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Full text of "Journal d'agriculture pratique"



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JOURNAL 

DAGRICliLTl'RB PRATIQUE 

FONDÉ EN 1837 PAB ALEXANDRE BIXIO 

et JOURNAL DE L'AGR I CU LTU RF 

FONDÉ EN 1366, rUaiONNÈ AVEC Lj-JOUHNAL O'AGBICULTUBE PRATIQUE EN 1909 

'■ - H ■ 

Hiil>ACTKU5if»E'N CHEF : 
Heinry ïjA^IER, 0. « 

Se-.'.-.-'Are perpétuol de l'Acaciémic a'AgriouUurc ^ 

Anrien rédacieur en cljef du Jo'jrnat MVAgriculturf; Meimbre du Conseil supérieur de l'Agriculture. 



Secrétaire de la Rédaction : -Pierre BEkTHAULT 

Ingénieur agricole, Docteur es sciences, " 
Membre du Conseil sttii/.-nPur d.- l'A- liculture. 



■' Vl-* '»" M « l, ' >.ejl i< ^" '' 'ffj^' C" ' R 'i >j/,>* ' >» - i u «y*^ 



82= .ANNÉE. — 1918 
IVonveUe série. — TOME ai 

'tOMÏ 142 DE LA f,.>J,LBCT10N COMPLÈTE DU JOUHNAL d'AOBICULTUBK PBAllyllE 



PARIS 

LIBRAIRIE AGRICOLE De'lA MAISON RUSTIQUE 

26, RUE JACOB, 26 
t918 



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LIBRARY OF THE NEW VOxv.. ^^^a.UCAL GAKnEW 



JOURNAL 



D'AGRICULTURE PRATIQUE 

ei JOURNAL DE L'AGRICULTURE 

FUSIONNÉ AVEC LE JOURNAL D'AGRICULTURE PRATIQUE EN 1909 



8 2' ANNÉE. - 1918 

Konvelle série. — TOME 31 

Tome 142 de la collection complète du Jour.n.\l d'Agriculture pratiqua 



PRINCIPAUX COLLABORATEURS 

DU JOURNAL D'ACtRIGULTURE PRATIQUE 



H. d'Anchald, ingénieur agricole. 

P. Audouard, directeur de Station agronomique. 

P. Antoine, ingénieur agronome. 

James Aguet ^, agriculteur (Italie). 

Ardouiu-Dumazet ©, publicisle. 

Octave A'jdebert, viticulteur (Gironde). 

Henri Aymé, apiculteur (Vaucluse). 

G. Barbé, météorologiste an Bureau central. 

L. Barillot ©, artiste peintre. 

Fernaiîd de Barrau. agriculteur (Aveyron). 

Mauricp Beau, ingénieur agronome. 

Ch. Beaugé. ingénieur (Egypte). 

A. Beckerich, ingénieur agricole. 

C. Bodmer, dessinateur. 

E. Bonlet. Présid. du Syndicat agricole du Roumois. 
A. Bourilly. professeur à l'école d'agriculture d'Hyères. 
A. Bourgne, D^ des Services agricoles de l'Eure. 

L. Bourguignon, Sï, ancien directeur du Journal 

rl'Atiiiculture pratique. 
L. Bréchemin. aviculteur. 

F. Bréheret ift, inspecteur de l'agriculture. 
L. Brétignière, professeur à Grignon. 

F. Briot. conservateur des Eau.\ et Forêts en retraite. 
Raymond Brunet, ingénieur agronome. 

J. M. Buisson *, mandataire aux Halles centrales. 

G. Bulharowski, ingénieur agronome. 

L. Bussard, s-directeurde la Stat. d'essais de semenc. 
Georges Carie, directeur de l'AgricuIt. à Mad.igascar. 
Chapelle, directeur du Service de l'Oléiculture. 
Chervin, dir. des Servic.de l'cxpcrimentation (Alger). 

E. Chomet ifi;, propriétaire-éleveur (Nièvre). 
A.'L. Clément ift, naturaliste, dessinateur. 
R. Clerc, ingénieur agronome. 

F. Couvert d, ancien professeur à l'Institut agronom. 
G.Couanon.O. ift, inspecteur général de la viticulture. 

G. Coupan, ing. agr., répétiteur à l'Institut agron. 

F. Couston, ingénieur agricole, agriculteur (Algérie). 
J. Crevât, agriculteur (Ain). 

J. Crochetelle, directeur de Station agronomique. 
P. Dechambre, professeur à Alfortetà Grignon. 
A. Demolon, directeur de la Station agron. de l'Aisne. 

D. Donon, Dr des Services agricoles du Loiret. 

V. Ducomet, professeur à l'école d'agr. de Rennes. 
Georges Emion, docteur en droit. 
Ferrouillat 4r, directeur de l'école de Montpellier. 
Fleurent!i¥,prof. au Conservatoire des arts et métiers. 

E. Foëx, direct.de la Station de pathologie végétale. 

G. Fron, maître de conférences à l'Institut agronom. 
Garcia !ft, directeur de la Station d'Eure-et-Loir. 
U. Gayon, 0. îft, direct, de la Station agr. de Bordeaux. 
A.-Ch. Girard, O.iiî, professeur à l'Institut agronom. 
Henry Girard, agriculteur. 

André Gouin, agriculteur (Loire-Inférieure). 
Raoul Gouin, ingénieur agronome. 
Alfred Grau, ingénieur agronome. 
G. T.-Grignau, pul3liciste agricole. 
H.Grosjean, O.ift, inspecteur général de l'agriculture. 
Ch. Guflroy, ingénieur agronome. 
J.-M. Guillon.ô, inspecteur général de la viticulture. 
H. Hitier, maître de conférence 1' stitut agronom. 
Joseph Hitier, professeur à l'Institut agronomique. 
E. Kayser, », direct, du laboratoire des fermentations. 
Labergerie, agriculteur (Vienne). 
S. G. de Laharpe, professeur d'agriculture (Cha- 
rente). 



M. Laplaud, ingénieur agronome, agriculteur. 

H. de Lapparent.O. îR, insp. gén. hon. de l'agric. 

S. de Larclause, !ft. direct, de ferme-école (Vienne). 

Lemasson La Morinière, professeur d'agriculture. 

Ernest Lemoine, 5*, aviculteur. 

Eug. Leroux, direct, de l'école de Fayl-Billot. 

F. Lesourd, publiciste agricole. 

Pierre Lesne, assistaut au Muséum 

L. Lindet, 0. !ft, professeur à l'Institut agronomique. 

J.-E. Lucas, ingénieur-agronome. 

F. Main, ingénieur agronome. 

L. Malpeaux, dir. de l'école d'agr. de Berthonval. 

H. Mamelle, maître de Conférences à Grignon. 

Louis Mangin, 0. ift, membre de l'Institut. 

Maurice Mangin, inspecteur des Eaux et Forêts. 

Dr Marchai ift, ujembre de l'Institut. 

H. Marié-Davy, ingénieur agronome. 

Francis Marre, chimiste expert. 

L. Mathieu, directeur de Station œnologique. 

P. Mazé !R,chef de service à l'Institut Pasteur. 

J. Méline, sénateur. 

X. Menegaux, assistant au Muséum. 

E. Miège, chef de travaux à l'école de Rennes. 

N. Minangoin. Insp. honor. de l'agricult. (Tunisie). 

Pierre de Monicault, ingénieur agronome. 

Dr G. Moussu iS;. professeur à l'école d'Alfort. 

Paul Muller, agriculteur à Eguisheim ^Alsace). 

A. Mûntz, 0.!R,de l'Académie des sciences. 

J. Nanot, 0. iS, direct, de l'école d'hortic. de Versailles. 

E. Noffray, botaniste cryptogamiste. 

R. Olry, ingénieur agronome. 

Rieul Faisant, du Comité de la vente du blé. 

G. Pageot, ■ÎJ, agriculteur (Sarttie). 

D' G. Patrigeon. !ft, viticulteur i Indre). 
G. Paturel. directeur de Station agronomique. 
Le baron Peers. agriculteur (Belgique). 
J. Pellissier, professeur d'agriculture (Lot-et-Gar.). 
II. Pillaud, ingénieur agronome. 
Emile Pluchet, président de la Société des Agricul- 
teurs de France. 
Eugène Plui het, de l'.Académie d'agriculture. 
E. Rabaté, D'des Services agric. (Cher). 
L. Rigolard, ingénieur agronome. 
M. Ringelmann *, professeur à l'Institut agronom. 
Ernest Robert, président du comice de St-Quentin. 
A. Rolet, ingénieur agronome. 
E. Rousseaux ift, D^de Station agronomique. 
Paul Roux, agriculteur (Puy-de-Dôme). 
L. de Roussen, viticulteur. 

Emile Saillard ijï, professeur à l'école de Douai. 

Comte de Saint-Quentin, de l'Académie d'agriculture. 

E. Schribaux, ft, professeur à l'Institut agronom. 

T. Sarazin, professeur d'agriculture (Vendée). 

L. Tardy ©, maître de conférences à l'Inst. agron. 

Eug. Tisserand, G. 0. ïj;, membre de l'Institut. 

A. Truelle, de l'Académie d'agriculture. 

Marcel Vacher, O.iS, de l'Académie d'agriculture. 

J. Van der Vaeren, insp. de l'agriculture (Belgique). 

M. de Vilmorin, ift, de l'Acalémie d'agriculture. 

P. Vimeux, ingénieur agr' nome. 

L. Vuafluart, directeur de Station agronomique. 

J.-P. 'Wagner, professeur d'agriculture (Luxembourg). 

G. 'Warcollier, D'' de la Station pomologique. 

G. 'Wery, -ft, sous-directeur de l'instrtut agronom. 

P. Zipcy, professeur d'agriculture ((Charentes). 

D. Zolla, professeur à l'école de Grignon. 



JOURNAL 



D'AGRICULTl'BE PRATIQUE 



FONDE EN 1837 PAR ALEXANDRE BIXIO 

et JOURNAL DE L'AGRICULTURE 

FONDÉ EN 19136, FUSIONNÉ AVEC LE JOURNAL D'AGRICULTURE PRATIQUE EN 1909 

RÉDACTEUR EN CHEF : 
Henry SAG\IER, 0. « 

Secrétaire perpétuel de l'Académie d'Agriculture, 
Ancien rédacteur en chef du Journal de t'AgricuUure, Membre du Conseil supérieur de l'Agriculture. 



LreRARY 
IVEW YOKK 
: BOTANICAL 
I 6ARUK.V 



Secrétaire de la Rédaction : Pierre BERTHAULT 

Ingénieur agricole, Docteur es sciences. 



82« ANNÉE. — 1918 
\onveIlc série. — TOME 31 

Tome 142 db la collection complète do Journal d'Agriculture pratique 




PARIS 

LIBM.VIKIE AGRICOLE DE LA MAISON RUSTIQUE 

26, RUE JACOB, 26 

1918 



JOURNAL 

D'AGRICULTURE PRATIQUE 



CHRONIQUE AGRICOLE 



Vote par le Parlement des crédits provisoires pour le premier trimestre de 1918. — Relèvements d'impôts 
et taxes nouvelles. — Création de postes de Commissaires ù l'Agricultm'e. — Arrêté relatif à l'iiuporta- 
tion des peaux de l'Afrique occidentale. — Mesures réglementant l'approvisionnement en essence pour 
les moteurs agricoles. — Nominatii'n d'inspecteurs de l'Agriculture. — Relevé de la récolte des vins en 
France et en Algérie. — Etudes sur la vinification du Chenin par MM. Moreau et Vinet. — Vœux de la 
Société d'Agriculture du Gard relativement aux plantations et replantations de vignes et au développe- 
ment de la culture du blé. — Primes à la culture du chanvre et du lin en 191". — Interdiction de la 
main-d'œuvre d'Etat pour les cultivateurs de chicorée. — Discussion relative au bétail de Madagascar. 
— Création d'un concours pour la production des graines de betteraves .à sucre. — Concours pour les 
appareils propres au séchage des graines. — Dates des déclarations à faire par les candidats à l'Ins- 
titut agronomique et aux Ecoles nationales d'Agriculture en 191S. — Comparaison des prix du bétail à 
La Villette en décembre des six dernières années. — Récolte des pommes de terre en France et en 
Angleterre. 



Le budget pour 1918. 

Les dépenses nécessaires pour soutenir la 
lutte imposée à la France depuis plus de 
trois ans se sont accrues dans des propor- 
tions énormes. De ces dépenses, les unes 
sont temporaires, les autres resteront per- 
manentes; pour y faire face, il est néces- 
saire d'ajouter aux ressources fournies par 
les emprunts des relèvements dans les im- 
pôts qui grèvent les contribuables. Déjà des 
opérations de ce genre ont été effectuées 
dans la loi de finances pour 1917 ; la loi du 
31 décembre dernier, qui a ouvert les crédits 
provisoires applicables au premier trimestre 
de 1918, renferme de nouvelles dispositions 
qu'il convient de signaler. 

Les relèvements portent sur des contribu- 
tions directes ou sur des contributions indi- 
rectes. 

C'est d'abord une augmentation progres- 
sive de la contribution spéciale sur les béné- 
fices exceptionnels de guerre. C'est ensuite 
une série de dispositions relatives aux droits 
de mutations: des tarifs nouveaux sont appli- 
cables aux successions dont le montant dé- 
passe 25.000 fr., différents suivant le nombre 
des enfants, avec limitation de la faculté 
d'hériter au sixième degré. Des relèvements 
analogues sont appliqués aux droits d'enre- 
gistrement dans les donations entre vifs. 

Une série de taxes nouvelles a été établie 
sur les paiements: taxe de fr. :20 par 100 fr. 
sur tout paiement d'une somme supérieure 
à 150 fr. pour une marchandise quelconque, 
sauf quelques exceptions, notamment pour 
les effets de commerce assujettis au droit 
proportionnel de timbre ; taxe de 10 fr. par 
100 fr. sur le paiement d'un objet quelcon- 
10 Janvier 1918. — N' 1. 



que qu'une loi ultérieure désignera comme 
marchandise ou objet de luxe. Ces taxes sur 
les paiements ne seront perçues qu'à partir 
du 1" avril prochain. 

Sur d'autres relèvements d'impôts, l'ac- 
cord ne s'est pas encore établi entre le Sénat 
et la Chambre des Députés; ils feront l'objet 
de dispositions spéciales. 

Commissaires à l'Agriculture. 

On trouvera plus loin (p. 16) un décret ins- 
tituant une nouvelle fonction, celle des Com- 
missaires à l'Agriculture. Trois députés, 
MM. Cosnier, Compère-iMorel et Le Rouzic, 
sont chargés de missions spéciales détermi- 
nées par ce décret. 

Police sanitaire du bétail. 

On a lu dans la Chronique du 13 décembre 
(p. 479) qu'un arrêté ministériel avait pro- 
hibé l'introduction en France des animaux et 
de leurs produits en provenance de l'Afrique 
occidentale française. Un nouvel arrêté a dé- 
rogé à ces dispositions et a autorisé l'impor- 
tation des peaux sèches et des laines de cette 
provenance. Ces produits ne pourront être in- 
troduits que par les ports de Bordeaux, du 
Havre et de Marseille; ils y seront soumis au 
contrôle du Service sanitaire vétérinaire. 

Pour les moteurs agricoles. 

Uu arrêté du ministre de l'Agriculture, en 
date du 2-2 décembre, a institué, au Service 
du matériel agricole, une section spéciale 
chargée de toutes les questions relatives à 
l'approvisionnement, à la répartition et au 
contrôle des essences, pétroles et huiles de 
graissage pour ce qui concerne les besoins 
agricoles. L'inspecteur général de l'agricul- 

1918, — 1 



6 CHRONIQUE AGRICOLE 

ture, chef du Service du matériel agricole, 



est chargé d'assurer la répartition des quan- 
tités de ces produits, mises |à la disposition 
du Département de l'Agriculture et du Ravi- 
taillement, pour le fonctionnement des mo- 
teurs employés en agriculture, et de contrô- 
ler l'emploi des quantités délivrées, soit par 
lui, soit par les fonctionnaires désignés à cet 
effet. 

Inspection de l'Agriculture. 

Par décret en date du 10 décembre, ont 
été nommés inspecteurs de l'Agriculture de 
3'' classe : 

M. Cassez, directeur des Services agricoles de 
la Haute-Marne. 

M. I^aurent (Albert), directeur des Services 
agricoles de la Savoie. 

M. liolland, directeur des Services agricoles du 
Rliône. 

M. Laurent (Félix), directeur des Services agri- 
coles de la Seine-Inférieure. 

M. Cliappaz, directeur des Services agricoles 
en service détaché, directeur de l'Ecole colo- 
niale de Tunis. 

L'entrée en fonctions de MM. Cassez et 
Laurent (Albert^ a été fixée au 1" janvier 
1918. Celle de MM. Rolland, Laurent (Félix) 
et Chappay. aura lieu dès que les disponibi- 
lités budgétaires le permettront. 

La récolte des vins. 

On trouvera plus loin (p. 8) le tableau, par 
départements, de la récolte des vins en 1917, 
d'après les déclarations des viticulteurs sur 
la récolte elle-même et sur le stock existant 
dans leurs caves au 1" octobre. D'après ce 
tableau, dans son ensemble, la production 
diffère peu de celle de l'année précédente, 
l'excédent ne dépassant pas 2 64G 000 hecto- 
litres ; mais, à raison de la faiblesse des 
stocks, cet excédent est diminué, de sorte 
que les ressources disponibles ne dépassaient, 
au i"' octobre, que de 2 542 000 hectolitres 
celles de la campagne précédente. Ces cons- 
tatations confirment les prévision? qui avaient 
été présentées dans nos colonnes. 

En Algérie, la production des vins est éva- 
luée, d'après les déclarations de récolte, à 
6 233 0li9 hectolitres; elle avait été de 8 mil- 
lions 781 266 hectolitres en 1916. 

Questions viticoles. 

A diverses reprises, nous avons eu l'occa- 
sion de signaler l'activité de la Station œno- 
logique de Maine-et-Loire créée par la So- 
ciété industrielle et agricole d'Angers pour 
l'étude des problèmes les plus importants 
pour la viticulture de la région. Les expé- 



riences et les observations qui y ont été pour- 
suivies sont nombreuses; celles sur la vinifi- 
cation ont été réunies par MM. L. Moreau et 
E. Vinet, directeur et sous-directeur de la Sta- 
tion, dans une importante brochure sous le 
litre Etudes sur la vinification des raisins 
blancs de Chenin. Le Chenin ou Pineau blanc 
de la Loire est le cépage fondamental du vi- 
gnoble angevin. Les vins d'Anjou lui doivent 
leurs qualités remarquables; mais sa vinifica- 
tion, pour être parfaite, exige des soins mé- 
ticuleux. Depuis 1906, MM. iMoreau et Vinet 
se sont livrés chaque année, sur ce sujet dé- 
licat, à des expériences dont le but était de 
préciser les meilleures méthodes à suivre 
suivant les années, qu'elles soient favo- 
rables ou défavorables. Les résultats de 
cette longue expérimentation sont consignés 
dans leur brochure. Ils passent successive- 
ment en revue l'influence de la température 
sur la fermentation, celle du débourbage, les 
conditions et les méthodes d'amélioration 
des moùls, l'emploi des levures sélection- 
nées, etc. Si l'amélioration des moùls s'im- 
pose lorsque le besoin s'en manifeste, il con- 
vient de ne l'opérer qu'avec discernement. 
Telle est la conclusion de ces expériences, 
que le concours apporté d'ailleurs par un cer- 
tain nombre des meilleurs viticulteurs 
d'Anjou permet de dégager pour apporter à 
tous des indications éminemment utiles. 

— La Société centrale d'AgricullureduGard, 
présidée par M. Gustave Cosle, a émis, dans 
sa séance du 10 décembre, les vœux suivants : 

Considérant que dans les circonstances ac- 
tuelles toutes les régions de France doivent 
porter au maximum leur production de céréales; 
que la région viticole en particulier, s'inspirant 
de l'intérêt natioiial, doit auenienter ses cultures 
de blé. 

Considérant qu'un effort très sensible a été 
fait dans ce sens; mais que certains viliculteurs, 
malgré les avis qui leur ont été donnés par les 
Sociétés d'Agriculture, au lieu d'imiter leurs 
voisins qui ont étendu leurs cultures de blé, 
piéfèrent employer leurs moyens d'action à 
l'extension de leur vignoble. 

Emet le vœu : 

Que, pendant la durée des hostilités, toute 
plantation nouvelle ou replaiitation de vignes 
soit interdite, les rempiaoements des ceps morts 
restant autorisés dans les vignej en production. 

En outre, la Société, en renouvelant ses 
vœux tendant à l'abolition de la taxation des 
céréales, a demandé l'organifation de Com- 
missions départementales qui auraient les 
pouvoirs nécessaires pour disposer des terres 
abandonnées et les concéder à des agricul- 
teurs qui ofiriraient de les cultiver à leurs 



CHRONIQUE AGRICOLE 



n 



risques el périls en céréales, et particulière- 
ment en blé. 

Culture du chanvre et du lin. 

Par un arrêté du minisire de l'Agriculture 
en date du 28 décembre, le taux de la prime 
allouée aux cultivateurs de lin et de cbanvre 
a été tixé, pour l'exercice 1917, à GO fr. par 
hectare. 

Ce taux est, comme les années précédentes, 
le maximum prévu par la loi. 

La chicorée à café. 

La culture de la chicorée à café, autrefois 
confinée dans les déparlements du Nord et du 
Pas-de-Calais, a pris, dans les dernières an- 
nées, de l'extension dans d'autres régions; 
mais celte culture n'est pas comprise au 
nombre de celles qui sont considérées comme 
essentielles à la résistance du pays (voir le 
numéro du 29 novembre, p. 468) et aux- 
quelles la main-d'œuvre fournie par l'Elat 
peut venir en aide. Pour ce motif, par une 
circulaire en date du 29 décembre, le mi- 
nistre de l'Agriculture a fait connaître que 
des ordres formels sont donnés pour qu'au- 
cun travailleur ne soit mis par les Commis- 
sions départementales de la main-d'œuvre 
agricole à la disposition de cultivateurs de 
chicorée. 

Le bétail de Madagascar. 

Une longue discussion s'est engagée ré- 
cemment à la Chambre des Députés sur les 
ressources à tirer du bétail de la colonie de 
Madagascar. On sait que le iroupeau bovin 
de ia grande ile est très important, et que 
l'exportation vers les pajs de r.\frique du 
Sud y était assez active, alors que la France 
n'en lire qu'un minime profit, même sous 
forme de viande frigorifiée. Cette discus'-ion 
s'est terminée par l'aiioption de la résolution 
suivante : 

La Chambre invite le Gouvernement à recou- 
rir d'urgence à tous les moyens qui permettront 
à la l'rance de bénéficier de la façon la plus 
complète du cheptel bovin de Madagascar, no- 
tamment à interdire son exportation pour tous 
autres pays que la France, pendant le temps qui 
sera jugé nécessaire à la reconstitution du chep- 
tel national. 

Le ministre des Colonies a fait observer 
que l'utilisation de ces viandes est subordon- 
née au problème des transports maritimes. 

Institut agronomique 
et Ecoles nationales d'Agriculture. 

Les dates des examens d'admission en 



1918 ne sont pas encore fixées. Mais les can- 
didats doivent faire, au ministère de l'Agri- 
culture fBureau de l'enseignement agricole), 
avant le 1" mars prochain, leur demande 
d'inscription accompagnée des pièces régle- 
mentaires. 

La graine de betterave à sucre. 

Des efforts sont poursuivis pour aflranchir 
la France de la tutelle à laquelle elle était 
soumise vis-à-vis de l'Allemagne pour la 
production des graines de betteraves à 
sucre. 

En vue d'encourager ces eO'orts, un arrêté du 
minisire de l'Agriculture, en date du 12 dé- 
cembre, a institué un concours entre les sé- 
lectionneurs de nationalité française qui se 
livrent à la production de ces graines. Ce 
concours est naturellement de longue ha- 
leine. Les sélectionneurs désireux d'y parti- 
ciper devront se faire inscrire au ministère 
de l'Agriculture avant le i°' mai 1918 el en- 
suite avant le 1"' mai de chaque année, en 
indiquant leurs méthodes de sélection, de 
production et de conservation des graines. 
Une Commission spéciale de trois membres 
sera chargée de suivre leurs opérations; elle 
devra présenter, avant le 1'"' octobre 1921, ses 
conclusions et ses propositions pour l'atlri- 
bulion de récompenses. Une somme de 
20 000 fr. sera mise à sa disposilion pour 
être distribuée, s'il y a lieu, en prix aux con- 
currenls. 

Un autre arrêté, de même date, institue un 
concours d'appareils destinés au séchage des 
graines de betteraves. Ce concours aura lieu 
en 1918 ou en 1919 à une date qui sera fixée 
ultérieurement. Les constructeurs français 
y seront seuls admis et devront adresser 
au ministère de l'Agriculture, trois mois 
avant la date qui sera fixée, une déclaration 
renfermant des indications détaillées sur 
leurs appareils. Ces appareils seront classés 
en deux groupes suivant qu'ils traiteront 
une tonne ou moins d'une tonne à l'heure. 
Ils devront répondre aux conditions sui- 
vantes ; 

1° Permettre de rampner la teneur en eau des 
graines de betteraves de 18 à 20 0/0 à 13 0/0 et 
cela par une dessiccation opérée à une tempéra- 
ture ne dépassant pas 70 à ~o degrés. 

2° Ilendre aussi court que possible le séjour 
dans le séchoir de l'entrée à la sortie; 

3° Ne pas renfermer de gaz de combustion qui 
nuirait à la faculté germinalive des graines dans 
le cas où la dessiccation serait réalisée par un 
courant d'air chaud; 

4° Pouvoir être mis facilement en marche ré- 
gime et vidés en totalité; il faut en outre qu'ils 



RÉCOLTE DES VINS EN FRANCE EN 1917 ET EN 1916 



soient rustiques et n'exigent qu'une faible dé- 
pense de force. 

Les appareils présentés pourront servir à plu- 
sieurs usages, notamment à la dessiccation de 
toutes autres graines, fruits et produits divers. 

Le concours esl doté d'un prix de 30 000 fr. 
à décerner à l'appareil le plus méritant. Ce 
prix pourra être divisé. 

Le bétail à La Villette. 

Le Journal Officiel a publié, d'après les 
documents du ministère de l'Agriculture, le 
relevé des prix du kilogramme de viande 
nette au marché de la Villette, à Paris, pen- 
dant la deuxième quinzaine de décembre. En 
voici un extrait : 

B(i.'ut'. Vache. Taureau. 

1" quai. 3" quai. l"qual. -S' quai. l"qual. 3' q. 



1911 


3.26 


2.68 


3.26 


2.66 


3.02 


2.60 


1916 


2.60 


2.32 


2.60 


2.30 


2.40 


2.16 


1915 . 


2.24 


1.91 


2.24 


1.90 


2.04 


1.81 


1914. 


2.05 


1.83 


2.05 


1.83 


1.8o 


1.69 


1913 


1.S4 


1.56 


1.86 


1.56 


1.54 


1.36 




Veay 


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Mouton. 


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l"qual. 


i' quai. 


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3' quai. 


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3- q. 


191- . 


4.90 


3.-0 


4.90 


3.60 


4.90 


4.42 


1916. 


3.S0 


2.60 


3..J3 


2.43 


3.53 


3.18 


1915. 


3.20 


2.68 


2.75 


2.10 


2.67 


2.41 


1914 . 


2.55 


2.03 


2.36 


1 96 


1.41 


1.23 


1913 . 


•2.65 


2.40 


2.60 


2.10 


1.63 


l.o3 



On doit se souvenir que pendant les der- 
niers mois de 1914 le marché de La Villette 
était désorganisé. 

Les pommes de terre en France. 
Le ministère de l'Agriculture n'a pas en- 
core publié le relevé de la récolte des 



pommes de terre. Mais on sait, par une cir- 
culaire de M. Le Rouzic, directeur du Ser- 
vice, que celle-ci a atteint 120 millions de 
quintaux, au lieu de 91 en 191 0. C'est le ré- 
sultat de la propagande faite au printemps 
dernier. Pendant la période décennale qui a 
précédé la guerre (1904-1913), la production 
moyenne avait été de 134 millions de quint. 

Les pommes de terre en Angleterre. 

On a analysé récemment ici (Chronique du 
29 novembre, p. 460) les renseignements 
officiels sur la dernière récolte des céréales 
en Angleterre et dans le pays de Galles. De 
nouveaux documents se rapportent à la ré- 
colte des pommes de terre. 

La statistique anglaise accuse 508 000 acres 
(environ 202000 hectares) en 1917, contre 
428 000 acres (171000 hectares) en 1916. 
C'est un accroissement de 32000 hectares, 
c'est-à-dire de près de 1 cinquième, ce qui 
représente un effort important. 

A cette augmentation, s'en ajoute une 
autre plus intéressante, c'est un relèvement 
notable dans le rendement. La production 
totale a été évaluée à 3 339 995 tonnes, au 
lieu de 2 504 516 en 1916. L'augmentation 
atteint 33 0. Le rendement moyen par 
hectare est supérieur non seulement à celui 
de l'année 1916, mais aussi au rendement 
moyen de la période décennale de 1907 à 
1916. Dans son ensemble, la récolte est la 
plus élevée qui ait été enregistrée depuis que 
des évaluations annuelles sont publiées, 
c'est-à-dire depuis l'année 1885. 

Henby Sacnier. 



RECOLTE DES VJNS EN FRANCE EN 1917 ET EN 1916 




Ain . 

Aisne. 

Allier. 

Alpes (Basses-). . . 

Alpes (Hautes-). . . 

Alpes-Maritimes . 

Ardèche 

Ardennes (1) 

Arièae 



Slock. 


hectolitres 


13 


330 




718 


6 


412 




395 




145 


3 


648 


7 


323 


1 


016 



.\NNEE 1917 



RKCOLTE 

(Quantité 
déclarées.) 



hectolitres 

234 899 

13 294 

62 205 

9 577 

17 262 

24 576 

319 861 

28 179 




248 
14 
68 
9 
17 
28 

327 
29 



229 
012 
617 
972 
407 
224 
184 
195 



ANNÉE 1916 



Slock. 


hectolitres 


8 


586 


1 


270 


4 


65S 




789 




120 


4 


254 


4 


066 




562 



RÉCOLTE 


(Quantités 


déclarées.) 


hectolitres 


262 


797 


8 


282 


lit 


549 


23 


070 


16 


192 


60 


333 


343 


393 


25 


533 



Total. 



hectolitres 



271 
9 

146 
23 
16 
64 

347 
26 



383 
552 
207 
839 
312 
789 
459 
113 



SUBDIVISION 
de la récolte de 1917. 



Quantités 


vinilit 


es 


sur place 


hectolitres 


234 


899 


13 


294 


62 


205 


9 


527 


17 


262 


24 


363 


314 


887 


28 


179 



Quantités 

de vin 
représen- 
tées 
par les ven- 
danges 
expédiées. 



hectolitres 



50 



•213 

4.974 



RÉCOLTE DES VINS EN FRANCE EN 1916 ET EN 1917 



DEPARTEMENTS 



Aube 

Aude 

Aveyron 

Bouches-do-Rhône. . 

Cantal 

Charente 

Chareute-lnférieure. . 

Cher 

Corrèze 

Côte-d'Or 

Creuse 

Dor.iogne 

Doubs 

Drùrae 

Eure 

Eure et-Loir 

Gard 

Garonne (Haute-) 

Gers 

Gironde 

Hérault 

Indre 

Indre-et-Loire 

Isère 

Jura 

Landes 

Loir-et-Cher 

Loire 

Loire (Haute-) 

Loire-Iuférieure 

Loiret 

Lot 

Lot-et-Garonne 

Lozère 

Maine-et-Loire 

Marne 

Marne (Haute- 1 

Mayenne 

Meurthe-et-Moselle. . 

Meuse 

Morbihan 

Nièvre 

Puy-de-Dôme 

Pyrénées (Basses- . . . 
Pyrénées illautes-1 .. 
Pyrénées-Orientales . 

Rnone 

Saône (Haute-) 

Saône-et-Loire 

Sarthe 

Savoie 

Savoie (Haute-) 

Seine 

Seine-et-Marne 

Seine-et-i lise 

Sèvres Deux-) 

Tarn 

Tarn-et-Garonne 

Var 

Vaucluse 

Vendée 

Vienne 

Vienne (Haute-) 

Vosges.. 

Yonne 



Total : France. 



«tock. 


hectolitres 


4 381 


69 «1 


3 956 


10 456 


3 


>1 993 


37 34) 


3 911 


105 


15 063 


» 


16 244 


127 


5 908 


» 


48 


19 023 


16 107 


22 283 


417 201 


84 300 


2 86:i 


25 269 


6 317 


7 661 


7 498 


20 532 


16 483 


51 


8 50j 


6 356 


6 794 


15 811 


90 


14 176 


37 369 


366 


2 


1 661 


15 


83 


3 561 


5 347 


6 026 


1 489 


26 107 


43 863 


630 


56 6S6 


! 578 


3 612 


1 021 


19 


190 


159 


2 315 


16 437 


6 128 


13 851 


13 582 


S 149 


6 123 


34 


14 939 


1 203 635 



AN'.NKE 1917 

RlicOLTE 

^Quantités 
déclarées.) 



hectolitres 

87 Bol 

5 179 684 

153 604 

379 303 

860 

695 868 

988 367 

95 664 

29 833 

200 034 

10 

538 606 
5 310 

198 170 

36 

2 398 

1 481 076 
317 395 
267 932 

3 538 663 
9 801 134 
248 042 
927 233 
343 826 
110 221 
161 391 
775 875 
136 070 
7 167 
666 392 
243 041 
2117 116 
S20 082 
20 900 
285 309 
164 697 

18 290 
613 

29 441 

641 

2 644 

41 292 

63 679 

100 980 

33 999 

2 435 614 
390 236 

19 160 

539 378 
17 096 

208 011 

60 799 

106 

2 692 

2 975 

72 349 

306 364 

151 726 

833 762 

184 663 

420 634 

413 971 

1 739 

2 603 
215 086 



Total 



55 



20- 



hectolilres 

91 932 
5 249 133 

57 560 

389 739 

863 

705 861 

1 025 908 

99 573 

29 938 

243 097 

10 

8,30 

437 

078 

36 

2 446 

500 099 

333 702 

290 217 

955 864 

883 444 

230 907 

952 512 

350 143 

117 8X2 

169 08H 

796 407 

132 333 

7 218 

674 897 

249 397 

213 910 

335 896 

20 990 

299 485 

202 066 

IS 636 

613 

31 402 

636 

2 727 

44 857 

69 026 

107 006 

37 488 

461 721 

434 119 

19 790 

616 064 

18 674 

211 623 

61 820 

125 

2 882 

3 lU 
74 664 

522 821 
137 854 
869 613 
198 245 
423 783 
420 096 

1 766 

2 605 
230 025 



Stock. 



AXNEE 1916 

RÉCOLTE 

(Quantités 
déclarées ) 



hectolitres 

13 856 
39 930 

1 757 
13 979 

7 653 
26 083 

3 898 

342 

59 172 

15 071 

138 

3 984 

100 

3 873 

8 472 
23 130 

340 647 
61 280 

4 169 
29 318 

3 602 
12 589 

6 432 
19 266 

3 158 

33 

28 230 

6 970 

5 246 
12 638 

29 
21 163 
80 273 

1 033 

4 

3 452 

17 
233 

4 910 

2 799 

3 544 
1 240 

10 309 

31 865 

806 

52 490 



3 793 

3 433 

1 112 

31 
243 
396 

2 852 

12 309 

4 773 

13 676 
12 597 

8 957 

8 990 

53 

27 

25 348 



hectolitres 

29 034 

4 863 382 

167 426 

443 478 

98 t 

496 539 

824 59 i 

67 522 

27 507 

326 321 

4 

464 099 

83 I 

197 332 

49 

1 374 

1 671 74i 
288 492 
376 412 

2 969 391 
9 079 911 

S3 243 
557 242 
394 954 

74 155 
US 302 
552 003 
218 685 
4 419 
216 565 
155 018 
105 641 
335 720 

17 978 

205 939 

42 637 
8 363 
1 374 

18 798 

88 

1 418 
63 196 
86 571 
62 280 
31 089 

3 332 075 
548 392 

6 308 

678 755 

22 915 

206 701 

43 315 

92 
919 

2 228 
29 677 

272 074 
164 013 
806 831 
387 021 
161 196 
132 906 
884 
419 
120 946 



1 310 160 33 457 347 34 767 307 



Total. 



heclûlitres 

42 890 

4 905 312 

169 183 

439 457 
983 

504 192 

830 677 
71 420 
27 849 

385 493 



479 

1 

203 

1 

1 687 

296 

399 

3 510 

9 141 

87 

586 

398 

86 

124 

.571 

221 

4 

244 

161 

110 

348 

18 

227 

122 

9 

1 

22 

1 

68 
89 
67 
32 
3 342 

5S0 
7 

731 
26 

212 
46 



32 
2X4 
168 
820 
399 
170 
141 



146 



170 
023 
310| 
49 I 
4741 
619, 
964 1 
5421 
0381 
191 I 
412 
SfiOl 
536' 
744 1 
934 
269 1 
8i3, 
454 
8151 
988 I 
8871 
338' 
0071 
lOt' 
910 
iOO 
378 
2311 
105 
631 
106 
370 
824 
329 
384 
237 
114 
243 
710 
134 
427 
123 
164 
624 
329 
383 
786 
507 
618 
153 
896 
937 
446 
294 



SUBDIVISION 
de la récolte de 1917. 



Quantités 

de vin 
représen- 
tées 
par les ven- 
danges 
expédiées. 



Quantités 


vinitiées 


sur pi 


ace. 


hectolitres 


87 


I!34 


5 179 


684 


133 


604 


36b 


131 




860 


69.3 


446 


988 


321 


93 


661 


29 


833 


192 


OUO 




10 


538 


606 


5 


121 


197 


039 




36 


2 


398 


1 465 


802 


312 


961 


267 


932 


3 538 


624 


9 798 


577 


248 


142 


919 


903 


343 


695 


109 


694 


161 


591 


775 


864 


136 


070 


( 


167 


666 


392 


243 


03 :i 


207 


116 


319 


990 


20 


892 


285 


309 


164 


127 


18 290 1 




613 


29 


441 




641 


O 


644 


41 


292 


63 


679 


100 


980 


35 


999 


2 431 


560 


390 


256 


19 


128 


539 


303 


17 


096 


208 


003 


60 


799 




106 


2 


689 


2 


973 


71 


311 


506 


340 


151 


609 


847 


360 


137 


000 


420 


634 


411 


488 


1 


732 


2 


553 


215 


086 


S3 979 798 



hectolitres 
517 



13 172 



422 

244 

3 

034 



189 
1 131 



13 274 
4 634 

40 
2 5.37 

7 330 
131 

527 

U 



92 
8 



570 



034 

n 

32 

85 



1 038 

24 

117 

8 402 

47 634 

2 483 

52 

124 093 



10 



L'ALSACE 



LE MÉTAYAGE ET L'IMPOT SUR LES BÉNÉFICES AGRICOLES 



Le Journal d'Agriculture pratique du 
13 décembre a publié une étude relative à 
Firapôl sur les bénéfices agricoles des pro- 
priétés tenues en métayage, mais l'auteur 
s'est appuyé sur un avis déjà ancien fourni 
par l'Administration des Finances en ré- 
ponse à une question posée par M. de Gail- 
hard-Bancel, député. Cette réponse a, en elïet, 
été insérée au Journal Officiel à la suite de 
la séance de la Ctiambre dv 26 mai 1917. 
Depuis lors, une précision est intervenue 
lors du vote de la loi dans la séance du 
18 juillet 1917. Permettez-moi de vous la 
signaler. 

M. de Monplanet ayant demandé au mi- 
nistre des Finances dans quelles condi- 
tions seraient établies les feuilles d'impôt 
pour les exploitations par métayage, le pré- 
sident de la Commission et son rapporteur 
ont déclaré que « le loyer est représenté par 
la portion des fruits que louche le proprié- 
taire, que donc il n'a pas à payer d'impôt sur 
les bénéfices de l'exploitation. » 



L'impôt foncier, constituant un « impôt sur 
le loyer de la terre », reste à la charge du pro- 
priétaire; l'impôt sur les bénéfices agricoles, 
constituant un « impôt sur le travail du 
sol », reste à la charge du métayer. M. de 
Monplanet ayant demandé si cet impôt ne 
sera établi qu'une fois pour l'ensemble du 
domaine, le ministre a répondu : u Oui, au 
nom de l'exploitant et quel que soit le pro- 
duit véritable, il sera toujours le même. » 

Nous ne croyons donc pas que la question 
envisagée puisse soulever des difficultés 
d'interprétation. 

Le revenu du bénéfice agricole d'une pro- 
priété tenue en métayage incombe manifes- 
tement au métayer seul et ces bénéfices n'ont 
pas à figurer dans l'ensemble du revenu glo- 
bal auquel le propriétaire pourrait être as- 
sujetti du chef de l'impôt complémentaire. 

J'ai pensé qu'il était utile de placer ces pré- 
cisions sous les yeux de vos lecteurs. 
A. DE Marcillac, 

Secrétaire général de rAlliaiice des Contribuables. 



L'ALSACE 



« Peu de contrastes sont plus forts que 
celui qui assaille le voyageur venant de Lor- 
raine au débouché du col de Saverne. Pres- 
que subitement, comme un rideau qui 
s'écarte, les montagnes s'ouvrent et le re- 
gard, engourdi par les mornes horizons de 
guérets qui attristent les environs de Sarre- 
bourg, voit s'épanouir des plaines riantes où 
brillent, parmi les vergers, de pittoresques 
villages. C'est l'Alsace qu'on salue avec une 
surprise qui touche à l'émerveillement. » (1). 
C'est que, comme le dit encore M. Vidal de 
la Blache : « Une harmonie toujours présente 
s'exhale de cet ensemble que le regard peut 
presque partout embrasser : la montagne, la 
plaine, le fleuve. » (2). 

La montagne. — La montagne comprend 
les plus hauts sommets des Vosges, les bal- 
lons couverts de ces pâturages permanents 
désignés sous le nom de chaumes où les 
troupeaux de vaches vont passer la belle 
saison. Rien que dans la région de la Haute- 
Alsace, on comptait une cinquantaine de 
« marcaireries », où se fabriquaient les fro- 

(t) Vidal de la Blactie, la France de l'Es/. 
(2) Vidal de la lilache, tableau de la France. 



mages gras ou maigres, dits Munster ou 
Suisse. Au-dessous s'étendent de magnifiques 
forêts qu'interrompent seulement les vallées 
descendant des sommets, et dans lesquelles 
s'est concentrée une industriedesplusactives 
et des plus variées : papeteries, blanchissages, 
tissages mécaniques, etc., utilisant la rapi- 
dité et la pureté des eaux vives de cette 
région des Hautes-Vosges. 

Le vignoble. — La chaîne des Vosges qui, 
du cijté de la Lorraine, s'abaisse peu à peu, 
présente, au contraire, des pentes escarpées 
du côté du Rhin. Le long de cette chaîne, 
constituée par des terrains anciens, des 
roches granitiques et gréseuses, des roches 
calcaires jurassiques forment une ceinture 
de collines dites sous-vosgiennes. Là, se dé- 
roule « jusque sur le territoire de la Basse- 
Alsace — où l'interrompent les prairies de 
Giessen — un des plus riches terroirs de 
l'Europe, comparable par l'aspect, sinon par 
la qualité des vins, à la Côte-d'Or et aux flancs 
des montagnes de Reims et des Vertus. » (3). 

C'est que non seulement le sol calcaire 

(3; Ardoiiin-Dumazet, Voyaije en 'France (llaute- 
Alsace.) 



LlUKAIRlh AgRICOLK DE LA MaISON KuSTIOfE 



Journal ci' Agiicultiiie' Pratique 




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\'lLl.AGt l)h K')i;HI.NK(-.KG l AlSACE) 




Maison d'un Village de Kochenbkkg (Alsace) 



CONSTRUCTIONS RUHALES EN AI^SACÇ 



L'ALSACE 



U 



chaud et sec y est favorable à la vigne, mais 
le climat également : plus de brouillards et 
lie pluies comme sur le versant occidental 
des Vosges, un printemps précoce, des jour- 
nées chaudes cà l'automne, un ciel lumineux. 

Le vignoble alsacien couvre près de 
33 000 hectares, et on peut dire que tous les 
villages viticoles alsaciens donnent des vins 
blancs excellents, secs, francs de goùl, se 
conservant bien et se bouquetlant agréable- 
ment; quelques-uns ont une renommée par- 
ticulière : à Thann, le Rangeii, « si capileux 
que nul ne peut en supporter un pot »; à 
liuebviller, le Kilterlé, un des rois du vigno- 
ble alsacien; à Turkheim, le Brand, tandis 
que, en Basse-Alsace, à Molsheim, le cépage 
riesling donne le Fin- 
kenireni qui " brille 
comme l'or dans les 
gobi'lels K. 

Sous prétexte de 
germanisation, un dé- 
cret d'Empire avait 
modifié, malheureuse- 
ment, les noms des 
crus et villages d'Al- 
sac'. Nous leur ren- 
drons [les noms qui 
sont vraiment les leurs. 

La région du loess. 
— En longs talus adou- 
cis, ces collines « sous- 
vosgiennes » s'incli- 
nent vers la plaine, 
finissant par dispa- 
raître sous le loess ou 
limon qui suit à dis- 
lance la bordure mon- 
tagneuse. 

La bande de loess est, du reste, inégalement 
répartie le long des Vosges; étroite surtout 
au Sud, elle couvre à peine la moitié de la 
Haute-Alsace; le précieux liiuoii manque 
dans la région basse des ried et des alluvions 
récentes sur les graviers et cailloux que les 
torrents descendant des Alpes ou des.,Vusges 
ont étalés, par exeuiple, dans la llart au 
nord de Mulhouse. De grands travaux d'as- 
sèchement et d'irrigation ont permis de créer 
des prairies sur certaines parties de ces ré- 
pions, mais les landes et les bois y cou- 
vrent de vastes étendues (forêt de la llarl, 
14 000 hectares;. Dans la Basse-.\lsace, les 
forêts de Brumath et de Haguenau occupent 
des terrains analogues. 

Le loess est particulièrement étendu au 
nord de Schlestadt et dans la Basse-Alsace ; 
dans la région, à l'ouest, nord-ouest de Stras- 



bourg jusqu'à Saverne et IlochWden, que 
l'on appelle le Kocliersbergfl), il alteinl une 
épaisseur de (iO à 80 mètres. 

Limon très fin de couleur grise ou jau- 
nâtre, doux au loucher, le loess se rèiluitsous 
les doigts en poudre presque impalpable; 
riche en calcaire, en acide phospliorique, un 
peu moins en potasse, le loess est une terre 
qu'on peut considérer comme coin]>lète au 
point de vue chimique. Le seul reproche 
qu'on puisse lui faire est de diviser le fumier, 
car la nilrific^ition y est très active. 

D'après E. Risler, si le loess est bon comme 
composition chimique, on peut dire iju'il est 
l'idéal des sols comme propriétés physiques. 
On peut le labourer en toutes saison avec 




Fiff. I 



Iluublonnière daos un villyge du Kocliersiicri: Als3<:e). 



I deux chevaux. Les plantes y souiïrent rare- 
ment de l'humidité. 

Toutes les récoltes y prospèrent : la vigne, 
les arbres fruitiers, particulièrement les 
noyers, la luzerne, le IrèOe, les planies in- 
dustrielles, entre autres le tabac, et le hou- 
blon, les céréales. Comme, ainsi que le re- 
marquait encore E. Risler, le travail et l'in- 
telligence des habilants ne valent pas moins 
que leurs terres, on peut dire que le Koches- 
berg, près de Sirasbourg, possèile une des 
plus belles agricultures de l'Europe. 

C'est, du reste, la région rurale et agricole 
par excellence de l'Alsace, les cultures y 
couvrent tout. Noire excellent et très distin- 
gué collaborateur de ce journal, M. Ardouin- 

(1) Dans les légendes de la planclie hors texte, on 
doit lire : « villar/e du Kocliersbevg ■>, au lieu de 
« l'illage de k'ocheiiberr/ >'. 



12 



L'ALSACE 



Dumazet, dans le volume de son Voyage 
en France qu'il a consacré à la Basse-Alsace, 
nous a donné quelques chiffres slalistiques 
précisant ce qu'était le système de culture 
d'un canton du Kocliersberg : 

Le canton deTruchtei'sheim, Jans le Ivocliers- 
berg. comprend 13 347 hectares sur lesquels il 
n'y a que 29 hectares de bois et 24 de friches. 
Tout le reste est soumis à l'exploitation la plus 
intensive ; 13 107 hectares sont retournés par la 
bêche et la charrue ; les prairies couvrent 
m hectares au fond des dépressions; il y a 
196 hectares de vigues étende pâturages. La pro- 
priété estextraordinairemenl morcelée, 8082pro- 
priétaires s'y partagent 101 309 parcelles. Celles- 
ci sont plus infimes encore qu'on ne pourrait le 
supposer, car nombre de grosses fermes, appar- 
tenant à des établissements charitables ou reli- 
gieux, tels que l'hôpital de Strasbourg, occupent 
de grands espaces réduisant la part des proprié- 
taires. 

Pour exploiter le soi, on emploie 2 462 che- 
vaux, chiffre énorme, comparativement à l'éten- 
due ; les étables renferment 8 749 bêtes de l'es- 
pèce bovine et 448 moutons, on compte 5 122 
porcs. Il est peu de campagnes aussi riches. Les 
villages se pressent; on fait rarement une demi- 
lieue sans rencontrer un centre; aussi la popu- 
lation atteint-elle 108 habitants par kilomètre 
carré, alors que la France, dans l'ensemble, en 
possède 68 en moyeune. 

M. Tisserand, dans son Economie rurale 
de l'Alsace, nous a décrit : 

Les spacieux villages de cette même région, 
très rapprochés les uns des autres et reliés par 
de magnifiques routes ombragées de beaux 
pommiers ou de grands noyers; les fermes avec 
leurs toits aigus ou avancés sous lesquels sèchent 
des guirlandes de feuilles de tabac ou d'épis de 
mais, avec leur architecture originale, leurs 
sculptures décoratives sur bois, la fraîcheur de 
leurs peintures, avec leurs habitants aux visages 
placides et aux costumes pittoresques et variés, 
montrent tous les indices de la prospérité, de 
l'aisance et du bonheur domestique. 

Le houblon. — Le houblon est une des ri- 
chesses de l'Alsace. Dans la Basse -.\lsace 
seule, le houblon était cultivé sur 3 701 hec- 
tares quelques années avant cette guerre; et, 
d'après les chiffres recueillis par M. Ardouin- 
Dumazet, dans les bonnes années, i'Alsace- 
Lorraine peut donner 120 000 quintaux de 
50 kilogr. de cônes, 50 000 a 60 000 quintaux 
les mauvaises années. La valeur du quintal 
(de 50 kilogr.) est très variable; elle oscillait 
de 60 à 125 fr. en 1900 et 1901, de 60 à 
100 fr. en 1902, de 150 à 225 fr. en 1903 et 
1904, soit une moyenne de 190 fr., ce qui 
donnerait pour SO 000 quintaux une valeur 
totale de 8 720 000 fr. 



L'Alsace redevenue terre française, notre 
industrie de la brasserie trouvera ainsi, sans 
être obligée d'avoir recours à l'iuiportation 
étrangère, toutes les quantités de houblon 
qui lui sont nécessaires; plusieurs crus y 
sont, du reste, de première qualité. 

Haguenau est le principal centre de la pro- 
duction du houblon en Alsace ; le cercle, dont 
cette ville est le chef-lieu, possède à lui seul 
1 961 hectares consacrés à la culture de cette 
plante. Une « Ligue des houblons » d'Alsace- 
Lorraine a son siège à Haguenau, un journal 
consacré au houblon s'y imprime. 

Le houblon est le charme et la poésie de la 
plaine alsacienne. Grâce à lui, les campagnes 
du Bas-Rhin ont un caractère pittoresque 
que ne connaît pas la plaine de la Haute-Al- 
sace; les perches enguirlandées de lianes 
forment de petites forêts eu miniature, très 
luxuriantes et vertes, et l'époque de la cueil- 
lette des cônes rappelle par sa gaieté les ta- 
bleaux de la vendange: 

Couverts de poussière jaune et de débris de 
feuilles, les hommes et les femmes s'empres- 
saient de dégarnir les perches abattues. L'odeur 
amère et saine s'avivait, et le bourdonneraenl 
de la bande de journaliers, comme lo bruit de 
vendanges précoces, s'en allait dans l'étendue 
immense rayée de prairies, de chaumes et de 
luzernes, dans l'Alsace ouverte et féconde, que 
le soleil commençait à chauffer (1). 

La petite propriété. — Si l'un des traits ca- 
ractéristiques de l'agriculture alsacienne est 
le nombre et la variété des plantes que l'on 
y cultive, un autre des traits caractéristiques 
est la prédominance de la petite propriété : 

La prospérité agricole s'est développée en Al- 
sace en même temps que la propriété se divisait. 

L'influence favorable de la petite propriété sur 
le développement de l'agriculture alsacienne ne 
saurait être mise en cause. Les origines de la 
division y sont anciennes; cette division tient 
évidemment à la nature et à la qualité du sol ; 
elle s'est identifiée avec les mœurs, les habi- 
tudes, l'organisation sociale et économique delà 
province, au point de constituer aujourd'hui une 
caractéristique de son génie. 

Il suffit, en Alsace, de jeter les recards autour 
de soi pour reconaître que les petits proprié- 
taires sont ceux qui traitent le mieux la terre; 
que, possesseurs du sol en même temps qu'ex- 
ploitants, concentrant tous leurs efforts sur un 
espace restreint, ils ne perdent rien de ce qui 
peut être utile à leur bien et sont souvent seuls 
capables de donner à certaines cultures, dans 
des conditions vraiment économiques, tous les 
soins qu'elles comportent. » (E. Tisserand.) 

(1) Iteué Bazin, Les Oberlé (la cueillette du hou- 
blon). 



TRANSPORT DES TRACTEURS SUR ROUTES 



13 



Les gisements de potasse. — C'est en 
Haule-Alsace, prés de Wiltelsheim, qu'a été 
découvert, il y a quelques années seulement, 
un des plus riches gisements de potasse jus- 
qu'ici connus, avec le gisement de Stass- 
furth. Ce gisement occupe une surface 
d'environ 200 kilomètres carrés et s'étend 
entre Mulhouse, Cernay, Soultz et Ensis- 
heim. L'épaisseur du gisement est de '(".oO 
à 5 mètres. 

On comprend de suite quelle est l'extrême 
importance de ce gisement pour l'agriculture 
et pour l'industrie, jusqu'ici tributaires delà 
source unique de Stassfurth. Il y a là notam- 
ment pour notre agriculture une ressource 
en engrais potassiques dont la valeur est 
inestimable. 

L'Alsace et la France. — Il n'y a peut-être 
pas en Europe d'hommes plus attachés à 
leur « pays » que les Alsaciens et cela se 
comprend, car il y a peu de « pays » aussi 
riches, aussi naturellement fertiles, aussi 
doux à habiter. Et cependant depuis qua- 
rante ans c'est par dizaines, par centaines de 



milliers que ses fils l'avaient volontairement 
quitté pour ne pas servir l'Allemagne et pour 
rester Français. 

Dans son beau livre sur la France de l'Est 
que vient de publier M. Vidal de La Blache, 
l'éminenl géographe français, après une 
étude approfondie des statistiques de la po- 
pulation comparée de l'Âlsace-Lorraine entre 
186t) et 1870, a pu écrire : 

« 11 ne semble pas qu'il y ait exagération 
à dire qu'environ un demi-million d'Alsa- 
ciens-Lorrains ont quitté leur pays. Ce serait 
plus d'un quart de la population qui ferait 
ainsi défaut. Une telle saignée est un fait 
rare, sinon unique, dans l'histoire moderne 
de l'Europe, et d'autant plus significatif que, 
survivant au choc immédiat qui l'a mis en 
branle, il se prolonge pendant une période 
de paix qui a duré plus de quarante ans. » 

Y a-t-il démonstration plus éclatante et 
plus probante de la volonté des Alsaciens de 
ne pas devenir Allemands, mais de rester 
Français? 

H. HiTIER. 



TKANSPORT DES TRACTEURS SUR ROUTES 



Dispositif Bouchard 

Un de nos anciens élèves de Grignon, M. Fer- 
dinand Bouchard, qui dirige l'iniporlanl do- 
maine de Uieufit, par Bellou-en-Houlme (Orne), 
où il utilise un tracteur Mogul-t6, nous a envoyé 
des renseignements des plus intéressants au 
sujet de l'attelage et du travail des deux mois- 
sonneuses-lieuses tirées par le tracteur (1) et du 
système qu'il a été conduit à imaginer afin de 
disposer rapidement la machine pour les dépla- 
cements sur roules. Nous donnerons d'abord 
ses indications concernant ce dernier dispositif 
très pratique et très recommandable et dont 
l'application est immédiate. 

M. R. 

Vous avez montré dans un précédent article (2), 
avec beaucoup de raison, les inconvénients des 
cornières d'adhérence des roues motrices, rela- 
tivement aux diflicuUés de montage, de démon- 
tage et au lemps employé pour préparer les 
transports sur routes du tracteur. 

J'ai adopté un moyen assez simple et surtout 
économique. Au lieu de démonter t60 boulons 
afin d'enlever les cornières pour les remonter 
ensuite après l'arrivée dans le nouveau champ à 
travailler, j'ajoute, à chaque roue, sans enlever 
les cornières, un faux bandage inaiutenu par 
2 boulons seulement, soit 4 boulons pour les 
deux roues motrices, et avec un homme seul on 

(1) Ces notes seront publiées ultérieurement. 
(2 Voir le n» IG du !) août 1917, p. 304. 



est en ordre de route ou de travail en un quart 
d'heure au plus. 

Chaque cornière a (fig. 2) fixée au bandage B 
de la roue motrice, porte une entaille ce' de 



i-'a,- 



(■' 



' ^ &4.^^i*#] 

■ ■' \ o 



B 



To- 




Fii;,'. 2. — Cornières de rouo motrice d'un tracteur 
entaillées pour recevoir un bandage de roulement sur route. 

10 millim. de profondeur sur une longueur 
suffisante pour recevoir un vieu.x handage b de 
roue de voiture que tout cultivateur peut trouver 
facilement. La profondeur de l'entaille permet 
au bandage de s'y loger partiellement et de faire 



n 



RÉCOLTE KT IMilX DU MIEL 



saillie au-dessus de l'arête x.l' de la cornière, 
comme oq le voit dans le dessin B'. 

Dans moacasle bandage 6 (fig. 2': a lâOmillim. 
de largeur et 2;i millim. d'épaisseur; il dépassse 
de 13 millim. l'arête x,r' de la cornière, et c'est 
suffisant. 

L'aplomb du bnrd c (lig. 2 du bandage de 
route est à 53 millim. du bord y de la roue B' du 
tracteur et le bord c' est à 63 millim. de ce 
bord y afin de reporter le plus possible le poids 




Fig. 3. — Montage du bandage de route 
sur la roue d'un tracteur. 

sur le bandage B' du tracteur pour éviler la 
fatigue de la [lortion x en porte-à-faux des cor- 
nières. 

Le bandage de roulement b (fig. 2) est en 
deux pièces, b et 6' (lig. 3> avant chacune leurs 
extréinités retournées d'équerre, en d, que deux 
forts boulons n rénnisseut en les serrant sur les 
cornières de la roue. Le détail B" de la figure 2 
montre comment ce retour d'équerre de la 
bande ce' de roulement est enlaillé en d' d alin 
que le palin d reçoive le boulon n réunissant les 
deux demi-bandes de roulement. L'entaille rid' 



du patin et l'assemblage avec le boulon n des 
deux demi-bandes b et b' sur la roue B du trac- 
teur sont montrés en perspective à l'intérieur de 
la figure 3. 

Les dianièlres, en millimètres, sont de 22 pour 
les trous n des patins d et 20 pour le boulon 
réuiiis-ant les deux demi-bandes de roule- 
menl. 

Pour faciliter la mise en place, au liers de 
chaque demi-bande de roulemenl h, b' (fig. 3), 
j'ai rivé à la bande deux petites cornières e ; on 
place la bande b sur la roue B et on la tient avec 
UQ ou deus boulons /' de 1 1 millim. ; on fait alors 
avancée le tracteur d'un demi-tour de roue pour 
placer dessus l'autre derai-hande de roulement 
(on s'arrange à ce que les palins d soient sur un 
diamètre à peu près horizonlall, puis l'on procède 
à la mise en place et au serrage des boulons n. 
Comme loute-^ les pièces sont repérées, on com- 
mence le montage ou le démontage par n'im- 
porte quel demi-bande de roulemenl. 

J'ai constat^^ que la saillie de lu millitn. de 
mes bandages de route est suffisante, et si le 
terrain ^st dur, le roulement est très bon ; lors- 
qu'on renconlieun passage un peu mou, le ban- 
dage s'enfonce dans le sul et les cornières 
agissent fullisamment pour qu'd n'y ait pas de 
patinage. 

J'ajouterai que la roue qui commande le rele- 
vage automatique de ma charrue est garnie de 
cornières d'adhérence. Pour le roulement sur 
route de la charrue j'ajoule une bande, en une 
seule pièce, de 60 X 9 millim., qu'on bloque en 
un seul endroit, ce qui est suffisant, e'. la bande 
se place facilement, étant donnée si souplesse. 

J ai obtenu ainsi pour l'ensemble, tracteur et 
charrue, un roulement sur route absolument 
moelleux et bien meilleur qu'avec les patins 
dits de route, en présentant une supériorité 
indiscutable relativement aux montages et aux 
déraont.iges. 

Enfin le dispositif pfut être exécuté facilement 
par les moyens du bord et n'importe quel ouvi ier 
l'orgeron. 

Ferdin.\nd B0UCtl.\BD. 
Injïénieur aericole. 



RÉCOLTE ET PRIX DU 3IIEL 



La récolte du miel a été généralement 
bonne pendant l'élé 1917. Les pluies qui se 
sont succédé pendant la belle saison ont 
favorisé les abeilles. A la suite d'un hiver 
tardif, la première récolle faite en juin fut à 
peine moyenne, mais en juillet il y eut une 
recrudescence dans la sécrétion du nectar et 
les abeilles remplirent de nouveau leur 
hausse et même beaucoup ont essaimé; par 
suite des conditions météorologiques excep- 
tionnellement favorables, les essaims tar- 
difs, suffisamment forts, ont fait d'abon- 



danles provisions, ce qui arrive rare- 
ment. 

Le miel a été très recherché et le prix en 
augmenlalion constante ; 3 francs le kilogr. 
en juillel, 4 en septembre et 5 au moment ou 
j'écris ces lignes. D'après Y Apiculteur, le 
prix du miel à Paris n'aurait pas varié, fixé à 
3 fr. 30 par la réunion des producteurs et né- 
gociants tenue à Paris le 24 juin, après 
enquête préalable; il serait encore à ce 
prix actuellement. Si ces cours sont réels, 
ce que je ne puis garantir, le miel serait 



TRAVAIL DES TRACTEURS DU GOUVERNEMENT ANGLAIS 

bien meilleur marché à Paris qu'en pro- 
vince. 

En somme, l'année a été excellente pour 
l'apiculture, el ceux qui ont établi des 
ruches sont bien récompensés de leur peine; 
l'argent employé a été un bon placement et 



15 

ils ont encore la satisfaction d'avoir travaillé 
pour la France, car il n'est pas douteux que 
le miel récolté contribue à atténuer la crise 
du sucre qu'il peut remplacer dans un assez 
grand nombre d'emplois. 

Henhy âyme. 



DESTRUCTION DU TUSSILAGE PAS D'ANE 



Cette Composée, très connue sous le nom vul- 
i,'aire de Pas d'âne, est parfois envahissante dans 
les terrains aigileux liumides; on la remarque 
aussi dans les lieux frais et découverts, dans les 
champs et dans les vignes. Sa racine à llhres 
charnues, souvent rampantes, stérilise les sols 
où elle peut se propager à l'aise. Ses hampes de 
un à deux décimètres, garnies d'écaillés rou- 
ge;\tres apprimées, sont terminées par une seule 
fleur jaune penchée avant l'anthèse et droite 
ensuite. Ses feuilles cordiformes, anguleuses, 
denticulées, blanches, cotonneuses, se montrent 
a[irès les fleurs; elles étouffent la végétation des 
plantes cultivées qui naissent dans l'intervalle 
des pieds rapprochés de l'envahisseuse. Si elle ne 
peut se multiplier d'une façon inquiétante fians 
les vignes en raison des façons qui s'y succèdent 
annuellement, elle arrive à se propager sur une 
certaine étendue, principalement dans les champs 
argileux frais. Comme plus d'une terre, plus 
d'un champ sont restés incultes depuis plusieurs 
années par suite de la raréfaction de la main- 
d'œuvre, le Tussilage m'est sigrialé par plusieurs 



correspondants comme ayant élargi ses carrés 
envahisseurs. 

Comment se débarrasser de cetle Co.iiposée ? 
Les cultivateurs y parviendront sûrement par 
des cultures binées telles que pomm** de terre 
ou betterave, à la condition d'enlever les paquets 
de racines soulevées à chaque façon de terre. 
Les vignerons auraient tout avantage à faire cet 
enlèvement dans leurs vignes et l'y détruiraient 
promptement et totalement. On ne devra pas 
non plus négliger de la détruire au bord des 
fossés ou dans les lieux voisins des cultures 
avant la floraison, et pour que les graines aigret- 
tées ne soient pas emporlées par les vents. 

Les fleurs paraissent de février en avril ; elles 
passent pour médicinales ; les feuilles poussent 
un peu après les (leurs. 

Les opérations que nous recommandons pour 
sa destruction ne sont ni longues, ni coûteuses, 
elles exigent seuleraentune atlentiou méticuleuse 
]iour ne laisser aucun vestige de racine de la 
plante vivace. 

E. XOFFRAY. 



TRAVAIL DES TRACTEURS DU GOUVERNEMENT ANGLAIS 



L'Angleterre, en temps de paix, demandait 
à l'importation plus des trois quarts des den- 
rées nécessaires à son alimentation. Les 
mauvaises récoltes dans les pays exporta- 
teurs, la durée de la guerre, les difficultés et 
lesfrais des transports maritimes justifient la 
décision prise en vertu de laquelle le ministre 
de l'Agriculture fut autorisé à acheter un 
grand nombre de tracteurs en Angleterre et 
surtout aux Etals-Unis, afin d'augmenter 
l'étendue labourée pour les ensemencements 
de céréales. Dans un de ses discours, 
M. Lloyd George disait que « l'Etat a fait 
preuve, dans le passé, d'une négligence 
déplorable en ce qui concerne l'Agricul- 
ture >:. 

Une enquête au sujet du travail exécuté 
par les tracteurs du Gouvernement anglais a 
été donné par M. Prothero dans le journal 
The fmplement and Machinery Review du 
1" décembre 1917. 

Cette enquête porte sur la période du 



Haoilt au 6 octobre, pendant laquelle le temps 
était pluvieux d'une façon anormale, elle 
donne les résultats suivants : 

Surface labourée dans 





Nombre 


la 


semaine. 




de 




^— 




tracteurs 




moyenne 


Semaines. 


du service. 


totale. 


par tracteur. 






hectares 


hectares 


il au 18 août. . . 


860 


2 958 


3.44 


19 au 25 août. . . 


930 


3 645 


3.92 


26 août au 1" sept 


1 040 


2 080 


2.00 


2 au S sept. . . 


1 120 


3 80« 


3.40 


9 au 15 — .. 


\ 210 


.ï 32i 


4.40 


16 au 22 — .. 


1 30J 


4 31G 


3.32 


23 au 29 — . . 


1 3-0 


6 137 


4.48 


30 sept, au 6 oct 
hanc! \p no 


1 400 
mhre des 


5 824 

tracteurs 


4.16 

. on com- 



prend ceux qui étaient au repos par suite 
de mauvais temps ou de réparation et 
ceux qui se déplaçaient d'une ferme à une 
autre. 

Baron Henry d'Anchald. 



■16 



PARTIE OFFICIELLE 



PARTIE OFFICIELLE 



Décret du 24 décembre 1917 

instituant des commissaires à l'Agriculture. 

Art. i"'. — MM. Cosuier, Conipère-Morel et Le 
Rouzic, députés, sont chargés, à titre de mission 
temporaire non rétribuée, de développer et d'in- 
tensifier la production des denrées essentielles 
à l'aliriieutation. 

Ils porteront le titre de commissaires à l'Agri- 
culture. 

Ai't. 2. — M. Cosnier s'occupera spécialement 
de la production agricole de l'Afrique du Nord 
et des colonies; M. Compère-Morel de la culture 
des céréales et de la viticulture dans la métro 
pôle; M. Le Rouzic, de l'élevage, de la laiterie et 
de la production des fruits, légumes, tubercules, 
racines et fourrages dans la métropole. 

Art. 3. — Les commissaires à l'Agriculture, 
chacun dans la sphère de ses attributions, sou- 
mettent aux ministres de l'Agriculture et du Ra- 
vitaillement, de l'Intérieur, des Affaires étran- 
gères ou des Colonies, selon le cas, le pro- 
gramme de leur mission et leur proposent les 
mesures qu'ils jugent utiles pour en assurer la 
réalisation. 

Ils ont la délégation de la signature du mi- 
nistre pour les affaires que celui-ci renvoie à 
leur décision. 

Art. 4. — Le ministre de l'Agriculture et du 
Ravitaillement, le ministre de l'Intérieur, le mi- 
nistre des Affaires étrangères et le ministre des 
Colonies sont chargés, chacun en ce qui le con- 
cerne, de l'exécution du présent décret. 

Loi du 29 décembre 1917 relative à la réforme 
du régime des entrepots. [Extrait.] 

Art. i". — L'entrepôt réel est concédé par 
décret sur la proposition des ministres du Com- 
merce et des Finances, soit à la commune, soit 
au port autonome, là on a été constitué le ré- 
gime organisé par la loi du 5 janvier 1912, ou 
ailleurs à la Chambre de commerce... 

L'entrepôt réel est concédé lorsqu'il répond à 
des besoins générau.\ dûment constatés et, dans 
ce cas, les frais d'exercice sont à la charge de 
l'Etat. Il peut aussi être concédé à la charge 
pour le concessionnaire éventuel de supporter 
les frais d'exercice. Les décrets de concession 
détermineront les conditions à imposer aux con- 
cessionnaires. 



L'entrepôt réel est gardé par la douane et 
toutes les issues en sont fermées à deux clefs 
différentes, dont l'une reste entre les mains du 
service. 

Art. 2. — Des entrepôts spéciaux peuvent être 
autorisés par arrêtés du ministre des Finances, 
après avis du ministre du Commerce et, s'il y a 
lieu, du ministre de l'Agriculture s'il s'agit de 
produits intéressant l'agriculture : 

i" Pour les marchandises dont la présence 
dans l'entrepôt réel présente des dangers, ou est 
susceptible d'altérer la qualité des autres pro- 
duits; 

2" Pour les marchandises dont la conservation 
exige des installations spéciales. 

Les locaux fournis par le commerce sont préa- 
lablement agréés parles ministres du Commerce 
et des Finances. Ils sont fermés dans les mêmes 
conditions que l'entrepôt réel. 

Art. 11. — Sont exclus de l'entrepôt, indépen- 
damment des produits étrangers qui contrevien- 
nent à la loi et aux règlements sur les fraudes 
commerciales, ainsi qu'il résulte de l'article 6 de 
la présente loi : 

Les contrefaçons en librairie (ordonnance du 
13 décembre 1842, art. 8); 

Les produits étrangers portant de fausses 
marques de fabrique françaises (loi du 23 juin 
1837, art. 19, et loi du H janvier 1892, art. 15); 

Les margarines d'origine étrangère addition- 
nées de matières colorantes (lois des 10 avril 
1897 et 23 juillet 1907 et décision du 28 novem- 
bre 1905); 

Les alcools d'origine étrangère; 

Les vins étrangers ne portant pas, sur les ré- 
cipients, une marque indélébile, indicatrice du 
pays d'origine (loi du 12 février 1899, art. 2) ; 

Les conserves de poisson, de légumes et prunes 
(qui ne satisfont pas aux prescriptions des lois 
des H juillet 1906 et 28 juin 1913); 

Les poudres et explosifs. 

Des décrets rendus sur le rapport du ministre 
des Finances, le Comité consultatif des arts et 
manufactures consulté, après avis du ministre 
du Commerce et, s'il y a lieu, du ministre de 
l'Agriculture, pouiront prononcer d'autres ex- 
clusions. 

Ai't. 12. — La présente loi est applicable à 
l'Algérie et aux Colonies. 



BIBLIOGRAPHIE 



Maladies du Porc, par G. Morssn, docteur en méde- 
cine, docteur és-sciences, professeur à l'Ecole vété- 
rinaire d'Alfort. — Un volume in-18 de 230 pages 
avec 7G figures et 9 planches eu couleurs. — Librai- 
rie Asselin et Houzeau, place de lEcole de Méde- 
cine, à Paris. 

Nous n'avons pas à présenter M. Moussu aux 



lecteurs du Journal d'Agrictilture pratique; de- 
puis longtemps ils ont appris à apprécier la 
science et l'expérience de notre éminent colla- 
borateur et ils ont suivi les précieux conseils 
qu'il n'hésite pas à leur donner avec autant de 
dévouement que de désintéressement. En effet, 
malgré le travail que lui imposent à la fois son 



ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE 



rnseignement et les recherches par lesquelles 
il enrichit la science de la médecine vi^térinaire, 
il ne néglige aucune occasion de rendre directe- 
ment service aux agriculteurs. 

Déjà son important ouvrage : Lck maladies du 
Bétail avait reçu, aussi bleu des éleveurs que des 
vétérinaires, l'accueil le plus empressé. Le nou- 
vel ouvrage qu'il vient de publier, sous le litre : 
Maladies du rnrc, est évidemment appelé à trou- 
ver le même succès. 

Cet ouvrage aurait été utile en tout temps ;_ 
il présente un caractère d'actualité que 
M. Moussu fait ressortir dans sa préface avec 
juste raison : « Un effort considérable sera né- 
cessaire pour la reconstitution du troupeau por- 
cin actuellement afi'aibli de plus de la moitié de 
son effectif normal. Il exigera, pour limiter les 
pertes d'élevage au minimum possible, une 
attention d'autant plus soutenue que l'intérêt 



en jeu sera plus grand, la viande de porc ayant 
atteint des prix inconnus jusqu'à ce jour, n C'est 
donc à faciliter la tâche des éleveurs que l'ou- 
vrage est spécialement consacré. 

Un livre de cette T^alure n'admet jias l'analyse. 
Il suffit de constater que l'auteur décrit succes- 
sivement les nombreuses maladies qui, dès le 
plus jeune âge, peuvent allecter les divers 
groupes d'organes, ainsi que les maladies infec- 
tieuses ; pour chacune d'elles, il passe en revue 
l'étiologie ou l'origine, les symptômes, le dia- 
gnostic, les lésions et le traitement approprié. 
Toutes ces indications sont données avec une 
précision et une clarté qui les mettent à la 
portée de tous; elles sont accompagnées de 
gravures et de planches coloriées exécutées avec 
le plus grand soin. En écrivant ce livre, M. Moussu 
a acquis un nouveu titre à la reconnaissance des 
éleveurs. P. B. 



ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE 



Séance du 26 décembre 1917. 
Présidence de il. Jules Develle. 

Sur les applications de l'électricité 
à l'agriculture. 

L'Académie avait renvoyé à l'examen de la 
Section de Génie rural une étude de M. Léon 
Martin sur les moyens les plus avantageux d'ap- 
pliquer l'électricité à l'agriculture. A ce sujet, 
M. Dabdt présente un rapport des plus complets 
sur l'importanee actuelle des emplois de l'élec- 
tricité en agriculture, eu exposant ce qui a été 
fait jusqu'ici par le Ministère de l'Agriculture 
en vue d'en faciliter les utilisations agricoles, 
enfin en indiquant un certain nombre de me- 
sures qui paraissent de nature à contribuer au 
développement de ces utilisations. 

Il est nécessaire, expose M. Dubat, que les 
agriculteurs puissent trouver sur tout le terri- 
toire l'énergie électrique de plus en plus indis- 
pensable à leurs besoins dans des conditions qui 
leur permettent de s'en servir avec profit. Il est 
hors de doute qu'il convient de poursuivre l'or- 
ganisation méthodique des distributions d'éner- 
gie qui ont été jusqu'ici réalisées sans vue d'en- 
semble et en laissant en quelque sorte toute 
liberté à l'initiative individuelle. Mais convient-il, 
pour étendre ces entreprises dans les cam- 
pagnes, d'adopter la politique suivie en matière 
de chemins vicinaux et de chemins de fer d'in- 
térêt local et de faire contribuer dans une large 
mesure l'Etat aux dépenses considérables qu'en- 
traînera la multiplication des réseaux'.' M. Dabat 
montre combien délicate est la question. 

Du reste les Sociétés de distribution com- 
mencent depuis quelques années à se préoccu- 
per de la clientèle rurale. Il faut que l'Etat les 
encourage à persévérer dans cette voie et leur 
vienne en aide en se chargeant de la constitu- 
tion de groupements agricoles ayant pour objet 
l'utilisation de l'énergie en commun. Grâce à 



ces associations, les prix de vente de la force 
pourront être sensiblement abaissés, les emplois 
de l'électricité seront facilités et les améliora- 
tions agrico.es de toute nature développées. 
Gomme contre-partie du concours prêté aux dis- 
tributeurs, l'Etat devra obtenir que les condi- 
tions actuelles de livraison et de vente de 
l'énergie aux agriculteurs soient rendues plus 
pratiques et moins lourdes pour eu.'i. 

M. Dabat montre les efforts considérables 
déjà faits dans ce sens par l'Administration de 
l'Agriculture et les résultats obtenus. 

Il signale les heureuses dispositions intro- 
duites dans le nouveau projet de loi applicable 
à la fois aux cours d'eau non navigables et aux 
rivières du domaine public, qui a été élaboré cette 
année par une Commission extra-parlementaire 
où tous les intérêts en cause étaient représentés. 
Ces dispositions imposent aux concessionnaires 
d'usines des réserves en eau et en force au 
profit de l'agriculture, et elles accordent aux 
associations syndicales et à tous les groupe- 
ments d'iutérêt général le bénéfice de tarifs 
réduits. 

Enfin l'Administration de l'Agriculture, en 
dehors de son action administrative et légis- 
lative, devra encore intervenir pour prêter le 
concours technique de ses agents et accorder 
des subventions et des avances de fonds aux 
coopératives de production et de distribution 
d'énergie toutes les fois qu'elles pourront se 
former et durer. 

Grâce à l'ensemble des mesures qui viennent 
d'être envisagées, auxquelles devra s'ajouter 
une active propagande, il est certain que les 
emplois agricoles de l'électricité se multiplie- 
ront, que les petites industries rurales pourront 
se développer et que la prospérité des cam- 
pagnes augmentera pour le plus grand profit de 
la richesse nationale dont l'Agriculture est la 
première source. 



18 



CORRESPONDANCE 



Sur une nouvelle méthode de culture 
des céréales. 

M. Henry Sagnier communique une note de 
M. José Adriano Paquito Ribello qui fait con- 
naître la nouvelle méthode de culture de blé 
qu'il a appliquée dans sa propriété de la pro- 
vince méridionale du Portugal, l'Alemlejo; cette 
région est constituée par un vaste plateau à 
climat extrême, exceptionnellement humide en 
hiver, exceptionnellement sec et torride en été, 
à sols maigress, à population clairsemée. La mé- 
thode traditionnelle de production de blé et des 
autres céréales est tout à fait primitive: c'est j 
l'alternance de la jachère avec la culture du 
blé. Les résultats sont extrêmement réduits; on 
doit se contenter d'une production moyenne de 
blé de huit hectolilres tous les deux ans. 

A cette méthode. M. Paquito Rebelle a substitué 
la suivante : 

1° Semailles très précoces, de semence sélec- 
tionnée, résistant à la rouille, enterrée par un 
semoir genre Planet à 3 centimètres du fond 
d'un sillon, qui reste ouvert : les raies, paral- 
lèles, ont un espacement moyen de 80 centi- 
mètres. 

2° Avant l'hiver, on donne une façon spéciale 
avec une charrue double à versoirs symétriques 
versant à l'extérieur; elle ouvre de chaque côté 
de la première raie deux nouvelles raies pro- 
fondes; le fond 'de la première raie devient la 
crête d'un biUon limité par deux raies pro- 
fondes, en outre un peu de terre est tombée sur 
cette crête contre la base du blé. 

3" A la fin de l'hiver, on défait cette forme 
par un hersage entre les lignes; avant cette 
façon on peut mettre dans les raies les engrais 
azotés qui, de la soite, sont très bien utilisés; 
pendant le reste de la végétation, on donne les 
binages ou hersage» nécessaires pour conserver 
l'ameublissement entre les lignes. 

4° Après la moisson on multiplie les hersages 
de surface qui conservent l'humidité inférieure 



et garantissent la possibilité de faire des se- 
mailles précoces. 

Cette méthode perm't à M. Paquito Rebello de 
récolter chaque année, sur les mêmes terres, 
dix hectolitres de grain par hectere, alors que la 
méthode vulgaire ne donne que huit hectolitres 
tous les deux ans. 

L'ortie comme textile. 

M. de Lapparent signale une note, parue dans 
le Bulletin de l'Association Nationale d'Expansion 
économique, où est exposé l'emploi de l'ortie 
comme succédané du lin et du coton. 

Du prix de revient du lait. 

MM. Andrr Gouin et P. Andouard communiquent 
une note sur le prix de revient du lait actuelle- 
ment. Ils y montrent que le coût d'une ration 
comprenant 7.5 kilogr. de foin, 20 kilogr. de 
betteraves, 1 kilogr. de tourteau, s'élève à 3.68 fr.; 
pour une production moyenne de 7 litres, la 
dépense de nourriture seule correspond donc à 
52 centimes par litre (au lieu de il centimes 
avant la guerre). 

Dans ces conditions, au cours de cet hiver, 
l'entretien d'une vacherie devient onéreuse ; 
aussi les consommateurs de lait, avertis de cette 
situation, au lieu de croire à la rapacité des 
éleveurs, devraient, au contraire, en toute jus- 
tice, se féliciter de la ténacité avec laquelle 
ceux-ci continuent la production laitière, quand 
leur intérêt pourrait les porter à se défaire de 
leurs animaux et à vendre avantageusement ce 
qui leur reste de fourrages. 

Election du Bureau pour l'année 1918. 

M. Gauwain es^t élu vice-président, et M. Moussu 
est élu vice-secrétaire. 

Le Bureau est ainsi constitué : président, 
M. Haller; vice-président, M. Gauwain; secrétaire 
perpétuel, M. Henry Sagoier ; vice-eecrétaire , 
M. Moussu. 

H. IllTlER. 



CORRESPONDANCE 



— N" 6770 (Moulins). — Lorsqu'une haie doit 
être taillée deux fois, la fin de juin est la meil- 
leure époque pour effectuer la première taille, 
puis fin septembre-octobre pour la deuxième 
taille. On réduit ainsi au minimum le temps du- 
rant lequel la haie est irrégulière par suite de la 
végétalion. Lorsqu'une seule taille doit être pra- 
tiquée, il est préférable d'attendre le mois de 
juillet pour que la pousse de printemps soit en- 
tièrement terminée, et cela pour la même raison. 
-(S. M.) 

— N" 6688 [Seine). — Ponr le chauffage 
d'une maison d'habitation ou de tout local 
quelconque, nous ne pouvons que vous donner 
des indications générales sans entrer dans des 
détails que la Correspondance du Journal d'Agri- 
culture pratique ne peut comporter. En conser- 
vant aux termes de froid et de chaud leur signi- 



fication populaire, nous pouvons vous dire qu'il 
y a lieu d'examiner les dispositifs propres à l'ap- 
plication de trois méthodes, lesquelles, suivant 
les cas. peuvent être employées séparément ou 
simultanément ; 1° empêcher le froid de rentrer 
dans le local; 2° empêcher la chaleur du local 
de passer à l'extérieur; 3° élever la température 
intérieure du local. — (M. R.) 

— M. C. A. (aux Armées). — Votre lettre n'est 
probablement pas parvenue au destinataire, 
dont l'adresse était indiquée ; il y aurait lieu de 
lui écrire à nouveau. 

Les tracteurs lourds, dont vous parlez, ne 
sont pas employés en France, la pratique en 
ayant reconnu les inconvénients; c'est une 
question de pression des roues motrices sur le 
sol. Voyez les conclusions insérées dans le n° 22 
du 1" novembre 1917. — (R. D.) 



REVUE COMMERCIALE 



19 



LA QUINZAINE 3IETÉ0R0L0GIQUE 

Semaine du il au 30 décembre 1917 [OBSERVATOIRE DU PARC SAINT-MAUR) 



JOURS 

ET DATES 


o ..: 

^ a 


TEMPERATURE 


Veiil. 


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si 

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RE.MARQUKS DIVERSES 


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o 


Écart 

sur 

la nor 

maie. 




millim. 












heures 


œillim. 




Lundi 24déc. 


» 


— H°6 


loO 


— jo.3 


—7.6 


» 


0.8 


0.7 


Temps pluvieu.'c. 


Mardi 25 — 




1.0 


4 6 


2.6 


+0.3 


» 


1.2 


1.0 


Pluie le matin. 


Mercredi.. 26 — 


» 


— 5 1 


0.9 


— 1.4 


-3.6 


» 


2.9 


0.1 


Neige. 


Jeudi 27 - 


" 


— 6,0 


-1.0 


-3.0 


—5 2 


•■ 


3.3 


0.1 


Neige le matin. 


Vendredi. 28 - 


I) 


— 6.7 


— 1.5 


—3.7 


—5.9 


» 


0.0 


1.0 


Neige le soir. 


Samedi... 29 — 


» 


— 10.4 


—2.8 


—6.5 


—8.6 


•> 


2 2 


» 


Beau le mat., couvert le soir. 


Dim 30 -- 


•■ 


— 3.1 


1 


—1.1 


—3.2 


■' 





9.0 


Givre, brouillard, temps cou- 
vert. 


MoyeDoes oa totaai 

iarts sur Ij noriialt 


" 


- 6.3 

— 6.3 


3 
—4.9 


—2.6 


» 
1 * 


n 
» 


10 4 
au lieu de 

57 h. 4 
dur. Mn. 


2.9 


Pluie depuis le 1='' janvier : 

En 1917 573"" 

Normale 593""™ 






Semaine 


du a décei 


nbre c 


m 6 7 


anvier 1918. j 


Lundi .îl déc. 


" 


— SM 


1"9 


-0"3 


— 2»4 


" 


0.0 


» 


Temps couvert. 


Mardi — lei'jan. 


» 


— 6.0 


0.5 


—3.3 


— 5.4 


» 


0.0 


2.9 


Neige la nuit et le malin. 


Mercredi . 2 — 


» 


— 2.6 


0.3 


—0.9 


— 3.0 


■• 


0.1 




Brume et grains de neige. 


Jeudi .... 3 - 


» 


— S.l 


1." 


— I.G 


— 3.7 


- 


6.7 


» 


Beau temps. 


Vendredi. 4 — 


» 


—12.4 


—6.3 


—9. S 


— 1 1 . 


» 


3.3 


■> 


Temps couvert, brouillard. 


Samedi .. 5 — 


H 


—13.6 


-1 . 4 


-8 9 


— 11.0 


» 


7.1 


» 


Beau temps, brouillard. 


Dimanche 6 — 


» 


— 13.6 


3.7 


—4.4 

—4.2 
—6.3 


— 6.5 


" 


3.0 


0.7 
3.6 


Beau le matin, pluie ei dégel le 
soir. 


ïojeDies et totani 

Ecarts sut la nomal» — 


« 


— S. 8 

— 9.4 


0.0 

-3.0 


•' 


•■ 


20.2 
au lieu de 

68 b. 1 
dur. Ihtor. 


Pluie depuis le !«■■ janvier : 

En 1918 4mm 

Normale 7mm 



(La publication des renseignements sur la pression barométrique et sur le vent est interdite par la 
censure au Bureau central météorologique.) 



REYUE COMMERCIALE 



Situation générale. — La neige est tombée en 
abondance dans toutes les régions, principalement 
dans le Sud-Est où la circulation des trains a dii être 
suspendue pendant plusieurs jours. 

Ces chutes de neige, succédant à une période de 
pluies intenses, ont été favorablement accueillies; 
les blés, dont l'aspect était généralement assez bon, 
se trouvent ainsi protégés contre le froid. 

Les travaux extérieurs sont partout arrêtés. On 
continue l'exécution des battages. 

Blés et Farines. — La crise des transports rend 
assez difficile l'approvisionnement des moulins en 
blé. Par suite de la répartition irrégulière de l'orge 
et des autres succédanés, la qualité des farines est 
assez inégale. 



Sur les marchés des départements, les prix des 
blés sont voisins de la taxe et varient de 48 à 52 fr. 
les 100 kilog. 

En .\mérique, aux Etats-Unis, les cours des blés 
disponibles sont sans changement. Dans la Répu- 
blique Argentine, les blés livrables en février sout 
cotés 32 fr. 38 les 100 kilogr. à Buenos-Aires. 

Pour ce qui est des farines, les cours restent ba- 
sés sur les taxes départementales, avec tendance à 
la fermeté: les prix du quintal varient de 61 à 62 fr. 

Issues. — Les offres de sons restent hors de pro- 
portion avec la demande. Il est impossible de faire 
face au.x besoins et les petites quantités mises en 
vente, sont rapidement enlevées au prix de la taxe. 

Seigles. — Les disponibilités sout des plus res- 



20 



REVUE COMMERCIALE 



treintes; il ne reste presque plus rien à vendre en 
Champagne. Prix soutenus et très rapprochés de la 
taxe, soit 42 fr. les 100 kilogr. 

Orges. — Cette céréale est actuellement l'une de 
celles qui contribuent le plus à approvisionner les 
moulins. Les prix accusent de la fermeté et sont 
très voisins de la taxe. 

Avoines. — Les réquisitions continuent dans les 
départements. Sur les marchés, offres faibles et, 
dans les villes, où les arrivages sont insuffisants, on 
est obligé de remplacer une partie de la ra*ion 
d'avoine par des aliments variés. Prix soutenus, 
voisins de la taxe. 

Sarrasins. — Dans la région de l'Ouest, beau- 
coup de sarrasins sont livrés aux minoteries. On les 
vend au prix de la taxe. 

Graines fourragères. — Le commerce des graines 
fourragères serait appelé à prendre une nouvelle 
activité si leur transport pouvait s'effectuer réguliè- 
rement. Prix fermement tenus. Dans le Midi, on paie 
la graine de luzerne, 200 à 22j fr.; celle de trèlle vio- 
let, 240 à 260 fr.: vesce de printemps, 173 à 190 fr. 
Dans les Côtes-du-Nord,le prix de la graine de trèlle 
violet dépasse 325 fr. le quintal. 

Fourrages. — Les foins de pré se paient de 22 à 
30 fr.; la luzerne, de 20 à 23 fr. le quintal. 

Pailles. — On cote aux 100 kilogr. la paille de 
blé de 16 à 17 fr., celle d'avoine l't à 15 fr.; la paille 
de seigle, 11 à 12 fr., celle d'orge, 8 à 9 fr. 

Bétail. — Voici le relevé du dernier marché de 
La ViUette à Paris (7 janvier) : 



Bœuts. . . . 
Vaches. . . 
Taureaux. 
Veaux. . . . 
Moulons.. 
Porcs 



Amenés. 


2 877 


■2 650 


■260 


1 '.01 


l:( 052 


3 361 





PRIX 


DU KII 




kV POIDS NB 


Invendus. 


~~_^— i- 




1" 


2- 




quai. 


qnal. 


3^8 


3.38 


3.10 


244 


3.38 


3.06 


47 


3.12 


3.00 




5.80 


5.30 


600 


5.40 


4.80 


l&O 


5.18 


4.tS 



3- 
quai. 
2.7-2 

2.6G 
2.70 
4.50 
4.20 

4.58 



Prix extrêmes du kilogramme. 



Au poids vif. 



Bœufs . . . . 
Vaches . . . 
Taureaux., 

Veaux 

Moutons. . 
Porcs 



1.11 
1.02 
1.12 
1.50 
1.73 
2.70 



à 2.16 
2.16 
1.92 
3.72 
2.88 
3.70 



An poids net. 

2.22 à 3.«0 
2.04 3.60 
3.29 

6.20 
6.00 
5.28 



2.24 

3.00 
3.60 
3.86 



Dans les départements, on cote : 

Cholel, par kilogr. vif ; bœufs, 1.27 à 1.37 ; vaches. 
1.22 à 1.32. 

Dijon, par kilogr. poids vif : porcs, 3.70 à 3. 80. 

Bordeaux, par kilogr. poids net : bœufs, 1.90 à 
3.40; vaches, 1.80 à 3.10; veaux, 4.70 à 5.20; mou- 
tons, 3.40 à 4.50. 

Lijon, par kilogr. net : moutons, 4.20 à 4.S5 ; 
par kilogr. vif : porcs, 4.20 à 4.S0. 

Amiens, par kilogr. poids net : bœufs et vaches, 
3 à 3.60; veaux, 4.53 à 5.28; porcs, 4.55 à 4.63. 

Caen. par kilogr. poids net : vaches, 2 60 à 3.10 ; 
veaux, 3.60 à 4 fr.; moutons, 4.60 à 5 fr.; porcs, 4.50 
à 4.80. 

Chartres, par kilogr. poids net : veaux gras, 3.S0 
à 4.60. 

Rouen, par kilogr. poids net : bœufs et vaches, 
2.43 à 3.20; porcs, 4.65 à 4.80; veaux, 4 à 4.05 ; mou- 
tons, 4 à 5.25. 



Viandes. - 


- Derniers cours officiels 


aux Halles 


Centrales de 


Paris, par kilogr. 
Bauf. 




1/4 de derrière 


2 00 à .1 40 Trains 


2 40 à 3 80 


1/4 de devant. 


1 80 2 r,0 Cuisses .... 


2 40 3 30 


Aloyau . . . . 


2 80 i 70 Pis el collel. . 


2 30 2 70 


Paleron . . . . 


2 -20 2 90 Bavette .... 
Veau. 


2 60 3 30 


Extra 


4 60 à » Pans et cuiss. 


4 20 à 5 iO 


1" qualité. . . 


4 50 " Veaux de Caen: 


2' — . . . 


4 20 4 .'iO 1/4 de devant.. 


3. KO à 4.60 


3- — . . . 


3 90 4 10 1/4 de derrière. 


1, 




Veaux bretons. 


3 60 4 40 




Mouton. 




V" qualité. . . 


4 80 à 5 40 Gigot 


4 00 à 6 50 


.2» 


4 30 4 70 Carrés parés. . 


4 00 6 20 


3' — . . . 


3 80 4 20 Agneaux . . . 
Porc. 


n » 


Entier 


4 30 à 4 90 Filets 


3 60 à 6 00 


1« qualité. . . 


" • Jambons . . . 


3 20 4 80 


" — . . . 


» » Reins 


3 60 5 00 


Poit. fraîches. 


3 20 4 80 Poit. salées . . 


l> B 



Vins. — Le manque de vagons continue à para- 
lyser les affaii-es. Néanmoins, les prix des vins res- 
tent soutenus. 

Dans l'Hérault, à Montpellier, on paie, suivant 
degré, les vins rouges de S.ï à 110 fr.et les blancs de 
120 à 130 fr. l'hectolitre. Ces derniers sont actuelle- 
ment très demandés. 

En Saône-et-Loire, on cote, à l'hectolitre nu, les 
vins rouges du Chalonnais 100 à 105 fr. et les blancs 
105 à 110 fr. 

Dans le Loiret et en Loir-et-Cher, on vend à la 
pièce de 228 litres, les vins rouges, 265 à 290, les 
blancs 230 à 273 fr. 

Les vins d Algérie sont cotés de 62 à 82 fr. la 
pièce. 

Fruits à cidre et cidres. — Le commerce des 
pommes à cidre souffre également de l'insuffisance 
des moyens de transport. Les cours des pommes 
restent à peu près stationnaires. Aux 1.000 kilogr., 
départ, on paie les pommes du Calvados 100 à 110 fr.; 
de la Seine-Inférieure et de la Manche 90 à 95 fr.; 
llle-et- Vilaine, 80 à 8.-; fr.; 

Dans les départements de l'Eure et du Calvados, 
les cidres valent, non logés, de 30 à 32 fr. l'hecto- 
litre. Les meilleurs cidres, pour mise en bouteilles, 
sont cotés 80 fr. la pièce, gare de départ. 

Beurres. — Les cours des beurres sont en hausse; 
les prix actuellement pratiqués sur les marchés de 
Normandie varient de 7 à 9 fr. le kilogr. 

Œufs. — Prix sans changement, soit de 4 à 6 fr. 
la douzaine. 

Pommes de terre. — Les affaires se traitent à 
des prix voisins de ceux établis par la taxe pour les 
différentes catégories. 

Noix et cerneaux. — Le décret prohibant l'expor- 
tation des noix et cerneaux en Amérique et en An- 
gleterre a déterminé un mouvement de baisse. Des 
démarches ont été faites auprès des pouvoirs publics 
en vue d'obtenir des dérogations. On cote aux 
100 kilogr. : mayette, 100 à 1«3 f r : chaberte, 110 fr.; 
cerneaux, 350 à 500 fr. suivant qualité. 

Tourteaux. — Affaires lentes par suite du mancfue 
de vagons pour les expéditions. A Marseille, on cote 
par 100 kilogr. : arachide rufîsque. 63 à 65; sésame 
blanc, 58; Un, 74; coprah, 67 à 76; palmiste, 46. 

B. Durand. 

Le Gérant : Charles Dl'tbeix. 

Paris. — L. Maretueux, imprimeur, 1, rue C.îsselte. 



CHRONIQUE AGRICOLE 



CHRONIQUE AGRICOLE 



Décret organisant des Comités départementaux d'action agricole. — Rôle à remplir par ces Comités. — Le^ 
terres laissées incuUe> sont-elles en augmentation? — Nouveau projet de loi relatif à l'impôt sur les 
bénéfices .le l'exploitation agricole. — Arn'té relatif à la circulation des semences et des plauts de 
pomme-^ de terre. — L.i Léf|uisition des laines. — Vœu de la Soclélù d'agriculture do la Nièvre. Nou- 
velles dispositions sur les méthodes de réquisition des vins. — Proposition du D^ Chauveau sur les 

encouragements à In callure mécanique. — Primes à l'achat et à l'entretien. — Commerce des vins. 

Les pertes par la guerre d^ins un canton rural. — Observations de .M. Imbart de la Tour. — Circulaire 
du niini-itre de l'Agn^-ulture relative à la culture du ricin. — Emploi du marc de raisin comme combus- 
tible. — Observations de M. Matignon. — Le relèvement du pri.x du lait. — Réquisition des vaches lai- 
tières à Toulon. — .Mesures prises en Itilie pour développer la culture des plantes alimentaires. — 
Prochain Congrès d'.Vgriculture coloniale. — La gale sur les chameau.x en Algérie. — Production des 
pommes de terre en Suisse. — Evaluation officielle de la production des principales cultures en 1917 



Comités départementaux d'action agricole. 

On IrouvPi'a plus loin (p. 31) un décret 
instituanl des Comités déparlementau.v d'ac- 
tion agricole. Dans le rapport qui précède ce 
décret et qui le justifie, le ministre de l'Âgri- 
cullure fait ressortir que ces nouveaux orga- 
nismes auront pour mission de compléter et 
de renforcer l'action des Comités commu- 
nau.v créés par l'initiative de M. Méline au 
mois de février lOltJ. « Si, dilil, dans de 
nombreuses communes, les Comités d'action 
agricole ont accompli le rôle important qui 
leur était dévolu, il en est trop encore qui, 
malgré le droit de réquisition et les facilités 
résultant de la loi du G octobre 1916, n'ont 
pas déterminé l'essor cultural qu'on était en 
droit d'espérer. Beaucoup de ces Comités 
n'ont pas fonctionné; il leur a manqué une 
impulsion intelligente, capable de leur com- 
muniquer des idées directrices et de les aider 
à résoudre les difticultés d'ordre administra- 
tif que soulève la mise en vigueur de la loi 
précitée. » Le rôle des Comités départemen- 
taux consistera notamment « à stimuler les 
énergies, à suppléer les défaillances et à 
donner aux Comités locaux des conseils pra- 
tiques. » La composition de ces Comités, 
telle qu'elle résulte du décret, donnera, à cet 
égard, des garanties que l'on doit apprécier, 
puisque les associations agricoles seront ap- 
pelées à désigner la plupart de leurs mem- 
bres. 

Dans le même rapport, le ministre de 
l'.\griculture insiste sur la nécessité de rele- 
ver la production agricole par une meilleure 
répartition de la main-d'œuvre, des semences 
et des engrais. Si le rôle de 1 Etat peut s'exer- 
cer avec utilité en ce qui concerne la main- 
d'œuvre, il est permis d'élever quelques 
doutes au sujet de la répartition des semences 
et surtout de celle des engrais. Les Syndicats 
agricoles qui s'étaient efforcés de se pourvoir 
d'engrais pour leur.^ membres, tant à l'au- 

24 Janvier 1918, — N= 2. 



I fomne dernier qu'au printemps prochain, 
voient leurs commandes annulées par leurs 
fournisseurs à raison de la pénurie dans la 
fabrication ou dans les moyens de transports 
maritimes ou terrestres: on se réjouira à 
bon droit si les Comités départementaux par- 
venaient à résoudre ces problèmes. Tout devra 
être fait pour que la nouvelle organisation, 
inspirée par une évidente bonne volonté, 
n'aboutisse pas à des déceptions. 

On doit constater que ce rapport fait état 
de « l'augnrentation croissante des surfaces 
laissées incultes. " Or, trois jours avant sa 
publication, le ministère de l'Agriculture in- 
sérait au Journal Of/îciel du l'i janvier une 
note sur la situation agricole dans laquelle on 
lisait : « Les emblavures de céréales d'hiver 
sont, dans leur ensemble, supérieures à celles 
de l'an dernier. Dans quelques départements 
les étendues consacrées à la culture du blé 
sont même voisines de celles d'une année 
normale. » 

Il paraîtra peut-être difficile de conci' er 
les deux affirmations. 

Les bénéfices agricoles. 
Lors de la discussion de la dernière loi re- 
lative aux impôts sur les diverses catégories 
de revenus, M. Klotz, alors président de la 
Commission du budget, et M. Caillaux expri- 
mèrent l'opinion, devant la Chambre de.s Dé- 
putés, que le taux de l'impôt sur les béné- 
fices agricoles n'était pas assez élevé. On ne 
doit donc pas s'étonner que M. Klotz, aujour- 
d'hui ministre des Finances, tente de faire 
reviser les dispositions adoptées. De là, un 
projet de loi déposé à la Chambre, et dont 
voici le texte : 

Article unique. — L'article 17 de la loi du 
31 juillet 1917 est complété par l'alinéa ci-après : 
■■ Lorsque, de son côté, le contrôleur est en me- 
sure d'établir que le bénéfice réel de re.tploita- 
tion est supérieur à l'évaluation forfaitaire fixée 
par le premier aliaéa du présent article, il peut, 

1918, — 2 



22 CHRONIQU 

à charfje d'apporter, en cas de contestation, les 
Justifications nécessaires, prendre ce bénéfice 
réel pour base de l'impôt. 

Si ce projet était adopté, son application 
rencontrerait des difficultés qu'il est facile de 
prévoir et devant lesquelles il est probable 
que le Parlement reculera. 

Circulation des semences. 

On trouvera plus loin p. 31 un arrêté 
modifiant les règles relatives à la circulation 
des semences de céréales, de pommes de 
terre et de légumes secs. La rapide caducité 
des règlements de celte nature n'est pas faite 
pour faciliter aux cultivateurs les approvi- 
sionnements qui leur sont nécessaires. Pour 
éviter autant que possible les effets des len- 
teurs des formalités qui sont exigées d'eux, 
ils devront se hâter de faire les démarches 
que le nouvel arrêté leur impose. On doit 
constater que le transport des graines four- 
ragères et des graines potagères autres que 
celles de légumes secs n'est soumis à aucune 
formalité. 

On devra remarquer surtout les conditions 
compliquées que l'article 5 de cet arrêté 
impose pour les transports de plants de 
pommes de terre. Ces conditions risquent 
fort de provoquer encore cette année les 
dinicullés qui se sont produites au prin- 
temps dernier et qui ont suscité de trop 
nombreuses et trop légitimes protestations- 
Réquisition des laines. 

L'Etat se réserve, depuis les premiers 
temps de la guerre, toute la production de la 
laine. On en comprend la nécessité, mais les 
éleveurs se plaignent, avec raison, des mé- 
thodes suivies pour le paiement. Leurs récla- 
mations, que nous avons enregistrées à 
maintes reprises, n'ont pas reçu satisfaction, 
mais ils ne cessent de protester, ainsi qu'en 
témoigne encore le vœu que, sur la proposi- 
tion de M. Ch. Souchon, la Société d'Agricul- 
ture de la Nièvre a émis récemment : 

Considérant que la hausse des salaires a plus 
que doublé ; 

Considérant que le prix des aliments coosom- 
laéï par le mouton a progressé d'une façon iden- 
tique, que le prix des aliments concentrés, tels 
que tourteaux de lin, avoine, orge, ne sont plus 
en rapport avec le prix qui a été fixé pour la ré- 
quisition de la laine ; 

Considérant que ^la diminution du troupeau 
ovin s'accentue de plus en plus et que sa dispa- 
rition va devenir prochaine si la valeur de la 
laine ne suit pas le courant des aliments con- 
soîutnés et de la hausse de la main-d'œuvre, 

•Emet le vn-u que le prix de la laine en^ suint 



E AGRICOLE 

soit porté à 6 fr. le kilogr, au-dessus de 41 0/0 de 
rendement et à 5 fr. pour les laines à rendement 
juférieur. 

Le relèvement dans le prix de réquisition 
contribuerait à enrayer le découragement de 
plus eu plus accentué des éleveurs de mou- 
tons. 

Réquisition des vins. 

On a lu précédemment dans nos colonnes 
les conditions fixées pour la réquisition des 
vins de la dernière récolte. Une note offi- 
cieuse fait connaître, dans les termes suivants, 
que des changements ont été apportés dans 
les règlements précédemment établis f 

En raison de l'augmentation du taux des ra- 
tions de vins attribuées aux troupes, il avait été 
décidé que la réquisition s'exercerait à partir 
d'une récolte de lo hectolitres. L'examen de 
l'ensemble des déclarations de récolte a permis 
de ne commencer la réquisition qu'à partir de 
gO hectolitres et de ne prélever qu'un tiers de la 
[■écolte, et cela dans des conditions très dillé- 
rentes de celles antérieurement pratiquées. 

Le ministre du Havitaillement, afin d'appli- 
quer de la façon la plus équitable le régime des 
prestations, ne demande à chacun que la con- 
tribution effectivement proportionnée à ses res- 
sources. Le i> contingentement » s'établira 
comme suit : sur une récolte de 21 hectolitres, 
un hectolitre seulement sera prélevé; sur 22 hec- 
tolitres, deux seront réquisitionnés; sur 23, on 
en prendra trois, et ainsi de suite jusqu'à 30 hec- 
tolitres, chiffre à partir duquel le prélèvement 
du tiers sera appliqué intégralement. 

Grâce à celte nouvelle manière de procéder, 
la petite production se trouve dégrevée dans une 
proportion des plus sensibles el le maximum de 
l'équité dans l'exercice de la contribution par 
réquisition semble devoir être atteint. 

Le bruit avait couru que les vins ordi- 
naires seraient soumis à la taxation. Cette in- 
formation a été démentie. 

Culture mécanique. 

Le docteur Chauveau, sénateur, dont on 
connaît le grand dévouement pour les me- 
sures propres à favoriser le développement 
des progrès, vient de présenter au Sénat une 
proposition dont l'objet est de donner des 
encouragements spéciaux au labourage méca- 
nique des terres. L'esprit qui a dicté celle 
initiative ressort de l'article 1"', dont voici le 
texte : 

Des encouragements spéciaux, sous forme de 
primes à l'achat et à l'entretien d'appareils de 
motoculture, seront, à l'avenir, accordés à tout 
entrepreneur ou société' d'entreprise, qui s'en- 
gagera, par contrat, vis-à-vis de l'Etat, à labou- 
rer mécaniquement, durant trois années consé- 
cutives, dans la zone de l'intérieur, une étendue 



CHRONIQUE AGRICOLE 



23 



rniuimuiû Je 100 hectares par an et par appareil, 
s'il s'agit de terres à ensemencer en blé, et de 
130 hectares, si celles-ci sont destinées à des cé- 
réales diverses. Les terres labourées mécanique- 
ment pour être plantées en betteraves ou en 
pommes de terre seront assimilées aux terres à 
ensemencer en blé. 

Sera considéré comme entrepreneur aux fins 
ci-dessus et comme tel admis au bénéfice des 
dispositions de cette loi tout cultivateur qui s'en- 
gagerait dans la même forme à labourer méca- 
niquement chez autrui les superficies mininia 
indiquées. 

La prime à l'achat, versée en une seule 
foi,s, pourrait atteindre ie tiers du prix de 
l'appareil; la prime à l'entretien serait an- 
nuelle et ne pourrait, en aucun cas, dépasser 
le quinzième de ce prix. L'une et l'autre ces- 
seraient d'être accordées un an après la fin 
des hostilités. Des primes supplémentaires 
seraient allouées pendant la durée du contrat 
pour tout hectare labouré mécaniquement au 
delà du minimum fixé. 

Le docteur Chauveau fait ressortir que ce 
système se substituerait avec avantage pour 
l'Etal au régime inauguré celte année et dont 
le rapport officiel récemment analysé ici a 
fait ressortir les déceptions. 

Commerce des vins. 

La Direction générale des Contributions 
indirectes a fait connaître le relevé des 
quantités de vins sorties des caveS' des ré- 
coltants pendant les trois premiers mois de 
la campagne 1917-1918. 

En France, les sorties se sont élevées à 
1 972 70o hectolitres en décembre et à 
7 043 313 pendant les trois mois d'octobre 
ù décembre. Pendant cette période, les quan- 
tités de vins soumises au droit de circulation 
ont atteint 8 143 113 hectolitres. 

En Algérie, les sorties ont été de 543 317 
hectolitres pendant le mois de décembre et 
de 2 642 938 pendant les trois mois. 

Au 31 décembre, le stock commercial chez 
les marchands en gros était en France de 
7 136 730 hectolitres dont 1228 503 pour 
Paris et de 889 271 hectolitres en Algérie. 

Les populations rurales et la guerre. 

Dans la récente séance solennelle de l'Ins- 
titut, M. Imbart de la Tour a fait, comme 
délégué de l'Académie des Sciences morales 
et politiques, une lecture sur un canton de 
France pendant la guerre. Dans un tableau 
très vivant, pris sur le vif, M. Imbart de la 
Tour a montré la vigueur de la résislance 
des populations agricoles depuis le début de 
la guerre. 11 s'agit, en efTet, d'un canton 



rural dans le Morvan qui n'est pas autre- 
ment désigné, mais qui parait être celui de 
Luzy (Nièvre). En môme temps qu'il rend 
hommage à la valeur de ceux qui ont été 
appelés sous les drapeaux, M. Imbart de la 
Tour rappelle discrètement, en ces termes, 
les perles subies par ce canton : 

Nous pouvons aujourd'hui mesurer nos pertes. 
Dans certaines localités particulièrement éproji- 
vées, elles ont atteint une proportion exception- 
nelle. Au chef-lieu où sont inscrits 986 élec- 
teurs : 105 tués et disparus : dans un gros bourg 
de 406 électeurs : o9 tués et disparus; dans une 
petite commune rurale de lia électeurs: 24 tués 
et disparus. Là, sur 2& jeunes gens de l'infan- 
terie, deux seuls survivent. Comparons à ces 
chill'res ceux des prisonniers : 24, 18, 4, et dans 
tout le canton, 64 contre 345 morts. Ces jeunes 
peuvent être surpris. Sur le terrain, ils ne se 
rendent pas, ils se font tuer. 

Cet exemple donne une mesure des vides 
provoqués dans les populations agricoles. Il 
n'est pas douteux que ce n'est pas une 
exception. 

Culture du ricin. 

Le ricin fournit une huile dont l'impor- 
tance est grande pour les usages militaires, 
en particulier pour les appareils d'aviation. 
Le ministre de l'Armement a transmis aux 
gouverneurs des colonies des instructions 
précises pour les inciter à développer la cul- 
ture de cette plante. De son côté, le ministre 
de l'Agriculture a envoyé une circulaire aux 
directeurs des Services agricoles dans trente- 
deux déparlemenis pour les engager à provo- 
quer des essais de cette culture. Voici la par- 
tie principale de cette circulaire : 

Vos efforts doivent donc tendre à provoquer 
l'essai de la culture du ricin dans les parties 
encore incultes de votre département, mais 
seulement dans les localités ou les gelées tardi- 
ves et les vents violents ne sont pas générale- 
ment à redouter. 

En raison des frais peu élevés que nécessuo. 
rait, dans ces conditions, la culture du ricin, de 
la végétation rapide de cette plante et de l'inté- 
rêt que présentent ses produits, même si chaque 
pied ne fournit pas une quantité de graines 
aussi importante qu'en culture normale et soi- 
gnée, il ne semble pas que l'agriculteur puisse 
hésiter à ensemencer en ricin les terres qu'il ne 
peut consacrer à d'autres cultures qui exigent 
une meilleure préparation du sol et un entre- 
tien plus coûteux. 

Dans le cas où la culture du ricin, dans ces 
conditions, vous paraîtrait possible dans voire 
département, je vous serais obligé de me faire 
connaître d'urgence la surface que vous estimez 
pouvoir y être employée ou, à défaut, le nombre 
de pieds de ricin qui pourraient être cultivés, en 



24 



CHKONIQUE AGRICOLE 



calculant sur un espacement de 2 mètres entre 
chaque pied dans tous les sens. 

J'attache la plus grande importance à ce que 
des essais de plantation de ricfrï soient entrepris 
dans votre département, dans les conditions que 
je viens de vous indiquer; et à titre de rensei- 
gnement, j'ajoute que la production d'un pied 
de ricin peut donner, en culture normale, 
300 grammes de graines dont le prix varierait 
de 100 à 120 fr. le quintal, selon qualité. 

Le ministre termine en promettant de don- 
ner les renseignements complémentaires 
utiles sur la culture du ricin et d'envoyer les 
quantités de graines qui pourraient être né- 
cessaires pour les ensemencements. 

Le marc de raisin comme combustible. 

Dans une récente communication à l'Aca- 
démie des Sciences (séance du 19 novembre), 
M. Matignon, professeur au Collège de France, 
et M"' Marchai ont appelé l'attention sur 
l'utilisation du marc de raisin comme com- 
bustible. D'après les recherches auxquelles 
ils se sont livrés, la valeur du marc se rap- 
procherait, à cet égard, de celle de la tourbe 
et on pourrait l'employer utilement, comme 
celle-ci, dans des gazomètres appropriés. 

Cette utilisation des marcs présente cer- 
tainement un intérêt qui ne saurait échapper. 
Toutefois la question n'est pas aussi nouvelle 
qu'il paraîtrait au premier abord. Les marcs 
de raisin sont employés comme combustible 
dans certaines régions de la Suisse; on en 
fait simplement des briquettes avec un maté- 
riel assez simple, et on les fait sécher comme 
on fait sécher les briquettes de tourbe. Après 
les vendanges, les marcs sont recherchés et 
achetés pour cet usage. 

Le lait à Toulon. 

La Préfecture maritime de Toulon a 
publié, le 6 janvier, le communiqué sui- 
vant : 

En présence de la mauvaise volonté manifestée 
par les laitiers, qui non seulement s'obstinent à 
vendre le lait à des pri.t exagérés, mais eucure, 
dans un but d'intimidation, font abattre une 
partie de leur bétail et refusent du lait aux per- 
sonnes qui n'accept«nt pas leurs conditions, pri- 
vant une partie de la pDpulartion d'un aliment de 
première nécessité surtout pour les enfants, les 
malades et les vieillards, le vice-amiral Lacaze, 
préfet maritime et gouverneur de Toulon, usant 
des pouvoirs qu'il tient de sa situation de com- 
mandant de place forte soumise au réginoe, inté- 
gral de l'état de siège, vient d'Ordonner la ré- 
quisition de tout le bétail se trouvant dans les 
laiteries du camp retranché de Toulon, aiusi que 
du personnel et du matériel. 

Il est avéré que les frais d'entretien des 



vacheries ont pris des proportions telles que 
le relèvement du pri,\ du lait en est la consé- 
quence forcée. MM. André Gouin et Andouard 
ont démontré récemment que les produc- 
teurs trouveraient plus lî .i-nnlages à vendre 
leurs fourrages et leurs .uiruaux qu'à vendre 
du lait. La mesure prise a i'uulon ue changera 
rien à cette situation. 

Les terres non cultivées en Italie. 

Un décret royal a ordonné récemment les 
mesures qui doivent être prises pour assu- 
rer en Italie, la mise en culture des terres 
incultes et de celles délaissées par suite de 
la guerre. Ces mesures doivent être assu- 
rées par nn Comité central de mobilisation 
agricole et des Commissions pro\ inciales et 
communales. 

Aux termes du décret, l'Etat a le droit d'or- 
donner l'occupation des terres incultes, en 
fixant l'indemnité due aux propriétaires. 11 
peut imposer la culture des terres non cul- 
tivées, l'organiser lui-uiême , et transfor- 
mer les systèmos d'exploitation d'après les 
besoins du pays en denrées alimentaires, 
notamment en faisant rompre une partie 
des prairies permanentes. D'autre part, le 
recensement de toutes les personnes aptes 
aux travaux agricoles est ordonné, avec 
fixation d'un salaire minimum au-dessous 
duquel il est interdit de descendre. Enfin, 
les militaires mis en sursis pour l'agricul- 
ture sont placés sous l'autorité des Commis- 
sions provinciales. 

Ces mesures sont inspirées en partie de 
celles adoptées en France, et en partie de 
celles adoptées en Angleterre. 

Congrès d'Agriculture coloniale. 

Le Comité d'organisation du Congrès 
d'Agriculture coloniale projeté par l'Union 
coloniale, a décidé la création d'une nouvelle 
Section consacrée à certaines matières pre- 
mières coloniales, utilisables par l'industrie. 
Cette Section aura, en particulier, à s'occuper 
des pâtes à papier, des extraits tannants, des 
matières pour vannerie, brosserie, des ivoires 
végétaux, etc., toutes questions où la France 
doit s'affranchir, grâce auxTessources d« les 
colonies, du tribut jusqu'ici payé à l'étranger 
par notre industrie. 

La présidence de celte Section a été confiée 
au docteur F. Ileim, directeur du Service des 
productions coloniales à l'Office colonial. 
M. Lefèvre, ingénieur-agronome, secrétaire 
de la Société d'Agronomie exotique et colo- 
niale, a été désigné comme l'un des secré- 
taires. 



CHRONIQUE 

Police sanitaire. i 

Nous avons fait connaître qu'un décret en | 
date du 2-2 juin 1917 a njouté la gale dans les j 
espèces chevaline, asine et leurs croisements 
à la liste des maladies contagieuses en 
France. A la demande du Gouvernement gé- 
néral de r.Mgérie, un décret en date du 

17 décembi'e a rendu celle mesure applicable 
en Algérie, en y ajoutant l'espèce cameline. 
également sujette à la gale qui revêt, chez 
les animaux de cette espèce, un caractère 
particulièrement grave. 

Récolte des pommes de terre en Suisse. 
La surface consacrée à la pomme de terre 
en Suisse en 1917 a été, d'après les relevés 
statistiques, de 56 749 hectares. D'autre part, 
une enquête poursuivie par l'Union Suisse 
d»s Paysans auprès de 650 correspondants 
a permis d'évaluer le rendement moyen à 

18 600 kilogrammes par hectare. La produc- 
tion totale seraitdoiic de lOoîio 000 quintaux 



AGBICOLE 



25 



métriques, (-etle quantité est loin d"ètre 
suffisante pour les besoins de la consom- 
mation. Le cominerce en a été rigoureu- 
sement réglementé, ainsi que les condi- 
tions d'emploi pour la nourriture du bé- 
tail. 

Les récoltes en 1917. 

On a reproduit précédemment dans nos 
colonnes (numéros du 18 octobre et du 1" no- 
vembre 1917 et du 10 janvier 1918) les éva- 
luations officielles sur la récolte du blé, du 
méteil, du seigle, de l'avoine et de l'orge, 
ainsi que sur la production des vins en 1917. 

La Direction de l'Agriculture (Office de 
renseignements agricoles) a publié au Jour- 
nal Officiel du 16 janvier les résultais ap- 
proximatifs des cultures autres que celles 
des principales céréales. Le tableau suivant 
permet de comparer ces résultats avec ceux 
réalisés en 1916 pour les cultures les plus 
importantes : 







Qiiailtitôs 


MILLET 

Surfaces QuantiU's 


S.tRRASIN 

Surfaces Quantités 


.Surfaces 


lARICOTS 




Surfaces 


Quantités 


ensemencées. 


récoltées. 


ensciuencées. 


récoltées. 


ensemencées 


récoltées. 


ensemencées 


récoltées. 




heclarcs 


(juinhïux 


hectares 


quintaux 


hectares 


(juintaux 


hectares 


quintaux 


1917 


3.5! 036 


4 US 760 


18 380 


319 802 


409 747 


4 272 820 


146 121 


1 059 720 


1916 


336 800 


4 225 440 


21 66j 


153 870 


400 545 


2 739 410 


130 630 


820 570 


M»rf>t«s 


— ù 764 


— 106 6.S0 


— 3 285 


-f 165 032 


-1- 9 202 


+ 1 533 410 


-1-15 491 


-f- 239 150 




POMMliS 


DE TERRE 


TOPIN.\MBObRS 


RUTABAGAS ET NAVETS 


CHOL'X 


FOURRAGERS 


1917 


1 409 0711 


109 220 SOO 


lOi 951 


i;; 780 895 


150 052 


25 318 040 


206 679 


;.7 040 OiO' 


1916 


1 2S0 220 


87 su 100 


107 865 


14 920 320 


150 360 


23 173 900 


221 880 


55 106 610 



Dilt»p(«t.s -i-128 850 +21 415 700 



BETTERAVES A SUCRE 



-2 914 + 880 475 — 303 -|- 144 140 

BETT. DE DISTILLERIE BETTERAVES FOURRAGERES 



-15 201 + 1 934 330 



1917 72 9*8 21 0S5 OOO 

1916 81 210 19 886 2G0 



DiteJcfS — 8 252 -f 1 19S 800 



PRAIRIES ARTIFICIELLES 



22 253 

26 280 



7 024 700 549 695 KiO 895 50Û 
7 915 050 555 940 154 910 480 



—4 027 — 890 350 — 6 245 -(-5 986 020 

PRAIRIES TEMPORAIRES FOURRAGES VERTS ANNUELS 



PRÉS NATURELS 



1917 2 665 84.5 9C 342 400 
1916 2 707 520 lOS 864 840 



IlilTéreni-es 



il 675 



-12 522 440 



317 375 
332 050 



-14 675 



S 944 OOO 609 260 91 860 800 4 608 230 
10 179 780 661 640 111 117 580 4 665 360 



131 291 600 
157 218 030 



-1 233 780 —52 380 



-19 236 780 —57 130 —23 926 430 



Si l'on envisage les étendues accusées par 
cette statistique, on constate des diminu- 
tions parfois assez importantes ; il n'y a 
d'exceptions que pour les pommes de terre, 
les haricots et le sarrasin. Mais, malgré les 
diminutions constatées, la production au- 
rait été, pour la plupart des plantes qui 
figurent dans ce tableau, plus élevée qu'en 
1916; il n'y a d'exception à cet égard que 
pour le maïs et les prairies. 



La production des autres légumes secs 
que les haricots, c'est-à-dire les lentilles, 
pois, fèves et féveroles, aurait été plus faible 
qu'en 1916. Il en est de même pour les plantes 
textiles, lin et chanvre. La récolte du tabac 
n'aurait atteint que la moitié de celle de 
1916; elle n'aurait été que de 77 757 quin- 
taux contre 226 000 à 260 000 pendant les 
années 1912 à 1914. 

Henry S.\g.nier. 



26 



ESSAIS ET OBSERVAirONS SUR LES BLÉS A VERRIERES EN 191" 



PJR^: DE REVIENT. — TAXATIONS 



La reclierche du prix de revient des pro- 
duits agricoles a été poursuivie par les Agro- 
nomes de tout temps, sans que jamais une 
précision ait été obtenue. 

Vers d880, P. C. Dubost montra, avec son 
implacable logique, que le cultivateur ne 
pouvait pas établir ce prix de revient, comme 
le fait si facilement l'industriel. Celui-ci a le 
prix exact de la matière première qu'il em- 
ploie; il la transforme en la faisant passer 
successivement dans plusieurs ateliers : cha- 
cun de ces passages entraîne des frais con- 
nus, qui s'ajoutent au prix d'achat, et consti- 
tuent, au moment de la vente, le prix de re- 
vient du produit. 

En agriculture, les opérations et les trans- 
formations sont tellement enchevêtrées, qu'il 
n'est pas possible d'établir, dans la succes- 
sion des plantes de l'assolement, la part des 
frais qui revient à chacune d'elles. Et pour 
une même plante, céréale par exemple, com- 
ment dire ce qu'a coûté le grain, ce qu'a 
coûté la paille? 

Et pourtant Eugène Risler a écrit, en 1886, 
dans Physiologie et culture du Blé, que le blé 
était produit, dans telle ferme de Seine-et- 
Marne, au prix de revient de 14 à 13 francs. 
Cette affirmation a soulevé la plus vive 
émotion parmi les agriculteurs. Et elle fut 
démentie par les faits. 

Si le blé avait pu être produit à si bas prix, 
le législateur n'aurait pas eu besoin d'élever 
les droits protecteurs de 3 à o fr., puis à 7 fr. 
par quintal de blé. Et les bénéfices procurés 
par la culture du blé auraient entraîné l'aug- 
mentation de la surface consacrée à celte cé- 
réale. Or, cette surface a toujours été dimi- 
nuant en France. 

Si un agronome aussi éminent et aussi sin- 
cère qu'Eugène Risler a commis cette er- 



reur, comment n'être pas surpris de la su- 
perbe assurance que montrent actuellement 
nombre de personnes, se déclarant capables 
d'établir le prix de revient non seulement du 
blé, mais encore des animaux, non seulement 
des moutons, mais de la laine qui pousse sur 
ces moutons? 

La rapide diminution de notre cheplel ovin 
permet de mesurer l'étendue de l'erreur com- 
mise par les Intendants chargés d'établir le 
prix de la laine. 

Et maintenant supposons l'invraisem- 
blable : la vérité a été révélée à nos 
calculateurs, ils ont eu le privilège d'établir 
les prix de revient. Us ont encore commis 
une faute lourde par ses conséquences. 

Us ont cherché le prix qu'a dû débourser, 
dans un exercice f-couLé, un producteur en vue 
d'un produit quelconque. 

Or, tout cultivateur sait bien que la valeur 
d'un produit est affectée non pas seulement 
par les frais faits en vue de ce produit, mais 
encore et surtout par les frais à faire en vue 
d'obtenir le même produit ci l' exercice suivant. 
En d'autres termes, la récolte 1917 est grevée 
de tous les frais faits en vue de la ré- 
colte 1918. Si, pour avoir la récolte 1018, la 
main-dii>uvre, l'engrais, et le reste coûtent 
15, 20 ou 2.5 0,0 de plus que l'année précé- 
dente, c'est la récolte 1917 qui supporte cet^ 
excédent de dépenses de 13, 20 ou 23 0/0. 

En méconnaissant cette réalité, l'Etat est 
toujours en retard d'une année dans la fixa- 
tion des prix. Il constitue en perte tout culti- 
vateur qui n'obtient pas de ses récoltes un 
produit maximum. Il sème le découragement. 
Telle est l'une des causes de la diminution 
de la production agricole depuis 1914. 

EiMiLE Petit. 
Orsigny (Seine-et-Oise., j.mvier 1918. 



ESSAIS ET OBSERVATIONS SUR LES BLÉS A VERRIÈRES 

EA" 1917 (1) 



Ce n'est pas sans une grande émotion que 
je [viens apporter devant vous les résultats 
des observations faites à Verrières en 191". 
La mort de mon cousin Philippe m'a particu- 
lièrement frappé. Voici le fruit d'expériences 
qu'il avait mises en train, et qu'il n'a pas pu 

(1) Communication à r.\cadémie d'Agriculture 
(séance du 5 décembre 1917). 



voir achevées. J'aurai à vous tenir au cou- 
rant de nos travaux, qui ne sont pas inter- 
rompus, en attendant qu'un fils de Philippe 
puisse à son tour entrer dans la carrière où 
ses père et grands-pères l'ont si brillamment 
précédé. 

1 Blés de printemps. 

Je vous parlerai d'abord des blés de prin- 



ESSAIS ET OBSERVATIOiNS SLR 

temps expérimentés à Verrières en raison de 
fintérèt que présente actuellemennt la ques- 
tion. Il est certain que les difficultés de la cul- 
ture en temps de guerre obligeront encore à 
recourir aux blés de printemps, comme ap- 
point en 1918; outre le Maniloba nous au- 
rions grand intérêt, à mon sens, à propager 
les variétés Aurore et Marquis. 

Nous avons étudié, cette année, en compa- 
raison de semis à différentes époques, les 
sept variétés suivantes de blés de printemps : 
Aurore, White Fife, Maniloba, Rod Fife, 
Kolhen, Mars Rouge sans barbe, Marquis. 
Cette dernière variété ayant été reçue tardi- 
vement n'a pu être semée qu'à partir du 
20 mars. 

Le blé de Manitoba, mis en comparaison, 
provenait de la race ancienne de notre collec- 
tion, reçue des Moulins de Corbeil en 1900 et, 
depuis, toujours cultivée à Verrières. 

Voici les diverses dates de semis, d'épiai- 
son et de récolte : 

Les essais étaient divisés en deux parties : 

1'^ partie. — Nous avions en comparaison 
les blés Aurore, Maniloba, Red Fife, Marquis 
et Kolben. 

Par ordre de précocité, ces blés se sont 
classés comme suit : 

1"' le plus hàtif Aurore 

2* Marquis 

i' Manitoba 

\' - Kolben 

Au point de vue rendement : 

i"' .\urore avec 21 kilogr. à l'are. 

2"= Kolben — 14 kil. 300 — 

3' Marquis — t3 kil. 750 — 

4= Manitoba — 10 kil. 900 — 

Le blé Kolben occupe, cette année, une très 
bonne place dans les rendements de nos es- 
sais, supérieure à celle qu'il avait eue précé- 
demment. 

2" partie. — Les résultats de ces semis suc- 
cessifs par nombre de jours écoulés entre la 
date du semis et celle de la récolte nous don- 
nent les chiflres suivants : 

Hemis du /=>■ mars. Semis du. 1"' aui-il. 

Jours. Jours. 



LES BLÉS A VERRIÈRES EN 1917 



2-i 



Aurore 148 

Mars roi/r/e sans 

barlie 156 

Maniiobii 1S9 

Red Fife 162 

White Fife 162 

Kolhen 169 



.iurore 129 

Marquis lîl 

Mars rouge sans 

barbe 135 

Manitoba 138 

Kolben à38 

Red Fife, 144 

White Fife 144 



Semis du 13 avril.. 
Jours. 

-1 ""'/(' 414 

Marifuis 114 

Mars rouge saris 

barbe 116 

Manitoba HG 

White Fife 116 

Red Fife 120 

Kolben 120 



Semis du 15 mars. 

Jours, 

Marquis (arrivé et 
semé le 20 seu- 
lement: 136 

Aurore- 13S 

Mars rouf/e sans 

barbe... 144 

Manitaba 147 

lV7i,7e Fife 147 

Red Fife 151 

Kolben 155 

La pénurie de main-d'œuvre ne nous ayant 
pas permis de surveiller ces lots aussi atten- 
tivement que nous l'aurions désiré, plusieurs 
d'entre eux ont été fortement pillés par les 
moineaux dans la partie n° 2 de nos essais, 
et, par suite, les rendements que nous pour- 
rions donner ne sont pas comparables. Quoi 
qu'il en soit, autant que l'on peut conclure 
d'une expérience aussi restreinte, notre blé 
Aurore arrive en tète à tous points de vue, 
suivi, du reste, de très près, par le blé Mar- 
quis dont nous parlerons ensuite. 

Les résultats obtenus en grande culture 
par dilTérents cultivateurs confirment égale- 
ment ces résultats, ainsi que la bonne opi- 
nion que nous avions du blé Aurore qui s'est 
montré, en général, supérieur en rendement 
à tous les autres blés de printemps. 

Blé Aurore. — A Verrières, un lot d'Auroi-e, 
semé le 1" mai, a été moissonné le 31 juillet, 
soit au bout de trois mois exactement, avec 
un rendement encore appréciable de 535 ki- 
logr. pour 25 ares, soit 2 liO à l'hectare. 

Ceci en terrain médiocre avec une culture 
très ordinaire. Semé dans les premiers jours 
de mars. Aurore nous a donné en 1916 à 
notre établissement de Massy-Palaiseau le 
très beau rendement de 3 600 kilogrammes à 
l'hectare. Cette année, par contre, semé d'ail- 
leurs en de plus mauvaises conditions, le 
rendement n'a été que de 2 214 kilogrammes. 

Le blé .Aurore justifie donc la bonne opi- 
nion qu'avaient de lui mon oncle Henri de 
Vilmorin et mon cousin Philippe et se montre 
un blé de printemps de premier ordre pour 
la France. 

Blé Marquis. — Cette dernière variété, ob- 
tenue au Canada par le D"^ Gh. Saunders, cé- 
réalisle du Département de l'Agriculture, 
jouit, dans ce pays, d'une renommée consi- 
dérable, notamment, nous écrit le docteur 
Saunders, dans la province de Saskatchewan 
où elle est en train de supplanter rapidement 
toutes les autres sortes. 

Aux Etats-Unis il a donné, d'après MM. Car- 
leton, R. Bail et J. Allen Clark, des résultats 
supérieurs aux variétés genre Fife, c'est-à- 



28 



LA CAMPAGNE AGRICOLE DE 1917 EN HAUTE-MARNE 



dire Manitnha, dans la région à TouesL des 
grands lacs et dans la région des grandes 
plaines. Ce blé a, d'ailleurs, été signalé par 
M. Voitellier dans une note à l'Académie 
d'Agriculture en 1916. 

La précocité du Marquis qui n'est surpassée 
par aucun blé en Amérique, et qui, dans nos 
essais, se rapproche à'Aurore, lui donne 
aussi un grand intérêt. 

J'ajouterai que l'avantage qu'il présente 
d'être un blé sélectionné, et non en mélange 
comme le Maniloba, est très appréciable. 

Dans ces conditions, en présence de sa su- 
périorité marquée sur les blés de la catégorie 
Fife, c'est-à-dire Maniloha, tant au point de 
vue précocité qu'au point de vue rendement, 
je crois que la propagntion en France du blé 
Marquis serait fort utile. 



Notre bon vieux blé de Mars Rouge sans 
barbe arrive ensuite suivi immédiatement 
par la série des Fifc, alias Ma»iloba. 

Le blé A'olben, de Svalof, semble décidé- 
ment un peu plus tardif. 

A côté de ces blés de printemps, ce que 
nous pouvons citer de plus curieux dans «et 
ordre d'idées, c'est le cas d'une parcelle de 
blé des Alliés qui, semée à Verrières à la date 
du 3 mai 1917, a pu être moissonnée le 5 sep- 
tembre (4 mois après), avec un rendement de 
1 81 i kilogrammes pour 120 ares, soit encore 
1 316 kilogrammes à l'hectare. C'est assuré- 
ment un record pour un blé d'automne et qui 
montre bien l'aptitude m'irveilleuse que pos- 
sède le blé des Alliés de monter encore, si 
tardive que soit l'époque du semis. 

[A suivre.) J. de Vilmorim. 



LA CAMPAGNE AGRICOLE DE 1917 EN HAUTE-MARNE 



Commencée dans des conditions défectueuses, 
l'année s'est poursuivie avec des alternatives di- 
verses pour aboutir, finalement, à un résultat 
plutôt médiocre pour la plupart des récoltes. 

Dès son début, les semailles d'automne furent 
contrariées par la persistance des pluies qui 
obligea les cultivateurs à restreindre leurs ense- 
mencements, soit faute de temps propice, soit 
par suite de la submersion des terres basses, 
surprises en cet état par un hiver rigoureux. 

Au début du printemps, les eniblavures pré- 
sentaient, en général, un aspect lamentable : la 
plupart des blés blancs, et même certains blés 
de pays, surtout parmi les derniers semés, 
n'avaient pu résister aux fortes gelées hivernales^ 
el Ton dut essayer de réparer le désastre en se- 
mant des blés de printemps, notamment du Ma- 
nitoba, mis par l'Adminislralion à la disposition 
des cultivateurs. 

Mais la persistance des basses températures 
jusque vers le milieu du mois de mai ralentit la 
végétation, de sorte que, malgré des condi- 
tions plus favorables, survenues vers cette épo- 
que, la formation du grain ne se trouva pas 
suffisamment avancée pour braver la période 
de fortes chaleurs qui précéda la moisson; 
bon nombre de blés, aussi bien d'automne que 
de printemps, furent échaudés, ne donnèrent 
qu'un rendement médiocre de grains moins 
bien nourris que ceux de l'an dernier, le poids 
moyen au double décalitre s'établissant aux en- 
virons de 15 kilogr. tandis que l'an dernier, il 
atteignait communément lo kilogr. 500. 

D'autre part, après une période de sécheresse 
néfaste, des pluies aboudantes, survenues à 
l'époque de la moisson, rendirent la récolte pé- 
nible et dans bien des cas provoquèrent la ger- 
mination du grain, rendant celui-ci inapte au 
réensemencement pour la future campagne. 

Malgré leur apparence prometteuse, les 



avoines avaient été, elles aussi, victimes de la 
sécheresse; elles ne fournirent qu'un rendement 
moyen de grains en général trop légers, à l'ex- 
ceptiou peut-être des dernières semées qui, se 
trouvant encore en pleine végétation pendaot la 
période pluvieuse qui coïncida avec la récolte 
des blés, profitèrent de l'aubaine et fournirent 
un grain mieux nourri. 

Dans les prairies fauchables, la végétation, 
longtemps languissante, prit enfin, dans la 
deuxième quinzaine de mai, un essor suffisant 
pour qu'à la fauchaison, sauf dans les parcelles 
trop humides, l'on pût constater un bon rende-' 
ment moyen. Les fourrages de seconde coupe 
furent en général abondants et récoltés dans 
d'excellentes conditions. 

Le rendement des pommes de terre a été des 
plus variables. Si beaucoup de cultivateurs, 
surtout dans le nord du département, obtinrent 
une récolte abondante et de bonne garde, 
d'autres récoltèrent à peine leur semence, leurs 
plantations ayant été ravagées par le mildiou, 
les vers blancs, et, dans les régions boisées, plus 
ou moins dévastées par les sangliers. 

Les autres tubercules fourragers : betteraves, 
rutabagas, ont, un peu partout, donné pleine sa- 
tisfaction aux cultivateurs hautniarnais. 

Si l'abondante production des arbres fruitiers, 
que le retard de leur végétation à ses débuts avait 
soustraits aux atteintes des gelées printanières, 
fît regretter aux ménagères la parcimonie avec 
laquelle l'Administration leur alloue du sucre 
pour les confitures, elle a permis par contre, 
aux récoltants, de confectionner des cidres ou 
des piquettes d'autant plus appréciés que le prix 
actuel du vin met cette boisson hors de la portée 
de beaucoup de consommateurs ruraux, et que 
le mnnque de sucre restreiut notablement la 
préparation des autres boissons économiques. 
Raymond Uocer. 



PRÉPARATION DES SEMENCES. — LE TRIAGE 



29 



PRÉPARATION DES SEMENCES. — LE TRIAGE 



Tous les cultivateurs sentent qu'en raison 
du grave déficit des dernières récoltes de cé- 
réales, il est urgent, à la veille des semailles 
de printemps, de ne ménager aucun etTort en 
vue d'obtenir une récolte aussi abondante 
que possible en 1918. La main-d'oi'uvre est 
trop rare pour permettre d'ensemencer toutes 
les terres, les engrais font presque complète- 
ment défaut. Afin d'atténuer les conséquences 
de celte pénurie, il importe que chaque 
champ ensemencé puisse donner un rende- 
ment aussi élevé que possible. 

Pour atteindre ce but, il existe un procédé 



bien connu, mais sur lequel il est nécessaire 
d'atlirer l'allention en ce moment : c'est 
l'emploi de semences triées et sélectionnées. 
On sait bien, mais on n'y rélTéchit pas tou- 
jours, fiue si l'on emploie des semences ren- 
fermant 10 d'impuretés par exemple, on 
diminue d'autant d'avance le rendement que 
l'on en obtiendra. 

Le Journal d'Afjriculliira pratique a publié 
en 1907 i'n° 37 1 les résultats d'expériences 
concluantes faites par M. Ringelmann à la 
Station d'essais de machines agricoles sur 
l'emploi comme semences de blé non trié 




TL* 



o 



3 «<»*«- fïpmwvt- 




<dV<suiv€i tk OXae6 




Giaiive-i 'XiJncle'»; 









Tîc""ci'»C rweycri 



^1 h. 












i-c, 









Fig. 4. — IiapuroU'S que Von rc-lirf du h\ô p^r sou i»a5>ago .lu trieur. 



et de blé trié. La variété sur laquelle les 
expériences ont porté était le blé Samnitr 
de Mars. Les rendements par hectare ont 
été : 



Blé 
noû trié- 

kilogr. 
Poiils du gi'ain. . 1 668 

— delapailie ;i SOO 

— (les balles 
et menues pail- 
les 332 



Poids total de la 
réc-oUe S 000 



Blé trié. 

kilogr. 
2 S83 
7 000 



915 



10 800 



.\ug- 
nientalion 

pour 
le blé irié. 

kilogr. 
1 217 
1 200 



38.3 



2 800 



Avec le blé trié, le poids de l'hectolitre ré- 
colté était de 78 kil. 7; pour le blé non trié, 
il n'était que de 77 kil. 2. Le rendement en 
hectolitres ressort à 36 hectol. 65 dans le 
premier cas et à 21 hectol. 60 dans le second 
cas. 

Un autre exemple nous est fourni par des 
essais organisés par le Comice agricole de 
Castres (Tarn) en 1908, et dont son Bulletin a 
donné le compte rendu en ces termes : 

Les essais faits en 1908 avec du blé Rousselin 
trié au trieur Marot ont donné les résultats sui- 
vants : 

Trois parcelles de 1 are chacune, bien fumées 
et ayant reçu du superphosphate 14/10, à raison 



30 



PETRIN MECANIQUE 



de 500 kilogr. il l'hectare, ont été ensemencées : 
la première avec du blé tel qu'il était sorti de la 
machine après un simple vannage au ventila- 
teur; la seconde avec le blé de semence obtenu 
par le trieur Marot; la troisième avec le blé dit 
de commerce, obtenu avec ce même trieur. 
Les rendements ont été les suivants : 

{•^"parcelle. — Blé sans triage ... 10 kil. 300 
2= parcelle. — Blé de semence... 18 kil. 300 
3« parcelle. — B)é du commerce. 16 kil. 200 

Le blé de la première parcelle était encombré 
de mauvaises herbes et était clair, beaucoup de 
grains cassés et maigres ayant été mis en terre. 

Celui de la troisième parcelle était très épais, 
ma'S les épis étaient grêles et le grain bien 
moins gros que celui de la parcelle n" 2. 

Le blé de la parcelle n" 2 provenant du blé de 
semence était superbe et le grain bien nourri 



était beaucoup plus gros que celui des autres 
parcelles. 

On voit combien il y a intérêt à n'employer 
que des grains bien triés. 

La figure 4 montre combien d'impuretés 
et de petits grains restent dans la masse, 
même après le passage au tarare, tandis que 
le trieur les élimine complètement. 

11 serait possible de multiplier les exem- 
ples, mais ceux-ci suffisent pour montrer 
combien l'opération simple et peu coûteuse 
du triage est efficace pour augmenter dans 
des proportions très importantes le rende- 
ment de la récolte. Ces explications s'appli- 
quent non seulement au blé, mais à toutes 
les autres céréales. 

G. G.^UBOT. 



LES TRACTFXRS AUX ÉTATS-UNIS 



Les résultats d'une enquête sur le travail 
des tracteurs ont été publiés aux Etats-Unis. 
Les chiffres concernent 96 tracteurs en usage 
dans'les exploitations : 37 tracteurs dont les 
moteurs ont moins de 30 chevaux et 59 dont 
les moteurs ont une puissance dépassant 
30 chevaux -vapeur. 

Sur les 37 tracteurs de la première catégo- 
rie, 27 fonctionnent à l'essence minérale et 
iO au pétrole lampant. Pour les 59 de la se- 
conde catégorie, 15 emploient l'essence mi- 
nérale et 44 utilisent le pétrole lampant. 

Le travail, effectué en moyenne par les di- 
vers tracleurs, indiqué en hectares, serait le 
suivant : 



Puissance du 


Surface labourée 


moteur. 


en 10 heures. 


levaux-vapeur 


liectares 


12 


2.43 


l(i 


2.46 


20 


2. 87 


25 


3.60 


30 


4.48 


45 


-.62 


OU 


8.40 


80 


10.75 



terres plus légères que les nôtres, à des la- 
bours moins profonds et à de longs rayages. 
D'après des observations antérieures, nous 
croyons qu'il faut multiplier les chiffres pré- 
cédents par 0.7 pour en tirer des indications 
générales utilisables chez nous ; nous pouvons 
alors en déduire le tableau suivant : 



Ces chiffres généraux, qui résultent de 
moyennes arithmétiques, s'appliquent à des 



Puissance 


du 


Surface labourée 


moteur. 




par heure. 


chevaux-vn 


peur 


mètres carrés 


12 




1 701 


16 




1 722 


20 




2 009 


23 




2 520 


30 




3 136 


45 




5 334 


' 60 




a 8S0 


80 




7 525 



D'après l'enquête, 72 exploitants, sur 9(5, 
déclarent que le travail du tracteur leur est 
moins coiiteux que celui effectué par les che- 
vaux. D'autre part, sur 10 exploitants ayant 
des tracteurs de plus de 30 chevaux, 6 à 7 
sont favorables alors que sur 10 exploitants 
ayant des tracleurs dont le moteur a une 
puissance de moins de 30 chevaux, 8 se dé- 
clarent en leur faveur. 

M. R. 



PÉTRIN MÉCANIQUE 



La préparation de la pâte pour la fabrica- 
tion du pain dans beaucoup de campagnes, 
et surtout dans les régions libérées, présente 
des difficultés; le pétrissage à bras est un 
travail très pénible pour l'homme, à plus 



forte raison pour une femme si les circons- 
tances obligent à y recourir. 

A la suite des essais du Syndicat de la Bou- 
langerie de Paris, en 1909, M. Ringelmann 
avait formulé un certain nombre de conclu- 



Ê^^ 



A PlidPOS DES AZOBACTEKIES DES LÉGUMINEUSES. - LA CULTURE DE LA SLLLA 

sions qui ont élé publiées clans le Journal 
d' Agriculture pru tiij ue {l9i)'J, n" :21). 

Des nouveaux modèles de pétrin ont été 
établis et la machine connue sous le nom de 
Map l'ut signalée avec une planche coloriée 
(1!»10, n" 40, p. ViOi. 

Les constructeurs du pétrin Map, MM. Luc- 
ciardi et C'% 91, rue Denfert-Hocliereau, à 
Paris, ont établi récemment un petit modèle 
destiné surtout aux premières colonisations 
des régions récupérées sur l'ennemi. 

La figure 5 montre le plus petit modèle 
pouvant faire de 25 ;\ 30 kilogrammes de 
pâte; le pétrin pour oO à 60 kilogr. de pâte 
est indiqué par la figure ti. 

Avec ces deux machines, le fonctionnement ', 
est des plus simples. On verse dans la cuve 
le levain, l'eau tiède, le sel et toule la farine 
nécessaire ; on tourne ensuite la manivelle 
-d'une main pendant qu'avec l'autre main on 

Fig. 5. — Petit pétrin Map pour 25 à 30 kilogr. de pâle. 

quinzaine de minutes environ. Il est bon de 
diviser le travail en deux périodes séparées 





y 



Fi-- ' . - l'iLi-in .Map pour ôû à 60 Isilogr. de pâte 

fait tourner lentement la cuve jusqu'à ce que 
cette dernière tourne seule sous l'action de 
la pâte que le fraseur étire. 

La durée totale de l'opération est d'une 



par un temps d'arrêt de 5 à 10 minutes pen- 
dant lequel on laisse la pâte se reposer dans 
la cuve. 

G. Manrin. 



A PROPOS DES AZOBACTÉRIES DES LÉGUMINEUSES 

LA CULTURE DE LA SULLA 

Dans le Journal d'Agriculture pratique du | dent que chaque Légumineuse possède son azo- 
S avril dernier, je répondis à ceux qui prôten- | hacl&rie spécifique et que, par conséquent. 



A PROPOS UES AZOBACTÉRIES DES LÉGUMINEUSES. — LA CULTURE DE LA SULLA 



32 

pour assurer la bonne réussite d'une luzerne, 
il est indispensable d'inoculer au sol où 
celle-ci doit être cultivée les azobactéries 
propres à cette plante au moyen de nilragine, 
ou bien par l'apport de terre enlevée à une 
bonne luzernière; je montrai que dans ma 
propriété du Mont de Circé, j'avais pu créer 
des luzernières me donnant entière satisfac- 
tion sans recourir ni à l'un ni à l'autre de 
ces systèmes, et cela quoique ma propriété 
se trouvât alors à une distance de plus 
de 5U kilomètres à la ronde de toute culture 
de luzerne. J'en concluais que l'azobactérie 
d'autres Légumineuses devait s'être adaptée 
à vivre en symbiose sur ma luzerne, et je 
posai la question si V affirmalion que chaque 
Légumineuse possédr son azobaclérie spfxiale 
sans la pn'sencr de laqae'le elle ne peut pros- 
pérer, ne devait pas être mise en quarantaine. 
Personne ne répondit à ma demande, ce 
qui, dans les tristes conditions présentes, se 
compiend aisément. 

Toutefois, comme je retiens que la ques- 
tion de l'enricliissement du sol (surtout par 
la création d'azote) est précisément dans les 
circonstances actuelles de la plus haute im- 
portance, je pense que le Journal accueillera 
volontiers les observations que je viens de 
faire sur la culture d'ime autre Légumineuse : 
la Sulla (Hedijsarum coronarium L.), appelée 
ajuste titre la luzerne des terrains argileux 
du bassin de la Méditerranée. 

Il y a quel(|ues années, sur un dépôt d'ar- 
gile d'un ancien four à briques abandonné, 
situé à. l'extrértité de ma propriété au bord 
de la mer, je vis à ma grande surprise appa- 
raître de charmantes Heurs d'un rouge vif, 
entourées de jolies feuilles d'un vert sombre. 
Je reconnus immédiatement la Sulla, dont 
les semences avaient été probablement ap- 
portées par les cailles qui atterrissent en 
grande quantité à cet endroit en reve- 
nant du Midi. Je ne connaissais pas cette 
plante, si ce n'est par des descriptions, entre 
autres les intéressants articles parus dans le 
Journal d'Agriculture pratique de l'année 
1898, n"' 39 et i3, exposant les importantes 
transformations agricoles opérées au moyen 
de cette plante par le sénateur italien Devin- 
cenzi dans ses propriétés des Abruzzes. 

Voulant faire un essai de cette culture, je 
m'adressai à cet illustre agronome qui, obli- 
geamment, me fournit quelque peu de se- 
mence. L'ayant répandue sur le terrain con- 
tigu au dépôt d'argile qui portait la Sulla 
spontanée, la plante fut de fort belle 
venue ; mais l'ayant fauchée et séchée, il en 
résulta du foin très grossier, que mes che- 



vaux refusèrent. Ne trouvant donc pas con- 
venance à cette culture, je l'abandonnai. 

Mais ayant, l'année suivante, livré ce ter- 
rain avec les terres adjacentes au pacage des 
moutons, j'aperçus d'abord que la Sulla, 
à l'état vert, était très appréciée par ces ani- 
maux, puisqu'elle se propageait sensible- 
ment chaque année. Voici pourquoi : 

Les moutons abandonnant pour raison cli- 
matérique au commencement de mai ces 
pÈiturages, la Sulla pouvait après leur départ 
fleurir et produire des semences, lesquelles 
transportées par le vent envahissaient cha- 
que année une plus grande superficie de 
^rrain. 

Voyant cela, je résolus de faire un essai de 
culture plus en grand de cette plante, et cela, 
bien entendu, sur lesdits terrains possédant 
de la Sulla spontacée. Je les retournai en au- 
tomne 1914 et j'y mis du blé, puis l'année 
suivante de l'avoine, dans laquelle je semai 
la Sulla au mois de février suivant (1916;. Je 
choisis cette époque parce que les fourmis, 
si fatales aux semences de tout genre dans le 
Midi, se trouvent alors en léthargie. Suivant 
les indications d'un véritable apôtre de la 
Sulla, M. Louis Fiillarico, de Casabona (Cala- 
bres), j'employai des semences décortiquées 
provenant des Marches, c'est-à-dire d'une 
région plus froide que celle où j'habite; puis, 
afin de me rendre bien compte de l'action des 
azobactéries sur la croissance de la Sulla, 
j'en semai aussi sur un terrain contigu, de 
composition argilo-calcaire identique, mais 
dépourvu de Sulla spontanée. Sur une por- 
tion de ce terrain, je répandis de l'argile 
pris du dépôt où j'avais vu la plante appa- 
raître pour la première fois, et sur une autre 
portion, je n'en mis point. La Sulla leva 
sur les deux emplacements, mais, sauf quel- 
ques rares plantes, ne survécut pas sur le 
terrain sans apport d'argile, tandis que sur 
l'autre, c'est-a-dire sur celui qui, évidem- 
ment, avait été doté de l'azobactérie de la 
Sulla, celle-ci prospéra si bien qu'au com- 
mencement de l'hiver suivant j'y récoltai 
des plantes ayant jusqu'à 1"M5 de hauteur, 
des racines abondamment garnies de nodo- 
sités et ayant U'".60 de longueur et un collet 
de 0"'.13 de circonférence. Ce fut un véritable 
succès! 

Quel est le résultat de ces expériences au 
point de vue scientilique? Qu'avant tout, il 
faut reconnaître qu'en agriculture il n'y a 
rien d'absolu. En effet, nous avons vu com- 
ment des azobactéries d'autres Légumineuses 
s'adaptent parfaitement à vivre et prospérer 
sur la racine de la luzerne; par contre, il 



A PROPOS DES AZOBAfiTÉRIES DES LÉGUMINEUSES. — LA CULTURE DE LA SULLA 



33 



semble que ce n'est pas le cas pour la Sulla. 
Comment expliquer ces différences? 

La réponse ne pourrait être donnée 
qu'après de minutieuses études microsco- 
piques et des expériences répétées, que, mal- 
heureusement, il ne m'est pas donné d'exé- 
cuter, mais qu'il serait toutefois désirable de 
voir effectuées. 

Mes observations sur la culture de la Sulla 
présentent de l'intérêt non seu- 
lement au point de vue scientifi- 
que, mais aussi au point de vue 
pratique. ' 

J'ai loué le pacage de mes prés 
de Sulla l'année dernière et cette 
année encore — où je n'ai effectué 
aucune dépense sur ces terrains 
— à des conditions fort avanta- 
geuses aux bergers qui, des mon- • ■ 
tagnes des Apennins, viennent 
hiverner sur les bords de la Médi- 
terranée. Je compte pendant quel- 
ques années encore, c'est-à-dire 
aussi longtemps que la Sulla pro- 
longera son existence sur ces ter- 
rains, continuer aies louer comme 
pâturages, car non seulement j'en 
retire un bon prix, mais j'ai la 
conviction que cette précieuse Lé- 
gumineuse,par les longues racines 
qu'elle enfonce dans le sol et par 
l'azote qu'elle y emmagasine, amé- 
liore encore physiquement et chi- 
miquement la terre, laquelle pro- 
fite en outre des déjections des 
troupeaux qui y paissent. Ensuite, 
je retournerai ces prés et les met- 
trai en blé, persuadé d'obtenir alors . 
un rendement bien supérieur à 
celui que j'obtins des semailles qui 
précédèrent la Sulla. 

Cette certitude est d'ailleurs ba- 
sée sur les expériences du sénateur 
Devincenzi, déjà décrites par le 
Journal d' Agriculture pratique, et 
par celles plus récentes de l'agri- 
culteur calabrais, M. Fallarico ci- 
haut mentionné. Celui-ci a obtenu 
sur des défriches de Sulla un rendement 
de blé arrivant au double du rendement 
habituel. En outre, dans sa contrée (le ter- 
ritoire de l'ancienne colonie grecque Cro- 
ton), la récolte des olives qui, pendant la sai- 
son 1915-1916 avait fait presque totalement 
défaut, fut abondante là où la Sulla avait été 
cultivée. 

Je serais heureux que les nombreux lecteurs 
que le Journal d' Agriculture pratique compte 



dans le Midi de la France, l'Espagne et l'Al- 
gérie, possesseurs de terrains argileux dans 
une situation climutérique semblable à celle 
(lu Mont de Circé, voulussent répéter les ex- 
périences que je viens de faire. Je suis per- 
suadé qu'ils y trouveraient leur compte et 
([u'ils me seraient reconnaissants des con- 
seils que je viens de leur donner. 

J'ajouterai encore que la Sulla, outre 






■^^ 



i 









■'.^ . 




j 



Fig. 7. — Bulle de Sulla. 



qu'elle sert admirablement au pacage des 
moutons, peut, comme la luzerne, être em- 
ployée pour affourager en vert les bovidés. 
Elle se conserve également fort bien en silos, 
et pourra ainsi rendre de grands services 
pour lélevage dans le nord de l'Afrique. 
James Aguet, 

Conseiller 
de la Société des Agriculteurs italiens. 

San Felice Circeo, novembre 1917. 



34 



PARTIE OFflCIELLE 



PARTIE OFFICIELLE 



Décret du 14 janvier 1918 instituant 
des Comités départementaux d'Action agricole. 

Art. i". — Il esl créé au chef-lieu de chaque 
département, pour la durée de la guerre, un Co- 
mité départemental d'Action agricole composé 
du préfet, président, du directeur des Services 
aj,'ricoles et d'un agriculteur par arrondissement, 
choisi par le préfet sur une liste de deux noms, 
établie par les associations agricoles du départe- 
ment. 

Art. 2. — Le Comité a pour mission : 

1» De contrôler le fonctionnement des Comités 
communaux d'Action agricole institués par les 
décrets des 2 et 9 février 1916; 

2° D'aider ces organismes à surmonter les dif- 
ficultés d'application de la loi du 6 octobre 1916, 
en intervenant auprès des propriétaires ou ex- 
ploitants habituels des terrains non cultivés et 
en provoquant, s'il en est besoin, la réquisition 
et la mise en valeur de ces terrains; 

3° De se tenir en rapports suivis avec tes Com- 
missaires à l'agriculture pour recevoir d'eux des 
idées directrices et orienter la culture et l'éle- 
vage dans un sens conforme à l'intérêt général et 
aux nécessités du moment ; 

4» De faire connaître à ces Commissaires les 
besoins des communes en main-d'œuvre, ma- 
chines, semences, engrais, amendements, pro- 
duits anticryptogamiques et autres nécessaires à 
l'agriculture ; 

5° De s'entendre avec les Commissions dépar- 
tem^întaies de la main-d'œuvre agricole et avec 
les Offices de répartition des produits chimiqut-s 
pour parvenir à l'utilisation la plus rationnelle 
des facteurs de la production; 

6° De proposer au ministre de l'Agriculture et 
du Ravitaillement les mesures propres à encou- 
rager les cultivateurs, et notamment d'indiquer 
les pris minima à appliquer pour les achats de 
denrées et d'animaux destinés au ravitaillement 
des armées et de la population civile. 

Art. 3. — Le Comités départementaux se subs- 
tituent aux Comités communaux défaillants et 
prennent, en leurs lieu et place, les mesures né- 
cessaires pour la mise en culture des terres non 
cultivées, dans les conditions prévues par l'ar- 
ticle l" de la loi du 6 octobre 1916. 

Art. 4. — Les Comités départementaux éta- 
blissent un programme d'action au début de la 
campagne agricole, sur nn rapport présenté par 
le. directeur des Services agricoles. 

Dès la publication du présent décret, ils pro- 
céderont à une enquête rapide destinée à déter- 
miner le nombre des exploitations abandonnées 
et des surfaces incultes ; ils établiront immé- 
diatement un plan cultural visant les emblavures 
de printemps. 

Art. 5. — Le Comité départemental tient au 
moins une séance par quinzaine. Il se réunit, en 
outre, toutes les fois que le préfet ou les 



j Commiss.iires à l'agriculture le jugent ulile. 

I Les délibérations du Comité sont prises à la 
majorité des voix des membres présents. 

Art. 6. — Pour l'aider dans ses initiatives et 
dans l'exécution de son programme, le Comité 
peut solliciter l'audition et le concours des per- 
sonnalités civiles et militaires de la région, no- 
tamment des professeurs d'agriculture et des 
officiers contrôleurs de la main-d'œuvre agricole. 

Arrêté du 13 janvier 1918 déterminant les condi- 
tions de circulation des semences de cé- 
réales, de sarrasin, de pommes de terre et 
de légumes sscs. 

Art. !•='■. — Les dispositions des articles 2, 3 et 
b de l'arrêté du 5 septembre 1917 sont abrogées 
et remplacées par celles contenues dans les 
articles ci-après. 

Art. 2. — Les transports de semences de cé- 
réales, de sarrasin, de fèves ou féveroles sont 
soumis à la réglementation des permis de circu- 
lation sur route, délivrés par les maires et des 
permis d'expédition délivrés par les bureaux 
permanents des Offices départementaux des cé- 
réales telle qu'elle est prévue aux articles 26, 27, 
28 et 29 du décret du 30 novembre i917. Les 
maires devront rendre compte aux bureaux per- 
manents, des permis de circulation sur route 
qu'ils auront délivrés. 

Art. 3. — Les permis ne devront être délivrés 
que pour les graines destinées à l'ensemence- 
ment et à la condition que les expéditions 
soient faites soit d'un cultivateur chez un graine- 
tier, soit d'un grainetier chez un cultivateur, soit 
d'un grainetier chez un autre grainetier, soit 
d'un cultivateur chez un autre cultivateur. 

Les demandes de permis de circulation sur 
route devront être adressées aux maires. 

Les demandes de permis d'expédition devront 
être adressées aux bureaux permanents des 
Offices départementaux des céréales. 

Le demandeur d'un permis devra certilier que 
les graines visées par sa demande sont exclusi- 
vement destinées à l'ensemencement, et, s'il 
s'agit d'un permis d'expédition, faire connaître 
les gares de départ et d'arrivée, les noms et 
adresses de l'expéditeur et du destinataire et le 
poids à transporter (en toutes lettres). 

La demande devra être accompagnée d'un cer- 
tificat du maire de la commune du destinataire. 
Si le destinataire est un cultivateur, le certificat 
devra attester que le destinataire a besoin de 
ces graines pour l'ensemencement et indiquer la 
quantité de semence demandée en quintaux 
métriques et la superficie à ensemencer en hec- 
tares. Si le destinataire est un grainetier, le cer- 
tificat devra mentionner que le destinataire 
exerçait le commerce des semences dont il s'agit 
avant le I" Janvier 1916. 

Chaque fois que le bureau permanent jugera 



LHIVEK ET LES RECOLTES DANS LES VOSGES 



indispensable d'obtenir des renseignements com- 
plémentaires, il pourra exiger du destinataire, 
avant ou après expédition, toutes justificatioQs. 

Les certificats produits dans l'un ou l'autre 
cas seront conservés par les bureaux perma- 
nents. 

En cas de refus du permis, appel peut être 
fait devant le 'ministre de l'Agriculture et du 
Kavitaillemeiit, qui statue après enquête. 

Art. 4. — Les permis d'expédition des se- 
mences de céréales, de sarrasin, de fèves ou 
féveroles sont délivrés gratuitement, lis doivent 
porter l'inscription « semences » et la mention 
« A oblitérer par la gare de départ ». Ils doivent 
suivre la marchandise dans tous ses déplace- 
ments. 

A titre transitoire, les permis délivrés par les 
répartiteurs resteront valables jusqu'au 1" fé- 
vrier 1918. 

Art. 5. — Aucun transport de plants de pom- 
mes de terre ou de semences de légumes secs 
autres que les fèves et féveroles, ne peut avoir 
lieu sans un certificat du maire de la commune 
du destinataire. Si le destinataire est un culti- 
vateur, le certificat devra attester que le desti- 
nataire a besoin de ces tubercules ou de ces 
graines pour la plantation ou l'ensemencement. 
Si le destinataire est un grainetier, le certificat 
devra attester que le destinataire exerçait le 
commerce des semences dont il s'agit avant le 
Isf janvier 1916. 



Ce certificat devra indiquer les gares de dé- 
part et d'arrivée, les noms et adresses de l'expé- 
liteur et du destinataire, le poids à transporter 
'eu toutes lettres) et devra porter la mention 
< à oblitérer par la gare de départ ». 

Il sera établi en double exemplaire. 

Après signature du maire, les deux exem- 
plaires sont soumis par l'acheteur au directeur 
des Services agricoles du département qui les 
vise et y appose son cachet. Ils sont transmis 
par le directeur des Services agricoles au Service 
central de la production des pommes de terre 
et légumes secs pour contrôle. Le Service cen- 
tral retient l'un des exemplaires et renvoie 
l'autre revêtu de son visa à l'acheteur, à qui il 
appartient de le faire parvenir à l'expéditeur. 

L'expéditeur doit joindre le certificat du maire 
à la demande de matériel roulant qu'il adresse 
à la gare de départ. Ce certificat est oblitéré par 
la gare de départ et accompagne la marchan- 
dise dans tous ses déplacements. 

Art. 0. — Les transports de graines fourra- 
gères et de graines potagères ne sont soumis à 
aucune formalité. 

Art. 7. — Le directeur du Ravitaillement, le 
lirecteur de l'Agriculture et le directeur du Ser- 
vice central de la production des pommes de 
terre et légumes secs sont chargés, chacun en ce 
qui le concerne, de l'exécution du présent ar- 
rêté. 

Victor Boret. 



LE « FOYER RURAL » 



Le Journal (T Agriculture pratique a signalé 
la création d'une association créée par 
M"'' Louise Zeys, sous le titre de « Foyer ru- 
ral ». Son but est de démontrer aux femmes 
— principalement aux femmes cultivées dont, 
par suite de la guerre, les ressources sont 
diminuées — les avantages qu'elles peuvent 
retirer de la vie à la campagne. Depuis sa 
constitution, celte association a reçu un grand 
nombre de demandes d'emplois aux champs, 
et elle a toujours eu le bonheur d'avoir 
l'offre correspondante pour y répondre. 

A la suite de demandes nombreuses de fa- 
milles désirant, pour s'établir à la campagne, 
se munir des connaissances indispensables, 



le « P'oyer rural » a décidé d'ouvrir des cours 
qui se tiendront dans les locaux du Syndicat 
central des Agriculteurs de France. 

A des cours généraux professés par 
M"' Louise Zeys, sont rattachés des cours 
spéciaux d'aviculture, d'apiculture, de cul- 
ture maraîchère, de puériculture, avec dé- 
monstrations pratiques. Pour suivre ces 
cours, on doit s'adresser au Secrétariat du 
« Foyer rural », 42, rue du Louvre, à Paris, 
les mardis et vendredis, de 2 à 4 heures. 

La séance d'inauguration aura lieu pro- 
chainement sous la présidence de M. Helle- 
pulle, ministre de l'Agriculture de Belgique. 

H. S. 



L'HIVER ET LES RÉCOLTES DANS LES VOSGES 



Crémanvillers-Vagney, 12 janvier 1918. 
On ne sait que dire sur l'état des récoltes 
ensevelies sous la neige depuis quatre semaines 
et pins longtemps sur les versants nord des 
montagnes. On ne peut que supposer qu'elles se 
conservent, bien que beaucoup ne fussent pas 
levées pour l'arrivée des froids. 



Une pluie de quinze heures, soufflée par un 
vent impétueux, survenue le 7 de ce mois, 
fit fondre, en grande partie, une couche de 
neige de 0.30 cent., mais le vent ayant sauté du 
Sud-Ouest au Nord-Ouest, la neige se remit à 
tomber, si bien qu'aujourd'hui elle atteint l'épais- 
seur de 60 à 70 centimètres : le temps menace 



36 



ACADÉMIE D AGRICULTURE DE FRANCE 



de nouveau de neifje ou de pluie. L* t^'iiipéia- 
ture au-dessous de zéro fait préToir la neige. 

Au bas des vallées, pailiculièremtnt, les froids 
ont élé bien rigoureux pendant trois semaines. 
J'ai constaté ici, à 700 mètres d'altitude, 2 de- 
grés sous zéro pendant que l'on relevait — 14° à 
bOO mètres. 

L'hiver, quoique très rigoureux, sévit bien en 



la saison voulue ; cela donne l'espoir d'une sor- 
tie précoce et soutenue. Il est toujours avanta- 
geux de pouvoir disposer du temps nécessaire 
pour la préparation des terres, l'exécution des 
semailles précoce?, comme aussi de pouvoir pré- 
ciser assez tôt la nécessité de remplacer les 
seigles d'automne non réussis. 

J.-B. Jacquot. 



SÉCHAGE DES LÉGUMES POUR LES CENTRES SANITAIRES 



Si l'industrie des conserres de légumes est 
depuis longtemps importante et prospère en 
France, il n'en est pas de même de celle de 
la dessiccation des légumes frais. C'est pour- 
quoi il est utile d'appeler l'attention sur une 
heureuse initiative qui a élé prise récom- 
ment par le Service de Santé militaire. 

D'après les renseignements que nous rece- 
vons, le Service de Santé a organisé, au 
mois d'août 1917, des premiers essais de 
dessiccation des légumes, en régie directe, 
dans deux usines, à Dijon et à Froidevent 
(Côte-d'Or). Au 20 décembre, ces deux éta- 
blissements avaient terminé leur première 
campagne et traité les quantités suivantes 
de légumes frais : 



Haricots veits.. . . 

Epinards 

Pommes de terre. 

Carottes 

Navets 

Fruits divers 



kilogramme*; 

48 000 

32 000 

JOO 000 

6 000 

S 000 

n 000 



A la suite des résultats obtenus, le Ser- 
vice de Santé a établi, pour 1918, un plan de 
fabrication beaucoup plus important, en uti- 
lisant tout à la fois ces deux établissements 
et des usines avec lesquelles il a passé des 
marchés (Houdan, Saint-Brieuc, Henne- 
bont, etc.). iS'ous savons que si d'autres 



usines voulaient profiter du débouché ac- 
tuel pour s'organiser en vue de cetle pro- 
duction, et si elles faisaient des offres au 
Service de Santé, ces oCfres seront examinées 
avec le plus grand esprit de bienveillance. 

A litre d'indications, on peut signaler que 
le Service compte faire traiter en 1918 en- 
viron 1 .oOO tonnes de carottes, 1 000 tonnes 
de choux, 85 tonnes d'épinards, (i'tO tonnes 
de fruits, 200 tonnes de haricots verts, 
700 tonnes de navets, 4S5 tonnes d'oignons, 
130 tonnes de poireaux, 3 000 tonnes de 
pommes de terre, etc. 

Ces produits sont destinés aux formations 
sanitaires de l'armée et de l'intérieur, ainsi 
qu'aux organisations sanitaires des corps ex- 
péditionnaires d'Orient, du Maroc et d'Italie. 
Pour ces derniers, le ravitaillement en lé- 
gumes frais présente de telles difficultés 
qu'après des essais répétés il a paru pres- 
que impossible de continuer à l'assurer ; les 
envois de pommes de terre, pour Salonique 
par exemple, ont donné des résuUats mé- 
diocres. D'autre part, et à raison de la pé- 
nurie du fret, l'emploi d'un produit qui 
représente environ 10 0/0 du poids des lé- 
gumes frais présente des avantages sur les- 
quels il est inutile d'insister. 

Henry Sagnier. 



ACADÉiMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE 



Séance du 9 janvier 1918. 

Présidence de MM. Develle et Hdller. 

Installation du Bureau. 

M. Jules Develle, en priant M. le vice-président 
Haller de le remplacer au fauteuil, s'exprime 
ainsi : « C'est par d'unanimes suffrages que vous 
avez appelé à la direction de notre Compagnie 
un des plus nobles fils de notre chère Alsace, le 
chimiste émineiit qui, par ses remarquables tra- 
vaux, s'est classé au premier rang des maîtres de 
la science contemporaine et qui, dans les cir- 
constances tragiques que nous traversons, est un 
des plus précieux collaborateurs des ministres 
de la Guerre et de l'Armement. » 

M. Haller, après avoir remercié M.Jules Develle 



et ses confrères de l'Académie, prononce une 
éloquente allocution qu'il termine ainsi : 

Il Je ne me hasarde pas à pronostiquer l'heure 
de la victoire, mais ce dont nous sommes per- 
suadés, c'est que cette heure arrivera et trou- 
vera une place marquée dans les fastes de notre 
histoire. En attendant, remettons-nous résolu- 
ment au travail et veillons à ce que la noble 
terre de France soit en mesure de remplir sa 
fonction de mère nourricière de tous ses 
enfants. » 

Le poids dn squelette et le poids de la viande 
nette chez les bovins de boucherie. 
M. Dechambre, durant la période où il eut à 
s'occuper des conserves de viande pour l'armée. 



ACADEMIE D'AGRICCLTCRE DE FRANCE 



put recueillii' de nombreux documents numé- 
riques sur la relation entre le poids du squelette 
et le poids de la viande nette chez les bovins de 
boucherie. Cette relation est indispensable à 
connaître en vue de la détermination de la quan- 
tité de matière alimentaire fournie par les 
quatre quartiers. Comme M. Dechambre a pu le 
constater en opérant sur de grands nombres, la 
raison essentielle des variations observées est 
l'état de préparation des animau.x par un en- 
graissement plus ou moins avancé. 

Dr ses constatations, .M. Dechambre conclut : 
1° que chez, des bovins mi-gras et gras, dont le 
rendement est habituellement compris entre 53 
et 5S 0/0, le rapport des os à la viande se main- 
tient entre 16 et 18 0/0; t" que chez ceux de 
sorte courante, dits en chair ou en état, d'un 
rendement de 50 à 52 0/0, il est, en moyenne, 
de 20 0/0; 3° qu'avec des animaux d'un rende- 
ment inférieur à oO de viande nette (de 47 à 
49 0/0), ce rapport s'élève à 22 0/0 ou un peu 
au-dessus (22.63), tout en se maintenant sensi- 
blement au-dessous de celui de 23 générale- 
ment admis en boucherie. 

La Piéride du chou. 

M. Hennegny communique une série d'obser- 
vations de M. Lecaillon, professeur à la Faculté 
des Sciences de Toulouse, sur la PUride du chou. 
Les chenilles de la piéride du chou ont causé 
cette année 1917 des ravages extraordinaires; en 
Bretagne, par exemple, les chenilles de la pre- 
mière génération ravagèrent les choux fourra- 
gers et les choux potagers au point que des 
champs entiers de ces plantes ne contenaient 
plus que des tiges portant seulement les grosses 
nervures des feuilles. 

Sans doute nombre de chenilles de celte pié- 
ride furent parasitées par un petit hyménoptère 
le Microgasier et ainsi détruites; mais malgré 
tout, d'après les observations qu'a pu faire, à 
cette occasion, M. Lecaillon dans la Bretagne, 
le Tarn, la Haute-Garonne, notamment sur la 
deuxième génération de la piéride du chou, il 
semble bien qu'il serait imprudent de compter 
sur les parasites seuls pour enrayer la trop grande 
multiplication de l'msecte. 

Commerce d'approvisionnement parisien en bœuf 
de boucherie à la fin de 1917. 

M. Paul Vincey, correspondant, dans une com" 
raunication des plus documentées, établit quelles 
ont été pour le marché parisien du bœuf de 
boucherie de bonne qualité en octobre 1917 les 
primes brutes aux intermédiaires depuis le lieu 
de production jusqu'tà l'étal urbain. Cette impor- 
tante étude mérite une analyse spéciale. 

Conservation des tubercules de topinambours. 

M. Joseph Génin, correspondant, qui, depuis 
fort longtemps, cultive le topinambour, indique 
comment il arrive à conserver les tubercules à 
partir du printemps, au moment oii ils poussent 
et se vident. Au mois de mars, on rentre toute la 
récolte en grange, puis on fait passer les topi- 



nambours par un laveur à racines, un coupe- 
Micines et on entasse dans des vases vinaires 
vides les topinambours hachés en les chargeant 
un peu; ils nagent vite dans leur eau; on met 
quelques pierres en charge et tout va bien jus- 
qu'en juillet ou aoiit; alors on se sert de celle 
provende pour nourrir le bétail. 

Séance du 16 janvier 1918. 

Présidence de M. Haller. 
Réception de M. Fagot. 

^\.Euijcnc FaQol,é\\\ membre titulaire dans la 
.Section de Grande Culture, est introduit dans la 
salle des séances, M. le Président lui souhaite 
l.i bienvenue. 

Le tétraphosphate. 

M. .1. Ch. Girard communique une note de 
M. Miège sur un engrais phosphaté nouveau, au- 
jourd'hui très employé en Italie. Il s'agit de 
l'engrais mis dans le commerce sous le nom do 
Ictraphosphate. Cet engrais se prépare en trai- 
tant du phosphate naturel réduit en poudre fine 
par des carbonates alcalino-terreux à raison de 

6 0/0 et en chaulTanl la masse dans des fours 
spéciaux à 600 degrés. Le produit est ensuite 
humecté puis dilué avec des matières luertes 
jusqu'à ce qu'il ait atteint le titre de 18 à 20 
d'anhydride phosphorique. 

Plus de 300 000 quintaux de ce nouvel engrais 
phosphaté ont été utilisés par l'agriculture ita- 
lienne la dernière année, et ce sont particu- 
lier ement les Syndicats agricoles, les Consorzi 
ngrarii, qui le répandent; M. A.-Ch. Girard note 
même que ces Syndicats se sont mis à fabriquer 
le tétraphosphate. Sur 15 fours montés en Italie, 

7 l'ont été par ces associations. 

M. A.-Ch. Girard appelle l'attention sur l'intérêt 
qu'il y aurait à multiplier les essais avec ce nou- 
vel engrais phosphaté; peut-être y aurait-il là un 
procédé excellent pour utiliser les phosphates 
pauvres de la métropole. 

Le marché de la viande. 

La question du transport et les abattoirs 

régionaux avec frigorifiques. 

M. de Marcillac, correspondant, entretient 
r.\cadémie de la question du marché de la 
viande et de la question du transport des viandes 
abattues. 

Après avoir rappelé l'élévation des frais qui 
restent aux mains des divers intermédiaires et 
insisté sur les grands inconvénients du marché 
de La Villette, et les dangers que présentent une 
telle concentration d'animaux au point de vue 
de la propagande des épidémies, il rappelle que 
la solution consiste dans la création ri'abatloirs 
régionaux d'importance moyenne dispersés 
dans les centres de production, et munis de 
chambres frigorifiques pour assurer la conser- 
vation de la viande. Il signale une réalisation in- 
téressante de cette formule qui se pourmit près 
de Rodez, sur l'initiative des Associations agricoles 
du Massif CentraL 

Abordant le problème du transport de la viande 



38 



CORRESPONDANCE 



fraîche abattue, M. de Marcillac déclare que ce 
problème est résolu. Avec les vagons froids pour 
les longues distances, avec les vagons ordinaires 
préalablement rafraîchis aux centres frigori- 
fiques des aliattoirs, avec le millier de vagons 
blancs à doubles parois dont disposent la Com- 
pagnie d'Orléans et d'autres Compagnies, on 
assurerait facilement le transport des viandes 
produites par une dizaine d'abattoirs régionaux, 
dont la création s'impose. 

M. de Marcillac insiste enfin sur la nécessité 
de développer l'industrie frigorifique dans le mi- 



lieu agricole afin d'accroître la production des 
volailles, des œufs, des fruits, des légumes. 

M. Pluchet signale l'importance de cette ques- 
tion et demande que l'Académie émette l'avis que 
l'Etat accorde des facilités à la création de ces 
industries. 

M. Lindet dit que la Section d'Agriculture 
du Congrès du Génie civil s'est prononcée en fa- 
veur de conclusions identiques. 

M. Ti&serand ajoute que l'Académie des Sciences 
a formulé également cette même conclusion. 

H. IllTIER. 



CORRESPONDANCE 



— M. S. J. B. (Ain). — Vous avez deux veaux 
jumeaux et craignez de manquer de lait pour 
les nourrir. Dans ce cas, il faudrait en vendre 
un au plus vite. 

Si les circonstances avaient été autres et s'il 
vous avait été possible de vous procurer du lait 
centrifugé, vous vous seriez aisément tiré d'af- 
faire, en ajoutant à ce lait des bouillies de 
farine de manioc, de fécule de pommes de terre 
ou même de farine de froment. Mais en ce mo- 
ment, il ne saurait être question d'employer ces 
farines pour les veaux. — (A. G.) 

— N" 6087 {Ain). — Nous n'avons pas trouvé 
d'analyse du plantain. Quant aux déchets de 
trèfie et de luzerne, leur composition peut être 
tellement variable, suivant la proportion de 
leurs éléments constitutifs, que toute analyse 
serait sans aucune signification, en dehors de 
celle que vous pourrez faire faire sur un échan- 
tillon moyen prélevé par vous sur le tas. — 
(A. C. G.) 

— L de iV. (S.-et-M.). — Un cheval de trait 
acheté 2 800 fr. est livré dans la ferme de l'ache- 
teur. Le cheval, vendu à l'essai, a été mis au travail 
le lendemain et a été pris de toux. Le travail a 
été aussitôt dilTéré, et le vétérinaire, mandé 
immédiatement, a reconnu une pneutçonie. 
Malgré tous les soins, le cheval est mort quel- 
ques jours après. Le marchand réclame le prix 
intégralement. 

Vous demandez si l'acheteur est obligé de 
payer et si, étant mobilisé, une action en jds- 
tice est possible contre lui ? 

La pneumonie ne figure pas au nombre des 
vices rédhibitoires que la loi du 2 août 1884 
modifiée par celle du 24 février 4903 indique en 
matière de vente de chevaux. Dès lors, l'acheteur 
ne pourrait se refuser à payer le prix qu'autant 
qu'il prouverait que le vendeur savait que rani- 
mai était malade et que cette maladie l'empê- 
cherait de remplir le but pour lequel il était 
acheté. Quant à une réduction de prix, c'est là 
une solution qui ne peut résulter que de l'ac- 
cord des parties. 

Mais, l'acheteur, étant mobilisé, ne peut ])as 
être actuellement assigné en paiement devant 
un tribunal. (Loi du o août 1914). — {G. E.) 



— N^ 6800 (Côte-d'O)). — Le tourteau de colza 
indigène n'est nullement toxique. Avant la 
guerre, on vendait, sous le nom de tourteaux 
de colza exotique, des tourteaux qui ne prove- 
naient nullement de la graine du colza. Fré- 
quemment ils ont donné lieu à des accidents 
graves. 

Aux Etats-Unis, où la production des tour- 
teaux de coton est considérable, on a constaté, 
à maintes reprises, que leur usage amenait des 
accidents mortels dans les porcheries où il se 
prolongeait trop longtemps. Une explication 
suffisante n'en a pas encore été fournie. — 
lA. G.) 

— N" 6260 [Tarnet-Garont»;]. — Il n'y a plus, 
en effet, de représentant de cette machine; 
nous allons chercher si un constructeur serait 
disposé à vous faire les pièces de rechange que 
vous désirez. — (M. R. i 

— M. V. R. {Vienne). — 1° Il n'y a pas, à notre 
connaissance, de constructeur établissant spé- 
cialement les appareils dont vous parlez, malgré 
le mouvement qui eut lieu il y a une quinzaine 
d'années pour l'utilisation des bois et des dé- 
chets d'exploitation. 11 y a- des grilles de 
foyers industriels qui sont spécialement éta- 
blies dans ce but; vous en trouvez la descrip- 
tion dans le Génie rural appliqué aux colonies 
(Librairie agricole de la Maison rustique). 

2° Pour faii e des agglomérés de déchets de 
bois, il faut opérer sur des éléments de petites 
dimensions; il faudrait couper au hache-paille 
les ajoncs, bruyères, genêts, épines et produits 
de raclage des taillis, qu'il y a certainement in- 
térêt à employer. Vous pouvez essayer de faire 
avec ces déchets un mortier très ferme avec 
aussi peu de terre glaise et d'eau que possible ; 
en faire des briques dans un moule et les mettre 
à sécher à l'air, a l'abri de la pluie. Plus forte- 
ment vous pourrez comprimer, pilonerou battre 
la pâte dans le moule, moins il faudra d'agglo- 
mérant. S'il s'agissait d'une fabrication impor- 
tante, vous pourriez employer une presse i 
agglomérés de M. Paul Decauville, 33, boule- 
vard de la Saussaye, Neuilly-sur-Seine, Seine. 

3° Voyez à la maison Th. Pilter, 24, rue Ali- 
bert, Paris. — (M. R.) 



KEVUE COMMERCIALE 



39 



LA QUINZAINE MÉTÉOROLOGIQUE 

Seviaine du 7 au 13 jauri.r 1918 {OBSERVATOIRE DU PARC SAINT-MAO H 





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TEMPERATURE 




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JOURS 

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Écart 
sur 
la nor- 
male. 


Vent. 


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3 C^ 


REMARQUES DIVERSES 




niillim. 












beires 


niillim. 




Lundi 7 janv. 


» 


— 0"3 


3°9 


2" 2 


+0 1 


n 


0.0 


19.6 


Pluie, brouillard, neige le soir. 


Mardi 8 — 

Mercredi.. 9 — 


_, 


- 8.5 

— 10.2 


0.0 
3.0 


2.2 

—3 4 


—4.3 


" 




<l Al 


0.6 
1.0 


Temps couvert, neige \ers 

U heures. 
Neige la nuit et le soir. 


Jeudi 10 — 


■■ 


3.0 


i.t'. 


3 . .1 


+ 1 3 


" 


0.0 


I.t 


Neige et pluie le matin. 


Vendredi 11 - 
Samedi... 12 — 
Dim 13 -- 


•■ 


2 

- 1.3 

— 2.0 


^.0 
2.0 

4 2 


3 1 
S 
1.1 


+ 0.9 
-1.4 
— 1.1 


« 

M 


1.3 

j 
4 2 


0.1 
0.0 
1.4 


Gelée bl., gouttes, temps cou- 
vert. 

Couvert, grains de neige. 

Pluie et brouillard le matin, 
gelée blanche. 


MoiiDnes oo tolaai 

Searts jjr h «oraale 


" 


;^ 

— l.K 


3.2 


0.7 
— 1.4 


» 


» 


5.5 

au lien d« 

5;> k. 3 

dir. tb«or. 


23.8 


Ploie depuis le 1«' jaavier : 

En 1918 27»"° 

Normale \-mm 






^'e?7ia 


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janvier 


• 1918 


, 


Lundi — 14 janv. 


» 


— 3».2 


4 "2 


Oo2 


— 2o0 


» 


5.4 


.. 


Gelée blanche, beau temps. 


Mardi Ij — 


» 


1.6 


12.1 


s..') 


+ 6.3 


w 


0.0 


4.7 


Pluie. 


Mercredi . 16 — 


» 


- 0.8 


12.6 


7.2 


+ 4.9 


» 


2.1 


2.9 


Pluie, gelée bl, et beau le soir. 


Jeudi 17 — 


M 


- 0.2 


10.9 


6.i; 


j- 4.3 


» 


0.0 


0.6 


Gelée bl. la nuit, pluie le mat. | 


Vendredi. 18 — 


» 


7.4 


11.2 


9.3 


+ 7.0 


* » 


0.0 


0.3 


Couvert, petite pluie. 


Samedi .. 19 — 


» 


7.0 


13.3 


10.7 


+ 8.4 


a 


0.0 


0.0 


Couvert, un |ieu de pluie. 


Dimanche 2'.' — 


» 


9.4 


li.3 


12.0 

7.8 

+.-i.5 
1 


+ 9.6 


» 


0.0 


» 


Temps nuageux. 


lojenits et totaoi 

tarts snr la oormilt 


" 


3.0 
+ 3.1 


11.2 

4li.4 


" 


» 


7.5 

ag liti de 

60"h. 9 

dur. thtor. 


8.5 


Pluie depuis le 1='' janvier : 

En 1918 36""°! 

Normale 26™™ 



(La publication des renseignements sur la pression barométrique et sur le vent est interdite par la 
censure au Bureau central météorologique.) 

REVUE COMMERCIALE 



Situation générale. — L.a température s'est rele- 
vée sensiblement et le dégel s'est produit dans 
nombre de régions. A la suite de la fonte des neiges, 
un a pu se rendre compte de la situation des blés en 
terre. Elle est géiiéraleiuent satisfaisante, mais on 
craint que les derniers blés semés n'aient eu, en 
quelques endroits, légèrement à souffrir des freids 
qui ont succédé au dégel. 

La reprise des travaux des champs aura lieu dès 
que les terres seront assez essuyées pour y mettre 
les attelages. En attendant, on continue l'exécution 
des battages. 

Blés et Farines. — Malgré une plus grande acti- 
vité observée dans l'exécution des battages, les 
offres de blé restent faibles et insuffisantes pour ap- 



provisionner normalement les moulins. Les difficul- 
tés rencontrées pour effectuer les transports ont cer- 
tainement contribué, dans une certaine mesure, à 
créer cette situation qui, toutefois, tend à s'amé- 
liorer. 

Les prix des blés restent soutenus et varient de 
'8 à 32 fr. sur les marchés des départements. 

En Amérique, aux Etats-Unis, la gelée a causé des 
dégâts qui ne paraissent pns très importants dans 
les régions oii les blés n'étaient pas protégés par la 
neige. Cours sans changement à New-York. 

Dans la République Argentine la moisson se pour- 
suit par un beau temps dans les régions tardives. La 
qualité des blés qui arrivent dans les ports est excel- 
lente. Les prix sont en baisse; on paie actuellement 



40 



KEVUE COMMEKGIALE 



les blés livrables en février 31 fr. 08 les 100 kilogr. 

Les livraisons de farine aux boulangers ont été 
insuffisantes, tant à Paris que dans les départe- 
ments ; l'Intendance a dû fournir de la farine et 
[uême du p.iin de troupe. Le prix de la farine est 
fixé à 31 fr. le quintal, pour tout le paj's. 

Issues. — Bien que loin de suffire aux besoins, 
les offres de sous deviennent moins rares. On pra- 
tique le prix de la nouvelle taxe, soit 33 fr. les 
luO kilogr. 

Seigles. — OtTres peu nombreuses. Prix soutenus 
et voisins de la taxe. 

Orges. — Les livraisons à la meunerie re^^tent 
a<sez nombreuses. Cours soutenus et voisins de 
4J fr. les 100 kilogr. 

Avoines. — Les offres sont très faibles et ne par" 
mettent pas de satisfaire la demande. On paie 42 fr' 
les 100 kilogr. 

Sarrasins. — Cette céréale sert à approvisionner 
les moulins qui en reçoivent do notables quantités. 
Le prix payé à la culture est de 42 fr. les 100 kilogr. 

Graines fourragères. — La crise des transports ne 
permet pas de mettre à la disposition de la culture 
les graines quelle demande. L'n effort devr.i être fait 
pour remédier à cette situation. Les prix des se- 
mences de luzerne et de trélle sont très fermes; la 
lupuiine et le sainfoin ont des cours stationnaircs. 
On paie, par tOO kilogr.: trèlle, 230 à 320 fr.; luzerne 
de Provence, 300 à 335 fr.: luzerne de pays, 223 à 
300 fr.; Irène blanc, 300 .à 600 fr.; trèfle hybride, 330 
à 430 fr.; sainfoin, 100 à 103 fr.; lupuiine, 113. à 
200 fr.: ray-grass d'Italie, 135 à 140 fr.; vesces, lOS à 
1 20 fr. 

Fourrages. — Le mauvais temps a entravé le com- 
merce .des fourrages et rendu lapprovisionnement 
plus difficile. A Paris, au marché de La Chapelle, on 
jiaie par 300 kilogr.: luzerne et foins, 210 à 230 fr.; 
regain, 220 à 233 fr. Dans les départements, les prix 
varient de 20 à 33 fr. les 100 kilogr. ^ 

Pailles. — Cours en hausse sur la paille d'avoine. 
.Vu marché de La Chapelle, on cote, par 300 kilogt.l 
piille de blé, 165 à 170 fr., la paille d'avoine, 1 i.> à 
135 fr. 

Bétail. — Voici le relevé du dernier marclié de 
La ViUetle à Pans |21 janvier) : 



Bœuls. . , . 
Vaches. . . 
Taureaux. 

Veaux 

Moulons. . 
Porcs 



Amenés. 



2 690 
■-> o;8 
-.'97 
1 OSO 
14 F.66 
5 069 



Invendus. 



331 

n 

107 
1 5CÛ 

20i 



PRIX DU KILOG. 
AU POIDS NET. 



1" 


o. 


3- 


quai. 


quai. 


quai. 


3.36 


3 10 


2.80 


3.36 


3 04 


•-'.74 


3.09 


2.90 


2 66 


5.44 


4 «0 


3.74 


5-24 


4 20 


3.6S 


5 32 


ô Oi 


4, £4 



Prix extrêmes du kilogramme 



Bœufs ... 
Vaches .. . 
Taureaux., 

Veaux 

Moutons. . 
Porcs 



Au poids vif. 

1.13 à 2.07 
1.01 2.17 



1.13 

1.50 
1 .46 
2.90 



1.86 
3.44 
2.7j 
3.79 



Au poids net; 

2.26 à 3 62 

2. (.9 3.6i^ 

2.56 

3.00 

a. 04 

4.14 



3.10; 
5.71' 
3.80 
5.42 



Dans les départements, on cote : 

--lù,par kilo;,T. poids net : brebis, 2.63 à 2.03; 
par kilogr. poids vil' : agaeaux, 2.63 à 3 fr. 

Avignon, par kilogr. paids net : moutons, 4.23 à 
4.50; agneaux, 4.30 à 4.75; porcs, 4.90 à 3.10 ; par 



kilogr. vif : bœufs et vaches, 2.60 à 3.50; veaux, 2.70 
à 2.80. 

Besanron, par demi-kilogr. poids vif : bœufs, 1.30 
à 1.60. 

Corrfeaux, par deui-kilogr. poids net: bœufs, 0.90 à 
1.60; vaches, 0.80 à 1.30; veaux, 1.60 à 1.93; mou- 
tons, 1.80 à 2.45. 

C/tolel. par kilogr. vif : bœufs, 1.30 à 1.40 ; vaches. 
1.23 à 1.35. 

Lyon, par kilogr. poids net : bœufs, 2.80 à 3.32; 
moutons, 4.60 à 4.93 ; par demi-kilogr. poids vif : 
porcs, 1.30 à 1.75. 

Dijon, par kilogr. poids vif : porcs, 3.70 à 3.80. 

Viandes. — Derniers cours officiels aux Halles 
Centrales de Paris (par kilogr.) : 



1/4 de derrière. 
1/4 de devant. 
Aloyau .... 
Paleron .... 



Bœuf. 

1 60 à J CO Trains 2 40 à 3 50 

1 40 2 30 Cuisses .... 2 20 2 90 

2 40 4 00 Pis et collet. . 2 00 2 60 
2 ÙO 2 60 Bavette .... 2 40 3 20 



Extra. . . 
1" qualité. 
2' — . 
3- — . 



Veau. 
4 10 à 4 6D Pans 
3 80 4 30 
3 30 3 70 
2 60 3 20 



3t cuiss. 4 20 à 5 20 
Veaux de Gaen: 
1/4 de devant.. 2.20 à 3.60 
1 '4 do derrière. » » 

Veaux bretons. 1 1-0 ;.( 20 



1" qualité. . 


. 4 30 


2- — . . 


. 3 50 


3- — . . 


. 2 70 


Entier. . . . 


. 4 40 


1" qualité. . 


. 


2" — . . 


» 



4 00 & 5 60 
4 00 6 00 



Mouton. 
i 5 10 Gigot. . . 
4 20 Carrés parés 

3 40 Agneaux . , . » » 

Porc. 

4 90 Fileta 3 60 à 5 30 

. Jambons ... 3 20 5 CO 

Reins 3 60 5 00 



Poit. fraîches. 3 20 



00 



Poil, salées . 



Suifs. — Cours officiel à la Bourse de Commerce 
de Paris ; 340 fr. par 100 kilogr. 

Vins. — Le ministre du Ravitaillement a apporté 
des modifications aux méthodes en usage pour la 
réquisition des vins; celle-ci ne s'exercera que pour 
des récoltes d'au moins 20 hectolitres, et le prélève- 
ment sera du tiers à partir de 30 hectolitres. Le mau- 
vais temps, le manque de moyens de transport ren- 
dent toujours les transactions difficiles. Cours sans 
changement à -Montpellier et dans les autres villes 
du Midi. 

Dans l'Yonne, à .\uxerre, on paie les vins rouges 
ordinaires 160 à l'JO fr.; les blancs, 170 à 20o fr.; le 
chablis, 300 à 400 fr. la feuillette de 130 litres. 

Fruits à cidre et cidres. — Aucune amélioration 
à signaler dans les transports. Aux 1.000 kilogr., on 
paie les pommes de la Seine-Inférieure,'120 ,à 125 fr.; 
de l'Yonne, 80 à 103 fr.; d lUe-et-Vilaine, 70 à 73 fr. 

La pièce de cidre, rendue à Paris, droits payés, 
revient de 90 à 100 fr. 

Beurres. — Cours en hausse. On paie le kilo- 
gramme de "..'10 à 9.50. 

Œufs. — Les œufs valent de 4.30 à 5.30 la dou- 
7aine. 

Tourteaux. — Cours en bjisse sur quelques sortes. 
Aux 100 kilogr., on cote à la Bourse de Marseille : 
arachide rufisque. 60 à 62 fr.; arachide Coromandel, 
59 fr.; sésame blanc, 54 fr.; coprah. 66 à 76 fr.; lin. 
74fr.; palmiste, iS fr.: i;olzi,51 fr. 

B. DUBAND. 

Le Gérant : Charles Dutreix. 
Pans. — L. Marethi.ux, imprrmtur, 1, rue Cassette. 



CHRONIQUE AGRICOLE 



41 



CHRONIQUE AGRICOLE 



Evaluations relatives aux ensemencements de céréales d'automne. — Comparaison avec ceux de rannce pré- 
cédente. — Helèvement des surfaces consacrées au blé dans la plupart des régions. — Notes sur l'état 
de culture. — Interpellations sur le ravitaillement et la carte de pain. — Les cultivateurs et les cita- 
dins. — Organisation d'un Service des stock-s, df> la production et de la consommation des céréales. — 
Enquête sur les terres et les fermes abandonnées. — Extension des avances pour la remise des terres 
en culture dans les régions libérées. — Décorations dans la Légion d'Honneur. — Mesures adoptées 
pour la répartition des engrais de printemps : nitrate de sonde, sulfate d'ammoniaque, scories de 
déphosphoration, superphosphates. — Conlingeuts départementaux. — Subventions à certains départe- 
ments pour la reconstitution des vignes. — Interdiction de l'e-xportation des vins d'Algérie. — Explica- 
tions données sur ce sujet à la Chambre des Députés. — Indemnités aux vigneron* pour la conserva- 
tion des vins réqaisitiounés. — Résultais actuels de la campagne de fabrication du sucre. — X propos 
du blé Marquis. — Concours de la Société d'Agriculture de l'Indre. — Nouveaux estais officiels d'appa- 
reils de culture mécanique au printemps prochain. 

Les ensemencements d'automne. 

Comme chaque année, le tninistère de 
l'Agricullure a publié au Journal Officiel du 
30 janvier l'évaluation des ensemencements 
en céréales d'automne au ["'janvier. 

D'après ce documentées surfaces ensemen- 
cées dans l'ensemble du pays s'élèveraient à 
6 271 345 hectares, alors qu'il n'était accusé 
que 3 961 793 hectares au l«"' janvier 1917 ; 
la difl'érence en plus est de 309 7.")2 hectares. 
Voici comment ces surfaces se répartissent ; 

Différence 
1917 1918 en 1918. 



eié 

.Méteil . 
Seigle . 
Orge . . . 
Avoine. 



hoolares 


lieclares 


hectares 


4 21B 990 


4 .597 040 


-f- 320 030 


97 008 


90 170 


— 6 838 


827 840 


791 260 


— 36 580 


109 363 


100 S.'iO 


— 8 515 


030 390 


692 223 


+ 41 633 



Si le méteil, le seigle et l'orge d hiver ont 
perdu environ 52 000 hectares, l'avoine 
d'hiver en a gagné plus de il 000 et surtout 
le blé en a gagné 320 000. C'est ce dernier 
nombre qui doit surtout retenir l'attention. 

Cette augmentation se manifeste dans des 
proportions plus ou moins grandes suivant 
les régions, à l'exception d'une seule, ainsi 
que le inoutre le tableau suivant : 

1917 1918 Différence. 



Nord Ouest. 

Nord 

Nord-Est. . . 

Ouest 

Centre 

Est 

Sud-Ouest.. 

Sud 

Sud- Est'.... 
Corse 



hectares 


liectares 


hectares 


.324 000 


336 100 


+ 12 100 


433 890 


63S 420 


-1-182 330 


217 9.50 


233 3)0 


+ 17 560 


814 040 


270 000 


-f- 25 960 


367 630 


617 440 


-f- 49 790 


309 310 


511 130 


-f 1 820 


332 050 


564 000 


-f 31 930 


338 730 


334 970 


— 3 760 


279 370 


279 470 


-f 100 


8 000 


10 000 


+ 2 000 



Totaux 4 276 990 4 597 040 -[-320 050 

11 y a là un symptôme éminemment encou- 
rageant; pour la première fois depuis l'an- 

7 Février 1918. — X' 3. 



née 1913, les statistiques accusent une amé- 
lioration. Sans doute, les surfaces récupérées 
par la culture du blé n'atteignent pas celles 
qui avaient été perdues dans les premières 
années de la guerre; mais le gain sur l'année 
précédente est loin d'être négligeable. Ce ré- 
sultat est dû à diverses causes, au premier 
rang desquelles on doit placer l'abandon des 
mesures qui sacrifiaient la culture du blé et 
l'encouragement enfin donné aux agricul- 
teurs par le relèvement des prix réclamé de- 
puis trop longtemps. Le retour des cultiva- 
teurs des vieilles classes mobilisés à la terre 
n'a pas été étranger à ce relèvement, car il a 
donné des bras au sol qui en manquait. Il 
n'est pas douteux, d'autre part, que le même 
mouvement se manifestera dans les ensemen- 
cements du printemps. 

Le document officiel fournit aussi des 
noies sur l'état de culture, d'après la mé- 
thode habituelle. Pour l'ensemble du terri- 
toir(% la note moyenne attribuée au blé est 
69, contre 61 au 1"' janvier 1917. Les régions 
de grande production .Nord, i\ord-Ouest et 
Centre) sont celles auxquelles sont attribuées 
les notes les plus élevées. On doit souhaiter 
que la dernière partie de l'iiiver et le prin- 
temps ne soient pas caractérisés par les pé- 
riodes désastreuses qui ont été si préjudi- 
ciables pour la récolte précédente. 

Ravitaillement et carte de pain. 

Plusieurs interpellations ont été discutées 
à la Chambre des Députés, dans la séance du 
28 janvier, sur l'institution de la carte de 
pain à Paris et dans quelques grandes villes 
et sur les ressources en céréales. Elles ont 
été closes par un ordre du jour de confiance 
au Gouvernement pour assurer la solution de 
ces problèmes délicats. 

Des observations échangées il n'y a à rete- 
nir que les déclarations précises de M. Victor 
Coret, ministre de l'Agriculture et du Ravi- 

1918. — .■! 



CHRONIQUE AGRICOLE 



taillement. Il a fait ressortir que les restric- 
tions sont absolument nécessaires, tant à 
raison du déiicit de la récolte qu'à raison des 
difficultés des transports maritimes. Après 
avoir montré qu'à la date du 1" mars il res- 
terait à importer jusqu'à la moisson 447 000 
tonnes de blé par mois, il a ajouté : « Pou- 
vons-nous compter sur une importation de 
447 000 tonnes, alors que nous n'avons pas 
pu réaliser l'importation de 371 000 tonnes 

our laquelle tous les efforts, tous les arran- 
gements, toutes les dispositions avaient été 
pris? » Evidemment, la consommation doit être 
s oumise à des règles ri^;oureuses. 

Toutefois, on ne saurait imposer les mêmes 
règles aux cultivateurs qu'aux habitants des 
villes. C'est ce que M. Victor Boret a très net_ 
tement indiqué en rappelant que le travai 
des ruraux nourrit les citadins. « Il ne faut 
pas, a-t-il dit fort juslemenl, qu'un seul 
cultivateur puisse croire que ce blé qu'il a 
tant de peine à produire a été réservé aux 
seules grandes villes, tandis qu'il en était 
privé. « Il a réclamé pour le cultivateur la 
certitude de pouvoir conserver le maximum 
de ce qu'il doit pouvoir conserver. Il ne faut 
pas que des actes arbitraires locaux aillent à 
rencontre de ces déclarations. 

Le contrôle des céréales. 

Un arrêté du 30 janvier a créé au sous- 
secrétariat d'Etat du Ravitaillement un 
Service du contrôle des stocks, de la produc- 
tion et de la consommation des céréales. Un 
contrôleur général et des contrôleurs régio- 
naux doivent en assurer le fonctionnement. 
Ces contrôleurs régionaux ont notamment la 
mission de s'assurer que les réserves faites 
par les cultivateurs ne dépassent pas les 
quantités nécessaires aux semences, à la 
consommation familiale et à la conservation 
du cheptel dans les conditions prévues par les 
règlements. 

Un autre arrêté a constitué un Comité 
central de répartition des orges et escour- 
geons en vue de la fabrication du malt et de 
la bière. 

Enquête sur les cultures. 

M. Compêre-Morel, commissaire à l'Âgri- 
yculture, a adressé à tous les maires un ques- 
tionnaire destiné à le renseigner sur la situa- 
lion des cxploitatione agricoles, notamment 
en ce qui concerne les terres abandonnées, 
la dépression du rendement des céréales et la 
main-d'œuvre. 

Pour les régions libérées. 
Une circulaire de M. Lebrun, ministre du 



Blocus et des Régions libérées, en date du 
17 janvier , a fait connaître les dispositions 
qu'il vient d'adopter en vue d'étendre les 
avances en espèces et en nature destinées à 
aider les agriculteurs dans la remise en cul- 
ture de leurs terres. Ces nouvelles disposi- 
tions s'appliquent aux agriculteurs dont les 
terres, situées dans les régions libérées, ne 
peuvent pas être remises en culture, et qui 
veulent transporter leur exploitation ailleurs. 
Toutefois, une réserve préalable est imposée, 
c'est que la nouvelle exploitation soit située 
dans une autre partie libérée du département 
où se trouvait l'exploitation primitive ou dans 
des arrondissements limitrophes. 

La circulaire décrit les conditions à rem- 
plir par les agriculteurs pour profiter des 
avances prévues, ainsi que les mesures pres- 
crites pour opérer les constatations néces- 
saires; on en trouvera plus loin (p. 49) les 
parties principales. 

Décorations dans la Légion d'Honneur. 

Voici des décorations dans la Légion 
d'honneur attribuées au titre militaire, que 
nous sommes heureux de citer. 

M. Georges Bechmann, membre de l'Acadé- 
mie d'Agriculture, lieutenant-colonel territo- 
rial, directeur du génie du camp retranché 
de Paris, a été promu au grade de comman- 
deur de la Légion d'honneur. 

M. Servin, ingénieur agronome, directeur 
des Services agricoles des Basses-Alpes, lieu- 
tenant d'un régiment territorial, a reçu suc- 
cessivement la Croix de Guerre et celle de 
chevalier de la Légion d'honneur pour sa 
magnifique conduite sur le front, notam- 
ment à Verdun pendant les heures les plus 
critiques. 

Notre collaborateur, M. Maup-in (Maurice- 
Louis), inspecteur des Eaux et Forêts, répé- 
titeur à l'Institut agronomique, chef de ba- 
taillon d'infanterie territoriale, a été nommé 
chevalier de la Légion d'honneur, après avoir 
déjà reçu la Croix de Guerre. Grièvement 
blessé à la bataille de la Marne en sep- 
tembre 1914 et cité à l'ordre de l'Armée, il a 
été déclaré inapte au service actif et nommé 
directeur du Service des bois à Annecy. 

La répartition des engrais. 
Les dispositions prises, au mois de sep- 
tembre dernier, pour la répartition du sul- 
fate de cuivre et du soufre par des Offices 
départementaux ont donné des résultats dont 
M. Victor Boret se félicite dans une circu- 
laire du 21 janvier. Encouragé par ce succès, 
il a décidé que ces organismes deviendraient 



CHRONIQUE 

des Offices départementaux pour la réparti- 
tion des engrais au printemps. Les quantités 
de ces engrais sont et seront, comme nous 
n'avons cessé de le répéter, extrêmement ré- 
duites et tout à fait insuffisantes pour les 
besoins des cultivateurs. 

En vue d'en régulariser la distribution, le 
ministre de l'Agriculture a procédé à la réqui- 
sition du nitrate de soude, du sulfate d'ammo- 
niaque et des scories de déphosphoration et a 
chargé les Offices départementaux d'opérer 
la distribution du contingent déterminé qu'il 
met à leur disposition. La circulaire précitée 
expose comme il suit les conditions dans les- 
quelles les livraisons se feront : 

Nitrate de soude. — Par suite des difficultés 
que présente actuellement l'importation du ni- 
trate (le soude, les quantités disponibles pour 
l'agriculture sont extrêmement réduites. 

La livraison en sera faite, aussitôt que possible, 
avant le 30 avril, aux répartiteurs (commerçants 
ou associations) que vous voudrez bien me dési- 
gner, en m'indiquant les quantités attribuées à 
chacun d'eux et les gares où les espéditions de- 
vront leur être faites. 

Le prix de cession est fixé à 8"j fr. le sac de 
100 kilogr., sur vagon, départ des ports de Bor- 
deaux, la Uochelle ou Nantes. 

Je vous serais obligé d'inviter l'Office, dans la 
répartition qu'il vous proposera, à réserver ex- 
clusivement ce faible contingent aux cultures qui 
présentent un intérêt essentiel pour le ravitaille- 
ment général, c'est-à-dire : l" aux céréales, et 
2° aux betteraves à sucre. 

Sulfate d'ammoniaque. — Le prix de cession est 
fixé à 125 fr. le sac de 100 kilogr., sur vagon, 
départ des usines, pour le sulfate d'ammoniaque 
ordinaire, et à 1.30 fr. pour le sulfate d'ammo- 
niaque dit extra-sec. 

La livraison en sera laite dans les mêmes con- 
ditions que pour le nitrate de soude. 

Les quantités de sulfate d'ammoniaque qu'il 
est ainsi possible de mettre à la disposition de 
l'agriculture représentent à peine la moitié des 
quantités qui étaient employées avant la guerre. 
Vous voudrez bien inviter l'Office à réserver cet 
engrais aux cultures de plantes sarclées (bette- 
raves et pommes de terre notamment), ainsi 
qu'à la préparation des terres destinées aux blés 
de printemps. 

Scories de déphosphoration. — La livraison en 
sera faite dans les mêmes conditions que pour 
les enerais précédents. 

Le prix de cession, sur vagon, départ des 
usines, est fixé à 16 fr. 50 le sac de 100 kilogr., 
pour les scories moulues titrant 14 0/0 d'acide 
phosphorique total, dont 63 0/0 de soluble dans 
le réactif de Wagner, et ne donnant pas plus de 
25 0/0 de refus au tamis 100. Ce prix sera ma- 
joré ou diminué de 50 centimes par degré d'acide 
pho.sphorique en plus ou en mnins de 14. Pour 



AGRICOLE 



43 



les bas titres, le prix sera ultérieurement fixé par 
mon administration. 

Les quantités de scories qu'il est ainsi possible 
de mettre à la disposition de l'agriculture ne 
représentent que le cinquième environ des quan- 
tités qu'elle employait avant la guerre. Vous 
inviterez l'Office à les réserver aux terres fraî- 
ches, manquant de chaux, et aux prairies. 

Les Offices départementaux auront à fixer 
les prix de vente de ces engrais à la culture. 

Pour les superphosphates, la liberté est 
laissée à la fabrication et au commerce. La 
circulaire ministérielle fixe néanmoins les 
prix de vente comme il suit : 

Superphospliatcs niinérau.v. — Par suite d'une 
entente avec l'ensemble des fabricants de super- 
phosphate minéral, dont les usines sont actuel- 
lenjent ravitaillées en phosphates d'Algi^rie et de 
Tunisie par les soins de mon administration, les 
prix de vente à la culture ne devront, en aucun 
cas, dépasser : 

30 fr. pour le 16 0/0 d'acide phosphorique soluble 
eau et citrate. 

31 fr. i'i pour le 15 0/0. 
29 fr. 50 pour le 14 0/0. 
29 fr. pour le 13 0/0. 

27 fr. 50 pour le 12 0/0. 

26 fr. pour le 10 0/0. 

Ces prix s'entendent aux 100 kilogr., logés en 
sacs, par vagon complet de 10 000 kilogr. franco 
toutes gares des grands réseaux. 

Le prix de vente sur vagon, départ des usines 
situées dans les ports, ne devra en aucun cas 
dépasser les prix ci-dessus, diminués de 2 fr. 

Les agriculteurs devront adresser, comme par 
le passé, leurs commandes aux usines, soit di- 
rectement, soit par leurs intermédinires habi- 
tuels. Toutefois, vous voudrez bien leur signaler 
qu'ils devront adresser leurs commandes aux 
usines les plus proches. 

Le commerce des autres engrais reste libre. 
Toutefois, la circulaire ministérielle insiste 
sur ce que les éléments entrant dans les en- 
grais composés, ne devront pas être comptés 
un prix supérieur, par degré, à : 

6 fr. 50 pour l'azote nitrique : 

7 fr. pour l'azote ammoniacal ; 

2 fr. 20 pour l'acide phosphorique provenant des 
superphosptates mioéraux.; 

1 fr. 30 pour l'acide phosphorique provenant de 
scories. 

Enfin, en ce qui concerne la chau.x et le 
plâtre, l'administration de l'Agriculture s'ef- 
force de faciliter la fabrication de ces amen- 
dements que les agriculteurs ne peuvent 
guère demander qu'à l'industrie locale. 

Subventions à la viticulture. 

L'article ()3 de la loi du 26 décembre 1908 a 
ordonné que des subventions spéciales pour- 
raient être accordées dans les départements 
où la reconstitution du vignoble est à ses dé- 



44 



CHRONIQUE AGRICOLE 



buts. Un arrêté du ministre do lÂgricullure 
en date du 2:2 janvier a décidé que les dépar- 
tement suivants : Aisne. .Kira, Haute-Loire, 
Marne, ïlaute-Marne, Meurlhe-el-Moselle et 
Meuse sont appelés à bénéficier, en 1918, de 
ces dispositions. 

L'exportation des vins d'Algérie. 

L'exportation des vins d'Algérie a été brus^ 
quenient suspendue dans les premiers jours 
de janvier. Cette mesure a provoqué une vive 
émotion chez les viticulteurs. La Société des 
Agriculteurs dWlgérie et le Syndicat com- 
mercial Algérien ont fait immédialement des 
démarches pour obtenir que cette interdiction 
ne s'appliquât pas aux vins déposés sur les 
quai des ports et à ceux sur vagons en cours 
de route ; ils s'appuyaient sur ce fait que les 
bateaux circuleraient presque vides entre 
l'Algérie et la France. Ils n'ont obtenu, à la 
date du 12 janvier, que la vague promesse 
que la suspension des exportations des vins 
semble ne devoir être que momentanée. 

Il ressort des explications données dans la 
séance du 25 janvier à la Chambre des Dépu- 
tés par M. Lémery, sous-secrétaire d'Etat de 
la marine marchande, qu'il est devenu néces- 
saire de prendre un certain nombre des na- 
vires circulant dans la Méditerranée pour les 
diriger vers la côte occidentale d'Afrique ; ils 
y enlèvent les blés amenés d'Australie à Da- 
kar par voiliers, ainsi que les graines oléagi- 
neuses achetées par le Gouvernement. Dans 
ces conditions, on a dû réserver à l'Inten- 
dance les navires transportant d'Algérie en 
France les vins et les denrées alimentaires, y 
compris les primeurs, pour les besoins mili- 
taires. Dans ces circonstances coaime dans 
tant d'autres, l'insuffisance de la flotte com- 
merciale française est la cause première et 
principale des difficultés. 

Encore la réquisition des vins. 

Voici une réponse du ministre de l'Agri- 
culture et du Ravitaillement à un député qui 
l'interrogeait sur les conditions imposées 
aux vignerons ayant à conserver des vins ré- 
quisitionnés : 

1° Une indemnité de 30 centimes par hecto- 
litre et par mois, à partir du 1='' octobre 1917 au 
jour de la reiiruison, est allouée aux prestataires 
pour les iudemniser de leurs frais de conserva- 
tion des vins réquisitionnés; 

2" Le règlement des vins livrés par les presta- 
taires est effectué immédiatement, lorsque ceux- 
ci acceptent les prix offerts par l'administration. 
Un acompte de 30 fr. par hectolitre est man- 
daté d'olfice pour tous les prestataires dont les 
vins n'ont pas été retirés avant le t" janvier. 



Les prestataires qui n'acceptent jias les prix 
oQerts par l'Administration pour les vins livrés 
reçoivent un acompte des deux tiers du prix 
proposé. 

Les viticulteurs qui n'ont pas reçu d'office 
l'acompte indiqué dans cette réponse parais- 
sent ainsi autorisés à le réclamer. 

La campagne sucrière. 
D'après les documents publiés par la Direc- 
tion générale des contributions indirectes, la 
campagne srcrière 1917-1918 touche à sa fin. 
61 fabriques ont été en activité; au 15 janvier 
dernier, elles avaient produit 192 901 tonnes 
de sucre, dont 171 236 de premier jet. 

Le blé Marquis. 

On a lu dans le précédent numéro (p. 27) 
les intéressantes observations présentées à 
l'Académie d'Agriculture par M. Jacques de 
tVilmorin sur le blé Marquis, d'origine cana- 
dienne. Or, nous apprenons qu'à raison des 
difficultés de transport inhérentes à la situa- 
tion actuelle, le ministère de l'Agriculture a 
été avisé que ce blé ne pourra pas arriver en 
France pour les semailles de printemps 1918. 
Dès lors, les demandes que les agriculteurs 
adresseraient soit au Ministère de l'rVgricul- 
ture, soit aux fournisseurs de blés de se- 
mence ne pourront pas recevoir satisfaction. 

On devra donc attendre l'année 1919 pour 
pouvoir se procurer le blé Marquis en 
France. 

Société d'Agriculture de l'Indre. 

La Société d'Agriculture de l'Indre organise 
un concours-exposition de béliers suivi de 
vente aux enchères à perte qui aura lieu à 
Châteauroux, le mardi 12 mars. Une somme 
de 1 000 fr. est alfectée à ce concours et à la 
vente qui suivra. 

Essais de culture mécanique. 

Des essais officiels et publics d'appareils 
de culture mécanique auront lieu du 4 au 
7 avril sur le domaine de l'Ecole de Noisy-le- 
Grand (Seine-et-Oise) ou, en cas de mauvais 
temps, sur dès terres plus saines d'une ex- 
ploitation voisine. Us comprendront des la- 
bours de printemps profonds de 8 à 10 ou de 
10 à 15 centimètres avec ou sans enfouisse- 
ment de fumier. L'exécution, sur certaines 
parcelles, de labours plus profonds, de dé- 
foncements, de fouillages et de sous-solages 
pourra être autorisée. 

Les déclarations pour ces essais devront 
parvenir au ministère de l'Agriculture, à 
Paris, le 5 mars au plus tard. 

Henry Sagnieh. 



CULTURE Df RICIN li\\< l/Al'-;ilQ(K DC NORli 



DE LA TAXATION DU LAIT A PARIS 



Les pouvoirs publics ont, certes, le devoir 
de surveiller les prix des denrées alimen- 
laires et d'empêcher la spéculation; mais 
encore faut-il que les moyens auxquels ils 
ont recours dans ce but n'aillent pas à ren- 
contre des intérêts des consommateurs et 
des producteurs tout à la fois. 

Quand il s'agit des produits de noire agri- 
culture nationale, les conséquences d'une 
mesure maladroite et mal étudiée sont trop 
graves pour que l'on n'étudie pas au préalable 
les questions sous toutes leurs faces. 

N'est-il pas évident, par exemple, que le 
meilleur moyen de tarir une production, c'est 
de contraindre les producteurs à vendre leur 
récolte à perte. N'oublions pas les résultats 
lamentables auxqut^s ont abouti les taxa- 
tions mises sur le blé pendant les deux pre- 
mières années de la guerre. 

Aussi nous croyons que l'.^dministration 
parisienne fait complètement fausse roule, 
lorsqu'elle entreprend de poursuivre les 
crémeries où le lait est vendu plus de 
60 centimes le litre. 

Avant de se déterminer à cette mesure, 
dont les conséquences ne sauraient manquer 
de devenir déplorables pour le consomma- 
teur qu'elle vise à protéger, que n'a-t-eile 
pris le soin de s'éclairer auprès d'agricul- 
teurs vraiment praticiens? Sans doute dans 
la capitale ce ne sont pas les plus nombreux, 
ni ceux qui parlent le plus haut. Ils n'au- 
raient pourtant pas eu de peine à lui montrer 
que, cet hiver, la production du lait revient 
à des prix excessifs. 

Une vache d'un rendement de 2 500 litres 
de lait par an, soit en moyenne 7 litres par 
jour, a besoin, quand cette moyenne est 
atteinte pendant la saison froide, d'une ra- 
tion de 7 kilogr. 1,2 de foin, 20 kilogr. de 
racines et 1 kilogr. de tourteaux. 

Aux cours de 30 fr. les 100 kilogr. pour le 
foin, 4 fr. pour les betteraves et 63 fr. pour 
les tourteaux, la ration correspondant à une 



production de 7 litres de lait représente une 
valeur de 3 fr. 68. La dépense de nourriture 
s'élève donc à fr. 0.526 par litre de lait pro- 
duit. 

Si l'on ajoute au prix de la nourriture, le 
prorata des frais de toute sorte qui incom- 
bent à l'éleveur, l'amortissement de la perle 
à laquelle il n'échappera pas quand il en- 
verra la vache à la boucherie, les risques 
spéciaux aux vaches à lait, les frais de ra- 
massage du lait, ceux de son transport jus- 
qu'à la crémerie, le bénéfice auquel ce com- 
merce a le droit de prétendre, on ne sau- 
rait sérieusement soutenir qu'une marge de 
7 cent. -4 par litre est suflisante. 

Nous venons de raisonner dans l'hypothèse 
où l'éleveur posséderait déjà, ou bien serait 
à même de se procurer, pour ainsi dire à 
prix d'or, les aliuionts nécessaires à ses 
bêtes. Malheureusement, ce n'est pas le cas 
le plus fréquent. La rareté des fourrages va 
contraindre de nombreux éleveurs à ration- 
ner strictement leurs animaux ; les consé- 
quences en seront vite déplorables. 

Une réduction d'un quart dans le montant 
de la ration normale entraînerait une dimi- 
nution de près de 60 dans la production 
du lait, et alors la dépense de nourriture 
par chaque litre de lait n'atteindrait pas 
moins de 88 centimes. 

Dans les circonstances actuelles, Paris de- 
vrait S" féliciter de trouver encore un peu 
de lait, et ne pas s'exposer à en manquer 
totalement, en se refusant à le payer aux 
éleveurs le prix qu'il leur coûte à produire. 

Que nos Consuls veillent à ne pas inciter 
les agriculteurs à envoyer trop de vaches à 
la boucherie. Ce serait désastreux pour l'en- 
semble du pays et aucuns décrets ne pour- 
raient y remédier, pas plus qu'ils ne sau- 
raient enjoindre aux animaux de vivre sans 
manger. 

André Gouin et P. Axdouard. 



CULTURE DU RICIN DANS L'AFRIQUE DU NORD 



Conditions économiques actuelles de la 
culture. — Le Ricin (Ricin on Palma-Chrisli- 
Hicinus : Euphorbiacée) pousse librement 
(spontané ou subspontané) dans nombre de 
ravins du Littoral nord-africain. Sur les 



Hauts-Plateaux et dans l'Atlas, la rigueur 
des hivers interdit l'entrée du Ricin. Mais il 
réapparaît dans la zone saharienne et on le 
rencontre dans diverses oasis, où il fut im- 
porté autrefois comme plante d'ornement. 



46 



Nous l'avons vu depuis la région de Biskra 
(pied de l'Atlas Jusqu'à Aïn-Salah ei Aoulef 
à 1 000 kilomètres plus au Sud, en plein 
Sahara. 



Culture systématique. — Les essais de 
culture sont donc des plus justifiés, surtout 
en ce moment où le cours de la graine et de 
l'huile ont quintuplé, la faculté d'absorption 
du marché restant illimitée. La graine valait 
avant la guerre 2o à 30 fr. le quintal, quai 
Marseille; aujourd'hui, IGO à 17S fr. Elle 
trouve preneur à 100 fr. le quintal sur 
vagon Touggourt ou Colomb Béchar, points 
extrêmes de pénétration des voies ferrées à 
l'intérieur du pays. 



CULTIRE DO RICIN DANS L'AFRIQUE DU NORD 

serait, en cas de hausse, le cours lors de la 
livraison et. en cas de baisse, le cours actuel. 
Cette méthode seule pourra déterminer les 
agriculteurs à préférer le Ricin aux cultures 
annuelles où l'aléa des cours est bien plus 
faible. 




Fig. 8. — Porl du Ricin. 

Cette situation cessera probablement avec 
la guerre, puisqu'à ce moment se réduiront 
les principales causes qui l'ont provoquée : 
immenses besoins de l'Aviation militaire et 
difficultés de transport du Ricin des pays 
tropicaux. 

Or, le Ricin est une culture pluriannuelle 
(2 à 5 ans ou plus) qui n'entre en production 
sérieuse qu'à la deuxième année. 

Le mouvement important de culture qu'on 
cherche à provoquer risque donc de se 
borner à des essais éphémères, si les agri- 
culteurs ne sont pas assurés contre l'aléa 
d'une chute brusque des cours. 

Il y aurait donc lieu pour l'Etat, qui de- 
mande qu'on cultive du Ricin, notamment 
pour les besoins de son Aviation, de passer 
^vec les cultivateurs des contrats d'achat de 
graine pour au moins deux ans à un prix qui 



Peuplement des terrains irais inculti- 
vables. — A côté de la culture systématique, 
dont les détails seront donnés plus loin, on 
obtiendra une production considérable de Ri- 
cin en peuplant tous les terrains frais (encore 
frais en été) incultivables, tels que fonds de 
ravins, bordures de canaux, de séguias, de 
jardins et d'oasis irriguées, lits ou ;i bords 
d'oueds, fossés et talus de chemins de fer, etc. 
Les services administratifs 
pourraient garnir à peu de 
frais des milliers de kilomè- 
tres linéaires où, par suite de 
la déhiscence spontanée des 
semences, le Ricin dévelop- 
perait lui-même son peuple- 
ment ultérieur. 

Cette plante protégerait les 
berges, tant par ses racines 
que par son ombrage. Nous 
venons de voir à Ouled DJel- 
lal (oasis à 80 kilomètres de 
Biskra), autour d'une noria, 
une ceinture de Ricins (san- 
;; , guins), qui sont de véritables 
arbustes, comme ceux qu'on 
rencontre dans divers jar- 
dins de Biskra. 

Ici, pas de capitaux à en- 
gager, puisque les agents de 
ces services n'auraient qu'à 
mettre les graines en terre 
en se promenant pour ainsi dire, et à l'oc- 
casion de leur travail habiiuel. 

La récolte des graines aurait lieu à forfait, 
en les achetant à bureau ouvert à fous ceux 
qui iront en cueillir. 

Le jour où les circonstances changent, on 
peut cesser brusquement les achats, sans 
préjudice pour personne et les reprendre à 
volonté, puisque les peuplements de Ricin se 
maintiendront tant qu'on ne les détruira pas. 
Cette méthode nous paraît être celle qui 
peut donner la plus grosse production dans 
l'Algérie du Nord. 

Régions intéressées. — Elles sont nette- 
ment indiquées et limitées par les exigences 
du Ricin. C'est une plante vivace qui, d'une 
part, craint les fortes gelées et le froid per.sis- 
tant et qui, d'aulre part, a besoin de beau- 



ESSAIS ET OBSERVATIONS SLR LES BLES A VKKRIÈBES EN 19n 



41 



coup d'eau en élé, au moment de sa plus 
active végétation. 

Il réussira parfaitement sur tout le littoral 
et, au Sud, dans la région saharienne, par- 
tout où sa végétation estivale sera assurée 
par une humidité suffisante du sol en été. 

Au point de vue de ses exigences climaté- 
riques et même culturales, le Ricin peut être 
assimilé au coton, de sorte qu'on peut dire : 
dans l'Afrique du Nord, le Ricin prospérera 
partout où le coton 7'éussit. 

Ajoutons que le Ricin paraît supporter un 
peu plus de froid que le coton. 

Variétés à propager. — La botanique dis- 
lingue dans les nombreuses sortes de Ricin 
plusieurs grands groupes renfermant chacun 
diverses variétés. 

1° Ricin commun (Rkhius commnnis). — dranJes 
feuilles palmées, vertes, à sept digitations; Heurs 
unisexuées en grappes, les mâles à la base, et 
les femelles au sommet des épis; graines de la 
grosseur d'un liaricot moyen, lisses, luisantes, 
oblongues, marquées de taches ou de stries 
Vunes et contenant une amande blanche et un 
peu acre. 

Deux variétés de Ricin commun : 

a; Grand Ricin (hicinus communis major). — 
Les coques sont indéhiscentes, c'est-à-dire qu'à 
maturité et après dessiccation, elles ne s'ouvrent 
point spontanément. Il faut effectuer un battage 
ou un décorticaf^e pour extraire des graines. 

6) Pelil Ricin {R. c. minor). -- Les coques sont 
déhiscentes : à maturité, elles s'ouvrent naturel- 
lement pour laisser écliapper les graines, (^.es 
graines sont un peu plus petites que celles du 
Grand Ricin. C'est la variété la plus cultivée 
dans l'Inde, pays le plus grand producteur de 
Ricin. 

L'industrie en distingue plusieurs « sortes » 
désignées d'après leurs pays d'origine (Bombay, 
Calcutta, Madras, etc.). 

2° Ricin rouge ou sanrjuin (R. sanguineus). — 
Feuilles, pétioles et parties herbacées de la tige, 
teintes de rouge pourpre plus ou moins foncé. 
Devient arborescent, trois à quatre mètres de 
haut, avec un tronc épais à écorce blanchâtre. 
Capsules nombreuses, mais indéhiscentes; graines 
brun rougeàtre à marbrures claires. 

Les beaux Ricins il'OuedDiellal (annexede Bis- 
kra) sont des Ricins sanguins. Ils ont deux ou 
trois mètres de hauteur, un tronc de dix à douze 
centimètres de diamètre à un mètre du sol; on 
dirait des figuiers. 



I Le Ricin !>anguin est l'espèce ornementale. 

3° Ricin de Zanzibar. — Cultivé surtout sur la 
côte orientale d'Afrique, possède des feuilles très 
4;raudes et des graines très grosses en forme de 
haricot, grises, brun rougeùtre ou noires. Il croît 
très rapidement, mais donne peu de graines. 
Déhiscent. 

4" Ricin vcri (fi. viridis). — Variété de petite 
taille à graines nombreuses et petites, grisâtres. 
Déhiscent. 

5" Ricin incrme (R. inermc). — Possède des 
fruits sans épines et donne de grosses graines 
marron. Déhiscent. 

Quelle variété adopter? — Celle qui réunit 
les conditions suivantes : 

Production abondante de graines bien 
remplies; maturation des fruits le moins suc- 
cessive possible ; surtout capsules à dékis- 
rence modérée ; il faut, en effet, rejeter les va- 
riétés dont les fruits indéhiscents nécessite- 
raient un décorticago ou battage onéreux, 
ainsi que les variétés qui, au contraire, ont 
des capsules s'ouvrant brusquement (à ma- 
turité) en projetant leurs graines parfois 
à plusieurs mètres de distance. 

Le Ricin pratique est celui dont les cap- 
sules d'une même grappe mûrissent à peu 
près ensemble sans s'ouvrir trop tôt. La ré- 
colte pourra se faire en cueillant les grappes 
qu'on étendra au soleil pour que la dessicca- 
tion provoque la déhiscence sur l'aire d'éten- 
dage où les graines seront ramassées par un 
simple balayage. 

L'industrie marseillaise, consultée en 1917 
par la Direction des Territoires du Sud de 
l'Algérie sur les variétés préférées pour la 
fabrication de l'huile, a répondu : 

Les divers échantillons de graines de Ricin, 
reçus d".\lgérie à diverses reprises, étaient par- 
faitement convenables. Nous travaillons surtout 
des graines provenant de l'Inde, en majeure 
partie de Bombay. 

Le Gouvernement général de l'Algérie 
pour la distribution gratuite de semences 
s'est procuré, à Marseille, de la graine de 
Rombay qui est du petit Jticin commun [Hici- 
nus ronimunis minor). Ce Ricin, d'après le 
docteur Trabut, conviendrait mieux que tout 
autre au climat sec Algérien, au point de vue 
de la déhiscence des capsules. 

(A suivre.) F. CousTON. 



ESSAIS ET OBSERVATIONS SUR LES BLÉS A VERRIERES 

EN 1917 (1) 

I 1917, relativement à la résistance au froid 



2° Résistance au froid 
des différentes variétés de blé. 
Voici maintenant les observations faites en 



il) Voir le numéro du 24 janvier 1918, p. 26, et 
la Chronique de ce numéro, p. 44. 



4S 



ESSAIS ET OBSERVATIONS >UR LES BLÉS A VERRIÈRES EX 1911 



des diûférentes variétés de blés dans l'expé- 
rience de rendement d'automne qui est faite 
chaque année à Verrières. 

Cette expérience, quoique réduite en sur- 
face (2d mètres carrés seulement par loi, au 
lieu de 30}, est cependant plo^ complète ijue 
de coutume, car mon cousin l'hilippe avait 
tenu à y faire figurer, semées d'automne, dif- 
férentes variétés de blés de printemps. Par 
contre, par suite des dégâts causés par le 
froid et aussi parce que, faute de main- 
d'ceuvre, les blés ont été semés directement 
en place et non repiqués comme nous le fai- 
sions précédemment, les rendements n'ont 
pu être comparables et ne présentent, par 
suite, aucun intérêt. 

A Verrières, la période des gelées s'est 
étendue presque sans interruption, du 
40 janvier au 15 février, atteignant parfois 
— 16°. 

Voici le classement en 1917 d'après la ré- 
sistance au iroiil : 

1* Variélèft ayant bien rt'sistc' ou à peine i^ouffert : 
t. Houfje d'Allkirch (compli''tement indetnnei. 

2. Teverson (bien résisté, pas de manques). 
'. Datlel (bien résisté, pas de manques). 

4. Automne rouge barhu (bien résisté, pas de 
manques). 

3. Nonelte de Lausanne bien résisté, pas de 

manques). 
6. Epcaulre blu/w sans bavbe bien résisté, pas de 

manques). 
1. Perle du Nuisemenl imanque seulement quel(|ues 

plantes) 

8. Victoria d'Automne (mauque seulement quel- 

ques plantes). 

9. Blanc de Flandres {manque seulement quelques 

plantes). 
•10. Hté-Seigle imanque seulement quelques plantes). 

11. Crépi (manque seulement quelques plantes). 

12. iiros bleu (manque seulement quelques plantes). 

13. Briijuel jaune (manque seulement ^quelques 

plantes). 

14. Lamed (manque seulement quelques plantes). 

15. Rour/e d'Ecosse (manque seulement quelques 

plantes). 

16. Browick (manque seulement quelques plantes). 

2° Variétés ayant peu souffert. 
n. Grosse Tête (manque à peine 1/5). 

18. Massy (manque à peiue r.51. 

19. Teverson à épi blanc (manque à peine 1/5). 

20. Chiddam d'Aulomne à épi rouye (man (ue );'i;. 

21 . Little Joss (manque 1/5). 

22. Trésor (manque l/t). 

23. Blanc à paille raide (manque 1/4). 

24. Rlé Hybride n" 115 (manque 1/3). 

25. /;/('• Hybride n" lui (manque 1/3). 

26. jU«Hi7o6<z (provenance Goldschmidt, manque \"i). 
2". Mars de Suède rouge barbu (manque 1,3. 

28. Géant du Milanais (manque 1/3'. 

3° Variétés ayant souffert. 

29. Roseau (manque 1/2). 

30. Bordeaux (manque 1/2). 

31. Bon Fermier (vaPinque 1/2). 

32. Japliel (manque 1/2). 

33. C/ifl»n7j/«7i (manque 1/2). 



33 bis. Blé Hybride n" 119 manque 1 2 . 

34. Blé Hybride n" 120 (manque t/2 . 

35. Hâtif InversaJilè {tainic\ue 1/2,. 

36. Blé Hybride n" 134 (manque 1- . 
.37. Blé Hybride n" 103 'manque l 'i . 

i" l'ariétés c 

38. Noé fgelé 2/3). 

39. Bordier (gelé 3/1). 

40. Alliés (gelé 3/4). 

41. Bl:i Hybride H" 118 fgelé :' 
41 bis. Suumur d'Automnrii:; 

42. Bouqe de Snint-J.aui! :■ i 

43. RiéLi (gelé 3/4). 

44. Odes<ii .fans barbe ;gelé 3 1 . 
'lo. Enyrain commun (gelé 3/4 . 

46. Barbu à gros grain gelé T lu . 

47. Cazeaux igelé 4/.5). 

li" Variétés complètement ou presque complètement 
gelées. 

48. Rouge prolifique barhu (ayant Ivès fortement 

souffert). 
19. Chiddam blanc de Mars (ayant très fortement 

souffert). 
30. Vithioiers (presque complètement gelé). 
.'11. Touzelle rouge de Provence presque complè- 

tenienl gelé). 
."i2. Hérisson sans barbe (presque complètement 

gelé). 

53. iU«'-s rouge s<nis barbe presque complètement 

gelé). 

54. Richelte blanche de Saples (reste seulement 

quelques plantes). 
33. Gironde (reste seulimeut quelques plantes). 

56. Blé Hybride de printemps n" 187 (reste seulement 

quelques plantes . 

57. Pétanielle Idanche (reste seulement quelques 

plantes). 

58. Foulard à 6 ranrjs (reste seulement quelques 

plantes). 
j 59. Poutard d'Auflralie (reste seulement quelques 
I plantes). 

; 60. Richelle blanche hiilii-e (complètement gelé'. 
' 61. Saumur de Mars (complètement gelé). 

62. Blé Hybride de printemps n° 192 complètement 

gelé . 

63. Blé Hybride de printemps x" 193 (complètement 

gelé). 

64. Aurore (complètement gelé). 

6.5. Mars barbu ordinaire (complètement gelé). 

66. Mars rouge barbu. 

67. Pétanielle noire de Nice. 

68. Amidonnier blanc barbu (complètement gelé . 

69. Amidonnier blanc amélioré Alvargonzalez), 

(complètement gelé,. 

70. Miracle (complètement geléi. 

71. Belolourka complément gelé). 

72. Médeah icomplèment gel'-',.. 

73. Pologne ^complétement gelé). 

Dans notre expérience de « semis succes- 
sifs d'automne » où avaient été semés ditïé- 
rents hybrides à l'étude et, comme compa- 
raison, plusieurs variétés connues, les 

observations suivantes ont été faites: 

Blé Chiddam d'automne à épi blanc. 
Semis du 20 octobre (presque entièrement gelé). 
Semis du 1" décembre (bien résisté!. 

Blé des Alliés. 
Semis du 20 octobre (presque entièrement gelé . 



l'AlîTIE (ill'ICIFJ. 



49 



Si-mis ihi !'■'■ (lêceuibre ^bien résisté . 

Blé Aurore. 

Semis (iu 20 o(?tt)bre (entièrement geliS sauf :i plantes :. 
Semis du I''' décembre (très fortement atteint . 



i^elle ultime observation offre plutôt un 
intérêt lie curiosité qu'un intérêt pratique, 
les h!é* deprip.lpinps, comme Aurore, n'étant 
jamais semés d'automne. 

Jacques de Vilmokin. 



PARTIE OFFICIELLE 



Circulaire du 17 janvier 1918 relative 

à des avances aux agriculteurs 
dans les régions libérées. [Extrait.] 

II. — Le ré;,'iiiic insiiiue par |;i présente circu- 
laire a essentiellement pour objet de faciliterau.x 
agriculteurs sinistrés, dont les terres auront été 
renonuues impo?sibles à remettre t-n culture, la 
reprise d'une exploitation agricole de nature à 
coniribuer à l'œuvre «énérale de reconstitution 
agricole des réyions libérées. 

Il a été néce.<saire, dans ce but, d'exiger que 
cette exploitatiiin fût elle-même située sur d'au- 
tres territoires libérés de l'occupation primitive 
(lU dans les arrondis-eincnts limitrophes. 

En conséquence, l-s intéressés devront, en 
présentant leur demande, justilier des disposi- 
tions qu'ils auront prises en vue de reprendre 
une nouvelle e.\;ploit;ition sur uu territoire satis- 
f.iismt à ces conditions, et faire connaître les 
engagements soiiscrils ou les contrats passés 
pour leur permettre de reprendre di'S exploiia- 
tions à ce nouveau siège, ainsi que les mesures 
adoptées par eux pour assurer cette reprise, et le 
nombre d hectares de terre qu'ils sont en situa- 
lion d'y cultiver. 

m. — D'autre par!, les demandeurs — qu'ils 
soient propriétaires 'eiploitanls ou fermiers — 
devront faire valoir l'impossibilité de reprendre 
la culture au siège de leurs exploitations anté- 
rieures, en raison soit de la destruction de ia 
couche de terre arable par des bombardements 
prolongés, soit d'un bouleversement tel que la 
remise en état du sol ne puisse être envisagée 
(|u'au bout d'un long délai, e.xcédant au moins 
une année. Celle impossibilité fera l'objet de ■ 
constatations officielles, qui seront poursuivies ! 
dans les formes suivantes : ! 

Des Commissions agricoles, composées de cinq 
membres nommés par le préfet, sous le contrôle 
du ministre de l'Agriculture, seront instituées à 
raison d'une ou plusieurs par département inté- 
i-essé. Elles comprendront : le directeur des Ser- 
vices agricoles du déparlement ou l'infénieur 
des Améliorations agricoles, président; et quatre 
membies agriculteurs, choisis parmi les repré- 
sentants qualiliés des groupements agricoles de 
la région. 

Des agents techniques du service des Amélio- 
rations agricoles pourront être adjoints aux 
Commissions pour les travaux d'études à faire 
.sur le terrain, et pourront participer aux déli- 
bérations desCommissionsavecvoix consultative. 
Nul ne pourra participer à des opéralions con- 



cernant une affaire dans laquelle il aurait un 
intérêt direct ou indirect. 

IV. — Les Commissions agricoles auront pour 
mission, tant de donner des avis sur les de- 
mandes individuelles qui leur seront renvoyée», 
que de procéder d'une façon générale à la dé- 
termination des zones dans lesquelles toute re- 
prise d'exploitation agricole sera réputée impos- 
sible. 

En ce qui concerne les demandes individnelles, 
les Commissions se prononceront, sur chacune 
de celles qui leur seront soumi.ses, par des avis 
motivés. Si le préfet croit devoir conte.'iter l'avis 
émis par l;i Commission, il en sera référé sans 
délai au ministre de l'Agriculture, qui décidera 
si l'exploitation mise eu cause doit être consi- 
dérée comme impossible à reprendre. 

En ce qui concerne la détermination des zones, 
il y sera procéilé d'office, dans la mesure du 
possible, et les résultats en seront transmis à 
M. le ministre de l'Agriculture, qui fixera défi- 
nitivement, p:ir arrêlés, le périmèlre de ces 
zones. Pour qu'un agriculteur puisse bénéficier 
des dispositions de la présente circulaire, son 
exploitation devra être comprise, pour la moitié, 
an moins, dans une zone ainsi délimitée. 

V. — Les agriculteurs dont les demandes ren- 
treront dan.' les conditions ci-dessns poarroiit 
obtenir, en vue de pmirvoir au.v nécessités de 
leur nouvelle exploitation, les avances pour 
fonds de roulement instituées par les circulaires 
des 10 judlet-f3 octobre 1917 du ministre de 
l'Inlérieur. 

Ces avances seront allouées dans les condi- 
tions générales prévues par les dernières circu- 
laires et dans la limite du maximum indiqué 
par elles, mais en appliquant ce maximum au 
moùtaiit appro.ximatif îles dommages subis par 
le capital d'exploitation, c'est-à-dire par le chep- 
tel vivant ou mort (bétail et instruments de cul- 
ture), à l'exclusion des dommages proprement 
immobiliers subis par le fonds lui-même. Elles 
devront être appliquées à la remise en culture 
de l'exploitation nouvelle indiquée à la demande,, 
mais ne pourront pas être employées à l'acquisi- 
tion d'un nouveau domaine. 

VI. — En outre des avances pour fonds de rou- 
lement, les agriculteurs visés par la présente 
circulaire pourront obtenir, de l'Office de re- 
constitution agricole des départements victimes 
de l'invasion, des cessions en nature de maté- 
riel, animaux et matières premières, pour la re- 
prise de la nouvelle exploitation, à titre d'avan- 



50 



PULVÉRISEURS DOUBLES POUR CULTURE MÉCANIQUE 



ces, et dans les conditions prévues par la loi du | gement, si le demandeur était propriiitaire des 



3aoûH9n. 

Vil. — Les intéressés devront adresser leur 
demande au préfet et au sous-préfet dans la cir- 
conscription duquel se trouvera le siège de l'an- 
cienne exploitation. 

La demande devra contenir toutes justifica- 
tions utiles à son appréciation, ainsi que l'enga- 



terres constituant l'exploitation primitive, de 
reprendre éventuelleaienl, au cas où la loi lui en 
ferait l'obligation, l'exploitation de ces terres, 
dans l'année qui suivra la notification à lui faite 
de leur remise en état. 

Le ministre du Blocui et des Régions libérées, 
A. Lebuu.n. 



PULVÉRISEURS DOURLES POUR CULTURE iMÉCANIQUE 



Dans le n° 3fi, du 18 février 1915, M. Rin- 
gelmann a appelé l'atlention sur les pulvéri- 
seurs simples tirés par des attelages, dont le 
travail est expédilif ; il avait alors en vue la 
destruction des mauvaises plantes qui s'étaient 
développées à l'automne 1914 sur les terres 
non cultivées : après le nettoyage plus ou 
moins complet du sol avec le pulvériseur. 



sans inconvénient s'ils n'ont pas un poids 
dépassant une certaine limite et s'ils sont 
suivis d'un pulvériseur double dans le genre 
de ceux qui sont employés aux Etats-Unis. 

Dans ses essais de Noisy-le-Grand, en 1917, 
avec un pulvériseur double, de 'M disques, 
travaillant sur un train de 2™. 00, à une pro- 
f nidour movenne variant de 0"'.07 à 0™.ll, 




Fig. 9. — Pulvériseur à deux rangs de disques lisses. 



on pouvait procéder à rameublissement en 
profondeur à l'aide d'un cultivateur à dents 
flexibles. 

Le pulvériseur double donne un excellent 
résultat sur les terres retournées par la 
charrue et convient très bien pour pré- 
parer la terre aux ensemencements d'au- 
tomne fit de printemps, -en remplaçant un 
ou deux scariliages et un ou deux hersages 

Avec les tracteurs elTectuant les derniers 
labours, on est conduit à employer des atte- 
lages pour scarifier et herser la terre, à moins 
d'avoir recours à des pulvériseurs doubles 
travaillant sur une grande largeur en expé- 
diant ainsi beaucoup d'ouvrage. 

Les tracteurs peuvent circuler sur le labour 



M. Ringelmann a constaté que la traction 
sur un labour déjà durci oscillait de 470 à 
590 kilogrammes. A la profondeur de 0'". 07 
on obtenait un très bon travail ; à la pro- 
fondeur de O".!! le travail effectué était 
excellent. 

La profondeur d'action des disques du 
pulvériseur se règle en nioditiant, relative- 
ment à la traction, l'obliquité des axes sur 
lesquels sont fixés les disques. 

La (igure 9 représente un pulvériseur à 
deux rangs de disques lisses de la maison 
Th. Piller, '2'(. rue Alibert, à Paris. Les dis- 
ques ont 0"'. 40 de diamètre. La machine de 
32 disques pèse 490 kilogr. et son train est 
de 2'". 40; la machine de 40 disques pèse 



SIIfATUIN ACKIGULE DANS L'AVtYRON 



o70 kilogr. et le lr;nn est de trois mètres. 
En vue d'émietler encore plus complète- 
ment les bandes du labour, on peut em- 
ployer des disques dentés comme on le voit 
sur la figure 10 représentant une de ces 
machines do la maison Th. Piller. Les disques 
ont 0".'i3 de diamètre. Le modèle de 32 dis- 
ques pèse -"iaO Icilogr. avec un train de 2"'.iO 



d'acier; quatre leviers, un par axe des dis- 
ques, permettent de modifier l'inclinaison 
des axes et de régler ainsi la prolondenr et 
l'énergie de la culture. Dans le cas de sols 
trop durcis, on surcharge les disques en 
disposant des matériaux (bois, pierres, sacs 
remplis de terre, etc. dans les |ihiteaux 
portés par le bâti. 




Fi^^ 10. — Piilvériseur à deux rangs de disques dentés. 



■et celui de -40 disques, dont le train est de 
3 mètres, pèse 610 kilogr. 

Le bâti de ces machines est en cornières 



On peut ajouter à ces machines un siège 
et un semoir à la volée. 

(i. M.^Nlil.N. 



SITUATION AGRICOLE DANS L'AVEYIiON 



20 janvier 1918. 

Pendant un mois, nous avons eu neige et tem- 
pérature sibérienne. Impossible de toucher à la 
terre. La fin des semailli-s en a été contrariée et 
on peut estimer à un quart environ, ou un cin- 
quième, la diminution qui en est résultée pour 
l'étendue des suiffices à couvrir. Depuis une 
huitaine de jours, la situation a changé; labours 
et hersages vont bon train. Souhaitons que les 
semailles de printemps puissent s'étendre au 
delà de l'ordinaire et compenser le léger fai- 
blissement de nos semailles d'automne. 

Le cours du bétail est extrêmement élevé. 
Quant aux porcs gras, on les a payés ces der- 
niers jours 200, 220, jusqu'à 230 francs le quintal 
de îiO kilo;ir. vif. On cite tels et tels qui ont tiré 
1 200 fr., 1 300 fr. de la vente d'un seul porc 
gras! Les agneaux de lait, vendus à rà;;e de 
trois ou quatre semaines, par ceux qui se livrent 



h la production du lait pour la fabrication du 
fromage de Koquel'ort, valent 2 fr. 50 à 2 fr. SO 
le kilogr. d; poids vif. El le lait de brebis que 
les industriels de Uoquefort payaient autour de 
30 fr. Ilieclolitre avant la guerre est maintenant 
à 83, 90 fr.; on dit même à 100 francs. 

Des propriétaires qui sont dans l'impossibilité 
d'exploiter eux-mêmes leur bien avaient de la 
peine jusqu'ici à trouver un fermier. Cette diffi- 
culté tend à disparaître; les candidats fermiers 
se présentent un peu plus nombreux. 

iNotri' chef-lieu de département sera bientôt 
doté d'an abattoir régional, avec usine fri^ro- 
rihque, d'où la viande pourra êire commodé- 
nienl expédiée dans toutes les directions. Les 
travau.v pour Faménagemenl .sont déjà com- 
mencés ; avant la lin de la présente aimée, 
abattoir et usine frigorilique seront, sauf im- 
prévu, en état de fonctionner. Cette innovation 



52 



LAL'TUMNE DE 191"! 



sera fort utile non sculeraenl à notre Rouergue, 
mais à toutes les contrées plus ou moins voi- 
sines du Massif Central. 

Autre création qui ne manquera pas de don- 
ner de précieux résultats : c'est la Société Fores- 
tière du Rouergue qu'on vient de fonder, par le 
concours intelligent et dévoué de la Société d'En- 
couragement et Union des Syndicats agricoles 
du Massif Central, de la Société îenlrale d'Aiiri- 
culture de l'Aveyron, de M. Marre, le très zélé 



directeur des Services agricoles de l'Aveyron. 
Dans nos Causses, sols calcaires souvent très 
maigres, dans nos Séqalas, sols schisteux, gneis- 
siques, granitiques, nous avons de vastes éten- 
dues incultes; les premiers portent à peine quel- 
ques genévriers; les autres, des bruyères, des 
fougères. La Soeiété Forestière trouvera là, facile- 
ment, croyons-nous, des centaines et des cen- 
taines d'hectares mis à sa disposition pour être 
reboisés. 

Fernand be Barrau. 



L'AUTOMNE Di: 1917 



La saison automnale d(' 1017 a été assez 
douce et relativement sèche dans la plus 
grande partie de la France. Les températures 
moyennes sont un peu supérieures aux va- 
leurs normales correspondantes, sauf dans 
le Sud. L'excès est généralement faible, il 
alteinl 0''8 à Clermout-Ferrand, 0°6 à Paris, 
O'S à Psautes et à Lyon ; à Perpignan et à 
Toulouse, les moyennes sont égales aux nor- 
males. Les quantités de pluie sont en déficit 



dans toutes les stations, c'est surtout d;ins 
l'Ouest que la saison a été moins humide 
que d'ordinaire; à Brest on a recueilli 84 mil- 
limètres d'eau en moins sur une saison nor- 
male; à Nantes, l'écart atteint 67 millim.; 
dans toutes les autres stations dont nous 
donnons ci-dessous les valeurs des princi- 
paux éléments météorologiques, les totaux de 
pluie sont inférieurs de 10 à 25 millimètres 
aux quantités moyennes. 



STATIONS 



Paris (St-Maur 1 . . . 

Brest 

Nantes 

Lyon 

Clermonl-Kerrand 

Toulouse 

Perpignan 



Moyennes des 




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11.9 


1.(1 


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M. 2 


5.8 


16.4 


tl.l 


S. 4 


■)-..•! 


12.9 


0.6 


19.3 


13.1 



TKMPKRATL'RE 



^liniiiia aùsoiu 
et dales. 



1°2 le 13 nov 

2.0 le 18 nov 

1.1 le n nov 

3.8 le 30 octobre. 
6.6 le 30 octobre. 
1.0 le 311 octobre. 
0.4 le 30 octobre. 



Maxima absolus 
et dates. 



26" S le 19 septemb.. 
23.2 le 10 septemb.. 
21. .T le 16 septemb.. 

28.8 le 20 septemb.. 

34.9 le 19 septemb.. 
30.9 le 16 septemb.. 
30.9 le 15 septemb.. 















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111 


82 


6.4 


213 


16 


f..O 


126 


8J 


6.2 


lOï 


13 


4.- 


131 



SOMBRE 
dr jours. 




La sécheresse relative de l'automne est 
encore marquée par les nombres des jours 
pluvieux qui sont moindres que ceux d'une 
saison normale; l'écart est de 10 jours à 
Nantes, 3 à Paris, 2 à Perpignan. La né- 
bulosité accuse des valeurs sensiblement 
moyennes. L'insolation a été plus longue 
dans le Centre et le Sud de la France ; à 
Paris, le soleil a brillé pendant 13 heures 
de plus que la durée moyenne ; l'excès atteint 
32 heures à Perpignan, tandis qu'à Nantes, 
où la pluie a été la moins abondante, le cinl 
est resté plus souvent couvert et la durée 
d'insolation est en déficit de 3 heures. 

Le mois de septembre 1917 a présenté un 
caractère presque estival ; la première quin- 
zaine a élé marquée par des pluies orageuses 



assez fréquentes sauf dans l'Est, mais la 
deuxième quinzaine a été remarquablement 
belle, chaude et sèche; c'est généralement 
entre le la et le 20 septembre qu'on a noté 
les températures maxima de la saison; celle 
qui a élé observée à Clermonl-Ferrand, 34'-{), 
est remarquablement élevée. Le temps a été 
assez favorable aux travaux agricoles, mais 
la sécheresse commençait à devenir gênante 
vers la fin du mois; dans les Pyrénées-Orien- 
tales, la fréquence des pluies orageuses 
du début a causé quelque préjudice aux 
fourrages d'hiver. 

Octobre a été le mois froid de la saison ; 
ce caractère a été plus sensible dans l'Est, le 
Centre et le Sud; cependant les écarts des 
températures moyennes à leurs valeurs nor- 



LES FAUIUQUES DK 

uiales correspondantes ne dépassent guère 
1""3; elles sont en général voisines de 1". Les 
premières gelées, d'ailleurs très faibles, ont 
été observées à Besançon le 17, à Paris le 
20, dans le Nord, l'Ouest et le Centre de la 
France, le 29 et le oO; la plus forte a été 
notée à Clermont-Ferrand où le l'iermomètre 
a marqué — 6°6. Les premières neiges sont 
tombées le 23 à Clermont, le 28 et le 29 dans 
l'Est ; faibles en plaine, elles ont été abon- 
dantes sur les montagnes. Octobre, génétale- 
iiient pluvieux, a apporté un léger retard 
dans les ensemencements d'automne, mais 



SUCKE LIBÉRÉES 



33 



il a favorisé la levée des seigles dont l'appa 
renée était belle à la fin du mois. 

Novembre, sous un régime de pre.ssion ba- 
rométrique exceptionnellement élevée, a été 
doux dans l'Ouest et le Nord de la France, 
assez doux dans le Sud, frais dans l'Est; la 
pluie a été sensiblement normale dans toutes 
les régions et le temps a permis d'effectuer 
dans de bonnes conditions la préparation des 
terres, les emblavures de la fin de l'automne 
et la rentrée des récoltes en terre. 

G. B.^RBK, 
Météorologiste au Bureau Central. 



CULTURE MÉCANIQUE 



Essais de Rabat. 

L"Aulomol)ile-Club marocain a procédé à 
des essais d'appareils de culture mécanique, 
du 26 au 29 septembre 191", à lOulja de 
Rabat. Des résultats constatés, qui nous ont 
été communiqués par le Secrétaire général, 
nous pouvons donner le résumé suivant. 

Cinq appareils ont participé à ces essais : 
Tracteur ^mn/ico, avec moteur de 24 chevau.x. 

— Bull 20 — 

Voit'ire Ford 14 — 

Tracteur Titan (Mac Cormicls;) 20 — 

Avant-train tracteur itfo/(/ie 12 — 

La voiture Ford est le châssis courant avec 
moteur de i-4 chevaux, transformé comme 
cela a été indiqué dans le numéro 11 du 
23 août 1917 (fig. 81, page 325). 

Voici les indications relatives aux char- 
rues, à la qualité du labour et à la vitesse 
moyenne pratique d'après la surface labou- 
rée par heure et le train de la charrue : 

Amntico : charrue à i raies, à relevage au- 
tomatique; largeur du train, li^.O.o; labour 
très régulier; vitesse moyenne pratique, 
2 495 mètres par heure. 

Bull : charrue à trois raies, à relevage au- 
tomatique; largeur du train, 1"'.05; bon la- 
bour; vitesse moyenne pratique, 2 005 mètres 
par heure. La marche continue au pétrole pur 
n'a pu être réalisée. 

Ford : charrue à 2 raies, sans relevage au- 
tomatique; largeur du train, 0"'.70: déchau- 
mage assez bon. La surface labourée par 



heure et la vitesse moyenne n'ont pu être dé- 
terminées. 

Titan : charrue à 3 raies, à relevage auto- 
matique; largeur du train, 0"'. 90; labour assez 
bon; vitesse moyenne pratique, 2 43(5 mètres 
par heure. 

Moline : charrue à 2 raies; largeur du 
train, 0°'.70; déchaumage assez bon. La sur- 
face labourée par heure et la vitesse 
moyenne n'ont pu être déterminées. 

Les essais ont eu lieu sur des terres 
compactes fortement durcies par la séche- 
resse. Ils ont donné les résultats consignés 
dans le tableau ci-après : 



Machines. 



Profondeur 

du 

labour. 



Surface 
labourée 

par 
heure. 

met. carji'és 
2 620 
2 d68 

2 189 



Combustible 

employé 
par heclare. 

Pétrolfi. Essence. 

litres litres 

29.1 2.5 

33.2 17.1 
36.2 

35.0 1.5 

» 33.7 



centim. 

Amanco 15-lS 

Bull 13-18 

Ford dêclamage 

Titan 12-18 

Molioe (lêtliamaje 

! Pour l'avanl-train iMoline, la consomma- 
tion est indiquée à titre approximatif. 

! Les surfaces labourées par heure et les 
consommations de combustible par hectare 
concordent aussi bien que possible avec les 
résultats constatés sur les mêmes machines 

j dans les essais du ministère de l'Agriculture 

i à Noisy-le-Grand en 1917 et dont les résultats 

j principaux ont été résumés ici. 

I R. Dessaisai.k. 



LES FABRIQUES DE SUCRE LIBÉRÉES 



I. — Remise en culture. 
Pour niveler le terrain, surtout dans la 
(1) Voir le numéro du 4 octobre, p. 383. 



2° zone, il faudra une main-d'œuvre consi- 
dérable qui pourrait être fournie par des pri- 
sonniers de guerre (aux endroits suffîsam- 



54 LES FABRIQUES DE 

menl éloignés du front) ou par des équipes [ 
militaires. 

Parmi les décombres et les ruines des vil- ] 
lages, des maisons et des bâtiments de ferme, 
certains des matériaux pourraient être utilisés 
à la reconstruction (planches, fers à T, pou- 
tres, etc.). Il faudrait, dès maintenant, les I 
déblayer, les classer et les mettre sous abri. 

En attendant qu'on puisse reconstruire les 
villages et les fermes, il faudra continuer à 
construire des maisons en planches pour 
recevoir les habitants qui veulent rentrer. 
(Aous en avons vu dans plusieurs endroits, 
à Nesles, à Ribécourt , etc.). Sans doute, 
l'habitant aimerait mieux en général trouver 
un abri dans sa maison, celle-ci frtt-elle 
incomplèteujent rtsiaurée, que dans une 
maison de planches; mais souvent, il fau- 
drait trop de temps pour lui donner satisfac- 
tion. Nous avons cependant vu à Ribécourt 
des prisonniers allemands reconstruire une 
maison avec des moellons; nous avons vu 
également des pans de murs reconstruits 
avec des briques n'ayant pas passé au leu. 

Les tracteurs mécaniques rendent de 
grands services; mais on ne pourra pas s'en 
procurer assez pour travailler les champs 
et surtout pour faire les labours profonds 
qu'exige la betterave, d'autant plus que ces 
labours doivent être complétés par d'autres 
façons aratoires. 

Au surplus, les animaux d'attelage feront 
souvent défaut, de même que les instruments 
agricoles, les chariots, la main-d'œuvre, etc. 

Quand il s'agit de fermes assez étendues, 
peu morcelées, M. Barrois-Brame propose 
qu'on y délimite des pâtures avec des piquets 
et des fils de fer barbelés. On y mettrait des 
bœufs à l'engrais ou des vaches laitières, à 
raison de 2 à 3 par hectare et on préparerait 
petit à petit la remise en culture des terres 
en commençant par les plus fertiles. Les ani- 
maux à mettre en pâture seraient achetés 
avec l'aide du Crédit agricole ou (dans le cas 
des fermiers) avec l'aide du propriétaire. 

Dans ce dernier cas, il s'établirait une sorte 
de métayage. 

Cela n'empêcherait pas de cultiver des 
pommes de terre, des légumes, etc., pour 
assurer l'alimentation domestique. En atten- 
dant que l'exploitation di)nne des recettes, 
l'État consentirait au cultivateur une avance 
de 300 à 300 fr. par hectare. 

II. — Remise en état des fabriques 

DE SUCRE. 

Immédiatement après la guerre, on man- 
quera sûrement de matières premières et de 



SLCRE LIBÉRÉES 

matériaux pour la reconstruction des usines^ 

1° Il faudrait donc, après avoir établi l'état 
des lieux, prendre des mesures de conser- 
vation pour atténuer les elïets des intem- 
péries sur les appareils, les murs et les 
bâtiments restants. 11 faudriiit couvi'ir com- 
plètement les usines dont la toiture n'est 
qu'endommagée. Pour les usines qui n'ont 
plus ni murs, ni toiture, il faudrait abriter 
les restes et débris d'appareils, mais après 
en avoir fait le classement. 

Ce travail devrait être fait par des équipes 
militaires ayant à leur tête des spécialistes 
et il faudrait le faire au plus tôt, car les appa- 
reils se couvrent de rouille. 

2° Beaucoup d'usines sont ouvertes à tout 
le monde ou restent sans surveillance. Les 
militaires sont enclins à y prendre des maté- 
riaux poutres, planches, tuyaux, etc.) pour 
faire des constructions dans leurs cantonne- 
menls ou des abris pour les chevaux et le 
matériel militaire. 

Ne pourrait-on demander à l'autorité mili- 
taire d'exercer une surveillance et de donner 
des ordres pour qu'on ne prenne rien dans- 
les fabriques. 

3" Dans les usines récupérées, il y a un- 
véritable désordre; la plupart des appareils 
sont démolis, et les parties qui les compo- 
saient sont éparpillées sur les planchers; 
le déblaiement, le classement pourraient 
être faits par des équipes militaires ayant à 
leur tête des hommes de métier et qu'on 
pourvoierait des moyens de travail néces- 
saires et. en particulier, d'appareils de levage 
(treuils, palans, cordes, etc.). 

4° Lne fois les appareils et débris classés, 
des techniciens indiqueraient les pièces ou 
appareils pouvant être utilisés directement 
et ceux pouvant être réparés. Les pièces ou 
organes se rapportant aux machines de pré- 
cision (machines à vapeur, pompes, etc.) 
ne pourraient, le plus souvent, être utilisés 
ou réparés que par des maisons de construc- 
tion. 

Des ateliers de réparation (avec moteur ou 
locomobile de 20 à 25 chevaux) pour le tra- 
vail du fer, du cuivre, du bois, etc., devraient 
être installés, dès maintenant, dans les fa- 
briques qui peuvent être le plus facilement 
restaurées. 

3° Il faudrait que l'État pût procurer, dès 
maintenant, aux maisons de construction 
des matières premières (fer, fonte, cuivre, 
tuyaux, planches, etc.) pour la remise en 
état des usines les moins endommagées et 
qui auront des betteraves à travailler. Celles- 
ci, après arrangement avec les intéressés, 



LA CHICOREE A CAKE 



55 



pourraient être appelées à travailler les bet- 
teraves des fabriques voisines plus abîmées 
el dont la reconstruction sera plus longue. 

Ces observations visent les restaurations 
qui peuvent être failes le plus rapidement. 
11 y aura d'autres dispositions à prendre, 
quand il s'agira de la reconstruction en géné- 
ral, après la guerre. 

6° Les compagnies de cbemins de fer, au- 
raient à refaire les lignes et embranchements 
(jui desservaient les fermes à betteraves et 
les fabriques. Des camions, des attelages mi- 
litaires, pourraient, le cas échéant, servir 
aux transpoits. (Je sais que la Compagnie 
des chemins de fer du Nord s'occupe déjà de 
ces reconstructions de voies économiques. 
D'autre part, l'autorité militaire elTeetue sou- 
vent des transports économiques. Il faudrait 
donc continuer les unes et les autres en les 
adaptant rapidement aux circonstances). 

7° Il faudrait donner des sursis aux fabri- 
cants mobilisés des classes anciennes et des 
services auxiliaires qui, avant la guerre, di- 
rigeaient ou administraient des fabriques de 
sucre. Ils pourraient surveiller l'exécution 
des mesures de conjcrvation dans leurs 
usines et travailler avec leurs cultivateurs- 
fournisseurs à la reprise de la culture de la 
betterave. (L'autorité militaire, sur la de- 
mande du Syndical des fabricants de sucre, 
appuyée par le Service de la main-d'œuvre 
agricole du ministère de l'Agriculture et le 
ministère du Ravitaillement, est déjà entrée 
dans cette voie). 

Il faut noter que, parmi les 37 fabriques 
visitées, il y en a à peu près la moitié qui, 
avant la guerre, produisaient de 30 000 à 
73 000 sacs de sucre par campagne, et la 
moitié qui en produisaient de 10 000 à 
30 000 sacs. 



J'ai déjà fait remarquer dans ce journal 
que la production des sucreries françaises 
est, en général, plus faible que celle des 
autres sucreries d'Europe (Belgique excep- 
tée). Les fabriques allemandes, par exemple, 
produisaien l en moyenne, près de 80 000 sacs, 
celles de Hongrie près de 200 000 sacs, celles 
d'Autriche près de 80 000 sacs, celles de 
Danemark 160 000 sacs, celles de Hollande 
120 000 sacs par camijugiie. 



L'impression qu'on ressent en visitant 
les régions libérées est une impression de 
tristesse à laquelle se mêlent des senti- 
ments de sympathie el de compassion pour 
les habitants si éprouvés . Sans crainte 
d'exagération, on peut dire que la produc- 
tion de la betterave à sucre et l'industrie 
sucrière ont été fortement atteintes par la 
Ruerre. On peut même dire qu'il y a peu de 
iiranches de production qui en aient autant 
souffert, puisque la production sucrière 
française est tombée de 750 000 tonnes 
(avant la guerre) à 180 000 tonnes en 1916- 
1917. 

Ce n'est certes pas le courage qui man- 
quera aux cultivateurs de betteraves et aux 
fabricants de sucre pour essayer de faire 
revivre l'industrie sucrière là où elle a cessé 
d'exister : mais que d'efforts, que d'argent à 
dépenser pour arriver au but. 

Le régime économique qui remplacera la 
Convention de Bruxelles, maintenant dénon- 
cée, aura une grande influence sur le relève- 
ment de l'industrie sucrière en France et, en 
particulier, dans les régions envahies. 
Emu.e Saillard, 

Directeur du Laboratoire du Syn<licat 
des Fabricants de sucre de France. 



LA CHICOREE A CAFE 



Un certain nombre de mesures ont été 
prises depuis un an à l'encontre de la culture 
de la chicorée à café. Rappelons-les rapide- 
ment. 

Une taxe de consommation de .30 fr. par 
100 kilogr. a été établie sur la chicorée par 
la loi du 30 décembre 1916; à cet impôt il n'y 
a rien à objecter, car le besoin de nouvelles 
ressources pour l'Etat est impérieux. Un peu 
plus tard, un projet de loi a été présenté 
pour interdire l'emploi des betteraves à d'au- 
tres usages que la sucrerie, la distillerie ou 
l'alimentation du bétail; ces réserves se com- 
prennent, mais pour d'autres motifs que 
ceux invoqués qui reposaient sur le mélange 



de la betterave séchée à la chicorée. Puis, au 
mois de juin, un autre projet de loi lendait 
;i la taxation de la chicorée, pour le motif que 
les prix en avaient atteint des proportions 
exagérées. Plus récemment, le ministre de 
l'Agriculture interdisait d'une façon absolue 
d'accorder la main-d'œuvre de l'Etat aux 
cultivateurs de chicorée. Enfin un nouveau 
projet de loi, déposé le 31 décembre dernier, 
tend à porter le droit de consommation à 
130 fr. par 100 kilogr. au lieu de 30 fr. 

(juand on recherche les motifs pour les- 
quels ces mesures sont prises ou proposées, 
on constate qu'ils se réduisent à un seul, 
toujours le même, que l'exposé des motifs du 



56 



ACADKMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE 



dernier projet détermine en ces lernios : 
« Modérer l'extension que prend dans quel- 
ques départements, sous l'influence de cours 
très élevés, la culture de la chicorée au détri- 
ment de celle de la betterave. » 

S'il en était réellement ainsi, on n'aurait 
qu'à approuver. Mais il suffit de jeter un 
coup d'œil sur les statistiques du ministère 
de l'Agriculture pour constater combien cette 
prétendue extension est une illusion. 

.Naguère, la culture de la chicorée à café 
était à peu près confinée dans les deux dé- 
partements du Nord et du Pas-de-Calais, 
dont elle sortait très peu; elle vivait côte à 
C('(te avec celle de la betterave, sans que celle- 
ci en prît ombrage. Dans quelles proportions 
cette situation s'est-elle modifiée? C'est ce 
qui ressort du tableau suivant, établi d'après 
les statistiques officielles : 



1913 



1915 



1916 



1917 





lOCUreb 


hectares 


hec 


lares 


hectares' ' 


Nord 


6 15S 


2 


340 


1 


900 


3 


uOO 


Pas-de-Calais 


2 262 


1 


93;i 


i 


9S0 


2 


400 ; 


Somme 


I8n 




f.a 




110 




120 i 


Aisne 


» 'i 




■' 




« 




" 


Oi^^e 






12.-! 




.. 




» 


Eure-et-Li)ir 






40 




1} 




„ 1 


Loiret 


» 




" 




•• 




200 


Totaux... 


8 G21 


t 


.508 


3 


990 


6 


220 



De ce tableau il ressort très nettement que 
la chicorée a subi, comme toutes les cultures, 
les conséquences de la guerre; si elle s'est un 
peu relevée en 1917 par rapport à la situation 
antérieure, on ne saurait en conclure qu'elle 
a pris réellement de re.\ tension dansd'autres 
départements que ceux où elle était cultivée 
naguère. C'est, en efTel, seulement dans les 
départements du Nord et du Pas-de-Calais, 
qui ét^iient naguère le centre de cette culture, 
que cette reprise s'est accentuée. Quant aux 
200 hectares qui lui auraient été consacrés 
dans le Loiret, ils ne représentent qu'une 
surface infime par rapport à celles qui, 
dans ce département, ont été occupées par 
la betterave à sucre et par celle de distillerie; 
toujours d'après les statistiques du^ minis- 
tère de l'Agriculture, ces deux sortes de bet- 
teraves y ont occupé G 600 hectares en 1917. 

La vraie conclusion, c'est que la concur- 
rence faite actuellement par la chicorée à la 
betterave est un pur mirage; il est inutile 
d'insister davantage. 11 a pu arriver que des 
cultivateurs aient menacé les fabricants de 
sucre, avec la pensée d'obtenir de meilleurs 
prix, de substituer la chicorée à la betterave; 
cette menace n'a pas été réalisée. 

Henry Sagnier. 



ACADEMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE 



Séance du 2.3 janvier 1918. 
Préùdence de M. Ilaller. 

.M. L. Cayeiix fait hommage à l'Académie de 
deux très imporlants volumes qu'il vient àe 
publier dans les Mémoires tlii Service de la caHe 
(jéoloijique détaillée de la France sous le lilre : 
« Introduction à l'étude pétrograpliique des 
roclies sèdimentaires ». C'est le premier ouvrage 
Jidacliqiie traitant îles lOches sédimentaires 
aussi bien en France qu'à l'étraneer. 

La main-d'œuvre agricole. 

M. H. de Lapparent expose devant l'.Académie 
un résumé de ce qui a été fait pour parer au 
déficit de la main-d'œuvre agricole dans la 
mesure du possible; il rend compte du fonction- 
nement du Service central de la main-d'œuvre 
créé au ministère de l'Agriculture. 

Des renseignements fournis par M. de Lappa- 
rent, il résulterait notamment que le contin lient 
actuel de la main-d'œuvre agricole d'Etat per- 
manente y compris les détachés aux travaux 
agricoles des vieilles classes, comporterait 330 000 
à 3iO 000 ti'availleurs. En ce qui concerne les 
travailleurs étrangers, du 1«'' janvier 1916 au mois 
de septembre 1917, 88 837 Espagnols, travail- 
leurs agricoles, ont pénétré en France et 52 029, 
à la fin de cette période, y seraient restés. C'est 



l'Office national de la main-d'œuvre agricole qui 
est chargé du service de l'inimigration. 

Enquête de rAssociation nationale d'expansion 
économique. 

M. Viger offre à l'Académie, de la part de 
M. David-Mennet, président de l'Association na- 
tionale d'expansion économique, les six volumes 
in-S" publiés jusqu'ici et renfermant les résul- 
tats de la vasie enquête entreprise par l'Asso- 
ciation sur la production française et la concur- 
rence étrangère : quatre de ces volumes sont 
consacrés à l'industrie et au commerce, deux à 
l'agriculture. 

Les graines de betteraves à sucre. 

M. Emile Saitlard, correspondant, montre com- 
ment se présente, à l'heure actuelle, la question 
de la graine de betterave à sucre, et indique 
les travaux qui ont été entrepris jusqu'à ce jour 
par la Commission du ministère de l'Agriculture 
dont .M. Maurice de Xilmoiin est le président 
et dont il est le secrétaire général. 

Pour les ensemencements des 210 000 hectares 
de betteraves à sucre et des a^ 000 hectares de 
betteraves de distillerie, à raison de20à2ôkilogr. 
de graines par hectare, nous avions besoin avant 
cette guerre, d'environ 6 250 000 kilogr. de 



ACADÉMIE D'AGlUCL'LTtjaE UE FRANCE 



57 



graines dont les deux tiers nous venaient de 
l'étranger, surtout d'Allemagne. A l'iieure actuelle, 
les besoins de la France en graines de betteraves 
;\ sucre n'atteignent pas le tiers de ce qu'ils 
étaient avant la guerre, et il ne faudrait que 
i 000 à 1 200 hectares de betteraves porte- 
graines pour les satislaire. On a épuisé le stock 
français de i;raines allemandes, et on a employé 
des graines françaises et des graines russes, sur- 
tout des graines russes. 

L'approvisionnement de la France en graines 
de betteraves industrielles pour l'année 1918 est 
assuré, et nous aurons probablement de la 
graine en suffisance pour 1919, car la produc- 
tion en France a augmenté, elle est devenue, du 
reste, très avantageuse aux prix élevés actuels. 
Mais, sauf quelques exceptions, la graine pro- 
duite eu Fiance depuis la guerre provient de 
reproductions qui ne comportent aucune analyse 
de sélection, aucun contrule de la puissance 
héréditaire. 11 est indispensable de faire effort 
pour remédier à cette situation. Les essais cul- 
luraux poursuivis par M. Saillard, au Syndicat 
des fabricat.ts de sucre, ont précisé que nous 
pouvons produire en France de la graine valant 
la graiue allemande et que, d'autre part, la 
Kussie peut, elle aussi, produire d'aussi bonnes 
graines. 

La question des graines n'est pas le seul point 
faible de la production betteravière en France. 
Pour faire un sac de sucre blanc de 100 Icilogr., 
il faut au fabricant français 8?)0 kilogr. de bette- 
raves, et il n'en faut que 68a au fabricant alle- 
mand. La ferme française à betteraves produit 
31 sacs de sucre industriel par hectare; la ferme 
allemande en produit 41 sacs. Donc, il nous faut, 
parallèlement avec le développement de la pro- 
duction de la bonne graine, augmenter la pro- 
duction de sucre par hectare. 

Une Commission a été instituée au ministère 
de l'Agriculiure pour l'étude de ces questions. 
Elle a décidé de faire des essais de scleclion qui 
ont été commencés dès 1917 à l'Ecole pratique 
d'Agriculture du Chesnoy; en 1918 sera organisée 
la sélection par famille, voire même la sélection 
individuelle, pour tâcher de créer des têtes de 
races adaptées aux dilTérentes natures de terre. 
Vn concours entre les maisons de sélection est en 
même temps organisé. I''>i conconrs d'appareils 
destinés au séchage des graines de betteraves a été 
ouvert et un prix de 30 000 fr. a été affecté à ce 
concours. Enfin, des essais culluraux sur les bette- 
raves permettront de se rendre compte de l'in- 
fluence de certaines façons aratoires (labours 
profonds faits de bonne heure), de l'emploi des 
fumiers (avant l'hiver ou même pour la céréale 
qui précède la betterave dans l'assolement, etc.). 

Séance du 30 janvier 1918. 
Présidence de M. Haller. 

M. Mongenot présente à l'Académie, de la part 
de M. Guyot correspondant, et de M. RouUeau de 
la Roussière, une étude sur les principales dis- 
positions de la loi du 15 juillet 1914 relative à 



l'extension aux exploitations forestières de la loi 
du 9 avril 1898 sur les accidents du travail. 

M. Henry Sao'iier présente à l'.\cadémie, de la 
part des auteurs MM. L. Moreau et E. Vmet, 
directeur et sous-directeur de la Station œnolo- 
gique de Maine-et-Loire, une brochure impor- 
tante qu'ils ont publiée sous le titre : Etudes ntr 
la vinification des raisin': blancs de Chenin. 

M. Lindet présente une étude de MM. Rousseaux 
et Sirot sur la valeur boulangère des farines. Si, 
comme ils l'avaient antérieurement montré, la 
proportion de la matière a/.otée soluble par rap- 
port à celle de la matière totale, dans les farines 
de froment, est sensiblement constante, un tra- 
vail complémentaire a permis à MM. Uousseaux 
rt Sirot de constater que ce rapport toutefois 
diminue légèrement dans le> farines de froment 
tirées à un tau."c élevé d'extraction, ain'-i que dans 
celles qui ont été modifiées par des altérations 

Le marché aux bestiaux de La Villette en 1917. 

M. P. RoUin, correspondant, fait une commu- 
nication à l'Académie sur le marché aux bes- 
tiaux de La Villette en 191", que le .Journal re- 
iroduira prochainement; cette communication 
soulève quelques observalions. 

M. Ed. Tliéry relève ce fait signalé par M. llol- 
lin que les mesures prises par la préfecture de 
l'olice pour fixer les prix moyens du veau ont 
été inopérants et il en demande le motif. 

D'après M. Rollin, cela tient à ce que l'on pré- 
tendait fixer les prix d'après le poids des ani- 
maux, mais la question du rendement n'était 
pas résolue ; or, le vendeur estime sou animal à 
un rendement plus élevé que celui évalué par 
l'acheteur. Il n'y a pas de règle absolue en la 
matière. 

M. Henry Sagnier constate que la situationjdé- 
niontre une fois de plus la très mauvaise orga- 
nisation de la vente du bétail au marché de La 
\illette. Depuis longtemps, on réclame que cette 
vente se fasse au poids. Il est évident que le 
poids n'implique pas le rendement, mais les 
deux éléments se fortifient l'un l'autre. Si vous 
déterminez le poids d'un animal, le vendeur et 
l'acheteur n'ont plus qu'à discuter sur ses qua- 
lités intrinsèques, les dilficnltés sont diminuées 
d'autant. 

M. de Marcillac estime qu'au moins faudrait-il 
effectuer quelques pesées effectives d'animaux 
types de façon à établir les cours non d'une fa- 
lon empirique, mais d'après des précisions. Ainsi 
des mercuriales vraies pourraient éclairer les 
cultivateurs. Dans les abattoirs régionaux, il sera 
possible d'acheter les animaux au poids et de 
lixer des primes de rendement. 

Commanications diverses. 

M. Félicien Michotte fait une communication 
sur les plantes à papier. 

M. le capitaine Crebier communique une note 
sur l'Agriculture aux armées. 

H, HiTIBR. 



CORRESPONDANCE 



CORRESPONDANCE 



— M. B. G. (Seine-ei-(_iise). — Les moteurs à 
deux temps peuvent très bien s'appliquer aux 
appareils de culture mécanique; ils sont dérivés 
du moteur Day, de 1891, qui est décrit page 213, 
figure 207, dans l'ouvrage : Moteurs thermiques 
applicables à iafjricultuie (Librairie agricole de 
la Maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris. Le 
refroidissement par ailettes est indiqué dans le 
même ouvrage, p. 122, fig. lO"!, p. 2o7, flg. 2:i4- et 
2do. Plusieurs de ces moteurs étaient en fabri- 
cation courante avant la guerre; ils ont été si- 
gnalés dans le Journal cl Agriculture pratique, 
dans les comptes rendus des expositions"de ma- 
chines aux concours généraux agricoles de Paris. 
- (M. R.) 

— C. de V. {Saône-et -Loire). — Par suite de 
dégel un éboulement s'est produit dans un 
champ situé le long d'un chemin vicinal ordi- 
naire sur lequel la terre éboulée s'est répandue, 
ce qui gène la circulation, sans pourtant l'inter- 
rompre. Le maire soutient que le propriétaire 
du champ doit remettre le chemin en état et 
enlever les terres. Vous désirez savoir à qui 

ncombe ce travail. 

L'embarras de la voie publique constitue une 
contravei.'tion prévue par l'article 471 du Code 
pénal, mais seulement s'il n'y a pas eu néces- 
sité ou force majeure. 11 a été jugé que l'éboule- 
nient Je terres entraînées sur un chemin public 
par la fonte des neiges ou la chute de pluies 
prolongées constitue un cas de force majeure 
et que, par suite, il n'y avait pas dans ce fait, 
une contravention. iCassation, 28 juillet 1881. 
Dalloz, 1882, 1,95). 

Nous estimons, dès lors, que le propriétaire 
n'est pas tenu d'enlever les terres tombées (Cas- 
sation, 27 avriM898; Dalloz, 1898, 1.421), à moins 
qu'il ne veuille les reprendre ou que l'éboule- 
ment ne provienne pas exclusivement du dégel 
et ne puisse être imputé pour partie au fait du 
propriétaire. — (G. E. ; 

— M. V. R. {Vienne). — Vous trouverez des 
poêles spécialement établis pour brûler du bois 
chez M. E. Guillery, ingén'eur constructeur, 
133, rue Lamarck, à Paris; ces appareils de 
chauffage ont été établis récemment pour ré- 
pondre aux conditions actuelles. — (M. R.) 

— M. A. V. {Seine-et-Oise). — 11 est fort possible 
d'entretenir en bon état de travail des chevaux 
de labour, en le\ir dounant des tourteaux 
d'arachides, rufisque ou non rullsque, avec du 
foin et de la paille. 

%Le tourteau de palmiste qui vous coûterait 
moins cher vaudiait presque autant. Les che- 
vaux trouvent son goût moins agréable, mais ils 
ne tardent pas à s'y habituer. 

Comptez qu'un kilogramme de tourteau nour- 
rit mieux que la même quantité d'avoine. 

Donnez à vos poules et canards en liberté 



un mélange par moitié de tourteaux d'arachides 
et de palmiste. Ajoutez-y quelques grammes de 
poudre d'os verts, par tête et par jour, sans vous 
astreindre à aucune précision. 

11 serait inutile de vous indiquer d'autres pro- 
duits, vous ne réussiriez pas à vous les procurer. 

Les chevaux préfèrent les tourteaux secs, en 
morceaux. Pour la basse-cour, il convient de les 
distribuer en pâtées. — (A. G.) 

— N» 6183 {Loire-Inférieure). — Vous deman- 
dez : 1° si un soldat de la classe 1892, mobilisé 
en 1915, a droit au remboursement des effets 
civils apportés par lui lors de son incorporation: 
2° à qui une réclamation peut être adressée au 
sujet des permissions. 

1" et 2°. I.e remboursement des effets est sup- 
primé pour les hommes incorporés depuis le 
24 février 1917 (Circulaire du même jour). En ce 
qui concerne la période antérieure, la question 
est réglée par des instructions administratives 
intérieures que nous ne pouvons connaître. 

En tout cas, les réclamations, qu'il s'agisse de 
ce remboursement ou du tour de permission, 
doivent suivre la voie hiérarchique. — (G. E.) 

— E. C. {Meurthe-et-Moselle). — Un bail de 
pâturage fait pour une période de six ans de- 
vant prendre fin le l'"' mars 1917 dispose qu'à 
défaut par l'une des parties de prévenir l'autre 
une année à l'avance, le bail restera valable pour 
une autre durée de six années. Le bailleur 
est décédé en août )916. Le preneur a sous-loué 
à un tiers qui, lui-même, a sous-loué à d'autres 
personnes. Celles-ci ont payé le loyer pour 1916. 
— Vous demandez si, dans l'élat de la législa- 
tion actuelle, on peut opposer aux héritiers du 
bailleur la clause du bail indiquée ci-dessus. 

La tendance actuelle de la jurisprudence est 
de restreindre l'application de l'article a du dé- 
cret du 10 août 1914, qui édicté la suspension 
des clauses des contrats stipulant une déchéance 
en cas d'inexécution dans un délai ou à une 
date préfixe au cas où il s'agit de débiteurs 
auxquels cette déchéance pourrait être oppo- 
sable en temps normal, et de considérer cet 
article comme non applicable à l'accomplisse- 
ment d'une formalité à laquelle est subordonnée 
la naissance d'un droit, spécialement à la faculté 
réservée à l'une des parties contractantes de rési- 
lier une convention suivant certaines l'ormalités. 
vCour de Paris, 17 mars 1917. Gaz. des Tribun. 
27 mai 1917). 

Toutefois, comme la jurisprudence n'est pas 
unanime sur cette question, il conviendrait de 
savoir quelle est celle du Tribunal qui serait 
saisi. — (G. E.) 

Il ne faut jamais nous demander de répondre 
dans le prochain numéro, ce qui est le plus souvent 
impossible. 



REVUE COMMERCIALE 



39 



LA QUINZAINE MÉTÉOROLOGIQUE 

Semaine rfu 21 au il janvier 1918 (OBSERVATOIRE DU PARC SAINT-MAUH) 



JOURS 


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TEMPERATURE 


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RE.MARQUBS DIVERSES 




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Lundi 21 janv. 


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90.9 


+7.5 


« 


O.S 


2.3 


Pluie, beau temps le soir. 




Mardi 22 — 


» 


8.8 


13.5 


11.0 


+8.6 


» 


0.0 


3.2 


Pluie la nuit et le soir. 




Mercredi.. 23 — 


•■ 


7.3 


10,9 


9.8 


+7.3 


• 


0.0 


0.4 


Couvert, pluie. 




Jeudi 24 — 


•} 


2.9 


10.3 


-.0 


+ 4.5 


» 


2.3 


» 


Couvert le matin, brouillard 
le soir. 




Vendredi. 25 - 


» 


0.4 


10.0 


4 . 3 


+ 1.8 


•* 


5.6 


» 


Brouillard matin et soir. Beau 
temps. 




Samedi... 26 — 


■• 


— 0.2 


'..i 


3.5 


+ 0.9 


•* 


3.2 


» 


Beau temps. Brouillard. 




Dira 2: -• 


•> 


— 1.4 


10.1 


2.7 


+ 0.1 


» 


U ..) 


» 


Brouillard, gelée blanche., gi- 
vre. Beau temps. 




a»jiiiD(S m tolaoi 


•■ 


3.7 


10.5 


6.9 


» 


» 


18.4 
AU lien de 


5.9 


Pluie depuis le 1='' janvier : 




Ecarts sur la norisale .... 


,1 


+ 3.; 


+ 4.9 


+4.4 


» 


^^ 


6-> h. 8 




En 1918 42mm 














dQr. tbtor. 




Normale 3d"°> 








5e 


maine 


du 2h 


janv 


ier au 


3 février 1918. 




Lundi 28janv. 


" 


— 20.8 


10<'2 


2" 2 


— 0»; 


» 


7.2 


" 


Brouillard ; gelée blanche, gi- 
vre. Beau temps. 




Mardi.... 29 — 


„ 


~ 2.9 


10.0 


l.s 


— 0.9 


» 


6.3 


•' 


Brouillard ; gelée blanche, gi- 
vre. Beau temps. 




Mercredi . 30 — 


n 


— 3.3 


9.4 


1.7 


— 1.0 


» 


5.9 


» 


Brouillard ; gelée blanche, gi- 




Jeudi .... 31 — 


















vre. Beau temps. 




.> 


— 3.5 


2.7 


— O.S 


— 1.9 


w 


2.6 


» 


Brouillard ; gelée blanche, gi- 






















vre. Beau temps. 




Vendredi, l"' fé. 


" 


— 2.2 


0.3 


-1.2 


— i.O 


M 


0.0 


» 


Brouillard ; gelée blanche , 
temps couvert. 




Samedi .. 2 — 


» 


— 4.8 


10.2 


1.6 


— 1.2 


" 


7.3 


' 


Brouillard : gelée blanche , 
givre. Beau temps. 




Dimanche 3 — 


" 


— 0.4 


S. S 


4.2 
l.l 


+ 1.3 


» 


1.3 


" 


Gelée blanche ; temps couvert. 




iojtmes et totaux 




-2.8 


7.4 


» 


» 


30.6 

ai lieg de 
65 h. 1 
dit. théor. 


.. 


Pluie depuis le 1"' janvier : 




Icarts sir la Dornale 


" 


- 3.1 


+ 1.1 


-1.3 


» 


» 




En 1918 42min 

Normale 44nim 





(La publication des renseignements sur la pression barométrique et sur le vent est interdite par la 
censure au Bureau central météorologique.) 



REVUE COMMERCIALE 



Situation générale. — .4 la faveur d'une période 
de temps doux et humide, les blés sont entrés en 
végétation; les champs antérieurement protégés par 
un manteau de neige, ont pris un aspect verdoyant. 
Les derniers jours de janvier ont été marqués par un 
changement de temps caractérisé par l'abaissement 
de la température et une brume plus ou moins in- 
tense. 

Des gelées sont survenues. Elles ne semblent pas 
avoir causé jusqu'ici des dommages notables, mais on 
redoute, avec raison, un retour offensif du froid qui 
anéantirait les espérances fondées sur les céréales 
en terre, dont l'apparence est véritablement satisfai- 
sante. 

Les travaux des champs ont été repris activement. 



Des étendues importantes sont préparées pour rece- 
voir des blés de printemps ; oa continue la mise en 
état de nouvelles superficies. 

11 importe que la culture reçoive, en temps utile, 
les semences nécessaires et qu'on ne lui donne pas, 
comme l'an dernier, des blés souillés de graines de 
mauvaises herbes. 

Blés et Farines. — Il n'y a rien d'intéressant à 
signaler, si ce n'est que la marge entre les prix des 
bons blés et des blés défectueux est faible; ces der- 
niers sont payés presque aussi cher que les pre- 
miers. Les transactions se font à des prix voisins de 
la taxe, soit de 4S à 50 fr. le quintal. 

En Amérique, aux Etats-Unis, la sjtuatioii des blés 
d'automne est, dans l'ensemble, aussi bonne que 



60 



KEVL'E COMMERCIALE 



possible. Les prix sont inchangés au marché de New- 
York. Dans l'Argentine, le Congrès et le Sénat ont 
ratifié les achats de l)lé faits par la France et l'An- 
gleterre. Les «rrains qui arrivent dans les ports soat 
de heile qualité. Après avoir ûéchi, les prix suât 
devenus [ilus l'crmes; au marché de Buenos-Ayres, 
on cote 30 fr. les 100 kilogr. 

.Vlt'aires lentes et peu nombreuses en farines, par 
suite de la faihle activité des moulins. Les transac- 
tions se font sur la base des décrets et arrêtés. 

Sons. — Les ventes de sons se font au prix de la 
nouvelle taxe, soit 35 fr. le quintal pris au moulin. 

Seigles. — Les réquisitions de l'Intendance et les 
livraisons aux moulins absorbant la presque totalité 
des disponibilités, il y a peu de seigle chez les pro- 
ducteurs. I^es ventes se pratiquent au prix de 42 fr. 
les 100 kilogr. 

Orges. — Prix soutenus et ?e rapprochant de la 
taxe, soit 12 fr. les 100 kilogr. La qualité laisse par- 
fois à désirer. 

Avoines. — offres très réduites. L'approvisionne- 
ment reste difficile. On vend au taux de la taxe. 

Sarrasins. — transactions peu nombreuses en 
raison des faibles quantités disponibles. Les ventes 
ont lien au prix de 42 Ir. le quintal. 

Graines fourragères. — Les difficultés éprouvées 
pour se procurer des vagons ne permettent pas de 
taire venir les graines de luzerne du Midi, qui sont 
les plus recherchées par la culture. 11 est à craindre 
qu'on ne puisse faire les semis en temps voulu. 

Les graines de trélle de belle qualité sont assez 
rares; leurs prix se sont raffermis. 

Les cours des autres graines fourragères restent 
stationuaires. 

Fourrages. — Prix variant, suivant provenance et 
qualité, de 20 à 3.5 fr. les 100 kilogr. départ. 

Pailles. — Sur divers marchés des départements, 
la paille de froment est cotée de IS à 20 fr.; celle de 
seigle de 20 à 22 fr. le quintal départ. 

Bétail. — Voici le relevé du dernier marciié de 
La Villetlo à. Paris (4 février) : 

PRIX DO KILOG. 



Amenés. (Invendus. 



Bœuts 

Vaches . t 

Taureaux 

Veaux i 

Moutons ! 

Porcs i 



1 ■;:, ; 

1 «4 
14 301 
'i 650 



2CÛ 



A.U POIDS NKT. 



1" 

qnal. 
3.62 
3.62 
3.98 
5.62 
5.30 
5.30 



2» 
qnal. 
3.38 
3.49 

3.08 

4 92 
5.00 

5 18 



3- 

quai. 
3.08 
3.03 
2.96 
■i.12 
4.70 
4.9D 



Prix extrêmes du kilogramme. 



Bœufs . . . , 
Vaches . . . 
Taureaux.. 

Veaux 

Moutons. . 
Fores 



Au poids vif. 
1.39 à 2.34 

i.n 2.34 



1.29 
1.76 
1.13 

2.83 



3.03 
3.55 
2.88 
3.92 



Au poids net. 

2.5« à 3.90 

2.34 3.'Ju 

2.58 li.s-i 

3.52 i.'M 

3.60 6.00 

4.04 5..' 



Dans les départements, on cote ; 

Bordeaux, par kilogr. poids net : bœufs, l.sO à 
2.10; vaches, 1.70 à 3 fr.; veaux, 3.80 à 4."U; mou- 
tons, 4 à 5 fr.; par kilogr. vif, porcs, 3.'i0 à 4.10. 

Avignon, par kilogr. poids net : bœufs, 2.9(i à 
3.30; vaches, 2.40 à 2.90; moutons, 4.2u à -LSO; 
porcs, 4. yo à 5.10; par kilogr. vif: veaux, I.TD à 
2.10. 

Bo«f(/, par kilogr. vif: veaux, 2.20 à 2.80. 



Caei. par kilogr. poids net : vaches, 3 à 3.80 ; 
veaux, 4.40 à 5.20, moutons, 5.20 à G. 10 

Chavires, par kilogr. poids net : veaux gras, 4 20 
à 5 fr. 

Cliolel, par kilogr. vif : bœufs, 1.40 à 1..ÏÛ ; vaches, 
1.35 à 1.45. 

Lyon, par kilogr. poids net : bœufs, 2.76 à :!.; i ; 
veaux, 2.56 à 3.33 ; moutons, 4.48 à 5.20. 

Kouen, par kilogr. poids net : veaux, 3.60 à 5.60; 
par kilogr. poids vif : porcs, 2.80 à. 3.60. 

Viandes. — Derniers cours officiels aux Halles 
Centrales de Paris (par kilogr.) : 

Bauf. 
•i 20 à A 50 TraiDS 2 80 à 3 30 



1/4 de derrière 

1/4 de devant. 2 CO 2 60 

Aloyau .... :f 00 4 60 

Palerun .... 2 40 2 00 



Cuisses .... 2 60 3 40 
Pis et collet. . 2 20 3 00 
Bavette .... 2 60 3 60 



Veau. 

Extra 4 60 à 5 40 Pans et cuiss. 4 40 à 5 40 

1" qualité. . . 4 50 4 50 Veaux de Caen: 

2" — ... 4 10 4-10 1/4 de devant.. 3.80 à 4.60 

3- — ... 3 80 4 00 1/4 de derrière. » » 

Veaux bretons. 3 00 'i 40 

.Mouton, 

r. 00 à 5 40 Gigot 4 50 à 6 40 

4 50 4 90 Carrés parés. . 4 00 7 «0 
:^ SO i 40 Agneaux ..." » 

Porc. 
5 Id 



1" qualit»^. 

2* 

3- - .' 



Entier 4 50 

l'o qualité. . . « 
2< — . . . 

Poit. fraîches. 3 60 



00 



Filets 4 40 à 6 00 

Jambons ... 3 60 5 00 

Reins 3 00 5 30 

Poit. salées . . » " 



Suifs. — Cours en baisse de o fr. A la Bourse de 
Paris, la cote officielle est de 335 fr. les 100 kilogr. 

Vins. — .VITaires toujours difficiles par suite du 
manque de moyens de transport et prix fermement 
tenus. Les vins rouges ordinaires du Midi se paient 
de 85 à 88 fr. et les vins rouaes de bonne qualité de 
90 à 105 fr. l'hectolitre nu, chez le récoltant. 

Dans plusieurs départements du Centre, les vigne- 
rons ont refusé de livrer leurs vins aux prix établis 
par les Commissions chargées d'établir les prix de 
réquisition; ils estiment que si ces prix conviennent 
pour les départements gros producteurs, ils sont in- 
suffisants pour les vins de qualité. 

Les vins de la Loire-Inférieure valent à la pièce : 
gros plants 190 à 220 fr., muscadets 225 à 275 fr. 

En Algérie, les vins valent de 62 à 82 fr. l'hecto- 
litre suivant degré et qualité. 

Pommes à cidre. — Les derniers lots de pommes 
de Normandie ont trouvé acheteurs à 125 fr. la tonne 
départ. 

Huiles d'olives. — Dans les Bouches-du-Rhône, on 
paie de 390 à 415 fr. les 100 kilogr. 

Beurres. — Sur les marchés de Normandie, le 
kilogr. est payé de 8 à 9 fr. 

Œufs. — Dans les déi<artements, les œufs valent 
de i à i fr. 50 la douzaine. 

miels. — Les prix des miels varient, suivant le 
pays et la qualité, de 4 à 5 fr. le kilogr. 

Amandes. — Les cours se raffermissent. Au marché 
d'Aix-en-Provence, on paie, par lOO kilogr.; Prin- 
cesses 330 à 350; à la Dame 215 à 220; Matheronnes 
210 il 215. 

li. DuBAKIi. 

Le gérant : Charles DniREix. 
Paris. — L Maretbkux, imprimeur, 1, rue Cassette. 



CHKONIQUE AGRICOLE 



61 



CHRONIQUE AGRICOLE 



L'organisation au point de vue économique après la guerre. — Discussion d'une interpellation au Sénat sur 
ce sujet. — Déclaration de M. (;lémenlel sur les volontés Ju Gouvernement. — Loi relative aux sanc- 
tions puur l'apiilicatiou des règlements sur le ravitaillement. — Nouvelles mesures édictées. — Docu- 
ments orfieiels sur la récolte des pommes à cidre et la production des cidres. — Date» de» examens 

d'admission à l'Institut national agronomique et aux Écules nationales d'Agriculture en 1918. Hépar- 

lition des i-emerices de bli's de priutemps. — Organisation d'un Congre.? de l'Étang à Paris. Konction- 

ni-ment du Service d'Inspection phytopathologique en 1917. — Accroissement des exportations de plants. 

— .Nomination d'un nouveau directeur du Service de la culture des terres. — Sur la participation de 
l'aruiée aux travaux agricoles. — Les détachements militaires temporaires pour la période de |.rineui|is. 

— La réducation des mutilés de la guerre .i Besançon. — Les sorties de vins en France et en Algérie 
jusqu'au 31 janvier. — Nouveaux prix maxima pour l'achat des pommes de terre à la culture. — Condi- 
tions fixées pour les plants de semence. — Création d'uue École d'Agriculture pour les indigènes dans 
l'Afrique occidentale française. 



La lutte économique. 
La guerre mondiale aura ses conséquences 
inéluctables, non seulement au point de vue 
militaire, mais aussi au point de vue écono- 
mique. Quand la victoire des Alliés aura 
abattu le militarisme allemand, de très 
graves problèmes resteront à résoudre. On 
s'en prf'oecupe avec raison, et des projets 
sont lancés chaque jour dans la circulation. 
On ne saurait donc s'étonner qu'une interpel- 
lation présentée par M. Perchot sur ce sujet 
ail été discutée au Sénat dans la séance du 
7 février. L'honorable sénateur demandait 
au Gouvernement de faire connaître ses pro- 
jets en vue d'une union économique des na- 
tions amies et alliées. 

Le su[et est très délicat. La discussion a 
permis à' M. Clémentel, ministre du Com- 
merce et de l'Industrie, d'exposer les condi- 
tions dans lesquelles cette union économique 
a été réalisée, pendant la période de guerre, 
pour l'importa ion des matières premières et 
des denrées alimentaires. On doit reconnaître 
que les efforts du Gouvernement français, 
représenté dans la circonstance par M. Clé- 
mentel depuis 'leux ans et demi, n'ont pas peu 
contribué à créer, puis à cimenter cette 
union, 'lais si le présent est essentiel, l'ave- 
nir ne soulève pas de moins graves préoccu- 
pation'*. L'interpellation de M. Perchot por- 
tail surtout sur ce dernier point. 

Celui-ci avait pour objectif principal d'en- 
gager le Gouvernement à s'entendre avec les 
Gouvernements alliés, non seulement pour 
maintenir l'union économique actuelle, mais 
conclure une union douanière permanente 
d'où les n liions ennemies seraient exclues. 
Cette dernière conclusion ne pouvait man- 
quer de soulever des protestations. Ces pro- 
leslatio'is ont été présentées par M. Touron 
dans des termes très énergiques. Il a fait 
ressortir qu'après la guerre la France sera, 
même vis-à-vis des Alliés, plus épuisée que 

21 Février 1918. — N« 4. 



personne, elle devra d'abord pouvoir se recons- 
tituer; par conséquent, il est impossible de 
songera une union douanière qui la mettrait 
dans un état évident d'infériorité à l'égard 
des nations amies. 

M. Clémentel n'a pas hésité à reconnaître 
ces vérités. Il a neltemenl déclaré « que nous 
devons chercher un programme économique 
qui nous renie indépendants de tnus et qui 
mette la France métropolitaine el coloniale à 
même de faire surgir la richesse incorporée 
à son sol ». C'est cette pensée qui a conduit 
le Gouvernement français à dénoncer tous ses 
accords commerciaux afin d'avoir les mains 
libres. 

C'esl ce que l'on doit retenir, au point de 
vue des intérêts de l'Agriculture, c'est à dire 
du pays lui-même, de ce court débat qui 
n'aura pas été inutile, car il aura contribué à 
dissiper des utopies dangereuses. 

Les restrictions alimentaires. 

Jusqu'ici, la plupart des prescriptions or- 
données en matière de ravitaillement alimen- 
taire n'ont été appliquées que dans des pro- 
portions très insuffisantes. Elles étaient mé- 
connues, non seulement par le commerce, 
mais souveni même parles aulorités admi- 
nislratives: par exemple, des préfets auraient 
été passibles de poursuites pour avoir livré 
du blé aux meuniers à un prix supérieur au 
taux fixé par la taxe. D'ailleurs, les sanctions 
manquaieni, el leur absence provoquait une 
véritable anarchie qui a duré trop longtemps. 
Cependant, il est absolument nécessaire que 
les restrictions imposées soient réellement 
appliquées pour que le ravitaillement du 
pays s'opère aussi régulièrement que pos- 
sible. C'est pourquoi le Gouvernement a pié- 
senté au Parlement, qui l'a adopté, un pro- 
jet ayant pour objet de créer des sanctions 
pénales aux infractions aux règlements sur 
le ravitaillement; ce projet est devenu la loi 

1918. — 4 



(;2 



CHRONIQUE AGRICOLE 



du 10 février, donl on trouvera le texte plus 
loin (p. 66). 

Le ministre de l'Agriculture et du Ravitai 1 
lement a pris un certain nombre de mesures 
donl la nouvelle loi permet l'application 
rigoureuse. Quoique ces mesures ne touchent 
pas directement les agriculteurs, il n'est pas 
inutile de les indiquer ici. Elles portent sur 
la suppression de la pâtisserie, de la biscui- 
terie, de la confiserie, de la préparation des 
fruits confits ou glacés, des chocolats de 
lu.xe. La consommation du lait frais et du 
lait condensé, des fromages mous, des 
crèmes pures ou mélangées, des entremets 
sucrés, du pain de fantaisie, est également 
soumise à des règles précises et sévères. On 
doit compter que l'unité de direction, qui a 
trop souvent manqué, assurera partout l'exé- 
cution du programme qui n'apporte pas, en 
réalité, d'innovation réelle aux mesures édic- 
tées précédemment, mais dont l'exécution 
était restée à l'état confus. 

Production des cidres en 1917. 

Le ministère de l'Agriculture ((Jflîce de 
renseignements agricoles) a publié au Jour- 
nal Officiel les réî'ultats approximatifs de la 
récolte des pommes et poires à cidre et une 
évaluation de la production des cidres et des 
poirés. 

Voici le résumé de ces documents : 

Tommes Production 

et des 

poires à cidre. cidres et poirés. 



iNord-Ouest. 

Nord 

Nord-Est . . 

Ouest 

Centre 

Est 

Sud-Ouest.. 

Sud 

Sud-Est.... 



quintaux 
23 435 600 

4 808 300 
213 500 

2 857 900 

2 157 300 

923 900 

209 900 

238 200 

21 600 



Totaux... 34 865 600 

1916 8 826 100 

1915 37 334 960 

1914 2i 254 140 

1913 51 268 910 

1912 23 948 260 



hectolitres 
14 810 500 

3 503 100 
127 000 

1 816 700 

1 138 200 

387 700 

107 470 

105 200 

13 000 

22 068 870 

6 409 710 
29 507 300 
17 080 300 
26 129 660 
15 879 580 



Fortement réduite en 1916, la production 
des cidres a été, en 1917, une des plus im- 
portantes dans la série des six dernières an- 
nées. 

Institut agronomique 
et Ecoles nationales d'Agriculture. 

La note suivante indique les conditions 
dans lesquelles les examens d'admission au- 
ront lieu en 1918 : 



1° Inslilut national agronomi(/ite. — Les 
(épreuves écrites auront lieu les 21, 22 et 23 mars. 
Les candidats non militaires subiront ces épreu- 
ves, à leur choi.x, soit à l'aris, dans un local qui 
sera ultérieurement désigné, soit en province, à 
.■Vlger, Angers, Lyon et Toulouse. Les candidats 
militaires subiront obligatoirement ces épreuves : 
à Paris pour les candidats en provenance des 
armées; dans celui des centres, désignés plus 
haut, le plus rapproché de leur dépôt, pour les 
candidats en provenance des dépôts. 

Les épreuves orales auront lieu à Paris les 
8 avril et jours suivants pour tous les candidats. 

i^Ecoles nationales cV Agriculture.— Las épreuves 
écrites auront lieu les 25, 26 et 27 mars. Pour 
ces épreuves, les conditions sont les mêmes que 
pour l'Institut agronomique. 

Les épreuves orales auront lieu à Paris les 11 
et 12 avril pour tous les candidats militaires, les 
mêmes jours et jours suivants pour les candidats 
non militaires ayant demandé à subir ces 
épreuves à Paris. Les dates des examens oraux 
à Toulouse et à Lyon pour les candidats non mi- 
litaires ayant indiqué ces centres seront fixées 
ultérieurement. 

Les candidats doivent adresser leur de- 
mande d'admission au ministère de l'Agri- 
culture, à Paris, avant le l" mars. 

Pour les blés de printemps. 

M. Compère-Morel, député, commissaire à 
l'Agriculture, a fait publier la note qui suit : 

Un très grand nombre d'agriculteurs ne pos- 
sédant aucune semence de blé de printemps, le 
Commissaire aux céréales a fait tous ses efforts 
pour que celles-ci leur soient livrées en temps 
voulu, et la préparation des ensemencements de 
printemps se poursuit dans des conditions parti- 
culièrement favorables. 

A la date du 8 février, les demandes trans- 
mises par les préfets s'élevaient à H7 500 quin- 
taux sur lesquels 83 248 quintaux ont été livrés 
entre le 11 janvier et le 9 février. Déjà quarante- 
cinq départements ont reçu la totalité de leurs 
besoins. 

Des instructions sont données aux régisseurs 
des ports pour la répartition 'mmédiate des 
35 000 quintaux représentant la différence. 

En outre, pour satisfaire les demandes des re- 
tardataires, M. Compère-Morel, d'accord avec 
les Services du ravitaillaraent, a fait constituer 
un stock de réserve de 25 000 à 30 000 quintaux. 

En vue de faciliter la répartition de cette ré- 
serve, les cultivateurs sont invités à produire 
leur demande dans le plus bref délai par l'inter- 
médiaire des préfets. 

On ne peut que se féliciter des efforts qui 
sont faits pour donner satisfaction aux 
besoins des cultivateurs. 

Congrès de lEtang. 
Un Congrès réunissant les propriétaires et 
fermiers d'étangs français se tiendra à Paris, 



CHUOxN'lQUE AGRICOLE 

du 18 au 23 mars, au Musée Social (o, rue Las 
Cases), sous la présidence deM. H. Gomol, sé- 
nateur, ancien ministre de l'Agriculture. Ce 
Congrès a pour objet l'étude de l'augmentation 
et de l'amélioration du rendement des étangs 
en poissons par l'élevage intensif de carpes de 
races améliorées et par l'organisation tech- 
nique et commerciale de cotte production. 

Les questions d'élevage, de commerce et 
de législation seront étudiées dans des sec- 
tions spéciales, à l'aide de rapports préparés 
par le Comité d'organisation. Le docteur 
F. Roule, professeur au Muséum d'histoire 
naturelle, fera plusieurs conférences sur les 
races sélectionnées de carpes, les méthodes 
d'alevinage et d'élevage, l'alimentation et la 
croissance des carpes d'élevage. En outre, 
des visites seront organisées au pavillon de 
vente des Halles centrales de Paris, dans des 
poissonneries particulières, dans des entre- 
pôts frigorifiques et pour voir des vagons 
spécialisés au transport du poisson vivant. 

L'admission au Congrès est gratuite. Des 
cartes seront délivrées aux personnes qui 
auront envoyé leur adhésion avant le 
1" mars à M. Poher, secrétaire général 
adjoint du Congrès, 1, place Valhubert, à 
Paris (13*). La Compagnie du chemin de fer 
d'Orléans donnera des facilités de transport 
aux adhérents sur son réseau. 



L'inspection phytopathologique. 

Nous avons reçu le document suivant : 

Le nombre des établissements agricole^;, hor- 
ticoles et viticoles inscrits sur les listes du Ser- 
vice d'Inspection phytopathologiqae s'est encore 
accru en 191". Alors qu'il était de 83 en 1914, il 
est passé successivement à 103 en 1913, à 132 en 
1916, à l'jl en 1917. Ces 157 établissements 
avaient leurs cultures réparties dans 269 com- 
munes. 

Malfiré les grandes difOcultés rencontrées par 
nos exportateurs, par suite des circonstances ac- 
tuelles, la valeur de nos exportations de végé- 
taux dans les pays exigeant des certificats sani- 
tuiies est en augmentation sur les années pré- 
cédentes. Elle s'élevait à 1 464 986 fr. en 1914, à 
2 466 110 fr. en 1914, à 3 447 900 fr. en 1916; 
elle a atteint 3 698 560 fr. en 1917. C'est là une 
heureuse constatation qui montre combien nos 
produits, sous les garanties offertes par notre 
Service d'Inspection phytopathologique, sont ap- 
préciés à l'étrangei-. 

Les établissements soumis au contrôle de 
l'Etat étaient répartis, en 1917, en 15 circons- 
criptions et l'inspection sanitaire des cultures et 
des envois a été assurée par 34 entomologistes 
et crypt'igamistes, sous la direction de M. le doc- 
teur Marchai, membre de l'Institut, directeur de 
la Station eutomoloyique de Paris. 

Il convient de signaler les résultats particuliè- 



63 

rement satisfaisants donnés par le contrôle sa- 
nitaire des envois, établi d'une façon perma- 
nente à Angers, centre extrêmement important 
du commerce horticole, pendant toute la période 
des expéditions. 

En conformité des dispositions du décret du 
février 1915, les pépiniéristes-exportateurs aux- 
qu?ls les certificats sanitaires sont délivrés ont à 
supporter les dépenses du service, proportion- 
nellement à la valeur de leurs exportations ; 
pour l'année 1917, ils ont eu à payer, en dehors 
de la taxe fixe de 25 francs, un droit de 1.04 
pour 1 000. 

En vue de la campagne 1918-1919, les ins- 
criptions au Service d'Inspection phytopatho- 
logique sont reçues jusqu'au 1" avril pro- 
chain. Des modèles de demandes sont en- 
voyés aux intéressés, sur lettre adressée au 
ministre de l'Agriculture (Service des Epi- 
phyties, 42 bis, rue de Bourgogne, Paris). 

Service de la culture des terres. 
Par un décret en dale du 7 février, le capi- 
taine Goudard, chef du Service automobile 
rural, est nommé chef du Service de la mise 
en culture des terres, en remplacement de 
M. Lucas, relevé de ses fonctions sur sa de- 
mande. 

L Armée et l'Agriculture. 

Voici une citation que nous reproduisons 
avec plaisir : 

Lieutenant de M'inicauU, adjoint au comman- 
dant du Service automobile du ....' corps de ca- 
valerie : Chargé de la direction des Services agri- 
coles du C. C, a organisé sur le front, dans le 
secteur de Livry-sur-Vesle, près de Soissons et 
de Ueitns, la mise en culture de près d'un mil- 
lier d'hectares abandonnés par leurs propriétai- 
res en raison des bombardements fréquents aux- 
quels ils étaient soumis. A recueilli ^\, sauvé de 
la destruction un matériel considérable et déter- 
miné, par son insistance persuasive et son 
exemple, la -remise en culture de nombreux 
terrains laissés en jachères. 

Le capitaine Cribler, officier agricole d'une 
armée opérant en Lorraine, a fait connaître 
à l'Académie d'Agriculture que, dans le sec- 
teur qu'il dirige, il a été cultivé en 1917 une 
surface de 970 hectares, tant pour le compte 
de Comités d'action agricole que pour le 
compte de l'Etat; dans cette même année 
1917, l'armée a fourni aux cultivateurs du 
département de Meurlhe-et-Moselle plus de 
700 000 journées d'hommes et de 300 000 
journées de chevaux. 

La main-d œuvre militaire. 
Par une circulaire adressée le 4 février aux 
généraux commandant les régions dans la 
zone de l'intérieur, le ministre de la Guerre a 



CHRONIQUE AGRICOLE 



insisté sur la nécessité d'appeler l'attention 
des commandants de dépôts et des chefs de 
service sur l'importance des travaux agri- 
cooles pendant la période des semailles de 
printemps. Il a fait ressortir l'intérêt qui s'at- 
tache à ce qu'il soit accordé pendant cette 
période, jusqu'au 1" mai, le maximum de dé- 
tachements temporaires et aussi longs que 
le permettront les nécessités du service, con- 
formément aux propositions des Commissions 
départementales de la main-d'oMivre agricole. 
D'au ire pari, les formalités relatives à la 
transmission des propositions de ces Com- 
missions sont simplifiées. Mais il importe 
toujours que les commandants de dépôts 
n'opposent pas, comme il est arrivé trop sou 
vent, de la résistance aux instructions qu 
leur sont données. 

Rééducation des mutilés. 

Nous avons annoncé précédemment qu'un 
centre d'enseignement agricole a été créé 
pour les mutilés de la guerre à Besançon- 
Palente (propriété Poulet). Des journées agri- 
coles y seront organisées tous les jeudis pen- 
dant l'hiver; elles portent sur un programme 
qui comporte les dilFérentes branches de la 
production et les industries rurales. 

Les agriculteurs du département du Doubs 
sont invités à profiter des avantages de ces 
conférences et des applications pratiques 
qu'elles comportent. Pour lous renseigne- 
ments, on doit s'adresser à M. Rousset, di- 
recteur des Services agricoles, Maison de 
l'Agriculture, à Besançon. 

Commerce des vins. 

La Direction générale des contributions 
indirectes a publié les documents sur les 
sorties de vins des caves des récoltants pen- 
dant les quatre premiers mois -de la cam- 
pagne 1917-1'Jl.S. 

En France, les sorties se sont élevées à 
2 138 973 hectolitres pendant le mois de jan- 
vier, ce qui porte à 9 204 288 hectolitres le 
total pour les quatre mois. Pendant cette pé- 
riode, les quantités soumises au droit de cir- 
culation ont été de 10 482 .599 hectolitres. 

En Algérie, les sorties du mois de janvier 
ont été de 437 778 hectolitres, et celles des 
litres en quatre mois de 3 080 716 hectolitres. 

Au 31 janvier, le stock commercial chez les 
marchands en gros était de 6 948 609 hecto- 
litres en France et de 908 073 en Algérie. 

Prix des pommes de terre. 

Un arrêté du ministre de l'Agriculture et 
du Ravitaillement a modifié comme il suit les 



prix maxima pour les achats de pommes de 
terre à la culture : 

Catégorie supérieure : 27 fr. — Type de Hol- 
lande à chair jaune. 

i'^ catégorie : 22 fr. — Saucisse rouge, Royale 
kidney, Géante Fluck, Ronde jaune et leurs va- 
riétés.^ 

2"^ catégorie : 20 fr. — Early rose, Magnum 
bonum, Fin de siècle ou Up lo date et leurs va- 
riétés. 

3« catégorie : 18 fr. — Institut de Beau vais, 
Vosgienne chardon à chair jaune et leurs varié- 
tés. 

4' catégorie : 10 fr. ■ — Professeur Woltnian, 
Merveille d'Amérique, Chardon à chair blanche, 
Géante bleue, et autres variétés fourragères. 

11 sera désormais alloué, en sus des prix ci- 
dessus fixés, pour frais de conservation et pour 
décliet, une prime de 30 centimes par 100 kilo- 
grammes et par mois. 

Ces prix d'achat à la culture ne pourront pas 
être majores d'une somme supérieure à 1 fr. par 
quintal pour tous frais accessoires, tels que mise 
en sacs, transport par voie de terre jusqu'à la 
gare, chargement sur vagon. 

Ces prix doivent rester en vigueur jusqu'à 
la récolte 1918. Comme la date de maturité 
varie beaucoup suivant les variétés, il semble 
probable qu'ils seront raodiliés en consé- 
quence. 

La rémunération des marchands eu gros 
est fixée, comme précédemment, en deliors 
des frais de transport par voies ferrées, à 
3 fr. par 100 kilogrammes, et celle des mar- 
chands détaillants à 6 fr. 

Les prix d'achat sont fixés aux mêmes 
taux pour les tubercules de semences non 
triés; mais une majoration de ;2 fr. par 
100 kilogr. est prévue pour les plants triés et 
calibrés. 

L'enseignement agricole aux Colonies. 

Un décret du 14 janvier, provoqué par le 
ministre des Colonies, a ordonné qu'il sera 
institué dans l'Afrique occidentale française 
une école destinée à donner aux indigènes 
un enseignement théorique et pratique. Une 
section de cette école sera consacrée à la mé- 
decine vétérinaire coloniale. 

Le gouverneur général doit mettre à 
l'étude immédiatement tout ce qui concerne 
la construction et l'organisation de cette 
école et indiquer, dans un délai de trois mois 
au plus, à l'aide de quris moyens financiers 
il sera pourvu aux dépenses résultant de 
cette création. Des arrêtés fixeront l'emplace- 
ment et les conditions de fonctionnement de 
cette école. 

IIemu" Sacnier. 



UMlTi^ UE L'EMPLOI RÉMUNÉUATEUR Dr.S ENGRALS DANS LK SOISSONXAIS 



LIMITE DE L'E3IPL0I REMUNERxiTEUR DES ENGRAIS 

DANS LE SOISSONNAIS 



Il m'a paru nécessaire, devant les cours 
élevés actuellement atteints, de chercher à 
me rendre compte si l'emploi des engrais 
chimiques peut encore être rémunérateur. 

Le nitrate de soude coûtait 24 fr. les 100 ki- 
logr. en 191i, il est monté à i20 fr.; le sul- 
fate d'ammoniaque est passé de 30 à 135 fr.; le 
superphosphate de 6 à 28 fr., alors que le blé 
coté 28 fr. en 1!)13-1914 est taxé à 60 fr. pour 
la récolte prochaine. 

11 est évident que, le pri.\ du blé étant fixé 
par avance, il exisie pour les engrais un prix 
limite au delà duquel le résultat économique 
de leur emphii devient une perte. 

J'ai essayé d'établir ce prix limite par raj)- 
port au prix du blé. Remarquant que le 'blé 
est la céréale que les pouvoirs publics ont 
prétendu favoriser, il est possible d'admettre 
que le prix maximum d'engrais déterminé 
par rapport au blé sera plutôt trop fort pour 
les autres produits de nos récoltes. 

D'après les expériences poursuivies pen- 
dant plus d'un demi-siècle en Angleterre par 
Lawes et Gilbert, d'après les éludes des sa- 
vants français Grandeau, Risler, Miintz et Gi- 
rard sur le blé ei les engrais, et en tablant 
sur les renseignements fournis par la comp- 
tabilité agricole de fermes du Soissonnais, je 
crois que l'on peut admettre qu'une bonne 
terre analogue à celle des plateaux de notre 
région peut produire, sans fumure, et venant 
après une céréale (j'entends par terre sans 
fumure, une terre où tous les engrais mis 
dans le sol pour des récoltes antérieures ont 
été épuisés) : 

7 quintaux de blé par hectare si les condi- 
tions météorologiques sont défavorables. 

12 quintaux si elles sont moyennes. 

. 17 quintaux si elles sont très favorables. 

En donnant au sol une fumure composée 
de 60 kilogr. d'azote soluble (300 kilogr. de 
sulfate ammoniaque), 30 kilogr. d'acide phos- 
phorique (200 kilogr. dé superphosphate i, 
fumure qui représente l'équivalent des élé- 
ments fertilisants enlevés par hectare à la 
terre par une récolte de blé ordinaire, on ob- 
tiendrait : 10 quintaux de blé avec de mau- 
vaises conditions atmosphériques; 17 avec 
des conditions moyennes ; 27 avec de très 
bonnes conditions. 

Ce qui donne un supplément de récolte en 
grain altribuable aux engrais de 3, a et 
10 quintaux dans chacun des cas considérés. 



l^a quantité de paille en excédent est sensi- 
blement proportionnelle à la quantité de 
grain ; elle peut compenser les frais d'épan- 
dage des engrais, et les frais de moisson et 
de battage du supplément de récolle. 

Comparons maintenant le résultat écono- 
mique de la fumure considérée, employée aux 
cours d'avant la guerre, avec celui que la 
même fumure donnerait en 1918 et au cours 
actuel des denrées. 

Prix lie la fu»iu>-e. 

1914 

francs 
300 kilogr. de sulfate ammoniaque à 30 fr.. 90 
200 — de superphosphate à 6 fr 12 

ïolal 102 

1918 

300 kilogr. de sulfate ammoniaque à 135 fr. 405 

200 — de superphosphate à 28 fr 5fi 

Total 461 

Valeur des récolles allribuée aux engrais. 

1914 

l"cas, 3 quint, à 2S fr. = Si — 102 = — 18 fr. 

2e cas, .'1 — 28 » = 140 — 102 = -t- 48 » 

Z<- cas, 10 — 28 » = 280 — 102 = -j- 118 » 

1918 

l<=|-cas, 3 quint, à 60 fr. = 180 — 461 = — 281 fr. 

2= cas, — 60 .. = 300 — 461 = — 161 » 

3' cas,10 — 60 .. = 600 — 461 = + 139 » 

Je ne prétends pas que les chiffres ci-des- 
sus puissent être considérés en valeur abso 
lue, mais ils gardent toute leur force comme 
termes de comparaison, et l'on peut dire : 
« Si une fumure composée de 60 kilogr. 
d'azote soluble et de 30 kilogr. d'acide phos- 
phoriqup laissait au cultivateur en année 
ordinaire un bénéfice de -48 fr. par hectare, 
la même fumure employée en 1918, dans les 
mêmes conditions, lui occasionnerait une 
perte de 161 fr. par hectare ». 

L'emploi des engrais chimiques sérail donc 
impossible pour 1918, si rien ne venait réta- 
blir l'équilibre entre le prix des récolles et 
celui des éléments ferlilisants. Four que nous 
puissions les utiliser, il faudrait que la fu- 
mure coulant environ 100 francs avant la 
guerre, nous fût fournie à 240 fr., ce qui cor- 
respond à 70 fr. par 100 kilogr. pour le sul- 
fate d'ammoniaque et à 15 fr. pour le super- 
phosphate, soit à 3 fr. 50 l'unité d'azote et à 
1 franc l'unité d'acide phosphorique. 

Ce sont, pour notre région, les prix limites 
au delà desquels l'emploi des engrais chi- 



6(5 



TRAVAUX DE CULTURE 



miques risque de devenir désastreux si le 
prix du blé reste immuablement fixé à 60 fr. 
Il semblerait a priori difficile d'admettre 
ijue les cours des engrais puissent se main- 
tenir très au-dessus de la limite qui en pros- 
crit l'emploi sur nos récoltes. Le fait s'expli- 
que, si l'on songe que le prix limite varie 
suivant les régions; il est probable que le 
vin, par exemple, qui a augmenté si consi- 
dérablement de prix, peut facilement sup- 



porter les cours actuels, et élant donné que 
les rapports officiels laissent entendre que 
la quantité d'engrais destinés aux usages 
agricoles n'est que les 20 0/0 de la quantité 
employée avant la guerre, je ne serais pas 
surpris que la culture de la vigne absorbât, 
si l'on n'y prend garde, la totalité du dispo- 
nible. 

E. GUYOMARCH, 

Directeur de la sucrerie de Novant (Aisne). 



PARTIE OFFICIELLE 



Loi du 10 février 1918 établissant des sanctions 
aux décrets et arrêtés rendus pour le ravi- 
taillement national. 

Art. i''. — Pendant la durée de la ^;uerre et 
penlant les six mois qui suivront la fin des hos- 
tilités, des décrets pourront réglementer ou 
suspendre, en vue d'assurer le ravitaillempnt 
national, la production, la fabrication, la circu- 
lation, la vente, la mise en vente, la détention 
ou la consommation des deiuées servant à l'ali- 
mentation de l'homme et des aidmaux. Les dis- 
positions de la présente loi sont applicables aux 
décrets rendus pour le ravitaillement de la po- 
pulation civile en combustiblns. Il pourra être, 
dans le même but, prorédé par discret à la ré- 
quisition de la totalité de la flotte .iiarchande. 

Les dispositions du présent article s'applique- 
ront légalement aux autres substances dont 
l'achat par l'Etat pour les besoins de la popula- 
tion civile est autorisé par la loi du 20 avril 1910 
sur la taxation des denrées et substances. 

Les décrets rendus par application du présent 
article sercmt soumis à la ralilication des Cham- 
bres dans le mois qui suivra leur promulgation. 

Art. 2. — Les infractions aux décrets pris par 
application de l'article précédent seront punies 
de 16 fr. à 2 000 fr. d'amende et de six jours à 
deux mois d'emprisonnement ou de l'une de ces 
deux peines seulement. 

En outre, les tribunaux pourront ordonner 
que leurs jugements seront, intégralement ou 
par extraits, affichés dans les lieux qu'ils indi- 
queront et insérés dans les journaux qu'ils dési- 
gneront, le tout aux frais du condamné, sans 
que la dépense puisse excéder 300 fr. 

En cas de récidive, la peine d'amende sera de 
2 000 à 6 000 fr. et la peine d'emprisonnement 
de lieux mois à un an. Le coût de l'aflichage 
pourra être porté à 1 000 fr. 



Art. .3. — Dès l'ouverture des poursuites enga- 
gées conformément aux dispositions de l'ar- 
ticle 2, les miuistres compétents, sous réserve 
des mesures qui seraient prises pour les besoins 
de l'information, pourront prescrire contre l'in- 
culpé, suivant les formes f-t conditions de l'ar- 
ticle 6 de la loi du 20 avril 1916, la rt'quisition 
directe et immédiate des denrées et substances 
ayant donné lieu aux poursuites. 

Art. 4. — Les infractiims aux arrêtés pris par 
les ministres compétents et à ceux pris par les 
préfets pour l'exécution des décrets prévus à 
l'article 1" serontpunies des peines prévues aux 
articles 479, 4,S0 et 482 du Code pénal. 

Art. 0. — A dater de la promulgation de la 
présente loi, seront punies des peines prévues 
aux articles 2, 3, 4 et 7 les infractions qui seront 
commises aux décrets ci après : 

Décret du 'M novembre 1917, relatif à la con- 
sommation du pain, à la réquisition des céréales 
et à la falirication de la farine; 

Article 10 du décret du 31 juillet 1917, relatif 
au régime des céréales; 

Décret du 3 juillet 1917, portant taxation de la 
vente en gros de sucre ; 

Décret du 4 décembre 19)7, relatif à la con- 
sommation de l'essence de pétrole, et disposi- 
tions non abrogées des décrets des 16 avril et 
3t août 1917 relatifs au même objet. 

Art. 6. — Les peines édictées par les articles 2, 
3, 4 et 7 de la présente loi sont applicables aux 
infractions visées par l'article 9 île la loi du 
20 avril 191(1 et par les articles 2 et 3 de la loi 
du 8 avril 1917. 

Art. 7. — Les dispositions de l'artiide 463 du 
Code pénal sont applicables aux infractions pré- 
vues par la présente loi. 

Art. 8. — La présente loi est applicable à l'Al- 
gérie. 



TRAVAUX DE CULTURE 



Les travaux qu'on doit effectuer pour la 
culture des terres, depuis l'enlèvement d'une 
récolte jusqu'à l'ensemencement ou la plan- 
talion pour la récolte suivante, sont très 
variables avec le mode d'exploitation du sol, 



la nature de ce dernier et la période de l'as- 
solement. 

En étudiant, en 1898, les travaux efTectués 
<i la ferme de Coupvray, exploitée alors par 
notre ami et confrère Jules Bénard, nous 



TlîAV.VlX DE i:llture 



67 



arrivions aux résultats suivants. Il s'agit de 
terres fertiles, appartenant au limon des pla- 
teaux reposant sur l'argile tertiaire; en con- 




Fig. U. — Représenlation grapliique de l'énergie 
nécessitée par la préparation d'une terre pour l)lé 
d'tiiver après betteraves. 

sidérant deux pi^riodes successives, on voyait 
que les travaux de culture de préparation de 
la terre pour betteraves sur céréales nécess:- 




J. 



l-'ig. 12. — Représentation ltim- 
piiique de l'énergie nécessitée par 
la prépai-ation d'une terre pour 
betteraves après céréales. 



talent près de huit fois plus 
d'énergie que ceux appliqués 
aux mêmes terres devant re- 
cevoir un blé d'hiver après 
betteraves (li. 

Ces deux exemples, pris 
dans la même expioitalion oii 
la terre était en très bon état, 
montrent que les travaux de 
culture d'un hectare nécessitent, suivant la 
période de l'assolement, de 7 millions à 
00 millions de kilogrammètres que les atle- 




Fig. 13. — Représentation gra- 
phique de l'énergie nécessitée par 
la préparation dune terre pour 
avoine de printemps. 



lages de la ferme sont tenus 
de fournir pendant un temps toujours li- 
mité i2). 

(1) Le Maléi'ict agricole au début du xx^ siècle, 
t. I,p 100. 

(2) Ces chiffres seraient plus élevés pour des 
terres plus fortes. Pour l'ensemble des travaux, il 



Dans d'autres exploitation.s en terrain ter- 
tiaire, où les façons culturales sont diffé- 
rentes, nous trouvons un peu plus de 8 mil- 
lions de kilogrammètres pour les travaux de 
culture d'un hectare de terre devant porter 
du blé d'hiver après betteraves et près de 
3!l millions 1 i de kilogrammètres pour une 
préparation destinée aux betteraves après 
céréale; les différences avec les chiffres re- 
levés à Coupvray tiennent surtout aux ma- 
chines employéiiS ainsi qu'a la profondeur 
des labours et des scari liages. 

Les labours représentent la plus grande 
partie de ces dépenses totales d'énergie; les 
agriculteurs ont doue bien raison d'indiquer 
que dans telle terre il faut une charrue, 
c'est-à-dire un attelage, 
pour tant d'hectares, car 
l'attelage nécessaire aux 
hibours de la superficie 
indiquée sera toujours 
plus que suffisant pour 
l'exécution des autres 
travaux 
L'officier mobilisé, qui 
n'a pu pour ce motif signer son article sur 
la Culture mécanique el la main-d'œuvre, 
paru dans le Journal d' Agriculture pratique 
(n» 18 du G septemhre 1917, p. 348), n'a 
pas considéré la répartition de l'énergie né- 
cessaire entre les divers travaux de culture, 
car il aurait vu qu'on a intérêt à réserver 
aux moteurs animés (qu'il faudra toujours 
entretenir sur un domaine) l'exécution des 
travaux légers et demander aux moteurs 
inanimés d'effectuer les ouvrages les plus 
pénibles. Il est vrai que l'auteur en question 
devait avoir en vue les travaux ordinaire- 
ment effectués dans son exploitation située 
au nord-est de Lyon et qui sont moins nom- 
breux que ceux pratiqués dans les pays de 
culture intensive comme on en trouvait 
beaucoup dans les régions encore enva- 
hies. 

Pour donner une idée de la répartition 
de ces travaux, nous avons dressé les 
tableaux suivants représentés graphique- 
ment par les figures lia 15. 

Les chiffres donnés indiquent, en kilo- 
grammes, les tractions moyennes par mètre 
de largeur travaillée; pour avoir l'énergie 
nécessaire par hectare, en kilogrammètres, 
il faut multiplier chaque traction moyenne 
par 10 000. 

convient d'ajouter les dépenses d'euergie nécessaire 
aux transports et à l'épaudage du fumier et des en- 
grais, aux ensemencements, aux cultures d'entre- 
tien et aux travaux de récolte et de transports. 



68 



IHAVALX 



Préparation d'une terre pour blé d'hiver 
après heUeraves (fig. U). 

kilogr. 
Labour à 0». 12-0". 15 de profondeur /)... fi«0 

Hersage (h) 130 

Total 810 

Préparation d'une terre pour lietlcraves 
après cére'ales (fig. 12). 

Déchaumage id) 530 

LaLour à 0'^A5, en septembre, 

pour l'enfouisseiiienl du fu- -, , „^q 

raier (/) S3D ( " ' 

Labour à 0"'.2,t. en novembrp- \ 

décembre {Lj 1 500 ' 

Hersage (A) 200 - 

Roulage (r) . SU J 

Scirifiage (,v)... 230 ' 

Hersage (/('... 130 ' 1 OH'i 

Scarittaf,'e (s') . -30 \ 

l.iii » 



Hersage {h']. 
Roulage (r') 



SU 



Total 



DE CULTURE 

Préparation d'une terre 
pour avoine île printemps (fig. 13). 
Labour d'hiver, l'u nnvembi'e, à 0"".1S- 

0m.20 {l\ 1 100 

Scarifiage (s) . 250 ) 

Hersage ih) 200 ^ 

Roulage (dans certains cas] (;•) 80 

Total I 630 ' 

Défriche île Ir'epe de trois ans pour une céréale 

il'hirer (fig. 14). 
Labour, en septembre, à 0">.18-0n>.20 {l).. 1 300 

Roulage : / SO / „, 

Hersage k 2:i0 S 

Total 1 610 

Défriche de luzerne pour une céréale il'ltiuer 

(fig. 13). 
Labour, eu septembre, à 0"'. 18-0™. 20 U).. 1 40U 

Roulage:.)') 80 / g.-,|j 

Hersage [h) 240 S 

Total 1 720 



La préparation du .sol en vue d'une céréale 
d'hiver après pommes de terre, doit se rap- 
procher des chiffres donnés pour le blé d'hi- 
ver après betteraves (flg. 11). 

Si les valeurs absolues précédentes seraient 




l-'is. 14- — ReprésHiitalion gra- 
phique ih^ l'énergie nécessitée 
par un défrichement de trètle 
pour une céréalr d'hiver. 



plus faibles dans une terre pins légère que 
celle considérée, les rapports entre les divers 
chitl'res resteraient sensiblement les mêmes. 



Kig. 13. — Représentation gr;i- 
phique de l'énergie nécessitéi- 
/i par un défrichement de lu- 
zerne pour une céréale d'hiver. 



D'après les tableaux précédents, donnés à 
litre d'exemple, on voit que l'énergie em- 
ployée par les labours représente, suivant les 
cas", 83, 72, 67, 80 et 81 0/0 de l'énergie 
totale nécessitée par les divers travaux de 
préparation des terres. On constate ainsi la 
dépense importante occasionnée par les la- 
bours relativement à l'ensemble des travaux 
de culture. 

Dans l'exploitation considérée, d'après une 
constatation faite sur un labour en novembre, 
à la profondeur de 0'". 18-0^.20, un attelage 
de trois bons chevaux laboure, en moyenne, 



34 ares par journée de neuf heures utilement 
employées dans les champs; partant de cette 
indication, on peut en déduire approximiati- 
vement l'étendue cultivée par journée pour 
les diverses façons et le nombre d'heures 

utiles nécessaires pour le travail 

d un hectare : 

Préparation d'une terre pour blé d'hu-er 
après betteraves (fig. 11). 

Temps 
Surface nécessaire 

iravaillée par pour travailler 
journc^e. 1 liectare. 



Labour à 12-Î5 (l). 
Hersage ('>) 



288 



}ieuros et dixièmes 

16.4 

3.1 



Total. 



19.5 




Préparation 
d'une terre pour betteraves 
après céréales 
îlig. 12j. 



Déchaumage (</'. . . 
Labour à G".!.') (').. 
_ 0™.25 (L\. 
Hersatre iji). 
Roulage (r,. 
Scarifiage (.s) . 

Hersage [It't 

Scarifiage ^' 
Hersage IJi" 
Roulage [r') 



70 
i^ 
23 

1S7 
i68 

1(;:î 

2XS 
163 
288 
46S 



12,9 
20.0 
36.0 
4.8 
2.0 
0.5 
:!.l 
"..5 
3.1 
2.0 



Total . 



6S.9 



26.0 



94.9 



Il y a cependant lieu de noter que 
pour le gros labour A dans la préparation 
d'une terre pour betteraves après céréales 
(voir flg. 12), il convient de doubler l'atte- 
lage par suite de la traction exigée par la 
charrue pour l'exécution de ce travail. 



POMMES DE TERBE POTAGÈIIES 



Pièpiiialiuu 
d'une terre pour avoine de printemps 

[Ùg. 13). 



Labour d'hiver à 0'" 18- 
0-".-20 (I) 

Scariliage (s) 

H«rsage {li) 

Roulage 'dans certains 
cas; I '■' 



3i 
loO 

187 

168 
Totul. 



6.0 / 

1.8 S 

2.0 



Défriche de trèfle 
de trois ans pour une céréale (fhivei 

Labour à 0°'.18-On'.-2D (l) 29 

UoulaL'e '>•' 168 2.0 ) 

Hersag- A Hvi :;.:; i 

Total 



26.5 
10. S 



2.0 



31. C 



38.; 



Défriche de luzerne /jnui i 

[Dg. 15). 

Labour à 0™.1S-Û>».20 (/j 

Roulage [r] 

Hersage h 



21 

46& 
156 

Total . 



2 

5 



.5! 



33.3 

7.8 

41.1 



Lp.s surfaces travaillées par journée indi- 
quées dans le tableau précédent, résullanl 
des calculs basés sur les tractions nécessaires 
et sur une observation, concordent avec 
celles relevées dans la pratique courante. 

Sur le.'^ temps nécessaires pour l'exécution 
des divers lravau.\' de préparation d'un hec- 
tare de terre àl'ensemencement, on voit parle 
tableau précédent le grand nombre d'heures 
nécessité par les labours effectués avec les at- 
telages. M.\X Ul.xGEL.M.ANN. 



CHEVAUX ET TU.\CTEURS EN ANGLETERRE 



On sait que l'Angleterre fait Un effort considé- 
rable i-n vue d'augraeiitor l'cleniue des terres 
labourées et des emblavures en céréales. A ce 
propos, nous avons relevé les chiffres suivants 
dans le Mari: Lane Express du 26, novembre 
dernier: 

Le Départefuent de l'alimentatioD, équivalant 
à notre Ministère du Havitailleraent, a acheté 
■3 500 chevaux au prix unitaire moyen de 
2 000 francs; le personnel aéci-ssaire mobilisé 
pour cetie cavalerie, a été de 1 025 hommes. En 
général, ces chevaux ont été placés chez des 
fermiers (principalement dans les comtés de 



l'Angleterre et dans le Pays de Galles), qui 
devaient s'en servir, les nourrir et les soigner 
tout en recevant une allocation de la francs par 
semaine de la part de fElat. 

Le minisière avait acheté à la même époque 
1 949 tracteurs au prix moyeu (sâus les frais" de 
transport) de 7 500 francs. 

Ces tracteurs, exploités par l'Etat, surtout en 
Ecosse et eu Irlande, effectuent les labours aux 
prix forfaitaires variant de 54 fr. 70 à 93 fr. 75 
par hectare suivant, la nature des terres et les 
conditions d'utilisation du matiriel. 

Pi. DeSS-US-IIS. 



POMMES DE TERRE POTAGERES 



Par les teaips héroïques que nous traver- 
sons, qu'aggrave encore la pénurie de cé- 
réales, dont la carte de pain est la triste con- 
séquence, l'importance alimentaire de la 
Pomme de terre, déjà considérable en temps 
usuel, a été encore accrue par la durée de la 
guerre et devient exceptionnelle en ce mo- 
ment, tant par sa nature que par la facilité de 
sa culture et l'abondance de sa production, 
comme aliment par excellence pour le rem- 
placement du pain. 

Tout le monde se préoccupe aujourd'hui 
d'en l'aire provision, tous ceux qui ont un 
jardin ou un terrain quelconque à leur dispo- 
sition songent à en cultiver plus encore que 
par le passé. 

Nous nous occuperons aujourd'hui des 
Pommes de terre potagères, dont la planche 
ci-contre représente quelques-unes des meil- 
leures. 

La plus spéciale des qualités des Pommes 
de terre de table réside dans la précocité de 
certaines variétés que nous citerons plus loin, 



! précocité qu'accompagne un rendement d'au- 
tant plus faible que la variété est plus hâtive. 
Viennent ensuite la finesse et la consistance de 
la chair qu'indique en général sa couleur. Il 
est à remarquer, en effet, qu'en désignant la 
couleur de la chair qu'il préfère, le consom- 
mateur sous-entend bien plus sa nature res- 
tant ferme ou se délitant à la cuisson. La 
préférence marquée daiïs le Nord et surtout 
à Paris pour les variétés à chair jaune tient à 
leur utilisation principale en ragoi'its ou en 
friture-, tandis que dans les campagnes, où 
la soupe, cetaliiiient franrjais par excellence, 
et la purée sont de consommation -quoti- 
dienne, les variétés à chair blanche sont, au 
contraire, pn férées par les fermières. Cette 
préférence est partagée en .\ngleterre, en 
Allemagne et ailleurs où les Pommes de terre 
sont le plus souvent cuites à l'eau (1). Toutes 

(1) les lecteurs que ce sniet intéresse pourront 
consulter l'article Sur la couleur de la chair des 
Pommes de ferre que nous avons publié dans la Re- 
vue Horli'iole. en 1S99, p. 235. — (S. M.) 



70 



POMMES DE TERRE POTAGÈRES 



les variétés cultivées ou vendues sur les mar- 
chés comme Pommes de terre de table ne 
sont, d'ailleurs, pas exclusivement à chair 
jaune, ainsi qu'on le verra plus loin. 

0n demande encore aux variétés poiagères 
d'être aussi lisses et régulières que possible, 
préférablemeut ovales ; les rondes, à yeux 
enfoncés, passent souvent, auprès des con- 
sommateurs, pour des Pommes de terre de 
ferme. Vient ensuite la couleur de la peau, 
jaune chez la plupart des variétés, rouge chez 
plusieurs ou violette chez quelques-unes, par- 
fois mémepanachée. Ajoutonsenfm qu'il faut 
des variétés hâtives, d'autres de demi-saison 
et d'autres encore tardives et de longue 
garde pour hâter d une part et prolonger de 
rautrelacoûsommation;les unes commencent 
quand les autres achèvent d'être utilisables. 
Ces multiples exigences et préférences ren- 
dent les variétés poiagères excessivement 
nombreuses et bien plus diverses que les va- 
riétés de grande culture ou industrielles dont 
l'usage est déterminé. Aussi bien, est-ce par 
centaines que l'on pourrait compter les va- 
rié-lés qui ont été successivement cullivées 
pour la table et par plusieurs dizaines celles 
plus ou moins répandues actuellement. 

De ce dernier groupe, nous ne retiendrons 
que les plus recommandables; nous les grou- 
perons par ordre de précocité, particularité 
qui importe le plus pour l'alimentation. 

Variétés hâtives. — tn tète du groupe s'est 
longtemps tenue la Marjolin, par sa très grande 
précocité et par son adaptation à la culture for- 
cée. Depuis longtemps, cette variété a décliné 
au point où sa production, déjà faible, est de- 
venue presque nulle lorsqu'elle est vraie. Elle 
« boule » très souvent. l,es plants ne parvenant 
pas à émettre de tige?, se conservent alors en 
terre, formant autour d'eux des tubercules mi- 
nuscules. 

Vient ensuite la Rnyale ou Anglaise, excellente 
variété déjà ancienne, devenue très populaire 
parce que aussi méritante pour la culiure Je 
primeur sous châssis que pour celle en pleine 
terr.-. Autour d'elle gi-avitent de nombreuses va- 
riét''s faiblement distinctes, telle que Prince de 
Galles, désignée aussi sous le nom de Strazelle. 
DanslaBeZ/erfe Fontenay, surnommée Hénant, se 
trouve une digne émule de la Royale, sufQsam- 
menl distincte par divers caractères, notam- 
ment par ses yeux souvent bossues; elle lui a 
longtemps disputé la faveur des cultivateurs, 
mais elle la perd de nos jours par épuisement. 
Vient enfin la Mayette hâtive qui partage tous 
les mérites de la première et qui esttrès estimée 
en ce moment pour sa vigueur, sa précocité et 
son abondante production. 

La Victor, d'origine anglaise, qui partage la 
précocité des précédentes, s'en écarte toutefois 
sensiblement par son feuillage plus ample, plus 



luisant, par ses tubercules plus arrondis, par ses 
germes, etc. 11 en est de même de VE.rpress, de 
même origine, mais plus récente, dont les tuber- 
cules sont oblongs, les germes roses et la chair 
jaune pâle. 

Les Pommes de terre Beurre, Boulangère, 
Qiiinette, Parisienne, Reine des farineuses sont des 
variétés de ce groupe bien moins répandues et 
sans supériorité marquée sur les précédentes. 

Variétés demi-hâtives. — Les variétés de ce 
groupe sont également nombreuses et diverse- 
ment méritantes. Plus robustes et à plus grand 
développement que les précédentes, elles sont 
plus tardives, mais notablement plus |iroductives, 
destinées qu'elles sont à fournir des tubercules 
de consommation courante depuis la lin de juil- 
let-août jusqu'au delà de l'aulomne, car leur 
conservation tiivernale est, chez la plupart, aussi 
bonne que celle des variétés tardives. Elles sont 
bien caractérisées par la Quarantaine de la Halle 
ou de yoi^y, populairement désignée sous le nom 
de Hollande, qu'elle a remplacée dans les cul- 
tures. C'est le type de Pomme Je terre oblongue 
ou en amande, à chair bien jaune, ferme et 
d'excellente qualité, recherché pour la consom- 
mation courante dans les villes et celui qui con- 
vient le mieux aux potagers bourgeois. 

Fluke géante, dite aussi Saint-Malo, est très ré- 
pandue dans l'Ouest, où on la cultive pour l'ex- 
portation et la vente sur les marchés. Elle est 
très productive, à tubercules oblongs, gros et 
lisses, germes roses et fleurs blanches, mais sa 
chair blanche convient mieux aux goûts anglais 
qu'aux nôtres. 

Ahondance de Monivilliers, dite aussi Boi-gher 
I et Om Paul, est une excellente variété à tuber- 
cules jaunes, oblongs, chair bien jaune et ferme, 
germes violets et lleurs blanches.'Jeveuue popu- 
laire grâce à sa robusticité, à son abondante 
production et à sa bonne garde. La Belle de Juil- 
let, qui s'en distingue par ses tubercules plutôt 
longs, est à chair plus pâle et à fleurs colorées. 
Sa précocité est un peu plus grande et sa produc- 
tion sensiblement égale à celle de la précédente. 
Ces deux variétés, mûrissant vers la mi-août, 
peuvent donner l kil. .500 et plus à la touffe 
lorsque le plant est sain et la culture parfaite. 
L'une et l'autre se recommandent aux mêmes 
titres que la première, qu'elles remplacent avan- 
tageusement en tant que qualité et production. 
Edouard VU (Syn.: King Edward VIT, Belle 
Charlotte) est une variété anglaise encore ré- 
cente que la grande beauté de ses tubercules et 
son abondante production ont fait répandre chez 
nous et venir sur les marchés. Ils sont en 
amande, très lisses, jaune clair avec le gros bout 
fortement panaché de rose, mais la chair est 
blanche. Cette variété semble particulièrement 
sensible à la dégénérescence. 

Early rose, la Arly des cultivateurs, est une 
ancienne variété anglaise, très répandue et tou- 
jours très estimée pour sa précocité, sa robusti- 
cité et sa production très abondante ; le tuber- 
cule en est rose, oblong, mais à chair aqueuse et 



Librairie Agricole de la Maison liusliqu 



que 




htip, iittidium, Paris 



POMMES DE TERRE POTAGERES 

(Germes, Fleurs, Tubercules entiers et coupési 

Quarantaine de la Halle Royale 

Flake géant 
Saucisse Early rose 



CrLTl'RE Dr RICIN DANS L'AFniQrE DU NORD 



11 



hlaiirlie, ainsi que les fleurs. C'est une bonne 
Ponim« de terre de grande consommation, au- 
tomnale seulement, car elle se ride et devient 
rapidement flasque. La Primel, de difl^usion ré- 
cente, s'en rapproche par plusieurs caractères 
communs. 

Quarantaine violette ou Rognon violet est une 
des rares variétés à peau violette qui survive au 
délu«e des nouveautés, en raison de la nature 
particulièrement farineuse de sa chair blanche 
(ommune, d'ailleurs, àbeaucoup de variétés vio- 
lettes) et de sa très longue conservation, malgré 
sa précocité relative. 

A ce groupe appartiennent encore de nom- 
breuses variétés moins répandues, quoique esti- 
iiié'S pour certains mérites, notamment ; Splendo 
et Veronica, deux variétés récentes, respective- 
mont rondes et oblon^'ues, à chair bien jaune et 
très productives ; Triomphe [Scotlish Triumph), à 
beaux tubercules ovales, très lisses etchair jaune 
pAle ; Princes-e, à tubercules très lo/igs et 
minces, en forme de doigt et chair jaune, extrê- 
mement fine; Pousse-debout et Rosa, h tuber- 
cules lonfjs, rouges et à chair jaune, très 
ferme, remplaçant l'ancienne Rouge de Hollande; 
enfin la VUelolte, à très longs tubercules pro- 
fondément entaillés, encore estimée parce que 
sa chair, quoique blanche, est la plus ferme de 
toutes les variétés connues. 

Variétés tardives. — Les variétés tardives 
sont à la fois potagères et de ferme, parce 
qu'elle sont cultivées en pleins champs pour la 
vente hivernale sur les marchés et dans les 
grands jiidins pour la consommation familiale, 
à rause de leurs qualités culinaires et de leur ex- 
cellente conservation. 

He ces variétés, il n'en est pas de plus popu- 
laire que la SfiKCi'ssc, aujourd'hui cinquantenaire, 
parc qu'elle unit à une abondante production et 
à une conservation parfaite, une chair très jaune, 
farineuse et de qualité supérieure pour tous 
usages domestiques. La Rouge du Soissonnais 
(Prof. Wohltmann), bien plus récente, s'est fait 



admettre sur les marchés grâce à son analogie 
avec la Saucisse; elle s'en distingue, toutefois, 
aisément par sa forme oblongue et sa chair bien 
moins jaune. C'est une variété recommaiidable 
par sa rusticité, sa grande production et sa 
bonne conservaiion. 

La Chave (Shaw), qui est peut-être la plus an- 
cienne des variétés puisqu'elle remonte au delà 
de 1815, est le type des variétés à tubercules 
rond s, jaunes, à y eux très en foncés, et à chair jaune, 
autour de laquelle ont gravité des variétés au 
joui d'hui disparues, notamment la Saint-Jean ou 
Segonzac et auxqueltes ont succédé des variétés 
supérieures parce que régénérées par le semis, 
notamment lifluafrie, dite Safran pour sa belle 
chair très jaune ; Jaime d'or de !^orcége, Génnte 
sans pareille, désignée dans le Nord sous le 
nom d'Andréa, à gros tubercules et yeux assez 
enfoncés, avec une chair jaune, de bonne qualité 
et de longue fiarde qui la rend particulièrement 
recommanflable; enfin la Béarnaise, dont les tu- 
bercules typiquHS sont déprimés comme une 
orange et la chair bien jaune. Magnum bonum, 
qui a longtemps joui d'une grande faveur, est 
aujourd'hui concurrencée par Fin-de-Siccte {Up 
ta date) et Géante de Rending, bonnes variétés 
que leur chair blanche suffit à différencier des 
précédentes, mais qui en partagent les mérites 
de grand rendement et de bonne garde et les 
font préférer par les Anglais. 

Ajoutons, pour terminer, que les variétés 
essentiellement de ferme, telles que Fari- 
neuse rouge, ou même féculières comme 
l'fmperator et la Géante bleue, ne sont pas 
complèlement dédaignées dans les campa- 
gnes. Aux Halles de Paris, en ce moment, 
toutes les variétés sont achetées sans dihtinc- 
tion, souvent même avant d'être déchargées. 
En temps de disette, on n'y regarde pas de si 
près. 

S. MOTTET. 



CULTURE DU RICIN DANS L'AFRIQUE DU NORD 



(1) 



Méthodes de culture. 

1° Culture systématique. — Sol. — Le 
ricin s'accommode delà plupart des terres, à 
moins qu'elles soient trop compactesou trop 
iiuniides. Mais il ne donne des rendements 
élevés que dans las sols riches et profonds 
où il peut s'enraciner fortement. 

['réparation d'-s terres. — Comme pour 
toutes les cultures d'été (coton, maïs, tabac). 
bon labour et bon ameublissement du sol. 

Fumure. — Il serait excellent de donner à 
la culture du Ricin du fumier de ferme, ou 

(1) Voir le n» du 7 février, p. 45. 



des engrais (superphosphates, puisqu'il 
s'agit d'une production de graines). 

Mais dans l'Afrique du Nord, on produit si 
peu de fumier que celui-ci sera toujours ré- 
servé à des cultures plus exigeantes et plus 
payantes que le Ricin. 

Dans celte question de la fumure, il est 
difficile de réunir des indications certaines 
en raison de l'absence d'expériences locales 
et de la dépense élevée qu'elle entraîne, sur- 
tout aux cours actuel des engrais. 

Semis. — On sèmera après l'hiver, lorsque 
sera passée la période où le sol reste long- 
temps très humide (la graine pourrirait avant 



CIjLTIRE du ricin dans L'AFRIQUE DU NORD 



serminationi. Ce sera h lu même époque que 
les premiers semis des cultures d'élé (colon, 
maï!*!, c'est-à-dire février-mars, le plus sou- 
vent. On peut semer plus tard, à l'irrigation, 
mais la végétation et la récolte de la première 
année seront plus faibles. 

Four les semis tardifs, il sera bon de faire 
tremper les graines va jour à Favance, dans 
l'eau (tiède au besoin) afin de les faire gon- 
fler pour hâter la levée. 

Le semis se fait eu poquels (comme pour 
coton, maïs, haricots) de deux ou trois 
graines, par conséquent à la main avec une 
petite binette, à l'écartement de deux mètres 
en tous sens. On tracera donc des lignes dis- 
tantes de deux mètres, et les ouvriers feront 
un poquettous les trois pas. 

Recouvrir de très peu de terre non tassée, 
deux à trois centimètres. 

Il faut pour un hectare trois à cinq kilogr. 
de graine, selon sa grosseur, levée de 12 à 
lo jours (sortie de deux feuilles cotylédo- 
naires). Xe pas employer de la vieille graine 
sans un essai de germination préalable. 

Soins culluraux. — Eclaircissage quand 
les jeunes plantes ont 0™.15 environ, pour 
n'en laisser qu'une par poquel. 

Binane ei hrigatkui. — Selon les besoins 
pour entretenir le sol en bon élat de propreté, 
d'ameublissement, et de fraîcheur. L'irriga- 
tion par rigoles entre les raies est souvent 
préférable à l'inondation. 

BuUaye. — Recommandé lorsque les 
plantes devenues très hautes risqueraient 
d'être brisées par les grands vents. 

Taille.^ — Après la deuxième année, s"il y 
a lieu, rabattre le sommet des branches, si 
les plantes risquent de s'élever trop haut pour 
la récolte des grappes. 

A partir de la deuxième année, les soins 
culturaux se bornent à quelques binages et_ 
aux irrigations. 

Récolle. — Le Ricin Iructifie dès la pre- 
mière année, mais ce n'est qu'à partir de la 
deuxième année qu'il donne une production 
normale. La fructilication des panicules 
s'élage sur environ cinq semaines à deux 
mois. On les cueillera au fur et à mesure que 
la majorité de leurs cupsules sera mûre 
(teinte jaunâtre) sans attendre trop, car le si- 
rocu risquerait de faire ouvrir les capsules et 
tomber la graine. 

Les panicules seront étendues au soleil sur 
une aire en couche peu épaisse. La matura- 
tion et la dessiccation s'achevant, les capsules 
s'ouvriront d'elles-mêmes. 

L'hectolitre de graine pèse de 40 à 4.5 ki- 



logr. La graine renferme (en outre de son 
huile purgative) un principe si toxique que 
l'ingestion de sept à huit graines peut don- 
ner la mort. 

flendnneiits. — Les chifTres les plus divers 
sont indiqués, depuis 10 jusqu'à W et 45 
quintaux à l'hectare. 

Le rendement de la première année n'est 
guère que le 1/5 ou le 1/4 de celui des années 
ultérieures. Un pied peut donner jusqu'à un 
kilogr. de graine à la première année, pour 
arriver à produire 3 à 4 kilogr. à la deuxième 
année. 

M. Triboulet, agriculteur à Philippeville, 
écrivait en 1909 : 

Ciiliivant le llicin depuis plusipuis années dans 
des terres profondes de plaine, j'ai mèine obtenu 
des lendcnients de cinq à six kilogr. par ar- 
buste, de tirailles d'une très belle venue. 

Dans ces conditions une plan'ation très, 
é.^artée à 2°". 50 X 2 mètres renfermant 
2 000 pieds par hectare devrait donner 
4 kilogr. X 2 000 pieds =80 quintaux. En 
comptant un tiers de pieds manquants ou 
cJiétifs, il re-terait encore 53 quintaux. A 
100 Ir. le quintal sur place, cela ferait, de 
10 à 80 quintaux, un produit brut pouvant 
osciller entre 1 000 et 8 000 francs par hec- 
tare. 

Aux cours anciens de 25 à 28 fr., quai Mar- 
seille, le produit brut sur place retombe à 
1 600 fr. au maximum et 200 fr. au mini- 
mum par hectare. C'est pourquoi nous di- 
sions, au début, qu'il est indispensnblequ e 
le Gouvernement s'engage pour plusieurs an- 
nées à acheter la graine au cours actuel, pris 
comme minimum, s'il tient à obtenir un cou- 
rant sérieux de plantations de la part des 
agriculteurs, 

2° Peuplements non cultivés. — Tous les 
gardes des eaux, les gardes forestiers, les 
surveillants des voies ferrées, les canton- 
niers, les gardes-champêtres, les particu- 
liers, etc., peuvent, tout en faisant leurs 
tournées, garnir les bordures des canaux 
d'irrigation ou de drainages, berges d'oueds 
et rivières, etc. 

Il suffit, à l'époque propice pour le semis, 
d'emporter des semences qu'on sèmera au 
moyen d'une petite binette, en poquets de 
deux ou trois graines (comme indiqué précé- 
demment). Les poquets seront placés à deux 
mètres les uns des autres. On aura qu'à sur- 
veiller la levée pour reinplacer les man- 
quants. Ensuiie les ricins étendront eux- 
mêmes leur peuplement par dissémination 
naturelle. 

On n'aura plus qu'à récoller. 



CONCOL'RS DE NEVERS 



73 



En procédant comme nous l'indiquons plus 
haut, par achats à bureau ouvert, à tous ceux 
qui voudront aller cueillir, la récolte se fera 
sans frais. 



.Nous pensons que celle méthode est celle 
qui procurerait les plus grosses quantités. 

F. COUSÏON, 
Ingénieur agricole. 



CONCOURS DE NEVEKS 



Si, malgré la guerre, la Société d'agriculture 
de la Nièvre a voulu continuer à tenir son con- 
cours annuel de reproducteurs mâles de la race 
bovine charolaise-nivernaise, c'est que cette 
manifestation agricole ne constitue pas une 
fête, mais est, dans le .Centre de la France, le 
marché le plus important des taureau.^ de la race 
blancbe, qui s'est étendue sur un grand nombre 
de départements. 

Comme il fallait s'y attendre, le concours de 
celle année comprenait moins de sujets que les 
concours d'avant guerre. Alors qu à ce moment 
le nombre des animaux inscrits atteignait 300, 
le concours de 1918 ne réunissait guère plus de 
la moitié de ce chiffre. Cela tient à plusieurs 
causes. La rareté de la main-d'œuvre agricole, 
par suite de l'appel successif sous les drapeaux 
des classes les plus jennes et du rappel d'un 
certain nombre île " récupérés )>, rend très difli- 
cile le recrutement des domestiques char^'és des 
soins à donner aux animaux. L'absence d'un 
grand nombre d'éleveurs, dont les feinmes sont 
restées seules à la tcte des exploitations, fait 
hésiter beaucoup à préparer des reproducteurs. 
La difficulté fies transports et la pénurie des va- 
gons, etifiii l'exagération, dans bien des cas, des 
réquisitions miUtnires prenant les foins, les 
pailles elles orges, qui constituent, avec lesbet- 
leraves, le fond delà nourriture d'hiver dans les 
fermes nivernaises ; la difficulté croissante delà 
culture de la betterave, culture de haute main- 
fl'ieuvre ; l'impossibilité presque absolue de se 
procurer les tourteaux nécessaires pour l'en- 
graissement et les prix extrêmement élevés de 
ceux que l'on peut aidieter, sont autant de causes 
qui expliquent la diminution des animaux réu- 
nis au Concours de Nevers. Si l'on ajoute à ces 
causes les acquisitions chaque jour plus nom- 
breuses dans les fermes mêmes, on comprendra 
facilement que le concours de cette année soit 
moins important quant au nombre que ceux des 
années précédentes. Il ne l'est cependant pas, 
quant à la qualité de l'ensemble des animaux 
exposé.-. 

Dès l'automne, beaucoup d'acheteurs de dé- 
partements éloignés, notamment de la Vendée, 
ont parcouru la région et ont fait l'acquisition 
de reproducteurs. Depuis ce moment, des éle- 
veurs du pays même ont fait aussi leurs achats. 
C'est une tendance assez générale, du reste, 
dans la région que l'augmentation des achats à 
domicile: il en résulte un déplacement de.^ mar- 
chés. C'est ainsi que les foires diminuent d'im- 
portance et que les acheteurs de bétail prennent 
de plus en plus l'habitude d'aller chez les pro- 
ducteurs chercher les animaux dont ils ont be- 
soin. Est-ce un bien? Comme dans toute chose, 



i' y a le pour et le contre. Les commerrants, 
toujours très au courant du prix des animaux et 
des besoins en viande, arrivent quelquefois à 
faire des marchés par surprise chez des agricul- 
teurs peu avertis. Lt'un autre côté, les visites des 
acheteurs dans les fermes causent moins de dé- 
rangements, moins de frais, moins de pertes de 
temps aux vendeurs qui, cependant, n'ont plus 
ainsi l'avantage de la concurrence, qui existe 
dans les foires où [les acheteurs sont ^nombreux 
et obligés de se hâter pour trouver à s'approvi- 
sionner suivant leurs besoins. 

ijuoi qu'il en soit, les prix très élevés de tous 
les animaux, la diminution du nombre des tau- 
reaux mis en vente, ont fait que les cours prati- 
qués ont été plus hauts que jamais. 11 y a quel- 
ques années, lorsqu'un taureau de huit mois ou 
un an atteignait le prix de 2 000 fr., c'était plu- 
tôt une exception ; cette année, beaucoup ont dé- 
passé ce prix, et quelques-uns ont été vendus 
3 000 fr. et plus. 

La plupart des écuries qui avaient exposé sont 
celles dont la réputation est établie depuis long- 
temps. Les premiers prix, dans les deux pre- 
mières catégories, ont été attribués à M. Louis 
Robert, de la Nièvre; ceux des autres catégories 
sont échus aux animaux de MM. Billoué, Bardin, 
Auguste Besson et de M""^ Dessauny. 

Les prix d'ensemble pour lots composés de 
quatre taureaux ont été décernés à M. Marc 
Blond, de Mars; à M. .\uguste Besson, de Sain- 
caize, et à M. Louis Robert, d'Ourouer. Ces trois 
éleveurs sont<le la Nièvre. 

Enfin, le prix d'honneur, décerné au nom de 
l'ancien président de la Société départementale 
d'a;.'riculture, .M. Hardin, est échu à M. René 
Bardin, son fils, dont la vacherie conserve sa 
très ancienne réputation. Ce taureau a été acheté 
3 220 fr. par le Syndicat des Eleveurs nivernais 
qui, pour la seconie fois depuis que l'idée de la 
location aux enchères de taureaux a pris corps, 
procédait, pendant le concouis à la location de 
cinq taureaux choisis parmi les meilleurs. Les 
enchères pour la location du taureau venant de 
l'étable Bardin ont été particulièrement animées, 
et lina'ement l'adjudicaiion pour un an a été 
consentie pour la somme de 1 070 fr. C'est un 
animal extrêmement développé pour son âge, 
très lourd et présentant tous les caractères re- 
cherchés dans une race productrice de viande 
comme l'est la rare charolaise-nivernaise. 

En transmettant ces qualités, il ne pourra 
que donner d'excellents produits, et remplir le 
rôle améliorateur pour lequel le Syndicat des 
Eleveurs nivernais l'a choisi. 

E. Chomet. 



BIBLIOGRAPHIE 



A PROPOS DE LA DEVASTATION DES FORETS 



Le Journal Officiel du 31 janvier n publié 
la question suivante adressée au Ministre de 
l'Agriculture et la réponse donnée à cette 
question. 

Question. — M. le commandant de l.udre, dé- 
pulé, demande à M. le ministre de l'Agriculture 
et du Ravitaillement si des mesures sont prises 
pour obliger des Sociétés étrani-'ères qui S'' sont 
rendues acquéreurs de forêts, dans l'Orne, à les 
exploiter normalement et pour !ts empêcher de 
les dévaster sous couvert de fournitures à faire 
à l'une ou l'autre des armées alliées. 

Réponse. — Dans l'état actuel de la législa- 
tion, TAdrainistration n'a pa-! qualité pour s'op- 
poser, dans les bois particuliers, aux exploita- 
tions forestières qui ne constituent pas des dé- 
frichements. Or, le service forestier de l'Orne n'a 
eu récemment counaissance d'aucun acte de dé- 



fiichement et il n'a été saisi d'aucune demande 
de défrichement. 

Que des demandes de défrichement n'aient 
pas été adressées à r.Vdminisiratiot: fores- 
tière, on le comprend facilement. Il n'en 
reste pas moins que, dans maintes régions, le 
mode d'exploitation suivi dans de riches fo- 
rêts par les agents de l'armée anglaise ou 
pour son compie, constitue une véritable dé- 
vastation. Si l'on ne défriche pas au sens 
étroit du terme, on abat et on enlève les ar- 
bres en suivant des méthodes qui entraînent 
la ruine à peu près complète de ce qui a été 
laissé. 

Ce sont des faits patents. Il est regrettable 
que l'Administration soit impuissante pour 
les réprimer. H. S. 



RIBLIOGRAPHIE 



Comment économiser le chauffage domestique et 
culinaire, notions pratiques recueillies et publiées 
par A. Legendke et A. Thevenin. Hrnchure de 
124 pages avec 31 figures. — Librairie Masson 
et C'", 120, boidevard Saint-Germain, à Paris. — 
Prix : 1 fr. 23. 

Sans médire de nos habitudes françaises, il 
fuit avouer que la manière dont nous nous 
chaufTons est soumise actuellement à des cou- 
tumes empiriques qui varient suivant les villes 
et les régions. Si, pour produire la quantité de 
clialeur né 'essaire à cbaulTer un appartement, 
ou à cuire des aliments, nous dépensons, fans 
y réfléchir, neuf ou dix fois plus" qu'il ne con- 
viendrait, c'est pour la fortune du pays et pour 
la bourse de chacun un déficit que rien ne jus- 
tifie. 

La brochure dont on vient de lire le litre 
et dont la Direction des Inventions du Ministère 
de l'Armement et des Fabrications de Gnerre 
a provoqué la publication, a pour but d'ensei- 
gner à chacun, sous une forme simple, quelles 
sont les règles générales d'un chauffage nor- 
mal; — quelle est la pui.-^sance calorifique 
de chaque combustible: boi-, tourbe, charbon, 
anthracite, etc.; — comment chacune de ces 
matières doit être employée pour donner un 
rendement maximum, dans la chemiuée, dans 
le poêle, dans le fourneau. 

l'roduire beaucoup de chaleur avec peu de 
combustible, économiser sans gêne, tel est le 
but. Il convient de féliciter les pouvoirs publics 
qui ont pris l'initiative de cette publication de 
bonne vulgarisation. 

Les Accidents dn travail en matière forestière. — 
Commentaire théorigur et pratique de la loi du 
15 juillet 1914, par Cii. Guyot et R. Roulleau de la 



RocssiÈBE. — 1 vol. 120 p., 3 fr. Lib. Berger-Le 
vrault. 

L'autorité professionnelle de M. (iuyot, ancien 
directeur de l'Ecole des Eaux et Ferèts, et celle 
de M. Roulleau de la lioussière, secrétaire géné- 
ral du Comité des Forêts, disent suffisamment 
la valeur du nouvel ouvrage qu'ils viennent de 
publier en collaboration. 

La situation des propriétaires forestiers et 
celle des ouvriers en matière d'accidents est à 
part dans notre législation. Les auteurs de ce 
volume ont voulu rionner un guide précis aux 
uns comme aux antres, et pour eux ils ont dé- 
gagé de chaque problème posé les solutions pos- 
sibles. 

Il y a là un ouvrage qu'ont intérêt à connaître 
les propriétaires de forêts, les marchands de bois 
et les compagnies d'assurances. Il condense 
toute la science juridique et pratique de ses 
auteurs sur la question et comme nul mieux 
qu'eux ne la connaissent, il demeurera le guide 
certain de la législation forestière en matière 
d'accidents. 

Amélioration de 1 élevage des animaux de l'espèce 
bovine par la création des prairies temporaires. 

par' H. ConivriD, pr'ofesseur l'Agriculture. — 1 vol.. 
94 p., pri.'C : 2 fr. Lib. Barllière. 

La petite brochure de M. Coirard, sous un titre 
qui en dit le contenu, est une publication d'ac- 
tualité tendant à orienter la culture vers des mé- 
thodes diminuant la main-d oeuvre. Comme le 
dit avec modestie l'auteur, cet ouvrage n'a pas 
la prétention d'apporter des idées nouvelles ; 
M. Coirard ne vise qu'à réunir et coordonner 
quelques documents, en s'inspirant de l'ensei- 



ACAOKMIE D'AiiRICLLTURI': DE FRANCE 



■5 



j,'nemen( de ses maîtres de l'Ecole de GriL'uon : 
Sanson, Dehérain. Berthault. 

Ce faisant, Tauteur continue par la plume son 
apostolat de professeur d'Agriculture. Son opus- 
cule contient de précieux conseils que les culti- 



vateurs français ne pourront certainement pas 
manquer d'apprécier cà leur valeur. Sous une 
forme simple, ijaccessihde à tous, il va là d'excel- 
lents documents. 

P. B. 



POUR LES REGIONS LIBEREES 



LTne importante réunion, qui avait attiré 
un très grand nombre d'inléressés, s'est 
lenue à Paris le 16 février. RUe avait été 
organisée sous la direction du capitaine de 
Warren, chef de la Mission chargée de l'or- 
ganisation des groupements coopératifs dans 
les régions libérées. Nous avons déjà signalé 
les efforts poursuivis avec succès dans ce 
sens depuis quelques mois, malgré les 
grandes difficultés créées par la situation 
lamentable de ces régions. La réunion a 
montré que ces succès se sont poursuivis. 

M. Lebrun, ministre du Blocus et des Ré- 
gions libérées, a voulu témoigner, en prési- 
dant la réunion, de l'imporlance qu'il attache 
au rôle dont il s'est chargé; celle-ci a vive- 
ment apprécié cette heureuse collabora- 
lion. 

On rendra compte ici des délibérations de 
la réunion et des conclusions qu'elle a adop- 
tées. On ne peut aujourd'hui que constater 
que d'importants rapports avaient été pré- 
parés, au nom du Comité d'organisation, sur 
les besoins agricoles des régions libérées par 
MM. Hitier, Henry Girard, Guillemot, Pierre 



Berthault, Caurelte, etc. Les uns et les autres 
ont donné lieu à des discussions très instruc- 
tives. On doit les remercier de leur active 
participation à une entreprise de haut intérêt 
national. 

On ne saurait trop insister sur les services 
que les coopératives de cullure rendent el 
rendront dans les régions libérées. 

Des efforts généreux sont poursuivis de 
toutes parts en France pour venir en aide 
aux cuUivaleurs de ces mallieureuses régions, 
mais ces efforts ne paraissaient pas suffi- 
samment coordonnés et ils semblaient même 
manquer parfois leur but. Les diriger vers 
les coopératives de culture, c'est leur donner 
une clientèle digne du plus vif intérêt. 

Les Associations agricoles des régions qui 
n'ont pas été atteintes par la guerre auraient 
un très beau rôle à jouer en venant en aide à 
ces coopératives. Celte aide pourrait se mani- 
fester par toutes sortes d'envois des choses 
les plus nécessaires pour l'existence; elle 
s'adresserait ainsi à des cultivateurs laborieux 
el méritants à tous égards. 

Henry Sagnier. 



ACADEMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE 



^Séance du 9 février 1918. 
Présidence de M. Haller. 
M. Zacchareivirz, directeur des Services aj^ri- 
coles de Vaucluse, envoie une note sur la culture 
du Manitoba eu Vauckise. Sa conclusion est que 
ce blé est une excellente variété de printemps, 
qui peut donner des rendements rémunérateurs. 

Arboretum de M. Philippe de Vilmorin, à Pézanin 
(Saône-et-Loirei. 

M. Maurice de Vilmorin présente une note de 
M. S. Motlet sur 'Aiboretum que M. Philippe de 
Vilmorin avait créé dans le centre de la France, 
pour y étudier l'acclimatatiou et l'utilisation, 
dans un sol et sous un climat très différent de 
celui de Verrières, de nombre d'essences fores- 
tières. 

Il choisit dans ce but, en plein Charoilais, à 
Dompierre-les-Ormes (Saone-et-Loire), la pro- 
priété de « Pézanin » appartenant à M™* Philippe 
de Vilmorin. Le sol le plus souvent, d'origine gra- 



nitique, y est très accidenté ; le climat est rude. 

La première plantation remonte à 1904, et, 
depuis, les plantations s'y sont poursuivies régu- 
lièrement. 

A côté des Conifères forestières de fond, cul- 
tivées dans la région, telles que hs Pins Laricio 
et sylvestre, le Mélèze, plantés par milliers, on y 
rencontre 789 espèces ou variétés d'arbres ou 
arbustes, à feuilles caduques ou persistantes, 
appartenant à 91 genres difîérents, et 206 espèces 
ou variétés de Conifères, appaitenant à.32genres 
difTérents. 

L'Arboretum de Pézanin est appelé à devenir 
à la fois une école de premier ordi'e pour l'étude 
scientifique des arbres et arbustes forestiers et 
d'ornement, pour leur culture dans le Charoilais 
et les régions dont le sol et le climat sont ana- 
logues. 

M. ^laurice de Vilmorin ajoute que M™» Philippe 
de Vilmorin a décidé de continuer l'œuvre de son 
mari, et a pris toutes les mesures nécessaires 



ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE FRANCK 



pour assurer les frais de l'entreprise. M. Moltet, 
dès l'automne 1917, était chargé par elle de con- 
tinuer les plantations et collections de Pézanin. 

M. le Président, au nom de l'Académie, adresse 
un respectueux hommage à M""» Philippe de Vil- 
morin, pour le culte pieux avec lequel elle pour- 
suit l'œuvre de son mari, dans son domaine de 
Pézanm. 

La culture du topinambour en Lorraine. 

M. Schribaux communique une note, dans 
laquelle M. Thiry, directeur de l'Ecole d'agricul- 
ture de Tomblaine, énumère les nombreux ser- 
vices que peut rendre le topinambour en Lorraine, 
d'après l'expérience de sa tamille qui, depuis 1860, 
n'a cessé de cultiver cette précieuse plante. 

A Tomblaine, M. Thiry réserve le topinambour 
pour les chevaux qui, grâce à cette nourriture, 
passent l'hiver sans avoine. Il en donne un peu 
aux porcs, lamais aux vaches. Souvent, on récolte 
àTomblaine 30000 kilogrammes de topinambours 
à l'hectare, tin fait suivre cette culture annuelle, 
de maïs- fourrage ou de vesce de printemps, pour 
détruire les repousses de topinambours. C'est 
bien, à ses yeux, une plante de guerre de pre- 
mier ordre; on devrait faire, cette année, un 
sérieux effort pour propager le topinambour 
dans toute la France. 

Election. 

M. Paul Vincey est élu membre titulaire dans 
la sectiou du Génie rural. 

Séance du 13 férrier 1918. 

Présidence de M. Haller. 

Félicitations à M. Méline. 

M. Hallfr esl heureux d'annoncer à l'Académie 
que la Société d'encouragement pour l'industrie 
nationale, sur le rapport de -M. Tisserand, vient 
de décernera M. Jules Méline sa grande médaille 
d'or à l'efiigie du baron Thenard. pour les 
importants et multiples services qu'il a rendus à 
l'agriculture, au cours de sa belle et fructueuse 
carrière. 

M. Méline remercie en ces termes : 

" Je suis aussi surpris qu'ému de la proclama- 
tion faite par notre éminent président, en termes 
si élevés et si flatteurs pour moi, d'une haute 
distinction, que je croyais encore ignorée et de 
la manifestation de sympathie si chaleureuse 
qu'elle m'a valu, de votre part. C'est une seconde 
récompense que vous venez d'ajouter à la pre- 
mière, et qui en double pour moi le prix; n'ètes- 
vous pas la Société mère au milieu de laquelle 
je puise les directions de mon activité écono- 
mique, et qui est pour moi un guide si sûr! 

« La Société d'Encouragement pour l'industrie 
nationale est sœur de la nôtre, presque aussi 
ancienne qu'elle, et, dans son cadre plus large, 
elle a fait une place prépondérante à l'agricul- 
ture. C'est à ce titre qu'elle in'a fait le très grand 
honneur de me décerner sa plus haute récom- 
pense, qui me met dans la compagnie des plus 
dévoués défenseurs et des bienfaiteurs de l'agri- 
culture. 



« Par une attention délicate dont je lui suis 
profoncément reconnaissant, elle a confié le 
rapport sur mes titres au premier de mes colla- 
borateurs dans mes campagm-SHgricoles, à notre 
vénéré et éminent confrère M Tisserand, que 
j'ai eu le bonheur de trouver à mes côtés, il y a 
trente-cinq ans, au lendemain de la création du 
ministère de l'Agriculture, et avec lequel je n'ai 
pas cessé de marcher la main dans la main. On 
a dit quelquefois de moi, ce qui était plus qu'ex- 
cessif, iiue j'avais été un père pour l'agriculture; 
il serait plus vrai de dire que M. Tisserand en a 
été le grand-père, puisque c'est lui qui, un des 
premiers, a lancé l'agriculture dans la voie du 
progrès scientifique et de l'orf.'ani.'-ation (écono- 
mique, qui lui a permis de conjurer les crises les 
plus redoutables. 

« Dans la Société d'Encouragement pour l'in- 
dustrie nationale, noire éminent confrère joue 
le même rôle qu'ici, sur le terrain de l'union de 
l'industrie et de l'aiinculture. Je dois dire 
qu'avani d'être moi-même le lauréat de cette 
grande Société, que préside avec tant d'autorité 
et une activité infatigable notre confrère M. Lin- 
det, j'étais déjà un de ses collaboaateurs incon- 
nus. Il y a longtemps que je suis ses remarqua- 
bles études, sorties bien souvent de la plume de 
nos plus distingués confrères, et qui sont aussi 
pratiques que scientifiques. J'ai souvent regretté 
que notre grande presse, dan? sa panie écono- 
mique, ne puise pas plus souvent à cette source 
si riche ses éléments d'appréciation. 

« C'est vous dire, mes chers confrères, com- 
bien je suis fier d'avoir pu mériter à la fois vos 
acclamai ions si chaleureuses et les suffrages 
d'une grande Société, qui comprend l'éliie de 
nos savants, de nos industriels et de nos agri- 
culteurs, c'est-à-dire du monde qui pense, qui 
travaille et qui fait vivre la France. 11 n'est pas 
de récompense supérieure à celle-là, et elle sera 
un des grands honneurs de ma vie. » 

La peste bovine en Afrique occidentale française. 

M. G. MoussK, après avoir rappelé quelles larges 
espérances nous promettait l'Afrique occidentale 
franr;aise pour le ravilaïUement de la métropole 
en viande de boucherie, a le grand regret de 
faire connaître que cet avenir paraît momenta- 
nément au moins compromis, et cela provient 
toujours de la même cause, de notre iléfaut 
d'organisation économique, aussi bien dans les 
colonies que dans la mère patrie. 

Au début de 1915, une maladie épizoolique 
grave était signalée comme sévissant sur les 
bovidés vers les limites du territoire militaire du 
Niger, aux confins de la Nigeria, du pays 
haoussa et du Dahomey. Cette maladie était la 
pesie bovine; or, la puissance de rapidité de 
diffusion s'est manifestée eu même temps qu'une 
accentuation dans la gravité de l'épidémie, à tel 
point que la mortalité pouvait atteindre 70, 80, 
90 p. 100 même des bovidés. 

L'Afrique occidentale n'avait pas été ravagée 
parla peste bovine depuis 1891-92-93, mais alors 



CORKESPONDANCE 



les pertes n auraient pas élt Je plus de 50 p. 100. 
C'était déjà, cependaut, une impressionnaute et 
grave leçon ; malheureusement l'Afrique occi- 
dentale resta sans organisation sanitaire stable 
adaptée au milieu, à ses richesses animales et 
h ses mœurs. 

Il est démontré désormais que l'on peut lutter 
eificarement contre la peste ovine par la séro- 
thérapie. 

Si donc l'Afrique occidentale avait été dotée 
d'une organisation sanitaire, si elle avait eu des 
aboratoires ou des installations permettant de 
procédera la préparation de sérum en quantités 
suffisantes, si surtout If s moyens d'action avaient 
été mis en œuvre dès le moment où l'on s'est 
aperçu que la maladie franchissait les frontières 
orientales de l'Afrique occidentale française, 
nous n'aurions pas à déplorer les énormes pertes 
constatées plus haut. 

M. le PréUdfnt estime que l'Académie pourrait 
saisir les pouvoirs publics de celle question. La 
comniDnication de M. Moussu est renvoyée à la 
Section d'fk-oiiomii' des Animaux qui présentera 
-'in rapport et ses conclusions. 

La réquisition des laines en 1918. 
M. tlenrij tiaijnier a été saisi Je dilférents côtés 
deréclamati<>n< des éleveurs de moulons, à propos 
non seulement du sort qui leur a été fait les 
années précédentes, ujais de c-lui dont ils sont 
menacés cette année-ci par les prix auxquels 



1 Intendance militaire réquisitionne les laines- 
Lps éleveurs considèrent que les prix payé.s 
.jusqu'ici sont absolument dérisoires, eu égard à 
'a situation économique, aux pri.\ des aliments 
du bétail, aux saiaires des bergers, aux prix de 
revient des laines exotiques, etc. Ils estiment 
que si cette manière de procéder devait se per- 
pétuer en tins, le coup suprême serait porié à 
1 «'levage du mouton en Krance il serait, d'après 
eux, nécessaire que le prix payé pour la laineen 
11M8 fût fixé de 6 à 8 francs le Idlogr. en suiiU, 
suivant finesse et rendement. 

Or, l'Intendance serait disposée à payer celte 
campagne la laine au taux de 4 fr. 20 le kilogr. 
en suint (laines à rendement de 4Sp. 100). Ce prix 
est tout à fait inférieur au pri.v de revient actuel 
de la laine, et on ne peut que s'etontier une fois 
de plus de ces bas prix oll'erls aux ékveurs 
français, alors que les laines de l'Argenlioe et de 
la Plata sont payées à raison de9 francs le kilogr. 
1' Nous nous trouvons une fois de plus, ajoute 
M. Sagnier, en présence de ce f;iit, que l'Admi- 
nistration militaire cherche à acheter au plus bas 
prix en Fran'-e sans tenir compte des change- 
ments survenus dans la situation, taridis qu'elle 
achète à des prix très élevés à Tétianger. » 

Election. 

Avlifs est élu membre non lési- 



dent. 



II. llniEP. 



CORRESPONDANCE 



— .1/. J. .s. D. {Dordognej. — L'arrachage des 
souches se pratique avec des treuils et des 
grappins; voyez l'article paru dans If- n" 14 du 
12 juillet 1917, paye 265 et le livre : Travaux et 
maeldnes pour la mise en culture des terres, à la Li- 
brairie agricole de la .Maison rustique, 26, rue 
.lacob, à Paris. Aux Etats-Luis on emploie beau- 
coup les appareils de la Hercules Mfg., de Genter- 
ville (lowa;, mais nous croyons que vous aurez 
actuellement beaucoup de difÛcullés pour faire 
venir un de ces appareils. Comme cela a élé dit 
dans le n» 14 précité, il est préférable d'em- 
ployer un treuil de défoncement que vous trou- 
verez probablement à louer. — (M. R.: 

— N'° 8039 {Cote-'d'Ur). — 1" 11 est impossible 
de vendr»-, en quelque ville que ce soit, sous le 
nom Je cidre pur un ciJre contenant de l'eau 
sans tomber sous le coup de la loi, attendu que, 
d'après l'article 2 du décret du 28 juillet 1908, la 
dénomiiialion de cidre piir jus est réservée au 
cidre obtenu sans addition d'eau. En outre, un 
cidre aussi mouillé n'aurait pas, certainement, 
la eompo.sition chimique exigée pour mériter le 
nom de cidre et il ne pourrait être vendu que 
comme petit cidre. 

2» 11 y a Irois procédés pratiques et légaux 
pour conserver au cidre un goût sucré pen- 
dant toule l'année, après qu'il a été préalable- 
ment soutiré dans des fûts fortement méchés. 
Sucraije : Ajouter au cidre, chaque mois, par 



heetolitrf!, 100 à 150 grammes de sucre à l'état 
(h; sirop. La quantité est d'autant mcindre que 
la force du cidre est plus grande et la tempéra- 
ture de la cave plus basse. Mutage : Additionner 
le cidre tous les trois mois, par hectolitre, de 
2 gr. SO de métabisullite de potasse ou de 2 gr. 
d'anhydride sulfureu.x liquide. Saccltarimuje : Le 
décret du 8 mai 1917 pi-rjuet momentanément 
l'emploi de la saccliariue pour édulcorer les 
cidres et comme son pouvoir sucrant est 'JOO fois 
plus grand que celui du sucre, il en faudrait, 
comparativement à la quantité précitée, par 
hectolitre, gr. 20 à gr.30 dissous dans 30 fois 
leur poids d'alcool à 90°. 

3° L'ouvrage le plus complet sur la fabrica- 
tion du cidre est celui de M. Warcollier. Bro- 
ché, 5 fr. 50. Librairie agricole, 26, rue Jacob. 
- (A. T.) 

— V. de C. {Charente). — Dans la lutte contie la 
chenille processionnaire du pin, il importe 
de ménager les branches terniinnles et les ra- 
meaux des plus jeunes verticilles qui portent 
souvent les bourses soyeuses ou nids des che- 
nilles. En ce cas, on traite les nids en y fai- 
sant pénétrer une petite quantité de pétrole. 
55 centilitres de pétrole suffiraient pour le trai- 
tement de 100 bourses. 

Voici comment on opère. Avec un instrument 
pointu, on pratique un ireu au sommet du nid; 
puis, à l'aide d'une burette, on y verse quelques 



78 



CORRESPONDANCE 



gouttes (lu liquide. Pour les bourses hors de 
portée, il faut employer un instrument spécial 
tel que l'éclienilloir PiUot. 

Quant aux nids portés sur les branches laté- 
rales, le mieux est de couper l'extrémité de ces 
branches et de procéder immédiatement à leur 
combustion. L'ouvrier qui manie les bourses 
doit avoir les mains gantées et se placer contre 
le vent par rapport au feu où il fait brûler les 
nids. — (P. L.) 

— N" 8219 (Vienne). — Vous demandez que 
est le texte qui donne le droit d'être affecté 
aux services de l'arrière h un combattant qui 
a eu deux frères tués a l'ennemi et quelles sont 
les démarches à faire et formalités à remplir. 

L'article 2 de la loi du 10 aoi'it 1917 dispose 
que « les hommes de troupe ayant eu deux 
frères tués au champ d'honneur ou décédés des 
suites de blessures reçues à l'ennemi ou encore 
disparus depuis plus de six mois seront alfectés 
aux emplois les moins exposés des unités aux- 
quelles ils appartiennent ». 

C'est au chef de son unité que le militaire, qui 
se trouve dans ces conditions, doit s'adresser- 
(Instruction ministérielle du 7 septembre 1917.' 
-(G.E.) 

— N° 826.3 (Scinc-et Marne). — Le propriétaire 
d'un bois en a loué la chasse à un tiers respon- 
sable des dégâts de gibier. Tous deux sont mobi- 
lisés. Les riverains citent le propriétaire eu jus- 
lice pour dégâts de lapins. Vous demandez s'ils 
ont le droit de le Liire et si le propriétaire peut 
obliger le locataire à prendre ses lieu et place. 

Aucune action en justice ne peut être admise 
contre un mobilisé (Loi du 5 août 191 i, art. 4). 
!Ni le propriétaire, ni le locataire de la chasse ne 
peuvent donc être assignés utilement. — (G. E.) 

— M. E. S. [Seine). — Des pailles et des 
fourrages qui, au.'c termes du bail, doivent être 
consommés sur place, ont été réquisitionnés. 
Vous demandez si le propriétaire est fondé à ré- 
clamer une part du produit de la livraison, et la- 
quelle : 1° à un fermier, non mobilisé, payant 
régulièrement ses fermages; 2° à un second fer- 
mier n'ayant rien versé depuis la guerre. 

Il est de principe que l'indemnité de réquisi- 
tion représente les objets réquisitionnés. De ce 
principe on peut déduire que le fermier, qui, 
d'après son bail, aurait été tenu d'utiliser sur 
place, dans l'intérêt du domaine, les pailles et 
fourrages, si ceux-ci n'avaient pas été réquisi- 
tionnés, doit employer le prix qu'il a reçu à 
acheter des objets de même nature pour rempla- 
cer ceux qui lui out été enlevés par la réquisi- 
tion. Ce n'est que dans le cas oii ce remplace- 
ment serait impossible, que le bailleur pourrait, 
selon nous, réclamer une part de l'indemnité 
dans la proportion où il aurait profité de la con- 
sommation sur place des pailles et des fourrages, 
question laissée à la complète appréciation des 
tribunaux. 

Il importe peu que le fermier soit ou non mo- 
bilisé. Ce fait n'aurait d'importance qu'en cas de 



procès, aucune action en justice ne pouvant être 
intentée contre un mobilisé. — (G. E.) 

- N" 6124, S. P. 178. — Il fallait s'attendre 
à ce qu'un cidre fabriqué avec des pommes 
dans un état de blettissement avancé et con- 
tenant, par suite, des bactéries acétiques, tom- 
bât au pouvoir de l'acescence. 

Pour y remédier, il faut, d'abord, soutirer 
le cidre dans un fût très propre et se rendre 
compte de son état de fermentation par une 
prise de densité, afin de mieux régler la nou- 
velle fermentation qu'on provoquera dans le 
cidre après en avoir neutralisé l'acidité par du 
carbonate de potasse pur. On connaîtra la quan- 
tité à employer en opérant par tâtonnements sur 
un petit volume de cidre auquel on ajoutera 
chaque dose dissoute dans dix fois son poids 
d'eau distillée ou de pluie tiède. On s'arrêtera 
dès l'apparition d'un goût désagréable ou d'une 
coloration brunâtre, mais on ne dépassera pas 
300 grammes par hectolitre. 

C'est alors qu'on essaiera de rétablir la fer- 
mentation : si la densité est supérieure à 1015, 
on ajoutera au cidre, par hectolitre, 50 grammes 
de phosphate d'ammoniaque et 23 grammes de 
levure; si elle est inférieuie, on ajoutera en plus 
300 grammes de sucre à l'état de sirop et l'on 
évitera, le plus possible, le contact de l'air. La 
fermentation à peu près terminée, on soutirera 
de nouveau, mais dans un fût très méché qu'on 
maintiendra dans l'endroit le plus froid. 

Le cidre ainsi restauré devra être bu promp- 
tement,car les bactéries acétiques ne sont pas 
détruites. 11 ne peut être vendu, sans que l'on 
s'expose à des poursuites. — (A. T.) 

— M. J. F. (Var). — Dans le montage de votre 
installation électrique, les fils d'amenée du 
courant peuvent être serrés aussi bien aux 
bornes d'en bas qu'à celles d'en haut de l'in- 
terrupteur et du coupe-circuit. Cependant, on 
fait généralement l'arrirée par en bas, et l'on a 
raison eu ce sens que s'il se produit une étin- 
celle, cette dernière tend à suivre l'air chaud, 
lequel, moins dense que l'air froid, s'élève; par 
suite l'étincelle on l'arc s'élève, s'éloigne de 
l'amenée du courant et tend à se rompre. C'est 
d'ailleurs sur ce principe qu'est basé le para- 
foudre à cornes placé toujours verticalement 
avec l'amenée à la partie inférieure. — (M. R.) 

— M. D. [iiu.i: armées . — Parmi les monogra- 
phies de diverses installations électriques pu- 
bliées par le .tournai d'Agriculture pratique, nous 
pouvons vous citer les suivantes : L'électricité à 
la colonie agricole de la l'/uilmelle (i90(), t. I,p.796); 
Elévation d'eau par l'élcctricAK (190i, t. I, p. 373); 
La Station centrale agricole d'.\gnicourt et Sé- 
chellcs ((902, t. II, p. o40, S74 et 6-43); Installa- 
tion hj/drn-électric/uc de la Rébutiniére (1903, t. 1, 
p. S)69 et 590) ; Vinslallalion électrique de Sainte- 
Hermine (1904, t. II, p. 604 1; Vélectricité au do- 
maine du Kondiat (1913. t. 1, p. 241); Prix de 
l'installation de Véclairage électrique (1913, t. I, 
p. 282); Vélectricité au domaine de la Norville 
(1914, t. I, p. 206). — (M. H.) 



Rh-VUE COMMERCIALE 



19 



LA QUINZAINE MÉTÉOROLOGIQUE 

Semaine du A au 10 fé or ier 1918 {OBSERVATOIRE DU PARC SAINT-MAUR) 



JOURS 

ET DATES 



Lundi 4 fév. 

Mardi îi — 

Mercredi.. 6 — 

Jeudi 7 — 

Vendredi. S — 

Samedi.. . 9 — 

Dim 10 - 



MojitDDes oa tolaii . . . 
Écarts SDr U nonuale . 



Lundi U fév. 

Mardi.... 12 — 
Mercredi . 13 — 

Jeudi 14 — 

Vendredi. 13 — 
Samedi .. 16 — 
Dimanche IT — 

MojtDnes tt tgtaoi 

icarts su la nomalB 



o .- 

M a 

» 



millin). 



TEMPERATURE 



4»0 

4.8 

1.2 
~ 6 
4.6 
4.0 



+ 3.4 



a 
■g 

s 


C 

c 

O* 

3 


ii»i 


70.3 


11-8 


7.2. 


1 1 . (i 


"j "' 


10.6 


!>.0 


12.-; 


!» S 


12.4 


8 8 


11.8 


7 .1 


M. 7 


8.2 


+3 - 


+;;.o 



Écart 

sur 

la nor 

maie. 



+4.3 

+ 4.1 
+ 4.3 
+.5.8 
+ 6.5 
+ 3.0 
+ 4.3 



heures 
0.2 

8 

4.8 

O.Û 

0.7 

6 2 

2 



12 9 

au lien de 
68 h.l 

dor. Ihêor. 



millim 
Û.O 



2.0 
0.7 
9 ■") 



4 , '.I 



REMARQUES DIVERSES 



Bruine le matin. 

Temps nuageuu. 

Pluie le mat., beau temps le 

soir. 
Temps couvert, pluie le soir. 

Temps pluvieux. 

Temps beau le mat., couvert 

le soir. 
Temps couvert le mat., beau 

le soir. 



Pluie depuis le l^'' jauvier : 

En 1918 47mm 

Normale » 



Semaine du 11 au 17 février 1918. 



1 0.9 


.1204 


— 0.1 


10.9 


4.6 


10.7 


3.2 


11.0 


-1.8 


4 S 


—4.7 


3. S 


-6.1 


2.6 


— 0.4 


8.0 


— 1.1 


+ 0.3 



503 

4 . I 
7.0 
7.9 
I.S 
-1.2 
-2. 2 

3.4 
-0.2 



+109 


» 


+ 1.2 


>t 


+ 4.0 


■' 


+4.3 


» 


-1.8 


» 


-4.9 


» 


—6.0 




» 


■• 


» 


» 



4.9 


» 


3.3 


" 


0.0 


U.6 


1.1 


» 


3.6 


» 


8.9 


■1 


9.3 


» 


31.3 

au lien de 

70 h. 6 

dit. tbéor. 


0.6 



Gelée bl. le mat., temps nua- 

geu-':. 
Gelée bl. i^t brouill. le mat., 

beau le soir 
Temps couvert, pluie. 

Temps couvert le m., beau le 

soir. 
Gelée bl., brouill. le mat., beau 

temps. 
Gelée blanclie, beau temps. 

Gelée blanche, beau temps. 



Pluie depuis le l" janvier 

En 1918 47mm 

Normale « 



(La publication des renseignements sur la pression barométrique et sur le vent est interdite par la 
censure au Bureau central météorologique.) 



REVUE COMMERCIALE 



Situation générale. — Un temps généralement 
doux et sec a permis aux cultivateurs de préparer, 
dans des condilions favorables, les terres destinées à 
être ensemencées en blé de printemps. On prévoit 
que l'étendue emblavée dépassera notablement celle 
de l'anuée précédente, surtout si les semences de 
blé de Manitoba destinées à être employées après 
celles de blés alternatifs, sont réparties en temps 
utile. 

La végétation de céréales d'automne commençait 
à prendre son essor et, dans l'ensemble leur situation 
était aussi satisfaisante que possible. Rares étaient 
les plaintes concernant les dommages causés par 
l'hiver. 

Malheureusement, le retour oUensif du froiJ que 
l'on redoutait s'est produit à partir du milieu de fé- 



vrier. La température s'est fortement abaissée ; des 
gelées intenses pour la saison sont survenues. Il esf à 
craindre que les blés et les arbres fruitiers à florai- 
son précoce n'aient eu à en souffrir. 

Blés et Farines. — Le commerce du blé manque 
toujours d'activité, par suite de la modération des 
offres. On traite au prix de la taxe, soit 30 fr. les 
100 kilogr. 

En Amérique, on signale des Etats-Unis que les 
blés sont protégés à peu près partout par une bonne 
couche de neige. Les prix du blé se maintiennent 
sans changi.-ment sur le marché de New-York. Dans 
la République Argentine, la récolte de blé a été sa- 
tisfaisante dans la plupart des régions. .\près avoir 
Uéchi les prix sont devenus plus fermes ; ils ont 
atteint 31 fr. 68 sur le marché de Buenos-.iires. 



80 



KEVUE COMMERCÎALE 



Les Iransactions portant sur les farinas sont forcé- 
ment restreintes tt en rapport avec l'approvisionne- 
ment en blé des moulins, laquelle esl très réduite. 
Les prix sont basés sur ceux établis par les décrets 
et arrêtés. 

Sons. — Il y a toujours pénurie de son-^. de sorte 
que les nombreuses demandes ne peuvent être sa- 
tisfaites. Les prix sont ceu.^ de la taxe. 

Seigles. — Cette céréale commence à devenir 
rare; dans beaucoup de fermes, il n'en reste plus à 
vendre. On paie au prix de la taxe. 

Orgas. — (titres faibles et prix soulonus se rap- 
prochant de la taxe. 

Avoines. — Sur les marchés 'de piuvince, les 
dires sont très modérées; rapprovisionne;nent est 
insultisant. Les transactions se font au taux de la 
taxe. 

Sarrasins. — Les offres se réduisent en même 
temps que la qualité s'atténue. On paie en culture 
12 l'r. les tOO kilogr. 

Graines fourragères. — La situation concernant 
ie.-< graines de luzerne ne s'étant pas améliorée, les 
ventes, rares et portant sur de faibles ciuantités, ont 
lieu à de^ prix très fermes. 

I es cours de la graine de trélle restent station- 
nairss; ceux de la graine de lupuline sont eu hausse. 

Aucun changement dan< les prix des autres 
graines. 

Fourrages. — Les prix des fourrages sont très 
variables. En province, on a payé aux derniers 
marchés, par 500 kilogr. : "\'endée, 100 f. .;^Côtes-du- 
Nord, 130 à 140 fr.; Vosges, 70 à 80 fr.; Isère, Doubs 
et Jura, 150 à HO fr. 

Pailles. — La paille de blé vaut, suivant les ré- 
gions, de 1 i à 18 fr.; celle de seigle de 12 à 16 fr.; 
d'avoine, 10 à 12 fr. les 100 kilogr. 

Bétail. — Voici le relevé du dernier marché de 
La Villette à Paris (18 février) : 









l'RIS 


DU K1I/)G. 








AU POIDS NBT. 




Amenés. 


Invendus. 


«.^ •- ■ 








1" 


2- 


3' 








quai. 


quai. 


quai. 


rj -,.(„ 


1 805 
1 iôO 


12 
10 


3.6M 
3.d8 


3.48 
3.40 


3.16 


Vaclies 


3.10 




335 


jj 


3.40 


3.28 


3 08 




'J66 

13 486 

2 910 


300 

a 


5.80 
5.90 
5.60 


3.30 
5.30 
5 ::0 


4 30 




4.60 


Porcs 


5.C0 




Prix extrêmes 


du kilo^fraram 


B. 




Au poids vif. 


Au poids 


net. 


Bœufs 


1.31 à 2.34 


■2.68 à 3.90 


■Vaches 


1.22 2.34 


2.44 3.90 


Taureaux 


1.34 2.09 


2.68 3.48 


Veaux 


1.55 3.66 


3.10 6.10 


Moulons 


I.B8 3.01 


3.50 6.40 


Porcs 


3.00 


3.99 


i 


28 5 


70 



Dans les départements, on cote : 

Ait, par kilogr. poids net : brebis, 2.6.'i à 2.95 ; 
par kilogr. poids vif : agneaux, 2 à 3 fr. 

Besançoti, par kilogr. poids vif : bœufs, 3.20 à 
:i.4U; vaches, 3 à 3.20; veaux, 2.50 à 2.70; par ki- 
logr. net, moutons, 4.90 à 5.10. 

Bordeaux, par kilogr. poids net : boeufs^ 2 à 
3.50; vaches, 1.80 à 3.20; veaux, 4 à 4.40; mou- 
tons, -4 à 5.50. 

Cluirtres, par kilogr. poids net : veaux gras, 4.20 
à 5 fr.; à la pièce, porcs de lait, 1:!0 à UiO fr. 

Dijon, par kilogr. poids net : moutons, 3.50 à 4.50; 



par kilogr. vif, veaux, 3.80 à 3.90 ; veaux, 2.70 à 
2.90. 

Lyon, par kilogr. poids net : bœufs, 3.30 à 3.65 ; 
moutons, 5.60 à ."i.60; par kilogr. vif, veaux, 2 à 2.60. 

Neu/'chàtel, pa.T kilogr. net: veaux, 4.50 à 4.80; 
porcs, 4.50 à 4.80. 

Viandes. — Derniers cours officiels aux Halles 
Centrales de Paris (par kilogr.) : 



Bœuf. 



1/4 de derrière. 2 20 a 3 60 

1/4 de devant. 2 CO 2 60 

Aloyau .... :; 00 1 60 

Paleron . . . . 2 5u 3 20 



Trains 3 00 à 4 00 

Cuisses .... -2 40 3 40 

Pis et collet. . 2 10 3 00 

Bavette .... 2 80 3 60 



Extra.- . . . 


. 4 60 à .. 


1" qualité. . 


. 4 40 4 50 


2- — . . 


. 4 30 4 30 


3- — . . 


. 3 80 4 .00 



\^'> qualité. 



Veau. 

Pans et cuiss. 3 40 A 5 40 

Veaux de Gaen: 
1/4 de devant.. 3.40 à 4.50 
1/4 de derrière. » » 

■Veau.x bretons. 2 tO :f 20 

Mouton. 

5 00 à 5 40 Gigot 4 50 a 6 50 

4 40 i 9ù Carrés parés. . 4 00 S 00 
3 80 l 30 Agneaux ...» 

Porc. 



Entier . . 

1" qualité. . . 

■2' — . . . - 

Poit. fraîches. 3 20 



50 à S 10 Filets 4 00 à 5 80 

• Jambons . . . 3 CO 4 SO 

» » Reins 3 80 5 20 

■JO Poit. salées . . •' » 



Suifs. — A la Bourse de Paris, la cote ofhcielle 
est de 300 fr. le quinlal, en baisse de 35 fr. sur la 
cote de la quinzaine précédente. 

Vins. — Les diflieultés relatives au transport 
n'étant pas aplanies, le comiiierce des vins reste 
languissant. Néanmoins, les cours sont très fermes. 
Dans l'Hérault, dans le Gard, le prix de l'hectolitre, 
pris chez le producteur, varie de SS à 110 fr.; dans 
l'.\ude, ou paie de 83 à 108 fr. et dans les Pyrénées- 
Orientales, de 82 à 108 fr. A Piui.i Bercy, on cote les 
vins nouveaux : par hectolitre, Aude (10°). 140 à 
s45 fr.; Gard O"'), 130 à IS:. fr.; Hérault (9o). 135 à 
140 fr.; Pyrénées-Orientales (10° 1/2 à 11°). 150 à 
15:; fr-: Aramon ,so\ 130 fr.; -Alger, 150 à 155 fr.; 
Oran, 160 fr.; la pièce, Beaujolais, 380 à 480 fr.; Ma- 
çonnais, 380 fr.; Touraine. 300 fr.; vins blancs, la 
pièce. Maçonnais, 400 fr.; Charente, 350 fr.; Vouvra.v, 
400 fr.; Sologne, 350 fr. 

Cours sans changement en .Vlgèrie. 

Cidres. — L insuffisance des moyens de transport 
paralyse également le commerce des cidres. 

On cote à l'hectolitre départ : vallée d'Auge, 3Î à 
3:^ fr.: Manche, 26 à 28 fr.; Sarthe, 34 à 36 fr.; lUe- 
et- Vilaine, 23 à 24 fr.; Orne, 30 à 35 fr. 

Beurres. — Les prix varient, en province, de 8 à 
10 fr. le kilogr. 

Œufs. — On paie, à la douzaine, de 2.75 à 4 fr. sur 
les marchés des départements. 

Tourteaux. — Prix fermement tenus à Marseille. 
On cote, par 100 kilogr. : arachide Rusfique, 61 à 
62 fr.; arachide Coromandel, 59 fr.: coprah, 79 fr.; 
palmiste, 54 fr.; lin, 73 fr. 

Huiles d'olives. — Les prix des huiles d'olives de 
Nice varient de 4 40 à 'i80 fr. les 100 kilogr. 

K. DoR-VXii. 



Le gérant : Ch.vrles Dctreix. 



Paris. — h. Mabetheux, imprimeur, 1, rue Cassette. 



CHRONIQUE AGRICOLE 



81 



CHRONIQUE AGRICOLE 



Discussion à la Chambre îles Députés de propositions ayant pour objet d'organiser la production du blé it 
la culture des terres abandonnées. — Origine et tendances de ces propositions. — Mesures présentées 
par la Commission de l'Agriculture. — Adoption de deux articles supprimant le libre commerce des 
céréales panifiables et rendant l'État seul acquéreur et dispensateur des grains et des farines. — Dispo- 
sitions relatives à la culture obligatoire des céréales. — Arrêt de la discussion. — Tactique coupable 
des socialistes. — Loi sur la suppression des droits sur les boissons et sur le régime de l'alcoul. — 
Adoption d'une proposition relative à la création d'un Office central des produits chimiques agricoles. 
— Évaluation sur l'état de culture des céréales au i"' février.— Les redevances de la Banque de France 
pour le Crédit agricole en 1917. — Vente d'animaux reproducteurs de la race normande pure. — Note 
de l'Union du Sud-Est des Syndicats agricoles sur la liberté du placement des salariés. — École nationale 
d'industrie laitière de .Mamirolle. 



A propos des céréales 
La Chambre des Députés a été saisie, il y a 
plusieurs mois, de deux propositions, l'uno 
de M. Locquin au nom du Groupe parlemen- 
taire socialiste tendant à organiser la pro- 
duction du blé, l'autre de MM. Compère-Mo- 
rel et Locquin tendant, en outre, à organiser 
la culture des terres abandonnées. La Com- 
mission de l'Agriculture, chargée de l'exa- 
men de ces propositions, parut d'abord 
assez embarrassée devant des textes qui ne 
tendaient à rien moins qu'à mettre la pro- 
duction agricole entre les mains de l'Etat; 
elle les a plusieurs fois modifiés, et finale- 
ment elle les a réunis en une proposition 
unique qui a été l'objet de trois rapports suc- 
cessifs confiés à M. Compère-Morel. 

La discussion publique, ouverte dans la 
séance du il février, s'est prolongée pendant 
plusieurs séances. Les deux premiers arti- 
cles ont été adoptés, après avoir été, d'ail- 
leurs, complètement transformés en séance 
par des séries d'amendements; mais le troi- 
sième article, après une longue discussion, a 
été transformé par l'adoption d'un amende- 
ment qui en modifiait profondément le carac- 
tère. M. Compère-Morel ayant, à la suite de 
ce vote, donné sa démission de rapporteur, 
il paraît peu probable que la discussion soit 
reprise, du moins à brève échéance. 

Dans ces conditions, il semblerait qu'il n'y 
ail pas lieu d'insister sur cette discussion 
avortée ; il est cependant utile d'en indiquer 
sommairement les phases. 

La proposition comportait deux parties 
qu'on peut considérer comme distinctes : la 
première se rapporte au commerce, la 
deuxième aux conditions qu'on cherchait à 
imposer à la production. La première seule a 
été adoptée, c'est sur la seconde que le projet 
a échoué. 

D'après le rapport de M. Compère-Morel, la 
proposition ne visait que le blé. Au cours de 
la discussion, elle a été étendue à toutes les 

1 Mars 1918. — N» 3. 



céréales.Voici,enefret, le texte de l'article !'■', 
tel qu'il fut adopté : 

Le libre commerce des céréales panifiables : 
blé, seigle, méteil, orge, escourgeon, paumelle, 
maïs, sarrasin, sorgho, et de l'avoine, est sus- 
pendu pendant la durée de la guerre jusqu'à la 
fin de la première campagne qui suivra la cessa- 
tion des hostilités. 

Du moment que le commerce libre des cé- 
réales était supprimé, l'Etat en devenait seul 
acquéreur et dispensateur unique. C'est, 
d'ailleurs, à peu près ce qui se passe aujour- 
d'hui. Aux termes de l'article 2, il était sti- 
pulé que l'Etat est seul acquéreur de la tota- 
lité des récoltes de céréales, « réserve fami- 
liale, ensemencements et nourriture du bétail 
contrôlés exceptés », et seul importateur des 
stocks de compléments nécessaires ; il doit 
assurer la répartition des grains et farines 
entre les consommateurs. Des modalités pré- 
cises était prévues relativement à la prise en 
charge, à la livraison et au paiement. 

Ce n'est pas que ces dispositions aient été 
adoptées sans une longue lutte ; néanmoins, 
elles s'excusent par les nécessités qu'impose 
l'état de guerre. 

Avec l'article 3, surgissait une série de me- 
sures qui mettaient les cultivateurs sous le 
joug : obligation pour chacun, pendant une 
période de cinq ans, d'ensemencer en cé- 
réales panifiables une surface minima fixée 
par le ministre de l'Agriculture, interdic- 
tion de consacrer à des herbages ou à d'au- 
tres cultures toute parcelle de terre laboura- 
ble apte à produire des céréales panifiables, 
mainmise du Comité communal d'action 
agricole sur l'étendue que les propriétaires 
ne pourraient ou ne voudraient ensemencer 
suivant les indications données, amende de 
1 000 à 5 000 fr. par hectare pour l'exploitant 
qui ne se serait pas conformé à ces prescrip- 
tions. V.n retour, l'Etat s'engageait à faciliter 
aux agriculteurs les ressources en main- 
d'œuvre, machines, semences, engrais, etc., 

1918. — 5 



CHKONIQUE AGRICOLE 



indispensables. C'est sur ces mesures draco- 
niennes, accusant une méconnaissance ab- 
solue des conditions rationnelles de la cul- 
ture, que le projet devait échouer. L'adoption 
d'un aaiendemenl de M. de Gouyon, destiné à 
exonérer les petits cultivateurs de toutes ces 
obligations, en sapait la base. 

.\u cours de la discussion générale, un cer- 
tain nombre d'observations ont été présen- 
tées qu'il convient de relever. Il est inutile 
d'insister sur cette phrase de M. Compère- 
Morel : « La liberté laissée aux initiatives 
individuelles est à la base de notre loi. » 
Que ce soit de l'ironie ou une conception 
spéciale des choses, peu importe. Mais ce qui 
est beaucoup plus grave, f'est l'affirmation 
portée à la tribune que, d'après une enquête 
préfectorale dont il a les résultats entre les 
mains, dans 21 déparlements, .'500 fermes 
représentant plus de 18 000 hectares restent 
volontairement incultes, parce que leurs pro- 
priétaires « possédant des centaines de mille 
francs, des millions même, plutôt que de 
faire travailler leurs terres, préfèrent des 
placements plus lucratifs. » Ce mode d'oppo- 
ser la paresse et la lâcheté des grands pro- 
priétaires à l'activité inlassable des petits 
cultivateurs ne pouvait manquer de soulever 
l'étonnemenl; on a demandé que les noms 
fussent cloués au pilori. Point n'est besoin 
d'une telle indignation ; c'était un simple 
effet de tribune, familier aux orateurs retors. 
M. Compère-Morel sait pertinemment que les 
18 000 hectares des 500 fermes de son enquête 
correspondent à une surface moyenne de 
36 hectares par ferme. Est-ce que ceci se 
rapproche, même de loin, de la grande cul- 
ture? Ce sont, de toute évidence, des fermes 
ou des métairies, dont les fermiers ou les 
métayers sont mobilisés et qu'il aura été im- 
possible de remplacer. M. Compère-Morel ne 
parait pas comprendre que le caractère offi- 
ciel dont il est investi actuellement lui inter- 
dit de pousser à la lutte de classes chère à 
l'école socialiste ; on peut le regretter. 

Le régime de lalcool. 
La Chambre des députés a consacré deux 
séances, le 24 et le 26 décembre, à la discus- 
sion du projet de loi sur le régime de l'alcool 
présenté il y a deux ans par M. Ribol, alors 
ministre des Finances. Ce projet a surtout 
pour objet d'alléger les budgets communaux 
par la suppression des droits d'octroi sur les 
boissons et par la création d'un fonds com- 
mun obtenu par le relèvement des taxes ou 
droits sur les boissons; le produit de ces re- 
lèvements sera réparti entre elles. 



Ce projet, longuement étudié par plusieurs 
Commissions, suscitait de nombreuses objec- 
tions ; pour les atténuer, M. Klotz, ministre 
des Finances, a suggéré, et la Chambre a dé- 
cidé que le nouveau régime ne serait établi 
que pour une année. 

Transmis au Sénat, le projet a été adopté 
dans la séance du 22 février sans change- 
ments. Il a été immédiatement promulgué 
(voir p. 92). 

On remarquera que le droit de circulation 
sur les vins est porté à .5 fr. par hectolitre. 

Il est assez probable que, comme l'a prédit 
un député, ce nouveau régime sera prolongé 
au delà de Tannée 1918. 

Office des produits chimiques agricoles. 
Dans sa séance du 28 février, la Chambre 
des Députés a adopté une proposition de loi 
présentée par M. Fernand David, relative à 
la création d'un Office central des produits 
chimiques agricoles. Cet Office aura pour 
rôle de pourvoir à l'approvisionnement en 
engrais et toutes matières utiles à l'agricul- 
ture; il pourra réquisitionner à cet effet les 
appareils, les forces motrices, les établisse- 
ments industriels ou commerciaux, etc. Un 
crédit de 100 millions de francs sera affecté à 
son fonctionnement. 

Les céréales d'automne. 
Les moyennes générales de l'enquête men- 
suelle faite par le ministère de l'Agriculture 
sur l'état de culture des céréales d'automne 
à la date du 1'^'' février sont réunies dans le 
tableau suivant (100 signifie très bon, 99 à 80 
bon, 79 à 60 assez bon) : 



1918 



1917 



Blé d'hiver 71 62 

Méleil 'ri 65 

Seigle 72 67 

Orge d'hiver 70 65 

Avoine d'hiver 68 66 

Les évaluations sont sensiblement meil- 
leures cette année qu'en 1917. Il y a lieu 
d'ajouter que les notes les plus élevées sont 
données, surtout en ce qui concerne le blé, à 
la plupart des régions de grande production: 
dans la région du Nord et du Nord-Ouest, 
Eure, Nord, Pas-de-Calais, Seine-et-Marne, 
Seine-et-Oise, Somme; dans celle de l'Ouest, 
Maine-et-Loire, Vendée, Deux-Sèvres, Finis- 
tère, Côtes-du-Nord; dans celle du Centre, 
Loiret, Indre, Allier, Loire, Saône-et-Loire; 
dans celle du Sud-Ouest, Gers, Lot, etc. 

A la Banque de France. 

L'Assemblée générale annuelle des action- 



CHRONIQUE AGRICOLE 



naires de la Banque de France s'est tenue à 
Paris le 31 janvier. Comme chaque année, le 
rapport de M. Georges Pallain, gouverneur, a 
fait ressortir le montant des redevances 
payées à l'Etat en 1917 pour être ad'ectées au 
Crédit agricole. Ces redevances se sont éle- 
vées à un peu plus de 3t) millions de francs, 
au lieu de 23 millions et demi en 1916. 

Le total des sommes mises définitivement, 
en vertu des lois du 17 novembre 1897 et du 
29 décembre 1911, à la disposition du Crédit 
agricole, s'est élevé ainsi à un peu plus de 
181 millions de francs, en dehors de l'avance 
remboursable de 40 millions. 

Police sanitaire des animaux. 
Le Bulletin sanitaire vétérinaire du minis- 
tère de l'Agriculture continue à enregistrer 
un excellent élat sous le rapport de la tièvre 
aphteuse. Par contre, il signale une extension 
de la gale des chevaux, qui provient évidem- 
ment de la difl'usion des chevaux réformés 
provenant des armées. Au 16 février, cette 
maladie était constatée par les vétérinaires 
sanitaires sur un millier environ de chevaux 
répartis entre 109 communes de 39 départe- 
ments. Les déparlements de la Haute-Marne, 
du Gard, de Seine-et-Oise, de la Vendée pa- 
raissaient, en dehors de la zone des armées, 
particulièrement infectés sous ce rapport. 

La récolte des olives. 

Voici, d'après les évaluations données par 
le ministère de l'Agriculture, la répartition 
de la production des oliviers en 1917 : 

quintaux quintaux 

Basses-Alpes... 10 000 Pyrénées-Or. 2S 000 

AIpes-Maritim" 100 200 Var 650 000 

Ai-dèche 10 000 Vaucluse 120 000 

Aude 2 800 

Bouches-diL-li.. 123 000 1 306 000 

Drôine 40 000 Corse 400 000 

Gard 160 000 

Hérault 60 000 Total ... 1 706 000 

Comme on l'a déjà dit ici, la récolte a été 
exceptionnellement abondante. Il faut re- 
monter à l'année 1908 pour trouver une pro- 
duction qui s'en rapproche (1 S.'jS 060 quin- 
taux). 

Vente d'animaux reproducteurs. 
La 22"= rente annuelle de taureaux et de 
femelles de la race normande pure de la 
ferme bien connue de MM. Lavoinne frères, 
éleveurs aux Bosc-aux-Moines (Seine-Infé- 
rieure), a eu lieu le "7 février. Les enchères 
ont donné les résultats suivants : 

Taiirecnix. 
Etendard, à M. P. Dupuis. à Offranville, 1 650 fr. 
Ei/lau, M. Brument Ernest. Criquet, 1 400 fr. 



Etecleiir, M. le baron Edouard de Rothsctiild, Fer- 
rières-en-Brie, 2 100 fr. 

Eurojjéi',1, M. Dupont Cti., Bonuières, 1 300 fr. 

E/iia, M. Lange Edmond, Bosville, 1 050 ir. 

Etam/ifs, M. Lange Alfred, Thionville, 1 600 fr. 

Fa(alis/p, M, Leblond Edm., Catenay, 1 850 fr. 

Farjolin, M Lecœur C, Grémonville, 800 fr. 

Freluquet. M. Bénet H., Bosc-le-llard, 1 000 fr. 

Forlunio,}A. Lecarpentier A., La Saussay, 1 000 fr. 

Falot, M'"' Ruinet, Lyons-la-Forêt, 1 700 fr. 

Farceur. M. Roussel AIdric, Saint-Jean-du-Car- 
donnay, 1 «.'JO fr. 

Fécond, M. Chatel Edmond, Paluel, 1 150 fr. 

Flolicrl, M. Letheu.x G., .Sorquainville, 673 fr. 

Facciri, M. Levasseur A., Avremesnil, 1 700 fr. 

Erlon, M"" Leforestier, Tocqueville-en-Caux 
1 200 fr. 

Forum. M.\I. Gardet et .Nion, Yvetot, 930 fr. 

Eri.r, M. Delamare .aimable, Bénesville, 950 fr. 

Empire, M™» Damois, Néville, 1 400 fr. 

Fakir, iM. Pruneau Octave, Combreux (Loiret), 
1 000 fr. 

Fricoteur, M. Aubruchet Julien, Illois, 1 000 fr. 

Folâtre, Société anonyme du château de Mes- 
uières, 630 fr. 

Friand. M. Dupont Charles, 850 fr. 

Farfadet. M. Ratel Jules, Bosc-Ie-Hard, 930 fr. 

Forban, M. Vitcoq L., Veauville-les-B., 473 fr. 

Falconet, M. Ablin, régisseur de M. le comte de 
Germiny, ClasvilleMotteville, 875 fr. 

Filleul, M. Mouquet G., Bosc-Bérenger, 1 000 fr. 

Vaches et Génisscfi. 

Bancjuise, M. Boissière, Etoutteville, 1 300 fr. 
Défiance, M. Chatel Edmond, Paluel, 1 500 fr. 
Délicate. M. Bonet M., EUou (Calvados), 900 fr. 
Oonzelte, M. Chatel Edmomi, Paluel, 1 300 fr. 
Vamélia, M. Laine Emile, Ouainville, 1 630 fr. 

La vente des 32 animaux offerts aux en- 
chères a produit un total de 38 775 francs. 

Le marché du travail. 
L'Union du Sud-Est des Syndicats agri- 
coles nous signale une proposition de loi qui, 
si elle était votée, constituerait une très grave 
atteinte à la liberté de l'agricuilure, du com- 
merce, de l'industrie et du travail. L'essentiel 
de la proposition se résume dans les deux 
idées suivantes : 

1° Inteidiction absolue sous peine d'ane 
amende de 16 à 100 fr., d'un emprisonnement 
d'un mois à six mois, à tout particulier ou col- 
lectivité (le recueillir des offres ou des demandes 
d'emplois pour s'entremettre en vue de procu- 
rex- du travail à ou chez autrui. 

2° Monopole absolu du placement au prolit des 
bureaux municipaux et départnmentaux qui de- 
vront être établis dans les commîmes et les dé- 
partements et des offices centraux constitués 
auprès du ministère du Travail et du ministère 
de l'Agriculture. 

L'Union du Sud-Est fait ressortir que, si 
cette proposition passait à l'état ds loi, le 
lait pour un particulier de s'entremettre, 
même accidentellement et gratuitement, 
pour procurer du travail serait un délit; les 



84 



PRIX LIMITE DES INSTRUMENTS ET MACHINES 



Syndicats seraient privés du droit qu'ils tien- 
nent de la loi du 21 mars 1884 et de celle du 
24 mars 19(J4 de renseigner sur les ofires et 
demandes de travail et de placer gratuite- 
ment; tous les industriels, commerçants, 
agriculteurs seraient à la merci des bureaux 
officiels, et â un moment où la main-d'œuvre 
sera si rare, ils seraient absolument privés 
du droit de créer les organismes propres à la 
leur procurer. 

Ecole nationale d'industrie laitière. 
Les examens d'admission à l'Ecole natio- 



nale d'Industrie laitière de Mamirolle (Doubs) 
auront lieu au siège de l'établissement le 
mardi 2 avril. Un certain nombre de bourses 
seront attribuées aux candidats les plus 
méritants qui auront justifié de l'insuffisance 
de leurs ressources. 

Les demandes d'inscription et de bourse 
doivent parvenir avant le 15 mars. 

Le programme est envoyé à toute per- 
sonne qui en fait la demande au Directeur 
de l'Ecole, à Mamirolle. 

Henry Sagnier. 



PRIX LIMITE DES INSTRUMENTS ET MACHINES 

Le ministère de l'Agriculture et du Ravi- | prix limite pour la vente au détail des ma- 
taillement a publié au Journal Officiel du | chines de récolte et des instruments ara- 
27 février le tableau suivant, qui fixe les I toires : 

Machines de récolte. 

Les prix ci-dessoiis des machines de récolle soyit ceux de la vente an détail, 
franco gare acheteur. 



'.50. 
".10. 



Faucheuse à 1 cheval 

— à 2 chevaux 

Appareil à moissonner à i cheval 

— à 2 chevaux 

Moissonneuse-javeleuse, coupe lm.25 

— coupe !™.35 

— coupe l^.SO 

Moissonneuse-lieuse avec son chariot, coupe 1° 

— — coupe 
Râteau à cheval, modèle lourd à 24 dents 

— — à 26 dents 

— à 2S deuts 

— type léger à 26 dents 

— type léger à 32 dents 

Rùteau faneur, grand modèle, largeur 2 mètres à 2'". 40. 

— petit modèle, largeur !>",S0 à 2 mètres.. 

Faneuse à fourches (6 fourches à i dents) 

Ficelle Sisal, le kilogramme 

— Manille, le kilogramme 



^'abrication 


Fabrication 


française. 


étrangère. 


francs 




francs 


"750 » 




7-75 » 


8jU » 




875 » 
120- .. 


» 




130 .. 


1 150 » 


1 


175 » 


1 n5 <r 


1 


200 .. 


1 215 » 


l 


240 .. 


2 275 H 


2 


300 .. 


» 


2 


450 .. 


530 .. 




» 


54;; .1 




„ 


565 » 




4S3 .. 


» 




510 .. 


975 " 


1 


100 .. 


950 » 




975 .. 


6-5 » 




760 . 


5.15 




5.15 


5 . 05 




5.05 



Instruments aratoires. 

tes prix ci-dessous des instruments aratoires sont ceu.r île la vente an détail. 



sur vagon gare départ usine. 



Prix 
au kiloLTamme. 



Charrues de construction entièrement métallique 
(sauf celles spéciales pour tracteurs) 



Pesant jusqu'à 110 kilogr 

Pesant de 110 à 130 kilogr 

Pesant au-dessus 

Extirpateurs et scarificateurs, bâti acier dents rigides; cultivateurs-extirpateurs et 

herses dents flexibles 

Hersée métalliques 

Houes à 1 rang à mancherons, modèle léger 

Houes à plusieurs rangs, modèle lourd 

Rouleaux cylindres tôle d acier 

Rouleaux cylindres fonte 



francs 



65 
50 



Des prix limite sont également fixés pour 
les fournitures destinées à la ferrure (fers 



à cheval, fers à bœufs et clous pour la fer- 
rure). 



surf L'ORIGINE DE LA LUZERNE CULTIVÉE 



85 



SUR L'ORIGINE DE LA LU/ER^E CULTIVÉE 



Certains marchands grainiers, outre la se- 
mence de luzerne ordinaire {Med'icago snliva), 
portent sur leurs catalogues celle de la lu- 
zerne rustique ou des sables {3J. média). Cette 
dernière plante, si elle n'est pas recomman- 
dable dans les sols où prospère la luzerne 
commune, réussit au contraire et donne un 
fourrage d'assez bonne qualité dans les ter- 
rains médiocres et légers. 

Cette luzerne des sables est considérée par 
la plupart des botanistes modernes comme 
un hybride fertile et plus ou moins fixé de la 
luzerne ordinaire (M. saliva) et de la luzerne 
falciforme (M. falcafa), qui constitueraient 
deux espèces distinctes; pour d'autres bota- 
nistes au contraire, notamment Âlefeld, les 
M. saliva, M. nipdia et M. falcata ne seraient 
que trois variétés d'une seule espèce. Enfin, si 
le M. salira n'existe que cultivé dans nos ré- 
gions, on en trouverait des formes sauvages 
dans l'Afrique du Nord, l'Europe orientale et 
l'Asie. 

Un travail important du D" Trabut, qui a 
été inséré dans les Comptes rendus de l'Aca- 
démie des Sciences (t. 164, n" 16, 16 avril 
litl", p. 607-tiOtt), jette un jour tout nouveau 
sur celte question controversée : la luzerne 
cultivée aurait elle-même une origine hy- 
bride. Avant d'analyser cette étude, qui fait 
en quelque sorte suite à celle consacrée pré- 
cédemment par le même auteur à l'avoine (1), 
il convient d'examiner un peu en détail les 
caractères distinctifs des trois plantes dont 
nous allons avoir à nous occuper. 



Si nous résumons les caractères des plantes 
envisagées d'après l'ouvrage florislique le 
plus complet et le plus récent (Rouy, Flore 
de France, t. V, 1899, p. 11-15), nous obte- 
nons le tableau ci-dessous : 

I. M. falcata L. — Tiges couchées; fleurs 
jaunes, jaune dofp, presque orangées {anrei/lora 
Rouy) ou blanchâtres {alhiflora Babey), à pédi- 
celles plus longs que le tube du calice; légumes 
peu fakiformes ou presque droits. 

Race M. silvestris Pries. Corolle jaunâtre ou 
d'abord jaune plus ou moins teintée de violet, 
puis violacée (cyclocarpa Hy), ou violacée sans 
mélange de jaune {lilacea Hy) ; légumes semi- 
circulaires ou annulaires. (Cette race, souvent 
confondue avec le M. meiUa, ne serait pas hy- 
bride selon Piouy.) 

(1) Voir notre article : A propos de l'origine des 
avoines cullivées, dans le Jaurnal d'AgricuUuri pra- 
tique, 1910, t. )I, p. 5T0-573. 



II. M. salira L. — Ti;.'es dressées ou ascen- 
dantes; fleurs en grappes oblongues, multi- 
flores; corolles violettes ou bleuâtres; pédicelles 
plus courts que le tube du calice ; légumes cour- 
bés en spirale à 2 tours 1/2 de spire. 

Sous-espèce M. glomerala Balb. Tiges ascen- 
dantes; fleurs en grappes courtes; corolles 
jaunes; pédicelles plus longs que le tube du 
calice; légumes courbés en spirale à 2-3 tours de 
spire. 

ni. M. varia Th. Mart. (= M. falcttla saliva 
Rchb.). — Hybride à port de M. saliva, mais à 
tiges tombantes ou couchées à la base; fleurs 
d'abord d'un jaune plus ou moins foncé, puis 
verdâtres, enfin violacées ou bleuâtres; légumes 
la plupart courbés en spirale à 1-2 tours de spire 
et laissant au centre un espace circulaire élargi, 
plus rarement annulaires. 

De Lamarck et De Candolle, dans la 3° édi- 
tion de leur Flore française (t. IV, 1805, 
p. 339-340), ne distinguent pas le M. varia et 
donnent au M. salira des fleurs ordinaire- 
ment de couleur violette ou purpurine, quel- 
quefois jaunâtre ou bleuâtre, et des gousses 
formant un ou deux tours sur elles-mêmes; 
au M. falcala, des fleurs ordinairement d'un 
jaune rougeâtre, ou quelquefois d'un jaune 
pâle mêlé de bleu ou de violet et des gousses 
courbées en forme de faucille. (Juant au 
M. glomerala, ils le considèrent comme ayant 
beaucoup de rapports avec le M. falcata, 
dont ils le distinguent parla tige plus droite, 
les folioles nullement dentées au sommet, les 
Qeurs toujours jaunes, disposées en petits 
corymbes serrés et les gousses décrivant 
deux révolutions. 

Pour Coste [Flore descriptive et illustrée de 
la France, t. I, 1901, p. 322), le M. glomerala 
est voisin à la fois de M. saliva et de ;)/. fal- 
cala : si, comme ce dernier, il a en effet des 
fleurs jaunes à pédicelles plus longs que le 
tube du calice, il lient du premier par les 
gousses à 2-3 tours de spire. 

Franehet [Flore de Loir-et-Cher, 1883, 
p. 131-132) ajoute quelques caractères dis- 
tinctifs : fleurs assez grandes (10-13"™) en 
grappes, s'allongeant beaucoup à la maturité, 
pour le il/, saliva; fleurs médiocres (8-10""), 
en grappes courtes pour le M. falcata ; fleurs 
en grappes restant courtes, même à la matu- 
rité, pour le M. média. Il émet d'ailleurs des 
doutes sur l'hybridilé de celte dernière 
plante, se basant sur ce que ses graines pa- 
raissent bien constituées, et qu'elle végète 
souvent en dehors du voisinage des deux 
autres. 



86 



SUR L'ORIGINE DE LA LIZERNE CULTIVEE 



La dislinclion des graines de M. saliva et 
de M. falcata est assez délicate ; celle des 
graines de M. sativa et de M. varia quasi im- 
possible avec certitude. Dans le M. falcata, 
les graines sont plus petites que dans la 
luzerne commune, leur contour est ovale et 
non réniformc, la radicule est plus grande et 
plus saillante, n'étant pas appliquée aussi 
étroitement sur les cotylédons : ces carac- 
tères sont d'ailleurs dus à la forme même de 
la gousse et au lait que seules quelques 
graines se développant, elles ne sont pas 
gênées par leurs voisines; chez le M. sativa, 
au contraire, les tours de spire déforment les 
graines et les aplatissent souvent, en les fai- 
sant se presser mutuellement. 

Urban, en fécondant le M. falcata qui ne 
donne qu'un faible rendement en semences, 
par le pollen du M. sativa, a obtenu des 
plantes répondant absolument à la descrip- 
tion du M. varia, et dont la production en 
graines était de beaucoup accrue. 

Stebler et YolUart [Les meilleures plantes 
fourragères, 2° partie, S" édit., 1911. p. 112) 
rapportent que la transformation de la luzerne 
falciforme en luzerne des sables a été cons- 
tatée dans leurs essais et dans ceux d'Urban. 

* 

Dans le nord de l'Afrique, l'espèce typique 
M. saliva n'e.xiste pas à l'état spontané. Ce 
qu'on a considéré comme sa forme sponta- 
née, aussi bien dans cette région qu'en Asie- 
Mineure, dans le sud de la Uussie, le Cau- 
case, la Perse, r.\fghanistan et une partie de 
l'Inde, ne se rapporte qu'à l'un de ses parents, 
qui, par croisement, lui a donné naissance. 

Dans l'Afrique du Xord, le M. falcata 
n'existe pas non plus. La seule plante nous 
intéressant, qui pou.sse spontanément, est le 
M. (jetiila Urban; il faut y rattacher celles 
qui ont reçu d'autres botanistes Ips noms de 
M. Tunetana Muriîeck, conforta Gibb, cœru- 
lea Less. et Ledeb. Les fleurs sont, très va- 
riées comme coloration (jaunes, brun violacé, 
bleues, roses ou blanches) ; la gousse décrit 
jusqu'à 4- et même 5 tours de spire; les ra- 
cines s'implantant dans des sols peu pro- 
fonds sont peu pivotantes, et il existe par 
contre des rhizomes parfois très longs. 

Dans la plaine de Sétif, cette luzerne spon- 
tanée se trouvant depuis la colonisation euro- 
péenne en contact avec la luzerne cultivée, 
un hybride s'est produit par fécondation 
croisée : c'est la race locale dite Luzerne de 
Sétif, possédant un grand nombre de petites 
formes différentes qui résultent des diverses 
combinaisons produites par les hybridations 
successives. 



Par contre, les graines de M. ç/ehila récol- 
tées loin de toute culture donnent des pro- 
duits fixes, de faible végétation et peu sus- 
ceptibles d'être employés comme fourrage. 

Bien que le M. falcata, ainsi que ses formes 
secondaires [M. rulhenica, M. glutinosa, M. 
platycarpa), soit une espèce plus septentrio- 
nale, son aire très étendue se trouve plus que 
probablement en contact sur bien des points 
avec celle des Medicago spontanés, qui ont 
été récoltés comme formes sauvages du 
M. sativa. Les hybrides produits, lorsqu'ils 
entêté de végétation luxuriante, ont été mis 
en culture et désignés sous le nom de M. sa- 
tiva; quant aux formes les plus voisines du 
M. falcata, elles constitueraient le M. média. 

On peut trouver des plantes cataloguées 
M. média par les botanistes, là où n'existe 
pas le type pur de M. falcata ; dans ce cas, 
elles dériveraient du jl/. saliva des cultures, 
dont certaines d'ailleurs se distinguent diffi- 
cilement. Si, d'autre part, on étudie avec 
soin un nombre assez important de pieds de 
luzerne cultivée, on y reconnaît une grande 
diversité de formes, et on peut retrouver sur 
presque tous les pieds des traces de l'in- 
fluence du 3L falcata. 

L'origine hybride de la luzerne cultivée 
expliquerait la grande facilité avec laquelle 
cette plante varie sous les difïérents climats, 
et y constitue rapidement des races locales 
d'aptitudes très di.lTérentes (luzerne d'Arabie, 
du Pérou, du Turkestan, d'Australie, etc.). 
* 

Se plaçant sur le terrain pratique, le 
D' Trabut estime que si l'on veut sélectioR- 
ner l'une des nombreuses races locales que 
présente la luzerne cultivée, il est nécessaire 
d'opérer dans une région oii n'existe ni 
M. falcata, ni M. varia; on pourra obtenir 
les porte-graines par bouturage, ce qui per- 
mettra de récolter rapidement une quantité 
suffisante de graines. On arrivera ainsi à 
isoler des races susceptibles de donner d'ex- 
cellents rendements dans des conditions très 
diverses de sol et de climat. 

D'autre part, l'attention des sélectionneurs 
devra également se fixer, en vue de l'utilisa- 
tion dans les contrées les plus septentrio- 
nales, sur les formes du 31. falcata et de ses 
hybrides les plus proches. 

Enfin, pour les régions froides et arides, 
il y aurait intérêt à recourir à des croise- 
ments avec M. getuta. qui transmettrait à 
une partie de sa descendance hybride son 
caractère d'émettre des rhizomes. 

Cu. GUFFROY, 

Ingénieur agronome. 



CONGUÈS DES COOPÉRATIVES DE CULTURE DES RÉGIONS LIBÉRÉES 



87 



CONGRÈS DES COOPÉUATIYES DE CULTURE 

DES RÉGIONS LIBÉRÉES 



Le Journal d'Agriculture pratique a déjà 
signalé l'importance du Congrès qu'a orga- 
nisé à Paris, il y a trois semaines, M. de 
Warren pour , coordonner et grouper les 
efforts des Coopératives de culture fondées 
dans les régions libérées. 

Il convient, devant l'importance de cetle 
manifestation, d'en souligner à nouveau la 
signification. 

Les efforts faits par M. de Warren depuis 
dix mois pour grouper les agriculteurs sinis- 
trés viennent de recevoir, en effet, une véri- 
table consécration. Au mois d'août dernier, 
on comptait une douzaine de Coopératives 
dans la zone reconquise; à l'beure actuelle, 
leur nombre dépasse 80 et les groupements 
qui se forment permettront sous peu d'en 
avoir plus de 100. Grâce à ces Coopératives 
de culture, les surfaces incultes se défrichent 
et près de 40 000 hectares vont, au cours de 
cette campagne, être mis en valeur par les 
efforts réunis d'agriculteurs courageux ren- 
trés dans la zone désolée où les efforts indi- 
viduels sont voués trop souvent à l'insuccès. 

C'est le mérite de la mission de Warren 
d'avoir immédiatement compris, en visitant, 
en 1917, ces zones dévastées du Pas-de-Ca- 
lais, de l'Aisne, de la Somme et de l'Oise, où 
il n'existait plus, au départ de l'ennemi, ni 
bâtiments, ni cultures, ni bétail, que les 
efforts du cultivateur isolé échoueraient trop 
souvent et qu'il convenait, pour réussir, de 
réunir en commun les moyens d'action. Les 
Coopératives sont nées ainsi et leur nombre 
grossissant montre le succès de l'idée. 

Les Coopératives qui représentent, dans 
ces régions désolées par la sauvagerie alle- 
mande, les efforts de l'agiicullure locale, ont 
trouvé partout, en effet, des -sympathies et 
des appuis. Les avances faites par l'Etat 
leur permettent de s'outiller et d'avoir les 
fonds de roulement nécessaires, le Service de 
la culture des terres leur a défriché les terres 
les plus convenables, les Centres de répara- 
tion de matériel agricole aux armées qui 
fonctionnent à Arras, à Blérancourt, à Dury, 
à Péronne, leur ont prèle du matériel, et en 
parcourant ces zones dévastées, on voit ac- 
tuellement des céréales vigoureuses qui sont 
leur œuvre, et des labours qui voni assurer des 
cultures de printemps importantes, puisque, 
comme nous le rappelions tout à l'heure, 
près de 40 OOO hectares vont être emblavés. 



Toutefois, M. de Warren a estimé, de- 
vant l'importance même de ces résultats, 
qu'il convenait de faire connaître aux pou- 
voirs publics les besoins des coopéraleurs, 
afin d'aider à l'essor de leurs œuvres, et qu'il 
importait, d'autre part, de ne pas laisser 
ignorer aux cultivateurs les organismes 
créés par l'Etat pour les aider. De là l'idée 
de ce Congrès que .M. Bachelet, qui fut l'un 
des premiers ^pionniers de la coopération 
dans les régions libérées, avait accepté de 
diriger. MM. Lebrun, ministre des Régions 
libérées, et Compère-Morel, commissaire à 
l'Agriculture, qui ont présidé les séances du 
Congrès, ont montré, de leur coté, tout l'in- 
térêt que lui portaient les pouvoirs publics. 

Des rapports présentés et des discussions 
ouvertes, il résulte que les Coopératives ont 
besoin d'argent, de main-d'œuvre et d'aide 
en nature. 

En ce qui concerne le crédit, M. Henry 
Girard a justement montré combien il im- 
portait de simplifier les formalités adminis- 
tratives pour attribuer aux agriculteurs des 
régions libérées, les fonds de roulement qui 
leur sont nécessaires ; il a insisté pour que 
le vote rapide de la loi des dommages de 
guerre permette le versement d'avances dé- 
passant 50 0/0 de la valeur en 1914. C'est là 
le point essentiel et il serait désirable que 
le Parlement aboutisse enfin sur une ques- 
tion d'importance si manifeste. 

Outre l'argent, la main-d'œuvre manque 
dans les zones dévastées. M. Guillemot, 
l'habile agriculteur du Sois.sonnais, a bien 
traduit les besoins de sa région en deman- 
dant l'aide de prisonniers de guerre, de Com- 
pagnies agricoles renforcées, et de nouvelles 
Compagnies belges, américaines ou chinoises. 
Il ajustement insisté enfin sur l'opportunité 
qu'il y aurait à ce que l'Etat laisse la possi- 
bilité aux agriculteurs de payer leurs frais 
de main-d'œuvre par délégations sur dom- 
mages de guerre. 

Pour aider les agriculteurs et leur fournir 
des avances en nature, la loi du 4 août der- 
nier a constitué l'Oflice de Reconstitution. 
M. Pierre Bertliault a tenté de montrer aux 
coopérateurs comment l'Office pouvait leur 
venir en aide et comment il pouvait mettre à 
leur disposition les machines, les semences 
ou le bétail commandé par ses Services cen- 
traux ou par les Sociétés tiers mandataires 



S8 



LA REQUISITION DiS LALXES EN 1918 



constituées ou en voie de constitution. 

M. H. Hitier, dans le même ordre d'idées, 
a dégagé pour les cultivateurs les grandes 
lignes de l'agriculture des régions sinistrées 
où la saleté du sol, la pénurie de moyens 
d'action, la destruction des fabriques de sucre 
ou d'alcool, conduisent à des modifications 
profondes des systèmes de culture. 

M. Caurette et M.Pointier, dans des études 
poussées, ont montré comment devait se 
faire la reconstitution des immeubles et !e 
développement des Coopératives. 

Le capitaine Goudard, clief du Service de 
la culture des terres, a insisté enfin sur la 



nécessité pour obtenir, avec les tracteurs, 
un travail qui ne soit pas trop onéreux, de 
grouper les terres à labourer et d'assurer 
par d'autres moyens que la traction méca- 
nique, les façons culturales complémentaires 
du labour. 

bref, tout un ensemble d'échanges de vues 
entre les agriculteurs et les Services publics 
a permis la mise au point des principales 
questions ayant trait à la reprise de la vie 
agricole ; nous ne doutons pas de la portée 
pratique que ne peut manquer d'avoir, pour 
la remise en valeur des régions dévastées, 
cette importante manifestation. X. 



LA RÉQUISITION DES LAINES EN 1918 



A diverses reprises, nous nous sommes 
fait l'écho des protestations des éleveurs de 
moutons contre l'insuffisance des prix payés 
jusqu'ici par l'Intendance militaire pour la 
réquisition des laines. On redoute que les 
mêmes errements soient suivis cette année. 
Déjà nous avons signalé les vœux émis sur 
ce sujet par la Société d'Agricullure de la 
?vièvre (numéro du 24 janvier 1918, p. 22). 
Plus récemment, le C février, a eu lieu à 
Paris une réunion d'une cinquant;iine d'éle- 
veurs de moutons parmi les plus importants, 
appartenant surtout aux régions de produc- 
tion des laines fines. 

Ces éleveurs, propriétaires d'au moins 
30 000 bêles de choix, brebis de sang pur, 
béliers consacrés à la reproduc'ion, ont émis 
un vœu analogue à'celui de la Société d'Agri- 
culture de la Nièvre. 

Les éleveurs considèrent que les prix 
payés jusqu'ici sont absolument dérisoires, 
eu égard à la situation économique, notam- 
ment au prix des aliments du bétail, aux sa- 
laires qu'il convient de donner aux bergers, 
au prix de revient des laines exotiques, et 
même au prix qu'elles sont payées aux éle- 
veurs de la Plata ou d'Australie. 

Us estiment que si cette manière de procé- 
der devait se perpétuer en 1918, le coup su- 
prême serait porté à l'élevage du mouton en 
France, élevage déjà si diflicile dans les cir- 
constances actuelles. Les recensements suc- 
cessifs opérés depuis trois ans font claire- 
ment ressortir une effrayante diminution du 
troupeau. Il conviendrait, au contraire, d'en 
favoriser l'accroissement d.tns l'intérêt du 
ravitaillement général en viande, dans l'inté- 
rêt de l'industrie textile et dans celui des cul- 
tivateurs des régions envahies qui ne pour- 



ront guère, au début de la reprise de leurs 
terres, entretenir que des moutons. 

Leur conclusion a été qu'il serait néces- 
saire que le prix payé pour la laine en 1918 
fiU fixé de 6 à 8 fr. le kilogramme en suint, 
suivant finesse et rendement. 

Aussi bien dans le Centre que dans le 
Nord, les réclamations dont nous avons eu 
l'écho dans les années précédentes se renou- 
vellent contre les prix payés jusqu'ici. 

Comment l'Administration militaire ac- 
cueille-t-elle ces réclamations? D'après les 
renseignements que j'ai reçus, 1 Intendance 
serait disposée à relever les prix et à payer 
au taux de 4 fr. 20 le kilogramme les laines 
en suint d'un rendement de 45 0/0. Quand il 
s"agir.ait de lots de choix absolument excep- 
tionnels, les vendeurs pourraient demander 
qu'il leur fût attribué une légère prime à 
titre d'encouragement. 

Or, ce prix de 4 fr. 20 est tout à fait infé- 
rieur au prix de revient actuel de la laine. Je 
me suis fait donner à cet égard le relevé des 
frais et des recettes, pendant l'année 1917, 
d'une bergerie importante de la Beauce, dont 
le troupeau se compose de 200 brebis dish- 
ley-mérinos. 

Sans tenir compte de la part qui peut re- 
venir au troupeau dans les frais généraux de 
la ferme, en mettant d'un côté les recettes 
provenant de la vente normale d'agneaux 
pour la boucherie et des brebis réformées, 
enfin la valeur du fumier, en mettant en re- 
gard les dépenses nécessaires pour l'alimen- 
tation du troupeau et en n'évaluant ces dé- 
penses, pour les produits provenant de là 
ferme, qu'aux taux les plus laibles qu'il soit 
possible de compter aujourd'liui, on arrive à 
ce résultat : pour que le troupeau ne donne 



pas de pertes, il est indispensable que 
laine en suint soit vendue au prix de 8 fr 
kilogramme. 

On voit combien la difTérence est énorme 
avec les prix imposés par l'Intendance, qu'elle 
majore, il est vrai, cette année, mais dans 
une proportion tout à fait insuffisante. 

En effet, à quel prix paye-telle la laine 
étrangère? 

D'après les renseignements très positifs 
que j'ai reçus à cet égard, les laines de l'Ar- 
gentine et de la Plata reviennent à 9 fr. le 
kilogramme en suint à 40 de rendement. 
Il y a donc «ne dilTérence de 100 0/0 dans 
le traitement qui est fait aux laines étran- 
gères, par rapport aux laines françaises. 

Nous nous trouvons, une fois de plus, en 
présence de ce fait, que l'Administration mi- 



rRACTEURS DU GOUVERNEMENT ANGLAIS: 

la 
le 



89 



litaire cherche à acheter au plus bas prix en 
France, sans tenir compte des changements 
survenus dans la situation, tandis qu'elle 
achète à dos prix très élevés à l'étranger. 

Les réclamations des éleveurs sont entiè- 
rement justifiées. Nous nous en sommes fait 
l'écho dans des circonstances précédentes; 
aujourd'hui, on ne peut qu'appuyer de la 
façon la plus formelle leurs réclamations ins- 
tantes, d'autant plus, il faut bien le dire, 
qu'il y a là un véritable danger pour l'avenir. 
Je connais des fermes où l'on entretenait des 
troupeaux importants de moutons dans la 
Beauce et dans la Brie, qui les ont liquidés 
parce que le prix de la laine payé depuis le 
début de la guerre leur a fait éprouver des 
pertes trop considérables. 

Henby Sagnier. 



TRACTEURS DU GOUVERNEMENT ANGLAIS 

M. W. R. Wintour, Executive and Machi- 
nery Officer, a publié sur le travail de cer- 
tains tracteurs du Gouvernem^-nt anglais le 
rapport suivant dans le Mark Lane Express, 
du 31 décembre 1917. 

Il s'agit de tracteurs Tilan et de charrues 
Cockshutt à trois raies, opérant dans les 
champs de Spalding (comté de Holland). 

Au début, on n'avait que trois tracteurs qui 
servirent à l'apprentissage des 18 soldais 
affectés au comté. Les hommes se sont fort 
intéressés au travail et étaient fiers de con- 
duire les machines ; ils ont beaucoup con- 
tribué aux excellents résultats obtenus. 

A partir du 12 octobre, sept tracteurs Titan 
ont labouré : 

Surface (en hectares) 







moyenne 




totale. 


par 


tracteur 


Semaines : 


— 




— 


12 au 19 octobre 


45.8 




6.54 


20 au 26 — 


58.4 




8.34 


27 oct. au 2 novemb. 


61.4 




8.77 


.3 au 9 novembre . . . 


54.6 




7.80 


10 au 16 — 


62.0 




8.85 


n au 23 — 


62.4 




8.91 


24 au 30 — 


49.6 




7.08 


Total 


394.2 





Le rapport n'indique pas le nombre de 
journées de travail dans la semaine; il 
semble qu'il n'y en avait que cinq en 
moyenne. 

Le travail suivant, effectué par un des 
tracteurs de la batterie, est sans doute le re- 
cord de tous les tracteurs travaillant dans le 
Royaume-Uni sous la surveillance de l'Etat. 

Du 19 octobre au 30 novembre, on laboura : 









hectares 


w semaine 




6.0 ((leadanl 4 jours senlemeiit) 


2= — 






11.2 


S" — 






9.4 


4e _ 






9.2 


5" — 






.. 14.0 


6« — 






.. 14.0 


"e — 


To 


tal... 


S. S 




.. 72.6 



On ne laboura jamais à moins de0™.lo de 
profondeur et, pendant trois jours, on fit un 
labour profond à 0" 30. 

Le prix minimum demandé aux fermiers 
était de 62 fr. 30 par hectare. 

Pour ces 72.6 hectares, les consommations 
totales furent les suivantes : 

Pétrole 3 323 litres. 

Essence minérale 114 — 

Jluile 264 — 

Graisse S kilogr. 

Ces consommations comprennent non seu- 
lement celles relatives au labour, mais aussi 
les dépenses dues aux voyages sur route, de 
ferme en ferme; à chaque déplacement sur 
route, on employait deux heures pour enle- 
ver les cornières des roues motrices. Il y eut 
10 déplacements représentant un parcours 
total de 103 kilomètres, soit, en moyenne, 
1 400 mètres de voyage sur route par hectare 
labouré. 

Un autre tracteur de la batterie laboura 
18 hectares à 0'°.17S de profondeur en une 
semaine ; en sept semaines, il laboura 66 hec- 
tares 8, soit 9 hectares 1/2 en moyenne par 
semaine. 

Le tableau suivant récapitule les recettes 
et les dépenses du service (ministère de 
l'Approvisionnement) : 



90 



POMMES DE TERRE FOURRAGÈRES 



Recettes : 

389.4 hectares à 
2.4 — 

2.4 — 



fr. 
62. 
78.12. 
93.75. 



3. fr. c. 

iO 24 337.30 



394.2 



187.4 

22:; 



24 749 98 



Dépenses. — Total &es dépenses de 
toute nature pour les 7 tracteurs 
pendant 7 semaines, non compris 
la dépréciation du matériel 13 513,60 



La différence au profil de l'Etal ressorl à 
9 236 fr. 38, donl il faut défalquer une 
somme représenlanl l'inlérêl et l'amortisse- 
menl du capital engagé: mais le plus grand 
profil pour le pays a été qu'on a pu ense- 
mencer en blé près de 400 hectares qui se- 
raient restés incultes sans le secours de ces 
sept tracteurs. 

R. Dessaisaix. 



POMMES DE TERRE FOURRAGERES 



Nous avons récemment publié ici (numéro 
du 21 février, p. 69) une élude des Pommes 
de terre potagères, accompagnée d'une 
planche coloriée semblable à celle ci-conlre, 
étude à laquelle les lecteurs voudront bien 
se reporler pour diverses indications qui 
s'appliquent également au.x variétés ici envi- 
sagées. 

Les Pommes de terre fourragères sont, 
avant tout, des variétés à grand rendement, 
lequel n'est pas inférieur à une vingtaine de 
mille kilogr. à l'hectare; il dépasse parfois 
30 000 kilogr. chez certaines variétés, lorsque 
l'état des plants et les conditions culturales 
sont favorables. Pour la nourriture du Ijétail, 
la quantité importe, en effet, bien plus que 
la qualité, qui n'est pas, toutefois, complète- 
ment à négliger, au moins en ce qui con- 
cerne les matières nutritives. Les autres mé- 
rites : robusticité, résistance à la maladie, 
conservation, etc., ont également une impor- 
tance très appréciable, puisque la production 
et l'utilisation des tubercules leur sont subor- 
données dans une certaine mesure. Mais, 
nous le répétons, l'abondance du produit en 
tubercules passe avant toute autre considé- 
ration. 

■Quant aux qualités culinaires, elles laissent 
souvent à désirer en ce qui concerne la con- 
sistance et la finesse de la chair, mais on 
sait combien cette appréciation est variable 
chez les consommateurs, et nous avons pré- 
cédemment expliqué à quoi elle tient. 

D'autre part, si toutes les variétés dont 
nous allons bientôt parler sont fourragères 
en ce sens qu'elles conviennent toutes à 
l'alimentation du bétail, plusieurs sont dites 
fécuUèrcs ou industrielles, parce qu'elles sont 
particulièrement ricl,ies en fécule et plus 
spécialement cultivées pour l'extraction de ce 
produit et pour la fabrication de l'alcool. 
Nous les signalerons séparément. 

En raison de leur importance, les Pommes 
de terre fourragères ont toujours sollicité 
l'attention des semeurs et des cultivateurs 



qui recherchent sans cesse des variétés plus 
productives et meilleures aux autres points de 
vue ; elles ont toujours été aussi nombreuses 
que les variétés potagères. 

Toutefois, vers la fin du siècle dernier, 
tandis que les Anglais s'adonnaient principa- 
lement à l'obtention des variétés potagères, 
les Allemands, avec le sens pratique qu'on 
leur connaît, portèrent surtout leurs efforts 
sur l'obtention des variétés industrielles. Si 
l'on peut leur reprocher d'avoir, dans un but 
mercantile, inondé le monde d'un déluge 
de nouveautés, parmi lesquelles le temps et 
l'expérience ont heureusement opéré une sé- 
lection très rigoureuse, il serait injuste de 
méconnaître qu'ils ont réalisé un progrès no- 
table au triple point de vue de la robusiicilé 
des plantes, de leur rendement en tuber- 
cules et de la richesse en fécule dans plu- 
sieurs variétés devenues populaires. En 
France, quelques bonnes variétés ont aussi 
été obtenues, notamment Y/nslitut de Beau- 
vais qui reste une des meilleures variétés de 
grande culture. 

Variétés fourragères. 

Maijnum honum est une des variétés an^;laises 
les plus anciennes et une de celles qui ont été 
les plus généralement cultivées. C'est le type de 
la Pomme de terre à tous usages, à laquelle sa 
chair blanche n'a même pas interdit la vente 
sur les marchés à l'arrière-saison. Ses tubercules 
sont oblongs, lisses, moyens, jaunes, à chair 
blanche, à germes roses et fleurs lilas. Elle ren- 
ferme 13 à l'j 0/0 de fécule. Bien qu'elle soit 
presque cinquantenaire, elle est encore assez vi- 
goureuse pour soutenir la comparaison avec 
beaucoup d'autres variétés et pour produire jus- 
qu'à 25 000 kilogr à l'hectare. 

La Czarine, d'origine probablement française, 
remonte vers 1890. Elle produit de gros et beaux 
tubercules ronds, à yeux enfoncés, jaunes, pa- 
nachés de rose; la chair en est blanche. CVst une 
variété robuste et très productive, renfermant 
15 à 17 0/0 de fécule, de bonne garde et encore 
très recommandable par les rendements élevés 
qu'on peut en obtenir dans de bonnes conditions 
de culture. 



Librairw A/^ricolc Ji: ta Maison Rit.sliqiiu 




imp. suijmiii. p. 



POMMES DE TERRE DE GRANDE CONSOMMATION 

(Germes, Fleurs, Tubercules entiers et coupés) 



POMMES DE TERRE FOURRAGÈRES 



91 



InstUtitde lk'auiaix,ohlenue à l'Ecole d'Agricul- 
ture dont elle porte le nom, en 1882, est encore 
une des meilleures variétés de ferme par 
ses rendements 1res élevés dépassant parfois 
35 000 Ivilogr. à l'hectare. Son tubercule, très 
gros, oblorig, avec des yeux peu enfoncés, est 
d'une couleur carnée qui la fait aisément recon- 
naître. La chair en est blanche et renferme envi- 
ron lo 0/0 de fécule. 

Merveille cl'Amih-ique honore son pays d'origine 
tant par sa grande résistance à la dégénéres- 
cence, puisque son introduction remonte à 1872, 
que par sa très giaiide productivité qui peut at- 
teindre 2r) 000 hllogr. à l'hectare, sa bonne garde 
et sa richesse e'i fécule qui est de lo à 17 0/0. 
Son tubercule est gros, rond, à yeux enfoncés, 
d'un rouge particulièrement foncé qui le dis- 
tingue de la plupart de ses congénères; sa chair 
est blanche et ses fleurs lilas. 

Farineuse .rouge, la populaire Balle de farine, la 
doyenne des variétés de grande culture, nous est 
venue d'Angleterre en 1872. Longtemps considé- 
rée comme féculière, elle a cédé le pas, pour 
cet usage, aux variétés que nous citerons plus 
loin, mais elle a f;ardé pour la ferme ses méiitos 
de robiisticité, de bonne garde et d'abondante 
produc'ion, laquelle peut atteindre jusqu'à 
2o 000 kilo;.'r. à l'hectare. Son tubercule est rond, 
rouge, à peau rugU'-use, et sa chair blanche ren- 
ferme environ lo 0/0 de fécule. 

Géante sans pareille (syn, Andréa), précédem- 
ment citée parmi les variétés potagères tardives, 
pour sa cliair jaune et ses qualités culinaires, 
n'en est pas moins une excellente variété de 
ferme par snn rendement élevé qui peut at- 
teindre 25 000 kilngr. à l'hectare, par sa bonne 
garde et par sa chair jaune et fine qui renferme 
environ 15 0/0 de fécule. 

Industrie (syn. Safran) est à chair encore plus 
jaune préférable pour la table, et d'un rende- 
ment au moins égal et plus riche encore eu 
fécule. 

Rouge du Soissonnnis est dans le même cas que 
les précédentes, sa couleur donnant le cliange 
avec la Saucisse, dont elle s'éloigne toutefois 
par sa forme simplement oblongue et par sa 
chair blanche. Sa conservation étant très longue, 
elle vient maintenant aux Halles où l'on n'est 
plus regardant comme autrefois, et pour cause! 

On peut encore comprendre parmi les bonnes 
variétés de lerme la Géante de Rpuding qui con- 
currence la Magnum bonum, YImperator hâtive. 
Jaune d'or de Norvège, la Béarnaise, enfin frimel 
qui voisine avec lEarly rose qui n'est elle-même 
pas à dédaigner pour l'alimentation automnale 
dans les fermes. 

Variétés îéculières. 
Impéralor tient depuis longtemps la première 
place dans ce groupe par la généralité de sa 
culture pour l'industrie. Son introduction d'Al- 
lemagne remonte vers 1880 et depuis ce temps 
aucune autre variété n'a pu la détrôner. Son 
tubercule est rond, moyen, jaune, à peau ru- 
gueuse, yeux enfoncés, chair blanche, germes 



violets et fleurs lilas. Son rendement moyen est 
de 25 000 kilogr. à l'heclare et elle renferme 18 
à 20 0/0 de fécule. Elle est extrêmement robuste, 
très vigoureuse, mais tardive et l'on reproche à 
ses tubercules de se gâter parfois à l'intérieur 
sans apparence extérieure. 

C'est autour de cette bonne variété que sont 
venues se placer beaucoup de variétés alleman- 
des telles que Prof. Mxrker, D' von Lucius, Con- 
seiller Thiel, Agnelli Czari, etc., qui en partagent 
plus ou moins complètement les caractères et 
les mérites, mais qui ne sont pas parvenues à la 
supplanter. D'autres plus récentes, telles que 
llassia et f'etr' nius, y parviendront-elles? 

Président Kruger est également allemande et 
récente, et surtout très productive, son rende- 
ment pouvant atteindre 40 000 kilogr. à l'hectare, 
et sa richesse en fécule d'environ 17 0/0. Son 
tubercule est très gros, rond, lisse, jaune pâle, à 
chair blanche, germe rose et Heurs lilas. Elle 
mérite d'être répandue pour sa très grande pro- ^ 
duction. 

Géante bleue {Btaue Riesen), itilroduite d'Alle- 
magne vers 1890, s'est rapbiement acquis une 
grande popularilé par son remlement très élevé 
qui oscille entre :30 000 et 40 000 kilogr. â l'hec- 
tare et les dépasse parfois, et par sa richesse en 
fécule qui varie de 10 à près de 18 0/0. L'iden- 
tité avec le fameux Solanum Commersonii violet, 
très contestée au moment où il fit son apparition, 
il y a une diznine d'années (t ) mais incontestable 
aujourd'hui que les passions se sont apaisées, a 
fait enfin beaucoup parler de cette variété. 

C'est une plante à très grand développement, 
très tardive, à gros tubercules obloiigs ou même 
lon^s lorsque très gros, yeux à peine enfoncés, 
peau violette, assez fine, s'excorianl facilement à 
l'arrachage, à chair lilanche, aqueuse, germes 
zones violet et fleurs lilas. Sa germination en 
cave est assez précoce et elle devient à la fin 
fiasque. 

La Géante bleue est encore notable par les tu- 
bercules aériens qu'elle produit assez Ir'^quera- 
ment et surtout par les variations de forme, cou- 
leur et même la chair de ses tubercules. 

La Géante blanche, lancée vers 1900, en est une 
des plus intéressantes parce qu'elle a conservé la 
plupart des caractères végétatifs; elle en diffère, 
toutefois, notablement par ses tubercules à peau 
jaune, simplement et faiblement panachés vio- 
let autour des yeux. 

Une curieuse variété à tubercules ronds, vio- 
let panaché de rouge, et à chair jaune, est égale- 
ment sortie de la Géante bleue dans les cultures 
de Verrières. 

Enfin le Président du Comice ne diffère lui- 
même de cette dernière forme que par ses fleurs 
blanches. C'est un curieux exemple de deux va- 
riétés ne différant que par un seul caractère 
bien net. 

Outre les variétés de fond que nous venons 

(1) Voir Revue llorlicole, lOOfi, p. 304, avec pi. 
color. 



92 HERSES A BÊCHES ROULANTES 

d'énumérer, un grand nombre d'autres varié- 
tés ont été successivement lancées qui, après 
quelques années d'essais et un semblant de 
succès, ont été abandonnées parce que insuf- 
fisamment méritantes ou rapidement appau- 
vries. 
En terminant cette note, nous remercions 



la Maison Vilmorin de l'obligeance qu'elle a 
mise à nous communiquer la moyenne des 
rendements et richesses féculières qu'elle a 
obtenue dans ses champs d'expériences et 
laboratoires d'analyses de Verrières. 

S. MOTTET. 



PARTIE OFFICIELLE 



Loi du 22 février 1918 portant création d'un 
fonds commun de contributions indirectes au 
profit des communes et suppression des droits 
d'octroi sur l'alcool et sur les boissons hygié- 
niques. 

Art. fr. — Jusqu'au 31 décembre 1918, sont 
supprimées toutes taxes et surta.xes d'octroi sur 
t'alcool, le vin, le cidre, le poiré, l'hydromel et 
la bière, à l'exception de la taxe sur les vins en 
bouteilles prévue par l'article 4 de la loi du 
29 di^cembre 1897. 

Sont portés pour la même durée : 

A 600 fr. par hectolitre d'alcool pur le droit 
de con.sommation sur l'alcool; 

A 1 fr. par degré-hectolitre le droit de fabri- 
cation sur les bières; 

A 5 fr. par hectolitre le droit de circulation 
sur les vins; 

A 2 fr. 30 par hectolitre le droit de circulation 
sur les cidres, poirés et hydromels. 

Le droit de consommation est liquidé au mo- 
ment de l'expédition à la consommation ou de 
la constatation des manquants. 

En ce qui concerne les expéditions des entre- 
posilaires, le compte est arrêté par dizaine et 
le payement effectué dans le délai d'un mois à 
partir de l'arrêté, sans que le crédit puisse por- 
ter sur une quantité supérieure au quart des 
restes en magasin; caution spéciale est fournie 
pour ce crédit. Les droits sur les manquants 
sont payés dès la constatation. 

Art. 2. — Les fruits à cidre ou à poiré circu- 
lant hors du canton de récolte et des cantons 
limitriiphfs ou à destination des villes de plus 
de 4 000 habitants sont soumis aux mêmes for- 
malités à la circulation que les cidres ou poirés 
et passibles du même droit a raison d'- 3 hecto- 
litres de cidre ou de poiré par 10 heclolitres de 
pommes ou de poires. 

Les fruils secs destinés à la fabrication du 
cidre ou du poiré sont soumis aux mêmes forma- 
lités, à raison de 25 kilogr. de fruits pour un 
hectolitre de cidre ou de poiré. 

Art. 3. — Sur le produit total du droit de con- 
sommation sur l'alcool, un tiers sera réparti 



entre les communes au prorata de leur popula. 
tion totale. 

Sur le produit total du droit de fabrication 
sur les bières, la moitié sera attribuée aux com- 
munes et répartie entre elles, au prorata des 
quantités consommées en 1913. 

Sur le produit total des droits de circulation 
siir les vins, cidres, poirés et hydromels, deux 
cinquièmes seront répartis entre les communes 
au prorata des contin^ients qui seront obtenus 
pour chacune en appliquant, aux quantités qui 
ont été consommées en 1913, les laril's prévus 
par l'article 2 de la loi du 29 décembre 1897. 

A défaut de constatations effectives, la con- 
sommation eu bière, en vin, cidre et hydromel 
pour l'année 1913 sera considérée pour chaque 
commune comme égale, par tête d'habitant, à 
celle qui aura été constatée par les services d'oc- 
troi dans l'ensemble des communes du départe- 
ment ou, à défaut, des départements limitrophes. 

Art. 4. — Dans les produits des droits sur la 
consommation de l'alcool, la fabrication de la 
bière, la circulation des vins, ci'lres, poirés et 
hydromel, les parts d'une commune ayant des 
recettes d'octroi ne pourront pas êlre inférieures 
aux revenus que cette commune a tirés en 1913 
des droits supprimés par l'article 1'"'. 

L'Etat remettra chaque mois à toute com- 
mune ayant des recettes d'octroi une somme re- 
présentant un douzième des revenus procurés 
en 1913 à cette commune par lesdits droits. 

A l'expiratitm de l'année, il sera procédé entre 
toutes les communes à une répartition des droits 
qui auront été perçus pour elles par l'Etat sur 
la consommation de l'alcool, la fabrication de la 
bière, la circulation des vins, cidres, poirés et 
hydromels, conformément aux règles posées à 
l'article 3, sans réduction, en aucun cas, des 
sommes déjà attribuées par des prélèvements 
mensuels aux communes ayant des recettes 
d'octroi. 

Art. 5. — Les Conseils généraux des Colonies 
où a été promulguée la loi du 5 avril 1884 pour- 
ront, dans les conditions sous lesquelles s'exer- 
cent leurs prérogatives lînancières, majorer le 
droit de consommation sur l'alcool et les bois- 
sons hygiéuiques au prolit des comniunes. 



HERSES A RECHES ROULAMES 



Nous avons parlé dernièrement (n" 3 du 
7 février 1918, page ^30) du bon travail effec- 



tué sur le labour avec les pulvériseurs à dis- 
ques lisses et surtout avec ceux à disques 



HERSES A BKCHES HOULANTES 



93 



dentés; après le passage de ces macliines, 
la terre se trouve en état convenable pour 
recevoir les semences. 

On a cherché à augmenter l'émiellenient 
du sol en remplaçant 
les disques dentés 
par des pièces analo- 
gues à des bêches 
embouties ; 




Fig. 16. — Herse à bêches roulantes, système Wassis 



dèle, très employé en Suisse, est désigné 
sous le nom de herses à bf'ches roulantes, 
système Wassis. 

Ces herses sont construites par la Soniété 
Fritz Marti, 83, rue de 
Morat, à Berne (Suisse). 

Les bêches, comme on 
le voit dans la figure 16, 
sont formées d'une plaque 
d'acier emboutie, fixée sur 
l'axe suivant un diamètre ; 
les bêches successives sont 
montées de façon que leurs 
extrémités soient suivant 
deux hélices. Comme pour 
les disques de pulvériseurs 
doubles, les hiêches sont 
calées- sur quatre arbres 
inclinés par rapport à la 
ligne de traction ; l'incli- 
naison de ces arbres ne 
peut être modifiée encours 
de travail ; elle est donnée 
par la construction qui est ainsi simplifiée. 
Les arbres tournent dans des coussinets 
munis de graisseurs StaufTer à graisse con- 
sistante. 

Le nettoyage des bêches est assuré par des 
tringles fixes en fer placées entre deux 
bêches consécutives. 

Une plate-forme, posée sur le bâti, permet 
de recevoir une surcharge pour le cas où le 



poids du conducteur ne serait pas jugé suffi- 
sant. 

Pour les transports, on démonte le siège, 
on retourne la machine et on la fait glisser 
sur deux fers plats jouant le rôle de traî- 
neaux. 

Le petit modèle comprend '28 bêches mon- 
tées par groupes de 7 sur chaque arbre; la 
largeur travaillée est de 1"'.10; le poids de 
de l'appareil est d'environ 180 kilogr. 

Le grand modèle, 
qui pèse 210 kilogr. 
environ, comprend 36 
bêches montées par 
groupes de 9; la lar- 
geur du train est de 
l"'./tO. 

Dans les terres mo- 
yennes, un attelage de 
deux animaux suffit 
pour déplacer le petit 
modèle, alors qu'il faut 
quelquefois quatre 
animaux de trait pour 
le grand modèle, à rai- 
son de l'augmentation 
nombre des pièces travaillantes. 



du 

Dans les bonnes conditions de sol, la 
profondeur ameublie par la machine peut 
atteindre 10 à 12 centimètres. 




Fifï. n 



Ilerse à bêches roulantes montée sur bâti tricycle. 



La figure 17 représente une herse à bêches 
roulantes du même système. Les caractères 
de la construction ne diffèrent pas, mais la 
herse est montée sur un bâti tricycle qu'un 
levier permet de disposer pour le trans- 
port sur routes : il suffit de soulever le 
châssis porte-bèches sur les trois roues por- 
teuses. 

G. Ma.nrin. 




94 



CULTURE DU RICIN DANS L'AFRIQUE DU NORD 



CONCOURS DE MOUrJNS 



Un concours d'animaux reproducteurs de la 
race charolaise-nivernaise a lieu tous les ans à 
Moulins, huit jours après celui Je Nevers. 

On y retrouve les produits d'un certain nombre 
des mêmes exploitations, et cependant, comme 
cela se conçoit, on remarque à Moulins beau- 
coup plus d'animaux de l'Allier, alors que les ex- 
posants de ce département sont l'exception à 
Nevers. 

Le concours de cette année était moins nom- 
breux que ceux des années précédentes, ce 
qu'expliquent aisément les circonstances ac- 
tuelles. Le marché des taureaux a cependant été 
des plus actifs el, dès le premier soir de l'expo- 
sition, la presque totalité des animaux était ven- 
due à des prix 1res élevés. Il est naturel que la 
hausse constatée sur tout le bétail se fasse égale- 
ment senlir sur les reproducteurs, et le fait ne 
pouvait manquer de se produire. 

Ce sont, en très grande majorité, des jeunes 
taureaux qui sont envoyés dans ces concours. 
Les sei'tions des femelles, qui n'existent qu'à 
Moulins, sont beaucoup moins nombreuses que 
celles des cnàles; elles ne comprennent que 
des génisses entre huit mois et trois ans. Il 
n'y en avait guère plus d'une vingtaine, alors 
que les taureaux comptaient 122 numéros, parmi 
lesquels ne figurait aucun animal de plus de 
deux ans. C'est, du reste, une coutume extrê- 
mement répandue dans tout le Centre d'acheter 
de jeunes reproducteurs mâles. Ils ne sont con- 
servés dans la niFme ferme que trois ans envi- 



ron, pour être à ce moment livrés après engrais- 
sement à la boucherie. 

L'écurie de M. Marc lilond, de Mars, dans la 
Nièvre, qui, la semaine précédante, avait obtenu 
le prix d'ensemble à Nevers, triomphait de nou- 
veau à Moulins avec la même récompense. Le 
second prix d'ensemble revenait aussi à l'élevage 
nivernais, en la personne de M. Louis Robert, 
d'Ourouér, et un prix supplémentaire était attri- 
bué à M. Josepli Durand, de l'Allier. 

Les prix d'honneur pour un seul taureau 
étaient décernés à un animal déclaré de 7 mois, 
appai tenant à M. Jean Moret, de Trevol (Allierl, 
un nouveau venu dans les expositions, et à un 
taureau de 8 mois, venant des élablesde M. Marc 
Blond, précité. 

L'exposition des génisses, quoique peu nom- 
breuse, était très attrayante. Les animaux qui la 
composaient semblaient cependant, dans leur 
ensemble, plutôt élégants que puissants; généra- 
lement d'une grande précocité, ils n'annonçaient 
pas devoir être d'une taille et d'une charpente 
suffisantes pour donner dans l'avenir un très 
gros poids. Le prix d'IioinKur de cette classe a 
été mérité par une génisse de '39 mois, apparte- 
nant à MM. Soucachet et Julien, de l'Allier, et le 
prix d'ensemble, par un lot de 4 génisses de dif- 
férents âges, aux mêmes propiiétaires. 

En résumé, le concours de Moulins a retrouvé 
son succès habituel, et le marché des reproduc- 
teurs y a été particulièrement animé cette année. 

E. GlIOMET. 



CULTURE DU RICIN DANS L'AFRIQUE DU NORD 



(1) 



Vente de la graine. — La graine de ricin 
n'est achetée qu'en vue de l'extraction de son 
huile. Cette induslrie,en France, est presque 
exclusivement localisée à Marseille, qui, 
avant la guerre, importait annuellement : 

De Java, 120U0 à i:U)()0 quintaux; 

De Ciororaandel, 40 000 à oOOOO quintaux; 

De Bombay, 130 000 à 150 000 quintaux. 

Le marché français du ricin était donc à 
Marseille ; les industriels marseillais de 
tous genres, minotiers, laveurs de laines, 
moutonniers, etc., ne consentent à acheter 
les marchandises dont ils ont besoin que 
rendues Marseille, pour mieux étrangler les 
expéditeurs. 

Les conditions ordinaires étaient les sui- 
vantes : Prix: 25 à 28,fr. les 100 kilogr. quai 
Marseille, paiement comptant sous escompte 
de 1 0/0. Livraison en sacs de 80 kilogr. 



(i) Voir les numéros du 7 et du 21 février, p. 45 
et M. 



Tolérance 3 0/0 de terre ou corps étran- 
gers, avec bonilication dé pureté, après ex- 
pertise par amis communs. 

Actuellement, les besoins de l'industrie se 
sont tellement accrus, dépassant les impor- 
tations, et notamment eux de l'aviation mi- 
litaire sont devenus tels que le Service des 
fabrications de l'Aviation à Nanlerre réquisi- 
tionne la fabrication en France, s'occupe 
de graines et est acheteur de toutes les quan- 
tités à produire dans les Colonies françaises. 

L'industrie marseillaise continue à acheter 
de son côté au prix (fin 1917) de ISO à 17ofr. 
les 100 Idlogr. quai Marseihe. 

Des commerçants algériens intermédiaires 
achètent ferme la graine sur place. La Direc- 
tion des Territoires du Sud a reçu des offres 
de 100 fr. les 100 kilogr. sur vagon Toug- 
gourt ou Colomb-Béchar. 

D'autre part, la Société coopérative d'Al- 
gérie, à Alger, qui s'est chargée pour le 
compte du Gouvernement des distributions 



ACADÉMIE D'AGRICULTUBE DE FRANCE 



95 



gratuites de graines, achètera aussi pour les 
services de l'Aéronautique à des prix non en- 
core fixés. 

Industrie, utilisations diverses. — La 
graine de ricin renferme, d'après le Diction- 
naire d'Agriculturi' de Barrai et Sagnier : 

Amande G'.) parties. 

Coque 24 — 

Eau 7 — 

Total 100 parties. 

L'amande contient, par exemple : 

Huile grasse (40 à 46 0/0).. 4fi.20 0,0 

Gomme 2.40 » 

Amidon 20.00 » 

Albumine 0.50 » 

L'industrie n'arrive à extraire que 33 à 
38 0/0 d'huile environ. 

Par première pression, à froid, on extrait 
^8 à 30 0/0 d'huile de première qualité desti- 
née à la pharmacie et au graissage des mo- 
teurs d'aviation. 

Par deuxième pression, à chaud, on ob- 
tient 8 à 10 0/0 d'huile de deuxième qualité 
employée par la mécanique ordinaire (grais- 
sage), la tannerie (graissage des cuirs), la 
teinturerie, la savonnerie, etc. 

Sous-produits. — Tourteaux d'huilerie. — 
Ne sont employés que comme engrais en rai- 
son de l'huile purgative qu'ils renferment 
encore, et surtout du principe toxique con- 
tenu dans la graine. Cependant le professeur 
Cornevin, de l'Ecole vétérinaire de Lyon, a 
signalé, en 1897, qu'on pouvait rendre ces 
tourteaux comestibles pour le bétail en les 
exposant cinq à six jours au grand contact de 
l'air, ou en les faisant bouillir pendant deux 
heures. U ajoutait qu'en faisant, aux animaux, 
des injections hypodermiques ou sous-cuta- 
nées avec une solution d'huile de ricin 
chauffée pendant deux heures à plus de 100 
degrés, on les immunisait contre toute in- 



toxication par ingestion de feuilles, graines 
ou tourteaux. La viande de ces animaux reste 
absolument inoffensive. 

Fibre des tiges. — Par rouissage (immer- 
sion prolongée dans l'eau) on peut extraire 
des tiges une filasse excellente pour la cor- 
derie grossière. Cela peut offrir un certain 
intérêt puisqu'actuellement les fibres textiles 
recherchées de toutes parts, atteignent des 
cours élevés. 

Création d'huileries de Ricin en Algérie. 
— L'extraction de l'huile de Ricin étant rela- 
livement simple (presqu'autant que celle de 
l'huile de coton installée à Urléansville), il 
nous paraît indispensable de créer cette in- 
dustrie dans les grands ports Nord-Africains. 
L'Algérie pourrait vendre son imile où elle 
le voudrait, tandis qu'elle ne peut vendre sa 
graine qu'à Marseille. 

Les pays producteurs éloignés ne sont pas 
dans la même situation, car ils disposent de 
grosses quantités qu'il ne leur coûte guère 
plus d'envoyer à Hambourg si les prix de 
Marseille ne leur conviennent pas. 

Une industrie locale laisserait dans le pays 
les tourteaux (économie de transport). 

Il semble qu'actuellement, l'industrie mar- 
seillaise et leGouvernement français achetant 
à hauts prix, il n'y ail pas intérêt à envi- 
sager la création de cette industrie.' Au con- 
traire, ces cours élevés favorisent exception- 
nellement l'opération, en ce qu'ils permet- 
tront Tamortissement rapide du matériel 
d'usine. 

La preuve de ce fait est donnée par l'heu- 
reuse installation en pleine guerre, à Alger, 
en vue de l'exportation, d'une laverie de 
laines et d'un entrepôt frigorifique de 
viandes. 

F. COUSTON, 

Ingénieur agricole. 



ACADÉMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE 



Séance du 20 f écrier 1918. 

Présidence de M. Haller. 

Les jardins potagers sur les fortifications 

de Paiis. 
M. Jules Devellc demande à l'Académie de ren- 
voyer à une de ses Sections l'examen d'un im- 
portant rapport de M. Maurice Quentin, membre 
du Conseil municipal de l'uris, sur les jardins 
potagers cultivés par les Parisiens et sur les en- 
couragements à donner aux groupements qui 
leur sont consacrés. 

Le Service Sanitaire 
dans 1 Afrique occidentale française. 
M. Emile l'iucliet, au nom de la Section d'éco- 
no«iie des animaux, à laquelle avait été ren- 



voyée la communication de M. Moussu sur la 
récente épizootie de peste bovine dans l'Afrique 
occidentale française, soumet à l'Académie l'avis 
suivant, qui serait adressé à M. le ministre de 
l'Agriculture : 

« Que, dans un but d'intérêt national, il soit 
rapidement créé en Afrique occidentale fran- 
çaise une organisation de l'élevaije, comportant 
en même temps une organisation sanitaire stable, 
capable d'exercer sa surveillance et son action 
sur toutes les régions à bétail. » 

Ce texte est adopté. 

La fragmentation des plants 
de pommes de terre. 

M. Schribaux rappelle tout l'intérêt qu'il y a à 



AC.4.DÉMIE D'AOlilCULTURE DE FRANCE 



développer encore cette campagne, le plus pos- 
sible, la culture de la pomme de terre, mais la 
dépense qu'occasionne l'achat de tubercules de 
plant risque d'arrêter bien des bonnes volontés. 
On saisit donc combien il est important de re- 
chercher dans quelles conditions la fragmenta- 
tion des tubercules peut permettre de réduire le 
poids des pommes de terre à planter. 

M. Schribaux analyse sur cette question les 
travaux de M. Harraca, relate les essais faits à 
Grignon par M. Magnien et par lui-même. Il con- 
clut comme il suit : 

(1 Quand les variétés se prêtent à la fragmen- 
tation, ce qui est le cas pour le plus grand 
nombre d'entre elles, cette opération permet de 
réaliser des économies de semences très appré- 
ciables, mais elle ne peut rendre de réels ser- 
vices que dans une culture soignée. Le poids des 
fragments doit être d'autant plus élevé que les 
conditions de la culture sont raoi>'s favorables. 

<■ En grande culture, il est imprudent de re- 
courir à des morceaux d'un poids inférieur à 
40 50 grammes, et leur emploi n'est recom- 
mandable qu'après les avoir fait germer préala- 
blem-^nt à la lumière, au moins un mois avant 
de les mettre en place. 

« Dans la culture jardinière, la fragmentation 
peul être poussée beaucoup plus loin. Des yeux 
isolés, emportant seulement 3-4 grammes de 
chair, et des épluchures un peu épaisses, préala- 
blement enraciniH avant de les mettre en place) 
arrivent à fournir un rendement très élevé et 
des tubercules très gros, pourvu qu'on les ins- 
talle dans une terre fertile, ne souffrant pas de 
la sécheresse. Les yeux isolés sont préférables 
aux épluchures. 

it Sans enracinement préalable des fragments, 
même dans un jardin, il est prudent d'employer 
des morceaux pesant au moins 15-20 grammes 
et de les planter le plus tôt possible, après les 
avoir fait préalablement germer à la lumière, au 
moins un mois avant la plantation Si la saison 
est favorable, les rendements ne s'éloignent 
guère de ceux des tubercules entiers. » 

Elections. 

MM. E. Rousseaux et A. Lécaillon sont nom- 
més correspondants nationaux de l'Académie. 

Séance solennelle du 28 février 1918. 
Présidence de M. Haller. 

M. Victor Boret, ministre de l'Aiiriculture et 
du Ravitaillement, qui devait présider cette 
séance, a été retenu à la Chambre des Députés 
par la discussion des propositions de loi rela- 
tives à la culture du blé; il a chargé M. Mazerat, 
son chef de Cabinet, de le représenter et d'y lire 
l'altociilion qu'il devait y prononcer. 

Voici le texte de cette allocution : 

« M'adressant aux représentants les plus émi- 
nents de l'Agriculture française et de notre 
science agronomique, je ne dois pas oublier 
que vous n'êtes ni des utopistes ni des rêveurs. 



" Vous êtes des hommes d'action et vous ne 
croyez qu'aux leçons du travail et de l'expé- 
rience. 

« Laissez-moi avoir la fierté de me dire l'un 
des vôtres. 

« Depuis longtemps, vous avez compris le ca- 
ractère de cette longue guerre. 

« Elle n'est pas seulement le choc de deux ar- 
mées, elle est la lutte d'une civilisation contre 
une autre civilisation, lutte acharnée dans la- 
quelle le travailleur devient le second du sol- 
dat. 

« Pendant plus de trois ans, notre implacable 
ennemi s'est trouvé presque complètement isolé 
du reste du monde. La plus grande partie du sol 
allemand est moins fertile que notre terre. Pour- 
tant, malgré la mobilisation, malgré le blocus, 
malgré le manque de main-d'ieuvre et d'eufjrais, 
malgré la diminution de son cheptel, l'Allema- 
gne a vécu, parce qu'elle a produit, grâce à l'ef- 
fort du paysan allemand. 

« Il faut proclamer bien haut que l'effort de 
nos culiivateurs n'a pas été moindre. Mieux que 
quiconque, vous savez ce qu'a été le travail des 
paysans de France, ce qu'il est aujourd'hui. 
Vous l'avez en effet dirigé, vous l'avez encouragé 
de vos conseils et de votre aide généreuse. 

« Malgré tant d'efforts, il y a des fermes qui 
restent sans maître, et des terres sans culture. 
N'en faisons pas grief à nos ruraux. Le nombre 
de ceux qui ont abandonné leur champ par 
égoîsme, par incurie, par lassitude de la lutte 
est infime. La" vérité est qu'en des temps tels 
que celui-ci, le salut réside plus que jamais 
dans la coordination des initiatives et dans la 
solidarité des efforts. 

« Les mesures déjà prises en ce sens ont 
donné d'appréciables résultats. Les travaux de 
labour, les semailles ont pu s'opérer plus large- 
ment que l'année précédente. D'autre part, les 
conditions climatériques ont été propices, et 
malgré la rareté des engrais, la prochaine récolte 
s'annonce favorablement dans les départements 
grands producteurs de blé. 

« Considérons ces résultats comme une pre- 
mière preuve de ce que peut donner une orga- 
nisation adaptée aux difficultés de l'heure pré- 
sente. Mais ne nous en contentons pas II faut 
faire' davantage, il faut poursuivre méthodique- 
ment un programme d'affranchissement en nous 
assignant comme but final notre indépendance 
alimentaire. 

(I C'est pour aider le Gouvernement dans cette 
œuvre qu'un décret du 24 décembre dernier a 
désigné parmi les membres de la Comrai-^sion de 
l'Asriculture de la Chambre des Députés, trois 
Commissaires qui, dégagés du fardeau de la be- 
sogne quotidienne d'un ministre, peuvent con- 
sacrer toutes leurs pensées, toutes leurs forces, 
à l'intensification de la production agricole 

u C'est à l'initiative de l'un d'entre eux qu'est 
due l'institution récente des Comités départe- 
mentaux d'action agricole, destinés à stimuler, 
et, le cas échéant, à suppléer les Comités com- 



ACADEMIE D'AGRICULTURE DE FRANCE 



97 



munaux. L'efficacité de l'intervention de ces Co- 
mités dépendra avant tout de la valeur et du 
dévouement des hommes qui les composeront. 
Elle dépendra aussi des ressources et des pou- 
voirs dont ils disposeront; le Parlement se préoc- 
cupe actuellement de les augmenter. Une autre 
proposition de loi, également inscrite à l'ordre 
du jour de la Chambre des Députés, renforce, 
par la création d'un Office central des produits 
chimiques agricoles, le r(Me qui incombe à l'Etat 
pour l'approvisionnement de l'agriculture en en- 
grais, amendements, produits anticrypto a- 
miques et insecticides. 

" Ces textes comportent des mesures excep- 
tionnelles, telles que le droit de réquisition et 
des pénalités sévères, que l'état de guerre jus- 
tifie, parce que toutes les forces vives de la na- 
tion doivent être engagées dans la lutte sans 
merci contre l'envahisseur. 

« Mais il faut, dès à présent, prévoir le jour où 
le libre jeu des énergies individuelles pourra 
être rétabli. Ce jour-là, le rôle de l'Étal consis- 
tera bien plutôt à éveiller et soutenir les initia- 
tives privées qu'à se substituer à elles. Il y par- 
viendra, en aménageant un échange continu 
d'idées, un concours permanent d'efforts entre 
les administrations publiques et les populations 
rurales. Pour cela, une large décentralisation 
sera nécessaire. 

i< J'étudie un projet tendant à créer, dans cha- 
cune des huit circonscriptions d'inspection, qui 
correspondent à des régions agricoles assez bien 
définies, un organisme doté de la personnalité 
civile et de l'autonomie financière, sorte d'Office 
régional composé de praticiens, d'hommes de 
science et d'administrateurs, qui suscitera, diri- 
gera ou secondera les institutions de toute na- 
ture propres à améliorer l'agriculture de la ré- 
gion tant au point de vue de la production qu'au 
point de vue de la vente des denrées agricoles. 

« De l'épreuve imposée par la guerre à nos 
cam|iagnes sortiront les progrès à venir. Rien 
ne sera oublié de ce qui aura été appris dans les 
mauvais jours. 

<i Vous aurez, Messieurs, le mérite d'avoir, 
dès la première heure, préparé l'essor nouveau 
de l'agriculture par vos études, vos conseils et 
vos exemples. Le pays vous doit beaucoup, et je 
suis heureux de vous apporter en son nom le 
juste hommage qui vous revient. 

Cl Grâce à vous, grâce à tous ceux qu'inspire 
votre haute conception du devoir, la France 
saura demander à la terre immortelle les ri- 
chesses et les vertus qui perpétueront le rayon- 
nement de son génie. » 

Discours de M. Haller. 

Dans un éloquent discours, M. Haller aborde 
le problème des engrais, pour le moment le pro- 
blème agricole le plus angoissant, avec celui de 
la main-d'œuvre ; il insiste pariiculièrement 
sur le problème de l'azote intimement lié avec 
deux autres problèmes posés depuis le début de 
la guerre: celui de la mise en valeur de nos 



chutes d'eau et celui de l'utilisation rationnelle 
de la houille. Il montre, à cet égard, •< les efforts 
suscités par la chimie de guerre qui, dans ses 
buts, est une chimie essentiellement destructive. 
Les circonstances veulent qu'une partie de ces 
efiorts auront aussi contribué à développer une 
chimie réparatrice, puisque certaines matières 
produites seront destinées à féconder à nouveau 
notre sol, si longtemps sevré d'aliments indis- 
pensables à sa fertilité et à sa fonction. )> 

Compte rendu des travaux de l'Académie. 

M. Henry Sagnier, secrétaire perpétuel, donne 
lecture du compte rendu des travaux de l'Aca- 
démie. 

Eloge de M. A. Chauveau. 

M. G. Moussu donne lecture d'une notice com- 
plète sur la vie et les travaux de A. Chauveau, 
ancien membre de l'Académie. 

Proclamation des récompenses. 
La séance a été terminée par la proclamation 
des récompenses. En voici la liste : 

['l'i.i: spéciaux. 

Diplôme d'honneur à ['Americau Fund for French 
Wounded, Civiliau Division {Comité américain pour 
les Blessés français, Section civile); — Grandes mé- 
tliiilles d'argent, à Mistress A. -M. Dike et à Miss 
Anna Morgan, pour l'œuvre de Blérancourt (Aisne). 

Prix Bignon (métayage), à M. Jean-lbnri Bonnet, 
métayer à la Thibarderie, canton de Magnac-Laval 
(Haute Vienne), et Médaille d'nr i/rand module, à 
.M. Courcelle, propriétaire du domaine. 

Prix Viellard (lOUO fr.), à M. l'aul Mougin, con- 
servateur des Eaux et Forêts, pour ses travaux et 
ses publications sur la correction des torrents. 

Fondation Jean Bartin-Audiffreil. 
800 /';■. à la Société de Secours mutuels l'n Union 
fraternelle de Pouilly-les-Nonains " iLoire), et 500 fr. 
à la Société de Secours mutuels la " Mutuelle du 
Lauzat», au Lauzat (Basses-Alpes). 

Section des Cultures spéciales. 
Diplôme de médaille d'aryent, à M. André Pié- 
dallu, pharmai-ien-uiajor, pour son ou\Tage intitulé : 
Les légumes sauvages. 

Section de Si/lviculture. 
Diplômes de médaille d'or à M. G. Lapie, ins- 
pecteur des Eaux et Forêts, et à M. A. Maige, pro- 
fesseur à la Faculté des Science.? de l'Université de 
Poitiers, pour leur ouvrage fait en collaboration, in- 
titulé : Flore forestière illustrée de l'Algérie. 

Section d'Economie des animaux. 
Médaille d'or à M. Aubry, vétérinaire-inspecteur, 
pour ses travaux et ses recherches, sur l'élevage 
dans la région de Mecknès (Maroc). 

Section d'Economie, Statistique 
et Législation agricoles. 
Diplômes d'Iwnneur, à la Fédération nationale 
d'assistance aux Mutilés des Armées de terre et de 
mer, pour l'initiative qu'elle a prise en vue de la 
rééducation des mutilés ; — à la Ligue pour le re- 
tour à la terre, pour son heureuse participation au 
développement des jardins potagers scolaires. 

Section de Génie rural. 
Diplôme de médaille d'or, à M. Frédéric Diénetr. 



98 



CCmRESPONDANCE 



chef du Service de surveillance des eaux de la Ville i rapports de MM. H. Hitier, Henry Sagnier, Mon- 
de Paris, pour son ouvrage intitulé : Hydrologie genot, M. de Vilmorin, Dechambre, Dybowski, 
agricole. de Rocquigny, Bechmann. 
Ces récompenses ont été attribuées sur les H. Hitier. 



LES INDUSTRIES DE LA P0M3IE 



Le journal a annoncé que la Compagnie 
d'Orléans a réuni un groupe d'agriculteurs et 
d'industriels intéressés des différentes ré- 
gions de son réseau pour la visite en Nor- 
mandie et en Bretagne d'importants établis- 
sements traitant la pomme à cidre. Cette vi- 
site a eu lieu dans les cidreries et distilleries 
Salïrey frères et G'% Bourné (ils à Lisieux, 
Jeanne à Cherbourg, Vallet à Messac, Tézé et 
Surcouf à Brest, Marcesche et C" à Lorient, 
la confiturerie H. Lorin à Messac, les fabri- 
ques de conserves, marmelades et sécheries 
de pommes R. Beziers à Pont-l'Abbé, Delory 
à Lorient. Chacun des participants a pu 



se rendre exactement compte du travail de 
ces industries conduites méthodiquement, 
certaines très scientifiquement avec les der- 
niers progrès modernes. 

Une conférence préalable deM. Warcollier, 
directeur de la Station Pomologique de 
Caen, avait préparé les visiteurs à com- 
prendre les progrès réalisés. 

Il n'est pas douteux que les membres de la 
mission tireront profit des enseignements re- 
cueillis au cours de ce voyage, qui avait été 
préparé et facilité par les administrations des 
chemins de fer d'Orléans et de l'Etat. 

G. Gaudot. 



CORRESPONDANCE 



— N" 62 lo [Puy-de-Dôme). — Vous dites avoir 
très bisn réussi à tanner une peau d'agneau 
selon la méttiode indiquée dans la Correspon- 
dance du n''4 du 22 février 1917, page 74; mais 
après lannage vous avez lavé au savon et à l'am- 
moniac et la laine est restée grasse et agglo- 
mérée. Jl aurait fallu, avant le tannage, procé- 
der au désuintage de la laine et il vous sera 
très difficile de réparer cette eireur, l'alun étant 
intervenu dans l'opération. Le désuintage se l'ait 
en lavant la laine et la peau dans une dissolu- 
tion chaude de 650 à 700 grammes de savon par 
litre d'eau, ou en remplaçant le savon par des 
cristaux de soude; après rinçages à l'eau tiède 
et ensuite à l'eau froide, onj peut procéder au 
tannage à l'alun. — (M. R.j 

— .1/. N.S. (Loiret). — Relativement à votre pro- 
jet d'entreprise de culture mécanique, nous 
pouvons vous donner le renseignement suivant 
relevé sur sept tracteurs de 20 chevaux avec d'ex- 
cellents mécanicions et laboureurs: dans la der- 
nière «emaine de janvier 1918, comptant 60 heures 
de travail, par suite du beau temps, on a labouré, 
par tracteur, de 10 hectares 1/2 à près de 13 hec- 
tares, avec une moyenne générale voisine de 
12 hectares. — (M.R.) 

— S^GOU [Allier). — Le problème de l'ali- 
mentation des chiens se pose en effet avec 
d'assez grosses difficultés pour la période de ra- 
tionnement que nous avons à traverser. Mais le 
chien, en principe Carnivore, mange cependant à 
peu près de tout. On ne pput le nourrir conve- 
nablement avec des pommes de terre comme 
ration exclusive, il faut une certaine quantité de 
matières azotées et de matières grasses. On peut 
cependant constituer des rations convenables 



avec des soupes aux pommes de terre et aux 
eaux grasses de vaisselle, additionnées d'os 
broyés, d'abats d'animaux de boucherie (panses 
et boyaux de mouton, poumons, etc ). 

Les viandes d'équarrissage, les viandes sé- 
chéees, le sang naturel coagulé et desséché peu- 
vent aussi, même en faible quantité, améliorer 
la valeur des soupes aux pommes de terre, re- 
coupettes, etc. Certains tourteaux, en particulier 
le tourteau d'arachides, sont acceptés volontiers 
par les chiens, même à l'état sec. Comme ils re- 
présentent des aliments très riches et qu'il en 
faut seulement de petites quantités, de 30 à 
200 grammes environ selon la taille et le poids 
des chiens, il y a là un moyen assez simple de 
parer aux difûcultés d'alimentation et de ration- 
nement de ces animaux. — (G. M.) 

— M. L. M. (Oise). — Vous avez, avec raison, 
l'intention de monter une entreprise de cul- 
ture mécanique. Voici les renseignements gé- 
néraux que nous pouvons vous donner, résul- 
tant de re'evés faits sur un très grand nombre 
de tracteurs en fonctionnement pratique. Sur 
100 journées ouvrables, on peut admettre pou- 
voir utiliser au travail de 45 à 52 journées, le 
reste du temps étant inemployé pour divers mo- 
tifs : intempéries, réparations, déplacement du 
matériel, etc. Par hectare labouré il sera pru- 
dent de compter, sur 1 ÛOO à 1 400 mètres de dé- 
plact-ment sur les routes pour changer d'empla- 
cement, étant donné que vous devez opérer dans 
un f;rand rayon et qu'il faudra souvent revenir 
labourer un champ à côté d'un autre qui aura 
été travaillé quelque temps auparavant. Il faut 
chercher à réduire ces temps perdus absorbés 
par les déplacements sur routes. — ;M. R.) 



REVUE COMMERCIALE 



99 



LA QUINZAINE MÉTÉOROLOGIQUE 



Semaine du 18 au 


l\ février 1918 (OBSERVATOIRE 


DU PARC SAINT-MAUR) 


JOURS 

ET DATES 


z 

O .-: 

a. 


TEMPERATURE 


Vent. 


d 

il 


S .2 

a a, 

X 


REMARQUES DIVERSES 


1 
S 


a 
a 


5 
? 
o 


Écart 
sur 
la nor- 
male. 




millim 












hnros 


millim. 




Lundi IS fé. 


.. 


—0"»; 


io!l 


— 1».2 


—3.0 


» 


8.3 


» 


Gelée bl., beau temps. 


Mardi 19 — 

Mercredi.. -20 — 

Jeudi 21 — 

Vendredi. 22 — 


n 


—6.(1 

-3.9 

O.S 

O.l 


6.3 

S. 9 

0, s 

tO.2 


—0.9 
1.S 
3.6 
6.5 


—4.8 
—2.1 
+1.6 

+ 2.3 


• 


5.2 
6.7 

4.3 
0.0 


» 

0.4 
3.6 
0.0 


Gelée bl., givre le mat., brouill. 

le soir, 
(ielée, brouill. le mat, pluie le 

soir. 
l'Iuie et brouill. le mat., gelée 

le soir. 
Gelée bl. le mat., bruine le s. 


Samedi... 23 — 


,, 


8.1 


12.7 


10.4 


+ 6.3 


» 


0.0 


>• 


Temps couvert. 


Dim 24 -- 


■■ 


7.3 


10.7 


8.9 


+ 4. S 


■■ 


0.0 


•' 


Temps couvert, brouillard. 


Slojeinei m tolaoi 

Écarts SDr la Dormais .... 


•• 


— 0.1 
-0.7 


9.1 
+ 1.0 


4.4 
0.3 


M 


•* 


29.4 
ai liti lit 

73 li.4 
dor. tbsor. 


4.0 


Pluie depuis le l'"' jauvier : 

En 1918 31"™ 

Normale 70 






Sei 


naine 


du 2.S févn 


er au .3 ma 


•S 1918. 1 


Lundi 25 fév. 




2».0 


7<>9 


3" 6 


+1"4 


" 


1.2 


2.3 


Temps pluvieu.^, beau le soir. 


Mardi.... 26 — 




— 1.1 


9.7 


4.3 


0.0 


» 


6.1 


» 


Gelée bl., givre, temps bru- 
meux. 


Mercredi . 21 — 




o.O 


11.3 


8.0 


+3.7 


>* 


0.0 


1.0 


Temps pluvieux. 


1 Jeudi 2S — 

Vendredi. 1«' m. 


\ » 


0.2 
—1.0 


7.7 
6.3 


4.5 
2.2 


+0.1 
2.2 


* 


1.3 
7.4 


3.8 
1.6 


Pluie et neige ; gelée blanche 

le soir. 
Gelée bl. et givre le uiat., pluie 

et neige le soir. 


Samedi . . 2 — 




-1.3 


0.6 


0.0 


— 4.1» 


» 


0.0 


1.7 


Neige. 


Dimanche 3 — 


» 


-2.7 


3.4 


0.4 

3.6 

-0.8 


-4.1 


» 


0.0 


0.6 


Neige le mat., beau, gelée bl. 
le soir. 


lojtaiies it totait 

Icarts sut la noniile 


** 


0.2 
— 1.0 


6.7 
—2.1 


» 
»> 


16.0 

ag liei de 

76 i. 4 

dur. tb««r. 


11.7 


Pluie depuis le li"' janvier : 

En 1918 63mn> 

Normale 79 



(La publication des renseignements sur la pression barométrique et sur le vent est interdite par la 
censure au Bureau central météorologique.) 



REVUE COMMERCIALE 



Situation générale. — Les allures de lî saison 
sont tout à lait capricieuses. Aux fortes gelées qui 
ont causé quelques dommages aux amandiers du 
sud-est, a succédé une période de journées douces. 
On jouissait dune véritable température printanière 
lorsque le froid s'est de nouveau manifesté à la fin 
de février; puis la neige est tombée en plus ou 
moins grande quantité, suivant les régions. 

Les travaux extérieurs sont actuellement arrêtés. 
On signale que des livraisons assez nombreuses de 
blé de .Manitoba ont été faites pour les semailles de 
printemds ; d'autre part, les cultivateurs se sont 
efforcés d s'approvisionner en semences de variétés 
susceptibles de donner de meilleurs résultats. 

Blés et Farines. — La situation du commerce du 



blé est sans changement. Les demandes sont tou- 
jours nombreuses et les offres restreintes. C'n traite 
au taux de la taxe. 

En Amérique, aux Etats-Unis, le dégel a été géné- 
ral, ce qui a permis de constater que les blés ont gé- 
néralement bien supporté les rigueurs de l'hiver; la 
situation des emblavures d'automne est assez satis- 
faisante dans la plupart des Etats. Cours sans chan- 
gement à New-York aux taux fixés par le Gouverne- 
ment. Dans la République Argentine, les prix sont 
faiblement tenus; sur le marché de Eiuenos-Ayres, le 
blé livrable en mars est coté 31 fr. 32 et le livrable 
en avril 32 fr. 04. 

La faible activité des moulins a pour conséquence 
des livraisons médiocres de farine, dont la vente a 



100 



KEVUE COMMERCIALE 



lieu aux prix établis par les décrets et arriHés. 

Sons. — Les quelques lots offerts sont vendus au 
prix de la taxe. 

Seigles. — Les ofTres sont toujours rares et les prix 
feriuemeiit tenus, se rapprocliant de la taxe. 

Orges. — Cette céréale fait l'objet de petites four- 
niturrs à la meunerie. Prix de vente soutenus et 
voisins de la taxe. 

Sarrasins. — Otfres modérées; les transactions se 
font sur la base de 42 fr. le quintal, pris à la culture. 
)1 y a en ce moment un petit courant d'allaires jior- 
tant sur les semences sélectionnées. 

Graines fourragères. — Par suite de l'insuffisance 
des moyens de transport, le commerce éprouve les 
plus grandes diflicultés pour faire face aux demandes 
de la culture. On paie : trèlle violet, 230 à 32(i fr.; 
luzerne de Provence, 300 à 330 fr.; de pays, 223 à 
300 fr.; tri'-lle blanc, .'iOO à 600 fr.: lupuline, 175 à 
200 fr.: ray-grass, 110 à 140 fr.; .sainfoin, 103 à 
115 fr.; vesces, 105 à 120 fr. 

Fourrages. — Aux 100 kilogr. le foin est coté : 16 
à 18 f.. en Loir-et-Cher, IS à 20 fr. dans l'Yonne; 20 
à 32 fr. dans les Côtes-du-Nord ; 30 à 35 fr. dans la 
Loire; 17 fr. dans la Vendée. A Marseille, les prix 
s'établissent de 31 à 38 fr. suivant les provenances. 

Pailles. — Par quintal, on paie la paille de blé : 
20 à 22 fr. dans la Loire; 14 à 15 fr. dans les Cotes- 
du-Nord ; 22 à 24 fr. dans l'Vonne ; 10 à 12 fr. en 
Loir-et-Cher. 

Bétail. — Voici le relevé du dernier marché de 
La Villetle à Paris ('► mars) ; 



fiœuts 

Vaches. . . 
Taureaux. 
Veaux. . . . 

Moutons.. 
Porcs 



Bœufs . . . 
"V'aclles . . . 
Taureaux. 
Veaux.. . . 
Moutons. 
Porcs,, . . 







PRIX DU KILOG. 






AU POIDS NBT. 


menés. 


Invendus. 


■^■^^.^^^ 






1" 


2- 


3- 






quai. 


quai. 


qual. 


2 708 


322 


3.76 


3.56 


3.30 


i C24 


133 


3.7Ô 


3.48 


3.24 


3VÔ 


65 


3.50 


3.3Û 


3.10 


afS 


12 


5.60 


4,90 


4 20 


î> S75 


» 


6.24 


5.80 


5.10 


:! 075 


» 


5.46 


5 16 


4.86 


Prix extrêmes 


lu kilogramme. 


Au poids vif. 


Au poids net. 


1.11 à 2.39 


2.W à 3.98 


1.26 2.39 


2.52 3.98 


1.40 2.15 


2.80 3.58 


1.50 3.54 


3.00 5.90 


1.97 3.22 


4.10 r,.70 


2.60 


3.89 


4, 


li 5. 


56 



Dans les départements, on cote : 

Amieyis, par kilogr poids vif : veaux, 2..';0 à 3.10; 
porcs, 3.80 à 3.90. 

Caen, par kilogr. poids vif : vaches, 1.60 à 2.10; 
veaux, 2.83 à 3.35; moutons, i.75 à 3.25: porcs, 3.r,3 
à 3.78. 

Chartres, par kilogr. vif ; veaux, 4.40 à 3.20. 

Cholet, par kilogr. vif ; ûoeufs, 1.40 à 1.33; vaches, 
1.40 à 1.53. 

Bordeaux, par kilogr. poids net : bœufs, 2 à 
3.70; vaches, 1.90 à 3.50; veaux, 4 à 4.80; 'mou- 
tons, 4 à 6 fr. 

Lyon-Vdhe, par kilogr. poids net : bœufs, 2.95 à 
4.15 ; moutons, 4.85 à 3.43 ; par kilogr. vif, veaux, 2.20 
à 2.90. 

Rouen, par kilogr. poids net : veaux, 3.20 à 6.10. 

Nîmes, par kilog. net : bœufs, 2.40 à 3.90 ; vaches, 

2.40 à 3.70; moutons, 4 à 4.20; brebis, 3.23 à 3.10 ; 



par kiloga. poids vif : veaux, 2.40 à 2.90; porcs, 4.20 
à 4,40. 

Marseille, par kilogr. poids net : bœufs, 3.80 à 
4.10; moutons, 5.30 à 5.30; brebis de 5 à 6.60. 

'Viandes. — Derniers cours officiels aux Halles 
Centrales de Paris (par kilogr.) : 

Bœu/: 



1/4 de derrière. 2 00 à 3 80 

1/4 de devant. 1 60 3 00 

Aloyau .... 2 60 4 80 

Paleron .... 2 50 3 20 



Trains 2 60 à 4 20 

Cuisses .... 2 40 3 60 

Pis et collet. . 2 40 3 20 

Bavette .... 2 60 3 70 



Extra. . . 
1" qualité. 



1" qualité. 
2' — . 
3» — . 



4 60 à ' » Pans et cuiss. 3 60 à 5 40 

4 30 4 50 Veaux de Caen: 

3 90 4 20 1/4 de devant.. 2.90 à 4.50 
3 60 3 80 1/4 de derrière. » » 

Veaux bretons. 2 eO 4 00 



Mouton. 
4 90 à 5 40 Gigot . 



4 20 

3 50 



4 60 à 6 50 
4 20 7 20 



Entier. , . 

1" qualité. . . » 

2« — . . . . 

Poit. fraîches. 3 60 



4 80 Carrés parés. 

4 10 Agneaux ..." » 

Porc. 

4 90 à 5 10 Filets 3 80 à 5 80 

Jambons ... 3 80 5 10 

» » Reins 3 60 5 20 

5 ûO Poit. salées . . " » 



Suifs. — Cours en baisse de 10 à 20 fr. le quintal. 
La dernière cote officielle de la Bourse de Paris est 
de 280 à 290 fr. les 100 kilogr. 

Vins. — Les arrivages de vins sont toujours très 
mudéréb. 11 ne vient rien d'.Mgérie, faute de bateaux 
pour assurer le transport. 

Dans le Midi, les prix des vins rouges varient de 
104 à 1 lu fr., et ceux des vins blancs de 115 à 135 fr, 
riiectoiitre. 

En Algérie, les cours sont faiblement tenus. On 
cote à Alger : vins rouges, liO à 78 fr. : vins blancs, 
73 à 83 fr. par hectolitre. 

Cidres. — Les cours des cidres sont en hausse. Les 
cidres du Calvados valent 32 fr. l'hectolitre et ceux 
de la Sarthe. 8-'i fr. la pièce, non logés, gare de dé- 
part du vendeur. 

A Paris, les cidres valent de 95 à 100 fr. la pièce. 

Beurres. — Sur les marchés de Normandie, le 
beurre est coté de S à 10 fr. 30 le kilogr. 

Œufs. — Les prix des œufs varient de 2 fr. 50 à 
0.73 la douzaine. 

Tourteaux. — ,\ Marseille, les cours de nuelques 
tourteaux sont en baisse. On cote, par 100 kilogr. : 
arachide, 61 fr. 30 à 62 fr. 30; arachide Coromandel, 
61 fr. 30 ; palmiste, 52 fr.; sésame blanc, 61 fr.; lin, 
69 fr. 30. 

Huiles d'olives. — Dans les Bouches-du-lihône, 
les prix de l'huile d'olives varient de 43 à 46 fr. le 
décalitre. 

r.n Tunisie, on cote de 238 à 280 fr. les 100 kilogr. 

Fécules. — La fécule supérieure est cotée de 275 à 
277 fr. et là fécule première de 272 à 273 fr. les 
100 kilogr. 

Pommes de terre. — Les difficultés de transports 
ne permettent pas d'etlectuer régulièrement les expé- 
ditions; d'autre part, l'application de la taxe suscite 
des récriminations. Le commerce de Paris s'approvi- 
sionne auprès du Comité technique qui lui fait 
payer les tubercules 26 fr. les 100 kilogr. 

B. Ddr*nd. 

Le gérant : Ch.\rles Dutreix. 
Pans. — [. Marbthkox, imprimeur, 1, rue Cassettç. 



CHRONIQUE AGRICOLE 



101 



CHRONIQUE AGRICOLE 



Les discussions parlenientaires en vue d'organiser la production des céréales. — Lettre de M. Compère- 
Morel. — Explications relatives à ses afiirmations. — Projets de loi présentés par le ministri; de l'Agri- 
culture sur la mise en culture des terres abandonnées et sur les encouragements au labourage mécani- 
que. — Discussion à la Chambre des Députés des projets relatifs au monopole de l'alcool. — Les prix 
de la belterav^, du sucre et de l'alcool en 1918. — .VIo lèle de contrat présenté entre les cultivateurs et les 
fabricants de sucre.— Assemblée générale de l'.Vssociation de l'Industrie et de l'Agriculture françaises. — 
Texte de la résolution adoptée. — Déclaration du comte de Saint-Quentin au nom de la Section agri- 
cole. — Circulaire du ministre de l'Agriculture relative à l'organisation d'abattoirs régionaux. — Fixa- 
tion du prix du'blé de printemps aux États-Unis. — Vœu relatif à la réquisition des laines. — Création 
d'un Syndicat des Agriculteurs de Madagascar. — Le Herd-book Vendéeu. — La répartition des engrais 
de printemps. — L'ctécution des contrats avec les agriculteurs et les groupements agricoles. — Les 
sorties de vins jusqu'à la fin du mois de février. — Brochure sur le topinambour. — L'o'uvre Je la 
Maison et du Travail aux Champs. 



A propos des céréales 

Les observations que j'ai présentées dans 
ma précédente Chronique, à l'occasion de la 
discussion devant la Chambre des Députés 
des propositions tendant à organiser la pro- 
duction du blé et la culture des terres aban- 
données, m'ont valu de M. Compère-Morel, 
rapporteur de ces propositions, une lettre 
que je n'hésite pas un instant à publier. J'ai 
pour règle absolue, tout en revendiquant ma 
liberté d'appréciation, de ne parler ou de 
n'écrire qu'avec une prudtnce extrême, pru- 
dence que certains trouvent parfois exces- 
sive. M. Compôre-Morel estime, au contraire, 
que, dans la circonstance, je l'ai mal apprécié I 
ou, au moins, que je me suis trompé sur sa 
pensée. Il appartiendra aux lecteurs déjuger, 
à, leur tour, après avoir eu toutes les pièces 
sous les yeux. 

Voici la lettre de M. Compère-Morel : 
Paris, le 11 mars 1918. 
Mon cher Monsieur, 
Je ne voudrais en rien polémiquer dans les 
colonnes de votre estimable organe, dont je suis 
d'ailleurs un lecteur assidu depuis longtemps, et 
qui n'est pas fait pour ces sortes de choses. 

Je ne répondrai donc ni aux attaques, ni aux 
insinuations parues dans le numéro du ~ mars 
de votre Journal au sujet du projet de loi sur 
l'organisation de la culture du blé et des terres 
abandonnées que je rapportais au nom de la 
Commission de l'Agriculture. Mais, comme vous 
avez fait allusion au poste officiel que j'occupais 
en parlant des fermes qui restent incultes, je 
crois devoir vous demander de faire connaître 
aux lecteurs du Journal d'Agriculture pratique 
que je n'ai jamais prétendu que les propriétaires 
de ces cinq cents exploitations se refusaient volon- 
tairement, quoique disposant de capitaux, à les 
mettre en rapport. 

■Voici le passage du discours prononcé à la 
première séance de la Chambre des Députés du 
21 février 1918, dont vous tirez des déductions 
quelque peu osées : 

M. Compère-Morel, rapporteur Des réponses 

21 Mars 1918. — No 6. 



qui nous sont parvenues des préfets, nous pouvons 
déjà constater que, dans vingt-et-un départements, 
ciuq cents ferm>-s représentant plus de 18 0(»0 hec- 
tares vl8 04i) restent incultes. 

J'ai ici la liste, département par département, 
avec le nom des fermes, l'endroit où elles sont si- 
tuées, la nature de leur sol, le nom de leurs proprié- 
taires 

M. Navarre. Il faut en demander l'affichage! 
M. Théveoy. Très bien! 

M. le Rapporteur. Certains propriétaires, dont la 
situation sociale, matérielle, pécuniaire est très 
élevée, laissent leurs terres abandonnées. 
M. Emile Faure. Quelles en sont les raisons? 
M. le Rapporteur. Xombre de cultivateurs, l'im- 
mense majorité, arrivent, par un eti'ort inoui, par un 
labeur persévérant, en se donnant tout entiers, 
inlassablement, à leur travail, à donner à la nation 
son contingent de blé assez élevé. D'autres, qui pos- 
sèdent des centaines de mille francs, des millions 
même, ne les imitent pas I 

Plutôt que de faire travailler leurs terres, ils pré- 
fèrent des placements plus lucratifs... 

M. Camille Rel)Oul. C'est contre ceux-là que nous 
allons voter cette loi. 
M. Navarre. Il faut les clouer au pilori! 
M. Théveny. On ne saurait être trop sévère pour 
ceux-là! [Très tuen! très Inen !) 

M. Ferdinand Bougère. Il faut citer leurs noms. 
M. le Rapporteur Et c'est au nom des paysans qui 
peinent et qui travaillent, au nom du monde rural 
laborieux, au nom de ces femmes, de ces enfants, 
de ces vieillards de nos campagnes, dont le dévoue- 
ment ne sera jamais trop honoré, que nous avons le 
devoir d'imposer à ces riches et à ces puissants la 
culture des terres qu'ils possèdent. Les humbles tra- 
vailleurs de lî terre leur iiioutreot l'exemple. (Ap- 
plaudissemenls .sur les bancs du parti socialiste.) 

M. le marquis de Baudry d'Asson. Quel avantage 
ont ces misérables à laisser leurs terres incultes? 

M. le Rapporteur. Je suis absolument de l'avis de 
M. de Baudry d'Asson : ces gens sont des misé- 
rables. Mais quelles sont les raisons qui les font 
agir, me demande mon collègue M. Faure. Je ne 
puis les lui donner, parce que je ne les connais pas. 
Constatant tout simplement qu'ils ont les moyens 
pécuniaires de cultiver et qu'ils ne les utilisent pas, 
je les y oblige. {Applaudissements. 

Donc, les moyens de coercition que j'envisage ne 
s'appliquent qu'à ces gens-là, tandis qu'ils respec- 
tent les travailleurs. 

Par conséquent, ce ne sont pas les proprié- 
taires de ces cinq cents fermes que je visais, mais 

1918. — 6 



102 



CHRONIQUE AGRICOLE 



seulement certains propriétaires, ce qui n'est pas 
la même chose, vous en conviendrez.! 

Croyant que personne n'ignorait mes senti- 
ments envers le monde paysan que je n'ai cessé 
de défendre par la plume et la parole depuis 
plus de vingt-cinq ans, et parfois dans des mi- 
lieux qui lui étaient nettement hostiles, je ne 
pensais pas qu'il me fiit nécessaire de protester 
contre la campagne systématique dont je suis 
l'objet dans certaines sphères. 

Cependant, ne voulant pas laisser se créer des 
légendes trop grossières, je vous demanderai de 
bien vouloir publier cette lettre au lieu et place 
où a paru l'article dans lequel mon procès était 
si habilement fait. 

liecevez, etc. Ccmpère-Morel. 

Au Journal (TAgrkuHure pratique on n'a 
jamais di.stingué entre les grands elles petits 
propriétaires, on a la même sollicitude pour 
les uns et les autres. J'ai exprimé le regret, 
et je ne saurais m'en dédire, que le même état 
d'esprit ne se soit pas manifesté dès le premier 
moment dans les expressions de M.Compère- 
Morel. La partie de la discussion que j'ai re- 
evée avait soulevé, chez nombre d'agricul- 
teurs, une émotion dont j'ai reçu maints 
échos. L'honorable député a voulu éclairer 
l'expression de sa pensée. Comme je suis 
loin d'être chicanier, je ne puis (jue m'en fé- 
liciter. 

Nouveaux projets de loi. 

M. Victor Borel, ministre de l'.Vgriculture 
et du Ravitaillement, a dé[JOSé le lîi mars à 
la Chambre des Députés deux projets de loi 
destinés à favoriser l'accroissement de la 
production agricole. Une note officieuse en 
détermine ainsi les caractères : 

Le premier concerne la mise en culture des 
terres abandonnées. On sait que la Chambre des 
Députés avait abordé, sur le même sujet, la dis- 
cussion de deux propositions de loi présentées 
par MM. Compère-Morel, Jean Locquin et Rontin. 

Au cours de cette discussion, la Commission 
de l'Agriculture demanda au Couvernement de 
déposer un projet de loi susceptible de recevoir 
promptement l'adhésion du Parlement. Le pro- 
jet actuel répond à ce vœu. 

L'autre projet de loi modifie le régime actuel 
des encouragements au labourage mécanique, 
en étendant aux entrepreneurs de culture et aux 
agriculteurs les subventions jusqu'ici réservées 
aux départements, aux communes et aux grou- 
pements agricoles. 

D'autre part, le Gouvernement a envisagé le 
relèvement du prix du blé et des autres céréales 
à provenir de la récolte de 1918, pour eucouraser 
et récompenser tout à la fois le magnifique elTort 
de nos agriculteurs. 

M. Victor Roret sera entendu incessamment à 
ce sujet par la Commission de l'Agriculture de 
la Chambre des Députés. 



Nous analyserons ces projets lorsque le 
texte en aura été distribué. 

Régime de l'alcool. 

La loi du 2'2 février 1918, dont on a lu le 
texte dans notre précédent numéro, n'était 
qu'une première étape dans une série de 
mesures destinées à transformer complète- 
ment le régime de l'alcool. Le but de ces 
mesures est d'établir le monopole de l'alcool. 
La discussion en a commence devant la Cham- 
bre des Députés. 

Pour le moment, il suffit de constater 
que le projet en discussion a pour objet 
de donner à l'Etat le monopole de l'achat à 
l'intérieur, de l'importation et de la vente 
des alcools d'industrie; rappelons que ce 
terme s'applique à tous les alcools autres que 
ceux provenant de la distillation des vins, 
cidres, marcs, lies et fruits. L'Etat achèterait 
toute la production à des prix qu'il fixerait 
chaque année. 

Voilà une trentaine d'années que le mono- 
pole de l'alcool est discuté, sans qu'il ait en- 
core été absolument démontré que les avan- 
tages en dépasseraient les inconvénients. 
Jusqu'ici, la discussion ouverte devant la 
Chambre des Députés n'a pas encore apporté 
celte démonstration. 

Le prix de la betterave en 1918. 

Le Journal Officiel du 6 mars a publié une 
circulaire du ministre de l'Agriculture rela- 
tive aux prix de vente de la betterave à sucre 
en 1918. 

La Commission adminislralive chargée de 
déterminer les prix de la betterave, du sucre 
et de l'alcool en 1918 a fixé les prix de la bet- 
terave comme il suit : 

A 1" de densité... 74 fr. les I OOO kitogr. 
A S" de densité... 82 — — 

A forfait 80 — — 

La circulaire est suivie d'un projet de con- 
trat destiné à faciliter les relations entre les 
cultivateurs et les fabricants de sucre. En 
voici le texte : 

Livraison. — Les betteraves doivent être livrées 
dans un bon état de conservation et décolletées 
à la façon habituelle. Les betteraves avariées ou 
gelées peuvent être refusées. 

Prix. — La betterave est payée, au minimum, 
78 francs la tonne à 7'°5 de densité, avec 80 cen- 
times d'augmentation pour chaque dixième au- 
dessus de l'ï) et 80 centimes de diminution pour 
chaque dixième au-dessousde7°5 jusqu'à 7degrés. 

Si la densité est inférieure à è^o, le fabricant 
peut refuser la livraison. Le prix du dixième 
de densité entre (i":; et 7 degrés donne lieu à un 
arrangement entre le cultivateur et le fabricant, 
11 est bien entendu que les betteraves à fort de- 



CIIKONIQUE AGRICOLE 



103 



gré de densité ne doivent pas contenir moins de [ 
sucre par degré que les betteraves ayant 7 de- ! 
grés à 8 degrés de densité. 

La tonne aclietée à forfait est payée 80 francs 
au minimum si la graine a été fournie par le l\i- 
bricant. 

Réception. — Les betteraves, qu'elles soient 
achetées i la densité ou à forfait, sont livrées 
par le cultivateur à l'usine, à la râperie ou aux 
bascules, suivant les usages locaux. 

Le poid.'î, la tare, la densité seront déterminés 
par les soins de la sucrerie en présence du ven- 
deur ou de son représentant. 

Les réceptions commenceront le... 
et finiront le... 

Pulpes. — Les prix minima indiqués plus haut 
pour la tonne de betteraves supposent que le 
cultivateur prend à l'usine, par tonne de bette- 
raves, de 480 à 500 kilogr. de pulpes, qui, au 
prix de 3 fr. la tonne, représentent environ 2fr. 50 
par tonne de betteraves. Pour d'autres condi- 
tions relatives aux pulpes, un arrangement, qui 
reste dans l'esprit du présent règlement, inter- 
viendra entre le cultivateur et le fabricant. 

Paijnnent. — Le payement des betteraves et 

des pulpes se fera en termes et suivant les 

usages locaux. 

En cas de contestation au sujet de l'exécution 
des présentes conventions, les parties s'engagent 
à se soumettre sans appel à la décision de deux 
arbitres choisis par elles; lesquels arbitres en 
cas de désaccord pourront s'adjoindre un tiers 
arbitre qui les départagera. 

Résiliation. — En cas d'inondation, d'invasion 
de la région ou d'incendie de l'usine ou de tout 
autre cas de force majeure, le présent engage- 
ment sera résilié de plein droit et sans indem- 
nité pour l'une ou l'autre des parties. 

Le prix du sucre blanc n" 3 a été fixé à 
105 fr. les 100 kilogr., celui de l'alcool de 
flegme à 100° à 130 fr. 30 l'hectolitre et celui 
de l'alcool rectifié tout venant à 138 fr. 20 
l'hectolitre. 

Association de llndustrie 
et de l'Agriculture. 

L'Association de l'Induslrie et de l'Agricul- 
ture françaises a tenu le 11 mars sa première 
assemblée générale dépuis le début de la 
guerre. Son président, M. le sénateur Tou- 
ron, était assisté de M. Jules Méline, prési- 
dent d'honneur, de M. Emile Loubel, et des 
membres du Bureau. 

Dans l'exposé qu'il a présenté sur l'activité 
de l'Association, M. Touron a éloquemment 
insisté sur la nécessité de résister vigoureu- 
sement aux tendances d'étatisme qui se ma- 
nifestent de plus en plus et qui menacent de 
se perpétuer après le retour à la période nor- 
male de paix. 

La résolution suivante, qui intéresse au- 



tant l'agriculture que l'industrie, a été adop- 
tée à l'unanimité : 

L'Association de l'Industrie et de l'Agricullure 
françaises. 

Considérant : Qu'au sortir de la tourmente, la 
France qui aura été plus éprouvée que toute 
autre nation, non seulement par ses pertes en 
vies humaines, mais encore par la dévastation 
de ses régions les plus riches et les plus produc- 
tives — devra fournir un effort sans précédent 
pour reprendre dans le monde la situation éco- 
nomique à laquelle elle a droit; 

Considérant d'autre part que l'industrie et 
l'agriculture françaises ne pourront réaliser cet 
effort qu'à condition : 

1° De jouir à l'extérieur d'un régime écono- 
mique tenant compte des charges écrasantes 
auxquelles elles auront à faire face jusqu'à leur 
complète restauration; 

2° De reprendre à l'intérieur leur pleine indé- 
pendance, actuellement entravée par des me- 
sures de guerre parfois nécessaires, mais qui 
couvrent trop souvent des interventions exces- 
sives de l'Etal, indépendance sans laquelle aucun 
progrès sérieux ne saurait être accompli; 

Insiste auprès des pouvoirs publics pour qu'en 
vue de rendre ù la France toute sa liberté dans 
la préparation du régime économique d'après- 
guerre et conformément à l'avis de la Commis- 
sion Interministérielle et extraparlementaire, il 
soit procédé sans retard à la dénonciation, pour 
produire effet à la date de la conclusion de la 
paix, de toutes les conventions commerciales et 
de navigation existant soit avec les Alliés soit 
avec les Neutres, conventions qui, par l'effet de 
la clause de la nation la plus favorisée, insérée 
dans la plupart d'entre elles, constitueraient 
pour l'avenir un obstacle pour aiusi dire insur- 
montable ; 

Afiirme sa résolution de lutter contre toute 
extension inutile et contre toute prolongation, 
au delà du terme strictement imposé par l'état 
de guerre, des mesures d'ordre étatiste prises 
pour réglementer, en temps de guerre, la pro- 
duction nationale. 

Au nom de la Section agricole, son prési- 
dent M. le comte de Saint-Quentin a insisté 
en termes très heureux sur la nécessité de 
donner les moyens de se relever à l'agricul- 
ture, la « grande blessée de la guerre », qui 
aura, autant que toutes les industries, à répa- 
rer des pertes dont les efifets se répartissent 
sur tout le terriloire. 

Les abattoirs régionaux. 
Pour la première fois, le Gouvernement 
s'intéresse publiquement à la réforme du 
commerce du bétail et de la viande, tant de 
de fois discutée depuis des années et sur la- 
quelle les avis sont unanimes, à l'exception 
de quelques intéressés au maintien des abus 
dont la production agricole souffre depuis 



104 



CHRONIQUE 



trop longtemps. On lira plus loin (page 105) 
une circulaire adressée aux préfets par 
M. Victor Boret, ministre de rAgricuIlure et 
du Ravitaillenient, sur l'organisation d'abat- 
toirs régionaux. 

Dans cette circulaire, M. Victor Borel fait 
ressortir les avantages qui ressortiront de 
l'organisation de ces institutions, aussi bien 
pour les éleveurs que pour les consomma- 
teurs, et il invite les préfets à provoquer une 
enquête approfondie sur les solutions qui 
pourront intervenir suivant les régions. On 
doit l'en remercier, d'autant plus qu'il est né- 
cessaire, comme M. Méline l'établissait récem- 
ment devant le Conseil supérieur de l'Agri- 
culture, que l'Etat ne se désintéresse pas de 
la création des abattoirs régionaux. Son au- 
torisation serait nécessaire pour la création 
des établissements de cette nature, en vue 
d'écarter les abus des spéculations et des ac- 
caparements dangereux du genre des tenta- 
tives qui, il y a quelques années, ont forte- 
ment ému l'opinion publique. 

Le prix du blé aux Etats-Unis. 

On sait que des prix maxima ont été établis 
pour le blé depuis plusieurs mois aux Etats- 
Unis. En vue d'encourager les ensemence- 
ments, le président Wilson a majoré ces prix 
pour les blés de printemps. 

Les prix des blés de printemps sont fixés 
comme il suit : à San-Fransisco, 2 dollars 10 
le bicshel (40 fr. 4.5 par 100 kilogr.) ; à Chicago 
et à Gai veston, 2 dollars 20 ('<2 fr. 40 par 
100 kilogr.); à New-York, 2 dollars 28 
(43 fr. 90 par 100 kilogr.). 

La réquisition des laines. 

Aux vœux déjà signalés ici sur la néces' 
siter de relever le prix de réquisition des 
laines, on doit ajouter celui émis, dans sa 
réunion du 11 février, par la Société centrale 
d'Agriculture du Gard. 

Celle-ci demande que le prix de la laine en 
suint soit relevé à 6 fr. le kilogramme au- 
dessus de 41 0/0 de rendement et à 5 fr. pour 
les laines à rendement inférieur. 

Un Syndicat agricole à Madagascar. 
Il vient de se constituer dans la colonie de 
Madagascar, un Syndicat des Arjriculteurs de 
Madnijascar. Analogue aux institutions de la 
métropole, ce Syndicat a pour objet de grou- 
per tous les agriculteurs de la grande île et de 
ses dépendances, afin de développer la pro- 
duction et de signaler ses besoins. Cette initia- 
tive ne peut être que très utile. 

Les livres généalogiques du bétail. 

Malgré les difficultés actuelles, le Syndicat 



AGKICOLE 

central du Herd-book Vendéen n'a pas inter- 
rompu ses opérations. Son septième Bulletin 
(année 1916) a été publié récemment. Le rap- 
port de M. Biguet, directeur des Services 
agricoles de la Vendée, qui accompagne la 
liste des inscriptions, fait connaître qu'au 
cours de cette année 149 taureaux ont été 
approuvés ou confirmés, ce qui porte à 896 
le nombre des taureaux incrils depuis l'ori- 
gine. Une somme de 7 193 fr. 90 a été répar- 
tie entre ces animaux, en tenant compte tant 
du classement que du nombre des saillies 
effectuées par chaque sujet. 

La répartition des engrais. 
On a lu dans la Chronique du 7 février 
(p. 43) les dispositions prises par le ministre 
(le l'Agriculture et du Ravitaillement pour la 
répartition des engrais de printemps. \ celte 
occasion, on nous demande d'indiquer com- 
ment cette répartition est opérée entre les 
départements. Nous ne pouvons répondre à 
cette question. Toutefois, une note officielle 
a fait connaître, par le tableau suivant, les 
quantités totales disponibles : 

Disponibilités Disponibilités 

pour habituelles 

le printemps avant 

1918. la guerre. 

tonnes tonnes 

Nitrate lie soude 14 560 27:i 000 

Sulfate d'ammoniaque. 6 800 40 000 
Scories de déphospho- 

ration 20 520 200 000 

Superphospliate 400 000 1 000 000 

Engrais potassiques... » 30 000 

La même note ajoute qu'en ce qui con- 
cerne le nitrate de soude, le sulfate d'ammo- 
niaque et les scories, les agriculteurs et 
groupements agricoles qui avaient passé des 
contrats avec les importateurs ou fabricants 
doivent recevoir livraison intégrale des quan- 
tités commandées, aux prix fixés par les con- 
trats, car à l'égard des quantités ainsi enga- 
gées la réquisition a été levée. Au contraire, 
tous les contrats passés par les importateurs 
et industriels avec des commerçants ont été 
annulés du fait de la réquisition et repris au 
compte du ministère de l'Agriculture. 

Commerce des vins. 

La Direction générale des Contributions 
indirectes a publié le relevé des sorties de 
vins des caves des récoltants depuis le début 
de la campagne jusqu'à la fin du mois de 
février. 

En France, les sorties se sont élevées à 
2 494 615 hectolitres en février, ce qui porte 
à U 698 903 hectolitres les sorties effectuées 
depuis le 1" octobre 1917. Durant cette pé- 



SUR L'ORGANISATION D'ABATTUlRS RÉGIONAUX 



105 



riode, les quantilésde vins soumises au droit 
de circulation ont atteint 13 112954 lipcto- 
litres. 

En Algérie, les sorties ont été de 28i2 277 
hectolitres en février, et de 3 3(i2 993 depuis 
le début de la campagne. 

Au 28 février, le stock commercial chez les 
marchands en gros était de 939 008 hecto- 
litres en France et de 844 188 en Algérie. 

A propos du topinambour. 

Depuis deux ans, le topinambour a été re- 
commandé comme une des plantes qui pour- 
raient apporter un appoint important à l'ali- j 
mentation publique, comme il sert pour celle j 
des animaux dans plusieurs régions. Sous le 
titre : Le To/jinamhour. culture de guerre 
(prix : 20 centimes, chez l'auteur, 15, rue des 
Bons-binfants, à Paris), M. Georges l^efebvre 
vient de publier une brochure de propagande 
qui se recommande à l'attention par sa con- 
cision et sa précision. 

On annonce que l'on peut se procurer des 
plants de topinambour en s'adressant, soit 
aux Comités départementaux d'action agri- | 



cole, soit au Service central de la production 
de la pomme de terre, au ministère de 
l'Agriculture, i\ Paris (78, rue de Yarenne). 

Pour l'apprentissage agricole. 

On nous communique la note suivante : 

L'œuvre « La Maison et le Travail aux Champs » 
vient de décider d'élargir son champ d'action. 

Fréquemment, des employés, des petits com- 
merçants, etc., lui font part de leur iiitfution 
d'abandonner leur ancienne profession trop 
éprouvée parla guerre et lui ■k-mandent de faci- 
liter leur orientation vers les carrières agricoles. 

Il lui est apparu qu'il y aurait intérêt à provo- 
quer la création de l'apprentissage ni;ritole en 
développant la pratique des stages qui rend en 
Allemagne de si grands services, tant aux sta- 
giaires qu'aux propriétaires. 

Elle fait donc appel aux exploitants pour se- 
conder cette initiative qui est un des remèdes 
contre la crise de la maiii-d'u'uvre. 

Les agriculteurs qui désireraient recevoir 
des stagiaires, sont priés d'adresser leurs 
propositions au siège social de l'Association, 
38, rue du Mont-Thabor, à Paris. 

Henry Sagnieh. 



SUR L'ORGANISATION D'ARATTOIRS RÉGIONAUX 



Circulaire du ministre 
de l'Agriculture et du Ravitaillementanxpréfets. 

Paris, le il février 1918. 

L'insuffisance de notre outillage pour l'aba- 
lage du bétail, la conservation, le traitement et 
le transport des viandes et des sous-produits s'y 
rattachant, a été trop souvent signalée pour 
qu'il soit nécessaire de le rappeler à nouveau. 
Si quelques efforts ont été faits, avant la guerre, 
pour moderniser certains abattoirs municipaux 
et y introduire notamment l'ulilisation des pro- 
cédés frigorifiques, l'abatage du bétail dans les 
régions mêmes d'élevage et le traitement inté- 
gral sur place des abats et sous-produits sont, 
jusqu'à présent, restés inappliqués en France. 

On continue à transporter à de grandes dis- 
tances le bétail vivant, pour ne l'abattre qu'au 
lieu même de consommation. Les complications 
de transport et les déchets ou pertes qui en 
résultent s'aggravent encore du fait que les ani- 
maux passent le plus souvent au marché de la 
Villette avant d'être réexpédiés dans les régions 
consommatrices. Enfin, la concentration sur une 
même place de la plus grande partie des tran- 
sactions relatives à la viande n'est pas sans en- 
traîner de sérieux iuconvénieuts, qu'accentue 
encore l'organisation défectueuse du marché. 

La consommation des viandes congelées intro- 
duites depuis le début de la mobilisation a, 
heureusement, dissipé les préventions qui avaient 
jusqu'alors détourné le public de remploi des 



viandes conservées par le froid. En même temps 
la réception et la distribution des quantités 
considérables de viande congelée importée pour 
les armées a entraîné la création d'un outillage 
approprié (entrepôts fiif,'oriliqu2S, matériel rou- 
lant), liràce à l'expérience acquise par le per- 
sonnel spécialisé dans le ravitaillement en viande 
congelée d'importation et en profitant des dis- 
ponibililés momentanées en puissance frigori- 
fique de certains entrepôts, on a pu congeler 
pour la première fois une partie notable du 
bétail français ou africain destiné aux armées. 

Le mouvement se continue dans la mesure où 
le permettent les ressources en personnel et en 
machines, et plusieurs abattoirs frigorifiques 
industriels, spécialement aménagés pour le ravi- 
taillement des armées en viande congelée sont 
actuellement en construction. 

Un effort semblable est à tenter pour l'ali- 
mentation civile. 

Déjà plusieurs groupements (municipalités, 
coopératives) se préoccupent d'utiliser les rares 
abattoirs régionaux récemment construits ou en 
voie d'achèvement. 

Cette initiative devrait, semble-t-il, être rapi- 
dement généralisée, aussi bien dans l'intérêt des 
éleveurs que dans celui des consommateurs et 
dans l'intérêt général du pays. 

L'organisation, en des points convenablement 
choisis, d'abattoirs régionaux permettant de 
traiter sur place le bétail de boucherie, et d'ali- 
menter en viande les agglomérations les plus 



106 



CHOIX ET CONSERVATION DES PLANTS DE POMMES DE TERRE 



importantes, constitue, d'une façon générale, un 
progrès certain par rapport aux méthodes ac- 
tuelles. 

Pour l'éleveur en particulier, elle doit fournir 
une utilisation meilleure de ses produits, en 
même temps qu'elle lui permettra de supprimer 
des intermédiaires et de suivre de plus près le 
rendement de son bétail. A ce point de vue, on 
conçoit très bien la création d'abattoirs régio- 
naux émanant de l'initiative de groupements 
agricoles. 

Pour le consommateur, toute amélioration 
dans le rendement du bétail, tout perfectionne- 
ment dans l'utilisation des sous-produits, toute 
simplification dans les transactions commer- 
ciales et, notamment, toute suppression d'inter- 
médiaires inutiles, doivent finalement se tra- 
duire par une baisse du prix de la vie. 

De nombreux obstacles se sont, il est vrai, 
opposés jusqu'ici à cette réforme du commerce 
des viandes. Mais les circonstances sont actuel- 
lement plus favorables que jamais. 

L'application des nouvelles méthodes parait, 
en particulier, tout indiquée pour les agglomé- 
rations que préoccupe particulièrement le pro- 
blème de l'alimentation en viande pour l'après- 
guerre : centres industriels de création récente 
municipalités des régions libérées ou enva- 
hies, etc. 



Le moment est donc venu de rompre avec les 
errements du passé et le concours de mon dé- 
partement est entièrement acquis à toutes les 
initiatives qui pourront se manifester dans ce 
sens. 

Il est prêt en particulier à servir de lien entre 
les groupements de consommateurs indiqués 
plus haut, et les industriele ou éleveurs dis- 
posés à construire et exploiter les abattoirs 
régionaux. Il mettra également à la disposition 
des intéressés l'expérience acquise par ses ser- 
vices techniques spécialisés depuis le début de 
la mobilisation dans l'organisation du ravitaille- 
ment eu viande congelée et des abattoirs frigo- 
rifiques militaires. Il s'efforcera de faciliter les 
travaux (personnel, matériaux). 

Je vous serais obligé de me faire connaître 
votre avis sur les possibilités de réalisation de 
ce programme dans votre département. 

Ainsi (|u'il découle de l'exposé ci-dessus, l'en- 
quête à poursuivre devra être double et porter 
sur les besoins et les desiderata des éleveurs 
d'une part, des consommateurs de l'autre. 

J'ajoute qu'il pourrait y avoir dans certains 
cas avantage à ce que, sortant des limites de 
votre circonscription, vous vous mettiez en rela- 
tions avec vos collègues des départements voi- 
sins. 

Victor Boret. 



CHOIX ET CONSERVATION DES PLANTS 

DE POMMES DE TERRE 



Dans deux précédents articles accompa- 
gnés de planches coloriées, nous avons énu- 
méré les principales variétés de Pommes de 
terre de table et fourragères en indiquant 
leurs caractères et leurs mérites respectifs. 

Pour compléter cette étude, nous croyons 
utile d'attirer l'attention des cultivateurs sur 
le choix et la conservation des plants de 
Pommes de terre, car leur vigueur et leur 
production sont intimement liées à leur état 
de santé. Cet état influe tellement sur la pro- 
duction que telle variété qui pourrait pro- 
duire 2 à 3 kilogr. par touffe, si la semence 
était saine et nouvellement importée, ne pro- 
duira que 1 kilogr. et même moins si elle est 
depuis longtemps cultivée dans le même ter- 
ritoire et si la semence a été prise sans dis- 
cernement sur un tas destiné à la consom- 
mation. 

Les écarts considérables de rendement que 
l'on observe un peu partout pour une même 
■variété tiennent bien plus à l'état des se- 
mences qu'aux aptitudes de la variété et dans 
une certaine mesure même à sa culture, si 
bien que l'on se trouve conduit à admettre 
qu'une variété vaut inoins ce qu'elle vaut 



elle-même au point de vue productivité que 
ce que valent ses semences, la plus médiocre 
pouvant produire davantage que la meil- 
leure. L'importance de l'élat des semences 
passerait ainsi avant le choix des variétés. 

Ces remarques feront saisir aux cultiva- 
teurs les bénéfices considérables qu'ils pour- 
raient tirer des soins qu'il leur serait, en 
somme, facile de donner au choix et à la con- 
servation de leurs plants. 

Pour nous, du moins, ces dilTérences de 
rendement sont principalement dues i\ l'in- 
fluence de la terrible maladie causée par le 
Plu/lophtora infeslans qui n'aCTecte pas seu- 
lement les parties aériennes, mais aussi bien 
les tubercules et par suite les plants eux- 
mêmes. Il est très probable que cette maladie 
est la cause de la dégénérescence, affection 
bien connue qui se traduit par la diminution 
progressive de la vigueur et de la producti- 
vité de la variété au point de rendre cette 
dernière à peu près nulle au bout d'un 
nombre d'années, toutefois très variable 
lorsque les plants sont prélevés et toujours 
cultivés dans le même sol. La pourriture par- 
tielle ou complète qui se présente parfois dès 



LE SOUFRE POLU LA VlTiCULTL'RE 



10 



l'arrachage et qui se poursuit en cave durant i 
l'hiver, ainsi que les taches ou zones brunes 
que l'on observe dans la chair, lorsqu'on 
coupe les tubercules, sont des signes évi- 
dents de leur envahissement par la maladie. 
Cette décomposition totale ou partielle est, 
toutefois, très inégale d'une variété à l'autre 
et son intensité varie non moins notable- 
ment d'année en année. Mais même chez les 
variétés dont les tubercules paraissent sains 
intérieurement lorsqu'on les coupe, la dégé- 
nérescence se fait sentir par la diminution 
progressive du rendement; certaines variétés 
y étant, enfin, beaucoup plus sensibles que 
d'autres. Pour nous encore, cette résistance 
est un des facteurs auxquels certaines va- 
riétés doivent beaucoup de leur longévité et 
de la généralité de leur culture. 

Jusqu'à ces derniers temps, du moins, on 
n'a trouvé d'autre moyen pratique que le dé- 
paysement des plants pour atténuer les efîets 
de la dégénérescence, mais un ensemble 
d'autres mesures, notamment le choix des 
plantes durant le cours de la végétation et 
leur arrachage avant complète maturité 
semblent pouvoir lui être opposés. 



Au moins aux environs de Paris, pour les 
variétés hâtives et demi-hâtives, aussi bien 
pour la culture dans les jardins que pour 
celle faite en pleins champs en vue de la 
vente des tubercules sur les marchés, sou- 
vent même avant qu'ils ne soient complète- 
ment mûrs, une excellente pratique s'est 
depuis longtemps généralisée. Elle consiste 
à réserver à l'arrachage, sur les plus beaux 
lots et les parties les mieux venues, la se- 
mence nécessaire. Dès que les mauvais jours 
et les soirées d'automne laissent un peu de 
liberté, les cultivateurs s'occupent alors à 
choisir leurs plants, toujours entiers et de 
grosseur moyenne, et à les disposer l'un 
après l'autre dans des clayettes, debout, en 
ayant bien soin de placer en haut le côté du 
germe. Ces clayettes sont de^ sortes de pla- 
teaux à claire-voie, ayant environ U"'.65 de 
longueur, O^.So de largeur et 0".06 de pro- 
fondeur, construits pour cet usage et pourvus 



de petits pieds permettant de les empiler les 
uns sur les autres, tout en laissant l'air et la 
lumière circuler autour des tubercules. Les 
piles de clayettes sont disposées dans des 
chambres froides, claires et très aérées, d'où 
la gelée est simplement exclue. Sous l'in- 
fluence de ce traitement, les tubercules ver- 
dissent et le bourgeon central se développe 
très lentement en un gros germe court, épais, 
coloré, que l'on conserve soigneusement au 
moment de la plantation. 

C'est moins, sans doute, pour lutter contre 
la dégénérescence que pour favoriser le dé- 
veloppement rapide et régulier des plants et 
surtout pour hâter l'époque de production 
d'une quinzaine de jours que les cultivateurs 
ont recours à cette excellente pratique, mais 
il est bien certain qu'elle contribue notable- 
ment à maintenir la vigueur des plantes en 
réduisant la pourriture et l'échaufTement des 
tubercules qui se produit lorsqu'ils sont 
conservés en tas, enlin en permettant d'éli- 
miner, à la plantation, les tubercules qui ont 
« boulé » ou « filé », c'est-à-dire qui n'ont 
pas développé de germe ou seulement des 
germes filiformes. Cette excellente pratique 
mériterait d'être généralisée et appliquée, 
lorsqu'il est possible, aussi bien aux variétés 
tardives qu'aux hâtives. 

11 est loin, malheureusement, d'en être 
ainsi dans les campagnes où l'on ne garde le 
plus souvent que les petits tubercules des 
tas destinés à la consommation. En procé- 
dant de cette sorte, on ne plante que des 
tubercules échauffés par leur séjour en tas, 
épuisés par la suppression, parfois répétée, 
des germes; mais ce qui est beaucoup plus 
grave, c'est que ces petits tubercules sont, 
pour la plupart, ceux des plantes affaiblies 
par la maladie et les plus mauvais, par consé- 
quent, pour semence. Si les Pommes de terre 
de ferme n'étaient pas des variétés à grand 
développement, robustes, tardives et, par 
suite, souvent arrachées avant qu'elles ne 
soient complètement mûres, les rendements 
seraient désastreux. Ils sont, d'ailleurs, sou- 
vent bien plus faibles qu'ils ne devraient 
l'être, eu égard à la culture et à la saison. 
(.4 .suture.) S. Mottet. 



LE SOUFRE POUR LA VITICULTURE 



(1) 



Bordeaux, le 20 février 1918. 
Monsieur le Ministre, les viticulteurs, qui ont 
eu connaissance de vos déclarations récentes à 

(1) Lettre à M. le ministre de l'Agricutture et du 
Ravitaillement, à Paris. 



la Chambre relativement au soufre, s'adre.sseut 
à la Société d'Agriculture de la Gironde pour sa- 
voir où en est la question, et lui demandent 
avec anxiété si ce produit leur sera fourni en 
temps voulu et en quantité suffisante. 



108 



ÉCURIE n ETALONS 



Tou', en rendant hommage à vos efforts 
en vue d'assurer le soufre nécessaire à la viti- 
culture française, il faut bien constater que le 
résultat recherché ne parait pas atteint à l'heure 
actuelle, puisjue vous avez envisagé l'utilisation 
d'autres produits dans les traitement? contre 
l'oïdium, notamment les polysulfures et le soufre 
dit i< précipité ». 

Or, permettez-moi, Monsieur le Ministre, de 
vous faire connaître que les po