves ré-
sultant des réglementations qui ont été né-
cessitées par la guerre doivent être levées.
Nous nous attacherons à réaliser prompte-
ment cette libération économique. Nous hâte-
rons de tous nos efforts la restauration de
nos régions dévastées. »
Le retour à la liberté, auquel les agricul-
teurs aspirent, a été défendu naguère par
plusieurs membres du nouveau cabinet.
C'est une garantie que les affirmations qu'on
vient de lire ne resteront pas vaines.
Un ordre du jour de confiance, adopté par
4G2 voix contre 77, a clos la discussion de
plusieurs interpellations.
Sous secrétaires d'Etat.
Plusieurs sous-secrétaires d"Etat com-
plètent le nouveau cabinet. M. Puis, député
29 Janvier 1921. — N» 4.
de Tarn-et-Garonne. a été nommé sous-
secrétaire d'Etat de l'Agriculture.
Le sous-secrétariat d'Etat du Ravitaille-
ment a disparu. C'est le premier achemine-
ment vers l'abolition des rouages néfastes
contre lesquels tant de protestations légi-
times ont été soulevées.
Travaux parlementaires.
Un grand nombre de projets de loi sont à
l'ordre du jour de la nouvelle session. Il
importe, avant tout, que le budget pour
l'exercice 1921 soit établi le plus rapide-
ment possible, et que disparaisse enfin le ré-
gime des douzièmes provisoires sur les in-
convénients duquel les opinions sont una-
nimes.
Au point de vue agricole, la question la
plus urgente se rapporte à l'organisation des
Chambres d'Agriculture. On a vu dans noire
Ctironique du 13 janvier (page 2o) que le
te.\te proposé par la Commission de l'Agri-
culture à la Chambre des députés a été mo-
difié à la suite du dépôt par le Gouvernement
d'un projet sur l'organisation de la France
en régions administratives. Un rapport sup-
plémentaire permettrait d'aborder sans délai
la discussion de ce texte. Il n'est pas inutile
de rappeler qu'il importe d'en finir, sinon le
Parlement serait forcé de proroger à nouveau
la loi du 2o octobre 1919.
Dans la séance du 20 janvier, le Sénat a
ajourné, une fois de plus, la discussion da
projet de loi présenté naguère par M. Méline
sur le choix et la surveillance des taureaux
employés à la reproduction. Cette discussion
a été renvoyée, sur la demande du ministre
de l'Agriculture, à une date ultérieure qui
n'a pas été fixée. Il esj, à souhaiter qu'elle ne
se fasse pas attendre trop longtemps.
A la Chambre des députés, M. Paul Tap-
Tome I. — 4
66
CHRONIQUE AGRICOLE
ponnier a présenté, dans la séance du 20 jan-
vier, avec demande de discussion immédiate,
une proposition de résolution tendant à ex-
clure des délibérations du Bureau interna-
tional du Travail la question de la réglemen-
tation du travail agricole. Cette proposition
a été renvoyée à la Commission de l'Agricul-
ture.
La potasse d'Alsace.
Le Gouvernement a été autorisé par le
projet de loi adopté, le 30 juillet dernier, par
la Chambre des députés, et encore en sus-
pens devant le Sénat, à se rendre acquéreur
des mines de potasse d'Alsace actuellement
sous séquestre, qu'il ferait exploiter en régie
jusqu'à ce qu'une loi ultérieure statue sur
les conditions définitives de l'exploitation de
ces mines.
Le projet définitif a été déposé à la Cham-
bre des députés dans la séance du 14 dé-
cembre. Aux termes de ce projet, les mines
de potasse seront réparties en quatre lots.
Ces lots seront amodiés à autant de Sociétés
d'exploitation à participation ouvrière, le
nombre des actions de travail étant égal au
dixième du nombre des actions de capital.
D"après l'exposé des motifs, ces Sociétés se-
ront contrôlées par les groupements sui-
vants :]
1° Caisses rurales alsaciennes et départe-
ments du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la
Moselle ;
2° Porteurs de Luxes et intérêts divers
alsaciens;
3° Agriculture et Etat français ;
4° Industries chimiques et industries con-
sommatrices de potasse, mines et commerce
des produits chimiques.
Le prix d'amodiation sera établi en tenant
compte de la valeur inégale des lots.
.\ l'occasion du troisième loi, l'exposé des
motifs s'exprime en ces termes :
La constitution d'une Société d'exploitation
contrôlée par les représentants des intérêts de
l'ensemble des groupements agricoles nationaux
nous parait être un des avantages principaux du
système ; celte Société sera la régulatrice du
marché intérieur français, et rAgriculture sera
assurée d'obtenir k bas prix la potasse dont elle
a besoin sans que l'Etat ail à intervenir dans la
fixation des prix qui, dans le système de la con-
cession unique, serait chose très délicate.
Pour l'exportation, les quatre Sociétés
d'exploitation devront constituer une Société
commerciale. Les statuts de celte dernière
devront contenir une disposition répartis-
sanl entre les quatre Sociétés le contingent
disponible pour l'exportation au prorata des
tonnages qu'elles auront vendus en France.
Cette disposition garantit la Société agricole
contre la situation privilégiée qui, autre-
ment, serait faite aux autres Sociétés dont
la plus grosse partie de la production serait
disponible pour la vente à l'étranger.
D'après l'exposé des motifs, la production
brute des mines de potasse d'Alsace a été,
en 1920, de 1 300 000 tonnes environ. Cette
production doit être portée en quelques an-
nées à 5 millions de tonnes.
La culture du blé.
Le Comité national du Blé a tenu récem-
ment une réunion sous la présidence du mi-
nistre de l'Agriculture. Des rapports ont été
présentés sur les travaux poursuivis en 1920,
par M. Hilier, secrétaire de la Section techni-
que, M. Montet, secrétaire de la Section d'ac-
tion corporative, M. Lumet, secrétaire de la
Section de propagande. Dans un rapport de
M. Rabaté, inspecteur général de l'Agricul-
ture, sur le programme d'action du Comité
pour l'année 1921, on relève les suggestions
qui suivent :
En liaison avec les autres Sections, la Section
de propagande pourrait examiner la réalisation,
en 1921, de deux projets :
[° Un Congrès national des producteurs de blé,
organisé sous le haut patronage du ministre de
l'Agriculture et du Comité national du Blé, et
dans lequel les agriculteurs, les techniciens, les
spécialistes examineraient les questions rela-
tives aux variétés, aux semences, aux engrais, à
la récolte, à la conservation, à la vente, etc.;
2° Des foires aux semences départementales ou
régionales, à organiser avec le concours des Of-
fices agricoles, et peut-être aussi une foire na-
tionale des semences de blé, ouveite à Paris
pendant le Congrès, probablement vers la mi-
septembre. Une telle exposition, qui réunirait,
en gerbes et en grains, les semences pures de
nos principales variétés de froment, pourrait in-
téresser les producteurs, les vendeurs et les
acheteurs de toute la France.
D'autre part, M. Rabaté appelle l'attention
sur une forme nouvelle d'association qui
pourrait contribuer à atteindre le but pour-
suivi. Ce seraient des Coopératives Je produc-
tion des semences, groupant des cultivateurs
d'avant-garde dans chaque canton, disposant
d'une ferme de sélection généalogique et
d'un atelier central de triage et d'expédition.
Par un contrôle des blés sur pied et un con-
trôle au battage, il serait possible de livrer
une ou deux variétés avec un maximum de
garanties. M. Chasles, président de l'Associa-
tion nationale de la meunerie française, a pris
l'initiative d'une organisation de ce genre en
Seine-et-Marne.
CHRONIQUE AGRICOLE
67
Dans une réunion récente tenue par un Co-
mité mixte que préside M. Georges Lefebvre
et qui réunit des agriculteurs, des meuniers
et des commerçants, en vue de l'amélioration
des rendements des céréales, il a été insisté
sur les avantages à retirer du triage des
grains de semence et de leur sulfalage, de
l'emploi comme semences des blés les
plus lourds ayant donné le meilleur rende-
ment lors de la précédente récolte, ainsi que
sur l'utilité de vulgariser le plus possible les
bons résultats obtenus. Si l'on fait abstrac-
tion de certaines exagérations formulées
dans la circonstance, il convient de rendre à
ces initiatives la justice qu'elles méritent.
Congrès agricole à Orléans.
La Fédération des associations agricoles
du Centre s'est réunie le 22 janvier, sous la
direction Je M. Kiverain, son président, et
de M. Jules Gautier, président de la Confé-
dération nationale des Associations agricoles.
La lenteur apportée aux achats de blés à
livrer par les agriculteurs a été maintes fois
signalée ici, de même que les délais injus-
tifiés dans le paiement des blés achetés au
compte de TEtpit. Le Congrès a protesté une
fois de plus contre les agissements du Ser-
vice du Ravitaillement à cet égard.
Des vœux ont été émis en faveur de la li-
berté d'exportalian pour les pommes de
terre et les haricots, en même temps que des
protestations contre les poursuites intentées
aux cultivateurs à propos de la vente du lait.
Un contrôle rigoureux a été demandé sur
l'exploitation des mines de potasse d'Alsace
et des phosphates du Maroc.
Enfin, des vœux ont été émis en faveur de
la liberté du commerce des sucres et du réta-
blissement du marché à terme, et pour de-
mander l'abaissement des tarifs de transport
et des taxes qui pèsent sur les vins.
Société des Agriculteurs de France.
La session générale annuelle de la Société
des Agriculteurs de France se tiendra au
siège de la Société, du 6 au 13 mars prochain.
Agriculture et communisme.
Dans une réunion récente, M. Isaac, mi-
nistre du Commerce et de l'Industrie, a tracé
un portrait éloquent du cultivateur français.
Nous nous faisons un devoir d'en repro-
duire la partie principale dans laquelle est
résumé le labeur actuel des classes rurales :
La France travaille et elle laboure. Ce qui fait
sa supériorité sur les autres nations des temps
modernes, c'est qu'elle n'a point oublié ce
qu'elle doit à la terre nourricière. Elle est de-
meurée une nation à base rurale et la guerre n'a
fait qu'exalter son amour pour la terre.
Il s'est trouvé que les difficultés du ravitail-
lement au cours des hostilités avaient remis en
valeur les produits du sol national.
L'homme des champs en a profité, il est sorti
de sa médiocrité, il a employé son épargne à li-
bérer ou à augmenter son domaine ; qui donc
lui en ferait un crime? La terre est bonne con-
seillère, elle inspire les mâles vertus d'endu-
rance et de volonté qui, sur les champs de ba-
taille, transforment les cultivateurs en soldats
indomptables et vigoureux. Jamais nous ne di-
rons trop haut tout ce que nous devons à ces sol-
dats qui ont ramené sous nos drapeaux la vic-
toire éloignée depuis cinquante ans.
Ils ont reçu la plus belle des récompenses le
jour même où la France a triomphé, mais ce
n'est pas la seule; il en est une autre dont ils ne
connaissent pas encore tout le prix, tout le sens
profond social et politique. A la fois maîtres et
serviteurs de la terre, ils ont trouvé en elle un
génie tutélaire qui les garantit contre les idées
folles qui exercent en ce moment leurs ravages
dans une partie du monde.
Ce n'est pas le paysan de France qui tombera
jamais dans les erreurs ou les horreurs du com-
munisme. D'instinct il les repousse comme con-
traires à la justice et à la raison. Il n'a pas besoin
d'avoir appris l'économie politique et sociale
pour se justifier à lui-même le droit de propriété.
il sait que c'est le prolongement de la person-
nalité humaine et que chacun a droit au fruit de
son travail.
La terre arrosée des sueurs de l'homme est
chose sacrée; il en fait ce qu'il veut, il la garde,
il la vend, il la laisse à son fils, cela ne regarde
que lui et si d'aventure quelque sophiste venait
lui dire que tout cela n'est qu'une fiction, et
qu'en réalité la terre ne lui appartient pas, mais
appartient à la communauté, il lui rirait au nez.
Et si l'on ajoutait que la propriété privée a fait
sou temps, que c'est un reste des idées réaction-
naires et que le progrès consiste à mettre tout
en commun et à n'obéir qu'à un conseil composé
d'inconnus et de bavards, ils se fâcherait pour de
bon et mettrait le visiteur à la porte à coups de
fourche. Et il aurait raison.
Il faut choisir, ajoute M. Isaac : « Ou la
propriété privée avec la liberté, ou la pro-
priété collective avec la tyrannie. » Le choix
du monde des champs ne sera jamais dou-
teux.
Société dAgriculture du Bas Rhin.
Il convient de saluer la résurrection sous
son ancien titre de la Société des Sciences,
Agriculture et Arts du Bas- Rhin, fondée à
Strasbourg en 1799. Le premier fascicule de
son Bulletin pour 1920 (janvier à juillet) a
paru récemment.
Une bonne partie de ce Bulletin est con-
68 CHRONIQUE AGRICOLE
sacrée à Pasleur qui fut professeur à la Fa-
culté dps Sciences de Strasbourg de 1849 à
1854. Un Comité a été formé pour élever
devant le palais de l'Université un monu-
ment à l'illustre savant. La souscription e^-t
ouverte : les adhésions sont reçues par
M. Th. Héring, secrétaire général de la So-
ciété et trésorier du Comité, à Strasbourg
(6, rue des Veaux).
Instituts viticoles d Alsace et de Lorraine.
On a lu récemment(n°du 23 décembre 1920,
p. 506) les vœux exprimés par FAssociation
des Viticulteurs d'Alsace en vue du perfec-
tionnement des Instituts viticoles de Colmar
(Institut Oberlin) et de Laquenexy.
Un arrêté de M. Âlapelite, commissaire
général de la République, en date du 20 dé-
cembre, a institué un Comité de perfection-
nement des Instituts viticoles de TEtat. Ce
Comité est composé sous la présidence de
M. Hommell, directeur de l'Agriculture d'Al-
sace et Lorraine, de neuf membres, choisis
parmi les personnalités viticoles, nommés
par le commissaire général de la Républi-
que, à raison de trois pour chaque départe-
ment, sur la proposition des Comices agri-
coles. Il est chargé de donner son avis sur
le fonctionnement des Instituts viticoles de
l'Etat, en Alsace et Lorraine, et les réformes
de nature à les améliorer, ainsi que sur tou-
tes les questions qui lui sont renvoyées par
le directeur de l'Agriculture.
Un deuxième arrêté, du 5 janvier, a nommé
les membres du Comité, savoir :
la Coopérative de reconstruction de Pouixy
(Marne) ;
BiEuviLLE (Fernand), agriculteur, vice-président
de la Fédération des Coopératives de reconstitu-
tion de la Somme ;
Compagne (Norbert), agriculteur, ancien raaiie
de Bonnieux (Vaucluse).
Jenyen (Jean-Baptiste), président du Comice
agricole de l'arrondissement de Briey (Meurthe-
et-Moselle);
HoiNET (Eugène), agriculteur, maire de Berny-
en-Santerre (Somme) ;
Delieyrou (Jean-Jules), président du Syndicat
agricole de Tarn-et-Garonne ;
Priant (Hyacinthe) directeur de l'Ecole natio-
nale de laiterie de Poligiiy (Jura) ;
CoMMEAu (Pierre), secrétaire de la Société
d'Agriculture d'Autun (Saône-et-Loire).
Les décorations du ministère de l'Agricul-
ture à l'occasion du 1'^'" janvier n'ont pas en-
core été publiées.
M. le directeur de l'Agriculture d'Alsace et
Lorraine, président.
Haut Rhin. — .M.M. René Beyer, viticulteur à
Egibheim; Paul Greiner, viticulteur à .Mittelwihr;
Gustave Burger, viticulteur ù Colmar.
Bas Rhin. — MM. Adolphe Walter, président
de la Société des viticulteurs d'Alsace à Gert-
willer; Etienne Héring, viticulteur à Barr; Hohl,
fils, à Wolxheim.
Moselle. — MM. Pichon, maire de Scy; Adam,
président de la Section viticole de Marsal;
le comte de Berlier, à Thionville.
Les directeurs des Services agricoles se-
ront secrétaires, lorsque le Comité se réu-
nira dans leur département respectif.
Décorations dans la Légion d honneur.
Par décret en date du 8 janvier, sur la
proposition du ministre de l'Intérieur, ont
été nommés chevaliers de la Légion d'Hon-
neur :
MM. Macquart (Jean), herbager, président de
Les prairies de la vallée de l'Indre.
L'assainissement des prairies de la vallée
inférieure de l'Indre, dans le département
d'Indre-et-Loire, est une opération qui per-
mettrait d'en relever la valeur dans de très
larges proportions. M. J.-B. Martin, directeur
des Services agricoles de ce départemen-
s'est livré à une propagande active pour dé-
montrer la nécessité de cette opération. Cette
propagande a heureusement abouti. Une As-
sociation syndicale des Agriculteurs riverains
de Flndre s'est constituée récemment en vue
de l'amélieration des prairies; divisée en un
certain nombre de sections réparties le long
de la rivière, cette Association, dont le siège
est à Tours (1, rue Michelet), poursuit avec
activité le groupement de tous les proprié-
taires intéressés.
Aviculture.
Les deux Sociétés d'Aviculture, qui exis-
taient dans le département de la (jironde,
ont fusionné sous le titre de Socv'té des Avi-
culteurs de la Gironde et du Sud-Ouest. Cette
Société organise une exposition d'Aviculture
et d'Apiculture qui se tiendra à Bordeaux
du 15 au 19 avril, et à laquelle tous les avi-
culteurs de France sont conviés. Des prix
importants y seront distribués. On peut de-
mander le programme à M. E. Faulat, prési-
dent de la Société, à Bordeaux (27, allées de
Tourny).
— La Société des Aviculteurs Belges
tiendrai Bruxelles une exposition générale
du 19 au 21 février.
Henry Sagnier.
PRÉPARATION DES TERRES A METTRE EN PRAIRIES
69
PRÉPARATION DES TERRES A METTRE EN PRAIRIES
ENTRETIEN DES PRAIRIES
Le Journal d' Agriculture pratique est très i
souvent consulté au sujet de rétablissement
de prairies, et l'on a pu remarquer combien,
somme toute, était faible le nombre des
espèces de Graminées et Légumineuses qu'il
conseille dans la composition des mélanges
à semer : comme Graminées, les ray-grass
anglais et d'Italie, le fromental ou avoine
élevée, le dactyle pelotonn'é, la fléole des
prés, la fétuque des prés; la crételle, le vul-
pin des prés; les palurins des prés et com-
mun, le brome des prés, comme Légumi-
neuses les trèfles violet, hybride, blanc, la
minette, le lotier corniculé, le sainfoin, le
trèfle jaune des sables.
Encore est-il bien entendu que toutes ces
Graminées et Légumineuses ne doivent pas
entrer ensemble ■ dans toas les mélanges;
mais c'est parmi elles que l'on choisit les
quelques-unes à semer suivant les conditions
de sol et de climat, la destination de la
prairie — fauche ou herbage, — la durée de
la prairie, permanente ou temporaire.
Semer un mélange d'espèces de bonne
qualité, avec des graines pures et de haute
faculté germinative (ce dont Ton doit tou-
jours s'assurer quand il s'agit spécialement
de ces gi-aines de prairies), ne suffit pas pour
créer de bons prés, de bons herbages, il faut
d'abord préparer convenablement le terrain
pour recevoir ces graines, il faut ensuite
entretenir la prairie en bon état.
Préparation d'une terre destinée à être
mise en prairie, entretien de la prairie, tels
sont les deux points sur lesquels nous dé-
sirons appeler l'attention afin de répondre à
de nombreuses demandes qui nous sont cha-
que semaine adressées.
On cite certains cas oîi, pour créer une
prairie, d'excellents praticiens se sont con-
tentés de semer, purement et simplement,
quelques graines de Graminées et Légumi-
neuses dans une céréale au printemps; la
prairie a été ainsi établie, et le sol s'est
trouvé couvert d'herbes qui ont donné les
produits que l'on pouvait souhaiter. Mais ce
sont là des cas exceptionnels, pour lesquels
la réussite de la prairie s'explique par le fait
de conditions physiques et chimiques parti-
culières du sol ensemencé. 11 y a, en effet,
des terres qui se prêtent tout spécialement
à la création des prairies, dans lesquelles
l'herbe pousse, pour ainsi dire spontané-
ment, l'herbe de bonne qualité comme
les ray-grass, le trèfle blanc, la crételle; si,
dans de pareils sols, naturellement riches
et propres, on sème des graines de prairies,
et que la saison soit humide, la réussite
pourra être complète; seulement, il faut, —
on s'en rend compte, — un ensemble de cir-
constances qui se rencontrent rarement.
La vérité est que, pour créer une bonne
prairie, il est nécessaire d'abord de bien
préparer le sol: le nettoyer des mauvaises
herbes, le bien ameublir, le mettre en bon
état de fumure.
1° Nettoyer le sol des mauvaises herbes, tel
est le premier point; c'est, en effet, comme
le remarque Stebler « une erreur de croire
qu'un champ fortement enherbé se prête le
mieux à l'établissement d'une prairie ou
d'une- culture fourragère de trèfle et Gra-
minées. Au contraire, l'engazonnement na-
turel aboutit le plus souvent à une surabon-
dance de mauvaises herbes. Après la semaille
des espèces fourragères, celles-là continuent
de croître et compromettent le développe-
ment des plantes semées au milieu d'elles.
Dans une prairie artificielle, les places primi-
tivement envahies de mauvaises herbes se
font reconnaître durant des années par l'état
défectueux du gazon. Il est donc absolument
indispensable que le terrain destiné à devenir
un pré soit nettoyé des mauvaises herbes. Plus
le sol en est débarrassé, mieux y réussiront
les Légumineuses et les Graminées qu'on y
aura semées (1) ».
2" Ameublir et travailler le sol destiné à
porter une prairie. — 11 est à peine besoin
d'insister sur la nécessité dameublir parfai-
tement le sol. Chacun sait quelle est la finesse
de>s graines de prairies. Graminées et Légu-
mineuses; on ne peut les confier à une terre
creuse et garnie de grosses mottes. Mais «1
ne suffît pas que Tameublissement soit su-
perficiel; pour que la plante puisse dévelop-
per ses racines dans une masse convenable
de terre, pour qu'elle y rencontre toujours
l'humidité qui lui est indispensable, la pré-
paration du terrain doit être aussi profonde
que le permet l'état du sous-sol ; donc labours
profonds, travail à l'extirpaleur devront pré-
céder les dernières façons superficielles au
rouleau et à la herse.
Mettre le sol en bon état de fumure. — La
(1; Stebler : Les meilleures plantes fourragères
descriptions et figures, Lib rairie p^iitclf.
-iO
PRÉPARATION DES TERRES A METTRE EN PRAIRIES
prairie améliore le sol, l'enrichit en azote,
aussi les engrais azotés, les fumures au fumier
de ferme ne sont pas nécessaires sur les prai-
ries déjà vieilles. Mais, avant de créer la
prairie, des fumures au fumier de ferme,
des engrais sont nécessaires afin de mettre
le sol en bon état de fumure, et le bien pé-
nétrer d'engrais.
Il est difficile, croyons-nous, de voir de
plus beaux herbages d'engraissement que
ceux créés de toutes pièces par M. Fié sur sa
ferme des Graviers, près de Saint-Cyr-l'Ecole,
en Seine-et-Oise. Il y a là 110 hectares de
prairies sur lesquelles on engraisse dans l'an-
née une moyenne de 3 bœufs à l'hectare. Or,
ces prairies ont été constituées sur des terres,
fumées d'une façon surabondante, peut-on
dire (elles recevaient tous les deux ou trois
ans, 50 à 60 000 kilogr. de fumier provenant
de la vacherie de la ferme, de la cavalerie de
l'Ecole de Sainl-Cyr, des régiments de Ver-
sailles, etc.).
Le fumier apporte non seulement des élé-
ments fertilisants, des matières humiques,
mais toute une flore bactérienne qiii pré-
pare très heureusement le milieu physiolo-
gique du sol; en même temps les propriétés
physiques de ce sol sont améliorées, et ce-
lui-ci notamment retient beaucoup mieux
l'humidité.
Enfin, à moins de terres naturellement
très riches en éléments minéraux, chaux,
acide phosphorique et potasse, les Légumi-
neuses et les bonnes Graminées ne se déve-
lopperont et ne se maintiendront que si le sol
a reçu les engrais phosphatés et potassiques
qui en complètent la composition chimique.
Ce qui justifie la recommandation donnée à
ceux qui veulent semer une prairie, d'enfouir
d'abord dans le sol 800 à 1 000 kilogr. de
scories, 200 à 300 kilogr. de sels de potasse.
Une telle préparation du terrain peut être
réalisée par une jachère bien faite, mais
dans nombre de cas elle le sera encore mieux
et d'une façon plus avantageuse par une cul-
ture sarclée, pomme de terre, betterave, to-
pinambour, etc., pour laquelle on devra dé-
foncer le terrain, au moins donner un labour
profond, apporter une grosse fumure et, au
cours de l'été, multiplier binages et sarclages
qui débarrasseront la terre des plantes ad-
ventices. Il arrive même que le résultat
cherché n'étant pas obtenu par la culture
d'une seule plante sarclée, on fait deux
plantes sarclées de suite, pommes de terre
et betteraves, par exemple, après quoi Ton
sème la prairie dans la céréale qui suit.
Toutefois, il ne sera pas toujours possible
de faire ces cultures de plantes sarclées, car,
dans beaucoup d'exploitations, on ne saurait
trouver la main-d'œuvre pour effectuer les
binages qu'elles exigent, ni la main-d'œuvre
pour l'arrachage de surfaces étendues de bet-
teraves ou de pommes de terre. Dans ce cas,
voici une méthode qui nous a fréquemment
donné de bons résultats.
On prépare la terre comme si l'on devait
semer des bel teraves; fumure, labour d'hiver;
ameublissement à l'extirpateur, à la herse et
au rouleau en avril. Bientôt lève une foule
de plantes adventices; fin mai on les détruit
par un labour léger; on prépare à nouveau
superficiellement le sol et, en juin, on sème
en terre nue la prairie (1).
Une opération distincte primordiale de-
mande à être efi'ecluée avant même la pré-
paration dont nous venons de parler, si la
prairie doit être établie sur un terrain im-
perméable, c'est l'assainissement. Autrement
la flore des terrains acides, humides, maré-
cageux dominerait rapidement. Graminées
dures, joncs, carex, etc.
La régularisation du terrain, d'autre part,
pour avoir des prés qui s'égouttent bien, qui
se fauchent facilement, est aussi une opération
préalable, de même que les nivellements et
la construction d'ados, de planches, etc., si
la prairie est destinée à être irriguée.
Enfin, rappelons encore que dans les her-
bages il importe que les animaux puissent
en tout temps, et surtout par la période de
grande sécheresse, y trouver de l'eau à leur
disposition, soit qu'une rivière les traverse,
qu'une source pérenne y alimente un abreu-
voir. Le bétail doit pouvoir, toujours, boire
à sa soif et quand il en sent le be.soin. On est
étonné, lorsque cette condition est remplie,
de voir des animaux se maintenir encore en
assez bon état dans des pâtures grillées par
le soleil, transformées en véritables paillas-
sons.
Soins à donner aux prairies. — La prairie,
établie avec tous les soins que nous venons
d'énumérer, persistera t-elle avec la belle cl
bonne végétation de son début?
C'est un fait d'observation courante, re-
marque M. P. Berthault, « que seules les
prairies submersibles ou arrosées, ainsi que
celles qu'on fertilise artificiellement, con-
servent une bonne végétation. Sur les autres,
les changements sont rapides et, à moins de
terres très riches en acide phosphorique, en
(1) Celte méthode, bien entendu, ne peut s'appli-
quer que dans les régions jouissant d'un climat
trmpéré, et là où des pluies tombent durant l'été, -
entretenant uue fraîcheur suffisante du sol.
L'AVENIR DU CHEPTEL ET L'ABATAGE DES VEAUX FEMELLES
71
potasse el en chaux, les bonnes espèces,
toutes exigeantes en ces éléments, disparais-
sent peu à peu. Ce sont d'abord les Légumi-
neuses, si utiles à la qualité du fourrage,
puis les bonnes Graminées, qui sont rempla-
cées par les mauvaises auxquelles le milieu
appauvri suffit encore. » *
Sur les prairies de la ferme des Graviers
qui, comme nous le rappelions plus haut,
ont été créées sur des terres ayant reçu de
très grosses fumures répétées au fumier.de
ferme, on a répandu chaque hiver à l'hec-
tare pendant trente ans, outre du purin,
500 kilog. de scories elSOOkilogr. de kaïnite,
et il s'agit d'herbages d'engraissement qui
exigent une restitution d'éléments minéraux
bien moindre que les herbages où l'on entre-
tient soit des jeunes animaux, soit des vaches
pleines, surtout que les prairies de fauche
dont le foin est exporté.
L'engrais de ferme par excellence, pour les
prairies et herbages, est le purin qui agit
par la petite quantité d'azote ammoniacal et
nitrique qu'il contient, qui rapporte à la prai-
rie la totalité de la potasse des fourrages
consommés par les animaux, qui agit comme
bouillon de culture tout à fait favorable au
développement des nombreux ferments du
sol.
C'est ce même rôle que jouent les composts,
dont l'usage est si répandu dans les régions
réputées pour leurs excellentes prairies; en
plus, comme le faisait remarquer M. Schri-
baux, en y insistant d'une façon particulière :
Si le compost est appliqué en quantité un
peu importante, s'il forme seulement à la
surface une couche de quelques millimètres,
il rechaussera les plantes et fournira le meil-
leur support aux semences que l'on se pro-
pose de répandre pour régénérer la prairie.
Comme pour le purin, les engrais phos-
phatés en sont le complément indispen-
sable.
Engrais phosphatés et potassiques, com-
posts, sont à répandre sur la prairie pendant
ou à la fin de l'hiver. Cette dernière époque
convient particulièrement pour l'épandage
du purin et pour certains travaux comme le
hersage qu'il est souvent utile d'effectuer sur
des prairies pour détruire beaucoup de ces
plantes rampantes, telles que lierre terrestre,
bugle, véronique, renoncule, paturin com-
mun, mousse (1), etc., dont les tiges ou cou-
lants, semblables à ceux du fraisier, for-
ment un véritable feutrage nuisible au
gazon.
La destruction des autres mauvaises
plantes est plus difficile, mais il faut remar-
quer que, le plus souvent, le meilleur et le
plus sûr moyen de s'en débarrasser est de
favoriser le développement des bonnes
espèces en modifiant le milieu physique et
chimique du sol; en assainissant la prairie,
disparaissent joncs, carex, prèles, Graminées
dures et grossières; en complétant le sol
par l'apport d'engrais phosphatés et potas-
siques, Légumineuses et Graminées fines
apparaissent en masse.
H. HiTIER.
L'AVENIR DU CHEPTEL
ET L'ABATAGE DES VEAUX FEMELLES (2)
Après la guerre de 1870, il a fallu dix ans
pour réparer la brèche qui avait été faite, et
<i\]e était moins grave que celle de la guerre
de 1914-1918. En fin de 1915, nos effectifs en
bétail bovin (12 286 849 têtes) étaient infé-
rieurs de plus de 500 000 têtes (exactement
524 740) à ceux de 1802 (12814 589 têtes),
c'est-à-dire d'il y a soixante ans; il ne faut
donc pas se leurrer sur la rapidité de recons-
titution d'un troupeau de l'importance du
nôtre, dans un pays dont les besoins sont
(1) Lorsque le tiavail de la herse est insuffisant
pour détruire la mousse trop abondante, avant le
réveil de la végétation on répand, par hectare, .300 à
500 kilogr. de sulfate de fer en neige. La mousse
noircit et meurt.
(•2) Voir le numéro du 20 janvier, p. ol.
élevés et permanents. Lu reconstitution est
soumise à des lois physiologiques et natu-
relles qu'il n'est donné à personne de boule-
verser :
Un veau de boucherie se fait en trois mois
ou moins, mais un bœuf (de boucherie ou de
travail) et une vache de reproduction ne se
font qu'en trois ans, au minimum.
C'est donc avec raison et avec un légitime
souci de l'avenir que le Conseil supérieur dt-
l'Agriculture s'était, au début de la guerre,
prononcé en faveur do l'interdiction d'aba-
lage des veaux (décret d'octobre 1915). Il est
seulement regrettable que l'application de ce
décret soit restée lettre morte.
Si les veaux, sans distinction de sexe, coii-
tiauentà être sacrifiés comme ils le sont de-
L'AVENIR DU CHEPTEL ET L'ABAT AGE DES VEAUX FEMELLES
puis la guerre, il n'y a pas de raison pour
que nous ne restions pas dix ans ou plus
dans la situation où nous nous trouvons au-
jourd'hui. Est-ce à souhaiter? Non, sans le
moindre doute. Nos éleveurs trouvent aujour-
d'hui dans la vente du bétail une très large
rémunération de leur travail, j'allais dire
une rémunération inespérée, mais ils ont en
général la grande loyauté de déclarer eux-
mêmes que les prix sont excessifs; ils les
acceptent et les entretiennent parce que les
circonstances le permettent ; ils savent fort
bien que cela ne peut durer.
Car il y a une restriction efficace, qui,
celle-là, se fera toute seule, dont les consé-
quences sont difficiles à prévoir et qui com-
mence à se faire sentir je crois, c'est celle
résultant de l'abaissement des salaires et,
par suite, de la diminution de la richesse des
classes laborieuses. Le manque d'argent sera
le premier facteur de limitation de la con-
sommation de la viande comme de bien
d'autres denrées et, à ce point de vue, il aura
une répercussion sur le développement du
troupeau national.
Ce sera une conséquence heureuse si l'on
Aaut, regrettable aussi, car je déplore en
particulier qu'il n"y ait pas chez nous comme
en Angleterre des viandes congelées ou non,
à bon marché.
Des disponibilités en viandes congelées,
c'était là, par anticipation, la solution au
problème de la vie chère et de la viande
chère, à prévoir avant la fin de la guerre.
Tous ceux qui, depuis de longues années,
se sont occupés de la question de notre ravi-
taillement et de nos besoins en viandes, pen-
saient que notre cheptel se reconstituerait
rapidement à la faveur d'importations de
viandes qui limiteraient les prix et les aba-
lages. Les marchés avantageux et sans ris-
ques financiers n'ont pas été passés en temps
opportun pour nous fournir à bon compte et
durant longtemps des viandes congelées ;
avec la situation actuelle de notre change, il
n'y a guère à compter qu'elles puissent lar-
gement concurrencer nos viandes indigènes,
et tant que cette situation de notre change
persistera, il en sera de même.
L'importation des viandes étrangères ne
peut donc pas, temporairement il faut l'es-
pérer, nous donner la solution désirée; ce
n'est pas elle qui, dans les conditions ac-
tuelles du marché, fera sensiblement baisser
les cours.
Reste la question de nos viandes colo-
niales. Elles sont encore en quantités très
insuffisantes, mais avec elles les difficultés
du change ne se posent plus, et il y a lieu de
se demander si nos administrations métro-
politaines et coloniales font bien tout ce qu'il
est possible de faire pour en favoriser l'im-
portation maximum, au grand bénéfice de la
métropole et de la prospérité des Colonies.
D'oî#il résulte, en résumé, que l'on ne voit
pas de solution matérielle immédiate au pro-
blème de l'abaissement du prix de la viande
et du prix de la vie, puisque le troupeau fran-
çais' ne peut pas augmenter ses disponibi-
lités, puisque la récupération du bétail alle-
mand ne peut être qu'un palliatif léger et
que l'importation des viandes étrangères est
entravée par le change.
L'abaissement se fera par la restriction vo-
lontaire générale imposée par le manque
d'argent.
En cette matière, comme en bien d'autres,
il nous faut donc compter sur nous-mêmes :
reconstituer et augmenter notre troupeau,
développer et intensifier l'élevage, la produc-
tion etl'importation de nos viandes coloniales.
Ce n'est 'pas l'œuvre d'un jour, mais c'est
une œuvre de prévoyance pour un avenir
peu éloigné. Comment reconstituer, augmen-
ter et développer le troupeau national, abs-
traction faite des exigences de second rang,
concernant l'alimentation rationnelle, l'ali-
mentation intensive, etc. Pour augmenter le
nombre de têtes il faut avoir des jeunes, pour
avoir des jeunes il faut des mères, pour avoir
plus de mères il faut conserver des génisses,
c'est-à-dire ne pas les abattre pour la bou-
cherie.
C'est là du La Palice, mais si l'on veut
aboutir, il n'y a pas à sortir de celte formule.
Si l'on veut seulement donner satisfaction
aux masses plus ou moins intéressées à ré-
clamer ou à protester contre la mesure d'in-
terdiction d'abatage, il n'y aura qu'à conti-
nuer les errements suivis jusqu'à ce jour,
relativement à l'application du décret du
li octobre 1915. Personnellement, je reste
convaincu que si le décret du 14 octobre 1915
avait été respecté seulement en ce qui con-
cerne les génisses, la situation de notre chep-
tel serait très différente de ce qu'elle est;
mais c'était la guerre, et il est inutile de re-
venir sur le passé.
Ce qu'il faut voir, avant de se prononcer,
ce sont les conséquences du décret, c'est-à-
dire les avantages et les inconvénients.
Les avantages, ils sont incontestables;
c'est d'abord l'augmentation du nombre des
femelles, l'unique mesure nécessaire et suf-
fisante pour accroître numériquement le
troupeau dans un avenir très proche. C'est
INSTITUT PilYTOTECHNIQUE EN URUGUAY
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-ensuite l'augmentation des disponibilités en
lait alimentaire. Il s'agit donc bien d'une
mesure d'intérêt général.
Les inconvénients du décret, pour les in-
térêts privés ou régionaux, sont non moins
incontestables. Le premier est sans contre-
dit une atteinte portée à la liberté; mais ce-
pendant, si celte atteinte est motivée par
l'intérêt général, elle se trouve justifiée.
Le second est un préjudice matériel finan-
cier apporté aux entreprises d'élevage qui
l'ont le veau de boucherie. Un veau blanc de
trois mois rapportait à l'éleveur, dans ces
derniers temps, une moyenne de 1 000 à
1 200 fr. Il avait consommé à cet âge autour
de 1 000 litres de lait, ce qui fait que le litre
de lait, sous cette forme, se trouvait payé,
jusque dans les fermes les plus reculées, au
taux moyen de 1 fr. le litre. Le Gouverne-
ment ne peut avoir le droit de porter atteinte
à une industrie agricole aussi lucrative, que
pour une raison d'intérêt supérieur, c'est-à-
dire d'intérêt général concernant la recons-
titution du cheptel.
Il est plus économique de faire en trois
mois un veau de 1 000 à 1 200 fr. que de
faire une bête d'élevage de deux ans valant
2 000 fr. Il faut donc que l'on sache bien et
quel'on affirme que dans les circonstances
actù-elles, l'interdiclion d'abatage des veaux
femelles est une mesure qui porte un préju-
dice financier aux intérêts personnels immé-
diats des éleveurs; mais par ailleurs je pense
qti'il est permis de déclarer que les bénéfices
généraux réalisés dans la production du bé-
tail sont suffisants pour que l'on sollicite ce
sacrifice des intéressés.
Il y a encore un autre motif : l'intei'-
diction d'abatage des veaux de boucherie
augmentera les disponibilités en lait. Je ne
sais si les grandes villes en bénéficieront
beaucoup parce que l'engraissement des
veaux se fait dans certaines régions ou dans
les fermes de la campagne, mais il restera
davantage de lait pour la fabrication du
beurre ou du fromage.
Un veau de boucherie d'excellente qualité
consomme approximativement à quelques
dizaines d'unités près, le chifi"re donné ci-
dessus. Un veau d'élevage, dès la deuxième
semaine, peut se contenter de mélanges de
lait normal et de lait écrémé et dès l'âge de
deux mois il est sevré, partiellement; il con-
somme rarement plus de 300 à 400 litres de
lait normal, encore est-ce là un maximum
puisque dès l'âge de quinze jours, avec des
rations bien constituées, il peut être élevé
avec du lait écrémé et des aliments de com-
plément.
Ce sont là les motifs majeurs qui justifi-
raient l'application stricte du décret, tout le
reste ne peut porter que sur des considéra-
tions secondaires ; mais il y a lieu toutefois
de regretter que la remise en vigueur de ce
décret, comme sa promulgation en 1915,
aient coïncidé avec le début de l'hiver, c'est-
à-dire avec la saison la plus défavorable
pour la mise en pratique des procédés d'éle-
vage. Dans les deux cas, les éleveurs ont pu
se plaindre avec raison de n'avoir pas été
prévenus ni consultés à temps.
(A suivi^e.) G. Mocssu.
INSTITUT PHYTOTECHNIQUE EN URUGUAY
Le Gouvernement de la République orien-
tale de l'Uruguay, dans l'Amérique du Sud,
a créé depuis quelques années sur le do-
maine de La Estanzuela, sous le titre de
Imliluto Fitotecnico y Stmilltro national, un
établissement de recherches d'ordre scien-
tifique en vue de sélectionner les variétés de
céréales et de plantes fourragères les mieux
adaptées aux besoins du pays.
L'organisation de cet établissement mérite
d'être signalée. Un rapport de son directeur,
le D"" Alberto Boerger, fait connaître les prin-
cipaux résultats acquis jusqu'ici.
C'est sur un domaine d'une étendue de
il8 hectares que l'établissement a été créé.
273 hectares sont cultivés, dont 250 con-
sacrés à la multiplication des semences de
blés pedigrees, obtenues au nombre de trois
variétés, par une sélection de blés améri-
cains primés à la première exposition natio-
nale de blés organisée dans l'Uruguay.
Ces blés pedigrees ont été, au cours de
l'année 1918-1919, cultivés par une trentaine
d'agriculteurs en comparaison avec les se-
mences communes. Le rendement moyen
en grain, sur l'ensemble de ces exploita-
lions, a été de près de 1 375 kilogr. par hec-
tare, au lieu de 679.5 pour les]^blés communs,
soit de plus du double. C'est un résultat trop
encourageant pour ne pas 'persévérer dans la
multiplication et la diffusion de ces variétés,
et pour ne pas poursuivre une amélioration
dans leur rendement.
Le !)'■ Alberto Boerger conclut que, la
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TRACTEUR VJTICOLE <