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JOURNAL
DAGRICliLTl'RB PRATIQUE
FONDÉ EN 1837 PAB ALEXANDRE BIXIO
et JOURNAL DE L'AGR I CU LTU RF
FONDÉ EN 1366, rUaiONNÈ AVEC Lj-JOUHNAL O'AGBICULTUBE PRATIQUE EN 1909
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Hiil>ACTKU5if»E'N CHEF :
Heinry ïjA^IER, 0. «
Se-.'.-.-'Are perpétuol de l'Acaciémic a'AgriouUurc ^
Anrien rédacieur en cljef du Jo'jrnat MVAgriculturf; Meimbre du Conseil supérieur de l'Agriculture.
Secrétaire de la Rédaction : -Pierre BEkTHAULT
Ingénieur agricole, Docteur es sciences, "
Membre du Conseil sttii/.-nPur d.- l'A- liculture.
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82= .ANNÉE. — 1918
IVonveUe série. — TOME ai
'tOMÏ 142 DE LA f,.>J,LBCT10N COMPLÈTE DU JOUHNAL d'AOBICULTUBK PBAllyllE
PARIS
LIBRAIRIE AGRICOLE De'lA MAISON RUSTIQUE
26, RUE JACOB, 26
t918
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LIBRARY OF THE NEW VOxv.. ^^^a.UCAL GAKnEW
JOURNAL
D'AGRICULTURE PRATIQUE
ei JOURNAL DE L'AGRICULTURE
FUSIONNÉ AVEC LE JOURNAL D'AGRICULTURE PRATIQUE EN 1909
8 2' ANNÉE. - 1918
Konvelle série. — TOME 31
Tome 142 de la collection complète du Jour.n.\l d'Agriculture pratiqua
PRINCIPAUX COLLABORATEURS
DU JOURNAL D'ACtRIGULTURE PRATIQUE
H. d'Anchald, ingénieur agricole.
P. Audouard, directeur de Station agronomique.
P. Antoine, ingénieur agronome.
James Aguet ^, agriculteur (Italie).
Ardouiu-Dumazet ©, publicisle.
Octave A'jdebert, viticulteur (Gironde).
Henri Aymé, apiculteur (Vaucluse).
G. Barbé, météorologiste an Bureau central.
L. Barillot ©, artiste peintre.
Fernaiîd de Barrau. agriculteur (Aveyron).
Mauricp Beau, ingénieur agronome.
Ch. Beaugé. ingénieur (Egypte).
A. Beckerich, ingénieur agricole.
C. Bodmer, dessinateur.
E. Bonlet. Présid. du Syndicat agricole du Roumois.
A. Bourilly. professeur à l'école d'agriculture d'Hyères.
A. Bourgne, D^ des Services agricoles de l'Eure.
L. Bourguignon, Sï, ancien directeur du Journal
rl'Atiiiculture pratique.
L. Bréchemin. aviculteur.
F. Bréheret ift, inspecteur de l'agriculture.
L. Brétignière, professeur à Grignon.
F. Briot. conservateur des Eau.\ et Forêts en retraite.
Raymond Brunet, ingénieur agronome.
J. M. Buisson *, mandataire aux Halles centrales.
G. Bulharowski, ingénieur agronome.
L. Bussard, s-directeurde la Stat. d'essais de semenc.
Georges Carie, directeur de l'AgricuIt. à Mad.igascar.
Chapelle, directeur du Service de l'Oléiculture.
Chervin, dir. des Servic.de l'cxpcrimentation (Alger).
E. Chomet ifi;, propriétaire-éleveur (Nièvre).
A.'L. Clément ift, naturaliste, dessinateur.
R. Clerc, ingénieur agronome.
F. Couvert d, ancien professeur à l'Institut agronom.
G.Couanon.O. ift, inspecteur général de la viticulture.
G. Coupan, ing. agr., répétiteur à l'Institut agron.
F. Couston, ingénieur agricole, agriculteur (Algérie).
J. Crevât, agriculteur (Ain).
J. Crochetelle, directeur de Station agronomique.
P. Dechambre, professeur à Alfortetà Grignon.
A. Demolon, directeur de la Station agron. de l'Aisne.
D. Donon, Dr des Services agricoles du Loiret.
V. Ducomet, professeur à l'école d'agr. de Rennes.
Georges Emion, docteur en droit.
Ferrouillat 4r, directeur de l'école de Montpellier.
Fleurent!i¥,prof. au Conservatoire des arts et métiers.
E. Foëx, direct.de la Station de pathologie végétale.
G. Fron, maître de conférences à l'Institut agronom.
Garcia !ft, directeur de la Station d'Eure-et-Loir.
U. Gayon, 0. îft, direct, de la Station agr. de Bordeaux.
A.-Ch. Girard, O.iiî, professeur à l'Institut agronom.
Henry Girard, agriculteur.
André Gouin, agriculteur (Loire-Inférieure).
Raoul Gouin, ingénieur agronome.
Alfred Grau, ingénieur agronome.
G. T.-Grignau, pul3liciste agricole.
H.Grosjean, O.ift, inspecteur général de l'agriculture.
Ch. Guflroy, ingénieur agronome.
J.-M. Guillon.ô, inspecteur général de la viticulture.
H. Hitier, maître de conférence 1' stitut agronom.
Joseph Hitier, professeur à l'Institut agronomique.
E. Kayser, », direct, du laboratoire des fermentations.
Labergerie, agriculteur (Vienne).
S. G. de Laharpe, professeur d'agriculture (Cha-
rente).
M. Laplaud, ingénieur agronome, agriculteur.
H. de Lapparent.O. îR, insp. gén. hon. de l'agric.
S. de Larclause, !ft. direct, de ferme-école (Vienne).
Lemasson La Morinière, professeur d'agriculture.
Ernest Lemoine, 5*, aviculteur.
Eug. Leroux, direct, de l'école de Fayl-Billot.
F. Lesourd, publiciste agricole.
Pierre Lesne, assistaut au Muséum
L. Lindet, 0. !ft, professeur à l'Institut agronomique.
J.-E. Lucas, ingénieur-agronome.
F. Main, ingénieur agronome.
L. Malpeaux, dir. de l'école d'agr. de Berthonval.
H. Mamelle, maître de Conférences à Grignon.
Louis Mangin, 0. ift, membre de l'Institut.
Maurice Mangin, inspecteur des Eaux et Forêts.
Dr Marchai ift, ujembre de l'Institut.
H. Marié-Davy, ingénieur agronome.
Francis Marre, chimiste expert.
L. Mathieu, directeur de Station œnologique.
P. Mazé !R,chef de service à l'Institut Pasteur.
J. Méline, sénateur.
X. Menegaux, assistant au Muséum.
E. Miège, chef de travaux à l'école de Rennes.
N. Minangoin. Insp. honor. de l'agricult. (Tunisie).
Pierre de Monicault, ingénieur agronome.
Dr G. Moussu iS;. professeur à l'école d'Alfort.
Paul Muller, agriculteur à Eguisheim ^Alsace).
A. Mûntz, 0.!R,de l'Académie des sciences.
J. Nanot, 0. iS, direct, de l'école d'hortic. de Versailles.
E. Noffray, botaniste cryptogamiste.
R. Olry, ingénieur agronome.
Rieul Faisant, du Comité de la vente du blé.
G. Pageot, ■ÎJ, agriculteur (Sarttie).
D' G. Patrigeon. !ft, viticulteur i Indre).
G. Paturel. directeur de Station agronomique.
Le baron Peers. agriculteur (Belgique).
J. Pellissier, professeur d'agriculture (Lot-et-Gar.).
II. Pillaud, ingénieur agronome.
Emile Pluchet, président de la Société des Agricul-
teurs de France.
Eugène Plui het, de l'.Académie d'agriculture.
E. Rabaté, D'des Services agric. (Cher).
L. Rigolard, ingénieur agronome.
M. Ringelmann *, professeur à l'Institut agronom.
Ernest Robert, président du comice de St-Quentin.
A. Rolet, ingénieur agronome.
E. Rousseaux ift, D^de Station agronomique.
Paul Roux, agriculteur (Puy-de-Dôme).
L. de Roussen, viticulteur.
Emile Saillard ijï, professeur à l'école de Douai.
Comte de Saint-Quentin, de l'Académie d'agriculture.
E. Schribaux, ft, professeur à l'Institut agronom.
T. Sarazin, professeur d'agriculture (Vendée).
L. Tardy ©, maître de conférences à l'Inst. agron.
Eug. Tisserand, G. 0. ïj;, membre de l'Institut.
A. Truelle, de l'Académie d'agriculture.
Marcel Vacher, O.iS, de l'Académie d'agriculture.
J. Van der Vaeren, insp. de l'agriculture (Belgique).
M. de Vilmorin, ift, de l'Acalémie d'agriculture.
P. Vimeux, ingénieur agr' nome.
L. Vuafluart, directeur de Station agronomique.
J.-P. 'Wagner, professeur d'agriculture (Luxembourg).
G. 'Warcollier, D'' de la Station pomologique.
G. 'Wery, -ft, sous-directeur de l'instrtut agronom.
P. Zipcy, professeur d'agriculture ((Charentes).
D. Zolla, professeur à l'école de Grignon.
JOURNAL
D'AGRICULTl'BE PRATIQUE
FONDE EN 1837 PAR ALEXANDRE BIXIO
et JOURNAL DE L'AGRICULTURE
FONDÉ EN 19136, FUSIONNÉ AVEC LE JOURNAL D'AGRICULTURE PRATIQUE EN 1909
RÉDACTEUR EN CHEF :
Henry SAG\IER, 0. «
Secrétaire perpétuel de l'Académie d'Agriculture,
Ancien rédacteur en chef du Journal de t'AgricuUure, Membre du Conseil supérieur de l'Agriculture.
LreRARY
IVEW YOKK
: BOTANICAL
I 6ARUK.V
Secrétaire de la Rédaction : Pierre BERTHAULT
Ingénieur agricole, Docteur es sciences.
82« ANNÉE. — 1918
\onveIlc série. — TOME 31
Tome 142 db la collection complète do Journal d'Agriculture pratique
PARIS
LIBM.VIKIE AGRICOLE DE LA MAISON RUSTIQUE
26, RUE JACOB, 26
1918
JOURNAL
D'AGRICULTURE PRATIQUE
CHRONIQUE AGRICOLE
Vote par le Parlement des crédits provisoires pour le premier trimestre de 1918. — Relèvements d'impôts
et taxes nouvelles. — Création de postes de Commissaires ù l'Agricultm'e. — Arrêté relatif à l'iiuporta-
tion des peaux de l'Afrique occidentale. — Mesures réglementant l'approvisionnement en essence pour
les moteurs agricoles. — Nominatii'n d'inspecteurs de l'Agriculture. — Relevé de la récolte des vins en
France et en Algérie. — Etudes sur la vinification du Chenin par MM. Moreau et Vinet. — Vœux de la
Société d'Agriculture du Gard relativement aux plantations et replantations de vignes et au développe-
ment de la culture du blé. — Primes à la culture du chanvre et du lin en 191". — Interdiction de la
main-d'œuvre d'Etat pour les cultivateurs de chicorée. — Discussion relative au bétail de Madagascar.
— Création d'un concours pour la production des graines de betteraves .à sucre. — Concours pour les
appareils propres au séchage des graines. — Dates des déclarations à faire par les candidats à l'Ins-
titut agronomique et aux Ecoles nationales d'Agriculture en 191S. — Comparaison des prix du bétail à
La Villette en décembre des six dernières années. — Récolte des pommes de terre en France et en
Angleterre.
Le budget pour 1918.
Les dépenses nécessaires pour soutenir la
lutte imposée à la France depuis plus de
trois ans se sont accrues dans des propor-
tions énormes. De ces dépenses, les unes
sont temporaires, les autres resteront per-
manentes; pour y faire face, il est néces-
saire d'ajouter aux ressources fournies par
les emprunts des relèvements dans les im-
pôts qui grèvent les contribuables. Déjà des
opérations de ce genre ont été effectuées
dans la loi de finances pour 1917 ; la loi du
31 décembre dernier, qui a ouvert les crédits
provisoires applicables au premier trimestre
de 1918, renferme de nouvelles dispositions
qu'il convient de signaler.
Les relèvements portent sur des contribu-
tions directes ou sur des contributions indi-
rectes.
C'est d'abord une augmentation progres-
sive de la contribution spéciale sur les béné-
fices exceptionnels de guerre. C'est ensuite
une série de dispositions relatives aux droits
de mutations: des tarifs nouveaux sont appli-
cables aux successions dont le montant dé-
passe 25.000 fr., différents suivant le nombre
des enfants, avec limitation de la faculté
d'hériter au sixième degré. Des relèvements
analogues sont appliqués aux droits d'enre-
gistrement dans les donations entre vifs.
Une série de taxes nouvelles a été établie
sur les paiements: taxe de fr. :20 par 100 fr.
sur tout paiement d'une somme supérieure
à 150 fr. pour une marchandise quelconque,
sauf quelques exceptions, notamment pour
les effets de commerce assujettis au droit
proportionnel de timbre ; taxe de 10 fr. par
100 fr. sur le paiement d'un objet quelcon-
10 Janvier 1918. — N' 1.
que qu'une loi ultérieure désignera comme
marchandise ou objet de luxe. Ces taxes sur
les paiements ne seront perçues qu'à partir
du 1" avril prochain.
Sur d'autres relèvements d'impôts, l'ac-
cord ne s'est pas encore établi entre le Sénat
et la Chambre des Députés; ils feront l'objet
de dispositions spéciales.
Commissaires à l'Agriculture.
On trouvera plus loin (p. 16) un décret ins-
tituant une nouvelle fonction, celle des Com-
missaires à l'Agriculture. Trois députés,
MM. Cosnier, Compère-iMorel et Le Rouzic,
sont chargés de missions spéciales détermi-
nées par ce décret.
Police sanitaire du bétail.
On a lu dans la Chronique du 13 décembre
(p. 479) qu'un arrêté ministériel avait pro-
hibé l'introduction en France des animaux et
de leurs produits en provenance de l'Afrique
occidentale française. Un nouvel arrêté a dé-
rogé à ces dispositions et a autorisé l'impor-
tation des peaux sèches et des laines de cette
provenance. Ces produits ne pourront être in-
troduits que par les ports de Bordeaux, du
Havre et de Marseille; ils y seront soumis au
contrôle du Service sanitaire vétérinaire.
Pour les moteurs agricoles.
Uu arrêté du ministre de l'Agriculture, en
date du 2-2 décembre, a institué, au Service
du matériel agricole, une section spéciale
chargée de toutes les questions relatives à
l'approvisionnement, à la répartition et au
contrôle des essences, pétroles et huiles de
graissage pour ce qui concerne les besoins
agricoles. L'inspecteur général de l'agricul-
1918, — 1
6 CHRONIQUE AGRICOLE
ture, chef du Service du matériel agricole,
est chargé d'assurer la répartition des quan-
tités de ces produits, mises |à la disposition
du Département de l'Agriculture et du Ravi-
taillement, pour le fonctionnement des mo-
teurs employés en agriculture, et de contrô-
ler l'emploi des quantités délivrées, soit par
lui, soit par les fonctionnaires désignés à cet
effet.
Inspection de l'Agriculture.
Par décret en date du 10 décembre, ont
été nommés inspecteurs de l'Agriculture de
3'' classe :
M. Cassez, directeur des Services agricoles de
la Haute-Marne.
M. I^aurent (Albert), directeur des Services
agricoles de la Savoie.
M. liolland, directeur des Services agricoles du
Rliône.
M. Laurent (Félix), directeur des Services agri-
coles de la Seine-Inférieure.
M. Cliappaz, directeur des Services agricoles
en service détaché, directeur de l'Ecole colo-
niale de Tunis.
L'entrée en fonctions de MM. Cassez et
Laurent (Albert^ a été fixée au 1" janvier
1918. Celle de MM. Rolland, Laurent (Félix)
et Chappay. aura lieu dès que les disponibi-
lités budgétaires le permettront.
La récolte des vins.
On trouvera plus loin (p. 8) le tableau, par
départements, de la récolte des vins en 1917,
d'après les déclarations des viticulteurs sur
la récolte elle-même et sur le stock existant
dans leurs caves au 1" octobre. D'après ce
tableau, dans son ensemble, la production
diffère peu de celle de l'année précédente,
l'excédent ne dépassant pas 2 64G 000 hecto-
litres ; mais, à raison de la faiblesse des
stocks, cet excédent est diminué, de sorte
que les ressources disponibles ne dépassaient,
au i"' octobre, que de 2 542 000 hectolitres
celles de la campagne précédente. Ces cons-
tatations confirment les prévision? qui avaient
été présentées dans nos colonnes.
En Algérie, la production des vins est éva-
luée, d'après les déclarations de récolte, à
6 233 0li9 hectolitres; elle avait été de 8 mil-
lions 781 266 hectolitres en 1916.
Questions viticoles.
A diverses reprises, nous avons eu l'occa-
sion de signaler l'activité de la Station œno-
logique de Maine-et-Loire créée par la So-
ciété industrielle et agricole d'Angers pour
l'étude des problèmes les plus importants
pour la viticulture de la région. Les expé-
riences et les observations qui y ont été pour-
suivies sont nombreuses; celles sur la vinifi-
cation ont été réunies par MM. L. Moreau et
E. Vinet, directeur et sous-directeur de la Sta-
tion, dans une importante brochure sous le
litre Etudes sur la vinification des raisins
blancs de Chenin. Le Chenin ou Pineau blanc
de la Loire est le cépage fondamental du vi-
gnoble angevin. Les vins d'Anjou lui doivent
leurs qualités remarquables; mais sa vinifica-
tion, pour être parfaite, exige des soins mé-
ticuleux. Depuis 1906, MM. iMoreau et Vinet
se sont livrés chaque année, sur ce sujet dé-
licat, à des expériences dont le but était de
préciser les meilleures méthodes à suivre
suivant les années, qu'elles soient favo-
rables ou défavorables. Les résultats de
cette longue expérimentation sont consignés
dans leur brochure. Ils passent successive-
ment en revue l'influence de la température
sur la fermentation, celle du débourbage, les
conditions et les méthodes d'amélioration
des moùls, l'emploi des levures sélection-
nées, etc. Si l'amélioration des moùls s'im-
pose lorsque le besoin s'en manifeste, il con-
vient de ne l'opérer qu'avec discernement.
Telle est la conclusion de ces expériences,
que le concours apporté d'ailleurs par un cer-
tain nombre des meilleurs viticulteurs
d'Anjou permet de dégager pour apporter à
tous des indications éminemment utiles.
— La Société centrale d'AgricullureduGard,
présidée par M. Gustave Cosle, a émis, dans
sa séance du 10 décembre, les vœux suivants :
Considérant que dans les circonstances ac-
tuelles toutes les régions de France doivent
porter au maximum leur production de céréales;
que la région viticole en particulier, s'inspirant
de l'intérêt natioiial, doit auenienter ses cultures
de blé.
Considérant qu'un effort très sensible a été
fait dans ce sens; mais que certains viliculteurs,
malgré les avis qui leur ont été donnés par les
Sociétés d'Agriculture, au lieu d'imiter leurs
voisins qui ont étendu leurs cultures de blé,
piéfèrent employer leurs moyens d'action à
l'extension de leur vignoble.
Emet le vœu :
Que, pendant la durée des hostilités, toute
plantation nouvelle ou replaiitation de vignes
soit interdite, les rempiaoements des ceps morts
restant autorisés dans les vignej en production.
En outre, la Société, en renouvelant ses
vœux tendant à l'abolition de la taxation des
céréales, a demandé l'organifation de Com-
missions départementales qui auraient les
pouvoirs nécessaires pour disposer des terres
abandonnées et les concéder à des agricul-
teurs qui ofiriraient de les cultiver à leurs
CHRONIQUE AGRICOLE
n
risques el périls en céréales, et particulière-
ment en blé.
Culture du chanvre et du lin.
Par un arrêté du minisire de l'Agriculture
en date du 28 décembre, le taux de la prime
allouée aux cultivateurs de lin et de cbanvre
a été tixé, pour l'exercice 1917, à GO fr. par
hectare.
Ce taux est, comme les années précédentes,
le maximum prévu par la loi.
La chicorée à café.
La culture de la chicorée à café, autrefois
confinée dans les déparlements du Nord et du
Pas-de-Calais, a pris, dans les dernières an-
nées, de l'extension dans d'autres régions;
mais celte culture n'est pas comprise au
nombre de celles qui sont considérées comme
essentielles à la résistance du pays (voir le
numéro du 29 novembre, p. 468) et aux-
quelles la main-d'œuvre fournie par l'Elat
peut venir en aide. Pour ce motif, par une
circulaire en date du 29 décembre, le mi-
nistre de l'Agriculture a fait connaître que
des ordres formels sont donnés pour qu'au-
cun travailleur ne soit mis par les Commis-
sions départementales de la main-d'œuvre
agricole à la disposition de cultivateurs de
chicorée.
Le bétail de Madagascar.
Une longue discussion s'est engagée ré-
cemment à la Chambre des Députés sur les
ressources à tirer du bétail de la colonie de
Madagascar. On sait que le iroupeau bovin
de ia grande ile est très important, et que
l'exportation vers les pajs de r.\frique du
Sud y était assez active, alors que la France
n'en lire qu'un minime profit, même sous
forme de viande frigorifiée. Cette discus'-ion
s'est terminée par l'aiioption de la résolution
suivante :
La Chambre invite le Gouvernement à recou-
rir d'urgence à tous les moyens qui permettront
à la l'rance de bénéficier de la façon la plus
complète du cheptel bovin de Madagascar, no-
tamment à interdire son exportation pour tous
autres pays que la France, pendant le temps qui
sera jugé nécessaire à la reconstitution du chep-
tel national.
Le ministre des Colonies a fait observer
que l'utilisation de ces viandes est subordon-
née au problème des transports maritimes.
Institut agronomique
et Ecoles nationales d'Agriculture.
Les dates des examens d'admission en
1918 ne sont pas encore fixées. Mais les can-
didats doivent faire, au ministère de l'Agri-
culture fBureau de l'enseignement agricole),
avant le 1" mars prochain, leur demande
d'inscription accompagnée des pièces régle-
mentaires.
La graine de betterave à sucre.
Des efforts sont poursuivis pour aflranchir
la France de la tutelle à laquelle elle était
soumise vis-à-vis de l'Allemagne pour la
production des graines de betteraves à
sucre.
En vue d'encourager ces eO'orts, un arrêté du
minisire de l'Agriculture, en date du 12 dé-
cembre, a institué un concours entre les sé-
lectionneurs de nationalité française qui se
livrent à la production de ces graines. Ce
concours est naturellement de longue ha-
leine. Les sélectionneurs désireux d'y parti-
ciper devront se faire inscrire au ministère
de l'Agriculture avant le i°' mai 1918 el en-
suite avant le 1"' mai de chaque année, en
indiquant leurs méthodes de sélection, de
production et de conservation des graines.
Une Commission spéciale de trois membres
sera chargée de suivre leurs opérations; elle
devra présenter, avant le 1'"' octobre 1921, ses
conclusions et ses propositions pour l'atlri-
bulion de récompenses. Une somme de
20 000 fr. sera mise à sa disposilion pour
être distribuée, s'il y a lieu, en prix aux con-
currenls.
Un autre arrêté, de même date, institue un
concours d'appareils destinés au séchage des
graines de betteraves. Ce concours aura lieu
en 1918 ou en 1919 à une date qui sera fixée
ultérieurement. Les constructeurs français
y seront seuls admis et devront adresser
au ministère de l'Agriculture, trois mois
avant la date qui sera fixée, une déclaration
renfermant des indications détaillées sur
leurs appareils. Ces appareils seront classés
en deux groupes suivant qu'ils traiteront
une tonne ou moins d'une tonne à l'heure.
Ils devront répondre aux conditions sui-
vantes ;
1° Permettre de rampner la teneur en eau des
graines de betteraves de 18 à 20 0/0 à 13 0/0 et
cela par une dessiccation opérée à une tempéra-
ture ne dépassant pas 70 à ~o degrés.
2° Ilendre aussi court que possible le séjour
dans le séchoir de l'entrée à la sortie;
3° Ne pas renfermer de gaz de combustion qui
nuirait à la faculté germinalive des graines dans
le cas où la dessiccation serait réalisée par un
courant d'air chaud;
4° Pouvoir être mis facilement en marche ré-
gime et vidés en totalité; il faut en outre qu'ils
RÉCOLTE DES VINS EN FRANCE EN 1917 ET EN 1916
soient rustiques et n'exigent qu'une faible dé-
pense de force.
Les appareils présentés pourront servir à plu-
sieurs usages, notamment à la dessiccation de
toutes autres graines, fruits et produits divers.
Le concours esl doté d'un prix de 30 000 fr.
à décerner à l'appareil le plus méritant. Ce
prix pourra être divisé.
Le bétail à La Villette.
Le Journal Officiel a publié, d'après les
documents du ministère de l'Agriculture, le
relevé des prix du kilogramme de viande
nette au marché de la Villette, à Paris, pen-
dant la deuxième quinzaine de décembre. En
voici un extrait :
B(i.'ut'. Vache. Taureau.
1" quai. 3" quai. l"qual. -S' quai. l"qual. 3' q.
1911
3.26
2.68
3.26
2.66
3.02
2.60
1916
2.60
2.32
2.60
2.30
2.40
2.16
1915 .
2.24
1.91
2.24
1.90
2.04
1.81
1914.
2.05
1.83
2.05
1.83
1.8o
1.69
1913
1.S4
1.56
1.86
1.56
1.54
1.36
Veay
.
Mouton.
Porc
.^00-
' — ^fc*-..
.V— -1^^ — ^
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.l»! - ■.
l"qual.
i' quai.
l'*qual.
3' quai.
1^' quai.
3- q.
191- .
4.90
3.-0
4.90
3.60
4.90
4.42
1916.
3.S0
2.60
3..J3
2.43
3.53
3.18
1915.
3.20
2.68
2.75
2.10
2.67
2.41
1914 .
2.55
2.03
2.36
1 96
1.41
1.23
1913 .
•2.65
2.40
2.60
2.10
1.63
l.o3
On doit se souvenir que pendant les der-
niers mois de 1914 le marché de La Villette
était désorganisé.
Les pommes de terre en France.
Le ministère de l'Agriculture n'a pas en-
core publié le relevé de la récolte des
pommes de terre. Mais on sait, par une cir-
culaire de M. Le Rouzic, directeur du Ser-
vice, que celle-ci a atteint 120 millions de
quintaux, au lieu de 91 en 191 0. C'est le ré-
sultat de la propagande faite au printemps
dernier. Pendant la période décennale qui a
précédé la guerre (1904-1913), la production
moyenne avait été de 134 millions de quint.
Les pommes de terre en Angleterre.
On a analysé récemment ici (Chronique du
29 novembre, p. 460) les renseignements
officiels sur la dernière récolte des céréales
en Angleterre et dans le pays de Galles. De
nouveaux documents se rapportent à la ré-
colte des pommes de terre.
La statistique anglaise accuse 508 000 acres
(environ 202000 hectares) en 1917, contre
428 000 acres (171000 hectares) en 1916.
C'est un accroissement de 32000 hectares,
c'est-à-dire de près de 1 cinquième, ce qui
représente un effort important.
A cette augmentation, s'en ajoute une
autre plus intéressante, c'est un relèvement
notable dans le rendement. La production
totale a été évaluée à 3 339 995 tonnes, au
lieu de 2 504 516 en 1916. L'augmentation
atteint 33 0. Le rendement moyen par
hectare est supérieur non seulement à celui
de l'année 1916, mais aussi au rendement
moyen de la période décennale de 1907 à
1916. Dans son ensemble, la récolte est la
plus élevée qui ait été enregistrée depuis que
des évaluations annuelles sont publiées,
c'est-à-dire depuis l'année 1885.
Henby Sacnier.
RECOLTE DES VJNS EN FRANCE EN 1917 ET EN 1916
Ain .
Aisne.
Allier.
Alpes (Basses-). . .
Alpes (Hautes-). . .
Alpes-Maritimes .
Ardèche
Ardennes (1)
Arièae
Slock.
hectolitres
13
330
718
6
412
395
145
3
648
7
323
1
016
.\NNEE 1917
RKCOLTE
(Quantité
déclarées.)
hectolitres
234 899
13 294
62 205
9 577
17 262
24 576
319 861
28 179
248
14
68
9
17
28
327
29
229
012
617
972
407
224
184
195
ANNÉE 1916
Slock.
hectolitres
8
586
1
270
4
65S
789
120
4
254
4
066
562
RÉCOLTE
(Quantités
déclarées.)
hectolitres
262
797
8
282
lit
549
23
070
16
192
60
333
343
393
25
533
Total.
hectolitres
271
9
146
23
16
64
347
26
383
552
207
839
312
789
459
113
SUBDIVISION
de la récolte de 1917.
Quantités
vinilit
es
sur place
hectolitres
234
899
13
294
62
205
9
527
17
262
24
363
314
887
28
179
Quantités
de vin
représen-
tées
par les ven-
danges
expédiées.
hectolitres
50
•213
4.974
RÉCOLTE DES VINS EN FRANCE EN 1916 ET EN 1917
DEPARTEMENTS
Aube
Aude
Aveyron
Bouches-do-Rhône. .
Cantal
Charente
Chareute-lnférieure. .
Cher
Corrèze
Côte-d'Or
Creuse
Dor.iogne
Doubs
Drùrae
Eure
Eure et-Loir
Gard
Garonne (Haute-)
Gers
Gironde
Hérault
Indre
Indre-et-Loire
Isère
Jura
Landes
Loir-et-Cher
Loire
Loire (Haute-)
Loire-Iuférieure
Loiret
Lot
Lot-et-Garonne
Lozère
Maine-et-Loire
Marne
Marne (Haute- 1
Mayenne
Meurthe-et-Moselle. .
Meuse
Morbihan
Nièvre
Puy-de-Dôme
Pyrénées (Basses- . . .
Pyrénées illautes-1 ..
Pyrénées-Orientales .
Rnone
Saône (Haute-)
Saône-et-Loire
Sarthe
Savoie
Savoie (Haute-)
Seine
Seine-et-Marne
Seine-et-i lise
Sèvres Deux-)
Tarn
Tarn-et-Garonne
Var
Vaucluse
Vendée
Vienne
Vienne (Haute-)
Vosges..
Yonne
Total : France.
«tock.
hectolitres
4 381
69 «1
3 956
10 456
3
>1 993
37 34)
3 911
105
15 063
»
16 244
127
5 908
»
48
19 023
16 107
22 283
417 201
84 300
2 86:i
25 269
6 317
7 661
7 498
20 532
16 483
51
8 50j
6 356
6 794
15 811
90
14 176
37 369
366
2
1 661
15
83
3 561
5 347
6 026
1 489
26 107
43 863
630
56 6S6
! 578
3 612
1 021
19
190
159
2 315
16 437
6 128
13 851
13 582
S 149
6 123
34
14 939
1 203 635
AN'.NKE 1917
RlicOLTE
^Quantités
déclarées.)
hectolitres
87 Bol
5 179 684
153 604
379 303
860
695 868
988 367
95 664
29 833
200 034
10
538 606
5 310
198 170
36
2 398
1 481 076
317 395
267 932
3 538 663
9 801 134
248 042
927 233
343 826
110 221
161 391
775 875
136 070
7 167
666 392
243 041
2117 116
S20 082
20 900
285 309
164 697
18 290
613
29 441
641
2 644
41 292
63 679
100 980
33 999
2 435 614
390 236
19 160
539 378
17 096
208 011
60 799
106
2 692
2 975
72 349
306 364
151 726
833 762
184 663
420 634
413 971
1 739
2 603
215 086
Total
55
20-
hectolilres
91 932
5 249 133
57 560
389 739
863
705 861
1 025 908
99 573
29 938
243 097
10
8,30
437
078
36
2 446
500 099
333 702
290 217
955 864
883 444
230 907
952 512
350 143
117 8X2
169 08H
796 407
132 333
7 218
674 897
249 397
213 910
335 896
20 990
299 485
202 066
IS 636
613
31 402
636
2 727
44 857
69 026
107 006
37 488
461 721
434 119
19 790
616 064
18 674
211 623
61 820
125
2 882
3 lU
74 664
522 821
137 854
869 613
198 245
423 783
420 096
1 766
2 605
230 025
Stock.
AXNEE 1916
RÉCOLTE
(Quantités
déclarées )
hectolitres
13 856
39 930
1 757
13 979
7 653
26 083
3 898
342
59 172
15 071
138
3 984
100
3 873
8 472
23 130
340 647
61 280
4 169
29 318
3 602
12 589
6 432
19 266
3 158
33
28 230
6 970
5 246
12 638
29
21 163
80 273
1 033
4
3 452
17
233
4 910
2 799
3 544
1 240
10 309
31 865
806
52 490
3 793
3 433
1 112
31
243
396
2 852
12 309
4 773
13 676
12 597
8 957
8 990
53
27
25 348
hectolitres
29 034
4 863 382
167 426
443 478
98 t
496 539
824 59 i
67 522
27 507
326 321
4
464 099
83 I
197 332
49
1 374
1 671 74i
288 492
376 412
2 969 391
9 079 911
S3 243
557 242
394 954
74 155
US 302
552 003
218 685
4 419
216 565
155 018
105 641
335 720
17 978
205 939
42 637
8 363
1 374
18 798
88
1 418
63 196
86 571
62 280
31 089
3 332 075
548 392
6 308
678 755
22 915
206 701
43 315
92
919
2 228
29 677
272 074
164 013
806 831
387 021
161 196
132 906
884
419
120 946
1 310 160 33 457 347 34 767 307
Total.
heclûlitres
42 890
4 905 312
169 183
439 457
983
504 192
830 677
71 420
27 849
385 493
479
1
203
1
1 687
296
399
3 510
9 141
87
586
398
86
124
.571
221
4
244
161
110
348
18
227
122
9
1
22
1
68
89
67
32
3 342
5S0
7
731
26
212
46
32
2X4
168
820
399
170
141
146
170
023
310|
49 I
4741
619,
964 1
5421
0381
191 I
412
SfiOl
536'
744 1
934
269 1
8i3,
454
8151
988 I
8871
338'
0071
lOt'
910
iOO
378
2311
105
631
106
370
824
329
384
237
114
243
710
134
427
123
164
624
329
383
786
507
618
153
896
937
446
294
SUBDIVISION
de la récolte de 1917.
Quantités
de vin
représen-
tées
par les ven-
danges
expédiées.
Quantités
vinitiées
sur pi
ace.
hectolitres
87
I!34
5 179
684
133
604
36b
131
860
69.3
446
988
321
93
661
29
833
192
OUO
10
538
606
5
121
197
039
36
2
398
1 465
802
312
961
267
932
3 538
624
9 798
577
248
142
919
903
343
695
109
694
161
591
775
864
136
070
(
167
666
392
243
03 :i
207
116
319
990
20
892
285
309
164
127
18 290 1
613
29
441
641
O
644
41
292
63
679
100
980
35
999
2 431
560
390
256
19
128
539
303
17
096
208
003
60
799
106
2
689
2
973
71
311
506
340
151
609
847
360
137
000
420
634
411
488
1
732
2
553
215
086
S3 979 798
hectolitres
517
13 172
422
244
3
034
189
1 131
13 274
4 634
40
2 5.37
7 330
131
527
U
92
8
570
034
n
32
85
1 038
24
117
8 402
47 634
2 483
52
124 093
10
L'ALSACE
LE MÉTAYAGE ET L'IMPOT SUR LES BÉNÉFICES AGRICOLES
Le Journal d'Agriculture pratique du
13 décembre a publié une étude relative à
Firapôl sur les bénéfices agricoles des pro-
priétés tenues en métayage, mais l'auteur
s'est appuyé sur un avis déjà ancien fourni
par l'Administration des Finances en ré-
ponse à une question posée par M. de Gail-
hard-Bancel, député. Cette réponse a, en elïet,
été insérée au Journal Officiel à la suite de
la séance de la Ctiambre dv 26 mai 1917.
Depuis lors, une précision est intervenue
lors du vote de la loi dans la séance du
18 juillet 1917. Permettez-moi de vous la
signaler.
M. de Monplanet ayant demandé au mi-
nistre des Finances dans quelles condi-
tions seraient établies les feuilles d'impôt
pour les exploitations par métayage, le pré-
sident de la Commission et son rapporteur
ont déclaré que « le loyer est représenté par
la portion des fruits que louche le proprié-
taire, que donc il n'a pas à payer d'impôt sur
les bénéfices de l'exploitation. »
L'impôt foncier, constituant un « impôt sur
le loyer de la terre », reste à la charge du pro-
priétaire; l'impôt sur les bénéfices agricoles,
constituant un « impôt sur le travail du
sol », reste à la charge du métayer. M. de
Monplanet ayant demandé si cet impôt ne
sera établi qu'une fois pour l'ensemble du
domaine, le ministre a répondu : u Oui, au
nom de l'exploitant et quel que soit le pro-
duit véritable, il sera toujours le même. »
Nous ne croyons donc pas que la question
envisagée puisse soulever des difficultés
d'interprétation.
Le revenu du bénéfice agricole d'une pro-
priété tenue en métayage incombe manifes-
tement au métayer seul et ces bénéfices n'ont
pas à figurer dans l'ensemble du revenu glo-
bal auquel le propriétaire pourrait être as-
sujetti du chef de l'impôt complémentaire.
J'ai pensé qu'il était utile de placer ces pré-
cisions sous les yeux de vos lecteurs.
A. DE Marcillac,
Secrétaire général de rAlliaiice des Contribuables.
L'ALSACE
« Peu de contrastes sont plus forts que
celui qui assaille le voyageur venant de Lor-
raine au débouché du col de Saverne. Pres-
que subitement, comme un rideau qui
s'écarte, les montagnes s'ouvrent et le re-
gard, engourdi par les mornes horizons de
guérets qui attristent les environs de Sarre-
bourg, voit s'épanouir des plaines riantes où
brillent, parmi les vergers, de pittoresques
villages. C'est l'Alsace qu'on salue avec une
surprise qui touche à l'émerveillement. » (1).
C'est que, comme le dit encore M. Vidal de
la Blache : « Une harmonie toujours présente
s'exhale de cet ensemble que le regard peut
presque partout embrasser : la montagne, la
plaine, le fleuve. » (2).
La montagne. — La montagne comprend
les plus hauts sommets des Vosges, les bal-
lons couverts de ces pâturages permanents
désignés sous le nom de chaumes où les
troupeaux de vaches vont passer la belle
saison. Rien que dans la région de la Haute-
Alsace, on comptait une cinquantaine de
« marcaireries », où se fabriquaient les fro-
(t) Vidal de la Blactie, la France de l'Es/.
(2) Vidal de la lilache, tableau de la France.
mages gras ou maigres, dits Munster ou
Suisse. Au-dessous s'étendent de magnifiques
forêts qu'interrompent seulement les vallées
descendant des sommets, et dans lesquelles
s'est concentrée une industriedesplusactives
et des plus variées : papeteries, blanchissages,
tissages mécaniques, etc., utilisant la rapi-
dité et la pureté des eaux vives de cette
région des Hautes-Vosges.
Le vignoble. — La chaîne des Vosges qui,
du cijté de la Lorraine, s'abaisse peu à peu,
présente, au contraire, des pentes escarpées
du côté du Rhin. Le long de cette chaîne,
constituée par des terrains anciens, des
roches granitiques et gréseuses, des roches
calcaires jurassiques forment une ceinture
de collines dites sous-vosgiennes. Là, se dé-
roule « jusque sur le territoire de la Basse-
Alsace — où l'interrompent les prairies de
Giessen — un des plus riches terroirs de
l'Europe, comparable par l'aspect, sinon par
la qualité des vins, à la Côte-d'Or et aux flancs
des montagnes de Reims et des Vertus. » (3).
C'est que non seulement le sol calcaire
(3; Ardoiiin-Dumazet, Voyaije en 'France (llaute-
Alsace.)
LlUKAIRlh AgRICOLK DE LA MaISON KuSTIOfE
Journal ci' Agiicultiiie' Pratique
fe, :*
r-
: — 3,>».5.: — .. ^.ji^^ji^M. ■ -aa *
*- ■ iT
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\'lLl.AGt l)h K')i;HI.NK(-.KG l AlSACE)
Maison d'un Village de Kochenbkkg (Alsace)
CONSTRUCTIONS RUHALES EN AI^SACÇ
L'ALSACE
U
chaud et sec y est favorable à la vigne, mais
le climat également : plus de brouillards et
lie pluies comme sur le versant occidental
des Vosges, un printemps précoce, des jour-
nées chaudes cà l'automne, un ciel lumineux.
Le vignoble alsacien couvre près de
33 000 hectares, et on peut dire que tous les
villages viticoles alsaciens donnent des vins
blancs excellents, secs, francs de goùl, se
conservant bien et se bouquetlant agréable-
ment; quelques-uns ont une renommée par-
ticulière : à Thann, le Rangeii, « si capileux
que nul ne peut en supporter un pot »; à
liuebviller, le Kilterlé, un des rois du vigno-
ble alsacien; à Turkheim, le Brand, tandis
que, en Basse-Alsace, à Molsheim, le cépage
riesling donne le Fin-
kenireni qui " brille
comme l'or dans les
gobi'lels K.
Sous prétexte de
germanisation, un dé-
cret d'Empire avait
modifié, malheureuse-
ment, les noms des
crus et villages d'Al-
sac'. Nous leur ren-
drons [les noms qui
sont vraiment les leurs.
La région du loess.
— En longs talus adou-
cis, ces collines « sous-
vosgiennes » s'incli-
nent vers la plaine,
finissant par dispa-
raître sous le loess ou
limon qui suit à dis-
lance la bordure mon-
tagneuse.
La bande de loess est, du reste, inégalement
répartie le long des Vosges; étroite surtout
au Sud, elle couvre à peine la moitié de la
Haute-Alsace; le précieux liiuoii manque
dans la région basse des ried et des alluvions
récentes sur les graviers et cailloux que les
torrents descendant des Alpes ou des.,Vusges
ont étalés, par exeuiple, dans la llart au
nord de Mulhouse. De grands travaux d'as-
sèchement et d'irrigation ont permis de créer
des prairies sur certaines parties de ces ré-
pions, mais les landes et les bois y cou-
vrent de vastes étendues (forêt de la llarl,
14 000 hectares;. Dans la Basse-.\lsace, les
forêts de Brumath et de Haguenau occupent
des terrains analogues.
Le loess est particulièrement étendu au
nord de Schlestadt et dans la Basse-Alsace ;
dans la région, à l'ouest, nord-ouest de Stras-
bourg jusqu'à Saverne et IlochWden, que
l'on appelle le Kocliersbergfl), il alteinl une
épaisseur de (iO à 80 mètres.
Limon très fin de couleur grise ou jau-
nâtre, doux au loucher, le loess se rèiluitsous
les doigts en poudre presque impalpable;
riche en calcaire, en acide phospliorique, un
peu moins en potasse, le loess est une terre
qu'on peut considérer comme coin]>lète au
point de vue chimique. Le seul reproche
qu'on puisse lui faire est de diviser le fumier,
car la nilrific^ition y est très active.
D'après E. Risler, si le loess est bon comme
composition chimique, on peut dire iju'il est
l'idéal des sols comme propriétés physiques.
On peut le labourer en toutes saison avec
Fiff. I
Iluublonnière daos un villyge du Kocliersiicri: Als3<:e).
I deux chevaux. Les plantes y souiïrent rare-
ment de l'humidité.
Toutes les récoltes y prospèrent : la vigne,
les arbres fruitiers, particulièrement les
noyers, la luzerne, le IrèOe, les planies in-
dustrielles, entre autres le tabac, et le hou-
blon, les céréales. Comme, ainsi que le re-
marquait encore E. Risler, le travail et l'in-
telligence des habilants ne valent pas moins
que leurs terres, on peut dire que le Koches-
berg, près de Sirasbourg, possèile une des
plus belles agricultures de l'Europe.
C'est, du reste, la région rurale et agricole
par excellence de l'Alsace, les cultures y
couvrent tout. Noire excellent et très distin-
gué collaborateur de ce journal, M. Ardouin-
(1) Dans les légendes de la planclie hors texte, on
doit lire : « villar/e du Kocliersbevg ■>, au lieu de
« l'illage de k'ocheiiberr/ >'.
12
L'ALSACE
Dumazet, dans le volume de son Voyage
en France qu'il a consacré à la Basse-Alsace,
nous a donné quelques chiffres slalistiques
précisant ce qu'était le système de culture
d'un canton du Kocliersberg :
Le canton deTruchtei'sheim, Jans le Ivocliers-
berg. comprend 13 347 hectares sur lesquels il
n'y a que 29 hectares de bois et 24 de friches.
Tout le reste est soumis à l'exploitation la plus
intensive ; 13 107 hectares sont retournés par la
bêche et la charrue ; les prairies couvrent
m hectares au fond des dépressions; il y a
196 hectares de vigues étende pâturages. La pro-
priété estextraordinairemenl morcelée, 8082pro-
priétaires s'y partagent 101 309 parcelles. Celles-
ci sont plus infimes encore qu'on ne pourrait le
supposer, car nombre de grosses fermes, appar-
tenant à des établissements charitables ou reli-
gieux, tels que l'hôpital de Strasbourg, occupent
de grands espaces réduisant la part des proprié-
taires.
Pour exploiter le soi, on emploie 2 462 che-
vaux, chiffre énorme, comparativement à l'éten-
due ; les étables renferment 8 749 bêtes de l'es-
pèce bovine et 448 moutons, on compte 5 122
porcs. Il est peu de campagnes aussi riches. Les
villages se pressent; on fait rarement une demi-
lieue sans rencontrer un centre; aussi la popu-
lation atteint-elle 108 habitants par kilomètre
carré, alors que la France, dans l'ensemble, en
possède 68 en moyeune.
M. Tisserand, dans son Economie rurale
de l'Alsace, nous a décrit :
Les spacieux villages de cette même région,
très rapprochés les uns des autres et reliés par
de magnifiques routes ombragées de beaux
pommiers ou de grands noyers; les fermes avec
leurs toits aigus ou avancés sous lesquels sèchent
des guirlandes de feuilles de tabac ou d'épis de
mais, avec leur architecture originale, leurs
sculptures décoratives sur bois, la fraîcheur de
leurs peintures, avec leurs habitants aux visages
placides et aux costumes pittoresques et variés,
montrent tous les indices de la prospérité, de
l'aisance et du bonheur domestique.
Le houblon. — Le houblon est une des ri-
chesses de l'Alsace. Dans la Basse -.\lsace
seule, le houblon était cultivé sur 3 701 hec-
tares quelques années avant cette guerre; et,
d'après les chiffres recueillis par M. Ardouin-
Dumazet, dans les bonnes années, i'Alsace-
Lorraine peut donner 120 000 quintaux de
50 kilogr. de cônes, 50 000 a 60 000 quintaux
les mauvaises années. La valeur du quintal
(de 50 kilogr.) est très variable; elle oscillait
de 60 à 125 fr. en 1900 et 1901, de 60 à
100 fr. en 1902, de 150 à 225 fr. en 1903 et
1904, soit une moyenne de 190 fr., ce qui
donnerait pour SO 000 quintaux une valeur
totale de 8 720 000 fr.
L'Alsace redevenue terre française, notre
industrie de la brasserie trouvera ainsi, sans
être obligée d'avoir recours à l'iuiportation
étrangère, toutes les quantités de houblon
qui lui sont nécessaires; plusieurs crus y
sont, du reste, de première qualité.
Haguenau est le principal centre de la pro-
duction du houblon en Alsace ; le cercle, dont
cette ville est le chef-lieu, possède à lui seul
1 961 hectares consacrés à la culture de cette
plante. Une « Ligue des houblons » d'Alsace-
Lorraine a son siège à Haguenau, un journal
consacré au houblon s'y imprime.
Le houblon est le charme et la poésie de la
plaine alsacienne. Grâce à lui, les campagnes
du Bas-Rhin ont un caractère pittoresque
que ne connaît pas la plaine de la Haute-Al-
sace; les perches enguirlandées de lianes
forment de petites forêts eu miniature, très
luxuriantes et vertes, et l'époque de la cueil-
lette des cônes rappelle par sa gaieté les ta-
bleaux de la vendange:
Couverts de poussière jaune et de débris de
feuilles, les hommes et les femmes s'empres-
saient de dégarnir les perches abattues. L'odeur
amère et saine s'avivait, et le bourdonneraenl
de la bande de journaliers, comme lo bruit de
vendanges précoces, s'en allait dans l'étendue
immense rayée de prairies, de chaumes et de
luzernes, dans l'Alsace ouverte et féconde, que
le soleil commençait à chauffer (1).
La petite propriété. — Si l'un des traits ca-
ractéristiques de l'agriculture alsacienne est
le nombre et la variété des plantes que l'on
y cultive, un autre des traits caractéristiques
est la prédominance de la petite propriété :
La prospérité agricole s'est développée en Al-
sace en même temps que la propriété se divisait.
L'influence favorable de la petite propriété sur
le développement de l'agriculture alsacienne ne
saurait être mise en cause. Les origines de la
division y sont anciennes; cette division tient
évidemment à la nature et à la qualité du sol ;
elle s'est identifiée avec les mœurs, les habi-
tudes, l'organisation sociale et économique delà
province, au point de constituer aujourd'hui une
caractéristique de son génie.
Il suffit, en Alsace, de jeter les recards autour
de soi pour reconaître que les petits proprié-
taires sont ceux qui traitent le mieux la terre;
que, possesseurs du sol en même temps qu'ex-
ploitants, concentrant tous leurs efforts sur un
espace restreint, ils ne perdent rien de ce qui
peut être utile à leur bien et sont souvent seuls
capables de donner à certaines cultures, dans
des conditions vraiment économiques, tous les
soins qu'elles comportent. » (E. Tisserand.)
(1) Iteué Bazin, Les Oberlé (la cueillette du hou-
blon).
TRANSPORT DES TRACTEURS SUR ROUTES
13
Les gisements de potasse. — C'est en
Haule-Alsace, prés de Wiltelsheim, qu'a été
découvert, il y a quelques années seulement,
un des plus riches gisements de potasse jus-
qu'ici connus, avec le gisement de Stass-
furth. Ce gisement occupe une surface
d'environ 200 kilomètres carrés et s'étend
entre Mulhouse, Cernay, Soultz et Ensis-
heim. L'épaisseur du gisement est de '(".oO
à 5 mètres.
On comprend de suite quelle est l'extrême
importance de ce gisement pour l'agriculture
et pour l'industrie, jusqu'ici tributaires delà
source unique de Stassfurth. Il y a là notam-
ment pour notre agriculture une ressource
en engrais potassiques dont la valeur est
inestimable.
L'Alsace et la France. — Il n'y a peut-être
pas en Europe d'hommes plus attachés à
leur « pays » que les Alsaciens et cela se
comprend, car il y a peu de « pays » aussi
riches, aussi naturellement fertiles, aussi
doux à habiter. Et cependant depuis qua-
rante ans c'est par dizaines, par centaines de
milliers que ses fils l'avaient volontairement
quitté pour ne pas servir l'Allemagne et pour
rester Français.
Dans son beau livre sur la France de l'Est
que vient de publier M. Vidal de La Blache,
l'éminenl géographe français, après une
étude approfondie des statistiques de la po-
pulation comparée de l'Âlsace-Lorraine entre
186t) et 1870, a pu écrire :
« 11 ne semble pas qu'il y ait exagération
à dire qu'environ un demi-million d'Alsa-
ciens-Lorrains ont quitté leur pays. Ce serait
plus d'un quart de la population qui ferait
ainsi défaut. Une telle saignée est un fait
rare, sinon unique, dans l'histoire moderne
de l'Europe, et d'autant plus significatif que,
survivant au choc immédiat qui l'a mis en
branle, il se prolonge pendant une période
de paix qui a duré plus de quarante ans. »
Y a-t-il démonstration plus éclatante et
plus probante de la volonté des Alsaciens de
ne pas devenir Allemands, mais de rester
Français?
H. HiTIER.
TKANSPORT DES TRACTEURS SUR ROUTES
Dispositif Bouchard
Un de nos anciens élèves de Grignon, M. Fer-
dinand Bouchard, qui dirige l'iniporlanl do-
maine de Uieufit, par Bellou-en-Houlme (Orne),
où il utilise un tracteur Mogul-t6, nous a envoyé
des renseignements des plus intéressants au
sujet de l'attelage et du travail des deux mois-
sonneuses-lieuses tirées par le tracteur (1) et du
système qu'il a été conduit à imaginer afin de
disposer rapidement la machine pour les dépla-
cements sur roules. Nous donnerons d'abord
ses indications concernant ce dernier dispositif
très pratique et très recommandable et dont
l'application est immédiate.
M. R.
Vous avez montré dans un précédent article (2),
avec beaucoup de raison, les inconvénients des
cornières d'adhérence des roues motrices, rela-
tivement aux diflicuUés de montage, de démon-
tage et au lemps employé pour préparer les
transports sur routes du tracteur.
J'ai adopté un moyen assez simple et surtout
économique. Au lieu de démonter t60 boulons
afin d'enlever les cornières pour les remonter
ensuite après l'arrivée dans le nouveau champ à
travailler, j'ajoute, à chaque roue, sans enlever
les cornières, un faux bandage inaiutenu par
2 boulons seulement, soit 4 boulons pour les
deux roues motrices, et avec un homme seul on
(1) Ces notes seront publiées ultérieurement.
(2 Voir le n» IG du !) août 1917, p. 304.
est en ordre de route ou de travail en un quart
d'heure au plus.
Chaque cornière a (fig. 2) fixée au bandage B
de la roue motrice, porte une entaille ce' de
i-'a,-
(■'
' ^ &4.^^i*#]
■ ■' \ o
B
To-
Fii;,'. 2. — Cornières de rouo motrice d'un tracteur
entaillées pour recevoir un bandage de roulement sur route.
10 millim. de profondeur sur une longueur
suffisante pour recevoir un vieu.x handage b de
roue de voiture que tout cultivateur peut trouver
facilement. La profondeur de l'entaille permet
au bandage de s'y loger partiellement et de faire
n
RÉCOLTE KT IMilX DU MIEL
saillie au-dessus de l'arête x.l' de la cornière,
comme oq le voit dans le dessin B'.
Dans moacasle bandage 6 (fig. 2': a lâOmillim.
de largeur et 2;i millim. d'épaisseur; il dépassse
de 13 millim. l'arête x,r' de la cornière, et c'est
suffisant.
L'aplomb du bnrd c (lig. 2 du bandage de
route est à 53 millim. du bord y de la roue B' du
tracteur et le bord c' est à 63 millim. de ce
bord y afin de reporter le plus possible le poids
Fig. 3. — Montage du bandage de route
sur la roue d'un tracteur.
sur le bandage B' du tracteur pour éviler la
fatigue de la [lortion x en porte-à-faux des cor-
nières.
Le bandage de roulement b (fig. 2) est en
deux pièces, b et 6' (lig. 3> avant chacune leurs
extréinités retournées d'équerre, en d, que deux
forts boulons n rénnisseut en les serrant sur les
cornières de la roue. Le détail B" de la figure 2
montre comment ce retour d'équerre de la
bande ce' de roulement est enlaillé en d' d alin
que le palin d reçoive le boulon n réunissant les
deux demi-bandes de roulement. L'entaille rid'
du patin et l'assemblage avec le boulon n des
deux demi-bandes b et b' sur la roue B du trac-
teur sont montrés en perspective à l'intérieur de
la figure 3.
Les dianièlres, en millimètres, sont de 22 pour
les trous n des patins d et 20 pour le boulon
réuiiis-ant les deux demi-bandes de roule-
menl.
Pour faciliter la mise en place, au liers de
chaque demi-bande de roulemenl h, b' (fig. 3),
j'ai rivé à la bande deux petites cornières e ; on
place la bande b sur la roue B et on la tient avec
UQ ou deus boulons /' de 1 1 millim. ; on fait alors
avancée le tracteur d'un demi-tour de roue pour
placer dessus l'autre derai-hande de roulement
(on s'arrange à ce que les palins d soient sur un
diamètre à peu près horizonlall, puis l'on procède
à la mise en place et au serrage des boulons n.
Comme loute-^ les pièces sont repérées, on com-
mence le montage ou le démontage par n'im-
porte quel demi-bande de roulemenl.
J'ai constat^^ que la saillie de lu millitn. de
mes bandages de route est suffisante, et si le
terrain ^st dur, le roulement est très bon ; lors-
qu'on renconlieun passage un peu mou, le ban-
dage s'enfonce dans le sul et les cornières
agissent fullisamment pour qu'd n'y ait pas de
patinage.
J'ajouterai que la roue qui commande le rele-
vage automatique de ma charrue est garnie de
cornières d'adhérence. Pour le roulement sur
route de la charrue j'ajoule une bande, en une
seule pièce, de 60 X 9 millim., qu'on bloque en
un seul endroit, ce qui est suffisant, e'. la bande
se place facilement, étant donnée si souplesse.
J ai obtenu ainsi pour l'ensemble, tracteur et
charrue, un roulement sur route absolument
moelleux et bien meilleur qu'avec les patins
dits de route, en présentant une supériorité
indiscutable relativement aux montages et aux
déraont.iges.
Enfin le dispositif pfut être exécuté facilement
par les moyens du bord et n'importe quel ouvi ier
l'orgeron.
Ferdin.\nd B0UCtl.\BD.
Injïénieur aericole.
RÉCOLTE ET PRIX DU 3IIEL
La récolte du miel a été généralement
bonne pendant l'élé 1917. Les pluies qui se
sont succédé pendant la belle saison ont
favorisé les abeilles. A la suite d'un hiver
tardif, la première récolle faite en juin fut à
peine moyenne, mais en juillet il y eut une
recrudescence dans la sécrétion du nectar et
les abeilles remplirent de nouveau leur
hausse et même beaucoup ont essaimé; par
suite des conditions météorologiques excep-
tionnellement favorables, les essaims tar-
difs, suffisamment forts, ont fait d'abon-
danles provisions, ce qui arrive rare-
ment.
Le miel a été très recherché et le prix en
augmenlalion constante ; 3 francs le kilogr.
en juillel, 4 en septembre et 5 au moment ou
j'écris ces lignes. D'après Y Apiculteur, le
prix du miel à Paris n'aurait pas varié, fixé à
3 fr. 30 par la réunion des producteurs et né-
gociants tenue à Paris le 24 juin, après
enquête préalable; il serait encore à ce
prix actuellement. Si ces cours sont réels,
ce que je ne puis garantir, le miel serait
TRAVAIL DES TRACTEURS DU GOUVERNEMENT ANGLAIS
bien meilleur marché à Paris qu'en pro-
vince.
En somme, l'année a été excellente pour
l'apiculture, el ceux qui ont établi des
ruches sont bien récompensés de leur peine;
l'argent employé a été un bon placement et
15
ils ont encore la satisfaction d'avoir travaillé
pour la France, car il n'est pas douteux que
le miel récolté contribue à atténuer la crise
du sucre qu'il peut remplacer dans un assez
grand nombre d'emplois.
Henhy âyme.
DESTRUCTION DU TUSSILAGE PAS D'ANE
Cette Composée, très connue sous le nom vul-
i,'aire de Pas d'âne, est parfois envahissante dans
les terrains aigileux liumides; on la remarque
aussi dans les lieux frais et découverts, dans les
champs et dans les vignes. Sa racine à llhres
charnues, souvent rampantes, stérilise les sols
où elle peut se propager à l'aise. Ses hampes de
un à deux décimètres, garnies d'écaillés rou-
ge;\tres apprimées, sont terminées par une seule
fleur jaune penchée avant l'anthèse et droite
ensuite. Ses feuilles cordiformes, anguleuses,
denticulées, blanches, cotonneuses, se montrent
a[irès les fleurs; elles étouffent la végétation des
plantes cultivées qui naissent dans l'intervalle
des pieds rapprochés de l'envahisseuse. Si elle ne
peut se multiplier d'une façon inquiétante fians
les vignes en raison des façons qui s'y succèdent
annuellement, elle arrive à se propager sur une
certaine étendue, principalement dans les champs
argileux frais. Comme plus d'une terre, plus
d'un champ sont restés incultes depuis plusieurs
années par suite de la raréfaction de la main-
d'œuvre, le Tussilage m'est sigrialé par plusieurs
correspondants comme ayant élargi ses carrés
envahisseurs.
Comment se débarrasser de cetle Co.iiposée ?
Les cultivateurs y parviendront sûrement par
des cultures binées telles que pomm** de terre
ou betterave, à la condition d'enlever les paquets
de racines soulevées à chaque façon de terre.
Les vignerons auraient tout avantage à faire cet
enlèvement dans leurs vignes et l'y détruiraient
promptement et totalement. On ne devra pas
non plus négliger de la détruire au bord des
fossés ou dans les lieux voisins des cultures
avant la floraison, et pour que les graines aigret-
tées ne soient pas emporlées par les vents.
Les fleurs paraissent de février en avril ; elles
passent pour médicinales ; les feuilles poussent
un peu après les (leurs.
Les opérations que nous recommandons pour
sa destruction ne sont ni longues, ni coûteuses,
elles exigent seuleraentune atlentiou méticuleuse
]iour ne laisser aucun vestige de racine de la
plante vivace.
E. XOFFRAY.
TRAVAIL DES TRACTEURS DU GOUVERNEMENT ANGLAIS
L'Angleterre, en temps de paix, demandait
à l'importation plus des trois quarts des den-
rées nécessaires à son alimentation. Les
mauvaises récoltes dans les pays exporta-
teurs, la durée de la guerre, les difficultés et
lesfrais des transports maritimes justifient la
décision prise en vertu de laquelle le ministre
de l'Agriculture fut autorisé à acheter un
grand nombre de tracteurs en Angleterre et
surtout aux Etals-Unis, afin d'augmenter
l'étendue labourée pour les ensemencements
de céréales. Dans un de ses discours,
M. Lloyd George disait que « l'Etat a fait
preuve, dans le passé, d'une négligence
déplorable en ce qui concerne l'Agricul-
ture >:.
Une enquête au sujet du travail exécuté
par les tracteurs du Gouvernement anglais a
été donné par M. Prothero dans le journal
The fmplement and Machinery Review du
1" décembre 1917.
Cette enquête porte sur la période du
Haoilt au 6 octobre, pendant laquelle le temps
était pluvieux d'une façon anormale, elle
donne les résultats suivants :
Surface labourée dans
Nombre
la
semaine.
de
^—
tracteurs
moyenne
Semaines.
du service.
totale.
par tracteur.
hectares
hectares
il au 18 août. . .
860
2 958
3.44
19 au 25 août. . .
930
3 645
3.92
26 août au 1" sept
1 040
2 080
2.00
2 au S sept. . .
1 120
3 80«
3.40
9 au 15 — ..
\ 210
.ï 32i
4.40
16 au 22 — ..
1 30J
4 31G
3.32
23 au 29 — . .
1 3-0
6 137
4.48
30 sept, au 6 oct
hanc! \p no
1 400
mhre des
5 824
tracteurs
4.16
. on com-
prend ceux qui étaient au repos par suite
de mauvais temps ou de réparation et
ceux qui se déplaçaient d'une ferme à une
autre.
Baron Henry d'Anchald.
■16
PARTIE OFFICIELLE
PARTIE OFFICIELLE
Décret du 24 décembre 1917
instituant des commissaires à l'Agriculture.
Art. i"'. — MM. Cosuier, Conipère-Morel et Le
Rouzic, députés, sont chargés, à titre de mission
temporaire non rétribuée, de développer et d'in-
tensifier la production des denrées essentielles
à l'aliriieutation.
Ils porteront le titre de commissaires à l'Agri-
culture.
Ai't. 2. — M. Cosnier s'occupera spécialement
de la production agricole de l'Afrique du Nord
et des colonies; M. Compère-Morel de la culture
des céréales et de la viticulture dans la métro
pôle; M. Le Rouzic, de l'élevage, de la laiterie et
de la production des fruits, légumes, tubercules,
racines et fourrages dans la métropole.
Art. 3. — Les commissaires à l'Agriculture,
chacun dans la sphère de ses attributions, sou-
mettent aux ministres de l'Agriculture et du Ra-
vitaillement, de l'Intérieur, des Affaires étran-
gères ou des Colonies, selon le cas, le pro-
gramme de leur mission et leur proposent les
mesures qu'ils jugent utiles pour en assurer la
réalisation.
Ils ont la délégation de la signature du mi-
nistre pour les affaires que celui-ci renvoie à
leur décision.
Art. 4. — Le ministre de l'Agriculture et du
Ravitaillement, le ministre de l'Intérieur, le mi-
nistre des Affaires étrangères et le ministre des
Colonies sont chargés, chacun en ce qui le con-
cerne, de l'exécution du présent décret.
Loi du 29 décembre 1917 relative à la réforme
du régime des entrepots. [Extrait.]
Art. i". — L'entrepôt réel est concédé par
décret sur la proposition des ministres du Com-
merce et des Finances, soit à la commune, soit
au port autonome, là on a été constitué le ré-
gime organisé par la loi du 5 janvier 1912, ou
ailleurs à la Chambre de commerce...
L'entrepôt réel est concédé lorsqu'il répond à
des besoins générau.\ dûment constatés et, dans
ce cas, les frais d'exercice sont à la charge de
l'Etat. Il peut aussi être concédé à la charge
pour le concessionnaire éventuel de supporter
les frais d'exercice. Les décrets de concession
détermineront les conditions à imposer aux con-
cessionnaires.
L'entrepôt réel est gardé par la douane et
toutes les issues en sont fermées à deux clefs
différentes, dont l'une reste entre les mains du
service.
Art. 2. — Des entrepôts spéciaux peuvent être
autorisés par arrêtés du ministre des Finances,
après avis du ministre du Commerce et, s'il y a
lieu, du ministre de l'Agriculture s'il s'agit de
produits intéressant l'agriculture :
i" Pour les marchandises dont la présence
dans l'entrepôt réel présente des dangers, ou est
susceptible d'altérer la qualité des autres pro-
duits;
2" Pour les marchandises dont la conservation
exige des installations spéciales.
Les locaux fournis par le commerce sont préa-
lablement agréés parles ministres du Commerce
et des Finances. Ils sont fermés dans les mêmes
conditions que l'entrepôt réel.
Art. 11. — Sont exclus de l'entrepôt, indépen-
damment des produits étrangers qui contrevien-
nent à la loi et aux règlements sur les fraudes
commerciales, ainsi qu'il résulte de l'article 6 de
la présente loi :
Les contrefaçons en librairie (ordonnance du
13 décembre 1842, art. 8);
Les produits étrangers portant de fausses
marques de fabrique françaises (loi du 23 juin
1837, art. 19, et loi du H janvier 1892, art. 15);
Les margarines d'origine étrangère addition-
nées de matières colorantes (lois des 10 avril
1897 et 23 juillet 1907 et décision du 28 novem-
bre 1905);
Les alcools d'origine étrangère;
Les vins étrangers ne portant pas, sur les ré-
cipients, une marque indélébile, indicatrice du
pays d'origine (loi du 12 février 1899, art. 2) ;
Les conserves de poisson, de légumes et prunes
(qui ne satisfont pas aux prescriptions des lois
des H juillet 1906 et 28 juin 1913);
Les poudres et explosifs.
Des décrets rendus sur le rapport du ministre
des Finances, le Comité consultatif des arts et
manufactures consulté, après avis du ministre
du Commerce et, s'il y a lieu, du ministre de
l'Agriculture, pouiront prononcer d'autres ex-
clusions.
Ai't. 12. — La présente loi est applicable à
l'Algérie et aux Colonies.
BIBLIOGRAPHIE
Maladies du Porc, par G. Morssn, docteur en méde-
cine, docteur és-sciences, professeur à l'Ecole vété-
rinaire d'Alfort. — Un volume in-18 de 230 pages
avec 7G figures et 9 planches eu couleurs. — Librai-
rie Asselin et Houzeau, place de lEcole de Méde-
cine, à Paris.
Nous n'avons pas à présenter M. Moussu aux
lecteurs du Journal d'Agrictilture pratique; de-
puis longtemps ils ont appris à apprécier la
science et l'expérience de notre éminent colla-
borateur et ils ont suivi les précieux conseils
qu'il n'hésite pas à leur donner avec autant de
dévouement que de désintéressement. En effet,
malgré le travail que lui imposent à la fois son
ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE
rnseignement et les recherches par lesquelles
il enrichit la science de la médecine vi^térinaire,
il ne néglige aucune occasion de rendre directe-
ment service aux agriculteurs.
Déjà son important ouvrage : Lck maladies du
Bétail avait reçu, aussi bleu des éleveurs que des
vétérinaires, l'accueil le plus empressé. Le nou-
vel ouvrage qu'il vient de publier, sous le litre :
Maladies du rnrc, est évidemment appelé à trou-
ver le même succès.
Cet ouvrage aurait été utile en tout temps ;_
il présente un caractère d'actualité que
M. Moussu fait ressortir dans sa préface avec
juste raison : « Un effort considérable sera né-
cessaire pour la reconstitution du troupeau por-
cin actuellement afi'aibli de plus de la moitié de
son effectif normal. Il exigera, pour limiter les
pertes d'élevage au minimum possible, une
attention d'autant plus soutenue que l'intérêt
en jeu sera plus grand, la viande de porc ayant
atteint des prix inconnus jusqu'à ce jour, n C'est
donc à faciliter la tâche des éleveurs que l'ou-
vrage est spécialement consacré.
Un livre de cette T^alure n'admet jias l'analyse.
Il suffit de constater que l'auteur décrit succes-
sivement les nombreuses maladies qui, dès le
plus jeune âge, peuvent allecter les divers
groupes d'organes, ainsi que les maladies infec-
tieuses ; pour chacune d'elles, il passe en revue
l'étiologie ou l'origine, les symptômes, le dia-
gnostic, les lésions et le traitement approprié.
Toutes ces indications sont données avec une
précision et une clarté qui les mettent à la
portée de tous; elles sont accompagnées de
gravures et de planches coloriées exécutées avec
le plus grand soin. En écrivant ce livre, M. Moussu
a acquis un nouveu titre à la reconnaissance des
éleveurs. P. B.
ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE
Séance du 26 décembre 1917.
Présidence de il. Jules Develle.
Sur les applications de l'électricité
à l'agriculture.
L'Académie avait renvoyé à l'examen de la
Section de Génie rural une étude de M. Léon
Martin sur les moyens les plus avantageux d'ap-
pliquer l'électricité à l'agriculture. A ce sujet,
M. Dabdt présente un rapport des plus complets
sur l'importanee actuelle des emplois de l'élec-
tricité en agriculture, eu exposant ce qui a été
fait jusqu'ici par le Ministère de l'Agriculture
en vue d'en faciliter les utilisations agricoles,
enfin en indiquant un certain nombre de me-
sures qui paraissent de nature à contribuer au
développement de ces utilisations.
Il est nécessaire, expose M. Dubat, que les
agriculteurs puissent trouver sur tout le terri-
toire l'énergie électrique de plus en plus indis-
pensable à leurs besoins dans des conditions qui
leur permettent de s'en servir avec profit. Il est
hors de doute qu'il convient de poursuivre l'or-
ganisation méthodique des distributions d'éner-
gie qui ont été jusqu'ici réalisées sans vue d'en-
semble et en laissant en quelque sorte toute
liberté à l'initiative individuelle. Mais convient-il,
pour étendre ces entreprises dans les cam-
pagnes, d'adopter la politique suivie en matière
de chemins vicinaux et de chemins de fer d'in-
térêt local et de faire contribuer dans une large
mesure l'Etat aux dépenses considérables qu'en-
traînera la multiplication des réseaux'.' M. Dabat
montre combien délicate est la question.
Du reste les Sociétés de distribution com-
mencent depuis quelques années à se préoccu-
per de la clientèle rurale. Il faut que l'Etat les
encourage à persévérer dans cette voie et leur
vienne en aide en se chargeant de la constitu-
tion de groupements agricoles ayant pour objet
l'utilisation de l'énergie en commun. Grâce à
ces associations, les prix de vente de la force
pourront être sensiblement abaissés, les emplois
de l'électricité seront facilités et les améliora-
tions agrico.es de toute nature développées.
Gomme contre-partie du concours prêté aux dis-
tributeurs, l'Etat devra obtenir que les condi-
tions actuelles de livraison et de vente de
l'énergie aux agriculteurs soient rendues plus
pratiques et moins lourdes pour eu.'i.
M. Dabat montre les efforts considérables
déjà faits dans ce sens par l'Administration de
l'Agriculture et les résultats obtenus.
Il signale les heureuses dispositions intro-
duites dans le nouveau projet de loi applicable
à la fois aux cours d'eau non navigables et aux
rivières du domaine public, qui a été élaboré cette
année par une Commission extra-parlementaire
où tous les intérêts en cause étaient représentés.
Ces dispositions imposent aux concessionnaires
d'usines des réserves en eau et en force au
profit de l'agriculture, et elles accordent aux
associations syndicales et à tous les groupe-
ments d'iutérêt général le bénéfice de tarifs
réduits.
Enfin l'Administration de l'Agriculture, en
dehors de son action administrative et légis-
lative, devra encore intervenir pour prêter le
concours technique de ses agents et accorder
des subventions et des avances de fonds aux
coopératives de production et de distribution
d'énergie toutes les fois qu'elles pourront se
former et durer.
Grâce à l'ensemble des mesures qui viennent
d'être envisagées, auxquelles devra s'ajouter
une active propagande, il est certain que les
emplois agricoles de l'électricité se multiplie-
ront, que les petites industries rurales pourront
se développer et que la prospérité des cam-
pagnes augmentera pour le plus grand profit de
la richesse nationale dont l'Agriculture est la
première source.
18
CORRESPONDANCE
Sur une nouvelle méthode de culture
des céréales.
M. Henry Sagnier communique une note de
M. José Adriano Paquito Ribello qui fait con-
naître la nouvelle méthode de culture de blé
qu'il a appliquée dans sa propriété de la pro-
vince méridionale du Portugal, l'Alemlejo; cette
région est constituée par un vaste plateau à
climat extrême, exceptionnellement humide en
hiver, exceptionnellement sec et torride en été,
à sols maigress, à population clairsemée. La mé-
thode traditionnelle de production de blé et des
autres céréales est tout à fait primitive: c'est j
l'alternance de la jachère avec la culture du
blé. Les résultats sont extrêmement réduits; on
doit se contenter d'une production moyenne de
blé de huit hectolilres tous les deux ans.
A cette méthode. M. Paquito Rebelle a substitué
la suivante :
1° Semailles très précoces, de semence sélec-
tionnée, résistant à la rouille, enterrée par un
semoir genre Planet à 3 centimètres du fond
d'un sillon, qui reste ouvert : les raies, paral-
lèles, ont un espacement moyen de 80 centi-
mètres.
2° Avant l'hiver, on donne une façon spéciale
avec une charrue double à versoirs symétriques
versant à l'extérieur; elle ouvre de chaque côté
de la première raie deux nouvelles raies pro-
fondes; le fond 'de la première raie devient la
crête d'un biUon limité par deux raies pro-
fondes, en outre un peu de terre est tombée sur
cette crête contre la base du blé.
3" A la fin de l'hiver, on défait cette forme
par un hersage entre les lignes; avant cette
façon on peut mettre dans les raies les engrais
azotés qui, de la soite, sont très bien utilisés;
pendant le reste de la végétation, on donne les
binages ou hersage» nécessaires pour conserver
l'ameublissement entre les lignes.
4° Après la moisson on multiplie les hersages
de surface qui conservent l'humidité inférieure
et garantissent la possibilité de faire des se-
mailles précoces.
Cette méthode perm't à M. Paquito Rebello de
récolter chaque année, sur les mêmes terres,
dix hectolitres de grain par hectere, alors que la
méthode vulgaire ne donne que huit hectolitres
tous les deux ans.
L'ortie comme textile.
M. de Lapparent signale une note, parue dans
le Bulletin de l'Association Nationale d'Expansion
économique, où est exposé l'emploi de l'ortie
comme succédané du lin et du coton.
Du prix de revient du lait.
MM. Andrr Gouin et P. Andouard communiquent
une note sur le prix de revient du lait actuelle-
ment. Ils y montrent que le coût d'une ration
comprenant 7.5 kilogr. de foin, 20 kilogr. de
betteraves, 1 kilogr. de tourteau, s'élève à 3.68 fr.;
pour une production moyenne de 7 litres, la
dépense de nourriture seule correspond donc à
52 centimes par litre (au lieu de il centimes
avant la guerre).
Dans ces conditions, au cours de cet hiver,
l'entretien d'une vacherie devient onéreuse ;
aussi les consommateurs de lait, avertis de cette
situation, au lieu de croire à la rapacité des
éleveurs, devraient, au contraire, en toute jus-
tice, se féliciter de la ténacité avec laquelle
ceux-ci continuent la production laitière, quand
leur intérêt pourrait les porter à se défaire de
leurs animaux et à vendre avantageusement ce
qui leur reste de fourrages.
Election du Bureau pour l'année 1918.
M. Gauwain es^t élu vice-président, et M. Moussu
est élu vice-secrétaire.
Le Bureau est ainsi constitué : président,
M. Haller; vice-président, M. Gauwain; secrétaire
perpétuel, M. Henry Sagoier ; vice-eecrétaire ,
M. Moussu.
H. IllTlER.
CORRESPONDANCE
— N" 6770 (Moulins). — Lorsqu'une haie doit
être taillée deux fois, la fin de juin est la meil-
leure époque pour effectuer la première taille,
puis fin septembre-octobre pour la deuxième
taille. On réduit ainsi au minimum le temps du-
rant lequel la haie est irrégulière par suite de la
végétalion. Lorsqu'une seule taille doit être pra-
tiquée, il est préférable d'attendre le mois de
juillet pour que la pousse de printemps soit en-
tièrement terminée, et cela pour la même raison.
-(S. M.)
— N" 6688 [Seine). — Ponr le chauffage
d'une maison d'habitation ou de tout local
quelconque, nous ne pouvons que vous donner
des indications générales sans entrer dans des
détails que la Correspondance du Journal d'Agri-
culture pratique ne peut comporter. En conser-
vant aux termes de froid et de chaud leur signi-
fication populaire, nous pouvons vous dire qu'il
y a lieu d'examiner les dispositifs propres à l'ap-
plication de trois méthodes, lesquelles, suivant
les cas. peuvent être employées séparément ou
simultanément ; 1° empêcher le froid de rentrer
dans le local; 2° empêcher la chaleur du local
de passer à l'extérieur; 3° élever la température
intérieure du local. — (M. R.)
— M. C. A. (aux Armées). — Votre lettre n'est
probablement pas parvenue au destinataire,
dont l'adresse était indiquée ; il y aurait lieu de
lui écrire à nouveau.
Les tracteurs lourds, dont vous parlez, ne
sont pas employés en France, la pratique en
ayant reconnu les inconvénients; c'est une
question de pression des roues motrices sur le
sol. Voyez les conclusions insérées dans le n° 22
du 1" novembre 1917. — (R. D.)
REVUE COMMERCIALE
19
LA QUINZAINE 3IETÉ0R0L0GIQUE
Semaine du il au 30 décembre 1917 [OBSERVATOIRE DU PARC SAINT-MAUR)
JOURS
ET DATES
o ..:
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TEMPERATURE
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Écart
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la nor
maie.
millim.
heures
œillim.
Lundi 24déc.
»
— H°6
loO
— jo.3
—7.6
»
0.8
0.7
Temps pluvieu.'c.
Mardi 25 —
1.0
4 6
2.6
+0.3
»
1.2
1.0
Pluie le matin.
Mercredi.. 26 —
»
— 5 1
0.9
— 1.4
-3.6
»
2.9
0.1
Neige.
Jeudi 27 -
"
— 6,0
-1.0
-3.0
—5 2
•■
3.3
0.1
Neige le matin.
Vendredi. 28 -
I)
— 6.7
— 1.5
—3.7
—5.9
»
0.0
1.0
Neige le soir.
Samedi... 29 —
»
— 10.4
—2.8
—6.5
—8.6
•>
2 2
»
Beau le mat., couvert le soir.
Dim 30 --
•■
— 3.1
1
—1.1
—3.2
■'
9.0
Givre, brouillard, temps cou-
vert.
MoyeDoes oa totaai
iarts sur Ij noriialt
"
- 6.3
— 6.3
3
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—2.6
»
1 *
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»
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57 h. 4
dur. Mn.
2.9
Pluie depuis le 1='' janvier :
En 1917 573""
Normale 593""™
Semaine
du a décei
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anvier 1918. j
Lundi .îl déc.
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»
Temps couvert.
Mardi — lei'jan.
»
— 6.0
0.5
—3.3
— 5.4
»
0.0
2.9
Neige la nuit et le malin.
Mercredi . 2 —
»
— 2.6
0.3
—0.9
— 3.0
■•
0.1
Brume et grains de neige.
Jeudi .... 3 -
»
— S.l
1."
— I.G
— 3.7
-
6.7
»
Beau temps.
Vendredi. 4 —
»
—12.4
—6.3
—9. S
— 1 1 .
»
3.3
■>
Temps couvert, brouillard.
Samedi .. 5 —
H
—13.6
-1 . 4
-8 9
— 11.0
»
7.1
»
Beau temps, brouillard.
Dimanche 6 —
»
— 13.6
3.7
—4.4
—4.2
—6.3
— 6.5
"
3.0
0.7
3.6
Beau le matin, pluie ei dégel le
soir.
ïojeDies et totani
Ecarts sut la nomal» —
«
— S. 8
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0.0
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20.2
au lieu de
68 b. 1
dur. Ihtor.
Pluie depuis le !«■■ janvier :
En 1918 4mm
Normale 7mm
(La publication des renseignements sur la pression barométrique et sur le vent est interdite par la
censure au Bureau central météorologique.)
REYUE COMMERCIALE
Situation générale. — La neige est tombée en
abondance dans toutes les régions, principalement
dans le Sud-Est où la circulation des trains a dii être
suspendue pendant plusieurs jours.
Ces chutes de neige, succédant à une période de
pluies intenses, ont été favorablement accueillies;
les blés, dont l'aspect était généralement assez bon,
se trouvent ainsi protégés contre le froid.
Les travaux extérieurs sont partout arrêtés. On
continue l'exécution des battages.
Blés et Farines. — La crise des transports rend
assez difficile l'approvisionnement des moulins en
blé. Par suite de la répartition irrégulière de l'orge
et des autres succédanés, la qualité des farines est
assez inégale.
Sur les marchés des départements, les prix des
blés sont voisins de la taxe et varient de 48 à 52 fr.
les 100 kilog.
En .\mérique, aux Etats-Unis, les cours des blés
disponibles sont sans changement. Dans la Répu-
blique Argentine, les blés livrables en février sout
cotés 32 fr. 38 les 100 kilogr. à Buenos-Aires.
Pour ce qui est des farines, les cours restent ba-
sés sur les taxes départementales, avec tendance à
la fermeté: les prix du quintal varient de 61 à 62 fr.
Issues. — Les offres de sons restent hors de pro-
portion avec la demande. Il est impossible de faire
face au.x besoins et les petites quantités mises en
vente, sont rapidement enlevées au prix de la taxe.
Seigles. — Les disponibilités sout des plus res-
20
REVUE COMMERCIALE
treintes; il ne reste presque plus rien à vendre en
Champagne. Prix soutenus et très rapprochés de la
taxe, soit 42 fr. les 100 kilogr.
Orges. — Cette céréale est actuellement l'une de
celles qui contribuent le plus à approvisionner les
moulins. Les prix accusent de la fermeté et sont
très voisins de la taxe.
Avoines. — Les réquisitions continuent dans les
départements. Sur les marchés, offres faibles et,
dans les villes, où les arrivages sont insuffisants, on
est obligé de remplacer une partie de la ra*ion
d'avoine par des aliments variés. Prix soutenus,
voisins de la taxe.
Sarrasins. — Dans la région de l'Ouest, beau-
coup de sarrasins sont livrés aux minoteries. On les
vend au prix de la taxe.
Graines fourragères. — Le commerce des graines
fourragères serait appelé à prendre une nouvelle
activité si leur transport pouvait s'effectuer réguliè-
rement. Prix fermement tenus. Dans le Midi, on paie
la graine de luzerne, 200 à 22j fr.; celle de trèlle vio-
let, 240 à 260 fr.: vesce de printemps, 173 à 190 fr.
Dans les Côtes-du-Nord,le prix de la graine de trèlle
violet dépasse 325 fr. le quintal.
Fourrages. — Les foins de pré se paient de 22 à
30 fr.; la luzerne, de 20 à 23 fr. le quintal.
Pailles. — On cote aux 100 kilogr. la paille de
blé de 16 à 17 fr., celle d'avoine l't à 15 fr.; la paille
de seigle, 11 à 12 fr., celle d'orge, 8 à 9 fr.
Bétail. — Voici le relevé du dernier marché de
La ViUette à Paris (7 janvier) :
Bœuts. . . .
Vaches. . .
Taureaux.
Veaux. . . .
Moulons..
Porcs
Amenés.
2 877
■2 650
■260
1 '.01
l:( 052
3 361
PRIX
DU KII
kV POIDS NB
Invendus.
~~_^— i-
1"
2-
quai.
qnal.
3^8
3.38
3.10
244
3.38
3.06
47
3.12
3.00
5.80
5.30
600
5.40
4.80
l&O
5.18
4.tS
3-
quai.
2.7-2
2.6G
2.70
4.50
4.20
4.58
Prix extrêmes du kilogramme.
Au poids vif.
Bœufs . . . .
Vaches . . .
Taureaux.,
Veaux
Moutons. .
Porcs
1.11
1.02
1.12
1.50
1.73
2.70
à 2.16
2.16
1.92
3.72
2.88
3.70
An poids net.
2.22 à 3.«0
2.04 3.60
3.29
6.20
6.00
5.28
2.24
3.00
3.60
3.86
Dans les départements, on cote :
Cholel, par kilogr. vif ; bœufs, 1.27 à 1.37 ; vaches.
1.22 à 1.32.
Dijon, par kilogr. poids vif : porcs, 3.70 à 3. 80.
Bordeaux, par kilogr. poids net : bœufs, 1.90 à
3.40; vaches, 1.80 à 3.10; veaux, 4.70 à 5.20; mou-
tons, 3.40 à 4.50.
Lijon, par kilogr. net : moutons, 4.20 à 4.S5 ;
par kilogr. vif : porcs, 4.20 à 4.S0.
Amiens, par kilogr. poids net : bœufs et vaches,
3 à 3.60; veaux, 4.53 à 5.28; porcs, 4.55 à 4.63.
Caen. par kilogr. poids net : vaches, 2 60 à 3.10 ;
veaux, 3.60 à 4 fr.; moutons, 4.60 à 5 fr.; porcs, 4.50
à 4.80.
Chartres, par kilogr. poids net : veaux gras, 3.S0
à 4.60.
Rouen, par kilogr. poids net : bœufs et vaches,
2.43 à 3.20; porcs, 4.65 à 4.80; veaux, 4 à 4.05 ; mou-
tons, 4 à 5.25.
Viandes. -
- Derniers cours officiels
aux Halles
Centrales de
Paris, par kilogr.
Bauf.
1/4 de derrière
2 00 à .1 40 Trains
2 40 à 3 80
1/4 de devant.
1 80 2 r,0 Cuisses ....
2 40 3 30
Aloyau . . . .
2 80 i 70 Pis el collel. .
2 30 2 70
Paleron . . . .
2 -20 2 90 Bavette ....
Veau.
2 60 3 30
Extra
4 60 à » Pans et cuiss.
4 20 à 5 iO
1" qualité. . .
4 50 " Veaux de Caen:
2' — . . .
4 20 4 .'iO 1/4 de devant..
3. KO à 4.60
3- — . . .
3 90 4 10 1/4 de derrière.
1,
Veaux bretons.
3 60 4 40
Mouton.
V" qualité. . .
4 80 à 5 40 Gigot
4 00 à 6 50
.2»
4 30 4 70 Carrés parés. .
4 00 6 20
3' — . . .
3 80 4 20 Agneaux . . .
Porc.
n »
Entier
4 30 à 4 90 Filets
3 60 à 6 00
1« qualité. . .
" • Jambons . . .
3 20 4 80
" — . . .
» » Reins
3 60 5 00
Poit. fraîches.
3 20 4 80 Poit. salées . .
l> B
Vins. — Le manque de vagons continue à para-
lyser les affaii-es. Néanmoins, les prix des vins res-
tent soutenus.
Dans l'Hérault, à Montpellier, on paie, suivant
degré, les vins rouges de S.ï à 110 fr.et les blancs de
120 à 130 fr. l'hectolitre. Ces derniers sont actuelle-
ment très demandés.
En Saône-et-Loire, on cote, à l'hectolitre nu, les
vins rouges du Chalonnais 100 à 105 fr. et les blancs
105 à 110 fr.
Dans le Loiret et en Loir-et-Cher, on vend à la
pièce de 228 litres, les vins rouges, 265 à 290, les
blancs 230 à 273 fr.
Les vins d Algérie sont cotés de 62 à 82 fr. la
pièce.
Fruits à cidre et cidres. — Le commerce des
pommes à cidre souffre également de l'insuffisance
des moyens de transport. Les cours des pommes
restent à peu près stationnaires. Aux 1.000 kilogr.,
départ, on paie les pommes du Calvados 100 à 110 fr.;
de la Seine-Inférieure et de la Manche 90 à 95 fr.;
llle-et- Vilaine, 80 à 8.-; fr.;
Dans les départements de l'Eure et du Calvados,
les cidres valent, non logés, de 30 à 32 fr. l'hecto-
litre. Les meilleurs cidres, pour mise en bouteilles,
sont cotés 80 fr. la pièce, gare de départ.
Beurres. — Les cours des beurres sont en hausse;
les prix actuellement pratiqués sur les marchés de
Normandie varient de 7 à 9 fr. le kilogr.
Œufs. — Prix sans changement, soit de 4 à 6 fr.
la douzaine.
Pommes de terre. — Les affaires se traitent à
des prix voisins de ceux établis par la taxe pour les
différentes catégories.
Noix et cerneaux. — Le décret prohibant l'expor-
tation des noix et cerneaux en Amérique et en An-
gleterre a déterminé un mouvement de baisse. Des
démarches ont été faites auprès des pouvoirs publics
en vue d'obtenir des dérogations. On cote aux
100 kilogr. : mayette, 100 à 1«3 f r : chaberte, 110 fr.;
cerneaux, 350 à 500 fr. suivant qualité.
Tourteaux. — Affaires lentes par suite du mancfue
de vagons pour les expéditions. A Marseille, on cote
par 100 kilogr. : arachide rufîsque. 63 à 65; sésame
blanc, 58; Un, 74; coprah, 67 à 76; palmiste, 46.
B. Durand.
Le Gérant : Charles Dl'tbeix.
Paris. — L. Maretueux, imprimeur, 1, rue C.îsselte.
CHRONIQUE AGRICOLE
CHRONIQUE AGRICOLE
Décret organisant des Comités départementaux d'action agricole. — Rôle à remplir par ces Comités. — Le^
terres laissées incuUe> sont-elles en augmentation? — Nouveau projet de loi relatif à l'impôt sur les
bénéfices .le l'exploitation agricole. — Arn'té relatif à la circulation des semences et des plauts de
pomme-^ de terre. — L.i Léf|uisition des laines. — Vœu de la Soclélù d'agriculture do la Nièvre. Nou-
velles dispositions sur les méthodes de réquisition des vins. — Proposition du D^ Chauveau sur les
encouragements à In callure mécanique. — Primes à l'achat et à l'entretien. — Commerce des vins.
Les pertes par la guerre d^ins un canton rural. — Observations de .M. Imbart de la Tour. — Circulaire
du niini-itre de l'Agn^-ulture relative à la culture du ricin. — Emploi du marc de raisin comme combus-
tible. — Observations de M. Matignon. — Le relèvement du pri.x du lait. — Réquisition des vaches lai-
tières à Toulon. — .Mesures prises en Itilie pour développer la culture des plantes alimentaires. —
Prochain Congrès d'.Vgriculture coloniale. — La gale sur les chameau.x en Algérie. — Production des
pommes de terre en Suisse. — Evaluation officielle de la production des principales cultures en 1917
Comités départementaux d'action agricole.
On IrouvPi'a plus loin (p. 31) un décret
instituanl des Comités déparlementau.v d'ac-
tion agricole. Dans le rapport qui précède ce
décret et qui le justifie, le ministre de l'Âgri-
cullure fait ressortir que ces nouveaux orga-
nismes auront pour mission de compléter et
de renforcer l'action des Comités commu-
nau.v créés par l'initiative de M. Méline au
mois de février lOltJ. « Si, dilil, dans de
nombreuses communes, les Comités d'action
agricole ont accompli le rôle important qui
leur était dévolu, il en est trop encore qui,
malgré le droit de réquisition et les facilités
résultant de la loi du G octobre 1916, n'ont
pas déterminé l'essor cultural qu'on était en
droit d'espérer. Beaucoup de ces Comités
n'ont pas fonctionné; il leur a manqué une
impulsion intelligente, capable de leur com-
muniquer des idées directrices et de les aider
à résoudre les difticultés d'ordre administra-
tif que soulève la mise en vigueur de la loi
précitée. » Le rôle des Comités départemen-
taux consistera notamment « à stimuler les
énergies, à suppléer les défaillances et à
donner aux Comités locaux des conseils pra-
tiques. » La composition de ces Comités,
telle qu'elle résulte du décret, donnera, à cet
égard, des garanties que l'on doit apprécier,
puisque les associations agricoles seront ap-
pelées à désigner la plupart de leurs mem-
bres.
Dans le même rapport, le ministre de
l'.\griculture insiste sur la nécessité de rele-
ver la production agricole par une meilleure
répartition de la main-d'œuvre, des semences
et des engrais. Si le rôle de 1 Etat peut s'exer-
cer avec utilité en ce qui concerne la main-
d'œuvre, il est permis d'élever quelques
doutes au sujet de la répartition des semences
et surtout de celle des engrais. Les Syndicats
agricoles qui s'étaient efforcés de se pourvoir
d'engrais pour leur.^ membres, tant à l'au-
24 Janvier 1918, — N= 2.
I fomne dernier qu'au printemps prochain,
voient leurs commandes annulées par leurs
fournisseurs à raison de la pénurie dans la
fabrication ou dans les moyens de transports
maritimes ou terrestres: on se réjouira à
bon droit si les Comités départementaux par-
venaient à résoudre ces problèmes. Tout devra
être fait pour que la nouvelle organisation,
inspirée par une évidente bonne volonté,
n'aboutisse pas à des déceptions.
On doit constater que ce rapport fait état
de « l'augnrentation croissante des surfaces
laissées incultes. " Or, trois jours avant sa
publication, le ministère de l'Agriculture in-
sérait au Journal Of/îciel du l'i janvier une
note sur la situation agricole dans laquelle on
lisait : « Les emblavures de céréales d'hiver
sont, dans leur ensemble, supérieures à celles
de l'an dernier. Dans quelques départements
les étendues consacrées à la culture du blé
sont même voisines de celles d'une année
normale. »
Il paraîtra peut-être difficile de conci' er
les deux affirmations.
Les bénéfices agricoles.
Lors de la discussion de la dernière loi re-
lative aux impôts sur les diverses catégories
de revenus, M. Klotz, alors président de la
Commission du budget, et M. Caillaux expri-
mèrent l'opinion, devant la Chambre de.s Dé-
putés, que le taux de l'impôt sur les béné-
fices agricoles n'était pas assez élevé. On ne
doit donc pas s'étonner que M. Klotz, aujour-
d'hui ministre des Finances, tente de faire
reviser les dispositions adoptées. De là, un
projet de loi déposé à la Chambre, et dont
voici le texte :
Article unique. — L'article 17 de la loi du
31 juillet 1917 est complété par l'alinéa ci-après :
■■ Lorsque, de son côté, le contrôleur est en me-
sure d'établir que le bénéfice réel de re.tploita-
tion est supérieur à l'évaluation forfaitaire fixée
par le premier aliaéa du présent article, il peut,
1918, — 2
22 CHRONIQU
à charfje d'apporter, en cas de contestation, les
Justifications nécessaires, prendre ce bénéfice
réel pour base de l'impôt.
Si ce projet était adopté, son application
rencontrerait des difficultés qu'il est facile de
prévoir et devant lesquelles il est probable
que le Parlement reculera.
Circulation des semences.
On trouvera plus loin p. 31 un arrêté
modifiant les règles relatives à la circulation
des semences de céréales, de pommes de
terre et de légumes secs. La rapide caducité
des règlements de celte nature n'est pas faite
pour faciliter aux cultivateurs les approvi-
sionnements qui leur sont nécessaires. Pour
éviter autant que possible les effets des len-
teurs des formalités qui sont exigées d'eux,
ils devront se hâter de faire les démarches
que le nouvel arrêté leur impose. On doit
constater que le transport des graines four-
ragères et des graines potagères autres que
celles de légumes secs n'est soumis à aucune
formalité.
On devra remarquer surtout les conditions
compliquées que l'article 5 de cet arrêté
impose pour les transports de plants de
pommes de terre. Ces conditions risquent
fort de provoquer encore cette année les
dinicullés qui se sont produites au prin-
temps dernier et qui ont suscité de trop
nombreuses et trop légitimes protestations-
Réquisition des laines.
L'Etat se réserve, depuis les premiers
temps de la guerre, toute la production de la
laine. On en comprend la nécessité, mais les
éleveurs se plaignent, avec raison, des mé-
thodes suivies pour le paiement. Leurs récla-
mations, que nous avons enregistrées à
maintes reprises, n'ont pas reçu satisfaction,
mais ils ne cessent de protester, ainsi qu'en
témoigne encore le vœu que, sur la proposi-
tion de M. Ch. Souchon, la Société d'Agricul-
ture de la Nièvre a émis récemment :
Considérant que la hausse des salaires a plus
que doublé ;
Considérant que le prix des aliments coosom-
laéï par le mouton a progressé d'une façon iden-
tique, que le prix des aliments concentrés, tels
que tourteaux de lin, avoine, orge, ne sont plus
en rapport avec le prix qui a été fixé pour la ré-
quisition de la laine ;
Considérant que ^la diminution du troupeau
ovin s'accentue de plus en plus et que sa dispa-
rition va devenir prochaine si la valeur de la
laine ne suit pas le courant des aliments con-
soîutnés et de la hausse de la main-d'œuvre,
•Emet le vn-u que le prix de la laine en^ suint
E AGRICOLE
soit porté à 6 fr. le kilogr, au-dessus de 41 0/0 de
rendement et à 5 fr. pour les laines à rendement
juférieur.
Le relèvement dans le prix de réquisition
contribuerait à enrayer le découragement de
plus eu plus accentué des éleveurs de mou-
tons.
Réquisition des vins.
On a lu précédemment dans nos colonnes
les conditions fixées pour la réquisition des
vins de la dernière récolte. Une note offi-
cieuse fait connaître, dans les termes suivants,
que des changements ont été apportés dans
les règlements précédemment établis f
En raison de l'augmentation du taux des ra-
tions de vins attribuées aux troupes, il avait été
décidé que la réquisition s'exercerait à partir
d'une récolte de lo hectolitres. L'examen de
l'ensemble des déclarations de récolte a permis
de ne commencer la réquisition qu'à partir de
gO hectolitres et de ne prélever qu'un tiers de la
[■écolte, et cela dans des conditions très dillé-
rentes de celles antérieurement pratiquées.
Le ministre du Havitaillement, afin d'appli-
quer de la façon la plus équitable le régime des
prestations, ne demande à chacun que la con-
tribution effectivement proportionnée à ses res-
sources. Le i> contingentement » s'établira
comme suit : sur une récolte de 21 hectolitres,
un hectolitre seulement sera prélevé; sur 22 hec-
tolitres, deux seront réquisitionnés; sur 23, on
en prendra trois, et ainsi de suite jusqu'à 30 hec-
tolitres, chiffre à partir duquel le prélèvement
du tiers sera appliqué intégralement.
Grâce à celte nouvelle manière de procéder,
la petite production se trouve dégrevée dans une
proportion des plus sensibles el le maximum de
l'équité dans l'exercice de la contribution par
réquisition semble devoir être atteint.
Le bruit avait couru que les vins ordi-
naires seraient soumis à la taxation. Cette in-
formation a été démentie.
Culture mécanique.
Le docteur Chauveau, sénateur, dont on
connaît le grand dévouement pour les me-
sures propres à favoriser le développement
des progrès, vient de présenter au Sénat une
proposition dont l'objet est de donner des
encouragements spéciaux au labourage méca-
nique des terres. L'esprit qui a dicté celle
initiative ressort de l'article 1"', dont voici le
texte :
Des encouragements spéciaux, sous forme de
primes à l'achat et à l'entretien d'appareils de
motoculture, seront, à l'avenir, accordés à tout
entrepreneur ou société' d'entreprise, qui s'en-
gagera, par contrat, vis-à-vis de l'Etat, à labou-
rer mécaniquement, durant trois années consé-
cutives, dans la zone de l'intérieur, une étendue
CHRONIQUE AGRICOLE
23
rniuimuiû Je 100 hectares par an et par appareil,
s'il s'agit de terres à ensemencer en blé, et de
130 hectares, si celles-ci sont destinées à des cé-
réales diverses. Les terres labourées mécanique-
ment pour être plantées en betteraves ou en
pommes de terre seront assimilées aux terres à
ensemencer en blé.
Sera considéré comme entrepreneur aux fins
ci-dessus et comme tel admis au bénéfice des
dispositions de cette loi tout cultivateur qui s'en-
gagerait dans la même forme à labourer méca-
niquement chez autrui les superficies mininia
indiquées.
La prime à l'achat, versée en une seule
foi,s, pourrait atteindre ie tiers du prix de
l'appareil; la prime à l'entretien serait an-
nuelle et ne pourrait, en aucun cas, dépasser
le quinzième de ce prix. L'une et l'autre ces-
seraient d'être accordées un an après la fin
des hostilités. Des primes supplémentaires
seraient allouées pendant la durée du contrat
pour tout hectare labouré mécaniquement au
delà du minimum fixé.
Le docteur Chauveau fait ressortir que ce
système se substituerait avec avantage pour
l'Etal au régime inauguré celte année et dont
le rapport officiel récemment analysé ici a
fait ressortir les déceptions.
Commerce des vins.
La Direction générale des Contributions
indirectes a fait connaître le relevé des
quantités de vins sorties des caveS' des ré-
coltants pendant les trois premiers mois de
la campagne 1917-1918.
En France, les sorties se sont élevées à
1 972 70o hectolitres en décembre et à
7 043 313 pendant les trois mois d'octobre
ù décembre. Pendant cette période, les quan-
tités de vins soumises au droit de circulation
ont atteint 8 143 113 hectolitres.
En Algérie, les sorties ont été de 543 317
hectolitres pendant le mois de décembre et
de 2 642 938 pendant les trois mois.
Au 31 décembre, le stock commercial chez
les marchands en gros était en France de
7 136 730 hectolitres dont 1228 503 pour
Paris et de 889 271 hectolitres en Algérie.
Les populations rurales et la guerre.
Dans la récente séance solennelle de l'Ins-
titut, M. Imbart de la Tour a fait, comme
délégué de l'Académie des Sciences morales
et politiques, une lecture sur un canton de
France pendant la guerre. Dans un tableau
très vivant, pris sur le vif, M. Imbart de la
Tour a montré la vigueur de la résislance
des populations agricoles depuis le début de
la guerre. 11 s'agit, en efTet, d'un canton
rural dans le Morvan qui n'est pas autre-
ment désigné, mais qui parait être celui de
Luzy (Nièvre). En môme temps qu'il rend
hommage à la valeur de ceux qui ont été
appelés sous les drapeaux, M. Imbart de la
Tour rappelle discrètement, en ces termes,
les perles subies par ce canton :
Nous pouvons aujourd'hui mesurer nos pertes.
Dans certaines localités particulièrement éproji-
vées, elles ont atteint une proportion exception-
nelle. Au chef-lieu où sont inscrits 986 élec-
teurs : 105 tués et disparus : dans un gros bourg
de 406 électeurs : o9 tués et disparus; dans une
petite commune rurale de lia électeurs: 24 tués
et disparus. Là, sur 2& jeunes gens de l'infan-
terie, deux seuls survivent. Comparons à ces
chill'res ceux des prisonniers : 24, 18, 4, et dans
tout le canton, 64 contre 345 morts. Ces jeunes
peuvent être surpris. Sur le terrain, ils ne se
rendent pas, ils se font tuer.
Cet exemple donne une mesure des vides
provoqués dans les populations agricoles. Il
n'est pas douteux que ce n'est pas une
exception.
Culture du ricin.
Le ricin fournit une huile dont l'impor-
tance est grande pour les usages militaires,
en particulier pour les appareils d'aviation.
Le ministre de l'Armement a transmis aux
gouverneurs des colonies des instructions
précises pour les inciter à développer la cul-
ture de cette plante. De son côté, le ministre
de l'Agriculture a envoyé une circulaire aux
directeurs des Services agricoles dans trente-
deux déparlemenis pour les engager à provo-
quer des essais de cette culture. Voici la par-
tie principale de cette circulaire :
Vos efforts doivent donc tendre à provoquer
l'essai de la culture du ricin dans les parties
encore incultes de votre département, mais
seulement dans les localités ou les gelées tardi-
ves et les vents violents ne sont pas générale-
ment à redouter.
En raison des frais peu élevés que nécessuo.
rait, dans ces conditions, la culture du ricin, de
la végétation rapide de cette plante et de l'inté-
rêt que présentent ses produits, même si chaque
pied ne fournit pas une quantité de graines
aussi importante qu'en culture normale et soi-
gnée, il ne semble pas que l'agriculteur puisse
hésiter à ensemencer en ricin les terres qu'il ne
peut consacrer à d'autres cultures qui exigent
une meilleure préparation du sol et un entre-
tien plus coûteux.
Dans le cas où la culture du ricin, dans ces
conditions, vous paraîtrait possible dans voire
département, je vous serais obligé de me faire
connaître d'urgence la surface que vous estimez
pouvoir y être employée ou, à défaut, le nombre
de pieds de ricin qui pourraient être cultivés, en
24
CHKONIQUE AGRICOLE
calculant sur un espacement de 2 mètres entre
chaque pied dans tous les sens.
J'attache la plus grande importance à ce que
des essais de plantation de ricfrï soient entrepris
dans votre département, dans les conditions que
je viens de vous indiquer; et à titre de rensei-
gnement, j'ajoute que la production d'un pied
de ricin peut donner, en culture normale,
300 grammes de graines dont le prix varierait
de 100 à 120 fr. le quintal, selon qualité.
Le ministre termine en promettant de don-
ner les renseignements complémentaires
utiles sur la culture du ricin et d'envoyer les
quantités de graines qui pourraient être né-
cessaires pour les ensemencements.
Le marc de raisin comme combustible.
Dans une récente communication à l'Aca-
démie des Sciences (séance du 19 novembre),
M. Matignon, professeur au Collège de France,
et M"' Marchai ont appelé l'attention sur
l'utilisation du marc de raisin comme com-
bustible. D'après les recherches auxquelles
ils se sont livrés, la valeur du marc se rap-
procherait, à cet égard, de celle de la tourbe
et on pourrait l'employer utilement, comme
celle-ci, dans des gazomètres appropriés.
Cette utilisation des marcs présente cer-
tainement un intérêt qui ne saurait échapper.
Toutefois la question n'est pas aussi nouvelle
qu'il paraîtrait au premier abord. Les marcs
de raisin sont employés comme combustible
dans certaines régions de la Suisse; on en
fait simplement des briquettes avec un maté-
riel assez simple, et on les fait sécher comme
on fait sécher les briquettes de tourbe. Après
les vendanges, les marcs sont recherchés et
achetés pour cet usage.
Le lait à Toulon.
La Préfecture maritime de Toulon a
publié, le 6 janvier, le communiqué sui-
vant :
En présence de la mauvaise volonté manifestée
par les laitiers, qui non seulement s'obstinent à
vendre le lait à des pri.t exagérés, mais eucure,
dans un but d'intimidation, font abattre une
partie de leur bétail et refusent du lait aux per-
sonnes qui n'accept«nt pas leurs conditions, pri-
vant une partie de la pDpulartion d'un aliment de
première nécessité surtout pour les enfants, les
malades et les vieillards, le vice-amiral Lacaze,
préfet maritime et gouverneur de Toulon, usant
des pouvoirs qu'il tient de sa situation de com-
mandant de place forte soumise au réginoe, inté-
gral de l'état de siège, vient d'Ordonner la ré-
quisition de tout le bétail se trouvant dans les
laiteries du camp retranché de Toulon, aiusi que
du personnel et du matériel.
Il est avéré que les frais d'entretien des
vacheries ont pris des proportions telles que
le relèvement du pri,\ du lait en est la consé-
quence forcée. MM. André Gouin et Andouard
ont démontré récemment que les produc-
teurs trouveraient plus lî .i-nnlages à vendre
leurs fourrages et leurs .uiruaux qu'à vendre
du lait. La mesure prise a i'uulon ue changera
rien à cette situation.
Les terres non cultivées en Italie.
Un décret royal a ordonné récemment les
mesures qui doivent être prises pour assu-
rer en Italie, la mise en culture des terres
incultes et de celles délaissées par suite de
la guerre. Ces mesures doivent être assu-
rées par nn Comité central de mobilisation
agricole et des Commissions pro\ inciales et
communales.
Aux termes du décret, l'Etat a le droit d'or-
donner l'occupation des terres incultes, en
fixant l'indemnité due aux propriétaires. 11
peut imposer la culture des terres non cul-
tivées, l'organiser lui-uiême , et transfor-
mer les systèmos d'exploitation d'après les
besoins du pays en denrées alimentaires,
notamment en faisant rompre une partie
des prairies permanentes. D'autre part, le
recensement de toutes les personnes aptes
aux travaux agricoles est ordonné, avec
fixation d'un salaire minimum au-dessous
duquel il est interdit de descendre. Enfin,
les militaires mis en sursis pour l'agricul-
ture sont placés sous l'autorité des Commis-
sions provinciales.
Ces mesures sont inspirées en partie de
celles adoptées en France, et en partie de
celles adoptées en Angleterre.
Congrès d'Agriculture coloniale.
Le Comité d'organisation du Congrès
d'Agriculture coloniale projeté par l'Union
coloniale, a décidé la création d'une nouvelle
Section consacrée à certaines matières pre-
mières coloniales, utilisables par l'industrie.
Cette Section aura, en particulier, à s'occuper
des pâtes à papier, des extraits tannants, des
matières pour vannerie, brosserie, des ivoires
végétaux, etc., toutes questions où la France
doit s'affranchir, grâce auxTessources d« les
colonies, du tribut jusqu'ici payé à l'étranger
par notre industrie.
La présidence de celte Section a été confiée
au docteur F. Ileim, directeur du Service des
productions coloniales à l'Office colonial.
M. Lefèvre, ingénieur-agronome, secrétaire
de la Société d'Agronomie exotique et colo-
niale, a été désigné comme l'un des secré-
taires.
CHRONIQUE
Police sanitaire. i
Nous avons fait connaître qu'un décret en |
date du 2-2 juin 1917 a njouté la gale dans les j
espèces chevaline, asine et leurs croisements
à la liste des maladies contagieuses en
France. A la demande du Gouvernement gé-
néral de r.Mgérie, un décret en date du
17 décembi'e a rendu celle mesure applicable
en Algérie, en y ajoutant l'espèce cameline.
également sujette à la gale qui revêt, chez
les animaux de cette espèce, un caractère
particulièrement grave.
Récolte des pommes de terre en Suisse.
La surface consacrée à la pomme de terre
en Suisse en 1917 a été, d'après les relevés
statistiques, de 56 749 hectares. D'autre part,
une enquête poursuivie par l'Union Suisse
d»s Paysans auprès de 650 correspondants
a permis d'évaluer le rendement moyen à
18 600 kilogrammes par hectare. La produc-
tion totale seraitdoiic de lOoîio 000 quintaux
AGBICOLE
25
métriques, (-etle quantité est loin d"ètre
suffisante pour les besoins de la consom-
mation. Le cominerce en a été rigoureu-
sement réglementé, ainsi que les condi-
tions d'emploi pour la nourriture du bé-
tail.
Les récoltes en 1917.
On a reproduit précédemment dans nos
colonnes (numéros du 18 octobre et du 1" no-
vembre 1917 et du 10 janvier 1918) les éva-
luations officielles sur la récolte du blé, du
méteil, du seigle, de l'avoine et de l'orge,
ainsi que sur la production des vins en 1917.
La Direction de l'Agriculture (Office de
renseignements agricoles) a publié au Jour-
nal Officiel du 16 janvier les résultais ap-
proximatifs des cultures autres que celles
des principales céréales. Le tableau suivant
permet de comparer ces résultats avec ceux
réalisés en 1916 pour les cultures les plus
importantes :
Qiiailtitôs
MILLET
Surfaces QuantiU's
S.tRRASIN
Surfaces Quantités
.Surfaces
lARICOTS
Surfaces
Quantités
ensemencées.
récoltées.
ensciuencées.
récoltées.
ensemencées
récoltées.
ensemencées
récoltées.
heclarcs
(juinhïux
hectares
quintaux
hectares
(juintaux
hectares
quintaux
1917
3.5! 036
4 US 760
18 380
319 802
409 747
4 272 820
146 121
1 059 720
1916
336 800
4 225 440
21 66j
153 870
400 545
2 739 410
130 630
820 570
M»rf>t«s
— ù 764
— 106 6.S0
— 3 285
-f 165 032
-1- 9 202
+ 1 533 410
-1-15 491
-f- 239 150
POMMliS
DE TERRE
TOPIN.\MBObRS
RUTABAGAS ET NAVETS
CHOL'X
FOURRAGERS
1917
1 409 0711
109 220 SOO
lOi 951
i;; 780 895
150 052
25 318 040
206 679
;.7 040 OiO'
1916
1 2S0 220
87 su 100
107 865
14 920 320
150 360
23 173 900
221 880
55 106 610
Dilt»p(«t.s -i-128 850 +21 415 700
BETTERAVES A SUCRE
-2 914 + 880 475 — 303 -|- 144 140
BETT. DE DISTILLERIE BETTERAVES FOURRAGERES
-15 201 + 1 934 330
1917 72 9*8 21 0S5 OOO
1916 81 210 19 886 2G0
DiteJcfS — 8 252 -f 1 19S 800
PRAIRIES ARTIFICIELLES
22 253
26 280
7 024 700 549 695 KiO 895 50Û
7 915 050 555 940 154 910 480
—4 027 — 890 350 — 6 245 -(-5 986 020
PRAIRIES TEMPORAIRES FOURRAGES VERTS ANNUELS
PRÉS NATURELS
1917 2 665 84.5 9C 342 400
1916 2 707 520 lOS 864 840
IlilTéreni-es
il 675
-12 522 440
317 375
332 050
-14 675
S 944 OOO 609 260 91 860 800 4 608 230
10 179 780 661 640 111 117 580 4 665 360
131 291 600
157 218 030
-1 233 780 —52 380
-19 236 780 —57 130 —23 926 430
Si l'on envisage les étendues accusées par
cette statistique, on constate des diminu-
tions parfois assez importantes ; il n'y a
d'exceptions que pour les pommes de terre,
les haricots et le sarrasin. Mais, malgré les
diminutions constatées, la production au-
rait été, pour la plupart des plantes qui
figurent dans ce tableau, plus élevée qu'en
1916; il n'y a d'exception à cet égard que
pour le maïs et les prairies.
La production des autres légumes secs
que les haricots, c'est-à-dire les lentilles,
pois, fèves et féveroles, aurait été plus faible
qu'en 1916. Il en est de même pour les plantes
textiles, lin et chanvre. La récolte du tabac
n'aurait atteint que la moitié de celle de
1916; elle n'aurait été que de 77 757 quin-
taux contre 226 000 à 260 000 pendant les
années 1912 à 1914.
Henry S.\g.nier.
26
ESSAIS ET OBSERVAirONS SUR LES BLÉS A VERRIERES EN 191"
PJR^: DE REVIENT. — TAXATIONS
La reclierche du prix de revient des pro-
duits agricoles a été poursuivie par les Agro-
nomes de tout temps, sans que jamais une
précision ait été obtenue.
Vers d880, P. C. Dubost montra, avec son
implacable logique, que le cultivateur ne
pouvait pas établir ce prix de revient, comme
le fait si facilement l'industriel. Celui-ci a le
prix exact de la matière première qu'il em-
ploie; il la transforme en la faisant passer
successivement dans plusieurs ateliers : cha-
cun de ces passages entraîne des frais con-
nus, qui s'ajoutent au prix d'achat, et consti-
tuent, au moment de la vente, le prix de re-
vient du produit.
En agriculture, les opérations et les trans-
formations sont tellement enchevêtrées, qu'il
n'est pas possible d'établir, dans la succes-
sion des plantes de l'assolement, la part des
frais qui revient à chacune d'elles. Et pour
une même plante, céréale par exemple, com-
ment dire ce qu'a coûté le grain, ce qu'a
coûté la paille?
Et pourtant Eugène Risler a écrit, en 1886,
dans Physiologie et culture du Blé, que le blé
était produit, dans telle ferme de Seine-et-
Marne, au prix de revient de 14 à 13 francs.
Cette affirmation a soulevé la plus vive
émotion parmi les agriculteurs. Et elle fut
démentie par les faits.
Si le blé avait pu être produit à si bas prix,
le législateur n'aurait pas eu besoin d'élever
les droits protecteurs de 3 à o fr., puis à 7 fr.
par quintal de blé. Et les bénéfices procurés
par la culture du blé auraient entraîné l'aug-
mentation de la surface consacrée à celte cé-
réale. Or, cette surface a toujours été dimi-
nuant en France.
Si un agronome aussi éminent et aussi sin-
cère qu'Eugène Risler a commis cette er-
reur, comment n'être pas surpris de la su-
perbe assurance que montrent actuellement
nombre de personnes, se déclarant capables
d'établir le prix de revient non seulement du
blé, mais encore des animaux, non seulement
des moutons, mais de la laine qui pousse sur
ces moutons?
La rapide diminution de notre cheplel ovin
permet de mesurer l'étendue de l'erreur com-
mise par les Intendants chargés d'établir le
prix de la laine.
Et maintenant supposons l'invraisem-
blable : la vérité a été révélée à nos
calculateurs, ils ont eu le privilège d'établir
les prix de revient. Us ont encore commis
une faute lourde par ses conséquences.
Us ont cherché le prix qu'a dû débourser,
dans un exercice f-couLé, un producteur en vue
d'un produit quelconque.
Or, tout cultivateur sait bien que la valeur
d'un produit est affectée non pas seulement
par les frais faits en vue de ce produit, mais
encore et surtout par les frais à faire en vue
d'obtenir le même produit ci l' exercice suivant.
En d'autres termes, la récolte 1917 est grevée
de tous les frais faits en vue de la ré-
colte 1918. Si, pour avoir la récolte 1018, la
main-dii>uvre, l'engrais, et le reste coûtent
15, 20 ou 2.5 0,0 de plus que l'année précé-
dente, c'est la récolte 1917 qui supporte cet^
excédent de dépenses de 13, 20 ou 23 0/0.
En méconnaissant cette réalité, l'Etat est
toujours en retard d'une année dans la fixa-
tion des prix. Il constitue en perte tout culti-
vateur qui n'obtient pas de ses récoltes un
produit maximum. Il sème le découragement.
Telle est l'une des causes de la diminution
de la production agricole depuis 1914.
EiMiLE Petit.
Orsigny (Seine-et-Oise., j.mvier 1918.
ESSAIS ET OBSERVATIONS SUR LES BLÉS A VERRIÈRES
EA" 1917 (1)
Ce n'est pas sans une grande émotion que
je [viens apporter devant vous les résultats
des observations faites à Verrières en 191".
La mort de mon cousin Philippe m'a particu-
lièrement frappé. Voici le fruit d'expériences
qu'il avait mises en train, et qu'il n'a pas pu
(1) Communication à r.\cadémie d'Agriculture
(séance du 5 décembre 1917).
voir achevées. J'aurai à vous tenir au cou-
rant de nos travaux, qui ne sont pas inter-
rompus, en attendant qu'un fils de Philippe
puisse à son tour entrer dans la carrière où
ses père et grands-pères l'ont si brillamment
précédé.
1 Blés de printemps.
Je vous parlerai d'abord des blés de prin-
ESSAIS ET OBSERVATIOiNS SLR
temps expérimentés à Verrières en raison de
fintérèt que présente actuellemennt la ques-
tion. Il est certain que les difficultés de la cul-
ture en temps de guerre obligeront encore à
recourir aux blés de printemps, comme ap-
point en 1918; outre le Maniloba nous au-
rions grand intérêt, à mon sens, à propager
les variétés Aurore et Marquis.
Nous avons étudié, cette année, en compa-
raison de semis à différentes époques, les
sept variétés suivantes de blés de printemps :
Aurore, White Fife, Maniloba, Rod Fife,
Kolhen, Mars Rouge sans barbe, Marquis.
Cette dernière variété ayant été reçue tardi-
vement n'a pu être semée qu'à partir du
20 mars.
Le blé de Manitoba, mis en comparaison,
provenait de la race ancienne de notre collec-
tion, reçue des Moulins de Corbeil en 1900 et,
depuis, toujours cultivée à Verrières.
Voici les diverses dates de semis, d'épiai-
son et de récolte :
Les essais étaient divisés en deux parties :
1'^ partie. — Nous avions en comparaison
les blés Aurore, Maniloba, Red Fife, Marquis
et Kolben.
Par ordre de précocité, ces blés se sont
classés comme suit :
1"' le plus hàtif Aurore
2* Marquis
i' Manitoba
\' - Kolben
Au point de vue rendement :
i"' .\urore avec 21 kilogr. à l'are.
2"= Kolben — 14 kil. 300 —
3' Marquis — t3 kil. 750 —
4= Manitoba — 10 kil. 900 —
Le blé Kolben occupe, cette année, une très
bonne place dans les rendements de nos es-
sais, supérieure à celle qu'il avait eue précé-
demment.
2" partie. — Les résultats de ces semis suc-
cessifs par nombre de jours écoulés entre la
date du semis et celle de la récolte nous don-
nent les chiflres suivants :
Hemis du /=>■ mars. Semis du. 1"' aui-il.
Jours. Jours.
LES BLÉS A VERRIÈRES EN 1917
2-i
Aurore 148
Mars roi/r/e sans
barlie 156
Maniiobii 1S9
Red Fife 162
White Fife 162
Kolhen 169
.iurore 129
Marquis lîl
Mars rouge sans
barbe 135
Manitoba 138
Kolben à38
Red Fife, 144
White Fife 144
Semis du 13 avril..
Jours.
-1 ""'/(' 414
Marifuis 114
Mars rouge saris
barbe 116
Manitoba HG
White Fife 116
Red Fife 120
Kolben 120
Semis du 15 mars.
Jours,
Marquis (arrivé et
semé le 20 seu-
lement: 136
Aurore- 13S
Mars rouf/e sans
barbe... 144
Manitaba 147
lV7i,7e Fife 147
Red Fife 151
Kolben 155
La pénurie de main-d'œuvre ne nous ayant
pas permis de surveiller ces lots aussi atten-
tivement que nous l'aurions désiré, plusieurs
d'entre eux ont été fortement pillés par les
moineaux dans la partie n° 2 de nos essais,
et, par suite, les rendements que nous pour-
rions donner ne sont pas comparables. Quoi
qu'il en soit, autant que l'on peut conclure
d'une expérience aussi restreinte, notre blé
Aurore arrive en tète à tous points de vue,
suivi, du reste, de très près, par le blé Mar-
quis dont nous parlerons ensuite.
Les résultats obtenus en grande culture
par dilTérents cultivateurs confirment égale-
ment ces résultats, ainsi que la bonne opi-
nion que nous avions du blé Aurore qui s'est
montré, en général, supérieur en rendement
à tous les autres blés de printemps.
Blé Aurore. — A Verrières, un lot d'Auroi-e,
semé le 1" mai, a été moissonné le 31 juillet,
soit au bout de trois mois exactement, avec
un rendement encore appréciable de 535 ki-
logr. pour 25 ares, soit 2 liO à l'hectare.
Ceci en terrain médiocre avec une culture
très ordinaire. Semé dans les premiers jours
de mars. Aurore nous a donné en 1916 à
notre établissement de Massy-Palaiseau le
très beau rendement de 3 600 kilogrammes à
l'hectare. Cette année, par contre, semé d'ail-
leurs en de plus mauvaises conditions, le
rendement n'a été que de 2 214 kilogrammes.
Le blé .Aurore justifie donc la bonne opi-
nion qu'avaient de lui mon oncle Henri de
Vilmorin et mon cousin Philippe et se montre
un blé de printemps de premier ordre pour
la France.
Blé Marquis. — Cette dernière variété, ob-
tenue au Canada par le D"^ Gh. Saunders, cé-
réalisle du Département de l'Agriculture,
jouit, dans ce pays, d'une renommée consi-
dérable, notamment, nous écrit le docteur
Saunders, dans la province de Saskatchewan
où elle est en train de supplanter rapidement
toutes les autres sortes.
Aux Etats-Unis il a donné, d'après MM. Car-
leton, R. Bail et J. Allen Clark, des résultats
supérieurs aux variétés genre Fife, c'est-à-
28
LA CAMPAGNE AGRICOLE DE 1917 EN HAUTE-MARNE
dire Manitnha, dans la région à TouesL des
grands lacs et dans la région des grandes
plaines. Ce blé a, d'ailleurs, été signalé par
M. Voitellier dans une note à l'Académie
d'Agriculture en 1916.
La précocité du Marquis qui n'est surpassée
par aucun blé en Amérique, et qui, dans nos
essais, se rapproche à'Aurore, lui donne
aussi un grand intérêt.
J'ajouterai que l'avantage qu'il présente
d'être un blé sélectionné, et non en mélange
comme le Maniloba, est très appréciable.
Dans ces conditions, en présence de sa su-
périorité marquée sur les blés de la catégorie
Fife, c'est-à-dire Maniloha, tant au point de
vue précocité qu'au point de vue rendement,
je crois que la propagntion en France du blé
Marquis serait fort utile.
Notre bon vieux blé de Mars Rouge sans
barbe arrive ensuite suivi immédiatement
par la série des Fifc, alias Ma»iloba.
Le blé A'olben, de Svalof, semble décidé-
ment un peu plus tardif.
A côté de ces blés de printemps, ce que
nous pouvons citer de plus curieux dans «et
ordre d'idées, c'est le cas d'une parcelle de
blé des Alliés qui, semée à Verrières à la date
du 3 mai 1917, a pu être moissonnée le 5 sep-
tembre (4 mois après), avec un rendement de
1 81 i kilogrammes pour 120 ares, soit encore
1 316 kilogrammes à l'hectare. C'est assuré-
ment un record pour un blé d'automne et qui
montre bien l'aptitude m'irveilleuse que pos-
sède le blé des Alliés de monter encore, si
tardive que soit l'époque du semis.
[A suivre.) J. de Vilmorim.
LA CAMPAGNE AGRICOLE DE 1917 EN HAUTE-MARNE
Commencée dans des conditions défectueuses,
l'année s'est poursuivie avec des alternatives di-
verses pour aboutir, finalement, à un résultat
plutôt médiocre pour la plupart des récoltes.
Dès son début, les semailles d'automne furent
contrariées par la persistance des pluies qui
obligea les cultivateurs à restreindre leurs ense-
mencements, soit faute de temps propice, soit
par suite de la submersion des terres basses,
surprises en cet état par un hiver rigoureux.
Au début du printemps, les eniblavures pré-
sentaient, en général, un aspect lamentable : la
plupart des blés blancs, et même certains blés
de pays, surtout parmi les derniers semés,
n'avaient pu résister aux fortes gelées hivernales^
el Ton dut essayer de réparer le désastre en se-
mant des blés de printemps, notamment du Ma-
nitoba, mis par l'Adminislralion à la disposition
des cultivateurs.
Mais la persistance des basses températures
jusque vers le milieu du mois de mai ralentit la
végétation, de sorte que, malgré des condi-
tions plus favorables, survenues vers cette épo-
que, la formation du grain ne se trouva pas
suffisamment avancée pour braver la période
de fortes chaleurs qui précéda la moisson;
bon nombre de blés, aussi bien d'automne que
de printemps, furent échaudés, ne donnèrent
qu'un rendement médiocre de grains moins
bien nourris que ceux de l'an dernier, le poids
moyen au double décalitre s'établissant aux en-
virons de 15 kilogr. tandis que l'an dernier, il
atteignait communément lo kilogr. 500.
D'autre part, après une période de sécheresse
néfaste, des pluies aboudantes, survenues à
l'époque de la moisson, rendirent la récolte pé-
nible et dans bien des cas provoquèrent la ger-
mination du grain, rendant celui-ci inapte au
réensemencement pour la future campagne.
Malgré leur apparence prometteuse, les
avoines avaient été, elles aussi, victimes de la
sécheresse; elles ne fournirent qu'un rendement
moyen de grains en général trop légers, à l'ex-
ceptiou peut-être des dernières semées qui, se
trouvant encore en pleine végétation pendaot la
période pluvieuse qui coïncida avec la récolte
des blés, profitèrent de l'aubaine et fournirent
un grain mieux nourri.
Dans les prairies fauchables, la végétation,
longtemps languissante, prit enfin, dans la
deuxième quinzaine de mai, un essor suffisant
pour qu'à la fauchaison, sauf dans les parcelles
trop humides, l'on pût constater un bon rende-'
ment moyen. Les fourrages de seconde coupe
furent en général abondants et récoltés dans
d'excellentes conditions.
Le rendement des pommes de terre a été des
plus variables. Si beaucoup de cultivateurs,
surtout dans le nord du département, obtinrent
une récolte abondante et de bonne garde,
d'autres récoltèrent à peine leur semence, leurs
plantations ayant été ravagées par le mildiou,
les vers blancs, et, dans les régions boisées, plus
ou moins dévastées par les sangliers.
Les autres tubercules fourragers : betteraves,
rutabagas, ont, un peu partout, donné pleine sa-
tisfaction aux cultivateurs hautniarnais.
Si l'abondante production des arbres fruitiers,
que le retard de leur végétation à ses débuts avait
soustraits aux atteintes des gelées printanières,
fît regretter aux ménagères la parcimonie avec
laquelle l'Administration leur alloue du sucre
pour les confitures, elle a permis par contre,
aux récoltants, de confectionner des cidres ou
des piquettes d'autant plus appréciés que le prix
actuel du vin met cette boisson hors de la portée
de beaucoup de consommateurs ruraux, et que
le mnnque de sucre restreiut notablement la
préparation des autres boissons économiques.
Raymond Uocer.
PRÉPARATION DES SEMENCES. — LE TRIAGE
29
PRÉPARATION DES SEMENCES. — LE TRIAGE
Tous les cultivateurs sentent qu'en raison
du grave déficit des dernières récoltes de cé-
réales, il est urgent, à la veille des semailles
de printemps, de ne ménager aucun etTort en
vue d'obtenir une récolte aussi abondante
que possible en 1918. La main-d'oi'uvre est
trop rare pour permettre d'ensemencer toutes
les terres, les engrais font presque complète-
ment défaut. Afin d'atténuer les conséquences
de celte pénurie, il importe que chaque
champ ensemencé puisse donner un rende-
ment aussi élevé que possible.
Pour atteindre ce but, il existe un procédé
bien connu, mais sur lequel il est nécessaire
d'atlirer l'allention en ce moment : c'est
l'emploi de semences triées et sélectionnées.
On sait bien, mais on n'y rélTéchit pas tou-
jours, fiue si l'on emploie des semences ren-
fermant 10 d'impuretés par exemple, on
diminue d'autant d'avance le rendement que
l'on en obtiendra.
Le Journal d'Afjriculliira pratique a publié
en 1907 i'n° 37 1 les résultats d'expériences
concluantes faites par M. Ringelmann à la
Station d'essais de machines agricoles sur
l'emploi comme semences de blé non trié
TL*
o
3 «<»*«- fïpmwvt-
<dV<suiv€i tk OXae6
Giaiive-i 'XiJncle'»;
Tîc""ci'»C rweycri
^1 h.
i-c,
Fig. 4. — IiapuroU'S que Von rc-lirf du h\ô p^r sou i»a5>ago .lu trieur.
et de blé trié. La variété sur laquelle les
expériences ont porté était le blé Samnitr
de Mars. Les rendements par hectare ont
été :
Blé
noû trié-
kilogr.
Poiils du gi'ain. . 1 668
— delapailie ;i SOO
— (les balles
et menues pail-
les 332
Poids total de la
réc-oUe S 000
Blé trié.
kilogr.
2 S83
7 000
915
10 800
.\ug-
nientalion
pour
le blé irié.
kilogr.
1 217
1 200
38.3
2 800
Avec le blé trié, le poids de l'hectolitre ré-
colté était de 78 kil. 7; pour le blé non trié,
il n'était que de 77 kil. 2. Le rendement en
hectolitres ressort à 36 hectol. 65 dans le
premier cas et à 21 hectol. 60 dans le second
cas.
Un autre exemple nous est fourni par des
essais organisés par le Comice agricole de
Castres (Tarn) en 1908, et dont son Bulletin a
donné le compte rendu en ces termes :
Les essais faits en 1908 avec du blé Rousselin
trié au trieur Marot ont donné les résultats sui-
vants :
Trois parcelles de 1 are chacune, bien fumées
et ayant reçu du superphosphate 14/10, à raison
30
PETRIN MECANIQUE
de 500 kilogr. il l'hectare, ont été ensemencées :
la première avec du blé tel qu'il était sorti de la
machine après un simple vannage au ventila-
teur; la seconde avec le blé de semence obtenu
par le trieur Marot; la troisième avec le blé dit
de commerce, obtenu avec ce même trieur.
Les rendements ont été les suivants :
{•^"parcelle. — Blé sans triage ... 10 kil. 300
2= parcelle. — Blé de semence... 18 kil. 300
3« parcelle. — B)é du commerce. 16 kil. 200
Le blé de la première parcelle était encombré
de mauvaises herbes et était clair, beaucoup de
grains cassés et maigres ayant été mis en terre.
Celui de la troisième parcelle était très épais,
ma'S les épis étaient grêles et le grain bien
moins gros que celui de la parcelle n" 2.
Le blé de la parcelle n" 2 provenant du blé de
semence était superbe et le grain bien nourri
était beaucoup plus gros que celui des autres
parcelles.
On voit combien il y a intérêt à n'employer
que des grains bien triés.
La figure 4 montre combien d'impuretés
et de petits grains restent dans la masse,
même après le passage au tarare, tandis que
le trieur les élimine complètement.
11 serait possible de multiplier les exem-
ples, mais ceux-ci suffisent pour montrer
combien l'opération simple et peu coûteuse
du triage est efficace pour augmenter dans
des proportions très importantes le rende-
ment de la récolte. Ces explications s'appli-
quent non seulement au blé, mais à toutes
les autres céréales.
G. G.^UBOT.
LES TRACTFXRS AUX ÉTATS-UNIS
Les résultats d'une enquête sur le travail
des tracteurs ont été publiés aux Etats-Unis.
Les chiffres concernent 96 tracteurs en usage
dans'les exploitations : 37 tracteurs dont les
moteurs ont moins de 30 chevaux et 59 dont
les moteurs ont une puissance dépassant
30 chevaux -vapeur.
Sur les 37 tracteurs de la première catégo-
rie, 27 fonctionnent à l'essence minérale et
iO au pétrole lampant. Pour les 59 de la se-
conde catégorie, 15 emploient l'essence mi-
nérale et 44 utilisent le pétrole lampant.
Le travail, effectué en moyenne par les di-
vers tracleurs, indiqué en hectares, serait le
suivant :
Puissance du
Surface labourée
moteur.
en 10 heures.
levaux-vapeur
liectares
12
2.43
l(i
2.46
20
2. 87
25
3.60
30
4.48
45
-.62
OU
8.40
80
10.75
terres plus légères que les nôtres, à des la-
bours moins profonds et à de longs rayages.
D'après des observations antérieures, nous
croyons qu'il faut multiplier les chiffres pré-
cédents par 0.7 pour en tirer des indications
générales utilisables chez nous ; nous pouvons
alors en déduire le tableau suivant :
Ces chiffres généraux, qui résultent de
moyennes arithmétiques, s'appliquent à des
Puissance
du
Surface labourée
moteur.
par heure.
chevaux-vn
peur
mètres carrés
12
1 701
16
1 722
20
2 009
23
2 520
30
3 136
45
5 334
' 60
a 8S0
80
7 525
D'après l'enquête, 72 exploitants, sur 9(5,
déclarent que le travail du tracteur leur est
moins coiiteux que celui effectué par les che-
vaux. D'autre part, sur 10 exploitants ayant
des tracteurs de plus de 30 chevaux, 6 à 7
sont favorables alors que sur 10 exploitants
ayant des tracleurs dont le moteur a une
puissance de moins de 30 chevaux, 8 se dé-
clarent en leur faveur.
M. R.
PÉTRIN MÉCANIQUE
La préparation de la pâte pour la fabrica-
tion du pain dans beaucoup de campagnes,
et surtout dans les régions libérées, présente
des difficultés; le pétrissage à bras est un
travail très pénible pour l'homme, à plus
forte raison pour une femme si les circons-
tances obligent à y recourir.
A la suite des essais du Syndicat de la Bou-
langerie de Paris, en 1909, M. Ringelmann
avait formulé un certain nombre de conclu-
Ê^^
A PlidPOS DES AZOBACTEKIES DES LÉGUMINEUSES. - LA CULTURE DE LA SLLLA
sions qui ont élé publiées clans le Journal
d' Agriculture pru tiij ue {l9i)'J, n" :21).
Des nouveaux modèles de pétrin ont été
établis et la machine connue sous le nom de
Map l'ut signalée avec une planche coloriée
(1!»10, n" 40, p. ViOi.
Les constructeurs du pétrin Map, MM. Luc-
ciardi et C'% 91, rue Denfert-Hocliereau, à
Paris, ont établi récemment un petit modèle
destiné surtout aux premières colonisations
des régions récupérées sur l'ennemi.
La figure 5 montre le plus petit modèle
pouvant faire de 25 ;\ 30 kilogrammes de
pâte; le pétrin pour oO à 60 kilogr. de pâte
est indiqué par la figure ti.
Avec ces deux machines, le fonctionnement ',
est des plus simples. On verse dans la cuve
le levain, l'eau tiède, le sel et toule la farine
nécessaire ; on tourne ensuite la manivelle
-d'une main pendant qu'avec l'autre main on
Fig. 5. — Petit pétrin Map pour 25 à 30 kilogr. de pâle.
quinzaine de minutes environ. Il est bon de
diviser le travail en deux périodes séparées
y
Fi-- ' . - l'iLi-in .Map pour ôû à 60 Isilogr. de pâte
fait tourner lentement la cuve jusqu'à ce que
cette dernière tourne seule sous l'action de
la pâte que le fraseur étire.
La durée totale de l'opération est d'une
par un temps d'arrêt de 5 à 10 minutes pen-
dant lequel on laisse la pâte se reposer dans
la cuve.
G. Manrin.
A PROPOS DES AZOBACTÉRIES DES LÉGUMINEUSES
LA CULTURE DE LA SULLA
Dans le Journal d'Agriculture pratique du | dent que chaque Légumineuse possède son azo-
S avril dernier, je répondis à ceux qui prôten- | hacl&rie spécifique et que, par conséquent.
A PROPOS UES AZOBACTÉRIES DES LÉGUMINEUSES. — LA CULTURE DE LA SULLA
32
pour assurer la bonne réussite d'une luzerne,
il est indispensable d'inoculer au sol où
celle-ci doit être cultivée les azobactéries
propres à cette plante au moyen de nilragine,
ou bien par l'apport de terre enlevée à une
bonne luzernière; je montrai que dans ma
propriété du Mont de Circé, j'avais pu créer
des luzernières me donnant entière satisfac-
tion sans recourir ni à l'un ni à l'autre de
ces systèmes, et cela quoique ma propriété
se trouvât alors à une distance de plus
de 5U kilomètres à la ronde de toute culture
de luzerne. J'en concluais que l'azobactérie
d'autres Légumineuses devait s'être adaptée
à vivre en symbiose sur ma luzerne, et je
posai la question si V affirmalion que chaque
Légumineuse possédr son azobaclérie spfxiale
sans la pn'sencr de laqae'le elle ne peut pros-
pérer, ne devait pas être mise en quarantaine.
Personne ne répondit à ma demande, ce
qui, dans les tristes conditions présentes, se
compiend aisément.
Toutefois, comme je retiens que la ques-
tion de l'enricliissement du sol (surtout par
la création d'azote) est précisément dans les
circonstances actuelles de la plus haute im-
portance, je pense que le Journal accueillera
volontiers les observations que je viens de
faire sur la culture d'ime autre Légumineuse :
la Sulla (Hedijsarum coronarium L.), appelée
ajuste titre la luzerne des terrains argileux
du bassin de la Méditerranée.
Il y a quel(|ues années, sur un dépôt d'ar-
gile d'un ancien four à briques abandonné,
situé à. l'extrértité de ma propriété au bord
de la mer, je vis à ma grande surprise appa-
raître de charmantes Heurs d'un rouge vif,
entourées de jolies feuilles d'un vert sombre.
Je reconnus immédiatement la Sulla, dont
les semences avaient été probablement ap-
portées par les cailles qui atterrissent en
grande quantité à cet endroit en reve-
nant du Midi. Je ne connaissais pas cette
plante, si ce n'est par des descriptions, entre
autres les intéressants articles parus dans le
Journal d'Agriculture pratique de l'année
1898, n"' 39 et i3, exposant les importantes
transformations agricoles opérées au moyen
de cette plante par le sénateur italien Devin-
cenzi dans ses propriétés des Abruzzes.
Voulant faire un essai de cette culture, je
m'adressai à cet illustre agronome qui, obli-
geamment, me fournit quelque peu de se-
mence. L'ayant répandue sur le terrain con-
tigu au dépôt d'argile qui portait la Sulla
spontanée, la plante fut de fort belle
venue ; mais l'ayant fauchée et séchée, il en
résulta du foin très grossier, que mes che-
vaux refusèrent. Ne trouvant donc pas con-
venance à cette culture, je l'abandonnai.
Mais ayant, l'année suivante, livré ce ter-
rain avec les terres adjacentes au pacage des
moutons, j'aperçus d'abord que la Sulla,
à l'état vert, était très appréciée par ces ani-
maux, puisqu'elle se propageait sensible-
ment chaque année. Voici pourquoi :
Les moutons abandonnant pour raison cli-
matérique au commencement de mai ces
pÈiturages, la Sulla pouvait après leur départ
fleurir et produire des semences, lesquelles
transportées par le vent envahissaient cha-
que année une plus grande superficie de
^rrain.
Voyant cela, je résolus de faire un essai de
culture plus en grand de cette plante, et cela,
bien entendu, sur lesdits terrains possédant
de la Sulla spontacée. Je les retournai en au-
tomne 1914 et j'y mis du blé, puis l'année
suivante de l'avoine, dans laquelle je semai
la Sulla au mois de février suivant (1916;. Je
choisis cette époque parce que les fourmis,
si fatales aux semences de tout genre dans le
Midi, se trouvent alors en léthargie. Suivant
les indications d'un véritable apôtre de la
Sulla, M. Louis Fiillarico, de Casabona (Cala-
bres), j'employai des semences décortiquées
provenant des Marches, c'est-à-dire d'une
région plus froide que celle où j'habite; puis,
afin de me rendre bien compte de l'action des
azobactéries sur la croissance de la Sulla,
j'en semai aussi sur un terrain contigu, de
composition argilo-calcaire identique, mais
dépourvu de Sulla spontanée. Sur une por-
tion de ce terrain, je répandis de l'argile
pris du dépôt où j'avais vu la plante appa-
raître pour la première fois, et sur une autre
portion, je n'en mis point. La Sulla leva
sur les deux emplacements, mais, sauf quel-
ques rares plantes, ne survécut pas sur le
terrain sans apport d'argile, tandis que sur
l'autre, c'est-a-dire sur celui qui, évidem-
ment, avait été doté de l'azobactérie de la
Sulla, celle-ci prospéra si bien qu'au com-
mencement de l'hiver suivant j'y récoltai
des plantes ayant jusqu'à 1"M5 de hauteur,
des racines abondamment garnies de nodo-
sités et ayant U'".60 de longueur et un collet
de 0"'.13 de circonférence. Ce fut un véritable
succès!
Quel est le résultat de ces expériences au
point de vue scientilique? Qu'avant tout, il
faut reconnaître qu'en agriculture il n'y a
rien d'absolu. En effet, nous avons vu com-
ment des azobactéries d'autres Légumineuses
s'adaptent parfaitement à vivre et prospérer
sur la racine de la luzerne; par contre, il
A PROPOS DES AZOBAfiTÉRIES DES LÉGUMINEUSES. — LA CULTURE DE LA SULLA
33
semble que ce n'est pas le cas pour la Sulla.
Comment expliquer ces différences?
La réponse ne pourrait être donnée
qu'après de minutieuses études microsco-
piques et des expériences répétées, que, mal-
heureusement, il ne m'est pas donné d'exé-
cuter, mais qu'il serait toutefois désirable de
voir effectuées.
Mes observations sur la culture de la Sulla
présentent de l'intérêt non seu-
lement au point de vue scientifi-
que, mais aussi au point de vue
pratique. '
J'ai loué le pacage de mes prés
de Sulla l'année dernière et cette
année encore — où je n'ai effectué
aucune dépense sur ces terrains
— à des conditions fort avanta-
geuses aux bergers qui, des mon- • ■
tagnes des Apennins, viennent
hiverner sur les bords de la Médi-
terranée. Je compte pendant quel-
ques années encore, c'est-à-dire
aussi longtemps que la Sulla pro-
longera son existence sur ces ter-
rains, continuer aies louer comme
pâturages, car non seulement j'en
retire un bon prix, mais j'ai la
conviction que cette précieuse Lé-
gumineuse,par les longues racines
qu'elle enfonce dans le sol et par
l'azote qu'elle y emmagasine, amé-
liore encore physiquement et chi-
miquement la terre, laquelle pro-
fite en outre des déjections des
troupeaux qui y paissent. Ensuite,
je retournerai ces prés et les met-
trai en blé, persuadé d'obtenir alors .
un rendement bien supérieur à
celui que j'obtins des semailles qui
précédèrent la Sulla.
Cette certitude est d'ailleurs ba-
sée sur les expériences du sénateur
Devincenzi, déjà décrites par le
Journal d' Agriculture pratique, et
par celles plus récentes de l'agri-
culteur calabrais, M. Fallarico ci-
haut mentionné. Celui-ci a obtenu
sur des défriches de Sulla un rendement
de blé arrivant au double du rendement
habituel. En outre, dans sa contrée (le ter-
ritoire de l'ancienne colonie grecque Cro-
ton), la récolte des olives qui, pendant la sai-
son 1915-1916 avait fait presque totalement
défaut, fut abondante là où la Sulla avait été
cultivée.
Je serais heureux que les nombreux lecteurs
que le Journal d' Agriculture pratique compte
dans le Midi de la France, l'Espagne et l'Al-
gérie, possesseurs de terrains argileux dans
une situation climutérique semblable à celle
(lu Mont de Circé, voulussent répéter les ex-
périences que je viens de faire. Je suis per-
suadé qu'ils y trouveraient leur compte et
([u'ils me seraient reconnaissants des con-
seils que je viens de leur donner.
J'ajouterai encore que la Sulla, outre
■^^
i
■'.^ .
j
Fig. 7. — Bulle de Sulla.
qu'elle sert admirablement au pacage des
moutons, peut, comme la luzerne, être em-
ployée pour affourager en vert les bovidés.
Elle se conserve également fort bien en silos,
et pourra ainsi rendre de grands services
pour lélevage dans le nord de l'Afrique.
James Aguet,
Conseiller
de la Société des Agriculteurs italiens.
San Felice Circeo, novembre 1917.
34
PARTIE OFflCIELLE
PARTIE OFFICIELLE
Décret du 14 janvier 1918 instituant
des Comités départementaux d'Action agricole.
Art. i". — Il esl créé au chef-lieu de chaque
département, pour la durée de la guerre, un Co-
mité départemental d'Action agricole composé
du préfet, président, du directeur des Services
aj,'ricoles et d'un agriculteur par arrondissement,
choisi par le préfet sur une liste de deux noms,
établie par les associations agricoles du départe-
ment.
Art. 2. — Le Comité a pour mission :
1» De contrôler le fonctionnement des Comités
communaux d'Action agricole institués par les
décrets des 2 et 9 février 1916;
2° D'aider ces organismes à surmonter les dif-
ficultés d'application de la loi du 6 octobre 1916,
en intervenant auprès des propriétaires ou ex-
ploitants habituels des terrains non cultivés et
en provoquant, s'il en est besoin, la réquisition
et la mise en valeur de ces terrains;
3° De se tenir en rapports suivis avec tes Com-
missaires à l'agriculture pour recevoir d'eux des
idées directrices et orienter la culture et l'éle-
vage dans un sens conforme à l'intérêt général et
aux nécessités du moment ;
4» De faire connaître à ces Commissaires les
besoins des communes en main-d'œuvre, ma-
chines, semences, engrais, amendements, pro-
duits anticryptogamiques et autres nécessaires à
l'agriculture ;
5° De s'entendre avec les Commissions dépar-
tem^întaies de la main-d'œuvre agricole et avec
les Offices de répartition des produits chimiqut-s
pour parvenir à l'utilisation la plus rationnelle
des facteurs de la production;
6° De proposer au ministre de l'Agriculture et
du Ravitaillement les mesures propres à encou-
rager les cultivateurs, et notamment d'indiquer
les pris minima à appliquer pour les achats de
denrées et d'animaux destinés au ravitaillement
des armées et de la population civile.
Art. 3. — Le Comités départementaux se subs-
tituent aux Comités communaux défaillants et
prennent, en leurs lieu et place, les mesures né-
cessaires pour la mise en culture des terres non
cultivées, dans les conditions prévues par l'ar-
ticle l" de la loi du 6 octobre 1916.
Art. 4. — Les Comités départementaux éta-
blissent un programme d'action au début de la
campagne agricole, sur nn rapport présenté par
le. directeur des Services agricoles.
Dès la publication du présent décret, ils pro-
céderont à une enquête rapide destinée à déter-
miner le nombre des exploitations abandonnées
et des surfaces incultes ; ils établiront immé-
diatement un plan cultural visant les emblavures
de printemps.
Art. 5. — Le Comité départemental tient au
moins une séance par quinzaine. Il se réunit, en
outre, toutes les fois que le préfet ou les
j Commiss.iires à l'agriculture le jugent ulile.
I Les délibérations du Comité sont prises à la
majorité des voix des membres présents.
Art. 6. — Pour l'aider dans ses initiatives et
dans l'exécution de son programme, le Comité
peut solliciter l'audition et le concours des per-
sonnalités civiles et militaires de la région, no-
tamment des professeurs d'agriculture et des
officiers contrôleurs de la main-d'œuvre agricole.
Arrêté du 13 janvier 1918 déterminant les condi-
tions de circulation des semences de cé-
réales, de sarrasin, de pommes de terre et
de légumes sscs.
Art. !•='■. — Les dispositions des articles 2, 3 et
b de l'arrêté du 5 septembre 1917 sont abrogées
et remplacées par celles contenues dans les
articles ci-après.
Art. 2. — Les transports de semences de cé-
réales, de sarrasin, de fèves ou féveroles sont
soumis à la réglementation des permis de circu-
lation sur route, délivrés par les maires et des
permis d'expédition délivrés par les bureaux
permanents des Offices départementaux des cé-
réales telle qu'elle est prévue aux articles 26, 27,
28 et 29 du décret du 30 novembre i917. Les
maires devront rendre compte aux bureaux per-
manents, des permis de circulation sur route
qu'ils auront délivrés.
Art. 3. — Les permis ne devront être délivrés
que pour les graines destinées à l'ensemence-
ment et à la condition que les expéditions
soient faites soit d'un cultivateur chez un graine-
tier, soit d'un grainetier chez un cultivateur, soit
d'un grainetier chez un autre grainetier, soit
d'un cultivateur chez un autre cultivateur.
Les demandes de permis de circulation sur
route devront être adressées aux maires.
Les demandes de permis d'expédition devront
être adressées aux bureaux permanents des
Offices départementaux des céréales.
Le demandeur d'un permis devra certilier que
les graines visées par sa demande sont exclusi-
vement destinées à l'ensemencement, et, s'il
s'agit d'un permis d'expédition, faire connaître
les gares de départ et d'arrivée, les noms et
adresses de l'expéditeur et du destinataire et le
poids à transporter (en toutes lettres).
La demande devra être accompagnée d'un cer-
tificat du maire de la commune du destinataire.
Si le destinataire est un cultivateur, le certificat
devra attester que le destinataire a besoin de
ces graines pour l'ensemencement et indiquer la
quantité de semence demandée en quintaux
métriques et la superficie à ensemencer en hec-
tares. Si le destinataire est un grainetier, le cer-
tificat devra mentionner que le destinataire
exerçait le commerce des semences dont il s'agit
avant le I" Janvier 1916.
Chaque fois que le bureau permanent jugera
LHIVEK ET LES RECOLTES DANS LES VOSGES
indispensable d'obtenir des renseignements com-
plémentaires, il pourra exiger du destinataire,
avant ou après expédition, toutes justificatioQs.
Les certificats produits dans l'un ou l'autre
cas seront conservés par les bureaux perma-
nents.
En cas de refus du permis, appel peut être
fait devant le 'ministre de l'Agriculture et du
Kavitaillemeiit, qui statue après enquête.
Art. 4. — Les permis d'expédition des se-
mences de céréales, de sarrasin, de fèves ou
féveroles sont délivrés gratuitement, lis doivent
porter l'inscription « semences » et la mention
« A oblitérer par la gare de départ ». Ils doivent
suivre la marchandise dans tous ses déplace-
ments.
A titre transitoire, les permis délivrés par les
répartiteurs resteront valables jusqu'au 1" fé-
vrier 1918.
Art. 5. — Aucun transport de plants de pom-
mes de terre ou de semences de légumes secs
autres que les fèves et féveroles, ne peut avoir
lieu sans un certificat du maire de la commune
du destinataire. Si le destinataire est un culti-
vateur, le certificat devra attester que le desti-
nataire a besoin de ces tubercules ou de ces
graines pour la plantation ou l'ensemencement.
Si le destinataire est un grainetier, le certificat
devra attester que le destinataire exerçait le
commerce des semences dont il s'agit avant le
Isf janvier 1916.
Ce certificat devra indiquer les gares de dé-
part et d'arrivée, les noms et adresses de l'expé-
liteur et du destinataire, le poids à transporter
'eu toutes lettres) et devra porter la mention
< à oblitérer par la gare de départ ».
Il sera établi en double exemplaire.
Après signature du maire, les deux exem-
plaires sont soumis par l'acheteur au directeur
des Services agricoles du département qui les
vise et y appose son cachet. Ils sont transmis
par le directeur des Services agricoles au Service
central de la production des pommes de terre
et légumes secs pour contrôle. Le Service cen-
tral retient l'un des exemplaires et renvoie
l'autre revêtu de son visa à l'acheteur, à qui il
appartient de le faire parvenir à l'expéditeur.
L'expéditeur doit joindre le certificat du maire
à la demande de matériel roulant qu'il adresse
à la gare de départ. Ce certificat est oblitéré par
la gare de départ et accompagne la marchan-
dise dans tous ses déplacements.
Art. 0. — Les transports de graines fourra-
gères et de graines potagères ne sont soumis à
aucune formalité.
Art. 7. — Le directeur du Ravitaillement, le
lirecteur de l'Agriculture et le directeur du Ser-
vice central de la production des pommes de
terre et légumes secs sont chargés, chacun en ce
qui le concerne, de l'exécution du présent ar-
rêté.
Victor Boret.
LE « FOYER RURAL »
Le Journal (T Agriculture pratique a signalé
la création d'une association créée par
M"'' Louise Zeys, sous le titre de « Foyer ru-
ral ». Son but est de démontrer aux femmes
— principalement aux femmes cultivées dont,
par suite de la guerre, les ressources sont
diminuées — les avantages qu'elles peuvent
retirer de la vie à la campagne. Depuis sa
constitution, celte association a reçu un grand
nombre de demandes d'emplois aux champs,
et elle a toujours eu le bonheur d'avoir
l'offre correspondante pour y répondre.
A la suite de demandes nombreuses de fa-
milles désirant, pour s'établir à la campagne,
se munir des connaissances indispensables,
le « P'oyer rural » a décidé d'ouvrir des cours
qui se tiendront dans les locaux du Syndicat
central des Agriculteurs de France.
A des cours généraux professés par
M"' Louise Zeys, sont rattachés des cours
spéciaux d'aviculture, d'apiculture, de cul-
ture maraîchère, de puériculture, avec dé-
monstrations pratiques. Pour suivre ces
cours, on doit s'adresser au Secrétariat du
« Foyer rural », 42, rue du Louvre, à Paris,
les mardis et vendredis, de 2 à 4 heures.
La séance d'inauguration aura lieu pro-
chainement sous la présidence de M. Helle-
pulle, ministre de l'Agriculture de Belgique.
H. S.
L'HIVER ET LES RÉCOLTES DANS LES VOSGES
Crémanvillers-Vagney, 12 janvier 1918.
On ne sait que dire sur l'état des récoltes
ensevelies sous la neige depuis quatre semaines
et pins longtemps sur les versants nord des
montagnes. On ne peut que supposer qu'elles se
conservent, bien que beaucoup ne fussent pas
levées pour l'arrivée des froids.
Une pluie de quinze heures, soufflée par un
vent impétueux, survenue le 7 de ce mois,
fit fondre, en grande partie, une couche de
neige de 0.30 cent., mais le vent ayant sauté du
Sud-Ouest au Nord-Ouest, la neige se remit à
tomber, si bien qu'aujourd'hui elle atteint l'épais-
seur de 60 à 70 centimètres : le temps menace
36
ACADÉMIE D AGRICULTURE DE FRANCE
de nouveau de neifje ou de pluie. L* t^'iiipéia-
ture au-dessous de zéro fait préToir la neige.
Au bas des vallées, pailiculièremtnt, les froids
ont élé bien rigoureux pendant trois semaines.
J'ai constaté ici, à 700 mètres d'altitude, 2 de-
grés sous zéro pendant que l'on relevait — 14° à
bOO mètres.
L'hiver, quoique très rigoureux, sévit bien en
la saison voulue ; cela donne l'espoir d'une sor-
tie précoce et soutenue. Il est toujours avanta-
geux de pouvoir disposer du temps nécessaire
pour la préparation des terres, l'exécution des
semailles précoce?, comme aussi de pouvoir pré-
ciser assez tôt la nécessité de remplacer les
seigles d'automne non réussis.
J.-B. Jacquot.
SÉCHAGE DES LÉGUMES POUR LES CENTRES SANITAIRES
Si l'industrie des conserres de légumes est
depuis longtemps importante et prospère en
France, il n'en est pas de même de celle de
la dessiccation des légumes frais. C'est pour-
quoi il est utile d'appeler l'attention sur une
heureuse initiative qui a élé prise récom-
ment par le Service de Santé militaire.
D'après les renseignements que nous rece-
vons, le Service de Santé a organisé, au
mois d'août 1917, des premiers essais de
dessiccation des légumes, en régie directe,
dans deux usines, à Dijon et à Froidevent
(Côte-d'Or). Au 20 décembre, ces deux éta-
blissements avaient terminé leur première
campagne et traité les quantités suivantes
de légumes frais :
Haricots veits.. . .
Epinards
Pommes de terre.
Carottes
Navets
Fruits divers
kilogramme*;
48 000
32 000
JOO 000
6 000
S 000
n 000
A la suite des résultats obtenus, le Ser-
vice de Santé a établi, pour 1918, un plan de
fabrication beaucoup plus important, en uti-
lisant tout à la fois ces deux établissements
et des usines avec lesquelles il a passé des
marchés (Houdan, Saint-Brieuc, Henne-
bont, etc.). iS'ous savons que si d'autres
usines voulaient profiter du débouché ac-
tuel pour s'organiser en vue de cetle pro-
duction, et si elles faisaient des offres au
Service de Santé, ces oCfres seront examinées
avec le plus grand esprit de bienveillance.
A litre d'indications, on peut signaler que
le Service compte faire traiter en 1918 en-
viron 1 .oOO tonnes de carottes, 1 000 tonnes
de choux, 85 tonnes d'épinards, (i'tO tonnes
de fruits, 200 tonnes de haricots verts,
700 tonnes de navets, 4S5 tonnes d'oignons,
130 tonnes de poireaux, 3 000 tonnes de
pommes de terre, etc.
Ces produits sont destinés aux formations
sanitaires de l'armée et de l'intérieur, ainsi
qu'aux organisations sanitaires des corps ex-
péditionnaires d'Orient, du Maroc et d'Italie.
Pour ces derniers, le ravitaillement en lé-
gumes frais présente de telles difficultés
qu'après des essais répétés il a paru pres-
que impossible de continuer à l'assurer ; les
envois de pommes de terre, pour Salonique
par exemple, ont donné des résuUats mé-
diocres. D'autre part, et à raison de la pé-
nurie du fret, l'emploi d'un produit qui
représente environ 10 0/0 du poids des lé-
gumes frais présente des avantages sur les-
quels il est inutile d'insister.
Henry Sagnier.
ACADÉiMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE
Séance du 9 janvier 1918.
Présidence de MM. Develle et Hdller.
Installation du Bureau.
M. Jules Develle, en priant M. le vice-président
Haller de le remplacer au fauteuil, s'exprime
ainsi : « C'est par d'unanimes suffrages que vous
avez appelé à la direction de notre Compagnie
un des plus nobles fils de notre chère Alsace, le
chimiste émineiit qui, par ses remarquables tra-
vaux, s'est classé au premier rang des maîtres de
la science contemporaine et qui, dans les cir-
constances tragiques que nous traversons, est un
des plus précieux collaborateurs des ministres
de la Guerre et de l'Armement. »
M. Haller, après avoir remercié M.Jules Develle
et ses confrères de l'Académie, prononce une
éloquente allocution qu'il termine ainsi :
Il Je ne me hasarde pas à pronostiquer l'heure
de la victoire, mais ce dont nous sommes per-
suadés, c'est que cette heure arrivera et trou-
vera une place marquée dans les fastes de notre
histoire. En attendant, remettons-nous résolu-
ment au travail et veillons à ce que la noble
terre de France soit en mesure de remplir sa
fonction de mère nourricière de tous ses
enfants. »
Le poids dn squelette et le poids de la viande
nette chez les bovins de boucherie.
M. Dechambre, durant la période où il eut à
s'occuper des conserves de viande pour l'armée.
ACADEMIE D'AGRICCLTCRE DE FRANCE
put recueillii' de nombreux documents numé-
riques sur la relation entre le poids du squelette
et le poids de la viande nette chez les bovins de
boucherie. Cette relation est indispensable à
connaître en vue de la détermination de la quan-
tité de matière alimentaire fournie par les
quatre quartiers. Comme M. Dechambre a pu le
constater en opérant sur de grands nombres, la
raison essentielle des variations observées est
l'état de préparation des animau.x par un en-
graissement plus ou moins avancé.
Dr ses constatations, .M. Dechambre conclut :
1° que chez, des bovins mi-gras et gras, dont le
rendement est habituellement compris entre 53
et 5S 0/0, le rapport des os à la viande se main-
tient entre 16 et 18 0/0; t" que chez ceux de
sorte courante, dits en chair ou en état, d'un
rendement de 50 à 52 0/0, il est, en moyenne,
de 20 0/0; 3° qu'avec des animaux d'un rende-
ment inférieur à oO de viande nette (de 47 à
49 0/0), ce rapport s'élève à 22 0/0 ou un peu
au-dessus (22.63), tout en se maintenant sensi-
blement au-dessous de celui de 23 générale-
ment admis en boucherie.
La Piéride du chou.
M. Hennegny communique une série d'obser-
vations de M. Lecaillon, professeur à la Faculté
des Sciences de Toulouse, sur la PUride du chou.
Les chenilles de la piéride du chou ont causé
cette année 1917 des ravages extraordinaires; en
Bretagne, par exemple, les chenilles de la pre-
mière génération ravagèrent les choux fourra-
gers et les choux potagers au point que des
champs entiers de ces plantes ne contenaient
plus que des tiges portant seulement les grosses
nervures des feuilles.
Sans doute nombre de chenilles de celte pié-
ride furent parasitées par un petit hyménoptère
le Microgasier et ainsi détruites; mais malgré
tout, d'après les observations qu'a pu faire, à
cette occasion, M. Lecaillon dans la Bretagne,
le Tarn, la Haute-Garonne, notamment sur la
deuxième génération de la piéride du chou, il
semble bien qu'il serait imprudent de compter
sur les parasites seuls pour enrayer la trop grande
multiplication de l'msecte.
Commerce d'approvisionnement parisien en bœuf
de boucherie à la fin de 1917.
M. Paul Vincey, correspondant, dans une com"
raunication des plus documentées, établit quelles
ont été pour le marché parisien du bœuf de
boucherie de bonne qualité en octobre 1917 les
primes brutes aux intermédiaires depuis le lieu
de production jusqu'tà l'étal urbain. Cette impor-
tante étude mérite une analyse spéciale.
Conservation des tubercules de topinambours.
M. Joseph Génin, correspondant, qui, depuis
fort longtemps, cultive le topinambour, indique
comment il arrive à conserver les tubercules à
partir du printemps, au moment oii ils poussent
et se vident. Au mois de mars, on rentre toute la
récolte en grange, puis on fait passer les topi-
nambours par un laveur à racines, un coupe-
Micines et on entasse dans des vases vinaires
vides les topinambours hachés en les chargeant
un peu; ils nagent vite dans leur eau; on met
quelques pierres en charge et tout va bien jus-
qu'en juillet ou aoiit; alors on se sert de celle
provende pour nourrir le bétail.
Séance du 16 janvier 1918.
Présidence de M. Haller.
Réception de M. Fagot.
^\.Euijcnc FaQol,é\\\ membre titulaire dans la
.Section de Grande Culture, est introduit dans la
salle des séances, M. le Président lui souhaite
l.i bienvenue.
Le tétraphosphate.
M. .1. Ch. Girard communique une note de
M. Miège sur un engrais phosphaté nouveau, au-
jourd'hui très employé en Italie. Il s'agit de
l'engrais mis dans le commerce sous le nom do
Ictraphosphate. Cet engrais se prépare en trai-
tant du phosphate naturel réduit en poudre fine
par des carbonates alcalino-terreux à raison de
6 0/0 et en chaulTanl la masse dans des fours
spéciaux à 600 degrés. Le produit est ensuite
humecté puis dilué avec des matières luertes
jusqu'à ce qu'il ait atteint le titre de 18 à 20
d'anhydride phosphorique.
Plus de 300 000 quintaux de ce nouvel engrais
phosphaté ont été utilisés par l'agriculture ita-
lienne la dernière année, et ce sont particu-
lier ement les Syndicats agricoles, les Consorzi
ngrarii, qui le répandent; M. A.-Ch. Girard note
même que ces Syndicats se sont mis à fabriquer
le tétraphosphate. Sur 15 fours montés en Italie,
7 l'ont été par ces associations.
M. A.-Ch. Girard appelle l'attention sur l'intérêt
qu'il y aurait à multiplier les essais avec ce nou-
vel engrais phosphaté; peut-être y aurait-il là un
procédé excellent pour utiliser les phosphates
pauvres de la métropole.
Le marché de la viande.
La question du transport et les abattoirs
régionaux avec frigorifiques.
M. de Marcillac, correspondant, entretient
r.\cadémie de la question du marché de la
viande et de la question du transport des viandes
abattues.
Après avoir rappelé l'élévation des frais qui
restent aux mains des divers intermédiaires et
insisté sur les grands inconvénients du marché
de La Villette, et les dangers que présentent une
telle concentration d'animaux au point de vue
de la propagande des épidémies, il rappelle que
la solution consiste dans la création ri'abatloirs
régionaux d'importance moyenne dispersés
dans les centres de production, et munis de
chambres frigorifiques pour assurer la conser-
vation de la viande. Il signale une réalisation in-
téressante de cette formule qui se pourmit près
de Rodez, sur l'initiative des Associations agricoles
du Massif CentraL
Abordant le problème du transport de la viande
38
CORRESPONDANCE
fraîche abattue, M. de Marcillac déclare que ce
problème est résolu. Avec les vagons froids pour
les longues distances, avec les vagons ordinaires
préalablement rafraîchis aux centres frigori-
fiques des aliattoirs, avec le millier de vagons
blancs à doubles parois dont disposent la Com-
pagnie d'Orléans et d'autres Compagnies, on
assurerait facilement le transport des viandes
produites par une dizaine d'abattoirs régionaux,
dont la création s'impose.
M. de Marcillac insiste enfin sur la nécessité
de développer l'industrie frigorifique dans le mi-
lieu agricole afin d'accroître la production des
volailles, des œufs, des fruits, des légumes.
M. Pluchet signale l'importance de cette ques-
tion et demande que l'Académie émette l'avis que
l'Etat accorde des facilités à la création de ces
industries.
M. Lindet dit que la Section d'Agriculture
du Congrès du Génie civil s'est prononcée en fa-
veur de conclusions identiques.
M. Ti&serand ajoute que l'Académie des Sciences
a formulé également cette même conclusion.
H. IllTIER.
CORRESPONDANCE
— M. S. J. B. (Ain). — Vous avez deux veaux
jumeaux et craignez de manquer de lait pour
les nourrir. Dans ce cas, il faudrait en vendre
un au plus vite.
Si les circonstances avaient été autres et s'il
vous avait été possible de vous procurer du lait
centrifugé, vous vous seriez aisément tiré d'af-
faire, en ajoutant à ce lait des bouillies de
farine de manioc, de fécule de pommes de terre
ou même de farine de froment. Mais en ce mo-
ment, il ne saurait être question d'employer ces
farines pour les veaux. — (A. G.)
— N" 6087 {Ain). — Nous n'avons pas trouvé
d'analyse du plantain. Quant aux déchets de
trèfie et de luzerne, leur composition peut être
tellement variable, suivant la proportion de
leurs éléments constitutifs, que toute analyse
serait sans aucune signification, en dehors de
celle que vous pourrez faire faire sur un échan-
tillon moyen prélevé par vous sur le tas. —
(A. C. G.)
— L de iV. (S.-et-M.). — Un cheval de trait
acheté 2 800 fr. est livré dans la ferme de l'ache-
teur. Le cheval, vendu à l'essai, a été mis au travail
le lendemain et a été pris de toux. Le travail a
été aussitôt dilTéré, et le vétérinaire, mandé
immédiatement, a reconnu une pneutçonie.
Malgré tous les soins, le cheval est mort quel-
ques jours après. Le marchand réclame le prix
intégralement.
Vous demandez si l'acheteur est obligé de
payer et si, étant mobilisé, une action en jds-
tice est possible contre lui ?
La pneumonie ne figure pas au nombre des
vices rédhibitoires que la loi du 2 août 1884
modifiée par celle du 24 février 4903 indique en
matière de vente de chevaux. Dès lors, l'acheteur
ne pourrait se refuser à payer le prix qu'autant
qu'il prouverait que le vendeur savait que rani-
mai était malade et que cette maladie l'empê-
cherait de remplir le but pour lequel il était
acheté. Quant à une réduction de prix, c'est là
une solution qui ne peut résulter que de l'ac-
cord des parties.
Mais, l'acheteur, étant mobilisé, ne peut ])as
être actuellement assigné en paiement devant
un tribunal. (Loi du o août 1914). — {G. E.)
— N^ 6800 (Côte-d'O)). — Le tourteau de colza
indigène n'est nullement toxique. Avant la
guerre, on vendait, sous le nom de tourteaux
de colza exotique, des tourteaux qui ne prove-
naient nullement de la graine du colza. Fré-
quemment ils ont donné lieu à des accidents
graves.
Aux Etats-Unis, où la production des tour-
teaux de coton est considérable, on a constaté,
à maintes reprises, que leur usage amenait des
accidents mortels dans les porcheries où il se
prolongeait trop longtemps. Une explication
suffisante n'en a pas encore été fournie. —
lA. G.)
— N" 6260 [Tarnet-Garont»;]. — Il n'y a plus,
en effet, de représentant de cette machine;
nous allons chercher si un constructeur serait
disposé à vous faire les pièces de rechange que
vous désirez. — (M. R. i
— M. V. R. {Vienne). — 1° Il n'y a pas, à notre
connaissance, de constructeur établissant spé-
cialement les appareils dont vous parlez, malgré
le mouvement qui eut lieu il y a une quinzaine
d'années pour l'utilisation des bois et des dé-
chets d'exploitation. 11 y a- des grilles de
foyers industriels qui sont spécialement éta-
blies dans ce but; vous en trouvez la descrip-
tion dans le Génie rural appliqué aux colonies
(Librairie agricole de la Maison rustique).
2° Pour faii e des agglomérés de déchets de
bois, il faut opérer sur des éléments de petites
dimensions; il faudrait couper au hache-paille
les ajoncs, bruyères, genêts, épines et produits
de raclage des taillis, qu'il y a certainement in-
térêt à employer. Vous pouvez essayer de faire
avec ces déchets un mortier très ferme avec
aussi peu de terre glaise et d'eau que possible ;
en faire des briques dans un moule et les mettre
à sécher à l'air, a l'abri de la pluie. Plus forte-
ment vous pourrez comprimer, pilonerou battre
la pâte dans le moule, moins il faudra d'agglo-
mérant. S'il s'agissait d'une fabrication impor-
tante, vous pourriez employer une presse i
agglomérés de M. Paul Decauville, 33, boule-
vard de la Saussaye, Neuilly-sur-Seine, Seine.
3° Voyez à la maison Th. Pilter, 24, rue Ali-
bert, Paris. — (M. R.)
KEVUE COMMERCIALE
39
LA QUINZAINE MÉTÉOROLOGIQUE
Seviaine du 7 au 13 jauri.r 1918 {OBSERVATOIRE DU PARC SAINT-MAO H
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TEMPERATURE
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JOURS
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Écart
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Vent.
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3 C^
REMARQUES DIVERSES
niillim.
beires
niillim.
Lundi 7 janv.
»
— 0"3
3°9
2" 2
+0 1
n
0.0
19.6
Pluie, brouillard, neige le soir.
Mardi 8 —
Mercredi.. 9 —
_,
- 8.5
— 10.2
0.0
3.0
2.2
—3 4
—4.3
"
<l Al
0.6
1.0
Temps couvert, neige \ers
U heures.
Neige la nuit et le soir.
Jeudi 10 —
■■
3.0
i.t'.
3 . .1
+ 1 3
"
0.0
I.t
Neige et pluie le matin.
Vendredi 11 -
Samedi... 12 —
Dim 13 --
•■
2
- 1.3
— 2.0
^.0
2.0
4 2
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S
1.1
+ 0.9
-1.4
— 1.1
«
M
1.3
j
4 2
0.1
0.0
1.4
Gelée bl., gouttes, temps cou-
vert.
Couvert, grains de neige.
Pluie et brouillard le matin,
gelée blanche.
MoiiDnes oo tolaai
Searts jjr h «oraale
"
;^
— l.K
3.2
0.7
— 1.4
»
»
5.5
au lien d«
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dir. tb«or.
23.8
Ploie depuis le 1«' jaavier :
En 1918 27»"°
Normale \-mm
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u 20
janvier
• 1918
,
Lundi — 14 janv.
»
— 3».2
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— 2o0
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5.4
..
Gelée blanche, beau temps.
Mardi Ij —
»
1.6
12.1
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+ 6.3
w
0.0
4.7
Pluie.
Mercredi . 16 —
»
- 0.8
12.6
7.2
+ 4.9
»
2.1
2.9
Pluie, gelée bl, et beau le soir.
Jeudi 17 —
M
- 0.2
10.9
6.i;
j- 4.3
»
0.0
0.6
Gelée bl. la nuit, pluie le mat. |
Vendredi. 18 —
»
7.4
11.2
9.3
+ 7.0
* »
0.0
0.3
Couvert, petite pluie.
Samedi .. 19 —
»
7.0
13.3
10.7
+ 8.4
a
0.0
0.0
Couvert, un |ieu de pluie.
Dimanche 2'.' —
»
9.4
li.3
12.0
7.8
+.-i.5
1
+ 9.6
»
0.0
»
Temps nuageux.
lojenits et totaoi
tarts snr la oormilt
"
3.0
+ 3.1
11.2
4li.4
"
»
7.5
ag liti de
60"h. 9
dur. thtor.
8.5
Pluie depuis le 1='' janvier :
En 1918 36""°!
Normale 26™™
(La publication des renseignements sur la pression barométrique et sur le vent est interdite par la
censure au Bureau central météorologique.)
REVUE COMMERCIALE
Situation générale. — L.a température s'est rele-
vée sensiblement et le dégel s'est produit dans
nombre de régions. A la suite de la fonte des neiges,
un a pu se rendre compte de la situation des blés en
terre. Elle est géiiéraleiuent satisfaisante, mais on
craint que les derniers blés semés n'aient eu, en
quelques endroits, légèrement à souffrir des freids
qui ont succédé au dégel.
La reprise des travaux des champs aura lieu dès
que les terres seront assez essuyées pour y mettre
les attelages. En attendant, on continue l'exécution
des battages.
Blés et Farines. — Malgré une plus grande acti-
vité observée dans l'exécution des battages, les
offres de blé restent faibles et insuffisantes pour ap-
provisionner normalement les moulins. Les difficul-
tés rencontrées pour effectuer les transports ont cer-
tainement contribué, dans une certaine mesure, à
créer cette situation qui, toutefois, tend à s'amé-
liorer.
Les prix des blés restent soutenus et varient de
'8 à 32 fr. sur les marchés des départements.
En Amérique, aux Etats-Unis, la gelée a causé des
dégâts qui ne paraissent pns très importants dans
les régions oii les blés n'étaient pas protégés par la
neige. Cours sans changement à New-York.
Dans la République Argentine la moisson se pour-
suit par un beau temps dans les régions tardives. La
qualité des blés qui arrivent dans les ports est excel-
lente. Les prix sont en baisse; on paie actuellement
40
KEVUE COMMEKGIALE
les blés livrables en février 31 fr. 08 les 100 kilogr.
Les livraisons de farine aux boulangers ont été
insuffisantes, tant à Paris que dans les départe-
ments ; l'Intendance a dû fournir de la farine et
[uême du p.iin de troupe. Le prix de la farine est
fixé à 31 fr. le quintal, pour tout le paj's.
Issues. — Bien que loin de suffire aux besoins,
les offres de sous deviennent moins rares. On pra-
tique le prix de la nouvelle taxe, soit 33 fr. les
luO kilogr.
Seigles. — OtTres peu nombreuses. Prix soutenus
et voisins de la taxe.
Orges. — Les livraisons à la meunerie re^^tent
a<sez nombreuses. Cours soutenus et voisins de
4J fr. les 100 kilogr.
Avoines. — Les offres sont très faibles et ne par"
mettent pas de satisfaire la demande. On paie 42 fr'
les 100 kilogr.
Sarrasins. — Cette céréale sert à approvisionner
les moulins qui en reçoivent do notables quantités.
Le prix payé à la culture est de 42 fr. les 100 kilogr.
Graines fourragères. — La crise des transports ne
permet pas de mettre à la disposition de la culture
les graines quelle demande. L'n effort devr.i être fait
pour remédier à cette situation. Les prix des se-
mences de luzerne et de trélle sont très fermes; la
lupuiine et le sainfoin ont des cours stationnaircs.
On paie, par tOO kilogr.: trèlle, 230 à 320 fr.; luzerne
de Provence, 300 à 335 fr.: luzerne de pays, 223 à
300 fr.; Irène blanc, 300 .à 600 fr.; trèfle hybride, 330
à 430 fr.; sainfoin, 100 à 103 fr.; lupuiine, 113. à
200 fr.: ray-grass d'Italie, 135 à 140 fr.; vesces, lOS à
1 20 fr.
Fourrages. — Le mauvais temps a entravé le com-
merce .des fourrages et rendu lapprovisionnement
plus difficile. A Paris, au marché de La Chapelle, on
jiaie par 300 kilogr.: luzerne et foins, 210 à 230 fr.;
regain, 220 à 233 fr. Dans les départements, les prix
varient de 20 à 33 fr. les 100 kilogr. ^
Pailles. — Cours en hausse sur la paille d'avoine.
.Vu marché de La Chapelle, on cote, par 300 kilogt.l
piille de blé, 165 à 170 fr., la paille d'avoine, 1 i.> à
135 fr.
Bétail. — Voici le relevé du dernier marclié de
La ViUetle à Pans |21 janvier) :
Bœuls. . , .
Vaches. . .
Taureaux.
Veaux
Moulons. .
Porcs
Amenés.
2 690
■-> o;8
-.'97
1 OSO
14 F.66
5 069
Invendus.
331
n
107
1 5CÛ
20i
PRIX DU KILOG.
AU POIDS NET.
1"
o.
3-
quai.
quai.
quai.
3.36
3 10
2.80
3.36
3 04
•-'.74
3.09
2.90
2 66
5.44
4 «0
3.74
5-24
4 20
3.6S
5 32
ô Oi
4, £4
Prix extrêmes du kilogramme
Bœufs ...
Vaches .. .
Taureaux.,
Veaux
Moutons. .
Porcs
Au poids vif.
1.13 à 2.07
1.01 2.17
1.13
1.50
1 .46
2.90
1.86
3.44
2.7j
3.79
Au poids net;
2.26 à 3 62
2. (.9 3.6i^
2.56
3.00
a. 04
4.14
3.10;
5.71'
3.80
5.42
Dans les départements, on cote :
--lù,par kilo;,T. poids net : brebis, 2.63 à 2.03;
par kilogr. poids vil' : agaeaux, 2.63 à 3 fr.
Avignon, par kilogr. paids net : moutons, 4.23 à
4.50; agneaux, 4.30 à 4.75; porcs, 4.90 à 3.10 ; par
kilogr. vif : bœufs et vaches, 2.60 à 3.50; veaux, 2.70
à 2.80.
Besanron, par demi-kilogr. poids vif : bœufs, 1.30
à 1.60.
Corrfeaux, par deui-kilogr. poids net: bœufs, 0.90 à
1.60; vaches, 0.80 à 1.30; veaux, 1.60 à 1.93; mou-
tons, 1.80 à 2.45.
C/tolel. par kilogr. vif : bœufs, 1.30 à 1.40 ; vaches.
1.23 à 1.35.
Lyon, par kilogr. poids net : bœufs, 2.80 à 3.32;
moutons, 4.60 à 4.93 ; par demi-kilogr. poids vif :
porcs, 1.30 à 1.75.
Dijon, par kilogr. poids vif : porcs, 3.70 à 3.80.
Viandes. — Derniers cours officiels aux Halles
Centrales de Paris (par kilogr.) :
1/4 de derrière.
1/4 de devant.
Aloyau ....
Paleron ....
Bœuf.
1 60 à J CO Trains 2 40 à 3 50
1 40 2 30 Cuisses .... 2 20 2 90
2 40 4 00 Pis et collet. . 2 00 2 60
2 ÙO 2 60 Bavette .... 2 40 3 20
Extra. . .
1" qualité.
2' — .
3- — .
Veau.
4 10 à 4 6D Pans
3 80 4 30
3 30 3 70
2 60 3 20
3t cuiss. 4 20 à 5 20
Veaux de Gaen:
1/4 de devant.. 2.20 à 3.60
1 '4 do derrière. » »
Veaux bretons. 1 1-0 ;.( 20
1" qualité. .
. 4 30
2- — . .
. 3 50
3- — . .
. 2 70
Entier. . . .
. 4 40
1" qualité. .
.
2" — . .
»
4 00 & 5 60
4 00 6 00
Mouton.
i 5 10 Gigot. . .
4 20 Carrés parés
3 40 Agneaux . , . » »
Porc.
4 90 Fileta 3 60 à 5 30
. Jambons ... 3 20 5 CO
Reins 3 60 5 00
Poit. fraîches. 3 20
00
Poil, salées .
Suifs. — Cours officiel à la Bourse de Commerce
de Paris ; 340 fr. par 100 kilogr.
Vins. — Le ministre du Ravitaillement a apporté
des modifications aux méthodes en usage pour la
réquisition des vins; celle-ci ne s'exercera que pour
des récoltes d'au moins 20 hectolitres, et le prélève-
ment sera du tiers à partir de 30 hectolitres. Le mau-
vais temps, le manque de moyens de transport ren-
dent toujours les transactions difficiles. Cours sans
changement à -Montpellier et dans les autres villes
du Midi.
Dans l'Yonne, à .\uxerre, on paie les vins rouges
ordinaires 160 à l'JO fr.; les blancs, 170 à 20o fr.; le
chablis, 300 à 400 fr. la feuillette de 130 litres.
Fruits à cidre et cidres. — Aucune amélioration
à signaler dans les transports. Aux 1.000 kilogr., on
paie les pommes de la Seine-Inférieure,'120 ,à 125 fr.;
de l'Yonne, 80 à 103 fr.; d lUe-et-Vilaine, 70 à 73 fr.
La pièce de cidre, rendue à Paris, droits payés,
revient de 90 à 100 fr.
Beurres. — Cours en hausse. On paie le kilo-
gramme de "..'10 à 9.50.
Œufs. — Les œufs valent de 4.30 à 5.30 la dou-
7aine.
Tourteaux. — Cours en bjisse sur quelques sortes.
Aux 100 kilogr., on cote à la Bourse de Marseille :
arachide rufisque. 60 à 62 fr.; arachide Coromandel,
59 fr.; sésame blanc, 54 fr.; coprah. 66 à 76 fr.; lin.
74fr.; palmiste, iS fr.: i;olzi,51 fr.
B. DUBAND.
Le Gérant : Charles Dutreix.
Pans. — L. Marethi.ux, imprrmtur, 1, rue Cassette.
CHRONIQUE AGRICOLE
41
CHRONIQUE AGRICOLE
Evaluations relatives aux ensemencements de céréales d'automne. — Comparaison avec ceux de rannce pré-
cédente. — Helèvement des surfaces consacrées au blé dans la plupart des régions. — Notes sur l'état
de culture. — Interpellations sur le ravitaillement et la carte de pain. — Les cultivateurs et les cita-
dins. — Organisation d'un Service des stock-s, df> la production et de la consommation des céréales. —
Enquête sur les terres et les fermes abandonnées. — Extension des avances pour la remise des terres
en culture dans les régions libérées. — Décorations dans la Légion d'Honneur. — Mesures adoptées
pour la répartition des engrais de printemps : nitrate de sonde, sulfate d'ammoniaque, scories de
déphosphoration, superphosphates. — Conlingeuts départementaux. — Subventions à certains départe-
ments pour la reconstitution des vignes. — Interdiction de l'e-xportation des vins d'Algérie. — Explica-
tions données sur ce sujet à la Chambre des Députés. — Indemnités aux vigneron* pour la conserva-
tion des vins réqaisitiounés. — Résultais actuels de la campagne de fabrication du sucre. — X propos
du blé Marquis. — Concours de la Société d'Agriculture de l'Indre. — Nouveaux estais officiels d'appa-
reils de culture mécanique au printemps prochain.
Les ensemencements d'automne.
Comme chaque année, le tninistère de
l'Agricullure a publié au Journal Officiel du
30 janvier l'évaluation des ensemencements
en céréales d'automne au ["'janvier.
D'après ce documentées surfaces ensemen-
cées dans l'ensemble du pays s'élèveraient à
6 271 345 hectares, alors qu'il n'était accusé
que 3 961 793 hectares au l«"' janvier 1917 ;
la difl'érence en plus est de 309 7.")2 hectares.
Voici comment ces surfaces se répartissent ;
Différence
1917 1918 en 1918.
eié
.Méteil .
Seigle .
Orge . . .
Avoine.
hoolares
lieclares
hectares
4 21B 990
4 .597 040
-f- 320 030
97 008
90 170
— 6 838
827 840
791 260
— 36 580
109 363
100 S.'iO
— 8 515
030 390
692 223
+ 41 633
Si le méteil, le seigle et l'orge d hiver ont
perdu environ 52 000 hectares, l'avoine
d'hiver en a gagné plus de il 000 et surtout
le blé en a gagné 320 000. C'est ce dernier
nombre qui doit surtout retenir l'attention.
Cette augmentation se manifeste dans des
proportions plus ou moins grandes suivant
les régions, à l'exception d'une seule, ainsi
que le inoutre le tableau suivant :
1917 1918 Différence.
Nord Ouest.
Nord
Nord-Est. . .
Ouest
Centre
Est
Sud-Ouest..
Sud
Sud- Est'....
Corse
hectares
liectares
hectares
.324 000
336 100
+ 12 100
433 890
63S 420
-1-182 330
217 9.50
233 3)0
+ 17 560
814 040
270 000
-f- 25 960
367 630
617 440
-f- 49 790
309 310
511 130
-f 1 820
332 050
564 000
-f 31 930
338 730
334 970
— 3 760
279 370
279 470
-f 100
8 000
10 000
+ 2 000
Totaux 4 276 990 4 597 040 -[-320 050
11 y a là un symptôme éminemment encou-
rageant; pour la première fois depuis l'an-
7 Février 1918. — X' 3.
née 1913, les statistiques accusent une amé-
lioration. Sans doute, les surfaces récupérées
par la culture du blé n'atteignent pas celles
qui avaient été perdues dans les premières
années de la guerre; mais le gain sur l'année
précédente est loin d'être négligeable. Ce ré-
sultat est dû à diverses causes, au premier
rang desquelles on doit placer l'abandon des
mesures qui sacrifiaient la culture du blé et
l'encouragement enfin donné aux agricul-
teurs par le relèvement des prix réclamé de-
puis trop longtemps. Le retour des cultiva-
teurs des vieilles classes mobilisés à la terre
n'a pas été étranger à ce relèvement, car il a
donné des bras au sol qui en manquait. Il
n'est pas douteux, d'autre part, que le même
mouvement se manifestera dans les ensemen-
cements du printemps.
Le document officiel fournit aussi des
noies sur l'état de culture, d'après la mé-
thode habituelle. Pour l'ensemble du terri-
toir(% la note moyenne attribuée au blé est
69, contre 61 au 1"' janvier 1917. Les régions
de grande production .Nord, i\ord-Ouest et
Centre) sont celles auxquelles sont attribuées
les notes les plus élevées. On doit souhaiter
que la dernière partie de l'iiiver et le prin-
temps ne soient pas caractérisés par les pé-
riodes désastreuses qui ont été si préjudi-
ciables pour la récolte précédente.
Ravitaillement et carte de pain.
Plusieurs interpellations ont été discutées
à la Chambre des Députés, dans la séance du
28 janvier, sur l'institution de la carte de
pain à Paris et dans quelques grandes villes
et sur les ressources en céréales. Elles ont
été closes par un ordre du jour de confiance
au Gouvernement pour assurer la solution de
ces problèmes délicats.
Des observations échangées il n'y a à rete-
nir que les déclarations précises de M. Victor
Coret, ministre de l'Agriculture et du Ravi-
1918. — .■!
CHRONIQUE AGRICOLE
taillement. Il a fait ressortir que les restric-
tions sont absolument nécessaires, tant à
raison du déiicit de la récolte qu'à raison des
difficultés des transports maritimes. Après
avoir montré qu'à la date du 1" mars il res-
terait à importer jusqu'à la moisson 447 000
tonnes de blé par mois, il a ajouté : « Pou-
vons-nous compter sur une importation de
447 000 tonnes, alors que nous n'avons pas
pu réaliser l'importation de 371 000 tonnes
our laquelle tous les efforts, tous les arran-
gements, toutes les dispositions avaient été
pris? » Evidemment, la consommation doit être
s oumise à des règles ri^;oureuses.
Toutefois, on ne saurait imposer les mêmes
règles aux cultivateurs qu'aux habitants des
villes. C'est ce que M. Victor Boret a très net_
tement indiqué en rappelant que le travai
des ruraux nourrit les citadins. « Il ne faut
pas, a-t-il dit fort juslemenl, qu'un seul
cultivateur puisse croire que ce blé qu'il a
tant de peine à produire a été réservé aux
seules grandes villes, tandis qu'il en était
privé. « Il a réclamé pour le cultivateur la
certitude de pouvoir conserver le maximum
de ce qu'il doit pouvoir conserver. Il ne faut
pas que des actes arbitraires locaux aillent à
rencontre de ces déclarations.
Le contrôle des céréales.
Un arrêté du 30 janvier a créé au sous-
secrétariat d'Etat du Ravitaillement un
Service du contrôle des stocks, de la produc-
tion et de la consommation des céréales. Un
contrôleur général et des contrôleurs régio-
naux doivent en assurer le fonctionnement.
Ces contrôleurs régionaux ont notamment la
mission de s'assurer que les réserves faites
par les cultivateurs ne dépassent pas les
quantités nécessaires aux semences, à la
consommation familiale et à la conservation
du cheptel dans les conditions prévues par les
règlements.
Un autre arrêté a constitué un Comité
central de répartition des orges et escour-
geons en vue de la fabrication du malt et de
la bière.
Enquête sur les cultures.
M. Compêre-Morel, commissaire à l'Âgri-
yculture, a adressé à tous les maires un ques-
tionnaire destiné à le renseigner sur la situa-
lion des cxploitatione agricoles, notamment
en ce qui concerne les terres abandonnées,
la dépression du rendement des céréales et la
main-d'œuvre.
Pour les régions libérées.
Une circulaire de M. Lebrun, ministre du
Blocus et des Régions libérées, en date du
17 janvier , a fait connaître les dispositions
qu'il vient d'adopter en vue d'étendre les
avances en espèces et en nature destinées à
aider les agriculteurs dans la remise en cul-
ture de leurs terres. Ces nouvelles disposi-
tions s'appliquent aux agriculteurs dont les
terres, situées dans les régions libérées, ne
peuvent pas être remises en culture, et qui
veulent transporter leur exploitation ailleurs.
Toutefois, une réserve préalable est imposée,
c'est que la nouvelle exploitation soit située
dans une autre partie libérée du département
où se trouvait l'exploitation primitive ou dans
des arrondissements limitrophes.
La circulaire décrit les conditions à rem-
plir par les agriculteurs pour profiter des
avances prévues, ainsi que les mesures pres-
crites pour opérer les constatations néces-
saires; on en trouvera plus loin (p. 49) les
parties principales.
Décorations dans la Légion d'Honneur.
Voici des décorations dans la Légion
d'honneur attribuées au titre militaire, que
nous sommes heureux de citer.
M. Georges Bechmann, membre de l'Acadé-
mie d'Agriculture, lieutenant-colonel territo-
rial, directeur du génie du camp retranché
de Paris, a été promu au grade de comman-
deur de la Légion d'honneur.
M. Servin, ingénieur agronome, directeur
des Services agricoles des Basses-Alpes, lieu-
tenant d'un régiment territorial, a reçu suc-
cessivement la Croix de Guerre et celle de
chevalier de la Légion d'honneur pour sa
magnifique conduite sur le front, notam-
ment à Verdun pendant les heures les plus
critiques.
Notre collaborateur, M. Maup-in (Maurice-
Louis), inspecteur des Eaux et Forêts, répé-
titeur à l'Institut agronomique, chef de ba-
taillon d'infanterie territoriale, a été nommé
chevalier de la Légion d'honneur, après avoir
déjà reçu la Croix de Guerre. Grièvement
blessé à la bataille de la Marne en sep-
tembre 1914 et cité à l'ordre de l'Armée, il a
été déclaré inapte au service actif et nommé
directeur du Service des bois à Annecy.
La répartition des engrais.
Les dispositions prises, au mois de sep-
tembre dernier, pour la répartition du sul-
fate de cuivre et du soufre par des Offices
départementaux ont donné des résultats dont
M. Victor Boret se félicite dans une circu-
laire du 21 janvier. Encouragé par ce succès,
il a décidé que ces organismes deviendraient
CHRONIQUE
des Offices départementaux pour la réparti-
tion des engrais au printemps. Les quantités
de ces engrais sont et seront, comme nous
n'avons cessé de le répéter, extrêmement ré-
duites et tout à fait insuffisantes pour les
besoins des cultivateurs.
En vue d'en régulariser la distribution, le
ministre de l'Agriculture a procédé à la réqui-
sition du nitrate de soude, du sulfate d'ammo-
niaque et des scories de déphosphoration et a
chargé les Offices départementaux d'opérer
la distribution du contingent déterminé qu'il
met à leur disposition. La circulaire précitée
expose comme il suit les conditions dans les-
quelles les livraisons se feront :
Nitrate de soude. — Par suite des difficultés
que présente actuellement l'importation du ni-
trate (le soude, les quantités disponibles pour
l'agriculture sont extrêmement réduites.
La livraison en sera faite, aussitôt que possible,
avant le 30 avril, aux répartiteurs (commerçants
ou associations) que vous voudrez bien me dési-
gner, en m'indiquant les quantités attribuées à
chacun d'eux et les gares où les espéditions de-
vront leur être faites.
Le prix de cession est fixé à 8"j fr. le sac de
100 kilogr., sur vagon, départ des ports de Bor-
deaux, la Uochelle ou Nantes.
Je vous serais obligé d'inviter l'Office, dans la
répartition qu'il vous proposera, à réserver ex-
clusivement ce faible contingent aux cultures qui
présentent un intérêt essentiel pour le ravitaille-
ment général, c'est-à-dire : l" aux céréales, et
2° aux betteraves à sucre.
Sulfate d'ammoniaque. — Le prix de cession est
fixé à 125 fr. le sac de 100 kilogr., sur vagon,
départ des usines, pour le sulfate d'ammoniaque
ordinaire, et à 1.30 fr. pour le sulfate d'ammo-
niaque dit extra-sec.
La livraison en sera laite dans les mêmes con-
ditions que pour le nitrate de soude.
Les quantités de sulfate d'ammoniaque qu'il
est ainsi possible de mettre à la disposition de
l'agriculture représentent à peine la moitié des
quantités qui étaient employées avant la guerre.
Vous voudrez bien inviter l'Office à réserver cet
engrais aux cultures de plantes sarclées (bette-
raves et pommes de terre notamment), ainsi
qu'à la préparation des terres destinées aux blés
de printemps.
Scories de déphosphoration. — La livraison en
sera faite dans les mêmes conditions que pour
les enerais précédents.
Le prix de cession, sur vagon, départ des
usines, est fixé à 16 fr. 50 le sac de 100 kilogr.,
pour les scories moulues titrant 14 0/0 d'acide
phosphorique total, dont 63 0/0 de soluble dans
le réactif de Wagner, et ne donnant pas plus de
25 0/0 de refus au tamis 100. Ce prix sera ma-
joré ou diminué de 50 centimes par degré d'acide
pho.sphorique en plus ou en mnins de 14. Pour
AGRICOLE
43
les bas titres, le prix sera ultérieurement fixé par
mon administration.
Les quantités de scories qu'il est ainsi possible
de mettre à la disposition de l'agriculture ne
représentent que le cinquième environ des quan-
tités qu'elle employait avant la guerre. Vous
inviterez l'Office à les réserver aux terres fraî-
ches, manquant de chaux, et aux prairies.
Les Offices départementaux auront à fixer
les prix de vente de ces engrais à la culture.
Pour les superphosphates, la liberté est
laissée à la fabrication et au commerce. La
circulaire ministérielle fixe néanmoins les
prix de vente comme il suit :
Superphospliatcs niinérau.v. — Par suite d'une
entente avec l'ensemble des fabricants de super-
phosphate minéral, dont les usines sont actuel-
lenjent ravitaillées en phosphates d'Algi^rie et de
Tunisie par les soins de mon administration, les
prix de vente à la culture ne devront, en aucun
cas, dépasser :
30 fr. pour le 16 0/0 d'acide phosphorique soluble
eau et citrate.
31 fr. i'i pour le 15 0/0.
29 fr. 50 pour le 14 0/0.
29 fr. pour le 13 0/0.
27 fr. 50 pour le 12 0/0.
26 fr. pour le 10 0/0.
Ces prix s'entendent aux 100 kilogr., logés en
sacs, par vagon complet de 10 000 kilogr. franco
toutes gares des grands réseaux.
Le prix de vente sur vagon, départ des usines
situées dans les ports, ne devra en aucun cas
dépasser les prix ci-dessus, diminués de 2 fr.
Les agriculteurs devront adresser, comme par
le passé, leurs commandes aux usines, soit di-
rectement, soit par leurs intermédinires habi-
tuels. Toutefois, vous voudrez bien leur signaler
qu'ils devront adresser leurs commandes aux
usines les plus proches.
Le commerce des autres engrais reste libre.
Toutefois, la circulaire ministérielle insiste
sur ce que les éléments entrant dans les en-
grais composés, ne devront pas être comptés
un prix supérieur, par degré, à :
6 fr. 50 pour l'azote nitrique :
7 fr. pour l'azote ammoniacal ;
2 fr. 20 pour l'acide phosphorique provenant des
superphosptates mioéraux.;
1 fr. 30 pour l'acide phosphorique provenant de
scories.
Enfin, en ce qui concerne la chau.x et le
plâtre, l'administration de l'Agriculture s'ef-
force de faciliter la fabrication de ces amen-
dements que les agriculteurs ne peuvent
guère demander qu'à l'industrie locale.
Subventions à la viticulture.
L'article ()3 de la loi du 26 décembre 1908 a
ordonné que des subventions spéciales pour-
raient être accordées dans les départements
où la reconstitution du vignoble est à ses dé-
44
CHRONIQUE AGRICOLE
buts. Un arrêté du ministre do lÂgricullure
en date du 2:2 janvier a décidé que les dépar-
tement suivants : Aisne. .Kira, Haute-Loire,
Marne, ïlaute-Marne, Meurlhe-el-Moselle et
Meuse sont appelés à bénéficier, en 1918, de
ces dispositions.
L'exportation des vins d'Algérie.
L'exportation des vins d'Algérie a été brus^
quenient suspendue dans les premiers jours
de janvier. Cette mesure a provoqué une vive
émotion chez les viticulteurs. La Société des
Agriculteurs dWlgérie et le Syndicat com-
mercial Algérien ont fait immédialement des
démarches pour obtenir que cette interdiction
ne s'appliquât pas aux vins déposés sur les
quai des ports et à ceux sur vagons en cours
de route ; ils s'appuyaient sur ce fait que les
bateaux circuleraient presque vides entre
l'Algérie et la France. Ils n'ont obtenu, à la
date du 12 janvier, que la vague promesse
que la suspension des exportations des vins
semble ne devoir être que momentanée.
Il ressort des explications données dans la
séance du 25 janvier à la Chambre des Dépu-
tés par M. Lémery, sous-secrétaire d'Etat de
la marine marchande, qu'il est devenu néces-
saire de prendre un certain nombre des na-
vires circulant dans la Méditerranée pour les
diriger vers la côte occidentale d'Afrique ; ils
y enlèvent les blés amenés d'Australie à Da-
kar par voiliers, ainsi que les graines oléagi-
neuses achetées par le Gouvernement. Dans
ces conditions, on a dû réserver à l'Inten-
dance les navires transportant d'Algérie en
France les vins et les denrées alimentaires, y
compris les primeurs, pour les besoins mili-
taires. Dans ces circonstances coaime dans
tant d'autres, l'insuffisance de la flotte com-
merciale française est la cause première et
principale des difficultés.
Encore la réquisition des vins.
Voici une réponse du ministre de l'Agri-
culture et du Ravitaillement à un député qui
l'interrogeait sur les conditions imposées
aux vignerons ayant à conserver des vins ré-
quisitionnés :
1° Une indemnité de 30 centimes par hecto-
litre et par mois, à partir du 1='' octobre 1917 au
jour de la reiiruison, est allouée aux prestataires
pour les iudemniser de leurs frais de conserva-
tion des vins réquisitionnés;
2" Le règlement des vins livrés par les presta-
taires est effectué immédiatement, lorsque ceux-
ci acceptent les prix offerts par l'administration.
Un acompte de 30 fr. par hectolitre est man-
daté d'olfice pour tous les prestataires dont les
vins n'ont pas été retirés avant le t" janvier.
Les prestataires qui n'acceptent jias les prix
oQerts par l'Administration pour les vins livrés
reçoivent un acompte des deux tiers du prix
proposé.
Les viticulteurs qui n'ont pas reçu d'office
l'acompte indiqué dans cette réponse parais-
sent ainsi autorisés à le réclamer.
La campagne sucrière.
D'après les documents publiés par la Direc-
tion générale des contributions indirectes, la
campagne srcrière 1917-1918 touche à sa fin.
61 fabriques ont été en activité; au 15 janvier
dernier, elles avaient produit 192 901 tonnes
de sucre, dont 171 236 de premier jet.
Le blé Marquis.
On a lu dans le précédent numéro (p. 27)
les intéressantes observations présentées à
l'Académie d'Agriculture par M. Jacques de
tVilmorin sur le blé Marquis, d'origine cana-
dienne. Or, nous apprenons qu'à raison des
difficultés de transport inhérentes à la situa-
tion actuelle, le ministère de l'Agriculture a
été avisé que ce blé ne pourra pas arriver en
France pour les semailles de printemps 1918.
Dès lors, les demandes que les agriculteurs
adresseraient soit au Ministère de l'rVgricul-
ture, soit aux fournisseurs de blés de se-
mence ne pourront pas recevoir satisfaction.
On devra donc attendre l'année 1919 pour
pouvoir se procurer le blé Marquis en
France.
Société d'Agriculture de l'Indre.
La Société d'Agriculture de l'Indre organise
un concours-exposition de béliers suivi de
vente aux enchères à perte qui aura lieu à
Châteauroux, le mardi 12 mars. Une somme
de 1 000 fr. est alfectée à ce concours et à la
vente qui suivra.
Essais de culture mécanique.
Des essais officiels et publics d'appareils
de culture mécanique auront lieu du 4 au
7 avril sur le domaine de l'Ecole de Noisy-le-
Grand (Seine-et-Oise) ou, en cas de mauvais
temps, sur dès terres plus saines d'une ex-
ploitation voisine. Us comprendront des la-
bours de printemps profonds de 8 à 10 ou de
10 à 15 centimètres avec ou sans enfouisse-
ment de fumier. L'exécution, sur certaines
parcelles, de labours plus profonds, de dé-
foncements, de fouillages et de sous-solages
pourra être autorisée.
Les déclarations pour ces essais devront
parvenir au ministère de l'Agriculture, à
Paris, le 5 mars au plus tard.
Henry Sagnieh.
CULTURE Df RICIN li\\< l/Al'-;ilQ(K DC NORli
DE LA TAXATION DU LAIT A PARIS
Les pouvoirs publics ont, certes, le devoir
de surveiller les prix des denrées alimen-
laires et d'empêcher la spéculation; mais
encore faut-il que les moyens auxquels ils
ont recours dans ce but n'aillent pas à ren-
contre des intérêts des consommateurs et
des producteurs tout à la fois.
Quand il s'agit des produits de noire agri-
culture nationale, les conséquences d'une
mesure maladroite et mal étudiée sont trop
graves pour que l'on n'étudie pas au préalable
les questions sous toutes leurs faces.
N'est-il pas évident, par exemple, que le
meilleur moyen de tarir une production, c'est
de contraindre les producteurs à vendre leur
récolte à perte. N'oublions pas les résultats
lamentables auxqut^s ont abouti les taxa-
tions mises sur le blé pendant les deux pre-
mières années de la guerre.
Aussi nous croyons que l'.^dministration
parisienne fait complètement fausse roule,
lorsqu'elle entreprend de poursuivre les
crémeries où le lait est vendu plus de
60 centimes le litre.
Avant de se déterminer à cette mesure,
dont les conséquences ne sauraient manquer
de devenir déplorables pour le consomma-
teur qu'elle vise à protéger, que n'a-t-eile
pris le soin de s'éclairer auprès d'agricul-
teurs vraiment praticiens? Sans doute dans
la capitale ce ne sont pas les plus nombreux,
ni ceux qui parlent le plus haut. Ils n'au-
raient pourtant pas eu de peine à lui montrer
que, cet hiver, la production du lait revient
à des prix excessifs.
Une vache d'un rendement de 2 500 litres
de lait par an, soit en moyenne 7 litres par
jour, a besoin, quand cette moyenne est
atteinte pendant la saison froide, d'une ra-
tion de 7 kilogr. 1,2 de foin, 20 kilogr. de
racines et 1 kilogr. de tourteaux.
Aux cours de 30 fr. les 100 kilogr. pour le
foin, 4 fr. pour les betteraves et 63 fr. pour
les tourteaux, la ration correspondant à une
production de 7 litres de lait représente une
valeur de 3 fr. 68. La dépense de nourriture
s'élève donc à fr. 0.526 par litre de lait pro-
duit.
Si l'on ajoute au prix de la nourriture, le
prorata des frais de toute sorte qui incom-
bent à l'éleveur, l'amortissement de la perle
à laquelle il n'échappera pas quand il en-
verra la vache à la boucherie, les risques
spéciaux aux vaches à lait, les frais de ra-
massage du lait, ceux de son transport jus-
qu'à la crémerie, le bénéfice auquel ce com-
merce a le droit de prétendre, on ne sau-
rait sérieusement soutenir qu'une marge de
7 cent. -4 par litre est suflisante.
Nous venons de raisonner dans l'hypothèse
où l'éleveur posséderait déjà, ou bien serait
à même de se procurer, pour ainsi dire à
prix d'or, les aliuionts nécessaires à ses
bêtes. Malheureusement, ce n'est pas le cas
le plus fréquent. La rareté des fourrages va
contraindre de nombreux éleveurs à ration-
ner strictement leurs animaux ; les consé-
quences en seront vite déplorables.
Une réduction d'un quart dans le montant
de la ration normale entraînerait une dimi-
nution de près de 60 dans la production
du lait, et alors la dépense de nourriture
par chaque litre de lait n'atteindrait pas
moins de 88 centimes.
Dans les circonstances actuelles, Paris de-
vrait S" féliciter de trouver encore un peu
de lait, et ne pas s'exposer à en manquer
totalement, en se refusant à le payer aux
éleveurs le prix qu'il leur coûte à produire.
Que nos Consuls veillent à ne pas inciter
les agriculteurs à envoyer trop de vaches à
la boucherie. Ce serait désastreux pour l'en-
semble du pays et aucuns décrets ne pour-
raient y remédier, pas plus qu'ils ne sau-
raient enjoindre aux animaux de vivre sans
manger.
André Gouin et P. Axdouard.
CULTURE DU RICIN DANS L'AFRIQUE DU NORD
Conditions économiques actuelles de la
culture. — Le Ricin (Ricin on Palma-Chrisli-
Hicinus : Euphorbiacée) pousse librement
(spontané ou subspontané) dans nombre de
ravins du Littoral nord-africain. Sur les
Hauts-Plateaux et dans l'Atlas, la rigueur
des hivers interdit l'entrée du Ricin. Mais il
réapparaît dans la zone saharienne et on le
rencontre dans diverses oasis, où il fut im-
porté autrefois comme plante d'ornement.
46
Nous l'avons vu depuis la région de Biskra
(pied de l'Atlas Jusqu'à Aïn-Salah ei Aoulef
à 1 000 kilomètres plus au Sud, en plein
Sahara.
Culture systématique. — Les essais de
culture sont donc des plus justifiés, surtout
en ce moment où le cours de la graine et de
l'huile ont quintuplé, la faculté d'absorption
du marché restant illimitée. La graine valait
avant la guerre 2o à 30 fr. le quintal, quai
Marseille; aujourd'hui, IGO à 17S fr. Elle
trouve preneur à 100 fr. le quintal sur
vagon Touggourt ou Colomb Béchar, points
extrêmes de pénétration des voies ferrées à
l'intérieur du pays.
CULTIRE DO RICIN DANS L'AFRIQUE DU NORD
serait, en cas de hausse, le cours lors de la
livraison et. en cas de baisse, le cours actuel.
Cette méthode seule pourra déterminer les
agriculteurs à préférer le Ricin aux cultures
annuelles où l'aléa des cours est bien plus
faible.
Fig. 8. — Porl du Ricin.
Cette situation cessera probablement avec
la guerre, puisqu'à ce moment se réduiront
les principales causes qui l'ont provoquée :
immenses besoins de l'Aviation militaire et
difficultés de transport du Ricin des pays
tropicaux.
Or, le Ricin est une culture pluriannuelle
(2 à 5 ans ou plus) qui n'entre en production
sérieuse qu'à la deuxième année.
Le mouvement important de culture qu'on
cherche à provoquer risque donc de se
borner à des essais éphémères, si les agri-
culteurs ne sont pas assurés contre l'aléa
d'une chute brusque des cours.
Il y aurait donc lieu pour l'Etat, qui de-
mande qu'on cultive du Ricin, notamment
pour les besoins de son Aviation, de passer
^vec les cultivateurs des contrats d'achat de
graine pour au moins deux ans à un prix qui
Peuplement des terrains irais inculti-
vables. — A côté de la culture systématique,
dont les détails seront donnés plus loin, on
obtiendra une production considérable de Ri-
cin en peuplant tous les terrains frais (encore
frais en été) incultivables, tels que fonds de
ravins, bordures de canaux, de séguias, de
jardins et d'oasis irriguées, lits ou ;i bords
d'oueds, fossés et talus de chemins de fer, etc.
Les services administratifs
pourraient garnir à peu de
frais des milliers de kilomè-
tres linéaires où, par suite de
la déhiscence spontanée des
semences, le Ricin dévelop-
perait lui-même son peuple-
ment ultérieur.
Cette plante protégerait les
berges, tant par ses racines
que par son ombrage. Nous
venons de voir à Ouled DJel-
lal (oasis à 80 kilomètres de
Biskra), autour d'une noria,
une ceinture de Ricins (san-
;; , guins), qui sont de véritables
arbustes, comme ceux qu'on
rencontre dans divers jar-
dins de Biskra.
Ici, pas de capitaux à en-
gager, puisque les agents de
ces services n'auraient qu'à
mettre les graines en terre
en se promenant pour ainsi dire, et à l'oc-
casion de leur travail habiiuel.
La récolte des graines aurait lieu à forfait,
en les achetant à bureau ouvert à fous ceux
qui iront en cueillir.
Le jour où les circonstances changent, on
peut cesser brusquement les achats, sans
préjudice pour personne et les reprendre à
volonté, puisque les peuplements de Ricin se
maintiendront tant qu'on ne les détruira pas.
Cette méthode nous paraît être celle qui
peut donner la plus grosse production dans
l'Algérie du Nord.
Régions intéressées. — Elles sont nette-
ment indiquées et limitées par les exigences
du Ricin. C'est une plante vivace qui, d'une
part, craint les fortes gelées et le froid per.sis-
tant et qui, d'aulre part, a besoin de beau-
ESSAIS ET OBSERVATIONS SLR LES BLES A VKKRIÈBES EN 19n
41
coup d'eau en élé, au moment de sa plus
active végétation.
Il réussira parfaitement sur tout le littoral
et, au Sud, dans la région saharienne, par-
tout où sa végétation estivale sera assurée
par une humidité suffisante du sol en été.
Au point de vue de ses exigences climaté-
riques et même culturales, le Ricin peut être
assimilé au coton, de sorte qu'on peut dire :
dans l'Afrique du Nord, le Ricin prospérera
partout où le coton 7'éussit.
Ajoutons que le Ricin paraît supporter un
peu plus de froid que le coton.
Variétés à propager. — La botanique dis-
lingue dans les nombreuses sortes de Ricin
plusieurs grands groupes renfermant chacun
diverses variétés.
1° Ricin commun (Rkhius commnnis). — dranJes
feuilles palmées, vertes, à sept digitations; Heurs
unisexuées en grappes, les mâles à la base, et
les femelles au sommet des épis; graines de la
grosseur d'un liaricot moyen, lisses, luisantes,
oblongues, marquées de taches ou de stries
Vunes et contenant une amande blanche et un
peu acre.
Deux variétés de Ricin commun :
a; Grand Ricin (hicinus communis major). —
Les coques sont indéhiscentes, c'est-à-dire qu'à
maturité et après dessiccation, elles ne s'ouvrent
point spontanément. Il faut effectuer un battage
ou un décorticaf^e pour extraire des graines.
6) Pelil Ricin {R. c. minor). -- Les coques sont
déhiscentes : à maturité, elles s'ouvrent naturel-
lement pour laisser écliapper les graines, (^.es
graines sont un peu plus petites que celles du
Grand Ricin. C'est la variété la plus cultivée
dans l'Inde, pays le plus grand producteur de
Ricin.
L'industrie en distingue plusieurs « sortes »
désignées d'après leurs pays d'origine (Bombay,
Calcutta, Madras, etc.).
2° Ricin rouge ou sanrjuin (R. sanguineus). —
Feuilles, pétioles et parties herbacées de la tige,
teintes de rouge pourpre plus ou moins foncé.
Devient arborescent, trois à quatre mètres de
haut, avec un tronc épais à écorce blanchâtre.
Capsules nombreuses, mais indéhiscentes; graines
brun rougeàtre à marbrures claires.
Les beaux Ricins il'OuedDiellal (annexede Bis-
kra) sont des Ricins sanguins. Ils ont deux ou
trois mètres de hauteur, un tronc de dix à douze
centimètres de diamètre à un mètre du sol; on
dirait des figuiers.
I Le Ricin !>anguin est l'espèce ornementale.
3° Ricin de Zanzibar. — Cultivé surtout sur la
côte orientale d'Afrique, possède des feuilles très
4;raudes et des graines très grosses en forme de
haricot, grises, brun rougeùtre ou noires. Il croît
très rapidement, mais donne peu de graines.
Déhiscent.
4" Ricin vcri (fi. viridis). — Variété de petite
taille à graines nombreuses et petites, grisâtres.
Déhiscent.
5" Ricin incrme (R. inermc). — Possède des
fruits sans épines et donne de grosses graines
marron. Déhiscent.
Quelle variété adopter? — Celle qui réunit
les conditions suivantes :
Production abondante de graines bien
remplies; maturation des fruits le moins suc-
cessive possible ; surtout capsules à dékis-
rence modérée ; il faut, en effet, rejeter les va-
riétés dont les fruits indéhiscents nécessite-
raient un décorticago ou battage onéreux,
ainsi que les variétés qui, au contraire, ont
des capsules s'ouvrant brusquement (à ma-
turité) en projetant leurs graines parfois
à plusieurs mètres de distance.
Le Ricin pratique est celui dont les cap-
sules d'une même grappe mûrissent à peu
près ensemble sans s'ouvrir trop tôt. La ré-
colte pourra se faire en cueillant les grappes
qu'on étendra au soleil pour que la dessicca-
tion provoque la déhiscence sur l'aire d'éten-
dage où les graines seront ramassées par un
simple balayage.
L'industrie marseillaise, consultée en 1917
par la Direction des Territoires du Sud de
l'Algérie sur les variétés préférées pour la
fabrication de l'huile, a répondu :
Les divers échantillons de graines de Ricin,
reçus d".\lgérie à diverses reprises, étaient par-
faitement convenables. Nous travaillons surtout
des graines provenant de l'Inde, en majeure
partie de Bombay.
Le Gouvernement général de l'Algérie
pour la distribution gratuite de semences
s'est procuré, à Marseille, de la graine de
Rombay qui est du petit Jticin commun [Hici-
nus ronimunis minor). Ce Ricin, d'après le
docteur Trabut, conviendrait mieux que tout
autre au climat sec Algérien, au point de vue
de la déhiscence des capsules.
(A suivre.) F. CousTON.
ESSAIS ET OBSERVATIONS SUR LES BLÉS A VERRIERES
EN 1917 (1)
I 1917, relativement à la résistance au froid
2° Résistance au froid
des différentes variétés de blé.
Voici maintenant les observations faites en
il) Voir le numéro du 24 janvier 1918, p. 26, et
la Chronique de ce numéro, p. 44.
4S
ESSAIS ET OBSERVATIONS >UR LES BLÉS A VERRIÈRES EX 1911
des diûférentes variétés de blés dans l'expé-
rience de rendement d'automne qui est faite
chaque année à Verrières.
Cette expérience, quoique réduite en sur-
face (2d mètres carrés seulement par loi, au
lieu de 30}, est cependant plo^ complète ijue
de coutume, car mon cousin l'hilippe avait
tenu à y faire figurer, semées d'automne, dif-
férentes variétés de blés de printemps. Par
contre, par suite des dégâts causés par le
froid et aussi parce que, faute de main-
d'ceuvre, les blés ont été semés directement
en place et non repiqués comme nous le fai-
sions précédemment, les rendements n'ont
pu être comparables et ne présentent, par
suite, aucun intérêt.
A Verrières, la période des gelées s'est
étendue presque sans interruption, du
40 janvier au 15 février, atteignant parfois
— 16°.
Voici le classement en 1917 d'après la ré-
sistance au iroiil :
1* Variélèft ayant bien rt'sistc' ou à peine i^ouffert :
t. Houfje d'Allkirch (compli''tement indetnnei.
2. Teverson (bien résisté, pas de manques).
'. Datlel (bien résisté, pas de manques).
4. Automne rouge barhu (bien résisté, pas de
manques).
3. Nonelte de Lausanne bien résisté, pas de
manques).
6. Epcaulre blu/w sans bavbe bien résisté, pas de
manques).
1. Perle du Nuisemenl imanque seulement quel(|ues
plantes)
8. Victoria d'Automne (mauque seulement quel-
ques plantes).
9. Blanc de Flandres {manque seulement quelques
plantes).
•10. Hté-Seigle imanque seulement quelques plantes).
11. Crépi (manque seulement quelques plantes).
12. iiros bleu (manque seulement quelques plantes).
13. Briijuel jaune (manque seulement ^quelques
plantes).
14. Lamed (manque seulement quelques plantes).
15. Rour/e d'Ecosse (manque seulement quelques
plantes).
16. Browick (manque seulement quelques plantes).
2° Variétés ayant peu souffert.
n. Grosse Tête (manque à peine 1/5).
18. Massy (manque à peiue r.51.
19. Teverson à épi blanc (manque à peine 1/5).
20. Chiddam d'Aulomne à épi rouye (man (ue );'i;.
21 . Little Joss (manque 1/5).
22. Trésor (manque l/t).
23. Blanc à paille raide (manque 1/4).
24. Rlé Hybride n" 115 (manque 1/3).
25. /;/('• Hybride n" lui (manque 1/3).
26. jU«Hi7o6<z (provenance Goldschmidt, manque \"i).
2". Mars de Suède rouge barbu (manque 1,3.
28. Géant du Milanais (manque 1/3'.
3° Variétés ayant souffert.
29. Roseau (manque 1/2).
30. Bordeaux (manque 1/2).
31. Bon Fermier (vaPinque 1/2).
32. Japliel (manque 1/2).
33. C/ifl»n7j/«7i (manque 1/2).
33 bis. Blé Hybride n" 119 manque 1 2 .
34. Blé Hybride n" 120 (manque t/2 .
35. Hâtif InversaJilè {tainic\ue 1/2,.
36. Blé Hybride n" 134 (manque 1- .
.37. Blé Hybride n" 103 'manque l 'i .
i" l'ariétés c
38. Noé fgelé 2/3).
39. Bordier (gelé 3/1).
40. Alliés (gelé 3/4).
41. Bl:i Hybride H" 118 fgelé :'
41 bis. Suumur d'Automnrii:;
42. Bouqe de Snint-J.aui! :■ i
43. RiéLi (gelé 3/4).
44. Odes<ii .fans barbe ;gelé 3 1 .
'lo. Enyrain commun (gelé 3/4 .
46. Barbu à gros grain gelé T lu .
47. Cazeaux igelé 4/.5).
li" Variétés complètement ou presque complètement
gelées.
48. Rouge prolifique barhu (ayant Ivès fortement
souffert).
19. Chiddam blanc de Mars (ayant très fortement
souffert).
30. Vithioiers (presque complètement gelé).
.'11. Touzelle rouge de Provence presque complè-
tenienl gelé).
."i2. Hérisson sans barbe (presque complètement
gelé).
53. iU«'-s rouge s<nis barbe presque complètement
gelé).
54. Richelte blanche de Saples (reste seulement
quelques plantes).
33. Gironde (reste seulimeut quelques plantes).
56. Blé Hybride de printemps n" 187 (reste seulement
quelques plantes .
57. Pétanielle Idanche (reste seulement quelques
plantes).
58. Foulard à 6 ranrjs (reste seulement quelques
plantes).
j 59. Poutard d'Auflralie (reste seulement quelques
I plantes).
; 60. Richelle blanche hiilii-e (complètement gelé'.
' 61. Saumur de Mars (complètement gelé).
62. Blé Hybride de printemps n° 192 complètement
gelé .
63. Blé Hybride de printemps x" 193 (complètement
gelé).
64. Aurore (complètement gelé).
6.5. Mars barbu ordinaire (complètement gelé).
66. Mars rouge barbu.
67. Pétanielle noire de Nice.
68. Amidonnier blanc barbu (complètement gelé .
69. Amidonnier blanc amélioré Alvargonzalez),
(complètement gelé,.
70. Miracle (complètement geléi.
71. Belolourka complément gelé).
72. Médeah icomplèment gel'-',..
73. Pologne ^complétement gelé).
Dans notre expérience de « semis succes-
sifs d'automne » où avaient été semés ditïé-
rents hybrides à l'étude et, comme compa-
raison, plusieurs variétés connues, les
observations suivantes ont été faites:
Blé Chiddam d'automne à épi blanc.
Semis du 20 octobre (presque entièrement gelé).
Semis du 1" décembre (bien résisté!.
Blé des Alliés.
Semis du 20 octobre (presque entièrement gelé .
l'AlîTIE (ill'ICIFJ.
49
Si-mis ihi !'■'■ (lêceuibre ^bien résisté .
Blé Aurore.
Semis (iu 20 o(?tt)bre (entièrement geliS sauf :i plantes :.
Semis du I''' décembre (très fortement atteint .
i^elle ultime observation offre plutôt un
intérêt lie curiosité qu'un intérêt pratique,
les h!é* deprip.lpinps, comme Aurore, n'étant
jamais semés d'automne.
Jacques de Vilmokin.
PARTIE OFFICIELLE
Circulaire du 17 janvier 1918 relative
à des avances aux agriculteurs
dans les régions libérées. [Extrait.]
II. — Le ré;,'iiiic insiiiue par |;i présente circu-
laire a essentiellement pour objet de faciliterau.x
agriculteurs sinistrés, dont les terres auront été
renonuues impo?sibles à remettre t-n culture, la
reprise d'une exploitation agricole de nature à
coniribuer à l'œuvre «énérale de reconstitution
agricole des réyions libérées.
Il a été néce.<saire, dans ce but, d'exiger que
cette exploitatiiin fût elle-même située sur d'au-
tres territoires libérés de l'occupation primitive
(lU dans les arrondis-eincnts limitrophes.
En conséquence, l-s intéressés devront, en
présentant leur demande, justilier des disposi-
tions qu'ils auront prises en vue de reprendre
une nouvelle e.\;ploit;ition sur uu territoire satis-
f.iismt à ces conditions, et faire connaître les
engagements soiiscrils ou les contrats passés
pour leur permettre de reprendre di'S exploiia-
tions à ce nouveau siège, ainsi que les mesures
adoptées par eux pour assurer cette reprise, et le
nombre d hectares de terre qu'ils sont en situa-
lion d'y cultiver.
m. — D'autre par!, les demandeurs — qu'ils
soient propriétaires 'eiploitanls ou fermiers —
devront faire valoir l'impossibilité de reprendre
la culture au siège de leurs exploitations anté-
rieures, en raison soit de la destruction de ia
couche de terre arable par des bombardements
prolongés, soit d'un bouleversement tel que la
remise en état du sol ne puisse être envisagée
(|u'au bout d'un long délai, e.xcédant au moins
une année. Celle impossibilité fera l'objet de ■
constatations officielles, qui seront poursuivies !
dans les formes suivantes : !
Des Commissions agricoles, composées de cinq
membres nommés par le préfet, sous le contrôle
du ministre de l'Agriculture, seront instituées à
raison d'une ou plusieurs par département inté-
i-essé. Elles comprendront : le directeur des Ser-
vices agricoles du déparlement ou l'infénieur
des Améliorations agricoles, président; et quatre
membies agriculteurs, choisis parmi les repré-
sentants qualiliés des groupements agricoles de
la région.
Des agents techniques du service des Amélio-
rations agricoles pourront être adjoints aux
Commissions pour les travaux d'études à faire
.sur le terrain, et pourront participer aux déli-
bérations desCommissionsavecvoix consultative.
Nul ne pourra participer à des opéralions con-
cernant une affaire dans laquelle il aurait un
intérêt direct ou indirect.
IV. — Les Commissions agricoles auront pour
mission, tant de donner des avis sur les de-
mandes individuelles qui leur seront renvoyée»,
que de procéder d'une façon générale à la dé-
termination des zones dans lesquelles toute re-
prise d'exploitation agricole sera réputée impos-
sible.
En ce qui concerne les demandes individnelles,
les Commissions se prononceront, sur chacune
de celles qui leur seront soumi.ses, par des avis
motivés. Si le préfet croit devoir conte.'iter l'avis
émis par l;i Commission, il en sera référé sans
délai au ministre de l'Agriculture, qui décidera
si l'exploitation mise eu cause doit être consi-
dérée comme impossible à reprendre.
En ce qui concerne la détermination des zones,
il y sera procéilé d'office, dans la mesure du
possible, et les résultats en seront transmis à
M. le ministre de l'Agriculture, qui fixera défi-
nitivement, p:ir arrêlés, le périmèlre de ces
zones. Pour qu'un agriculteur puisse bénéficier
des dispositions de la présente circulaire, son
exploitation devra être comprise, pour la moitié,
an moins, dans une zone ainsi délimitée.
V. — Les agriculteurs dont les demandes ren-
treront dan.' les conditions ci-dessns poarroiit
obtenir, en vue de pmirvoir au.v nécessités de
leur nouvelle exploitation, les avances pour
fonds de roulement instituées par les circulaires
des 10 judlet-f3 octobre 1917 du ministre de
l'Inlérieur.
Ces avances seront allouées dans les condi-
tions générales prévues par les dernières circu-
laires et dans la limite du maximum indiqué
par elles, mais en appliquant ce maximum au
moùtaiit appro.ximatif îles dommages subis par
le capital d'exploitation, c'est-à-dire par le chep-
tel vivant ou mort (bétail et instruments de cul-
ture), à l'exclusion des dommages proprement
immobiliers subis par le fonds lui-même. Elles
devront être appliquées à la remise en culture
de l'exploitation nouvelle indiquée à la demande,,
mais ne pourront pas être employées à l'acquisi-
tion d'un nouveau domaine.
VI. — En outre des avances pour fonds de rou-
lement, les agriculteurs visés par la présente
circulaire pourront obtenir, de l'Office de re-
constitution agricole des départements victimes
de l'invasion, des cessions en nature de maté-
riel, animaux et matières premières, pour la re-
prise de la nouvelle exploitation, à titre d'avan-
50
PULVÉRISEURS DOUBLES POUR CULTURE MÉCANIQUE
ces, et dans les conditions prévues par la loi du | gement, si le demandeur était propriiitaire des
3aoûH9n.
Vil. — Les intéressés devront adresser leur
demande au préfet et au sous-préfet dans la cir-
conscription duquel se trouvera le siège de l'an-
cienne exploitation.
La demande devra contenir toutes justifica-
tions utiles à son appréciation, ainsi que l'enga-
terres constituant l'exploitation primitive, de
reprendre éventuelleaienl, au cas où la loi lui en
ferait l'obligation, l'exploitation de ces terres,
dans l'année qui suivra la notification à lui faite
de leur remise en état.
Le ministre du Blocui et des Régions libérées,
A. Lebuu.n.
PULVÉRISEURS DOURLES POUR CULTURE iMÉCANIQUE
Dans le n° 3fi, du 18 février 1915, M. Rin-
gelmann a appelé l'atlention sur les pulvéri-
seurs simples tirés par des attelages, dont le
travail est expédilif ; il avait alors en vue la
destruction des mauvaises plantes qui s'étaient
développées à l'automne 1914 sur les terres
non cultivées : après le nettoyage plus ou
moins complet du sol avec le pulvériseur.
sans inconvénient s'ils n'ont pas un poids
dépassant une certaine limite et s'ils sont
suivis d'un pulvériseur double dans le genre
de ceux qui sont employés aux Etats-Unis.
Dans ses essais de Noisy-le-Grand, en 1917,
avec un pulvériseur double, de 'M disques,
travaillant sur un train de 2™. 00, à une pro-
f nidour movenne variant de 0"'.07 à 0™.ll,
Fig. 9. — Pulvériseur à deux rangs de disques lisses.
on pouvait procéder à rameublissement en
profondeur à l'aide d'un cultivateur à dents
flexibles.
Le pulvériseur double donne un excellent
résultat sur les terres retournées par la
charrue et convient très bien pour pré-
parer la terre aux ensemencements d'au-
tomne fit de printemps, -en remplaçant un
ou deux scariliages et un ou deux hersages
Avec les tracteurs elTectuant les derniers
labours, on est conduit à employer des atte-
lages pour scarifier et herser la terre, à moins
d'avoir recours à des pulvériseurs doubles
travaillant sur une grande largeur en expé-
diant ainsi beaucoup d'ouvrage.
Les tracteurs peuvent circuler sur le labour
M. Ringelmann a constaté que la traction
sur un labour déjà durci oscillait de 470 à
590 kilogrammes. A la profondeur de 0'". 07
on obtenait un très bon travail ; à la pro-
fondeur de O".!! le travail effectué était
excellent.
La profondeur d'action des disques du
pulvériseur se règle en nioditiant, relative-
ment à la traction, l'obliquité des axes sur
lesquels sont fixés les disques.
La (igure 9 représente un pulvériseur à
deux rangs de disques lisses de la maison
Th. Piller, '2'(. rue Alibert, à Paris. Les dis-
ques ont 0"'. 40 de diamètre. La machine de
32 disques pèse 490 kilogr. et son train est
de 2'". 40; la machine de 40 disques pèse
SIIfATUIN ACKIGULE DANS L'AVtYRON
o70 kilogr. et le lr;nn est de trois mètres.
En vue d'émietler encore plus complète-
ment les bandes du labour, on peut em-
ployer des disques dentés comme on le voit
sur la figure 10 représentant une de ces
machines do la maison Th. Piller. Les disques
ont 0".'i3 de diamètre. Le modèle de 32 dis-
ques pèse -"iaO Icilogr. avec un train de 2"'.iO
d'acier; quatre leviers, un par axe des dis-
ques, permettent de modifier l'inclinaison
des axes et de régler ainsi la prolondenr et
l'énergie de la culture. Dans le cas de sols
trop durcis, on surcharge les disques en
disposant des matériaux (bois, pierres, sacs
remplis de terre, etc. dans les |ihiteaux
portés par le bâti.
Fi^^ 10. — Piilvériseur à deux rangs de disques dentés.
■et celui de -40 disques, dont le train est de
3 mètres, pèse 610 kilogr.
Le bâti de ces machines est en cornières
On peut ajouter à ces machines un siège
et un semoir à la volée.
(i. M.^Nlil.N.
SITUATION AGRICOLE DANS L'AVEYIiON
20 janvier 1918.
Pendant un mois, nous avons eu neige et tem-
pérature sibérienne. Impossible de toucher à la
terre. La fin des semailli-s en a été contrariée et
on peut estimer à un quart environ, ou un cin-
quième, la diminution qui en est résultée pour
l'étendue des suiffices à couvrir. Depuis une
huitaine de jours, la situation a changé; labours
et hersages vont bon train. Souhaitons que les
semailles de printemps puissent s'étendre au
delà de l'ordinaire et compenser le léger fai-
blissement de nos semailles d'automne.
Le cours du bétail est extrêmement élevé.
Quant aux porcs gras, on les a payés ces der-
niers jours 200, 220, jusqu'à 230 francs le quintal
de îiO kilo;ir. vif. On cite tels et tels qui ont tiré
1 200 fr., 1 300 fr. de la vente d'un seul porc
gras! Les agneaux de lait, vendus à rà;;e de
trois ou quatre semaines, par ceux qui se livrent
h la production du lait pour la fabrication du
fromage de Koquel'ort, valent 2 fr. 50 à 2 fr. SO
le kilogr. d; poids vif. El le lait de brebis que
les industriels de Uoquefort payaient autour de
30 fr. Ilieclolitre avant la guerre est maintenant
à 83, 90 fr.; on dit même à 100 francs.
Des propriétaires qui sont dans l'impossibilité
d'exploiter eux-mêmes leur bien avaient de la
peine jusqu'ici à trouver un fermier. Cette diffi-
culté tend à disparaître; les candidats fermiers
se présentent un peu plus nombreux.
iNotri' chef-lieu de département sera bientôt
doté d'an abattoir régional, avec usine fri^ro-
rihque, d'où la viande pourra êire commodé-
nienl expédiée dans toutes les directions. Les
travau.v pour Faménagemenl .sont déjà com-
mencés ; avant la lin de la présente aimée,
abattoir et usine frigorilique seront, sauf im-
prévu, en état de fonctionner. Cette innovation
52
LAL'TUMNE DE 191"!
sera fort utile non sculeraenl à notre Rouergue,
mais à toutes les contrées plus ou moins voi-
sines du Massif Central.
Autre création qui ne manquera pas de don-
ner de précieux résultats : c'est la Société Fores-
tière du Rouergue qu'on vient de fonder, par le
concours intelligent et dévoué de la Société d'En-
couragement et Union des Syndicats agricoles
du Massif Central, de la Société îenlrale d'Aiiri-
culture de l'Aveyron, de M. Marre, le très zélé
directeur des Services agricoles de l'Aveyron.
Dans nos Causses, sols calcaires souvent très
maigres, dans nos Séqalas, sols schisteux, gneis-
siques, granitiques, nous avons de vastes éten-
dues incultes; les premiers portent à peine quel-
ques genévriers; les autres, des bruyères, des
fougères. La Soeiété Forestière trouvera là, facile-
ment, croyons-nous, des centaines et des cen-
taines d'hectares mis à sa disposition pour être
reboisés.
Fernand be Barrau.
L'AUTOMNE Di: 1917
La saison automnale d(' 1017 a été assez
douce et relativement sèche dans la plus
grande partie de la France. Les températures
moyennes sont un peu supérieures aux va-
leurs normales correspondantes, sauf dans
le Sud. L'excès est généralement faible, il
alteinl 0''8 à Clermout-Ferrand, 0°6 à Paris,
O'S à Psautes et à Lyon ; à Perpignan et à
Toulouse, les moyennes sont égales aux nor-
males. Les quantités de pluie sont en déficit
dans toutes les stations, c'est surtout d;ins
l'Ouest que la saison a été moins humide
que d'ordinaire; à Brest on a recueilli 84 mil-
limètres d'eau en moins sur une saison nor-
male; à Nantes, l'écart atteint 67 millim.;
dans toutes les autres stations dont nous
donnons ci-dessous les valeurs des princi-
paux éléments météorologiques, les totaux de
pluie sont inférieurs de 10 à 25 millimètres
aux quantités moyennes.
STATIONS
Paris (St-Maur 1 . . .
Brest
Nantes
Lyon
Clermonl-Kerrand
Toulouse
Perpignan
Moyennes des
cà
O
c
S
G
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®
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3
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15°4
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12.6
1 8
16.0
11.9
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M. 2
5.8
16.4
tl.l
S. 4
■)-..•!
12.9
0.6
19.3
13.1
TKMPKRATL'RE
^liniiiia aùsoiu
et dales.
1°2 le 13 nov
2.0 le 18 nov
1.1 le n nov
3.8 le 30 octobre.
6.6 le 30 octobre.
1.0 le 311 octobre.
0.4 le 30 octobre.
Maxima absolus
et dates.
26" S le 19 septemb..
23.2 le 10 septemb..
21. .T le 16 septemb..
28.8 le 20 septemb..
34.9 le 19 septemb..
30.9 le 16 septemb..
30.9 le 15 septemb..
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8J
6.2
lOï
13
4.-
131
SOMBRE
dr jours.
La sécheresse relative de l'automne est
encore marquée par les nombres des jours
pluvieux qui sont moindres que ceux d'une
saison normale; l'écart est de 10 jours à
Nantes, 3 à Paris, 2 à Perpignan. La né-
bulosité accuse des valeurs sensiblement
moyennes. L'insolation a été plus longue
dans le Centre et le Sud de la France ; à
Paris, le soleil a brillé pendant 13 heures
de plus que la durée moyenne ; l'excès atteint
32 heures à Perpignan, tandis qu'à Nantes,
où la pluie a été la moins abondante, le cinl
est resté plus souvent couvert et la durée
d'insolation est en déficit de 3 heures.
Le mois de septembre 1917 a présenté un
caractère presque estival ; la première quin-
zaine a élé marquée par des pluies orageuses
assez fréquentes sauf dans l'Est, mais la
deuxième quinzaine a été remarquablement
belle, chaude et sèche; c'est généralement
entre le la et le 20 septembre qu'on a noté
les températures maxima de la saison; celle
qui a élé observée à Clermonl-Ferrand, 34'-{),
est remarquablement élevée. Le temps a été
assez favorable aux travaux agricoles, mais
la sécheresse commençait à devenir gênante
vers la fin du mois; dans les Pyrénées-Orien-
tales, la fréquence des pluies orageuses
du début a causé quelque préjudice aux
fourrages d'hiver.
Octobre a été le mois froid de la saison ;
ce caractère a été plus sensible dans l'Est, le
Centre et le Sud; cependant les écarts des
températures moyennes à leurs valeurs nor-
LES FAUIUQUES DK
uiales correspondantes ne dépassent guère
1""3; elles sont en général voisines de 1". Les
premières gelées, d'ailleurs très faibles, ont
été observées à Besançon le 17, à Paris le
20, dans le Nord, l'Ouest et le Centre de la
France, le 29 et le oO; la plus forte a été
notée à Clermont-Ferrand où le l'iermomètre
a marqué — 6°6. Les premières neiges sont
tombées le 23 à Clermont, le 28 et le 29 dans
l'Est ; faibles en plaine, elles ont été abon-
dantes sur les montagnes. Octobre, génétale-
iiient pluvieux, a apporté un léger retard
dans les ensemencements d'automne, mais
SUCKE LIBÉRÉES
33
il a favorisé la levée des seigles dont l'appa
renée était belle à la fin du mois.
Novembre, sous un régime de pre.ssion ba-
rométrique exceptionnellement élevée, a été
doux dans l'Ouest et le Nord de la France,
assez doux dans le Sud, frais dans l'Est; la
pluie a été sensiblement normale dans toutes
les régions et le temps a permis d'effectuer
dans de bonnes conditions la préparation des
terres, les emblavures de la fin de l'automne
et la rentrée des récoltes en terre.
G. B.^RBK,
Météorologiste au Bureau Central.
CULTURE MÉCANIQUE
Essais de Rabat.
L"Aulomol)ile-Club marocain a procédé à
des essais d'appareils de culture mécanique,
du 26 au 29 septembre 191", à lOulja de
Rabat. Des résultats constatés, qui nous ont
été communiqués par le Secrétaire général,
nous pouvons donner le résumé suivant.
Cinq appareils ont participé à ces essais :
Tracteur ^mn/ico, avec moteur de 24 chevau.x.
— Bull 20 —
Voit'ire Ford 14 —
Tracteur Titan (Mac Cormicls;) 20 —
Avant-train tracteur itfo/(/ie 12 —
La voiture Ford est le châssis courant avec
moteur de i-4 chevaux, transformé comme
cela a été indiqué dans le numéro 11 du
23 août 1917 (fig. 81, page 325).
Voici les indications relatives aux char-
rues, à la qualité du labour et à la vitesse
moyenne pratique d'après la surface labou-
rée par heure et le train de la charrue :
Amntico : charrue à i raies, à relevage au-
tomatique; largeur du train, li^.O.o; labour
très régulier; vitesse moyenne pratique,
2 495 mètres par heure.
Bull : charrue à trois raies, à relevage au-
tomatique; largeur du train, 1"'.05; bon la-
bour; vitesse moyenne pratique, 2 005 mètres
par heure. La marche continue au pétrole pur
n'a pu être réalisée.
Ford : charrue à 2 raies, sans relevage au-
tomatique; largeur du train, 0"'.70: déchau-
mage assez bon. La surface labourée par
heure et la vitesse moyenne n'ont pu être dé-
terminées.
Titan : charrue à 3 raies, à relevage auto-
matique; largeur du train, 0"'. 90; labour assez
bon; vitesse moyenne pratique, 2 43(5 mètres
par heure.
Moline : charrue à 2 raies; largeur du
train, 0°'.70; déchaumage assez bon. La sur-
face labourée par heure et la vitesse
moyenne n'ont pu être déterminées.
Les essais ont eu lieu sur des terres
compactes fortement durcies par la séche-
resse. Ils ont donné les résultats consignés
dans le tableau ci-après :
Machines.
Profondeur
du
labour.
Surface
labourée
par
heure.
met. carji'és
2 620
2 d68
2 189
Combustible
employé
par heclare.
Pétrolfi. Essence.
litres litres
29.1 2.5
33.2 17.1
36.2
35.0 1.5
» 33.7
centim.
Amanco 15-lS
Bull 13-18
Ford dêclamage
Titan 12-18
Molioe (lêtliamaje
! Pour l'avanl-train iMoline, la consomma-
tion est indiquée à titre approximatif.
! Les surfaces labourées par heure et les
consommations de combustible par hectare
concordent aussi bien que possible avec les
résultats constatés sur les mêmes machines
j dans les essais du ministère de l'Agriculture
i à Noisy-le-Grand en 1917 et dont les résultats
j principaux ont été résumés ici.
I R. Dessaisai.k.
LES FABRIQUES DE SUCRE LIBÉRÉES
I. — Remise en culture.
Pour niveler le terrain, surtout dans la
(1) Voir le numéro du 4 octobre, p. 383.
2° zone, il faudra une main-d'œuvre consi-
dérable qui pourrait être fournie par des pri-
sonniers de guerre (aux endroits suffîsam-
54 LES FABRIQUES DE
menl éloignés du front) ou par des équipes [
militaires.
Parmi les décombres et les ruines des vil- ]
lages, des maisons et des bâtiments de ferme,
certains des matériaux pourraient être utilisés
à la reconstruction (planches, fers à T, pou-
tres, etc.). Il faudrait, dès maintenant, les I
déblayer, les classer et les mettre sous abri.
En attendant qu'on puisse reconstruire les
villages et les fermes, il faudra continuer à
construire des maisons en planches pour
recevoir les habitants qui veulent rentrer.
(Aous en avons vu dans plusieurs endroits,
à Nesles, à Ribécourt , etc.). Sans doute,
l'habitant aimerait mieux en général trouver
un abri dans sa maison, celle-ci frtt-elle
incomplèteujent rtsiaurée, que dans une
maison de planches; mais souvent, il fau-
drait trop de temps pour lui donner satisfac-
tion. Nous avons cependant vu à Ribécourt
des prisonniers allemands reconstruire une
maison avec des moellons; nous avons vu
également des pans de murs reconstruits
avec des briques n'ayant pas passé au leu.
Les tracteurs mécaniques rendent de
grands services; mais on ne pourra pas s'en
procurer assez pour travailler les champs
et surtout pour faire les labours profonds
qu'exige la betterave, d'autant plus que ces
labours doivent être complétés par d'autres
façons aratoires.
Au surplus, les animaux d'attelage feront
souvent défaut, de même que les instruments
agricoles, les chariots, la main-d'œuvre, etc.
Quand il s'agit de fermes assez étendues,
peu morcelées, M. Barrois-Brame propose
qu'on y délimite des pâtures avec des piquets
et des fils de fer barbelés. On y mettrait des
bœufs à l'engrais ou des vaches laitières, à
raison de 2 à 3 par hectare et on préparerait
petit à petit la remise en culture des terres
en commençant par les plus fertiles. Les ani-
maux à mettre en pâture seraient achetés
avec l'aide du Crédit agricole ou (dans le cas
des fermiers) avec l'aide du propriétaire.
Dans ce dernier cas, il s'établirait une sorte
de métayage.
Cela n'empêcherait pas de cultiver des
pommes de terre, des légumes, etc., pour
assurer l'alimentation domestique. En atten-
dant que l'exploitation di)nne des recettes,
l'État consentirait au cultivateur une avance
de 300 à 300 fr. par hectare.
II. — Remise en état des fabriques
DE SUCRE.
Immédiatement après la guerre, on man-
quera sûrement de matières premières et de
SLCRE LIBÉRÉES
matériaux pour la reconstruction des usines^
1° Il faudrait donc, après avoir établi l'état
des lieux, prendre des mesures de conser-
vation pour atténuer les elïets des intem-
péries sur les appareils, les murs et les
bâtiments restants. 11 faudriiit couvi'ir com-
plètement les usines dont la toiture n'est
qu'endommagée. Pour les usines qui n'ont
plus ni murs, ni toiture, il faudrait abriter
les restes et débris d'appareils, mais après
en avoir fait le classement.
Ce travail devrait être fait par des équipes
militaires ayant à leur tête des spécialistes
et il faudrait le faire au plus tôt, car les appa-
reils se couvrent de rouille.
2° Beaucoup d'usines sont ouvertes à tout
le monde ou restent sans surveillance. Les
militaires sont enclins à y prendre des maté-
riaux poutres, planches, tuyaux, etc.) pour
faire des constructions dans leurs cantonne-
menls ou des abris pour les chevaux et le
matériel militaire.
Ne pourrait-on demander à l'autorité mili-
taire d'exercer une surveillance et de donner
des ordres pour qu'on ne prenne rien dans-
les fabriques.
3" Dans les usines récupérées, il y a un-
véritable désordre; la plupart des appareils
sont démolis, et les parties qui les compo-
saient sont éparpillées sur les planchers;
le déblaiement, le classement pourraient
être faits par des équipes militaires ayant à
leur tête des hommes de métier et qu'on
pourvoierait des moyens de travail néces-
saires et. en particulier, d'appareils de levage
(treuils, palans, cordes, etc.).
4° Lne fois les appareils et débris classés,
des techniciens indiqueraient les pièces ou
appareils pouvant être utilisés directement
et ceux pouvant être réparés. Les pièces ou
organes se rapportant aux machines de pré-
cision (machines à vapeur, pompes, etc.)
ne pourraient, le plus souvent, être utilisés
ou réparés que par des maisons de construc-
tion.
Des ateliers de réparation (avec moteur ou
locomobile de 20 à 25 chevaux) pour le tra-
vail du fer, du cuivre, du bois, etc., devraient
être installés, dès maintenant, dans les fa-
briques qui peuvent être le plus facilement
restaurées.
3° Il faudrait que l'État pût procurer, dès
maintenant, aux maisons de construction
des matières premières (fer, fonte, cuivre,
tuyaux, planches, etc.) pour la remise en
état des usines les moins endommagées et
qui auront des betteraves à travailler. Celles-
ci, après arrangement avec les intéressés,
LA CHICOREE A CAKE
55
pourraient être appelées à travailler les bet-
teraves des fabriques voisines plus abîmées
el dont la reconstruction sera plus longue.
Ces observations visent les restaurations
qui peuvent être failes le plus rapidement.
11 y aura d'autres dispositions à prendre,
quand il s'agira de la reconstruction en géné-
ral, après la guerre.
6° Les compagnies de cbemins de fer, au-
raient à refaire les lignes et embranchements
(jui desservaient les fermes à betteraves et
les fabriques. Des camions, des attelages mi-
litaires, pourraient, le cas échéant, servir
aux transpoits. (Je sais que la Compagnie
des chemins de fer du Nord s'occupe déjà de
ces reconstructions de voies économiques.
D'autre part, l'autorité militaire elTeetue sou-
vent des transports économiques. Il faudrait
donc continuer les unes et les autres en les
adaptant rapidement aux circonstances).
7° Il faudrait donner des sursis aux fabri-
cants mobilisés des classes anciennes et des
services auxiliaires qui, avant la guerre, di-
rigeaient ou administraient des fabriques de
sucre. Ils pourraient surveiller l'exécution
des mesures de conjcrvation dans leurs
usines et travailler avec leurs cultivateurs-
fournisseurs à la reprise de la culture de la
betterave. (L'autorité militaire, sur la de-
mande du Syndical des fabricants de sucre,
appuyée par le Service de la main-d'œuvre
agricole du ministère de l'Agriculture et le
ministère du Ravitaillement, est déjà entrée
dans cette voie).
Il faut noter que, parmi les 37 fabriques
visitées, il y en a à peu près la moitié qui,
avant la guerre, produisaient de 30 000 à
73 000 sacs de sucre par campagne, et la
moitié qui en produisaient de 10 000 à
30 000 sacs.
J'ai déjà fait remarquer dans ce journal
que la production des sucreries françaises
est, en général, plus faible que celle des
autres sucreries d'Europe (Belgique excep-
tée). Les fabriques allemandes, par exemple,
produisaien l en moyenne, près de 80 000 sacs,
celles de Hongrie près de 200 000 sacs, celles
d'Autriche près de 80 000 sacs, celles de
Danemark 160 000 sacs, celles de Hollande
120 000 sacs par camijugiie.
L'impression qu'on ressent en visitant
les régions libérées est une impression de
tristesse à laquelle se mêlent des senti-
ments de sympathie el de compassion pour
les habitants si éprouvés . Sans crainte
d'exagération, on peut dire que la produc-
tion de la betterave à sucre et l'industrie
sucrière ont été fortement atteintes par la
Ruerre. On peut même dire qu'il y a peu de
iiranches de production qui en aient autant
souffert, puisque la production sucrière
française est tombée de 750 000 tonnes
(avant la guerre) à 180 000 tonnes en 1916-
1917.
Ce n'est certes pas le courage qui man-
quera aux cultivateurs de betteraves et aux
fabricants de sucre pour essayer de faire
revivre l'industrie sucrière là où elle a cessé
d'exister : mais que d'efforts, que d'argent à
dépenser pour arriver au but.
Le régime économique qui remplacera la
Convention de Bruxelles, maintenant dénon-
cée, aura une grande influence sur le relève-
ment de l'industrie sucrière en France et, en
particulier, dans les régions envahies.
Emu.e Saillard,
Directeur du Laboratoire du Syn<licat
des Fabricants de sucre de France.
LA CHICOREE A CAFE
Un certain nombre de mesures ont été
prises depuis un an à l'encontre de la culture
de la chicorée à café. Rappelons-les rapide-
ment.
Une taxe de consommation de .30 fr. par
100 kilogr. a été établie sur la chicorée par
la loi du 30 décembre 1916; à cet impôt il n'y
a rien à objecter, car le besoin de nouvelles
ressources pour l'Etat est impérieux. Un peu
plus tard, un projet de loi a été présenté
pour interdire l'emploi des betteraves à d'au-
tres usages que la sucrerie, la distillerie ou
l'alimentation du bétail; ces réserves se com-
prennent, mais pour d'autres motifs que
ceux invoqués qui reposaient sur le mélange
de la betterave séchée à la chicorée. Puis, au
mois de juin, un autre projet de loi lendait
;i la taxation de la chicorée, pour le motif que
les prix en avaient atteint des proportions
exagérées. Plus récemment, le ministre de
l'Agriculture interdisait d'une façon absolue
d'accorder la main-d'œuvre de l'Etat aux
cultivateurs de chicorée. Enfin un nouveau
projet de loi, déposé le 31 décembre dernier,
tend à porter le droit de consommation à
130 fr. par 100 kilogr. au lieu de 30 fr.
(juand on recherche les motifs pour les-
quels ces mesures sont prises ou proposées,
on constate qu'ils se réduisent à un seul,
toujours le même, que l'exposé des motifs du
56
ACADKMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE
dernier projet détermine en ces lernios :
« Modérer l'extension que prend dans quel-
ques départements, sous l'influence de cours
très élevés, la culture de la chicorée au détri-
ment de celle de la betterave. »
S'il en était réellement ainsi, on n'aurait
qu'à approuver. Mais il suffit de jeter un
coup d'œil sur les statistiques du ministère
de l'Agriculture pour constater combien cette
prétendue extension est une illusion.
.Naguère, la culture de la chicorée à café
était à peu près confinée dans les deux dé-
partements du Nord et du Pas-de-Calais,
dont elle sortait très peu; elle vivait côte à
C('(te avec celle de la betterave, sans que celle-
ci en prît ombrage. Dans quelles proportions
cette situation s'est-elle modifiée? C'est ce
qui ressort du tableau suivant, établi d'après
les statistiques officielles :
1913
1915
1916
1917
lOCUreb
hectares
hec
lares
hectares' '
Nord
6 15S
2
340
1
900
3
uOO
Pas-de-Calais
2 262
1
93;i
i
9S0
2
400 ;
Somme
I8n
f.a
110
120 i
Aisne
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..
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Eure-et-Li)ir
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„ 1
Loiret
»
"
••
200
Totaux...
8 G21
t
.508
3
990
6
220
De ce tableau il ressort très nettement que
la chicorée a subi, comme toutes les cultures,
les conséquences de la guerre; si elle s'est un
peu relevée en 1917 par rapport à la situation
antérieure, on ne saurait en conclure qu'elle
a pris réellement de re.\ tension dansd'autres
départements que ceux où elle était cultivée
naguère. C'est, en efTel, seulement dans les
départements du Nord et du Pas-de-Calais,
qui ét^iient naguère le centre de cette culture,
que cette reprise s'est accentuée. Quant aux
200 hectares qui lui auraient été consacrés
dans le Loiret, ils ne représentent qu'une
surface infime par rapport à celles qui,
dans ce département, ont été occupées par
la betterave à sucre et par celle de distillerie;
toujours d'après les statistiques du^ minis-
tère de l'Agriculture, ces deux sortes de bet-
teraves y ont occupé G 600 hectares en 1917.
La vraie conclusion, c'est que la concur-
rence faite actuellement par la chicorée à la
betterave est un pur mirage; il est inutile
d'insister davantage. 11 a pu arriver que des
cultivateurs aient menacé les fabricants de
sucre, avec la pensée d'obtenir de meilleurs
prix, de substituer la chicorée à la betterave;
cette menace n'a pas été réalisée.
Henry Sagnier.
ACADEMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE
Séance du 2.3 janvier 1918.
Préùdence de M. Ilaller.
.M. L. Cayeiix fait hommage à l'Académie de
deux très imporlants volumes qu'il vient àe
publier dans les Mémoires tlii Service de la caHe
(jéoloijique détaillée de la France sous le lilre :
« Introduction à l'étude pétrograpliique des
roclies sèdimentaires ». C'est le premier ouvrage
Jidacliqiie traitant îles lOches sédimentaires
aussi bien en France qu'à l'étraneer.
La main-d'œuvre agricole.
M. H. de Lapparent expose devant l'.Académie
un résumé de ce qui a été fait pour parer au
déficit de la main-d'œuvre agricole dans la
mesure du possible; il rend compte du fonction-
nement du Service central de la main-d'œuvre
créé au ministère de l'Agriculture.
Des renseignements fournis par M. de Lappa-
rent, il résulterait notamment que le contin lient
actuel de la main-d'œuvre agricole d'Etat per-
manente y compris les détachés aux travaux
agricoles des vieilles classes, comporterait 330 000
à 3iO 000 ti'availleurs. En ce qui concerne les
travailleurs étrangers, du 1«'' janvier 1916 au mois
de septembre 1917, 88 837 Espagnols, travail-
leurs agricoles, ont pénétré en France et 52 029,
à la fin de cette période, y seraient restés. C'est
l'Office national de la main-d'œuvre agricole qui
est chargé du service de l'inimigration.
Enquête de rAssociation nationale d'expansion
économique.
M. Viger offre à l'Académie, de la part de
M. David-Mennet, président de l'Association na-
tionale d'expansion économique, les six volumes
in-S" publiés jusqu'ici et renfermant les résul-
tats de la vasie enquête entreprise par l'Asso-
ciation sur la production française et la concur-
rence étrangère : quatre de ces volumes sont
consacrés à l'industrie et au commerce, deux à
l'agriculture.
Les graines de betteraves à sucre.
M. Emile Saitlard, correspondant, montre com-
ment se présente, à l'heure actuelle, la question
de la graine de betterave à sucre, et indique
les travaux qui ont été entrepris jusqu'à ce jour
par la Commission du ministère de l'Agriculture
dont .M. Maurice de Xilmoiin est le président
et dont il est le secrétaire général.
Pour les ensemencements des 210 000 hectares
de betteraves à sucre et des a^ 000 hectares de
betteraves de distillerie, à raison de20à2ôkilogr.
de graines par hectare, nous avions besoin avant
cette guerre, d'environ 6 250 000 kilogr. de
ACADÉMIE D'AGlUCL'LTtjaE UE FRANCE
57
graines dont les deux tiers nous venaient de
l'étranger, surtout d'Allemagne. A l'iieure actuelle,
les besoins de la France en graines de betteraves
;\ sucre n'atteignent pas le tiers de ce qu'ils
étaient avant la guerre, et il ne faudrait que
i 000 à 1 200 hectares de betteraves porte-
graines pour les satislaire. On a épuisé le stock
français de i;raines allemandes, et on a employé
des graines françaises et des graines russes, sur-
tout des graines russes.
L'approvisionnement de la France en graines
de betteraves industrielles pour l'année 1918 est
assuré, et nous aurons probablement de la
graine en suffisance pour 1919, car la produc-
tion en France a augmenté, elle est devenue, du
reste, très avantageuse aux prix élevés actuels.
Mais, sauf quelques exceptions, la graine pro-
duite eu Fiance depuis la guerre provient de
reproductions qui ne comportent aucune analyse
de sélection, aucun contrule de la puissance
héréditaire. 11 est indispensable de faire effort
pour remédier à cette situation. Les essais cul-
luraux poursuivis par M. Saillard, au Syndicat
des fabricat.ts de sucre, ont précisé que nous
pouvons produire en France de la graine valant
la graiue allemande et que, d'autre part, la
Kussie peut, elle aussi, produire d'aussi bonnes
graines.
La question des graines n'est pas le seul point
faible de la production betteravière en France.
Pour faire un sac de sucre blanc de 100 Icilogr.,
il faut au fabricant français 8?)0 kilogr. de bette-
raves, et il n'en faut que 68a au fabricant alle-
mand. La ferme française à betteraves produit
31 sacs de sucre industriel par hectare; la ferme
allemande en produit 41 sacs. Donc, il nous faut,
parallèlement avec le développement de la pro-
duction de la bonne graine, augmenter la pro-
duction de sucre par hectare.
Une Commission a été instituée au ministère
de l'Agriculiure pour l'étude de ces questions.
Elle a décidé de faire des essais de scleclion qui
ont été commencés dès 1917 à l'Ecole pratique
d'Agriculture du Chesnoy; en 1918 sera organisée
la sélection par famille, voire même la sélection
individuelle, pour tâcher de créer des têtes de
races adaptées aux dilTérentes natures de terre.
Vn concours entre les maisons de sélection est en
même temps organisé. I''>i conconrs d'appareils
destinés au séchage des graines de betteraves a été
ouvert et un prix de 30 000 fr. a été affecté à ce
concours. Enfin, des essais culluraux sur les bette-
raves permettront de se rendre compte de l'in-
fluence de certaines façons aratoires (labours
profonds faits de bonne heure), de l'emploi des
fumiers (avant l'hiver ou même pour la céréale
qui précède la betterave dans l'assolement, etc.).
Séance du 30 janvier 1918.
Présidence de M. Haller.
M. Mongenot présente à l'Académie, de la part
de M. Guyot correspondant, et de M. RouUeau de
la Roussière, une étude sur les principales dis-
positions de la loi du 15 juillet 1914 relative à
l'extension aux exploitations forestières de la loi
du 9 avril 1898 sur les accidents du travail.
M. Henry Sao'iier présente à l'.\cadémie, de la
part des auteurs MM. L. Moreau et E. Vmet,
directeur et sous-directeur de la Station œnolo-
gique de Maine-et-Loire, une brochure impor-
tante qu'ils ont publiée sous le titre : Etudes ntr
la vinification des raisin': blancs de Chenin.
M. Lindet présente une étude de MM. Rousseaux
et Sirot sur la valeur boulangère des farines. Si,
comme ils l'avaient antérieurement montré, la
proportion de la matière a/.otée soluble par rap-
port à celle de la matière totale, dans les farines
de froment, est sensiblement constante, un tra-
vail complémentaire a permis à MM. Uousseaux
rt Sirot de constater que ce rapport toutefois
diminue légèrement dans le> farines de froment
tirées à un tau."c élevé d'extraction, ain'-i que dans
celles qui ont été modifiées par des altérations
Le marché aux bestiaux de La Villette en 1917.
M. P. RoUin, correspondant, fait une commu-
nication à l'Académie sur le marché aux bes-
tiaux de La Villette en 191", que le .Journal re-
iroduira prochainement; cette communication
soulève quelques observalions.
M. Ed. Tliéry relève ce fait signalé par M. llol-
lin que les mesures prises par la préfecture de
l'olice pour fixer les prix moyens du veau ont
été inopérants et il en demande le motif.
D'après M. Rollin, cela tient à ce que l'on pré-
tendait fixer les prix d'après le poids des ani-
maux, mais la question du rendement n'était
pas résolue ; or, le vendeur estime sou animal à
un rendement plus élevé que celui évalué par
l'acheteur. Il n'y a pas de règle absolue en la
matière.
M. Henry Sagnier constate que la situationjdé-
niontre une fois de plus la très mauvaise orga-
nisation de la vente du bétail au marché de La
\illette. Depuis longtemps, on réclame que cette
vente se fasse au poids. Il est évident que le
poids n'implique pas le rendement, mais les
deux éléments se fortifient l'un l'autre. Si vous
déterminez le poids d'un animal, le vendeur et
l'acheteur n'ont plus qu'à discuter sur ses qua-
lités intrinsèques, les dilficnltés sont diminuées
d'autant.
M. de Marcillac estime qu'au moins faudrait-il
effectuer quelques pesées effectives d'animaux
types de façon à établir les cours non d'une fa-
lon empirique, mais d'après des précisions. Ainsi
des mercuriales vraies pourraient éclairer les
cultivateurs. Dans les abattoirs régionaux, il sera
possible d'acheter les animaux au poids et de
lixer des primes de rendement.
Commanications diverses.
M. Félicien Michotte fait une communication
sur les plantes à papier.
M. le capitaine Crebier communique une note
sur l'Agriculture aux armées.
H, HiTIBR.
CORRESPONDANCE
CORRESPONDANCE
— M. B. G. (Seine-ei-(_iise). — Les moteurs à
deux temps peuvent très bien s'appliquer aux
appareils de culture mécanique; ils sont dérivés
du moteur Day, de 1891, qui est décrit page 213,
figure 207, dans l'ouvrage : Moteurs thermiques
applicables à iafjricultuie (Librairie agricole de
la Maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris. Le
refroidissement par ailettes est indiqué dans le
même ouvrage, p. 122, fig. lO"!, p. 2o7, flg. 2:i4- et
2do. Plusieurs de ces moteurs étaient en fabri-
cation courante avant la guerre; ils ont été si-
gnalés dans le Journal cl Agriculture pratique,
dans les comptes rendus des expositions"de ma-
chines aux concours généraux agricoles de Paris.
- (M. R.)
— C. de V. {Saône-et -Loire). — Par suite de
dégel un éboulement s'est produit dans un
champ situé le long d'un chemin vicinal ordi-
naire sur lequel la terre éboulée s'est répandue,
ce qui gène la circulation, sans pourtant l'inter-
rompre. Le maire soutient que le propriétaire
du champ doit remettre le chemin en état et
enlever les terres. Vous désirez savoir à qui
ncombe ce travail.
L'embarras de la voie publique constitue une
contravei.'tion prévue par l'article 471 du Code
pénal, mais seulement s'il n'y a pas eu néces-
sité ou force majeure. 11 a été jugé que l'éboule-
nient Je terres entraînées sur un chemin public
par la fonte des neiges ou la chute de pluies
prolongées constitue un cas de force majeure
et que, par suite, il n'y avait pas dans ce fait,
une contravention. iCassation, 28 juillet 1881.
Dalloz, 1882, 1,95).
Nous estimons, dès lors, que le propriétaire
n'est pas tenu d'enlever les terres tombées (Cas-
sation, 27 avriM898; Dalloz, 1898, 1.421), à moins
qu'il ne veuille les reprendre ou que l'éboule-
ment ne provienne pas exclusivement du dégel
et ne puisse être imputé pour partie au fait du
propriétaire. — (G. E. ;
— M. V. R. {Vienne). — Vous trouverez des
poêles spécialement établis pour brûler du bois
chez M. E. Guillery, ingén'eur constructeur,
133, rue Lamarck, à Paris; ces appareils de
chauffage ont été établis récemment pour ré-
pondre aux conditions actuelles. — (M. R.)
— M. A. V. {Seine-et-Oise). — 11 est fort possible
d'entretenir en bon état de travail des chevaux
de labour, en le\ir dounant des tourteaux
d'arachides, rufisque ou non rullsque, avec du
foin et de la paille.
%Le tourteau de palmiste qui vous coûterait
moins cher vaudiait presque autant. Les che-
vaux trouvent son goût moins agréable, mais ils
ne tardent pas à s'y habituer.
Comptez qu'un kilogramme de tourteau nour-
rit mieux que la même quantité d'avoine.
Donnez à vos poules et canards en liberté
un mélange par moitié de tourteaux d'arachides
et de palmiste. Ajoutez-y quelques grammes de
poudre d'os verts, par tête et par jour, sans vous
astreindre à aucune précision.
11 serait inutile de vous indiquer d'autres pro-
duits, vous ne réussiriez pas à vous les procurer.
Les chevaux préfèrent les tourteaux secs, en
morceaux. Pour la basse-cour, il convient de les
distribuer en pâtées. — (A. G.)
— N» 6183 {Loire-Inférieure). — Vous deman-
dez : 1° si un soldat de la classe 1892, mobilisé
en 1915, a droit au remboursement des effets
civils apportés par lui lors de son incorporation:
2° à qui une réclamation peut être adressée au
sujet des permissions.
1" et 2°. I.e remboursement des effets est sup-
primé pour les hommes incorporés depuis le
24 février 1917 (Circulaire du même jour). En ce
qui concerne la période antérieure, la question
est réglée par des instructions administratives
intérieures que nous ne pouvons connaître.
En tout cas, les réclamations, qu'il s'agisse de
ce remboursement ou du tour de permission,
doivent suivre la voie hiérarchique. — (G. E.)
— E. C. {Meurthe-et-Moselle). — Un bail de
pâturage fait pour une période de six ans de-
vant prendre fin le l'"' mars 1917 dispose qu'à
défaut par l'une des parties de prévenir l'autre
une année à l'avance, le bail restera valable pour
une autre durée de six années. Le bailleur
est décédé en août )916. Le preneur a sous-loué
à un tiers qui, lui-même, a sous-loué à d'autres
personnes. Celles-ci ont payé le loyer pour 1916.
— Vous demandez si, dans l'élat de la législa-
tion actuelle, on peut opposer aux héritiers du
bailleur la clause du bail indiquée ci-dessus.
La tendance actuelle de la jurisprudence est
de restreindre l'application de l'article a du dé-
cret du 10 août 1914, qui édicté la suspension
des clauses des contrats stipulant une déchéance
en cas d'inexécution dans un délai ou à une
date préfixe au cas où il s'agit de débiteurs
auxquels cette déchéance pourrait être oppo-
sable en temps normal, et de considérer cet
article comme non applicable à l'accomplisse-
ment d'une formalité à laquelle est subordonnée
la naissance d'un droit, spécialement à la faculté
réservée à l'une des parties contractantes de rési-
lier une convention suivant certaines l'ormalités.
vCour de Paris, 17 mars 1917. Gaz. des Tribun.
27 mai 1917).
Toutefois, comme la jurisprudence n'est pas
unanime sur cette question, il conviendrait de
savoir quelle est celle du Tribunal qui serait
saisi. — (G. E.)
Il ne faut jamais nous demander de répondre
dans le prochain numéro, ce qui est le plus souvent
impossible.
REVUE COMMERCIALE
39
LA QUINZAINE MÉTÉOROLOGIQUE
Semaine rfu 21 au il janvier 1918 (OBSERVATOIRE DU PARC SAINT-MAUH)
JOURS
z
o ..:
TEMPERATURE
Veut.
C
3.
f. 1
<0 =
RE.MARQUBS DIVERSES
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Lundi 21 janv.
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90.9
+7.5
«
O.S
2.3
Pluie, beau temps le soir.
Mardi 22 —
»
8.8
13.5
11.0
+8.6
»
0.0
3.2
Pluie la nuit et le soir.
Mercredi.. 23 —
•■
7.3
10,9
9.8
+7.3
•
0.0
0.4
Couvert, pluie.
Jeudi 24 —
•}
2.9
10.3
-.0
+ 4.5
»
2.3
»
Couvert le matin, brouillard
le soir.
Vendredi. 25 -
»
0.4
10.0
4 . 3
+ 1.8
•*
5.6
»
Brouillard matin et soir. Beau
temps.
Samedi... 26 —
■•
— 0.2
'..i
3.5
+ 0.9
•*
3.2
»
Beau temps. Brouillard.
Dira 2: -•
•>
— 1.4
10.1
2.7
+ 0.1
»
U ..)
»
Brouillard, gelée blanche., gi-
vre. Beau temps.
a»jiiiD(S m tolaoi
•■
3.7
10.5
6.9
»
»
18.4
AU lien de
5.9
Pluie depuis le 1='' janvier :
Ecarts sur la norisale ....
,1
+ 3.;
+ 4.9
+4.4
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En 1918 42mm
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Brouillard ; gelée blanche, gi-
vre. Beau temps.
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6.3
•'
Brouillard ; gelée blanche, gi-
vre. Beau temps.
Mercredi . 30 —
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— 3.3
9.4
1.7
— 1.0
»
5.9
»
Brouillard ; gelée blanche, gi-
Jeudi .... 31 —
vre. Beau temps.
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— 3.5
2.7
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2.6
»
Brouillard ; gelée blanche, gi-
vre. Beau temps.
Vendredi, l"' fé.
"
— 2.2
0.3
-1.2
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M
0.0
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Brouillard ; gelée blanche ,
temps couvert.
Samedi .. 2 —
»
— 4.8
10.2
1.6
— 1.2
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7.3
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Brouillard : gelée blanche ,
givre. Beau temps.
Dimanche 3 —
"
— 0.4
S. S
4.2
l.l
+ 1.3
»
1.3
"
Gelée blanche ; temps couvert.
iojtmes et totaux
-2.8
7.4
»
»
30.6
ai lieg de
65 h. 1
dit. théor.
..
Pluie depuis le 1"' janvier :
Icarts sir la Dornale
"
- 3.1
+ 1.1
-1.3
»
»
En 1918 42min
Normale 44nim
(La publication des renseignements sur la pression barométrique et sur le vent est interdite par la
censure au Bureau central météorologique.)
REVUE COMMERCIALE
Situation générale. — .4 la faveur d'une période
de temps doux et humide, les blés sont entrés en
végétation; les champs antérieurement protégés par
un manteau de neige, ont pris un aspect verdoyant.
Les derniers jours de janvier ont été marqués par un
changement de temps caractérisé par l'abaissement
de la température et une brume plus ou moins in-
tense.
Des gelées sont survenues. Elles ne semblent pas
avoir causé jusqu'ici des dommages notables, mais on
redoute, avec raison, un retour offensif du froid qui
anéantirait les espérances fondées sur les céréales
en terre, dont l'apparence est véritablement satisfai-
sante.
Les travaux des champs ont été repris activement.
Des étendues importantes sont préparées pour rece-
voir des blés de printemps ; oa continue la mise en
état de nouvelles superficies.
11 importe que la culture reçoive, en temps utile,
les semences nécessaires et qu'on ne lui donne pas,
comme l'an dernier, des blés souillés de graines de
mauvaises herbes.
Blés et Farines. — Il n'y a rien d'intéressant à
signaler, si ce n'est que la marge entre les prix des
bons blés et des blés défectueux est faible; ces der-
niers sont payés presque aussi cher que les pre-
miers. Les transactions se font à des prix voisins de
la taxe, soit de 4S à 50 fr. le quintal.
En Amérique, aux Etats-Unis, la sjtuatioii des blés
d'automne est, dans l'ensemble, aussi bonne que
60
KEVL'E COMMERCIALE
possible. Les prix sont inchangés au marché de New-
York. Dans l'Argentine, le Congrès et le Sénat ont
ratifié les achats de l)lé faits par la France et l'An-
gleterre. Les «rrains qui arrivent dans les ports soat
de heile qualité. Après avoir ûéchi, les prix suât
devenus [ilus l'crmes; au marché de Buenos-Ayres,
on cote 30 fr. les 100 kilogr.
.Vlt'aires lentes et peu nombreuses en farines, par
suite de la faihle activité des moulins. Les transac-
tions se font sur la base des décrets et arrêtés.
Sons. — Les ventes de sons se font au prix de la
nouvelle taxe, soit 35 fr. le quintal pris au moulin.
Seigles. — Les réquisitions de l'Intendance et les
livraisons aux moulins absorbant la presque totalité
des disponibilités, il y a peu de seigle chez les pro-
ducteurs. I^es ventes se pratiquent au prix de 42 fr.
les 100 kilogr.
Orges. — Prix soutenus et ?e rapprochant de la
taxe, soit 12 fr. les 100 kilogr. La qualité laisse par-
fois à désirer.
Avoines. — offres très réduites. L'approvisionne-
ment reste difficile. On vend au taux de la taxe.
Sarrasins. — transactions peu nombreuses en
raison des faibles quantités disponibles. Les ventes
ont lien au prix de 42 Ir. le quintal.
Graines fourragères. — Les difficultés éprouvées
pour se procurer des vagons ne permettent pas de
taire venir les graines de luzerne du Midi, qui sont
les plus recherchées par la culture. 11 est à craindre
qu'on ne puisse faire les semis en temps voulu.
Les graines de trélle de belle qualité sont assez
rares; leurs prix se sont raffermis.
Les cours des autres graines fourragères restent
stationuaires.
Fourrages. — Prix variant, suivant provenance et
qualité, de 20 à 3.5 fr. les 100 kilogr. départ.
Pailles. — Sur divers marchés des départements,
la paille de froment est cotée de IS à 20 fr.; celle de
seigle de 20 à 22 fr. le quintal départ.
Bétail. — Voici le relevé du dernier marciié de
La Villetlo à. Paris (4 février) :
PRIX DO KILOG.
Amenés. (Invendus.
Bœuts
Vaches . t
Taureaux
Veaux i
Moutons !
Porcs i
1 ■;:, ;
1 «4
14 301
'i 650
2CÛ
A.U POIDS NKT.
1"
qnal.
3.62
3.62
3.98
5.62
5.30
5.30
2»
qnal.
3.38
3.49
3.08
4 92
5.00
5 18
3-
quai.
3.08
3.03
2.96
■i.12
4.70
4.9D
Prix extrêmes du kilogramme.
Bœufs . . . ,
Vaches . . .
Taureaux..
Veaux
Moutons. .
Fores
Au poids vif.
1.39 à 2.34
i.n 2.34
1.29
1.76
1.13
2.83
3.03
3.55
2.88
3.92
Au poids net.
2.5« à 3.90
2.34 3.'Ju
2.58 li.s-i
3.52 i.'M
3.60 6.00
4.04 5..'
Dans les départements, on cote ;
Bordeaux, par kilogr. poids net : bœufs, l.sO à
2.10; vaches, 1.70 à 3 fr.; veaux, 3.80 à 4."U; mou-
tons, 4 à 5 fr.; par kilogr. vif, porcs, 3.'i0 à 4.10.
Avignon, par kilogr. poids net : bœufs, 2.9(i à
3.30; vaches, 2.40 à 2.90; moutons, 4.2u à -LSO;
porcs, 4. yo à 5.10; par kilogr. vif: veaux, I.TD à
2.10.
Bo«f(/, par kilogr. vif: veaux, 2.20 à 2.80.
Caei. par kilogr. poids net : vaches, 3 à 3.80 ;
veaux, 4.40 à 5.20, moutons, 5.20 à G. 10
Chavires, par kilogr. poids net : veaux gras, 4 20
à 5 fr.
Cliolel, par kilogr. vif : bœufs, 1.40 à 1..ÏÛ ; vaches,
1.35 à 1.45.
Lyon, par kilogr. poids net : bœufs, 2.76 à :!.; i ;
veaux, 2.56 à 3.33 ; moutons, 4.48 à 5.20.
Kouen, par kilogr. poids net : veaux, 3.60 à 5.60;
par kilogr. poids vif : porcs, 2.80 à. 3.60.
Viandes. — Derniers cours officiels aux Halles
Centrales de Paris (par kilogr.) :
Bauf.
•i 20 à A 50 TraiDS 2 80 à 3 30
1/4 de derrière
1/4 de devant. 2 CO 2 60
Aloyau .... :f 00 4 60
Palerun .... 2 40 2 00
Cuisses .... 2 60 3 40
Pis et collet. . 2 20 3 00
Bavette .... 2 60 3 60
Veau.
Extra 4 60 à 5 40 Pans et cuiss. 4 40 à 5 40
1" qualité. . . 4 50 4 50 Veaux de Caen:
2" — ... 4 10 4-10 1/4 de devant.. 3.80 à 4.60
3- — ... 3 80 4 00 1/4 de derrière. » »
Veaux bretons. 3 00 'i 40
.Mouton,
r. 00 à 5 40 Gigot 4 50 à 6 40
4 50 4 90 Carrés parés. . 4 00 7 «0
:^ SO i 40 Agneaux ..." »
Porc.
5 Id
1" qualit»^.
2*
3- - .'
Entier 4 50
l'o qualité. . . «
2< — . . .
Poit. fraîches. 3 60
00
Filets 4 40 à 6 00
Jambons ... 3 60 5 00
Reins 3 00 5 30
Poit. salées . . » "
Suifs. — Cours en baisse de o fr. A la Bourse de
Paris, la cote officielle est de 335 fr. les 100 kilogr.
Vins. — .VITaires toujours difficiles par suite du
manque de moyens de transport et prix fermement
tenus. Les vins rouges ordinaires du Midi se paient
de 85 à 88 fr. et les vins rouaes de bonne qualité de
90 à 105 fr. l'hectolitre nu, chez le récoltant.
Dans plusieurs départements du Centre, les vigne-
rons ont refusé de livrer leurs vins aux prix établis
par les Commissions chargées d'établir les prix de
réquisition; ils estiment que si ces prix conviennent
pour les départements gros producteurs, ils sont in-
suffisants pour les vins de qualité.
Les vins de la Loire-Inférieure valent à la pièce :
gros plants 190 à 220 fr., muscadets 225 à 275 fr.
En Algérie, les vins valent de 62 à 82 fr. l'hecto-
litre suivant degré et qualité.
Pommes à cidre. — Les derniers lots de pommes
de Normandie ont trouvé acheteurs à 125 fr. la tonne
départ.
Huiles d'olives. — Dans les Bouches-du-Rhône, on
paie de 390 à 415 fr. les 100 kilogr.
Beurres. — Sur les marchés de Normandie, le
kilogr. est payé de 8 à 9 fr.
Œufs. — Dans les déi<artements, les œufs valent
de i à i fr. 50 la douzaine.
miels. — Les prix des miels varient, suivant le
pays et la qualité, de 4 à 5 fr. le kilogr.
Amandes. — Les cours se raffermissent. Au marché
d'Aix-en-Provence, on paie, par lOO kilogr.; Prin-
cesses 330 à 350; à la Dame 215 à 220; Matheronnes
210 il 215.
li. DuBAKIi.
Le gérant : Charles DniREix.
Paris. — L Maretbkux, imprimeur, 1, rue Cassette.
CHKONIQUE AGRICOLE
61
CHRONIQUE AGRICOLE
L'organisation au point de vue économique après la guerre. — Discussion d'une interpellation au Sénat sur
ce sujet. — Déclaration de M. (;lémenlel sur les volontés Ju Gouvernement. — Loi relative aux sanc-
tions puur l'apiilicatiou des règlements sur le ravitaillement. — Nouvelles mesures édictées. — Docu-
ments orfieiels sur la récolte des pommes à cidre et la production des cidres. — Date» de» examens
d'admission à l'Institut national agronomique et aux Écules nationales d'Agriculture en 1918. Hépar-
lition des i-emerices de bli's de priutemps. — Organisation d'un Congre.? de l'Étang à Paris. Konction-
ni-ment du Service d'Inspection phytopathologique en 1917. — Accroissement des exportations de plants.
— .Nomination d'un nouveau directeur du Service de la culture des terres. — Sur la participation de
l'aruiée aux travaux agricoles. — Les détachements militaires temporaires pour la période de |.rineui|is.
— La réducation des mutilés de la guerre .i Besançon. — Les sorties de vins en France et en Algérie
jusqu'au 31 janvier. — Nouveaux prix maxima pour l'achat des pommes de terre à la culture. — Condi-
tions fixées pour les plants de semence. — Création d'uue École d'Agriculture pour les indigènes dans
l'Afrique occidentale française.
La lutte économique.
La guerre mondiale aura ses conséquences
inéluctables, non seulement au point de vue
militaire, mais aussi au point de vue écono-
mique. Quand la victoire des Alliés aura
abattu le militarisme allemand, de très
graves problèmes resteront à résoudre. On
s'en prf'oecupe avec raison, et des projets
sont lancés chaque jour dans la circulation.
On ne saurait donc s'étonner qu'une interpel-
lation présentée par M. Perchot sur ce sujet
ail été discutée au Sénat dans la séance du
7 février. L'honorable sénateur demandait
au Gouvernement de faire connaître ses pro-
jets en vue d'une union économique des na-
tions amies et alliées.
Le su[et est très délicat. La discussion a
permis à' M. Clémentel, ministre du Com-
merce et de l'Industrie, d'exposer les condi-
tions dans lesquelles cette union économique
a été réalisée, pendant la période de guerre,
pour l'importa ion des matières premières et
des denrées alimentaires. On doit reconnaître
que les efforts du Gouvernement français,
représenté dans la circonstance par M. Clé-
mentel depuis 'leux ans et demi, n'ont pas peu
contribué à créer, puis à cimenter cette
union, 'lais si le présent est essentiel, l'ave-
nir ne soulève pas de moins graves préoccu-
pation'*. L'interpellation de M. Perchot por-
tail surtout sur ce dernier point.
Celui-ci avait pour objectif principal d'en-
gager le Gouvernement à s'entendre avec les
Gouvernements alliés, non seulement pour
maintenir l'union économique actuelle, mais
conclure une union douanière permanente
d'où les n liions ennemies seraient exclues.
Cette dernière conclusion ne pouvait man-
quer de soulever des protestations. Ces pro-
leslatio'is ont été présentées par M. Touron
dans des termes très énergiques. Il a fait
ressortir qu'après la guerre la France sera,
même vis-à-vis des Alliés, plus épuisée que
21 Février 1918. — N« 4.
personne, elle devra d'abord pouvoir se recons-
tituer; par conséquent, il est impossible de
songera une union douanière qui la mettrait
dans un état évident d'infériorité à l'égard
des nations amies.
M. Clémentel n'a pas hésité à reconnaître
ces vérités. Il a neltemenl déclaré « que nous
devons chercher un programme économique
qui nous renie indépendants de tnus et qui
mette la France métropolitaine el coloniale à
même de faire surgir la richesse incorporée
à son sol ». C'est cette pensée qui a conduit
le Gouvernement français à dénoncer tous ses
accords commerciaux afin d'avoir les mains
libres.
C'esl ce que l'on doit retenir, au point de
vue des intérêts de l'Agriculture, c'est à dire
du pays lui-même, de ce court débat qui
n'aura pas été inutile, car il aura contribué à
dissiper des utopies dangereuses.
Les restrictions alimentaires.
Jusqu'ici, la plupart des prescriptions or-
données en matière de ravitaillement alimen-
taire n'ont été appliquées que dans des pro-
portions très insuffisantes. Elles étaient mé-
connues, non seulement par le commerce,
mais souveni même parles aulorités admi-
nislratives: par exemple, des préfets auraient
été passibles de poursuites pour avoir livré
du blé aux meuniers à un prix supérieur au
taux fixé par la taxe. D'ailleurs, les sanctions
manquaieni, el leur absence provoquait une
véritable anarchie qui a duré trop longtemps.
Cependant, il est absolument nécessaire que
les restrictions imposées soient réellement
appliquées pour que le ravitaillement du
pays s'opère aussi régulièrement que pos-
sible. C'est pourquoi le Gouvernement a pié-
senté au Parlement, qui l'a adopté, un pro-
jet ayant pour objet de créer des sanctions
pénales aux infractions aux règlements sur
le ravitaillement; ce projet est devenu la loi
1918. — 4
(;2
CHRONIQUE AGRICOLE
du 10 février, donl on trouvera le texte plus
loin (p. 66).
Le ministre de l'Agriculture et du Ravitai 1
lement a pris un certain nombre de mesures
donl la nouvelle loi permet l'application
rigoureuse. Quoique ces mesures ne touchent
pas directement les agriculteurs, il n'est pas
inutile de les indiquer ici. Elles portent sur
la suppression de la pâtisserie, de la biscui-
terie, de la confiserie, de la préparation des
fruits confits ou glacés, des chocolats de
lu.xe. La consommation du lait frais et du
lait condensé, des fromages mous, des
crèmes pures ou mélangées, des entremets
sucrés, du pain de fantaisie, est également
soumise à des règles précises et sévères. On
doit compter que l'unité de direction, qui a
trop souvent manqué, assurera partout l'exé-
cution du programme qui n'apporte pas, en
réalité, d'innovation réelle aux mesures édic-
tées précédemment, mais dont l'exécution
était restée à l'état confus.
Production des cidres en 1917.
Le ministère de l'Agriculture ((Jflîce de
renseignements agricoles) a publié au Jour-
nal Officiel les réî'ultats approximatifs de la
récolte des pommes et poires à cidre et une
évaluation de la production des cidres et des
poirés.
Voici le résumé de ces documents :
Tommes Production
et des
poires à cidre. cidres et poirés.
iNord-Ouest.
Nord
Nord-Est . .
Ouest
Centre
Est
Sud-Ouest..
Sud
Sud-Est....
quintaux
23 435 600
4 808 300
213 500
2 857 900
2 157 300
923 900
209 900
238 200
21 600
Totaux... 34 865 600
1916 8 826 100
1915 37 334 960
1914 2i 254 140
1913 51 268 910
1912 23 948 260
hectolitres
14 810 500
3 503 100
127 000
1 816 700
1 138 200
387 700
107 470
105 200
13 000
22 068 870
6 409 710
29 507 300
17 080 300
26 129 660
15 879 580
Fortement réduite en 1916, la production
des cidres a été, en 1917, une des plus im-
portantes dans la série des six dernières an-
nées.
Institut agronomique
et Ecoles nationales d'Agriculture.
La note suivante indique les conditions
dans lesquelles les examens d'admission au-
ront lieu en 1918 :
1° Inslilut national agronomi(/ite. — Les
(épreuves écrites auront lieu les 21, 22 et 23 mars.
Les candidats non militaires subiront ces épreu-
ves, à leur choi.x, soit à l'aris, dans un local qui
sera ultérieurement désigné, soit en province, à
.■Vlger, Angers, Lyon et Toulouse. Les candidats
militaires subiront obligatoirement ces épreuves :
à Paris pour les candidats en provenance des
armées; dans celui des centres, désignés plus
haut, le plus rapproché de leur dépôt, pour les
candidats en provenance des dépôts.
Les épreuves orales auront lieu à Paris les
8 avril et jours suivants pour tous les candidats.
i^Ecoles nationales cV Agriculture.— Las épreuves
écrites auront lieu les 25, 26 et 27 mars. Pour
ces épreuves, les conditions sont les mêmes que
pour l'Institut agronomique.
Les épreuves orales auront lieu à Paris les 11
et 12 avril pour tous les candidats militaires, les
mêmes jours et jours suivants pour les candidats
non militaires ayant demandé à subir ces
épreuves à Paris. Les dates des examens oraux
à Toulouse et à Lyon pour les candidats non mi-
litaires ayant indiqué ces centres seront fixées
ultérieurement.
Les candidats doivent adresser leur de-
mande d'admission au ministère de l'Agri-
culture, à Paris, avant le l" mars.
Pour les blés de printemps.
M. Compère-Morel, député, commissaire à
l'Agriculture, a fait publier la note qui suit :
Un très grand nombre d'agriculteurs ne pos-
sédant aucune semence de blé de printemps, le
Commissaire aux céréales a fait tous ses efforts
pour que celles-ci leur soient livrées en temps
voulu, et la préparation des ensemencements de
printemps se poursuit dans des conditions parti-
culièrement favorables.
A la date du 8 février, les demandes trans-
mises par les préfets s'élevaient à H7 500 quin-
taux sur lesquels 83 248 quintaux ont été livrés
entre le 11 janvier et le 9 février. Déjà quarante-
cinq départements ont reçu la totalité de leurs
besoins.
Des instructions sont données aux régisseurs
des ports pour la répartition 'mmédiate des
35 000 quintaux représentant la différence.
En outre, pour satisfaire les demandes des re-
tardataires, M. Compère-Morel, d'accord avec
les Services du ravitaillaraent, a fait constituer
un stock de réserve de 25 000 à 30 000 quintaux.
En vue de faciliter la répartition de cette ré-
serve, les cultivateurs sont invités à produire
leur demande dans le plus bref délai par l'inter-
médiaire des préfets.
On ne peut que se féliciter des efforts qui
sont faits pour donner satisfaction aux
besoins des cultivateurs.
Congrès de lEtang.
Un Congrès réunissant les propriétaires et
fermiers d'étangs français se tiendra à Paris,
CHUOxN'lQUE AGRICOLE
du 18 au 23 mars, au Musée Social (o, rue Las
Cases), sous la présidence deM. H. Gomol, sé-
nateur, ancien ministre de l'Agriculture. Ce
Congrès a pour objet l'étude de l'augmentation
et de l'amélioration du rendement des étangs
en poissons par l'élevage intensif de carpes de
races améliorées et par l'organisation tech-
nique et commerciale de cotte production.
Les questions d'élevage, de commerce et
de législation seront étudiées dans des sec-
tions spéciales, à l'aide de rapports préparés
par le Comité d'organisation. Le docteur
F. Roule, professeur au Muséum d'histoire
naturelle, fera plusieurs conférences sur les
races sélectionnées de carpes, les méthodes
d'alevinage et d'élevage, l'alimentation et la
croissance des carpes d'élevage. En outre,
des visites seront organisées au pavillon de
vente des Halles centrales de Paris, dans des
poissonneries particulières, dans des entre-
pôts frigorifiques et pour voir des vagons
spécialisés au transport du poisson vivant.
L'admission au Congrès est gratuite. Des
cartes seront délivrées aux personnes qui
auront envoyé leur adhésion avant le
1" mars à M. Poher, secrétaire général
adjoint du Congrès, 1, place Valhubert, à
Paris (13*). La Compagnie du chemin de fer
d'Orléans donnera des facilités de transport
aux adhérents sur son réseau.
L'inspection phytopathologique.
Nous avons reçu le document suivant :
Le nombre des établissements agricole^;, hor-
ticoles et viticoles inscrits sur les listes du Ser-
vice d'Inspection phytopathologiqae s'est encore
accru en 191". Alors qu'il était de 83 en 1914, il
est passé successivement à 103 en 1913, à 132 en
1916, à l'jl en 1917. Ces 157 établissements
avaient leurs cultures réparties dans 269 com-
munes.
Malfiré les grandes difOcultés rencontrées par
nos exportateurs, par suite des circonstances ac-
tuelles, la valeur de nos exportations de végé-
taux dans les pays exigeant des certificats sani-
tuiies est en augmentation sur les années pré-
cédentes. Elle s'élevait à 1 464 986 fr. en 1914, à
2 466 110 fr. en 1914, à 3 447 900 fr. en 1916;
elle a atteint 3 698 560 fr. en 1917. C'est là une
heureuse constatation qui montre combien nos
produits, sous les garanties offertes par notre
Service d'Inspection phytopathologique, sont ap-
préciés à l'étrangei-.
Les établissements soumis au contrôle de
l'Etat étaient répartis, en 1917, en 15 circons-
criptions et l'inspection sanitaire des cultures et
des envois a été assurée par 34 entomologistes
et crypt'igamistes, sous la direction de M. le doc-
teur Marchai, membre de l'Institut, directeur de
la Station eutomoloyique de Paris.
Il convient de signaler les résultats particuliè-
63
rement satisfaisants donnés par le contrôle sa-
nitaire des envois, établi d'une façon perma-
nente à Angers, centre extrêmement important
du commerce horticole, pendant toute la période
des expéditions.
En conformité des dispositions du décret du
février 1915, les pépiniéristes-exportateurs aux-
qu?ls les certificats sanitaires sont délivrés ont à
supporter les dépenses du service, proportion-
nellement à la valeur de leurs exportations ;
pour l'année 1917, ils ont eu à payer, en dehors
de la taxe fixe de 25 francs, un droit de 1.04
pour 1 000.
En vue de la campagne 1918-1919, les ins-
criptions au Service d'Inspection phytopatho-
logique sont reçues jusqu'au 1" avril pro-
chain. Des modèles de demandes sont en-
voyés aux intéressés, sur lettre adressée au
ministre de l'Agriculture (Service des Epi-
phyties, 42 bis, rue de Bourgogne, Paris).
Service de la culture des terres.
Par un décret en dale du 7 février, le capi-
taine Goudard, chef du Service automobile
rural, est nommé chef du Service de la mise
en culture des terres, en remplacement de
M. Lucas, relevé de ses fonctions sur sa de-
mande.
L Armée et l'Agriculture.
Voici une citation que nous reproduisons
avec plaisir :
Lieutenant de M'inicauU, adjoint au comman-
dant du Service automobile du ....' corps de ca-
valerie : Chargé de la direction des Services agri-
coles du C. C, a organisé sur le front, dans le
secteur de Livry-sur-Vesle, près de Soissons et
de Ueitns, la mise en culture de près d'un mil-
lier d'hectares abandonnés par leurs propriétai-
res en raison des bombardements fréquents aux-
quels ils étaient soumis. A recueilli ^\, sauvé de
la destruction un matériel considérable et déter-
miné, par son insistance persuasive et son
exemple, la -remise en culture de nombreux
terrains laissés en jachères.
Le capitaine Cribler, officier agricole d'une
armée opérant en Lorraine, a fait connaître
à l'Académie d'Agriculture que, dans le sec-
teur qu'il dirige, il a été cultivé en 1917 une
surface de 970 hectares, tant pour le compte
de Comités d'action agricole que pour le
compte de l'Etat; dans cette même année
1917, l'armée a fourni aux cultivateurs du
département de Meurlhe-et-Moselle plus de
700 000 journées d'hommes et de 300 000
journées de chevaux.
La main-d œuvre militaire.
Par une circulaire adressée le 4 février aux
généraux commandant les régions dans la
zone de l'intérieur, le ministre de la Guerre a
CHRONIQUE AGRICOLE
insisté sur la nécessité d'appeler l'attention
des commandants de dépôts et des chefs de
service sur l'importance des travaux agri-
cooles pendant la période des semailles de
printemps. Il a fait ressortir l'intérêt qui s'at-
tache à ce qu'il soit accordé pendant cette
période, jusqu'au 1" mai, le maximum de dé-
tachements temporaires et aussi longs que
le permettront les nécessités du service, con-
formément aux propositions des Commissions
départementales de la main-d'oMivre agricole.
D'au ire pari, les formalités relatives à la
transmission des propositions de ces Com-
missions sont simplifiées. Mais il importe
toujours que les commandants de dépôts
n'opposent pas, comme il est arrivé trop sou
vent, de la résistance aux instructions qu
leur sont données.
Rééducation des mutilés.
Nous avons annoncé précédemment qu'un
centre d'enseignement agricole a été créé
pour les mutilés de la guerre à Besançon-
Palente (propriété Poulet). Des journées agri-
coles y seront organisées tous les jeudis pen-
dant l'hiver; elles portent sur un programme
qui comporte les dilFérentes branches de la
production et les industries rurales.
Les agriculteurs du département du Doubs
sont invités à profiter des avantages de ces
conférences et des applications pratiques
qu'elles comportent. Pour lous renseigne-
ments, on doit s'adresser à M. Rousset, di-
recteur des Services agricoles, Maison de
l'Agriculture, à Besançon.
Commerce des vins.
La Direction générale des contributions
indirectes a publié les documents sur les
sorties de vins des caves des récoltants pen-
dant les quatre premiers mois -de la cam-
pagne 1917-1'Jl.S.
En France, les sorties se sont élevées à
2 138 973 hectolitres pendant le mois de jan-
vier, ce qui porte à 9 204 288 hectolitres le
total pour les quatre mois. Pendant cette pé-
riode, les quantités soumises au droit de cir-
culation ont été de 10 482 .599 hectolitres.
En Algérie, les sorties du mois de janvier
ont été de 437 778 hectolitres, et celles des
litres en quatre mois de 3 080 716 hectolitres.
Au 31 janvier, le stock commercial chez les
marchands en gros était de 6 948 609 hecto-
litres en France et de 908 073 en Algérie.
Prix des pommes de terre.
Un arrêté du ministre de l'Agriculture et
du Ravitaillement a modifié comme il suit les
prix maxima pour les achats de pommes de
terre à la culture :
Catégorie supérieure : 27 fr. — Type de Hol-
lande à chair jaune.
i'^ catégorie : 22 fr. — Saucisse rouge, Royale
kidney, Géante Fluck, Ronde jaune et leurs va-
riétés.^
2"^ catégorie : 20 fr. — Early rose, Magnum
bonum, Fin de siècle ou Up lo date et leurs va-
riétés.
3« catégorie : 18 fr. — Institut de Beau vais,
Vosgienne chardon à chair jaune et leurs varié-
tés.
4' catégorie : 10 fr. ■ — Professeur Woltnian,
Merveille d'Amérique, Chardon à chair blanche,
Géante bleue, et autres variétés fourragères.
11 sera désormais alloué, en sus des prix ci-
dessus fixés, pour frais de conservation et pour
décliet, une prime de 30 centimes par 100 kilo-
grammes et par mois.
Ces prix d'achat à la culture ne pourront pas
être majores d'une somme supérieure à 1 fr. par
quintal pour tous frais accessoires, tels que mise
en sacs, transport par voie de terre jusqu'à la
gare, chargement sur vagon.
Ces prix doivent rester en vigueur jusqu'à
la récolte 1918. Comme la date de maturité
varie beaucoup suivant les variétés, il semble
probable qu'ils seront raodiliés en consé-
quence.
La rémunération des marchands eu gros
est fixée, comme précédemment, en deliors
des frais de transport par voies ferrées, à
3 fr. par 100 kilogrammes, et celle des mar-
chands détaillants à 6 fr.
Les prix d'achat sont fixés aux mêmes
taux pour les tubercules de semences non
triés; mais une majoration de ;2 fr. par
100 kilogr. est prévue pour les plants triés et
calibrés.
L'enseignement agricole aux Colonies.
Un décret du 14 janvier, provoqué par le
ministre des Colonies, a ordonné qu'il sera
institué dans l'Afrique occidentale française
une école destinée à donner aux indigènes
un enseignement théorique et pratique. Une
section de cette école sera consacrée à la mé-
decine vétérinaire coloniale.
Le gouverneur général doit mettre à
l'étude immédiatement tout ce qui concerne
la construction et l'organisation de cette
école et indiquer, dans un délai de trois mois
au plus, à l'aide de quris moyens financiers
il sera pourvu aux dépenses résultant de
cette création. Des arrêtés fixeront l'emplace-
ment et les conditions de fonctionnement de
cette école.
IIemu" Sacnier.
UMlTi^ UE L'EMPLOI RÉMUNÉUATEUR Dr.S ENGRALS DANS LK SOISSONXAIS
LIMITE DE L'E3IPL0I REMUNERxiTEUR DES ENGRAIS
DANS LE SOISSONNAIS
Il m'a paru nécessaire, devant les cours
élevés actuellement atteints, de chercher à
me rendre compte si l'emploi des engrais
chimiques peut encore être rémunérateur.
Le nitrate de soude coûtait 24 fr. les 100 ki-
logr. en 191i, il est monté à i20 fr.; le sul-
fate d'ammoniaque est passé de 30 à 135 fr.; le
superphosphate de 6 à 28 fr., alors que le blé
coté 28 fr. en 1!)13-1914 est taxé à 60 fr. pour
la récolte prochaine.
11 est évident que, le pri.\ du blé étant fixé
par avance, il exisie pour les engrais un prix
limite au delà duquel le résultat économique
de leur emphii devient une perte.
J'ai essayé d'établir ce prix limite par raj)-
port au prix du blé. Remarquant que le 'blé
est la céréale que les pouvoirs publics ont
prétendu favoriser, il est possible d'admettre
que le prix maximum d'engrais déterminé
par rapport au blé sera plutôt trop fort pour
les autres produits de nos récoltes.
D'après les expériences poursuivies pen-
dant plus d'un demi-siècle en Angleterre par
Lawes et Gilbert, d'après les éludes des sa-
vants français Grandeau, Risler, Miintz et Gi-
rard sur le blé ei les engrais, et en tablant
sur les renseignements fournis par la comp-
tabilité agricole de fermes du Soissonnais, je
crois que l'on peut admettre qu'une bonne
terre analogue à celle des plateaux de notre
région peut produire, sans fumure, et venant
après une céréale (j'entends par terre sans
fumure, une terre où tous les engrais mis
dans le sol pour des récoltes antérieures ont
été épuisés) :
7 quintaux de blé par hectare si les condi-
tions météorologiques sont défavorables.
12 quintaux si elles sont moyennes.
. 17 quintaux si elles sont très favorables.
En donnant au sol une fumure composée
de 60 kilogr. d'azote soluble (300 kilogr. de
sulfate ammoniaque), 30 kilogr. d'acide phos-
phorique (200 kilogr. dé superphosphate i,
fumure qui représente l'équivalent des élé-
ments fertilisants enlevés par hectare à la
terre par une récolte de blé ordinaire, on ob-
tiendrait : 10 quintaux de blé avec de mau-
vaises conditions atmosphériques; 17 avec
des conditions moyennes ; 27 avec de très
bonnes conditions.
Ce qui donne un supplément de récolte en
grain altribuable aux engrais de 3, a et
10 quintaux dans chacun des cas considérés.
l^a quantité de paille en excédent est sensi-
blement proportionnelle à la quantité de
grain ; elle peut compenser les frais d'épan-
dage des engrais, et les frais de moisson et
de battage du supplément de récolle.
Comparons maintenant le résultat écono-
mique de la fumure considérée, employée aux
cours d'avant la guerre, avec celui que la
même fumure donnerait en 1918 et au cours
actuel des denrées.
Prix lie la fu»iu>-e.
1914
francs
300 kilogr. de sulfate ammoniaque à 30 fr.. 90
200 — de superphosphate à 6 fr 12
ïolal 102
1918
300 kilogr. de sulfate ammoniaque à 135 fr. 405
200 — de superphosphate à 28 fr 5fi
Total 461
Valeur des récolles allribuée aux engrais.
1914
l"cas, 3 quint, à 2S fr. = Si — 102 = — 18 fr.
2e cas, .'1 — 28 » = 140 — 102 = -t- 48 »
Z<- cas, 10 — 28 » = 280 — 102 = -j- 118 »
1918
l<=|-cas, 3 quint, à 60 fr. = 180 — 461 = — 281 fr.
2= cas, — 60 .. = 300 — 461 = — 161 »
3' cas,10 — 60 .. = 600 — 461 = + 139 »
Je ne prétends pas que les chiffres ci-des-
sus puissent être considérés en valeur abso
lue, mais ils gardent toute leur force comme
termes de comparaison, et l'on peut dire :
« Si une fumure composée de 60 kilogr.
d'azote soluble et de 30 kilogr. d'acide phos-
phoriqup laissait au cultivateur en année
ordinaire un bénéfice de -48 fr. par hectare,
la même fumure employée en 1918, dans les
mêmes conditions, lui occasionnerait une
perte de 161 fr. par hectare ».
L'emploi des engrais chimiques sérail donc
impossible pour 1918, si rien ne venait réta-
blir l'équilibre entre le prix des récolles et
celui des éléments ferlilisants. Four que nous
puissions les utiliser, il faudrait que la fu-
mure coulant environ 100 francs avant la
guerre, nous fût fournie à 240 fr., ce qui cor-
respond à 70 fr. par 100 kilogr. pour le sul-
fate d'ammoniaque et à 15 fr. pour le super-
phosphate, soit à 3 fr. 50 l'unité d'azote et à
1 franc l'unité d'acide phosphorique.
Ce sont, pour notre région, les prix limites
au delà desquels l'emploi des engrais chi-
6(5
TRAVAUX DE CULTURE
miques risque de devenir désastreux si le
prix du blé reste immuablement fixé à 60 fr.
Il semblerait a priori difficile d'admettre
ijue les cours des engrais puissent se main-
tenir très au-dessus de la limite qui en pros-
crit l'emploi sur nos récoltes. Le fait s'expli-
que, si l'on songe que le prix limite varie
suivant les régions; il est probable que le
vin, par exemple, qui a augmenté si consi-
dérablement de prix, peut facilement sup-
porter les cours actuels, et élant donné que
les rapports officiels laissent entendre que
la quantité d'engrais destinés aux usages
agricoles n'est que les 20 0/0 de la quantité
employée avant la guerre, je ne serais pas
surpris que la culture de la vigne absorbât,
si l'on n'y prend garde, la totalité du dispo-
nible.
E. GUYOMARCH,
Directeur de la sucrerie de Novant (Aisne).
PARTIE OFFICIELLE
Loi du 10 février 1918 établissant des sanctions
aux décrets et arrêtés rendus pour le ravi-
taillement national.
Art. i''. — Pendant la durée de la ^;uerre et
penlant les six mois qui suivront la fin des hos-
tilités, des décrets pourront réglementer ou
suspendre, en vue d'assurer le ravitaillempnt
national, la production, la fabrication, la circu-
lation, la vente, la mise en vente, la détention
ou la consommation des deiuées servant à l'ali-
mentation de l'homme et des aidmaux. Les dis-
positions de la présente loi sont applicables aux
décrets rendus pour le ravitaillement de la po-
pulation civile en combustiblns. Il pourra être,
dans le même but, prorédé par discret à la ré-
quisition de la totalité de la flotte .iiarchande.
Les dispositions du présent article s'applique-
ront légalement aux autres substances dont
l'achat par l'Etat pour les besoins de la popula-
tion civile est autorisé par la loi du 20 avril 1910
sur la taxation des denrées et substances.
Les décrets rendus par application du présent
article sercmt soumis à la ralilication des Cham-
bres dans le mois qui suivra leur promulgation.
Art. 2. — Les infractions aux décrets pris par
application de l'article précédent seront punies
de 16 fr. à 2 000 fr. d'amende et de six jours à
deux mois d'emprisonnement ou de l'une de ces
deux peines seulement.
En outre, les tribunaux pourront ordonner
que leurs jugements seront, intégralement ou
par extraits, affichés dans les lieux qu'ils indi-
queront et insérés dans les journaux qu'ils dési-
gneront, le tout aux frais du condamné, sans
que la dépense puisse excéder 300 fr.
En cas de récidive, la peine d'amende sera de
2 000 à 6 000 fr. et la peine d'emprisonnement
de lieux mois à un an. Le coût de l'aflichage
pourra être porté à 1 000 fr.
Art. .3. — Dès l'ouverture des poursuites enga-
gées conformément aux dispositions de l'ar-
ticle 2, les miuistres compétents, sous réserve
des mesures qui seraient prises pour les besoins
de l'information, pourront prescrire contre l'in-
culpé, suivant les formes f-t conditions de l'ar-
ticle 6 de la loi du 20 avril 1916, la rt'quisition
directe et immédiate des denrées et substances
ayant donné lieu aux poursuites.
Art. 4. — Les infractiims aux arrêtés pris par
les ministres compétents et à ceux pris par les
préfets pour l'exécution des décrets prévus à
l'article 1" serontpunies des peines prévues aux
articles 479, 4,S0 et 482 du Code pénal.
Art. 0. — A dater de la promulgation de la
présente loi, seront punies des peines prévues
aux articles 2, 3, 4 et 7 les infractions qui seront
commises aux décrets ci après :
Décret du 'M novembre 1917, relatif à la con-
sommation du pain, à la réquisition des céréales
et à la falirication de la farine;
Article 10 du décret du 31 juillet 1917, relatif
au régime des céréales;
Décret du 3 juillet 1917, portant taxation de la
vente en gros de sucre ;
Décret du 4 décembre 19)7, relatif à la con-
sommation de l'essence de pétrole, et disposi-
tions non abrogées des décrets des 16 avril et
3t août 1917 relatifs au même objet.
Art. 6. — Les peines édictées par les articles 2,
3, 4 et 7 de la présente loi sont applicables aux
infractions visées par l'article 9 île la loi du
20 avril 191(1 et par les articles 2 et 3 de la loi
du 8 avril 1917.
Art. 7. — Les dispositions de l'artiide 463 du
Code pénal sont applicables aux infractions pré-
vues par la présente loi.
Art. 8. — La présente loi est applicable à l'Al-
gérie.
TRAVAUX DE CULTURE
Les travaux qu'on doit effectuer pour la
culture des terres, depuis l'enlèvement d'une
récolte jusqu'à l'ensemencement ou la plan-
talion pour la récolte suivante, sont très
variables avec le mode d'exploitation du sol,
la nature de ce dernier et la période de l'as-
solement.
En étudiant, en 1898, les travaux efTectués
<i la ferme de Coupvray, exploitée alors par
notre ami et confrère Jules Bénard, nous
TlîAV.VlX DE i:llture
67
arrivions aux résultats suivants. Il s'agit de
terres fertiles, appartenant au limon des pla-
teaux reposant sur l'argile tertiaire; en con-
Fig. U. — Représenlation grapliique de l'énergie
nécessitée par la préparation d'une terre pour l)lé
d'tiiver après betteraves.
sidérant deux pi^riodes successives, on voyait
que les travaux de culture de préparation de
la terre pour betteraves sur céréales nécess:-
J.
l-'ig. 12. — Représentation ltim-
piiique de l'énergie nécessitée par
la prépai-ation d'une terre pour
betteraves après céréales.
talent près de huit fois plus
d'énergie que ceux appliqués
aux mêmes terres devant re-
cevoir un blé d'hiver après
betteraves (li.
Ces deux exemples, pris
dans la même expioitalion oii
la terre était en très bon état,
montrent que les travaux de
culture d'un hectare nécessitent, suivant la
période de l'assolement, de 7 millions à
00 millions de kilogrammètres que les atle-
Fig. 13. — Représentation gra-
phique de l'énergie nécessitée par
la préparation dune terre pour
avoine de printemps.
lages de la ferme sont tenus
de fournir pendant un temps toujours li-
mité i2).
(1) Le Maléi'ict agricole au début du xx^ siècle,
t. I,p 100.
(2) Ces chiffres seraient plus élevés pour des
terres plus fortes. Pour l'ensemble des travaux, il
Dans d'autres exploitation.s en terrain ter-
tiaire, où les façons culturales sont diffé-
rentes, nous trouvons un peu plus de 8 mil-
lions de kilogrammètres pour les travaux de
culture d'un hectare de terre devant porter
du blé d'hiver après betteraves et près de
3!l millions 1 i de kilogrammètres pour une
préparation destinée aux betteraves après
céréale; les différences avec les chiffres re-
levés à Coupvray tiennent surtout aux ma-
chines employéiiS ainsi qu'a la profondeur
des labours et des scari liages.
Les labours représentent la plus grande
partie de ces dépenses totales d'énergie; les
agriculteurs ont doue bien raison d'indiquer
que dans telle terre il faut une charrue,
c'est-à-dire un attelage,
pour tant d'hectares, car
l'attelage nécessaire aux
hibours de la superficie
indiquée sera toujours
plus que suffisant pour
l'exécution des autres
travaux
L'officier mobilisé, qui
n'a pu pour ce motif signer son article sur
la Culture mécanique el la main-d'œuvre,
paru dans le Journal d' Agriculture pratique
(n» 18 du G septemhre 1917, p. 348), n'a
pas considéré la répartition de l'énergie né-
cessaire entre les divers travaux de culture,
car il aurait vu qu'on a intérêt à réserver
aux moteurs animés (qu'il faudra toujours
entretenir sur un domaine) l'exécution des
travaux légers et demander aux moteurs
inanimés d'effectuer les ouvrages les plus
pénibles. Il est vrai que l'auteur en question
devait avoir en vue les travaux ordinaire-
ment effectués dans son exploitation située
au nord-est de Lyon et qui sont moins nom-
breux que ceux pratiqués dans les pays de
culture intensive comme on en trouvait
beaucoup dans les régions encore enva-
hies.
Pour donner une idée de la répartition
de ces travaux, nous avons dressé les
tableaux suivants représentés graphique-
ment par les figures lia 15.
Les chiffres donnés indiquent, en kilo-
grammes, les tractions moyennes par mètre
de largeur travaillée; pour avoir l'énergie
nécessaire par hectare, en kilogrammètres,
il faut multiplier chaque traction moyenne
par 10 000.
convient d'ajouter les dépenses d'euergie nécessaire
aux transports et à l'épaudage du fumier et des en-
grais, aux ensemencements, aux cultures d'entre-
tien et aux travaux de récolte et de transports.
68
IHAVALX
Préparation d'une terre pour blé d'hiver
après heUeraves (fig. U).
kilogr.
Labour à 0». 12-0". 15 de profondeur /)... fi«0
Hersage (h) 130
Total 810
Préparation d'une terre pour lietlcraves
après cére'ales (fig. 12).
Déchaumage id) 530
LaLour à 0'^A5, en septembre,
pour l'enfouisseiiienl du fu- -, , „^q
raier (/) S3D ( " '
Labour à 0"'.2,t. en novembrp- \
décembre {Lj 1 500 '
Hersage (A) 200 -
Roulage (r) . SU J
Scirifiage (,v)... 230 '
Hersage (/('... 130 ' 1 OH'i
Scarittaf,'e (s') . -30 \
l.iii »
Hersage {h'].
Roulage (r')
SU
Total
DE CULTURE
Préparation d'une terre
pour avoine île printemps (fig. 13).
Labour d'hiver, l'u nnvembi'e, à 0"".1S-
0m.20 {l\ 1 100
Scarifiage (s) . 250 )
Hersage ih) 200 ^
Roulage (dans certains cas] (;•) 80
Total I 630 '
Défriche île Ir'epe de trois ans pour une céréale
il'hirer (fig. 14).
Labour, en septembre, à 0">.18-0n>.20 {l).. 1 300
Roulage : / SO / „,
Hersage k 2:i0 S
Total 1 610
Défriche de luzerne pour une céréale il'ltiuer
(fig. 13).
Labour, eu septembre, à 0"'. 18-0™. 20 U).. 1 40U
Roulage:.)') 80 / g.-,|j
Hersage [h) 240 S
Total 1 720
La préparation du .sol en vue d'une céréale
d'hiver après pommes de terre, doit se rap-
procher des chiffres donnés pour le blé d'hi-
ver après betteraves (flg. 11).
Si les valeurs absolues précédentes seraient
l-'is. 14- — ReprésHiitalion gra-
phique ih^ l'énergie nécessitée
par un défrichement de trètle
pour une céréalr d'hiver.
plus faibles dans une terre pins légère que
celle considérée, les rapports entre les divers
chitl'res resteraient sensiblement les mêmes.
Kig. 13. — Représentation gr;i-
phique de l'énergie nécessitéi-
/i par un défrichement de lu-
zerne pour une céréale d'hiver.
D'après les tableaux précédents, donnés à
litre d'exemple, on voit que l'énergie em-
ployée par les labours représente, suivant les
cas", 83, 72, 67, 80 et 81 0/0 de l'énergie
totale nécessitée par les divers travaux de
préparation des terres. On constate ainsi la
dépense importante occasionnée par les la-
bours relativement à l'ensemble des travaux
de culture.
Dans l'exploitation considérée, d'après une
constatation faite sur un labour en novembre,
à la profondeur de 0'". 18-0^.20, un attelage
de trois bons chevaux laboure, en moyenne,
34 ares par journée de neuf heures utilement
employées dans les champs; partant de cette
indication, on peut en déduire approximiati-
vement l'étendue cultivée par journée pour
les diverses façons et le nombre d'heures
utiles nécessaires pour le travail
d un hectare :
Préparation d'une terre pour blé d'hu-er
après betteraves (fig. 11).
Temps
Surface nécessaire
iravaillée par pour travailler
journc^e. 1 liectare.
Labour à 12-Î5 (l).
Hersage ('>)
288
}ieuros et dixièmes
16.4
3.1
Total.
19.5
Préparation
d'une terre pour betteraves
après céréales
îlig. 12j.
Déchaumage (</'. . .
Labour à G".!.') (')..
_ 0™.25 (L\.
Hersatre iji).
Roulage (r,.
Scarifiage (.s) .
Hersage [It't
Scarifiage ^'
Hersage IJi"
Roulage [r')
70
i^
23
1S7
i68
1(;:î
2XS
163
288
46S
12,9
20.0
36.0
4.8
2.0
0.5
:!.l
"..5
3.1
2.0
Total .
6S.9
26.0
94.9
Il y a cependant lieu de noter que
pour le gros labour A dans la préparation
d'une terre pour betteraves après céréales
(voir flg. 12), il convient de doubler l'atte-
lage par suite de la traction exigée par la
charrue pour l'exécution de ce travail.
POMMES DE TERBE POTAGÈIIES
Pièpiiialiuu
d'une terre pour avoine de printemps
[Ùg. 13).
Labour d'hiver à 0'" 18-
0-".-20 (I)
Scariliage (s)
H«rsage {li)
Roulage 'dans certains
cas; I '■'
3i
loO
187
168
Totul.
6.0 /
1.8 S
2.0
Défriche de trèfle
de trois ans pour une céréale (fhivei
Labour à 0°'.18-On'.-2D (l) 29
UoulaL'e '>•' 168 2.0 )
Hersag- A Hvi :;.:; i
Total
26.5
10. S
2.0
31. C
38.;
Défriche de luzerne /jnui i
[Dg. 15).
Labour à 0™.1S-Û>».20 (/j
Roulage [r]
Hersage h
21
46&
156
Total .
2
5
.5!
33.3
7.8
41.1
Lp.s surfaces travaillées par journée indi-
quées dans le tableau précédent, résullanl
des calculs basés sur les tractions nécessaires
et sur une observation, concordent avec
celles relevées dans la pratique courante.
Sur le.'^ temps nécessaires pour l'exécution
des divers lravau.\' de préparation d'un hec-
tare de terre àl'ensemencement, on voit parle
tableau précédent le grand nombre d'heures
nécessité par les labours effectués avec les at-
telages. M.\X Ul.xGEL.M.ANN.
CHEVAUX ET TU.\CTEURS EN ANGLETERRE
On sait que l'Angleterre fait Un effort considé-
rable i-n vue d'augraeiitor l'cleniue des terres
labourées et des emblavures en céréales. A ce
propos, nous avons relevé les chiffres suivants
dans le Mari: Lane Express du 26, novembre
dernier:
Le Départefuent de l'alimentatioD, équivalant
à notre Ministère du Havitailleraent, a acheté
■3 500 chevaux au prix unitaire moyen de
2 000 francs; le personnel aéci-ssaire mobilisé
pour cetie cavalerie, a été de 1 025 hommes. En
général, ces chevaux ont été placés chez des
fermiers (principalement dans les comtés de
l'Angleterre et dans le Pays de Galles), qui
devaient s'en servir, les nourrir et les soigner
tout en recevant une allocation de la francs par
semaine de la part de fElat.
Le minisière avait acheté à la même époque
1 949 tracteurs au prix moyeu (sâus les frais" de
transport) de 7 500 francs.
Ces tracteurs, exploités par l'Etat, surtout en
Ecosse et eu Irlande, effectuent les labours aux
prix forfaitaires variant de 54 fr. 70 à 93 fr. 75
par hectare suivant, la nature des terres et les
conditions d'utilisation du matiriel.
Pi. DeSS-US-IIS.
POMMES DE TERRE POTAGERES
Par les teaips héroïques que nous traver-
sons, qu'aggrave encore la pénurie de cé-
réales, dont la carte de pain est la triste con-
séquence, l'importance alimentaire de la
Pomme de terre, déjà considérable en temps
usuel, a été encore accrue par la durée de la
guerre et devient exceptionnelle en ce mo-
ment, tant par sa nature que par la facilité de
sa culture et l'abondance de sa production,
comme aliment par excellence pour le rem-
placement du pain.
Tout le monde se préoccupe aujourd'hui
d'en l'aire provision, tous ceux qui ont un
jardin ou un terrain quelconque à leur dispo-
sition songent à en cultiver plus encore que
par le passé.
Nous nous occuperons aujourd'hui des
Pommes de terre potagères, dont la planche
ci-contre représente quelques-unes des meil-
leures.
La plus spéciale des qualités des Pommes
de terre de table réside dans la précocité de
certaines variétés que nous citerons plus loin,
! précocité qu'accompagne un rendement d'au-
tant plus faible que la variété est plus hâtive.
Viennent ensuite la finesse et la consistance de
la chair qu'indique en général sa couleur. Il
est à remarquer, en effet, qu'en désignant la
couleur de la chair qu'il préfère, le consom-
mateur sous-entend bien plus sa nature res-
tant ferme ou se délitant à la cuisson. La
préférence marquée daiïs le Nord et surtout
à Paris pour les variétés à chair jaune tient à
leur utilisation principale en ragoi'its ou en
friture-, tandis que dans les campagnes, où
la soupe, cetaliiiient franrjais par excellence,
et la purée sont de consommation -quoti-
dienne, les variétés à chair blanche sont, au
contraire, pn férées par les fermières. Cette
préférence est partagée en .\ngleterre, en
Allemagne et ailleurs où les Pommes de terre
sont le plus souvent cuites à l'eau (1). Toutes
(1) les lecteurs que ce sniet intéresse pourront
consulter l'article Sur la couleur de la chair des
Pommes de ferre que nous avons publié dans la Re-
vue Horli'iole. en 1S99, p. 235. — (S. M.)
70
POMMES DE TERRE POTAGÈRES
les variétés cultivées ou vendues sur les mar-
chés comme Pommes de terre de table ne
sont, d'ailleurs, pas exclusivement à chair
jaune, ainsi qu'on le verra plus loin.
0n demande encore aux variétés poiagères
d'être aussi lisses et régulières que possible,
préférablemeut ovales ; les rondes, à yeux
enfoncés, passent souvent, auprès des con-
sommateurs, pour des Pommes de terre de
ferme. Vient ensuite la couleur de la peau,
jaune chez la plupart des variétés, rouge chez
plusieurs ou violette chez quelques-unes, par-
fois mémepanachée. Ajoutonsenfm qu'il faut
des variétés hâtives, d'autres de demi-saison
et d'autres encore tardives et de longue
garde pour hâter d une part et prolonger de
rautrelacoûsommation;les unes commencent
quand les autres achèvent d'être utilisables.
Ces multiples exigences et préférences ren-
dent les variétés poiagères excessivement
nombreuses et bien plus diverses que les va-
riétés de grande culture ou industrielles dont
l'usage est déterminé. Aussi bien, est-ce par
centaines que l'on pourrait compter les va-
rié-lés qui ont été successivement cullivées
pour la table et par plusieurs dizaines celles
plus ou moins répandues actuellement.
De ce dernier groupe, nous ne retiendrons
que les plus recommandables; nous les grou-
perons par ordre de précocité, particularité
qui importe le plus pour l'alimentation.
Variétés hâtives. — tn tète du groupe s'est
longtemps tenue la Marjolin, par sa très grande
précocité et par son adaptation à la culture for-
cée. Depuis longtemps, cette variété a décliné
au point où sa production, déjà faible, est de-
venue presque nulle lorsqu'elle est vraie. Elle
« boule » très souvent. l,es plants ne parvenant
pas à émettre de tige?, se conservent alors en
terre, formant autour d'eux des tubercules mi-
nuscules.
Vient ensuite la Rnyale ou Anglaise, excellente
variété déjà ancienne, devenue très populaire
parce que aussi méritante pour la culiure Je
primeur sous châssis que pour celle en pleine
terr.-. Autour d'elle gi-avitent de nombreuses va-
riét''s faiblement distinctes, telle que Prince de
Galles, désignée aussi sous le nom de Strazelle.
DanslaBeZ/erfe Fontenay, surnommée Hénant, se
trouve une digne émule de la Royale, sufQsam-
menl distincte par divers caractères, notam-
ment par ses yeux souvent bossues; elle lui a
longtemps disputé la faveur des cultivateurs,
mais elle la perd de nos jours par épuisement.
Vient enfin la Mayette hâtive qui partage tous
les mérites de la première et qui esttrès estimée
en ce moment pour sa vigueur, sa précocité et
son abondante production.
La Victor, d'origine anglaise, qui partage la
précocité des précédentes, s'en écarte toutefois
sensiblement par son feuillage plus ample, plus
luisant, par ses tubercules plus arrondis, par ses
germes, etc. 11 en est de même de VE.rpress, de
même origine, mais plus récente, dont les tuber-
cules sont oblongs, les germes roses et la chair
jaune pâle.
Les Pommes de terre Beurre, Boulangère,
Qiiinette, Parisienne, Reine des farineuses sont des
variétés de ce groupe bien moins répandues et
sans supériorité marquée sur les précédentes.
Variétés demi-hâtives. — Les variétés de ce
groupe sont également nombreuses et diverse-
ment méritantes. Plus robustes et à plus grand
développement que les précédentes, elles sont
plus tardives, mais notablement plus |iroductives,
destinées qu'elles sont à fournir des tubercules
de consommation courante depuis la lin de juil-
let-août jusqu'au delà de l'aulomne, car leur
conservation tiivernale est, chez la plupart, aussi
bonne que celle des variétés tardives. Elles sont
bien caractérisées par la Quarantaine de la Halle
ou de yoi^y, populairement désignée sous le nom
de Hollande, qu'elle a remplacée dans les cul-
tures. C'est le type de Pomme Je terre oblongue
ou en amande, à chair bien jaune, ferme et
d'excellente qualité, recherché pour la consom-
mation courante dans les villes et celui qui con-
vient le mieux aux potagers bourgeois.
Fluke géante, dite aussi Saint-Malo, est très ré-
pandue dans l'Ouest, où on la cultive pour l'ex-
portation et la vente sur les marchés. Elle est
très productive, à tubercules oblongs, gros et
lisses, germes roses et fleurs blanches, mais sa
chair blanche convient mieux aux goûts anglais
qu'aux nôtres.
Ahondance de Monivilliers, dite aussi Boi-gher
I et Om Paul, est une excellente variété à tuber-
cules jaunes, oblongs, chair bien jaune et ferme,
germes violets et lleurs blanches.'Jeveuue popu-
laire grâce à sa robusticité, à son abondante
production et à sa bonne garde. La Belle de Juil-
let, qui s'en distingue par ses tubercules plutôt
longs, est à chair plus pâle et à fleurs colorées.
Sa précocité est un peu plus grande et sa produc-
tion sensiblement égale à celle de la précédente.
Ces deux variétés, mûrissant vers la mi-août,
peuvent donner l kil. .500 et plus à la touffe
lorsque le plant est sain et la culture parfaite.
L'une et l'autre se recommandent aux mêmes
titres que la première, qu'elles remplacent avan-
tageusement en tant que qualité et production.
Edouard VU (Syn.: King Edward VIT, Belle
Charlotte) est une variété anglaise encore ré-
cente que la grande beauté de ses tubercules et
son abondante production ont fait répandre chez
nous et venir sur les marchés. Ils sont en
amande, très lisses, jaune clair avec le gros bout
fortement panaché de rose, mais la chair est
blanche. Cette variété semble particulièrement
sensible à la dégénérescence.
Early rose, la Arly des cultivateurs, est une
ancienne variété anglaise, très répandue et tou-
jours très estimée pour sa précocité, sa robusti-
cité et sa production très abondante ; le tuber-
cule en est rose, oblong, mais à chair aqueuse et
Librairie Agricole de la Maison liusliqu
que
htip, iittidium, Paris
POMMES DE TERRE POTAGERES
(Germes, Fleurs, Tubercules entiers et coupési
Quarantaine de la Halle Royale
Flake géant
Saucisse Early rose
CrLTl'RE Dr RICIN DANS L'AFniQrE DU NORD
11
hlaiirlie, ainsi que les fleurs. C'est une bonne
Ponim« de terre de grande consommation, au-
tomnale seulement, car elle se ride et devient
rapidement flasque. La Primel, de difl^usion ré-
cente, s'en rapproche par plusieurs caractères
communs.
Quarantaine violette ou Rognon violet est une
des rares variétés à peau violette qui survive au
délu«e des nouveautés, en raison de la nature
particulièrement farineuse de sa chair blanche
(ommune, d'ailleurs, àbeaucoup de variétés vio-
lettes) et de sa très longue conservation, malgré
sa précocité relative.
A ce groupe appartiennent encore de nom-
breuses variétés moins répandues, quoique esti-
iiié'S pour certains mérites, notamment ; Splendo
et Veronica, deux variétés récentes, respective-
mont rondes et oblon^'ues, à chair bien jaune et
très productives ; Triomphe [Scotlish Triumph), à
beaux tubercules ovales, très lisses etchair jaune
pAle ; Princes-e, à tubercules très lo/igs et
minces, en forme de doigt et chair jaune, extrê-
mement fine; Pousse-debout et Rosa, h tuber-
cules lonfjs, rouges et à chair jaune, très
ferme, remplaçant l'ancienne Rouge de Hollande;
enfin la VUelolte, à très longs tubercules pro-
fondément entaillés, encore estimée parce que
sa chair, quoique blanche, est la plus ferme de
toutes les variétés connues.
Variétés tardives. — Les variétés tardives
sont à la fois potagères et de ferme, parce
qu'elle sont cultivées en pleins champs pour la
vente hivernale sur les marchés et dans les
grands jiidins pour la consommation familiale,
à rause de leurs qualités culinaires et de leur ex-
cellente conservation.
He ces variétés, il n'en est pas de plus popu-
laire que la SfiKCi'ssc, aujourd'hui cinquantenaire,
parc qu'elle unit à une abondante production et
à une conservation parfaite, une chair très jaune,
farineuse et de qualité supérieure pour tous
usages domestiques. La Rouge du Soissonnais
(Prof. Wohltmann), bien plus récente, s'est fait
admettre sur les marchés grâce à son analogie
avec la Saucisse; elle s'en distingue, toutefois,
aisément par sa forme oblongue et sa chair bien
moins jaune. C'est une variété recommaiidable
par sa rusticité, sa grande production et sa
bonne conservaiion.
La Chave (Shaw), qui est peut-être la plus an-
cienne des variétés puisqu'elle remonte au delà
de 1815, est le type des variétés à tubercules
rond s, jaunes, à y eux très en foncés, et à chair jaune,
autour de laquelle ont gravité des variétés au
joui d'hui disparues, notamment la Saint-Jean ou
Segonzac et auxqueltes ont succédé des variétés
supérieures parce que régénérées par le semis,
notamment lifluafrie, dite Safran pour sa belle
chair très jaune ; Jaime d'or de !^orcége, Génnte
sans pareille, désignée dans le Nord sous le
nom d'Andréa, à gros tubercules et yeux assez
enfoncés, avec une chair jaune, de bonne qualité
et de longue fiarde qui la rend particulièrement
recommanflable; enfin la Béarnaise, dont les tu-
bercules typiquHS sont déprimés comme une
orange et la chair bien jaune. Magnum bonum,
qui a longtemps joui d'une grande faveur, est
aujourd'hui concurrencée par Fin-de-Siccte {Up
ta date) et Géante de Rending, bonnes variétés
que leur chair blanche suffit à différencier des
précédentes, mais qui en partagent les mérites
de grand rendement et de bonne garde et les
font préférer par les Anglais.
Ajoutons, pour terminer, que les variétés
essentiellement de ferme, telles que Fari-
neuse rouge, ou même féculières comme
l'fmperator et la Géante bleue, ne sont pas
complèlement dédaignées dans les campa-
gnes. Aux Halles de Paris, en ce moment,
toutes les variétés sont achetées sans dihtinc-
tion, souvent même avant d'être déchargées.
En temps de disette, on n'y regarde pas de si
près.
S. MOTTET.
CULTURE DU RICIN DANS L'AFRIQUE DU NORD
(1)
Méthodes de culture.
1° Culture systématique. — Sol. — Le
ricin s'accommode delà plupart des terres, à
moins qu'elles soient trop compactesou trop
iiuniides. Mais il ne donne des rendements
élevés que dans las sols riches et profonds
où il peut s'enraciner fortement.
['réparation d'-s terres. — Comme pour
toutes les cultures d'été (coton, maïs, tabac).
bon labour et bon ameublissement du sol.
Fumure. — Il serait excellent de donner à
la culture du Ricin du fumier de ferme, ou
(1) Voir le n» du 7 février, p. 45.
des engrais (superphosphates, puisqu'il
s'agit d'une production de graines).
Mais dans l'Afrique du Nord, on produit si
peu de fumier que celui-ci sera toujours ré-
servé à des cultures plus exigeantes et plus
payantes que le Ricin.
Dans celte question de la fumure, il est
difficile de réunir des indications certaines
en raison de l'absence d'expériences locales
et de la dépense élevée qu'elle entraîne, sur-
tout aux cours actuel des engrais.
Semis. — On sèmera après l'hiver, lorsque
sera passée la période où le sol reste long-
temps très humide (la graine pourrirait avant
CIjLTIRE du ricin dans L'AFRIQUE DU NORD
serminationi. Ce sera h lu même époque que
les premiers semis des cultures d'élé (colon,
maï!*!, c'est-à-dire février-mars, le plus sou-
vent. On peut semer plus tard, à l'irrigation,
mais la végétation et la récolte de la première
année seront plus faibles.
Four les semis tardifs, il sera bon de faire
tremper les graines va jour à Favance, dans
l'eau (tiède au besoin) afin de les faire gon-
fler pour hâter la levée.
Le semis se fait eu poquels (comme pour
coton, maïs, haricots) de deux ou trois
graines, par conséquent à la main avec une
petite binette, à l'écartement de deux mètres
en tous sens. On tracera donc des lignes dis-
tantes de deux mètres, et les ouvriers feront
un poquettous les trois pas.
Recouvrir de très peu de terre non tassée,
deux à trois centimètres.
Il faut pour un hectare trois à cinq kilogr.
de graine, selon sa grosseur, levée de 12 à
lo jours (sortie de deux feuilles cotylédo-
naires). Xe pas employer de la vieille graine
sans un essai de germination préalable.
Soins culluraux. — Eclaircissage quand
les jeunes plantes ont 0™.15 environ, pour
n'en laisser qu'une par poquel.
Binane ei hrigatkui. — Selon les besoins
pour entretenir le sol en bon élat de propreté,
d'ameublissement, et de fraîcheur. L'irriga-
tion par rigoles entre les raies est souvent
préférable à l'inondation.
BuUaye. — Recommandé lorsque les
plantes devenues très hautes risqueraient
d'être brisées par les grands vents.
Taille.^ — Après la deuxième année, s"il y
a lieu, rabattre le sommet des branches, si
les plantes risquent de s'élever trop haut pour
la récolte des grappes.
A partir de la deuxième année, les soins
culturaux se bornent à quelques binages et_
aux irrigations.
Récolle. — Le Ricin Iructifie dès la pre-
mière année, mais ce n'est qu'à partir de la
deuxième année qu'il donne une production
normale. La fructilication des panicules
s'élage sur environ cinq semaines à deux
mois. On les cueillera au fur et à mesure que
la majorité de leurs cupsules sera mûre
(teinte jaunâtre) sans attendre trop, car le si-
rocu risquerait de faire ouvrir les capsules et
tomber la graine.
Les panicules seront étendues au soleil sur
une aire en couche peu épaisse. La matura-
tion et la dessiccation s'achevant, les capsules
s'ouvriront d'elles-mêmes.
L'hectolitre de graine pèse de 40 à 4.5 ki-
logr. La graine renferme (en outre de son
huile purgative) un principe si toxique que
l'ingestion de sept à huit graines peut don-
ner la mort.
flendnneiits. — Les chifTres les plus divers
sont indiqués, depuis 10 jusqu'à W et 45
quintaux à l'hectare.
Le rendement de la première année n'est
guère que le 1/5 ou le 1/4 de celui des années
ultérieures. Un pied peut donner jusqu'à un
kilogr. de graine à la première année, pour
arriver à produire 3 à 4 kilogr. à la deuxième
année.
M. Triboulet, agriculteur à Philippeville,
écrivait en 1909 :
Ciiliivant le llicin depuis plusipuis années dans
des terres profondes de plaine, j'ai mèine obtenu
des lendcnients de cinq à six kilogr. par ar-
buste, de tirailles d'une très belle venue.
Dans ces conditions une plan'ation très,
é.^artée à 2°". 50 X 2 mètres renfermant
2 000 pieds par hectare devrait donner
4 kilogr. X 2 000 pieds =80 quintaux. En
comptant un tiers de pieds manquants ou
cJiétifs, il re-terait encore 53 quintaux. A
100 Ir. le quintal sur place, cela ferait, de
10 à 80 quintaux, un produit brut pouvant
osciller entre 1 000 et 8 000 francs par hec-
tare.
Aux cours anciens de 25 à 28 fr., quai Mar-
seille, le produit brut sur place retombe à
1 600 fr. au maximum et 200 fr. au mini-
mum par hectare. C'est pourquoi nous di-
sions, au début, qu'il est indispensnblequ e
le Gouvernement s'engage pour plusieurs an-
nées à acheter la graine au cours actuel, pris
comme minimum, s'il tient à obtenir un cou-
rant sérieux de plantations de la part des
agriculteurs,
2° Peuplements non cultivés. — Tous les
gardes des eaux, les gardes forestiers, les
surveillants des voies ferrées, les canton-
niers, les gardes-champêtres, les particu-
liers, etc., peuvent, tout en faisant leurs
tournées, garnir les bordures des canaux
d'irrigation ou de drainages, berges d'oueds
et rivières, etc.
Il suffit, à l'époque propice pour le semis,
d'emporter des semences qu'on sèmera au
moyen d'une petite binette, en poquets de
deux ou trois graines (comme indiqué précé-
demment). Les poquets seront placés à deux
mètres les uns des autres. On aura qu'à sur-
veiller la levée pour reinplacer les man-
quants. Ensuiie les ricins étendront eux-
mêmes leur peuplement par dissémination
naturelle.
On n'aura plus qu'à récoller.
CONCOL'RS DE NEVERS
73
En procédant comme nous l'indiquons plus
haut, par achats à bureau ouvert, à tous ceux
qui voudront aller cueillir, la récolte se fera
sans frais.
.Nous pensons que celle méthode est celle
qui procurerait les plus grosses quantités.
F. COUSÏON,
Ingénieur agricole.
CONCOURS DE NEVEKS
Si, malgré la guerre, la Société d'agriculture
de la Nièvre a voulu continuer à tenir son con-
cours annuel de reproducteurs mâles de la race
bovine charolaise-nivernaise, c'est que cette
manifestation agricole ne constitue pas une
fête, mais est, dans le .Centre de la France, le
marché le plus important des taureau.^ de la race
blancbe, qui s'est étendue sur un grand nombre
de départements.
Comme il fallait s'y attendre, le concours de
celle année comprenait moins de sujets que les
concours d'avant guerre. Alors qu à ce moment
le nombre des animaux inscrits atteignait 300,
le concours de 1918 ne réunissait guère plus de
la moitié de ce chiffre. Cela tient à plusieurs
causes. La rareté de la main-d'œuvre agricole,
par suite de l'appel successif sous les drapeaux
des classes les plus jennes et du rappel d'un
certain nombre île " récupérés )>, rend très difli-
cile le recrutement des domestiques char^'és des
soins à donner aux animaux. L'absence d'un
grand nombre d'éleveurs, dont les feinmes sont
restées seules à la tcte des exploitations, fait
hésiter beaucoup à préparer des reproducteurs.
La difficulté fies transports et la pénurie des va-
gons, etifiii l'exagération, dans bien des cas, des
réquisitions miUtnires prenant les foins, les
pailles elles orges, qui constituent, avec lesbet-
leraves, le fond delà nourriture d'hiver dans les
fermes nivernaises ; la difficulté croissante delà
culture de la betterave, culture de haute main-
fl'ieuvre ; l'impossibilité presque absolue de se
procurer les tourteaux nécessaires pour l'en-
graissement et les prix extrêmement élevés de
ceux que l'on peut aidieter, sont autant de causes
qui expliquent la diminution des animaux réu-
nis au Concours de Nevers. Si l'on ajoute à ces
causes les acquisitions chaque jour plus nom-
breuses dans les fermes mêmes, on comprendra
facilement que le concours de cette année soit
moins important quant au nombre que ceux des
années précédentes. Il ne l'est cependant pas,
quant à la qualité de l'ensemble des animaux
exposé.-.
Dès l'automne, beaucoup d'acheteurs de dé-
partements éloignés, notamment de la Vendée,
ont parcouru la région et ont fait l'acquisition
de reproducteurs. Depuis ce moment, des éle-
veurs du pays même ont fait aussi leurs achats.
C'est une tendance assez générale, du reste,
dans la région que l'augmentation des achats à
domicile: il en résulte un déplacement de.^ mar-
chés. C'est ainsi que les foires diminuent d'im-
portance et que les acheteurs de bétail prennent
de plus en plus l'habitude d'aller chez les pro-
ducteurs chercher les animaux dont ils ont be-
soin. Est-ce un bien? Comme dans toute chose,
i' y a le pour et le contre. Les commerrants,
toujours très au courant du prix des animaux et
des besoins en viande, arrivent quelquefois à
faire des marchés par surprise chez des agricul-
teurs peu avertis. Lt'un autre côté, les visites des
acheteurs dans les fermes causent moins de dé-
rangements, moins de frais, moins de pertes de
temps aux vendeurs qui, cependant, n'ont plus
ainsi l'avantage de la concurrence, qui existe
dans les foires où [les acheteurs sont ^nombreux
et obligés de se hâter pour trouver à s'approvi-
sionner suivant leurs besoins.
ijuoi qu'il en soit, les prix très élevés de tous
les animaux, la diminution du nombre des tau-
reaux mis en vente, ont fait que les cours prati-
qués ont été plus hauts que jamais. 11 y a quel-
ques années, lorsqu'un taureau de huit mois ou
un an atteignait le prix de 2 000 fr., c'était plu-
tôt une exception ; cette année, beaucoup ont dé-
passé ce prix, et quelques-uns ont été vendus
3 000 fr. et plus.
La plupart des écuries qui avaient exposé sont
celles dont la réputation est établie depuis long-
temps. Les premiers prix, dans les deux pre-
mières catégories, ont été attribués à M. Louis
Robert, de la Nièvre; ceux des autres catégories
sont échus aux animaux de MM. Billoué, Bardin,
Auguste Besson et de M""^ Dessauny.
Les prix d'ensemble pour lots composés de
quatre taureaux ont été décernés à M. Marc
Blond, de Mars; à M. .\uguste Besson, de Sain-
caize, et à M. Louis Robert, d'Ourouer. Ces trois
éleveurs sont<le la Nièvre.
Enfin, le prix d'honneur, décerné au nom de
l'ancien président de la Société départementale
d'a;.'riculture, .M. Hardin, est échu à M. René
Bardin, son fils, dont la vacherie conserve sa
très ancienne réputation. Ce taureau a été acheté
3 220 fr. par le Syndicat des Eleveurs nivernais
qui, pour la seconie fois depuis que l'idée de la
location aux enchères de taureaux a pris corps,
procédait, pendant le concouis à la location de
cinq taureaux choisis parmi les meilleurs. Les
enchères pour la location du taureau venant de
l'étable Bardin ont été particulièrement animées,
et lina'ement l'adjudicaiion pour un an a été
consentie pour la somme de 1 070 fr. C'est un
animal extrêmement développé pour son âge,
très lourd et présentant tous les caractères re-
cherchés dans une race productrice de viande
comme l'est la rare charolaise-nivernaise.
En transmettant ces qualités, il ne pourra
que donner d'excellents produits, et remplir le
rôle améliorateur pour lequel le Syndicat des
Eleveurs nivernais l'a choisi.
E. Chomet.
BIBLIOGRAPHIE
A PROPOS DE LA DEVASTATION DES FORETS
Le Journal Officiel du 31 janvier n publié
la question suivante adressée au Ministre de
l'Agriculture et la réponse donnée à cette
question.
Question. — M. le commandant de l.udre, dé-
pulé, demande à M. le ministre de l'Agriculture
et du Ravitaillement si des mesures sont prises
pour obliger des Sociétés étrani-'ères qui S'' sont
rendues acquéreurs de forêts, dans l'Orne, à les
exploiter normalement et pour !ts empêcher de
les dévaster sous couvert de fournitures à faire
à l'une ou l'autre des armées alliées.
Réponse. — Dans l'état actuel de la législa-
tion, TAdrainistration n'a pa-! qualité pour s'op-
poser, dans les bois particuliers, aux exploita-
tions forestières qui ne constituent pas des dé-
frichements. Or, le service forestier de l'Orne n'a
eu récemment counaissance d'aucun acte de dé-
fiichement et il n'a été saisi d'aucune demande
de défrichement.
Que des demandes de défrichement n'aient
pas été adressées à r.Vdminisiratiot: fores-
tière, on le comprend facilement. Il n'en
reste pas moins que, dans maintes régions, le
mode d'exploitation suivi dans de riches fo-
rêts par les agents de l'armée anglaise ou
pour son compie, constitue une véritable dé-
vastation. Si l'on ne défriche pas au sens
étroit du terme, on abat et on enlève les ar-
bres en suivant des méthodes qui entraînent
la ruine à peu près complète de ce qui a été
laissé.
Ce sont des faits patents. Il est regrettable
que l'Administration soit impuissante pour
les réprimer. H. S.
RIBLIOGRAPHIE
Comment économiser le chauffage domestique et
culinaire, notions pratiques recueillies et publiées
par A. Legendke et A. Thevenin. Hrnchure de
124 pages avec 31 figures. — Librairie Masson
et C'", 120, boidevard Saint-Germain, à Paris. —
Prix : 1 fr. 23.
Sans médire de nos habitudes françaises, il
fuit avouer que la manière dont nous nous
chaufTons est soumise actuellement à des cou-
tumes empiriques qui varient suivant les villes
et les régions. Si, pour produire la quantité de
clialeur né 'essaire à cbaulTer un appartement,
ou à cuire des aliments, nous dépensons, fans
y réfléchir, neuf ou dix fois plus" qu'il ne con-
viendrait, c'est pour la fortune du pays et pour
la bourse de chacun un déficit que rien ne jus-
tifie.
La brochure dont on vient de lire le litre
et dont la Direction des Inventions du Ministère
de l'Armement et des Fabrications de Gnerre
a provoqué la publication, a pour but d'ensei-
gner à chacun, sous une forme simple, quelles
sont les règles générales d'un chauffage nor-
mal; — quelle est la pui.-^sance calorifique
de chaque combustible: boi-, tourbe, charbon,
anthracite, etc.; — comment chacune de ces
matières doit être employée pour donner un
rendement maximum, dans la chemiuée, dans
le poêle, dans le fourneau.
l'roduire beaucoup de chaleur avec peu de
combustible, économiser sans gêne, tel est le
but. Il convient de féliciter les pouvoirs publics
qui ont pris l'initiative de cette publication de
bonne vulgarisation.
Les Accidents dn travail en matière forestière. —
Commentaire théorigur et pratique de la loi du
15 juillet 1914, par Cii. Guyot et R. Roulleau de la
RocssiÈBE. — 1 vol. 120 p., 3 fr. Lib. Berger-Le
vrault.
L'autorité professionnelle de M. (iuyot, ancien
directeur de l'Ecole des Eaux et Ferèts, et celle
de M. Roulleau de la lioussière, secrétaire géné-
ral du Comité des Forêts, disent suffisamment
la valeur du nouvel ouvrage qu'ils viennent de
publier en collaboration.
La situation des propriétaires forestiers et
celle des ouvriers en matière d'accidents est à
part dans notre législation. Les auteurs de ce
volume ont voulu rionner un guide précis aux
uns comme aux antres, et pour eux ils ont dé-
gagé de chaque problème posé les solutions pos-
sibles.
Il y a là un ouvrage qu'ont intérêt à connaître
les propriétaires de forêts, les marchands de bois
et les compagnies d'assurances. Il condense
toute la science juridique et pratique de ses
auteurs sur la question et comme nul mieux
qu'eux ne la connaissent, il demeurera le guide
certain de la législation forestière en matière
d'accidents.
Amélioration de 1 élevage des animaux de l'espèce
bovine par la création des prairies temporaires.
par' H. ConivriD, pr'ofesseur l'Agriculture. — 1 vol..
94 p., pri.'C : 2 fr. Lib. Barllière.
La petite brochure de M. Coirard, sous un titre
qui en dit le contenu, est une publication d'ac-
tualité tendant à orienter la culture vers des mé-
thodes diminuant la main-d oeuvre. Comme le
dit avec modestie l'auteur, cet ouvrage n'a pas
la prétention d'apporter des idées nouvelles ;
M. Coirard ne vise qu'à réunir et coordonner
quelques documents, en s'inspirant de l'ensei-
ACAOKMIE D'AiiRICLLTURI': DE FRANCE
■5
j,'nemen( de ses maîtres de l'Ecole de GriL'uon :
Sanson, Dehérain. Berthault.
Ce faisant, Tauteur continue par la plume son
apostolat de professeur d'Agriculture. Son opus-
cule contient de précieux conseils que les culti-
vateurs français ne pourront certainement pas
manquer d'apprécier cà leur valeur. Sous une
forme simple, ijaccessihde à tous, il va là d'excel-
lents documents.
P. B.
POUR LES REGIONS LIBEREES
LTne importante réunion, qui avait attiré
un très grand nombre d'inléressés, s'est
lenue à Paris le 16 février. RUe avait été
organisée sous la direction du capitaine de
Warren, chef de la Mission chargée de l'or-
ganisation des groupements coopératifs dans
les régions libérées. Nous avons déjà signalé
les efforts poursuivis avec succès dans ce
sens depuis quelques mois, malgré les
grandes difficultés créées par la situation
lamentable de ces régions. La réunion a
montré que ces succès se sont poursuivis.
M. Lebrun, ministre du Blocus et des Ré-
gions libérées, a voulu témoigner, en prési-
dant la réunion, de l'imporlance qu'il attache
au rôle dont il s'est chargé; celle-ci a vive-
ment apprécié cette heureuse collabora-
lion.
On rendra compte ici des délibérations de
la réunion et des conclusions qu'elle a adop-
tées. On ne peut aujourd'hui que constater
que d'importants rapports avaient été pré-
parés, au nom du Comité d'organisation, sur
les besoins agricoles des régions libérées par
MM. Hitier, Henry Girard, Guillemot, Pierre
Berthault, Caurelte, etc. Les uns et les autres
ont donné lieu à des discussions très instruc-
tives. On doit les remercier de leur active
participation à une entreprise de haut intérêt
national.
On ne saurait trop insister sur les services
que les coopératives de cullure rendent el
rendront dans les régions libérées.
Des efforts généreux sont poursuivis de
toutes parts en France pour venir en aide
aux cuUivaleurs de ces mallieureuses régions,
mais ces efforts ne paraissaient pas suffi-
samment coordonnés et ils semblaient même
manquer parfois leur but. Les diriger vers
les coopératives de culture, c'est leur donner
une clientèle digne du plus vif intérêt.
Les Associations agricoles des régions qui
n'ont pas été atteintes par la guerre auraient
un très beau rôle à jouer en venant en aide à
ces coopératives. Celte aide pourrait se mani-
fester par toutes sortes d'envois des choses
les plus nécessaires pour l'existence; elle
s'adresserait ainsi à des cultivateurs laborieux
el méritants à tous égards.
Henry Sagnier.
ACADEMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE
^Séance du 9 février 1918.
Présidence de M. Haller.
M. Zacchareivirz, directeur des Services aj^ri-
coles de Vaucluse, envoie une note sur la culture
du Manitoba eu Vauckise. Sa conclusion est que
ce blé est une excellente variété de printemps,
qui peut donner des rendements rémunérateurs.
Arboretum de M. Philippe de Vilmorin, à Pézanin
(Saône-et-Loirei.
M. Maurice de Vilmorin présente une note de
M. S. Motlet sur 'Aiboretum que M. Philippe de
Vilmorin avait créé dans le centre de la France,
pour y étudier l'acclimatatiou et l'utilisation,
dans un sol et sous un climat très différent de
celui de Verrières, de nombre d'essences fores-
tières.
Il choisit dans ce but, en plein Charoilais, à
Dompierre-les-Ormes (Saone-et-Loire), la pro-
priété de « Pézanin » appartenant à M™* Philippe
de Vilmorin. Le sol le plus souvent, d'origine gra-
nitique, y est très accidenté ; le climat est rude.
La première plantation remonte à 1904, et,
depuis, les plantations s'y sont poursuivies régu-
lièrement.
A côté des Conifères forestières de fond, cul-
tivées dans la région, telles que hs Pins Laricio
et sylvestre, le Mélèze, plantés par milliers, on y
rencontre 789 espèces ou variétés d'arbres ou
arbustes, à feuilles caduques ou persistantes,
appartenant à 91 genres difîérents, et 206 espèces
ou variétés de Conifères, appaitenant à.32genres
difTérents.
L'Arboretum de Pézanin est appelé à devenir
à la fois une école de premier ordi'e pour l'étude
scientifique des arbres et arbustes forestiers et
d'ornement, pour leur culture dans le Charoilais
et les régions dont le sol et le climat sont ana-
logues.
M. ^laurice de Vilmorin ajoute que M™» Philippe
de Vilmorin a décidé de continuer l'œuvre de son
mari, et a pris toutes les mesures nécessaires
ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE FRANCK
pour assurer les frais de l'entreprise. M. Moltet,
dès l'automne 1917, était chargé par elle de con-
tinuer les plantations et collections de Pézanin.
M. le Président, au nom de l'Académie, adresse
un respectueux hommage à M""» Philippe de Vil-
morin, pour le culte pieux avec lequel elle pour-
suit l'œuvre de son mari, dans son domaine de
Pézanm.
La culture du topinambour en Lorraine.
M. Schribaux communique une note, dans
laquelle M. Thiry, directeur de l'Ecole d'agricul-
ture de Tomblaine, énumère les nombreux ser-
vices que peut rendre le topinambour en Lorraine,
d'après l'expérience de sa tamille qui, depuis 1860,
n'a cessé de cultiver cette précieuse plante.
A Tomblaine, M. Thiry réserve le topinambour
pour les chevaux qui, grâce à cette nourriture,
passent l'hiver sans avoine. Il en donne un peu
aux porcs, lamais aux vaches. Souvent, on récolte
àTomblaine 30000 kilogrammes de topinambours
à l'hectare, tin fait suivre cette culture annuelle,
de maïs- fourrage ou de vesce de printemps, pour
détruire les repousses de topinambours. C'est
bien, à ses yeux, une plante de guerre de pre-
mier ordre; on devrait faire, cette année, un
sérieux effort pour propager le topinambour
dans toute la France.
Election.
M. Paul Vincey est élu membre titulaire dans
la sectiou du Génie rural.
Séance du 13 férrier 1918.
Présidence de M. Haller.
Félicitations à M. Méline.
M. Hallfr esl heureux d'annoncer à l'Académie
que la Société d'encouragement pour l'industrie
nationale, sur le rapport de -M. Tisserand, vient
de décernera M. Jules Méline sa grande médaille
d'or à l'efiigie du baron Thenard. pour les
importants et multiples services qu'il a rendus à
l'agriculture, au cours de sa belle et fructueuse
carrière.
M. Méline remercie en ces termes :
" Je suis aussi surpris qu'ému de la proclama-
tion faite par notre éminent président, en termes
si élevés et si flatteurs pour moi, d'une haute
distinction, que je croyais encore ignorée et de
la manifestation de sympathie si chaleureuse
qu'elle m'a valu, de votre part. C'est une seconde
récompense que vous venez d'ajouter à la pre-
mière, et qui en double pour moi le prix; n'ètes-
vous pas la Société mère au milieu de laquelle
je puise les directions de mon activité écono-
mique, et qui est pour moi un guide si sûr!
« La Société d'Encouragement pour l'industrie
nationale est sœur de la nôtre, presque aussi
ancienne qu'elle, et, dans son cadre plus large,
elle a fait une place prépondérante à l'agricul-
ture. C'est à ce titre qu'elle in'a fait le très grand
honneur de me décerner sa plus haute récom-
pense, qui me met dans la compagnie des plus
dévoués défenseurs et des bienfaiteurs de l'agri-
culture.
« Par une attention délicate dont je lui suis
profoncément reconnaissant, elle a confié le
rapport sur mes titres au premier de mes colla-
borateurs dans mes campagm-SHgricoles, à notre
vénéré et éminent confrère M Tisserand, que
j'ai eu le bonheur de trouver à mes côtés, il y a
trente-cinq ans, au lendemain de la création du
ministère de l'Agriculture, et avec lequel je n'ai
pas cessé de marcher la main dans la main. On
a dit quelquefois de moi, ce qui était plus qu'ex-
cessif, iiue j'avais été un père pour l'agriculture;
il serait plus vrai de dire que M. Tisserand en a
été le grand-père, puisque c'est lui qui, un des
premiers, a lancé l'agriculture dans la voie du
progrès scientifique et de l'orf.'ani.'-ation (écono-
mique, qui lui a permis de conjurer les crises les
plus redoutables.
« Dans la Société d'Encouragement pour l'in-
dustrie nationale, noire éminent confrère joue
le même rôle qu'ici, sur le terrain de l'union de
l'industrie et de l'aiinculture. Je dois dire
qu'avani d'être moi-même le lauréat de cette
grande Société, que préside avec tant d'autorité
et une activité infatigable notre confrère M. Lin-
det, j'étais déjà un de ses collaboaateurs incon-
nus. Il y a longtemps que je suis ses remarqua-
bles études, sorties bien souvent de la plume de
nos plus distingués confrères, et qui sont aussi
pratiques que scientifiques. J'ai souvent regretté
que notre grande presse, dan? sa panie écono-
mique, ne puise pas plus souvent à cette source
si riche ses éléments d'appréciation.
« C'est vous dire, mes chers confrères, com-
bien je suis fier d'avoir pu mériter à la fois vos
acclamai ions si chaleureuses et les suffrages
d'une grande Société, qui comprend l'éliie de
nos savants, de nos industriels et de nos agri-
culteurs, c'est-à-dire du monde qui pense, qui
travaille et qui fait vivre la France. 11 n'est pas
de récompense supérieure à celle-là, et elle sera
un des grands honneurs de ma vie. »
La peste bovine en Afrique occidentale française.
M. G. MoussK, après avoir rappelé quelles larges
espérances nous promettait l'Afrique occidentale
franr;aise pour le ravilaïUement de la métropole
en viande de boucherie, a le grand regret de
faire connaître que cet avenir paraît momenta-
nément au moins compromis, et cela provient
toujours de la même cause, de notre iléfaut
d'organisation économique, aussi bien dans les
colonies que dans la mère patrie.
Au début de 1915, une maladie épizoolique
grave était signalée comme sévissant sur les
bovidés vers les limites du territoire militaire du
Niger, aux confins de la Nigeria, du pays
haoussa et du Dahomey. Cette maladie était la
pesie bovine; or, la puissance de rapidité de
diffusion s'est manifestée eu même temps qu'une
accentuation dans la gravité de l'épidémie, à tel
point que la mortalité pouvait atteindre 70, 80,
90 p. 100 même des bovidés.
L'Afrique occidentale n'avait pas été ravagée
parla peste bovine depuis 1891-92-93, mais alors
CORKESPONDANCE
les pertes n auraient pas élt Je plus de 50 p. 100.
C'était déjà, cependaut, une impressionnaute et
grave leçon ; malheureusement l'Afrique occi-
dentale resta sans organisation sanitaire stable
adaptée au milieu, à ses richesses animales et
h ses mœurs.
Il est démontré désormais que l'on peut lutter
eificarement contre la peste ovine par la séro-
thérapie.
Si donc l'Afrique occidentale avait été dotée
d'une organisation sanitaire, si elle avait eu des
aboratoires ou des installations permettant de
procédera la préparation de sérum en quantités
suffisantes, si surtout If s moyens d'action avaient
été mis en œuvre dès le moment où l'on s'est
aperçu que la maladie franchissait les frontières
orientales de l'Afrique occidentale française,
nous n'aurions pas à déplorer les énormes pertes
constatées plus haut.
M. le PréUdfnt estime que l'Académie pourrait
saisir les pouvoirs publics de celle question. La
comniDnication de M. Moussu est renvoyée à la
Section d'fk-oiiomii' des Animaux qui présentera
-'in rapport et ses conclusions.
La réquisition des laines en 1918.
M. tlenrij tiaijnier a été saisi Je dilférents côtés
deréclamati<>n< des éleveurs de moulons, à propos
non seulement du sort qui leur a été fait les
années précédentes, ujais de c-lui dont ils sont
menacés cette année-ci par les prix auxquels
1 Intendance militaire réquisitionne les laines-
Lps éleveurs considèrent que les prix payé.s
.jusqu'ici sont absolument dérisoires, eu égard à
'a situation économique, aux pri.\ des aliments
du bétail, aux saiaires des bergers, aux prix de
revient des laines exotiques, etc. Ils estiment
que si cette manière de procéder devait se per-
pétuer en tins, le coup suprême serait porié à
1 «'levage du mouton en Krance il serait, d'après
eux, nécessaire que le prix payé pour la laineen
11M8 fût fixé de 6 à 8 francs le Idlogr. en suiiU,
suivant finesse et rendement.
Or, l'Intendance serait disposée à payer celte
campagne la laine au taux de 4 fr. 20 le kilogr.
en suint (laines à rendement de 4Sp. 100). Ce prix
est tout à fait inférieur au pri.v de revient actuel
de la laine, et on ne peut que s'etontier une fois
de plus de ces bas prix oll'erls aux ékveurs
français, alors que les laines de l'Argenlioe et de
la Plata sont payées à raison de9 francs le kilogr.
1' Nous nous trouvons une fois de plus, ajoute
M. Sagnier, en présence de ce f;iit, que l'Admi-
nistration militaire cherche à acheter au plus bas
prix en Fran'-e sans tenir compte des change-
ments survenus dans la situation, taridis qu'elle
achète à des prix très élevés à Tétianger. »
Election.
Avlifs est élu membre non lési-
dent.
II. llniEP.
CORRESPONDANCE
— .1/. J. .s. D. {Dordognej. — L'arrachage des
souches se pratique avec des treuils et des
grappins; voyez l'article paru dans If- n" 14 du
12 juillet 1917, paye 265 et le livre : Travaux et
maeldnes pour la mise en culture des terres, à la Li-
brairie agricole de la .Maison rustique, 26, rue
.lacob, à Paris. Aux Etats-Luis on emploie beau-
coup les appareils de la Hercules Mfg., de Genter-
ville (lowa;, mais nous croyons que vous aurez
actuellement beaucoup de difÛcullés pour faire
venir un de ces appareils. Comme cela a élé dit
dans le n» 14 précité, il est préférable d'em-
ployer un treuil de défoncement que vous trou-
verez probablement à louer. — (M. R.:
— N'° 8039 {Cote-'d'Ur). — 1" 11 est impossible
de vendr»-, en quelque ville que ce soit, sous le
nom Je cidre pur un ciJre contenant de l'eau
sans tomber sous le coup de la loi, attendu que,
d'après l'article 2 du décret du 28 juillet 1908, la
dénomiiialion de cidre piir jus est réservée au
cidre obtenu sans addition d'eau. En outre, un
cidre aussi mouillé n'aurait pas, certainement,
la eompo.sition chimique exigée pour mériter le
nom de cidre et il ne pourrait être vendu que
comme petit cidre.
2» 11 y a Irois procédés pratiques et légaux
pour conserver au cidre un goût sucré pen-
dant toule l'année, après qu'il a été préalable-
ment soutiré dans des fûts fortement méchés.
Sucraije : Ajouter au cidre, chaque mois, par
heetolitrf!, 100 à 150 grammes de sucre à l'état
(h; sirop. La quantité est d'autant mcindre que
la force du cidre est plus grande et la tempéra-
ture de la cave plus basse. Mutage : Additionner
le cidre tous les trois mois, par hectolitre, de
2 gr. SO de métabisullite de potasse ou de 2 gr.
d'anhydride sulfureu.x liquide. Saccltarimuje : Le
décret du 8 mai 1917 pi-rjuet momentanément
l'emploi de la saccliariue pour édulcorer les
cidres et comme son pouvoir sucrant est 'JOO fois
plus grand que celui du sucre, il en faudrait,
comparativement à la quantité précitée, par
hectolitre, gr. 20 à gr.30 dissous dans 30 fois
leur poids d'alcool à 90°.
3° L'ouvrage le plus complet sur la fabrica-
tion du cidre est celui de M. Warcollier. Bro-
ché, 5 fr. 50. Librairie agricole, 26, rue Jacob.
- (A. T.)
— V. de C. {Charente). — Dans la lutte contie la
chenille processionnaire du pin, il importe
de ménager les branches terniinnles et les ra-
meaux des plus jeunes verticilles qui portent
souvent les bourses soyeuses ou nids des che-
nilles. En ce cas, on traite les nids en y fai-
sant pénétrer une petite quantité de pétrole.
55 centilitres de pétrole suffiraient pour le trai-
tement de 100 bourses.
Voici comment on opère. Avec un instrument
pointu, on pratique un ireu au sommet du nid;
puis, à l'aide d'une burette, on y verse quelques
78
CORRESPONDANCE
gouttes (lu liquide. Pour les bourses hors de
portée, il faut employer un instrument spécial
tel que l'éclienilloir PiUot.
Quant aux nids portés sur les branches laté-
rales, le mieux est de couper l'extrémité de ces
branches et de procéder immédiatement à leur
combustion. L'ouvrier qui manie les bourses
doit avoir les mains gantées et se placer contre
le vent par rapport au feu où il fait brûler les
nids. — (P. L.)
— N" 8219 (Vienne). — Vous demandez que
est le texte qui donne le droit d'être affecté
aux services de l'arrière h un combattant qui
a eu deux frères tués a l'ennemi et quelles sont
les démarches à faire et formalités à remplir.
L'article 2 de la loi du 10 aoi'it 1917 dispose
que « les hommes de troupe ayant eu deux
frères tués au champ d'honneur ou décédés des
suites de blessures reçues à l'ennemi ou encore
disparus depuis plus de six mois seront alfectés
aux emplois les moins exposés des unités aux-
quelles ils appartiennent ».
C'est au chef de son unité que le militaire, qui
se trouve dans ces conditions, doit s'adresser-
(Instruction ministérielle du 7 septembre 1917.'
-(G.E.)
— N° 826.3 (Scinc-et Marne). — Le propriétaire
d'un bois en a loué la chasse à un tiers respon-
sable des dégâts de gibier. Tous deux sont mobi-
lisés. Les riverains citent le propriétaire eu jus-
lice pour dégâts de lapins. Vous demandez s'ils
ont le droit de le Liire et si le propriétaire peut
obliger le locataire à prendre ses lieu et place.
Aucune action en justice ne peut être admise
contre un mobilisé (Loi du 5 août 191 i, art. 4).
!Ni le propriétaire, ni le locataire de la chasse ne
peuvent donc être assignés utilement. — (G. E.)
— M. E. S. [Seine). — Des pailles et des
fourrages qui, au.'c termes du bail, doivent être
consommés sur place, ont été réquisitionnés.
Vous demandez si le propriétaire est fondé à ré-
clamer une part du produit de la livraison, et la-
quelle : 1° à un fermier, non mobilisé, payant
régulièrement ses fermages; 2° à un second fer-
mier n'ayant rien versé depuis la guerre.
Il est de principe que l'indemnité de réquisi-
tion représente les objets réquisitionnés. De ce
principe on peut déduire que le fermier, qui,
d'après son bail, aurait été tenu d'utiliser sur
place, dans l'intérêt du domaine, les pailles et
fourrages, si ceux-ci n'avaient pas été réquisi-
tionnés, doit employer le prix qu'il a reçu à
acheter des objets de même nature pour rempla-
cer ceux qui lui out été enlevés par la réquisi-
tion. Ce n'est que dans le cas oii ce remplace-
ment serait impossible, que le bailleur pourrait,
selon nous, réclamer une part de l'indemnité
dans la proportion où il aurait profité de la con-
sommation sur place des pailles et des fourrages,
question laissée à la complète appréciation des
tribunaux.
Il importe peu que le fermier soit ou non mo-
bilisé. Ce fait n'aurait d'importance qu'en cas de
procès, aucune action en justice ne pouvant être
intentée contre un mobilisé. — (G. E.)
- N" 6124, S. P. 178. — Il fallait s'attendre
à ce qu'un cidre fabriqué avec des pommes
dans un état de blettissement avancé et con-
tenant, par suite, des bactéries acétiques, tom-
bât au pouvoir de l'acescence.
Pour y remédier, il faut, d'abord, soutirer
le cidre dans un fût très propre et se rendre
compte de son état de fermentation par une
prise de densité, afin de mieux régler la nou-
velle fermentation qu'on provoquera dans le
cidre après en avoir neutralisé l'acidité par du
carbonate de potasse pur. On connaîtra la quan-
tité à employer en opérant par tâtonnements sur
un petit volume de cidre auquel on ajoutera
chaque dose dissoute dans dix fois son poids
d'eau distillée ou de pluie tiède. On s'arrêtera
dès l'apparition d'un goût désagréable ou d'une
coloration brunâtre, mais on ne dépassera pas
300 grammes par hectolitre.
C'est alors qu'on essaiera de rétablir la fer-
mentation : si la densité est supérieure à 1015,
on ajoutera au cidre, par hectolitre, 50 grammes
de phosphate d'ammoniaque et 23 grammes de
levure; si elle est inférieuie, on ajoutera en plus
300 grammes de sucre à l'état de sirop et l'on
évitera, le plus possible, le contact de l'air. La
fermentation à peu près terminée, on soutirera
de nouveau, mais dans un fût très méché qu'on
maintiendra dans l'endroit le plus froid.
Le cidre ainsi restauré devra être bu promp-
tement,car les bactéries acétiques ne sont pas
détruites. 11 ne peut être vendu, sans que l'on
s'expose à des poursuites. — (A. T.)
— M. J. F. (Var). — Dans le montage de votre
installation électrique, les fils d'amenée du
courant peuvent être serrés aussi bien aux
bornes d'en bas qu'à celles d'en haut de l'in-
terrupteur et du coupe-circuit. Cependant, on
fait généralement l'arrirée par en bas, et l'on a
raison eu ce sens que s'il se produit une étin-
celle, cette dernière tend à suivre l'air chaud,
lequel, moins dense que l'air froid, s'élève; par
suite l'étincelle on l'arc s'élève, s'éloigne de
l'amenée du courant et tend à se rompre. C'est
d'ailleurs sur ce principe qu'est basé le para-
foudre à cornes placé toujours verticalement
avec l'amenée à la partie inférieure. — (M. R.)
— M. D. [iiu.i: armées . — Parmi les monogra-
phies de diverses installations électriques pu-
bliées par le .tournai d'Agriculture pratique, nous
pouvons vous citer les suivantes : L'électricité à
la colonie agricole de la l'/uilmelle (i90(), t. I,p.796);
Elévation d'eau par l'élcctricAK (190i, t. I, p. 373);
La Station centrale agricole d'.\gnicourt et Sé-
chellcs ((902, t. II, p. o40, S74 et 6-43); Installa-
tion hj/drn-électric/uc de la Rébutiniére (1903, t. 1,
p. S)69 et 590) ; Vinslallalion électrique de Sainte-
Hermine (1904, t. II, p. 604 1; Vélectricité au do-
maine du Kondiat (1913. t. 1, p. 241); Prix de
l'installation de Véclairage électrique (1913, t. I,
p. 282); Vélectricité au domaine de la Norville
(1914, t. I, p. 206). — (M. H.)
Rh-VUE COMMERCIALE
19
LA QUINZAINE MÉTÉOROLOGIQUE
Semaine du A au 10 fé or ier 1918 {OBSERVATOIRE DU PARC SAINT-MAUR)
JOURS
ET DATES
Lundi 4 fév.
Mardi îi —
Mercredi.. 6 —
Jeudi 7 —
Vendredi. S —
Samedi.. . 9 —
Dim 10 -
MojitDDes oa tolaii . . .
Écarts SDr U nonuale .
Lundi U fév.
Mardi.... 12 —
Mercredi . 13 —
Jeudi 14 —
Vendredi. 13 —
Samedi .. 16 —
Dimanche IT —
MojtDnes tt tgtaoi
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REMARQUES DIVERSES
Bruine le matin.
Temps nuageuu.
Pluie le mat., beau temps le
soir.
Temps couvert, pluie le soir.
Temps pluvieux.
Temps beau le mat., couvert
le soir.
Temps couvert le mat., beau
le soir.
Pluie depuis le l^'' jauvier :
En 1918 47mm
Normale »
Semaine du 11 au 17 février 1918.
1 0.9
.1204
— 0.1
10.9
4.6
10.7
3.2
11.0
-1.8
4 S
—4.7
3. S
-6.1
2.6
— 0.4
8.0
— 1.1
+ 0.3
503
4 . I
7.0
7.9
I.S
-1.2
-2. 2
3.4
-0.2
+109
»
+ 1.2
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+ 4.0
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+4.3
»
-1.8
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8.9
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9.3
»
31.3
au lien de
70 h. 6
dit. tbéor.
0.6
Gelée bl. le mat., temps nua-
geu-':.
Gelée bl. i^t brouill. le mat.,
beau le soir
Temps couvert, pluie.
Temps couvert le m., beau le
soir.
Gelée bl., brouill. le mat., beau
temps.
Gelée blanclie, beau temps.
Gelée blanche, beau temps.
Pluie depuis le l" janvier
En 1918 47mm
Normale «
(La publication des renseignements sur la pression barométrique et sur le vent est interdite par la
censure au Bureau central météorologique.)
REVUE COMMERCIALE
Situation générale. — Un temps généralement
doux et sec a permis aux cultivateurs de préparer,
dans des condilions favorables, les terres destinées à
être ensemencées en blé de printemps. On prévoit
que l'étendue emblavée dépassera notablement celle
de l'anuée précédente, surtout si les semences de
blé de Manitoba destinées à être employées après
celles de blés alternatifs, sont réparties en temps
utile.
La végétation de céréales d'automne commençait
à prendre son essor et, dans l'ensemble leur situation
était aussi satisfaisante que possible. Rares étaient
les plaintes concernant les dommages causés par
l'hiver.
Malheureusement, le retour oUensif du froiJ que
l'on redoutait s'est produit à partir du milieu de fé-
vrier. La température s'est fortement abaissée ; des
gelées intenses pour la saison sont survenues. Il esf à
craindre que les blés et les arbres fruitiers à florai-
son précoce n'aient eu à en souffrir.
Blés et Farines. — Le commerce du blé manque
toujours d'activité, par suite de la modération des
offres. On traite au prix de la taxe, soit 30 fr. les
100 kilogr.
En Amérique, on signale des Etats-Unis que les
blés sont protégés à peu près partout par une bonne
couche de neige. Les prix du blé se maintiennent
sans changi.-ment sur le marché de New-York. Dans
la République Argentine, la récolte de blé a été sa-
tisfaisante dans la plupart des régions. .\près avoir
Uéchi les prix sont devenus plus fermes ; ils ont
atteint 31 fr. 68 sur le marché de Buenos-.iires.
80
KEVUE COMMERCÎALE
Les Iransactions portant sur les farinas sont forcé-
ment restreintes tt en rapport avec l'approvisionne-
ment en blé des moulins, laquelle esl très réduite.
Les prix sont basés sur ceux établis par les décrets
et arrêtés.
Sons. — Il y a toujours pénurie de son-^. de sorte
que les nombreuses demandes ne peuvent être sa-
tisfaites. Les prix sont ceu.^ de la taxe.
Seigles. — Cette céréale commence à devenir
rare; dans beaucoup de fermes, il n'en reste plus à
vendre. On paie au prix de la taxe.
Orgas. — (titres faibles et prix soulonus se rap-
prochant de la taxe.
Avoines. — Sur les marchés 'de piuvince, les
dires sont très modérées; rapprovisionne;nent est
insultisant. Les transactions se font au taux de la
taxe.
Sarrasins. — Les offres se réduisent en même
temps que la qualité s'atténue. On paie en culture
12 l'r. les tOO kilogr.
Graines fourragères. — La situation concernant
ie.-< graines de luzerne ne s'étant pas améliorée, les
ventes, rares et portant sur de faibles ciuantités, ont
lieu à de^ prix très fermes.
I es cours de la graine de trélle restent station-
nairss; ceux de la graine de lupuline sont eu hausse.
Aucun changement dan< les prix des autres
graines.
Fourrages. — Les prix des fourrages sont très
variables. En province, on a payé aux derniers
marchés, par 500 kilogr. : "\'endée, 100 f. .;^Côtes-du-
Nord, 130 à 140 fr.; Vosges, 70 à 80 fr.; Isère, Doubs
et Jura, 150 à HO fr.
Pailles. — La paille de blé vaut, suivant les ré-
gions, de 1 i à 18 fr.; celle de seigle de 12 à 16 fr.;
d'avoine, 10 à 12 fr. les 100 kilogr.
Bétail. — Voici le relevé du dernier marché de
La Villette à Paris (18 février) :
l'RIS
DU K1I/)G.
AU POIDS NBT.
Amenés.
Invendus.
«.^ •- ■
1"
2-
3'
quai.
quai.
quai.
rj -,.(„
1 805
1 iôO
12
10
3.6M
3.d8
3.48
3.40
3.16
Vaclies
3.10
335
jj
3.40
3.28
3 08
'J66
13 486
2 910
300
a
5.80
5.90
5.60
3.30
5.30
5 ::0
4 30
4.60
Porcs
5.C0
Prix extrêmes
du kilo^fraram
B.
Au poids vif.
Au poids
net.
Bœufs
1.31 à 2.34
■2.68 à 3.90
■Vaches
1.22 2.34
2.44 3.90
Taureaux
1.34 2.09
2.68 3.48
Veaux
1.55 3.66
3.10 6.10
Moulons
I.B8 3.01
3.50 6.40
Porcs
3.00
3.99
i
28 5
70
Dans les départements, on cote :
Ait, par kilogr. poids net : brebis, 2.6.'i à 2.95 ;
par kilogr. poids vif : agneaux, 2 à 3 fr.
Besançoti, par kilogr. poids vif : bœufs, 3.20 à
:i.4U; vaches, 3 à 3.20; veaux, 2.50 à 2.70; par ki-
logr. net, moutons, 4.90 à 5.10.
Bordeaux, par kilogr. poids net : boeufs^ 2 à
3.50; vaches, 1.80 à 3.20; veaux, 4 à 4.40; mou-
tons, -4 à 5.50.
Cluirtres, par kilogr. poids net : veaux gras, 4.20
à 5 fr.; à la pièce, porcs de lait, 1:!0 à UiO fr.
Dijon, par kilogr. poids net : moutons, 3.50 à 4.50;
par kilogr. vif, veaux, 3.80 à 3.90 ; veaux, 2.70 à
2.90.
Lyon, par kilogr. poids net : bœufs, 3.30 à 3.65 ;
moutons, 5.60 à ."i.60; par kilogr. vif, veaux, 2 à 2.60.
Neu/'chàtel, pa.T kilogr. net: veaux, 4.50 à 4.80;
porcs, 4.50 à 4.80.
Viandes. — Derniers cours officiels aux Halles
Centrales de Paris (par kilogr.) :
Bœuf.
1/4 de derrière. 2 20 a 3 60
1/4 de devant. 2 CO 2 60
Aloyau .... :; 00 1 60
Paleron . . . . 2 5u 3 20
Trains 3 00 à 4 00
Cuisses .... -2 40 3 40
Pis et collet. . 2 10 3 00
Bavette .... 2 80 3 60
Extra.- . . .
. 4 60 à ..
1" qualité. .
. 4 40 4 50
2- — . .
. 4 30 4 30
3- — . .
. 3 80 4 .00
\^'> qualité.
Veau.
Pans et cuiss. 3 40 A 5 40
Veaux de Gaen:
1/4 de devant.. 3.40 à 4.50
1/4 de derrière. » »
■Veau.x bretons. 2 tO :f 20
Mouton.
5 00 à 5 40 Gigot 4 50 a 6 50
4 40 i 9ù Carrés parés. . 4 00 S 00
3 80 l 30 Agneaux ...»
Porc.
Entier . .
1" qualité. . .
■2' — . . . -
Poit. fraîches. 3 20
50 à S 10 Filets 4 00 à 5 80
• Jambons . . . 3 CO 4 SO
» » Reins 3 80 5 20
■JO Poit. salées . . •' »
Suifs. — A la Bourse de Paris, la cote ofhcielle
est de 300 fr. le quinlal, en baisse de 35 fr. sur la
cote de la quinzaine précédente.
Vins. — Les diflieultés relatives au transport
n'étant pas aplanies, le comiiierce des vins reste
languissant. Néanmoins, les cours sont très fermes.
Dans l'Hérault, dans le Gard, le prix de l'hectolitre,
pris chez le producteur, varie de SS à 110 fr.; dans
l'.\ude, ou paie de 83 à 108 fr. et dans les Pyrénées-
Orientales, de 82 à 108 fr. A Piui.i Bercy, on cote les
vins nouveaux : par hectolitre, Aude (10°). 140 à
s45 fr.; Gard O"'), 130 à IS:. fr.; Hérault (9o). 135 à
140 fr.; Pyrénées-Orientales (10° 1/2 à 11°). 150 à
15:; fr-: Aramon ,so\ 130 fr.; -Alger, 150 à 155 fr.;
Oran, 160 fr.; la pièce, Beaujolais, 380 à 480 fr.; Ma-
çonnais, 380 fr.; Touraine. 300 fr.; vins blancs, la
pièce. Maçonnais, 400 fr.; Charente, 350 fr.; Vouvra.v,
400 fr.; Sologne, 350 fr.
Cours sans changement en .Vlgèrie.
Cidres. — L insuffisance des moyens de transport
paralyse également le commerce des cidres.
On cote à l'hectolitre départ : vallée d'Auge, 3Î à
3:^ fr.: Manche, 26 à 28 fr.; Sarthe, 34 à 36 fr.; lUe-
et- Vilaine, 23 à 24 fr.; Orne, 30 à 35 fr.
Beurres. — Les prix varient, en province, de 8 à
10 fr. le kilogr.
Œufs. — On paie, à la douzaine, de 2.75 à 4 fr. sur
les marchés des départements.
Tourteaux. — Prix fermement tenus à Marseille.
On cote, par 100 kilogr. : arachide Rusfique, 61 à
62 fr.; arachide Coromandel, 59 fr.: coprah, 79 fr.;
palmiste, 54 fr.; lin, 73 fr.
Huiles d'olives. — Les prix des huiles d'olives de
Nice varient de 4 40 à 'i80 fr. les 100 kilogr.
K. DoR-VXii.
Le gérant : Ch.vrles Dctreix.
Paris. — h. Mabetheux, imprimeur, 1, rue Cassette.
CHRONIQUE AGRICOLE
81
CHRONIQUE AGRICOLE
Discussion à la Chambre îles Députés de propositions ayant pour objet d'organiser la production du blé it
la culture des terres abandonnées. — Origine et tendances de ces propositions. — Mesures présentées
par la Commission de l'Agriculture. — Adoption de deux articles supprimant le libre commerce des
céréales panifiables et rendant l'État seul acquéreur et dispensateur des grains et des farines. — Dispo-
sitions relatives à la culture obligatoire des céréales. — Arrêt de la discussion. — Tactique coupable
des socialistes. — Loi sur la suppression des droits sur les boissons et sur le régime de l'alcoul. —
Adoption d'une proposition relative à la création d'un Office central des produits chimiques agricoles.
— Évaluation sur l'état de culture des céréales au i"' février.— Les redevances de la Banque de France
pour le Crédit agricole en 1917. — Vente d'animaux reproducteurs de la race normande pure. — Note
de l'Union du Sud-Est des Syndicats agricoles sur la liberté du placement des salariés. — École nationale
d'industrie laitière de .Mamirolle.
A propos des céréales
La Chambre des Députés a été saisie, il y a
plusieurs mois, de deux propositions, l'uno
de M. Locquin au nom du Groupe parlemen-
taire socialiste tendant à organiser la pro-
duction du blé, l'autre de MM. Compère-Mo-
rel et Locquin tendant, en outre, à organiser
la culture des terres abandonnées. La Com-
mission de l'Agriculture, chargée de l'exa-
men de ces propositions, parut d'abord
assez embarrassée devant des textes qui ne
tendaient à rien moins qu'à mettre la pro-
duction agricole entre les mains de l'Etat;
elle les a plusieurs fois modifiés, et finale-
ment elle les a réunis en une proposition
unique qui a été l'objet de trois rapports suc-
cessifs confiés à M. Compère-Morel.
La discussion publique, ouverte dans la
séance du il février, s'est prolongée pendant
plusieurs séances. Les deux premiers arti-
cles ont été adoptés, après avoir été, d'ail-
leurs, complètement transformés en séance
par des séries d'amendements; mais le troi-
sième article, après une longue discussion, a
été transformé par l'adoption d'un amende-
ment qui en modifiait profondément le carac-
tère. M. Compère-Morel ayant, à la suite de
ce vote, donné sa démission de rapporteur,
il paraît peu probable que la discussion soit
reprise, du moins à brève échéance.
Dans ces conditions, il semblerait qu'il n'y
ail pas lieu d'insister sur cette discussion
avortée ; il est cependant utile d'en indiquer
sommairement les phases.
La proposition comportait deux parties
qu'on peut considérer comme distinctes : la
première se rapporte au commerce, la
deuxième aux conditions qu'on cherchait à
imposer à la production. La première seule a
été adoptée, c'est sur la seconde que le projet
a échoué.
D'après le rapport de M. Compère-Morel, la
proposition ne visait que le blé. Au cours de
la discussion, elle a été étendue à toutes les
1 Mars 1918. — N» 3.
céréales.Voici,enefret, le texte de l'article !'■',
tel qu'il fut adopté :
Le libre commerce des céréales panifiables :
blé, seigle, méteil, orge, escourgeon, paumelle,
maïs, sarrasin, sorgho, et de l'avoine, est sus-
pendu pendant la durée de la guerre jusqu'à la
fin de la première campagne qui suivra la cessa-
tion des hostilités.
Du moment que le commerce libre des cé-
réales était supprimé, l'Etat en devenait seul
acquéreur et dispensateur unique. C'est,
d'ailleurs, à peu près ce qui se passe aujour-
d'hui. Aux termes de l'article 2, il était sti-
pulé que l'Etat est seul acquéreur de la tota-
lité des récoltes de céréales, « réserve fami-
liale, ensemencements et nourriture du bétail
contrôlés exceptés », et seul importateur des
stocks de compléments nécessaires ; il doit
assurer la répartition des grains et farines
entre les consommateurs. Des modalités pré-
cises était prévues relativement à la prise en
charge, à la livraison et au paiement.
Ce n'est pas que ces dispositions aient été
adoptées sans une longue lutte ; néanmoins,
elles s'excusent par les nécessités qu'impose
l'état de guerre.
Avec l'article 3, surgissait une série de me-
sures qui mettaient les cultivateurs sous le
joug : obligation pour chacun, pendant une
période de cinq ans, d'ensemencer en cé-
réales panifiables une surface minima fixée
par le ministre de l'Agriculture, interdic-
tion de consacrer à des herbages ou à d'au-
tres cultures toute parcelle de terre laboura-
ble apte à produire des céréales panifiables,
mainmise du Comité communal d'action
agricole sur l'étendue que les propriétaires
ne pourraient ou ne voudraient ensemencer
suivant les indications données, amende de
1 000 à 5 000 fr. par hectare pour l'exploitant
qui ne se serait pas conformé à ces prescrip-
tions. V.n retour, l'Etat s'engageait à faciliter
aux agriculteurs les ressources en main-
d'œuvre, machines, semences, engrais, etc.,
1918. — 5
CHKONIQUE AGRICOLE
indispensables. C'est sur ces mesures draco-
niennes, accusant une méconnaissance ab-
solue des conditions rationnelles de la cul-
ture, que le projet devait échouer. L'adoption
d'un aaiendemenl de M. de Gouyon, destiné à
exonérer les petits cultivateurs de toutes ces
obligations, en sapait la base.
.\u cours de la discussion générale, un cer-
tain nombre d'observations ont été présen-
tées qu'il convient de relever. Il est inutile
d'insister sur cette phrase de M. Compère-
Morel : « La liberté laissée aux initiatives
individuelles est à la base de notre loi. »
Que ce soit de l'ironie ou une conception
spéciale des choses, peu importe. Mais ce qui
est beaucoup plus grave, f'est l'affirmation
portée à la tribune que, d'après une enquête
préfectorale dont il a les résultats entre les
mains, dans 21 déparlements, .'500 fermes
représentant plus de 18 000 hectares restent
volontairement incultes, parce que leurs pro-
priétaires « possédant des centaines de mille
francs, des millions même, plutôt que de
faire travailler leurs terres, préfèrent des
placements plus lucratifs. » Ce mode d'oppo-
ser la paresse et la lâcheté des grands pro-
priétaires à l'activité inlassable des petits
cultivateurs ne pouvait manquer de soulever
l'étonnemenl; on a demandé que les noms
fussent cloués au pilori. Point n'est besoin
d'une telle indignation ; c'était un simple
effet de tribune, familier aux orateurs retors.
M. Compère-Morel sait pertinemment que les
18 000 hectares des 500 fermes de son enquête
correspondent à une surface moyenne de
36 hectares par ferme. Est-ce que ceci se
rapproche, même de loin, de la grande cul-
ture? Ce sont, de toute évidence, des fermes
ou des métairies, dont les fermiers ou les
métayers sont mobilisés et qu'il aura été im-
possible de remplacer. M. Compère-Morel ne
parait pas comprendre que le caractère offi-
ciel dont il est investi actuellement lui inter-
dit de pousser à la lutte de classes chère à
l'école socialiste ; on peut le regretter.
Le régime de lalcool.
La Chambre des députés a consacré deux
séances, le 24 et le 26 décembre, à la discus-
sion du projet de loi sur le régime de l'alcool
présenté il y a deux ans par M. Ribol, alors
ministre des Finances. Ce projet a surtout
pour objet d'alléger les budgets communaux
par la suppression des droits d'octroi sur les
boissons et par la création d'un fonds com-
mun obtenu par le relèvement des taxes ou
droits sur les boissons; le produit de ces re-
lèvements sera réparti entre elles.
Ce projet, longuement étudié par plusieurs
Commissions, suscitait de nombreuses objec-
tions ; pour les atténuer, M. Klotz, ministre
des Finances, a suggéré, et la Chambre a dé-
cidé que le nouveau régime ne serait établi
que pour une année.
Transmis au Sénat, le projet a été adopté
dans la séance du 22 février sans change-
ments. Il a été immédiatement promulgué
(voir p. 92).
On remarquera que le droit de circulation
sur les vins est porté à .5 fr. par hectolitre.
Il est assez probable que, comme l'a prédit
un député, ce nouveau régime sera prolongé
au delà de Tannée 1918.
Office des produits chimiques agricoles.
Dans sa séance du 28 février, la Chambre
des Députés a adopté une proposition de loi
présentée par M. Fernand David, relative à
la création d'un Office central des produits
chimiques agricoles. Cet Office aura pour
rôle de pourvoir à l'approvisionnement en
engrais et toutes matières utiles à l'agricul-
ture; il pourra réquisitionner à cet effet les
appareils, les forces motrices, les établisse-
ments industriels ou commerciaux, etc. Un
crédit de 100 millions de francs sera affecté à
son fonctionnement.
Les céréales d'automne.
Les moyennes générales de l'enquête men-
suelle faite par le ministère de l'Agriculture
sur l'état de culture des céréales d'automne
à la date du 1'^'' février sont réunies dans le
tableau suivant (100 signifie très bon, 99 à 80
bon, 79 à 60 assez bon) :
1918
1917
Blé d'hiver 71 62
Méleil 'ri 65
Seigle 72 67
Orge d'hiver 70 65
Avoine d'hiver 68 66
Les évaluations sont sensiblement meil-
leures cette année qu'en 1917. Il y a lieu
d'ajouter que les notes les plus élevées sont
données, surtout en ce qui concerne le blé, à
la plupart des régions de grande production:
dans la région du Nord et du Nord-Ouest,
Eure, Nord, Pas-de-Calais, Seine-et-Marne,
Seine-et-Oise, Somme; dans celle de l'Ouest,
Maine-et-Loire, Vendée, Deux-Sèvres, Finis-
tère, Côtes-du-Nord; dans celle du Centre,
Loiret, Indre, Allier, Loire, Saône-et-Loire;
dans celle du Sud-Ouest, Gers, Lot, etc.
A la Banque de France.
L'Assemblée générale annuelle des action-
CHRONIQUE AGRICOLE
naires de la Banque de France s'est tenue à
Paris le 31 janvier. Comme chaque année, le
rapport de M. Georges Pallain, gouverneur, a
fait ressortir le montant des redevances
payées à l'Etat en 1917 pour être ad'ectées au
Crédit agricole. Ces redevances se sont éle-
vées à un peu plus de 3t) millions de francs,
au lieu de 23 millions et demi en 1916.
Le total des sommes mises définitivement,
en vertu des lois du 17 novembre 1897 et du
29 décembre 1911, à la disposition du Crédit
agricole, s'est élevé ainsi à un peu plus de
181 millions de francs, en dehors de l'avance
remboursable de 40 millions.
Police sanitaire des animaux.
Le Bulletin sanitaire vétérinaire du minis-
tère de l'Agriculture continue à enregistrer
un excellent élat sous le rapport de la tièvre
aphteuse. Par contre, il signale une extension
de la gale des chevaux, qui provient évidem-
ment de la difl'usion des chevaux réformés
provenant des armées. Au 16 février, cette
maladie était constatée par les vétérinaires
sanitaires sur un millier environ de chevaux
répartis entre 109 communes de 39 départe-
ments. Les déparlements de la Haute-Marne,
du Gard, de Seine-et-Oise, de la Vendée pa-
raissaient, en dehors de la zone des armées,
particulièrement infectés sous ce rapport.
La récolte des olives.
Voici, d'après les évaluations données par
le ministère de l'Agriculture, la répartition
de la production des oliviers en 1917 :
quintaux quintaux
Basses-Alpes... 10 000 Pyrénées-Or. 2S 000
AIpes-Maritim" 100 200 Var 650 000
Ai-dèche 10 000 Vaucluse 120 000
Aude 2 800
Bouches-diL-li.. 123 000 1 306 000
Drôine 40 000 Corse 400 000
Gard 160 000
Hérault 60 000 Total ... 1 706 000
Comme on l'a déjà dit ici, la récolte a été
exceptionnellement abondante. Il faut re-
monter à l'année 1908 pour trouver une pro-
duction qui s'en rapproche (1 S.'jS 060 quin-
taux).
Vente d'animaux reproducteurs.
La 22"= rente annuelle de taureaux et de
femelles de la race normande pure de la
ferme bien connue de MM. Lavoinne frères,
éleveurs aux Bosc-aux-Moines (Seine-Infé-
rieure), a eu lieu le "7 février. Les enchères
ont donné les résultats suivants :
Taiirecnix.
Etendard, à M. P. Dupuis. à Offranville, 1 650 fr.
Ei/lau, M. Brument Ernest. Criquet, 1 400 fr.
Etecleiir, M. le baron Edouard de Rothsctiild, Fer-
rières-en-Brie, 2 100 fr.
Eurojjéi',1, M. Dupont Cti., Bonuières, 1 300 fr.
E/iia, M. Lange Edmond, Bosville, 1 050 ir.
Etam/ifs, M. Lange Alfred, Thionville, 1 600 fr.
Fa(alis/p, M, Leblond Edm., Catenay, 1 850 fr.
Farjolin, M Lecœur C, Grémonville, 800 fr.
Freluquet. M. Bénet H., Bosc-le-llard, 1 000 fr.
Forlunio,}A. Lecarpentier A., La Saussay, 1 000 fr.
Falot, M'"' Ruinet, Lyons-la-Forêt, 1 700 fr.
Farceur. M. Roussel AIdric, Saint-Jean-du-Car-
donnay, 1 «.'JO fr.
Fécond, M. Chatel Edmond, Paluel, 1 150 fr.
Flolicrl, M. Letheu.x G., .Sorquainville, 673 fr.
Facciri, M. Levasseur A., Avremesnil, 1 700 fr.
Erlon, M"" Leforestier, Tocqueville-en-Caux
1 200 fr.
Forum. M.\I. Gardet et .Nion, Yvetot, 930 fr.
Eri.r, M. Delamare .aimable, Bénesville, 950 fr.
Empire, M™» Damois, Néville, 1 400 fr.
Fakir, iM. Pruneau Octave, Combreux (Loiret),
1 000 fr.
Fricoteur, M. Aubruchet Julien, Illois, 1 000 fr.
Folâtre, Société anonyme du château de Mes-
uières, 630 fr.
Friand. M. Dupont Charles, 850 fr.
Farfadet. M. Ratel Jules, Bosc-Ie-Hard, 930 fr.
Forban, M. Vitcoq L., Veauville-les-B., 473 fr.
Falconet, M. Ablin, régisseur de M. le comte de
Germiny, ClasvilleMotteville, 875 fr.
Filleul, M. Mouquet G., Bosc-Bérenger, 1 000 fr.
Vaches et Génisscfi.
Bancjuise, M. Boissière, Etoutteville, 1 300 fr.
Défiance, M. Chatel Edmond, Paluel, 1 500 fr.
Délicate. M. Bonet M., EUou (Calvados), 900 fr.
Oonzelte, M. Chatel Edmomi, Paluel, 1 300 fr.
Vamélia, M. Laine Emile, Ouainville, 1 630 fr.
La vente des 32 animaux offerts aux en-
chères a produit un total de 38 775 francs.
Le marché du travail.
L'Union du Sud-Est des Syndicats agri-
coles nous signale une proposition de loi qui,
si elle était votée, constituerait une très grave
atteinte à la liberté de l'agricuilure, du com-
merce, de l'industrie et du travail. L'essentiel
de la proposition se résume dans les deux
idées suivantes :
1° Inteidiction absolue sous peine d'ane
amende de 16 à 100 fr., d'un emprisonnement
d'un mois à six mois, à tout particulier ou col-
lectivité (le recueillir des offres ou des demandes
d'emplois pour s'entremettre en vue de procu-
rex- du travail à ou chez autrui.
2° Monopole absolu du placement au prolit des
bureaux municipaux et départnmentaux qui de-
vront être établis dans les commîmes et les dé-
partements et des offices centraux constitués
auprès du ministère du Travail et du ministère
de l'Agriculture.
L'Union du Sud-Est fait ressortir que, si
cette proposition passait à l'état ds loi, le
lait pour un particulier de s'entremettre,
même accidentellement et gratuitement,
pour procurer du travail serait un délit; les
84
PRIX LIMITE DES INSTRUMENTS ET MACHINES
Syndicats seraient privés du droit qu'ils tien-
nent de la loi du 21 mars 1884 et de celle du
24 mars 19(J4 de renseigner sur les ofires et
demandes de travail et de placer gratuite-
ment; tous les industriels, commerçants,
agriculteurs seraient à la merci des bureaux
officiels, et â un moment où la main-d'œuvre
sera si rare, ils seraient absolument privés
du droit de créer les organismes propres à la
leur procurer.
Ecole nationale d'industrie laitière.
Les examens d'admission à l'Ecole natio-
nale d'Industrie laitière de Mamirolle (Doubs)
auront lieu au siège de l'établissement le
mardi 2 avril. Un certain nombre de bourses
seront attribuées aux candidats les plus
méritants qui auront justifié de l'insuffisance
de leurs ressources.
Les demandes d'inscription et de bourse
doivent parvenir avant le 15 mars.
Le programme est envoyé à toute per-
sonne qui en fait la demande au Directeur
de l'Ecole, à Mamirolle.
Henry Sagnier.
PRIX LIMITE DES INSTRUMENTS ET MACHINES
Le ministère de l'Agriculture et du Ravi- | prix limite pour la vente au détail des ma-
taillement a publié au Journal Officiel du | chines de récolte et des instruments ara-
27 février le tableau suivant, qui fixe les I toires :
Machines de récolte.
Les prix ci-dessoiis des machines de récolle soyit ceux de la vente an détail,
franco gare acheteur.
'.50.
".10.
Faucheuse à 1 cheval
— à 2 chevaux
Appareil à moissonner à i cheval
— à 2 chevaux
Moissonneuse-javeleuse, coupe lm.25
— coupe !™.35
— coupe l^.SO
Moissonneuse-lieuse avec son chariot, coupe 1°
— — coupe
Râteau à cheval, modèle lourd à 24 dents
— — à 26 dents
— à 2S deuts
— type léger à 26 dents
— type léger à 32 dents
Rùteau faneur, grand modèle, largeur 2 mètres à 2'". 40.
— petit modèle, largeur !>",S0 à 2 mètres..
Faneuse à fourches (6 fourches à i dents)
Ficelle Sisal, le kilogramme
— Manille, le kilogramme
^'abrication
Fabrication
française.
étrangère.
francs
francs
"750 »
7-75 »
8jU »
875 »
120- ..
»
130 ..
1 150 »
1
175 »
1 n5 <r
1
200 ..
1 215 »
l
240 ..
2 275 H
2
300 ..
»
2
450 ..
530 ..
»
54;; .1
„
565 »
4S3 ..
»
510 ..
975 "
1
100 ..
950 »
975 ..
6-5 »
760 .
5.15
5.15
5 . 05
5.05
Instruments aratoires.
tes prix ci-dessous des instruments aratoires sont ceu.r île la vente an détail.
sur vagon gare départ usine.
Prix
au kiloLTamme.
Charrues de construction entièrement métallique
(sauf celles spéciales pour tracteurs)
Pesant jusqu'à 110 kilogr
Pesant de 110 à 130 kilogr
Pesant au-dessus
Extirpateurs et scarificateurs, bâti acier dents rigides; cultivateurs-extirpateurs et
herses dents flexibles
Hersée métalliques
Houes à 1 rang à mancherons, modèle léger
Houes à plusieurs rangs, modèle lourd
Rouleaux cylindres tôle d acier
Rouleaux cylindres fonte
francs
65
50
Des prix limite sont également fixés pour
les fournitures destinées à la ferrure (fers
à cheval, fers à bœufs et clous pour la fer-
rure).
surf L'ORIGINE DE LA LUZERNE CULTIVÉE
85
SUR L'ORIGINE DE LA LU/ER^E CULTIVÉE
Certains marchands grainiers, outre la se-
mence de luzerne ordinaire {Med'icago snliva),
portent sur leurs catalogues celle de la lu-
zerne rustique ou des sables {3J. média). Cette
dernière plante, si elle n'est pas recomman-
dable dans les sols où prospère la luzerne
commune, réussit au contraire et donne un
fourrage d'assez bonne qualité dans les ter-
rains médiocres et légers.
Cette luzerne des sables est considérée par
la plupart des botanistes modernes comme
un hybride fertile et plus ou moins fixé de la
luzerne ordinaire (M. saliva) et de la luzerne
falciforme (M. falcafa), qui constitueraient
deux espèces distinctes; pour d'autres bota-
nistes au contraire, notamment Âlefeld, les
M. saliva, M. nipdia et M. falcata ne seraient
que trois variétés d'une seule espèce. Enfin, si
le M. salira n'existe que cultivé dans nos ré-
gions, on en trouverait des formes sauvages
dans l'Afrique du Nord, l'Europe orientale et
l'Asie.
Un travail important du D" Trabut, qui a
été inséré dans les Comptes rendus de l'Aca-
démie des Sciences (t. 164, n" 16, 16 avril
litl", p. 607-tiOtt), jette un jour tout nouveau
sur celte question controversée : la luzerne
cultivée aurait elle-même une origine hy-
bride. Avant d'analyser cette étude, qui fait
en quelque sorte suite à celle consacrée pré-
cédemment par le même auteur à l'avoine (1),
il convient d'examiner un peu en détail les
caractères distinctifs des trois plantes dont
nous allons avoir à nous occuper.
Si nous résumons les caractères des plantes
envisagées d'après l'ouvrage florislique le
plus complet et le plus récent (Rouy, Flore
de France, t. V, 1899, p. 11-15), nous obte-
nons le tableau ci-dessous :
I. M. falcata L. — Tiges couchées; fleurs
jaunes, jaune dofp, presque orangées {anrei/lora
Rouy) ou blanchâtres {alhiflora Babey), à pédi-
celles plus longs que le tube du calice; légumes
peu fakiformes ou presque droits.
Race M. silvestris Pries. Corolle jaunâtre ou
d'abord jaune plus ou moins teintée de violet,
puis violacée (cyclocarpa Hy), ou violacée sans
mélange de jaune {lilacea Hy) ; légumes semi-
circulaires ou annulaires. (Cette race, souvent
confondue avec le M. meiUa, ne serait pas hy-
bride selon Piouy.)
(1) Voir notre article : A propos de l'origine des
avoines cullivées, dans le Jaurnal d'AgricuUuri pra-
tique, 1910, t. )I, p. 5T0-573.
II. M. salira L. — Ti;.'es dressées ou ascen-
dantes; fleurs en grappes oblongues, multi-
flores; corolles violettes ou bleuâtres; pédicelles
plus courts que le tube du calice ; légumes cour-
bés en spirale à 2 tours 1/2 de spire.
Sous-espèce M. glomerala Balb. Tiges ascen-
dantes; fleurs en grappes courtes; corolles
jaunes; pédicelles plus longs que le tube du
calice; légumes courbés en spirale à 2-3 tours de
spire.
ni. M. varia Th. Mart. (= M. falcttla saliva
Rchb.). — Hybride à port de M. saliva, mais à
tiges tombantes ou couchées à la base; fleurs
d'abord d'un jaune plus ou moins foncé, puis
verdâtres, enfin violacées ou bleuâtres; légumes
la plupart courbés en spirale à 1-2 tours de spire
et laissant au centre un espace circulaire élargi,
plus rarement annulaires.
De Lamarck et De Candolle, dans la 3° édi-
tion de leur Flore française (t. IV, 1805,
p. 339-340), ne distinguent pas le M. varia et
donnent au M. salira des fleurs ordinaire-
ment de couleur violette ou purpurine, quel-
quefois jaunâtre ou bleuâtre, et des gousses
formant un ou deux tours sur elles-mêmes;
au M. falcala, des fleurs ordinairement d'un
jaune rougeâtre, ou quelquefois d'un jaune
pâle mêlé de bleu ou de violet et des gousses
courbées en forme de faucille. (Juant au
M. glomerala, ils le considèrent comme ayant
beaucoup de rapports avec le M. falcata,
dont ils le distinguent parla tige plus droite,
les folioles nullement dentées au sommet, les
Qeurs toujours jaunes, disposées en petits
corymbes serrés et les gousses décrivant
deux révolutions.
Pour Coste [Flore descriptive et illustrée de
la France, t. I, 1901, p. 322), le M. glomerala
est voisin à la fois de M. saliva et de ;)/. fal-
cala : si, comme ce dernier, il a en effet des
fleurs jaunes à pédicelles plus longs que le
tube du calice, il lient du premier par les
gousses à 2-3 tours de spire.
Franehet [Flore de Loir-et-Cher, 1883,
p. 131-132) ajoute quelques caractères dis-
tinctifs : fleurs assez grandes (10-13"™) en
grappes, s'allongeant beaucoup à la maturité,
pour le il/, saliva; fleurs médiocres (8-10""),
en grappes courtes pour le M. falcata ; fleurs
en grappes restant courtes, même à la matu-
rité, pour le M. média. Il émet d'ailleurs des
doutes sur l'hybridilé de celte dernière
plante, se basant sur ce que ses graines pa-
raissent bien constituées, et qu'elle végète
souvent en dehors du voisinage des deux
autres.
86
SUR L'ORIGINE DE LA LIZERNE CULTIVEE
La dislinclion des graines de M. saliva et
de M. falcata est assez délicate ; celle des
graines de M. sativa et de M. varia quasi im-
possible avec certitude. Dans le M. falcata,
les graines sont plus petites que dans la
luzerne commune, leur contour est ovale et
non réniformc, la radicule est plus grande et
plus saillante, n'étant pas appliquée aussi
étroitement sur les cotylédons : ces carac-
tères sont d'ailleurs dus à la forme même de
la gousse et au lait que seules quelques
graines se développant, elles ne sont pas
gênées par leurs voisines; chez le M. sativa,
au contraire, les tours de spire déforment les
graines et les aplatissent souvent, en les fai-
sant se presser mutuellement.
Urban, en fécondant le M. falcata qui ne
donne qu'un faible rendement en semences,
par le pollen du M. sativa, a obtenu des
plantes répondant absolument à la descrip-
tion du M. varia, et dont la production en
graines était de beaucoup accrue.
Stebler et YolUart [Les meilleures plantes
fourragères, 2° partie, S" édit., 1911. p. 112)
rapportent que la transformation de la luzerne
falciforme en luzerne des sables a été cons-
tatée dans leurs essais et dans ceux d'Urban.
*
Dans le nord de l'Afrique, l'espèce typique
M. saliva n'e.xiste pas à l'état spontané. Ce
qu'on a considéré comme sa forme sponta-
née, aussi bien dans cette région qu'en Asie-
Mineure, dans le sud de la Uussie, le Cau-
case, la Perse, r.\fghanistan et une partie de
l'Inde, ne se rapporte qu'à l'un de ses parents,
qui, par croisement, lui a donné naissance.
Dans l'Afrique du Xord, le M. falcata
n'existe pas non plus. La seule plante nous
intéressant, qui pou.sse spontanément, est le
M. (jetiila Urban; il faut y rattacher celles
qui ont reçu d'autres botanistes Ips noms de
M. Tunetana Muriîeck, conforta Gibb, cœru-
lea Less. et Ledeb. Les fleurs sont, très va-
riées comme coloration (jaunes, brun violacé,
bleues, roses ou blanches) ; la gousse décrit
jusqu'à 4- et même 5 tours de spire; les ra-
cines s'implantant dans des sols peu pro-
fonds sont peu pivotantes, et il existe par
contre des rhizomes parfois très longs.
Dans la plaine de Sétif, cette luzerne spon-
tanée se trouvant depuis la colonisation euro-
péenne en contact avec la luzerne cultivée,
un hybride s'est produit par fécondation
croisée : c'est la race locale dite Luzerne de
Sétif, possédant un grand nombre de petites
formes différentes qui résultent des diverses
combinaisons produites par les hybridations
successives.
Par contre, les graines de M. ç/ehila récol-
tées loin de toute culture donnent des pro-
duits fixes, de faible végétation et peu sus-
ceptibles d'être employés comme fourrage.
Bien que le M. falcata, ainsi que ses formes
secondaires [M. rulhenica, M. glutinosa, M.
platycarpa), soit une espèce plus septentrio-
nale, son aire très étendue se trouve plus que
probablement en contact sur bien des points
avec celle des Medicago spontanés, qui ont
été récoltés comme formes sauvages du
M. sativa. Les hybrides produits, lorsqu'ils
entêté de végétation luxuriante, ont été mis
en culture et désignés sous le nom de M. sa-
tiva; quant aux formes les plus voisines du
M. falcata, elles constitueraient le M. média.
On peut trouver des plantes cataloguées
M. média par les botanistes, là où n'existe
pas le type pur de M. falcata ; dans ce cas,
elles dériveraient du jl/. saliva des cultures,
dont certaines d'ailleurs se distinguent diffi-
cilement. Si, d'autre part, on étudie avec
soin un nombre assez important de pieds de
luzerne cultivée, on y reconnaît une grande
diversité de formes, et on peut retrouver sur
presque tous les pieds des traces de l'in-
fluence du 3L falcata.
L'origine hybride de la luzerne cultivée
expliquerait la grande facilité avec laquelle
cette plante varie sous les difïérents climats,
et y constitue rapidement des races locales
d'aptitudes très di.lTérentes (luzerne d'Arabie,
du Pérou, du Turkestan, d'Australie, etc.).
*
Se plaçant sur le terrain pratique, le
D' Trabut estime que si l'on veut sélectioR-
ner l'une des nombreuses races locales que
présente la luzerne cultivée, il est nécessaire
d'opérer dans une région oii n'existe ni
M. falcata, ni M. varia; on pourra obtenir
les porte-graines par bouturage, ce qui per-
mettra de récolter rapidement une quantité
suffisante de graines. On arrivera ainsi à
isoler des races susceptibles de donner d'ex-
cellents rendements dans des conditions très
diverses de sol et de climat.
D'autre part, l'attention des sélectionneurs
devra également se fixer, en vue de l'utilisa-
tion dans les contrées les plus septentrio-
nales, sur les formes du 31. falcata et de ses
hybrides les plus proches.
Enfin, pour les régions froides et arides,
il y aurait intérêt à recourir à des croise-
ments avec M. getuta. qui transmettrait à
une partie de sa descendance hybride son
caractère d'émettre des rhizomes.
Cu. GUFFROY,
Ingénieur agronome.
CONGUÈS DES COOPÉRATIVES DE CULTURE DES RÉGIONS LIBÉRÉES
87
CONGRÈS DES COOPÉUATIYES DE CULTURE
DES RÉGIONS LIBÉRÉES
Le Journal d'Agriculture pratique a déjà
signalé l'importance du Congrès qu'a orga-
nisé à Paris, il y a trois semaines, M. de
Warren pour , coordonner et grouper les
efforts des Coopératives de culture fondées
dans les régions libérées.
Il convient, devant l'importance de cetle
manifestation, d'en souligner à nouveau la
signification.
Les efforts faits par M. de Warren depuis
dix mois pour grouper les agriculteurs sinis-
trés viennent de recevoir, en effet, une véri-
table consécration. Au mois d'août dernier,
on comptait une douzaine de Coopératives
dans la zone reconquise; à l'beure actuelle,
leur nombre dépasse 80 et les groupements
qui se forment permettront sous peu d'en
avoir plus de 100. Grâce à ces Coopératives
de culture, les surfaces incultes se défrichent
et près de 40 000 hectares vont, au cours de
cette campagne, être mis en valeur par les
efforts réunis d'agriculteurs courageux ren-
trés dans la zone désolée où les efforts indi-
viduels sont voués trop souvent à l'insuccès.
C'est le mérite de la mission de Warren
d'avoir immédiatement compris, en visitant,
en 1917, ces zones dévastées du Pas-de-Ca-
lais, de l'Aisne, de la Somme et de l'Oise, où
il n'existait plus, au départ de l'ennemi, ni
bâtiments, ni cultures, ni bétail, que les
efforts du cultivateur isolé échoueraient trop
souvent et qu'il convenait, pour réussir, de
réunir en commun les moyens d'action. Les
Coopératives sont nées ainsi et leur nombre
grossissant montre le succès de l'idée.
Les Coopératives qui représentent, dans
ces régions désolées par la sauvagerie alle-
mande, les efforts de l'agiicullure locale, ont
trouvé partout, en effet, des -sympathies et
des appuis. Les avances faites par l'Etat
leur permettent de s'outiller et d'avoir les
fonds de roulement nécessaires, le Service de
la culture des terres leur a défriché les terres
les plus convenables, les Centres de répara-
tion de matériel agricole aux armées qui
fonctionnent à Arras, à Blérancourt, à Dury,
à Péronne, leur ont prèle du matériel, et en
parcourant ces zones dévastées, on voit ac-
tuellement des céréales vigoureuses qui sont
leur œuvre, et des labours qui voni assurer des
cultures de printemps importantes, puisque,
comme nous le rappelions tout à l'heure,
près de 40 OOO hectares vont être emblavés.
Toutefois, M. de Warren a estimé, de-
vant l'importance même de ces résultats,
qu'il convenait de faire connaître aux pou-
voirs publics les besoins des coopéraleurs,
afin d'aider à l'essor de leurs œuvres, et qu'il
importait, d'autre part, de ne pas laisser
ignorer aux cultivateurs les organismes
créés par l'Etat pour les aider. De là l'idée
de ce Congrès que .M. Bachelet, qui fut l'un
des premiers ^pionniers de la coopération
dans les régions libérées, avait accepté de
diriger. MM. Lebrun, ministre des Régions
libérées, et Compère-Morel, commissaire à
l'Agriculture, qui ont présidé les séances du
Congrès, ont montré, de leur coté, tout l'in-
térêt que lui portaient les pouvoirs publics.
Des rapports présentés et des discussions
ouvertes, il résulte que les Coopératives ont
besoin d'argent, de main-d'œuvre et d'aide
en nature.
En ce qui concerne le crédit, M. Henry
Girard a justement montré combien il im-
portait de simplifier les formalités adminis-
tratives pour attribuer aux agriculteurs des
régions libérées, les fonds de roulement qui
leur sont nécessaires ; il a insisté pour que
le vote rapide de la loi des dommages de
guerre permette le versement d'avances dé-
passant 50 0/0 de la valeur en 1914. C'est là
le point essentiel et il serait désirable que
le Parlement aboutisse enfin sur une ques-
tion d'importance si manifeste.
Outre l'argent, la main-d'œuvre manque
dans les zones dévastées. M. Guillemot,
l'habile agriculteur du Sois.sonnais, a bien
traduit les besoins de sa région en deman-
dant l'aide de prisonniers de guerre, de Com-
pagnies agricoles renforcées, et de nouvelles
Compagnies belges, américaines ou chinoises.
Il ajustement insisté enfin sur l'opportunité
qu'il y aurait à ce que l'Etat laisse la possi-
bilité aux agriculteurs de payer leurs frais
de main-d'œuvre par délégations sur dom-
mages de guerre.
Pour aider les agriculteurs et leur fournir
des avances en nature, la loi du 4 août der-
nier a constitué l'Oflice de Reconstitution.
M. Pierre Bertliault a tenté de montrer aux
coopérateurs comment l'Office pouvait leur
venir en aide et comment il pouvait mettre à
leur disposition les machines, les semences
ou le bétail commandé par ses Services cen-
traux ou par les Sociétés tiers mandataires
S8
LA REQUISITION DiS LALXES EN 1918
constituées ou en voie de constitution.
M. H. Hitier, dans le même ordre d'idées,
a dégagé pour les cultivateurs les grandes
lignes de l'agriculture des régions sinistrées
où la saleté du sol, la pénurie de moyens
d'action, la destruction des fabriques de sucre
ou d'alcool, conduisent à des modifications
profondes des systèmes de culture.
M. Caurette et M.Pointier, dans des études
poussées, ont montré comment devait se
faire la reconstitution des immeubles et !e
développement des Coopératives.
Le capitaine Goudard, clief du Service de
la culture des terres, a insisté enfin sur la
nécessité pour obtenir, avec les tracteurs,
un travail qui ne soit pas trop onéreux, de
grouper les terres à labourer et d'assurer
par d'autres moyens que la traction méca-
nique, les façons culturales complémentaires
du labour.
bref, tout un ensemble d'échanges de vues
entre les agriculteurs et les Services publics
a permis la mise au point des principales
questions ayant trait à la reprise de la vie
agricole ; nous ne doutons pas de la portée
pratique que ne peut manquer d'avoir, pour
la remise en valeur des régions dévastées,
cette importante manifestation. X.
LA RÉQUISITION DES LAINES EN 1918
A diverses reprises, nous nous sommes
fait l'écho des protestations des éleveurs de
moutons contre l'insuffisance des prix payés
jusqu'ici par l'Intendance militaire pour la
réquisition des laines. On redoute que les
mêmes errements soient suivis cette année.
Déjà nous avons signalé les vœux émis sur
ce sujet par la Société d'Agricullure de la
?vièvre (numéro du 24 janvier 1918, p. 22).
Plus récemment, le C février, a eu lieu à
Paris une réunion d'une cinquant;iine d'éle-
veurs de moutons parmi les plus importants,
appartenant surtout aux régions de produc-
tion des laines fines.
Ces éleveurs, propriétaires d'au moins
30 000 bêles de choix, brebis de sang pur,
béliers consacrés à la reproduc'ion, ont émis
un vœu analogue à'celui de la Société d'Agri-
culture de la Nièvre.
Les éleveurs considèrent que les prix
payés jusqu'ici sont absolument dérisoires,
eu égard à la situation économique, notam-
ment au prix des aliments du bétail, aux sa-
laires qu'il convient de donner aux bergers,
au prix de revient des laines exotiques, et
même au prix qu'elles sont payées aux éle-
veurs de la Plata ou d'Australie.
Us estiment que si cette manière de procé-
der devait se perpétuer en 1918, le coup su-
prême serait porté à l'élevage du mouton en
France, élevage déjà si diflicile dans les cir-
constances actuelles. Les recensements suc-
cessifs opérés depuis trois ans font claire-
ment ressortir une effrayante diminution du
troupeau. Il conviendrait, au contraire, d'en
favoriser l'accroissement d.tns l'intérêt du
ravitaillement général en viande, dans l'inté-
rêt de l'industrie textile et dans celui des cul-
tivateurs des régions envahies qui ne pour-
ront guère, au début de la reprise de leurs
terres, entretenir que des moutons.
Leur conclusion a été qu'il serait néces-
saire que le prix payé pour la laine en 1918
fiU fixé de 6 à 8 fr. le kilogramme en suint,
suivant finesse et rendement.
Aussi bien dans le Centre que dans le
Nord, les réclamations dont nous avons eu
l'écho dans les années précédentes se renou-
vellent contre les prix payés jusqu'ici.
Comment l'Administration militaire ac-
cueille-t-elle ces réclamations? D'après les
renseignements que j'ai reçus, 1 Intendance
serait disposée à relever les prix et à payer
au taux de 4 fr. 20 le kilogramme les laines
en suint d'un rendement de 45 0/0. Quand il
s"agir.ait de lots de choix absolument excep-
tionnels, les vendeurs pourraient demander
qu'il leur fût attribué une légère prime à
titre d'encouragement.
Or, ce prix de 4 fr. 20 est tout à fait infé-
rieur au prix de revient actuel de la laine. Je
me suis fait donner à cet égard le relevé des
frais et des recettes, pendant l'année 1917,
d'une bergerie importante de la Beauce, dont
le troupeau se compose de 200 brebis dish-
ley-mérinos.
Sans tenir compte de la part qui peut re-
venir au troupeau dans les frais généraux de
la ferme, en mettant d'un côté les recettes
provenant de la vente normale d'agneaux
pour la boucherie et des brebis réformées,
enfin la valeur du fumier, en mettant en re-
gard les dépenses nécessaires pour l'alimen-
tation du troupeau et en n'évaluant ces dé-
penses, pour les produits provenant de là
ferme, qu'aux taux les plus laibles qu'il soit
possible de compter aujourd'liui, on arrive à
ce résultat : pour que le troupeau ne donne
pas de pertes, il est indispensable que
laine en suint soit vendue au prix de 8 fr
kilogramme.
On voit combien la difTérence est énorme
avec les prix imposés par l'Intendance, qu'elle
majore, il est vrai, cette année, mais dans
une proportion tout à fait insuffisante.
En effet, à quel prix paye-telle la laine
étrangère?
D'après les renseignements très positifs
que j'ai reçus à cet égard, les laines de l'Ar-
gentine et de la Plata reviennent à 9 fr. le
kilogramme en suint à 40 de rendement.
Il y a donc «ne dilTérence de 100 0/0 dans
le traitement qui est fait aux laines étran-
gères, par rapport aux laines françaises.
Nous nous trouvons, une fois de plus, en
présence de ce fait, que l'Administration mi-
rRACTEURS DU GOUVERNEMENT ANGLAIS:
la
le
89
litaire cherche à acheter au plus bas prix en
France, sans tenir compte des changements
survenus dans la situation, tandis qu'elle
achète à dos prix très élevés à l'étranger.
Les réclamations des éleveurs sont entiè-
rement justifiées. Nous nous en sommes fait
l'écho dans des circonstances précédentes;
aujourd'hui, on ne peut qu'appuyer de la
façon la plus formelle leurs réclamations ins-
tantes, d'autant plus, il faut bien le dire,
qu'il y a là un véritable danger pour l'avenir.
Je connais des fermes où l'on entretenait des
troupeaux importants de moutons dans la
Beauce et dans la Brie, qui les ont liquidés
parce que le prix de la laine payé depuis le
début de la guerre leur a fait éprouver des
pertes trop considérables.
Henby Sagnier.
TRACTEURS DU GOUVERNEMENT ANGLAIS
M. W. R. Wintour, Executive and Machi-
nery Officer, a publié sur le travail de cer-
tains tracteurs du Gouvernem^-nt anglais le
rapport suivant dans le Mark Lane Express,
du 31 décembre 1917.
Il s'agit de tracteurs Tilan et de charrues
Cockshutt à trois raies, opérant dans les
champs de Spalding (comté de Holland).
Au début, on n'avait que trois tracteurs qui
servirent à l'apprentissage des 18 soldais
affectés au comté. Les hommes se sont fort
intéressés au travail et étaient fiers de con-
duire les machines ; ils ont beaucoup con-
tribué aux excellents résultats obtenus.
A partir du 12 octobre, sept tracteurs Titan
ont labouré :
Surface (en hectares)
moyenne
totale.
par
tracteur
Semaines :
—
—
12 au 19 octobre
45.8
6.54
20 au 26 —
58.4
8.34
27 oct. au 2 novemb.
61.4
8.77
.3 au 9 novembre . . .
54.6
7.80
10 au 16 —
62.0
8.85
n au 23 —
62.4
8.91
24 au 30 —
49.6
7.08
Total
394.2
Le rapport n'indique pas le nombre de
journées de travail dans la semaine; il
semble qu'il n'y en avait que cinq en
moyenne.
Le travail suivant, effectué par un des
tracteurs de la batterie, est sans doute le re-
cord de tous les tracteurs travaillant dans le
Royaume-Uni sous la surveillance de l'Etat.
Du 19 octobre au 30 novembre, on laboura :
hectares
w semaine
6.0 ((leadanl 4 jours senlemeiit)
2= —
11.2
S" —
9.4
4e _
9.2
5" —
.. 14.0
6« —
.. 14.0
"e —
To
tal...
S. S
.. 72.6
On ne laboura jamais à moins de0™.lo de
profondeur et, pendant trois jours, on fit un
labour profond à 0" 30.
Le prix minimum demandé aux fermiers
était de 62 fr. 30 par hectare.
Pour ces 72.6 hectares, les consommations
totales furent les suivantes :
Pétrole 3 323 litres.
Essence minérale 114 —
Jluile 264 —
Graisse S kilogr.
Ces consommations comprennent non seu-
lement celles relatives au labour, mais aussi
les dépenses dues aux voyages sur route, de
ferme en ferme; à chaque déplacement sur
route, on employait deux heures pour enle-
ver les cornières des roues motrices. Il y eut
10 déplacements représentant un parcours
total de 103 kilomètres, soit, en moyenne,
1 400 mètres de voyage sur route par hectare
labouré.
Un autre tracteur de la batterie laboura
18 hectares à 0'°.17S de profondeur en une
semaine ; en sept semaines, il laboura 66 hec-
tares 8, soit 9 hectares 1/2 en moyenne par
semaine.
Le tableau suivant récapitule les recettes
et les dépenses du service (ministère de
l'Approvisionnement) :
90
POMMES DE TERRE FOURRAGÈRES
Recettes :
389.4 hectares à
2.4 —
2.4 —
fr.
62.
78.12.
93.75.
3. fr. c.
iO 24 337.30
394.2
187.4
22:;
24 749 98
Dépenses. — Total &es dépenses de
toute nature pour les 7 tracteurs
pendant 7 semaines, non compris
la dépréciation du matériel 13 513,60
La différence au profil de l'Etal ressorl à
9 236 fr. 38, donl il faut défalquer une
somme représenlanl l'inlérêl et l'amortisse-
menl du capital engagé: mais le plus grand
profil pour le pays a été qu'on a pu ense-
mencer en blé près de 400 hectares qui se-
raient restés incultes sans le secours de ces
sept tracteurs.
R. Dessaisaix.
POMMES DE TERRE FOURRAGERES
Nous avons récemment publié ici (numéro
du 21 février, p. 69) une élude des Pommes
de terre potagères, accompagnée d'une
planche coloriée semblable à celle ci-conlre,
étude à laquelle les lecteurs voudront bien
se reporler pour diverses indications qui
s'appliquent également au.x variétés ici envi-
sagées.
Les Pommes de terre fourragères sont,
avant tout, des variétés à grand rendement,
lequel n'est pas inférieur à une vingtaine de
mille kilogr. à l'hectare; il dépasse parfois
30 000 kilogr. chez certaines variétés, lorsque
l'état des plants et les conditions culturales
sont favorables. Pour la nourriture du Ijétail,
la quantité importe, en effet, bien plus que
la qualité, qui n'est pas, toutefois, complète-
ment à négliger, au moins en ce qui con-
cerne les matières nutritives. Les autres mé-
rites : robusticité, résistance à la maladie,
conservation, etc., ont également une impor-
tance très appréciable, puisque la production
et l'utilisation des tubercules leur sont subor-
données dans une certaine mesure. Mais,
nous le répétons, l'abondance du produit en
tubercules passe avant toute autre considé-
ration.
■Quant aux qualités culinaires, elles laissent
souvent à désirer en ce qui concerne la con-
sistance et la finesse de la chair, mais on
sait combien cette appréciation est variable
chez les consommateurs, et nous avons pré-
cédemment expliqué à quoi elle tient.
D'autre part, si toutes les variétés dont
nous allons bientôt parler sont fourragères
en ce sens qu'elles conviennent toutes à
l'alimentation du bétail, plusieurs sont dites
fécuUèrcs ou industrielles, parce qu'elles sont
particulièrement ricl,ies en fécule et plus
spécialement cultivées pour l'extraction de ce
produit et pour la fabrication de l'alcool.
Nous les signalerons séparément.
En raison de leur importance, les Pommes
de terre fourragères ont toujours sollicité
l'attention des semeurs et des cultivateurs
qui recherchent sans cesse des variétés plus
productives et meilleures aux autres points de
vue ; elles ont toujours été aussi nombreuses
que les variétés potagères.
Toutefois, vers la fin du siècle dernier,
tandis que les Anglais s'adonnaient principa-
lement à l'obtention des variétés potagères,
les Allemands, avec le sens pratique qu'on
leur connaît, portèrent surtout leurs efforts
sur l'obtention des variétés industrielles. Si
l'on peut leur reprocher d'avoir, dans un but
mercantile, inondé le monde d'un déluge
de nouveautés, parmi lesquelles le temps et
l'expérience ont heureusement opéré une sé-
lection très rigoureuse, il serait injuste de
méconnaître qu'ils ont réalisé un progrès no-
table au triple point de vue de la robusiicilé
des plantes, de leur rendement en tuber-
cules et de la richesse en fécule dans plu-
sieurs variétés devenues populaires. En
France, quelques bonnes variétés ont aussi
été obtenues, notamment Y/nslitut de Beau-
vais qui reste une des meilleures variétés de
grande culture.
Variétés fourragères.
Maijnum honum est une des variétés an^;laises
les plus anciennes et une de celles qui ont été
les plus généralement cultivées. C'est le type de
la Pomme de terre à tous usages, à laquelle sa
chair blanche n'a même pas interdit la vente
sur les marchés à l'arrière-saison. Ses tubercules
sont oblongs, lisses, moyens, jaunes, à chair
blanche, à germes roses et fleurs lilas. Elle ren-
ferme 13 à l'j 0/0 de fécule. Bien qu'elle soit
presque cinquantenaire, elle est encore assez vi-
goureuse pour soutenir la comparaison avec
beaucoup d'autres variétés et pour produire jus-
qu'à 25 000 kilogr à l'hectare.
La Czarine, d'origine probablement française,
remonte vers 1890. Elle produit de gros et beaux
tubercules ronds, à yeux enfoncés, jaunes, pa-
nachés de rose; la chair en est blanche. CVst une
variété robuste et très productive, renfermant
15 à 17 0/0 de fécule, de bonne garde et encore
très recommandable par les rendements élevés
qu'on peut en obtenir dans de bonnes conditions
de culture.
Librairw A/^ricolc Ji: ta Maison Rit.sliqiiu
imp. suijmiii. p.
POMMES DE TERRE DE GRANDE CONSOMMATION
(Germes, Fleurs, Tubercules entiers et coupés)
POMMES DE TERRE FOURRAGÈRES
91
InstUtitde lk'auiaix,ohlenue à l'Ecole d'Agricul-
ture dont elle porte le nom, en 1882, est encore
une des meilleures variétés de ferme par
ses rendements 1res élevés dépassant parfois
35 000 Ivilogr. à l'hectare. Son tubercule, très
gros, oblorig, avec des yeux peu enfoncés, est
d'une couleur carnée qui la fait aisément recon-
naître. La chair en est blanche et renferme envi-
ron lo 0/0 de fécule.
Merveille cl'Amih-ique honore son pays d'origine
tant par sa grande résistance à la dégénéres-
cence, puisque son introduction remonte à 1872,
que par sa très giaiide productivité qui peut at-
teindre 2r) 000 hllogr. à l'hectare, sa bonne garde
et sa richesse e'i fécule qui est de lo à 17 0/0.
Son tubercule est gros, rond, à yeux enfoncés,
d'un rouge particulièrement foncé qui le dis-
tingue de la plupart de ses congénères; sa chair
est blanche et ses fleurs lilas.
Farineuse .rouge, la populaire Balle de farine, la
doyenne des variétés de grande culture, nous est
venue d'Angleterre en 1872. Longtemps considé-
rée comme féculière, elle a cédé le pas, pour
cet usage, aux variétés que nous citerons plus
loin, mais elle a f;ardé pour la ferme ses méiitos
de robiisticité, de bonne garde et d'abondante
produc'ion, laquelle peut atteindre jusqu'à
2o 000 kilo;.'r. à l'hectare. Son tubercule est rond,
rouge, à peau rugU'-use, et sa chair blanche ren-
ferme environ lo 0/0 de fécule.
Géante sans pareille (syn, Andréa), précédem-
ment citée parmi les variétés potagères tardives,
pour sa cliair jaune et ses qualités culinaires,
n'en est pas moins une excellente variété de
ferme par snn rendement élevé qui peut at-
teindre 25 000 kilngr. à l'hectare, par sa bonne
garde et par sa chair jaune et fine qui renferme
environ 15 0/0 de fécule.
Industrie (syn. Safran) est à chair encore plus
jaune préférable pour la table, et d'un rende-
ment au moins égal et plus riche encore eu
fécule.
Rouge du Soissonnnis est dans le même cas que
les précédentes, sa couleur donnant le cliange
avec la Saucisse, dont elle s'éloigne toutefois
par sa forme simplement oblongue et par sa
chair blanche. Sa conservation étant très longue,
elle vient maintenant aux Halles où l'on n'est
plus regardant comme autrefois, et pour cause!
On peut encore comprendre parmi les bonnes
variétés de lerme la Géante de Rpuding qui con-
currence la Magnum bonum, YImperator hâtive.
Jaune d'or de Norvège, la Béarnaise, enfin frimel
qui voisine avec lEarly rose qui n'est elle-même
pas à dédaigner pour l'alimentation automnale
dans les fermes.
Variétés îéculières.
Impéralor tient depuis longtemps la première
place dans ce groupe par la généralité de sa
culture pour l'industrie. Son introduction d'Al-
lemagne remonte vers 1880 et depuis ce temps
aucune autre variété n'a pu la détrôner. Son
tubercule est rond, moyen, jaune, à peau ru-
gueuse, yeux enfoncés, chair blanche, germes
violets et fleurs lilas. Son rendement moyen est
de 25 000 kilogr. à l'heclare et elle renferme 18
à 20 0/0 de fécule. Elle est extrêmement robuste,
très vigoureuse, mais tardive et l'on reproche à
ses tubercules de se gâter parfois à l'intérieur
sans apparence extérieure.
C'est autour de cette bonne variété que sont
venues se placer beaucoup de variétés alleman-
des telles que Prof. Mxrker, D' von Lucius, Con-
seiller Thiel, Agnelli Czari, etc., qui en partagent
plus ou moins complètement les caractères et
les mérites, mais qui ne sont pas parvenues à la
supplanter. D'autres plus récentes, telles que
llassia et f'etr' nius, y parviendront-elles?
Président Kruger est également allemande et
récente, et surtout très productive, son rende-
ment pouvant atteindre 40 000 kilogr. à l'hectare,
et sa richesse en fécule d'environ 17 0/0. Son
tubercule est très gros, rond, lisse, jaune pâle, à
chair blanche, germe rose et Heurs lilas. Elle
mérite d'être répandue pour sa très grande pro- ^
duction.
Géante bleue {Btaue Riesen), itilroduite d'Alle-
magne vers 1890, s'est rapbiement acquis une
grande popularilé par son remlement très élevé
qui oscille entre :30 000 et 40 000 kilogr. â l'hec-
tare et les dépasse parfois, et par sa richesse en
fécule qui varie de 10 à près de 18 0/0. L'iden-
tité avec le fameux Solanum Commersonii violet,
très contestée au moment où il fit son apparition,
il y a une diznine d'années (t ) mais incontestable
aujourd'hui que les passions se sont apaisées, a
fait enfin beaucoup parler de cette variété.
C'est une plante à très grand développement,
très tardive, à gros tubercules obloiigs ou même
lon^s lorsque très gros, yeux à peine enfoncés,
peau violette, assez fine, s'excorianl facilement à
l'arrachage, à chair lilanche, aqueuse, germes
zones violet et fleurs lilas. Sa germination en
cave est assez précoce et elle devient à la fin
fiasque.
La Géante bleue est encore notable par les tu-
bercules aériens qu'elle produit assez Ir'^quera-
ment et surtout par les variations de forme, cou-
leur et même la chair de ses tubercules.
La Géante blanche, lancée vers 1900, en est une
des plus intéressantes parce qu'elle a conservé la
plupart des caractères végétatifs; elle en diffère,
toutefois, notablement par ses tubercules à peau
jaune, simplement et faiblement panachés vio-
let autour des yeux.
Une curieuse variété à tubercules ronds, vio-
let panaché de rouge, et à chair jaune, est égale-
ment sortie de la Géante bleue dans les cultures
de Verrières.
Enfin le Président du Comice ne diffère lui-
même de cette dernière forme que par ses fleurs
blanches. C'est un curieux exemple de deux va-
riétés ne différant que par un seul caractère
bien net.
Outre les variétés de fond que nous venons
(1) Voir Revue llorlicole, lOOfi, p. 304, avec pi.
color.
92 HERSES A BÊCHES ROULANTES
d'énumérer, un grand nombre d'autres varié-
tés ont été successivement lancées qui, après
quelques années d'essais et un semblant de
succès, ont été abandonnées parce que insuf-
fisamment méritantes ou rapidement appau-
vries.
En terminant cette note, nous remercions
la Maison Vilmorin de l'obligeance qu'elle a
mise à nous communiquer la moyenne des
rendements et richesses féculières qu'elle a
obtenue dans ses champs d'expériences et
laboratoires d'analyses de Verrières.
S. MOTTET.
PARTIE OFFICIELLE
Loi du 22 février 1918 portant création d'un
fonds commun de contributions indirectes au
profit des communes et suppression des droits
d'octroi sur l'alcool et sur les boissons hygié-
niques.
Art. fr. — Jusqu'au 31 décembre 1918, sont
supprimées toutes taxes et surta.xes d'octroi sur
t'alcool, le vin, le cidre, le poiré, l'hydromel et
la bière, à l'exception de la taxe sur les vins en
bouteilles prévue par l'article 4 de la loi du
29 di^cembre 1897.
Sont portés pour la même durée :
A 600 fr. par hectolitre d'alcool pur le droit
de con.sommation sur l'alcool;
A 1 fr. par degré-hectolitre le droit de fabri-
cation sur les bières;
A 5 fr. par hectolitre le droit de circulation
sur les vins;
A 2 fr. 30 par hectolitre le droit de circulation
sur les cidres, poirés et hydromels.
Le droit de consommation est liquidé au mo-
ment de l'expédition à la consommation ou de
la constatation des manquants.
En ce qui concerne les expéditions des entre-
posilaires, le compte est arrêté par dizaine et
le payement effectué dans le délai d'un mois à
partir de l'arrêté, sans que le crédit puisse por-
ter sur une quantité supérieure au quart des
restes en magasin; caution spéciale est fournie
pour ce crédit. Les droits sur les manquants
sont payés dès la constatation.
Art. 2. — Les fruits à cidre ou à poiré circu-
lant hors du canton de récolte et des cantons
limitriiphfs ou à destination des villes de plus
de 4 000 habitants sont soumis aux mêmes for-
malités à la circulation que les cidres ou poirés
et passibles du même droit a raison d'- 3 hecto-
litres de cidre ou de poiré par 10 heclolitres de
pommes ou de poires.
Les fruils secs destinés à la fabrication du
cidre ou du poiré sont soumis aux mêmes forma-
lités, à raison de 25 kilogr. de fruits pour un
hectolitre de cidre ou de poiré.
Art. 3. — Sur le produit total du droit de con-
sommation sur l'alcool, un tiers sera réparti
entre les communes au prorata de leur popula.
tion totale.
Sur le produit total du droit de fabrication
sur les bières, la moitié sera attribuée aux com-
munes et répartie entre elles, au prorata des
quantités consommées en 1913.
Sur le produit total des droits de circulation
siir les vins, cidres, poirés et hydromels, deux
cinquièmes seront répartis entre les communes
au prorata des contin^ients qui seront obtenus
pour chacune en appliquant, aux quantités qui
ont été consommées en 1913, les laril's prévus
par l'article 2 de la loi du 29 décembre 1897.
A défaut de constatations effectives, la con-
sommation eu bière, en vin, cidre et hydromel
pour l'année 1913 sera considérée pour chaque
commune comme égale, par tête d'habitant, à
celle qui aura été constatée par les services d'oc-
troi dans l'ensemble des communes du départe-
ment ou, à défaut, des départements limitrophes.
Art. 4. — Dans les produits des droits sur la
consommation de l'alcool, la fabrication de la
bière, la circulation des vins, ci'lres, poirés et
hydromel, les parts d'une commune ayant des
recettes d'octroi ne pourront pas êlre inférieures
aux revenus que cette commune a tirés en 1913
des droits supprimés par l'article 1'"'.
L'Etat remettra chaque mois à toute com-
mune ayant des recettes d'octroi une somme re-
présentant un douzième des revenus procurés
en 1913 à cette commune par lesdits droits.
A l'expiratitm de l'année, il sera procédé entre
toutes les communes à une répartition des droits
qui auront été perçus pour elles par l'Etat sur
la consommation de l'alcool, la fabrication de la
bière, la circulation des vins, cidres, poirés et
hydromels, conformément aux règles posées à
l'article 3, sans réduction, en aucun cas, des
sommes déjà attribuées par des prélèvements
mensuels aux communes ayant des recettes
d'octroi.
Art. 5. — Les Conseils généraux des Colonies
où a été promulguée la loi du 5 avril 1884 pour-
ront, dans les conditions sous lesquelles s'exer-
cent leurs prérogatives lînancières, majorer le
droit de consommation sur l'alcool et les bois-
sons hygiéuiques au prolit des comniunes.
HERSES A RECHES ROULAMES
Nous avons parlé dernièrement (n" 3 du
7 février 1918, page ^30) du bon travail effec-
tué sur le labour avec les pulvériseurs à dis-
ques lisses et surtout avec ceux à disques
HERSES A BKCHES HOULANTES
93
dentés; après le passage de ces macliines,
la terre se trouve en état convenable pour
recevoir les semences.
On a cherché à augmenter l'émiellenient
du sol en remplaçant
les disques dentés
par des pièces analo-
gues à des bêches
embouties ;
Fig. 16. — Herse à bêches roulantes, système Wassis
dèle, très employé en Suisse, est désigné
sous le nom de herses à bf'ches roulantes,
système Wassis.
Ces herses sont construites par la Soniété
Fritz Marti, 83, rue de
Morat, à Berne (Suisse).
Les bêches, comme on
le voit dans la figure 16,
sont formées d'une plaque
d'acier emboutie, fixée sur
l'axe suivant un diamètre ;
les bêches successives sont
montées de façon que leurs
extrémités soient suivant
deux hélices. Comme pour
les disques de pulvériseurs
doubles, les hiêches sont
calées- sur quatre arbres
inclinés par rapport à la
ligne de traction ; l'incli-
naison de ces arbres ne
peut être modifiée encours
de travail ; elle est donnée
par la construction qui est ainsi simplifiée.
Les arbres tournent dans des coussinets
munis de graisseurs StaufTer à graisse con-
sistante.
Le nettoyage des bêches est assuré par des
tringles fixes en fer placées entre deux
bêches consécutives.
Une plate-forme, posée sur le bâti, permet
de recevoir une surcharge pour le cas où le
poids du conducteur ne serait pas jugé suffi-
sant.
Pour les transports, on démonte le siège,
on retourne la machine et on la fait glisser
sur deux fers plats jouant le rôle de traî-
neaux.
Le petit modèle comprend '28 bêches mon-
tées par groupes de 7 sur chaque arbre; la
largeur travaillée est de 1"'.10; le poids de
de l'appareil est d'environ 180 kilogr.
Le grand modèle,
qui pèse 210 kilogr.
environ, comprend 36
bêches montées par
groupes de 9; la lar-
geur du train est de
l"'./tO.
Dans les terres mo-
yennes, un attelage de
deux animaux suffit
pour déplacer le petit
modèle, alors qu'il faut
quelquefois quatre
animaux de trait pour
le grand modèle, à rai-
son de l'augmentation
nombre des pièces travaillantes.
du
Dans les bonnes conditions de sol, la
profondeur ameublie par la machine peut
atteindre 10 à 12 centimètres.
Fifï. n
Ilerse à bêches roulantes montée sur bâti tricycle.
La figure 17 représente une herse à bêches
roulantes du même système. Les caractères
de la construction ne diffèrent pas, mais la
herse est montée sur un bâti tricycle qu'un
levier permet de disposer pour le trans-
port sur routes : il suffit de soulever le
châssis porte-bèches sur les trois roues por-
teuses.
G. Ma.nrin.
94
CULTURE DU RICIN DANS L'AFRIQUE DU NORD
CONCOURS DE MOUrJNS
Un concours d'animaux reproducteurs de la
race charolaise-nivernaise a lieu tous les ans à
Moulins, huit jours après celui Je Nevers.
On y retrouve les produits d'un certain nombre
des mêmes exploitations, et cependant, comme
cela se conçoit, on remarque à Moulins beau-
coup plus d'animaux de l'Allier, alors que les ex-
posants de ce département sont l'exception à
Nevers.
Le concours de cette année était moins nom-
breux que ceux des années précédentes, ce
qu'expliquent aisément les circonstances ac-
tuelles. Le marché des taureaux a cependant été
des plus actifs el, dès le premier soir de l'expo-
sition, la presque totalité des animaux était ven-
due à des prix 1res élevés. Il est naturel que la
hausse constatée sur tout le bétail se fasse égale-
ment senlir sur les reproducteurs, et le fait ne
pouvait manquer de se produire.
Ce sont, en très grande majorité, des jeunes
taureaux qui sont envoyés dans ces concours.
Les sei'tions des femelles, qui n'existent qu'à
Moulins, sont beaucoup moins nombreuses que
celles des cnàles; elles ne comprennent que
des génisses entre huit mois et trois ans. Il
n'y en avait guère plus d'une vingtaine, alors
que les taureaux comptaient 122 numéros, parmi
lesquels ne figurait aucun animal de plus de
deux ans. C'est, du reste, une coutume extrê-
mement répandue dans tout le Centre d'acheter
de jeunes reproducteurs mâles. Ils ne sont con-
servés dans la niFme ferme que trois ans envi-
ron, pour être à ce moment livrés après engrais-
sement à la boucherie.
L'écurie de M. Marc lilond, de Mars, dans la
Nièvre, qui, la semaine précédante, avait obtenu
le prix d'ensemble à Nevers, triomphait de nou-
veau à Moulins avec la même récompense. Le
second prix d'ensemble revenait aussi à l'élevage
nivernais, en la personne de M. Louis Robert,
d'Ourouér, et un prix supplémentaire était attri-
bué à M. Josepli Durand, de l'Allier.
Les prix d'honneur pour un seul taureau
étaient décernés à un animal déclaré de 7 mois,
appai tenant à M. Jean Moret, de Trevol (Allierl,
un nouveau venu dans les expositions, et à un
taureau de 8 mois, venant des élablesde M. Marc
Blond, précité.
L'exposition des génisses, quoique peu nom-
breuse, était très attrayante. Les animaux qui la
composaient semblaient cependant, dans leur
ensemble, plutôt élégants que puissants; généra-
lement d'une grande précocité, ils n'annonçaient
pas devoir être d'une taille et d'une charpente
suffisantes pour donner dans l'avenir un très
gros poids. Le prix d'IioinKur de cette classe a
été mérité par une génisse de '39 mois, apparte-
nant à MM. Soucachet et Julien, de l'Allier, et le
prix d'ensemble, par un lot de 4 génisses de dif-
férents âges, aux mêmes propiiétaires.
En résumé, le concours de Moulins a retrouvé
son succès habituel, et le marché des reproduc-
teurs y a été particulièrement animé cette année.
E. GlIOMET.
CULTURE DU RICIN DANS L'AFRIQUE DU NORD
(1)
Vente de la graine. — La graine de ricin
n'est achetée qu'en vue de l'extraction de son
huile. Cette induslrie,en France, est presque
exclusivement localisée à Marseille, qui,
avant la guerre, importait annuellement :
De Java, 120U0 à i:U)()0 quintaux;
De Ciororaandel, 40 000 à oOOOO quintaux;
De Bombay, 130 000 à 150 000 quintaux.
Le marché français du ricin était donc à
Marseille ; les industriels marseillais de
tous genres, minotiers, laveurs de laines,
moutonniers, etc., ne consentent à acheter
les marchandises dont ils ont besoin que
rendues Marseille, pour mieux étrangler les
expéditeurs.
Les conditions ordinaires étaient les sui-
vantes : Prix: 25 à 28,fr. les 100 kilogr. quai
Marseille, paiement comptant sous escompte
de 1 0/0. Livraison en sacs de 80 kilogr.
(i) Voir les numéros du 7 et du 21 février, p. 45
et M.
Tolérance 3 0/0 de terre ou corps étran-
gers, avec bonilication dé pureté, après ex-
pertise par amis communs.
Actuellement, les besoins de l'industrie se
sont tellement accrus, dépassant les impor-
tations, et notamment eux de l'aviation mi-
litaire sont devenus tels que le Service des
fabrications de l'Aviation à Nanlerre réquisi-
tionne la fabrication en France, s'occupe
de graines et est acheteur de toutes les quan-
tités à produire dans les Colonies françaises.
L'industrie marseillaise continue à acheter
de son côté au prix (fin 1917) de ISO à 17ofr.
les 100 Idlogr. quai Marseihe.
Des commerçants algériens intermédiaires
achètent ferme la graine sur place. La Direc-
tion des Territoires du Sud a reçu des offres
de 100 fr. les 100 kilogr. sur vagon Toug-
gourt ou Colomb-Béchar.
D'autre part, la Société coopérative d'Al-
gérie, à Alger, qui s'est chargée pour le
compte du Gouvernement des distributions
ACADÉMIE D'AGRICULTUBE DE FRANCE
95
gratuites de graines, achètera aussi pour les
services de l'Aéronautique à des prix non en-
core fixés.
Industrie, utilisations diverses. — La
graine de ricin renferme, d'après le Diction-
naire d'Agriculturi' de Barrai et Sagnier :
Amande G'.) parties.
Coque 24 —
Eau 7 —
Total 100 parties.
L'amande contient, par exemple :
Huile grasse (40 à 46 0/0).. 4fi.20 0,0
Gomme 2.40 »
Amidon 20.00 »
Albumine 0.50 »
L'industrie n'arrive à extraire que 33 à
38 0/0 d'huile environ.
Par première pression, à froid, on extrait
^8 à 30 0/0 d'huile de première qualité desti-
née à la pharmacie et au graissage des mo-
teurs d'aviation.
Par deuxième pression, à chaud, on ob-
tient 8 à 10 0/0 d'huile de deuxième qualité
employée par la mécanique ordinaire (grais-
sage), la tannerie (graissage des cuirs), la
teinturerie, la savonnerie, etc.
Sous-produits. — Tourteaux d'huilerie. —
Ne sont employés que comme engrais en rai-
son de l'huile purgative qu'ils renferment
encore, et surtout du principe toxique con-
tenu dans la graine. Cependant le professeur
Cornevin, de l'Ecole vétérinaire de Lyon, a
signalé, en 1897, qu'on pouvait rendre ces
tourteaux comestibles pour le bétail en les
exposant cinq à six jours au grand contact de
l'air, ou en les faisant bouillir pendant deux
heures. U ajoutait qu'en faisant, aux animaux,
des injections hypodermiques ou sous-cuta-
nées avec une solution d'huile de ricin
chauffée pendant deux heures à plus de 100
degrés, on les immunisait contre toute in-
toxication par ingestion de feuilles, graines
ou tourteaux. La viande de ces animaux reste
absolument inoffensive.
Fibre des tiges. — Par rouissage (immer-
sion prolongée dans l'eau) on peut extraire
des tiges une filasse excellente pour la cor-
derie grossière. Cela peut offrir un certain
intérêt puisqu'actuellement les fibres textiles
recherchées de toutes parts, atteignent des
cours élevés.
Création d'huileries de Ricin en Algérie.
— L'extraction de l'huile de Ricin étant rela-
livement simple (presqu'autant que celle de
l'huile de coton installée à Urléansville), il
nous paraît indispensable de créer cette in-
dustrie dans les grands ports Nord-Africains.
L'Algérie pourrait vendre son imile où elle
le voudrait, tandis qu'elle ne peut vendre sa
graine qu'à Marseille.
Les pays producteurs éloignés ne sont pas
dans la même situation, car ils disposent de
grosses quantités qu'il ne leur coûte guère
plus d'envoyer à Hambourg si les prix de
Marseille ne leur conviennent pas.
Une industrie locale laisserait dans le pays
les tourteaux (économie de transport).
Il semble qu'actuellement, l'industrie mar-
seillaise et leGouvernement français achetant
à hauts prix, il n'y ail pas intérêt à envi-
sager la création de cette industrie.' Au con-
traire, ces cours élevés favorisent exception-
nellement l'opération, en ce qu'ils permet-
tront Tamortissement rapide du matériel
d'usine.
La preuve de ce fait est donnée par l'heu-
reuse installation en pleine guerre, à Alger,
en vue de l'exportation, d'une laverie de
laines et d'un entrepôt frigorifique de
viandes.
F. COUSTON,
Ingénieur agricole.
ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE
Séance du 20 f écrier 1918.
Présidence de M. Haller.
Les jardins potagers sur les fortifications
de Paiis.
M. Jules Devellc demande à l'Académie de ren-
voyer à une de ses Sections l'examen d'un im-
portant rapport de M. Maurice Quentin, membre
du Conseil municipal de l'uris, sur les jardins
potagers cultivés par les Parisiens et sur les en-
couragements à donner aux groupements qui
leur sont consacrés.
Le Service Sanitaire
dans 1 Afrique occidentale française.
M. Emile l'iucliet, au nom de la Section d'éco-
no«iie des animaux, à laquelle avait été ren-
voyée la communication de M. Moussu sur la
récente épizootie de peste bovine dans l'Afrique
occidentale française, soumet à l'Académie l'avis
suivant, qui serait adressé à M. le ministre de
l'Agriculture :
« Que, dans un but d'intérêt national, il soit
rapidement créé en Afrique occidentale fran-
çaise une organisation de l'élevaije, comportant
en même temps une organisation sanitaire stable,
capable d'exercer sa surveillance et son action
sur toutes les régions à bétail. »
Ce texte est adopté.
La fragmentation des plants
de pommes de terre.
M. Schribaux rappelle tout l'intérêt qu'il y a à
AC.4.DÉMIE D'AOlilCULTURE DE FRANCE
développer encore cette campagne, le plus pos-
sible, la culture de la pomme de terre, mais la
dépense qu'occasionne l'achat de tubercules de
plant risque d'arrêter bien des bonnes volontés.
On saisit donc combien il est important de re-
chercher dans quelles conditions la fragmenta-
tion des tubercules peut permettre de réduire le
poids des pommes de terre à planter.
M. Schribaux analyse sur cette question les
travaux de M. Harraca, relate les essais faits à
Grignon par M. Magnien et par lui-même. Il con-
clut comme il suit :
(1 Quand les variétés se prêtent à la fragmen-
tation, ce qui est le cas pour le plus grand
nombre d'entre elles, cette opération permet de
réaliser des économies de semences très appré-
ciables, mais elle ne peut rendre de réels ser-
vices que dans une culture soignée. Le poids des
fragments doit être d'autant plus élevé que les
conditions de la culture sont raoi>'s favorables.
<■ En grande culture, il est imprudent de re-
courir à des morceaux d'un poids inférieur à
40 50 grammes, et leur emploi n'est recom-
mandable qu'après les avoir fait germer préala-
blem-^nt à la lumière, au moins un mois avant
de les mettre en place.
« Dans la culture jardinière, la fragmentation
peul être poussée beaucoup plus loin. Des yeux
isolés, emportant seulement 3-4 grammes de
chair, et des épluchures un peu épaisses, préala-
blement enraciniH avant de les mettre en place)
arrivent à fournir un rendement très élevé et
des tubercules très gros, pourvu qu'on les ins-
talle dans une terre fertile, ne souffrant pas de
la sécheresse. Les yeux isolés sont préférables
aux épluchures.
it Sans enracinement préalable des fragments,
même dans un jardin, il est prudent d'employer
des morceaux pesant au moins 15-20 grammes
et de les planter le plus tôt possible, après les
avoir fait préalablement germer à la lumière, au
moins un mois avant la plantation Si la saison
est favorable, les rendements ne s'éloignent
guère de ceux des tubercules entiers. »
Elections.
MM. E. Rousseaux et A. Lécaillon sont nom-
més correspondants nationaux de l'Académie.
Séance solennelle du 28 février 1918.
Présidence de M. Haller.
M. Victor Boret, ministre de l'Aiiriculture et
du Ravitaillement, qui devait présider cette
séance, a été retenu à la Chambre des Députés
par la discussion des propositions de loi rela-
tives à la culture du blé; il a chargé M. Mazerat,
son chef de Cabinet, de le représenter et d'y lire
l'altociilion qu'il devait y prononcer.
Voici le texte de cette allocution :
« M'adressant aux représentants les plus émi-
nents de l'Agriculture française et de notre
science agronomique, je ne dois pas oublier
que vous n'êtes ni des utopistes ni des rêveurs.
" Vous êtes des hommes d'action et vous ne
croyez qu'aux leçons du travail et de l'expé-
rience.
« Laissez-moi avoir la fierté de me dire l'un
des vôtres.
« Depuis longtemps, vous avez compris le ca-
ractère de cette longue guerre.
« Elle n'est pas seulement le choc de deux ar-
mées, elle est la lutte d'une civilisation contre
une autre civilisation, lutte acharnée dans la-
quelle le travailleur devient le second du sol-
dat.
« Pendant plus de trois ans, notre implacable
ennemi s'est trouvé presque complètement isolé
du reste du monde. La plus grande partie du sol
allemand est moins fertile que notre terre. Pour-
tant, malgré la mobilisation, malgré le blocus,
malgré le manque de main-d'ieuvre et d'eufjrais,
malgré la diminution de son cheptel, l'Allema-
gne a vécu, parce qu'elle a produit, grâce à l'ef-
fort du paysan allemand.
« Il faut proclamer bien haut que l'effort de
nos culiivateurs n'a pas été moindre. Mieux que
quiconque, vous savez ce qu'a été le travail des
paysans de France, ce qu'il est aujourd'hui.
Vous l'avez en effet dirigé, vous l'avez encouragé
de vos conseils et de votre aide généreuse.
« Malgré tant d'efforts, il y a des fermes qui
restent sans maître, et des terres sans culture.
N'en faisons pas grief à nos ruraux. Le nombre
de ceux qui ont abandonné leur champ par
égoîsme, par incurie, par lassitude de la lutte
est infime. La" vérité est qu'en des temps tels
que celui-ci, le salut réside plus que jamais
dans la coordination des initiatives et dans la
solidarité des efforts.
« Les mesures déjà prises en ce sens ont
donné d'appréciables résultats. Les travaux de
labour, les semailles ont pu s'opérer plus large-
ment que l'année précédente. D'autre part, les
conditions climatériques ont été propices, et
malgré la rareté des engrais, la prochaine récolte
s'annonce favorablement dans les départements
grands producteurs de blé.
« Considérons ces résultats comme une pre-
mière preuve de ce que peut donner une orga-
nisation adaptée aux difficultés de l'heure pré-
sente. Mais ne nous en contentons pas II faut
faire' davantage, il faut poursuivre méthodique-
ment un programme d'affranchissement en nous
assignant comme but final notre indépendance
alimentaire.
(I C'est pour aider le Gouvernement dans cette
œuvre qu'un décret du 24 décembre dernier a
désigné parmi les membres de la Comrai-^sion de
l'Asriculture de la Chambre des Députés, trois
Commissaires qui, dégagés du fardeau de la be-
sogne quotidienne d'un ministre, peuvent con-
sacrer toutes leurs pensées, toutes leurs forces,
à l'intensification de la production agricole
u C'est à l'initiative de l'un d'entre eux qu'est
due l'institution récente des Comités départe-
mentaux d'action agricole, destinés à stimuler,
et, le cas échéant, à suppléer les Comités com-
ACADEMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE
97
munaux. L'efficacité de l'intervention de ces Co-
mités dépendra avant tout de la valeur et du
dévouement des hommes qui les composeront.
Elle dépendra aussi des ressources et des pou-
voirs dont ils disposeront; le Parlement se préoc-
cupe actuellement de les augmenter. Une autre
proposition de loi, également inscrite à l'ordre
du jour de la Chambre des Députés, renforce,
par la création d'un Office central des produits
chimiques agricoles, le r(Me qui incombe à l'Etat
pour l'approvisionnement de l'agriculture en en-
grais, amendements, produits anticrypto a-
miques et insecticides.
" Ces textes comportent des mesures excep-
tionnelles, telles que le droit de réquisition et
des pénalités sévères, que l'état de guerre jus-
tifie, parce que toutes les forces vives de la na-
tion doivent être engagées dans la lutte sans
merci contre l'envahisseur.
« Mais il faut, dès à présent, prévoir le jour où
le libre jeu des énergies individuelles pourra
être rétabli. Ce jour-là, le rôle de l'Étal consis-
tera bien plutôt à éveiller et soutenir les initia-
tives privées qu'à se substituer à elles. Il y par-
viendra, en aménageant un échange continu
d'idées, un concours permanent d'efforts entre
les administrations publiques et les populations
rurales. Pour cela, une large décentralisation
sera nécessaire.
i< J'étudie un projet tendant à créer, dans cha-
cune des huit circonscriptions d'inspection, qui
correspondent à des régions agricoles assez bien
définies, un organisme doté de la personnalité
civile et de l'autonomie financière, sorte d'Office
régional composé de praticiens, d'hommes de
science et d'administrateurs, qui suscitera, diri-
gera ou secondera les institutions de toute na-
ture propres à améliorer l'agriculture de la ré-
gion tant au point de vue de la production qu'au
point de vue de la vente des denrées agricoles.
« De l'épreuve imposée par la guerre à nos
cam|iagnes sortiront les progrès à venir. Rien
ne sera oublié de ce qui aura été appris dans les
mauvais jours.
<i Vous aurez, Messieurs, le mérite d'avoir,
dès la première heure, préparé l'essor nouveau
de l'agriculture par vos études, vos conseils et
vos exemples. Le pays vous doit beaucoup, et je
suis heureux de vous apporter en son nom le
juste hommage qui vous revient.
Cl Grâce à vous, grâce à tous ceux qu'inspire
votre haute conception du devoir, la France
saura demander à la terre immortelle les ri-
chesses et les vertus qui perpétueront le rayon-
nement de son génie. »
Discours de M. Haller.
Dans un éloquent discours, M. Haller aborde
le problème des engrais, pour le moment le pro-
blème agricole le plus angoissant, avec celui de
la main-d'œuvre ; il insiste pariiculièrement
sur le problème de l'azote intimement lié avec
deux autres problèmes posés depuis le début de
la guerre: celui de la mise en valeur de nos
chutes d'eau et celui de l'utilisation rationnelle
de la houille. Il montre, à cet égard, •< les efforts
suscités par la chimie de guerre qui, dans ses
buts, est une chimie essentiellement destructive.
Les circonstances veulent qu'une partie de ces
efiorts auront aussi contribué à développer une
chimie réparatrice, puisque certaines matières
produites seront destinées à féconder à nouveau
notre sol, si longtemps sevré d'aliments indis-
pensables à sa fertilité et à sa fonction. )>
Compte rendu des travaux de l'Académie.
M. Henry Sagnier, secrétaire perpétuel, donne
lecture du compte rendu des travaux de l'Aca-
démie.
Eloge de M. A. Chauveau.
M. G. Moussu donne lecture d'une notice com-
plète sur la vie et les travaux de A. Chauveau,
ancien membre de l'Académie.
Proclamation des récompenses.
La séance a été terminée par la proclamation
des récompenses. En voici la liste :
['l'i.i: spéciaux.
Diplôme d'honneur à ['Americau Fund for French
Wounded, Civiliau Division {Comité américain pour
les Blessés français, Section civile); — Grandes mé-
tliiilles d'argent, à Mistress A. -M. Dike et à Miss
Anna Morgan, pour l'œuvre de Blérancourt (Aisne).
Prix Bignon (métayage), à M. Jean-lbnri Bonnet,
métayer à la Thibarderie, canton de Magnac-Laval
(Haute Vienne), et Médaille d'nr i/rand module, à
.M. Courcelle, propriétaire du domaine.
Prix Viellard (lOUO fr.), à M. l'aul Mougin, con-
servateur des Eaux et Forêts, pour ses travaux et
ses publications sur la correction des torrents.
Fondation Jean Bartin-Audiffreil.
800 /';■. à la Société de Secours mutuels l'n Union
fraternelle de Pouilly-les-Nonains " iLoire), et 500 fr.
à la Société de Secours mutuels la " Mutuelle du
Lauzat», au Lauzat (Basses-Alpes).
Section des Cultures spéciales.
Diplôme de médaille d'aryent, à M. André Pié-
dallu, pharmai-ien-uiajor, pour son ou\Tage intitulé :
Les légumes sauvages.
Section de Si/lviculture.
Diplômes de médaille d'or à M. G. Lapie, ins-
pecteur des Eaux et Forêts, et à M. A. Maige, pro-
fesseur à la Faculté des Science.? de l'Université de
Poitiers, pour leur ouvrage fait en collaboration, in-
titulé : Flore forestière illustrée de l'Algérie.
Section d'Economie des animaux.
Médaille d'or à M. Aubry, vétérinaire-inspecteur,
pour ses travaux et ses recherches, sur l'élevage
dans la région de Mecknès (Maroc).
Section d'Economie, Statistique
et Législation agricoles.
Diplômes d'Iwnneur, à la Fédération nationale
d'assistance aux Mutilés des Armées de terre et de
mer, pour l'initiative qu'elle a prise en vue de la
rééducation des mutilés ; — à la Ligue pour le re-
tour à la terre, pour son heureuse participation au
développement des jardins potagers scolaires.
Section de Génie rural.
Diplôme de médaille d'or, à M. Frédéric Diénetr.
98
CCmRESPONDANCE
chef du Service de surveillance des eaux de la Ville i rapports de MM. H. Hitier, Henry Sagnier, Mon-
de Paris, pour son ouvrage intitulé : Hydrologie genot, M. de Vilmorin, Dechambre, Dybowski,
agricole. de Rocquigny, Bechmann.
Ces récompenses ont été attribuées sur les H. Hitier.
LES INDUSTRIES DE LA P0M3IE
Le journal a annoncé que la Compagnie
d'Orléans a réuni un groupe d'agriculteurs et
d'industriels intéressés des différentes ré-
gions de son réseau pour la visite en Nor-
mandie et en Bretagne d'importants établis-
sements traitant la pomme à cidre. Cette vi-
site a eu lieu dans les cidreries et distilleries
Salïrey frères et G'% Bourné (ils à Lisieux,
Jeanne à Cherbourg, Vallet à Messac, Tézé et
Surcouf à Brest, Marcesche et C" à Lorient,
la confiturerie H. Lorin à Messac, les fabri-
ques de conserves, marmelades et sécheries
de pommes R. Beziers à Pont-l'Abbé, Delory
à Lorient. Chacun des participants a pu
se rendre exactement compte du travail de
ces industries conduites méthodiquement,
certaines très scientifiquement avec les der-
niers progrès modernes.
Une conférence préalable deM. Warcollier,
directeur de la Station Pomologique de
Caen, avait préparé les visiteurs à com-
prendre les progrès réalisés.
Il n'est pas douteux que les membres de la
mission tireront profit des enseignements re-
cueillis au cours de ce voyage, qui avait été
préparé et facilité par les administrations des
chemins de fer d'Orléans et de l'Etat.
G. Gaudot.
CORRESPONDANCE
— N" 62 lo [Puy-de-Dôme). — Vous dites avoir
très bisn réussi à tanner une peau d'agneau
selon la méttiode indiquée dans la Correspon-
dance du n''4 du 22 février 1917, page 74; mais
après lannage vous avez lavé au savon et à l'am-
moniac et la laine est restée grasse et agglo-
mérée. Jl aurait fallu, avant le tannage, procé-
der au désuintage de la laine et il vous sera
très difficile de réparer cette eireur, l'alun étant
intervenu dans l'opération. Le désuintage se l'ait
en lavant la laine et la peau dans une dissolu-
tion chaude de 650 à 700 grammes de savon par
litre d'eau, ou en remplaçant le savon par des
cristaux de soude; après rinçages à l'eau tiède
et ensuite à l'eau froide, onj peut procéder au
tannage à l'alun. — (M. R.j
— .1/. N.S. (Loiret). — Relativement à votre pro-
jet d'entreprise de culture mécanique, nous
pouvons vous donner le renseignement suivant
relevé sur sept tracteurs de 20 chevaux avec d'ex-
cellents mécanicions et laboureurs: dans la der-
nière «emaine de janvier 1918, comptant 60 heures
de travail, par suite du beau temps, on a labouré,
par tracteur, de 10 hectares 1/2 à près de 13 hec-
tares, avec une moyenne générale voisine de
12 hectares. — (M.R.)
— S^GOU [Allier). — Le problème de l'ali-
mentation des chiens se pose en effet avec
d'assez grosses difficultés pour la période de ra-
tionnement que nous avons à traverser. Mais le
chien, en principe Carnivore, mange cependant à
peu près de tout. On ne pput le nourrir conve-
nablement avec des pommes de terre comme
ration exclusive, il faut une certaine quantité de
matières azotées et de matières grasses. On peut
cependant constituer des rations convenables
avec des soupes aux pommes de terre et aux
eaux grasses de vaisselle, additionnées d'os
broyés, d'abats d'animaux de boucherie (panses
et boyaux de mouton, poumons, etc ).
Les viandes d'équarrissage, les viandes sé-
chéees, le sang naturel coagulé et desséché peu-
vent aussi, même en faible quantité, améliorer
la valeur des soupes aux pommes de terre, re-
coupettes, etc. Certains tourteaux, en particulier
le tourteau d'arachides, sont acceptés volontiers
par les chiens, même à l'état sec. Comme ils re-
présentent des aliments très riches et qu'il en
faut seulement de petites quantités, de 30 à
200 grammes environ selon la taille et le poids
des chiens, il y a là un moyen assez simple de
parer aux difûcultés d'alimentation et de ration-
nement de ces animaux. — (G. M.)
— M. L. M. (Oise). — Vous avez, avec raison,
l'intention de monter une entreprise de cul-
ture mécanique. Voici les renseignements gé-
néraux que nous pouvons vous donner, résul-
tant de re'evés faits sur un très grand nombre
de tracteurs en fonctionnement pratique. Sur
100 journées ouvrables, on peut admettre pou-
voir utiliser au travail de 45 à 52 journées, le
reste du temps étant inemployé pour divers mo-
tifs : intempéries, réparations, déplacement du
matériel, etc. Par hectare labouré il sera pru-
dent de compter, sur 1 ÛOO à 1 400 mètres de dé-
plact-ment sur les routes pour changer d'empla-
cement, étant donné que vous devez opérer dans
un f;rand rayon et qu'il faudra souvent revenir
labourer un champ à côté d'un autre qui aura
été travaillé quelque temps auparavant. Il faut
chercher à réduire ces temps perdus absorbés
par les déplacements sur routes. — ;M. R.)
REVUE COMMERCIALE
99
LA QUINZAINE MÉTÉOROLOGIQUE
Semaine du 18 au
l\ février 1918 (OBSERVATOIRE
DU PARC SAINT-MAUR)
JOURS
ET DATES
z
O .-:
a.
TEMPERATURE
Vent.
d
il
S .2
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X
REMARQUES DIVERSES
1
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Écart
sur
la nor-
male.
millim
hnros
millim.
Lundi IS fé.
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— 1».2
—3.0
»
8.3
»
Gelée bl., beau temps.
Mardi 19 —
Mercredi.. -20 —
Jeudi 21 —
Vendredi. 22 —
n
—6.(1
-3.9
O.S
O.l
6.3
S. 9
0, s
tO.2
—0.9
1.S
3.6
6.5
—4.8
—2.1
+1.6
+ 2.3
•
5.2
6.7
4.3
0.0
»
0.4
3.6
0.0
Gelée bl., givre le mat., brouill.
le soir,
(ielée, brouill. le mat, pluie le
soir.
l'Iuie et brouill. le mat., gelée
le soir.
Gelée bl. le mat., bruine le s.
Samedi... 23 —
,,
8.1
12.7
10.4
+ 6.3
»
0.0
>•
Temps couvert.
Dim 24 --
■■
7.3
10.7
8.9
+ 4. S
■■
0.0
•'
Temps couvert, brouillard.
Slojeinei m tolaoi
Écarts SDr la Dormais ....
••
— 0.1
-0.7
9.1
+ 1.0
4.4
0.3
M
•*
29.4
ai liti lit
73 li.4
dor. tbsor.
4.0
Pluie depuis le l'"' jauvier :
En 1918 31"™
Normale 70
Sei
naine
du 2.S févn
er au .3 ma
•S 1918. 1
Lundi 25 fév.
2».0
7<>9
3" 6
+1"4
"
1.2
2.3
Temps pluvieu.^, beau le soir.
Mardi.... 26 —
— 1.1
9.7
4.3
0.0
»
6.1
»
Gelée bl., givre, temps bru-
meux.
Mercredi . 21 —
o.O
11.3
8.0
+3.7
>*
0.0
1.0
Temps pluvieux.
1 Jeudi 2S —
Vendredi. 1«' m.
\ »
0.2
—1.0
7.7
6.3
4.5
2.2
+0.1
2.2
*
1.3
7.4
3.8
1.6
Pluie et neige ; gelée blanche
le soir.
Gelée bl. et givre le uiat., pluie
et neige le soir.
Samedi . . 2 —
-1.3
0.6
0.0
— 4.1»
»
0.0
1.7
Neige.
Dimanche 3 —
»
-2.7
3.4
0.4
3.6
-0.8
-4.1
»
0.0
0.6
Neige le mat., beau, gelée bl.
le soir.
lojtaiies it totait
Icarts sut la noniile
**
0.2
— 1.0
6.7
—2.1
»
»>
16.0
ag liei de
76 i. 4
dur. tb««r.
11.7
Pluie depuis le li"' janvier :
En 1918 63mn>
Normale 79
(La publication des renseignements sur la pression barométrique et sur le vent est interdite par la
censure au Bureau central météorologique.)
REVUE COMMERCIALE
Situation générale. — Les allures de lî saison
sont tout à lait capricieuses. Aux fortes gelées qui
ont causé quelques dommages aux amandiers du
sud-est, a succédé une période de journées douces.
On jouissait dune véritable température printanière
lorsque le froid s'est de nouveau manifesté à la fin
de février; puis la neige est tombée en plus ou
moins grande quantité, suivant les régions.
Les travaux extérieurs sont actuellement arrêtés.
On signale que des livraisons assez nombreuses de
blé de .Manitoba ont été faites pour les semailles de
printemds ; d'autre part, les cultivateurs se sont
efforcés d s'approvisionner en semences de variétés
susceptibles de donner de meilleurs résultats.
Blés et Farines. — La situation du commerce du
blé est sans changement. Les demandes sont tou-
jours nombreuses et les offres restreintes. C'n traite
au taux de la taxe.
En Amérique, aux Etats-Unis, le dégel a été géné-
ral, ce qui a permis de constater que les blés ont gé-
néralement bien supporté les rigueurs de l'hiver; la
situation des emblavures d'automne est assez satis-
faisante dans la plupart des Etats. Cours sans chan-
gement à New-York aux taux fixés par le Gouverne-
ment. Dans la République Argentine, les prix sont
faiblement tenus; sur le marché de Eiuenos-Ayres, le
blé livrable en mars est coté 31 fr. 32 et le livrable
en avril 32 fr. 04.
La faible activité des moulins a pour conséquence
des livraisons médiocres de farine, dont la vente a
100
KEVUE COMMERCIALE
lieu aux prix établis par les décrets et arriHés.
Sons. — Les quelques lots offerts sont vendus au
prix de la taxe.
Seigles. — Les ofTres sont toujours rares et les prix
feriuemeiit tenus, se rapprocliant de la taxe.
Orges. — Cette céréale fait l'objet de petites four-
niturrs à la meunerie. Prix de vente soutenus et
voisins de la taxe.
Sarrasins. — Otfres modérées; les transactions se
font sur la base de 42 fr. le quintal, pris à la culture.
)1 y a en ce moment un petit courant d'allaires jior-
tant sur les semences sélectionnées.
Graines fourragères. — Par suite de l'insuffisance
des moyens de transport, le commerce éprouve les
plus grandes diflicultés pour faire face aux demandes
de la culture. On paie : trèlle violet, 230 à 32(i fr.;
luzerne de Provence, 300 à 330 fr.; de pays, 223 à
300 fr.; tri'-lle blanc, .'iOO à 600 fr.: lupuline, 175 à
200 fr.: ray-grass, 110 à 140 fr.; .sainfoin, 103 à
115 fr.; vesces, 105 à 120 fr.
Fourrages. — Aux 100 kilogr. le foin est coté : 16
à 18 f.. en Loir-et-Cher, IS à 20 fr. dans l'Yonne; 20
à 32 fr. dans les Côtes-du-Nord ; 30 à 35 fr. dans la
Loire; 17 fr. dans la Vendée. A Marseille, les prix
s'établissent de 31 à 38 fr. suivant les provenances.
Pailles. — Par quintal, on paie la paille de blé :
20 à 22 fr. dans la Loire; 14 à 15 fr. dans les Cotes-
du-Nord ; 22 à 24 fr. dans l'Vonne ; 10 à 12 fr. en
Loir-et-Cher.
Bétail. — Voici le relevé du dernier marché de
La Villetle à Paris ('► mars) ;
fiœuts
Vaches. . .
Taureaux.
Veaux. . . .
Moutons..
Porcs
Bœufs . . .
"V'aclles . . .
Taureaux.
Veaux.. . .
Moutons.
Porcs,, . .
PRIX DU KILOG.
AU POIDS NBT.
menés.
Invendus.
■^■^^.^^^
1"
2-
3-
quai.
quai.
qual.
2 708
322
3.76
3.56
3.30
i C24
133
3.7Ô
3.48
3.24
3VÔ
65
3.50
3.3Û
3.10
afS
12
5.60
4,90
4 20
î> S75
»
6.24
5.80
5.10
:! 075
»
5.46
5 16
4.86
Prix extrêmes
lu kilogramme.
Au poids vif.
Au poids net.
1.11 à 2.39
2.W à 3.98
1.26 2.39
2.52 3.98
1.40 2.15
2.80 3.58
1.50 3.54
3.00 5.90
1.97 3.22
4.10 r,.70
2.60
3.89
4,
li 5.
56
Dans les départements, on cote :
Amieyis, par kilogr poids vif : veaux, 2..';0 à 3.10;
porcs, 3.80 à 3.90.
Caen, par kilogr. poids vif : vaches, 1.60 à 2.10;
veaux, 2.83 à 3.35; moutons, i.75 à 3.25: porcs, 3.r,3
à 3.78.
Chartres, par kilogr. vif ; veaux, 4.40 à 3.20.
Cholet, par kilogr. vif ; ûoeufs, 1.40 à 1.33; vaches,
1.40 à 1.53.
Bordeaux, par kilogr. poids net : bœufs, 2 à
3.70; vaches, 1.90 à 3.50; veaux, 4 à 4.80; 'mou-
tons, 4 à 6 fr.
Lyon-Vdhe, par kilogr. poids net : bœufs, 2.95 à
4.15 ; moutons, 4.85 à 3.43 ; par kilogr. vif, veaux, 2.20
à 2.90.
Rouen, par kilogr. poids net : veaux, 3.20 à 6.10.
Nîmes, par kilog. net : bœufs, 2.40 à 3.90 ; vaches,
2.40 à 3.70; moutons, 4 à 4.20; brebis, 3.23 à 3.10 ;
par kiloga. poids vif : veaux, 2.40 à 2.90; porcs, 4.20
à 4,40.
Marseille, par kilogr. poids net : bœufs, 3.80 à
4.10; moutons, 5.30 à 5.30; brebis de 5 à 6.60.
'Viandes. — Derniers cours officiels aux Halles
Centrales de Paris (par kilogr.) :
Bœu/:
1/4 de derrière. 2 00 à 3 80
1/4 de devant. 1 60 3 00
Aloyau .... 2 60 4 80
Paleron .... 2 50 3 20
Trains 2 60 à 4 20
Cuisses .... 2 40 3 60
Pis et collet. . 2 40 3 20
Bavette .... 2 60 3 70
Extra. . .
1" qualité.
1" qualité.
2' — .
3» — .
4 60 à ' » Pans et cuiss. 3 60 à 5 40
4 30 4 50 Veaux de Caen:
3 90 4 20 1/4 de devant.. 2.90 à 4.50
3 60 3 80 1/4 de derrière. » »
Veaux bretons. 2 eO 4 00
Mouton.
4 90 à 5 40 Gigot .
4 20
3 50
4 60 à 6 50
4 20 7 20
Entier. , .
1" qualité. . . »
2« — . . . .
Poit. fraîches. 3 60
4 80 Carrés parés.
4 10 Agneaux ..." »
Porc.
4 90 à 5 10 Filets 3 80 à 5 80
Jambons ... 3 80 5 10
» » Reins 3 60 5 20
5 ûO Poit. salées . . " »
Suifs. — Cours en baisse de 10 à 20 fr. le quintal.
La dernière cote officielle de la Bourse de Paris est
de 280 à 290 fr. les 100 kilogr.
Vins. — Les arrivages de vins sont toujours très
mudéréb. 11 ne vient rien d'.Mgérie, faute de bateaux
pour assurer le transport.
Dans le Midi, les prix des vins rouges varient de
104 à 1 lu fr., et ceux des vins blancs de 115 à 135 fr,
riiectoiitre.
En Algérie, les cours sont faiblement tenus. On
cote à Alger : vins rouges, liO à 78 fr. : vins blancs,
73 à 83 fr. par hectolitre.
Cidres. — Les cours des cidres sont en hausse. Les
cidres du Calvados valent 32 fr. l'hectolitre et ceux
de la Sarthe. 8-'i fr. la pièce, non logés, gare de dé-
part du vendeur.
A Paris, les cidres valent de 95 à 100 fr. la pièce.
Beurres. — Sur les marchés de Normandie, le
beurre est coté de S à 10 fr. 30 le kilogr.
Œufs. — Les prix des œufs varient de 2 fr. 50 à
0.73 la douzaine.
Tourteaux. — ,\ Marseille, les cours de nuelques
tourteaux sont en baisse. On cote, par 100 kilogr. :
arachide, 61 fr. 30 à 62 fr. 30; arachide Coromandel,
61 fr. 30 ; palmiste, 52 fr.; sésame blanc, 61 fr.; lin,
69 fr. 30.
Huiles d'olives. — Dans les Bouches-du-lihône,
les prix de l'huile d'olives varient de 43 à 46 fr. le
décalitre.
r.n Tunisie, on cote de 238 à 280 fr. les 100 kilogr.
Fécules. — La fécule supérieure est cotée de 275 à
277 fr. et là fécule première de 272 à 273 fr. les
100 kilogr.
Pommes de terre. — Les difficultés de transports
ne permettent pas d'etlectuer régulièrement les expé-
ditions; d'autre part, l'application de la taxe suscite
des récriminations. Le commerce de Paris s'approvi-
sionne auprès du Comité technique qui lui fait
payer les tubercules 26 fr. les 100 kilogr.
B. Ddr*nd.
Le gérant : Ch.\rles Dutreix.
Pans. — [. Marbthkox, imprimeur, 1, rue Cassettç.
CHRONIQUE AGRICOLE
101
CHRONIQUE AGRICOLE
Les discussions parlenientaires en vue d'organiser la production des céréales. — Lettre de M. Compère-
Morel. — Explications relatives à ses afiirmations. — Projets de loi présentés par le ministri; de l'Agri-
culture sur la mise en culture des terres abandonnées et sur les encouragements au labourage mécani-
que. — Discussion à la Chambre des Députés des projets relatifs au monopole de l'alcool. — Les prix
de la belterav^, du sucre et de l'alcool en 1918. — .VIo lèle de contrat présenté entre les cultivateurs et les
fabricants de sucre.— Assemblée générale de l'.Vssociation de l'Industrie et de l'Agriculture françaises. —
Texte de la résolution adoptée. — Déclaration du comte de Saint-Quentin au nom de la Section agri-
cole. — Circulaire du ministre de l'Agriculture relative à l'organisation d'abattoirs régionaux. — Fixa-
tion du prix du'blé de printemps aux États-Unis. — Vœu relatif à la réquisition des laines. — Création
d'un Syndicat des Agriculteurs de Madagascar. — Le Herd-book Vendéeu. — La répartition des engrais
de printemps. — L'ctécution des contrats avec les agriculteurs et les groupements agricoles. — Les
sorties de vins jusqu'à la fin du mois de février. — Brochure sur le topinambour. — L'o'uvre Je la
Maison et du Travail aux Champs.
A propos des céréales
Les observations que j'ai présentées dans
ma précédente Chronique, à l'occasion de la
discussion devant la Chambre des Députés
des propositions tendant à organiser la pro-
duction du blé et la culture des terres aban-
données, m'ont valu de M. Compère-Morel,
rapporteur de ces propositions, une lettre
que je n'hésite pas un instant à publier. J'ai
pour règle absolue, tout en revendiquant ma
liberté d'appréciation, de ne parler ou de
n'écrire qu'avec une prudtnce extrême, pru-
dence que certains trouvent parfois exces-
sive. M. Compôre-Morel estime, au contraire,
que, dans la circonstance, je l'ai mal apprécié I
ou, au moins, que je me suis trompé sur sa
pensée. Il appartiendra aux lecteurs déjuger,
à, leur tour, après avoir eu toutes les pièces
sous les yeux.
Voici la lettre de M. Compère-Morel :
Paris, le 11 mars 1918.
Mon cher Monsieur,
Je ne voudrais en rien polémiquer dans les
colonnes de votre estimable organe, dont je suis
d'ailleurs un lecteur assidu depuis longtemps, et
qui n'est pas fait pour ces sortes de choses.
Je ne répondrai donc ni aux attaques, ni aux
insinuations parues dans le numéro du ~ mars
de votre Journal au sujet du projet de loi sur
l'organisation de la culture du blé et des terres
abandonnées que je rapportais au nom de la
Commission de l'Agriculture. Mais, comme vous
avez fait allusion au poste officiel que j'occupais
en parlant des fermes qui restent incultes, je
crois devoir vous demander de faire connaître
aux lecteurs du Journal d'Agriculture pratique
que je n'ai jamais prétendu que les propriétaires
de ces cinq cents exploitations se refusaient volon-
tairement, quoique disposant de capitaux, à les
mettre en rapport.
■Voici le passage du discours prononcé à la
première séance de la Chambre des Députés du
21 février 1918, dont vous tirez des déductions
quelque peu osées :
M. Compère-Morel, rapporteur Des réponses
21 Mars 1918. — No 6.
qui nous sont parvenues des préfets, nous pouvons
déjà constater que, dans vingt-et-un départements,
ciuq cents ferm>-s représentant plus de 18 0(»0 hec-
tares vl8 04i) restent incultes.
J'ai ici la liste, département par département,
avec le nom des fermes, l'endroit où elles sont si-
tuées, la nature de leur sol, le nom de leurs proprié-
taires
M. Navarre. Il faut en demander l'affichage!
M. Théveoy. Très bien!
M. le Rapporteur. Certains propriétaires, dont la
situation sociale, matérielle, pécuniaire est très
élevée, laissent leurs terres abandonnées.
M. Emile Faure. Quelles en sont les raisons?
M. le Rapporteur. Xombre de cultivateurs, l'im-
mense majorité, arrivent, par un eti'ort inoui, par un
labeur persévérant, en se donnant tout entiers,
inlassablement, à leur travail, à donner à la nation
son contingent de blé assez élevé. D'autres, qui pos-
sèdent des centaines de mille francs, des millions
même, ne les imitent pas I
Plutôt que de faire travailler leurs terres, ils pré-
fèrent des placements plus lucratifs...
M. Camille Rel)Oul. C'est contre ceux-là que nous
allons voter cette loi.
M. Navarre. Il faut les clouer au pilori!
M. Théveny. On ne saurait être trop sévère pour
ceux-là! [Très tuen! très Inen !)
M. Ferdinand Bougère. Il faut citer leurs noms.
M. le Rapporteur Et c'est au nom des paysans qui
peinent et qui travaillent, au nom du monde rural
laborieux, au nom de ces femmes, de ces enfants,
de ces vieillards de nos campagnes, dont le dévoue-
ment ne sera jamais trop honoré, que nous avons le
devoir d'imposer à ces riches et à ces puissants la
culture des terres qu'ils possèdent. Les humbles tra-
vailleurs de lî terre leur iiioutreot l'exemple. (Ap-
plaudissemenls .sur les bancs du parti socialiste.)
M. le marquis de Baudry d'Asson. Quel avantage
ont ces misérables à laisser leurs terres incultes?
M. le Rapporteur. Je suis absolument de l'avis de
M. de Baudry d'Asson : ces gens sont des misé-
rables. Mais quelles sont les raisons qui les font
agir, me demande mon collègue M. Faure. Je ne
puis les lui donner, parce que je ne les connais pas.
Constatant tout simplement qu'ils ont les moyens
pécuniaires de cultiver et qu'ils ne les utilisent pas,
je les y oblige. {Applaudissements.
Donc, les moyens de coercition que j'envisage ne
s'appliquent qu'à ces gens-là, tandis qu'ils respec-
tent les travailleurs.
Par conséquent, ce ne sont pas les proprié-
taires de ces cinq cents fermes que je visais, mais
1918. — 6
102
CHRONIQUE AGRICOLE
seulement certains propriétaires, ce qui n'est pas
la même chose, vous en conviendrez.!
Croyant que personne n'ignorait mes senti-
ments envers le monde paysan que je n'ai cessé
de défendre par la plume et la parole depuis
plus de vingt-cinq ans, et parfois dans des mi-
lieux qui lui étaient nettement hostiles, je ne
pensais pas qu'il me fiit nécessaire de protester
contre la campagne systématique dont je suis
l'objet dans certaines sphères.
Cependant, ne voulant pas laisser se créer des
légendes trop grossières, je vous demanderai de
bien vouloir publier cette lettre au lieu et place
où a paru l'article dans lequel mon procès était
si habilement fait.
liecevez, etc. Ccmpère-Morel.
Au Journal (TAgrkuHure pratique on n'a
jamais di.stingué entre les grands elles petits
propriétaires, on a la même sollicitude pour
les uns et les autres. J'ai exprimé le regret,
et je ne saurais m'en dédire, que le même état
d'esprit ne se soit pas manifesté dès le premier
moment dans les expressions de M.Compère-
Morel. La partie de la discussion que j'ai re-
evée avait soulevé, chez nombre d'agricul-
teurs, une émotion dont j'ai reçu maints
échos. L'honorable député a voulu éclairer
l'expression de sa pensée. Comme je suis
loin d'être chicanier, je ne puis (jue m'en fé-
liciter.
Nouveaux projets de loi.
M. Victor Borel, ministre de l'.Vgriculture
et du Ravitaillement, a dé[JOSé le lîi mars à
la Chambre des Députés deux projets de loi
destinés à favoriser l'accroissement de la
production agricole. Une note officieuse en
détermine ainsi les caractères :
Le premier concerne la mise en culture des
terres abandonnées. On sait que la Chambre des
Députés avait abordé, sur le même sujet, la dis-
cussion de deux propositions de loi présentées
par MM. Compère-Morel, Jean Locquin et Rontin.
Au cours de cette discussion, la Commission
de l'Agriculture demanda au Couvernement de
déposer un projet de loi susceptible de recevoir
promptement l'adhésion du Parlement. Le pro-
jet actuel répond à ce vœu.
L'autre projet de loi modifie le régime actuel
des encouragements au labourage mécanique,
en étendant aux entrepreneurs de culture et aux
agriculteurs les subventions jusqu'ici réservées
aux départements, aux communes et aux grou-
pements agricoles.
D'autre part, le Gouvernement a envisagé le
relèvement du prix du blé et des autres céréales
à provenir de la récolte de 1918, pour eucouraser
et récompenser tout à la fois le magnifique elTort
de nos agriculteurs.
M. Victor Roret sera entendu incessamment à
ce sujet par la Commission de l'Agriculture de
la Chambre des Députés.
Nous analyserons ces projets lorsque le
texte en aura été distribué.
Régime de l'alcool.
La loi du 2'2 février 1918, dont on a lu le
texte dans notre précédent numéro, n'était
qu'une première étape dans une série de
mesures destinées à transformer complète-
ment le régime de l'alcool. Le but de ces
mesures est d'établir le monopole de l'alcool.
La discussion en a commence devant la Cham-
bre des Députés.
Pour le moment, il suffit de constater
que le projet en discussion a pour objet
de donner à l'Etat le monopole de l'achat à
l'intérieur, de l'importation et de la vente
des alcools d'industrie; rappelons que ce
terme s'applique à tous les alcools autres que
ceux provenant de la distillation des vins,
cidres, marcs, lies et fruits. L'Etat achèterait
toute la production à des prix qu'il fixerait
chaque année.
Voilà une trentaine d'années que le mono-
pole de l'alcool est discuté, sans qu'il ait en-
core été absolument démontré que les avan-
tages en dépasseraient les inconvénients.
Jusqu'ici, la discussion ouverte devant la
Chambre des Députés n'a pas encore apporté
celte démonstration.
Le prix de la betterave en 1918.
Le Journal Officiel du 6 mars a publié une
circulaire du ministre de l'Agriculture rela-
tive aux prix de vente de la betterave à sucre
en 1918.
La Commission adminislralive chargée de
déterminer les prix de la betterave, du sucre
et de l'alcool en 1918 a fixé les prix de la bet-
terave comme il suit :
A 1" de densité... 74 fr. les I OOO kitogr.
A S" de densité... 82 — —
A forfait 80 — —
La circulaire est suivie d'un projet de con-
trat destiné à faciliter les relations entre les
cultivateurs et les fabricants de sucre. En
voici le texte :
Livraison. — Les betteraves doivent être livrées
dans un bon état de conservation et décolletées
à la façon habituelle. Les betteraves avariées ou
gelées peuvent être refusées.
Prix. — La betterave est payée, au minimum,
78 francs la tonne à 7'°5 de densité, avec 80 cen-
times d'augmentation pour chaque dixième au-
dessus de l'ï) et 80 centimes de diminution pour
chaque dixième au-dessousde7°5 jusqu'à 7degrés.
Si la densité est inférieure à è^o, le fabricant
peut refuser la livraison. Le prix du dixième
de densité entre (i":; et 7 degrés donne lieu à un
arrangement entre le cultivateur et le fabricant,
11 est bien entendu que les betteraves à fort de-
CIIKONIQUE AGRICOLE
103
gré de densité ne doivent pas contenir moins de [
sucre par degré que les betteraves ayant 7 de- !
grés à 8 degrés de densité.
La tonne aclietée à forfait est payée 80 francs
au minimum si la graine a été fournie par le l\i-
bricant.
Réception. — Les betteraves, qu'elles soient
achetées i la densité ou à forfait, sont livrées
par le cultivateur à l'usine, à la râperie ou aux
bascules, suivant les usages locaux.
Le poid.'î, la tare, la densité seront déterminés
par les soins de la sucrerie en présence du ven-
deur ou de son représentant.
Les réceptions commenceront le...
et finiront le...
Pulpes. — Les prix minima indiqués plus haut
pour la tonne de betteraves supposent que le
cultivateur prend à l'usine, par tonne de bette-
raves, de 480 à 500 kilogr. de pulpes, qui, au
prix de 3 fr. la tonne, représentent environ 2fr. 50
par tonne de betteraves. Pour d'autres condi-
tions relatives aux pulpes, un arrangement, qui
reste dans l'esprit du présent règlement, inter-
viendra entre le cultivateur et le fabricant.
Paijnnent. — Le payement des betteraves et
des pulpes se fera en termes et suivant les
usages locaux.
En cas de contestation au sujet de l'exécution
des présentes conventions, les parties s'engagent
à se soumettre sans appel à la décision de deux
arbitres choisis par elles; lesquels arbitres en
cas de désaccord pourront s'adjoindre un tiers
arbitre qui les départagera.
Résiliation. — En cas d'inondation, d'invasion
de la région ou d'incendie de l'usine ou de tout
autre cas de force majeure, le présent engage-
ment sera résilié de plein droit et sans indem-
nité pour l'une ou l'autre des parties.
Le prix du sucre blanc n" 3 a été fixé à
105 fr. les 100 kilogr., celui de l'alcool de
flegme à 100° à 130 fr. 30 l'hectolitre et celui
de l'alcool rectifié tout venant à 138 fr. 20
l'hectolitre.
Association de llndustrie
et de l'Agriculture.
L'Association de l'Induslrie et de l'Agricul-
ture françaises a tenu le 11 mars sa première
assemblée générale dépuis le début de la
guerre. Son président, M. le sénateur Tou-
ron, était assisté de M. Jules Méline, prési-
dent d'honneur, de M. Emile Loubel, et des
membres du Bureau.
Dans l'exposé qu'il a présenté sur l'activité
de l'Association, M. Touron a éloquemment
insisté sur la nécessité de résister vigoureu-
sement aux tendances d'étatisme qui se ma-
nifestent de plus en plus et qui menacent de
se perpétuer après le retour à la période nor-
male de paix.
La résolution suivante, qui intéresse au-
tant l'agriculture que l'industrie, a été adop-
tée à l'unanimité :
L'Association de l'Industrie et de l'Agricullure
françaises.
Considérant : Qu'au sortir de la tourmente, la
France qui aura été plus éprouvée que toute
autre nation, non seulement par ses pertes en
vies humaines, mais encore par la dévastation
de ses régions les plus riches et les plus produc-
tives — devra fournir un effort sans précédent
pour reprendre dans le monde la situation éco-
nomique à laquelle elle a droit;
Considérant d'autre part que l'industrie et
l'agriculture françaises ne pourront réaliser cet
effort qu'à condition :
1° De jouir à l'extérieur d'un régime écono-
mique tenant compte des charges écrasantes
auxquelles elles auront à faire face jusqu'à leur
complète restauration;
2° De reprendre à l'intérieur leur pleine indé-
pendance, actuellement entravée par des me-
sures de guerre parfois nécessaires, mais qui
couvrent trop souvent des interventions exces-
sives de l'Etal, indépendance sans laquelle aucun
progrès sérieux ne saurait être accompli;
Insiste auprès des pouvoirs publics pour qu'en
vue de rendre ù la France toute sa liberté dans
la préparation du régime économique d'après-
guerre et conformément à l'avis de la Commis-
sion Interministérielle et extraparlementaire, il
soit procédé sans retard à la dénonciation, pour
produire effet à la date de la conclusion de la
paix, de toutes les conventions commerciales et
de navigation existant soit avec les Alliés soit
avec les Neutres, conventions qui, par l'effet de
la clause de la nation la plus favorisée, insérée
dans la plupart d'entre elles, constitueraient
pour l'avenir un obstacle pour aiusi dire insur-
montable ;
Afiirme sa résolution de lutter contre toute
extension inutile et contre toute prolongation,
au delà du terme strictement imposé par l'état
de guerre, des mesures d'ordre étatiste prises
pour réglementer, en temps de guerre, la pro-
duction nationale.
Au nom de la Section agricole, son prési-
dent M. le comte de Saint-Quentin a insisté
en termes très heureux sur la nécessité de
donner les moyens de se relever à l'agricul-
ture, la « grande blessée de la guerre », qui
aura, autant que toutes les industries, à répa-
rer des pertes dont les efifets se répartissent
sur tout le terriloire.
Les abattoirs régionaux.
Pour la première fois, le Gouvernement
s'intéresse publiquement à la réforme du
commerce du bétail et de la viande, tant de
de fois discutée depuis des années et sur la-
quelle les avis sont unanimes, à l'exception
de quelques intéressés au maintien des abus
dont la production agricole souffre depuis
104
CHRONIQUE
trop longtemps. On lira plus loin (page 105)
une circulaire adressée aux préfets par
M. Victor Boret, ministre de rAgricuIlure et
du Ravitaillenient, sur l'organisation d'abat-
toirs régionaux.
Dans cette circulaire, M. Victor Borel fait
ressortir les avantages qui ressortiront de
l'organisation de ces institutions, aussi bien
pour les éleveurs que pour les consomma-
teurs, et il invite les préfets à provoquer une
enquête approfondie sur les solutions qui
pourront intervenir suivant les régions. On
doit l'en remercier, d'autant plus qu'il est né-
cessaire, comme M. Méline l'établissait récem-
ment devant le Conseil supérieur de l'Agri-
culture, que l'Etat ne se désintéresse pas de
la création des abattoirs régionaux. Son au-
torisation serait nécessaire pour la création
des établissements de cette nature, en vue
d'écarter les abus des spéculations et des ac-
caparements dangereux du genre des tenta-
tives qui, il y a quelques années, ont forte-
ment ému l'opinion publique.
Le prix du blé aux Etats-Unis.
On sait que des prix maxima ont été établis
pour le blé depuis plusieurs mois aux Etats-
Unis. En vue d'encourager les ensemence-
ments, le président Wilson a majoré ces prix
pour les blés de printemps.
Les prix des blés de printemps sont fixés
comme il suit : à San-Fransisco, 2 dollars 10
le bicshel (40 fr. 4.5 par 100 kilogr.) ; à Chicago
et à Gai veston, 2 dollars 20 ('<2 fr. 40 par
100 kilogr.); à New-York, 2 dollars 28
(43 fr. 90 par 100 kilogr.).
La réquisition des laines.
Aux vœux déjà signalés ici sur la néces'
siter de relever le prix de réquisition des
laines, on doit ajouter celui émis, dans sa
réunion du 11 février, par la Société centrale
d'Agriculture du Gard.
Celle-ci demande que le prix de la laine en
suint soit relevé à 6 fr. le kilogramme au-
dessus de 41 0/0 de rendement et à 5 fr. pour
les laines à rendement inférieur.
Un Syndicat agricole à Madagascar.
Il vient de se constituer dans la colonie de
Madagascar, un Syndicat des Arjriculteurs de
Madnijascar. Analogue aux institutions de la
métropole, ce Syndicat a pour objet de grou-
per tous les agriculteurs de la grande île et de
ses dépendances, afin de développer la pro-
duction et de signaler ses besoins. Cette initia-
tive ne peut être que très utile.
Les livres généalogiques du bétail.
Malgré les difficultés actuelles, le Syndicat
AGKICOLE
central du Herd-book Vendéen n'a pas inter-
rompu ses opérations. Son septième Bulletin
(année 1916) a été publié récemment. Le rap-
port de M. Biguet, directeur des Services
agricoles de la Vendée, qui accompagne la
liste des inscriptions, fait connaître qu'au
cours de cette année 149 taureaux ont été
approuvés ou confirmés, ce qui porte à 896
le nombre des taureaux incrils depuis l'ori-
gine. Une somme de 7 193 fr. 90 a été répar-
tie entre ces animaux, en tenant compte tant
du classement que du nombre des saillies
effectuées par chaque sujet.
La répartition des engrais.
On a lu dans la Chronique du 7 février
(p. 43) les dispositions prises par le ministre
(le l'Agriculture et du Ravitaillement pour la
répartition des engrais de printemps. \ celte
occasion, on nous demande d'indiquer com-
ment cette répartition est opérée entre les
départements. Nous ne pouvons répondre à
cette question. Toutefois, une note officielle
a fait connaître, par le tableau suivant, les
quantités totales disponibles :
Disponibilités Disponibilités
pour habituelles
le printemps avant
1918. la guerre.
tonnes tonnes
Nitrate lie soude 14 560 27:i 000
Sulfate d'ammoniaque. 6 800 40 000
Scories de déphospho-
ration 20 520 200 000
Superphospliate 400 000 1 000 000
Engrais potassiques... » 30 000
La même note ajoute qu'en ce qui con-
cerne le nitrate de soude, le sulfate d'ammo-
niaque et les scories, les agriculteurs et
groupements agricoles qui avaient passé des
contrats avec les importateurs ou fabricants
doivent recevoir livraison intégrale des quan-
tités commandées, aux prix fixés par les con-
trats, car à l'égard des quantités ainsi enga-
gées la réquisition a été levée. Au contraire,
tous les contrats passés par les importateurs
et industriels avec des commerçants ont été
annulés du fait de la réquisition et repris au
compte du ministère de l'Agriculture.
Commerce des vins.
La Direction générale des Contributions
indirectes a publié le relevé des sorties de
vins des caves des récoltants depuis le début
de la campagne jusqu'à la fin du mois de
février.
En France, les sorties se sont élevées à
2 494 615 hectolitres en février, ce qui porte
à U 698 903 hectolitres les sorties effectuées
depuis le 1" octobre 1917. Durant cette pé-
SUR L'ORGANISATION D'ABATTUlRS RÉGIONAUX
105
riode, les quantilésde vins soumises au droit
de circulation ont atteint 13 112954 lipcto-
litres.
En Algérie, les sorties ont été de 28i2 277
hectolitres en février, et de 3 3(i2 993 depuis
le début de la campagne.
Au 28 février, le stock commercial chez les
marchands en gros était de 939 008 hecto-
litres en France et de 844 188 en Algérie.
A propos du topinambour.
Depuis deux ans, le topinambour a été re-
commandé comme une des plantes qui pour-
raient apporter un appoint important à l'ali- j
mentation publique, comme il sert pour celle j
des animaux dans plusieurs régions. Sous le
titre : Le To/jinamhour. culture de guerre
(prix : 20 centimes, chez l'auteur, 15, rue des
Bons-binfants, à Paris), M. Georges l^efebvre
vient de publier une brochure de propagande
qui se recommande à l'attention par sa con-
cision et sa précision.
On annonce que l'on peut se procurer des
plants de topinambour en s'adressant, soit
aux Comités départementaux d'action agri- |
cole, soit au Service central de la production
de la pomme de terre, au ministère de
l'Agriculture, i\ Paris (78, rue de Yarenne).
Pour l'apprentissage agricole.
On nous communique la note suivante :
L'œuvre « La Maison et le Travail aux Champs »
vient de décider d'élargir son champ d'action.
Fréquemment, des employés, des petits com-
merçants, etc., lui font part de leur iiitfution
d'abandonner leur ancienne profession trop
éprouvée parla guerre et lui ■k-mandent de faci-
liter leur orientation vers les carrières agricoles.
Il lui est apparu qu'il y aurait intérêt à provo-
quer la création de l'apprentissage ni;ritole en
développant la pratique des stages qui rend en
Allemagne de si grands services, tant aux sta-
giaires qu'aux propriétaires.
Elle fait donc appel aux exploitants pour se-
conder cette initiative qui est un des remèdes
contre la crise de la maiii-d'u'uvre.
Les agriculteurs qui désireraient recevoir
des stagiaires, sont priés d'adresser leurs
propositions au siège social de l'Association,
38, rue du Mont-Thabor, à Paris.
Henry Sagnieh.
SUR L'ORGANISATION D'ARATTOIRS RÉGIONAUX
Circulaire du ministre
de l'Agriculture et du Ravitaillementanxpréfets.
Paris, le il février 1918.
L'insuffisance de notre outillage pour l'aba-
lage du bétail, la conservation, le traitement et
le transport des viandes et des sous-produits s'y
rattachant, a été trop souvent signalée pour
qu'il soit nécessaire de le rappeler à nouveau.
Si quelques efforts ont été faits, avant la guerre,
pour moderniser certains abattoirs municipaux
et y introduire notamment l'ulilisation des pro-
cédés frigorifiques, l'abatage du bétail dans les
régions mêmes d'élevage et le traitement inté-
gral sur place des abats et sous-produits sont,
jusqu'à présent, restés inappliqués en France.
On continue à transporter à de grandes dis-
tances le bétail vivant, pour ne l'abattre qu'au
lieu même de consommation. Les complications
de transport et les déchets ou pertes qui en
résultent s'aggravent encore du fait que les ani-
maux passent le plus souvent au marché de la
Villette avant d'être réexpédiés dans les régions
consommatrices. Enfin, la concentration sur une
même place de la plus grande partie des tran-
sactions relatives à la viande n'est pas sans en-
traîner de sérieux iuconvénieuts, qu'accentue
encore l'organisation défectueuse du marché.
La consommation des viandes congelées intro-
duites depuis le début de la mobilisation a,
heureusement, dissipé les préventions qui avaient
jusqu'alors détourné le public de remploi des
viandes conservées par le froid. En même temps
la réception et la distribution des quantités
considérables de viande congelée importée pour
les armées a entraîné la création d'un outillage
approprié (entrepôts fiif,'oriliqu2S, matériel rou-
lant), liràce à l'expérience acquise par le per-
sonnel spécialisé dans le ravitaillement en viande
congelée d'importation et en profitant des dis-
ponibililés momentanées en puissance frigori-
fique de certains entrepôts, on a pu congeler
pour la première fois une partie notable du
bétail français ou africain destiné aux armées.
Le mouvement se continue dans la mesure où
le permettent les ressources en personnel et en
machines, et plusieurs abattoirs frigorifiques
industriels, spécialement aménagés pour le ravi-
taillement des armées en viande congelée sont
actuellement en construction.
Un effort semblable est à tenter pour l'ali-
mentation civile.
Déjà plusieurs groupements (municipalités,
coopératives) se préoccupent d'utiliser les rares
abattoirs régionaux récemment construits ou en
voie d'achèvement.
Cette initiative devrait, semble-t-il, être rapi-
dement généralisée, aussi bien dans l'intérêt des
éleveurs que dans celui des consommateurs et
dans l'intérêt général du pays.
L'organisation, en des points convenablement
choisis, d'abattoirs régionaux permettant de
traiter sur place le bétail de boucherie, et d'ali-
menter en viande les agglomérations les plus
106
CHOIX ET CONSERVATION DES PLANTS DE POMMES DE TERRE
importantes, constitue, d'une façon générale, un
progrès certain par rapport aux méthodes ac-
tuelles.
Pour l'éleveur en particulier, elle doit fournir
une utilisation meilleure de ses produits, en
même temps qu'elle lui permettra de supprimer
des intermédiaires et de suivre de plus près le
rendement de son bétail. A ce point de vue, on
conçoit très bien la création d'abattoirs régio-
naux émanant de l'initiative de groupements
agricoles.
Pour le consommateur, toute amélioration
dans le rendement du bétail, tout perfectionne-
ment dans l'utilisation des sous-produits, toute
simplification dans les transactions commer-
ciales et, notamment, toute suppression d'inter-
médiaires inutiles, doivent finalement se tra-
duire par une baisse du prix de la vie.
De nombreux obstacles se sont, il est vrai,
opposés jusqu'ici à cette réforme du commerce
des viandes. Mais les circonstances sont actuel-
lement plus favorables que jamais.
L'application des nouvelles méthodes parait,
en particulier, tout indiquée pour les agglomé-
rations que préoccupe particulièrement le pro-
blème de l'alimentation en viande pour l'après-
guerre : centres industriels de création récente
municipalités des régions libérées ou enva-
hies, etc.
Le moment est donc venu de rompre avec les
errements du passé et le concours de mon dé-
partement est entièrement acquis à toutes les
initiatives qui pourront se manifester dans ce
sens.
Il est prêt en particulier à servir de lien entre
les groupements de consommateurs indiqués
plus haut, et les industriele ou éleveurs dis-
posés à construire et exploiter les abattoirs
régionaux. Il mettra également à la disposition
des intéressés l'expérience acquise par ses ser-
vices techniques spécialisés depuis le début de
la mobilisation dans l'organisation du ravitaille-
ment eu viande congelée et des abattoirs frigo-
rifiques militaires. Il s'efforcera de faciliter les
travaux (personnel, matériaux).
Je vous serais obligé de me faire connaître
votre avis sur les possibilités de réalisation de
ce programme dans votre département.
Ainsi (|u'il découle de l'exposé ci-dessus, l'en-
quête à poursuivre devra être double et porter
sur les besoins et les desiderata des éleveurs
d'une part, des consommateurs de l'autre.
J'ajoute qu'il pourrait y avoir dans certains
cas avantage à ce que, sortant des limites de
votre circonscription, vous vous mettiez en rela-
tions avec vos collègues des départements voi-
sins.
Victor Boret.
CHOIX ET CONSERVATION DES PLANTS
DE POMMES DE TERRE
Dans deux précédents articles accompa-
gnés de planches coloriées, nous avons énu-
méré les principales variétés de Pommes de
terre de table et fourragères en indiquant
leurs caractères et leurs mérites respectifs.
Pour compléter cette étude, nous croyons
utile d'attirer l'attention des cultivateurs sur
le choix et la conservation des plants de
Pommes de terre, car leur vigueur et leur
production sont intimement liées à leur état
de santé. Cet état influe tellement sur la pro-
duction que telle variété qui pourrait pro-
duire 2 à 3 kilogr. par touffe, si la semence
était saine et nouvellement importée, ne pro-
duira que 1 kilogr. et même moins si elle est
depuis longtemps cultivée dans le même ter-
ritoire et si la semence a été prise sans dis-
cernement sur un tas destiné à la consom-
mation.
Les écarts considérables de rendement que
l'on observe un peu partout pour une même
■variété tiennent bien plus à l'état des se-
mences qu'aux aptitudes de la variété et dans
une certaine mesure même à sa culture, si
bien que l'on se trouve conduit à admettre
qu'une variété vaut inoins ce qu'elle vaut
elle-même au point de vue productivité que
ce que valent ses semences, la plus médiocre
pouvant produire davantage que la meil-
leure. L'importance de l'élat des semences
passerait ainsi avant le choix des variétés.
Ces remarques feront saisir aux cultiva-
teurs les bénéfices considérables qu'ils pour-
raient tirer des soins qu'il leur serait, en
somme, facile de donner au choix et à la con-
servation de leurs plants.
Pour nous, du moins, ces dilTérences de
rendement sont principalement dues i\ l'in-
fluence de la terrible maladie causée par le
Plu/lophtora infeslans qui n'aCTecte pas seu-
lement les parties aériennes, mais aussi bien
les tubercules et par suite les plants eux-
mêmes. Il est très probable que cette maladie
est la cause de la dégénérescence, affection
bien connue qui se traduit par la diminution
progressive de la vigueur et de la producti-
vité de la variété au point de rendre cette
dernière à peu près nulle au bout d'un
nombre d'années, toutefois très variable
lorsque les plants sont prélevés et toujours
cultivés dans le même sol. La pourriture par-
tielle ou complète qui se présente parfois dès
LE SOUFRE POLU LA VlTiCULTL'RE
10
l'arrachage et qui se poursuit en cave durant i
l'hiver, ainsi que les taches ou zones brunes
que l'on observe dans la chair, lorsqu'on
coupe les tubercules, sont des signes évi-
dents de leur envahissement par la maladie.
Cette décomposition totale ou partielle est,
toutefois, très inégale d'une variété à l'autre
et son intensité varie non moins notable-
ment d'année en année. Mais même chez les
variétés dont les tubercules paraissent sains
intérieurement lorsqu'on les coupe, la dégé-
nérescence se fait sentir par la diminution
progressive du rendement; certaines variétés
y étant, enfin, beaucoup plus sensibles que
d'autres. Pour nous encore, cette résistance
est un des facteurs auxquels certaines va-
riétés doivent beaucoup de leur longévité et
de la généralité de leur culture.
Jusqu'à ces derniers temps, du moins, on
n'a trouvé d'autre moyen pratique que le dé-
paysement des plants pour atténuer les efîets
de la dégénérescence, mais un ensemble
d'autres mesures, notamment le choix des
plantes durant le cours de la végétation et
leur arrachage avant complète maturité
semblent pouvoir lui être opposés.
Au moins aux environs de Paris, pour les
variétés hâtives et demi-hâtives, aussi bien
pour la culture dans les jardins que pour
celle faite en pleins champs en vue de la
vente des tubercules sur les marchés, sou-
vent même avant qu'ils ne soient complète-
ment mûrs, une excellente pratique s'est
depuis longtemps généralisée. Elle consiste
à réserver à l'arrachage, sur les plus beaux
lots et les parties les mieux venues, la se-
mence nécessaire. Dès que les mauvais jours
et les soirées d'automne laissent un peu de
liberté, les cultivateurs s'occupent alors à
choisir leurs plants, toujours entiers et de
grosseur moyenne, et à les disposer l'un
après l'autre dans des clayettes, debout, en
ayant bien soin de placer en haut le côté du
germe. Ces clayettes sont de^ sortes de pla-
teaux à claire-voie, ayant environ U"'.65 de
longueur, O^.So de largeur et 0".06 de pro-
fondeur, construits pour cet usage et pourvus
de petits pieds permettant de les empiler les
uns sur les autres, tout en laissant l'air et la
lumière circuler autour des tubercules. Les
piles de clayettes sont disposées dans des
chambres froides, claires et très aérées, d'où
la gelée est simplement exclue. Sous l'in-
fluence de ce traitement, les tubercules ver-
dissent et le bourgeon central se développe
très lentement en un gros germe court, épais,
coloré, que l'on conserve soigneusement au
moment de la plantation.
C'est moins, sans doute, pour lutter contre
la dégénérescence que pour favoriser le dé-
veloppement rapide et régulier des plants et
surtout pour hâter l'époque de production
d'une quinzaine de jours que les cultivateurs
ont recours à cette excellente pratique, mais
il est bien certain qu'elle contribue notable-
ment à maintenir la vigueur des plantes en
réduisant la pourriture et l'échaufTement des
tubercules qui se produit lorsqu'ils sont
conservés en tas, enlin en permettant d'éli-
miner, à la plantation, les tubercules qui ont
« boulé » ou « filé », c'est-à-dire qui n'ont
pas développé de germe ou seulement des
germes filiformes. Cette excellente pratique
mériterait d'être généralisée et appliquée,
lorsqu'il est possible, aussi bien aux variétés
tardives qu'aux hâtives.
11 est loin, malheureusement, d'en être
ainsi dans les campagnes où l'on ne garde le
plus souvent que les petits tubercules des
tas destinés à la consommation. En procé-
dant de cette sorte, on ne plante que des
tubercules échauffés par leur séjour en tas,
épuisés par la suppression, parfois répétée,
des germes; mais ce qui est beaucoup plus
grave, c'est que ces petits tubercules sont,
pour la plupart, ceux des plantes affaiblies
par la maladie et les plus mauvais, par consé-
quent, pour semence. Si les Pommes de terre
de ferme n'étaient pas des variétés à grand
développement, robustes, tardives et, par
suite, souvent arrachées avant qu'elles ne
soient complètement mûres, les rendements
seraient désastreux. Ils sont, d'ailleurs, sou-
vent bien plus faibles qu'ils ne devraient
l'être, eu égard à la culture et à la saison.
(.4 .suture.) S. Mottet.
LE SOUFRE POUR LA VITICULTURE
(1)
Bordeaux, le 20 février 1918.
Monsieur le Ministre, les viticulteurs, qui ont
eu connaissance de vos déclarations récentes à
(1) Lettre à M. le ministre de l'Agricutture et du
Ravitaillement, à Paris.
la Chambre relativement au soufre, s'adre.sseut
à la Société d'Agriculture de la Gironde pour sa-
voir où en est la question, et lui demandent
avec anxiété si ce produit leur sera fourni en
temps voulu et en quantité suffisante.
108
ÉCURIE n ETALONS
Tou', en rendant hommage à vos efforts
en vue d'assurer le soufre nécessaire à la viti-
culture française, il faut bien constater que le
résultat recherché ne parait pas atteint à l'heure
actuelle, puisjue vous avez envisagé l'utilisation
d'autres produits dans les traitement? contre
l'oïdium, notamment les polysulfures et le soufre
dit i< précipité ».
Or, permettez-moi, Monsieur le Ministre, de
vous faire connaître que les po