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Full text of "Journal d'agriculture pratique"




FONDÉ EN 183TPAR ALEXANDRE BIXIO 

et J8URNAL DE L'AÈRI CULTURE 

FONDÉ EN ,366. FUS.ONNÉ AVEC LE JOURNAL DAGRICULTURE PRATIQUE EN f909 

RÉDACTEUR EN CHEF : 
Henry SAG%riER, « 

SAorAtAire nerDÔtuel de" l'Académie d'Agriculture, 
A„;...n rédacteur en chef drC". 'hI Lçricut^. Me.br, du Conseil supérieur de . A^ncuUure. 



Secr 



étaire de la Rédaction Pierre BERTHAULT 



Ingénieur agricole. Dûcteur es sciences. 



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8l« ANNÉE. — 19n 
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NooireUe série. - TOME 30 

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PARIS 

LIBU vIKlK AGRICOLE 1>E LA MAISON lUJSTlQUK 

26, RUE lACOB, 26t_ 

1917 ^ "^ 



--•«V OP THK NBW VOKK BO.....^ ,^,, 



JOURNAL 



D'AGRICULTURE PRATIQUE 

et JOURNAL m l/AGRICULÏUliE 

FUSIONNÉ AVEC LE JOURNAL D'AGRICULTURE PRATIQUE EN 1909 



i 



81 ANNÉE - 1917 

Nouvelle H«rle— TON K :tO 

Tome lil de lv collection cohi-lètb ou Jourmal d'Acricultuh» riiATioL'» 



PRINCIPAUX COLLABORATEURS 

nu JOURNAL D'AGRICULTURE PRATIQUE 



II. (1 Anchald, ingénieur a^'iicole. 

I'. àndouard. .lir.-cleur de station agronomique. 

I>. Antoine, in^'énieur n^-ronome. 

Jame- Aguet. s^riiulleur Italie). 

Ardoniu-Dumazet it. imbliciste. 

Octave A'idebert, viticulteur (Gironde). 

Henri Aymé, apiculteur Vaucluse). 

G. Barbé, métcorolosiste au Bureau central. 

L. Barillot ift, artiste peintre. 

Fcrnand de Barrau. agriculteur (Aveyron'. 

Maurio" Beau, in^'fuieur agronome. 

Cil. Beaugé. ingénii-ur Egypte;. 

C. Bodmer, «ii^sinateur. 

E. Boulet, l'rosiilent du Syndicat agricole du Itou- 

A. Bourilly. professeur à l'école d'agriculture d'IIyères. 
\ Bourgne. \)' de-» Services agricoles de l'Eure. 
L. Bourguignon, it, ancien directeur du .loumal 

,1 .hliicilllure pliilique. 

L. Bréchemin. aviculteur. 

V. Bréheret ft. inspecleur do l'agriculture. 

L. Brétiguière, pr.>fesseur à Grignon. 

Raymond Brunet, ingénieur agronome. 

J. i\I. Buisson ft, mmlat.iire aux Halles centrales 

G. Bulharowski, ingénieur agronome. 

\.. Bussard. s-ilirccteurde la Stal. dessais de semenc. 

Georges Carie, directeur de lAgricult. à Madagascar, 

Chapelle, dincteur du Service de l'Oléiculture. 

Chervin, dir.des Servic.de l'expérimentation (.\lger:. 

E. Chomet V* ■ propriélaire-éleveur (Nièvre). 

A. L. Clément ïï. naturaliste, dessinateur. 

It Clerc. in:,'(nieur agronome. 

K. Couvert iï. ancien professeur il l'in-titut agronom . 

G.Couanon. 1 1. «, inspecleur général de la viticulture. 

G. Coupan, ing agr., répétiteur à l'Institut agrou. 

K. Couston, mgénieur agricole, agriculteur (Algérie . 

J. Crevât, .igriculleur (Ain). 

J. Crochetelle, directeur de Station agronomique. 

y. Decbambre, professeur fl Alforletà Grignon. 

A. Demolon.ilirccleurde la Station agron. de l'Aisne. 

D. Donon, Il des Services agricoles du Loiret. 

V. Ducomet. professeur à l'école dagr. de Uennes. 

lleiii V Dupays, ingénieur agronome. 

J. Duplessis ft, professeur honoraire d'agriculture. 

Georges Emion, docteur en droit. 

Ferrouillat ^t, directeur de l'école de Montpellier. 

Flenrentft.prof.au Conservatoire des arts et métiers. 

E. Foëx. direct.de la Station de pathologie végétale. 
G. Fron, maître de conférences h l'Institut agronom. 
Alfred Gallier. ft, inédccin-vélérinaire (Calvados . 
Garola ft, <lirectcur de la Station d'Eure-ct-Loir. 
U. Gayon, 0. «.direcl.de la Station agr.de Bordeaux. 
A.-Cb. Girard, (t. ft, professeur à l'Institut agronom. 
\ndré Gouin, agriculteur Loire-Inférieure). 
Ilaoul Gouin. ingénieur agronome. 

Henry Girard, agriculteur. 

Alfred Grau, ingénieur agronome. 

G. T.-Grignan, publiciste agricole. 

II.Grosjean, ii.ft. inspecteur général de l'agriculture. 

Oh, Guliroy. ingénieur agronome. 

J.-M. Guilloa.iV. inspecleur général de la vilicullure 

II. Hitier, maître de conférences h t'Inutitiit .igrono m. 

Jo-ieph Hitier, professeur à l'Institut agronomique. 

E. Kayser. ft, direct, du laboratoire des fermentations. 

Labergerie. agriculteur Vienne). 

S. G. de Iiabarps, professeur d'agricult. (Charente). 



M. Laplaud. ingénieur agronome, agriculteur. 

11. de Lapparent, (I. -jï, insp, gén, bon. de l'agric. 

S. de Larclause, 'it. direct, de ferme-école (Vienne). 

Lavalard. O. '^. de I Académie d'agriculture. 

Ernest Lemoine, >&. aviculteur, 

Eug Leroux, direct, de l'école de Fayl-Iiillot. 

I'. Lesourd. publiciste agricole. 

Pierre Lesue, assistant au Muséum 

1-. Lindet, O. ft, professeur à l'Institut agronomique. 

,I.-E, Lucas, ingénieur-agronome. 

F. Main, ingénieur agronome. 

L, Malpeaux, dir. de l'école d'agr. de liertlionval, 

H, Mamelle, maître de Conférences à Grignon. 

l-onis Mangin, 0. Sï, membre de l'Institut. 

Maurice Mangin, inspecleur des Eaux et Forêts, 

1)'^ Marchai ïï, membre de l'Institut. 

11. Marié Davy, ingénieur agronome, 

F'inncis Marre, cliimiste expert. 

1.. Mathieu, directeur de Station œnologique. 

1', Mazé ft.chel de service à l'Institut Pasteur. 

J, Méline. sénateur. 

A. Menegaux. assistant au Muséum. 

E. Miège, chef de travaux à l'école de Rennes, 

N. Minangoin. Insp. lionor. de l'agricull. (Tunisie;. 

Pierre df Monicault. ingénieur .agronome. 

D' G. Moussu Sï, professeur à l'école d'Alfort. 

Paul Muller. agriculteur à Egiiisheim. 

A. Mùntz. 0, ô.de l'.Vcadémie des sciences. 

J. Nanot,0.!ft, direct, de l'école d'hortic. de Versailles. 

E. Noffray. botaniste cryptogamiste. 

li. Olry, ingénieur ngrommie. 

lîieul Faisant, du Comité de la vente du blé. 

G. Pageot. ii. agriculteur (Sarthe). 

M' G. Patrigeon. jï, viticulteur (Indre). 
G. Paturel. directeur de Station agronomique. 
Le baron Peers. agriculteur , Belgique). 
J. Pellissier. professeur d'agriculture (Lot-el-Gar,), 
H. Pillaud, ingénieur agronome, 
Emile Pluchet, présideut de la Société des Agricul- 
teurs de France, 
Eugène Pluhet, de l'Académie d'agriculture, 
E, Rabaté, 11' des Services agric. (Cher,. 
J.-ll. Ricard, ingénieur agronome. 
M. Ringelmanu ?#, professeur à l'Institut agronom. 
Erne-t Robert, président du comice de Sl-Quentin. 
A. Rolet, ingcTiieur agronome. 
E, Rousseaux «, rcdc Station agronomique. 
Paul Roux, agriculteur ,Puy-dc-Dôoie). 
L. de Roussen, viticulteur, 
F:milc Saillard. professeur à l'école de Douai. 
E. Schribaux, ft, professeur à l'Institut agronom. 
T. Sarazin. iirofesseur d'agriculture (Vendée). 
L. Tardy Sï, inaitre de conférences à l'Inst. agron. 
Eug. Tisserand. G. O, «, membre de l'Institut. 
A, Truelle, de l'Académie d'agriculture. 
Marcel Vacher, n.ft, de l'Académie dagricullure, 
J. Van der Vaeren, insp de l'agriculture (Belgique). 
.M. de Vilmorin, -:t. de l'Acalémie d'agriculture, 
l'h. de Vilmorin f< de I Académie dagricullure. 
P, Vimeux. ingénieur agronome. 
!.. Vualluart. dire, teur de Station agronomique. 
J.-P. Wagner, professeur d'agriculture (Luxembourg). 

G. Warcollier. D' <le la Station pomologique. 
G. Wery. ft. sou>-ilirectcur de Mnstrtut agronom. 
P. Zipcy. professeur d'agriculture ((Charentes)). 
I) ZoUa. professeur à l'école de Grignon. 



JOURNAL 



D'AGRKCLÏITÎE PRATIQUE 



FONDE KN 1837 PAR ALEXANDRE BIXIO 

et JOURNAL OE L'AGRICULTURE 

FONDÉ EN 1366, FUSIONNÉ AVEC LE JOURNAL D'AGRICULTURE PRATIQUE EN 1909 

RÉDACTEUR EN CHEF • 
IIenuy SAGlMER, 0. « 

Secrétaire perpt-tuol de l'Acadt^raio d'Agriculture. 
Ancien rédacteur en chef du Journal de l'Agriculture, Membre du Conseil supérieur de l'Agriculture. 



LIBRAT»Y 

NEW Y t 



Secrétaire de la Rédaction : Pierre BERTHAULT 

InL'énieur agricole, Docteur es sciences. 



81" ANNEE. — 1917 

.\ouvelle série. — TOUE :tO 

Tome 141 de la collection complète do Joobïial d'Aoriculture phatique 




PARIS 
LIBHAIKIE AGRICOLR IJE LA MAISON RUSTIQUIi: 

26, RUE JACOB, 26 

1917 



/9l7 



JOURNAL 

D'AGRICULTURE PRATIOUE 



CHRONIQUE AGRICOLE 



Vole par le Parlement îles douzièmes provisoires pour le premier trimestre île lon.— Rilovements d impôts 
directs et d'impôts de consommation. — Itessources demandées à ces relèvement;-. — liiscussiun au 
Sénat du projet de loi sur la culture par l'État des terres abandonnées. — Renvoi d'une partie du projet 
et adoption d une autre partie. — Observations de MM. Méline. I.liopiteau, le 11'' Chauveau. — Illusions 
à écarter. — Mesures vexatoires dans l'application des taxations. — La récolte di's vins en 1916. — 
Résultats des vendanges en Tunisie et en .Vlgérie. — Nécrologie : mort de M. Kdouard de Monicanlt et 
de M. A. Chauveau. — La culture des pommes de terre. — Interdiction de l'importation de l'alcool. — 
Les cours il'eau non navigables. — Prix décerné il M. Moussu par l'Académie des sciences. — Les 
parasites du hanneton. — Syndicat de culture mécanique de Pontoise. — Essais dans la Dordogne. — 
Taux des primes à la culture du lin et du chanvre et à celle de l'olivier. — Les pièces de rechange des 
machines Agricoles allemandes. — La réquisitiim des laines en l'jn. — Les semences de blé du Manitoba. 
La nouvelle récolte de blé dans la République .\rgeritine. — Essais viticoles aux États-L'nis. — Elude de 
M. Pifdallu sur les légumes sauvages. — Prochain concours de bétail à Moulins. 



Le budget de 1917. 

Avant la clôture df la session de 19l(i, le 
Parlement a adopté le projet de loi sur les 
crédits provisoires applicables au premier 
trimestre de Itll". qui est devenu la loi du 
30 décembre l',tl(>. L'ensemble de ces crédits 
s'élève à la somme de 8 milliards 633 millions 
de francs. Four faire face, au moins partiel- 
lement, à ces énormes charges, il était néces- 
saire de recourir à un relèvement des im- 
pôts; il eiH même été sage de procéder plus 
lot à celte mesure. Ces relèvements s'appli- 
quent tant au.\ contributions directes qu'aux 
contributions indirectes. 

Pour les contributions directes, le tau.x de 
rimpôl globul sur le rovenu a été relevé pro- 
portionnellement fi l'importance de ce re- 
venu ; en outre, la déclaration a été rendue 
obligatoire. Le taux de l'impôt sur les béné- 
fices exceptionnels de guerre est relevé. Il 
est créé une taxe de guerre sur les Français 
mobilisables exemptés, réformés ou retraités 
avant le 1" août 1914. La redevance des mi- 
nes et les taxes sur les chevaux et voilures 
sont doublées. L'impùt sur le revenu des va- 
leurs mobilières est porté à 5 ou 6u,0 .sui- 
vant les cas. 

Quant aux contributions indirectes, les re- 
lèvements portent surtout sur les boissons; 
le droit de circulation est porté à 3 fr. par 
hectolitre pour les vins et à 1 fr. 60 pour les 
cidres, la taxe de fabrication des bières à 
fr. 50 1e degré-hectolilre ; les eaux miné- 
rales sont frappées d'une taxe de 2 à ("> cen- 
times par litre. La taxe de consommation sur 
les sucres est portée de 23 i 40 fr. par 100 ki- 

11 Janvier 191". — N° 1. 



logr. Un relèvement analogue atteint les den- 
rées coloniales : café, thé, cacao, etc. Les 
taxes postales et télégraphiques sont relevées, 
de même que les taxes sur les tabacs. 

Le produit de l'ensemble de ce.= relève- 
ments a été évalué à près de (iOO millions de 
francs pour une année de guerre. Toutefois, 
comme l'a fuit remarqu(!r M. .\iniond, rap- 
porteur du projet au Sénat, ce n'est qu'un 
premier pas, qui devra être suivi de beau- 
coup d'autres. L'effort demandé au pays 
s'ajoute ù ceux qu'il poursuit avec énergie. 
Comme ia dit M. Ribot, ministre des Fi- 
nances, devant le Sénat, tous les citoyens 
doivent le faire de bonne grâce, avec la pen- 
sée qu'ils servent la France. 

Les terres abaDdoniiées. 

On a lu dans la précédente Chronique 
(p. i'tl) que la Chambre des députés avait 
adopté un projet de loi présenté par M. Clé- 
mentel, ministre du Commerce et de l'Agri- 
culture, sur la culture par l'Ktat des terres 
dites abandonnées. Ce projet comportait 
deux parlii's qui ont eu un sort didérenl de- 
vant le Sénat. 

La première jiartie comportait l'organisa- 
tion administrative de ces travaux par des 
di-spositions découlant de Tapplicalion de 
l'article 1" conçu en ces termes : 

Il pourra être procédé, pendant la durée de la 
gueire et la campagne agricole qui .suivra la ces- 
sation des hostilités, par l'Administration de 
l'Agriculture, au moyen d'équipes pourvues 
d'appareils appropriés et dans les conditions 
fixées par arrêté ministériel, à lu culture des 
terres inexploitées. 

ion.— I 



K CHRONIQUE 

Le prix des travaux sera recouvré sur le bérié- | 
liciaire comme en matière de ( oiitriliutions di- ' 
reclcs et le recouvreineiil en sera garanti par un 
recouvrement sur le produit de la récolle qui | 
prendra raiii; iimnédiatement après le privilège 
du Trésor relatif i\ la contribution foncière. 

Aucune action ne poui ra être intentée à l'Etat 
ou à ses représentants par le propriétaire ou 
l'exploitant habituel à raison de l'exécation ou 
des conséquences de ces travaux. 

Ces flispo.silions au moins (''tranges ne 
pouvairni manquer de soulever des objec- 
tions. M. Méline et M. Lliopiteau les ont pré- 
sentées et le Sénat, malgré les vives instances 
du ministre, leur a donné raison, en écartant 
et en renvoyant à la Commission cet article 
et les dispositions qui en découlaient. 

Tout en con.slatant qu'il faut employer tous 
les moyens pour mettre en culture toutes les 
terres qui ne sont plus cultivées, M. Méline a 
fait observer que la meilleure méthode con- 
siste à aider et à encourager les initiatives 
locales prévues déjà par la loi et ;\ ne pas 
leur substituer une organisation administra- 
tive irresponsable. «^ L'expérience qui a été 
faite de l'Hlat agriculteur, a-t-il dit, n'estpas 
assez encourageante pour que 1 on puisse être 
complètement rassuré sur l'u-sage qui sera 
fait (le cette disposition. •■ 

Quant à la deuxième partie du projet, elle 
avait pour objet d'ouvrir un crédit de liO mil- 
lions de francs destine à l'achat de matériel 
de culture mécanique. Elle a été adoptée à 
l'unanimité par le Sénat, comme elle l'avait 
été par la Chambre des députés, et elle est 
devenue la loi du 2 janvier (voir p. 18). 

Au cours de la discussion, il h. été beau- 
coup insisté, notamment par M. le D' Cbau- 
veau, sénateur, sur l'opiiortunité de réserver 
une large place aux constructeurs français 
dans l'acquisition de matériel par le minis- 
tère du Commerce et de l'Agriculture. C'est 
un vœu très légitime, mais ce n'est qu'un 
vœu: M. Clémentel ayant déclaré son inten- 
tion de procéder immédiatement ;i l'acquisi- 
tion d'un millier de machines, il parait diffi- 
cile (|u'il soit écouti) aujourd'hui. 

O'iant à l'induence que ces dispositions 
exerceront réellement sur raccroissement des 
semailles de printemps, il est permis, toulen 
rendant hommage à la bonne volonté (|u'elles 
manifestent, de réserver son opinion. 

A la Chambre des députés, M. Clémentel 
avait annoncé qu'au mois de mars, avec 
lîf) batteries de iO appareils de culture mé- 
canique, il serait labouré :J0() 0(»(i hectares 
qui, avec un rendement de 12 quintaux, pro- 
duiraient 3 litMJ OIX) quintaux de blé qu'on fe- 
rait ainsi surgir de terre. Mais,au Sénat, M. le 



AGIUCOLE 

D' Cliauveau a montre el;iirement qu'il .«erait 
im]iossil)le de réaliser <le tels projets au prin- 
temps, et que, quel que fût le zèle dépensé, 
on ne pourrait en atteindre qu'une partie, 
qu'il est d'ailleurs impossible d'évaluer exac- 
tement. Il était utile de détruire des illusions 
dangereuses. 

Le fonctionnement des taxations. 

Les diflicullés créées au commerce agricole 
par le régime des taxations ont pri^', dans les 
dernières semaines, des proportions de jour 
en jour plus exagérées: les préfets semblent 
s'ingénier à les multiplier à plaisir. 

Dans cerlains départements, des arrêtés 
préfectoraux plus ou moins légaux ont inter- 
dit la sortie des blés en dehors du territoire 
du département. Ailleurs, l'expédition des 
blés au delà d'un rayon de 200 kilomètres a 
été interdite C'est, sous prétexte d'assurer 
les a|)provisionneraents, la méthode la plus 
si'ire pour en arrêter la marche régulière. 

La même incohérence se manifeste pour 
la taxation des beurres. Cette taxation est ap- 
pliquée dans quel<iues départements, mais 
elle n'existe pas dans d'autres. Dans certains 
départements où elle est appliquée, il est in- 
terdit aux producteurs d'expédier le beurre 
hors du département |>our être vendu au- 
delà de ses limites. 

Il suffit de constater cette série de faits 
pour reconnaître qu(!, si l'on voulait décou- 
rager définitivement la production, on n'agi- 
rait pas autrement. 

Récolte des vins. 

On trouvera plus loin (p. 9) le relevé par 
départements de la récolte des vins en 19i(> 
pour la France et pour l'Algérie. 

La production en France est accusée être 
de 'M millions et demi environ d'hectolitres ; 
elle est ainsi inférieure aux évaluations offi- 
cieuses prématurées qui la portaient i\ 10 mil- 
lions d'hectolitres. Il est vrai que l'Adminis- 
tration se venge de ses erreurs en déclarant 
que les déclarations semblent n'avoir porté 
que sur les quantités destinées A la vente. 

On doit remarquer, d'autre part, que le stock 
chez les vignerons dépasse à peine 1 million 
3i>0 000 hectolitres, alors qu'il était, en oc- 
tobre lOl.'l. de près de 7 millions d'hecto- 
litres; le stock commercial reste, depuis plu- 
sieurs mois, autour de G millions et demi 
d'hectolitres, chiffre également très réduit. 
(In ne saurait donc s'étonner de la grande 
fermeté des prix des vins; maison peut regret- 
ter que des ventes prématurées aient, dans 
la région méridionale, privé un certain nom- 
1 bre de propriétaires du bénéfrce de ces prix 



CHRONIQUE AGRICOLE 



A ces renseignements, ou doit ajouter que 
la récolle des vins en Tunisie a été éva- 
luée à liOO 000 hectolitres, el qu'en Italie on 
évalue le rendement à 38 700 000 hectolitres, 
au lieu de 19 055 000 en 1915. 

Nécrologie. 
M. Edouard de Monicault, membre de 
r.Vcadémie dAgriciillurc, vice président lio- 
noraire de la Société des .agriculteurs de 
France, est mort à Paris le 27 décembre à 
l'âge de quatre-vingt-sept ans. Ancien officier 
de marine, décoré de la Légion d'honneur à 
la défense de l'aris en 1870, il ;i consacré la 
plus longue partie de sa carrière à la pra- 
tique et â la propagation des progrès agri- 
coles. Propriétaire d'un vaste domaine dans 
les Dombes, il y donna de rpin.irquahles 
exemples des meilleures méthodes à suivre 
pour la transformation de cette région, na- 
guère déshéritée. .\ la Société des Agricul- 
teurs de France, où il déploya pendant long- 
temps une activité exceptionnelle, il im- 
prima aux travaux de la Soclion d'Agricul- 
ture une impuUion éminemment utile parles 
éludes et les ob.servations i[iril provoqua sur 
'lesmélhodes de culture, sur l'enip/oi des en- 
grais, etc. Il avait acquis une grande autorité 
dont il se servait surtout pour développer le 
progrès. 

— M. Auguste Chauveau, .^nembre de 
l'Académie des Sciences et de r.\cadémie 
d'Agriculture, est mort à Paris le i janvier 
dans sa quatre-vingt-dixième année. Une 
de.s plus belles ligures de la Science fran- 
çaise disparaît ainsi après uce longue et 
brillante carrière dont l'activité ne fut jamais 
interrompue. Après avoir été directeur de 
l'Ecole vétérinaire de Lyon, Chauveau devint 
inspecteur général des Ecoles nationales 
vétérinaires et des Services sanitaires, et 
professeur de pathologie comparée au Mu- 
séam d'histoire naturelle de Paris. Les tra- 
vaux qu'il |ii)ursuivit sur la luberculose et sur 
les agents virulents des maladies conta- 
gieuses, et dans un cadre plus général, sur 
"les problèmes de la nutrition et du travail 
musculaire et sur le rôle du sucre dans ce 
travail, sont devenus classiques et l'ont placé 
au premier rang des savants dont le nom 
brillera lou jours dans l'histoire des décou- 
vertes modernes. 

Culture des pommes de terre. 

On a aaooncé qu'un nouveau Service a été 
créé par le ministre du f.ommerce et de 
l'Agriculture en vue de développer la culture 
de la pomme de terre et que ce Service a été 



placé sous la direction de M. Le liouzic, 
député du Morbihan. Tous les cultivateurs 
qui voudront se procurer des tubercules il 
planlej les obtiendront en s'adressant au 
Service central de la production des pommes 
de terre, au ministère do l'Agriculture, 78, 
rue de Varenne, ù Paris. 

Le commerce de l'alcool. 

Un décret en date du 22 décembre a prohibé 
l'importation, en France et en Algérie, des 
alcools et des eaux-de-vie, aiusi que des 
liqueurs d'origine ou de proveuam-e étran- 
gère. Cette proiiibition ne s'applique pas aux 
alcools importés pour le compte de l'Etat, 
non plus qu'à ceux destinés aux usages de 
diverses industries. 

Les cours d eau non navigables. 

Par un décret du H-l (lécembre, les attribu- 
tions exercées par le ministre du Commerce 
et de l'Agriculture, en ce qui concerne l'amé- 
nagement et l'utilisation des forces hydrau- 
liques sur les cours d'eau non navigables ni 
flottables ont été transférées, pour la durée 
des hostilités, au ministère de l'Armement 
et des labricalions de guerre. 

Cette mesure tend évidemment à permettre 
aux usines travaillant pour l'armée de s'em- 
parer dans les régions montagneuses, Fans 
passer par les prescriptions réglementaires, 
des ruisseaux propres à fournir la force 
motrice qu'on appelle communément la 
« houille blanciie ". 

Académie des Sciences. 
L'Académie des Sciences a tenu, le 18 dé- 
cembre, sa séance annuelle pour la distribu- 
tion des récompenses. Au nombre de ces ré- 
compenses, nous devons signaler, parmi les 
prix de physiologie, l'attribution du prix 
Barbier (2 000 fr.) à notre excellent collabo- 
rateur, M. Moussu, professeur à l'Ecole na- 
tionale vétérinaire d'Alfort, pour ses re- 
cherches sur les méthodes de tuberculinali<m 
des animaux domestiques. Nos lecteurs ont 
été tenus au courant de ces mélhotles qui 
sont désormais, comme le conslate M. le doc- 
teur Uoux, entrées dans la pratique el qui y 
rendent les plus grands services. 

Parasites du hanneton. 
Dans la séîinie de l'Académie des Sciences 
du 11 décembre, M. P. Marchai a présenté 
une note de M. A. Paillnt sur des microbes 
nouveaux, pnrasites du hanneton. Ces mi- 
crobes ont été déterminés par M. Paillol, qui 
en a montré le caracl<jre pathogène pour I 
hanneton el pour certaines chenilles. 



CHRONIQUE AGRICOLE 



Culture mécaniqu 
Nous recevons la noie suivante sur la cons- 
titution du Syndicat de culture mécanique 
de l'aiTOiniisscment de Ponloise (Seine-el- 
Oisej, le plus important qui ait été organisé 
jusqu'ici. 

Sur l'initiative de M. Caneuvilie, professeur 
d'agriculture, un certain nombre d'agriculteurs 
de l'arrondissement de Pontoise se sont cons- 
titués pn syndicat professionnel, présidé par 
M. Mciiinirel, agriculteur à Villiers-le-Sec, d:iiis 
le bul d'acquorir des tracteurs mécaniques et de 
procéder sans rel.ird aux labours et façons 
diverses acliullement en souffrance. 

Le capital constitui- à l'aide de parts souscrites 
par les syndiqués proportionnellement au 
nombre d'hectares labourables, a permis l'achat 
des appareils suivants : 

18 tractours Kmerson de 20 chevaux 
Il — Arion de 40 — 
2 — Avery de 35 — 
2 — Avery de 16 — 
:i — Avance de 20 — 
1 — MM de 16 — 

Soit 32 tracteurs pour 'jOO 000 fr. environ. 
L'action du Syndicat s'étendra à 22 communes 
pour 7 200 hectares de terres labourables propres 
à la culture intensive du blé et de la betterave à 
sucre. La rareté de la main-d'u'uvre agricole dans 
cette région n'sultant île la mobilisation des 
ouvriers belges, de la proximité des usines de 
guerre et de l'interdiction longtemps en vigueur 
de l'emploi des prisonnier.s de guerre, a décidé 
les cultivateurs à adopter d'urgence ces nou- 
veaux moyens de travail. 

Avec les tiacteurs déjà achetés par des paiti- 
culiers en dehors du Syndicat, on compte envi- 
ron 40 appareils dans l'arrondissement de Pon- 
loise et l'on doit envisager la possibiliti' d'en 
utiliser le double d'ici peu de temps. 

La Société d'encouragement à l'.Vgricullure 
et la Direclion des Services agricoli^s de la 
Unrdogne organisent des essais de culture 
mécanique qui auront lieu aux environs im- 
médiats de l'érigueux les 21, 22 et 23 février. 

!.,e règienienl de ces essais sera envoyé sur 
demande adressée à M. lu directeur des Ser- 
vices agricoles de lu Dordogne, A Périgueux. 

Culture du chanvre et du lin. 
Uu arrêté ministériel in date du 27 dé- 
cembre a fixé à 00 fr. par hectare, pour 
l'exercice 191<», le taux de la prime allouée 
aux cultivateurs de lin et de chanvre par la 
loi du 2» octobre lOKi. (.c taux de •>(» fr. est 
le maximum prévu par l;i loi. 

Primes à la culture de l'olivier, 
l'n arrêté ministériel en date du 27 dé- 
cembre a fixé, pour l'exercice liH'i, à I S fr. ."iO 
par hectare le taux de la prime à la culture 



de l'olivier. Ce taux est le même que pour les 
trois exercices précédents. 

Les machines d'origine allemande. 
La Chronique du 2 novembre l'JKi a si- 
gnalé (p. 371) les réclamations d'agriculteurs 
qui ne peuvent se procurer les pièces de re- 
change de machines agricoles d'origine alle- 
mande achetées avant la guerre, quoique 
ces pièces de rechange existent en asse?. 
grande abondance dans les magasins, mis 
sous séquestre. On nous aftirnie que, depuis 
quelque temps, des ordres formels ont été 
donnés aux gardiens de ces séquestres pour 
qu'ils aient à satisfaire aux demandes qui 
leur seraient adressées. 11 est permis de re- 
gretter que ces ordres n'aient pas reçu jus- 
qu'ici une réelle publicité. 

Réquisition des laines indigènes 
Une note administrative fait connaître que 
la réquisition militaire s'exercera sur toutes 
les laines provenant de la tonte des trou- 
peaux en 1917. Les maires de toutes les com- 
munes sont requis de faire réserver el tenir à 
la disposition de l'autorité militaire ou des 
per.scinnes déléguées par elle et munies 
d'une commission du ministre de la Guerre, 
non seulement toutes les laines en suint ou 
lavées à provenir de la tonte en 1917, mais 
encore les laines de la tonte 1016 ou même 
des tontes antérieures existant encore che/. 
les producteurs et qui, pour une raison quel- 
conque, n'auraient pas été livrées lors des 
opérations précédentes. Les laines exotiques 
et les laines de France provenant du délai- 
nage des peaux sont exclues de la réquisi- 
tion. 

Le blé du Manitoba. 

On a lu dans la Chronique du 28 décembre 
(p. 440) dans quelles conditions les cultiva- 
teurs peuvent se procurer des semences de 
blé du .Manitoba. D'anire part, les marciiands 
de grains ont été invités à demander au Ser- 
vice du ravitaillement représenté par le pré- 
fet de leur département les quantités de ce 
blé dont ils prévoient le placement auprès de. 
leur clientèle. Ils doivent s'engager à rendre 
en échange du Idé indigène dans la propor- 
tion de 104 kilogr. de ce dernier pour 100 ki- 
logr. de blé du Manitoba et à livrer ce blé de 
semence aux agriculteurs avec une majora- 
lion de i fr. par 100 kilogr. sur le prix du blé 
indigène échangé. 

Le blé dans l'hémisphère austral. 
D'après l'Inslilul international d'.Xgricul- 
ture de Rome, la première prévision ofticielle 
sur la nouvelle récolte de blé dans la Repu- 



ItKCiiLTE DKS VINS EN (•'HANCE E 

blique Argpntine évalue colle récolte à 
2i 063 000 quintaux contre Kl ',)88 000 l'année 
précédente; ce serait un délicit de plus de 
moi lié. Mais l'Australie prévoit une récolte 
un peu supérieure à la précédente : 40 mil- 
lions 480 000 quintaux contre 38 91!) 000. 

En ajoutant ces données aux renseigne- 
ments sur la récolte d;ins l'hémisphère sep- 
lenlrionale, on obtient, pour l'ensemble de 
la production du blé, un total de 73'i mil- 
lions 750 000 quintaux. Ce total représente ù 
peine les trois quarts de la production accu- 
sée pour la récolte précédente. 

Essais viticoles aux États-Unis. 

Le Département de l.Vgriculture aux Riats- 
Cnis a publié récemment un rapport impor- 
tant dCi à .M. George C. Ilusmann, pomolo- 
gisle chargé des recherciies vilicoles, sur les 
expériences poursuivies sur les diverses 
variétés de vigne introduites dans les régions 
viticoles. 

C'est surtout dans l'I-iiat de Californie que 
ces expériences sont pour.suivies ; les pre- 
miers résultats en ont été publiés en 1910, le 
nouveau rapport complète celte première pu- 
blication, en même lempi-i qu'il décrit les 
essais inaugurés définis celte date. 

Dou/.e vignes expérimentales ont été créées 
sur la côte du Pacifique, avec le concours des 
propriétaires; elles servent surtout ;\ étudier 
les conditions d'adaptation des variétés au 



T EN .\LiiÉRIE EN 191t) ET EN 1915 9 

sol et au climat, ainsi que celles d'affinité 
dans les opérations de greffe. On ne peut que 
résumer brièvement les conclusions tirées 
d'une expérience désormais prolongée. Klles 
font res.sortir d'une manière très nette les 
qualités des vignes franco-américaines qui 
se montrent supérieures dans la grande ma- 
jorité des circonstances. 

Les légumes sauvages. 

Inspiré par la pensée de provoquer l'utili- 
sation de tous les produits susceptibles de 
servira l'alimentation, M. .\ndré Piédallu a 
publié, sous le litre Les lérjumps smivaqes, une 
intéressante brochure dont le titre indique le 
sujet. On y trouve, en efl'el, la de.scriplion des 
plantes non cultivées qui peuvent servir 
comme légumes. La liste en est assez longue. 
Des dessins et des aquarelles de M. A. Millot 
complètent heureusement le texte de M. Pié- 
dallu. 

Concours de bétail à Moulins. 

La Société d'Agriculture de l'Allier a fixé 
la date du concours d'animaux reproducteurs 
qu'elle organise à Moulins, et dont nous 
avons indiqué les conditions (Chronique du 
28 décembre, p. 447). Ce concours se tiendra 
dans le hall du Cours de Bercy le vendredi 
10 février. 

Hknhy Sag.mkr. 



RÉCOLTE DES VINS EN FRANCE ET EN Ar.GÉRTE 



KN 1910 ET EN 191. ' 



Iif-.PARTKMENTS 



Ain 

Aisne 

Allier 

Alpes (Basses-) 

Alpes, Hautes-) 

Alpes-Maritimes . . . . 

Ardi'clie 

Ardennes (1) 

Ariène 

Aube 

Aude 

Aveyron 

Bouches-du-Rhône. . 

Cantal 

Charente 

Charente-Inférieure. . 

Cher 

Corrèze 

Côte-dOr 



Slor 


k. 


lieclolilros 


8 


58i; 


1 


210 


4 


658 




189 




120 


4 


254 


l 


06<; 




n 




562 


13 


856 


39 


g.io 


1 


r:<- 


i:t 


m 


1 


653 


2B 


083 


3 


898 




352 


59 


1-2 



ANNÉE 1916 (1) 



RBCOLTK 

(Quantités 
déclart^es.} 



hcrtolilres 

262 797 

8 282 

111 349 

23 07U 

16 192 

60 535 

343 393 

25 553 

29 03 1 

4 86.Î 382 

167 426 

415 478 

983 



496 

824 

67 

27 



.-39 
59 4 
522 
507 



326 321 



Toi 


il. 


licrtolilrcs 


271 


383 


9 552 1 


Ufi 


207 


23 


859 


16 


312 


64 


789 


317 


459 


26 


115 


42 


890 


4 905 


312 


169 


183 


459 


457 




983 


501 


192 


8.50 677 1 


71 


420 


27 


849 


385 


493 




SUBDIVISION 
le la récolte Je 1016. 



Quantités 

do vin 
représen- 
tées 
par les von- 

ilan^es 
expédiées. 



horlolitres 



420 



2 564 

8 298 
934 "162 

9 736 
239 824 

14 

£8 552 

205 468 

8 241 

1 273 

65 031 



1 134 

5 . 258 



300 



9 
13 926 

n 
4:i6 
437 
17 

13 SSO 



il) Non compris les résultait de la partie du territoire occupée par l'ennemi. 



10 



RIÎCOLÏE DES VINS EN FRANCE EN 1915 ET E.N 1916 



DÉPARTEMENTS 


ANNÉE 1916 


1)- 


ANNKK 1915 11' 


sluniMSION 
.le la recolle de 1916. 


stock. 


iiiScoi,rB 
(Quamilés 
déclarées ) 


TulBl. 


Slnck. 


11 1 COLTE 

((Juantilés 
.léi-larées.) 


Total 


Quantités 

vioiHéos 

sur place. 


Quantités 

de vin 
représen- 
tées 
par les ven- 
danges 
expédiées. 


Crfuse. 


hectolitres 

15 071 

188 
5 984 

100 
5 875 

5 472 
23 130 

540 647 
61 280 

4"! 69 
29 318 

3 602 
12 589 

6 432 
19 266 

3 158 

35 

28 250 

6 970 

5 216 

12 638 

29 

21 165 

80 273 

1 035 

4 

3 452 

17 
233 

4 910 

2 799 

5 544 
1 240 

10 309 

31 865 

S06 

52 490 

3 795 
5 433 

1 11-2 

31 

2;:; 

396 

2 852 

12 309 

4 773 

13 676 
12 397 

8 9.71 

8 990 

53 

27 

25 348 


hectolitres 

4 

464 099 

83. 

197 332 

49 

1 374 

1 671 741 
288 492 
376 412 

2 969 391 
9 079 911 

83' 243 
557 242 
394 951 

74 155 
118 502 
552 003 
218 685 

4 419 
216 565 
155 018 
105 641 
335 720 

17 978 

205 939 
42 637 

5 365 
1 374 

18 798 

88 

1 418 
63 196 
8f. 571 
62 280 
31 089 

3 332 075 
.548 392 

6 308 
678 755 

22 915 

206 701 
45 315 

92 
919 

2 228 
29 677 

272 074 
164 013 
806 831 
387 021 
161 196 
132 9116 
884 
419 
120 946 


heclolitres 

4 

179 17(1 

1 1I2S 

203 316 

49 

1 474 

1 687 619 

296 964 

399 542 

3 510 038 

9 141 191 

87 412 
586 5^0 

398 556 
86 744 

124 934 

.■i71 269 

221 8.3 

4 454 

244 815 

161 988 

110 88: 

348 35n 

18 007 

227 101 

122 910 

9 100 

1 378 

22 25(1 

105 

1 651 

68 106 

89 370 

67 824 

32 329 

3 342 384 

580 251 

7 111 

7:11 245 

26 710 

212 131 

46 127 

123 

1 164 

2 624 
32 529 

281 383 
16S 786 
820 507 

399 618 
ro 153 
m M96 

937 

446 

Il 6.94 


hectolitres 

78 816 

67 

14 586 

136 
321 144 

93 6r6 

121 lOy 

1 926 082 

876 26';i 

19 022 

183 289 

23 024 

18 226 
37 966 

112 200 

11 867 

65 
159 169 

19 770 

12 258 
68 153 

368 

117 235 

60 886 

439 

206 

1 727 

24 

513 

5 978 

19 830 

25 576 
5 243 

1.56 694 

147 616 

420 

141 526 

7 275 

23 658 

1 946 

63 

666 

612 

10 436 

47 376 

35 453 

143 1.58 

82 178 

70 480 

129 946 

81 

26 541 


hectolitres 

321 739 

3 210 
139 113 

258 

2 550 

655 166 

81 737 

279 657 

1 134 345 

5 176 280 

99 643 
228 037 
245 288 
132 735 

31 229 
4x8 684 

80 665 
568 

98 371 

281 390 

109 862 

303 986 

229 

30 519 
252 675 

25 lis 

41 

64 838 

2 336 

290 

97 813 

46 955 

31 648 
17 438 

1 135 386 

204 673 

19 481 

301 944 

10 79;; 

1»8 109 

35 321 

357 

4 3(16 
8 476 

5 957 
139 9^7 
143 680 
100 653 

40 022 
154 971 

47 494 
583 

2 936 
341 865 


hectolitres 

400 "580 

3 277 

153 699 

258 

2 706 

1 076 310 

173 403 

30(1 76(; 

3 060 427 

ô 052 549 

118 665 

411 326 

270 312 

150 9i;i 

79 1«5 

600 SS4 

92 532 

633 

257 540 

304 160 

112 120 

372 439 

6 397 

147 751 

:<13 561 

25 584 

247 

66 565 

2 360 

803 

103 791 

66 805 

57 224 

22 701 

1 292 080 

352 289 

19 901 

613 17- 

18 070 

131 767 

37 267 

420 

5 172 

9 088 

16 391 

187 373 

179 133 

243 811 

122 500 

225 451 

177 440 

664 

2 956 

368 406 


hectolitres 

4 

464 099 

835 

191 828 

49 

1 374 

1 630 970 
287 393 
376 412 

2 969 264 
9 072 7.H6 

83 168 
557 242 
394 837 

73 904 
118 302 
552 003 
218 600 

4 419 
216 565 
155 003 
105 641 
335 169 

17 978 

205 939 
42 637 

8 365 
1 374 

18 798 

88 

1 418 
63 196 
86 571 
62 280 
31 0.89 

3 330 974 
548 392 

5 622 
678 750 

22 915 

206 701 
45 315 

92 
919 

2 228 
28 873 

272 074 
163 975 
795 499 
387 021 
161 196 
131 123 
881 
419 
120 946 


hectolitres 
2 504 

a 

40 774 
1 099 

"l27 
7 153 

75 

117 
251 

85 

» 

15 
551 

1 101 

"C86 

5 

801 

38 
U 3.32 

1 783 




Dimlis 


Kurp 


Eure i;t-Loir 

Gard 


Garonne ■ Haute-) 

G*rs 


Gironile 


Hérault 


Ille-et-Vilaine 


Indre-et-Loire 


Istre 


Jura 


Landes 


Loir-et-Cher 




Loire (Haute) 


Loiret 


Lot 


Lut-et-Garonne 


Maine-et-Loire 

Marne 


M-irne (Haute- 


Mrurttie-el-Moselle.... 
Meu-ie 


Morbihan 




Puv-de-Dftrac 


l'vrénées (Ba'-ses- 

Pyrénées i H.uili's- .... 

Rhooe 


SaAne lUaute-j 

SaAne-et-Loire 

Sarthc 


Savoie 

Savoie Haute-; 

Seine 


Seinc-el-(i|.sc 


Sèvres Deux-) 


T/irn 


Var 




1 Vendée 


Vienne 


Vienne (Haute-] 

Vosges '. 


Yonne 


Total : France 

AU'er 


1 310 160 


33 157 317 


34 767 307 


6 972 135 


18 100 790 


25 072 925 


33 353 008 


104 339 


39 111 
•; 078 
7 242 


4 522 on 

750 M64 

a 506 929 

1 U» 


1 '>6I 441 

755 942 

3 514 m 

1 446 


230 828 
45 117 
51 415 


3 0;.6 495 

mi 378 

1 ';sO 768 

380 


3 2S7 321 

446 795 

1 732 213 

380 


i 411 044 

731 013 

2 673 .521 

1 146 


110 983 

19 851 

833 408 




ConjttantiDe. ... 


i Total de l'Algérie. 


51 :34 


8 781 S66 


8 833 000 


327 690 


5 139 02i 


5 466 711 


7 817 024 


964 242 



(I) Non rompri.'i le» résultat-^ de la p.irtle du territoire occupée par l'ennemi. 



L'ÉTAT ET LES TERRES NON CULTIVÉES 



11 



L'ETAT ET LES TERRES NON CULTIVEES 



,iO 1' 



Le Gouvernement ne se borne pas à deman- 
der au Parlement l'autorisation d'acheter des 
machines, il lui demande aussi celle d'exploiter, 
comme agriculteur, touti-s les terres qui ne sont 
plus cultivées. 

Certes, c'est une pensée excellente ; il n'est pas 
douteux qu'il faut employer tous les moyens 
pour mettre en culture les terres de France ; 
toute la question est de savoir si le moyen pro- 
posé est bien celui qui nous con<luira le mieux 
au but. 

L'e.\périence qui a été faite de l'Etat agricul- 
teur n'est pas as-ez encourageante pour que l'on 
puisse iHre comjilèlemenl rassuré sur l'usage 
qui sera fait de cette disposition. 

Le iJouverneraenI va être obligé de prendre en 
charge — c'est le principe du projet — toutes les 
terres abandonnées. 

Je veux bien faire une concession pour une 
catégorie de terres abandonnées, pour laquelle 
je comprends l'intervention directe de l'Eiat, en 
dehors des a^'riculleurs, parce que ceux-ci sont 
impuissants : c'est dans la zone des armées sur 
la ligne de feu. 

Il e>t certain que, pour ces terres, on ue peut 
demander aux agriculteurs — qui, la plupart du 
temps, sont absents — leur mise en valeur. 

Cette difficulté n'a du reste pas été perdue de 
vue depuis le di^iiut de la guerre, et tout récem- 
ment, l'autorité militaire a fait un très grand 
effort pour cultiver les lerres de cette catégorie. 
J'ai pu affirmer à la Chambre — je n'ai plus les 
chiffres sous les yeux — c[u'on a réalisé de véri- 
tables miracles dans certaines rt'gions, en met- 
tanten culture d'innombrables hectares dans les 
conditions les plus difficiles. 

Le Gouvernement peut continuer à agir par 
l'intermédiaire de 1 autorité militaire, et je com- 
prends qu'il lui fournisse les machines, en lui 
demandant la main-d'œuvre nécessaire pour 
cultiver directement ces lerres. 

Mais, quand il s'agit du reste de la France, de 
la masse des agriculteurs, la question ne se pose 
plus de la tni'iue manière. 

M. le ministre nous dit — si je comprends 
bien sa pensée : ■■ Xiec les machines que j'achè- 
terai, je culliverai les terres abandonnées au 
moyen d'équipes qui seront mises à ma disposi- 
tion. » 

Cette question ties équipes est, en effet, la plus 
importante de lontes; c'esi celle qui m'a le plus 
préoccupé et où j'ai rencontré le plus de diffi- 
cultés. 

Combien de terres ne seraient pas abandon- 
nées, si l'on avait pu mettre à la dispo^ition des 
agriculteurs les équipes de travailleurs indispen- 
sables ! J'ai livré des batailles incessantes pour 
obtenir du ministre de la Guerre le plus de con- 

(1) Extrait du discours prononcé au Sénat dans la 
séance do 31 décembre 1916. 



cessions possibles de ce côté, et mettre à la dis- 
position de l'agriculture les bras qui lui étaient 
indispensables. 

Si M. le minisire de l'Agricultuie peut obtenir 
de son collègue de la (iuerre ce que j'ai de- 
mandé envain, c'est-à-dire la formation d'équipes 
agricoles chargées de mettre les terres abandon- 
nées en culture, il sera très près du but. Seule- 
ment je lui ferai observer qu'il sera alors dis- 
pensé de prendre les terres en charge, il n'aura 
qu'à dire aux agriculteurs : « Je vous apporte la 
main-d'œuvre dont vous avez besoin », et il peut 
être sur que, neuf fois sur dix, les terres seront 
remises en valeur. 

Si l'Etat s'en charge, il ne peut pas avoir la 
prétention de faire la même besogne que les 
agriculteurs. 

M. le ministre nous dit : " A défaut de main- 
d'œuvre, je me servirai des machines. •> Mais la 
machine n'e^t pas une solution pour les terres 
abandonnées, sur tous les points du territoire. 

J'ai eu la patience de lire, après le vote de la 
loi sur les terres abandonnées, les rapports de 
nos directeurs des Services agi icoles qui sont très 
instructifs. IL faut s'en pénétrer pour bien se 
rendre compte de ce qui se passe sur les diffé- 
rents points de la France. Les conclusions qui 
reviennent dans presque tous les rapports sont 
celles-ci : pour la plupart des départements, les 
terres abandonnées ne sont pas de grands espa- 
ces sur lesquels on peut travailler à la machine. 
Ce sont des parties restreintes d'exploitation. 

Voici, en effet, comment les choses se passent: 
l'agriculteur, ne pouvant mettre en culture 
toutes ses terres, concentre ses efforts sur la 
meilleure partie. S'il a 200 hectares, il en cultive 
100 ou 150, sur lesquels il met tous ses engrais; 
le reste, ce sont des parcelles isolées. Alors, je 
demande à M. le ministre comment il pourra se 
charger de toutes ces parcelles, comment il 
pourra y utiliser les machiues qui n'y seront 
guère utilisables? 

Dans ces conditions, je ne vois pas bien l'Etat 
faisant plus et mieux que les agriculteurs. S'il a 
réellement les moyens de cultiver lui-même, il 
n'a qu'à les mettre à la disposiiiou des agricul- 
teurs qui feiont bien mieux la besogne. 

J'avoue que je frémis à la pensée de la pape- 
rasserie administrative qui va résulter de l'ex- 
ploitation, par l'Ktat, de milliers de parcelles en 
France. Je ne vois pas bien ims professeurs 
d'agriculture chargés de laire le compte détaillé 
de chacune de ces cultures, qui seront vraisem- 
blablement innombrables, et d'établir les frais 
d'exploitation, (^est une des raisons pour les- 
quelles je doute de la valeur du procédé. Je crois 
que la pratique démontrera à mon excellent col- 
lègue .M. Clémentel combien le système d'exploi- 
tation directe par l'Etal est impraticable. 

Je termine par une autre considération. 

Quand on verra, dans le fond de nos cam- 



12 I/INSTITI'T BELGE DE RÉÉDUCATION PKOFESSIONNELLE DES GRANDS BLESSÉS DE Gl ERRE 



pagnes, (|ue le Gouvernemcnl est charge de 
meltre en culture toutes les terres inexploitées, 
de prendre la place de ceux qui, pour une raison 
quelconque, font défaut à la terre, je suis cer- 
laiu que beaucoup d'agriculteurs lualheureux, 
surtout de femmes d'agriculieurs, fatiguées de 
la lutie, s'empresseront de se jeter dans les hras 
de l'Etal et de lui dire : <■ Prenez mes lerres et 
cultivez-les à ma place. » Le résultat sera ainsi 
d'augmenter, au lieu de le diminuer, le nombre 
des lerres inexploitées. Beaucoup d'agriculteurs 
seront attirés par la perspective de maintenir 
ainsi leurs terres en bon état aux frais du Trésor. 

J'eslim»', pour ma part, que la méthode est 
dangereuse pour le maintien de l'activité natio- 
nale si nécessaire en ce moment. 

Je ne veux pas insister davantage. J'ai tenu à 
signaler à .M. le ministre du Commerce el de 
l'Agriculture les difficultés de l'œuvre qu'il va 



entreprendre, et je crois en cela lui rendre ser- 
vice. Je suis tout prêt à l'aider de tout mon pou- 
voir dans l'accomplissemint de sa tâche si dif- 
licile, et je n'interviens pas en ce moment pour 
le plaisir de combattre son projet. Sans cela, je 
devrais pre-que souhaiter (ju'il enire en applica- 
tion, pour bien démontrer que lorsque l'Etat in- 
tervient pour exploiler lui-même, il ne fait que 
de la mauvaise besogne. 

Certes, je suis le premier à reconnaître qu'en 
temps de guerre, l'Etit a beaucoup de droits; il 
peut tout faire, à plus forte raison, mettre des 
terres en culture pour assurer l'alinipntation du 
pays qui doit passer avant tout. Toute la ques- 
tion est de savoir s'il peut faire plus et mieux 
que l'initiative individuelle et si le système des 
encouragements el des subventions n'est pas 
préférable à celui de l'exploitation directe. 

J. Mkline. 



L'INSTITUT BELGE DE REEDUCATION PROFESSIONNELLE 

DES GRANDS BLESSÉS DE GUERRE 



Le Gouvernement belge a procédé à une 
organisation absolument remarquable pour 
la rééducalion des grands blessés de son 
armée. Partant de ce principe que, chaque 
fois que cela est possible, le mutilé, au lieu 
de risquer d'ôlre un poids mort pour le pays, 
doit non seulement rester une valeur appré 
ciable, mais même devenir, dans certains 
cas, un élément de prospérité, il a décidé de 
l'astreindre à une rééducalion profession- 
nelle basée à la fois sur la nature de sa muti- 
lation, sur le aiélier qu'il pratiquait antérieu- 
rement el sur les goi"its et aptitudes qu'on lui 
découvre drtmcnt constatés. 

La loi militaire belge lui en donne le pou- 
voir, puisque le mutilé reste soldai el soumis 
à l'obéissance tant que son temps de service 
n'est pas accompli. 

C'est au mois d'août 1915 que commencè- 
rent les travaux d'installation de l'Institut 
de rééducalion sur la terre de Nolre-Oame- 
de-la-Mère. à 7 kilomètres de Vernon, gra- 
cieusement offerte par le baron de Bœyens au 
Gouvernement belge. Mais, en fait, il est 
connu sous le nom d'Inslitut de l'urt- \ 
Villcz. i 

Sur un plaleau dominant la vallée de la 
Seine, une vraie ville a surgi en quelques 
mois. Des baraquemenls démontables, tous 
de mêmes type et dimensions, à doubles pa- 
rois de planches et très bien compris au point 
de vue de l'hygiène comme à celui de l'adap- 
tation à des services très divers, sont répartis 
en trois rangées séparées par de larges roules 
construites avec la pierre extraite de car- 



rières voisines, et transportées par un che- 
min de fer Decau ville. Ces baraquements 
recouvrent une superlicie de 17 000 mètres, 
répondant aux besoins d'une population de 
1 200 hommes, comme logements el ateliers, 
mais non compris ceux qui abritent les di- 
vers services administratifs. 11 a fallu assai- 
nir le plateau à sol argileux par des drai- 
nages, construire des égouls, furei' un puits 
artésien de Mi'.i mètres, établir des réservoirs 
el des canalisations d'eau, créer un réseau 
électrique de 70 kilomètres assurant l'éclai- 
rage et fournissant une force totale de 
158 chevaux-vapeur pour actionner 30 mo- 
teurs distribués dans les divers ateliers, etc. 

La rééducalion porte sur quarante-huil 
professions dilTérentes, parmi lesquelles il 
convient de noter le charronnage, la menui- 
serie, la maréchalerie, la fabrication des har- 
nais, la réparatic>n des machines, la vannerie, 
la confection des emballages, etc., comme se 
rapportant plus ou moins à l'agriculture. 

Dans tous les ateliers, on ne peut qu'ad- 
mirer l'ingéniosité avec laquelle on sait ap- 
porter des modifications à l'uutillage pour 
l'adapter aux dilTérents cas de mutilation. 

Après avoir donné quelques jours de li- 
berté au mutilé, à son arrivée, pour circuler 
dans les ateliers, examiner ce qu'on y fait et 
se renseigner i>rès des camarades, il est ap- 
pelé devant une Commission médicale et 
technique qui raffecte à la section d'appren- 
tissage du métier reconnu comme le plus 
approprié sous tous les rapports. 

Dès qu'il y est devenu assez habile, il passe 



L'INSTITUT BELGE DE RÈÉDICATION PR0Kl£SS10N>hl.Lt: DES CIIANDS BLESSÉS DE Gl EliltE H 



dans la section de production el reçoit un 
salaire proportionné à son habileté. 

Llnslilut di' Purl-Viilez est, en elïcl, con- 
duit industriellenicnl; aussi le chifVre d'af- 
faires de lexercice écoulé s'est élevé à la 
somme de 030 UOO fr., constatée pnr une 
comptabilité méticuleuse el très claire, à la- 
quelle les mutilés sont initiés. 

Le travail à l'aleli'r est inlorrompu deux 
heures par jour par des cmirs et des rxplii'a- 
lions techniques appropriés ii chaque iiiéti- r 



ou visant l'enseignement gôni'ral réduit aux 
br,inches essentielles. 

En ce qui concerne plus parliculièrement 
l'agriculture el l'horticulture, l'extrait sui- 
VHut du rapport fait par le directeur tech- 
nique, le capitaine liaccour, qui est un agri- 
culteur distingué, résume fort bien ce qui est 
fait à Porl-Villez : 

liulépendaiiimenl de hi traction ;\Mtrmoliile, 
2(i L-lievaux impropres au servj.-e de caiiipacne 
assurent le transport des fuinipr-, d- s inimou- 




Fi;,'. 1. T->Grand ilapior tll^Ulli': à l'InsUiul belge de Porl-Villez. 



diceset exéculpql. certaines corvées, les travaux 
agricoles el le transport des bois en forêt. Ils 
sont abrités dans une vaste écurie rempbssant 
toutes les conditions d'bysiéne, construite avec 
des pièces de bois de fall)le calibre prises dans la 
forêt. Notre but était de créer ainsi un type de 
construction économique avec des matériaux 
faciles h se procurer. 

Une porcherie, construite d'après les mêmes 
prinripf-s, aliriie une cinquantaine de porcs, 
nourris exclusivement au moyen des déchets du 
ména^'e, et qui nous ont procuré un bém-ficc 
total de .'iOOOfr. à la date du .31 Juillet 1010, l)é- 
néfic*' affecté exclusivement à l'amélioration de 
l'ordinaire de nos soldais. 

La disposition des bâtiments a été étudiée afin 
de pouvoir établir de vastes jardina autour et 
vis-à-vis des la7.arets. Ces jaidins aervent à l'en- 
seignement de l'horticulture, de la culture ma- 



raîchère, de l'atboriculture, des cultures sous 
verre, de la lloriculture, enlin de tout ce qui est 
d'intérêt agricole et où les mutilés d« la cam- 
pagne, voire même tous reux [iratiquant des pe- 
tits métiers, pourront acquéiirles no'ions indis- 
pensables pour enirepreniire ces exploitations si 
intéressantfs et si rémunératrices. 

.Nous avons aussi créé UU'' section de culture 
maraîchère pour ceux qui désirent se spécialiser 
dans celte profession. I';iilin, une ferme-école, 
située à environ 3 kilomètres de l'étahlissenient, 
permet de faire la culture intensive des légumes 
et de certaines céréales. Un bétail choisi et di- 
vers animaux de basse-cour complètent celle 
annexe destinée à donner un enseignement ai;ri- 
cole intégral à nos mutilés. 

M. Mélolle, de Itemicourt, vient de compléter 
l'oulillage par deux de ses écrémeuses de répu- 
tation mond'ale et par une charrue brabant. 



li 



DU CHOIX DES AI'PAREILS DE CLLÏIRE MÉCANIQUE 



Tous les légumes provenant de ces cultures 
servent à ralimentation do? mutilés ou sont 
vendus aux établissements lKis|)iialiers ou à l'In- 
tendance. ISos mutilés apprennent ainsi la pra- 
tique de la récolte, de l'cnibaliace et de l'expé- 
dition des légumes et fruits La superficie des 
terrains cultivés représente :ii) hectares. Il a été 
récolté jusqu'à présent pour plusieurs milliers 
de francs de lépumeset l'évaluation des cultures 
sur pied, au mois d'août, représente une valeur 
d'environ .IH 000 fr. Le lait provenant de la ferme 
est utilisé à rinfirmerie. 

Les jardins installés vis-à-vis des lazarets sont 
constitaés par les divers types classiques, com- 
prenant nn type du Jardiu d'a;;réinenl français 
avec ses pelouses, arbustes et plantes ornemen- 
tales, puis le jardin potager, avec ses plantalious 
fruitières, plates-bandes florales, cultures sous 
verre pour primeurs, melons, etc. Enfin, divers 
types de jardins ouvriers de dimfnsioas variées, 
cultures fruitières en plein veut, pépinières, 
complètent cette importante section. 

Les plantes et arbustes, d'une valeur totale de 
6 50i) fr., ont été offerts gracieusement par plu- 
sieurs pépiniéristes français et anglais, que nous 
tenons à remercier publiquement. La création de 
ces jardins est due à l'initiative éclairée d'un 
instituteur, qui, avant la guerre, pratiquait l'hor- 
liculture pendant ses loisirs et qui a montré un 
goût, un dévouement et une compétence hors 
ligne. 

Tous les mutilés des sections d'agriculture et 
d'horticulture suivent également les cours de 
petits élevages. Une vraie école d'aviculture a été 
créée et donne les résultats les plus encoura- 
geants. Un couïoir comprenant 17 couveuses 
artificielles a fourni, depuis mars <lernier, 
2 600 poussins, canetons et dindonneaux. 



L'élevage des lapins à fourrure se pratique sur 
une très grande échelle. I.'alinienlatinn de ces 
animaux est fournie par les déchets des cultures 
maraîchères. Une collection de plus de :iOO lapins 
se trouve installée dans un type de clapiers spé- 
cialement i-tiidiés pour l'élevage industriel, qui 
est complet'' pai' nn atelier spécial de fourrure 
on sont enseignées la préparation des peaux et 
leur utilisation. 

I^es animaux de basse-cour sont sélectionnés 
parmi les meilleures races, ce qui nous donne 
une grande quantité de reproducteurs de choix 
pour nous permettre d'aider plus tard à la re- 
constitution de notre cheptel national. 

L'apiculture est égilement pratiquée dans un 
rucher de plus de trente colonies d'abeilles. 

Prochainement, l'Institut aura un appareil 
de motoculture. 

L'écurie et la porcherie notamment mon- 
trent qu'on trouve dans cet établissement 
des exemples très intére.-sants pour la cons- 
truction de bâtiment» d'exploitation provi- 
soires, mais susceptibles d'une assez longue 
durée si l'on sait les entretenir. 

Un orphelinat agricole vient d'être ter- 
miné et est prêt à recevoir les orphelins de la 
guerre. Il est situé prés de la ferme-annexe 
dans des baraquements du même type que 
ceux de l'Institul. Ils y recevront l'enseigne- 
ment agricole pratique cl technique. 

C'est un très intéressant complément de la 
remarquable création due à l'iniliative de 
M. de l'aeuw, chef du cabinet civil du mi- 
nistre de la Guerre de Belgique, sous l'im- 
pulsion de sa vaillante reine. 

II. DE L.-^tTARKNT. 



DU CHOIX DES APPAREILS DE CULTURE MÉCAMOUE 



De nombreux concours publics do culture 
mécanique ont été organisi's partout depuis 
plusieurs années, en particulier depuis un 
an. Ces concours ont été très suivis par les 
agriculteurs. Des comptes rendus détaillés en 
ont été publiés ici. 

D'autres essais, officiels ou nrni, ont été 
faits par des professeurs d'agriculture, par 
dos Syndicats de culture mécanique ou par 
des cultivateurs. On s'est rendu compte le 
plus exactement possible des surfaces labou- 
rées par heure ou par jour, du volume de 
terre retournée, du carburant et de l'huile 
consommés, de la puissance di'-veloppée au 
crochet d'altelage, du prix d'amorti.ssemenl 
des .ippareils, etc. Un certain nombre d'appa- 
reils ont été achetés par des agrirulleurs el 
commencent à fonctionner un peu partout. 

Il semblerait donc que le cuHivaleur, dési- 



reux d'acheter un tracteur, a maintenant 
toutes les facilites possibles pour se rensei- 
gner sur les avantages et les inconvénients 
de tel ou tel appareil, et peut aisément fixer 
son choix d'après ses besoins spéciaux. 

En réalité, il n'en est pas ainsi, et son em- 
barras reste très grand. 

In appareil de telle marque lui plail, mais 
coi'ile trop cher; un autre est trop lourd, un 
autre consomme trop, un autre n'est livrable 
que dans six mois. Enfin, en voici un qui 
fonclionnedéjà dans trois fermes. Vite l'ama- 
teur écrit aux trois propriétaires. 

Le premier répond qu'il est assez satisfait, 
mais qu'il ne peut travailler que par le beau 
temps; le second, qu'il n'a pu lirer aucun 
parti de son appareil, que celui-ci n'est pas 
encore au point, qu'il vaut mieux attendre: 
le troisième ne répond pas. L'acheteur se re- 



DV CHOIX DES APPAREILS 

trouve au même poinl, ne sachant quelle ré- 
solution prendre. 

Il se dit que la culture mécanique est peut- 
être trop nouvelle, qu'elle n'a pas encore fait 
ses preuves. On ne peut, semble-t-il, s'ap- 
puyer sérieusement sur aucun précédent. 

Cependant, si l'on veut y réiléchir, la cul- 
ture mécanique existe deiuiis longtemps, elle 
a fait ses preuves et donne d'excellents ré- 
sultats. La seule difl'érence est que le moteur 
uniquement emplové était la machine à va- 
peur. 

Est-ce à dire qu'aucune comparaison n'est 
possible entre le matériel à vapeur lourd et 
encombrant et le tracteur plus léger à pé- 
trole et à essence? Le problème à résoudre 
est-il tellement ditlérent? Nous ne le pen- 
sons pas. Avec le matériel à vapeur, on uti- 
lise des treuils et des cables. Puisque les ré- 
sultats sont bons, pourquoi ne pas les utiliser 
aussi avec des tracteurs-tieuils ouavec des 
camions-treuils munis de moteurs à explo- 
sion ? C'est d'abord parce que le cultivateur 
aurait voulu qu'on lui construisît des trac- 
teurs pouvant remplacer ses attelages pour 
traîner les mêmes instruments qu'il possède 
déjà, et avec la même facilité, de manière à 
pouvoir acheter seulement un tracteur et à 
borner là sa dépense. C'est ensuite parce 
que, avec le système des treuils et des câbles, 
il lui faudra deux tracteurs-treuils, du maté- 
riel spécial et des mécaniciens, et que, dans 
ces conditions, les prix n'en sont plus abor- 
dables. 

Examinons donc ces deux motifs princi- 
paux, et voyons s'ils sont réellement valables. 

On a fait assez d'essais aujourd'hui pour 
avoir acquis la conviction que les tracteurs 
n'auront jamais l'élasticité et la mobilité des 
attelages, et qu'il faut quand même derrière 
les tracteurs des charrues spéciales et des 
inslrumenlsspéciaux. D'autre part, le nombre 
de jours de travail est limité au nombre de 
jours de beau temps dont on disposera. C'est 
dire que, l'hiver, les jours de chômage se- 
ront plus nombreux que les jours de travail. 
Or, c'est précisément en hiver qu'il est inté- 
ressant et nécessaire de labourer beaucoup, 
pour que la terre s'ameublisse qu'elle em- 
magasine l'eau nécessaire aux plantes pen- 
dant l'été, qu'elle soit ])r«te à être ense- 
mencée avec peu de façons superlicielles, etc. 
Tout le monde sait que ce n'est pas au mo- 
ment de semer qu'il faut labourer. 

Et puis, combien de carburant dépensé en 
pure perte pour le déplacement du tracteur 
lui-même ! Sans parler du tassement tou- 
jours nuisible que son passage produit sur le 



DE CULTURE MECANIQUE 13 

sol. Du reste, pour les travaux légers et ra- 
pides, le tracteur-treuil ou le camiou-treuil, 
munis de larges bandages amovibles, pour- 
ront aussi être utilisés comme tracteurs 
simples. On pourra au besoin s'en servir 
encore pour labourer par bonds, par exemple 
si l'un des tracteurs-treuils est en réparation 
ou pour toute autre cause. 

Le treuil pourra encore servir dans les 
transports difticiles pour franchir un mauvais 
passage, etc. 

L'avantage reste donc toujours aux trac- 
teurs-ti-ouils. 

Reste l'objection relative au capital néces- 
cessaire. Celte difficulté est absulument et 
radicalement aplanie par l'Association, par 
la Mutualité et par le Crédit agricole, aux- 
quels l'agriculture devra, par la force des 
choses et pour son plus grand bien, recourir 
davantage. 

Il est si simple et si facile aujourd'hui de 
créer un syndicat de culture mécanique qui 
profitera de la subvention de l'Eial, laquelle 
s'élève à un tiers du prix d'achat des trac- 
teurs, ou mieux encore, de fonder à la fois 
une Société coopérative de culture méca- 
nique et, si elle n'existe pas, une Caisse lo- 
cale de crédit mutuel agricole, la première 
empruntant de suite à la seconde la moitié 
des fonds nécessaires à un taux très minime, 
et recevant encore ensuite une subvention de 
l'Etat. 

Des sociétés de labourage ;\ la vapeur se 
sont fondées depuis plusieurs années et tra- 
vaillent au grand profit et à la grande satis- 
faction de leurs adhérents. Or, un maiériel de 
labourage à vapeur coûte plus de 100 000 fr. 
et ces sociétés n'ont pas été aidées. 

Si l'on considère que l'achat de deux trac- 
teurs-treuils et du matériel nécessaire ne 
dépassera pas 500(Xi fr., on peut sans crainte 
prédire un succès certain aux petites coopé- 
ratives de culture mécanique qui, elles, seront 
aidées par le crédit mutuel agricole et par 
l'Etat. 

Il suffit que, dans chaque petit centre agri- 
cole, un homme d'initiative réunisse quel- 
ques cultivateurs pour les convaincre des 
avantages qui viennent d'être énumérés. 
L'Union fait la Force. 

L'agriculteur qui, poussé par la nécessité, 
achète du jour au lendemain et au |)etil bon- 
heur, un tracteur quelconque, à condition 
qu'il lui soit livré de suite, fait un saut dans 
l'inconnu et s'expose aux pires mécomptes. 

\u contraire, une association (syndicat ou 
coopérative) qui. prenant modèle sur les So- 
ciétés de labourage à vapeur, achète, après 



16 



LA IlÉADAPTATION DES MUTILÉS 



avoir pris conseil auprès de son directeur 
des Services agricoles, auprès du directeur 
de la Slalion d'essais de machines au minis- 
tère de l'Agriculture et auprès de diverses 
autres compétences qu'il a pu rencontrer, un 
matériel de culture mécanique susceptible 
de labourer par treuils et au besoin par bonds 
el par traction directe, met de son côté toutes 
les chances de succès en exposant le mini- 
mum de fonds. 

On pourra objecter qu'on ne trouve guère 
de tracteurs-treuils de construction étran 
gère, que quehjues constructeurs français 
seuls les fabriquent et que ces derniers de- 
manderont un certain délai pour livrer, d'au- 
tant plus qu'ils manquent d'acier. 

Mais les constructeur.-^ français obliennenl 
facilement de l'acier pour construire des ap- 
pareils agricoles à condition qu'ils soient des- 



tinés à des associations, syndicats ou coopé- 
ratives. 

D'un autre côté, la construction automo- 
bile française est, en général, de beaucoup 
supérieure li la Cduslruclion étrangère. Quant 
au délai i)our livrer, ce n'est encore qu'un 
inconvénient relatif, attendu que gouverner 
c'est prévoir, et un agriculteur bon adminis- 
trateur doit prévoir des achats aussi impor- 
tants au moins quelques mois à l'avance. 

De plus, tout achat fait il des constructeurs 
français représente une certaine quantité d'or 
qui reste en France et, en ce momeiii, où il 
sort lant d'or de notre pays, cet avantage est 
loin d'élre négligeable. France d'abord! 
Drai'IER Gentkch, 

Président 'U> la Socit^t*' coopérative do 
i-iilture mécanique 'le Clermont-les- 
Kcrnies ( .\isne). 

Milry Mory (Scine-et-Marue), décembre 1916. 



LA READAPTATION DES MUTILES 



Nous avons déjfi eu l'occasion à diverses 
reprises de signaler les elTorts faits tant par 
l'initiative privée que par les organisations 
officielles pour aider au retour <i la terre des 
mutilés de la guerre. 

Nous avons signalé notamment les résul- 




l-i;^. J. - Ain^juLi; Ijlj-juiani u\'jc un amortisscu 

tais obtenus par l'école privée de Sandar- 
Limcmesl. De son côté, le uiinislère de l'Agri- | 
culture a indiqué que des centres de rcr'dii- 
caiion avaient été ouverts, et M. Clémentel a 
fait part tout récemment à la Chambre de son 
intention de faire conduire par des mutilés I 



les tracteurs des batteries deîlabour que pré- 
voit son organisation pour la misée n culture 
des terres abandonnées. La formation des 
mécaniciens ruraux a été depuis un un un 
des buts principaux visés par ceux qui se 
préoccupent de la rééducation professionnelle 
de nos glorieux blessés, et 
le ministère de l'.^griculture 
a défini ainsi l'objectif qu'il 
s'était proposé : fournir à 
la culture des praticiens ex- 
périmentés qui lui l'ont dé- 
faut, des mécaniciens capa- 
bles de mettre en route oti 
de manceuvrer les diverses 
machines perfectionnées 
(ju'emploie le cultivateur 
moderne moteurs, faucheu- 
ses, moissonneuses, batteu- 
ses, etc...), capables de ré- 
gler les semoirs à grains et 
les distributeurs d'engrais, 
de remédier aux causes d'ar- 
rêt ou de mauvais fonction- 
nement des moteurs, de 
monter , de démonter et 
'd'eiyectuer les réparations de 
fortune qu'exigent les prin- 
cipi^iix appareils employés en agriculture. 

L'Ecole nationale d'.Xgrieullure de tiri- 
gn(m, les écoles pratiques d'agriculture de 
Tomblaine, prés Nancy, de l'Oisellerie Cha- 
rente:, d'Ondes (Haute-Garonne), de Grand- 
Jouan (Loire-Inférieure\ d'Auch-Beaiilieu 



LA RÉADAPTATION DES MUTILES 



n 



(ders), reçoivent des élèves. La section de La 
Brosse Yonne) a ouvert ses portes en octo- 
bre. 

Quant aux Ecoles nationales d'agriculture 
de Montpellier et de Rennep, elles n'ont pu 
être utilisées jusqu'ici pour cette destina- 
lion, parce que leurs bàlimenls sont occupés 
par des formations sanitaires. 

La durée de l'apprentissage varie de six 
mois à un an. Mais pour que les blessés 
puissent utilement travailler, il est néces- 



saire que des appareils adéquats remplacent 
ou .=uppléent les membres absents ou meur- 
tris. 

Sur ce point, il n'est pas sans intérêt de 
signaler les efiforts et les heureux résultats 
atteints par M. Jullien au centre d'appareil- 
lage de Lyon. Les appareils variés qu'il a 
imaginés et l'emploi qu'en font les amputés 
donnent lieu d'espérer que des manchots 
horriblement mutilés pourront rendre d'uti- 
les services et M. Jullien a pu nous écrire : 





Fifï. 3. — Ressort pour lalioiir.ifif. 

Parfois, j'ai la gianili; satisfaction de voir Jes 
mutilés, réformés iJéjà de longue dalo, venir me 
demanJer des conseils pour se remettre au tra- 
vail. C'est une vraie joie [lour moi de voir leur 
figure s'éclairer à mesure qu'on leur montre 
tout ce qu'ils peuvent encore faire malgré leur 
mutilation. 

Jamais je n'oublierai ce père amenant son fils 
ampi^lé du bras, réformé depuis longtemps, 
pour qu'il voie travailler d'autres amputés. Ce 
jcUDi» homme, ayant été muni par nous d'un 
appareil provisoin-, termina- par le porto-outil 
cultivateur aJapté à une Taux, parvint en quel- 
ques minutes à faucher. A ce moment, des 
larmes de joie coulaient des yeu.x du vieux pore. 

Bien des travaux, grdce à ces appareils de 



Kit.-, i- 



.\nipul<^ binant avoc un appareil Jullien. 



prothèse robustes et simples, deviennent 
possibles. Les figures 2 et 3 montrent ainsi 
un amputé de la partie inférieure du bras 
labourant à la charrue Dnmbasle, en la fixant 
par le cultivaicMv. E^our les amputés de la 
partie supérieure du bras, un amortisseur 
est nécessaire entre le moignon et la char- 
rue. 

De même pour le bêchage ou le piochage, 
un porte-ouliMig. 4) relie le moignon au man- 
che de l'outil et permet Tutilisalion du blessé. 

Il y a là des essais intéressants et des types 
d'appareils qu'il est bon que connaisse le 
public agricole. 

PlElillE BlIUTUAUl.T. 



18 



FRAIS D'EMPLOI DES MACHINKS AC.IUCOLES 



A LA SOCIÉTÉ D'Af.HICULTURE I)'IINDHK-ET-LOIRE 



La Sociélt- d'Agriculture, scienceE, arts et 
belles-lettres d'iiulre-et-l-oire, toujours on tête 
jiour les initiatives génOreuses, ayant organisé 
un concours de « la il(^fense de la terre » en 
l'honneur des femmes d'agriculteurs mobilisés, 
dont Tf^nerfiie a assuré la culture de leurs terres, 
a proci'di^, le dimanche 10 di^cembre, à la distri- 
bution solennelle des récompenses attribuées. 

Cette solennité, à laquelle la présence de plu- 
sieurs lauri'vites en grand deuil donnait un ca- 
ractère particulièrement émouvant, a eu lieu 
dans la ;;rande et magnilique salle des mariages 
de l'hôtel de ville, sous la présidence de M. de 
Lapparent, spécialement délégué par la Société 
des Agriculteurs de France, qui avait tenu à s'as- 
socier à ce concours par l'attribution d'un cer- 
lain nombre de récompenses. 

Après l'allocution du président, qui a fait res- 
sortir le mérite et le succès de l'œuvre accom- 
plie par la doyenne des sociétés tourangelles et 
des sociétés similaires de France, puis a indiqué 
quelques-UMx des graves problèmes qui se 
posent pour l'avenir de notre agriculture natio- 
nale, M. Vavasseur, président de la Société, a 



rendu un cbaleureus hommage aux vaillantes 
femmes, qui, avec l'aide de leurs enfants et de 
leurs vieux parents, ont assuré la bonne marche 
de leurs exploitations dans des conditions si dif- 
ficiles et Irop souvent cruelles. 

.\vant de remettre à leurs destinataires les 303 
récompenses décernées, le distingué secrétaire 
perpétuel, M. Cbauvigné, a vivement impres- 
sionné les assistants en retraçant avec émotion 
quelques-uns, parmi beaucoup d autres, des 
beaux traits d'énergie, de noblesse morale, de 
solidarité que le jury avait signalés. 

Le très grand nombre de femmes, enfants, 
vieillards et collaborateurs qui sont venus rece- 
voir les récompenses qui leur étaient attribuées, 
leur satisfaction évidente, parfois leurs larmes, 
et la chaleureuse sympathie d'une très nom- 
breuse assistance ont nettement prouvé que la 
Société d'Agriculture d'Indre-et-Loire avait fait 
leuvre éminemment utile en instituant ce con- 
cdurs, qui aie double caractère de récompenser 
leffort déjà fait et d'encourager à persévérer 
pour le plus grand bien Je la patrie. 

X. 



PARTIE OFFICIELLE 



Loi du 2 janvier 1917 portant ouverture de cré 
dits pour la mise en cultnre des terres aban 
données. 

Art. t". — Il est ouvert au ministre du Com- 
merce, de l'Industrie, de l'Agriculture, du Tra- 
vail, des Postes et des Télégraphes, au titre de 
l'exercice 1917, en addition aux crédits provi- 
soires alloués par la loi du 30 décembre 1916, 
des crédits s'élevant à la somme de 30 millions 
de francs applicables aux chapitres ci-après : 

" Chap. 87 bis. — Service des travaux de cul- 
ture (personnel), 100 000 fr. 



■< Chap. 87 1er. — Service des travaux de cul- 
ture (matériel administratif), iO 000 fr. 

• Cha|). 87 qualcr. — Acquisitions de machines 
et matériel et avances pour frais de culture, 
2!) 800 000 fr. » 

Art. 2. — Les crédits prévus à l'article précé- 
dent pourront être employés également pour 
subventionner les départements, syndicats de 
communes, communes ou associations agricoles, 
jusqu'à concurrence de la moitié de la somme 
qui leur est nécessaire pour acheter ou créer des 
batteries de tracteurs mécaniques nu électriques 
l'iiur la culture des terres. 



FRAIS D'EMPLOI DES iMACHINES AGRICOLES 



Par suite des calamités dues ;\ la guerre 
on se préoccupe de multiplier l'utilisation 
des mach ines agricoles de toutes sortes. Beau- 
coup de personnes projetant de faire l'enlre- 
prise do certains travaux nous ont demandé 
d'indiqu(!r, d'une façon approNiniative, le 
prix do l'usage de diverses machines qu'elles 
pourraient louer à <les agriculteurs. 

Nous n'avions que i|mlques documents 
relî\tir« à la durée de certaines machines et 
aux frais occasionnés par leurs réparations; 
une enquête dans cet ordre d'idées est diffi- 
cile à faire, même pour un polit nombre 



d'exploitalions, car elle conduit à un dépouil- 
lement de la comptabilité de plusieursannées. 

.\ défaut de chiffres français, nous avons 
heureusement de réi-ents documents améri- 
cains. 

Le /liillrliii du Ucparleme.ut de IWgricul- 
lure des Etals-Unit (Bull. 33«, l'.)l(>, p. 24) 
donne les résultats d'une grande enquête faite 
par M. H. II. Mowry auprès de plusieurs cen- 
taines de fermiers à l'ouest de l'élat de New- 
York .Niagara, ttrleans, Monroe, Wayne, Ge- 
nesce. Livingslon et Onlario), afin de déter- 
miner les muiji'nnes relatives aux conditions 



FRAIS D'EMPLOI DES MACHINES AGRICOLES 



19 



d'emploi de diverses machines agricoles et 
pour avoir une notion des di'-prnsrs moyennes 
qu'elles occasionnent. 

Nous ne retiendrons que treize genres de 
machines d'usage courant chez nous, en 
transformant les mesures américaines en 
hectares et les prix en francs au cours normal 
du chBinge. 

L'enquête a porté sur : 

l'Itiri charrues à mancheron?, 

294 charrues à siège, 

738 pulvériseurs, 
1 169 herses ou cultivateurs à dents Mexibles, 

824 herses à pointes, 

Nombre 
moyen de journées 
do 
Mîichine. travni) par an. 

Charrues ù mancherons 19.2 

Charrue à siège 14. T 

Pulvériseur 4. -2 

Uérse à dents llexiblcs B.C. 

Hêrse à pointes 3.1 

houleail '. 4.1 

Semoir à céréales ■ 4.6 

floue à. un rang 4.1 

Houe à deux rangs 6.i; 

Faucheuse 3.1 

Faneuse 1.3 

Râteau à cheval 2.6 

Moissonneuse-lieuse 3 . i 

Rappelons qu'en moyenne générale pour 
toute la France, nous avons une charrue par 
16 hectares du territoire agricole, ou par 
" hectares de terres labourables (1) ou, encore, 
par j hectares de terres labourées annuelle- 
ment. D'autre part, dans .une exploitation ;\ 
ciillure intensive de bh' et de belleraves, siir 
le limon des plateaux, on ed'ectueau luiniinum 
et par an Ki hectares de labours par H hec- 
tares de terres labourables, soit, eu moyenne;, 
et au minimum, 1.0 labour par hectare; en 
prenant le chifTre ci-dessus d'une charrue par 
7 hectares de terres labourables, chaque 
charrue aurait à labourer en moyenne cluujue 
année une surface de 11,2 hectares, chiffre 
voisin de ceux indiqués dans l'enquête amé- 
ricaine (12.3 et 13.1 hectares travaillés par an 
et par charruei. 

Le calcul précédent n'a été efTeclué que 
dans le but de voir si l'on peut accorder con- 
fiance aux chiffres de l'enciuêle américaine; 
les résultats sont très vraisemblables pour le 
semoir à céréales et semblent plutôt faibles 
pour la faucheuse et pour la moissonneuse- 
lieuse relativement ù ceux qu'on peut cons- 
laler chez nous; cependant il faut remarquer 
qu'aux Etats-Unis la main-d'u-uvre rurale est 

(1) Le malériel iii/ricole nu i/kIiii/ du XX' siècle : 
considirations générales. 



1 173 rouleau.x, 

1 061 semoirs à céréales, 

1 114 houes à un rang. 

Sst houes à deux rangs, 
1 232 faucheuses, 

416 faneuses, 
1 217 râteaux à cheval, 
1 02,S moissonneuses-lieuse? . 

Le tableau suivant résume les conditions 
d'emploi résultant des moyennes arithméti- 
ques; nous indiquons en chill'res ronds les 
durées des machines et la surface totale 
qu'elles travaillent pendant leur existence à 
la ferme. 



Huréo u 


la machine. 


Surface 


travaillée 


" 


Nombre 


par an 


tolalo 


Nombre 


total de journées 


en 


en 


l'anûées. 


de travail. 


hectares. 


hectares. 


11.7 


223 


13.16 


13i 


8.1 


119 


12.36 


100 


13.0 


35 


14.08 


183 


11.0 


73 


2S.44 


593 


14.0 


44 


19.32 


271 


16.0 


76 


26.36 


422 


16.4 


76 


18.52 


304 


14.0 


58 


6.76 


9;; 


12.5 


70 


15.72 


197 


14.8 


46 


11.20 


166 


14.0 


21 


8.64 


121 


14.5 


38 


17.20 


250 


15.4 


53 


14.08 


217 



réduite et que les machines ne sont pas ven- 
dues à un prix éi'evé. 

Bien avant la guerre, nous avons vu que 
chez nous, en comparaison avec les procédés 
manuels, la récolte était économique avec 
une moissonneuse-lieuse dès qu'il y avait 
chaque année plus de 10 hectares de céréales 
à couper (Journal d' Agriculture pralu/ue 
1901, t. 1, n" 16, p. 506; 190'., t. il, n' 31, 

p. li'O- 

Nous n'avons pas de documents rtîlatifs à 
l'étendue moyenne par moissonneuse-lieuse 
employée en France; les chilîres extrêmes 
que nous possédons varient de 2.S à 70 hec- 
tares de céréales (blé et avoine i par machine. 

L'enquête américaine donne des renseigne- 
ments intéressants au sujet des frais d'entre- 
lien des diverses machines (dépenses en 
pièces de rechange et réparations) ramenés 
à l'unité de surface travaillée. Comme les 
prix d'achat pratiqués aux Etats-Unis sont 
plus faibles que chez nous, même avant la 
guerre, nous avons suppost' le même rapport 
pour les prix de pièces de rechange et, pour 
permettre l'applicaUon en France des résul- 
tats américains, nous avrms calculé ces frais 
d'entretien par 100 francs du prix d'achat des 
machines. 



20 



LES RÉCOLTES EN 1916 



Kr;tis «l'i'nlrolicn par ticctare travnilto 



Prix aux Klats-Unis. 

moyen .l'achal ^ 

aux Pièces 

Machine. ËtaU-Unis. de rocliangc. 

francs [t. c. 

Charrue à iiiinchorons. . 33 0.14 

Charrue à siège 220 2.20 

Pulvciiseur UO 0."7 

Herse à dents llesible-... 'M 0.30 

Herse à pointes :'<'> 0.20 

Rouleau 125 0.10 

Semoir à céréales :i75 1.24 

Hiius à un rdOg 90 0.35 

Moue à deu'C raugs l'O 0.8.^i 

l'aucheuse 220 1.29 

Kaaeuse 1 SO 1 . 46 

Ri'Ueau à cheval iir> 0.:iO 

Moissonneuse-lieuse 650 3.00 

Au sujet de charrues, nous pouvons donner 
les renseignements suivants relatifs à une 
excellente terre à pommes de terre (terre un 
peu légère). En été, par temps sec, il convient 
de changer le soc pour le faire raffiler ! alFil- 
ter) tous les (> ares, soit 16 à 17 raffilages par 
hectare, àO fr. 15 chaque, ce qui représente 
de 1:2 à 12 fr. Itj par hectare. Dès septembre, 
lorsque le même sol a été peu mouillé, il suf- 
fit de deux raffilages pour ',i hectares, soit 
fr. ;«() par hectare. En deux mois, les cinq 
charrues brabanl-double à une raie de 
celle exploitation onl nécessité 80 fr. de 
frais d'affilage de .soc. Le ,soc est complète- 
ment usé après le travail de IS hectares et 
son reinplacemenl revient ù 7 fr. .">0 en acier 



pour lOJ du i>ri.x d achal. 





l'ièces 






paration. 


de rechange. 


Urparalion. 


Totaux 


fr. c. 


fr. .■ 


Ir. 0. 


fr. c. 


0.80 


0.80 


1.45 


2.23 


0.90 


1.00 


O.U 


1.41 


0.18 


. .'•..- 


0.(3 


0.118 


0.15 


0.33 


U.I7 


0.50 


0.10 


0.36 


0.18 


0.54 


0.10 


0.08 


0.08 


0.16 


0.3."> 


0.33 


0.09 


0.42 


0.27 


0.39 


0.30 


0.69 


0.33 


0.50 


0.20 


0.70 


0.75 


0.60 


0.34 


0.94 


0.25 


0.81 


0.14 


0.93 


0.11 


0.40 


0.09 


0.49 


0.76 


0.46 


0.12 


0.58 



ordinaire, soit environ fr. -iO par hectare. 
Le soc en acier dur, appelé improprement 
acier américain, revient i'i 13 fr. et peut tra- 
vailler généralement une plus grande éten- 
due, sans que nous ayons de chidVe précis à 
cet égard; mais souvent, trempé trop sec, il 
casse net dans les terres pierreuses. 

Ces chiffres d'avant la guerre : rechange de 
soc fr. 'lO par hectare, répar.ition de socs 
fr. 50 par hectare, relevés récemment (en 
laissant de coté les 12 fr. de raflilage dans le 
cas du travail pénible de terres très sèches', 
mis en parallèle avec ceux du tableau précé- 
dent, nous pcrmoltent d'admettre les chiffres 
américains comme moyennes générales. 
I A suivre.) Max Ri.ngelmann. 



LES RÉCOLTES EN 11)16 



La Direction de l'.Xgriculture (Office de 
renseignements agricoles) a publié au Jour- 
nal Officiel du -t janvier les résultais approxi- 
matifs en 1916 des principales cultures au- 



l'OMMHS DR TRnRIÎ 



TOPIS.VMHOLRS 



très que les céréales. Le tableau suivant per- 
met de comparer ces résultats avec ceux de 
l'année 1915 pour un certain nombre de 
culture : 



nUTAIlA<-.*S KT N.VVKTS 



r.HOt'X KOJRRAGKRS 



1916 
1JI5 



.Surfaces 
enst'nii'ncécs. 

horlaro'* 

^ 303 ÏIO 
I 34 4 600 



Quanltlés 
récoltées. 

quinlaux 

91 311 000 
93 9110 1 iO 



Surfaces 
cnsenioncâos. 

hpclares 

103 346 
108 010 



UKTTFR.WES A ML'CRE 



I9IU 

lyP) 



76 437 

75 CIO 



1916 2 702 320 

1917 3 832 10., 



Quanlilés Surfaces 
récoltées, ousomencces. 



MIMm» — iO 660 —2 679 150 



19 099 OûO 
11 4X0 700 



titawd -f- 787 -f7 618 300 

r-'ilhlRS ARTIKICIRI.I.KS 



108 317 300 
118 937 700 



quintaux 

15 740 110 
13 323 5.55 



lieclarci 

143 100 
149 0^5 



(Juautités 
recollées. 

i|ujnlaux 

2i 090 OÛO 
25 821 27 n 



Surfaces 
eu.sciuencces. 

horlares 

=00 423 
2(5 315 



—4 494 -\-i 216 555 

nBTT. I>B DISTILLBRIB 



27 ;ûo 

28 «KO 



8 439 650 
3 8iS 680 



— 3 


983 


— 1 731 


210 


BBTTI 


ERAVRS F«iUHRAGf 


RKS 






549 


095 


1.76 874 200 


582 


900 


14(; 631 


3t0 



—1 580 -f2 590 970 —33 805 -|-10 242 860 

rhAlRIRS TEMI-OItAIRKS FOURRAOK.H VKRTs ANNL'BI.^ 



327 870 

326 760 



9 894 650 
Il 305 590 



641 7S0 
675 690 



tilHtmi —69 5S5 —10 620 400 -|-1 UO —1 410 940 —33 960 



103 819 402 
120 970 840 

—7 151 438 



(juanlités 
rccoltcos. 

quintaux 

59 467 100 
65 183 550 



—34 812 — 5 716 450 



l'IllïS NATfRKI.S 



4 662 700 

4 723 815 



151 383 900 
17S 638 630 



-60 145 —27 254 730 



ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE 



21 



Le document officiel rapproche les sur- 
faces cultivées et les rendements en 1913 et 
en 1016 des évaluations correspondant aux 
années antérieures; mais ce rapprochement 
ne permet de tiriT aucune conclusion, car ces 
dernières évaluations se rapportent à toute la 
France, dont une partie est malheureuse- 
ment occupée par l'ennemi depuis deux ans. 

Il ressort du tableau précédent que, de 
lOliJ à IflKi, toutes 11 s culturesqui y figurent 
ont perdu du terrain, à l'exception de la bet- 
terave à sucre et des prairies temporaires : 



les caractères défavorables du printemps ont 
contribué h cette diminution. Quant aux ren- 
dements, ceux de 1916 seraient inférieurs à 
ceux de 1913, sauf pour les topinambours et 
les diverses sortes de betteraves. 

Les renseignements sur les légumes secs 
sont très incomplets, de même que ceux four- 
nis sur le maïs et sur le sarrasin. 

Les surfaces ensemencées en plantes tex- 
tiles (lin et chanvre), en tabac et en houblon 
sont accusées comme ayant diminué en 1916 
comparativement à 1913. H. S. 



ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE 



Séance du 27 décembre 1916. 
Préiidenre de M. Maurice de Vilmorin 

M. Obican, secrétaire du ministre Je l'Apricul- 
lure de Serbie, fait une communication sur 
l'éyaporation du sol dans tes diverses régions de 
la France. 

Mesures appropriées à la mise en culture des 
terrains abanlonnés dans la zone des armées 
et à relever la production agricole. 

Au nom de M. llarraca, M.^Schnbaux présente 
une notf qui est, en réalité, un projet Je mise 
en culture d'une partie des terrains laissés in- 
cultes dans la zone du front. Déjà, profitant Ju 
fumier à profusion sur certains points de cetlo 
zone, Ju matériel agricole abandonné par les 
propriétaire». Je la main-d'œuvre militaire 
fournie par les troupes au lepos, des cultures 
diverses et des jardins ont été établis sur de 
nombri'iix points Je cette zone par Je petites 
unités. M. Harraca pense que ces cultures, au 
lieu d'être facultatives et localisées sur certains 
endroits, devraient s'étendre sur toutes les par- 
lies de la li^'ne du Iront, où cela e?t possible. 
On y cultiverait spécialement des pommes de 
terre et des choux pour l'iniendance. 

D'autre part. .M. J.-H. Martin, directeur des 
Services agricoles J'inJre et-Loire, par l'inter- 
médiaire de M. Schribaux, communique (gaie- 
ment une note à l'Académie où il montre les 
mesures qui, selon lui, seraient à prendre pour 
relever, d'une façon générale, en France, la 
production agricole. Il conviendrait : de modifier 
le régime des permissions agricoles et celui de 
la main-d'œuvre fournie par les prisonniers; de 
constituer, dans chaque département, d'impor- 
tantes équipes agiicoles. 

Ces deux communications amènent M. Méline 
à préciser ce qui a ^té réalisé par le mini>tère 
Je r.Vgrictdtuie pendant qu'il eut à le diriger. 

Tout d'abord, M. Méline rappelle comment a 
été mise en valeur une partie du sol inoccupé 
dans la zone des armées, par la culture des jar- 
dins potaijiers militaires ou civils. Avec le con- 
cours de M. Ducrocq, spécialisé de longue date 
dans la question desJarJins ouvriers, Il est par- 



1 venu à susciter partout une organisation J'en- 
semble qui, réellement, a produit Je merveilleux 
résultats. M. Ducrocq a surtout agi auprès des 
autorités militaires, des cliefs Jes Jiverses unités 
combattantes, et il a obtenu ainsi le plein ren- 
Jement Je cette main-J'œuvre militaire volante 
quia renJu Je très granJs services, lîlles'ajonte à 
celle des permissionnaiies,des équipes afjricoles; 
elle est fournie partout où il y a Jes sol Jais qui 
ne se battent pas, par journées et même par 
demi-Journées. Elle représente ainsi un nombre 
incalculable d'heures de travail agricole supplé- 
mentaire. 

Ce n'est là, du reste, qu'un point pariiculier 
de notre production agricole; partout, sous lin- 
pulsion des Comités d'action agricole, il s'est 
fait un très grand elTort qui s'est répandu aux 
plus petites commîmes. ■ Sans Joute, fait obser- 
ver M. Méline, le but n'est pas coraplèteinent 
atteint et il reste encore trop Je terres aban- 
Jonnées, mais ce qu'il faut Jire, c'est que les 
terres abanJonnées seraient en quantité JoulJe 
si l'on n'avait pas agi énergiqiiement; pour èiie 
juste, il ne faut pas se bornera voirce qu'il reste 
à faire, il faut aussi se renJre compte de ce qui 
a été fait. -> 

Puis ri'pondont spécialement à la note de 
.M. Martin au sujet des permissions agricoles et 
du régime de la main-d'œuvre prisonnière, 
M. Méline rappelle qu'avant son arrivée au minis- 
tère, il n'y avait pas de permissions dans la zone 
Jes armées; or, aujourJ'Iiui, la situation s'est 
très heureusement moJifiée sur ce point. Dans 
celte zone des armées, les garde-voies ont pu 
olitenir des permisioiis, le ministie de la Guerre 
a même décidé que les G. V. C. seraient, autant 
que possible, envoyés près Je leurs terres pour 
pouvoir, à l'occasion, donner un coup de main. 
Il y a deux mois, le général Il'iques, d'accord 
avec le G. Q. ('•., a décidé, sur l'invitation de la 
Cliamlire, qu'une permission agricole de vinf;t 
jours serait accordée aux hommes qui se tiouvent 
dans la zone Jes armées. Ils peuvent prenJre 
cette permission comme ils veulent en la gref- 
fant sur leurs permissions de sept jours. 

En ce qui concerne les prisonniers, quand 



CORKESPONDANCE 



M. Mélino est arrivé au minisiRie, il y avait 
lii 000 prisonniers aj,'riculleurs, dont 4 000 seu- ] 
lement affectés aux travaux a,;rii;oles, les autres : 
travaillant dans les forêts ou sur les routes. 
Tous ont ét(^ ramenés à l'agriculture. Aujour- 
d hui, il y en iiiOOO réservés exclusivement pour 
les travaux purement agricoles, c'est une véri- 
table petite armée. 

Entin, pour les pormissiofnnaires au litre agri- 
cole, si des abus ont pu être constatés en ce sens 
que quebiiios-uns de ces permissionnaires ne 
travaillaient pas ou peu sur leurs terres, les 
instructions les plus formelles ont été données 
par l'autorité militaire aux maires i-t aux Comités 
d'action agricole pour qu'ils signalent les mili- 
taires qui ne travaillent pas ou qui ne travaillent 
que deux ou trois jours pendant leurs jours de 
permission; dans ce cas, ils sont aussitôt ren- 
voyés à leur corps, à moins qu'ils ne consentent 
à travailler pour leurs voisins. 

Culture du blé de printemps du Manitoba 
en 1916. 

M. Sclinbau.i analyse, devant l'Académie, les 
observations que lui ont communiquées de nom- 
breux correspondants au sujet du blé du Mani- 
toba, qu'ils avaient eu l'occasion de cultiver au 



printemps de l'.Hti dans les différentes régions 
de la Fiance. Daos les régions ou l'on cultive 
d'ordinaire des blés de printemps, les blés Ja- 
pliet, Bordeaux, ChidJam, .Saumur de mars, res- 
teraient les blés à semer dans les bonnes terres 
et en temps normal; mais pour les semis tardifs 
qu'on peut toujours être obligé de faire, pour 
les semis du mois d'avril, le .Manitoba serait à 
employer comme blé de fortune, comme blé de 
guerre. Dans les régions où les blés de printemps 
Sont inconnus ou à peu près, les expériences de 
1010 autorisent à croire que le Manitoba ou des 
variétés de même précocité rendront dans l'ave- 
nir de précieux si'rvices comme blés de février 
et de mars, et cela non seulement pendant la 
période de guerre, mais encore en période nor- 
male. 

Le Bureau pour l'année 1917. 

L'ordre du jour appelle le dépouillement du 
scrutin pour l'i'lection du vice-président et du 
vice-secrétaire pour 1917. M. Halleresl élu vice- 
président, et M. Wery vice-secrétaire. 

Le Bureau |>our l'année 1917 est ainsi com- 
posé : président, M. Jules Develle ; licc-présidext, 
M. Albin Ualler; seci claire perficluel, .M. Henry 
Sagnier; vice-secrétaire, M. Georges VVery. 

11. HlTIHR. 



CORRESPOiVDANCE 



— V. de C. {Charente). — Vous craignez de 
voir un de vos champs envahi par les chardons : 
vous devez faire dans ce champ du blé ou de 
l'avoine de [irinlemps, y semant en même temps 
de la luzerne. 

L'année même du semis, les chardons pour- 
ront pousser et se développer malgré céréales et 
jeune luzerne; mais, les années suivantes, si la 
luzerne a bien pris, celle-ci étouffera les char- 
dons. Lue luzerne réussie est la meilleure ma- 
nière de débarrasser une terre des chardons. — 
(H. H.) 

— .\° C'.iiS {Charente). — Les châtaignes (|ui 
nous ont été envoyées paraissai.'iit saines et leur 
tégument était intact; mais en i.'nlevant ce tégu- 
ment on apercevait à l'intérieur des zones noires 
plus ou moins éli^nduesqui caractérisent la ma- 
ladie, très répandue cette année sur la jdupart 
des châtaignes que l'on trouve dans le com- 
merce. Le champignon qui cause cette mala- 
die a été décrit, il y a quelques années (1908), 
par M. Itainier; c'est le llarziclla t'as/anc.r. 

Les causes de l'infection sont encore incon- 
nues. Toutefois en examinant avec attention des 
châtaignes pi ii malades, on constate que la ma- 
ladie parait débutir à la base du fruit; comme, 
d'autre part, le tégument parait intact et qu'il 
n'y a pas de larves dans les fruits conlamioés, il 
y a lieu de penser que riofeclion a lieu sinon 
dans ta Heur ou au moins dans les très jeunes 
fruits. 

Pour s'assurer du fait, il faudrait examiner les 
groupes de fruits en formation uu peu après la 



fécondation. Si vous pouvez nous adresser l'an- 
née prochaine de ces groupes de jeunes fruits, 
nous pourrons en faire l'examen. 

.Vctuellement, il n'y a rien à faire contre cette 
maladie. La ilessiccation à rétuvo ou au four des 
fruits de conserve est le seul procéd." que nous 
puissions recommander pour empêcher la ré- 
colte d'être délinitivemenl perdue. — i L. .M.i 

— M. M. A. Allier). — In hameau a la jouis- 
sance de terrains communaux. Il comprend 
six feux, ilont trois appartiennent à dos proprié- 
taires habitant sur place, deux autres sont occu- 
pés par des métayers, et le sixième est actuel- 
lement loué i'i des réfugiés par les héritiers de 
l'ancien propriétaire. Vous demandez : 1° si les 
trois propriétaires à demeure peuvent faire, 
.sans passer par l'intermédiaire de la mairie et 
sans frais, un acte lotissant ce communal en 
trois ou quatre paris en vue de le reboiser; 2° si 
les métayers ont le droit de s'y opposer; 3" si 
les héritiers <lu sixième propriétaire peuvent 
demander leur part. 

1° C'est au Conseil muiiicq)al qu'il appartient 
de rétîler le mode de jouissance des commu- 
naux appartenant à une section de commune 
lUailo/., Iléperl. prat., V Commune, n° 4245 . 
Les liaiiiLants et, à plus forte raison, certains 
d'entre eux seulement n'ont pas ce droit C'est 
donc à la délibération du Conseil municipal qu'il 
faut se reporter. 

2» et 3" Au surplus, les métayers et le locataire 
des héritiers ont droit chacun à une part iDallo.;, 
n" 3.'t42 et suiv.:. — (C. E. 



REVUE COMMERCIALE 



23 



LA QUINZAINE MÉTÉOROLOGIQUE 

Semaine du 'IH au Si d'^remhre i^lQ [OBSERVATOIRE DU PARC SAIIST-MAUR) 



JOURS 

BT DATES 


z. 

o .- 




TEMPE 


RATUR 

a 
a 

o 


K 


Veat. 


1 

II 

« 

-a 


-a 

s ^ 

3 û. 


REM.\RQUES DIVERSES, 




m 

e 


M 

a 


Écart 

sur 

la nor 

maie. 






millim 












k««res 


niillim. 






Lundi 2o déc. 


■■ 


2».l 


1209 


7».C 


;, :! 


» 


i 5 


2.3 


Brumeux, pluvieux. 




Mardi i« — 


■• 


1.1 


lis 


4.8 


2.i; 


» 


0.0 


8.7 


Pluie continue. 




Mercredi.. 2: — 


•• 


0.4 


li.!l 


2.7 


0.5 


" 


6.4 


0.7 


Pluie le m., beau le soir. 




Jeudi 28 — 


» 


—2.4 


6.0 


2.0 


—0.2 


H 


0.0 


.' 


Couvert, brumeux. 




Vendredi. 29 — 


„ 


6-.'i 


12 


10. i 


S.:! 


» 


0.0 


2.7 


Couvert, pluie le matin. 




Samedi... 30 — 


» 


9.7 


12.2 


10,3 


s 2 


» 


1 2 


0.8 


Nuageux, pluie le matin. 




Dira 31 — 


■■ 


•;.8 


1 1 . 4 


9. S 


7.7 


» 


2 


0.8 


Couvert, averse la ouit. 




l»I»iu m ttUu 

!arts sir a ooruie 




■.\.i 
3.:; 


9.4 

."i . C. 


O.S 
4.7 




» 


12 3 
aQ liea de 
82 h. 
dor. thtor. 


10.2 


Pluie depuis le 1"' janvier : 

En 1916 705n"" 

Normale 592"" 




Sem 


aine i 


lu I' au 7 janvif 


/• 191 


7 




Lundi Ijan. 


■• 


10°.:. 


11.9 


11.0 


S. 9 


.. 


0.0 


» 


Couvert. 




Mardi.... 2 — 


.. 


8.;; 


10.9 


10.0 


7.9 


M 


0.0 


0.3 


Couvert, bruine. 




Mercredi . 3 — 


» 


s. i 


11.0 


10.2 


S.l 


« 


0.0 


0.0 


Couvert. 




Jeudi 4 — 


» 


2.8 


x." 


7.0 


l.'l 


» 


0.0 


0.4 


Couvert, bruine. 




Vendredi. 3 — 


- 


-1.3 


6.4 


2. S 


0.7 


» 


i.o 


0.0 


Nuageux, gelée blanche. 




Samedi . . 6 — 


" 


-0.!l 


(1.7 


:!.G 


1.:; 


» 


0.4 


3.3 


Averse, pluie el grêle. 




Dimanche : — 


" 


-0.4 


.Ï.S 


3.0 


0.9 


„ 


4.3 


i.2 


Ueau le jour, pluie la nuit. 




Itjiiiei II ttuui 

Icuu m 11 unila 


" 


4.0 


8.8 


6.8 

4,0 


" 


9.4 

ID tien de 
83 b. Il 
«r. tbior. 


8.2 


Pluie depuis le 1" janvier : 

En 1917 S"""» 

Normale 7"" 





(La publication des renseignements sur la pression barométrique et sur le vent est interdite par la 
censure au Bureau central météorologique.) 



REVUE COMMERCIALE 



Situation générale, — Les caiartéres de la saison 
présentent une irr.gularitr dr- plus en plus accen- 
tuée, L humidité a iliimine Mans la plupart des ré- 
gions, ri mis obstacle aiix Iravaux des terres, La tem- 
pérature est exceptionnellement iluuce, ce qui favo- 
rise le développement des mauvaises herbes dans les 
terres ensemencées cn'iellrs sont déjft trop abondantes. 

Blés et Farines. — Les mesures adoptées dans 
la plupart des départements pour entraver le com- 
nurce des blés et pour m génei les transports pro- 
voquent des plaintes jusliliées par les besoins des 
régions où la production ne sufllt pas aux besoins 
de la consommation, et qui ne sont qu'irrégulière- 
ment approvisionuées p.ar le Service de ravitaille- 



ment. Sur tous les marchés, on ne signale que des 
aHaires extrêmement calmes; quelques traiisaclions 
seulement sont opérées .lux couis taxés de 32 à 33 fr. 
[i.ir 100 kilogr. suivant la ipialité, d'autres ù un 
taux plus élevé surtout sur les man hés du Sud-Est 
où les besoins sont particulièrement importants. 

C'est toujours une grande feruieté qu'on signale 
dans les autres pays. La hausse domine même sur 
les marelles américains; -X Seii-York. on cote le blé 
disponible 38 fr. 35 au pair par 100 kilogr. (43 fr. au 
cours Ju change). Le mouvement est accentué en 
Angleterre; à Lomlies, on cote: blés indigènes 
bl.incs, 42.7;. à 45 fr.; roux, 42.20 à 44.50; les blés 
étrangers sont payés : canadiens, 48.85 dlSU.50; aus- 



i\ 



HEVUE COMMEHCIALE 



lrali«-n?, 46.50 à 41.23, le tout par 100 kilogr. En 
.Sui,v.«(?, le Départemcot militaire a porté à 50 fr. par 
100 kiloyr. le prix du blé qu'il livre aux meuniers; 
suivant les cantons, les Mes inJit.''^ne4 .scml cotés île 
4(1 à 50 fr. Ko llalie. les prescriptions administra- 
tives niaintienneut entre 36 et 37 fr. les cnurs des 
blés tendres. 

Issues. — Les demandes sont actives, mais les 
Iran 'actions sont toujours troublées par les exigences 
administratives. 

Seigles. — Les allaires sont assez difficiles. Sur 
les liiarcliés des centres de production, on cote fjé- 
néralemeiil 32 à 33 [r. par 100 kilogr.; rarement jus- 
qu'à .14 fr. 

Avoines. — Les offres sout régulières, et les cou s 
varient peu. On ne signale que peu de variations 
dans les prix. Les avoines noires ou grises sont co- 
tées 211 à 30 fr.; les blanches, 28 à 29 fr. 

Orges. — En raison des besoins de la brasserie, 
les piix .iccusent beaucoup de fermeté; suivant les 
centres, l'n cote 37 à 40 fr. par 100 kilogr. Les orges 
de moulure valent de 32 à 35 fr. 

Sarrasins — L-s cours ne varient pas et sont 
fermement soutenue. Ils sont compris entre 39 et 
41 fr. par lOU kilogr. 

Maïs. — Suivant les marches, les mais indigènes 
valent 36 à 40 fr. p.ir tOU kilogr. dans le Sud-Ouest. 
Les mais de La l'Iati sont cotés 41 fr. à liordeaux 
et 11 fr. à Marseille. 

Pommes de terre. — La fermeté s'est accentuée 
Les prix varient entre 11 et 20 fr. par 100 kilogr., 
suivant les surtes et 1-s régions. 

Légumes secs. — Prix soutenus. On paie les ha- 
ricots 120 à 130 fr. par 100 kilogr., suivant les mar- 
chés locuux. 

Graines fourragères. — Quoique les affaires soi nt 
ns^ez reslri'inles, les prix accusent une grande fer- 
meté. On cote à Paris, par 100 kilogr.: trèfle violet, 
16 I à 2110 fr. suivant origine ; luzerne, 150 à 175 fr. 

Fourrages. — La hausse s'accentue. On paie à 
l'.iTis-La Chapelle par lOi botles i.'i20 kilogr.): foin. 
10.1 à 12» fr.: luzrne, lu8 à 115 fr.; regam. 100 à 
110 fr.; paille île b'é. 63 à 68 fr.; d'avoine, 5:! à 5x fr. 
D.ins le Sud-Est, on cote les foins et les luzerues 2» 
n 2t) fr. par loO kilogr. 



P-Jtail 
Villette 



Bœufs. . . . 
Vaches .. 
Taureaux 
Voaux. . .* 
Moulons.. 
Porcs . . . 







PKIX 


DO KILOG. 






AU POIDS NKT. 


Amonés. 


Invendus . 


— .^ ' — .« 


" ■ 






1" 


?• 


3> 






quai. 


qaal. 


quai. 


3 05-2 


4-2.' 


2.52 


'.;.3S 


2.20 


1 791 


'ii-: 


■2.62 


•2.30 


2.1S 


49» 


Ht 


2.34 


2 24 


2 10 


1 90i 




3.70 


3.20 


2 70 


14 040 


u 


.1.70 


3 20 


2 80 


3 090 


. 


3 3C 


3 16 


3 «4 



veaux, 2.80 à 3.60; moulons. 2 à 3.55; porcS. 3.35 à 
3.55. 

Cholet, par kilogr. poids vif : bœufs, 0.9" à 1.07; 
taureaux, 0.93 à 1 03; vaches, 0.92 4 1.02; porcs,'2.«0. 

Niincy, par kilogr. poids vif : moutons, 1.90 à 
2.15; pores, 2 à 2.10. 

.lutiiii, par kilogr. poids net : bœufs, 2 10 à 2.55; 
vaches, 2.30 à 2.50; par kilogr. poi.ls vif: veaux, 
1.50 à 2.10: moutons, 1.40 a 1.60; porcs, 2 23 à 2.65. 

Lyon, par kilogr. poids vif : bœufs, 1 20 à 1.32; 
veaux, 1.60 à 1.92; moutons, 1.45 à 1.80; porcs, 2.20 
à 2.50. 

En Suisse, à Genève, on paie par kilogr. poids vif : 
bœuts, 1.65 à 1 70: veaux, 1.50 à 2.15; porcs, 2.70 à 
2.73. 

Viandes. — Derniers cours officiels aux Halles 
centrales de Paris (pir kilogr.) : 
Bœuf. 
l 60 à 1 70 Trains 2 00 » 3 20 



Voici le relevé du dernier marché de La 
à Paris (8 janvier) : 



Prix oxlréme» du kilogra mme. 
Au poijs vif. Au poids net. 

BauCs n. 90 » 1.61 1.98 à 2.68 

Vachoi O.Hl l,o2 

Taureaux 1.00 1.46 

Veaux 1.20 2.40 

Moatona 1.01 1.97 

Porc» 1.S2 2.39 

Dans les départements, on paie : 

Antieni, par kilogr poils net : bœufs, 2.20 à 2.00; 
veiui, l.su 4 3.60; porcs, :i 30 & 3.35. 

l'iirn, par kilogr. poids net : bœufs et vache.s, 
2 30 à 2.80; veaux, 3.20 à 3.x0; moutons, 3 à 3.80; 
porcs, 3.20 h 3.80. 

Houen, par kilogr. poid» net: Lee ifs. 2 à 2.50: 



1.62 


2.70 


2.00 


2.4» 


2.10 


4 00 


2.15 


4.10 


2.60 


3. i ; 



1/4 de derrière. 
1/4 de devant. 
Aloyau .... 
Paleron .... 



1 30 

2 40 
1 70 



1 80 
3 90 

2 lO 



Veau. 



Extra. . . 
1" qualité 

2- — 

3- — 



3 2) à 
2 80 
2 40 
2 00 



Cuisses . . . 
Pis et coUel. 
Bavette . . . 

j. 
Pans 



2 20 2 60 
1 50 2 10 
1 50 2 40 



2 JO 


3 20 


1 80 


2 40 


2 80 A 


i 50 


2 60 


5 00 


2 40 


3 70 



Extra 3 46 

1" qualité. . . 3 30 

2- — ... 3 10 

Poil, fraîches. 2 80 



50 Pans el cuiss. 2 40 A S 70 
3 10 Voaux de Caon: 

2 70 1/4 de devant . 1 80 à 2 30 

2 30 1/4 de derrière. 

Veaux breloos. 
Mouton. 

1" qualilé. . . 3 30 à 3 50 Gigot 

2' — ... 2 80 3 20 Carrés parés. . 
3- — ... 2 30 2 70 Agneaux . . . 
/'orc. 

3 56 Filels 2 80 a 3 80 

3 40 Jambons ... 3 00 3 70 

3 20 Reins 2 80 3 65 

J 66 Poil, salées . . » • 

Suifs. — La cote officielle est sans changement à 
Paris : 155 fr. par 100 kilogr. 

Vins. — La situation ;je varie pas; la fermeté est 
toujours dominante. A Parh-Becij. la Chambre syn- 
dicale des courtiers-gourm«^ts loie les vins nouveaux : 
vins rourjfn, l'hectolitre, Aude ^lO»), 87 à 90 fr.; Gard 
(9M, 81 à 86 fr. ; Hérault l9 à 10"), 85 à SS fr. ; Pyré- 
nées-Orientales ,9 à li;, 85 à 92 fr. ; Algérie (9 à 
10"), 84 à 86 f;-.; la pièce : Beaujolais, 225 à 250 fr. ; 
Maçonnais, 220 à 210 fr.; Chiiion, 2.70 fr.; Touraine, 
220 fr. ; vins de soutirage. 195 à 210 fr. : vins blancs, 
l'hectolitre, pirpaul. 105 fr. ; bourret, 100 fr. ; ara- 
mon, 93 à 98 fr. : la pièce : Eiitre-deux-mers, 230 à 
250 fr. ; Charente, 225 fr.; Anjou, 300 fr. ; Vouvray, 
280 fr. Dans le Midi, on cote à Sarbonne 55 à 60 fr. 
el à llézieis, 57 à 60 fr. par hectolitre. Dans le Chà- 
lonnais, on paie par heclolitre les vins nouveaux : 
rouges, 60 à 65 fr. ; blanc, 65 à 70 fr. 

Alcools. — H y a encore de la hausse. On paie par 
beclolilre: 3 vin bon goût 86*, 400 fr. à Béziers et 
405 fr. à Nimes; 3 6 marc, 230 fr. 

Pommes à cidre. — Les cours sont sintionnaiies. 
de I4ii à 150 fr. par 1 000 kilogr. en Normandie. 

Fécules. — On paie, comme précéd inuienl, la 
fécule preuiièic, 125 fr. par 100 kilofjr.à Paris. 

Beurres. — La taxe est il6t;oruiai3 appliquée dans 
quelques départemenis. On cote Normindie, à Caen 
et à Bayeux 5.80 à 6.20 par kilogr. A Paris, les cours 
oscillent autour des taux précédents. 

Œufs. — M nies cours a P-ris de 200 à 300 fr. par 
mille suivant qualité. Les prix varient, dans les dé- 
partements, de 3 à 3.50 la douzaine. 



B. DuR.^xt). 



J.e qirant : Cihhles Dutheix 



Pans. — L MAnETMBUi, luiiminoiir, 1, rue Cassette. 



CHRONIQUE AGRICOLE 



CHRONIQUE AGRICOLE 



Décret relatif h la taxa;ion de l'orge et du seigle. — Nouvelles dispositions prises par le ministre de in 
Guerre relativement aux permissions agricoles. — Disoission d'un projet de résolution à la Chambre 
des Députés. — Indications données par iM. Clémcnt<'l sur les dispositions prises pour les classes iss.s 
et 1889. — Nouvelles ressources pour la niain-d'a'uvre agricole. — Acluils de tracteurs par le ministère 
de l'Agriculture. — Organisation de la ciillure des terres abandonnées. — L'impôt sur les bénélices de 
l'exploitation du sol. — .\pplication de 1 impôt ylobal sur le revenu. — Abus des réquisitions de four- 
rages dans le Midi.— Li vente du lait é réme dans la banlieue de Paris. — Résistance administrative.— 
Les sorties de vins pendant les trois premiers mois de la nouvelle campagne. — Mesures prises en Italie 
en faveur de la production du blé. — Avis relatif à l'exportation des plants de végétaux. — Commission 
pour le développement de la production des graines de betteraves. — Souscription dans la Suisse 
romande en faveur des agriculteurs victimes de la guerre. — Société d'agriculture de la Gironde. 



Taxation du seigle et de lorge. 

On IrouviTii plu.s loin (p. oii un dùcrel 
relatif ;i la taxation du si igle et do l'orge. 
Après les exeniple.s malheureux donnés par 
les résullats des .taxations ordimnées précé- 
demment, il élait permis d'ei^pérer que le 
Gouvernement s'arrêterait dans la voie né- 
faste 011 il s'est engagé. 11 parait, d'aulre 
part, que l'application de la taxation aux 
beurres et aux fromages se préparerait avec 
ardeur dans les milieux administratifs. 

Si l'on cherchait à décourager définilive- 
ment la production agricole, on ne pourrait 
pas choisir de procédés plus efficaces. 
les permissions agricoles. 

Voici les instructions adressées sur u: 
siijcl, par le ministre de la Guerre, à la date 
du 8 janvier : 

Les permissions agricoles qui, dans les ré- 
gions, sont largement accordées aux hommes de 
toutes classes, sans fixation précise de durée, 
ont été récemment étendues, dans certaines 
limit«-s, aux hommes des classes 1892 et plus 
anciennes en service aux armées. (;hac4iie agri- 
culteur (cultivateur, maraîcher ou viliculteuri, 
appartenant à ces classes et en service aux ar- 
mées, a (Iroil, dans l'année, à uni' permission 
agricole de vingt jours englobant une permis- 
sion de ilotente de sept jours. 

En vue d'établir une certaine concordance 
dans la régh-menlalion des permissions agri- 
coles au front cl à l'intérieur, j'ai décidé que les 
permissions agricoles seraient désormais un 
droit pour les hommes des mêmes catégories eu 
service dans les régions et qui ne dépendent pas 
du ministre de r.^rmcmenl et des fahricatiousde 
guerre. 

Tout agriculteur (cultivateur, maraîcher ou vi- 
ticulteur; des classes IH02 cl pics anciennes, qui 
ne relève pas des armées et qui n'est pas dans 
les usines de guerre, aura droit entre le 1''' fé- 
vrier el le 1" juin V.H'i. a. une prrmisslon de 
vingt jours englobinl une permission normale 
de sepl jours. Ces vingt jours de permission 
pourront d ailleurs être accordés en une ou plu- 
sieuri lois, suivant les néces.sités du sei Vice et le 

25 Janvier 1917. — N» 2 



désir de l'intéressé. Le droit est acquis aux pro- 
priétaires exploitants, fermiers, métayers, maî- 
tre.s-valets et ouvriers agricoles. 

Celte question des permissions agricoles a 
donné lieu à des échanges d'observations 
iiiiporlantes dans la séance du 17 janvier à 
la Chambre des Députés. 

Ces explications ont surgi à l'occasion 
d'une proposition de résolution présentée, il 
y a i)liisieurs mois, par MM. Cosnier el Palu- 
reau-liaronncl pour inviter le Gouvernement 
à accorder deux permissions de vingt jours 
aux cultivateurs mobilisés daus la zone de 
l'intérieur et dans les services extérieurs de 
l'arrière dans la zone des armées. M. Clémen- 
tel, minisire du Commerce et de l'Agricul- 
ture, a fail connaître les dernières disposi- 
tions adoptées d'accord avec le ministre de 
la Guerre; il les a exposées en ces termes : 

En vertu d'une circulaire, que vient de signer 
le ministre da la Cuerre, tous les cultivateurs, 
inaraîcliers el viticulteurs des classes 1888 el 
1880 seront, non pas déiiiobili.sés, mais mobi- 
lisés aux champs. Ils seront classés en ileux ca- 
tégories : la première coniprcnant ceux qui, 
sans limitation de contenance, possèdent ou ex- 
ploitent, à litre de fermiers, métayers ou pro- 
priétaires, un morceau de terre française. Ceux- 
là seront mobilisés chez eux. Ils porteront un 
brassard bleu horizon qui deviendra, je l'espère, 
populaire dans nos campagnes... 

Ainsi donc, ceux qui ont une terre, si petite 
soit-elle, seront mobilisés sur leur propre tirre, 
avec obligation absolue, obligation inscrite dans 
leur demande, de travailler, lorsqu'ils .luront 
cultivé leurs champs, pour la collectivité, pour- 
la femme dont le mari est absent, pour l'oiplielin. 

La seconde catégorie, dans laquelle entiernnl 
les cullivaleurs des régions envahies et les jour- 
na'.iers aj.'iicoles, sera constituée en é(|ui|ies 
payées à un salaire que fixera le ministre de 
l'Agriculture, d'après le i-alaire moyen de la ré'- 
gion. Celle main-d'œuvre s'ajoutera à celle qui, 
jusqu'à ce jour, élait à la disposition de l'agri- 
cuUure. 

l.e ministre a ajouh' que le coiilrùle du 

igfî. - 2 



26 CHRONIQUE AGRICOLE 

r)nclionnement de la m;iin-d'(Puvr(? seraiL 
placé A lirève échonncfi sous la (lireclion de 
M. Kernand David, (iL'inili', aïK'icn ininislrc, 
de l'A^riciilluro. 

Los di.s|iosiliun.s annoncées niellronl envi- 
ron .')0 (11)0 hommes à la disposition de l'agri- 
culliire; en outre, le service de santé dispo- 
serait de 13 000 à iO 000 hommes pour èlre 
employés aux travaux agricoles Quant ;\ 
miillipiier des permissions de droit pour les 
hommes des classes plus jpunes, M. René 
Besnard, sous-secrétaire d'Ktat ù la Guerre, a 
exposé les difficultés que présente cette con- 
ception. iNéanmoins, après une longue dis- 
cussion, la Chambre a adopté le texte suivant : 
l.a Chainlire invile le fiouvernement à uccorder 
aux agriculteurs et viticuU<'urs inobilisc^s dans 
la zotic de l'intérieur un** peniiissi'm de vingt 
Jours, par roulement, d'ici au 1'' mai. 

Le sous-secrétaire d'Ktat ;"i la Guerre a pré- 
senté, comme il était à prévoir, des réserves 
l'ormeiles relativement à l'application de 
cette mesure. 

Le Journal Officiel du 21 janvier a publié 
les instructions définitives sur les agricul- 
teurs des classes ISSHet ISH9. 

La culture des terres abandonnées. 

Au cours de la discussion qu'on vient 
d'analyser, M. Clémenlel, ministre du Com- 
merce et de l'Agriculture, a fait connaître 
que, pour rap|)licalion de la loi du 2 lanvier, 
la Commission d'achat qu'il a instituée a 
proposé l'achat de 398 tracteurs, dont 108 
sont en France et 290 sont encore à l'étranger, 
mais devront être livrés en France avant la lin 
du mois de février. <■ Nous allons, a-t-il dit, 
nous servir, pour la culture des terres aban- 
données, des appareils que nous avons 
achetés, mais nous les céderons ensuite aux 
Syndicats au furet à mesure de leur consti- 
tution. >> 

l'our l'applicalion de celte même loi du 
2 janvier, un Service des travaux de culture 
a été constitué ; un Comité directeur com- 
posé de trois membres du Parlement, M. l-'a- 
gol, sénateur, et MM. Cosnier et ,Iean Durand, 
députés, a été chargé de l'exécution de la loi 
sur les terres abandonnées. 



L'impôt sur les bénéfices agricoles. 
I.i' Séiial, d.itis sa séance du IS janvier, 
a adopté, dans la discussion du piojet de loi 
relatif ;i l'impùl sur le revenu, les articles 
rnlalifs aux béiiéliies de l'exploitation du sol. 
lin sait qui! ces articles avaient été réservés 
•Il vui' (II- disposiiions nouvelles sur le taux 
■ II' l'imiioi. Il a été iléridé que l'évaluation 
d> > liénélices serait forfaitaire et basée sur la 



moitié de la valeur locative des terres ex- 
ploitées ; lorsque la valeur lorative ne dé 
passera pas 12 000 fr., l'exploitant ne sera 
taxé que sur la fraction supérieure à 1 230 fr. 
et aura droit à des réductions variables sur la 
I)arliede celli- valeur comprise entre 1 251 et 
;< 000 fr. 

L'impôt général sur le revenu, 
l'n décret en date du 17 janvier a porté 
règlement d'.idminisiralion publique pour le 
fonctionnemi-nt de l'impôt général sur le re- 
venu. La loi du 30 décembre 191(), rappelée 
dans la Chronique du 11 janvier, a rendu 
ohligaloii e. pour chaque contribuable, la dé- 
claration de toutes ses sources de revenus; le 
revenu net servant de base à l'impôt général 
sur le revenu, ou impôt complémentaire, est 
formé par l'ensemble du revenu net prove- 
nant de toutes ces sources, défalcation faite 
des dépenses efîectuées en vue de l'acquisi- 
tion et di- la conservation de ces revenus. 

La déclara'ion des contribuables doit être 
remise au conIrcMeur du lieu de sa résidence 
avant le 28 février prochain. 

Les fourrages dans le Midi. 

Les prix des fourrages ont atteint dans 
plusieurs parties de la région du Sud-Est des 
taux exorbit.iiits. La principale cause parait 
être dans les mesures prises par les inten- 
dants militaires et les préfets à propos des ré- 
quisitions et des interdictions de vente. 

La question ayant été soulevée dans la 
séance du 1 1 janvier à la Chambre des Dépu- 
ti's, M. Ilerriot, ministre des Travaux publics, 
des Transports et du Ravitaillement, a fait 
des déclarations qu'on doit connaître : 

M. Hiirthe me ilem.inde de répondre briève- 
ment à cette question précise : « Kst-il permis 
aux inlnnilaiits et aux préfets de procéiier par 
voie de consignation ? » Voici la réponse : 

Il e.-l exact qu'il y a, dans des dépailements 
du Midi, une raréfaction des fourrages qui mérite 
attention. Ni les intendants, ni les préfets n'ont 
le dioit de consigner au delà des limites de la 
réquisition. 

En ce qui concerne les intendants, la loi de 
1877 est formelle en son article 3. Au reste, il 
leur a été adressé une circuUire, le 20 septem- 
bre tOtCi, qui est préci>e. Elle dit : " Il doit être 
bleu enlendu i\nf la réquisition ne peut pas ab- 
sorber loutt'S les ressources de la commune, que 
l'oidre de réqnisiiion doit faire mention de la 
quantité des prestations imposées, que le maire 
doit noiitier sans délai à cliai|ue propriétaire ce 
«lu'il aura à fournir et que, eutin, les prestataires 
peuvent libreineiil disposer du surplus ». 

Par conséquent, les intendants n'ont pas le 
droit de réquisition au del,^ du nécessaire. 

(jcani aux piéftls, les instructions données 



CaHONlQUE AGKICOLfc; 



sont du même orJre. 11 est illéj^al qu'un préfet 
interdise l,i sortie ries fouirai.'es de son départe- 
ment. J'ai donc envoyé, il y a quelques jours, des 
inslruclioiis très précises aux préfets, et il sera 
rappelé à lnus les Intendants et à tous les préfets 
qu'en dehors des contingents déterminés pour la 
réquisi'ion militaire, il est interdit de s'opfioser 
à la libre circulatioa des fourrages. 

A diverses reprises, nous avons proteslé 
contre les prétentions des préfets inlerdisiuil 
la sortie des denrées agricoles de leur dépar- 
tement. Les déclarulions de M. Herriot, con- 
flrrnant celles faites antérieurement par 
M Clémente!, montrent à nouveau le caractère 
illégal de ces prétentions. 

Le lait écrémé. 

.Nos lecteurs savent que la vente du lait 
écrémé, dans des conditions bien précises, a 
été recommandée avec raison, nolamiuent 
par notre excellent collaborateur, M. Moussu, 
et que la Compagnie du chemin de fer de Pa- 
ris à Orléans en a organisé le transport et la 
vente. .\ la suite d'une entente avec la laite- 
rie coopérative d'Ormes (Vienne), celle-ci 
installa la préparation du lait écrémé p(jur 
l'expédition; en même temps, les municipa- 
lités de certaines localités importantes de la 
banlieue de Paris {Juvisy, Villeneuve-Saint- 
Georges, Ghoisy-le-Roi, Maisons-Alf'orl et 
Saint Maurice) desservies par la Compagnie 
d'Orléans organisèrent des ventes munici- 
palesà bon marché ; une vente a été organi- 
sée, en cuire, à l'Economat ouvrier de cette 
Compagnie. 

Les résultais acquis sont exposés dans la 
note suivante : 

Ces vente? ont commencé le l" octobre; leur 
importance journalière est actuellement de 
2 000 litres et n'est limitée que par la quantité 
de lail écrémé disponible de la deurrerie. Les 
débits municipaux ouvrent vers 6 heures et fer- 
ment vers 8 heures, le matin; quelques épiceiies 
vendent sous le contrôle de la ville. On ne poite 
pas à domicile, chacun vient avec son récipient. 
Par la voie d'affiches, de notices remises aux 
acheteurs, de lettres personnelles aux mères, les 
municipalités ont pris toutes précautions conte 
l'introduction de ce nouvel aliment dans l'ali- 
mentalion des nourrissons et des malades. 

Le prix du lail écrémé est de fr. ITi le litre; 
étant donné sa richesse en caséine et en sucie 
de lail, ce produit eti un aliment a bon marché 
rendant de réels services aux populations ipji, 
actuellemeni, peuvent s'en procurer. L'essai esl. 
des plus concluanls : les quantités mises tu 
venle sont insuffisantes à satisfaire la clientèle. 

11 semble qu'il n'y aurait, de la part de 
l'Administration, qu'à considérer cette entre- 
prise d'un œil bienveillant, et même à l'en- 
courager. Or, c'est exactement le contraire. 



Le a janvier, le préfet de la Seine a adressé 
au maire <Ie Saint-Maurice une lettre dans la- 
quelle il proteste contre l'encouragement 
donné au public h consommer le lail écrémé, 
et l'invite à examiner s'il n'y aurait pas liiui 
de modifier l'étal actuel des choses. Celait 
une invitation à s'abstenir dune initiative 
dont l'utilité est évidente. 

On doit espérer que les municipalités op- 
poseront une résistance absolue à celle ingé- 
rence évidemment abusive. Il ne doit pas 
être permis, surtout à l'heure actuelle, de 
tracasser ainsi les bonnes volontés qui mul- 
tiplient les efforts pour venir en aide aux po- 
pulations éprouvées. 

Commerce des vins. 

La Direction générale des contributions in- 
directes a fait connaître le relevé des sorties 
de vins des caves des récollants en France el 
en Al;<érie, du l""" octobre au 31 décem- 
bre 1916. 

En France, les sorties" se sont élevées à 
2 918 743 hectolitres pendant le mois de dé- 
cembre, et à 9 304 041 depuis le début de la 
campagne;. Pendant celte période, les quaiili- 
lés soumises au droit de circulation ont été 
de 9 5.^.'] 823 hectolitres. 

En Algérie, les sorties du mois de décembre 
ont été de 037.92(1 hectolitres, ce qui a porté 
à 2 708 'i()3 le lotal des mois d'octobre A dé- 
cembre. 

Au 31 décembre, le stock commercial chez 
les marchands en gros était de -430 816 hec- 
tolitres en France et de i 131 773 en Algérie. 

Emploi des composés arsenicaux. 

On a lu dans le numéro du 3 octobre 1910 
(p. 339) le.[te.\le d'un arrêté ministériel sur 
l'emploi des composés arsenicaux en agricul- 
ture. Un nouvel arrêté, en date du 30 décem- 
bre, a modifié ces prescriptions; on en trou- 
vera le texte plus loin (]>. 32). 

Le blé en Italie. 

On se préoccupe beaucoup en Italie de la 
production du blé pour la prochaine cam- 
pagne. Le ministre du l'Agriculture, M. G. 
Raineri, a adressé récemment une circulaire 
aux maires des provinces de l'Italie méridio- 
nale, de Sardaigne (itde'Sicile ])Our leur r;ip- 
peler qu'un décret du IG décembre a institué 
une prime de 3 fr. parjquintal de blé produit 
dans ces provinces, avec un maximum de 
30 fr. par hectare. D'autre part, dans une cir- 
culaire aux Chaires ambulantes d'agriculture 
dans rilalie septentrionale et centrale, le mi- 
nistre de l'Agriculture les a invitées i\ ouvrir 
des cuncours pour le compte du ministère, 



28 CIIUONIQU 

avec des primes de 'M IV. par lieclaro. lunir 
les a|j;ricul leurs qui, aynnl semé du blé de 
janvier à mars, auront démonlrû avoir 
adopté les meilleurs procédés culturaux, sus- 
ceptibles de provoquer un rendement plus 
élevé. 

Avis aux pépiniéristes exportateurs. 

Le Service des épipliyties au ministère de 
1 Agriculture nous transmet l'avis suivant: 

I ministre de l'.\j.M-icii!turc rappelle aux pi'- 
piniérisles exportnlnurs de végtH.iux, di'liri.s do 
végétaux (t produits agricoles d'oriyine végclalc, 
qu'ils doivent accompagner de certificats pliylo- 
pathologiques leurs etivois eï destination des pay.s 
ci-après désignés : .\r;;enline, Australie, Brésil, 
Le Cap, Chili, I^gyptc, Espai;iic, Ktats-Uiiis 
d'.\mérii|ue, Ile Maurice, Kmpiie Indo-lîritan- 
nique, Norvégp, Nouvelle-Zélande, l'érou, l'itnis 
du Sud Afrique, Uruguay et Algérie. 

Pour rd>tenir ces certi(i:als, leurs cultures 
proJuctrxes doiveni être soumis' s à l'inspection 
pliylo[)alliologi(|uo. 

A cet effet, ils ont :'i faiie paiv. ni^ une de- 
mande d'inscription au ministère de l'Agricul- 
lure avant le t" avril pi-Khain, dernier délai. 

Des modèles de demandes, ainsi que la 
brochure /{enseignements sur le fonclionne- 
incul du Sei'vice plii/iopalhologniue, leur se- 
ront envoyés sur lettre adressée an ministère 
de l'Agriculture, Service des Epipliyties, 
'r2 bis, rue de Bourgogne, à Paris. 

La taxation du sucre. 
Le relèvement de l'impôt sur le sucre de- 
vait entraîner un relèvement proporlionml 
dans les prix de vente. In décret en date du 
:i Janvier a fixé à Ht) l'r. par 100 kilogr. le 
prix maximum des sucres rallinés vendus en 
gr^s et à 13i fr. celui des sucres cristallisés 
ou granulés. Conformi-ment à ce décret, un 
arrêté du pri''fel de l'olice a fi.xé les prix ma- 
xima de vente au détail, à Paris, à 1 fr. '»j 
par kilogr. pour le sucre cristallisé ou gra- 
nulé elà 1 fr. (iO pour le sucre rafliné. 

Betterave et sucre. 
.Nous avons l'ail connaître (]u'uii déeiel du 
o décembre a institué auprès du niinislère de 
l'Agricullure une (Commission chargée d'étu- 
dier les (lueslions relatives à la culture des 
bctleruves cl ù raugmentation du rendement 
en sucre par hectare. En installant cette ("loni- 
mission.qui est présidée pai' M. Maurice de 
Vilmorin, M. Clémenlel a insisté sur la néces- 
,silé d'acci'oilre la production sncrière, et 
pour cela, de développer la culture des 
graines de betteraves séleelionnées qui nous 
étaient rournie.>« surtout |)ar T Allemagne avant 
la guerre. Il a l'ail eonnallre qu'il avait reçu, 



E: AGIilCULE 

d'une généreuse personnalilé, une olïre de 
concours de ."JOO 000 francs pour favoriser 
cette œuvre tl'inléiét national. 

La Suisse romande. 
Nous avons fait connaître (numéro du 
!'"■ juin IDIG, p. mSi que la Fédération des 
Sociétés d'Agriculture de la Suisse Romande 
avait décidé d'ouvrir une souscri|ition en vue 
de venir en aide, au moment venu, aux agri- 
eulteur.s du .\or<l de la Krance et de la Hel- 
gi(|ue. Dans la récente assemblée générale de 
la Fédération, il a été annoncé que celte 
souscription a produit jusqu'ici la somme de 
;i"2 Si'J fr.; elle reslo toujours ouverte. Cell(! 
généreuse initiative ne peut maïujuer d'avoir 
un écho leconniissanl en l'"rance. 

Société d Agriculture de la Gironde. 

La Société d'Agriculture de la Gironde a 
tenu le dimanche 7 janvier, sous la prési- 
dence de M. Octave .\udebert, une séance so- 
b'nnelle pour la disiribution des récompenses 
(|u'elle a décidé de décerner aux ascendants, 
aux femmes et aux enfants des cultivateurs 
mobilisés qui, depuis le début de la guerre, 
ont le plus vaillamment remplacé les absents 
pour les trjsvaux di- la terre. Environ l'iO di- 
plômes. pla(|uetlis en argent et médailles 
ont été remis aux lauréats, aux api>laudi<se- 
meiits chaleureux d'une nombreuse assis- 
tance. 

Après elle dislribiition , M. Courrége- 
longue, sénateur, a prononcé un éloquent 
éloge du travail agricole. 

L'agriculture en temps de guerre. 
Sous le titre : Lu prutii/tie de t'Aynciilline 
et l'explnilalion du sol en temps de guerre, 
M. Arthur Cadorel. directeur des Servircs 
agricoles du Cantal, a réuni un certain nom- 
bre d'eludes sur le.-, méthodes de culture (]ue, 
dans celte région, il est possible de pratiquer 
pour en tirer le meilleur parti dans les années 
difliciles qui s'imi)Osent actuellement. Les 
conseils donnés par M. Cadoret seront suivis 
avec prolit par les cultivateurs. 

Destruction des insectes nuisibles. 

La Station eutomologiiiue de la Faculté 
des sciences de Rennes rappelle ((u'ulle four- 
nit graluilement tous les renseignements 
concernant les moyens à employer pour dé- 
truire les insectes nuisibles. 

(Jn doit écrire à M. F. Guilel, professeur à 
la Faculté des sciences de Rennes, en lui en- 
voyant le nom ou un échantillon de l'insecte 
à détruire. 

IIknry Sagmih. 



FhAIS DE.MI'1.01 Dlib MACillMCS AblilCULES 



29 



FRAIS D'EMPLOI DES MACHINES AGRICOLES 



(1) 



Pour los aiitros frais, nous ne suivrons pas 
l'enquête américaine qui ne tient compte (juc 
d'ur. faible intérêt du capital engagé et Je la 
surface moyenne travaillée annuellement 
par niacliine indiquée par le premier tableau. 

Nous avons .idinis uniformément un inté- 
rêt de 5 et un amortissement du capital 
d'achat à ."> en dix ans, dont l'ensemble 
n.'présente 12 fr. '.)il 0/0: nous avons ajouté 



Ma<'liino. 



Cliarrue à mancherons. 

Charrue à siège 

l'alvéïiseur 

Ilcrse 11 dents flexibles. 

Herse à pointes 

Rouleau 

Semoir â céréales 

Houe il un rang 

Houe à deux rangs .... 

Faucheuse 

Faneuse 

Hiteau à cheval 

.Moissonneuse-lieuse 



2 0/0 pour couvrir dillércnls frais et risques, 
de sorte que notre c.ilcul est basé sur 13 '0 
du prix d'achat, et sur un nombre minimum 
d'hectares supposés travaillés annuellement 
chez nous par les diverses machines; en 
ajoutant les frais précédents d'eniretien, nous 
avons donné les frais totaux d'emploi de 
diverses machines par hectare travaillé et par 
100 fr. du prix de la machine considérée. 

Frais par hoclaro Iravaillci, pour 100 du prix d'aclial. 



Surtaco 


Intérêt, 


- ^ i- 




travaillée 


amortissement et 






par an 


risque .lu 






1 lioftaros. 


eapilal d'achat. 


d'entretien. 


Tolau.v. 


— 


— 


— 


— 




Ir. c. 


Ir. r. 


fr. c. 


10 


'...50 


2.25 


3.75 


15 


l.CO 


l.H 


2.41 


10 


1.50 


0.6« 


■2AS 


20 


0.-5 


0.50 


1.25 


20 


0.75 


0.54 


1.29 


20 


0.75 


O.lfi 


0.91 


25 


O.tiO 


0.12 


1.02 


20 


0.75 


. i;9 


1.44 


20 


0.75 


0.70 


1.45 


25 


0.60 


0.94 


1.54 


25 


0.60 


0.95 


i.;i5 


25 


0.60 


0.49 


1.09 


25 


0.6U 


0.58 


1.18 



Comme application, citons les deux exem- 
ples suivants : 

Pour un semoir en lignes, du prix d'achat 
de 700 fr., opérant sur 2.'» hectares chaque 
année, les frais du travail seraient, par hec- 
tare, de 7 fr. li, dont ii fr. 31 de pièces de 
rechange et fr. 0;{ de réparations diverses. 

Les frais occasionnés par une moisson- 
neuse-lieuse achetée 1 OtJO fr. avec ses acces- 
soires, opérant annuellement la récolte de 
'Jo hectares, reviendraient à 11 fr. 80 par 
hectare, dont 4 fr. 00 pour les pièces de 
rechange et I fr. ii) pour les diverses répara- 
lions. 

Dans les conditions ci-dessus, les prix de 
location par hectare, sans bénéfice, pour- 
raient être aux environs de 7 fr. pour le 
semoir et de 12 fr. pour la moissonneuse- 
lieuse. 

Le tableau précédant n'est qu'uiir iudica- 
lion, car les frais d'emploi par hectare sur 
lequel on opère annuellement diminuent 
lorsqu'on augmente l'étendue travaillée; 
celte diminution ne porte que sur l'intérêt, 
l'ainortisscment et les risques du capital 

(1) Voir le n- du H janvier 1917, p. 16. 



d'achat, et non sur les frais d'entretien, ces 
derniers ayant été précédemment ramenés à 
l'unité de surface. 



La conclusion do l'enquéle américaine est 
curieuse à noter: elle ne cadre pas avec les 
idées généralement admises chez nous : v II 
n'est pas profitable de construire un hangar 
ou un abri au matériel ». Nous avions déjà 
fait celle constatation et, dans notre rapport 
de mission aux Llals-llnis, en 18!).(, nous 
écrivions (page 63) ce qui suit : 

" ICn Amérique le matériel agricole est très 
mal soigné, abandonné en plein aii' et souvent 
laissé en dépi)t dans les rues et les avenues des 
villes et villages — On voit fréipiemment enseve- 
lies S0I13 la uei^e des macliiiies agricoles : niois- 
soniieiises-lieuses, rileaux à cheval, etc., ahan- 
doniiée.s dans un coin du champ oii les bestiaux 
sortent un monienl pendant les heures hs (ilus 
cliauiles de ces longs hivers rigoureux, si fré- 
quents dans une grande partie du territoire de 
l'Union. — De l'aveu des esprits éclairés de 
l'Amérique, qui déplorent cet état de choses, on 
conioit très bien qu'avec une semblable méthode, 
éconnmiipie l'i première vue, car elle dispense île 
l'enlietien !•! de l'amortissement d'une construc. 



10 



LOlir.ANISATluN SYNDICALE ET LENStIliNLMENT EN Al I.E.VAG,\E 



tiiiii siin|i|f han;:ar, abril, ce malëiiel ne peut 
que se déléiiorer, .-uilout s'il s'agit J'organes et 
lie mécanismes aussi d.ilicats et aussi complexes 
que ceux des moi>soniieuses-lieuses.' — Si l'agri- 
culteur améticain n't'iilrelienl pas liien ses ma- 
chinep, c'est qu'il sait qu'il s'en invente et s en 
lonsiruit Ions los jours ilo nouvelles, ft qu il est 
plus disposé, au bout do quelques campagne?, à 
Illettré son matériel au rebut pour en acheter un 
neuf, d'autant plus facilement qu'en Amérique 
les prix soni moins éle es qu'en France. » 



Chez nous, et c'est avec plaisir que nous 



I pouvons le constater, le matériel mieux soi- 
gné est remisé sous dcsaliris. 

! Nous avons d'ailleurs procédé à desexpé- 

' riences montrant les delérioralions subies 
par des aciers doux et des aciers durs, lami- 
nés et corroyés, peints et non peints, laissés 
pendant des mois, les uns A l'abri d'un han- 
gar, les autres en plein air exposés aux 

] intempéries; ces derniers avaient subi une 
détérioration de deux à dix-sept fois plus 
intense que celle supportée par les pièces 
abritées. 

Max RINGEL.MANN. 



L'OHGAiMSATION SYNDICATE ET r;E^SEl(;^KME^T 

EN ALLE.MAGXE 



.\ ma sortie de l'InsliUit agronomique, j'ai 
fail une mission d'iHudes de près de trois 
annéi'S>n Allemagne, .l'ai élé admis comme 
chimiste volontaire et auditeur dans divers 
Instituts de chimie agricole et de chimie des 
industries agricoles. 

En 19(1(1, j'ai fait, avec .M. Fagot, sénateur 
des Ardennes, un vo\age d'études pour le 
Ministère de l'Agricullure en Belgique, Hol- 
lande, j Norvège, Suède, Allemagne. Dans 
chacun de ces pays, nous avons visité des 
établissements d'enseignement supérieur 
d'agriculture ou d'enseignement appliqué 
aux industries agricoles et des Stations d'es- 
sais. 

Enfin, depuis dix-sept ans que je dirige le 
labi)raloire d'études du Syndicat des Fabri- 
cants de sucre, je suis allé, presque chaque 
année, en Autriche et en Allemagne, et j'ai 
pris part aux enquêtes que nous avons faites 
sur la culture de la betterave, l'industrie su- 
crière et l'économie rurale en Allemagne et 
en Autriche (1910), en Russie (1911), aux 
Etats-Unis (l!tr2) et en Hongrie (l!)iai. 

J'ai donc é(é à même de recueillir un grand 
nombre de renseigneinenis sur l'organisation 
économique allemande. 

Les causes du devebippemenl économique 
de l'Allemagne et de son (ommerce d'expor- 
tation sont évidemment nombreuses : on peut 
mettre en avant le prestige que lui avaient 
donné ses victoires militaires de I8(>4 à 1870, 
l'augmentation de sa population, 1 applica- 
lion généralisée des données scientiliques 
aux entreprises de la |)ralique, le fort courant 
d'éuiigralion qui, pendant longtemps, même 
après 1S70, a porté de nombreux Allemands 
sur les divi rs points du globe, etc. 

Je voudrais simplement retenir l'attention 



sur deux causes qui me paraissent fort iir- 
porlanles. 

Ces deux causes sont : 

1» L'organisnlion des Syndicats profession- 
ifls. — Il y a en .Mlemagne beaucoup île 
sociétés, beaucoup de syndicats profession- 
nels, beaucoup d'associations de toutes 
sortes. C'est ce qui a fait dire que l'Allemand 
n'est pas individualiste et qu'il aime à for- 
mer des groupements. 

D'une manière générale, ces .syndicats ou 
.-issociations comprennent d( ux parties dans 
leur organisation : une partie administrative 
et une partie technique ou scienlilique. 

Un journal spécial crée la liaison entre 
l'administration et les membres. 

Les bureaux administratifs s'occupent des 
rapports avec les pouvoirs public^, des ques- 
tions de transport, de vente, de main-d'œuvre, 
de retraite, etc. 

La section technique comprend générale- 
ment un laboratoire ou une station d'essais 
scientiliques et techniques qui étudie tous 
les problèmes se ra|iportant a la branche de 
production ou à l'industrie qui sont la raison 
d'élre du syndical. 

Tous les Irais sont payés par le syndicat ou 
l'association; mais l'Etat, la province don- 
nent quelqueiois une subvention. 

C'est le sMidicat lui même qui indiiiue les 
études à faire, soit au laboratoire, soit en 
grande pratique. 

Il y a une organisation à peu près ana- 
logue au Syndical des Fabricants de sucre 
de France. C'isl le syndicat qui paye tous les 
frais d'administration et d'études techniques, 
mais sans recevoir de subvention de l'Elat. 

Fout cela revient ii dire que les syndicats 
allemands ont une organisation technique 



L-ORGANISATIO.N SYNDICALE ET L'ENSEIGNEMENT EN ALLEMAGNE 



propre, qui permet d'entreprendre loules les 
éludes et où riitat n'intervinot gènér.ili ment 
que pour donner une subvention. 

Ai> cours des vingt dernières années, le 
mouvement syndicaliste cl coopératif a pris 
une grande extension en i'ranee; il ue s'est 
pus encore généralisé comme en Allemagne. 
Le pourcentage des membres d'une profes- 
sion quelconque qui font partie des syndi- 
cats y e-l moins élevé qu'en .Xtlemagnc. 
Enfin l'étude des |)i(il)lèrne= lectini llll'^ ou 
auricoles, pai' des laboratoires ou stations 
d'essais appartenant A des syndicats, ne s'e<t 
pas encore généralisée comme en .Mlemagne. 



2° Comme deuxième cause^ principale du 
dévi loppement économi.]ue de rMlemagnc, 
o.i peut citer des établis-ement-- d'enseigne- 
ment ou de recherclies .scientifiques se ra[)- 
purlaut à l'agriculture et à 1 industrie. 

La plupart des Ktats allemands(royaumes, 
grands-dncbés, duchés) ont de tels établisse- 
ments et c'est à savoir quel Etat auia le plus 
beau et le mieux installé. 

Les amphilliéi\tres pour les cours et con- 
férences, de même que les laboratoires, sont 
très vastes etsouvent luxueusement installés. 
Rien n'y manque pour faire des essais cultu- 
raux de toute sorte ou des essais de labora- 
toire ou des essais techniques. Les C(dlec- 
tions y sont également nombreuses. 

On voit qu'on a eu de l'argent à dépenser 
et qu'on a voulu en dépenser. 

J'ai entendu dire souvent qu'il n'est |)as 
nécessaire de sacrifier tant d'ai-gent, d'avoir 
des établissements si luxueux pour faire 
œuvre utile, et on cite souvent l'exemple de 
grands savants fiançais qui ont fnil di-s dé- 
couvertes impfirlanti's dans des laboratoires 
exigus, mal éclairés, mal (jntillés. 

Ces observations sont t^xactcs; mais elles 
n'envisagent pas la question sous toutes ses 
faces. 

Les établissements scientifiques des diIFé 
renls Kiats allemands se disputent non sen- 
lemenl la clienl''le des jeunes gens et des 
étudiants allemands, mais aussi la clientèle 
des jeunes gens et des étudiants «'(rangers. 
Chaque étatilissement (agriculture, indus- 
tries agricoles, chimin) veut en attirer le |)lns 
possible. 

Un professeur, un chimiste a-t-il de la re- 
nommée"? Les établissements que cela inté- 
resse cherchent à s'assurer son concours '*u 
lui olFranl des avantages spéciaux (;n deliors 
des émoluments habilucls. 

Chaque Institut cherche à avoir les pins 



beaux laboratoires, la plus belle station de 
végétation, les appareils les plus perfection- 
nés, etc. A côté de l'utile, on met du SLipcrllii 
pour attirer. 

Cette émulation a donné des résultats, cl 
on peut dire ([u il venait, dans les Inslilnls 
allemands (industrie chiiiii(iue, agriculture, 
industries agricoles, électricité, etc., un 
grand nombre de jeunes gens étrangers de 
Ions pays (Russes, Autrichiens, Italiens, Rou- 
mains, Serbi s. Bulgares, Grecs, Américains 
du Noid et du Sud, .laponais, Chinois, Sué- 
dois, Danois, i le). Il y avait peu on point de 
I-'rançais et d'Anglais. 

Tout en apprenant la langue allemande, 
ces jeunes g-ns faisaient leurs études, se 
créaient des relationsen Allemagne. Une fois 
rentrés dans leur p<iys, ils aidaient lout na- 
turellement à l'expansion de la langue et de 
rinfinence allemandes; ils commandaient en 
Mlemagne les produits, machines, livres, 
journaux, qu'ils y avaient vus ; en un mot, ils 
devenaient tout naturellement des auxiliaires 
de l'idée allemande. 

.\vant 1870, c'était la France qui attirait le 
plus de jeunes gens étrangers, et cela pour 
tontes les branches de l'enseignement. Beau- 
coup de savants étrangers, h s Russes en 
particulier, publiaient leurs travaux dans 
leur langue maternelle et en français. Beau- 
coup d'Allemands même venaient faire une 
partie de leurs études en France. 

(]e mouvement de jeunes étrangers vers 
la France s'est maintenu pour le droit, les 
lettres, les bcaux-art=, etc.; mais il a diminué 
peu à peu pour les sciences chimiques et 
physiques, pour les sciences agricoles, etc. 
lieaiicoup de vieux professeurs allemands 
parlent bien le français; les jeunes le parlent 
mal on pas du lout. Il y avait des savanls 
russes (pii |tubliaient leurs travaux scientifi- 
ques en russe et en français; il y en a mainle- 
nanl qui les publient en russe et en allemand. 

Dans les Congrès internationaux scienti- 
liqnes, les savams allemands occu|)aient une 
place de pins en plus grande et y rencon- 
traient nombre de lenis anciens élèves de 
I étranger. 

Enfin, bref, la France, dans les sciences 
proprement dites et dans les sciences appli- 
(jnées (agriciillure, industrie), malgié les 
belles et nombreuses découvertes des savants 
français, a plntô' perdu de l'inlluence, de- 
puis 1870. 

Après la guerre aciuelle, la situation mo- 
rale de la l-'rance dans le monde sera excel- 
lente a tous égard^. 

I)e [lartoul, ou voudra envoyer des jeunes 



32 



t'AIlTIE OFFICIELLE 



gens dans noire pays pour y taire leurs 
éludes. 

Si nous avons des Insliluts (chimiques, 
industriels, .igricoles) bien installés, bien 
dotés, possédant tout ce qu'il faul pour 
donner un ensoigneinenl théorique et pra- 
tique, ils y viendront chaque année plus 
nombreux, et une fois rentrés dans leur pays, 
ils se feront les propagateurs de la langue 
française, des produits français, des œuvres 



françaises, etc., de l'influence française, en 
un mot. 

Il ne faut donc pas chercher à maintenir, 
dans (le trop justes limites, les dépenses 
d'installation des Instituts industriels ou 
agricoles français. 

Emile SAii.L.\un, 

Directeur du Laboralojre du Syndicat 
des Falirio.iuls do sui-rt' de l*'ranrc. 



PARTIE OFFICIELLE 



Décret du 16 janvier 1917 fixant les taxes 
de 1 orge et du seigle. 

Art. ^". — Le prix maximum de Torse, y 
compris l'escourgeon, de bonne qualité et de 
loutes provenances, pesant au moins GO kiiogr. 
à riiectolitre et ne contfiiaiit jias plus de 2 0/0 
d'impuretés, ne peut être supérieur à 31 fr. par 
100 kilosr. pris chez le producteur. 

An. 2. — Le prix maximum du seifile, de 
bonne qualité et de toutes provenances, ne peut 
être su|)érii'ur à .10 fr. les 100 Ivilogr. pris chez !e 
producteur. 

Art. 3. — Les prix fixés aux aiticie.'; 1 et 2 ci. 
dessus pourront être majorés d'une somme rc- 
|)ri'senlative : 

1° Des frais de cainionna^'e, de manutention 
et autres frais, de la rémunération des commer- 
çants intermédiaires, sans que l'ensemble de 
ces frais puisse dépasser 1 fr. .SO; 

2° Dps frais de transport par voie ferrée de la 
gare de départ à la gare du lieu di; consomma- 
tion. 

Art. 4. — Sera puni, conformément aux dis- 
positions de raitlcle f' de la loi du 17 avril l'JiO 
et lie l'article t de la loi <lu 2'.l jtiillet 1010, qui- 
conque meltra en vente ou vernira des orges on 
des seigles à des prix supérieurs aux prix fixés 
aux articles 1 à 3 ci-dessus ou aimoncera, pu- 
bliera ou affichera des cours supérieurs à ces 
prix limites. 

Art. Si. — Le ministre des Travaux publics, des 
Transports et du Ilavitaillemenl, le ministre du 
Commerce, de l'itidusliie, de l'Agriitilture, du 
Travail, des Postis et des Télégraplies et io mi- 
nii-tre «le l'Intérieur sont chargés, chacun en ce 
qui le concerue.de l'exécution du présent décret. 

Arrêté du 30 décembre 1916 mociifiant l'article 2 
de l'arrêté du 15 septembre 1916 fixant les 
conditions d emploi des composés arsenicaux 
en agriculture. 

Le minislre du Commerce, de l'Industrie, de 



l'.\gricultuie, du Travail, des Postes et des Té- 
légraphes, 

Vu le décret du 14 septembre IU16 portant 
règlement d'administration publique pour l'ap- 
plication de la loi du 10 juillet 1843, complétée 
par la toi du 12 juillet llUG, sur les substances 
vénéneuses et notamment les articles 8, 9, 10 et 
11 ilu dit décret; 

Vu l'arrêté du 15 septembre 1910 fixant les 
conditions d'emploi en agriculture des compos-ës 
ar.^enicaux insolubles; 

Vu l'avis du Comité consultatif des Epiphyties: 

Arréle : 

.1//. I". — L'article 2 ilr> l'arc^lé du 1 > sep- 
tembre 1910 est modifié ainsi qu'il suit : 

Les traitements par les composés arsenicaux, 
en pulvérisations et en badigeoimages, sont in- 
terdits dans les vignes, veruers et aulr^s pliinla- 
tions où sont faites des cultures intercalaires 
niaraîihères et potagères. 

Lesdits tr.iilements sont autorisés : 

1" Viynest : île la lin des vendanges jusqu'à la 
fin de la llnraison; 

2° Pumiiiieis, poiriers et prumers [!i l'exclusion 
de toutes autres essences fruitières pour les- 
quelles lesdils traitements sont interdits : de 
l'époque (|ui suivra la récolte tolale des fruils 
jusqu'à (|uin7.e jouis après la floraison ; toute- 
fois, au moment de la pleine floraison, les Irai- 
lemenls seront suspendus; 

:]" Oliviers : du 1" juin au 1"' octobre; 

4° fietteraves : jusqu'à un mois après le déma- 
riage ou le repiquage; 

.i" Ofiers : en tout temps; 

0" Arbres et urbu.ttcs île }iéftinicrc>i : en tout 
temps, mais à la condition qu'ils ne porteul au- 
cun fruit destiné à être consommé. 

Arl. 2. — Le directeur des Services sanitaires 
et scientifiques et de la Répression des fraudes 
est chargé de l'exécution du présent arrèlé. 

t'.Ll'MK.NTEL. 



CULTURE MÉCANIQUE 



Tracteur Mogul-16. 
Le tracli tir Mogid-lfi .t été expériinenlé à 



l'Ecole pratique d'agriculture do l'OLscllorie 
(Charente . 



DESTRUCTION DES AMMACX M'ISIBLES 



33 



Les constatations faites en terre argilo- 
calcaire par M. L. Fontaine, professeur à 
cette Ecole, ont donné les résultats suivants 
avec une charrue Parlin et OrendorEf, à trois 
raies, travaillant sur une largeur de 0"'.9(), 
avec une vitesse luoyennc de O^.SO par se- 
conde, soit -1 880 mètres par heure : 

Profondeur (cenliinètres). . . 16 

Surface labourée à I heure 
(mètres carrés) i 012 



Consoininaticn de pétrole 
par hectare (litres) 43.12 

Le pétrole revenant à fr. 'lo le litre, les 
dépenses de coinbustihle par hectare sont de 
19 fr. 10. 

On n'a pas mesuré les di'^penses d'Iiuile de 
graissage, ainsi que le peu d'essence miné- 
rale nécessaire pour la mi'-e en roule du mo- 
teur. 

H. DicssAiSAix. 



DESTRUCTION DES ANIMAUX NUISIBLES 



Dans une circulaire adressée le 30 décem- 
bre aux préfets, le ministre de l'.Xgriculture t 
a insisté sur la simplification des formalités ' 
en vue des autorisations pour la destruction 
des animaux nuisibles. Voici la partie prin- 
cipale de ces instructions : | 

Il importe avant tout d'aboutir rapidement 
pour enrayer les dommages en temps utile et les 
cultivateurs, notamment, doivent être mis à 
même de iléfemlre leur récolte ou Je la faire 
défendre sans que des formalités compliquées 
viennent retarder la délivrance des autorisations. 
11 m'a été signalé, en particulier, que, malgré la 
surabondance des animaux nuisibles, des per- 
sonnes fort honorables s'étaient vu refuser des 
autorisations sous le prétexte qu'elles n'étaient 
ni des propriétaires ni des feimiers, ni îles dé- 
tenteurs du droit de chasse et qu'elles ne pré- 
sentaient pas, au préalable, une délégation 
régulière émanant de propriétaires ou de loca- 
taires de chasse. Ailleurs on rejette en bloc 
toutes les demandes émanant de propriétaires 
ou fermiers qui ne possèdent pas un certain 
nombre d'hectares de terrains, sans môme se 
rendre compte de l'importance di's dommages 
occasionnés par les animaux nuisibles. 

De tels errements sont inadmissibles dans les 
circonstances présentes et je vous prie de veilk-r 
persormellernent à ce que des faits de ce genre 
ne se produisent pas dans voire département et 
à ce que toute diligence soit faite pour la déli- 
vrance des autorisations. On doit s'efforcer, tn 
efTel. d'intervenir [larlout où les animaux nui- 
sibles «ont signalés, sans attendre que les dégâts 
causés par eux soient devenus graves. 

D'autre part, l'obligation du permis de chasse, 
imposée aux destructeurs au fusil par la circu- 
laire du i septembre dernier, m'a paru, <i 
l'époque où les destructions de gibier propre- 
ment dit sont terminées et où les battues sont 
moins productives, de nature à entraver les des- 
tructions d'animaux nuisibles. J'ai décidé, en 
conséquence, que le permis ne serait plus exig4 
pour la destruction des animaux classés comme 
nuisibles, à effectuer du i" janvier prochain à 
la fin de la période de destruction eh cours. 

Les animaux dont il y a lieu de stimuler 
principalement la destruction sont les lor- 
beaux, les lapins et les sangliers. 



Dans une autre circulaire en date du 
1,T janvier, le ministre de l'Agriculture a rap- 
pelé en ces termes les mesures qu'il recom- 
mande pour la destruction des corbeaux : 

)" Mesures individuelles. — La délégation don- 
née d'avance aux maires leur permettra d'ac- 
corderaux cultivateurs le droit de défendre leurs 
ensemencements au moyen du fusil dès l'appa- 
rition des corbeaux. La destruction pourra être 
effectuée non seuliMueut pendant le jour, mais 
aussi à la tombée de la nuit sur les arbres bor- 
dant les emblavures ainsi que dans les bois et 
boqueteaux du voisinage où les corbeaux ont 
l'habitude de se réfugier. 

Outre le fusil, les particuliers pourront avan- 
tageusement employer les pièges, les filets et les 
cornets à glu. 

2° Mesures administratives. — Lorsque les vols 
de corbeaux sont importants, à moins que les 
propriétaires ne s'y opposent formellement, les 
maires devront organiser des destructions au 
fusil sur tous les points du territoire de leur 
commune l'ré(|uentés par ces oiseaux. Vous les 
autoriserez, à l'avenir, à faire emploi du fusil 
pour ces destructions, qui pourront également 
être elfectuées à l'aide de inèges et de cornets à 
glu ou au moyen du poison. 

En dehors de ces mesure.', qui peuvent être 
appliquées dès à pré.senl, j'appelle votre atten- 
tion sur la nécessité de procéder au printemps 
à la destruction générale des nids de corbeaux 
dans les conditions prévues par la loi du i'.i jvul- 
let 1007. 

Le ministre de l'Agriculture insiste enfin 
sur l'utilité que présenterait l'allocation de 
primes instituées par les départements ou 
par les communes. En outre, l'emploi du 
poison étant dangereux, le ministre recoin- 
mande de ne l'autoriser qu'après qu'il aura 
été rc''glementé par le préfet. 

Kniin, par une autre circulaire, la deslruc- 
llon des canards sauvages et autres gibiers 
d'eau a été autorisée jusqu'au 31 mars, sous 
réserve d'autorisations spéciales, les chas- 
seurs étant munis d'un ])ermisde chasse. 

G. GAunoT. 



SI 



LA r.ri.TinE du chanvre en France 



LA CULTUHE DU CHANVRE EN FRANCE 



Un inouvement se dcssioe en faveur de 
déboucli(''.s nouveaux et importants otl'erts à 
l'iililisalion industrielle du chanvre, sous 
rinfluencede la situation et des circonstances 
cré('"es par la guene. I, "agriculture franeai'-e 
a le plus grand idtérèl ;\ ne rien nt^gliger des 




Fig. 5. 



RûcoUo iH niiso on boLles du rhnii\ro m;ilo. 



éléments qui doivent contribuer à notre re- 
naissance économique. 

On sait que la culture du chanvre qui, 
d'après la dernière statistique dé- 
cennale, n'occupe qu'un peu plus 
de 1;'>()00 hectares en France 
(10 18") hectares seulement nu 
1015). bénéllcit^ d'une prime d'en- 
courageu)enl lixée à 00 fr. par hec- 
tare. Or, un eni:oura(;enienl bien 
plus précieux encore pour la cul- 
ture, parce qu'il fait entrevoir une 
nouvelle source de revenus iiiipoi- 
lants, ri^side dans la demande de 
plus en plus considérable de chan- 
vre brut, émanant de pays étran- 
gers. 

Avant l;i guerre, ifS Etals-Unis 
achetaient à l'Italie et à la Itussie 
la presque tolalilé des chanvres 
qu'ils mettaient en œuvre, le 
chanvr(! américain étant de (junlilé 
inférieure aux chanvres italiens et russes, 
et ne pouvant convenir qu'à la fabrication 
des ficelles et des petits cordages. Le chanvre 
italien, nulainmeni, faisait prime sur le mar- 
ché américain qui en absorbait -i 000 tonnes 
annuellement, 

D'autre part, si la production clianvriére 



américaine atteignait 7.'i 000 tonnes annuel- 
leuient, il y a de celaenviron un demi-siècle, 
celle production n'a cessé de diminuer, et 
est tombée à 5 000 tonnes au cours de ces 
dernières années et même i\ moins d'un mil- 
lier de tonnes en Iltl4. 

Mais à mesure iiue la guerre euro- 
péenne se prolonge, le chanvre de 
Russie se raréfie aux Etals-Unis, et 
celui d'Italie étant jugé trop coilleux 
par l'industrie américaine, on songe 
• à s'adn ssiT à d'aulres pays euro- 
péens pour se procurer des chauvri^s 
ayant les libres les plus solides et les 
plus blanches, ce qui est précisément 
la qualil(' caractéristique des chan- 
vres français. 

Il y a également de gros acheteurs 
en Aniçielerre, en Ecosse, en Hol- 
lande, i 

Aucun chanvre ne possède la qua- 
lité des chanvres français, aussi soot- 
ils très recherchés et de vente facile. 
Il importe de savoir tirer parti de ce 
grand avantage. 
La culture moderne du chanvre est très 
simplifiée, et il y a un relèvement notable 
des prix de la matière première. La toile de 












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FÎK. 6. — UiW-ollo A bras du rhanvro. 

chanvre est de plus en plus demandée par la 
marine ; en outre, de|iuis le début de la 
guerre, il s'esi fait une consommation énorme 
de sacs. Il y a donc tout lieu d'envisager une 
véritable rénovation de la culture du chanvre 
en France, car elle sera silremi nt rémunéra- 
trice pour ceux qui la praliiiuei'onl avtc mé- 



r..\ nri.TURE du chanvuf. en-fuance 



thode, en faisant intervenir les meilleures 
conditions de rendimenl. 

Nous signalerons une initiative ayant pour 
objet de faire ien;iîlre et de développer cette 
culture en Auvergne, diins la l.iiiiagne. On 
propose aux eullivateuis de la reprendre sur 
des bases nouvelles, en faisant disparaître 



récoller lorsque sa graine commence ■■• nu'irir', 
on le coupe à la sape ou ù la faudicuse u.é- 
caniquc, procédé préférable à l'an acliage qui 
exigea plus de main-d'œuvre et obligea C' uper 
ensuite les racines. 

Not' ns, en passant, que le problème du 
teillage mécanique du chanvre est résolu en 




les difficultés et les aléas que les productrurs j Amérique, notamment par l'emploi de la ma- 
chanvriers eurent à vaincre jadis. Il vient de j chine dite.s'/ii"/// //*'7H/W/'m(fig. H). Depuis 1il08, 
se créer un groupement, la » Société textile ' cette machine s'est répandue dans le Ken- 
du Centre », qui a installé une 
U'-int> pour le travail du chan- 
vre à Chignat-Verlaizon (Puy- 
de-Dôme). Ce travail indus- 
triel affranchira le producteur 
de la main d'œuvre de rouis- 
sage et de teillagts il n'aura 
qu'à livrer la récolte à l'usi- 
nier, qui lui garantira, par 
contrat, l'achat de toute sa 
production, sur le pied de (ill 
à 7a fr. la tonne de liges sè- 
che.* (prix niiiiinium et sui- 
vant qualité). 

Dans les terres fertiles de la 
Limagne, dans les sols mo- 
yennement humides et bien 
préparés par des façonsconve- 
bles, les rendements sont élevés 
elle bénéfice important.il faut .„ „ , , , , 

. , ^ l'ii;. 1. — Tcillage h la main avec la broie. 

un bon labour à 1 automne et 

une préparation au scarilicaieur au printemps. tucky, la Californie, l'indiana et le Visconsin. 
En Auvergne, le chanvie peut se placer, dans Klle est montée sur quatre roues ; un trac- 
l'assolement, sur des terres ayant porté des teur agricole, qui sert^de-molcur pendant les 
betteraves l'année précédente et être suivi opérations de broyage, permet de la remor- 
quer à pied d'œuvre. Les liges 
de chanvre, chargées sur un 
tablier, j sont pous>ées entre 
deux cylindres cannelés ou 
Aï'Oi/ei/r.s, quiîles entraÎTienl en 
tournant. Des cylindres dits 
ti'illeurs, qui se trouvent dans 
le prolongement des premiers, 
raclent les libres retenues en- 
tre les rouleaux, lesdébarras- 
senl de leurs graines et les 
amènenl'à d(!uxtambonr.s. bat- 
teurs disposés de l'autre côté 
de la ma(;hine d'où les tiges 
sortent leillées complètement. 
Avec fiuin/e'ouvriers,'la Slieh/ 
liemp (lin peut teiller WA kilogr.'de chanvre 
à l'heure. Cette méthode de leillage pourrait 
intéresserles producteurs français qui livrent 
le chanvre tout préparé. 

Ce qui donu'; plus d'intérêt encore à 
l'œuvre de rénovation cnllurale qui se mani- 
feste en Auvergne actuellement, c'est celte 



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Fif;. 3. — Machine amjricaino pour le tcilla^'C mécariiqnn 

d'un blé. La semence s'emploie à raison de 
200 kilogr. à l'hectare,;"! la volée; on l'enfouit 
par un léger hersage et la levée a lieu au 
bout de dix à dou/e jours. Par sa vigou- 
reuse croissance, le chanvre étouffe les mau- 
vaises herbes, de sorte que les sarclages ne 
sont pas nécessaires. Le chanvre étant bon ti 



36 



ACADfiMIK DAGRICULTUUE DE FRANCE 



considiTalioii (|ue la « Socii'lé lexlile du 
Centre " s'engage à acheler loiiles les quan- 
tités de chaiivip produites par les cultiva- 
teurs ajaiit passé avec elle un contrai sur la 
base de 6 fr. aux 100 kilogr. de tiges sèches 
pour le chanvre de basse qualité, n'ayant pas 
une liauleui' sufllsante ou à tigi's trop grosses, 
el de 7 à 7 fr. oO pour le chanvre de bfîlli; 
qualité, à tiges droites et fines, litant donné 
que, dans de bonnes conditions de culture, 
le rendement peut atteindre 12 000 cl mémo 
lo 000 kilogr. de liges par hectare, on voit 
(]uc eetle culture industrielle r(''munère bien 
le capital qui lui est consacré. Do plus, la 
graine apparlioni au cultivateur. 



Aux Klals-Tuis, M. Ljsler H. l)e\vey, du 
département de rAgricuUure de Washington, 
estime que, vu les hauts prix actuels du 
chanvre, chaque (ure (0 hectare '40'i7) de 
chanvriôre en bon sol peut donner un béné- 
fice de 40 dollars, soil Î207 fr. 20. 

Le moment n'a jamais été plus favorable 
pour cette rénovation de la jH-oduction chau- 
vriùre en l'rance; les circonstances économi- 
ques le démontrent clairement. Et si les pro- 
ducteurs veulent s'aider de la coopération, 
appuyée elle-même sur le crédit agricole, ils 
auront, par ces moyens, plus de facilité pour 
réussir au mieux de leurs intérêts. 

Hemii Blin, 



ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE 



Séance du 10 janvier 1917. 
Prcshleiice de M. Jiileii Develle. 

Installation du nouveau bureau. 

M. Maurice de Vilmorin, en quittant la prési- 
dence lie la Société, remercie encore ses con- 
frères de riionneur qui lui a été fait et invite 
M. Jules Develle à prendre sa place au bureau. 
M. Develle invite à s-on tour M. Ilaller à venir 
s'asseoir à côté de lui comme vice-|in'sidpnt de 
l'Acailémie pour l'année 1917. 

Mort de MM. de Monicault et Chauveau. 

En termes élociuenls el ému.s, M. Jules: Develle 
annonce à l'Académie \en cruelles perles qu'elle 
vient de faire : .MM. lidouaid de Monicault cl 
Chauveau sont inorls depuis la dernière séance. 

M. le Secrétaire pcrpéliiel donne lecture des 
notices qu'il a consacrées à la mémoire de ces 
très legrellés confrères. 

Les récoltes de céréales en France. 

.M. Henry Xaipiier appelle l'allenlion de l'Aca- 
démie sur les résultais approximatifs des ré- 
coltes de céréales qu'a publiés récemment le 
ministère de l'Agriculture. Les deux dernières 
récolles de blé pour la France ont été inférieures 
d'un tiers à la moyenne de la période décennale 
qui a précédé la gueire. Or, d'après les docu- 
meuls réunis pai l'Inslitul international de Home, 
la production du blé dans riiéniisplièie septen- 
Irional sérail aussi sensiblement inférieure à 
celle de l'année 1915. Depuis le début de la 
;;uerre, lus cours du blé sur les marchés d'ex 
portation n'ont pas cessé de mouler. Vax novem- 
j)re el (b'cembie, bs piix en or au (".auada, aux 
Elats-I'nis, en Argentine, ont évolué autour de 
35 fr. par i|uintal-, ers jours derniers, ce prix a 
dépassé :W fr. à New -York. En Angleterre, le 
seirl pays d'Iîuiope où le commerce du blé soil 
resif libre, les lilés indigènes sont cotés de 42 à 
45 fr. I" quintal, les blés étrangers .') ù 4 fr. au 
delà (le ce laux. hn Italie, le di'-crel du l"' Juil- 
let l'JIti a taxé le prix de rcquigilioa à ."tG fi'. 
pour les blés l'^ndres l'I les blés demi-durs, à 



41 fr. pour les blés durs avec une augmentation 
de fr. I j par mois à partir de la récolte, et ces 
prix vont être relevés encore pour la prochaine 
récolle. En Suisse, le prix du blé a été porté à 
bO fr. le quintal. En l'rance, la loi a taxé le blé à 
33 fr. par quinlal. 11 eir résulte que la l'rance ist, 
de tons les pai/s, celui uii le blé est vendu le meillenr 
marclié. Sans demaniler à l'Académie d'exprimer 
un avis sur ce sujet. M. Sagnier pense qu'il lui 
sera permis de regretter les effets résultant de la 
taxation. 11 n'est pas douleux, en effet, que sites 
diffioullés du travail oût entraîné la réduction 
dans les emblavures, la limite imposée aux prix 
de vente a exercé son iulluerrce dans le même 
sens. 

M. Jules Meline reconnaît en principe que 
M. Henry Sa;jnier a raison : la situation de l'ayri- 
culleur fiani^'dis, producteur de blé, est forcé- 
ment sacrrtiéo ; mais la taxation établie sur le 
blé au début de la guerre s'imposait, pour rendre 
impos-ible l'élévalron du prix du pain. I.e prin- 
cipe ayant été établi, il est mainlen ml drilicile 
de revenir en arrière et de livrer le marché 
:iu prix mondial. Tout ce que M. Méline croit 
possible, c'est, au fur et à mesure que le prix de 
revient s'élève, de relever par étapes successives 
le prix du blé, comme on l'a fait une premièi-e 
fois en l'augmentant de 3 fr. et comme on le fera 
une seconde fois de même somme si, comme il 
l'espère, le vole de la Cliambie est bientôt latilié 
par le Sénat. Le prix du blé sera ainsi porté à 
:t (i fr. 

- M. le corrrte de Saint Quentin et .M. Viger par- 
lagi-nt l'axis de .M. Méliue, nrais .M Emile l'Iu- 
cliet, lout en comprenant la irécessilé de main- 
tenir le prix du pain à urr laux raisonrrable, est 
persuadé qire si les prix du blé «'taienl relevés et 
devenaient vraimerrt réniunérateirrs, les embla- 
vures augmenteraient d'une façon sensible ; 
que. dans les environ-" de Paris noiammeni, on 
sèmei-ari sur de plus larges surfaces des blés de 
printemps; et cela est d'autant plus nécessaire 
que la mauvaise sais^iir (|ue nous subi.-soris de- 
puis II' milieu il'oclobre a empêché nombre 



ACADÉMIE DAGRICL'LTUIŒ DE KHANCK 
d'etnblavures en blé au courant (!o l'automne. 

La culture uccanique à l'Dnion du Sud-Est 
des Syndicats agricoles 

M. i/f Foiilgatlatifl, correspoiiihiiit, coinuiuniiiue 
un rapport de M. Alfred de roncins sur les n'- 
siillals de l'applicalioii de la culture mi'caiii(|i:e 
par le Syndicat du SudIOsl. Dans ce rappor', 
M. de Pondus, d'aprè* l'oxpéricnce faite ou 
10 avril au 9 décembre 1010 avec uu tracteur 
américain, met en garde les a;;riculteurs contre 
retendue e.^agéri'e que l'on annonce trop souvi ni 
(louvoir être cultivée avec ces tracteurs mica 
nliiues. A l'Union du Sud-Est, ou n'a pu faire en 
ri'alité guère plus de I hectare 1/2 par jour ei 1rs 
journées d'arrêt pour effectuer les réparation; 
s >nl nombreuses; de plus, ces tracteurs, étant 
donnée leur faiiricallin, exigent trop soiîvc; t 
de coûteu.K achats de pièces de rechange. 



31 



Séance du 17 Janvier 1917. 
Présilencc 'le .1/. Jiilca fJciclle. 

La production et le commerce des vins 
en 1916-1917. 

M. Piosper Cifriais l'ait une communication du 
plus haut intérêt sur la situation vinicole et le 
comnif-rce des vins à la suite dis dernières ven- 
dangfs. La récolte de 1916, pn'vue par quelques- 
uns et notamment par le commerce comme 
devant être double de la mauvaise récolte de 
l91o, n'a cependant atteint que le chiffre de 
33 millions d'hectolitres, chifl're bien au-desso!* 
de la moyenne de noire pioduction annuelle qi;e 
l'on peut évaluer à bO millions d'hectolitre.'. 
Depuis 1910, nous avons eu une .-érie d'années 
déficitaires puisque deux fois seulement, en 1912 
et en 1914, relte moyenne de oO millions d'hec- 
tolitres a été dépassée. ÀVotre production médi- 
terranéenne des vins ^Algérie, départements 
méridionaux français) lend de plus en plus à 
di-veiiir tout à fait prépondéraule dans la pro 
dU' tion vinicob' française. 

La persislaiice des années déticitaires en 
Fratice depuis 1910 a eu des conséquences 
d'ordre économique et d'ordre cultural. Au 
point d(! vue économique, la conséquence a été 
le maiulieu ilu haut prix <les vins qui, dans les 
dépai temenLs gros producteurs, altfint iusipi'à 
60 I t fii) fr. riiectolilic. .M. (1 rvais s'élève contre 
l'opinion qui attribuerait cette hausse des vins 
à la spéculation; il n'y a dans cette haus-e, au 
ronlraire, rien d'anormal: elle est le résultat du 
libre jeu de l'offre et de la demande. Du rcsie, 
la hausse constatée pour nos vins communs l'est 
aussi dans toutes les autres ré;,'ions de la France, 
producteurs de vins fins, en (iironde, en liour- 
gogne, en ISeauJolais, en Touraine, en Anjou. 
M. (jervais croit à la lixité des cours; le vin 
restera cher en 1917. 

Il ne faut pas penser du reste que le relève- 
ment des taxes : l'élévation des droits de circu- 
lation de I fr. iJO à 3 fr. par li<'clolitte, une nou- 
velle taxation sur les boissons liygiéniques à 
rentrée îles villes comme P^ris, — mesurfs qui 



ne s'expliquent que liop par ce temps de guerre 
et des difticullés lînancièrcs, pourra avoir une 
répercussion sur la consommation du vin. 

M. Gervais signale les dilficultés que le com- 
merce des vins a rencontrées en 1916 et parli- 
culièrement depuis le mois de septembre pour 
le transport des vins; c'est que l'acheminement 
seul des vins pour nos armées exige un prand 
nombre de vagons; rien que de la 16" région, 
par exemple, il est expédié pour les armées 
70 vagoiis réservoirs par jour. 

La taxation parfois proposée c-l impo^-sible, 
et int donnée la diversité de nos crûs français, et 
laisser la liberté de fjbricalion auxvins do sucre, 
di! raisins secs ou de piquettes, ce serait amener 
à brève échéance une nouvelle crise viticole; du 
reste, il ne faut pis oublier que le vin participe 
au problème de la vie chère ; dans nos vignobles 
les frais d'exploitation ont doublé : frais de 
main-d'œuvre, d'ecgrais, des insecticides. 

Quant aux conséquences cullurales de cette 
série d'années déficitaires pour la récolte des 
vins dans l'ensemble de la France et les hauts 
prix qui en ont résulté, on remarque que les 
régions, grosses productrices de vins, qui obtien- 
nent les rendemenis élevés, comme l'Algérie 
et nos déparlemeris méditerranéens, ont un 
avantage très net à augmenter leurs planta- 
tions; les vignes de l'Alcérie notamment se rc- 
cnnslilU"nt au fur et à mesure qu'elles sont dé- 
Irniles par le phylloxéra, et même le vignoble 
s'éii^nd; cette extension donnée aux plantations 
produisant des vins communs nuit grandement 
aux vins de consommation courants et à faible 
.endement de nos aulri's régions françaises; on 
y remarque alor.s une sorte de découragement, 
de lassitude ; on y tend k arracher les vieux cé- 
pages trop fragiles, trop difficiles à cultiver pour 
les remplacer par des producteurs directs pro- 
duisant à moins de frais de plus abondantes ré- 
coltes. Il se fait ainsi dans ces derinères régions 
Une véritable révolulion qui peut être grave de 
conséquences. 

En terminant, M. Prospcr lîervais exprime en- 
core cette opinion : les années délicitaires, 
que nous venons de traverser ne tiennent qu'à 
• les causes accidentelles et passagères; que sur- 
viennent des années sèches et l'on verra les an- 
néesd'abondance revenir poir l'ensemble do nos 
vignobles français. 

Les Jardins potagers scolaires. 
.M. Lvnn llnssurd entrittient l'AcadiMuie des ré- 
sultats très encourageants qu'a obtenus M. Lava- 
renne à .Sceaux dans la cri'ation de jar lins pota- 
gers cultivés par des enfants des écoles. Cette 
année, ces jardins seront plus nombreux; on en 
projette dans quelques communes des environs 
et on organise des équipes scolaires de jeunes 
gens et de jeunes filles qui cultiveront ces jar- 
dins sous la direction de b urs maîtres et maî- 
tresses. Il y a là une iniiiative très intéres-antc 
qui méritait d'être signalée. 

II. lliriKii. 



3g 



CORRESPONDANCE 



CORRESPONDANCE 



— N» 6909 [Conatanline). — Il n'y a pis de 
fdbricition spéciale de semoirs et de boues 
iravallIaDt dans les conditions indiquées par 
M. Hey, avec lisjnes al'.ernalivem-nl espacées de 
O^.OO et de 0"°. 20. Toutes les machines dans les- 
quelles ou peut faire varier la position des 
coulres d enleira^e ou les lames de houes per- 
mettent Texécution de ces travaux ; »ous en trou- 
verez chez M. A. tlougi*, à Auneau (Eure-et-Loir). 
-{M. K.j 

— N" 6168 {Inire). — Nous ne connaissons 
pas de T'-sullals d'analyses d'effluents de fosses 
septiques étudiées dans le Journal dW'jriculturc 
pratique (Q° 49 du 5 décembre 1912, page 723); il 
tau'irail d'ailleurs avoir des analyses compara- 
tives de f.issp ordinaire it de fosse seplique ali- 
mentée" pendant le même temps avec des matiè- 
res semblab'es. Ce qui est cerliiii, c'est que les 
maiières organiques sont transformées en sub- 
stances minérales solubles; on doit donc retrou- 
ver dans l'eflluent la potasse, l'acide phospho- 
rique des déjections et l'azote probalilement à 
l'état ammoniacal parce qu'on peut ach'ver 
l'épuration à l'air libre avec des filtres non sub- 
mer^'és assurant le travail des bactéries nitri- 
fiantes. L'affluent p"Ut être avanlageusement 
utilisé pour les arro-apes; il ne contient plus de 
bactéries palhof;ènes vivantes lorsque les parties 
de la fosse sont bien proportionnées à la quan- 
tité de matières qui l'alimentent par vingi-qualre 
heures. — (M. R.) 

— N°61U [Cher). — L'estimation du cheptel, 
à la tin d'un bail à métayaj;e, fait ressortir un 
excédent et le bailleur conserve tous les ani- 
maux. Quelques jours après, le bailleur appelle 
un vétérinaire et fait subir aux animaux de 
l'i-spèce bovine l'épreuve de la tuberculine. Sept 
bétcs réagissent, et le bailleur demande une 
diminution de l'estimation de ces sept animaux, 
ce c]ue les experts lui accordent. Vous demandez 
si le métayer sortant a le droit de s'y opposer ou 
s'il est forcé d'accepter. 

Si le bailleur a rempli les formalités prévues 
par les lois du 21 juillet IH81 et .'{1 juillet 1015 
sur la police sanitaire di-s animaux, nous esti- 
mons que le métayer ne peut utilement contes- 
ter l'opinion des experts (Cour de Cas-ation, 
25 mai 1909. Dalioz, 1910, 1, 2ir, . — fi;. K. 

J. U. iAlner). — La culture des vig-nes 
américaines et relie des pieds mères est indiquée 
par plusieurs ouvraj^es sur la viticulture. Quant 
au résultat financier, il est très variable suivant 
les conditions économiques de la culture de la 
vigne et la façon dont est conduite celle culture. 

- (J.-M. i;.) 

— N° 6618 (Indre-et-Loire). — Les drècbes 
que la dislilbrie ne dessèche pa> sont d'une 
coDservatioii très précaire. l,>-ur riihesse nnlri- 
tive est trop faible pour qu'il soit avantageux de 
Ihs faire voyager fi crund dislance Klle est loin 
d'être de 39 0, de celle du tourteau de coprah. 



ou de 72 de celle de l'avoine, comme on l'a 
imprimé. Ces d>'rniers contiennent quatre à cinq 
f 'i-s plus d'éléments nutritifs que la drèche 
fraîche. La cuisson des grains n'augmente en 
rien la valeur des drêches. 

Vous «oneeriez ^ nourrir vos pDrcs avec 
un mélange composé da maltié drèches 
fraîches, un quart tourteaux d'arachides, un 
quart iDartîiux is pilm'.sta Voi> les inî'.- 
triez ainsi à un régime bien trop chargé d'azote. 

Si vous tenez absolument à employer les 
dréches, supprimez le tiurteau d'ara îhides et 
augmentez de beaucoup la proportion du pal- 
miste. 

Voire prospectus indique la quantité de 3 Uil. 
de drécli.s comme devant constituer la ration 
journalière normale d'un porc. Cette quantité 
équivaut à 600 ;,'rammes des aliments secs liabi- 
luellement employés, tourteaux, «raiiis ou 
farines. Comme vous le voyez, d'après la ré- 
clame elle même, les drèches ne seraient pas 
appelées à devenir le fond de Talimentation 
d'une porcherie. — (A. G.) 

— N" 7126 (Seine-et-Marne). — 1° In bail de 
terres est expiré depuis le 25 décembre 1914. 
Le preneur est mobilisé depuis le 4 août 1914, ft 
sa femme a continué à cultiver depuis celle 
époque sans écrit ni déclaration ; mais elle ne 
paie pas les loyers échus. Vous demandez si I** 
propriétaire peut l'assigner en paiement ou la 
forcer à rendre les terres, puisque le bail est 
expiré. 

Si le preneur ou sa femme n'a pas fait au 
propriétaire et au greffe de la justice de paix la 
déclaration de prorogation du bail prévue par les 
décrets du 19 septembre 1914, 24 novembre 1915 
et 9 juin 1916, le bail doit cesser dans les condi- 
tions indiquées par l'article 1774 du Code Civil, 
c'est-à-dire à l'expiration du temps qui est né- 
cessaire afin que le preneur recueille tous les 
fruits du fonds affermé. Quant au fermage, nous 
croyons qu'il ne pourrait être réclamé qu'au 
mari, puisque c'est lui qui est en nom au bail. 
Or, il est mobilisé et ne peut pas, dès lors, être 
assigné en paiement. 

2° Un mobilisé a loué verbalement depuis 
cinq ans lin logement de 150 fr. par an. Le pro- 
priétaire vent reprendre sa maison. Vous de- 
mandez s'il en a le droit. 

Si le locataire ou une personne le représen- 
tant a déclaré au propriétaire par lettre recom- 
mandée et au greffe de In justice de paix son 
intention de proroger le bail, le propriétaire ne 
peut s'y opposer. Sinon, la jurisprudence est 
divisée sur le point de savoir si l'expulsion peut 
être prononcée par ordonnance de référé. — 
(ti. E.) 

// (!<( iiidispensiible de joindre une bande de 
Jouriuxl à toutes les demandes de renseignements. 



REVUE COMMERCIALE 



39 



LA QUINZAINE METEOHOI^OrxIOUK 

Semaine du 8 au li janvier lyil {OBSERVATOIRE DU PARC 5.4 /AT- »M6'« 



JOURS 
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Écart 

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ma!e. 


millim. 












kUM 


millim. 




Lundi 8 jao. 




2-.5 


8<>9 


5-4 


-i-3 3 




4 1 


7.3 


Pluie. 


Mardi .. . 9 — 




1.6 


4 2 


3.0 


+0.9 




0.3 


2.4 


Pluie la nuit. 


Mercredi . 10 — 




1.4 


3.4 


2 4 


+0.3 




0.0 


■ 


Coiirert le matin, b- au le s. 


Jeudi... H — 




-0 3 


3.1 


1.3 


—0 9 




0.0 


1.2 


Gelée bl., pluie le soir. 


^ Vendredi 12 — 


. 


5 


6 8 


3 


-^0.8 




1 3 


3.4 


PUiif, grésil et brouillard. 


Samedi 13 — 




—0 3 


3.9 


2 2 










0.4 


Gelée bl., petite plaie à 12 b. 


Oim I* — 




—1.1 


—0 3 


—0.9 


—3.1 







• 


Gelé-- bl , temps courert. 


brNW « Miij 

Iwti ar 1 HmJ« 




0..5 
+1.3 


4.3 
—0 1 


2 3 

+0.2 


• 
• 




3 9 
uliatt 
59 t. 5 
te. lU«r. 


14 9 


Pluie depuis le 1" janvier : 

En 1917 23"= 

Normale 18""» 








Serr 


laine 


du 13 nu 21 janv 


ier 19 


17 


Lundi — 15 jan. 




— i°.5 


l'? 


— 0'2 


— 2»r4 




l.i 


• 


Gelée bl., temps couveit. 


Mardi.... 16 — 




—1.0 


0.7 


-0.1 


—2.4 




0.0 


M 


Gelée bl., temps couvert. 


Mercredi. 17 — 




— 1.0 


0.6 


0.0 


-2.3 




0.0 


1.3 


Neige. 


Jeudi.... 18 — 




—0.1 


1.8 


1.0 


-l.'i 




0.0 


1.2 


Neige et plaie. 


Vendredi. 19 — 




-1.7 


9 


-0.3 


—2.8 




0.0 


• 


Gelée bl., temps couvert. 


Samedi . . 20 — 




—i 


0.1 


—Il 5 


-2.9 




0.0 


M 


Temps couvert. 


Dimanche 21 — 




—2 8 


1.3 


—0.4 


-2.8 




0.0 


* 


Couvert le m., b-;au et gelée 
le ?0'r. 


In—n •* Mui 

loiti m U Mmlt .... 




— 1.4 

—1.5 


1.0 
—3.8 


—0.1 
-2.4 


m 
m 




1.2 

u Ifti «t 

6t t. 1 

iii. Ufîr 


2. .5 


Pluie depuis le 1" janvier : 

Kn 1917 26" = 

Nnrmal"" O-mn 



(La publication des renseignements sur la pressi 
eenonre au Bureau central météorologique.) 



<n baroiuétriijue et sur It; vent est interdite par la 



REVUE COMMERGAUE 



Situation générale. — f^ i>al>on a pris, pendant 
cette quiniaioe. des caractères plus normaux. Le Iroid 
s'est déclaré et s'est maintenu, sans prendre toute 
fois des caractères exagérés. Dans l.i plupart des ré- 
gions, les chutes de neige ont été as.^ez abondantes : 
on compte »ur leur action pour arrêter l'extensiou 
des mauvaises herbes et des parasites dans les cul- 
tures. 

Blés et Farines. — Les semailles ont été inter- 
rompaes et ne sTont reprises qu'en février si le 
temps le perinet. L'excès de I liuiuiditè pendant la 
première période de la végétation des Jeunes blés 
parait avoir couipromis l'avenir dune partie des en- 
semei.cemen'3 ; il sera nécessaire, de .-e fait, d" re- 



courir à des réeuseuiencemeots. La situation com- 
merciale est toujours la on'me: l'exagération des ré- 
quisitions tend a faire de chaque département une 
sorte de compartiment isolé, «lans lequel m^me les 
ventes sont souvent irrégulieres. Il n'y a pas d'autres 
cours que ceux de la réquisition. A .Mar.-elll-, les 
blés du ravitaillement civil sont cotés à 32.75 par 
100 kilogr. sous vergue. Les blés durs valent de 35.50 
à 36.30. 

La hausse est soutenue dans tous les pays. Elle se 
manifeste toujours sur les marchés américains; à 
.Neir- l'oril-. le cours du blé disponible est monté à 
39.30 par 100 kilogr. au pa<r (44 fr. au cours du 
change;. En Anglet-rre, les prix des blés in ligenes 



40 



REVUE COMMERCIALE 



sont soutenus; on colc n l.ninln's : blés blïincs, 42. "5 
à 4'^ fr. : blés r.mx. ii.iO à U.50; les hlcs étransTS 
valent : canadiens, 50 à .'lOliO; américains, 44 à 
45,50; australiens, 4G.50 h il fr. En Suixsc, suivant 
les caillons, on cote Je 4fi <i irt fr. En Ilalie. le pru 
li-jjal est (le 3r..;ii) pour le mois de janvier. 

Issues. — Les traniactions sont toujours aussi 
difliciles; les de iiandes sont actives. 

Seigles. — Les derniers marchés avan'. la t.'i.ie 
établie le 17 janvier accusaient des pri.x fermes, de 

32 à 3 4 fr. par 100 kilo^r. 

Orges. — La taxe établie comme pour le seigle a 
ilcraagé les mircliéi. .\vant celle date, les prix s'éta- 
blissaient de 37 à 39 fr. pour les (•rges de brasserie, 

33 à 3.1 fr. pour celles de mouture. 

Avoines. — Les demandes sont assez actives, et 
les prix restent sans variations sensibles. On cole 
par 100 liiiogr.: avoines grises ou noires, 30 à 30.50; 
jnjnes, 2.t.,ï0 a 30 fr. 

Sarrasins. — Les olîres se raréfiant, les prix accu- 
sent de la hausse. On cote de 40 à 41 fr. par 100 ki- 
logr. sur les marchés de l'Ouest, parfois 42 fr. 

Maïs. — Maintien dej prix dans In Sud-Ouest des 
m 115 inligènes de 36 à 10 fr. p.ir lûn kilogr. Hausse 
à Marseille sur les mais de La l'Iati, coIl-s de 40 à 
47. .'iO. 

Pommes de terre. — Les cours sont k peu pré; 
stilioniiaires, de Ki à 20 fr. par 100 kilogr. On cote 
& Paris : saucisse rouge, 20 h 22 fr.; jaune ronde 
IS fr. 

Légumes secs. — Suivant les niarehés, les haricots 
valent 120 ;i l.ïO fr. par 100 kilogr. Au l'uy, les len- 
tilles sunl cotées 145 fr., non triées. 

Graines fourragères. ~ l'iix tris variables sui- 
vant les marchés. Les trilles violets valent 140 à 
\'M fr.; les minettes, 3.'i à 45 fr. 

Fourrages. — Suivant les régions, les foins sont 
colés de 7 à 10 fr. p.ir 100 kilogr. Dans certaines 
villes du Sud-Est, les prix ont encore monté : foin, 
32 à 34 fr.; luzerue, 35 à 36 fr. 

Bétail. — Voici le relevé du dernier marché de La 
Villetlc, à Paris (22 janvierj : 



3- 
quai. 
J.il 
'l.hi 
1 10 

.1 34 
3.4S 



Biculs 

Vache» 


Auioués. 

'2 364 
1 IM 
3J5 
1 302 
1-2 160 
3 697 


Taureaux 

Vo.Tux 

Moulons 


Porcs 





PBIX DU Kll 




ÀO POIDS NE 


Invendus. 


— -«.,^.^^.*- 




1" 


2- 




quai. 


quai. 


•i:. 


2.92 


S. Si 


ai 


i.9i 


i2.7,< 


10 


■2.f4 


2.S4 


» 


3.90 


3.40 


m 


4.11 


3.84 


m 


3.84 


3 70 



Prix oxlrëmos du kilogramme 



Au poiJs vif. 



Baofs 


1.17 » 1.(0 


V»ch«8 


O.liO 1.87 


Taureaux 


LIS 1.64 


Veaux 


1 -25 *2 5-2 


Moulona 


1.30 S. 13 


Porc» 


•2. -21 -2.73 



Au poids not. 

2.34 à 3.10 
I.Of 3.1-2 



•2.30 
'2.00 
•2. M 
3.10 



9.74 

4.-20 
4.44 
3.90 



Dans les dépirtemenl», on (laic ; 

llnuen, par kildgr. poid» net : bn-ufs on vaches, 
2.1» a a.'.O; veaux, 2. SU .i 3 f.il ; moutons. 2.20 à 3.!i5; 
porcs. 3.:;:; a 3.t;o. 

Caen, par kilogr. poids net : biBufs et vaches, 
2.30 à 2.80; veanx, 3 à 3.X0; moulons, 3 à 3.80; 
porrs, 3.20 h 3. HO. 

Cholel, par kilogr. poids vif : bœufs, 0.98 à 1.08; 
taureaux, 0.94 a 1.0 1; vaches. O.îlJà 1.03; porcs, 2.40: 



Lonluins, par kilogr. poids vif : bœuls, 1.08 à 1 20; 
vaches, 1 à 1 04 ; veaux, 2 à 2.20; moutons, 1.40 à 
1.60 ; porcs, 2.30 à a.-IO. 

Saint-Elieinie. par kilogr. poids vif : bœuf. 1.20 à 
1.75; veaux, 1.80 à 2.20;moutoiis, 1.50 à 1.80. 

L>/nn, par kilogr. poids vif : bœufs, 1 fr. à 1.64; 
veaux, 1.G4 à 2.04 : moutons, l.'jO à 1.85; porcs, 2.20 
à 2.60. 

liorilfdii.r. par 50 Uilcgr. poids net : bœufs, O.'j h 
135 fr.; vaches, 90 à 120 fr.; veaux, ISO à 185 fr ; 
moutons. 140 à 175 fr. 

Marseille, par kilogr. poids net : bœufs, 2.40 & 
2.5") ; vaches, 2.40 à 2.50 ; moutons, 3.J0 à 3.60. 

Viandes. — Derniers cours offlciels aux Halles 
centrale» de Paris (pir kilogr.) : 

1 60 à 2 SO Trains 5 00 à 3 10 

1 40 1 90 Cuisses . . , . 2 ao S 70 

2 50 3 70 Pis et collel. . 1 70 2 30 
1 80 2 33 BavoUo .... I 70 2 r)0 



1/4 do (h-Triôre 
1/4 do devant. 
Aloyau . . ■ . 
Paloron . . . . 



lîxtra. . . 
l^« qualilô. 
•2» 

3- — . 



qu.-ililô. 



Extra 3 70 

1" qualilô. . . 3 :0 

2» — . . 3 30 

Poil. fr.aIchos. 300 



Veau. 
3 50 à 3 70 Pans cl cuiss. 3 90 i 4 40 
3 2) 3 40 Veaux do Caen: 

3 10 1/4 de devant. 2 00 à 2 90 

2 80 1/4 dodcrriùro. 

Veaux bretons. 
il/ou/t»n. 
3 00 )> 3 90 Gitrol . ... 

3 50 Carrés parés. . 
3 10 Agneaux . . . 

l'orr. 

3 80 Filels 3 20 a « 40 

3 60 Jambons ... 3 -20 4 00 

3 40 Reins 3 00 4 (10 

3 80 Poil, salées . . > ■ 

oie ofGcielle 



2 90 
■2 U5 



3 20 
2 80 



3 00 


3 90 


2 r,o 


S 00 


3 40 * 


4 60 


3 .)0 


5 80 


2 80 


4 2) 



Suifs. — Nouvelle hausse. Dernière 
1 Paris : 156 fr. par 100 kilogr. 

Vins. — Les trans:ictions accusent toujiiurs de 
I l'activité, les besoins du coirnu rce étant considé- 
rables; mais dans la région méridionale, on continue 
à se plaindre des difficultés dans les transports. Les 
cours restcntceux prccédemmont indiqués. A llcziers, 
on cote par hectolitre suivant degré et qiialilé: vins 
rouges, 5s .à fil fr. ; vins ro-és, 6'i à 70 fr.; vin» 
blancs. 70 à 73 fr.; à Narbonne, les vins rouges sont 
payés 5S à 62 fr. Dans le (.'luilotinnin, lis vins rouges 
valent 05 à 70 fr. et les vins blancs 70 à 75 fr. Dans 
le (i'e/-.v, on paie par hecicditre : vins rouges, 60 i 
tl.-; fr.; vins blancs, 65 à 70 fr. 

Alcools. — La hausse se manifeste encore. Ou paie 
à Beziers par heclolilrc : 3/6 vin bon goût 86", 110 fr.: 
3/6 marc, 335 fr. 

Pommes à cidre. — Les cours varient peu. On 
cote en Ncrmandie 130 à 145 fr. par 1 00) kilogr. 
suivant le< sortes. 

Fécules. — Cours soutenus. La fécule première 
est cotée 125 fr. par 100 kilogr. à Paris. 

Beurres. — Les prix sont toujours assez irrégu- 
liers, mis fermes. On cote à Paris par kilogr.: Nor- 
mandie, Charcnic "l Poitou, i;.50 ; Bretagne, Tou- 
rnine et laitirrs, 4.50 à 6.50. 

Œufs. — On paie, suivant qualité et gro-i-siur, à 
Paris, 240 :i 300 fr. par mille. 

Tourteaux. — Derniers cours à M.irseillc par 
100 kilogr.: arachides Coromandel 27.50; séi>anie 
blanc, 27.50 ; coprah, 35 à 37 fr.; palmiste. 23 fr. 

11. DUHANO. 

I.e f/erant : Ciiaiu-k^ Dcthkix 
Pans. — L .Mahrthbux, impiunour. 1, ruo Gasselle. 



CHRONIQUE AGRICOLE 



CHRONIQUE AGRICOLE 



Évaluations officielles sur les ensem^-nceuients de l'éréaMs d'automne. ^ OoiiipatMison avec l'antlce précé- 
dente. — Diminutions dans les ditférentes régions. — Not-S sur l'état de rulture. — .Vilnption pdr leSén'at 
du projet relatif à la primo pour le blé récolté eii' France. — Opport'initi; de l:i mesure. — lie piirf du blé 
eu Fr.ince et dans le."! autres pays. — Nécessité d'accruitre les semailles de blé de printemps. — Mai«- 
d'ieiivre et eniirais. — La loi sur la réparation .les dommages île guerre. — Projet île recoristilutiori dans 
lo* régions envahies. — .Mesures adoptées. — Les permissions agricoles. — Propagande pour la culture 
nl^canqu" en Espairne. — Le tracteur-loueur automobile. — loitidlive du Consen yén^ral de la i^artlie'. 
^- .SVorologie : mort de VT. Kugi"'ne Ber trand et de .\I. Etienne Salomon. — La' Hausse des p \x des tour- ^ 
teau^i. -^ Les evporlationsen' Stllssi'. — Li^!; ofphclinV de la i:»iîefre à l'École d'osiéricuUure d'e' Fayl- 
Billot. —Concours rie reproducleui-s des racejr boVines et ovines dans llndre. — Lo concours de'î^e'vSrs. 



hectares 


hectares 


1 276 990 


—757 520 


97 00^ 


+ ! ont) 


S2- 8i0' 


- 9S 13ïf 


109 365 


■4^ 9' 63î; 


650 590 


— 3t 3911 



lies ensemencements d'automne 
Le ministi'rt' de r.Vj^ricultiire a publié, aiî' 
Jouniat Of/iciel du :)() janvier, le rolevé des 
enseiuencemeols de céréales iranlouioe, éva- 
ïliés au l'"^ janvier 1917. Ce document donne 
à là fois les surfaces ensemencées et l'état de 
cullure, avec la coiiiparuison des évaluations 
correspondantes au I "■ janvier lllUi. Voici 
celle comparaison pour l'ensemble des sur- 
faces ensemencées dans tout le pays : 

Diminniion 
1M6 1917 e^ 1916". 

hectares 

Blë 5 034 510 

Meirtl' î^^S 878 

Seljçlk.. 920 975' 

Orge». 99 730 

Avoines 684 :i.s0 

Pour l'ensemble des céréales, les surfaces 
ensemencées ont diminué de 873180 liecla- 
re.s. Par rapport aux ensemenceincnls de 
l'auioinne 11(11, celle diminution dépasse 
1 ttl>0 0<iO hectares. La plus forte proportion 
porte, comme il était à prév.iir, slir le bl'é ; 
pour celte céréale, la diminution alteirit 
13 0/0 de l'étendue ensemencée à rauloBitfe" 
précédent. 

La répari iliort des superficies ensemencées 
en ble entre les diverses régions est indiquée 
par le lalileau suivant : 

1916 1917 UiiU'rBti.'c 



hectares 

-h 33 90O 

—254 300 

— m 350' 

— 1*5 160 
— 12S 240 
-121 530' 

— B4 030 

— .)3 520 

— 27 200 
-^ 7 000 







hort.'iro.s 


hectares 


l«'rfg. 


Nord Ouest. 


490 100 


.724 000 


V - 


Nord 


710 2S0 


155 890 


%' — 


Nord-Est... 


278 300 


217 9S» 


l» — 


Ouest 


93!) 200 


844 040 


1*- 


Outre: 


695 X90 


567 650 


é'- 


Kst 


030 KÎO 


509 :<io 


T — 


Sud-Ouest.. 


S9fi OSO 


53i 050' 


8- - 


Sud 


372 250 


33.S 780 


9« — 


Sud Est'.... 


306 600 


270 310 


l«« — 


Corse 

Totaux... 


m 000 


s'ono- 




-, 034 510 


i 216 O'iO 



-757 520 



Toutes les régions, iï' l'exception de celle du 
Nordi-Ouest, participent A la diminution; ce 



% Février 1917. — N» 3 



qui est grave', c'est que la région dW Nol-d, 
c'est-à-dire celle des hauts rendements^ entré ' 
pour im lieis dans le total des perléS; 

liedocinnenl officiel fournit aiissi'dfes'noïcs 
sur l'état de culture, d'après la niélhod'e' lia- 
biluell'-. Les notes altrihué'S pour l'eriseuible 
sont les suivantes : A/»', 6i contre (W an 
1'"' janvier lOlfi; niAti'il. (iO' contre ".')'; seigle. 
(iO contre 68; orge, t>7 contre 71 ; avoiûe, 70 
contre 71. Pour le blé, b-s deux régions" du 
Nord et du Centre sont celles dont les notes 
sonl le plus faibles. 

L'avenir paraît sombre pouï* la' pfbtHaine 
récolte: Les perspectives q'ui t'essor'tfent de 
celte statistique' corroboi*<^nt les mdlife' eV- 
pofiés plus loin p. î5 pat' uOtre eJccCHent 
collat)orateur M. H. Hitiey- en' frtvéUI'dfeS se- 
mailles de blé de printemps. 

Pour la culture du blé. 

Le Sénat a enfin discuié et adopte, d'ans su 
séance du 20 janvier, la proposilion précé- 
demmelil votée par la Chambre des Ûépulés 
sur l'aliribulion d'une prime rlé iJ fl*. pai' 
quintal de blé récollé en 1917. Voilà pluS de 
denx mois que M. .Iules Develii^ avait déposé 
le l'apport dans lequel il en proposailTadop- 
liori iinméditite. Le pt-bjet e.sl a in«i devenu 
déllrtillf, et le texte dé la loi qui établit la 
priltie' a été promulgué au lounmt Officiel 
du'l'*"' f^'Vfier voirp. o5). 

L'opporlimité de la mesure est d'aiitant 
plus évidente que l'automne dernier a' été 
éminemment défavorable aux semailles de 
blé. L'e\côs d'humidité d" la ■•aison aeniravé 
les semis; en outre, elle a, dans plusieurs 
régions, provoqué Irop souvent la pourriture 
du grain confié au sol. Il importe donc de re- 
courir sur une large échelle aux semailles de 
priniemps, afin d'éviter que la récolïe de 
1017 n'accuse pas un déficit plus élevé que 
celui de la dcrhi'Te récolte; celle-i-i, Comme 
on s'en souvient, n'a pas di^|>.issé .'iS' millions 
de quintaux, et plus de 30 uiillions de quin- 
lauy seront' nécessaires pour assurer l'appro- 

«917.— 3 



42 



CHRONIQUE AGRICOLE 



visionnemenl du pays. Dans l;i discussion 
devant le Sénat. M. Clém'înlel, ministre du 
Coinmer>-e t-t de 1 Auricullnro, a rappelé que. 
« gràcH aux op^ration.s réalisées dès les pre- 
miers mois de la campagne d aux mesures 
prises pour les mois à venir, notre situa- 
tion de ravilaiHoinent en blé ne doit pas 
inspirer d'inquiétudes. » Toutefois, il a 
ajouté ; << l'our l'année r,)l7-!!»l8, la situation 
apparaît sérieuse et nous impose un eflort à 
l'intérieur. C'est seulement en augmentant 
notre production nationale que nous assure- 
rons l'avenir. ■• 

Rien n'est plus exact; les agriculteurs le 
tavenl et en sont convaincus aussi bien que 
quieonque. Us n'ont ménagé et ne ménage- 
ront aucun efr(>rt pour accroître la produc- 
tion. Toutefois, il est bien permis de rappe- 
ler aussi que les entraves au milieu des- 
quelles ils se débalteiii par l'abus des réijui- 
sitions, par la mainmise impérieuse sur 
toute leur production, ce sont pas faites 
pour faciliter leur lâche, lis savent que, 
grâce à cet arbitraire, la l'Yance est, de tous 
les pays du monde, celui où le blé est vendu 
au plus bas prix; ils savent aussi que, lors- 
que la prime de 3 fr. commencera à fonction- 
ner, Celte irrégularité ne sera pas atténuée, 
parce que les prix doivent monter encore au 
dehors. Ils oui donc le droit d'espérer que, 
sans se départir des mesures prises en faveur 
des classes nécessiteuses, le flouvernement 
saura trouver le moyen d'améliorer la situa- 
tion d.ins laquelle il lesa'placés. 

Quoi qu'il en soit, le mouvement en faveur 
de la culture du blé de printemps, accentué 
déjà il y a un an, mais qu'une saison défavo- 
rable entrava, a pris des proportions in- 
tenses. Toutefois, il serait nécessaire qu'il 
liU secondé. On avait promis (jue le Service 
<lu ra\ilailiempnt fournirait, sur ses approvi- 
sionnements, des i-emences à prix d'argent 
ou en échange de blé indigène. Or, il arrive 
que, dans certains départements, les quanti- 
tés de semences attribuées qar l'Administra- 
lion sont nolablemenl inférieures ù celles qui 
avaient elé demindées; ce n est pas luontrer 
une grande exigence que de réclamer l'exé- 
cution des promesses qui ont élé faites. 

Le Hureau de la Société des Agriculteurs 
de Fnince a adressé à ses membres un appel 
xigoureux en faveur des semailles de prin- 
temps. 

Main-d œuvre et engrais. 

Dan>> la discussion devant le Sénat, M. lilio- 
piteau a insi»lé sur le mani|U(; de main- 
d'tt'iivre et d'fiigi'ais dont soutirent les culli- 
valeurs. Tour l;i main-d'u?uvre, M. Clémenlel 



a rappelé bs mesures récentes adopiées, 
comme on l'a vu dans notre dernière Chro- 
nique (p. 2.');. Kn ce qui concerne les en^jrais, 
il a fourni des indications qui sont peu rassu- 
rantes. 

En elfet, les quantités de superphosphates 
disponibles en France pour les inlinres 
de printemps n'atteindraient p.is 200 000 ton- 
nes; pour les nitrates, les ressources pour 
l'agriculture ne dépassent pas 80 000 tonnes, 
alors que la consommation en exige 400000; 
pour les scories de déphosphoration, il y en a 
à peu prés le quart de ce qui était con- 
sommé avant la guerre. La situation est donc 
difticile; la rareté explique les hauts prix qui 
sont demandés actuellement aux attricul- 
teurs. 

La réparation des dommages de guerre. 

La Chambre des Députés a achevé une la- 
borieuse discussion du projet de loi sur la 
réparation des dommages causés par les faits 
de la guerre. (>ette discussion a soulevé des 
problèmes extrêmement délicats, au nombre 
desquels nous avons signalé à diverses re- 
prises celui créé par le bouleversement des 
terres dans les départements oii la lutte se 
poursuit depuis deux ans et demi. Il a paru 
impossible de résoudre dans une loi générale, 
sans en relarder encore l'issue, lesdiflicullés 
de toute nature que doit rencontrer la recons- 
titution de ces terres. Mais des principes gé- 
néraux ont été adoptés par la t^hamlire des 
Dépulés, qui seront certainement ratifiés par 
le Sénal.Ces principes sont établis dans deux 
articles dont voici le texte : 

Art. 4:1. — Les frais de réfection du cadastre, 
de délirniiatioii et de remembrenienl nécessités 
par les laits de la guerre sont à la cliarge de 
riîtat. 

Une loi spéciale dùlerrainera les conditions de 
la reooiistilutinn foncière ci- dessus prévue. 

Art. 4V. — Les travaux de délilainiiu nt de 
tous les inimeul)li<! seront à la ch;iri;o de l'Etal. 
Ils devront ètie entrepris dans le di-lai de trois 
mois à dater du jour où les immeidiles seront 
(li'liDiiivement libérés de l'occupati uiliiaire. 

Les frais de recherche et de deslruction des 
projectiles non éclatés seront égalemcnl à la 
charge de l'Ktat. 

Ce que l'on doit espérer, c'est ijne la loi 
spéciale prévue ne se fasse pas alleiidie, alin 
que les mesures nécessaires soi. ni pris, s, 
sans retard, au moment opportun. 

La reconstitution des régions envahies. 
M. Clémenlel, ministre du Commerce et de 
l'Agriculture, et M. llibol. minisire des Fi- 
nances, oui présentée la Chambre des Dépu- 
l lés un projet de loi tendant à charger le mi- 



CHRONIQUE AGKICOLE 



43 



uislre du Commerce d'effectuer, dans la limite 
d'un crédit de 2ï0 millions do fr., des actials 
de matières premières, d'outillagHS, etc., 
nécessaires pour la remise on marche des 
établissements industriels des régions enva- 
hies, tle projet ne vise pas la réi)rganisation 
des expliiilaliims agricoles, mais l'exposé des 
mo'ils indique, en ces termes, les intentions 
du Gouvernement à cet égard : 

En ce qui (■oiicer(je r.igricuUure, b- (louverne- 
noent, aprè> avoir envisag*^ pour la réfeitioa du 
maléiiel lie culture l'allocation de crédils à cha- 
cun de>i départements intéressés, a reconnu la 
uécessrlé de erérr un organisme unique qui se- 
rait chargé d'évaluer les besoins des réginiis en- 
vahies, de lecherclier les moyens d'y faiie face 
eu *'a tressant aul int que possible à l'industrie 
française, d'entreposer, le cas échéant, les 
stock» constitués par s s soins et de les remettre 
aux décartenientji intéressés au nionvnt de la 
libération du territnire, à charge pour ceux-ci 
de repartir le matériel entre l-s cultiv^iteurs. 

Un artélé dn ii octobre 1010 a cim-titné dans 
ce but la t'ommi-isioii iulerdépaileinentale d'np- 
provisinrmement en matériel aL'iicole d-sliné 
aux régions envahies et l'ri chargée 'le l'étude 
des <|uestiou- relaiives l'i la constitution d un 
stock d'inst'Uinents agricoles. 

La Commission a demanlé d'urgence aux di- 
recteurs des Services agricoles ur.e évaluii'ion 
approximative des besoins de matériel jugé in- 
di>pensable Son programiiie est étiibb. Elle a, 
d'au iv pan, provoqué les offres des lonslruc- 
leurs irançais afin de connaître ce que l'indus- 
trie nationale est en mesure de fournir. 

Les réponses des constructeurs sont actuelle- 
ment parvenues à la Direction de l'Agriculture, 
il est procédé à leur dépoiiilleinent. Le" évalua- 
lions des direcleui s des Services agricoles seront 
ultérieurement complétées par une étude, qui se 
poursuit actuellement, relative au cheptel dis- 
paru des régii'us envahies, et pour la reconslitu- 
tion duquel il sera également fait appel à l'inter- 
rention de rh.lat. 

Les crédits qui sont nécessaires pour la re- 
constitution du matériel indispensable à une re- 
prise rapide de la vie agricole sont évalués à une 
cinquantaine de millions potir l'exercice 191'. 
Le (louferneinent déposera incessamment une 
dem<inde de cr^dils qui fera l'obpît d'un projet 
spécial. 

C'est p.ir l'enlrcmisc d'un Comptoir central 
d'achals industriels pour les régii)ns en- 
vahies que «eronl effectuées les opérations 
de reconstitution des <;labli-sements indus- 
triels. L'exposé des motifs ajoute que ce 
même Comfdoir pourra être chargé, le cas 
écliéant, de procéder, pour lout ou partie, 
au moyen des crédilsspcciaux, auxacliats de 
matériel et d'outillage agricdh^s. 

Les permissions agricoles. 

Par une nouvelle circulaire, en date du 



17 Janvier, insérée au Jouninl 0//iciel du 25, 
le général Lyautey, ministre de laGuerre, a 
fait un nouvel appel à la bonne volonté de 
tous les chefs militain s et à leur exacte com- 
préhension des besoins économiques dn 
pays, pour que des permissions aj^ricoles, 
dont le nombre et la durée ne seront limilés 
que par les exigences du service, continuent 
à être ai-ciu'dées, tant aux agriculteurs des 
classes I8"J3 et plus jeunes, qu'a ceux des 
classes 1892 ei p'us anciennes pour qui la 
permission de vingt jours, prévue par la cir- 
culaire du S janvier, doit être considérée 
comme un minimum. 

Culture mécanique. 

L'.\ssociaiion des .\gricuUeurs d'Espagne 
a tenu, sur l'initiative de son président, le 
vicomie de R/.a, le 2.") novembre dernier, une 
grande rôiuiion destinée à l'élude des moyens 
propres à provoquer le développement de la 
culture mécanique. Après avoir entendu des 
éludes très complètes de M. Mariano Fernan- 
dez Cortès, directeur de la Station d'essais de 
mai-hines de La Moncloa, et de M. Carlos l'e- 
sines, secrétaire de l'Automobile-Club d'Rs- 
pagne, cette réunion a décidé d'organiser des 
essais et des concours en vue des applica- 
tions de la culture mécanique dans toutes 
les formes d'exploitations agricoles ; ces con- 
cours >-eront dirigés par l'.Vssociation de-; 
.\griculleurs d'Espagne. 

.Antérieurement, le comte de Montornés, 
président du Conseil provincial de Fomenlo de 
Valence, avait publié un important rapport 
dans lequel il s'est efforcé. a\(!C succès, de 
l'aire ressonir, pour ses compatriotes, lesen- 
seignemeiils qui découlent des nombreux 
essais poursuivis en France depuis deux ans. 

— .\ l'occasion de la publieation, dans le 
numéro du 11 janvier (p. S), «le la liste des 
tracteurs achetés par le Syndicat de culture 
mécanique de Pontoise, M. Georges Filtz, 
ingénieur, fi Juvisy (Seine-et-Oise) , nous 
écrit que les six tracteurs de iO chevaux figu- 
rant sur celle liste, qui sont construits par 
lui, ne portent plus le nom Arion, mais sont 
désignés aujourd'hui sous la dénomination 
de Tmclpur^-titufiiis aiiloniuliiles. Nous insé- 
rons volontiers celle rcctilication. 

— On annonce que le Conseil général du 
déparleinenl de la Sarthe a ouvert un crédit 
de i;j <!<>() fr. destiné à être réparti entre les 
syndicais qui acquerronl a bref d^'lai des ap- 
pareils de culture mécanique. 

— Il est émis parfois des appréciations 
exagérées sur l'avenir des services que ren- 
dra la culture mécanique. Par contre, des 



** CHRONIQUE AGRICOLE 

apprérintions non iiioins exagérées se mani 



4^es(«iil<lanti un sens appo.sé. C'est ainsi que 
jéctMjimenl, dans V/llusdalwii, un article 
iippuvé sur de prétendues considérations 
luolmiques, «ouduail que la motoculture est 
un leuiMv. Cest ce que l'on disaft, en i83(), 
«leii'.inlroduction des uiacliines à vapeur dans 
les fermes. 

Nécrologie. 

Oo annonce de Genève la mort, à l'âge de 
quatre-vingt-cinq ans, de M. Edouard lîer- 
trand, universellement connu comme le pro- 
pagateur le plus ardent des métliodes mo- 
dernes d'apiculture. Le livre qu'il a publié 
sous le titre : Au conduite du Rucher a rendu 
depuis une qujirantaine d'années les plus 
grands services i\ tous ceux qui s'^idonueul à 
l'élevage raisonné des abeilles. 

Nous annpnyons avec regret la mort de 
M. Etienne Salomon, viticulteur à TUouiery 
(Seine-el-MarneJ, président du Syndicat cen- 
tral ^es primeurisles, décédé le 27 janvier 
dans sa soixante-dixième année. Il avaii pris 
une place 1res importante dans la production 
et le commerce des raisins de luxe, et il 
s'était adonné avec succès à la création de 
reuiarquables collections ampélograpliiques: 
il a, aussi travaillé activement à la propaga- 
tipn «les vignes greft'ées en vue de la recons- 
titution. 

A propos des tourteaux. 

Les prix des tourteaux ont atieinl d«s taux 
qui .^ool de nalure à décourager les agricul- 
teurs; le Ipurieau d^aracliides de GorQaia,o- 
del, qui sert en quelque sorte d'éUilon,.» at- 
teint ;J0 fr. par 100 Ixilogr. à la liourse de 
Marseille. Dyjis une discussion récente de- 
vant le Séjpat sur le blocus de l'enaemi, 
M. Gardin de Villaine a demandé si la France 
ne se ^nontrail pas trop généreuse envers la 
Suisse daps ses concessions de tourteaux; 
M. Denj> Cpchin, sous-secrétaire d'Etat aux 
alTjiires el,r4Uigères, l'a prié de ne pas lui de- 
mander de pnécisjoqs sur ce point. 

Qn ne ^«kiirait se contenter de réponses 
évasi.NiCt.. Ce qui est certain, c'est que, pen- 
dant les Q»:ic prejuiers jojois de IDlfi, la 
l'rauce a emporté UOODU tonnes de tourteaux 
contj-e 83 000 pendant la même période de 
l'Jl.'). Il est yr.iiinent malheureux que les dé- 
rogations aux proliibiliuns de sortie soient 
acço.rdées trop souvent au détriment de 
notre agriculture. A ce sujet. .M. G;indin de 
Villuipe c^tjiit ce pas.sage d'un journal s.uisae. 
le VoUi^rccht : <• Les l'rançais qui sont tou- 
jours d'une courtoisie extrême, qui sont la 
bonté ménK , et même, prétend-on, un peu 
<■ poires s'imaginent ne nourrir que des 



Suisses: ils npur^-isseut, eu réalité, bt^aucoup 
(l.Allem.ivnds. >■ On aurait pu aji)utç;r : « .beavi- 
cQup de béili^il vendu aux Allemands ». ftn 
effet, lien ne prouve, .suivant J'l^eure.^se 
expressioii d<' M. JLJeu.vs Cochifl,, que .le,s 
tourteaux consommés sur place ne r^p»s- 
Sent pas la frontière de nos epnewi.s S'aus 
fo^-me de biftecks et de côtelettes. 

Les Orphelins de la guerre. 

Une Section d'orphelins de guerre est 
créée à l'Ecole nationale d't^siéricullure et 
de Vannerie de l'ayl-hillot Haute-Marne). 
Seront admis ceux dont le pèxe a été tujé à 
l'ennemi, âgés de treize à dix-huhl ans, qui 
subiront le 1°' octobre de chaque année, les 
examens d'admission. I^es ciiudidals pour- 
vus du certilicat d'études primaires peuvent 
entrer à l'Ecole avant treize ans. 

Les orphelins de guerre recevront à l'Ecole 
l'instruction profissionnelle complète. Une 
situation dans l'osiéricullure ou dans l'in- 
dusti'ie leur sera donnée à la sortie de l'Ecole. 

Pendant les trois années d'études, les Or- 
phelins de guerre seront dotés de bourses 
•spéci;iles, assurant la gratuité complète de 
l'instruction professionnelle et de l'entretien. 

Tous les renseignements sont donnés 
par M. Leroux, directeur de l'Ecole, à Fayl- 
Billot (Haute-Marne). 

Concours de reproducteurs. 

La Société d'agriculliiae de l'Indre distri- 
buera U: samedi 10 mars (jour de foire), à 
La Ohiitre. des primes d'encouragwuent et 
des plaques aux meilleurs reproducteurs 
mâles de race Nivernaise-Charolaise nés et 
élevés dans le département de l'Indre. Onze 
primes et un prix d'honneur (médaille de 
vermeil) pourront être attribués. Les décla- 
rations des concurrents seront reçues jus- 
qu'au :20 février au Secrétariat de la Société à 
Chùteauroux. 

La Siiciété organise un concours de béliers, 
suivi de vente aux enchères, qui aura lieu à 
Chàteauroux le mercredi 14 mars. Une 
somme de 1 000 fr. y est consacrée. Seront 
admis les béliers âgés de 7 mois au moins, 
n'ayant pas plus de deux dents permanentes, 
a])parten:iiit à la race berrichonne pure, aux 
races soulhdown, shropshiredown etdishley, 
ainsi iju'à des croisements. Des primes sçnt 
réservées aux bergers les plus méritants. 

Nous rappelons que le concours de la r^ce 
nivernaise-charolaise, organisé par la So- 
ciété d'Agriculture de la Nièvre se lie.nt à 
Nevers les '.i et 10 février. 

IIiiNRy Sagmk». 



sEMnxs DES Blé!? de I'rintemps 



43 



SEMOXS DES Bf.ÉS DE rKïi\TE31I>S 



li nous faut en France environ 02 millions 
de quintaux de lilé cliaqtio annéf pour subve- 
nir à l'en.seajbie de nos besoins. En l'Jl2nous 
en avions récollé 91 millions de qnintaux; 
c'est-à-dire t|ue la terre de France avait pro- 
duit la presque lotalilé des hiés qui nous 
étaient nécessaires; nous n'avions pas be- 
soin d'avO'F recours à des iniportalions ve- 
nant de l'étranger. 

Mais par sniie de la guerre, en 191 î nous 
ne récollions que 7t> !t millions de quinlau.K 
<le l>lt\ t)0.(ï en 1915 et enfin seulement 
• >8.4I0 700 cjuintaux en l'.Hd ; encore te der- 
nier cliillre est-il un chilTre provisoire qui sera 
vraisembUiblement abaissé plus lard comme 
trop élevé. Onns tous les cas, comme l'écrivait 
ici même M. Ilenrv Saj^iiier : <i Un sful fait 
est cerUiin, c'e.tt '/ne l>-s deux dernières récolles 
ont été inférieure^ d'un tiers à la moyenne 
de la période décennale rjui a pri-cédé la 
guerre. » 

>fmis avons dû alors importer de grosses 
qnanlilé.s de blé. D'après les documents 
statistiques de la Direciion générale des 
douanes, pendant les onze premiers mois 



dé 1916 nous avons inip'ofl^ (1), au com- 
merce générât 23 398 oG!( quintaOx dd filé et 
18 ;iS7 182 quintaux au commerce spécial. 

Nous avons, en outre, ces liiétnes oh^è' pte- 
miers mois de 1916, îniporté i 23"; .j^)9 quin- 
taux de farine. I^es Etats l'nis, sur ces (Juan- 
tilés, nous oui fourni IS '/Hl 428 (|(iint;itix de 
blé, 2 9 '(3 71 i quintaux de laritie ; la Repu-, 
bliqué Argentine 3 820 803 quinlanx de blé, 
■ Australie 2 023 7Î2 quintauX, Irt kttssie 
I .')72 327 quintaux. 

Les Eiat--(Tnis, la tiépublique Ar'ge'n^ine, 
comme aussi le Canada, les Indes el l'Atfstra- 
lie, c'est-à-dire, en dehors de la flûè'éîé', les 
grands pays exportateurs de blé, avaient 
réalisé une récolte exceptionnellement belle 
en 19l.f). 

.Malheureusement la récolte de 1916 dfâns 
ces mêmes régions a été mauvaise, très mau- 
vaise même pour quelques-unes. 

Le tableau suivant, dont nous empruntons 
les cbillres A l'InslituL international d'Agri- 
culture de [{orne, indique les récoltes de 
19l."»-1916 et les récoltes moyennes de la pé- 
riode 19U9-1913 : 



Canàdft 

Elals-Uiii!!. 
Argentine . 

Ince 

Australie . . 



Ri^collc mftyennn 
quiuqucDDalc 1009 à 1913, 

/pniitanx 
r,5 713 000 
186 «80 000 
40 .'i-iH 000 
95 -35 000 
24 630 000 



RiTolte (le ISl.'i. 

r{iiinlatix 
102 529 000 
•215 201 000 

46 988 nOO 
102 5;9 OUU 

38 919 000 



netiliie/ <]é 191'ft 
données pr6i/is<>îr6s). 

fluiMaïK- 
53 S06 OûO 
174 152 000' 
21 (i63 000 
86 546 000 
40 iiO 000 



Ainsi, siuf l'Australie, parlonl ailleurs les 
rétoltfs de cette dernière campagne ont 
été manvaif.es, bien au-dessous non seule- 
ment de la récolte de 191."), qui avait été aux 
Kfats-lînis et au Canada exceptionnelle, 
mais au-dessous de la moyenne des annéQS 
1909 J9I3. 

L«s Etals Unis ont exporté, du 1" août 1915 
«rt 31 Jiiillei 1916, 46 722 -2«8 quintaux de 
blé, le Canada 6i IjS <l«ii ; du I" mars à la fin 
de février l'Inde, 6 712 4lti i[uintaux ; du 
I 'jimvierau 31 octobre l'Argentine 18 O'iO tl'iO 
quintaux; l'.Xustralie, Kl 419 0*1 quintaux. 
Ces i»ays ne pourront pas exporter de pa- 
reilles quantités de blé pendant la campagne 
««16 1917. 

Cela est bien certain; du reste, en pré.sence 
d«>s mauvais résultais de la* dernière récolle, 
devant la hausse des prix du blé et du pain, 
a»x Etal.s-Unis,en Argentine, un mouvement 
d'opinion se manifeste pour obtenir des Pou- 



voirs ptyblii'S la prohibition de l'ex porta ti<!>n 
du blé. Une proposition ayant pour objet 
d'interdire pour un an l'exportation des den- 
rées alimentaires, a été présentée au Congrès 
de Washiiixl'in. Il n'est pas permis, disait 
M. Henry Sagnier, de prévoir actuellerWent 
ffuelie sera l'issue des discussions qu'elle 
doit provoquer. 

Après une étude approfondie de fa! sitûst- 
tion pT'éSenle 'le la production, du cOVifimeree 
ef de la consommation des cé'réailcs ^rts le 
monde, l'Inslitui inlernaliottal d'Agriculture 
de Home en arrivait à cette coriclusi<)'rt (Bul- 
letin d'octobre 1916i : 

" Il faudra donc réaliser de Ifès séfieti^^és 
économies sur la consommation, si l'ôrt rie 
veut s'exposer aux plus graves déb'Oirës, 

(I) Non compris 3 879 934 r|iiiiitaux importas pour 
le compte d- l'année et dont les litres de mouve- 
ment n'ont pas encore été régularisés. 



iC 



SEMONS DES BLÉS DE PRINTKMI'S 



peiit-éire ni^me à la disctle. au ras où les i 
récolles prochaines ne pennetlraient pas à 
elles seules df satisfaire à la consommalion 
et de reconslitutT les réserves épuisées. 
Agissant autrement, on compromettrait l'ave- 
nir. '■■ 

Réaliser dt'S maintenant des économies de 
l)lé 't de farine et préparer ime production 
aussi élevée que possible de blé en lîMT, puis 
en 1Î.I17-10I8, telle est l'œuvre urgente et 
capitale à réaliser. Il est pour nous d'un iii- 
tcrél national de nous assurer le maximum 
de production possible de blé et, du re^le, 
des autres denrée.s agricoles. C'est une des 
conditions de la \'icloire sur nos ennemis, ne 
l'oublions pas un instant, et ajîissons en con- 
séquence. 

* * 

l'our produire bnaucoup de blé, on peut 
aiiKmcnler les surfaces embUivces, et ac- 
croître les rendements à 1 hectare. Mallieu- 
reusement, accroître le rendement a l'heclare 
.suppose une cul ure soignée, l'emploi de 
grosses quantités d'engrais; dans l'étal de 
guerre actuel, l'agriculture ne dispose pas des 
mojens qui permettent celle culuire, ces fa- 
çons aratoires minutieuses, elle n'a pas d'en- 
grais à sa disposition et ceux qu'elle peut 
avoir très diflicilement sont à un prix quasi 
inabordable (le nitrate de sonde, l'engrais 
par excellence pour répandi-e sur les blés au 
lirinieuips, est coté 55 francs au lieu de 
2"j francs avant la guerre). 

Reste donc le premier moyen : étendre les 
surfaces emblavées. Les chilTres cités plus 
tiaut nous ont déjà indiqué coiiibien les em- 
blavures en blé. dans noire pays, loin d'aug- 
menter, avaient diminué : 

6 .Ï71 .^iSO liectarcs en J912 
;. 4t9 230 — - l'Jl.'i 

.. 202 ns(i — — imk; 

Les ensemencements d'automne, de beau- 
coup les plus importants piiur la Krance, 
puis(]ue en année normale on couipte à peine 
1 hectare de blé de printemps pour 25 hec- 
tares de blé d'automne, se sont trouvés, à 
l'automne lit! fi, très réduits(t KLe retard dans 
l.j préparation des lerres, dans les travaux 
de iiMile nature, va s'accenluant dans nos 
campagnes à mesure que la guerre se pro- 
longe, les dilficultés de main-d'œuvre aug- 
mentent, cl enlin nous avons eu, depuis le 
15 octobre, une saison exceptionnellement 
mauvaise pour les semailles et les travaux 
des champs. Dans les terres un peu fortes, 
argileuses, les pluies ont transformé le sol en 

(1,. Voir la Clironiqu'! de ce numéro, p. <1. 



boue: y semer du blé serait perdre la 
semence et, certainement, des blés faits dans 
ces conditions seront à réen-emencer. 

Nous voici à la On du mois de janvier. 
Février et mars sont l'époque d'S seui.iilles 
de printemps. 11 n'y a pas un instant à 
perdre, d'aulant moins de temps à perdre 
que la préparation des terres, du fait de la 
saison détestable que nous avons eue, est 
parliciili'-renient en retard, du fait que 
jamais nous n'aurons eu d'aussi grandes 
étendues à semer en blé, en mu ires céréales, 
en pommes de terre, en fourr;iges, etc. Et 
cependant il esi d'intérêt nation. il de pro- 
duire, et de produire beaucoup de denrées 
agricoles. C'est une des eondiiions de possi- 
bilité de prolonger la guérie ju>qu à la vic- 
toire, comme l'est la production des canons 
et des iiiuiiilious. 



Mais, pensent ppul-étr':^ quelques-uns, si 
nous avons ])rocl]ainemenl la victoire déci- 
sive que nous atlenduiis et si la paix était 
signée en l!tl7 comme nous l'espérons, nous 
pourrions alors faire venir du bié de l'étran- 
ger: le ravitaillement en pain serait assuré? 
C'est là une erreur profonde. 

Comme le disait M. Clémenlel dans son 
dernier discours au Sénat, la guerre a par- 
tout eu sa répercussion. Même dans l'Amé- 
rique du Nord, l'absence des émigrants ita- 
liens, des émigrants russes qui sont repartis 
et dont le Ilot annuel n'est pas revenu, ce 
fait et la concurrence des usines de mu- 
nition-^ sur la main-d'œuvre ont fait baisser 
considérablement la récolle annuelle. 

La maind'o^uvre pour cultiver la terre a 
diminué pariout dans les grands pays pro- 
ducteurs de blé aux Etats-lluis, au Canada, 
en .\uslralie, etc. 

La paix signée, les besoins eu blé reste- 
ront inmienses: et pour se (irocurer le blé lu 
où pourront exister (|uelqnes stocks, la con- 
currence n'aura jamais été si vive. Si nous 
voulons la victoire, si nou- voulons continuer 
à manger en France du bon pain de froment 
comme nous en avons l'habitude, et en man- 
ger à notre faim, il nous faut cultiver du blé, 
beaucoup de blé, et, dés ce printemps, il 
nous faul en semer le plus possible. 

Le blé nous sera payé .'t(i fr. le quintal. Ce 
u'esl pas là encore évidenmient un prix en 
rapport avec l'augmentation des charges qui 
pèsent sur la culture, mais les agriculleurs 
français sont trop bons patriotes pour liou- 
der; le de\oir et l'intérêt national com- 
mandent coule que coAle de semer du blé. 



[LES TOIRTKALX ET 

Faut-il rappeler maintenant que, suivant 
l'opinion très autorisée dn M. Sclirib «ux, à 
la suite des expériences faites en I9l(i, au- 
jourd'hui grâce à rintroduction du blé du 
Maiiilnbii, la culliire dfs blés de printemps 
n'est plus seulement le privilège des régions 
les mieux partagées sous le rapport de l'hu- 
uii lité du climat, elle est devenue possible 
sur toute l'étendue de notre territoire. 

Là donc où l'on ne faisait pas jusqu'ici de 
blés de printemps i>arce que les variétés 
dont on disposait n'rlaient ni assez rustiques 



LA (JlitSE L.VITIIlKE 



Vi 



ni assez précoces, semons du Manitoha. se- 
mons ce blé le plus tôt possible, t.à où ordi- 
nairement on semait des blés de printemps 
en février et mars, semons les variétés que 
nous avions coutume de semer : Ja.fhi't, 
Bordpfiu.T, lion Fermier, Cltid'lnm, Smirnur 
de jl/(ic<. Aurore, etc., etc., multiplions en 
les einblavures, et si ces emt)lavures n'étaient 
pas terminées en mars, pour les semis tardifs 
du mois d'avril semons du Maniloha. 

11. lIlTIEU. 



LES TOURTEAUX ET LA CRISE LAITIERE 



La crise du lait et du beurre n'a cessé de 
s'aggraver. Il ne saurait en être autrement 
tant que les éleveurs continueront à ne pas 
pouvoir se procure!- les tourteaux, à l'aide 
desquel-i ils augmenteraient le rendement de 
leurs vaches laitières. 

Dans les conditions ordinaires de la pra- 
tique, une tonne de tourteaux d'arachides 
judicieusement einployéu accmit bi produc- 
tion du lait de 200(J litres, celle du beurre 
de 100 kilogr. Les expériences que nous 
avons dirigées chez de nombreux petits cul- 
tivateurs, l'ont étubli de la manière la plus 
nette. 

<:haque année, la France fabrique environ 
200 000 tonnes de tourteaux d'arachides. Ces i 
tourteaux consommés uniquement par des 
vaches permeitraient un supplément de pro- 
duction de 400 millions de litres de lait, de 
20 millions de kilogrammes de beurre. 

1,'autorité militaire, apprécinnt les services 
que les lourteaux étaient appelés k rendre 
dans les circonstances actuelles, s'estdécidée 
à donner à Marseille une trentaine de vagons 
par jour pour ses expéditions. C'est à peu 
près le tiers de ce qu'il aurait fallu. 

Celte mesure a été renilue plus insuffisante 
encore, par l'oubli où l'on est reste de la si- 
tuation des tourteaux dans les autres centres* 
de produciion. 

Bordeaux en fabrique des quantités très 
importantes. C'est même sur cette place que 
les tourteaux étaieni autrefois le plus de- 
mandés, car elle a été longtemps la seule à 
se préoccuper de leur constituer une clien- 
tèle française. Or, depuis nombre de mois, 
les chemins de fer ne donnent pas ;\ Bor- 
deaux de vagons pour 1 expédition de ses 
lourteaux. 

A .Nantes, où une huilerie en produit 
1 000 tonnes par mois, pendant les cinq der- 



nières semaines, les chemins de fer d'Or- 
léans, de l'ancien Elat et de l'Ouest n'ont 
réussi à en enlever, à eux trois, que 20 ton- 
nes par semaine. 

Les tourteaux restent à se perdre dans les 
magasins de Nantes, comme dans '-eux de 
Bordeaux, nlors qu'ils seraient si utiles dans 
nos élables. A nioin< de 23 kilomètres de 
l'usine de Nantes par la vi>ie ferrée, un Syn- 
dicat local a été réduit à faire venir ses tour- 
teaux de Marseille, malgré une dislance de 
950 kilomètres. 

Avec les lenteurs de la route, cliatiue vagon 
met à peu près un mois pour rentier au point 
de départ. Le v;igon de K) tonnes aU'eelé à 
des ex|)édiii)nsaiissi éloigné s ne triinspurte 
guère qu'une centaine de tonnes dans le cou- 
rant de l'année, alors qu'il aurait un rende- 
ment lroi« ou quatre fois plus élevé pour des 
dislances modérées. 

Il semble que les transports des tourteaux 
gagneraient à être réglés dilléremment. 

S'il était impossible d'y consacrer davan- 
tage de vagons, pourquoi alors ne pas en 
distraire quelques-uns de Marseille, et les 
alfecteraux huileries de l'Océan, proportion- 
nellement à l'importance de leur stock, pour 
leur permettre de livrer, dans un rayon rap- 
proché, les tourteaux dont elles regorgent? 

Marseille, débarrassé ainsi d'une grande 
partie de ses transports;! énormesdistances, 
deviendrait en mesure, mèuie avec un maté- 
riel plus réduit, de fournir à ses acheteurs 
des qiiantilés de tourteaux bien plus impor- 
tantes qu'il ne le peut actuellement. 

La mesure que nous nous permettons de 
suggérer ici ne saurait mamiuerde profiter à 
rinlérét général, en contrilnianlà augmenter 
ime produciion du lait si nécessaire au ravi- 
taillement de la population. 

André Gouin. 



Il 



-nt l.AVENIK DE8 TERRES RECO.NQLISES 



SUH L'AYENIK DES TEHHES HECOlNOUlSES 



Un ofticier apprécié. ai;riculleur de gr;ind 
mérite, nous envoi'^ des indications qu'on 
lira avec inlérèl sur l'élat des terres récem- 
ment reconquises sur le front de la Somme 
(aux environs de Combles). 

Le liTiain 'lans la zone récupcr^e sur une iiro- 
foii'leur de tO kilomètres environ, coniprt-nanl 
nos anciennes lif;ne.s, les lii;nes enlevées aux 
Alleiniiids et une portion de territoire en ar- 
rière de leurs anciennes liuiies, peut être classé 
en quatre <alégories : 

1. Les villages. 

2. Les bivouacs et les ravitaillements. 

3. Les tranchées et les emplacements de b.it- 
teries. 

4. Les terrains n'ayant pas une valeur straté- 
gique spéciale. 

1. Les villfiges. — L'aspect des villafies varie 
selon les difficultés de la lutte; mais, d'une 
façon e-'nérale, on peut affirmer qu'il ne reste 
pas, dans les moins atteints, de cunslrncliona. ni 
même lie matériaux qui puissent i-tre utilisés 
pour une reconstruction. Les travaux de (lél)l:iie- 
loent seraient con-sidérables et le soi, fouillé par 
les projectil'-s, n'olTrirait plus l'assiette voulue 
pour des constructions futures. Itien ne prouve 
de plus que le iléblaiement ne provoquerait pas 
d'éprilémies. 

2. B'vnuacs et fioints de ravilaillement — Ils 
constituent une portion très importante de ce 
territoire. On peut l'évaluer à première vue à un 
quart ou un tiers. Le sol y e-t très fortement 
tas!*ê, enrichi par toutes les matières urtraniques 
apportées, mats broyé, dès qu'il pb ut, sur une 
profondeur de 0" 2i au maximum. Selon que ces 
terrains seraient évacués après une période de 
pluie ou une période «le sécheresse, leur état 
physique, pour la remise en culture serait en- 
tièrenietil dilTérent. Après une sécheresse, les 
onlils agricoles n'auraient qu'A vaincre la résis- 
tance d'un sol tassé. Après une p'^riode pluvieuse, 
le travail serait très lonK^ et exigerait de mul- 

iple" façons pour rendre .tu soi son homosié- 
n^té. Il n'y a pas de mauvaise» herbe». 

3. Tcf/nrAi'ps et emidaremcnta du hiiilnien.— Cesi 
lerriiins devront certainement être abandonnés 
par la culture. La question de nivellement est 
insiiiniliante. Mais le sous sol a été ramené à la 
9Urfac>- et intimement mélangé par l>:s travaux 
exécutés et par les bombardrments qui ont bou- 
leversé ces travaux. La productivité -erait im- 
pos-ible à obtenir avant plusieurs années. De 
plus, une quantité de matièi es iner les ou même 
dan-'eriMise», et ne se détniisaMt us par le temps, 
sont m<i|a';j*es au sol et exigeraient un travail 
de nettoya^*' pratiquement irrêali-able : fils de 
fer, fusil-, morceaux de fer ou d'aitier, obus non 
éclatés, p'enades, cartouches, etc. La charrue 
accrocherait à tout moment et se casserait ou 



provoquerait des accidents de traction ou même 
des explosions. 

C'est une sup'-rncie appréciable, car les lignes 
françaises représentent à peu près les mêmes 
inconvénients que les lij;nes allemandes ; or, ces 
lipnes sont continues, avec des sii nosités qui 
multiplient Li surface compromise, et la largeur 
int»=res9éf peut atteindre 100 et 200 mètres pour 
cliaijue ligne. 

Ajoutons que les tranchées formeront ilrain, 
même après lemblai, et q\ie, bien entendu, le 
sens de pente est rarement propice à l'écoule- 
ment des e;iux, cette dispnsition ne (louvant ré- 
sulter que du hasard. On constituerait ainsi 
dans 1rs champs à sous-sol impeiinéable des 
poches humides aux points bas, à moins de pré- 
voir un ti-rrasseraent remédiant à cet inconvé- 
nient. 

i. Terrains n'ayant pas une valeur stratégique 
xiiéciale. — Le surplus du territoire a subi pres- 
que partout les ellets du bombarda intnt ; mais 
malgré la multiplicité îles trous [l'obus, il ne 
semble pas que la remise en cnltore en soit très 
affectée. Comme il n'y avait pas d'ouvrages à 
détruire, mais plutôt des tronpes à poursuivre, 
c'est lartillei ie légère dont on coD.state les traces 
ou bien des fu^'ants qui ont été employés. 
Les trous, de diamètre variable, n'nnl presjue 
jamais trace du sous-sol. La profondeur est 
iloiic faible, d'où nivellement facile et maintien 
de la couche arable à la surface sans mélange 
inerte. 

La terre ne paraît pas particnlièrement pulvé- 
risée, donc pas modiliée dans son état pitvsique, 
et on ne peut pas prévoir que les explosions 
dans le sol en aient modifié l'efcit cliimrique ou 
lo pnuvoir nilrilicateur. 

.Mais, même tans ces cturaps,iine lai-sse pas 
de rester de nombreux obua ninn éclatés, dies (gre- 
nades et des cartouches par milliers. In électro- 
aimant permettra peut-être la recherche des 
obus, mais les grenades n'ont p;is une masM* mé^ 
• allique sutlisante pour impressionner l'élecfroi- 
aiinam qui ne pourra pas être un fnsfruinenf de 
précision. 

Ajoutons en terminant qne, si- du coté fwan»i- 
cais, les champs ont été enlreti uns en étal de 
culture jusqu'aux lignes d'arliilerif, nous n'avT>ns 
pis enciiie innivé da cùlê allem.in'l, derrière 
leurs anciennes lignes il'actill<^rie, de traces de 
champs cultivés, au moins en 1916; et cependant 
on n'y constate pas, à l'exainen lapide, de traces 
de chardon», ni de mauvaises he'bes vi-rbles. 
comme ce deviail être le cas, si les champs 
n'avaient pas été cultivés depuis l'automne |*14. 

Ceci raëriterail toutefois un examen phis- ap- 
profondi et sur une supcrlicie plus grande. 

Conclusions. — Au moment où des territoires 
sont récupérés et où l'on peut (fonner comme 



Cl LTUBE MKCANigUE 



49 



proGhaiii Je jour où les liabitaHls pouiroiit ren- 
trer dan< ifualques communes, lu question se 
pose pour TEtat Je savoir si ce retour d^it être 
acilité ou s'il n'y a pas un meilleur emploi des 
subventions et de cette main-d œuvic agricole. 
Testime qu'il y aurait lieu d'admettre, couirae 
mesure g>»nénile et en ne se plaçant qu'au pnint 
de Tue (iconoiuie rurale et sociale, que l'on doit 
éviter U: reloMr, dans leurs anciennes coniniuues, 
des cnllivateurs qui y avaient des propiiétés. 

L'Etat leur devra îles inderanitt^s pour leurs 
immeubles détruits, ou au nioius une aide effi- 
cace si l'on n'admet pas le principe de l'indem- 
nité. Ces cultivateurs devront reconstruire entiè- 
rement et n'auront pas la satisfaction uinr île de 
If faire sur l'emplacement de la maison farai- 
liôle. 4'i)ur i-uliiwer leurs cliamps dont lej limites 
seront dîfticiles à retrouver, source de procès; 
ils deviont perdie beaufoup de leinrs et beau- 
coup d'cITorts piiurles mettre en état de culture. 
Ce tr^ivail léalisé, ils auvoul des champs impro- 
ductifs pendant plusieurs années, ils ne pour- 
ront pas les fumer, et risqueront des accidents 
pour eu.\, pour leur matériel et pour leurs en- 
fants. I.e liois de chauffage, ils ne l'auront plus, 
ils ne pourront plus trouver les manches d'ou- 
tils que tout j>aysaii fabrique lui-même avec le 
bois coupé et choisi par lui. Eiiliu, ils devront 
vivre au moins un an et nourrir b-ur bétail pen- 
dant ce temps avant de récolter quoi que ce soit. 
Ce sérail «ouer à la misère les populations 
assez attachées au sol pour chercher à reconsti- 
tuer .leur patrijnoine ; ce serait perdre pour le 
pays deux ans et plus d'une main-d'œuvre qui 



sera si rare, et éloigner de la culture les enfants 
de ces cultivateurs que le sol ne pourrait pas 
nourrir. 

Au contritire, l'Etat remédierait d'un s(îul 
Reste à tous ces inconTénients en expropriant 
tes populations de ci-b communi'S. 

Avec le produit de l'cxpropriatio-n, les cultiva- 
teuis poiirraient acheter dans les communes 
liuiiliophes testées iudeuiues d'un «olé ou de 
l'autre des lignes; les proprii^lés à vendre n'y 
manqueront malheureusenii nt pas. Leur travail 
serait immédiatement productif pour eux et 
pour le pays, et la limitation du nombre di- bâ- 
timents à construiie éviteriiit une demande trop 
foi te détournant encore des ;;ens d^ la culturs 
pour en faire des maçons ou dc-s charpentiers. 

Le territoire exproprié pourrait être utilisé de 
deux façons par l'Ëial : 

Las terres susaeptibles de remise en culture 
2'' et 4'" catégorifïs! seraient revendues par lots 
(homogènes et assez importants pour se prêter à 
a motoculture. Il se créerait df-s exploitations 
qui ne seraient gônées ni par les constructions 
ancinnnes ni par le moicellement du sol. Seule 
la niotocultur.- p.'rmettra la renrise e'n état éco- 
nomique du sol, et st-uls des exploilaints munis 
de capitaux pourront faire les avances itéoes- 
saires pour cette remise en état. 

Quant aux anciens villages et aux enulace- 
meiits de tranché' s, il ne semble (las qu'à une 
é^ioqiie où la main-d'œuvre agricole et les capi- 
taux manqueront, on puisse mieux en tirer parti 
qu'en les confiant à l'Administration des Eaux 
et Furets pour le reboisement méthodique. 



CULTURE MECANIQUE 



Tribulations d un tracteur. 

Seilon le rapport do M. Alfred de Poncin.s, 
communiqué à r.\cadémie d'Af^ricuIlnre 
(séance du 10 janvier 1917), le Syndical du 
Sud-€^t a reçM son tracteur de 20 chevaux le 
10 avril I91K;41 a fonctionné jusqu'ati !t dé- 
cembre. 

Le journal de travail comprend 2Î8 jours, 
pendant lesquels le tracteur aurait toujours 
été ulilisé le mieux possible. Les journées se 
décomposent ainsi : 

Nombre 



de journt'L'^ 



Travail effectif 

Déplacements 

Jour.s fériés ^ 

Arr-'ls pour cause d'intempé- 
ries ou de réparations 



Total . 



92 
34 
36 

66 

228 



Dans cet exemple, le nombre de journées 
eraployé'-s aux déplacements fsl énorme : il 
représente ITt 0/0 du tem{)S total, et ne peut 



s'expliquer que par le grand rayon d'action 
du Syndicat. C'était une erreur que de faire 
voyager le tracteur d'un département dans 
plusieurs autres, d'autani plus que la ma- 
chine consommai! inutilement du combus- 
tible et, mal conduite àsa grande vitesse, ris- 
quait de se détériorer bien plus sur le sol dar 
des routes que dans les terres, à moins 
qu'elle ail des ressorts de suspension. 

Les champs des syndiqués doiv nt être 
aus'^i rapprochés que possible les uns des 
autres. Un tracteur doit trouver son ulilisa- 
tion économique dans un rayon de 1 kilo- 
mètre à 1 iJOO mètres, ce qui suppose le plus 
long parcours d'une extrémité A l'autre de sa 
zone d'action, variant de 2 i'i '.i kilimièti-es ; 
dans ces conditions, il eûl été difficile d'em- 
I ployer, pour 92 journées de travail ell'ectif, 
3A journées de déplacemeuls, soit le tiers en- 
viron du temps utile. 

M. de Poncins admettan't 100 journées 
eUectivcs de travail, à riiison de 1 hectare 1/2 
par jour, montre que le tracteur peut labou- 



50 



LKS liECS-1-INS 



rer 150 hectares dans l'aniK'e. Pour les 
92 joiii-nécs de travail, le Iracteur du Syndi- 
cal du Sud-EsL n'ayant (ail que 100 hectares 
environ n'a donc labouré en moyenne qu'uo 
peu plus d'un hectare par journée eiïeclive 
de travail, alors (jucn aurait pu on faire au 
moins un et demi, si l'on n'avait pas perdu 
une partie du temps de la journée diie de 
travail eh divers déplacements. C'est l'indiio 
irun<' mauvaise organisation des travaux, 
imputable à ce que le Syndicat a surtout 
voulu faire de nombreuses tléinonstr.itions 
sur des territoires très éloignés h'S uns des 
autres, sur lesquels s'étend son action. A 
vouloir embrasser un champ trop vaste, il 
est à craindre que le but très louable du 
Syndicat n'ait pas été atteint, et il eilt été de 
beaucoup préférable do se limiter ;\ un tra- 
vail pratiiiue exécuté dans un canton conve- 
nablement choisi, plutôt que de passer son 
temps sur les routes. 

Il y a donc lieu de considérer les 22S jour- 
nées ecnpioyées comme cunsacrées unique- 
ment à des (lémonslrations pour lesquelles le 
Syndicat du Sud-Est a dépensé une c-rtaine 
somme, très utile comme propagande, mais 
non comme utilisation pratique de la ma- 
chine. 

Ces transliumanees du Iracteur ont en- 
traîné à de nombreuses rénarations s'élevant 
à 3 000 fr. environ (2 000 fr. de pièces de re- 



.VOIATIQLES 

change, 1 000 fr. île main-d'œuvre et de faux 
frais, transports, etc. , représentant la somme 
très é'evée de 30 fr. par hectare sur la petite 
surface qui a été labourée. 

Les chiffres de 1 hectare 1/2 labouré par 
jour et de SO journées de travail à l'autouine 
ont été indiqués par iM. (i. Héron pour la 
Haule-tJaronne 'lotirnal d'Ai/riculliufi pra- 
tique, n" 23 du 14 décembre 1!>I6, page 439;; 
il en e.'^l de même des frais généraux qu'il 
évalue à 30 fr. par hectare. A la séame du 
18 novenibro Iflltide la Société d'.Agriculture 
de la Haute-liaronnt!, M. Héron faisait savoir 
qu'il continuait à être satisfait de son trac- 
teur, et que ceux employés par les Syndicats 
du département doimaient généralement sa- 
tisfaction. 

Si nous nous reportons au Irav.iil pratique 
constaté à Ktampes [Join-uul d'Ai/ncutlitre 
pratique, n" 22 du 2 novembre 1916, p. 38(1'), 
on peut compter sir 2 hectares par jour pour 
labourer des champs d'une superficie d'au 
moins 8 hectares, parce qu'on perd le moins 
ilo temps en déplacements. 

En tin, dans son élude [Journal d'Agricul- 
ture /iratique, n' 43, du 15 avril 19ir»,p.341 1, 
.M. Hingolmann montrait qu'il est prudent de 
ne ooniplorquo sur olM) heures de lihourage 
:■» l'auloiiino. bien que dans des années favo- 
rables on puisse atteindre S.'iO heures. 

I!. DE'SAIsAIX. 



LES BECS-FINS AQUATIQUES 



Ces oiseaux, ainsi nommés à cause de la 
petitesse et de la fragilité de leur bec, consti- 
tuent un groupi- qui a été réuni aux l'au- 
vettes, aux Turdidés ou aux Gobe-Mouches 
{Muscicapidés^. 11 est pros(iuo impossible de 
séparer netteinont ces diverses familles, car 
les Muscicapidés passent peu à peu aux Syl- 
viidés et aux Turdidés, à tel point que, dans 
le genre C> ijpt-itupha, il y a des jeiine-i non 
tachetés, les taches sur le plumage des jeunos 
étant presque les .seuls caractères qui séjia- 
renlles Muscicapidés des Sylviidés. De même 
les Tariers sont pour les uns des Muscicapi- 
dés, tandis que pour d'autres ce sont des 
Turdidés, placés à coté des Traquels. .Vu 
point de vue anatomique, la séparation est 
encore plus diflicile qu'au point de vue mor- 
phologique. 

Dans ce groupe, on peut comprendre les 
Rousserollfs.les Lusciniolos, les l'hragmites, 
les i.,ocustolles ol enfin les Ilippolaïs. 

Ce sont les meilleurs insectivores, qui 



nous rendent ainsi des service.s signalés. 
Comme la grande Rousserolle, ils se nourris- 
sent de tous les insectes qui se tiennent au- 
dessus de l'eau dans les roseaux ; Libellules, 
Ephé'iiières, Moustiques, Moucherons, Dona- 
cies, .Vraignées, petits Coléoptères, Chryso- 
mélides, etc., larves multiples et petits in- 
sectes qui quittent leur élément. Comme ils 
ont un robuste .ippétil, on les voil constam- 
ment en mouvement courir le long des tiges 
de roseaux vers le bas ou le IkiuI [>our cher- 
cher de la nourriture. En automne, ils man- 
gent lies baies de Sureau, de Nerprun, de 
lîourdaine. 

En captivité, on peut les conserver de deux 
à trois ans on leur donnant des cocons de 
fourmis, des mouches et dos vers de farine, 
afin de les habituer peu à peu ;\ la nourriture 
qui convient au Rossignol captif. 

La CiHANDlC RoUSSICIiOl.LE ou RoiSSEIIOI.LE 

Ti'iiDoïiiE [Acrocephnlus iiruifliiiacvus Linuéja 
les parties supérieures d'un jaune roussàtre, 



Librairie Afrricole de la Maison Ruslic;in' 



.lintrnal cl'Agl-iciiUurc pralujui: 




I. \flllal. ;.in>l/ 



hilfi. Stiiiiitim. t^iJ' 



Oiseaux utiles : Becs - fins aquatiques 
De liaitl en ha.i : Eflarralte. - l.usciiuol - Kotisserolle. 



plus clair au croupion, et les parties infé- 
rieure> d"un gris blanc avec la gorge presi|ue 
blant-lie. Le truit ."iourcilier est jaune r.iair et 
les cùli's rlu lou Jaune roussàire. Le bec est 
p.-iiijp aAt-c pointe foncée ei porte des soies 
Cl mn.'issurales fortes. C'est la pins fjrande 
des esp> ce-, car sa longueur alteint0"'.19. La 
femelle a des teintes un pou plus clairt'S et 
une taille un peu plus pelilc que celle du 
mâle. 

Elle ni' hn en m.ii et juin jusqu'au .liitland 
et en Finlande, en Europe, ainsi <|ue dans le 
nord-i>u>sl de l'Afrique. Elle part en août 
pour de^ climals plus cliands et hiverne au 
Sud jiisiju'au Liiango, au Transwaal el au 
Natal pour revenir à la lin d'avril. 

On la trouve partout où il y a de l'eau 
lente : fleuves, élungs, lacs, avec roseaux el 
buissons df saules plus ou moins impéné- 
trables ; I lit- se liaigne voionliers. 

Sun chant est plus riche que c-elui de 
1 Ellarvalle, car il comprend des éléments 
semhlabk'S, avec d'autres qui lui sont pro- 
pres. On y trouve des sons rudes, graves, 
stridenis, doux, clairs et méic/dieux. « Pen- 
dant que la pelile Rousserolie olianle do 
longues périodes, à la manière des Fauvettes, 
sa grosse parente s'exprime par phrases plus 
courtes, diflerentes les unes des autres et re- 
venant à tour de rrtie comme celles du Ros-i- 
gnol. » Leur notation musicale a été donm-e 
dans la Rf.vw. frtmraise d'Oriiilltoloriic ; n' 69. 
19IS). 

Elle niche isolément ou en sociélé. Son nid 
est à parois épaisses, arlislement li-sé et 
suspendu, A 1 mètre au-dessus de l'eau, à 
quatre ou si.x liges de roseaux, ipii peiforenl 
verticalement ses parois. Lor-que les liges 
sont trop écartées l'une de l'autre, l'oiseau 
les rapproche autant que cela est nécessaire; 
le nid est rarement là. Les tiges sont tou- 
jours si fermemeni tenues que le vent ne 
peut les détacher. On trouve rarement des nids 
là où les tiges sont entrecroisées, l'dur l'aci- 
iiler son travail, l'oiseau n'emploie que des 
matériaux humides qui se desséchent en- 
suite. On y trouve des chaumes plus ou 
moins petits, des fibres d'écorce, du duvet 
végétal, des épis des toiles d'ariiignées, île 
la laine, des crins. Le nid est large en bas, 
rétréci vers le haut, atin d'assurer la sécu- 
rité des œufs el des jeunes contre les oscilla- 
tions. 

L'animal ne fait qu'une ponte en Juin ; l'Ile 
se compose de quatre à cinij o-ufs, ordinaire- 
ment bleu clair avec t.iches brun l'once, 
presque noires, lis mesurent 22 millim. "> 
sur Ifi millim. 2; leur poids est de l'ÎS milli- 



LES BECS-FINS AQUATIQUES r.t 

grammes et leur incubation dure de treize à 



quinze jours. 

La Petite Rousserolle ou Rot ssi rolle 
EFFARVATTE {Acrocephalus slerperus Vieillot) 
est de taille plus petiie r^ue la précédente 
(13 cent. 1); elle est brun roussâlre en des- 
sus; le de--sous du corps est lavé de roux, 
sauf à la gorge qui est blanche; le trait sour- 
ciller est bl^nc jaunâtre, les petites couvei- 
tures intérieures de l'aile sont d'un l)run 
clair, 1 1 la deuxième rémige est plus courte 
que la troisième, qui est la plus longue (voir 
planche). 

Elle vit et émigré à peu près dans les 
mêmes pays que la précédttnie. Elle se tient 
aussi dans les mêmes endroits, et grimpe 
avec agilité sur les ro-eaux. On la trouve 
plus souvent sur les arbres des rives, les 
saules, mais ell^ ne s'éloigne j.unais des 
eaux. Elle est encore plus mélianlc <]iie la 
grande Rousserolle. Cet infatigable chan- 
teur, vif et gai, se fait entendre très tard le 
soir. Sou nid, plus pelii,esl plus haut que 
largo et liés élégant; il se trouve sur les 
piaules autres que les ro-eaux, à 1"'.20 au- 
dessus de l'eau ou à 2 mètres au-dessus dii 
sol. Les quatre ou cin() œufs de la ponte sont 
petits (18 millim. sur i'A mill. t>), oviles, 
bleuâtre- et pouclu('s de verdàlre el tle lirun. 

Longtemps avant «le quitter le nid, les 
jeunes s'exercent à grimper, el oui l'adresse 
de toujours retomber dans leur gîte. Quand 
il y a un danger, ils quittent tous leur nid 
pour se suspendre aux roseaux aliti de se 
cacher. 

Le Hi;(:-l''iN AOiiATiouE [Acvoci-phnlus (ii/na- 
liriis (îiii.) est plus rare que les préeédeuls, 
dont il a les habitudes. Le Uoussicholli". vi;r- 
uKRoi.LE (.1. /luluslris Bechstein) a la taille de 
l'Elïarvalte. Elle arrive en mai et émigré en 
septembre vers l'Afrique. Elle habite les 
buissons situés au bord d^s marais, des 
étangs, les haies, les oseraies, les prairies, 
les champs >le col/.a et de céréales. Elle ne 
niche jamais dans les roseaux qui croissent 
dans l'eau. Son nid est l'ait des mêmes maié- 
riaiix que ceux des autres Rousserolles. 

C'est le virtuose des Becs-fins, car, dans 
son chaul, elle eutremr'le celui de rAceeii- 
leur-mouchel, de la Bergcrminello, de l'Hi- 
rondelle, de la Fauvette et même parfois le 
cri du Moineau. Elle compose ainsi un pot- 
pourri sans lin, à nombreuses strophes, 
ayant des tons riches, doux, lli'ités, délicieux 
à écouter le soir entre chien et loup. 

La BouscARLE CETTi {CntUci cet II Marm.) se 
reconnaît à sa pelile taille et à la couleur 



52 



,L:AWlUlitlJ/ri«Ji KN liHÈUE 



brun rou.x des panlies suptirÀouues fil l)lanc 
sale des parlii's iiifcricures. 

lïlle vit sur le pourtour et dans les îles de 
la 'M^drleiM-antH' dans les pays de coltines, 
l»rès des eDdïoits liiunides où croissent les 
roseaux, au milieu desquds elle cache son 
nid. 

La IjL'ScrNioT.K a moustaches ('Lusciniold 
melatioiiogon Tem.ia un bec allongé mince, 
des raies cominissurides nulles ou confies, 
une (|ueue ini)ile, arrondie, à dou/c rei^lrices; 
sur r.iiie, la pfeiiiière. rémige e>t la moitié de 
la deuxième, les troisième, quatrième et cin- 
quième sont Icn plus grandes. Le dos est d'un 
brun chaud avec de longues stries longitudi- 



aales ..ce.>,t la seule parmi les Luscloi»des);ila 
4îar^e et le juiilieu .du veiiU* .*out blaBOSi,ilc 
w;»le des parbieg .intmeuras bouk clair (voir 
ipUmcho. 

i:ih; babil* lest el le «ud-esl de l'Jispague, 
,1e .uiidi de la Fa'iuice, l'Italie -et ses ile»», .bi 
.DabnaLie, la Uongi.ie. la Gi^'cc et J',ligy,pte 
septenLriojiale o.ù aile niche. .De IlougrLe, 
elle èuiL^reen hiv«r. 

Klle vit près des eaux où croissent les ro- 
seaux loulVus et les buissons de Tamariniers. 
Son chaiU est fort el rappelle celui des Beos- 
fius des Jmics ; sou nid el ses uîufs rappel- 
lent aussi ceux de ces e^pèc«s. 

A. Mt;NtaGA.ux. 



L'AGRICULTURE EN GRECE 



Les événements des derniers uiois ont 
attire l'alteiition d'une manière spéciale sur 
la (îrèce. Il ne sera pas sans intérêt de résu- 



mer les indications b's plu* récentes sur la 
production agricole do ce pays. 

M. Fel. Papageorghiou, directeur de laSo- 



'%: 




Vï^. 9. — Araire vu buis, vu de eôl6 ol en ileSMis. 



ciété royale d'Agriculture de Grèce, a publié 
on anglais, sous le titre Agricullural fjreece, 
un rapport écrit au nom du Comité de la 
Section i^recque à l'Exposition internatio- 
nale de San-l''rancisco en i'M'o. Ce rapport 
est destine, suivant l'expression de l'auteur, 
à fournir une esquisse de l'agriculture et de 
l'économie agricole de ce pays. Il renferme 
les doDuées stalislii|ues les plus récentes, et 
il est aci'Dmpagné d'un certain nombre de 
carte-; servant à montrer la distribution géo- 
graphique des principales cullures. 

La Grèce, duni l'étendue était naguère de 



(».■}() Otto kilomètres carrés -environ, s'est ac- 
crue en 11112 de nouvelles provinces d'une 
étendue de -'l'JOOU kilomètres carrés arracJbiés 
à l'esclavage de la Turquie. Celte anneidon 
est Imp récente pour que M. PapageorghJou 
ail pu réunir sur ces pio\inces les mêmes 
documents que sur l'Ani-ieune Grèce ; c'est 
donc surt(uit à celle-ci que sa publication a 
été coosaerée. 

Quoique la Grèce soit un pays surtout 
agricole, un cinquième seulement d.c la su- 
perlicie do l'.Vncienno Grèce est consacré àJa 
culture el un liuitièuie aux forêts. Leresle.du 



L'.VGRrr.ULTfftK m fiKÈCÎÎ 



ss 



territoire se compose de nagions monta- 
gneuses et rocheuses cfiii ne donnent que de 
maigres pAUires, ttfilisées surtout par les 
chèvres. 

Sur I 2^)400 heetares en prod(rction en 
f9f f, d'après Fes sialisdques du ministèrede 



l'Economie natiowalè, on coniptaft 858600 bec- 
tares consacrés aux céréales ty con>pris les 
terres en jachèrf ), KiO 700 aux vignes, dont 
50 400 en raisins de Corinlhe et analogues, 
10^^ 200 an>ï plantations d'olivier!?, IS 500 an 
tabac, .TfSOOautculturi'sarlxistives (figuiers, 




Ki;^. 10. — Planche traioanlc porir -li-piciiicr Ips rcn'aiL's 
I (vue en Oessus ef do prolili.J 

orangers, mûriers, etc. i, 30 000 aux plantes 
fou^rag^•rps, lOfOOOaux plantes industrielles 
ePjaroma tiques. 9 100 au colon. 



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hr'^ '-^'^^ai;:^fil^^0Si!^ 




l 



Le froment et le maïs sont les principales 
céréales cultivées; on évalue la production 
moyenne annuelle du froment à 3 435 000 




Kig, 12. ■ Cli.Triot ;i roues pleines, allcl*'; 'lo biifrlcs. 



quintaux, celle du maïs à 1 512 000; l'orge, 
l'avoine et le seigle produisent ensemble 
f 173 000 quintaux. La valeur de ces récoltes 
est estimée à 138 millions de fr;incs: elles 
sont loin de suffire aux besoins de la con- 
sommation intérieure. 

L* produit de la vigne est évalué à 
102 millions de francs, dont ."«(î pour les vins 
et W pour l«s raisins .secs. 



Les raisins secs (Corintlie et Sultanina) 
forment une des branches les plus intéres- 
santes de la production agricote en Grèce; 
ils donnent un aliment important au com- 
merce d'exportation. La surface qui leur est 
consacrée s'était accrue rapidement pendant 
le dernier quart du xix" siècle; de 4 350 hec- 
tares en 1878, elle était passée à plus de 
50 00O en iOOO Des crises de vente étant 



LES CHÊNES DAMÉKIQrE INDEMNES DE LOI DR M ES SOLOGNE 



alors survenues, une loi inlervint en 1905 
pour proliiber de nouvelles phinlalious el 
pour mainlinir celles-ci au cli'iïre de 
:;6 400 hectHres qui iHail enregistré celle 
année-là. l'ne Compagnie privilégiée fui 
chargée de monopoliser le commerce exté- 
rieur. Pendant les dix dernières années 
I l'.iQ.") I0I4\ la production a varié entre 
1 211 iOO i|uinlaux en 1910 et I 010 '.00 en 
1908; l'exportalion a oscillé entre 1 o:tl 252 
quintaux en igi-î et 1 "274152 en l',l07. l/.\n- 
gl. terre est le principal client; viennent en- 
.suite l'Amérique, rAllem:«gne. rAutriclie. la 
Hollande, etc. La l'iatice fut. <i un inouienl. 
une grande importatrice de raisins secs; 
mais les dispositions prises conire les vins 
fal>riqués avec ces raisins arrêlèrenl ce cou- 
rant el provoquèient la crise qui a incité à 
l'in-^tilnlion du régime actuel. 

L'olivier est répandu partout; sa produc- 
tion aimuelle est évaluée, pour l'Ancienne 
Grèce, à 82:i 000 quintaux d'iiuiie el 382 OiiO 
de Iruiis consommés en nature, c'est une 
val'Mirde 87 millions de frams environ. Kii 
1913, la Nouvelle Grèce a produit envimn 
S.'UiiiOO quintaux d'huile, d'une valeur de 

00 millions de francs. Llmile est l'objet 
d'une importante exportation en Italie, en 
Russie et en Amérique. 

Les arbres fruitiers sont l'objet de soins 
que justifie la valeur de leur production. 
Outre 2 millions de 'iiùriers (utilisés surtout 
pour la l'fuil e destinée aux vers à soie) et 

1 9l."i 000 arbres divers, on a recensé 838 000 
orangers, 1 '.192 000 liguiers. 184 000 cliàlMi- 
gniers, 102 CM)0 caroubiers. Les (itjues, les 
oranges, les caroubes sont recherchées par 
le commerce extérieur. 

Le bétail est peu important. On comptait 
au dernier recensement, IV.tOIIO chevaux. 
133 001) ;\nes, 80 000 mules et niulels, 
299 000 bétes bovines (surtout des buflles), 
2-28 000 porcs, 3 54fl 000 moutons, 2 «38 000 
chèvres. 

La production du tabac dans l'Ancienne 
Grèce a doublé au cours des vingt-cinq der- 
nières ;inn(''es; elle est évaluée à 127 000 



quintaux dune valeur de 13 366 000 fr. La 

conquête de ta Nouvelle Grèce a permis de 
doubler celle produilion. On doii ajouter 
que le l.ibac de M.icèdoine esl d'une qualité 
exccpticmnelle. Sur une production totale de 
277 000 quintaux pour tout le pa>s, 30 000 
quiiilaux environ sont consommés sur place, 
le reste est exporté. 

Le rapport de M. Papageorghiou renferme, 
outre ces données, des détails sur l'économie 
rurale en Grèce et sur les encouragements 
donnés par le Gouvernement en vue de pro- 
voquer le progrès. Si les domaiU'S sont par- 
fois étendus, la plupart sont rép^M'lis en 
exploitations restreintes : c'est surtout le 
réginie de la petite culture qui domine. 

L'outillage agricole est le plus souvent 
rudimcnlaire : une charrue, une herse, des 
faucilles, une planche à dépiquer et un cha- 
riot. 

La charrue est l'araire ancien. Elle est tout 
en boi-,avec un soc en fer (lig 9). l)c chaque 
côté du s5c, des oreilles écartent la terre 
sans la retourner. 

Pour le dépiquage des céréales, un appa- 
reil très simple, employé dans toutes les ré- 
gions des Balkans. consiste en deux planches 
en forme de trapèze a et a' (lig. 10 el 11) re- 
liées par deux traverses b c. b' c'; le dessous 
en est garni de dénis en silex el de couteaux 
en acier Cette dèpiqueusc est traînée par des 
chevaux, des bœufs ou des buffles sur une 
aire b.ittue sur lai(uelle les gerbes de cé- 
réales ont été réparties après avoir été dé- 
liées. Le conducteur est monté, debout ou 
assis, sur les pianclies. Les épis sont froissés 
el le grain est séparé, tandis «lue la paille esl 
brisée et hachée par h s pieds des animaux. 

Quant au chariot (hg. 12 , il con.sisle en 
que qucs pièces de bois, èquarries assez 
grossièremenl, reposant sur un essieu porté 
par des roues massives. Ces roues sonl for- 
mées de trois ou quatre plamhés taillées de 
façon (jne le profil soit à peu près circulaire; 
elles sont bordées par une bande de fer 
épaisse de 3 à 'i centimètres. 

G. Gaihot. 



LES (;iii:m:s d'ameiuoue 



.M. 1". Ouvert, dans le numéru 'lu oi'Iobre 
l'.IH'i du Journal il' Aijriciillurc pralique, Jonu«>aux 
pri>(ii iétair^s de bois le conseil très justifié /le 
remplacer les ch^^nes indigènes par le chêne 
d'Amérique. Il a constaté que les essais tentés 



par (les particuliers dans les bois de la Dombe 
el de la l{r>-sse avaient réussi à implanter des 
sujets de cetie espèce exotique c|ui se sonl main- 
tenus indeiimes de lOidium au milieu de; cliènes 
du pays dévastés par le cryptogame. Cet article 



PAKTIE OFl-ICIELLU 



55 



m'a inspiré d'aller visiter un taillis dan< lequel 
ont été platiti^s, il y a trente ans, des Qit rcus 
pttlustris, espèce améiicaino. Ce laillis est situé 
sur la pei.te d un petit coleuu, comiu'inH de 
Langon, il reii'erme prùs lU- 200 pieds de ce 
chêne. J'avais déjà constaté il y a sept "U huit 
ans, dans une excursion, que les cas d'oïdium 
étaient extrêmement rares et seulement sur 
quelqU'S feuilles des pousses d'un au. Jesp>'rais 
trouver une confirmation de l'immunisation 
constatée par M. Convert dans sa contrée, et je 
ne fus pas déçu dans mou espérance. 

J'ai l'xaniiiii- Httenliveracul plus de 100 pieds 
ou talles, et j'- n'ai pu (iécouviir un seul cas 
d'Oidium. drAce à la proximité des liklles. les 
hranclies du ohéne pédomule s'entremêlaient à 
plusieurs endroits du hois; les feuilles du chêne 
indiv'ène r>-.-sorlaient dans l'ensemble couvertes 
du duvet farineux du cryptoi.Mme. plus d'une 
feuille contaminée reposait même plu-- ou moins 
sur celles du ohi^ne d'.Xm'-rique, et cependant 
aucune de celles-ci ne portait la moindre trace 
d'invasion du para>ite. 

Ce qui [iroiive encore que l'immunisation a dû 
être persistante, c'est la diU'erence entre les 
talles des den.x espèces quant h l'allongement 
normil, ei quanta la forme de lu ramure. Il est 
vrai que le Querciis pahistiix d'Amérique a une 
croissance plus rapide que les cli>^nes indigènes, 
mais les tiges du premier surpassent de plus d'un 
mètre celles des seconds, et c'est une différence 
notable prouvant que leur essor n'a jamais été 
contrarié par la mortification des p lUsses termi- 
nales. Lh ramure du chêne pédoncule et dn chêne 
à sland ses^ile se comp'ise d'une loule de bran- 



chelles par suite de la mortification des extré- 
mités branchiales, le nombre des branches laté- 
rales ■ st plus grand vers la cime souvent morti- 
fiée. Au contraire, dans le chêne d'Amérique, la 
cime est régulière, le nombre des branches 
alérales e^t normal, et le-branchettes très rares 
et parfois nulles. 

•l'ii bien reinarqué çà et là quelques cas de 
Rouille 'lu Chêne (Uelampsurella Queicina) sur les 
feuilles de ce chêne exotique, elle existe du 
reste assez fréquemment sur celles du chêne à 
gland s-ssile, mais elle parait tardivement et 
n'exerce aucune influence néfaste sur la ligni- 
fication des pousses. 

M. Moiiillefert,dans son Traite des arhi-'H et des 
arbiisseau.c, recommande, lui aussi, la plantation 
des Qiiercu' paluslris en Sologne dont le climat 
lui convient parfaitement : >■ Bien que son bois, 
dit-il, n'ait pas la qualité des chênes du pays, il 
se fend tiès bien et est susceptible d'un beau 
poli. Ou le débite surtout pour merrains destinés 
à louer les pétroles et les salaisons et pour l'ébé- 
nisteric. » Dans le taillis visité, les talles de ce 
chêne ont, d'après les constatations du garde de 
la propriété, donné à chaque coupe près d'un 
tieis de bois en plus que les tall-s des chênes 
indigènes. Ces avantages ne sont donc pas à 
dédaigner et doivent encourager les proprié- 
taires à tenter des essais de plantation dans les 
bois ravagés par le terrible oïdium. Ce qui a 
réussi dans le taillis préciié ne peut que tes exci- 
ter à la cnniiance, et il est à souhaiter qu'ils 
profitent du con-ieil donné par M. Mouillfeit et 
M. Convert pour renouveler leurs bois et taillis. 

E. NOFKIIAÏ. 



PAHTIE OFFICIELLE 



Loi du 30 janvier 1917 ayant pour objet l'attri- 
bution d'une prime de 3 fr. par quintal de 
blé récolte en France. 

Art. I". — .\ piriirde la moi.«soii de 1017 et 
jusqu'à la suppression di- la taxe sur le blé, il est 
alloué aux airrieulleuis une prime de trois Irancs 
(3 fr.) par 100 kilogr. de blé récolté eu France. 

11 est alloué en plus aux agriculteurs une prime 
de vingt francs (20 fr.) par hectare supplémen- 
taire cultivé en blé comparativement à la sur- 
face i;ullivée l'année précédente. 

Pour bénéfiiicr de cette prime, les agricul- 
teurs devront faire, dans les deux mois de la 
promuL'ation de la présente loi, la déclaration 
de la surface par eux ensemencée eu blé pen- 
dant la cainpjgne 191:1-1010. 

Les conditions d'application du présent article 
seront déterminéet par un discret rendu sur la 
proposition du ministre de l'Agncnlture. 

Art. 2. — La présente loi n'apporte aucune 
molification à l'article I" de la loi du 20 luiilet 
1010 qui a fixé, à partir du I" août t0l6, pendant 
la durée des hostilités et pendant l'année qui 
suivra la démobilisation ijénérale, à 3.'f fr., à la 
culture, le prix maximum des 100 kilogr. de blé 
froment récollé en France. 



.irï. .'t. — Sera admis au bi^nélice de lu prime 
le blé récollé par les propriétaires français éta- 
blis en Suis-e dans la zone frontière fixée par 
la convention du 23 février (882 et transporté sur 
le territoire fiançais, à la condition de justifier 
que la farine provenant de ce blé a été consom- 
mée en F ance. 

La même justification sera Imposée pour le blé 
récolté par les propriétaires suisses dans la zone 
frontière française. 

A>t. i. — Tout individu qui se sera rendu cou- 
pable il'une fraude ou d'une tentative de Iraude 
pour l'obtention de la prime, notamment en fai- 
sant ou tenta' t de faire bénéficier de la [uime 
du blé récolli; antérieurement à 1917, sera pas- 
sible des peini'S porteras à l'article '1-23 du Code 
pérral; en outre l'agriculteur sera, k l'avenir, 
déchu du droit à la prime, sans préjudice île la 
restitution de la prime indûnient perçue. 

L'article 403 du Code pénal et la loi du 
25 mars 1891 sont applicables à la présente loi. 

Ari. 5. — La présente loi sera applicable à 
l'Algérie. 

Les conditions d'application seront détermi- 
nées par un décret spécial rendu sur la proposi- 
' tion du minisli'- de llntéiieur. 



M 



ACADEMIK DAGRICULTUBE DE FRANCK 



SITUATION AGKICOI.E DANS L'AVEYRON 



liodez, :><> janTierlon. 

I>epw» plus Jp fleox sfm.iinp», \p sol areyron- 
Bai!< ssl éa majeurp pnrli? cnnvpii d'uni- ^-paisse 
courhp dp ni>iue, et le tliermomèire se maiiitipnl 
le pins soaTpnt à S ou degrés, purf ils à C et 
10 de^ré» »ous zéro. Les récoKfiS «"il leJrre, proté- 
jj^ps p«r le MrtDC manteau, r»e soufTient pas de 
ces basse» lempéi'atnres : mais les populatùms 
en souffrent, fir elles «^prDiivprtlil'-s difticultës à 
seprocurerdu combustible même à rhers deniers. 

Il serait fort à souhaiter i^ii'on put s'occuper 
bienliM des semailles de priniemps. pour cmn- 
p«ii-er les manquant* des semailles d'automne. 
Cclles-ii s'annoncent ;;.'néralemi'nt assez liieû 
dans notre pays: mais comme [•■s mois de \io- 
vemliT-^ et décembre furent mauvais, bien des 
cnilivatputs se vrrent pmp&clif"; de les com- 
pléter. Il sera tait de nombreux essais de lilr du 
Mamtohrt ; notre diligent direcieur des Services 
agricoles, .M. Marre, et la Soi-.iété centrale d'Aafri- 
ctflftire' de l'Aveyroîi ont pris à cet etîet toutes 
les dispositidtrs convenables. 



.Nons sommes en pleine --ais'm île vente de 
porcs yrns. Le mois derniery les belles bètes de 
2.^0 :"i :iOO hiloifr. attei^înaienl ^onrPnl le prix de 
130 A tV») fr. les :iO kiloar. vit, et le df'puSsaieDt 
mi^me parluis. Il s'est produit en janvier une 
baisse notable; les alTaires .'?" traitent mainl*- 
na»l entre 100 pi 420 fr. le» .'iO kilo!<r. 

Les Sociétés fnimagêres de Hoquefort vien- 
nent de payer le solde à leurs fournisseurs d* 
lait de brebis pour la caHiCa«fae fionia^ière 1916. 
C'est à :)2 fr. l'hectolitre q«e ce lait a été rp;;lé. 
Nous n'avions jamais atteint Jcelki» limite; au 
cours des années précéd>-ntes, le maximum fut 
de 40 à 42 l'r. Les industriels de Hoquefort ont 
ainsi pris le seul moyen qui pouvait leur assurer, 
pour l'année (917, un apport suffisant île lait de 
brebis. Les diflicnllés de la traite, vu l'absence 
de main-d'œuvre, sont telles qne beaucoup de 
propriétaires et f'-rmiers y remniceraient, s'ils 
n'él.iienl ainsi soutenus par l'assurance de tirer 
de leur lait un parti nettement avantai/eu». 

FEHNAND IlF. B.tRRAU. 



ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE 



Séartre du 2i janvier 1917. 
Présixlence de -H. Jule-^ Deiielle. 

La forêt et la guerre. 
M. M(in<jen''l oITre à l'.Xcadéniie, de la part (Je 
M. liuyot, une notice sur « la forêt et la guerre ". 
L'auteur expose dans ce travail le rôle capital 
qu'a Joué et que joue encore dans la guerre ac- 
tuelle la forêt de France. .Mais du fait de la 
guerre, directement ou iiulirectement, un hui- 
tième environ du domaine forestier français va 
se trouver soit enlièreinenl anéanti, soit plus ou 
moins déyradé. .M. (iuyot e.xpose comment ces 
dommaiies pourront être réparés. 

Efficacité ccniparée des bonillies bordelaises. 

M. V'c;/;ior./ présente une bruchure résuni in 
les rectierches qu'avec M. Uantony il a poursui- 
vies à la Station de 'Villefraiche pendant es 
deux dernières années, sur l'efficacité comparée 
des bouillii-s acides, neutres et alcalines. Ces 
savants expérimentatemis concltrent, cont<-aire- 
ment au.\ iilées gi'néralement admises, que les 
boufi'llies alcalines soni à préférer. 

Les bonilites bordelaiS'-s aci les ou neutres 
soirt enirafnées parles pluie* et les accents atm*- 
sphéri(|ue» avec une rapidité ertlrénie; celles 
aflralines n'-sisfenl beaucoup mictix, e-lles tie-ft- 
nenl pend'anl des mois. 

t Kii prAtHftfrt, la qnantrlé de chaux pure pourrait 
être repré-entée sensiblement par la moitié du 
poids (fti sulfate utilisé. L'excès de chao* ne 
fvtn en rien être nuisible. 

M.M. VermorpI et Dantniiv pensent piff«»oir 
conclure qu'une bottillin bordelaise alcaline à 
f ff Oâ«ulemeni desnffad* de cirtvre est non s#»- 



lement égale, mais supérieure à une bouilli 
acide h 2 0/0. Aussi poiirra-t-on, dans l'avenir, 
en utilisant une telle bouillie, diminuer sans in- 
convénient ladose lie cuivre d'un bon tiers. Celte 
modilication permettra d'économi>er auiiuelle- 
ment à notre viticulture de 40 à îiO milliODS de 
francs. 

MM. Gcri(!(s et Vi'ila insistent sur l'importance 
des résultats obtenus par MM. Vermorel et Dan- 
tony. Les meilleures bouillies sont celles qui re- 
tieiiBétjt le c.iiutt le plus lonstetftps. 
Le remembredient. 

M. Souclion l'a't un exposi' magistral de la 
question du renicmbremeiit, qu-'stion toute d'ac- 
tualité, bien qu'elle se (rouVe po-ée depuis long- 
temps, puisque, dés le xvKf siècle, on signalait 
les inconvéi ients très graves pour l'agiiculiure 
de l'émiettement dn sol. .M. Son. hon retrace 
l'historique des efforts faits snriout au eotirs dfn 
xnt' siècle en France et à l'Etranger pour com- 
battre le morcellement et arriver au remembre- 
ment. Il passe successivenii-nl en revnel.'sobjec- 
tions qui ont été liré'es principalement iludroit de 
propriété et des droits réels. Il montre que ces 
difficultés juridiques peuvent être surmontées, 
et il recherche ciirrtment il faut procéder an 
remembrement. L'accoril sur le principe one 
foi;? admis de l'iitilit* du remembrement par 
voie d'autorité, il examine les solutions envi- 
sagées par la proposition de loi de M. le séna- 
teur Chauveau et par le proj.-! dn finffvernement 
[mirrisfère de rAj;ricnltnrp ; enfin, il montre 
comment une loi sur le rememlnement ter- 
minée, if restera It empèch«r le nrorcellement 
de réapparaître. 



ACADEMIE DAGRieULTURE DE KHANCE 



37 



Sur la proposition de M. le Président, une 
t.omraission est nommée pour étudier Ija .qu^es- 
tion et faire un rapport dans le plus bref délai- 

Influeofi* de la précocité du spmis, 

du buttag^ ,çt du repiquage sur la Tépéta,tipa 

du Wé- 

M. Ihui.i Alf^if M,i, professeur à la »cul(té d«S 
Sciences de Bord6i»u>. l'ail connaJire les couclu- 
sipns aii,\qiue,Ues l'oul amené des études de cul^ 
liye fin tei;u«â aridei^ et en sav^oiD sèche avec le 
blé. iCes cc^ictusiuus sont, diu le.sle, d'accord 
avec celles d'wi savant rusNe, M. Deaitsihinsky. 

M. I)*vau;[ cjoil pouvoir tir.er de ces expé- 
rien,ces des principes dune culluio scientifique 
du blé, qui permettrait d'obtenir de fort belles 
récoilles, .bi,€u supârieur<s aux récoltes habi- 
tuel^. 

i'armi lesdivers moyens préconisés, M. Oevaux 
en cite tout d'abord trois, qui forment à eux 
seuls un programme de culture, et gu'il a mis 
celte année eu pratique à Bordeaux et ailleurs : 

1" Semer Iriès tùl, dès le mois d'aoùl ou au 
plus tard en septembre : la précocité des se- 
mailles donue aux plant.s la possibilité de prendre 
un fort dévHJoppenieul avant l'hiver; 

2" Semer en lignes assez espacées, 30 à 40 cen- 
tL(DÙIres ou plus, afin que les plantes, plus vi- 
goureuses, aïeul chacune plus de luinièie et plus 
de terre vieage à leur disposition ; 

3" Opérer ileux ou trois bnttages au moins. Le 
premier l'uttaf;e, au bout de trois ou quatre se- 
mâmes, détei'mme une sortie de raciaes nou- 
velles plus fortes et de nouvelles tiges ; ce pre- 
mier buttikge est augmenté par les bultages sui- 
vants ; 

i-o A ces données spéciales, il faut, bien en- 
teudu, ajout r les soins habituels favorisant 
toute culture : préparation et entretien du sol, 
fumure suflisante sans exagération, roulage du 
serais^ sarriafse*, etc. 

M. ScIuUmw.v fait toutes léserves sur Ja com- 
munication de M. Devaux. Les méthodes pré- 
conisées ont été étudiées en Uussie, en Allema- 
gne, expérimentées dans beaucoup d'établisse- 
SfkeUits «gricoies et elles ne se sont pas piopa- 
gées. 11 semble que la question ne p^éseule 
qu'un intéiêt d'or Ire scientidi^ue. 

Election d'un correspondant. 
1,'ordre du jour appelle l'éleclion d'un corres- 
pondant nati inal dans la Section de (ïrande Cul- 
ture. M. Heçry Girard est élu. 

Séunce du 31 jnuiier i'.Hl, 

PrHi lenœ île M. Jules Develle. 

Les emblavures d'automne en 1916. 

)A. llcnnj Haynifi appelle tf>ule l'attentio;! de 

l'Aca'émie sur les chiflris que vient de publier 

VOf/iiiel du 30 janvier l'JIT. La diminution des 

emblavures de céréales à l'aulonijoe de I9(t> par 

lapp't aux emblavures de 191ii n'est p^ 

n^oiadre de «î* OÔU Lectures et porte surloutsur 

le blé. 11 y a là une situation très grftve qui peut 

être inquiétante pour l'avenir, qui, en tous c^s, 



montre la nécessité qu'il y a à faire cette année 
le plus possible de blé de printemps (voir la 
Chronique de ce même numéro). 

h^s seqiis clairs et préCiCM:es de bip. 
■M. ^cîmibauj: demaude ii revenir sur la corn- 
■fflunicatiou faite par M. Ucvv.iux ;i la iderniène 
séatice à propos des dnétliades q.ue ce savaul 
professeur de la Faculté des lisciences de Bor- 
deaux a cru devoir précuniser. Il y a tnut li«u, 
en «ft'et. de «lettre en garde les cultivateurs 
contre des espérances qui ne seraient pas jusli- 
i liées. La question étudiée paJ' M. Uevaux est des 
plus complexes, mais elle n'est pas nouvelle. 
M. Schribaux a eu l'occasion de poursuivre «les 
r»'cherches analogues durant de lou;;ues années 
et il est arrivé à des coHclusions tout antres que 
celles de M. Devaux, au Enoins au point de vue 
des applications pratiques quand il s'agit de 
l'ensemble de nos oultuies de blé eu France. 
M. IJevaux consei lie de seinerle bléitiiè.s tôt et^d'o- 
pérer plu,sieurs buttagfs, pour oblenir.des touffes 
de très grande vi-ueur. La rnétlioib; «st .évidem- 
ment très intéressante an point de vue scientifi- 
que, mais au point de vue pratique il en esl tout 
autrement. iJes plants aussi vigoureux avant 
l'hiver ei d'une végétation aussi avancée risquent 
beaucoup plus d'être détruits par Le froid. Se- 
mer de bonne heure, en août et septembre, pra- 
tiquement c'est impossible pour les 9/10 des 
terres à ensemencer en blé. Il faut remiuqiwer du 
reste que ces semis très hâtifs exposeiH le blé 
aux attaques d'insectes, notamment aux atta- 
ques de la cécydomie, aux ravages du piétin; les 
semis clairs exposent, SI quelques pieds périssent, 
à avoir de grands vides dans les champs et une 
diminution de recolle. Au fond, ces procédéN de 
culture se rapprochent beaucoup des procédés 
de Halletl qui, malgré la très grande notoiiété 
dont jouissait ce dernier, n'ont pas donné les 
résultats annoncés : la méthode n'a pu s'im- 
planler nulle part. 

Dans la culture intensive du blé, i-.omm»> l'a 
démontré très nettement M. Schribaux par une 
série d'expériences rigoureuses, le tallage est en 
réalité un défaut, non une qualité. Les belles 
récoltes sont obtenues par des blés qui lallent 
peu avec des seiniï très drus. La cause est au- 
jourd'hui jugée et tous les praticiens sont d'ac- 
cord sur ce point . 

Présentation dpwvrajgs. 

M- Marcel Vaclier .pféseatc up ncxu.vftau volume 
de l'encyclopédie agricole Wery, El^taye el t//es- 
«ttjffi (/" clieval, par M. lionnefoat. Toul<e Ja par.- 
tie relative au dressage du cheval, oriliflaire- 
nient négligée dans Jes ouvrages analogu<'S, est 
particnlièrejuent bien étudiée et mise au point. 

M. lie Lap/nirenl lait un graud «loge d'uu«< pe- 
tite broijiure que vient de publier M. C)iauvii;né, 
secrétaire général ,de la Société d'/Vg'iculiture 
d'Indre-etr-J.pire : f^tlies iJ'uu rwu.1 ; c'est 
somme toute, un tract très clawr à r.ép<uidre dsuis 
toutes nos «ampagaçs. 

Jl. Jtljill*U. 



38 



CORKESPONUANCE 



CORRESPONDANCE 



— M. L. F. 'Cliarenli-lnlci-ieiife). — Nous ne 
connaissons pas «laulrr consliucleur de chariot 
à emmeuler les fourrages que celui tloni vous 
parlez. Depuis I nf,'lem(is, on le fabri jue plus le 
chariot très simple imaginé par Couteau, ou 
bien cette abrication sérail laite par 'les char- 
rons locaux qui nous sont inconnus. — (M. 11.) 

— X. {Indre). — Vous voutliie', pour vous as- 
surer di-s superphosphates, l'automne prochain, 
les commander dès maintenant et les tmmaija- 
finvr dans un miia on deiir ^în réserve. 

Nous ne voyons aucun inconvénient à celte 
manière de faire, du moment que leiidroit où 
vous les conserverez sera bien sec, à l'abri de 
toute liumidilé. — (H. H.^ 

— N" 0007 {('hari'ntc-lnf'éii'urc). — La machine 
dont vous parlez esl le chariot imaginé par Cou- 
teau, dé«i;;né sous le noui d embillotteuse ou 
emmeuleuse, dont la description a été donnée 
dans le Journal d'Agrinilturi: iiratiqui', n" 9, du 
2H février 1880, page 297; tout charron de vil- 
lage peut étciblir une semblable machine. — 

M. R.) 

— N» 7086 l Indre-et-Loire . — Vous demandez 
si un agi iculteur diplômé de l'Ecole de f.rignon, 
auxiliaire de la classe 1900, gérant au moment 
de lamobilisatioiiune importante exploitation 
agric le, peut otitenir un sursis d'appel, à qui 
la demande doit être faite et quelles sont les 
pièces à fournir. 

D'après la < irculaire ministérielle du 1 1 juin 
1916, les auxiliaires qui ne font pas partie des 
R. A. T. (auxquels une situation spéciale est 
faite) et qui sont agriculteurs, peuvent obtenir 
un .sursi- d'appel lorsque leur présence n'est pas 
io'lispensable au dépôt. La demande doit évi- 
demment être transmise par le chef du dépôt. M 
convient d'y joindre un «erlilicat du maire attes- 
tant l'exactitude des faits allégués et ronlresigné 
par le vice-président du Comité d'action agri- 
cole. — (C. E.) 

— N" 6101 {Espagne). — Vous ihcrche/ un ap- 
pareil qui vous permeitra de dessécher vos bet- 
teraves avant de les envoyer en .sucrerie: vos 
belti-iaves seront en elTel moins altérables el 
elles représt-nteront un plus faible poids à irans 
porte]-. Muis nous considérons (|ue nous ne pou- 
vous vous donner un semblable conseil; car on 
ne peut dessécher de la bitteiave à la tempéra- 
ture en usage dans les fours ordinaires, sans 
i-aramédiser une partie du >ucre. Les fours (jue 
cite M. Sidersky, dans les Sccheries agricoles que 
vous avez consulit-es, donnent de bons résul- 
tai» avec les cossettes épuisées de sucre, de mé- 
diocres avec les betteraves fourragères deslin<-es 
à l'alimenlalion des animaux, de mauvais avec 
les betteraves il sucre. .Ajout'/, à cela que les cos- 
settes dessé. li.-e» contenant fiO p. loo <ie sucre 
sont hygroscopiques, collent 't poissent par con- 
séquent. Ajoutez enlin que l'on ne peut pas di-s- 
sécher éconoMiiquemenl les cossettes autrement 



qu'on les faisant circuler au milieu même des 
gaz. chauds iln foyer; celui-ci ren'erme forcé- 
ment de l'acide sulfureux, qui bUncliil bien un 
peu les ro-selles, mais a le gnve inconTénient 
d'invertir le sucre, c'ezt-à-dirc de le transformer 
ru glucose et lévulose. Nous vous ongaL-eons à eu 
parler à votre fabricant de sucre, qui vraisi mbla- 
blemeiit vous promeitra de les refuser. — (L. L.) 

— i\° t)09t'> i.l//ier). — Vous demandez si un 
propriétaire, qui ne touche pas de fermages 
par suile de la inolnhsal on de son fermier, peut 
se refuser à payer les impôts. 

N"Us ne Connaissons aucune disposition légale 
qui permette en pareil c.;s de ne pas acquitter les 
contributions dues. — (G- E.) 

— N" 6836 [Constantiiie]. — Vous demandez si 
un propriétaire de villas meublées peut obtenir, 
pour les villas non louées dans l'année, un 
dégrèvement de la paioite, de la C"ntributiou 
toMcière (propii«^lés bâties) et de celle des portes 
'■t fenêires et. dans l'aflirmation, que le piocé- 
diire employer. 

Le fait que des immeubles ont été inoccupés 
pendant l'année et n '>tit donné aucun revenu 
n'est pas Me naturi' à • ntrainer la décharge des 
impi>is (Dalioz, Lois administratives, v» dinfrihiil. 
direct, n"^ 2521 et suiv. ). Le propriétaire peut 
seulement adre-ser au préfet ou au sous-préfet 
une demande en remise ou modération. Mais 
l'AdiiiinisIralion n'est nullement obli;;ée d'y 
donner une suite favoiable. Elle a un pouvoir 
d'apfirécialion. — (G. V..\ 

— .N" H2iO .Suisse). — Vous demandez quels 
sont les mélanges préconisés pour économiser 
l'avoine. Ces mélanges peuvent être assez variés. 
Ils peuvent se composer de grains et de diverses 
autres substances. Mais il faut tenir compte du 
lait qu'on ne doit songer à faire usage de ces 
sulisiitutions que progressivement, alin que les 
animaux s'y hibitueut. Cette précaution prise, 
voici les proportions des substances que l'a 
t'.hambre syn'licale des grains à indiquées comme 
pouvant se substituer à I kilogramme d'avi'ine : 

800 grammes d'orge el 100 grammes de tourail- 
lons ; 800 grammes de seigle et 200 grammes di- 
drèche tèclie de brasserie; 600 grammes de mais 
concassé et 100 ;;rammes de son ; SdO grammes 
de riz paddy et loii grammes de tourteaux d'ara- 
chides; 800grammes de caroubes et 150 grammes 
de tourteau d'arachides. On procède au mélange 
de ces diverses formules avec l'avoine en se 
servant de la méthode signalée dans le numéro 
du 4 mai 19IO(p. 164). On peut consulter le livre 
de M. I.avalard : L alimentation du cheval (Librai- 
rie agricole, 20, rue Jacob, à Paris). — (G, G.) 



l» // est indispensuble de joindre une bande de 
JouriMl à toutes les demandes de renseiunements. 

2° Il ne faut jamais nous demander de répondre 
dam le prochain numéro, ce qui est le plus souvent 
impossible. 



REVUE COMMERCIALE 



59 



LA QUI\ZAI\E MÉTÉOROLOGIQUE 

Sentainedu iî au i^ jami,, \ur, [OBSE RVATOI RE DU PARC SAIÎST-MAUR) 



JOURS 

Wl DATBS 


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TEMPERATURE 


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REMARQUES DIVERSES 


• 
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Écart 

sur 

la nor 

maie. 


millim. 












btues 


milIim. 




Lundi 2î jan. 


• 


— 3».', 


l»! 


— 0».6 


—3 


o 


0.0 


0.0 


Temps couvert, neige. 1 


vlardi 2:t — 


• 


-G. 8 


-12 


—4.6 


-7.1 


• 


8.0 


» 


Gelée bl., beau temps. 


Mercredi.. :;; — 


• 


—9.7 


—3.9 


-6.7 


—9.2 


o 


S.O 


» 


Gelée bl., beau temps. 


Jeudi .'j — 


- 


—9.3 


-0.4 


—5.4 


—7 9 


n 


3.8 


■• 


r.elée bl., beau temps. 1 


Vendredi 26 — 


• 


-7.9 


— 1 U 


-;i.3 


—7.9 


H 


5.:i 


■■ 


Gelée bl., gi»re, beau temps. 


Samedi.. . 2' — 


• 


-6.4 


—0.9 


-:î 4 


—GO 


» 


5 2 


•> 


Gelée bl., givre, beau temps. 


Dim :j- — 


- 


— 7.7 


—0 :! 


— i.4 


-7.0 


» 


8 3 




Gelée bl., beau temps. 


ItJtlMI H UIUI 

torts rtr i t!-îalt 


• 




—0.9 
-6.6 


— 4.n 

—6.9 


• 


» 


3.S 8 
10 li«u dl 
M i. l 
dir. tktor 


O.ii 


Pluie depuis le l^' janvier : 

En 1917 2>io"» 

Normale 37"" 






Semxi.\n 


e du -29 jar 


wier c 


iM 4 /■ 


évrk'i- 1917 | 


Lundi 29 jan. 




-iOM 


— 2»;9 


—70 2 


-9" 9 


» 


8.6 


■• 


Gelée bl., beau temps. 


Mardi.... 30 — 




— lU.U 


-3.1 


-7.1 


-9. S 


» 


3.6 




Gelée bl., temps nuageux. 


Mercredi. 31 — 




-10.7 


-4.1 


—7.0 


-9.7 


•> 


0.0 


0.7 


Neige. 


Jeudi l'^fév. 




— 10.0 


-1.4 


-5.3 


—8.1 


m 


1.0 


0.0 


Couvert, grains de neige. 


Vendredi, i — 




-10.2 


—3.3 


—6.8 


-9.6 


m 


4.4 


■• 


Couvert le m., beau le soir. 


Samedi . . ï — 




-12.6 


—3.5 


—8 9 


-U.8 


m 


2.7 




Urouillarl, givre, beau temps. 


Dimanche i — 




— !.7 4 


-1.6 


-9.3 


—12.3 


i> 


6.5 




Temps beau, brumeux. 


Ujam •! uun 

larti m It uni!« 




-11.3 

-Jl.r. 


-2.8 
-3.4 


—7.4 
-10.2 


B 


u 

• 


26.8 
u liei ili 

!'>■> b. li 
du. Uitar. 


0.7 


Pluie depuis le 1" janvier : 

Kn 1917 26°"" 

Nxrmale iti^oi 



(La publicilion 
censure au Bureau 



>tes renseiga^ments sur la pression barométrique et 
central météorologique.) 



sur le vent est interdite par la 



REVUE COMMERCIALE 



Situation géaérale. — !.a quinzaine a été rarac- 
téri»ée par un froid rigoureux: une sérir ininter- 
rompue de gelées ii>te"Seâ d.ins le plus grand nom- 
bre de-- régions a arrêté I 3 Irav.mx des ihampM i|ue 
Ion i.e pourra rpprt-u Ire qu après le dégel. IJepuis 
d >iS'<ex nombreuse'' années, la s<isoD n'avait p is eu, 
en Krioce, un ' .arac'ëre aussi accusé. 

Blé* et Farines. — La griude préoccupation est 
dé-O'miis li repri.-.e doi semaiilns aussitôt i|u'il sera 
postitile. Ou sait aujourd'hui ivoir plus haut. p. il) 
dans i|uelle pronoriim le déficit "'St «ccu^é pour les 
c itemearemenls en blé ; d'iutre part une partie 
les champi devront ''tre ré<-u:> uien é». Il iinpur- 
t T* de semer de-i b es de printemps dans li plus 
Urijc mcï'jre c'est un vrai devoir pour tous. La si- 



tuation commerciale est toujours aussi pénible; cer- 
tains préfets prennent des mesures de plus en plus 
ilraroniennes ; les ollres le li culture sont de plus 
fn plus rares, aux taux de la réquisition. A Marseille, 
le ravit lillcment civil V' n ' aux meuniers les blés 
tondifs à 32 fr. 75 par 100 kilogr. Il y a hausse sur 
les blùs durs qui sont rolés de 36.75 à 38 fr. 

Les marchés américains ■nt sulii une i anique pro- 
voquée par les menaces allemandi-s de guerre sous- 
mnrine à out<aui°e : i hrw York, lu blé disponible 
est A scendu k :U 50 par IHO kilo^'r. au pair ( 40 fr. au 
Cours du change). A Londres, un cote les Idés indi- 
gènes par 100 kiio^r. : buocs, 42.25 & 45 fr.; roux, 
41 50 à 44 fr.; le» b es étrangers valent : canadiens 
nouveaux, 49 à 50 fr. iO; américains, 41 h 45.50; 



i;u 



HBVU& COMMEKCIALK 



australiens pI indiens, -^.25 à ;!' fr. i:ii Suitse, sui- 
vant les cniilons. un r<»t^ -iti à -O fr. Kn llaOr. le 
prix I «al du bli- lendrft fSl <lë SS (V. (if. poof li* mois' 
de fi'vrier. 

Issues. — La t^ise empi"che toujours In réîjularilé 
des Irati-actiontJ. 

Seigles. - Les ventes sont devenues diffiiilcs et 
r.ires deiniis l'application i]r la taîte. 

Avoines. — Les demamles sont actives, et les 
ver.les iraport.intes. aux cours lixés pai* la taxe : 
avoin'-.i noires nu grises, 30 à :il fr. par'lOn kilogr.; 
aToitu'S blanches, 2'» < 29. ."JO. 

Orges. — L'application de la taxe à -1 fr. par 
lOU kil>>iir. a arn'li' les transactions. La situation est 
la ni/'me pour les escourgeons. 

Sarrasins. -^ L<-s prix simt ferineinent tenus, aux 
taux de 41 à (1.50 ponr les sarrasins de Bretagne. 

Maïs. — Demande active, niclis les expéditions 
sont arrêtées par niani|ue de vagons. On cote les 
maïs exotiques à Marseille U à -IS.'iO suivant les 
so tes. I,fs mais blano de." Landes valent 44 à 4(i fr. 

Pommes de terre. — Le froid a provoqué une re- 
prise lans les cours. Dans les départements, on cote 
de 18 à 21 fr. par 100 kilogr. suivant les marchés. 

Légumes secs. — Cours toujours fermes. Les ha- 
ricots sdiit cotes I:i0 à 150 fr. par 100 kilogr. suivant 
!es niarohés 

Graines fourragère^. — Les affaires sont dlfticili's. 
à d>s piix très fermes. Un paie en gros à Paris par 
10" kilopr.: trMle violet lilO à 220 fr.; luzerne de Pro- 
vincc. 175 à 210 fr.: luzerne' de pays, l'»5 .'i 160 fr.: 
mmelte, ■i5 à 110 fr.; r.iy-grass, 80 fr. 

Fourrages. — les cours varient extrêmement sui- 
vant les régions; tandis que. rfans certains départe- 
ments, les foins valent 10 a 11 fr. par lOO kilogr . on 
les cote dans le .Midi de 16 â'IS fr., et parfois plus 

Bétail. — Voici le relevé dn deMiiér' martl/é de La 
Vilhlie. il Paris (.'i fr-vricr : 



B»u<s — 
Vaches... 
Tiuroaux. 
Vkaux . . . 
.\foiilonii.. 
Porc» ... 







PRIX DU KILOfl. 


; 


AU POIDS NKT. 


Vinpn4<!. 1 Invendus. 


-•. — -.—*»- 






1" î* 


3- 






qaal. qaai. 


quai. 


iiar 


3«8' 


2.'.6 ' 'i.C.6 


■2 56 


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•i'.lù ' -2 m 


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1 S8 


«.SO ï.w 


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l'-Ash 


M 


3.80 3*30" 


9 80 


9><TKI 


. 


V.«6 S'.IIS' 


3 90 


•J' .-)»'■ 


«*.(«■ 3'«) 3.-;o 


Prix cxlr^mes 


dd Wlîoframnio. 


Au poids vif. 


Au poids net. 


1.01 i l.Ti 


}.«i * 9.9t 


11.110 1.70 


l.r>0 2 94 


1.08 l.f.f. 


•j.in -i.fft 


t'.M '.;.4fi 


■l'.W 4.10 


!'.?*■' î'.OW 


■2.^ 4'3R 


«3»' 


'2:\^ 


Mi» *: 


10 



BiBUf s 

Varbos 

Taureaux.. .. 

Veaux 

M'obion'i. . . 

|•OtC^. 

lluna le^ ii'p irtemi-til», or» paie ; 

..|>nirn.i, pftr kilo^ir poids net : bernils et varhes, 
S.lUat.Wl; veaux, 2 10 » i.'i*; porcs, i.:i0 à 3.40'. 

/('iiien, parkilhgr. poid» n»t-: IxfUf»-. j;'if> à 3:20 ; 
vnnut. 3.80 iviilO', m>>ntbni>,.i.20 à VJ&', porcs, 3. 10 à 
3."' 

oM : ve4in»: aftn, ^. ifl à' 
4 . I .-,. -,'<0'ni <)(*^ fr. 

rhulel. par kilogf. poilU vif ; IKWtf*. (t.<n i |.(I7; 



vaches, 0.!t2 à 1.02; porcs. 2.40: par paires, bœufs de 
trait, 1 730 à f 9f;n fr. 

Miinci/, pai' kilogr. poids vif : bmufs, 1.35 à 1.4.'i; 
vaches, 1.23 à 1.40; moutons, 2.05 à 2.30; porcs, 1.45 
à 2 fr. 

.(«/un, par kihigr. poids net : bœufs. 3 30 à-a.7« 
vaches, 2.4ii à 2.00; par kilosr. pnils vif: veaux, 
2 à 2.40; porcs. 2 30 à 2.70. 

Li/on, par kiloyr. poids vif : bciMifs. 1.10 à 1..S2; 
veaux, 1.82 à 2. 2ii ; moutons, 1.30 ii I.'.IO; porcs, 2.40 
à 2.60. 

Ariqnnii. par kilogr. poids net : bœuf, 2.10 à 2 75 ' 
moutons, 3 à 3.23; porcs, 3.50 à 3.60. 

Viandes. — Derniers cours ofliciels aux Halles 
celntrales de Paris (par kilogr. 
Bcnif. 



1/4 de derrière. 


1 80 à 


2 -iO 


Train» 


2 20 1 : 00 


1/4 dé dov,int. 


1 lîO 


2 10 


Cuisses .... 


2 00 2 cO 


Aloyan ... 


•2 LO 


3 iO 


Pis el collet. . 


2 00 2 SO 


Paleron .... 


1 90 


2 40 


Bavette .... 


2 00 2 rtS' 






Veau. 




Extra. . . . 


3 10 à 


3 70 


Pans el <-m)Si. 


2 40 à 4 00 


1" qualité. . . 


■2 90 


3 30 


Veaux de Caen: 


2- - ... 


î 40 


2 80 


1,4 de devant.. 


2 20 à*'80' 


3» — ... 


•2 00 


2 30 


1/4 de derrière. 
Veaux lireloBs. 


2 40 i 60* 
2 00 2 70' 






MoutùH. 




1" qualité. . . 


3 30 ft 3 60 


Gigot . ... 


3 00 1 4 20 


o» 


2 90 


3 20 


Carrés parés. . 


3 00 5 00 


3- — ... 


2 40 


2 60 


Agneaux . . . 


2 20 3 80 






Porc 




Extra 


3 50 à 3 70 


Filets 


3 20 à 4 00 


I" qualité. . . 


3 


3 40 


.lambons . . . 


3 00 4 00 


2' — 


■2 60 


3 00 


Reins 


3 00 l 00 


Poit. traîchos. 


2 CO 


3 70 


Poit. salées . . 


* • 



Suifs. — Cours en hausse. Peruit^re cote officielle 
à Paris : 150 fr. par 100 kilogr. 

Vins. — Les dirficult<^s des trarts'por^s créent ttM- 
jours une situation diflieile ; los prix sont très 
fermes. Sur les marchés mëridion'Mix, on cntfe |l«r 
hectiilitre nu : Monlpellifr. vins rungc», 8 à !>», (13 fr.; 
9 à 10», 64 a 65 fr. ; 10 à 11". 66 à H' fV ; vin tilanc, 
74 à 17 fr.; \i>iies. vins rouges. 1 A 8*, 62 fr.; « a 9». 
62 fr.; 10 à If, 61 fr.: 11 .i 12», «!; à 6b fr. Dans li- 
Bennjolaix, lis allaires sont divenues' cainie» ; Kis 
prix sont soutenus de liiO à 165 frl la pièce. A l'oris- 
llrrri/, les ventes accusent, pour tontes le- sortes, 
des cours très soutenus. 

Alcools! — Les cours sont toujoiirs n» hausse pour 
le« alcools de vins. Le 3,6 vin boh gioM 86* est coté 
450 Tr. par licclrilîlre 3 Vlbnrpellltr; éf lé' 376 ilftn, 
330 fr. 

Pommes à cidre. — Mslntirtl dé^'pYix de I** à 
150 fr. par 1 00» kilogr. suivant les sortes. 

Fétoules*. — Le» prix sont stationnaires. 

Beurres. — La fermeté se maintient partout. On 
paie aux halles de Paris de 5 à tr.SO par kilogr. sui- 
vant les snrtcs. 

(Sufs. — Il y I une certaine ili'tenle On paie, à 
Paris, 200 à 2.S0 fr. par mille' .siiWant grosseuf et 
qualité. 

TOurteanr. — Très- grande ferufl-i». Oti ciftp a 
Marseille p.r luO WloRr.: ararH'il*s CoromanHel 
30 fr.; swatne blanc, 2Î.50 ; c«)prali^ .•»i **37 Or.; phl- 
iiilstlB, 2H fr. 

n. DiiilA»!n. 

' e ;iri-rt7it : Cbakliî»» Uin-iiBIX 

Pktit. — L MAB*rt«H/X, inlpriirtehr,!', rileCasieltt. 



CHRONIQUE AGRICOLE 



61 



CHRONIQUE AGRICOLE 



Nouveau projet de loi relatif aux encouragements à la culture du blé. — Dispositions présentées par le 
ministre de l'Agriculture. — Los prévisions actuelles pour l'avenir de la prochaine récolte. — Etlbrts à 
poursuivre. — .-appréciations ?ur l'état des cultures de céréales au l"' février. — Mission de M. Develle 
pour le contrôle de la main-d'œuvre agricole. — Vote par la Chambre des députés du projet relatif à la 
résiliation des baux de fermage et de métayage. — Adoption par le Sénat des dispositions réservées sur 
la mise en culture des terres abandonnées. — Création d'une École de mécaniciens agricoles. — Régime 
de cette école. — Essais de culture mécanique dans la Gironde. — La Maison du Soldat du XIH" arron- 
dissement de Paris. — Dates des examens d'admission à l'Institut agronomique et aux Ecoles nationales 
d'.Vgricullure. — l-"s redevances de la Banque de France pour le crédit agricole en 1916. — Sorties de 
vins du l" octobre au 31 janvier. — La fièvre aphteuse en décembre et janvier. — L'exportation du 
bétail bovin de France en Algérie. — Travaux de la Commission chargée d'étudier les conditions de la 
culture de la betterave à sucre. — Conclusions d'un rapport de MiM. Schribaux et Saillard. — Décret 
sur les conditions de la fabrication du pain. — Projet de loi relatif à l'emploi des mélanges de farines. 
— La saison et les récoltes. 



Pour la culture du blé. 

A peine était proinuIginJe la loi du 30 jan- 
vier qui institue une prime de 3 fr. pai' quin- 
tal de blé rtVolté en France, que l'on corn- 
prenail combien celle prime serait insufli- 
sanle pour atténuer la situation faite au.\ 
cultivateurs français par rapport à ceux de 
tous le« autres pays. Dans la séance du 9 fé- 
vrier, M. Clémenlel a présenté à la Chambre 
des députés un nouveau projet de loi relatif 
aux encouragements ù la culture du blé. On 
doit le féliciler hautement d'avoir pris celte 
inilialive. 

Ce projet a pour objet d'élever à 5fr., au lieu 
de 3 fr., la prime qui sera donnée au.\ pro- 
ducteurs par quintal de blé. En outre, une 
prime de 20 fr. par hectare sera allouée pour 
toutes les surfaces ensemencées en blé à 
partir du lo février. On peulévaluer que celte 
double combinaison permettra de retirer de 
la production du blé une rémunération équi- 
valente, en moyenne, à 40 fr. par quintal. 

Ces mesures ne pourront que susciter de 
nouveaux efTorls [lour accroître la produc- 
tion des blés de printemps. Ces efforts sont 
généraux ; toutefois ils ne sauraient excuser 
les termes d'une note officieuse émanant du 
ministère du Ravi taillemen tel annonçant que, 
" dans l'ensemble, le total de la récolte sera 
supérieur à celui de l'an dernier ». Il serait à 
souhaiter que de semblables espoirs ne 
fussent pas jetés dans le public, car les désil- 
lusions, malheureusement trop probables, 
seront d';iulant plus cruellfs. Sans doute, il 
serait possible que la prochaine récolle fût 
meilleure que la précédente, mais il faudrait 
que deux conditions fussent remplies, ii 
savoir que Ips caractères de la saison fussent 
favorables jusqu'à la moisson et que les cul- 
tivateurs puissent disposer des engrais né- 
cessaires pour rendre la vigueur aux blés 

22 Février 1917. — N» 4. 



éprouvés par l'hiver et pour les ensemence- 
ments de blé de printemps. Or, on ne peut 
pas prévoir les carac'.ères de la saison pro- 
chaine, et récemment M. Clémenlel annonçait 
au Sénat que les ressources en nitrate de 
soude n'atteignaient que le cinquième des 
quantités nécessaires à la consommation; 
d'ailleurs, la crise des transports, qu'on 
retrouve à l'origine de toutes les difficultés, 
ne permettra probablement pas de les mettre 
en temps voulu à la portée des cultiva- 
teurs. 

Quoi qu'il en soit, le nouveau projet de loi 
ne peut qu'être accueilli avec faveur; on doit 
souhaiter que le Parlement l'adopte au plus 
tôt. Enserrés de tous côtés par les taxations 
et les réquisitions, ne sachanl plus ce qui leur 
permettrait, comme on dit vulgairement, de 
joindre les deux bouts, les cultivateurs y 
trouveront un encouragement plus néces- 
saire que jamais. L'espoir d'une ressource 
sera bien plus efficace que les appels qui leur 
sont prodigués. 

Dans certains déparlements, les murs des 
villages ont été couverts d'affiches inspirées 
évidemment par d'excellentes intentions, 
mais dont le sens est propre à étonner. Ces 
affiches ne tendent à rien moins qu'à réveiller 
l'aclivilé des familles rurales qui serait, pa- 
raît-il, lf)mbée en léthargie; elles ret'om- 
mandent il'augmenler le rendement du sol, 
d'intensifier la production agricole, suivant 
l'expression devenue à la mode, mais elles 
n'(!n donnent pas les moyens, par ce molif 
bien simple que personne, dans les circons- 
tances actuelles, ne peul les procurer dans 
des proportions qui puissent exercer une 
influence définitive sur les résultats. Ce ne 
sont pas les conseils, quels qu'ils soient, qui 
peuvent résoudre les problèmes de la main- 
d'teuvre, des engrais el des transports; ori 

1911. — i 



62 CHRONMQL' 

c'esl là qu'esl le nu'uii <lo r;acroissenieiil de 
la production en Jîll". 

Les céréales dautomne. 

Le JoutiKil Of/iael du l."j lévrier a Gnrogi.s- 
Iré lus renscigiiemonls recueillis par le mi- 
nislérede l'Agiiculluie sur lélal des cultures 
de céréales au 1"' l'évrier. 

i*our II' blé, l'él.nl moyen ji;énéral est ex- 
primé par la noie (12, au lieu de la noie 70 
au I" février 191G. On ne eompte que qualre 
déparlcments, au lieu de .'10 à la même date 
de l'année précédente, dans lesquels l'étal de 
culture soit indiqué comme bon. Il est à 
craindre que les fçels el dégels signalés au 
cours du mois de février najoutent leurs 
effets fâcheux à cet étal déjà peu rassurant. 

La main d'œuvre agricole. 
11 avait été aqnoDcé que M. Kernand Da- 
vid, député, avait élé nommé contrôleur gé- 
néral de la main-dVeuvre agricole, civile et 
mililaire. Celui-ci ayanl décliné celte mission, 
M. .lules Develle, sénateur, président de 
l'Académie d'Agriculture, a accepté d'assu- 
mer cette tâche lourde el délicate. On peut 
i-spérer que la haute autorité dont il jouit 
lui permettra de vaincre les résistances trop 
souvent signalées. 

Les baux à ferme et de métayage. 

La Chambre a repris el achevé, dans sa 
séance du 13 février, la discussion du projet 
de loi concernant la résiliation des baux à 
ferme el de métayage par suite de la guerre, 
qu'elle avait interrompue de|>uis le 10 mai. 
On a vu précédemment ici îChronique du 
1"" juin, p. iH"i) les dispositions précédem- 
ment adoptées. Celles qui restaient en souf- 
france se rapportent aux cas de contestation 
entre les intéressés et ;'i la procédure à suivre 
dans CCS circonstances. 

11 n élé décidé que, dans chaque commune, 
une Commission arbitrale serait nommée par 
le Conseil municipal pour être chargée, sous 
la présidence du juge de paix, d'apprécier 
les litiges et de se prononcer sur la résilia- 
tion. 



(Il' \ i';i cl ri' 



i^iimi'': 'Ml 



Le pniiel i]r 
Sénat 

Les terres ni'audouuees. 

On se souvient voir la C.lironiqun du 
1 1 janvier, p. OJ que le Sénat avait renvoyé à 
sa Commission la partir du projet de loi sur 
la culture des terres abaudonnées qui c<in- 
liait à 1 l'.tal le soin de mettre ees terres en 
culture. Il répiignail, suisaul l'expression de 
M. Jules I). \elK', lappyii' iir. i^ luutt proposi- 
lioii Ii'ii.ImiiI .1 I MÉ.. (Il' ri'.tat un eiilrepreneur 



E AtiKICOLE 

de culture. La Commission s'étant mise d'ac- 
cord avec le ministre de l'Agriculture, un 
nouveau texte a été présenté et adopté dans 
la séance du 13 février. Les deux premiers 
articles eu indiquent nettement la portée : 

.1)-/. d'^ — Pendant la durée de la guerre et 
la campaf,Mie agricole qui suivra la cessation des 
hostilités, l'Administralion Je l'Afiriculture est 
autorisée à prêter sou concours, dans les condi- 
tions fixées par arrêté miniatérial, à l'exécution 
des travaux de culture pour le compte de dépar- 
teineuts, communes, comités d'action agricole, 
associations, syndicats ou particuliers. 

Le prix lies travaux sera recouvré sur le béné- 
llciaire comme eu matière de contributions di- 
rectes. 

Ait. -2. — Le minislie <hi Coiumerrc, de l'In- 
dustrie, de l'Agriculture, du li avait, des Postes 
el des Télégra|dies est cliarj^é de se procurer les 
machines el les matières premières (carburants, 
huiles, etc.', pièces de rechange, objets et lo- 
caux divers nécessaires à l'entreprise, soit par 
voie d'adjudication et d'achats de gré il gré 
ellectués en France ou à l'étranger, soit par voie 
de réquisition. Il pourra, s'il y a lieu, céder à 
l'amiable aux déparleraonls, communes, sociétés 
coopératives ou associations de culture méca- 
nique, le matériel disponible. 

Les ucquisitious ou cessions visées au para- 
graphe précédent peuvent être efTectuées saus 
marché ni adjudication, que] «(u'en soit le mou- 
lant. 

Le droit de réquisition est exercé dans chaque 
déparlenieiil par le pn'l'et ou par sou délé;jué, 
sous l'autorité du ministre. 

A cette occasion, M. Clémentcla renouvelé 
ses déclara lions antérieures relatives aux 
efforts qu'il poursuit en vue de l'application 
rapide des mesures adoptées par le ministre 
de la Cuerre pour renvoyer dans leurs foyers 
les agriculteurs des classes 1888 et 1889. 

Ecole de mécaniciens agricoles 

Lu dé(Tel en dale du 3lt janvier a cri'c, 
daus les termes suivants, une Ecole de méca- 
nicienb agricoles : 

Art. !'■'. — l!no école spéciale de mécaniciens- 
conducteurs de machines agricoles, dite « Kon- 
datioii Coniel-l'ujos k esl créée à Noisy-le-lJrand 
(.Scine-el-Uise), sur le domame de la (irenouil- 
ère cédé à ci-l elTet, jiar M"'" Cioniel-l'ujos, au 
ministre du Commerce, de l'Industrie, de l'Agri- 
culture, du Travail, des l'osles et des Télégra- 
[ihes. 

Cet élabli-sement o pour objet : 

La fonnaliiin technique des spécialistes indis- 
pensables à l'ayricullure pour la cond\iite el l'en- 
trelitin Jeu machines agiioolcs et notamment des 
appareils auiomoleurs. l-.lle servira, en outre, 
pour les (.'Xpiricuces, drmou.slralions ou appli- 
cations coïK-ernant la culture méeanique. 

Ail. 2. — Le régime d'- r.' • i ■■^\ l'inti'iiial. 



CHRONIQUE AGRICOLE 



63 



Nul ni' peut l'tip admis à l'iolc, à quelque 
titre que ce soit, s'il u"ost de nationalité fran- 
çaise ou des pays ullii's. Toutefois la proportion 
des élèves n'appartenant pas a la nationalité 
françaisi- ne pourra, en aucun cas, excéder les 
denx cinquièmes de l'effectif. 

En dehors des cadres du personnel, ce dé- 
cret prévoit que des siiécialisles peuvent Otrc 
chargés dans certains cas do conférences ou 
de démonstrations relatives aux machines en 
usage dans l'a^îricullurc. 

La ferme donnée par M"" Gomel-l'ujos a 
une cleodue de :iOO hectares; ce don a élé 
aM;conipagné d'une somme de 100 000 fr. des 
linée au fonctionnement de l'Kcole. 

Culture mécanique. 

La Sociélé d'Agriculture de la Gironde or- 
fîanise des essais publics de culture méca- 
nique qui auroni lieu à La ïresne, près de 
Bordeaux, dans les premiers jours du mois 
de mars prochain. Klle invite les construc- 
teurs qui désireraient y prendre part à 
adresser sans retard leur demande d'inscrip- 
tion au siège de la Société, 7, Cours de l'In- 
tendance, à Bordeaux. 

A la Mtmoii du Soldai du .Mit arrondisse- 
ment de Paris, installée dans les anciens lo- 
caux de la Station d'e.ssais de machines agri- 
coles, un des buts poursuivis est de former, 
parmi les réformés et les mutilés, des 
hommes capables de devenir des mécani- 
ciens ruraux. Le ministre de l'Agriculture y 
a délégué un professeur d'agriculture, M. R. 
Oumont. qui fait aux soldats des causeries 
fauiilières sur l'agriculture; on nous affirme 
que, grâce ;Y ses qualités, son en.seignement 
simple et à la perlée de tous a le plus grand 
succès. 

Institut agronomique 
et Ecoles nationales d agriculture. 

Les épreuv(,'S écrites du eoncours d'admis- 
sion à l'Institut national agronomique auroni 
lieu en !t)17. les 11, li et \'-i juin. KUes se- 
ront subies, au choix des candidats, .soit à 
Paris, soit en province, à Alger, Angers, Lvon 
ou Toulouse. 

Les épreuves écrites du concours d'admis- 
sion aux Rcoles nationales d'agriculture de 
(Irignon, Rennes et Montpellier auroni lieu 
les li, 15 et Mi juin prochain. Elles seront 
subies, au choix des candidats, soil à Paris, 
soit en province, à Alger, Angers, Lyon ou 
Toulouse. 

Pour l'Institut agronomique et pour le» 
Heotes nationales, les demand'îs des candi- 
dats devront parvenir an ministère de l'Agri- 
culture (Direction de l'Agriculture, bureau de 



renseignement agricole) avant le 10 mai, 
terme do rigueur. 

A la Banque de France. 

L'assemblée générale annuelle des action- 
naires de la Banque de France s'est tenue à 
Paris, le 2") janvier. Dans son rapport, 
.M. Georges Pallain, gouverneur, a indiqué le 
montant des redevances payées à l'Etat 
en l'JKi pour être affectées au Crédit agri- 
cole. Ces redevances se sont élevées à 
23 ti03 217 fr. 73; un tel taux n'avait jamais 
été atteint jusqu'ici. Le total des sommes 
mises définitivement, en vertu des lois du 
17 novembre 1897 et 29 décembre lt)ll, à 
la disposition du Crédit agricole, est ainsi 
monté à li4 raillions de francs, en dehors de 
l'avance remboursable de iO millions. 

Commerce des vins. 

La Direction générale des contributions 
indirectes a fait connaître le relevé des 
quantités dsî vins enlevées des caves des 
récoltants jusqu'à la (in du mois de janvier, 
en France et en Algérie. 

En France, les sorties de vins se sont éle- 
vées, pendant le mois de janvier, à 3 millions 
\i\) ">{\H hectolitres. Ce qui porte à 12 millions 
033 600 hectolitres les quantités sorties pen- 
dant les quatre premiers mois de la cam- 
pagne. Les droits de circulation ont été 
ac(iuiltés, pendant cette période, sur 13 mil- 
lions 1S3 077 hectolitres. 

En .Mgérie, les sorties ont été moins actives 
f[ue pendant les mois précédents; elles ont 
porté sur o7t) 98.j hectolitres en janvier et 
sur 3 923 374 depuis le début de la campagne 
en cours. 

Au 31 janvier, le stock commercial chez 
les marchands en gros s'élevait h ti millions 
303 'i32 hoctolilresen France, et h 082 372 en 
Aigi'rie. 

Police sanitaire du bétail. 

Le hulletin sanitaire du ministère de 
l'Agriculture fournit les renseignements sui- 
vants sur l'évolution de la lièvre n|ililense 
|)endant les dern'ers mois : 

CoTllimnu-H 

l*ôpar- l''oyi'r» déjà Foyers 
C}uiii/iiiiic!i. lontual!!. signatrs. nouveaux. 

11 nov. au i décemb. ■■ « •> 

3 au 16 di'^cenibre ... 1 •■ I 

n déc. au 6 j.iiivier... 'l 

" au 20 janvier 'J 

21 Jatlt. au :) f>'-vrier. . n 

Par un arrêté en date du 1« janvier 1017, 
le (iouverneur général de l'Algérie, « consi- 
dérant que la fièvre aphleu.se a presque enliè- 



1 

2 

n 



61 CHRONIQUE AGRICOLE 

remeni disparu dans la métropole, que les 
nécessilés de l'élevage, de l'industrie laitière 
et de l'alimeiilation coiiimaDdont de faire 
appel à l'importai ion en Algérie du bétail 
bovin français ■•. a autorisé, à partir de celle 
date, l'importaLion on Algérie des bovins 
provenant de la métropole. Les conditions 
imposées sont celles édictées précédemment 
pour l'importation des vaches laitières. 

La betterave à sucre. 
On sait qu'une Commission a été chargée, 
au ministère de l'Agrioulture, d'étudier les 
moyens de réorganiser la culture de la bette 
rave à sucre si cruellement éprouvée par la 
guerre. La première question dont elle s'est 
préoccupée a été celle de l'approvision- 
nement en graines de betteraves, tant pour 
le présent que pour l'avenir. Un rapport de 
MM. Schribaux et Saillard fait connaître les 
conclusions qu'elle a adoptées. 

Ce rapport expose que le ministère de 
l'Agriculture a pris, au cours de l'année der- 
nière, les mesures nécessaires pour faire ve- 
nir de Russie les quantités de graines suffi- 
santes pour les ensemencements au prin- 
temps prochain. Des mesures semblables se- 
ront prises aliu de pourvoir aux ensemence- 
ments en litiS, mais il paraît probable qu'on 
pourra réduire les achats de graines à 
l'étranger, car sur quelques points du terri- 
toire il sera procédé au printemps ;\ la plan- 
tation de porte-graines sélectionnés. En tout 
cas, il est imporlant de se préoccuper du d<'- 
veloppement de la production de la graine 
alin d'assurer l'avenir. Un don de SOO 000 fr. 
ayant été fait au ministère de l'Agriculture, 
la Commission a émis les vœux suivants : 

1" Qu'une partie du don de iiOû 000 fr. ou uno 
partie de son revenu soit employée à donner 
des encouraj^ements aux établissements de jvro- 
duction qui auront iustnllé un Intioratoirc de 
sélection, et poursuivi inéthudi(|uemeut leurs 
travaux pour arriver h une meilleure graine 
commerciale ; 

2" Qu'on fasse, descelle année, des essais dans 
une Kcole pratique d'ai;ricullure, de façon à 
amorcer la sélection par famille et dans le but 
de créer de nouvelles races. On prendrait, conime 
points de dépari, quel(|ues-unes des variétés su- 
cri'Tes les plus réputées qu'on sèmerait ci'ite à 
cùlc dans un champ d'un demi à un hectare. On 
commencerait les analyses desélection en 101"- 
1018. Les essais pourraient être faits sur une 
iT.lielIp plus l'iL-ndue après la guerre; 

.1" Qu'on institue un concours de sécheurs de 
graine- de betteraves et ([u'un piix soit altribu'^ 
au ni'ill'ur ,'ippareil. t'n rëglrnii-nt détermine- 
rait le.s cnndilioii» du concours. 

La Commission a émis, en outre, le vœu 



que le prix de la betterave à sucre soit aug- 
menté en IS)17. 

La fabrication du pain, 
lu décret eu date du février a lixe ]iiiur 
la France les précisions à suivre dans la 
fabrication du pain. Kn voici les prescrip- 
tions : 

AU. l'"'. — Le pain doit être fabriqué avec de 
la farine entière de froment, ne pas avoir un 
poids iiifi'-rieur à 700 grammes et une longueur 
supérieure à HO centimètres. Pour le pain en 
couronne, la longueur est calculée sur le déve- 
loppement de la circonférence moyenne. 

Sont, en conséquence, interdites aux boulan- 
gers et à tous commerçants la fabrication, la 
vente ou la mise en vente de tous autres pains, 
notamment des pains dits de luxe ou de fan- 
taisie, des petits pains, brioches, croissants, 
biscottes fraîches et autres pains faits avec de la 
farine additionnée de lait, lactose, sucre ou 
beurre. 

Art. 2. — La vente du pain frais est interdite. 
En conséquence, le pain ne pourra être mis en 
vente ou vendu que douze heures après sa cuis- 
son, et il ne pourra êtie soumis à des procédés 
de conservation destinés à le maintenir frais. 

Art. ;!. — La vente du pain, entier ou par 
morceaux, se fait au poi<ls : en conséquence, le 
vendeur doit ou ajouter l'appoint, ou n'exiger 
que le prix correspondant au poids livré. 

Toutefois, les rains pesant 1 kilouir. ou moins 
pourront, suivant les usages locaux, être vendus 
à la pièce sans addition de morceaux coupés, 
mais le vendeur sera tenu, sur la dem;mde de 
l'acheteur, de faire connaître le poids du pain 
entier ou de la fraction livrée. 

Ces dispositions sont obligatoires à partir 
du 2j février; elles doivent remplacer toutes 
les mesures que les autorités locales auraient 
pu prendre sur ce sujet. 

D'autre part, le Gouvernement a présenté 
à la Cliamlire des Députés un projet de loi 
destiné à autoriser la fabrication du pain 
avec de la farine de froment mélangée, dans 
la proportion de l.'j 0, (), avec des farines de 
seigle, de mais, d'orge ou de féverole. Deux 
mois après la promulgation de celte loi, le 
tîouvernement pourrait transformer, par dé- 
cret, la faculté prévue en une obligation ; à 
partir (le la publication de ce décret, les meu- 
niers ne pourraient plus mettre en vente ou 
vendre que de la farine mélangée dans ces 
conditions, et les boulangers ne pourraient 
mettre en vente ou vendre que du pain fabri- 
qué avec cette farine. 

Le nombre des farines admises au mélange 
à la farine de froment pourra être aug- 
menté, s il y a lieu, par décret ; la proportion 
du nielange pourra être modifiée dans la 
même forme. 



PLANTES ALIMENTAIRES A CULTIVER 



Ces mesures sont proposées dans l'inten- 
tion, à laquelle chacun ne peut que sous- 
crire, de réduire les importations de blé ren- 
dues nécessaires par l'insiifti-ance de la pro- 
duction. Il appartient au Parlement de les 
consacrer rapidement. 

En réalité, il ne s'agit pas d'une révolution 
dans la fabrication du pain : par vieille pra- 
tique qui remonte à des siècles, les meuniers 
ont toujours eu le droit de faire des mélanges 
de farines et les boulangers celui de fabri- 
quer du paie avec de tels mélanges, à la con- 
dition que leur clientèle en fût prévenue. Il 
s'agit uniquement de donner ;\ cette pratique 
un caractère général et obligatoire. 

On doit n'accepter qu'avec une certaine 
réserve les nouvelhis sur les mesures alimen- 
taires prises en .Mlemagne. Toutefois, nous 



enregistrerons une dépêche deMerne-cn date 
du 9 février, d'après laquelle une note offi- 
cielle publiée par les journaux allemands 
rapporte que les oflices d'alimentation ont 
admis les navets en remplacement des 
pommes de terre manquantes pour substance 
de complément dans la fabrication du pain ; 
les betteraves pourraient également être em- 
ployées, à ^exception des betteraves à sucre. 
L'hiver. 
La saison a pris au milieu du mois de 
janvier un caractère exceptionnel de rigueur 
qui s'est maintenu jusqu'au milieu de février. 
Des chutes abondantes de neige et des gelées 
dont on avait perdu l'habitude depuis long- 
temps ont interrompu tout travail. Le dégel 
s'est opéré avec régularité. 

Heinhy Sagnier. 



PLANTES ALIMENTAIRES A CULTIVER 



Dans les circonstances actuelles, il importe 
que l'efTort dos cultivateurs français se porte, 
ce printemps, d'une façon spéciale sur la 
culture des plantes dont les produits peu- 
vent nous assurer le maximum do malières 
alimentaires pendant la campagne 1917- 
1918. 

Que chaque ferme française ait en 
1917 son champ de blé de printemps. 

Que chaque ferme française ait en 
1917 son champ de pommes de terre. 

Puis multiplions ce printemps, dans 
les Jardins et les champs, la culture de 
plantes autrefois très répandues, au- 
jourd'hui trop délaissées, par exemple, 
les haricots, les topinambours. 

Les hanrots ont disparu de beaucoup 
de cultures, pour être remplacés par la 
pomme de terre; on sait cependant 
combien la graine du haricot est supé- 
rieure au tubercule de la pomme de 
terre, étani données les matières azo- 
tées qu'elle renferme. Dans les sols 
meubles et chauds où le haricot réussit 
particulièrement bien, donnons une 
large place ;^ sa cultun^ * 

Le topinambour peut, dans une cer- 
taine mesure, remplacer la pomme de 
terre dans l'alimeniatinn humaine, 
mais il peut surtout lui èlri: substitué 
peur l'engraissement des bovidés et 
des porcs (comme c'est une pratique cou- 
rante dans le Limousin, les Charentes, le 
Poitou, le Maine, etc.). Or, le topinambour 
vient partout, c'est une plante des plus rus- 
tiques, qu'aucune maladie n' attaque; cultivé 



comme la pomme de terre, il donne des ren- 
dements au moins égaux, souvent supérieurs. 
Enfin, il est des plantes alimentaires qui, 
suivant les régions naturelles, sont à conseil- 
ler. 




•!(,'. 1,1. 



Lcmilln du Pav à niaturiK''. 



Dans les terres fortes, argileuses, pro- 
fondes, plutôt humides, la fevrole, dont le 
grain est un des grains les plus riches que 
l'on puisse voir en matières a/.olées et dont 
la farine peut très avantageusement se mé- 



ti6 



CILTIIIIE 



lanj;('r à la farine do bli- ^régions des Flan- 
dres, de la TMcardic, df la Loiraine, des Pol- 
ders de Vend('c). 

La hnlitlit < et ïiiiiBisi une de ces Légumi- 
neuses dont le forain esl Irùs nulrilif ; dans 
les terres .^ècljes, ealcaires ou sableuses, 
elle est une précieuse ressource, el, sur les 
terres voleaiiiques, elle donne des produits 
incouiiiarubles (Champagne, Berry, Picardie, 
Auvorj^ne. 

L'ordre, dans ces mêmes terrains calcaires el 
perméables, donne un excellent grain el de 
bons rendements. La farine d'orge est de na- 
ture ut être mélangée ;ï celle du blé el consti- 
tue un aliment d'engraissement de tout pre- 
mier ordre. 

Le mnis dans la région du Sud-(tuesl, en 
Aquitaine, dans la vallée de la (jaronne, etc.. 
est II 'H I :i r.iil ;"i ■-.•I pl.ii-i': mms (b'vnns faire. 



MÉCAMQIE 

celle année, le plus po«sible de maïs dans 
chaque ferme de ces régions, toujours pour 
les mêmes motifs. 

Le sarrasin, en Bretagne, dans le Colenlin, 
dans le Massif central, était autrefois très 
cultivé, à cause de sa rusticité, de son pou 
d'exii,'oiice: reprenons-yen grand celte cul- 
ture, dans les conditions actuelles ; on sait 
quelles ressources alimentaires offre le 
grain de sarrasin. 

U s'agit, somme toute, de développer dans 
chatiue région, à côté des blés et «les pommes 
de terre, les plantes alimentaires dont la vé- 
gétation s'accommiuie particuliéremeut bien 
du milieu naturel du pays (sol et climat), 
dont, par conséquent, it est permis d'espérer 
aux moindres frais nt avec le moins d'aléas, 
le iiin\imiiiii de produits, dans les conditions 
«otuelles. 

II. IIITII'H. 



CriJURE MÉCAiMOUE 



Résultats obtenus dans la Sarthe. 

M. P. Régnier, directeur dos Services agri- 
coles de la Sarllie, a fait connaître les résul- 
tats des quatorze essais publics, avec confé- 
rences sur le terrain, qu'il avait entrepris 
récemment dans les meilleures régions agri- 
coles du département; partout il y eut des 
objections, comnic en soulèvent d'ailleurs 
tout(;s les nouvelles méthodes, mais aussi 
partout les essais ont donné satisfaction aux 
agriculteurs les plus difliciles et aux plus 
sceptiques; il faut noter que les champs où 
l'on opérait avaient été choisis par les maires 
i>u par les cultivateurs qui imposaient les 
l'ondilions du travail. 

M. Régnier expose en ces termes les résul- 
tats qu'il a constatés : 

Les lincteurs el leurs charrues ont enterré 
parfaitcMit-nt \r fumier dans les cliamps où l'on 
en avail répnndu. 

A bi>uloirc,sans rien briser, de grosses pierres 
(appelées /irn'uifi dans le pays), jusqu'ici respec- 
tées par la charrue brabaul-doutiir', des racines 
ou viiiiiiifK d'orme, de chi^ne et de iilatano, de la 
grosseur du bras, ont rlf coupées. 

A Silléle-Guillauine, une terre furie fut la- 
liourée sans ilifficulté ave les trois socs; la 
l'.iirrii-re fut labourée dans le sons de la plus 
fiiamb^ pente du terrain (.-ii minilanl), el des 
pifiii's riM-»nl é|{Hle[|ienl .iiiaoUéi.s que lo lira- 
baiii-iloiilili' avail, lit au>-si, toujour.s respectiiea. 

i»ii lul..iiira .Iniif <|p |iiiiu champs de rnoioa 
de 100 III . (ans des champs 



piaules de ponimiiijs ou <rurl>res divers en lais- 
sant iiioins de friche que d'ordinaire avec des 
ihevaux. 

A Sablé el A Brùinn, on travailla dans des 
lerres détrempées où des chevaux n'auraient pu 
travailler sansitrande diflicuité, par une pluie à 
peu près ininterrompue. 

Enfin, à la Ferlé-Hernard, on pasfa le srariH- 
caleur, le pulvériseur et la herse sur uo champ 
qui venait d'èlre labouré unu heure auparavant. 

La propagande si aitlive de M. Régnier eut 
le ri'siiltat suivant : il y a qiiel(|ues mois, on 
n'avait pas encore vu de tracteur dans lo dé- 
partement, alors qu'à la fin de janvier 11M7 il 
y en a 10 en fonctionnement à Rahay. La 
Flèche, Le Lude, 8ablé, Brùlon, Mont-Saint- 
.lean. Crissé, .Montbi/.ot, Saiiil-.lean-d'Assé, 
.Marnera, La Ferle- Bernard ideuxi. Le Mans, 
Sainl-Cosme-de-Vaip, Chantenay, Marzon, e| 
le mouvement continue. 

Neuf Syndicats de culture mécanique sont 
déjà constitués. 

Le Syndical des Agriculteurs do la Sarthe u 
fait l'aohal d'un tracteur MoguI et s'est as- 
suréles services d'un mécanicien de profes- 
sion, apte à faire IouIob les réparations aux 
tracteurs cl au matériel agrii.'olo. Le méca- 
nicien esl aussi chargé d'apprendre graluito- 
iiicnl la conduite el les réparations urgentes 
à faire au traclour aux personnes qui en font 
la demande au Syndical ; celui-ci a donné 
ainsi un exemple siisireplible d'étro suivi 
dans d'autres départements. 

M. Dessaisaix. 



LE SORiWlO SICRÈ ET LALCnOI. DE GLKliRE 



61 



LE SORGHO SUCHÉ ET L'ALCOOL DE GUEHRE 



La guerre se prolonge et les besoins d'al- 
cool pour la fabrication des iminilions sont 
«^normes. La France importe à grands frais 
des matièresprcmièresetde l'alcool fabriqué. 

Le prix de toutes les denrées susceptibles 
d'être utilisées pour la distillation a aug- 
menté dans de grandes proportions. On a 
même pu rcmar.iner un fait inattendu à pre- 
mière vue et surtout marqué en 1915 : le 
renversement deà prix relatifs des matières 
azotées et des bydrales de carbone. Tandis 
que les grains et géni'ralement tou.s les fari- 
neux alcoolisables ont augmenté jusqu'au 
triple de leur valeur d'avant guerre, les ré- 
sidus riches en azote, drècbes, touraillons, 
créions, etc., ont subi une baisse persistante 
et le prix jusqu'aujourd hui en reste intéres- 
sant pour l'aclieteur. 

En présence de la pénurie ou de la cherté 
des matières premières de distillerie, je vou- 
drais dire un mot du sorgho sucré comme 
source d'alcool. 

Je ne pense pas qu'il en ait jamais été 
question depuis le commencement de la 
guerre, et cependant cette plante qui, vers 
1860, provoqua dans le midi de ia France 
un enthousiasme qui allait jusqu'à l'engoue- 
ment, pour tomber bientôt dans l'oubli, mé- 
riterait, je crois, qu'on s'en occupât actuelle- 
ment ;'i ce point de vue. 

La culture en est plus simple que celle de 
la betterave et n'exige pas autant de main- 
d'œuvre. Son habitat peut être comparé :-. 
celui des maïs à gros grain». Le semip s'ef- 
fectue après les gelées, depuis le 15 avril jus 
qu'à tin mai. 

Dans la Drôme, dans nos cultures, nous 
l'utilisons en récolte dérobée pour préparer 
les luzernes défrichées à recevoir du blé. 

La première coupe enlevée vers le 15 ou 
Jil mai. Il luzerne sacrifiée est fumée le plus 
tôt possible avec les fumiers disponibles à ce 
miimenl et qui, sans celle utilisalton, reste- 
raient en fosse jusqu'après les moissons. 

Nous semons sur le labour de défriche- 
ment, suivi d'un vigouieux pa.ssage à la ca- 
nadienne. Le semis peut se faire en lignes ou 
à la volée ; mais, si le terrain n'est pas trop 
lourd, nous préférons le semis en lignes 
espacées à 0"'.80-l métro. Quelques binages 
l't un bultage à In houe à cheval nous amè- 
nent à la récolte sans cullurosà la main. 

Dès que les gelées sont h. craindre, le 
sorgho est coupé el mis en fagots. 

Nous le conservons très simplement en le 



plaçant en moyettes de 10 à 20 bottes debout 
autour des arbres ou le long des murs des 
bAtiments ou des clôtures. 

Il se conserve ainsi sans déchet sensible 
jusqu'à la fin de janvier et plus. Nous l'utili- 
sons sans préparation spéciale pour la nour- 
riture de nos mulets dont il forme le fond de 
l'alimentation pendant plusieurs mois; je 




X 



Viu. 14. — Port du Borglin suer*. 

n'indique celle façon de le cultiver, que pour 
montrer sa facilité d'adaptation à des besoins 
.'^pr-ciaux. Nous obtenons ainsi, suivant la 
sai«on, de 20 000 h ">() 000 kilogr. de matière 
verte à l'heri-i." i.len plus nouri'issnnte que 
le maïs. 

Je crois qu ea culture princip.iie en vue 
d'un usage industriel on pourrait cblenir 
assez souvent 40 (X)0 kilogr. de liges elleuil- 
lùeg à l'hectare. 

Le rondement en jus avec un moulin 
simple est d'environ HO 0/0. La richesse sac- 
charine du jus varie de 10 11 Iti 0/0. Le ren- 



68 



COXCOinS DE NEVERS 



dément en alcool pourrait attoindre au moins 
5 0;'0 dupoids des liges, soil 20 Iieclol. à l'hec- 
tare, ce qui, avec un prix de revient inférieur, 
reste comparable à la betterave sucrière. 

On pourrait encore retrouver dans nos ré- 
gions quelques-uns des moulins ;\ cannes 
installés lors de l'invasion phylloxérique 
pour utiliser le jus du sorgho sucré dans la 
préparation des vins de deuxième cuvée. La 
mise on ferincnlation et la distillation du ve- 
sou pourraient s'clTectuer dans les distille- 
ries existantes. 

On m'objectera que celte culture n'a pas 
été abandonnée en France sans motifs. ■ 

Cela est vrai, mais les conditions ne sont 
plus les mêmes ù présent. 

A l'urigiue, on pensait que le sorgho sucré 
deviendrait la canne à sucre du midi de la 
France et les installations avaient été mon- 
tées en vue de la fabrication du sucre. Dans 
le sorgho sucré, contrairement à la canne, la 
proportion de glucose atteint et dépasse 
même la moitié du sucre fermentescible total. 
Les entreprises étaient donc vouées à un 
échec. La même chose s'est présentée il y a 
quelques années en Amérique, lorsqu'on y a 
tenté d'utiliser le maïs cultivé d'une cer- 
taine façon (ablation de l'épi) pour le même 
objet. 

Mais ce qui est un empêchement, si l'on 
envisage l'extraction éconorni(iue du saccha- 
rose, n'est même pas un inconvénient si l'al- 
cool est le but considéré, et je ne serais pas 
étonné qu'aux Etats-Unis, où la culture du 



sorgho sucré s'est étendue pour la prépara- 
tion des ensilages destinés au bétail, on l'uti- 
lise actuellement pour la fabrication de l'al- 
cool que nous y achetons. 

On pourrait objecter aussi que nous ne 
sommes pas préparés à cette culture et que 
nous uiamiuerions de semences, mais je crois 
qu'après recensement des stocks pouvant 
exister chez nos marchands |grainiers, nous 
pourrions trouver en Amérique les sortes et 
les quantités qui nous seraient nécessaires. 
Si le Gouvernement prévoit pour les mois 
d'octobre et suivants des besoins en alcool 
aussi importants qu'à présent, je crois qu'il 
serait bon de penser à utiliser les ressources 
supplémentaires que pourrait nous apporter 
le sorgho sucré. 

D'ailleurs sa culture ne porterait aucun 
préjudice à celle de la betterave, elle pour- 
rait se faire dans des régions où, faute 
(le main-d'u'uvre, d'iiahilude ou de terrains 
convenables, cette dernière n'est pas cultivée. 
Notre production sucrière sera encore défici- 
taire cette année; le sorgho sucré permet- 
trait tout au moins de diriger en sucrerie 
une petite partie des betteraves qui sans'cela 
prendront le chemin des distilleries. Au mo- 
ment où toutes les forces du pays doivent 
être tendues vers le but suprême, qui est la 
fin victorieuse de cette guerre, je crois qu'il 
est bon de ne négliger aucune} des res- 
sources, si petites soient-elles, qui peuvent 5' 
aider. 

Paul Pouzin. 



CONCOURS DE NEVEKS 



De même qu'en 1916, la Société d'Agriculture 
de la Nièvre a tenu, malprû les diflicultës que 
subissent les éleveurs, à organiser son concours 
annuel d'animaux reproducteurs de la race bo- 
vine iiivernaise-charolaise. Ce concours s'est tenu 
& .Nevers les 9 et 10 février, sous la direction ha- 
bile et dévouée de M. le vicomte de Soultrait, 
doyen des vice-]>résidents de la Société. 

Les déclarations avaient porté sur 220 jeunes 
taurillons et taureaux ; malgré la rigueur d'un 
hiver exceptionnel, les abstentions ont été rares. 
De l'examen des animaux exposés, on pouvait 
tirer la conclusion ((ue l'ensemble de l'élevage 
se maintient toujours au niveau élevé qu'il a 
atteint depuis une période déjà longue ; si la 
préparation n'est pas toujours aussi élépante 
que naguère, les qualités des sujets n'en sont pas 
moins réelles. 

Quelques éleveurs de l'Allier et du Cher sont 
venus concourir avec les éleveurs du iNivernais ; 
s'ils sont raies, leui' présence et leurs succès 
montrent que l'émulalion est loujours active 
dans toute la région d'élevage liu Centre. 



Une soixantaine de prix, dont la valeur variait 
de 20 à 200 fr., ont été distribués entre les sept 
catégories dans lesquelles les animaux étaient 
répartis. On ne peut citer que les lauréats des 
principaux prix dans chacune ; ce sont : MM. .Au- 
guste liesson, à Saincaize; Louis lloberl, à Ou- 
rouer: Léon fioby, à Mars; l'"rançois (ïouzin, à 
Mars; Laurent Fassier, à Saint-I'ierre-le-Moiitier; 
Henri Halleret, à Mmouille; Louis Morizol, à 
Maf;ny-Cours, etc. 

Comme loujours, la lutte a été vive pour les 
^;randea récompenses. 

Le prix d'honneur (prix du président Bardin), 
réservé au plus beau taureau du concours, a été 
remporté |uir M. Louis Uobert, à Ourouër. Cet 
éleveur n'a pas recueilli moins de douze prix. 

Les prix d'ensemble pour les lois composés de 
quatre taureaux ont élé répartis comme il suit : 
i" prix diplôme de médaille d'or et 300 fr.), 
M. Louis Kobert; — 2>' prix idiplôme de médaille 
de vermeil et 200 fr. , M. Auguste (tesson, à Sain- 
caize; — 3' prix (diplôme de médaille d'argent 
et 100 fr.j, M. Henri Kalleret, à (limouille. 



SUR VSK MÉTHODE DE CULTtTRR DH BLÉ 



Le concours de Nevcrs est en même temps un 
marché de reproducteurs. Le plus grand nombre 
des animaux amenés ont été vendus à des prix, 



sinon exceptionnels, du moins satisfaisants pour 
les éleveurs qui les avaient préparés. 

X. 



SUK UNE METHODE DE CULTURE DU BLE 

PKÉCOMSÉE PAU M. DEVAUX (1) 



La communication de M. Devaux à notre 
dernière séanc(7(i), relative à la culture du blé 
fait, en ce moment, le tour de la presse. J'es- 
time que c'est rendre service aux cultivateurs 
que les mettre en garde contre des espérances 
qui, à mon avis, ne sont pas justifiées. Se 
prononcer sur la question si complexe des 
semis de hlé, et déclarer que, drs mainlenanl, 
on a la certitude d'être en mesure d'obtenir de 
fort belles récoltes, bien supérieures aux récottes 
habituel/es, après des essais sur quelques 
mètres carrés seulement, poursuivis pendant 



une seule campagne, c'est, en vérité, aller 
bien vite. Je ne partage en aucune façon la 
belle confiance du savant professeur de la 
Faculté de Bordeaux. Je vais vous en dire les 
motifs. M. Devaux conseille : 1° de semer 
très tût; 2" de semer extrêmement clair, de 
conserver une dizaine de pieds environ par 
mètre carré; 3° d'opérer deux ou trois bu t- 
tages au moins et, pour rendre ceux-ci plus 
efficaces, de semer au fond d'une rigole, 
d'autant plus profonde que les buttages doi- 
vent être plus nombreux, puisque c'est avec 




Fig. l.'i à n. — Tallage lics céré.iles. — Fiantes issues il'nno graine somoo : A (fig. 15), à plat. — B (fig. 16), ilans une ri- 
golo : la plante è élii bultredeux fois : I, talles lio première gi^nération : S. tnlles de dcuxic^me gén(^ralion. — C (lig. 17), 
dans une rigolo; la plante a èti^ liutli'-e ,leii\ fois : I, tallos de promièro génération ; "2, talles de deuxième génération 
3, talles de troisième génération. 



la terre extraite de celle-ci qu'on bullera les 
plantes. Chacune de ces mesures favorise la 
multiplication des chaumes, favorise le lal- 
lage, pour parler le langage des agriculteurs. 
Leurs effets se cumulent, do sorte que, de 
chaque grain, on peut obtenir une inuffe 
énorme. Les ligures que vous avez sous les 
yeux vous feront mieux comprendre com- 
ment les choses se passent. La figure l'J re- 
présente un blé semé h plat ; il a fourni 
trois talles : la ligne ponctuée, tracée fi un 
centimèlre au-dessous de la ligne de terre, 
limite la mince couche superficielle dans la- 



(!) Coramunication ii l'Académie d'Agriculture. — 
Séance du 31 janvier lOn. 
(2) Voir le numéro du 8 février, p. 37. 



quelle la ligel!e se ramifie. La figure 16 
représente un blé semé au fond d'une rigole, 
et butté seulement après le développement 
de trois talles de première génération. Dans 
la terre rapportée, ces talles se marcottent, 
se ramifient k leur tour, et chaque tige nou- 
velle développe des racines adventives. La 
ligure 17 représente le même blé après deux 
biitlages; la toufTe compte alors trois géné- 
rations de lalles. Il est facile de comprendre, 
d'après le mode de formation des lalles, que 
le nombre de celles ci croit suivant une pro- 
gression géométriiiue, à la condition, bien 
entendu, que les .choses se passent normale- 
ment, c'est-à-dire que le sol soit frais et fer- 
tile, que la terre employée an buftage soit 
suffisamment (ine et stiflLsamment lassée. 



A LINSTITIT NATIONAL AGRONOMIQIE 



Je lue borae à résuinar ces coDdilions, en 
faisnnl remarquer que s'il est facile de les réa- 
liser en pctil. dans de< expériences de labo- 
ratoire, il n'en est ]ihis de même en grande 
culture. En n)iiilipiianl les buttages, on peut 
obtenir pliinieurs centaines de tiges et, par 
conséquent, plusieurs milliers do grains d'un 
seul pied. Ainsi, la puissance de multiplica- 
tion du Ml' et des autres céréales est vrai- 
ment extraordinaire, mais pour qu'elle se 
manifeste, il faut user de procédés de culture 
convenables. La méthode des semis clairs, 
ellectués de bonne heure, complétés par des 
buttages, est une métliode très curieuse au 
point de vue physiologique et très recom. 
niandable lorsqu'on veut, par exemple, mul- 
tiplier une nouvelle variété de blé dont on 
possède seulement quelques grains. Mais elle 
a contre elle d'e.xigcr beaucoup de main- 
d'œuvre, et une main-d'œuvre intelligente; 
voilà un premier motif i[ui, à lui seul, l'em- 
pêcherait, et dans l'avenir plus que jamais, 
d'être adoptée en grande culture. 

Mais elle appelle bien d'autres réserves. On 
compte au moins trois à quatre semaines pour 
obtenir le développement d'une nouvelle gé- 
nération de lalles; si l'on butte deux fois 
seulement avant l'hiver, il faudra donc semer 
deux mois environ avant l'époque ordinaire 
des semailles, c'esl-il-dire, au plus tard, du 
milieu d'août aux premiers jours de sep- 
tembre, ainsi que le recommande M. Devaux. 
Or, sur ('» iiOO 000 hectares destinés en France 
à la production du blé en année normale, 
plus de o millions ne pourraient être ense- 
mencés à cette date. En effet, la plupart des 



plantes qui précèdent le blé, telles que les 
betteraves, les pommes de terre, etc., ne 
sont pas encore récollées, ou bien la récolte 
précédente n'a pas laissé au cultivateur le 
temps de préparer convenablement le sol. 
Sur bien des points, dans le midi de la 
France et dans les terres légères des autres 
régions, c'est la sécheresse qui s'opposera au 
travail du sol et il la germination des plantes. 

M. Devaux nous a présenté des blés d'une 
vigueur extraordinaire, mais-c'esl là un sé- 
rieux défaut. Au moins sous le climat de 
Paris, après beaucoup d'autres observateurs, 
j'ai constaté (jue de telles plantes seraient le 
plus souvent détruites par les froids de Thi- 
ver. Les semis ]>récoces souIVrenl d'autres 
accidents : ce sont les plus attaqués parles 
limaçons, par les insectes et notamment par 
la cécidomye. Le piétia est devenu un Iléau 
très redoutable pour nos cultures de blé; il 
est bien établi que les premiers semis sont 
toujours les plus touchés. J'allais omettre de 
dire que les grosses touffes de blé sont éga- 
lement celles qui résistent le moins à la 
rouille. 

Ce n'est pas tout. Dans un semis com- 
portant au plus une dizaine de pieds au 
mètre carré, lorsqu'une plante est détruite, 
le vide qu'elle laisse ne peut être comblé par 
les plantes voisines, ainsi que cela se pro- 
duit dans les semis épais. Si les vides sont 
nombreux, et il est à craindre qu'il en soit 
ainsi, puisque les semis clairs, ai-je dit, sont 
les plus ravages par les insectes, il en résul- 
tera un lléchissemenl mar([ué de la récolte. 
[A suivre.) E. SciiiuBAUX. 



A L'INSTITUT NATIONAL AGRONOMIQUE 



L'.Vssocialion amicale des anciens élèves de 
l'Institut national agronomiqu(; a célébré, le 
11 janvier, par une cérémonie éminemment 
louchante, la mémoire de ses camarades 
moris pour la Patrie. 

.M. Clémentel, ministre de l'Agriculture, 
présidait, assisté de MM. Ilegnard, directeur, 
U. N^ery, sous-directeur, Cosnier, député, 
président de l'Association amicale. Une nom- 
breuse assistance remplissait le grand am- 
phithéâtre. Elle a écuuté avec une profonde 
émotion, les discours prononcés par MM. Cos- 
nier, lUgnard, Wery et Desplas, député do 
l'urrondisseraeut; M, Cléaunlel en a clos la 
série en insistant sur la haute mission qui 
incomba aux survivants de la grande épopée 
pour assurer l'avenir de 1 .Vgriculture natio- 
nale. 



Du discours accentué jiar l'éloquence du 
cœur que M. Wery a prononcé, nous nous fé- 
licitons de pouvoir extraire quelques pas- 
sages profondénient émus. Invoquant le ta- 
bleau qui montre que, sur 81)0 mobilisés, 
l'Institut agronomique compte, jusqu'ici. 
"200 victimes, il a ajouté ; 

Lorsque nous jetons les yeux sur ce tableau, 
d'oii émane tant de ploire et de douleur, c'est 
toute l'histoire de notre Kcole que nous rovivons 
dans ses plus l)ftlles années et dans les acles 
mapiiiliques ijui lui assurent ;\ jamais la recon- 
iiaissancu de la Patrie. !*us une promotion que 
nous n'ayons connue, l'as un nom (|ui ne nous 
remémore un attachant souvenir, un affectufux 
i-ntrelien, un conseil parfois sollicité et toujours 
donné avec un plaisir inlini, un visaue familier 
au clair et mile regard où nous lisions, déjà, 



NOUVIXLE iiElVUE IiC RETOUR A LA TERUK 



les mystérieuses promesses que nous compre- 
nons si bien aujourd'liui. 

Ombres glorieuses, ombres chères, hélas! si 
nombreuses, qui surgissez à notre commun ap- 
pel, qui vous pressez autour de nous et de vos 
geste» sublimes nous montrez le chemin de 
l'honneur, de l'héroïsme et de la Victoire ! 

Fantômes charmants d'un passé si proche que 
TOUS semblez elTeclivement présents parmi nous 
ce soir... Tout ici vous rappelle : ces amphi- 
théAtree voisins de ceux oii vous écoutiez les 
leçons de nos maîtres, ces laboratoires encore 
remplis de votre labeur, ces salles de travail 
alors vibrantes comme des rrtches; ce jardin, 
témoin de vos gais propos, aujourd'hui solitaire, 
et dont celte froide journée d'hiver semble en- 
core assombrir le deuil. 

chers amis, martyrs de la Pairie, mar- 
tyrs de l'idéal, du droit et de la liberté. Com- 
bien sommes-nous fiers de l'éclat incompa- 
rable que vous avez jeté sur nous! Mais aussi 
comme nous sentons l'étendue de la perte que 
nous avous faite en vous perdant! Notre Associa- 
tion amicale, naguère si joyeuse, si confiante, 
ressemble maintenant à une grande famille 
qu'une affreuse et soudaine catastrophe aurait 
privée de ses enfants les plus jeunes, les plus 
forts, ceux qui étaient sa joie et sa (ierté, ceux 
sur qui reposaient ses plus beaux espoirs... Mais 
vous n'avez réellement pas disparu! Vous vivez, 
vous revivrez toujours dans notre mémoire, éter- 
nellement, avec nos valeureux soldais de France, 
dans celle d'un peuple entier. Car voire héroïque 
sacrifice n'aura pas été vain! 11 a donné des 
fruits que les hommes savoureront tant que la 
boDlé et la justice ne seront pas bannies de la 
terre. Il a payé notre part de la sauvegarde de 
l'honneur, des libertés, de l'existence même de 
la France et des pays opprimés. Aussi, alors 
qu'en nous quittant, la plupart des hommes ne 
sont enveloppés ici-bas que par les ténèbres du 
tombeau, c'est de la lumière qui auréole votre 
jeunesse moissonnée en sa fleur... 



Les peuples confondionl, dans leur reconnais- 
sance, les nobles ouvriers de ces temps bénis. Ils 
leur élèveront des monuments qui ne périront 
pas. Mais s'ils devaient jamais, engourdis par de 
longues années d'heureuse quiétude, négliger 
ceux qui le.s auront conquises, leur mémoire 
sainte vivrait encore dans le cœur du laboureur 
que nos héros ont aimé et secouru. Fût-ce après 
des siècles consommés, un soir d'automne, au 
déclin du jour, courbé sur la charrue, il retrou- 
vera dans la terre fumante, au fond du sillon 
ouvert, le casque vide et l'épéc des ancêtres que 
le poêle divin a chantés... Surpris, suspendant 
un moment son pacifique labeur, il s'arrêtera de 
retourner la motte iferîile. Pensif, il considérera 
ces armes au;^ustes que la rouille a rongées et 
(lue rougissent les feux du couchant, témoins 
de si grandes choses passées, symboles d'un 
danger toujours menaçant. 

Alors, devant l'humble travailleur, surgira 
l'épopée grandiose que la tradition lui aura rap- 
portée et dont la terre,' quoi qu'il advienne, re- 
tentira jusqu'à la fin. Emu jusqu'au fond de 
l'ftme, il songera aux efforts inouïs, aux souf- 
frances indicibles, au sang qu'elle a coûté. Il 
mesurera la'grandeur de la récolte à l'immen- 
sité de son prix. Et sa méditation, comme un 
hymne de reconnaissance infinie, montera vers 
ceux qui, ayantjsauvé le monde il y a bien long- 
temps de la brutalité et du despotisme des Ger- 
mains, conservèrent h ses aïeux leurs libertés, 
leur champ et leur petite maison. 

La conclusion naturelle de celte cérémonie 
a été très heureusement exprimée par M. le 
député Desplas. Après avoir rappelé les le- 
çons sévères qui ont suivi une sécurité falla- 
cieuse el trop confiante, et, après avoir dé- 
ploré les hécatombes qui ont fauché l'élite 
de la jeunesse française, il ne faut pas, s'est- 
il écrié, qu'ils soient morts pour rien ! 

Hknky Sagnucr. 



NOUVELLE ŒU\ HE DU RETOUI{ A LA TEHRE 



Les entreprises tendant à ramener vers 
l'aj^ricuilurt! les « déracinés «qui encombrent 
les villes se multiplient ; c'est un signe que 
les nécessités de rh(Mir(' aciuelle sont de plus 
en plus senties. .\ux nuvres de colle nature 
qui ont été déjà signalées ici, s'est ajoutée 
récemment une association qui a pris le titre 
La Mahon ri le Travail au.v chnmps. 

Nous publions volontiers le programme 
qui nous est communiqué : 

L'abandon de.s campagnes pour les villes est 
si avéré et les conséquences en sont si manifes- 
tement désastreuses, qu'il .semble que les œuvres 
destinées à y remédier doivent attirer de prime 
abord l'intérêt et la sympathie. 



La situation agricole, déjà angoissante avant 
la guerre, s'est encore aggravée en raison des 
pertes supportées par la classe rurale qui com- 
prend (iO 0/0 des mobilisés. 

L'effort admirable dos femmeget des vieillards 
s'épuiso, et le sol français, source de la richesse 
nationale, perd chaque jour un peu de sa vie 
féconde. 

Plus peut-être que par l'invasion de l'ennemi, 
du fait de l'abandon des campagnes, la Pairie 
est en danger. 

L'œuvre La Maisun et le Travail aux champs 
fait appel à tous pour conjurer celte crise re- 
doutable. 

Elle demande en particulier aux grands pro- 
priétaires de consentir à des sacrifices néces- 



72 



L'AUTOMNE 1916 



sairos pour comliatlre l'attrait des villes, la ré- 
forme des coutumes dan:^ereusi's s'impose. Qu'ils 
renoncent à réclamer des employés cclibalams 
et xaisotiiiierg; qu'ils fassent le patriotique effort 
d'installer darablement sur leurs terres des fa- 
milles nombreuses et d'assurer à leurs ouvriers 
le travail de toute l'année; qu'ils leur ménagent 
des lofremenls sains et agréables; qu'ils les en- 
coura^eol ;\ fonder un foyer familial capable de 
les attacher au sol. 

La condition déplorable des domestiques de 
ferme qui n'ont souvent qu'un grabat infect 
dans un coin de l'écurie est une cause fréquente 
de la désertion des campagnes. 

(îrAce aux prix rémunérateurs des denré(>s, 
prâce au nombre considérable de maisons aban- 
données, les améliorations ne sont pas impos- 
sibles et elles sont impérieusement nécessaires. 



L'œuvre La Maison ri le Travail au.v clMm/is s'em- 
ploiera avec énergie et dévouement à venir en 
aide à ceux qui voudront bien la suivre dans 
cette voie. 

Elle a installé des permanences dans les 
grands centies et fait le recrutement minutieux 
des ouvriers jiossibles d'être employés à la cam- 
pagne. Elle les classe ainsi suivant leurs capaci- 
tés et les recommande avec de .sérieuses garan- 
ties aux jiropriétaires qui s'adressent à elle. 

Consciente de la gravité et de l'importance de 
sa tâche, elle cuniple mr l'appui et sur la géné- 
rosité lie tous ceux qui ne veulent pas que meure 
notre belle terre de France. 

On doit adresser les souscriptions à M"' Le 
Tellier, trésorière, 41, rue Saint-Ferdinand, à 
Paris (XVII''). 



L'AUTOMNE 1016 



L'automne a été très frais dans le Sud-Ouest 
et l'Kst de lu France, doux dan.s le.s autres 
parties de la France; les écarts des tempéra- 
tures moyennes à leurs valeurs normales 
sont en délicit de plus de 1" dans l'F.st et le 
Sud-Ouest; ils .sont en faible excès dans 
l'Ouest, le Centre et le Nord. 

La saison a été humide et les pluies fré- 



quentes dans le Nord et rOuesl; les quantités 
d'eau tombée sont sensiblement supérieures 
aux normales dans le Centre, l'Ouest et le 
Nord ; elles leur sont inférieures dans le Sud 
et l'Est. 

Le tableau suivant résume les données 
météorologiques dans différentes régions 
de la France : 



STATIONS 



Paris (Saint-Maur). 

Uiest 

Nantes 

l.yon 

Clerniont-Kerrand . 

Toulouse 

Marseille 



TEMI'KRATURE 



Moyennes des 




es 




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a 










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7. 


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lOM 


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10.2 


15.4 


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Ki.l 


H.9 


6.7 


15. :i 


11.0 


5.4 


15.8 


10.6 


7.5 


15.7 


U.6 


!).2 


19.4 


14.3 



Mininia absolus 
et dates. 



—3° 6 le 17 noverab. 
— 1.4 le 30 novemb. 
—0.6 le 21 octobre. 
—6.3 le 17 Duvemb. 
—7.2 le 17 novemb. 
—3.3 le 16 novemb 
0.4 le22oet.,l«16':o». 



Maxini.i absolus 
et dalos. 



23»9 le 7 sept. 

23.4 le 6 sept. 
25.9 le 2 sept. 

25.5 le 3 sept. 
25. 8 le 3 sept. 
28.0 le 27 sept. 
2S.0 le l"sept. 



i.fi 



I .S 

a. = 



179 
258 
267 
220 
209 
170 
177 



NOMBRE 

de jonrs. 




Le temps a été très variable en sejjtembre, 
alternativement beau ou pluvieux, doux ou 
un pi'ii froid: les pluii's ont étt' fréquentes et 
abondantes pendant la première quin/.aine 
dans le Midi, dans le Nord et l'Ouest pendant 
la seconde. Les moyennes thermiques du 
mois .sont inférieures aux normales dans 
toutes les régions, et les maxima absolus, 
intérieurs A 30", montrent que .septembre na 
présenté aucune journée de grande chaleur. 
Les pluies ont contrarié notablement les Ira- 
vaux des champs. 

Le temps s (îsI mainti-nu doux et très plu- 
vieux en octobre dans la moitié nord Ai- l;i 



l'rance; on n'a constaté, au début de la 
;{' décade, que quelques journées sèches ac- 
compagnées d'un refroidissement sensible 
qui a donné lieu aux premières gelées de la 
saison, lltîlalivement doux dans la moitié 
nord de la France, octobre a été très frais 
dans le Sud-Ouest et le Midi. 

La première semaine de novembre est en- 
core douce et pluvieuse dans le Nord et 
l'Ouest, assez belle et fraîche dans le Midi ; le 
8 et le 9, sous l'influence d'une baisse extrê- 
mement ninarquable du baromètre (|ui a 
.itteiut 7IH millimèlres à Nantes et ~rl\\ milli- 
rnèlrt's ;'i Paris; le temps a été très mauvais : 



ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE 



73 



orages dans l'Ouest, pluies générales abon- 
dantes, chutes de grêle et de neige. 

Du 10 au 16, les pluies cessent; le brouil- 
lard est général et la température un peu 
basse. .\ partir du 17, les pluies reprennent 
en très grande abondance dans le Midi où la 



température se maintient fraîche, tandis que 
dans les régions de l'Ouest et du Nord le 
temps est alternativement doux et humide, 
frais et brumeux. 

G. Bakui';, 

Môtéorologislu au Bureau Cealriil. 



ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE 



Séance du 7 frvrier 1917. 
Présidence de )!. Jules Develle. 

Appel aux agriculteurs. 

M. le .""'ecn/'/i/'' perprliiel donne lecture d'un 
appel qui, sur !e désir exprimé par M. le ministre 
de rAf,'ricullure, sera adressé, au nom du bu- 
reau d»^ l'Académie, aux membres et aux cor- 
respondants de l'Académie pour les inciter à 
maintenir et à développer même notre produc- 
tion agricole, ce qui aujourd'hui est une néces- 
sité, une œuvre de patriotisme et de raison. 

La forêt et les bois du Gabon. 
Tel est le litre d'un nouvel ouvrage de M. Au- 
guste Chevalier, que présente à l'Académie 
M. Maurice de Vilmorin; grâce' aux beaux tra- 
vaux de M. A. Chevalier, les essences de nos 
forets coloniales, étudiées botauiquement, sont 
maintenant désignées sous un nom authentique 
et leur dési;;nation ne risquera plus de prêter 
il confusion. Or, à l'heure actuelle et après 
cette guerre, l'utilisation do nos bois coloniaux 
peut et doit devenir très importante; ces bois, 
en effet, comprennent non seulement des es- 
sences à bois durs colorés et veinés, propres à 
l'ébénisterie, mais aussi nombre d'essences à 
bois tendres propres ;'i des usaf,'es plus généraux. 

L'alcool de topinanbour 
et l'alcool de synthèse. 

A la suite do la communication sur les plantes 
alimentaires el les avantages du topinambour 
comme succédané de la pomme de terre (voir 
l'article dans ce même numéro), M. Mi'liiio 
signale qu'il a reçu un long mémoire dont la 
conclusion est que l'on peut tirer du topinam- 
bour de l'alcool plus avantageusement que de la 
betterave. 

.M. Lindft rappelle qu'en cfTet il y a longtemps 
qu'on a songé 4 fxlraire l'alcool du topinam- 
bour, mais malgré les avantages et les facilités 
que présente la culture de celte plante, la di.slil- 
lerie des lopinarnbouis n'a jamais pu se déve- 
lopper en France ni dans l'Indre-et-Loire, ni 
dans le Loiret, ni en Seine-et-Marne; parce que, 
somme toute, le rendement en alcool par liec- 
tare restait inférieur à celui fourni par la bet- 
terave. 

M. Ilallèr fait observer que la question de 
l'alcool est à l'ordre du Jour; on dit que l'on va 
faire la synthèse de l'alcool au moyen de l'acé- 
tylène. 

Les Allemands auraient même conclu un 



accord avec la Régie suisse pour monter une 
fabrication d'alcool synthétique en partant de ce 
gaz. .le ne sais, ajoute M. Haller, si, à l'expé- 
riouce, tout ce qu'on attend se réalisera. En 
tout cas, il n'y aurait rien d'étonnant à ce qu'on 
arrivât à cette synthèse de l'alcool puisque la 
synthèse de l'acide acéti(iue est parfaitement 
réalisée. 

Sur les conditions du développement de la cul- 
ture du coton dans l'Afrique occidentale fran- 
çaise. 

MM. Barois et Dyb(ju'ski déposent leurs rap- 
l>orts sur les couditions du développement de la 
culture du coton dans 1" Afrique occidentale fran- 
çaise; les conclusions en seront discutées dans 
la séance du 21 février. 
Les salaires et les prix de revient du blé. 
M. le cotnle Imharl <le. la Tmir, correspondant, 
établit que les bénéfices agricoles ne sont pas ce 
que souvent l'on suppose dans le grand public, 
et qu'alors au lieu de limiter ou d'imposer le 
bénélice des cultivateurs de blé, il serait plus 
urgent de leur venir en aide, et cela en diminuant 
les frais qui leur incombent ou en augmentant 
leurs récoltes. 

Séance du 11- février 1917. 
Présidence de M. .lule^ Develle. 
M. Henri de La/iparenI est heureux d'annoncer 
à l'Académie que M. Ch-raentel, membre de 
l'Agriculture, vient de nommer M. Jules Develle 
contrôleur général de la main-d'u!uvre agricole, 
tant au point de vue militaire qu'au point de vue 
civil. 

M. Develle ajoute qu'un Comité comprenant 
des représentants de la guerre, de l'armement et 
de l'agriculture lui est adjoint el que ce Comité, 
présidé par le général Lyautey, prendra toutes 
les mesures intéressant l'agriculture. 

Ces communications sont accueillies avec la 
|ilus vive approbation par l'Académie. 

La réquisition des laines. 
M. Biiclieliir, loirespondaiit, appelle l'atten- 
tion de l'Académie sur les conséquences qu'en- 
traînent les réquisitions des laines des troupeaux 
français à un prix vraiment trop bas. L'Inten- 
dance, dans la lixalion des prix auxquels les 
laines ont été réquisitionnées l'an dernier, n'a 
pus cru devoir tenir compte de la hausse géné- 
rale de tous les produits agricoles, ni de l'aug- 
mentation des frais que l'agriculture a ;'i sup- 
porter. Cependant, si on n'y prend pas garde, si 



-.i 



JORRESPONUANCE 



les trremeiUs d> l'an (!• rnior aemeurent les 
mômes pour la présente '.arapa-ae, nous assis- 
Iprons h la vente .les troupeaux que les éleveurs 
maintiennent à gran.rpein«. Unns le seul i-aiiton 
de Morniant, -'n >\<-m\ ans, les troupeaux de 
moutons ont penlu un tiers de leur etTectif — 
4 :,00 brel.is sur un total de 14 000 têtes — et 
cepenilant roml'ion les moutons sont utiles et 
pn'cieux, eu délier» de la viande nt de la laine 
qu'ils fournissent, pour assurer le maintien de 
la fertilité des terres. 

Les éleveurs éprouvent dus diflicultés ciiaqne 
jour croissantes pour lu partie et la ci'uduite de 
leurs troupeaux;; si, en outre, les prix de la ré- 
quisition ne leur permettent jpas de tirer des 
pailles et des fourrai;es consommés par h-s ani- 
maux un i>rix en rapport avec < i-lui auquel ces 
mêmes pailles et fourrages peuvent être vendus 
directement, ils abandonneront le mouton. 

Il est h souhaiter que l'Intendance, chariîéc des 
réquisitions, se rende compte de toutes ces con- 
séquences, et qu'en même temps, pour les ré- 
fllenienlations de compte, elle se montre plus 
équitable. Les agriculteur», comme M. Bachelier, 
qui, en 1916, ont refusé les offres amiables de 
l'Intendance et usant du droit que leur donne la 
loi de 1877, et ont fait appel devant les Iribu- 
naus, n'ont pas pu encore loucher les sommes 
qui leur sont dues. 

Les ressources de l'Indo Chine en oléagineux. 

M. Bienirr, secrétaire général de la Chambre 
de commerce de Marseille, qui, pendant quinze 
ans, a habité l'Indo-Chine, entretient l'.Vcadémie 
des ressources que notre belle colonie d'Extrême- 
Orient offrent en plantes oléagineuses et corps 
gras. 

I.a question est de premier intérêt p.mr la 
France et en particulier pour nos grandes in- 
dustries de .Marseille ; nous étions jusqu'ici, en 
effet, le principal pays fournisseur des matières 
finisses, mais l'Allemagne, déjà avant cette 



yuerre, avait n-alisé de ce clv d'^s pro^ns con- 
sidérables, et depuis la (guerre, l'Angleterre a pro- 
voqué dans ses ports rétablissennul de nouvelles 
et puissantes industries de matièr<s yrasses. Si 
nous voulons que nos industries françaises ne 
péricitleni pas et Iroufenl la matière première 
nécessaire, il faut orienter nos colonies dans la 
voie de la iiroductiou des oléagineux; il suflit, 
du reste, de tirer parti des ressources que iléjà 
celles-ci oITrent et ensuite il faut les développer. 

L'Indo-Ci)ine produit tout d'abord un Jcerlain 
nombre d'arbres et d'arbrisseaux à huile ou à 
suif végétal; ils donnent des produits de simple 
l'uellletle qui ne sont pas à négliger; mais il y a 
surtout les plantes de culture. 

L'extension de la culture du coton au uord de 
la colonie et au Cambodge permettrait de tirer 
parti de ses graines oléaginmises. 

VUevvti, l'arbre à caoutchouc dont les planta- 
lions sont déji'i importantes en C.oc hinchine, 
renferme de» graines dont l'amande, qui repré- 
sente !>0 0/0 du poids des graines, donne 42 0/0 
d'huile siccative. 

Le Siija du Cambodge est très riche en huile 
IH 0) et le tourteau de soja est excellent pour 
les animaux. 

Le liicin, qui prospère si bien an Tonkin, 
donne une hnile exportée déjà en Chine ; le 
ricin du Tonkin est aussi riche en huib' que le 
ricin de l'Inde. 

L'Arachide, très cultivée déjà dans le centre de 
l'.Vnnam, pourrait s'étendre dans ce pays, en 
Cochinchine et au Cambodge. 

Le Srxame est également une graine fort inté- 
ressante à cause de son fort rendement en huile, 
et les cultures soignées des rolons oblifunent 
des productions doubles de celles des indigènes. 

EntiD, le Coprah amande desséchée de la noix 
de coco) est déjà expédié en France en quantités 
importantes. Ce palmier serait à multiplier le 
long des arroyos aux eaux salées du Mékong et 
sur les bords du golfe de Siam. 

II. IIlTIEIl. 



œilKESPONDANCE 



— N" i'<.397 fiher). Les manèges à plan in- 
cliné sont très recommandables s'ils sont pour- 
vus d'un régulateur de vitesse, limitant la vitesse 
du tablier à O^.SO par seconde et lorsque la pente 
du tablier n'atteint pas 0"'.2;i par mètre. Avec un 
cheval du poids de !>'>0 kilogr. et uno pente de 
O".!" par mètre, on obtient pratiquement 
7 dixièmes d'un cheval-vapeur. L'arbre qui porte 
la poulie Je commande fait environ 300 toUrs 
par minute, mais ce chiffre varie un peu suivant 
lis iiinslructeurs; en tous cas, vous pouvez faire 
l'av.iiit-projet dont vous |iarlez et le compléter 
après l.i guerre, car actuelli-inent on ne cons- 
truit pas de ces machines. — (,M. 11. 

— .\» tJTiii Scint). — Voici le principe des 
upéraltoits pour twuMr Us peaux îles pelil.s 
mammifères, lapin, lièvres, chats. La peau est 



mise à tremper pendant 24 In ures dans l e.iu 
froide, puis avec uu couteau dont le tranchant 
est mousse, on enlève les libres, l.i graisse el la 
chair qui peuvent adhérer à la peau. 

Le laniiage à l'alun consiste à tremper la peau 
[lendanl quar.mti'-huil heures dans un bain 
tiède de 60 grammes d'alun et 21j grammes de 
sel de cuisine par litre d'eau. A la sortie du 
bain, la peau «si tendue sur un cadre de bois et 
on la laissi- séc lier lentement à l'ombre, en l'éti- 
rant plusieurs fois dans tous les sens. 

A la plare de l'alun, on peut employer une 
décoction di sumac des corroyeurs que le com- 
merce vend sous forme de poudre. — M. U.) 



U e»t imiisptHiiMe de joindre une bainlt de 
Journal à toutes tes demandes de renseignements. 



REVUE COMMERCIALE 



LA QUINZAINE iMÉTÉOKOLOGlOUE 

Semaine du :i au 11 février i^ll [OBSERVATOIRE DU PARC SAIMT-MAUR) 





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Lundi j fév. 


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— 130'J 


— 4«2 


— 9''.3 


— 12.4 


w 


0.0 


1.8 


BrouiliarJ et nci|;e. 


Mardi 6 — 


■• 


— 13.9 


-1.1 


—7.6 


— 10.8 


» 


4.4 


u 


Nuageux, bruine. 


Mercredi.. 1 — 


■■ 


— 7.1 


2.1 


—3.2 


— 6.4 


» 


S. S 


'■ 


Beau temps. 


Jeudi 8 — 


M 


- S. 8 


—0.1 


— i.7 


— S.O 


» 


0.0 


" 


Beau temps. 


Vendredi. !" — 


M 


—10.8 


-0.8 


-5.9 


— 9.2 


»> 


9.0 


» 


Gelée bl., beau temps. 


Samedi... lu — 


• 


— 10.1 


1.9 


—0.2 


— 8.6 


» 


9.0 


■■ 


Gelée bl., beau temps. 


Pim Il — 


» 


-11.8 


2.0 


—5.4 


- 8.8 


" 


4.1 


» 


Gelée bl. et brume. 


■•j'iiei oa itusi 


„ 


— 10.9 


0.0 


—3.9 


1* 


„ 


44.3 


I.S 


Pluie depuis le i" janvier : 


loiu sif > nimk 


" 


—11.0 


—6.2 


-9.2 


» 


» 


au lien de 
68 h. 1 
dur. iMor. 




En 1917 28-"» 

Normale 54°'"' 








Serr 


Mine du Iti 


au 18 


févri 


er 191 


7 


Lundi.... l:iiev. 


1» 


— 80.8 


20 9 


— 2û6 


-6"1 


» 


2.7 


0.1 


Gel<''e bl., i;ivre. brouill.; neij;e 


Mardi.... 13 — 


» 


— 3.8 


2.9 


-1.2 


-4.7 


» 


4. G 


» 


le soir. 
Ueau temps. 


Mercredi. H — 


» 


— .j.O 


i.S 


-1.4 


-5.0 


1» 


3.6 


» 


Gelée bl., givre, beau temps. 


Jeudi 15 — 


» 


— (-.« 


7.0 


-11.4 


-4.0 


» 


7.3 


- 


Gelée bl., givre, beau "temps. 


Vendredi. 16 — 


" 


- 3.3 


12.0 


3.7 


0.0 


" 


0.7 


» 


Gelée bl.. temps couvert.. 


Samedi .. 1" — 


» 


4 3 


11.3 


6.3 


+2.7 


M 


0.0 


■'. t 


Gelée bl. le m., pluie le soir. 


Dimanche l^^ — 


w 


2 7 


a..--. 


4.0 


+0.2 


' 


0.0 


'■ 


Temps couvert, brouillard. 


■•jnui et uuu 


. 


— 3.1 


6.0 


1.2 


U 


., 


IS.!) 


5.5 


Pluie depuis le l»' janvier : 


laiti ni U nmi'.t 


■■ 


- 3. S 


— 1.3 


—2.4 


■■ 


1 


as lien de 

71 h. 

dor. H(»r. 




En 1917 34""» 

Normale Gii""" 



(La publicition 
censure an Bureau 



des renseignements sur la pression barométrique et sur le vent est interdite par la 
central météorologique.) 



REVUE COiMMERGIALE 



Situation générale. — Le régime des températures 
excepliunnelleiiiciit basses .i coeore d<jminé pead.int 
cette i(uinzaine; quoiquil ait été en général moins 
rude, il a persisté presque partout ; il n'y a eu d'ex- 
ception que dans quelques parties des régions de 
l'Ouest et du !>ud-Ouest. Au milieu du mois, le dé- 
gel est devenu à peu prés géni i il. Les traviiu.x des 
eh.irops ont subi un retard accentue. 

Blés et Farines.— Quoique l.i neige ait été iiresquc 
partout assez abondante et qu'elle ail eu pour ctret de 
proléger en |>artie au moins les lultures, on rciloutc 
que le froiil intense ait provoqiii- des degàts, il au- 
tant plus que la terre était le plus souvent saturée 
d'humidité quand il est survenu; mais on n'aura de 



cerlilude absolue à cet égard qu'après le dégel 
Huant à l.i situation commerciale, elle est toujours 
pivcaire ; les restrictions relatives au transport des 
lilis ont clé levi-es parliellement, ni.iis les transports 
sont toujours aussi irreguliers ; d'autre part, les 
oflres de la culture restent sous la dépenilance des 
réquisitions et des restrictions imposera .irbitruire- 
nienl par les préfets: les meuniers se [ilaignent ((ne 
leurs approvisionnements soient le plus souvent in- 
>uriisants. Il n'y a pas d'autre [prix à enregistrer que 
<eux de la taxe. Les blés durs restent au prix de 36 
à 38 fr. à Marseille. 

Sur le:i marches américains, les prix ont accusé 
une nouvelle fermeté: à \eœ-York, on cote le blé 



16 



REVUE COMMERCIALE 



disponible 3". 15 par 100 kilogr. .lU pair (41. "0 au 
cours du ebanfîeV En Anyleterre. les cours sont h 
peu près stationnairfs : à Lomiresy on cote les lilrs 
indigi'nes par 100 kilour. : blancs, 42.50 à 43 fr.; 
roux. S2 à 'li.îM: les lilés ranailiens nouveaux sont 
payés 411 à .'il fr.; les ami-ricains 44 à 4G fr.; les aus- 
traliens 4X n 49 fr. .Maintien en Suisse, des prix aux 
taux (le i'i II .'>U fr. suivant les cantons. 

Pour les farines, les ventes sont régulières, aux 
taux des taxes départementales. 

Issues. — Les demandes sont actives, mais les 
oflres rares; les prix sont très fermes. 

Seigles. — Les affaires sont très limitées aux taux 
de la taxe. 

Avoines. — Les demandes sont actives sur la 
plupart des marchés, et les cours accusent une 
grande fermeté : avoines noires ou grises, 30 à 31.50: 
aunes on blanches, 29.50 à 30.50. 

Sarrasins. — La fermeté des prix se maintient 
avec des demandes actives. On cote de 41 à 41. 15 
par 100 kilogr. sur les marchés de l'Ouest. 

Maïs. — Les prix accusent enrore on peude hausse. 
A Marseille, les maïs de La Plata valent 41 à 49 fr. 
par 100 kilogr. suivant les sortes. 

Pommes de terre. — Les affaires arrêtées par le 
froid souffrent, en outre, de la crise de* transports. 
Les prix sont fermes, suivant les régions, de 18 à 
il fr. par 100 kilogr. 

Légumes secs. — Maintien des prix pour les hari- 
cots. A Marseille, les fèves nouvelles de Tunisie 
valent t2 fr. par 100 kilogr. 

Graines fourragères. — Les cours sont très fermes 

pour toutes les sortes. 

Sraines oléagineuses. — Suivant !cs marchés, lo 
colza indif^i-ne est colé 80 à 90 fr. par 100 kilogr. 

Fourrages. — la situation reste sans changements. 
Un paie dans le Centre S. 50 à 9 fr par kilogr. pour les 
foins de bonne qualité. A Paris-La Chapelle, on paie 
par 104 bottes (520 kilogr.) : foin, lO:. a 124 fr. ; lu- 
zerne, 108 à 120 fr. ; regai:i de luzerne, 98 à 110 fr. ; 
paille de blé, 65 à 14 fr. ; paille d'avoine, 51 à 56 fr. 

Bétail. — Voici le relevé du dernier marché de La 
Villelle, à Paris (19 février) : 



Bœuts.... 
Vaches. . . 
Taureaux. 

V'oaux 

MouloDS.. 
Porcs . . . . 



Amenés. 



'• 3iu 
1 113 
385 
1 c08 
11 S«0 
4 S56 



Invendus. 



35:t 
ISO 
83 

■jr> 

600 



PRIX DU KILOG. 
kV POIDS NBT. 



1" 

quai. 
2.C6 
•2.60 
2.40 
3.40 
4.26 
3. 30 



2- 
quai. 

•J.bf, 
2.54 
2.30 
2.90 
3.90 
3 16 



3' 
quai. 
2.36 
2.34 
2.1C 
2.40 
3.10 
2.7; 



Prix exlrêmos du kiloj:rainmo. 



Au poids vif. 



Au poids not. 



Bœufs 0.0S4I.69 i.»6 à 

Vachea O.dH 1.70 1.S6 

Taureaux 1.03 1.49 2.06 

Veiox 0.» 2.34 1.90 

UoDton* 1.34 2.21 2.80 

Porc» 1.68 2.38 3.40 

Dans les départements, on paie : 
.ili/iic/i.s-, par kilogr poids net : bœufs et ' 
2.30 6 3.10; veaux, 1.95 h .l.i:.; porcs, 3.30 & 3 
Rouen, par kilogr. poid« net : bœuf>, 2.70 ii 
moutons, 4.*0 à 5 fr. 

Chartres, par kilogr. poids net : ■•. ■• L-ras, 
4 fr. 



2.82 
2.84 
2.48 
3.90 
2.60 
3.40 



arhis, 
..10. 
3 fr.: 

3.10 à 



Cholel, par kilogr. poids vif : bœufs, 0.91 à 1.07; 
vaches, 0.92 à 1.02; porcs, 2.40 à 2.30. 

l'jon, par kilogr. poids vif : bœufs, 1.20 à 1.86; 
veaux, 1.80 à 2.20; moutons, 1.60 à 1.90; porcs, 2.30 
à 2.60. 

Mmes par kilogr. poids net ; bœufs, 1.50 à 2.35; 
moutons, 2.90 à 3.20; par kilogr. poids vif: veaux, 
1.50 à 1 80; porcs, 2.60 à 2.72. 

A Oenéve, on cote par kilogr. poids vif : bœufs, 
1.75 à 1.85; veaux. 1.75 à 2.20; porcs, 2.90 à 3 fr. 

En Italie, à Milan, derniers cours au poids vif : 
bœuf. 1.08 à 1.87; vaches, 1.17 à 1.77: veaux, 1.30 à 
2.20. 

Viandes. — Derniers cours officiels aux Halles 
centrales de Paris (par kilogr.) : 
Bœuf. 

1/4 do derrière. 1 60 à 2 60 Trains 2 00 » 2 90 

1/4 de devant. 1 40 2 10 Cuisses .... 2 20 2 70 
Aloyau . . . . 2 CO 3 10 Pis et collet. . 1 SO 2 40 
Paleron .... 1 80 2 40 Bavette .... 1 80 2 50 

Veau. 
Extra. ... 3 40 à 3 70 Pans et cuiss. 2 50 à 4 20 
1" qualité. . . 3 00 3 30 Veaux de Caen: 

2- — ... 2 60 290 1/4 de devant.. 2 40 à 2 80 
3« — ... 2 20 2 50 1/4 de derrière. 2 70 3 60 

Veaux bretons. 2 00 2 70 
Mouton. 

1" qualiliS. . . 3 00 à 4 20 Gigot 3 20 à 4 60 

2' — ... 3 40 3 80 Carrés parés. . 3 lKI 5 80 

3- — ... 2 90 3 30 Agneaux ... 2 00 4 40 

Porc. 

Extra 3 M) à 3 60 Filet» 3 00 * 4 30 

1" qualité. . . 3 '0 3 30 Jambons . . . 2 BO 3 90 

2' — ... 2 90 3 00 Reins 2 80 3 70 

Poil, fraîches. 2 00 3 70 Poil, salées . . » » 

Suifs. — Hausse accentuée. Dernière cote ofGcielle 
à Paris : 160 fr. par 100 kilogr. 

Vins. — La situation générale intérieure ne s'est 
pas modifiée sensiblement durant cette quinzaine; 
mais une hausse des frets maritimes et des assurances 
dans la Méditerranée a provo<iui' une reprise accen- 
tuée des vins algériens it e9pagn<ds, qui a eu sa 
répercussion sur les marchés méridionaux. On cote 
par hectolitre nu : iViwre, vins rouges, 7 à 8», 65 à 
66 fr.; 8 à 9", 67 fr. ; 11*, C8 fr.; 11 à I2«. 69 à 70 fr. 
liéziers, 7 à 8», 64 fr. ; 10 à 12", 68 fr. ; vins rosés, 
6S à 72 fr.; vin blancs, 74 à 77 fr. A Marseille, les 
vin.« d'Algérie sont cotés 62 à 75 fr. suivant qualité. 
Les travaux dans le vignoble ont été interrompus 
presque partout par la neige. 

Alcools. — Cours stationnaires sur les marchés 
méridionaux. Le 3/6 vin 86* bon goût est coté, par 
hectolitre, 430 fr. à .Montpellier et 425 fr. àNimes; 
le 3,6 marc, 330 fr. à Montpellier et 310 fr. à Héziers. 
Pommes à cidre. — Li's prix sont sans change- 
ments, de liO à 150 fr. par 1000 kilogr. ; les affaires 
sont très limitées. 

Beurres et fromages. — La taxation fonctionne 
dans un; certain nouilire ée départements. A Paiis, 
elle a été établie comme il suit pour les beurres : 
beurres fermiers d'Isigny et «le (iournay, 6 à 6.70 
par kilogr.; beurres surfins, 5.90 ,i 6.60; beurres 
fins. 5.50 à 6.20; beurres marchands, 5.20 à 5.90; 
beurres ordinaires divers. 4.90 à .'i.90. Pour les fro- 
mages à pâte molle, la taxe est appliipiée par unité : 
camemtieris, 0.85 à 1.30; demi-cauiemberts. 0.48 à 
0.75; forme camembert. 0.75 à 0.90; l'ont l'Evéque 
1.05 à 1.45, 

Œufs. — Prix plus fermes aux Halles de Paris : 
230 Â 300 fr. par mille. H. Duii.\.m>. 

le gérant : Ciiahlbs Ddtheix. 

Paris. — L. Makethbux, inipriuicur, 1, rue Cassette. 



CHRONIQUE AGRICOLE 



<:hronioue agricole 



Lenteur des solutions parlementaires dans les nllaires agricoles. — Le projet sur la culture des terres aban- 
données. — Modification au projet de prime à la production du Idé. — Les mélanges de farines. — 
.Manifestation déplacée. — Discussion à la Chambre des Députés >ur le renvoi à l'agriculture îles agri- 
culteurs des classes 1888 et 1SS9. — Projet de contrat pour la culture des betteraves à sucre en 1917. — 
Evaluation de la récolte des pouiuies de terre et di; la production du cidre en 191 fi. — Nécrologie : mort 
de M. \. .Muntz, il>- .\l. Linder et de .M. .\lfred (jallier. — Les rniirnitiires d'essence ou de pétrole pour 
les tracteurs. — Ouvrage de .M. le D' Cliauveau sur la culture (nécanique. — Lettre de M. Baudry de 
Saunier. — Essais de culture mécanique dan.* la Charente. — E.\amens d'admission h l'Ecole de Uiterie 
de MaoïiroUe. — L'exportation des tourteaux en Suisse. — Lettre de M. Ernest Laur. — Efforts pour- 
suivis en Angleterre pour relever la production agricole. — Mesures annoncées par M. Lloyd George. — 
Fixation d'un salaire minimum pour les ouvriers agricoles et de prix minima pour le blé et pour 
l'avoine. 



Le blé et le pain. 

La Chambre des députés donne actuelle- ] 
ment, en ce qui concerne les discussions rela- 
tives aux affaires ;if;ricoles, le spectacle d'un i 
véritable désarroi. Klle avait voté d"emblée. | 
sans discussion, un projet dc' loi relatif à la ! 
mise en culture des terres abandonnées, dont 
cert.'iines dispositions demandaient à être 
améliorées ; le Sénat s'élant mis d'accord 
avec le ministre de l'Agriculture et ayant 
adopté le \'.\ février un texte qui consacrait 
une méthode pratique, la Chambre paraît 
s'en être désintéressée et ne plus vouloir se 
préoccuper d'en permettre l'application, 
quoique celle-ci soit urgente, puisqu'il s'agit 
des travaux de printemps actuellement en 
pleine activité. Il y a bientôt un mois, le 
ministre de l'.^gricullure a déposé un projet 
de loi dont l'objet est de relever la prime à la 
production du blé; il semblait que ce projet 
di'it être examiné et discuté d'urgence, puis- 
que, dans ce cas aussi, il s'agit des semailles 
de printemps; or, la Commission à laquelle 
ce projet a été renvoyé vient ,'i peine de 
l'examiner, en concluiinl à relever la prime 
à 7 fr. par quintal, en supprimant l'allocation 
prévue de ^ fr. par hectare ensemencé en 
blé de |)rinlemps. l.a période des semailles 
sera probablement achevée avani que la so- 
lution délinilive soit intervenue. 

Il est \Tai que la Commission de l'Agricul- 
ture s'est livrée à l'étude du projet sur les 
mélanges des farines que nous avons analysé 
dans notre précédente Chronique (p. (i.4); on 
a annoncé qu'elle proposait l'adoption de ce 
projet, avec quelques modifications. A celle 
occasion, elle aurait demandé au ministre du 
Ravitaillement d'étudier l'application très 
prochaine de la réglemenlalion de la vente 
du pain. PJnfin, elle aurait insisté tout entière 
■< pour que les 25f) OOft agriculteurs des 
vieilips classes, absolumcnl indispensables 
pour mettre en valeur les terres en friches el 

8 Mars 1917. — N° 3. 



éviter au pays la disette de pain, soient ren- 
voyés à l'Agriculture. » 

Cette dernière tnanifeslalion appelle quel- 
ques observations, car elle dépasse ce qui est 
permis, même à une Commission parlemen- 
taire. Sans aucun doute, il serait heureux 
que les vieilles classes mobilisées fussent 
rendues au sol; leur retour, s'il ne suppri- 
merait pas toutes les diflicullés au milieu 
desquelles se débat la production agricole, 
apporterait un palliatif. Le problème n'est 
pas là, il est tout entier de savoir si ce retour 
est possible. Or, depuis un an, les ministres 
de la (luerre, naguère le général Gallieni. 
aujourd'iuii le général Lyautey, les généraux 
en chef, d'abord le maréchal JofiTre, puis le 
général Nivelle, ont été unanimes à procla- 
mer que cette mesure est irréalisable, si l'on 
veut maintenir à l'armée la force qui lui est 
nécessaire pour soutenir ht lutte jusqu'au 
bout et assurer la victoire. Ou ne peut que 
s'incliner devant des autorités contre les- 
quelles ne sauraient prévaloir des arguties 
spécieuses. Les agriculteurs le savent bien, 
ils ne proteslenl pus, ils jugent à leur valeur 
les efforts poursuivis par certains pour se 
créer auprès d'eux une popularité de mau- 
vais aloi. 

Les agriculteurs des classes 1888 et 1889. 
Nos lecteurs sont au courant des mesures 
qui ont été ordonnées par le ministre de la 
Guerre pour rendre immédiatement à leurs 
travaux les agriculteurs des classes 1888 
et 1889 présents sous les drapeaux. On a vu 
Chronique du 2") janvier, p. 25) que ceux-ci 
straieni non démobilisés, mais mobilisés aux 
champs, à l'exceplion toutefois de ceux em- 
ployés aux usines de guerre qui y seraient 
maintenus jusqu'à ce qu'ils aient été rempla- 
<;ès. Ainsi qu'il arrive toujours, l'application 
rapide de cette mesure a rencontré des 
obstacles. La .séance du 'i'ti février à la 
•(]hainbr(! des députés a été consacrée à des 

1917.— r, 



78 



CHRONIQUE 



interpellations relatives aux causes de ces | 
retards. 

De la discussion un peu confuse qui a 
rempli celle séance, on doit retenir celle dé- 
claration de M. Kené Besnard. sous-secré- 
taire dElat à la Guerre : sur 18 000 à 
:»0 000 af;riculteurs ou ouvriers agricoles des 
'Qsses 1HS8 et 1880 qu'on comptait dans la 
7.one de l'intérieur, ii 991 avaient été ren- 
voyés à la date du 22 février, et, sur un 
nombre à peu près éfjal dans la zone des 
armées, H 000 avaient été renvoyés à la même 
date. La C.tiambre a estimé que le mouve- 
ment n'était pas assez rapide, et elle a adopté, 
presque à l'unanimili'. un ordre du jour 
invitant le Gouvernement ;"i mettre à la dis- 
position de l'Agriculture tous les agriculteurs 
de ces classes, tant dans la zone des armées 
que dans celle de l'intérieur, avant le 1" mars, 
et à reporter exceptionnellement au 10 mars 
le délai pour ceux qui sont employés dans les 
usines. Le sous-secrélaire d'Etat à la Guerre 
a présenté des réserves relativement à la 
possibilité d'achever celte opération dans ces 
délais, mais il a ajouté que le renvoi serait 
exécuté avec la plus grande célérité. 

Serait-il possible d'aller plus loin, ainsi 
que certains députés l'ont demandé une fois 
de plus'.' Le général Lyautey, ministre de la 
Guerre, a répondu négativement dans une 
discussion antérieure. (In doit avoir foi dans 
sa parole, car la plus lourile responsabilité 
pèse sur ses épaules; toute opposition doit 
céder devant les besoins de l'armée, celle qui 
subsisterait encore paraîtrait inspirée par 
des sentiments qu'on doit ri^'proiiver. 

La betterave à sucre. 
Le Jnurual Officiel du 2t> février a publié 
une circulaire ministérielle aux préfets des- 
tinée à fixer autant que possible les condi- 
tions de production de la betterave à sucre 
])0nr la prochaine campagni'. .\ celte circu- 
laiie est joint un projet de conirat pour la 
livraison des betteraves par les lullivateurs 
aux fabricants de sucre. D'après ca projet, le 
prix de la betterave serait lixé comme il suit : 

La betterave est payi'-e, au minimum, ii.') fr. la 
lennf à '"'6 de densité, avec 60 cenlimt'S d'aug- 
mentation pour chaque dixii'-me au-dessus de 7"5 
<>t 00 centimes de diininulion pour chaque di- 
xième au-dessous de T"li ii:si|u'à '7°. 

.'^i la densiti' est inférieure à CW, le fabricant 
peut refuser la livraison. Le prix de un dixième 
de densilc' entre (("S et 7°, d')nne lieu à un arran- 
gement entre le cullivateur et le f:tliriranl. Il est 
entr-ndu que les betteravi s à fort deyré de den- 
-iii' iif> doivent pas contfiiir moins de sucre par 
.1-1 que celles ayanl 7° à 8» de den«ité. 



AGKICULE 

La tonne achetée à forfait est payée Ij7 fr. au 
minimum si la ^'raine a été fournie par le fabri- 
cant. 

La circulaire ajoute que le Gouvernement 
demande aux fabricants de s'engager à ne 
pas vendre le sucre au delà du prix maxi- 
mum de 80 fr. le quintal, et qu'un accord 
avec le service de l'Armement va établir la 
parité entre ce prix du sucre et le prix de 
l'alcool réquisitionné pour les besoins des 
fabrications de guerre. 

Production des cidres en 1916. 
Le ministère de l'Agriculture (Office de 
renseignements agricoles) a publié au Jour- 
nal Officiel du 22 février le relevé de la pro- 
duction de?, pommes et poires à cidre en 
lOltî, ainsi qu'une évaluation de la produc- 
tion des cidres et des poirés. Voici le résumé 
de ces documents : 

Evaluation 
l^uiiiinfs (le la 

et production Avs 

poirosâ cidre. cidres et poirés. 

qnintnuN hectolitres 

t '-région. Xord-Oues! n 345 600 i lM8 150 

2- _ Nord 2 224 63(1 1175 910 

3^ — Nord-Sst.. 80 330 29)50 

i — Ouest 125 250 91 130 

5'- — Ceatre .... 285 060 123 190 

Ë' — Est 811 8U0 101 720 

-f — Sud-Ouest. 7-2 07U i2 390 

ge _ Sud 41 500 32 360 

9' — Sud-Est... 2 380 1 160 

10 — Corse » __<^ 

Totaux 8 26G 620 5 822 120 

mis 37 354 960 29 507 301 

l;n4 24 254 140 17 080 300 

1913 51268 910 26 129 660 

1912 23 948 260 15 879 580 

l'JlI 30 897 -MO 21898 450 

La récolle des pommes à cidre a atteint 
seulement, comme le montre ce tableau, le 
quart de celle de l'année la moins favorisée 
dans la période quinquennale précédente. 

Nécrologie. 
C'e>\. avec un profond regret que nous an- 
nonçons la mort de M. Achille Milutz, pro- 
fesseur A ^Ill^litul national agronomique, dé- 
cédé à Paris le 20 février dans .sa soixante-et- 
onzième .-innée. Ses rechiTcbes et ses travaux 
lui avaient conquis une des premières places 
dans la science moderne. Formé à l'école de 
Houssingiiull, il s'est adonné aux éludes de 
physiologie végétale et surtout de chimie 
agricole : le nombre des mémoires qu'on 
lui doit sur ces sujets est très élevé; on doit 
citer spécialement ses importantes recher- 
ches sur la nilrification, sur la composition 
de l'air aux altitudes élevées, sur la coiupo- 



CHKONIQUE AGRICOLE 



19 



sitioD des aliments du bétail et des en- 
grais, elc. Son ouvrage /.es etti/rais. fait en 
coUaboralion avec M. A. Ch. (iirard, a rendu 
les plus grands services pendant les vingt 
dernières années. Il était membre de l'Acadé- 
mie des Sciences et de l'Académie d'Agricul- 
ture; ses qualités lui avaient conquis l'estime 
universelle. 

M. Oscar Linder, inspecteur général hono- 
raire des Mine«. décédé à Paris le 22 février 
à l'âge de quatre-vingt sept ans, s'est fait ap- 
précier par d'importants travaux sur les ap- 
plications dn la géologie à l'agriculture. 11 fut 
un des premiers auteurs de sondages dans le 
Sud Algérien pour lacaptation et l'utilisation 
des eaux souterraines en irrigations; on lui 
doit des études analogues pour le bassin de 
la Garonne, et plusieurs feuilles se rapportant 
au département de la Gironde de la carie 
géologique détaillée de la France. Il présida 
le Conseil général des Mines. [11 avait été élu 
en 1892 membre de l'Académie d'Agriculture 
dans la Section de Génie rural. 

Par la mort de M. Alfred Gallier, décédé le 
20 février à l'âge de soixante-et-un ans, nous 
perdons un de nos collaborateurs les plus es- 
timés. Secrétaire perpétuel de la Société vé- 
térinaire du Calvados, inspecteur sanitaire de 
la ville de Caen, il avait acquis une haute au- 
torité dans les questions liippiques; on lui 
doit plusieurs ouvrages très appréciés sur 
l'élevage du cheval. Il était membre du Con- 
seil général du Calvados et correspondant de 
l'Académie d'Agriculture dans la Section 
d'Economie des animaux. 

Culture mécanique. 

La noie suivante a été communiquée par 
le ministère <Ie l'Agriculture : 

!,es a/iriculleurs qui désirent de l'essence ou 
du pétrole pour la marche fie leurs tracteurs ou 
de leurs batteuses doivent adresser une demande 
signée au directeur départemental des .Services 
agricoles. Sur celle demande, les cultivateurs 
Indiqueront leur nom, leur domicile icommune 
et département), ainsi que lu quantité d'essence 
ou de pétrole sollicitée et la maison qui doit 
fournir le produit. \ cet effet, les directeurs des 
Services agricoles ont reçu, le IC février, les 
instructions nécessaires, ainsi qu'un modèle de 
demande à établir par les intéressés. 

Le directeur des Services agricoles, après avoir 
contresigné ces demandes dûment légalisées par 
le maire, les adressera au sou.s-directeur tech- 
nique de la mise en culture des terres, rue de 
Grenelle, 101, à Paris. Ce document 8era ensuite 
retourné directement à l'int-^ressé par les soins 
du service de la mise en culture des terres. 

— Parmi les nombreuses publications que 



les problèmes de culture mécanique ont pro- 
voquées, il en est une que nous devons signa- 
ler spécialement. C'est un important ouvrage, 
intitulé modestement Aoles de culiure méca- 
nique, par M. le D' C. Chauveau, sénateur. Ce 
livre renferme, en effet, la série la plus com- 
plète de documents sur les méthodes et les 
appareils de culture mécanique qui ait été 
réunie jusqu'ici. A cette série, M. Chauveau 
a voulu ajouter les avis d'un grand nombre 
de personnes qu'il a interrogées sur l'état ac- 
tuel et sur l'avenir des problèmes soulevés 
dans la période critique que nous traversons. 
Il y a joint la longue liste des brevets d'in- 
vention pris sur le sujet dans les différents 
pavs. La conclusion de M. Chauveau est que 
l'on doit multiplier les efforts pour résoudre 
toutes les questions dans le sens le plus fa- 
vorable à l'agriculture; l'exemple qu'il donne 
lui-même sera apprécié comme il le mérite. 

— A propos de l'allusion faite dans la 
Chronique du 8 février p. i-i) à la conclu- 
sion d'un article paru dans V Illustration, 
l'auteur de cet article M. Baudry de Sau- 
nier nous envoie la noie suivante que nous 
insérons volontiers : 

Voulez- vous me permettre de vous faite ob- 
server que l'auteur de cette note a trop vite lu 
mou arlicle, puisqu'il me donne une altitude 
absolument contraire à celle qui est mienne ! Il 
me pose en adversaire de la culture mécanique, 
alors que personne n'est pins que moi convaiucu 
de sa nécessité et de l'importance énorme de son 
avenir 1 .le uie suis borné à demander aux en- 
thousiastes exces.-ifs de ne rien compromettre 
en admettant aveuglément certaines solutions 
trop faciles en apparence. 

Du moment que la condamnation pronon- 
cée par M. Baudry de Saunier n'est plus 
aussi absolue que la conclusion de son ar- 
ticle, il n'y a rien à dire. 

— La Société d'Agriculture de la Charente 
organise des essais, de culture mécanique 
auxquels sont appelés à participer les cons- 
tructeurs français, alliés ou neutres ou leurs 
représentants, ainsi que les agriculteurs du 
département utilisant des tracteurs méca- 
niques. Ces essais auront lieu le samedi 10 et 
le dimanche 1 1 mars, ù la propriété des Mon- 
tagnes, sise à 4 kilomètres d'Angoulême, 
route du Pontouvre à Brie. Ils ne donneront 
lieu à aucun classement des machines. 

Ecole de laiterie de Mamirolle. 
Les examens d'admission à l'Ecole natio- 
nale d'industrie laitière de Mamirolle (Doubs) 
auront lieu le .'Il mars au siège de l'établis- 
sement. Des bourses seront attribuées aux. 



KO CHRONIQUE 

cacUidals les plus mérilants qui auront, justi- 
fié de l'iusuflisance de leurs ressources. 

Les demandes d'inscription doivent parve- 
nir avant le 10 mars <i M. Koliler. directeur, 
qui envoie le programme ii toute personne 
qui lui en fait la demande. 

L exportation des tourteaux. 
Dans la Clironique du 8 février (p. 4i), 
nous avons exprimé des regrets relativement 
aux proportions prises par l'oxporlation des 
tourteaux. Sur ce sujet, M. le docteur Ernest 
Laur, directeur du Secrétariat suisse des 
Paysans, nous adresse une note que nous 
.userons volontiers : 

I,e Journal d'Ayriculture pratique s'est fait 
l'écho lies rumeurs suivant lesquelles la France 
se raonti^rait par Uop généieuse envers la 
Suisse diins s>s concessions de lonrleaux fl que 
dans les premiers onze mois de l'année 19t6 il 
avait été exporté HO 000 tonnes de celte mar- 
cliaudise contre 83 000 pendant la même période 
de 1915. 

Ces chirtres puisés sans doute à lionne source 
ne prouvent aucum-ment que la Suisse puisse 
être rendue responsable de cet accroissement 
de l'exporlation française de lourteaux. En effet, 
elle n'a guère reçu de France, en 1916, que 
quelque .300 vacons de la précieuse denrée 
contre 330 on 1914 et tOSS en 1913. Son impor- 
tation totale de tourteaux s'élevait pendant les 
deux années précitées à I "00 et "2 500 valions. 
Un se rendra compte par ces chill'res combien 
grande est la pénurie, sur le marché suisse, des 
fourrages concentrés, surtout que l'Importation 
des issues de moulins et denrées du même genre 
a diminué dans des proportions tout au moins 
aussi fortes. 

Kelevons emore «|ue le journal suisse, cité à 
l'appui des propos concernant l'approvisionne- 
ment de la Suisse en touiteaux, est un organe so- 
cialiste violent cjui, pour les besoins de sa cause, 
est souvent sujet à exagérations. Il ne peut donc 
être pris au sérieux. 

On p •ut Hssurer, sans crainte d'être contredit, 
que le bétail qui a été «xporté de Suisse en 
Allemagne n'a pas rei;u le peu de tourteaux 
français dont dis[>osaient ses agriculteurs, car 
ces animaux d'élev.':;e et de rente avaient passé 
pour la plujiart l'é!' -ur les alpages élevés où, on 
le sait, l'herbage i -ustitue l'aliment essentiel ilu 
bétail. 

Cette exportation . limitée d'ailleurs, est pour 
la Snis-e une nécessité qui lui est imposée par 
le Iralic de compensation en échange de mar- 
chandises qui ne peuvent lui être fournies par 
les Alliés. Elle prendiail aussitùt (!•• très mo- 
destes proporiions dés que l'as^ricnlture rece- 
vrait en sufnsance des tourteaux et des fourrages 
concfhlii-'; pour l'entielieii de son troupeau, 
celle 11 piéjurant de beaucoup gardur son bétail 
dés qu'elb- poui rait le nourrir convenablement 
en vue (I iM.p |.lns grande production laiti'''i'> 



AGRICOLE 

dont les dérivés se vendent actuellement h des 
prix rémunérateurs et dont le pays a s:rand 
besoin. 

Il n'y a qu'un mot à ajouter ;\ ces observa- 
tions. La France n'a reculé devant aucun 
effort en vue de pourvoir aux besoins de là 
Suisse. Dans la circonstance, comme dans 
maintes aulres, elle, a obéi à un .souci qui n'a 
pas toujours été compris, parce qu'on ne 
peut pas, dans la période actuelle, donner 
toutes les explications sur les décisions prises 
par les pouvoirs publics. 

L'effort agricole en Angleterre. 

La durée de la j^uerre, l'insuflisance des 
récoltes de céréales dans les pays de grande 
exportation, l'insécurité des transports mari- 
times à raison de la recrudescence de la 
guerre sous-marine, ont créé chez nos amis 
et alliés d Angleterre une situation assez 
aiguë sous le rapport du ravitaillement. On 
sait, en effet, que l'Angleterre demande à 
l'importation plus des trois quarts des den- 
rées nécessaires à son alimentation, et de- 
puis longtemps il avait été prévu qu'un blo- 
cus maritime mettrait rapidement le pays en 
mauvaise posture. 11 est certain que les 
choses n'en sont pas et n'en arriveront pas à 
ce point. Néanmoins, le riouvernement s'est 
préoccupé des moyens de réveiller l'activité 
de la production agricole. Dans un discours- 
programme à la Chambre des communes, 
M. Lloyd George, premier ministre, a indiqué 
les mesures qui ont été prises récemment. 

Tout d'abord, il a annoncé que le ministère 
de l'Agriculture serait désorniai-; autorisé à 
prendre d'oflice, pour les cultiver, les ter- 
rains qui n'auront pas été mis en valeur. 
Comme le manque de bras est un des princi- 
paux obstacles à l'accroissement de 1 1 super- 
ficie cultivée, un salaire minimum de 25 shil- 
lings i31 fr. 2o; par semaine a été fixé pour 
les ouvriers agricoles. D'autre part, le Gou- 
vernement se propose, pour encourager les 
fermiers, de leur garantir un prix minimum 
pour le blé et l'avoine durant les anné'es 1917 
à 10:22. ("e prix minimum ser.iil, pour le blé, 
de 1)0 shillings par iiuai-r ;12 fr. 1)0 par 100 
kilogr., pour la récolte de 1917, de 33 shil- 
lings uto fr. 73 par 100 kilogr." pour celles de 
1918 et l'.H'.t et de 4:j shillings r24 fr. t..") pour 
les trois années suivante'*, l'our l'avoine, le 
prix minimum sérail de .'tl fr. (10 par 100 ki- 
logr. en I9I7. de 26 fr. iVt en 1918 et en 1919 
et de 19 fr. 70 de 1!»20 h l'.)22 

Déj?!. les prix mininia ont été fixés comme 
il suit pour la récolte de 1917 : blé,32fr. 00 par 

100 Kilogr. : .ivoine, .'M fr. fiO; pommes de 



APPELS POra LAGHlr.lLTlTRE 



81 



■ terre, lit fr. oO à ICO fr. par loiine de 1 000 
kilogr., suivant les saisons. 

Le Gouvernement anglais a ainsi aban- 
donné les traditions auxquelles il était resté 
fidèle jusqu'ici. « L'Ltat, a dit M. Lloyd 
George, a fait preuve, dans le pa=sé, dune 



négligence déplorable en ce qui concerne 
l'agriculture. » La nécessité de ne pas ré- 
duire refforl militaire l'a incité ù dépasser 
même nulanl qu'il ost possible les elTorts 
poursuivis dans les autres p;ijs allii^s. 
Henry Sag.nier. 



APPELS POUÏÎ L'AGRICULTURE 



Le Journal dWi/rkulluie pratùine man- 
querait à son devoir s'il n'enregistrait pas 
les nombreux appels qui sont lancés en vue 
de l'accroisscmi-nt de la production agricole. 

Voici d'abord l'affiche que le ministre de 
l'Agriculture a fait plac^irder dans toute-^ les 
communes : 

A tous les Frunçais, à loula tes Françaises 
de nos campagnes. 

Vous avez fourni, depuis plus de deux ans, un 
effort immense. 

Privés de vos meilleurs compagnons, dépour- 
vus d'une «ranJe partie Je vos niovens, vous 
avez, par un travail acharné, triomphé de tous 
les obstacle*, accompli un véritable miracle 
d'énerwie française pour que rien ne manque à 
nos héroïques soldais et à la population tout 
entière. 

A l'heure où l'achat à l'étranger du complé- 
ment nécessaire à l'approvisionnement national 
peut devenir plus ditlicile, à l'heure où le Gou- 
veruement a jugé juste ei léjjitime de relever le 
prix du blé et demande au Parlement que chaque 
quintal de la prochaine récolle puisse apporter 
au proihicif-ur une moyenne de 40 fr., vous 
redoublerez d'eflorls pour tirer de notre admi- 
rable sol toutes les ressources qu'il peut con- 
tenir. 

Eu semant partout où vous le pouriez, autant 
que vous le pourrez, .songez que vous rem|ilissez 
le devoir le plu- haut de défense nationale; dites- 
vous que les semailles de printemps 1917 pré- 
(lar-nl la moisson delà victoire. 

Déjà vos frères de travail des classes 1888 
et 1880, que le (iouvernemeot vient de mobiliser 
à la terre, vous reviennent; ils vous portent le 
tribut de reconnais-ance de la France qui se bat 
pour ceux qui la nourrissent; ils vous disent de 
poursuivre votre rude lâche, sans défaillance, 
jusqu'au bout. 

Confondus avec eux dans un suprême effort, 
vous montrerez au monde que l'armée des tra- 
vailleurs de la terre ne fait qu'un avec celle qui 
défend ^.dorieus' ment le sol de la patrie. V.olre 
nom, paysans et paysaimes de France, prendra 
place dans l'Histoire, à coté «lu nom de vos dé- 
fenseurs, et devant vous, comme devant eux, 
s'inclineront les généralions à venir. 

A Treuvre donc, de toutes vos énergies 1 



Vous travaillez pour la victoire et la paix fran- 
çaises. 

Le pays compte sur vous. 

J. MÉi.iNE, ancien firésilent du Conseil, 
ancien ministri' de l'Ai^ricuttvre; Emile 
LoL'BET, ancien Président di- la lléiniblique, 
président de ta Société nationale d'encnii- 
ragemcnt à l'agriculture ; E. Clémentel, 
ministre de F Agriculture ; Vigkr, président 
de ta Fé'iériition nationalt' de la mutuatité 
et de In coojyération agricoles; Comot, pré- 
sident du Groupe agricole du Sénat ; 
Jules Develle, président de t'Académie 
d'agriculture : Emile Pi.uciift, prési- 
dent de la Société des Agriculteurs de 
France; E. Tisserand, président de la So- 
ciété des Viticulteurs de France : Ferxand 
[)a\id, président de la Coinmission d'Agri- 
culture (le l't Chambre des députés. 

Le ministre de l'Agriculture et le minisire 
de l'instruction publique ont «dressé l'appel 
suivant à la jeunesse scolaire : 

.1 toute la jeunesse scolaire. 

La France a besoin de votre dévouement, la 
terre a besoin de vos hras. 

Taudis que des champs restent sans culture, 
tandis que des femmes et des vieillards ne sufli- 
sent plus pour assurer l'exploitatio" de ce sol 
que leurs époux et leurs (ils défendent avec 
gloire, c'est à vous, enfants de France, qu'il ap- 
partient de reprendre ces champs délaissés et 
d'apporter à la terre l'assistance dont elle a un 
si pressant besoin. 

Que chaque école, lycée ou collège, organise, 
pour aider au travail des champs, village par vil- 
lage, ville par ville, des équipes scolaires régio- 
nales de volontaires agricoles. 

Groupez-vous, unissez-vous, afin que vos efforts 
ne soient pas disséminés et que vous puissiez, 
par une action coordonnée, ohtenir de la terre 
généreuse tous les biens que nous pouvons 
attendre d'elle. 

A l'instigation du ministre de l'Agriculture, 
les principales Associations agricoles ont 
adressé à leurs adhérents une circulaire dont 
voici le texte : 

Les agriculteurs ne se sont pas contentés de 
répondre à l'appel du pays et de se battre pour 
défendre la liberté et les droits de h France; 
ils ont lutté avec la même vaillance pour assurer 



82 SI'R UNE MÉTdODF. 

l'alimentatidD de la population civile comme 
celle (le nos troupes. Nous savons ce que les 
hommes, les femmes et même les entants ont 
fait à cet égard et quel magnifique elTort ils ont 
déployé. 

A la peine déjà prise, aux services déjà rendus 
à la Patrie, il faut aujourd'hui ([ue s'ajoute un 
effort nouveau et que les aariculleurs méritent, 
une fois de plus, l'esiinie aussi bien que !;i grati- 
tude du pays. 

Les nations étrangères elles-mêmes souffrent 
de la crise que l'on hi;;Male partout dans nos 
campagnes; les bras sont plus rares parce que la 
main-d'œuvre est plu,-; recherchée dans les usines 
qui travaillent aux fabrications de ^^uerre ; la 
production agricole est plus difficile et le prix 
des denrées s'élève. Les achats que nous faisons 
.deviennent de jour en jour plus onéreux, sinon 
plus malaisés, et les frais de transport augmen- 
tent. 

Pour épargner à la France des dépenses nou- 
velles et pour consacrer à la défense nationale 
toutes nos ressources linancières, c'est à la terre 
de notre pays qu'il faut demander de nouveau.x 
produits, c'est à l'agriculteur qu'il faut faire 
appel pour tirer de notre sol tout ce qu'il peut 
donner. 

Maintenir, assurer, développer même notre 
production a;,Ticole, c'est aujourd'hui une néces- 
sité, c'est une O'uvre de patriotisme et de rai- 
son. 

Le «iouvernement l'a compris. Il le dit à cette 
heure; pour fournir à tous nos cultivateurs de la 
main-d'œuvre, il vient de décidei' que les agri- 
culteurs des classes 1888 et 1889 seraient mobi- 
lisés à la terre. 11 s'efforce aussi de favoriser le 
transport des engrais et d'en intensifier la pro- 
duction malgré les difficultés résultant des be- 
soins de la défense nationale en produits chi- 
miques. Il a obtenu du .'<énat la rat fication delà 
double prime à la culture du blé, qui permettra 
aux agriculteurs de recevoir, pour un ([uintalde 
blé, la somme de 30 fr. et de toucher en outre 
20 fr. pour chaque hectare cultivé en supplé- 
ment par rapport à l'année précédente. 

Que les propriétaires, les chefs d'exploitation, 
les ouvriers agricoles comprennent de leur côté 
le r(Me qu'ils ont à jouer, les services qu'ils peu- 
vent rendre, les devoirs qui leur sont imposés. 

Assurée d'être préservée des souffrances de la 
disette et des inquiétudes que provoque l'insuf- 
fisance des récolt.-s, la population tout entière 
attendra avec calme l'heure prochaine de la vic- 
toire. 

En la rendant plus certaine encore, l'agricul- 



DE CILTIRE Df BLÉ 

I teur français aura bien mérité de la Patiie. 

I La Fédération des grandes Associations 
agricoles ! Vcaiiémie d'Agricullure, Société 
nationale d'encouragement à l'Agriculture, 
Société des Agriculteurs de France, Union 
centrale des Syndicats agricoles, Société des 
Viticulteur.^ de France, Société nationale 
d'Horticulture de France, .\s»ociation de 
l'Industrie et de l'Agriculture françaises. So- 
ciété d'encouragement pour l'Industrie na- 
tionale a rédigé, à la date du 21 février, un 
appel aux Associations locales Sociétés 
d'Agriculture, Syndicats, Comices) signé, 
en son nom, par M. Méline, dont voici la con- 
clusion : 

Comme conclusion, nous venons vous deman- 
der de vous associer au grand ellort qui va être 
tenté partout en vous mobilisant à votre tour 
pour orj;aniser et suivre pas à pas le travail de 
la terre. Personne n'a plus d'autorité que vous 
sur les populations des campagnes, personne ne 
sera plus écouté que vous. 

Il ne nous appartient pas de vous dicter la 
méthode à suivre. L'important est d'aller vite ; 
il n'y a pas une minute à perdre. Il nous semble 
cependant qu'il y aurait un plan pratique tout 
indiqué. 

Il consisterait, si vous ne pouvez pas faire en 
ce moment une réunion générale de votre So- 
ciété, à convociuer voire Kureau seulement, au- 
quel vous pourriez adjoindre les plus notables 
agriculteurs de chaque commune, appartenante 
votre Société; ceux-ci deviendraient vos délé- 
gués permanents dans ces communes, pour agir 
autour d'eux et vous tenir au courant de ce qui 
se passe partout. 11 vous serait ainsi possible de 
porter plus particulièrement votre action sur les 
parties faibles de votre rayon. 

Nous vous serons reconnaissants, pour nous 
permettre de diriger l'opération d'ensemble, de 
vouloir bien nous rendre compte le plus tôt pos- 
sible des résultats que vous aurez obtenu? ; 
nous nous tiendrons à votre disposition pour 
vous aider à notre tour en vous servant au be- 
soin d'intermédiaire et d'appui auprès du Gou- 
vernement dans les réclamations d'ordre général 
que vous pourrez être appelés à former. 

Le mot d'ordre doit être d'agir partout et sur- 
tout «l'agir vile : il faut que demain tout le 
monde soit debout dans nos campagnes pour 
achever l'œuvre de salut national qui sera l'éter- 
nel honneur des .\griculteurs français. 



SUH LNK MÉTHODE DE CULTURE DU BLÉ 

PHÉCUMSÉK IWU M. DEV.VUX il) 



Les objections que je viens de faire visent 
spécialement les semis de blé d'automne. 

(t) Voir le numéro du 22 février, p. 69. 



La multiplication des tiges relarde le déve- 
loppement (lu blé: ce (JUp la plante gagne en 
puissance, elle le perd en vitesse. Dans les 
semis de printemps, l'échaudage se produira 



LES UESSOUHi;ES CÉNÉHALKS en CtHÉAI.ES 



83 



à peu près fatalement si Ton sème clairet si 
Ton butte, ne ser;iil-ce qu'une seule fois. Au 
lieu de grain marchand, on recollera surtout 
des criblures. 

En définitive, si les semis formés de 
grosses touffes de blé commencent bien, en 
général ils linisscnt mal. A l'exception de la 
verse, il n'est pour ainsi dire pas d'accident 
qui n'en menace le développement régulier. 

Voilà bien des griefs à l'adresse de la mé- 
thode de culture fiue M. Devaux voudrait 
voir se proi)ager en l'rance. Dans notre der- 
nière séance, jai déjà dit qu'elle n'e.st pas 
entièrement nouvelle. Demtschinsky, qui l'a 
imaginée, a voulu la faire breveter par le l'a- 
Irnittmt. il y a une dizaine d'années. 11 faut 
dire que sa deiiumde a été rejetée. Celte cir- 
constance, jointe ;i la campagne active et à la 
publicité dont elle a été Tobjet de la part de 
son auteur, ont éveillé ;iu plus haut point 
l'attention des savants et des praticiens, 
principalement en .\llemagne et en Russie. 
Dans ces deu.\ pays, les revues agricoles et 
les journaux des quatre ou cinq dernières 
années qui ont précédé la guerre, sont rem- 
plis de communications relatives à la mé- 
thode Demtschinsky. Il en ressort qu'elle n'a 
pas tenu ses promesses; les hommes les plus 
compétents en contestent l'intérêt pratique. 
Ce qui mérite d'être noté, c'est que la mé- 
lliode piimitive, telle que l'a décrite M. De- 
vaux, parait être abandonnée par son auteur- 
Demtschinsky recommande aujourd'hui de 
semer en bandes formées de trois lignes dis- 
tantes seulement de centimètres, et de but- 
ter ensuite. Si j'en juge par les comptes ren- 
dus analytiques des dernières expériences, 
il ne semble plus être question de semis très 
clair et de tallage très énergique. La discus- 
sion entre Demtschinsky et ses contradic- 
teurs porte aujourd'hui sur la question de 
savoir si le biittage dont on a constaté sou- 
vent les bons résultats, doit se faire sur des 
lignes isolées, ainsi que le recommande 
Zehetmayr, ou bien sur des semis en bandes. 

La méthode Deuitschinsky pose à nouveau 
la question si débattue des semis clairs et des 
semis épais. 

En dépit des efforts persévérants de llallett, 



en vue de propager la pratique des semis 
clnirs, et de l'appui (|ue le célèbre sélection- 
neur a trouvé chez presque tous les agrono- 
mes des pa>s producteurs de blé, elle ne s'est 
implantée nulle part. Celte constatation suffi- 
rait à elle seule à en démontrer l'infériorité 
sur les méthodes courantes. 

Je n'ai pas étudié la méthode Demts- 
chinsky, parce que mon opinion sur la den- 
sité des semis est faite depuis longtemps. Me 
basant à la fois sur des recherches person- 
nelles relatives au tallage, et sur les données 
que j'ai recueillies sur place, auprès des cul- 
tivateurs de blé les plus habiles, en France, 
en Angleterre, en Danemark et en Allemagne, 
j'ai démontré que, dans la culture intensive 
du blé. un tallage énergique est un défaut et 
non une qualité, et que des semis assez drus 
étaient la condition de rendements élevés à 
l'hectare. 

Lorsque j'ai développé cette thèse en 1X99 
dans le Journal d'AgiicuHure pratique, elle a 
d'abord trouvé d'ardents contradicteurs, car 
elle était en opposition formelle avec les 
idées régnantes. Aujourd'hui, elle est généra- 
lement adoptée. 

En résumé, la méthode Demtschinskv, que 
M. Devaux recommande à nos agriculteurs, 
peut rendre de réels services dans la culture 
jardinière du blé, lorsqu'on se propose de 
multiplier rapidement les nouvelles va- 
riétés. 

Dans les pays où elle a été expérimentée 
depuis plusieurs années, sa supériorité sur 
les méthodes ordinaires ne s'est pas affirmée. 
Elle ne pourrait être adoptée en France que 
sur une faible partie des surfaces consacrées 
au blé, à cause de la place de la céréale dans 
l'assolement, et de l'étal des terres à l'époque 
où les semailles devraient être exécutées. 

La main-d'œuvre abondante et soigneuse 
qu'elle réclame, les très nombreux accidents 
qui menacent plus spécialement les plantes 
issues de semis précoces et clairs, l'incerti- 
tude enfin d'en obtenir des rendements plus 
élevés que par la métliDde ordinaire, lui en- 
lèvent tout intérêt pratique en grande cul- 
ture. 

E. SOHRIBAUX. 



LES RESSOURCES GÉNÉRALES EN CÉIÎÉAEES 



L'Institut international d'Agriculture de 
Rome vient de faire connaître le rele\è des 
récolles de céréales pour l'année agricole 
I91G-1917, tant pour l'hiMiiisphère mi-iidio- 
nal que pour l'hémisphère septentrional. La 



comparaison des rendements pour le^fro- 
ment, le mais et l'avoine avec ceux de l'année 
précédente fournit des renseignements qu'il 
n'est pas inutile de faire ressortir aujour- 
(I hui (jue celte question est discutée partout. 



8S TA.XATUiNS ET liEnllslTIuN 

Froment. — Voici If reluvt! de la produo 
lion pour les deux années : 

19161917 



llémispbère septentr. 

— iiioriJ. . 



iltiinlaiix 

691 073 000 

61 343 000 



1915 1916 

■ {Uinlaux 

!U(J 'J9J 000 

85 gOI 000 



Totaux... 152 «IK HOO 1 002 899 000 

Les ressources disponibles pour li^ com- 
merce général seraient ainsi inférieures de 
2.">0 millions de quintaux ;\ celles fouruies 
par la récolle piecédenle Klles sont infé- 
rieures (le ."'i inillioiis do i|uiiii;uix h la 
moyenne iiiiinqiicniiale ■■f l!M)!l-l() A IDI.'M'i. 

F.,'.Mlern;igne, rAiilriciie-llongrie et les 
pays des Halkaus iih li^urt-nl pas dans ces 
tableaux. 

Maïs. — Les slatisliqucs des pays de l'hé- 
misphère seplenlrional accuseni une l'écolie 
totale de G97 millions de qiiinlaux conire 



816 en 19lo et 7J(l pour la moyenne quin- 
quenna'e aniérieure. Lu dilléreuce avec l'an- 
née précédente serait de ll'i millions de 
quinlauN. La [>rincipHle diminution porlcsur 
les Klalsl'nis. qui n'ont accusé que ('i.";6 mil- 
lions de «luirilanx, au lieu de Ttil eu 1!)I5. 

(Ml ne connaît pas encore les résultais 
complits delà récolte du n)aï> dans l'hémis- 
phère luéridional. 

.Aviiivr. — Vniçi les résullats enri'gisIn'S : 
1916 1917 1915 1916 



i|i)tnlaux 

Hémisphère seplenlr. 460 3:i2 000 
— mérid. . . 5 SS4 Oi'O 



Totaux... 466 2:!6 OOO 



qiiiDlaux 

531 36;i 000 

13 ns 000 

544 543 000 



La dilVérence en moins est d^ 78 millions 
de quintaux. La moyenne qiiinc|ueiinale pré- 
cédente n'accusait pas phi^ <U' '«."i") millions 
de quintaux. II. S. 



TAXATIONS ET HEOUISITIOXS 



Dans une récente séance, la Société cen- 
trale d'Agriculture du G ird, présidée par 
M. Gustave Coste, a émis, sur les taxations 
et les ré(|ui-itinns, un vœu fi)rlement motivé 
dont il est utile de repro luire le texte com- 
plet : 

La SociiMé Centrale J'/Vciiculture .lu (lard : 

Considérant que la production a«ricol'', notain- 
ment celle .lu tilé cl de l'avoine, disparaît sous 
l'iulluence du réf^iine de taxalio .s el île ^équi^i- 
lions cousliliianl di-s laxati.ins déguisées, qui 
lui est appliqui'-; qup, des à présent, le déficit 
atteint des proportions en. i. mes, el que, sons 
l'inlluiMice de< mêmes causes, la siluitioi ne 
peut que s'aRgrav-r; que si jusqu'à présent le 
déficit a pu ^trc conihii'- à l'aide des importalioiis 
étrangères, eiilr.dnant IVxporiatio.i de noire nu- 
méraire cl l'avilisemenl de nos .-liaMyes, celle 
ressource mèine va devenir in»ufli»aiite par 
suite du délicit loujours cioissunt de Ih proJuc- 
lion n.ilional.- el d" la dilliculu'. toujours plus 
{grande îles transports inariiinies; 

Qu'en ce qui coii.eine le blé, oules les me- 
sures prises p.ur encourager o lie culture ont 
été ju-qu'i [.ré-eiit illusi.ires, .1 qu'elles le se- 
ront toujours, tant i|ue I.- producteur ser i con- 
damné à travailler A perle; qu'aucune m-sure 
adminislralive ne pourra empéclier le.s cnns»'- 
quences inéludables résnltanl du fait qn« le 
product-ur ne peut produire d'une façon conti- 
nue au-dessous du prix de revient ; 

Qu'en I p .jui concerne la ri^qnisiiion des ani- 
maux de Ijouclierie, noI.Tinmenl les Ineufs, mou 
ton», por.;-., le» prix fixés par l'Inlendance sont 
irfes inférieui's aux prix ernliqués .Inns les mar- 
rh'^s, Ntine* et Avi-non pour le nioulon I fr. le 



kilogi-., au lieu de t. 40; pour le porc, 2*0 fr. les 
100 kiloyr., au lieu de 280); que la conséquence 
lie ces prix spi^ciaux de réquisition, qui frappent 
lourdement de nombreux producteurs île toute 
caté^rorie, a été une réduction considérable dans 
la regiot ; 

Que t'Hxai;éralion des réquisitions de fourrages 
a éié la cause d'une disette al>solue de ce pro- 
duit indispensable à l'agriculture: que souvent 
ces réqui-itions n'ont lais^^é au?: propriétaires 
que le quart d»- la ration nécessaire à leurs 
bètis, les obligeant de racheter à 20 ou 30 fr. 
des foins K^qnisitionni^s à 8 fr. bs 100 kilogr. ; 

Que tes protlnits unîmes qui, tels que le vin, 
ont l'-liappf' à la laxati .n el ont été atieints plus 
modi'rénipnl par les réquisitions, subissent la 
répercussion «le cet étal de cbose.s el se trouvent 
menacés pur \:i pénurie des produits servant à 
l'aliineiilation des hommes et des aniin.uix; 

Lu i-.insé(iuence, la Sociélé considère qu'une 
crise îles pins ;jraves est ini'vitable, si les Pou- 
voirs piildics ne modifu-nt pas sans aucun retard 
l'.ur poliM.|iii' économique et ne pi-rmeltent pis 
à l'aLMiciilture de recueillir la juste rémiinérstion 
de sou tr.ivail. 

Elle éinel le \iru que le système de la taxation 
à la proiliiction soit ahandonni^, du moment 
qu'il est iii.il.'iiollement impossible de l,i\.^r tous 
les éb''in'>Mts du prix de revient; que le t'i.ii lion- 
nemenl ib- la loi de I oITre el de la deuiaïub^ ne 
soit plus entravé, et que les réquisitions mili- 
taires ou civile.» soient ré^'lées ifaprés la v.ileur 
commerciale du produit au cours du marché 
libre. if fié$i<li'nt, (tisTAVF, Cosir. 

llans la mémo séance, la Société a émis le 
vo'ii lue. ju^iiu'à l'adoption d'une loi orga- 



CULTURE MÉCANIQKE 85 

nique sur le régime ilcs .ilcuols, aiirun ciian- du il('(i<l ilu ti décembre, et que le Gouver- 
"emenl ne soil ;\i)|>orté à la réghineulalion nemeiil s'ahstienuc de toiile nouvelle m'dili- 
acluelle résultant de la loi du 30juin IDIti et caticm par décret. 



CULTUUE 3IÉ(:AiM0UE 



Tracteur Petit Géant. 

.M. ,1. l)is-;oul)ray, directeur des Services 
agricoles du département de l'Indre, a publié 
le résultat de ses constatations faites le 
'i décembre dernier sur le tracteur améri- 
cain, nommé Petit Géant, de la Compagnie 
Maver frères, de ^fankato (Minnesota), intro- 



duit récemment eu l'Vance par MM. Siégel et 
Hommery, 19, rue Kéaiimur, à Paris. 

Les essais ont été elfectués par l'Associa- 
tion des éleveurs de l'iiidre sur les terres de 
la ferme de Treuillault, appaileiiant;\ M. Léon 
Charpentier, secrétaire général de l'Associa- 
tion 

Le tracteur, qui pèse 2 (KK) kilogr., est 




IraL-lcur " l'ul 11 <- 



actionné par un moteur de -l'I chevaux, à 
quatre cylindres de 0"'.108 d'alésage; la 
course des pistons est de O^.ia? ; il y a un 
régulateur de vitesse lîMXI tours par minute): 
les autres indications sont : allum ige par 
magnéto à haute tension, circulation d'c^'iu 
par pompe centrifuge, radiateur a nid 
d'abeilles, embrayage par coue de friction, 
châssis monté sur ressorts, trois vitesses et 
marche arriére, deu.x roufs motrices et deux 
roues (lirt-clrices du type automobile. 

Les essais ont eu lieu en terre silico-argi- 
leuse de bonne constitution, type de terre 
dite lieaiice, facile à travailler; le sol était 
humide à la surface. On a labouré un Irèlle 
dont le semis, remontait au printemps l!llo. 



Sur une partie du champ qui avait été pâ- 
turée en arrière-saison, le Irètle formait un 
tapis assex fourni; sur le reste du champ, le 
trélle fauché était éparpillé sur le sol et 
représentait, jusqu'à un certain point, une 
mass(! comparable h du fumiir très pailleux 
qui devait être enfoui par le labour. 

Le tracteur tirait une charrue Oliver, h 
trois raies, avec coulres circulaires et rele- 
vagc automatique, pesant AnO kilogr. envi- 
ron. 

La disposition du chamii obligeait ;"i faire 
sur chaque fourrière un parcours moyen de 
las mètres, tiue le mécanicien franchissait ;\ 
la grande vitesse voisine de 10 |kilomètres 
par hi'ure. 



86 



LKLEVAGE DE LAUTRUCHE AL" MAROC 



Voici k-s cliiOres indiqués par M. Dissoii- 

bray : 

Profondeur mo\enne du labour (cent.) 11.3 

Largeur nioyenni' du train iiiùlr.) 0.97 

Longueur ilu raya;;e ! mètres! 406 

Vitesse moyenne de la charrue pendant le 

travail (met. par heure) 3 364 

Durée du travail, tournées comprises (min.) 125 

Durée du labour (min.) 104 1 /2 

Temps employé par les tournées imiuules). 20 1/2 



Temps pnitique calculé pour labourer 1 hec- 
tare (heures, miuutesj 3.43 

Consommation d'essence (litres) : 

Par lieure 11.04 

Par hectare 41 .72 

l'endaiil le travail, en portant la vitesse du 
moteur à !iO(i Imir.s par minute, la vitesse du 
tracteur peut atteindre '< kilonièlresà l'heure. 

11. Dessaisaix. 



L'ELEVAGE DE L'AUTHUCIIE AU MAROC 



Les bandes d'autruches étaient autrefois 
nombreuses en Algi'rie; une chasse efl'rénée 
les a fait complètement disparaître. Au Ma- 
roc, les sultans possédaient depuis deux 
siècles un troupeau qui vivait à l'élat demi- 
sauvage sur leur domaine de l'Aguedul, ;iiix 
environs de Meknès, et qui a été maintenu 
jusqu'au jour de l'occupation française. Ce 
troupeau avait subi des vicissitudes diverses; 
il se composait, à ce moment, de 32 sujets 




Kip. 19. Troiipt'ou «r.tulrurlios sur la prairie tie 

adultes, dont l."! inàles el 17 femelles. C'était 
un troupeau de luxe, conservé au même titre 
que les fauves de la ménagerie a Fez. Le 
domaine, constitué par une prairie de 
130 hectares, facile à irriguer, riche en 
herbe, fournie en Légumineuses trélle el 
minette surtouli, doiiiianl un loin d'excel- 
lente (jualité, entourée de hautes murailles, 
constituait un jiarc idéal pour les autruches, 
oiseaux coureurs qui y prenaient leurs ébals. 
.\u moment de l'occupation française, l'ins- 
tallation d'un dépi'it des Haras et d'ime 
jumenleric réduisit l'espace ahimdonné aux 
autruches, miiis sans paraître gêner leurs 



lijildludes, car elles pâturent volontiers 
avec les juments et les poulains. Mais on ne 
pouvait pas abandonner le troupeau; il con- 
venait, au contraire, de substituer un élevage 
méthodique au régime de liberté dans lequel 
il avait vécu jusque-là. 

Une note de M. Aubry, vétérinaire aide- 
major, inspecteur du service de l'élevage 
dans la région de Meknès, chargé de l'au- 
trui'herie, note que nous avons sous les yeux, 
décrit les procédés ado(>lés e' 
les résultats acquis jusqu'ici. 
La reproduction est, dans 
tout élevage, le point capital. 
Dans la circonstance, il s'agis- 
sait surtout de constituer un 
troupeau neuf, ajiprivoisé el 
non demi-sauvage, qui servi- 
rail de pivot pour l'avenir. 

De septembre 191-4 à avril 
lOltj, les dix-sept autruches 
femelles ont donné chacune 
une moyenne de 70 o'ufs ; le 
chitVre de 1 "200 anifs a été at- 
teint. Mais ce nombre est loin 
de représenter les naissances 
utiles qui devaient suivre. Des 
œufs des premières pontes, 
les uns furent vendus par 
l'Administration des domai- 
nes, d'autres furent envoyés à 
l'exposition de Casablanca, d'autres furent 
cassés par les oiseaux de proie ()ui pullulent 
dans la région, et i|u'il est iuipossihle d'écar- 
ter. D'autre part l'incubation naturelle donna 
des résultats déplorables ; il fallut recourir 
à l'incubation artilicielle, qui avait déjà 
d'ailleurs lait ses preuves dans tous les 
centres d'élevage de l'autruche. 

Les premiers essais permirent de constater 
qu'un nombre important d'u'ufs n'avait pas 
été fécondé; il fut néces.saire de recourir au 
mirage pour en reconnaître la qualité. A 
partir de ce luoment, le succès couronna les 
essais de M. Aubry. Dès le premier, sur 



r.-\t<uedal 



L'ÉLEVAGE DE LAI TRICHE AI MAROC 



87 



32 œuf», 19 fureiil reconnus féconds, et ils 
donnèrenl à l'éclosion 15 aulructiniis, dont 
12 PdHl resti's vivants et si- sont xigoureii- 
seiiienl dëvelnppés. Qiioic^iie la saison li"!! 
avancée et i]ue la |)ériode de poule Hit à son 
terme, d'autres essais pratiqués sur îles 
nouibres d'œufs moins élevés ont donné 




Kigf. 20. — Dtslribulioii vie jrrains aux aiilruclr)ns 



nu 
liiin- 



i\né-> 



de bons résultais. Mn l'é-iiiuK 
d'avril 1111(1. on compl.iit ISaiitri 
de quatre mois et demi à lient' 
mois, bien porlants et vij^Du- 
reux. 

Les jeunes exiiJient, après 
leur éclosion, des s.oins déli- 
cats et continus. Ou les main- 
lient , durant les premiers 
jours', dans une sorte d'éle- 
veuse, consliluée par une 
caisse en bois rembourrée où 
ils jouisseni d'une douce tem- 
pi''ralun'; on les Vn sort pen- 
dant quelques heures pour 
leur permettre de pâturer 
dans une lu/.erne. 11 convient 
de leur éviter les pluies et les 
écarts de température ; quand 
le tenips ne permet pas la sor- 
tie, on les nourrit ti linlé- 
rieur avec des pâtées !i base 
d'ceufs, de son et de luzerne 
hachée On doil toujours leur 
assurer une nourriture herbai"ée et com- 
pléter les repas par du grain tl dis phos- 
phates. 

M. Aubry fournit, sur ce sujet, des obser- 
vations précises : 

Itentrés la nuit sous un hangar où ils couchent 
CiHe à cùte, les jeunes reçoi»enl, malin et sor, 



une ration d'orge de I litre et demi par léle, qui 
ie'ir permet de compléter Irur repas herbacé et 
de n-slfC attirés par le grain dont ils sont très 
friands, par conséquent apprivoisés. 

L'herbe abondante et liche de l'Aguedal est 
unep.ilure précieuse pour le jeune tioupeau ac- 
tuel, mais il ne dédaitrue pas le grain, orge ou 
mais, i)u'il vient volontiers manger dans la main. 
Les anlruchons restent en 
iroupeau vivant à l'écart du 
tioupeau adulte et pâturent de 
préférence auprès de l'homme 
I hargé do les sui veiller, celui-là 
mémo qui les a élevés. Ils vien- 
nent l'importuner penlant son 
irdv.iil et le suivent dans ses 
allées et venues au milieu de la 
prairie; c'est dire leur apprivoi- 
sement. 

La conclusion légilime de 
M. Aubry est que ces premiers 
résultais sont encourageants; 
on doil l'en féliciter. « Nous 
voulons espérer dit-il, (|ue la 
mise au point de la méthode 
.irtilirielle piMinetlra, avec un 
matériel et un per-onnel suffi- 
sants, d'augmenter très vite le 
chiffre des naissances, et que 
n des jeunes peut être llorissante 



la prndni-i iii 
;'! Mrkiiès ., 




l-'i;; 21. — Les joiincs nutriiclics prtîs de loiir abri, 



l.'.'iiicirn troupeau s'élail maintenu sans 
soins ; un élevage bien organisé doit réussir 
dans un milieu qui lui est éminemment pro- 
pice. Un pâturage excellent et une eau abon- 
dante ne peuvent que seconder heureuse- 
ment des méthodes habiles, conduites avec 
précision. G. Gaudot. 



88 



LE MARCHÉ AUX BESTIAL'X UE LA VILI.ETÏE KN I<J16 



LE MAKCIIÉ AUX HESTIAUX DE LA YILLETTE LN 1916 



Voici le lalileau comparatif des arrivages au 
marché eu l'.'lo et 191(1, ainsi que des inlrodur- 
lious direi'.li^s aux abatloiis : 

Diflércnco 
1915 1916 '■" ni'6 

Arricages nu marclii-. 





IhIos 


Irles 




lêtos 


Gros bétail. 


262 933 


300 ■;49 


+ 


37 796 


Veaux 


Hô 187 


131 710 


+ 


16 S23 


Moutons . . . 


1 019 695 


99.1 802 




25 893 


l'orcs 


42(1 X51 


342 331 


— 


84 .520 


IiUroductions directes aux abaltc 


ir&. 




Gros bétail. 


3\ 352 


40 8Gi 


— 


13 491 


Veaux 


140 123 


136 964 


— 


3 759 


Moutons.. . 


48S 290 


521 167 


-f- 


32 877 


Porcs 


2:il 249 


174 172 


— 


36 777 



3' 


!■• 


3- 


qualité. 


qtKilité. 


qiialit(' 


1.88 


2.60 


2.27 


2.16 


3.49 


2.56 


2.28 


:i.39 


2.50 


1.99 


3.38 


3.04 



Le tableau suivant indiijue les pri.'c moyens 
obtenus par kiluf^ranime de viande nette pour 
les différentes espèces en 191") et en lyiO : 
1915 1916 



qualité. 

Gros bétail. 2.27 

Moutons... 2.68 

Veaux 2.73 

Porcs 2.21 



Les prix du bétail de toutes les e-péces sont, 
lin 1916, en hausse sur ceux de 191"), pour le 
f,'rus bétail, de tj fr. 33 à fr. 39 par kilogramme 
de viande nelte, suivant qualité; pour les mou- 
tons, de fr. 40 à fr. 81 ; pour les veaux, de 

fr. 22 à fr GG, et pour les porcs, de 1 fr. 05 à 

1 fr. 17. 

Gros bêlait. — Pour le j^ros bélail, les apports, 
tant au marché qu'aux abattoirs directement, 
ayant été supérieurs d'une balance de24 30i> télés 
à ceux de lOl'j, il semble que les prix auraient, 
au contraire, du baisser. Il est à remarquer 
d'abord qu'il y a eu deux phases bien distinctes 
une de hausse, de janvier à juin, période des 
animaux d'élable, où l'on voit les prix passer de 

2 fr. 33 à 2 f i . 99 le kilogramme <le viande nelte 
pour la l" qualité, et de 2 fr. 01 à 2 fr. G3 pour 
la 3°, consé(|uence d'une pénurie relative ; et 
une autre de baisse, de juin à décembre, période 
des animaux d'heibage, où l'on voit les prix re- 
descendre graduellement à 2 fr. 4b et 2 fr. 10 
pour chaque qualité respectivement, résultat de 
l'importance de» apports Durant la première, il 
a été vendu beaucoup d'animaux dont l'état 
d'ellgrai.^senlenl lais.sail ?i désirer; durant la se- 
conde, beaucoup d'animaux plus jeunes (lue 
d'habilude. De là une différence de poids en 
moins par léle, qui explique, dans une certaine 
mesure, l'anomalie apparente de la hausse des 
prix diiii- l'ensemble. H'autre part, l'irrégularili' 
dans les liiinspiirls par eh- tnins de fer a eu aussi 
sur les piix une regrettable inlliien' e. Les ani- 



maux n'arrivaient pas tous pour le jour de mar- 
ché, mais beaucoup dans l'intervalle d'un mar- 
ché à l'autre : de sorte qu'ils ne tonnaient pas 
masse pour faire pression sur les cours. La loi 
de l'offre et de la demande se trouvait ainsi 
faussée. Enfin, il faut reconnaître que le marché 
de La Villette a perdu un peu de sa qualité de 
régulateur des cours du bétail en France, par 
suite des achats faits pour l'armée parles com- 
missions de raviliiillement. Celles ci opèrent 
dans la limite des prix maxima qui lui sont Itxés 
par riiitendance pour un certain temps. Si ces 
prix sont plus élevés que ceux qui peuvent être 
obtenus sur les marchés, le producteur en pro- 
file; s'ils sont plus bas, ce même producteur 
cherche à sousliaiie ses animaux aux commis- 
sions de ravitaillement en les envoyant sur les 
marchés. L a.\e du commerce se trouve de cette 
façon quelque peu déplacé. 

Les mesures prises p.ir l'Adminislialion pour 
obvier à l'exa^éialion des abatages prématurés 
continuent à porter leur fiuit. Le recensement 
fait en juin dernier en est la constatation. Au 
!'■' juillet 1919, les existences en bovins se chif- 
frent par 12 922 94Ô tètes, taudis qu'elles 
n'étaient, à la mêiTie date en 191H. que de 
12 280 819, soit un accoissemenl de 437 097 têtes. 

Veaux. — En cette branche, une progression 
des apports analo^jue a celle du gros bétail est à 
ciiiistater. De janvier a juillet, sauf une reprise 
intermédiaire en avril et mai, les cours passent 
de 3 l'r. 01 à 3 fr. 12 le kilogramme de viande 
nette pour la l" qualité, et de 2 fr. 70 a 2 fr. 02 
pour la 3'. (Ju I 'S retrouve, en lin d'année, à 
3 fr. Go et 2 fr. 72 pour ces deux iiualilés res- 
pectivement. Peut-être est-il permis d'exprimer 
le regret que tant d'animau.v de cette catégorie 
soient encore livrés à la boucherie, au lieu 
d'être retenus |ioiir l'élevage, si une question de 
nourriture ne s'y ojipose pas. 

Moulonx. — Eu ovins, les apports, ;i 7 000 uni- 
lés près en plus, ont é'té les mêmes qu'en 1915. 
Uien n'étant venu améliorer une situation déjà 
fort précaire la hausse ne pouvait que s'accen- 
tuer. Aussi les prix, de janvier à mai, s'êlèvent- 
'ils rapidement de 2 fr. 92 à 3 fr. 06 le kilo^jr. 
de viande nelte pour la I" qualité, et de 2 fr. 27 
îi 2 fr. 92 pour la 3°. De mai à septembre, ils re- 
descendenl,p>ur chaque qualité lespectiveinent, 
,'i 3 fr. 40 et 2 fr. 15; mais pour remonter, de 
cette époque à la fin de l'année, à 3 l'r. 70 et 
2 fr. 60. A part quelques milliers de têtes, qui 
ont été livrés par l'Administration à la consom- 
mation civile, dans nos départements méditerra- 
néens, toutes les disponibilités d'AI^'érie ont élê 
absorbées par rintendance militaire. Quant aux 
ressources de la métropole, elles l'Ut encore di- 
minué. Dans nombre d'exploitations, le troupeau 
ovin a encore été supprimé faute de bergers. Du 
re>ie, au I" lulllei deinii-r, le recensemeol 



MÉCANICIENS KT CUNDrcïEUUS DE MACHINKS 



constate une nouvelle réduction des exister) ces de 

1 403 9:8 moulons ; 12 079 211 contre 13 483 189 
au même moment en 19lii. 

Porcs. — C'est la sorte de viande qui a le plus 
haussé et elle se trouve t^tre devenue la plus 
chère, contrairement à cv qui existe d'h.ibilude. 
Au cours de raniii-e, les prix sont passés de 

2 fr. 08 à -i fr.Ol le kilogramme d" viande nelle 
pour la i" qualité et de 2 fr. o8 à 3 fr. 20 pour 
la 3« i parité de 2 fr. 01 à 2 fr. 52 et de 1 .80 à 
2 fr. 28 le kilogramme vif). Comme on le voil 
par le tableau que nous donnons au commence- 
ment de la présente revue, les arrivages ont été 
inférieurs de lil noo télés à ceux de 19111. 

fin ne s'expliquerait pas (]ue l'élévation dfs 
prix n'ait pas poussé a une production intense, 
du reste facile en temps normal, si on ne savait 
que la nourriture est rare et chère. Les pommes 
de terre font défaut, l'orge, le sarrasin ont 
presque ;lriplé de prix et le cultivateur trouve 
plus d'avantage à vendre ces derniers produits 
que de les faire consommer sous forme de fa- 
rine ou de remoulai;e. .Ajoutons à cela que le 
cultivateur se résolùt-il à faire consommer sfs 



produits, la main-d'œuvre lui ferait encore dé- 
faut pour leur préparation et leur distribution. 
L'irrof^ularité dans les transports par chemins 
de fer, comme nous le signalons déjà pour le 
gros bétail et pour la même raison, a contribué 
aussi à la hausse des prix. Cette hausse aurait 
été plus forte encore .«i les commissionnaires- 
vendeurs à La Villetlp n'avaient, ilans l'intérêt 
public, pris sur eux de ne pas dépasser le prix 
de 2 fr. 60 le kilograuinie vif, pendant une assez 
loni.'ue période de temps. 

I.e lec' nsement au 1"' juillet dernier présente 
4- 418 36fi porcins, contre 'j 490 ~00 à la date cor- 
respondante en 1913. 

En résuniH, il faut reconnaître que le prix de 
la viande est monté à des taux excnssifs pour bien 
des bourses. Mais la situation n'est inquiétante 
que pour le mouton. Kn bovins, nous sommes 
déjà en voie de reconstitution du troupeau et, eu 
porcins, nous nous relèverons vile (juand les 
hostilités acronl pris tin. 

F. ROLl.IN, 

Ciirre'^nontlant «11- l'Aoad'''mie 'i'.^frriniltnro. 



iMECAiMCIENS ET CONDUCTEUHS DE MACHINES 



La l'ormalion technique des spécialistes 
destinés à la conduite des machines agricoles 
doit èire envisagée, non seulement au point 
de vue de la nature des tiesoins d'ores et 
déjà connus, mais encore des possibilités de 
recrutement qu'en raison de lu situation ac- 
tuelle l'on est en droit d'escompter. 

a Besoins de lagricnltnre. — Us sont les 
plus importants et le'^ plus impérieux. On 
peut les satisfaire plus ou moins vile suivant 
l'étal dans lequel se trouve rinslrument de 
travail : 

1" Machines en bon étal de marche; 

2° Machines dégradées, atteintes dans leurs 
organes essentiels et à réparer soigneuse- 
raenl. 

La conduite des première.s exige un inini- 
rauin de connaissances théoriques, variable 
avec chaque appareil, et une instruction pra- 
tique plus ou moins longue à ac(|uérir sui- 
vant la construction de Tinstrumenl envi- 
sagé. .\ cela doit se su|ierj)iiser le sens agri- 
cole de ropportunilé des travaux, la direclion 
qu'il faut leur donner suivant les circons- 
tances diverses de température ou d'étal 
aldiosphérique, riiabiliidc desdilTeretils sols, 
et cnlin la prudence et lliabilelé qui font 
qu'une même machim- peut fournir, suivant 
son conducteur, du travail de qualités fort 
diverses et en quantités souvent très difTé- 
renles. 

-Mais quelle que soit la valeur profession- 



nelle de l'homine, le rendement de rinslru- 
ment presque toujours imparfait dont il dis- 
pose devient de moins en moins avantageux 
et, soit brusquement, soit par suite de l'usure 
normale, les réparations s'imposent. Or, en 
vertu du principe de la spécialisation des 
fondions, appliqué dans l'industrie et que 
l'agricullure doit adopter, elle aussi, c'est un 
autre technicien qui se trouve chargé de l'en- 
tretien et de la réparation des machines. Jus- 
qu'à présent, ce réile avait été dévolu, dans 
nos campagnes, au maréchal du village et 
celle organisation, tonte défectueuse qu'elle 
ait pu paraître dans un certain nombre de 
cas, avait cependant suffi aux besninsles plus 
pri^-sanls. 

L'introduction des appareils automoteurs 
dans la pratique culturale coiiipli<|ue d'un 
seul coup le iiroblème en exigeani, de ceux 
ù qui incombe le soin de maintenir en état le 
matériel de labour et de récolle, de nouvelles 
connaissances el un nouvel apprentissage. 

La culture doit donc avoir à sa disposition, 
dans le plus bref délai, deux types d'ouvriers 
agri.'îoles, inconnus jusqu'à ce jour dans les 
milieux ruraux : 

L'un plus agriculteur que mécanicien, 
chargé de faire rendre aux ouliis perfection- 
nés dont il disposera après la guerre, le rende- 
ment le plus élevé possible. Sous la direction 
immédiate du chef de l'exploitation dont il 
sera le collaborateur le plus utile, il conduira 



90 



MÉCANICIENS ET CONOrCTEURS DE MACIIINKS 



le travail du sol d'après des principes qui se 

(lopaj^ont ppu à peu d'oxpi'riencos n'^pi^têes, 
mais en portant loule sou attention vers les 
économies de temps qu il faudra de plus en 
plus réaliser. Il sera aidé dans cette voie par 
son idllégue de l'atelier rural. 

Celui-L-i plus mécanicien qu'agricuili'ur. 
recevra du premier des indications pratiques, 
apportera aux instruments employés les mo- 
dilications convenable? et, en tout cas, assu- 
rera leur parfaite utilisation. 

Ce .serait une erreur, croyons-nous, de 
vouloir d'un. -seul efT'orl, créer le mécanicien- 
conducteur idf'al. sachant exécuter un labour 
en agriculteur compétent et capable une fois 
rentré à la ferme d'eiïecluer les réparations 
importantes. 

.V chacun suivant ses aptitudes, et s'il est 
indispensable que le premier connaisse ce- 
pendant les rudiments du métier acquis 
par le second, pour, en cas d'avarie légère, 
se tirer d'afTaire par les moyens du bord, il 
est raisonnable de ne pas exiger davantage. 



h) Besoins de l'industrie. — Ici, nous en- 
trons dans un tout autre domaine qu'il im- 
porte de délimiter. La construction des ma- 
chines agricoles eu France a pu se maintenir 
à un certain niveau tant qu'elle n'a eu à sa- 
tisfaire qu'aux commandes toujours iden- 
tiques i|u'elle recevait de la culture. Et même 
lorsqu'il s'est afçi de consiruire les instru- 
ments nouveaux qui, récemment, sont ap- 
parus sur le marché, rlle a vite trouvé les 
ingénieurs capables d'en assurer la fabrica- 
tion, et pour cela nos grandes Kcoles tech- 
niques oui amplement sufli. Mais |)lus difli- 
cile a été le recrutement du personnel d'exé- 
cution, contremaîtres, forgerons, ajusteurs, 
que l'industrie actuelle, avec son machinisme 
intensif, ne formait pnsd'ime manière satis- 
faisiintc. 

La Chambre syndi.-ale des constructeurs 
f\ depuis longtemps réclamé la création 
d'une école professionnelle où pcjurrait être 
trouvé le personnel dont il s'agit. Elle pen- 
sait, en outre, ijue renseignement pratique 
qui serait nécessaireuient donné dans un pa- 
reil élablissfmenl, orienterait les élèves vers 
les choses de la terre, et ((u'ainsi serait faci- 
litée l'organi.salion dans les diverses régions 
de France d'ateliers bien outillés, bien diri- 
gés, où bîîi grands fabricants de matériel 
agricole auraient la certitude de trouver pour 
leurs instrumenis les facilités de réparation 



ou d'échange qui, jusqu'alors, leur ont fait 
défaut, en même temps qu'aux agriculteurs 
eux-mêmes. 

C'est là une idée dont M. Hingelmann s'est 
fait depuis vingt ans l'apolre, et à la réalisa- 
tion de laquelle il s'est constamment attaché. 

Le commerce de la marhine agricole, au- 
tant que la construction elle-même, a le plus 
grand intérêt à l'existence dans notre pays 
de ces vastes garages agricoles, gérés par des 
techniciens compétents qui se feraient les 
plus actifs propagandistes des instruments 
nouveaux, et, en développant la concurrence 
mettraient aux mains des agriculteurs des 
appareils de plus en plus perfectionnés. 

Telles sont, considérées dans leur en- 
semble, les dill'e rente-- données du |)roblème 
en ce (jui coiiceine la production du matériel, 
son entretien et sa conduite. 



c Recrutement du personnel technique. 
— Les catégories nouvelles d'employés qu'il 
s'agit de former au plus lot, vu les nécessités 
angoissantes de l'heure, doivent être re- 
crutées d'abord parmi les agriculteurs eux- 
mêmes (chefs d'exploilalion et ouvriers), 
ensuite parmi les jeunes générations d'agri- 
culteurs, eulin pour ce qui concerne l'indus- 
trie parmi les ouvriers que leurs blessures ou 
leur étal physiciue auront rendus improiires 
au irav.iil intensif de l'usine. 

Mais le nombre de ces derniers est malheu- 
reusement trop élevé et il y aura parmi eux 
il'cxcellenls sujets, capables de rendre d'in- 
conteslables services ailleurs qu'à l'usine, et 
l'on a s<mgé à les initier aux travaux de cul- 
ture mécanique. Lorsque le tassement se sera 
produit, après les hostilités, beaucoup d'entre 
eux resterontà la campagne si les^couditions 
d'existence qui leur seront faites se rappro- 
chent de celles (]u'auront obtenues leurs ca- 
marades urbains. Il y a là une espérance 
dont il n'e-t point inopportun de signaler la 
précarité aux agriculteurs que n'ont pas en- 
core convaincus les difficultés passées. C'est 
pourquoi les mesures de transition, que l'on 
est ameui' à prendre pour attirer vers la 
terre les mutilés de guerre, ne doivent pas 
faire perdre de vue l'obli^'ation d'orienter 
l'enseignement de la mécanique agricole vers 
ceux-là qui, à peu près seuls et à un mo- 
ment donni", devront assurer le recrutement 
de nos Ecoles. 

H. Olry, 

Ingéniour ngrunotno. 



BIBLIOGRAPIIIK 



91 



iMAGASIN A POMMES DE TERRE 



il 

La pomme de terre est conservée en maga- 
sins ou sous des hangars. Comme magasin 
on peut citer celui qui fut étnbli par M. André 
Courtin sur son domaine du Chesne, prés 
Salbris (Loir-et-Cherl, pour loger la récolte 
d'environ 30 hectares de pommes de terre 
destinées à sa féculerie. 

La figure 22 donne les détails de construc- 
tion du magasin très simple ; les tubercules 
s'y sont toujours très bien conservés. 

Chaque ferme, de 10 mètres de portée, est 



s.n 



soutenue par deux poteaux .1 en fer à simple 
T et par un poteau central P en fer en croix 
(toutes les dimensions de ces fers sont indi- 
quées en millimètres sur la figure 22). 

Les arbalétriers a, légèrement cintrés sur 
leur longueur, sont consolidés par des jambes 
de force J et des contre-fiches C\ toutes les 
pièces de la ferme, sauf le poteau axial P, 
sont en fers à simple T et assemblées par 
des boulons. 

Le patin des arbalétriers a supporte une 







Fig. ^'i. — Coupe transversale d'un magasin à pommes de terre. 



lame de parquet h posée à plat et boulonnée 
de place en place avec le fer a; la lame h 
reçoit le voligeage. 

Les poteaux A et /' sont scellés dans de 
petits massifs m en briques. 

Le faîtage, dont on voit la projection par 
le pointillé F F'\ est soutenu par des liens L 
boulonnés avec les poteaux 7', P' . Entre 
chaque ferme 'écartemeiit de 3 mètres] on a 
jeté une petite ferme simple en bois, com- 
posée de deux lames analogues aux pièces é, 
formant faux-arbalélriers, reliées entre elles 
par un tirant e., en lame de parquet posée de 
champ et dont les extrémités sont clouées 
avec les faux arbalétriers. 

Le voligeage est en lames de parquet 
assemblées à rainures et languettes, disposées 
horizontalement sur les fermes, sans pannes 



ni chevrons: ces lames sont passées à l'huile 
lourde et reçoivent la couverture en carton 
bitumé. 

Les murs de long-pan M et d'un des pi- 
gnons sont constitués par un caisson de 0"' 80 
d'épaisseur garni de terre sableuse retenue 
par un clayonnage vertical en branchages 
maintenu par des piquets et des perches dis- 
posées horizontalement. 

Le sol intérieur du magasin est un peu 
surélevé sur le terrain environnant; il est 
asséché par des fossés extérieurs fjui ont 
fourni la terre garnissant les caissons M. 
L'aération du magasin est assurée? par de 
petites cheminées V en planches. Lors des 
grands froids, on protège les tas de pommes 
de terre par une simple couche de paille. 

M. II. 



|{Irijo(;raimiie 



Le régime de lalcool, sa réforme néces.saire. par 
I. Touraan. député du Gers, rapporteur de la Com- 
mission de la Législation fiscale de la Chambre. 
1 vol. in-S" de i62 pages avec graptiiques et cartes : 
9 fr. — II. Diinod et E. Final, éditeurs, 17. quai 
des Grands-Augustins, Paris, Vl». 



Ce volume étudie la production et lo co 



m- 



raerce des diverses qualités d'alcool , des 
eaux-de-vie naturelles (ouux-de-vie de vin, de 
cidre, de marcs, de lies et île fruits, rhums et 
tafias, j,'eiiièvies) et de l'alcool d'industrie (alcool 
de grains, de mélasses et de betteraves). Il résu- 
me en outre, aussi clairement que possible, les 
lois et règlement? qui réftissent tant la consom- 



92 



ACADEMIE DAGRICLLTUKE DE FKANCE 



mation Je bourlii' que les emplois indiistiiels de 
l'alcool, el en l.iil la critique. 

M. TouruMn expose ensuite li^ plan el les prin- 
cipales disposiliuiis de la rélonne proposée par 
la Commission de la Législation liâcale. Eléva- 
tion de rimpot, création du monopole de l'alcuol 
industriel, suppression du privilège des bouil- 
leurs di; cru, tels sont leséloments essentiels du 
projet qui doit servir de base à la discussiDii de- 
vant la Cbambre. 

Enfin, d'importantes annexes complètent cette 
élude : slatistiques et renseignements divers sur 
la production, l'importation, 1 exportation fl la 
consommation de l'alcool; vœux des divers 
groupes de producteurs (^onlédérations de vi- 
gnerons, Confédéraiion des Associations agri- 
coles du nord de la France), de l'Académie de 
médecine, du Conseil supérieur d'hygiène pu- 
blique de France, des industries utilisant l'al- 
cool; exposé de la nouvelle mélbode de dosage 
des essences dans les liqueurs; rendement des 
impôts sur l'alcool; exposé des principales légis- 
lations élrangèri-s, etc. 

L'ouvra^^e de .M. Tournai! sera utile à ceux qui 
s'intéressent à la production ou au commerce de 
l'alcool et, d'une manière i;énéralp. à tons ceux 
qui désirent suivre dans de bonnes conditions la 
grande balaille iparlementaire qui s ouvrira sur 
cette question. 

Noavelles méthodes de culture du blé et des 
autres céréales, indications pratiques pour les 
mettre à l'essai, par IIenki Iidvmi, professeur à la 



l'acuité des sciences de Uoideaux. Brochure de 
.■iii paf.'es : fr. 6U. à la Librairie agricole de la 
MhIsoii ruslii|ue. 2(i, rue Jacoh. 

Les coiniimnications récentes faites par .M. le 
professeur Devaux à l'.Xcadrniie des Sciences et 
à l'Académie d'.ifji i.ulture ont appeb- h nouveau 
l'altention .sur les méthodes spéciales de culture 
du blé, notamment sur le butlat;e et le repiquage 
de cette céréale. 

M. Devaux, dans ses champs d'essai de Bor- 
deaux, en a obtenu Us promesses les plus enga- 
geantes el les résultats qui semblent devoir ètie 
atteints sont encourageants. 

Le savant professeur voudrait voir les mé- 
thodes qu'il préconise essayées en grande cul- 
ture. Aussi, dans une brochure élégante el 
claire, il donne aux praticiens les indications 
nécessaires pour l'emploi en scande culture des 
procédés de bultage el de repiquage. 

Sans vouloir renverser d'un coup les méthodes 
usuelles de culture, M. Devaux demande qu'on 
lente de mettre en pratique les procédés qui, 
dans ses champs d'essais, se traduisent par une 
augmentation considérable de vigueur du blé. 

On ne peut que s'associer à ce désir d'examen 
et de mise au point d'une mélbode intéressante 
au point de vue physiologique. Nous ne doutons 
pas que la brochure de .\l. Devaux ne contribue 
à inciter les cultivateurs qui le peuvent à essayer 
les procédés que le savant professeur Devaux 
estime pouvoir remédier à l'insuflisance des 
rendements actuels. 

1'. H. 



ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE 



Séance solennelle du 28 février. 

P csidence de M. Clémenlel, ministre 

de rAf/ricultiire. 

La séance solennelle annuelle pour la distri- 
bution des récompenses s'est leiiue le 28 février. 

.M. Clémenlel, ministre de l'Agriculture, prési- 
dait, assisté des membres du Bureau de l'Acadé- 
mie, de M. Emile Loubet, ancien président de la 
République, et de MM. Méline et Viger, anciens 
ministres. 

En ciuvrant la séance, M. Cléinentel a d'abord 
remercié l'.Académie du concours actif et dévoué 
((u'elle ne cesse de donner au (iouveinenient 
dans toutes les circonstances; puis, après avoir 
rendu hommage à l'énergie déployée par les 
awriculieurs depuis le début de la guerre, il a 
insisté sur la néc«silé de soutenir et d'encoura- 
ger cette éner-in qui doit surmciiler des difllcul- 
tés de jour en jour plus ^'i.indes. Il a exposé les 
mesures qu'il poursuit pour venir en aide à 
l'ai;iiculture dans celle période difficile, el pour 
permettre de rendre à la culture trop de terres 
restées en friches. Il a terminé par un éloquent 
tableau des elTorts qui seront nécessaires pour 
rendre sa vigueur à la terre française et pour 
développer dans des proportions de plus eu plus 



intenses sa production qui sera la base du nou- 
vel essor que la France sera appelée à prendre 
dans l'avenir. Il a exprimé sn coiiliance dans la 
part que l'Académie d'Agriculture ne manquera 
pas de prendre pour atteindre ce but. << Uesser- 
rons, s'esl-il écrié en terminant, les liens des 
solidarités agissantes, donnons au monde rural 
l'insirument de tous les progrès ; l'or^ianisation !» 

t^e discours chaleureux el vibrant a été ac- 
cueilli par de vifs applaudissements. 

M. Jules nei'lle, président de l'Académie, après 
avoir remercié M. Clémenlel, a rappelé avec 
lierlé que celle-ci s'est mobilisée dès le début de 
la t'uerre ; son effort a élé constant, actif el effi- 
cace. Après avoir cité les principales manifesta- 
tions de cet effort, M. Develle a conclu qu'elle 
persévérera dans son a>uvre avec conliaiice, avec 
la conscience de remplir un devoir national. 

.M. /f'îHri/ ^'iijnier, secrétaire perpétuel, a pré- 
senté le compte rendu des travaux de l'Académie 
pendant l'année écoulée, el il a donné lecture 
d'une notice biographique sur François Her- 
thault, ancii-n membre de l'Académie. 

La séance a été terminée par la proclamation 
des récompenses. En voici la liste : 
Pri.r spéclaur. 

l'rU de Bèlmgue (I 000 fr.), à M.Théophile Moood, 



OOUKESPONOANCE 



9J 



pour l'ensemble île ses travaux et de ses recherches 
sui- la zootechnie et sur 1 élevage. 

l'rir Henri Muret (350 fr.), à M"" veuve Balluais. 
pour le iiévoueu)>-iit qu'elle a apporté à l'éducation 
de ses enrants et la direction qu'elle leur a donnée 
dans l.i carripre .i^ricole. 

i.>0 fr. à prélever sur le l'rij- Léonce de Lavergne, 
à M. Auguste Ch.iiivij^né. pour snn mémoire intitulé : 
les Gardiens de la tei re. 

l'ri.r l'nrandier (500 fr.i, à M. le baron Jacques 
Riston, pour son ouvrage intitulé : Contribution à 
l'histoire de la vigne et de sa culture dans la région 
ïorrame. 

Section des Cultures Spéciales. 

Happel (le diplôme de nihlaille d'or à M. Rachel 
Séverin. pour son mémoire intitulé : Le Commerce 
des fruits. — DipUime de ynédaitle d'cr, à M. Georges 
Fron, poui son ouvrage intitulé : l'ianies nuisibles à 
l'Aijriiulture. 

Section de Sylviculture. 

Rappel de médnille d'o-, à M. Antoine Julyel, pour 
la 2' édilioD de son ouvrable intitulé : Traité pra- 
tique de Sylviculture. 

Section d'Economie des .Inintauu. 

Oiplôme de médaille d'or, à M. Alfred Massé, poqr 
son ouvrage intitulé : Le Troupeau /ran{:ais et la 
guerre. — Médaille d'argent à M. Louis Gaillard, 
pour son initiative d-ms la préparation el le com- 
merce du lait écrémé destiné à l'aliuientation. — 
Diplôme de médaille d'argent, à M. Albert Lhosfe, 
p<iur Son mémoire intitulé : /•" Lutte rontre la tuber- 
culose bovine. 



Section d'Economie. Statistique et Législation. 

Diplôme de médaille d'or, à M""-' Louise Zeys, pour 
son ouvrage intitulé : A.".? Petites industries rurales 
et leur évolution. — Médailles d'argent, à M. J.-B. 
Martin, pour son initiative dans la création de So- 
ciétés mutuelles d'assurance contre Its accidents du 
travail en agriiultiire, et à M. Rougier-Labcrgerie. 
pour son initiative dans la création de la Société 
mutuelle agricole du Poitou contre les accidents du 
travail. — Diplôme de médaille d'argeni, à M. Abel 
Beckerich, pour son ouvrage intitulé : Les Salaires 
agricoles el l'exode rural. 

Section des Scietices Physico-Chimiques . 

Médaille d'or à l'effigie d'Olivier de Serres, aux re- 
cherches et aux travaux de laiterie de M. Paul Daire, 
sous-lieutenant d'infanterie, mort .lu champ d'hon- 
neur, devant Verdun, le 14 décembre 1911!.— Rappel 
de iitédailled'or, à .M. Louis .\maiann, pour son ouvrage 
intitulé : Meunerie-Boulangerie. — Médaille d'argeni, 
à M. l'ernani Courty, pour len.'embli? de ses travaux 
de météorologie. 

Section de Génie rural. 
Diplôme de médaille d'or, à M. Charles Audebeau 
bey, pour ses mémoires intitulés ; /.e Héservoir sou- 
terrain de l'Egypte. Le iMhourage en Egypte. — Di- 
plôme de médaille d'argent, à M. Victor Mosséri, 
pour ses mémoires intitulas : L'Ulilisalion du réser- 
voir souleiTain de l'Egypte, Le Labourage en Egypte. 

II. IllTlEU. 



SULFATE DE (XIVHE ET SOUFHE 



Depuis plusieurs mois, nous avons signalé 
les efTorts poursuivis pour assurer, on 1917, 
les ressources sufH.-antes en sull'ale de cuivre 
pour la vilicullure, et nous avons prottslé 
contre l'exagérytion des prix a laquelle on 
s'est laissé enlrainer sur la foi de rensuigne- 
menls erronés. Sur ce sujet, le Journal Of/i- 
cii-l a enrenislré récemment la réponse du 
ministre de l'Agriculture à une question qui 
lui avait été adressée par un député : 

En ce qui concerne le sulfate de cuivre, une 
certaine partie de la fabiication française a été 
réservée aux groupemenis de viticulteurs Cha- 
cun des Inlf^ressés, dont la commande a été re- 
quise et enregistrée au 31 décembre, sera avisé 
prochainement du prix de livraison sur vagon 
départ, ainsi ([ue dn nom et de l'adresse du 
fournisseur. Déjà des instructions ont été don- 
nées en ce sens au directeur des Services agii- 



coles à Bordeaux, chatf;é de la lépartilion. 
En ce qui concerne les soufres, le Gouverne- 
ment italien a autorisé IV xporlalion, à destina- 
tion de la France, d'un contingent de 40 000 ton- 
nes, dont on assure la répartition équitable entre 
les divers acheteurs. Mais comme une partie du 
snufrf ainsi importé doit être traitée par la raf- 
tineiie de soulre avant d'être livrée aux viticul- 
teurs, l'Administration n'a pu assurer la réparli- 
tion directe du contingent total entre les inté- 
ressés. La liste des importateurs sera communi- 
quée aux acheteurs el, d'autre part, l'Adminis- 
tration ne manquera pas de surveiller les prix 
pratiqués, qui se ressentiront toutefois des taux 
très élevés du fret et des risques de guerre. 

En ce qui concerne le soufre, la répartition 
doit en être assurée par la Direction des 
Services agricoles des Bouches-du-Rliône, à 
Marseille. 



CORnESFOADANCE 



— N" 8')31 ICnlradosK — Vous voulez cultiver 
une pomme de terre de grosse consomma- 
tion, rmli'ine, productive. Nous vous conseillons 
les varif'tés Fin de siècle. Industrie, Magnum bo- 
num. Institut de [teaurais. Il faut compter em- 
ployer, à raison de .i:jO plants de pommes de i procurer des semences, 
terre à l'aie, 1 SCO à 2 000 kilogrammes de ' Les féveroles sont, en ellet, une iiourriUire 



tubercules de semences à l'hectare au moins. 

Il faut planter la pomme de terre en mar«, 
début d'avril. 

Adressez-vous au directeur des Services agri- 
coles de votre département pour savoir on vous 



94 



CORHESPONDANCE 



très riche en matières azolées et les grains con- 
cass(^s ou en farine constituent un excellent 
aliment d'enpraisseinent. 

La féverole demande h être cullivcp dans un 
terrain plutôt frais, argileux; pour que la planlf 
végète bien et donne beaucoup de graines, il 
faut un sol, d'autre part, qui snit assez riche en 
aride pliosphorique : il sera donc bon d'ajouter 
comme entrais complémeiilaire par hectare, 
dans une terre déjà en bon étal de fumure, 300 à 
400 Uilogr. de superphosphate. 

Il faut semer la féverole en mars à raison de 
200 à 2a0 kilogr. par hectare. — (H. M.; 

— .1. L. {Lniitle^). — Dans un terrain fertile 
comme If vôtre, pour une essence à couvert 
léger telle que le chêne et avec des sujets hien 
élancés, il n'y a aucun iiiconvéniniit à serrer la 
réserve. Vous pourrez garder 200 h WO hcaux 
baliveaux à Thectare pour préparer votre future 
haute futaie; il vous sera toujours loisible d'ici 
quelques années de réaliser les tiges qui vous 
paraîtraient dépérissantes ou surabondantes, 
tout en ayant grand soin d'éviter de découvrir 
le sol. 

Les produits de votre coupe peuvent intéresser 
l'armée tant au point de vue bois de chauffage 
qu'au point de vue écorces !un slére de bois 
soumis à l'écorçage peut vous donner KO à <'>0 ki- 
logr. d'écorce). 

S'il s'aj-iit de bois de chauffa^je, vous vous 
adresserez à la Sous-Intendance miliiaire à Dax. 
En ce qui concerne les écorcss, vous ferez vos 
propositions au sous-intendant militaire, direc- 
teur des Centres de tannage à Unnleaux. 

Quant à la main-d'œuvre, d'après de récentes 
circulaires ministérielles, il ne vous sera fiuère 
possible d'obtenir que des hommes du service 
auxiliaire ou de la main-d'œuvre coloniale ou 
étrangère. Vous devrez adresser vos demandes à 
la Sous-Intendance avec laquelle vous aurez 
passé un marché. — (M. M.) 

— N" (')073 {Loir-et-Cker). — Voici les poids, 
au mètre cube, de divers fourrages : foin 
boltelé, 00 à 02 kilogr. ; paille en bottes, :i8 à 
60 kilogr. ; foin en vrac, lassé, o.'i à iil kilogr.; 
paille en vrac, tassée, 44- à 50 kilogr. Dans une 
grande meule île paille ou de foin, le plan infé- 
rieur, ou sous-trttit, supportant une pression qui 
ne dépasse pas .ïO à Oo grammes par centimètre 
carré, ne présente pas plus de 03 à 70 kilogr. de 
marchandise au mètre cube, alors que le môme 
volume à la partie supérieure de la meule pèse 
de 50 à 60 kilogr. 

En lassant très soigneusement des bottes de 
foin ou de paille dans un ma^-asin, on peut 
atteindre au plus 80 kilogr. au mètre cube, mais, 
en pratique, il est prudent de tabler sur le chilTie 
de 70 kilogr. Il faut comprimer la paille plus 
fortement que le foin pour obtenir le mémo 
poids au mètre cube. — (M. R.) 

— il. E. M. <l'lœi). — Les pommes de terre 
se conservent en las de O^.SO à O^.SO d'épais- 
seur dans lesquels on place des fagots destinés 
à l'aération à des écartements d'environ 2 mètres; 



les tubercules doivent être préalablement bien 
ressuyés avant leur mise en las dans un bâti- 
ment clos; lorsque des gelées sont à craindre, 
on recouvre les tas avec de la paille ou des 
feuilles sèches. Dans les grands magasins des 
féculeries, les tas ont souvent plus d'un mètre 
d'épaisseur, mais on les surveille constamment 
alin do râper de suite les tubercules qui mani- 
festeraient des siunes d'altération. 

Les choux -raves peuvent se conserver de la 
même fin on dans le même local, ainsi que les 
betteraves. Cependant, s'il y avait une grande 
quantité de betteiaves à conserver, il n'y aurait 
pas lieu de les mettre en magasin, mais dehors, 
en silo hors terre, le tas, à une section en tra- 
pèze, ayant :i mètres à la base, 0"".oO au sommet 
et 2 mètres de hauteur, sur une longueur dépen- 
dant du volume à loger; les racines constituant 
la paroi sont placées à la main, le collet du côté 
externe. Deux fossés latéraux servent à l'assè- 
chement du sol tout en fournissant la terre né- 
cessaire pour (.'arnir les côtés et le dessus d'une 
couche ayant de 30 k 50 centimètres d'épaisseur; 
celle couche est battue et lissée à la pelle pour 
faciliter l'écoulement de l'eau de pluie et s'oppo- 
ser à sa pénétration. Il n'y a pas lieu de mettre 
une couche de paille sur les betteraves; de place 
en place, on dispose quelquefois des fagols ser- 
vant de cheminées de ventilation qu'on obture 
avec de la terre par les grands froids. — (M. R.) 

— M. A. L. (Lfliirfe.'î). — Il ne faut pas laisser 
longtemps viles les cuves et les foudres; il y a 
lieu de les remplir d'eau propre et de changer 
cette eau dès qu'elle s'altère; vous pourriez 
mettre un peu de charbon de bois concassé dans 
chaque cuve afin d'éviter les mauvaises odeurs. 
— ;.M. R.) 

— N» "202 (Sarthe). — Vous demandez si un 
propriétaire ne peut pas se refuser de livrer à 
la réquisition une génisse saillie en octobre 
dernier et un bieuf de dix-huit mois non en 
graissé ni même formé. 

Quelque regrettable que le silence des textes 
puisse être sur ce point, aucune disposition, à 
notre connaissance, n exempte de la réquisition 
des animaux se trouvant dans les conditions 
indiquées. Le propriétaire pourrait seulement 
essayer de s'entendre avec l'autorité militaire de 
laquelle émane lu réquisition. — ((i. E.) 

— N" 79.'>7 'Giroivle). — Les renseignements 
que nous publions ici doivent rester dans les 
limites des questions techniques que l'agricul- 
tnre et les industries annexes peuvent soulever. 
Il nous est plus difficile de donner des rensei- 
gnements de nature commerciale sur des éta- 
blissements beurriers ou autres. — (L. L.) 

— N" t;72:'i iSuiî.'îe). — La graine de soja est 
très riche en huile et, par suile, possède une 
valeur vénale qui ne permet pas de songer à la 
faire consommer par les animaux. 

Les tourteaux, ou résidus de l'extraction de 
l'huile de soja, ne contiennent pas beaucoup 
moins d'azote que ceux de l'arachide ou du coton 
décortiqué d'Aincriqur. — (A. li.) 



REVUE COMMEHCIALE 



LA QUINZAINE MÉTÉOROLOGIQUE 

Semaine du 19 au 2.j /■ei;îierl917 [OBSERVATOIRE DU PARC SAL\T-MAUR 



JOURS 

BT DATES 


z 

o ..: 

£ a 




IEMPë 


RATUR 

o 

B 
B 
o 

>. 

O 

3. 


E 

Écarl 
sur 
la nor- 
male. 


Vent. 


d 

« es 

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a .2 
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REMARQUES DIVERSES 


a 

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(S 

a 
"m 

et 

s 




millim. 












béates 


mjllim. 




Lundi 19 fév. 


M 


|oo 


8»0 


3».5 


—0.4 


» 


0.4 


0.6 


Pluie la nuit, gelée bl. le soir. 


Mardi 20 — 


« 


2.8 


1.1 


ô.i 


+1.:; 


» 


0.0 


12.6 


Pluie continue, brouill. le s. 


Mercredi.. 21 — 


» 


3.0 


9.2 


6.0 


+2.0 


■> 


0.0 


3.1 


Pluie la nuit, brouill. le soir. 


Jeudi 22 — 


» 


1.8 


6.0 


5.2 


+ 1.2 


» 


0.0 


2.1 


Gelée bl., brouill., pluie le s. 


Vendredi. 23 — 


\ „ 


:! 


5.2 


3.3 


— 0.8 


" 


0.0 


■■ 


Brouillard. 


Samedi... 24 — 


■■ 


—2.0 


5.8 


1.6 


—2.5 


» 


0.7 


» 


Gelée bl.. matin et soir. 


Dim 25 — 


■• 


—3.(1 


10.2 


2.0 


-2.2 


» 


5.3 




Gelée bl., givre et bruuill. le 
matin. 


lipilU H ttUlI 

fiuts sir 1 Dtruli 


1» 


o.i; 
0.0 


1 - i 
— 0.- 


3. S 
—0.2 


» 


" 


6.4 
an lien de 
73 h. 8 
dar. thior. 


18.1 


Pluie depuis le !<■'■ janvier : 

Enl917 52ma. 

Normale 71°"" 1 








Semai 


ne du 


2(i fe 


vrier 


au -i 


nars 191" 


Lundi.... 26 fév. 
Mardi.... 27 - 
Mercredi . ;'8 — 


U 


o».: 

—0.3 
2.4 


9° 2 
9.6 
6.8 


304 
3.9 
4.2 


—G»» 
—0.4 
—0.2 


» 


2.8 
1.4 
0.0 


0.3 


Gelée bl., brouillard et pluie 

le matin. 
Gelée bl. et brouill. le matin, 

temps couvert. 
Temps couvert, brouillard. 


Jeudi 1" m. 


» 


-0.4 


8.9 


4.2 


—0.2 


M 


3.2 


0.5 


Pluie la nuit, nuages le soir. 


Vendredi. 2 — 
Samedi . . rt — 


1» 


—2.2 
—1.7 


4.1 
3.0 


-0.2 

or, 


-4.7 
4.0 


» 


3.8 
1.3 


" 


Gelée bl., givre, brouill. le m.. 

temps nuageux. 
Gelée lil.. temps nuageux. 


Dimanche 1 — 


» 


— 3..Î 


6.- 


1.6 


3.0 


»> 


7.0 


" 


Gelée bl., givre le m., beau 
temps. ( 


■•;hhi II ttuit 

ioib nt U Ulula 


" 


-0.7 
—1.9 


6.9 
—2.0 


2.5 
—1.0 


" 


1 


19.5 

an lieo de 

"i'> k. 8 

dir. lb(ot. 


0.8 


Pluie depuis le 1" janvier : 

En 1917 53°"" 

Normale SO"" 



(La publication des renseignements sur la pression barométrique et sur le vent est interdite par la 
censure au Bureau central météorologique.) 



REVUE COMMERCIALE 



Situation générale. — l.c radoucissement de la 
température pendant la dernière période a mis fin 
aux froids rigoureux qui avaient sévi pendant une 
longue série de semaines: mais le dégel du sol ne 
s'est manifesté que progressivement, de sorte que les 
travaux n'ont été repris qu'avec lenteur. On subit 
toujour!^ un retard qu'il sera difficile de récupérer. 

Blés et Farines. — II ne semble pas que les 
cbamps aieni eu beaucoup U souli'rir des gelées; 
sans doute, on signale, dans un certain nombre de 
régions, des blés trop clairs, mais la proportion ne 
parait pas s'^-tre accrue depuis le début de l'année. 
On se préoccupe partout des semailles de blé de 



printemiis, mais on ne saurait espérer qu elles pren- 
nenl les propoitions qui seraient nécessaires pour 
exercer une iniluence décisive sur le résultat final 
de la récolte. La situation commerciale est toujours 
extrêmement précaire; les demandes sont actives 
dans un certain nombre de régions, mais les <litficul- 
tés toujours aussi grandes dans les transports ne 
permettent de leur donner satisfaction que dans des 
proportions restreintes, de sorte que l'on signale des 
arrêts dans les moulins, alors que le lavilaillement 
civil ne fournit qu'insuffisamment aux besoins. Les 
manliés n'accusent que des cours nomin.'iux; mais 
des ventes sont faites au-dessus de la taxe. .\ Mar- 



96 



REVUE COMMEKCIALK 



seille, les blés durs sont cotés 38 à 39 fr. par 100 ki- 
lojiramDies. 

Sur les marchés américains, la tensiun politique 
a accentué le mouvempnt de hausse. A .\ew-York, on 
cote le blé disponible 41.1!; i^ar 100 kilogr. au pair 
40.20 au taux du change). Kn Angleterre, la hausse 
e-t assez aeeenliiée; à Lomlres, on cote les blés in- 
digènes : blancs. 43.75 à 46 fr.; roux, 13 à l.'i.SO; les 
blés étrangers valent, en entrepcM : canadiens, 49 à 
50."i0: américains. 45 à 45.50; australiens, 48. ."jO à 
49 fr. En Suisse, le Département militaire fédéral a 
porlé à .'ifi fr. le prix du hic (juil livre aux meuniers. 

Issues. — Les prix sont tns feiÉiies, d'autant plus 
que les offres sont exlrénumert raies. 

Seigles. — Les transactions sont limitées : taxe, 
30 fr. par 100 kilogr. chez les producteurs. 

Avoines. — Les allaires seraient actives, sans les 
diflicultés de transport. Dans le Centre, les avoines 
grises ou noires se vendent :iO à 31 fr. par 100 kilo- 
grammes: dans l'Ooest, 29 à 30 fr. 

Orges. — Ventes limitées, au taux de la taxe, 31 fr. 
par 100 kilogr. 

Sarrasins. — Nouvelle fermeté des prix. Les sar- 
rasins de Bretagne sont cotés 42 à 43 fr., et même 
41 fr. dans la Sarthe. 

Maïs. — On cote les maïs de la Plata 4.) à 47 francs 
dans les ports, suivant les sortes. 

Pommes de terre. — Les pertes provoi[uées par 
le froid ont amené une hausse sensible. (In paie, 
dans la plupart des re{,'ions, 21 à 24 fr. par 100 kilo- 
grammes. .\ Marseille, les pommes de terre de Pro- 
vence valent 10 à 45 fr. 

Légumes secs. — Les ollres sont devenues assez 
rares. Les haricots sont recherchés de 130 à 150 fr. 
par 100 kilogr. 

Graines fourragères. — Les stocks sont réduits, et 
les prix fermes. Les trèlles violets valent, suivant les 
marches, 170 à 220 fr. par 100 kilogr. 

Fourrages. — Dans la région de l'Est, les foins 
val. nt de IS à 20 fr., et dans quelques rayons de 20 à 
22 fr Les moyens de transports font insuffisants. 

Bétail. — Voici le relevé du dernier marché de La 
Villette, à Paris (5 mars) : 









PftIX 


DU KILOG. 








AU POIDS HBT. 




Amenés. 


Invendus. 




_.^v__»i- 








1" 


2* 


3- 








quai. 


quai. 


quai. 


Bo^uts 


î rt76 


112 


î.v-2 


2.82 


2.62 


Var-hcs 


1 331 

340 

1 004 

12 30-' 

4 630 


115 
35 
130 

a 


•2.9-.? 
J.'iO 
3.70 
4 50 
4 21 


2.80 
2.60 
3.20 
4 00 
4 06 


? 60 




2.48 




2.70 


Moulons 


3 50 


Porcs 


3 86 




Prll 


extrêmes 


du kilo;:ramme. 




Au poi 


Js vif. 


Au poids net. 


Bœuf» 


1.14 I 


1.84 


2.9« k 3.06 


V.cl.e» 


1.01 


1.85 


2.C2 3.08 


Taureaux 


1 . 1.'. 


1.68 


3.30 2.80 




u.ori 

1.49 


2.40 
Î.35 


1.90 4.00 


Monlona 


3.10 4.90 


l'orcs 


■l.il 


3.01 


3 


38 4 


30 



Dans les départements, on paie ; 

Amiens, par kilogr poids net : bœufs et vaches, 
2.30 il 2.90; veaux, 2.12 à 3.i',2; porcs, 3.30 à 3.40. 

Cufii, par kilogr. poids net : bœufs et vaches, 
2.60 à 3.20; veaux, 3.60 & 4.20; moutons, 3.90 à 4.60; 
porcs, 3.C0 & 3.90. 

Rouen, par kilogr. poids net : b<cufs et vache», 



2.65 à 2.90; veaux, 3.50 à 4.10; moutons, 3.20 à 4.40; 
porcs, 3.50 à 3.80. 

Chartiei, par kilogr. poids net : veaux, 3.60 à 4 (r 

Choisi, par kilogr. poids vif : bœufs, 0.97 à 1.02; 
vaches. 0.92 à 0.97; porcs, 2.80. 

Sauci/, p.ir kilogr. poids vif: bœufs, 1.38 à 1.48; 
vaches, 1.35 à 1.45; veaux, 2.20 à 2.S0 ; moutoos, 2 à 
2.25; porcs, 2.05 à 2.10. 

Auttin. par kilogr. poids vif : bœufs, 1.40 à 1.60; 
veaux, 2 à 2.40; porcs, 2.70 à 2.90; la paire : bu'ufs 
de trait, 2 000 à 2 (".OU fr. 

I.ijon, par kilogr. poids vif : bœufs, 1.20 à 1.80; 
veatix, 1.40 à 1.84; moutons, 1.50 à 1.80; porcs, 2.40 
à 2.70. 

MurseUle, par kilogr. poids net : bœufs, 2.40 à 
2.50 ; moutons, 3.25 à 3.65. 

Viandes. — Derniers cours officiels aux Malles 
centrales de Pari» (par kilogr.) ; 

B<euf. 

1/4 do derrière. 1 80 à 2 70 Traing 2 00 * 3 00 

1/4 de devant. 1 40 2 10 Cuisses .... 2 20 2 70 

Aloyau .... 2 40 3 10 Pis et collet. . 1 80 2 40 

Paleron .... 2 00 2 40 Bavette .... 1 80 2 60 

Veau. 

Extra. ... 3 60 à 3 70 Pans et cuiss. 2 00 * 4 20 

1" qualité. . . 3 20 3 nO Veaux de Caen: 

2« — ... 290 310 1,4 de devant.. 230^290 

3« — ... 2 10 280 1/4 de derrière. 280 320 

Veaux bretons. 2 30 3 00 

ilcutùn. 

1" qualité. . . 4 00 à 4 40 Cii(,'ot 3 20 » 4 (iO 

2< — ... 3 60 390 Carrés parés. . 320 700 

3« — ... 3 00 3 50 Agneaux ... 2 80 1 50 

Porr. 

Extra 3 66 4 3 80 Filets 3 00 1, 4 10 

l" qualité. . . 3 40 3 60 Jambons ... 3 20 1 OO 

2» — ... 3 10 3 30 Reins 3 90 3 80 

Poil, tratches. 3 20 3 76 Poit. salées . . » • 

Suifs. — Nouvelle hausse. Cote officielle à Paris : 
162 fr. par 100 kilogr. 

Vins. — Les difficultés de transport paraissent 
encore aggravi^es depuis quelques jours; on se plaint 
dans les grands centres de population, notanimeut à 
Paris que les approvisionnements ne sopènnt i|ue 
très irrégulièrement. Sur les inarcliés méridionaux, 
les prix accusent toujours la même fermeté; on cote 
par hectolitre nu : liéziers. vins rouges. 7 à 8», 64 fr.; 
10 à 12». G8 fr.; vins rosés, 68 à 72 fr.; blancs, 74 à. 
77 fr. ; A'aWiOHiie. vins rouges, 11 à 12°, 70 fr. ; l'er- 
piijnan. vins rouges 7 à 8", 64 fr. ; H à 12*, 72 fr. 
Dans le Miicunintis, les vins rouges ordinaires valent 
68 h 70 fr. et les blancs 72 à 75 fr. par hectolitre. En 
Anjou, les vins ordinaires valent IdO à 170 fr. la 
pièce ;220 litres. En Alr/érie, les transports sont 
arrêtés faute de bateaux. 

Alcools. — Les 3/6 vin manquent sur les marchés 
méridionaux, les 3/6 marc valent, par hectolitre, 
333 ù 310 fr. suivant les marchés. 

Fécules. — La hausse a persisté. A Paris, la fécule 
première est cotée 127 à I2S.50 par lûO kilogr. 

Bearres. — Les résultats de la taxation se inani- 
feslenl par une irrégularité de plus en plus grande 
sur le» marchés. 

(Enfs. — Les offres sont plus abondantes et les 
prix sont plus faibles, (in paie aux Halles de Paris 
210 à 280 fr. par mille suivant grosseur. 

n. Dt:R.\xn. 



I.e qiranl : Chahles Dcthrix. 
Paria. — I. Mahkthbui, im|i.i>ut>ir, 1, rue Casketlu. 



CHRONIQUE AGRICOLE 



97 



CHRONIQUE AGRICOLE 



Manifestation des grandes assoiialions frani aises. — Déclaration ijrésentée au nom des Associations agri- 
coles. — Interiiellalions à la Ctiaïubre des députés sur la situation économique, s\ir la production du blé 
el le ravitaiUciuent. — tirdre du jour adopté. — Absence d'uu programuie ctiez les opposants. — Rapport 
de M. Victor lioret sur le projet relatif aux mélanges de farines dans la fabrication du pain. -- DifBculUs 
d'approvisionnement en succédanés. — Nouveau projet de loi relatif aux budgets communaux. — Sup- 
pression des taxes d'octroi sur l'alcool et sur. les boissons higiéniques. — Documents sur le commerce 
des vins pendant le mois de février en France et en Algérie. — Projets de loi tendant à autoriser l'em- 
ploi de la saccharine dans les industries alimentaires. — Organisation d'essais officiels contrôlés de culture 
mécanique en 1917. — Démonstrations dans la Dordogne et l'Aveyron. — Note sur l'emploi du bisulfate 
de soude pour détruire les mauvaises herbes. — Date des examens d'admission à l'Kcole supérieure 
ménagère de llrignon. — Rappel des conditions imposées pour l'exportation des plants végétaux dans 
certains pays. — La basse-cour en Suisse. — Les associations agricoles au Japon. 



Manifestation nationale. 

Les ri'|iri'S('iitanl,-> de 1 Wj^iicullure n'a- 
vaient pas le droit de se désintéresser de la 
manifestation des grandes Associations fran- 
(;aises, qui a eu lieu le 7 mars dans le grand 
amphilliéàlre de la Sorlionne, à Paris, sous 
la présidence de M. Paul Deschanel, prési- 
dent de la Chambre des Députés, en présence 
du Président de la République et des mem- 
bres du Gouvernement. » Toute la France de- 
bout pour la victoire du droit », c'est sous 
celle foniHile que se sont groupées toutes les 
forces morales, intellectuelles, profession- 
nelles du pays. Les unes el les autres ont up- 
porlé l'expression de leur conliance patrio- 
tique. 

Noici la déclaration i|ui a élé présentée 
dans celle cérémonie, au nom des Associa- 
lions agricoles, par M. Jules Develle, prési- 
dent de l'Académie d'Agriculture : 

La Fédération des i;randes Associations agri- 
coles françaises est heureuse d'apporter son con- 
cours à la Ligue nationale contre la propagande 
ennemie. 

Les centaines et centaines de milliers de culti- 
vateurs qu'elle représente directement ou par 
les Associations locales qui lui sont al'liliées 
dans toutes les parties de la France sont tous 
animés dfs mêmes sentiments, ont tous les 
mêmes aspirations. 

L'Agriculture nationale est une grande blessée 
de la guerre. Mais elle lutte énergiquement 
contre les souffrances qu'elle endure parce 
iju'elle a un sens profond de ses devoirs envers 
la patrie. Elle a pour mission de nourrir le pays 
et ses armées, de maintenir ainsi l'énergie né- 
ces'aire pour atteindre le jour de la victoire. 
Uuoique ses bras les plus vigoureux lui aient été 
enlevés par les besoins de la défense nationale, 
elle n'a ménagé aucun effort pour remplir cette 
mission, elle n'en ménagera aucun ■lans l'avenir. 
Les cultivateurs soiil éminemment pacifiques, 
car c'est dans la paix qu'ils peuvent travailler 
avec sécurit''. Mais après la sauvage aggression 
dirigée contre la France, ils n'admettraient à 

22 Mars 1917. — N» 6 



aucun prix une paix qui n'assurerait pas la ré- 
paration des ravages de l'invasion, qui ne met- 
trait pas la France définitivement à l'abri des 
convoitises de la barbarie allemande. 

L'indépendance de la patrie peut seule assurer 
l'avenir de ses enfants, de ces jeunes générations 
qui doivent voir des jours meilleurs que ceux 
traversés par leurs pères. 

La foi dans cet avenir a soutenu les cultiva- 
teurs et leur donne la force de surmonter toutes 
les fatigues contre lesquelles ils réagissent avec 
ardeur. 

C'est au nom de la moitié de la population 
française que nous parlons, de cette moitié (|ui 
fournit à l'armée ses éléments les plus solides et 
les plus résistants. 

Elle est et veut rester sur la brèche. 

Elle rejette avec horreur les suggestions téné- 
breuses qui tenteraient de troubler son sang- 
froid. 

Elle répudie toute faiblesse. 

Elle proclame sa confiaucc inébranlable dans 
le triomphe de la France. 

Une éloquente déclaration du Gouverne- 
ment a donné son caractère définitif à celte 
cérémonie. M. Kené Viviani, garde des 
sceaux, a montré la France indomptable el 
résolue après trente mois de guerre, cl 
offrant au monde le môme courage et la 
même union que le jour où elle s'est dressée 
contre l'agression allemande. Dés lors (|u'on 
l'a contrainte à la guerre, elle la supporte 
avec toute son énergie pour que l'avenir soit 
dégagé des cauchemars (jui l'on obsédée pen- 
dant tant d'années. 

Interpellations économiques. 

La Chambre des Députés a consacré leslrois 
séances du 7, du 8 et du i) mar.s à la discus- 
sion d'interpellations annoncées depuis un 
certain temps sur la situation économique et, 
en particulier, sur les conditions de notre pro- 
duction elde notre ravitaillement en blé. De 
nombreux discours se sont succédé, des cri- 
tiques parfois virulentes ont été adressées au 

1917.— 



9« CHRONIQUK AUHICOLK 

Gouvernement: mais la discussion s'est ter- 
minée par le vole d'un ordre <lu jour d;ins le- 
quel la Chambre a exprimé sa confiance dans 
le Gouvernement >• pour rendre ;\ la terre 
tous les travailleurs dont la présence aux 
années n'est pns indispensable et pour 
prendre les décisions urgentes afin d'assurer 
les besoins vitaux par une orj^'anisation mc- 
lliodiquc et rationnelle de toutes les res- 
sources. » Evidemment, ce texte est un peu 
vague, mais on doit se rendre compte qu'il 
était impossible d'obtenir une plus grande 
précision de la part de la Chambre. 

Hn effet, celle lon^çue discussion n'a fait 
que confirmer ce que l'on savait déjà, à sa 
voir les difficultés créées à la production na 



tionale par l'étal de guerre, et l'accrolsse- 
inent de ces diriicullés à mesure que cet étal 
se prolonge. Mais, comme l'a fort bien dit un 
dépulé, si les crili(|ut!S se sonl uiullipliées, il 
n'a pas été apporté de programme positif, de 
propositions susceptibles d apporter un bou- 
lagement à la crise actuelle. Il ne semble pas 
qu'il ait pu en être autrement. La seule con- 
clusion ;\ tirer de ce débat, au poinl de vue 
agricole, c'est la faillite du régime des taxa- 
lions arbitraires; mais la Chambre qui l'a 
inauguré avec une sorte de frénésie ne paraît 
pas disposée à en provoquer la réforme. 

La lin du débal s'est transformée en une 
vive discussion d'ordre politique. Il n'y a pas 
lieu d'y insister ici; mais il sera permi.s de 
regretter l'étal d'esprit qu'elle a montré 
chez linéiques ambitieux Apres à tenter de 
démolir .sans avoir quoi que ce soil à pré- 
senter puui- dégager l'aviinir. 

Les mélanges de farines. 

Dans la Chronique du 22 février (p. 64), 
nous avonrt analysé ii' projet de loi préserilé 
par le Ijouvcsrnement à la Chambre des dé- 
putés en vue de réglementer l'addition 
d'autres farines à celle de froment dans la 
fabrication du pain. Ce projet a pour objet 
d'assurer une économie dans la eonsomma- 
lion du blé; il a été inspiré par les appréhen- 
sions trop légitimes sur le déficit de la pro- 
chaine récolte et sur les difllrultés que ren- 
contrera l'approvisionneraenl par l'importa- 
tion. 

Le rapport de la Commission d'Agriculture, 
rédigé par M. Victor lîorc'l, a l'Ié dislrihné le 
H inar.s. Il conolut a l'adoption du projet. 
avec quelques modillcalions<[u'on doit signa- 
ler. Le projet stipulait cjue deux mois après 
la promulgation de la loi, le mélange de la 
farine de blé avec 1." de farines de 
seigle, de maïs, d'orge, de fève ou de féverole 



pourrait être rendu obligatoire; la Commis- 
sion d'Agriculture y ajoute i|ue, dans ce cas, 
le Gouvernement <■ devra assurer aux meu- 
niers, à un prix au plus égal rt celui des fa- 
rines (le froment, la fourniture des farines de 
succédanés dont l'emploi sera obligatoire. » 
Or, il y a Ifi une diflicullé que M. Victor 
Horet fait ressortir. Il serait impossible de 
trouver sur le territoire les 12 millions de 
quintaux de grains qui devraient permettre 
de réaliser une économie égale de blé; il se- 
rait donc nécessaire de recourir à l'importa- 
tion qui ne pourra s'elfeclui-r ((ue dans des 
conditions onéreuses. Ce n'est cependant 
pas un motif suffisant pour ne pas pour- 
suivre l'essai de ces mélangés. 

Deux députés, MM. Bluysen et Outrey, 
proposent d'ajouter la farine de riz à celles 
prévues pour les mélanges. Des objections 
ont été présentées, au point de vue hygié- 
nique, contre l'emploi de cette farine au deli\ 
de H 0/0; mais rien ne parait s'opposer à ce 
qu'elle entre dan.s un mélange avec d'autres 
farines. 

Quoi qu'il en soil, l'adoption de ce projet 
ne saurait supprimer les diflicviltés que doit 
rencontrer l'alimentation [tublique durant la 
prochaine campagne, mais il pourra consti- 
tuer un palliatif à celles-ci. (Jn ne saurait 
exiger davantage. 

A propos des budgets communaux. 
Le nouveau système inauguré dans les 
impôts directs perçus pur l'Klul a, sur les 
budgets municipaux, une répercussion qui 
doit les priver d'une partie importante de 
leurs ressources. En vue de rétablir l'écpii- 
libre appelé à disparaître, le ministre des Fi- 
nances a présenté à la Chambre des députés 
un projet de loi portant création, au profit 
des communes, d'un fond comnmn de contri- 
liutious indirectes, en même temps que l.i 
suppression des taxes et surtaxes d'octroi 
sur l'alcool et sur les boissons hygiéniques. 
Aux termes de ce projet, seraient suppri- 
mées, (\ partir du I"' janvier l'.llS, toutes les 
taxes d'oclroi sur l'alcool, le vin, le cidre et 
In bière. Par contre, pour obtenir la compen- 
sation, le droit de consommation sur l'alcool 
serait porté -^ iOO fr. par hectolitre d'alcool 
pur, le droit de labrieation sur les bières à 
I fr. par degré-hectolitre, le droit «le circula- 
lion sui' les vins à 5 fr. par hectolitre et le 
droit de circulation sur les cidres à 2 fr. .'iO 
par hectolitre. D'après les calculs du uiinis- 
lére des Finances, ces augnientalions de 
droits donneraient une sonuiie de itUi mil- 
lions de francs, alors que les taxes d'oclroi 



CHKONIUUE 

supprimées ont rapporté H3 millions en 1913. 
L? fonds commun produit par l'ensemble des 
nouvelles taxes aUeiniirail 3-iU millions et la 
répartition entre les budgets commimaux de 
lu plus forte part du produil leur assurerait 
des ressources s'êlevant à :231 millions. 

Il est probable que le projet de relèvement 
du droit de einulalion sur les vins rencon- 
trera, auprès du Parlement, une résistance 
assez vive. 

Commerce des vins. 

La Direction générale des contributions 
indirectes a fait eonnaîlre le relevé des quan- 
tités de vins sorties des eaves des récoltants 
pendant le mois de février et depuis le i" oc- 
tobre. 

En France, les quantités sorties pendant le 
mois de février ont été de 1 858 iH-l hecto- 
litres, ce qui a porté :\ IV 491 891 hectolitres 
le total de ces quantités depuis le 1"^ octobre 
dernier, Pendant les cinq premiers mois de la 
campagne, 15 220 31 1 hectolitres ont été sou- 
mis au droit de circulation. 

En Algérie, les quuntHés sorties des caves 
des récoltants ont été de 308 953 hectolitres 
en février, et de l 432 327 depuis le début de 
la campagne. 

.Vu 28 février, le stock commercial chez les 
marchands en gros était de 6 261 681 hecto- 
litres en France, et de 91 1 438 en .Algérie. 

La saccharine. 
Jusqu'ici l'usage de la saccharine n'était 
autorisé en France que pour la préparation 
de certains produits pharmaceutiques. Kn 
raison de la pénurie ilu sucre, le Gouverne- 
ment a présenté ,1 la Chambre des Députés un 
projet de loi destiné à en autoriser teujporai- 
rement l'emploi dans In fabrication de cer- 
tains produits alimi-ntaires. Mais, pour éviter 
que les produits ainsi préparés jouissent d'un 
privilège à l'égard dos produits préparés avec 
le sucre, et pour éviter l'extension fraudu- 
leuse de l'usage de la saccharine au détri- 
ment du Trésor public, un deuxième projet 
de loi a été présenté dont l'objet est de la 
frapper d'un droit de consommation propor- 
tionnel »\ celui dont la sucre est frappé. 
D'fiprès ce projet, ce droit .serait 200 fr. par 
kilogramme pour la saccharine et pour les 
autres substances édulcorantes artificielles 
ou produits chimiques assimilés; il serait 
perçu à la sortie des fabriques. 

Culture mécanique. 
Un arrête de M. Glémentei, ministre de 
r.Agricullure, a décidé que, comme en 191(1, 
des essais publics et contrôlés d'appareils de 



AGRICOLE 



9'.l 



culture mécanique seront organisés au cours 
de l'année 1917, et comprendront trois séries : 

1" .\ppareils pour labours; 

i<' Appareils pour les cultures en ligne, la cul- 
ture et le traitement de la viiiiie; 

3" Tracteurs ou avant-trains adaptés aux di- 
vers travaux de culture (fauchaison, fenaison, 
moisson, arrachage de pommes de terre, de bet- 
teraves, etc.). 

Un crédit de 50000 fr. est Ouvert à cet effet. 

Les épreuves de la première série auront 
lieu du jeudi 12 au dimanche 15 avril, surles 
terres du domaine de l'Ecole de Noisy-le- 
Grand (Seine-et-Oise); elles pourront être re- 
nouvelées au cours de l'année 1917 sur le 
même domaine dans dss conditions qui 
seront publiées en temps utile, Les dates, 
lieux et conditions des essais de la deuxième 
et de la troisième catégories seront fixés 
ultérieurement. 

On trouvera plus loin (p. iOl) le texte 
complet de cet arrêté. 

— Une quatrième série de démonstrations 
de culture mécanique est organisée dans le 
département do l'Aveyron sous la direction 
de M. E. Marre, directeur des Services agri- 
coles, et de la Société centrale d'Agriculture 
de l'Âveyron. Ces démonstrations auront lieu 
le 26 et le 27 mars à Baraqueville. 

— D'inléressanis essais de culture méca- 
nique ont eu lieu près de Périgueux le 24 fé- 
vrier sous les auspices de la Société d'encou- 
ragement à l'agriculture de la Dordogne et 
de la direction des Services agricoles. Cinti 
tracteurs ont évolué, malgré un terrain dé- 
Irempé par les pluies, gravissant allègre- 
ment les rampesqui se trouvaient devant eux. 

Ce résultat a vivement impressionné la 
grands foule des spectateurs venus de tous 
les points du département pour assistera ces 
expériences. 

Destruction des mauvaises herbes. 

La Feuille d'informations du ministère de 
l'Agriculture a publié l'avis suivant : 

Des expériences ont été entreprises en vue 
d'assurer la destruction des mauvaises herbes, 
dans les champs de céréales, au moyen du 
bisulfate de soude. Il résulte de ces expériences 
que les proportions :i employer pourraient être 
les suivantes : f'OO litres environ à l'hectare, 
d'une solution de bisulfate de soude à 45 0/0 
(45 kilogr. de bisulfate de .«oude dissous dans 
100 litres d'eau), soit 405 kilogr. de bisulfate par 
hectare à traiter. 

Le bisulfate est produit en abondance par les 
poudreries qui pourraient le mettre ù la dispo- 
sition de raKricullure, par i^ai/ons complrts rf<.' 
ij OH tO (itnnes, au prix de 1 fr. les 100 kilogr. sur 



100 



CHRONIQUE AGRICOLE 



vaf;on pare de dépari, logé en fùtt, de bois fournis 
par l'aclieteur. 

Celle indication ne peut qu'être utile pour 
les régions dans lesquelles sont situées des 
poudreries. 

Ecole supérieure ménagère. 
Les épreuves écrites du concours d'aduiis- 
sion à l'École supérieure d'enseignement 
agricole et ménager de Grignon auront lieu, 
en 1917, le 18 juin prochain. Elles seront su- 
bies au choix des candidates, soit à Paris, 
soit en province à Alger, Avignon, Bordeau.x, 
Chaumont, Limoges. Lyon, Nevers, Rennes 
ou Toulouse. 

Les demandes des candidates, établies con- 
formément aux indications du programme 
ofliciel, devront parvenir au ministère de 
l'Agriculture (Direction de l'Agriculture, bu- 
reau de renseignement agricole) avant le 
31 mai. 

Exportation des végétaux. 

Nous recevons la note suivante sur les 
conditions d'admission des certilicals phyto- 
palhologiques et sur l'inscription des pépi- 
niéristes exportateurs au contrôle de l'Llat : 

Les certificats phylopatliologiques qui doivent 
accompagner les envois de végétaux ou de pro- 
duit^ agricoles d'orii;ine vt'gélale, à destinai iun 
de i' Algérie et de certains pays étrangers, ne 
sont admis par les Gouvernements intéressés 
que s'ils ont été délivrés par les Inspcclfws du 
Service phylnjuitholugiiiiic dont les signatures 
leur .sont commuui(|uées par les soins du (iou- 
vernement framais. 

Les envois auxquels d'antres certilicats sont 
joints, restent en souffrance dans les bureaux 
d'jirrivée ou sont refoulés. Il en résulle des pi'r- 
tes souvent importantes pour les expéditeurs. 

Tout exportateur est donc dans la nécessité de 
soumettre ses cultures au contrôle de l'Iital, afin 
de pouvoir obtenir, le cas échéant, les certilicats 
phytopatholof,'ii|ues exigés. 

Dans chaque département, le ministre de 
r.\grirulture a déh^^-ué un inspecteur du Service 
pliylopathologi(|ue chargé de la di'livrance des 
dits certilicats. 

Dès leur inscription sur les listes du Service 
d'inspection ptiyloputhologique, les pépiniéristes 
ont connaissance du nom et du lieu de résidence 
des agents (]ui doivent visiter leurs étaldisse- 
menls et de l'inspecteur dont ils auront besoin à 
l'époque des expéditions. 

Les délais d'inscription e-ipiniil le I" nvril 
prochain; après celle date, aucune demande ne 
pourra être accueillie favorablement, par suite 
de la nécessilé de procéder, en temps voulu, à 
l'inspection sanitaire des cultures. 

On doit demander des feuilles d'inscription 
el la brochure Heim'ujucminis sur If finirliim- 
tiement duSirviced'inspeclion l'hi/iopalhuluyi- 



ifueini ministèrede r,\gricullure, Service des 
Kpiphyties, iiibis, rue de Bourgogne, Paris. 

La basse -cour en Suisse. 

Si les produits de la basse-cour sont deve- 
nus rares chez nous, il en est de même chez 
nos voisins de la Suisse. La preuve en est 
donnée par la note suivante publiée par 
'Union avicole de (ienève : 

Si, au milieu de l'Europe bouleversée, la 
Suisse ressemble à l'ilol épargné par {la tempête, 
elle ne subit pas moins les conséquences fâ- 
cheuses de la guerre. En effet, notre pays a 
beaucoup de peine à assurer le ravitaillement de 
sa population. Cerlaines denrées sont rares el à 
des prix exorbitants. Les produits de la basse- 
cour, notamment, sont devenus des articles de 
luxe. Les œufs n'apparaissent plus sur la table 
du pauvre, pas même sur celle de l'ouvrier aisé. 

Aussi devant une situation si pénible el ten- 
dant à s'aggraver, l'Union avicole de Genève, 
qui compte près de 100 membres, adresse-t-elle 
un pressant appel à tous les éleveurs de poules 
el de lapins en les suppliant de ne pas détruire 
leurs basse-cours, bien que leur entrelien soit en 
ce moment très ombreux. C'est demander un 
grand sacrifice, mais c'est un moyen de travail- 
ler pour le bien du pays. 

Des efl'orls s'imposent partout pour rendre 
un essor normal à toutes les branches de la 
production. 

Associations agricoles au Japon. 

Lue élude de M. Takeo Oiio fait connaître 
que le .lapon pos.-..ède deux grandes Associa- 
tions agricoles qui con<'entrenl l'activité des 
associations locales répandues dans l'Empire ; 
la Société agricole du Japon el l'Association 
impériale. 

l'ondée en ISJSI, la Société agricole du 
Japon est une Société (irivée qui compte 
actuellement plus de lUOtMl membres. Elle 
travaille aux progrés de l'Agriculture par des 
expositions et îles concours, des conférences 
ambulantes, des publicalions populaires, 
des expériences de culture. Elle a créé en I8!)7 
l'Université agricole de Tokyo, qui compte 
actuellement 7U0 élèves. 

L'Association agricole impériale a été 
créée par leGouverneiiient en i!)IO pour ser- 
vir d'organe central aux •iO Sociétés de pro- 
vince, qui se composent elles-mêmes des 
Sociétés agricoles dedistricis organisées dans 
toutes les parties de l'Empire. Son objet 
principal est de servir de conseil de consul- 
tation pour le Gouvernement en ce qui 
touche les aU'aires agricoles. Elle a remplacé 
la Société centrale d'Agriculture qui avait été 
elle-même fondée en 1881 et qui dirigeait le 
mouvement agricole dans l'Empire. 

Hknhy Sao.miîh 



PARTIE OKFICIELLE 



101 



PARTIE OFFICIELLE 



Arrêté du 8 mars 1917 institnant en 1917 
des essais contrôlés de culture mécanique. 

Art. \". — Des essais publics et contrôlés 
d'appareils de culture mécanique seront orf;ani- 
sés au cours de l'année 1917 et coraprendronl 
trois séries : 

1" Appareils pour labours; 

■2° Appareils pour les cultures en lifjne, la oul- 
ture et le traili'iiienl Ji> la vigne; 

3° Tracteurs ou avant trains adaptés aux divers 
travaux de culture (faucliaison, fenaison, mois- 
son, arrachage de pommes de terre, de bette- 
raves, etc.) 

Un crédit de iiO 000 l'r. est ouvert à cet effet 
sur le chapitre 26 Encouragements à l'agricul- 
ture) du budget de l'afiriculture. 

Les épreuves de la I" série auront lieu du 
jeudi 12 au dimanche 15 avril 1917 inclus, sur 
les terres du domaine de l'école de Noisy-le- 
(îrand (Seine-et-Oise); elles pourront être renou- 
velées sur le même domaine, dans des conditions 
publiées en temps utile. 

Les dales et lieu des essais de seconde et 
troisième séries seront désignés ultérieure- 
ment. 

Pour les épreuves de la l" série, bs construc- 
teurs sont prévenus que la réception des ma- 
chines sur b; terrain des essais de Noisy-le- 
(irand est fi.\ée au.\ mardi 10 et mercredi 
Il avril. Tout appareil devra, sauf cas de force 
majeure reconnue par le commissaire général, 
être rendu avant le jeudi matin 12 avril pour 
début des essais. 

Art. 2. — Sont invités à pivixlre part auxdils 
essais les constructeurs français, alliés ou 
neutres, ou leurs représentants domiciliés en 
France. 

Art. 3. — Pour être admis à ces expériences, 
les intéressés devront adresser nue déclaration 
sur papier libre, au ministère de l'Agricultuie, 
Direction de l'.Vgriculture, 2« bureau, 78, rue de 
Varenne,à Paris, le 1"^ avril 1917, au plus tard. 
A cette demande, seront annexés une descrip- 
tion complète des appareils présentés ainsi (|ue 
les catalogues et prix courants impriiui's en 
langue française ou des pays alliés ou neuties. 

Les r-onslructeurs devront indiquer dins 
leur déclaration la nature et la <|uantilé de 
combustible et de lubrifiant que chaque appa- 
reil consomme par dix heures de travail. 

Toute déclaration (|ui ne sera pas parvenue 
dans le délai fixé au présent article et qui ne 
contiendra [>a3 les renseignements descriptifs 
et les documents e.vigés pai' ledit article seia 
considérée comme nulle et non avenue. 

Art. ■'►. — La loi du 1.3 avril 1908 relative h la 
protection de la propriété industrielle est appli- 
cable aux appareils admis auxdites expérien- 
ces ; il appartiendra donc aux constructeurs 



dont les appareils n'auront pas été brevetés de 
remplir, s'il y a lieu, les formalités prescrites 
parla loi précitée de 1908. 

Art. ">. — Les frais de conduite et de trans- 
port seront supportés par les constructeurs ou 
représentants qui pourront obtenir pour leurs 
machines le tarif spécial consenti par les com- 
pagnies de chemins de fer français à la condi- 
tion de justifier de l'admission aux essais, en 
produisant le certilicat délivré par le ministre 
de l'Agriculture. Les intéressés sont tenus 
d'opérer ou de faire opérer par leurs représen- 
tants le déballage et le remballage des ma- 
chines admises. Ils ne pourront formuler au- 
cune réclamation relative à la non-réception 
ou la non-réexpédition de leurs machines. 

Eu aucun cas, l'administration ne sera res- 
ponsable des accidents de quelque nature que ce 
soit qui pourrai' nt survenir aux conslrucleurs, 
à leurs employés et aux instruments pendant le 
transport, les manutentions et les es>ais. 

Les conslrucleurs ou les représentants seront 
responsables civilement et pénaleraent des acci- 
dents occasionnés par leurs machines et leurs 
appareils. 

Arl. 6. — Les constructeurs ou leurs repré- 
sentants admis devront être munis de tous les 
instruments et appareils accessoires dont ils 
peuvent avoir besoin pour l'exécution des e-tsais : 
il ne leur sera permis de recourir à un matériel 
d'emprunt que sur la production de l'autorisation 
formelle et écrite du détenteur. 

Art. 7. — Un commissaire général nommé par 
le ministre sera chargé de veiller à la bonne et 
prompte exécution des opérations; la police 
des champs d'e.ssais lui appartiendra exclusive- 
ment. 

Le directeur de la Station d'essais de machines 
sera chargé de suivre les essais et de les con- 
trôler. 

Il sera assisté de trois membres choisis par le 
ministre parmi les membres de la Commission 
de culture mécanique pour apprécier les résul- 
tats des essais et proposer les indemnités à ac- 
corder. 

Un avis communiqué aux constructeurs parles 
soins du commissaire général fera connaître 
les jours et heures fixés pour les divers travaux ; 
les intéressés devront prendre les dispositions 
utiles pour que les essais aient lieu conformé- 
ment aux indications de cet avis. 

Tout constructeur ou lepréseutant qui ne se 
sera pas conformé aux indications qui lui auront 
été données par le commissaire général pourra 
être exclu des essais en question. 

^,7. 8. — Le commissaire général aura le droit 
d'arrêter en cours d'essai tout appareil qui lui 
paraîtrait accomplir un travail de nature à nuire 
immédiatement ou par la suite à la culture nor- 
male de l'exploitation. 



108 LES IMPORTATIONS CHEVALINES. — LKLR INFLUENCE SIU LA PURETÉ DE NOS RACES 



Arl. 9. — Les épreuves oblifiatoires compren- 
nent: labours de printemps de 8 à 10 centimètres 
de profondeur. 

Labours de printemps à une profondeur de 10 
à lî> ceniimèlres avec ou «ans anfouistemont de 
lumier. 

Les épreuves obligatoires et conlrùlées auront 
lieu les jeudi 12 et samedi ('» avril dans la ma- 
tinée ; elles pourront être reculées en cas de 
mauvais tonips, Ra dehors dos séances réservées 
à C8H l'preuves obli^ntoires, les appareils travail- 
leront sur des parcelles désinnée» à cet elTet, 
ainsi qu'il conviendra aux constructeurs dési- 
reux de satisfaire aux demandes des visiteurs. 

Ues essais facultatif» de travaux de mise en 
culture tel» que : .-icariliage, hersage, roulage, 
cultures d'entretien, épandagn d'engrais, trans- 
ports sur route, etr. pourront être organisés 
avec 1 approbation du commissaire général si 
les conditions le permettent. 

Art. 10. — A la suite des essais publics, les 
appareiU qui auront exécuté les épreuves obli- 
gatoires indiqui'es à l'article 9 seront soumis à 
d'autres épri-uves spéciales, non publiques, con- 
duites scientiliquemeut. 

Arl. 11. — Les constructeurs devront laisser 
nstaller sur leurs appareils tous les instruments 



de raeiiure qui seront indiqués par les membres 
de la commission de contrôle en vue de l'appré- 
oialioD de« estais. 

Art. li. — Les combustibles liquides ou so- 
lides ainsi que las lubriliants, huile et graisses, 
seront fournis graluiloment pur les soins du 
commissaire général aux ion>tructeurs ndmis 
aux essais dont les appareils auront été retenus 
par application de l'article 10. 

Art. 1.3. — Sur la demande motivée et adressée 
au commissaii'e général, les constructeurs pour- 
ront être autorisés à apporter des modifications 
à leurs machines au cours des essais; dans ce 
cas, les appareils modiliés devront subir à nou- 
veau tous les essais ])rescrits. 

Arl, IV. — Le commissaire général pourra 
adresser au ministre des proposilinns pour in- 
demniser en partie, s'il y a lieu, les construc- 
teurs des dépenses occasionnées par les frais de 
transport et le payement des salaires alloués à 
leurs mécaniciens et aides. Le service du con- 
tiùle examinera en outre les améliorations ap- 
portées aux appareils et les piojels qui lui se- 
ront soumis par les constructeurs et inventeurs. 

Il présentera ensuite au ministre un rapport 
d'eusemble sur les résultats obtenus. 



.T1?C"» 



LES IMPOUTATIONS CHEVALINES 

LEUli INFLUKISCE SUH lA IM'MKTÉ ItK Nos \\\Œ< 



Dans un précédent article, n'examinant 

que la situation actuelle de notre élevage, 
j'ai démontré que la guerre, grtlce aux im- 
portations élrangôre.s, n'avait que peu ou 
point apporté de trouble à noire élevage de 
demi-sang, et que peut-être même il avait 
développé celui du trait — pros Irait lent ou 
trait mixte — dont les produits se vendent à 
des prix qu'ils n'avaient jamais atteints. 

J'auraiH drt, il est vrai, en excepter lu rare 
ardennaise dont on a pu sauver quelques 
spécimens, quelques reproducteurs des deux 
sexes, — les mAles, appartenant ft l'Klat, se 
trouvant au muaient de la mobilisation dans 
les dépôts d'étalons de llo/.iiTes et de Com- 
piùKuo; les femelles étant la propriété de 
particuliers ayant pu évacuer leurs exploita- 
tions nu ayant été réquisitionnés parl'.Xrmée. 

A ce point de vue, une mesure s'imposera 
dés la cessation des hostilités, la recoiislitu- 
llon de la race, le renvoi, dans les départe- 
ments encore actuellement envahis, des ju- 
ments aples à faire d'excellentes poulinières. 

Ceci dit, je veux examiner aujourd'hui les 



(I) Cet nrtlole est le derniar que notre rogretl^^ 
cidlnboraleur ait envoy>- .i\ ant nu niurt r^oente. 



conséquences qu'auront, dans un avenir plus 
ou moins rapproché, au point de vue do la 
pureté (le nos diverses races, le« importations 
étrangères. 

Ces importations sont nombreuses comme 
cliifTre et des plus diverses. 

Il y a d'abord les importations .inglaises 
— ce sont celles qui nous frappent le plus en 
Normandie à cause des ventes fréquentes de 
chevaux de ri't'orme — consistant en chevaux 
de cavalerie, la plupart de provenance irlan- 
daise, et en chevaux de trait : Shire-liorse, 
Sutlolk-Ilorso. Clydesdale, remarquables' par 
leur taille, la largeur du poitrail et des han- 
ches, des qu.irliers é'pais, de foris membres 
garnis abon<lamment de poils très longs de- 
puis les genoux et les jarrets jusqu'aux sa- 
bots. 

Ces chevaux de trait, très maniables et très 
actifs, ont de la vitesse, de l'endurance et de 
la forre. Ce sont eux qui traînent les lourds 
convois de l'armée anglaise, la grosse ar'ille- 
rie et qui, en temps ordinaire, dans l'Amé- 
rique du Nord, en Argentine, en Aushaile, en 
Allemagne, c'est-à-dire sur le marché mon- 
dial, rivalisent avec notre superbi' et excel- 
lent percheron. 



DES L.\BÛL'K.S AVEC THACTRfK 



103 



La cavalerie anglaise se remon le principa- 
lement avec des Hackneys el des Huniers plus 
ou moins près du sang. 

Quant aux conlingenls des Dominions, ils 
arrivent en Europe avec leurs montures qui 
voisinent, par leur origine et leur conforma- 
lion, les unes avi'c le Pur-saug anglais, les 
autres avec l'Arabe ou le Barbe. 

La plupart des chevaux qui nous viennent 
«lu Canada peuvent être rattachés à la race 
que l'on désif^ne sous le nom de Coh franco- 
cinadien et qui offre généralement les carac- 
tères suivants : taille oscillant entre i"'.48 el 
1°'.54; tête forte el commune, oreilles 
grandes; épaule plutôt droite; corps profond 
et court ; garrot ,bas. Très loris et très en- 
durants, ils sont plus aptes à l'ullelage qu'au 
service de la selle et remontent plus s[iécia- 
lement l'artillerie. 

Je ne citerai que pour mémoire les l'oneys 
qui servent de monture aux cow-boys et 
qu'on appelle encore /{roiichos du Texas, 
chevaux mal suivis, anguleux, osseux, rusti- 
quesiet endurants, mais le plus souvent à 
demi-sauvages, dont il se glisse un certain 
nombre dans les convois. 

Quant aux chevaux de l'Argentine, ce sont 
des chevaux très prés du sang, des Huniers 
élevés dans les grands sluds el surloiit deux 
variétés rénultanldu croisement des juments 
indigène» avec des élalona étrangers : le Mes- 



tizo, très distingué, de petite taille, ne dépas- 
sant guère 1"'.43 ou l'".44, excellent cheval 
de polo, pouvant remonter l'infonlarie, et le 
Criollo, tèle grossière, aux yeux petits eten- 
loacés, à l'eni'olure renversée, au dos long, à 
la queue attachée bas, mal portée el aux jar- 
rels cloa ; ressemblant au cheval Barbe, il 
a de bon» pieds, est plein de feu el porto avec 
facilité de gros poids pendant toute une Jour- 
née on parcourant (iO à 80 kilomètres, 

Que deviendront tous les animaux impor- 
té,s,uue lois les hostilités terminées"? 

Un grand nombre, certes, auront disparu, 
tués par les blessures de guerre, les maladies 
ou la misère. D'autres, déjà réformés, se- 
ront devenus la propriété de cultivateurs el 
feront partie de rcITeclif des exploitations. 

Kh bien, il est à craindre que, d'ici quel- 
(jues années, nos diverses races qu'on a eu 
tant do peine à créer, à sélectionner, ne 
soient, avec tous ces croisements plus ou 
moins judicieux, en étal de variation désor- 
donnée. 

Kl il est bon, ce me semble, d'appeler sur ce 
point raltention de nos éleveurs dont l'esprit 
liippique est particulièrement si développé. 

Prendre la proie pour l'ombre serait, en 
eU'et, une grave erreur dont ils ne tarderaient 
pa.s à ressentir les funestes etlels. 



(A suivre.) 



Al.KHi;r> («ALLIER. 



DES LABOURS AVEC TRACTEUR 



Comme l'industrie nationale se trouve dans 
l'impossibilité de fournir des appareils de 
culture mécanique permetliint l'exécution des 
labours de printemps, on est conduit à utili- 
ser «les machines américaines. Ajoutons que 
l'emploi de plusieurs systèmes de tracteurs, 
dès le printemps de celte année, doit per- 
mettre aux intéressés d'étudier les modilica- 
lions qu'il y aura lieu d'apporter aux ma- 
chines en fournissant ainsi d'utiles docu- 
ments à la fabrication nationale. 

Les tracteurs américains ne sont certaine- 
ment pas parfaits en tous points; ils soni 
établis pour dos terres plus ficilea que les 
ni'itres et pour d'autres modes de cultiver le 
sol. Les labours américains ne sont pas si 
profonds que chez nous, el la traction de la 
charrue f^st, relalivomenl ;'i celle demandée 
par nos terres, dans le rapport de 2 à '.i, de 
sorte que dans le KarWest, li,' même tracteur 
peut ouvrir en un seul passage un plus grand 
nombre de raies (|u'en l''ranci'. 

Les labours américains se pratiquant à une 



profondeur «le 13 à 17 cenlimètres. Avec une 
charrue à trois raies, travaillant sur U"'. 03 à 
O^.Q-ide largeur, la Iraction moyenne oscille, 
aux Etats-Unis, do Wo à 635 kilogr. suivant 
la profondeur du labour, alors que la même 
charrue, dans nos champs, exigerait une 
Iraclion de 61)0 à lia kilogr. ilabour à U"',13j, 
de 790 à 930 kilogr. ;labour à 0",i7), et, 
dans nos terres difliciles, les plus fertiles, 
une traction de 1 i70 kilogr. est nécessaire 
pour labourer, à la j.rofondeur de 0"'.17, avec 
la môme charrue à trois raies. 

Il nous faut prendre les tracteurs qu'on 
peut avoir ,'ictuellemeul l'i notre disposition 
al chercher è in tirer le meilleur parti pos- 
sible; il faut limiter à ,100 ou à 600 kilogr. 
l'elfort de traction qu'on leur demande, alin 
de ne pas faligui'r oulre nx'surc les organes 
de transmistiion ainsi «lue le iiàti, et régler la 
profondeur du labour el le nombre de raies 
«!n conséquence pour ne pas user prématuré- 
ment le tracteur. || n'y a pas à hésiter entre 
labourer à fuible profondeur les milliers 



un 



r>F.S I.AnOURS AVEC TRACTKI'R 



d'heclares acluelletnenl en triche el leur faire 
produire du b\(', ou ne pas labourer du hiul. 
Ijes forls labours (liés à l'apport de nia- 
lières ferlilisaiiles i ne peuvent d'ailleurs pas 
s'appliquer partout; il y a des régions où le 
sons-sol se rencontre si près de la surface que 
la charrue ne peut aller i\ plus de 0"'.10 ou 
i)"'.\'2. de profondeur. I.es labours légers, ne 
dépassant jias ()"'.iri, sont pralii|ui''S presque 
exclusivement dans une quarantaine de nos 
déparlements et les labours plus forts se pra- 
tiquent surtout dans une vingtaine d'autres, 
dont plusieurs appartiennent aux régions 
actuellement envahies; pour le reste du pays 
on ell'ecitu' généralement de faibles labours. 



Dans le n" 2!j du 1 i décembre IDKJ (p. iXy). 
nous avons fourni un certain nombre d'indi- 
cations générales au sujet de l'exécution des 
labours avec les tracteurs, en insistant sur- 
tout sur la largeur qu'il y a lieu de donner 
aux planches, la plupart de ces machines 
travaillant avec des charrues qui versent la 
terre d'un seul coté. 

La largeur qu'il convient de réserver à 
chaque fourrière est à considérer afin de fa- 
ciliter les manœuvres en diminuant le temps 
dépensé aux tournées. 

Dans le cas de labours effectués avec des 
attelages, lorsque la charrue est tirée par 
deux animaux, la fourrière a de 4 à "i mètres 
de largeur, alors qu'elle est de 7 à 8 mètres 
quand l'attelage comprend ',i chevaux ou 
î bœufs, et au moins de 10 à 11 mètres .s'il y 
a f» bœufs. En résumé, la largeur de la four- 
rière est en fonction du nombre des animaux 
de l'attelage : il faut compter comme largeur 
de la fourrière de 1 mètre à l"'..^ pour la 
charrue, plus aulant de fois S^.'JO j"! ."! mètres 
qu'il y a d'animaux attelés les uns derrière 
les autres. 

La largeur il donner à la fourrière dans le 
cas d'emploi d'un tracteur est du même 
ordre de grandeur, étant donné que la char- 
rue tirée par la machine ne pourrait èlre dé- 
placée que par un attelage de ti à 10 forts 
bœufs, exigeant ;iu moins de 10 ;\ 11 mètres 
el au plus de 1(> à 17 mètres de fourrière; en 
pratique on est conduit, avec 6 ou 8 bœufs, fi 
réduire souvent la ffiurrièrt h une dizaine de 
mètres, ce qui oblige d'achever la raie en 
soulageant un peu la charrue en ne faisani 
tirer que les deux dernières paires d'ani- 
maux, les autres commençant la tournée 
sans fournir un efforl de traction ; c'est ainsi 
que les animaux qui sonl au plus près de la 



chariiK^ fatiguenl toujours beaucoup plus 
que ceux de tète. 

L'ensemble du tracteur A fig. 2:{) el de la 
charrue C occupe une longueur d'environ 7 A 
8 mètres sur la fourrière A en <lehorsde l'ali- 
gnement j- des bouts de raies du labour L: s'il 
s'agit de virer ;\ angle droit pour se déplacer 
suivant la flèche n, il faut compter, à partir 
de l'axe de la ou des roues motrices du trac- 
leur. 4, sur un rayon ?' d'au moins 3"'.S0, de 



11 

il 




jy 



^ 



Kig. -23. — Plaji diiii vira^-e 4 angle ■Iroit il'un Iroctour. 

sorte que la largeur .r.v' de la fourrière TV est 
d'au moins "".TO à 8 mètres. On a intérêt, 
en ]>ratique. à faciliter les manœuvres en ré- 
servant des fourrières de 9 à 12 mètres de 
largeur afin de tourner plus aisément sans 
perdre du temps. 

S'il s'agit (le revenii' sur un rayage A' 
i fig. 24 parallèle et aussi rapproché que pos- 



jy 



t; 



1^ 



Kii.'. -,'». 



Virn^'c >1 uit irnrlour. 



silile du train L, on voit par ce (]ui précède 
que l'écarfernent // r est d'au moins 7 mètres, 
la largeur .r à .r' de la fourrière \ ('■tant celle 
indiquée ci- dessus, c'est-à-dire environ !t à 
12 mètres. 
Ouanil la distance h c 'fig. 21^ de deux 



HES LABOI'RS AVEC TRACTEI'R 



105 



trains siiccessiCs doit être plus petite que 7 à 
S mètres, il faut faire la tourupi' en huit pré- 
sentant une f"prt.iine analo- 

gie a\ec ce qu'on appelle la 
tournée à cul qu'on est sou- 
vent [ol)ligé d'effectuer avec 
les attelages, et qu'on prati- 
que toujours lors(]u'on la- 
boure avec une cliarrue bra- 
bant-doLible. La tournée A 
cul fait perdre du temps aux 
attelages; il en est de même 
quand on l'applique h un ^---' 

tracteur. /-' 

Dans la tournée en huit, ,' 

l'appareil arrivant en a / 
(fig. 25) sur le bord x de la 
partie labourée A, tourne 
suivant le cercle <■ pour re- 
venir en b, ce dei'niir point 
pouvant être aussi rapproché 
qu'on le désire du pointa. 
Le cercle c ayant au moins 
7 mètres de diamètre, la lar- 
geur jc.c' de la fourrière j\ 
est d'au moins li mètres, et 
généralement plus d'une quinzaine de mètres. 

Si l'on ('tait contraint de réduire la largeur 



nombre de trains, lorsque la largeur d e est 
suffisante (9 à 12 mètres), on tourne tout au- 



^ 





t 

, i 


h 


_ . .. 


r 


•< — - 



Fig. tiS. l'iaus ilo virai.'os en huil. 

tour du labour en effectuant un travail qui 
présente beaucoup d'analogie avec ce qu'on 




Fl^;. '26. — Plan «i'nn lahuur en hnit. 



de la fourrière .V (fig. 25), il faudrait prévoir 
suivre un autre tracé, bien plus long. Ici par 
exemple le virage indiqué par le pointillé 
aa! c! ti b\ la largeur de la fourrière aurait 
alors la distancer A' (8 mètres au moins), 
au lieu de .r x'. 

Kn Angleterre et aux Etats-Unis, on pro- 
pose de faire ce qu'on appelle le labour en 
huil, que nous ne recommandons pas, car il 
faut toujours éviter de travailler en tournant, 
au moins dans les portions qui ont un petit 
rayon de courbure ; enfin la inélhode n'ad- 
met que l'enrayage au milieu du diamp, ce 
qui n'a lieu qu'une fois sur deux façons. La 
figure 20 indique le principe de ce labour en 
huit, dont le départ est en a; les tournées en 
huit se font en b et en c, suivant les sens in- 
diqués par les llèches: après un certain 



appelle le laboui 




à 1(1 de Fellciibevq, ou à 



jy 



\ 
i' 



raies nuitiuiies. très employé aux Etats-Unis; 



loe 



LES ZONES FHANCIIKS ET LA VITICULTIHK 



relie méthode, imaginée il y a un giùcle par 
le fondateur de l'Ecole d'Agriculture d'Hof- 
wil, prés Berne, transportée en Amérique 
par des helvétiens, n'est cependant pas à 
conseiller avec des attelages; elle ne s'ap- 
plicjnc qu'aux pièces rectangulaires; avec les 
tracteurs, elle laisse des triangles curvilignes 
aux angles du champ. 

Enfin on peut avoir à efTecluer un virage 
orthogonal; le tracteur arrivant on a (fig. 2"J 
décrit le chemin n n' pour prendre en- 
suite la direction h ; ici encore il est bon 
de prévoir disposer entre j et x', comme 



entre y et y\ d'un espace A' de 8 à 10 nièlres. 

Ce virage à angle droit ilig. -27^ est surtout 
à utiliser (luand le tracteur déplace une mois- 
sonneuse-lieuse; dans ce cas, le point It vient 
en b' en dessous de la ligne x a, réduisant 
ainsi la largeur xx'. 

En résumé, comme avec les allelages, il 
faul éviter le plus possible de tourner trop 
court avec les tracteurs, et il est bon do faci- 
liter les manœuvres au conducteur en don- 
nant une assez grande largeur aux four- 
rières. 

Max RlNOELMANN. 



LES ZONES FRANCHES ET LA VITICULTURE 



l^a discussion qui vient de s'ouvrir à la 
Chambre des députés au sujet de la réforme 
du régime des entrepôts a posé en même 
temps (levant le Parlement la (|uestion des 
vins dans les /.ones franches. 

Les partisans de l'établissement des /.ones 
franches ont reproché aux viticulteurs de 
compromettre, par leur opposition, cette ré- 
forme qui est, aftiruieul-ils, d'un intérêt 
national. Il serait cependant bien simple de 
faire cesser cette opposition. En effet, si, 
comme je veux bien le croire, au fond de 
toute l'agitation créée en faveur des ports 
francs, il y a réellement autre chose que 
l'intérêt particulier de quelques douzaines de 
maisons d'exportation désireuses de se par- 
tager les a à 10 millions de bénélices annuels 
que pourrait leur procurer la substitution 
aux vins français de vins exotiques quel- 
conques, il sultirail de renoncer à imposer 
aux viticulteurs français une concurrence 
d'autant plus inquiétante que notre pays a 
joui jusqu'ici pour ses produits d'une répu- 
tation mondiale et qu'il est le seul à interdire 
et à réprimer sérieusement lu vente et la cir- 
culation des vins arliliciels. 



Or, rital'e et l'Espagne ayant exclu les 
vins, la première do ses ports francs, la se- 
conde, qui n'a pa« de ports francs, de «es 
entrepôts de douane, pourquoi, je le de- 
mande aux défenseurs du projet, ne suivent- 
ils pas ces exemples, au lieu de s'obstiner, 
sans aucun succès d'ailleurs, ft vouloir faire 
jouer aux viticulteurs le rôle du '< guillotiné 
par persuasion "? 

UCTAVE AlinEBEHT. 

l'.-S. — Dans le dernier numéro de VRxporta- 
trur Frunniia, M. Ajam, di'-puté de la Sarthe, 
écrit à ce sujet : " Posons le problème avec net- 
teté. Si, ilnns un ou plusieurs ports français, nos 
négociants en vins n'ont pas le droit de manipu- 
ler librement et de sortir comme vins français 
des mélanfics de bonne (lualilé, etc. >■ Pour la 
première fois, lu problème est posé nettement. 

Il s'fifjit bien, on le voit, de lu faculté laissée 
aux nèfiocianla de remplacer les produits de 
noire sol par des produits étrangers entrant en 
fiancliise îles droits, <•! d'exporter ces derniers 
comme vins franrais. 

Mais que devient alors le fameux signe d'inau- 
tlienticité olTert ù la naïveti' des viticulteurs, qui 
devait frapper les mélanges sortant des ports 
franes, adii d'éviter toute confusion avec les 
vins français authentiques ? 



CULTURE MÉCANIQUE 



Les Syndicats de la Haute-Garonne. 

M. (). Héron, présid(Mit du Syndical d'en- 
couragement h la motoculture de la llaute- 
(iaronne, a lait le 2 ileceriitn-e liHti une 
importante communication A laSociétéd'agi-i- 
culture de la Haule-Ciaronne, au sujel de la 
culture mécanique dans son déparlement. 

Après avoir rappelé (|ue T.'t 0/1) de ceux 
qui luttent dans les tranchées sont des agri- 



culteurs, qu'il faul prévoir après la gucri'e 
une crise de salaires provoquée par l'ouvrier 
ayant conscience de son utilité, alors que 
l'agriculteur sera difficilement en mesure 
d'élever ses salaires, et cependant il lui fau- 
dra chercher A retenir l'ouvrier !i la cam- 
pagne en lui offrant une bonne situation, des 
gages plus élevés qu'auparavant, plus de con- 
fort dans son habitation, en même temps un 
travail plus intéressant et surtout moins 



CULirHE 

pénibiti, M. Héron est convaincu que le seul 
uiojen d'assurer la prospérité agricole esl de 
recouiir ù Ja culture mécanique. 

L'exemple du Syndicat de Béral (dont quel- 
ques détails ont dé donnés dans le n" Tj du 
H décembre I9lt:>, page A'AQ), fondé par 
M, Héron, fut rapidement suivi et le départc- 
inept da la Haute-Garonne comptait déJA 
quinze syndicats constitués et quatorze en 
formation ; il est question d'unir en une fédé- 
ration les divers Syndicats des départe- 
ments du Sud-duesi. 

M. Héron donne des détails relatifs au trac- 
teur Mogul-16, lequel exécute eu onze jours 
le travail qu'on obtient avec une paire de 
bœufs dans l'année, c'est-à-dire que le trac- 
leur remplace 11) pairei* de bœufs. 

Trois syndiqués de Biirat se trouvaient 
dans des conditions particulièrement cri- 
tiques, leurs terres étant en friche depuis 
IB1.1; le tracteur Mogul-10 a labouré 17 hec- 
tares de ces syndiqués lierre silico-argileuse, 
dite boulhène battante , et il fut possible de 
semer derrière le tracteur. On compte ré- 
colter 272 hectolitres de blé qu'on n'aurait 
pas pu avoir sans le secours du tracteur; ces 
trois propriétaires vont ainsi faire une recette 
d'au moins li 528 fr., alors que lu dépense a 
été de 1 170 fr.; en comptant la moisson et le 
hallage à raison de 10 fr. par hectare, le bi'- 
néfice réel sera de 4fi77 fr. Ces trois proprié- 
taire», dit M. Héron, pourraient payer ft eux 
seuls, dés la preniière année, le tracteur sub- 
ventionné avec les résultats de leurs 17 hec- 
tares mis en culture, alors que les travaux 
du Syndicat ont porté sur 73 hectares. 

Du détail, donné par M. Héron, dos dé- 
penses faites pour les trois syndiqués dont il 
vient d'être question, iimis pouvons retenir 
ce qui sait : 

l'remitr syndiqué : 

Surface ihe -.tares) 8 

Pi-trole pinployé ^lil.) HO 

Journées de mécanicien.. 14 

Huile et essence fr.) ao. iO 

Krais (sans nmortissemenl ni frnU 
tfénérnux^ (fr.) : 

Totauit iSe.OG 

Par hectare 84.50 

heu.rii'iiie xiimliqiié : 

Surface (licctares) -i 

Pélrole employé (lit., 288 

Jonrnée.i dn mi'-oanicl«iii B .'i 

Huile et PBienre francs 11. (il 

h'raii liBiih aaiurtinsemetit ni frai» 
KiinéPau») ifr.): 

Totau.\ , 181.00 

Par hectare 45 . 25 

Troiêiime nymliqué : 

Sarfact ih«cUres) ;; 



MECANIQIE 



107 



Pétrole employé (lit.) 333 

Jouruéi's de mécaniciei) 10 

Huile et essence (francs) n.no 

t-'iais (sans Hmorlisseiiient m frai» 
Kcnéraux) (fr.): 

Totaux 220. .10 

Par lieclare 14.06 

Le pétrole revenait ù ;fr- jU le litre, l'eS' 
sence minérale 1 fr. le litre et l'huile 1 fr. tlO 
le litre. En moyenne, on peut compter, par 
journée de travail, sur une dépense de2 litres 
d'huile et 1 demi-litre d'essence minérale 
employée pour les mises en route du moteur. 

Des chillres précédents, relatifs ù 17 hec- 
tares très difficiles à labourer, on voit qu'il 
faut en moyenne 72 litres de pétrole et une 
journée et trois quarts de mécanicien par 
hectare. 

Les dépenses, faciles à compter, varient 
de 4i fr. 06 à -^i-i fr. 30 par hectare, avec une 
moyenne générale d'environ oO fr. (i9 fr. 82), 
en tenant compte dos surfaces auxquelles 
s'appliquent les prix. 

D'après l'expériencte acquise, M. Héron 
estime les frais généraux à 21 fr. 70 par 
hectare ; y compris les déplacements du trac- 
leur, cela représente fr. 32 par litre de 
pétrole employé au travail chez un syndiqué 
(au lieu de fr. 23 admis provisoirement 
en 19111). 

.\vec les frais généraux du tracteur amorti 
en cinq ans, l'intérêt, l'assurance et lea 
réparations , dont l'ensemble représente 
3 290 fr. par an, le prix net de l'hectare la- 
bouré chez les trois syndiijués reviendrait à 
71 fr. 52. 

« Ainsi donc, dit M. Héron, pour être cou- 
vert et ù l'abri de toute spéculation dange- 
reuse, il suffira d'utiliser le tracteur pendant 
deux uns et demi et de lui faire labourer 
380 hectare» lorsque la subvention atteint 
oO 0/0 du prix d'achat. VoilA, semble-t-il, qui 
est assez encourageant pour décider les hési- 
tants. Après cela, on pourra continuer à 
amortir pour acheter un nouveau tracteur 
qui bénéliciera des subventions récupérées 
par la caisse des syndicats. » 

Ces indications, ii^joute-t-il, fixent les dé- 
penses niaxima, l'inexpérience des débuts 
ayant forcément entruiné des dépenses sup- 
plémentaires. 

Voici 1(>9 surfaces cultivées par quelques 
syndicats de la Haute-fiai'onne : 

Hérat, 7.^ hectares; (irenade, 90 hectares; 
Grammonl, 62 hectares, plus 31 hectares en 
façons supeiflcielles ; Saint-Orens, 40 hec- 
tares, plus 43 hectares de façons superfi- 
cielles, 2 journétjs de moissonnage et 4 jour- 



108 LKS TOI ItTEAI X D AKACHIDF.S. 

nées de battage; Auterive, 40 liectares de 
labours et 33 hectares de moissonnage; Mu- 
ret, tJO hectares de laliour. Soit, pour ces six 
syndicats qui ont reçu lardivemeiil leur trac- 
teur, une surface de 297 liectares de labours. 



• DÉSIGNATIONS COMMEHCIAI.KS 

filnfin. selon M. Héron, un syndicat doit 
réussir en réunissant seulement 60 hectares 
de lerres à labourer, sur lesi]uels 30 se- 
raient à ensemencer en blé. 

R. DE'Saisaix. 



TOURTEAUX D'AUACHIDES. DÉSIGNATIONS COMMERCIALES 



Situation du marché. - I.es tourteaux ont 
rempli cet hiver une place très importante dans 
l'aliinenlalion des animaux à cause des prix l'Ie- 
V(''s di^s fourrages et des prairis. I.es quantités de 
ces produits qui ont été offertes furent d'autant 
plus considérables que les anciens débouchés 
pour rexporlalion étaient prescjue tous fermés, 
l'eiidaut la lin de 1914 et jusqu'au début de 1910 
les tourteaux fabriqués ont éli' entassés dans les 
magaswis des huileries et des négociants; ces 
stocks s'écoulent maintenant avec rapidité, mais 
c'est à l'existence île ceux-ci, à Marseille, que 
doit être attribué l'écart des cours de cette place 
avec ceux des autres marchés, écart qui n'a pu 
exi'ter qu'à cause de la pénurie des moyens de 
transport et tend actuellement à disparaître par 
suite des importantes livraisons faites pejidanl 
ces derniers mois à l'aj-Ticulture et ù l'armée. 
Les prix ont donc une tendance continue à 
la hausse, mais malgré cela les tourteaux restent 
intéressants pour tous ceux qui oui des animaux 
à nourrir à cause de leur grande valeur alimen- 
taire, en particulier ceux d'arachides décorti- 
quées qui dosent de 't3 à 51 pour cent de pro- 
téine brute. 

La hausse s'accentuera encore parce que les 
réserves de graines oléagineuses existantes 
dans les docks diminuent rapidement ; les ar- 
rivages sont très réduits h cause des prix 
élevés du fret, des difficultés des transports ma- 
ritimes et de la récolte déficitaire du Sénégal. Il 
résulte de cette situation que les vendeurs s'ef- 
forceront d'écouler toutes les sortes de tourteaux 
d'arachides aux prix les plus élevés, et ce sera 
d'autant plus facile que, le plus souvent, l'ache- 
teur ignore les différences de qualité résultant 
de l'origine des ^iraines et des procédés de fabri- 
cation. 

.Nous nous proposons donc d'éiiumérer les 
sortes de tourteaux d'arachides que l'on peut 
trouver sur le marché, indiquant pour chacune 
les qualités qui les caractérisent et qui justifient 
plus ou moins les dilTérences de prix. 

Tourteaux d'arachides non décortiquées. — 
1,'amande d'arachide est enveloppée d'une coque 
cellulosique dont il est avant.igeux de la séparer 
avant le broyage; cette coque, dépourvue d'huile, 
en absorberait pendant le pre.ssage, nuirait ainsi 
au rendement industriel; elle diminuerait aussi 
la viilenr alimentaire du tourteau. Il y a au 
moins ]une quinzaine d'années que les tourteaux 
d'ararhidos non décortiquées, c'est-à-dire résul- 
tant di- la pression des graines broyées avec leurs 
coques.oni complètement disparu de la fabrica- 



tion marseillaise. Ces sortes de produits sont 
peut-être encore obtenus dans les pays exotiques, 
mais ils ne sauraient être importés dans les con- 
ditions actuelles. Hap[ielons à titre documentaire 
que leur dosa;je en protéine brute était d'environ 
.35 0. Toutes les variétés de tnurteaux d'ara- 
chides que l'on trouve actuellement sur le mar- 
ché proviennent donc de graines décortiquées. 

Tourteaux d'arachides Rufisqnes. — Les 

graines de cette oriiîine sont les plus appréciées, 
aussi bien pour Ihuile que l'on eu obtient, que 
pour les tourteaux qui en résultent. Autrefois, 
cette marque désignait seulement les produits 
provenant de liuiisques, depuis on l'a étendue à 
toutes les origines <lu Sénégal, Sine, Saloum, 
(iambie. Casamance, Bas de Cùte, Itissao, Hou- 
latiia, Mio-i\uiiez, ttio-Pungo). Ces arachides .-ont 
expédiées en coques, la décorticalion est effec- 
tuée à l'huilerie avant le broyage. Dans ces con- 
diti.ins, la conservation de l'amande est bien as- 
surée, et celle-ci est préservée de tout contact 
pouvant nuire à son goiïl. 

Sous la coque, un spennoderme de couleur 
rouge adhère à l'amande; dans certaines fabri- 
cations particulièrement perfectionnées on 
prend soin de l'enlever. Ces arachides df'pelli- 
culées donnent les Imirlrau.v iieiijr et ertru hhinc 
(le Rux/iqiirs. Les analyses que nous avons fait 
exécuter ont donné un dosajie en protéine va- 
riant entre 47 et ;-il 0. 

La qualité (|ui vient ensuite est désignée sous 
le nom de lliilisijwx hlania; ille ne diffère de la 
précédente que par une proportion de pellicules 
rouges un p^-u plus élevée, que l'on distingue à 
la ^urface des pains et surtout à la cassure; sa 
valeur alimentaire n'est pas moindre. Les Ru- 
lisqufs blancs couranl.'; ont une coloration très 
variable suivant les soins apportés dans la labri- 
cation et la bonne conservation des graines. 

Plus les pressions sont nombreuses, intenses 
et prolongées et plus le tourteau rst gris; l'addi- 
tion d'eau à la p;1te et l'élévation de la tempé- 
rature, qui facilitent l'épuisement, ont aussi 
pour conséquence d'intensilier la teinte. 

C'est sur une cassure fruiche de la tablette 
(jue l'on devra apprécier la coloration, la surface 
extérieure étant toujours plus foncée. La vab-ur 
commerciale peut varier de plus de 2 fr. par 
11)0 kilogi-., suivant le degré de blancheur. Le 
dosage eu protéine oscille entre Vn et 49 0. 

Ce qui caractérise les tourteaux «lits de Mu- 
lisqiie, c'est leur saveur fade un peu sucrée, 
sans amertume. 

{A suiire.) H. Coi.in, 



ACADEMIE D'AGRICULTUKE DE KKANCE 



109 



ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE 



Séance du 7 mars 1917. ~ 
de il. Hallcr. 



l'riisidence 



Mort de M. Linder. 

M. le Hecirtaire pcrpéLucl donne lecture, au 
nom de M. le Pn-siclpiit Develle, d'une note fai- 
sant part lia nouveau deuil qui vient de frapper 
l'Aradéniie. M. Linder s'est éteint à 1 ;'ige de 
Huatre-vingt-liuit ;ins. 

M. le Secrétiiiie perpétuel donne lecture du dis- 
cours qu'il a prononcé aux olisèques de M. Kin- 
der. 

La culture du coton 
dans les colonies françaises. 

I. '.Académie aborde la discussion des conclu- 
sions présentées à la suite des rapports d-) 
M.M. Barois et Dybowski par la Commission spé- 
ciale sur la propagation de la culture du coton 
dans nos colonies .Après odscrvations présentées 
par MM. Tisserand, AudifTied, pour insister en- 
core sur l'intérêt capital qui s'attache à produire 
dans nos colonies le coton dont notie industrie 
métropolitaine a besoin, les conclusions sui- 
vantes sont adoptées à l'unanimité : 

L'.Vcadcuiie cnicl le vii'u i|ii'en raison dis besoins 
de rinilu.-lrit- iiationaii' qui vont se trouver augmen- 
tés encore après la guene, le Gouvernement veuille 
porter la plus granle attention ?ui' tous les moyens 
qu'il sera possible de mettre en œuvre pour assurer 
dans nos colonies la production du coton. 

Elle émet l'avis que, parlout où il est nécessaire, 
on prépare le luoyiu d'alleindri' ce but par un sys- 
tème régulier d'irrigations sur les terres reconnues 
aptes à produire le colon, et elle nppelle en parlicui- 
lier l'attention d^ s Pouvoirs pul)lics sur les mesures 
indiquées dans les rafip uts ci-joints de MM. Barois 
et Dybowski, et les comiuunicalions de notre con- 
frère M. .\ndiffreil auxquels elle a donné. 8|iris exa- 
men, sou entière apiirobMlion. 

Sur les produits 
susceptible.^ de contribuer au ravitaillement. 
.\|. i inin, au nom de la Section des cultures 
si)éciales, demande à l'Académie de nommer 
une Commission cliargée d'étudier les ressources 
complémentaires sasoplibles de seconder le 
ravitaillement civil et inilitaiie. Cette proposi- 
tion est adoptée. 

La rééducation professionnelle agricole 
des blessés de guerre. 

M. le docteur l'ierrr hrijunn-, médecin-chef des 
services de physiothéiapie à l'Ilôpilal du (irand 
Palais, appelle l'attention de l'Acidémie sur ce 
fait qu'après Irenledenx mois de guerre, la réé- 
ducation profe.ssionnelie agricole des mutiliis 
est presque partout encore à organiser. Sans 
doute, il existe bien çà et là des centres de réé- 
ducation dont quelques-uns ont donné des résul- 
tats remarquables, mais ils sont liop peu nom- 
breux. 

Suivant le docteur Pierre Kégnier, jusqu'à 



présent on a échoué dans cette rééducation par 
suite d'erreurs dont les unes sont d'ordre géné- 
ral et portent préjudice à la rééducation profes- 
siounelle tout entière, dont les autres sont 
d'ordre spécial et nuisent plus particulièrement 
à la rééducation professionnelle agricole. 

Les erreurs d'oriire général sont les suivantes : 
I" liecrutement tardif des mutilés et des 
blessés; i" Autorité trop exclusivement persua- 
sive du personnel qui organise et dirige les 
centres de rééducation; ;)° Changements de mé- 
tier trop fréquents et trop faciles. 

L'Agriculture a particulièrement souffert de la 
( rééducation agricole tard venue et aussi de ce 
que cette rééducation agricole vise trop l'impo- 
tence des mutilés et pas assez leur ignorance. 

M. le docteur Pierre Régnier préconise le re- 
crutement des mutilés et des blessés léfonnables 
qu'un traitement justilié peut retenir longtemps 
encore dans les centres de physiothéiapie et de 
neurologie. Pour ces blessés encore inililarisrs. 
c'est un complément de traitement qu'ils ne 
peuvent songer ni à refuser ni même à discuter. 
Ils doivent être groupés en différentes catégories 
selon la nalure et le degré de leur impotence, 
la réduction de leurs moyens, la nécessité d'un 
appareil prothétique (grande culture, viticulture, 
arboriculture, élevage, industrie laitière, basse- 
cour, motoculture, apiculture, etc.). 

La rééducation ne doit pas se boiner à de 
simples exercices d'assouplissement et d'entraî- 
nement]; il s'agit de protiter de ce stage de réé- 
ducation professionnelle pour Iransl'ormHr les 
empiriques en agriculteurs plus instruits capa- 
bles de tirer un meilleur parti de leur travail. 

Séance du 14 murs 1917. — Présidciici: 
de M. Develle. 

Le développement de la culture 
de la pomme de terre. 

Sur le rapport de la Commi.siou spéciale 
nommée pour l'élude des ressources complé- 
mentaires susceptibles de contribuer au ravitail- 
lement : 

L'Académie d'Agriculture, pour répondre aux dé- 
cisions prises dans toutes les régions agricoles et vi- 
licoles de la Kr.ince, d'augmenter la surface cultivée 
en ponuuej de terre, et dev.int le uiiinque général 
des semences, émet le vœu que des ilisposilions 
soient prises pour reserver, de mars à mai, les 
quantités de tubercules indispensables pour ces se- 
mences. 

D'autre pari, elle demander ([ue des réipiisilions 
abusives n interviennent pas pour détourner de leur 
destinalion les lots de pommes de terre qui doivent 
servir à l'ensemencement. 

Remembrement. 

L'Académie, à la suite d'un rapport de M. Sou- 
clion, adopte les conclusions présentées par la 
Commission spéciale qu'elle avait désignée pour 
l'étude du remembrement: 



HO 
l 



CORRESPONDANCE 



L'Académie d Agriculture exprime l'avis qu une 
loi inleivienne pour f«ciliter le reireoibroment. non 
pas seulement rtans le» pays envahis, où des disposi- 
tions particulières seront nécessaires., mais aussi 
dans toute m Prance ; 

S» l/AcaH*mi« est d'avis qu'il conviendrait 
d'étendre aux opération! de remembrement les lois 
de IS65 et de 1888 sur les Associations syndicales 
libres et autorisées; elle estime que les Associations 
syndicales autorisées devraient être légalement pré- 
vues pour le remembrement comme puur les autres 
opérations agriccdes déjà prévues par la loi de 1888; 

3° L'Académie est d'avis que ces Associations au- 
torisées devront ^tre formées ronrorniément aux dis- 
positions des n" 1 et 2 do la loi de 1888 et, en 
outre, que le» propriétaires régulièrement convoqdés 
et qui se seraient abstenus devront ôtre considérés 
comme ayant adhurO à l'Asaocialion; 

4" L'Académie est d'avis qu il y aura lieu au trans- 
fert de plein droit de toutes les charges hypolhé- 
calres des anciennes parcelles sur les nouvelles; 



5" Elle est d'avis (|u il y a lieu d'éviter le double- 
ment entre les opérations de réfection du cadastre 
par les pervlces du ministère des Finances, et celles 
du remembrement qui devront élre dirigées par le 
service des AMiéliorations ««ricoles dans des condi- 
tions à déterminer par un rèijieuient d administra- 
tion publique : 

6» L'Académie e»t d avis onlin que tous les frais 
des opéralionsde remembrement devront être payés, 
dans des proportions à fixer, par l'Etat, les di''partc- 
ments et les communes. 

Notice sur M. Fortier. 

M. Hcnc lirii/c Joime lecture d'une importante 
notice sur M. l'Edouard Fortier, ancien membre 
de l'Acad(5miH, .incieii sénateur de la Seine-Infé- 
rieure, dont la carrière a été éminemment utile, 
il retrace avec émotion les liautes qualités de ce 
confrère univeisellement estimé. 

il. HiTIKK. 



CORRESPONDANCE 



— 3/. J. /'• {Safinc-cl-L'iire;. — JVous trnuverpz 
une petite bineuse à moteur ^et A manche- 
rons chez M. Bauche, conslrucleur au Chesnay, 
près Versailles i,Seine-et-Oise); cette machine a 
déjà été décrite dans \6 Journal d'Agriculture pra- 
tique. 

La machine américaine dont vous parlez 
n'est pas encore introduite en France, mais 
comme beaucoup de commerçants s'occupent en 
ce moment de ces appareils, il est probable 
qu'on la verra dans un avenir prochain. — (.M.K.) 

— N'' 1)41 S iRspai/ne). — Les rouleaux à ma- 
nège pour l'égrenage des céréales, imaginés 
par .M. S. Villalongue, sont décrits avec détails, 
page 601 el suivantes dans le Génie rural nppli- 
(juc auj- Coloniex, à la Librairie agricole de la 
Maison rustique, 26, rue Jacob, Paris; l'article 
dont vous parlez est épuisé. — (M. R.) 

— .U. Ch. A. [Suisse]. — 1" On ne reconnaît 
pas l'utilité de placer un abreuvoir dans chaque 
stalle d'une écurie. — 2° Pour les mangeoires, 
voyez le Jotirnal d'Ayrirutture pratique du 
.'10 mai 1012, page i'>87; les dimensions varient 
avec la taille des chevaux; en général, on donne 
une largeur en gueule de O"".:!.'! à O'o.VS, une 
largeur au fond de O^.iO à 0'".25, une profon- 
deur de 0"».20 à O^.SK, et le bord antérieur est à 
I mètre ou 1"M0 au-dessous du sol; la capacité 
nécessaire à la mangeoire est de li'i à Ht centi- 
mètres cultes. — 3° l'our les mélanges de four- 
rayés, la longueur de coupe est généralement 
comprise entre 4 el 6 eeiitimèlres. — 4° Les di- 
mensions à donner au magasin à foin devant sur- 
monter l'écurie dépendent du volume de four- 
rage que l'on doit y loger. — (M. R.) 

— N» 10001 [Cher). - 1° Il s'agit de refaire un 
plancher au-dessus d'une étable; le plancher 
ayant pourri par suite de l'humidité, il sera bon 
d'assurer la ventilation de l'étable. Le solivagc 
gU chêne est encore bon, mais les écarteraenls 



des solives sont irrégulier.s, variant de O^.SO à 
O-.S.'i. 

Les entrevous en briques creuses ont, sui- 
vant les modèles, de O^.-iu à 0'".25 de largeur, 
O^.i'i à O^.oO de longueur et 0"'.0'i à O^.OO 
d'épaisseur; il en rentre de 8 à 14 au mètre 
carré ; ces entrevous valaient à l'usine, avant 
la guerre, de 140 à 27:1 fr. le mille, soit environ 
2 fr. le mètre carré ; avec la pose au mortier du 
ciment, le prix revenait de 4 à 6 fr. au mètre 
carré. 

Si vous tenei à employer des entrevous, il 
faudn\it lancer d'équerre, sur les anciennes 
solives, des lambourdes nivelées el placées à 
récarlement voulu selon le modèle choisi (le 
mieu.\ serai! de U"'.4o X O^.i^ XO^Oti ou, à dé- 
faut, II) lye de ()"'..'t3X0'".20 X O^.O-i). Nous crai- 
gnons que vous n'en Irouvieï pas en ce moment. 

2° Le prix aduol de ces aibles en acier, à l'état 
de neuf, est d'environ 2 fr. r>0 à 3 fr. le mèlre 
courant. — (M. 11.1 

— N" fitllS [Indre-et-Loire . — Pour des porcs 
de 70 ,\ 80 kilogr., on peut administrer !i à 
6 grammes de salicylate de soude par jour, en 
deux fols, moitié le matin, moitié le soir; la 
médication, en principe, ne doit pas être con- 
tinue plus d'une semaine. 

Le plus souvent, l'alTection que l'on désigne 
sous le nom de rhumulinnc cher le porc, ou 
encore de yaulte et de mat de pattes est une 
maladie infecliuuse grave de tout l'appareil 
locomoteur et en particulier du squelette et des 
joiiituies. Elle exige l'isolement des malades, 
une bonne nllmentatinn el l'addition aux rations 
de S à 10 grammes de phosphate Irihasique de 
chau.v par tète et par jour pour des sujels de 
plus de 50 kilogr. La médication doit être pro- 
longée durant longtemps; aussi chez les sujets 
de 70 à 80 kilogr. bien développés el en bon état 
général, il est plus écouoiuique de faite abattre 
sans retard. — ((1. il.) 



RKVUB COMMEHCIALE 



m 



LA QUINZAINE METEOIIOLOGIOUE 

Semaine du ri ou 11 mars IMl {OBSERVATOIRE DU PARC SAINT-MAUR) 



JOURS 

BT DATB3 


7-. 

O .- 

il 


TEMPERATURE 


Vent. 


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RK.MAKQUKS DIVERSES 


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millim. 




Lundi T) lu. 


.. 


1»:! 


10»!l 


4».7 


U 


» 


â 6 


7.8 


l'iuif lu niiU «elêe bl.. brouil- 


Mardi (i — 


„ 


1..S 


13 5 


e.o 


+ I.i 


» 


3.0 


0.1 


lard, temps pluvieux. 
Gtlée bl. le ni., temps nua- 


Mercredi.. 7 — 


„ 


—3.3 


5.3 


i.9 


+2 9 


M 


D.O 


14.1 


geu.x. pluie le soir. 
Temps couvert, pluie et neige 


Jeudi s — 


« 


—4 8 


1.9 


—2.0 


—fi 9 


» 


3.4 


0.1 


après-midi, 
Temps couvert, neige. 


Vendredi, y — 


" 


-5.7 


2 2 


—0.6 


—5.6 


» 


0.1 


O.li 


Temps couvert, neige et grésil. 


Samedi.. . lu — 


» 


0.9 


9.0 


5 4 


+0 2 


» 





U.4 


Brouillard et bruine. 


Dim Il — 


•■ 


b.8 


17 8 


11.2 


+3.9 

• 
• 


" 


3 {i 


» 


Temps nuageux. 


■ •l'IlU II IlLUI 

iwu iir a ooriilt 


• 


-0.4 
—2.4 


8.7 
— 1.6 


3.8 
— 1.1 


" 


13 
ao lito it 
79 h. 7 
dir. Uttr. 


23 . 1 


Pluie depuis le 1='' janvier ; 

En 1917 '. 76""» 

Normale 89""" 




Se 


manie du IJ ou IX ma? 


S 1917 1 


Lundi.. . . 12 m. 




7».l ; 11"! 1 


9» 2 


+3"8 


„ 


0.0 


9.8 


Forte pluie la nuit, temps cou- 


Mardi.... 13 — 




6.0 


10.8 


7.6 


+2.1 


» 


0.2 


3.4 


vert, 
l'emps couverl, pluie le soir. 


Mercredi. U — 




B..i 


12.3 


8.1 


+2.5 


» 


0.6 


1.3 


Pluie la nuit et aiirés-miili. 


Jeudi i;. — 




0.9 


«.9 


4.0 


-1.7 


•• 


4.2 


1.2 


Pluie la nuit, gelée bi. le soir. 


Vendredi, lii — 




-1.9 


8 


1.8 


— 4.U 


„ 


6.1 


>i 


Gelée bl. et broulll. le malin. 


Samedi . . \' ~ 




0.0 


U.O 


6 1 


+0.1 


M 


8.1 


- 


beau temps. 
Gelée bl. le m., bpau teuip'î. 


Dimanche IS — 




—0.4 


li.i 


.■i.4 


-0.7 




t. 3 


„ 


Gelée bl. le ui., teuips nua- 




n 


2. t. 












i;;.7 


geux, j 


lojtiid et ttuii 

\'i:U iiir 11 n.ifTnile .... 


10.8 

ft.n 


6.U 

+ 0.3 


»l 


1 


23.5 
lito di 
8? b. i; 
if. tli»or. 


Pluie depuis le l'^'' jauvier : 

Kn 1917 92"m 

Normale 98"" 



(La publication 
censure au Bureau 



des renseignements sur la pression baruiaétrique et sur K' vent est interdite par la 
central métrorologique.) 



REVUE COiMMERCIALE 



Siluation (fôuérdle. — La saison présente toujours 
des caiacti'res mai:», irréguliei-s, ce qui est d'ailleurs 
fri'quent au début du printemps ; la eunsiquence en 
est que les Iravau.x des cliamps .«exécuteut dillicile- 
msDt, et <|Ue, sans cependaut s'accentuer, le retard 
constaté précédemment ne saurait être r'cupéri', en 
temps utile, dn moins dans un certain nombre de 
régioûs. 

BUs et Farines. — Il ne semble pn* que les es- 
poirs ^Muis sur l'état des champs après l'hiver se con- 
Qrmenl; on signale, au contraire, ipie d'importantes 
quantités de blé ont été assez gravement atteinles 
par les gelées; il y aura, de ce fait, des réductions 
noloireà dans le rendement. D'autre part, les condi- 



tions climatérii|ues ont été peu propices jusqu'ici à 
l'exécution des semis de printemps, et il est à 
craindre que les espoirs manifestés dans leurs déve- 
loppement ne soient, malgré tous les efforts, que 
partiellement réalisés. Les Iransactinns sont toujours 
aussi iriéxuliércg eldiflicile» que précédemment. Les 
ollres de la culture sont d autant plus réiluitcs que 
les batInKes ont été trop fiéquiiumenl arrêtés par le 
man(|ue de charbon; d'antre part, les diflicultés 
dans les transports enraient les .ipprovisionnements. 
On n'entrevoit pas d'iasue normale à celte pinible si- 
tuation. Il n'y a pas de cour-, sauf pour les blés 
durs, qui sont coté* encore en haussa à Marseille de 
H .'i 41.50 [lar 100 kilogr. 



m 



KEVUE COMMERCIALE 



Sur les niarrbés américains, la hausse acquise se 
maintient, avec quelques tlucluations. A \eu'-York, 
le blé dispunible est coté iUJO par 100 kilofjr. au 
pair (44. yS au cours <lu change). On paie à lluejios- 
Aires 35 à 36 fr. I.a fermeté se mainlieiit sur les mar- 
chés anglais: à Londres, on cote les blés inrtifiënes : 
blancs. 41 à lii fr.: roux, 41! .'ill à l.'j.'iO; les blés 
étrangler.-* viilent 46 à 50 fr. suivant provenaucc et 
qualité. En Suisse et en Italie, la situation est fans 
changeiuent. 

Pour les farine'', l.i minoterie subit iJe grandes dif 
Acuités pour ses approvisionnements; les prix .sont 
très fermes, suivant les taxes déparlementales. 

Issues. — Les difficuliés sont toujours très 
grandes pour se procurer des sons au taux de lu taxe. 

Seigles. — Très peu d'affaires; la taxe u'est prati- 
quée qu'assez rarement. 

Avoines. — Les otîres sont relativeinenl abon- 
dantes. Les prix sont soutenus, de 2'.l à 20. .'iO par 
100 kilogr. pour les avoines grises dans I iJuest, de 
30 à 31 fr. dans le Centre. 

Sarrasins. — La fermeté est soutenue, avec des 
allaires restreintes. On cote, suivant les marchés, 42 
à 43 fr. par 100 kilogr. 

Maïs. — Dans la région de l'Est, on cote les maïs 
indigènes 4.'i à 4S fr.; dans les ports, les maïs de l,i 
Plata 45 à 41 fr. 

Pommes de terre. — Les pouiuiis de terro sont 
cotées très irrégulièrement, 24 à 30 fr.parlÛU kilogr. 

Graines fourragères. — La saison de vente s'achève. 
Dans l'dufst. on |iaie par lOll kilogr.: trélle violet. 
KiO à MO fr.; luzerne. 110 fr: vesce de printemps:. 
40 fr. 

Fourrages. — liours très fermes : le,-< paille> sont 
devenues rares On cote à Paris-La Chaiielle jjar 
104 bottes \.'>20 kilogr.): foin. 128 à 1 io fr.; luzerne, 
128 à I i(i fr.; regain de luzerne, 125 â i:iO fr.; paille 
de blé, 16 à N4 fr.; paille d'avoine, .'i8 à 65 fr. 

Bétail. — Voici le relevé du dernier marché de La 
Villettc, à Paris (19 mars) : 



Bœuts 

■Vaches 

Taureaux. . . 

Veaux 

Moutons — 
Porcs 



Amenés. 



'.' rt96 
I 43l> 
435 
I 03-2 
lu 915 
3 1)8 



Invendus. 



i-.'l 

•.'68 

8i 



l'ElIX UO KILUG. 
AU l'OlUS NKT. 



1" 
quat. 

i.tii 
•-'.60 
•.'.&6 
3.10 
1 U 
4.IIJ 



quai. 
■J.'iD 

•2.68 
2.46 
3.10 
3.t4 

4.U0 



quai. 
■2. 'M 
•2.4» 

1 3( 

2 00 

:i.:i4 

3.61 



Prix exlréDies du kilogramme. 
Au poids vif. 



Bteufs . . . . 
Vache» . . . 
Taureaux. 

Veaux 

Mouloos. . 
Porcs 



t.O^.' i 1.80 
0.92 1.81 
1.08 l.«0 
l.or) '2.40 
1.41 2. '28 
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Dans les départements, on paie : 

Amiens, par kilogr poids net : bœufs et vaches. 
2.30 à 3.10; veaux, 2.2.'. à 3.';5: porcs, 3.10 à 3.50. 

l'aen, par kilogr. poids net : bœuf^, 2.60 à 3.20; 
veaux, 3.60 à 4 fr.; moutons, 2.90 à 4.50; porcs, 3.60 
à 3.80. 

Chartres, par kilugr. poids net : veaux. 3.40 à 4 Ir. 

('hole(, par kilogr. poids vif : bœufs, 1.01 à 1.17; 
vaches, 1.02 à 1.12; porcs, 2.80; par paire : boeufs de 
trait, i 800 à 2 000 fr. 



Dijon, par kilogr. poids net : moutons, 3.20 à 3.60 
porcs, 2.80 à 2.85; ])ar kilogr. poidb vif : veaux, 1.80 
à 2 fr. 

I.tjon, par kilogr. poids net : boaufs, 1.20 à 1.86 
veaux. 1.40 à 1.95; moutons, 1.30 à 1.80; porcs, 2.40 
à 2.70. 

Morseilte, par kilogr. poids net : moutons, 3.40 à 
3.15; brebis, 3.3S à 3.60. 

En Suif se, on paie à Genève par kilngr. vif : 
bœufs. 1.80 à 1.95; veaux. 2 à 2.20; porcs, 2.95 à 
3.20. 

Viandes. — Derniers cours ofliciels aux Halles 
ceulralcs de Paris (par kilogr.) : 
Bcruf. 

1/4 do derrière. 1 60 à 2 90 Trains 2 20 à 3 OO 

1/4 de devant. I 40 2 20 Cuisses .... 2 00 2 80 
Aloyau .... 2 40 3 60 Pis el collet. . 1 80 2 10 
Paleron .... 2 00 2 40 Bavette .... 1 80 2 ..0 

V'erau. 

Extra. ... 3 OD à :> 40 Pans el cuiss. I 00 à 3 60 
P* qualité. . . 2 '»0 2 '.tO Veaux de Caen: 

•2« — . . . 2 OO 2 40 1/4 de devant.. 1 50 à 2 10 
3« — . . . 1 r,0 1 90 1/4 de derrière. 2 00 i 10 
Veaux bretons. 1 ÛO 1 90 
Mouton. 

1" qualité. . . 3 10 à 4 10 Gigot 3 40 * 4 80 

•2' — ... 3 20 3 60 Carrés parés. . 3 60 6 80 

3- — . . . 2 f)0 3 10 Agneaux ... -2 60 4 il 

Porr. 

Extra 3 10 à 3 60 Filets 2 80 i 4 00 

1" qualité. . . 3 20 3 30 Jambons ... 2 80 4 20 

2- — . . 2 80 3 10 Reins 2 60 3 60 

l'oit, fraîches. 3 60 3 10 Poil, salées . . » a 

Suifs. — Le cours officiel est encore en hausse, à 
167 fr. par 100 kilogr. à Paris. 

Vins. — La situation ne se luodilie pas. LesdifD- 
cultés sont toujours grandes pour les tiaiisporls, et 
les prix accusent une grande fermeté. Ou cote dans 
le Midi par hectolitre nu : lléziers, vins rouges. 1 à S», 
63 fr.; 10 à 12», 67 fr.; vins rosés, 68 à 12 fr ; vins 
hlancs, 14 à 11 fr. ; Monipellier, vins rouges 8 à 9°, 
66 à 61 fr. ; 9 à Ui», 68 à 10 fr. ; 10 à H», 11 à 12 fr.; 
Simes, 1 à S", 66 à 61 fr. ; S à 9». 68 f r. ; 10 à 11', 
61) fr. ; costiéres, 10 à 11 fr. Dans le Ckalonnais, ou 
cote i)ar hectolitre : vins rouges ordinaires, 65 à 
70 fr. : vins blancs 10 à 75 fr. Voici la dernière cole 
olficielle à Alger sur quai, par hectolitre : vins rouges 
cxira. 46 à 52 fr. ; 1" choix. 41 à 45 fr.; 2% 34 à 
40 fr. ; 3", 21 à 35 fr. ; vins rosés, 39 à 46 fr.; vins 
blancs, 41 à 51 fr. 

Alcools. — La^hausse persiste. On cote jiar hecto- 
litre sur les marchés méridionaux : 3/6 vin bon goût 
86", 445 à 450 fr. à Uéziers et 480 à 500 fr. à Nîmes; 
3/6 marc 86", 335 ii 340 fr. à Nimes. 

Beurres. — La taxe a fait à peu prés le vide aux 
Halles de Paris. Il en est de même sur la plupart des 
marches des déparlements. 

Fromages. — L'application de la taxe a arrêté les 
alfaire^ sur les fromages à pâte molle. Le^ pâtes 
dures sont cotées par 100 kilogr. à Paris : Enimeuthal, 
i 10 à 160 fr. ; Comté, 420 à 130 fr ; Cantal, 300 ii 360 fr. 

Œufs. — La baisse est accentuée. Aux Halles de 
Paris, on cole de 130 à 260 fr. par mille suivant gros- 
seur. 

Tourteaux. — Derniers cours à Marseille par 
100 kilogr. : arachides Coromandel. 29 fr. ; coprah, 
36.50 à 38 fr.; palmiste, 28 fr. U. Dlkam). 

le gérant : Chaules Dutheix. 

Pans. — L Maubtubux, impriuieiir, 1, rue Cassette. 



CHKONiyUE AGRICOLE 



113 



CHRONIQUE AGRICOLE 



Constitution d'un Douveau cabinet sous la présidence de M. Ribol. — Nomination de M. F'ernand David 
comme ministre Je l'Agriculture. — Le contrôle de la main-d'œuvre agricole. — Cabinet du ministre. — 
Les i)ri)jets de loi relatifs à la proJuction du blé et au ravitaillement en céréales. — Programme du 
Couvernemenl. — Discussion par laChambre des députés des mesures qu'il comporte. — Suppression de 
la taxe sur le lait, le beurre et les frouùages. — Causes directes de la ciise des transports. — Décora- 
tions dans la Légion d honneur. — Le blé et le mais dans l'Argentine. — Production du sucre en 1916-17. 
— Mesure s pour la prochaine Mmpagne. — Loi autorisant l'emploi de la saccharine pour denrées alimen- 
taires.— Congrès de l'Association nationale d'expansion économique. — Vœu.x présentés par la Commis- 
sion agricole sur le rapport de M. Hitier. — .Vppel sous les drapeaux de la classe IfllS. — Dates des 
examens pour l'Institut national agronomique et pour les Ecoles nationales d'.^griculture. — Examens 
pour les Ecoles nationales vétérinaires. — Conseil de perfectionnement de l'Ecole de mécaniciens 
agricoles. — Observations présentées à la Chambre des députés jpar M. Ferdinand Bougére à propos des 
réquisitions des fourrages. ; 



Crise ministérielle 

Le cabinet présidé par M. .\rislide Briand 
a donné sa démission, â raison de difficullés 
ijue lui a créées l'opposition sysliTiialiiiue 
d'une partie de la Chambre des députés, et 
quoiqu'il n'ait pas été mis en minorité devant 
le Parlement. Un nouveau cabinet a été 
constitué, le 19 mars sous la présidence de 
.M. Kibol, qui était minisire des Kinances ; 
dans la nouvelle combinaison, il prend le 
portefeuille des AITaires étrangères, et M. Jo- 
seph Thierry, dcpulé, devient ministre des 
Finance^. 

Le resserrement des attributions de minis- 
tres, qui caractérisai tUe précédent cabinet, a 
disparu. M. Clémentel est resté minisire du 
Commerce et M. Fernand David, président 
de la Commission de l'Agriculture à la 
Chambre des députés, est devenu ministre de 
l'Agriculture. C'est la deuxième fois qu'il se 
trouve h ce ministère qu'il avait occupé 
pendant la première année de la guerre. On 
sait qu'il s'est toujours occupe des atfaires 
agricoles avec activité; il ne pourra manquer 
de chercher ave(- ardeur des solutions aux 
graves problèmes f(ui s'imposent de plus en 
plus aujourd'hui. 

Au ministère de l'Agriculture. 

Il a été publié que l'i-nlrénde M. l'crnand 
David au ministère de l'Agriculture avait mis 
fin à la mission de M. Jules Develle comme 
contrôleur giméral df; la iiiain-d'iruvrc agri- 
cole. La vérfléest que, dès le 10 mars, M. Dé- 
voile s'était démis de cette fonction^ Dans 
une lettre adressée à M. Clémentel, il ao- 
noncait que sa tâche était terminée, les 
tiO 000 hommes des cbisses 1888 et 188!), qui 
sont « mobilisés à la terre », ayant été ren- 
voyés dans leurs foyers ou organisé.^ en 
équipes agricoles. 

M. Fernand David a choisi comme chef de 

'. Avril 1917. — N" 7 



cabinet M. Mazeral, maître des requêtes au 
Conseil d'Ktat, qui, avant la constitution du 
nouveau cabinet, était le collaborateur de 
M. Clémentel. M. MiUot a été désigné comme 
chef adjoint du cabinet, M. lirancher comme 
atlaclié au calùnel, et M. Mériel comme chef 
du secrétariat particulier. 

Le blé et l'alimentation publique. 

Par un décret en date du 23 mars, le Gou- 
vernement a retiré le projet de loi qui avait 
été présenté le 9 février par le précédent 
ministère sur les encouragements à la cul- 
ture du blé. Ce projet avait pour objet, 
comme nous l'avons exposé (Chronique du 
22 février, p. 61), de mettre fin à la criante 
injustice de la t;i.x;>tion actuelle du blé et d'en 
rapprocher le prix de vente des taux en vi- 
gueur dans les autres pays. 11 est vrai que, 
suivant ses habitudes, la Chambre n'avait 
montré aucune hâte pour en discuter les 
termes, quoique son adoption rapide ait pu 
être considérée comme un témoignage de 
sollicitude réelle à l'égard des cullivaleurs ; 
la discussion paraissait devoir en être ajour- 
née à des mois, et l'adoption définitive à une 
date encore plus reculée. 

11 était néanmoins impossible que le Gou- 
vernement se désinléressAt d'un problème 
aussi grave, dont la solution ne saurait at- 
tendre indéliuiment. Le 27 mars, le ministre 
de l'Agriculture a présenté un nouveau pro- 
jet qui tend à l'abrogation îles dispositions 
de la loi du 29 juillet 1916 relatives à la taxe 
du blé et de la loi du ."JO janvier 1917; le 
Gouvernement procéderait pour la taxation 
et la réquisition du blé suivant la méthode 
suivie jusqu'ici pour l'avoine, l'orge et le 
seigle, c'est-à-dire par décret. Le projet de. 
prime à la culture du blé disparait; c'était, 
d'ailleurs, un pis-aller. 

Le nouveau minislère parait se préoccu- 

1917.— 7 



m CHRONIQUE AGRICOLE 

per, et on doit s'en féliciter, d'établir rapi- 
dement un régime qui supprime les tergiver- 
sations au milieu desquelles on se débat. 
Dans une discussion soutenue devant la 
Cliambre des députés, dans les séances du 
30 et du ;{l mars, M. Maurice Viollette, mi- 
nistre du Ravitaillement, en a exposé le 
programme en ces termes : relèvement 
inuui'iiial du prix du blé à 40 fr. par quintal, 
déclaration obligatoire des céréales et taxa- 
lion de celles qui ne sont pas encore taxées, 
]iain unique, ristourne aux boulangers ou aux 
meuniers pour que le prix du pain n'aug- 
mente pas, limitation de l'emploi de la farine 
aux consommations essentielles. Ces décla- 
rations ayant reçu l'approbation de la 
Chambre, M. Hibol, président du Conseil, a 
insisté pour que le Parlement ne se J^éparft^ 
pas avant d'avoir pris une décision délinitive. 
Four répondre à cette légitime préoccu 
palion, la Chambre a abordé, dans sa séance 
du 2 avril, la discussion du nouveau projet 
de loi signalé précédemment, ainsi que du 
projet antérieur sur les mélanges de farines 
Dans ces sortes de problèmes, la passion 
des prétendus défenseurs des intérêts popu- 
laires se donne facilement carrière. C'est ce 
qui est arrivé une fois de plus. Les uns s'op- 
posaient absolument au relèvement du prix 
du blé, les autres réclamaient l'application 
d'un nouveau prix exclusivement à la pro- 
chaine récolle. I.e principal argument de 
ceux-ci s'appuyait .sur le fanlônie de la spé- 
culation à laquelle un relèvement inmiédiat 
donnerait une prime abusive. M. Fernand 
David, ministre de r.\griculture, et M. Viol 
lelte, ministre du Ravitaillement, ont éner- 
giquement défendu les dispositions présen- 
tées. Finalement, sur la proposilion de 
M. Ribot, président du Conseil, il a été en- 
tendu que le Gouvernement s'entendrait 
pour fixer un texte définitif, avec la Com- 
mission de l'Agriculture. Dans ces condi- 
tions, l'accord parait devoir s'élablir. 



La crise des transports. 
Dans la même discussion, le ministre du 
Ravitaillement a élé amené à donner des ex- 
plications sur les causes de la crise des 
transports. Ces causes se résument en une 
phrase. En temps normal, les transports 
commerciaux et industriels sont assurés avec 
70 000 vagons en chargement chaque jour : 
actuellement, ce nombre est réduit à 12 000 
vagons. 

Décorations dans la Légion d'honneur. 

Lors d'une visite dans 1. s régions libérées 
de l'invasion alleatande, le Président de la 
République a remis la croix de chevalier de 
la Légion d'honneur à M. Noël, maire de 
Noyon (Oise), sénateur, et à M. Ernest Man- 
dron, adjoint faisant fonctions de maire de 
Roye (Somme), pour reconnaître les services 
rendus par l'un et par l'autre lors de l'inva- 
sion. 

Successivement député et sénateur de 
l'Oise depuis lHt)3, M. Noël s'est adonné avec 
dévouement à l'élude des atTaires agricoles 
et il a acquis à cet égard une autorité univer- 
sellement reconnue. 

M. Ernest Mandron a succédé à M. Emile 
Pluchel dans la direction de la vaste exploi- 
tation et de la sucrerie de Roye, et il compte 
au nombre des meilleurs agriculteurs de 
cette région si cruellement éprouvée. 



Les taxations. 

Le régime des taxations contre lequel le 
Comité consultatif du ministère de l'Agricul- 
ture n'a pas cessé de protester pendant l'an- 
née 191(5 est dénnitivemenl condamné par les 
.ipplications qui en onl été faites. 

Dans la discussion dont on vient de don- 
ner l'analyse, le minisire du RaviUiillement a 
annoncé que le Gouvernement allait renon- 
cer à la taxe, au moins pour un certain 
nombre de denrées. Les taxes sur le lait, sur 
le beurre cl sur les fromages seraient suppri- 
mées à partir du l'i avril. 



Le blé et le maïs dans l'Argentine. 

Il a été annoncé que le (îouvernement Ar- 
gentin a interdit l'exportation du blé à partir 
du 28 mars jusqu'à nouvel ordre. Le molif 
de celte mesure est que la dernière récolle 
n'est évaluée qu'à 21 millions de quintaux, 
au lieu de -47 l'année précédente et de 40 1/2 
pendant la période quinquennale 11110-1014. 
Il parait probable que la prohibilior. n'attein- 
dra pas les quantités achetées précédemment 
pour les pays d'Europe. 

La récolle du maïs n'est pas moins défici- 
taire dans l'Argentine. Elle n'est évaluée 
qu'à l."> millions de (luintaux environ, au lieu 
de VI l'année précédente et de iSen moyenne 
pour la dernière période quinquennale. 

La production du sucre. 
D'après les documents publiés par la Direc- 
tion générale des contributions indirectes, la 
production du sucre, dans les 6'j fabriques 
qui ont travaillé au cours de celte campagne, 
a élé, au lo mars, de IHO 7:>;{ tonnes. La 
production totale dilfèrera peu désormais du 
résultat acquis actuellement. C'est donc à 
l'importation qu'on doit demander, comme 



CHRONIQUE^ AGRICOLE 



115 



l'année précédente, la plus forte proportion 
du sucre nécessaire pour la consommation. 
Quant à la production de la campagne 
1917-1918, il est impo!<sibIe de formuler quel- 
que prévision à cet égard. .\ raison de l'incer- 
titude de l'approvisionnement nécessaire en 
charbon, les fabricants de sucre paraissaient 
assez perplexes pour conclure les marchés de 
betteraves. Le ministère du Ravitaillement a 
garanti qu'il leur fournirait le charbon et la 
chau.\ nécessaires pour assurer le travail de 
la récolte de betteraves. 

La saccharine. 

La Chambre des députés, dans sa séance 
du 21 mars, et le Sénat dans celle du 29 
mars, ont adopté le projet de loi ayant pour 
objet d'autoriser l'emploi de la saccharine 
dans la préparation de denrées alimentaires. 
Celte autorisation ne serait que temporaire, 
et donnée seulement après l'avis dvs Conseils 
d'hygiène. Nous avons annoncé qu'un autre 
projet est destiné à établir sur la saccharine 
un droit de consommation proportionnel à 
celui dont le sucre est frappé. 

.\ppelée à formuler son avis sur le projet 
dont l'adoption est désormais définitive, la 
Commission de l'.^griculture a déclaré qu'il 
lui apparaît iuipossible, sous aucun prétexte, 
d'étendre au delà de la période des hostilités 
l'usage de la saccharine pour la préparation 
de produits de consommation, et elle a 
ajouté, par l'organe de son rapporteur : « Par 
avance et dans le cas où une proposition de 
cette nature serait ultérieurement formulée, 
elle a tenu à affirmer l'opposition irréduc- 
tible qu'elle fei'ait à toute extension du projet 
de loi au delà des limites qui sont indiquées 
dans le texte précis qui lui est soumis. » 

Association d'expaDsion économique. 

L'.\ssociation nationale d'Kxpansion éco- 
nomique, fondée sur l'initiative de M. David- 
Mennet, président de la Chambre de com- 
merce de Paris, a tenu le :26 mars un Con- 
grès dans lequel ont été discutées les conclu- 
sions présentées par ses commissions. 

La Commission d^s questions agricoles 
organisée sous la présidence de M. Fernand 
David s'était livrée, au cours de l'année 1010, 
à des études approfondies sur la situation 
des diverses branches de la production et sur 
les moyens de combattre les ell'ets de la con- 
currence des pays étrangers. Elle a eu la 
bonne fortune d'avoir notre excellent colla- 
borateur, -M. Henri Hitier, pour rapporteur 
général ; celui-ci a condensé, dans un rapport 
très suijslanliel, les observations réunies dans 
une série de rapports spéciaux, et il en a 



tiré des conclusions qui conslituenfc un véri- 
table programme des conditions du relève- 
ment de la production agricole après la 
guerre. Il est impossible de reproduire ici ces 
conclusions complètes, mais il convient d'en 
indiquer les principales; toutes ont été, d'ail- 
leurs, iidoptées par le Congrès. 

Ces conclusions, exprimées sous forme de 
vœux, se rapportent à la suppression du ré- 
gime des taxations et des réquisitions; à la 
rt-slitution en nature, par l'ennemi, au mo- 
ment de la paix, dans les pays ayant subi 
l'invasion, du cheptel, du matériel agricole, 
de l'outillage des sucreries et des distilleries; 
à l'extension de l'enseignement agricole; à 
l'intensification de la production des engrais 
et des moyens de transport ; au' développe- 
ment de l'emploi des machines et de la mo- 
toculture pour parer à la crise de la main- 
d'œuvre agricole; à la réforme du marché 
de la viande; à une meilleure utilisation des 
richesses de nos colonies; à la multiplication 
des associations agricoles, coordonnantleurs 
eflorts vers un but commun; à la réalisation 
d'une complète solidariti' économique entre 
l'agriculture et l'industrie; à la nécessité d'un 
relèvement de la natalité, indispensable pour 
la France, et en particulier pour l'agriculture. 

La réalisation de ce programme devra être 
poursuivie avec méthode et avec persévé- 
rance. En venant présider les séances du 
Congrès, M. Cléuientel, ministre du Com- 
merce, et M. Fernand David, ministre de 
r,\griculture, ont montré l'intérêt qui y est 
porté par le Gouvernement. 

La classe 1918. 

La Chambre des députés, dans sa séance du 
20 mars, et le Sénat, dans celle du 30 mars, 
ont adopté le projet de loi autorisant défini- 
tivement l'appel sous les drapeaux des jeunes 
gens de la classe 1918. .\u cours de la dis- 
cussion, le ministre de la Guerre a fait con- 
naître que cet appel aurait lieu le 16 avril, 
mais qu'en raison des travaux de printemps 
les agriculteurs ne seraient pas appelés 
avant le i" mai. 

\ cette rn'casion, de nouvelles propositions 
ont été formulées en vue de subordonner cet 
appel au renvoi des agriculteurs des classes 
les plus anciennes. Le ministre de la Guerre 
a, comme ses prédécesseurs, énergiquement 
résisté à ces suggestions et les a fait rejeter 
pour les mêmes motifs que ceux invoqués 
par eux. 

Institut agronomique 
et Ecoles nationales d'Agriculture. 

En raison des mesures générales prises 
pour régler la participation aux concours et 



116 

examens 'de 1917 des appelés de la classe 
1918 et des engagés volontaires appartenant, 
par leur âge, i\ celte classe ou à des classes 
plus jeunes, les dispositions adoptées au su- 
jet des concours d'admission à l'Institut na- 
tional agronomique et aux Écoles nationales 
d'agriculture, îont été modifiées. 

Les épreuves écrites pour l'Institut agro- 
nomique auront lieu les i, ;> et (> juin; celles 
pour les Ecoles nationales d'Agriculture, les 
7, 8 et 9 juin, comme il suit : 

In»litul agroivimique. — Les candid.ils non mi- 
litaires subiront ces épreuves, à leur choi.\, soit 
à Paris, soit en province, à Alger, Angers, Lyon 
ou Toulouse. 

Les candidats militaires subiront obligatoi- 
rement ces éprouves : à Paris, pour les caiuli- 
dals en provenance des armées ; dans celui des 
centres désignés ci-dessus le plus rapproché de 
leur déprtl, pour les candidats en provenance 
des dépôts. 

I..es épreuves orales auront lieu dans la pre- 
mière quinzaine de juillet, à une date dont les 
candidats déclarés admissibles seront prévenus. 

Ecoles nationales (l'Af/ricuUure. — Les candidats 
non militaires subiront ces épreuves, à leur 
choix, soit à Haris, soit enprovioce, à Alger, .An- 
gers, Lyon ou Toulouse . 

Tous les candidats militaires subiront obliga- 
toirement ces épreuves k Paris, de façon à pou- 
voir prendre part aussitôt après aux épreuves 
orales, qui, pour eux, suivront immédiatement 
les épreuves écrites et aunmt lien à l'Institut 
national agronomique, 16, rue Claude-Bernard, à 
Paris, le H, et, s'il est nécessaire, le 12 juin. 

Pour les candidats non militaires, les épreuves 
orales auront lien après la publication de la liste 
d'admissibilité, à des dates qui seront ultérieu- 
rement précisées, soit à Paris, soit en province 
dans l'un des centres : Angers, Toulouse et 
Lyon, à leur choix. 

Pour tous les candidats, les demandes de- 
vront parvenir au minislèrc de l'Agriculture 
(Direction de r.\griculture, bureau de l'En- 
seignement agricole' avant le l^mai. 

Ecoles natioaales vétérinaires. 

Le concours d'admission aux Ecoles natio- 
nales vétérinaires aura lieu pour les candi- 
dats appartenant à la classe lUiS et reconnus 
bons pour le service militaire, les 10, Il et 
12 avril prochain à l'école d'Allort. Les 
épreuves orales suivront immédiatement les 
épreuves écrites. Les demandes d'inscrip- 
tion devront parvenir au ministère de l'Agri- 
culture ^hirection des services sanitaires et 
scientifiques, il Ois, rue de Bourgogne, à 
Paris (7"), le 5 avril au plus lard. 

Pour les autres candidats, les épreuves 
écrites et orales auront lieu, dans les centres 
indiqués à l'inslruclion du 18 septembre 



CHKONIQUE AGRICOLE 



1916, aux époques prévues, soit le 1"" août 
pour l'écrit, et au commencement de sep- 
tembre pour l'oral. Ces candidats devront 
faire parvenir leurs demandes d'inscription 
avant le 1'' juillet à l'adresse sus-indi(iuée. 
Pour prendre part au concours, les candi- 
dats devront avoir dix-sept ans au moins et 
vingt-cinq ans au plus le 31 décembre 1917. 

Ecole de mécaniciens agricoles. 

La Chronique du 'Il février ip. 1)2) a si- 
gnalé la création et l'organisation d'une Ecole 
de mécaniciens agricoles à Noisy-le-Graud 
(Seine-et-Oise), sur un important domaine 
donné à l'Etat par M"" Gomel-Pujos. Le mi- 
nistre de r.\gricu!ture a institué un Conseil 
de perfectionnemint chargé de donner son 
avis sur le fom-tionnemenl de l'école et les 
réformes qui pourraient l'améliorer. 

Ce Conseil est composé, sous la présidence 
de M. Noulcns, député, ancien ministre, de 
MM. le docteur Chauveau. sénateur, Cosnier, 
député. M"' (jomelPujos, donatrice du do- 
maine, MM. Duhamel, Pierre de Monicaull, 
Grosjean, inspecteur général de l'agriculture. 

Les réquisitions des fourrages. 

A maintes ri'prises, nous avons signalé les 
méthodes arbitraires appliquées dans les ré- 
quisitions. Voici un nouvel exemple de cet 
arbitraire, que nous empruntons aux débats 
de la Chambre des Députés 'séance du 
23 mars); M. Ferdinand Bongére, député de 
Maine-et-Loire, l'a constaté en ces termes : 

J'ai été très surpris, il y a quelques jours, 
de recevoir du dernier Gouvernement l'avis 
qu'il n'était pas possible de t.iisser aux cultiva- 
teurs tout le foin devenu nécessaire h leurs ani- 
maux après les gelées qui ont fait disparaître les 
fourrages verts. Cette façon de voir était d'au- 
tant plus étiinnaiite p'>ur moi que la phrase qui 
arcoinpagnait l'avi> donné par le ministère du 
Havitailloment était celle-ci : << II est temps de 
songer aux privations. » 

Au moment oi^i le nouveau riouvernement suc- 
cède à celui qui m'écrirait ainsi, je me permets 
d'attirer son attention sur l'imiiossibilité d'im- 
poser des privations aux animaux sans perdre le 
bénéQce de leur état d'enfiraisseinent acquis. 

Il aurait donc été logique de prévoir l'exécu- 
tion immédiate des animaux destinés à dépérir 
et la conservation de cette viande par les meil- 
leurs moyens. II est regrettable que les deux 
mesures n'aient pas été prises à la fois. Il 
semble bien qu'il soit tard pour compléter l'une 
par l'autre. 

Si les ministres ont changé, il est peu pro- 
bable que la mentalité des fonciionnaires 
songeant, suivant leur expression, à imposer 
des privations nu bétail, se soit modifiée. 
Henry Sac.nier. 



CONDUITE DES TRACTEURS 



117 



CONDUITE DES TRACTEURS 



Pour iéi>ondre à des demander au sujet de 
la conduite des Irîicteurs, nous avons réuni 
les indicalions pratiques ci-après dont cha- 
cun pourra tirer parti en complétant au 
besoin ces instructions par d'autres qui 
pourraient être spéciales à la machine em- 
ployée. 

Ces notes sont surtout destinées aux méca- 
niciens-conducteurs que les circonstances 
actuelles obligent d"improviser ; elles ont 
pour objet de leur tlonner rapidement les 
notions les plus indispensables. 

A. Moteurs, tracteurs. — (Il n'est question ici 
que lie notes yi-nérales, des instructions parti- 
culières relatives à la mise en marche, le réglage, 
la conduite et l'entretien devant être fournies 
avec chaque tracteur.) 

1 . Filtrer toujours l'essence ou le pétrole qu'on 

verse dans le ^é^ervoir. 

2. Xe jamais admettre de corps étrangers dans 

rtuiile et surtout dans la f,'raisse. 

3. Garnir le railiateur avtc de l'eau de pluie de 

prtTérence à toute autre, ou de l'eau qui 
aurait été portée à l'éliullition pendant 
cinq minutes, afin d'éviter les dépôts (cal- 
caires) de tartre. 

4. En temps de jielée, vider complètement 

chaque soir le radiateur alin d'éviter les 
ruptures au radiateur, à la tuyauterie, à la 
pompe et à l'enveloppe des cylindres. 

Il n'y a pas lieu de vidtr les réservoirs 
à essence ou à pétrole, 
o. X chaque repri-e du travail, nettoyage des 
engrenages apparents ou de la chaîne de 
transmission. 

6. Veiller chaque jour à l'écartement île l'axe 

du pignon à la roue dentée motrice^ afin 
quf les dents ne portent pas par leur 
pointe ni soient trop à fond. 

Veiller chaque jour à refiler la tension 
de la chaîne. 

7. Ne jamais mettre en route sans vérifier le 

g^ai^sage. 

8. Les graisseurs à giaisse consistante doivent 

être garnis chai|ue matin. 

Les graisseurs à hude, selon les endroits 
il lubrifier, serunl garnis toutes les une, 
trois et cinq heures. 
0. Dès qu'on constate qu'un graisseur ne débite 
pa.s, le vérifier de suite : le trou ou le 
conduit d'écoulement est (d)strué. 
10. Ne pas se tromper de graissage ni d'huile; 
on doit employer : 

L'ne sorte d'huile pour le moteur; 

Une sorte d'huile, ou de valvoline pour 
la boite des engrenases de la transmis- 
sion; 



Une soite d'huile ordinnire pour les 
diverses articulations; 

De la graisse consistante, 
il. Dès que le tracteur patine, la ou les roues 
moirires tournent sur place, s'enlerreut 
et la marhine se taupe. 

Dans ces tonditions, la roue dentée (ou 
la roue de (haine) frotte sur la terre et se 
salit; la terre et les cailloux entraînés 
occasionnent ensuite des ruptures de 
dents ou de maillons. 

II faut donc, dès qu'on s'aperçoit que le 
tracteur se taupe : 

Décrocher ou déterrer la charrue ou le 
cultivateur; 

Que l'aide protège l'engrenage ou la 
roue de chaîne du frottement de la terre, 
avec un bout de planche par exemple; 

On facilite la sortie du tracteur en pla- 
çant des branchages ou un fagot devant 
la ou les roues motrices. 

Avant de repartir, il faut nettoyer les 
dents ou la chaîne et Jiminuer la profon- 
deur du labour. 

Le tracteur sorti du mauvais pas sera 
attelé à la charrue par une chaîne assez 
longue, qu'on pourra retirer après avoir 
avancé de quelques mètres. 

Le tracteur se taupe fréquemment : 
quand la traction demandée est trop éle- 
vée; dans ce cas, il faut diminuer la pro- 
fondeur du labour ou supprimer un corps 
de charrue ; 

Quand le sol est trop mouillé, on fait 
alors du mauvais ouvrage et il convient 
d'attendre que la terre soit ressuyée. 
12. Défense de rouler sur roule avec roues mo- 
trices garnies de leurs crampons (les 
crampons ne peuvent être employés que 
dans les champs, dans lesquels ils s'en- 
foncent sans occasionner des secousses 
détériorant rapidement le tracteur). 

B. — Fonctionnement des charrues et des 
cultivateurs. 

1. Il convient d'avoir trois socs par raie : 

Un soc monté (en travail); 

Un soc de rechange en attente (attaché 
à la charrue) ; 

Un soc à la réparation (raflilage). 

Avoir au moins Jeux boulons de re- 
change par laie. 

2. Changer les socs dès que la pointe est usée. 

Dans les sols secs, il faut souvent raffiler 
le soc après 10 ares; 

Dans les sols en bon état d'humidité, il 
faut souvent changer le soc après un hec- 
tare et demi. 
:{. En tournant, relever toujours la charrue, et 
surtout déterrer les dents du cultivateur. 



118 



LA LIZERNE PdSSEDE-T-ELLE 



Exécution des travaux. 



1. Ne jamais labourer dans les champs dont la 

pente dépasse ~ à 10 centimètres par mèlrf . 
|A 8 centimètres par mètre, la traction 
disponible tombe à la moitii^ de ce qu'elle 
est sur un terrain hori/.ontall. 

2. Ne labourer que des pièces de terre ayant au 

moins 170 mètres de lonj-'iieur (150 mètres 
sans les fourrières) et 20 mètres de largeur. 

4. Laisser à chaque extrémité des fourrières 

ayant chacune au moins S à 10 mMres de 
largeur, pour louriier facilement sans 
perdre de temps. 

5. Ne jamais labourer en tournant, travailler 

toujours en li^jne droite. 

6. Faire des planches de 20 à .30 mètres de lar- 

geur au plus. 

7. Faire un arrAt après trois quarts d'heure de 

marche pour vérifier la machine, les cous- 
sinets, le graissage, etc. 



UNE AZOBACTÉRIE SPÉCIALE? 

8. Aux changements df champs, pour rouler sur 
route, suivre l'indication donnée au n° 12 
du paragraphe A. 

Ces indications générales sont complétées 
par les instructions qui sont spéciales à 
chaque tracteur, ou à chaque charrue (mise 
en marche, réglage, conduite, entretien , et 
que les conslrucleiirs délivrent aux acqué- 
reurs. 

Pour les tracteurs, outre les soins et 
nettoyages journaliers à exécuter au début et 
à la fin de la journée, il y a certains entre- 
tiens à assur(^r après une dizaine de jour- 
nées de travail, el des vérifications diverses 
à faire après vingt-cinq à trente journées de 
fonclioniiement. On utilise les mauvais temps 
pour procéder, à la ferme, à ces travaux que 
le mécanicien exécute sous le hangar servant 
de garage. 

Max UlNGEI.MANN. 



LA LUZERKE POSSÈDE-T-ELLE U^E AZOBACTÉRIE 

SPÉCIALE ? 



Dans le numéro du il juin 1!114, j'ai déjà 
entretenu vos lecteurs des luzerniùres que 
j'ai créées dans ma propriété du Mont de 
Circé (prov, de Rome^l. C'était à l'occasion 
des craintes que, dans le numéro du 26 mars 
de la même année, un ingénieur agricole 
manifestait sur les résullats de la culture 
mécanique du sol : celle-ci, selon lui, en 
supprimant les attelages et diminuant par 
conséquent la production du fumier — ma- 
tière qu'il déclarait indispensable pour la 
cullure de la luzerne — devait donner au 
liout de quelques années de fort mauvais ré- 
sultats économiiiues. 

Four combattre celle assertion, grave de 
conséquences, j'exposais comme quoi ici, 
dans un climat totalement privé do pluies 
pendant tout l'été ut sur un sol sablonneux 
très pauvri' en humus, j'étais parvenu, eu 
pratiquant d'abord difFérentes cultures abon- 
dammenl fournies d'engrais chimiques, puis 
1 cnfouissage eu vert des lupins, ;\ créer des 
luzerniùres qui me donnaient entière satis- 
faction, el cela, sans employer de fumier na- 
turel. 

Dernièrement, dans le journal // Coltiva- 
lore de Casalmonferral (l'excellenle publica- 
tion du député Ollavi, président de la Société 
des .\griculteurs ilnlionsi, le titulaire de la 
chaire d'agriculture de Moudovi .Piémont^ 
expi)-ait que, dans sa région, survenaient de 
fréquents cas d'insuccès dans la cullure de la 



luzerne, et qu'alors il avait toujours constaté 
que les racines de ces plantes manquaient 
des tubercules caractéristiques ^nodosités), 
fait dû au défaut du phénomène de la sym- 
biose, ce qui prouvait que le sol était dé- 
pourvu des azobacléries indispensables à la 
croissance de cette Légumineuse. Se basant 
sur le fait que près des luzernières péricli- 
tantes existaient de florissantes cultures de 
pois et d'autres Légumineuses, il en concluait 
que chaque Légumineuse possède son ozobac- 
lérie spécifique, et que, par conséquent, pour 
assurer la bonne réussite d'une luzernière, il 
était indispens:ilde d'inoculer au sol les bac- 
téries propres à celte plante, ce qui pouvait 
élre obtenu par l'emploi de la nilragine ou 
bien par l'apport de terre enlevée à une 
bonne luzernière. 

Je ne suis certes pas un savanl, mais seu- 
lement un agriculteur passionné de la terre, 
dont l'unique mérite est d'avoir fait quelques 
expériences, non pas in anima ri7i, mais au 
détriment de sa poche. Suivant avec intérêt 
tous les travaux qui contribuent au p''ogrès 
de l'agriculture, je connais naturellement 
ceux de llellriegel et autres sur la nutrition 
des Légumineuses, qui nous ont révélé 
comme quoi ces plantes — grâce à des mi- 
cro-organismes vivant sur [leurs racines — 
retirent de l'air ambiant l'azote nécessaire à 
leur développement. 

Ceci dit, je me demande cependant si 



CULTURE 

l'affinnalioit ijue chaque f.rgwnini'use posséd»; 
son iizûbaclihic spéciale sans lu présence île la- 
quelle elle ne peut pros/iéiei\ nt conforme à la 
vérité. 

Voici le Kiolif de mes doutes: lorsque, pour 
Li première fois, je semai de la luzerne dans 
mes terres du Mont de Circé, il n'existait à 
plus de .'>0 kilomètres » la ronde aucune 
plantation de cette Ll'i;ii mineuse. Kn outre, 
ma propriété était alors séparée de toute cul- 
ture par une épaisse forêt, des maquis et 
même un fleuve. Il était doncmalériellemenl 
impossible que TazoLactérie spécifique de la 
luzerne existât dans le sol, ou qu'elle ait pu y 
être transportée par les vents. Par contre, 
dans mes terres se trouvent plusieurs espèces 
de trèfles spontanés, enlr'.iulres un petit 
trèfle blanc (le Trifoimm leucanlhum), qui 
apparaît immédiatement dans les sables dès 
(]u"il y trouve un peu de nourriture. Le 
moindre crottin de cheval le fait croître sur 
la grande route; et sur mes luzernières, 
grâce à l'abondante fumure phosphatée, il lit 



MECANIQUE 



119 



la première année une si belle poussée que 
j'rti pu en l'aire une bonne coupe de foin. 

Dès lors, je me demande si l'azobactérie de 
ce trètle, suivant l'ancien adage tibi bene ibi 
patria, n'aura pas abandonné son ancienne 
demeure pour passer à la luzerne, très abon- 
damment pourvue de matières alimentaires. 

Telle est la question qu'au moyen du Jour- 
nal (i Afiricullure pruti<iiie je me permets de 
poser aux savants, heureux si de cette façon 
j'aurai pu contribuer au développement delà 
culture de la luzerne qui, dans les pays méri- 
dionaux surtout, peut être déclarée la reine 
des plantes fourragères. Dans n'importe quel 
sol, exception faite des seules terres argi- 
leuses qui possèdent la sulla, la luzerne, 
lorsqu'elle est convenablement fumée, est de 
belle venue et, seule parmi toutes les plantes 
fourragères, résiste aux chaleurs d'un tor- 
ride été. 

.biMES Aguet, 

GoDseiiler 
de la Société îles Agriculteurs italiens 



CULTUKE MÉCANIQUE 



Tracteur de Mesmay. 

Le premier modèle de tracteur construit 
par M"'' veuve .\. de Mesmay, dont les ateliers 
étaient alors à Saint-Queulin. fut établi pour 



le binage des betteraves et fut présenté au 
concours spécial organisé en juin 1911, à 
Chaulnf s, par le Syndicat des fabricants de 
sucre de France. Le Journal d'Agriculture 
/Italique l'a signalé à diverses reprises. 




i'racteur dt- Mesnia\-. 



La machine, acUonnée par un moteur 
monocylindrique de 7 chevaux, avait les 
deux roues d'avant très rapprochées l'une de 
l'autre et motrices; les rnues d'arrière étaient 
porteuses et l'ensemble pesait 1 000 à 1 100 ki- 
logr. Kn enlevant les pièces travaillantes de 



la houe, la machine fonctionna comme trac- 
teur au concours de Bourges, en octobre 1912, 
en tirant une déchaummise à deux raies. 

A l'automne 1913, un nouveau modèle i"! 
quatre roues motrices prit part au concours 
international de Chassart, et figura ensuite 



120 

au 



LES IMI'UHTATIONS CHEVALINES. — LEUR INKLII NTE MR L F,TAT SANITAIRE 



concours général agricoli; de Piiris 
de l'Jl-4; il e>l employé par M. Pierre de 
Monicaull dans une de ses fermes du dépar- 
lement de l'Ain (domaine des Berneries); il 
participa aux essais de la ferme de Ciiaisi- 
pague, en octobre lOIG. 

La ligure iH donne la vue générale du 
modèle F. T. de 1917, construit pur M"" de 
Me-may, dont les ateliers sont actuellement 
boulevard Carnot, à Vlantes-sur-Seinc; Seine- 
et-Uise). 

Le moteur, de la conslruclion connue sous 
le nom de « moteur Vbeille », (jui est une 
spécialité de la mnison de Mesmay, est à deux 
cylindres verticaux de ()'M12 d'alésage; la 
course est de O'^AW et la vites^e de régime 
800 louis à la minute. Le (uoteur, d'une 
puissance de là à l."i chevaux, est logé sous 
le capot m; il est pourvu d'un régulateur i\ 
boules et d'une magnéto à haute tension. Le 
radiateur, avec ventilateur, est disposé en r 
derrière le siège du conducteur. On voit en e 
l'embrayage cône, garni de cuir, et le réduc- 
teur de vitesse n. 

Un arbre horizontal, avec engrenages, 
commande un arbre vertical, lequel par en- 
grenages cônes ;/ actionne à son tour l'essieu 
sur lequel sont calées les deux roues 
d'avant n. 

La direction (/, pnr engrenages cônes A, 
permet de braquer les roues avant ti en les 
faisant tourner autour de l'axe vertical ;/ de 
la transmission ;/. Il n'y a pas tie diflérenliel 
aux rou^'S moirices avant qui soni d'ailleurs 
1res rapprochées l'une de l'r.ulre. 

Les roues moirices d'arrière b sont entrai- | 
né^sp:l^ Taibre c et vis Siins fin logée dans | 
la lioite u; la voie arrière, prise à l'extérieur j 
des bandages, étant de l'-'.iO, le tracteur | 
pourrait être utili?é pour la culture des j 
vignes ù grand écariemenl. 

Le tracteur ne comporte qu'une vitesse 
avant, d'environ :i,oà4 kilomètrcsà l'heure, I 
et une marche arrière. j 

On voit en / la tringle de traction pourvue 
d'un amortisseur / dont l'emploi est très | 
recommandable aussi bien pour les attelages I 



que pour les tracteurs. Les recherches de 
M. Kingelniann. publiées en iHW.i (11, mon- 
trent que les amorlisseurs bien établis per- 
mettent de réaliser, pour les moteurs, une 
économie de 33 à 54 sur les eU'orls de 
démarrage, et de 10 à 30 sur les etrorls 
moyens de traction. 

Le réservoir au combusiible (essence mi- 
nérale, benzol, alcool carburé), d'une con- 
tenance de 35 litres, esl logé sous le siège du 
conducteur. 

Un arbre transversal porte à chaque extré- 
mité une poulie x destinée à la commande 
de machines par courroie. 

Le poids .du tracteur est de 1 450 kilogr. 
Avec deux charrues brabant-double lune à 
deux raies pour labour à 0".l;)-0"' 18, l'autre 
h une raie pour labour à 0"'. 20-0'". 25 de pro- 
fonileur), le prix actuel du tracteur est de 
1 1 500 fr. 

La traction moyenne disponible esl d'en- 
viron 500 kilogr. quand les quatre roues 
Font garnies de leurs dispositifs d'adhérence. 

Ce ilispositif comprend, pour chaiiue roue, 
un cercle garni d'aspérités k en olives qu'on 
lixe sur le bandage par des boulons. Il suffi- 
rait de 20 minutes pour poser ou pour enle- 
ver les cercles. 

n.tns une ferme des environs de Saint- 
Quentin, comme moyennes constatées pen- 
dant plusieurs années, on elTectua pr:itique- 
ment les surfaces suivantes par heure : 

Liibour de déchaumage à 0'".08 0''M2 de 
profondeur, 27 ares 1,2. 

Labours au brabant-double : à deux raies, 
à 0"'.lo-0°'.l8 de profondeur, 18 ares; à une 
raif, à 0"'.I80'".25 de profondeur, 8 ares. 

Travail au culiivateur à dents tlexil)les, 
5 ares. 

Fauchage avec deux fauclienses, 8 ares. 

Récolte à la moissonneuse-lieuse de l'°.80 
de scie, 6 ares. 
I Plusieurs de ces tracteurs sont déjà en 
usage aux colonies dans les cultures de 
canne ;\ sucre, de caléiers et de coton. 

11. Dess.msaix. 



1(2) 



LES IMPOHTATlOiNS CIILVAIJNES' 

LKUIl INFLUlîNCE SUH L'ÉT.VT SAMIMiîK 



L'importation des chevatix étrangers a 
eu, et aura encore, rincnn\énipnl d'apgra- 

[\\ Juiiinal tlWijriculiure i ratir/ue. IX'J:!, t. I, [). 12t; 
— O^iiie ruial appliqui' aux Colonies, p. 424. 
(2) Voir le n" do 22 mar», page 102. 



ver notre situation snnilaire, en créant on 
France des foyers de maladies contagieuses 
qui n'y c'iaieni pas connues ou qui, grAce au 
dévouement éclairé des vétérinaires, avaient 
complèlement disparu depuis longtemps. 



SITUATION AGUICOLE DANS LES VOSGES 



121 



La li/oipliaiii/ili' rpizoDlii/itr, >'\ fréquente el 
si p;r;ive sur nos eiTeclifs d'Algérie el du Ma- 
roi-, sévit aclueileiiient dans cerlains de nos 
régiments, causant des perles sensibles, des 
iadisponibililés 1res longues et des traite- 
raenls coiMeux. Et comme l'isolement, remède 
le plus radical pour éviter la contagion, ne 
peut être pratiqué facilement sur le front et 
même à l'arriére, il en résulte que l'aU'eclion, 
comme le phénix, renaît de ses cendres. 

La gale, les diverses leiijnes s'observent 
dans toutes les unités, dans toutes les forma- 
tions, et cela s'explique quand on songe aux 
mille et mille moyens de contage, par les 
harnais, les litières, les insiriiments de pan- 
sage, les hommes. Aux diflicullés du traite- 
ment, au manque de médicaments et d'aides 
vient s'ajouter celte cause prédispos:inle. la 
misère physiologique. 

Et, comme il est vendu pour réforme un 
certain nombre de chevaux galeux, impar- 
faitement guéris, simplement blanchis; 
comme il est délivré, à litre de prêt, aux cul- 
tivateurs qui en font la demande, des ani- 
maux provenant des dépos. encore alleiiits 
d'affeciions cutaaées, l'on conçoit que les 
exploitations dans lesquelles on Ips intro- 
duit el où ils se trouvent en contact avec des 
individus sains, ne tardent pas, à leur tour, 
à être infectées. 

Mais, ce qu'il y a de plus grave, c'est la 
morve, qu'avant les hostilités les élèves de 
nos écoles vétérinaires ne connaissaient que 
par les descriptions qu'on leur en faisait; la 
morue dont on avait pu libérer la France, 
grâce à l'emploi systémiitiqui' de 1 1 uialléiue 
et qui, depuis surtout l'imporlation des che- 



vaux canadiens, a fait de nouveau son appa- 
rition. 

Toutes les précautions cei)endant ont été 
prises. Dès leur arrivée hu port de débar- 
quement, les chevaux ont subi la malléina- 
lion palpébrale, laquelle a été renouvelée 
dans les dépôts. Les sujets ayant réagi ont 
éié isolés, malléinés d'une façon plus inten- 
sive. Ceux reconnus morveux, soit par l'ap- 
parition de symptômes cliniques, soit par 
la réaction organique ou l'elévaliou thermi- 
que, ont été abattus. Les suspects sont restés 
en surveillance. 

(vêla n'a pas empêché, là oii surloul il y 
avait agt;;lomération d'animaux, alimenlation 
insuflisanle, fatigues excessives, la morve 
d'évoluer parce qu'elle trouvait un terrain fa- 
vorable à son développement. 

Et alors qu'en juillet 1914 le Bulletin sani- 
taire du ministère de l'Agriculture portait 
« morve n : néant », celui du '3 au 16 décembre 
191<') signalai! '20 départements, 37 commu- 
nes, 'iG exploitations envahies par la terrible 
afTeclion, d'autant plus terrible qu'elle est 
contagieuse à l'homme. 

Les départements les plus atteints sont 
ceux voisins du front ou des ports de débar- 
quement : Marne, Meurthe-et-Moselle, Seine- 
Inférieure, Vendée, Vosges, Yonne, ce qui 
paraît tout naturel. 

Toutefois, pour empêcher la diffusion de 
la maladie, tous les animaux réformés el mis 
en vente sont une dernière fois malléinés. 
Une surveillance sévère s'impose néanmoins, 
quoique rendue très difficile par la mobilisa- 
lion de la presque totalité des vétérinaires. 
ALKRKn Gaii.ikr. 



SITUATION AGlUCOLt: DANS LES VOSGES 



Créiiianvillers-Vagney (Vosges), 18 mars 191). 
Après un hiver d-'S plus rigoureux, le prin- 
temps ne parait venir qu'à une allure bien lente. 
Pendant la seconde liuil.iine du mois, Ir temps 
était tout à la neige et au froid jusqu'à 8 et 

10 decrés sons zéro. .\';luellemcnt encore, si la 
tempéraliirf diurne s'>sl un peu améliorée, les 
gelées sont bien fortes la nuit. C est à peine si 
l'on peut commencer le travail des champs. .Sous 
ci;s allernilives de gel el de dégel, l'aspect des 
seigles laisse à désirer; ils paraissent trop éclair- 
cis en bien des endroits. La teinte fauve d-'S 
prairÎKs dénote qu'elles ont sonffert des gelées. 

11 faudra un temps bien favorable pour les ame- 
ner à un bon rendement. 

A ces points de vue, le'* d<*but« de la cam- 
pagne sont peu enconrageanls, d'autant [ilusque 
l'on conserve la perspective, trop probable, d'une 



pénurie de main-d'œuvre au moins égale à celle 
des deux années précédentes. Les vieillards 
s'usent; les femmes, fatiguées dun surmenage 
accablant, se voient forcées de réduira Inors en- 
Irepri^ps. Les ouvriers journaliers élèvent leurs 
salaires, tandis que le vio, la viande, etc., se 
veiidfiit du double au quadruple <le ce qu'ils se 
payaient anirefois. Les équipes militaires qui 
nous sont imvoyées comme auxiliaires, maL'ré la 
bonne volonté des iiommes, ne connaissent 
qu'impaifaiLemenl ou même aucunement les 
travaux pour lesquels on les destine. Nous avons 
eu des liabitiiits du fiard, des Pyrénées-Orien- 
tales, etc., comme faucheurs, eux qui ne con 
nais-aienl que le travail aux vi;,ni'S. 

Nul doute que c<"S hommes ne préférassent 
être rendus à leurs familles et à leurs vignes, et 
l«s nôtres à rnsnif-r leurs faux dont ils ont l'ha- 



122 



LA KM.E BOVINE BRETONNE PIE-ROUGE 



bilude. Question dévie familiale, question éco- 
nomique à tous égards. 

Noire proiuction fromagère — façon Géroraé 
— avait suivi le cours de hausse relatif à celui 
des autres denrées et nécessaire pnur couvrir les 
frais si complexes de la fabrication, depuis 
l'achat du bétail à des cours dnublés, jusqu'aux 
prix exorbitants dfs denrées servant à la 
main-d'T-uvre et des aliments nécessaires au bé- 
tail qui, d'abord extrêmement chers, deviennent 
introuvables. 

Mais voici un décret fortuit qui inflige à nos 
Géroraés une baisse de oO à 60 fr. par ciO kilogr. 



Ce coup de foudre a quelque peu surpris d'abord 
les commerçants frappés sur leurs empiètes à 
revendre, et aussi les producteurs qui en sont à 
se demander s'ils pourront encore produire aux 
conditions nouvelles qui leur sont imposées. Il 
n'est (|ne trop certain que la production sera loin 
d'augmenter. 

A mon avis, lorsqu'il s'agit de mesures de 
ce genre, ne serait-il pas préférable de les bien 
étudier dans leurs conséquences et, si on les 
juge applicables, d'agir avec lenteur et^fixer des 
délais suflisants '? 

J.-15. Jacqlot. 



LA RACE BOVINE BUETONNE PIE-UOUGE 



Dans mon élude .sur les <■ Races, variétés 
et croisements de l'espèce bovine en France », 
j'ai dit que les aiaimaux bretons pie-rouge 
possèdent Ions les caractères de conforma- 
tion des bretons ayant la robe pic-noire et 
aussi les mêmes qualités. Si, i]uan(J ou a 
créé un Ilerd-Book breton ^livrc généalo- 
gique dont la tenue fui d'une durée trop 
courte, mais qui eut cependant pour heu- 
reux résultai de bien déteruiiner les carac- 
tères de la race et d'arrêter les éleveurs dans 
la voie dangereuse des croisements), on les 
en a exclus, cela tient d'abord à ce qu'ils sont 
relativement peu nombreux, cantonnés spé- 
cialement entre les montagnes de Bretagne 
et d'.Vrrée au nord et les montagnes Noires 
au sud, et surtout parce (]u'il s'agissait d'une 
race donnant lieu ù une exportalion considé- 
rable hors de la région d'élevage, pour la- 
quelle il y avail une réelle importance à ne 
pas mettre de confusion dans l'esprit des 
clients étrangers à cette région, dont l'im- 
mense majorité ne sépare pas l'idée de la 
robe pie-noire des caractères de la race bre- 
tonne. 

Ceci étant dit, puisque les Notes descrip- 
tives des races publiées par le ministère de 
l'Agriculture en IMlfi, et puisque les con- 
cours officiels ont fait une place distincte à 
la race bretonne pie-rouge, qu'il d'il peut-être 
été préférable de considérer comme une va- 
riété, voici la description qui en est faite : 

Petite taille, mais généralement plus éle- 
vée que celle de la race pie-noire. 

Robe pie-rouge, plus ou moins foncée, 
avec prédominance de la coloration rouge ; 
plaques rouges parfaitement nelles et d'in- 
tensité uniforme de coloration, pla(]ues 
blanches sans taches; mutle rosé, parfois 
marbré ; paupières et muqueuses de la 
bouche rosées; cornes blanches à la base et 
grisâtres .'i la pointe; extrémités des mem- 



bres blanches; onglons noirâtres: peau de la 
mamelle et des ouvertures naturelles jaunes; 
bout de la queue blanc. 

Tête petite et fine, avec cornes en lyre, 
longues, minces et effilées. 

Encolure étroite et incurvée à la partie su- 
périeure chez la vache; fdnon réduit; garrot 
étroit. 

Poitrine bien développée; corps assez 
long; hanches larges; croupe courte et sail- 
lante avec queue profondément attachée. 

Membres courts et lins. 

Mamelles volumineuses se développant 
sous le ventre et souvent trayons supplé- 
mentaires ; écusson généralement étendu. 

Peau souple et line. 

Aptitude laitière et beurrière développée 

A ce double point de vue, les vaches bre- 
tonnes sont particulièrement bien partagées, 
puisqu'on peut admettre une production 
journalièie de .'( litres à 3 litres 1 'i2 pouvant, 
inaisexcep'ionni'llement, repi-ésenler 1 200 li- 
tres pendant ime durée do lactation de dix 
mois, ce qui est considérable pour des ani- 
maux dont le poids varie entre 200 et 230 ki- 
loaframmes. 

D'autre part, ce lait est très riche en 
crème; 22 litres suffisent en moyenne pour 
faire 1 kilogr. de beurre. On l'obtient même 
souvent avec une moins grande quantité. 

Les animaux bretons vivent presque sans 
interruption à la pAture et souvent dans la 
lande. Elevés dans des terrains peu fertiles 
et produisant des fourrages de qualité mé- 
diocre, ils sont, par suite, très rustiques et 
ont l'avantage de s'accommoder aux diffé- 
rents climats, même ceux f» températures 
élevées. Les veaux d'élevage sont sevrés à 
trois ou quatre semaines et vont dés lors 
chercher leur nourriture au pAlurage sans 
recevoir le plus souvent d'aliments supplé- 
mentaires. 



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La grande facilité avec laquelle la bretonne 
prend la graisse quand elle est Iraiisporlée 
dans un milieu à fourrage'^ at)ondants el 
riches ne lui en l'ait protiter que peu sous le 
rapport de la production laitière. 11 y ». par 
suite, plus d'intérêt pour ceux qui importent 
des bretonnes dans des régions plus favori- 
sées pour l'alimenlation à renouveler leurs 
Iroupeaux par imporlaiions qu;'i laire de 
l'élevage. 



LA G.\RE DE MODAN'E ET LK CHAHM.\1X 123 

que de peu la taille des vaches, les bœufs 
grandissent beaucoup plus et arrivent à me- 
surer 1"'.3() au s^arrot, quand ils ont acquis 
leur plein développemenl, c'est à-dire vers 
cinq ans. Ils sont vigoureux ot ont une allure 
relativement [rapide, surtout si l'on met un 
cheval en lête de l'attelage, ce qui est fré- 
quent. Leur poids moyen, après engraisse- 
ment, est i;énéralenienl supérieur à 'lUO ki- 
logr., alors que celui des vaches grasses varie 



De même que pour h's animaux pie-noir, 
si les taureaux restent pelils, ne dépassant 



entre 300 et 3.50 kilogr. 



H. i)K LAr'l•An^;^•r. 



LA GARE DE MODANE ET LE CHARMAIX 

LE nOISKMKNT, I/INDISTIUE PASTORALE ET LE TOHHENT 



Dans les Alpes, on donne le nom de " tor- 
rents » h de pelils cours d'eau de 3 à R) kilo- 
mètres que earaclérisent trois sections dis- 
tinctes : au sommet, un bassin de réception; 
au centre, une gorge étroite, rapide et pro- 
fonde; à la base, un cône de déjection domi- 
n ml la vallée. 

La plu|iart des torrents, vers leur embou- 
chure, croisent de roules importantes; quel- 
ques-uns, des chemins de fer. 

He dernier cas est celui du Charmaix, qui 
se jette dans l'Arc à Modane, au soi'lird'un 
bassin de ô iOO hectares, compris entre 1 000 
et 3 000 mètres d'altitude. 

L'étal général de ce bassin est normal, eu 
égard à la consliiiilion géologiquede la mon- 
tagne, au climat. Sa contenance se partage 
ainsi: forêts, 700 hectares; prairies, 200; 
pelouses et landes |)rilurées, 1000; ravins el 
ruisseaux, 500; éhoulisel rochers, .'{000. 

Les crues dévastatrices du Charmaix sont 
rares. Cependant les hasards mél'^oriques 
voultiren'qu'il commit de considérables dom- 
mages à deux dates rapprochées et récentes. 

Le "l'.i luillet lOOli, il recouvrait la voie 
ferrée de blocs, de boues el de graviers, dont 
l'enlèvement exigea trois semaines. Le 
23 juillet 191 i, il envahissait l'extrémité 
ouest de la gare, et inlorrompait <t nouveau 
le trafic que|i]ues jours. 

Vu le (• iraclère stratégique de la ligne, le 
ministre de la liuerre intervint el invita la 
Compagnie, les Ponis et Chaus.sées et I y^dmi- 
nislration ries l''orèls à prr'nrire les mesures 
propres à prévenir le retour de pareilles ca- 
laslrophes. 

Les deux premiers services répareront une 
digue de oO mètres, construite en 1911, dété- 
riorée en litli, et élargiront les débouchés 
de trois ponts dont l'obstruction, celle du 



pool supérieur surtout, fui chaque fois la 
seule cause de l'arrêt des apports, de leur 
amoncellement, de l'envahissement de la 
gare el des propriétés voisines. 

Le troisième service réclame l'expropria- 
tion, par 2000 à 2 200 mètres d'altitude, de 
^i() hectares de terrains communaux, dont 
2fiO pastoraux el 80 déjà boisés; de plus, il 
propose la construction de 100 barrages 
transversaux, dont 73 au centre du bassin el 
23 entre le chenal endigué et l'extrémité, à 
900 mètres plus haut, d'une pente en voie de 
glissement prononcé, source principale des 
matériaux arrachés par l'airouillemeul des 
crues. 

Ce sont ces dernières proposilirms f|ue 
nous voulons discuter ici. 

De vives protestations émanant des pro- 
priétaires de cinq groupes de chalets se sont 
pi'oduites. Ceux-ci prétendent que l'Klal, par 
l'accaparement qu'il projette, portera une 
atteinte mortelle à leurs alpages, lesqui'ls 
nourrissent en été, grâce aux comn)unaux 
voisins, 1 iO têtes de gros bétail et ■i2.S0 hèles 
ovines, fournissant au cours de celte saison 
un produit brut évaluable à (iO 000 fr. qui se 
répartissent entre ciuquanle familles. 

Certes, si l'expropriation dont il s'agit de- 
vait infailliblement obvier aux accidents, il y 
aurait lieu de passer outre. 

Mais un boisement complènii'ntaire, iiifr''- 
rieiir à la vingtième partie du bassin, peut-il 
supprimer le danger? Non, évidemment. Les 
désastres proviennent uniquernenl en effet 
d'orages forluits.qrii fondent en trombessur 
d'immenses entonnoirs rocheux, situés au- 
dessus de la zone végétale et rebelles à tout 
Irailemenl. 

Pourtant, le forestier peut agir efficacement 
dans une certaine mesure. De nombreuses 



121 



l,\ tiAUK DE MOD.VNE ET LE CIIAHMAIX 



brèches dues *i l'érosion et des taches gré- 
seuses, diint ne s'e-t pas encore emparée la 
vénétalion naturelle, sillonnent ou parsè- 
ment les herbages et les landes. Au lieu d'en- 
lever aux exploitants la Jouissance d'une 
masse Cdinpacte de 350 hectares renfermant 
à la fois (les terrains fertiles et des parcelles 
improductive^, ne serait-il pas préférable de 
s'attacher à panser ces pluies et à conquérir 
ces vides? Cette méthode est sans conteste 
celle qui convient le mieux aux bassins où le 
bois, le j^azon. le ravin, les dénudatioiis s'eii- 
chevètrent intimement. On ne l'a pas adoplée 
jusqu'à présent, c'est vrai. Klle est pratique 
cepeniant, attendu qu'en ces hauts parages 
on ne peut employer au boisement que l'aune 
vert et les résineux, essences dont les ani- 
maux ne sont pas friands et qu'ils n'attaquent 
jamai.s, s'ils trouvent de l'herbe à coté. Il 
existe d'ailleurs mille moyens peu coûteux 
de protéger les jeunes plants, quand les cir- 
constances commandent des précautions par- 
ticulières. Ce système, les exploitants l'ap- 
prouveraient et ils seraient mémo heureux 
d'en seconder la réalisation. 

Les barrages se construisent, en principe, 
pour relenir les blocs, les galets, les limons, 
épauler les talus et amortir la violence du 
courant par les chutes successives qu'ils pro- 
voquent. 

Depuis cinquante ans, on en a élevé d'in- 
nombrables dans nos Alpes. Malheureuse- 
ment, aucune année ne s'est passée sans que 
des séries entières en aient été emportées. 
Dès lors, n'auj.'mentent-ils pas le danger en 
menaçant éventuellement les terrains infé- 
rieurs de leurs débris et du déversement d'un 
coup de grandes quantités de matériaux ()ui, 
sans eux, se seraient écoulés insensiblement 
par petits paquets .' 

En lltOi, en réponse à citte que--lion que 
l'Administration posait au nom de la Chambre 
des Députés : u Y a-l-il des économies sus- 
ceptibles d'être réalisées sur le chapitre du 
reboisement ? », on a signalé toutes les catas- 
trophes dont ces ouvrages avaient été vic- 
times au cours des dix années précédentes. 
Celte élude a frappé et l'on se promit d'en 
tenir compte. 

Mais aurun désivo-u des errements anté- 
rieurs ne fut prononcé. L'article correspon- 
dant du budget n'a pas été i-éduit. Un se 
croit tenu d'en dépenser le montiinl enlière- 
menl. Kn cas d'i-chec, sons prétexter de force 
majeure, aucune responsabilité n'est recher- 
chée. Ces ouvrages étant construits d.ins des 
enceintes préalablement achetées par l'Etat. 



la coopération linancière des riverains n'est 
pas sollicitée. Par suite, le véritable crité- 
rium de leur utilité fait défiiut. 

Le progrès, l'adaptation parfaite du boise- 
ment aux exigences locales, ne surgiront pas 
de nos bureaux de province, qui paraissent 
s'interdire scrupuleusement la moindre dé- 
rogilion aux théories et aux formules répu- 
tées classii)ues, malgré les déceptions sans 
nombre qu'elles ont occasionnées. 

Qu'il soit donc permis à l'initiative indivi- 
duelle de se faire entendre et de tenter d'ache- 
miner nos ell'orts vers des méthodes plus ra- 
tionnelles. 

Après la gue.rre. en vue de la vérité et de 
Péconomie, la question des torrents, objet de 
tant de controverses entre agronomes, géo- 
logues, ingénieurs, forestiers, devra être re- 
visée par une Commission spéciale. 

Un voyage de quinze jours, pourvu qu'y 
soient invitées les personnalités connaissant 
le mieux l'histoire de chacun de ces cours 
d'eau, sullira pour éditier complètement ses 
membres. 

En attendant, une excursion de trois jours 
en Savoie, restreinte à l'exploration de quel- 
ques torrents peu éloignés du Charmaix, 
mettrait en lumière tous les faits dont il 
importe que l'on se pénètre à l'occasion des 
projets forestiers relatifs à celui-ci. 

Je voudrais que le ministre de la Guerre 
commit un officier; la Compagnie P.-L.-M. 
et la Direction des Ponts et Chaussées, cha- 
cune un ingénieur; le ministre de l'AKri'-ul- 
ture, deux de ses principaux collaborateurs, 
l'un à l'agriciiltiire, l'antre aux forêts, et que 
la délégation fût conduite d'Ugine à Modane 
par le Nant-Troubie, le Morel, le Sangot, le 
Clarel, le Rien -Sec et le Saint-Martin. 

Dans le prerni<>r de ces torrents, on verrait 
démolie de fond en comble, par une crue du 
21 juillet l'JliJ, la presque totalité de ses bar- 
rages; détruits également tous les ouvrages 
élevés dans le second antérieurement à 1902: 
sur le coiie du troisième, "2 hectares de ter- 
rains stérilisés par la débà'"le instantanée et 
radicale en IttOi de 52 barrages consécutifs ; 
semblable cataclysme chez le quatrième, sur- 
venu le 13 août lUli; dég;Us analogues, en 
date du même jour, au pied du cinquième, 
accompagnés de l'obstruction et du recouvre- 
ment d'un piint à peine achevé : dans le 
sixième, la disparition quasi-complète, mal- 
gré mniiiles réfections, d'environ lUO bar- 
ragfs, dont 40 emportés simultanément le 
2 aofit WMi déterminer! lU le comblement de 
la voie ferrée ce jour-IA. 

Kn argent, ces désastres représentent une 



SEViONS DE bOur.E. DU 

perle de quinze cent mille francs à deux mil- 
lions. 

Il S'Tail bon «le vérilier en mpine teni[)s les 
plantai ions opérées dans la région au-dessus 
de 2 000 mètres, puisqu'avec les barrages 
ce genre de tra\ail forme la base du système 
proposé. Elles n'ont guère réussi. Plantés en 
automne, les jeunes arbres sonlsoulevé.>par 
les gelées, les racines déchirées; jilantcs au 
printemps, ils sèciient sous les ardents soleils 
qui succèdent s.ms transition à la lente des 
neiges. On en verrait la preuve à Mont-Hond, 
sur Icsconlins mêmes du bassin du Charmaix, 
à Villarodin-Hourgut tout h ciMé, à Polsel en 
face, à Sardiéres un peu [dus loin. Au con- 
traire, des graines semées par les vçnts 
germent et augmentent les surfaces boisées 
de tous c6lés, malgré le parcours des Irou- 
pp:»ux. 

Je suis convaincu (|n"à la suite de ces cons- 
tatations, le ministre de la Guerre et la Com- 
pagnie P.-L.-M. hésiteront à laisser intercep- 
ter le lit du (Iharmaix par des maçonneries 
dont la résistance nest rien moins qu'as- 
surée, et jugeront (]iie des ouvrages d'une 
solidité à toute épreuve dans la section pré- 
citée de HOO mètres dominant la gare, ainsi 
que la substitution d'un pont métallique à 
un pont de pierre et subsidiairemenl l'élar- 
gissement des débouchés de deux autres 
ponts déjà en fer, sont les seuls ouvrages qui 
méritent de retenir leur attention; que, de 
son coté, le ministre de l'Agriculture ne vou- 
dra pas sacrilier des réalités à des concep- 
tions pleines d'utopies et d'aléas, ni décou- 



S.\im.\SlN, DU MAÏS 



125 



rager par des expropriations non indispen- 
sables une populatinn qui ne demande qu'à 
continuer son rude et fécond labeur, et té- 
moigne d'un attachement admirable au sol 
natal, à l'heure même où le respect de ce 
sentiment importe plus que jamais à l'avenir 
du pays. 

En revanche, je proposerais le garnissage 
et le revêtement de tous les ravins de l'inté- 
rieur et des confins de la foièl, à l'aide d'ar- 
bres entiers couchés en long ou en travers et 
de clajonnages dont les paliers seraient in- 
tensivement boisés, et en outre l'ensemence- 
ment en épicéas, mélèzes et pins accompa- 
gné de plantations d'aunes, non plus de 
deux à trois cents hectares d'un seul tenant, 
mais d'étendues peut être plus grandes, cons- 
tituées par toutes les parcelles éparses à ren- 
deaifnl herbeux faible, chose possible sans 
portei- atteinte aux habitudes pastorales. 

Que!(iue solution que l'on choisisse, ce 
n'est pas avant de nombreuses années que 
s'obtiendra une modilicaticgi légère au ré- 
gime du Charmaix. On a donc tout le temps 
de létléchir. D'ailleurs, celte enquête, à con- 
dition iiu'elle ait lieu en mai prochain, n'em- 
pèc'ix'rail pas, dès cette année, la correction 
du lit, telle qu'on la propose, daus le cas où 
nos objections ne seraient point admises. 

.Notre désir à tous de ne négliger désormais 
aucune des leçons du passé, l'obligation im- 
posée à l'Etat, par les événements, de ne lan- 
cer que des entreprises payantes, engageront, 
je l'espère, à l'eft'ectuer. 

F. Bkiot. 



SEMONS DE L'ORGE, DU SARRASIN, DU MAIS 



Nous voici iiu mois d'avril; les gelées 
excessivement rigoureuses de janvier et de 
février ont été suivies, en mars, d'une pé- 
riode quasi constante de mauvais temps 
froid et humide du telle sorte que les tra- 
vaux de culture se sont ^trouvés entravés. 
Cela est d'autant plus regrettable qu'ils 
étaient, cette année, d'une urgence toute 
particulière. 

<Jn n'a pas pu, comme on le fait souvent, 
en janvier et février semer des blés; à peine 
a-t-on pu en semer quelques chHmpsen mars, 
et malheureuseiiienl en dehors des terres 
de.stinées normalement au blé qui, cet au- 
tomne, n'avaient pu être emblavées et (|u'on j 
comptait semer à la sortie de l'hiver, nom- 
breux sont encore les champs de blé que la 
gelée a détruits et qu'il aurait fallu resemer. 



Dans les circonstances actuelles, à l'époque 
où nous sommes, il c-t incontestable que 
nous n'allons pas pouvoir donner au blé la 
j)lai'e qu'il aurait t'allu lui consacrer, et ce- 
pendant nous avion"-; besoin, c'était une im- 
périeuse nécessité à /oms /jdw^s de vue (mili- 
taire, économique, linancier), d'en produire 
sur nos lerres françaises de très gros.ses 
quantités. Pour remédier au délicil énorme 
que nous aurons, A la prochaine récolte, dans 
la production du blé, il semble bien dés lors 
que le parti le plus sage, là où la réussite des 
bli'S de printemps en avril devient chose tout 
à fait aléatoire, de porter les elloris de l'agri- 
culture sur les grains alimentaires suscep- 
tibles de se substituer au blé dans une me- 
sure plus ou moins large. 

Quels sont ces grains? L'orge, le sa7Tasin, 



I2i; 



SEMONS dp: LOKliK, M 



le yiiais paraissent neltemenl indiqués. 

Il ne s'agit pas. bien entendu, de cultiver 
ces plantes partout en France, il s'agit, dans 
les régions où leur culture se pratique habi- 
tuellement parce que le sol et le climat 
leur sont favorables, d'en étendre les em- 
blavures sur la plus large surface. L'orge. 
par exemple, dans les plaines calcaires de la 
Fiourgogne. du l-lerry, du Poilou, comme dans 
les terres de la Mayenne, du Bourbonnais, etc., 
les sarrasins en Bretagne, en Limousin, en 
Vendée, etc., le maïs dans la grande région 
agricole de l'Aquitaine, dans le Sud-I'lsl. dans 
la Bresse, etc. 

Les prix, du reste, qu'atteignent l'orge, le 
sarrasin et le ma'is sur nos marchés sont 
bien faits pour inciter les agriculteurs à en 
développer les surfaces; les semences peu- 
vent 'se trouver facilement là où on les cul- 
tive ordinairement; les semailles peuvent se 
faire tardivement après les autres semis de 
printemps. 

Clôture de l'orge. 

Ce ne s(ml pas des orges de brasserie d'ex- 
ceptionnelle qualité qu'il nous faut produire 
cette campagne, il nous faut viser à obtenir 
la plus grosse quantité possible de grains et 
la ricliesse en matières a/otées de ce grain, 
loin d'être un défaut, sera aujourd'hui une 
qualité. 

VariétiKi. — Pour les semis précoces, on 
pourra employer encore les orges carrées de 
printemps comme escourgeon de prinlem/is et 
orge AlOi'rl; mais on sèmera surtout des 
orges à deux rangs; dans les terres de mé- 
diocre ([ujilité, l'orge commune à deux rangs, 
(paumelle, baillarge), variété rustique et pré- 
coce, ainsi (jue les sous-variétés, orges de 
Chiimpngne et d" Saumur. 

Dans les terres plus fertiles, si I on a de la 
semence, on obtiendra de meilleurs résultats 
avec l'orge Cheuallier, ;\ condition de ne pas 
attendre mai pour edecluer les semis. 

Terrain. — L'orge de printemps préfère 
le< terres saines et meubles, les terres 
douces; cette céréale donne, en etlet,ses plus 
hauts rendements dans les bonnes terres de 
limon du nord de la France, meubles et pro- 
fondes, conservant une humidité suffisante 
pendant l'été; dans les plaines d'alluvions 
profondes el riches, elle donne dans le Midi 
les plus grosses récoltes; mais tout en assu- 
rant de moindres rendements, l'orge de 
prinleiiips réussit bien diins les sols argilo- 
calciiires du Berry et de la Champagne, du 
Lauraguais ; dans les terres graniti(|ues et 
schisteuses même, lorsque celles-ci ont été 
chaulées el assainies, elle y est une excellente 



■ SAKHASIN, Dl' MAÏS 

céréale pour ses récolles en grain el paille 
jt^raonnais. Bourbonnais, etc.). 

<c La précocité de l'orge, dit le comte de 
Gasparin, qui au printemps peut milrir en 
trois mois, donne le moyen de l'adapter à 
une grande variété de sols, en avançant ou 
retardant l'époque de son semis, el elle la 
désigne comme le meilleur remplaçant d'un 
blé, d'un seigle qui a soulFert de l'hiver el 
qu'on esl obligé de défricher. Ainsi, en fai- 
.sanl varier l'époque de son ensemencement, 
(in peut aussi lui assigner des destinations 
très diverses et des terrains de nature dilFé- 
rente. L'orge ne redoute, eu délinilive, que 
ceux qui sont humides où elle jaunit el finit 
par se perdre. >> 

AssoUjuetil , engrais. — La meilleure 
place pour l'orge est après une piaule sar- 
clée, hellerave, pomme de terre, carotte, 
ajanl laissé une terre ameublie et enrichie 
de fumier; mais on la cultive cependant le 
plus souvent après une céréale, blé ou 
seigle. 

Si l'on ne fume pas directement l'ortie, au 
moins, gimiul lu cho'e est poxMle. apporlc-l- 
on des engrais à la terre qui va la porter, 
400 à 500 kilogr. de superphosphate ou sco- 
ries -)-iOO liilogr. de nitrate de soud'- à l'hec- 
tare ; dans les terres calcaires pauvres en 
potasse, 100 à l'iO kilogr. de chlorure ou sul- 
fate de potasse. Mais cette campagne, on n'a 
pas tous ces engrais à sa disposition ; si on 
le peut, on lui donnera 200 kilogr. de nitrate. 

Semailles. — Il ne convient pas de semer 
l'orge quMnd le retour du froid el des gelées 
sont encore à craindre, aussi atlend-on mars- 
avril dans le centre ; avril, début de mai 
dans le nord. Plus, du reste, les sols sont 
perméables el s'échaufTent vile, plus tôt 
peut-on semer. 

L'orge esl une ciréale qui l;ille peu; il faut 
donc la semer relativement dru, à la volée: 
250 ù :W0 litres par heclare, 200 à 2.")0 litres 
au semoir en lignes. Plus on sème tard ou 
encore plus le sol esl pauvre, plus doil-on 
semer dru. 

L'orge ilemaiide un sdI arrangé et travaillé 
avec soin, on y enterre alors le grain assez 
profondément, .j A S centimètres; el il faut se 
hàler d'achever d'arranger les terres après 
les semailles, parce qu'une fois l'nriïe gerraée 
el sortie ice qui a lieu raiiidement si le temps 
esl propice), il ne convient pas de herser et 
rouler le champ, comme cela se fait sans 
inconvénient pour l'avoine par exemple. 

L'orge ne reçoit ordinairement aucun soin 
d'entretien au cours de la végétation: toute- 
fois, si l(^s champs sont envahis par les 



CALAGE D INE MACHINE MONTÉE Sl'K yUATUE KOLES" 



121 



sauves (sénés, moutardes sauvages), lors- 
qu'on peut se procurer du sulfate de fer 
anhydre, por /a ro47/e de ijrand inaliu, on en 
répand à la surface 300 à tiOO kilogr. en 
poudre impalpable qui .i la propriété de 
corroder et de détruire la sauve ; ou bien 
par une journée chaude et ensoleillée on pul- 
vérise sur le champ SOO à 1 000 litres d'une 
solution acide de sulfate ou de nitrate de cui- 
vre (à la dose de 3 à 'i kilugr. de sels de cui- 
vre par hectolitre d'eau . Mais cette année il 



semble qu'il sera impossible de se procurer 
ces dilTérents sels et de disposer de la main- 
d'œuvre nécessaire. 

Récolte. — Les orges se coupent, la plante 
arrivée à compliHe maturité; de cette façon, 
on n'a pas besoin de laisser longtemps sur 
les champs les orges coupées. Aussitôt 
qu'elles sont sèches, on se hâte de les rentrer 
pour éviter que les pluies et brouillards 
n'altèrent la qualité des grains et de la paille. 

H. IJITIEII. 



CALAGE D'UNE MACHINE iMONTÉE SUR QUATRE ROUES 



l'n lecteur nous demande lui moven sim- 
ple et prati([uo pour caler solidement une lo- 
comobilo ou une batteuse montées sur quatre 
roues. Les construc- 
teurs doivent livrer 
les calages néces- 
saires à la machine 
qu'ils vendent ; gé- 
néralement , pour 
chaque roue, il y a 
deux cales entail- 
lées , l'entaille en 
biseau recevant h' 
bandage de la roue, 
et les deux cales 
sont reliées entre 
elles pardeux longs 
boulons parallèles 
au sol, ou par des 
tringles à levier, à 
crans, etc. D'autres 
fois, le système de 
calage est constitué 
par deux bois pres- 
que horizontaux disposés de chaque cûté 
entre les roues, et serrés par deux boulons. 



en Amérique et dont la vue d'ensemble est 
donnée par la ligure 21). 

De chaque côté de la machine .1 (tiK- 'iO] on 




Fie. 99. — Calage d'un moleur locomobilc actionnant une halleuse. 






applique k l'extérieur des roues H et C, 
contre leur bandage, un bois d d' qu'on fixe 
par les crochets à écrous a et b. 
Le bois fi fi' (madrier, solive ou 
foi-le planche .=;elon la machine) 
doit être placé comme cela est 
indiqué dans la ligure ;tO : le 
point a au plus haut possible sur 
la roue C, le point /* au niveau 
ou au-dessous du moyeu de la 
roue B, l'exlrtunité d' venant 
buter sur le sol r, ou, ce qui est 
préférable, pénétrant un peu dans 
ce dernier. 

Lorsqu'il n'y a pas de Jeu entre 
les moyeux des roues et leurs fu- 
sées, le calage ainsi réalisé est 
f'armi les dispositions simples, nous pou- i très solide; si une roue a une tendance à 
vons citer la suivante qui est très employée | tourner dans un sens quelconque, elle cher- 




Kig. 30. — Calage d'une nia* hini' monlt^e stir f|iialro miios 



128 



BLE ET l'AIN 



clie fi entraiiicr l'autre en sens inverse, la 
lont;iiour a h clant invari;ible. 

Oiiand le sol \\'vr.\ pas assez résistant pour 
«upporler la char^je de la machine .1, il con- 
vient de mettre des bois ii pl.il en m et en ». 

Les pic'ce-i n el 6 peuvent être de simples 
boulons serrant sui- une contre-plaqne dispo- 



sée contre la roue, du cAté opposé au bois d 
d! ; le mieux est d'employer des tij^es liletées 
dont l'extrémilé est courbée en crocbel afin 
d'embrasser la jante el le bandage de la roue 
à caler, l'écrou serrant par une rondelle sur 
le bois dd' ])osé de champ. 

M. I{. 



BLE ET TALN 



Le Juui nul Of/iciel du 1" avnl a publié le 
relevé établi parle ministère de l'Agriculture 
sur l'étal des principales culturesau !"■ mars. 
11 convient d'en déj^nger iinméiliatement ce 
qui concerne le blé qui fait l'objet des préoc- 
cupations générales. 

On sait, d'après les statistiques antérieures, 
i[ue les surfaces consacrées au blé d'automne 
sont inl'érieures de ".j7 000 hectares à celles 
de l'année précédente. On sait aussi que les 
appréciations précédentes ne permettaient 
pas de présager un rendement élevé. Or, le 
nouveau document officiel signale une situa- 
tion réellement précaire. Personne, parmi les 
agriculteurs, ne s'en étonnera, car- la période 
rigoureuse <le février n'était pas faite pour 
renforcer des plants peu vigoureux. Les gels 
el dégels du mois de mars ont empiré la si- 
tuation. 

Bref, au 1" mars, la moyenne générale de 
l'état des cultures de blé était représentée 
par le coeflicienl 59, ce qui corr<»spondà l'état 
passable; au 1" mars 1916. la note corres- 
pondante élait G9. La différence est donc 
importante; elle serait bien plus élevée si 
elle n'élail pas atténuée par des coefficients 
supérieurs attribués à quelques déparle- 
menls de la région méridionale. D'une façon 
géni'rale, les départements à haute produc- 
tion sont CHux auxquels les notes les plus 
basses sont attribuées; elles sont, pour quel- 
ques-uns, par exemple pour la Somme, au- 
dessous (lu coefficient oO, et p lur d'autres 
elles descendi'ut à 'iO. 

Il n'est pas permis d'espérer que l'on ail pu 
ranimer, jiar l'emploi d'engrais en couver- 
ture, la végétation languissante; la pénurie 
d'engrais, aggravée par la crise intense des 
transports, était un obstacle insurmontable. 
D'autre part, les carncirTf-s météorologiques 
du mois n'ont pas permis d'opérer des se- 
mailles de blé de printemps dans les propor- 
tionsauxquelleson devait s'attendre; il y a des 
forces naturelles contre lesquelles les meil- 
leures aspirations sont impuis.santes à réagir. 

La crise de ralimenlation publique, prévue 
depuis longtemps par tous ceux qui savent 



apprécier les laits, sera donc aigué. Un doit 
se féliciter que le Gouvernement ait insisté 
pour faire adopter immédiatement les me- 
sures qui sont indiquées dans la t'.hronique 
de ce numéro (p. 114). 

Il est probable que cette solution sera 
adoptée à brève échéance par le Sénat. 

D'autres solutions avaient été proposées, 
mais elles sont devenues caduques; néan- 
moins, il n'est pas inutile de résumer celle 
qui avait élé présentée par M. (^osnier, dé- 
puté. 

ilelte proposition, dont l'objet était d'" as- 
surer le ravitaillement de la population en 
maintenanl le prix du |)ain à l'r. 45 le kilo- 
gramme », comportait une série de mesures 
qui auraient été appliquées à partirdu l'"'juil- 
let 1917. Les l)oulani;ers seraient tenus de 
vendre un pain unique, composé de 80 0/0 
de farine de Iroment extraite à 80 el de 
■^0 0/0 de farines succédanées. Les farines suc- 
cédanées seraient préparées et fabriquées 
par les soins de l'Klal, puis données gratui- 
tement à chaque meunier dans la proportion 
du cinquième des ventes de farine (|u'il a à 
opérer. Les taxes pour la farine-type mélan- 
gée seraient les mêmes que les taxes sur 
la farine pure de froment, atin de permettre 
de maintenir le prix du |)ain ù fr. 1-5 le 
kilogr. La taxe sur le blé serait reportée de 
3;j fr. à •'»! fr.; les taxes sur les au Ires céréales 
seraient modifiées proportionnellemenl A 
celle du blé; enfin le sarrasin, le maïs el le 
riz seraient «'gaiement taxés proport'onnelle- 
nienl à celle ci. 

« Grâce, dit M. Cosnier dans son exposé 
des motifs, à cet apport gratuit par l'Etal de 
ces succédanés, !e meunier pourra payer le 
blé indigène 41 fr. el vendre sa farine au 
taux actuel.» Dans ce système, l'Klal aurait la 
charge de se procurer les succédanés \seigle, 
orge, sarrasin, maïs, riz.'i soit sous forme de 
grain, soit sous formede rarine,el il aurait à. 
assurer la répartition des farines entre les 
moulins. M. Cosnier estime que, par celte 
combinaison, le commerce du blé rf trouve- 
rait sa liberté, ainM (|ue celui des grains et 



ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE 



129 



de la meunerie, et que la culture n'aurait à 
subir aucun contrôle. On peut douter que le 
régime des réquisitions générales qui en se- 
rait la conséquence puisse se concilier avec 
cette liberté. Pour obtenir les farines suc- 
cédanées nécessaires, l'Etat aurait dû ré- 
quisitionner toutes les céréales secondaires 



(seigle, orge, maïs) produites on France, 
avant de demander le complément à l'impor- 
tation des colonies ou dos pays étrangers ; il 
ne serait plus resté de grains pour l'alinien- 
tation du bétail, non plus que d'orge pour 
la fabrication de la bière. 

H. S. 



ACADÉMIE D'AGRICUr.TURE DE FRANCE 



Séance du 21 mais 1917. 
Présidence de il. Jules Uevclle. 

Sur les ressoarces alimentaires à demander 
aax Colonies. 

L'Académie adopte les conclusions suivantes 
présentées par la Commission chargée d'étuiiier 
les ressounes complémentaires susceptibles de 
SPCoU'ter le ravitaillemetil civil et militaire : 

LWcadémie d'AgriniKure ayant entendu le rapport 
de la Commissiini spéciali» chargée de l'e.'canien des 
ressources pouvant concourir au ravitaillement, 
émet le vœu : 

Que les Pouvoirs publics utilisent immédiatement 
le concours que p> uveot apporter les Colonies au ra- 
vitaille'Uent de la Métropole. 

Plus particulièrement elle signale les ressources 
qui pourraient iHre obtenues en important : 

1» Des bœuTs du .Sénégal-Soudan et d'^ Madagascar 
dont l'elTectif est normalement 'l'environ 16 milliuns 
de t'tes. Ces importations pourraient ?tre faites, soit 
sur pied, soit sous forme de viande frigoriliée ou en 
cons-rves; 

2° Les céréales du Sénégal-Soudan telles que maïs, 
md, sorgho, dont la culture ponrnit être doublée en 
exigeant des indigènes le payement des impôts sous 
cette nature; 

3° Du riz de consoinoiation d'indo-Chine: 

i" Des haricots de .Madagascar dont la pro.luction 
ponrrait -^tre accrue dans de nolabb-s proportions. 

En outre, la Comruissi"n estime qu'il est indis- 
pensable de développer cett>^ année les ensemence- 
ments de céréales au M.iroc qui viemlraient en utile 
complément à nos approvisionnements, dés le prin- 
temps prochain. 

Sur les salaires agricoles 
et les économies de denrées alimentaires. 
M. Vinccy prK^enl■• plusieurs tableaux indi- 
quant les ;.-alaires agricolfs dans la région pa- 
risienne en 191 1, 1915 et 1910. Le prix, en délîni- 
live.du travail agricole eff-clif s'est accrn dans la 
proportion des deux tiers environ, au cours de la 
présente guerre; et rettr? r'-lévation du prix de la 
main-d'œuvre est cerlainemenl le plus important 
facteur de l'arigmentalion survenue dans le prix 
de revient des rliverses denrées agricoles; de 
même que la rareti^ de r:eltH main-d'œuvre joue 
le pr'-mier rAle dans la iliminnlion progressive 
de toutes IfS prorlurlions ruralns. .M. Vincey 
montre enlin la nécessité d'économiser les den- 
rées alimentaires, concurremment au besoin d'en 
développer la production nationale. 

M. Henri Petit appuie ce que vient de dire 
M. Vincey; il importe de préconiser les idées 



d'économie, car nous allons à une récolte déli- 
cilaire. Dans la région de Paris, les blés d'au- 
tomne, dont déjà les emblavures avaient été 
ri'Streintes, ont beaucoup soufT-Tt de l'iiiver, 
une torle proportion de ces blés est à refaire. 

Sur raltération et le contrôle des œufs. 
M. Lindet a eu l'occasion d'avoir à étudier 
récemment une série de questions relatives à 
l'altération des œufs, et ceci l'a amené à des 
constatations originales d'un grand intérêt. Les 
œufs peuvent être envahis par des microorga- 
nismes appartenant à deux groupes très dilTé- 
renls : les bactéries d'une part comprenant des 
bacille* et des coccus, d'autre p^irt les moisis- 
sures. Los moisissures contenues dans les œufs, 
comme les bactéries, peuvent être euseiïiencées 
dans l'œuf au moment de son passage à travers 
l'oviiiucte; mais elles peuveni aussi traverser la 
coquille. MM. Liiidel et Hus>on en ont fait 
l'expérience directe. Ils ont constaté que les 
œufs durs s'altèrent beaucoup plus rapidement 
que les œufs crus, fait signalé du reste par 
M. Houché, ancien président du Syndicat des 
crémiers. Les œufs altérés soit par des moisis- 
sures 'œufs tachés), soit par des bactéries (œufs 
vieux), sont retirés de la consommation, mais 
une partie d'entre eux y retournent, vendu» aux 
pâtissiers, aux fabricants d'albuniine, orr servent 
à préparer les « œufs rouges ». Il y a là une 
anomalie, aussi faut-il souhaiter que des mesures 
soient prises pour interdire de revendre des 
œufs allérésà un négociant en matières alimen- 
taires. 

Primes à l'élevage. 

MM. André Gouin et P. Andonnrd mettent en 
garde contre certaines mesures souvent peu réa- 
lisables tendant à imposer aux éleveurs l'obli- 
gation de conserver tous les veaux femelles et la 
défense d'abaltre les animaux avant un certain 
âge. Il serait fâcheirx de chercher à multiplier 
l'élevage plus que les ressources actuelles ne le 
comportent. L'éle>eur ne peut plus compter 
que sur les propres ressources de son exploita- 
lion. Elles sont restreintes et ne permettent pas 
d'élever avanlageusernenl tons les animaux. 

Élection. 
M. Gain (Kdmondi est élu rorrespondant na- 
tional dans la .Section d Histoire naturelle agricole. 

II. lliriF.ri. 



130 



COKHESPONDANCE 



COHHESPONDANCE 



— N° 7612 :Cotc-(t'Or). — La pulpe de fécule- 
riô est un aliment médiocre, mais i|ui n'e^l pas 
rK^gligeable; supposée pressée à ':> 0/0 d'eau, 
elle renl'eniie I.-2 à i..") 0,0 de matières az.oti'es 
et 10 à 15 de fécule. Elle est iWidcmment 
très allératile, et il faut la conserver en silo*. 
Les féculeries livrent égalenienl de la pulpe sé- 
cliée à la touraille; mais la dessiccatiun en aug- 
mente singulièrement le prix. .Nous pensons ([ue 
l'année prochaine vous aurez autant de peine à 
vous procurer de la pulpe de pomme de terre 
que la pomme de terre elle-même. La dernière 
campagne de féculerie a été reslreinte; que sera 
cette année, où l'on trouve .-i iliflieilement des 
semences? — (L. I..) 

— N" 'filio {.\l;]i;r]. — Vous désirez construire 
une porcherie d'élevage modèle dans un village 
de moins de JOO habitants. Vous demandez s'il y 
a des formalités à remplir et s'il exis^le un ou- 
vrage traitant celte question. 

Les porcheriss ne sont considérées comme 
établissements dangereux, insalubres ou incom- 
modes qu'autant qu'elles comprennent plus de 
six animaux ayant cessé d'être allaités et qu'elles 
ne sont pas l'accessoire d'un établissement agri- 
cole ou que, dépendant d'un établissement agri- 
cole, elles sont situées dans les agglomérations 
urbaines de .'! 000 Ames et au-dessus. Décret du 
15 mars 1S90) Si ces conditions se trouvent 
remplies, il faut présenter préalablement une de- 
mande d'autorisation au sous-préfet. Sinon au- 
cune formalité n'est nécessaire. Nous ne con- 
naissons aucun ouvrage sur la question. — (G. E.) 

— .M. J. P. {Seine). — Il parait probable que le 
Tavolo ou fécule de manioc pourrait rempla- 
cer la farine de manioc dans l'alimentation des 
veaux. Cependant, n'eu ayant pas fait l'essai, 
nous nous garderions de rien aftirmer. 

Madagascar expédie un pou de manioc en 
farine. On en oiTre actuellement en p'rance. — 
(A. G.) 

— M. F. S. (Vemliv). — Pour imperméabi- 
liser une étoffe quelconque, vous pouvez en 
effet employer le procédé du D' .^'iuvenglow^ki, 
indi(|ué dernièrement à l'Académie des sciences : 
dis;ioudre 30 ^ranimes de paraffine dans 1 litre 
d'essence minérale. La solution s'emploie à froid 
s'il s'agit de vêlements, pour lesquels on n'a pas 
besoin de retirer les boutons, garnitures, etc. 
S'il s'agit d'imperméabiliser les chaussures, il 
est bon 'le faire chaulfer un peu le mélange au 
bain-marie i-t de l'appliquer, au besoin en plu- 
sieurs couches successives, avec un pinceau, sur 
les chaussures propres et sèches. — (M. U. 

— .N" 76i2 {Sm'inij Pl-I.oire). — l!n propriétaire 
possède plusieurs métairies, dont les bdliments 
sont situés dans un déparlement et dont les 
lerre-t jt prés se trouvent sur plusieurs com- 



munes, soit de ce département, soit d'un dépar- 
tement limitrophe. 

Les Commissions de ravitaillement des deux 
départements réciuisitionnent le bétail de ces 
métairies, qui, au printemps, est réparti dans les 
prés et pAturages. 

Vous demandez h quelle Commission la réqui- 
sition est due; si elle doit être pratiquée en en- 
tier dans la commune sur laquelle sont les b;\ti- 
nients ou en partie dans chacune des communes 
où se trouvent les prés et pâturages. 

Nous n'avons trouvé aucun texte déterminant 
les limites territoriales dans lesquelles une Com- 
mission de ravitaillement peut exercer son droit 
de réquisition. Dans ces conditions, il nous pa- 
rait (ju il conviendrait de saisir le ministre du 
lîavitaillement de la difficulté soulevée pour la 
réquisition des mêmes animaux par les deux 
Commissions départementales. — (G. E.) 

— .\° 6848 (Eure). — Vous demandez s'il existe 
uu liqui le qu'il serait possible de mélanger à 
l'eau d'un étang pour arriver à la destruction 
des roseaux, joncs et nénuphars qui l'enva- 
hissent, .le ne connais pas de produit capable 
d'amener ce résultat ; le seul procédé pratique 
me païaît être le curage et nettoya^^e complet de 
l'étan;.'. Il est insuffisant de couper les tiges 
même plusieurs fois par an, il me parait indis- 
pensable de vider l'étang et d'en nettoyer com- 
plètement les rives et le fond. — (G. F.^ 

— N° 206 {Seine). — Au sujet de la purifica- 
tion de l'eau d'un puits de votre propriété sise 
en territoire qui vient d'èlre libéré par l'ennemi, 
reportez-vous à l'ouvrage : l'iiits, sondages fl 
sources, à la Librairie agricole de la Maison rus- 
tique, C6, rue Jacob, Paris. Depuis la guerre, 
des articles ont été consacrés à celle importante 
question dans le Journal dWgriciitluie pratique 
(n° 34 du 21 janvier 1015, n" 12 du 3 juin lOlo, 
n° 1 du 13 janvier 1916). Il y a lieu, selon le 
cas, d'employer l'eau de Javel ou le permanga- 
nate de potassi' ; contre l'arsenic, emploi de la 
chaux ou de l'oxyde de fer qui forment des arsé- 
niates insolubles. Eu tous cas, il y a lieu de 
procéder le plus tôt possible au curage du 
puits en prenant préalablement les précautions 
indiquées dans l'ouvrage ci-dessus mentionné. 
En attendant, n'employer que de l'eau (jui a été 
soumise à l'ébullition pendant une dizaine de 
minutes, puis laissée refroidir à l'abri des pous- 
sières. — (M. n.) 

— M. Cil. A. {Suisse). — Veuillez corriger de la 
façon suivante l'erreur d'impression qui se trouve 
dans la Cariespoiulance du précédent numéro, 
page 110 : la capacité nécessaire à la mangeoire 
d'écurie est de 15 à 20 défimèlres cuba; ces 
chiffres sonl largement dépassés en pure perte 
dans la plupart des installations. — iM. H.) 



KEVUE COMMERCIALE 



i;u 



LA QUINZAINE METEOROLOGIQUE 

Semaine du 19 au 25 mars 1917 [OBSERVATOIRE DU PARC SAIM-MAUR) 





JOURS 

BT DATES 


PRESSION 
à midi. 


TEMPERATURE 


Vent. 


d 
o 

a 1 

o 

-a 


X) 

ë .s 

3 "H. 
X 


RE.M.\UQUBS DIVERSES 




§ 


CO 

a 

"3 

a 

s 


à 
5 
>> 


Écart 

sur 

ta nor 

maie. 






niillini. 










heiris 


millim. 






Lundi l'J m. 


■■ 


1 Û 


12» 1 


6».l 


—0 1 


" 


2 


■• 


Ge'ée bl., temps couvert. 




Mardi iO — 


.. 


2.4 


S 


5.0 


-1.3 


M 


4.2 


2.7 


Pluie le matin et le soir. 




Mercredi.. '21 — 


„ 


1.1 


4.8 


2.0 


—4.5 


» 


O.H 


0.." 


Gelée bl.. neiye le matin et le 




Jeudi 22 — 

Vendredi 23 — 


' 


— 1.2 
—2 i 


6.0 
7.4 


1.1 

1.9 


—.5.5 
-4.9 


M 
» 


S.i 
7.3 


0.0 
0.0 


soir. 

Gelée bl.. faible neige après- 
midi. 

Gelée bl., neige le malin. 




Samedi... 2i — 


" 


2.*t 


6.0 


1.2 


—5 . 7 


» 


8 8 


» 


Gelée bl., beau temps. 




Dim 25 — 


■' 


— l.S 


9 9 


3.9 


-3.1 


» 


8.9 


» 


Gelée bl., beau temps. 




lli;!ii<i ta tiUn 

Ions iir a oorialt 


-0..Ï 
—2.0 


7." 
-3.8 


3.0 
—3.0 


• 


" 


37 4 
an litn dt 
85 h. 6 
(lor.tiitor. 


3.2 


Pluie depuis le 1"' janvier : 

En 1917 95""° 

Normale 108""» 






Semaine du iiti mars ait l" avril 1917 




Lundi 20 m. 


» 


1».9 


.j»S 


3" 4 


— 3" 8 


» 


0.0 


8.9 


Gelée bl., pluie et grésil l.-i 
journée. 




Mardi.... 27 — 


" 


0.6 


7.1 


3,0 


— 4.3 


M 


4.1 


0.5 


Temps nuageux, averses le soir. 




Mercredi . 28 — 


» 


—1.0 


5.8 


2.6 


-4.9 


» 


2.8 


1.1 


Gelée bl., couvert, pluie le s. 




Jeudi .... 29 — 


" 


1.7 


11.0 


6.8 


-0.8 


» 


0.0 


14.8 


ïemps pluvieux. l 




Vendredi. :iO — 


•■ 


3.3 


il 8 


6.4 


-1.4 


» 


2.5 


0.8 


Averses de pluie et de gr.'le. 




Samedi .. 31 — 


„ 


l.R 


II. 4 


5.1 


— 2 . o 


,1 


5.6 


1.9 


Pluie et grêle le malin et le 




Dimanche l'^av. 


» 


O.C 


7.6 


3.3 


-'..8 


■' 


1.2 


4 . i 


soir. 
Pluie et neige. 




Pluie depuis le !='■ janvier : 




Itjiiui tl uuu 


1.3 


S. 6 


4. t 


„ 


„ 


16.2 


32.4 




larti nr l> Hnalt 


■• 


-2.0 


-S. 9 


-3.2 


" 


» 


ai litg de 

S8 h. 6 

ht. Mn. 




Kn 1917 127ra"' 

Normale 117"" 



(La publication 
censure au Bureau 



des renseignements sur la pression barométriciue et sur le vent est interdite par la 
central météorologique.) 



REVUE COMMERCIALE 



Situation générale. — L,i dernièris période du 
mois de mars n a pas été plus propice que les précé- 
dentes pour l'exécution des travaux de la saison. 
Ces travaux se poursuivent péniblement, avec len- 
teur, alors que tous les efforts convergeaient pour 
leur iliinner une activité aussi grande que possible. 

Blés ^t Farines. — Il se confirme de plus en plus 
que des vide.s nombreux ont été provoqués par l'hi- 
ver dans les emblavurcs de blés d'automne: ces 
vides se sont accentués au cours du mois de mars. 
Hun autre coté, les ensemencements de blé de 
printemps n'ont pas pu prendre l'imporlancc que 
I on attendait, et il n'y a [ilus à compter sur le dé- 



veloppement exceptionnel de ces semailles (|ui était 
escompté. La situation commerciale est toujours 
aus.»i embarrassée; les réquisitions, les interdictions 
de sortie dans un grand nombre de dé|>arteinents, les 
difficultés dans les transporis, sont autant de motifs 
qui arrêtent les transactions normales. Le Service du 
ravitaillement ne fournissant qu'irrégulièrement les 
moulins, les meuniers sont parfois amenés à payer 
le blé au-dessus de la taxe ou i interrompre le tra- 
vail. Il est impossible d'indiquer des cours. 

Sur les marchés étrangers, linterdietion d'expor- 
tation de l'Argentine a provoqué une nouvelle 
hausse. A Neir-York, on cote le blé disponible 42.50 



132 



par 100 kilogr. nu pair 4". 65 au cours du change). 
Sur le-i marelles angla's, la hausse a fait des pro- 
grès; à Londres, les blés iDiiigènes valent, par 
100 kilogr.: blés blancs, 4G.60 à 48.20; blés roux, 
15.50 à 4^.70 ; les blés étranger» sont cotés : cana. 
diens. 4").:;0 .i i'i.'-'M; américains 45.50 à 4T. 20; argen- 
tins, 4f>.60 à l".20. En Suisse, le blé atteint, dans 
quelques c.nluns, 'il à fiO fr. par lOn kilogr. lin 
Italie, nn aTôté ilu 9 mars a fixé à 38.10 le prix des 
blés Icndres et à 50.10 celui des blés durs fournis aux 
Syndii alf d'approvisionnement. 

Issues. — l.'-s offres sont toujours très rares et la 
taxe ne joue presque nulle part. 

Seigles. — On ne signale que des ventes très clair- 
semées au taux de la taxe. 

Avoines. — Les offres paraissen* se raréfier sur 
les marc liés; les prix sont soutenus. On paie de 
29.r;o à 30 fr. pur 100 kilogr. pour les avoines grises 
d.\n^ I Ouest, et 3it à 31 fr. et au delà dans l'Est. 

Orges. — Demandes actives. Les orges de brasse- 
rie sont vendues généralement au-dessus de la taxe. 

Sarrasins. — l'rix très fermes parlout. On cote les 
sarrasins de Bretagne à Nantes 43.50 à 44 fr. par 
100 kilogr. 

Maïs. — Les maïs de la Plata sont maintenus 
dans les pirls anx cours de t? à 47 fr. Dans le Sud- 
Ouest, les mais indigènes valent 42.50 à 44 fr. 

Légumes secs. — L-îs fèves nouvelles de Tunisie 
valent •■0 à ;il fr. par 100 kilogr. à Marseille. 

Pommes de terre. — Les offres sont très rares et 
la (|ualité laisse souvent à désirer. Suivant les ré- 
gions, on cote de 25 à 30 fr. par 100 kilogr. L'appli- 
cation des taxes orée la gène partout. 

Graines fourragères. — Les cours accusent une 
grande fermeté. On cote par 100 kilogr. à Nantes • 
trélle violet, 150 à 180 fr.; sainfoiu double, 45 à 
48 fr.; vesces. 50 à 55 fr. 

Fourrages. — Les prix sont soutenus partout 
avec fermeté. Dans la plupart des régions, les foins 
valent de 15 à 18 fr. par 100 kilogr.; dans le Sud- 
Est, 22 à 21 fr. 

3étail. Voici le relevé du dernier marché de La 

Villelle, à Paris (2 avril; : 



KKVUE OUMMtKUULh 

1 









PRIJ 


DU KILOG. 








AU POIDS NBT. 




Amonés. 


Invendus . 


1" 


2* 


3- 








quai. 


quai. 


quai. 


R t 


2 056 

1 363 

350 

1 fil5 
tJ 237 

2 081 


41 
18 
35 
19 

: 


3.30 
3. 30 
2.90 

3 90 

4 60 
4.34 


3.10 
3.08 
2.80 
3.30 
4.10 
4 12 


2.90 




2.88 




2.10 




2.8G 




3.60 


Porcs 


3 86 




Prix exlrêmes 


du kilo^'ramm 


D. 

net. 




Au poids vit. 


Au poids 


BœufK 

Viche» 

Tiiurraux 

Ve»ui 

Moutoiiii 


t.. M i 2.04 
I.11-. 2.« 
1.2b 1.80 
1.15 2.40 
1.5i 2.<n 
2.49 3.00 

uée sur toutes les ( 


2.42 i 3.40 
2.32 3.12 
2.50 3.00 
2.30 4.00 
3.20 5.00 
3.56 4.42 


Hausse accen 


latégories. 



Dans les départements, on paie : 

,4mie;i», par kilogr poids net : bœufs et vaches, 
2.30 à 3 fr.; veaux, \ 90 â ?.iO; porcs, 2.8» à 2.90. 

noiirn. par kilogr. poid« net : bœufs et vaches, 
2.65 à 3.20; veaux, 2.90 h 4.10; moulons, 3.80 à 
5.10; porcs, 3.40 à 4.05. 

Chailres, par kilogr. poids net : veaux gras, 3 à 
3.80. 



Cholel, par kilogr. poids vif : bœufs, 1.10 à 1.20; 
v.iches, l.ur. à 1.16; porcs, 3 fr. par paire : bœufs de 
trait, 1 800 à 2 OOO fr. 

Tours, par kilogr. poids vif : bœuls, 1.10 à 1 30; 
veaux, 1.50 à 1.80; moutons, 1.80 à 2.50; porcs, 
1.40 â 1.80. 

Aulun, par kilogr. vif: bœuls, 1.50 à 1.60: veaux, 
1.60 à 1.80; porcs, 2.70 à 2.90; par paire, bœufs de 
trait, 2 000 à 3 000 fr. 

Nanci/, par kilogr. poids vif: bœufs, 1.50 à 1.60; 
vaches, l.iO à 1.55; veaux, 2.10 à 2.30; moutons, 2.30 
& 2.50; pores. I.n5 à 2.05. 

Lyon, par kilogr. poids vif : bœufs, 1.40 à l.'Ji; 
veaux, 1.40 à 2 fr.; moutons, 2.20 à 3.80; porcs, 2.10 
à 2.80. 

Marseille, par kilogr. poids net : bœufs, 3 à 3.10; 
moutons, 4 a 4.45; brebis, 4 à 4.20. 

Viandes. — Derniers cours officiels aux Malles 
centrales de Paris {par kilogr.) : 
Btruf. 
2 00 à 3 20 Trains 2 40 » 3 50 

1 60 2 40 Cuisses .... 2 00 3 10 

2 bO 4 10 Pis et collet. . 2 00 2 50 

1 30 2 00 Bavette . . . . 2 OO 2 70 
Veau. 

3 40 à 3 70 Pans et cuiss. 2 20 i 4 00 

2 Uil 3 30 Veaux de Caen: 
2 50 2 80 1/4 de devant.. 1 80 i 2 40 

2 10 2 50 1/4 de derrière. 2 40 3 50 
Veaux bretons. I 70 2 .30 

Mouton. 
4 20 i 4 60 Gigot 3 60 à 5 00 

3 60 4 10 Carrés parés. . 3 80 7 20 
:i 00 3 50 Agneaux ... 2 80 4 80 

Porc. 

3 -0 à 3 90 Filels 3 20 i 4 30 

3 50 3 70 Jambons ... 3 20 4 10 

3 20 3 40 Roius 3 20 3 90 

3 20 4 10 Poil, salues . . • ■ 

Suifs. — Totijours en hausse. Dernier cours offi- 
ciel à Paris : 172 fr. par 100 kilogr. 

Vins. — Il n'y a pas de chaufiements dans la situa- 
tion; il y a moins de lennelé dan* les cours sur les 
marchés niériJioiiaiix, à raison surtout des difficultés 
dans les cxpédilions. On y cote par hectolitre nu : 
Mines, 7 à 8», 66 à 6" fr.; S à 9°, 68 fr.; 10 à 11". 
1)9 fr. ; Montfiellier, vins rouges, 7 à, 8», 62 fr.; 10 i 
12». 66 fr.; vins rosés, 68 à 72 fr.; vins blancs, 71 à 
77 fr. ; Sar'ionr.e. vins rouges, 62 à 67 fr., suivant 
degré et qualité: l'erpiynan, 7 à 8», 72 fr.; 10 a 12», 
67 fr. Dans le Mdf^onniiis, les vins ordin.iires sont 
cotés 150 à 160 fr. In pièce. A lllois, on cote les vins 
rouges 75 à 77 fr. et les blancs 78 à 80 fr par hec- 
tolitre. On signale une légère baisse en Algérie; on 
cote par hectolitre sur quai à Alger : 1" choix, 10 4 
44 fr.; 2- choix, 35 à 39 fr. 

Alcools. — Même fermeté que précélemment. t»n 
cote par lieelolilre : 3;G vin bon goût Sf,», 460 fr. à 
Déziers et 480 à 500 fr. à Nimes; 3,6 marc, 350 fr. à 
Béziers et 335 à 310 fr. ù Nimes. 

Fécules. — La hausse est nccntiiée. La fécub- 
première vaut 140 à 142 fr. par 100 Itilogr. à Paris. 

Beurres. — Suivant les régions, les cours s'éta- 
blissent, en dehors des ta:xos, de 5 i 7 50 par kilogr. 
(EuJg. — Les prix sont encore moins accentués. 
On cote aux Halles centrales de Paris 140 à 215 fr. 
par mille suivant grosseur et provenance. 

B. DiiiANn. 



1/4 de derrière. 
1/4 de devant. 
Aloyau .... 
Paleron .... 

Extra. . . . 
1" qualité. . . 
2' — ... 
3* — ... 



1" qualité. . . 
2« — ... 
3» — ... 

Extra 

1" qualité. . . 
n» 

l'oit, tiaiches. 



Le gérant : Chables Dctreix. 



Pans. — L .MArSTiiKrx, im|"inieiir, 1, ruo Cassette. 



CHRONIQUE AGRICOLE 



133 



CHRONIQUE AGRICOLE 



Les nouvelles lois sur la taxation du blé et sur les mf-langes d,- farines. — Causes de la rapidité de leur 
adoplioo. — Décret relatif à leur application. — Le recensement des céréales chez les cultivateurs. — 
Diflicullés de cette opération. — Relèvement des prix. — Incertitude sur le prix k payer pour la nou- 
velle récolte. — La crise des pommes de terre. — Difiicullés rencontrées pour les semences. — Lettre 
de M. Richard au ministre du Ravitaillement. — Nécrologie : mort de M. Léon de Dufourcq. — La loi 
sur les terres abandonnées. — Achats de tracteurs par l'Etat à \a fin de mars. — Les approvisionnements 
en sulfate de cuivre. — Déclarations du ministre de l'Afiriculture au Sénat. — Les essais officiels de 
culture mécanique à Noisy-le-Orand. — Nouveau décret relatif à la prorogation des baux des fermiers 
mobilisés. — Projet de loi relatif à la reconstitution agricole dans le.s régions libérées. — Discussion au 
Sén.it sur la diminution du troupeau bovin. — Pertes subies pendant le deuxième semestre de 1916. — 
Vente des veaux du camp retranché de Paris.— Circulaire relative à la destruction des animaux nui- 
sibles.— Destruction des nids de corbeaux et de pies. 



Le blé et 1 alimentation publique. 

La Chambre des Députés a adicvé, clans sa 
séanci' du :i avril, la discussion du projet de 
loi relatil'à la laxalion du blé et de celui sur 
l'addition de farines de succédanés à la fa- 
rine de froment pour la fabrication du pain. 
Ces projets ont été adoptés par le Sénat dans 
sa séance du 5 avril. Les doux lois ont été 
promulguées sans délai; on en trouvera le 
texte plus loin page l.'}7,. 

La rapidité inusitée avec laquelle ces pro- 
jets ont été adoptés provient sans doute des 
inquiétudes inspirées par le sort de la pro- 
chaine récoite de blé compromise par l'hiver 
rigoureux et prolongé que nous venons de 
subir. .V ces inquiétudes s'ajoutent celles, 
non moins légitimes, qui sont provoquées 
par les difficultés croissantes que rencontrent 
les iiiiporlalions. On avait pu espérer que la 
soudure entre la dernière récolte et la pro- 
chaine pourrait s'efTectuer à peu près régu- 
lièrement; or, les ilifficullés des transports, 
tant maritimes que terrestres, qu'on trouve 
à l'origine de tous les ennuis actuels, rendent 
ce résultat assez problématique. Les restric- 
tions dans la consommation deviennent, dès 
lors, des nécessités impérieuses. 

Ce qui intéresse le plus directement les 
cultivateurs, c'est l'application de la nou- 
velle loi sur la taxation du blé. Il est inutile 
de revenir une fois de plus sur les tergiversa- 
tions qui ont caractérisé les dernières discus- 
sions sur ce sujet; le Gouvernement, après 
avoir manifesté la velléité d'abandonner une 
méthode condamnée par les faits, a dû capi- 
tuler devant les fanatiques de cette méthode. 
Mais il importe de montriT, d'après les indi- 
cations données par le mini.stre du Itavitail- 
lement, comment les dispositions de la loi 
seront appliquées immédiatement. 

Ces mesures, qui ne sont pas inscrites dans 
la loi, ont été formulées dans le décret du 

19 Avril 1917. — X" 8. 



8 avril dont on trouvera les parties essen- 
tielles plus loin (p. 138). On devra lire ce 
décret avec soin. 

Indiquons tout de suite, car ce point est 
capital, que les cultivateurs devront faire 
avant le 2.Ï avril, à la mairie, une déclaration 
des quantités de céréales qu'ils possèdent. 
Une lourde charge est ainsi imposée aux 
maires qui ont déjà tant de responsabilités. 
On doit espérer que cette mesure sera ap- 
pliquée avec discernement, car trop nom- 
breux ont été ceux qui n'ont pu encore exé- 
cuter les battages, par pénurie de charbon 
ou d'essence, ou bien par défaut de main- 
d'œuvre; ceux-ci sont donc incapables de 
faire une déclaration exacte, et ils ne peuvent 
devenir forclos de ce fait. 11 est vrai qu'une 
tolérance de 20 0/0 est accordée ; mais 
souvent les prévisions sont trompées au-del;'i 
de cette proportion. 

GrJlceî cette déclaration, l'Administration 
achètera à caisse ouverte, c'est-à-dire avec 
paiement immédiat, au prix de 30 fr. le 
quintal, le blé recensé, défalcation faite dès 
quantités nécessaires pour la consommation 
familiiale. Elle aciiètera aussi le seigle et 
l'orge avec une majoration de ."j fr. sur la 
taxe actuelle. 

On doit noter qu'au cours de la discussion 
le ministre du Havilaillement a déclaré que 
ce prix de 36 fr. serait appliqué aux quantités 
de blé réquisitionnées et livrées pour le ravi- 
taillement civil, et (jui n'ont pas été payées 
jusqu'ici. 

En ce qui concerne le prix du blé pour la 
récolte de 1917, le Parlement a donné, par 
le texte même de la loi, un blanc-seing com- 
plet au (jouvernemenl. Le prix de 40 fr. 
qui avait été prévu jusqu'ici par celui-ci ni* 
pourra pas être abandonné; il serait ménir 
de la plus simple équité qu'il fût relevé no- 
tablement au-dessus de ce taux. 
Le Sénat a adopté le projet, dans sa séanctt 

I9n. — K 



131 



CHRONIQL^E AGRJCOLK 



du 5 avril, après un échange assez court d'ob- 
servations. Le rapporteur, M. I.liopiteau, a 
fa'l valoir la nécessité (Tun vole rapide pour 
répondre au désir exprimé par le Gouverne- 
ment, mais on présentant quelques réserves 
à l'occasion des dispositions relatives à la 
taxation du Mé. et en protestant contre les 
arrêtés arbitraires pris par un trop grand 
nombre de préfets contre la circulation des 
grains. Le ministre du Ravitaillement a rap- 
pelé, comme ses prédécesseurs l'avaient fait 
à diverses reprises, que ces mesures étaient 
illégales, et il a promis d'y mettre lin; sera- 
t-il mieux obéi que ceux-ci ? 

Dans cetlc discussion, il a été fatalement 
question du prix qui sera payé pour le blé 
des prochaines récoltes. M. Mélinea rappelé, 
à cette occasion, que si l'on veut décider les 
cultivateurs à semer du blé, il faut augmenter 
le prix auquel on le paiera et le leur faire 
connaître d'avance. Le Gouvernement n'a pas 
pris d'engagement ; toutefois le ministre du 
liavilailiement a rappelé ([ue le (iouverne- 
ment avait désiré appliquer immédiatement 
le prix de AO fr., m.iis qu'il a dû céder devant 
l'opposition de la Chambre des Députés. 

Le projet relatif aux mélanges de farines 
ne pouvait pas donner lieu à de longues 
observations, (.lonstalons simplement que 
les proportions des mélanges indiquées dans 
le texte de la loi et dans le décret du 8 avril 
pouri'ont être modifiées par des décrets. 

La crise des pommes de terre. 

Une crise intense sévit aujourd'hui sur le 
commerce des pommes de terre, aussi bien 
pour celles de consommation que pour les tu- 
bercules de semences. .Au cours des discus- 
sions devant la Chambre des Députés et de- 
vant le Sénat, (ju'on vient d'analyser, des 
explications ont été demandées au Gouver- 
nement. Le ministre du Ravitaillement et le 
ministre de l'Agriculture se sont retranchés 
derrière les difficultés des transports. Or. ces 
iliflicultés étaient les mêmes lorqu'il a été 
«rééau ministère de l'Agriculture un Service 
des pouunes de terre qui s'était engagé à 
fournir aux agriculteurs qui s'y adresse- 
raient, les semences dont ils auraient besoin. 
On a provo(]ué des espérances qui ne se réa- 
lisent pas; il en résulte un méconlentement 
dont nous recevons trop de témoignages 
pour ne pas le signaler. 

Le Gouv^frneuient ne paraît pas, d'ailleurs, 
toujours bii>n renseigné sur les situations lo- 
cales. En viiici une preuve dans une lettre 
adressée au ministre du Itavilaillemenl par 
M. Richard, sénateur, président du Conseil 
général de Saônc-el-Loire : 



Vous avez déclaré à la Chambre des ilépiUés, 
le M> mars dernier, qu'en Saône-et-Loire la 
pomme de terre vaut 2-> fr. ."iO et que les cultiva- 
teurs y sont embarrasés Je tubercules à un puint 
tel qu'ils ne savent coninient les accommoder 
pour varier leurs plats. Je ne sais comment vous 
avez pu accorder créance au correspondant qui 
vous a envoyp une information aussi faiilaisisle. 
Kn Sa6ne-et-l.oire, la pomme de terre se vend, 
d'après les mercuriales officielles, de 25 à 35 fr.. 
suivant qualité. Elle y est si ppu abo^idaiite 
qu'elle l'ail iléfaut même dans certaines com- 
munes rurales qui oui dû en acheter dans 
d'autres dépailements et que le Conseil ««'néral a 
charfîé, la semaine dernière, uq commissionn.iire 
de lui en actieter 000 tonnes dans les ttéparie- 
meiits producteurs, pour parer au déficit île la 
production de Saône-et-l,oire. Non seulement la 
pomme de terre manqui: pour la consonimalion, 
mais elle fait aussi défaut pour les semences. 

Je compte qne, mieux renseigné, vous voudrez, 
bien, en votre qualité de ministre du Havilaille- 
ment, aider notre département à se i>ri>curer, 
sur des marchés mieux fournis, cet aliment de 
première nécessité. 

C'est surtout par l'initiative et l'énergie 
des cultivateurs <|ue, pour les pommes de 
terre comme pour les autres cultures, la pro- 
cliaine récolle sera assurée. 

Nécrologie. 
Nous annonçons avec regret la mort de 
M. Léon de Dufourcq, président de la Société 
d'Agriculture des Basses- Pyrénées, décédé à 
Mont le .") avril, à l'dge de soixante-huit ans. 
Il était un des agriculteurs les plus habiles 
de la région, et il a travaillé avec succès à la 
propagation des progrès autour de lui. Il 
était chevalier de la Légion d'honneur et 
commandeur du Mérite agricole. 

Les terres abandonnées. 

La Chambre des Députés a adi>pté le pro- 
jet vote par le Sénat 1.^ Ili février sur les mé- 
thodes ;\ suivre dans la mise en culture des 
terres abandonnées; ce projet est devenu la 
loi du 7 avril, dont on trouvera le texte plus 
loin (p. 137). 

Dans le ra])port présenté sur ce sujet au 
nom de la Commission de l'Agriculture, 
M. Dariac a fait connaître les résultats d'opé- 
rations d'achat de tracteurs p;ir le ministère 
de l'Agriculture, autorisées par la loi du :2 jan- 
vier. Il a été acheté d'abord, pour une somme 
de 13(itl"i(lll fr., 112 ap|)areils auK'ricains 
alors disponibles en France. Sur i'.t.'t appa- 
reils achetés aux lîlals-Unis pour une somme 
de 2 600 000 fr. (non compris les frais de 
transpiirt et les droits de douane'i. un premier 
lot lie iii était .arrivé à la lin du mois de 
mars. D'autre part, 00 appareils ont été com- 



CHRONIQUE 

mandés à des constructeurs français pour 
une somme de 1 2r)() 000 fr.; mais le rapport 
ajoute que la livraison de ces appareils ne 
pourra avoir lieu qu'à la fin de l'été. 

Le sulfate de cuivre. 

A diverses reprises, nous avons signalé les 
manœuvres des courtiers qui, grâce à la naï- 
veté de certains Syndicats viticoles, ont créé 
la panique à propos de.s approvisionnements 
en sulfate de cuivre pour le traitement des 
vignes. La question a été soulevée récemment 
au Sénat par .M. Monis. 11 résulte des e.xplica- 
tions données par M. Méline et par M. Fer- 
nand David, ministre de l'Agriculture, que' ! 
depuis un an. toutes les mesures nécessaires j 
ont été prises pour accroître la production en 
France et pour assurer les importations an- 
glaises. Quant aux pri.x, M. Fernand David a 
annoncé qu'ils fonctionnent dans les condi- 
tions suivantes : 

Nous n'aurions pas voulu intervenir trop brn- 
lalemenl, mais nous n'avons pas, non plus, 
voulu que lis accumulations de stocks — qui 
sont certaines dans les mains il'uri assez iji and 
nombre de détenteurs — servissent à des haus- 
ses exagérées dont les viticulteurs, oblij^és 
d'aclieter à tout prix, fussent victimes. Nous 
avons eu en mains la li-le des actieteurs de nos 
usines et l'indication de leurs prix d'achat, et, 
sur des renseignements très précis, mon prédé- 
cesseur au ministère de l'Agriculture, M. Clé- 
menlel, a été amené, le 16 mars, à donner des 
instructions aux préfets pour que le sulfate 
d'origine française ne put être vendu à un prix 
supérieur à 160 fr. et que le sulfate d'importa- 
tion anglaise ou amériiaine, en sacs d'ori^'ine, 
ne pût être vendu plus de 19b fi.; ces prix s'en- 
tendent au dé[iart des usines ou des ports d'arri- 
vée. Je ne ili-» pas que ces précautions donneront 
satisfaction à tous, mais elles me paraissent ce- 
pendant de nature à permettre d'écouler, dans 
des conditions lionnéies, les ijuantités de sulfate 
<le cuivre i|ui ont été accumulées. 

Il résuite de ces renseignements que les 
courtiers on intermédiaires de toute sorte 
qui ont cliérclié des hénélices scandaleux sur 
le dos des viticulteurs vont voir leurs calculs 
déjoués par le fait ou même la simple menace 
d'une ré(iuisilion légitime. Toutefois, la crise 
des transports met toujours obstacle à la ré- 
partition rapide dans les centres viticoles. 

Essais officiels de culture mécanique. 
La première série en 1917 des essais con' 
trolés de culture mécanique a eu lieu du 12 
au 15 avril, sur les terres de l'Kcole de méca- 
niciens agricoles à Noisy-le-Grand (Seine-et- 
Oise). Le directeur de l'Ecole, M. Olry, était 
commissaire général; il a dirigé les opéra- 
tions avez un zèle et une liabili-té qui ont été 



AGKtCUt.E 



133 



unanimement reconnus. CÀimme dans les 
expériences précédentes, M. Ringelmann, di- 
recteur de la Station d'essais des machines 
agricoles, était chargé du contrôle et des 
recherches d'ordre technique. 

M. Fernand David, ministre de l'Agricul- 
ture, a assisté le l'.i avril à ces essais. Ac- 
compagné par M. Sagourin, directeur de 
l'Agricullure, il s'est fait donner d'amples 
explications sur la marche des appareils. 
L'intérêt qu'il a manifesté était, d'ailleurs, 
partagé par la nombreuse aflluence des visi- 
teurs. 

Le nombre des appareils présentés était le 
plus élevé qui ait été encore constaté. On en 
comptait, en effel, vingt-deux, amenés soit 
par des constructeurs français, soit par des 
représentants de constructeurs étrangers, 
ces derniers formant, comme toujours, la 
majorité, De ces appareils, quelques-uns 
n'avaient pas encore été présentés aux agri- 
culteurs français; ils suscitaient naturelle- 
ment une plus vive curiosité. Tel fut le cas 
notamment pour un appareil américain, dé- 
barqué à peine depuis quelques jours. 11 y 
aura lieu de donner des détails sur cette 
manifestation, mais il convenait d'en signa- 
ler sans retard le succès. 

Prorogation des baux. 

Par un décret en date du 13 avril, les dis- 
positions antérieures relatives à la proroga- 
tion et à la suspension des baux des fermiers 
et des mét:iyers qui ont été mobilisés, seront 
applicables aux baux qui doivent prendre tin 
ou commencer à courir dans la période du 
30 juin au 31 décembre 1017, soit en vertu de 
la convention des parties, soit par suite d'une 
précédente prorogation ou suspension. 

Les déclarations néci'ssaires pour jouir de 
cette disposition doivent être faites soixante 
jours au moins avant l'expiration du bail ou 
de la date fixée pour l'entrée en jouissance. 

La reconstitution des régions libérées. 

On a lu dans la Chronique du 8 février 
(p. 42) que le Gouvernement a présenté à la 
Chambre un projet de loi destiné à ouvrir un 
crédit spécial de 250 millions de Iriinc* pour 
la reconstitution industrielle des régions en- 
vahies. Le ministre do l'Agriculture a pré- 
senté, le 20 mars, un autre projet se rappor- 
tant à la reconstitution agriiole de ces ré- 
gions. Ce projet tend à ouvrir un crédit de 
300 millions de francs, qui pourra être aug- 
menté ultérieurement, pour l'achat de mali'- 
riel, de bétail, d'engrais, de semences, etc. 
La valeur des objets cède» serait remboursée 
par les bénéficiaires, soit directement, soit 



13(; 

sous forme d'impiilatioii sur les indemnités 
qui leur seront allribuùcs en exécution de la 
loi sur les ré|>aiations des dommages de 
guerre. 

Pour lexécution de ce programme, le pro- 
jet de loi prévoit la création, au ministère de 
l'Agriculture, duu Office agricole de recon\li- 
lutioii fies n-gions envahies, chargé d'effectuer 
les achats el la répartition. 

L'exposé des motifs insiste en ces termes 
sur les perles subies par les régions envahies 
par l'ennemi : 

En ce qui concernp le bétail, il est malheureu" 
sèment certain que l'ennemi a complètemen 
dépeuple les territoires qu'il occupe, el la re- 
constitution intégrale du cheptel s'impose. 

Le inalériel agricole a, de même, presque 
complètement disparu des régions qui soulTreiU 
de la fjuerre. Les Allemands ont envoyé en Alle- 
magne, au début de leur occupation, des trains 
complets de matériel pris dans les fermes fran- 
çaises; les machines qui restaient ont été dé- 
truites par les opérations militaires ou usées par 
suite du manque d'entretien. La reconstitution 
du cheptel mort doit donc être prévue pour la 
plus grande partie. 

11 est inutile d'insister sur la nécessité, au 
point de vue de l'intérêt général du pays, de 
poursuivre rapidement la renaissance agri- 
cole dans ces malheureuses régions qui occu- 
paient le premier rang dans la fortune de la 
l'rance. Elles méritent toute sollicitude non 
seulement pour ce motif, mais aussi pour 
l'indomptable courage avec lequel elles ont 
résisté au joug des barbares. 

Le troupeau bovin. 
Dans la séance du Sénat du 3 avril, 
M. Léon Mougeot a adressé une question à 
M. Fernand David, ministre de l'Agriculture, 
sur les mesures qu'il compte prendre pour 
arrêter la décroissance du cheptel bovin en 
l'rance. Les relevés qui avaient été exécutés 
jusqu'ici avaient fait ressortir que, depuis le 
mois d'aoAt 191 i jusqu'en décembre l'Jl'J, le 
nombre des bétes bovines avait diminué de 
plus de 2 millions de têtes, mais tiue durant 
les premiers mois de ilMIi. il avait commencé 
à se relever. Or, il résulte des indications 
fournies au Sénat, que ce relèvement aurait 
l'té remplacé, pendant le deuxième semesire, 
par une nouvelle décroissance. En effet, on 
ne comptait plus au 31 décembre, d'après le 
ministre de l'Agriculture, que 12 millions 
383 000 têtes, au lieu de 12 721 000 têtes au 
1"' juillet précédent; alors que, du 1" janvier 
au 1" juillet, le troupeau s'était accru de 
210 000 têtes, il a diminué de 341 000 du 
\" juillet au .'M décembre. Il n'est p.ns dnu- 



CUKONIQUIÎ A.GK1C0LE 



leux que cette réduction est le résultat des 
réquisitions militaires dont les méthodes pa- 
raissent toujours aussi abusives. Pour eu ap- 
précier la portée réelle, il serait nécessaire de 
connaître les détails du dernier recensement; 
on a le droit do se demander pour quels mo- 
tifs le ministère de l'Agriculture ne les a pas 
fait encore connaître. 

Les jours sans viande 
Un décret du l 'i avril a ordonné la fer- 
meture des boucheries et interdit la vente 
de la viande le jeudi de chaque semaine, du 
2.^ avril au l.'l mai. et les jeudi et vendredi 
du 15 mai au 13 octobre 1917. 

Ventes de veaux d élevage. 

Il sera procédé le 2.") avril el le 9 mai à la 
vente aux enchères publiijues de veaux d'éle- 
vage provenant du troupeau du camp relran- 
ciié de Paris. Ces ventes auront lieu, dans les 
mêmes conditions que celles de 1915 et de 
r.tltJ, ù l'étable de Levallois-Perret, 1, rue 
Deguingand, près la porte d".\sniéres. 

Chaque vente portera sur 20t) veaux des 
races normande, mancelle, hollandaise, tla- 
mande, limousine, charolaise, parihenaise 
et croisements divers. Les animaux seront 
offerts au public par lots de 1 , 2, 3, '» et 5 ani- 
maux âgés de 3 à 9 mois, et comprenant en- 
viron un tiers de rafiles et deux tiers de fe- 
melles qui, ayant été soumis à l'éipreuve de la 
tuberculine, n'auront pas réagi. 

Destruction des animaux nuisibles. 

On trouvera plus loin (j). l'»4| une circu- 
laire adressée aux préfets par M. l-"ernand 
David, ministre de l'Agriculture, sur la des- 
truction des animaux nuisibles. Celte circu- 
laire invite les préfets à prolonger, dans les 
circonstances nécessaires, la |iériode de des- 
truction, et .-surtout ;\ permettre aux proprié- 
taires ou fermiers l'emploi du fusil pour pro- 
téger leurs cultures contre les animaux nui- 
sibles. Ces mesures ne peuvent qu'être 
accueillies avec faveur par les agriculteurs. 

l'ne autri' circulaire, en date du 13 avril, 
rappelle aux préfets qu'il convient d'ordonner 
la destruction, pendant les mois d'avril et de 
mai, des nids de corbeaux et de pies. Toute- 
fois, afin d'éviter de favoriser le braconnage, 
l'emploi du fusil ne doit être autorisé que le 
dimanche ou le dimanche et le jeudi, si un 
seul jour par .semaine paraît insuffisant. 

La circulaire ajoute que les Freur ne sont 
nuisibles qu'en grandes bandes el que les 
Choucas et les Corbeaux des Alpes ne le sont 
pas. 

Henhy Sacnir». 



PARTIE (IFKICIELLI-: 



131 



PARTIE OFFICIELLE 



I. — Loi du 7 avril 1917 relative à la mise 
en culture des terres abandonnées. 

Arl. l•^ — Pi-iulant l;i durée Jo la j,'uerre et 
la campaj^oe agricole (|ui suivra la cessalion des 
hostilités, rAdminislratioii de l'Agriculture est 
autorisée à prêter son concours, dans les condi- 
tions fixées par arrêté ministériel, à l'exécution 
des travaux de culture pour le compte de dépar- 
tements, communes, comités d'aclion agricole, 
associations, syndicats ou particuliers. 

Le prix des travaux sera recouvré sur le béné- 
ficiaire comme en matière de contributions di- 
rectes. 

.\)-t. 2. — Le ministre do l'Agriculture est 
chargé de se procurer les machines et les ma- 
tières premières (carburants, huiles, etc.), pièces 
de rechange, objets et locaux divers nécessaires 
à l'entreprise, soit par voie d'adjudication et 
d'achats de gré à gré elTe(-tués en France ou à 
l'étranger, soit par voio de ré(|uisition. Il pourra, 
s'il y a lieu, cédera l'amiable aux départements, 
communes, sociétés coopératives ou associations 
de culture mécanique, le matériel disponible. 

Les acquisitions ou cessions visées au para- 
graphe précédent peuvent être effectuées sans 
marché ni adjudication, quel qu'en soit le mon- 
tant. 

L"; droit de réquisition est exercé dans chaque 
département par le préfet ou par son délégué, 
sous l'autorité du ministre. 

Art. 3. — Los opérations de recettes et de dé- 
penses effectuées pour l'application des articles I 
et 2 sont constatées à un compte spécial intitulé : 
<< Travaux de culture ". Il en est justifié à la Cour 
des compt'S par un agent comptable responsable 
desdites opérations... 

Ail.i. — Les dispositions législatives et régle- 
mentaires conci'riiant le contrôle des dépenses 
engagées sont applicables aux dépenses à porter 
au compte spécial. 

Art. 5. — Les dispositions des paragraphes 1 
et 2 de l'article 21 de la loi du .1 juillet )S77, re- 
latives aux réquisitions [militaires, sont appli- 
cables aux réquisitions prévues tant par la pré- 
sente loi que par la loi du octobre I91G. 

Art. 6. — Des avances spéciales pourront être 
consenties pour une durée maximum de trois 
ans aux collectivités visées à l'article 2 de la pré- 
sente loi, sur le fonds des avances spéciales aux 
coopératives agricoles prévu par la loi du 29 dé- 
cembre 1906. 

Art. 7. — Des décrets rendus sur la proposi- 
tion du uiinistro de l'Agriculture détermineront 
le mode des réquisitions, la fixation et le règle- 
ment desimlemnilés et les conditions d'applica- 
tion de la présente loi. 

II. — Loi du 7 avril 1917 relative à la taxation 
dn blé. 

.4r^ l"". — Les dispositions des deux premiers 



[)aragraphes de l'article 1'^'' de l;i loi du 2t) juil- 
let 1916 et la loi du30janvier 1017 sont abro- 
gées. 

Les dispositions des lois du 17 avril 1916 et du 
29 juillet 1916 concernant la taxation et la ré- 
quisition de l'avoine, de l'orge et du seigle sont 
applicables au blé-froment et à toutes les cé- 
réales et farines susceptibles d'entrer dans la 
fabrication du pain. 

Art. 2. — La différence entre le prix du blé 
établi par l'article 1" de la loi du 29 juillet 1916 
et celui qui pourrait résulter de la taxe à établir 
en conformité de l'article précédent sera rem- 
boursée par l'Etat, dans les conditions qui seront 
fixées par un décret rendu sur la proposition du 
ministre dn Ravitaillement général et du mi- 
nistre des Finances. 

Il en sera de même en ce qui concerne les cé- 
réales succédanées. 

III. — Loi dn 8 avril 1917 relative à l'addition 
de farines de succédanés à la farine de fro- 
ment. {Extniit.) 

Ait. l". — La farine de froment pourra être 
employée, dès la promulgation de la présente 
loi, pour la fabrication du pain mis en vente, en 
mélange contenant de lii à liO 0/0 de son poids 
total de farine de seigle ou en mélange de farines 
de maïs, d'orge, de sarrasin, de riz, de fèves ou 
de léveroles, celles-ci ne pouvant dépasser au 
total, dans le mélange, la proportion de IS 0/0. 

Deux mois après ladite promulgation, le (iou- 
veinenient pourra transformer, par décret rendu 
sur le rapport îles ministres du Kavitaillement 
et de r.\griculture, la faculté prévue au para- 
giaphe précédent en une obligation. Mais, en ce 
cas, il devra assurer aux meuniers, à un prix au 
plus égal à celui îles farines de froment, la four- 
niture des larines de succédanés dont l'emploi 
sera obligatoire. 

A partir de la publication de ce décret, les 
meunière ne pourront plus mettre en vente ou 
vendre que de la farine mélangée dans les con- 
ditions qui seront fixées par ce même décret, et 
les boulangers ne pourront plus mettre en vente 
ou vendre que du pain fabriqué avec cette farine. 

Le nombre des farines admises au mélange 
avec la farine de froment pourra être augmenté, 
s'il y a lieu, par décret; la proportion du mé- 
lange ci-dessus fixé pourra être modifiée dans la 
même forme. 

.\rt. 2. — Les infractions aux dispositions de 
l'article 1"'' et aux dé-creis pris pour son exécu- 
tion, seront punies de 16 fr. à 2 000 fr. d'amende 
et di' six jours à deux mois d'einprisonneraentou 
de l'une de ce.t deux peines seulement... 

Art. .T. — Ces peines seront également appli- 
cables : 

1° A ceux qui, sous léserve îles mélanges au- 
torisés par l'article 1"'', auront mis en vente oa 



138 



l'AKTIE OFFICIELLE 



vendu une farine de froment autre que la farine 
dite entière, lai|uelle doit contenir tous les élé- 
ments du blé, hormis le son et les corps étran- 
gers ; 

2° A ceux qui se seront rendus coupables de 
^'aspillage de pain propre à la consommation 
humaine : 

3° A ceux qui auront employé, pour la distil- 
lerie, du froment en grain propre à la mouture, 
qu'il soit pur ou mélangé ;"i d'autres céréales. 

Ail. 4. — Sont abrogées toutes dispositions 
contraires à la présente loi. 

IV. — Décret du 8 avril relatif à l'application 
des lois sur la taxation du blé et sur les mé- 
langes de farines. ^E.i-lrnil.) 

Heccnsement des céréales. 

.\r!. \". — Il sera procédé, sur toute l'étendue 
du territoire, à un recensement des blés, orge, 
seigle, mais, sarrasin, soja, sorgho, millet, fèves 
et féveroles se Uouvant chez les cultivateurs. 

A cet effet, les cultivateurs sont tenus de dé- 
clarer ù la mairie de leur résidence, au plus tard 
avant le 25 avril 191'i, les quantités qu'ils dé- 
tiennent, soit qu'ils les aient achetées, soit 
((u'elles soient déposées chez eux ou dans les 
moulins pour leur compte ou dans fout autre 
endroit. 

Spécialement pour les céréales, ils indique- 
ront les stocks battus et les stocks en perbes. 

Les maires feront dresser procès-verbal de ces 
déclarations après avoir fait procéder, le cas 
échéant, aux vérifications nécessaires. 

Les cullivat''urs, sur les quantités déclarées, 
sont autorisés à conserver 100 kilo^r. de blé ou 
de toute autre céréale par tête pour leur con- 
sommation et celle de leur famille, jusqu'au 
15 août 1017. La quantité ainsi réservée devra 
également être déclarée et faire l'objet d'une 
mention spéciale. 

Les cultivateurs devront, en outre, indiquer 
dans leur déclaration quelles sont, sur le stock 
déclaré, les quantités nécessaires pour l'alimen- 
tation de leur bétail jusqu'au 15 septembre 1017 
et indiquer la nature des céréales ou succédanés 
destinés à cet emploi. 

Art. 2. — Dans chaque mairie, il sera établi 
un compte, au nom de chaque cultivateur, des 
(juantités déclarées. 

Pour les céréales, il lui sera accordé une tolé- 
rance de déclaration de 10 0/0 pour les quanti- 
tés en grains, et de 20 0/0 pour les quantités 
en gerbes. 

Achat et réi/uisilion des blés. 

Art. H. — Les blés qui ne sont pas destinés à 
la consommation familiale seront achetés à 
caisse ouverte, par l'Administration, chei le cul- 
tivateur, au prix de ;<0 fr. les 100 kilogr. 

Us pourront également être achetés au même 
prix par les meuniers, qui se feront délivrer, par 
le maire, un certificat constatant, outre le nom 
de l'acholeur, le ni>m du vendeur, et aussi lindi- 
cation des quantités livrées. Ce cerliQcal sera 



transmise la préfecture ou à la sous-préfecture' 
après inscription desdites quantités livrées, au 
compte du cultivateur, à la mairie. 

Art. 4. — Le ministre du llavitaillemeiit géné- 
néral remboursera aux meuniers la diflérence 
entre le prix du blé établi par l'article l'' de la loi 
du 29 juillet 1916 et celui auquel il ressortira 
par suilft des dispositions du présent décret et 
des instructions destinées à le compléter. 

Toutefois, il n'y aura pas lieu à rembourse- 
ment lorsque la différence prévue au para- 
graphe 1"' sera compensée par l'augmintatiou 
des taxes de la farine et du son. 

Art. 5. — Les quantités de l>lé non déclarées 
au 2,ï avril 1917 ne pourront être vendues ou ré- 
quisitionnées à un pri.\ supérieur à 33 fr. les 
100 kilogr. 

.\rl. 0, — Le prix fixé à l'article 3 pourra être 
majoré : 

1° D'une somme de 1 fr. 50 représentant les 
rais de camionnage et de manutention, la ré- 
fmunération des intermédiaires et autres frais ; 

3° Du prix de transport par voie ferrée de la 
gare de départ à la gare du moulin ou du lieu 
de consommation. 

Farines et sotis. 

Arl. 7. — Les taxes actuellement établies pour 
la farine de froment pourront être majorées de 
2 fr. 25 par 100 kilogr. 

Art. 8. — A partir de la publication du pré- 
sent décret, le son ne pourra être mis en vente, 
vendu ou réquisitionné aux moulins à un prix 
supérieur à 21 fr. les 100 kilogr. 

Art. 9, — Tout cultivateur aura le droit, en 
livrant son blé au meunier, d'exiger que ce 
dernier- lui restitue la quantité de son corres- 
pondant à la quantité de blé livré. Ce son sera 
compté au prix de 21 fr. les 100 kilogr. et le 
montant en sera déduit de la somme à payer au 
cultivateur pour son blé. Toutefois, le meunier 
aura un délai d'un mois pour restituer au culti- 
vateur le son dout 11 lui sera redevable. 

.Aclial et réquisition des céréales autres que le bl<' 

et dex divers succrlanés prévus à l'art, i". 

Art. 10. — Les prix des farines des céréales 
autres que le blé et des divers succédanés dé- 
nommés à l'article I' ^eronl établis dans chaque 
déparlement par une Commission présidée par 
le préfet, et entreront en application après 
l'approbation du ministre du navitaillenient 
général. 

Arl. 11. — Le seigle et l'o rge, lorsqu'ils auront 
fait l'objet delà déclara ion prévue à l'article l'f, 
seront achetés à caisse ouverte avec une majo- 
ration do 3 fr. sur les taxes établies par les 
articles t, 2 et 3 du décret ilu 16 janvier 1917. 

Art. 12. — Li Commission prévue à l'article 10 
sera composée de deux membres de la Commis- 
sion départementale, du directeur des Services 
a(;ri-oles du déparlemeni, de deux cultivateurs 
choisis par le préfet «laiis les associations agri- 
coles du dép:irteraenl et d'un meunier égale- 
ment choisi par le préfet. 



CULTUKE DL >AHHASIN 



139 



Avoine. j proiJucteur à un prix supérieur à 31 fr. les 

Art. 22 — L'avoine recollée en France anté- 100 kilogr. 

rieurement au I" janvier 1917 ne pourra tHre Ce prix pourra èlre augnuiité de la majoration 

mise en vente, vendue ou ri'quisitionnée chez le I prévue à l'article 6. 



CULTURE DU SARRASIlX 



Le sarrasin {Pnli/gointm fagopyrum), ap- 
pelé aussi, suivant les contrées, blé noir, bu- 
caille, etc., a été de tout temps une plante 
cultivée pour son grain essenlielli^nient ali- 
nientaire: sous forme de galette, do bouillies, 
de «U'épes, etc., il consliluail avanlageu-^e- 
ment, il n'y a pas encore longtemps, une 
lionne part de la nourriture de nos habitants 
de la Bretagne, du Massif Central, du Co- 
tenlin, etc. : en Russie, le paysan, le soldat 
et l'ouvrier consomment toujours de grosses 
quantilés de sarrasin. 

La cullure du sarrasin, toutefois, dimi- 
nuait en France parce que l'usage du pain 
blanc de fromcinl s'y était partout généralisé; 
mais, dans les circonstances aciuelles, le 
sarrasin doit reprendre la place qu'il occu- 
pait jadis dans beaucoup de nos régions. 
Comme succédané du blé, dans Ifs circons- 
tances actuelles, son grain peut nous être 
une re-source des plus précieuses. 

Avantages du sinrnsiii. — Le sarrasin est 
une plante peu exigeante, qui réussit à mer- 
veille dans presque tous les terrains à part 
les sols trop compacts et humides ; il réussit 
sur les terres nouvellement défrichées, sur 
les terres légères granitiques là où d'autres 
céréales ne viennent pas ou mal. Sa végéta- 
tion est 1res rapide; des lors, il se sème tard 
après toutes les autres céréales. Il peut éire 
considéré même comme une plante amélio- 
rante en ce sens que, semé assez dru, comme 
me le faisait remarquer M. Eugène l'iuchet, 
il éloulTe les mauvaises herbes qui, trop sou- 
vent, envahissent nos champs. 

Sa culture nécessite peu de main-d'œuvre, 
et enfin le semis e.tige une très faible quan- 
tité de grain à l'hectare. 

Mais le sarrasin demande à être cultivé 
sous le climat qui lui convient. 

Climat. — Il faut au sarrasin un climat 
plutôt humide que sec: c'est pourquoi en 
France nous le trouvons surtout cultivé dans 
les contrées où le ciel reste plus ou moins 
brumeux, dans nos régions de l'ouest notam- 
ment. Il est, en efl'et, très sensible aux vents 
chauds et secs au moment de la floraison. 
<- Il redoute, au printemps, les gelées tar- 
dives, pendant l'été les grandes chaleurs ou 
les sécheresses intenses, et, durant l'au- 



tomne, les brouillards, les pluies conti- 
nuelles et les gelées précoces. » (Heuzé). 

l ari'^lés. — Le snrmsin mnimun a un grain 
noir, anguleux, utilisé pour l'homme et les 
animaux, la volaille; mais on lui préfère 
aujourd'hui, |iresque partout et avec raison, 




Pig. 31. - Sarrasin argeiili.'. 

le Sarrasin grisou Sarrasin argenté, supérieur 
sous tous les rapports. 

Assolement, préparation du sol, engrais. — 
Dans les pays comme la Bretagne oii le sar- 
rasin occupe encore une large place dans les 
cultures et entre dans l'assolement régulier, 
il se sème ordinairement après blé; on le 
sème également comme première plante sur 
défrichement de landes; il vient très bien 
après plante sarclée, pomme de terre ou 
rutabagas: on peut le semer après choux, 
Irèlle incarnat, vesces d'hiver. On a, somme 
toute, une grande latitude', à raison de 
l'époque (ardive des semailles. 

La terre, touiefoi-, doit être bien ameublie; 
h' proverbe breton dit que le blé noir doit 
être semé dans la cendre et avec de la cendre. 

Comme engrais, surtout cette année, il 



110 



SLIi I.KS MÉTIIODF.S DE rri.TlIli: DV lîLK 



faudra se conlnnlpr dos engrais phosphnlés 
Inujours très uliles; si lou peut eu nvoii-, on 
mettra 400 à MCO Kilogr. de super|>iiOsp!iale 
ou scories par hertaro. 

Moine en temps ordinaire, quand on dis- 
pose de tous les engrais, il faut luéuager les 
engrais a/olés qui, trop ahondanis, cui- 
pochentla malurilé du grain. 

Setiiailles. — Le sarrasin est trôs sensil)le 
à la moindre gelée. Oa ne devra donc en 
cM'cuLer le semis (|iu^ lorsquo les celées 
blanches ne seront plus à craindre dans la 
région où on veut le cultiver. D'autre part, 
semé tard, il risque Tort d'être saisi par les 
chaleurs et la sécheresse de l'cté avant 
d'avoir atteint un di've'opp'inenl suflisaiil. 
C'est pourquoi, dans l'ouest de la l'rance, ou 
ne sème le sarrasin fju'en mai et jamais 
après le 2i juin {la Saint-.lean). 
JfcPresque partout on continue à semer à la 
Volée ; 50 A SO litres à l'heclare suffisent, 
soil3o a 5') kilogr. Un enfouit siuiiileiuenl les 
grains à la herse. 

Vèiiélation. — Les grains germent au bout 
de sept à huit jours, et si le temps est favo- 
rable, pluie douce et température tiède, 
rapidement la plante couvre la surface du 
champ: les tigiis s'élèvent, des ramiticalions 
nombreuses apparaissent. 

Le sarrasin, semé en mai. se couvre déjà 
<le quelques Heurs en juillet et. peiil à petil, 
celles-ci se montrent depuis la parlie lui'- 
diane de la lige jusqu'au sommet. 

Moisson. — C'est en septembre, ordinai- 
rement, qu(i se coupc! le sarrasin dans lOuest 
de la l'rance. Le moment de la iécolt(; est 
asset di'licat ;\ saisir. 

« l>es plantes peiivi'ut être coupée" lors- 
que leurs liges ont pris une nuance rou- 
geàtre, lorsque leurs corymbes ne; préseulenl 
plus supérieurement (|u'un très petit nombre 
de Heurs, lorsque la plupart des grains. 
situés sous ces inlloiescences, ont pris une 
teinte gris-hrnnàlre, qu'ils se laissent aisé- 
ment couper par l'ongle et qu'ils présptilcnt 
une cassure amylacée ou farineuse." ^lleu/éi. 

Le sarrasin coupé ne doit pas rester eu 



javelles étendues sur îe sol. On dresse celles- 
ci en petites moyetles, en faisceaux ou pou- 
pées; ces tas sont plus ou moins volumineux 
suivant l'étal plus ou moins prononcé de 
dessiccation des tiges: souvent on se contente 
de dresser deux à deux, l'une contre l'autre, 
deux javelles, en les écarlant du pied. 

Ainsi disposé, le sarrasin achève de mûrir 
et il se dessèche. On le bal ensuite presque 
aussitôt; du resie, il est rare que tiges et 
feuilles ^-oient assez sèches pour qu'on puisse 
rentrer la récolte dans une grange: une fer- 
menlalion serait ;\ craindre. 

Con.ienatKin du fjrnni. — Le grain de sar 
rasin, passé au tarare pour le débarrasser des 
débris de tiges et feuilles. est étendu dans les 
greniers en couche mince: à plusieurs re- 
prises, on vient le pelleter et le remuer pour 
en achever la dessiccation complète. 

Ilendemenl . — Les rendements du sarrasin 
sont des plus variables suivant les conditions 
météorologiques de l'atinée. Dans le> cultures 
un peu soignées on récolte de 18 à 2"'» hecto- 
lilres à l'hectare. 

L'hectolitre pèse de 00 à G;> kilogr. 

D'ordinaire A 100 kilogr. de grain corres- 
pondaul loO kilogr. de paille. t>lle-ci, encore 
fraîche, peut être consommée par le bétail; 
sèche, elle est utilisée comme litière. 

L" sarrasin en culturp dérolitie. — La rapi- 
dité de végétation du sarrasin et se« exigences 
très faibles font que celte plante est semée 
dans mainles régions en culture dérobée. 

Dans la Mres-e et dans les lionibes, par 
exeuiple, on le sème après blé en août, sur 
un simple déchairmage, et on récolle encore 
un grain très recherché pour l'engraissemenl 
de la volaille, si abondante dans les fermes 
de ces pays. 

Kn cullure priricipaU;, en cullurc dérobée, 
faisons donc cette année du sarrasin : c'est 
une culture facile, peu dispendieuse et qui 
nous permettra de remplai-er en partie le blé 
dont la récolle sera délicilaire en France, 
cette campagne. Au cours .-icluel. en outre, le 
sarrasin permet de ré.iliser de bons prolits. 

II. lliTinH. 



SUR LKS IMÉTIIODKS DK CCrJLHE Dl HLE 



La communication faite !\ l'Académie 
d'.\gricuUure par M. iJevaux, professeur à la 
l'acuité des Sciences de Bordeaux, sur une 
méthode spéciale de semis et de cullure du 
blé, (]ui a été analysée ici numéro du S fé- 
vrier, p. .'tT], a fait l'objel de très vives criti- 
ques de la'part de M. Schribaux. Ces criti- 



cjues, .ayant été reproduiles dans nos colon- 
nes (numé-ros du 2"i février [et du 8 mars), 
une assez grande émotion s'est emparée de 
ceux qui avaient l'intention de niellre à l'es- 
sai les procédés indi((ui''s par M. Ilevaux. 

Il sera utile di- remelire les choses au 
point, d'autant plus qu'aujourd'hui il n'y a 



LK TUACIKllî MO:.IM-: 



141 



plus de dÙMiCcord enliv l'un ot raiilre. \iu 
effet, M. Devaux ayant écrit une brochure (1) 
pour explii]aer les mélliodes qu'il préconise, 
celle brochure est procédée d'une préface 
signée par M. Sclnibaux, qu'il convient de 
reproduire : 

Avant de bien coiinaitre la pensée de M. De- 
vaux je l'ai coinballue, ciir je croyais qu'il vou- 
lait conduire nos cultivuleurs à appliquer des 
méthodes culturales in^u(tisanllnent éprou- 
vées. 

Aujourd'hui, je sais que M. Devaux veut, au 
contraire, marcher avec prudence, et continuer 



à expériiiieiiter. 11 veut aussi provoquer des es- 
sais pratii|ues, ce qui est légitime. 

Je ne puis que l'approuver et j'espère sincère- 
ment que l'initiative du savant professeur, au- 
quel nous devons tant de travaux iinporlanls, 
sera féconde, et qu'elle conduira a des résultats 
intéressants pnur la cultuie des céréales. 

li est évident qu'il n'y a plus à revenir sur 
la question, du inoins pour le moment. 
Comme le dit très bien M. Scliribaux, c'est 
aux essais (ju'il appartient d'apporter la so- 
lution d'un problème délicat. 

Heivkv Sac.nier. 



I.E TRACTELU MOI.I.\E 



Monsieur le Directeur, 

Nous venons d'essavcr un tracteur « Mo- 
line » que quelques agriculteurs et nous, 
groupés en syndicat, nous avions acheté de- 
puis un an. 

Ce tracteur est bien dilTerenlde ce qui s'est 
fait jusqu'aujourd'liiii. l'ne nirafir'ristique, 



est que l'outil en travail ne comporte pas de 
poids mort à traîner sur des roues de direc- 
tion comme dans tous les autres modèles. 
Deux roues motrices sont accouplées sur un 
difl'éientiel, et la stabilité de l'appareil est 
assurée par la connexion de l'arrière du trac- 
teur avec l'insli'ument à remorquer. 




KiL'. 3.'. - 'i'raclour Moliiir-, 



Un seul conducteur 'est nécessaire. Dans 
les tournées, si la reprise est manquée, le 
tracteur recule avec sa charme ou l'instru- 
ment remorqué pour reprendre le travail 
correctement. 

Malgré son poids relativement léger : 
I 30t) kilogr. environ sans la charrue, c'est 
un excellent remorqueur: dès les premiers 

(1) Souirlles iiiétlmli'^ (le ciitluir (lu lilé et des 
autres céréales, indications praliijiies pnur len mellir 
à l'essai, par II. Uevacx. professeur à la Kaculté des 
Scieoces de Bordeaux. — Libinirie agricole, 26, rue 
Jacob, à Paris. Prix : fr. 60. 



essais, nous avons eu le plaisir de lui voir 
traîner avec aisance un chariot de iOOO ki- 
logr. sur un mauvais chemin en rampe. Mal- 
gré les assurances que nous avions reçues du 
l'onstrucleur, nous craignions qu'en terre 
forte le labour sur 0'". (10 de largeur foil trop 
pénible pour lui. 11 n'en est rien, et pourvu 
que l'étal du terrain lui permette de s'y 
cramponner, il pa^se dans tous les sols avec 
son bisoc à relevage automatique 

.le ne suis pas loin de croire (ju'cm atten- 
dant que les constructeurs nous offrent des 
tracteurs ;\ huile lourde qui, incontestable- 



1S2 



LES CAMPAGNES LIBÉnÉES DE LOI&E ET DE LAISNE 



ment, seront un gros progrès au point de vue 
économique, le tracteur « Moline » soit le 
type à adopter (.lans la majorité dès cas. Si, 
coinnie d'autres, il ne Ir.iine pas un Irisoc, il 
oHVe en retour l'avantage de n'exiger qu'un 
conducteur et, dans les travaux relativement 
légers où les autres tracteurs plus forts sont 
mal à leur place, il sera sans pareil. .Nous 
espérons en tirer le meilleur parti pmir le 
fauriiage avec une l'aucheuse de 1'" oO, pour 



la moisson avec une lieuse de 2°'.4(>,el m^me 
pour la culture de la vigne dans nos fultures 
à 2"'.;j0 sur il! de fer. avec un grand cultiva- 
teur à siège spécial que la fabrique nous 
construit. 

Kspéranl que ma lettre inléressera beau- 
coup de mes collègues abcmués du Journal, 
je vous prie d'agréer, etc. 

Pall Pouzi.n, 

.\griciilleur aux Kaluics ■Ic-Homans (Drôiiio). 



LES CAiMPAGISES LIIŒKÉES DE L'OISE ET DE L'AISNE 



Les destructions de cultures et d ;irbres 
fruitiers, l'incendie sjstématique de tous les 
centres agricoles, l'enlèvement de toute la 
population rurale des campagnes abandon- 
nées par les .Mlemauds, ddunent un intérêt 
douloureu.N à la description de cette vallée de 
l'Oise qui était un des joyaux borticoles de 
noire pays et de ces terres de grande culture 
du Vermandois entre Sainl-(Juentln et Pé- 
ronne. Elle n'a, bêlas! qu'un intérêt rétros- 
pectif, car le désastre est complet. C'est le 
désert, que l'ennemi a laissé derrière lui. 
Pour rendre à ces pauvres pays la prospérité 
perdue, il faudra refaire toute l'œuvre des 
siècles, aci'ouiplir une vêriiable colonisation 
à l'intérieur. .Mais la vitalité de la race pi- 
carde est telle que l'on peut pré\oir une 
prompte résurrection. Cette vieille province 
a subi déjà bien des ruines el, chaque fois, 
on la vit renaître de ses cendres. 

Dans la vallée de l'Oise, l'ennemi occupait 
le pays jusqu'aux abords de liibécourl que 
dominent les hauteurs, couronnées de grands 
bois, circonscrites par les vallées du Alatz et 
de la Divette. Le couloir de l'Oise oll'rait des 
paysages qui étaient parmi les plus heureux 
de la vieille France. Le flanc dis collims est 
plissé de cnurls vallons où s'allongent des 
villages enveloppés de vergers, dans lesquels 
dominaient des pommiers dont les fruits 
étaient recherchés par la pâtisserie pari- 
sienne. Les flancs bien exposés au soleil 
avaient des plantations de cassis. Les champs 
étaient en grande partie consacrés a la cul- 
ture du haricot dit de Soissons, appellation 
justifiée si^ulemenl par la concentration d'une 
partie du commerce des légumes secs dans 
la vivante ville de l'Aisne. Les variétés de 
Noyon el Chevrier teuaienl d'ailleurs une 
place égale daus les cultures. 

Ce massif de collines, en grande partie re- 
vêtu de bois, s'étend de l'Oise à Lassigny, 
bourg qui a joué un rôle si considérable de- 
puis 19H. La Divette prend naissance près 



de ce centre autrefois si gai avec ses jardinets 
bien tenus, remplis de fleurs, ses fenêtres 
également fleuries el ses grands pignons de 
pierre blanche, .l'ai gardé d'un passage à 
Lassigny le souvenir d'un extrême labeur 
paysan. C'était un dimanche de printemps, 
après la messe, la population s'était répan- 
due dans les champs, assez peu étendus, 
couverts de fèves el de pois et se livrait au 
sarclage de ces cultures jardinières. Même 
dans les blés, courts encore, on voyait des 
gens arrachant les mauvaises herbes. 

La petite vallée de la Divette, jusqu'à 
l'Oise, est frangée par le débouché de valions 
remplis de loi:gs villages aux toits rouges. 
Des ruisseaux vifs : Brouette, Dive, les vivi- 
fient, .sans cesse accrus par l'eau de drains 
dont la multitude révélait un bien rare esprit 
de progrès. Les cultures maraichères de 
Légumineuses dominaient; les .ibords des 
logis étaieui plantés d'arlires fruitiers. Que 
sont devenus ces beaux el plantureux vil- 
lages dont la rue principale, au fond du val, 
se raïuiliail en faubourgs dans chaque ravine 
latérale : Tliiescourt,(jOiinectancourl ou Ville? 

Plus opulent encore p-ir ses cullures elses 
vergers était l'ample bassin de l'uise autour 
de Noyon. Les bords d'une petite rivière, la 
Verse, qui aboutit à la ville même, n'étaient 
pas moins bien cultivés. Là encore, haricots, 
pois ou fèves couvraient les pentes douces. 
Le fond du val, où la Verse se répand eu 
lilioles, était consacré à l'artichaut el à des 
pépinières étendues. Les parties les plus 
mouillées, où la culture eùi été aléatoire, se 
consacraient à la plantation des peupliers. 
Les approches du bourg de Guiscard élaienl 
couvertes de ces plantations régulières en 
quinconces. La guerre, là encore, a dil ame- 
ner la dévastation. 

La partie la plus belle de ce pays, autre- 
fois SI riche, est la longue colline qui s'i''iend 
au nord de l'Oise, depuis Villequier, (ju'une 
belle roule relie h Cbauny, jusqu'à Noyon. 







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LES CAMP.Vr.XF.S i.lBKRÉKS DE LOISK ET DK LAISNE 



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Cette arètt>, que recouvre au sommet uue 
étroite forêt, est revêtue sur sa pente méri- 
dionale d'une multitude de beaux villages 
apparie.nanl les uns à l'Aisne, les autres à 
l'Oise. On ne saurait s'imaginer la j^aîté et la 
grâce de ce pay*. (iliaque village ou hameau 
et lit enveloppé de pouiiniers et de poiriers, 
des champs de cassis s'élnlaient au soleil. La 
vigne tapissait les façades et, comme en Dau- 
phiné et en Savoie, grimpait en haulius aux 
arbres des vergers. 

La culture fruitière constituait donc uue 
des richesses de la conirée. Les Allemands 
l'ont déliuiie en coupant ou mutilant les 
arhres. il (audra des années pour rétablirces 
plantations et reconstituer les villages dé- 
truits. 

La ciilluie des haricots av:iit la prédoml- 
nime. J'assistai aux semailles. Dans le sol 
soigneusement ameubli, des hommes tra- 
çaienl à la houe le sillon où les femmes et les 
enfanis laissaient tomber les grains d'un 
blanc laiteux. Souvent le champ avait uue 
surlai-f un peu considérable, alors ou ouvrait 
le sillon à l'aidi' d une houe A ciieval. Un 
ho;nme suivait, portant sur le dos un sac 
rempli de semences qu'il relirail à poignée 
pi'iir les laisser retomber avec soin. 

Jusqu'à Cliauny et à Tergnier le spiclacle 
lie cette vie lurale active était semblable. 
Que resle-t-il niainteniint de ces adorables 
campagnes, de ces villages pimpants, grou- 
pi's .lulour d'une église souvent chef d'œuvre 
iii' I époque ogivale ? Que rf ste-t il des 
grandes usines de i)roduits chimiques de 
Ch.iuny où l'agiiculture venait •."alimenter 
d'engrais? Un lums l'a dit, tout ( st détruit et 
la population capable de rétablir les cultures, 
les gens de seize à soixante ans, ont élé em- 
menés au loin pour subir le pire esclavage- 

Parmi les .enires dévasiés, le plus consi- 
dérable, après Chauny, était formé par les 
quatre communes qui se réunissent autour 
de la grande g^ire de jonction des chemins de 
fer de Paris .'i Bruxelles et de Calais h Baie, ii 
laquelle Ti-rgnier a ilonné son nom. Ter- 
gnier se prolonge par Vouél, Fargniers et 
Quessy en une seule agglomération où l'on 
comptait près de 1001)0 dmes. La campagne 
aux environs n'a pas la grâce du llauc des 
collines noyonnaises, c'est déjà le pays de 
grande culture où 'a betterave docriinc; aussi 
une sucrerie et une distillerie s'étaient-elles 
installées à Tei-gnier. Un des bourgs du 
groupe, Quessy, s'était doté d'une industrie 
intéressante, la forcerie de raisins et autres 
fruits, Ceurs et primeurs, qui a pris un dé- 
vrliijjpcmenl cou < ib'rable. Cet établissement 



qui rivalisait avec ceux de Bailleul (iN'ord), 
échnpiiés. me dit-on, à la destruction, et de 
Uoubaix, aujourd'hui aux mains des Alle- 
mands, avait tait de Quessy un des centres 
horticoles les plus remarqualiles de notre 
pays. On devine ce qu'il doit être devenu. 

La comp ignie qui exploitait les forceries 
de Quessv avait à côté de ce village, à Liez, 
une fabrique de sucre et rafliuerie qui ratta- 
chait cette contrée légumiére de l'Oise aux 
grandes terres à betteraves du Vermandois 
et du Saiiteire. Liez a dû soull'rir beaucoup 
pendant la bataille, ai môme il n'a pas été 
iié;ruit par l'eiiuemi. Le village et les usines 
à sucre, au bord du canal Cro'.at, sont domi- 
nés par un des deux forts (jue nos trou[ies 
ont enlevés. Région de grande culture, celte 
contrée était aussi productrice de fruits. Un 
des villages, Hemiguy, faisait un grand com- 
merce de pommes à ciiire. 

On retrouve la culture du pommier dans la 
vallée de l'Ailette, près de Coucy-le Château 
et jusqu'à Anisy-le-Chàteau. C'est encore une 
région pour la production des haricots et des 
pois. Les pentes du massif de Sainl-Gobain, 
si brillamment enlevées par nos troupes, 
bien exposées au soleil, étaient d'une ex- 
trême opulence rustique avec leurs vergers, 
leurs petits vignobles, leurs champs de Légu- 
mineuses et de pommes de terre. Le fond de 
la va'lée, le plateau porté sur les collines 
étaient consacrés à la betterave. De nom- 
breuses sucreries enrichissaient les deux 
cantons de Coucy et d'Anizy. On sait avec 
quelle méthode les Allemands ont enlevé 
tout le matériel de ces fabriques qu'il faudra 
longtemps, hélasl pour rétablir. 

Toute la vallée de l'Ailette olVr.iit le rnême 
specl.icle. Sur les plateaux, réguliers par le 
niveau mais si étrangement éch^ncrés par 
une multitude de vallons aux pentes s'escar- 
panL en f.daises creusées de carrières, bette- 
raves et céréales étaient maîtresses du sol, 
cultivé en très vastes domaines, comparables 
à ceux que j'ai décrits ici l'an dernier 1) en 
prenant pour type la forme de Ressons-le- 
Long, exploitée par un des membres de cette 
belle famille agricole des Ferté, dont le vé- 
néré chef avait l'ait de la ferme de Gonlré- 
court une exploitation modèle. Et, à ce pro- 
pos, signalons qu'un autre Ferté avait, à 
Coucy-la Ville, un remarquable (roupt-au de 
dishiey-mériuos. Coucy-la-Ville fut libéré 
par nos soldats le 27 mars, n)ais dans quel 
état se trouvait ce quartier bas de C<aicy-le- 
Chàleau! 

(I) Journal d'Afiriculluve prnlique du 10 no- 
vembre l'.MC, page .TJt). 



lil 



SITI ATIHN AliltlCJLi; llANS l.i:S VOSUKS 



Quant à la vallée de l'Aisne, dégagée jus- 
qu'à Soissons, elle élait également consarrée 
à la culture de la betterave, les pentes ayant 
les plus belles étendues de haricots de toute 
la région. Le canton de Vailly était un des 
plus grands producteurs de légumes secs, 
moins peut-être que Braioc, dans la vallée de 
1h Veslc. 

Le grand centre commercial pour toute 
cette contrée bouleversée et détruite par les 
obus des deux partis ou par la torche alle- 
mande était Soisson* dont la Bourse de com- 
merce réunissait, chaque samedi, produc- 
teurs et négociants qui, jadis, avait pour 



centre d'all'aire l'Agence, sorte de bourse en 
plein iiir, près du pont; les aiarchés s'ache- 
vaient dans les cafés, fameux en Champagne 
et Picardie, de l'Agence et de Foi. Ce centre 
de transactions est lui-même à reconstituer 
en entier, ni.iis si grande est la vaillance du 
paysan picard que la culture reprendi-a bien- 
tôt dans ces campagnes dévastées. Soissons 
reirouvera aussitôt son rôle de centre de né- 
goce pf'Ur tous ces pays dont la barbarie alle- 
maiiile n'a pu détruire le climat et la fertilité 
naturelle. 

Anuoii\-iii MAZi'.T. 



SUR LA DESTRUCTION DES AMMAUX NUISIBLES 



Circulaire du ministre de l'Agriculture 
aux Préfets. 

Le ministre de l'Agriculture à MU. les préfets. 
Paris, le 3 avril 1917. 

Mon prédécesseur vous a adressé, à la date des 
:iO décembre 1010 et lo janvier 1917, des iu-slruc- 
Uons eu vue d'intensifier les destructions d'ani- 
mau.K nuisibles sur tous les points où cis ani- 
maux étaient susceptibles de causer des dégâts 
aux cultures. 

Au moment ovi la période normale de destruc- 
tion va prendre fin dans la plupart des départe- 
ments, je crois devoir appeler votre attention 
sur la nécessité qu'il peut y avoir à prolonger 
celle pt'riode dans certaines régions où celle 
mesure e.sl justifiée parl'inlérél de l'agriculture. 
Il importe, en elTel, d'assurer une prolecliuii 
efficace des ensemencements de printemps et de 
ne pas attendre, pour permelire aux cultiva- 
teurs de défendre leurs récolles, que les ani- 
maux nuisibles y aient occasionné de graves 
dommages. 

La destruction des sangliers et des lapins, 
dans les bois au voisinage desquels ces animaux 
causent des ravages, peut en général être utile- 
ment poursuivie jusqu'à la pousse des feuilles, 



et celle des oiseaux nuisibles doit être autorisée 
au moment des semailles. 

D'autre part, dans toutes les nagions où les 
bêles fauves causent des dégâts soit aux cultures 
(sangliers, cerfs et biches), soit aux basses-cours 
(renarls, fouines et putois), il conviendra, à 
moins que von.s n'y voyez un inconvénient au 
point de vue de la sécurité publique, de rendre, 
par mesure générale, aux propriétaires ou fer- 
miers lu faculté de faire usage du fusil pour 
exercer le droit de défense contre ces animaux 
qui leur est reconnu par l'article 9, para- 
graphe 3 de la loi du :i mai 18H, et qui leur a 
été relire pir l'état de siège. Dans la zone des 
armées où une mesure générale de ce genre ne 
pourrait être prise, il y aura lien, après entente 
avec l'auUirité militaire, d'accorder dans le même 
but aux cnllivaleurs des permis individuelsd'em- 
ploi du fusil dans la plus large mesure possible, 
un vue de l'exercice du droit précité. 

Je vous riippelle que bs gardes particuliers 
assermenté'» doivent être autorisés à détruire 
eu tjut temps les animaux classés comme nui- 
sibles et qu'ils n'ont pin?, depuis le ("'janvier 
dernier, besoin d'être munis d'un pTinis de 
chasse pour procéder à ces destructions à l'aide 
du fusil. 

Febnand David. 



SITUATION AGRICOLE DANS LES VOSGES 



Cremiinvillers-Vagney, 9 avril. 

Entore l'hiver. Nous n'avons cessé de subir 
sans interruption une série de gelées, de tem- 
pêtes, de chutes de neige. Les monlagnes, au 
delà de l'altitude de KOO mètres, sont couvertes 
d'une couche de neijîe durcie dont l'épaisseur 
dépasse parfois un mètre. Uien n'est fait dans 
les cultures; c'est à peine si la végétation donne 
signe de vie. Pour peu que la situation tarderait 
à s'améliorer, les semailles devant être précoces 
seront trop tardives. 



Les dégâts causés par les intempéries sont 
inévitables, mais les coups sublls de certaines 
mesures administratives sans éludes préalables, 
telles la taxation des fromages à pAte molle, 
causent une perturbation économique et com- 
merciale dout les conséquences allaibliroiit la 
quantité des produits. 

L'.Vgricullure demanderait à «'-tre encouragée 
autieinent que par des taxes imprévues dont les 
conséquences lui retombent toujours. Il est vrai 
que l'on ne rencontre que trop d'abus dans la 
revente de nos produit», tels que celui que me 



CHARRIE l'.RABANT-DOrilLE AITOMOlilLE BENEDET'n- 



145 



rapporte un ami digne de foi, m'affirmant que 
nos fromages Géromés se sont \eiiJus jusqu'à 
6 fr. le deiiii-kiloiir. en Champagne. I.i; rôle de 
l'Administration serait d'atteindre la source de 
ces abus au lieu de prendre des mesures propres 



à alteindre la production. L'écart entre fr. et 
1 Ir. 110 payi' au producteur est trop sensible 
pour ne pas donner lieu à dos convoitises trop 
peu scrupuleuses. 

J.-B. Jacol'ot. 



CHARRUE RRARANT-DOUBLE AUTOMOBILE RENEDETTI 



M. Benedelti, conslruclinir A Grambois 
(Vaucluseï, a déjà construit el pnisenté di- 
vers types de cliarruesaulomobiles qui furent 
signalés dans Ip Journal d'A<ifi'iil- 
lure pratique lors de leur appari- ' 
lion; un des derniers modèles t'-lait 
la grande charrue etïecttianl les 
labours à plal, 'qui [prit part aii\ 
essais officiels de l'automne I9i:$..i 
Grignon et à Trappes. 

M. Benedetti vient de construire 
une petite charrue automobile mon- 
tée en br.ibant-double : elle est rc- 
pré.senlée par les figures 33 el 3î. 
La machine est destinôc aux moyen- 
nes exploitations et surtout à la cul- :' 
lure des plantations en lignes, de li 
vignes ou d'arbustes; mais elle con- 
vient aussi au labour à plat des 
champs destinés à d'autres cultures. 

Comme on le voit dsns la vue en lnng 



des labours, une série de tasseaux ou cram- 
pons assurant l'adhérence. L'avant du châssis 
porte le radiateur à ventilateur, le moteur à 





Kig. 34. — Vue arrière do la cli.'irruc autmui'bilc Hcnclci'i 

(flg. 33), le châssis e't porté par deux roues 
motrices dont le bandage peut recevoir, lors 



V\g. 3.3. — Charrue automobile Bcncdetli. 

deux cylindres, pouvant développer une 
puissance de 10 à 14 chevaux-vapeur, abrité 
par le capot, et le réservoir fixé au garde- 
boue. A l'arrière, le châssis se raccorde avec 
l'âge tournant d'une charrue brabant-double 
à trois mies, dont l'extrémité postérieure est 
soulenue par une grande roue qui roule dans 
le fond de la raie ( fig. 34); près de cette roue 
arrière se trouve une poignée permettant la 
mano'uvre de bascule à l'extrémité du 
ravage; la liaison entre l'avant de l'âge et 
l'arriére du châssis a lieu par encliquetage, 
et le réglage vertical s'ellectue par la vis de 
terrnge ordinairement en usage dans les 
brabantsdoubles. Un grand levier permet les 
diverses manœuvres. 

L'écartement des roues motrices est facile 
;'i modilier suivant la largeur du labour, afin 
qu'une des roues roule dans le fond de la 
raie ouverte au tour précédent. 

Le prix actuel de la charrue automobile est 
de f, 800 fr. 

L'ensemble, dont le poids est d'environ 
TOO kilogr., peut tourner dans un cercle de 
I mètre de rayon ; le virage est donc très 
court, comme il convient dans le labour des 
vignes, dont les fourrières n'ont générale- 
ment qu'une faible largeur. 

I{. Dessaisaix. 



lib 



MOKT DE M. SKULINK 



MOIVr DE M. SÉHLINE 



L'un des champions les plus éminents et 
les plus aimés de l'Agriculture nationale, 
M. Sébline, sénateur, conseiller général et 
maire de Monlescourt (Aisne), membre de 
l'Académie d'Agriculture, a été l'une des trop 
nombreuses victimes de la monstrueuse bar- 
barie allemande. 11 avait tenu, lors de l'in- 
vasion, à rester au milieu de ses concitoyens 
atin de les réconforter et de les aider ;\ sou- 
tenir les dures épreuves qui les men.içaient 
et qu'ils eurent à supporter pendant plus de 
trente mois. Lorsque l'armée française ren- 
tra à Monlescourt il y a quelques semaines, 
ses amis s'inquiétèrent de n'avoir pas de 
nouvelles; mais bientôt, on apprit qu'il était 
mort dans des circonstances tragiques, sur la 
route de l'exil, au milieu d'un troupeau de 
Français déportés par un ennemi sauvage. 

Charles-Nicolas Sébline. né en 184G à 
Sainl-Pellerin Manchel, était lils d'un habile 
herbager du Cotentin. Mais, s'il était d'ori- 
gine agricole, le début de sa carrière parut 
devoir l'éloigner de l'Agriculture. En elTct, à 
l'à.i^e de vingt-quatre ans, en IH70, il entrait 
dans l'admiiiistralion préfectorale. Il occupa 
successivement le poste de secrétaire général 
dans divers départements, notamment dans 
celui de l'Aisne, devint préfet et après 
être passé par plusieurs préfectures, revint 
en 1877 comme préfet dans le département de 
l'Aisne qu'il administra pendant huit ans 
avec une activité exceptionnelle. Son retour 
à Laon devait exercer sur sa carrière une iu- 
lluence décisive. 

Pendant sou premier séjour dans ce dé- 
partement, il avait été témoin d'une activité 
agricole intense, se développant avec vigueur. 
Quand il y rentra, celte activité avait fait place 
à un [uarasme qui s'accroissait rapidement. 
C étail répoipie de la crise intense ([ui frap- 
pait surtout la grande culture, celle des cé- 
réales et celle de la betterave, dont les agri- 
culteurs de l'Aisne avaient développé et amé- 
lioré la production dans des proportions 
excepliouni'lles. Déjà cette crise avait attiré 
l'attention, et les plaintes des agriculteurs se 
faisaient entendre di- toutes parts. Sébline se 
livre à une enquête approfondie dans toutes 
les parties de son département; il acquiert la 
démonstration que nombre de fermes sont 
abandonnées, qu'on ne trouve [ilus m il louer 
ni a vendre les terres même les plus fi'r- 
liles. A diverses reprises, il signale celle si- 
tuation dans des rapports adminislralifs qui 



se heurtent à l'indifTérence bureaucratique ; 
de guerre lasse, il porte les résultats de son 
enquête au comte de Saint-Vallier, sénateur, 
en le suppliant d'intervenir. Celui-ci, dans la 
séance du Sénat du 29 février 188i, déroule 
ce dossier dans un discours dont le retentis- 
sement fut énorme. Devant ce sombre ta- 
bleau, M. Méline, nommé récemment mi- 
nistre de l'.Vgi-iculture, ordonne immédiate- 
ment une enquête qui démontre la réalité des 
faits et qui devient le prologue des lois qui 
devaient, quelques mois plus tard, établir 
les premiers tarifs douaniers sur les céréales 
et sur le bétail. Un peut dire sans exagéra- 
tion que Sébline fut, en quelque sorte, le 
précurseur de la réforme qui devait rendre 
le courage à r.\griculture française. 

Le dévouement et le talent qu'il avait dé- 
ployés avaient acquis à Sébline la plus légi- 
time popularité auprès des populations du 
déparlement de l'.Msne. Deux ans plus tard, 
l'indépendance de son caractère l'ayant ap- 
pelé à se démettre de ses fondions de préfet, 
il fut appelé, quoique n'ayant pas atteint 
l'âge légal, au Sénat. Deux fois, son élection 
fut cassée pour ce motif, mais ses électeurs 
ne se découragèrent pas, et leur persistance 
força les portes de la llaute-.\ssemblée. Il fut 
constamment réélu depuis celte date. 

Entre temps, Sébline avait pris pied défini- 
tivement dans le département de l'Aisne. Par 
son mariage, il se trouva à la tête d'une 
grande exploitation de 300 hectares et d'une 
importante sucrerie à MunlescourlLizerolles, 
dan'i l'arrondissement de Saint-Quenliii. Il 
fui, dé;; lors, intimement mêlé à la vie des 
vaillantes populations -ont il avait pris pas- 
sionnément la défense. Il se montra rapide- 
ment un agriculteur et un industriel avise, à 
l'atl'ùl de tous les progrés; il fut un îles 
membres les plus autorisés de la Chambre 
syndicale di'S fabricants de sucre à laquelle il 
rendit les plus éminents services. 

Au Sénat, Sébline acquit bienliM une légi- 
time autorité. Orateur |)uissanl, à la parole 
chaude et vi tirante, il n'ln''sita pas à dépeii>-er 
son talent dans toutes les discussion.s où les 
intérêts agricoles étaient en jeu, aussi bien 
que dans celles qui louchaient à la vie sociale 
du pays. Ferme dans se< convicliims républi- 
ciines, il ne manipia .nii'Mni' occasion de 
s'élever avec énergie contre le< tendances 
des [lartis exlrêmes dont sa haute clair- 
voyance redoutait les dangers. Mais c'est sur- 



LE ROLE ALIMENTA[HE DV MANIOC DANS LES CONDITIONS ACTUELLES 



m 



tout dans les rapports et les discussions 
d'ordre technique qu'il manileslail ses con- 
naissances approfondies et son atlachenient 
aux solutions les plus utiles. 11 donna une 
preuve éclatante de ses hautes qualités lors- 
qu'il fut appelé, en 1898, à présider la délé- 
gation française à la Conférence interna- 
tionale sucriére de Bruxelles: dans un mi- 
lieu très délicat à manier, où dominaient les 
éléments hostiles, l'habile diplomatie de Sé- 
bline parvint ii écarter, au moins pour quel- 
ques années, les solutiiiDS contraires aux in- 
térêls dp la France. 

Sébline aimait ;\ se dépenser partout où il 
pouvait être utile. Pour n'en rappeler qu'un 
exemple, il se prodigua pendant une longue 
période au Comité de l'Association de l'In- 
dustrie et de l'Agriculture françaises; en 



189G, il fut appelé à remplacer M. Méline 
à la présidence et, pendant deux années, il 
y déploya l'activité et l'ardeur généreuses 
dont il ne se départit jamais. 

C'est eu 1901 qu'il fut élu membre de l'Aca- 
démie d'.\griculture. Mais déjà la maladie 
minait un organisme qu'il n'avait jamais 
voulu ménager. Pendant les dernières années, 
des atteintes de plus en plus fréquentes 
avaient ralenti son activité ; mais sa volonté 
puissante lui défendait de s'arrêier. Il a 
voulu rester à son poste et se consacrer à son 
devoir dans les péripéties les plus cruelles. 

Le nom de Sébline restera, à la fois parce 
que sa carrière a été éminemment utile et 
parce qu'il porte l'auréole du martyre pour 
la Frauce. 

Henrï SagiMer. 



LE ROLE ALLMENTAIRE DU MANIOC 

DANS LES COXDITIO.XS .VCTUELLES 



Kn ce moment, on olfre du manioc, farine 
et cossetles, dans plusieurs ports de l'Océan 
et de la Manche. Le prix de revient serait 
d'environ oo fr. les 100 kilogr., rendus à la 
ferme. Dans ces conditions, l'emploi du ma- 
nioc présente-t-il encore un avantage assuré 
pour l'éleveur? 

En ce qui concerne les veaux, la réponse 
ne saurait être douteuse. Le veau de grande 
race met ;\ peu près 'i*> jours pour passer du 
poids de Vj kilogr. à celui de 90 kilogr. Pen- 
dant ce temps, il absorbe 300 litres de lait, à 
raison chaque jour d'un litre par G kilogr. de 
son propre poids. 

En écrémant les •"iOO litres de lait, on peut 
en tirer de 20 à 2o kilogr. de beurre, soit une 
valeur d'une centaine de francs. 

Mais alors il devient nécessaire d'ajouter 
au lait écrémé ."^0 kilogr. de farine de manioc 
à l'état de bouillie. En comptant le manioc à 
fiO fr. les 100 kilogr., frais de cuisson com- 
pris, la dépense s'élèvera à 18 fr. seulement. 

Il faut en outre tenir compte de ce que les 
veaux élevés au lait écrémé avec manioc se 
vendent à la boucherie cinq centimes de 
moins que ceux qui ont vécu exclusivement 
de lait complet. C'est donc une diminution de 
4 fr. 50 sur le veau de 9i) kilogr. 

Il n'en reste pas moins un bénéfice net 
de 77 fr. 50 par chaque animal. 

Le bénéfice serait beaucoup plus important 
pour les veaux d'élevage, si on voulait leur 
accorder toute la quantité de lait que leurs 
besoins réclament. 



Pour l'engraissement des bovidés et l'ali- 
mentation des chevaux, nous n'oserions cer- 
tainement pas conseiller le manioc à 5.5 fr. 
les 100 kilogr. 

Dans l'élevage des porcs, au contraire, son 
emploi nous paraitdes plus recommandables. 

On peut facilement, avec un goret de 
25 kilogr., faire un porc gras de 100 kilogr., 
en 115 jours, au moyen de la ration suivante : 
180 kilogr. de cossettes de manioc, 60 kilogr. 
tourteaux d'arachides, 8 kilogr. farine d'os. 
Nous en avons l'expérience. 

Il n'y a pas de frais supplémentaires, puis- 
qu'il suffit de mettre les cossettes à 'remper 
dans l'eau froide. 

La dépense comme nourriture atteint : 

francs 

180" m.inioc à 55 fr 99 » 

60 tourteaux d'aractiides à 35 fr. 21 d 
8 farine dos 2 » 

Ensemble 122 » 

Au prix «le 2 fr. 00 le kilogramme vif, 
l'animal produirait 260 fr., soit 158 fr. de 
plus que la dépense de sa nourriture. 

Nous nous dispenserons de chiffrer une 
somme quelconque pour l'achat du goret, 
tant les cours varient actuellement et dif- 
fèrent d'une région à l'autre. Il n'en est 
pourtant pas moins évident qu'aussi long- 
temps que la viande sur pied se vendra aux 
environs de 2 fr. 60 le kilogr., on pourra, 
sans crainte de perte, en produire avec du 
manioc coûtant 55 fr. les 100 kilo;<r. 

Les éleveurs qui disposeraient de lait 



118 



ACADEMIK DAGRICLLÏURE DE FIIANCK 



écrémi' en quantité suflisanle (0 ou 7 litres 
par ti?tp ot par jour feraient une opération 
intiniment plus Inrralive. Ils n'auraient be- 
soin, ni de tourteaux, ni de farine d'os. L'en- 
graisseincnl serait plus rapide et ne nécessi- 
terait nièiue pas ISO kilogr. de manioc. 

Ceux-là auraient uno marge assurée de bé- 
nélice de 170 fr. environ par bête, sous dé- 
duction du prix de son achat. 

Un devra se garder d'ajouter k la ration do 
manioc des aliments d'une valeur nutritive 
moindre, dans un but d'économie mat enten- 
due. On n'arriverait ainsi qu'à prolonger la 
durée de l'engraissement et à en augmenter 
sensiblement la dépense. 

.Nous recommanderons expressément de 
ne pas se laisser tenter par le meilleur mar- 
ché, pour acheter des gorets mal venus, 
ayant jeûné au début de la vie. Il est rare que 
ces animaux ne causent pas des déceptions 
dans un élevage conduit d'une manière in- 
tensive. 

De même, il n'est généralement pas avan- 
tageux de faire l'acquisition de porcelets 
déjà grands. Au cours actuel des aliments, il 
n'en coûte pas 2.'» fr. pour doubler leur poids 
à partir de 2.'j kilogr. Prendre des animaux 
déjà à moitié élevés, c'est abandonner la 
meilleure part du bénétice à l'intermédiaire 
entre le producteur et l'engraisseur. 



En ce temps de crise alimentaire, on peut 
se demander si c'est bien pour la production 
de la viande de porc que le manioc serait le 
mieux utilisé. Dans un certain nombre de 
pays, il constitue le fond de l'alimentation 
humaine. Des spécialistes autorisés assurent 
qu'il s'associerait parfaitement au froment 
pour la confection du pain. 

Nous avons vu qu'il fallait 180 kilogr. de 
manioc pour amener un goret de 25 kilogr. 
au poids de KXt kilogr. Si l'on prend pour 
base do composition de la viande : 12 de 
matière azotée et '.ii 0/0 de graisse, les 7.'} ki- 
logr. de viande produite représenteraient en 
principes nutritifs (1 de graisse équivalant à 
2.27) tiH kilogr. 12. Or, le manioc contient 
environ 7.") tt de ces mêmes principes; de 
sorte qu'au lieu d'être convertis en viande, 
les ISO kilogr. consommés par la bêle au- 
raient fourni au moins deux fois plus de ma- 
tières nutritives, s'ils avaient été réservés 
pour la nourriture de l'homme. 

Ceci démontre que, s'il est souvent avanta- 
geux, au point de vue financier, de nourrir 
des animaux de boucherie avec des subs- 
lanct>s susceptibles d'entrer dans notre 
propre alimentation, ce n'est assurément pas 
le moyen de tirer de ces substances tout le 
parti possible. 

Andrk Golix et P. Andolakd. 



ACADEiMlE D'AGRICULTURE DE FRANCE 



.Séajiee du 28 mars 1917. 
Présidence de M. Jules bevelle. 
Le capital d'exploitation dans l'Agriculture. 
.M. iinii Martin envoie à l'Académie une note 
intitulée : Le capiiul (l'e.rploitalion dans l'Agri- 
culture. .M. I.éon .Martin y démontre que le ren- 
deraenl en blé d'un lieclare est en raison du 
capital d'exploitation, employé à la culture ; 
comme nous n'avons pas les étendues de r.\raé- 
rique, il faut que chaque hectare cultivé en 
France le soit d'une manière intensive. Du fait 
de la guerre, le capital d'exploitation nécessaire 
a dimmué dans les culture intensives, il a mérae 
disparu dans les cultures moins intensives. Il 
faut aujourd'hui du crédit au.x agriculteurs pour 
reconstituer cheptel, oulillai.'e, engrais, se- 
mences. M. I.éon Martin estime que ce serait le 
Crédit foncier qui serait en mesure de faire 
évaluer je capital d'e.\ploitation nécessaire par 
ses inspedeurs et pourrait ensuite consentir des 
pn'ls A l'iui; terme. 

La tuberculose chez la chèvre. 
.M. J/oMs*» rap]ielle qu'il existe une sorte de 
légende d'après laquelle la chèvre serait un ani- 
mal réfractaire ;i ta tuberculose. Malheureuse- 



ment, ce n'est qu'une légende. .\l. .Moussu a 
été à même de constater la tuberculose dans un 
triiupeau de chèvres des environs de Paris: plu- 
sieurs bêtes de ce troupeuu mouraient succes- 
sivement dans le courant de tOlO. Consulté sur 
l'état sanitaire de l'efTfclif restant, M. .Moussu 
put diagnostiquer la tuberculose, à la suite 
d'une épreuve à la luberculin<' par réaction 
inlrapalpébrale; l'aulopsie de chèvres abattues 
ne laissa aucun doute sur la maladie. 

Des expériences déjà anciennes et de lon^'ues 
recherches avaient permis à M. Moussu, il y a 
déjà une vingtaine d'années, d'établir, du reste, 
la conla^iion de la tuberculose chez les chèvres, 
contagion beaucoup plus lente, il est vrai, que 
chez les bovidés. 

En tous cas, il résulte de ces constatations 
que lorsque, dans une famille quelconque, 
pauvre ou riche, on veut bénéticier des avan- 
tages de l'entretien d'une ou plusieurs chèvres 
pour la production du lait alimentaire, il est tout 
au moins très utile de faire vérilierau préalable 
l'étal sanitaire des sujets et, en premier lieu, au 
point de vue de la tuberculose. 

D'une façon générale, on néglige trop, à mon 
avis, remarque M. Moussu, la question du lait 



ACAUÈMIE DAGRlCCLTL'liK \)K lUANCK 



r< 



''esliiii' à l'alimenlation des eufants et des vieil- 
lards; elle ebt plus iinporiaole que eelie de la 
viande. On fait adiiiirableivieut l'inspection des 
viandes dans les ahuttoirs et on laisse livrei' au 
commerce du lait venant d'étables où se trouvent 
des bêles tuberculeuses. 

Suite à I exposition de la Cité reconstituée. 

.M. IlicItnunDi e.\pose que l'e.xposilion Je la 
Cité reconstituée, orf.'ain'sée l'an dernier aux Tui 
leries par l'Association fjénérale des hygiéniste^ 
et techniciens municipaux, élait pour cett^ 
association la préface de l'action effective nu'elle I 
se proposait d'e.xercer en faveur de l'aménaee- | 
ment lopique pour toutes les a^ïSTlomérations en ! 
voie de création, d'e.xiension ou d'amélioration. | 

Le problème aujourd'liiii devient pressant e'' 
l'Association s'est proposée de venir en aide de* 
à présent, à litre privé et gratuit, par de^ 
moyens simples et prompts, à ceu.x des intéres- 
sés qui se préoccupent d'ores et iléjii des solu- 
tions pratiques à envisager en particulier aux 
petites communes agricoles. Elle a créé un Oflice 
de renseignements dans ce but, G4, lue de la 
Hoélie, à Paris; elle organise des conférences^ 
des missions de propagande, etc. 

La culture de la betterave 

à sucre 

dans les terrains d'épandage de la ville de Paris. 

M. Sailtard, correspondant, communique une 
note relative à un essai de culture de betterave 
à sucre au domaine de Hiquenard, près de 
l'oissy, sur des terrains légers, mais profonds, 
qu'utilise la ville de Paris pour épurer les e.iux 
d'égout. 

Les betteraves récollées fin octobre étaient 
moins pures, moins riches et contenaient plus 
d'azote pour lOij île sucre que les betteraves cul- 
tivées à la façon habituelle. Elles auraient pu 
être de meilleure qualité si l'on avait semé plus 
tôt ion avait semé \i: lo juinj. La quantité de 
sucre élaborée par semaine et par racine u été à 
peu prés égale à celle qu'élabore la betterave à 
sucre en culture orduiaire. La récolte a été Ira- i 
vaillée en sucrerie ; elle aurait pu aussi être tra- 
vaillée en distillerie. 

Séance du i airil 1917. ■ — Présidence 
de M. Dofllc. 

Les engrais provenant des armées. 

M. Heni;/ Saunier signale une circulaire du 
Grand Quartier (Général, en date du .'t Janvier l'J 17. 
prescrivant d'utiliser les déchets des animaux 
abattus, les viandes saisies pour cause d'insalu- 
brité, les chevaux morts, etc., pour en tirer des 
engrais à mettre à la disposition des cultivateurs. 
On ne jneut que se féliciter de cette initiative 
qui permettrait à l'AtTiculture nationale de 
trouver là des approvisionnements importants 
en • ngrai.s organiques et phosphatés. 

Malbeurensement, les iosiructiousde cette cir- 
culaire ne sont qu'imparfaitement suivies, et 
l'utilisation des issues ne porterait que sur 20 
à 25 de leur quantité totale. Il est nécessaire 



de protester, au nom des intérêts de r.\griculiure 
nationale, contre ce gaspillage. 

Présentation de notes diverses. 

M. G. \[ifi/ jirésente, de la part do .M. C.eorges 
Kabaull, une très intéressante brochure sur 
VEnfcii/nement agricule populaire. 

M. G. Wenj appelle l'attenlion de l'Académie 
sur une étude très curieuse de M. llarrisson, 
chimiste agricole du Gouvernement indien à 
Madras, et de son assistant, .M. Aiyer, ayant trait 
au.\ phénomènes biologiques qui président à la 
respiration des racines du riz dans les rizières 
submergées des Indes Anglaises, et au rôle par- 
ticulièrement actil et important d'une algue 
dans ces phénomènes. 

Au nom de M. le D' Trahul, M. Gnignard pré- 
sente une note relative aux galles de 'l'amarix. 

De tout temps, sous le nom de Tali'oiit, on 
emploie au Maroc pour le tannage des cuirs une 
galle produite sur les tamari.\; galles que les 
indigènes du Tufilalet, par erreur, regardent 
comme les fruits de l'arbre. On propa^'ea dans 
le Till oranais le tamarix articulata, mais l'arbre 
ne se couvrit pas de galles jusqu'au jour où, sur 
le conseil du U' Trabul, on déposa sur les arbres 
des galles aussi fraîches que possible provenant 
de régions où elles se rencontraient normale- 
ment sur les tamarix. 

En réalité, ces galles sont produites par un 
phytoplide, un Eriophyes. Ces galles, à l'analyse, 
ont donné 50 de tanin et substances congé- 
nères. 

D'après le I)'' ïrabut, le Tlnia (tamarix arlicii- 
lata] peut être cullivé facilement de bouture 
dans tout le Till algérien et très probablement 
dans le midi de !a France, c'est un très bel arbre, 
peu exigeant. Il est très facile de lui faire pro- 
duire régulièrement des galles d'une f.'rande 
valeur industrielle. 

Nécessité de développer les cultures 
potagères. 

M. l'aid Vincci/, correspondant, appelle l'atton- 
tion de l'Académie sur le délicil des emblavures 
en blé et la nécessité de développer les cultures 
potagères. 11 faut cultiver le plus de pommes de 
terre possible, restreindre même la consomma- 
tion pour assurer tout d'abord le plant néces- 
saire aux ensemencements de printemps ; puis 
il faut alfecter aux productions potagères de 
grosse consommation, haricots, pois, lèves, ra- 
ves, navels, rutaba;,'as, camttes, un.; notable 
proportion des terrains inoccupés de la grande 
culture habituelle. 

Pour certains légumes tels que les choux, 
poireaux et oignons qui comportent l'élevage 
des plants en pépinière, préalablement à leur 
repiquage en pleine terre, M. Vincey s'est 
inquiété d'assurer, par des commandes passées 
à des maraîchers de banlieue, les plants néces- 
saires aux jardins scolaires et militaires de la 
région parisienne. .Mais tout cela est insuffisant, 
il s'agirait de favoriser de divers cOtés rétablis- 
sement de vastes pépinières et d'assurer la 



IjO 

création de 



marchés régionaux de 
repiquer. 

MM. Tisseinnit et Schribaux signalent Tintérêt 
de la culture du choii-nnvet. 'Vcsi ce chou-navet, 
fait observer M. Ed. Théry, qui a sauvé l'.^Ue- 
magcie cette année-ci. On en a mangé chez nos 
eiirii'inis (les (|uanlités énormes. 



CORRESPONDANCE 
plants à . 



Comité secret. 
En Comité secret, r.\cadéraie décide de pro- 
céder à des élections de membres titulaires en 
vue de pourvoir aux vacances dans les Sections 
qui ne comptent plus le nombre normal de 
membres. 

il. HiTIEII. 



CORRESPONDANCE 



— N'-'iliS [Basses- Pyrénées). — La bouillie bor- 
delaise que vous préparez à 2 0,0 de suli'ate de 
cuivre, additionnée de lait de chaux grasse Jus- 
qu'à ce que le papier de tournesol rougi de- 
vienne bleu, est une bouillie lé^'èremenl alcaline. 
En continuant l'aJdiJon de lait de chaux, on 
obtiendrait une bouillie de plus en plus alcaline, 
qui ne serait nullement nuisible à la végétation. 

.MM. Vermorel et Dantony n'indiquent pas le 
degré d'alcalinité qui, d'après eux, conviendrait 
h: mieux. Miiis ils constatent que les bouillies 
alcalines en général sont plus adhércntis que les 
bouillies neutres ou acides; par déduction, 
i/.s iieitscnt qu'elles doivent ître plus l'j7iglcmps effi- 
caces. (On obtient la bouillie neutre en s'arrélant 
d'ad'lilionner le lait de chaux quand le papier 
de tournesol rouge comnience à peine à bleuir, 
et la bouillie acide en ajoutant 200 à 2.ï0 grammes 
de sulfate de cuivre, dissous dans une petite 
quantité d'eau, par hectolitre de bouillie neutre.) 

La bouillie alcaliiie à ( 0/0 de sulfate de cuivre 
se prépare exactement comme celle à 2 0, à 
l'aide du papier de tournesol. Evidemment, elle 
réclame l'amploi d'une cjuantitè de chaux dimi- 
nuée de moitié. 

Notre avis est qu'd y a lieu pour vous de vous 
en tenir à la préparation que vous avez l'habitude 
d'utiliser à 2 de sulfate de cuivre. Il y aurait 
danger d'abaisser le dosage de votre bouillie à 
1 0/0 de sulfate de cuivre. Car, non seulement il 
n'est pas indiscutable que les bouillies alcalines 
soient préférables aux bouillies neutres ou acides, 
à l'galilé de teneur en sel de cuivre, mais il est 
loin d'être prouvé qu'une préparation alcaline à 
1 puisse en é^jaler une autre à 2 acide ou 
neutre. — (J.-L. V.; 

— /. S. n. KnssieV — Il existe en France 
deux bergeries nationales, l'une à Rambouillet, 
l'autre à (jrignon. La bergerie de llambouillet 
s'occupe exclusivement de l'élevage du mouton 
mérinos et met des reproducteurs à la disposi- 
tion des éleveurs d'une façon permanente. Celle 
bergerie est de plus pouivuc d'une école de ber- 
gers. A l'École nationale d'agriculture de Gri- 
gnon, on fait de l'élevage de plusieurs races de 
moulons, dans le but encore de inellre des 
reproducteurs de choix à la disposition des éle- 
veurs. Chaque année, il est procéd'', au prin- 
temps, aune vente publiijue aux enchères. 

A cf>lé de ces deux bergeries nationales, il 
existe nombre de bergeries particulières où 
sont élevi's de<! anim^u^ d'' rni-ps sélectionnées, 
dont les reproducteurs sont aussi offerts aux 



éleveurs. Mais si les propriétaires de ces exploi- 
tations donnent souvent des conseils, ils ne 
s'occupent pas ordinairement de la conduite et 
de l'adminislralion d'autres bergeries. 

— M. de D. {Mnine-el-Loiie). — En principe, 
le lait des vaches atteintes de fièvre aph- 
teuse n'e^l pa-i dangereux, ou mieux ne le se- 
rait pas s'il pouvait être recueilli aseptiquement; 
mais comme il se produit des éruptions sur les 
trayons, fatalement ce lait se trouve souillé au 
cours des manipulations de la traite, et en prin- 
cipe il doit dès lors être toujours considéré 
comme dangereux. Les veaux et les pores, en 
particulier, peuvent fort bien contracter la lièvre 
aphteuse en s'alimentant avec du lait conta- 
miné; mais comme le virus est peu résistant à 
la chaleur, il suffit de le faire bouillir pour lui 
enlever toute virulence, et lui conserver par 
conséquent ses qualités naturelles pour l'ali- 
mentation. Pour les personnes et les enfants en 
particulier, il eti est de même que pour les ani- 
maux, et la plus élémentaire prudence com- 
mande de faire bouillir le lait avant de l'utiliser. 

Les animaux ayant en la maladie deviennent 
réfractaires. mais pouiune période relativement 
limitée, deu.ic à trois ans. 

Le lait peut être écrémé, comme dans les con- 
ditions naturelles, et la crème utilisée pour la 
fabrication du beurre. La maturation de la crème 
et les manipulations de fabrication du beurre 
font disparaître la virulence, et il n'y a pas 
d'exemple que l'emploi du beurre fût dange- 
reux; mais les sous-produits de fabrication, lait 
écrémé, babeurre, etc., doivent, par prudence, 
être stérilisés par ébullitioii avant l'emploi. 



nccommandalions instantes à nus abonnés : 

i° De ne nous adresser ou une seule quesli'f^ •? /■' 
fois. 

2° De ne jamais nous renvoyer à une lettre pvcvc- 
dente. 

3° Si, tout à fait cxceplion:iellr'n'nl,ils ont deux 
questions à nous poser, chacune d'elles doit être 
écrite sur une feuille scpan'e. 

i' Il ne faut jamais nous dnnander de répondre 
dans le prochain numéro, ce qui est le plus souvent 
impossitde. 

5» Ac MOUS adresser que ce que nous pouvons 
détruire après l'avoir lu ; nous ne pouvons ren- 
voyer aucune pi^ce, et nous déclinons toute res- 
ponsabilité en cas de perte. 



KE\UE COMMEKCIALE 



ISl 



LA QUINZAINE MÉTÉOROLOGIQUE 

Semaine du 2 au S avril 1917 {OBSERVATOIRE DU PARC SAINT-MAUR) 



JOURS 

ET DATSP 



Lundi 2 avril 

Mardi 3 — 

Mercredi. . i — 

Jeudi 5 — 

Vendredi. 6 — 

Samedi... 7 — 

Dim 8 — 

Kijtiiei (S ttlui 

taris sir li lorula 



Lundi.. . . :» av. 
Mardi.... lu — 
Mercredi .11 — 

Jeudi 12 — 

Vendredi. l:j — 
Samedi .. 1 i — 
Dimanche li — 



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1.4 

-1.0 

1.2 

-0.2 



0.6 
—3.9 



9»u 
9 3 

y. 6 

10.0 

12.9 

5.9 

9 9 



9 6 
-3.4 





Écart 


= 


sur 


o' 


la nor 
malô. 


30.2 


-5 1 


4.0 


-4.4 


4.8 


'À . t 


l.U 


— i 1 


(i.3 


-2. G 


3.4 


— 6 


4." 


— 1.6 


4.4 


» 


— 4.3 


» 



Vent. 


à 

o 

■2 S 




« .S 




13 




h«Qres 


» 


l.T 


" 


3.8 




0.0 


» 


5.4 


» 


I.S 


" 





■• 


9.0 



millim 
T . 4 

O.o 

4.3 

0.6 

5.6 

0.9 



REMARQUKS DIVERSES 



29.7 

au lieo de 
91 11. 4 

dnr.tbêor. 



19.3 



Couvert ; pluie el neige le soir. 
Pluie el neige. 
Couvert, pluvieux. 
Pluie le m., beau le soir. 
Nuageux, pbiie le soir. 
Couvert, ondées. 
tVssez beau. 



Pluie depuis le I"'' janvier : 

En igi: in"ii> 

Normale 127'"" 



Semaine du 9 au 13 avi'il 1917 



lo.y 


8°t; 


4° S 


-1.0 


7.9 


2.7 


—1.8 


11.2 


5.0 


O.i 


12.9 


3.4 


— 1.3 


12.0 


4.9 


-0.7 


14.8 


7.0 


2 


13.2 


3.0 


-0.1 


11.3 


3.0 


—4.3 


—3.2 


— 1.2 



-4" 6 
-6.7 

— 4 . "j 
—4.2 

— 4.8 
-2.8 
-1.9 



3.3 

3.2 
1.8 
S. 4 
9.6 
11.6 
3.7 



43.6 
&a liai ii 

91 b. 4 
dur. tbéor. 



2.8 
0.2 
3.1 
0.0 



11.8 



17.0 



Averses de pluie el de grrle 

Couvert, petit pluie. 

Couvert, pluie le soir. 

Nuageux, go'ittes. 

Peu nuageux. 

Lle:iu. 

Pluie. 

Pluie depuis le 1='' janvier 

En 1917 164'°'° 

Normale 138""» 



(La publication des renseignements sur la pression barométrique et sur le vent est interdite par la 
censure au Bureau central méti^orologique.) 



REVUE COMMERCIALE 



Situation générale. — La première période du 
printemps s'est muée en une véritable période 
(l'hi»er dans la plus grande partie de la France. 
Pluie-*, neige, temprle ont fail rage pour enrayer les 
travaux des champs. La végétation est retardée de 
plus d'un mois, et le temps aigre qui a succéilé à 
cette série glaci.ile ne parait pas fait pour lui donner 
quelque activité. 

Blés et Farines. — Les appréciations sur l'état des 
rullure-^ de blé d automne sont de plus en plus gé- 
nt'ralenient mauvaises; la fin rie mars et le ilcbut 
d avril ont encore aggravé la situation dans nombre 
de régions. Li période des semis de printemps s'est 
ai'hevé, sans qu'on ait pu les exécuter dans des con- 



<lit;ons tant soit peu normales. Il est désormais trop 
rertain que le déficit s'est accru sur l'importance 
des surfaces qu'on pourra moissonner. Ces circons- 
tances ne sont pas faites pour rendre quelque acti- 
vité au commerce du blé, non plus que les nou- 
velles mesures prises par le /ilouverneiiient, qui sont 
reproduites plus haut (p. 138). Les complications à 
subir pour jouir du bénéfice de 3C fr. par 100 kilogr. 
Sont vraiment trop rigoureuses pour ne pas susciter 
de difficultés nombreuses dans l'applicalion. 

A l'étranger, le mouvement de hausse devait s'ac- 
centuer il raison des caractères de la saison comme 
des circonstances d'ordre politique qui se sont accen- 
tuées. A ffeii-Yoïk, le blé disponible est coté avec 



152 



KEVUE COMMERCIALE 



une hausse formidalile à IS.SO par 100 kilogr. au 
pair (53. 3." au cours du change qui s'est amélioré). 
Sur les mnrclié.> anglais, la hausse u réalisé des pro. 
ares notables; à howlreu, on cote les blés indi- 
gènes : blancs, 40 fr. 35 à .il. 50 par 100 kilo^r.; roux 
18.80 à 51 fr.; les lilés étran^'f rs valent : cacadieiis, 
48 à 19 fr.; am'Ticains, 46.30 à 48 fr.; argentins, 48 à 
48 50; ausiraliens, 19.50. Kn .Suisse, le cours de 60 fr- 
a élé dépassé sur quelques marchés. 

La taxe sur les furint't a élé relevée de 2.25 par 
100 kilogr. par un décri'l du 8 avril. 

Issues. — Le uir'Oïc décret a relevé à 21 fr. par 
100 kilopr. le prix maximum pour les sons. 

Seigles et orges. — Les atlaires sont toujours tn's 
difliciles. Les taxes sur ces céréales ont été relevées 
de 3 fr. par 100 kilogr. pour les quantités de ces 
grains déclarées par les cultivateurs. 

Avoines. — Les affaires sont de plus en plus dif- 
ficiles ;i raison de l'activité des réquisitions. La taxe 
est relevée a 31 fr. par 100 kilogr. 

Sarrasins. — Toujours iirande fermeté et mi'nie 
hausse. On cote de 44 à 15 fr. par 100 kilogr. sur les 
marchés de l'Ouest. 

Maïs. — La fermeté se manifeste par une accen- 
tuation des cours. Dans les ports, les maïs de la 
Plal.i val-nt 50 ?i 52 fr. p.ir 100 kilogr. 

Légumes secs. — Hans la plupart des régions, les 
liarii'ots sont cotes de H-' à IsO fr. 

Pommes de terre. — Les marchés sont toujours 
troubles. Dans les départements, on paie 28 à 30 fr. 
par 100 Uiloi;r. La ta.xe .1 élé supprimée à Paris. 

Graines fourragères. — Les demandes sont à peu 
près nulles. Suivant les régions, les trélles violets 
sont cotés de 180 à 220 fr. par 100 kilogr. 

Fourrages. — C'est toujours la hausse qui do- 
mine. Presque partout le prix de 20 fr. par 100 ki- 
logr. fsl atteint pour les foins de bonne qualité. Ce 
prix atteint même parfois 25 et 2C fr. 

Bétail. — Voici le relevé du dernier marché de La 
Villette, à Paris (IG avril/ : 



Bœufs ■ . . 
Vaches . . 
Taureaux. 
Veaux.. .. 
Moulins . 
Porcs 



Amenés. 



3 U6 

2 017 
5.13 

1 9V1 
13 C05 

3 31.» 





PBII 


DU KII 




AO POIDS NB 


Invendus. 






1" 


2> 




quai. 


qnal. 


165 


2.98 


2.';8 


156 


2. «8 


3.76 


314 


2.60 


0.50 


401 


3.36 


2.80 


300 


4.50 


4.00 


D 


4.30 


4 00 



3> 
quai. 
2.58 
î.lti 

2 10 
2.20 

3 50 
3.12 



Prix extrêmes du kilogramme. 



Boeufs 

Vaches .. . 
Taureaux. 

Veaux 

Moutons. . 
l^orcs 



Au poids vif. 

1.05 * l.8d 
l.uo 1.87 



l.l! 
0.85 
1.44 
2.38 



1.62 
2.1c, 

2.3:1 
3. CIO 



Au poids net. 

2.10 k 3.10 
2.00 3.12 
2.2* 
1.10 

3.00 
3.10 



i.70 
3. GO 

4.'.'0 
4.28 



Dans les départements, on paie : 

Amiens, par kilogr poids net : bœufs et vachis' 
2.40 à 3.20; par kilogr. poids vif : veaux, 1.30 à 2.30' 
porcs, 2.90 à 3 fr. ' 

Caen, par kilogr. poids net : bœufs et vaches 
2.?0 à 3 fr.; veaux, 3.r.0 à 4.10; porcs, 3.60 à 3.90. 

Chartres, par kilogr. poids net: veatix gras, 3 à 
3.80. 

Clwlel, par kilogr. poids viT : bœufs, 1.10 à 1.20; 
vaches, l.Ofi h l.lfi ; porcs, 3 fr.; par paire; bœufs de 
trait, 1 800 à 2 000 fr. 

Sniir,,, [,:ir kilogr. poids vif: bœufs, 1.50 à l.'ÎO; 



vaches, 1.40 à 1.65; moulons, 2.30 à 2.50; porcs, 2.0.") 
à 2.13. 

Motilins. par kilogr. vif: bœuls, 1.75 à 1.85: 
vaches. 1.65 à 1.75; veaux, 2 à 2.40; porc», 2.60 à 
2.70: par paire, bœufs de Irait, 2 000 k 2 300 fr.; par 
tête, châtrons, 300 à 8O0 fr. 

L;/on, par kilogr. poids vif : bœufs, l.io à 1.85; 
veaux, 1.65 à 2 fr.; moutons, 3.20 à 4 Ir.; porcs, 2.80 
i 3 fr. 

liori/enux. par 50 kilogr. poids net : bœufs, 100 à 
110 fr.; vaches. 90 à 130 fr.; veaux. 140 à 175 fr.; 
moulons, 170 à 220 fr. 

Viandes. — Derniers cours officiels aux Halles 
centrales de Paris (par kilogr.) : 
Bœuf. 

1/4 de derrière, l 80 à 3 00 Train» 2 20 t 3 50 

1/4 de devant. 150 2 00 Cuisses. ... 2 20 300 
Aloyau .... 2 40 4 10 l'is et collet . . 1 60 2 50 
Paleron .... 1 80 2 50 Bavette .... 1 60 2 60 

Veau. 
Extra. ... 3 40 à 3 66 Pans et cuiss. 2 40 t 4 00 
1" qualité. . . 3 00 3 ;jO Veanx do Caen: 

2' — ... 2 50 2 90 1/4 de devant.. 1 80 i 2 40 
3- — ... -'10 240 1/4 do derrière. 240 340 
Veaux bretons. 1 10 2 60 
Afouton. 

I" qualité. . . 4 10 à 4 40 Gigot 3 00 » 5 20 

2' — ... 3 50 400 Carrés parés. .360 750 

3» — ... 2 90 3 40 Agneaux ... 2 60 1 10 

Porc. 

Extra 3 10 » 3 90 Filets 3 00 » 4 3(1 

)'• qualité. . . 3 50 3 70 Jambons ... 3 30 4 iO 

2< — ... 3 20 3 40 Roins 3 00 3 80 

Poit. fraîches. 3 00 1 00 Poit. salées . . » » 

Suifs. — Encore de la hausse. Dernier cours offi- 
ciel à Paris : 180 fr. par 100 kilogr. 

'Vins. — La situation commerciale ne se modifie 
pas. Sur les marchés méridionaux, on cote les vins 
rouges, suivant degré et qualité, par hectolitre nu : 
à Montpellier, (58 a 70 fr. : à llézier.i, 63 à 68 fr. ; à 
Sarlionr.e, (i3 à 69 fr. ; les vins blancs, 72 à 77 fr. .\ 
l.'jon, on paie par pièce : Beaujolais, 175 à 225 fr. ; 
Lyonnais, 150 à 165 fr. ; Maçonnais, 160 à 185 fr. .\ 
( luIton-sur-Saône, les vins rouges sont cotés 60 à 
65 fr.. et les vins blancs 65 à 70 fr. l'hectolitre. I.es 
demandes sont toujours actives en ,\lgérie; on paie 
à Alger par hectolitre : 1"' choix, 38 4 42 fr 
2" choix, 30 à 36 Ir. Dans le commerce, les stocks 
sont toujours très réduits. 

Alcools. — Maintien des cours très élevés sur les 
marchés méridionaux. 00 cote par hectolitre, à Bé- 
ziers : 3,6 vin bon goût 86», 480 fr.; 3/6 marc, 350 fr., 
sans eliaDgcuieuts. 

Tartres. — Les larlres bruts valent 2.70 à 2.15 le 
degré: les crèmes de tartre. 350 fr. les 109 kilogr.. 
les verdets gris, 360 fr. 

Beurres. — Il n'y a pas de changement dans le- 
prix. On cote, suivant les marchés, 5.50 à 7.50 i>ni 
kilof;r. 

Œufs. — Les prix varient peu. On paie par mille 
à Paris 140 à 2oO fr.. suivant grosseur et qualité. 

Tourteaux. — Derniers cours à Marseille par 
100 kilogr. : lin, 4.S fr.; arachides Coromandel, 30 fr. ; 
sésame blanc. 31 fr. ; coprah, 40 à 42 fr. ; palmiste 
30 fr. 

B. Di:HAXn. 

1^ gérant : Cbmilbs Dutkeix. 
Paris. — L. Maiiktiikcx, imiHiiiieur, 1, ruo Casselti:. 



CHRONIQUE AGKICOLE 



K'i 



CHRONIQUE AGRICOLE 



Appréciations sur l'état dts culture^! des céréales. — t.cs mauvaises nn'-thoiles suivies par l'intemlance ilans 
les réquisitions de béUil. — Protestations de la Société <l'Agrlciiltiirc de la Nii'vre et du Syiulical dos 
Herbagers de Normandie. — Conséquences déplorables des errements de l'Intendance. — Nouvelles 
instructions du ministre de r.\<;riculture relativement à l'abatao;e des jrunes animaux. — Nécrologie : 
mort de M. F.mile Petiol et de M. de Lagorsse. — Mesures adoptées dans le département de 1 Oise pour 
réiahlir la vie agricole dans les régions libérées. — Initiative du Comité américain de secours ponr 

procurer des volailles dans ces régions. — l'iNution du prix des alcools do betteraves en 19n-18. Les 

restrictions dans la consommatiun de la viande. — Série de mesures contradictoins. - Renseigne- 
ments sur le commerce des vins. — La ta.\e de consommalinn sur la saccharine. — Evolution de la 
fièvre aphteuse pendant les dernières quinzaines. — Imporlation des viandes salée.-^ de porc en Algérie. 
— Permissions militaires en faveur des sériciculteurs. — La culture mécanique dans la Ma venue. — 
Date des examens à l'Ecole nationale d'Horticulture de Versailles. 



Les céréales en terre. 

Le ministpre de l'Agriculluro a publié in 
tableau des appréciation.-; de ses agents sur la 
situation des principales cultures au 1"' avril. 
Comme on devait s'y attendre, oetle situation 
est loin d'èlre salisfai'sante. 

■Pour le Lié, rensemijie de l'état de culture 
est représenté par la note ."> t, au lieu de *>!) 
au 1" avril 191G, ce qui correspondait déjà à 
une apparence assez aléatoire. Les notes 
relatives aux autres céréales ne dilTèrenl pas 
beaucoup de celle-là. 

Les réquisitions de bétail. 

Les vices des méthodes suivies par l'Inten- 
dance militaire dans les réquisilions de bé- 
tail ont été e.vposés ici à diverses reprises. 
Anx réclamations des agriculteurs, il avait 
été répondu qu'il sérail tenu couipln de la 
diversité des conditions de prodintion sui- 
vantjes régions. <!es promesses n'ont pas été 
tenues, et les protestations se renouvellent. 
Nous en recevons i'éclio, tant du Nivernais 
que de la Normandii'. 

La Commission départementale de ravi- 
taillement de la Nièvre a été avisée, dans les 
derniers jours di- mars, qu'il serait demandé 
au département tjiM» bovins en avril, et que 
les réquisitions seraient plus nombreuses et 
pins pressantes en avril et en mai. .\ux obser- 
vations qu'elle a présenli-es, il a élé répondu 
qu'il n'en serait tenu aucun compte. A ce re- 
lus, la Société d'Agriculture de la Nièvre a 
répondu, dans sa séance du 31 mars, par un 
vœu qu'elle a adressé au ministre de l'Agri- 
culture, et dont les considérants exposent 
trop clairement la situation pour qu'il n'en 
soit pas tenu compte. En voici le texte : 

La .Société départementale d'Aericulture de la 
Nièvre : 

« Consid. rant que le département de la Ni'vrp 
est essenliellemenl et avant tout un di'-parle- 
raenl d'herbages, et qu'à ce titre sa «rosse pro- 

■i Mai 1917. — No ■!. 



iluctiou en viande ne |;araîl sur les marchés que 
de Juillet à novembre; 

Considérant que les rares animau.x engraissés 
à retable sont à ce jour tous partis, et qu'il 
n'existe plus dans les exploitations et chez les 
herbagers que les seuls animaux d'embouche; 

Considérant que ces animaux, quel que soit 
leur état de préparation, qui devra plus ou moins 
avancer leur état de maturité, sont appelés à 
produire en quelques semaines un coefticient de 
viande bien supérieur à celui qu'ils présentent 
aujourd'hui; 

Considérant que si le (iouvernement s'est ému 
ajuste raison de labatage des animaux jeunes, 
dans l'intérêt de la sauvegarde du cheptel na- 
tional et l'a interdit, il devrait s'émouvoir à plus 
forte raison de la mise à mort immédiate d'ani- 
maux qui d'ici trois ou ■juatie mois pourront 
donner un rendement d'un cinquième plus élevé 
et de qualité bien supérieure ; 

Considérant que la théorie contriire, qui con^ 
sisterait somme toute à mander son' blé en herbe, 
léserait considérablement l'intérêt général, car 
nous nous exposerions, si ces animaux qui ravi- 
taillent l'aris pendant près d'un semestre, 
étaient réquisitionnés avant maturité, à voir la 
viande devenir plus rare et plus cbère; 

Considérant d'autre part c(ue les animaux en 
iiuestiûu ont élé achetés à des prix élevé» 
;l:)0 à 105 francs les 100 kilof-r., poids vifi et que 
leur réquisition, aux i)rix pratiqués par l'Inten- 
dance, serait d'autant plus désastreuse pour les 
einboucheurs que lesdits ai\imaux, n'ayant pu, 
vu la température, être mis à l'herbe, ont perdu 
une notable partie du poids qu'ils avaient lors de. 
leur acquisition ; 

Pour toutes ces raisons, la Société, voulant, 
av.int tout éviter la ruine de l'élevage nivernais 
et ne pas exposer la France à manquer complè- 
tement de viande avant la lin de l'automne; 

Sup[ilie .\I.M. les ministres de l'Agriculture et. 
de la (îuerre de vouloir bien donner les ordres, 
nécessaires pour qu'il ne soit prélevé sur 1« 
cheptel du département de la Mèvre pendant les 
mois d'avril, île mai et de Juin, que les seuls 
animaux offerts aux commissions. 

C'est sur des considérant.s de même ordre 

1911.— 'J 



1S4 

que le Syndical d<^ Ih-rbagers de Norman- 
die a appuvé la protestation qu'il a présentée 
n'ceinmont contre les réquisitions qui s'opè- 
rent acluellemenl dans celle région. 

Ces réclamations sont évidemment justi- 
fiées en tous points. Sans doute, les besoins 
<?Kceptionnels auxquels l'Intendance doit 
pourvoir impo.senl de lourds sacrilices. Mais 
il serait possible de les limiter. 

I/Adminislralion militaire semble ne s'in- 
quiéter que de rechercher un nombre déter- 
miné de lêles de bétail, comme si toutes les 
unités étaient semblables. Elle prend tout sans 
se préoccuper de savoir si les animaux sont 
bons pour la boucherie : les jeunes en voie 
d'accroissement, comme les vaches en état de 
gestation. La conséquence est fatale : le ren- 
dement en viande ne peut pas être un ren- 
dement normal, six animaux donnent la 
quantité de viande que fourniraient quatre 
animaux bien choisis. La recrudescence 
d'ahatages et la diminution croissante du 
troupeau sont les résultais de ces malheu- 
reuses méthodes. 

Les restrictions d'abatages. 

Le ministre de l'Agriiullure se i)réoccupe 
toujours de sauvegarder, autant qu'il est en 
son pouvoir, les intérêts de l'élevage. Voici 
une circulaire qu'il a envoyée le 1 i avril par 
télégramme, aux préfets : 

Par circulaire du 22 septembre 1916, vous avez 
été autorisé à étendre aux veaux nés en hiver 
h'.- riérogatioiis aux arrêtés rendus conformé- 
ment au décret du 14 octobre 1913 qui Interdit 
l'iihaiage de certaines catégories d'animaux. 

Ces dérogations complémentaires ne devaient 
s'appliquer qu'à la période du 1" novembre 1910 
au 15 mars 1917. Il y a Jonc lieu d'imposer, à 
l'heure actuelle, la stricte application des m>-- 
sures que vous avez, prises antérieurement eu 
vue de la conservation du bétail et de l'accrois- 
sement du cheptel. 

Les slalistiiiues établies en décembre 1916 ont 
révélé une réduction du troupeau qui porte sur- 
tout sur les animaux adult<'s, mais aussi sur les 
eunes. Il est indispensable le convaincre les 
Jîgriculteurs de la nécessite d'augmenter Ifur 
élevage. L'approche de la belh' saison facilili-ra 
b conservation de tous les jeunes et l'entretien 
des adultes. 

Les prélèvements nécessités par les besoins 
croissants du ravilaillenient militaire et civil et 
les achats pour les légions libérées ne manqui-- 
nnt pas de réduire les effectifs et d'alléger les 
cliarpes de raliiiii-nl.ition hivernale des animaux 
re^lunl aux agriculteurs. 

Les génisses impropres à la reproduction 
pourront par dérogation éire abattues, même si 
elles n'ont pas leurs i|ua('- dents de reinplace- 



CHROMQUE AGRICOLE 



ment, mais à condition qu'elles pèsent plus de 
430 kilogrammes. 

Conformément à l'article 3 du décret du 
14 octidire 191.i. vous devrez, s'il y a lieu, me 
soumettre le texte des nouveaux arrêtés à 
prendre comportant d'aulres déroyalious en ce 
qui concerne votre département Dans tous les 
cas, je vous Invite à surveiller très ailentivenient 
l'application des mesures de prohibition d'aba- 
tage. Vous devrez notamment ordonner des ins- 
pections inopinées dans les abattoirs et les 
tuer'es, faire contrôler la sincérité des cerlilicats 
délivrés et recourir à des sanctions immédiates 
toutes les fois que vous constaterez des abus. 

Le minisire ajoute qu'il a donné, de son 
côté, des instructions aux fonctionnaires du 
Service vétérinaire atin qu'ils procèdent ;'i 
des tournées d'inspection nécessaires pour 
assurer le res|iect des dispositions dont l'ob- 
servation est, à l'heure actuelle, plus indis- 
pensable qu'elle n'a jamais été. 

Nécrologie 

.Nous apprenons avec un 1res vif regret la 
mort d'un des agriculteurs les plus connus et 
les plus estimés. M. Emile Petiot, décédé le 
27 avril sur son domaine de llhamirey (Sai>ne- 
et-Loire), dans sa 81' année. H fut un des 
éleveurs les plus habiles de la race pure 
Durham, dont il avait constitué sur le do- 
maine des Brillons un très remarquable trou- 
peau Jqui lui a valu les plus hautes récom- 
penses dans tous les concours. Niticulteur 
émérite, il a donné les exemples les plus 
utiles par la reconsliluticn de son vig:noble 
de Cdiamirey. Lauréat de la prime d'honneur 
en IH'i, il recul deux fois des rappels de 
cette belle récompense. Il était correspon- 
dant de l'Académie d'Agriculture. 

M. Jules Mayjurou de Lagors.se, secrétaire 
général de la Société nationale d'encourage- 
ment à l'agriculture, est mort à Paris, le 
18 avril, dans sa soixante-sei/.ième année, 
après une longue maladie. 11 occupait ce 
poste depuis la fondation de la Société en 
18H;2. Il était membre du Conseil supérieur 
de l'Agriculture, et il avait élé dé-pulé de la 
Manche de LS80 à l8!»-2. 

Pour les régions libérées. 
Le préfet de l'Oise a exposé, dans la ré- 
cente session du Conseil général, des indi- 
cations sur les mesures prises pour favo- 
riser la rentrée des populations dans les 
parties récemment libérées de l'invasion. 
Apii'S avoir exposé ce qui a été fait en vue de 
la reconsiriiclion des bâtiments dans les 
villes et les villages, il a ajouté : 

Pour les travaux agricoles, le Comité de 
r.M'le immédiate a donné 2.'! 000 francs pour 



CHKONIQUE AGRICOLE 



permetlie d"acquérir un matériel horticole, et 
déjà bêches, binettes, ràleaux. pelles, pioches, 
serpes ei brouotles sont ilistribui-s. 

Une subvention de 12 000 trancs accordée par 
le ministre do lAgricullure a permis d'expédier 
des «raines potagères et (li^< plantes. 

Pour la mise en culture rapide des terres, 
10 tracteurs mécaniques et 200 charrues ont été 
réservés sur le prochain conlinseut. 

L'n crédit de oOO 000 francs pour achat de ma- 
tériel et un second créilit d'un million pour per- 
mettre la grande culture ont été consentis par 
l'Etat sur les 300 iiiilllons votés par le Parlement 
à titre d'avances sur l'indemnité de guerre. 

La Société des Agriculteurs de France a fait 
annoncer un don de ;)0 000 francs. 

Grùce à la rapidité avec laquelle ces nie- 
.sures doivent êlrc prises, non seulement 
dans le déparleinent de l'Oise, mais dans 
ceux de la Somine et du Pas-de-Calais, la vie 
agricole pourra reprendre immédiatement un 
peu d'activité. 

L' American Relief Clearinq f/ouse, qui a 
son siège à Paris, est le centre, de la charité 
américaine en France. C'est à près de cent mil- 
lions que s'élèvent les secours répartis par 
celte association dans notre pays depuis le 
début des hostilités. 

Le Comité directeur du Cleatimj Hnusr a 
élé, récemment, très vivement ému en cons- 
tatant les ruines accumulées dans les régions 
récupérées par le vandalisme de nos adver- 
saires, la disparition de tous les animaux et 
de tous les arbres fruitiers, .\ussi a-l-il eu la 
généreuse et délicate pensée de ramener im- 
médiatement un pende vie dans ces régions; 
à cet eCfet, il a décidé d'oUrir plusieurs 
milliers de coqs, poules et lapins et de la 
graine destinée a les nourrir pendant un cer- 
tain temps .\ cet elVel, l'un des directeurs du 
Comité, M. Beally, a fait apj)el au concours 
de la Société des Aviculteurs français pré- 
sidée par M. J. Mèline, sénateur, pour recru- 
ter les animaux. 

I,e bureau de l'Association s'est immé- 
diatement mis en rapport avec quelques-uns 
des sociétaires qui, en Ires peu de jours, ont 
pu trouver dans les environs de Paris les 
animaux demandés, malgré les difficultés du 
moment, chacim désirant réserver pour la 
ponte les sujets qu'il avait nourris tout l'hiver 
sans protit. Mais en apprenant la destination 
de ces animaux, nos patriotiques aviculteurs 
abandonnaient leurs poules sans trop de re- 
grets. L'entrcpiM dos dons, dirigé par le ca- 
pitaine Hesnier, s'est chargé de transporter 
animaux et noiirritun; à leur destination. 

L alcool de betteraves. 
On sait que la production de ralcool indus- 



155 

ti'iel se fait exclusivement pour l'administra- 
tion militaire. Par une décision du ministère 
de l'Armement et des J"'abrications de 
Guerre, les prix des alcools de betteraves de 
la campagne 1!(I7-191S ont été fixés ainsi : 

1" Chez le distillateur agricole producteur 
de tlegmes : 102 francs l'hectolitre de 
llegmes évalué sur la hase de 100^; 

2° Ciiez le distillateur rectilicateur : lit) fr. 
l'hectolitre calculé sur la base de 100°. 

Ces prix ont élé établis pour assurer autant 
que possible la pari lé entre le sucre et l'al- 
cool. 

Les jours sans viande. 

Un a vu dans notre dernière Chronique 
(p. 13(1) qu'un décret en date du là avril a 
interdit la consommation de la viande pen- 
dant deux jours par semaine. Ce n'est pas 
sans surprise qu'on a vu figurer dans celte 
interdiction la volaille, le lapin et le gibier. 
Dans une lettre adressée au ministre du Ra- 
vitaillement, M. Bouchereau, président du 
Syndicat des mandataires à la volaille aux 
Halles centrales de Paris, s'est fait l'écho de 
cette surprise et a montré les conséquences 
de celte assicnilation : 

Etant donné l'énorme consommation de bétail 
par les armées, nous croyons qu'il est de toute 
urgence d'offrir à la popidation civile une plus 
grande quantité de produits ii;itionaux, tels que 
la volaille et ie lapin. Or, la production de la vo- 
laille, cnmme celle du lapin, se fait dans uu 
temps relativement très court; quelques mois 
suffisent. Au tieu de se dévelop(ier, l'élevjge de 
liasse-cour v;i se relentir si l'écoulement m est 
fjèné par l'obligation d'en arrêter la vente pen- 
dant deux jours sur sept, l.a production dimi- 
nuera. I.e résultat sera par conséquent le con- 
traire de celui que l'on cherche. 

Kn ce qui concerne le gibi»-r, il se réduit, tout 
au moins pendant la première partie de la pé- 
riocte visée, à une seule espèce : le lapin de ga- 
renne. De tous côtés, on se plaint des dép.réda- 
tions de cet animal, et la destruction en est ré- 
clamée avec insistance par les afiriculii urs. Il y 
a donc double intérêt à en faciliier la vente : on 
rend service à l'agriculture on le détruisant, on 
l'conomise de la viande de boucherie en le con- 
sommant. 

Ces considérations sont très justifiées. 
Kiait-ce un motif suttisanlpour qu'elles soient 
écoutées? Klles n'ont pas intlué sur la nou- 
velle décision qui est intervenue. Quoi qu'il ei. 
soit, un nouveau décret a abrogé celui du 
1 1 avril, et ordonné que les seules reslrictions 
qui .seraient appliqu(;'es consisteraient dans 
la fermeture des boucheries chaque jour à 
i;? heures et dans l'interdiction de la viande 
pour les repas du soir servis dans les ln'i- 
lels et les restaurants. 



<:>£ 



CHRONIQUE AGKICOLE 



Commerce des vins. i 

D'apn'iS les relevés publifis par la Direction 
des non Iribiiliousindirecles, les sorties de vitis 
des caves des récollanls se sont élevi'es, pen- 
dant le mois d(> mars, en France, à t millions 
27G 118 heetolilTHS, ce qui porte à Iti 7GS OOlt 
Us .sorties Je|>iiis le début de la campagne. 
PendanI ces six mois, les quantités soumises 
au droit de circulation ont otéide 18 millions 
lt)l 'i:\t.i hecloliires. 

lin .M^érie, les sorties ont été de VM) mille 
(i8l lie. loli 1res en mars et de 4 929 OOS depuis 
le débul de la campagne (1" octobre). 

Au m mars, le stock commercial chez les 
marclianils en grosélail de (i .'ii,S 2Si hecto- 
litres en France el de 7G4 99.) <in Algérie. 

Le décret récent prohibant les importa- 
tions n'est pas appliqué à l'importation des 
vins ordinaires d'Espagne. 

La taxe sur la saccharine. 1 

On a lu, dans la Chronique du 5 avril | 
(p. Ho), que le projel ayani pour objet d'au- i 
loristT l'emploi de In saccharine dans la pré- ' 
paration de produits alimentaires a élé 
ado|)lé par le Parlement. Un autre projet, re- 
latif à l'elablissement d'une taxe de consom- 
mati(m proportionnelle à celle dont le sucre 
est frappé, a élé étfalemenl axlopté et est de- 
venu une loi du 7 avril. 

Aux ti'rmes de celle loi. un droit intérieur 
de consommation de -20(1 fr. par kilogramme 
sera perçu, à la sortie des fabriques, sur la 
saccharine el toutes autres suhstances édul- 
c.oranles artificielles ou produits chimiques 
assimilés. 

Police sanitaire du bétail. 
Voici le résumé des indications fournies 
par le Bulletin .sanitaire du ministère de 
l'Agriculture sur l'évolution de la lièvre aph- 
teuse depuis le débul de lévrier : 

: Goniiniines. 



Quin/'.iino.s. 

4 au n fivriiT 

18 févr. au 3 mars. . . 

•4 au n mars 

lu fiiRPS iiu 'i avril . . . 

5 au 21 avril 



Déper- Kf|ycrs déj;'i Foyers 
lenirni-i. sf'ni.'ïl*-*!. nonvenux 



11 
10 



12 



to 



Un décret en date du 7 mais a ajouté le 
port d'Ornn (.iVJgério) à la liste des ports ou- 
verts à l'importiilion des viandes de porc sa- 
lées oi-iginaires des Etats-Unis d'Amérit|ue. 

Pour la sériciculture. 

pHr des in'-truclions en date du 17 avril, le 
minisire de la Guerre a fail connaître aux 



généraux commandant les régions les dispot 
sillons qu'il a prises en vue du pi-ochain éle- 
vage des vers à soie : ' ' ' 

Les sériciculteurs, qui produiront un certificat 
de mise en incutiation d'au inoins 2:; ^'rammes 
de vers à soie, ppiirionl ohlenir une permission 
de «luinze jours, à l'e.xceptlon : 

0/ Des liiimmes en service au.x aimées; 

6} Des hommes dépendant du ministre de i'Ar- 
memenl; 

c) Des jeunes soldats de la cla--'-'' 101 h et de 
leurs instructeurs; 

(/ Des liommes du service armé i >ru|M-iés par 
la loi ilu iO février 1917 cl de leurs inslruct<-urj. 

Celle permission englobera lapinchame per- 
mission de détente à laquelle ces militaires au- 
raient eu droit. Il appartient aux Commissions 
départementales des départemenls intéressés de 
fixer les dates auxquelles les séricicullenis ori- 
ginaires de ces départements devront venir en 
permission; ces daies seront inscrites sur les 
certificats de mise en incubation que les inté- 
ressés devront produire ta leur chef hiérarobiquë 
pour obtenir la permission susvisée. 

En outre, dans les départements séricicoles, 
des équipes pnurront être mise», suivant les dis- 
ponihiliiés du mompnt, à la disposition des sé- 
riciculteurs pour la cueille! te des feuilles de 
mûrier. 

Il n'\ a pas de temps à perdre, dans les 
corps de troupes, pour l'application de ce^ 
mesures. 

Culture mécanique. 
Dan.-i sa récente .session, le Conseil général 
de la Mayenne a décidé d'attribuer une allo- 
cation de 1 ODO fr. à chaque Syndicat de cul- 
ture mécanique de ce département; cette al- 
location s'ajoutera h celle du ministère de 
l'Agriculture qui atteint, comme ou sait, le 
tiers de la dépen.se. Un nouveau syndical 
vient de se couslituer; il a porté son choix 
sur le tracteur J'itdii, et il a organisé des es- 
sais publics aux environs de Laval. 

Ecole nationale d'Horticulture. 

Alin de permettre aux appelés de la classe 
liU8 de jirendre part au concours d'adinis- 
siou de I lîcole nationale d'Iiorticullure de 
Versailles à une époque aussi rapprochée que 
possible de la date d'incorporation, le con- 
cours d'admission à celle école aura lieu ex- 
ceplionnellenient, celle année, pour la ren- 
trée de l'année scolaire I9I7-I!IIS. le II) juil- 
let au lieu du deuxième lundi d'octobre. 

•Les candidats devront se faire inscrire et 

faire parvenir directement les pièces exigées 

au ministère de l'Agriculture Direction de 

l'Agriculture, 1" bureau avant le 10 juillet. 

lIiMiv Svi'.Mni. 



LU M.ViS 



131 



LE MAIS 



Plus la saison s'avance, et plus longlemps 
a persisté le mauvais temps, plus impérieuse 
appaiait la néuessilé de tlunner en France un 
développement aus^i grand ((uc possiMe aux 
âeniailles de grains susceptibles de n^m- 



Màik 



^àiuiiiJmuiiJil 






n^^ 



Fi^. 35. — Tréparation -les semailles de maïs dans la vallùe 
( Hautes- Pyri^nées). 

placer, dans une certaine mesure au moins, 
le blé qui fera défaut. 

Parmi ces grains, à coté do l'orge el liu 
sarrasin se place le maïs. Le maïs, 
en effet, est une piaule alimentaire 
lie premier ordre qui, du reste, 
forme la base de la nourriture des 
habitants de la Roumanie, de cer- 
taines parlies de l'Italie et, il n'y a 
pas encore bien longtemps, d^s lia- 
bitai)ts de nos régions du liéarn, 
des Landes, etc. 

La culture du roaïs pour la récolte 
du grain occupait en France environ 
oUO UOU hectares les années (|ui onl 
précédé celle gu(',rre ; c'est dans nos . 
déparlements du Sud-Uuesli, Landes, 
Basses-Pyrénées , Haute-Garonne , 
Dordogne, Gers, elc. et dans un 
petit groupe de déparlements du 
Sud-Est Saone-et-Loiro, Ain el Ju- 
rai que le maïs est surloul cullivé. 

Le climat, en elTet, limite l'aire de celle 
culture. Les variétés intéressantes à cultiver 
pour !a production du grain, c'est-a-dire 
susceptibles de donner «les récoltes abon- 
dantes, ne peuvent l'élre.en France, que dans 
les ronirées oii la température moyenne .se 
maintient pendant cinq mois, de mai i sep- 
tembre, entre -)- 18 et + iO degrés. 

La ligne qui détermine en France la 



région dans laquelle le maïs mûrit aisément 
ses graines a son point de départ dans la 
plaine du Poitou. De celle province, elle se 
dirige vers Cabors. en traversant l'Ai'gou- 
mois, le Périgord et le Ouercy De là, elle 
p.isse dan.s l'Albigeois, con'onrne 
les Cévennes, remonie la rive di mie 
du Rhdne, traverse la riia'ii|>- gne 
pour se diriger vers Nancy (d Lu né- 
ville. Arrivée à ce point, elle fian- 
chit les monlagnes des Vo^gPs.et 
se dirige vers Bàle en snivanl les ri- 
vesduRliin. De Bàle, elli^ liaverse 
les monts du Jura, longe les nioi.la- 
gnes do Bugey, revient dan.s la val- 
lée du lilione pour sui\re le revers 
méridional lies n)onia};nes dauphi- 
noises et des montagnes alpines jus- 
qu'à Menton. •> 

Le maïs ne donne des produits 

abondants; que dans les p.iys on les 

étés sont à la l'ois chaud- • l humi- 

dArgciès jgg^ qq t,ien dans les cays à étés 

chauds, oii l'on dispose de leircs 

I .susceptibles d'être irriguées. 

Ce sont ordinairement les pluies de la ini- 
noùt — époque où l'épi est féconde et les 




36. 



Giitmp'dt loills ddns la vallio do la O.ironn». 



grains fonnés — qui exercent la plus grande 
influence sur l'avenir de la récolle. 

La culture du mats n'est à conseiller 
encore que dans les régions où l'on jouit 
ordinairement à l'automne de belles .jour- 
nées chaudes el ensoleillées qui permettent 
la récolte et le séchage des épis dans de 
bonnes couditioD^. 

Enfin, rappelons que le maïs est extrême- 



itiB 



Li; MAI> 



menl sensible aux gelées : les gelées blanches 
tardives du printemps el du début de l'élé 
peuvent détruire les jeunes feuilles: aussi 
ne peut-on commencer les semailles que 
lorsque ces tcelées ne sont plus ;i craindre. 
De là répO(|ue variable des semailles dans 
les diverses régions où cette céréale est cul- 
tivée. .\ l'Hutoinne, les gelées blanches égale- 
ment sont à redouler, car elles flétrii^sent 
tontes les feuilles et liges. 

Variétés 'le main. — Suivant la région plus 
ou moins chaude dans laquelle Ton fait la 
culture du maïs, il y a lieu de l'aire un choix 
judicieux des variétés que l'on sème. 

Aux limites de la zone de culture du maïs, 
comme aussi quand on en Inil une culture 
dérobée, il ne faut s'adrt-sser qu'aux variétés 
précoces : mais quiirnnlain ou pplit jaune. 
v\ais jaune très précoce des Motiean.r. mais 
jaune hâtif d'Ati:Tonne. Ces variétés sont 
n.Uurellemeut à faible rendement. 

Les variétés de jirrcncité moye>iiii> sont à 
cultiver spécialement dans nos régions méri- 
dionales du Sud-Ouest; les rendements 
quelles donnent sont plus élevés : maïs h'ini/ 
l'hilipp à r/rain coloré et blanc, mais jaune et 
lilnnc des landes, maïs jaune gros. 

'Juant aux variétés tardives, à grands ren- 
dements comme le maïs dent de cheval, elles 
exigent, pour mûrir, des étés plus chauds 
el plus longs que ceux que nous avons en 
France. 

Sol. — t*!lant donnée la végétation rapide 
el très abondante du maïs, il lui faut trouver 
dans le sol une ample provision d'engrais 
et en même temps d'humidité pendant les 
mois de la saison précisément la plus chautle 
de l'année; au.ssi lui réserve-t-on des terres 
profondes plutôt argileuses; les terres d'al- 
luvions dos vallées lui sont particulièrement 
favorables. 

Assoli-menl. — Dans la plaine de l'Aqui- 
taine on suit sur les terres les plus riches 
l'assolement blé-maïs, sur les terres moins 
riches on fait blémaïs-j.ichére; très fréquem- 
ment aussi, dans les Hautes et Basses-Pyié- 
ni'-es, on cultive le maïs .après Irèlle incarnat, 
après farouch. Aussitôt le trélle incarnat 
récollé, on apporte du fumier consommi' sur 
le champ, on laboure et donne de nombreux 
coups de herse pour achever d'ameublir le 
Sol et de le nettoyer avant les semailles. 

Engraii. — Le maïs est une plante très 
gourmande qui exige beaucoup d'engrais, du 
fume presque toujours la lerre avec le fumier 
dr- ferme, et celte fumure est très hcureuse- 
monl complétée p.ir l'apport de superphos- 
phates ou de scories. 500 kilogr. par hectare. 



I Quand on di.spose de nitrate. ".tO à 100 kilogr. 
de cet engrais mis au inomcnl des semailles 
assurent le départ rapide de la végéialion. 

Semailles. — L'époque des semis est va- 
riable suivant les régions; la jeune plante 
est délicate; elle ne résiste pas à de faibles 
abaissements de température, de plus les 
grains mis dans une terre humide et froide 
pourrissent au lieu de germer. 11 ne faut 
semer le maïs que lorsque les terres sont 
assainies, et que la température moyenne a 
atteint 12 degrés. 

En France, les semailles ne commencent 
pas avant le Vj avril au plus tôt el edes se 
prolongent jusqu'à lin mai, en Languedoc. 
Héarn, Gascogne, jusqu'en juin-juillet dans 
le cas des cultures dérobées avec des variélés 
très précoces. 

Une excellente précaution contre le char- 
bon qui attaque parfois le maïs (comme le 
charbon attaque le blé et l'avoine) est de 
faire tremper les grains destinés à la semence 
pendant douze à quinze heures dans une 
solution de sulfate de cuivre à un demi pour 
cent (500 grammes de sulfate de cuivre dans 
i hectolitre d'eau). 

Un sème au semoir en lignes, ou à la main 
dans le sillon ouvert par la charrue, soit en- 
core en poquets ; le plus fréquemment, dans 
le Sud-Uuesl, la lerre étant préparée par le 
labour el les hersages, on ouvre à l'aide d'un 
rayoïmeur des raies profondes de O^.IO au 
plus et espacées les unes des autres de O^.-'iO à 
0'".80 suivant lesvaiiélés cultivées. On répand 
dans les sillons ainsi creusés les graines à la 
main, et on les recouvre à l'aide de la herse. 

Quand on sème en poquets, on espace les 
poquets les uns des autres en tous sens de 
."iO à tiO centimètres. 

Suivant l'écarlement des lignes et le mode 
de semis, on emploie de 40 à 80 litres par 
hectare. Le grain de maïs, malgré sa gros- 
seur, ne demande pas à être profondément 
enterré : 4 ou 5 centimètres. 

11 est fréquent, el c'est à conseiller plus 
que jamais celte année, de cultiver en même 
temps que le maïs, sur le même champ, par 
exemple comme en C.halosse, en Héarn, etc., 
des haricots, des citrouilles. 

Ve>)éialii)n, façons d'entretien. — La végé- 
ialion (lu maïs est rapide, au bout de dix à 
quinze jours apparaît la feuille colylédonaire. 
Dès que les lignes sont bien marquées, or» 
peut commencer les binages qu'on multi- 
plie! a toujours avec avantage. 

Quand les tiges sont hautes de L"> ïi 20 cen- 
timètres, on éclaircit les planls de façon à 
laisser au moins entre chaque pied 35 à 40 



LAtiRICn.ïLHE AL CAUCASE EN 1916 



159 



oenlimétres. et un seul pied par poquet. 

Buttagf. — Lorsque la plante monte, que 
les fleurs mâles commencent à se montrer, 
oa butte les pieds, et on répèle au besoin ce 
bultage qui favorise beaucoup le développe- 
ment des racines adventives. 

h'cimage. — Après la fécondation, lorsque 
les j^rains sont déjà bien formés, on peut 
procéder à l'écimaye, c'est-à-dire à la sup- 
pression complète du panache des fleurs 
mâles. Cet écimage procure un excellent 
fourrage pour les bovidés de l'exploitation ; 
c'est une précieuse ressource, qui n'est pas 
à négliger. 

/{'■coltr. — Lorsque les feuilles devien- 
nent jaunes cl cassantes, que les styles sont 
complètement noirs et desséchés, que les 
spathes ont blanchi et que le grain a assez 
de consistance pour résister à la pression de 
l'ongle, le maïs est suflisainmcnt nuïr pour 
l'tre recollé. 

Kn l'rance, au moins, c'est encore presque 



partout à la main que se fait celle récolle: on 
arrache les épis de la tige et ceux-ci portés à 
la ferme y sont, le soir même, dépouillés des 
spallies qui les entourent, opération longue, 
mais indispensable sous noire climat. 

Les épis ainsi dépouillés, on achève de les 
dessécher en les étendant sur une aire sèche, 
oi'i ils sont soumis à l'action du soleil, or. 
en les étalant sur les planchers des greniers: 
sous les climats plus Immides on suspend les 
épis sous des hangars, les auvents des mai- 
sons, on les fait même sécher dans des fours. 

L'égrenage se fait encore en France à la 
main trop souvent: il existe de petits modèles 
d'ègrenoirs à maïs simplifiant beaucoup ce 
travail. 

On récolte en moyenne, en France, 17 hec- 
tolitres de grain par hectare ; mais dans cer- 
tains départements, les maïs alteignent un 
rendement de 30 à 35 hectolitres. L'heclo- 
litre pèse de 70 à 7,") kilogr. 

H. HlTIEH. 



r/AGlUCULTURE AU CAUCASE EN 1916 



Dans ma revue de l'année 1915, je disais 
que la guerre avait sauvé la situation, et j'en 
expliquais les motifs. On ne peut pas en 
dire autant cette année. Les opérations mili- 
taires, s'étendant en Turquie d'Asie et en 
Perse, ont réclamé beaucoup de transports 
sur axrs. sur hnls et de main-d'o-uvre. C'est 
le Caucase 4ui a fourni les chevaux et les 
hommes nécessaires. Il en est résulté ici une 
cherté de main-d'œuvre extraordinaire. Les 
ouvriers adultes qui se payaient, nourriture 
comprise, de iO à 75 copecks avant la 
guerre, de I r. 05 à 1 r. 05 copecks en 1913, 
se sont payés de I r. (iO à 2 r. 85 copecks, 
suivant les Gouvernements; des enfants, gar- 
çons et filles de 14-IS ans, qui se payaient 
30 copecks, reçoivent actuellement 80 co- 
pecks et 1 rouble. Les ouvriers spéciaux, en 
agriculture et en viticulture, se sont payés de 
3 à i roubles, et ils faisaient défaut. On con- 
çoit bien que dans ces conditions les surfaces 
ensemencées ont notablement diminué. 
.\ussi les prix des denrées alimentaires ont 
encore augmenté et dépassé de beaucoup les 
prix de 1015. 

Le blé. qui se vendait en moyenne 22-23 fr. 
les 100 kilogr. en 1911, est monté à 40 42 fr. 
en iyi'> et .'iR à 60 fr. en lOKj. Voilà des prix 
de gros qui se trouvaient très fortement ma- 
jorés, notamment dans les campagnes qui ne 
produisent pas suffisamment pour leur con- 



sommation et où les transports sont rares, 
chers et difficiles. C'est ainsi que le sucre 
qui se vend dans les villes de 28 à 35 copecks 
les 400 grammes, atteint dans les campagnes 
80 copecks et 1 rouble. 

Le maïs et les lobis (haricots indigènes), 
qui forment la principale nourriture des ha- 
bitants, sont montés de 10 fr. à 55-60 francs 
les 100 kilogr. pour le maïs, et de 40 fr. à 
130 fr. les 100 kilogr. pour les lobis (1). Tout 
est à l'avenant. Le bétail, les chevaux, les 
porcs atteignent des prix fantastiques; la 
viande de bo-uf se vend sur le marciié de 
Koutaïs 2 à 3 fr. le kilogr.; le veau, 3 à -4 fr. ; 
le porc, i à 5 fr.;le beurre salé, de 16 à 18 fr. 
le kilogr. ; le beurre frais 25 fr. quand il y en 
a: le pain, fr. 60 à fr. 70 le kilogr., pres- 
que toujours noir quand il ne manque pas 
On le voit, la cherté de la main-d'œuvre est 
motivée par bien des raisons. 

Et malgré cela, la population indigène ne 
IravHille pas davantage que précédemment, 
100 jours par an à peine: les femmes ne font 
absolument rien. Les paysans, qui ont peu 
de besoins en dehors de la nourriture et 
vendent leurs produits très cher, se trou- 
vent bien de cette situation. I.'ne poule qui 
se vendait 1 fr. à 1 fr. 50 avant la guerre 



il) Tous les prix notés sont comptés au cours tinr- 
mal du rouble, soit 2 fr. 10. 



160 



ESSAIS DE PHINTEMI'S D 



vaut 7 à 10 fr.: une dinde maigre, 18 à 25 fr.: 
les œufs, qui valaient fr. 02 à fr. 03 la 
pièce, se vendt-nl fr. 20 à ft-. 30. Les ha- 
billements et chiiussurt'S sont hors de prix. 
I.e drap russe vaut iO-riO fr. le iiièlre. qualité 
très ordinaire; les chaussures de paysans, 
'■fiousia, espèce de chaussons en cuir, qui se 
vendaient 1 Ir. 50 i\ 2 fr. 30, valent 12 à L'i fr. 
1-e drap indigène i]ui valait 8 A 12 rouilles la 
pii'ce de 10-12 archines larcliine, 72 cent, 
l.ir^ceur 30-33 cenlimétreà, se vend aujour- 
d'Iiui 30 à 10 roubles; une paire de bottines 
houimesou diimes, de iO à ."iO roubles. Ceci 
rend la situation des employés et ouvriers 
<le villes, nialgr(' l'augmenlaiion de leurs 
gages, très précaire. Aussi, je vois certains 
citadins se mettre à Tœuvre et bêcher la 
tene qui restait inculte autour de leurs mai- 
sons, pour y semer du maïs on des légumes. 
« A quelque chose malheur est bon. » l.a 
guerre <'ontribuera sans doute à modifier 
■singulièrement les mœurs des habitants de ce 
pays, qui vivaient paresseusement, sans au- 
cun souci du lendemain et sans la moindre 
économie. Messieurs les agi-onomes, qui ont 
montré trop souvent une inactivité di'plo- 
rable, semblent se réveiller et comprendre 
enfin la valeur des cultures accessoires el de 
l'élevage des animaux de basse cour, même 
des lapins. C'est ce qui manque surtcnil dans 
ce pays, où presque partout on peut avoir 
des li'gumns frais toute Tannée, même en 
hiver, el faire deux récoltes de pommes de 
terre. Si, en Russie, on est moins favorisé 
par le climat, on l'est davantage par l'étendue 
des ti'rre-i disponibles, mais Its chances de 
mauvaises récolles s lit plus grandes, ce qui 
cause [larfois de grandes détresses, même des 
famines, qui seraient nolablemenl amoindries 
si le pay.san pr.itiquaii les cultures et l'éle- 
vage auxiliaires. Os lacunes sont très sen- 
sibles dans ct!S temps de guerre, oii dans bon 



F. illLi'LIIK MÉCAMQL't: 

nombre de contrées la disette règne, causée 
pur le manque de moyens de transport. 

La question du bétail est aussi très ardue. 
Suivant M. .\. Kalanlarc. en deux ans de 
guerre on a abattu 13 millions de tètes do 
gros bétail, soil 32.5 0/0 des 46 millions de 
tètes existant en Russie. On a défendu l'aba- 
tage des veau\ jusqu'à l'âge de un .m et demi. 
Olle loi n'est ceiiendant pas encine appliquée 
au Caucase. Le nouvernement fait de grand 
efforts pour vulgariser la pratique el l'aug- 
mentation de l'élevage. Trente pour cent des 
veaux crevant faute de soins convenables, on 
comprend l'utilité de ces mesures. La guerre 
devant durer encore toute l'année el à la 
suite de nouvelles levées de j<unes recrues, il 
est peu probable que celte silualiou se modi- 
fiera en bien, notamment au point île vue de 
la rnain-d'o'dvre. Onantà la diminution des 
prix des denrées alimentaires et des fourra- 
ges.!', il n'y faut guère compter, car celte 
diminution dépend absolument de la crise 
des transports. 

C'est ainsi (jue dans le Caucase du .Nord, ii 
200 verstes à vol d'oiseau de Tillis, le laux 
officiel est ainsi fixé : 22 fr. pour le seigle, 
20 fr. pour l'orge, 25 fr. pour l'avoine, 30 à 
32 fr. pour le blé, 8 à 10 fr. pour le foin, le 
tout aux 100 liilogr. La journée d'une paire 
de bœufs coûte au Traiixcnucfisu 12 fr., d'une 
paires de bullles 23 fr., d'une paire de che- 
ve.ux (voilure à ressorts) 40-30 fr. 

L'année 1916 a été très sèche en général, 
ce qui a valu des récoltes au-dessous de la 
moyenne pour les blés, céréales et fourrages, 
qui croissent surtout dans les régions assez, 
élevées. Dans les régions basses île l'Ouesl, 
où la pluie alleint 1 300 el 2000 millimètres, 
la recelte du maïs a été superbe. 

Victor Tihébaut, 

r.orrcs|ion<laiit ilu iN-partentent 
'le r.\griruIti»ro. 



ESSAIS m l>liliMEMi»S DE CUETUHE MÉCAiMOL'E 



Comme nous l'avons exposé dans la Ch'-o- 
niqiii' du {H avril 'p. I33i, les [iremicrs essais 
coiilrolès pour l'anni'e 1017. firgaiiisés par le 
ministère de l'Agricullure. ont eu lieu du 11 
au Iti avril sur les terres de l'Ecole de inéca- 
nicit-ns agricoles à Noisy-le-(irand (Seine-el- 
ttise). Le directeur de l'Ecoh', .M. Olry, a 
rempli avec habileté les fonctions de com- 



(1) Le r..in auMe ;.n fr. li-« lUO kilofrr., l'avoine i-l 
l'o rue 10. .(I f, . 



missaire général. Pendant les qiialre jours de 
fonctionnement devant le piililic, une nom- 
breuse .illluence de cuiti valeurs s'est inUi- 
ressée au travail des appareils. Le contrôle 
de la marche de ces appareils a été pour- 
.suivie ensuite par .M. Kingelmann, directeur 
de la Station d'essais de machines agricoles. 
Vingl-lmis appareils ont élé amenés sur 
les vastes champs cnn.sacrés aux essais; ce 
chillre n'avait pas encore élé alleini dans les 
réunions antérieures. De ces appareils, scpl 



ESSAIS DE l'UlNTEMI'S 1 

êlaienl de constniclion française, quinze 1 
étaient de con'^truction amt^ricaine et un de 
lOnstruclion italienne. Nous allons les passer 
rapidement en revue, en accompagnsnt nos 
observations des photographies ,fig. 37 à Vt 
que nous avons pu faire exécuter sur place. 
Les sept appareils français étaient ceux ilc 



K CILTIKE MKCAMQL'K 

tracteur loueur pour 




Fis. 37. — Tractftir di^ Saherl. 

M. Georges Fillz, à Juvisy Seine-elOise), de 
M. Lefeljvrc, à Rouen I , rue du Cliamp-des- 
("liseaux;, de M. Tourand-Lalil, rue de Long- 
chanip, à Sure-^nes 
Seine) , de M. de 
Salvert, à Provins 
(Seine el-Oise), de 
M. Doizy, * Issy- 
les- Houli neau X 
Semei, de la So- 
ciété « la Motocul- 
ture françai-^e », à 
Paris (41, Ijoul -vard 
llaussman n; , de 
MM. Mistral hI Bro- 
che ('iO 6jî , rue 
Ch iptal,à Levallois, 
Seiae). 

Le tracteur de .M. 
Georges Fillz a été 
signalé à diverses 
reprises dans nos 

colonnes, avec les perfectionnements qu'il a 
reçus, et réceuimenl à (iropos des essais or- 
ganisés à la ferme de Champagne par la 
Chambre syndicale des consirucleurs de ma- 
chines agricfiles (numéro du 2 novembre 
l'JKi.p. ."{Tfii.Son poids est d'environ I 700 ki- 
logr.. sa force de .']•') chevaux. Il a été indi- 
qué firécédeinmenl qu'il peut servir non seu- 
lement comme traclr-ur direct, mais comme 



es gros labours. 
Le tracteur f.cfehvre est bien connu. 11 a 
figuré dans la plupart des essais ofti.-iels qui 
ont eu lieu depuis deux ans, ainsi qu'aux 
essais de Juvisy. La régularité de son travail 
a toujours été appréciée. La des(;ription en a 
(■lé (loiHiée dans le numéio du 2.'i septem- 
bre 1915. Sa forCi 
est d'environ 23 
chevaux. 

Le tracteur rf*' 
Salvn-t H\A. 37) est 
un appareil de la 
force de 3.5 che- 
vaux, qui ne parait 
pas être encore ar- 
rivé i'i sa forme dé- 
fini live. On ne sau- 
rait l'aiinrécier par 
le travail qu'il a exé- 
cuté dans b-s der- 
niers essais. 

Le tracteur- /)o'Z)/. 
qui avait déjà figui''^ 
aux essais de Gri- 
gi .n eu 1913. pa- 
rait avoir été un peu modidé. C'est un trac- 
teur-treuil, c'est-à-dire muni d un treuil sur 
lequel un câble est eriroulé.|La charrue éianl 




Fig. 38. — Tr.ii'tPiir Titan. 

attelée à rextrémité du cAble,l(' tra''teur part 
en déroulant celui-ci, puis il s'ancre sur lesol 
et tire la charrue en enroulant le cAble. Cette 
disposition permet, avec une force de 20 che- 
vaux, d'a(!tionner une lourde charrue à six 
socs. 

La charrue automobile Tournnd-Lalil a été 
décrite à l'occasion des essais ilc Champagni 
numéro du ':'. novembre l'JlO, p. .'(77 . 1. 



162 



ESSAIS DE PIUNTEMI'S 



t.h irrue à plu>ieurs socs, (|ui est à relevage 
automatique, est reliée directement au trac- 
teur de la force de 30 chevaux. 

L'appareil de la Sociélé ■! la Motocullurc 
française » dérive de l'appareil Minjenhurg à 
grilles animées d'un mouvement circulaire, 
qui a reçu plusieurs modifications. Un dispo- 




KiL'. 3î*. — Tracteur Kiiici'soii, de 3^ rlirvau.x. 

silif spécial permet de le transformer en 
tracteur simple auquel une cliarrue est 
attelée. 

Le tracteur Mistral et Broche n'a pu arri- 
ver que le dernier 
jour à Noisy - le - 
Grand. 

L'appareil italien, 
présenté par la So- 
ciété des tracteurs 
agricoles, à Paris 
(4, rue l{oberl-Es- 
lienne), est un ap- 
pareil BaroncelU , 
de la force de 25/30 
chevaux. Les con- 
ditions dans les- 
quelles il a figuré à 
.'NJoisy-le- Gran d 
n'ont pas permis 
d'en apprécier le 
travail. 

Les quinze appa- 
reils d'origine amé- 
ricaine qui ont travaillé à Noisy-le-Grand 
sont tous des tracteurs, munis de leurs char- 
rues; les uns sont déjà bien connus, les autres 
n'avaient pas encore ligure dans des essais, 
• •t il en est même qui élaii-nt à peine déballés 
après leur arrivée d'.Vmérique. 

La Sociélé internationale des uiachiues 
agricoles (CIMA), à Paris (1S3, rue Michel- 
Bizol), présentait deux appareils. L'un est le 
petU Muijul (S,lti chevaux;, bien connu el 
déjà répandu en France ; il a été précédem- 



DE CLLTURE MÉCANIQUE 

ment décrit ici. L'autre est nouveau : c'est le 
Petit- Tilnn{{ii:. 38 ,, de la force de 20 chevaux, 
qui séduit par sa souplesse et la régularité 
du travail de la cliarrue. L'un et l'autre peu- 
vent marcher indill'éremment à l'essence ou 
au pélrole. ce qui est précieux dans les cir- 
constances actuelles. 

Le tracteur h'inun-on 20 chevaux) 
présenté par la Société " la Culture 
mécanique », à Paris ;l7.j, rue de 
Flandre), est bien connu et estimé 
par un grand nombre d'agriculteurs. 
.\ coté, le //i;//''o)/r lig. 39), de 
25 35 chevaux, construit suivant les 
mymes modèles, est plus fort. Cette 
Sociélé présentait aussi un grain! 
chariot destiné à répandre le fu- 
mier, sous la conduite du tracteur. 
La Société .\gricultural, à Paris 
(8fi, rue de Flandre , avait amené 
deux tracteurs Bull, avec charrues 
à relevage automatique, bien con- 
nus, et dont la souplesse est très 
appréciée. L'un marche à l'essence et l'autre 
au pétrole. 

Le tracteur Moline (lîg. iO), présenté par 
la Société « Moline Plow ",à Pans .,159, quai 




lû. 



Irau'cur Muiiue. 



deValmy), avec charrue à relevage automa- 
tique, est de la force de 8/12 chevaux. Il pa- 
rait très apprécié, comme on l'a vu précé- 
demment inuméro du 19 avril I9IT, p. Hl), 
par les agriculteurs de la région mi'ridionale 
où il a ligurc' surtout jusqu'ici. 

Avec la Compagnie Casi' de France, à l'aris 
(251, faubourg Sainl-Martin), on se trouveen 
présence dn trois appareils qui différent sur- 
tout par leur puissance. C'est d'abord le 
gniiiil Ciixi\ (le la force de 12-25 chevaux, 



ESSAIS DE PRINTEMPS HK CL'LTIRE MECANIQIE 



163 



introduit depuis plusieurs années, et adopté 
dans plusieurs grandes exploilalions. C'est 




I-'ifr. 41. — Tri. leur lUobe. 

ensuite celui qu'on appelait jus- 
qu'ici le petit Case de 10-50 che- 
vaux, introduit en 1916, et qui a 
ligure aux essais de l'autouine 
dernier (numéro du i'.) oclolirc 
1916, p. 30;{:. C'est enfin un der- 
nier type, de !)-18 chevaux, qu'on a 
vu pour la première fois A ces 
nouveaux essais; ce type, qui pa- 
rtit posséder une souplesse re- 
marquable, u fourni un travail très 
régulier. 

Lelracteur.4»n'/rtco, présenté par 
M.\l. Beauvais et Robin, à Angers 
31, rue du Marché , a tij^uré dans 
un certain nombre d'essais, no- 
tamment à ct^ux de l'automne 



quatre socs à relevage automatique. 11 peui 
marcher à l'essence ou au pétrole. 

L'ap,ence Globe, à Paris (22, rue 
Saint-Lazare), présente le tracteur 
Globe I lig. 41), de la force de 10 che- 
vaux, actionnant une charrue à 
quatre socs. 

MM. Siégel et Hommey, à Paris 
(19, rue Réauniur), présentent deux 
appareils nou\eaux, avec la même 
charrue à trois socs et à relevage 
automatique. Le [{ockidand (lig. 42), 
de la force de 12-20 chevaux, du 
poids de 2 700 kilogr., est monté sur 
quatre roues, dont deux sont mo- 
trices. Le Petit Géant est de la force 
de 16-22 ciievaiix et pèse 2 500 ki,- 
logr. ; a pu remarquer le soin 




l'ii.'. 



. — Tricleiir Uock Islan-i. 




Fiff. 43. — Tracteur Konl. 



dernier (numéro du lOoclobre l'.MO, p..'i6.'i). 
De la force de 12-24 chevaux, et du poids de 
2 000 kilogr. enviion, il tire une charr\ie à 



avec lequel tous les 
organes sont abrités 
contre la poussière ou 
la boue. Il a été décrit 
dans le numéro du 
8 mars 1917 (p. 85). 

Le tracteur Ford 
(fig. 43), présenté par 
MM. Ford cl fils, à Le- 
vallois (rue Cormeille), 
lires Paris, et construit 
par cette maison célè- 
bre dans la fabrication 
(les automobiles, a at- 
tiré l'attention d'une 
façon toute spéciale; 
de dimensions trapues, 
il porte un moteur 
d'automobile et e*t at- 
teléà une charrue à deux larges socs. Mais 
il était à peine débarqué et n'avait pas encore 
été mis au point pour fournir un bon travail. 



Iti4 



TOUKTEAIX D AKACHIDKS. — DKSKiNATIONS CUMMEKCI ALES 



Le programme des essais comportail l'exé- 
culioD de laliours dt^ prinleuips. de iU à 
15 cenlimèlres de profondeur. A quelques 
exceplionsprès, ce travail a été régulièrement 
lait dans des conditions assez difliL-ilos, la i 



terre élanl fortemenl mouillée. Il appartien- 
dra au.\ expériences de contrôle de détermi- 
ner les résultats comparatifs du travail des 
différents appareils. 

HtSRY Sa(;meh. 



SITUATION Ai.IUCOLE DANS LES VOSGES 



tirémaiivillers-VagDFy, 22 avrit 1917. 

Il fait toujours froid avec «ibitulées et neige, 
l'endanl (;ualre jours de la semaine qui vient 
de s'écouler, les tempêtes où la iieii-'e lourbil- 
loaail coinrae en janvier l'ont accutiiulée en 
fortes quantités sur les^ liauti-urs où celle lnmbée 
depciis près lie. qualre mois avail peu diminué. 
I.a température ai-tuelle la conserve, el les cul- 
tures de ces para^ies, [>eu importantes, du reste, 
ne pourront se faire que bien tardivement. 



La perturbation commerciale tombée sur les 
fromages Munster, Gi'romés, etc , par la taxe, 
s'atténue, mais non sans avoir causé de tristes 
effets en rapports sociaux el relations mutuelles. 
J'en pourrais préciser de bien rewretlables. 

En fabrication de fromages, les faisons Muns- 
ter, Tlidly, tiéromé, elc, produits dans la région 
montagneuse, s'obtiennent par les mêmes pro- 
cédés et sont peu vai iables en qnalilO, sinon par 
les soins divers el la nature des fourrages. 

J.-B. J,\cyuoT. 



TOURTEAUX D'AHACHIDES 

DKSKINATIONS COMMERCIALESfl) 



Tourteaux d arachides de Coromandel en 
coques. — Dans le but d'obtenir des liuiles co- 
iiieslibles de première qualité, on u expédié des 
Indes (Coromandel, Honibay, Malabar) des quan- 
tités restreintes, il est vrai, d'arachides en 
Clique. Les tonneaux obtenus se rapprochent 
beaucoup de ceux de Kufisque avec lesquels il 
est facile de les corilondre; nn expert, seul, peut 
|iar la dégustation en déceler l'origine. Le prix 
élevé du Irèl d'une pari, les procédés de désu- 
dorisalioii d'antre part, ont fait actuellement 
disparaîtie ces produits du marché. Le port de 
.Marseille reçoit en f.iitde quantité des arachides 
en Cliques po-venant de Chine, de Java, d'iis- 
pagne, de liangoon. Les tourteaux qui en ré- 
sultent sont eu «énéral confondus comme les 
piécéiients avec le.'! Itulisques, ce terme en 
résumé tendant à ilésit;ner tous les tourteaux 
provenant .le L'iaines expédiées en cocpies. 

Tourteaux d'arachides de Coromandel à sec. 
— Les procédés de décoi licalion usités dans 
l'Inde .sont assez primitifs; c'est par l'humiililé 
que l'on fait éclater les cnques; il résulte de ce 
traitement une altération plus ou moins accen- 
tuée de l'auiaiide. Pour améliorer la qualité, 
certains exportateurs ont adopté les procédés 
mécaniques de décoi tication en usage en 
Europe, el afin de protéger les graines contre 
les souillures du transport, ils les ensachent 
.ivant l'emharquemoiit. 

Les tourteaux obtenus avec ces graines sont 
d'ezcelleiitij qualité, la cassure est plus gris:\lre 
que celle des llulisques; on perçoit un goût de 
grillé-, mais le dosage eu protéine peut atteindre 
49 0,0, comme nous l'avous constaté, avec une 

1) Voir le n» (la ii mars, p. lOS. 



moyenne de iT o. I,e cnmmerce les désigne 
sous les noms de simili-nili^fiiies, ti/prs riifisques: 
ces appell liions peuvent prêter à une confusion 
tout à l'avantage du vendeur, et rien ne les jus- 
tifie puisijue ru/isi/ues désigne une origine et non 
une qualité. 

Tourteaux d'arachides de Bombay. — Le.< 
graines de cette provenance doniunl des tour- 
teaux de saveur assez douce, un p^-u savount-use. 
la coloration de la farine que l'on en obtient 
est légèrctnenl jaiinàire. C'est utie .qualité 
appréciée qui a été vendue dans certains mar- 
chés S'ius le nom de tt/pe^ i-iifiniiues. Leur dosage 
en protéine est d'environ 47 0/0. La proportion 
de cendres peut di'passer ^ 0/0 comme pour 
tous les tourteaux provenant de graines décor- 
tiquées aux pays de production. 

Tourteaux d'arachides de Chine. — Ce tour- 
teau, bi ili's soins sullisants ont été pris pi-iulaol 
l'extrai tion «le l'Iinile, est d'une grande blan- 
clK-ur, ce qui le fait souvent confondre avec les 
Itulisques dont il ditlère peu à la dégustation 
Mais l'analyse déi-elle toujours une proportion 
de protéine sensildement moindre et oscillan: 
entre i:t el i'à 0/0. (tn lui reproche souvent 
d'être plus humide, et comme conséquence 
d'une moins longue conservation. 

Tourteaux d'arachides de la côte orientale 
d'Afrique (Mozambique, Niger). — Ces prove- 
nances x.nt laKiii'iil désignées dans la vente 
des touileaix el ceux-ci sont vemlus suivant 
leurs qualilés sous une rubrique plus courante. 

Tourteaux d'arachides de Coromandel. — Ces 

griiiiies ilé.-oiiiqiiées à l'eau conslituenl les arri- 
vages les plus importants ; elles sont expédiées 
di> Pondicliéry, Madras. Cuddalore, Cocana- 



TOURTEAUX D'ARACHIDES. — DÉSIGNATIONS COMMERCIALES 



dali, etc . et fournissent des tourteaux plus ou 
moins bruns, de qualité très variable suivant 
l'étut de bonne conservation des graines et le 
nettoyage plus ou moins parfait cjue celles ci 
subissent avant le broyage. La valeur de ces 
touileaux peut être >ppri'ciée par le degré 
d'Iuiiniilité (12 0/0 au maximum ,1a proportion 
de cendres ^0 à 9 O'i et surtout la teneur 
en matières azotées (43 à 47 0,0 . 

Certains fabriiants inlroduisful pendant les 
dernières pressions les substances absorbantes 
<sciure d"- bois, débris île coi)uos d'arachidesi 
qu'ils répandent sur le sol constitué le plus sou- 
vent par des plaques de métal, autour des 
presses el des divers appareils, afin de rerueillir 
l'huile répandue el d'empêcher les ouvriers df 
glisser. Celle pialique a pour conséquence 
d'amoindrir la valeur alimenlHire du tourteau; 
elle est décelée par l'examen microscopique, et 
par l'accroissement du dosafie en cellulose et en 
cendres qui a pour conséquencp une diminution 
de la protéine. 

La matière grasse, dont le dosage varie entre 
C et 9 0, présente une valeur alimentaire qui 
n>st pas négligeable, puisqu'elle équivaut à celle 
de deux fois et demi If même p"i.ls d'amidon. 

Corps étrangers contenus dans les tourteaux. 
— Les touneaux, résidus de labncalion, con- 
tiennent par leur nature même les impuretés 
qui se trouvaient dans les giaines et dont la 
proportion est fort variable suivant les soins 
apportés dans les transports et surtout dans les 
nettoyages à lusine. C'est ce qui expliciue que 
le.i graines décortiquées aux pays d'origine, sou- 
vent chargées en vrac dans les cales dt-s bateaux, 
dans les véhicules, conservent adhérentes des 
poussières, de la terre, etc., qui augmentent le 
pourcenta;je des cendres. 

Pendant le travail de l'extraction de l'Iiuile, 
des fragments de bois et de métal, surtout des 
clous, des boulons, sont arrachés aux difTé- 
rentes parties du mécanisme; nou< avons trouvé 
des fragments île vi'rre provenant d'ampoules 
électriques. Ces accidents de fabrication sont plus 
fréquents pendant le travail de nuit. Il e>t donc 
nécessaire de veiller au concassage, et de bluter 
grossièrement les farines. Car ces corps étran- 
gers absorbés par les animnux peuvent occa- 
sionner des accidents mortels. C'est une des 
raisons qui doivent faire absolument rejeter le 
procédé qui consiste à délayer les fragments de 
tourteau dans l'eau pour !■ s d"iiner à consom- 
mer en barbollages. Les animaux, en buvant un 



lliiniiilité 

Cendres 

Matières azoli'es 

— grasses 

— bydrocarbonées. 
Cellolose 



16!. 

brouit clair, absorbent beaucoup plus facilement 
ces corps étrangers que lorsqu'ils prennent dans 
la mangeoire un aliment qu'ils doivent masti- 
quer. 

Ou sait avec quel soin le cheval en particulier 
piul trier, parmi les grains qui lui sont olîerts, 
ceux qu'il lefuse. 

La pùte des amandes broyées est placée dans 
des scointins el soumise à de liés fortes pres- 
sions sons des presses hydrauliques. Le tissu de 
ces scourtins est constitué par une chaîne en 
crin et une trame en poil de chèvre ; plus il est 
usagé et plus il laisse adhérents aux galeites des 
fragments qui se trouvent mt-langés à la pâte 
dans les pressions suivantes, ou qui restent 
collés à la surface des plaques de tourteaux. 

Ces poils ne sont pas sans incouvéïiienl, ils 
augmentent les pelotes feutrées qui se forment 
dans les intestins des animaux, avec les poils 
que ceux-ci arrachent en se grattant ou en se 
léc liant. Toutes les tentatives faites pour substi- 
tuer un autre tissu dans la fabrication des scour- 
tins employés avec les presses françaises ont 
échoué. 

Avec les presses américaines, on se sert, pour 
envelopper la pâte, de serviettes en laine et pour 
les pressions à chaud de serviettes en cheveux. 
Une seule usine à .Marseille est ainsi outillée; les 
tourteaux qu'elle fabrique acquièrent sur le 
marché une plus-value de fr. oO environ par 
100 kilogr., parce qu'on ne trouve de crins 
ni à leur surface, ni à l'intérieur de la plaque. 
Ils sont d'ailleurs faciles à reconnaître à leur 
l'orme quadrilatérale allongée el à leurs canne- 
lures ïuperlicielles. 

La forme des plaquettes de beaucoup la plus 
répau'lue est celle d'un carré dont '.es angles ont 
été rognés; on trouve aussi quelques pains ronds. 

Calcul de la valeur nutritive et de la valeur 
vénale. — Pour apprécier la valeur nuliitive 
d'un aliment, nous appliquerons la méthode de 
Mallèvre; c'est elle qui donne les résultats les 
plus exacts pour la recherche de l'aliment le 
plus économique. 

l'ienons comme exemple le tourteau d'ara- 
chides liulisques, dont l'analyse est ci-dessous 
avec le détail des calculs à effectuer. Ce tourteau 
a été vendu dernièrement au piix de 29 fr. les 
100 kilogr. en vrac, pare de départ; s'il eût été 
plus blanc, il aurait certainement obtenu une 
plus-value de 2 fr.; on remarquera que sa ri- 
rliesse en matières grasses atteint presque un 
maximum : 



l'nnuipus 




Principes 


Loofiicieulâ 


Valeur Dulrili va 


briils. 


lie fligealibiliti'-. 


•ligestihles. 


(le Kellnor. 


lifule on amidon. 


n.9 


„ 


,, 


.. 


.. 


4.;> 


» 


kl 


» 


» 


47.6 


X o.'ii 


■--^ 4.1 


X 0.94 


40.. "> 


r..i 


X o.no 


-= S. 2 


X 2.41 


19.8 


24.3 


X 0.85 


^ 20.6 




20.6 


4.4 


X 0.11 


= o.r. 


Total 


0.5 

SI. 4 




iloefticient 


lu travnil de 
Valeui 


la digrstiou. . . 
nutritive nette. . 


. .. X 0.9S 
79.7 



186 



LE FCiYKR RL'R.\L ET LA FEMME 



Le prix de l'unité nutritive ressort à fr. .ICiS. 

Si nous comparons ce tourteau à une avoine 
moyenne donnant 59.7 comme valeur nutritive 
nctif tables de Malièvrei. au prix de vente de 
:12 fr. les 100 kiloyr. fixé par la taxe, l'unité nu- 
tritive de ce ;jrain coûte fr. ÎIS. Le tourteau est 
donc beaucoup p\u^ économique, et devra être 
substitué à l'avoine dans la mesure compatible 
avec l'établissement d'une bonne ration. 

Pour ch'iisir entre ileux tourteaux le pins 
avantageux, nous ne pensons pas qu'il soil né- 
res.saire de recourir au calcul précédent, fin 
additionnant la matière azotée brute à la ma- 
tière fjrasse multipliée par le facteur 2.4, on 
obtient des chiffres très comparables, et ce sont 
en réalité les seuls variables. 

Comparons donc trois tourteaux par ce pro- 
cédé simplifié : 



Protéine 

Matière grasse 
multipliée par 
2.1 


Kulisi^ijes 
à W ir. 

47.6 
21.8 

60.4 
fr. 42 


Cnroraandrl 

ù sec 

à -27 fr. 

41.6 
20.4 


CoromaiiUel 

ordinaire 

à sr. fr. 

43.0 
14 






Eléments nutri- 
tifs adipo-pro- 
téiqui's bruts.. 

Prix de l'unité .. 


65.0 
fr. 41 


57.0 
fr. 41) 



Nous concluons que la seule origine de Ru- 
fisque fait payer l'unité considérée 1 centime de 
plus, et que le Coromaiidcl à sec, quoique de 
■2 tr plus cher que le Coromaudel ordinaire, est 
encore plus avantageux. 



Nous sommes persuadés ([ue celte règle très 
simple pourra rendre des services aux ache- 
teurs de tourteaux. Elle n'est strictem''nt appli- 
cable que pour deux produits identiques, car si 
l'on compare des tourteaux de sortes différentes 
comme ceux «le cnpraii par exemple, il y a 
d'autres considérations qui interviennent et 
chaiigent complètement les conditions de vente. 
Ce> tourteaux étant tout particulièrement re- 
cherches pour l'alimHntatiiin des vaches lai- 
tières, il en résulte qu'ils sont actuellement 
payés environ 10 fr. de plus par quintal que les 
arachides, bien que leur ricliesse en protéine 
soit (ilus di' moitié moindre (20 ; ds cnntien- 
nent, il est vrai, de 40 à V5 0/0 d'hydrates de 
caibone, ce qui leur donne une valeur nulrilise 
nette à peu près égale. 

II. GouiN, 

Ingûnicur agroDoiiuv 



CAMION AUTOMOBILE 

IvMl'iAtYÉ .\U\ Tli.VV.VUX DES HKCOLTKS 



On nous signait' qu'on a ulilisé l'an der- 
nier, sur un grand doniaioe des environs 
d'Vrles (Ilouches-du-IUiône), un camion au- 
tomobile de U> chevaux à la traction d'une 
faucheuse. 

La fnuclieuse ordinaire de l'exploilalion 
lut muniH d'un limon court atlaclié à l'ar- 
rière du châssis du camion, auquel on avait 
laissé ses pneumatiques qui se sont bien 
moins usés que sur la route. Le travail a été 



efTeclué régulièrement pour les trois coupes 
sur des prairies naturelles irriguées. 

Mai-i le camion étant attelé à la moisson- 
neuse-lieuse du domaine, on a tlCi inierrom- 
pre le travail, lar le terrain caillouteux el 
l'éleiile abimèreni rapidement les enveloppes 
de caiiutchouc ; c'est la démonstration qu'il 
convenait de modifier les bandages des roues 
piiur les travaux de moisson. 

R. DE5SAISAIX. 



LE FOYER KUUAL ET LA FEMME 



.Sous ce titre une .Vssociation a été récemmi-nt 
fondée dans le but de diriger el de guidi-r les 
lémme.H dans la vie rurale. 

Il lie s'agit pas d'une œuvre éphémère née des 
besoins de la guerre el destinée à linir avec les 
hoi'liliiés. Après la guerre, au contraire, la 
France, pour retrouver et niéme augmenter sa 
prospérité d'anlan, aura besoin de déployer, 
dans toutes s-s bianclies d'activité, une énergie 
et une organisation du travail plus intenses. 

Mais si l'industrie, le commeice doivent 
prendre dans la suite nn essor plus grand, il ne 
faut pas que ce soit au détriment de l'agricul- 
ture ; il importe, dès h présent, de pn'voir 
l'avenir el de parer à ce danger. 



II importe donc de créer dès maintenant chez 
les femmes un courant d'opinion en faveur du 
retour à la camp<gne cl d'empêcher celles qui 
y sont restées de venir daiis les villes. Plus 
d'une situa' ion se verra changée; important est 
le nombre de celles qui, par la mort (irémalurée 
(lu chef (le famille, se voient obligées de cher- 
cher un ga;;ne-pain ou d'aji^uter par leur travail 
un appoint aux modest'-s ressources du budget. 
A celles-ci, il faut ilémontrer et faire com- 
prendre que c n'est pas à la ville où d y a en- 
combrement dnns toutes les carrières qu'elles 
trouveront le rai>-uz à se tirer d'atlaire; mais 
que la campagne peut leur offrir tout autant de 
n-ssources pécuniaires avec, en plu-, tous Its 



COMMERCE INTERNATIONAL DES ENGRAIS 



167 



avantages moraux et physiques qui résultent 
d'une vie plus saine et moins eiilit^viée. 

Sans vouloir les astreindre aux gros travaux, 
il est important de leur faire connaître le grand 
nombre de travaux faciles, rémunérateurs, qui 
sont à leur portée et peuvent être entrepris avec 
le plus de succès suivant la région qu'elles 
habitent, leurs aptitudes spéciales et l'impor- 
tance de leur famille. 

Il convient aussi de leur éviter les tâtonne- 
ments, les décourai;ements, les échecs dus à 
rinexpérience et, pour cela, de leur assurer une 
formation technique qui soit à la fois [iratique 
et simple. 

C'est dans ce but que s'est fondé récemment le 
Foyer riiial et la femme dont le secrétariat situé 
42, rue du Louvre, i Paris, est ouvert tous les 
ours de deux à quatre heures. 

Le 1"' jeudi de chaque mois, les femmes fai- 
sant partie de l'Association — les hommes ne 
sont pas exclus — sont invitées à venir au secré- 
tariat pour se connaître, échanger leurs idées, 
s'éclairer réciproquement. 

Son Comité de direction est ainsi composé : 

Préiidenlc : M°" la duchesse douairière d'Uzès. 

Vice-pn'sidents : MM. Fernand l.audet, comte 
Imbart de la Tour. 

Secrftaiie i/enéralc : M"' L. Zeys. 

TrésDiier : M. Muret. 

Membres: du Conseil : M"" la baronne Bertrand 
(ie.tlin, M'"' de Germiny. Mathilde Zeys, MM. Le- 
mari^uier, l.epelletier, (lavoty. 

Son but. ainsi qu'elle l'exprime dans sa circu- 
laire qui est aussi son programme, est d'éviter 
aux femmes les tàtonnemeiits coûteux en leur 
donnant une formation technique et profession- 
nelle qui les initiera aux travaux des champs. 

((Nous nous proposons, ajoute-t-elle, de guider, 
de conseiller celles qui vouilront suivre cette voie 
et de les faire proliler des institutions exis- 
tantes, en restant en contact permanent avec 



elles, soit par l'entremise de nos corresp(>ndnnts 
régionaux. N'ous voulons aussi former des épou- 
ses de cultivateurs capables de seconder dans 
leur tâche nos soldats valides ou mutilés et de 
les aider à reconstituer le foyer rural. " 

Ce dernier point est essentiel. En se préoccu- 
pant de l'avenir des mutilés de la guerre, on .i 
recherché pour eux un nombre inlini de gagne- 
pain dans l'industrie, le commerce, certains mé- 
tiers manuels et dans les administrations. Et 
malgré la formation d'écoles d'agriculture à 
l'usage des mutilés, la part donnée à l'agricul- 
ture est bien minime, si l'on songe qu'on ne lui 
rend ainsi qu'une infime partie de ceux qu'on 
qui enlève pour des métiers s'exerçant à la ville 
ou les emplois dans les administrations. 

Le rôle de la femme est essentiel dans la fon- 
dation d'un foyer, et il n'est pas sans iniluence 
dans le choix des carrières masculines. La 
femme d'un mutilé vivra bien plus facilement a 
la campagne que dans une ville, et son mari 
égnlement. Tous deux pourront travailler de con- 
cert et avoir la sati^faction d'être utile encore à 
Ma chère patrie que ses fils auront si vaillamment 
défendue. 



A cette occasion, il n'est pas sans intérêt d'en- 
registrer une heureuse initiative prise en Italie. 

Lacomtesse Lavinia di Brazza, présidente delà 
Section féminine de la Société des Agriculteurs 
Italiens, a institué, d'accord avec la présidence 
de cette grande Société, un office d'assistance 
pour la liquidation des [jcnsions de guerre aux 
familles paysannes. Lne noble dame romaine a 
offert une somme de 5 000 fr. et un sénateur une 
somme d" 2 000 fr. pour cet objet. La Société 
des Agriculteurs Italiens a ouvert une souscrip- 
tion destinée à accroître les ressources de cette 
œuvre. 

\. 



COMMERCE INTERNATIONAL DES ENGRAIS 



Couime il le fait depuis trois an.s, rin.stilut 
international d'Agriculture de Home vient de 
publier son sixième bulletin périodique sous 
le litre : Le mouvement internnlional des En- 
grais et produits ulite.s ù l Agriculture . Ce 
bulletin est con.sacré au deuxième semestre 
de l'année 191ii et à l'ensemble de celte an- 
née; il renferme des renseignements intéres- 
sants en ce qui concerne les différents pays, à 
l'exception des empires centraux de l'Europe. 
Il n'esl pas inutile d'en dégager les princi- 
paux. 

Diminuée dans les deux premières années 
de la guerre, la production des phosphates 
naturels a repris une importante activité en 
Tunisie, ou elle a atteint 1 09V> 000 tonnes, 
[andis que partout ailleurs elle est toujours 



en réduction. De même, les exportations 
d'Algérie se sont sensiblement accrues. 
Quant à la fabrication des superphosphates, 
elle est descendue partout, pour des motifs 
que tout le monde connaît; en France, elle 
n'est accusée que de 3.H0 OOO tonnes en 1916. 
contre (iOO 00(» en lOiri, 1 (iOO 000 en 1914 et 
1920 000 en 1913. Les données paraissent 
manquer en ce qui concerne la fabrication 
des scories phosphoreuses. 

La production du nitrate de soude au Chili 
a atteint près de 2 915 000 tonnes en 1910, 
alors qu'en 1913 elle n'avait été que de 2 mil- 
lions 77 'i 000; l'exportation a été de 2 mil- 
lions 99-2 000 tonnes, dont 1 t)2."; 000 en Eu- 
rope. L.i part de la Kraiice dans ce commerce 
a atteint .'l'iO 701 tonnes, cliilTre qui n'avait 



168 



ACADEMIE D'Ar.RICt'LTDRE DE FRANCEm 



jamais été alleint: on sail nue la pins forte 
proportion est consacrt^e aux hpsoins mill- 
tairps. Quant aux enj;rais a/.nlés syntluHiqufS, 
les liocumenls manquent à peu près com- 
phMement, sur la production; la France en a 
iruporlf^ 7 '.iS.'i tonnes. 

Le connuerce des engrais potassiques qui, 
comme on sail, provenaient surtout d'Alle- 
magne, a été interrompu p.^r la guerre. Tou- 
tefois, on doit constater un certain dévelop- 
pement de l'exportation du salpêtre nitrate 
de potasse) de l'Inde, (jni est passée de 
1 1 (MM) tonnes en l!)I 'i à près do "iri 000 ton- 
nes en iOiii, la plus forte partie étant dirij^ée 
sur l'Angleterre. .!, ,1 

i.es renseigneiuenls <)iii intéressent la 



Frani'i! sur la production et le commerce du 
sulfate de cuivre sont les mêmes que ceux 
donnés préiédeniment ici. Quant au soufre, 
il ressort des documents réunis par l'Insti- 
tut international d'Agriculture que la pro- 
duction en Italie est descendue ;\ 279 000 
tonnes eu 1!JI0, au lieu de .'iC.i 000 en 1915; 
par contre la production aux Ktals-l nis et au 
.lapon parait avoir augmenté Sur HI8(M)(l 
tonnes exportées d'Italie, près de 107 000 ont 
été expédiées en France. Le stock dans les 
ports d'embarquement de Sicile n'était <iue 
de I.J.") 000 tonnes au .'tl décembre 1016, alors 
qu'il atteignait 274 000 tonnes au 31 dé- 
cembre IUIj. 

Henry Sauxikk. 



lUIUJOliliAIMIIE 



Notes de culture mécauique, par le D' C. Ciiauvkau, 
sénateur de lu Cnie-tlOr, 1 vol. in-S" de â-iU paf;es, 
avec 187 ligures dans le texte. Librairie Bailiiére. 
Paris. Pri.x, 12 fr. 

Le nouvel ouvrage du D'" Chauveau dont on 
connaît l'iiiiassable activité ctierclie à aidi i 
l'essor de la culture mécauique. 

Bien qu'écrit sur un sujet très JilTérenl de 
ceux que traite généraienieiit l'auteur, ce vo- 
lume renferme nombre de docuiiieuis intéres- 
sants que les agriculteurs seront heureux de 
trouver groupés et m(^lliodi(|aemeul rassemblés. 

Après une série de chapitres étudiant au point 
'le vue général la question de la culture méca- 
ni(jue, et faisant l'historiiiue des principales 
uianil'eslaliuns de labourage mécanique, .M. le 



sénateur Chauveau a donné la liste, la descrip- 
tion et les laractérisliques de la plupart des 
appareils apparus au lours de ces dernières 
anuées, puis il a réuni les répouses qu»- les per- 
sonnalités les plu.s autorisi'es du monde agri- 
cole ont adressées à un quesliounaire envoyé 
par lui sur l'état et l'avenir de la culture méca- 
nique. 

Ce sont là des documents de valeur qu'on 
consultera avec fruit. Aussi, esi-ce avec regret 
qu'on ne trouve pas, pour terminer cet impoi'tant 
recueil, une conclusion faisant jaillir des vues 
personnelles sur une question aussi fouillée et 
apportant la synthèse des maliéres si aboudani- 
meut et laborieusement rassemblées. 

P. B. 



ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE 



Séance du 4 avril 1917. 
Préii'tiètide de M. Ilatlci. 

La culture mécanique. 

M. Henri Petit fait une communication Irè'' 
documentée sur les résultats que peut donner, à 
l'heuie aclui'lle, la culture m''rani(iue et les 
services de plus en plus yiands qu'elle est ame- 
née à rendre :\ l'aaricullure. Dés maintenant, 
dans les circonstances écono(ni jnes où nous 
nous trouvons, la culture mi^canique doit puis- 
samment nous ailler à traverser la crise alimen- 
taire qu'd est raisonnable de prévoir et qu'il est 
du devoir de chacun de conjurer dans la mesure 
lie ses moyens. 

M. Petit résume tout d'abori> l'historique des 
appareils de culture mécanique et il montre 
comment les constructeurs ont été amenés ,\ re- 
cheicher spécialement les appareils pouvant 
promouvoir les instruments auricnies A l'aide 
d'un tracteur aeissant directement sur le crochet 
d attelage. Il étudie siicces.'^ivement les limites 



de puissance des appareils, les moyens de réali- 
ser l'effort maximum, les travaux correspondant 
à cel elïcirl maximiiin, les conditions de cons- 
truction et la conduite des appareils, le pvi;t de 
revient des travaux, les jiaranlies à récjaroer 
aux l'onslrncteurs. , 

Au point de vue des conditions de constrdC' 
lion, M. Petit montre que les appareils de cul- 
ture mécani(|ue doivent <»trp d'une construction 
irrf'piochalde, au moins aussi soignée que celle 
lies marques d'automobiles les plus renommées: 
s'il n'en est pas ainsi, la durée des .ippareils 
si*ra très réduite et les frais d'entretien considé- 
rables. 

A propos de la conduite des appareils, M. Petit 
insiste sur la nécessité d'avoir, pour mener un 
appareil de culture mécanique, un conducteur 
bien an courant, attentif et soigneux. .\ pre- 
mière vue, ces appareil* sont d'une conduite 
très simple et semblent pouvoir fitre menés par 
un ouvrier au bout de «[uelques jours d'appren- 
tissage. C'est un optimisme dont il faut se défier 



ACADEMIE D AGRICULTURE DE FRANCE 



16!:> 



et qui peut conduire à des surprises désagréa- 
bles, car les accidents qui peuvent résulter d'un 
défaut de connaissances ou de soins occasion- 
neront des réparations coûteuses e' des indispo- 
nibilités plus ou moins longues, au moment 
souvent où l'utilité de l'appareil est la plus 
urgente. 

M. Petit ajoute que, comme souvent, on sera 
obligé de confier la direction de tracteurs à des 
ouvriers dont l'apprentissage ne sera pas par- 
fait, il y a lieu de s'inquiél'-r, pour les construc- 
teurs, de la nécessité .te rendre leurs appareils 
d'un maniement et d'une surveillance faciles, en 
évitant l'emploi de dispositions délicates ou 
compliquées. 

En résumé, les agriculteurs peuvent, à l'beure 
actuelle, espérer obtenir d'un appareil de cul- 
ture mécanique le travail que fourniraient 
Si bœufs de trait; mais ils doivent demander aux 
constructeurs li-s garanties suivantes : 

Construction normale suivant les règles avec 
emploi, de préférence, de métau.\ à haute résis- 
tance et grande élasticité. 

Puissance du oioteur, 40 à 45 KP. 

Heiidement au crochet d'attelage (dans les 
conditions favorables], 50 0. 

Poids maximum de rai'pareil, 3 000 kilogr.,en 
donnant la préférence à tout appareil d'un poids 
moindre. 

■(Garantie de consommation sur la base des 
chiffres établis au prix de revient. 

Précautions contre la poussière et la boue. 

Graissage automatique ou dispositions assu- 
k'aût le graissage de tous les organes. 

Les réquisitions de hétail. 

M. Henry .S'/f/nier appelle de nouveau l'atten- 
tion de l'Académie sur le tort causé à l'agricul- 
ture el au pays tnul entier par les méthodes sui- 
vies, encore trop souvent, depuis le début de la 
guerre ponr les réquisitions militaires de bétail 
snr pied. On pouvait espérer que les réclania- 
tioiks, déjà si souvent présentées et si légitimes, 
rtce^Taieiit satisfaction. Ces espoirs ne se réali- 
sent malheureusement pas. Il c^^mmunique la 
protesiatioii de la Société d'Agriculture di' la 
Nièvre, reproduite dans ce numéro p. V.V.i;, et il 
propose à i Aciideuiie de l'appuyer. 

M. le comte de Sainl-ijitenlm fait connaître que 
le Syndicat des Herbagers de Normandie vient 
de prolester contre les errements suivis par 
rintendanee, dans des termes identiques à ceux 
dont s'est servie la .Société d'Agriculture de la 
Nièvre, en invoquant, du reste, les mêmes motifs. 

L'Acadi'mie décide de transmettre à M. le mi- 
nistre de l'Agriculture, en les appuyant de l'au- 
torité de l'Académie, le vcrn delà Société d'Agi i- 
cullure de la Nif-vre et celui du Syndicat des 
Herl)iii.'ers de la N'oirnandi''. 

La restauration des pommiers à haute tige 

mutilés par les Allemands. 
.M. ïitielle (nil une communication sur la la>;uii 
dont peuvent être restaurés les pomniieis à 
haute tige qui ont été mutilés par les Alle- 



mands dans la région du nord de la France. 
M. Truelle et M.Maurice de Vilmorin sont d'ac- 
Cdid pour reconnaître que, si le travail de res- 
tauration est bien fait et s'il est fait d'urgence, 
on aura beaucoup de chances de sauver de la 
mort un très grand nombre de pommiers. 

Le pain de demain. 

.M. Scliribuux présente deux échantillons de 
pain fabriqués, l'un avec un mélange de farine 
de blé el de farine d orge, l'autre avec un mé- 
lange de farine de blé el de farine de sarrasin, 
et une nol3 rédigée à celte oc asion par M. F. 
Iiiveno, ingénieur agronome, et M"' Madeleine 
Eveno, licenciée es sciences. 

.M. Limlet, k ce propos, rappelle que l'addition 
aux farines de froment d'une certaine quantité 
de farines succédanées n'offre pas de diflicullés 
au point de vue panification el n'abère pas sen- 
siblement le goCil du pain. L'expérience a été 
faite officiellement par M. .\ipin, chimiste con- 
seil du Syndicat de la Boulangerie de Paris. Les 
pains, additionnés de 15 0/0 de faiines de seigle, 
de mais, di- manioc, de sarrasin, ont été trouvés 
excellents. 

Oésiofection du sol. 

M. Maurice de Vilmorin présente une note de 
M. Emile Miège, chef de travaux à l'Ecole natio- 
nale d'Agriculture de Kennes, sur des expériences 
de désinfection du sol. 

Séance du 25 avril 1917. 
Présidence de il/. Jutes Devetle. 

a. Marcel Vacher fait hommage à l'Académie 
d'un ouvrage intitulé : La réorQunisation de la 
France, recueil d^ toute une série de contérences 
faites à l'Ecole des sciences sociales et, parmi 
ces conférences, l'une de M. Marcel Vacher a 
trait il la réorganisation de l'Agriculture. 

Les moulins à blé, orge et maïs, etc. 

M. Liiulel lappelle que l'addition aux farines 
de froment d'une certaine quantité de farines 
succédanées p'évue parles nouveaux règlements 
exige que l'on se préoccupe de la moulure de 
ces céréales : nos moulins actuels peuvent-ils 
moudre les céréales autres que le blé'.' Telle est 
la très importante question que traite M. Lindet. 

Les moulins à meules pourraient servir à 
moudre le seigle, l'orge, le sarrasin el le mais 
aussi bien que le blé; mais il n y en a plus guère, 
saul de très petits moulins el. en outre, ou ne 
trouveiait plus de rhabilleuis de meules aujour- 
d'hui. 

UuanI aux moulins à cylindres auxquels il faut 
doue nous en tenir, ils peuvent moudie le seigle 
sans difficultés, ils peuvent sans grande difficulté 
nmudre le sarrasin; il est, du reste, à penser 
que le sarrasin viendra de Bretagne sous forme 
de farine fabriquée dans cette région même. 

L'orge exige pour sa mouture de petites modi- 
fications dans les moulins 4 cylindres, mais sur- 
tout le maïs en exige d'assez profondes; les 



no 



iJORHESPONDANCE 



cylindres doivent être écartés, ils doivent en 
outre t^tre garnis de cannelures plus laiges et 
plus prnfontifs. Ce travail peut se faire, mais il 
exif-'e des sp<^cialistes, l'intervention des maisons 
de consiruotion. 

Ensuite, il n'y a pas que la mouture, il y a le 
blutage, la sassage, le nettoyage des farines; les 
ap|iareils au point pour traiter l:i farine de blé 
demandent des modifications pour travailb r les 
autres farines; enfin, les meuniers devront 
apprendre leur nouveau métier. 

Aussi, la conclusion qui se dégage de cette 
étude est qu'il y a dés maintenant, de la part du 
• iouvernement, urgence à faire rlioix d'un cer- 
tain nombre de moulins i]ui seraient outdlés et 
spécialisés dans la fabrication des farines de 
mais et d'orge. 11 en existe déjà, il faut savoir où 
ils se trouvent, quelle est leur puissance de 
travail, Il faut prévoir le fonctionnement de ceux 
qui seraient encore nécessaires. 



Questions diverses. 

.M. Ilcnc Worms, correspondant, présente de la 
part de M. Cabouat, professeur à la Faculté de 
droit de Caen, un ouvrage en 2 volumes sur le 
risque professionnel. 

M. l'aiil Vincey, correspondant, entretient 
l'Acadi'mie des efforts qui se poursuivent en ce 
moment poui- développer les semailles. Malgré 
la date avancée de la saison, on continue à se- 
mer des blés, on a planté 1rs pommes de terre 
germées destinées à donner des tubercules de 
primeur; on s'apprête a planter les pommes de 
terres tardives, si toutefois on reçoit les semen- 
ces en temps voulu. I.a récente mi^sure prise de 
ne transporter sur les chemins de fer jusqu'au 
l.'l mai que les tubercules de plaiils permettra, 
espère-t-oii, de recevoir enfin des pommes de 
terre pour la semence, là où ceJle-ci fait défaut, 
aéii' promise et est impatiemment attendue. 

II. lIlTIER. 



CORRESPONDANCE 



— N» 7414 [Haute- Vienne). — Une propriété 
d'environ 000 hectares est divisée en 12 métai- 
ries ayant chacune une étendue variant de 30 à 
80 hectares. 

Par suite du manque de main-d'œuvre, la 
culture a été négligée et les terres sont en u^né- 
ral assez sales. On ne laboure pas les terres qui 
ont porté des céréales, de sorte que le chiendent 
pousse à l'automne; au printemps les champs 
sont Iransfiirméb en prairies qu'il faut défricher 
pour ]ilanter les pommes de terre, topinambours 
et semer les betteraves; on fait alors un travail 
très difficile et très mauvais. 

Vous avez, avec raison, l'intention de remettre 
les terres en bon état en les déchaumant fin 
i\iillel, avec un cultivateur à dents llexibles. 
puis de donner, en oct'djre-novembre, un bon 
labour; enfin, au piintemps, un dernier labour 
avant le semis des betteraves et les plantation- 
de tubercules. 

D'autre part, avec le peu de niain-d'u^uvre 
disponible, la moisson et les battagi-s durent 
jusqu'au commencement de septembre; on re- 
cule ainsi les semailles d'automne, lesquelles ne 
sont souvent terminées qu'en déctinbre. 

Il n'y a aucun doute sur l'utilité d'employer 
au mi.ins un tracteur. D'après les divers 
articles qui ont paru ces derniers t'^mps dans le 
Journal d'Aqricullure pratique, on voit qu'un trac- 
teur de 20 chevaux peut assurer au moins 
100 hectares de labours d'automne pour ciiui 
cents heures de travail; dans les années relati- 
vement moins pluvien«es, le chilTic de .iOO peut 
«■•tre augmenté. D'autre part, il est bon que les 
parcelles à labourer soient comprimes dans un 
cercle de 1 ki'omèlre ft 1 kilom. 1/2 de rayon, 
englobant une étendue totale de 620 à 940 bec- 
taies. 

Le tracteur pourrait effectuer la moissou et le 
déchaumai;" simultanés (voir le n" 2.t du 16 no- 



vembre l',)l6, p. ;î05). Il faut réserver au tracteur 
les grandes parcelles di' vos métairies, les autres 
étant travaillées par les attelages; il faut que les 
champs aient au moins 170 mètres de longueur 
150 mètres sans les fourrières) et 20 mètres de 
largeur. 

Li' moteur du tracteur actionnera sans difli- 
cullé la machine à battre. 

Vous pourriez faire, avec vos métayers, un 
Syndicat de cultuie mécaniiiue afin de béné- 
ficier d'une subvention de l'Etat, vos métayers 
payant chacun une cotisation annuelle dont le 
minim\im est de 2.'> fr. Une notice explicative, 
avec modèles de règlement, est délivrée gratui- 
tement par le ministère de l'Agnculiure, Direc- 
tion de l'Agriculture, 2« Bureau. — (M. U.) 

— .\"60ril (I)urtlogne) — L'expulsion à terme 
d'un veau mort de la grosseur d'un chat 
s'explique vraisemlilablemenl par ce fait que le 
développement du fudus a ét<' interrompu dans 
son cours pour un motif impossible à préciser, 
que ce fœtus est mort prématurément, mais qu'il 
a été toléré par l'utérus sans uvorlomenl. Il y a 
eu rétention anormale d'un fnius mort, et 
cependant la durée de gestation s'est écoulée 
sans expulsion. 

Des l'iiits de celle nature sont rares, mais il 
ne faut jias les considérer comme absolument 
exceptionnels. La laclalioii s'établit il'ordinaire, 
mais faiblement, et la période de lactation est 
plus ou moins compromise. — [H. .M. 

— N° 008 ^Sotnme,. — Vous voulez faire des 
pierres artificielles en mortiei moulé, dont 
les dimensions seraient, en centimètres, 13, 20 
et 40. La composition ((ui donnerait b-s meilleurs 
résultais serait la suivante, en volume : 100 de 
sable, 10 de chaux hydrauliqMe et 10 de ciment 
de Portiand. Celte composition reprësenle, en 
poids,' 17 kilogr. de ciment et 7 kilogr. de chaux 
hydraulii]ue par 100 kilogr. de sable. — M. R.j 



REVUE COMMEBCIALE 



m 



LA QUINZAINE MÉTÉOROLOGIQUE 

Semaiytedu 16 au 22 a y n7 1917 [OBSERVATOIRE DU PARC SAINT-MAùR 



JOURS 

BT DATBS 


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lEMPE 


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Écart 

sur 

la nor 

maie. 


Vent. 


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RE.MARQUES DIVERSES 


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nlilliiu. 




Lundi ir.avril 


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2»-: 


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6° 4 


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» 


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4.0 


(ielée bl. le malin, pluio le s. 


Mardi \: — 


•■ 


l.s 


7 


i. 'î 


— .'i . S 


'■ 


2.5 


i.l 


Temps pluvieux . 


Mercredi.. IS — 


n 


U.'.i 


8. S 


4.9 


— :j . 3 


« 


0.0 


9.8 


Temps pluvieux. 


Jeudi 19 — 


m 


4.0 


'.1.1 


7.3 


—3.0 


» 


Û.O 


0.2 


Temps ^couvert, bruine le soir. 


Vendre.li. 2U — 


» 


i.l 


r..7 


9.7 


—0.7 


» 


N.S 


■- 


Temps nuageu.x. 


Samedi... ii — 


' 


3.1 


12. '1 


7.4 


— 3.1 


» 


n 


■■ 


Gelée bl.. temps couvert. 


Dim ili — 


•■ 


2. s 


11. i 


r..Û 


— i.(; 


" 


7.0 


•' 


Gelée bl., tcjnps nuageux. 


"lyiiiu K ttUii 


» 


2.9 


10.9 


i..t; 


» 


» 


2:j.ri 

ao lieo de 

97 k. 1 
dor.th«or. 


18.4 


Pluie depuis le l" janvier : 


(aru îir Ij mriil» 


" 


—2. i 


-.6 




• 


M 




En 1917 183mm 

Normale 119mm 








Ser 


naine 


du -i: 


au '2 


n «('/■ 


/ 1917 


Lundi 2:j av. 


» 


lo.O 


llloQ 


fio.S 


-3" 9 


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12.(; 




Gelée bl., lem|is nuageux. 


Mardi.... 2i - 


■• 


t. 7 


lu.l 


9.4 


— 1.4 


» 


9.7 


•• 


Gelée bl., beau leuips. 


Mercredi . 2 . — 


■■ 


4.7 


1 1 . :i 


S. 7 


^ 


l> 


2.7 


•■ 


liosée, temps niiafieux. 


Jeudi 211 — 


M 


1.5 


fii.:i 


:;.5 


-;;.;; 


» 


6.3 




Gelée bl., temps nu.ii,'eux. 1 


Vendredi. l'T — 


■■ 


0.7 


11 . il 


s.l 


— 3.0 


» 


7.9 


■■ 


Gelée bl., temps nuageux. 


Samedi . . 2S — 


M 


2.9 


IS.8 


10.3 


-û.y 


>■ 


i.9 




Forte rosée, temps nuageux. 


Dimanche 2'i — 


• 


2. G 


21.'. 


12..-, 


+ 1.2 


" 


13.0 


» 


Gelée bl. , beau temps. 


Itjtll» tl 1<UU 


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8. s 


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.. 


37.1 


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Pluie depuis le 1" jauvier : 


l'tni m 11 iinilt 


- 


-:;.:! 


-l.û 


2 2 


•■ 


■• 


99 i. 9 

dur. H«or. 




En 1917 ISSm-» 

Normale IfiO"»™ 



(La publication 
censure au Bureau 



des renseignements sur la pression barométrique et sur le vent est interdite par la 
central météorologique.) 



REVUE COMMERCIALE 



SitoatiOD générale. — La saison s'est améliorée 
sensiblemi;nl dans la plupart des régions, au cours 
lie cette quinzaine. Touterois, elle ne présente pas 
i-ncore les c.irartrres normaux qui permettraient à 
la végétation do prendre l'essor nécessaire. Les Ira- 
vaux ont pu être repris avec une activité malheu- 
reusement interrompue pendant trop longtemps. 

Blés et Farines. — On doit rester sur une ex- 
Inrae réserve dans 1rs appréciations sur l'état géné- 
r.Tl lies cultures : il était médiocre au début du mois 
lavril, et ce mois n'a pas été fait pour l'améliorer, 
lion plus que pour faciliter les semailles de blé de 
printemps La persistance d'une température froide 
et l'excès d'humidité ont été autant d agents de dé- 
pression dont les effets ne ?e dégageront complète- 
ment que dans quelques semaines. Quant aux mar- 



chés, ils sont toujours irréguliers et domiués par les 
ingérences administratives qui, depuis tnq) long- 
temps, s'interposent de plus en plus dans les all'airts 
commerciales. Les offres sont très restreiiiles. quoi- 
que les demandes de la meunerie soient press;intes 
à raison de ses besoins; le prix de :\l\ fr. par 100 kiln- 
gramiiies et au delii est généralement pratiqué. .\ 
Marseille, les blés durs valent de 41.70 à 42. .'iO. 

Sur les marchés extérieurs, la hausse a pris de 
nouvelles et importantes proportions. ,\ Neu-Vork. 
le blé disponible est coté liO fr. SO par Km kilogr. au 
pair fiC fr. 25 au cours du change), lin Angleterre, on 
paie à l.oiiihex les blés indigènes blancs 4!i.30 à 
jO.iii, les roux 48.75 à 49.80: les blés étrangers ne 
paraissent pas avoir encore subi le conlre-coup de la 
hausse américaine; ils sont cotés de 17.".') ii 49. .'iO 



112 



REVUE COMMERCIALE 



par lOii kilogr. suivant provenance et qualité. Des 
prix maxiina ont éti^ fixes par une ordonnance du 
n avril pour les ventes à partir de l.i fin du mois. 
En Suisse, on cote à (jenive SO à liO fr., et <liins 
quelques localités jusqiiW «5 fr. V.n llulie, les tran- 
sactions restent dans les conditious indiquées précé- 
demment. 

Les /iifinri ne peuvent avoir d'autres cours qur 
les taxes (iiparlcment.iles. 

Issues. — On ne peut se procurer de son qu'en 
demandant au meunier de livrer à la taxe de 21 fr. 
par lUO kilogr. le son correspondant en blé fourni. 

Seigles. — Les olTres sont extrêmement réduites, 
el les prix sont nominaux. 

Orges. — Les iill'aires ont été arrêtées par les nou- 
veaux n'-glenionts. Les prix de réquisition sont fixés 
à :U fr. par 100 kilogr. 

Avoines. — Les réquisitions entravent toutes 
opérations rommeiciales que les difficultés dans les 
transports rendent toujours très difficiles. 

Sarrasins. — Les olVres sont de plus en plus re- 
<luitcs. et les prix sont toujours trc's soutenus. On 
paie en Bret^trne 44 à l'j fr. par 100 kilogr. 

Maïs. — Les cours sont feimes de 'ô2 à .'j.'i fr.dans 
les ports pour les mais de la Plata.Dans la région du 
>ud-i>uest, on paie de 34. .^0 à ;t7 fr. par 100 kiloj;r.. 
en hausse. 

Légumes secs. — La demande est toujours active. 
l)n p^iie les haricots blancs du Midi 110 A ISFî fr. par 
100 kilogr. 

Pommes de terre. — lians le désarroi provoqué 
par les mesures administratives, il est impossible 
d'mdiquer des cours sérieux. 

Fourrages. — Les prix varient peu ; on signali' 
tendance à la baisse dans le Midi. On paie à Paris- 
La Chapelle par 104 boites 1520 kilofjr. : foin, 130 à 
144 fr.; luzerne, 128 à 1 iO fr.; regain de luzerne, 12fi 
à 132 fr.; paille de blé, "8 à 8i fr.; d'avoine, 56 à 
«•J fr. 

Bétail. — Voici le relevé du dernier marché de La 
Villette, à Paris (30 avril] : 

PRIX DU KILOr, . 
AU l'OIDS NRT. 



B 



uts. ... 
Vaches... 
Taureaux. 
Veaux.... 
Moulons.. 
P.r.s 



Amenés. 



.f lo:. 

911 

:i69 

13 634 
3 D93 



Invendus. 



Il 

Isc) 
130 



1" 
quai. 

:t.5o 

3.20 
•^86 
3.'iO 
1 Kl 
4.02 



quai. 

3.00 
■2.98 
Q.li 
i.80 
3.96 
3 7-.' 



3- 
quai. 
•2.86 
2.34 
2.70 
2.. '.8 

3 r,o 



Prix exlrêmes du kilo^'ramme. 



Au poids not. 



Bœufs ... 
Vaches .. . 
Taureaux. 

Veaux 

Moulons. . 
l'orcs 



Au poi 


Js vif 


1.19 à 


1.98 


l.ll 


1.98 


1.96 


1.18 


1.04 


2.34 


1.44 


2.3r. 


j.ai 


3.07 



•2. .18 à 3.30 


■>.ir. 


3.30 


i.M 


i.M 


.'.08 


3.90 


3.00 


4.!'0 


:i..M 


4.t<3 



Dans les départements, on paie : 

Amiens, par kilogr. poids net : boeufs et vaches, 
2.20 h 3 fr.; veaux, 2.X5 à 3.60; porcs, 3.10 à 3.1.5. 

Cai-n, par kilogr. poids net : bœufs et vaches. 
2.50 à 3.20; veaux, 3.60 h 4.20; moutons, l à '. fr.; 
porcs, 3.S0 à 4 fr. 

Hoiien, par kilogr. poids net : bmiifs, 3.05 à 
3.^0; vaches. 2. KO à 3..'jU ; moutons, 1.30 à 5.10. 



Charlres, par kilofîr. poids net : veaux uras, 3.10 
à 3.90. 

Cholel. par kilogr. poids vif : bœufs, 1.12 à t. 22; 
vaches, LOS à 1.10; porcs, en moyenne, 3 fr. 

Xaiici/, par kilogr. poids vif: bœufs, l.'iO à 1.80, 
veaux, 2 h 2.40; moutons, 2. 3S à 2..=i5: porcs, 1.95 à 
2.03. 

Lyon, par kilogr. poids vif : bœufs, 1.40 à 1.9S; 
veaux, 1.60 à 2.10; porcs, 2.1.J à 2.a."i. 

Ml, par kilogr. poids mort : brebis, 3.30 à 4 fr.; 
par kilogr. poids vif : agneaux, 3.10 a 3.',io. 

En Suisse, à Genève, on cote par kilogr. poids vif: 
bœuf, 2 il 2.40; veau, 2.40 à 2.il0; porcs, 3.50 à 3.80. 

Viandes. — Derniers cours officiels aux Halles 
centrales de Paris (par kilogr. 

fllruf. 

1 60 à 3 00 Trains 2 40 » 3 

1 50 2 10 Cuisses .... 2 10 

2 40 4 10 ris el collet. . I 10 
Bavette .... 1 10 S 60 



1/4 do dorriôre. 
1/4 de dovailL. 
Aloyau .... 
Paleron .... 



40 
i 90 
2 30 



1 90 



iO 



Extra. . . 
1" qualili. 



2» — 

3' 



3 40 è 
2 80 
2 30 
I 90 



1 fii 



3 ao 
2 70 
2 20 



Pans el culss. 2 00 à 3 90 
Veaux de Caen: 



I" qualilé. 
2' - . 

3- — . 



Exlra 3 86 à 

I" qualilé. . . 3 60 

i' — . . 3 30 

l'oit, traîchos. 3 20 



1/4 de devant.. I «0 ft 9 40 

1/4 de derrière. .' 20 3 40 

Veaux bretons. I 60 2 40 
Afouton, 

t 10 & 4 SO Gigot 3 00 à 5 00 

3 50 4 00 Carrés parés. . 3 iX) 7 00 

2 80 3 40 Agneaux ... 2 60 4 1Ô 
Porr. 

4 06 Filets 3 00 i 4 50 

3 80 Jambons ... 3 00 4 4Q 

3 M Reins 3 20 4 2Q 

i 20 Poil, salées . . » > 

Suifs. — Prix sans changements. Dernière cota 
officielle à Paris : 180 fr. par lOU kilogr. 

Vins. — Le retard dans la végétation de la vigne 
est signalé partout; dans la plupart des régions, 
l'état du vignoble est assez bon. La situation com- 
merci.ile varie peu. Dans le Midi, on cote par hecto- 
litre nu : S'imes. vins ronges. 1 à 8», 70 fr. ; 8 à il», 
12 fr. ; 11», 14 fr.; Iléziers, vins rouges, 1 à S», 63 fr.; 
I0àl2«. 68 fr.; vins rosés, 68 & 12 fr.; bloDcs, 14 i 
11 fr. ; Sarliunne. 63 à 10 tr., suivant deg et qnar 
lité; l'erpii/nan, vins rouges, 1 à 8», 62 fr. ; 11 à 12», 
61 fr. Dans le Chnlonnais, prix très soutenus : vin» 
rouges. 10 à 15 fr. l'hectolitre: vins blancs 10 à 80 fr. 
Dans le Iton/elais, les alTaires sont calmes; on cite 
des ventes en Bas-Médoc à 100 fr. le tonneau nu. 

Alcools. — Les prix varient peu sur les marchés 
méridioMiiiix. Oo cote par lieclolitre : 3/6 vin licm 
goût s6<', 480 fr. à Béziers et 480 à 500 fr. à Nîmes; 
3,6 marc, 350 fr. à Béziers el 335 à 310 fr. à Nimes. 

Ficules. — La hausse fait de nouveaux pr^igrès. 
La féfiilf première en sirains est payée 151 à 156 fr. 
par lOu kilogr. A Paris, 185 k 19o fr. à L.von. 

Beurres. — Les prix de 1 à 8 fr. par kilogr. sont 
pratiqués sur la plupart des marchés de Normandie. 
.V Paris, on cote 6.811 aux Halles lentrales. mais ce 
prix est plut6t nominal. 

Œufs. — Les prix sont asses slabloR à Paris, aux 
cotes de 180 à 235 fr. par mille, suivant proven.inces. 

Tourteaux. — Les cotes de la lloiirse de Marseille 
restent sans variations. 

B. DlRAXO. 

Le gérant : Chaules Dutrrix. 
Paris. — L. Mahkthbux, impiimour, 1, rue Cassette. 



CHRONIQUE AGRICOLE 



ni 



CHRONIQUE AGRICOLE 



Nécesaitf de restrictions dans la cooçommïtion des denrées alimentaires. — Comment cette aiesure est 
comprise suivant les pivs. — Nouveau décret sur la fabrication de la farine et du pain. — Ses consÉ- 
f|uences. — Relèvement de la taxe du sf n. — Les prix du foin. — La réglementation de la consommatioa 
de la viande : mesures contradictoires. — Suppression de la taxe du tcurre. — Organisition d'un 
service spécial de uii-'e en culture des terres abandonnées. — Comité consultatif pour ce ^lervice. — 
Rétultats du recensement du bétail au 31 décembre t'Jlt;. - Comparaison avec le recensemesnt précé- 
dent. — Analyse et conséquences de ces résultats. -^ Comparaison des recensements successifs pour 
lespècc bovine depuis 1911. — Documents du ministère des Finances sur lu production du tin en 19Ui. 
— Sucrage des vendanges. — Piquettes et vins de raisins secs. — Production du cidre. — Conclusions 
de MM. Vermorel et Dantony sur les bouillies contre le mildiou. — Ccnstitution d'un Comité général 
des forêts. — Nomination de membres du Conseil supérieur des Haras. — Lettre de M. de ilariilel rela- 
tive à la main-d'ipuvre améric^iinc. — Essais de culture mécanique organisés par la Société d'Agricul- 
ture de la Gironde. — Publication sur la culture potagère de la C"> des chemins de fer P.-L.-M. — 



F,valuitii>n de la récolte du blé dans l'Inde en 1IU7 

Incohérences. 

Que la nécessilé d'économiser les denrées 
alimenlaires s'impose, c'est un fait qui est 
unanimement reconnu clans tous les pays; il 
est la conséquence de la diiiiinulion dans la 
production, provoquée ]>ar la longue durée 
de la guerre. Des restrictions onl été opérées 
de loutes parts, aussi bien dans les pays bel- 
ligérants, comme l'.Vnglelerre et l'Kalie, que 
dans les pays neutres: le chef du déparlement 
de l'Agriculture aux Elats-I'nis annonçait ré- 
cemment que ce pays lui-int^me serait proba- 
blement amené à restreindre sa consomma- 
lion. Partout, on fait connaître franchement 
les causes pour lestjuelies les restrictions 
sont ordonnée». En l'raiice, au contraire, le 
(iouvernemenl s'ingénie à tergiverser, il cher- 
che à dissimuler ees causes sans les exposer 
ouvertement. Le pays a pouilanl montré, 
depuis près de trois ans, un sang-froid suffi- 
sant pour mériter plus de conliance. On 
arrive ainsi à des séries d'incohérences pro- 
pre9 à énerver l'opinion publique. 

C'est particulièrement en ce qui concerne 
le pain et la viande que i-es incohérences se 
manifeslent. 

On trouvera plus loin (p. 184) un nouveau 
décret relatif à la fabricalion de la farine et 
à celle du pain. Les meuniers sont désormais 
astreints à ne plus fabriquer de la farine de 
blé qu'au taux dextraclion di; 85 '0; ils de- 
vront livrer celle farine exciusivemenl aux 
boulangers ou aux cultivateurs faisant 
moudre leur blé à façon; les bnuhingers nr-, 
pourront l'employer qu'à la fabricalion du 
pain. La conséquence est la suppression du 
commerce de la farine, ainsi que de l'indus- 
trie de la biscuiterie. A celle mesure, on ne 
saurait opposer aucune objection de principe, 
mais on aurait aimé qu'elle fût motivée sé- 
rieusement. Dans le rapport qui précède son 
n Mai 1911. — N» 10. 



! 

décret, le ministre du Ravitaillement se borne 
à s'appuyer sur les résultats du recensement 
récent des céréales, mais il se garde de les in- 
diquer. Or, on sait pertinemment que ce re- 
censement ne pouvait pas donner des résul- 
tats sérieux et qu'il ne les a pas donnés. Le 
véritalile motif qui force à faire des écono- 
mies importantes se trouve dans ce fait que 
les achats de blé opérés en Amérique n'arri- 
vent qu'irrégulièrement et que les calculs 
par lesquels on espérait réaliser, suivant 
l'expression consacrée, la soudure avec la 
nouvelle récolte se trouvent forlemenl com- 
promis. 

Ce décret renferme, en outre, une mesure 
aggravante au point de vue des intérêts des 
cultivateurs. La ta.\e du son, précédemment 
élevée de 18 fr. :iU à -il fr. par 100 kilogr., est 
pour l'avenir fixée à 24 fr. C'est peut-être parce 
que le son sera désortnais plus pauvre et 
plus rare que celte mesure a été prise; elle 
n'est pas faile pour encourager les éleveurs, 
alors que tous les aliments qu'ils ac'fièlent 
pour leur bétail sont rares et chers, et que la 
prochaine récolle de fourrages menace de ne 
pas être abondante. Il est vrai que, d'après 
une note officieuse, le luème ministre du Ha- 
vilailllemenf aurait adressé aux préfets et 
aux intendants des Instructions très précises 
pour diHerminer avant la lin de mai le prix 
du foin de la nouvelle récolle. Celte circulaire 
aurait insisté sur l'intérêt qu'il y a « à assu- 
rer aux cultivateurs un prix raisonnable qoi 
les incite à la récolte du foin. » Les cultiva- 
teurs n'ont pas à être incités à récoller le 
foin; ils demandent seulement que des ré- 
quisitions irraisonnées ne les privent pas 
des ressources qui leur sont indispensables. 

C'est surtout à l'oi-caslon de la viande que 
l'absence d'une méthode ralionnelle s'c'St fait 
sentir avec une intensité remarquable. Un 
décret du M avril avait suspendu le com- 

1917. — 10 



114 CHRO.MQU 

merce de la viande deux jours par semaine: 
un peu plus tard, le 2 S avril, le ministre du 
Kavitailiemcnt, s'appuyaul, suivant ses ex- 
pressions, sur « la didicullé d'obtenir facile- 
niffit d'assez grandes iiuantilés de légumes 
parsuile des rigueurs atmosphériques », avait 
siispenihi cette mesure et l'avait remplacée 
par la fermeture quotidienne des boucheries 
à i.'î heures. Or, voici que, depuis le l.'j mai, 
on revient à la stricte application du décret 
du liavril. Ici encore, on n<' saurait se plain- 
dre, surtout (|uand on a sous les veux les ré- 
sultats du dernier recensement du bétail qui 
sont analysés plus loin ; mais on a le droit de 
s'étonner des contradictions qui se sont suc- 
cédé à si brève échc-ance. 

I.a suppression de la taxation du beurre, 
annoncée d'abord pour le l.'j avril, a été réa- 
lisée le l" mai. C'est une victoire du bon 
sens, dont il y a lieu de se réjouir. Mais la 
taxation des fromager a été maintenue. Le 
minisire du Ravitaillement donne pour motif 
que la faiirication ilu beurre " a été trop 
abandonnée dans les campagnes, au profit 
de la fabrication des fromages. •> On est 
stupéfait quand on se trouve en présente de 
telles affirmations. Sans doute, le ministre est 
animé des meilleures intentions, mais il se 
rait préférable qu'il n'e.ssayàt pas de motiver 
ses décisions au lieu de les étayer sur des 
motifs aussi pitoyables. 

Culture des terres abandonnées. 

On trouvera plus loin (p. 18ti: un décret 
instituant au ministère de l'.Vgriculturc, à 
titre temporaire, un service spécial de mise 
en culture des terres abandonnées, dont le 
foiictionnement parait assez compliqué. 
Comme conséquence, le ministre de l'.^gri- 
culture a créé un Comité consultatif, ainsi 
composé : 

.MM. Audiflred, Chauve.iu, Decker-David, Ur- 
velle, Kagol, sénateurs; 

Compère- .Morel, Cusnier, Oariac, Durand 
(Jean,, Noulens, dépuli-s; 

If.irois, Dabat, Sagourin, Tisserand, Wery, 
délégués du ministre; 

(Carrier, Coupan, Périsse, i'elissier. liingel- 
mann, ingénieurs; 

llitier, .Monmircl, Pluchel, llemy, .Marcel 
Vacher, agriculteuis. 

M. Tisserand remplira les fondions de 
président: — MM. Cosnier, Durand, l'agot 
il Itingi'lniann, celles de vice-présidents: — 
MJl. llitier, Monmir'l, Wi-ry, celles de se- 
crélnires. 

Par décret en date du i) mai, M. J.-E. Lu- 
cas, ingénieur agronurae, a été nommé chef 
du service de la mise en cullure des terres. I 



E AGRtCOLE 

Recensement du bétail. 
Le ministère de l'Agriculture a publié au 
Journal Ofllriel du (i mai les résultats du re- 
censement du bétail en France au 31 décem- 
bre 19111. Les résultats généraux sont réunis 
daus le tableau suivant, et rapprochés de ceux 
du recensement opéré six mois auparavant : 



1-' Juill.l 
1916. 



Espèce chevaline. 

Aniiii.'iu.x &u dessous 

de trois ans 614 185 

Animaux de trois ans 

et au-dessus 1 'lOS 020 



31 DiM-embre 
l'.iia. 

têtes 



530 270 
I 695 360 



Total de l'espèce. 


2 ;U7 20'. 


2 245 630 


Espèce ynulassière. . . 


102 969 


147 630 


Evf !*•'■*• aihte 


316 539 


326 370 


Espèce bovine. 




Taureauv 


221 300 
1 321 887 


215 890 


Bœufs 


1 294 960 


\"aclies 


6 337 790 


6 221 850 


Elèves d'un an et au- 




dessus 


2 67ii 837 


2 658 800 


Elèves de moins d'uu 






a 11 


2 IGi 123 
12 723 916 


1 950 45(1 


Total de l'espèce. 


12 341 950 


Espèce ovine. 




Béliers au-dessus d'un 






an 


209 760 


194 840 


Brebis au-dessus d'un 




an 


7 143 68;; 


fi 707 560 


Moutons au-dessus 




ti un an 


1 411 2tl 


1 288 250 


Anneaux et agnellos 




de moins d'un an. 


3 :il4 li'iS 


2 654 630 


Total de l'espèce. 


12 079 211 


10 845 280 


Esprce 


porcine: 




Ani.uaux ^ verrais.. 


27 899 


26 710 


dùcTun. ^Truies.. 


66U 631 


639 O'JO 


.animaux à l'engrais 






de plus de six mois. 


1 317 4:!2 


1 593 810 


Porcsjeunesde moins 






de six mois 


2 142 404 


2 102 350 



Total de l'espèce. 
Espèce caprine 



4 4i8 36C 



l 361 900 
I 176 510 



La comparaison des résultats de ces deux 
derniers recensements permet de se rendre 
compte, autant que possible, des évolutions 
subies par la population animale. 

Pour l'espèce chevaline, la reprise consta- 
tée au 1''' juillet l!M(i ne s'est pas maintenue; 
par contre, pour les espèces mulassière et 
asine, il y a accroissement dans les elTeclifs. 
La diminution s'accentue de plus en plus 
pour Irs espèces ovine et porcine. Ouanl à 
l'espèce bovine, la reprise dont en s'était ré- 
joui six mois auparavant ne s'est pas mainte- 
nue, elle a fait place à une nouvelle réduc- 



CHKO.MQUE AGRICOLE 



lion dans la population, réduction qui atteint 
'.i 0/0, ce qui n'est pas à dédaigner; par rap- 
port au dernier recensement qui a précédé la 
guerre celui du 31 décembre lui 3), la ré- 
duction n'est pas inférieure à lii.o 0/0. 
Pour se rendre compte de l'importance de 



celte diminution et des conséquences qu'elle 
aura pour l'avenir, il importe de comparer, 
pour les diverses catégories d'animaux bo- 
vins, les résultats des recensements des der- 
nières années. Ces résultats sont exposés 
dans le tableau suivant : 



1911 

1912 

191,1 

1914 

1915 

1" juillet 191ti. 
31 décemb. 1916 



Taureaux. 

lêlos 
274 010 

283 aïo 

284 190 
23! 6r)3 

220 285 

221 300 
215 890 



B.oufs. 

tê-les 
1 821 560 
1 84 i 790 
1 843 s60 
1 394 384 
I 318 460 
1 321 887 
1 294 960 



Vaclios. 

tètes 
7 COG 670 
7 745 750 
7 794 270 
6 663 355 
6 359 817 
<i 337 799 
<; 221 850 



Elèves d'un 
an et au-dessus. 

têles 
2 778 760 
2 842 710 
2 853 650 
2 549 417 
2 5S9 442 
2 678 837 
■2 658 8011 



Elèves de 
moins d'un au. 



tt'tes 
964 500 
988 980 
012 440 
829 434 
032 102 
164 123 
950 450 



Tolaux. 

tèles 
14 435 530 
14 705 900 
14 787 710 
12 608 243 
12 520 106 
12 723 946 
12 341 950 



Pendant le deuxième semestre lUlii, la di- 
minution s'est manifestée dans toutes les ca- 
tégories : elle a porté aussi bien sur les 
jeunes que sur les adultes. Ce qui est le plus 
grave, c'est la perte, en six mois, de 
116 000 tètes sur les vaches. Il n'est pas dou- 
teux que la principale cause se trouve dans 
les conditions arbitraires suivant lesquelles 
se sont poursuivies les rétiuisilions militai- 
res, et dont on trouvera un nouvel exemple 
plus loin ip. 181 . On annonce bien que, dans 
le mois de juin, les réquisitions ne seraient 
plus exprimées en nombre de tètes, mois en 
quintaux de viande, c'est-à-dire on poids : 
mais celte mesure modifiera-l-elle la men- 
talité des agents de l'Intendance .' 

Ainsi doit s'évanouir l'espoir, dont quel- 
ques-uns se sont leurrés prématurément, que 
la reconstitution du [troupeau bovin s'opére- 
rait rapidement. Sans doute, la proportion 
n'est pas la même dans les perles subies par 
les diverses régions d'élevage; il en est qui 
ont été relativement épargnées, tandis que 
d'aulres ont été fortement éprouvées, pour ne 
pas dire décimées: tandis (iue,pour quelques- 
unes, la diminution dépasse à peine Ul 0, 
ailleurs, elle n'atleinl pas moins de 3(1 0, do 
l'effectif d'avant la guerre. Sans chercher les 
motifs de ces didérences, on constate que le 
princiipe de l'égalité des charges, sur lequel 
on a prétendu élayer le régime des réquisi- 
tions, a reçu, dans l'occurrence, un terrible 
accroc. 

La production du vin en 1916. 

Suivant son habitude, le ministère des Fi- 
nances a publié l'ensemble des documents 
qu'il a réunis sur la production des vins en 
IIUO. 

D'après les déclarations de récolle, la ré- 
colte avait été de 34 707 307 hectolitres. 
L'Administration, persévérant dans son obs- 
tination, a voulu évaluer la production de 



ceux qui n'avaient pas fait de déclaration; 
cette évaluation ayant été de 2 oOO 21.j hec- 
tolitres, la récolte serait ainsi relevée à 
37 327 722 hectolitres. Elle se répartirait 
ainsi : 30 118 !»01 hectolitres de vins titrant 
moins de 11", 3 087 258 de vins à 11° et 1 mil- 
lion ilH 'i03 de vins à plus de 11». 

Le sucrage a été pratiqué par 15 îGtj pro- 
priétaires, contre 10 4!I6 en 1!)15. Les quanti- 
tés de sucre employées, qui ont servi sur- 
tout à la préparation de vins de deuxième cu- 
vée, s'est élevée à 8-47 448 kilogr., en aug- 
menlatiim de 140 757 par rapport à la cam- 
pagne précédente. La fabrication des pi- 
quettes par épuisement des marcs a été éva- 
luée à 2 531 507 hectolitres. 

Quant à la fabrication des vins de raisins 
secs, elle a élé de 235 hectolitres du l"'' no- 
vembre lill5 au 31 octobre lîllO, contre 
2 'Ml pendant la campagne précédente. 

Pour l'Algérie, la récolte de 1!)16 est fixée 
délinitivement à 8 781 2(i0 hectolitres. 

Production des cidres. 

D'après les évaluations du ministère des 
Finances, la production des cidres en 1!I10 
aurait élé de 401» 710 hectolitres ; précédem- 
ment, nous avons publié (numéro du 8 mars, 
p. 78) celles du ministère de l'Agriculture 
qui accusaient 5 822 122 hectolitres. Il y a 
toujours discordance entre ces deux docu- 
ments. 

A propos du mildiou. 

tjn a trouvé ici (^numéro du 8 février, p. 50) 
l'analyse des observations poursuivies par 
MM. Vermorel et Dantony sur l'eKicacité des 
bouillie^ bordelaises alcalines ooiitre le mil- 
diou. Dans une brochure intitulée " Noios 
expérimentales sur l'efticacité des bouillies 
bordelaises acides, neutres et alcalines », ils 
exposent les résultats des expériences pour- 
suivies en i!tl5 et en 1!HG. A cette époque de 



ne CHRONIQU 

l'année, il etl utile den rappeler les cont-lu- 
sions. 

La bouillie ali'^ine, même fraicbemenl répan- 
(lui?, lait aussi bonne garde que la bouillie acide 
ou neutre; donc, si l'on arrivait, un .jour,ù pré- 
voir les invasions, on (lourrait faire concourir 
indifféremment à cette défense rapprocliée 
bouillies acides, neutres ou alcalines. 

Mais nous n'en sommes pas là, nous ne sa- 
vons pas quand le mildiou viendra. En attendant, 
il nous faut recourir h l'autre méthode, c'est-à- 
dire sulfater en prévision d'une invasion qui 
viendra demain, dans quinze jours ou dans un 
mois. Cette façon d'opérer est la seule appli- 
cable aux raisins qui doivent se contenter (l'un 
seul traitement i?ntre la (in de la lloraison ol ia 
vendange parce que peu de temps après la llo- 
raison on ne peut plus les atteindre. Quelle bouil- 
lie convient-il d'einployer .' Evidemment celle 
qui conserve le plus longtemps ses propriétés, 
celle qui offre le plus lonî-'temps du cuivre so- 
luble en quantité suffisante. Et il nous semble 
qu'entre les différentes bouillies bordelaises, il 
n'y a pas lieu d'hésiter un seul instant. 

Il faut employer la bouillif alcaline. 

Après cinquante jours, malgré des pluies répé- 
tées, la bouillie alcaline présente encore des 
quantités importantes de cuivre soluble; après 
ui.e bonne pluie, les bouillies acides ou neutres 
n'en fournissent presque plus. Tout commentaire 
S^emble superllu. 

\ Il e,sl évident que la mcHliode qui permet 
d'économiser le sulfate de cuivre est tout in- 
diquée; à l'heure actuelle. 

Comité général des forêts. 

l'n décret en date du i mai a créé au mi- 
nistère do l'ARriculture. pour la durée des 
ho.'-tililés, un Comité géni'ral des fort'ls. Ce 
Comité est chargé de la centralisation et de 
l'examen de toutes les questions d'ordre gé- 
néral se rapportant i la réalisation et à l'uti- 
lisation des ressources forestières. 

Le rapport qui accompagne ce décret l'ait 
valoir que la nécessité de restreindre les 
transports de hois par nier prive les armées 
françaises et alliées d'un contingent très im- 
portant de bois d'industrie, et que, d'autre 
pari, ia crise du cliarbon n pour conséquence 
d'augmenter la consommation des bois de 
feu. Il ajoute : ■■ Sous l'inllucnre de ces cir- 
constances coocomilanleb, les exploitations 
forestières d'un caractère intensif sont appe- 
lées à prendre un développement considéra- 
ble, et il importe de les ori''nler dans le sens 
le plus favuralde aux besoins ù satisfaire et le 
moins dommageable pour l'avenir de la pro- 
priété forestière. » 

Conseil supérieur des Haras. 

Tar des décrets en date du l'J mnvs et du 
i'i aviil, M. Uuist'hau, député de la Lcire- 



E AUKiCOLE 

Inférieure, et M. de Fonlarce, propriétaire 
éleveur, ont été nommés membres du Con- 
seil supérieur des Haras, en remplacement 
de M. l^agire et du marquis de Harbenlane, 
décédés. 

Main-d œuvre agricole. 

Le problème de la main-d'(euvre agricole 
est toujours dillicile à résoudre. Sur ce sujet, 
M. .1. de (xaridel, président de la Société 
d'Agriculture de l'Allier, a adressé au minis- 
tre de lAgricullure, au nom de cette Société, 
une lettre dont voici la partie princij'ale : 

Au moment où les Etats-Unis d'Amérique 
viennent, avec tant d'élan et d'enthousiasme, de 
s'allier à nous contre l'ennemi commun, nous 
offrant généreusement leur aide sons toutes les 
formes de leurs immenses ressources militaires, 
maritimes, financières, indiislriell<=s, agricoles, 
notre Gouvernement ne pourrait-il pas leur de- 
mander de veuir à notre secours en nous en- 
voyant un grand nombre d'Iiomraes, une sorte 
d'armée ouvrièie qui, n'ayant pas besoin comme 
le soldat d'une préparation forcément plus ou 
moins longue, pouirait immédiatement fournir 
des travailleurs. Ces travailleurs seraient em- 
ployés aux travaux (usines, routes, chemins de 
fer, etc.) exécutés actuellement par des liorames 
de nos vieilles classes; ils prendraient leur place 
et permettraient de les rendre à l'Agriculture. ' 

Il y a 1;\ une suggestion très intéressante, 
qui mérite d'être prise en considération. 

Culture mécanique. 

Des essais publics de tracteurs agricoles et 
de motoculture, organisés par la Société 
d'Agriculture de la (iironde auront lieu, le 
22 mai, au Château de La Tresne, près Hor- 
deaux. 

La récolte du blé dans llnde. 

Le Servii-e de la statistique du (louvcrni'- 
ment de l'Inde a communiqué à l'Institut in- 
ternational (l'Agriculture ses prévisions sur 
la récolte du blé dans ce pays en liHT. dont 
la moisson est prochaine. 

Le rendement est évalué à iOOS«;j(KKI 
quintaux, contre SB millions et demi en l'JKi 
et 08 millions en movenne pour la période 
lilll ;> l!ti:>. 

Culture potagère. 

Sous le titre : Piiil )iiiiituel île rullure po- 
tagcri\ lu C"' des Cliemios de fer Faris-Lyon- 
Médilerranée vient do publier une brochure 
qui ne peut manquer d'être utile. Klle ren 
ferme, en effet, des indicaiions précises sur 
les méthodes de culture des diverses .sortes 
de plantes potagères, qui seront consultées 
avec profil dans les régions du réseau de la 
Compagnie. 

Hknry Sac.mer. 



LA CILTIRE MÉrANlQCE ET LES MOTEl'HS ANtMÉS 



n- 



LA CLLTl KE MÉCAMOLE ET LES MOTEURS ANIMÉS 



Le développement très désirable de la cul- 
ture mécanique en France aura forcément 
une répercussion sur la production cl l'em- 
ploi des moteurs nnimés, i-lievaux, mulets, 
bœufs et vaches. Il importe, dès maintenant, 
dei'envisager. 

Une d(!S principales objections qu"on fait à 
la culture mécanique est qu'elle ne dispen- 
sera pas d'entretenir dans les exploitations 
des animaux de travail pour l'exécution du 
transport des récoltes, des fumiers, et de 
bien d'autres travaux auxquels les moteurs 
inanimés ne sont pas appropriés. Par suite, 
il y aura un capital plus considérable i\ en- 
gager el des frais d'entretien d'animaux non 
rémunérés lorsqu'ils ne seront pas utilisés, 
c'est-à-dire, dans les périodes où s'exécutent 
les labours, scarifiages et hersages. 

L'objection est juste s'il s'agit de chevaux 
et mulets. Elle ne l'est pas pour les bceufs et 
vaches de travail. 

Dans une élude que j'ai faite sur les mo- 
teurs animés en viticulture et qui a été pu- 
bliée en 1907 par la Revue de VilkuUure, 
essayant de déterminer le prix de revient des 
journées de travail de ces dlflérents moteurs 
2r>j journées de travail elTeclil' , en tenant 

IiUt'rêls. 



EspC'Oc. Prix. 

francs 

Chevaux.... 600 

— .... 900 

— .... 1 100 
Mules »00 

— ... 1 iOO 

— .... I 300 

Mulets :no 

— .... 1 000 

— .... 1 200 
Bœufs 300 

— .... :no 

— .... :;oo 



compte _du capital engagé, de la nonri-iluvr. 
et des autres frais (intérêts, amortissement, 
harnais, etc.), j'arrivais au résultat suivant : 

1» Cas d'aclint ries aliments. 
Poi'ls. Chevaux. Mnles. MuloU. lii.'itra. 



kilo?r. 


fr. c. 




fr. c. 


fr. 0. 


fr. c. 


330 


a. 34 




2.12 


2.03 


1.26 


:iOû 


3. 007 




•2.66 


2.:;9 


1.70 


ImO 


3. 615 




3.21 


3.08 


2.09 




-2" Cas de 


P' 


oduciion 


des alimenU. 




330 


2.13 




1.96 


1.88 


o.on 


300 


2.66 




2.31 


2.32 


1.26 


r.50 


3.15 




2.80 


2.68 


l.liB 



Ces prix moyens de revient de la journée 
des animal dn travail, établis plusieurs an- 
nées avant la guerre, seront forcément ma- 
jorés notablement quand elle aura pris (In, 
mais en proportion beaucoup plus élevée 
pour les équidés que pour les bovidés, 
attendu que, en dehors de la nourriture, les 
facteurs intérêts el amortissemeut du capital 
animal el du capital harnais, frais do fer- 
rure et d'entretien des harnais et avissi frais 
de pansage, sont moyennement quatre fais 
supérieurs pour les premiers que pour les 
seconds, ainsi que le faisait ressortir le ta- 
bleau suivant pour une année : 

.Vmorltsscmetit. 



3 


s II, 


im 


nu 








au rapital. 


ilu capital. 


capital 


capllal. 


Ferrure <^t 






— 


— 


— 


-- 


l'Cirelian 






Animoiix. 


Ilanitia. 


Animaux. 


Harnat.s. 


■ les li.-irnais. 


PaBSiiKo. 


TuU.iil>. 


fr. '■. 


ir. ■■. 


fr. c. 


Jr. c. 


fr. c. 


tranns 


fr. 0. 


18 '■ 


'; .. 


7.'» 


10 .. 


10 .. 


108 


2S6 • 


21 .. 


j " 


112 . 


iO .. 


10 : 


108 


3.12 .. 


33 •. 


;j •> 


13.7 .. 


10 .. 


70 . 


108 


301 .. 


27 .. 


j ■> 


73 M 


10 .. 


70 - 


108 


2itK .. 


36 •> 


5 » 


100 ■■ 


10 .. 


10 .. 


1 OK 


32!J. » 


15 •. 


3 '> 


123 ■ 


Kl .. 


70 . 


108 


363 ., 


21 .. 


■t ■' 


38 " 


10 .. 


70 .. 


1U8 


272 » 


30 .. 


,'i »i 


88 i 


lu .. 


70 .. 


lOS 


311 .. 


36 » 


3 » 


100 .. 


111 .. 


70 H 


108 


32!) <■ 


9 .. 


1.23 


1.30 


2.. 70 


11.50 


36 


10.73 


11.27 


1.23 


3.60 


2.50 


17.60 


36 


14.10 


i:; ■■ 


1.23 


7.30 


2.S0 


11.50 


36 


19.75 



L'inutilisation des équidés conslilue, par j 
suite, une augmentation du prix de revient ! 
de leur journée de travail proportionnée au I 
nombre de jours où ils ne travaillent pas en 
sus des cent jours pr<''vus pour Itur chô- 
mage moyen au cours de l'annôo. 

Il n'en est pas de même pour le bieuf ou la 
vache de travail. Le premier paye, pour le 
moins, la nourriture et les frais accessoires 
qu'il coûte au repos par l'augmentation de 



son poids, el on peut dire qu'il y a tout avan- 
tage pour le cultivateur à ce que ces jours 
ifinulilisation ou de travail modéré soient 
très nombreux, car le bnnif se trouve alors 
coDstomment dans un état d'entretien qai 
permet son engiaissement rapide avec le mi- 
nimum de dépenses; tandis que, s'il est 
constamment sous le joug, des repos pro- 
longés sont nécessaires pour le melUe en si- 
tualion de pnmdre la graisse. 



ns 



REGALAGE DES ANCIEN? CHAMPS DE UATAILLE 



La vache de travail (paiement utilise «es 
repos au profit du veau soit durant la gesta- 
tion, soit pendant l'allaitement, et lorsque 
celui-ci, forcément plus développé, est sevré, 
elle donne encore une certaine quantité de 
lait qui n'est pas négligeable. 

La conclusion économique de ces considé- 
rations est donc que le développement de la 
culture mécanique entraînera celui de l'éle- 
vage des bovidés travailleurs, et la réduction 



correspondante des chevaux et mulets allectcs 
aux travaux de culture dans les régions où 
l'emploi des bœufs n'était qu'exceptionnel. 

II en résultera que la France, qui, avant la 
guerre, commençait à produire plus de 
viande que ses besoins ne le comportaient, 
en deviendra un pays exportateur en propor- 
tion de l'extension que prendra la culture 
mécanique. 

11. liL-; L.M-rAKEM. 



LA VITICULTURE AU CAUCASE EN 191 (i 



Contrairementù l'année 1915, la sécheresse 
intense et prolongée qui a sévi en 1016 a 
mis obstacle à toute invasion de mildew, an- 
thracnose et autres Rots ; mais il y a eu 
plusieurs attaques sérieuses d'oïdium qui ont 
détruit, suivant les régions ou les cépages, 
la moitié ou toute la récolte. 

Comme en 191."), les produits anticryploga- 
miques manquaient ou ont atteint des prix 
excessifs : 7 à 10 fr. le k.higramme pour le 
sulfate de cuivre et i à (i fr. pour le soufre. 
On a traité au sulfate de cuivre à peine une 
fois, ce qui a suffi cette année; mais, suivant 
la déplorable habitude du pays, on n'a pas 
traité au soufre contre l'oïdium, ce qui a été 
une dure leçon pour la pluparl des viticul- 
teurs sérieux et pour tous les paysans. A 
peu près chaque année l'oïdium enlève ainsi 
une partie de la vendange, et au moins six à 
huit années sur dix, c'est une forte partie de 
cette vendange qui est perdue faute de trai- 
tement au soufre. Les fonctionnaires officiels 
ne font absolument rien pour engager les 
viticulteurs à traiter, et lorsqu'au printemps 
de 1916 je demandai au Comité de viticulture 
du gouvernement de Koutaïs de ne pas seu- 
lement penser au sulfate, mais de faire venir 
du soufre, ma demande parut déplacée et on 
ne sut que me répondre : « Pourquoi faire? 
on ne soufre pas la vigne 1 ». 

Depuis plus de quinze ans, je prêche la 
pratique du soufrage. 



Le vigncble du Clos Jgourouls, qui com- 
prend plus de 300 variétés de Vinifeia 
et '200 variétés de Producteurs directs, est 
traité chaque année, depuis huit ans, par le 
soufre au moment de la floraison, et trois fois 
l'an avec la bouillie .lacquemin \'V: les Pro- 
ducteurs directs ne sont pas traités au soufre, 
et une seule fois avec la bouillie \.'\]. 

Cette année, par suite du manque desoufre, 
ce traitement n'a pas été fait non plus sur 
les V'inifi'rus. Aussi, vu l'attaque intense 
d'oïdium, sur 40 à 50 de ces derniers cé- 
pages, la récolte a été fortement endom- 
magée. Les Producteurs directs sont restés en 
très bon état, avec une récolte et un feuillage 
frais et entier jusqu'à la vendange, malgré la 
sécheresse extraordinaire qui a fortement 
touché et fait tomber le> feuilles de beaucoup 
de Viniferas. 

Parmi les Produrteuis dimris, un certain 
nombre se sont montrés remarquables : j'y 
reviendrai dans un article spécial. 

Les raisins se sont vendus à Koutaïs de 50 
ù 80 fr. les 100 kilogr.; les moûts pesaient de 
170 à 220 grammes de sucre et ont produit 
de très bon vin, ce qui a compensé la petite 
quantité récoltée, le vin se vendant actuelle- 
ment de 130 à 200 fr. l'hectolitre. 

Victor Tiiiébait, 

Correspoiidaitt Au Pt^pnrlomcnt 
do rAgrîciillure. , 



REGALAGE DES AiNCIEXS CHA>IPS DE BATAILLE 



La pluparl des champs reconquis sur l'en- 
nemi sont plus ou moins bouleversés et pré- 
sentent un état de surface souvent impropre 
à la culture. 

On cherchera, avec raison, à les ensemen- 
cer ou .'i les planter le plus tôt possible tels 
qu'ils sont, en remettant à plus tard le travail 



de régalage ou de ni vêlage (ii de la surface 
permettant l'emploi de diverses machines : 
semoirs, faucheuses, moissonneuses-lieuses. 

(1) Le mol tiiveliiffe, terme de i-lianlicr, sjniinyme 
de li'-gulfi le, n est pas dans le diclionnaire, i\\n con- 
lienl cependant le mot nirrlrur; il nous senihle que 
le terme <le nivelage, pour l'opération que nous 



liÉGALACt: DES ANCIENS CHAMPS DE BATAILLE 



Pour les champs trop tardivement libérés 
pour pouvoir être ensemencés immédiate- 
ment, on peut procéder à leur régalage pour 
les préparer à la culture. Pour être expédi- 
live, Topération doit se faire avec des atte- 
lages ou avec des tracteurs légers. 

Dans ce qui va suivre, nous laissons de 
coté les grandes excavations qui nécessitent 
UD terrassement analogue à ceux des travaux 
publics pour ce qui concerne l'outillage, 
l'installation et la conduite du chantier. 

Par les descriptions et par les photogra- 
phies des champs de bataille, on se fait une 
idée des dimensions de ces excavations pro- 
duites par certains projectiles; ce sont d'énor- 
mes cratères ayant attaqué fortement le sous- 
sol, et il est à supposer que ces déplacements 
de diÛ'érentes coui^hes se traduiront par une 
inodilicalion dans le régime des eaux souter- 
raines de certaines localités (1 . 



L'autorité militaire ne restitue un champ ;\ 
la culture qu'après enlèvement des projec- 
tiles el munitions; le service de la pyro- 
technie est le seul com- 
pétent pour faire exploser 
ou pour manutentionner 
les projectiles encore 
chargés, dont certains 
resteront cachés en terre, 
malgré tous les soins du 
service et risqueront d'oc- 
casionner ullérieureinent 
des accidents lorsiiu'ils 
seront rencontrés par les 
pièces travaillantes de nos 
machines de culture ; il 
va eu des exemples après 



la succession des 



Voici, croyons-nous, 
travaux ;\ efTectuer : 

1° Passage d'un cultivateur, de préférence 
un cultivateur à dents llexibles. Suivant la 
compacité du sol, il y aura peut-être lieu de 
faire plus de deux ou trois passages du culti- 
vateur, atin d'ameublir con\en;iblement la 
surface du terrain; on doit obtenir une épais- 
seur uniformément ameublie de 10 à 12 cen- 
timètres après trois passages, et de 18 a 
10 centimètres après 8 à 9 passages suc- 
cessifs. 

Kn prévision d'explosions possibles, il se- 
rait prudent de tirer la machine avec une 
chaîne ou avec un câble très long; le câble 
peut avoir une longueur au moins égale au 
grand diamètre des entonnoirs que les obus 
ont creusés dans le champ à remettre en 
état; cette condition montre que la machine 
doit être à avant-train et doit fonctionner 
sans nécessiter la présence du conducteur 
sur le siège. 

L'emploi de treuils automobiles, tirant de 
la fourrière, semble indiqué pour répondre 
au programme ci-dessus. Malheureusement, 




la guerre de 187(1, qui n'est cependant pas 
comparable à la guerre actuelle, comme na- 
ture et surtout comme nombre de projectiles 
reçus par unité de surface. 

Il y a bien un appareil de M. Gulton. que 
nous avons signalé dans le Journal d'Agri- 
culture prulif/uu du iO août IOÎ.t fp. "jlS), 
permettant de déceler la présence des obus à 
une profondeur de O^.UJ; nous ne savons pas 
si son emploi est généralisé. 

avons en vue, l'indique mieux que le mot nivelle- 
ment t\u\ pourrait prêtera confusion avec ropira- 
lion effectii^'e jiar les géomètres. \.<- terme de rét/d- 
ln;ie. bien plus employé, est préférable; il signifie 
l'opération qui consiste à dresser ta surface d'un 
terrain ou d'un remblai, qui peut l'Ui- horizontal ou 
présenter une pente, comme celle d'un talus; par 
contre, le mot ni/e/aje. employé quelquefois par les 
ouvriers, semblerait s'appliquer plus spécialement 
au rt'galage d'un trrrain horizontal. 
(I) l'uils. Sondages et Sources. 



Kig. ii. - K.Tvale en tôle 

on ne disposera jamais du matériel néces- 
saire pour travailler les champs au fur et à 
mesure de leur libération; il faudra recourir 
à ce qu'on aura à sa disposition, attelages ou 
tracteurs. 

2" Terrassement superliciel avec la ra- 
vale (2), tirée également par un câble, comme 
cela vient d'être indicjué. 

Il existe de nombreux modèles de ravales; il 
nous suflira de donner un si)écimen dans la 
tigure 4i. Les manclienins m soni lixés dans 
des montures n solidaires de la pelle a ;"i la- 
quelle est articulé le châssis d'attelage h; 
suivant leurs dimensions, ces pelles peuvent 
recevoir de !•() à 210 décimètres cubes de 
terre. 

2^ Ces machines, et celles citées dans la suite, ont 
été étudiées dans Traran.r et muchines pour la mise 
en culture des terres. 



180 



NOTES SUR L'ÉTAT DES CCLTIRES 



Dans de nonibronsos exploilalions de Bre- 
lagni.', on Iroiive des ravales en bois, sans 
bords et d'une conslruclion très simple; on 
les désigne souvent sous le nom de /iflte à 
cheval et de jonmnlière. 

Les grandes ravales, tirées par quatre 
iiœufs, peuvent enlever et transporter -ioO dé- 
cimètres cubes «le terre d'un seul coup; si la 
distance moyenne du transport est de 
■)0 mètres, on peut faire pratiquement 
1 1 voyages par heure et manœuvrer plus de 
3 mètres cubes de terre dans le mémo temps; 
avec une dislance moyenne de transport 
portée à 100 mètres, on ne l'ait plus que 
9 voyages par heure, représentant environ 
-2 mètres cubes de terre. 

11 est à supposer que, généralement, la 
distance moyenne de transport sera plus pe- 
tite qui' M) mètres. 

3° Régalage du champ. L'opération peut 
se faire avec un madrier auquel est attachée, 
à une petite dislance des extrémités, une 
chaîne à laquelle est accroché le cable de 
traction. On peut compléter l'aclion du ma- 
drier en attachant derrière lui, par des 
chaînes parallèles, une seconde pièce. Les 
madriers en bois peuvent être remplacés par 
des fers à plancher. Il semble qu"il faudrait 
limiter leur longueur à S^.'iOou à 3 mètres 
au plus. 

Ce matériel existait dans d'anciennes ex- 
ploitations du Nord pour l'opération du 
pliiulraije (1), qu'on faisait au printemps 
pour égaliser la terre et chausser les blés 
d'hiver. 

On peut aussi employer un rabot consti- 
tué par un châssis rectangulaire en char- 
pente, formé de deux longerons ^1 A' (fig. 45; 



réunis par trois traverses; la traverse anlé- 
rieure a est garnie de dents de herse d desti- 
nées à ameublir la surface du sol ; en dessous 
de la traverse centrale b se trouve une bande 
de fer, ou mieux, un fer cornière /' chargé 
d'égaliser la surface; enfin, pour t;isser un 
peu le sol, il y a sous la troisième traverse c 
une feuille de lole / cintrée suivant un quart 
de cercle. La machine e.st pourvue de Inii- 




neaux .i-, ou de barres, à sa partie supérieure 
(comme les herses ordinaires'!, sur lesquels 
on la fait glisser pour les transports de la 
ferme aux ch:imps; le crochet d'attelage se 
lixeà un régulateur de hauteur A. 

4° On peut procéder ;'i des opérations com- 
plémentaires : passage du cultivateur à dents 
llexibles, de la herse et du rouleau brise- 
mottes achevant le régalage de la surface du 
chaujp sur lequel il devient alors possible 
d'utiliser le matériel ordinaire : semoir, fau- 
cheuse, râteau, faneuse, moissonneuse- 
lieuse. 

Pour les zones par trop défoncées et dé- 
vastées par de fortes excavations, et qu'il est 
question de reboiser, il serait préférable de 
procéder à des terrassements préalables afin 
de faciliter plus tard les travaux de vidange 
des couites. 

Max Ri\(;i:i.mann. 



NOTES SUR L'ÉTAT DES CULTURES 



Trappes ,Seine-et-Oise). I" mai 1911. 

Dans uue note relative à la situalioii des ré- 
coltes en France, parue ces jours ci dans un 
journal de Paris, je relève ra|>préi:iation sui- 
vante : " Dans quatre départements, Seine, 
Seine- et-Oi.se, Yonne et Maine-et-Loire, la pers- 
l>ective est franchement mauvaise. ■• Celte ap- 
préciation, en ce qui concerne noire déparle- 
inenl, me semblait êlie trop pessimiste, même 
au 1" avril ; elle doit, je crois, être corrigée au- 
jourd'hui. Dans la partie de Seine-et-Oise i]ue je 
c'innais|(ouest et sud-ouest,le pays du llurepoix, 

■l, GuslAve lleuzé : La pralii/ue dt t'Agricullure, 
t. \, p. ai: le mot plnutrtifie viendrait ila frrec ptou- 
Iroa, qui signilic abondance, ricliessc. 



comprenant environ 1 ;j de la surface du dépar- 
lement, et où la i:uUure du blé est intensive}, 
n)ivpr a causé éviileuiment de graves dég;\ls; ce- 
pcnJunt, les cnsenieucemenls île bli^s d'automne 
sont loin d'être détruits, j'espère èlre au-dessus 
de la vérité en disant que ta moitié de cette cul- 
ture a éié très endomma^-ée, île plus, une grande 
partie des l-ries destinées au froment et qui 
n'avaient pu être ensemencées à l'automne, l'ont 
été en blés de printemps et la levée Je ces seoiis 
se présente généralement bien. O'autres arron- 
ilissemeiil< du départemi-nl, en particulier celui 
de Corbeil, ont. dit-on, èlé plus mallrnilés; je 
crois aussi que, dans ce rayon, une p;irlie impor- 
tante a pu être rëensemencée dans d'assez bonnes 
condilioris. Si le printemps, puis la lloraison se 
passent sous une température favorable, on doit 



LIIIVEK 191€-1!»17 



181 



espérer que le déficit en blé ne sera pas aussi 
iraporlant que l'on craignait. 

Des autres emblavures, avoine, orge, pommes 
de terre, betteraves, etc., etc., de même que des 
terres en prairies naturelles et artilicielles, on 
peut seulement annoncer un retard important, 
leur avenir dépemlia aussi de la température; 
nous croyons pouvoir dire, on tout cas, que très 
peu de terres resteront incultivét^s, mai(iré les 
diflicultés et surtout la péiiurit" de main-d'd-uvre. 
D'autre part, uu corref|"indant très (jualilié, 
habitant Carliaix, dans le l-inistère, et s'occupant 
de nombreux d.iiiiaines, m'écrit : " Notre région 
n'a pas été trop éprouvée par l'hiver et l'on peut 
espérer que la réolle 1017 sera, en Bretagne, à 
peu près normale. Les blés-frunient sont asïicz 
beaux, on a mis beaucoup de pommes de terre, 
on prépare actuellement les champs pour les 
betteraves, les choux et les légumes, puis, i» la 
suite, nous ferons les blés noirs. Les pays les 
plus pro<luilciirs de pommes de terre, la région 
de Pont-l'Abbé, dans le Finistère, celle d'.\uray, 
dans le Morbihao, en possèdent même d'as- 
sez importants stocks: en 1916, la récolte du 
sarrasin a été mauvaise, je crains qu'il s'en 
trouve peu à exporter. Le prix élevé des denrées 
agricoles est le meilleur garant dans nos cam- 
pa^'oes conire les terres incultes; aussi, malgré 
la rareté de la main-d'œuvre, presque partout 
es ensemenienuMits se sont faits normalement. >> 
Je voudrais ai réter ici les renseignements que 
j'ai pu recueillir, malheureusement, d'autres 
manifestent leurs doléances et leurs craintes et 
Je dois aussi vous les signaler; c'est ainsi que ce 
que j'ai recueilli de l'état des blés en Beauce 
{ce grenier de la France' nous laisse bien des 
inquiétudes, une très importante partie des en- 
semencements des blés d'automne a été détruit 
par l'hiver, et il semble s'être fait peu de réense- 
mencemeiiis au printemps, espérons une com- 
pensation dans les récoltes d'avoine et d'orge. 

L'un d>' mes amis, conseiller L'énéral de l'Eure 
et maire d'une ville au milieu d'un centre agri- 
cole, m'écrit : 

•< A l'automne dernier 1910, les Comités 
d'a-:tion agricole avaient admirablement fonc- 
tionné, et cette année, toute l'étendue de uotre 
canton aurait pu être ensemencée, proprié- 
taires et fermiers s'étaient mis résolument à 
l'œuvre pour bénéficier de la loi d'octobre 1910, 
mais que de diflicultés inconcevables ont surgi'. 
L'hiver, pour noire pays comme en général, a 



été désastreux pour notre agriculture ; nous 
avons subi le son commun, mais en ce qui nous 
concerne, voici ce dont nous nous plaignons : 
en mars dernier, le centre d'instruction militaire 
qui existait dans notre ville depuis 1914, et dont 
les hommes, dans les heures en dehors du ser- 
vice, donnaient un important appui à notre 
main-d'œuvre ai^ricnle, a été supprimé malgré 
nos protestations. Une équipe d'ouvriers mili- 
taires nous est arrivée le 'l'-i mars, elle nous a 
été enlevée le 15 avril, n'ayant pu rien faire en 
raison du mauvais temps. 

" Comment donc se fail-il que cerlains cantons 
voisins du notre aient, depuis la reprise des Ira- 
vaux, d'importantes équipes de prisonniers et 
ab>orlient, à eux seuls, tout refl'ectif de ces tra- 
vailleurs devant être affectés à l'ensemble du dé- 
parlement? L'Etat a placardé de belles affiches : 
« Faites des pommes de terre » et qui donc nous 
fournira du plant? Surgit la difficulté des trans- 
ports qui nous rend impossible de nous en pro- 
curer. Enfin, il y a quelques jours, un officier 
de l'Intendance est passé dans nos fermes et 
a marqué, pour le ravitaillement, de jeunes 
bètes saillies de trois ou quaire mois et déjeunes 
taureaux de deux ans, en plein service; les 
agriculteurs découragés ne remplaceront pas 
ces animaux, dans la crainle de nouvelles réqui- 
sitions. 

" Cependant, ainsi que nous le disait notre 
distingué confrère M. le professeur Moussu, un 
décret du Ib octobre 191b a défendu ta réqui- 
sition des jeunes animaux reproducteurs de la 
race bovine; comment donc se fait-il que l'ad- 
ministra'ion militaire ne tienne aucun compte 
d'un déciel qui doit avoir force de loi ? 

Et mon correspondant conclut : « Le courage 
et la bonne volonté n'ont pas manqué jusqu'ici, 
mais toutes les diflicultés que je voiis signale, 
jointes à la longue et funeste saison hivernale, 
font que les personnes les plus dévouées aban- 
dontieront leurs exploitations. » 

Eulii). l'étais, il y a peu de temps, dans le dé- 
partement des Landes, .l'ajouterai que dans 
cette partie du sud-ouest, l'apparence des ré- 
coltes en terre est considérée comme normale ; 
on aurait dû (et peut-être serait-il encore temps) 
y encourager le dévelop[iement de la culture du 
maïs à récolter en grain. On pourrait trouver là 
un appoint très appréciable pour l'alimentation 
en 1917. 

EoGÈMî Pluchki 



I/niVER 1916-lî)!7 



L'hiver dernier, dou.x et pluvieux pendant 
la première moitié de son cours, a été Irè.s 
froid el généraleinenl peu humide pendant la 
seconde. Celte saison rentre dans in catégo- 
rie des hivers tardifs, qui sont très rares el 
dont le type le plus marqué s'est présenté 
dans nos régions en 1894-181»:). En 1017 



comme en 189iJ, le froid a débuté brusque- 
ment, presque à la même date, vers le 10 jan- 
vier; il s'est étendu à toute la France, el 
l'on a constaté des gelées jusque sur noire 
littoral de la Méditerranée. Mais, alors 
qu'en 1895 le froid est resté intense jusqu'au 
i 22 février dans l'Ouest ol le Nord, et jusqu'à 



1$2 



DISPOSITIF BALD 



la fin du moi» dans l'Est, en lHl" la période 
rigoureuse a pris lin généralement vers le 
10, de sorte que le mois de février 1893 reste 
le plus froid que l'on connaisse. 

Dans son ensemble, lliiver de 1916-1917 a 
été moins froid que celui de 18!t'i-18'.t."i; les 
températures moyennes que l'on trouvera 
dans le tableau ci-contre sont en déficit sur 
les valeurs normales de 3° à Lyon, de 1° à 2° 
dans l'Ouest, le Nord et le Centre, de moins 



RY POUR MLTILÉS 

de 1" dans le Sud. Les minima absolus sont 
excessifs, surtout à Lyon et à Clermont-Fer- 
rand où ils sont plus bas que ceux de 1893 
(Lyon — 14°, Cleimunl — l(i"); dans les ré- 
gions de l'Ouest et du Sud, le froid a été 
moins intense cet hiver; l'écart atteint 2" à 
Brest, 3° à Marseille, i° à Nantes, 4"3 à Per- 
pignan, 9° à Toulouse où la gelée avait atteint 
— 17° en 1895; à Paris, les minima ont été 
les mêmes au cours des dcu\ hivers. 



STATIONS 



Paris (Sainl-Maurl 

Brest 

Nantes 

Lyon 

Cleriiionl-Kerrand . 

Toulouse , 

Marseille 

Perpignan 



TEMI'EKATIRE 



Moyennes 


des 










« 


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a. 
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3.3 


2.2 


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11.9 


2.2 


5.0 


1.4 


1.8 


7.5 


4.7 


•> 9 


tO.8 


(i.3 


3.3 


10.1 


6.7 



Minima absolus 
cl dates. 



— ^Tl'^^ le 4 révi'ler. 

— 5.4 le 4 février. 

— 10.8 le 3 février. 

— 18.4 le 4 février. 

— 18.;; le 30 janvier 

— 8.3 le 1 février. 

— 6.8 le !"■ février. 
3.3 le 20 janvier. 



Maxima absolus 

r' dnloï. 



14' .5 II! 23 ilécenibre. 

13.0 le 1"' j.-invjer. 
1 1 1 le 16 lévrier. 

15.2 le 26 décembre. 
18.5 le 26 décembre. 

11.3 le 25 décembre. 

18.1 le l<''-décembre. 
n.6 le 30 décembre. 



i 2' 



6.6 
7.2 
7.0 
7.6 
7.7 
7.7 
5.7 
6.3 



il 



no 

221 

r»2 

171 
87 
136 
182 
233 



NO.VIBRE 
do jours. 



r> 


« 














A. 


z 


4.-i 


10 


17 


7 


33 


4 


31 


28 


i5 


23 


49 


11 


46 





23 


4 



L'abaissement excessif de la température 
dans l'Est et le Centre a été augmenté par 
l'existence d'une couche de neige qui, en 
couvrant le sol, favorise considérablement le 
rayonnement nocturne par temps clair; dans 
les autres régions, la neige est tombée en 
petite quantité et le sol n'a élé que partielle- 
ment et imparfaitement couvert. 

Les quanlilés de pluie recueillies au cours 
de l'hiver sont en léger déficit ou sensible- 
ment moyennes dans l'Ouest, le Nord et le 
Centre; dans ces régions, la plus grande 
partie de la pluie a été recueillie eu décembre 
et dans la première quinzaine île janvier. 
Dans la moitié sud-est de la Erance, les 
lolaux de pluie sont supérieurs de -iO A 
3") millimètres aux valeurs normales; à Mar- 
seille, janvier a été le mois le plus humide, 
tandis qu'à Perpignan c'est en lévrier qu'on 
a recueilli la plus grande quantité d'eau 
\14i millimètres). 

La neige a élé fréquente et ab<mdaule dans 



l'Est ut le Cenire; la pluie a été prédominante 
dans les autres régions; au début du froid, le 
sol était très humide et la végétation eut à 
supporter directement les rigueurs de la 
temi)érature; ces circonstances ont été né- 
fastes pour un grand nombre de plantes et 
notamment pour les céréales d'hiver. La 
durée de la ])ériode de froid intense a été 
suflisanmienl longue pour que le sol ait gelé 
jusqu'à une profondeur assez grande ; au 
parc Saint-Maur, la température moyenne 
mesurée à 30 centimètres au-dessous du gazon 
a été de — 0"3 pour le mois de février. Dans 
ces conditions, le travail de )>réparation des 
lerres pour les semailles de printemps a été 
impossible, de sorte que le retard dû aux 
pluies fréquentes de décembre et janvier a 
(■■té accru par les froids tardifs de février. 
L'hivor de 191()-I9I7 aura exercé une action 
fâcheuse sur les résultais de la campagne 
agricole de 1917. 

G. BAHim, 
Métôorologislo au Fiurcaa Central. 



DISPOSlTll BAUDKY IMJLK MUTILES 



La conduite d'un tracteur ou d'une auto- ' sible aux mutilés des membres inférieurs, si 

mobile exige l'action du pied sur une pédale l'on n'avait pas cherché à réaliser, sans coni- 

pour débrayer le moteur avec les organes de plication ni modification importante, la ma- 

Iransmissioii. Cr travail serait rendu impos- j nœuvrc de 1 embrayage avec une des mains 



riUVAIL ANNl 

q^i agit sur le volant ordinaire de la direc- 
tion. 

Le dispositif dont nous parlons l'ut ima- 
giné par M. l{ené-Claude Haudry pour pou- 
voir conduire sa voiture automol)ile, malgré 
qu'il ait les deux Jambes paralysées. 

La ])édiiled'eml)ra^age, par rinlerinédiaire 
d"un câble passant sur une poulie de renvoi 
portée par la partie inférieure de la colonne 
de direction, est reliée à l'embase d'un vo- 
lant placé :iu-dessous du volant ordinaire de 
direction, et dont le moyeu peut coulisser sul- 
fisamment sur le liaut de hi tige do direction. 



liL l) t \ ïliAclErii 



183 




Fig. 46. — Dispositif Baudrv. 
Po&ilion du volant pendant l'embrayage du moteur. 

Le dispositif Baudry (l."3i bis, avenue d'.\r- 
f;enleuil, à .Xsniérds, Seine , qui a déjà été 
appliqué à des tracteurs et à des voitures au- 
tomobiles, a fait l'objet d'un rapport h la 



Dans la figure ^C, le volnnt inférieur, dit 
de débrayage, est écarté du volant snpc'rieur 
de direction et le moteur est embrajé. l.ors- 
(fu il s'agit de débrayer, on élève le volant de 
débrayage et on le rapproclie du volant de 
dirpction. comme on le voit sur lu liguro 'i7; 
au besoin, im verrou permet de l'immobiliser 
dans cette dernière position. 

Dans Ifi voiture de M. Baudry, la iiiai:iruvre 
de la pédale du frein est assurée avec le dos 
appuyant sur un dossier à ressort et dont le 
déplacement actionne la pédale par une lige. 




F-ig. il — Dis| Il 

l^o^llinn du volant pendant le dêbrova^'e dn niolfur. 

Société d'Iincouragement pour l'Industrie 
nationale; il a paru dans les derniers essais 
officiels d'appureils de culture mécanique. 

G. Mamii.v. 



TRAVAIL ANMEL DIX TliACTEUH 



-Nous avons déjà donné des renseigne- 
ments au sujet des premiers travaux ellec- 
tuésavec le traiteur Emerson de -10 chevaux, 
au Syndicat de culture rnéc. inique d'Etampes, 
en résumant les observations très précises 
faites dés le début de l'emploi de la machine 
par M. Coulpier, professeur d'.\griculture 
Jo}iriinl d'.\r/ficiilline p)(iti'jue, u" 22 du 
2 novembre l'Jlf., p. 380 . 

Nous avons reçu le rappurl de M. Coulpier 
sur l'exercice 1910 et nous en donnons l'ana- 
lyse suivante : 

Du I'" mai au ."il décembre l'ilO, c'est-ii- 
ilire pendant 2io jours, le tracteur a été uti- 
lisé pendant 90iJ heures, soit H.'» journées; 
il a labouré 182 hectares, ce qui constitue un 
maximum, car pendant trois mois le tracteur 
a été servi par deux conducteurs qui pre- 



naient alternalivcmeiil leurs repas pour ré- 
duire les lemps d'arrêts. 

Nous ne connaissons pas la répari ilion des 
'JOli heures, dont la plus grosse part a di*l 
être consacrée aux labours d'automne. 

M. Coulpier croit quon pourrai! tabler 
pratiquement sur 171 journées de labourage 
dans l'année, soit 1 3(58 heures, peiid;int 
lesquelles on pourrait labourer à 0"'.lo de 
profondeur une surface de 270 hectares, qui 
nous semble être une limite maximum. 

La moyenne journalière de travail l'st voi- 
sine de huit heures, pendant h;s(iu('lles on 
laboure 1 hectare 'i8 à O^.l.") de profondeur, 
en terres argilo siliceuses, de Iravail souvent 
difficile par temps de sécheresse. Cela repré- 
sente une moyenne de 1 97.ï mètres carrés 
labourés par heure, chiffre qui correspond à 



184 PAUTiE OKKICIELLE 

ceux relevés sur le même Iracleur dans diffé 



renls essais antérieurs (t). 

Les deux conducteurs affectés successive- 
ment à la conduite du tracteur recevaient 
chacun un salaire lixe de 4 fr. par jour; ils 
avaient une prime de 2 fr. par hectare la- 
bouré à 0"'.1.'>. Ces salaires étaient à la charge 
des employeurs, qui ont ainsi payé (iOj fr. 50 
mais le Syndicat avait à son compte les jour- 
nées de déplacements sur route, de chô- 
mage par mauvais temps ou pendant les ré- 
parations, et dont l'ensemble s'élève à 
.■;65 fr. liO. 

Le total des salaires 1 17! fr. représente 
une moyenne de i fr. 77 par jour pour les 
l'io jours, ou 10 fr. 18 par jour de travail 
pour les lit» journées de labour. 

Les réparations ont porté sur les pignons 
du ventilateur, le cuir de l'embrayage, deux 
pignons et couronnes dentées: les premiers 
engrenages ont été remplacés après le labou- 
rage de sy hectares, les seconds après 93 hec- 
tares (les netloyages et les réglages des 
roues dentées, pourtant des plus importants, 
sont très difticiles à obtenir du personnel}; 
réparation à la pompe a huile ;que le méca- 
nicien ne visite jamais chaque jour), à une 
tète de bielle ; réparation des fusées et des 
moyeux des roues avant et remplacement 
des segments des quatre pistons. 

Par suite de la hausse des prix résultant 
de la guerre, ces réparations, eflectuées par 
un mécanicien d'Etampes, sont revenues à 
1 :\n:\ fr. rif) (pièces de rechange, montage, 
transports, déplacements, ; elles représentent 
le chiffre élevé de 12 fr. par journée de tra- 
vail; une forte part est certainement impu- 
table aux fausses manœuvres du début et au 
manque de soins des conducteurs, ces der- 
niers s'imaginant qu'il n'y a qu'à mettre le 
moteur en route et à mameuvrer la direction. 
On donne bien tous les jours des soins aux 
breufs ei aux chevaux de travail; il en faut 
d'aiilns plii< mélirnleiix avec les inacliines 



(voir le Journal d'Agriculture pratique, n° 7, 
du 3 avril 1917, page 117^. 

Les prix de revient exactement relevés en 
191C, dans quatre conditions didérentes ont 
été par hectare : 

fr. c. 

A. — Terrain argilo-calcaire tassé, dirficile. 

ancien cliamp d'aviation laissé en 
pacage à moulons depuis plusieurs 
années; profondeur, O".!* ',l.2i 

B. — Terre argileuse, séclie, difficile; pro- 

fondeur, Om.U 61. "2 

C. — Terre argileuse, travaillée dans de 

bonnes conditions ; profondeur, 0"".15 

ù O^.ie 61. ."19 

D. — Terre argileuse, facile à travailler; 

profondeur, 0™.16 et O"".!» .")7.32 

D'après les syndiqués, ces prix de revient 
n'ont rien d'excessif. 

M. Coulpier établit de la façon suivante ses 
prévisions pour l'exercice 1917 :' 

Chaque syndiqué chez lequel on travaille 
doit payer : 

■S (r. par jour le conducleiir; 

2 fr. de prime au conducteur par hectare labouré à 

0°>.15: I 

L'essence et l'huile cmidoyées; 
•t fr. "il versés au S>'ndicat par heure de travail pour 

couvrir l'amortissemenl. l'enlrtlleu, les répa- 

tions et les frais généraux. 

Ces 4 fr. 77 par heure représentent, pour 
les I 368 heures, une somme de 6 .">2j fr. .16 
par an qui doit couvrir le Syndical de ses di- 
vers frais : amortisseiaenl du capital et frais 
généraux ;3 107 fr.), assurances contre l'in- 
cendie et les accidents (.'{01 fr.l, réparations 
et entretien (2 262 fr. . et les journées de mé- 
canicien incombant au Syndicat (8").^ fr.) 
pour déplacements sur route, arrêts par 
mauvais temps ou pour les répaialionsciu'on 
aurait intérêt à réduire par im approvision- 
nement de pièces de rechange qu'il a toujours 
été difficile de se procurer en temps utile, 
par suite des perturbations apportées dans 
les transports. 

R. ni«SAI<AI\. 



l'AllTIE OFFICIELLE 



I. — Décrecdu 3 mai 1917 sur la fabrication 
da pain et la vente de la farine. 
Rapport ou l'résidtnt de la Hcpiibliqur. 
Paris, le 'i mai 1917. 
Toutes les nations sont aujourd'hui ul>lii;éesde 
recourir à d'importantes re.strictioiis alimen- 
taires. Les Etats-Unis d'.Vmérique, par un geste 
plein de grandeur, viennent eux-mêmes de s'im- 



M) Cullure mécanique. I. IV, ]>. 12S. 



po.ser volontairement de vérilahles privations et 
1 de pri'lever sur leur nécessaire pour fournir aux 
alliés les denrées indispensables. 

Il ne saurait, du reste, en être autrement, 
puisqu'il Y a aujourJ'Iiui, en Europp, plus de 
30 iiiillioiis de producteurs immobilisas sur le 
champ do bataille ou dans les dépAts. tandis que 
les besoins ont, au contraire. con'^idi'rableroeDt 
augmenté. 

Les résultats du rerensemeni des céréales, au- 



PARTIE OFFICIELLE 



<juel il vient d'être procédé par les soins de mon 
adrainislration, nous commandent, à nous aussi, 
Fallenlion la plus scrupuleuse. 

Il n'est, dès lors, jias un Français, pas une 
Française qui ne doivent tonipreiidre qu'écono- 
miser, c'est un devoir parce que c'est question 
de patriotisme et d'honneur. i" 

Les mesures que je vous propose n'ont pou'i 
but que d'arriver doucement, et sans vexation, s 
une application aussi exacte que possible de no'' 
disponibilités en céréales aux licsoins réels J 
nos compatriotes. 

Je me permets, d'ailleurs, de vous lappeler 
que nos alliés .Xnijlais et Italiens connaissent 
déjà un pain tahriqué avec une farine extraite 
aux taux de 81 à 90 0. 

Pour obtenir l'exacte application de mes pro- 
positions et des dispositions antérieures, j'ai ob- 
tenu que, dans cliaijue département, un adjoint 
spécial au sous-inlendaut serait chargé exclusi" 
vemeot du contrôle des minoteries et des bou- 
langeries. 

Veuillez agréer, etc. 

Le minUtie du Haritaitlemenl général, 

.M.MiniCE ViOLLKTTE. 

Décret mnformi'. 

Art. I'^ — .■V dater du 10 mai 1917, il est in" 
terdit aux meuniers de laisser sortir de leurs 
moulins ou de vendre de la farine de froment 
comprenant moins de 8o du blé rais en mou- 
tire. 

Outre cette farine, ne pourront être vendus 
que le son et les déchets du nettoyage du blé 
impropres à la mouture. 

Les mélanges de farines do succédanés à la 
farine de froment autorisés par l'article II du 
décret du 8 avril 1917, seront faits avec de la fa- 
rine telle qu'elle est prévue par le présent 
article. 

Art. 2. — .\ partir de la publication du présent 
décret, il est interdit également aux meuniers de 
livrer de la farine à d'autres personnes qu'aux 
boulangers et aux cultivateurs faisant moudre 
leur b!é à faion. 

Toutefois, exception est faite à cette interdic- 
tion pour les fabricants de pAtes alimentaires et 
de farines de régime, dans la mesure des auto- 
risations qui seront accordées par le ministre du 
Ravit'iillenient général et aux conditions qu'il 
aura fixées. 

Les semoules devront être fabriquées avec du 
blé dur et seront livrées aux fabricants de pâtes 
alimentaires dans l<-s conditions fixées par le mi- 
nistre du Ravitaillement général. 

Ail. 3. — Les fabriques de biscuiterie ne 
pounont plus continuera travailler que pourles 
besoins de l'armée, de la marine militaire ou 
marchande et de l'assisiance publique, suivant 
les conditions prescrites par le décret du 
19 avril fOI7. Ellfs sont, néanmoins, autorisées à 
écouler leurs stocks, sans toutefois pouvoir ma- 
jorer les prix actur-ls de leurs produits. 

Art. 4. — Seuls les boulangers sont autorisés à 
vendre au détail la farine de froment par quan- 



tité qui ne peut être supérieure à 1;.'.') grammes. 

Art. ;>. — Siuf les exceptions prévues aux ar- 
ticles 2, 3 et 4, la farine de froment ne peut élie 
employée désormais qu'à la fabrication du pain. 

En conséquence, dans les dix jours de la pu- 
blication du présent décret, tout commerçant 
détenteur de farine de froment devra l'avoir ré- 
trocédée à un boulanger ou l'avoir remise à la 
disposition du maire qui en opérera alors le 
remboui'sement. 

Art. (J. — Dans le même délai df dix jours, 
chaque boulanger devra déclarsr, à la mairie du 
lieu où il exerce sa profosion, le nom du ou des 
meuniers chez lesquels il entend s'approvision- 
ner; il ne pourra se fournir chez un nuire meu- 
nier qu'avec l'autorisation du préfet ou du sous- 
préfel. En cas d'urgence, le maire pourra donner 
une autorisalioii qui sera soumise à la ratifica- 
tion du préfet ou du sous-préfet. 

.',rl. 7. — Dans le même délai de dix jours, les 
propriétaires, directeurs ou gérants des hôtels, 
restaurants, buffets et autres établissements 
similaires devront déclarer à la mairie du lieu 
où ils exercent leur profession, le nom du ou 
des boulangers chez lesquels ils entendent s'ap- 
provisionner; ils ne pourront se fournir chez un 
autre boulanijer qu'avec l'autorisation du préfet 
ou du sous-préfet. 

Il est interdit à tout boulanger de vendre à 
aucun des établissements visés parle présent ar- 
ticle, s'il n'est pas son fournisseur habituel. 

Art. 8. — La surveillance des boulangeries 
sera exercée dans les conditions prévues par 
l'article 19 du décret du 8 avril 1017. 

Les fonctionnaires chargés de cetle surveil- 
lance procéderont à la vérificaiion du registre 
que les boulangers doivent tenir en vertu de 
l'article 3 du décret du 27 juin 1916. 

.\rt. 9. — La taxe du son pris au moulin est 
fixée à 24 fr. par 100 Uilogr. Ce prix [lourra être 
augmenté de la majoration prévue à l'article ij 
du décret du S avril 1017. 

Art. 10. — Le présent décrel, ainsi que le rap- 
port qui le précède seront affichés dans toutes 
les boulangeries. 

Art. 11. — Sont abrogées toutes dispositions 
I contraires au présent décret. 

II. — Décret du 8 mai 1917 
I relatif au commerce des farines de succédanés. 

I Ait.l"'. — Le régime institué par les articles 2, 
4, 5 et 6 du décret du 3 mai 1917 relatif au com- 
merce de la farine de froment sont applicables 
aux farines de succédanés énnmérées à l'ar- 
ticle ^'^ du décret du 8 avril 1917 (mars, seigle, 
orge et sarrasin i. 

En conséquence et sauf les exceptions ad- 
mises pour la farine de froment, b.'sdites farines 
de succédan>''s ne pourront jdns, à dater du 
14 mai 1017, être employées qu'à la fabrication 
du pain. 

.\rt. 2. — Le ministre ilu lî.ivjtaillement gé- 
néral et des Transports maritimes est chargé de 
l'exécution du présent décrel. 



186 



PAHTIE OFFICIELLE 



III. — Décret du 6 mai 1917 réglant 1 applica- 
tion de la loi du 7 avril 1917 relative à la mise 
en culture des terres abandonnées. {Extrait. 

TITttE /"■. — Constitution et organisation 
du service de \a mise en culture des terres. 
Art. I". — Il est institué au ministère de 
r.Xgriciillure un service d'^ la mise en culture des 
terre«. 

Ce service est chargé de la préparation el de 
re.xécution des alTaires administratives et tech- 
niques concernant '. 

Le recrutement et l'emploi du personnel du 
service ; 

L'aC'jui'iiion et l'enlretien du mat.-riel et des 
macliines ; 

l.;i diiection, l'e.xécution et la surv^illuiice des 
travaux de culture ; 

Les cessions de matériel aux départements, 
communes, sociétés coopératives ou associations 
de culture mécanique; 

El généialement toutes les mesures à prendre 
par le ministie de l'Agriculture en vue de l'ap- 
plication des lois du 2 janvier et du 7 avril 1917. 
Le service de la mise en culture des terres 
sera supprimé à l'expiration de la campagne 
agricole qui suivra la cessation dis hostilités. 

Art. a. — Le service de la mise en culture des 
terres est dirigé par un chef de service nommé 
par décret sur la proposition du ministre de 
l'Agriculture. Il est assisté d'un personnel spé- 
cial. 

Art. 3. — Le personnel, y compris le chef de 
service, se compose : île londionnaires en ser- 
vie» délai;hé ou en mi'-sion temporaire qui res- 
tent soumis aux règlements particuliers de leur 
cadre dot i^iiie el de personnes nommées à titre 
d'au.xiliairps temporaires. Os auxiliaires reçoi- 
vent de.s indemnilés non soumises aux retenues 
I)rescriles pai- la loi du 9 juin 18;;:! sur les pen- 
.sions civiles. 

Art. i. — Ites arrêtés du minisire de i'.\gricul- 
ture détermineront l'orf^anisation des cadres du 
personnel, le nombre des emplois et les iiu)em- 
nilés y affércnles. 

TITHE II. — Travaux exécutés pour le compte des 
<-ullfi:luilés et (les particuliers par le servire de 
la mise en culture des terres. 

Art. "i. — Les travaux de culture à elTecluer 
en application de la loi du 7 avril 1917 ne pour- 
ront être entreplis par l'administration del'.Xgri- 
culUire que sur une demande écrite. 

Celle demande devra contenir l'engagement de 
paver les Iravaux aux piix et coniliiions li.\és 
par le ministre et de mettre en exploitation le 
sol .sur lequel ils ont été effeclués. 

Aussitôt api es l'aclièvement des travaux, 
l'ai/enl du hcrvice de la mise en culture des 
terres présente au demandeur un étal de recon- 
naissiiui I- des travaux effeclués avec indication 
du pri.\ i payer. 

Kn cas de contestation ou d'absence du de- 
mandeur ou de son représentant, la question 



ebl soumise, par l'agent du service de la mise en 
culture des terres, au préfet, qui statue après 
avisdu Comilé départemental de la main-d'œuvre 
agricole. 

Les étals signés des demandeurs ou arrêtés 
d'oflice par le préfet servent de base à l'établis- 
semenl des rrtlcs destinés à poursuivre le recou- 
vrement des sommes dues. 

Art. 6. — En dehors des travaux que l'admi- 
nistration de l'Agriculture peut faire exécuter 
|)our le compte des tiers dans les conditions pi é- 
vues à l'article précédent, le minisire de l'Agri- 
culture peut, sur la demande des intéressés et 
après engagement pris par eux de payer les 
sommes lixées par le ministre et se conformer 
aux conditions prescrites par lui, prêter son con- 
cours en vue de la cuUure des terres par tous 
autres moyens, tels que location el prêts d'ins- 
truments, mise à la disposition des intéressés de 
personnel ouvrier nu d'animaux. 

Lorsqu'il s'a<.'it du pri''t d'iiis'.rumenls ou d'ani- 
maux, un état descriptif et une estimation de la 
valeur des instruments ou animaux seront faits 
et reconnus exacts par les intéressés avant d'être 
mis à la disposition de ceux-ci. 

Les recettes à recouvrer font l'objet d'ordies 
de versement délivrés par le ministre de l'Agri- 
culture. 

Art. 7. — Le minisire de l'Agricullure est au- 
torisé à faire aux préfets des départements situas 
dans la /.one des armi'es, sur le compte spécial, 
les avances nécessaires pour assurer, autant qne 
possible, avec le concours de l'autoiilé militait c. 
l'exploitiilion des terres abandonnées. 

Ces avances sont inscrites à un compte à ou- 
vrir dans les services hors budget du déparle- 
ment. 

.Sont portés à ce compte : En recelte, les 
avances consenties par le ministie de l'Agricul- 
ture, le remboursement par les demandeurs des 
dépenses ou travaux faits pour leur compte ei, 
s'il y a lieu, le produit des récolles. — En dé- 
pe)ise, les achats de semences et de matières 
premières, lesachits ou réparations de matéiiel 
agricole, les dépenses diverses d'exploiiali-^n, le 
remboursement des avances consenties par le mi- 
nistre de l'Agriculture. 

En lin d'année, une situation de ce compie est 
fournie par lepré^nau ministre de l'AL-ricullure. 

TITHE III. — .\chals et cessions. 
ytr/. jj. _ Les achats de machines, pièces de 
rechange et matières premières sont effectués 
par le ministre de l'Agriculture, soit en France, 
soit à l'étranger; ils peuvent êtie faits sans mar- 
chés ni adjudication. Kn cas d'achat à l'élranger, 
les conditions de payement sont arrêtées de con- 
cert avec le ministre des Finances. 

Art. 9. — Les cessions de matériel peuvent 

être consenties aux départements, syndicats de 

communes, communes ou associations agricoles. 

Les demandes de cession sont adressées au 

préfet qui les transmet au ministre de l'Agricul- 

I lure, avec son avis. 



PAIiTIK OKrll'lEI.LE 



187 



Eu cas de cession, les subventions que le mi- 
uislie de l'Agi-icullure est autorisé, conformé- 
ment à l'article 2 de la loi du ;J janvier 1917, à 
accorder aux collectivités ci-dessus visées, en 
vue de l'acquisition de tracteurs mécaniques ou 
électriques, seront allouées sous forme de ri'duc- 
tion du prix de cession. 

Par suite, s'il s'agit de matériel neuf, les ces- 
sions seront consenties au [irix commercial en 
France du matériel similaire avec une réduction 
dont le taux sera fiié par le ministre et pourra 
atteindre iiO 0. S'il s'agit de matériel usagé, la 
valeur actuelle en sera déterminée, après e.Kper- 
tise, et le prix de cession sera diminué d'une I 
quote-part qui pourra atteindre oO de celle ! 
évaluation. I 

Art. 10. — Dans le cas où des avances, préle- 
vées sur la Iraction de la dotation générale du 
crédit agricole affectée aux coopératives agri- 
coles, en exécution de la loi du âO décembre 1006, 
seraient accordées aux collectivités visées à 
l'article 2 de la loi du ~ avril l'.UT et conformé- 
ment à l'article C de ladite loi, pour solder les 
frais de travaux de culture exécutés avec le con- 
cours de l'Administration de l'agriculture ou 
rembourser les sommes dues ;\ celle-ci pour 
cession de matériel ou de produits nécessaires à 
l'exploitation du sol, le montant de ces avances 
sera versé directement au Ti-ésor, au nom de 
l'agent comptable institué par l'article 3 de la 
loi précitée et fera recette au compte spécial des 
travaux de culture. 

TITRE IV. — Rcqumtions. 

Ail. II. — La réquisition des locaux, animaux, 
matières premières, objets et matériel néces- 
saires au fonctionnement du service de la mise 
en culture des terres, prévue par la loi du 
7 avril 1917, est exercée par le préfet ou par son 
délégué, à la demande des agents du service de 
la mise en culture des terres. L'exécution des 
réquisitions est confiée au maire. 

lin cas d'urt-'ence, l'agent chargé des travaux 
peut remettre directement l'ordre de léquisition 
sipOé de lui au maire ou, à défaut, au presta- 
taire lui-même, sauf à aviser immédiatement le 
préfet. 

Les agents chargés de? travaux sont tenus de 
donner au maire un reçu des prestations four- 
nies. Le maire délivre des reçus aux prestataires. 

La réquisition peut porter soit sur la livraison 
déiinitive de l'objet, soit sur son usage pour une 
durée déterminée: l'ordre et les reçus remis au 
maire et aux prestataires devront toujours spé- 
cifier sous laquelle de ces modalités l'objet a été 
requis. 

Art. 12. — Le maire établit en double expé- 
dilion, dans un délai de huit jours à partir de la 
dat« du reçu des prestations, l'état nominatif 
des habitants qui ont fourni les prestations; il 
indique sur cet état la nature des prestations 
{oarnies, la date de réquisition et les prix récla- 
més. 

Art. i:!. — A défaut d'entente amiable entre 



l'agent du service de la mise en culture des 
terres et le prestataire sur la valeur des presta- 
tions requises, il est procédé à l'évalualion de la 
valeur représentative desdites prestations par un 
expert qui est désigné soit par le juge de paix, 
sur la demande du maire, soit par le maire lui- 
même en cas d'urgence reconnue par l'agent du 
service et mentionnée par ses soins sur le reçu 
de prestation. 

L'expertise doit précéder la prise de posses- 
sion des locaux, animaux, matières premières 
ou objets, sauf urgence constatée dans les con- 
ditions ci-dessus. 

Les évaluations de l'expert sont immédiate- 
ment transmises au préfet par le maire avec une 
e.xpédilion de l'état nominatif prévu à l'article 
précédent. 

Le préfet arrête les prix à payer, après avis 
du directeur des Services agricoles, et les notifie 
au maire qui les lait aussitôt connaître aux inté- 
ressés, en les avisant qu'ils doivent adresser par 
éciit à la mairie, dans un délai de quinze jours, 
leur acceptation ou leur refus. 

En outre, dans le cas de réquisition d'usage 
pour une durée supérieure à huit jours, il est 
établi un procès-verbal constatant l'état dans 
lequel se trouvent les locaux, animaux ou objets 
requis et leur valeur représentative pour servir 
à toutes lins utiles en cas de perte ou de des- 
truction. 

En cas d'entente amiable, ce procès-verbal est 
dressé par l'agent du service de la mise en cul- 
ture des terres. En cas de contestation, il est 
dressé par l'expert dont la désignation est pré- 
vue au paragraphe t" du présent article. 

Ce procès-verbal est établi en trois exem- 
plaires, l'un pour l'agent du service, l'autre 
pour le prestataire, le dernier |iour le maire. 

Lor.-que l'expert a été désigné par le maire, 
l'agent du service de la mise en culture des 
terres ou le prestataire peuvent l'un et l'autre, 
dans le délai de huit jours, à dater de la prise 
de possession, demander au juge de paix la 
nomination d'un expert chargé de procéder à 
une expertise définitive. 

Lors de la restitution des locaux, animaux ou 
objets requis pour usage, l'expert désigné éta- 
blit dans la même forme un nouveau procès- 
verbal et évalue l'indemnité due en se basant 
sur la valeur représentative de l'ohjel, la dété- 
rioration subie, s'il y a lieu, et la durée de la 
prestation. 

Art. 1 1. — A l'expiration du délai li'gal de 
quinzaine, le maire adresse au préfet l'i^lat en 
triple exemplaire des indemnités acceptées et 
de celles pour lesquelles les intéressés n'ont pas 
l'ait de réponse. Le préfet en transmet deux 
expéditions au ministère de l'Agriculture. 

Le ministre de l'Agriculture établit aussitôt 
un mandat collectif de payement au nom du 
receveur municipal. Celui-ci, dès qu'il a encaissé 
le montant de l'ordre, effectue le payement à 
chaque intéressé qui émarge l'état nominatif 
émis à l'appui de l'ordre de payement. 



18X 



ACADÉMIE DAGRICCLTI'RE DE KRANCK 



.!,.(. i:;. _ F.ii eus de conlestaiion sur les i et à l'articli; :i6 du déor.>l du 2 août IHTT, sauf 
indeinnilés o(Terl»s, les litiges sont n^;ilés ron- j que les atlrilmtions d.volnes aux soiis-inten- 
oim^iiienl à rarlicle26 delà loi du 3 jiiiiloi l«77 I danls militaires sont exercées par les préfets. 



HIBLIOGUAPMIE 



Les plantes n lisibles à 1 Agriculture, par G. Frun, 
(Licteur .s-scien es. inailie de conférence à l'Ins- 
titut agronomi'iue, 1 vol., Libr. Bailliire, à Paris. 
Pri.x, broché. 5 fr. 

Le nouvel ouvrage Je .M. Frou comble heureu- 
senaenl une lacune dans la littérature agricole. 
i;'est à la fois en botaniste et en a^rronome que 
Tauleur a traité son sujet, ouvrant, comme le 
dit très bien M. Scliribaux dans la préface du 
volume, le premier sillon dans le domaine de la 
biologie des plantes nuisibles. C'est, eu outre, 
un livre» d'actualité, étant donné l'étendue des 



terres incultes ou mal lullivéos du fait Ji- la 
guerre. 

Apn'-s avoir exposé des vues yénérabs sur le 
sol, la plante, la durée de vie des graines dans 
le siil et la destruction des plantes adventices, 
M. Fron a méthodiquement passé en revue le» 
plantes nuisibles à l'Agricullure et classé celles- 
ci par dates de lloraison. 

C'est là un ouvra;,'e apportant des renseigne- 
ments que les agriculteurs ont souvent de la 
peine à réunir. M. Fron a fait œuvre utile en 
l'écrivant. P- H- 



ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE 



Séance du 2 mai 1017. 
Présidence de M. Ju/cs Ikri'IU. 

Mort d'un correspondant. 
M. /c Sixieliùic jHr/iclui l a le grand regret d'an- 
noncer la mort d'un des cortespoiidants les plus 
estimés de l'Académie, M. Emile l'etiol, décédé 
à Cliamirey (Saône-et-Loire), le 27 avril, dans sa 
(|uatre-viiigl-unièrae annôe. 

Organisation et conséquences économiques da 
traitement physiothérapique des blessés par 
le travail agricole. 

M. te fiiofesseiirJ. Deiyonié, de Bordeaux, cor- 
respondant de l'Académie de .Médecine et de 
l'Aoadéaiie des Sciences, fuit une communication 
écoutée avec la plus vive attention sur le ré- 
sultat du travail agricole coinine traitement 
p!iysiotliéra[>ique de> blessés. 

Lorsqu'un blessé sort des salles de chirurgie 
ilr nos liApitaux, il est encore loin, le plus sou- 
vent, de pouvoir reprendre son service au front. 
11 y a quelquefois même beaucoup à faire en- 
core, c'est tout un organisme à remettre en 
train; il esit semblable ù ces machines détra- 
quées qui. après avoir été réparées, ont besoin 
d'une mise au point que, seul, un fouctionne- 
meiit progressif et surveillé peut réaliser. Cette 
mi?u au point était faite dans les services de 
Physiothérapie des hôpitaux, salies closes, avec 
tout un arsenal d'appareils et de machines com- 
pliqués et coi'iteux, par l'éleclrothérapie, le 
massage, l'hydrolhérapie, la thermothérapie.etc. 
M. le professeur HeiL'onié a substitué à ces mé- 
thodes le travail agricole pendant la belle saison, 
et a démontré que le conlact con^laut avec les 
grands agonts physiques et moralisateurs natu- 
rels : la lumière, l'air pur, la chaleur, les glands 
horizons, la liberté, le travail, donnait de plus 
ra|>ides et de plus nombreuses guérisons que les 
anciennes méthodes plus haut énuinérées. 



Le travail agricole a été institué à l'HOpital 
complémentaire n" i, annexe de .MarlilUc Gi- 
ronde), dès le mois de septetnbre 19M. 

M. le professeur Bcrg'Hiié donne les détails 
d'organisation sur cet hôpital, sur le classement 
des blessés en cure agricole. Il montre notaui- 
ment comment ces blessés sont répirlis suivant 
les distances, d'après l'état de leurs blessures. Il 
indique le système adopté de prime du travail, 
de surveillance disciplinaire. Il insiiste sur les 
résultats obtenus par cette vie au grand air, dans 
le milieu familial agricole. Par le labeur cons- 
tant, l'elTort demandé progressivement à chacun 
de leurs orfraies, les blessés reconstituent vile 
leur équilibre physiologique ; ils s'entraînent et 
acquièrent rapidement la résistance et l'endu- 
rance physiques qu'exige le service au front. 
Leur teint est lloiissaiit; ils retrouvent l'appétit 
et le sommeil; ils redeviennent vigoureux et 
pleins d'entrain. 

M. le professeur J. Bergonié termine en mon- 
trant les heureuses conséquences du système 
au point de vue économique et au point de vue 
de la récupération des blessés. Ses conclusions 
soutciilin les suivantes : 

1» Pour récupérer plus vite et le plus d'hommes 
possible après blessure de guerre, il faut, non 
seulement appliquer le traitement adéquat à 
leurs blessures, mais encore et surtout recons- 
tituer leur élal général. L'expérience a démontré 
que la cure par le Irai ail aiuv champs est le meil- 
leur moyen à employer. 

2° Les agents physiques naturels, aidés de 
l'infinie variété des niuuvemenls, des efrort.<, des 
attitudes, pendant le iramil mjricole, constituent 
une pUyiiolherattie fonctionnelle vraie, la plus 
riche et la plus efUcace. 

3» L'ellic-acité de cette physiothérapie est qua- 
litative et quantitative, car le blessé guérit d'au- 
tant mieux et d'autant plus vite qu'i/ travaille 
au.r rhamf^s, tous 1rs jours et loiillejaiir. 



ACADÉMIE DAGKICULTUBE DE FRANCE 



IS» 



4' S'il est ajjriculteur de profession, ce qui est 
le cas de 90 de nos blessés actuels, l'éiiuca- 
tioii ancienne vient en aide considéiablement a 
la rééducalion curative par le travail agricole. 

5° Moralement et psyiliiquemenl, la supério- 
rité de cetlt; physiothérapie agricole eu liberté 
sur la physiothérapie close, praiiquée dans les 
hùpitaiix.esl plus certaine encore que sa supé- 
riorité technique. 

6' Comme toute cure, quelle qu'elle soit, «'lie ne 
peut donner ses résultats habituels que prescrite 
et surveillée par des médecins connaissant sa 
technique et avec une orpanisalion matérielle et 
administrative correcte, quoique très simple. 

7° Les dépenses qu'entraînent, pour le Service 
de santé militaire, l'enlrelien et les soins des 
blessés en cure agricole, sont inférieures nota- 
blement à celles de ces mêmes blessés traités 
dans les hôpitaux militaires. 

8' La physiothérapie agricole peut être appli- 
quée avec avantage, après sélection médicale, à 
un trrs lirand nombre de blessés, malades et 
mutilés de la guerre. 

• 9° L'appoint ainsi fourni à la main-d'œuvre 
afiricolf n'est qu'un sons-produit de la cure, 
néanmoins d'une importance économique consi- 
dérable, d'autant plus appréciable aujourd'hui 
que II recherche de la main-d'œuvre agricule 
constitue le premier des soucis du ministre de 
l'Afiriculture. 

Au nom de l'Acidémie, M. le Président adresse 
à .\1. \c professeur Ber;.'onié ses sincères remer- 
ciements (»t tVOirit.Ttions. 

Le kapok. 

M. F. ilvhotte appelle l'attention de l'Acad'- 
mie sur le parti que nous pourrions tirer dans 
nos colonies de nombreuses plantes produisant 
des fibres analogues à celles dénommées : ka- 
pok. M. Michnite donne l'énumération des prin- 
cipales plantes de nos colonies dont on pourrait 
tirer le kapok, et il rappelle leur utilisation 
indigène. 

Election d'un membre titulaire. 

M. Lucien l'aycux, professeur au Collège de 
France et à l'Institut agronomique, est nommé 
membre titulaire dans la .Section d'Histoire 
naturelle afiricole. 

Séanot du 9 mai 1917. — Présidatce 
de M. Dételle. 
L'Agricaltnre et les pays^tns en Serbie. 
M. /. il. y.ujofic, président d'' l'Académie 
royale de Serbie, ancien ministre, fait_ une com- 
munication écoulée avec le plus vif intérêt sur 
l'Agriculture et les paysans en Serbie. 

Après avoir décrit l'aspect «i varié et si pitto- 
resque du pays serbe, M. /.ujovic montre com- 
ment le paysan a su utiliser la terre en mon- 



tagne, sur les coteaux et dans les riches alluvions 
de la plaine. Le paysan serbe, ou plutôt la com- 
munauté famdiale sous l'autorité du père, est à 
la fois éleveur et agriculteur. Les troupeaux de 
porcs et de montons vivant dans la forêt et sur 
les pacages communaux sont très nombreux et 
forment le principal cheptel des e.\ploitations, 
celui-ci toutefois est complété par des bovidés 
aujourd'hui améliorés par des croifenients, no- 
tamment avec le Simmentlial pour la production 
du lait. 

D'autre part, la basse-cour et l'élevage de la 
volaille pour la production des œufs ont une très 
grande importance en Serbie. 

Comme cultures, à côté du blé vient le maïs 
dont le grain constitue la principale nourriture 
du paysan ; entre les raniis de mais on ré- 
colte en outre haricots, citrouilles, etc. 

Enfin, il faut signaler l'importance des arbres 
fiuitiers, surtout des pruniers. 

Les coopératives rendent en Serbie de grands 
services aux paysans. Mais M. Zujo^ic fait obser- 
ver qu'on ne peut plus parler au présent, qu'il 
faut employer le passé et dire: le paysan serbe 
avait tel ei tel cheptel, cultivait le mais, utilisait 
les coopératives. Car, aujourd'hui, il ne reste 
plus rien en Serbie, plus d'animaux, plus de 
capitaux dans les banques coopératives. Tout 
sera à reconstituer. 

La Serb_ie compte pour cette cinivre sur le con- 
cours delà France : apiès la fraternité d'armes, 
la fraternité et l'aide économiques. Du reste, 
jusqu'ici, les agronomes serbes étaient allés 
chercher l'enseignement technique dont ils 
avaient besoin en Allemagne et eu Autriche, ils 
rapportaient de ces pays les méthodes de cul- 
ture, mais aussi ils en importaient les machines, 
les animaux. Demain, tout cela sera changé : la 
France a accueilli la jeunesse serbe dans ses 
écoles quand celle-ci rentrera en Serbie ; déli- 
vrée du joug ennemi, elle se souviendra du pays 
qui l'a recueillie si généreusement et un actif 
courant d'alTaires devra s'établir entre la Serbie 
et la France. 

M. le président remercie chaleureusement 
M. Zujovic et l'assure des sentiments de la 
France envers son pays en faisant espérer que 
bientôt se lèvera le jour de la délivrance pour la 
Serbie avec la victoire du Droit et de la Justice. 

Autres commuiiications. 

M. Pdiil Vinrc'j communique une note très 
documentée sur la culture maraîchère des envi- 
rons de Paris. 

M. Raijinond Gavoty rend compte d'expériences 
particulièrement intéressantes faites dans un 
grand domaine du Var sur la culture superli- 
.ielle de la vigne. 



II. lIlTIEIi. 



COKRESPONDANCE 



— -N» 8009 iBusses-l'tjrénces). — Le sol de voire 
parc, constiltié par des allnvlons sablonneuses, 
fraîches, assez substantielles, convient parfaite- 



ment bien au Chêne pédoncule, comme d'ail- 
leurs celui de toutes les vallées de l'Adour et de 
ses adluents. 



îflO 



OORKESPOXDANCE 



Los villes qui se pro<luisent dans voire vieille 
futaie ont été comliU-s par de jeunes planis de 
Chêne d'Amérique et de Tulipier: c'est une ex- 
celiente idée. Nous vous conseillons de préférer 
le Chêne rouiie des marais {Quetcus /lahislris, 
Willdenow-i au Chêne rouf.'e d'Amérique Oueirus 
nibra, l.inné) ; il a l'avaiita^je de donner un bois 
de meilleure qualité et de conservor ses feuillps 
[lius loia'lemps à l'automne, toutefois il craint 
les sols mouilleux. 

Quant au tulipier i Liriodendron Tulipiferi, 
c'est nne excellenio essence exotique à intro- 
duire en mélange au milieu de nos feuillus; 1res 
ornemental, il a. en outre, l'avantaye de donner 
dans les sols frais et fertiles un bois très estimé', 
léjtier. lendre. jaune clair ou jauni' verdàtre, de 
qualité comparable à celle de nos meilleurs peu- 
|)liers et à aubier mince. Sa longévité, moins 
1,'rande que celle du chêne évidemment, est ce- 
pendant suffisante pour que nous vous préconi- 
sions l'introduction dans votre parc. 

La substitution radicale du hêtre au tulipier ne 
nous jinrait pas in(li(iuée. 

L'apparence soullreteuse de certaines parties 
de votre futaie île chêne pédoncule pur pro- 
vient vraisemblablement de ce que le sol, plus 
sec, y est insuffisamment pruté:;é pai- le feuillage 
léger des chênes contre les ardeurs du soleil, il 
se durcit et s'appauvrit en humus : l'inlrodiictioii 
du tulipier en mélange avec le chêne, auquel 
vous ajouterez, au pnint de vue ornemental, 
quelques jietits bouquets de hêtre dans les par- 
lies les moins fraîches et les moins sablon* 
neuses, est un excellent palliatif à cet inconvé' 
nient. 

Vous avez écarté, dans vos plantations, le 
chêne commun pour ne pas réinstaller dans 
votre parc, dites-vous, une essence qui y tient le 
sol depuis plus de deux cents ans. 11 y a lieu de 
noter que l'assolement n'a d'autre raison que la 
dimioutiiin i\f la fertilité du sol; or, si la sylvi- 
culture est, en principe, soumise aux mêmes 
règles que l'agriculture à ce point de vue, c'est 
avec celle difli'rence fondamentale que la forêt 
traitée d'une manière rationnelle et conserva- 
trice niaintieul et même nuijmente la fertilité du 
sol et ijue dans ces conditions l'assolement fo- 
restier est inutile. Parloul donc où votre futaie 
s'est maintenue en parfait étal de végétation, 
vous auriez pu, sans inconvénient, et en dehors 
de l(pule considération de rapidité de croissance 
et de beauté de feuillage, elTectuer des planta- 
tions de chêne pédoncule; parloul ailleurs, vous 
avez eu raison de recourir à des essences telles 
que le chêne rouge ou le chêne des marais et le 
tulipier dont le feuillage plus épais semble plus 
apte à maintenir la fraîcheur it la ferlilité du 
sol. — (M. M.) 

— N" 0930 {Lol-el-Garonnci. — Voici les 
adresses demandées : Case, 20 chevaux, Compa- 
gnie Case, 251, faubourg Saint-Martin, Paris. — 
Titan, 20 chevaux, Compagnie internationale des 
machines agricoles, l'I.'i, rue Michel-liizot, Paris. 
- ^M. R.) 



— //. C. (Chnente;. — Le nombre d'industriels 
produisant de la naséine comprim^'C est fort 
restreint; les produits destinés à remplacer 
l'ivoire, la corne, le celluloïd venaient d'Allema- 
gne ou d'usines allemandes installées en Krance. 
l'ne nouvelle fabrique s'est créée à Monvilli; 
(Seine-lnférieurei; nous vous engageons à écrire 
à son directeur, mais nous ne pouvons pas vous 
assurer que la fabrication soit déjà assez au 
point pour vous dimner satisfaction. — : L. L.) 

— M. B. iLot-it-Garonnc). — Vous recherchez 
dei ferments cultivés et sélectionnés pour 
beurres et fromages. Vous pouvez écrire, 
d'une part, au Laboratoire des ferments sélec- 
tionnés, à La Ferté-sous-Jouarre, d'autre pari, à 
l'Institut Pasteur (Service de M. Mazé), rue Du- 
lol, à Paris. Nuus faisons cependant toute réserve 
sur l'activité de ces laboratoires qui ont pu, au 
cours Je la guerre, suspendre leurs travaux. 

Nous ne connaissons pas de succursale de la 
maison Garin, de Cambrai. — [L. L.j 

— N° 7b")C (Seinc-Infrrieure). — In proprié- 
taire reçoit, en décembre 1910, un ordre de 
réquisition pour une certaine quantité d'avoine 
à porter au centre de réception. Quebjues jours 
après, un contre-ordre prescrit de vider les sacs 
et de les renvoyer ensuite au centre de récep- 
tion. Depuis, aucune nouvelle. Vous demandez 
si le propriétaire doit continuer à garder l'avoine 
ou s'il peut en disposer, si l'Intendance peut le 
forcer à garder pendant trois mois une denrée 
qui subit du déchet par suite des rongeurs, s'il 
peut exiger un dédomma;^ement qnelconciu'". 

Si le contre-ordre ne prescrivait pas de conser- 
ver l'avoine à la disposition de l'autorité réqui- 
sitionnante, il eût été prudent de faire préciser 
ce point, car cm pourrait opposer au propriétaire 
que ce contre-ordre équivalait à une mainlevée 
de la réquisition. Il conviendrait tout au moins, 
si le propriétaire désire disposer de la marchan- 
dise, de poser nettement la question à l'Inten- 
dance. Celle-ci a le dioil de forcer le proprié- 
taire à conserver l'objet de la réquisition en 
dépôt. Mais elle lui doit en ce cas une indemnité 
spéciale à raison du préjudice qu'il a pu subir 
du fait de cette immobilisalion (Cour de Tou- 
louse, 2't juillet 19161. — (G. E.' 

— .N» 709.'? {Seine). — De l'avoiae d'hiver 
bien récoltée en 1916 peut être employée comme 
semences à l'anlomne 191' ; toutefois, pour vous 
en rendre compte vous-même d'une façon cer- 
taine, vous n'avez qu'à en faire germer un cer- 
tain nomlîre de grains ou en envoyer nn échan- 
tillon à la Stalion d'essais de semences i Paris, rue 
Platon, t) qui vous renseignera sur la valeur de 
votre avoine comme semences. — (11. H.) 



Recommandations instantes à nos abonnés : 

1° l)e ne nous adresser qu'une seule question à la 
fois. 

2° Uc ne jamais nous renvoyer à une lettre précé- 
dente. 



REVUE COMMERCIALE 



101 



LA QUINZAIiVE MÉTÉOROLOGIQUE 

Semaine du :50 avril au ïn«i 1917 [OBSERVATOIRE DU PARC SAINT-MAbR 



JOURS 

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Lundi 30 avril 


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Rosée, beau temps. 




Mardi 1 "■ m. 


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+ 3.1 


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13.3 


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l-'orte rusée, beau temps. 




Mercredi.. 2 — 


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y.o 


24.3 


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« 


13..-; 


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Rosée, beau temps. 




Jeudi j — 


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26.2 


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+(; 3 


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13. s 


» 


Rosée beau temps.^ 




Vendredi, l — 


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+6.;; 


n 


10.8 


» 


Rosée, temps nuageu.\. 




Samedi... 5 — 


„ 


12.5 


26.1 


19 


+1.1 


n 


9 3 


.) 


Rosée, faible pluie la nuit, 




Dim li — 


■■ 


6.9 


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10.9 


-i.i 


» 


3 


3.2 


orage le soir. 
Pluie la nuit, temps nua.yeu.x. 




)ltiei»s «a itiaii 


- 


S, 7 


23 1 


i:;.9 


» 


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72 
au lien de 


3.2 


Pluie depuis le \" janvier : 




torts sv 11 nraaii — 


•• 


+ 3.:> 


-i-6.0 


+ 4.2 


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lOi b. 4 

•iar. tbéor. 




En 1917 ISemm 

Normale n2'"" 










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au 1 


J m<ii 1917 






Lundi 7 m. 


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" 


'*.2 


5.4 


Rosée le m., pluie le soir. 




Mardi.... s — 


.. 


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K.S 


13.7 


+ 1.:. 


» 


0.4 


. :; 


Temps couvert, averse. 




Mercredi . d — 


» 


H.U 


19.0 


12.2 


-0.1 


» 


8.0 


■' 


Korte rosée, beau temps. 




Jeudi 11) — 


« 


•s. S 


26.0 


1.^.3 


+ 2.9 


» 


X.4 


13.1 


Rosée, orage, pluie et grêic le 
soir. 




Vendredi. Il — 


'• 


10.6 


26.1 


18.4 


+ :..9 


» 


9.8 


" 


Rosée, temps nuageux. 




Samedi . . 12 — 


" 


14.4 


2S.7 


21.2 


+ S.6 


» 


6.3 




Rosée, temps nuageux. 




Dimanche 13 — 


n 


ia.7 


27.7 


21.7 


+9.0 


" 


i.8 


1.7 


l'iiiie le matin, temps nu.igeux 




Ujtnii t\ itUai 

toru lu 11 cinitlt 




10. 1 
+3.6 


23.7 

+3.4 


16.6 
+4.2 


" 


■• 


42.3 

an liei il« 
lOi b. 8 
dir. tbtor. 


20.7 


Pluie depuis le 1" jauvier ; 

En 1917 207°"° 

Normale 184""° 





(La publication des renseignements sur la pression barométrique et sur le vent est interdite par la 
censure au Bureau central météorologique.) 



REVUE COMMERCIALE 



Situation générale. — Pendant \a prcuiière \>l'- 
l'iode du mois de mai. la saison a pris un taractrre 
normal beaucoup plus accentué. La chaleur a régné 
dune fai;on presque uniforme, et elle a été très favo- 
rable au développement de la végétation. Ce déve- 
loppement s'est heureusement accentué, sauf dans 
plusieurs région», pour les prairies et les herbages 
dont la Si-clicresse arrête la vigueur. 

Blés et Farines. — Une amélioration sensible s'est 
manifestée dans le» champs de céréales, en particu- 
lier dans les cultures de blé: les appréhensions rela- 
tives au sort de la prochaine récolte s'atténuent. 
Les semis de blés de printemps ont pris rapidement 
un eSïOr vigoureux, mais ils sont, comme on l'a dit 
déji, beaucoup moins importants qu'on avait pu 
l'espérer. Si la période de lloraison se passe dans 



des conditions normales, le déficit prévu dans la ré- 
colte, qui ne peut manquer d'être importani. sera 
néanmoins atténué. Les marchés aux grains n'exis- 
tent pour ainsi dire plus, les ingérences adnainistra- 
tives arrêtent ri .-lilleurs toute possibilité de transae- 
tions. Les besoins de la meunerie sont importants, 
mais ils ne peuvent être satisfaits que p.ir le service 
du Raviloillemenl qui n'y répond qu'assez imparl'ai- 
teiuenl. Le marché des blé.s durs conserve seul qucl- 
i|ue allure; on cote à Marseille 4;; à 13.:i0 par 100 lii- 
lograiMuies. 

À l'étranger, lu hausse prend encore de nouvelles 
proportions." .V Seiv-Yorlt. le blé disponible est coté, 
en hausse depuis quinze jours, .i i.l fr. 25 par 100 ki- 
Idgr. au pair 67.10 au cours du change'. Dans 
VAriienline, on paie 37 à 38 fr. sur les marchés inté- 



192 



REVUE COMME KCIALE 



rieurs, mais il y a ioterdiclicm de sortie. A Loiulres, 
les dernières cotes sont pour les blés inJigèaei : 
bUiiCs, 49. ao à jO 40; roux, S8.1."> à .'.O fr. 1,68 prix 
niaximii ilabli» sur les blés d'importation fonction- 
nent (Icsoroiais l.a fermeté signalée précédemment 
se maiotient sur le» marchés de la Suisse; à (ifiiève. 
le cours de (iO fr. est maintenu. 

Le commerce des farines a. été supprimé; les 
meuniers doivent vendre dii cctement aux boulangers 
sous le cimtrôle de l'administration. 

Issues. — l.a taxe des sons est relevée à 2-4 fr. par 
100 kilogr. Ils sont de |dus en plus rares et recher- 
ches au delà de ce prix. 

Seigles. — La situation ne change pas : offres très 
rares et prix nominaux. 

Orges. — Les transactions sont toujours très diffi- 
ciles. La malterie recherche les lionnes sortes au- 
delà de la taxe fixée à :!1 fr. par 100 kilogr. 

Avoines. — La rareté est de plus en plus nccen 
tuée, à raison de l'excès des ré<iuisition«. Le com- 
merce fait dts demandes actives a n'importe quels 
prix. 

Sarrasins. — Grande fermeté dans les cours, aux 
taux de 44 à lu fr. par 100 kilogr. en Bretagne. Les 
ollres sont restreintes. 

Hais. — Les offres sont rares dans la région du 
Sud-Ouest, où la hausse a fait des progrès : iO à 4o fr. 
par l'IO kilogr. Dans les ports, les mais de la Plata 
sont cotés jusqu'à (10 fr. 

Légumes secs. — Les demandes sont toujours 
actives, aux cours de HS à ISU fr. par 100 kilogr. 
pimr les haricots, parfois même IPO fr. 

Pommes de terre. —Suivant les marchés, les prix 
se fixent eu général de 35 à 40 fr. par ll)0 kilogr. 

Fourrages. — Les prix sont très feruies. En Bre- 
tagne, on paie 220 à 2i0 fr. par 1 000 kilogr. A Paris- 
La Chapelle, on cote par 104 bottes (520 kilogr. : 
foin, 14fi à 150 fr. ; luzerne. 14(1 à 150 fr. ; regain de 
luzerne, i;!5 à MO fr.; paille de blé, 86 à 90 fr.; paille 
d avoine, C5 à 'ÎO fr. 

Bétail. — Voici le relevé du dernier marché de La 
Villetle, à Paris (14 mai: : 



Bœufs.... 
Vaches.. . 
Taureaux. 
Veaux.... 
Moulons.. 
Porc» .... 



Amsnès. 


1 


880 


1 


■,9b 




255 


■2 


158 


11 


!>li 


S 


108 





PRIX 


DO Kll 




AU POIDS m 


lavendus. 


' "» -V «" 




1" 


î- 




quai. 


qaal. 


36 


3.42 


3.Î2 


33 


3.12 


3.21) 


8 


3.10 


3.00 


241 


3.96 


3 36 


300 


4.20 


3.60 


» 


\:.'fy 


4 OJ 



3- 
qoal. 

:;.00 
2.98 
2.88 
2.80 
3. Il', 
3.76 



Prix extrêmes du kilogramme 



Au poids vif. 



Au poids uot. 



Bœufs 1.25» 2.19 2. ^0 à 3.91 

Vache» l.n 2.15 2.31 3.58 

Taureaux 1.30 \M Î.Bl 3.20 

Veaux 1.18 2.56 2.3G 4. -26 

MoDiont 1.25 2.21 S. 60 4.60 

Porc» 2.44 3.15 3.52 4.50 

Dans les département», on paie : 

Am\en%, par kilogr poids net : bœufs et vache», 
2.60 à 3.20; par kilogr. poids vif : veaux, 1.40 à 2.50; 
porcs, 3 è .l.'O. 

Rouen, par kilogr. poida net : bœufs. 3 à 3.25; 
veaux, 3.30 à l.3U; mouton». 4.25 & .1 fr.; porc». 3.46 
h 4.211. 

Chartres, par kilugr. poids net : veaux gras, 3.40 
à 4.10. 

Cholel, par kilogr. poids vif : bœufs, 1.13 à 1.2,1; 
Taches, 1.08 à 1.1»; porcs, en moyenne, 3 fr. 



Kilels 3 40 à 4 20 

Jambons ... 3 -20 4 20 

Roins 3 20 4 00 

Poit. salues , . » * 



Saiicy, par kilogr. poids vif: bœufs, 1.55 à 1.75; 
vaches, 1.25 à 1.65; veaux, 2 30 à 2.(^0; porcs, 2.05 à 

2 15. 

Bourg, par kilogr. vif: bœufs, 1.05 à 1.56; veaux, 
1.25 à 1.65; porcs. 2.40 à 2.80. 

L>/on. par kilogr. poids vif : bœufs, 1.40 à 1.90; 
veaux, 1 .80 à 2.20 ; moutous, 1 .lô à 2.20 ; porcs, 2.50 à 

3 fr. 

Boritraur, par 50 kilogr. poids net ; bœufs. 131 à 
152 fr.; vaches. 100 à llOfr.; veaux, 1 fr.tiO à 1 fr. 95; 
moutons, 160 à 230 fr. 

Uarseillr, par kilogr. poids net : bœufs, 3.35 A 
3.45; vaches, 3.10; moutons, 3.50 à 4.75; brebis. 3 50 
à 4.60. 

Viandes. — Derniers cours officiels aux Halles 
centrales de Paris (par kilogr.) : 

B<ruf. 

1/4 de derrière. 1 80 à 3 20 Train» 2 20 » 3 60 

1/4 de devant. I 60 2 20 Cuisses .... 2 20 3-20 
Aloyau .... 2 00 4 40 Pis cl collel. . I nO 2 40 
Paleron .... 1 90 2 60 Bavetlo .... 1 90 2 10 

Veau. 
Extra. ... 3 40 à 3 10 Pans et cuiss. 2 iO » 4 00 
1" qualité. . . 3 10 3 80 Veaux de Caen: 

2- — ... 2 60 3 00 1/4 de devant.. 1 80 » 2 50 
3' — ... 200 2 .ÏO 1/4 de derrière. 2 CO 340 
Veaux bretons. 1 50 2 80 

Mouton. 

V qualité. . . 3 80 » 4 40 Gigot 3 80 à 5 00 

2' — ... 3 20 3 70 Carrés parés. . 4 00 7 10 
3« — ... 2 80 3 10 Agneaux ... 2 80 1 60 

Porc. 

Extra 3 80 à 3 90 

1" qualité. . . 3 50 3 70 
2" — ... 3 20 3 40 
Poit. fraîches. 3 00 4 CO 

Suifs. — Nouvelle hausse. La dernière cote offi- 
cielle à Paris a été fixée :\ 200 fr. par 100 kilogr. 

Vins. — La hausse a repris le dessus >ur les mar- 
chés méridionaux. On cote par hectolitre nu : Simes, 
1 à 8», 73 à 75 fr.; S à il». 76 fr. ; 1 1", 78 fr.; 11 à 12°, 
80 fr. ; Ilézier.K, 7 à 8». 67 fr. ; 10 à 12». 71 fr.; l'erpi- 
f/iian, 67 à 72 fr. suivant qualité. .\ l'arisllercy, 
dernière cote de la Chambre syndicale des courtiers- 
gourmets : vins roui/e.-i, l'hectolitre: .Aude 10" , 110 à 
115 fr. ; (iard (9"). 105 à 110 fr.; Hérault (d à IO»), 
MO à li:. fr.; Pyrénées-Orientiiles 9 à 11', 110 à 
115 fr. ; lins hianrs. l'hectolitre : picpouls 10 à 11"), 
13(1 fr. Cii-ande fermeté en Algérie; on cote à Alger k 
quai par hectolitre : extra. 40 à 47 fr. ; 1''' choix, 
36 à 40 fr. ; 2' choix. 30 à 35 Cr. Les nouvelles des 
vignobles sont généralement bonnes, malgré le retard 
dans la végétation. 

Alcools. — Derniers cours des marchés méridio- 
naux, par hectolitre : 3/6 vin Ixm goût .s6o, 480 fr. 
à Uéziers et 500 fr. à Nîmes; 36 marc, 350 fr. à Ue- 
zicr» et 335 n 310 fr. à Nimes. 

Fécules. — La hausse continue, l.a fécule pre- 
mière est cotée 156 à 158 fr. par 100 kilogr. à Paris. 

Miels. — (.la cote par lOU kilogr. à Pans : miels, 
210 i 270 fr. par 100 kilogr. ; cires, 470 fr. 

Beurres. — La suppression de la taxe a rendu de 
la régularité aux marchés. Un paie A Paria de 6 A 
10 fr. par kilogr. suivant provenances. 

Œufs. — Prix soutenus k Pari», de 170 A 240 fr. par 
mille. 

Tourteaux. — Derniers cours A M.irsetlle par 
100 kilogr. : Irn. 52 fr.; arachides Coromandel. 32 fr. ; 
Rufiique, :i3 a 40 fr. ; sé.<ame blanc, 34 fr. : coprah, 
42 i43fr. ; p.^lmiste, M fr. B. DriiAxn. 

le i)éranl : Chaiilss Dutreix. 

Paris. — L. MAuemsix, impiiiueur, 1, ruo Casseiu-. 



CHRONIQUE AGRICOLE 



193 



CHRONIQUE AGRICOLE 



Disou.sion au Parlement allemam! sur les buts ,Ie la <-„erre I. . ,• -, . 

cnu.es de la .uerre. - I,i.cussiou au Sénat duue\ .erpeiTat on d?M ,' ^ "^V""'","'"^"" "'"' '^^ 
pour la nuMsson. - ,.Hre du jour adopté - Les uri, Z Ku / ^ '"'*' ""■ *" ""ain-d'œuvre 
Italie. - ln-s..ucl,ons relatives à lexécution des battais de 1/° ^■"^'"''"«- " 'Mesures adoptées en 
de bétail da„s les régions dherbages. - Vente de veaux Ll! ""'"u"'"" '''""'''■ ' ^"^^ réquisitions 
sur le b,é et la vi.nde. - Supres.'Ion de latL';;; eT. o',Ï gT e^t e^'Jit" T'v' ''^ ''''' '^'^^ 
lions sur la consouunation de la viande. - Exceptions prévues ^^ iell 7 ^'^'^''^''-^ "es restric- 
aux syndicats de culture mécani.,ue. - Note de M Garannn «! J c , ^"'^^e-tions accordées 

- La rééducation agricole de, mutilés à l'Ecole p!^;t 2e d'iic 7 ^^'°'":=.--^' '^^P'^--"=--'al d,-u.s l'Ain. 
D. Cbauveau sur .élargissement des indemnitL'tis a pou e 'écLn''4s'T'"'" ,7 """'' "^ ^'- '« 
vente des v.us lins des hospices de Beaune - Les sortie, il ^^."*°-^^ <<« parcelles. - Prochaine 
M. Joseph Hitier sur les appellations d-ori'ine - Proch^fne !on '°' '"' ', " "° ''""'■ " ^^'^^^ ''^ 

- Le commerce des prod.ts la.tiers. - La produ'rru^trj^t^m:^:;,^''^'-- expérimentales. 



Agriculteurs allemands. 
Noire rôle ne coiisisle pas ici à passer en 
revue les péripélies de la guerre terrible que 
la France soutient avec énergie. Toutefois il 
.;st des fails sur lesquels il convient d'appeler 
I attention spéciale de tous les agriculteurs 
Iraoçais, parce qu'ils doivent v trouver un 
enseignement p .ur l'avenir. 

l'ne discu.ssi,)n a été soulevée récemment 
devant le Iteiclislag de Berlin sur les buts 
de la guerre. Or. le porte-parole du parti 
mililansle ou pan^ermaniste a réclamé bru- 
talement I annexion de la côte de Beloique 
de la l-landre française, d'une partie de là 
Picardie, de la Champagne, de la Lorraine. 
Cet orateur a été le ])■ Koesicke, pré..ident 
de la Ligue des agriculteurs 'Bundân- La,ul- 
"irte). la plus puissante association agri- 
cole de TAIleniagne, dont le.s membres se 
comptent par centaines de mille et dont les 
ramidcations s'étendent dans toutes les par- 
ties de l'Empire: on doit en considérer le 
président comme exprin.anl l'opinion de ses 
adhérents. Ce 1)^ Uoe.sicke est bien connu de 
ceux qui ont été mêlés naguère aux mani- 
feslalions internationales de la vie agricole- 
on la vu en I rance prodiguer des témoi- 
gnages de sympathie et de cordialité On .sait 
aujourd'hui ce que valaient ces manifes- 
tations, comme celles des autres Allemands 
qui. dans les dernières années avant la 
guerre se présenlaienl comme de grands 
amis de la France. 

Il sera désormais impos.sil,le .l'avoir la 
moindre couliance dans les tentatives auv- 
quelles ils ne manqueront pas de se livrer 
pour renouer des relations: un abîme nous 

Zrf'";''" '""* '""•'^ complices de la barl 
bane de leur Gouvernement : ils sont mar- 
ques de k (are indélébile qu. s attache aux 
so.!îèTe.'"°""' '"'''"''' ''*""' l'humanité se 
31 .Mai 1917. _ \o 11 



La main-d œuvre agricole. 
Le problème de la main-d'œuvre agricole 
a occupe la séance du 18 mai au "sénat. 
M Ouesnel, sénateur de la Seine-Inférieure 
uUerpellaii le Gouvernement sur la coordt 
K ml H'' '^''""'' '"'■"'■^'ères pour assurer 

on M ni nécessaire pour la mois- 
son. .M. Quesnf.1, et après lui plusieurs au- 
tres sénateurs, ont insisté sur les difhcullés 
de p us en plus grandes devant lesquelles se 
heurte le travail des champs et sur la négli- 
gence que les autorités militaires apportent 
dans 1 exécution des mesures prescrites rela- 
tivement à l'attribution aux travaux agri- 
coles des catégories de mobilisés appelés à y 
participer il. Bérenger a apporté un certain 
nombre d exemples typiques de la résistance 
de commandants de déprtis à obéir aux ordres 
du ministre de la Guerre; voilà plus d'une 
année que celte insubordination a été signa- 
eesan.s quelle ait été réprimée comu^ il 
M p "'^^^■'^«'.'•f- Aces plaintes légitimes, 
M. Fernand David, ministre de l'Agriculture 
na pu opposer que les efforts poursuivis 
pour accroître les contingents de main- 
d œuvre, sans dissimuler que les résultats 
acquis étaient insuffi.sants. 

'•'i"=il-'n<^nt, l'ordre du jour suivant a été 
adopte : 

Le Sénat, 

Signalant au Gouvernement k gravité de la 
situation agricole, qui est lune des causes essen- 
lielles de ta crise du ravitaillement- 

«'.onl.anl on lui pour prendre, d'e.xtrème 
urg.-nce, toutes les mesures qui pourront fari- 
l.lei et mlensiher les productions .le la terre, en 
assurer la libre circulation et pour coordoim.r, 
clans ce but, les eirorts des départements luiu.s- 
tcriels inlere.ssés; 

L'invite notamment à attribuer, en temps 
utile, aux agriculteurs, toute la main-d'œuvre 
dont 1 autorité militaire peut disposer et à faire 
accorder, judicieusement, dans la mesure com- 

1911.- Il 



i!U ciiaoxigu 

patible avec les besoins des armées, des permis- 
sions agricoles aux soldats cullivaleurs et 
ouvriers des champs. 

M. Ribol, président du Conseil, a déclaré 
que le ("louvernemenl acceplail volontiers cet 
ordre du jour qui répond à ses propres vues. 

La conclusion de celle discussion, comme 
de celles qui s"él:iieut succédé antérieure- 
ment, c'est que des sanctions devraient enfin 
mettre lin au conflit qui existe, en réalité, 
entre le Gouvernement et les autorités mili- 
taires de la zone de l'Intérieur. 

Le prix du blé. 

Les prix du blé ilans la plupart des pays 
ont atteint des taux (]ui dépassent toutes pré- 
visions. Si la proliibition temporaire d'ex- 
portation a maintenu, dans la Hépublique- 
Argentine, les cours entre .'(.j et 38 fr. sur les 
inarcbés intérieurs, l'absence de toute res- 
triction aux Etats-Unis a am(>né ces cours 
au delà de (iO fr. à New-York, ainsi qu'il a 
été constaté dans la Revue commerciale du 
précédent numéro. En présence de cette si- 
tuation, le Gouvernement a suspendu les 
Bourses de commerce de New- York, de Chi- 
cago et de quelques autres grands centres, 
alin de rechercher les moyens de régulariser 
les marchés. 

En Italie, le Gouvernement a réquisitionné 
tous les stocks de blé au prix de 37 fr. -'JO par 
quintal. 11 a, en outre, lixé à -io fr. le prix du 
blé de la prochaine récolte. 

Le battage des céréales. 
Le ministre de 1 Agricuilure a adressé, à la 
date du l" mai, une circulaire au.\ préfets 
pour leur prescrire de faire une enquête sur 
les ressources et les besoins dans leurs dé- 
parlements en ce qui concerne l'exécution 
rapide des battages à la suite de la prochaine 
moisson. M. Fernand David, après avoir 
constaté que, " dans le souci de ne pas dimi- 
nuer les elleclifs, il convient de restreindre 
au minimum la demande de mobilisés », in- 
siste sur la nécessité de dresser la liste des 
entrepreneurs de battage pour lesquels il est 
possible de demander des sursis; il invite 
aussi les préfets à indiquer les mécaniciens 
et les engreneurs de grandes exploitations 
possédant de fortes batteuses, alin que des 
mesures spéciales soient réclamées pour eux. 
Dans le cas où le nombre des entrepreneurs 
proprement dits est trop faible, le ministre 
engage encore les préfets à suggérer à cer- 
tains propriétaires de grosses batteuses, de 
devenir les entrepreneurs de battage de leur 
commune et même des communes voisines, 
si leur matériel est mobile, dans un but de | 



E AGKICOLE 

solidarité. Ces chefs d'exploitations devien- 
draient ainsi de véritables entrepreneurs de 
battage et pourraient être compris dans les 
listes de propositions, à condition qu'ils s'en- 
gagent formellement à s'acquiller de cette 
lâche. 

Réquisitions de bétail. 
On a lu ici Chronique du .'! mai, p. J53 les 
protestations justiliées de la Société d'Agri- 
culture de la .Nièvre et du Syndicat des ller- 
bagers de .Normandie contre les réquisitions 
abusives de bétail dans ces régions au cours 
de la saison actuelle. Prtr une lettre adressée 
à l'Académie d'Agriculture, M. Fernand Da- 
vid, ministre de l'Agriculture, a fait con- 
naître que, sur sa demande, l'Inspecteur gé- 
néral du Ravitaillement a réduit, dans des 
proportions importantes, les contingents exi- 
gés dans les départements de la Manche, de 
l'Orne, de la .Nièvre et de l'Yonne. 

Vente de veaux délevage. 

Deux ventes de veaux d'élevage ])rovenant 
du troupeau du Camp Retranché de Paris ont 
eu lieu aux enchères publiques les 23 avril 
et y mai à létable de Levallois Perret, 
près la porte d'.\snières. Ces vente.=! ayant 
donné les meilleurs résultats, le Service des 
Approvisionnements a décidé de faire pro- 
céder, le mercredi 6 juin, à la venle d'envi- 
ron 130 veaux trop jeunes au moment des 
ventes précédentes. Ces veau.x appartiennent 
surtout aux races .Normande. Mancelle, Li- 
mousine, Charolaise, Parthenaise et croise- 
ment divers; ils seront offerts au public par 
lois de 1, 2, 3, 4 et 3 animaux âgés de 2 à 
3 mois. 

La vente aura lieu à létable de Levatlois- 
Perrel, /, rue Dei/uingand, et commencera à 
13 h. 30. 

Le blé et la viande. 

Sous le titre reproduit ici, M. .■Mfred Massé, 
ancien ministre du Commerce, a publié dans 
la /{i!vue de J'aris une importante étude sur 
les conséquences de la guerre relativement à 
la production du blé et à l'élevage du bétail. 
D'un examen approfondi des faits qui se sont 
déroulés depuis trois ans, il conclut que de 
puissants efl'orts seront nécessaires pour 
remettre ces deux principales branches de 
la production dans leur étal normal, et il 
indi(iue, surtout en ce qui concerne le bétail, 
quelques-unes des solutions et des réformes 
qui pourraient intervenir. Cette nouvelle 
élude de M. Mfred Massé peut être considérée 
comme un complémenl ;\ l'important ouvrage 
/.(? Iroupemi frnii'ais et In i]urr)e qu'il a 
publié en 1913. 



CHRONIQUE AGRICOLE 



193 



Lait et fromages. 

On a vu dans notre pri'céJenlo Chronique 
(p. 17i; que la taxation des beurres avait 
été supprimée, mais que celle du lait et des 
fromages nvait été maintenue. Par une plus 
récente circulaire aux préfets, le ministre du 
Ravitaillement a invité ceux qui avaient 
établi des taxes sur ces produits à les sus- 
pendre. Un ne peut que le féliciter de cette 
mesure. 

Les jours sans viande. 

Une circulaire du ministre du Ravitaille- 
ment, en date du 14 mai, a prescrit aux 
préfets de prendre les arrêtés nécessaires 
pour faire appliquer dans tout le pays, à 
partir du -20, les prescriptions du décret du 
11 avril relatif aux restrictions dans la vente 
el la consommation de la viande. Ces me- 
sures se résument ainsi : 

i» Choisir le lundi et le mardi conjrae jours 
d'interdiction ; 

2° Interdire pendant c^s deux jours la vente 
de toute viande, y compris la triperie, la volaille 
el le lapin ; 

3° Autoriser, par contre, tous les jours, la 
vente de la viande Je cheval. 

La fermeture des abattoirs, des tueries 
particulières et des boucheries est ordonnée 
pendant les mêmes jours. Exception est faite 
pour les corps de troupe, pour les hôpitaux 
et les malades. 

Dans le cas où les jours d'interdiction 
coïncideraient avec des foires ou des marchés 
importants, le préfet pourrait, d'accord avec 
les municipalités, déplacer dans ces localités 
les jours d'interdiction. 

Enfin, dans le casoù des animaux devraient 
être abattus d'urgence, p.ir suite d'accident 
ou de maladie, des autorisations pour ces 
abatages exceptionnels seront données par 
les vétérinaires ou, à défaut, p:ir les maires, 
et les viandes en provenant, lorsqu'elles se- 
ront déclarées bonnes pour l'alimentation 
par le service sanitaire, pourront être em- 
ployées à la consommation, môme les jours 
d'interdiction. 

Culture mécanique. 

Le ministère de r.Vgriculture a fait con- 
naître le montant des subventions attribuées 
jusqu'à la date du i'"' mai, pour la culture 
mécanique. Ces subventions se répartissent 
ainsi : 

Exercice l'J16, .367 20;; fr., savoir : aOi 120 fr. à 
39 groupements ou syndicats d'agriculteurs, 
3 1* fr. à une commune el 60 000 fr. à un dé- 
parlement Oise). 

Exercice 1917 (4 premiers mois;, 220 438 fr., 
savoir : 206 711 à 32 groupements, 1.9 747 fr. 



au.\ Kcoles nationales d'Agriculture do Grignon, 
.Montpellier et tiennes. 

Le total de ces subventions s'élève jus- 
qu'ici à 593 753 fr. 

Les 71 syndicats qui ont reçu des subven- 
tions sont répartis entre 28 départements. 
Les sommes les plus importantes ont été 
reçues par les syndicats suivants : Pontoise 
(Seine-et-Oise), IGl 200 fr. ; Estrées-Saint- 
Denis (Oise), 79 790 fr.; Vexin normand 
(Eure), 20 936 fr. ; Ognes (Oise), 12 000 fr. ; 
Châtellerault (Vienne), 8 600 fr. 

— M. Louis Garapon, professeur d'.Xgricul- 
ture à Bourg, nous transmet des renseigne- 
ments intéressants sur la constitution d'un 
Syndicat départemental de culture mécani- 
que dans r.\in : 

Un .Syndicat départemental Je cuHure méca- 
nique est créé à Bourg, sous les auspices de la 
Société départementale d'Agriculture de l'Ain et 
de la Direction des Services Agricoles, '^ette as- 
sociation se propose un double but : étudier 
toutes les questions relatives à la culture méca- 
nique et vulgariser cette méthode de culture, en 
favoriser le développement en apportant une 
aide, à la fois morale et matérielle, à la création 
Je Sociétés locales pour l'exécution de travaux 
de motoculture. 

En vue de rendre ses travaux plus méthodiques, 
ce Syndicat a constitué quatre sections dont 
chacune répond à un objet d'études différent : 
Section d'.igronomie pour étudier les rapports 
de la motoculture avec la production agricole, 
section s'occupant spécialement du Matériel, 
section de la Main-d'œuvre et enfin section de 
Législation s'appliquant à l'examen de toutes les 
questions que pourra soulever la mise en pra- 
tique de la motoculture. 

Dès à présent, le Syndicat a entrepris une 
campagne pour arriver à la mise en culture de 
surfaces importantes dans la région de plaine 
du département et qui est en même temps la ré- 
gion la plus productrice de céréales et de plantes 
sarclées. 

M. Garapon ajoute que le Conseil Général 
du Département a décidé 'de consacrer une 
session extraordinaire en juin prochain, à 
l'examen de la question de la culture méca- 
nique et des conditions dans lesquelles celle- 
ci peut être appelée à accroître à l'automne 
prochain les surfaces emblavées en céréales. 

Rééducation agricole des mutilés. 

L'Ecole pratique d'.\griculture de l'Oisel- 
lerie (Charente) compte au nombre des éta- 
blissements d'enseignement agricole dans 
lesquels sont créées des sections de rééduca- 
tion agricole des mutilés de la guerre. Son 
directeur, M. Haillargé, fait connaître que 
celte section commencera à fonctionner le 



196 GHR ONIQUE AGRICOLE 

l^'juin l!M7. Seront admis gratiiilement sur 



leur (lemando : 1' les blessés de guerre ré- 
formés n° 1 : 2" les réformés en instance de 
pension ; 3* les blessés en traitement dans 
les hôpitaux. 

Ponr recevoir le programme et pour tous 
autres renseignements, on doit s'adresser à 
M. le Directeur de l'Ecole d'Agriculture, à 
l'Oisellerie, par l.a Couronne (Charente). 

Les échanges de parcelles. 

La nécessilé de faciliter la concenlralion 
des exploitations agricoles, surtout des pe- 
tites exploitations divisée.'t en parcelles in- 
fimes, est universellement comprise. Un 
projet de loi a été présenté, à cet elTel, par le 
Giiuverncment. en vue de faciliter les opé- 
rations de remembrement. Une proposition 
ayant le même objet est due à M. le docteur 
Chauveau, sénateur. A cette occasion, celui- 
ci vient de revenir, dans l.a nouvcllf Revue du 
lii mai. sur la question des échanges amial)les 
d'immeubles ruraux et il présente, sur ce su- 
jet, des suggestions qu'il convient de retenir. 

On sait que la loi du 3 novembre 18H4 a fa- 
cilité les échanges de parcelles en réduisant 
les droits de mutation a un taux très réduit- 
(c Mais, dit le docteur Chauveau, puisqu'on 
est disposé à accorder la remise de tous 
droits aux échanges au.\quels donneront lieu 
les opérations de remembrement, nous ne 
voyons pas de raisons pour qu'un traitement 
dilTérenl soit appli(iué aux échanges libres, 
lorsqu'ils se pioduisent dans des conditions 
qui permettent de les considérer comme ten- 
dant aux mêmes lins que ceux-l.'i. » C'est 
pourquoi il conclut, par un raisonnement très 
logique, à un élargissement des immunités 
fiscales accordées par la loi du .'^ no- 
vembre 1884 pour ces échanges. 

■Vente des vins des Hospices de Beaune. 
La vente des vins lins des vigiu)bies des 
Hospices de Beaune Cote-d'Or a été faite au 
mois de novembre dernier pour les vins de 
la récolte de l'.M j : celle des vins de la récolte 
de 1916 aura lieu le ',\ juin prochain. Cette 
vente portera sur 381 hectol. 90 de vins 
rouges de Beaune, Pommard, Meursault, 
Savigny, Voinay, .">1 hectol. 72 de vins blancs 
de -Meursanlt el 13 hectol. (18 d'eau-de-vie de 
marc 191G. Les conditions sont les mêmes 
que pour les ventes précédentes. 

Commerce des vins. 

La Direction générale des Contributions 

indirectes a fait connaître les quantités de 

vins sortie» des caves des récoltants en 

France et en Algérie, depuis le début de la 



campagne jusqu'à la fin du mois d'avril. 

En Fiance, ces quantités se sont élevées à 
2 -iii-j '.li.'i hectolitres en avril, ce qui a porté 
à \'^ 2.'{(l '.)M hectolitres le total depuis le 
1"^ octobre. Pendant ces sept mois, les quan- 
tités soumises au droit de circulation ont at- 
teint 21 0'..S3!IG hectolitres. 

En Algérie, les sorties ont étë ' àé 
548 180 hectolitres pendant le mois d'avril, ' 
et de 5 .'»77 188 depuis le début de la cam- ' 
pagne. 

Au 30 avril, le stock commercial cheï les 
marchands en gros était de (i is.'to ^:\•l hecto- 
litres en France et de 635 343 en Algérie. 

Protection des appellations d'origine. 
La Société d'encouragement pour l'indus- 
trie nationale a publié récemment une impor- 
tante conférence de M. Joseph llilier. profes- 
seur à la Faculté de droit de Paris el ù l'Ins- 
titut agronomique, faite sous le titre : La pm- 
teclioii dis iifipi'Uni'ions (rnrujinf. en ce qui 
concerni' sprcialemen'. les produits agricoles. 
Cette question présente une importance capi- 
tale, en particulier pour les grandes régions 
viticoles: on se souvient des vives discussions 
provoquées par le problème de leur délimita- 
tion. Dans un sens plus géuéral, M. .loseph 
llitier expose avec précision la néce.'sité 
d'organiser une solution qui réponde à tous 
les besoins du commerce. A ses yeux, cette 
solution doit se trouver dans des marques 
collectives adoptées par îles Syndicats de 
producteurs. 

La pratique de la marque collective, par la tia- 
raiitie d'authenticité qu'elle donne, est de na- 
ture à favoriser l'écoulement de nos produits. A 
ce litre, on no saurait trop en souhaiter le dé- 
veloppement. VraisemblablemenI, dans un avenir 
prochain, tout produit ayant droit à une appel- 
lation d'oriainc tiendra à se couvrir de la marque 
collective qui apparaîtra comme la seule itaran- 
lie sérieuse ilauttienticité. S'il en est ainsi, ceux 
qui seront tentés d'useï sans droit d'une appel- 
lation d'oriijine seront amenés par la force des 
choses à pratiquer la contrefaçon de la martjue 
collective et, alors, le droit d'intervention du 
.Syndicat pourra s'exercer sans restriction ni ré- 
serve. 

Un projet de loi, présenté ?i la Chambrr 
des Députés par le ministre du Commerce, 
au mois de juin 1916, prévoit l'ornanisalion 
des marques collectives, ainsi que la validité 
de l'action en justice exercée 'par les collec- 
tivités contre les atteintes portées à leur pro- 
priété par des contrefar<ms. Il est à sonhailer 
que ce firojet soit adopté par le Parlement. 

Conférences agricoles. 
Dans la série des conférences organisées 



LE RÉGIME DE LA PETITE DLSTILLEKIK ACHICOLE 



im 



parla Société d"oncour.ig;enient pour l'Iiidus- 
irie nationale, nous signalerons celle qui 
sera faite le samedi ;2 juin, h 17 heures, sous 
la présidence de M. Fernand David, ministre 
de l'Agriculture. M. ti. Wery, membre de 
l'Académie d'Ai,'i-iculture, sous-directeur de 
l'Institut agronomique, traitera des Stations 
expérimentales et des Laboratoires de recher- 
ches, et de leur développemenlà l'étranger. 

Le lait et les produits laitiers. 

Suivant les méthodes qu'elle a adoptées, 
l'L'aion suisse des Paysans a publié le résul- 
tat de l'enquête trimestrielle sur les marchés 
du lait et des produits laitiers faite par son 
Office de renseignements. Voici les conclu- 
sions en ce qui concerne la production : 

La production laitière du premier trimestre 
Je 1917 accuse, comparativement au même tri- 
mestre de l'an dernier. Je nouveau un fort rfcul 
dans toutes les régions productives de l'Europe. 
Celte constatation est particulièrement pronon- 
cée pour rAutricliP-lloiii;rie, l'Italie, la France 
et la Suisse. — Quoique un peu plus satisfaisante 
en Allemagne, Norvège, llollanJe, Danemark, 
.Angleterre et Ecosse, la proJuction laitière a 
Jinùuué aussi sensiblement dans ces pays. 

Les causes de la Jiminuliou Je la proJuction 
laitière sont dues au manque Je fourrages con- 



centrés, il la pénurie et à la mauvaise qualitt' 
des fourrages secs. Dans les pays belligérants, 
la rareté du personnel J'écurie (vachers a aussi 
sa part dans le plus petit rendement en lait. 

Le relèvement des prix a été, dans tous les 
pays, la conséquence fatale de la réduction 
dans la production. 

La production fruitière et maraîchère. 
Nous avons signalé récemment les conclu- 
sions adoptées par l'Association nationale 
d'expansion économique à la .suite d'une en- 
quête sur la production française et la con- 
currence étrangère, Parmi les rapports pré- 
sentés à cette occasion, celui de M. Raymond 
Gavoty, président de l'Union des Syndicats 
agricoles des Alpes et de Provence, sur l'ave- 
nir de la production fruitière et maraîchère 
en France, doit tixer l'attention. La place 
prise sur un certain nombre de marchés 
étrangers doit prendre de plus grandes pro- 
portions. M. Gavoty fait ressortir les amélio- 
rations à apporter dans les méthodes suivies, 
notamment par une organisation plus com- 
plète entre les producteurs, atin de leur per- 
mettre de retirer tout le protit qu'ils ont le 
droit d'attendre de leur travail, 
! Henry Sagnier. 



LE RÉGIME DE LA PETITE DISTILLERIE AGRICOLE 



Il n'est pas nécessaire de démontrer qu'un 
des facteurs les plus eflicaces de la vie à bon 
marché c'est le maintien et l'extension des 
cultures dites » industrielles » : betteraves, 
oléagineux, lin, pommes de terre, topinam- 
bours, en vue des transformations en sucre, 
fécules, huiles, textiles, alcool. 

Tout le monde sait que les résidus de ces 
fabrications vont, sous forme de tourteaux, 
dréches, pulpes, servir de nourriture au bé- 
tail et produisent ainsi de la viande. 

De même, les terres consacrées à ces cul- 
tures riches exigent des façons nombreuses, 
des engrais complets et des fumures co- 
pieuses; il en résulte un enric-hissement du 
sol en matières fertilisantes qui profite aux 
cultures de céréales, ("est donc un facteur 
puissant des hauts rendements en blé, en 
avoine, qui nous exonère d'uo tribut énorme 
payé- en importations étrangères. 

Dans cet ordre d'idées, la f|ueKtion la plus 
actuelle est celle de la production de l'alcool 
ind»islri**l qui peut être obtenu avantageuse- 
ment par les petites distilleries agricoles. 

.Nous laissons de côté la production des al- 
cools rectifiés qui peuvent être employés à la 



consommation, pour ne nous occuper que des 
alcools destinés aux usages industriels. 

Ceux-ci peuvent être obtenus par la distil- 
lation sur place des betteraves, des pommes 
de terre, des topinambours cultiviis dans 
l'exploitation même ou dans des exploita- 
tions voisines. Cette production n'intéresse 
donc pas seulement la région du Nord, mais 
la plus grande partie de la France, en dehors 
des pays viticoles. 

Tous les pays qui, par une législation sa- 
gement étudiée, ont jjrovoqué chez eux le 
développement de la petite distillerie, en ont 
obtenu des résultats remarquables. 

L'Allemagne y a trouvé le secret de sa ré- 
novation agricole. .\ux dires du professeur 
Ma'rcker, le rendement des terres pauvres a 
triplé en trente ans, et la valeur de ces terres 
a subi la même progression. 

(.)n peut évaluer à 10 000 le nombre des 
distilleries travaillant le seigle, le sarrasin et 
la pomme de terre. 

La distillerie agricole Jouit encore de la 
précieuse qualité de n'entraîner l'exportation 
que des éléments hydro-carbonés, fournis 
par l'atmosphère, et elle rend sous forme de 



198 



LE REGIME DE LA PETITE DISTILI.KKIE AGRICOLE 



nourriture pour le liélail les éléments d'azote, 
d'acide phosphorique et de potasse. 



Malheureusement, l'alcool français est en 
majeure partie produit avec des maïs, des 
riz, des grains étrangers, aux environs des 
grands ports ou par des usinesqui Irailentces 
mêmes éléments pendant une saison, et les 
produits du sol dans une autre et avec des 
capitaux et un outillage qui, forcément ani- 
hilent l'existence de la distillerie agricole 
proprement dite. 

Cependant l'avenir de l'agricullure, tout le 
monde en convient, devant les progrès de la 
science et ceux de la mécanique et de la faci- 
lité des transport*, est dans l'industrialisa- 
tion de ses procédés. Or, l'annexion à une ex" 
ploitation d'une petite industrie: sécheriede 
chicorée, amidonnerie. distillerie, huilerie, 
est un pas de plus vers ce progrès. 

De plus, on ne saurait trop le redire, cette 
politique s'impose si l'on veut arrêter la mi- 
gration des ouvriers des campagnes vers les 
villes qui a piis, dans les derniers temps, une 
si effrayante proportion. 

N'est-il pas évident que la disparition pro- 
gressive des petites industries locales a con- 
sidérablement augmenté les chômages pen- 
dant la mauvaise saison ? La [)resque com- 
plète disparition de la culture oléagineuse et 
des textiles a été une erreur économique à 
cet égard, car, avec ces cultures et leurs trans- 
formations industrielles sur place, a disparu 
une source considérable de salaires élevés 
pour les ouvriers des champs, qui, ne les 
trouvant plus, ont cherché dans les centres 
urbains à s'occuper. 

L'habitant des campagnes n'est pas un 
migrateur par nature; l'amour du clocher 
n'est pas un vain mol, et ceux qui s'en éloi- 
gnent ne le font, le plus souvent, que poussés 
par une nécessité impérieuse. 

Si chaque ferme, tant soit peu importante, 
avait auprès d'elle, ce qui est bien facile 
aujourd'hui avec les moteurs mécaniques, de 
quoi transformer ses produits, quelle res- 
source précieuse ce serait pour occuper des 
bras dans la mauvaise saison. 

Faut-il ajouter que la question de la nata- 
lité est intimement lii'^e à celle de l'abandon 
des campagnes? 

Pour préciser ce que nous entendons par 
petite ilistillerie agricole, il faut prendre les 
chilTres usuels. Or, on ne peut guère traiter 
moins de 10000 kilogr. de betteraves parjour 



pour une durée de fabrication moyenne de 
cent jours. 

Le lype minimum se place donc entre I 000 
et 1 200 tonnes produisant, à raison de 
6 litres d'alcool par 100 kilogr. de bette- 
raves environ, 600 hectolitres par campa- 
gne. 

Un type intermédiaire d'usine, travaillant 
les récoltes de plusieurs exploitations avoisi- 
nantes, serait celle qui travaillerait un maxi- 
mum de ') 000 tonnes. 

Nous n'entreprendrons pas de calculer ce 
que peut rapporter une petite distillerie agri- 
cole, les éléments de ce calcul sont sous la 
dépendance de facteurs trop nombreux et' 
trop variables. 

Mais ce que l'on petit dire a ;jriori, c'est que, 
sous un régime équitable, rationnel et répon- 
dant aux conditions économiques que nous 
avons exposées, il est indispensable de cons- 
tituer une situation avantagée pour pouvoir 
lutter contre la concurrence de la grande 
industrie qui, elle, se trouve privilégiée parla 
franchise des droits ou presque sur les ma- 
tières premières étrangères, par les trans- 
ports, les charbons, etc. 

Il est permis de dire que si notre industrie 
agricole de petite distillerie avait existé avant 
la guerre, de quel appoint n'aurait-elle pas 
été pour la fabrication des explcjsifs qui 
absorbe tant d'alcool et pcnir compenser l'in- 
suffisance des carburants pour les moteurs 
qui en consomment tant. 

Cette remarque ou plutôt celte prévision 
avait été déjà signalée par nous dans la 
courte notice commtiniquéa à l'Académie 
d',\griculture quelque temps avant la pré- 
sente guerre, i Boulogne-sur-Mer, llamain, 
1914: Le rôle de la petite distillerie agricole.) 

Les avantages A accorder à la petite distil- 
lerie peuvent se trouver dans les exemptions 
de taxes, de patentes, par des primes, etc. 
Nous laissons de côté ce point de vue qui est 
plutôt liscal. 

Si nous envisageons comme débouché 
uniquement l'alcool dénaturé potir les besoins 
industriels, nous devons d'.ibord chercher à 
nous alTranchir du lourd tribut de .'tOO mil- 
lions que nous payons pour les carburants 
liquides étrangers, 

.\clu('llement, nous ne produisons que 
67tj 000 hectolitres d'alcool dénaturé, l'Alle- 
magne, 1 ."iOO (MlO. Cette production, si nous 
y parvenions, correspondrait ;\une culture de 
.'intMjij hectares. 

Klle pourrait être obtenue dans toutes les 
parties de la France où peuvent se cultiver 
des plantes transformables en alcool, par 



LA niSTOMATOSE OL' 

conséquent la majorité des départements 
français. 

Pour arriver à ce résultat, il faut que les 
conditions mises par le fisc à la dénaturation 
de l'alcool soient changées. 

Alors que nos ennemis se contentent de 3 à 
.") 0/0 de dénaturant, chez nous on impose 
10 de méthylène, produit qui laisse des 
impuretés et diminue la valeur du combus- 
tible. 

L'alcool présente déjà par lui-même une 
certaine infériorité comme production de 
calories avec le pétrole eu égard à une partie 
en excès d'oxygène qu'il contient. 

L'éclairage à l'alcool a été rendu imprati- 
cable par l'encrassement du méthylène. 

Il en est de mome dans les moteurs. 



Nous concluons donc à l'instauration d'un 
rétrime spécial en faveur de la petite dis- 



CACHEXIE AQl'EUSE " 199 

tillerie en vue d'en faciliter l'extension. 

Le sujet que nous avons traité se suitit k 
lui-même, forme un tout complet et répond à 
un besoin évident. 

Les encouragements seraient donnés sui- 
vant une échelle proporlionnelle à l'impor- 
tance du tonnage des produits employés oa 
des quîintités d'alcool produites, mais tou- 
jours dans la limite de l'exploilalion ou de 
son voisinage immédiat. 

La dénaturation, les transports, la déten- 
tion, la vente de l'alcool dénaturé seraient 
réglementés dans un esprit de large entente 
des intérêts commerciaux. 

C'est à ces conditions que nous pourrons 
assister après la guerre au développement de 
la peti'e industrie agricole, elle-même deve- 
nant l'usine à produire le pain et la viande ;\ 
bon marché. 

Constant Furne, 

CoiTcspondaiU de l'Acadéniio d'Agriculture 



LA DISTOiMATOSE OU CACHEXIE AQUEUSE 



Réponse au n" 6168 [bulre). 

La caciiexie aqueuac. dàtomaloac ou maladie de 
la ùouie fait pt'riodiquement des ravages dans 
les troupeaux de certaines régions d'élevage. 
Les moutons sont le plus fréquemment atteints, 
mais les bovidés peuvent aussi succomber à 
l'affection lorsqu'elle revêt une forme grave. 

Avant de présenter les signes évidents de la 
cachexie aqueusp,que tous les éleveurs connais- 
sent, les malades passent par une période de 
langueur et d'anémie assez facile à reconnaître 
par l'examen de l'œil et de la bouche. Les ma- 
lades " manquent de sang ». 

Les animaux prennent la maladie dans les 
pâturages humides. 

La cachexie aqueuse peut être émtce et peut iHre 
guérie. La guérison est plus facile à ohleiiir du- 
rant la période d'anémie que lorstjue lacache.xie, 
qui précède la mort par épuisement, se trouve 
bien caractérisée. 

Dans les troupeaux atteints, quelques maladies 
succombent toujours, malgré le traitement, lors- 
que la douve a fait des lésions déjà irréparables. 

Le traitement peut être envisagé sous deux as- 
pects : le premier, qui consiste à éviter la ma- 
ladie dans la mesure du possible (traitement 
préventif); le second, qui consiste à traiter les 
malades [traitement curalif;. 

Traitement préventif . — Pour éviter la cachexie 
aqueuse, il faut prendre les précautions sui- 
vantes durant le printemps et l'été, de mai à 
octobre : 

1" Drainer les pâturages où l'eau séjourne, et 
faciliter l'écoulement des eaux, à l'aide de ri- 
goles, dans les parties submergées temporaire- 
ment ou à la suite de débordements de rivières, 
d'inondations étendues, etc.; 



i" Eviicr de mener les animaux sur ces pâtu- 
rages inondés avant de les avoir désinfectés; 

3" Répandre, durant le printemps et l'été (avril 
à octobre) de la poussière de chaux vive sur les 
zones qui ont été submergées, lorsqu'il ne reste 
qu'une très mince couche d'eau de quelques 
centimètres (abords des étangs, ruisseaux, fossés, 
rigoles, dépressions dp terrain et toutes régions 
submergées temporairement). 

Les fourrages coupés sur ces zones sont sans 
danger lorsqu'ils ont été séchés pour être utilisés 
à l'état sec à la bergerie ou à l'étable. Il est utile 
et avantageux pour leur consommation de les 
arroser d'eau légèrement salée avant distribution. 

Traitement curatif. — Lorsque des animaux 
sont atteints et que la maladie a déjà fait des 
victimes dans les troupeaux, les malades peu- 
vent être guéris, pour la grande majorité, par le 
traitement suivant : 

Moutons. — .\dministration individuelle, à la 
bouteille, le matin, à jeun, durant cinq à six 
jours consécutifs de : 

graniiiies 
Extrait l'tfiéré de fougère mile (titré 

à ri 0,11 de principes actifs) 5 

Huile (tiuile coujeslible, huile de 

table, liuile d'olives, pIc.) 20 

Agiter fortement la bouteille remplie aux deux 
tiers seulement pour obtenir un mélange parfait 
^émulsion). 

La dose ci-dessus s'entend pour un mouton de 
2"i à 30 kilogr.; elle doit, euivant les circons- 
tances, être augmentée ou diminuée proportion- 
nçllement pour les malades dont le poids s'écarte 
sensiblement du poids indiqué. 

Bovidés. — Traitement identique et même 



âoo 



TRAITEMENT DEi: BLESSÉS l'AU LE IHAVAIL AGRICOLE 



mode d'admiiiiâtraliou que pour le mouton, 
dans les mêmes conditions. 

Doses : 
50 à 6» ^Tammes d'extrait étbéré de fougère 

mille, titré; 
200 à 2.'iO graainies d'huile; 

pour les animaux de 350 à 400 kilogr. 
Abaisser les doses proporlionuellenient au 



I poids pour les animaux jeunes d'un à deux ans. 

I Continuer le traitement cinq à six jours coa- 

I sécutifs. 

I Le traitement doit toujours èlre complété et 
suivi par l'ailministralinn. à la ber;.'erie ou à 
l'établo, d'un régime alimentaire excellent du- 
rant quelques semaines, avec de l'eau rouillée 
comme boisson. 

G. M. 



LA MAIi\-D'(IXVlVi: SCOLAIHE AGRICOLE 



Le Service de la Main-d'œuvre scolaire au mi- 
nistère de l'Afjricullure vient, à titre de simple 
expérience, de s'entremettre pour placer, pen- 
dant les vacances de Pâques, un certain nombre 
de jeunes citadins chez, les cultivateurs. 

79 BoysScouts ont pu ainsi être répartis dans 
les départements de Seine-et-Marne, Eure-et- 
Loir, Seine-Inférieure, Gironde. 

40 jeunes gens des lycées oui été placés indi- 
viduellement ou par équipe dans les départe- 
ments ci-après : Sarthe, llle-et-Vilaine, Côtes- 
du-Nord, Eure-et-Loir, Seine-Inférieure, Sac'kne- 
et-Loire, Haute-SaAne, Oorrèze, Charente, Cha- 
rente-Inférieure, Manche. 

Les nouvelles parvenues au Service sont très 
favorables. U'uiie part, les cultivateurs semblent 
avoir su tirer parti de l'enlliousiasme des en- 
fants; d'autre part, ceux ci, malgré un temps 
redoutable pour leur bonne volonté, se sont 
montrés pleins d'ardeur. Le chef d'une équipe 
nous a écrit textuellement ce qui suit : " .Nous 
savons que nous avons rendu des services pour 
les semailles de pommes de terre, blés de prin- 
temps, hersages, battage des avoine», triage du 
blé, etc. » 

Ln somme, employeurs et employés paraissent 
satisfaits. 

Les cultivateurs qui désirent s'assurer pour 
les grandes vacances le coucours de la main- 
d'œuvre scolaire, sont priés de s'inscrire, aussi 
lot que possible, au ministère de rA^;rii:ulture 
(Service de la Main-d'œuvre scolaire u afin qu'il 
puisse être constitué des équipes homogènes 
avec des enfants ou des jeunes gens sachant par 
avance ce que l'on peut attendre d'eux, et pou- 



vant être réparfis par régions ou prélevés dans 
les régions mêmes où ils devront être employés. 
Les demandes adressées seront d'autant mieux 
satisfaites qu'il sera possible de préparer des 
équipes à l'avance. 



En Saxe et en Silésie, les Allemands emploient 
déjà la main-d'œuvre enfantine pour le binage 
des betteraves. X l'époque de ces travaux, les 
écoles des villages ferment leurs portes et les 
écoliers sont conduits aux champs où ils tra- 
vaillent avec et sou."! la surveillance cl'puvriers 
siiécialistes. Les agriculteurs d'outre-Uhin sont 
unanimes à reconnaître que cette main-d'œuvre 
leur donne toute satisfaction, notamment pour 
l'exécution du dé-mariage où les enfants se mon- 
trent supérieurs aux ouvriers adultes. 

Dans le même ordre de faits, nous savons que, 
cette année, dans le Schlesnii;, la main-il'œuvre 
enfantine est employée en remplacement des 
hommes de garnison que l'on refuse aux agri- 
culteurs pour des raisons d'iulérèt militaire. Les 
jeunes volontaires des deux sexes âgés de dox>i<- 
à dix-sept ans se sont fait inscrire avant le 
i) mars, les fermiers et cultivateurs ont dû in- 
diquer avant le 10 mars le nombre des jeunes 
gens demandés, le temps qu'ils comptent les 
employer et le t:enre d'occupations qu'ils leur 
réservent. 

il y a peut-être lieu d'utiliser cette muKiple 
main-d'œuvre qui doit, étant bien conduite, 
donner malgré tout un résultat appréciable. 
Lemarebquibr, 

Clief du Sonico de la Main-d'n-urrc trolair<-. 



TIIALFEMEiNT DES liLESSÉS PAR LE TRAVAIL AGRICOLE 



On a lu dans le numéro du 17 mai (p. 188i 
1 analyse et les conclusions d'une remar- 
qualiln communicalion faite le 2 mai, .'i 
l'Acadé'mie d'Agriculture, par le D'' J. lîer- 
gonié, professeur à la l-'acullé de médecine 
de iJordeau.v, correspondant de l'Acadéiuio 
des sciences, sur l'orgauLsaliou et les cousé- 
quenres du traitement pliyt-iollu'r.-tpique des 
Liesses (le guerre p.ir le travail agricole. Il 
est important de revenir sur cette innovation. 



grosse de conséquences pratiques, el dont 
l'agriculture peut el doit tirer un prolil in- 
conleslaLle. 

Le l»'.l. Hergonié peut aujourd'hui, à l'aitpui 
de sa mélliode, apporter les résultats d'une 
application de plus de Irenle mois. C'est, en 
effet, dès le mois de septembre lltli qu'il 
l'adopla, de sa propre initiative, en contra- 
diction avec toutes les métliodes appliquées 
ailleurs. Directeur du Centre médical de Bor- 




SrofjOt^ Jfàf D^.Jt'vlfàM»'3Jt^Jt^lJui'/Ji'tlJUi/tStfJOc/MàvJiFcJâtM/J!rKMfrjJhr:AMJumJoiiJt0vt^ 



V — 

/a/S. 



— v~ 

/s/s 



"""V — 

JÛ/7 



t'ig. i->. — Détails (le l'apiilicoliuii du travail ayrjcolc aux i>lessC'S. 



77ii/3 ï'olJiéj vy^/«° c?^ Vro/ip. 




J,fi,v Jfk- Hw^ /Lr- Ji^i.Juii,. Jui/ Jai^.KSn>/ Or/ Mw DF<Lj^iivMvrMli>'i..1vr/iài.J(/tnJull3out.'Sejjl CM.//'ttr Z/èc 



/oÇs 



tf>/fl. 



Fig. k'I. — Kéauitats, pour loi blessés, de la cure agricolu i> l'Iiupilal du .Marlîllac. 



202 



TRAITEMENT DES BLESSÉS PAR LE Tlt.W AIL AGIIICOLE 



deaux, dont l'iiilpilal temporaire n"4 possède 
une annexe d'une centaine de lits à Martillac, 
canton de la lirède. c'est là qu'il installa li' 
premier centre de trailemenl par le travail 
agricole. Les résultats obtenus ont permis de 



J/t/f&e J9/6. 




. JUt^ssés ••// r:/rr .ftiriro/e 



¥i\t. SO. — Utilisation «les blessés aux travaux dos vendanges. 



créer plus lard un deuxième centre sem- 
blable, à Gérons. 

La cure iigricole i)résente, sur la mécano- 
tliérapic pralii|uée dans les hôpitaux urbains, 
cet avantage primordial qu'elle est appliquée 
surtout a des agriculteurs, ce qui, affirme le 
D' Bergonié, est le cas de !):J di's blessés 
actuels. « L'ouvrier agricole, dit-il, est remis 



dans son milieu. Débilité par de longs séjours 
dans les liùpilaux, impotent et inquiet sur 
son avenir professionnel, il reprend l'outil 
de son métier. .\près les premières hésita- 
tions, l'expérience lui démontre bien vile 
l'inanité de ses 
craintes et qu'il 
peut travailler. 11 a 
conscience de n'être 
plu.s un amoindri, 
dès lors, il s'occupe; 
dans la mesure de 
ses moyens , avec 
un plaisir évident. » 
Ce n'est pas seu- 
lemenlsur quelques 
hommes, mais sur 
un nombre impor- 
tant de blessés que 
ces résultats ont été 
constatés. Depuis le 
mois de décembre 
1914, dans ce petit 
hôpital de Martillac, 
comptant ù peine 
100 lits, 1 i:>9 bles- 
sés ont été traités 
par la cure de tra- 
vail agricole; ils ont 
été répartis chez 
121 propriétaires e' 
ils avaient fourni, 
au commencement 
d'avril 191", plus 
de ;{0 000 journérs 
de travail. Le D' 
Bergonié peut ajou- 
ter: 

<i Gr;\ce à eux , 
il n'y a pour ainsi 
dire plus, en 1917, 
de terres incultes 
dans le canton de la 
Brède. » Quant aux 
modes d'organisa- 
tion du travail agri- 
j cole des blessés, ils 
sont les suivants : 

Nos hommes vivent 
Bi'iii'ratenienl dans la 
famille do l'employeur, la plupart mangent à sa 
taille, piochent ou labourent à coté de lui dans 
les champs. Ils ne sont pas des domestiques, des 
tâcherons vulgaires, mais des blessés confiés à la 
sollicitude des propriétaires, ]iour reconquérir, 
avec son aide, leur validité et les forces néces- 
saires |iour défendre encore leur pays. Ils sen- 
tent autour il'eux le resport et laffeclion: ils 
reprennent joyeusement conliance en eux- 



l.A SlTLATIilN AGRICOLE DANS I.A HAUTE-MARNE 



20S 



mêmes. Leur état général s'en ressent. L'action 
bienfaisante de cette véritable lésuireclion mo- 
rale, jointe à celle lie l'existence au granti air, 
transforme, en ([uelques jours, nos hommes. 
Par le labeur constant, l'effurt demandé progres- 
sivement à chacun de leurs nr^'anes, ils recons- 
tituent bien vile leur équilibre |)liysioloi;ique ; 
ils s'entraînent et acquii/rent rapidement la ré- 
sistance et l'endurance idiysiques qu'exige le 
service au front. Leur teint est ilorissanl; ils re- 
trouvent l'appétit et le sommeil; ils redevien- 
nent vigoureux et pleins d'enirain. 

Les graphiques ci joints (fig. 48 à 50) font 
ressortir les effets de la cuie, ainsi que les 
conséquences de son application dans les 
travaux agiicoles. Le taux des récupérés, 
c"esl-à dire de ceux susceptibles de reprendre 
la vie militaire atteint 90 0/0 (lig. iOj; c'est 
un taux qui n'est pas atteint dans I(;s li('qii- 
taux où la niécanolliérapie la plus savante 
est appliquée. (Juanl aux services rendus 
par le système a l'agriculture, ils sont mis en 
relief par les ligures i8 et -"iO. 

Les heureux résulluls obtenus par le D'.l. 
Bergtinié furent d'abord accueillis froidement 
par le Service de Sanlé, mais ils devaient 
vaincre la résistance des routines et des inté- 
rêts coalisés. Une circulaire en date du 
17 mai, signée par M. .luslin (Jodarl, direc- 



leur du Service de Sanlé militaire, et par 
M. Fernand David, prescrit que. dans toutes 
les régions, de petits centres hospitaliers 
agricoles seront créés autour du centre de 
physiothérapie. Chacim de ces centres sera 
installé dans une formation située dans un 
bourg, un canton, ou mieux, en pleine cam- 
pagne; il comprendra 2.t à l.'iO lils, et au 
point de vue adminisiratif, il constituera une 
annexe du centre de physiothérapie. Les 
blessés, qui devront pratiquer le travail agri- 
cole comme cure complémentaire, seront sé- 
lectionnés dans le centre de physiothérapie, 
par le chef de ce centre et envoyés dans le 
petit centre hospitalier agricole avec les dia- 
gnostics, prescriptions, dossiers complets. 
Us seront répartis parmi les employeurs voi- 
sins au prorata de la demande de main- 
d'œuvre. 

Le règlement prévu est exactement celui 
qui est afjpliquê à Martillac et à Gérons. C'est 
donc l'application généralisée de la méthode 
du D' J. Bergonié. On doit en souhaiter la 
réalisation immédiate ; plus tôt elle sera mise 
sur pied, et plus tûl l'agriculture en tirera 
avantage, aussi bien que les blessés apjielés 
à en profiter. 

He.nry S.ag.mer. 



LA SITUATION AGRICOLE EN HAUTE-MARNE 



En année normale, Avril ne s'en va pas, dit-on, 
sans laisser d'épis. Cette année, Mai nous en 
laissera-t-il ? 

Au début de ce mois, les seigles ne montaient 
pas encore en lige, leurs premiers nœuds 
hésitaient à s'éloigmr du collet, et les plus élevés 
étaient à peine à quelques centimètres du sol. 

C'est la conséquence du temps froid qui, jus- 
qu'à la lin d'aviil, a continué à sévir sur nos 
régions. 

Les blés d'automne oui été paiticulièrement 
éprouvés par l'exigéralion et la persistance des 
basses températures. Heaucoup de blés blancs 
ont été complètement détruits, et les autres, à 
part d'heureuses, mais Irop rares exceptions, 
présentent en général im aspect qui n'est rien 
moin" que rassurant pour la future récolte. 

Pour parer au déllcit [irévu, on a essayé, assez 
limidemeiit d'ailleurs, quelques serais de blés 
de printemps, notamment en blés de Manitoba, 
que les cultivatiurs ont pu se pr'icurer aux con- 
ditions fixées par l'Intendance. 

Les premières avoines semées dans les terres 
légères ont eu une levée assez régulière. Mais 
les sols argileux, les erhucs, dans lesquels le 
manque de main-d'œuvre, et surtout les pluies 
continuelles de l'arrière-saison n'avaient pas 
permis les labours de décbaumage, se sont mal 



travaillés. Les bandes de terre détachées par la 
charrue forment des blocs compacts que la 
herse, dans bien des cas, a été impuissante à 
diviser quand elle ne glissait pas simplement à 
leur surface sans même pouvoir les entamer. 
Que donneront les parcelles semées dan> ces 
conditions ',' 

Dans les herbages, la végétation, paralysée par 
la persistance des basses températures, "'a fait 
que d'insignifiants progrèsjusqu'àlafin d'aviil,et 
les cultivateurs ne voyaient pas sans inquiétude 
leurs réserves de fouriaj^cs, déjà fortement ré- 
duites par les réquisitiuns militaires, achever de 
s'épuiser avant que le bétail soit assuré de trou- 
ver sa pilance dans les pâturages. 

(jràce au beau temps dont nous avons joui 
depuis le milieu d'avril, les plantations le 
pommes de terre ont été activement poussées, 
et sont à peu près terminées en ce moment. 
Ueauioup de cultivateurs ont dû faire venir leurs 
semences du dehors, la gelée ayant détruit une 
partie des stocks destinc's aux plantations. 

A la lin d'avril, la floraison des arbres Irui- 
tieis commen<;ait à peine pour les espèces à 
noyau ; celle des arbies à pépins ne se décida 
que vers la fin de la première huitaine de mai. 
En général, les arbres sont bien préparés, et ce 
retard qui, on l'espère du moins, les garantit, 



soi 



CONSTRI'CTIOXS RURALES TEMPORAIRES POUR LES RÉGIONS LIBÉRÉES 



aiDsi que la vif^ne, contre les gelées tardives, est 
considéré comme de lion augure pour la pm- 
duclioii. 

Si le temps sec qui a persisté depuis la mi- 
avril a permis de s'orcnper activement de tous 
les travaux de snison : semailles d'avoine, plan- 
tations de pommes de terre, semis de betteraves, 
carottes et autres racines foiirr.igères, il u'étail 
pas sans causer de sérieuses appréheii-ious aux 
cultivateurs du plateau de l.angres dont plu- 
sieurs cousidiTaienl delà leurs derniers semis 



d'avoine comme fortement compromis par la 
sc''i;heresï'e. 

Uaiis le courant de mai, la situation s'est sen- 
siblement améliorée. I. humidité propice et une 
température élevée ont favorisé le développe- 
ment de la véwélalion, aussi bien dans les prai- 
ries que dans les emblavures de céréales, et 
l'avenir est, en général, envisa^jé avec moios de 
pessimisme. 

Kaymond Roger. 



COXSTRUCTIOXS RURALES TEMPORAIRES 

IPOUR LES RÉGIONS LinÉRÉES 



Quand un lonsulle les membres des Co- 
mités (le Réfugiés ijui reviennenl de leur vi- 
site liîUive aux régions récemment recon- 
quises, après les descriptions pénibles ;i 
entendre des ruines accumniées par les en- 
nemis (dans les petites agglomérations ru- 
rales, il ne reste souvent qu'une portion de 
l'église comme point de repère, ainsi que 
quelques pans de mur, et, parmi l'amas de 
matériaux de démolition, il serait souvent 
impossible aux liahilanls de fixer avec exac- 
titude l'emplacement <le leur ancienne ile- 
meure), on apprend que beaucoup de champs 



seront très faciles à cultiver dès ([iie l'auto- 
rité militaire aura remis le territoire à l'ad- 
ministration de l'autorité civile. C'est h. ce 
moment qu'il convient de pourvoir les rapa- 
triésd'outilsdejardinage et de baraquements 
provisoires. 

La question des outils de Jardinage (bêches 
et houes et des graines de plantes potagères, 
qu'il nous faudrait de suite en très grande 
quantité, ne sera pas facile ;\ résoudre. 

Au sujet des barar[iiemenls, nous avons 
déjà donné des indications générales en 
1!)1 'i : elles ont été publiées dans le Jounwt 



ES (Sa 



^^^;^S^ WïyM 



Fig. 51. — Plans de uonstructions disposées sur une ligno. 



d'Atjriculture pratique des 18 et 23 mars 191."j 
n"'* .19 et 40, liages 283 et .'JOt), en même 
temps qu'un certain nomin-e de renseigne- 
ments relatifs aux eaux potables, aux désin- 
fections, etc. 

(Jn nous a demandé de compléter nos pré- 
cédentes indications par quchpies croquis 
explicatifs que nous donnons dans ce qui suit. 



11 est à snppo.ser que toutes les construc- 
tions provisoires seront en Iiois; il est donc 
important de prendre des précautions contre 
l'incendie et d'en empêcher la propaga- 
tion. 11 faut, par suite, isoler la construction 
devaDl recevoir un poêle, comme le logement 
des hommes, des autres bâtiments ou han- 
gars devant abriter les animaux, les pnxluits 
et le matériel. 

Celle première condition nous conduit à 
rejeter les projets de grands baraquements 
dans lesquels des séparations intérieures li- 
mitent les emplacements réservés aux 
hommes et au cheptel, pour ne recommander 



qu'un certain nombre de plus petites cons- 
Iruclions atl'ectées chacune à un service dé- 
terminé, et à laisser entre elles des espaces 
vides ayant au moins une dizaine de mètres. 
Ces fermes provisoires seront élevées dans 
un champ sec, le moins fertile du domaine, à 



;^?^ 






Fiç. 'r?. — Plan do constructions diaposées vu «^qiierr». 

peu de dislance d'une voie de communication 
! et non en bordure immédiate de cette voie. 
Quelles que soient les dimensions de cha- 
cune de ces constructions, on peut les grouper 
de diverses façons, et nous en donnons les 
trois exemples-types dans les ligures 51, 3^ 
et 53, dans lesquelles c esl le logemenl du 



LES PLANTATIONS FRIlTlÈftES DANS LES RÉGIONS LIBÉRÉES 203 



chef de rexploiUition, e celui des ouvriers, 
d remplacement des animaux, b le hangar 
aux récoltes et « celui qui est réservé au 
matériel. 

Dans la figure ol, les baraquements sont 
disposés sur une seule ligne. Si la longueur 
totale de n en e dépassait une centaine de 
mètres, il y aurait intérêt à 
disposer les bâtiments sur 
deux lignes, soit en retour 
d'équerre i,lig. 52, avec la va- 
riante e'), soit parallèlesilig.53), 
en laissant ainsi une cour .4 
ayant de 2.5 à 30 mètres au 
plus de largeur de l'alignemenl 
c e h b a. 

L'emplacement du fumier 
sera réservé en dehors de la 
cour, derrière le logement des 
animaux: les latrines seront en 
arrière et 
hommes. 

11 y aura lieu d'orienter les alignements de 
façon que la cour, ou la façade des baraque- 

m 



lités, les vents froids du nord et de l'est sont 
les plus à redouter, on en tiendra compte 
pour l'orientation des bâtiments. 

Le sol intérieur de tous les baraquements yl 
(fig. 24) sera exhaussé, par un remblai c, en 
terre battue, de 0'".20 à ()'".30 d'épaisseur au- 
dessus du niveau xx'du terrain naturel. Les 




^ 




Fig. 51. — Coupe transversale d'un local el do ses aburd.... 



à proximité des logements des 



1 ..rf.- \ 



Jl 






Fig. 53. 



— Plaus de conslmclions <1isposiïes 
siir ileu.\ lignes parollèles. 



menls, soit abritée des vents pluvieux, ces 
derniers venant généralement de l'ouest dans 
les régions envahies. Si, dans certaines loca- 



matériaux du remblai seront fournis par le 
fossé de ceinture /', ce dernier étant inter- 
rompu au droit des passages réservés aux 
hommes, aux animaux, aux machines et aux 
véhicules ; ces fossés contribuent à l'assainis- 
sement du local A. La largeur du chemin .r 
sera portée à 3 ou 4 mètres lorsqu'on prévoit 
que des voitures devront longer le bâtiment; 
dans le cas contraire, il faut réserver au 
moins le passage d'une brouette et, en tous 
cas, ne pas descendre en dessous d'un mètre 
de largeur. Enfin, le fossé /'de la face posté- 
rieure de la construction peut être à grande 
section, alors que celui /" de la face anté- 
rieure, du côté de la cour, peut être réduit à. 
une simple dépression, destinée à recevoir et 
à évacuer les eaux pluviales. 

M.\.\ RlNGELMANK. 



LES PLAMATIONS FRUITIERES 

DANS LES liKC.KlNS LlItKHÉES 



Une Commission nommée par le ministre 
de l'Agriculture, pour étudier la reconstitu- 
tion des plantations fruitières dans les ré- 
gions récemment libérées, s'est transportée 
sur les lieux les 1", 2 et 3 mai 1!)17. 

Celle Commission composée de : MM. .\a- 
not, directeur de l'Idole nationale d'ilorli- 
culUire, président, Chatenay, premier vice- 
président de la Société nationale d'Horticul- 
ture de France, Ali)ert Barbier, pépiniériste 
à Orléans, fîrosdemange, professeur de la 
Sociélé d'horticullure de Soissons, rappor- 
teur, auquels ont éti; adjoints MM. le capi- 
taine Guicherd, inspecteur de l'.Vgricultmc, 



et Leroux, directeur des Services agricoles de 
l'Oise, a visité dans les départements de 
l'Oise, de l'Aisne et de la Somme, beaucoup 
de communes dans lesquelles elle a trouvé 
une assez grande quantité de vergers de 
Pommiers et de Cerisiers de plein vent. 

Ces plantations constituent, dans 1"S con- 
trées visitées, au voisinage des aggloméra- 
tions, des vergers d'arbres de plein vent de 
Pommiers 'a cidre ou à couteau en majeure 
partie, et de Cerisiers également <'i hautes 
tiges, mais en petite quantité. Les plantations 
de diverses autres essences fruitières sont 
représentées par un petit nombre de sujets. 



■i06 



LES PLANTATIONS FliriTIÈHES l»ANS LES HKGIUNS LlBÉliKKS 



Dans quelques régions visitées, il reste, 
encore intacte, environ la moitié des plan- 
talions: dans d'autres régions, presque tous 
les arbres ont été mutilés. Dans ces der- 
nières, la Ciimmission estime qu'un très 
petit nombre : 1 10 environ des arbres, pour- 
ront être restaurés. Quant aux 9 autres 
dixièmes, ils seront à arracher pour être 
remplacés par de nouveaux arbres. 

Pour ces replantalions, il y aura lieu de 
procurer aux intéressés des arbres grelFés en 
variétés ([ui aient des chances de bien réus- 
sir dans la région. 

Nature des dégâts 
et traitement à leur appliquer. 

Piemier cas. — Arbres dont le tronc a élé 
coupé avec une scie, soil près de terre, foil, le 
plus souvent, à environ 0">.80 au-dessus du sol 
et dont la tête, encore attenante au tronc par 
un lambeau d'écorce et de bois, est renversée à 
terre quelques-uns de ces arbres sont dépour- 
v^is «le leur lige et de leurs branches, qui ont 
été empoîtéesi. 

A. Pour les arbres ainsi mutilés, qui sont 
encore relativement jeunes et ne dépassent pas 
de O". 30 à O^.W de circonférence, il faudiail 
finir «le coupir la lige attenante au tronc infé- 
rieur, puis parer la coupe avec un instrument 
bien tranchant et rerouvrir celle-ci de goudron 
végétal et, à défaut, de coaltar ou enfin de mastic 
à greffer à base de poix. 

Sur ces moignons de tiges, pendant la végéta- 
tion, il conviendrait de laisser développer 
2 bourgeons ou pousses vigoureux que l'on 
maintiendrait verlicalement au moyen d'un 
tuteur, puis de pincer à 3 ou 6 feuilles toutes 
'es autres pousses provisoirement conservées 
comme tirants de sève. 

Lorsque les 2 pousses ainsi respectées auront 
atteint la grosseur de G ou 8 centimètres de 
circonférence, on supprimera la moins belle des 
deux et on refoimera la tête de l'arbre avec 
l'autre. 

Il va sans dire que, si les arbres traités de 
cette façon ont été autrefois greffés en tête, il 
sera absolument nécessaire de regrelTcr la nou- 
velle tige à l"».80 ou -2 mètres au-de><sus de terre. 
pour reconstituer la tétc de l'arbre avec une 
bonne variété locale. \)!\d» le cas contraire, le 
greffage est inutile. 

B. Quant aux .irbres ainsi mutilés, mais rela- 
tivement â^K's, et mesurant plus de O^.IO de 
circonférence, la Cumtnissicn estime qu'il serait 
beaucoup plus avantageux de les arracher et de 
les remplacer par de nouveaux arbres que l'on 
planterait à côté de ceux détruits. 

Uciixicme cas. — Arbres dont le tronc est en- 
laidé circulairemenl <\ coups de hache, à environ 
O^.SO du sol. Dans ce cas fri^queut, le bois est 
souvent attaqué au moins jusqu'à \'- h (i centi- 
mètres Je profondeur et sur une hauteur de 
10 à 15 centimètres, .'^ur quelques-uns de ces 



sujets, l'entaille, de forme triangulaire, n pst 
que partielle, c'est-à-dire qu'elle ne lait pas 
complètement le tour du tronc. 

En l'espèce, pour les arbres ;\gés, ayant plus 
de 0'".40 de tour, il y aurait avantage, àin>i qu'd 
a été spécifié en I! ci-dessus, à les arraclu-r pour 
en planter d'autres à côté. 

Quant à ceux relativement jeunes, n'ayant pas 
plus de O^.W de tour, il conviendrait "de linir 
d'en couper le tionc, en faisant une section 
bien nette, et de les reconstituer par la méthode 
indiquée en A, dans le premier cas. 

Pour les arbres dont l'entaille n'intéresse 
qu'une faible partit du tronc, il est indispen- 
sable d'aviver les burds de la plaie avec un ins- 
trument tranchant pour faciliter le développe- 
ment d'un bmirrelel cicatriciel, puis de remplir 
le vide de l'entaille soit avec du morlier de chaux, 
de plâtre ou de ciment, et de maintenir ces ma- 
tières au moyen d'un fort papier goudronné, 
avec deux ligaluies, A défaut de papier gou- 
dronne, on peut prendre une feuille de zinc. 

De plus, dans ce dernier cas, et si les grands 
vents sont à redouter, il serait prudent et très 
recommandable de planter un tnleur du côté de 
l'entaille, de manière à consolider l'arlire. 

Tioisicme ais. — Arbres ayant reçu un simple 
trait de scie circulairement, à O^.SO environ de 
hauteur et à une profoudcnr de 2 à 3 centimèlres. 

Dans ce cas spécial, avec la lame d'un instru- 
ment tranchant, il serait bon de ralraîcbir 
l'écorce et l'aubier attaqués par le trait de scie, 
de façon à enlever le ti<su déchiré et contu- 
sionné pour favoriser le développement d'un 
bourrelet cicatriciel. De plus, il y aurait lieu de 
recouvrir la périphérie de la pliie, soit d'ongueni 
de Saint-Fiacre, soit de goudron végétal, soit de 
mastic à greffer à base de poix, et de protéger 
cet enduit par une tnile ou par un papier gou- 
dronné: puis de raccourcir quelques branches 
de la têie des arbres, dans le but de réduire la 
surface évaporante des organes foliacés et de fa- 
voriser la vigueur de chaque sujet ainsi traité. 

Quatrième cas. — Arbies dont le tronc recou- 
vert de plaies, relativement peu profondément, 
conserve enrore quelques lambeaux d'écorce ou 
d'aubier seulement. 

Pour les arbres de cette cati'gorie, il faudrait 
nettoyer les plaies, en aviver les bords avec un 
instrument tranchant, mais en ayant bien soin 
de conserver les lambeaux d'aubier ou d'écorce 
encore vivants. Les plaies insi préparées seront 
recouvertes d'onyuent de Saint-Fiacre, ou de 
terre glaise, ou île l'oudron vi'gi'lal, nu siuiple- 
meiit de poix, puis protégées par une toile ou un 
papier goudronné. 

Comme dans le troisième ca", le raccourcisse- 
ment des branches s'imposerait dans celui-ci. 

Ciiuiuiéine eus. — .\rbres dont le tronc a été 
plus ou moins déchiqueté par la mitraille et 
dont les grosses branches de la tête ont été bri- 
sées en (grande partie. 

Presque tous les arbres appartenant à cette 
catégorie sont dans un tel état de décrépitude 



EXTINCTIOX DIN PETIT TORliENT 



20"! 



que la Commission pense qu'il y aurait lieu de 
les arracher pour les remplacer. 

Toutefois, sur ceux dont le tronc a relative- 
ment peu souffert, elle estime qu'on pourrait 
essayer de les restaurer en pratiquant l'élagage 
sévère des brandies de la tète, de manière à re- 
constituer cette dernière. 

Enlin, pour les arbres de celte catégorie très 
détériorés, mais jeunes encore, la Commission 
croit qu'il serait n-commandable de les reci^per 
à quelques centimètres au-dessus du niveau du 
sol, pour refaire la tige par le choi.\ d'une 
pousse vigoureuse. 

Greffage. 

Les arbres relativement jeunes, c'est-à-dire 
ne dépassant pas 30 à 40 centimèlres de circon- 
férence, et qui étaient greffés en tête, devront 
être regreffés dans quelours années seulement. 

Sur ces arbres, il serait possible à la rigueur 
de les grelTer en couronne, dans quelques se- 
maines, sur la portion de tige conservée; mais 
la Commission estime que celte greffe donnerait 
des arbres en firme de gobelets peu élevés sur 
tige, qui gêneraient les cultures intercalaires de 
plantes agricoles, que l'on rencontre dans tous 
ces vergers. Kn outre, la f;iible hauteur de ces 
arbrps mettrait leurs fruits <i la disposition des 
animaux qui pâturent ou travaillent dans ces 
terrains. 

A son avis, il sera de beaucoup préféralile de 
regreffer ces arbres, comme elle l'a déjà dit. sur 
la pousse nouvelle, à 2 mètres de hauteur et 
dans Jeux ou trois ans. 

Quant au greffage américain, qui consiste à 
greffer plusieurs rameaux sur le pourtour d'une 
tige décortiquée, pour faire une sorte de pont 
entre la partie infi'rieure et supérieure de 
l'arbre, et rétablir ainsi le courant séveux, la 
Commission n'a trouvé aucun arbre qu'il y aurait 
à greffer de celle manière. 

Conclusions. 
La Commission estime qu'il y aurait lieu 
de conslituer des équipes, sous la direction 



de chefs jardiniers, pour les travaux urgents 
à exécuter le plus UM possible et pendant le 
printemps de 1917. Ces travaux peuvent ("Ire 
classés dans l'ordre suivant : 

1° Nelloyer les plaies qui seront recou- 
vertes ensuite d'un des produits indiqués. 

2" Finir de couper les létes tombées à terre 
et encore attenantes au tronc, de manière à 
favoriser le développement des jeunes 
pousses. 

3" Elaguer les arbres mutilés par la mi- 
traille et susceptibles détre reconstitués. 

■i° Pendant la végétation, palisser les 
pousses à conserver pour former une nou- 
velle lige, et pincer les pousses ou bourgeons 
supplémentaires. 

o° Les quelques grell'ages que nous recom- 
macdons ne pouvant être exécutés que dans 
deux ou trois ans, lor,sque les tiges seront 
reconstituées, il n'y a donc pas lieu de s'en 
occuper celte année. 

6" Pour les arrachages et les replan talions 
qu'il y aura lieu de faire à l'automne pro- 
chain, la Commission étudiera d'ici cette 
époque les moyens à employer pour arriver à 
un bon résultat. Elle s'occupera spécialement 
de procurer, si possible, à titre gracieux, aux 
cultivateurs, des arbres et des variétés frui- 
tières appropriés à leur région. Elle étudiera 
également quels sont les moyens qui pour- 
raient être employés pour venir en aide aux 
cultivateurs, soit en leur accordant des sub- 
sides en argent, soit en leur fournissant une 
partie de la main-d'œuvre nécessaire. 

Enfin, lor.-que les cultivateurs seront reve- 
nus dans leur pays, il conviendra de s'en- 
tendre au préalable avec eux, et de leur don- 
ner des instructions pour qu'ils puissent, 
autant que possible, exécuter eux-mêmes la 
plus grande partie de ces travaux. 



EXTINCTIOx^ D'UN PETIT TORREiNT 



Lorey (Meurthe-et-Moselle), le 25 avril 1917. 

J'ai lu avec beaucoup d'intéri*t l'article du 
Journal d'Agrlcullure pralir/ufi, intitulé La 
gav dp Modaue et le Charmaix, le boisement, 
l'industrie pastorale el le lorrent (n" 7 du 
5 avril). Celle lecture m'a suggéré la pensée 
de communiquer une expérience sur les dé- 
fenses contre les dégradations d'un petit tor- 
rent. 

Un a opéré sur un terrain d'une contenance 
de 1-2U ares, dont "40 au fond d'une vallée, 
résultant d'une faille assez profonde et telle- 
ment rapide qu'on ne pouvait empêcher les 
ravages des eaux qui descendent d'une côle 



en cullure de 60 hectares environ et d'un 
terrain argileux et imperméable. Les trous 
ouverts par l'eau se creusaient toujours da- 
vantage en reculant vers l'amonl, ce (]ui ren- 
dait le terrain dangereux et en partie inutili- 
sable. Nous avons fermé ces trous avec de la 
terre el établi une pente douce avec de bons 
gazons, jusqu'aux bords supérieurs des ra- 
vins. Cependant, comme l'eau avait beaucoup 
de vitesse, l'érosion se reproduisait toujours. 
Nous établîmes alors un barrage qui fonc- 
tionne depuis quinze ans, et qui comporte 
une suite d'escaliers qu'on peut établir aussi 
grands (|ue l'on veut ; les bestiaux peuvent 



208 



ACADEMIE DAGRICULTLUJE DE FRANCK 



monter et descendre sans danger et ne peu- 
vent rien détériorer. On conimenee iniinédia- 
temenl en dessous de la plus grosse cliule en 
posant une grosse pierre plaie qui constitue 
la première marclie, on en pose une de 
chaque côté un peu plus épaisse. On les en- 
fonce dans le sol en amont et de chaque côté. 
Le deuxième escalier pose sur le premier en 
reculant de trois fois la hauteur de chute, 
qui sera de 15 à 20 centimètres. On élahlil 
autant d'escaliers qu'il en faut, jusqu'à ce 
que la dernière marche d'en haut dépasse le 
niveau dei.ïou 40 centimètres, selon la pente 
supérieure. 

L'ouverture formée en haut doit avoir les 
deux tiers de !a largeur du ravin, et être 
bordée de chaque côté par une bonne berge 
obliquant de io centimètres veis l'amont; de 
celte manière, les eaux sont toujours diri- 
gées vers le centre m'i, en se rencontrant, 
elles brisent leur élan. 

Kn bas, à la suite du dernier escalier, on 
arrête l'érosion qui pourrait encore se pro- 
duire en calant quelques pierres disposées 
en épis. Pour empêcher les ouvertures parles 
taupes, nous avons mis des verres cassés dans 
la terre recouverte de ga/.on. Nous avons 
aussi établi une berge horizontale haute de 



30 centimètres, un peu plus en face du 
courant, dans un endroit où le pré offrait 
une grande largeur aplanie. Lorsque l'on di- 
rige aussi l'eau de chaque colé en la dcrivant 
vers les pentes et en faisant de l'irrigation à 
reprise d'eau, on obtient une grande amé- 
lioration par les terres amenées. 

Avec peu d'entretien, ce torrent que nous 
avons maîtrisé s'étend par place à 50 mètres 
de largeur: malgré son intensité, il est dans 
l'impossibilité de nuire. 

Les avantages que les éleveurs retireraient 
de ces travaux seraient d'un prix incalcula- 
ble, .si, avec l'ensemble de ces moyens faciles, 
peu coûteux et 1res plaisants, vu les beaux 
résultats, on arrête cuiuplètement la vitesse 
de l'eau. 

La descente d'un orage mettra uuatre fois 
plus de temps, ce qui permet <i l'eau d'entrer 
dans le sous-sol. C'est \h précisément le se- 
cret de Tninélioration. .l'ai vu, à la suite 
d'une pluie d'ilê, l'eau s'écouler pendant 
plusieurs jours après au point le plus bas. 

Ce travail n'est sans doute pas à comparer 
avec ceux destinés aux torrents des .\lpcs, 
mais le principe est toujours ie même. 

Alphonse Jeanmaike. 



ACADÉMIE D'AGIIICULTURE DE FRANCE 



Séance du 16 mai !',)17. 
Présidence de M. Jules Derelle. 
M. /(• PrrsidenI souhaite la liienvenue à .M. liaoul 
Piclel.l'éininent savant tle lienève quia ren<iu 
tant (te .services à l'Agriculture, et dont les tra- 
vaux sur le froid sont justement célèbres ; il 
l'invite à prendre place au bureau. 

Service agricole de la C'" P. L. M. 

.M. yiit.it signale à l'Académie los heureuses 
initiatives prises par la Compagnie P. L. M. 
avant et depuis la guerre pour développer 
encore sur les régions qu'elle dessert les cul- 
tures maraîchère et fruitière. I»epuis longtemps, 
elle a créé dans ce but des tarifs spéciaux de 
grande et de petite vitesse dans les périodes de 
fort trafic, elle a organisé des trains spéciaux 
à marclie rapide afl'ectés au transport des den- 
rées agricoles cl ilonné des encouragements de 
toute nature aux producteurs. 

Pour coordonner ces elforts et donner par des 
dispci'iilions spécialement appropriées, une im- 
pulsion plus directe à la production agricole, lu 
r.nrapasnie a cré»'' un service spécial composé 
d'un inspecteur commercial et d'un ingénieur 
agronome et s'est assuré la coopérali'in peima- 
nente de M. Loiseou, président de la Société 
régionale d'Iiorticullure de .Moutrcuil. 

Le programme que ce nouveau service a pour 



mission de réaliser comporte l'orsanisation de 
voyages d'études, de conférences et de leçons bur 
le terrain, la publication de manuels pratiques, 
la distribution de graines de semence ot de 
plants, la création de concours d'emballages 
de denrées périssables, la participation aux 
expositions et concours agricoles, la délivrance 
de subventions à des œuvres agricoles, notam- 
ment à la niotocullure. 

Le canon et la pluie. 

M. Alfieil Auij'it rappelle combien l'inlroduc- 
tion de l'artillerie dans les armées est venue 
donner un regain de nouveauté à la vieille 
croyance qu'après les grandes batailles venaient 
des pluies exlrauidinaires. 

M. Angol exainiuo l'historique de la question 
et la thèse des partisans de l'influence des canon- 
nades sur la (duie, et 11 conclut : 

Il est impossible de prouver expériinentftlement 
que le tir du ramin pemiant la pluie augmente on 
diminue la ijuantité d'eau préiipitée: on u a, ODeltet, 
aueun uiuyen d'évaluer la quautite d'eau i|ui serait 
touillée si II- tir n'avait pas eu lie», ot de la cnui- 
parer aiusi avec le résultat de l'nbservation. En l'ab- 
sence de toute preuve directe, j'ai flù me borner à 
montrer d'abord qu'aucune des hypalhèses proposées 
jusqu'ici pour expliquer I intlueme présumée île la 
cauonnade ue semble résister k l'examen, puis que 
la réalité inèiiie de cette inlluence ne ressort nulle- 



ACADEMIE DAGRICULTURE DE FRANCE 



i>00 



ment 'les faits observés, no ne saurait aller plus 
loin, tant qu'on ne possédera pas une statistique 
exacte et coniplùle. qui donne jour par joui' l'inten- 
sité de la canonnade. 

Snr un procédé de panification 

des grains entiers préalablement trempés. 

M. Limlet rappelle que, depuis une semaine» 
certains journaux parisiens entietieniient leurs 
lecteurs de l'intérêt que présenterait pour le ra- 
vitaillement un procédé de panilication, exploité 
en Italie, h Berganie, et dans quelques autres 
villes, dit-on. Ou fait macérer dans l'eau à 22-24° 
les grains entiers, pendant iO à ")0 heures, puis 
quand les crains ont absorbé assez d'eau, on le^ 
passe dans un haclie-viande ; la pAte est pétrie 
avec du sel, de la levure ou du levain, mise <à 
fermenter et cuite au four. Le blé irait donc di- 
rectement de la f.'ranse au fournil. 

M. le ministre de l'.A^riculture, pour se ren- 
seigner sur la valeur de ce procédé a nommé 
une Commission qui s'est livrée à des expériences 
comparatives avec deux blés, un beau blé d'.\us- 
tralie, un blé médiocre de la Plata. Une moitié 
des lots a été traitée par la méthode ordinaire, 
l'autre moitié par le procédé italien, sous la sur- 
veillance de la Commission, par un ingénieur 
venu spécialement d'Ilalie et par un ouvrier qui 
avait déjà, en Italie, procédé à cette opération. 
Les rendements ont oscillé entre 143 et 149.0 0/0 
du blé sans qu'il soit possible d'attribuer un 
rendement supérieur pour l'un des cas; mais la 
défiustatlon a été uetlenient défavorable au pro- 
cédé par trempage. 

M. Liudet fait observer, du reste, que bien 
d'autres raisons ne permettent pas de préconiser 
l'emploi du proeédé par trenipaire : nécessité de 
n'opérer que sur du blé très propre, donc néces- 
sité d'une installation com|dèle comme en ont 
lès meuniers, pour nettoyer le grain, nécessité 
de construire des machines type hache-vi;inde 
par ce temps de guerre, etc. Quant à établir de 
g^randes manuteniioas, est-ce le moment et fau- 
drait-il supprimer la boulangerie après avoir 
supprimé la meunerie '.' 

Séparation de l'azote pur. 

M. Haoui l'ii.tel communique le résuliat de re- 
cherches qu'il a entieprises à la suite, d'études 
poursuivies ù Paris, sous l'égide du grand mailre 
qu'était Pasteur. Il a trouvé ■• un procédé phy- 
sique qui coupe l'air an rasoir», de telle façon 
qiu'il ne rej^tw pas un millième d'oxygène eu con- 
tact avec l'azot»-. 

MM. André Gouin et P. Anilouard envoient une 
note sur la nécesciité de proportionner l'impor- 
taoce du cheptel à celle des ressources fourra- 
gères. 

Election d'un membre titalaire. 

M. Man^'in est élu membre titulaire dans la 
Section d'Histoire naturelle agricole. 

St'ance du 23 mai 1017. 
Présidence de M. Julm DevelU. 
Le blé et le bétail. 
.M. Méline oITre à r.\cadémie une étude de 



.M. Alfred Massé, intitulée : Question '/'«pié.c 
(juerre. le blé et la viande. M. Méline analyse ce 
travail très documenté, qui met au point ces 
importants problèmes pour notre ravitaillement. 
La siluation du marché du blé, très difficile 
actuellement, le sera encore au lendemain de la 
guerre; aussi, M. Massé conclut-il à la nécessité 
de l'inlensitication de la production du blé par 
de meilleures méthodes de culture, par l'emploi 
de plus d'engrais, de plus de machines; mais 
M. Méline estime qu'aujourd'hui la question du 
prix domine tous les autres facteurs. H faut 
absolument rétablir le plus tCit possible le mar- 
ché libre du blé, et, dès maintenant, assurer le 
producteur qu'il trouvera de son blé un prix 
élevé, 40 à 42 fr. au minimum; il faut qu'il en 
ait la certitude dès muintenanl. 

En ce qui concerne le bétail, notre situation 
excellente aussi avant la guerre s'est bien modi- 
liée à la suite de coupes sombres réitérées ; l'in- 
terdiction d'abatage des veaux a donné des ré- 
sultats, mais insuffisants; la situation ira s'em- 
pirant, et cela forcément, car les importations 
deviendront do plus en plus difficiles, et le len- 
demain de la guerre exigera un effort considé- 
rable. Xous sommes loin d'avoir atteint l'inten- 
sification de l'élevage que nous pourrions avoir. 

Mais il est un facteur à ce point de vue, ajoute 
M. Méline, dont on ne semble pas toujours com- 
prendre la valeur, c'est celui de la race plus ou 
moins perfectionnée qu'on élève. Les bonnes 
races donnent plus de poids de viande et plus 
tiit que les races non améliorées; aussi, M. Mé- 
line estime-t-il que nous devons transformer nos 
modes d'élevage et adopter, pour l'espèce bovine, 
les mesures législatives prises pour l'espèce 
chevaline et qui ont eu de si heureux résultats. 

M. Méline rappelle qu'il a, à ce sujet, déposé 
un projet de loi qui impose la sélection des re- 
producteurs. Un taureau ne pourrait Cdre utilisé 
que s'il possède, outre le certificat de santé, 
celui de taureau recommandé, autorisé, toléré. 

Conservation des sabstances alimentaires. 

M. Schrilxiu.v rappelle des expériences an- 
ciennes qu'il a faites au sujet de la conservation 
des matières alimentaires dans les ménages. 

S'appuyant sur les études de Pasteur, M. Schri- 
haux a imaginé et réalisé des appareils extrême- 
ment simples, qui permettent de conserver à 
l'état frais du bouillon, du lait, etc. Ces appareils 
sont appelés à rendre de grands services dans les 
circonstances actuelles. 

Culture des terres abandonnées. 

M. T.ifrf// signale à l'Académie^ les tiès heureux 
résultats obtenus en Ilaute-Caroune pour la mise 
en culture des terres abandonnées. Dans ce 
département, toutea les Sociétés et Syndicats 
agricoles se sont groupés en une fédération, 
qui décida la création de Sociétés coopératives 
locales pour la mise en culture des terres aban- 
données, ces coopératives pouvant recevoir 
alors des prêts à court terme, firûce à cette 
organisation groupant sans distinction d'opinion 



2!0 



CORRESPONDANCE 



toutes les sociétés, un résultat des plus intéres- 
sants a été obtenu, qui peut et doit servir de 
modèle. 

M. Méline fait observer combien cet exemple 
prouve que les lois ne valent que par Tapplica- 
lion qui en est faite, et que les meilleures lois 
restent lettre morte si l'initiative privée n'inter- 
vient pas. Il (Jeinaude que la communication de 
M. Tardy rei;oive la plus large publicité. 

M. Vermvrel appelle l'attention de l'Acadé- 
mie sur la nécessité de tirer en ce moment 
meilleur parti qu'on ne le fait des scories; dans 
beaucoup d'usines métallurgiques, les scories 
restent inutilisées pour l'Attnculture, faute de 
meules |)our les broyer, faute de sacs pour les 
Iraiisporler. 

Conservation des fruits. 

M. de M'iicilluc montre de quelles ressources 



pourraient être pour le ravitaillement de la po- 
pulation, celte année, les fruits si l'on prend les 
mesures nécessaires pour les conserver. Les 
fi'iiils promettent d'être en e.xtrème abondance. 
Mais on manquera de sucre pour l'aire des confi- 
tures; n'y aurait-il pas alors, dès maintenant, 
des mesures à prendre pour économiser le 
sucre, par exemple en ne l'employant pas à 
faire des bonbons, il faudrait apprendre aux 
ménagères à économiser le sucre dans la fabri- 
cation des confiiures, faire des marmelades, etc.; 
enfin, il faudrait employer tous les procédés 
possibles de séchage, y compris surtout les vieux 
procédés de jaJis à la campagne, séchage au so- 
leil, puis au four. 

Enfin, M. de Marcillac signale l'importance 
que pourrait reprendie la châtaigne comme ali- 
ment. 

II. HiTlE». 



CORRESPONDANCE 



— J. p. {Saùne-etLoire). — Les orangers 
élevés en dehors de leur station ont partout 
beaucoup foaiïert de l'hiver rifioureux de cette 
année, quebiue grandes qu'aient pu être les 
précautions dont on les a entourés. Les Heurs 
ont noirci, les feuilles se sont enroulées, l'écorce 
des tiges et des branches s'est crevassée. Le seul 
remède et en même temps l'unique moyen de 
savoir si les arbres ne sont pas absolument per- 
dus, est de rabattre les ti^jesde manière à provo- 
quer la naissance de nouvelles pousses.— M. M.) 

— IS" 7003 [Italie). — C'est probablement au 
procédé décrit dans le Journal d'Aijncultiire 
pratique du 17 avril 1913 que vous f.iitt's allusion- 
Ce procédé est destiné ;'i la désodorisation des 
huiles d'olives. 

It'autro part, nous vous engageons à essayer) 
sur de petites quantités d'abord, un procédé qui 
consiste à agiter l'huile, à froid, avec une solu- 
tion à 2 à 3 0/0 de carbonate de soude [à renou- 
veler au besoiiil, puis à laver avec de l'eau pure 
et enfin à faire passer dans l'huile un courant de 
vapeur d'eau, si vous ne jugez pas suffisante 
l'épuration au moyen des alcalis. — (L. L.) 

— .N" 6018 (lmtre-et-Loirc\. — Vous signalez 
dans votre élevage à la porcherie, sur les jeunes 
porcelets, l'existence d'une affection que vous 
désignez sous le nom de Tavelure,\es petits mala- 
des étant rf'couverts de croûtes brunes et noires. 

Celte affection est très vraisemblablement la 
variole 'il faudrait pouvoir examiner un petit 
malade pour se prononcer en toute certitude), 
c'i'st-à-dire une maladie contagieuse qui reste 
implantée dans votre exploitation et qui se trans- 
met de génération en génération. La solution 
«lui apparaît comme la plus pratique consiste- 
lait à attendre une période où il n'y aurait plus 
de malades et à faire une désinfection très soi- 
gneuse de tous les locaux fréquentés par les 
animau.T, pour voir ensuite si la maladie repa- 
raîtrait aux élevages suivants. .SI cette désinfec- 
tion était pratiquée alors qu'il y a encore des 
malades, les locaux se trouveraient réinfeclés 



durant la lin de la maladie ou la péiiode de con- 
valescence, et tout serait à refaire. — yCt. M.) 

— M. C. S. \Ali/cr). — Vous voulez probable- 
ment parler des appareils de culture méca- 
nique à pièces travaillantes rotatives; parmi 
ces machines, nous pouvons vous citer les sui- 
vantes : Xavier Charmes, 17, rue Bonaparte, 
Paris; Tourand-Derguesse, 27, rue de Cormeilles, 
Levallois-Perret ^Seine); de Meyenburg, de la 
Société la Motoculture française, 41, boulevard 
llaussmann, Paris, l'es machines prirent part 
aux essais officiels de iJrifjny en 1016. — \\. U.' 

— J. P. {Sfax). — La carbonisation des bois 
en vase clos a pour but, non seulement la pro- 
duction de charbon et de goudron, mais encore 
l'obtention par condensation de produits volatils 
tels que l'acide acétique et le méthylène bruts; 
elle nécessite une installation dispendieuse, 
hors de proportion avec l'opération que vous en- 
visagez. 

La distillation sèche des bois eu vue de 
l'obtention de charbon et de goudron, par 
contre, peut être pratiquée par des prodédés as- 
sez rudimenlaires, tels que le procédé dit des 
fosses ou celui des fours. Vous trouverez d'utiles 
renseignements sur la question dans Le traité 
(l'exploitation commercinle (tes hois, de .\. Mathey, 
tome II, page 708 (Librairie agricole de la Maison 
Hustique, 20, rue Jacob . Nous appelons particu- 
lièrement votre attention sur le four arabe, peu 
coûteux et fai'ile à construire sur place; les indi- 
gènes s'en servent en .Algérie pour distiller les 
souches et perches de Hivers résineux. 

Il n'y a pas eu d'essais suivis de distillation de 
bois de lentis(|ue qui nous pernicllenl de vous 
fixer sur le rendement en goudron d'une tonne 
de lentisque. Nous vous conseillons de faire, 
préalablement, quelques expériences en petit 
pour établir avec certitude sur quel rendement 
en goudron vous pouvez tabler. 

Votre projet est intéressant, mais sa réalisation 
dépend surtout d'une étude économique et pra- 
tique de la question sur place. — (M. M.) 



REVUE COMMERCIALE 



211 



LA QUINZAINE MÉTÉOROLOGIQUE 

Semaine du 14 au H) mai 1917 [OBSERVATOIRE DU PARC SAIW-MALR 



JOURS 

BT DATES 


o .: 

il 

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TEMPE 


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REMARQUES DIVERSES 


1 

a 


a 
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millim 












Millim. 




Lundi 1 i mai. 


w 


1506 


26» 6 


20» 1 


+ -: 3 


» 


6,7 


0.3 


Orage la nuit, petite pluie le 


Mardi l'i — 


M 


13.3 


19 .T 


13.8 


+ 2.9 


» 


7. S 


„ 


soir. 
Rosée et gouttes le m., terups 


Mercredi., ifi — 


II 


0.1 


13.1 


11.6 


— 1.4 


» 


u.o 


0.5 


nuiigeux. 
Uosée 1" mat , pluie à midi. 


Jeudi 17 — 


- 


7.6 


16.2 


11. i 


— 1.7 


» 


1.3 


" 


Rosfe, temps couvert. 


Vendredi. IS — 


.> 


9 9 


19 6 


13 i 


+ 2.2 


» 


1.4 


0.1 


Rosée, temps couvert, petite 


Samedi... [') — 


" 


12.2 


21.5 


lo 2 


+ 1 9 


» 


3 4 


2.2 


pluie. 
Rosée, temps pluvieux. 


Dim 20 — 


^ 


12.4 


23.9 


17.5 


+ 4.0 


" 


1 7 


1.5 


Pluie. 


Ujtua M t«t»i 

taiii sir 11 otnule .... 


U.t 
+3.7 


20 1 
+1.0 


13.3 
+2.2 


m 
m 


1) 


22 3 

ao lien de 
107 h. 
dit. tb«or. 


4.C 


Pluie depuis le l""^ janvier : 

En 1917 2Un>n' 

Normale 196'n"' 


Se 


maine 


du 21 


ati 2 


7 mat 


1917 




Lundi 21 m. 


n 


lio.7 


22» 6 


17»3 


+3" 8 


>. 


3.2 


2.4 


Pluie. 


Mardi.... 22 — 


n 


12.6 


19.5 


13.9 


+2.3 


H 


0.0 


" 


Rosée, temps couvert. 


Mercredi. 23 — 


H 


11.0 


24.7 


n.5 


+3.7 


■' 


9.0 


» 


Rosée, temps nuaguix. 


Jeudi 24 — 


n 


11.8 


23.3 


n.6 


+3.7 


- 


12.1 


» 


Rosée, temps p' u nuageux. 


Vendredi. 25 — 


II 


y. 9 


26 7 


lS.6 


+ 4.5 


» 


13.3 


>. 


Rosée, temps clair. 


Samedi . . 26 — 


" 


12.9 


27.6 


20.6 


+ 6.4 


» 


14.1 


" 


Beau. 


Dimanche 27 — 


- 


14.2 


27.1 


20.2 


3.9 


-' 


9.9 


" 


Beau le m., couvert le soir. 


■«jtii» •! uun 

leuti n 11 Hiule .... 


n 


12.4 

3.6 


24.0 
3.2 


18. 2 

4.3 


» 


1 


62.2 

11 lies de 
108 h. 9 
Jir. tbéor. 


2.4 


Pluie depuis le 1" janvier : 

En 1917 ou-on" 

Normale 207"°>. 



(La publication des renseignements sur la pression barométrique et sur le vent est interdite par la 
censure au Bureau central météorologique.) 



REVUE COMMERCIALE 



Sitaation générale. — La deuxième quinzaine du 
mois de mai a été propice; les derniers travaux de 
semailles ont été exécutés dans des conditions favo- 
rables, et la végétation, trop longtemps retardée, a 
pris un vigoureux essor, notamment dans les champs 
de céréales. L'absence de gelées printaniéres a per- 
mis aux arbres fruitiers de llcurir dans des condi- 
tions normales; la récolte des fiuits présente les 
plus grandes espérances. 

Blés tt Farines. — L'amélioration signalée déjà 
dans les champs de blé d'automne s'est accentuée ; 
malheureusement, dans un grand nombre de can- 
tons, il a été à peu près impossible de réparer les 
destructions provoquées par les rigueurs de l'hiver. 
Les blés de printemps ont eu des débuts très vigou- 
reux. Quant h la situation commerciale, elle est tou- 



jours aussi précaire : les marchés ont été, en fait, 
supprimés par les méthodes de réquisitions : celles- 
ci se multiplient de plus en plus, sans que, par ail- 
leurs, le service du lîavitaillument civil donne aux 
meuniers les quantités qui leur soûl nécessaires. II 
en résulte que les quelques ventes qui peuvent 
s'opérer se réalisent à des taux supérieurs à la taxe 
légale. Les affaires sont rares sur les blés durs; on 
le» cote, à Marseille, 44 à 44. 50 par 100 kilogr. 

Les marchés étrangers sont actuellement désorg.T- 
nisés. Aux Ktat.i-Vnix, le Gouvernement, à la suite 
de la hausse des dernières semaines, a suspendu les 
Bourses de New-York et de Chicago, de sorte qu'il 
n'y a plus de cote pour ces marchés. En Arr^eiiline, 
la prohibition d'exportation est maintenue. En An- 
glelune, le Gouvernement a réglementé depuis la 



212 



REVUE COMMEKCIALK 



fin il'avril l'octroi des licences pour la vente du blé; 
à Limilres. ou cote par 100 kilogr.: blés indigrnes 
bluncs, m.ij à riOM; roux, 47.15 à 48.80; blés 
étrangers : canadiens, 41.20 à 4S.:)0 ; américains. 
4t,.50 à 4".';5 ; argentins, 47.75 à 48.50; ciustraliens- 
.0 fr. M^'nie fernielé que préci-Jemmeut en Suisse et 
• n finlie. 

Les taxes actuelles sur les farines varient entre 
41.25 et 45.75 par 100 kilogr., suivant les dcparte- 
iiicnts. 

Issues. — l.a marchandise est très rare, et malgré 
lu taxe, il n'y a que quelques ventes à des prix su- 
périeur^. 

Seigles. — Il n'y a, pour ainsi dire. v>*s d'affaires. 
I.is cours sont nominaux. 

Orges. — Ventes très réduites. Comme pour les 
s'igles. quelques .iiraircs se font au-de^sus des taux 
de la taxe. 

Avoines. — Sur ce gr.iin. comme sur les précé- 
di nts. il est impossible d'indiquer des cours. La ra- 
reté est de plus en plus accentuée. 

Sarrasins. — Ils sont de plus en plus rares. On 
cote de 47 à iS fr. par lUO kilogr. sur les marchés 
de Uretii^'ne. 

Maïs. — Les appréciations sur la récoltf de l'.Vr. 
gonline ((iii serait très faible ont provoqué une nou- 
velle fermeté. Dans le Sud-Ouest, on cote les maïs 
indigènes 55 fr. par 100 kilogr.; dans les ports, les 
uiais de l;i Plata. 59 à 60 r. 

Légumes secs. — La fermeté se maintient sans 
<iue les prix soient modifiés : 175 à IMO fr. par 
100 kilogr. 

Pommes de terre. — 11 y a détente dans la siliia- 
lion. On paie suivant les régions 2S à 35 fr. par 
100 kilogr. 

Fourrages. — La transformation de la saison a 
fait baisser les prix. On cote ISO à 200 fr. par 
1 000 kilogr. suivant les régions. 

Bétail. — Voici le relevé du dernier marché de La 
Villetle. à Paris (2S mai; : 



Bœufs .... 
Vachoa.. . 
Taureaux. 

Veaux 

Moulons.. 
Porcs • . . . 



Amenas. 



•2 363 
1 615 
301 
î 010 
Il 5»-2 
S :K)5 





PBIX 


DU KII 




AU POIDS Ne 


fnvendus. 


— — — '.—-;' 




1" 


3> 




quai. 


quai. 


» 


:i.66 


3.r« 




3.68 


3.b6 


„ 


3.44 


3.30 


, 


'. 26 


3.70 


, 


S 60 


4.16 


n 


4 ::i 


i 13 



3' 
quai. 
3.38 
3.36 
3.08 
3 -20 

3 y, 

3.86 



Boeufs . . . . 
Vaches . . . 
Taureaux.. 

Vmux 

Moulooa. . 
l'orcs 



Prix extrêmes du kilogrramnio. 

Au poids vif. Au poids net. 

1.40 » i.-li 



1.30 
l.tO 
1.40 
1.44 
3.49 



3.33 

î.ir. 

2.10 
S. 4:. 
3.0> 



3.S0 à 3.Î0 


.■6) 


3.70 


3.80 


3.58 


3.80 


4.S0 


3.00 


5.10 


;i.56 


4.411 



Dan* les dép.irtcmcnts, on cote . 

Amiens, par kilogr poids net : bœufs et vaches, 
4.60 à 3.40: veaux. '2.25 à 3.65: porcs. 3,85 à 3.00. 

Caeii. par kilogr. poids net : bœufs, 2.80 à 3.10: 
veaux, 3.20 k 3.60; moutons, i.80 à 5.80 ; porcs, 4 à 
1.20. * 

ChartiTs, par kilogr. poids mort: veaux ^as, 3.40 
A MO. 

Cholet, par kilogr. poids vif : boeufs, 1.16 à 1.26: 
■vaches, l.H ft 1.21; porcs, m moyenne, 3.10. 

Le M'in^. par kilogr. poids vif ; bœufs, 1.10 à 1.40: 
vaches. I n t.:;0; voaux, 1.40 à 1.80. 



kilogr. poids vif : b(\M)ls. l.io à 
à 1.70; moutons, 2 à 2.40; porcs 



1 :io- 
, 1.40 



bœufs, 1.80 à 2.21; 



: bueufs, 
100 à 21 



150 à 
; fr. ; 



Tours, par 
veaux, 1 10 
à 1.60. 

I.>/on, par kilogr. poids vif : 
veau, 2 à 2.30: porcs, 2.60 n 3 fr. 

Bordeaux, par 50 kilogr. poids mort 
195 fr. : vaches. 110 à 170 fr.; veaux, 
moulons, 160 à 215 fr. 

A Oeiiive. on cote par kilogr. poids vif: bœufs, 2 à 
2.40: venu. 2 à 2.75; porcs, 3.90 à » fr. 

Viandes. — Derniers cour» officiels aux Halles 
centrale» de Pari» (par kilogr.' : 
Daruf. 

3 40 à 4 60 Trains 3 00 » 3 30 

3 00 -2 00 Cnissss .... 3 30 4 40 
i 00 6 60 Pis et collet. . 3 40 3 CO 
3 60 3 .V) Bavette .... 3 40 3 bO 

Veau. 
3 70 è 3 80 Pans et cuiss. 3 40 k 4 80 
3 ^0 3 60 Veaux de Caen: 

3 iO 1 '4 de devant.. 3 00 à 3 40 

3 90 1/4 de dorriôre. 
Veaux bretons. 

Afouton. 
à 4 80 Gigot 

4 30 Carrés pards. . 

3 ^0 A^'oeaux . . . 
Porc. 

à 4 IS 

4 10 
3 40 3 70 
3 00 4 30 



1/4 de derrière. 
1/4 de devant. 
Aloyau .... 
Paleron .... 

Extra. . . . 
1" qualité. . . 
2' — ... 
3> — ... 



1" qualité. 



3' — 



3 30 
3 00 



4 iO 
3 80 
3 30 



3 (;o 

■2 60 



4 60 
3 40 



Extra 4 30 

I" qualité. . . S 80 



.'• 311 à 6 40 
4 30 8 80 
3 30 4 30 

30 



Filets 3 40 i 5 

Jambons ... 3 CO 

Kcins 3 40 

Poil, salées . . > a 

en hausse. Dernière cote 



4 50 
5i00 



Poit. fraîches. 

Suifs. — Cours encore 
officielle à Paris : 215 fr. par 100 kilogr. 

Vins. — La fermeté est grande sur les marchés 
méridionaux: d'aprè» les apparences de la vigne, la 
récolte parait devoir être irrégulière. On cote par 
hectolitre nu : Simfi, vins rouges 7 à 8», 74 fr. ; 8 à 
9». 75 fr. : 11», 80 fr.: vins rosés, 82 à 85 fr.; Uéziern, 
vins rouges 10 à 12», 74 fr. ; vins rosés, 70 à 75 fr.; 
vin» blancs. 75 à 80 fr. : Sarhonne. vins muges, 70 à 
7i fr., sui'.'ant (pialité. Dans le lleaiijolnis. les vins 
ordinaires se cotent de 200 à 210 fr. la pièce: dans 
le Clioloiimiis, on paie par hectolitre nu : vins 
rouge», 80 à 85 fr.: vin» blancs, .S5 à ?0 fr. En 
Alf/érie, les prix sont soutenus-; derniers cours offi- 
ciels sur quai à Alger par hectolitre : vins rouges 
extra. 41 à 47 fr.; 1" choi.x. 36 à 40 fr. : 2' cbow, 
30 à 35 fr. ; vins rosés, 33 à 40 fr. : vins blancs, 85 à 
50 fr. suivant degré. 

Alcools. — Les cours sont très soutenus sur les 
marchés du Midi. On paie par hectolitre : 3,6 vin bon 
g.uit .SI.", 41)0 fr. à Uéziers et 50O fr. à Xi mes; 
3 6 marc, 350 fr. à Bcziers et 335 à 340 fr. à Niinee. 
Soufre. — (illres rares à .Marseille, où l'on cote 
par 100 kilogr. : sublimé ou Heurs, C8 f r. ; raffiné. 
66 fr. : trituré, 57 h 60 fr. 

Fécules. — Prix toujours en hausse. On cote la 

fécule première 172 à 175 fr. par 100 kilogr. k Paris. 

Beurres. — Depuis la suppression générale des 

taxes, les prix se fixent, suivant les marchés, de 4.50 

à 7 fr. par kilugr. 

Œufs. — Dans les départements, les œufs sont 
vendus île 1..S0 à 2.2" la douz.iine. 

Tourteaui. — Nouvelle hau'se. On cote ii la Bourse 
de Marseille par 100 kilogr. : lin, 53 fr.; arachides 
Hiilisque, 40 li 43 f r. ; Coroniandel, 37.50: séMine 
blanc, 38 fr. : coprah, 48 à "o fr. ; palmiste. .73 fr. 

B. Dl IIA.MI. 

I.e fférant : Chakhs Dctkkix. 
Paris. — L Maiikths(;x, impriniour, t, ruo Casbclle. 



CHRONIQUE 

armées, le plus souvent il n'y a plus d'ex- 
ploitant du sol; la culture y est enlieprise 
par la main-d'œuvre militaire. Un concours 
très actif a été donné, aussi bien par l'armée 
anj;laise que par l'armée française; dans un 
seul secteur, 1 000 hectares ont été labourés 
par les soldais, lieux officiers .-ronl chargés 
d'établir, i\ cet efl'et, la liaison entre les auto- 
rités militaires et le ministère de l'Agricul- 
ture : le capitaine Thomassin pour la zone de 
l'armée an^'laise, et le capitaine Guicherd, 
inspecteur de r.\griculture, pour celle de 
l'armée française. 

Dans les autres parties des régions libérées, 
là oij la vie civile tend à se reconstituer, c'est 
là que les cultivateurs, propriétaires ou fer- 
miers, participent aux avances en cheptel, en 
instruments, en argent, nécessaires pour la 
mise en culture. Des avances seront imputées 
ultérieurement sur les indemnités qui leur 
sont dues poui- la réparation des dommages 
de guerre. 

Les régions actuellement libérées sont très 
inégalement réparties entre les quatre dépar- 
tements du Pas-de-Calais, de la Somme, de 
l'Oise et de l'.Aisne; c'est surtout dans ceux 
de la Somme et de l'Oise, oii l'étendne des 
surfaces reconquises est la pins irnfiortanle, 
que fonclionne l'organisation dont on rient 
d'exposer les grandes lignes. L'initiative 
prise parle ministère de r.\griculture permet 
d'espérer que la reconstitution agricole sui- 
vra pas à pas la inarche en avant des armées 
alliées. 

.\ celte occasion, il convient de protester 
contre une méthode que vient de proposer la 
Commission du budget de la Chambre des 
députés, pour la réfarlilion du crédit destiné 
aux avances qui' le ministère de l'Agriculture 
doit faire aux cultivateurs des régions libé- 
rées. Alors que le projet de loi proposait de 
confier aux Commissions départementales les 
achats nécssaires, la Commission du budget 
exige que ces achats soient exécutés par des 
tiers mandataires. On ne comprend pas l'uti- 
lité de recourir à des intermédiaires dont l'in- 
trusion aurait pour conséquence d'accroître 
les dépenses retombant, en fin de compte, sur 
le dos des malheureux cultivateurs. Les Com- 
missions départementales fonctionnent de la 
manière la plus régulière, et avec un dévoue- 
ment auquel on doit rendre justice. 

Les tractenrs dans les régions libérées. 

l'ar un arrêté en date du l.'j mai, le mi- 
nistre de l'Agriculture a décidé que les dé- 
partements, communes» ou groupements agri- 
coles ayant soufTerl de l'invasion, qui bénéfi- 



AGRICOLE , 215 

cieront pour l'achat de tracteurs d'une sub- 
vention égale à la moitié du prix d'achat, 
pourront rétrocéder leurs appareils aux 
mêmes conditions, c'est-à-dire à la iiioilié du 
prix d'achat, à un ou à plusieurs agriculteurs 
victimes de dommages de guerre. 

Chaque agriculteur acquéreur devra s'en- 
gager envers le cédant à labourer et ense- 
mencer pendant l'année agricole débutant 
au 1" aofit suivant l'acquisition, et pur ap- 
pareil, sur les terres de la circonscription 
départementale ou comnmnale ou des mem- 
bres du groupement, un minimum de ."lO liec- 
tares à ensemencer en blé ou de 100 hectares 
destinés