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ERRATA. 

Pag'c 193, lig^e 34 et 35, au lieu de 

elle ne montre en A aucune bande d'absorption, ainsi que le fait cette 

dernière. 

tire 
elle montre en A une bande d'absorption, ce que ne fait pas cette der- 
nière. 

Page 169, dans la légende de la fig. iz, au lieu de 
Schicckia coogesta 

liri 
Schieckia flavescens. 



tes pages ff 3 à çtS omI «té omises dans la paginalioi 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



JOURNAL 

DB 

BOTANiaUE 



Directeur : M. Louis MOROT 

Doctenr te^dences, alde^uturallste an Muséum. 



rrome III. — 1.SS8. 



PRIX DE L'ABONNEMENT 
12 Irancs par an pour la France 
IB Irancs par an pour l'Etranger 



L*a Abonnamant» sont rs^us 

AUX BUREAUX DU JOURNAL 
9, Hne dn Regajd,'.9 

•t i 11 UtoaUe J. LZOHZVALISS, 33, Bis SaoliM 

PARIS 



D,B,i..ab,Google 



db.Google 



l* ANNEE 



JOURNAL DE BOTANIQUE 

Directeur : M. Louis MOROT 



RECHERCHES SUR LE CLADOSPORIUM BERBARUM 
Par H. J. COSTANTIN 

11 y a plusieurs mois, on m'apporta un Halioiis qut avait été 
conservé dans l'acide picrîque et qui s'était couvert de moisis- 
sures à la suite de l'évaporation du liquide. 

L'examen microscopique me révéla la présence : 

i" du Cladosporiuftt herbarum ; 

2" de X Alternaria tenuts; 

3° d'une forme rappelant assez bien le Macrosporiufn tenais- 
simunt ou Clasierosporiuw. tenm'ssimum de Saccardo. 

La présence de ces trois formes sur un même milieu si spé- 
cial m'engagea à tenter leur culture. Je fis le semis des deux 
premières sur différents milieux, pomme de terre et orange, 
crottin, agar-agar et crottin, etc. 

I " Cladosporitim. — En prenant à l'extrémité d'un fil de pla- 
tine préalablement chauffé au rouge des traces aussi faibles que 
possible de la partie contenant le Cladosporitim en grande 
abondance, j'ai obtenu sur la pomme de terre stérilisée plon- 
geant dans le jtis d'orange des spores extrêmement diverses. 
Les unes sont bien reconnaissables comme des spores de Cla- 
dosporium ; les autres passent très nettement à la forme A/ter- 
ttaria (i) ; enfin, de petites spores incolores, dont la nature s'est 
révélée nettement dans les cultures ultérieures, se montrent éga- 
lement (a), A peu près à la même époque, j'ai semé sur de l'agar- 
agar additionné de crottin d'antilope, dans un petit cristalb'soir 
de verre, dont j'ai décrit ailleurs la forme (3), des spores de 
Ciadospormm de même origine, et j'ai obtenu trois jours après, 

1. Une observation ultérieure faite à l'endroit où 
Ciadosfiorium ne me montre pas de traces de sporc^s 

2. HormodtHiiroit. 

3. Voir Bull. Soc. èot. 18SS, p. at». 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



2 JOURNAL DE BOTANIQUE 

le 9 juillet, en très grande abondance V Horfttodenâron clados- 

fortoides. 

Le 1 1 juillet, je sème sur de l'agar-agar et du crottin des 
grandes spores noires du Clodosponujn herbarutn venant d'un 
tube de pomme de terre, et, le 15 juillet, je constate dans cette 
seconde culture, ce que je n'avais pas vu dans la première, des 
taches d'un beau rose qui sont dues à une levure. 

Le 1 2 juillet, j'isole un fragment de l'agar-agar contenant le 
Cladosporium, je le mets dans la gélatine glycérinée ; malgré 
cela, le développement continue pendant quelque temps, et j'ob- 
serve tous les passages du Cladosporium à VHortnodendron . 

En semant des spores de Cladosporium de troisième culture , 
sur la pomme de terre stérilisée et le crottin, j'obtiens le dados- 
porium et X Hormodendron. 

J'avais ainsi acquis la certitude de l'identité du Cladospo- 
rïu?>t herbarum et de X Hormodendron cladospoHoides , dès le 
15 juillet de cette année. J'ai attendu pour publier ce résultat 
intéressant la confirmation d'autres faits importants sur l'histoire 
du Cladosporium; y M ça tort : car, en feuilletant il y a quelques 
jours les deux derniers numéros (novembre et décembre) des 
Annales de l'Institut Pasteur, y' ai constaté que M, Laurent avait 
publié ce résultat avant moi. 

L'examen der^/Z^rway/d, que je continuais en même temps, 
a exigé des recherches plus nombreuses, et les conséquences 
auxquelles j'arrivais impliquaient un polymorphisme si étendu 
que j'ai pu craindre une erreur. Je crois cependant ne pas devoir 
retarder plus longtemps la publication des faits que j'ai observés, 
en indiquant bien dans quelles conditions les résultats ont été 
obtenus. 

2" Alternaria. — Le 2 juillet, je fis le semis des spores de 
X Allernaria ienuis qui se développait sur XHaliotis sur de 
l'agar-agar mélangé à une décoction de crottin d'Antilope. J'ob- 
tins, trois jours après, exclusivement V Alternaria. Cultivée sur 
la pomme de terre et le citron, la même forme m'a donné, du 
2 juillet au 1 1 juillet, des spores A' Alternaria et des spores qui 
se rapportaient à la forme Horntodendron. 

Un grand nombre d'autres observations m'ont confirmé ce 
résultat, j'ai trouvé sur un milieu d'agar-agar trois formes intime- 
ment mélangées, X Hormodendron, X Alternaria et une forme 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



C.Saoïaciiau, — 5i»-iï racine du Najas. 3 

rappelant le Macrosporium. Or, j'ai constaté à diverses reprises 
que, lorsque deux spores appartenant à deux espèces différentes 
germent sur le même milieu, leurs mycéliums ne se mélangent 
pas(i). 

Une nouvelle étude faite d'un Cladasporiutn qui se dévelop- 
pait sur de l'acide picrîque où avaient été conservés des ani- 
maux (Mollusques) m'a permis de trouver des formes intermé- 
diaires entre le Cladosporiunt et XAllernarta. 

Enfin, en examinant tout récemment une culture où VHor- 
modendron s'était développé accidentellement sur du jus de crot- 
tin, j'ai pu reconnaître au centre une spore rappelant celle des 
Altemaria, spore d'ailleurs observéesur le substratum primitif. 

Ces diverses raisons me conduisent à penser qu'il existe une 
relation entre le Cladospormm et V Altemaria. Or tous les au- 
teurs, MM. Gebellini et Grefini, Bauke, Kohi, s'accordent pour 
rattacher ce dernier au Pleospora kerbarttm. L'opinion primitive 
de Tulasne se trouve donc confirmée et le polymorphisme est 
plus grand encore que ne l'avait soupçonné ce savant illustre 
dont le nom est toujours la plus grande gloire de la botanique 
française. 



SUR LA RACINE DU NAJAS 

Par M. C. SAUVAGEAU 

La tige du Najas major est couchée ou dressée suivant la 
profondeur de l'eau, et fixée au sol par des racines adventives ; 
elle est faussement dichotome et possède à chaque nœud un faux 
verticille ternaire de feuilles, formé par deux feuilles opposées 
engainantes et par la première feuille du rameau axillaire, ayant 
le caractère d'une préfeuille ; les deux feuilles sont plus rappro- 
chées l'une de l'autre sur la face supérieure que sur la face infé- 
rieure, et c'est seulement sur celle-ci, entre les gaines, que nais- 
sent les racines adventives, généralement au nombre de trois à 
chaque nœud et superposées. Ces racines, qui restent toujours 
simples, ne naissent pas simultanément, comme cela se voit dans 
les Zostera par exemple, mais successivement. La première 

■I. j'ai vérifié ce fait d'un = manière très saisissante pour XActostalagmus cin- 
nabarimis (rouge) et le Cephalotheciunt roseam (rose), pour li; Slackybotrys lo- 
bulata et VBormodendron cladosporioides, également chez, les Mucorinées. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



4 JOUKNAL DE BOTANIQUR 

racine qui apparaît à un nœud naît au niveau même de la base 
des gaines, la seconde naît directement au-dessus de la première 
et la troisième immédiatement au-dessus de la deuxième, de 
sorte que leurs bases se trouvent à peu près en ligne droite. Par 
suite de ce mode de développement, on trouve donc à chaque 
noeud des racines de longueur et d'âge plus ou moins inégaux : 
car, parfois, un nœud possède pendant longtemps deux racines 
ou même une seule ; d'autres fois, elles poussent à des intervalles 
de temps assez rapprochés. Mais si, sur deux nœuds successifs, 
l'inférieur, par exemple, a trois racines et le supérieur deux, celles- 
ci sont plus âgées que la troisième du nœud situé au dessous. 

P. Magnus, qui, dans son mémoire sur 
le genre Najas (i), a étudié avec détails 
toutes les parties de cette plante, ne parle 
qu'incidemment de sa racine, et seulement 
pour fixer la position des premières racines 
après la germination. 

Dans son grand travail sur la racine, 
M, Van Tieghem a décrit le cylindre central 
d'une racine adventive de Najas major (2) 
comme constitué par deux assises de cellules 
semblables, alternes, de 8 à 12 cellules cha- 
cune, entourant une large cellule axile dont 
la paroi est résorbée de bonne heure. La 
première rangée représenterait la membrane 
rhizogène, la deuxième correspondrait à 
dê'facî. Tes poîu'nW Celle qui, chcz Ic Poiamogeton lucens, est 
pas éié de»iBé>. formée de cellules vasculaires, libériennes 

et conjonctives, mais dont les éléments ne seraient ici nulle- 
ment différenciés comme tels, et seraient même restés à l'état 
cambial. Seule, la cellule centrale aurait le caractère conduc- 
teur et correspondrait à celle de YEiodea et du Poiamogeton, 
mais résorberait sa paroi au lieu de l'épaissir. L'auteur s'ap- 
puie sur cette structure de la racine du Najas major pour mon- 
trer la dégradation organique des plantes aquatiques. Sa des- 
cription est acceptée dans les travaux postérieurs {3), Cependant 

I. Beitraege zur Kennlnîss der Gattung Najas [m 

3. Symétrie de structure des Plantes vasculaires. 
t. XIU, 1870-1871, p. lîo.) 

3. Costantin, Influence du -milieu sur ta slrttctttre de la racine (Aon. Se, 
nat. Bot., 7" série, t. I, 1885, p. 171-17*. ), 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



C. Sauv*obau. — Suf la racine du Najas. 5 

M. H, Schenck, qui tout récemment a beaucoup étudié les plantes 
aquatiques, s'en tient pour la racine du Najas major à la des- 
cription citée plus haut, mais considère comme <> très vraisem- 
blable qu'on peut démontrer dans la première assise l'exisi 
de tubes criblés (i). a 

En réalité, la structure est un peu plus complexe qu'c 
l'a indiqué. 

La racine possède un cylindre central très étroit au n 
d'une écorce d'un diamètre beaucoup plus grand. L'assise 
fère vue de face, dans une région où les poils ont atteint let 
veloppement, se montre constituée par 
des cellules très-allongées dans le sens 
de la racine et non pilifères; la plupart 
des cloisons transversales de séparation 
sont occupées par une toute petite cellule 
arrondie, qui est la cellule pilifère (Fig. 1). 
Les poils sont étroits, longs, cylindriques. 
En coupe longitudinale radiale, les cel- 
lules pilifères alternent assez régulière- 
ment avec celles qui ne porteront jamais 
de poil; les premières, beaucoup plus 
étroites, un peu triangulaires, à proto- 
plasme plus abondant et granuleux, en- 
foncent leur base convexe dans les cellules 
de l'assise subéreuse sous-jacente, tandis 
que la pointe arrive au niveau de la sur- 
face de la racine, et la cellule légèrement ^'^- '■ 
renflée en ce point donne au poil le diamètre qu'il doit p 
der (Fig. 2). 

La même assise pilifère, étudiée en coupe longitudinale 
à fait au sommet de la racine, permet de comprendre cette di 
sition : car les cellules y sont toutes semblables l'une à l'a 
très aplaties et allongées radialement ; un peu plus hau 
encore sous la coiffe, toutes n'ont déjà plus la même forr 
les cellules restées étroites alternent avec celles qui se sont a 
gées (Fig. 3). Cette différence ira en s' accentuant, et les cel 
étroites qui seront les cellules pilifères s'élargiront seulemer 

, 3. H. Scbenck, VergUkkende Anatomie der submtrsen Gemaechse (Biblii 
botanlca. Cassel, i" fasc, iBSn, p. 63). 




D,g,tza:Jb.GOOg[e 



6 JOURNAL DE BOTANIQUE 

peu vers leur base, de manière à prendre une section triangu- 
laire et à s'enfoncer dans les cellules sous-jacentes. 

Avant leur chute, les poils présentent une autre particularité. 
Comme si l'aspiration osmotique du protoplasme devait être ren- 
due plus active au moment de la maturité des poils, la base con- 
vexe s'est accrue vers le haut et vers le bas, ce qui rend les 
autres cellules de la même rangée plus largement adossées contre 
elles, et même, si l'on n'avait pas suivi les stades antérieurs, on 
pourrait être tenté de croire que ces cellules pilifères provien- 
nent du cloisonnement tangentiel des cellules subéreuses. Puis, 
les cellules non pilifères 

\ j ( j l^- — t^*^ I I / / '^^ cette assise externe 

vont tomber les premiè- 
res, et une coupe longi- 
tudinale les montre ré- 
duites à de simples laniè- 
res déchirées, jaunâtres; 
les cellules pilifères très 
élargies à la base ont per- 
sisté; elles portent encore 
les poils, mais munis 
d'une collerette plus ou 
moins irrégulière, reste 
de la paroi externe des 
cellules détruites (Fig. 4) . 
Les poils absorbantsfonc' 
tionnent encore comme tels, car ils ont conservé leur proto- 
plasme. Plus tard, les poils tombent et l'assise subéreuse de* 
vient totalement externe. 

Comme le montrent des coupes du sommet de la racine, 
l'assise subéreuse est le seul représentant de l'écorce externe. 
Toutes les cellules de l'écorce interne possèdent sur leurs faces 
longitudinales les plissements parallèles qui ont été signalés chez 
beaucoup de plantes; elles laissent entre elles de nombreux 
canaux aérifères séparés par des murs à une seule épaisseur de 
cellules (t). L'accroissement des cellules en longueur doit se 
continuer pendant quelque temps, car, à la base d'une racine 

J de protoplasme ùtlércel- 




I^g.3.- 



K pUifère 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



I>f=3 



C. Sauvacsau. - Sur la racine du Najas. 7 

àg^e, les cellules sont beaucoup plus longTies qu'à i et 2 centi- 
mètres de l'extrémité. Beaucoup de cellules, surtout dans cette 
dernière région, possèdent près de leur base des hernies plus ou 
moins globuleuses ou allongées qui pendent dans la lumière du 
canal et peuvent produire du protoplasme intercellulaire. 

Les parois radiales de l'endoderme présentent nettement les - 
plissements qui se traduisent sur les coupes par les points foncés ; 
dans les parties jeunes, tout le reste de ses parois est incolore et 
cellulosique ; au contraire, sur des coupes faîtes à la base de ra- 
cines âgées, les parois radiales et la paroi tangentielle externe 
se sont subérifiées, et ont pris une teinte bru- 
nâtre plus ou moins foncée. Parfois cette modifi- 
cation tend à envahir l'écorce; les côtés des cel- 
lules en contact avec l'endoderme et surtout avec 
l'assise subéreuse se colorent de la même ma- 
nière sur une plus ou moins grande longueur, 
et même assez fréquemment les coupes transver- 
sales montrent des taches d'un brun jaunâtre qui 
s'étendent sur plusieurs cellules corticales et qui f j- 1 
sont produites par une modification de leurs pa- 
rois, commençant par les revêtements des canaux 
aéritères et les lamelles moyennes. Les petits 
méats situés au contact de l'endoderme ou de 
l'assise subéreuse sont fréquemment obturés par 
une matière de même couleur qui est un produit 
du revêtement des espaces in ter cellulaires. Tan- 
tôt l'envahissement du méat n'est que partiel, 
tantôt l'obturation est complète, et sur des coupes '^^''^ *' 

longitudinales on voit ces canaux étroits bouchés par des co- 
lonnes irrégulièrement interrompues, qui doivent avoir pour 
effet de rendre la racine plus solide. 

La racine du Najas minor est plus grêle que celle du Najas 
major, mais son parenchyme cortical présente les mêmes carac- 
tères et prend naissance par le même mode de cloisonnement. 

L'action successive de l'iode et de l'acide sulfurique colore 
en bleu les cellules de l'écorce ; les cellules subéreuses prennent 
la teinte jaune caractéristique, mais moins nettement que l'endo- 
derme, dont on voit très bien sur une racine jeune les points som- 
bres du milieu des parois radiales colorées en jaune, et sur les 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



e JOURNM Dr. 30TANIQUF. 

raeines âgées ce sont les parois radiales tout entières et les 
parois tangentielles externes qui se colorent ainsi. Les revête- 
ments intercellulaires avec leurs épaississements aux coins et les 
lamelles moyennes, ou bien restent incolores, ou souvent pren- 
nent la teinte jaune, et la matière qui obture partiellement ou 
complètement les méats voisins de l'endoderme ou de l'assise 
subéreuse se colore de même. Celle-ci est bien un produit du re- 
vêtement intercellu taire : car si l'on traite par le carmin aluné 
des coupes dont la cellulose a été dissoute par le liquide cupro— 
ammoniacal, les parties subérifiées restent incolores, tandis que 
les lamelles moyennes, 
les revêtements intercel- 
lulaires avec leurs épais- 
sissements aux coins, se 
colorent en rose et la ma- 
tière qui obture les méats 
se colore de même, fai- 
sant complètement corps 
avec les revêtements. 

Le cylindre central 
Najas major (Fig:, 5) est 
constitué par un assez 
grand nombre de cellules 
à parois blanches et na- 
«<i/dr. LcatubcgcribiFaiont rrari]iii> crées laissant entre elles 
iir'K. -r vai.Mau m ( cil ou i. ^^ ^^^^ petits méats trian- 
gulaires, et entourant un vaisseau central ou deux vaisseaux con- 
tigus ; elles sont beaucoup plus étroites que celles de l'écorce. 
Dans une coupe transversale prise tout à fait à l'extrémité de la 
racine, le cylindre central est composé d'une cellule axile entourée 
de deux assises de cellules alternes, la plus extérieure étant exac- 
tement appliquée contre l'endoderme qui n'a pas encore terminé 
ses cloisonnements pour produire le parenchyme cortical. La 
figure observée ressemble alors tout à fait au dessin que M. Van 
Tieghem a donné de la structure de cette racine ■ Mais cette dispo- 
âtiou n'a qu'une durée extrêmement courte: car, à peine formées, 
ces cellules, surtout celles de l'assise externe, se cloisonnent, soit 
tangentiellement pour séparer des cellules libériennes, soit radia- 
lemeot ou obliquement pour multiplier leur nombre. Cette divi- 




Flt-s- -A'a/' 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



C. Sauvacbau. — Sur ia racine du Najas. 9 

sionse fait assez irrégulièrement pour que, finalement, l'on trouve, 
suivant les points considérés, 2-5 cellules entre le vaisseau axile 
et l'endoderme. Les premiers cloisonnements limitant les cellules 
libériennes ont lieu dans 4-6 cellules de l'assise externe correspon- 
dant au péricycle, et par conséquent sont formées à ses dépens, 
et sont contiguës à l'endoderme. Dans les régions très jeunes, 
elles sont très faciles à reconnaître : car de très bonne heure, 
elles paraissent vides de protoplasme, tandis que les autres ce! 
luJes, y compris le vaisseau axile, sont encore remplies d'un pro- 
toplasme abondant avec un gros noyau ; c'est dans ces parties 
jeunes que l'on peut constater le plus fréquemment l'existence 





Fl|;. 6. - Kajaa minor. 

des cribles. Plus tard, on reconnaît encore les tubes criblés, à 
leur position et à leur section quadrangulaire ou pentagonale, et 
leur nombre varie de to à 15. Ils sont contigus à 1-2-3 cellules 
qui paraissent correspondre aux cellules compagnes. 

Le vaisseau central perd aussi bientôt tout son protoplasme ; 
bien qu'entouré de cellules qui font très légèrement saillie dans 
sa cavité, il n'est point dû à la résorption d'une ou de plusieurs 
cellules préexistantes ; il a une paroi propre qu'il conserve pen- 
dant toute là durée de la racine. Les angles laissés par les cel- 
lules qui l'entourent ne lui appartiennent point, ils sont fermés 
par Ba membrane propre, laissant ces angles à l'état de très pe- 
tits méats et entourant complètement le vaisseau. Ces très petita 
méats triangulaires, de même que ceux qui occupent les points 
de r Junion des autres cellules du cylindre central, se voient mieux 
sur des racines âgées, surtout, si avant de colorer, on a traité 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



lo JUORNAL DE BOTANIQUE 

par l'eau de Javelle. Sur l'une des racines que j'ai étudiées, j'ai 
même vu qu'une partie de la membrane s'était séparée des cel- 
lules limitantes et flottait dans la lumière du vaisseau. Au lieu 
d'un vaisseau, on en trouve parfois, mais plus rarement, deux, 
qui ne sont point dûs à ce que la coupe passe à l'endroit où deux 
cellules sont séparées par une cloison oblique : car on les trouve 
sur une série de coupes successives. Ce vaisseau axile à parois 
propres ne possède d'épaississement en aucun point de son par- 
cours ni à aucune époque de son existence. 

Les autres cellules conservent toujours une couche de cyto- 
plasme pariétal; ce sont des cellules conjonctives, plus longues 
et plus étroites que celles de l'écorce, et pourvues d'un noyau 
très volumineux dont la longueur atteint souvent plusieurs fois 
le diamètre des cellules. 

En résumé, le cylindre central de la racine du Najas major 
est composé de 1-2 vaisseaux axiles, représentant le bois, entou- 
rés d'un nombre variable de tubes criblés, la plupart d'origine 
péricyclique, séparés entre eux et du vaisseau central par des 
cellules conjonctives. 

Aucun élément de ce cylindre central n'est jamais lignifié nï 
subérifié, toutes les parois se conservent blanches et brillantes, 
et la réaction par l'iode et l'acide sulfurique colore toutes ces 
cellules en bleu. Pour cette étude, les coupes doivent être très 
minces : car, même dans les parties vieilles, alors que les cellules 
corticales n'ont plus qu'une couche protoplasmique pariétale 
insignifiante, les cellules conjonctives du cylindre central en ont 
conservé une couche assez importante qui se colore en jaune 
vif, et peut en partie masquer la teinte bleue des parois. Sur des 
coupes très minces on peut aussi observer, par cette même réac- 
tion, les lamelles moyennes et la mince couche de revêtement 
des petits méats que l'on isole d'ailleurs, et que l'on colore en 
rose, tout aussi bien que celles de l'écorce, par le liquide cupro- 
ammoniacal et le carmin aluné. 

Le cylindre central de la racine du Najas minor a la même 
nature chimique que celui du Najas major, mais sa structure est 
un peu plus simplifiée. Ici, on trouve encore un ou deux vaisseaux 
axiles avec leurs parois propres, mais séparés de l'endoderme 
par un seul rang de cellules dans lesquelles sont taillés, par des 
cloisons tangentielles ou obliques, 3-4-5 tubes criblés, accompa- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



A. Feamcbbt. — Nott sur U Ranunculus chxrophyllM L. 1 1 

gnés de cellules étroites ressemblant à des cellules compag-nes 
etséparésTun de l'autre par 1-2-3 cellules conjonctives (Fig. 6"7)' 
Le cylindre central de la racine du Najas minor et du Najas 
wtajor reste donc tout entier cellulosique, et correspond à un 
seul faisceau avec vaisseau axile représentant le bois, et liber 
périphérique. 

NOTE S\JRIJE RANUNCULUS CH^ROPHYLLOS L. 

Par U. A. FBANCHET 

Linné a emprunté à Bauhin le nom de Ranunculus chairo- 
phyllos, mais sans l'appliquer d'une façon précise à la plante que 
voulait désigner l'auteur du Pinax. Il a, en effet, reproduit tex- 
tuellement dans les deux éditions de son Species la diagnose 
incohérente de Guettard, avec addition de cette phrase du Pinax 
M Ranunculus cherophyllos Asphodeliradicc »^l la citation de deux 
figures qui, on doit le supposer, devaient fixer l'opinion des bo- 
tanistes futurs sur l'identité de la plante à laquelle il appliquait 
te nom de R. chxrophyllos . Or, il se trouve que ces deux figures 
ne sont point en accord avec la phrase descriptive qu'il admet 
et que, de plus, elles concernent deux plantes de la région mé- 
diterranéenne différentes de celle de Guettard, qui avait trouvé 
ta sienne dans les bois de Baville et dans celui de la Barre, près 
Etampes. L'espèce figurée par Columna, Ecphr. tab. 311 , est en 
effet le R. tnillefoliatus Vahl, de l'Italie méridionale, et celle de 
Barrelier, Icon. 581, provenant du mont Soracte, dans l'Etrurie, 
bien qu'appartenant au même groupe, demeure indécise à cause 
de ses tiges robustes et pluriflores. U est aussi à remarquer que 
ni l'une ni l'autre de ces deux espèces ne présente les pédoncules 
sillonnés et les sépales réfléchis que Guettard attribue à la 
plante d'Etampes (i). 

La question se complique encore dans la deuxième édition 
du Species par l'addition d'un nouveau synonyme, celui du Pro- 
drome de Bauhin : « Ranunculus grumosa radice folio Rammculi 
bulbosi •. Cette phrase s'applique en effet inconstestablement à 

I. Gucitard n'aura(t-il point décrit la panie supérieure d'un R, bulbosus et la 
partie inférieure du R. chairopkyllos } A cette époque, pour les besoins d'une 
belle dessiccation, on séparait volontiers les plantes en deux et l'on trouve des 
exemples de confusions semblables. 



D,B,i..ab,Google 



Il JOURNAL DE BOTANIQUK 

la plante nommée depuis par Bertoloni J?. Agerii. (Cf. Prodr. 
Bauh. p. 95) et qui, particularité bizarre, mais ignorée de Linné, 
présente réellement le caractère d'avoir les sépales réfléchis, jus- 
tifiant ainsi en partie {car les pédoncules ne sont pas sillonnés) 
la diagnose de Guettard copiée par Linné et si parfaitement inap- 
plîquable à la plante de la Flore de Paris (i). 

II demeure donc établi que Linné a compris sous le nom du 
R. chserophyîlos : 

i" La plante de Guettard, des environs d'Etampes. 

2" Une plante d'Etrurie dont l'identité n'est pas bien établie. 

3" Le R. tnillefoliaius , du midi de l'Italie. 

4" Le R. Agerii, de Bologne, qui, seul de tous les synonymes 
cités, a les sépales réfléchis. 

Le R. ckseropkyllos L. n'est donc qu'un composé d'espèces 
différentes, et si l'on voulait conserver ce nom, on ne pourrait 
l'appliquer qu'à la plante 6gurée par Columna, la seule dont 
l'identité puisse être établie, parmi les synonymes de la première 
édition du 6^^erw. L'objection tirée de ^habitude oîi l'on est plus 
ou moins de donner le nom de R. cA^yff^/y//o5 à la plante de 
l'Ouest et du Centre de la France ne saurait prévaloir contre le 
chaos de la description linnéenne, pas plus que dans une question 
d'identité une diagnose fautive ne saurait prévaloir contre une 
figure exacte, comme c'est ici le cas. 

J'ajouterai que l'herbier de Linné n'apporte aucun éclaircisse- 
ment. La plante qu'on y trouve sous le nom de R. chéerophyllos 
est, selon M.J. B. Trimen, une forme du R. orientalis^ et d'autre 
part le R. flabellaitis Uesf- s'y rencontre sous l'étiquette du R. 
bulbosus. 

On trouvera du reste une grande abondance de détails sur 
cette question, que paraissent avoir soulevée Chaubard, FragJn. 
(1830) et Mérat, Nouv. Fl. des env. de Paris (1836), dans une 
notetrès intéressante de M.J. B. Tiïmea^ Jourji.qf Boiauy {i^T^), 
p. 225, et dans un travail de M. J. Freyn, Zur Kenntniss einiger 
Arien der Gattung Ranunculus, qui fait suite à des observations 
sur le même sujet publiées A3M.^\0esterr,- bot. Zeits. XXVI, p. 126- 

I. Dans le R. ehafrophyUos des environs de Paris, les sépales finissent quel- 
quefois pat devenir très étalés et les pédoncules présentent quelques fines stries 
sous la. pubescence qui les recouvre; mais ce n'est point là ce qu'il est convenu 
d'appeler des sépales réfléchis et un pédoncule sillonné, dont un bon exemple 
est fourni par le R. bulbosus. 



D,B,i..ab,Google 



p. A. Dangeaku. — Notice biographique surj. Moriire. 13 

128. J'adopte volontiers, pour ma part, les conclusions du bota- 
niste autrichien. 



NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR J. MORIERE 

Par M. P. A. DANGEARD 

M, Modère, dont ce journal annonçait récemment la mort, a sa 
place marquée parmi les botanistes nonnands : les Lamouroux, les 
Chauvin, les de Bri'bisson, les Lenormand, les Roberge, etc. 

N6 en 181 7 à Cormelles.près Caen, il débuta comme instituteur en 
1S57 à Con dé-sur- N oireau ; l'année suivante, il élail nommé directeur 
des cours spéciaux au lycée de Caen, Le 15 avril 1859, la Faculté des 
sciences de Lyon lui décernait le grade de docteur es sciences natu- 
relles pour une thèse de géologie et minéralogie et une ihèst^ de bota- 
nique ayant pour titre : Considérations générales sur l'espèce. In- 
fluences du climat, du soif delà cuHitreet de Phybridité sur Irs plantes . 
Étude spéciale du sol végétal. Ix 10 mai de la même année, il était 
chargé d'un cours à la Faculté des sciences de Caen. La chaire qu'il 
occupait comprenait à cette époque la géologie, la minéralogie et la 
botanique; cette division allait avoir une grande influence sur les tra- 
vaux du professeur, qui porta parallèlement ses efforts sur ces trois 
enseignements, 

M, Morière fut l'ami et le collaborateur de M. A. de Brébîsson, 
auteur de la Flore de Normandie; ce dernier lui confia son œuvre; 
i elle ne pourrait être en meilleures mains i, disait-tl dans la préface 
de la 4' édition en 1869. On sait comment M. Morière s'acquitta de 
ce précieux legs; il était préparé à ce travail par un grand nombre 
d'herborisations particulières et d'excursions. 

M, Morière était, en effet, un botaniste herborisant, « Réunissons- 
nous souvent, disait-il (Discours prononcé à la séance solennelle de 
rentrée de la Faculté des sciences, le 15 novembre 1863, p. 32), afin 
de multiplier ces visites des plantes, d'où l'on revient toujours plus 
heureux et plus instruit. • Son plus grand bonheur était de diriger 
chaque semaine les excursions des élèves de la Faculté : l'hiver, on 
recueillait des algues, des mousses, des champignons; au retour de la 
belle saison, on allait faire connaissance avec les stations des plantes 
les plus rares de la Normandie. 

On doit aussi à M. Morière de nombreuses observations de térato- 
logie. 

Enfin la paléontologie végétale, par les rapports qu'elle présente 
avec la botanique et la géologie, devait attirer son attention, qui ne 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



14 JOURNAL DE BOTANIQUE 

laissait échapper aucune occasion de sen'ir la science. Il a publié sur 
ce sujet des travaux pour lesquels il prenait toujours l'avis de savants 
paléontologistes et l'on trouve dans ses ouvrages la trace des relations 
aimables qu'il entretint avec les Brongniart, les de Saporla, les Renault. 

M, Morière était lié d'amitié avec les botanistes normands : il con- 
serva pieusement leur mémoire dans plusieurs notices biographiques. 
Comme professeur de botanique, il avait la garde des collections 
léguées à la Faculté; il veillait avec une grande sollicitude sur ces ri- 
chesses scientifiques et ne laissait échapper aucune occasion de les 
compléter : il était heureux lorsqu'il pouvait venir diriger lui-même 
l'arrangement et la classification des magnifiques herbiers qui se trou- 
vent dans une salle du Jardin des Plantes de Caen, 

Ses travaux ne se bornent pas à la botanique : il a laissé un grand 
nombre de mémoires importants et de notes sur la géologie normande 
et la minéralogie ; professeur d'agriculture, il a fait pendant de longues 
années des conférences qui ont eu une influence considérable sur les 
progrès de la culture, de l'industrie locale et de l'économie domestique. 

La confiance de ses collègues l'avait désigné pour le poste d'hon- 
neiu' de Doyen de la Faculté des sciences; son savoir étendu, son acti- 
vité l'appelaient dans un grand nombre de sociétés savantes; au pre- 
mier rang se trouve la Société Linnéenne de Normandie, dont il fut 
iusque dans ces derniers temps le secrétaire infatigable. Il est tout 
naturel que les distinctions les plus hautes soient venues le trouver : 
M. Moriére était officier de la Légion d'hoimeur, officier de l'Instruc- 
tion publique, chevalier de l'Ordre du Lion néerlandais. Depuis un an, 
il était doyen honoraire et professeur honoraire. 

M. Morière avait pour ses élèves, — et ils sont nombreux — UQ 
dévouement sans bornes, il facilitait leurs débuts, provoquait leurs 
premiers travaux, les encourageait et leur donnait en toutes circons- 
tances l'appui de son savoir, desesrelationsetdesa légitime influence: 
la nouvelle de sa mort a été vivement ressentie par tous. 



Nous terminons cetie notice p3r la liste des principales publii 
botaniques de M. Morière. 



î DIVERSES. 

Promenades de la Société Linnéenne de Normandie, excursions à 
Vaux-sur-Laison, à la Brèche-au-Diable, à Dives, à jarques (Mémoires de 
la Sociéié Unnéenne, vol. IXl. 

Excursions entre la Houblonnièrc et Lisieuz, et à Arromanches (Id. 
vol. X). 

Note sur quelques herborisations faites en lëôo (Caen 1861). 

Note sur quelques plantes de la Flore normande {Bulletin de la Société 
Linnéenns de Normandie, vol. VII). 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



p. A. Danceard. — Notice èiograpUque sur J. Morure. ij 

Note sur quelques herborisations faîtes en iS6i {Mémoires de i'Acadê- 
wû des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Caeti), 

Quelques observations critiques sur les espèces du g;enre Mottolropa 
(Bulleti» de la Société Botanique de France, iSda). 

Note sur une Liliacée de la Californie {Bull, Soc, Linn.^ vol. VIII). 

Compte-rendu de l'excursion de la Société Liaaéenne à Falaise le 
16 juillet 1665. 

— k Trouville-sur-Mer le 15 juillet 1863. 

— à Vire le 8 juillet 1866. 

— à Clécy et Condé-sur-Noireau les 38 ei 29 juin 1873, etc. 

Note sur la découverte du Pyrola rotundi/olia dans les dunes de Mer- 
vîlle (Calvados). — Nouvelle station du Mottolropa kypopitys (Bull. Soe. 
lÀHttéenHe de Normandie, tSjS-iSjp). 

TÉRATOLOGIE VÉGÉTALE. 

Note sur un cas de chorise dans le Galanthus nivaiis et de floriparité 
dans le Cardamine pratensis (Caen, 1861). 

Transformation des étamines en carpelles dans plusieurs espèces de Pavot 
{Mémoires de la Société Linttéenne de Normandie, t86o-i86i). 

Note sur plusieurs cas témtologiques offerts par le Colza (/rf., 1863- 

Note sur une Fraxinelle monstrueuse {Bull. Soc. Linnéeane de Norman- 
die, vol. Vin). 

Note sur deux cas de tératologie vég6ta\c{Senecio /acot^a et Plantago 
mariiima) (Caen, 1861). 

Note sur divers cas tératoloçiques du Tri/oUum repens {Mémoires Soc. 
Linn. de Normandie, 186 ^-6 ç). 

Cas tératolo^ques offerts par le Primula sinensis (Bull. Soc. Linn. de 
Normandie, 3' série, tome VIII). 

A citer encore diverses observations analogues relatives au Tulipa Ges- 
neriana (Id,, i8jo-i8'j3J^ au Mais {Id., i8j3'j4\ à des fruits de Prunier 
[Td., 1878-1879) etc. 

Note sur deux végétaux fossiles trouvés dans le département du Calva- 
dos (Mémoires de la Société Linnéenne de Normandie, iSS^-Sg). 

Note sur un tronc lossile paraissant se rapporter au genre Cycadeomje- 
ion (Bull, Soc. Linnéenne de Normandie, 3» série, H' vol.). 

Sur les empreintes oflertes par les grès siluriens dans le département 
de rOrne et connus vulgairement sous le nom de t Pas de Bœuf 1 {Assa- 
eiation française pour l'a-vancemenl des sciences. Congrès de Paris, tSjS), 

Considérations générales sur la Flore fossile et spécialement sur celle 
dtl Lias (Bulletin Soc. Linnéenne de Normandie, 3° série, IV'' vol.). 

Note sur les Equisétacées du grès liasique de Sainte-Honorine-la-Guil- 
laume (Orne), /rf., 3" série, V' vol.). 

Sur une nouvelle Cycadée fossile trouvée à Montigny (Calvados) dans 
le Lias (/rf., 3" série, t. X). 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



i6 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Sur la présence du genre Baitksia dans la craie des environs de Vimou- 
tiers (Orne), 

Note 1° sur le Tkinn/eldia rkomèoidalis Ectingh. 

2" sur le Wîlliamsonia Morieri Sap, et Mar. {BuU. Sec, Linn. de A'or- 
ntattdie. 4* série, II' vol.). 

VARIÉTÉS 

Le tomeutum d'une Mutîsiacée employé oomme matière 

textile. 
DaDS une lettre datée de Tapin-tzé, ra septembre 18S8, M. l'abbé 
Dc-lavay, l'infatigable exploraieur du Yun-nan, doiine des renseignements 
curieux sur IVtitisation d'une Mutisiacée chinoise, décrite dans ce Journal, 
vol. Il, p. 68, le Gerbera Dtlavayi : 

* Cette plante est appelée au Yun-aaû Ta-ko Isao. Les peuplades des 
Lo-lo l'utilisent comme plante textile ; ils détachent cette couche feu- 
trée qui tapisse le dessous des feuillles, la filent comme du coton et en 
fabriquent une toile très chaude pour l'hiver et que l'on dit inusable et 
imperméable. La trame seule est de Ta-ho-tsao; la chaîne est faite avec 
du âl de chanvre, du moins dans les environs de Tapin-tzé. » 
Abbé Del.\vay, 



CHRONIQUE 

Les galeries de Botanique du Muséum d'hisloire naturelle de Paris, qui étaient 
fermées depuis plusieurs mois par suite de iravaui de rangement de collections, 
seront prochainement ouvertes de nouveau au public. Mais dès à présent les 
botanistes sont admis à y visiter le Carporama qui vient d'y être installé. On 
sait qu'il s'agit d'une magnltîque collection de fruits exotiques moulés en cire 
exécutée à l'Ile de France par M. de Robillard d'Argentelle au commencement 
de ce siècle et donnée au Muséum par ses héritiers. 

La Société botanique de France a procédé dans sa séance du 38 décembre à 
ses élections annuelles. Ont été élus pour l'année 1889 : Président, M. H. de Vu.- 
houin; vice- présidents, MM. G. BaxtiiBH, l'abbé Hub, Mamcin et PAToir».t.AHD. 

La Société mycologique de France a éjfaleinent renouvelé son bureau. M. Bou- 
DiBR en a été réélu président et MM. Patouillard et Prillibui ont été nommés 
Tice-prési dents. 

La Société philomathique a célébré le 10 décembre le centij'me anniversaire 
de sa fondation. Elle a publié à celte o[:casion un magnifique volume contenant, 
avec und nodce de M. Berthclot sur son origine et son histoire, un certain nom- 
bre de mémoires dont plusieurs relatifs à des questions de Botanique. 

Lt Gérant ; Louis Mohoi. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



lô JANVIER 18119 



JOURNAL DE BOTANIQUE 

Directeur: M. Louis MOROT 



NOTE SUR LE DAUCUS HTSPIDUS DC. 

Par M. l'abbé UASCLEP 

Parmi les nombreuses formes de Daiicus que l'on rencontre 
sur le littoral français, îl en est une qui, bien qu'assez nettement 
caractérisée pav son port rameux et trapu, sa tige hérissée de 
poils blancs, ses feuilles velues sur les deitx faces et ses fruits 
très petits à aigtiillons grêles, subulês dès la base, crochus ou un 
peu ranteux, ne laisse pas, depuis bientôt un siècle qu'elle a été 
signalée à l'attention des botanistes, de les embarrasser beau- 
coup pour sa détermination exacte et n'a pas encore de place 
bien définie dans la classification des Daucus français. C'est la 
forme décrite par de Candolle, dans la « Flore française « sous 
le nom de D. hispidus (i) (excl. synon.) ; elle parait spéciale- 
ment localisée sur quelques points des falaises crayeuses de la 
Manche et du golfe de Gascogne. Malgré une distribution 
géographique aussi restreinte, elle n'a presque jamais été consi- 
dérée comme un type spécial aux côtes sur lesquelles elle végète. 
Connue depuis 1803 sur les falaises de la Somme et de la Seine- 
Inférieure, elle a été successivement rapportée au D. hispidus 
de Desfontaines (2), confondue avec les D. guinmifer A^ La- 
marck (3) cx.marttimus de Withering (4), ou considérée comme 
une simple variété du D. Carota (5). Seul, de Candolle dans le 

I. Lamarck et de Candolle, Flore française, 3* édii-, i8o,s, I. IV, p. 33S. 

1. Jioucher de Crhiecaur, Entrait de la Flore d'Abbeville et du département 
de la Somme, 1803, p. 30. — De Candolle, Flore française, loc. cit. — Paitçuf, 
Flore de la Somme, 1S34, p. ifr>, elc. 

,1. Grenier et Godroit, Flore de France, 1848, t. I, p. 663. — De Vieq, Flore 
de la Somme, 1883, p. 181. 

4. De Vicg, Plantes de la vallée de la Bresie, 1877, p. i+. 
. 5. De Brebisson, Flore de Normandie, i* édil. p. 105, — DeVicq, CaiaIo£oe 
de la Somme, 1S65, p, 108, et Végétation sur le littoral de la Somme, 1876, 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



i8 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Prodrome (i) incline pour faire de son D. hispidus une espèce 
trançaîse distincte de toute autre. 

En {vésence d'une telle divergence dans les opinions, il m'a 
paru intéressant, malgré la faible importance que présente cette 
controverse au point de vue de la flore française, de rechercher 
quelle peut bien en être la cause, quelle est celle de ces diffé- 
rentes opinions qui doit prévaloir, enfin quelle est la valeur à 
accorder au D. hispidus, A cet effet j'ai étudié le plus grand 
nombre -possible de spécimens de cette forme maritime, soit sur 
place, soit en herbier ; j'ai pu ainsi, par la même occasion, me 
rendre un compte plus exact de sa distribution en France. Sur 
les côtes septentrionales je l'aï observée au Tréport et à Mers, 
où sa présence avait déjà été signalée ; je l'ai également recueillie 
sur les falaises, près du bourg d" Aidt, mais je ne l'ai pas revue 
aux environs de Dieppe. Sur la côte basque sa présence n'avait 
pas encore été constatée jusqu'à ce jour ; j'en possède plusieurs 
échantillons provenant de l'herbier du docteur Blanchet, de 
Bayonne. Les uns, des falaises de la Chambre d'Amour, au nord 
de Biarritz, sont confondus avec le D. gummifer de la même 
localité; d'autres, sans détermination, ont été recueillis aux 
environs de Saint-Jean-de-Luz. 

I. — Il est assez facile d'expliquer les différentes opinions des 
auteurs à propos du D. hispidus. Boucher de Crèvecœur, de 
CandoUe, dans la Flore française, et quelques autres, le rap- 
portent au D. hispidus décrit et figuré par Desfontaines dans 
la Flora allaniica (2), mais il faut faire remarquer qu'ils ren- 
voient à la figure de l'auteur et non au texte ; or, cette figure 
concorde bien au premier abord avec notre plante, surtout 
pour le détail des fruits. Desfontaines ne figurant pas, chose 
singulière, les caractères les plus saillants de son espèce, les 
aiguillons épaissis et glochydês en étoile au sommet. 

Grenier et Godron, dans leur Flore de France, ne font 
aucune allusion au D. hispidus ; ils indiquent, au Tréport et à 
Dieppe, le D. gutnntifer, en faisant suivre la citation de ces deux 
localités de la mention (DC). D'où provient ce changement? 
Le véritable D.gumntifer existe également au Tréport, et ces 

t. P. et A. De CandoUe, Prodomus s/stemalis naturalis regnl veg'etabilis, 
i83o, IV, p. 313. 1 An sttrps gallica omnlno eadem ac mauricanlca. > 
2. Des/onlaines, Flora atlanCica, 1, p. 343, tab. 63. 



D,g,tza:Jb.GOOgle 



Abb£ Habobt. — N9U nw U Daucus hfspidus DC. 19 

auteura n'auront probablement eu communication que des 
échantillons de cette espèce. 

Quant à de Vicq, qui a eu plusieurs fois l'occasion de voir et 
de recueillir des échantillons appartenant aux deux types diffé- 
rents, il est manifestement embarrassé, après la correction de 
Grenier et Godron. Dans son catalogue des plantes vasculaires 
de la Somme (1865), et dans son étude sur le littoral de ce dépar- 
tement (1876), il réunit les deux formes sous le titre de D. Ca- 
rotayAT. Ai'sptdusdç Brébisson(i), C'était supprimer la difSculté 
et noa la résoudre. Dans sa brochure sur les plantes de la vallée 
de la Bresle, en 1877, il considère le Daucus du Tréport et de 
Mers comme étant le Z>. man'ti'mus With. (2), s'appuyant pro- 
bablement en cela sur la remarqne de Grenier et Godron à 
propos de cette espèce, que ceux-ci regardent comme une forme 
plus velue et plus trapue du D. gumtmifer ; enfin, en 1883, dans 
sa Flore, il identifie complètement les D. gutmnifer et tnari- 
timttsi,^). Cependant dans son herbier, inséré dans Therbier de 
France au Muséum, il étiquette D. martlimus le D. hispidus 
DC. du Tréport, et Z>. gummi/er l'échantillon de cette espèce 
provenant de la même localité. 

II. — Le ^. hispidus DC. n'est certainement pas la même 
plante que celle qui a été décrite par Desfontaines dans la Flora 
atlantica. Sans doute, sa figure a de nombreux points de res- 
semblance avec la forme de nos falaises crayeuses, maïs, je l'ai 
déjà fait remarquer , elle est incomplète et par conséquent 
fautive. Il suffit pour saisir la différence entre ces deux plantes* 
de se reporter à la description. Le Daucus de Desfontaines est 
surtout caractérisé par ses fruits à aiguillons épaissis et glo- 
chydés en étoile au sommet laculeis seminumpeltato-stellatis *\ 
au contraire, dans le Daucus de de Candolle les aiguillons sont 
très fins au sommet et recourbés, crochus, rarement ramifiés. 
Ces caractères distinctifs sont bien suffisants pour trancher com- 
plètement le différend ; ils sont constants de part et d'autre, j'ai 
eu la bonne fortune, grâce à l'aimable obligeance de M. Fraachet, 

I. D. Carola L. var. kispidus Brebiss., FI. Norm,, 3' édit. 105 . Variété 
maritime rencontrée au pied des falaises à Mers et au Ttépott. ■ 

3. D. Carola L. var. tHorilimus {D. marilimus With. — D. gummi/ef 
Lmk.?). ■ EboulemenI desTalaîses au Tréport, 1S55, ei à Mers, 1876. • 

3. D, Carola L. var. maritimas {D. maritimas With. — D. gummi/er Lmk. 
• Eboulementa de:> falaises. — Mers. — tic trouve aussi au Tréport. ■ 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



an JOUKNAL 1>K BOTANtyUK 

de pouvoir examiner l'échantillon du D. kispiâtis africain, con- 
tenu dans l'herbier de Desfontaines au Muséum, et ayant servi 
à sa description : tous les fruits sont tels que je viens de le dire; 
le même caractère s'observe également sur d'autres échantillons 
de D. hispidiis Desf. , recueillis à Bonifacio et à l'île Rousse, 
que j'ai eu l'occasion d'examiner. Quant au port général du 
DaucMS de Desfontaînes, il a certainement été mal rendu dans 
sa figure, car il est impossible au premier abord de le coniondre 
avec celui de la « Flore française, » 

Notre Daucus hispidus français des côtes de la Manche et de 
l'Océan ne peut être davantage confondu avec le D. gutntnifer 
de Lamarck. Cette fois encore les caractères tirés du fruit pour- 
raient suffire à établir la différence. Le D. giiminifer a les fruits 
plus larges, armés d'aiguillojis triangulaires, dilatés et con- 
fluents à la base; les aiguillons sont toujours, au contraire, 
très grêles et bien distincts dès la base dans le D. hispidus DC. 
D'autre part, les feuilles du D. guimnifer sont luisantes et 
presque com-plètement glabres sur la face supérieure, tandis que 
celles du D. hispidus DC. sont velues sur les deux faces. 
Enfin le port et surtout l'aspect sont différents. Je préciserai 
mieux d'ailleurs tous ces caractères distinctifs dans le tableau 
récapitulatif qui termine cet article. 

Peut-on davantage prétendre à l'identité du D. maritimus 
With. et du D. hispidus DC. ? Je ne le crois pas. Sans avoir à 
me prononcer ici sur la similitude des D. ntaritintus et guttt' 
inifer, je dirai simplement que quelques caractères essentiels du 
Daucus des côtes anglaises excluent absolument toute idée d'as- 
similation avec celui des falaises des environs du Tréport ou de 
Biarritz. La plante de Withering, comme le D. guntmijer, a les 
feuilles d'un vert sombre, luisant « leaves of a dark green, 
glossy (i) » et les aiguillons des fruits sont aplatis « bristles of 
the seeds flattened (2) > ; il est donc inutile d'insister davantage. 
D'autre part, la figure que donne Withering de son Daucus n'a 
absolument rien du port du D. hispidus DC; or elle est, dit-il, 
d'une irréprochable exactitude; « The gênerai habit, and pré- 
cise shape of the leaves are ace urately delineated i> . 

T. W. Wiikerîng, An arrangement of Brîlish plants, iMiS, l. II, p. 391. — 
PI. ,2. B, U. 

it orSritish plants by W. Withering, 



D,B,l..ab,G00glC 



Abbé Masclkp. -~ Noie sur le Daucus hispîdus DC. z\ 

Enfin doit-on considérer le Daucus hispidus comme une 
simple variété maritime du D. Carota ? Par 5gs fruits pltis petits 
et plus étroits , ses aiguillons crochus ordinairement dirigés en. 
grande partie vers le liaut^ sa villosiié si particulière et tout 
un ensemble de caractères affectant son port général, le D. his^ 
pidus diffère autant, à mon avis, du D. Carota qu'en diffère lui- 
pième le D. gummifer ; c'est donc, comme ce dernier, une forme 
végétale assez nettement caractérisée pour occuper dans la flore 
de France une place bien déterminée. 

m. — Quelle doit-être cette place, ou mieux quelle est la 
valeur spécifique du Daucus hispidus DC. ? En comparant quel- 
ques-uns de mes nombreux spécimens avec des échantillons de 
D. Carota et de D. gummifer, j'ai été surpris d'observer entre 
ces trois types, en particulier pour le fruit, qui présente, à mon 
avis, les caractères distïnctifs les plus importants, certaines formes 
de transition parfaitement graduées ; quelques-unes pouvaient 
indifféremment être rapportées au Carota, au gummifer ou à 
Vhispidus. En présence de ces transitions nombreuses et insen- 
sibles, je suis arrivé à cette conclusion que toutes les formes de 
Daucus que l'on rencontre sur le littoral de la Manche et de 
l'Océan sont dérivées d'une seule et même espèce, le D. Carota 
de Linné. Cependant, comme malgré cette origine commune on 
distingue facilement au milieu de ce grand nombre de formes 
intermédiaires trois principales qui, étudiées séparément, pour- 
raient être considérées comme des espèces distinctes et autour 
desquelles viennent se grouper toutes les autres, je ne considère 
pas les Daucus guntmifer Gtkispidus comme de simples variétés; 
ce sont, avec le D, Carota de Grenier et Godron, des sous-es- 
pèces, ou mieux des types, qui servent comme de jalons pour 
aider à subdiviser un stirpe primitif unique. De cette façon, on 
leur conserve dans la classification la place due à leurs carac- 
tères et on montre leur dépendance réciproque. C'est ce que je 
me suis efforcé d'établir dans le tableau suivant. Il résume et pré- 
cise même tout ce que je viens de dire. Jugeant inutile d'y repro- 
duire les descriptions d'auteurs bien connus, je me suis contenté 
d'indiquer dans ces courtes diagnoses quelques caractères sail- 
lants rires du port général de la plante et surtout de la forme, 
de la grandeur et de la disposition du fruit et de ses aiguillons. 
Je les fais suivre d'un court aperçu sur la distriburion géogra- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



9t JOURNAL DE BOTANIQUE 

phîque de chacun de ces types sur le littoral français de la 
Maache et de l'Océan, de manière à érit» à l'aTenir toute coa- 
fiision dans les Flores. 

Daucus Carota L., Spec. 348. 

Ty^ a : CaroU. — (ZJ. Caro/a Gren. et Godr., FI. fr. p. 665.). 

Fi'uil ellipsoïde, à face commissuralc envlroa / /ois plus longue 
que large (3™" de larg. sur +"■ de long, en moy.) ; aiguillotts suàuiés 
dès la èase, disposés autour de la face commissurale en rayonnant, per- 
pendiculaires à l'axe. 
Forma littoralis ." Tige presque nulle, rameaux (rès courts, souvent 

e/a/M complètement sur le sol, kispides, feuilles d'un î«r/j(îM*yM*, 

assez consistantes. 

Cette ftjrme est répandue sur toutes les cotes de la Manche et de 
l'Océan; elle y fructifie souvent mal. 

Type % : gununifer. — {p. gummifer Lamk, Dict. I, p. 634; 
Gren.etGodr.,Fl. fr.,p. 669;Lloyd!,FI. p. 151; etc. — D.viaritimus 
With.?) 

Fruit ovoïde, k face commissurale environ aussi longue que large 
(2-3"°'), aignillons souvent de moins de i"" de long-, triangulaires, 
dilatés et confluents à la base, généralement tous ascendants. 

Tige courte, épaisse, hérissée, ainsi que la base des rameaux, de 
poils réfléchis; feuilles épaisses, luisantes et presque complètement 
glabres sur la face supérieure. Plante de I à 3 décim. , d'un verlj'au- 
itâire dans toutes ses parties. 

— Falaises crayeuses du Blanc-Ne: (Pas-de-Calais) et du Tréport 
(Seine-Infér.)! ; au sud de cette localité on le rencontre çà et là sur les 
falaises et les rochers maritimes jusqu'à la Vilaine (Cfr. Gren. et 
Godr., de Brébisson, Lloyd, FI.) ; Poulingaen (Bardin in Lloyd) et ile 
Leven (Bureau!) dans la Loire-Inférieure; falaises de la Chambre 
d'Amour à la pointe Sainte- Anne, Bass.-Pyrén. (Blanchet!, Foucaud, 
etc.). 

Type-;: ydipiàm. — {D . hispidus DC., Fl.fr. 4, p. 328, non Des- 
font.) 

Fruit plus petit et plus étroit que dans les deux types précédents, 
à face commissurale plus de t fois plus longue que large (envir. i™" 
de larg. sur 3"" de long.) ; aiguillons très grêles, subulés dès la base, 
crochus au sommet, quelquefois ramifiés, ceux des deux fiers supé- 
riêm^ ordinairement ascendants et formant un angle aigu avec la ligne 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



N, PATODtLLun. — Fragments if^fcohgiçues. 33 

oommissuiale périphérique, ceux du tiers inférieur souvent dirigés 
vers le Sas. 

Tige coitfley épaisse et tordue, ainsi que la base des rameaux ; 
feuilles un peu moins épaisses que dans le tj-pe gummifer, velues sur 
l*s deux/aces. Plante de j à 4 décim., d'un vert pâle dans toutes ses 
parties, couverte, surtout à la base, de longs poils blancs ré^éckis; se 
distingue & première vue du D. gummifer par son aspect blanchâtre. 

— Lieux herbeux, escarpements et éboulîs des falaises crayeuses 
d'Ault, de Mers (Somme) et du Tréport (Sein.-Infér.) ! ; falaises 
crayeuses de la Chambre d'Amour et des envir. de Saint- Jeande-Lua, 
Basses-Pyrénées! (Herb. Masclef, ex herb. Blanchet). 



FRAGMENTS MYCOLOGIQUES 

(SmiU.) 

Par M. N. PATOUILJJARD 

Le genre Lachnocladium Lev. 
Lorsque Leveillé, dans ses Champignons du Muséum (i) 
étudia les Hyméoomycètes rameux à forme de Clavaire, îl dis- 
tribua les espèces L'gneuses ou coriaces dans deux genres : 
Merisma Pers. et Ert'ocladus Lev. 

Le genre Merisma Fers, fut modifié de façon qu'il se trouva 
limité aux < Clavaires qui ont la consistance de Tkélépkores >. 
Toutes les espèces dont les ramifications sont étalées en lames 
et qui ont l'hyménium nettement unilatéral furent rejetées dans 
les Théléphorécs vraies. 

D'autre part, les Hyménomycètes clavariformes dont la sur- 
face est plus ou moins velue furent placés dans un genre spécial, 
établi sous le nom SEriocUtdtts et caractérisé comme il suit : 

e ReceptaculutH coriaceum, ramosum; rami compressa vel 
tereies, tomentost, ubtque fructiferii Fungi coralloidei, epixyli 
vel terrestres. » 

Plus tard le nom à^ Eriocladus fut changé en celui de LacAno- 
cladiunt (in Dict. d'Orbigny) qui a été conservé ' depuis cette 
époque par tous les auteurs . 

Les Lachnocladium corre^ondent aux Clavaires de la section 
« Velutinae » de VEpicrtsis de Pries; déjà dans cet ouvrage, 

I, Annales des Sciences nainreUes, iSfâ. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



34 JOURNAL Dr, BOTANIQUE 

puis dans le Sttmnui Veget. Scar.din. du même auteur, on fait 
remarquer que toutes les Clavaires velues sont à spores inconnues. - 
Les auteurs plus récents sont également muets sur les caractères 
carpologiques de ces Champignons. 

C'est à l'étude de ces caractères que nous nous sommes atta- 
chés dans la présente note. Nous avons mis à contribution la riche 
collection du Muséum d'Histoire naturelle, qui renferme presque 
tous les types des auteurs. 

L'examen de la diagnose de Leveillé citée plus haut montre 
qu'il n'était pas absolument certain de la distribution de l'hymé- 
nium sur toute la surface des rameaux; c'est qu'en effet, si quel- 
ques espèces ont l'hyménium réellement amphîgène et comme 
telles sont de véritables Clavaires, il en est un grand nombre où 
la membrane fruaifère ne recouvre qu'une face unique des 
branches, ou est localisée en des points bien déterminés : ces es- 
pèces se rapprochent donc plus des Théléphores que des Cla- 
vaires. 

Ces deux manières d'être ont fait que certains mycolo- 
gues placent le genre Lachnocladimn à la suite des Clavaires, 
comme le faisait Leveillé, et que d'autres (Berkeley : CubaH 
Fungi, etc.) le mettent parmi tes Théléphorées. En réalité, ce 
groupe est composé d'éléments hétérogènes qui doivent être 
éloignés les uns des autres comme il sera indiqué plus loin. 

La même remarque doit être faite pour le genre Merisfna 
(Pers.) Lev. : les espèces de ce genre qui ont l'hyménium am- 
phigènc, ayant une consistance dure, tenace, deviennent des 
Plerula, tandis que les autres, à hyménium limité, doivent ren- 
trer dans une des sections des f-azhnocladiutn. 

Examinés au point de vue de la villosîté, les Lachnocladium 
nous fournissent des observations parallèles à celles de la distri- 
bution de l'hyménium : les L, brasiliense Lev. et /,. diva- 
ricatunt {Mert'sma Lev.), qui ont l'hyménium amphîgène, onf 
les rameaux couverts uniformément d'un tomentum délicat 
constitué par àespoiVs aigus, rarement simples, plus souvent ra- 
meux, étoiles ou irrégulièrement fourchus dichotomes. Ces deux 
espèces seules dans toutes celles que nous avons étudiées nous ont 
montré de véritables poils, et dans toutes les deux nous n'avons 
pu rencontrer les spores. 

Ailleurs {L. /urceUaium, L. ittbulosumy etc.) la suriace des 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



N, pATouiLi.ARD. — Fragnteitts taycologiqitcs. 15 

rameaux est couverte d^un^ J>ulvérzilence {à la loupe) limitée à 
une face unique. Cette pulvérulence est causée non par de véri-. 
tables poils, mais simplement par des amas de spores disposées 
en petits tas sur toute la partie fertile. A ce sujet il est nécessaire 
de remarquer que tous les spécimens que nous avons vus étaient 
secs, de même que les descriptions originales ont été faites sur 
des plantes d'herbier, en sorte que rien ne prouve que ces Cham- 
pignons étaient pulvérulents à l'état frais. En effet, bon nombre 
de Clavaires indigènes, qui sont glabres sur le vivant, deviennent 
pulvérulentes par dessiccation; telles sont les Cl. aurea, Bafryiis, 
condensaia, ^acct{/a,^avida, etc., et si on ne connaissait pas leur 
consistance ainsi que leur hyménium amphîgène, on serait tenté 
de les foire rentrer dans le genre Lachnocladium. 

Quelques espèces(Z.yK«(7A.î, aciculare, compressum), placées 
primitivement par Leveillé dans le genre Merisnta {Ann. Se. 
Nat. , 184.5, 2iP- ^^li 208), ont les rameaux absolument glabres ': 
ils ne sont ni sétuleux ni pulvérulents, mais le tronc commun est 
seul velu à la manière de beaucoup de Théléphores : les poil» 
sont formés par des paquets d'hyphes séparés de la masse géné- 
rale. Les spécimens que nous avons eus entre les mains étaient 
stériles, en aorte que la place de ces plantes reste douteuse.. 
Ajoutons que leur tissu est différent de celui des autres Lachno- 
eladtUtn; les hyphes sont plus volumineuses, plus tenaces, et la 
consistance des plantes est tout à fait ligneuse. 

Enfin il en est qui ont les rameaux glabres {L. cartilagi- 
neunt Bk.) mais qui ne rentrent pas moins dans notre genre, à 
cause de l'hyménium unilatéral, aisément reconnaissable à une 
coloration différente. 

La forme générale des Lachnocladium est celle des Clavaires 
de la section Ramaria, c'est-à-dire qu'ils sont formés d'un tronc 
commun qui se divise en rameaux plus ou moins fourchus. Ces 
rameaux sont cylindracés ou aplatis, aigus, arrondis ou élargis 
au sommet, lisses sur les deux faces ou ayant l'une d'elles fgéné- 
ralement la face fertile) plus ou moins canaliculée. Les bifurca- 
tions des rameaux ont en général une forme semi-circulaire, les 
aisselles sont aplaties et fertiles sur les deux faces. 

La consistance est très variable; certaines espèces sont pres- 
que charnues, d'autres sont cartilagineuses, et quelques-unes sont 
absolument ligneuses. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



96 JUURNAL DE BOTANIQUE 

Les spores appartîeiuieat à deux types bien distincts : les 
unes sont ovoïdes, lisses et de couleur ocre pâle ; les autres sont 
ovoïdes apiculées à une extrémité, brunes et échinulées verni- 
queuses . 

Les con^dérations qui précèdent nous amènent à classer le 
genre Lachnocladium de la manière suivante. 

Section I. — La,chndclju>iuu Lev. 

Rameaux cylindracés, tnturemtnt tonunieux par des poils simpUs 
eu rameux, spores inconnues. Plantes coriaces. 

1. Lachnocladium brasiliens» l..ev., Ann. Se. nai., 1846, 
Champigc. du Mus. n" 315. (BHocladus.) 

Herb. Mus. Par. : Sur les troncs; Babia, Brésil (Blanchet). — 
Guyane (Méllnon). — Tkelephorabrasiliensis\jî\., Herbariumofthe 
U. S. Norik Pacific Exploring Expédition under eomnt. Ringgold 
and Rodgers (C. Wright coll.). 

2. Laobnocladium divarioatum Berk. 

Herb. Mus. Par. : Clavaria divaricata Berk. (^Merisma Lev.). 
Surinam (Hoslman, n" 501). 

Section H. — Coniocladiuh Pat, 

Rameaux arrondis ou comprimés, plus ou moins ciarnus, co- 
riaces, cartilagineux, élastiques, Hyménium unilatéral. Spores ocra' 
des pâles, lisses. Epixyles ou terrestres. 

3. LacIuiGcladiam {Eriocladus) faroellatum Lev. ioc. cil. 
n" 21 [. — Spores 8-9 X 4*5 f ■ 

Herb. Mus. Par. : Clavaria furcellata Fr., Bolivie, vallées entre 
Tipoani et Apolobamba (Weddel, 1847); Rio-de -Janeiro {Aug. Saint- 
Hilaire). 

4. Lachnocladium cai-tilagineum Berk. et Cuit. 
Sports 6-7 X4-5.''- 

Herb. Mus. Par. : L. cartilagineum B. et C, Ftmgi Cuàenses 
Wrigkliani, n" 388. 

5. Lachnocladium s:eiiiculatum Lev., loc. cit., a" 193. 
Spores 4 X 3 f'. 

Herb. Mus. Par. : Clavaria geniculata Lev. ; Paramaribo (Kegel, 
a- 586). 

6. Lachnocladium pallidnm B, et C, Cuban Fungi n° 460. 
Spores ovoïdes, subglobuleuses ; 4 ^. 

Herb. Mus. Par. : Clavaria pallida^.^\.C,FtmgiCub. Wrigklianif 
San Andres Tuxtla (Mexique). 

7. Lachnocladium cervinum B. et C, loc. cil., n" 459. 
Spores du précédent; 5 p. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



E, MAUHVADn. — A propos du Rananculus cha:raphyllos. ay 

Hexb. Mus. Par. : Clavaria cervitia B. et C. Cuba (Wright) ; Gna* 
deloupe (L'Hermînier). 

g. Lachnocladium claTarioideutn Pat. nov. sp. — Stipe 
reoflé à la base, comprimé, strié, blanc ronssâtre, long de 3-4 
centimètres sur 3-4 millîm. d'épaisseur, divisé au sommet en ra- 
meaux fastigiés, comprimés et canalicnléea, bi-trichotomes, épus 
de i/a à i mûlim.; pointes stériles, longues et fauves, zone hymé- 
nifère d'un blanc roussâtre, unilatérale, lisse; spores ovoïdes, à 
peine jaunâtres (sub lente), lisses, à une gouttelette; 4-5 X 3f ■ 

Plante tenace, ayant l'aspect d'une Clavaire. Hauteur 5-8 
centimètres. 

Sur la terre, Guyane Française (Maronï) ; Melinon n" 70. 

Affine au L. cartt'lag^'jteum, mais à spores plus petites. 

9. Lachnocladium Tiolacexun Pat, nov. sp. — Stipe tu- 
béreux àla base, haut de 1-5 centimètres, très grêle {3-3 millim. 
d'épaisseur), comprimé, blanchâtre, divisé au sommet en rameaux 
festigiés, violets grisâtres, épais de i milUm. environ, bi-tricho- 
tomes, comprimés, canaliculés, aigus à l'extrémité. Zone hymé- 
ntfère unilatérale, glabre, blanchâtre , spores ovoïdes, jaunâtres, 
lisses,4-5X3.«' 

Fiante tenace, haute de 5 à 8 centimètres. 

Sur le sol humide, sous bois, Guyane Française (Maroni), 
Melinon n° loi . (A suivre.) 



A PROPOS DU RANUNCULUS CHMROPHYLLOS 

Nous avons reçu de M. Maliavaud la lettre suivante que nous nous em- 
pressons de publier. 

Monsieur le Directeur, 

L'auteur d'une ■ Note sur le Rattunculus chxrephylîos » insé- 
rée dans le dernier numéro de votre Journal, examinant avec une 
érudition et une compétence incontestables, relativement à cette 
espèce, la question de nomenclature que j'avais précédemment 
tr^tée (1), se prononce en faveur de la réforme proposée par 
M. Freyn et qu'il a d'ailleurs adoptée depuis longtemps dans ses 
ouvrages. C'est nue conclusion contraire à celle de mon article. 
Voulez-vous me permettre, sans rentrer dans le fcmd du débat, 

I. Jonntal de Botanique, N*du i6dêceiiibre iS88. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



a8 JOURNAL DE BOTANIQUK 

ile répondre à mon savant contradicteur par une simple re- 
marque? 

D'après M. Freyn et ceux qui partagent sa manière de voir, 
le Ranunculus chœropkyllos de la tradition lînnéenne et le 
R. Jiabellatus Desf, correspondraient au même type, et, les 
deux expressions étant ainsi parfaitement synonymes, laseconde, 
plus précise que la première, la remplacerait avantageusement. 
Mais, ainsi que je l'ai déjà fait observer, la prémisse sur la- 
quelle est fondée cette innovation n'est admise que par quelques 
botanistes; le plus grand nombre, à l'exemple de Grenier, de 
Boissier, de M. Cosson, etc., distinguent la plante africaine, au 
moins à titre de variété, de l'espèce française; ils estiment que 
Jiabellatus n'est pas synonyme de chserophylloSt et l'abandon de 
ce dernier terme les oblige d'en créer un nouveau. 

On peut apprécier l'opportunité de cette controverse par ses 
conséquences. Naguère, sauf quelques réserves théoriques, tout 
le monde était d'accord sur l'emploi du terme cliéerophyllos 
et l'espèce ainsi nommée n'était pas, du moins pratiquement^ 
au nombre des litigieuses. La nouvelle casuistique est venue 
changer tout cela. Tandis que beaucoup de botanistes res- 
teront iîdèles à une tradition séculaire, quelques-uns s'appli- 
queront à rechercher dans l'obscunté des textes prélinnéens 
l'emploi présumé le plus orthodoxe du nom spécifique remis en 
question, et comme cette sorte d'exégèse, ainsi que l'a fort bien 
montré mon savant contradicteur, est une source d'interpréta- 
tions variées, la forme privilégiée mise en possession du nom 
linnéen sera, pour l'un des commentateurs le Ranunculus Agerii 
Bertol,, pour un autre le ^. millefolialus'VaAA, etc., déserte 
qu'une expression qui avait jadis un sens précis et fixé par l'u- 
sage sera désormais indécise et sujette à l'équivoque. La meil- 
leure nomenclature, à mon avis, la plus favorable au progrès 
scientifique, serait celle qui assignerait à chaque objet un nom 
correct et universellement accepté. Nous sommes iort loin, hé- 
las ! de cet idéal, mais ce n'est pas une raison pour s'en éloigner 
de plus en plus en obscurcissant ce qui restait clair jusqu'à ce 
jour. Aussi je me rallie pleinement, pour ma part, à la conclu- 
sion formulée dans les termes suivants par l'illustre Boissîer : 

" Ranuncuhts chairopkyllos : Ex cl. J. Freyn et aliorum ob- 
servationibus patet Lionsei descriptionem et specimina ejus her- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



Notice biographique sur H. Loret. ly 

barii ad alîam vel alias species dubïas spectare; nihilominus ne 
confusio major oriatur prescriptionîs jure leg-em priorïtatis tem-. 
perans hanc speciem ab omnibus botanicis sub hoc nomine jam- 
dudum notam, cl. Trlm^n {Journal of Bolany, 1873) secutus,sub 
chéerophyllo Auct. enumerare aptius autumo (1) ». 
Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, etc. 

Ern. Maunvai'd. 

NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR H. LORET 

W. Henri Loret est mort à Montpellier, le 4 diîcembre 18S8. Il était 
ni- le 1 2 octobre 181 1 , à Jarnac-Champagne, dans la Charcnte-Infi-rieure* 
Il fut tiève du petit Séminaire de Pons, de 1826 à 1S30, et manifesta 
pendant longtemps l'inteutiou d'entrer dans les ordres; il enseigna 
mi^mc les humanités dans l'établissement dont il avait été l'élève ; mai» 
sa santé délicate dut lui faire abandonner ses projets. II se mit à voya- 
ger, parcourut à plusieurs reprises le midi de la France et l'Italie er 
vint finalement se fixer à Montpellier, en 1S60, croyOns-nous, 

Il paraît n'avoir cherché d'abord dans la Botanique qu'un moyen 
de se distraire et acquit une grande érudition. D'une santé trop (aible 
pour supporter les hivers humides du nord et les étés trop chauds du 
midi, iJ quittait Montpellier dès les premières chaleurs pour établir ses 
quartiers d'été dans un village de montagne; ne pouvant herboriser 
lui-même, il comptait beaucoup sur les instituteurs, chez lesquels il se 
logeait de préférence, et s'efforçait de leur donner le goût de l'herbo- 
risation; il se procurait aussi des plantes par les écoliers auxquels il 
promettait des récompenses pour les espèces intéressantes qu'ils lui 
rapportaient. Ne pouvant étudier lui-même la nature sur place, Loret 
se dirigea surtout vers l'étude des herbiers. Il n'aimait pas la société, 
vivait fort retiré et ne voyait qu'un petit nombre de personnes. ^Vussi 
possède-t-on très peu de renseignements sur sa vie. 

Ses princip>aux travaux sont : 

I, — Glanes d'un botaniste avec des observations sur quelques espèces du 
midi de ]a France {Bull, de la Soe. toi. de France, 1859), br. io-8 de. 
71 pages. 

3. — L'herbier de Marchand et Lapeyrouse {Bull, de la Soe. bot. de France, 
1860), br. in-8 de 12 p.— En collaboration avec Timbal-Lagraic. 

3. — L'herbier de la Lozère et M. Prost (Bull, de la Soc. d'Agric, Indus- 
trie, Sciences et Artsdudepari.de la Losère,yi\\(\^ br, in-8 de 54 p., 1863. 

4 — Mes herborisations au Bousquet d'Orh et au Caylar (Hérault) en 1864, 

1. Flora Oricntalis, Supplemintum, page ù. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



3» JOURNAL DE BOTANIQUE 

avec des conaidéradona sur la Flore de Montpellier (Mém. de FAe. d** 
Se. et Lettres de Montpellier, 1864), 10 p. in-4. 

5. — Révision comparative de l'herbier et de l'histoire abrégée des Pyré- 

nées de Lapeyrouse, br. in-8 de 86 p. — En collabor. avec M, Cloa, 

6. — Promenades botaniques dans l'arrondissement de Saint-Pons-de-Tho» 

mière en 1866, suivies des décovivertes récentes faîtes par nos amis daoa 
l'Hérault {Bull, de la S&e. bot. de Fr., xm, i366), p. 440-455- 

7. — Note sur une dizaine de plantes nouvelles pour la Flore de Montpel- 
lier et de l'Hérault {Bull, de la Soc. het. de Fr.^ xvi, 1869), 385-289. 

8. — Herborisations dans l'Hérault en 1867 {Bull, de la Société Bat. dg 

France, XV, 1868), p. 104-107. 

9. — Note sur cinquante plantes des herbiers de Montpellier et quelques 

autres espèces nouvelles pour la Flore de l'Hérault (5»//. f^£ la Soc.bot, 
de FroMce, Xix, 1872), p, 305-309. 

10. — Des régions botaniques de l'Hérault, avec une appréciation prélimi- 
naire des causes qui nous privent, depuis un siècle, d'une Flore de 
Montpellier {Retme des sciences naturelles, 1873). 

11. — De l'herbier connu sous le nom d'herbier Magnol {Mém. de PAcad, 
des Se. et Lettres de itontpeUier, scct. des Se., vi, p. 435). 

13. — Causeries botaniques, second supplément aux glanes d'un botaniste 
{Bull, de la Soc. bot. de France, XXVIl, 1880), p. 365-374. 

13. — Etude du Prodrome de M. Lamotte {Revue des Sciences naturelles^ 
juin 1883, br. in.8 de 3i p. 

14. — Flore de Montpellier, comprenant l'analyse descriptive des plantes 
vasculaires del'Héraull etc., avec une carte du département; 3 vol. in-ia 
de 918 p.; Montpellier et Paris, 1876. — En collaboration de M. A, Bar- 
randon. 

15. — Flore de Montpellier, etc., etc. Deuxième édition, Montpellier et 
Paris, 1886, i vol. in-8 de 664 p. 

VARIÉTÉS 

Chambres chaudes. 

Les chambres chaudes sont des appareils qui ont pour but de mainte- 
nir une préparation à une certaine température dans le champ du mi- 
croscope, de manière à permettre de suivre son évolution à tous les 
instants. 
Le réglage de la température peut s'opérer par différents procédés. 
l'Dans la chambre chaude de M. Vignal (1), c'est à l'aide du ré- 
gulateur de d'Arsonval. Au dessus de la caisse contenant l'eau se trouve 
on tube de verre où le liquide s'élève plus ou moins haut en se dila- 
tant. Cette colonne liquide exerce une pression sur ta plaque du régu- 

I. Archives de physiologie, Vil. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e , 



Variélét. 31 

lateui qui facilite ou entrave l'accès du gas qui se rend à un brûleur 
placé au dessous d'un tube appendiculaire eo condnuité avec la chambre 
à eau. 

3° L'appareil indiqué par M. Malassez ( t) est beaucoup plus dm< 
pie, mais aussi bleu moÎDs pariait. Sa fabrication, il est vrai, sera bien 
moins dispendieuse. C'est une lame de métal placée sur la platine du 
microscope chaufTée simplement par un appendice métallique au des- 
sous de l'extrémité duquel se trouve un brûleur. La lame de métal est 
couverte d'une boîte de même nature, perforée en son centre, dans la- 
quelle la préparadon est glissée. Un thermomètre plongé dans la 
chambre donne la température. 

3° La chambre construite par M. Batbs (a) est à la fois plus par- 
faite et plus compliquée. Le chauffoge s'opère encore à l'aide d'un 
appendice métallique qui se trouve sous un brûletu, mais ici la chaleur 
est transmise i un liquide, mélange d'eau et de glycérine, qui remplit 
la chambre. Le réglage de la température s'opère à l'aide d'un ther- 
momètre électrique contenant un Index mercuriel à sa partie supérieure. 
Quand les deux colonnes de mercure se rejoignent, le courant passe, 
ime bobine entourant un fer doux attire une plaque qui ferme le pas- 
sage du gaz. }, C. 

Note sur le Vicia villosa Roth, 

Les descriptions que donnent la plupart des Flores du Vida vil- 
losa Roth sont tellement variables, et diffèrent à lui tel point de la 
description princcps, que nous croyons être utile à nos confrères en 
leur donnant le texte exact du Tnniamen Jlorm Germanicm de cet 
auteur, II, 2* partie, p. 1S2. 

VICIA vUtosa. 

V- pedunculis muUîfloris, florïbus îmbricatis, foliolis ovalibus villosis, 
stipulis nervosis basi dentatis. 

Similis Vicia Craccaf., differt autem : i . Caule debiliure cum foUis, sd> 
pulîs et pedunculis villosissimo. i. Radice anaua; nec perenni. 3. Stipulis 
nervosis, semisagittatis quidem, sed ovato-lanceolatis, triplo saltem latiori- 
bus, basi uno alterove dente notatîs, praicjpue in inferioribus. 4. Foliolis 
reniotioribu9,ovalibus;nec ]ineari4anceolatis,pubescentibus,approximatia. 
' 5. Floribus duplo fere majoribus, spedosioribus, pur pureo-vio lace is. 
6. Calyce villis loogis adsperso : denHtiK setaceis, triplo longioribus et 
villis longis obsessis; nec linearibus, superioribus obsoletis. 7. Lcgumi- 
niius duplo latioribus et scsqui longioribus. 8. Sintim'lus duplo majoribus, 
pulvere fuliginiso quasi adspersis, griseis; nec aigris, glabris. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



3» JOURNAL DE BOTAN[QUE 

11 semble qu'une description aussi nette et aussi détaillée ne puisse 
laisser place à aucune incertitude. Il suffit cependant de comparer en- 
tre elles et de rapprocher de celle-ci les descriptions de la pntsque 
universalité des flores modernes pour reconnaître que ce ocra a été 
appliqué Â plusieurs plantes différentes et toutes plus ou moins éloi- 
gnées de celle désignée par Roth. Il est cependant élémentaire, lors- 
qu'un nom est emprunté à un, auteur, de puiser dans ce même auteur 
les éléments de la description, et de s'abstenir de toute fantaisie. 

COPINEAU. 

Nouvelle méthode pour reconnftttre de petites quantités 
d'invertine (i). 

Le Bacilltis phosphorescfiis Hermès {Micrococcits phosphorescens 
Cohn, M. Pfliigeri Ludwîg), qui se rencontre sur les poissons salés, 
jouit de la propriété de luire quand il se développe dans le glucose et 
de perdre son éclat phosphorescent en présence du saccharose. 
■ Otte propriété peut servir à déceler une faible quantité de sucrasc 
ou invertine. Dans ce but, on prépare une décoction de poisson dans 
l'eau de mer, on y ajoute 7 0/0 de gélatine et on mélange avec une cul- 
ture du Bacille précédent. Après coagulation, on a un substratum régu- 
lièrement lumineux. Cette force lumineuse s'atténue au bout de deux 
ou trois jours et l'on possède un milieu d'une extrême sensibilité aui 
agents chimiques. Si on ajoute du saccharose sur la gélatine, l'intoQ- 
sité lumineuse ne change pas ; mais si cette solution est additionnée 
d'une trace d'invertine, de levure de bière, ou d'un élément quelconque 
produisant l'invertine, il se forme au bout de peu de temps une large- 
plaque lumineuse sur le substratum. J. C. 



CHRONIQUE 

L'Académie des sciences a procéilê dans sa séance publique liu 14 décembre i 
la diitribution de ses prix, parmi lesquels nous relevons les suivants : 

l.c prix Desmazièrcs a éié décerné à M. V. Faïod pour un Mémoire intitulé : 
Prodrome d'une histoire aaturelU des Agaricinées. 

Le prix Montagne a été décerné à M. Gastos Bonmibe pour un Mémoire sur 
la syntÂfse des Lichens. 

Une iDentian honorable a été accordée à M. L. Manouj pour ses Recherches 
sur ta pénélralioH ou la sortie des gas datts tes ptanles, et une citation hono- 
rable à M. PbVrou pour deux Mémoires ayant pour objet, l'un l'atmoiphère interne 
des feuilles, l'autre Tempo i son nement par l'hydrog'éne sulfuré. 

Le Céranl .• Louis MonoT. 



D,B,i..ab,Google 



JOURNAL DE BOTANIQUE 

Directeur: M. Louis MOROT 



FRAGMENTS MYCOLOGIQUES 

(Suite.) 

Par M. N. PATOUILLARD 

Section Ui. — Dendrocladium Pat, 

Rameaux plus ou moins comprimés, souvent canalicttlés ; aisselles 
aplaties, semi-circulaires ; hymiîiium unilatéral; spores brunes, échi- 
nées ou verruqiteuses, ovoïdes arrondies, apiculées à la base. Plantes 
dures, ordinairement ligneuses. 

10. Lachnooladlum tubalosum Lev., loc. cit., a" 20^) (par 
erreur Eriocladus Jtstulosus\. 

Spores bruQes, aculéok-es; 10-13 X 5-6;*. 

Herb. Mus. Par. : Clavaria tubulosa Pr, Mtg. Guyane Française 
(Leprieur); Guadeloupe (l.'Herminier). 

11. liachnocladium guadelupense Lev., loc. cit., n» 2o\{Me- 
risma)', Pterula Sacc. Sylloge, vol. VI, p. 742. 

Spores brunes, veriuqueusts, apiculées à la base; 12 ~-' 6 [t. 
Herb. Mus. Par. : Guadeloupe (L'IIerminier). 
13. Lachnoctadium carbonarium Montg,, Crypt. Guy. n" 425. 
Spores ovoïdes, ocrac<;es, verruqueuses, apiculées. 
Herb. Mus. Paj, : Clavaria carbonaria Mtg. Guyane (Leprieur 
o« 897). 

13. Lachnocladium albocinereum Pat. nov. sp. — 
Plante rigfîde, ligneuse, haute de 4-5 centimètres, formée d'un 
tronc renflé à la base, très court ou atteignant 2 centim. de long, 
épais de 5-7 millim., villeux, strié- canalîculé, divisé en rameaux 
courts et larges, aplatis, creusés d'un côté, une ou deux fois 
fourchus, à pointe obtuse et tronquée. Hyménium unilatéral, 
villeux, blanc cendré. Spores ovoïdes, apiculées à la base, jaunes 
brunâtres, portant des verrues très courtes (7-8 X 5 f*)- Plante 
d'un blanc gris. 

Sur du bois pourri. Guyane Française (Maroni). Melinon. 

14. Lachaocladium leucoceras Pat. nov. sp. — Tronc 
court, épais, villeux, tuberculi forme, portant des rameaux sim- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



34 (OUKNAL DE BOTANIQUE 

pics sur une longueur de 2 ou 3 centimètres, puis deux ou trois 
fois dichotomes, aplatis, g'iabres et lisses sur la face stérile, pul- 
vérulents et ridés sur l'autre face ; aisselles arrondies ou bosse- 
lées par une courte pointe obtuse ; extrémités des ramifications 
obtuses arrondies. Hyménium unilatéral; spores ovoïdes, apicu- 
lées, verruqueuses, ocracées brunes (8-10 X 4-5 f). 

Plante haute de 5-6 centimètres, brunâtre (sur le sec) sur 
la face stérile, ocracée sur le côté sporifère, blanche au sommet 
des rameaux. 

Sur le bois. Guadeloupe (L'Herminier), 

15. Lachnocladîum gig^auteum Pat. nov. sp. — Plante 
ligneuse, élastique, haute de 1 5-35 centimètres, formée d'un stipe 
simple, long de 5-6 centim., épais de S-io millimètres, arron- 
di, canaliculé. Ce stipe se divise en haut en deux branches, divi- 
sées elles-mêmes cinq ou six fois successives par des dichotomies 
en rameaux dressés, de plus en plus grêles et dVjale longueur, 

es divisions terminales étant simplement incisées; les bifurcations 
sont semi -circulaires et ont les aisselles comprimées. Rameaux 
un peu aplatis, convexes sur une face, canaliculés sur la face 
opposée. Hyménium pulvérulent étendu sur la face concave des 
rameaux et sur les deux côtés des aisselles dans les bifurcations. 
Spores ovoïdes obtuses, apiculées à la base, brunes, échinulées, 
volumineuses (12-15 •"^ S'9f^)* 

Ce Champignon très élégant à l'aspect d'un coryrabe de ra- 
meaux arrivant tous à la même hauteur et portés par un pédon- 
cule unique. La couleur est d'un brun noîr sombre, avec l'hymé- 
nium ocracé. Plante pleine, ayant un axe central rougeâtre, 
fibreux élastique. 

A terre sur des débris de bois pourri. Guj'ane Française 
(Maroni); Melinonn" 109. 

16. Lachnocladium insigne Pat. nov. sp. — Coriace, 
élastique, tenace, cassant, très rameux. Stipe allongé (6-7 centi- 
mètres), grêle (3 millim. d'épaisseur), comprimé, canaliculé d'un 
côté, se divisant par dichotomies égales en ramifications de plus 
en plus grêles; il naît d'un tubercule ligneux subglobuleux. Ra- 
meaux comprimés, canaliculés, glabres sur la partie convexe qui 
est stérile et d'un brun clair (noirâtre sur le sec), pulvérulents 
dans les parties convexes et dans les aisselles des ramifications 
qui sont fertiles; les divisions terminales sont plus ou moins 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



N. Paiodillabd. — Fragments mycelogiques. 35 

longues, droites ou flexueuses et aiguës. Spores subglobuleuses, 
ocracées brunes, mucronées à la base (mucron hyalin), couvertes 
d'aiguillons grêles et longs (i 1-12 X 8 gf). 

Quelquefois le stîpe est fourchu dès la base, mais alors les 
premiers rameaux atteignent 4-5 centimètres de longueur sans 
se diviser. Plante de 10-15 centimètres de haut, formant une 
touffe bien fournie de divisions grêles et pleines. 

La partie corticale s'exfolie facilement en lanières, rappelant 
par ce caractère le genre A. Curlis de Fries, dont la seule espèce 
décrite pourrait bien appartenir au genre LcLchnocladiufn . 

Croît dans le sable chargé d'humus, en juin. Guyane Fran- 
çaise (Maroni) ; Mélinon a" 104. 

17. Lachnocladimn guyanense Pat. nov. sp. — Touffe 
serrée de 8-10 centimètres de hauteur, formée de stipes nom- 
breux, grêles, flexueux, mesurant 2-3 centimètres de longueur 
siu- 1-2 millimètres d'épaisseur, se divisant par dichotomie en ra- 
meaux grêles, entrelacés, à divisions terminales longues et 
aiguës ; les stipes et rameaux sont canalîculés sur toute la lon- 
gueur, fertiles et pulvérulents sur la partie concave. Spores 
ocracées brunes, ovoïdes mucronées, échinulées (6-8 X 4-5 p)- 

Plante fragile d'un fauve bistré, formée d'une axe noir entou- 
ré d'une écorce fauve. 

Sur le sol humide couvert de feuilles mortes. Guyane Fran- 
çaise (Maroni); Melinon n" 84. 

= Les Clavariacyanocephala'B. ctCy Cu&an Fungz n° ^^^ 
et Clamaria C/a<fo«/*aSpeg., du Paraguay, dont nous n'avons vu 
que des spécimens insuffisants, nous semblent se rapporter, la 
première aux Dendrocladiunt (spores jaunes, échinulées, 12-13 
X 8 f») et la seconde aux Coniocladiutn (spores ovoïdes, lisses, 
jaunâtres, 6-7 f). 

Les Clavaria acuiissima Bk. in Montg. Cktl. VIT, p. 386 et 
Pterula iaxifortnis Montg. Guy. n" 432, placés dans le genre 
Lachnocladium dans le Sylloge de M. Saccardo, nous semblent 
devoir rentrer toutes les deux dans les Pterula. 

Le Pterula seiosaP^ck placé également dans le genre LacAno- 
cladîum par l'auteur du Sylloge est tout différent. Les soies dont 
il e.st parlé dans la description ne sont pas autre chose que les 
stérigmates très allongés de basides bispores éparses sur toute la 
surËice des clavules ; les filaments semblables à des cheveux qui 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



36 JOURNAL DE BOTANIQUE 

s'observent à l'extrémité des rameaux sont dus à des hyphes 
isolées disjointes de la masse principale. Cette plante est ana- 
logue comme constitution au Ceratella gracilis Berk. et Desm., 
des environs de Paris, ainsi qu'il nous a été possible de nous en 
assurer par les spécimens originaux qui nous ont été gracieuse- 
ment communiqués par M. Peck lui-même. 

Les Lach.fuTtalel^cv., scoparium Lev, etdcîirw/dr^ Jungh.et 
Lev. , dont la place est douteuse, ont exactement la constitution 
du Thelephora amboinensis Lev. et font certainement partie d'un 
même groupe de Théléphoréesdont on ne connaît pas les spores. 

= Espèces signalées dans le Sylloge de M. Saccardo et qui 
nous sont inconnues : 

L. Hookeri Bk, de l'Inde. 

L.Micheneri'Q. et C, de la Pensylvanie. 

L. subsitniîe Bk, , de New-Jersey (Am, Sept.) 

L. semivestHmn B. et C, delà Pensylvanie. 

L, reiicnlatunt B. et Cooke, du Brésil. 

L. rameale B, et Br., deCeylan. 

L. setulosunt'^V.., d'Australie. 

Enfin nous ne doutons pas qu'un certain nombre d'espèces 
des régions chaudes, classées dans les Clavaires {Raman'a), 
doivent venir se ranger dans quelque section de Lacknocladiwm. 

Si maintenant nous nous demandons quelle place doit prendre 
le genre qui nous occupe dans la série des Hyménomycètes, il 
nous semble résulter de l'étude qui précède que la Section I à 
hyméniura amphigène doit rester dans les Clavariées et que les 
Seciions //et ///doivent prendre place dans les Thêléphorées 
à la suite du Pkylacteria. i^a suivre.) 

EXPLICATION DE LA PLANCHE I 

1. Lachnocladiitm giganieum Pat. (gr. nat.). 

b coupe grossie d'uQ rameau. 
c spores. 

2. Lacknocladium insigne Pat. (fragment gr. nat.) 

a spores. 

3. Zi»ciS»!ï£/aii)'M»i/«f«//ii/»»iFr. (fragment derameau grossi, face Stérile.) 

a fragment de rameau grossi, face hyménifère. 
b spores. 

4. Lachnocladiitr» carlilagineum B. et C. (rameau grossi.) 

5. Lachmocladium brasiliense Lev. (rameau grossi.) 

a deux poils de ce rameau. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



Journal de Botaniq 



3' année PI . I 



\ 



« 
4 



I 



]. Lachnocladmm ^i^anteum Pat._2.L insigne Pat ^ 3 L furcellatum Fr. 
4 L cartila^ineum B et C „ 5 L brasilicnse Lev _ 6 L â^Jt^'^^^fi^ JiéV*7N 
7 l. ôuadelupense Lev _ 6 L tubulosum Fr. ' -f^ 



D,B,i..ab,Google 



H. DouLioT. — Recherches sur le périiter 

6. Lachttocladium guyanettse Pat. (spores.) 
•j. — gitad^lttpense Lev. (spores. I 

8. — lubulositm Fr. (.spores.) 



RECHERCHES SUR LE PERIDERME 

Par M. H. DOULIOT 

HtpÉRICINÉES. — « Dans les Hypéricinées, dît M. Vesque(i), 
il y a une différence assez significative entre les Hypericunt avec 
leur périderme au-dessous de l'épiderme et V Ancistroioèus pul- 
chelltis qui possède au-dessous des fibres libériennes primaires 
un périderme à cloisons internes épaissies, comme dans les 
Ternsirœmîocêes, etc. » 

Je dois dire que je n'ai trouvé aucune différence entre l'ori- 
gine du périderme chez les Hypericunt et les Ancistrolobus . Est- 
ce que l'exfoliation précoce de l'écorce du Millepertuis jusqu'à 
l'endoderme exclusivement a induit M. Vesque en erreur au 
point de lui faire prendre l'endoderme pour un épiderme ? Je ne 
sais, toujours est-il que M. Morot {2) s'exprime au sujet du péri- 
derme des Hyperiaan dans les termes suivants qui sont fort 
justes. • Chez les Hyperùum où le péricycle comprend plusieurs 
assises de parenchyme, le liège se forme dans l'assise sous-endo- 
dermique restée incolore tandis que les autres se chargeaient de 
chlorophylle. » Au sujet des autres Hypéricinées nous ne pou- 
vons que citer M. Van Tieghem (3). 

« Le péricycle (des Hypéricacées) est quelquefois tout entier 
parenchymateux, comme dans les Millepertuis, il donne alors le 
liège par son assise externe (TridestniSy Ascyrum')\ mais, le 
plus souvent, la plante devenant ligneuse, le péricycle se sclérifie 
dans sa zone externe, à partir de l'endoderme et constitue un 
anneau fibreux presque continu, en dedans duquel subsistent un 
ou deux rangs de cellules pourvues de chlorophylle. C'est dans 
cette zone interne du péricycle que le liège prend naissance 
en exfoliant non seulement l'écorce, mais encore l'anneau fi- 

1. J. Vesque, Mémoire sur l'anatomie de l'écorce [Ann. des se. nai-, Bot., 
fi- sér., t, II, 1875I. 

3. L. Morot, Recherches sur le péricycle (Ann. des se. oat.. Bot., 6' série, 
t- XX, 1884). 

3. Ph. Van Tieghem, Canaux sécréteurs des plantes (Ano. des se. na(.. Bot., 
f série, t. I, 1885). 



db.Google 



38 JOURNAL l»B BOTANIQUE 

breux {Ancîsirolobus, Cratoxyion, Elima, Haronga, Psoro- 

spermum, Endodesmt'a). • 

On peut donc dire d'une manière générale que dans les neuf 
genres d'Hypéricacées vraies appartenant aux deux tribus des 
Hypéricées et des Vismiées le périderme est péricyclique. 

Or on joint parfois à ces deux tribus une troisième tribu 
formée par le seul genre Frankenia dont MM. Bentham et 
Hooker font une famille à part. Les Frankenia diffèrent des 
Hypéricacées vraies notamment par leurs deux verticilles alter- 
nes d'étamines, toutes simples et fertiles, et leurs graines munies 
d'un albumen amylacé. Ils en différent encore par l'origine de 
leur péridenne qui n'est pas péricyclique mais bien sous-épîder- 
mique. La morphologie interne se trouvant ici d'accord avec la 
morphologie externe, nous sommes portés à écarter les Franké- 
niées des Hypéricacées et à ne pas rompre l'homogénéité de cette 
famille en y conservantun genre qui en diffère par trois caractères 
importants. 

L'étude du développement du liège des Hypéricacées est 
intéressante à un autre titre : en vérifiant sur YHypertcunt caly- 
cinunt les observations de M. Morot et de M. Van Tieghem, j'ai 
observé dans le liège de cette plante la formation d'une assise 
plissée au milieu du liège mou, phénomène observé jadis par 
Sanio sur un Melaleuca et qui est fréquent chez les Rosacées, les 
Œnothérées et les Myrtacées. Le liège des tiges souterraines 
de \ Hyperkum a beaucoup de ressemblance avec celai des tiges 
souterraines d'Œnothérées : sous un endoderme pourvu de 
plissements à cellules plus grandes que celles du péricycle, le 
périderme se iorme par quatre ou cinq cloisons centripètes déta- 
chant trois ou quatre assises de liège mou dont les éléments se 
dissocient et se séparent les uns des autres avec méats quadran- 
gulaires, plus une quatrième ou cinquième assise de liège qui ne 
dissocie pas ses cellules; bien au contraire, on voit apparaître 
sur les membranes radiales un plissement lignifié qui se colore 
fortement en vert par le vert d'iode, tandis que toutes les autres 
membranes du liège se colorent en rose par le carmin borate. 
L'écorce n'est encore attaquée ni exfoliée en aucun point que 
le périderme a déjà une demi-douzaine d'assises de cellules. 

Dans le Cratoxylon coccineum, le périderme possède des 
assises pUssées et des assises de liège dur avec épaississement 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



Abbé Mascls'. — Sur la géographie boiaitique du Nord de ta Fnmce. 39 

des cellules en forme d'U l'onveiture dirigée vers l'intérieur. 
Cette forme d'épaississement, coaime on sait, se rencontre aassi 
souvent dans des cellules d'endoderme. 

Dana VElitea articulata, le liège est formé d'une alternance 
régulière d'assises subéreuses non épaissies et d'assises épaissies 
en U et lignifiées ; ces dernières, avant de s'épaissir, présentent 
sur leurs faces radiales des plissements échelonnés. Les mêmes 
épaîssissements en U se retrouvent dans le Tridesm.is Billardiert. 
L'alternance d'assises plissées et d'assises de liège mou non 
subérifîé est très nette dans VAscyrum Crux-Andreœ. Le phé- 
nomène est le même dans le Visntta cayemtensts que dans 
VEUeea articulata, avec cette différence que les assises de liège 
dur s'épaississent sur toute leur périphérie. 

Ces exemples sont assez variés pour que nous puissions 
penser que le phénomène est général chez les Hypéricacées. 
Quant au Frankenia leevts avec son périderme sous-épider- 
mique, il n'offre rien d'analogue. 

ETUDES SUR LA GÉOGRAPHIE BOTANIQUE DU NORD 

de la France 

(SuiU.) 

Par M. l'abbé HASCLEF 

G. Espèces littorales. — Les espèces de nos sables mari- 
times que je désigne sous ce nom sont celles qui, habitant indif- 
féremment dans d'autres contrées, souvent plus méridionales, le 
voisinage de la mer ou l'intérieur des terres, ne se rencontrent 
normalement dans le nord de la France que sur le littoral. Bien 
que la plupart de ces plantes semblent, au premier abord, se 
comporter dans les dunes ou sur les levées de galets de la région 
du nord comme de véritables espèces marilintes, on ne saurait 
au point de vue de \3. géographie botanique les confondre avec 
elles. En effet l'influence du sel marin et du voisinage de la mer 
n'ont évidemment sur ces espèces littorales qu'une action fort 
secondaire, et d'autres causes locales, d'un ordre tout à lait dif- 
férent, doivent avant tout déterminer leur station. Je vais essayer 
dans un instant de rechercher quelles sont les principales ou du 
moins celles qui nous échappent le moins. 

Parmi nos espèces littorales les unes, comme Glauciunt 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



40 JOURNAL l>E BDTANIQUK 

flavuin CraDtz, Silène coni'caL,., Medtcagofm'm'malÀais.., Trifo- 
Hum scabrunt L. , Hippophae rkatmioz'des L. , Carex arenarvi L. , 
Pkleutn areitaritint L. , sont éminemment caractéristiques de la 
végétation des sables maritimes dont elles forment en partie le 
fond et où elles abondent souvent ; d'autres, comme Lepidiuitt 
mderale L., Silène nuians L,, Medicago média Fers, (M. fal- 
catO'Saiiva Rchb,), Rosa spinosissima L., Planiago arenaria 
W. et K., Eqm'setum variegaium Schl., y sont beaucoup plus 
rares et d'un indigénat souvent plus difficile à établir. 

Voici d'ailleurs plus en détail la distribution dans le nord de 
la France de chacune de ces espèces. 

Le SiLEKF, CONICAest commun du littoral belge à l'embouchure 
de la Somme, où on le rencontre sur les deux rives de la baie ; il 
habite, dans les sables maritimes fixés, les endroits les plus secs 
et tes plus arides. 

Le Phleum ARENARIL'M végète dans des conditions presque 
identicjues ; il est très répandu sur tout le littoral, dans la zone 
des dunes comme dans celle des galets. 

Le Carex arenaria est très abondant dans toutes les duHes 
où il est d'une grande utilité pour fixer les sables mouvants. — 
11 existe, entre la Somme et TAuthie, dans V ancienne garenne de 
Villers-sur-Authie (de A'icq), le long du cordon littoral ancien 
si visible en cet endroit ; la présence de cette espèce dans une 
dune de formation antérieure à celle de la tourbe (i) me paraît 
une bonne preuve de son ancienneté dans la région du Nord, 

L'Hippophae RHAMNOiDhS couvre de Ses buissons très rameux 
et épineux la plupart des vallons humides et des bas-fonds ma- 
récageux des dunes; on le trouve également sur les levées de 
galets, entre Ault et Cayeux, vis-à-vis le Hable d'Auli/ ; de 
V'icq, dans sa Flore, l'indique à Mers où je ne Tai pas revu. — 
UHippophae rhamnoides est toujours très abcndant dans ses 
habitations. Ordinairement il reste très rabougri et atteint au 
plus 60 à 80 cent. ; mais sur certains points bien abrités il se 
développe et forme de véritables arbustes, de i m. 50 à 2 m. de 
haut, dont le tronc atteint de 6 à 8 cent, de diamètre. 

Le TrIFOLIUM SCABRUM est encore une espèce littorale très 
répandue; elle n'est pas à proprement parler spéciale aux dunes; 
on ta rencontre sur tous tes points sablonneux en général, so 
I. Cfr. Notice explicative de la carte géologique de [■'rance, feuille deMontreu 



D,B,i..ab,Google 



Abbé Masclbp. — Suria géographie botanique dit Nord de la France. 4.1 
vent assez loin de la mer, sur les pelouses, derrière les dunes, 
dans les lieux pierreux, au milieu des galets. 

Le Medicago minima recherche les endroits herbeux et les 
pelouses ; il existe sur tout le littoral, mais il est fort désséminé 
et assez rare. — 11 a été rencontré à l'intérieur du département 
de la Somme, près des ruines du Château de Boves par le D^ Ri- 
cher et M. Copineau ; il a été très vraisemblablement introduit 
dans cette localité. 

Le Glaucilm flavum est très irrégulièrement dist:ibué dans 
la région du Nord. On le rencontre presque sans interruption 
et souvent abondant dans ses habitations sur tout le littoral du 
département de la Somme, soit dans les dunes ou sur les levées 
de galets, soit sur les éboulis mi-pierreux, rai-sableux à la base 
des falaises! — Dans \^ Pas-de-Calais A est encore commun dans 
les dunes de Berckl , sur les limites de la Somme ; puis il semble 
disparaître jusqu'aux environs de Boulogne où on le retrouve par 
pieds isolés vers le Porteltx Witnereux, de préférence à la base 
des falaises, sur le sable grossier de la plage I Plus au nord ïl n'a 
plus été trouvé dans ces derniers temps que dans les dunes de 
Tardingheii (de Lamarlière) et plus à l'intérieur des terres, d'une 
manière manifestement adventice, sur les tahis du cfiemin de fer 
de Boulogne à Calais (Giard, de Lamarlière), 11 n'a pas été revu 
aux environs immédiats de Calais-Saint- Pierre où il avait été 
successivement signalé comme abondant dans les champs pier- 
reux par Lestiboudois (1837), Dovergne, Debonningue et Gazin 
{1876). — 11 n'est pas indiqué dans le département du Nord. 

Le Silène nutans a été trouvé dans les dunes du Pas-de- 
Calais sur trois points diflférents : dans celles de Tardingken, 
par M. de Lamarlière; dans celles A'Amèleteuse, au milieu des 
buissons de Rosa spitiosissima près de la Slack, par M. Debray; 
enfin dans celles de Condette, par M. Rigaux. 

Le RoSA SPINOSISSIMA habite les terrains sablonneux, où ,il 
recouvre souvent de grands espaces, à l'arrière des dunes ou des 
levées de galets, ordinairement à une assez grande distance de 
la mer. Il existe dans le Nord à Dunkerque (Flahault) ; dans le 
Pas-de-Calais, à Ambleteuse (Giard) et dans les dunes de Con- 
dette où il est très abondant sur certains points vers Neufckàtel 
et Flortncthun! ; enfin dans la Somme, à Saint- Valéry, dans les 
endroits herbeux au-dessus de la Ferté et dans le bois de Lan- 
eAères{de Vicq). 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



43 j<jurnal de botanique 

Le MedicaGO média, que l'on rencontre sur quelques points 
du département de la Somme, dans les champs de Luzerne et 
dans les UeuK incultes, àl'état d'introduction manifeste, se trouve 
dans les dunes du Nord à Dunkerque (Queulaîn), dans celles du 
Pas-de-Calais à Elapies et à Berckl, en6n dans celles de la 
Somme au Croioyf et au Hourdel dans les galets (de Vïcq). 

Le Lepidium ruderale n'a été observé que dans une seule 
localité du Pas-de-Calais, dans les sables de Berck-Plage, o\y 
il est abondant (Wignier). Il a probablement été introduit dans 
cette localité ; malgré cela je le considère comme une de nos 
bonnes espèces littorales, car tel il se manifeste dans les régions 
voisines, en Belgique, en Normandie et dans l'Ouest. — LeiejSï- 
dtunt r«rfeya/ff a été recueilli dernièrement à l'intérieur du dépar- 
tement du Nord, dans les décombres, près de Cambrai, par 
M. l'abbé Godon ; cette fois il est purement adventice et acci- 
dentel. 

Le Plantago arenarja, que l'on rencontre quelquefois à 
l'intérieur à l'état d'introduction passagère, présente au contraire 
sur le littoral tous les caractères d'une plante indigène ou du 
moins parfaitement naturalisée. M. l'abbé Queulain l'a recueilli 
À Jfosendael près de Dunkr:rque, dans le Nord; il abonde dans 
les dunes de Berck, Pas-de-Calais, entre la baie d'Aulhie et 
l'hôpital maritime ! ; enfin il existe dans la Somme entre le Crotoy 
et l'embouchure de la Maye (de Vicq), 

Enfin I'Equisetum VARIRGATUM a été trouvé très abondant en 
1877 par M. l'abbé Boulay près de Dunkerque, le long « d'un 
sentier traversant un terrain légèrement marécageux, derrière 
les dunes, entre le Rosendoel et La mer (i); » M. l'abbé Boulay 
l'y a revu en aussi grande abondance et fructifié enaoilt 1887, en 
compagnie de M. l'abbé Hy. 

La distribution géographique dans le Nord de la France de 
nos espèces littorales une fois connue , il reste à rechercher quelles 
peuvent bien étire les causes de la présence exclusive sur le lit- 
toral de ces espèces nullement maritimes. Elles sont multiples; 
plusieurs, peut-être des plus importantes, nous échappent com- 
plètement ; d'autres qui nous viennent naturellement à l'esprit, 
comme surtout Vinfluettcs du climat maritime et aussi la nature 



D,g,tz*a:Jb.GOOgle 



Abbé M.isJutr.— Sur la gtagrafikie iotanique du Nord de la France. 43 
physique et chimique du sol, le manque de concurrents, les causes 
géologiques antérieures, semblent fournir quelques explications 
satisfaisantes que je vais tenter de (aire ressortir, sans toutefois 
oser rien affirmer d'une manière bien positive. 

a). Climat maritime. — < On conçoit, dit de CandoUe (i), 
qu'une même espècepuisse ètrelimitéedans un point par unecause, 
dans une autre direction par une seconde cause, plus loin par une 
troisième, au delà par une quatrième, etc. Ceci est d'autant plus 
vrai que r^»»;i'â'/A;'ou la i'Â7À<;rfj'5«, réparties successivement dans 
les mois de l'année, peuvent agir aussi comme causes de délimita- 
tion et se mélanger avec \t^ effets de température. Delà des phé- 
nomènes bizarres dans les limites d'espèce, et une foule d'exem- 
ples qui paraissent des anomalies, et qui cependant pourront 
peut-être s'expliquer, si l'on scrute chaque fait, et si l'on compare 
attentivement les limites bien constatées d'une espèce avec les 
conditions de température et d'humidité, dans toute l'étendue de 
ces limites. » Sans entrer dans une foule de détails que l'on ne 
saurait aborder qu'avec une science égale à celle du législateur 
de la Géographie botanique, et en se tenant aux considérations 
générales, il me paraît possible d'établir que nos espèces litto- 
rales trouvent sur nos côtes, grâce au climat marilime, un 
ensemble de conditions favorables qui y déterminent leur pré- 
sence et qu'elles ne rencontrent plus à l'intérieur des départe- 
tements du Nord où elles ne pénètrent pas (2). Pour cela dans la 
crainte d'erreurs ou d'hypothèses hasardées, je suivrai pas à pas 
les principes posés par de Candolle dans son Chapitre sur la 
f délimitation des espèces « , n'étudiant parmi les nombreux élé- 
ments météorologiques tels que la température, la fréquence ou 
l'intensité des pluies, la directioc des vents, l'état hygrométrique 
de l'air, la lumière, etc., qui forment tout climat en général, que 
ceux qui peuvent avoir une influence évidente sur la dispersion 
des espèces qui nous occupent. 

Parmi elles, dix appartiennent à la flore méridionale de l'Eu- 
rope et tendent dans le Nord de la France vers leur limite de dis- 
persion boréale; deux autres, au contraire, YHippophae rkam- 

1. A. de CandoUe, Géographie botanique taisonoée, t. I, p. 71. 

a. La disfribuiio» géographique de ces espèces qui sera Étudiée dans la se- 
conde partie de ce travail vient confirmer cette conrlusioa; la plupart sont éga- 
lement littorales en Belgique, en Normandie et dans l'Ouest, régions où le climat 
est peu différent du nôtre. 



D,B,i..ab,Google 



44 jmlKNAl Dr. iiOl AMIJLIK 

noi'des et \ Equisetzun variegaiuin appartiennent plutôt à lafloyf 
septentrionale et tendent vers leur limite de dispersion australe ; 
enfin une dernière, le Carex arenaria, affectionne surtout nos 
côtes occidendales et est, chez nous, à sa limite de dispersion 
orientale; le climat ne peut agir sur ces trois catégories d'es- 
pèces d'une façon identique, il importe donc de rechercher sépa- 
rément quelle peut être son action sur chacune d'elles. 

a.. — Espèces plutôt métidionales. — Parmi ces dix espèces, 
sept, Glaiicinm flavum-, Lepidium ruderale, Silène conica, 
Medicago miniftta, TrifoUum scabrum, Ptantago arenaria, 
Phleum arenarium, sont annuelles ou bisannuelles et trois, 
Silène niitans, Medicago inedia. Rasa spinosissima , sont vivacrs 
ou ligneuses. 

Espèces annuelles et bisannuelles. — « Les espèces annuelles 
sont arrêtées vers le nord d'un continent presque toujours par 
le défaut d'une somme de température, calculée soit entre le 
jour où commence et celui oîi finit un certain degré nécessaire à 
chaque espèce, soit entre l'époque où règne et celle où cesse une 
quantité d'humidité exigée aussi par chaque espèce. En d'autres 
termes, \t. froid de l'hiver ou la. sécheresse de ^d-V/ empêchent 
momentanément la végétation de ces plantes; mais elle s'établit 
lorsque, entre les époques faisant^obstacle, la somme de tempé- 
rature est suffisante. \J interruption par le froid est ordinaire 
dans l'Europe lempe'rée et probablement dans tes régions analo- 
gues; celle par la séclieresse se présente surtout sur les bords dff 
la mer Méditerranée , et probablement dans tous les pays où il 
règne une époque de sécheresse bien caractérisée ». (i) D'après 
ces conclusions de de CandoUe, c'est surtout le froid de l'hiver 
qui détermine dans nos régions les limites polaires des espèces ; 
dans le cas présent la question à nous poser revient donc à celle- 
ci : fait-il moins froid dans le }iord de la France sur le littoral 
qu'à l'intérieur des terres et par conséquent est-ce bien le climat 
maritime qui permet la présence sur nos côtes de nos espèecs 
littorales annuelles} La réponse est affirmative si l'on étudie 
soit les conditions générales climatérïques du nord de la France, 
soit les données spéciales empruntées aux diverses statistiques 
météorologiques locales. 11 importe d'ailleurs de préciser davan- 
tage, il est tout d'abord bien loin de ma pensée de vouloir dire 

I. A. de CandoUt, Géographie botanique raisonnée, t. I, p. loi, loi. 



D,B,i..ab,GoOglc 



Abbé M.isci.KF. — Sur la géographie botanique du Word de la France. 45 
que dansnotre région du Nord il existe une différence notable entre 
le climat de l'intérieur et celui du littoral, et cela à l'avantage de 
ce dernier. Notre région est trop petite et trop peu montagneuse 
pour y constater de ces différences considérables signalées déjà 
depuis longtemps par Alexandre de Humboldt, à la latitude de 
Genève par exemple (i); au contraire les diverses fnoyennes de 
tetnpérature relevées dans le Nord de la France sur divers points 
du littoral sont inférieures de quelques dixièmes de degré à 
d'autres prises à l'intérieur (2). 

Mais dans le cas présent, nous dit encore de Candolle (3) < la 
méthode des moyennes de température par mois, par saisons, 
par année surtout, ne mérite aucune confiance. Elle n'explique 
les délimitations que par hasard, dans le cas où l'on compare des 
climats dans lesquels la marche de la température est parallèle 

pendant les saisons dont il s'agit Elle est vicieuse pour les 

régions où l'est et l'ouest, le centre et le littoral offrent des comii- 
tiotis exirêmeinent différentes, a 

Or les conditions climatériques sont loin d'être les mêmes sur 
le littoral et à l'intérieur. Sur les côtes le climat est essentielle- 
ment maritime ou insulaire ; grâce à l'influence du Gulfstream 
et à la prédominance des vents du Nord en été et des vents du 
Sud en hiver, elles sont rafraichies pendant l'été et réckaufiées 
fendant l'hiver, et la différence entre les plus fortes chaleurs et les 
plus grands froids de l'année y est relativement faible. A peine 
s'éloigne-t-on, au contraire, des bords de la mer dans la direction 
de l'est, que son influence se fait moins sentir et que par suite 
les saisons offrent un plus grand écart ; le climat devient rapide- 
ment de plus en plus continentaly les étés sont plus chauds et les 
hivers plus froids .C ^sx ainsi qadadiff^érence entre les moyennes 
de l' hiver et de l'été (\ui n'est que de i3°,6à Abbeville est déjà de 
15",$ à Arras, où le climat est assez inconstant pour avoir des 
écarts annuels de plus de 50" (4). On peut donc affirmer, sans 

I. A. de Huiaboldl, D>.- distribulïono geographica plantanim, p. iiK. 

a. Tentpératares moyennes : 

ItttérUur. — Arras, u',9; Lille, q",7. 

Littoral. — Dunkerque, g', 4; Abbeville, 9",4; La Chapelle près Dieppe, g", 3. 

3. A. de Candolle, Géogrnpliie botanique raisonnée, t. I, p, ioi. 

4. Température ta plus basse : Année 1880. — 18- 

Température la plus haute : Année 1880. + îi',\ 
Année 1881. + 37°, 4 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



46 JOURNAL DE BOTANIQUE 

crainte de se tromper, que les végétaux sont soumis sur le litto- 
ral à des conditions climatériques bien meilleures que dans 
l'intérieur des terres ; la température y est plus uniforme. C'est 
cette uniformité de température qui doit surtout être utile aux 
espèces annuelles qui nous occupent pour le moment ; elles se 
trouvent sur le bord de la mer comme dans une espèce de serre 
froide à température constante. Leurs graines n'ont guère à re- 
douter les froids excessifs de l'hiver, et grâce à la douceur rela- 
tive de la température au printemps et à l'automne elles peuvent 
commencer à végéter plus tôt et surtout ont tout le temps de 
fleurir et de mûrir leurs fruits pendant les mois de septembre et 
d'octobre où les gelées hâtives ne sont pas tant à craindre sur le 
littoral qu'à l'intérieur. 

Espèces vivaces et ligneuses. — « Pour les espèces vivaces 
et ligneuses, les circonstances qui influent sont plus variées. Le 
froid habituel ou moins fréquent des hivers détermine souvent 
la limite du côté où les climats deviennent excessifs. La durée de 
la jteige modifie cette cause principalement à l'égard des espèces 
vivaces. U' humidité om la sécheresse influent aussi dans plusieurs 
circonstances et arrêtent souvent en Europe l'extension des 
espèces(i). b Cette fois c'est encore, suivant de CandoUe, \ç. froid 
de l'hiver qui arrête surtout les espèces méridionales vivaces 
dans leur dispersion vers le Nord ; tout ce qui vient d'être dît à 
propos des espèces annuelles peut donc encore s'appliquer ici. 
La neige ne persiste guère sur le littoral, elle y fond beaucoup 
plus rapidement qu'à l'intérieur, sa durée ne peut par conséquent 
que modifier bien peu les effets du froid de l'hiver. 

Quant à \ hutnidité et à la sécheresse, elles sont inégalement 
réparties dans le nord de la France sur le bord de la mer et à l'in- 
térieur, suivant les saisons ; ainsi, undis que dans les terres le nom- 
bre des jours pluvieux est sensiblement le même en été qu'en au- 
tomne, sur le littoral au contraire, à Dunkerque, à Abbeville, il 
y a en moyenne dix jours de pluie de plus en automne qu'en été. 
Cette dernière saison est donc plus sèche sur le littoral et cette 
sécheresse un peu plus grande ne peut qu'y favoriser la pré- 
sence et le développement d'espèces plus méridionales. 

^. — Espèces plutôt septentrionales. — Bien que les deux 
s dont il s'agit ici, VHippophoe rhamnoides et XEquisetum 
,. Â. de CandoUe, Géographie botanique raisonoée, t. I, p. m:. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



Abbé Masclbi'. — Sur la géographie botaniqtu du Nord de la Fnaice. 47 
variegatum^ soient plutôt septentrionales que méridionales (1) 
par rapport aux précédentes, elles ne sont pas comme elles arri- 
vées dans le nord de la France presque à leur limite normale de 
dispersion ; elles habitent aussi bien l'Europe centrale que sep- 
tentrionale. Seulement, dans toute l'Europe centrale, on ne les 
rencontre ordinairement toutes deux que sur les sables et les 
graviers au bord des rivières et des torrents, tandis que plus au 
nord, en Belgique, en Angleterre, en Suède et en Norwège, 
VHzppopkae rkamnoides n'existe plus que dans les sables mari- 
times, comme dans le nord de la France et en Normandie ; VEqm- 
setum variegatufn se trouve dans le même cas sur quelques 
points, en paaiculier sur le littoral belge. Ce sont donc deux 
espèces qui rentrent dans la catégorie de celles étudiées par de 
CandoUe comme ayant des stations bien différentes datis divers 
points de leur habitation, et à ce titre l'irrégularité de leur disper- 
sion ne peut être expliquée, selon cet auteur, que par l'effet de 
climats différents qui changent la nature physique des stations. 
< Ce n'est pas l'espèce qui change de conditions, mais elle trouve 
tantôt dans une station, tantôtdans une autre, suivant le pays > (2) 
ce qu'elle exige pour prospérer. Les espèces dont il s'agit ici 
paraissent surtout rechercher le voisinage de l'eau et une atmos- 
phère imprégnée d'humidité; en Suède, en Angleterre, dans le 
nord de la France, elles trouvent normalement ces conditions 
sur le bord de la mer ; mais plus à l'intérieur, elles sont obligées 
de rechercher le voisinage des cours d'eau, où les conditions cli- 
matériques d'humidité ont certains points de ressemblance. 

Y. — Espèce à dispersion occidentale. — Cette espèce, le 
Carex arenaria, qui recherche et habite plus spécialement les 
bords de l'Océan, de la Manche, de la mer du Nord et de la Bal- 
tique, y est évidemment attirée par \Agrande humidité des côtes 
occidentales {3). Ici> comme dans la catégorie précédente, ce 
n'est plus l'inQuence tout-à-fait locale du climat maritime spécial 
au nord de la France qui doit entrer en ligne de compte, maïs 
bien \g climat maritime de l'Europe occidentale en général. 

b) Causes locales plus secondaires. — Ces causes, énumé- 
cces plus haut, n'ont pas l'importance générale du cUtnat mari- 

I. Cfr. C. P. Nyman, Conspectus florzEuropx, 1878-1384. 

3. A. de CaitdolU, Géograpbie boianlque raisoimée, 1. 1, p. 450. 

3. Ibid,, p. 346. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



,t lOUKNAL l)K HOTANIQUK 

tune; elles n'agissent que sur telle ou telle espèce en particulier, 
et leur action, toujours combinée avec la précédente, ne paraît 
pas suffisante, dans Us conditions actuelles, pour déterminer, à 
elle seule, la présence de nos espèces littorales dans les sables 
maritimes du Nord. 

a. — Infltiejice du sol. — Il est évidemment inutile de rappeler 
l'influence de la nature physique des sables tnarittiHes; il ne 
peut donc être question pour le moment que de leur influence 
chimique. Le calcaire contenu dans les sables des dunes et des 
galets a peu d'influence sur les espèces littorales, peut-être a-t-il 
une action tout à fait secondaire sur le Medicago mlninta qui 
semble le rechercher. Le Chlorure de Sodium, doit avoir un rôle 
plus important; son action est évidente sur le Glaiiciiim, flavum 
qui a souvent l'aspect d'une plante halophile; elle est également 
probable sur le Carex areizaria. Ces deux espèces se compor- 
tent d'ailleurs sur tout le littoral français comme deux marilintes 
■prèférentes . 

p. — Le m^anque relatif de concurrents dans nos sables mari- 
times permet une multiplication plus facile dts espèces littorales, 
ou même leur introduction des contrées voisines, mais dans le 
cas présent cette influence est absolument subordonnée à celle 
du climat maritime. 

y. — Quant aux causes géologiques antérieures elles ont pu 
déterminer la présence actuelle de quelques-unes de nos espèces 
littorales, mais cette question, peu importante si Ton considère 
exclusivement les conditions actuelles de végétation sur notre 
littoral, sera traitée dans un chapitre spécial à la fin de ces études 
de Géographie botanique. J'ai déjà fait remarquer en passant 
que le Carex arenaria paraît avoir existé sur le littoral de la 
Somme avant l'âge de la formation de la tourbe. (A suivre.) 



NOTA 

Par suite d'une erreur de composition le texte de la page [441 (n° du 16 d£- 

cembre 18S8, IJ^es 13 et suivantes] a été tronqué; Il doit être rétabli de la ma- 

Le SaliX kepens — Var. argentea — est répandu dans toutes 
les dunes, dans les bas>fonds humides et un peu marécageux I 

Enfin le Setaria VIRIDIS — Var. reclinata — a été trouvé à 
Cayeux par M. Debray ; je l'ai également récolté dans les dunes 
près A'Etapies ! 

Le Gérant .• l.nuis Morot. 



D,B,i..ab,GoOglc 



là FEVRIER ia«i) 



JOURNAL DE BOTANIQUE 

Directeur : M. Louis MOROT 



OBSERVATIONS 
SUR DEUX PRIMULA A GRAINES ANATROPHS 

Par H. A. FRANCHET 

On sait que dans les graines des Hottonia l'embryon est per- 
pendiculaire au hile, lequel est situé tout près du micropyle et 
dans le même plan que lui; en d'autres termes les graines des 
Hottonia sont anatropes. Dans celles de tous les Prmmla con- 
nus jusqu'ici, le hile occupant un point quelconque, ordinaire- 
ment le milieu, de la face ventrale, il en résulte que la ligne 
formée par la cicatrice hilaire est parallèle à la direction de 
l'embryon, d'où une tiémîtropie de la graine plus ou moins ac- 
centuée. 

L'anatropie des graines chez les Hottonia, l'hémîtropie chez 
les Primula, voilà en réalité à quoi se réduit la difterenciation des 
deux genres, pour lesquels Endlicher a été jusqu'à établir deux 
tribus distinctes. Cette division en deux genres et en deux tri- 
bus pour des plantes dont les affinités sont si évidentes, et que 
Linné n'avait que péniblement séparées, a pourtant été acceptée 
sans contestation par tous les phytographes, sans doute parce 
qu'elle ne souffrait pas d'exception, et que d'autre part elle cor- 
respondait, pour les plantes qui en étaient l'objet, à des condi- 
tions de végétation et d'existence réellement dissemblables, les 
Hottonia étant des plantes éminemment aquatiques, les Pri' 
mula affectionnant, sauf de rares exceptions, les stations élevées 
et le plus souvent sèches. 

11 n'y aurait donc point lieu de revenir sur cette question 
sans la découverte récente de ûrmx. Primula à graines anatropes 
comme celles des Hottonia, le P. Dclavayi et le P. vinciflora, 
appartenant l'un et l'autre à la flore des plus hautes régions de 
la Chine occidentale, et que plusieurs particularités morpholo- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



50 lOUKNAL DE BOTANIQU!-: 

giques rendent d'autre part fort remarquables. Ainsi, seuls (i) 
parmi leurs congénères, sauf peut-être une espèce himalayenne, 
ils sont normalement uniflores; leur fleur, sensiblement plus 
grande que dans tous les autres Primula, naît avant les feuilles, 
ou, tout au moins, se développe en même temps, et non posté- 
rieurement comme on le voit d'ordinaire; les graines, absolu- 
ment lisses, ont leur tégument externe formé de grandes cellules 
hexagonales et débordent tout autour de l'embryon, sauf dans 
le voisinage du hile, en une large expansion aliforme et translu- 
cide; elles sont aussi très comprimées, de forme arrondie, ou 
plus ou moins nettement trapézoidale, ou rectangulaire. Dans 
tous les Primula connus les graines sont épaisses, anguleuses, 
souvent papilleuses et dans tous les cas absolument dépourvues 
d'aile. 

L'anatropie des graines du P. Delavayt &. du P. vini:iflora 
n'est complète, je dois le dire, 
qu a leur parfaite maturité. 
Dans l'ovule et dans les grai- 
nes jeunes l'hëmitropie de- 
meure encore évidente, surtout 
chez le P. Delavayi (fig. i). 
La cicatrice du hile s'y montre 
Fig, [. en effet réellement ventrale, 

Graiiiis j,UTi.:s (i;roi.ip.)du PrimuU IUhv<:yL (jj^^ qyg \^ plaCC qu'elle OCCUpC 

sur cette région soit très va- 
riable et déterminée d'ailleurs par la position elle-même des 
graines toujours extrêmement nombreuses et pressées les unes 
contre les autres sur le placenta. 11 en résulte, comme M. Bâil- 
lon Ta tout d'abord observé, que sur un même placenta, selon 
que le hile occupe le milieu de la face ventrale ou presque la 
base de la graine jeune, celle-ci peut-être considérée comme 
hémitrope ou, dans le dernier cas, comme réalisant presque 
l'anatropie, avec toutes les positions intermédiaires possibles. 
Mais, comme je viens de le dire, ce n'est que dans la graine 

I. [,e P. Elvestnna Kinij, du Sikkim-llimalaya, appartient très proiiablement 
au intmf grimpe que IfS P. Delavayi et vincijiora, dont il a la véj^'iation ; mais 

ronl constituer un groupe pariiculii-r, Onipkalogr.tmiiia, ilénominatiiin proposée 
en i«B,; pour le P. Delavayi (Cf, BiUl. Soc. hol. de Frauce, vol. XXXII, ]>. iji], 
et tjue M. Pa^, Moiioi;/: Priiit., a cru dev.iir remplacer par celle Ai Bm-bal.e. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



A. ['sMicHET. — Sur deux Primula à gi-amcs anntropes. 51 

mûre que l'anatropie se montre réelle (fig. 2); par suite sans 
doute d'un développement inégal, le hile se rapproche de plus 
en plus du micropyle, jusqu'à lui devenir contigu, et se trouve ' 
ainsi placé sensiblement sur le même 
plan; la graine, d'oblongue qu'elle était 
dans sa jeunesse, devient trapézoïdale 
ou presque arrondie, en même temps 
que l'aile s'accroît au point d'égaler au 
moins la moitié de la largeur de l'em- 
bryon avec son abondant albumen. 

Tout ceci s'applique plus particuliè- 
rement au /*. Delavayi ; dans le P. vin- p|g ,^ 
cijlora, chez lequel l'expansion aliforme ^"''^^ "•''Y (e"»-«') /'" ''n- 
de la graine se produit assez tardive- 
ment, l'hémitropie se montre peu nette, même dans l'ovule; la 
jeune graine apparaît fixée par son angle ventral inférieur, son 
hile oblique se trouvant ainsi sensiblement rapproché du micro- 
pyle, sans être pourtant absolument dans le même plan que lui. 
Ce n'est que plus tard, toujours en conséqence de l'inégal déve- 
loppement de la graine, que 

l'obliquité du hile disparait £ 

tout à fait et que l'anatropie 
devient complète. Acelte pé- 
riode (fig. 3), la graine se 
montre aussi largement ailée 
que celle du P. Delavayi; sa Fi^. s. 

forire est également trapézoi- '^■""'"° <k™""-'J " """' " '"""J""''- 
dale ou même nettement rectangulaire ; ses dimensions presque 
moitié moindres et le réseau plus lâche des cellules du tégument 
externe permettent delà distinguer assez facilement de celle du 
P. Delavayi. 

Si maintenant l'on compare les graines mûres des Hottonia 
avec celles des deux Primula dont je viens de parler, on se 
convaincra facilement que l'anatropie existe au même degré et 
se présente dans les mêmes conditions chez les deux genres. 
On en peut conclure à la nécessité de supprimer tout au moins 
la tribu des Hottoniées et de ne conserver le genre Hottonia que 
sur la seule considération des conditions particulières dans les- 
uelles il végète, distinction qui pourra peut-être sembler de 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



51 lOURNAL DE BOTANIQUE 

mince valeur à ceux qui considèrent le genre dans son accep- 
tion la plus large. 



INFLUENCE DE L'EXPOSITION 
L'ACCROISSEMENT DE L'ÉCORCE DES SAPINS 

Par M. EmU« MER 

J'ai publié dans \e Journal de Bolanique (i) une strie d'observations 
relatives à l'influence de l'exposition sur le développement du bois 
dans les Sapins. J'ai montré quetorsque le tronc de ces arbres se trouve 
fortement insolé, ainsi que cela a lieu sur les versants exposés à 
rOuesi et principalement sur les lisières, les couches ligneuses sont 
notablement réduites sur la lace du ironc qui reçoit directement le so- 
leil, mc:r.c lorsque les branches et les racines sont bien plus dévelop- 
pées de ce côté. Il en résulte une excentricité plus ou moins prononcée 
de la moelle. J'ai attribué ce fait à un ralentissement de l'activité cam- 
biale résultant, particulièrement en été, de l'action du soleil sur le 
tronc dégarni de branches. 

Mais le cambium ne produitpas seulement du bois; il forme encore 
de l'écorce. Il était dés lors nécessaire, pour compléter cette étude, de 
rechercher si le développement de l'écorce se trouve ralenti comme 
celui du bois et s'il l'est dans les mêmes proportious on pour parler en 
termes plus précis, si te rapport corltco-ligiieiix varie sous l'influence 
de l'exposidon {2). Ce sont ces recherches que je vais exposer. 

I 

Je dois en premier lieu faire connaître les conditions dans lesquelles 
il est nécessaire d'opérer pour recueillir les éléments permettant d'éta- 
blir avec précision le rapport cortîco- ligneux. L'écorce doit être assez 
développée pour que son épaisseur puisse être apprécîéeà l'aide d'une 
échelle divisée en millimètres. Il faut donc s'adresser à des sujets déjà 
assez âgés et n'ayant pas spécifiquement une écorce trop mince. D'autre 
part cet âge ne doit pas être trop avancé, afin que l'écorce ne soit pas 
encore rhytidùméc. On ne peut en effet tirer des conclusions certaines 
de mesures prises sur des écorces où le rhytidôrae a déjà acquis une 
certaine extension, non seulement parce qu'une plaque de rh y tid Orne 

2. Par rapport cortico- ligne 
r^orce en un point donni; du 
point, longueur mesurée sous é< 

Le mol écorcs doit (in reste 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



E. MmH. — De l'accroissement de Vêcorce des Sapins. 53 

peut avoir perdu une portion plus ou moins grande de sa substance 
soit spontanément, soit pendant les manipulatioas accompaguaQt l'aba- 
tagc dr l'arbre et la préparation de la rondelle, mais encore parce que 
l'épaisseur de cette plaque ne représente plus l'épaisseur du tissu vi- 
vant. Elle a pu se dessécher ou au contraire absorber de l'eau, suivant 
les circonstances atmosphériques, se décomposer même plus ou moins 
sous l'influencedes nombreux organismes qui y ont élu domicile. Aussi 
nie paraît-il impossible d'apprécier avec exactitude le rapport cortico- 
ligneux sur un arbre ayant dépassé un certain âge, variable du reste 
avec l'espèce. Du moins des mesures prises dans ces conditions ne 
sauraient avoir aucun intérêt au point de vue physiologique, puis- 
qu'elles ne fourniraient que des indications erronées sur l'épaisseur 
réelle de l'écorce formée depuis le jeune âge. Leschances d'erreur sont 
encore plus nombreuses quand les écaillesde rbytidôme ont commencé 
à se soulever, parce que la surface de l'écorce présente des reliefs et 
des anfractuosités qui rendent toute mesure incertaine. 

D'après ce qui précède, il est peu d'essences qui se prêtent à l'étude 
des iniluences du milieu sur la croissance de récorce. I.c Hêtre, le 
Charme se rhvtîdômenl assez tard, mais leur écorce jusque-là reste bien 
mince; les variations d'épaisseur qu'elle éprouve sont par suite peu 
appréciables. Les divers Pins, le Mélèze ont une écorce épaisse, mais 
qui se rhylîdime de bonne heure. L'Iipicéa, et surtout le Sapin sont, 
parmi nos essences indigènes, celles qui m'ont paru présenter le plus 
de facilités pour cette recherche, parce que l'écorce, tout en acquérant 
une certaine épaisseur, ne commence guère à se rhytidômer que vers 
l'âge de 40 à 50 ans pour la première, de 60 à 70 ans pour la seconde. 
C'est sur des sujets de cet âge que mes observations ont été faites. J'ai 
observe, en outre, dans la prise des mesures, certaines précautions qu'il 
est bon de faire connaître. Ainsi, lorsque j'avais des échantillons sur 
lesquels se trouvaient quelques plaques seulement de rhytidôme, j'évi- 
tais de prendre les mesures dans les régions, assez limitées du reste, 
où se trouvaient ces plaques. De même je laissais de côté celles où je 
remarquais des cicatrices de branches tombées, parce que l'écorce est 
toujours plus épaisse en ces points et se rhytidôme plus tôt. Je mcgar- 
dais bien aussi de prendre mes mesures aux points où le contour de la 
section présentait soit des saillies trop prononcées, soit au contraire 
des sinus, parce que l'écorce y est toujours plus épaisse, bien que pour 
des causes différentes comme je l'expliquerai plus loin. 

Si je ne prenais pas mes mesures sur les points où l'écorce avait 
reçu un développement exagéré, j'avais soin de ne pas les prendre 
davantage sur ceux ou elle était trop mince par une cause accidentelle, 
telle que l'érosion provenant des instruments ayant .servi à préparer la 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



s* JOIRNAL IIE BOTANIQUE 

roudelle. Enfin, d'une manière gi*ni!rale, je ne me bornais pas à noter 
l'épaisseur de l'écorce sur un seul point de la n'gion où je voulais re- 
cueillir cette d^:tenninalion, je le faisais encore sur plusieurs points 
voisins, de maniire à obtenir une moyenne aussi exacts que possible. 
Même dans les échantillons où le contour de Tt-corce est le plus régu- 
lier, il existe certaines inégalités peu appréciables el qui auraient suffi 
à fausser les résultats si j'avais lirailé mes mesures à un seul point. Ces 
mesures ont été évaluées aussi bien pour !c bois que pour l'écorceàun 
demi-mil limétre près. C'est la plus grande approximation à laquelle il 
m'ait paru possible d'arriver dans la pratique. 

Les observations dont il va <^tre question en premier lieu ont été 
faites sur des Epicéas de lisière, exposés à l'Ouest, voisins de ceux qui 
font l'objet du tableau I. (V. Journal de Botanique, a" aimée, p. iS^ 
et /#7.^ Il est donc inutile que je décrive de nouveau leur situation. 
Pour chacun d'eux l'épaisseur du bois et celle de l'écorce futmesurée 
à la base sur la section d'abatage, tant du côté de la lisière que du côté 
du massif (i). Les mesures sont inscrites dans le tableau A. Elles sont 
évaluées en millimètres et les rapports co ri ico- ligneux en millièmes. Il 
en sera de même dans tous les tableaux qui suivront. 

TABLEAU A 



COTi 


DE LA 


LISIÈRE 


COTÉ 


DU MASSIF 


BOIS 


ÉCOHCE 


APHÏHT C. L. 


BOIS 


ÉCOBCS KA 


POHT c. I„ 


7S 


5 


66 


•4.5 




10 


OQ 


50 




100 


"fS 




7 


(.11 


50 




60 


75 




5 


«6 


53 




37 


75 






53 


80 




37 






1 




54 




37 


t» 




3 


3' 


60 


3,33 


66 


98 




S,01 


61 



Moyeunea 

On voit que sur la partie du tronc tournée vers la lisière l'écorce est 
généralement plus mince que sur la partie tournée vers le massif, mais 
le rapport cortico-ligneux est en moyenne plus élevé dans le premier 
cas. Par suite de l'exposition le développement de l'écorce a donc été 
moins entravé que celui du bois. 

Dans cet exemple l'aclivilé cambiale avait été très ralentie parce 
que les arbres se trouvaient fortement insolés. Il y avait lien de s'assu- 
rer si, dans les circonstances où la chaleur est moins ardente, aux ex- 

e fussent àgéa que de 45 ans environ, l'écorce était, 
ment sur la face louriîce vers la lisière. C'est là, 
c, une condition défavorable pour celle recherche. 

ent pas encore soulevées, ce qui m'a 

e exactitude relative. 



D,B,i..ab,Google 



E. Mer. — De F accroissement de l'icorce des Sapins. 55 

positions méridionales par exemple, le rapport cortico- ligneux ne 
s'élève pas et si l'écorce, au lieu d'i^tre plus développi'C sur la face 
échauffée que sur l'autre face, par comparaison seulement avec le bois, 
ne l'est pas d'une manière absolue. Des recherches ont été entreprises à 
cet effet dans un massif de Sapins âgés de 60 à 75 ans, en pente 
rapide exposée au Sud, à une altitude moyenne de 800 mètres. Les 
sujets mesurés se trouvaient soit à quelque distance de la lisii.-re, soit 
sur le bord de clairières. Je choisis des arbres éloignés d'au moins 
I m. des plus rapprochés, afin de n'avoir pas à tenir compte de l'in- 
fluence du voisinage (i). Sur les sections d'abatage pratiquées à 
cm. 20 du sol et pour chacune des faces Nord et Sud (Sapins), Est 
et Ouest (Epicéas) je mesurai le rayon de la moelle à l'écorce, ainsi que 
l'épaisseur de celle-ci (tabl. B), 

TABLEAU B. 





SAPINS 






RPICÉAS 








__KOK,>__ 


__-»^ 


bN- 


B» 


im- 


_^-B.T 








\m- 














im. 


N- 


Ml. 

"5 

108 


fcm. 


«a 


■*U. 


buu. 


c. 1. 




Bail- 
60 

66 


tmm. 


1.1. 

57 


Mt. 
."S 


f-m. 


g.l. 

9 
.■i« 
«3 




95 


î,5 


36 


ss 


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s 


',11 




90 




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5» 
83 




80 

47 




«5° 




40 

84 




10 


66 




So 




s» 


S» 

75 




S» 










85 


6.S 


7Û- 






6 


4» 






9» 








7S 


i»o 




Sa 


9 






33 


95 




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■K5 




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37 


9S 
75 

.70 


l 


9* 
4; 
















■4 


ICT 


63 


6« 


99 


B 


9S 


t*1 


68 


3 


39 


6B 


4 


S9 



De tous les Sapins figurant au lableau B, le n" ; est le seul dont le ra^oo soit 
plus faible vers la rampe que vers la pente (a). Cela tient à ce que, pour une cause 
quelconque, la présence d'un obstacle, d'une grosse piene ou d'une souche, par 
ex-, le déTcloppement des racines a été entravé de ce côté. Le rapport cortlco> 
ligneui o'cD est pas moins plus développé vers la pente, ce qui met bien en 

t. Lorsque deux Sapins se trouvent très rapprochés, à nioin^ de 1 m. par 
ex. pour Vigt de 60 ans, les couches lig;neuses sont plus minces sur les faces 
voisiner que sur les faces opposées. Il en résulte une perturbation dans l'accrois- 
peraeoi de l'écorce qui masque ou exagère plus ou moins, suivant le caSj l'in- 
fluence de l'exposition. 

3. Je crois devoir prévenir une fois pour toutes, afin d'éviter toule confusion, 
que par rampe j'entends la partie du versant située au-dessus de l'arbre, du câté 
de la moDtaKae, et par pente la partie du même versant, ^tuée au-dessous de 
l'arbre, du cJté de la vallée. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



S6 JOURNAL DE BOTANIQUE 

évidence l'influence de l'exposition Sud. Probablement pour le même motif la 
croissance du bois avait été encore bien plus restreinte du côté de l'O. puisque 
le rayon de ce côté ne mesurait c|je 711, tandis qu'il étaii de 155 du côté de TE. 
Cependant l'écorce avait la mOme épaisseur (8 millim.) de part et d'autre. L'in- 
fluence de l'eiposition O. est donc ici iiîen manifeste. 

Le Sapin □" g était ombrag'é par des voisins et ne recevait la lumière direct» 
que par une trouée. De ce côte son c'corce ëtait plus L'paisse que sur tout le reste 
de la section ; elle avait 7 millim. d'épaisseur. 

Quelquefois par suite de l'inlervenlion d'autres causes, l'iniluence de l'expia 
sition est moins évidente, mais ressort cependant à ta suite d'une analyse minu- 
tieuse. C'est ce qui se présente dans les deux cas suivants : 

1° Un Sapin, situé parmi ceux qui font l'objet du tableau B présentait les. 



\ Epaisseur du bois. . 



' Kappor 



Sud. I '''^T^""' j" i.'°corce! "^ ( «apport c. 1. 71,. 

Cet arbre était fortement courbé à la base, le côté convexe tourné vers la 
pente. Contrairement à ce qui a lieu d'ordinaire dans ces sortes de courbures 
occasionnées par le poids de la nci^e, l'éboulement d'un rocher ou la chute d'un 
arbre voisin, le plus grand rayon était situé vers la rampe, du côté concave par 
conséquent (1). On verra plus loin que lorsque les accroissements du bois sont 
très considérables, notamment au niveau des courbures, l'écorce est loin de se 
développer dans la même proportion et (|ue dans ce ras le rapport cortico- 
ligneux est faible. Mais ici l'épainseur de l'écorce sur le côté S. était relative- 
ment si grande qu'il faut attribuer ce résultat en partie à l'exposition. Et en 
effet cet arbre se trouvait sur le bord d'une clairière placée au-dessous de lui, ce 
qui permettait au soleil de frapper la face exposée au Sud. 

2" Sur im autre Sapin faisant partie du même massif que le précédent, les 
s furent relevées : 



^°"*- } _ de l'écorce. to \ ^PP"" ^- '• 54- 
_ , l Epaisseur du bois. , . iSo j 
S"'!- _ He l-,V«rce. 7 «^PP"" '^- '- 3»- 



Ici le rapport cor tico-ligneuK est plus faible à l'exposition Sud, bien qu'il n'y 
ait qu'une faible différence entre l'épaisseur du bois du côté N. et du côté S. 
Cela tient à ce que l'écorce est ndtableroent plus mince aur ce dernier côté, bien 
que l'arbre soit situé sur la lisière. La différence entre ce résultat et ceux 
(x>nstatés précédemment provient de ce tju'au niveau où les mesures ont été 
prises, le tronc, par suite d'un déracinement partiel remontant à la jeunesse de 
l'arbre, était très incliné, la face tournée vers la pente, touchant presque le sol. 
Il en était résulté que cette face s'était trouvée, pendant le cours de son déve- 
loppement, soustraite à la lumière directe qui venait an contraire frapper la 
face Nord, dans toute la partie du tronc couchée vers la terre. 

Le tableau B monlre quo le rapport cortico-ligneux s'élève aux ex- 

1. Cet effet était dû à la présence de racines plus nombreuses et plus fortes 
vers la rampe, ce qui avait favorisé le ili-ïelc)ppement du bois de ce côté. 
L'iniluence de la rampe avait ici triomphé de celle de la courbure gcotroplque. 



D,B,i..ab,Google 



E, Mkb. — De l'accroissement <U l'écorce des Sapins. 57 

positions S. et O. non seulement parce que le bois y est moins déve- 
loppé, mais encore paice que, dans biea des cas tout au moins, l'écorce 
y est plus épaisse. Il existe donc une sorte de balancemernt entre la 
production du bois et celle de l'écorce, celle-ci augmentant quand la 
première dimiaue. S'il n'en était pas de même pour les Epicéas du ta- 
bleau A , c'est parce que sur la lisière O. le soleil était par trop ardent 
et ralentissait le fonctionnement du cambium, aussi bien dans sa forma- 
tion corticale que dans sa formation ligneuse, eu moindre proportion 
toutefois pour cette dernière. Au S. et à l'U. le rapport cortico-ligneux 
est donc plus grand parce que le bois s'y accroît moins et l'écorce sou- 
vent davantage. Un des termes du rapport et fréquemment les deux 
sont modifiés de manière à concourir à son élévation. 

J'ai cherché à savoir si les variations du rapport cortico- ligneux 
constatées à la base des arbres se maintiennent sur toute la hauteur du 
tronc. Dans ce but des rondelles furent prélevées de 4 en 4 mètres, 
jusqu'à la hauteur de 12 to., niveau de la naissance des branches. Pour 
chacune d'elles le rapportcortico-ligneux fut calculé d'après les mesures 
relevées sur le diamètre parallèle à la lignede plus grande pente (N. S.) 
ainsi que suc le diamètre perpendiculaire à cette ligne (E. O.). Les rap- 
ports cortico-ligneux lésultant de ces mesures sont inscrits dans le 
tableau C. Les arbres faisaient partie du mCme massif que ceux dont il 
a été question dans le tableau B. Seulement ils étaient plus éloignés 
de la lisière. Leur végétation était vigoureuse. 









TABLEAU C. 










,,» 


.... 


A 8- 


A la- 


M- 


1 


S,5|i|..,. 


l!s,S||j..,. 


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Wn-, eO r 55 1 65 1 1 



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58 1 7.1 


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47 


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4H 


49 




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63 










59 


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,1.1 


53 


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W 


48 


58 




7" 


64 


57 


50 


JU 


49 46 




46 


M 4^ 




.1» 


44 




64 






58 


11 


49 44 




4Ï 






40 


46 




46 




6t 






47 60 




4» 








49 










49 


a8 


» SO 


« 


42 








* 










SI 


40 


47 41 


41 


41 




51 


48 




51 


54 


56 


5S 



(ÉPICÉAS) 



i6 39 37 36 ï8 



Mq.l 87 , 4S I 48 I 41 1 4« I SI I 24 I sa I 29 I X» I 84 i 38 1 SD I 2B ! se I 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



5$ lUUKNAL DE BOTANIQUE 

De rexaracn du tableau C ressortent les faits s 

1° A tous les niveaux le rapport cortico-ligneux est moins éicvC 
au N. et à l'E. qu'au S. et à PO. ; 

2" Pour chaque arbre ce rapport est maximum à la base ; îl dimioue 
ensuite pour se relever, en ce qui concerne les Sapins, entre 8 et 12 m, 
« atteindre parfois à ce dernier niveau la valeur <^u'U avait à la 
base(i); 

3" Le rapport cortico- ligneux oscille, pour les Sapins étudiés, eit- 
tre 40 et 59 (en mov. 50,6) et pour les Epicéas où il est sensiblement 
plus faible, entre 34 et 47 {en moyenne 3 3} ; 

4" Dans Ions ces arbres le bois était généralement plus développé 
au N. qu'au S. et à l'E. qu'à l'O. L'écorce suivait assez souvent une 
marche inverse. Toutefois elle était généralement plus mince que dan.s 
les sujets dont il est question au tableau H, parce qu'au lieu d'être, 
comme ces derniers, à proximité de la lisière, les arbres auxquels elle 
appartenait se trouvaient dans le massif et moins vivement frappés par 
le soleil. 

En calculant, d'après les données renfermées au tableau C, la 
moyenne du rajiport coriico- ligneux pour ciiacune des expositions, 
j'ai dressé le tableau D. 

TABLEAU D 














SAPINS 










ÉPICÉAS 


Ei|«ltl«u 


1" 1 


!■! 


I°î 


1' t 


H" S 


l' i 


1' 7 


I"l 


I-l 


I' l 1" 1 


Nur<l 


S' 


45 


40 


57 


49 


41 


41 


4"' 


34 


35 "> 


K9t 


S' 


53 


+3 


^4 


5» 


4» 


53 


47 


.■« 


34 lâ 


Sud 


4-3 


5'-» 


57 


5» 


4B 


54 


û7 


4^ 


50 


40 3= 


Ouest 


59 


53 


55 


54 


45 


54 


5'> 


45 


44 


40 ifi 


KoyemieB 


S7 


53 


50 


58 


48 


49 


54 


40 


41 


37 27 



Il résulte de ce tableau que si l'on faisait passer par l'axe de chaque 
arbre deux plans diamétraux orientés l'un N.-E., S.-O.; l'autre S.-E., 
N.-0.,0Q diviserait le tronc en quatre portions exposées chacune â l'un 
des points cardinaux, les portions tournées vers le Sud et l'Ouest 
ayant généralement moins de Ixiis et plus d'écorce que les deux autres. 

I. Le rapport cortico-li^neux diminui? à partir de la base, parce c^ue dans 
r£tat de massif serré où se trouvaient les Sapins d'observation, les accroisse- 
menlB ligneui suivaient une marche inverse. Très minces dans la région infé- 
rieure, ils allaient en augmentant vers la rime. On verra plus loin que l'activité 
génératrice de l'écorce persiste quand celle du bols est déjà ralentie. 

Quant au relèvement du rapport coriico-ligneux dans les parties hautes du 
tronc, il lient peut-être â ce que ceUes-ci sont plus vivement frappées par le 
soleil que les parties moyennes. On remarquera que ce relèvement est plus sen- 
sible dans les sujets vigoureu:( du tableau C que dans ceux à végétation lan- 
pissante du tableau R, sans doute parce que ces derniers étant dominés, la cime 
n'était guère plus insolée que la partie moyenne. 



D,g,tza:Jb.GOOgle 



J. CosTAVTiH. — Tulaanella, Procotrsmella, Pachysterigma. 59 

Des mesures semblables furent prises à la base du tronc sur des 
Mélèzes de 45 ans, dépérissants comme ils le sont dans les Vosges à 
cet âge. Ils étaient situés dans ua massif clair d'Epicéas, et exposésles 
uns au Sud, les autres à l'Est. Ils mesuraient de o m. 75 à i m, de tour. 
Les rapports cortico- ligneux sont inscrits en millièmes dans le tableau E. 





TABLEAU E 




N- 

3 

4 

Morannes 


9: • 107 
117 lîi 13,1 
108 113 1,7 
166 IJ3 ,15 
122 119 118 


,66 

171 
152 



r^ns tons ces Mélèzes les rapports cortico-ligneux étaieat plus éle- 
vés à rO. qu'à TE. Au Sud il en éiaît de même relativement an Nord, 
à l'exception dn a° 4. 

L'écorce de ces arbres se trouvait rhylidômée, condition fâcheuse, 
ainsi que je l'ai dit, pour ces sottes de mesures. Mais comme elle était 
très épaisse et que cette épaisseur variait sensiblement suivant l'expo- 
sition, les résultats ci-dessus qu> semblent pouvoir être admis. 
M suivre.) 



TULASITELLA, PROTOTREMELLA, PACHYSTERIGMA 
Par M. J. COSTANTIN 

On observe souvent dans l'évolution d'une science des pé- 
riodfs pendant lesquelles une question bien posée reste de 
longues années sans réponse; puis, tout à coup, après une 
lente maturation, pluHeurs chercheurs publient presque simul- 
taaéoaent la solution du problème. 

Tulasce avait autrefois décrit la structure d'un Champigaoa 
ayant les caractères extérieurs du Cortzdum tncarnalum mais 
ea différant par les basides qui présentaient des stérigmates ren- 
flés en massue. N'attribuant pas, à tort, à ce caractère une grande 
importance il en fit une variété pinîcola. Il a fallu pour résoudre 
ce problème, d'une part que la lente étude analytique de la 
structure anatomîque des Hyménomycètes établît l'uniformité 
de la structure de la baside dans les innombrables espèces de ce 
groupe, d'autre part que lestravaux sur les Protobasidioraycètes 
ou Hétérobasidiés montrassent les grandes variations de cet or- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



6a JOURNAL Dr, lîOTANIQUR 

gane. Ceci explique comment, après une sorte de sommeil de 
seize années, la variété précédente a été élevée par trois auteurs 
différents, en 1888, presque en même temps, à la dignité de 
genre. Ces trois genres sont Ttilasnclla Schroeter. Prototre- 
we/Za Patouîllard et Pachystcn'gma BrefeUi, Istvanffy et Olsen. 
Cette surabondance de noms, bien qu'intéressante à signaler, 
est regrettable, et le nom le plus ancien de Schroeter devra seul 
subsister si l'on ne veut pas transformer la botanique en une tour 
de Babel. 

Bien qu'ils aient obtenu les mêmes résultats fondamentaux, 
quelques divergences se manifestent dans les interprétations des 
trois observateurs. 

M. Schroeter a décrit (i) une seule espèce du genre nouveau, le 
Ttilasnella Htacina, développée sur les tiges du Sarotkamuus ; 
selon lui, les basides ovoïdes sont semblables à celles des Tré- 
mellinées, mais comme elles ne sont pas cloisonnées, il regarde 
le genre précédent comme intermédiaire entre les Sebacitia (Tré- 
mellinée coriace) et les Thelephora. Il le place en appendice des 
Trêmellinées avant les Dacryomycètes. 

M. Patouillard n'a décrit (2) également qu'une espèce du 
genre Prototremella , le P. Tutasnei, qu'il a pu observer sur les 
Saules et les Peupliers; il n'a pu l'identifier d'une manière cer- 
taine avec l'espèce de Tulasne. li place nettement la plante dans 
les Hétérobasidiés. Cette interprétation tient à ce que l'auteur 
range les Dacryomycètes dans ce groupe, 

M. Brefeld n'est pas de cet avis (3). Les Dacryomycètes sont 
pour lui des Autobasidiomycètes ; aussi place-t-il les /'acAy^/'*- 
Ttgjna au voisinage des Hypochnus. 11 en décrit quatre espèces : 
Pachysterigma fugax nov. sp., riitilaus nov. sp., violaceunt 
nov. sp. et incamatum. 

11 me semble, en somme, que les Tulasnella représentent 
un terme de transition entre les Hypochnacées et les Dacryomy- 
cètes ; ils se rapprochent des premiers par leur hyménium disjoint, 
leur aspect de Coritctum, des seconds par le renflement de leurs 
stérigmates. 

I. Kryptog. Flora von SchUsien, p. jî?, fascicule r;çu le 6 juillet t888, à la 
bibliothèque de l'Et^ole Normale. 

a. Joum. de Bol., n" du 16 août 188K. 

3. Auiobasldioutyceien, p. 5, \yzxi à la fin <lc l'année iSSR. 



D,B,i..ab,Google 



C. SâuvACBAU. — Sur la racine des plantes aquïiiques : les Poiamogeion. tii 

CONTRIBUTION A L'ÉTUDE DU SYSTÈME MÉCANIQUE 

DANS LA RACINE DI':S PLANTES AQUATIQUES 

LES POTAMOGETON 

Par M. C. SAUVAGEAU 

M. I-. Olivier, par ses recherches sur l'appareil tégiiînentaire 
des racines {i), a établi que • chez les Monocotylédoties, l'endo- 
derme et la membrane périphérique du cylindre central sont 
susceptibles d'épaississement, ces assises n'étant point généra- 
trices de tissus secondaires, lorsqu'elles ont acquis leurs carac- 
tères propres. L'épaississement a surtout pour but de protéger 
les faisceaux libériens o (p. 70. Presque toutes les plantes que 
l'auteur a étudiées sont des ].lantes terrestres; quelques-unes, 
Calla palustris, Ponlederia crassipes, Typha latifolia, sont 
aquatiques, et îl spécifie que chez celles-ci, lors même que l'en- 
doderme s'épaissit, < l'assise périphérique du cylindre central se 
compose uniquement de cellules à parois minces > (p. 69), 
L'endoderme s'épaissit donc pour jouer un rôle protecteur des 
faisceaux libériens. 

Depuis, cetteassise a été étudiée à un point de vue plusgénéral 
parM.Schwendener,danssonbeau travail intitulé: ' DieSchuts- 
scheiden und ihre Verstaerkungen (2), Les conclusions de 
l'auteur sont bien connues, en particulier celle-ci, que le climat 
et le mode de vie exercent une grande influence sur le rôle mé- 
canique de l'endoderme, que si la plante vit sur des murailles, 
sur des rochers, est exposée à la sécheresse, cette assise se ren- 
force par des couches d'épaississement, tandis que si la plante vi 
dans des endroits humides, elle conserve des parois minces, 
M. Schwendener montre (loc. cit., p. 60 et 61) que les rhizomes, 
partageant le même milieu que les racines, possèdent un épais- 
sissement comparable au leur, et construit sur le même modèle, 
mats qu'un parallélisme aussi parfait ne peut s'établir entre les 
tiges feuîUées submergées des plantes aquatiques flottantes et 
nageantes, et leurs racines s'étendant dans le sol, car les racines 

I. 1-, Olivier, Recherches sur l' appareil lêgumeniaire des racines. (Ann. Se. 
nat., Bol., t: série, t. XI, 1881.) 

3. Zf^'viKnàe.nç^ , Die Scht^sscheiden umi ikre Verstaerkungen (Physikalischc 
Abiiandlungen <ier koeni^lichen Akademie der Wissenschaflen tm Berlin, 1H81, 
P- 75. 5 Pl-)- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



62 JOURNAL DE BOTANIQUE 

qui vivent cachées dans le limon ne peuvent réclamer une cons- 
truction aussi solide que les organes caulïnaires, influencés par 
le mouvement de l'eau. Aussi, dit-il, ne doit-on pas s'étonner 
de voir les Poiantogeton lucens, pectinnius, crispus et natans, 
par exemple, posséder dans leur tîge une gaine épaissie, tandis 
que leur racine se contente d'une gaîne à parois minces. 

M. Schwendener avait étudié l'endoderme seulement par la 
méthode de l'anatomie comparée. M. Costantin a repris la ques- 
tion dans plusieurs mémoires, en étudiant les différents tissus 
et les modifications qu'ils subissent sous l'iaûuence des milieux, 
par > la méthode de l'anatomie comparative •, en réunissant 
l'expérience et l'observation anatomique. Ses conclusions coo- 
Ërment d'ailleors celles que M. Schwendener avait formulées au 
sujet de l'endoderme, et il termine son mémoire sur la racine 
en disant : « Les racines aériennes sont les plus épaissies et les 
plus lignifiées >; * la lignine se forme difficilement sous terre, 
dans l'eau et à l'obscurité. Les conséquences de cette modifica- 
tion sont très importantes, car les fonctions du tissu fondanaen- 
tal et de l'endoderme se trouvent par cela même entièrement 
changées{i). » 

Tout récemment, un travail d'ensemble sur l'anatomie compa- 
rée des Phanérogames aquatiques a été publié par M. Schenck (2); 
ce mémoire, bien que fait à un point de vue diËEérent, vérifie les 
travaux des auteurs précédents. L'auteur se préoccupe surtout 
de rechercher la série des modifications anatomiques qui con- 
duisent des plantes aquatiques les plus différenciées aux Mono- 
cotylédones submergées dont la structure anatomique est la 
plus dégradée et la plus inférieure. Dans la racine de ces der- 
nières, les épaississe m ents et la lignine n'existent plus; aiosi 
M. Schenck dit à propos de l'endoderme de la racine : «... chez 
les Elodea, Potamogeiott dettsus et crispus, Valiisneria, Letitna 
trisuka, les parois radiales seules sont imprégnées de subérine 
sous la forme de stries. Partout l'endoderme reste à parois déli- 
cates » (toc. cit., p. 59), 

Plus loin, l'auteur décrit en détail la racine adventive du Po- 
tamogeton natans qu'il prend comme type de la racine des 

1. Costaniin, Recherches sur l'influence qu'exerce le milieu sur la slfucluta 
(Us racines, (.^on. St. nat.. Bot., ?• série, t. I, itWs, p. 178.I 

" ~ ~ ■ oTa- 



D,g,tza:Jb.GOOgle 



C. Sauvageau. — Sur la racine des piaules aquatiques : les Potamogcton. 63 
plantes Monocotylédones submergées, et dit en terminant : « A 
l'exception des tubes criblés, les éléments du cylindre central 
épaississent tant soit peu leur paroi » {loc. cit., p. 71). II ne 
parle nullement de l'endoderme qu'il représente cependant très 
épaissi dans la figure 77 ; ce fait passe donc pour l'auteur comme 
inaperçu, tandis qu'à propos de l'épaissisçement de la même as- 
»se dans la tige des Potamots, il insiste à plusieurs reprises sur 
les conditions extérieures qui peuvent en amener la formation. 
Chez les autres Potainogeton cités, non seulement il ne retrouve 
plus aucun épaisissement des cellules conjonctives ou endoder- 
miques, maïs les vaisseaux résorbent leur paroi propre dès le 
début. 

Le cas A\i.Poi. Hata»s,k peine cité parM. Schenck, est cepen- 
dant moins étrange et moins exceptionnel qu'on pourrait le sup- 
poser, car un grand nombre d'espèces du genre Potamogelon 
présentent dans leurs racines le même phénomène. Non seule- 
ment l'endoderme peut épaissir ses cellules, soit sur toute leur 
périphérie, en O, soit sur leur face interne et leurs faces ra- 
diales, en U, mais en outre les places perméables manquent fré- 
quemment. L'assise corticale extérieure à l'endoderme peut 
même le renforcer dans son rôle mécanique en s' épaississant et 
en se lignifiant avec plus ou moins d'intensité. Tous les éléments 
du cylindre central sont à leur tour susceptibles de s'épaissir et 
de se lignifier d'une manière frappante; seuls, les tubes criblés 
font exception, en conservant toujours leur paroi cellulosique. 
I^ modification de l'endoderme précède celle des cellules con- 
jonctives du cylindre central, et souvent reste seule; parfois, 
mais exceptionnellement, la sclérose se montre d'abord dans la 
moelle. 

Ces épaissi ssements se rencontrent dans les parties âgées, 
mais peuvent faire défaut ; il faut toujours les chercher à la base 
des racines. Fréquemment les racines qui poussent à un même 
nœud sont épaissies et lignifiées à des degrés différents; quel- 
ques-unes peuvent être très profondément modifiées, tandis que 
d'autres voisines le sont beaucoup moins, et X^xa diamètre ne 
peut être un guide dans la recherche de ces modifications, car 
il peut varier beaucoup dans les racines nées sur un même verti- 
citle, et les racines étroites peuvent être plus épaissies que celles 
qui sont plus larges. Le degré d'agitation de l'eau dans laquelle 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



6+ JOURNAL DE BOTANIQUE 

vit la plante n'est point non plus une cause permettant de pré- 
voir aprioriX^ valeur ou même l'existence de modifications. 

La structure du cylindre central de la racine des Poiamnge- 
ton est assez simple. Au dessous de l'endoderme, le pcricycle 
est toujours bien distinct et reconnaissable, les faisceaux libé- 
riens sont réduits chacun à un seul tube criblé, accompagné de 
une ou parfois deux ou trois cellules annexes. Ces tubes criblés, 
toujours formés aux dépens du péricycle et comîgus à l'endo- 
derme, se distingeni des autres cellules parleur section trans- 
versale quadrangulairc ou pentagonale, et paraissent vides de 
matière protoplasmîque, tandis que la cellule annexe, ou les cel- 
lules annexes contigues, taillées aussi dans le péricycle, plus 
étroites, sont remplies de protoplasme (i). Les taisceaux li- 
gneux, formés chacun de un ou plusieurs vaisseaux isolés ou 
réunis côte à côte, alternent plus ou moins régulièrement avec 
les faisceaux lil)ériens et sont souvent en nombre moindre. Fré- 
quemment, en vieillissant, ces vaisseaux dont la section était 
primitivement arrondie, acquièrent, tout en conservant la net- 
teté de leurs parois, un contour plus irrégulier, grâce aux cel- 
lules coniiguës qui font une légère saillie dans la lumière du 
vaisseau. La disposition et l'importance des vaisseaux est assez 
variable suivant les espèces, et aussi, mais à un degré moindre, 
suivant les individus; les plus internes ont un plus grand dia- 
mètre et sont très nettement réticulés; parfois a-3 gros vaisseaux 
se réunissent au centre au contact, ou laissent entre eux une 
moelle étroite de quelques cellules. Si le nombre et l'importance 
des vaisseaux diminuent, il y a une tendance à la formation d'un 
vaisseau axile unique, représentant tout le système ligneux, ou 
contre lequel s'appuient quelques vaisseaux moins importants; 
les ornements ligneux dans ce dernier cas sont moins visibles 
que dans le premier. Ces éléments sont séparés par des cellules 
conjonctives qui peuvent être considérées, soit comme du paren- 
chyme ligneux, soit comme du parenchyme libérien, et s'épais- 
sir à un degré plus ou moins considérable en devenant des 
fibres ponctuées. 

1. M. Van Tie^^bem, dans son grand travail sur la Racine {Recherches sur la 
symétrie dt structure dis pliattes vasculaires, Ann. Se. nat., Bot., 5* série, t. XIII), 
n'a décrit et tîguré qu'une seule espèce de Potamogelon, le P. lucens, dont il 
représente les tubes criblés (fig, 37) comme situés dans l'assise sous-péricyclique. 
Je les al au contraire toujours rencontres dans le péricycle. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



-la racine dis plantes aquatiques .- les Potamogelon. 65 
S des Potamo^eton pianiaginetis Ducros, Robbinsit 
Oakes, polygomfoUus Pourr., natatts L., présentent beaucoup 
de points de ressemblance, principalement avant l'apparition 
des modifications dues à la sclérose. 
Leur cylindre central possède 3-7 
tubes criblés, pourvus chacun d'une 
cellule annexe qui en est séparée vers 
l'intérieur par une cloison tangen- 
tielle, ou pourvus parfois de deux 
cellules annexes séparées par deux 
cloisons obliques (fig. i, 2, 3, 4). 
Chaque faisceau ligneux est composé 
de 1-2-3 vaisseaux, dont les plus ex- 
ternes, au contact du péricycle, sont 
spirales, et les plus internes réticulés ; '*' ''''"'° .Tibiés sont incii,|uc-= par 
ceux-ci peuvent se toucher ou laisser 
entre eux quelques cellules conjonctives. 

Les coupes transversales faites dans une région peu âgée 
montrent que l'endoderme, dans les points opposés aux tubes 
criblés, lignifie ses cellules sans les épaissir; les autres cellules 
de la même assise ne sont que partiellement modifiées. 

A la base d'une racine âgée de Pot . piantagineus (fig. 2), 



/'«.j»/D»Wi'/«t«, llj.ed'u..eiad..eàKéc p6t. t^lsgomfoliii,. Racine jeun* 

(K'. 4JO). (er. 4.W). 

l'endoderme a toutes ses cellules uniformément épaissies en O ; 
les places perméables, quand elles existent, sont toujours très 
étroites, comprenant chacune une ou plus rarement deux cel- 
lules; elles correspondent bien aux faisceaux ligneux, mais sont 
toujours en nombre bien moindre, et peuvent même manquer à 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



66 JOURNAL DR BOTANIQUE 

différents niveaux. Parfois quelques cellules de l'assise corticale 
sus-endodermique subissent la même modification, mais plus 
tardivement, en quelques points correspondant à des faisceaux 
libériens. L'endoderme s'épaissit de la sorte avant les éléments 
conjonctifs du cylindre central. Dans celui-cî, les cellules tout à 
fait centrales, entre les gros vaisseaux, sont très épaissies, ligni- 
fiées, et ont pris la structure ponctuée ; en outre les tubes cri- 
blés, avec leur cellule annexe, sont entourés d'un cadre de cel- 
lules épaissies et li- 
gnifiées, formé par 
les cellules péricy- 
cliques directement 
à leur contact, àpeu 
[M'es aussi modifiées 
que celles de l'en- 
doderme, et vers 
l'intérieur par des 
cellules conjoncti- 
ves moins profon- 
dément modifiées. 
Mais la paroi tan- 
gentielle de sépara- 
tion entre le tube 
criblé et sa cellule 
annexe reste tou- 
Fig. ^ jours cellulosique; 

P«/./,/j.;-.«,7^AW.B««.d=ra.i.,.AKÔ.(Rr.430). c'cSt d'ailleUrS UU 

fait que nous retrouverons dans toutes les racines qui produiront 
un cadre épais autour du liber. La sclérose du péricycle peut 
s'étendre à d'autres cellules qu'aux voisines des tubes criblés. 
Parfois aussi les quelques cellules de la moelle restent cellulo- 
siques et à parois minces. 

On constate de même, dans la racine âgée du Pot. polygoni- 
folius (fig. 4), que les cellules entourant le liber, les cellules de 
la moelle, et parfois des cellules sus-endodermiques se sont 
sclérifiées; maïs l'endoderme, qui s'est épaissi et lignifié unique- 
ment pour former les cadres libériens, laisse en face de chaque 
^sceau ligneux une place perméable large, à éléments peu ou 
point lignifiés. 

Il en résulte pour la racine du Pot. polygonifoltus une struc- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



C. Sauvachau. — Sui- l:i racine des plantes aguat'çues .■ ies Voiamogeian. fi-j 
ture radiée assez nette, qui la distingue des racines précédentes 
dans lesquelles les places perméables étaient rares et étroites. 
C'est là son mode d'épaîssissement général. Cependant, dans 
quelques exemplaires, il va plus loin, et j'ai observé des racines 
qui, à leur base, avaient une lignification plus avancée; les 
coupes possédaient une gaine complète et uniforme, quelques- 
unes montraient une ou deux interruptions d'une seule cellule 
non modifiée; la moelle volumineuse était complètement scléri- 
fiée; seuls, les éléments du péricycle opposés aux vaisseaux 
étaient restés cellulosiques, mais des coupes pratiquées à quel- 
ques centimètres au-dessous de la base revenaient à la structure 
typique. 

C'est surtout par son mode d'épaîssissement de l'endoderme 
que la racine du Pot. naiaits 
se distingue des précédentes. 
Au début, les cellules de l'en- 
doderme s'épaississent non plus 
sur tout leur pourtour, mais en 
U, en laissant entre elles des 
places perméables larges, en 
nombre variable, et correspon- 
dant à des faisceaux ligneux 
(fig. 5). Plus tard cet épaissis- 
sement augmente pour chaque 
cellule, en conservant la même f^e- s- 

- , , , „ , />«. »««BJ(Er. 41'»). 

forme; le nombre des cellules 

modifiées augmente aussi, de sorte que les places perméables 
deviennent de plus en plus étroites et de plus en plus rares, 
et même font défaut sur beaucoup de coupes. La sclérification 
gagne les cellules de l'avant- dernière assise corticale pour aug- 
menter la protection du cylindre central ; et quant à celui-ci on 
peut le rencontrer totalement modifié, avec toutes ses parois 
cellulaires épaissies et lignifiées, à la seule exception des parois 
tangentîelles qui séparent chaque tube criblé de sa cellule annexe. 
La région centrale devient ainsi un véritable cylindre scléreux. 
M. Schenck, dans le mémoire cité plus haut, décrit, en outre 
de la racine du Poi. naiaiis, celle des Pot. densus, cn'spus et 
pectinatus; pour lui, celle-ci est de beauco'jp la plus dégradée ; 
on y voit encore 5 tubes libériens, mais le système vasculaire 
n'y est plus représenté que par un caiial axile sans parois pro- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



68 lOURNAL DE BOTANIQUE 

près, et par conséquent sans aucune trace d'épaississement. Je 
n'ai pas rencontré d'exemplaires aussi dégradés que celui dé- 
crit par cet auteur; des plantes recueillies dans le département 
de la Gironde avaient bien des racines très étroites, mais leur 
cylindre central montrait toujours, avec 4-5 tubes criblés, 1-2 
vaisseaux axiles, larges, à paroi propre, lignifiée, se laissant fa- 
cilement reconnaître. Sur des Pot. pectinaius L., recueillis l'été 
dernier au Croisic, dans une mare proche de la mer, j'ai cons- 
taté une structure beau- 
coup plus différenciée ; 
les rhizomes étaient pro- 
fondément enfoncés dans 
la vase, et il était difficile 
de les en extraire avec 
leurs racines". Le diamètre 
de ces racines, prises sur 
un même rhizome, varie 
du simple au double, et 
se traduit par le nombre 
différent des assises corti- 
cales et des éléments du 
cylindre central. Les plus 
grosses et en même temps 
les plus âgées sont pour- 
pre- "• vues d'un endoderme dont 
toutes les cellules forte- 
ment et uniformément épaissies en O ne laissent aucune place 
perméable (fig. 6); le péricycle à larges cellules renferme 8-9 
tubes criblés et quelques rares cellules épaissies et lignifiées. 
Le centre est occupé par un large vaisseau axile, entouré de 
grosses cellules conjonctives à parois minces, et les faisceaux 
ligneux en nombre un peu moindre que les tubes libériens som 
assez régulièrement disposés. Les cellules qui les entourent 
laissent au contact des vaisseaux des méats qui sembleni 
s'agrandir avec l'âge, de sorte que quelques-uns de ces vais- 
seaux sont comme isolés sur une partie de leur contour, qui 
devient en même temps moins net; ils peuvent même s'isolei 
complètement, et certaines coupes manquent ainsi de quelques- 
uns des vaisseaux les plus extérieurs, soit ijuc leur paroi ait été 
résorbée, soit qu'elle ait été enlevée par le rasoir. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



C. Sauvagbau. — Sur la. racine des plantes aquatiques ; tes Potainigeton. 6g 

L'endoderme des racines plus étroites et plus jeunes prises 
sur le même rhizome était déjà uniformément épaissi en O et 
lignifié. 

La racine du Pot. im'crocarpus Boiss, et Reut. possède à 
peu de choses près la même structure et la même modification, 
mais son endoderme laisse de larges places perméables. 

Dans le Pot. rufescens Schrad., Tendoderme présente une 
particularité que j'ai retrouvée dans une douzaine de racines de 
cette plante; les places perméables sont assez larges, et les au- 
tres cellules endodermiques peuvent acquérir un épaisssement 
tel que leur lumière devient très petite. Mais il est remarquable 
qu'une bonne partie des tubes criblés sont recouverts par des 
cellules endodermiques lignifiées et non épaissies, dont la paroi 
ondulée paraît plutôt flasque que rigide, et les tubes criblés pé- 
nètrent pour ainsi dire dans leur intérieur en poussant la paroi 
qui les en sépare. Ce sont alors les cellules de l'avant-dernière 
assise corticale qui s'épaississent et renforcent en ces points 
l'endoderme; l'avant-dernière assise corticale jouerait donc ici 
un rôle mécanique au moins aussi important que l'endoderme. 

Toutes les racines qui viennent d'être passées en revue 
étaient relativement bien différenciées sous le rapport du nombre 
des vaisseaux ligneux ; mais les racines des espèces dont la diffé- 
renciation est moins avancée présentent des modifications sem- 
blables résultant du développement du système mécanique avec 
l'âge. 

Bien que le Pol. irichoides Cham. et Schl., et principalement 
le Pot. gramineus L., et le Pol. lucois L., soient des espèces 
de grande taille et dont les feuilles supérieures sont fréquem- 
ment flottantes, leurs racines sont grêles, le cylindre central 
comprend4-7tubes criblés, i-2vaisseaux larges, axiles, réticulés, 
correspondant aux gros vaisseaux des racines précédentes, et 
tout près desquels sont des vaisseaux étroits, spirales, généra- 
lement en même nombre que les faisceaux libériens. L'épaissis- 
sement de l'endoderme du Pot. htcens se produit en O, inéga- 
lement pour ses différentes cellules {fig, 7), et les places 
perméables, d'abord assez nombreuses, deviennent ensuite 
rares; celui du Pot. trichoides., également en O, est plus faible, 
et dans le Pot. gramiiieus on voit seulement quelques cellules 
épaissies en (J comme dans le Pot. nataiis, et au nombre de 
1-2-3 pour chaque tube criblé protégé (fig. 8). 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



70 JOUKNAL DE BOTANIQUE 

Les racines du Pot. ptisillus L. , sont très grêles et leur 
structure est très simplifiée ; les tubes criblés conservent leur 
nombre habituel, mais le système ligneux est représenté par 




Pot. era<nint,i! (Rr. 4,w). Pùl. iuciHS (gt. <jo). 

un unique vaisseau axile large, parfois deux vaisseaux contîgus, 
réticulés, mais moins lignifiés que dans les espèces précédentes, 
et entourés parfois de quelques cellules conjonctives lignifiées 
et légèrement épaissies transformées en fibres ligneuses. Très 
généralement leur endoderme, complètement 
épaissi en O, forme une gaine solide et ré- 
sistante à places perméables très rares (fig. 9). 
On en rencontre dans lesquelles lavant-der- 
nière assise corticale renforce l'endoderme, 
et dont tous les éléments du cylindre central 
sont épaissis et lisrnifiés, à part la cloison 
*;'K- 9- tangentielle de séparation entre chaque tube 

criblé et sa cellule annexe, qui reste toujours 
mince et cellulosique. Malgré leur minceur, les racines de cette 
espèce submergée sont donc tout aussi sclérifiées que les racines 
aériennes les plus modifiées de beaucoup de plantes. 

D'après M. H. Schenck, le Pot. crispus L., n"a plus de 
vaisseaux à parois propres (loc. cit. p. 6( et fig. 79); au centre 
du cylindre central est un canal axile, large, limité par la paroi 
des cellules voisines qui font un léger bombement dans sa cavité; 
il en est de même des canaux situés autour et qui alternent avec 
les 4-5 tubes criblés. Cependant ces canaux ne sont point des 
lacunes, comme le croit cet auteur, maïs de vrais vaisseaux. En 
effet, en examinant des coupes très minces à un fort grossisse- 
ment, on peut toujours facilement reconnaître dans les angles 
de ces vaisseaux de tous petits méats triangulaires laissés entre 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



C. ii.\s:\ACEAv. — Sur/a f^ctne des plantes aqualigites : Us Potamnt.'eion. 71 
la paroi des cellules continués et la paroi propre du vaisseau ; 
celle-ci est continue, plus mince que celle des cellules conjonc- 
tives, et formée de cellulose plus condensée. D'ailleurs, sur 
des coupes longitudinales traitées par l'eau de javelle, puis par 
le vert d'iode et le brun d'aniline, la paroi cellulosique des vais- 
seaux se colore en brun clair, et l'on voit à sa surface de très 
légers et très délicats ornements, assez espacés, d'un brun vert 
plus foncé, réticulés pour les 1-2 vaisseaux axiles, spirales pour 
les autres. Mais si les éléments ligneux restent ainsi toujours 
très peu lignifiés, l'endoderme au contraire épaissit fortement ses 
cellules en O et les lignifie , en ne laissant que de très rares 
places perméables, souvent absentes. Quelques racines ont plu- 
sieurs cellules de renforcement de l'endoderme épaissies et 
lignifiés, de même que certains éléments du cylindre central, et 
il est probable que l'on doit pouvoir trouver des exemplaires 
tout aussi modifiés que les Pot. natans. Pot. pusilliis, etc. 

Chez le Pot. perfolt'atus L., et le Pot. ampiifolms Fuck., 
dont le cylindre central a également une structure très dégradée, 
les cellules endoderraiques qui sont opposées au liber sont légè- 
rement épaissies en O et lignifiées; les autres sont des places 
perméables. 

Le Pot. densits\.., a ses vaisseaux dans le même état d'in- 
férioriié que le Pot. crr'spus, mais fréquemment plusieurs de ses 
tubes criblés ont découpé 2-3 cellules annexes, dont l'une exté- 
rieurement, et alors ils ne sont plus au contact direct de l'endo- 
derme. Celui-ci n'est jamais épaissi, mais seulement lignifié sur 
les parois radiales et tangenlielle externe, qui restent beaucoup 
plus minces que les parois des cellules des différentes assises 
corticales. Dans les racines âgées, l'assise sous-subéreuse et 
l'assise sus-endodermique s'épaississent, mais sans se lignifier. 

En résumé, on voit donc que toutes les espèces de Potamots 
étudiées précédemment ont de vrais vaisseaux ; plusieurs 
d'entre elles peuvent subir dans leur cylindre central une sclé- 
rose très complète et très profonde, respectant seulement la 
cloison libérienne ; les modifications sont moins abondantes ou 
même très faibles chez d'autres espèces dans lesquelles il est 
cependant probable que l'on pourra observer une sclérose com- 
parable sur des exemplaires plus favorables. Lorsque la sclérose 
est faible, elle se montre dans les cellules endodermiques op- 
posées au liber. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



71 JOUKNAL DE BOTANIQUE 

Comme on a pu le remarquer, les phénomènes d'épaississe- 
ment et de lignification cités plus haut ne sont point en rapport 
avec la division en sections établie dans le genre Potatnogeton. 
Us ne sont point non plus un résultat de l'état d'agitation de 
l'eau, car à part les exemplaires du Pot. planlagiiteus , qui pro- 
viennent des torrents des environs d'Amibes, ceux du Pot. rtt- 
fescens et quelques Pot. crispus qui ont été recueillis dans une 
petite rivière à cours assez rapide, les autres espèces non exoti- 
ques proviennent de mares, de bassins ou de fossés, dont l'eau 
était dormante et nullement agitée. 

La sclérification de l'endoderme et du cylindre central ne se 
fait d'ailleurs pas au même degré pour les différentes racines 
nées à un même nœud. Ainsi, entre autres exemples, sur un 
pied de Pot. pustllus, recueilli en juillet dans un fossé dont l'eau 
peu profonde, presque stagnante, était recouverte de plantes 
aquatiques et en particulier d'une épaisse couche ^Hydrocltaris, 
j'ai étudié comparativement, en faisant des coupes à leur base, 
quatre racines développées à un même nœud; la sclérose s'y 
manifestait à des degrés différents pour chacune d'elles. Dans 
la plus modifiée, tout le cylindre central était épaissi et lignifié, 
de même que l'endoderme, à part de très rares places per- 
méables, et plusieurs cellules de l'avant-dernière assise corticale; 
dans la moins modifiée, les cellules endodermiques, bien qu'à 
peine épaissies, étaient toutes très nettement et très uniformément 
lignifiées sur tout leur pourtour, et toutes les cellules du cy- 
lindre central avaient conservé leur paroi cellulosiqus, sauf 
l'unique vaisseau axile. Les deux autres racines présentaient 
des états intermédiaires entre les deux précédents. 

Les faits qui viennent d'être exposés ne concordent doncpas 
avec les conclusions des auteurs qui ont cru que le milieu aqua- 
tique diminuait ou faisait disparaître complètement la sclérose 
des éléments de soutien et de protection, mais montrent au con- 
traire que le développement de la lignine dans la racine des 
PoiafKogeton peut se faire aussi abondamment que dans beau- 
coup de racines aériennes. Si la sclérose de ces éléments a pour 
principal effet de protéger les racines aériennes ou souterraines 
contre la sécheresse, elle doit avoir un rôle différent chez des 
espèces submergées qui ne peuvent résister à l'absence de l'eau; 
elle n'est point non plus en rapport avec la structure plus ou 
moins différenciée du système conducteur ni avec le degré 
d'agitation de l'eau ambiante. 

Le Gérattt ; Louis Matioi. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



JOURNAL DE BOTANIQUE 

Directeur : M. Louis MOROT 



CONTRIBUTION A LA FLORE DE L'AMÉRIQUE 
ÉQUATORIALE 

Nots sur une collection de planies recollées dans l 'Amérique équaforiate 
par M. H. Poortmann en iSSiSa 
ParK. DRAEE DEL CA8TIU<0 

Les plantes dont on va lire l'énumération et la description 
ont été recueillies, en 1881 et 18821 par M. H. Poortmann, sous 
la direction de M. Edouard André, dans la Cordillière des Andes, . 
vers la limite de l'Equateur et du Pérou, autour de Loja et de 
Huacapamba. M. P. Maury a décrit dans ce recueil les Cypé- 
racées rapportées del'Aménquedu Sud par M. Edouard André; 
peut-être lira-t*on avec quelque intérêt une notice sur des plantes : 
provenant des mêmes régions, et appartenant à deux familles 
sur lesquelles il reste sans doute bien des études à faire : les 
Micacées et les Campanulacées. 

Quelques mots sur les pays visités par M. Poortmann. 

Loja (ou Loxa), capitale de la province du même nom, la 
plus méridionale de la République de l'Equateur, est située 
près de l'endroit où la Cordillière des Andes, courant du Sud-Est 
au Nord-Ouest, change de direction en entrant dans l'Equateur, 
et s'infléchit vers le Nord; elle cesse alors de porter le nom 
d'Andes du Pérou pour recevoir celui d'Andes de Quito. Pres- 
que immédiatement au Sud de Loja se forment deux chaînes 
parallèles, réunies, un peu au Nord de cette ville, par le chaînon 
d'Acayana. Une fente de la chaîne orientale permet aux eaux du 
Rio Zamora, l'une des rivières sur lesquelles Loja est bâtie , de 
s'écouler, vers l'Atlantique, dans le Rio Santiago, et, de là, dans 
le Maragnon. Loja est donc placée, à 3, aao. mètres d'altitude 
{MM. Vidal-Senèze et Jean Nœtzliy in Bull. Soc. Géogr. 
Par. xS8S), au tond d'une vallée entourée , presque de tous 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



74 JOURNAL DE BOTANIQUE 

côtés, par de hautes montagnes (3.000 mètres); le climat y est, 
paraît-il, tempéré (18° — ao" c.) et très humide (/. c). M. Poort- 
mann a exploré les deux chaînes aux environs de Loja : la 
Sierra de Zamora, sur la chaîne orientale ; les montagnes de 
Chonta-Cruz, ViUonaca, le plateau de Chuquiribamba, et les 
hauteurs de Cîsne, sur lach^ne ocddentale, 

Huacapamba (ou Huancabamba) est dans le Pérou , au sommet 
d'une vallée tributaire du Maragnon. 

Les environs de Loja paraissent être d'une grande richesse 
botanique : ils ont fourni à Hartweg près de la moitié des Cam- 
panulacées, environ le tiers des Ericacées, et plus du sixième de 
la collection totale des espèces trouvées par luï dans la longue 
portion des Andes qui s'étend de la limite du Pérou au-delà de 
Bogota. 

Ce n'est pas le moment d'examiner les causes de ce fait de 
géographie botanique. L'étude de la distribution des plante» 
dans la région andine a été ébauchée par plusîeuts auteurs, à- 
commencer par Humboldt qui, à larges traits, en a magistralement 
jeté les fondements; mais cette étude ne pourra être faite d'une 
manière complète, qu'après que les matériaux, heureusement fort 
nombreux, dont on dispose, auront été suffisamment travaillés. 

ERIGACEiE 
(subordo Vaccinîeanun) 

Macleania ffooA. 

1, M. SalapaBenth. et Hook., G^., II,s^^- 
Ceratostemma Salapa Benth., PI, Harlw., p. 141. — Tyria Salafia 

Klotzsch, in Ltnn^a, xztv, p. 21. 

Hauteurs de Cisne (Poortmann 80!). 

Recueilli aussi aux environs de Loja par Hartweg (75+!). 

2. U. Poortmanni sp. nov, 

Arbor gtabra (3-6 m, alta). Folia (6 cent, longfa; 25 miil. lata) oblongo- 
subspathulata, acutiuscula, infemè attenuata. Florum fàsdculi numcroâ, 
axillares, folio brcviorea, ferc sessilcs, pediceliis quàm flores brcvioribus, 
bracleolis parvis ovato-delloideis acutis. Calyx (3-4 mill.) brcvis, campa- 
milatus, dentibus 5 ovato-deltoideis. Corolla 1 pui^urea > cylindraceo- 
campanulata (13 mill. longa), lobis 5 acatis recurvis tubo brevioribi». 
Bacca obovoïdea apicc tnmcata. 

Environs de Loja {Pooitmaaa, 126!) 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



Dbau DEL Castilu). — C»nM6utioii àla fiort de l'A'mrique équatoriaU. 75 
Ce MacUania a l'iafloresceacc de la plupart des espèces du genre; 
nuûs il s'en distingue bien nettement par la forme de ses feuilles. 

PsAMUistA Klofssch. 

I. P. penduUlIora KL, in Linnma, xxtv,^j. 

Tkibaudia pendulijîora DC., Prodr. vil, p. 563, n" 7. 

Covdillières de Zamora (Poortmann 371!) 
Orthjîa Klotssck. 

I. O. abbreviata sp, nov. 

Arbor vel arbuscula (z-8 m. alta) glaberrima, ramulis Ixvibus com- 
pressiusculis, Folia subquiataplinervîa, retîculata, elHptîca (7 ceat. longa; 
3 lata) acumioata, basi constricta, petiolo brevissimo. Racemi axillareSy 
abbrCTÏati (rhachide i cent, longo), pedicellis leviter nutantibus (3 cent. 
lon£;Ï9)i Calyx bre'vis (3 mill,), lîmbo campaoulato .subintegro dentibua 5. 
parvis interdum obsolescentibus. Corolla ■ dense rasea vel diluté miniata, 
buce albâ 1 tubo cylindraceo (3 cent, et ultra longïi ; 3 mill. lato), deatibus 
5 brcvîbus. Staminum filamcnta vix ciliata. 

Rio de San Francisco {Poortmann 314.!) 

Voisine de VO. secundiffora Kl., cette espèce en diffère par son 
inflorescence ramassée et par la forme de son calice. 
Oreanthes Benih. 

I. O. buxifoUus Benth., PI. Hariweg., p. 140. 

Hauieurs de Çisne (Poortmaim 83 1), localité indiquée par Beotham. 
Ceratosteuua Juss. 

I. C. Andreannin sp. nov. 

Arbuscula (bi-metralis) glaberrima. Folia ovata (8 cent, longa; 4 lata> 
acuminata, ba^ constricta, septuplinervia, petiolo brevissimo. Pedunculi 
axillarea, solitarii,brevissimi(3-3mill.),adba5inbractei3 oblongis acumina- 
ds instrucd, pedicellum unicanad basin bibracteolatum (15 mill. toDgum)ad 
apicem iacrassatum gerentes. Calyx (vix i cent, loagus) latè campaaulatus, 
limbo integro minatè 5-denticulato. Corolla miniata, ampta, subcylindracea 
(4 cent. loKga; 2 lata), lobîs oblongis (i cent.) acutis. Standoa coroUâ. 
paulo breviora. Fructus maturus igaotus. 

Huacapamba (Poortmann 222 !) 

Voisine par son port du C speciosum Ed. André (///. kort. i8;o, 
p. 53, pi. ix), et originaire des mêmes régions, cette espèce en dîâÎËre 
par des caractères importante : son calice est entier et non quinqué- 
îobé, ce qui la réunît aux Siphonandra Kl. ; de plus les feuilles du C. 
specicsam ne sont ni rétrédes à la base, ni acuminées. 
Cavbnoishia Zdndl. 
I. G. melutomoides Benth. et Hook., Gen.IItp.jjo, 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



76 lOURNAL DE BOTANIQUE 

Thibaudia »ulasiomoides H.B.K,, Nov.gen. UI, 212. — Proclesia 
melastomoides Klotsch, Ïd Lintuea, xxiv, p. 32. 
Huaeapamba (Pooitmann 213 1) 

D'après M. Poortmano, tes bractées sont rouge-carmîa, le calice 
vert, et la corolle blanche. 

Thibauuia h. B. a: 

1. T. floribtinda H. B. K., Ncv. gen. et sp. III, 210, t. a';4. 
Villonaca (Poortmann 68!). 

Dans les échantillons rapportés par M. Poortmann, les feuilles sont 
un peu plus petites que dans le type de Humboldt et Bonpland. Le 
finit est une drape « comestible », ovale-oblongue, couronnée par les 
lobes épaissis du calice, d'abord rouge, puis noirâtre. La tige est 
c gonflée au-dessus du sol > et a la forme d'un tubercule < gros comme 
une tête d'eniànt. >. Ce caractère semble commun à beaucoup d'Eri- 
cacées. 

Vacciniitm Linn. 
I . V. esoallonioides sp, nov. 

Repens, ramulis adscendeatibus teretîbus hirsuto-pubescentibus. Polîa 
conforta, oblongo-clliptica (1 cent, longa, 3-4 mill, lata), utrinque acuta, 
supernè calloso-dentata, infemè intégra, pennivcnia, venis in utrâque 
pagina proEninulis, superiore g'Iabrâ, iuferiore baud secûs ac petîolos pu- 
bescente. Flores in axillis soIitarii,geminati, vel ternatî,foliasubaMquantcs; 
pcdîcelli flore brcviores, bracteolis 2 oppositis ovatis acutis instructi. Calyx 
(3 mill. loDgus) campanulatus, lobis ovatis acuminatis. Corolla (4 mill. 
longa) tubulosO'Campanulata, c deasè rosea vel miniata >. Antherae muti- 
ca;, tubulis his brevioribus aoticè dehiscentibua, fjlamentis pilosis. Froctus 
baccatus, parvuj, 

Chonta-Crus (Poortmann 94 I). A été trouvé dans l'Equateur par 
M. Grisar. 

Cette espèce se place, dans la section Neurodesia Kl., à côté du 
V. reflexum Hook., Bot. Mag. 57S1, trouvé dans les mêmes régions; 
mais ce dernier a des rameaux pendants, des fleurs plus nombreuses, 
et les tubes des anthères très courts. 

2. V. Mortinia Benth., PI. Hartw.p. ast. 
Ravin de Santa-Barbara (Poortmann 185!). 

(Subordo Ericinearam.) 

GAin.TH£RiA lÀnn. 
I. G, retiouUtaH. B. K., A^^. Gen., UI, 221. 
Villonaca (Pooitmann 792!). A été trouvé dans les mêmes régions 
par Humboldt et Hartweg. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



E. Mbb, — De i'accroisseaieni de l'ècorce des Safims. 77 

3. G. loxeosîs Benth,, P/. Hariw. p. 143, «• ypo. 

Chonia-Crus (Poortmann 96!). 

Les fleurs sont roses ou rouges ; les bractées d'un rouge vif. 
Bbparia Miti. 

i. B. grandiflora H. B. K., Pi. ^eç., II. p. laa, t. iiç. 

Sans Â>ca/i/é (Poonmana 89 J). A été trouvé aux environs de Loja 
par Humboldt et Hartweg. 

2. B. décora sp. nov. 

j^rbuscula (2-3 m. alta) ramulis teretibus vJz conspicuè puberulis. FoUa 
oblongo-elliplica (4 cent, looga ; i lata) acuta, îo pedolum brevetn atte- 
□uata, glabra, suprà lucida, subtùs glaucescentia, venis parùm conspicuis. 
Racemi (4-5 cenL Iod^î) sub apice ramulorum coofertj, ferrugineo-tomcn- 
tetli, 8-10 flori, bracteis oblongis acutis caducia. FedicelU (10-15 '"'"- '('"ÏTi) 
bractcolis mox orbati, Calyx pubcrulus, campanulatus (3 mill, longus), 
lobis 6 oblongts subacutis. CoroUa glabra ardenter rubra, laciciiis (3 cfjit, 
longîs) obloagfts basi attcnuatis. FrucCus maturi oon TÏsi. 

Chonla-Cruss (Poortinaaa 116!). Se trouve aussi dausla coUectiou 
Vidal -Senèze. 

Ce Be/aria se rapproche du B. resînosa Mutis, qui a des feuilles 
arrondies à la base, et des fleurs plus grandes. (A suivre.) 



INFLUENCE DE L'EXPOSITION 

L'ACCROISSEMENT DE L'ÈCORCE DES SAPINS 

(Suile.) 

Par M. Emlls MER 

H 

De ce qui précède 11 résulte qu'aux expositions du S, et de 1*0. le 
rapport cortico-Ugneux est plus élevé qu'à celles du N . et de l'E. et 
que la différeDce est d'autant plus grande que les arbres sont plus inso- 
lés. Il iaut en rechercher la cause dans le fait suivant : quand l'accrois- 
sement du bois se trouve ralenti pour un motif quelconque, celui de 
l'écotce ne diminue pas dans la même proportion et parfois même 
augmente. 

C'est ce qui ressort des observations suivantes ; 

i" — Des Sapins et des Epicéas à végétation languissante furent 
abattus dans le même massif que ceux iaisant l'objet du tableau C. Sur 
chacun d'eux les rapports cortico-ligneux furent calculés i divers 
niveaux comme précédemment. Ils sont exprimés en millièmes dans le 
tableau F. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



JOURNAL DE BOTANIQUE 
TABLEAU F. 





BASE 


».- 


A- 


A,.- 




M" 


î 


i 


3 


1 


Un. 


1 


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1 


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* 


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1 


a 


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1 


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7« 


17 


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6^ 


11 


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* 


.1:1 


68 






71 


«» 


.« 




«7 


« 


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.17 


62 




47 


61 


ûfl 


64 






76 


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7» 


S» 


B8 


4» 


4S 


5.1 


Sï 


4U 


4* 






40 


49 






H 






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6.» 


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75 


7« 




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66 


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SH 




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40 




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6S 






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61 




64 










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ES 






«^ 


T« 




Si 


7B 










B2 


61 


61 


K» 




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11 


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71 


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B6 


68 


be 


■4 


fis 


ss 


ss 


es 


KM 


6 



«J 63 

S« «4 



(ÉPICÉAS) 



I 4^ 1 SJ 1 62 59 I 33 I 45 I 47 I 

jC 4> 42 34 39 30 40 ao 45 I y I S» I '5 I 
I 41 1 47 I 4* 4S I 81 1 S7 I 43 I •• 46 | S2 [ 28 | 24 ] 



•e »ï 17 



S" 4> 

S8|87 

On voit que les variations du rapport cortico- ligneux suivent dans 
le tableau précédent ta même allure à f>eu près que chez les Sapins vi- 
goureux. Seulement ce rapport acquiert à tous les niveaux une valeur 
plus élevée. Il oscille entre 46 et 73 (en moyenne 63). 

2" — Quand sur un côté du tronc l'accroissement du bois est ralenti 
par une des nombreuses influences que j'ai signalées comme produisant 
l'eicentricité de la moelle (i), le rapport cortîco-ligneux est plus élevé 
de ce côté. Je me contenterai de le prouver pour deux cas lorsque 
l'excentricité est causée : a) par l'influence de la rampe, p) par celle du 
voisinage. 

a). J'ai monu-ê que g-inéralement les coucbes ligneuses des Sapins sont plus 
largues rers la rampe que vers la pente, parce que les racines sont plus volumi- 
neuses et plus nombreuses du càté de la rampe (1). 

Le rapport cortica-II{^eux est-Il influencé par cette inégalité du développe- 
ment du boisî C'est ce que les observations suivantes font connaître. Eiles ont 
été cSectuées sur des Sapins de 60 ans peuplant un versant Nord, exposition qui 
fut choisie pour que l'influence excercée par le Boleil pût être nég-ligée (ta- 
bleau G). 

TABLRAU a 



N- 



RAMPE 



PENTE 



I. Voir C. R. de l'Académie des Sciences, Janvier i: 
3i V. Revue des Eaux et Forêts. T. 37, pp. 461 et st 
sulv.; T. 38, pp. 19 et sulv.; 67 et suiv.; 119 et suiv. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



E. Mb». — Dé Paeeroissement d* l'écorce des Sapin. 



n 



Cest du dblt de la pente que le rapport corUco-Ugneux est le plus élevé. Sor 
les pointa où les acciolasements du bois sont moins développés, la formation de 
l'écorce ne diminue pas en égale proportion. Elle est quelquefois vers la pente 
aussi et même pins épaisse que vers la rampe. 

P). Une trop grande proximité entre deux arbres est, comme je l'ai fait reoiar* 
quer plus baut, une cause puissante d'excentricité de la ntoelle. Ici encore le 
rapport cortico-ligneus diB%re sur les faces voisines de ce qu'il est sur les faces 
opposées, comme le montre le tableau H. 

TABLEAU H 



e^^^ 






COT 


DU VC 


ISIN 


COTÉ OPPOSÉ 




tion 


entre 1» 










Ehcgc» 


Bal> 


Ecnrce 


lUpport 


Bo» 


Ecoree 


Rapport 






artHC* 






c. 1. 






c, L 






«Dlim. 


Miillim. 


millim. 




mlUim. 


mllUn, 




Sapin 


Sud 


10 


65 




82 


Sa 


6 


73 


Id. 


id. 


10 


117 




68 


130 


g 


6i 


Epicéa 


id. 


'5 


53 




S6 


61 


a 


3a 


id. 


id. 




S4 




74 


90 


3 


33 


id. 


id. 




8S 




47 


"S 


5 


43 


id. 


id. 


4° 


45 




'33 


"38 


7 


So 


id. 


id. 


1° 


So 




62 


180 


10 


55 


id. 


Nord 




45 




88 


'05 


6 


57 


Hoy 


nuidi 


19 


71 


5 


76 


112 


6 


60 



Oo voit que le rapport cortîco-ligneux est toujours plus élevé sur 
les ùces voisines, c'est-à-dire sur celles où le bois s'est le moins accru. 

Généralement les racines sont plus développées sur les faces libres 
que sur les faces voisines. Mais il peut arriver exceptionnellement 
qu'elles soient dn premier cAté entravées pour une cause quelconque 
(im obstacle, par ex.). C'est alors sur les laces rapprochées que les an- 
neaux ligneux du tronc sont le plus laides. Dans ce cas le rapport cor- 
tico-ligneux est plus élevé du côté libre, comme le montre le tableau 
suivant. 

TABLEAU I 



COTÉ DU VOISIN 



COTÉ OPPOSÉ 

ÉCOKCB RArrORT C 



3* — Le tronc des Sapins est ôréqnemment, c 
dège de ces tiuneurs produites par VŒctdium elalinum et connues 
sons le noms de Chaudrons. L'extension du mycélium de ce Cbampi 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



8o JOURNAL DE BOTANIQUE 

- gnon étant dans le principe moins prompte que le développement du 
tronc, la tumetiT se trouve d'abord localisée sur un côté de celui-ci. Le 
chaudron peut être dit alors unilatéral. Ses progrès étant ensuite plus 
rapides que ne Test l'accroissement en grosseur du tronc, il embrasse 
celui-ci sur une portion plus ou moins grande de son pourtour et finit 
par l'envahir complètement. II est alors a»««/aiV«. Or dans le cours de 
mes recherches sur toutes les causes pouvant produire l'excentricité de 
la moelle des sapins, j'aï remarqué que lorsque le chaudron est unila- 
téral, les accroissements ligneux du tronc sont plus étroits dans les 
régions situées du même calé au-dessus et au-dessous de lui et cela sur 
une longueur plus ou moins grande, parfois même jusqu'à la base. Il 
.en résulte quesur ces points rexcentricitédelamoelleestplusaccusée(i). 
Comme conséquence des laits exposés précédemment, le rapport 
corticû-ligneux doit être plus élevé dans ces régions. 

C'est en effet ce que montre l'observation . On peut en juger d'après 
les exemples suivants où figureut, exprimés comme toujours en mîUîè- 
mes, les rapports cortico-ligneuz, calculés à l'aide de mesures prises 
sur des Sapins situés à diverses expositions et attaqués par des chau- 
drons sur différentes Éaces de leur tronc. Ces Sapins éuient tous assez 
écartés des voisins pour qu'il n'y ait pas à faire entrer en ligne de 
compte l'influence exercée par ceux-ci sur leur accroissement. 

Sapin te I. — Situé sur lu 
à 3 mètres au-dessus du sol, ! 
sur celui tourué vers l'Est. 

TABLEAU J 



Base 77 8a 64 S* 71 

A i' au-dessous du chaudron 56 51 ifi 61 63 

JmmédiatemeDt sous le cbaudron ... 143 58 46 109 8S 

Au milieu du chaudron ........ 100 loo 75 75 87 

A I' au-dessus du chaudron 5B 54 40 55 61 

A4- — — SO 45 45 47 *6 

HoyenneB. . . 80 65 52 68 98 

En laissant de côté la section faite au milieu du chaudron (3), on 
voit qu'à tous les niveaux, le rapport cortîco-Ugneux est plus élevé sur 
la face chaudronnée (Nord) que sur la face opposée (Sud) et que la 
différence entrelea rapports cortico-ligneui sur ces deux faces, maxima 



I. La réduction dans la largeur des accroissements au-dessus c 
du chaudron est une conséquence de l'excltalloD causée à ces niveaux dans l'as- 
sise cambiale par la présence du parasite. Les matériaux nutritifs qui affluent 
dans la tumeur sont puisés de préférence dans les régions voisines, lesquelles se 
trouvent alors appauvries, 

3. Cette section ne figure au tableau ci-dessus que parce qu'il en sera question, 
irius loin. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



E. Hbb. — Dt {'aceroissem^l de l'tcorce des Sufiims, ■ 8i 

au dessus et au-dessous du chaudron, va en dimÎDuant vers la basé ou 
vers Je haut à partir de la tumeur. Il ne fautpas oublier cependant qu'il 
y a lieu de tenir compte, dans l'appréciatioa de ce résultat, de deux 
autres influences que j'ai fait ressortir précédemment : celle du niveau, 
en vertu de laquelle le rapport cortico- ligneux diminue â partir de la 
base, et celle de la rampe, en vertu de laquelle ce rapport est toujours 
plus élevé vers la pente. Dans cet exemple, les rapports cortico-ligneux 
devaient donc êtreàtous les niveaux plus considérables sur la face 
tournée vers le Nord que sur celle tournée vers le Sud, parce que la 
première correspondait à la fois à îa pente et au côté chaudronné. L'in- 
fluence de la rampe et celle du chaudron s'étaient ajoutées pour dimi- 
nuer les accroissement ligneux du côté de la pente. 

D'autre part, les diÉférences entre les rapports cortico-ligneux de la 
base et des régions situées au-dessus et au-dessous du chaudron étaient 
moins grandes qu'elles ne l'eussent été si le chaudron avait été plus rap- 
proché de la base. 

Safiin »* ^. '— Situé sur un versant expos<; an Nr>rJ, chsudrannê du câté île 
la rampe, par conséquent vers le Sud, à ^ m<'tres du s \. 

TABLEAU K 

NOMD KST SVa 0UB3T IIOT,. 

Base 5J +S 4a 54 48 . 

A 1" de la base 31 32 31 38 44. 

A 3' de la base et à i' au-dessous du chaudron . 41 38 



S8 63 

A I' au-dessus du chaudron 41 41 70 45 49 

Hoyennss- . . 41,6 39,2 B7,6 46,8 4^ 

Ici le chaudron se trouvait du côté de la ra-npe. Son tntluence qui était de ré' 
duire les accroissements ligneux de ce côté se irnuvaii contrebalancée par celle 
de la rampe. Aussi est-ce seulemeitt un peu au-.le^sus de la tumeur que le rap< 
port cordco-llgneux est plus élevé sur la face cbaudronnée que sur la face op- 

SapîH 1° J. — SiluË sur uo versant exposé au Sud. Le chaudron se trouve 
à I mètres du sol sur le' côté du tronc tourné vers l'Ouest et un peu sur le cbik 
tourné vers le Nord. 

TABLEAU L 



A i" de la basi^ 

\ J' de la baiic, immédiatement sous le chaudron . 

Dans le chaudron ■ . 

Immédiatement au-dessus du chaudron 



Moyenne!- . . T6 70 83 106 83 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



il jUUlîiNAL UH HOTANlyUfc; 

Dans cet exemple, on n'a plus à tenir compte de l'influence de la rampe, puis- 
que la tumeur se trouve de côté. Mais à son influence sur les accroissements U- 
f^neux et par suite sur les rapports conico-ligneux vient s'ajouter celle de l'et- 
position à l'Ouest qui agit dans le même sens. Toutefois l'influence du chaudron 
est manifeste, puisque la dilT<;rence entre les rapports cortico-li^neux des faces 
I^t et Ouest est mnxima dans les régions qui l'avoisinenl, tandis que cette diff^ 
rence devrait être plus grande à la base, ainsi qu'oo l'a vu précédemment, si 
l'inilueuce de l'expoïilion existait seule. 

SafitM fl'' 4. — Situé s'jr un versant exposé a 
a mètres du sol sur le côl^ du tronc tourné vers 
sur le cdté tourné vers le Sud. 

TABLEAU M 



Hase . S° 94 86 85 78 

A i~,sadu sol et à o',50 au-dessous du chaudron. 47 70 85 77 69 

Dans le chaudron 70 103 la 138 110 

A l' au-dessus du chaudron 47 64 71 74 64 

Hoyeimes. . . 53 82 62 123 80 

La différence entre les rapports conico-li gueux sur la face chaudronnée et 
sur celle qui lui est opposée est sensiblement la même à tous les niveaux, en 
laissant de câié, bien entendu, les mesures prises dans la tumeur elle-même. 
Uail celte unifsrmilé est une preuve de l'influence enercée par celle-ci, puisque, 
d'après ce qui a été dit plus haut, suc un Sapin intact le rapport cortico-ligneux 
li en décroissant à partir de la base. D'autre part, pour un même niveau, Il est 
bien plus élevé à l'Ouest qu'à l'Est. Une aussi grande diflerence ne se constate 
pas d'ordinaire dans un Sapin non chaudronné. 

J'ai cru devoir entrer dans tous les détails qui précédent pour 
mootrer quelle complexité règne dans la manifestation de ces phéno- 
mènes et quelle attention il faut apporter lorsqu'on cherche à interpré* 
ter les rèsuluts. 

4* — On remarque parfois sur le contour des sectious transversales 
pratiquées dans le tronc des Sapins la présence de siaus, dus à ce que 
sur ces points le bois s'est formé avec moins d'acdvité que dans les 
régions voisines. Mais l'écorce y est en revanche plus épaisse. C'est ce 
que mciti^nt en évidence les données suivantes relevées sur des ron- 
delles di- Sapins exposés au Sud. 

a) , L'écorce avait une épaisseur de 6 vers le Nord et de S vers le Sud. Dans 
lui sinus cette épaisseur était de 9. 

p). L'épaisseur de l'écorce variait suivant les points entre 7 et 9. Dans un 
sinus elle était d: 1». 

y). Le Sapin n^ 7 du tableau C présentait, un sinus sur la face tournée vers 
l'Ouest (rondelle de base). L'épaisseur du bois correspondant à ce sinus était de 
83, celle de l'écorce de 9,5, Le rapport cortico ligneux était donc de 114, tandis 
que de pan et d'autre de ce sinus, l'épaiss .ur du bois était de S6, celle de l'é- 
corce (le 7; rapport cortico-ligneux : 81. 

8). Lz Sapin n° H (même tableau] offrait sur sa face Kord-Oucst [rondelle prc- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



f. VuiLrBHiH. — Sur les affùtiiés des Frankétiiét. 83 

lerée à i mètres du sol) uo sinus pour lequel l'épaisseur du bois était de H), 
celle de l'écorce de 5 et le rapport cortico-llgneuz de 56. La moyenne de ce 
rapport pour reasemble de la seclioa était de 43 seulement. 

l). EnfiD sur la face Sud du Sapin n" 9 [même tableau, rondelle de base) se 
trouvaient deux sinus. Pour l'un le rapport cortico-Ugneuic Était de 6a, pour l'au- 
tre de 56; tandis qu'il était de 51 seulement pour la région interposée entte cei 
deux sinus et de 41 pour l'ensemble de la rondelle, 

Dana les sinus que présente le contour du bois, le rapport cortico-llgoeux est 
donc sen^blemeni plus élevé, non seulement parce que le bots est moins déve- 
loppé, mais parce que l'écorce l'est dav3n<3g;e. Les deux formations tendent i 
éire complémentaires (1). 

De tous les faits qui viennent d'être exposés il résulte que lorsque 
l'accroisse meot du bois est ralenti, que ce soU d'une manière générale, 
par suite d'un abaissement dans l'activité v^étative de l'arbre résul- 
tant de la siérililé du sol, d'une situation trop oicbragée ou bien que 
ce ralentissement soit local et dû à une inégale répartition des racines 
et des branches, à l'invasion de parasites, à des accidents météoriques, 
à des mutiladons causées par l'homme, le développement de l'écorce 
est entravé d'une manière moins sensible et parfois même se trouve 
accru. II semble que la formation de l'écorce ait besoin de conditions 
moins favorables que la formation ligneuse, que l'assise cambiale soit 
moins exigeante à cet égard et que, lorsqu'elle devient impuissante A 
produire du bois, elle puisse encore faire de l'écorce. 

Cette conclusion permet de se rendre compte de l'influence diâï- 
renie, et en quelques cas opposée, de l'exposition sur la formation du 
bois et de l'écorce. C'est précisément parce que, aux expositions du 
S. et de rO., la croissance diamétrale du bois est ralentie sur les 
faces de l'arbre les plus insolées que l'écorce y acquiert, relative- 
ment et parfois d'une manière absolue, plus d'épaisseur. 

(/4 suivre,) 

SUR LES AFFINITÉS DES FRANKÉNIÉES 

Par M. Paul VDILLEHIN 

Le petit groupe des Frankéniées, rédtiit au genre unique qui 
lui donne son nom, est un de ceux qui embarrassent le plus les 
classificateurs. Les uns, à la suite d'Eicbler, le placent dans la 
famille des Hypérîcacées ; d'autres, comme Bentham et Hookcr, 
le croient plus voisin des Caryophyllées. Sans même rappeler 
que de CandoUe rapprochait les Frankéniées des Violacées, des 
Linacées, etc., il nous suffira d'ajouter que Decaisne et Lemaout 

I. C'est ce qui a lieu normalement chez le Cbarme. Les couches lij^euscs 
dans cette essence sont, comme on le sait, flexueuses, ce qui s'aperçoit peu à 
l'écorce comblant en partie les inégalités de contour du bois. 



D,B,i..ab,Google 



«4 JOUKNAL UK BOTANlyUK 

ont insisté sur leurs analogies avec les Plombaginées, pour indi- 
quer la délicatesse du problème taxinoniique qui se pose à leur 
sujet et la nécessité d'utiliser toute donnée scieptiâque capable 
d'en éclairer la solution. 

En faisant appel aux caractères anatomîques, M. Douliot (i) 
vient de révéler une notable différence entre les Frankéniées et 
les Hypéricées, puisque le périderme est exodermique dans les 
premières, péricyclique dans, les secondes. D'autres détails de 
structure déjà connus corroborent cette première indication. En 
effet, l'absence de canaux ou de poches oléifères et la présence 
de glandes épidermîques irréductibles aux systèmes sécréteurs 
des Hypéricées caractérisent nettement les Frankéniées. 

Si le périderme exodermique éloigne les Frankéniées des 
Hypéricées, il les écarte également des Plombaginées, où il n^t 
aux dépens du péricycle. C'est une nouvelle preuve à l'appui de 
l'opinion que nous avons émise (2) en refusant de voir, dans les 
organes excréteurs des Frankéniées et des Plombaginées, malgré 
les ressemblances liées à une adaptation commune, un argument 
décisif en faveur d'une filiation commune des deux groupes. 

En dehors de leurvaleur propre, les caractères anatomîques, 
employés comme moyen de contrôle, ont l'avantage de nous 
engager à soumettre les données de la morphologie florale à 
une critique plus sévère. Or le calice gamosépale persistant des 
Frankéniées diffère des sépales libres des Hypéricées. L'an- 
drocée nettement méristémone de celles-ci s'oppose aux deux 
cycles d'étamines simples de celles-là et, comme le remarquent 
Bentham et Hooker, la polystémonie, sur laquelle on a établi, 
dans le genre Frankema^ une section Hypericopsis;, n'a qu'un 
poids médiocre dans un genre oti les étamines sont presque 
constamment anisomères avec les pétales. II s'agirait plutôt, 
dans ce cas exceptionnel et isolé, d'une réminiscence de la dis- 
position aphanocy clique que d'une tendance à là ramification des 
étamines. La placentation pariétale est loin d'être réalisée, chez 
les Hypéricacées, au même degré que chez les Frankéniées. Sauf 
dans le genre ^i-ryrww, où d'ailleurs ta capsule devient septicide, 
tandis que celle des Frankenia est locuHcide, les bords carpel- 

t. H. Douliot, Recherches sur le périderme (Journal de Botanique, t. 111, 
■8S9. p. 37)- 

a, P. Vuiltemin, Recherches sur quelques glandes eptâermiques (Anaales dci 
sciences naturelles, Botanique, 7* série, t. V, 1B87, p. 151). 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



p. VuiLLEuiM, — Sitf les ttffmités des Frankéniies. 85 

laires se reploient chez toutes les Hypéricées et, puisque la pla- 
centation pariétale constitue généralement un état dérivé, les cas 
nombreux dans lesquels les loges sont complètement fermées et 
la placeotation axile paraîtront être le type essentiel de cette fa- 
mille. Les caractères anatomiques confirment d'ailleurs les no- 
tions morphologiques pour nous montrer dans les Hypéricacées 
un groupe, sinon entièrement confondu, du moins étroitement 
enchaîné avec les Clustacées, Enfin l'albtunen farineux des FroH' 
kenia n'a pas son équivalent chez les Hypéricées. 

Les Caryophyllées ne pourront jamais, à cause de leur pla- 
ceotation axile, absorber directement les Frankéniées, bien que 
la fleur, rînflorescence, l'appareil végétatif, le port même aient 
plus d'un point de contact entre les représentants de ces deux 
séries de plantes. Nous avons déjà eu l'occasion de signaler (i), 
dans la stucture du pérîcycle de la tige, une analogie entre les 
deux groupes. Et en effet si cette zone, chez les Frankenia, 
reste souvent molle aux nœuds, où elle produit des racines, elle 
a, dans les entrenceuds, une tendance à devenir scléreuse dans sa 
portion externe, tout comme chez les Caryophyllées. Mais son 
développement est très restreint ; la zone lignifiée se réduit par 
exemple à deux assises, dont les parois cellulaires sont peu 
épaissies, et la zone herbacée n'a qu'un rang de cellules. Chez les 
Caryophyllées, au contraire, le péricycle est doué d'une activité 
considérable, rappelant celle dont il jouît chez les Chénopodia- 
cées, allant, exceptionnellement il est vrai, jusqu'à la formation 
de faisceaux surnuméraires {i), et se manifestant habituellement 
par la production du périderme. 

A côté de ces données plus ou moins négatives sur les affi- 
nités des Frankéniées, la morphologie florale, éclairée par l'ana- 
tomie. va nous fournir des renseignements plus positifs, en 
marquant décidément la place des Frankéniées parmi les Tama- 
ricacées. Ce rapprochement ne date pas d'aujourd'hui. Decaisne 
et Lemaout s'y sont longuement arrêtés. Pour eux, en effet, la 
&mille des Frankéoiacées c se rapproche des Tamariscinées par 
l'hypopétalie, l'ovaire uniloculaire à placentation pariétale, les 
ovules ascendants anatropes, la capsule à valves médio-sémini- 

I. P. Vuniemin, Sur U péricycle des Caryophyllées (BulledD de la SocUté bo- 
tanique de France, t. XXXU, i8Ss, p. 3S1). 

I, L. Morot, Rechtrchâs sur U péricycle (Annales des sciences nat., Bou- 
idqae, 6* s£rie, t. XX, 1885, p. 319; 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



86 JOURNAL DE BOTANIQUE 

fères et l'embryon droit ; mais les TamariGcinées en dtfièrent par 
les sépales presque libres, imbriqués, les anthères introraes, la 
j^raine exalbuminée, les feuilles alternes, l'inflorescence en épis.> 
Nous observerons qu'une des principales différences indiquées, 
anthères introrses, est inconstante, puisque les Tamarvc les ont 
généralement extrorses. D'autre part les Fouquiérées, coosi- 
dérées comme famille dans le Prodrome, réunies aux Franké- 
oiacées par Endlicher, puis aux Tamariscinées par Bentham et 
Hooker et par la plupart des botanistes modernes, forment un 
trait d'union entre les deux groupes. Malgré leur albumen 
charnu, les feuilles alternes, les sépales libres, etc., placent les 
Fouquiérées auprès des Tatnarix et la petite tribu des Réaumu- 
riées, Tamaricacées à albumen farineux, les rattache directement 
aux Frankenia. 

Nous ne pensons pas non plus que l'on doive tenir grand 
compte de ce fait que les verticilles staminaux sont formés de 
trois pièces chez les Frankenia, au lieu d'être isomères aux 
pétales comme dans les Tamaricées. Chez ces dernières en effet, 
à part le Tamart'x tetrandra où tous les cycles floraux peuvent 
être tétramères, on observe, aussi bien que chez les Frankéniées, 
le passage de cycles plus nombreux à des cycles ternaires ; seule- 
ment chez les Frankenia ce passage s'effectue entre la coroUe 
et l'androcée, chez les autres entre l'androcée et le pistil. Chez 
les unes et chez les autres on trouve d'aiUeurs, sauf exception, 
deux cycles d'étamtnes. 

La placentation est essentiellement pariétale, parfois même 
avec exagération, puisqu'elle devient b asilaire chez les Tamarix. 
A ce point de vue encore, la réunion des Frankéniées aux Ta- 
maricées est bien plus naturelle que leur rapprochement des 
Hypéricées. 

La disposition des feuiUes est loin d'être toujours un caractèfe 
de famille, et un groupe comprenant à la fois les Frankéniées à 
feuiUes opposées et les Tamaricées à feuiUes alternes ne nous 
semble pas manquer d'homogénéité pour ce seul motif. En tous 
cas, l'uniformité de structure intime de l'appareil végétatif com- 
pense largement cette divergence extérieure. 

L'épiderme est partout caractérisé par ses éléments plus ou 
moins prolongés en papiUes ou en poils mécaniques unicellu- 
latres, par sa surface enduite de croûtes résineuses ou calcaires, 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



Variété. 87 

chez les Rfoumurta, les Tamartx, les Myricarùit comme chez 
les Frankenia, par ses organes excréteurs, qui présentent une 
identité absolue chez les Tamaricées et les Frankéniés et non pas 
une simple analo^e comme tes glandes de ces deux groupes 
comparées à celles des Plombaginées. 

L'exoderme est le lieu de formation du périderme chez les 
Myricaria et Tamartx, aussi bien que chez les Frankem'a. 

Dans les deux coupes, le cambium de la tig;e envoie des 
prolongements d'un iâJsceau à l'autre et forme un cercle géné- 
rateur continu ; le péricycle tend aussi chez les Tamaricées à 
organiser un anneau scléreux ininterrompu, bien que sur te dos 
des faisceaux ils s'épaississent beaucoup plus que dans l'espace 
correspondant aux rayons médullaires. 

En somme, l'aoatomîe et la morphologie florale nous auto- 
risent également à placer les Frankénîées, à titre de tribu, dans 
la famille desTamaricacées. Cette tribu, caractérisée par le calice 
gamosépale et les feuilles opposées, se relie à celle des Tama- 
ricées par l'intermédiaire des Réaumuriées et des Fouquîérées. 

La famille des Tamarîcacées, avec l'extension qu'on lui donne 
ici, présente, dans son corps végétatif et dans son appareil repro- 
ducteur, une homogénéité supérieure à celle de bien des familles 
considérées comme très naturelles. 



VARIETES 

Hasse d'inclusion au savon. Application & la botanique 
et & la matière médicale, par M. Godprin. 

I.es procédés de technique microtomique applicables aux drogues 
d'origine végétale en sont encore à l'état naissant; ils sont loin de la 
perfection qu'ont acquis ceux dont font usage les bounistes et surtout 
les zoologistes. C'est au point qu'il y a peu de temps il était impossible 
et qu'aujourd'hui il est encore fort difficile d'obtenir de bonnes coupes 
totales dans la plupart des drogues. 

Cet état d 'infériorité s'explique facilement, si on pense que les pro- 
duits de la matière médicale représentent presque toujours des mem- 
bres de la plante qui ont atteint tout leur développement, où le sté- 
réome est très développé, qui sont eu un mot très durs et d'une hété- 
rogénéité très marquée. D'autre part, les microtomes connus jusqu'ici 
ont été construits pour couper des objets n'ofirant aucune rési^ance. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



88 lOUKNAL IJK, BOTANIQUE 

Cependant quelques ii^ntativcs heureuses ont ùU- entreprises pour 
combler cette lacune ; M. le Docteur Vinassa, privat-docent à l'Univer- 
sité de Berne, a imaginé un microtome qui est encore peu connu en 
France et que je crois devoir recommander ici parce qu'il m'a rendu 
de réels services. A l'aide de cet instrument, dont la description se 
trouve dans Zeitschrift fi'ir loisseiisckaftlicke Mikroskopie {i), j'ai pu 
couper la plupart des racines, écorces, rhizomes et bois officinaux, 
dont quelques-uns avaient près de trois centimètres de diamètre. Les 
bois durs ont seuls résisté. C'est le seul microtome qui m'ait donné de 
tels résultats. L'auteur donna, en même temps que la description de 
son appareil, une méthode d'inclusion dans le vide à la gélatine glycé- 
rinée. 

D'après mes observations, cette substance, dont M. Vinassa dit le 
plus grand bien et qui s'appliquerait à la plupart des cas, ne convient 
qu'à peu de corps; en effet elle est toujours molle, flexible et tremblot- 
tante et ne peut par conséquent offrir un soutien suffisant aux tissus. 
De plus, la gélatine retenant fortement l'eau, l'évaporatîon de la solu- 
tion initiale de gélatine glycérinée, pour l'amener à la consistance 
voulue, est d'une longueur désespérante et la fin de l'opération ne peut 
être appréciée facilement. 

J'ai cherché une masse exempte autant que possible de ces incon- 
vénients; je l'ai trouvée dans le savon, employé depuis longtemps en 
histologie. Mais s'il est vrai que cette substance, par la privation d'eau, 
peut prendre une consistance très dure et peu flexible, en revanche 
elle devient cassante et friable. Il fallait donc faire entrer lesavon dans 
une composition qui lui conservât ses qualités et atténuât autant que 
possible ses défauts. D'après cela le problème comprenait deux incon- 
nues; le choix du savon et le choix des substances avec lesquelles il 
devait être mêlé. 

Tout d'abord j'ai rejeté les savons du commerce, parce que leur 
composition est mal définie, complexe et très variable, et que, d'autre 
part, j'ai pensé qu'il était possible d'obtenir des savons de meilleure 
qualité pour le but poursuivi. Je me suis arrêté à celui d'huile de ricin 
et de soude qui se prépare avec la plus grande facilité, est d'un grain 
très fin et qui, par dessication, f>eut acquérir une grande dureté. Pour 
l'obtenir on fait dissoudre dans environ 15 parties d'eau à 50° ou 60°, 
3 parties en poids de soude caustique et on ajoute S parties d'huile 
de ricin, La saponification se fait immédiatement. B faut même veiller 
à ce que la température ne s'élève pas trop, auquel cas la masse devient 

I. D'Viiiaasa. Beitraege aurpka$-makogHostisehe»MihvskopU.^ Zeitschrift ' 
fur vlssenschafUiche Mikroskopie und fur mikioskopiscbe Technlk, Meft 3, 
Band U, pafe 309; Band IV, page 395. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



Variété. !):> 

Spumeuse et déborde iacilement du vase. Une fois ta 5apoiufi<^tion 
terminée, on purifie le produit par les procédés connus. Pour cela on 
ajoute de l'eau salée en maintenant la température de fusion. Le savoa, 
insoluble dans l'eau chlorurée sodique, monte à la surface. On laisse 
refroidir et on obtient un pain de savon que l'on traite encore une fois, 
après fusion dansi'eau, par le sel marin, etcelacommeprécédemment. Le 
pain qui résulte de la seconde opération est découpé en morceaux qui 
sont mis à sécher et que l'on conserve pour l'usage; il contient encore 
beaucoup d'impuretés, telles que carbonnate de soude, chlorure de 
sfxlium, dont on le débarrassera au moment opportun. 

Avec le savon ainsi préparé, il s'agît maintenant de faire la masse 
d'inclusion définitive. Elle est composée comme suit : 

Savon ci- dessus 5° gf. 

Alcool à 90' 160 gr. environ 

Gélatine fine 2 gr. 5 

Glycérine 30 gr. 

Eau 25 gr. 

Le savon est dissous dans l'alcool légèrement chauffé, puis on filtre. 
Une seule opération, avec une seule quantité d'alcool, donne donc la 
solution savonneuse et enlève les impuretés du savon. D'autre part on 
fait dissoudre à une douce chaleur la gélatine dans le mélange d'eau et 
de glycérine. On ajoute cette solution à la première; le mélange reste 
limpide, malgré la présence simultanée de la gélatine et de l'alcool. 
Dans cette solution le savon représente à peu près la cinquième partie 
du poids total du liquide. C'est ce liquide qui sera plus tard évaporé 
après qu'il aura pénétré les objets d'étude et les englobera dans une 
masse d'inclusion solide. 

Pour faire les inclusions dans cette masse, voici la marche que j'ai 
toujours suivie. Les objets, placés dans l'alcool ordinaire, sont d'abord 
soimils au vide d'une trompe, jusqu'à ce qu'il ne s'en échappe plus de 
bulles gazeuses, ce qui dure une ou deux heures. Cette première opé- 
ration a pour but, comme on le devine, de chasser l'air des objets, en 
y faisant f>énétrer un liquide très fluide, l'alcool, et de faciliter par là 
les imprégnations ultérieures. Ce résultat obtenu, on porte les objets 
dans l'eau et on les soumet de nouveau au vide ; l'eau remplace l'al- 
cool et ramollit ces objets, ce que l'on cherchait ; si on n'est pas pressé, 
on peut les y laisser un jour. 

Une fois les objets ramolUs,'on les porte dans le liquide d'inclusion 
et on chauffe au baîn-marîe à une température d'environ 50°. L'alcool 
et une partie de l'eau s'évaporent ; le liquide savonneux remplace l'eau, 
pénètre les objets et s'y concentre, les englobant dans une masse qui 
duidra par refroidissement. On cesse de chaufifer lorsque la surËice du 



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90 JOURNAL DE BOTANIQUE 

liquide se recouvre d'une pellicule. La qnandté de liquide initial doit 
être assez abondante pour que, à la fin de l'évaporation, les objets y bai- 
gnent encore; cette quantltéest facile à déterminer si on se rappelleque 
le poids de la partie non évaporée est la cinquième partie environ du 
poids total du liquide. Au moyen d'une pince on retire les objets main- 
tenant imprégnés de la masse savonneuse, on les dépose sur des pla- 
ques de verre; au bout de quelques minutes le liquide d'ïnclusioa qui 
les a pénétrés s'est solidiâéet on peut immédiatement procéder à l'exé- 
cution des coupes. Cependant il vaut mieux laisser le matériel se des- 
sécher un jour ou deux à la température du laboratoire. Avec un peu 
d'habitude on juge facilement si les préparations ont acquis le degré 
de dessication nécessaire. Si ce d^ré avait été dépassé, on n'aurait 
qu'à placer les objets dans un flacon ou un petit cristallisoir exacte- 
ment fermé et dont on aurait mouillé les parois. Dans ce milieu saturé 
d'humidité, le savon reprend vite de la mollesse. 

Et maintenant quelle est la raison de la composition de cette masse 
d'inclusion? J'ai déjà dit que le savon sec, très dur, est malheureuse- 
ment trop friable ; dès lors l'idée me vint d'y ajouter de la gélatine, 
corps qui possède beaucoup de liant. Le véhicule, malgré l'eau et la 
glycérine qu'il renferme, peut être considéré comme alcoolique ; j'ai 
donné la préférence à l'alcool sur l'eau [>our un grand nombre de raisons, 
dont les principales sont que l'alcool s'évapore plus vite que l'eau et 
fournit un résidu savonneux moins visqueux ; de plus, pendant l'évapo- 
radon le liquide alcoolique ne se boursouffle pas à la surface comme 
avec l'eau. On a souvent objecté que le savon, à cause de sa grande 
alcalinité, altère les membranes et doit être rejeté comme masse d'inclu- 
sion. Je ferai d'abord remarquer que le traitement du savon d'huile de 
ricin pal l'alcool, comme il est dit dans le mode de préparation de la 
masse, élimine la plus grande partie des carbonates alcalins; ensuite, 
avant d'adopter le savon, j'ai fait l'expérience suivante : des corps émi- 
nemment gonflables dans l'eau, tels que la gomme arabique et cette 
Algue employée en pharmacie sous le nom de Carragaken, ont été placés 
d'une part dans de l'eau tenant en dissoludou 5 0/0 de potasse causti- 
que et de l'autre dans de l'alcool potassé au même titre. Dans l'eau al- 
calinisée, le Carragahen fut réduit en bouillie au bout de quelques mi- 
nutes; la gomme, bien entendu, ne tarda pas à se dissoudre; dans 
l'alcool, au contraire, le Carragahen résista indéfiniment à la dissolution 
et ne fit que se gonfler légèrement en reprenant le volume et la consis- 
tance qu'il a à l'état frais ; la gomme ne fut pas altérée. De cette simple 
expérience je conclus que les membranes cellulaires n'ont rien à crain- 
dre dans un milieu alcalin alcoolique, ce qui me détermina à adopter 
l'alcool comme véhicule et le savon comme corps solide principal. La 



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Variéli. 91 

^ycéiùie ajontée au mélange empêche la dessication complète du 
savon et coDtribue avec la gélatine à le rendre moins cassant. Enfin 
l'eau a pour but d'étendre quelque peu l'alcool et d'empêcher le durcis- 
sement des objets. 

La masse d'inclusion dont il est ici question est jann&tre, presque 
transparente, ne se dessèche jamais complètement. Son grain est très 
fia; on peut la couper en tranches extrêmement minces qui ne se bri- 
sent pas et n'adhèrent pas au couteau ; enfin elle est d'une dureté déjdt 
considérable. Grâce à elle, j'ai pu obtenir des coupes dans des drogues 
où je n'avais pu le faire par aucun autre procédé, pas même après in- 
clusion dans la gélatine glycérinée, telles que le Carez des sables, le 
bulbe de Colchique, le rhizome de petit Houx, les racines de BapHsia 
Hncioria, de Dictame blanc, de Gentiane, de Saponaire, de Réglisse, 
de Garance, d'Ipéca, les graines de Sirophantus, le fruit de Fenouil, 
la Galle de Chine, le Cairagahen, le Poivre noir, etc. Enfin tous les 
corps dont la coupe a réussi dans la gélatine glycérinée ont' pu être 
anssi <x)upés dans la masse savonneuse. 

Mais ce n'est pas seulement pour les objets durs que la substance 
en question m'a rendu desseryicesi j'en ai encore retiré le plus grand 
profit pour les corps mous et minces, qui ne peuvent supporter la pres- 
sion des pinces du microtome et qui fléchissent au choc du couteau. 
Pour ces corps, comme les feuilles, les Mousses, les tiges et racines 
giéles, les petits thalles de cryptogames etc., je conduis les opérations 
comme il a été dit ci-dessus jusqu'à et y compris l'inclusion dans le 
savon et la dessication subséquente. 

Ensuite les corps, enrobés dans la masse d'Inclusion, sont recou- 
verts d'une forte couche de paraffine que l'on coule en prisme autour 
d'eux, absolument comme dans les procédés d'inclusion au moyen de 
cette substance seule. La paraffine et le savon adhérent complètement 
entre euxet le tout, paraffine, savon, objet d'étude, iâit corps. Le prisme 
ainsi obtenu est débité en coupes au moyen du microtome à bascule dit 
de Dumaige, d'après la méthode habituelle. On a donc ici les avanuges 
de la paraffine qui est de maintenir les corps ilexibles, sans en avoir 
l'inconvénient qui est de dessécher les objets et de les rendre friables à 
un point tel qu'ils se réduisent en poudre au passage du couteau ; les 
coupes font même la chaîne. Par ce procédé mixte, j'ai pu obtenir 
d'excellentes coupes dans des feuilles très minces, problème toujours 
difficile, comme on sait; enfin il m'a été possible de coupera i/ioo 
de millimètre plusieurs Algues gélatineuses comme le Carragahen, ce 
qne jusqu'ici je n'avais jamais pu réussir. Ces Algues, en eâet,à l'éUt sec 
sont cassantes, cornées, et ne peuvent se couper; si on les humecte, 
elles deviennent trop molles et du reste dans ce cas leur flexibilité et 



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91 JOURNAL DE BOTANIQUE 

leur viscosité sont un obstacle presque invincible. D'après ce qui a ét^ 
dit plus haut de l'action de la potasse alcoolique sur les corps mucila- 
gineux, cette Algue avait pris une bonne consistance et j'ai pu en obte- 
nir des coupes irréprochables. 

On voit donc que la masse d'inclusion au savon que je propose, 
ainsi que les procédés opératoires qui l'accompagnent, peuvent être de 
la plus grande utilité, non seulement aux pbarmaci^raphes, mais encore 
aux botanistes. 



CHRONIQUE 



Voici le programme des herborisât ioas projetées par les professeurs de l'Uni- 
versité de Montpellier pour le second semestre de l'année scolaire tSSS-iSSo : 

to inara, Plan des Quatre^Selgneius. 

17 — Bois du Mas de Maigjet et de la Madeleine. 

14 — Coteaux de Blone. 

31 — Prairies de Lattes. 

7 avril, Landes de Cannelles. 

14 .— Vallon de Pontvalès à Murviel. 
5 mai. Plaine de Saint-Martin de Londres (toute la journée). 

13 — Bols de la Colombière. 

19 — Monlag-ne des Capouladoux (toute la journée). 

38 — Dunes de Maguelone, 
1 juin, Bois (siliceux) de la Moure. 
9 — (Pentecâte), Bois de Pardallhan (toute la journée). 

16 — Marais de Vie et des Arcsquiers. 

33 — Terrains salés des Onglous à Agde (toute la journée). 

30 — Garig^es de la Valette. 
7 juillet, Forêt de Salnl-Pieire-la-Fage et de Soubès, près Lodère (du sa- 
medi soir au dimanche soir). 

Lorsque le nom de la localité n'est suivi d'aucune indication, llierborisatioli 
ne se prolonge pas au delà de la demi-joumée. 

Les herborisations sont dirigées par tous les professeurs de Botanique de 
l'Université; toutes les personnes qui s'intéressent à la botanique, étudiants ou 
non, sont libres d'7 prendre part. 

M. G. BoKMiBB ouvrira son cours à la Sorbonne le mercredi 30 mars, à 10 h. t/i, 
et le continuera le samedi et le mercredi de chaque semaine à la même heive. 
Il traitera des végétaux cr/plogames. 



Le cours de M. Bcbsau commencera le samedi 3] mars, à 3 h., et se conti- 
nuera à la même heure, chaque samedi des mois de mars et d'avril, dans le grand 
amphithéâtre du Muséum d'Histoire naturelle. Le professeur étudiera les plantes 
fos^lea phanérogames et leurs affinités dans la flore actuelle. 

Le GtroMl .- Louis Ho*ot. 



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D,B,i..ab,Google 



Journal de Botani(^ue 



3' année PI 





ill X Orchis U 



II. CephaUnthera Érandiftoci 
izetiana nov hybr '-^' 



JOURNAL DE BOTANIQUE 

Directeur: M. Louis MOROT 



NOTE SUR DES ORCHIDEES DES ENVIRONS DE PARIS 

(X Orchis Lutzetiana nov. hybr.) 

Par M. E. G. CAMDS 

Nous espérons être agréable aux botanistes parisiens en fai- 
sant conn^tre quelques faits nouveaux sur les Orchidées des 
environs de Paris. 

It s'agit d'abord de deux Orcliidées anomales ayant une ana- 
logie plus apparente que réelle. La première est un Gymnadema 
conopea (récolté par M. Luizet dans les marais de la Genevraie 
prèsd'Episy) à fleurs munies chacunededeuxéperons('iP/.//,y./). 
Ces fleurs ne sont pas doubles, le labelle est unique, normalement 
à 3 lobes, et ayant à la base deux dépressions donnant naissance 
à deux éperons. Cette forme anomale n'avait, je crois, pas en- 
core été observée ; on avait déjà trouvé des Gymnadenia et des 
Orchis xfsxvLXs de plusieurs éperons, mais chacun d'eux provenait 
d'une division particulière du périaothe. 

La deuxième plante est un Cephalantkera grandïJlora{céco\\é 
par MM. Chevallier et Camus dans le ravin d'En-Haut, près 
d'Esches) à fleurs géminées {PI. II, f. 2). Les deux ovaires sont 
sondés et chaque fleur possède deux labelles qui sont aussi sou- 
dés. Cette anomalie est, dans les Orchidées, moins rares que la 
précédente; nous l'avons observée dans les Ophrys ayacknites 
et aranifera. 

La troisième plante représentée par notre planche est une 
hybride que nous dédions à M. Luiset, botaniste distingué qui 
l'a découverte dans le marais tourbeux d'Episy. 

Les parents présumés sont VOrc&z's mceamdta et XO. laxiflo- 
ra. La diagnose de cette plante se résume ainsi : 

Taôercules radicaux aplatis, digités-palmés. Tige assez gréle, 
hante de 5 décim. environ, cylindrique, dressée, un peu flezueuse 



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98 lOORNAL DE BOTANIQUE 

Striée et violacée au sommet. J^euiUts dnisséts lùgëremeatcaiialîculées, 
linéaires, larges de 2 cenlim. ecviroD ; les inférieures obtuses au soin- 
met, les supérieures aiguës; Amenées, surtout les inférieures, dépassant 
les fleurs. Ovaire contourné, légèrement courbé au sommet. Ëperon 
conico-cylindrique, horizontal ou descendant, un peu plus court que 
l'ovaire. Labelle trilobé, à lobes latéraux assez larges, dirigés en bas, 
arrondis subcréoelés en avant ; lobe médian entier, plus long que les 
lobes latéraux. 

Divisions du périanthe libres; les extérieures allongées obtuses, 
les deux latérales étalées-dressées, à la fin recourbées en arrière ; di- 
visions intérieures plus courtes que les extérieures, conuiventes. Pleurs 
peu nombreuses, d'un pourpre un peu violacé, disposées en épi lâche 
(Pl.I!,f.3). 

Cette plante est intermédiaire entre \0. laxiflora dont elle a 
le port général, quoique plus grêle, et VO. incarnata dont elle a 
les bractées, l'éperon et les tubercules digités. 



ETUDES SUR LA GEOGRAPHIE BOTANIQUE DU NORD 

de la Francs 

(Suite.) 

Par M. l'abbé UASCLEF 

D. Espèces de l'intérieur non modifiées. — Je n'ai 
pas la prétention d'énumérer ici toutes les espèces appartenant 
à la flore intérieure de la région du Nord qui pénètrent dans les 
sables maritimes et peuvent s'y fixer sans se modifier à la façon 
des formes littorales étudiées précédemment ; je vais simplement 
indiquer celles que l'on y rencontre le plus fréquemment et qui 
sont vraiment caractéristiques de la flore des dunes et des galets. 
Elles sont à peine au nombre d'une trentaine. Je résume en quel- 
ques mots leur distribution géographique, les classant en dififé- 
rentes catégories suivant les principales causes probables de leur 
dispersion. 

a) — Quatre d'entre elles, Tkalictrunt minus h. , Erytkrsea 
pulchella Pries, Orobancke Galii Dub. et Corynephorus caites' 
cens P. B., paraissent attirées dans nos sables du littoral par 
l'influence du climat jnaritinte. Ce sont, en effet, des espèces 
dont la dispersion dans l'Europe occidentale est bien plus méri- 
dionale que boréale. Depuis les côtes de l'Ouest jusqu'à celles 



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Abbé Masclbf. — Sttrla giograpkù botanique du Nofddt Ut France. 99 

de l'Angleterre, de la Hollande et même de la péninsule Scan- 
dinave, elles sont beaucoup plus fréquentes sur les bords de la 
mer qu'à l'intérieur des terres; dans la région du Nord, en par- 
ticulier, elles sont très rares à rintérjeur(i). Elles se comportent 
donc comme les espèces littorales^ et doivent vraisemblablement 
être soumises aux mêmes influences, (s) 

Toutes quatre peuvent être considérées comme communes 
dans nos sables maritimes; leur dispersion offre cependant 
quelques particularités à signaler. 

Le CORYNEPHORUS CANKSCENS est fréquent dans toute la ré- 
gion des dunes ; on le rencontre également au milieu des galets 
près de l'embouchure de la Somme. 

L'OrobANCHE GALU se rencontre dans toutes les dunes, para- 
site sur divers Galium, mais comme toutes les Orobanchées il 
est très irrégulièrement disséminé; il abonde par place et manque 
sur certains autres points. 

Le ThalICTRUM minus, également spécial aux dunes, 
manque au Nord du Pas-de-Calais, dans celles d' Atnbleteuse^ 
de Wissant et de Calais. C'est surtout dans le dépanement du 
Nord qu'il est abondant, vers Gravelines et Dunkerqtte. — La 
forme la plus fréquente dans nos dunes est celle qui a été 
décrite par Dumortier sous le nom de Th. dunense. — Le 
Th. minus est une espèce calcicole préférente ; il trouve donc 
dans les sables calcaro-st'liceux des dunes une station chimique 
favorable. 

L'Erythrsa pulchella existe sans lacune dans toutes les 
dunes, de la Belgique à la Somme ; on le retrouve également 
tout autour de l'estuaire de ce fleuve jusqu'aux environs d'Abbe- 
ville. Il végète indifféremment au milieu des sablés arides, sur 

I. Le Cùry»epiorvs ecutescens a été trouvé dans le département du Pas-de- 
Calais dans deux localités sablonneusFs de la régiim des coltinti d'Artois, à 
Saini-Pol (Boulay) et entre Hesdigneui et Laiuissiere (Dovcrg-ne, Mascl.). — Le 
Tkaliclrum minus et \' Oroèancke Galii-a'aat plus, dana ces derniers temps, été 
sipialés d'une manière exacte que dans quelques localités le iong du flettoe de la 
Somme qui parait être leur limite normale dedispersion intérieure dans le nord de 
la France. — UBrylhrxa pulchella a, à peu près, la même distribution que les 
deux espèces précédentes dans le département de la Somme, mais on la rencontre 
SOT plusieurs points du Pas-de-Calais dans des rég:ioDs et des stations très diffé- 
rentes. (Consulter pour plus de détails la Flore de la Somme et le Cal.ilogue du 
Ptu-de-Caiais.) 

3. Toutes nos espèces tittarales. e:(clusives ou non, rentrent tiaus la catégorie 
de celles que Grisebach, dans • la végétation du globe », désigne sous le nom 
Htspices atlantiques. 



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loo JOURNAL DE BOTANIQUE 

les pelouses sèches et dans les endroits un peu marécageux. — 
Cette espèce est indiquée par les auteurs comme étant une sili' 
cicole préférente, elle est loin de rencontrer toujours sur le 
littoral du Nord des terrains dépourvus de calcaire, et par 
conséquent de se manifester comme telle. C'est d'ailleurs sur 
des terrains calcaires qu'on la rencontre le plus fréquemment à 
l'intérieur. 

— On pourrait joindre à cette première liste une espèce, le 
Jasione moniana, dont nous avons déjà étudié la distribution 
dans nos sables maritimes à propos des formes littorales. Cette 
espèce a en Europe une dispersion géographique à peu près 
identique à celle des quatre précédentes ; elle est de même très 
rare à l'intérieur dans la région du Nord(i), Sa fréquence sur 
le littoral du nord de la France peut donc aussi justement être 
attribuée à l'influence du climat maritime. — Comme YEry- 
ikr^a littoraliSy le y. moniana doit être considéré comme indif- 
férent à la nature chimique du sol; je dois dire cependant qu'il 
recherche dans certaines dunes, à Wimereux, par exemple, les 
endroits les plus pauvres en calcaire. Aux environs de Douai il 
existe sur la silice pure ! 

b) — Douze espèces calcicoles exclusives ou seulement pré- 
férentes, Clematis Vitalbah., Diplotaxis temiifolia'DQ,., D.mu- 
ralisXiC, Trijolium fragifentm L., Antkyllis Vultierariah., 
Eryngium. campestre L., Ceniaurea Cakitrapa L-, Chlora 
per/oliata'L.y Lycopsis arvetisisl^., Cynoglossum officinale \^., 
Echium vulgare L., et Scleropoa rigida Gris., se voient assez 
souvent dans les dunes ou au milieu des galets, surtout à l'ar- 
rière, à proximité des terres où elles trouvent leur station 
habituelle. Elles ont presque toujours dans les sables maritimes 
l'aspect de plantes introduites; on peut dire, sans crainte de se 
tromper, qu'elles viennent de l'intérieur y rechercher le calcaire, 
la. concurrence vitale, si faible dans ces terrains, ne s'opposant 
nullement à leur propagation. 

Toutes ces espèces peuvent être regardées comme communes, 
bien qu'elles manquent sur bien des points. Elles sont souvent 

I, V,t Jastone montana manque dans le Pas-de-Calais; daos le Nord il eiiste 
aui enviriins de Douai, à Moaligny (Gossart), PoHlà-Raches (Masci.) et Flimx 
(Neckerl)i dans la Somme il est signalé à VUkrs-ToumflU {^\a\\hen) et à N.-D. 
de Grâce près Amiens? (Pauquy). 



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Abbé Masclbf. — Sur la géographie botauique du Nord de la France, loi 
très abondantes dans leurs habitations comme toutes les espèces 
introduites. 

— Le Trifolium fragiferum est assez rare à l'intérieur ; il 
peut, sous bien des rapports, être rapproché des espèces de la 
catégorie précédente et subit probablement aussi l'influence du 
climat tnaritime. 

c) — Quatre autres espèces semblent simplement recher- 
cher dans les sables maritimes \3l nature physique du terrain ; ce 
sont : Senebiera Coronopus Poir., Hypockseris glabra^^., Hiera- 
ciunt untbellatunt L. et Fesiuca tenuifolia Sibth. 

L'HypoCH^RlS GLABRA n'existe que dans les dunes de Calots 
à Sattgatie (Qoxû^y) et de /a Cd^ïc,^ à /'^«l'A;^// les trois autres 
espèces sont communes, l'HlERAClUM UMBELLATUM seulement 
dans les dunes, les Senebiera Coronopus et Festuca tenui- 
folia, indifféremment dans les dunes et au milieu des galets. 

— Le Pinus maritiTiui L. planté en si grande abondance 
dans certaines parties des dunes, surtout entre la Somme et 
l'Authie, doit être rangé dans la même catégorie. 

d) — Le Thesium humifusum DC, d'après sa distribution 
géographique générale si restreinte (i), doit, être considéré 
comme indigène dans nos sables maritimes. Il est plus fréquent 
sur le littoral du Nord, comme sur les côtes de l'Ouest et de la 
Belgique, parce qu'il y trouve réunies toate les conditions pky- 
sico-chimiques favorables à son développement, c'est-à-dire un 
terrain sablonneux très propice à son parasitisme et du calcaire. 

Cette espèce existe dans le département du Nord, dans les 
dunes fixées entre Dunkerque et la frontière belge (Flahault) ; 
dans le Pas-de-Calais et la Sonttne, çà et là dans toutes les 
dunes depuis Wissant jusqu'à Saint- Quentin-en-Toumtont. 

e) — Je parlerai prochainement, à propos de la végétation 
des marais du littoral, du Liparis Lœselii Rich. et des Juncus 
tenageia, obtusiflorus et lampocarpus Elirh., que l'on rencontre 
quelquefois dans les endroits humides et marécageux des dunes. 

_/) — Je termine par l'étude de l'une des espèces les plus 
remarquables de la flore des dunes du nord de l'Europe occi- 
dentale, le Pyrola rotundijolta L. 

1. Espèce de l'Europe occidentale, à aire de dispersion très petite : habite 
depuis l'Ang-leierre et la Flandre occidentale jusque dans le Lantruedoc et le Juia 



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loi (OUkNAI. DE BOTANlyUE 

Dans notre région cette espèce est très abondante sur cer- 
tains points des dunes : dans le Marquenterre ! (de Vicq., etc.), 
aux environs A'Biaples et de Condeite!, dans les dunes de la 
Slack (Giard) et de Tardingken (de Lamarlière) , enfin aux 
environs de Dunkerque (Flahault). Elle y recherche surtout les 
endroits humides et un peu marécageux à l'abri des forêts de 
Pins ou des buissons ^ Hippophae et de Salix repens. — Elle 
■manque dans les dunes du Calaisis. 

Le Pyroîa arenaria semble bien indigène dans nos dunes ; 
c'est à mon avis une plante absolument indifférente au voisinage 
de la mer. 

11 se pose à son sujet une question intéressante que je vais 
essayer de résoudre, jusqu'ici on a généralement admis (i) que 
ce n'est pas le type lînnéen qui existe dans les dunes, mais bien 
la forme trouvée par Koch dans l'île de Norderney et décrite 
parlai sous le nom de var. arenaria (2). Cette affirmation est 
beaucoup trop exclusive, j'ai recueilli et étudié un nombre con- 
sidérable d'échantillons et à peine en ai-je vu deux ou trois 
représentant la forme arenaria bien caractérisée dans toutes ses 
parties ; mais, d'autre part, il est presque aussi rare de rencon- 
trer le type parfait. Le plus généralement on trouve des formes 
qui établissent le passage entre le type et sa variété : par leurs 
feuilles Aç. 23,$ centim., arrondies, ovales ou subrénijôrmes, 
très rarement subaiguës et par \^urs pédiceiles dépassant le plus 
souvent le calice, elles se rapprochent beaucoup du type, tandis 
que par leurs sépales presque constamment obtus et arrondis, 
même dans les formes très développées et à grandes feuilles, 
elles peuvent être rapportées à la forme arenaria{^. 

Cette forme arenaria n'est point d'ailleurs exclusivement 
littorale; elle paraît, dans le nord de la France, particulière 

I. Grenier et GodroH, Flore de France; de Vicq, Flore de la Somme; Dumor- 
Her, Bouquet du littoral belge; etc. 

3. Koch, Synopsis Borœ gennanic^c ei helveticîe, p. 478 : • Pyrela rolundi/o- 
iùi{\^, sp. 567), staminibus sursum curratis, stylo declinaio apice arcuala. petalis 
obovatis, laciniis calycis lanceolatis acurofnatîs, apice recurvalis, corollam dimi- 
dîam .Tquantibus, racemo œquali... Variât ; 

p. arenaria, minor, follis dimidio niinoribus acuiiusculîs, pedunculis calycem 
vil œquantibus, laciniis calycis latioribus oblongis obtusiusculis. 

3. Les échantillons publiés àansVHer&ier des flores locales de France, N' 157, 
des dunes de Saint-Quenlin-en-ToumioiK, Soinme, et dans les Planlit Gallix 
septenirienalis et Belgii, N* 102, des dunes de Merlimont, Pas-de-Calais, soni 
très mélangés; on peut y voir toutes les formes de transîcion que je vietis de 



D,B,i..ab,GoOglc 



Abbé M.is':lbf.— Sur/a giogfaphie botanique dtt Nord de la France. 103 
aux stations sablonneuses en général. Elle a été trouvée par de 
Mélîcocq (i) aux environs de Béthune, sur les digues du canal, 
entre Gorre et cette ville, dans un terrain sablonneux et couvert ; 
je la possède également d'une autre localité sablonneuse du 
Pas-de-Calais, de Matringhen près Aire-sur-la-Lys. Les échan- 
tillons provenant de ces deux localités concordent bien avec la 
description de Koch, sinon peut-être pour les sépales qui, sans 
être lancéolés et triangulaires au sommet, comme dans le type, 
ne sont pas aussi nettement arrondis que dans la plupart des 
formes de nos dunes, tout en étant cependant oblongs, obtus. 

J'ajouterai qu'il est très rare de rencontrer dans le nord de 
la France, soit dans les dunes, soitàl'întérieur, des formes pré- 
sentant sur leurs hampes florifères ^/«f de deux bractées (4, 5 
ou 6), comme cela s'observe constamment sur les Pyroles des 
côtes du Yorkshire ou du comté de Lancastre (2). 

Que conclure de tout cela sinon que le Pyrola rotundifoîia 
est une espèce très polymorphe dans les dunes et dans les sta- 
tions sablonneuses en général, et que certaines descriptions ou 
déteitaiaations qui en ont été faites sont fautives ou du moins 
troppeugénérales.par suite de l'examen d'un nombre insuffisant 
de spécimens? 

Conclusions. — Je résume rapidement les caractères de la 
végétation des sables maritimes. 

Vingt espèces véritablement maritimes y paraissent fixées 
par l'influence du chlorure de sodium contenu dans le sol ou 
distribué par les brumes de la mer. 

Vingt— sept sont des espèces de l'intérieur qui, sous l'in- 
fluence du sel marin, des vents de la mer ou de X aridité de la 
station, s'y modifient assez profondément pour constituer des 
Jormes littorales spéciales qui y remplacent exclusivement les 
types spécifiques. 

Treize, bien que n'étant nullement maritimes, sont exclusi- 
vement littorales dans notre région. Le climat maritime se.rQ\A& 
déterminer leur présence de préférence à toute autre influence. 

I. De Mélicocq, Plantes croissant spontanémeat aux environs de BJthune, 
1S49, p. 333 (sub Doau P. serotina de MéUc.]- — Herbier des flores locales de 
Brauce, N" 158 •, 

I. /. B. Planekott, Note sur le Pp'ola rotttndijolia, Var. armoria Koch (An- 
nales (lea Sciencas naturelles, série 3, t. 18, p. 370. i))5^ ). 



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104 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Vingt-sept autres enfin sont des espèces que Ton retrouve 
également à l'intérieur des terres dans la région du Nord, Les 
unes, beaucoup plus communes sur le littoral, semblent encore 
dépendre de Vinfiuence du climat maritime ; les autres, d'uoe 
dispersiont souvent inverse, ne sont pas pour la plupart indi- 
gènes dans les sables maritimes et y viennent rechercher, grâce 
au manque relatif de concurrents, la nature physique ou chimique 
du sol. 

C'est un total de 87 espèces vasculaires, dont 60 dicotyle~ 
dones, 25 monocotylédo?tes, i gymnosperme et i cryptogame. 

Sur ces 87 espèces, 25 sont annuelles, 5 bisannuelles, 3 an- 
nuelles ou bisannuelles, i (Viola sabuîosa) annuelle, bisan- 
nuelle ou vivacey 45 vivaces et 6 ligneuses. 

Elles sont réparties en 34 familles dont 27 de dicotylédones 
et 5 de monocotyle'doties , dans les proportions suivantes : 
i8 Graminées, 3 Borraginées, 

8 Papilionacées, 3 Joncées, 

7 Crucifères, 2 Violariées, 

5 Composées, 2 Silénées, 

4 Rubiacées, 2 Géranîacées, 

4 Gentianées, , 2 Ombellîiëres, 

3 Renonculacées, 2 Cypéracées. 

3 Alsinées, 

L^s 19 autres familles (Papavéracées, Rosacées, Tamaris- 
dnées, Campanulacées , Pyrolacées, Convolvulacées, Oroban- 
chées, Labiées, Plantaginées , Salsolacées , Polygonées, 
Saatalacées , Eléagnées , Euphorbiacées , Salicinées , Aspara- 
gînées, Orchidées, Abiétinées, Equisétacées), n'ont qu'un seul 
représentant ; il est vrai que trois d'entre elles, les Tamaris- 
cinées, Santalacées et Eléagnées n'ont que cet unique représen- 
tant dans le nord de la France. 

L'influence du sel marin semble primer toutes les autres. 
Non seulement elle fixe dans les dunes ou sur les levées de 
galets une vingtaine d'espèces véritablement maritimes, mais 
elle y modifie profondément huit espèces de la flore terrestre, 
domiant à quelques-unes de ces formes littorales l'aspect de 
plantes fuUopkyles. C'est donc 28 espèces, soit près de 1/3, qui 
sont soumises à cette influence, sans parler d'espèces comme 
Glaucium flavum et Carex arenaria sur lesquelles elle est 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



Abbé MAscLBf. — Sm" la géographie botanique du Nord de la France. 105 
encore bien probable. Elle s'exerce seule, à l'exclusion de toute 
autre, dans les parties les plus voisines de la mer, où la propor- 
tion de Chlorure de Sodium est encore insuffisante (0,3 ào,i 0/0) 
pour exercer une action répulsive sur la plupart des espèces de 
la flore terrestre ; beaucoup plus à l'intérieur, quand la propor- 
tion de sel marin tombe à quelques centièmes seulement, elle se 
£ût encore sentir d'une façon manifeste sur certaines espèces, 
tandis qu'elle paraît nulle sur toutes les autres qui les accom- 
pagnent. Ce fait montre combien il faut peu de sel marin dans le 
sol pour les espèces maritimes qui le recherchent; mais dans 
ces conditions le Chlorure de Sodium déposé par les buées de 
la mer doit suppléer à la minime quantité contenue dans les 
sables. C'est à cette dernière action, dont le mode et les con- 
ditions nous échappent, et qu'il faudrait rechercher par des 
expériences nombreuses et suivies, que l'on doit probablement 
attribuer la présence de certaines espèces maritimesà une grande 
distance de nos côtes. 

La flore des terrains soumis à faction directe des eaux 
salées est surtout caractérisée, avons-nous vu, par la présence 
des Salsolacées et des Ploinbaginées ; dans les sables man- 
tilles, au contraire, ce sont les Grantinées qui dominent. Sur 
les 18 représentants de cette famille que l'on y rencontre, 1 1 su- 
bissent l'influence du sel marin (9 maritimes sur 20, 2 formes 
littorales sur 8). A côté des Graminées nous trouvons parmi les 
28 espèces soumises à l'influence salée du sol ou de l'atmosphère, 
3 Crucifères, 2 AlstJtées, i Salsolacée, i Cypêracée, i TamariS' 
cinée, familles qui comptent, après les Salsolacées, les Plomba- 
ginées et les Graminées, le plus 'grand nombre de représentants 
parmi les plantes halophyles et maritimes. 

Après l'influence du sel marin , celle du climat tnarittme 
par^t la plus importante. Nous avons vu toute l'action qu'elle 
doit avoir sur 18 espèces qui, bien qu'indifférentes à l'influence 
précédente, ne s'écartent pas ou très peu du littoral dans le nord 
de la France. Les espèces de cette nouvelle catégorie n'étant 
nullement halophyles appartiennent un peu indifféremment à 
n'importe quelle famille ; nous y trouvons cependant 2 Gra- 
minées, 2 Silénées, i Crucifère, 3 PapilionacéeSy i Cypêracée, 
Êunilles fréquemment représentées sur les bords de la mer. 
Sur les 87 espèces de nos sables maritimes, en voici donc 46, 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



106 JOURNAL DE BOTANIQUE 

c'est-à-dire plus de la moitié, qui ne peuvent guère vivre loin 
de la mer et semblent avoir leur existence intimement liée avec 
son voisinage. Cette proportion est relativement considérable; 
elle montre dès à présent combien la flore, déjà si pauvre, du 
nord de la France, compterait d'espèces en moinssi cette région 
n'était pas litttorale. 

Les autres influences ne sont plus qu'accessoires et ne se 
font souvent sentir que d'une manière accidentelle; celles du 
calcaire, des vents de la nter et de Varidité de la station méri- 
tent cependant quelque attention. \a première attire 12 espèces 
dont 3 Borraginées, 2 Crucifères et 2 Papilionàcêes ; les deux 
autres modifient une vingtaine d'espèces où dominent surtout 
\e^ .Rubiacêes {/^ , les Géraniacêes (2) et les Graminées {2). 

A un point de vue plus général et plus philosophique, il &ut 
faire une large part dans les sables maritimes à la lutte pour 
l'existence. Le manque de concurrents nombreux sur des terrains 
oij de grands espaces sont encore presque sans végétation et un 
cl mat plus doux favorisent l'introduction des espèces continen- 
tales; mais ces causes favorables sont souvent contrebalancées 
ou du moins atténuées par deux influences contraires, Varidité 
de la station et surtout Vinfluence répulsive du sel marin. La 
lutte pour l'existence ne transforme nullement les espèces ; elle 
en soumet seulement quelques-unes à l'action modificatrice du 
fnilieu. On s'aperçoit aisément à propos de ccrtMacs formes lit- 
torales de l'influence considérable qu'a pu avoir le milieu sur 
la formation de certaines variétés considérées aujourd'hui comme 
espèces distinctes ; c'est certainement cette action qui a été et 
est encore la plus puissante et doit avant tout être recherchée 
dans toute question ayant trait à l'origine de l'espèce végétale, 
(A suivre.) 

INFLUENCE DE L'EXPOSITION 

L'ACCROISSEMENT DE L'ÉCORCE DES SAPINS 

Par H. Emile M Kl* 
III 
Si, d'après ce qui vient d'être dit, il est manifeste que le dévelop- 
pement de l'écorce aux expositions chaudes soit lié au ralentissement 
dans la production ligneuse, est-ce la seule cause pour laquelle le rap- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



E. Mbb. — Dt l'accroissemetil de l'tcorce des SapÎHS. lO? 

port cortîco-ligneux est plus élevé à ces expositions ? C'est ce que je 
vais examiner. 

L'exposition au S. et àl'O. n'a pas seulement pour résultat défavoriser 
la formation corticale relativement à celle du bois, elle exerce encore sur 
l'écorce une autre influence : elle active la formation du rhytidôme (i). 

Ainsi, sur les versants exposés au S. et à l'O. le rhytidôme s'élève 
à une plus grande hauteur sur les faces de l'arbre tournées vers ces 
expcisidons quesur leslaces opposées. La diSérenceest principalement 
frappante sur les sujets occupant les lisières. C'est ce que mett<;nt en 
évidence les observations suivantes faites sur des Epicéas de 45 ans 
situés sur la lisière inférieure d'un massif exposé au Sud. On mesura 
sur la face tournée vers la lisière, ainsi que sur celle tournée vers le 
massif, la hauteur au-dessus du sol à laquelle commençaient à appa- 
raître des plaques rhytidômiques. Le tour des arbres fut pris à i™, 30 
du sol. Toutes ces mesures sont exprimées en centimètres. 



Hauteur moyenne d 

Od voit que dans ces arbres le rhytidAme s'élevait dj côté de la lisière k une 
hauteur double de celle qu'il occupait sur la face du tronc tournée vers le massif. 
Les Epicéas dont il vient d'être question étaient assez vigoureux. 
Voici maintenant des mesures prises sur des Épicéas placés sous les 
premiers et par suite d'une végétation languissante. Quoique de même 
âge que les précédents, leurs dimensions étaient bien plus faibles. 
Les plaques rhytidômiques étaient plus épaisses et plus soulevées par 
la sécheresse. 



I. D'une manière (générale le rhytidâme apparaît quand l'écorce? a acquis une 
certaine épaisseur. Aussi, loutea cboses égales d'aJlleuTS, les écorces minces se 
rbytidôinent- elles plus tard que les écorces épaisses. C'est ainsi que les Sapins se 
rhytidûmenl plus tard que les Pios et le Mélèze, le HÉtre et le Charme plus tard 
que le Chiîne et l'Orme. Il faut tenir compte cependaQl des différences spécifiques. 
L'Epicéa, bien qu'ayant, à âge égal, une écorca plus mince que le Sapin, se rhy- 
lidûme plus tôt. 

1. Le n" 6 situé au dessus du n° 5 se trouvait en partie abrité du .^leil. Aussi 
se trouvaii-il moins rbylidômé que ses voisins. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



io8 JOURNAL DE BOTANIQUE 

La diff6rj;nci; entre les hauteurs auxquelles s'élève le rhylidôme 
suivant les faces est donc plus sensible sur les sujets l'igoureux que 
sur les arbres malvenants. 

J'ai cherché à sa\oir si cette diÉférence diminue en in(*me temps 
qu'augmente l'éloignement de la lisière. Dans ce but les mesures sui- 
vantes furent relevées sur des arbres situés de plus en plus profondé- 
ment dans le massif. 



' DE LA LISIKRE 



A 15- DE LA LISIERE. 



A ic^ DE LA LISIERE. 



A 20- DE LA LISIÈRE. 



Les n°* 13 et 24 avaient perdu leur cime. Elle avait dépéri sous le couvert des 
arbres voisins. Le n" ig avait beaucoup souffert des incisions qui lui avaient él^ 
^les par des maraudeurs pour recueillir la résine. Les plaques de rhytidôme 
dont son écorce était recouverte étaient épaisses et très rapprochées. Il en étai 
de mime du n" 13 qui avait perdu beaucoup do résine par suite de l'amputa' 
tion mal exécutée de branches assez nombreuses. 



A 25- DE LA LISIÈRE. 



OBSERVATIONS 



Arbre très vigoureu. 
Végétation languiss; 
branchements. 
Mal venant. 



D,g,tza:Jb.GbOg[e 



E. MiK. — De l'accroissement de Vécorce des Sapins. 109 

On voit que la différence entre les hauteurs du rhytidôroe sur les 
iaces tournées vers la lisière et vers le massif est moins considérable 
que pour les arbres occupant la lisière Elle varie entre d'assez laides 
limites suivant le degré de végétation des individus observés ; mais 
au delà d'une certaine distance elli? ne parait pas diminuer à mesure 
qu'augmente l'éloignement de la lisière. 

Les dïHereDCes de hauteur du rhytidôme sont encore plus accusées aur les li- 
sières exposées à l'Ouesl, comnip on peut en juger par les chiffres si 



Hauteur moyenne du Thytidôme 255 55 

Diflfércnce .... 200 

A â oiètrts du celle lisière, un Epicéa situé en plein massif était rbylidômé sur 
6a du c6lé de la lisière et sur 10 du càié opposé. 

A (a mètres de la lisière, un autre situé sur le bord d'une petite clairière ex- 
posée à l'Ouest était rhytidômé sur 140 du câié Ouest et sur 30 seulement du 
côté Est. 

Les mesures suivantes furent prises sur des Épicéas situés dans un 
massif très clairière, lalblement incliné vers l'O. Les arbres y étaient 
mal venants par suite de l'état dénudé du sol. Leur écorce très rhyti- 
dômée était couverte de lichens (i). On a pris la hauteur des rhyto- 
dÔmes siu" les faces tournées vers l'O. et vers l'E, 



Haut, moyenne da rhytidôme 112 22 

Différence , . 90 

L'écorce était envahie par le rhyiidàme jusqu'à une assez grande hauteur, 
parce qu'en raison de l'état clairière du massif et de l'épaisseur de l'écorce, le 

t. Il est à remarquer que les Ucbens envahissent de préférence les écorces 
rhytldAmées des arbres situés dans les clairières ou sur les lisières et qu'ils 
acquièrent plus d'extension sur les faces du tronc tournées vers le S. et l'O., 
même lorsque les faces opposées toot rhytidômées. Cela tient d'une part à ce que 
CCS orgfaBÎsmes se fixent plus facilement sur les plaques de rhytidôme, y trouvent 
me alimentation abondante et d'autre part à ce qu'ils ont besoin pour s'accroître 
d'une lumière assez vive. C'est sans doute leur présence sur les écorces crevas- 
sées, lesquelles, comme je viens de le montrer, appartiennent généralement aux 
snjets de végfètatlon languissante, qid a fait croire que l'envahissement des lichens 
ett nuisible aux arbres. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



iio JOURNAL DE BOTANIQUE 

soleil avait accès directement sur te tronc. Pour le même motif la dlffrence des 
hauteurs du rbytiddme sur les deux faces était très accentuée. 

Des mesures aoalt^ues furent prises sur des Épicéas occupaat le 
bas d'un versant exposé au Nord, situés les uns sur la lisière, les autres 
à quelque distance de cette lisière. 




Hauteur moy. 
durhytid. 117 
DLftérence . 42 

L'influence de la chaleur solaire est telle que sur les lisières ex- 
posées au Sud, ce n'est pas précisément sur la face du tronc la plus 
dégagée que l'écorce se couvre le plus de rhytidôme, mais sur le côté 
qui reçoit les rayons du S.-O., lors même que ces rayons ne peuvent 
lui parvenir qu'obliquement, après avoir été quelque peu tamisés par 
les cEmes des arbres voisins. Non seulement le rhytidôme s'y élève 
plus haut, mais encore les plaques y sont plus épaisses et plus soule- 
vées par la dessication. C'est ce que montrent les chiffres relevés sur 
trois Epicéas placés sur une lisière exposée au Sud, Ib indiquent la 
hauteur du rhyddôme sur les faces tournées respectivement sur la 
lisière Sud, vers le massif et vers le S.-O. 



Voici encore quelques exemples qui montrent combien est puis- 
sante l'influence de l'exposidon O. sur la formation du rhytidôme. 

Ud Épicfa de 78 de tour est dtué en plateau sur une lisière exposée à l'Est, 
laquelle est séparée de la libère opposée par un massif bien fourni, largpe de 
50 mètres environ. La face de cet arbre, tourné vers l'Ouest, se trouvait donc 
assez g;arantie du soleil par les cimes des arbres composant le massif. L^ rhyti- 
dôme s'élevait cependant à la même ttauieur (40) sur cette &ce que sur la face 
orientée vers l'Est. 

Un autre Épicéa de So de tour se trouvait enfoncé dans le mansit à ta mètres 
de l'arbre dont il vient d'être question, séparé par conséquent de la lisière Ouest 
par une bande de bois de 40 mètres de largue. Malj^ré celte inégalité d'abri, le 



D,B,i..ab,Google 



E. Hbs. — Suf l'aceroissefHenl de l'écoree des Safiùis. tii 

rkytidteie s'élevait à iio du sol sur la face loucnée vers l'Ouest et à loo seule- 
ment sur la face opposée. 

Les expositions au S. et à l'O. précipitent l'apparition du rhyti- 
dAme pour deux motifs : i" parce qu'elles favorisent, comme on l'a vu, 
le développement de l'écoree ; 3" parce qu'elles occasiomient la mort 
des parties superficielles de ce tissu. 

En effet, l'observation montre que, toute influence d'exposition mise 
à part, les écorces se rhytidôment, dès qu'elles ont acquis une cer- 
taine épaisseur. Ainsi, chez les Sapins situés en plein massif, les plaques 
ihytidômiques apparaissent plus tôt sur la face du tronc tournée vers 
b rampe que sur la face opposée, parce que l'écoree y est plus 
épaisse (i). La rapidité d'accroissement de l'écoree est donc d'une 
manière générale cause de précocité du rhytidôme. 

Mais l'insuffisance de nutrition en est une cause plus puissante encore. 
Bien des exemples le prouvent et notamment l'effet produit sur l'écoree 
par l'échauSemcnt solaire. Cet écbauffement a pour résultat de la 
nécroser sur une épaisseur plus ou moins grande. Les diverses obser- 
vations dont j'ai rendu compte établissent ce fait d'une manière bien 
évidente. Les arbres dont la végétation est ralentie, soit parce qu'ils 
croissent dans de mauvais sols ou à des altitudes supérieures à leur 
aire de végétation optima, soit parce qu'ils ont été mutilés par l'homme 
ou les météores, ont une écorce très rhytidômée, bien qu'elle soit sou- 
vent moins épaisse que l'écoree nonrhytidûmée de sujets vigoureux(2). 

Par contre, une écorce épaisse peut rester longtemps avant de se 
rhytidâmer, quand elle est le siège d'une nutrition Uès active. A cet 
égard l'observation suivante est concluante ; 

Un Sapin exposé au Nord avait été dans sa jeunesse fortement 
incliné vers la pente par le poids de la neige qui s'était amassée sur 
lui. Comme presque toujours en pareil cas, il s'était redressé par le 
géotropisme. Il en était résulté une courbure prononcée à convexité 
tournée vers la pente et formation de bois rouge de ce côté, indice 
d'une nutrition abondante (3). Ce cas se présente fréquemment dans 
les sapinières des hautes montagnes. Ordinairement l'assise cambiale, 
surexcitée par l'active nutrition dont elle est le siège pendant le redres- 
sement géoiropique, produit en-dessous et au niveau de la courbure 

I. Elle y est plus épaisse il'une manière absolue, car l'activité cambiale étant 
pha développée vers la rampe, il se forme à la fois plus de Irais et plus d'écorce 
q«e vers la pente, bien que le rapport cortlco-Ugneux y soit plus faible, comme 
Je l'ai montré. 

3. Cette écorce est moins épaisse parce que l'activité cambiale est faible 
dans ces arbres, aussi bien eu ce qui concerne la formation corticale que la for- 
matloD ligneuse. Mais le rapport cortico-ligneus y est presque toujours plus 
élevé. 

3. V. Compte-rendu Acad. des Se., février 1887. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



III JOURNAL DK BOTANIQUE 

des couches de bois bien plus développées du côté convexe que du 
côté concave. Mais ici le contraire avait eu lieu. Bien que les couches 
de bois rouge (vers la pente) fussent assez larges, celles du côté con- 
cave (vers la rampe) l'étaient encore plus. En voici le motif. Par suite 
du renversement dont l'arbre avait été le siège, les racines du côté de 
la pente s'étaient trouvées arrêtées dans leur développement ; on n'en 
voyait presque pas ; par contre elles avaient pris un grand accroisse- 
ment vers la rampe (i). Le bois situé de leur côté s'était donc très dé- 
veloppé. 

Mais si la couche cambiale avait formé des accroissements moins 
larges vers la pente, elle avait ea revanche produit de ce côté une 
écorce tout à tait anormale pour l'âge de l'arbre (2). Or, malgré son 
épaisseur, cette écorce n'était pas encore rhytidômée. 

La nutrition joue donc un rôle important dans la formation du rhy- 
Udôme. Lorsque l'écorce arrivée dépasser une certaine épaisseur, 
n'étant plus suffisamment nourrie, elle se nécrose par places. Ce dépé- 
rissement est encore activé par la dessiccation. Sous les plaques mortes, 
il se forme un tissu générateur qui devient, comme le montre l'obser- 
vation, le siège d'une abondante nutrition (3) . 

Le phellogène me paraît donc devoir être considéré, non pas 
comme provoquant la formation du rhytîdôme, mais comme en étant 
la conséquence. Les éléments de ce tissu se multipliant activement 
sous les plaques rhytîdômiques ont pour effet d'augmenter l'épaisseur 
de l'écorce (4). 

De tout ce qui précède, il résulte que l'exposition au S. et à l'O. 
favorise la croissance de l'écorce : 1° en ralentissant celle du bots; 
2" en provoquant l'apparition précoce des plaques de rhyiidôme. 
{A suivre,) 

I. V. Revue des Eaux et Forêts. T. 17, p. 570 et suiv. 

3. Elle avait 13 d'épaisseur vers la pente et 5 seulement vers la rampe. 

3. I^es aliments qui se rendaient aux parties mortes, ne trouvant plus d'em- 
ploi, s'accumulent dans les régions limites encore vivantes. 

4. Si l'écorce est plus épaisse aux endroits où elle se rfaytidôme, ce n'est pas 
seulement parce qu'elle l'était déjà avant l'apparitoa de ces plaques, mais encore 

'e celles-ci entraîne la création de foyers d'épaissis- 



CHRONIQUE 



M. Dbhébaih, professeur de physiolog-ie végétale appliquée à l'agriculture, 
fera son cours au Muséum, le mardi et le samedi, à 1 h., à partir du mardi a& mars. 
Il trajtera du développement des végétaux. 

M. G. ViLLB, ouvrira son cours le samedi 23 mars, à 3 S. i/ï, dans le grrand 

amphithéâtre du Muséum, et le continuera le mardi et le samedi à la même heure. 
Le Gérant : Louis Morot. 



D,B,i..ab,Google 



JOURNAL DE BOTANIQUE 

Directeur: M. Louis MOROT 



NOMOCHARIS 

fJOUVEAU GRNRE DE LILI ACÉliS-TULIPÉES 
Par M. A. FRANCHET 

Perianthium dcciduum, scgmends patcntibus dissïmilibus ; calycis 
segmenta ovata, breviter acuraînata, integerrima, foveola destituta; 
peUlâ late ovata, margine dentato-fimbriata, basi foveolata; foveola 
magna, flabelUfonnis, emedio a limbo soluta, multiâda, lobis oblongis, 
ÏDcisis; Btaraina 6, basi segmentis breviter coalescentîbus illisque 
duplo breviora ; filamenta înferne circiler ad médium usque inflato-cla- 
\iformia, parte inflata cava apice rotimdata, exindc subulata; anthère 
oblongo-ovata:, medio dorsofixse, e latere longitudinaliter déhiscentes ; 
discus tenais, annularis, integer, parvus ; ovarium seasile, ovato-oblon- 
gum, triloculare, loculismultiovulacis; stjius capsulae subEcquilongus, 
apice paulo incrassatus, stigmate obscure trilobo; capsula ignota. 

Bulbus squamosus, squamis albldis oblongis, camosis, imbricatîs ; 
fibrse radicales crassœ, nunc fusïformes, villos^e; cauUs pedalis vel 
paulo uiira; folia lanceolata, sparsa vel 3-6 verticillata ; flores i vel 
3-4 axillares, speciosi, virginei subnutantes; sepala pallide rosei, 
ssepius immaculati ; petala rubesceatia, maculis vîolaceis conspersa, 
foveola nigro-purpurea. 

Genus inter Lilinm et Fritiliariam médium; bulbi iudole, antheris 
dorsoSxis styloque Liliis vere affinis; petalis foveolatis ad Fritilia- 
riam vertitur. Ab utroque génère differt : staminum filamentis parte 
inferiore inflatis, cavisque; foveola mu lu fida et semilibera, quod in 
nuUo génère affini observatum ; perianthii lobis exterioribus et interio- 
rïbus dissimilibus, omnibus late palentibus. 

N. pardanthina. 

Yun-nan, în pascuis mentis Koua-la-po, supra Hokin; fl. 2 jun. 

1883 (Delavay.n" 257). 

Le tubercule est formé d'écaîlles étroites, charnues, comme 
celui de certains Lis ; dans les individus grêles les teuilles sont 
ordinairement éparses et la fleur solitaire. Les individus robustes, 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



114 JOURNAL DE BOTANIQUE 

atteignant jusqu'à o'',6o, ont presque toujours les feuilles ver- 
ticîllées par 4-6, sauf les inférieures et les supérieures, et ils ont 
jusqu'à 4 fleurs larges de 6-8 cent.; ces fleurs sont très ouvertes; 
leurs divisions étalées horizontalement présentent la particula- 
rité singulière d'être nettement dissemblables. Les 3 externes 
ovales, entières sur les bords, sont le plus souvent dépourvues 
de macules violacées; les 3 intérieures largement ovales, à 
bords dentés-flmbriés, parsemées de taches d'un pourpre brun, 
offrent en outre à leur base une large macule d'un pourpre 
foncé en partie recouverte par une écaille flabelliforme qui est 
libre dans sa moitié supérieure et divisée jusqu'au milieu en 
5<8 lobes étroits, élargis et lobules au sommet. 

Les filets staminaux sont très remarquables par le renflement 
de leur portion inférieure, obovale-clavîforme, creuse et à 
parois très minces, arrondie au sommet et surmontée par une 
pointe subulée qui porte l'anthère insérée par le milieu du dos. 

Cette charmante Liliacée, qu'on peut espérer voir cultiver un 
jour, fait l'ornement des pâturages à sol calcaire de la mon- 
tagne de Koua-la-po, dans le district de Tali, où elle végète 
parmi les herbes, à la manière des Lis. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE ni 
Nomoeharis pardaHtkina. 
I. Sépale. — 2. Pétale. — 3. Étamine. — 4. Pistil. — 5. Ovaire. 



INFLUENCE DE L'EXPOSITION 

L'ACCROISSEMENT DE L'ÉCORCE DES SAPINS 
{Suite.} 
Par M. EmUft MER 
IV 
Par ce qui précède on voit que, lorsque le développement du bois 
se trouve ralend pour une cause quelconque, celui de l'écorcc l'est àun 
degré moindre et même parfois est accru. Le fouctionoement du cam- 
bium est alors modifié : il forme relativement plus d'écorce que de 
bois. J'ai cherché à savoir quel changement subît le rapport cortico- 
ligaeux dans le cas opposé, c'est-à-dire lorsque, par suite d'une excita- 
tion quelconque, l'épaisseur des couches ligneuses est excessive. Ces 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



Journal de Botanique. 



3' Année, PL, m. 



ith. Imp E.iouard Bry, Pam 

Nomocharis pardaiithina Franch. CooqIl of ' 



D,B,i..ab,Google 



:. Meb, — De l'aceroissetaenl dt l'ét. 



e des Sapin. 



cas sont assez fréquents dans les sapinières. Je vais en passer quelques- 
ans en revue. 

1° Lorsque les Sapins ont été dans leur jeunesse fortement inclinés 
vers le sol par le poids de la neige, ils se redressent ensuite en vertu 
du géotropisme, ce qui produit une courbure très prononcée. Au des- 
sous de la courbure la moelle est très excentrique vers la rampe, une 
section transversale pratiquée à ce niveau est fortement ovale et le bois 
correspondant au côté tourné vers la penie se trouve formé de couches 
très larges présentant une structure particulière. Il est dur, très dense 
. et coloré en orange par une iraprégnadon assez intense de tannin et de 
résine. Par contre, le bois correspondant au petit rayon tourné vers la 
rampe est formé de couches très minces. Il y a donc eu de ce dernier côté 
un ralentissement notable dans le développement, tandis que du côté 
opposé le cambium avait une activité tout à fait anormale. Presque 
toujours le redressement géoiropique s'opère avec trop d'énergie. Le 
tronc dépassant la verticale se trouve incliné vers la rampe. Un second 
redressement s'effectue alors eu sens inverse du premier. Il en résulte 
une seconde courbure opposée à la première, c'est-à-dire convexe vers 
la rampe. La moelle est alors à ce niveau rejetée vers la pente et les 
couches formées de bois orange occupent toute la convexité de la 
courbure. Comment se comportent les rapports cortico- ligneux sur ces 
faces successivement concaves et convexes? C'est ce que le tableau 
N est destiné à faire ressortir. Les Sapins qui en font l'objet avaient 
soixante ans, ils étaient exposés au sud. Le côté convexe de la pre- 
mière courbure était donc tourné vers le S., celui de la deuxième 
courbure vers le N. 

TABLEAU N. 





llH II 1" 


•"'■» 


liilTHKiDl-dHrkm, 


Slll U 1* 


C*irlin. 


aglTiHAliloUirliiri. 


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E. 


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100 


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64 


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79 


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8S 


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7S 


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63 


86 


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82 


89 


B4 


98 


«6 


85 


74 


8S 


49 


66 


83 


80 


66 


59 


68 


74 



Sons la. premièce courbure, le bois est bien plus développé vers le S. que 
vers le N. (88 et 6+ pour le n° i — 108 et S5 pouf le n' a— 136 et 53 pour le n" 3.) 
Les rapports cortico-li gueux sont, au contraire, plus élevés au N. qu'au S, Au 
niveau de la première courbure, l'influence de la rampe reprend le dessus, peut-être 
même celle de la deuxième courbure commence-t-elle à se faire sentir. Le bois 
est un peu plus développé aa N. qu'au S. [58 et 57 pour i — 70 et 60 pour a — 
76 et 7a pour 3.) Les rapports conlco-Ugntus changent aussi de sens et, sauf 
pour le n° 3, oom plus élevés au S. qu'au N. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



ne JOURNAL DE BOTANIQUE 

Sous la deuxième courbure, rinlluence du g-éotropisme auquel est due cette 
coubure s'ajoutaot à celle de la rampe, la diffêreace eaCre les couches tournées 
vers le N. et celles tournées vers le S. s'accentue (54 et 40 pour i — 67 el 45 
pour 2 — 115 et 42 pour 3}. Les rapports conico-ligoeux continuent à être plus 
élevés au S. qu'au K. 

Enfin au niveau de la deuxième courbure, les différences dans le développe- 
ment des couches de bois deviennent plus faibles. En même temps la différence 
entre les rapports cortico-tigneux diminue. 

Le tronc, présentant dans toute cette région, ainsi que je l'ai fait remarquer, 
une section ovale très prononcée, le grand axe dirigé suivant la ligne de plus 
grande pente, c'est vers les expositions E. et O. que le bois est le moins déve- 
loppé. Ausiii est-ce de ces côtés que les rapports corlico-ligneux sont générale- 
ment les plus élevés. 

J'ai remarqué que ce n'est pas au niveau de chaque courbure, comme 
on l'aurait cru, mais un peu au dessous, que la différence entre les 
rayons est le plus sensible. C'est là que, dans les deux cas, le géotro- 
pisme se fait le plus vivement sentir, bien que le maximum d'effet 
apparent, c'est-à-dire le point où la courbure est le plus prononcée, 
soit placé un peu plus haut. J'ai constaté ce fait dans la plupart des 
courbures, 

2" De toutes les influences occasionnant l'excentricité de la moelle 
dans les Sapins, la courbure par redressement géotropique est de beau- 
coup la plus puissante. II en est une autre qui produit aussi une excen- 
tricité assez prononcée, c'est celle que j'ai désignée sous le nom d'in- 
fluence du voisinage. Lorsque deux arbres sont rapprochés, les accrois- 
sements sont réduits sur les faces voisines et très développés sur les 
faces opposées, par suite d"un balancement nutritif dont la cause est 
différente de celle qui agit dans les courbures (i). 

Le bols des couches larges présente une structure analogue à celle 
que l'on remarque sur le côté convexe des courbures; il y est très 
dense et la teinte en est orangée (2). 

J'ai voulu savoir si, de même que dans les courbures, ce dévelop- 
pement anormal du ixiis entraîne un abaissement du rapport cortico- 
ligneux.Jeme bornerai à mentionner l'observation suivante qui fut 
faite sur un Lpicéa de quarante-cinq ans, situé dans un massif exposé 
au Sud. Il était séparé d'un arbre semblable par une très iaible distance 
(o'°i75)- I-à ligne qui reliait leurs centres étant transversale au versant 

I, Quand deux arbresse trouvent aune faible distance l'un de l'autre, les raciiies 
et les rameaux se développant peu sur les faces voisines, la nourriture se porte 
du côté opposé, tandis que dans les courbures c'est l'excitation causée par le 
géotropisme qui produit un grand développement de bois sur une face et par 
suite la réduction des couches sur l'autre face. Dans le premier cas, l'exagération . 
de la production ligneuse sur un côté est ta conséquence de la diminution sur 
l'autre. Dans le deuxième cas elle en est la cause. 

3. C'est surtout dans les Epicéas que se remarque cette ctdoralion qui est 
beaucoup plus rare dans les Sapins même très rapprochés. 



D,B,i..ab,Google 



K. Mbr. — De l'accrotsscttuttt de l'écorce des Salins. 117 

(perpendiculaire à celle de plus grande penie) , l'influence du voisinage 
D'était pas contrebalaDcée par celle de la rampe, puisque celle-ci agis- 
sait sur le diamètre parallèle à la ligne de plus grande pente. La lon- 
gueur des rayons ainsi que l'épaisseur de l'écorce furent mesurées 
dans quatre directions : du côté de l'arbre voisin et du côté opposé 
d'une part, vers la rampe et vers la pente d'autre part. Ces mesures 
furent prises à deux niveaux : à la base et à un mètre du sol. Elles 
sont consignées dans le tableau O. 

TABLEAU O 



COTE TOURNE 




HtT- 57 2 34 67 2 29 69 2,25 31^ 60 2 32.B 31 



On voit que le rapport cortico-llgneux est plus élevé du côté de 
l'arbre voisin que du côté opposé, vers la pente que vers la rampe. 
Ici, comme dans les courbures, le développement de l'écorce n'est pas 
proportionnel à celui du bois. 

3* Il est encore de nombreuses circonstances dans lesquelles le 
bois acquiert chez les Sapins un développement exagéré. J'en exami- 
nerai deux. 

a) Le tronc de ces arbres est fréquemment le siège de mutilations 
locales, de meurtrissures par suite d'un éboulement de roches, de la 
chute d'arbres voisins ou préclpiiés des régions supérieures. lien résulte 
des plaies plus ou moins étendues. Non seulement l'écorce est enlevée, 
mais encore le bois est entamé assez profondément. Sur les bords de 
chaque plaie app>arait ensuite un dssu de recouvrement présentant 
en section transversale de très larges couches d'accroissement qui pro- 
gressent les unes vers les autres et finissent, au bout de quelques 
années, par se rejoindre dans la partie médiane de la plaie. C'est ce 
qu'on appelle les bourrelets. Le grand développement des zones qui 
le constituent est dû : i" à l'accumulation sur les bords de la plaie des 
matériaux destinés à alimenter le tissu qui a disparu; 2" à ta diminu- 
tion de pression exercée par l'écorce sur le cambium, par suite de son 
interruption. Le tissu de ces bourrelets a une structure analogue à 
celle que j'ai signalée plus haut dans les cas d'excentricité par suite 
de courbures ou du voisinage. Il se distingue par sa densité, le poli 
qu'il acquiert sous le rabot et sa teinte orange. 

Les couches ligneuses du côté opposé à la plaie ne participent pas 
à ce développement exagéré, parfois même celles qui se forment dans 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



lis lOUKNAL DK BOTANIQUE 

cette région, après l'apparition des bourrelets, sont plus étroites, tou- 
jours en vertu du balancement nutritif, que celles qui s'étaieut fonnées 
auparavant. 

Il en résulte une grande inégalité entre le diamètre passant par la 
plaie et le diamètre qui lui est perpendiculaire passant par les bour- 
relets (i); ce qui donne aux sections pratiquées à travers la plaie une 
forme ovalaire très prononcée. 

Ceci posé, pour m'assurer si l'écorce acquiert aux extrémités du 
grand diamètre une épaisseur proporlionnelle à celle du bois, je mesurai 
les rayons R et R' du grand diamètre, puis, sur le diamètre perpendi- 
culaire, le rayon /-aboutissant au côté opposé à la plaie (a), enfin l'épais- 
seur de l'écorce à l'extrémité de chacun de ces rayons. Ces mesures 
ainsi que le rapport coriîco- ligneux sont inscrits ci-après : 



'' 47 3 63 

. L'épaisseur de l'écorce a un peu augmenté aux extrémités; mais 
l'augmentation n'a pas été en moyenne proportionnelle à celle du bois. 
4." Le même résultat fut obtenu sur une plaie produite par le rési- 
nage d'un Epicéa. R représente l'un des rayons composant le grand 
diamètre passant par les bourrelets, et r l'un des rayons (celui abou- 
tissant au coté opposé à la plaie) du petit diamètre perpendiculaire 
au premier. Ce petit diamètre passait par ia plaie. 



Le rapport cortico-ligneux est bien plus faible du coté du bourrelet, 
5" Ce n'est pas seulement à la suite de balancements nutritifs ou 
de traumatismes que se produit un développement exagéré des couches 
ligneuses. L'excitation causée dans l'assise cambiale par la présence 
de parasites peut aboutir au même résultat. Il se forme alors des tu- 
meurs dans lesquelles le bois et l'écorce acquièrent un accroissement 
insolite. Mais cet accroissement se lait-il dans le môme rapport pour 
l'un et l'autre de ces tissus? 

C'est ce que j'ai cherché à voir sur les tumeurs dont il a été ques- 
tion précédemment : sur les chaudrons. Dans ce but, j'ai inscrit aux 
tableaux J.-M. les rapports cortico-ligneux résultant des mesures 

t. La plaie est supposée ici assez large pour que les bourrelets à leur début se 
formcpt presque aux extrémités d'un diamètre. 

2. Il était inutile de mesurer le rayoo aboutissant à la plaie, puisque celle-ci 



urer le rayon aboutissant à la plaie, puisque celles 
le par les nouveaux accroissements, 

D,g,tza:Jb.GOOg[e 



E, Mbr. — De Caccroissemtnl de l'écorce des Sapins. 119 

prises sur des sections transversales pratiquées à travers les chaudrons. 

Dans le Ubteau J, ce rapport est de 100 sur les faces chaudronnées, 
de 75 seulement sur les faces opposées. Il est bien plus élevé qu'à 
aucun autre niveau de l'arbre, sauf sur la section pratiquée immédiate- 
ment sous lui, où il s'élève à 142, par suite d'une diminution considé- 
rable dans l'épaisseur des couches de bois de cette région. 

Dans le tableau K, ce rapport est m sur la face chaudronnée, 40 
à 58 seulement sur les autres faces. 11 est eu moyenne plus élevé à ce 
niveau qu'aux niveaux inférieur ou supérieur. 

Dans le tableau L, ce rapport est 180 et 200 sur les faces chaudron- 
nées, 66 et 107 sur les autres. C'est encore à ce niveau qu'il est de 
beaucoup le plus élevé. 

Dans le tableau M, ce rapport est 103 et 258 sur les faces chau- 
dronnées, de 70 et 12 sur les autres. C'est toujours à ce niveau qu'il 
est le plus considérable. 

On voit que, sous l'influence du f>arasîte, l'écorcc s'est développée 
cette fois bien plus que le bois (i). 

6° Il arrive fréquemment, dans les sapinières, que deux arbres, 
après avoir vécu très rapprochés, se rencontrent et s'accolent par suite 
des progrès de raccroîssement. Les couches ligneuses deviennent de 
plus eu plus étroites sur les faces en contact et finissent même par ne 
plus se former. Au contraire, sur les cotés, dans les régions limitant 
celles qui se touchent, ces accroissements, toujours par suite du balan- 
cement nutritif dont j'ai signalé précédemment plusieurs exemples, 
acquièrent une épaisseur de plus en plus grande. Pendant ce temps, 
les deux écorces sont fortement comprimées. Maïs elles le sont inégale- 
ment, suivant les points. Elles te sont moins dans les régions qui sont 
arrivées les premières en contact, puisque les couches d'accroissement 

I. n semble que dans les tumeurs d'origine parasitaire 11 en soit généralement 
de même. Ainsi pour l'une de ces tumeurs de Pin d'Alep que M. Vuillemin a 
reconnu tout récemment être produites par des bactéries (C. R. Académie des 
Sciences. Dec. tSSH et janv. iSSçi ), j'ai constaté que l'écorce avait une épaisseur 
parfois double de.celle du bois mesuré sur le rayon. En dessous de la tumeur, 
dans le tissu normal, le rapport cortlcO'1l|fneuic était de 50, 

Le Frêne est dans certains cas le siège de tumeurs d'aspect analogue à celles 
dont il vient d'être question, quoique probablement d'origine diUéretite, car s'il 
existe dans l'écorcc, comme je l'ai constaté, des poches à bactéries, la moelle et 
le bois sont parcourues par de nombreux filaments mjrcéltens. Dans la région saine 
qui se trouvait aa-dcssous d'une de ces tumeurs, je me suis assuré que le rapport 
corlico-ligneuir était de ji, tandis qu'au niveau de la tumeur, il était de 500. 

Le Hêtre est fréquemment dans les Vosges, aux altitudes dépassant 900 mètres, 
le siège de tumeurs sur la nature desquelles je ne suis pas encore iiié, mais qui 
ont peut-être une origine parasitaire. Cette maladie envahit des massifs entiers. 
Rllc y est certainement, plus encore que le climat, la cause qui entrave la végé- 
tation du Hêtre dans ces régions. Là encore, la formation de l'écorce est relati- 
rement plus développée que celle du bols. Ainsi, au-dessous d'une de ces 
tomeurs, le rapport cortico-ligneui fut trouvé de 36, et de 300 dans la tumeur. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



iio JOURNAL DE BOTANIQUE 

ont cessé de s'y former. C'est surtout dans les régions limites, là où ces 
couches acquièrent un grand développement, que les écorces sont le 
plus comprimées, précisément par suite de cet accroissement exagéré 
du bois. Aussi les écorces s'amincissent-elles de plus en plus sur ces 
points. Dans cette lutte (résistance des écorces, expansion du tissu 
ur, rendue irrésistible par suite de l'accumulation des matières 
î antérieurement à alimenter le cambium, actuellement inerte, 
j en contact), les écorces finissent par être perforées ou résor- 
2s assises cambiales se rejo^neni alors et fitsiontienl. Les 
dans cette région, séparées des lambeaux qui restent inclus 
bois, sont, par suite des nouveaux accroissements, rejetées de 
plus vers l'extérieur et se reconnaissent longtemps encore sous 
deux cordons longitudinaux, séparés par un étranglement (i). 
tendant les premières années postérieures au fusionnement, 
hes ligneuses qui se forment sous ces cordons d'écorce et dans 
iinage sont généralement très larges, beaucoup plus que dans 
es parties du tronc. Mais les choses ne se passent plus ici 
dans les cas de courbures, d'excentricité, de recouvrement de 
m rien n'entravait le développement. Dans les soudures, tant 
ambium n'est pas parvenu à remplir les vides séparant les plans 
i aux deux troncs, il est gêné dans son fonctionnement par ta 
h des contours. Produit-il dans ce cas plus d'écorce que de 
est ce qu'il y avait intérêt à connaître. Je me bornerai à citer 
iple. 

R' sont les rayons aboutissant aux extrémités du diamètre 
parles centres de deux Sapins fusionnés,»' et r' sont les rayons 
ant à des points du contour voisins des cordons corticaux dont 
h. La longueur de ces rayons et l'épaisseur des écorces corres- 
;es sont incrits ci-après : 



r 57 4-5 78 

R' 60 3.5 58 

r' 51 4-5 So 

voit que le rapport cortico-Hgneux est sensiblement plus élevé 
voisinage des cordons corticaux refoulés par les couches d'ac- 
nent. Si donc sur ces points il s'était formé beaucoup de bois, 
t produit plus d'écorce encore. 

rès la fusion, il subdste, isolées dans le bois, deux bandes d'écorce, pressées 
itre l'autre, effilées à leurs extrémités, parce que la compression y était 
sldérable, comme je l'ai expliqué plus haut. Ces deux bandes sont recd- 
les arbres avalent mâmeâ dimensions. Elles sont curvilignes s'ils étaient 
Dans ce cas, c'est vers le plus petit qu'est tournée la concavité de la 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



H. Doui.ioT. — Influence de la lumière sur le développement du liège, m 

Lorsque, au Heu d'évaluer le rapport cortico- ligneux dans le voisi- 
nage de ces cordons, on t'évalue au niveau même do cordon, on lui 
trouve une valeur bien plus considérable (385 dansl'ex. précédent), (i) 

L'ensemble des observatioas rapportées dans ce chapitre permet 
d'établir les points suivants : 

Tandis que le rapport cortico- ligueux s'élève lorsque la croissance 
du bois s3 ralentit, il s'abaisse ou s'élève quand cette croissance s'exa- 
gère. 11 s'abaisse à la suite d'influences pliysiologiques (courbures, dé- 
veloppement inéquilatéral, etc.) ou de certains traumatisraes (frottures, 
résinage). L'écorce ne se forme pas alors dans les mêmes proportions 
que le bois. Il s'élève au contraire dans les tumeurs produites par la 
présence des parasites, de même que dans les cas de soudures. L'é- 
corce acquiert alors un plus grand développement que le bois. 

Le fonctionnement du cambium varie donc suivant le genre d'exci- 
tations dont il est le siège. 

{A suivre.) 

INFLUENCE DE LA LUMIÈRE 
SUR LE DÉVELOPPEMENT DU LIÈGE 

Par H. H. DOULJOT 

Examinons différentes coupes transversales de tiges aériennes 
de Dicotylédones : Saule, Drimys, Erable, Virgilie, Cotoneas- 
ter, Prunier, Jujubier, Cornouiller, Chrysophylle, etc., repré- 
sentées dans les figures ci-jointes. Nous pourrons constater le 
développement inégal du liège sur les deux faces d'un rameau 
dont l'une est éclairée vivement tandis que l'autre est dans 
l'ombre. J'ai observé ce phénomène sur un grand nombre de 
plantes où le périderme est superficiel, soit épidermique, soit 
sous-épidermique, tandis que, dans les tiges aériennes où le pé- 
riderme est profond, il acquiert la même épaisseur dans toute 
son étendue. De plus, j'ai constaté que les tiges qui poussent à 
l'abri de la lumière, sans être enterrées, sont dépourvues de pé- 
riderme longtemps après que les tiges de même âge en possè- 
dent plusieurs assises. 

Si nous rapprochons ces faits des expériences de M. Dufour 
sur les feuilles, expériences qui mettent en évidence l'influence 

I. Bien que cette grande épaisseur de l'écorce au niveau des cordons ne pai- 
raisse pas due à la superposition de deux parlies voisines, je ne crois pas néan- 
moins devoir l'invoquer, à cause dea plissements dont cette région a été le siège. 



D,g,tza:Jb. Google 



133 lOURNAL DE BOTANIQUK 

de la lumière sur le développement de la cuticule, nous serons 

conduits à admettre que la même cause agit dans le cas qui nous 

occupe. 

Dans les recherches d'anatomîe physiologique, on s'eflTorce 
de ne faire varier qu'une cause à la fois quand on soumet une 
plante à des expériences, et quand on observe les effets dus à 
cette cause on a soin que toutes choses soient égales d'ailleurs, 
notamment l'âge de la plante, son alimentation, ses rapports 
avec les objets extérieurs, son atmosphère, etc. Si nous exami- 
nons un rameau horizontal aérien, nous pouvons admettre que 
de tous côtés il est entouré de la même atmosphère, que tous 
ses points reçoivent les mêmes aliments, et que les seules causes 
qui puissent agir différemment sur les deux faces sont la pesan- 
teur et la radiation. Si donc nous trouvons qu'en tous les points 
de la face supérieure l'épaisseur du liège est beaucoup plus 
considérable qu'aux points correspondants de la face inférieure, 
nous sommes portés à croire que seules la pesanteur et la lu- 
mière ont influé sur cette formation. 

Si, au lieu d'observer un rameau horizontal, nous observons 
un rameau vertical, nous faisons disparaître l'une des deux 
causes en question, la pesanteur, et le développement plus con- 
sidéiable du liège du côté du midi que du côté du nord est dû à 
la seule influence de la lumière. 

Quant à la pesanteur seule, elle n'a aucune influence sur le 
développement du liège d'un rameau horizontal. Si on coupe 
les rameaux qui, n'ayant jamais reçu la lumière directe du soleil, 
ont poussé à la lumière diffuse dans l'épaisseur d'un fourré, on 
constate que le Uège a le même développement sur toute la pé- 
riphérie, et cependant la pesanteur agit sur eux comme sur ceux 
qui sont vivement éclairés. La lumière est donc accélératrice du 
développement du liège. 

Le résultat atteint est utile à la plante. Le liège est imper- 
méable dans les tiges aériennes où il est toujours subériflé, très 
souvent même imprégné de lignine ; il a donc pour effet de retar- 
der l'évaporation de l'eau qui circule dans la plante ; cette éva- 
poration serait certainement plus rapide du côté vivement éclairé 
que de Vautre, si un hège plus abondant de ce côté ne venait 
compenser le premier effet de ta lumière. 

La tige a un rôle conducteur dans la vie du végétal, et il im- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



H. DouLiOT. — Influence ae la lumiii-e sur le développement dit liège. 123 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



IÏ4 JOURNAI, DK BOTANIQUE 

porte que le tissu qui la revêt protège de 1 evaporation les liqui- 
des qu'elle conduit. 

Comment agit la lumière? Par quel mécanisme physique ou 

chimique accélère-t-elle la production du liège .' La question est 

actuellement sans réponse. Toutefois, il est permis de croire que 

'" i'""!"--» agit sur l'état hygrométrique des tissus. Le liège 

ins les plantes aquatiques et dans les rameaux des 

riennes qui se développent dans l'eau. Les racines 

sont, dans un grand nombre de plantes, dépourvues 

ons péridermiques ; l'humidité retarde le développe- 

■érîderme ; on est par suite porté à admettre que l'in- 

la lumière est due à une diminution de l'état hygro- 

es tissus sur lesquels elle agît. 



,A FLORE D'ETAMPES EN 



Par H. E. BOZE 

iréface de son ouvrage intitulé : Observalionssurlesplatites, 
aris en 1747, Guettard(i), docteur en médecine de la Faculté 
s l'Académie royale des sciences, et médecin-botaniste du 
ns, raconte qu'il avait hérité des manuscrits de son grand- 
lis Descurain, maître apothicaire à Étamp^s, qui, jusqu'à 
ivée dans sa quatre-vingt-deuxième année, en 1740, avait 
consigner sur un Catalogue les résultats de ses herborisa- 
de cette ville. Guettard ajoute « que, dans cet ouvrage, 
)posé deux choses : i" de faire connaître les plantes qui 
X environs d'Etampes; 2° de rapporter des Observations 
it surtout les glandes et les filets ou poils de ces plantes » . 
reste, • que cette seconde partie lui est propre et pa-^ticu- 
ue la première est à peu de chose prts entièrement de son 
• : car il s'était contenté » de traduire en français le Cata- 
;lui-ci avait écrit en latin, en adaptant toutefoi.s aux phrases 
le Toumefort ou des Bauhius celles plus récentes de Van 
le Linné, ce qui ne pouvait manquer de faire plaisir aux 
I botanique ». 

int de côté les Observations, en général curieuses, publiées 
J, ainsi que les indications locales concernant les plantes 

ampcs en 1715, mort en 17S6. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



E. KozE. — La Flore d'Élampes en ij47. 115 

étrangères aux environs d'Étampes, notamment celles d'Orléans et 
quelques autres du centre et de l'ouest de la France, pour ne s'en tenir 
qu'à la partie du livre qui reproduit l'ceitvre patiente de Descurain, 
l'intérêt que cette œuvre peut présenter n'apparaii pas tout d'abord, 
dissimulé qu'il est sous l'étiquette de l'ancienne nomenclature, aujour- 
d'hui si peu coûipréhensible. Mais j'ai été vivement frappé de la clarté 
toute nouvelle que jette sur cet ouvrage la traduction synonymique 
des phrases descriptives dans la nomenclature binaire moderne. Et j 'en 
ai été d'autant plus surpris que M6rat ne le cilc pas dans sa Liste 
chronologique des ouvrages publiés sur les plantes des environs de 
Paris et que Germain de Saint-Pierre, dans son Guide du botaniste, 
n'en reproduit que quelques extraits qui n'en donnent qu'une idée fort 
incomplète. 

Dans le Catalogue de Descurain, très consciencieusement établi, 
avec l'indication détaillée des localités pour les plantes rares ou peu 
communes, se trouvent inscrites près de mille espèces de la Flore pari- 
sienne comprenant environ 180 cryptogames et 830 phanérogames. Il 
m'a paru qu'il y avait quelque profit à tirer de ce travail, qui permet 
de se faire une idée de la végétadon de certains points des environs 
de Paris, telle qu'elle existait il y a près de 150 ans. Aussi, pour tirer 
le meilleur parti possible de ces documents, ai-je réparti par locahtés 
les plantes qu'y notait Descurain et que Guettard y signalait en 1747, 
de façon à présenter successivement, groupées autour de Dourdan, de 
la Ferté-Alais, de Malesherbes, d'Étampes et d'Etrechy, les espèces 
plus ou moins rares qui y ont été observées au commencement de 
l'autre siècle. Et, pour conserver aux indications de l'auteur toute leur 
authenticité, j'ai cru convenable de faire suivre les noms modernes 
des plantes de leurs localités respectives, en reproduisant ces indica- 
tions d'après le texte même de Guettard : on retrouvera, du reste, 
aisément presque toutes ces localités, mais parfois sous des noms diffé- 
remment écrits, sur la Carte de l'Elat-major au ^'^ . 

La Flore de Dourdan est encore à faire ; l'ouvrage de Guettard 
mentionne dans les environs de cette ville les plantes suivantes : Pela- 
sites vulgaris, proche Dourdan en sortant de la ville par la Porte 
Saint-Pierre pour aller au moulin Moreau et le long de la rivière ; Ty- 
pha ialifolia et angiislifolia, dans des marais et marres des environs 
de Dourdan ; Fiimana vulgaris, autour de Dourdan ; Lychnis Viscaria 
et Serrafula (inctoria, dans les bois des environs de Dourdan; Alsirie 
segelalis, dans les campagnes qui sont autour de la forôt de Dourdan, 
du côté de Louis (i) et de Bandeville; Sorbus torminaiis et Aria^ 
dans la forêt de Dourdan; Pkyteuma spicalum, dans cette forêt, aux 

I. D'après la carte précitée, il s'agit de la ferme et de la forèi de l'Ouye. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



136 JOURNAL DE BOTANIQUE 

environs de Louis ; Linaria Pelliceriana, aux environs du couvent de 

Louis, proche Dourdan; Sitcla fulmonacea, dans la forêt de Dourdan 

où ce Lichen est attaché aux arbres; Monlia fontaiia, sur les bords 

d'un étang qui est entre Dourdan et Rochefort; Lillorella iacusfris, 

le long de l'étang Despréaux, proche le chemin de BandeviUe à 

Rochefort. 

» A lo-ia kilomètres de Dourdan, ensedirigeantsurPaiis,dansles 
bois de Baville (i) : Ranuncuius ckmrophyllos, Genisla pilosa et an- 
glica; dans les prés de la vallée de Dourdan jusqu'à Baville, Orchis 
coriophora; dans les bois du Marest proche Q&\W\e.^ Aguilegtavulgaris, 
et dans les champs voisins Inula graveolens; dans les campagnes qui 
sont vis-à-vis de l'hermitage de Baville, proche le bois de Chantropars, 
Alsine segeialis, et sur la montagne de l'hermitage Saint-Nicolas 
proche Baville, Linaria. Peiliceriana. Dans la demi-lune du château 
de Baville et dans les landes de Jouy proche ce même endroit, BupU- 
vrum ienuissimum; dans les landes de Jouy proche Baville : Rhyn- 
ckospora aiàa, Centtinculus minimus, Moniia/onlana, Cicendia Jîli- 
formis, ScuUliaria minor, Tittsea muscosa^ Drosera rolundifolia; 
puis, Lomaria spicaut, le long des aulnets qui sont au bas des landes 
de Jouy. Très peu de plantes sont signalées du côté de Saint- Yon ou 
de Boissy-so us- Saint- Yon : Spiranikes aulunmalis, Genisla. anglica, 
Digiialis purpurta. Mais dans les bois, les bruyères ou les prés de 
Brières-le-Château (ou Bruyères-le-Châtel) se trouvent : Lycknis vis- 
caria, Serraiula tincloria, Senecio adotiidifolius (.*), AquiUgia vul- 
garis, Trïfolium subterraneum, Scirpus fluilans, Limosellaaquaiica, 
Helosciadium itmtidatuat. » 

Un petit nombre d'espèces se trouvent de même inddemment signa- 
lées à la Ferté-Alais ou dans les environs de Vayres, savoir : » • Pu- 
mana vuigaris{2), autour de la Ferté-à-Leps ; Linaria Pelliceriana, sur 
les montagnes qui sont proche la Ferté-à-Leps et qui sont de sable et 
chargées de rochas de grès ; * Lycknis mscaria dans les bois des envi- 
rons de la Ferté-à-Leps; Orckis conopea ç.\. Tetragonolobns siliquostts, 
dans les prés de la vallée qui s'étend depuis la Ferté-à-Leps jusqu'à 
Cemy et au delà; * Sckœnus nigricans, dans les prairies de la Ferté- 
à-Leps; Orchis pyramidalis, dans les bois de Villiers proche la Ferté- 
à-Leps, sur la pente de ce bois qui regarde le couvent; * Hypocfueris 
maculata, dans le bois de Villiers proche la Ferté-à-Leps; Veronica 

I. Ces indications de Guettard pourraient être vérifiées dans une herborisation 
de Saint-Cheron à Breuillei, 

3. L'astérisque devant le nom spécifique indique que la plante figure dans les 
Flores comme ayant été observée près de la même ville, mais sans qu'il y ait 
nécessairement toujours conrormiié dans la citation précise de la localité (Cfr. le 
Guide pratique de Botanique rurale, de M, G. Camus, aux herborisations de la 
Ferté-Aleps, Malesberbes, Élampes et BtrechyJ. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



E, Rou. — La Flore d'Étampes en iy4j- 127 

f/ico/a, autour de Vayres; Pkalangiurtt ramosum, dans les bois de 
Beaamoat, au bout du chemin qui conduit à Vayres, du côté de ce 
village; LaserpiUum laiifolium, dans les bois de Beaumont à gauche 
du chemin de Vayres; " /V««iAi««)M Cervaria, dans les boîs de Beau- 
mont en descendant à Vayres. * 

Parmi les espèces indiquées comme se trouvant à Malesherbes, 
Guettard a le soin de distinguer celles qui figuraient sur uu manuscrit 
du P. Barrelier (i), dont il devait la communication à * Messieurs de 
Jussieu » ; ce sont les suivantes : * A Malsherbe ou aux environs (sans 
autres détails) : * Ophioglossum vulgalum, * Osmunda regatis, * Cete- 
rach officinarum^ * Polystickum Tkelypleris (2), " Ornilhogalum 
pyrenaicum, ■ Daphtte Laursola, Drosera rolundi/olia, Inu/a kirla. 
La station de quelques autres espèces a ùté mieux précisée par le 
P.Barrelier, et plusieurs d'entre elles y ont été retrouvées par Guettard 
qui le fait ainsi connaître ; Buiomtts umbêltatus, le long de la rivière 
qui passe proche le château de Malsherbe {le P. Barrelier l'indique 
aux environs de cet endroit) ; Galantkus nivalis (le P. B, l'indique au 
Bois-Menard (3), proche Malsherbe) ; * Scilla aulumtialt's^ sur la mon- 
tagne qui est vis-à-vis le château de Malsherbe (le P. B. l'indique aux 
environs de ce château) ; Radiola Millegrana, entre les roches de la 
montagne qui est vis-à-vis le Château de Malsherbe (le P. B, l'indique 
aux environs de cet endroit) ; Lonicera Xylostenm, dans le Parc de 
Malsherbe (le P. B. l'indique aux environs de ce bourg). Enân les 
espèces suivantes sont signalées pour la première fois par Guettard à 
Malsherbes : • Lemna polyrrhisa, dans quelques fossés; • Hippiiris 
vulgsris, le long des saignées des prés qui sont vis-à-vis le Château ; 
Cyperus longus, sur les bords des rivières; " Genisla sagitlalis, à 
Malsherbe ; * Uikospermuin parpureo-caruleitm, dans le Parc ; Eryst- 
ttium ckeiranthoides , dans les champs sablonneux qui sont au bas du 
Château; * Helian/Aemum pulveralenfum, dans les terres des environs 
de Malsherbe; • Fumanavulgaris, très abondant autour de Malsherbe; 
" Gentiana PneumonanlAe, dans les prés; " Geniiana Crttciala, dans 
le Parc du Château ; Cklora ptrfotiaia, à Malsherbe ; Inula salictTta, 
dans leii prés. • 

Les trois précédentes localités n'avaient pu être visitées que rare- 
ment par Descurain ou Guettard ; il n'en était pas de même d'Étampes 
et d'Etrechy ou de leturs environs, dont l'exploration réitérée était plus 
facile. Il en est résulté que les constatations que ces botanistes y ont 

1. Jacques Barrelier, né à Paris en 1606, mort en 1673. 

3. Guettard ajoute : i Peut-étrs est-ce la Foudre que Coroud marque au même 
endroit sous le nom de Filix aquatica repens. • 

3. Boi&-Minard, d'après la cane de l'Etat-major, à environ 4 kilomètres au 
nord de Malesherbes. 



D,B,i..ab,Google 



laS JOURNAL DE BOTANIQUE 

feites nous ont été transmises par eux avec beaucoup plus de détails. 
On les trouvera ci-après, mais présentées sous la forme plus pratique 
d'herborisations. fA suivre.) 



CHRONIQ.UE 



Congf6l botanique. — Nous nous empressons de communiquer à nos 
lecteurs la lettre suivante relative an Congjès projeté pour 18S9 : 

• MoNSIBltB, 

• La Société botanique de France a décidé qu'elle saisirait l'occasion 
offerte par l'Eiposilion universelle, pour inviter les personnes qui, à l'étranger 
comme en France, s'occupent de botanique, à se réunir à Paris, en Congrèa, 
dans la seconde quinzaine du mois d'aoïlt iSSi). Tous les botanistes qui assiste- 
Congrès pourront y présenter des travaux sur les sujets de botanique 
pure ou appliquée qui leur sont le plus familiers, et en provoquer la discussion. 

- La Société a pensé qu'il y aurait lieu, en outre, de profiter du séjour 
simultané à Paris de nombreuses notabilités scientifiques, pour porter la 
lumière sur quelques questions importantes. Elle croit opportun par exemple, 

'appeler ra;:e»tiOD du Congrès sur celles-ci : 

■ I* Tts l'utililé qu'il y aurait à établir, entre les dlHërentes sociétés, les diffé- 
;nts musées botaniques, une entente pour arriver à dresser des cartes exactes 
e la répartition des espèces et des genres de végétaux sur le globe. 

■ Ce serait une <Euvre analogue à celle que sont en voie de réaliser, pour 
'S cartes géologiques, le:> Congrès géologiques internationaux. 

■ Une exposition de cartes, livres, brochures, photographies, etc., relatifs à 
. géographie botanique, aura lieu, pendant la durée du Congrès, dans le local 

même où il se tiendra. 

- 3° Des caractères que l'anatomie peut fournir à la classification. 

■ La Société botanique de France serait heureuse. Monsieur, que vous vou- 
isiez bien, par votre présence et votre concours actif, contribuer au succès de 
réunion à laquelle nous avons l'honneur de vous inviter en son nom. Nous 
us serons reconnaissants de nous faire savoir avant le i" juin prochain (par 
e lettre adressée au secrétaire du Comité, rue de Grenelle, 8+, à Paris) si vous 

d'y assister. Dans ce cas, vous recevrez ultérieurement, avec 
du jour qui sera fixé pour l'ouverture du Congrès, une convocation 
spéciale. Nous vous prions enfin d'avoir l'obligeance de nous Indiquer le plus tôt 
possible les titres des travaux écrite ou communications verbales que vous 
pourriez apporter au Congrès. 

- VcuiUcz agréer. Monsieur, l'assurance de nos sentiments les plus distingués. 

■ l.e Secritairt • Le Président de la Société, 

du Comité d'organisation, Président du Comité d'organisation, 

P. Mabhï. h. de VILMORIN. . 



M. le professeur Gobbbi,, de Marburg, a pris la direction du Flora. 
M. le docteur R. von Wbttstsin, de Vienne, remplace M. le docteur Skofîti 
comme rédacteur en chef de VOesterreichische botaniscke Zeilschrift. 

M. Ch. Uartins, ancien professeur de Botanique et directeur du Jardin des 
plantes à Montpellier, vient de mourir. 

On annonce également la mort de M. le docteur Mouûeoi, qui fut l'un des pro- 
moteurs de la Société mycologique de France. 

Le Gérant ; Louis Mobot. 



D,g,tza:Jb.GOOgle 



JOURNAL D] 

Directeur; M 

ÉNUMl 

PLANTES DU h 

RècoUéss par HH. J. C 

Par M. ] 

SALVI 

8. Radula J. G. Baker, Jlanc 
Embouchure du Guaviare, Se| 
S. aurionlata Aublet, F/, de 
Baker, /. c, p. 136. 

Embouchure du Guaviare, Sej 
S. minima J. G. Baker, /. c, 
Vas. Gaillariiana (Fig. i), fi 



Pie- I. — Saloùiia miHin 
GaiOardlana: i, port 
pluie; 3, fronde Tue à 
i, appaid] frnctilère. 



si^ra inter nervos ad marginem 3-^ 
Pructus juvcnilisglobosus ad basiu ] 
ceptacula...? An apecies altéra? 
Embouchure du Guaviare, Sq 

1, Cette énumération sera suivie d'i 
&njoD et A. GalUard ? t sur la rég;iai 
vasculaîres citées ici, M. Gaillard a 
gtaos qui ont Été décrites par MM. N. 
lie la Société mycologiquê dt France, : 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



JOURNAL DE BOTANIQUE 



A. oaroliniana WUld., sp. PL, V, p. 541 j Kuhn, in FI. Brasil., 
I, p. 659, t. 83, f. i-6j J. G. Baker, /, c, p. 138. — A. macrophylla 
Kaulf., Enum. Filic, p. 373; Mart., le. Crypt. Brasil., t. 74-75. 

Embouchure du Guaviare, Septembre, A. GailL, d. 189. 

LYCOPODIACÉES 

LYCOPODIUM 

L. alopecuroides L., Sp. PI., p. 1565; J. G. Baker, /. c, p. 19. 

Var. gracile, caulc radicaute, ramosa, gracili, elongata; pinnulis infe- 
rioribus triangularibus, latis, superioribus aagustioribus, acuminaiis; 
rsmulis spicigeris 20-30 cm. longis, tenuibus, piaoulis subverticillatis, 

Lieux humides, Atures, Août, A. Gaill., n. 175, 

Ar. géogr. : Guiana (Leprieur, n. 15, in Herb. Mus. Par.!). 

SELAGINELLA 

S. oonvolutft Spring, Monogr., II, p. 62; J. G. Baker, /. c„ 
p. 88. — Lycopodium hygromelriciim Mart., Reise in Brasil., II, 
p. 793; — L. Bryopleris Aublet, /. c, II, p. 967; — L. convotutum 
W. Arnoit, in Mem. 0/ ike Wern. Soc, V, p. 199 

VuLGO : Elecho. 

Haut-Orénoque, J, ChaÉf., o. 500. 

S. asperula Spring, /. c, p. 225; J. G. Baker, /. c, p. 105. 

Cerro Caricha, J. ChafF,, n. 117; bois des environs de Sau-Fer- 
nando de Atabapo, Août, A, Gaîll., n. 240. 

S. Parkeri Spring., /. c, p. 226; J, G. Baker, /. c, p. 104, 

Var. stellata Baker. — S. stellala Spring, /. c, p. 228, 

Haut-Orénoque, J. Chaff.; n. 501. 

S. stolonifera Spring, /, c, ^►.209; J. G. Baker, /. c, p. 61. 

A terre dans les bois ombragés dt;.?4iï^de l'Orénoque, entrée du 
Raudal d' Atures, Juillet, A. Gaill., n. i 

S. erythropua Spring, /. c, p. 155; J. G. BaSîSi^- '^■' P- ^03. 
Lycopodium eryikroptis Mart., le. Crypt. Brasil., t. a?!) f- -S- 

Sur les rochers, bois touffus, Raudal d'Atures TuilW' ^- Gaill., 
n. 128. , ^ 

S. oiiitocensis n. sp. (Fig. 2). 

Caule repente nodis raicifera, radicibus filiformibus; frouj^"^ ^'^" 
vibus, dicbotomis; pinnulis inferioribus numerosis, dense imbricatiîl'*'""' 
gis, I mm.-i,5, obliquis, obtusis, supra intense viridibus, subtus p!tî''^' 
nitidis ; superioribus seriaris, ovato-acutis, inccquilateralibus, s 



D,g,tza:Jb.GOOlj^[d 



p. MiDRT. — Êitumtra/ian des planits du Haul'Oreitoqite. 131 

marjpae obsoletissime ciliatis; [sptds terminalibus, 3-3 mm. loag'is, tetra- 
gonis, squamis Iaxis, carinatis, cuspidatis glabris. — Affinis S. jungenna' 




nioidei, Breynii, guyattensî, deitsi/oii^ sed pinaularum dispositioae, fîmii- 
tatequc diversa. 

A terre, lieux humides et ombragés, Cerro de! Morro, entre Mai- 
pures et San-Femando, Août, A. Gaili., q. 201. 

UYHËNOPHTLLÉES 

TRICHOMANES 

T. floribundum H. B. K., AW. G^n. et Sp., I, p. 25; Hook., 
Sp. Filic, I, p. 129. — T. pinnaium Hedwig, Gen. et Sp. Filic, 
Szsc. I, t. 4, f. I ; — Neuromanes Hedwigit V. D. Bosch, Hymenopk., 
p. 8 ; — Neurophyllunt pinnatum Presl, Hymenopk., p. 19, t. 4, C. 

VuLGO : Ciilanirilto. 

Sources de la Hariquita, J. Chaff., n. 24. 

CYATHÉACÉES 

ALSOPHILA 

A. bleclmoides Hook., /. c.I, p. 35;). G. Baker, Filic. Brasil., 
p. 31+. — Polypodiarrt blecknoides Sw., Syn. Filic, p. 73 ; — P. ros- 
tratum Willd., Sp. PL, V, p. 193 ; — Metaxya rostrala Presl, Tenf. 
Pterid., p. 60, t. I, f. 5; — Alsophila rostrata Mart., le. Crypt, 
Brasiî., p. 64, t. 39. 

Haul-Orénoque, J. Chafif., n. 502. 

POLTPODIACÉKS 

T^NITIS 

T. angustifolia R. Br., Prodr. FI. Nov. Holl., p. 154; Hook., 
l.c, V, p, 187. — Villaria angaslifolia 1- G. Baker, /"T/jV. Brasil., 
P- 543. '-36. f- 17-19- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



I3a JOURNAL DE BOTANIQUE 

Rochers de Maipures, J. ChaÉf-, n. 215; rochers granitiques des 
bois humides des bords de l'OréDoque, Salvajito, Août, A. GaîIL, 



L. trapeziformis Dry, in Trans. Linn. Soc., III, p. 43, t. 9; 
Hook., l.c, I, p. 214. 

Haut-Orénoque, J. Chaff., d. 509. 

ADIANTUM 

A. intennedium Sw., in Act. Holm., 1817, p. 76; Hook., /. c, 
m, p. 25. 

Var. P triangulalunt Moore, Index Filic, p. 29. — A. friangw 
/oAfmKaulf., Enunt. Filic, p. 204. 

VULGO : Culanirillo. 

Bois humides entre Atures et Maipures, Août, A. Gaill., n. 253, 

V KK.-bipinfiaium'^. E, Boemer, mss. in Herb. Mus. Par. 

Rocher du Sipapo.J. Chaff., n, 327. 

A. prionophyllum H. B. K-, /. c, I, p. 16; Hook., /. <:., II, 
p. 21. . 

Entre les roches granitiques, Savane d' Atures, Juillet, A. Gaill., 
n. 129. 

A. rhomlwideum H. B. K.,l.c., I, p. i6; Hook., l.c, II, p. 23. 

Rochers de l'Orénogue, Maipures, J. Chaff,, n. 315. 

A. obtuauiQ Desv., in Berlin. Mag., V, p. 327; Hook. et Grew, 
le. Filic, t. 188; Hook., /. c, II, p. 19. 

Haut-Orénoque, J. Chaff. n. 506. 



A. radiata Fée, Gen. Filic, p. 145; Moore Ind. Filic, p. 18. — 
Adiantum radiatum L., Sp. PI., p. 1556; Plumier, Filic, p. 55, 
t. 100; — Rypolepis radiata Hook., /. c, II, p. 72, t. 91, f. A. 

Rochers d'Atures, J. Chaff., n. 301. 

PTERIS 

P. Aquilana L., Sp. PL, p. 1533; Hook., /. c, II, p. 196. 
Var. y caudata Hook., l. c; — P. caudata L., 5/. PI., p. 1533 ; 
Jacq-, le. Rar., t. 645. 

Savane de San-Femando, J. Chaff., n. 345. 

UENISCIUH 

M. retioulatniD Sw., Syn. Filic, p, 19; Hook., /. c, V, p. 165; 
J. G. Baker, Filic Brasil., p. 563, t. 36, f. 7-8, t. 49, f. 3. 
Bords du rui&seau de la Hariquita, J. Chafï.i a. 6. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



p. Maubï. — Éintmiralio» des limitas d*t Haul-Orénoque. 133 

ASPLENICU 

A. auritum Sw., Fl. Ind. Occid., III, p. 1616; Hook., /. c, III, 
p. 178; Fouraier, Foug. du Mexique, p. 106; Mooré, Ind. Filie., 
p. 115. 

Var. ^monodon Fournier, /. c; — A. utonodim Liebm., Fiù'c, ' 
Mexic, p. 96. 

Sur les branches des arbres, rive gauche de l'Orénoque ealre 
Maipures et San-Feruando, Août, A. Gaill., n. 342; Haut-OréDOque, 
J. Chaff., n. 507. 

A. formosnm Willd., Sp.Pl., V,p. 329; Hook., /. (^., III, p. 143; 
Moore, Ind. Filic,, p. 132. 

Rochers d'Atures, J. Chafif., n. 300. 

ANTHROPHYUM 

A. oayennenae'Kaulf., i^uM. FiHc, p. 192; Kunze, Analeci. 
Pterid., p. 30, t. 19, f. 2; Hook,, /. c, V, p. 171. — HentionHis 
cayennenseT)esv., Berlin Mag., V, p. 311. 

Haut-Oréooque, J. Chaff., n. 510. 

GVMNOGRAHMB 

G. Calomelanos Kaulf., Enum. Filic., p. 76; Hook., l.c.,'W, 
p. 148; Sturm, in Mart, Fl. BreisiL, p, 556, t. 35, f. 14-16, — Acros- 
Hckum Calomelanos L., Sp. PL, p. 1539; Sw., Syn. Filic, p. 15. 

Haut-Orénoque, J. Chaff., n, 505. 

ASPIDIUM 

Asp. maorophyllum Sw., Syn. Ftlic, p. 43 et 239; Hook., 
/. c, IV, p. 58. — CardiocUsna tnacrophylla Fée, Gen. Filic., t. 34, 
B, I. 

Haut-Orénoque, J. ChaÉf,, n, 50S. 



P. attenaatum H. B., in Willd., Sp. PL, V, p. 91, sub Gonîo- 
pklebio; Hook., l.c, V, p. 34. 

Rochers, Maipures, J. Chaff., n. 313, 

P. piloselloidâs L,, Sp. PL, p. 1543; Hook., /. c, V, p. 33. — 
Craapedaria pilasellotdes Fée, Gen. Filic, p. 264. 

Var. P mûniliyornte Hook., l.c; — P. cayennense Desv., Journ. 
Bol., VI, p. 357 ; — P. cilialum Willd., Sp. PL, VI, p. 257. 

Fougère enlaçant les troncs des arbres, San-Fernando de Atabapo, 
Septembre, A. Gaill., n. 197. 

P. PhyllitidisL.,5/. /*/., p. 1543; Plumier, i^ï'/iV., t. 13061131; 
Hook., /. c, V, p, 38. — Campyloneuron Morittrianum Fée, Poly- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



134 JOURNAL DE BOTANrQOE 

pod,, p. 258; — P. repens Mett., Filic. Hort. Lips., p. 34, t. 24, 

f. 1-2. 

Haut-Orénoque, J CbafT., n. 504. 

P. persîcariSBfoliuiQ Schrad., GoeU. g. Aus., 1824, p. 867; 
Hook., /. c, V, p. 55; J. G. Bak^; Filic. Brasil., p. 535, t. 35, 
i. 8-11, t. 48, f. II 6is. — Microgramme persicmfolium Presl, Teni. 
Pterid., p. 213, t. 9, f. 7. 

Bois humides, Maipures^J. Chaff., n. 216; sur les arbres, bords de 
rOrénoque, Eaudal d'Atures, Juin, A. Gaîll., n. 17, 

P. peroussam Cav., in Sw., Syn. Filic, p. 26; Hook., l. c, V, 
P-55- 

Sur les arbres, San - Fernando, J. Chaif., n. 344; sur les troncs 
pourris, rive gauche de l'Orénoque, au-dessous de San-Fernando, 
Août, A. Gatll., n. 271. 

Ad hanc speciem forsan refertur spécimen incompletum alterum : 
Entre Maipures et San-Fernando, Septembre, A. Gaill., n. 195. 

P. Schomburgkianum Kunzc, in Schkuhr, Fil. SuppL, p. 33, 
t. 42;Hook.,/. <^., V, p. 68. 

Arboricole, rive gauche de t'Orénoque au-dessous de San-Fer- 
nando, Août, A. Gaill., n. 196 ; Haut Orénoque, J. Chaff., n. 503. 

P. pulchrmuMart. et Galeotti, T^i'/i'c, Mexic, p. 41, t. 8, f. 2; 
Hook., l.c, IV, p. 300. 

Rochers d'Atures, J. Chaff-, n. 303 ; sur les rochers, dans les bois 
humides des bords de l'Orénoquc, Salvajito, Raudal d'Atures, Juillet, 
A. GailL, n. 109. 

P. aturenae n, sp. (Fig. 3). 

Rhizomate clongato, crasso, radicibus n\imerosis obtecto; frondibus 
lanccolatis, 25 cm. longis, rigidis, crassiusculis, superne attenuatis, acu- 
rainatis, inferne pinnulis viï brcvioribiis ; petîolo lutescente squamoso, gra- 
cili; pinnulis obHquis, supra atroviridibus, glabris, i-nerviis, lanceolatis, 
acùminatis, ajiice dentato-lobacis, margioe subundulata crasaa albîda, bast 
dilatatis, nervo unico prominulo, subtus .Uete-viridibus, squamosis; soris 
rotundis, rufescentibua, latis, inter mesonervon et marginem 7-9 seriatis, 
remotiusculis ; sporangiis ovoideis, crassiusculis, glabris, longe pediccllatis, 
annuli articulis subhyaliais; sporis ellipsoideis, luteis, minutissine punctu- 
latis. — P. nulanli Blume affmis, suppetit P. eUgans Poirel, plumuta 
H. B. K. atque suspensum L. diversis characteribus. 

Sur les roches granitiques, bois humides |des bords de l'Orénoque, 
Salvajito, Eaudal d'Atures, Juillet, A. Gaill., n. in. 



SCHIZ^A 

S. penniUa Sw., Syn. Filic, p. 150 et 359; |. G. Baker, Syn. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



p. Maurï. — Ènumération des filantes lin Haut-Orenoqiie. 135 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



IjS JOURNAL DE BOTANIQUE 

Filtc., p. 430. — S, trilateralis Schkuhr, Krypt, Gew., p. 137, 
t. 136; Hook. et Grew., le Filtc, t. 54; — AcHnostachys trilateralis 
J. Smith,iii/?£>oi6..y£«(r«,,I, p. 202; — A. fienrtula Hook,, Gen.Filic, 
t. m*. 

Bois de San-Feniando, . J. Chaff., n. 346; bois des environs de 
San-Femando de Aiâbapo, Août, A. Gaill, n. 241. 



A. oblongifolia Sw., Syn. Filic, p. 156; Mart., le. Crypi. 
Brasil., p. 114, n. loj J. G. Baker, Syn. Filtc, p. 431. — Osmunda 
oblongifolia Cav,, le, VI, p. 69, t. 592, f. 2. 

VuLGO : Culantrillo. 

Savane d'Atures, J. Chaff., n. 2pS. 

A. tomentosa Sw-, Syn, Filic, p. 157; Moore Ind. Filic, 
p. 69. 

.Specimina incompleta frondibus sierilibus, glabrescentibus. 

Rochers, Maipures, J. Chaff., n. 206. 

LYGODIUM 

L. Tolubile Sw,, Syn. Filic, p. 152 ; Sturm, in Mart, FI. Brasil., 
Sc&iseac,p. 177,1. 14, f, 17-18; J, G, Baker, Syn. Filic, p. 438. — 
L. scandens Schk\ibx, Krypt. Gew., p. 138, t. 138. 

Haut-Orénoqne, J. Chaff., n. 511. 

L. venustum Sw., Syn. Filic, p. 153 et 383;] Schkuhir, Krypt. 
Gew., p. 140, t. 139; Mart., le. Crypt. Brasil., p. 119, t. 57, f. 3; 
Sturm, /. c, p. 172, t. 14, f. 1-5. 

i" Forma hîrsuta. 

Tiges grêles s'élevant à 2 mètres de terre environ en s'enlaçant aux 
arbustes du voisinage; au pied des roches granitiques de Puerto- 
Zamuro, Juin, A, Gaill., n. 13. 

3" Forma glabra. 

Rochers à Caicara, J. Chaff., n. 161. 

{A suivre.) 

INFLUENCE DE L'EXPOSITION 

L'ACCROISSEMENT DE L'ÉCORCE DES SAPINS 

(Fin.) 

Par M. Emile MBK 

V 

RÉSUME HT CONCLUSIONS PRATIQUES. 

Les observations qui précèdent peuvent être résumées ainsi qu'il 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



E. Mb«. — Dt l'aceroîssemfiH de l'écorce des Sapins. 137 

suit : 1° Sur les versauts expcsés au Sud et à l'Ouest l'assise cambiale 
des Sapins est ralentie dans sou fonctionuemeut sur la face frappée par 
le soleil, mais la formation du boîs est plus atteinte que celle de l'é- 
corce par ce ralentissement. U eu résulte que le rapport cortico- ligneux 
est plus fort sur cette face que sur la &ce opposée. 

2" J'ai montré que le rapport cortico-ligneux s'élève dans toutes les 
circonstances où ta formation du bois est moins active, et que le déve- 
loppement de l'écorce, sans être précisément complémentaire de celui 
du bois, ne varie pas dans la même proportion. On est donc autorisé 
à en conclure que si, aux expositions chaudes, l'écorce est relativement 
plus épaisse que le bois, c'est précisément parce que l'accroissement 
de ce dernier se ralentit. 

3° L'influence de l'exposition sur le développement relatif de ces 
deux tissus varie suivant l'intensité de réchauffement. A cet égard 
trois cas doivent être distingués : 

a) Dans l'intérieur des massifs l'effet produit est moins sensible 
que sur les lisières, à cause de l'abri que les cfmes procurent au tronc. 
Bien que, dans ces conditions, le rapport cortico-ligneux soit plus 
élevé sur le côté însolé de chaque arbre que sur le côté opposé, le ra- 
lentissement de croissance du bois sur le premier de ces côtés n'est 
pas tel que l'écorce puisse y acquérir une épaisseur supérieure à celle 
qu'elle possède sur le second où, par suite de ce que j'ai appelé l'in- 
fluence de la rampe, l'activité cambiale est pins grande. 

§) Sur les lisières Sud, ainsi que dans leur voisinage, la croissance 
du bois est plus ralentie que dans le massif. Aussi l'écorce se déve- 
loppe tellement sur la face insolée qu'elle acquiert une épaisseur supé- 
rieure à celle qu'elle possède sur l'autre fece. 

y) Mais ce balancement nutritif a une limite et quand la formation 
ligneuse est par trop affaiblie, ainsi que cela se présente sur les lisières 
O., la formadon corticale est atteinte à son tour, bien que toujours 
dans une moindre proportion. L'écorce est alors, en valeur absolue, 
plus mince que sur le côté ombragé du tronc, le rapport cortico-ligneux 
s'y maintenant néanmoins supérieur, 

4' Qu'il s'agisse d'arbres vigoureux ou d'arbres à v^étation lan- 
guissante, le rapport cortico-ligneux atteint son maximum à la base du 
tronc. Il diminue ensuite pour se relever dans la partie supérieure, où 
il atteint quelquefois la valeur qu'il avait à la base. A tous les niveaux 
c'est sur la &ce exposée au S, et à l'O. qu'il est le plus fort. 11 a une 
valeur moyenne sensiblement plus élevée dans les Sapins que dans les 
Epicéas. 

- 5' Le rapport cortico-ligneux variant en sens inverse de la crois- 
sance du bois, on est autorisé à supposer que pour un arbre il aug- 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



,38 JOURNAL DE BOTANIQUE 

mente avec l'âge et, si l'on considère les oscillations qu'il subit dans le 
temps, que c'est pendant la phase descendante de l'accroissement 
ligneus qu'il atteint sa valeur tnaxima. 

6" Toutes choses if-gales d'ailleurs, chez les arbres à végétation 
languissante pour quelque motif que ce soit, le rapport conico- ligneux 
est plus élevé que chez ceux à croissance rapide. 

7° Ce n'est pas seulement en ralentissant le développement du bois 
que les expositions S. et O. élèvent la valeur du rapport cortico-11- 
gneux, mais en favorisant la formation du rhytîdôrae, laquelle en- 
traine l'apparition d'un tissu générateur et l'interposition de nouvelles 
assises qui contribuent dans une certaine mesure à épaissir l'écorce. 

8° Puisque le rapport cortico-ligueux diminue quand la formation 
du bois augmente, on doit supposer que, lorsque par suite d'une surac- 
tivité cambiale elle s'accroît démesurément, le rapport cortico- ligneux 
doit devenir très faible. L'observation montre que l'effet varie suivant 
le genre d'excitations auquel est soumis le cambium. Tandis que le 
rapport s'abaisse dans le cas des courbures produites par le redresse- 
ment géolropique, ainsi que dans les cas d'excentricité excessive de la 
moelle causée par ce que j'appelle l'influence du voisinage, il s'élève 
au contraire sous l'influence des parasites. Le chaudron en offre un 
exemple remarquable. 

De l'étude que je viens de faire découlent un certain nombre d'ap- 
plications, 

A l'exception assez rare des espèces où l'ècorcc est utilisée pour 
le tannage, ce tissu, pour la plupart des arbres forestiers, constitue un 
déchet, parce qu'il nejsert à aucun usage. On doit donc chercher à 
apprécier l'importance de ce déchet et, par des opérations de culture 
appropriées, le restreindre autant que possible. Il ne saurait être 
r^ardé comme une quantité négligeable. A l'aide d'un calcul bien 
simple il est facile de s'assurer que, lorsque le rapport cortico- ligneux 
estenmoycnnedeo,05 pour un arbre, le rapport du volume de l'écorce - 
au volume total est de io%. Lorsque le rapport conico-figneux est de 
0,07 à 0,08, le rapport deces mêmes volumes s'élève jusqu'à .15V0 en- 
viron. Le premier cas s'applique aux Sapins vigoureux qui font l'ob- 
jet du tableau C, et le second aux Sapins de végétation languissante 
dont il esl question au tableau F. 

Ce déchet cortical est, d'après ce qui précède, plus considérable 
sur les versants exposés au S. et à l'O., cC pour un même arbre, il est 
plus grand sur la portion du tronc tournée vers ces expositions. Il est 
plus élevé dans les peuplements clairières que dans les massifs pleins. 
Mais c'est principalement sur les arbres des lisières méridionales qu'il 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



E. Meb. — De i'accyoissepunl <£• t'écot-ce des Sapins. 139 

attdot sa plus grande valeur. Le bois des arbres occupant les versants 
exposiis au S, et à l'O. est plus apprécié, parce que la densité en est 
généralement plus grande et surtout parce que les défauts y sont moins 
fréquents et y acquièrent moins de gravité, D est bon de savoir que 
ces qualités sont Jusqu'à un certain point contrebalancées par une aug- 
mentation du déchet cortical. Les Sapins dont la végétation est lan- 
guissante sont peu recherchés parce que, outre leurs faibles dimén- 
dons, ils ont un bois dur, peu homogène, se prêtant mal au travail. 
On a vu que ces arbres ont un rapport cortico-ligneux très élevé. 
Leurs défauts sont donc encore aggravés par un déchet considérable. 
Or un déchet, quelque faible qu'il soit sur l'unité, finit par devenir 
très appréciable sur rensemble. 

Puisque la proportion d'écorce varie avec le degré de vigueur de 
la végétation et par suite avec le traitement, il devra être tenu compte 
de cet élément dans les expériences de sylviculture où l'on se propose 
de déterminer l'accroissement de volume résultant de telle ou telle 
Opération. Pour avoir des résultats comparables, il sera nécessaire de 
prendre les mesures non pas sur- l'écorce, comme on se contente gé- 
néralement de le faire, mais sous l'écorce, afin de ne pas comprendre 
dans les calculs l'épaisseur de celle-ci. Enfin les mesures devront être 
prises à différentes hauteurs, puisque l'on a vu que le rapport cortico- 
ligneux varie suivant les lùveaux. Il sera donc le plus souvent néces- 
saire d'abattre l'arbre d'expérience et de prélever des rondelles de 
distance en distance. 

Peut-on arriver à restreindre dans une certaine mesure le déchet 
causé par l'épaisseur de l'écorce? C'est ce qu'il me reste à exami- 
ner. On a vu que le ralentissement de la végétation est la principale 
cause de l'élévation du rapport cortico-ligneux. On devra donc cher- 
cher à activer, par tous les moyens possibles, la croissance des arbres 
et cela dès leur jeunesse. Il faudra les placer dans des conditions 
telles que cette croissance s'effectue à toutes les périodes de leur exis- 
tence, régulièrement et uniformément sur tout leur contour. On devra 
enfin les préserver de toutes mutilations, car ces mutilations, outre 
leurs conséquences fâcheuses sur la qualité des bois„ entrainent tou- 
jours un ralentissement plus ou moins prolongé de la croissance li- 
gneuse et par suite une production exagérée d'écorce. D sera surtout 
nécessaire de soustraire les arbres, dans la mesure du possible, à toutes 
les influences qui produisent l'excentricité de la moelle, puisque dans 
ce cas, le développement du bois étant ralenti d'un côté, le rapport 
cortico-ligneux s'élève de ce côté. Pour arriver à ce résultat, il im- 
porte de veiller sans cesse à ce que les arbres soient bien répartis sur 
le terrain, de manière que leur cîme et leurs racines puissent se déve- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



■«D JOURNAL DE BOTANIQUE 

lopper symétriquement. Cette égale répartitioc des tiges, que l'on 
cherche si rarement à réaliser, est à mon sens une des règles les plus 
essentielles à observer en sylviculture. Je l'ai déjà recommandée à plu- 
sieurs reprises. C'est en l'observant qu'on peut obtenir la plus grande 
production de matière ligneuse et la meilleure qualité des bois. 

Mais c'est principalement sur les versants exposés au S. et à l'O. 
qu'on devra s'efforcer d'abaisser le rapport cortico-ligneux, parce que 
c'est, comme on l'a vu, sur ces versants que ce rapport est le plus 
élevé. On y parviendra de deux manières : i" en activant la végéta- 
tion des arbres qui tend toujours à se ralentir aux expositions chaudes ; 
3° en protégeant leur tronc contre les atteintes directes du soleil. 
Quelques explications sont ici nécessaires. 

La seule source de fertilité des forêts consiste dans la couverture 
de débris organisés qui s'accumulent sur le sol et dans les fermenta- 
tions dont elle est le siège. Pour que ces fermentations se produisent 
avec toute l'activité nécessaire, il faut un degré assez prononcé d'hu- 
midité laquelle tait trop souvent défaut sur les versants tournés vers 
les expositions chaudes. La terre se dessèche, se tasse et devient sté- 
rile. Pour obvier à ces inconvénients qui se font d'autant plus sentir 
que les arbres, en vieillissant, élèvent plus leurs cimes et découvrent 
davantage la terre, il est nécessaire d'y maintenir ua sous-étage très 
serré ou d"y introduire une végétation arbustive, desdnée à soustraire 
le sol à un échauSement trop intense. Cette précaudon, indispensable 
au maintien de la fertilité, sera encore utile à un autre point de vue. 
Elle aura poureffet, en préservant dans une certaine mesure le tronc des 
arbres contre les rayons du soleil, d'entraver l'épaississement trop 
rapide de l'écorce et de prévenir la formation exagérée du rhyûdôme. 

C'est surtout dans les clairières, daus les vides même de peu d'im- 
portance, enfin sur les lisières, que cette prolecdon est efficace. Dans 
les massifs à périmètre sinueux, le nombre des arbres de lisière est 
considérable. Il est nécessaire, si l'on veut drer un bon parti de ces 
arbres trop souvent négligés, de les élaguer quand ils sont jeunes 
pour ne pas laisser les branches prendre trop d'accroissement, ce qui 
rend le tronc impropre aux usages industriels. Mais alors ce tronc dé- 
garni est échauffé par le soleil. Il en résulte, comme je l'ai lait voir, 
un ralentissement notable dans la production ligneuse. On obviera à 
cet inconvénient en établissant devant ces arbres un rideau protecteur 
composé d'espèces résistant à la chaleur et destiné à couvrir le sol 
ainsi qu'à abriter les troncs, * 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



E. RozB. — La Flore d'Élampes en i •^41;. 141 

LA FLORE D'ÉTAMPES EN 1747 
d'après descurain bt gubttard 

(FiH.) 

Par M. E. ROZE 

l'Herborisation à l'ouest d'Étampes, parlefàuboui^Saint-Maitin, 
en Temontant le cours de l'Allouelie, jusqu'à Saint-Hilaire (i), avec 
retour par Cbalo-Saint-Marc, Longuecoise, Valnay, le long de la 
Challouette (12 à 13 kilomètres, aller et retour). Les espèces suivantes 
ysontindiquées parGuettard : « Ponlinalts antipyreUca; ceU.^ Mousse 
est très commune dans plusieurs des rivières qui passent dans la ville, 
surtout dans celle qui fait aller les moulins à papier; Hypnum rusci- 
forme, atuchée aux pierres des bords et aux piliers des pierres qui 
servent de ponts sur le ruisseau qui passe au moulin de l'Hôtcl-Dieu, 
cette Mousse est très adhérente à ces pierres ; Scolopendrium officinale, 
le long des rivières qui traversent la ville, et dans plusieurs puits; 
A/Horantus Biitum, commune le long des maisons mêmes de la ville; 
Anikriscus sylvestris, autour des maisons du Eauxbourg Saint-Martin ; 
Tulostoma brumale, ce Champignon sur les murs des jardins de ce 
fauxbourg; .^opodium Podagraria, dans ces jardins; Sinapts nigra, 
Hyoscyamus niger, aux environs de ce fauxbourg; Chara vulgaris et 
fragilis, Âlisffta ranunculoides^ Hydrockaris Morsus-Ran^e, dans 
qnelqnes fossés, lacunes et eaux dormantesautour de laparo'sscSaint- 
Martiil; Briea EragrosHs, dans les terres qui sont vis-à-vis du cime- 
tière de la porte Saint-Jacques et aux environs de cet endroit ; Teesda- 
Ua nudieau/is, SUT les muTS du cimetière de la porte Saint -Jacques; 
Loroglossuwi htrcinum.^ Chenopodiunt Bonus- Henricus, Silène conica, 
Lactuca virosa, dans ce cimetière ; Panicum Crus-galli, dans les fossés 
de la porte Saint -Jacques; Dianthus prolifer, sur les murs de la ville; 
Aftdropogem Ischmtnum, sur les glacis des fossés de la ville ; " Tragus 
racemùsus (3), dans les champs et les vignes qui sont à gauche du 
grand chemin, depuis la porte Saint-Jacques jusqu'aux Capucins; 
* Polycnemum arvense, dans plusieurs champs incultes et parmi les 
bleds ; Parnassia palusirts, Vaieriana dioica, Menyanthes irifoliafa, 
communs dans les prés des environs de la ville; Asptenium septen- 
irianaU (3), sur la pente des montagnes qui sont le long du chemin 
de Saint-Hilaire, vis-à-vis de Valnay : il y est assez commun et il y 

t. Lieu de naissance d'EticDce Geoâroy Saint-Hilaire, dont la statue est à 
Etanpes. 

I. Woods l'a également récolté dans le grand chemin, près de la porte Saint- 
Jacques. 

3. Mérat l'indique avec doute à Etampes. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



143 JOURNAL DE BOTANIQUE 

forme quelquefois des touffes considérables; Ceterach officinarum, 
sur les rochers qui sont le long du chemin de Saint-Hilaire; " Aspe- 
riila arvensis, dans les champs, le long de ce chemin ; Onom's Natrix, 
Genisla afigltca, Campanuta roiundifolia, Melissa Nepeta, Stachys 
germanica et Salvia Sclarea^ le long de ce môme chemin ; [à 3-4 kilo- 
mètres au nord de Saint-Hilaire : Asari/m tiiropœum, dans les bois de 
Chesnay et de Boutervillîers, et Leonurus Marrubiastrum L. {?), 
autour de la marre du Chesnay]; Arum othcm/oAwïi, autour du villagede 
Saint-Hilaire; Cephalanlkeralancîfolia, dans les bois du Grand-Saint- 
Mars, et Dapkne Laureola, dans le village de ce nom ; Ittula Hetenium, 
dans le parc de Cherelles proche Longuetoise; Stachys alpina, le 
long du chemin de Longuetoise ; " Asperula arvensis, sur les mon- 
tagnes qui sont à la gauche du chemin de Valnay; Mgopodium Poda- 
graria, Ophrys arajzifera, dans le parc de ce nom; Opkioglossum 
vulgaium, Tkalictritm Jlavujn et luctdum, Scuteltaria galericulaia, 
Geniiana Pneumonatilke ^ dans les prés et les aulnets de Valnay; 
Orckis miii/aris et Simia, en montant la montagne de Valnay, dans 
le bois, et dans les prés qui sont au bas ; Cyiistts supinus, le long du 
pctitbois de Valnay ;Z.mO(/£»'w»iofor^;W»i, Cepkalaniheralancifolia, 
Iris fatidissima, Narcissus Pseudo-A'arcissus, Malus comMuniS çi 
Pirus commuais, Slachys sylvalica, Chlora perfoliata dans les bois 
de Valnay ; Vtdurtiuttt Opulus, à Valnay et sur les murs ; Tulosloma 
brumaU; Potamogeton serralum L., dans la rivière' de Cballouetie, 
proche le moulin; Ratrachosperntum moni'liforme, cette Algue com- 
mune dans la rivière qui passe à Valnay, depuis cet endroit jusqu'à 
Saint -Mania. > 

2° Herborisation au sud d'Étampes, par le faubourg Saint-Pierre, 
le Petit Saint-Mard, Vauroux, Ormoy et Boissy-Ia-Rivière.en remon- 
tant le cours de la Juine, puis en suivant le cours de cette rivif;re par 
la Vallée-Potin, Bierville, Artondu et Vauvert (aller et retour, 13 et 
14 kilomètres environ). Guettard y signale les espèces suivantes : 
« yEgopodium Podagraria^ dans les jardins du fauxbourg Saint-Pierre; 
Linaria spurt'a et Elatine, dans les champs des environs de ce faux- 
bourg; Teucriam Chamxdrys, sur les meurges des vignes des envi- 
rons de la paroisse Saint -Pierre ; Calatnitttha. Nepela^ dans les masures 
des environs de celte paroisse; Veromca Teucrium, sur le bord des 
prés, entre la porte Saint-Gilles et les Potereaux, et celle de Saint- 
Pierre ; Gnapkalium luieo-albuia, proche les Potereaux ; AchilUa 
Plarmica, dans un pré qui est à la gauche et environ A moitié chemin 
de la porte Saint-Gilles; Asplenium Rufa-muraria, sur les murs de 
la ville du côté des prés ; Polygonum ampkibium, dans plusieurs fossés 
et dans la rivière à la porte Saint-Gilles ; PAysalis Alkekmgi, le long 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



E. RoiB. — La Flore d'Éiampts tn 174'. 143 

des préB, proche le Petit- Saint-Mars; Skêrardia arvensis, dans les 
champs du Petit-Saint- Mars ; Asctepias Vincetoxicum, sur les groux 
de Vauroux; Thalictrum flavum et lucidutn, dans les prés, depuis 
Saint- Pierre en allant à Ormoy ; Stackys germanica, à l'entrée d'Or- 
moy; ÂnthylUs Vulneraria et Ribes Uva-Crispa, à Ormoy; Pedicu- 
laris syivaliea et paluslris, dans les prés humides d'Ormoy ; Sapona- 
ria officinalis ., le long du chemin de Boissî-la Rivière; Drosera rofun- 
difolia (1), entre ta rivière de Juine et de Climon, proche la Vallée- 
Potin; [le Drosera longifolia est indiqué à 2-3 kilomètres plus au sud, 
dans les prés de Saclas, avec le Salvia Sclarea et le Cirsium erïopho- 
rum] ; Anagallis tentlla, Pinguicula vulgaris, Pedicularis syivaliea et 
palustris, dans les prés qui sont autour de Bierville ; Stackys palustris, 
le long des ruisseaux de Bierville; Potamogeton compressum L. (?), en 
allant à Bierville dans les marres où l'on fait rouir le chanvre, et dans 
une petite fontaine qui est vis-à-vis d'Artondu ; Phalaris arundinacea, 
du côté de Vauvert, entre les aulnets ; Batrackospermum vtonili forme, 
dans la rivière qui coule proche Vauvert; Orckis conopea, ifiacutala 
et laii/olia, EpipacHs palustris, Polygala amara, Irmla salicina, 
Scoraoftera Aumilis, Ltnum catAarticum, Siiaus pratensis, dans les 
prés de Vauvert; Pinguicula vulgaris et Anagallis teuella, dans les 
prés qui sont autour de Vauvert ; Œnanlhe fistulosa et Lachenalii, 
Hydrocotyle vulgaris, dans les prés bas autour de Vauvert ; Verbascum 
Lycknitis, sur les rochers de Vauvert. » 

3° Herborisation au nord d'Étampes, par Vaudouleurs, Morigny, 
ViUcmartia et Champigny, à peu de distance de la Juine, en revenant 
par Jeurre, Malassis, Brunehaut, Montlaucon, puis par la route natio- 
nale et le long du Juînetean (9 à 10 kilomètres aller et retour). Les 
espèces qui suivent y sont indiquées par Guettard : » Anthémis ntixta 
L., à l'entrée d'Etampes; Ophioglossum vulgalum, dans le petit pré 
qui est derrière Vaudouleurs ; Hellehorus fatidus, sur les collines et 
" Aîsitie setacea, dans les sables, autour de Vaudouleurs; Anlhyllis 
Vuhieraria, sur les montagnes de Morigny; Carduncellus mitissi- 
mus, proche Morigny, dans les vignes du chantier du Terrier; Mairt- 
caria Parlkenium^ dans les masures de Morigny; Prenanthes mura- 
lis, dans le parc de l'abbaye de Morigny ; Myriophyllum spicalum et 
verticillalum, dans les lacunes des environs de Morigny; /-^otwh/u- 
lyrrkisay Potamogeton crtspum et serratum, Utricularia vulgaris, 
Bidens triparlita, Stackys palustris, dans les marais, fossés et ruis- 
seaux de Morigny ; Iris /œtidissima, dans les bois de Morigny ; Eçui- 

I. < On ne trouve pas toujours du Rossolts où vient le Sphagnum; mais où 
se trouve le Rossolis, on y rcocontre ordiDairement, pour ne pas dire toujours, 
cette Mousse au milieu de laquelle 11 paraît Tég;éter mieux que partout ailleurs. 11 
(Guettard.) 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



1+4 lOURNAL DE BOTANIQUE 

seium arvense, Linaria spiiria et Elaline^ dans les champs autour de 
Morigny; Eptpaclis palustris, Hydrockaris Morsus-Rana^ Triglo- 
ckin palustre, Pheilandrium aquaticutn^ Œnanihe fistulosa ei Lâche- 
naiii, Allhxa officinalts, Genfiana Pneumonantke , Scorsonera hu- 
milis, dans les prés, fossés, eaux dormantes, aulnets et lieux humides 
des environs de Villemartin ; Iris fœtidissima, dans les bois de Villc- 
martia; * Asperula arvensis, dans les champs qui regardent l'occident 
de la montagne de la garenne de Villemartin; Loroglossum hircinum, 
Anthyllis Vulneraria, Campanula glomerala, sur cette montagne; 
Echinospermam Lappuia, le long du chemin de cette garenne; Cla- 
donia rangiferina ^ijuniperus communis, communs dans cette môme 
garenne, avec Conium maculaium, puis, proche de la fontaine, Gen- 
iiana germantca et Conyaa sqiiarrosa, et dans les terres autour de la 
garenae, Caucalis leplophyllal^.Q); Arabis Tkaliana dansles vignes, 
Nepeta Caiaria dans les hayes, Ajuga Ckamœpitys dans les sables, 
« Mairicaria Partkenium dans les raasiures, autour de Villemartin; 
Spirantkes auiumnalis, en septembre, dans les endroits humides et 
stériles autour de la montagne de Champigny; Sculellaria galerictt- 
laia, autour des chaussées de Champigny; Ophioglossum vulgaHtm, 
dans les terres incultes et humides qui sont proche Jeurre ; Sagittaria 
sagittifolia, dans les fossés du château de Jeurre; Samolus Vale- 
randi, Lysimackia vulgaris, Slellaria, nemorura, Gentiana Prteumo- 
nantke, Senecio paludosus, dans les aulnets et les prés de Jeurre; An- 
chusa o/ficinalis, dans les bleds; Nepela Caiaria, dans les hayes, 
proche Jeurre; Comum maculaium., proche Jeurre, le long du grand 
chemin; Senecio paludosus, dans les près de Malassis; Ophioglossum 
vulgatum, dans les lacunes qui sont vis-à-vis Brunehault ; PolystichuM 
cristalum, dans les aulnets de Brunehault; Myriophyllam spicaium et 
verticilUUum, Triglochin palustre, Hydrockaris Morsus-Rmnx, Spar- 
ganiutn ramosum et simplex, dans les lacunes, fossés et eaux dor- 
mantes autour de Brunehault; Vfricaria vulgaris, dans les fossés du 
Château de ce nom; Cynoglossum officinale, dans le parc; &'ysitnuitt 
Alliaria, dans les cépées, et Orobancke major dans le bois de Brune- 
hault; Podospermum laciniaium, trouvé une fois le long du grand 
chemin, vis-à-vis du petit bois de Brunehault; Eckinospermum Lap- 
pula, dans les vignes autour de Montfaucon; Saxi/raga granulata 
et Araiis Thaltana, conunuos dans le petit bois qui est au bas de 
Montfaucon; • Neslia paniculala, dans les bleds qui sont autour de 
Montiaucon, où se trouve plus tard le Sfellera Passerina; Tulosloma 
brumale, sur les murs du parc de Saint-Lazard (i), le long du grand 
chemin; Op&rys myodes, araciniles etapi/era, Arislolochia Clemati- 

1. Saint-Lazard D'est pas indiqué sur la Carte. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



E. RozB. — Ita Fiofe d'Élamfies ett tj4j. 145 

fis, Cynoglossum officinale, Vefonica arvensis, Bryoïiiaalba, Sfipo- 
naria o/ficinnlis, dans le parc de Saint-Lazard ; Gerajiiutn lucidum, 
dans le bois et sur les murs de Saint-Lazard ; Satyrium hirctnum, Li- 
thospermttm officinale, " Leonurus Cardiaca, Conysa sçnarrosa, dans 
les bois de Saint-Lazard; Lysimackia nemorum, quelquefois avec le 
L. Nummu/aria, dans les prés autour de Saint-Lazard ; Muscari race- 
iKOSiim et comosam, Piantago are naria, Corrigiola litioralis, Linaria 
supiiia, Ajuga Chanumpitys, " Âlsine selacea, " Siiene OUies^ dans ies 
sables autour de Saint-Lazard ; Hyoscyamits niger, commun le long du 
grand chemin depuis Saint-Lazard jusqu'à Jeurte. » [A 8-10 kilomètres 
d'Étampes, vers l'est, se trouvent d'après Guettard : Asplenium. sep- 
UntriotiaU, sur les rochers de Bouvilles, à gauche, peu avant ce vil- 
lage, avec Ceierach officinarum; Andropogon Ischssmum, le long des 
vignes, à l'entrée de Bouvilles, et, dans les environs, Globularia vul- 
garis, Stachys germanica et Fumana vulgaris (très abondant) ; sur ies 
montagnes, Teucrium montanum ; enfin, dans les bois de Bouvilles, 
Veronica spicala, Gentiana Cruciaia et germanica, Cepkalatithera 
rubra, Buxus sempervirens, Cyfisus supinus\. 

4" Herborisation aux environs d'Etrechy par Saint-Martin de la 
Roche, le bois du Roussay, Fontaine livault, le bois de la Barre, les 
moulins de Pierre-Brou et de Vaux, Gravelles et Viotué (environ 7 à 
8 kilomètres). Guettard y mentionne les espèces qui suivent : • Anthé- 
mis mixla, proche Etrechy, le long du grand chemin; Xanthium stru- 
marium, le long du grand chemin proche Etrechy, sous la porte même 
de ce bourg et proche la Chapelle des Corps saints ; AspUnium sep- 
tentrionale, dans les fentes et les trous des rochers qui sont sur le haut 
de la montagne de Saint-Martin de la Roche; Polyslichum. crislatam, 
dans les creux de ces rochers ; Verèascum Lychnitis, entre les roches 
de Saint-Martin; Sagina erecta L., sur la montagne de Saînt-Martiu ; 
Cuscuta epilkymum, abondant sur les bruyères du haut de la montagne 
de Saint-Martin; * Stellera Passerina, dans les bleds en allant à l'her- 
mîtage de Saint-Martin de la Roche ; Chhra perfoliala, en montant à 
cet hermitage; Hypnum serpens (l); Genista anglica, à l'entrée du 
bois du Rousset proche l'hermitage ; Scilla bifolia et Endymion nuians, 
très communs, Orniikogalum umbellatum. Arum maculatum, Orchis 
maculaia, Plalantkera bifolia, Ophrysmyodes, * apifera et aracknites, 
Neottia Nidus-Avis, Genista Hncloria et sagiltalis, Trifolium rubetis 

\, ■ j'ai trouvé, dit Gueltard, cette Mousse attachée aux parois extérjenres 
iTuiK %us:« de pierre oil cotile l'eau qui dégoutte de la rocbe de rbermiiage Saiut- 
Hanln. Celte roche forme uoe caTeme assez spacieuse pour contenir à l'aise dix 
à douze personnes... Cette cavenre est très agréable et très commode pour se 
mettre à couvert dans l'été des rayons du soleil de midi, comine il nous arrivait 
ordinairement lorsque nous herborisions dans les bois voisins. • 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



146 JOURNAL DE BOTANIQUE 

et motitanum, Malus communis et Pirus communis, Vînca minor^ Ru- 
bia iinctorum, Peucedanitm Oreoseiinum, Turriiis Aifsuta'L., Ma/va 
alc*a, Hypericum montanutn, Veronica spicaia^ Digiialis purpitrea, 
Galeobdolon luieum, Dianthas Armeria, Lactuca saligna, dans les bois 
du 'R.OMs^.eV, Jungermannia çuinquedentata, Bryum capillare, Mnium 
affine et undalatum, et Neckera pennaia^ sur les rochers de ces bois, 
le long du chemin haut qui conduit à la ferme et qui est parallèle à 
l'allée Blanche ; Polypodium vulgare, Aspleniitm Trichomaties, Rufa- 
muraria et Adianlunt-mgrum, dans les fenles de ces rochers ; Ophrys 
aratii/era, derrière la ferme; Cephatanihera lancifolia, Folygala 
amara^ Globttlaria vulgaris, sur le haut de la montagne du Rousset ; 
Géranium lucidum, dans les masures du Parc du Rousset ; Coronilla 
minima et * Heltanikemum pulverulentum, dans les terres arides et in- 
cultes des environs du Rousset; * Linaria Pelliceriana, assez com- 
mune sur le haut des montagnes du Rousset ; " Aceras anthropo- 
phora, sur la pente de la montagne ; Lyckttis Viscat-ia, en descendant 
de Vaucelas pour aller au bois du Rousset, â l'entrée du bois, où il est 
commun; * Carduncellus mitissimus, entre les bois du Rousset et la 
montagne de Chaufour; [à l'automne, dans les fonds humides ou sur 
les hauteurs des bois du Roussel, comme Cliampignons : Coriinartus 
violaceus, Cantharellus infaridibuH/ormis, tubœformis, sinuosus e: 
cibarius, Cralerellus cûrnucopioides, Hydnum repandum, Clavaria 
rugosa et pislillaris, Schisophyllnm commune. Phallus impudicus, 
Scleroderma vulgare et verrucûsum, Leotia lubrica, Torrubia opkio- 
glossoides, Crucibulum vulgare et Cyat&us striaius\\ Cucubalus bac- 
cifer, dans les hayes de Foniaine-Livaux; Limodorum. aborlivum, sur 
la pente de la montagne des bois de la Barre, du côté qui regarde 
Champigny; Platauthera bifolia, Scilla bifolia, Corydalis solida, 
Vitica minor, Asclepias Vincetoxicum, Turriiis hirsula L., Hyperi- 
cum- montanu^, Veronica s picai a, Digitalis purpurea, Dianthus Ar- 
meria^ Silène nulans, Lychnis Viscaria, dans les bois de la Barre; 
Asplenium TricAomanes, Rnla- mur aria et Adiantum-nigrum, Poly- 
podium vulgare, Polyslichum crislatum, dans les fentes des rochers 
de ces bois; Alisma Planlago, dans les trous remplis d'eau et dans les 
rochers au haut des bois de la Barre; SHpa pentiata et Ranunculus 
chœropkyllos dans le haut de ces bois ; Polygala amara^ Globitlaria 
vulgaris, Teucrium monfanum, sur la montagne de la Barre ; " Lina- 
ria Pelliceriana, assez commun sur le haut de la montagne de la 
Barre; Mespilus germanica, dans les bois de la Barre, vers le haut de 
la montagne, entre les rochers; GenlianagermanicayS-atl^h3.\nâe& 
bois de la Barre, où elle est commune; [et dans ces bois, comme 
Champignons ; Lepiola procera, Scleroderma vulgare et verrucosum, 



D,g,tza:Jb.GOOgle 



E. RozB. — La Flore d'Etampes en 1747. T47 

Pesisa scu/ellatti\\ Sa^'ria nodosa, le long d'une saignée des prés qui 
sont aa bas des bois de la Barre, du côté du moulin de Pierre- Broux ; 
Spergula pentandra, dans les champs qui sont au bout de la chaussée 
de Pierre-Broui, le long des bois de la Barre ; une belle Mousse, Phi- 
lonolis foniana, puis Orchis t>taculafa&. lalifolia, Ciadium Mariscus, 
Pinguicula vitlgaris, Irmla salicina, dans les prés des environs de 
Pierre-Broux ; SelUmm paliisire L. , (?) le long des fossés de ces prés ; 
Scutellaria gaUriculata, Stachys palttsirts, Bidens Iriparlita, autour 
des chaussées, le long des ruisseaux et dans les fossés aqueux de 
Pierre-Broux; Ufricularia vitlgaris et Ranunculiis Litigua, dans les 
fossés de la levée de Pierre-Broux; Triglochin palaslre, proche le 
moulin de Pierre-Broux; Nymphssa alba, autour de ce moulin ; Cype- 
rus iongus, 1res commun le long de la rivière de Juice, proche ce 
moulin ; • Epîpactis palustris et Scorsonera humilis, dans les prés du 
moulin de Vaux; Teucrium montanum^ dans les terres incultes des 
environs de GraveUes; Cucubalus baccifer, le long du chemin de Gra- 
velles; Peucedanum palustre, le longdes fossésdeGravelleset de Vin- 
thué; Nyntphaa alba et Lylkrum Hyssopi/olia, dans les fossés autour 
de Vinthué. » 

[En dehors des espèces indiquées dans les locaIit<^s ci-dessus, 
Guettard en signale d'autres également intéressantes dans quelques 
stations plus ou moins éloignées d'Etrechy. Ainsi, dans les bois de 
Premières ou de Villeneuve-sur- A uvers, au milieu desquels se trouve 
la Grange-des-bois : Cephalanthera rubra, Aceras anlhropophora, 
PhalangiuM Liliago, Ruscus acalsaius, Campanula persicifolia et 
TracÂeliuirt, Scleranthus pérennisa Silène Otites, Aguilegia vitlga- 
ris, Genista pilosa, Onoiiis Columnm, Trifolium rubens et mo>ita- 
nunt, Lathyriis tuberostis, Lithosperntum purpureo-cmruUam, Melit- 
lis melissopkyllum, Teucrium montanum, Epilobiitm moHlatium, Gé- 
ranium liicidum (très abondant sur les rochers de Ville neuve -sur- An- 
vers), Fumatia vulgaris, Seseli montattum &. glaucum, Pencedaiium 
Cervaria et Oreoselinum, Serratula tinctoria. Initia salicina, Hy- 
pockœris maculata, Antennaria dioica; dans tes saignées des prés qui 
sont autour de Chamaraiide et de Gillevoisin, et dans les fossés qui sont 
vis-à-vis ce dernier château : Nilella cranslucens, Ckara kispida, Ulri- 
cularia minor.] 

Enfin, on a pu remarquer que les espèces les plus communes n'a- 
vaient pas été inscrites dans les listes précédentes, Gueitard ne leur 
assignant pas de localité particulière ou les désignant seulement 
comme croissant çà et là assez abondamment. Or, il convient de mcn- 
donner ici un certain nombre d'espèces moins communes et cependant 
traitées comme telles : Ceratophyllum demersum et submersum, Or' 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



148 JOURNAL DE BOTANIQUE 

chis Morio, Atliunt sphmrocephalum, Juncus squarrosus, Cyperus 
fuscusft\.flavescens, Carex Psettdo-Cyperus, Festuca gigantea^ Tamtu 
communis, Parnassia paluslris, Nigella arvetisis. Anémone Pulsa- 
iflia, Sium laiifolium, Jasione motiiana, Asperuta tinctoria, Helian- 
tkemum guttalum, Brunella grandiflora^ Ajuga pyramidalis , Oro- 
dancie ramosa L. {sur ie Chanvre), Saponaria Vaccaria, Carthamus 
lanatus, Chrysanthentutn stgsium^ Chondrilla juncea, Pieris hiera- 
cioides, etc. 

Nous terminerons en faisant remarquer que si les botanistes du 
XIX' siècle n'ont pas jusqu'ici contrôlé toutes les indications de Descu- 
rain, en revanche ils ont signalé la présence de quelques espèces inté- 
ressantes que Guettard ne mentionne pas dans son ouvrage; ainsi au- 
tour d'Etampes : Linum Leonii, Trigonella monspeliaca, Trinia vul- 
garis, Turgenia latifolia, Veronica pracox, Valerianella coronata, 
Micropus erectus, Arnoseris minima, Tragopogon major, Euphorbia 
falcala, Carex Sckreberi; et autour d'Etrechy : Adonis fiammea, Ery- 
Stmum orientale, Bulliarda Vaillantii, Rubia peregrina, Micropus 
erectus, Potamogelon pusillus. La liste de ces espèces n'ajoute, il est 
vrai, que bien peu de chose aux constatations de Descurain; elle n'en 
complète pas moins, à notre avis, l'idée que l'on pourrait se faire 
d'après lui de la Flore d'Etampes. 



CHR0N1Q.UE 



Un Congrès International d'Horticaliure sera tenu à Paris, à l'occasion de 

' l'Exposition, du i6 au ii août. Les personnes qui désirent y prendre part sont 
, priées de faire parvenir leur adhésion, avant le i" juin, au Président du Comité, 

84, rue de Grenelle, à Paris. 

Une exposition loiernalioDale de Botanique géographique, commerciale et 
industrielle doit avoir lieu à Anvers en 1S90. A cette exposition sera annexée une 
exposition rétrospective et générale de microscopîe. 



MM. Otto Lindbbrg, professeur à l'Université d'Helsingfors, dont les travaux 
bryoioglques sont bien connus, est mort le 30 février dernier. 



M. de Lagerbeim, qui avait déjà préconisé l'emploi de l'acide lactique pour 
l'étude des Algues sèches (Voir ff^iÈw^'a, 1888, p, ^i, (A Journal de Botanique, 
tSS8, p. 448) te recommande également aux mycologues, principalement pour 
l'étude des Péronosporées et des Urédinées {Revue mycologique, 1889, p. 95)- 
Le mode d'emploi est celui que l'auteur a Indiqué pour les Algues. 

Le Cératii ^ Louis MoaoT. 



D,B,i..ab,Google 



JOURNAL DE BOTANIQUI 

Directeur: M. Louis MOROT 



RECHERCHES SUR L'ORIGINE 

SUÇOIRS DES PHANÉROGAMES PARASITES 
Par H. ORANEL 

L'étude anatomique des organes absorbants des plantes pt 
nérogames parasites a depuis longtemps occupé l'attentic 
M. de Solms-Laubach(i) en a fait connaître la structure défîniti 
d'une manière qui ne laisse rien à désirer; cependant la nati 
morphologique de ces suçoirs n'est pas si bien définie qu'on 
puisse encore entreprendre utilement des recherches sur ce poi 
La structure de l'organe adulte ne révèle pas en effet sa vérital 
nature , et l'étude du développement peut seule fournir la soluti 
du problème. 

Le développement des suçoirs a été étudié par M. Lecli 
du Sablon (2), d'abord chez le Melampyrumpratense, puisd: 
diverses Rhinanthées et Santalacées. Pour ce savant, la pat 
du suçoir du Mélampyre qui s'enfonce dans la plante nourricîi 
a pour origine l'assise pilifère de la racine ; il y a par conséque 
au point de vue morphologique aussi bien qu'au point de \ 
physiologique, une relation étroite entre les suçoirs et les pt 
radicaux. Suivant lui, l'assise piUfère prend une part préponi 
rante dans la formation du suçoir en constituant les cellules abs 
hantes. 

En développant son sujet dans un mémoire ultérieur, l'auti 
n'a rien changé à sa manière de voir, au sujet des suçoirs 
Melampyrum et des Rhinanthées ; mais il admet que, chez 
Santalacées, les cellules de l'assise pilifère, mortes ou exfolié 

I. tfeber den Ban und Entwicklung; der Emaehrungsorg'ane parasllist 
Phanerog^men. (Jahrbûcher fQr wisseoschafdjche Botanlk, i. VII, p. 509.) 

). OliservatioDs anaiomlques sur la structure et le développement des suç 
du ifelantpyrum praitHSt (Bulletin de la Soc. bot. de France, t. XXXIV, p. : 
31 >TTil 1S87) et Recherches sar les organes d'absorption des plantes para! 
(Ann. des Sciences natur,, 7" Série, Bot., t. VI, p. 90-117, et PI. I-UI, 1887). 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



iSe JOURNAL DE BOTANIQUE ' 

sont remplacées comme organes absorbants par les cellules d'une 

assise plus profonde, difficile à déterminer. 

Tout récemment, M. L, Koch (i), étudiant le développe- 
ment des Rhinanthées et plus spécialement le Rktnanthns mtnor, 
adopte les idées de M. Leclerc du Sablon sur l'origine des suçoirs 
du Melampyrum et, sans insister sur le rôle joué par l'assise 
pilifère, étudie le mode de pénétration du suçoir dans la plante 
nourricière, ainsi que les modifications que subissent les divers 
tissus. 

De mon côté, j'ai étudié l'origine des suçoirs d'abord chez 
les Santalacées et chez un certain nombre de plantes développant 
leurs organes d'absorption sur leurs racines ou sur leurs tiges, 
plus tard chez quelques Rhinanthées (3). 

Chez les Santalacées (Osyn's alba, Thesiuvt divaricaturn), 
le premier développement du suçoir a lieu dans les couches 
moyennes du parenchyme cortical, alors que l'assise pilifère est 
déjà flétrie et en voie d'exfoliaîion. Plus tard seulement, l'endo- 
derme et le péricycle sont intéressés par les divisions cellulaires 
qui gagnent peu à peu et de proche en proche les éléments pa- 
renchymateux du cylindre central. Finalement ils se mettent en 
continuité anatomique avec les éléments issus de l'écorce et for- 
ment ainsi l'ensemble du suçoir. Aux cellules vasculaires formées 
de bonne heure s'en ajoutent successivement d'autres qui naissent 
en divers points et qui se réunissent poiu- former l'axe vascu- 
laire du suçoir. 

Chez les Rhinanthées {Melampyrum nemorosum, Eupkrasia 
officinalis, (9(ï(J«ft'fej^Kfea)étudiées par nous, la marche du déve- 
loppement du suçoir est, dans ses traits principaux, la même que 
chez les Santalacées. Au contact d'une racine ou d'une parcelle 
d'humus renfermant des matières nutritives' utiles à la plante, le 
suçoir commence à se développer dans le parenchyme cortical, au- 
dessous de l'assise pilifère (PI. IV, fig. i; f. 4; f. 7 ;/r.). L'assise 
piUfère se présente sous des aspects très variés. Le plus souveat 
elle se flétrit de bonne heure {Odontites lutea, f. 7). D'autres 
fois, elle a déjà disparu sur la plus grande partie de la racine; 

I. Zut Entwiclcelungsg«5chichle der Rhinanthaceen {RMnanikm nUftorEIirh.), 
(Prings. Jabrb. fîSr wisseosch. Bot., t. XX.) 

a. Note sur rorlglne des ençoira de quelques Phanérogames parasites, par 
U. Grand (BoU. de la Soc. bot. de France, t. XXXIV, p. 313; pi. IV et V, m 
juillet 1867) et Comptes rendus de l'Acad. des Sciences, 18 lérrier 1889. 



D,g,tza:Jb.GOOgle 



Geahbl. — Sur l'oHgiiu des suçoirs des Pkanérogames parasiUs. 151 
maïs, au contact d'une parcelle d'humus, au voisinage d'un suçoir 
en voie de formation, elle prend un très grand développement 
(f. 2, j*/.). Dans ce cas, les cellules qui la. constituent s'allongent 
beaucoup, sans se cloisonner toutefois, et jouent leur rôle habi- 
tuel de poils absorbants ou celui d'organes fixateurs. 

Les cellules sous-jacentes à l'assise pilîfère qui constituent les 
initiales du suçoir s'allongent d'abord taogentiellement, puis se 
divisent par des cloisons dans diverses directions (fig. 2, fig. 5). 
Ce foyer de développement est très localisé d'abord et tranche 
nettement sur l'ensemble des tissus voisins par la multiplicité des 
divisions cellulaires qu'il subit. Les cellules voisines du paren- 
chyme cortical ne tardent pas à participer, dans une certaine 
mesure, à cette division; mais la prolifération y est moins active 
que dans les cellules du groupe initial. Le parenchyme cortical 
est déjà très développé ; son développement se traduit à l'exté- 
rieur par un petit mamelon, par une légère protubérance, alors 
que l'endoderme et le péricycle n'ont subi encore aucune modi- 
fication (fig. 2, fig. 5). La prolifération gagne vers le cylindre 
central d'un côté, vers la plante nourricière de l'autre. Les cel- 
lules de l'endoderme se divisent plus ou moins tardivement en 
direction radiale et tangentielle, et le péricycle participe enfin à 
ces divisions (fig. 3). 

Il se forme ainsi un cône de pénétration qui a pour sommet 
les cellules sous-jacentes à l'assise pilifère. Les cellules terminales 
de ce cône refoulent devant elles les tissus aplatis et en voie d'ex* 
foliation, dissolvent probablement aussi les parois de la plante 
attaquée et pénètrent dans ses tissus {f. 6). 

Le suçoir ainsi constitué n'est pas seulement formé d'une 
masse de parenchyme cellulaire renfermant un protoplasma plus 
ou moins dense ; les tissus de la racine sont reliés à ceux de la 
plante nourricière par une traînée de vaisseaux formant un véri- 
table axe vasculaire dans le suçoir. Cet axe vasculaire est formé 
d'un iaisceau de cellules annelées et spiralées réunies bout à 
bout (f. 6-). La différenciation de ces vaisseaux aux dépens des 
cellules qui entrent dans la constitution du suçoir se fait par 
places et dans des endroits indéterminés. Ce n'est pas le plus 
souvent au contact d'un faisceau du bois de la racine que la diffé- 
renciation commence, se continuant ainsi jusqu'à l'extrémité du 
suçoir. Souvent l'endoderme n'est pas encore modifié que les 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



ISJ JOURNAL DE BOTANIQUE 

cellules spiralées sont déjà formées au premier foyer de dévelop- 
pement du suçoir et en divers points du parenchyme cortical en 
voie de division; d'autres lois, la di£Férenciation des cellules 
vasculaires se fait beaucoup plus tardivement. Dans tous les cas, 
les cellules vasculaires se développent par places et se mettent 
plus tard en continuité anatomique. Les cellules du suçoir qui 
s'enfoncent dans la plante nourricière sont toujours dépourvues 
d'ornements au début; mais on en trouve fréquemment sur les 
suçoirs un peu âgés. 

Chez VOrobanche mt'nor, c'est, comme pour les Santalacées 
et les Rhinanthées, dans les couches moyennes du parenchyme 
cortical qu'a lieu le premier développement du suçoir. Plus tard 
seulement, l'endoderme et le péricycle sont intéressés par les 
divisions cellulaires qui gagnent les éléments parenchymateux 
assez abondants dans la partie libéro-ligneuse du cylindre central. 

Les suçoirs de la Cuscute qui sont formés par la tige ont un 
mode de développement qui rappelle beaucoup celui des suçoirs 
formés par les racines des espèces que nous venons d'examiner. 
Il ne saurait être question ici d'assise pilifère; mais l'épiderme 
est différencié comme organe de fixation, tandis que le suçoir 
est tout entier d'origine plus profonde et se développe aujc dé- 
pens de quelques assises du parenchyme cortical. Il se produit 
de bonne heure, alors que le suçoir ne fait pas encore s^llie au 
dehors, une différenciation très nette d'une assise superficielle 
parfaitement distincte des assises corticales externes. Cette 
assise superficielle remplira vis-à-vis du suçoir le rôle d'épiderme, 
tandis que l'épiderme de la tige et les deux ou trois assises corti- 
cales situées au-dessous seront rejetées sur le côté sans prendre 
aucune part à la constitution du suçoir. 

En résumé, le développement des suçoirs temporaires peut 
être ramené à im seul type. Chez toutes les plantes parasites sur 
racines étudiées par nous, l'assise piltfère ne contribue pas à la 
formation du suçoir, qui nmt plus profondément dans le paren- 
chyme cortical. Les tissus ainsi formés se joignent plus ou moins 
tardivement à l'endoderme et au péricycle, qui se divisent à leur 
tour pour relier le cylindre central aux formations vasculaires 
du suçoir. Chez les parasites sur tiges (Cuscute), la marche du 
développement est identique. Les initiales du suçoir se dififéren- 
cient aux dépens des couches moyennes du parenchyme cortical, 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



D,B,i..ab,GoOglc 



irnal de Botaniqin 



M. G~nrl iA. 

MELAMPYRUM NEMOROSUM (1-3) EUPHRASIA OFFICINALIS ( 



ODONTITES LUTEA f %).. , ,^.. y.., CiOOQIc 



Grambl. — Sur l'origine des suçoirs des Phanérogames parasiies. 153 

qui se rejoignent plus tard avec celles du cylindre central égale- 
ment modiËées. Les cellules épîdermiques subissent un allonge- 
ment considérable et constituent un organe fixateur sans avoir le 
moindre rapport morphologique avec le suçoir. 

La nature morphologique des suçoirs a été très discutée ; ces 
formations ont été longtemps assimilées à des racines latérales 
ou à des radicelles. Rîen dans l'étude du développement ne nous 
semble devoir faire considérer les suçoirs que nous venons 
d'étudier comme des racines modifiées. Leur origine est toute 
différente. Ce sont des formations exogènes au début, qui se 
relient plus tard avec des formations plus ou moins importantes 
issues de l'endoderme et du péricycle. Les suçoirs n'ont pas dès 
lors l'origine péricyclîque des radicelles, ils ne présentent pas 
d'ailleurs la moindre trace de coiffe, et la disposition de leur 
système vasculaire ne permet pas davantage de les assimiler à 
des racines. 

EXPLICATION DES FIGURES {PI. IV). 
Abréviations. — pe, parenchyme cortical; //, asdse pilifère; pr, pro- 
cambium; ettd, endoderme; pér, péricycle; /, liber; b, bois; vi, vais- 
seaux développés dans le suçoir. 
Fig. 1. — Meiampyrum nemarosunt. — Coupe transversale dans une racine 
où un suçoir commence à se former. Le développement du suçoir dé- 
bute dans le parenchjime cortical au dessous de l'assise pilifère. 
Fig'. 2. — Melatnpyrttm ntmorosum, — Etat moyen du développement du 
suçoir. — Les cellules de l'assise pilifère,qui s'étaient allongées au voi- 
sinage du suçoir, sont mortes on en partie exfoliées. La division cellu- 
laire est très active dans le parcocbyme cortical. 
Fig. 3. — Melamfyrum nemorosum. — Etat plus avancé du développement 
d'un suçoir. L'endoderme et le péricycle intéressés à leur tour par les 
divisions cellulaires sont maintenant en continuité anatomiquc avec le 
parenchyme cortical. 
Fig. 4. — Eupkrtuia o/fieinalis. — Coupe transversale dans une racine 
présentant un suçoir en voie de formation. Les initiales du suçoir {pr) 
se développent dans le parenchyme cortical au-dessous de l'assise pili- 
fère exfoliée. 
Fig. 5. — Eupkrasia offieimalis. — Le foyer de développement du suçoir 

est en voie de diviâon très active. 
F^g. 6. — Eupkrasia o/fieinalis, — Les initiales du suçoir s^allongent pour 
'pénétrer dans la plante nourricière. Vaisseaux développés dans l'axe 
dm suçoir. 
Fig. 7. — OdoHl^ lulsa, — Coupe transversale d'une racine montrant le 
premier début du développement d'un suçoir dans le parenchyme cor- 
tical au-dessous de l'assise pilitère morte et en partie exfoliée. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



15+ JOURNAL DE BOTANIQUE 

LISTE DES ALGUES RECUEILLIES A L'ILE MIQUELON 

PAR M. LE DOCTEUR DELAMARE 

Par M. P. HARIOT 

C'est seulement au commencement de ce siècle, pendant les 
années iSi6 et 1S19-1820, qu'un botaniste s'occupa des Algues 
de l'tle Miquelon. Bachelot de la Pylaîe recueillît un assez grand 
nombre de ces végétaux, dont une partie seulement fut décrite, 
en 1829, dans la Flore de Terre-Neuve et des îles Saint-Pierre 
etMiclon, Dans ce travail, l'auteur signale à Miquelon les espèces 
suivantes ; Lajnituiria Agarunt, mussefolia, linearts, longt- 
crurts, caperata, dermatodea, plalynervts, stenoloba; Fucus 
vest'culosus (avec trois variétés), bicornis, edentaius, Fueci, «w- 
clonensis, filiformis; Halidrys nadosa, gracilis; Furcellaria 
fastigiaia. Un grand nombre d'autres espèces recueillies par de 
la Pylaîe se trouvent dans l'herbier du Muséum et dans l'herbîer 
Thuret. 

En 1825, le même auteur avait publié : Quelques Observations 
sur les productions de l'Ile de Terre-Neuve (Annales se. nat,, 
1825, p. 177). Il y décrit les iMJninaria longicruris^ caperata, 
dermatodea et quelques formes de Lamtitaria digitata et Alaria 
esculenta. 

Depuis cette époque jusqu'en 1881, la flore algologique de 
Miquelon ne fut plus l'objet d'aucune recherche. En 1883, M. le 
docteur Delamare, médecin de la Marine, envoya au Muséum le 
résultat de ses récoltes. Ces dernières comprennent 36 Algues, 
dont deux nouvelles pour la Flore de l'Amérique du Nord. L'une 
est le Sorocarpus uvssformts, qui n'a encore été indiqué que 
dans la Baltique et à Helgoland. L'autre est absolument inédite. 
Je l'ai dédiée à M. le docteur Delamare, en souvenir de la part 
qu'il a prise à l'élaboration de la flore de l'île Miquelon. C'est la 
seule espèce qui, jusqu'ici du moins, paraisse spéciale à cette île. 

CHLOROPHYCE^ 

I. Cladophora arota (Dillw.) Kûtzing Phycologia generaliSy 
p. 263. 

Dans l'anse à Trois Pics, 31 mai 1882 (n" 20). 
, Var. vaucherimformis. 

Coti/erva vaucAeri/e/ormis G. Agardh, Sys/ema, p. I18. 
Sineloco (n" 19). 



db.Googlc 



p. Hmiot. — Liste des Algues rectteillies à l'ile Miquel 
3. Monostroma pulchrum Farlow, Marine Algee 

glan<i, p. 41 . 

Dans l'anse à Trois Pics, 31 mai 82 (m 23). 

Cette belle espèce avait été déjà recueillie par de la P3 

Thuret et Muséum sub Ulva Linsa var.). 

3. M. Blyttîi (Areschoug) Wittrock, Mùttog. Monoslt 
IV,fig.ii. 

Partie sud de la rade, janvier-février 1882 (n* 33) . 
Observé à Miquelon par de la Pylaie, le M. BlyfHi 
réale, parait bien voisin des M. obscurum eX/ascum. 

4. Ulva clathrata C. Agardh, Species Âlgarum^ i, p. 
î 6. ertcta (Lyngb.) Le Jolis, Algues t^rines de CAarb. 

Etang d'eau saumâtre ne communiquant plus avec la mei 
mois, 18 juillet 1882 (n" 106). 

C'est probablement à VUlva claiAraia, ainsi que le faii 
M. Le Jolis, qu'il faut rapporter VEnteromorpha erecla ( 
plante de Miquelon paraît concorder avec la descriptioa e 
plaircs de Bretagne et d'Angleterre : comme ces démît 
soyeuse et adhère au papier. 

PILEOPHYCE* 

5. SorocarpuB uvteformis Pringsbeim, Morphologie 
Algen^ p. 9, t. 3, A {1862). — Hauck, Meeres Algen, p. 33 

Eclocarpus siliculosus p. uvxformis Lyngbye, Hydn 
p. 132, t. 43, D. 

Dans l'anse à Trois Pics, 31 mal 1882 (n" 20). 

Ce genre encore peu connu n'a été rencontré jusqu'ici 
. côtes sud et ouest du Danemark : dans la mer Baltique, 
gave danà l'île de Fionie (Lyngbie), près de Sonderbur 
voisine d'Alsen (Eeinke) et à Helgoland dans la mer du Ni 
héim). D est parfaitement caractérisé par la disposition de 
sporanges en grappe de raisin. Les sores mesurent de 8+-H 

6. Pylaiella littoralîs (L.) Y^y^mx^^Ectocarpeer,^. 
Dans l'anse à Trots Pics, 31 mai 1883 (n°2o), mêlé au 

arda et au DictyoUpkon fceniculaceus. Sporanges pluriloc 

7. Chordiaria flagelUformis C. Agardh, Synopsit 
p. XIL 

Dans l'anse à Trois Pics, 17 février 1882 (n* 27); : 
(u» 109). 

8. Desmarestîa aculeata Lamourouz, Essai, p. 25. 
Côte de l'Ouest, 10 déc. 1881 (n° 28J ; Rade de Miqueloi 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



1S6 JOURNAL DE BOTANIQUE 

(n" 39, 30, 31), 16 mais 1883; anse de Miqiielon, 17 mai 1882 (n* 25); 

rejeté au rivage, partie sud de la rade, 31 mai 1883 (n" 32). 

9. Dictyosiphon faBnionlaoens HudsoD, Flora anglica, p. 164. 
Dans l'anse à TroisPics, 3imai et 21 juillet 1882 {n" 30, 31 et 107), 

10. Scytosiphon lomentarium (Lyugb.) G. Agardti, SptcUs Ai' 
garum^ I, p. 126. 

Dans l'anse à Trois Pics, !"■ juin 1882 (n" 40) . 
Delamarea, gen. nov. 

Thallus cyliodraccua, tubulosus, simplictssiinus, subcoriaceus, fibris 
radicaltbus affixus, stratis duobus cellularum coDtextus ; celluiis interio- 
ribus majoribus eloogatia, versus peripheriam minoribus et brevibos, 
corticalibus in paranemata iaarticiilata saccsta libéra demum evolutis, 
Sparan^a unilocularia ovata, magna, intcr paraDcmata per totam super- 
fidem thalli sparsa- Sporangia plurilocularia. 

11. Delamarea parodoxa. — Greg-aria, challis filifonnibus, pedali- 
bua, contortis, 1,5 ad 3 millim. 
crassis, basi atteauatia fcre capil- 
laribua, fibris radicalibus mono- 
sipboniis articulatis, hic illic pro- 
liferis. Znosporangiis unilocula- 
ribns 40 ad 54 fi longis, 33 ad 
40F'latis; paraoematibus obloo- 
gts vel cylindraceo-clavatis, 60 
ad 90 f( loDgis, 30 ad 40 p crassis ; 
pilis articulatis hyalinisinterspar- 
9ts. — Color in sjcco fuacua. Sub- 
standa coriaceo - membranacea. 
Vcre fructificat. 

Hab. ad iasulam Mïqnelon, ia sîau dicto < Anse à Trois Pîcs >. 

Par soa aspect extérieur, la stnicture|de sa fronde et sa fructificadoa, 
le genre Delamarea rappelle certaines^Chordariées, le Ckûrda Filum et 
le Scytosiphon lomenlarius. Il se distingue toutefois de toutes les Chor- 
dariées par ses paraphyses qm ne sont pas articulées. Il s'éloigne 
d'autre paît du Chorda Filum, dont les paraphyses sont également unî- 
cellulaires, par la forme de ses sporanges. On sait que dans le Chorda, 
comme chez les Lanùnariées, les sporanges unilocùlaires sont étroite* 
ment oblongs. En outre la fronde du Chorda Filum est de structure 
plus compliquée, puisqu'elle présente des filaments internes formant 
des diaphragmes transversaux qui découpent la cavité en Ic^es super- 
posées. C'est avec le Scytosiphon que la ressemblance est la plus 
grande. La contexture de la fronde est tout à fait pareille dans les 
deux genres, avec cette seule difièrence que les paraphyses ne sont pas 
aus^ constamment et aussi uniformément développées dans le Scytosi- 




tapareéexa. 



D,B,i..ab,Google 



p. Huioi. ■— ZÀsU des Algues rtcueiilies à CUe iiiçueUm. 157 

^koH que dans le Delamarea. Mais divers caractères empêchent de 
considérer le Delamarea comme une espèce de Scyiosiphon. Il y a 
d'abord la différence de fructification. Dans les Scyiosiphon, les tri- 
cbosporanges sont seuls connus et on ne connaît les sporanges unilo- 
cnlaires dans aucun des genres qui possèdent des sporauges plurilo- 
cuiaires de même structure. Déplus le mode de v^étationdes.deux 
plantes est tout à fait différent. La fronde du Scytosipkon lotnentarius 
est fixée au substratum par un disque lobé {Thin-et, Rechercha sur 
les aoosports des Algues, p. 30); celle du Delamarea^ au contraire, 
adhère au sol par des rhjzoldes filamenteux articulés, dont quelques- 
ons jouent le rdle de stolons et émettent de nouvelles frondes autour 
de la fronde primaire. Ces jeunes frondes sont d'abord monosiphonîëes 
et conferroldes, mais bientôt les articles se découpent par des cloisons 
longitudinales en plusicuis cellules qui se divisent ensuite en diverses 
directions. En même temps que cette multiplication a lieu et que la 
fronde s'accrott en épaisseur, les cellules internes se détruisent et la 
fronde se creuse. 

13. Chorda Filum Lamouroux, Essai, p. 36. 

Bords de la rade, 25 avril 1883 (n° 393). 

13. C. tomentosa Lyngbie, Hydrophytologia danica, p. 75, t. 19, 

Dans l'anse à Trois Pics, 3i juillet 1883 {n° 107). 

(A suivre.] 

ÉNUMÉRATION 

DU 

PLANTES DU HAUT-ORÉNOQUE 

Bécoltées par HM. J. Chaffanfon et A. Gaillard 

f^He.) 

Par H. P. KA.URT 

GRAMINÉES 



H. grannlarUSw., Prvdf., p. 35 ; Lam., Encycl., f. 839. 
Savane de Moitaco, J. Chaff., u. 385. 

ANDROPOGON 

A. Hontnfari H. B. K., /. c, I, p. 184; — Knoth, Bnum.^ \ 
p, 4S6. — TYackypogon Montufari Nées ab Eseob., Agrosi. BrasH,, 
p. 343. — T. polymorphus Hack,, FI. Brasil,, Gram., p. 26^. 

SavaDC d'Atoies, J. Ctiaff., n. 369. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



isS JOURNAL DE BOTANIQUE 

A. oontortus L., Sp., éd. 2 II, p. 1045 ; Ail., F/. Pedetn., n. 2377, 
t. 9i,f. 4; H. B.K., /.£■., I,p. 185. 

VuLGo : Sajeta. — Les graines s'attachent aux vêtements et [ffo> 
dniseDt des piqûres fort désagréables. 

Savane d'Atures, Août, A, Gaill.,n. 136. 

A. leuooataohys H. B. K., /. c, I. p. 187 ; Kunth, /. c, p. 495. 

Savane d'Atures, J. Cbaff., n. 270. 

A. fastigiatusSw.,/?/. /«rf. Ocdd., I, p. 207; H. B. K., /. c, I, 
p. 000, t. 64. — Dieclomis fastigtale P. de Beauv-, Âgrost, p. 133, 
t. 33. f- 5- 

Lieux rocheux, Savane d'Atures, J. Chaff., n. 275. 

A. aturensis a. sp. (Fig. 4). 




s; s. si™ 

Culmis 0.75 cm. altis, basi radiées firmas, ramosas, tenues prœbcadbus, 
simpUcibus, glaberrimis, luteo-roseis, omoino et imprimis prope nodos 
încrassatos plus minusve cericifcria; vaginis teretibus, striatis, g-lahris, 
iateraodiis brevioribus, margine rosea, cericifera; liguUs 2 nun, longis» 
striatis, glabris, recte tnincatis, pallide rufo-bninneis ; laminis 30-40 cm. 
longis, Uncaribus, infeme margine panun dliatis, convoluds, supcme 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



p. BIauht. — Eummiralio» des plantes du Haut-Oréacque. 159 

longe acuminaiis, subtus carina, nervis mar^nibusque scabridis, viridibua 
vel basi luteolis et medio rubeutibus ; panicula laxa, ramulosa ; spiculis in 
apice pedunculorum binis, glabris; spjcis 4-5 mm. lon^s e vagina spathi- 
fonni, lata, acuminata, dorsoviridi, margiae rubella, gUbra, multispiculatis; 
pedicellis filifonnïbus, hirtelHs, superne articulatïs ; racheos articulis lenui- 
bus, clongads, subcuneifbrmibus, angfulatia, luteis, supcme dilatatJs, emar- 
gioalis, pilosis; pilisalbis, serialis, iaccribus affixis, basinque cingentibus; 
spiculis sessilibus, 6-8 mm. longis, obicngis in parte inferiore luteolis, in 
superiore nibentibus; glumis approximatis, prima oblonga, emarginata, 
pallida, dorso canaliculato-birtella, 5-aervia; secunda subhyalina, nitida 
margine ciliata, 3-nervia, nervo medio in aristam tenuem, longam, hirtel- 
lam abiente; tertia membranacea, oblonga, pilosula; quarta margine 
ciliata, albida, in aristam validam, 3 cm, longam, ad médium geaiculatam, 
in parte inferiore fuscescentem, bispidulam, tortam, in superiore subulatara 
mfo-lutcam ; antheris brcvibus, rufis, exertis ; stigmate lanceolatn, plumoso, 
cxaerto. — Inter A, ceriferum Hack. et A. ru/um Kuntb, quibus affmis, 
collancandus ab utroque vero valde dissimilis. 

Lieux rocheux, savane d'Atures, J. Chaff., n. 276. 

A. bioomis L., Sp. PI., éd. 1, II, p. 1046; Kunth, /. c, p. 4.94; 
. Flack. in Gram. Brasil, II part. 3, p. 383. — Ânalkerum Incorne P. 
de Beauv., Âgrost.y p. 128 el 150, t. 22, f. i. 

Lieux très humides, La Hariquiu, J. Chaff., n. 65. 

FASPALUM 

P. papiUosumSpreDg., Syst. Vegei., I,p. 244;Doell, F/.5«w(7., 
Gram^ II, pars II, p. 54. — Paspalus multiflorus Poîret, Ericycl., 
Sufipl., IV, p. 309. 

Rochers, Savane de Maipures, J. Chaff. , n. 377. 

P. Chaffianjonii o. sp. (Fîg. 5). 

Rhizomate squamis late obovatis, obtusis vel subacutis, sulcatis, pilosis 
obtccto ; culmis pluribus 70-80 cm. altis, sulcatis, glabris ; vaginis basi cffolia- 
tis, ad médium et aupeme margine, ore et ligula ciliatis; foliis linearibus, 
5-6 cm. latis, 20-35 '^^ longis, acuminatis, acutis, hirtellis imprimis &de 
inferiore; panicula brcvî, 4-stachya; spicis infimis 8 cm. longis, superio- 
ribus abbreviatis; rachï flezuosa; spiculis bis eriatîa, altérais, numerosia, 
parum remotis, pilosia adlatus quasi lanatîs, ovato-acutis, ciuereis; glumis 
OTalibus acutis, sessilibus iequalibus, spicam ante postque anthesin invol- 
ventibua et superantibus; paleia vel valvulis coriaceb albîdia aut pallide 
luteolis, nitidis, lasvibus, obsoletissime punctulatia, inferiore involuta, 
brève acuminata, superiore involvente, acutata, alis hyalinis recurvatis; 
staminibus 3, antheris crassis, atro-violaceis, parum exsertis, stigmadbus 
3, plumosia, atro-rufis, vix exacrds; caryopsi immatura. — In vidnitate 
P. AmHodes Trin. et P. bkpkaroph^ri Rœm. et Schult. coUocandum nec 
affine ; cbaracteriis propriis eximium. 

Savane humide, Bocadel Pao, J. Chaff., n. 391. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



JOURNAL DE BOTANIQUE 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



p. Maokt. — ÈMuméraiiOit desplattles du Ha*l'Orénoqua. i6i 

P. plioatum Michx, FI. Bor. Amer., I, p. 45; Doell, A c, p. 76. 

Bords de l'Orénoquc, Almacen, J. Chaff., n. 295. 

P. Tirgatum L., Sp. PI., éd. U, p. 81 ; H. B. k; /. c, p. 93; 
Trin., Spec. Gram., XI, t. 131, 133; Doell, /. c, p. 88. 

Var. i glabriusculum Doell. 

Bois, San-Fernando, J. Chaff., n. 343. 

P. stellatam Fluegge, Monogr., p. 64; Trin., /. <:., XXIV, 
t. 284; Doell, /. c, p. 93. — P. cuyaèense Trin., /, c, t. 284. 

Savane d'Atures, Août, A. Gaill., n. 135. 
P. carinatum Flue^e, /. c, p. 65 ; H. B. K., A c, p. 85 ; Doell, 
/. c, p. 96. 

Lieux secs, La Hariquita, J. Chaff., n. 47. 

A typico differre videlur spicis brevioribus, spicularum glumis 
acominatis, pilis albîdis. 

P. lanoiflopumTrin.,/. c.XXIV, t. 286;DoeU, /.c, p. 97. 

Varielas gluoia posdca apice obtusata vel tnincata. 

Savane d'Atures, J. Chaff., n. 278. 

P. dhrysodactylon Doell, /.c.p. 118. — P. eanescens Nées 
abEsenb., in Trin. Diss. II; — Patiicum ckrysodactylon Trin., 
Act. Peirop,, 1835, p. 197 ; Steud., Syn., Gram,., p. 38. 

Savane "d'Atures, Août, A. Gaill., n. 134, 



H. pimotatns Nées abEsenb., Agrost. Brasil., p. 16; Doell, 
/.£■., p. 135. — Agrosiis punctcUa Lam., Encycl., I, p. 17; — 
Eriocktoa punctala Hamilt., Prodr., p. 5; Kunth, /. c, I, p. 73. 

Savane d'Atures, J. Chaff., n. 265. 

PANICUM . 

P. rottboellioides H. B. K., /. c, p. 96; Steud., Syn. Gram., 
p. 56. 

Savane d'Atures, J. Chaff., n. 366, 

P. Telutinosuni Nées ab Esenb., Agrosi. Brasil., p. I3i ; Trin., 
sp. Gram., XV, t. 180; Doell, /. c, p. 186. 

Bords de l'Orénoque, Almacen, J. Chaff. , n. 394. 

P. Megiston Schultes, Mant., II, p. 348 ; Steud., l. c, p. 64. — 
P, alHssimum Meyer, Prim. FI. Esseq., p. 63. 

Bords de rOrénoque, Maipures, J. Chaff. , n. 387, 

P. latifolinm L., Sp. PI., éd. I, p. 88; Steud., /. c, p. 69. — 
P. divaricatum L., /. c, p. 86; Kunth, /. c, p. 175; — P. glulino- 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



t6a JOURNAL DE BOTANIQUE 

jvnLam-, ///., p. 174,' t. 43, f. 3; — P. ruscifolium H. B. K., /. c, 

p. 121 ; — P. aggluHnans KuDth, /. c, p. 120. 

VoLGO : Carresitlo, 

Lieux humides, El Toraîo, J. Chaff., n. 150; Bois ombragés, 
bords de l'OréQoque, Raudal d'Atures, Juillet, A. Gaill., n. 97. 

P. cayenense Lamk. ,///., t. 90S; Kunth, Syn. PI. jEguinoci., I, 
p. 177; Doell, /. c, p. 219. — P. campestre Neesab Escnb., Agrost. 
Brasil., p. 19"; Triu., Sp£c. Gram.f XX, t. 239. 

Var. ^ divarica/um Doell, /. c. 

Bords de l'Orénoque, Las Bonitas, J. Chaff., n. 297; Bois des 
environs de San- Fernando de Atabapo, Sept., A. Gaill-, n. 165, 

P. zizauicides H. B. K., /. c, p. 100; Kunth, Enum., 1, p. 88; 
Doell, /. c, p. 288. — P. pseudorisoides Steud., /. c, p- 75 ; — 
P. orisoidesSvf., Prod. FI. Ind. Occid., I, p. 162. 

Bords de l'Orénoque, savanes humides, Mapire,J. Chaff-, n. 290. 

P. petrosum Trin., Spec. Gram., XXIV, t. 280; Steud,, /. c, 
p. 55, — Tylotkrasya petrosa Doell, /. c, p. 296, t. 37, 

Savane d'Atures, J. Chaff., n. 272. 

P. Thrasya Trin., Mem. Petrop. Se. ttai., I, p. 228; Steud. 
/. c.p. 55. — Thrasya paspaloides H. B. K., A C, p. 89,1. 39; 
Kunth, /. c, suppl., p. 50, t. X, f. 3. 

Savane des Raudals, Quahiros, J. Chaff., n. 280. 

P. micranthum H. B. K., /. c, p. 105; Steud., /. c, p. 90; 
Doell, l.c, p. 251. 

Var. kirlum, spicults numeroaîoribus; pedicellis lievibus, violaceis; 
glumis hirtis, valvulîs subhyalinis minute hirtellis, subaerviis. 

Cerro Carichaud, savane sèche, J. Chaff., n. 284. 

P. leucophseum H. B. K., l.c, p. 97; Kunth, /. c, p. 124; 
Trin., Spec. Gram., XIX, t. 220; Doell, /. c, p. 136. — Trichacm 
insularis Neesab ^eiA>.^ Agrost. Brasil., p. 86; — Pamcuminsulare 
Meyer, FI. Esseq., p. 60. 

Forma major, foliis 25 mm. latis, acutis, supra scabriusculis, subtus 
puberulis; paaicula lata, corymboidca; glumis mcdîo glabrescentibus, latc- 
ribustantum pilosis. 

Bords de l'Orénogue, Mapire, J. Chaff., n. 286. 

P. species, — An nova? 

Specimina certe reducta, minima (5-8cm, alu) sed characteris propriis 
satis distincta : radicibusftbrosis; culmis pluribus ad nodos cîliads; vagiots 
sulcatis, pilis basi tubercutatis obtcctis; foliis lanceolads, nerVosis, supra 
glabris, subtus ad mar^nem ciliatis; paniculis Iaxis, ramb subdichotomis. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



p. Uaitbt. — Énumèratioit des platUes du Haui-Orénoqzte. 163 

3A, angiilatîs, hirCellis Vel scabridis; spiculis soli Cari is, termina- 
libus, ova.ds; g'Iumis glabm, la.te obovatis, 7-nerviis, brève mucronatjs, 
viridjbus, bas! apiccque rubellia, inferiorc vaginante, spicula; dimidio bre- 
viore; valvulis nitidis, glabris, ovatis, obtu«s. — Proximum P. dichotomo 
L. aed diversum. 

Petite grainmée des Ueux humides, Puerto-Zamuro, Juin, A. Gaill., 
a. 39. 

SBTA&IA 

S. maorostaohya kunth, Agrosf Syn., p. 154; H. B. K., /. c, 
p. iio. — Panicum selosum Sw., Prodr. PI. Ina. Occid., I, p. 139; 
Doeil, /. c, p. 162 ; — P. macrostachyum Doell, /, c, p. 166. 

Boids de l'Orénoque, Mapire, J. Chaff., n. 388. 

OLYRA 

O. latifolia, L. Anu^nii. Acad., V, p. 40S; H. B. K. /. c, p. 197. 
O. paniculata Sw., Obs, Bol., p. 34.7 ; — O. arundinaeea H. B. K., 
/. c, p. 197. 

Fonoa culmîs, vaginîs, foliisque pubescentibus. 

Bois de Maipures, J. Chaff., n. 319, 

SFOROBOLUS 

S. tenaciasimus P. de Beauv., Ss'fiij'., p. 2Ô. — Vilfa tenacis- 
«Irnct H.B.K., /. «T., p. 138; Kunth, S««»»., I, p. 211; Trin., Spec, 
Gram.,X..fx>\ — Agr<;sfis ie/tacis$imaja.cq.. Coll., I,p, 85 et /r.r(W., 
t. j6. 

Savanes sèches, bords de l'Orénoque, J. Chaff,, 0. 364. 

DACTÏLOCTENIUH 

D< muoronatnm Willd., Enum. Aori. Berol., II, p. 1029; P. de 
Beauv., /. c, p. 160; Doell, /. c, p. 87. — D. asgypHacum WilId., 
/.tf.;H. B. K., /. <:.,p. 157. 

Savane de Maipures, J. Chaff., n. 268; Savane d'Atures, Août, 
A. GaiU., n. 139. 

BRAGROSnS 

E. poœoides P. de Beauv., /. <:,,p.7i, 1. 14, f; 11 ; Steud., /. c, 
p. 263. 

Savane d'Atures, J. Chaff., n. 267. 

E. inoana n. sp. (Fig. 6). 

Radicibus fibrons, firniis; culmis pluribus, csspitoms, erectis, 80 cm. 
shia et ultra, foUatis, simplicibus, tcretiboB, sulcatis, g'iabris, ad nodos 
mlescentibus vel fusco-nigresceatibus; folionim vaginis sulcatis, glabris, 
ore pilostusculis, ligula brevissima, ciliata; foliis planis, longe acuminatis, 
1 cm. lads, 30 cm. longis, rigidiusculia, g'iabris, margiae sursum scabrius- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



i64 JOURNAL DE BOTANIQUE 

cuits, viridibus; panicula laxa, 20 cm. loaga, sublaaceolata, axe C 

et ramulis angulatia, scabridis, ramis remotis vel pluribus subvertidllads, 

auberectis; apiculia late ovato-lanceolatis, 6^ floris; glumis lanceolatis, 




Fi^-â. — Eretrostii intana ; 1, épilUM ; i, neur entière 1 3, bnctée de laba» di l'épillet; 
4, glume lofécicure; 5, ovïire ; 6, Elumellule. 

hyaliDO-albidis vel purpurascentibus, i-nerviis, carina TÎridi scabridis; 
valvulis coocoloribus, îaferiore late-obovata, trîcarinata, cariais basi bar- 
batis, apicc tantiim ona média, tantum tribua aristatis, dorso scabrîdis; 
supcriore bicarinata, cariais scabrîdis, abovaCa, oblusata, lateribus supra 
recurvatia; stigmatibus 3, plumosis, vix exsertis, violaceis; stamiaibus3, 
aotheris brevibus, inclusis, pallide luteolis. — E. psammedts Trin. et 
B. alitrensi H. B. K. afrmis, sed major, spiculis maximis, albidis vel Ixte 
puqiu rasceotib us. 

Bords de l'Orénoque, Boca del Pao, J. Cliaff., D. 289; Savane 
humide, Mapire, J. Chaff., a. 296. 



CHRONIQ.UE 



Dans ooe communlcadon faite demièremeDi à l'Acadéjnle des sciences, H. P. 
VuiUp.min attribue k im Champignon du genre Didymospkatria, 1c D. popuinta, 

la maladie qui, depuis un certain nombre d'années, attaque le Peuplier pyrami- 
dal, notamment en Lorraine. Il résulte de ses expériences que ce parasite est 
utilement combattu par l'emploi des solutions cupriques; 11 recommande égale- 
ment d'élaguer les rameaux Inférieurs, plus facilement infestés que les autres. 



On annonce la mort de H. Peyrltscb, d'Ionsbnick, auteur d'une monographie 
des Laboulbénlacées, et de plusieurs travaux de morphologie et de tératologie 

I^ Gênmt : Louis Mobot. 



D,B,i..ab,GoOglc 



JOURNAL DE BOTANIQUE 

Directeur: M. Louis MOROT 



FRAGMENTS MYCOLOGIQUES 
Far M. N. PATOUILLARD 

Champignons extra-européens. 

Lentinus crispuB nov. sp. — Chapeau de 3 centim. de 
diamètre, orbiculaire, en entonnoir, ocracé pâle, glabre excepté 
au centre où il est ponctué par de petites écailles appliquées et 
brunes ; marge droite, plissée crispée ; tissu mince, blanchâtre. 
Stipe dressé, central, cylindrique, un peu renflé à la base, brun 
roux, long de 3 centim. et épaisde3millim., couvert d'un tomen- 
tum court et serré. Lames décurrentes, étroites, peu distantes, 
à bords entiers, pâles ; spores incolores, ovoïdes, lisses (5-6 
X 4 f)- Plante dure, coriace. 

Sur brindilles pourries, dans le sable. Ciudad Bolivar (Vene- 
zuela). Août. Coll. L. Savoye. 

— GoprinuB paucilamellatus nov. sp. — Chapeau charnu, 
tendre, blanc, campanule convexe, obtus au sommet qui est un 
peu jaunâtre et écailleux; diamètre 5-6 centimètres; bords ea- 
uers, minces et lisses. Lames très peu nombreuses (20 à 25), 
étroites (2-3 millim. de largeur)» brunes roussâtres, très dis- 
tantes; espaces interlamellaires blanchâtres et h'sses. Spores 
grandes (15-20 X 10-12 ^), citriformes, fauves brunâtres, munies 
d'un large pore au sommet. Stipe central, blanc, long de lo-iz 
centimètres, épais de 5 millim. environ, cylindrique, régulier, 
strié sur toute sa longueur. Anneau et volve nuls. 

Sur la terre fumée. C. Bolivar (Venezuela). Août. Coll. L. Sa- 
voye. 

— Lenzites endophsaa nov. sp. — Chapeau sessile, semi- 
orbiculaire, rigide, large de 5-6 centim. sur 4-5 de long, plan, 
ombre pâle, plus foncé en arrière, zone, rugueux près des bords, 
subtomenteux. Tissu épais (5 millim.), fauve ferrugineux, non 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



166 lOURNAL DE SOTANIQUE 

zone. Lames rayonnantes, serrées, anastomosées, à marge en- 
tière, ocracées pâles, larges de 5-6 millim. en arrière, atténuées 
en avant. 

Sur les troncs. La Trinité. Mai. Coll. L. Savoye, 
Obs. — Plante voisine du L. snbferrugiitea Berk,, maïs plus 
mince; elle pourrait être une forme lenzitoïde du Trametes 
odorata. 

— Polyporus depauperatus nov. sp. — Chapeau gris, 
glabre, pectine sillonné, mince, papyracé, sessile, inséré par 
toute la face postérieure qui est largement décurrente. Hyme- 
nium blanc de neige, tomenteux (à la loupe), en grande partie 
stérile. Pores petits, entiers, arrondis, blancs crème, à cloisons 
minces, disposés par petits groupes, principalement sous la 
partie du chapeau qui est réfléchie. 

Sur troncs d'arbres. Puerto-Cerico (Haut-Orénoque). Mai. 
Coll. A. Gaillard. 

Obs. — Chapeau large de r -2 centimètres, épais de 2-3 millim. , 
décurrent en arrière sur une longueur de 3 à 3 centim. Tissu 
blanc. 

— Trametes bombycîna nov, sp. — Plante coriace, 
mince, souple, étalée sur le support, libre à la partie supérieure 
qui est réfléchie en un chapeau orbiculaire, onduleux, tomen- 
teux-soyeux, ocracé pâle, plus ou moins zone, à marge aiguë. 
Hyménium rougeàtre, pâle, sillonné; pores larges, peu pro- 
fonds, sinueux et irréguliers, séparés par des cloisons épaisses, 
disposés concentrique ment suivant les sillons de rhj'ménium; 
marge stérile, étroite et glabre sous la partie réfléchie du cha- 
peau, tomenteuse et large dans la partie résupinée. Tissu pâle. 

Plante de 6-8 centimètres de largeur, épaisse de 1-2 milli- 
mètres. 

Sur le bois mort. Saïgon (Cochînchine). Coll. Henry, n" 132. 

— Hexagona hetsropora nov. sp. — Résupiné, mince, 
étalé longitudinalement, ocracé pâle, marge stérile, étroite, 
glabre, blanche puis brune. Pores anguleux, entiers, à cloisons 
minces, d'abords petits, puis alvéolés. 

Sur les troncs pourris. Puerto Zamuro (Haut-Orénoque). 
Avril. Coll. A. Gaillard. 

Obs. — Cette plante forme des plaques de 6 à 10 centimètres 
de longueur et dont l'épaisseur est à peine de i millim. ; leur 



D,g,tza:Jb.GOOgle 



N, Patooii-i^rd. — Fragments mycotogiques. 167 

couleur est fauve blanchâtre avec des reflets légèrement rosés. 
La première année les pores ont environ un demî-millimètre de 
diamètre et la marge est blanche, la deuxième année les pores 
atteignent deux millimètres et la marge prend une couleur brune. 

— Irpez subâaTus nov. sp. — Chapeau subéreux, dimi- 
dié, plan, ocracé, zoné-sillonné, tomenteux, à bords obtus, 
épais. Hyménium couleur tabac claire; dents nombreuses, dis- 
posées sans ordre, cylindriques, ou aplaties et canalîculêcs ; 
près des bords elles s'unissent de manière à former des pores 
îrréguliers; marge stérile. Tissu jaune citron. 

Sur le bois mort. Tonkin. (Herb. Mus. Par.) 
Obs. — Plante de 3-6 centim. de largeur, sur 1-2 de lon- 
gueur ; tissu épais de I miUim.; dents longues de 23 miUim.; 
marge stérile de 2 mïllim. environ. 

Ce Champignon, qui dérive évidemment d'un Polypore, res- 
semble aux formes irpicoïdes du PôlyporusflavusIixw^.^mAiS 
la couleur du chapeau et celle de l'hyménium, sa consistance, 
son épaisseur, etc., sont différentes. 

— Lachnocladium cirratum nov. sp. — Plante formant 
des touffes denses, mesurant 8-15 centimètres de diamètre sur 
8-10 de hauteur. Ces touffes sont formées d'un très grand nom- 
bre de souches distinctes les unes des autres, mais naissant côte 
à côte, longues de 3-5 millimètres, épaisses de 1-2, se divisant 
dès la base en un nombre variable de rameaux (ordinairement 
4-6) grêles (i millim.), qui se divisent bientôt et à plusieurs re- 
prises en branches de plus en plus grêles se terminant en vrilles 
enroulées sur elles-mêmes ou enlaçant les rameaux voisins. La 
couleur générale de la touffe est ocracée blanchâtre ; les rameaux 
sont cylindriques ou un peu comprimés ; l'une des faces est blan- 
châtre et pulvérulente, l'autre face est ocracée et glabre ; l'extré- 
mité est simple et aiguë. Spores très peu colorées, presque blan- 
ches, ovoïdes arrondies, lisses ou un peu anguleuses mais non 
échinulées ou verruqueuses, munies d'une gouttelette centrale 

(4X3f)- 

Sur la terre. Guyane française. (Herb. Mus. Par.) 
Obs. — Cette espèce, qui appartient à la section Canioda- 
diumy a le port de certains Lichens fruticuleux ; elle se rappro- 
che par quelques caractères du L. cartilagineum, mais en est 
bien distincte ainsi que de toutes ses congénères. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



i6B tOURNAL DE BOTANIQUE 

— Fracchis&a glomerata nov. sp. — Périthèces ordinai- 
rement groupés en nombre considérable, rarement épars, ostîo- 
lés, noirs, ruguleux, subglobuleux (1/4 de millim.), à la fin légè- 
rement aplatis ou déprimés, coriaces carbonacés; croûte my- 
célienne nulle, Thèques claviformes, longuement stîpitées (90 X 
12-15 f), multispores ; paraphyses milles; spores incolores, 
cylindriques, courbées, munies d'une gouttelette à chaque extré- 
mité, très petites (6 X ' f)- 

Sur écorces d'arbres. Palissades d'Atures {Haut-Orénoque). 
Coll. A. Gaillard. 

— Ampbisphaeria atrychnicola nov. sp. — Périthèces 
épars, noirs, ponctiformes, dimidiés, ostiolés. Thèques cylin- 
dracées, à 8 spores unisériées (110 X 16/*); paraphyses nom- 
breuses, filiformes, simples ou rameuses. Spores fusiformes, 
étranglées à la cloison, brunes-verdâtres (25-28 X 6-7 ,"). 

Sur écorce de Strycknos Gwbleri. Haut-Orénoque. Coll. A. 
Gaillard. 

— Lembozia orbicularis nov. sp. — Périthèces allongés, 
obtus aux extrémités, noîrs, ternes, s'ouvrant par une fente lon- 
gitudinale, disposés par groupes de 3-8 au centre d'une tache 
orbiculaire brune, ayant 3-4 millim. de diamètre et formée de 
fibrilles rayonnantes. Ces taches sont éparses ou confluentes en 
séries allongées, ou en plaques formant pellicule à la surface de 
la feuille, Thèques ovoïdes obtuses (50 X 20 u), à parois épais- 
ses et à 8 spores ovoïdes, unîseptées, arrondies aux extrémités, 
étïanglées à la cloison, brunes, mesurant 12-15 f sur 5-6, 

A la face supérieure des feuilles d'un Dracœna. Zanzibar. 
(Herb. Mus. Par.) 

— Tuberculina Pelargonii nov. sp. — Parasite sur 
V^cidt'um du Pncctma grantilaris qui prend une couleur brune 
foncée. Spores ovoïdes, incolores, lisses, à contenu granuleux 
(8-10 X 6 ," ) formant une couche épaisse à la surface de XJSjà- 
dium. 

Sous les feuilles d'un Pelargonium. Yemen. (Deflers n" 295.) 
(A suivre.) 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



C. Sauvaoeau. — Sur la racine des plantes aquatiques. 169 

CONTRIBUTION A L'ÉTUDE DU SYSTÈME MÉCANIQUE 

RACINE DES PLANTES AQUATIQUES 

LES ZOSTERA, CYMODOCEA ET POSIDONIA 

Far H. C. SAWAGEAD 

J*ai indiqué récemment, dans la région centrale d'un certain 
nombre d'espèces de Potamogeton (i), l'existence d'un système 
mécanique composé de cellules à parois épaissies et lignifiées, 
dont la production et l'importance paraissent indépendantes de 
l'état de l'eau dans laquelle vivent ces plantes. Il m'a paru inté- 
ressant de rechercher s'il existait dans la racine de plantes nette- 
ment aquatiques d'espèces différences, mais de genres voisins, 
croissant dans des conditions semblables, un stéréome de nature 
et d'importance comparables et répondant aux mêmes besoins 
de solidité et de fixation dans le sol. Pour cela, je me suis adressé 
à nos plantes marines indigènes. Les exemplaires étudiés de 
Zostera marina L. ont été récoltés au Croisic, à Arcachon et 
dans l'étang de Thau ; ceux de Zosiera ttana Roth. , au Croisîc, 
à Arcachon et à Hendaye; M. Flahault a bien voulu me procurer 
des exemplaires de Cyniodocea a'quorea Kœnig, recueillis à 
Autibeset àBanyuls.et de/'oj/'tfOTwVi Cffa///«' Kœnig, provenant 
d'Agde. La structure anatomique de la racine de ces plantes 
marines étant connue d'une façon fort incomplète, j'en donnerai 
une courte description en étudiant le système mécanique. 

Chez tous les Potamogeton, la région corticale est plus ou 
moins semblable ; ainsi, les cellules de la couche pilifère qui por- 
tent des poils absorbants persistent presque toujours plus long- 
temps que leurs congénères, comme je l'ai déjà signalé chez le 
Najas (2); l'assise subéreuse, toujours évidente, lignifie ses cel- 
lules en les épaississant plus ou moins suivant les espèces et les 
individus. L'assise sous-subéreuse reste toujours simple; ses 
cellules très légèrement coUenchymateuses sont plus nombreuses 
que celles des assises corticales plus internes, et par conséquent 
ne sont pas disposées en séries radiales avec elles; elle appar- 
tient cependant à l'écorce Interne, car elle a la même origine et 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



fjo JOURNAL DE BOTANIQUE 

s'en distingue seulement par des cloisons radiales plus nom- 
breuses. Au début, toutes les cellules de l'écorce interne com- 
prises entre l'assise sous-subéreuse et le cylindre central sont 
régulièrement disposées en séries radiales et concentriques; plus 
tard les assises les plus internes conservent seules cette disposi- 
tion régulière, et les cellules des i, 2, 3 assises extérieures se 
séparent en files radiales, perdent souvent toutleur protoplasme, 
s'allongent suivant le rayon, et leurs parois se rapprochent fré- 
quemment jusqu'au contact, de manière à produire des canaux 
aérifères allongés radialement, plus ou moins irréguliers, séparés 
par des murs étroits de cellules aplaties ; les murs de cette zone 
lacuneuse s'appuient contre les cellules de l'assise sous-subé- 
reuse, qui sont toujours intimement réunies entre elles et aux 
cellules subéreuses, sans méats. Le rôle mécanique de la région 
extérieure de l'écorce est donc faible chez les Potantogeton ; il 
n'en est pas de même chez les plantes marines. 

Le rhizome rampant du Zostera tnarina L. , composé d'entre- 
nceuds de 1-4 centim. de longueur, émet à chaque nœud, un peu 
au-dessous de l'insertion de la feuille, deux groupes latéraux de 
racines adventives, dont le nombre varie avec la vigueur de la 
plante, mais qui s'élève fréquemment à une quinzaine, accolées 
l'une à l'autre. Ces racines, pourvues chacune d'une coléorhîze, 
naissent et se développent simultanément, et peuvent atteindre 
une assez grande longueur, en restant grêles, cylindriques, non 
ramifiées. Leur durée n'est jamais bien grande, car tandis que la 
plante s'accroît en avant et développe de nouveaux entre-nœuds, 
les entre-nœuds postérieurs deviennent de plus en plus bruns, 
noirâtres, et meurent. M. Duchartre, qui a étudié cette plante il 
y a quelques années, a donné peu de détails sur la structure ana- 
tomique de sa racine (1). 

De même que chez les autres espèces aquatiques, le cylindre 
central de la racine du Zostera marina est très étroit par rap- 
port à la région corticale (fig. i). En coupe transversale, l'assise 
pitifère est formée de cellules allongées radialement, à parois 
minces; les cellules qui portent les poils ont les parois plus 
épaisses que leurs congénères, et s'enfoncent plus profondément 

I. Duchartre. Quelques observations sur les caractères analomiques des Zos- 
tera et Cymodocea, à propos d'une plante trouvée pris de Montpellier. (Bull. 
Soc. Bol,, t. X[X, 1873, p. J89.) 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



C. Sauvasbad. — Sur la racinâ des plantes aquatiques. 171 

dans l'assise sous-jacente en repoussant une cellule de l'assise 
subéreuscj qui est plus petite et à contenu plus dense et 
plus ^anuleux que ses voisines. De même que dans le 
Najas et le Potamogeton, ces cellules pîlifères persistent plus 
longtemps que les cellules de la même assise dépourvues de 
poils. 

L'assise sous-jacente, appelée souvent assise subéreuse, mé- 
rite ici beaucoup mieux, comme 
nous allons le voir, le nom plus 
général ^exodemte que lui a donné 
M. Vuillemin (i) ; les cellules à con- 
tour polygonal épaissies en o, par- 
fois jusqu'au point d'obturer com- 
plètement leur lumière, sont légè- 
rement teintées en jaune brunâtre, 
et leur lamelle moyenne est rendue 
plus apparente par une teinte plus 
foncée. L'endoderme présente les 
mêmes caractères ; il comprend une 
quinzaine de petites cellules très 
régulièrement épaissies en o, sans 
aucun vide formant place perméa- 
ble, mais sa couleur est des plus ac- 

E 
centuees et peut atteindre le brun 

assez ioncé.On pourrait croire, par 
analogie avec les Potamogeton, que 

ces deux assises ainsi régulière- Fig. I, — Racine de ^flj«rfl™Mrt«a(gr. 

ment épaissies et colorées doivent d^^r— c'^S'che'loi^nchymâifuK' 
être en même temps IJErnifiées et — d- ^""^ lacuneaM! de r^corce. — 
transformées en un vrai scleren- etdai>ai«8uivanieaie9iuiie>iibitkas 
chyme. Il n'en est rien, car seule la *""' '" "'" ' ^" '" "^ ""'' 
lamelle moyenne qui entoure chaque cellule est lignifiée, tout 
en restant parfois extrêmement mince. £0 effet, par le vert 
d'iode et le carmin aluné, la lamelle moyenne seule se colore ea 
vert et les couches d'épaississement en rose; la lame verte est 
toujours facilement visible sur tout le pourtour des cellules endo- 
dermiques, tandis qu'elle est plus apparente sur les parois radiales 

I. P. VuiUemin. L'exoderme. [Bull. Soc. Bot., t. XXXIII, p. 3o. Séance dn 
M janTÏer 1886.) 




D,g,tza:Jb.GOOg[e 



171 JOURNAL DE BOTANIQUE 

des cellules exodermiques que sur leurs faces tangentielles. La 
réaction du chlorure de zinc iodé, ou de l'acide phosphorique 
iodé (i), conârme ce résultat, car la lamelle moyenne se colore 
en brun, tandis que répaississement devient violet ; les couches 
d'épaissi s sèment sont donc de nature cellulosique. On obtient 
toujours ce résultat, que les préparations soient traitées directe- 
ment par les réactifs, ou qu'elles ateot subi préalablement l'ac- 
tion de l'eau de Javelle, 

L'écorce comprise entre l'endoderme et l'exoderme se com- 
pose de trois zones : une zone interne, parenchymateuse, formée 
de 3-5 rangées de cellules arrondies, disposées en séries radiales 
et concentriques, et aussi parfois assez régulièrement en spirale, 
tout au moins suivant 2-3 tours de spire ; puis une zone lacu- 
neuse de 2-3 rangées de cellules séparées, comme dans les Pota- 
mogeton, en files radiales étroites qui délimitent des espaces în- 
tercellulaîres naturellement disposés dans le même sens; parfois, 
cependant, ces cellules restent unies entre elles et continuent 
régulièrement la zone interne; mais cette dernière disposition 
est exceptionnelle, bien que M. Duchartre la considère comme 
normale et caractéristique. La zone externe collenchymateuse 
joue un rôle mécanique très marqué, par l'épaisseur de ses parois ; 
elle est formée, tout au moins à la base des racines, de 2-3 ran- 
gées de cellules à parois cellulosiques, épaisses, à angles arron- 
dis, sans méats entre elles ni avec l'exoderme ; les plus intérieures 
sont les plus larges. Il est facile de suivre sur de jeunes racines 
le développement de cette zone, qui appartient en réalité plutôt 
à l'écorce interne qu'à l'écorce externe. Ainsi, au début, lorsque 
l'assise pilifère et l'exoderme sont différenciés, et que toutes les 
assises corticales sont déjà formées et très régulièrement dispo- 
sées, la plus extérieure de celles-ci se cloisonne longitudînale- 
ment radialement, puis ses cellules ainsi augmentées en nombre 
s'allongent radialement beaucoup plus que leurs congénères, et, 
avant de s'épaissir, se cloisonnent tour à tour tangentiellement 
une ou deux fois, sans laisser de méats entre elles ni avec les 
cellules de l'exoderme. Ce système collenchymateux correspond 
donc à l'assise sous-subéreuse des Potantogeton. 

Le cylindre central est remarquable par sa simplicité. Les 

I. Mangio. Sio' les riaetijs iodés de la cellulose. (Bull. Soc. Bot., t. XXXV, 
iSSS, p. 411.) 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



C. S.iuvACKAu. — Sar la racine des fiantes aquati^.ifS. 173 

cellules du péricycle sont allongées radialement, gorgées de 
protoplasme, mais 4,5 d'entre elles se sont cloisonnées de ma- 
nière à séparer vers l'extérieur et contre l'endoderme un tube 
criblé de section pentagonale, qui paraît vide de protoplasme, et 
vers l'intérieur une cellule annexe. Ce péricycle constitue à lui 
seul tout le système conjonctîf du cylindre central ; car en dedans 
de lui se trouvent uniquement quelques cellules vides de matière 
azotée, à parois blanches, nacrées, minces, ondulées, dont le 
nombre varie de 3 à 9 suivant le diamètre du cylindre central, 
et que je considère comme des cellules conductrices représen- 
tant le système vasculaire. Les vrais vaisseaux font dont com- 
plètement défaut, et aucune cellule n'a ses parois épaissies ni 
lignifiées. 

Dans la racine du Zosl. tnan'na, le système mécanique de 
renforcement s'obtient donc par t'épaississement cellulosique de 
l'exoderme et de l'endoderme, et par la transformation en col- 
lenchyme de la zone externe de récorce..Dans celle du Zosi. 
«i7«aRoth,, le cylindre central, l'endoderme et l'exoderme ont 
les mêmes caractères que précédemment ; mais la zone interne de 
l'écorce est représentée comme chez les Potanwgetott par une 
seule rangée régulière de cellules, mais un peu plus larges, et 
légèrement épaissies. La zone interne a aussi une tendance à la 
disposition en spirale, ses assises sont moins nombreuses, mais 
les cellules sont plus larges; ainsi l'on voit fréquemment une 
cellule de la troisième rangée à partir de l'endoderme avoir une 
lumière aussi large que toute la surface du cylindre central. 

Ainsi, tandis que des Pota?KOgeton recueillis dans des fossés 
ou dans des mares, comme Pot. polygonifolins, Pot. natans, Pot. 
fusillus, etc., peuvent subir dans l'endoderme et dans le 
cylindre central de leurs racines une sclérificatîon complète, les 
Zostera qui forment dans l'Océan de véritables prairies sous- 
marines, souvent mises à découvert à chaque marée basse, et 
qui doivent lutter contre la force des lames, ont un système mé- 
canique moins important et dans lequel le sclérenchyme fait 
défaut. 

X^^PhucàgrostismajorÇJzitA. , ou CytnodoceaxquoreaViœiù^. , 
exclu de la Florede France par Grenier et Godron, a été trouvé 
depuisdansdifféremeslocalités du littoral méditerranéen. « C'est 
une plante herbacée à tige rampante, à feuilles rubanécs, qui 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



174 JOURNAL DE BOTANIQUE 

forme des prairies sous-marines à la façon du Post'doma Caitb'm, 
ou mieux du Zostera marina dont elle se rapproche davantage 
par la dimension des feuilles. Elle croît dans les criques peu pro- 
fondes, à fond de sable vaseux, qui ne sont pas trop exposées 
au choc des vagues. Elle s'avance plus près du rivage que le 
Posidonia, et ne paraît pas descendre aussi bas(i). » Son rhizcnne 
rampant est fixé au sol par des racines attei^ant fréquemment 
30*40 centimètres de longueur, et dont le diamètre peut dépasser 
3 millimètres à la base ; elles se ramifient assez abondamment, et 
leurs nombreuses radicelles concourent puissamment à la fixa- 
tion de la plante; leur situation et leur ordre d'apparition ont 
été décrits avec beaucoup de soin par M. Bornet dans son excel- 
lent travail sur cette plante. Il a établi que « les racines sortent 
de la partie inférieure de la tig^e, un peu au-dessous de la lîgrie 
d'insertion des feuilles. Les premières naissent par paires de 
chaque côté de la tige ; mais plus tard il n'y en a qu'une seule 
par entre-noeud... Dans les parties du rhizome dont les entre- 
nœuds sont allongés, il y a une forte racine au niveau de chaque 
renflement. Là où les entre-nœuds sont courts, les racines sont 
beaucoup plus grêles ou manquent tout à fait (2). » M. Bornât a 
étudié très brièvement la structure anatomique de ces racines; il 
s'est plutôt attaché à l'étude de l'origine des racines adventïves 
et des radicelles. 

M, Duchartre, dans son mémoire cité plus haut, se proposant 
d'établirpar des différences anatomiques entre les divers organes 
végétatifs des caractères distinctifs entre le Zosiera et le Cymo- 
docea, donne une courte description de la ré^;ion corticale de la 
racine, et pense que les racines de ces deux plantes se ressem- 
blent par leur cylindre central. 

L'écoice de la racine est très large par rapport au cylindre 
Ctentral, son assise pilifère doit tomber très facilement, car toutes 
les coupes que j'ai faites dans un grand nombre de racines et de 
radicelles conservées dans ralcooll'avaîent perdue (3). L'assise 
subéreuse ou exodermc est formée à la base des racines âgées 

1. Ed. lîornet. Recherches sur le l'hucigrostis rmjor Carol. (Ann. Se. oat., 
Bol., s" série, t. I, \»j\, p. S.) 

I. Rtl. Ilornet, loc. cil., p. ni, 

3. M, Hùrn;^t {loc. cit.., p. 43) dît que « les psils ne reposent pas sur la 
couche épidermique, ils sortent des cellules situées ail-dessous d'elle. » Il m'a 
donc lAv. impasîi'jl: de vcrilier c 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



C. Sauvaobau. — Sur ia racine des plantes afualiqitcs. 175 

de cellules toutes également épaissies en U (fig. 2), l'épaississe- 
ment s' arrêtant presque toujours sur les parois radiales avant 
d'atteindre la paroi externe. Ces cellules ne sont cependant pas 
toutes également lîgnîfiées, car si les réactifs indiquent toujours 
que leur lamelle moyenne a subi la lignification, ils montrent 
aussi que l'épaississement est complètement cellulosique chez les 
unes, parfaitement lignifié chez les autres, ou encore que les 
couches successives d'épaississement sont d'autant moins ligni- 
fiées qu'elles sont plus jeunes et plus internes. 

Au-dessous est une zone épaisse d'une dizaine d'assises de 
cellules collenchymateuses qui doivent jouer le rôle mécanique 
le plus important dans cette ra- 
cine. Ses cellules les plus exté- 
rieures sont étroites et sans méats, 
les plus intérieures sont plus lar- 
ges et laissent de très petits méats 
imercellulaires, dont la paroi fait 
assez fréquemment saillie, surtout 
aux angles, sous forme de petits 
globules plus ou moins réguliers, 
souvent pédîcellés, et qui peuvent 
même aller d'une paroi à la paroi 
opposée (1). On voit au-dessous 
une zone lacuneuse constituée par 
des files radiales de cellules, de ^'5' *' ~ Hasc de rMir= ûgéE de cyma- 

docêi irjuor4a. Rcgjon corticale (gr. ^o). 

même que chez les Potamogeton - a. Eioderme. — b. Zone eoUEnchy- 

. ^ , ... maKu.e. - C. Zone, lacuBcuK. - Le. 

et les ZOStera, mais plus impor- celloles sécréltic=. sont indiquées par 

tante, et dont les éléments appar- ""po""'"*- 
tiennent à une puiâsaote zone parenchymateuse interne, à cel- 
lules très régulièrement disposées en assises radiales et concen- 
triques. N'ayant pas eu à ma disposition de sommet de racine, 
je n'ai pas pu suivre le développement des diâërentes zones cor- 

I. Ces petits globules ou protubËrajices dans les méats doivenl être analogues 
aux bâtonnets dccrits par M. H. Schenck chez certaines Marattiacé^s {Ber. der 
deu/. Bol. Gesei/,, Baud IV, 18S6); surdes coup«s longitudinales j'en al observe 
qui étaient très loQgs et pendants dans la lumière du canal, mais ils sont beau- 
coup plus fréquents sous forme de 1res petits g-lobules, entiers ou comme aeg- 
mentès, adhérents à la paroi, et parfois en nombre considérable dans un mâme 
canal. Toutes les racines n'en possèdent pas autant. J'en si d'ailleurs rencontré 
dans la racine d'autres plantes aquatiques, telles que les Zoslera marina prove- 
nant d'Arcacboo et des racines d'Elodea canadensis. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



176 JOUKNM, 1)K KOTANiyiiK 

ticales ; mais par l'étude des radicelles minces, on voit que non 
seulement la zone lacuneuse appartient à la zone interne, mais 
que la zone externe, quand elle est très mince, est réduite à 1-2 
assises dont les cellules sont opposées aux cellules sous-jacentes ; 
son développement est donc le même que celui des assises col- 
lenchymateuses du Zosiera. 

L'endoderme conserve toujours ses parois minces, très peu 
lignifiées, mais plus sombres que celles des autres cellules; son 
rôle mécanique doit être faible, comparé surtout à la zone col- 
lenchymateuse. 

L'écorce possède un appareil sécréteur assez abondant. Des 
cellules Irrégulièrement réparties dans la zone coUenchymateuse, 
mais plus répandues au voisinage de l'assise subéreuse, renferment 
une matière granuleuse, d'un brunjaunàtre ou d'un brun orangé; 
quelques-unes d'entre elles ont un contenu plus foncé, plus épais, 
et qui paraît plus homogène et adhérent à la paroi cellulaire. 
Elles ont la même forme et les mêmes dimensions que leurs voi- 
sines, et s'en distinguent seulement par une paroi un peu plus 
foncée ; souvent isolées, elles peuvent être cependant contiguës 
ou superposées sans qu'il existe de communication directe entre 
elles. La zone corticale interne en renferme aussi quelques-unes, 
mais en nombre bien moindre ; on peut souvent les reconnaître, 
même après avoir dissous la matière sécrétée, parce que la paroi 
est légèrement plus épaisse et de forme plutôt ovale qu'arrondie. 

L'eau de Javelle jaunit cette matière sécrétée, puis la dissout, 
mais un peu plus lentement que le protoplasme ; le perchlorure 
de fer exerce sur elle une action à peine sensible, et le chlorure 
de zinc iodé lui donne une coloration plus foncée qu'au cyto- 
plasme. Certaines couleurs d'aniline, comme la safranine, le vert 
d'iode, le bleu de méthylène, etc. , la colorent facilement, et avec 
d'autant plus d'intensité qu'elle estplus homogène et plus dense. 

Dans le cylindre central, beaucoup plus large que celui des 
Zosiera, le péricycle est bien caractérisé (fig, 3) ; les cellules sont 
remplies de protoplasme, sauf les tubes criblés à section penta- 
gonale que certaines cellules ont séparés par une cloison tan- 
gentielle; on rencontre jusqu'à S tubes criblés séparés l'un de 
l'autre par 3, 4, 5 cellules pérîcycliques qui sont très courtes en 
coupe longitudinale. 

Les vaisseaux vrais, à parois ornées d'épaississements ligni- 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



C. Sadvaceau. — Sur la racine <Us plattles aquaUques. 177 

fiés, foot complètement défaut ; ils sont remplacés par des sortes 
de canaux vasculaires très régulièrement disposés en alternance 
avec les faisceaux libériens et situés immédiatement au-dessous 
du péricycle. Souvent une seule cellule constitue le canal, ses 
parois sont lég-èrement concaves par suite de la légère saillie 
des cellules continues; mais parfois le canal est formé par la 
réunion de 2,3 cellules dont la paroi de séparation a disparu, et 
son contour devient ainsi 
très irrégnlier. On trouve 
aussi des canaux qui n'ont 
pas subi cette évolution tout 
entière, ils sont indiqués par 
3,3 cellules continues qui ont 
perdu leur contenu azoté, 
dont les parois périphéri- 
ques commencent à devenir 
concaves, et dont les parois 
mitoyennes, très minces et 
ondulées, paraissent en train 
deserésorber. '%':.7,.':^riZiS'ù!îZ%^"c" 

La moelle forme un mas- ''"'''"^ c»nir;ii [gr. aïo). 
sif assez important de cellules dont les parois intimement réunies 
sans méats, et même légèrement arrondies aux angles, restent 
toujours cellulosiques. Le plus souvent une, plus rarement deux 
de ses cellules se transforment en une cellule sécrétrice analogue 
à celles de l'écorce. 

Le système mécanique de la racine du Phucagrosiis inajor 
est donc formé principalement par l'assise subéreuse et une 
épaisse zone coUenchymateuse. L'endoderme épaissit à peine 
ses cellules. Aussi, les grosses racines conservées dans l'alcool 
diminuent de diamètre, deviennent profondément ridées; mais 
les coupes reprennent dans l'eau leur diamètre normal. 

Les vaisseaux ligneux se retrouvent cependant au point d'in- 
sertion des radicelles, comme M. Bornet l'a figuré. On les ren- 
contre même à la base des radicelles âgées, où ils forment dans 
la racine mère, sur une hauteur qui ne dépasse pas la largeur de 
la radicelle et à la base de celle-ci, de petits faisceaux formés 
d'articles courts, à ornements spirales non déroulables, ou spiro- 
réticulés. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



its journal de botanique 

Le Postdom'a Caulini Kœnig, qui végète dans la Méditerra- 
née à une plus grande profondeur que le Zosiera et le CytMa- 
docea et dont il est par conséquent difficile de se procurer des 
échantillons en très bon état, a été l'objet en 1860 d'une étude 
attentive et d'un mémoire détaillé de la part de Grenier (i ) . Avant 
lui, cette plante n'avait été décrite que d'une façon incomplète et 
inexacte ; aussi, 1 une de ses conclusions est que le lecteur de la 
Floye de France ne doit guère 
tenir compte de la description 
qu'il y a donnée de cette 
plante, description qu'il avait 
empruntée aux Icônes de Reî- 
chembach {loc, cit., p. 365). A 
ma connaissance, cette plante 
n'a pas été étudiée spéciale- 
ment depuis cette époque. 

Le rhizome rampant et 
ligneux est assez gros et cou- 
vert par des feuilles distiques, 
larges et longues, qui pren- 
nent naissance à des nœuds 
très rapprochés. Les racines 
adventives sortent assez irré- 
gulièrement de sa face infé- 
rieure; elles sont noires, tor- 
tueuses, très ramifiées, ligneu- 
ses, et leur ensemble doit 

Fig. «. - Bâte île ricins âgée de PosidonU , , , _ , 

CauiinL Région corticale (i;r. iio).— A. Aubik former un systcmc de fixatiou 

pillRfc - B Sdcrcnçhymc JoriRine cxodcr- (rès SOlldc : IcS pluS âgéeSqUC 
miqut^? — C. Zone externe de paranchyme. — > f & *1 

'-'• "'!"'" -^créirice» nont Indiqué» par un j'ai rcDContrées avaieut un 
diamètre de 4 millimètres; 
mais comme ces plantes, avant d'être rejetées sur le rivage, ont 
été arrachées, puis roulées par les vagues, les parties moins 
résistantes sont détruites, les racines sont tronquées, et je n'ai 
pas pu en étudier le sommet. ^ 

La racine du /'cj'iifiTm'a C2«/»u'a une structure plus complexe 

I. Cb. Grenier. Recherches sur U Posidonia CaiiUnl Kixnig. (BuU. Soc. boL 
France, 1860, t. VII.) — Le même volume du Bulletin renferme sur celle plante 
des observations de ]. Gay, Germain de Saint-Pierre, Ad. Broagniart et A, Ckl». 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



C. SiDvAQBAu. — Si*»- la raeùu des plaaUs aquatiques. 179 

que celle des plantes précédentes. L'assise pilifère, formée en 
coupe transversale de cellules aplaties et plus larg;e^ que celles 
qui sont sous-jacentes,a ses parois épaissies et lignifiées (fig. 4); 
et il est remarquable que les poils et les cellules qui les portent 
se colorent par le vert d'iode, tandis que le parenchyme cortical 
se teinte en rose par le carmin aluné, 

L'exoderme unique ou assise subéreuse est remplacé par 
une zonede plu- 
sieurs couches 
de cellules de 

sclérenchyme, 
étroites, épais- 
sies, sansméats, 
qui se confon- 
dent vers l'inté- 
rieur avec une 
zone de paren- 
chyme à parois 
minces et à très 

petits méats 

triangulaires. 
Dans les racines 
âgées, la région 
sclérifiée com- 
prend 6-8 assi- P'S'5. - Fo^idoma Cab/.W. -Cyliiulrscentml de la m#me racine 

ses de cellules 

et la zone de parenchyme externe a une épaisseur 4-5 fois plus 

grande. 

Tandis que, dans le Zosiera et le Cymodocea, la zone externe 
se terminait brusquement vers l'intérieur, ici ses cellules se 
séparent peu à peu, de manière à se continuer avec les rangées 
radiales de la zone lacuneuse, qui peut avoir une épaisseur d'une 
dizaine de cellules. Il y a également passage insensible à la zone 
parenchymateuse interne formée de cellules régulièrement dis- 
posées et qui est formée aussi d'une dizaine d'assises. Comme je 
l'ai dit, je n'ai pas pu étudier l'origine de ces différentes zones; 
mats dans les radicelles étroites on trouve une assise pilifère, 
une zone scléreuSede i, 3, 3 rangées de cellules, une zone paren- 
chymateuse externe, large, qui constitue à elle seule presque 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



itto JOURNAL DE BOTANIQUE 

toute l'écorce ; la zone lacuneuse fait défaut et la zone interne,' 
réduite à 2-3 assises de cellules, passe insensiblement à la zone 
externe. Il est probable que la zone scléreuse est une produc- 
tion exodermique, et que la zone parenchymateuse externe cor- 
respond au coUenchyme du Zostera et du Cymodocea. 

De même que dans le Cymodocea aiqjtorea, certaines cellules 
de l'écorce renferment un contenu brun, dense et abondant ; elles 
sont nombreuses d^ns la zone scléreuse, et aussi dans la zone de 
parenchyme externe, où elles ne se distinguent de leurs voisines 
que par un contour un peu plus arrondi; elles peuvent être 
isolées ou accolées l'une à l'autre, sans communication directe 
entre elles, et sont dépourvues de grains d'amidon, tandis que 
leurs voisines en renferment. La matière brune se colore par le 
chloro-iodure de zinc, la safranine, le vert d'iode, le bleu de mé- 
thylène, comme celle du Cymodocea. Ces cellules sécrétrices 
sont moins nombreuses dans la zone corticale interne et font 
défaut dans le cylindre central. 

Les cellules de l'endoderme ont leurs plissements radiaux à 
peine marqués ; celles qui sont opposées aux faisceaux libériens 
forment de petits arcs protecteurs de sclérenchyme, renforcés 
parfois par quelques cellules de l'assise corticale extérieure qui 
sont également épaissies et lignifiées {fig. 5). Dans les racines 
larges, on peut compter jusqu'à quinze de ces arcs sclérifiés, en 
même nombre que les taisceaux libériens. Au centre du cylindre 
central, est une large moelle dont les cellules fortement épaissies 
et lignifiées n'arrivent pas au contact des faisceaux vasculaires. 
Dans les radicelles étroites et jeunes, l'endoderme est modifié 
avant la moelle ; cependant sa lignification se fait de bonne heure. 
Entre cette masse sclérifiée et l'endoderme est une masse coii- 
jonctive cellulosique, dans laquelle sont situés les faisceaux libé- 
riens et ligneux. Ceux-ci constituent de petits massifs de 2-5 
vaisseaux étroits, spirales et principalement réticulés, qui alter- 
nent régulièrement avec les faisceaux libériens situés dans le pé- 
ricycle, et formés chacun d'un seul tube criblé, souvent moins 
apparent que dans les plantes précédentes. Le péricycle, formé 
aussi d'éléments moins bien caractérisés, ne produit point avec 
l'endoderme de cadres libériens épaissis comme ceux des Pota- 
mogeton. 

En résumé, l'anatomie de ces plantes diffère profondément, 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



p. Hartot. — Usie des Algues recueillies a l'île Miguelon. i8i 

et si l'on peut invoquer l'influence du milieu aquatique pour expli- 
quer l'absence d'éléments lignifiés dans la racine du Zosteratx.àM 
Cyntodoceà, il faut remarquer que le Posidotu'a Cauh'ni, qui est 
plus profondément submergé, possède au contraire un système 
ligneux conducteur très net et un système mécanique sclérîfié 
très important, qui rend Içs racines très dures et doit leur donner 
une grande solidité de fixation. Les racines des plantes submer- 
gées qui croissent dans l'eau douce ou dans la mer ne se com- 
portent donc pas d'une façon identique au point de vue de leur 
appareil de soutien. Quelques-unes peuvent posséder un sté- 
réorae puissant composé de cellules de sclérenchyme nombreuses 
et fortement épaissies {Posid. Caulini, Pot. plantagzneus , Pot. 
polygonifolius , Pot. natans...), d'autres épaississent leurs parois 
Sans les lignifier {Zost, marina, Zost. nana, Cyjnodocea seqiio- 
rea...) et leur système mécanique est un véritable collenchyme, 
d'autres enfin sont dépourvues de tout épaississement {Naj. 
ntajor, N. rainor...). La méthode de « l'anatomie comparative » 
a montré que des racines aériennes, quand elles deviennent sou- 
terraines, ou que des racines souterraines, quand elles vivent 
jdans l'eau, perdent en partie ou en totalité la propriété d'épaissir 
et surtout de lignifier leurs cellules; mais cette conclusion de 
l'expérience ti«nt peut-être, dans certains cas, à une sorte d'état 
maladif des racines, qui est le résultat de leur existence dans un 
milieu diflférent de celui pour lequel elles sont adaptées, et si 
elle est vraie pour les plantes dont on fait varier le milieu, elle 
ne peut s'appliquer à toutes les plantes normalement submer- 
gées, puisque quelques-unes d'entre elles possèdent au contraire 
un système sclérîfié très puissant. 

LISTE DES AI.GUES RECUEILLIES A L'ILE MIQUELON 

PAR M, LE DOCTEUR DELAMARE 

(Suife.) 

Par M. P. HARIOT 

14. Laminaria flexicaulis Le Jolis, Examen des espèces con- 
fondues sous le nom de hAVûiaa,Û3, digitata, p. 57. 

Dans l'anse à Trois Pics, janvier-mars 1882 (n" 37, 38, 51), 

15. L. caperata de la Pylaie, Ann. se. nal., I, 4, p. 180, t-9, c. 

(1825). 



D,B,i..ab,Google 



iSa JOURNAL DE BOTANIQUE 

L, Ijimourouxii Bory mss in herb. Mus, Par, 

Ile Miquelon, janvier-mars (n" 49). 

16. L. longiorurîs de la Pylaie, Ann. se. nal. I, 4, p. 177, t. 9, « 
et A (1825). 

L. Opkiura Bory in herb. Mus. Par. 

Trouvé flottant au bout du Cap Miquelon, 1+ juillet i88a (n" 129). 
La fronde peut être atténuée à la base (V. caneala de la Pylaie), cor- 
dée ou très élargie [V.^/iii'/ïdJï'j de la Pyl.). 

Le Laminaria longicruris est placé par M. Le Jolis dans la sectdoQ 
« Saccharine • caractisée par « canaUs in sttpite nulli^ sub epidermide 
autem frondis numerosi, parvi ». Pour Areschoug, au contraire, la 
même plante est caractérisée par t truncus imfijna parte in seclione 
iransversali orbem lacunaruia in i/iteriore cortice ostendens • . Mais il 
ajoute que les lacunes ne sont pas iaciles à observer et qu'elles se 
trouvent surtout vers l'extrême base dans la région moyenne de 
l'écorce. Elles sont beaucoup plus rares clans les autres parties du stipe 
qui sont creuses et seulement dans la région interne. (C/r, Areschoug. 
Observaliones phycologiae^ III, p. 8). Je n'ai pu rencontrer ces lacunes 
dans les spécimens de Terre-Neuve et de Miquelon, qu'il m'a été per- 
mis d'examiner. 

17. Laminaria (Hafgygia) Cloustoni (Edmonston) Le Jolis, /uc. 
cit., p. 56. 

Hafgygia Cloustoni Areschoug, loc. cit., IV, p. i. 

Laminaria platyateris de la Pylaie, Flore de Terre-Neuve, p, 52. 
Farlow, Marine Algee 0/ Neui England, p. 94, 

Dans l'anse à Trois Pics, 19 janvier 1883 {n* 50). 

Le Laminaria C/ous/oui appartlem au groupe des Dendroidae de 
M, Le Jolis et aux Hafgygia de Kûlzing. Le gem^e Hafgygia a été 
créé dans le Pkycologia generalis pour une Laminaire qui présente des 
canaux muciféres dans le stipe ; l'analyse donnée est excellente, maïs 
l'auteur lui-mf-mc y a réuni des formes du L. digitaia qui ne renferment 
pas de lacunes à mucilage. {Cfr. Kûtzing, Pkycologia generalis, p. 
346, t. 30-31 (18+3). 

Sous le nom de L.' plalymeris, qui paraît n'être qu'une forme à 
fronde très élargie à la base, de la Pylaie a certainement eu cette plante 
en vue, ainsi qu'en témoigne un échantillon authentique conservé dans 
l'herbier du Muséum. 

18. Saooorhîza dermatodea (de la Pylaie) Farlow, loc. cit., 
P-95- 

Laminaria dermatodea de la Pylaie, Ann. se. nal., I, 4, p. 180, 
t.9,;'. 1825. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



Lkci^bc du Sabloh. — Note sur Us suçoirs des plantes parasites. 1S3 

Plante bien caractérisée par les cryptes dont la fronde est parse- 
mée ; elle est très variable de consistance, tantôt molle etmince, tantôt 
ayant la dureté et l'épaisseur du cuir. Les formes à frondes étroites 
répondent au L. lorea (Bory) ; d'autres sont profondément bifides et se 
rapprochent de la variété himanlopkcrra de de la Pylaie. Malgré cela 
il est absolument impossible de les séparer du type. 

Dans l'anse à Trois-Pics, janvier-mai 1883 {a" 39 et 46); anse du 
Gros Gabion, à mer très basse, plus profondément que les Fucus, 
17 juin 1882(0" 155); 

19- Agarum Tumerî Postels et Ruprecht, Illustr. Alg., t. 23. 

Laminaria Agarum et Boryide la Pylaie, Flora de Terre-Neieiit. 

Rejeté par la mer en toute saison, surtout en automne et en hiver, 
avril 1882 (n° 48) ; sur une ligne de pèche au large du Cap Blanc, par 
30 brasses de fond, 17 juin 1883 {n" 154). ■ 

XJ Agarum ne se trouve en place que profondément . 

{A suivre.) 



NOTE SUR LES SUÇOIRS DES PLANTES PARASITES 



Nous avons reçu de M. Leclerc du Sablon la lettre suivante que noua 
nous empressons de publier. 

Monsieur le Directeur, 

Le dernier numéro du Journal de Batam'^ne renferme un 
article de M. Granel sur les plantes parasites, article dont les 
conclusions dîâèrent en certains points des résultats que j'ai 
publiés en 1887. Voici quelle me paraît être la cause de cette 
divergence, du moins en ce qui concerne les Rhioanthées. Les 
suçoirs commencent à se former dans les parties très jeunes des 
raûnes, près du sommet végétatif, et si les conditions sont fa- 
vorables le développement est très rapide; dans ce cas, où le 
suçoir arrive à son complet développement, il me paraît certain, 
d'après mes préparations, que c'est l'assise pilifère elle-même 
qui s'enfonce dans la plante nourricière et non une assise sous- 
jacente comme le veut M, Granel. 

Mais il y a dans l'étude du développement une cause d'er- 
reur : lorsqu'un suçoir a commencé à se former dans une très 
jeune racine, il peut se faire que les conditions ne soient pas 
&vorables à un développement ultérieur. Alors le renflement qui 
s'est formé sur la racine constitue comme une sorte de tubercule 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



rt4 JOURNAL DE BOTANIQUE 

qui ne donnera jamaJs un suçoir fonctionnant comme tel et qu'il 
ne faut pas confondre avec un très jeune suçoir. J'ai d'ailleurs 
signalé cette confusion possible à propos de Santalacées : « Sur 
des racines déjà âgées on trouverait bien des suçoirs à différents 
états de développement ; mais ce sont là des suçoirs avortés qui, 
ayant commencé à se former sur une racine très jeune, ne se sont 
pas trouvés dans des conditions favorables à leur croissance. 
L'arrêt du développement a été alors suivi de certaines modifi- 
cations dans les tissus, qui pourraient donner des idées fausses 
sur la vraiemarche du développement. » La plus importante de 
ces modifications est l'exfoliation de l'assise pîlifère qui, comme 
sur les autres points de la racine, disparait après avoir fonctionné 
pendant un certain temps. 

Si donc on considère ces tubercules plus ou moins volumi- 
neux comme des suçoirs aux divers stades de leur développe- 
ment, on croira que l'assise pilîfère est exfoliée et ne joue pas le 
rôle que je lui ai attribué. Telle est, je crois, l'origine de l'opi- 
nion de M. Granel. La description que cet auteur a donnée est 
exacte, comme j'ai pu le vérifier moi-même, mais elle ne s'ap- 
plique pas à des suçoirs en voie de formation. M. Granel a étu- 
dié, non le développement des suçoirs, mais les formes défini- 
tives que présentent, dans des racines relativement âgées, des 
suçoirs avortés plus ou moins tôt dans leur croissance. 
Leclerc du Sablon. 

CHRONIQ^UE 

M. BuBBAU, professeur de Botanique au Muséum d'Histoire nalurellc, fera sa 
prochaine herborisation le 36 mai 18S9, à Mantes. Rendez-vous à la g:are Saint- 
Laïare, à 8 heures. 

Pour profiter de la rËducllon de 50 0/0 accordée par le chemin de fer, il est 
indispensable de verser le montaot de la demi-place au Laboratoire de Botanique 
(galerie des Herbiers), au plus tard le vendredi 14 mai, à 4 heures. 

On sait que pendant la durée de l'exposition universelle les terrains du Tro- 
cadéro sont réservés à l'horticulture. Une série de concours répartis à onze 



époque 


s différentes doivent y être 


uverts. 


Le premier a 


coïncidé ave 


z rinau£U- 


ration de l'exposition. Le prochain 


ura lie 


u du .4 au =9 


mai, les autr 


es du 7 au 


IX juin 


du II au 37 juin, du iz au 


7 juin 


t, du 3 au 7 


août, du 16 a 


u 21 août. 


du 6 a 


II septembre, du 10 au 35 


septembre, du 4 au 


9 octobre e 


du iSan 


iS octobre. 
















UGér^t 


,• Louis MoiioT. 



D,B,i..ab,GoOglc 



JOURNAL DE BOTANIQUE 

Directeur : M. Louis MOROT 



SUR UN NOUVEAU GENRE D'UREDINEES 

Par M. G. LAOERHEIU 

H y aquelque temps, je reçus de M. Rostrup, de Copenhague, 
une Urédinée très remarquable, sous le nom de Puccïnia tnar- 
ticulata Berkeley et Curtis. Les échantillons en avaient été 
récoltés, le 15 août 1887, sur XElyvtus arenarius en Seeland 
(Danemarck). En étudiant dans le Sylloge Uredtneamm. de 
M. de Toni, les diagnoses des espèces de Puccinies qui vivent 
sur VElymus^ il ne me parut pas impossible de rapporter la 
plante que j'avais entre les mains au Puccima Elymi Westen- 
dorp. Ne possédant pas le travail de Westendorp, je m'adressai 
à mon conirère, M. de Wildeman, qui eut la bonté de m'envoyer 
une copie de la description de cette espèce, en même temps 
qu'un fragment de l'exemplaire original, emprunté à l'herbier 
de Westendorp. 

Le premier examen confirma mes présomptions. Le Pucctm'a 
Elymi est une espèce très particulière, et que Westendorp a 
bien mal décrite ; c'est pour cette raison, sans doute, qu'elle 
est demeurée inaperçue jusqu'ici, et qu'elle a été déente à nou- 
veau par Berkeley et Curtis sous le nom de P. tnaritculata. 
J'espère que la description exacte que je m'efforce d'en donner 
attirera sur elle l'attention des mycologues. 

Voici d'abord la description donnée par Westendorp (i), 

< Uredo Elymi nov. sp., Herb. crypt. Belg. n° 39 ! 

Groupes rougeâtres, devenant jaunes par l'âge, allongés, 
elliptiques, recouverts en partie par les débris de l'épiderme qui 
se rompt longitudinalement. Sporidies globuleuses ou ovoïdes, 
sessiles ou courtement pédicellées. — Cet Vredo se développe 
sur les parties latérales des nervures saillantes de la face infé- 

I. Notice sut quelques cryplc^ames Inédites ou nouvelles pour la flore belg« 
{BtUl.de PAcad. roy. de Bêlgigut, XVUI, n" 7 et 10). 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



06 JOURNAL DE BOTANIQUE 

rieure des feuilles de VS^ymtts arenartus^ aux euviroos d*Os- 

tende (Landzweert). 

Puccmia Elymïaov. sp,, Herb, crypt. Belg. n" 39 1 
Groupes brunâtres devenant presque noirs, allongés, aplatis, 
tachant l'épiderme en noir grisâtre et restant presque toujours 
recouverts par lui, quoiqu'il se déchire au centre des pustules 
et longitudinalement. Pédicelle court, gros et transparent, sup- 
portant des sporidies fusiformes, biloculaires. Cette Urédinée 
croît sur la iace supérieure des feuilles de VElyntus aretiarius, 
d^s les dunes d'Ostende (Landzweert). » 

Les échantillons originaux que j'ai eu l'occasion d'étudier ont 
été récoltés, en effet, aux environs d'Ostende, par Westendorp 
et Landzweert. Voici le résultat de mes observations sur ces 
échantillons types . 

Les colonies d'Urédos sont isolées ou disposées en files à la 
face si^érieure de la feuille. Elles ont une forme allongée, et 
demeurent environnées par l'épiderme déchiré. Les Urédospores 
sont ovoïdes, longues de 24 3 36 /< sur 18-27 f* de largeur ; leur 
membrane est jaunâtre, échinée, pourvue de 8 pores germi- 
natifs (i) ; je n'ai pu retrouver quelle avait pu être la coloration 
du contenu. Il n'y a pas de paraphyses. Les téleutospores appa- 
raissent à la face inférieure delà feuille sous forme de pulvinules 
allongés, atteignant plusieurs centimètres de longueur, souvent 
confluents, de couleur grise; ils sont recouverts par l'épiderme 
de la feuille ; si l'on enlève l'épiderme, on trouve au-dessous de 
lui une couche noire de téleutospores. Les téleutospores sont 
un peu claviformes, fusiformes ou cunéiformes, ordùtairemeiti 
îricellulaires^ plus rarement seulement bicellulaires , leur men- 
brane est lisse, brunâtre, épaissie au sommet de la spore où elle 
est aussi plus fortement colorée qu'ailleurs ; les spores sont à 
peine étranglées au niveau des cloisons de séparation ou même 
ne le sont pas du tout ; elles sont habituellement tronquées ou 
arrondies au sommet, atténuées à la base en un pédicelle gros et 
court, de couleur brune. 

Leur longueur atteint de 54 à 90 ,"; elles sont larges de 12 à 
i8 |i. Autour des groupes de téleutospores on voit un feutrage 
d'hyphes allongés, à parois épaisses, étroitement serrés et de 

I. Lespores apparaissent tris nettement lorsqu'on les traite par l'acide lactiqne. 
(Voir Revue mycolagique, iSSg, n" 43, p. 95. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



G. Lagbbheih. — Sm-tm nouveau genre d'Urédinées. 187 

couleur brune, comme c'est le cas pour le Pucctm'a Asperifoltt 
(P-ersooo) Wettstein {P. rubigo-vera Winter). 

La description que nous venons de donner s'écarte de la dia- 
gnose originale de Westendorp, sur un point important. Cet 
auteur dît, en effet : < pédiceUe court, gros et transparent, sup- 
portant des sporidies fusiformes, biloculaires. Or, l'examen des 
échantillons origi- 
naux montrent que 

le pédiceUe est 
court, mais coloré 
en brun, et que les 
spores sont presque 
toujours tricellulai- 
res. Westendorp a, 
sans doute, pris la 
cellule ioférieure de 
U spore pourlepé- '*»*»«'» 
dioelle et n'a pas re- ^''"'''''■' ^'™'- 

marqué le vrai pédicelle (fig. i-8.)- 

L'observation des échantillons récoltés par M. Rostrup m'a 
fourni les mêmes résultats avec cette différence que les spores 
s'y sont trouvées presque toujours tri ou quadricellulaîres(âg.8), 
au point qu'il m'a fallu beaucoup de recherches pour en observer 
une qui fût bicellulaîre. J'ai rencontré une ou deux fois des 
^>ores ramifiées, qui présentaient quelque ressemblance avec 
les spores de Chrysomyxa, 

On attribue aujourd'hui, dans la systématique des Urédïnées, 
beaucoup d'importance au nombre des cellules qui constituent 
les téleutospores ; le genre Uromyces ne se distingue du genre 
PtKcima que par ses téleutospores unicellulaires, tandis que 
celle des Puccinta sont bicellulaires. On ne peut donc pas rap- 
porter à ce dernier genre une ■ Puccînie n dont les téleutospores 
sont tri-quadricellulaires ; elles doivent nécessairement consti- 
tuer un autre genre. Je propose de lui donner le nom de Ros- 
trufta; 'y& suis heureux de cette occasion de rendreun hommage 
aux mérites du savant mycologue danois, M. E. Rostrup, qui a 
retrouvé cette remarquable Urédinée. On pourrait, à première 
vue, <7oire qu'il «eiait préférable de rapporter le P*tcciiua 
£/)*««' Westendorp au gem^ Phragmidium ; mats je ferai re- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



(88 lOURNAL DE BOTAWQUE 

marquer que toutes les espèces de Pkragfntdium ont été obser- 
vées jusqu'ici sur les Rosacées, à l'exclusion de toute autreplante. 
D'ailleurs, le Rostrupia Elynu a une grande ressemblance avec 
certaines espèces de Puccinies des Graminées, avec le P. Aspe- 
rifolii Persoon (Wettsteîn) par exemple. C'est probablement 
une forme hétéroïque, comme presque toutes les Urédinées des 
Graminées, et sans doute la forme œcidienne se produit siu: une 
plante des dunes ou des bords de la mer. La grande ressemblance 
qui existe entre ses urédospores et ses téleutospores avec celles 
des Urontyces et des Puccinia rend très vraisemblable que son 
.^cidiunt, encore inconnu, ressemble beaucoup à la forme aeci- 
dienne de ces deux genres. On sait que ï.£cztù'unt des Uro- 
myces et des Puccinies est entouré d'un pseudo-péridium et 
qu'on n'y observe pas de paraphyses, contrairement à ce qu'on 
voit chez les Phragmidiufn. 

Le Puccima triariiculata Berkeley et Curtis est la même 
plante que le Puccima Blym.i de Westendorp ; je dois à l'obli- 
geance de M. Farlow d'avoir pu étudier des exemplaires authen- 
tiques de la plante américaine, ce qui m'a permis d'établir son 
identité avec notre Rostrupia; le nom spécifique donné par 
Westendorp étant le plus ancien, il doit être conservé. — Il est 
possible aussi que le Puccinia tomipara Trelease soit un Ros- 
trupia, mais je n'ai pu, malheureusement, en étudier d'échan- 
tillons originaux. 

ROSTRUPIA nov. geaus Uredinearum. 

Sori uredosporiferi explanatinredosporis apice pedicelll solitariis; 
son teleulosporiferi ezplanati; telemospor^ simplices, 2 — pluries 
scptatœ (rarissime imiseptatœ), quoque loculo porum siaguîum germi- 
natlonis gerente. .^cidia adhuc ignota, vercsimilUer (ut in generibus 
Uromyces et Puccinia) pseudoperidio instructa et paraphysibus desti- 
tuU. 

t. R. Elymi. 

Puccinia Elymi Westendorp, Notice sur quelques cryptogames 
inédites ou nouvelles pour lajlore belge (Bull, de l'Acad. roy. de Bel- 
gique, XVIII, n" 7 et lo). 

Puccinia triariiculata Berkeley et Curtis, Characters of new 
Pungi, collecied in the Nortk Pacific Exploring Expédition by 
Charles Wright, n* 130 (Proceed. of the American Acad. of Arts and 
Se. i862);DeTom, Syllôge Uredinearum et Ustilaginearum, p. 732, 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



A. G. Gakcin. — Sur U pigment de /"Euglena sanguinea Ehrhg. 189 

Padova i838; Rosirup, Mykohgiske MeddeUlser, p, 2 (Meddelelser 
fra den botan. Foren. 1888), Kjôbenhavo, 1888. 

R. sorisuredosporiferisio paginasuperiorefoliorum solitariis vel in 
slriis disposilis, sœpe confluentibus, paraphysibus destitutis. Uredos- 
poris ovatis, membrana pallîde fusca, echinulata et porîs 8 prasditis. 
Sons teleutosporarum in pagina inferiore foliomm, griseis, epider- 
mide tectis, Teleutosporis plerumque 2-3 septatis, fusiformîbus, 
clavatts vel cuneatis, ad septa non vel panim constrictis, apice obtusa, 
adbasim attcnualià, episporio levi, brunnco ad apicem incrassato et 
obscuriore, pedicello brevissimo, bninneo perslstente, pseudoperidio 
hypharum fuscarum, arcte conjunctanim drcumdatîs. Species verosî- 
militer heteroica. 

Long, uredosp. 24-36 [».; lat. uredosp. 18-271*; long, teleutosp. 
$4-90 |j-; lat. teleutosp. \2-\%f.. 

Hab. in foliis Etymi arenarim ad Ostende in Belglo (Westendorp 
et Landzweert), ad Vemraetofte in insnla Sjaelland Daniae (Rostrup) ; 
in foliis Elymi mollis in fretu Behring Americae borealis (Wright). 

3. B. tomipara. 

Puccinia tomipara Trelease, Preliminary lisl of ike Parasitic 
Pungiof Wiscotisin, p. 23 (Trans. of the Wisconsin Acad. of Se., 
Arts and Lett., vol. Yl, Madison 1S84); De Toni, /. c.,p. 656. 

c Soris uredosporîferis parvis, rotundatis vel leniter elongatis, epi- 
phyllis ; uredosporis ut plurimum globosis, subinde mguloso-verrucu- 
losis, 32-26]i. diam., pallide flavis; soris teleutosporiferîs compactis, 
atris, diu epîdennîde tectis, rotundatis vel elongatulis, plerumque cire. 
2mm. diam.; teleutosporis îrrcgulariter oblongis, sessilibus, vertice 
haod incrassatis, .35 — 43^=13 — 22,2 — 6— locularibus, sœpe tomiparis. 
episporio tenui, pallide castaneo-brunneis. 

Hab. in foIiis5^ru«( vcrosimUiler ciliati in America boreali . • 



SUR LE PIGMENT DE VEUGLENA SANGUINEA EHRBG. 
Par H. A. 0. GARCIN 

En 1881 (1), M. Rostafinski publiait une étude sur la ma- 
tière rouge qui imprègne certains végétaux ; Heentatococcus , 
Chîamydomonas , Treniepohlia , anthéridies des Characées, œufs 
des Bulbock^te, etc. Cette substance, qu'il isola et qu'il nomma 
chiororufine, présentait la propriété de bleuir par l'acide sulfu- 

■ . Vihtr dt» rothe» Farbstoff eim'gtr Cklorophyceen, etc. 80t. Zeit., Mai iSSi 
p. 461. * 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



190 JOURNAL DB BOTANIQUE 

rique. Cette propriété, découverte par de Baiy (i), rapprochait 
la chlororuline de la ckrysoqutnone précédemment étudiée par 
Liebermann (2). Cette analog-ie n'échappa point àM.Rostafînski 
qui se procura de la chrysoquinone et fit comparativement l'ana* 
lyse spectrale des deux substances. 

Avec la chrysoquinone, on observe près de A une bande 
obscure et l'absorption totale commence à peu de distance de la 
raieD. 

La substance rouge de M. Rostafinski possède, d'après lui, les 
caractères spectraux typiques de la chrysoquinone, et en plus, 
fait capital, entre B et C la bande caractéristique de la chloro- 
phylle. L'éminent botaniste trouve dans ce fait la légitimation 
de son appellation de cklororufine, et il est porté à croire que 
cette matière provient de la réduction de la chlorophylle. 

Ayant eu à ma disposition une grande quantité d'Euglena 
sanguinea Ehrbg. , je voulus entreprendre l'étude du pigment 
couleur de sang qui donne à ce végétal sa teinte caractéristique, 
pigment qui n'a pas été étudié faute d'une quantité suffisante de 
matériaux. 

Ce curieux Mastigophore (3), tantôt considéré comme une 
espèce distincte (Ehrenberg), tantôt comme une forme del'^^. 
viridis (Stein, Savelle Kent), s'était plusieurs fois déjà déve- 
loppé en grande abondance au Jardin botanique de la ville de 
Lyon, dans un tonneau contenant des Potamogeton. L'an der- 
nier, au mois d'octobre, je le trouvai mélangé en proportion à 
peu près égale avec la forme verte, mais au moment où je vou- 
lus les étudier, ces Euglènes disparurent tout à coup à la suite 
d'une forte pluie. Dernièrement et dans le même tonneau, ils 
apparurent de nouveau et en quantité bien plus considérable ; de 
plus, malgré de longues recherches, il me fut impossible de 
découvrir parmi les innombrables Euglènes rouges un seul in- 
dividu vert. Ces végétaux formaient à la surface de l'eau une 
pellicule ocracée continue. 

Vu à un fort ;;rossissement, XE. sanguinea montre à la péri- 
phérie de son protoptasma une infinité de très petits corpuscules 

t. Berichte der oaturf. Ges. 2a Freibur{r, 1856. 
3. Annalea der Cbemie u. Pharmacie. 1871. S. 399. 

3, G. Klebs. OrgattisaHon emiger FiageUaUngruppeit, etc. Uutersocb. a. d. 
boUnisdi. Institut, zu Tûbingen von D' Pfeffer. 



D,g,tza:Jb.GOOgle 



A.G.Gabcim. — S^r U pigment de l'E,us\eaA sanguines JS*/^^. igi 

rouge-orangé foncé, que l'on met facilement en liberté en faisant 
éclater le végétal par une pression sur la lamelle. Ces gcanula- 
tions, au contact du liquide ambiant, se montrent animées d'un. 
vif mouvement brownien. Il est facile de constater que ce pig- 
ment est complètement insoluble dans l'eau ; il n'est pas plus 
soluble dans l'alcool froid. Le corps de l'Euglène contient en 
oatre des grains de parataylon assez gros et discoïdes ainsi que 
des grains de chlorophylle aussi nombreux que dans la forme 
verte et ne paraissant nullement en dégénérescence. L'Algue se 
■""t^^plff- fréquemiaenc par libre scissiparité ; la division binaire 
daas un kyste ne s'est montrée que fort rarement. 

IPour extEaîre la matière rouge, je mis mes Euglènes dans un 
mortier de verre, dont ils gagnèrent bientôt le fond (i); je dé- 
cantai alors le liquide, ce qui peut se faire à peu près complète- 
ment en raison de l'adhérence de l'Algue aux parois du vase. Je 
traitai le dépôt rougeâtre par de l'alcool froid à 90" en ayant 
soin de le triturer avec un pilon afin de faire éclater la membrane 
d'enveloppe des Euglènes et de faciliter ainsi l'action de l'alcool. 

Pour enlever toute la chlorophylle, je laissai macérer un jour 
à l'obscurité et, jetant le tout sur un filtre, je fis subir au réàdu 
un grand nombre de lixîvîatîons. 

La teinture ainsi obtenue était d'un vert jaunâtre et s'altérait 
facilement à la lumière ; t'analyse spectrale montra qu'elle pré- 
sentait le spectre ordinaire d'une teinture alcoolique de feuilles, 
c'est-à-dire celui de la chlorophylle et de la xanthophylle super- 
posées (2). 

Je repris alors par le chloroforme le résidu laissé sur le filtre 
et j'obtins une liqueur d'une belle teinte rouge orangé, qui, con- 
centrée par évaporation à l'air libre et soumise au spectroscope 
(fig. i), ne laisse rien voir d'anormal avant 600 (3) ; l'absorption 
commence à être sensible à 580; elle s'accentue assez rapide - 
ment, se montre déjà assez forte à 500 et devient totale vers 
480. Ni vers A, ni entre B et C, ainsi que nous l'avons déjà dit, 
on n'aperçoit rien d'anormal. 

t. Dans UD récipient opaque, Us restent toujours à U sur&ce et rendent ainsi 
la décantation impossible. 

3. Nos analyses spectrales ont été faites arec le concoon de H. RJgollot, chef 
des travaux de physique à la Faculté des Sciences de Lyon. 

3. Les cbiSres placés au-dessous des spectres indiquent les longueurs d'ondes. 
Ccûe notatloD a l'avantage d'être absolue, tandis que l'échelle du spectroscope 
CM variable pour chaque ina 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



194 lOURKAI. OB BOTANIQUE 

leur plus sombre, sur les granulations rouges qui l'aToisioent. 

De cette étude il résulte donc : 

1° Que XEttglena sanguinea possède un pigment rouge- 
orangé, constitué par des granulations extrêmement ténues, in- 
solubles dans l'eau et l'alcool firoid, soluble dans le chloroforme 
et l'acide azotique concentré, et bleuissant sous l'action de l'acide 
sulfurîque ; 

s" Que la niâne n'est point analogue à la chrysoquînone; 

3° Que la matière colorante du point oculiforme n'est point 
de la rufine. 

Si VEuglena sanguinea n'est qu'une forme physiologique on 
pathologique de VE. viridis, il nous semble possible de décou- 
vrir les circonstances qui président à la formation du pigment 
rouge et d'en provoquer expérimentalement soit la disparition, 
soit la réapparition. C'est cette étude que nous poursuivons eo 
ce moment et que nous espérons mener à bonne an, grâce à la 
grande quantité de matériaux que nous possédons. 

LISTE DES AI-GUES RECUEILLIES A L'ILE MIQUELON 

PAR M. LE DOCTEUR DELAMARE 

(Fin.) 

Par M. P. HARIOT 

20. Orgyia pinnata Rostaânski, in herb. Mus. Par. 
Alaria escuUnia Greville, Alg. Brii., p. 25, t. IV, 

Dans l'anse à Trois-Pics, où elle ne découvre qu'à mer très basse, 
15 février 1882, 31 mai 1883 (n" 39 «47), 

Plante très variable pour laquelle de la Pylaie à créé plusieurs es- 
pèces suivant que les dimensions de la fronde et des pinuules sont plus 
ou moins larges. (L. linearis, Pylaii, megalopleris^ musafolia, etc.) 
M. G. Agardh, s'est efforcé de caractériser ces diverses formes par des 
desdipdous munitieuses, tout en ayant soin de feire remarquer que 
« tegT'e^ nisi invicem Juxtapositm et comparata deierminaniur » {^fr. 
J. G. Agardh, Bidrag till Kaennedomen ofGroenlands Laminariêer 
oeh Fucaeeer, p. 33 et seq.). 

21. Ascophyllnm uodosam (L.) Le Jolis, Algues marines de 
Cherbourg, n" loi. 

Grande anse, pointe de Miqnelon, décembre 1881 (n" 13), pointe 
an Cheval, bords de la rade, pointe aux Soldats, janvier-mars 1883 

(■>• ■♦)• 



D,B,i..ab,GoOglc 



p. Habiot. — Liste des Aiguës recutUlUs h l'île Miquebm, 195 

33. Fnous eTanesceofi C. Agardh, Species, p. 92. 

Très commoD dans toutes les parties de la câte où. eziateat des 
rochers, janvier 1883 {n" i et 2) ; à la pointe, février 1882 (a" 5 et 6) ; 
Grande anse, janvier 1882 (n" 7 et iS). 

33. F. TesiculosusL., Species plantarum, II, p. 1626. 

Paitout où il y a des rochers, janvier-mars 1S82 (n" 11 et 12); à la 
pointe (n" 3 et 4). 

Certains échantillons se rapportent assez exactement à la forme 
distinguée par de la Pylaie sous le nom de Magalopkysus (Flore de 
Terre-Neuve, p. 76 et in herb. Mus. Par.). 

24. F. Fuecide la Pylaie, Flore de Terre-Neuve, p. 87. 
Ue Miquelon {n" 8). 

Le Fucus Fueci, considéré par M. J. Agardh comme une simple 
variété du précédent, pourrait peut-être, de même que le -P. miclonen- 
sis, être rapproché du F. evanescens. 

25. F. fllifonnis Gmelin, Hisioria Fucorum, ub. 1, A, f, i. 

A la pointe au Cheval et à l'anse à Trois-Pics, janvier-mars 1882 

Espèce moins commune que les précédentes. 
26, F. edentatus de la Pylaie, Flore de Terre-Neuve, p. 84, 
Pointe au Cheval, janvier 1882 (n"9, 15, 16, 17, 18). 
Se rencontre partout eu toutes saisons. 

FLOBIDK« 

27. Porphyra. 

Sur Rhodomela fusca, partie sud de la rade de Miquelon, mars-mai 
1882 {n" 34, 35, 36). 

28. Ptilota plumosa (L.) J. Agardh, Spedes Algarum, 2, p. 95. 
Rade de Miquelon. Aborde à la côte et semble habiter à de grandes 

profondeurs, avec VAgarum à la griffe duquel il est souvent fixé (n" 24). 

39. Ceramium rubrnm C. Agardh, DisposiHo Algaram Suecùs, 
p. 17. 

Dans l'anse à Trois-Pics, 25 juillet 1883 (n° 108) ; sur le stipe du 
L,am. longtcruris, 4 août 1882 (n° no) ; sur Âscophyllumi;^ 14). 

30. HalosacoionramwitaceaiD {L.)J. Agardh, L^tecf«f.iJ^f»r«M, 
2. P- 358- 

Anse à Trois-Pics, pointe au Cheval, anse de Beilivauz, férrier- 
mai 1882 (n<* 41, 43); pointe au sud de la rade, 17 mai 1882 (n* 43). 

31. Chondrus crispas Lyngbye, Tentaman hydniph, dtmictB, 
p. iS.t-S- 

Anse k Trois-Pics, mélangé au Gigafiina matnilhsa (n<* 45). 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



ig6 ... - JOURNAL DE BOTAMIQUE 

32. Gigartina mamiUosa {Good. et Woodw.) J. Agardh, Âlgw 
tnoris Medii., p, 104. 

Anse â Trois-Pics, avec le précédent (a" 45). 

33. Almfeltia plicata Fries, Flora scanica, p. 10. 
Rade de Miquelon, février 1882 (n" 26, 391). 

34. Rhodymenîa palmata GrevîUe, Alg» àrHarmicœ, p. 93. 
Rochers qui longent le banc de galets du Chapeau, 30 mars 1883 

(n''33); fixé sur les stipesduia»». /£)«^'cr«rti, 4août 1882 (q*iii); 
sur roc dans l'anse du Gros-Gabion, 17 juin 1882 (n" 153). 
Employé comme vermifuge par les Anglais de Teire-Neuve. 

35. Corallina ofBcinalîs L., Fauna Suecim (n" 2234). 
Sina loco (n" 44). 

36. Rhodomsla subfusoa (Woodward) C. Agard, Sptcies^ 1, 
p. 378. 

Rade de MlquelOD, partie sud, mars-mai 1882 (a" 34, 35, 36); grand 
étang d'eau saumàtre ne communiquant plus avec la mer depuis tm 
mois, 18 juillet 1882 (n* 105). 

ÉNUMÉRATION 

DM 

PLANTES DU HAUT-ORÉNOQUE 

Rtaoltées par HH. J. Chaffonjon et A. Gaillard 

(SniU.) 

Par M. P. MAURT 

CYPÉRACÉES 

CYPERUS 

c. amabiliB Vahl, Enum. PL, II, p. 318. — C. aureus H. B. K., 
/.«., P-205; Bôckeler, in Linnaa, XXXV, p. 494; — C.\auran- 
iiacus H. B. K., /. c, p. 205. 

Savane sèche. Las Bonitas, J. Cbaff., n. 391; Atures, Août, 
A. Gaill., a. 140. 

C. elegana Lin., Sp. PI., p. 68; BOckder, /.c, XXXVI, p. 533. 
— C. toluccensis H. B. K., /. c, p. 206. 

Savane humide. Las Bonitas, J. Cbaff., n. 292; Atures, Août, 
A, Gûll., n. 142. 

"Vas., trmradiata, involucri phyllis 5 lads, cuspidatis; umbells radiis 
abbreviatis, interioribus sessilibus; spiculis sessilibus ; caryopsi ellipsoidea. 

Haut-Orénoque, J. Chaff., n. 512. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



p. Maort. — Enumeration des flatiies du Hatit-OréHOÇue. tgfj- 

C. Hsspan Lin., Spec. PI., p. 66; Kunth, Enum. PI., Il; p. 34.;- 
Bôckeier, /. c, XXXV, p, 574. — C. nudus H. B. K., /. c, p, 203. 

Dans l'eau, ruisseau de la Hariquita, J. ChafF., n.' 63. > 

C. sphaoelatus Rottb., GrM«.,p. 36; Bôckeler, /. c, XXXVI, 
p. 393. 

Savane d'Atures, Août, A. Gaill., n. 143. 

C.flavuaBcklr., /. c, XXXVI, p. 384. — Mariscus fiavus Vahl, 
/. *^., P- 377; — ^- cofifertus a. B. K., /. c, p, 213. 

VuLGO : Corosiilo. 

Savane d'Atures, Juillet, A. Gaill., n. 86. 

KYLLINGIA 

K. odorata Vahl, /. c, II, p. 382; H. B. K., Le, p. 211; 
Bôckeler, /. <;., XXXV, p. 410. 

Savaoe humide de riIePannan,J.Cliaff,, n. 293; Savane d'Atures, 
Août, A. Gaill., n. 141, 

FIMBRISTYLIS 

F. oapillariB A. Gray, Man. Bot. Northern U. S., cd. 5, p. 567. 
— Seirpus capiiiaris h.. Mont., p. 321 ; — Isolepis capillaris Rœm. 
et Schult., Syst., II, p. 118; — Is. bufania H. B. K., /. c, p. 222. 

\* Forma major. 

VuLGO : Chaposal. 

Lieux secs, La Hariquita, J. Chaff., o. 514. 

2° Forma minima. 

VuLGO : Paconeja. 

Lieux secs, La Hariquita, J. Chaff., n. 17. 

F. jtinciformis Nées ab Eseub. (sub Oncostylidè), Cyper. Brastl., 
p. 45. — Isolepis junciformis H. B. K., /. c, p. 222. 

Savane humide, Alures, J. Chaff., n. 273. 

Var. p conostaehya Clarke mss. in Herb. Mus. Par. (sub Bulboslylidé), 
culmis tenuioribus, foliis brevioribus, panicula depaup>erata. 

Savane d'Atures, Août, A. Gaill., n. 137. 

ELEOCHARIS 

E. sulcata Nées ab Esenb., in Linnma, IX, p. 394; Bôckeler, 
/. c, XXXVI, p. 445. 

Dans les eaux du ruisseau La Hariquita, J. Chaff., n. 515. 
scmpus 

S. OaîUardii n. sp. (Fig. 7). 

SufirutesceoB, cœspitosus, caule lignosa, valde ramosa, ramisdiTaricadg, 
foliorum vaginis siccis dense adprcssîs obtccta; râdidbus nnmeroaiâ, fir- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



ifl JOURNAL DE BOTANIQUE 

mis, dotccndentibiiB basique fasdculum craBsum formandbus; vagfinis lads 
lazisque, ère dense piloso-laoatis ; loliis culmi dimidinm Kquastîbus, rigidiSi 
ensifonnibus, triquetris, «ends, pitosulis, margine scabridîs; culmîs 5-8 



Plg. 7. — Sicfr / m GatllardU t i, port; i, fntjmenc {rroui de feuille; g, ipillsli 4^bnwtÉe 
de l'épillel; 5, anlhère; 6, achaine; 7, andtocée et gynécée. 

cm. altis, triquetris, sulcatis; spîculis obloago-ovoideis, obtusis, 6^'"*. 
longis^ squamis arctc ïmbricaiis, late ovalibua, obcusis, me[^raaaco»-pel- 
Inôdis, BlmniiieO'-albidis, vis carioMis; oaryopai squame 1/3 brevivre, tri- 
4)PKtia, iwitr rrn m TWi'iilii , aagMlis promimoixibus, piriformi, apîoe «ocdata, 



D,g,tza:Jb.GOOgle 



p. Maubt. — Ènmnéralion des plattits du Haut-Orénoque. 199 

tnbercttlo minimo atrato coronata, baai attcnuata ; stylo trifido, adgmatibus 
fiads, panim exsertis. — Species eximia nullam suppeteas; in sectione 
BmBoslylidis Kunth coUocanda, a Fi»tirislyiiva\à.K difiert spiculis soUtariis, 
et ad SeirpttM perigynio déficiente, foliisquc pcrtinet. 

Dans les fentes des rochers granitiques sur lesquels s'écoulent les 
eaux, Atures, Juillet, A. Gaill-, n. 105. 

S. aturensis n. sp. (Fig. 8), 

Osspitosus, radice fibrosa; culmis erectis, trian^ularibua, sulcatis, 
basi foliatis, viridibus aut purpurascentibus, 8-10 °'°. altis; vag^nis infimis 
aphyllis, supremis parum productis, ore pilosb, purpureis; foliia brevissi- 



A 




Flg. 8, — 5W 

chAume ; 3, epiiiei \ 41 omctee \ 5, anarocce ce gyncccc ; d, ïcauno. 

mis Tct aullis, triquetris ; spiculis ovatis vel subg-lobosis, parvulîs ; squamis 
dense adpressîs, orbiculatis, obtusis, pellucido-purpurds vel atropurpureis, 
apîcc sobcarinata; caryopai 1/3 gquanuc breviore, late oboyata, trigooa, 
compressa, basi atteuuata, apice subcordata, Intcola, tubercule mimimo, 
bnumeo coronata; stylo trifido viz eiserto; setis nullis. — Affinis 5. ku- 
totiach!fS Willd., et lattato Willd., sectionis Bid&oslylidis {Isolepis Knath). 
&itTe les rochers granitignes, savane d'Atures, A. Gaill., a. 46. 

S. radloifloTus n. sp. (F^. 9), 

Radidbns fibrosis capitlariboa, passmi spicnlBtQ «ntfloram solitariam fe- 
rentibns, colmis cœ^tosis, s ub te tra go rô, ■àrilaWis, lO-DS"* ^'<^) fliifonni- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



«M JOURNAL DE BOTANIQUE 

bus; vaginis effoliatis, infimis atrofiiscis, margiae hyalinîs, saprema basi- 
purpurascente, sulcata, ore postice membranacco-producta ; spiculis radi- 
calibus unifloris, culmeis plurifloris, subcompressis, lanceolatis, : 




Fig. p.— ScirftiS radiciflena : i, ipillet; i, bradée; 3, iindroc4e et gynéc**; 4, ■cbWM; 

lis, 8""" longis; squamis laiis, acucia, carinatis, canna viridula, lateribos 
atropurpureis, margine angustissime hyalina; caryopsi radical! majore, 
utraque ovato-trigona, angulis prominulis, basi parum constricta, a^ùcc 
tnincata, longitudinal! ter margaritata, luteo-nitida, apice tuberculata, to- 
berculo triaagularî magao, acuco, bruDDco; stylo trifido, vix exserto, ded- 
duo; setis caryopsi brevioribus, tenuissimis retrorsum scabridis, fosda; 
filamentis 3, elongatis. — Se. /gnuisfiicato Beklr. vix affinis. 

Rochers, Cerro Mogote, J. Chafi"., n. 281. (A suivre.) 

CHRONIQ.UE 

M. Rbichbnbach, le savant botaniste bien connu notamment par ses tlxTanx 
sur les Orchidées, est mort le 6 mai à Hambourg;. Par son testament, 11 laisse 
toutes ses collections botaniques au Musée impérial de Vienne, à contUtitHi 
qu'elles y seront conservées pendant vin^-clnq ans dans des caisses scellées el 
ensuite exposées publiquement. A défaut d'acceptation du Musée Impérial de 
Vienne, le legs ira, sous les mêmes conditions, à l'UnWersité d'Upsal, oi, à 
défaut, à celle de Cambridge, ou enfin au Muséum d'histoire naturelle de Paris. 

Madame Malbrançhe, a6, me de Joyeuse, à Rouen, 'désire Tendre l'herbier de 
~ Phanérogames de feu M.' Malbranche : 

33 -paqnets de plantes exodques. 

40 — — de France et d'Europe. 

13 — — d'Algérie, herbier Trabut. 

lit GéroMt : Louis Mosor. 



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3* ANNÉE 



JOURNAL DE BOTANIOUE 

Directeur: M. Louis MOROT 



HERBORISATION A FONTAINEBLEAU 

LB 30 MAI 1889 

Par H. D. LUIZET 

Les botanistes qui se sont occupés de la flore de Fontaine- 
bleau ont toujours reconnu la nécessité de consacrer plusieurs 
journées à l'exploration de la forêt. Les stations les plus riches 
sont, en effet, très écartées les unes des autres et, par les plan- 
tes spéciales qu'on y trouve, elles méritent chacune d'être visi- 
tées. Il était donc intéressant d'essayer s'il ne serait pas possi- 
ble, dans une seule journée et sans le secours d'aucun véhicule, 
d'explorer les stations principales de la forêt ; en un mot de ré- 
colter dans une même excursion la majeure partie des espèces 
rares qui font de Fontainebleau l'une des localités les plusfré- 
quentées des botanistes parisiens. 

Le 30 mai 1889, favorisé par un temps exceptionnel, je mis 
ce projet à exécution, en compagnie de notre savant confrère 
M. Guignard, dont le concours éclairé a largement contribué à 
la réussite de l'herborisation. Le résultat obtenu nous eng'age 
à Ëùre conn^tre notre itinéraire et la liste de nos récoltes. 

Quelques plantes étaient défleuries, d'autres n'étaient pas 
«icore très développées ; je ne les ai citées sur les listes sui- 
vantes que lorsqu'elles ont pu être reconnues d'une façon cer- 
taine et leurs noms sont précédés d'un astérisque. 

Partis à 10 heures et demie, aus^tôt après déjeuner, de la 
gare de ^Fontainebleau, nous avons gagné par les Basses-Loges, 
la route de Valvins à la Croix de Toulouse, explorant les abords 
de la gare, puis les taillis frais et couverts du bois de la Made- 
leine ; nous avons ainsi récolté : 

* Tcrdyliuro ma«itn>im L. 1 Isatis tinctoria L. 
Crepb tectorum L. 1 ' Leontodon hispîdus L. 

* Chondrilla jôncea L. | ArabU sag^tlata D, C. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



lOURNAL DE BOTANIQUE 



Platanthera montana Rchb. 
Ltaum catharticum L. 
Euphorbia dulcîs L. 

* Goodyera repens R. Br. 
Polys^ia aostriaca Crantï 
Melittis Melissopbyllum L. 
Luzula Porsteri D. C. 

* Trifolium médium L. 
Ophrys aranifera Huds. 

* Genista sagittalîs L. 
Ruscus aculeatus L. 
Carez tomeatosa L. 



Carcx digitata L. 

— divulsa Good. 
Orchis purpurca Huda. 

— militarîs L. 
Neottîa Nidus-avis Rtch . 
Mespilus gcrmanica L. 
Ranunculus Chœrophyllos Auct. 
• Hyperîcum montaaum L. 
Silcne autans L. 

Equisetum hiemale L. 
Géranium sangniaeum L. 
Anémone Pulsatilla L- 



A midi et demi nous arrivions à la Croix de Toulouse, après 
avoir recueilli, à droite ou à gauche de la route, dans les parties 
herbeuses ou sur les bords des taillis : 



Aceras anthropophora R. Br. 
Orchis militarîs L. 

— purpurea Huds. 

• — hybrida Bœnningh. 

— anthropophoro-militaris. 
Anacamptis pyramidal is Rtch. 

• Cephalanthera rubra Rich. 



Polygala austriaca Crantz 
Asperula tiactoria L. 
Lilhospermum officinale L. 
Carez humilis Leyss. 
Asclepîas Vincetosicum L. 
Ajug^ gcnevensis L. 
Platanthera montana Rchb. 



Une demi-heure de recherches aux environs immédiats de la 
Croix de Toulouse qui sont assez riches nous procurait encore : 



Anémone Pulsatilla L. 
— sylvestris L. 
• Phyteuma orbJculare L. 
Carez ericetorum Poil. 
Luzula multiflora Lej. 



Genista pilosa L. 
■ Thaliclrum sylv£ 
Euphorbia Esula L. 
Géranium sanguineum L. 
Campa nula glomerata L. 
Spiriea Kilipendula L. 

Délaissant à dessein les rochers Cassepot, dont la flore est 
très pauvre, nous hâtions le pas jusqu'au champ de courses de 
la vallée de la Solle, glanant çà et là : 

* Scabiosa suaveotens Desf. 1 Teesdalîa nudicaulis R. Br. 
Scleranthus anauus L. 1 Aira prœcoz L. 

— perennis L. I Viola caoina L, var. 

Enfin aux abords de la route de Melun, 

Rosa pimpiaellifolia D. C. 1 Cynoglossum officinale L. 

• Pirua acerba D. C. 1 

Dans les clairières sablonneuses jusqu'à Bellecrotx et sur les 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



D. LuitsT. — Herborisation à FontaitubUau. 303 

pentes boisées que l'on gravit avant d'y arriver, nous avons 
trouvé une foule de plantes intéressantes : 



ADunone PulsatJlla L. 

* Ranuaculos gramincus L, 

— Chserophyllos Auct. 

Spergula Morisonii Bor. 

— pentandra L, 
Asperula tiactoria L. 

* Scabiosa suaveolciM Dcsf. 
Rosa pimpinellifolia D. C. 

* Plulangium Liliago Schreb. 
Carex ericetorum Poil. 
Teesdalia nudicauIisK. Br. 
Sderanthus perennis L, 

A 3 heures, nous arrivions à Bellecroix. Une heure de re- 
cherches aux abords du carrefour et dans les mares environ- 
nantes nous permettait de récolter à peu près toutes les raretés 
que l'on y trouve habituellement : 



VeroQÎca prostrata L. 

— spicaia L. 
Omithopus perpusillus L. 
Cephalanthcra ensifolia Rich. 
■ — rubra Kich. 

Thesiura humifasum D, C. 
Jasione moniana L. 
Asplenium Adiaotum-aigrum L. 
Spiraea Pilipendula L. 
Turritis glabra L. 



• Sedum sexaogalarc L. 

• — villosum L. 

• Crassula rubeos L. 
BuUiarda Vaillantii D. C. 
Helosciadium inundatum Kocb 

• Utricularia minor L. 
MoBtia nùaor L. 
Carcx Schreberi Schrk. 
Raaunculus aoditlorus L. 

— Chœrophyllos Auct. 

— Flammuta L. 

— Philunotis Ehrh. 

— hololeucos Uoyd 

— divaricatus Scbr. 
Pcplis Portula L. 
Pedicularis sylvatica L. 



Spergula Morisonii Bor, 

— peataadra L. 
Moenchia erccta Rchb. 
I une us squarrosus L. 
Vcronica scutellata L. 
Trifolium strjatum L. 
Ophioglossum ambiguum Coss. et 

Genn. 
Carex vesicaria L. 
Ornithopus perpusillus L. 
Illecebrum verticillatuin L. 
Alopecurus geoiculatus L. 
Aira prœcoz L. 

Ajuga{reDeveiisisL.(floribu3rosei3) 
* Ëlodes palustris Spach 
Potamogetoa polygoaifolius Pourr, 



Le mauvais état des mares, exceptionnellement vaseuses 
cette année, ne nous a pas permis de recueillir le Ranunculus 
tripartitus D. C. qui est d'ailleurs beaucoup plus rare à Belle- 
croix qu'à Franchart. Le Trifolium- striciunt L. a également 
échappé à nos recherches, même à l'endroit où nous l'avions 
toujours trouvé jusqu'ici. II est à craindre que cette espèce ait 
disparu et il en sera malheureusement de même à bref délai de 
V Ophoglossutn amàiguum Coss. et Germ, 

Aussitôt DOS récoltes terminées à Bellecroix, nous n'avions 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



304 lOURNAL DE BOTANIQUE 

plus qu'à gagner Franchart aussi rapidement que possible. Les 
grandes futaies ne nous ofiErent qu'un petit nombre de plantes 
intéressantes : 



Rnscus aculeaCus L. 
Ilex Aquifotium L. 
Cephalanthera ensifolia Rich. 



• Csmpanula persicaefolia L. 

• Vinca min or L. 

• l'rifolium médium L. 
Neottia NJdus-avis Ricb. 

L'exploration des rochers et des mares de Franchart nous a 
procuré : 
Myosotis scricta Liak 



Spcrgula Moriaonii Bor. 
Genista angUca L. 
Veronica scutellata L. 
Hclosciadium innodatum Koch 
Trifolium mious Relhau 

— micraDtbum Vîr. 
JuDCus squatTosus L. 
Asplenium lanccolatum Huds. 
Carex vesicaria L. 

1 Poil. 



Carex humilîs Leyss. 
RaDuaculus hololeucos Lloyd. 
Ranunculus hololeucos var. minor 

Bor. 
Raaunculus trjpartitus D. C. 

— Chxrophyllos Auct. 

Potentiila spleadens Ram. 
Elodes palustris Spach 
Heliaathemum polifolium D. C. 
— umbellatum Mill. 

Senecio sylvaticus L, 

Sur les bords d'une allée coodmsant aux gorges d'Apremont 
abonde 

Potentiila splcndens Ram. 

L'abondance des eaux à la mare aux Pigeons ne nous a pas 
permis d'apercevoir VAtr(^szs agrostidea D. C. qu'il est facile 
de récolter au mois de juillet. 

Il était plus de cinq heures quand nous quittions Franchart 
pour nous rendre au Parquet du Puits-Cormier par le Chêne* 
Rouge et le Long-Boyau. 

Aux environs du Chêne-Rouge, nous avons trouvé ; 
Carex tomentosa L. 1 Genista pilosa L. 

Hélianthe mu m umbellatuni Mill. | 

mats le temps nous manquait pour explorer avec fruit cette 
partie sauvage et peu connue de la forêt. 

Au Parquet du Puits-Cormier, nous récoltions : 
* Allium flavum L. Tragopog'OD major Jacq. 

Crépis lectorumL. 
Trifolium montanum L. 

— ochrolcucum L. 
Koeleria cristata Pcrs. 
Aathyllis Vulneraria L. 



Berteroa iocana D. C. 
* Salvia verticillata L. 
Silène conica L. 
' Scabiosa suaveolens Desl. 
' Orobancbe Tcucrii Schltz. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



Alysaum montanum L. 
Géranium sanguincum L. 
• PeucedaDura Cervaria Lap. 
Trinia vulgaris D. C, 
Hcliantbemutn poiîfolium D. C. 



D. LuiiBT. — HerborisaHon h Fontaùitôleau. 105 

Traversant ensuite la plaine du polygone de tir pour nous 
rendre à la Chaise à l'Abbé, nous trouvions aux alentours du 
Vert-Galant : 

• Hypochœris maculata L. 
Verooica prostrata L, 

* Scabiosa suaveoleos Desf. 
Gtobularia Willkomii Nym. 
Eupborbia Esula L. 
Carex ericctorum Poil. 

Enfin nous étions assez heureux pour retrouver une espèce 
rarissime que depuis longtemps personne n'avait récoltée à Fon- 
tainebleau : 

Carex obesa Coss. et Germ. 

Cette plante ne se trouve plus au carrefour du Vert-Galant 
où on l'avait signalée, mais dans les environs immédiats de ce 
carrefour. 

Il ne nous restait plus beaucoup de temps pour e:q>lorer le 
Mail Henry IV; néanmoins nous avons pu y recueillir : 



• Orobanchc Teucrii Schltz. 

• Hypochœris maculata L. 

• Peucedanum Cervaria Lap, 
Arcnaria triflora L. 
A^rula linctoria L. 
Sesleria cœmlea Ard. 

Rosa pimpinellifolia D. C. 
Epipactis atrorubens Hoffm. 

• liialictnim sylvaticum Koch 
Viola caniiia L. var. 



Heliantfaerauni umbcllatum Mill. 
~ polifolimn D. C. 

Fumana procumbeas Gr. Godr. 
Carex moatana L, 

— ericctorum Poil. 

— humilis Leyss. 

• Hutchinsia petrxa R. Br. 

• Ononis Columnœ AH. 
Sorbus latifolia Pers. 

• Goodyera repeos R. Br, 



De là nous sommes revenus à la gare par le parc du château. 
Malgré l'obscurité du crépuscule nous pouvions encore consta- 
ter dans le grand canal 

* Potamo^ton crispus L. | " Potamogelon pectioatus L. 
mais nous dûmes renoncer à trouver dans le parc quelques espè- 
ces qu'il est très facile d'y découvrir en plein jour : 

* Anacamptis pyramidalis Rich, 1 Cucubalus bacciferus L, 
Aceras anthropopbora R. Br. | 

A 8 heures et demie nous étions de retour pour dîner. 
Notre excursion nous avait donc demandé 10 heures de 
marche. 

Notre connaissance antérieure de la forêt et de sa flore nou$ 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



3oâ JOURNAL DE BOTANIQUE 

a certainement beaucoup aidé dans nos recherches, et elle seule 
a pu nous permettre d'effectuer notre trajet en si peu de temps. 
Aussi conseillerons-nous aux botanistes désireux de faire cette 
excursion de coucher la veille à Fontainebleau et de partir de 
grand matin de façon à pouvoir déjeuner à Franchart vers midi. 
Us pourront ainsi consacrer plus de temps à leurs recherches et 
rentrer à Fontainebleau avant le crépuscule. 

La longueur du trajet, abstraction faîte des détours, est 
d'environ 30 kilomètres. 



FUNGI NONNULLI GALLICI 
a P. A. KARSTBN et P. HARIOT deicripU. 
Hariotia n. g. Karsten. 

Perithecia carbonacea, erumpentJa, glabra, rima subdehis- 
centia, atra. Asci cylindraceo-clavati. Sporse 24 : nae, ovoideae, 
i-septatœ, hyalinae. Paraphyses nuUss. 

H. strobilig«iia(De5m.) Karst. etHariot. 

Syn : Sphseria strobiligena Desm. 13 not. 1846, p. 75. 
Didytnella sirobiligenû, Sacc. Syll. 1 . p. 552 . 

Ascilongit. 105-120 p, crassit. 12-15 i^, **^^^ non cserules- 
centes. Sporœ distichae, longit. 12-18 p, crassît. 4-6 f*. 

Ad conos dejectos Fini tnaritimi in Gallia occidentalî. Di- 
cksenant strobilinaTn in memoriam revocat. 

LeptosphsBria Ailanti n. sp. (Karst. etHar.). 

Perithecia sparsa, sphîeroideo-applanata, epidennide tecta, 
ostiolo papitUeformt, rotundato, perforante donata, atra, circî- 
tcro,2 mm. lata. Asci cylindraceo<clavati, longit. 75-95 f, cras- 
sit. 8-10 ft. Sporse 8 : nœ, distichse, fusoideo-bacillares, utroque 
apice obtusae, rectae vel leviter curvulœ, 3-septatœ, ad septum 
médium leviter constrictœ, loculo penultîmo levissime protu- 
bérante, luteoUe, longit. 30 F*., crassît. 3-4 f. Paraphyses aon 
vts;£. 

Ad ramulos Ailanti glanduîosî, in Gallia. 

Dothidea rudis n. sp. (Karst. et Har.). 

Stromata per corticem fissam erumpentia, sparsa, subiode 
confluentia, pulvinata, planiuscula, tuberculosa, atra, intus 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



Lbclbrc Dtr SiBLOM. — Sur i'*ndodtrmt de la tige des SéiaginelUs. 307 
fusca vel fusco-cinerea, orbicularia vel oblongata, 1-2 mm. lata. 
Locull minimi dispersi, albi. Sporae ellipsoidese, utrinque obtu- 
sissimx, i-septatae, ad septum leviter, interdum parum, cons- 
tricta:, fuligiaese, longit. 17-25 (*, crassit. 1 1-13 f». 

In ramis emortuis Quercus, in Gallîa. 

GlcBOSporium Ghenopodii n. sp. (Karst. et Har.). 

Maculae nuUae. Acervuli sparsi, applanato-discïformes, epi- 
dermide nigriâcata velati, deîn denydati, pallidi, orbiculati vel 
oblongati, latitudine 0,2 mm. Conidia ellipsoîdea, eguttulata, 
longit. 9-8 f», crassit. 3-4 ;»■ 

Ad caules emortuos Chenopodn albt ia An^Ttàa.. 

Gl. tnicroscopicum n. sp. (Karst. et Har.). 

Maculae nuUse. Acervuli sparsi, subcutaneo-erumpentes, ro- 
tundati, mlnutissîml (vix 0,1 mm. lati), fuliginei vel succinei, 
dein aperti, intus pallidî. Conidia fusoideo-bacillaria, curvula, 
vulgo guttulîs minutis prxdita, hyalîna, longit. 20-30 fi., cras- 
sit. 2'4 f^. Sporophora non visa. 

Ad carpella arida Cameh'me sylvesiris in Arvernia, 



SUR L'ENDODERME DE LA TIGE DES SELAGINELLES 

Fai H. LECLESC DU SABLON 

On connaît la structure de la tige des Sélaginelles. Si l'on 
prend comme exemple une tige mince de Selaginella hortensis, 
on reconnaît dans une section transversale deux régions nette- 
ment séparées par de très grandes lacunes et réunies seulement 
l'une à l'autre par de minces trabécules formés chacun d'une seule 
cellule très allongée dans le sens du rayon de la coupe. 

La partie périphérique annulaire est formée uniquement de 
parenchyme cellulaire; la partie centrale qui renferme le bois b 
et le liber correspond au moins partiellement au cylindre central. 
Mais, où est la limite précise entre l'écorce et le cylindre central? 
en d'autres termes, où est l'endoderme? Les anatomistes sont 
peu explicites à ce sujet. Les traités classiques ne font pas men- 
tion de l'endoderme de la tige des Sélaginelles. Dans son mé- 
moire sur le passage de la tige à la racine, M. Gérard, sans in- 
sister d'ailleurs sur ce point, appelle endoderme l'assise ta plus 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



308 JOURNAL DE BOTANIQUE 

externe p de la partie centrale de la tige ; les cellules qui forment 
les trabécules seraient donc, d'après cette manière de voir, 
l'avant-demière assise de l'écorce. Ce vague qui règne dans la 
détermination de l'endoderme de la tige des Sélaginelles tient 
sans doute à ce qu'on n'a si- 
gnalé dans aucune assise les 
caractères spéciaux de l'en- 
doderme. 

Ces caractères existent ce- 
pendant, mais dans des con- 
- ditions où on ne les trouve 
pas ordinairement. On voït, 
en effet, sur la figiure, que les 
cellules des trabécules e por- 
tent un cadre subérifié comme 
les cellules ordinaires d'endo- 
derme. Cette assise est donc 
l'endoderme et l'assise la plus externe p de la partie centrale est 
le péricycle appuyé directement contre le liber. Le cadre subé- 
rifié que porte chaque cellule de l'endoderme est légèrement 
épaissi, mais ne laisse pas, en général, voir de plissements. 

Il est intéressant de remarquer que, dans ce cas, les cellules 
de l'endoderme ne jouent pas le rôle qu'on leur attribue généra- 
lement. On dit qu'au moyen de leurs plissements les cellules de 
l'endoderme s'engrènent les unes avec les autres de façon à 
adhérer fortement les unes aux autres et à constituer un appareil 
de protection pour le cylindre central. Chez les Sélaginelles, il 
en est tout autrement; les cellules de l'endoderme sont complè- 
tement isolés les unes des autres et ne peuvent jouer le même 
rôle mécanique que chez les autres plantes. 

J'ai retrouvé l'endoderme avec les mêmes caractères dans les 
autres espèces de Sélaginelles que j'ai étudiées, c'est-à-dire dans 
le S, cauUscens, le 5. inéequifotia et le S, irïangularts. 




D,g,tza:Jb.GOOglC 



P, Madkï. — ÉHuméralion des piaittes du ffaul-Orénoque. J09 

ÉNUMÉRATION 

PLANTES DU HAUT- ORÉNOQUE 

R6coltées par HH. J. Chaflanion et A. Gaillard 

(Suite.) 

Par M. P. HADRT 

HYPOLYTRUM 

H. longifolium Nées ab Esenb., Cyp. BrasiL, p. 66; Bôckeler, 
/. c, XXXVU, p. 134. 

Cnlmeis brevioribus, spîculisminimis. 
Haut-Orénoque, J. Chaff., n. 513. 

DICHROMENA 

D. nerrosa Vahl, /. c, p. 209. — D. ciliata Vahl, /, c, p. 240. 
— Rhynchcspora nervosa Bcklr, /. c, XXXVU, p. 529. 

VuLGO : Copela de Banoquon. 

Lieux secs, La Hariquita, J. Chaff., o. 41 ; plaines d'Aturcs, Mai, 
A. Gain., n. 2. 

D. pubera Vali], /, c, p. 241. — D.HumboUiana'He&'&^ Esenb., 
/. t., p. m; — Rhyttckospora pubera^c^h.^ t. c, XXXVIl, p. 528. 

Cerro Mogote, J. Chaff., n. 282. 

RHYNCHOSPORA 

R. oapitata Rœm. et Schult., Syst., II, p. 88; Bôckeler, /. c, 
XXXVIl, p. 538. — Chmtospora capiialm H. B. K., /. c, p. 129. 

Savane d'Atures, Août, A. Gaill, n. 138. 

R.bsrbata Kunth, £«««., n, p. 290; Bôckeler, l. c, XXXVIl, 
p. 54S- 

VhK.glalira (Ckéetospara pterocarpa H. B. K., /. c, p. 230). 

Lieux très secs, La Hariquita, J. Cbaff., n. 516. 

R. hirsuta Vahl, /. c, p. 231 ; Bôckeler, /. c, XXXVU, p. 612. — 
IHchromena hirsuta Kimth, /. c, p. 281. 

Savane, Maipures, J. Chaff., n. 279. 

R. oaphaloteB Vahl, Enum., II, p. 237 ; Bôckeler, /. c, XXXVU, 
p. 630. 

VuLGO : Corosilh. 

LaHariquiu, J. Chaff-, n. 34. 

R.elegautula n. sp. (Fig. 10). 

Culmiscœspitosi3,filiformibus, 30*30 ™.a)tis;radîdbua&brosis, cailla- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



3IO JOUKNAL DE BOTANIQUE 

ribus; folits angulatia, apice scabridis, seCaceïs, remods, cuiroobrcvioribus; 
panicula laia, aubcorymbosa, ramia remotisaimis, basi bractea breviore se- 
taceasuSiims; spiculis solitariis, breviuscule pedunculaijs, supremis subscs- 
aiUbi]s,laaceolatis,teretibus,angustîs,6'io'°". lon^3,floribus2-3frucDferis; 
sqnamia oblongi9,obtuaaCo-mucroiiatis,carinati9, luddis.fuscîs, iafimis ;t ste- 
rilibus, caryopsi squama multo breviore, oblonga, basi stipitata, apice trun- 
cata, bilobata vel bideatata, rostra acuto basî dilatato, marginata, undula- 
to-nigosa, oitida, cinerascente vel albida; stylo longiasimo, breviter bifi- 
do, vix ezserto. — R. ittnciformi Bœcklr. arcte affinis, corymbis et spiculis 
lazioribus majoribusque, caiyopsi oblonga ncc subglobosa imprimis distin- 
gnitur. 

VuLGO : Paja de marickal. 

Lieux humides, savane d'Atures, J. Chaff., □. 274. 




- RkyHchoipiiri tUgaxtitlit: i, épillet; i, 
3, fleur d"; 4. fleur p; s, ach«(ne 



So. Tôrticillata MuehI., Descr.ùb.Gram., p.226;Bôckeier,/. t., 
XXXVIII, p. 445. — Se. teneila Kunlh, /. c, p. 353; — Hypoporum 
tenellum NeesabEsenb-, /. c, p. 171, t. 9, fig. 2. 

Cerro Mogote, J. Chaff., 0,283 ; savane rocheuse, Atures,J. Chaff., 
o. 271. 

S, bracteata Cavan., le, V, t. 457; Bôckeler, /. c, XXXVllI, 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



^.tiÂxiKt. — Émmuuratùmdesptaitlts d» HoHi-Oritioqite. ati 

p. 515. — Sc.flùribunda^. B. K., Le, p. 30; Macrolomia bracfeata 
Necs ab Eseob., /. c, p. 183, t. 24. 

Vui/30 : CortatUra o SaàU vegeial. 

lieux humides, La Hariquîu, J. ChaiF., n. 66. 

ERIOCAULONÉES 



P. TTnffhnimnitAggii Mart., in Nov. Act. Acad. nai. cur., XVII, i, 
17, 1,3; Kômîcke, in Flor. Brasil., I, parsi, p. 304, t. 38. 
Foliis interdum magis elongatis. 
Bords de l'Atabapo, San-Fernando, Sept., A. Gaill., n. 167. 

P.£PALANTHUS 

p. Lamarokii Kunth, /. c, III. p. 506; Kômicke /. c, p. 356. — 
Brwcauion/ascfculafuiii\Mm\ii., EncycL, III, p. 276, t. 50, f. 3; — 
E. Lamarckii Steud., Synops., U, p. 376; — Pmpalanikus Oftonis 
Klotsch Id R. Schomburgk Reise in Bril. Guyana, III, p. 1 1 1 5. 

Ceno Mogote, J. Chaff., n. 114.. 

P.SUbtOis Miq., in Naiurk. Verh. v. d. Holl. Maatsch. d. Wiss. 
te /iaarlem,ll, p. 321, t. 65; Kôrnicke, /.C, p. 358. — P. suàulaius 
Klotsch, /. c, p. 1 1 16. 

Sur les rochers granitiques, savane d'Atures, Jnill., A. Gaill., 
n. 95. 

P. Htuuboldtii Kunth, l.e., III, p. 535; Kôroicke, /. c, p. 447. 
— Erioeaulon umbellaium H. B. K., /. c, p. 353. 

Rochers des bords de t'Orénoque du Meta à Atures, J. Chaff., 
n. 121; rocheradarandalSaaBorja, J. Chaff., n. 137. 

P. fertilis Kômicke, /. c, p. 44S, t. 58, f. 1. 

Plante des lieux humides, San Fernando de Atabapo, Sept-, 
A. Gain., n. 174. 

P. oaule806D8 KuDth, /. c, III, p. 537; Kômicke, l.c, p. 465. — 
i*. /r<ïc«-(« Klotsch., /. c, p. 1115. 

Piedra San Boija, J. Chaff-, n. 133. 

ERIOCAULON 

E. Homboldtii Kunth, /. c, III, p. 544; Kômicke, /. <?., p. 497 ; 
Klotsch, /. c, p. 1064. 



VoLGO : Tucilia. 

Savane d'Atures, J. Chaâ., n. 355. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



aia JOURNAL DE BOTANIQUE 

ALISMACÉES 

LOPHIOCARPUS 

L. gnysnenais M. Michel!, in A- et C.DC, Monogr. Pkanerog,, 
m, p. 63. 

Raudal de Munu, J. Chaff., n. 13+". 

AROIDÉES 

PISTIA 

P. Stratiotes L,, Zeyl.^ p. 152, n. 322; A. Eagler in A. et C.DC. 
Monogr. Pkanerog. 11, p. 634. 
Var, y obcordata A. Engler. 
Rio Guaviare, près de sod embouchure, Sept., A. Gaill. n. 186. 



C. picturatum C. Koch in Wochmsckr. f. Garin., 1863 p: 135; 
A. Engler, l. c, p. 465. 

Lieux humides près d'un morîchal, Puerto-Zamuro, Mai, A. Gaill. 
n.9. 

Cum dubio ad C. pietttraium ducimua spedmen mancum a Gaillardio 
lectum : flores enim fœmiaeos, a larvis destitutos, doq vidimus. Una tamen 
e numerosîs formis Caladii esse videtur, distincts fblii uoici limbo anguste 
hastato, lobis acutis, pastico quam anticïs parum langiori, ad aervum 
médium albescenti; pedunculo inferne rulescenti, supeme Tiridi; spatha 
viridi apice alhida. 

(W suitire.) 

RECTIFICATION 

Daiu l'anicle publié par M. Garcin daoa le dernier Dumiro sur le Pigment de 
VEuglena sattgttûua, il s'est glissé une erreur que nos lecteurs auront du reste 
rectiliÉe d'eux-mâmes A la pagt 193, au lieu de 

> La chrysoquinooe, qui avait été généralement considérée comme 
fort voisine de la chlororuâne, s'éloigne tout à fait de la rufioe : car 
elle ne montre en A aucune bande d' absorption, ainsi que le fait 
cette dernière. » 
Il tant lire : 

« La chrysoquÎDone, qui avait été généralement considérée comme 
fort voisine de la chlororufine, s'éloigne tout a fait de la rufine ; c<^ 
elle montre en A une bande d'absorption, ce que ne fait pas cette 
dernière. » 

Lt Gérant .• Louis Mosot. 



D,B,i..ab,GoOglc 



1" JUILLET 1889 



JOURNAL DE BOTANIQUE 

Directeur: M. Louis MOROT 



LES HERBORISATIONS AUX ENVIRONS DE MONTPELLIER 

(Suite.) 

Par H. Ch. FLAHAULT 

IV. ^ Les bois siliceux dans la région de l'Olivier, 
Les terrains siliceux sont beaucoup moins répandus dans la 
plaine méditerranéenne française que les terrains calcaires ; nous 
avons vu que la garigue (qui est calcaire, par définition) occupe 
la plus grande partie de la surface non cultivée, et le territoire 
sans culture est très étendu ; il n'y reste pourtant plus que quel- 
ques débris de forêts méritant à peine le nom de bois. 

Les terrains siliceux ont de grands avantages sur les sols 
calcaires au point de vue de la conservation des forêts. Les cal- 
caires, quel que soit leur âge géologique, sont le plus souvent 
compacts et presque toujours métamorphisés ; ils ont subi des 
pressions, des oscillations et des fractures qui en font, lorsqu'ils 
n'ont pas été recouverts par des alluvîons, un sol fendillé dans 
lequel les pluies s'infiltrent immédiatement et sur place sans 
laisser de traces sensibles. La garigue ne peut devenir produc- 
tive que par des reboisements d'une réussite plus difficile que 
partout ailleurs, et rien ne &it prévoir que les populations du 
midi doivent, de longtemps, chercher des éléments de prospérité 
dans la culture forestière; il semble que l'horreur des arbres soit 
instinctive chez elles, que chaque individu la subisse fatalement, 
comme par héritage, tant on y prend soin de détruire les arbres, 
là même où seuls ils pourraient assurer quelques revenus de la 
propriété, et sauvegarder le pays contre les dévastations des 
torrents débordés. Aussi la garigue sera-t-elle longtemps le 
refuge de beaucoup de représentants de la flore spontanée 1 

Les sols siliceux ont plus de fraîcheur ; s'ils sont dominés 
par des couches calcaires, ils sont arrosés par des sources, ets'ils 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



314 JOURNAL DE BOTANIQUE 

occupent eux-mêmes les surfaces les plus élevées, la moindre dé- 
ptessioii y devient une mare ou un marais. Dans tous les cas, les 
eatccs'y emmagasinent lentement, etsont utilisées successirement 
par les plantes. Les espèces arborescentes s'y développent avec 
vig'ueur, et résistent longtemps à la destruction due aux efforts 
de l'homme ; les arbrisseaux y sont serrés et forment facilement 
des broussailles impénétrables, de véritables maquis, défendus 
par leur épaisseur même contre la dent des troupeaux les plus 
aifamés. 

La reconstitution du vignoble méridional leur portera pour- 
tant une nouvelle atteinte. Plusieurs des variétés de vignes amé- 
ricaines qui se prêtent le mieux à la reconstitution comme porte- 
greffes ou comme producteurs directs prospèrent beaucoupmieux 
dans les sols' siliceux qu'ailleurs; nos modestes bois de Gram- 
mont, de Doscares et autres sont très menacés. Espérons que les 
hommes éclairés qui les possèdent voudront conserver aux bota- 
nistes de Montpellier des souvenirs qui ne sont pas sans gloire, 
et des ressources particulièrement précieuses pour nous en 
raison de la faible distance qui nous en sépare. Linné, on se Le 
rappelle, avait reçu de son ami Boissier de Sauvages tant de 
richesses puisées dans le trésor du bois de Grammoat qu'il parait 
s'être fait une idée fort exagérée de son étendue ; la petite mare 
qu'on y trouve encore était un lac pour lui. Comment le savant 
suédois, accoutumé à la pauvreté des forêts du nord, eùt-il pu 
croire que tant d'espèces, et si précieuses, se puissent rencontrer 
sur un si faible espace ? 

Touscesbois, clairsemés sur tmeétendue de quelques kilom^ 
très carrés, paraissent bien n'en avoir fait qu'un autrefois ; pour- 
tant la carte du diocèse de Montpellier, dressée par les ordres des 
Etats de Languedoc à la veille de la Révolution, les figure déjà 
séparés par des vignes. Leur défrichement partiel remonte donc 
à plus d'un siècle; il aurait pourtant été activé, s'il est vrai, 
comme on le rapporte, que les prisonniers autrichiens internés à 
Montpellier pendant les guerres du premier empire furent em- 
ployés à ce travail. Les charrues à vapeur et les attelages de six 
à huit paires de boeufs atteignent plus rapidement le même but. 
Les botanistes regretteront ces bois, s'il le faut, mais ils ne se plain- 
dront pas pourtant et ne protesteront pas comme ils le font lors- 
qu'ilsvoient dépouiller lamontagnesans autre résultatqu'uae me- 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



C. Fl.vh tuLT. — Les heriorisations aux ettvirons de Moitipellier. 115 

nace constante pour les cultures et pour les habitants des plaines. 

Les sols siliceux de notre plaine méridionale sont d'àg'e et de 
formations très variés. Ce sont parfois des alluvions quaternaires 
du Rhône, comme dans les localités classiques de Grammont, 
Doscares, Saînt-Aunès et Mézouls, ou des alluvions de même 
âge descendues des Cévennes le long de la vallée de l'Hérault, 
comme à Pézénas. Ailleurs ce sont des grès du Crétacé supérieur, 
correspondant, ou peu s'en faut, au Danien supérieur du Nord, 
comme à Clapiers, ou des poudingues à gros éléments du même 
âge, formant une partie du Garumnien de Leymerie, comme on 
en voit aux collines de Montarnaud. 

A Saint -Georges, à Murviel, à Courpoiran, dans les gorges 
du Verdus près de Saint-Guilhem-le-Désert, la flore de la silice 
se développe sur des dolomîes oolithiques parsemées de nodules 
siliceux. 

Les grès siliceux carbonifères et triasiques et les schistes per- 
mîens sont abondants aux environs de Lodève et de Clermoat 
l'Hérault. 

Enfin, pour compléter cette série, des éruptions ont couvert 
de roches basaltiques quelques points de notre territoire. 

Ce sont vers le sud, les derniers représentants des pays d'Au- 
vergne. 

Les schistes dévonîens, siluriens et cambriens s'appuient sur 
les arêtes granitiques des Cévennes, mais ils n'apparaissent guère 
au-dessous de la limite de l'Olivier. Presque partout, au niveau 
ou ces schistes anciens sontànu,le Châtaignier remplace l'Olivier, 
Nous nous arrêterons au niveau supérieur de l'Olivier, pour reve- 
nir plus tard à nos montagnes. 

Si au lieu de nous élever, nous cherchons au delà de nos 
limites immédiates les ilôts toujours restreints formés par les ter- 
rains siliceux dans la plaine de la Méditerranée française, nous 
en retrouverons au centre des Corbières, à Durban notamment, 
où les schistes siluriens affleurent à moins de cent mètres d'alti- 
tude ; sur le bord occidental de ce massif, on retrouve les grès 
siliceux du Garumnien, connus sous le nom de grès d'Alet ; à 
Fontfroide, à Boutenac, à Fontlaurier, c'est-à-dire au bord sep - 
tentrional des CcH-bières, la silice apparaît sous forme de grès du 
Crétacé sopéricur dont noua n'avons pas l'analogue aux environs 
de Montpellier. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



3i6 JOURNAL UE BOTANigOK 

Tout près de là nous pouvons explorer trois monticules qui 
émergent au milieu d'une riche plaine d'alluvions, si petits, si 
modestes, que l'état-major les a négligés comme des accidents de 
surface insignifiants ; les trois taupinières de Quillanet ont pour- 
tant reçu la visite denombreux géologues ; elles sont dues à un af- 
fleurement de mélaphyre avec quartz bipyramidé et méritent 
aussi d'attirer l'attention des botanistes. 

Les schistes anciens forment encore tout le massif des Albères, 
c'est-à-dire les contreforts des Pyrénées orientales qui, panant 
du col de Bellegarde, sont baignés par la Méditerranée, du Cap 
Creux à CoUioure. 

De l'autre côté du Rhône les terrains siliceux sont aussi très 
variés ; mais ils y occupent des espaces plus étendus, et la plaine 
plus étroite se confond davantage avec les basses montagnes. 

En nous étendant sur des détails géologiques de peu d'intérêt 
par eux-mêmes pour les Botanistes, nous n'avons eu d'autre but 
que de rappeler combien, dans le bassin de la Méditerranée, la 
composition des terrains est différente de celle des terrains cor- 
respondants au Nord du plateau central. 

La silice se présente dans notre midi sous des formes très 
variées, aux époques géologiques les plus éloignées les unes des 
autres. Or, tous ces lambeaux de sols siliceux disséminés de 
loin en loin dans notre région méditerranéenne, quel que soit 
d'ailleurs l'état physique de la roche siliceuse, présentent cer- 
tains caractères communs de végétation qui frappent les yeux 
les moins exercés à de pareilles observations. Les arbrisseaux 
en sont beaucoup plus caractéristiques que les espèces arbores- 
centes. Les Cistes y tiennent la plus grande place ; les Bruyères 
{Erica arborea, scopart'a, cinerea, Calluna vulgaris) et le 
Lavandula Stœchas ne leur cèdent guère en importance. 

l^csCaiycotofKe spinosa, Ulex parviflorus , Genistacandicans, 
et, parmi les Cistes, les Cistuscrispus, C. ladaniferus, C, laurt- 
folius, C. populifoHuSy C. ni^ricans, ne se trouvent pas partout, 
mais on ne les rencontre jamais en dehors des bois siliceux. 

Les espèces herbacées n'y sont pas moins localisées. Les 
Heliani/iemum gutiaium, Tolpis barbata, Andryala sinuata. 
Brisa major, Veronica officinalts, Luzula camfestris, Lupinus 
reticulaius, L.hi'rsuius, LinariaPelhcertana, Trifoliutn suffoca- 
ium, Gem'sla pilosa, HieraciutttJaubertianum,U.syh/aticunt, 



D,g,tza:Jb.GOOgle 



Ch. Fi.ahaolt. — i« herborisations aux environs de Montpellier. 117 
H. untbeUatiea, Orchis Morio ,5 picta Reichenbach fil. , se trou- 
vent dans nos sols siliceux, quel que soit leur état physique et 
ne se rencontrent pas ailleurs dans notre région. Il faut y ajouter 
une série de Graminées fort remarquables à plusd'un titre, telles 
que : Vulpia sciurotdes Gmelin, f.jl/ï'cAtf/« Reichenbach, Nar- 
durtis Lachettalii Godron, Aira Cuptniana Gussone, et 1'^»- 
tkoxantkuntodoraium L, dont la présence nous semble indépen- 
dante de la nature du sol dans l'Europe tempérée. Quelques- 
unes des espèces que nous venons de mentionner ne sont pas 
rigoureusement liées pourtant à l'existence de la silice dans le 
sol. Nous connaissons un point, situé à peu de distance de 
Montpellier, où quelques individus ^ Ulex parviflorus se sont 
développés au milieu d'une garigue, à côté du Genista Scor~ 
pïus. 

Les Silène gallica, Polygala vulgaris, Jasione montmta, 
Veronica Teztcrium, Hieracium Pilosella, se trouvent partout 
dans nos boissillceux, mais on les rencontre parfoisaîlleurs. UHe- 
lianthemum- vulgare et le Beiomca offictnalis sont moins carac- 
téristiques encore, bien qu'on ne les trouve pas communément 
en dehors des sols siliceux. 

D'autres espèces enfin, qui échappent facilement aux recher- 
ches, doivent être mentionnées comme propres à nos bois siliceux; 
ce sont Tillxa muscosa, AstsroUnunt siellaium, Carexaidipo- 
siyla Duval-Jouye. 

On rencontre aussi que dans les bois siliceux de la plaine 
quelque Châtaigniers ; mais ils sont toujours dominés par le Pin 
maritime, s'ils sont associés. A l'état isolé même, le Châtaignier ne 
prospère pas dans notre plaine ; il y subit évidemment des con- 
ditions climatérîques auxquellesil est mal adapté, car on le voit 
prospérer dans les mêmes sols au delà de 350 à 400 mètres d'al- 
titude. On pourrait en dire autant de V Anarrkimitn ùeliidt'folùim, 
du Digilalis purpurea, du Saroihantmis scoparitis, qu'on ren- 
contre ça et là dans nos bois siliceux peu élevés, mais qui n'occu- 
pent une place importante dans la constitution de la flore qu'au 
dessus de la région de l'Olivier. 

On a cru jadis que le Châtaignier croissait sur le calcaire 
oolithique à Saînt-Guilhem le désert; mais E. Dumas et Dunal 
ont dès longtemps trouvé ce calcaire parsemé de nombreux no- 
dules siliceux qui ne modifient en rien l'aspect physique de la 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



3iS JOURNAL DE BOTANIQUE 

roche, mais qui sufSsent à fournir la silice au Cliataignier, et eo 

expliquent laprésence. 

Le Chêne- vert n'est pas exclu des terrains siliceux; il y pros- 
père même, comme sur les terrains calcaires, s'il n'est pas en con- 
currence avec d'autres espèces ; mais le Chène-liège prédomine 
et supplante plus ou moins son congénère lorsqu'ils sont associés ; 
d'autre part, le Pin maritime étouffe le Chène-vert et l'élimine 
complètement. Le Pin d'Alep se rencontre aussi dans les terrains 
siliceux, mais il y occupe une place très subordonnée. 

Rien n'est plus instructif, quand il s'agit d'acquérir la notion 
nette des différences qui existent entre la flore des terrains cal- 
caires et celle des terrains siliceux du midi, que d'examiner avec 
quelque attention les points où ces terrains sont en contact. 

Tout près de Durban, dans les Corbières, un lambeau de grès 
siliceux du Crétacé supérieur est compris entre deux lèvres de 
calcaire blanc, s'étendant le long de coteaux à pente assez forte. 
L'opposition des deux flores y est si tranchée qu'elle frappe les 
yeux à grande distance. La végétation du sol siliceux fait une 
tache d'un vert foncé qui court tout le long des coteaux, en sui- 
vant rigoureusement les accidents de la stratification. Une pointe 
de calcaire de quelques mètres de superficie seulement fait saillie 
dans les grès; on n'y trouve pas une seule des espèces qui cou- 
vrent d'épais buissons les grès environnants. 11 y a quelques 
années, la Pinède de Durban fut brûlée; l'incendie s'étendît sur 
tout le bois siliceux, mais il s'arrêta sur tout le pourtour précisé- 
ment au contact des deux terrains et ménagea la pointe calcaire 
isolée dans les grès. C'est qu'avec les grès siliceux disparaissent 
aussi le Pin maritime, dont la présence justifie le nom de Pinède 
donné à beaucoup de bois siliceux du midi, et en même temps 
les Ert'ca scoparia et arborea, Catluiia vulgan's, Cistus popuU' 
folius, salm'folius, nigricans, laurifolius , Calycotome spinosa, 
Dlex parviflorus, Lavandula Stœckas ; \cs broussailles serrées 
que forment ces végétaux s'embrasent et communiquent l'incendie 
avec une étonnante rapidité. 

Immédiatement au delà des limites du grès, la végétation 
frutescente est formée par le Chêne-vert, les Junipertis pkœni- 
cea, Amelanchier vulgdtis, Coronilla E-mentSy RosmaHma 
officinalts et Btixus setnpervirens. Des Cistes qui formaient tout 
à l'heure la masse principale du bois, il ne reste plus que quelques 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



Ch. Flahaui-i. — Las hsrborisatitms aux eum'rvns dt Montpellier. S19 
iodividus épars de C. ailndiis et de C. monspeliensts , les seuls 
auxquels la silice ne soit pas nécessaire. 

Ou arrive au même résultat par la comparaison des trois ilôts 
mélaphyriques de Quillanet avec les coteaux calcaires qui les 
enTÎronnent. Il n'ont que quelques mètres de suriace ; les Cistes 
et les Bruyères y font un maquis en miniature, tandis que les 
roches calcaires sont à peine couvertes de quelques herbes domi- 
nées par les touffes épineuses du Genita Scorpi'us. 

La distribution des Cistes dans la région méditerranéenne 
française donne Ueu à quelques remarques intéressantes : deux 
d'entre eux seulement sont indifférents quant à la nature du 
sol {C. oBddus, C. wtonspeldettsis) ; le C. salvifolius se rencontre 
assez fréquemment dans les calcaires riches en dolomie, comme 
à la montagne de Cette, dans les g:org'es de l'Hérault, en aval de 
Saïnt-Guilbem-le-Oésert. Tous les autres paraissent exiger des 
sols riches en silice. Ils montrent aussi des aptitudes très diverses 
Telativement à l'altitude où Ils prospèrent. Les C. albtdus, tmons- 
^Hensis et salvifûUus s'étendent des plaines inférieures jusqu'au 
voisinage de la limite supérieure du Chêne-vert ; le C. sahn'fo- 
ù'us dépasse même les deux autres en altitude ; le C. laurifoH^ts 
paraît préférer la r^ioo élevée à la plaine ; on le trouve ça et là 
dans les bots siliceux de la région basse ; mats c'est vers 4.00 m. 
ijii'il prend une place prépondéiante. Quelques autres, au con- 
traire, ne dépassent pas la plaine et la lone la plus chaude; t^ 
sont : C. crispus, C. p&patlifolius , C. ladamferus, C. Mt'grùoHt^ 

Quelques plantes, intéressantes à dîverstitres, méritent d'être 
signalées à l'occasion de quelques localités. 

Les quelques buissons qui entourent encore la mare de Gram- 
mont et qui gardent le nom de bois, par souvenir du passé, don- 
nent asile aux Gemsia cn7idicans, Vicia- airopurptirea, Pitnpi- 
nelia peregriua ; tout près de là, au bois de la Moure, nous ren- 
controns les GetUsia piiosa, Orckis Morio f p pfcta^ Serapias 
Lingaa, Isûetes Dvrisei; à Doscares, on trouve les Galium 
imariiiiKMJK, Thrimciit tuàerasa, Linaria grxccu, Cylitaes hyfio- 
tysiis; on peut signaler à Saint-Aunès : Bifora radians, Myosotit 
versicolor, Aira Cupamojta, Calycotome j;;^/»£'j'<ry à Mézouls, on 
propriétaire instruit a iiuroduit dans ses bois le Cistus iadam- 
férus, le Rhus Coiirms, l' Ulex eurofmus, VEphedra aiiissima, 
ÏKjuniperus drupacea. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



sto JOURNAL UE BOTANIQUE 

Les Spiriea Fih'penduia, Vicm atropurpurea, V. lutea, 
Heliantliemum gtittatum, Lupinus hirsutus, Silène gallica, 
Verbascufft ntaiale, Trî'foiium rubens, se rencontrent dans toute 
cette région siliceuse voisine de Montpellier. 

Un peu plus loin de nous, à Saint-Georges et à Murviel, à 
Montarnaud et à Puéchabon, il est facile d'observer plusieurs 
hybrides de Cistes, C. albido X crispus, crispa X albidus, mons' 
peliensi X salvi/olius, salvifolio X monspeliensis , laurifolio X 
monspeliensis {C. Ledon Lamarck) et monspelieitst X laurifo- 
lins; ce sont là des hybrides expérimentalement démontrés, 
nommés d'après la comparaison avec les produits obtenus par 
les fécondations croisées réalisées autrefois par M. Bornet à la 
villa Thuret. 

A Murviel, on peut récolter encore : Onobrychis Capnl-galii, 
ctsupiiia, Lathyrus Nissalia, Geumsylvaticum, Fumaria major, 
Cepkalanthera rubra, etc. 

A Montarnaud et à Puéchabon, tout démontre que l'altitude 
est déjà plus élevée ; le Châtaignier y atteint des dimensions 
respectables, bien qu'il ne soit pas très fréquent; dans les bois 
prospèrent Chrysanthemunt corymbosum. et montanum, Melit- 
fis ftielissophylluitt, Thymus Serpyllutn^ Teucrium Scorodonia, 
Salvia verticillata, Kœleria valesiaca, Andropogon Gryltus, 
Dant/ioitia decumbens, Saponaria ocymoides, Géranium san- 
guineum-, Potentilla hirta, Trijolium, rubens, Liiho^permum 
purpureo-cseruleunt, Passertna Thymelea, Euphorbia Duvalii 
Lecoq et Lamolte, Phalangium Liliago, Anacamptis pyrami- 
dalis, Melica uniflora, Carex olbiensis. Toutes ces plantes ne 
sont pas spéciales aux terrains siliceux; maïs elles nous indi- 
quent le voisinage de la limite supérieure de l'Olivier. 

Dès que nous l'aurons dépassée, nous nous trouverons dans 
lazone du Châtaignier, où prédominent les Digitalis purpurea, 
Anarrhinum bellidiJoUum, Teucrium Scorodonia. C'est le com- 
mencement de la flore des montagnes ; laissons-la de côté pour 
le moment et, quittant les abords immédiats de Montpellier, arrê- 
tons-nous vers l'Ouest sur l'ilôt basaltique de Roquehaute, près 
de Béziers. Nous y trouverons les Isoeies Durisei, Echium pian- 
iagineum, Lupinus hirsutus et reticulatus, CUex parviftorus, 
Juncus capitatïis, Hordeunt Caput-Medusse. 

Plus loin encore, aux environs de Narbonne, nous pourrons 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



Cb. Fi.iHAui.T. — hes herborisalions aax environs de Monipelltcr. an 
explorer les coteaux de Boutenac et de Fontfroide, justement 
fameux parmi les botanistes; le BuUeiin de la Société botanique 
de France a rendu compte d'herborisations très riches dans ce 
massifsiliceux des basses Corbières (i). Nous ne pouvons songer 
à ajouter à ce qui a été dit sur ces localités privilégiées par nos 
confrères, M. MaugeretetM, G. Gautier; nous sortirions d'aiU 
leurs du cadre que nous nous sommes tracé en nous éloignant 
davantage de Montpellier. 

Des mares se sont formées naturellement dans les dépressions 
de quelques-uns "de nos bois siliceux; d'autres ont été creuséas 
pour les besoins de diverses exploitations. La plupart d'entre 
elles sont depuis longtemps célèbres dans le monde botanique, 
malgré leur peu d'étendue ; elles sont particulièrement ûivorables 
à l'herborisation ; assez profondes pour n'être pas ordinairement 
épuisées par les sécheresses de l'été, elles offrent aux plantes 
aquatiques qui ne redoutent pas les températures élevées des 
condicions très avantageuses. 

Quelques minutes suffisent pour que nous récoltions dans la 
mare de Grammont El^ocharis palustris, Acorus Calamus, 
Ranunculus Philonotis, R. muricatus, Batrachium Drouetit, 
Isoetes setacea, Calliiriche kamulata, Graitola officinalis. Les 
marcs de Rigaud, situées aux portes d'Agde, sont de vieilles 
carrières creusées dans le basalte ; on y récolte le Dantasonium 
polyspermum Cosson et XElatine Fabri Grenier, Myostirus mi- 
nimus, Lytlirum bibracieattim^ L. thymifolia, Preslia cervina. 
Il en eM de m Jme des mares de Roquehaute ; elles occupent le 
sommet d'un petit plateau d'origine volcanique, d'où les ingé- 
nieurs du grand siècle tirèrent les meilleurs matériaux qui aient 
été employés aux travaux du canal du midi ; on y peut récolter : 
Manunculus lateriflorus DC. , PepUs erecta, Builiardia Vaillan' 
tii, Sedufn csBspitosum, Cicendia fili/armis. Myosotis cxspitasa 
Schultz p parvijîora Brébisson, Isoetes setacea, Marsilea pu- 
bescens, Piltilaria minuta Durieu, Velezia rigida, Œnanthe 
srlaifolia; Juncuspygmseus, slriatus, Tenageya,capitatus, etc. 
Au delà de nos limites, les mares de la colline de Biot près d' An- 
tibes, et même les ravins humides de l'Estérel ou des Albères, 
nous fourniraient en partie les mêmes espèces et les mêmes sujets 
d'observation. 

I. BalletiD de la Soc. bat. de France, EX, iS6i, et XXXV, tSSS. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



3M lOtlKNAl. lïl". BOTANigUK 

C'est du 20 mai au 15 juin qu'il faut herboriser dans les bois 
siliceux de la plaine méditerranéenne; c'est du i^auôjuinqu'oa 
y fera les plus abondantes récoltes. Cette époque passée, beau- 
coup de végétaux qui les caractérisent se dessèchent et dispa- 
raissent ; c'est vers les dunes et les plages, et sur les bords des 
grands marais salants, qu'il convient d'aller herboriser en atten- 
dant que la canicule nous invite à chercher les sommets. 



' OBSERVATIONS SUR LE POLLEN DES CYCADEES 

Par H. Léon aUIOITARD 

Le poUea des Cycadées a été étudié dans ces dernières an- 
nées par M. Juranyi (i) et par M. Treub (3), qui en ont suivi le 
développement à partir du plus jeune âge. Tout récemment, 
M. Strasburger (3) s'en est occupé au point de vue de la mem- 
brane. Certains faits anormaux ou exceptionnels, signalés par 
M. Juranyi au sujet de la division nucléaire dans les cellules 
mères du pollen, m'ayant semblé devoir être vérifiés, j'ai profilé 
d'une occasion qui m'était oû^e d'étudier des fleurs mâles de 
CycaSy Zamia et Ceraîozantia pour chercher à contrôler les faits 
observés. Incidemment, mon attention s'est portée sur une ques- 
tion d'un intérêt général, concernant la structure du noyau au 
repos, examinée à nouveau l'an dernier dans un important mé- 
moire par M, Strasburger (4). 

La division indirecte du noyau est caractérisée, comme on 
Bait, par une série de phénomènes qui se succèdent dans un ordre 
déterminé. Le plus important consiste en ce que les segments 
qui, à un moment donné, apparaissent distincts les uns des 
autres dans le noyau, se dédoublent suivant leur longueur 
chacune en deux moitiés égales; celles-ci se séparent l'une de 
l'autre au stade de la plaque nucléaire pour se transporter, eo 
sens inverses, aux deux pôles du fuseau achromatique, où elles 

I. Juranyi, BeoBacht. ûàer Keritiheilung (Sitzuogsber. der ungaKschen Acjd' 
d. Wiss., p. 70, i83t). 

3. Treub, Rtckerckes sur Us C^cadt'ts (Ann, du Jardin boL de Buitsniorg, 
vol. II, 18B5). 

3. Strasburger, l/eôer dus W/n^kslkmm vegelahiliseker Zellhante, i88g. 

4. Strasburger, Sur la division des noyaux cellulaires, ta dcoisio» des ceUtiits 
tl ia yécondalion [Journal de Botanique, mars laaSj. — Ueier Kernund ZelUlui- 
iung im PfloHatnrekke, 1888. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



L. GuiGHAKi>. — Oèurvatioris sur It poUên des Cycadées. uj 

vont concourir à la formation des deux nouveaux noyaux. Le 
dédoublement longfitudinal de chacun des segments primaires 
peut avoir lieu avant la naissance de la plaque nucléaire, 
presque aussitôt après leur difTéren dation dans le noyau encore 
pourvu de sa membrane; mais les deux moitiés restent rappro- 
chées, souvent même elles se réunissent intimement l'une à 
l'autre, par suite de la contraction et du raccourcissement dont 
les segments sont le siège, jusqu'à la formation de la plaque 
nucléaire. C'est seulement à ce stade qu'elles se séparent déSni- 
tîvement pour se diriger vers les deux pôles opposés. 11 en est 
ainsi, par exemple, dans la plupart, sinon dans la totalité, des 
cellules mères de pollen entrant en division {Liliuai, AUmttt, 
Fritillaria, Alsirœmeria, etc.) et dans diverses cellules ani- 
inales (Salamandre, etc.). Ailleurs ce dédoublement ne se mani- 
feste qu'au moment de l'orientation et de la disposition des 
segments chromatiques en plaque nucléaire (tissus végétatifs, 
albumen). Dans le premier cas, le phénomène essentiel de la ka- 
ryokinèse est plus hâtif que dans le second ; mais dans l'un 
comme dans l'autre, c'est au stade de la plaque nucléaire ijue 
les segments secondaires, nés par dédoublement longitudinal 
des segments primaires, se distribuent, à nombre égal, en deux 
groupes destinés à former les noyaux futurs. 

Cette règle générale, établie par de nombreuses recherches, 
comporterait certaines exceptions, si les données fournies pour 
divers cas étaient réellement fondées ou ne représentaient pas 
simplement des anomalies accidentelles. 

Pour M. Juranyi, le dédoublement longitudinal des segments 
primaires, chez le Ceralozatnia longîfolia, aurait lieu surtout 
après leur arrivée aux pôles et non au stade de la plaque nu- 
cléaire (i). D'autre part, M. Carnoy dit avoir constaté de même 
les indices d'un dédoublement aux pôles dans les noyaux du sac 
embryonnaire du Paris quadri/olia, du MaîanihetMum bifolium, 
et dans ceux du périanthe ^m Ltlium caitdidu/n {2). Dans les 
^>erniatocytes de la Salamandre, M. Flemming a constaté 
d'une façon certaine (3), à côté de la karyokinèse normale, une 

I. L<K. ch-, p. 71-77, 6k. G. etc. 

î. Carnoy, La cyiodiêi-eit clus Us Arikropodés (La CtttmU, 1, 1, p. 331, 1885). 
3. Flemming, Ntti£ Beitrag» *ur Kemttmss lier ZtUe (Arch. f. Mikrosk .\nat., 
1. XXIX, p. 400, 441). 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



au )OUitNAL DE BOTANIQUE 

modification analog'ue, à certains égards, à la précédente, qu'il 
désigne sous le nom de/orme hétérotypique. Dans ces cellules, 
les segments secondaires destinés à former les nouveaux noyaux 
sont au nombre de 12; dès leur arrivée aux pôles du fuseau, 
ils ofïrent un dédoublement longitudinal donnant naissance à 
24 segments. MM. Ed. Van Beneden et Van Neyt (i) auraient 
vu parfois pendant la reconstitution du noyau, dans les œufs en 
segmentation de l'Ascaride mégalocéphale, les segments secon- 
daires se dédoubler avant de se résoudre en fins granules reliés 
entre eux par des filaments. Il est vrai que M. Boveri révoque 
en doute cette observation {2). D'ailleurs, parmi ces divers cas, 
celui des spermatocytes de la Salamandre est le seul qui soit 
nettement établi. 

Une opinion analogue à celle de M. Juranyi avait été émise 
par M. Heuser au sujet des noyaux des cellules mères pollini- 
ques du Tradescantia. J'ai montré (3) qu'elle n'était pas fondée, et 
que les segments chromatiques se dédoublent au stade de la pla- 
que nucléaire. 

Si le dédoublement longitudinal , au lieu d'avoir lieu au stade 
de la plaque nucléaire, ne se produisait qu'après l'arrivée aux 
pôles des segments chromatiques non dédoublés, comme dans 
l'opinion de ces deux derniers observateurs, on pourrait se de- 
mander quelle est la raison d'être de la plaque nucléaire et com- 
ment il peut se faire que les segments se distribuent toujours à 
nombre égal entre les deux nouveaux noyaux, car une réparti- 
tion égale de la substance chromatique ne peut s'expliquer que 
par la séparation des deux moitiés de chaque segment dédoublé 
au stade de la plaque nucléaire ; la scission longitudinale appa- 
raît d'autant plus nécessaire que les segments primaires peuvent 
avoir une longueur différente, et que, d'autre part, s'ils se cou- 
paient simplement en travers, comme on l'avait cru jadis, les 
deux tronçons destinés chacun à l'un des deux noyaux futurs 
pourraient de même être inégaux. 

Avant d'exposer les résultats que l'étude du Ceratozamia 

1. E. Van Beneden et Van Neyt, Nouv. recherches Sur la Jécondahott el ia 
division milosique ckea l'Ascaride mégaioc^hale, p. 4f>, 1S87, 

3. Boveri, Ueber Difftrensirung der Zellkeme wàÀrend der FurckuMg des 
Bits von Ascaris megalocephoia [Anat. Anzeiger, p. 689, 1887). 

3. L. Guig-nard, Noai>. recherches sur le noyau celltUaife <Ann, des Se. nat. 
Bot,, 188s, p. 358). 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



L. GuiGHARD. — Observations sur U pollen des Cycadéts. ijs 

m'a fournis sur cette première question, je désire attirer l'atten- 
tion sur un second point qui consiste à savoir si le noyau à 
Tétat de repos renferme un filament chromatique unique, con- 
tinu, ainsi qu'on l'a admis jusqu'au récent mémoire de M. Stras- 
burger, ou bien si, comme le pense aujourd'hui cet éminent 
botaniste, il contient des segments chromatiques toujours 
libres et distincts, mais dont les nombreux replis empêcheraient 
d'apercevoir les extrémités libres dans la masse chromatique 
pelotonnée du noyau au repos. 

Dans les cellules mères pollinîques des plantes chez lesquelles 
les segments chromatiques peuvent être comptés avec certitude, 
le nombre de ces derniers offre une fixité remarquable pour une 
espèce donnée. Ainsi que je i'al fait remarquer jadis (i), il est 
de 12 pour le Lilium, de 8 pour VAllium et V Atstrœmeria, de 
16 pour le Listera. D'autre part, au cours des divisions qui 
donnent naissance à l'oosphère, dans le sac embryonnaire des 
fiiverses espèces de Lilium que j'ai pu examiner à cet égard, on 
peut de même compter 12 segments chromatiques dans les 
noyaux sexuels. M. Strasburger est arrivé aux mêmes résultats 
pour les cellules mères de pollen des plantes indiquées (3); il 
retrouve également le nombre 12 dans celles du Tradescantia, 
de X Helleborîts fœiidus , du Chlorophyion Siernbergianum-. 

Comme le nombre observé dans les cellules mères de pollen 
se maintient tel, par le fait même du dédoublement longitudinal, 
jusque dans le noyau générateur du tube poUinique (2), il en ré- 
sulte que pour le Lis, par exemple, au moment de la féconda- 
tion, le noyau mâle et le noyau femelle se mélangent à nombre 
égal de bâtonnets. 

On entrevoit l'intérêt de cette fixité si l'on remarque que 
c'est seulement dans les cellules sexuelles qu'on l'observe, car 
dans les tissus végétatifs, comme aussi dans les cellules primor- 
diales de la jeune anthère avant la formation définitive des cel- 
lules mères de pollen, et dans celles de l'ovule à l'exception du 
sac embryonnaire, te nombre des segments chromatiques varie 
(dans le sac embryonnaire lui-même, il n'est d'ailleurs pas fixe 

I . L. Guîgnard, Rtckerckes sur la simcttav et la dmiswn du noyau ctlttt- 
laire (Ann. des Se. nat. Bot., 9* série, t. XVII, p. 40). 

I. Tout récemnieiit, j'ai pu les compter dans les tubes poltiniques du Lilium 
Martagon, oîi j'ai rencontré plusieurs cas de divisiao du noyau générateur; la 
plaque nucléaire et, par suite, chacune de ses moitiés o&aieiit 11 se£ments. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



Mt JUUKKAL DE BCn'ANlQUE 

pour les antipodes). Pour le Lis en particulier, les observations 
récentes de M. Strasburger(i) et les miennes (a) montrent qu'il 
est ordinairement de i6. Un fait analogue se retrouve dans d'au- 
tres plantes. Il y a donc réduction de nombre pour les segmenu 
chromatiques des cellules sexuelles : comment se fait cette ré- 
duction et par quel moyen s'établit la fixité observée dans les 
dernières cellules? Si l'inverse existait, on pourrait concevoir 
jusqu'à un certain point que, la formation des éléments sexuels 
représentant en quelque sorte le point culminant de la vie de la 
plante et du développement de ses cellules, ces éléments nais- 
sent et se différencient quand les segments chromatiques ont 
atteint le nombre qui caractérise la plante considérée. Or, c'est 
précisément le contraire qui existe, à en juger du moins par les 
cas observés. 

Jusqu'aux plus récentes observations de M. Strasburger, on 
a admis que ce nombre apparaît dans le noyau au moment où il 
se prépare à la division et grâce à la segmentation transversale 
d'un filament chromatique unique. Au premier abord, il est évi- 
dent que la fixité de nombre se conçoit beaucoup plus facilement 
si l'on suppose l'existence de filaments distincts et autonomes 
dans le noyau au repos. Pour que le noyau au repos renferme un 
filament unique, il faut nécessairement qu'il y ait soudure bout à 
bout des segments chromatiques arrivés aux pôles du fuseau 
après la division de la plaque nucléaire. Or, on comprend que la 
reconstitution de ce filament unique soit un des phénomènes les 
plus compliqués de la karyokinèse. (A suivre.) 

NOTE SUR UNE THYMÉLÉACÉE NOUVELLE 

DU rONKIN 

Par H. DRAKE DEL CA8TIIXO 

Parmi les plantes récemment rapportées du Tonkin par M . Ba- 
lansa, il en est une qui mérite d'appeler l'attention au point de 
vue botanique et économique. C'est une Thyméléacée, du genre 
lVùkstrtenna^nà\.\ elle est inédite, et peut donc recevoir le 
nom de celui qui en a, le premier, enrichi nos herbiers. Voici sa 
description : 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



Drakb obl Castillo. — Nclt tnr tms TkyméUacée nouvelle du Tonkin. trj 

Widutrcemia Bolansœ sp.nov. 

Arbuscula (bi-metialis) cortice bruaoeo, novetlls veluClnis, ramu- 
lis terctibus ad apicem spiarsë sericeo-pubesceatibus, demùm glabratis. 
Folia subchartacea, ÎQtegra, obloûga, ovata ( 10-13 cent, longa, 3-5 lala), 
acuta, basi in petiolum brevissimum (3-4 mill.) constricta, nervis pin- 
natis incurvis utrinque ad iS, addids nonnunquàm intermediis multo 
minoribus, paucis confluentibus vel anastomaotibus, pagina superiore 
glabrâ, inferiore simul ac petiolum adpressè pubescente vel puberulâ. 
Panicula thyrsoidea, terminalis, nuiaos, ampla, multifiora {ad 20cent. 
lata, pedunculis primariis 1015 cent, longis), Iota i^aesertim siif>emè 
sericeo-pubescens, bracteis parvulis (1-2 mill. tongis), acutis. Flores ad 
apicem peduQculonunquatemi.priiQÙrabracteolîs ovatis (6-7 mill. lon- 
gis) obtusis extùs puberulis iatiis glabris caducis fukrati . Perianthium 
soididè album, extùs dense scriceum, tiibulosum (i cent, longum, 3 
mill. tatum), utrinque atténua tum, lobis(i'3 mill. longis) obtusiusculis 
erectis.Slamtnaacl apicem perïantbii insena. Disci squama^ in cyathum 
varié lobatum connatiE. Ovarium villoso-sericeum; ovulum mjirgina- 
tutn.Fnictusperianthio înclusus, pericarpio extùs villoso sicco;semen 
brunneura, lasve, lineare-oblongum, utrinque acutum, anticè lineâ pro- 
roînulâ longitudinaliter percursum. Ëmbryo cotyledonibus crassiusca- 
lis villosulis. 

On voit, d'après cette description, quele W. Ba/ausa? occupa 
une place spéciale dans le genre. Son inflorescence ne rappelle 
guère que celle du W.japonfca Miq. ; encore sa panicule est-elle 
bienplus ample que dans cette dernière espèce. Une autre particu- 
larité de l'inflorescence est la disposition des fleurs par quatre au 
sommet des rameaux de l'inflorescence : elles sont enveloppées 
pendant quelque temps dans deux bractées ovales qui forment 
ime sorte de gros bouton et qui tombent ensuite,- Ce caractère 
est peut-être unique dans le genre. Le périanthe du ff^. Balansee 
ofire aussi des particularités Intéressantes : ses lobes sont dres- 
sés, tandis qu'ils sont étalés dans la plupart des autres espèces du 
genre; de plus, le périanthe des Wickstrœniia est, en général, 
caduc, ou ne persiste qu'en partie : ici, il est complètement per- 
sistant, enveloppe entièrement le fruit, et ne le laisse tomber qu'à 
maturité, en se fendant longitudinalement. Le disque est cyathi- 
fonne, mais incisé d'une manière assez variable. Enfin un dernier 
trait caractéristique de cette espèce est une sorte d'aile qui borde 
longitudinalement l'ovule : on retrouve, plus tard, une trace de 
cette aile dans une ligne saillante qui s'étend le long de la face 
antérieure de la graine. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



3S8 JOURNAL DE BOTANIQUK 

Le IVtckstyœmia Balansa? n'est pas connu à l'état spon- 
tané (i), maïs il est cultivé par les Tkôs et les Mans qui le dési- 
gnent sous le nom de Cai-gio et qut emploient les fibres de son 
écorce à faire du papier d'assez bonne qualité. Des fragments de 
cette écorce et des échantillons de ce papier figurent, cette année, 
à l'Exposition universelle. La plante n'est pas cultivée dans le 
Delta, mais seulement dans la région montagneuse du N.-O. du 
Tonkin, sur le versant des collines. Les indigènes repro- 
duisent la plante par semis. A cet efiet, ils recueillent, au mois 
d'avril, des fruits, mûrs à cette époque, et les sèment à l'abri du 
soleil, dans un terrain convenablement préparé. La plantule 
commence à sortir de terre vers le quarantième jour; au bout de 
trois ou quatre mois, on repique les jeunes plants en laissant 
entre eux l'intervalle d'un mètre. L'arbrisseau n'est bon à recéper, 
pour la première fois, qu'à la fin de la troisième année : mais les 
recépages suivants se font tous les deux ans, pendant un certain 
nombre d'années, à cause de la grande rusticité de la plante. On 
dépouille, à la main, les tiges de leur écorce, pendant qu'elles 
sont encore vertes; on obtient ainsi des lanières que l'on fait 
sécher et que l'on transporte ensuite à Hanoï, oii se fait la fabri- 
cation. Cette fabrication consiste à réduire en pâte les écorces 
et à en relier les fibres au moyen d'un mucilage retiré, par ma- 
cération, des copeaux du bois d'une Laurinée {ActinodapAne 
cochinchinensis Meissn.) que les indigènes appellent Caï-no. 
Cette dernière plante a été trouvée par M. Balansa, à l'état 
spontané aux environs de Ouon-bi {eu fleurs au mois de novembre 
1885) et de Thu-Phap (en fruits au mois d'avril 1887 ; en fleurs 
au mois de décembre 1888). 

Cette propriété de fournir une matière susceptible d'être 
transformée en papier n'est pas, on le sait, particulière au W. 
Balansœ, dans la famille des Thyméléacées. Ainsi, entre autres, 
une plante d'un genre voisin (Edgewortkia papyrt/era Zucc.) 
fournit l'écorce dont on fait le meilleur papier de Chine et du 
Japon. Wy AanssiMnïVTckslrœmia [W.t'udicalAna.), répandu 
dans l'Inde et dans l'Océanie, dont les fibres corticales sont 
employées à la confection des vêtements de certaines peuplades 
polynésiennes. 

I. Les renseignements qui suivant, sur cette planie. sont dus à M, Balansa. 
Le Garant .' Louis Mobot. 



D,B,i..ab,GoOglc 



3* ANNÉE N» 14 16 JUILLET 1889 



JOURNAL DE BOTANIQUE 

Directeur: M. Louis MOROT 



OBSERVATIONS SUR LE POLLEN DES CYCADEES 

Par H. Uon GOIGNABD 

Daos la plupart des noyaux au repos, les éléments chromati- 
ques sont tellement enchevêtrés et contournés que, même avec 
l'aide des réactifs colorants, l'observation ne permet pas de se 
faire une opinion sur la constitution de la charpente nucléaire. 
En faisant agir, dans certaines conditions (i), l'eau de Javelle sur 
les noyaux de l'albumen {FviitUaria, Gaianthus, Leucotum) et 
des cellules mères de pollen {Lilium bulbiferunt, AUium), 
M. Strasburger a vu des segments libres ou tout au moins des 
bouts libres dans ces noyaux exa m inés avant leur entrée en di- 
vision, ce qui l'a conduit à cette conclusion, qu'il n'y a pas con- 
tinuité des anses chromatiques, et par conséquent ni soudure à 
la dernière phase de la division, ni segmentation transversale à 
la première. 

A la suite de ses observations sur la Salamandre, M. RabI (2) 
avait de même émis l'idée que les segments chromatiques pour- 
raient bien être libres dans le noyau au repos, mais il n'en avait 
pas fourni la preuve. 

L'étude du pollen des Cycadées me paraît intéressante aux 
deux points de vue qui viennent d'être mentionnés, et pour cette 
raison j'examinerai successivement la structure du noyau au 
repos et les différents stades de la division, en prenant comme 
exemple le Ceratozamia niexicana. 

Fixé dans son état normal par les réactifs appropriés, le noyau 
au repos d'une cellule mère de pollen offre une charpente chro- 
matique dont les nombreux replis sont tellement enchevêtrés et 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



330 JOURNAL DE BOTANIQUE 

délicats qu'il est impossible de les suivre dans leur trajet au sein 
de la masse nucléaire (voir Planche V, fi^. i). Uème qittajui les 
approches de la dÏTisioo se manifestent par la cORtiactton et l'é- 
paîssisseiaent des replis, on ne peut décider xykc ecnkudie s^l 
existe des segments libres dans la masse pelotonnée (fig. 2). 
Une circonstance plutôt accidentelle que cherchée m'a permis 
d'observer les noyaux dans des conditions particulièrement fa- 
vorables, sans qu'il fût besoin d'employer des réactifs tels que 
l'eau de Javelle, dont l'action est difficile à modérer et à suspen- 
dre au moment précis où commence la dissolution des éléments 
figurés du noyau. Un grand nombre d'étamines de Ceraiosamia 
ayant été placées dans de l'alcool absolu employé en quandté 
ifisufifisante pour éviter une hydratation assez prononcée de ce 
liquide, la fixaticHi des noyaux se produisit dans des coadittoos 
telles qu'une partie de la masse pelotonnée se trouva refoulce 
sur le côté contre la membrane nucléaire, tandis que l'antre 
psirtie déroulait ses replis dans tout le restede la cavîté d» noyau. 
Le même résultat peut être obtenu, quoique avec beaucoup 
moins de chances de réussite, par l'emploi direct d'un alcool 
dilué. 

Les noyaux ainsi fixés avaient déjà commencé à contracter 
leurs anses chromatiques; sans cette circonstance, l'étude de lear 
structure n'eût pas été possible. 

L'un deux est reçK-ésenté dans la fig. 3, à un fort grossisse- 
ment. A gauche, on voit une agglomération de replis chroma- 
tiques serrés les uns contre les autres et dans lesquels se trouve 
le nucléole; cette partie du peloton comprend environ le tiers de 
la masse totale. Parfois, l'amas formé par ces anses chromatiques 
refoulées est plus considérable, et une même coupe de sac p(^- 
nique présente de notables différences. A droite de la même 
figure, les anses peuvent être suivies dans leur trajet. 

Observées à l'aide d'objectifs àimmersion et après coloration 
par l'hématoxyline, elles m'ont souvent paru former, malgré 
leurs sinuosités et leurs brusques changements de direction, na 
filament ininterrompu, dans toute la partie de la cavité nucléaire 
où le refoulement n'avait pas eu lieu. 

Lorsque les noyaux ne montraient aucune extrémité chroma- 
tique libre, il y avait lieu de se demander et de rechercher si une 
telle apparence n'était pas due à l'accoleinent des bouts libres aux 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



L. GuiGNABD. — OisfrvaHàns sur U pvilett des Cycadées. 131 

asses snuées dans lear vDÎsioa^ ; mais dans ce cas, l'aspect eût 
été celui d'im reticniam. Je crois arror remarqué, il est vrai, 
qu'il en est parfois ainsi ; de même, on aperçoit assez souvent ira 
eu deux bouts se terminant librement dans la carité nucléaire, 
alors même que les Doyaux n'ont pas été eotanés parle rasoir. 
Tont en reoonnaàssant combien ces derniers faits penrem venir 
à l'appui de l'hypothèse des segments normalement distincts 
et indépendants dans le Doyaa au repos, il faut tout d'abord ibire 
les remarques suivantes. 

Comme on te verra pins loin, la plaque miidéaire est formée 
par % segments chrom;uique3 dans le Ceratozavtia; par consé- 
quent le ncHsbre des extrémités libres est de 16. Or, dans les 
noyaux dont la partie facilement otiservabte représentait en 
moyenne la moitié de la masse totale des anses cbromatiqDes, on 
n'apercevait qu'une ou deux extrémités libres ou accolées à une 
anse chromatique voisine, rarement mi nombre un peu plus élevé, 
dans les cas où le filament ne se montrait pas ininterrompa. 
On est amené par cela même à penser que, si les segments sont 
réellement prcformés, presque tonteslieursextrémitéssetroavent 
constamment dans la partie contractée, ce qui, à la suite d'un 
grand nombre d'observations, ne laisse pas de paraître assez peu 
probable. Il est évident, d'antre part, que l'alcool, en agissant sar 
le âlament nucléaire, peut déterminer sa ruptare en un on plu- 
sieurs points : dès lors, on s'explique la présence de quelques 
bouts libres ou entnùnés mécaniquement au contact d'anses 
chromatiques situées dans leur voisinage, ce qui donne l'appa- 
reitce d'un reticulum. D'ailleurs, j'ai assez souvent remarqué, 
sur le trajet d'une ou de plusieurs anses, des parties étirées et 
grêles comme des fils, qu'une coloration intense avec l'hémato- 
xyline permettait seule d'apercevoir; il y avait tout lieu de croire 
qu'elles étaient dues a l'action de l'alcool. On peut se demander 
également a, quand on distingue des bouts libres, la segmenta- 
tion transversale du filament n'est pas en voie de se manifester, 
circonstance qui vient compUquer la qnesdon, d'autant que, 
comme je l'ai fait remarquer, c'est seulement au moment où le 
noyau se prépare à la division par la contraction et l'épaississe- 
ment de ses anses chromatiques que l'étude de la structure est 
possible. 

Déjà, dans la fig. 3, on peut apercevoir en certains points, 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



331 lOUKNAL DE BOTANIQUE 

sur le trajet des anses, une double série de granulations chroma- 
tiques, ce qui montre que le dédoublement longitudinal est 
proche. Un peu plus tard, quand plusieurs extrémités libres sont 
visibles (6g. 4), ce dédoublement devient manifeste dans toutes 
les anses chromatiques, et les moitiés parallèles s'écartent peu à 
peu l'une de l'autre, soit sur un point quelconque de leur Ion- 
gueur, soit surtout vers les bouts (fig. 5). Puis la membrane nu- 
cléaire disparait et les anses^ se raccourcissant de plus en plus, 
se rapprochent au centre de la cellule mère. Bientôt leur nombre 
devient facile à compter, même avant l'apparition du fuseau 
achromatique (âg, 6 et 7). Tandis que M. Juranyi en trouve de 
8 à 24 dans le Ceratozamia, j'en ai toujours compté 8, non-seu- 
lement dans les noyaux des cellules mères, mais aussi dans tous 
ceux qui en dérivaient jusqu'à la formation définitive du grain 
de poUen. 

Incurvés d'abord vers le milieu de leur longueur, les seg- 
ments primaires doubles finissent par se redresser presque com- 
plètement à l'équateur du fuseau ; puis chaque moitié glisse en 
sens inverse vers les pôles {fig. 8 et 9). Les phénomènes ulté- 
rieurs sont conformes à la règle générale (fig. 10 à 14), et je 
passe les détails sous silence. Comme M. Strasburger a étudié 
tout récemment la formation des membranes dans les Cycadéees 
et a même bien voulu faire mention des quelques indications que 
je lui avais fournies à cet égard, il me suffira de signaler seule- 
ment les particularité]] qu'on observe au cours des divisions qui 
se produisent dans le grain de pollen lui-même. 

Ces divisions se produisent de telle façon que l'axe du fuseau 
est perpendiculaire au plus grand diamètre du grain (fig. 1 7 et 
23). Le premier fuseau est déjà formé de deux moitiés un peu 
inégales, la base commune des cônes qu'elles représentent étant 
plus rapprochée de la face plane du grain de pollen (fig. 17). 
Une différence marquée s'observe dans l'orientation des seg- 
ments secondaires arrivés aux pôles, et la cloison cellulosique 
qui vient séparer les deux groupes prend la forme d'un verre de 
montre (fig. 19, 20) ; il en résulte une petite cellule lenticulaire, 
pourvue d'un noyau aplati, à charpente chromatique très dense, 
et une grande cellule dont le noyau grossit et laisse voir un 
reticulum moins serré. 

Au stade de la plaque nucléaire, ce gros noyau o£fre à son 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



L. GnicNABD. — Oistrvatiotu sur ie poUtn dts Cyeadtts. 133 

tour S segments chromatiques doubles (il a été seul représenté 
dans la âg. sa, la cellule étant vue par sa face convexe). Les 
deux moitiés du fuseau sont très dissemblables, ainsi que les 
deux groupes de segments secondaires après la division de la 
plaque nucléaire (fig. 34). La seconde cloison, presque hé- 
misphérique, se superpose à la première (fig. 35). Dès lors, le 
graÏQ de pollen renferme deux petites cellules considérées jus- 
qu'à ces derniers temps comme un prothalle rudimentaire, 
a'ayaat aucun rôle à remplir au moment de la formation du tube 
pollinique qui se développe à l'opposé et dans lequel pénètre 
seul le gros noyau situé dans la grande cavité du grain. D'après 
les observations de M. Juranyi, il peut se faire une troisième 
petite cellule, par suite de la division de ce dernier noyau; 
mais il ne paraît pas en être ainsi dans le Ceratozamta maxicana. 
La formation des cellules soi-disant prothallîennes est donc 
successive; il en est de même chez les Gnétacées et les Coni- 
fères (i). Par suite, elles ne peuvent, en réalité, être assimilées 
à une formation prothallîenne, et il est beaucoup plus rationnel 
de les considérer, avec M. Strasburger, comme un produit d'éli- 
mination accompagnant la différenciation des éléments sexuels, 
élimination qu'on retrouve dans la même circonstance chez les 
animaux. 

De cette courte description du développement du pollen 
chez le Ceratozamta, il résulte que l'anomalie signalée par 
M. Juranyi n'existe pas. L'examen du Zavtta cycadsefoliaet du 
Çycas Rummiana m'a fourni des résultats analogues. Je n'ai 
pas davantage réussi à constater, dans les plantes mentionnées 
par M. Carnoy, les faits exceptionnels que cet auteur dit avoir 
aperçus. 

Quant à la struaure du noyau au repos, on voit que les iâits 
observés parlent plutôt en faveur de l'existence d'un filament 
chromatique ininterrompu chez le Ceratozamta, du moins dans 
les noyaux des cellules polUniques. 

Assurément, l'hypothèse de la soudure par les extrémités, 
pendant la reconstitution du noyau, des segments chromatiques 
arrivés aux pôles, introduit dans le phénomène une assez grande 
complication, puisqu'elle implique la nécessité d'une segmenta- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



«34 JOURNAL DE BOTANIQUE 

tion transversale ultcn«ure,au moment où le noyau entrera à son 
tour en division. Comme le nombre des segments chromatiques 
est le même dans les divisions qui se succèdent dans les cellules 
mères de pollen, on a quelque peine à coocevoir qu'il puisse se 
mainteoir td par des segmeautions répétées. En outre, M . Stra&- 
burgerfait remarquer avec raison qu'on ne compreodpas très bien 
que la soudure se fasse avec régularité, surtout si quelques- 
uns des segmeots arrivent en retard au pôle on n'y ptenoent pas 
'orîeatatioit nécessaire. 

D'autre part, comme oo l'a vu plus haut, le nombre desseg- 
meots est toujours moins élevé dans les noyaux sexuels que 
dans les noyaux purement végétatifs; par suite, dans l'hypo- 
thèse de la préexistence de segments libres, il laut supposer on 
bien une résorption d'un certain nombre de ces derniers, ou bien 
une fusion de plusieurs d'entre eux. Or, jusqu'ici, ni l'un ni 
l'autre de ces deux cas ne s'appuie sur un seul fait d'observation. 
Admettre la soudure de quelques-uns des segments, c'est réin- 
troduire la même complication que dans l'hypothèse d'an fila- 
ment unique, avec celte conséquence forcée qu'il doit ea résulter 
une inégalité notable dans la longueur de ces segmeats com- 
parés les nos aux autres. S'il est vrai que leur longueur varie 
dans un même noyau, cette variation n'est pas plus marquée 
dans les oellulcs sexuelles que dans les cellules végétatives ; elle 
ne m'a jamais paru, d'ailleurs, aller du simple au double. 

Ne peut-on pas supposer que les éléments chromatiques, as 
moment où les aoyanx se constituent et se différencient en tant 
que noyaux sexodSi, sont le siège de changements internes par- 
tîculiers, destinés à leur conférer les caractères propres qu'on 
observe en eux dans tel ou tel groupe de plantes ? 

Chez les Phanérogames, le noyau mâle qui doit se iustonner 
arec le noyau femelle dans l'acte de la fécondation ne présente 
ptus an mookent où il pénètre dans l'oosphère, de segments dis- 
tincts ; il est pourtant admissible que les sc^meats qu'il ren- 
ferme, bien qu'es apparence confondus et fiisionnés, conservent 
néanmoias leur autonomie; et de fait, on les vok réa^^iacaîtrc 
après quelque temps au contact du noysu femelle (i). Mais 
cette manière de voir oc peut, en tout cas, s'appliquer aussi 

s cas, sera l'objet d'm tra- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



L. GuicNARD. — OifervaHOns sur Iê folUn, des Cycadées. «35 

&cîlement à ce qiii se passe chez les Cryptogames vasculaiiBS,, 
Dans mes recherches récentes sur les anthérozoïdes (i), je 
ciTMS -avoir mOFitré qae, pour donnar le corps de ces derniers, le 
noyau de la cellule mère subit une métamorphose complète en se 
nourrissant du protoplasme de cette dernière. Il est impossible de 
retrouver, dans le corps de l'anthérozoïde, une structure nuclé- 
aire nettement différenciée, à plus forte raison d'y distinguer 
des segments chromatiques même accolés ou enchevêtrés les uns 
avec les autres. A œ sujet, je d<M£ faire remarquer que je ne psis 
considérer comme exacts les résultats énoncés tout récemment par 
M. Belajeff (i), concernant les Fougères et les Prèles. Cet obser- 
vateur admet que le corps de l'anthérozoïde renferme, dans sa 
partie la plus épaisse seulement, un £lament nucléaire. Après 
avoir exanûeé de aouveaa ces mêmes plantes, je ne puis que 
maintenir mes résultats antérieurs. 

Bien que la substance chromatique du corps de l'anthéro- 
zoïde se montre presque homogène, j'ai constaté récemment que, 
dans le Piluîariaglobulifera, l'anthérozoïde, arrivé dans l'arcJié- 
gone, se transforme d'abord, au contact du noyau de l'oosphère, 
en uti petit atnas chromatique, où l'on commence bientôt pat 
apercevoir des granulations distinctes, puis des segments libres, 
nombreux et courts, qui se confondent bientôt avec ceux du 
noyau femelle, au contact duquel on les distingue pendant un 
court espace de temps. A l'intérieur de l'oosphère des Crypto- 
^anes, coanne datis celte des Phanérogames, des segments 
chromatiques apparaissent donc différenciés à un moment donné ; 
mais s*n est possible, à la rigueur, d'admettre leur préexistence 
et leur maintien chez les Phanérogames, il est beaucoup plus 
4ilfidle de croire qu'ils persistent dans le corps de l'anthéro- 
zoïde, pour redevenir libres et distincts, à un moment donné du 
phénomène de la fécondation. 

II y a donc, comme on le voit, un certain nombre d'objec- 
tions sérieuses contre l'hypothèse de la transmission de noyau à 
à Qoyaa, à travers tontes tes divisioms nucléaires^ qai s'opèrent 
dans une plante, de segments chnmiatiques autonomes. On sait 
iT^eurs que, dans toutes ces divisions, les segments secondaires 
arrivés aux pôles présentent une contraction très marquée, 

t sffueture âes antJiéroBindes (Revue gé- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



336 JOURNAL DE BOTANIQUE 

' pendant laquelle ils s'accolent les uns aux autres en s'incurvant 
plus ou moins, comme pour reformer une charpente chroma- 
tique unique, dont les éléments présentent une étroite connexité. 

EXPUCATION DE LA PLANCHE V. 
CtraioMantia mtxieana. 

Fig. I . — Cellule mère de pollen avec son noyau au repos. Gr. 800. 

Pig. 3. — Ccmmencement de la contraction du filament nucléaire. Gr. 800. 

Pig. 3. — Cellule mère dont le conteoua été fixé par Taloml dilué. Le fila- 
ment chromatique du noyau est partiellement refoulé sur un côté, à 
gauche, où il forme une masse confuse; à droite, les replb se montrent 
continus. Gr. 1400. 

Pig. 4. — Même mode de fixation. On aperçoit quatre extrémités libres 
dont deux sont reliées par un mince filet protoplasmique. L'indice du 
dédoublement longitudinal se manifeste déjà par la présence de deux 
séries parallèles de granulations chromatiques. Gr. 1400. 

Pig. 5. — Noyau fixé dans son aspect normal, après la segmentation. Les 
moitiés de chaque segment sont très distinctes et plus ou moins écartées 
Tune de l'autre. Gr. 1400. 

Pig. 6. — La membrane du noyau a disparu; les segments doubles ont 
continué leur contraction. Gr. 800. 

Fig. 7. — Stade plus avancé: les 8 segments, faciles à compter, ont pour 
la plupart la forme d'un V. Gr, 800. 

Fig. 8. — Plaque nucléaire, offrant déjà un commencement de séparation 
des moitiés de segments. Gr, 800. 

Pig. 9. — Séparation plus avancée des deux moitiés de chacun des seg- 
ments. Gr. 800. 

Fig. 10. — Arrivée aux p61e3 des huit segments secondaires, qui ont pris 
pour la plupart la forme 4'U. Gr. 800. 

Pig, II. — Contraction aux pâles des segments secondaires. Gr. 800. 

Pig. 13. — Un desnouveaux noyaux dontles éléments chromatiques, après 
la c«ntractîon, commencent à former une masse serrée. Gr, 800. 

Fig. 13. — Les deux nouveaux noyaux, ou noyaux secondaires, à l'état de 
repos. Gr. 300. 

Fig. 14. — Aspect d'une cellule mère après la dernière division et la for- 
mation des cloisons. Gr. 300. 

Fig. 15. — Jeune grain de pollen bolé, avec ses deux membranes et son 

noyau au repos; grains amylacés dans le protoplasme. Gr. 800. 
Fig. 16. — Aspect des huit segments diromadques après la disparition de 

la membrane nucléaire. Gr. 800. 
Fig. !?■ — Fuseau nucléaire, montrant la séparation des moitiés de chaqae 

segment. Gr, 800. 
Pig. 18. — Arrivée des segments secondaires aux pôles du fuseau; le 
groupe inférieur présente un aspect particulier dû à la position de ses 
segments dans un même plan. Gr. 800. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



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DaAKS DBL CiSTii.Lo. — Con&iiufiim h la flort de l'Anurique eçuatoriaU. 237 

Fig^. 19. — Contraction des segments dans chaque groupe ; apparition de 
ta cloison de cellulose qui séparera la petite cellule de la grande. Gr. 800. 

Fig. ao. — Formation complète de la cloison; noyaux au repos. Gr. 800. 

Pig. 31. — Le noyau de la grande cellule, entré en division, montre ses 
huit segments chromatiques. Gr. 800. 

Fig. 33. — Disf>ositîon et forme des segments dans la grande cellule, vue 
par sa partie supérieure. La petite cellule n'est pas représentée. Gr.800. 

Pig. 33. — Fuseau nucléaire de la grande cellule, avec aa moitié inférieure 
surbaissée. Gr. 800. 

Pig. 34. — Arrivée aux pôles des deux groupes chromatiques; le groupe 
inférieur offre )a mfime disposition que dans la &g. ili. Gr. 800. 

Fig. 35. — Grain de pollen adulte. La seconde cloison s'appuie sur la pre- 
mière, Gr. 800. 



CONTRIBUTION A LA FLORE DE L'AMERIQUE 

ÉQUATORIALE 

Note sur une collection de plantes récoltées dans l'Amérique iquatoriale 

par M. H. Poortmann en i8St-Sa 

(Fin.) 

Par H. DRAKE DEL CASTILLO 

CAUPANULAGEL£ 

(Subordo Lobdliearum) 
Centropogon Presl. 

1. C. erianlhus Benth, et Hook., Gen. II, S47' 
Siphocampylus eriantkas Beath., PI. Hartweg., p. 139, n' 778. 
Villonaca près Loja (Poortmaim 79 1). 

2. C. erytlmBus sp. nov. 

Frutex bi-mctralîs, totus dcnsè lanatus, pilis arbusculifbrmibus rubris, 
fbliorum pagina superiorc demùm scabrâ. FoUa coriacca ovata (4-5 cent, 
longa; 3-3 lata), basi attenuata, suprà rugosa, petiolo craaso. Flores |in 
axillia superioribus solitaria, pedicellïs folio brevioribus. Calycis tubus he- 
mispluericus (8 mill. longiis) lobis linearibus brevibus. Corolla purpurea 
tubulosa pariïm arcuata, lobis linearibus acutis recurvb. Tubus stamineus 
dense villosus; antherz setuloso-piloss; appcndicis pili liberi. Fmctus (e 
schedulâ) I globoso-compressos > rcrisimilitcr baccatus. 

Ceàadal près de Z^j'a (Portmann 283 1). 

L'absence des Imits rend très difficile la distiDCtioa entre les 
Centropogon à aothëres dépourvues d'appendice cartilagineux , et les 
Siphocampylus. Cependant Beatham et Hooker ayant rangé l'espèce 
précédente parmi les Centropogon, il semble qu'on peut lui réunir 
génériqnement celle-ci. Elle en a le port et l'orgasisadon florale: 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



1^ jOUKNAL DE BOTAKK^Un 

mais cUe ea diâëre par son tomemnm rougcâtre et beaucoup pt«s 
épais, ainsi que par la iorme de ses feuilles. Le C trytÀr-ares se place 
aussi à côté du C. Hariwegii Bcnth. et Hoolt.; mats cehii-ci a des 
feuilles et des fleurs beaucoup plus grandes, et est, en outre, recon- 
vert d'uue pubescence laineuse entièrement blanche. 

5. C. graoilis sp. nos. 

Artior vd arbuscula (4-8 m. alta) ramis flexuo^s ^acilibus giabris vd 
apice hispidulis. Folia membranacea ovata (6-13 -cent, long'a; 4.-7 lata), 
in petîolum brevem (8-15 miU.) contortum abrupte ang^usua, pagHnl supe- 
riore glaberrimâ, inferiorc hand secàs ac petiolum pilLs «lollibiis ad nren-os 
densioribus vestka, margine dentibus callosis Tsmotiuscnlia iBtu-i>cto. Cj"bw 
termindks abbreviata; {ad a cent, longa- ; pedicellis 15 inill. longœ), inflo- 
rescentiâ totà hispidâ, bracteolis oblongo-obovatis obsolète serratis. Calycïs 
{i cenC.loQgi) segmenta obi ongo -lance ola ta, tenuiter serraca. Corolla auran- 
tiaca, intus glabra (3-4. cent, long'a), incurva, tubo cylindrico (1 cent. 1/3 
long'a), iauce amjiliatâ, limbi lobJs antîcis ovato-deltoideis acuminatis, pos- 
tids obiongis acutis.Tubua sCanuaeus gjaber; anthera: dorso dense villas», 
miooribus appendice cartilagineâ coronatis. Bacca ignota. 

Environ de Loja {Portmann 150I). 

Voisine du C. so!anifoliits Benth., cette espèce en diffère par ses 
feuilles pubescentes en-dc-ssous, par son inflorescence assez fortement 
hispide, par son calice à lobes légèreaMSit dentés et par ses anthères 
velues sur le dos. 

4. C. reticnlatuB sp. nov. 

Herbacea, caulibus contortis apîce tomentellis. FoUa haud remota, 
ovata (Lmbo 7-10 cent, longo, 4-7 lato), acuta, basi in petiolum {3-3 cent, 
longum) gracilem attenuata, membranacea, supra glabra, subtùs pallida, 
reticulata, in nervis et venis lomcntella, marginc revoluto dentibus callosis 
instructo. Flores solitarii, axillares, pedunculo gradli {|«àBi peiioluEm vix 
duplo lougiore bractcolîs 3 parvis setaceis basi instructo. Calycis (5-6 aiil], 
lOQgi) subgloboai dentés lineares, mbo breviores. Corolla violacea (3-3 
cent, looga), tubo levtter arcuato, fauce vix ampliatà, lobis recurvis IJnea- 
ribus acutis (5-6 tnill. longis). Tubus stamineus coroUam superans, pilosus, 
aatberis glabris; appendicis pili liberi. Bacca (1 cent, lata) subglobosa. 
Scaûna obovau. 

f^ooitmann ! (sans étiqucOe). 

Cette espèce rappelle le C, sarittamensù PresL, par son poil; 
mais elle en diffère par sa ooosisuace herbacée, par ses feuilles atté- 
aaées k la base, par son pétiole grfile et par ses anthères glabres. 

5. 0. eaptt&tss ;>. mn*. 

Herba data, caulîbusTalidTnscnlis. FoKa sub apicem cauHs 'apprrtzÏTnaa, 
otftongo-Isîncecflata (25-45 «nt, longa, 8-15 lata) baà attenuata, fcrè sessi- 
Sa, tenuiter Miraca suprà glahra, sobiAs paUidiara, aoaeoieltB. Kaceans 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



Dbaib DEL Castillo. — CoHlrièulieH à la filtre de l'Amérique égualofiaU. 139 

terminalis, multiflorus, abbreriatus, sabcapitanis, foliis floraiibus (2-3 cent, 
longis, i-a latis) ovatis ^-el obovatis basi attenuatis quàm flores circiter 
dimidio brevioribns, Calys tubo obloi^o (5 mill.), lobts hncaribus (1 ce«. 
loog-isl acutis remote dentîculatis. Coroîlîc purpurMC supemè puberuhe 
parûm arcuata; (2-3 cenc. longes) tubus basi attrtmntiw, faux sensim acte- 
nuata, lobi oblongi, acuti. Tubus suimineus glaberjanthera: pilosa;; appen- 
dicis pili connati. Bacca ignota. 

Ifitacapaiaéa [i) {Poortinian igS,*). 

Espèce très remarquable par son port et son inflorescence. 

6. C. f esnersformis sp. nov. 

Herbacca, tota moUiter pubescenti-hirsuCa, foliis oblongis (15-Ï5 cent, 
longîs, 5-q latis) acutis infemè in petîolum longum attenuatis, mar^îne 
denticulato; floralïbns oHongTi-obovatis multo brevioribus. Pedicelli 2-5, 
graciles (5-^ ccatL longi^ ki nceanKi tcnnîmalem breveai conferti. Calyz 
oTudeo-canpanaUtus (11 m^ loof ns,8 lalust, deotibvs deltoideo-oblongis 
acutis. CoroUa (4.-5 cenL loaga; i lata) cylindraceo-can^nulata, vix ar- 
cuata, inferne attenuaca, supernè leviter ampliata, ore oblique, lobîs 
oblongo-deltoideis subulatis, posticïs majoribus. Tubus staimneus glabcr; 
anthenc basi et dorso lâspïdx; appendixcartilaginea. 

JluacafiamSa (Poortmann 224!). 

Celte espèce se rapproche du C. besleroides H, B.K-, par la forme 
de ses fleors ; mais sa consistaQce est herbacée, et la forme de ses 
fetùUes est dififereoDc ainsi qne l'iofloicscesce. 

7. C. liirtiflanu sp. nov, 

Herbacea (1 m. t/2 alca), tota pilis fulvis arbusculiformibus vestîta. 
Fona elliptica (12 cent, longa, 6 lata), acuminata, basi acuta, brevîter pc- 
tioiata. FkiT^s axillares, foHo subb^c^'k>^cs (pedicclKs 6 cent, long'is). Caly- 
cs tabiB facnisfiifricas (6-(t shU. latas) ; liaibr lacinii Kneares subulati. 
CoroUa ttAulosa leviter accuua, fiiice vix asq^Kaiâ lobis incaTTis liaearibua 
acutis. Tubus stamioeus dense pubescens; aatLcra; supernè setulis fulvis 
instructffi; appendîcis pîti liberi. Fructus ig;aocus. 

Rio de Sa» J^fMictsco (PooTtaann 3171). 

Bien que les fruits manquent aux échantillons de M. Poortnmnn^ 
ce collecteur les donne comme ressemblant à cenx du n" 283, c'est-à- 
dire à • une petite boule aplatie, i Les termes semblent convenir i 
one baie de Cenlropogon. Malgré sa cocsistance berbacée, le C- htr- 
ti.fiin'us appelle les C. trùattkus et barhaius BeiUb. et Hook. 

S. C. palUdi»J:^.w0. 

Herbacea, ^laberrjma, tota paUidè viridis, FoUa oblongoJanceoiata (15 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



sfo JOUKKAL DE BOTANIQUE 

cent, longa, 3 lau) acuminata, in petiolum [1-3 cent, longum) attcauata, 
inœqualiter incisn-dentata. Racemus tennioalis paucitlorus. Calyx tubo 
oblongo, lobis linearibus. Corolla parùm arcuata lobis obloDgis. Bacca 
OTOidea (i ceat. loaga); semina oblonga. 
Zaraguro (PoortmanD 333 1). 



ECHINOBOTRYUM ET STYSJNUS 
Par H. J. COSTANTIN 

MM. Reinke et Berthold ont publié en 1S79, dans un travail 
sur les Champi^ons détruisant la pomme de terre (i), une note 
sur le Stysanus Slemom'tis ; ce mémoire, bien que contenant des 
résultats intéressants, n'a été analysé dans aucun journal ou 
recueil bïbliog^raphîque de botanique (3) ; seul, de Bary le cite 
sans d'ailleurs parler de la plante précédente. En 1886, M. Mat- 
tirolo (3), ayant découvert un Melanospora qui donne pour forme 
imparfaite le Stysanus Stentonitis, suivit le développement de 
ce dernier, et fut amené à contredire complètement les résultats 
des deux premiers observateurs. 

Les faits consignés dans ces deux mémoires, l'un presque 
inconnu, l'autre ne traitant qu'incidemment du Slysantts, nous 
étaient inconnus quand M. Rolland et moi (4) avons publié une 
note qui confirmait d'une manière complète les résultats de 
MM. Reinke et Berthold, comme je m'en suis assuré récemment 
en lisant leur mémoire que j'ai pu en6n me procurer. Une consé- 
quence que nous n'avions pas déduite, tirée peut-être sans 
preuves suffisantes par MM. Reinke et Berthold, se trouve en 
puissance dans notre travail et c'est sur elle que je veux insister 
ici. 

Nous avons décrit dans nos cultures un appareil à spores ver- 
ruqueuses et noires ; les deux auteurs allemands le regardent 
comme appartenant à un Echinobotryum. Ce rapprochement a été 
niéparM. Mattirolo qui déclare n'avoir jamais pu vérifier ce fait; 

I. RtMié et Berthold. Die Zersetzung der Kartoffel durch Pilze. Berlin, 1S79, 
p. Sl.pl-VetVl. 

3. Ni dans le Bofanisck* Zetlung, ni dans le BolaniseJker jAkrtthericlU, ni 
dans le BotatttScÂes C*ntraiblatt qui a cAmmencé à paraître l'année suivante. 

3. Mattirolo. Sullo svlluppo di due nuovi Hypocreacel e sulle spore-butbilll 
degU Ascomlceti (Nuoto Gloroale Botanlco Italiano, XVIII, n* 3, p. lai, a pi.) 

4. Cosfanfm et RoUand.Okv^XoyçtmKDX^mi Stysanus A 
{Bull, de la Soc. bot., 18SS, séance 13 juillet, p. 391]. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



J. CoiTAMTiH. — Echinobotryum gt Stysanus. 141 

il cite et figure comme premier stade du développemeat du Sty- 
;a««f une forme qu'il appelle ^c/dU&WMr; constituée par un fila- 
meut court, simple, lerminé en haut par une tète de spores en 
sympode. Ces spores naissent d'une manière très analogue à ces 
têtes sporifères que nous avons appelées pseudo-capitules. On 
voit d'abord une spore terminale, puis au-dessous une conidie 
semblable rejetant la première de côté ; ceci se répétant alterna- 
tivement d'un côté et de l'autre, on a une tête qui dans certains 
cas, dit l'auteur, rappelle un CephcUosporium. Ces premiers 
stades ressemblent à ceux que nous avons décrits ; ils ne dîffè* 
rent que par la nature des spores, noires et verruqueuses pour 
nous, incolores pour M. Mattirolo. Nous verrons un peu plus loin 
qu'il n'y a peut-être pas un abîme infranchissable entre ces deux 
structures, car les spores verruqueuses et noires se trans- 
forment bientôt en spores lisses et presque incolores. Il nous 
paraît cependant assez difficile de rapprocher des Aclodiunt les 
stades primordiaux de l'auteur italien, car dans toutes les es* 
pèces comprises dans ce genre les spores paraissent insérées à 
une distance notable du sommet (i). Nous savons, en outre, que 
le pseudo-capitule se transforme rapidement en chapelet. 

Les différences, peut-être plus apparentes que réelles, que je 
constatais entre nos résultats et ceux de M. Mattirolo, m'ont en- 
gagé à entreprendre de nouvelles cultures, ce que j'ai pu faire 
très aisément à l'aide de mes anciens matériaux conservés dans 
mon herbier-serre de Mucédinées. En vérifiant l'exactitude de 
nos premières recherches, j'ai été amené à constater l'identité de 
M Echinobotryum atrum, et du Stysanus Siemoniiis et c'est ce 
résultat intéressant que je vais établir et discuter maintenant. 

MM, Reinke et Berthold ont désigné sous le nom à'EckinO' 
botryutn les fascicules de spores verruqueuses et noires dont 
nous avons parlé plus haut. On peut se demander d'abord si 
cette détermination, que M. Mattirolo admet sans objection, est 
suffisamment justifiée. Les appareils fructifères que j'ai repré- 
sentés sur la planche VI (fig. 3, 4 et 5) ne paraissent pas, au 
premier aspect, rentrer dans la définition du genre précédent 

I. Voir BonordenHa.ndb. fig;. 9S (A.cttrD3tant\ {\%. loi \cOHSpersuni), Harz 
Einlg-. neu. Hyph., pi. IV, fig-. 1 {paliidum), et même la Ëgure de VAcladium 
*iveum Sacc. = Haptaria nivea Léveillé, Ann. se. oai. 1843, VIE, fig, 7 qui se 
rapproche des GotMtoôohys. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



H3 jOUKNAl. DE BOTAMIQUE 

donnée par Corda (i). Cet auteur cazactésisait, eu effet, les 
Champî^ons de ce gre«p« par leur vie parasitaire smi les pieds 
des SiysartuSt par l'absence de mycéliiun et par les capitules 
sporifêres sessiles. Cette déânicioa a été modiâée à la suite des 
recherches de M. Saccardo (2), qui a montré que le paraait^me 
s'est qu'accidentel, car plusieurs e^>êces se développeat en sa- 
prophytes sar le bots; dans ces conditions de vie, le BLycéhuin 
apparaît très aeitement et il peut s'agréger ea feisceaux de fila- 
ments parallèles ; enâo, la fructification, portée sur des filameots 
courts, nCHTS, sinylesi ou ramiâés, n'est pas nécessairement com- 
posée de spores teraÛBées par un loa^ rostre coaune dans les 
figures dues à Corda. 

La diagnose du genre étant ainsi tiraosfiHméer le Chan^û^ou 
que j'ai figuré (fig. 3, 4, 5) peut être regardé comme VEtàino- 
botryttm airtax, car ses spores sont verruqueuses et il accom- 
pagne le ^i^j'. Siamom'tîS {;^). L'exactitude de ceUe coocLusion 
se trouve confirmée par une observation faite dans une cuitufe 
sur crottin de cheval stérilisé où j'ai pu voir sur quelques pieds 
de Stysantts des iascicules de spores à-'Eckinoèattymn (pJ. \'I, 
fig. 24). 

\J Eckinobotryunt n2 reste pas toujours à l'état sinqile : je l'ai 
rencontré à l'état agrégé dans une culture d'un hmoîs sur la 
pomme de terre ; il présente alors le même aspect qu'un Stysa- 
nus court et trapu dont la tète ne serait plus couverte de chape- 
lets mais de pseudo -capitules de spores (pi. VI, fig, 6). Cette 
forme fasciculée ne se rapporte ^i\x^3xxx.Stysaftus'a^JSixa.SpO' 
rocyùe (4). Cependant aucuae espèce décrite dans ce deriser 
genre ne paraît cadrer avec la plante précédente; ceci tient 
peut-être à sa rareté et à la rapidité de la chute des grosses 
spores noires verruqueuses. J'ai pu, en effet, assister sur un 
autre milieu (5) au remplacement des spores précédentes par 
des conidies lisses, d'un jaune brunâtre, puis légèrement cen- 
drées, presque incolores. Ces conidies nouvelles se disposent 

1, Corda, Prachtflora, p. 17, pi. V.'.II, ei Sturm, Dentsch. Flora lU, t. II, p. 51, 
pi. aï. 

1. Saccardo, Fungi italici, fig. 780, Bo et 1199. Sylloge, IV. 

3. La seule différence est l'absepci? de rostre à l'extrtmtté de la spore, mai; 
Is forme et les dimensions de ces otiranes reproducteurs peuvent varier el MM. 
Reînlte et Bsnhold ont observé des spores pirifonnei. 

4. Les spores sont noires et non en chapelet. 
. CuUute sur crottin de cheval. 



D,g,fza:Jb.GOOglC 



J. CosTANTM. — Echiaoborrruni et Slysanus. X43 

en chapelet, et la Stilbée ïncoDnue apparaît comme un Stysanus. 
J'ai pu, dans quelques cas, observer des stades de transition où 
les têkes sporifères étaîeot couvertes de spores veiruqueuses à la 
pénpMrîe et «mposées va. centre de petites cooîdks lisses. Une 
pareille association se retrouve à tous les k^'ca.ei la 6^re 35 
^fJ. VI) la met en évidence sur un iudividu )eune. 

Une objection vient à l'esprit en examinai» ces premèies 
préparatïoas : en peut attribuer ce nouvel aspect à une exten- 
sion, jusqu'ici non décrite, du parasite; ^Echinobatrywm, qm 
d'ordinaire n'attaque que le pied, couvrirait de ses capitules 
sercés la tète du Stysanus de manière à masquer les conidies 
Bomaks de ce desoier. Cette objection peut êire levée par la 
cnltme attentive et répétée des ^>ores d' EcMnoboàryum. Cette 
recherche m'a conduit à vérifier les résultats indiqués l'an passé. 
J'ai d'abord constaté que ces spores n'exigxnr pas pour ger- 
mer un repos de deux mots comme l'indiquent MM. Reinke et 
BertkoLd ; quinze jours ou trois semaines apcès la différen dation 
des spores, leur germination s'effectue, « elle réussit sur les 
milieux les pKis divers (i). Un seul tube apparaît et le plus sou- 
vent de côté, ou vers une partie amincie (fig. 7). Le troisième 
jour déjà, dans les cultures sur pomme de terre, on observe de 
petites touffes hémisphériques blanches de 5 millimètres, qui 
deviennent légèrement grisâtres en atteignant im centimètre 
v«s le cinquième jour. Au bout de ce temps, l'existence d'un 
grand nombre de conidies se manifeste, et deux jottrs après, leur 
germination, au fond du tube de culture sur le liquide et sur tes 
pans de la pomme de terre, est visible à l'œil nu. Pendant ces 
premiers jours, on voit apparaître les pscudo- capitales (fig. 8 à 
II). Les premières spores sont légèrement verruqueuses et noi- 
râtres et rappellent tout à fait celles qui viennent de les produire, 
mais les spores suivantes restent peu colorées ou incolores et 
lisses; on a bientôt des tètes peu colorées ou complètement in- 
colores comme celles qui ont été décrites par M. Mattîrolo. Par 
une série de transitions insensibles, on voit alors les ramifica- 
tions apparaître, le pédicelle s'allonger et la transformation d'un 
Eckinobotryuvt à spores incolores en une sorte de PénicULe se 
produire (fig. 12, 13, 15, 17). (A suivre.) 

e et bouillon de veau ni.'utre ci ar.ide, agar- 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



944 lOUKNAL DE BOTANIQUIt 

CHRONIQUE 

Congres botanique. — 1^ Coo^ès oi^aaisé par la Société bota- 
nique de Fraoce, à l'occasion de l'Expositioa uaiverselle, se tiendra à 
Paris, du 30 au 35 août. 

Lt programme suivant a été arrêté à titre provisoire par le Comité 
d'organisation ; il pourra être modifié dans ses détails, s'il y a lieu, dans 
la première séance du Congères. 

Mardi ao août. — Séance d'ouverture du Congrès, à 2 heures, à Thàtel 
de la Société d'horticulture, rue de Grenelle, 84. 

Le soir, à 8 heures et demie, réception des membres étrangers. 

Mercredis! août. — Le matin, à 9 heures, séance consacrée k l'examen 
de la 1™ question {De rutitiié qu'il y aurait à établir entre les différentes 
sociétés, Us différente musées botaniques, une entente pour arriver à 
dresser des caries de la répartition des espèces et des genres de végétaux 
sur le gloie). — et autres communications, s'il y a lieu. 

Dans l'après-midi, visite à l'Exposition universelle. 
Jeudi 13 août. — Excursion aux environs de Paris. 

Vendredi 33 août. — Le matin, à 9 heures, séance consacrée à l'examen 
de la T question (Des caractères que l'aneUemie pent fournir à la classifi- 
cation), — et autres communications, s'il y a lieu. 

Dans l'après-midi, visite aux collections et laboratoiies botaniques du 
Muséum d'histoire naturelle et des autres grands établissements scien- 
tiriqucs. 

Samedi 2400^1. — Le matin, àg h., séance ; communications diverses. 

Dans l'après-midi, visite à l'Exposition universelle. 

Dimanche 2j août. — Banquet offert aux botanistes étrangers. 

Dans la semaine qui suivra, auront lieu diverses excursions botaniques 
dont le programme sera définitivement arrêté pendant le Congrès. 

Les botanistes étrangers ou français n'habitant point Paris sont ins- 
tamment priés de faire connaître au Secrétariat, dès leur arrivée, leur 
adresse à Paris. 

Le 20 août, jour de l'ouverture du Congrès, le Secrétariat sera ouvert 
pour recevoir les inscriptions, de 9 heures du matin à 5 iieures du soir, 
rue de GrcDcUe, 84. 

Les objets destinés à l'Exposition de géographie botanique devront 
être adressés franc de port, au siège de la Société botanique, rue de 
Grenelle, 84, le 15 août au plus tard, à moins qu'ils ne soient apportés par 
les membres du Congrès eux-mêmes. Dans ce cas ils devront être remis 
au Secrétariat le 19 août ou dans la matinée du 20 août au plus tard. 

Les dires des mémoires ou communications doivent être remis au 
Secrétariat au plus tard la veille de la séance dans laquelle ils seront 
présentés. 

Le volume des Actes du Cengrès sera envoyé à tous les botanistes 
étrangers y ayant pris part. 

Le Gérant.- Louis Mobot. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



JOURNAL DE BOTANIQUE 

Directeur : M. LouIs MOROT 



ECHINOBOTRYUM ET STYSANUS 

(Fin.) 

Par H. J. COSTANTIN 

De pareilles métamorphoses peuvent être également obser- 
vées dans une culture sur gélatine et bouillon de viande neutra- 
lisé ; les formes pénicîlliales (fîg. 14) prédominent, maïs oq peut 
observer des états intermédiaires analogues aux précédents 
constitués par des Pénicîlles à spores mi-partie en chapelets, mi- 
partie en pseudo-capitules (fig. 18, 19, ao). 

Au début de la formation del'état agrégé de ï Echinoèotryum^ 
on observe un état semblable à rameaux assez écartés et noirs, 
à spores en pseudo-capitules (fig. 21). 

On sait maintenant, et je n'insiste pas sur ce point, comment 
de cette sorte de pinceau on arrive au Stysanus. Cette étude 
permet de constater ime fois de plus que l'on peut passer des 
formes les plus simples aux états les plus complexes par une série 
de transformations insensibles et successives, et qu'à un grand 
nombre de ces stades la plante peut produire des conidies et 
dans certaines conditions se maintenir longtemps arrêtée à ce 
point de son évolution ; dans la culture sur gélatine, en particu- 
lier, c'est la forme Pénicille qui prédomine. Des faits analogues 
ont déjà été indiqués pour plusieurs plantes, principalement 
pour les Fufnago par M. Zopf. 

Avec l'âge, les cultures précédentes sur pomme de terre 
changent d'aspect ; au bout d'un mois le substratiun est envahi 
sur plusieurs faces par un gazon court, noirâtre, où abonde 
VEchinobotryum tel qu'il est représenté par les figures i à 6 et 
31 ; une autre face o£Fre un mycélium élevé, cotonneux, grisâtre, 
oîi les têtes des Stysanus se montrent assez abondamment. Beau- 
coup plus tard, après quelques mois, les derniers forment une 
véritable forêt. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



346 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Le milieu a une influence sur la précodté de l'apparition et 
sur la multiplicité de ces derniers appareils reproducteurs, car 
sur le crottin de cheval, au bout d'un mois, les Stysanus sont 
incomparablement plus nombreux que dans la culture précé- 
dente. 

Les semis précédents étaient faits avec des spores de même 
origine. Toutes provenaient d'une plante qui, depuis près d'un 
an et demi, est cultivée principalement sur la pomme de terre. Si 
le milieu agit sur une génération, on conçoit qu'il agisse sur une 
longue série de générations ; aussi n'aî-je pas été trop étonné en 
voyant l'aspect très différeai d'une autre culture faite tout ré- 
cemment en partant d'un Siysanus développé spontanément sur 
un Fœmculum. Au bout de quelques jours de culture sur pomme 
de terre, il y avait plus de tête de Stysanus que dans les an- 
ciennes cultures au bout d'un mois. 

On pourrait être tenté d'attribuer de telles variations à une 
autre espèce, mais l'étude que j'ai pu faire jusqu'ici de cette cul- 
ture récente ne paraît pas justifier cette manière de voir. 

Sans vouloir trop insister sur cette dernière question encore 
peu étudiée, on peut penser qu'elle donnera peut-être la clé de 
bien des contradictions, M. Mattirolo dit en particulier que pen- 
dant une quinzaine de jours, dans ses cultures à l'automne, ïla 
obtenu les périthèces d'un Melaiiospora. Jusqu'ici, dans les con- 
ditions de mes expériences, je n'ai pas vérifié le fait, mais je ne 
désespère pas d'y arriver, 

De l'étude actuelle je conclus que les résultats des recher- 
ches de M. Mattirolo ne sont pas incompatibles avec celles de 
MM. Reînke et Berthold, et que X Eckinobotryum- appartient au 
Stysanus. II paraît également naturel d'admettre qu'il doit en 
être ainsi des autres Eckinobotryum qui se rencontrent sur d'au- 
très Stysanus {£. parasitons sur S. Caput-Medusx , E. Cttrt 
sur ^. monïloi'des) ; ce genre disparaîtrait donc peut-être en en- 
tier (i). Enfin la fasciation de X Echinobotryutn conduit à penser 
que la distinction des Sporocybe et des Stysanus n'est pas toujours 
nette. Cette étude fait en outre entrevoir qu'un examen attentif 
des formes imparfaites permettra de simplifier notablement la 
nomenclature très compliquée de cette partie de la Mycologie. 

I. Il resterait à examiner si !'£. j^rve qui se développe sur l'Aulne, et qui panlt 
asscE différent, appartient au métne groupe. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



db.Google 



(Journal de Botanique. 



3^ Année. PL.' 



J^ tï l'HP 







J. CoEtantm del et iith. 



:} 



imp. Edouard Bry.Pdr 

Echmobotpyum et Stysanu^,,QQQq[^> 



Abbi Maïclbp, — Sur la géo^'aphU botatiijHe dit Nord^de la Fretnet. 1*7 
EXPLICATION DE LA PLANCHE VI. 

— Eckinobotryum avec une Spore terminale. 

— La spore terminale rejetée de côté par le développement d'une 
5[K>re sous-jacente. 

3. — Ramification du pied. 

4, 5. — Fascicule porté et inséré sur un filament brun. 

6. — Etat agrégé. 

7. — Germination. 

8. 9, 10. — Apparition des premières conidies incolores (culture sur 
pomme de terre). 

— Fascicules incolores ou peu colorés ressemblant à X'Eckinobe- 
iryum (même milieu). 

13, 13, 15, 17. — Stades de transition de la forme en pseudo-capitule 
la forme en chapelets [culture sur pomme de terre). 

14. — Forme pénicilliaie produite sur gélatine et bouillon de veau. 
16, 18, 19 et 30. — Formes en pinceau dans lesquelles les spore» sont 

encore en pseudo-capitules (même milieu). 

Fig, 31. — PoTiae EcAîitoiotryum bien dJfiérendéc commençant à se déve- 
lopper pour s'agréger. 

Fig. 33. — Mycélium de Stysanus. 

Fig. 33. — Pied de Slysa/tus sur les câtés duquel apparaît une forme en 
pinceau. 

Fig. 34. — Pied du S/ysanits avec une forme Eckinoialryitm analogue à la 
précédente, 

Fig. 35. — Siysanus montrant l'association des spores normales et des 
spores verruqueuses. 



Fig. 
Fig. 

Fig. 
Fig. 
Fig. 
Fig. 
Fig. 
ï 
Fig. 

Fig, 

Fig. 
Fig. 



ETUDES SUR LA GEOGRAPHIE BOTANIQUE DU NORD 
de la France 
(Suiit.) 
Par M. l'abbé UASCLEP 
III. — Végétation des marais. 
Il existe sur le littoral du Nord de la France, en arrière des 
dîmes, deux régions marécageuses importantes, mais d'une phy- 
àonomie fort différente. La première, exclusivement constituée 
par des ailuvions tourbeuses, souvent mélangées de sables, s'é- 
tend de la baie de la Somme à celle de l'Authie. Dans le Mar- 
quenterre, à l'embouchure de la Maye et de Saint-Quentin-en- 
Tourmont à Monchaux, on ne voit contre la dune que quelque 
endroits complètement submergés, et il faut pénétrer de plu- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



948 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Sieurs lieues dans l'intérieur des terres jusqu'au delà des villages 
de Rue et de Quend, pour rencontrer, sur une longueur d'une 
dizaine de kilomètres, de larges surfaces présentant bien l'as- 
pect de véritables marais tourbeux; mais de l'autre côté de 
l'Authie, entre Berck-sur-mer et Cucq près Etaples, les tour- 
bières atteignent tout leur développement et occupent, sur une 
longueur de deux lieues environ et une largeur de deux à trois 
kilomètres, la dépression située entre les dunes et l'ancien cor- 
don littoral. Aux environs d'Etaples le marais disparaît brusque- 
ment; on trouve cependant encore à peu de distance de là un 
marécage tourbeux de quelque importance que l'on doit ratta- 
cher à cette première série de marais, c'est la Claire-Eau, au mi- 
lieu des dunes de Condette. 

L 'autre grande région marécageuse du littoral commettce à 
Calais et se contintte jusqu'en Belgique. Cette fois les alluvions 
superficielles sont généralement glaiseuses et ce n'est que ça et 
là que l'on voit affleurer la tourbe. Dans ces conditions le dessè- 
chement du marais était plus facile; aussi, bien que son fond 
soit souvent d'un niveau inférieur à celui de la haute mer, a-t-ÏI 
été presque entièrement conquis par la culture, et il forme cette 
curieuse région des Wattergands et des Moëres dont la végéta- 
tion, toute d'introduction récente, sera étudiée avec celle des 
plaines de Flandre. Seules les parties tourbeuses ou même sim- 
plement sableuses qui demeurent complètement submergées ou 
à l'état de prairies marécageuses, peuvent nous intéresser dans 
la présente étude et doivent être rapprochées des parties analo- 
gués de la catégorie précédente. C'est surtout au nord de Dun- 
kerque, vers Téteghem et Ghyvelde, que ces marécages sont le 
plus développés. 

Pour que l'étude des marais du littoral soit complète, il im- 
porte de distinguer une troisième zone, d'une étendue beaucoup 
moindre, mais d'une importance géographico-botanique bien 
plus considérable, puisque les influences marines s'y font sentir 
plus que dans les deux premières ; je veux parler des quelques 
mares plus ou moins èt^nAa.^s,SiionAs sablonneux et quelquefois 
tourbeux, que l'on rencontre au milieu des dunes sur n'importe 
quel point du littoral. Quelques-unes ne sont complètement sub- 
mergées que pendant la saison des pluies et offrent vers la fin 
des étés très secs de nombreux points de ressemblance avec 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



Abbé MAscLBr.— Sur la géographie botanique du Nord de la, Franet. 149 

certaines stations de la zone des lieux humides précédemment 
distin^^uée dans les dunes. Toute division devient alors arbitraire 
et l'on voit que souvent la végétation des marais du littoral ne 
doit être considérée que comme un complément naturel de celle 
des dunes. 

Au premier abord la flore de tous ces divers marécages ne 
présente pas un cachet maritime bien spécial ; on se croirait 
même la plupart du temps dans nos marais de l'intérieur, mais 
en y herborisant avec attention on observe vite ça et là quelques 
espèces spéciales à cette partie du littoral et dépendantes des 
diverses influences qui s'y font sentir. 

Ces espèces, les seules dont je dois parler ici, sont au nombre 
de dix-huit : huit kalopktles, sept maritimes, deux littorales et 
une variété littorale. 

A. Espèces halophiles. — Ces espèces sont : Althma qf' 
ficinalis \^.,Jumcus Gerardi Lois., Scirpusglaucus Sm. (S. Ta- 
èemsgmontani Gmél.; S. lacustris L.,?. digynus Goàr.), S.ma- 
riti'mus L,, Carex divisa Yiaàs., Rumex pahtstris Sm., Sa- 
molus Valerandi L. et Triglochin palustre L. Leur présence 
dans divers marais salés de l'intérieur, bien plus que sur les 
bords de la mer dont elles s'écartent assez facilement, prouve 
qu'elles recherchent avant tout la présence du sel marin. On 
les retrouve toutes, le Carex divisa excepté, dans les maraïs 
salants de la Lorraine (Godron) ; les Scirpus glaucus, Juncus 
Gerardi et Althssa officinalis existent dans les marécages 
salés de la Limagne (Lamotte et F. Héribaud); cette der- 
nière se voit encore à l'état spontané dans les terrains salifères 
du Jura (Grenier) ; enfin dans les marais salés de l'Allier on peut 
recueillir Carex divisa, Scirpus glaucus, S. marititnus et Tri- 
glochin palustre (du Buysson). Aucune de ces plantes ne peut 
être considérée comme kalophile exclusive ca France. Dans la 
région du Nord, au contraire, quatre (Althaea officinalis , Junctts 
Gerardt,Scirpus glaucits et Carex divisa)^ comportent comme 
telles; les Scirpus maritimus et Rumex palustris {i), encore 
presque exclusifs, remontent la Somme jusqu'à Amiens (Gonse), 

I. Le RuMex palustris a ét^ trouvi à l'intérieur des (erres, à ZMl*. par 
M. i'abbé Boula;. Dovergne, dans soa Cataiogue manuscrit, ie sig^nale près de 
l'embouchure de la Canctie i Brimeux et Maresquet. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



ajo JOURNAL DE BOTANIQUE 

et seuls les Samolus Valerandi et Triglochtn palustre ne sont 
que préférents, 

L'Altilea OFFICINALIS est spontané et fréquent au bord des 
fossés et des chemins, dans tout le Marquenierre et de l'Autkù 
à la Canckei II existe également auprès de Dunkerque. 

Les JUNCUS Gerardi et SciRPUS GLAucus se retrouvent ça et 
là dans tous les marécages du littoral; tous deux pénètrent assez 
profondément à l'intérieur en remontant le long- des embou- 
chures et des rivières I 

Le CareX divisa existe dans les marais de Saint- Quentin' 
en-Tourmont (de Vicq) ; on le retrouve avec les deux espèces 
précédentes dans les prairies salées de Xembotickure de la Somme! 
Le Carex divisa n'a pu être retrouvé à Boulogne et à Berck où 
Rigaux et Dovergne le signalent. 

Le RuMEX PALUSTRis, presqu'aussi rare, se trouve sur quel- 
ques points de l'embouchure de la Somme, dans les marais de 
Saiftt-Quettiin-en' Tourment (de Vicq), à Berck (Wignîer) et à 
Gravelines (Boulay). 

Les SCIRPUS MARITIMUS, SaMOLUS VALERANDI et TRIGLOCHiM 
PALUSTRE sont cotnmuns sur tout le littoral dans les grands ma- 
rais, les lieux humides des dunes et même des falaises I 

Voyons maintenant s'il est possible de faire concorder la 
présence de ces espèces halophiles dans les marécages du littoral 
septentrional de la France avec leur affection marquée pour le 
sel marin; en d'autres termes, y trouven t-cUes cette substance 
qu'elles recherchent partout oiî elles peuvent la rencontrer, ou 
du moins est-ce bien elle qui a pu y déterminer leur présence? 

Pour celles qui se trouvent dans les marécages des dunes le 
doute n'est pas possible ; comme nous l'avons vu, en effet, dans 
le paragraphe précédent, la proportion de Chlorure de Sodîiun 
y est encore bien suffisante pour exercer une action efficace. 
Mais la réponse n'est pas aussi aisée quand il s'agit des grands 
marais situés en arrière des dunes, ceux-ci n'étant nullement 
salés. La difficulté est cependant plus apparente que réelle, et 
elle s'aplanit assez facilement si l'on fait appel aux documents 
historiques et géologiques (i). Primitivement ces marais, pério- 

I. a). — Marais fourbeux enlre la Somme ti la Cauckt. — L'eiisience d'an 
cordon littoral ancien composé de sables et de galets, au pied d'une aocieiiDe 
alaise crayeuse courant entre la baie de la Somme et la Canche, • prouTe qu'à 



D,g,tza:Jb.GOOgle 



Abbé Masclbp. — Sur la ^ographu iotanique du Nord de la France. 151 
diquement soumis à des inondations marines, étaient fortement 
salés, et ce n'est que très lentement qu'ils ont pu être col- 
matés par les eaux douces de nos rivières. Encore au xvn' siècle 

une époque antérieure à la formation des tourbes la mer s'étendait bien plus à 
l'Ouest. Après la formaticn du cordon littoral, la mer a dû reculer beaucoup à 
l'Est, abandonaani une plage de sable sur l'extrémité de laquelle une dune s'est 
flevée. L'espace compris entre la dune et l'oMcim cordo* est devenu un marais 
soumis, au moins pendant les premiers temps, à des inondations marines, mais 
gui a été colmaté surtout Par les alluvions d'eau douce de la Canche, de la 
Maie, de l'Authie et très proiailemeni de la Somme ; ce marais a été progrès- 
slvemeot recouvert par les dunes, qui, depuis qu'elles sont tîxées, sont à leur 
tour attaquées par la mer. Le marais a même complètement disparu vers Etaples, 
où la dune eat venue s'appliquer contre l'ancienne falaise. ■ (Notice explicative 
de la carte géologique de Montreuil). La mare de Condetie, dont j'ai déjà parlé, 
peut être regardée comme le dernier vestige de ces marais vers le Nord. Au Sud, 
la main de l'homme est venue, dans ces derniers siècles, aider et compléter 
l'œuvre des phénomènes géologiques et l'action envahissante du sable. • Au ii' 
siècle, le territoire de Rue, couvrant une superficie de 30.000 beclares environ, 
était un lac, connu sous le nom de Marquenterre ; lut xvii' siècle encore, la 
Somme, l'Authie, la Maye s'épanchaient sur cette grande surface, et les marées 
d'équinoxe la couvraient périodiquement. Imitant l'exemple que leur avaient 
donné les Flamands de Dunkerque ei de Nieuport, les paysans de Picardie ont 
agrandi leurs domaines par la conquête de ces terres inondées. Les ilôts qui s'é- 
tevaient çà et là au milieu des lacs et des étangs, les dunes du littoral el la 
longue ondulation de terrains qui se termine au promontoire du Crotoy, ont servi 
de points d'attache pour la construction des rempart qui ont servi à arrêter 
les marées. Les routes du Marquenterre ne sont autre chose que d'anciennes le- 
vées de défense établies contre la mer; au moyen de fossés d'écoulement, de 
digues ou renclolures parfaitement entretenues, d'aqueducs en maçonnerie éle- 
vés sous la direction d'un syndical, le pays a été complètement assaini. . (E. 
Reclus, Nouvelle Géographie universelle; II, la France, p. 793). 

b). — Marais entre Calais et la Belgique. — ■ A l'époque de la domination 
romaine, les terres basses qui s'étendent au Nord-Est des collines de l'Artois et 
que traverse aujourd'hui la ll^ae de frontières entre la France et la Belgique 
étaient couvertes par les eaux. Encore aux 11* et x' siècle, toutes les campagnes 
étaient iiKMidées jusqu'à Watten, puis, au Sud d'un étroit défilé, le marais s'éta- 
lait largement dans le voisinage de Saint-Omer. Cette ville, l'ancien Portus 
ItiUus ou Sithius, • recevait dans son port des embarcations de mer, et dans 
les terres d'alluïion qui l'entourent on a trouvé des carènes englouties... Un bour- 
relet de dunes formé par le vent el les flots, et percé de distance en distance 
par des chenaux d'entrée, indique la langue de sable sur laquelle s'élevèrent 
pendant le moyen-âge les villes de Calais, de Gravelines, de Dunkerque, Abrités 
par ce rivage, et sans cesse envahis par les alluvions que leur apportaient l'Aa 
et ses afUuents, les lacs intérieurs de la Flandre, dont l'étendue était d'environ 
80.000 hectares, diminuaient graduellement de sur/ace et se changeaient en ma- 
rais... Dès le vit* siècle on commença des travaux d'endiguemenl autour des 
Iles semées dans le golfe de Flandre. Agrandissant le domaine de proche en 
proche, les industrieux riverains rattachèrent peu à peu toutes ces (les au conti- 
nent, et l'estuaire, vidé d'année en année, fut changé en un réseau de fossés d'é- 
coulement... En temps de guerre, on a souvent eu recours à l'ouverture des 
écluses pour noyer les campagnes qui entourent les places fortes de la côte fla- 
mande... En 1793, les digues ayant été percées par mesure de défense, les deux 
tiers de l'arrondissement de Dunkerque, situés au-dessous du niveau marin, res^ 
lèrtnt inondés pendant plusieurs années.- les fonda des Moëres furent chan- 
gés «■ UM4 mer permanente. • (E. Reclus, loc, cil. p. 795 à 799.) 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



351 lOUKNAL DE BOTANIQUE 

les marais entre la Somme et la Canche subissaient des inonda- 
tions marines à l'époque des grandes marées, et il n'y a pas un 
siècle que toute la région des Moëres fut complètement recou- 
verte par l'eau de mer. Dans ces conditions il n'est nullement 
étonnant d'y rencontrer quelques espèces kalophiUs qui, attirées 
d'abord par la présence du sel marin, ont 6nt,par wor adaptation 
letiie, à s'habituer dans un milieu non salé, quand le Chlorure de 
Sodium, après une diminution graduée et presque Insensible, 
eut complètement disparu. On observe souvent des faits ana- 
logues d'adaptation à l'embouchure des fleuves; certaines 
espèces balophiles tes remontent, quelquefois très loin, s'habî- 
tuant ainsi peu à peu à l'eau douce. 

B, Espèces maritimes. — Les plantes de cette catégorie 
habitant les marécages du littoral du Nord, sont : Sagina- fnari- 
tima Don (.S*, stricta Pries), Juncus maritimus Lmk., Scirpus 
Savi't S^h. et Maur., S. ^oMii* Hoppe (^S". pungens Vahl.), 
6'. pauciflorus Lightf, , Schœnus m'gricans L . et Alopecurus btti- 
bosus L. "EaFrance, les trois premières sont des maritimes exclu- 
sives, le ^cïV^MJ^fjMiV ne s'écarte des bords de la mer que pour 
remonter quelques grands fleuves et les autres sont simplement 
préférentes; dans la région du Nord, au contraire, cinq, SagiHa 
maritima, Juncus maritimus, Scirpus SavH, S. Rothû'ct Alo- 
pecurus èutèosus, sont absolument exclusives et le Scirpus pauci- 
florus peut encore être considéré à peu près comme tel, bien 
qu'il remonte la Somme jusqu'aux environs d'Abbeville (de 
Vicq) et ta Canche jusqu'à Hesdïn ? (Dovergne). Quant au Scka- 
nus nigyicans il se comporte dans le Nord comme dans le reste 
de la France, en maritime préférente. 

Le SaGINa maritima se retrouve ça et là sur tout le littoral 
du département de la Somme/; plus au nord II devient plus rare 
et n'est plus signalé qu'à Calais (Boulay). Il a cependant pu 
échapper aux recherches à cause de sa petitesse. Il affectionne 
surtout comme station les lieux humides et herbeux des dunes 
ou du voisinage inmiédiat de la mer ; on ne le trouve pas dans 
les grands marais proprement dits. 

Le Juncus maritimus, qui habite indifféremment tes maréca- 
ges des dunes et les marais qui sont en arrière, est assezrépandu 
de la Somme à la Canche/ (de Vicq, Dovergne) ; plus au nord 



D,g,tza:Jb.GOOgle 



Abbé Masclb?. — Sur la géograpkU beianiqut da Noi-âdt la Fratue. 353 
il n'a plus été trouvé dans ces derniers temps qu'à Tardtnghen, 
Pas-de-Calais (de Lamarlière) . 

Les SciRFUS SAvn et S. Roran sont 1res rares dans le nord 
de la France, Le premier existe dans les marais de Saini-Quen- 
tin-eH~Tourntont et du Petit-Laviers près Cambron, Somme 
(de Vtcq) ; il n'a pu être retrouvé dans les quelques localités du 
Pas-de-Calais où Dovergne le signale. Le second est indiqué 
dans la Somme par de Vicq dans les marais de Saint-Queniin- 
eit- Tourment, Samt-Firntm et entre la Maye et le Crotoy; dans 
le Pas-de-Calais, Rigaiix le mentionne à Etapies, dans le marais 
près la Canche, où il n'a pas été revu après maintes herborisa- 
tions. 

Le SciRPUS PAUCIFLORUS se rencontre ça et là dans les marais 
tourbeux et les prés sablonneux humides dans toute la région 
des grands marais entre la Somme et la Canche I (de Vicq, Bou- 
ay, etc.). On ne l'a pas trouvé depuis très longtemps sur d'au- 
tres points de notre littoral. 

L'AlopecuruS BULBOSUS existe sur plusieurs points maréca- 
geux autour de la baie de Somme {de Vicq) ; sa présence dans 
d'autres localités est fort hypothétique. Cette espèce se com- 
porte dans le nord autant comme une espèce halophUe que 
comme une maritime proprement dite. 

Quant au SchcenuS NIGRICANS, il est d'une très grande abOTt- 
dance sur le littoral, surtout entre la Somme et la Canche; on 
ne le trouve pas seulement dans les grands marais tourbeux mais 
encore dans la plupart des marécages sablonneux! 

La présence de ces espèces maritimes dans nos marécages du 
littoral n'a nullement besoin d'être expliquée; les influences ma- 
ritimes, encore efficaces dans les dunes profondes, ne le sont 
giière moins dans les marais qui en sont proches. J'at d'ailleurs 
déjà eu l'occasioa de &ire remarquer, à propos d'autres es- 
pèces tnaritimes, que l'action de la mer peut se faire sentir à de 
très grandes distances. 

G. Espèces littorales. — Je ne considère comme appar- 
tenant vraiment à cette catégorie que le Gentiana Amarella L. et 
\e.JtmcKs Tenageia L. I*eur présence dans nos marais du littoral 
peut très bien être attribuée aux influences clitnatériques qui s'y 
font sentir dans les conditions diverses longuement développées 



db.Google 



954 lOORNAL DE BOTANIQUE 

à propos des dunes. he/uHCUS Tenageia appartient plus spécia- 
lement à iï_;fcr«»(£Wrfî(ï»a/e de /'£«roj>«et tenddansle nord de 
la France vers sa limite de dispersion boréale; le Genttana 
Amarella, au contraire, est plutôt une espèce septentrionale. 
Cette dernière, exclusivement localisée en France sur les côtes 
occidentales^ depuis le nord de la Bretagne jusqu'en Belgique 
où elle se comporte de la même façon, doit même être regardée 
comme un des meilleurs types de nos plantes littorales ou 
atlantiques (Grisebach). 

Le Gentiana Amarella habite surtout dans les marécages 
sablonneux des dunes; il est indiqué entre la Somme et la 
CancKe, dans la Somme, au Croloy, à Saint- Firmin, dans les 
dunes de Saint-Quentin-en-Tourntont et dans le marais de 
Quend (de Vicq), dans le Pas-de-Calais, à Berck et à Merli' 
mont (Wignier) ; M. l'abbé Roulay l'a trouvé dans le Nord aux 
environs de Dunkerque. 

LeJuNCUS Tenageia (i) n'a encore été signalé sur le littoral 
du Nord qu'aux environs de Boulogne, dans les marais ;de Cff»- 
dette (Rigaux) et à Wtmille (Giard) ; selon ces auteurs il abonde 
dans ces deux localités sablonneuses. 

— Un bon nombre d'espèces intéressantes de la flore du nord 
de la France, Comarum palustre L., Cineraria palustris L., 
Gentiana Pneumonantke L., Liparis Lœselii Rich., Carex 
à'mosaL., etc., ne se trouvent que dans nos marais du littoral ou 
y sont beaucoup plus répandues qu'à l'intérieur, mais l'on ne 
peut pour cette seule raison les considérer comme littorales 
dans le Nord; ce sont desespèces des grands marais tourbeux en 
général qui ont pu disparaître de l'intérieur par suite du dessè- 
chement systématique et que l'on doit regarder dans les marais 
du littoral, beaucoup moins éprouvé sous ce rapport, comme les 
derniers représentants de l'ancienne végétation tourbeuse des 
plaines du Nord. 

L'une de ces dernières espèces, très rare en France, le Cine- 
raria palustris , bien que de moins en moins abondante sur notre 
littoral, couvre encore de grands espaces sur quelques points des 
marais des dunes entre la Somme et Boulogne-sur-Mer, surtout 



1. Le /. Tenageia signalé à riDtirieur du départemcDt du Nord i. Pontà- 
Roches près Douai (Lesliboudois) et aux environs de Sainl-Amaad (de Héli- 
cocq], n'a pas été retrouvé dans ces derniers temps. 



D,B,i..abiGoogle 



Abbé Masclsf. — Sttr la géographie botanique du Nord de la France. asS 

■Vfx^Saint-Qttentin'en-Tourmont; on doit attribuer cette abon- 
dance au manque, dans ces habitations, de concurrents nonp- 
èreux permettant la multiplication facile de cette plante par ses 
nombreuses aigrettes. Ce fait de géographie botanique est d'au- 
tant plus intéressant à signaler qu'il est à rapprocher d'un autre 
absolument identique observé pour la même espèce, par De- 
caisne, sur le littoral de la Hollande (i). 

D. Forme littorale. — La forme spéciale au littoral dont il 
s'agit ici est le Lotus comiculatus L. — Form. tenuis (L. tsnui- 
foUus Rchb. ; /,, tenuis Kit. , Gren. et Godr.) ; elle est assez coin- 
imtne sur toutes nos côtes dans les lieux humides, les prairies et 
au bord des fossés dans les marais. On ne sait trop à quoi attri- 
buer la formation de cette forme grêle, qui diffère surtout du 
type par ses folioles et ses stipules lancéolées-linéaires et ses 
pédoncules fiUforntes^ et que l'on ne retrouve jamais nettement 
caractérisée à l'intérieur ; ne serait-ce pas plutôt à l'action répul- 
sive et comme appauvrissante du sel marin qu'à la constitution 
physique de la station î 

Conclusions. — Les grands marais tourbeux et les divers 
marécages situés en arrière ou à l'intérieur des dunes nous four- 
nissent donc une nouvelle série de i8 espèces, dont la présence 
sur le littoral est dépendante des diverses influences locales qui 
s'y font sentir ; elles augmentent d'autant les listes établies lors 
de l'étude des terrains soumis à Faction directe des eaux salées 
et des sables m.ariiimes. 

Sur ces iS espèces, 6 sont des dicotylédones et 12 des motu)- 
cotylédones; 14 sont vivaees, 1 bisannuelle ou vivctce et 3 seule- 
ment annuelles. 

Les 6 dicotylédones appartiennent chacune à une famille dif- 
férente : Alsinées, Malvacées, Papilionacées, Gentianées, Pri- 

I. Builetin de la Soctélé bobmique de France, 1S55, t. II, p. 643. ■ M. E>ecaJ3Dc 
r^pone qu'au mois d'Aoïlt dernier il a visité, en Hijlande, les travaux de des- 
sèchement, aujourd'hui achevés, de la mer de Harlem, et qu'il a va une grande 
partie du soi le plus rtcentmenl tnis à sec couverte de Cineraria palustris, 
espèce habituellement rare dans ce pays et en général peu abondante dans les 
localités où elle se rencontre. Elle s'est ainsi développée depuis deuic ans seule- 
ment sur quelques terrains desséchés de la mer de Harlem, en telle quantité 
qu'elle j forme des champs de fleurs jaunes. Au dire des habitants du pays, le 
vent soulève parfois des nuées d'aigrettes de cette plante, qui obscurcissent pres- 
que le del. • 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



356 JOURNAL DE BOTANIQUE 

mulacées, Polygonées. Les i3 monocotylédottes sont réparties en 

4 familles, dans les proportions suivantes : 

7 Cypéracées, i Joncaginée, 

3 Joncées, i Graminée. 

1.3. famille dominante est ici celle des Cypéracées (7 espèces 
sur 18, soit plus de 1/3). D'une manière générale on peut donc 
désigner nos marécages du littoral sous le nom de zone des Cypé- 
racées, comme nos sables maritimes sous celui de zone des Gra- 
minées et les terrains soumis à l'action directe des eaux salées 
sous celui de zone des Salsolacées. 

Les deux faits de géographie botanique les plus importants 
qui se dégagent des quelques considérations précédentes sont 
tout d'abord, Vadaptation lente de certaines halophiles à l'eau 
dôuce, ce qui explique, pour la suite, leur dispersion facile dans 
des terrains non salés, et en second lieu Véloignement de la mer 
àequelques maritimes, sans que pour cela les influences mannes 
cessent d'exercer sur elles une action incontestable. 

(A suivr><.) 



FRAGMENTS MYCOLOGIQUES 

(SuifeJ 
Far M. N. PATODILL.ARD 

Polyporus arcuatus Pat. nov. sp. — Chapeau flabelli- 
forme, simple ou lobé par la soudure incomplète de deux indi- 
vidus, dur, rigide, incurvé en avant et Sur les côtés, prolongé 
en arrière en un stipe ascendant, courbé, cylindrique, élargi en 
disque à la base. Glabre ou à peine villeux à la loupe, gris de 
souris, orné de zones nombreuses plus foncées et séparées par 
des sillons peu profonds. Stïpe concolore, marge droite, entière. 
Hyménium concave, fauve rougeàtre, non décurrent et marginé 
en arrière, stérile sous la marge qui est plus pâle. Pores très 
petits, anguleux, visibles à la loupe seulement; cloisons mïnces, 
entières. Tubes fauves, longs de 2 millimètres ; tissu pâle, blan- 
châtre, dur, épais de 4-5 millimètres au milieu. 

Sur les troncs. Nouvelle- Guinée. 

Plante atteignant de S à 13 centimètres de longueur dont a à 
4 pour le stipe ; celui-ci est inséré sur le dos du chapeau et se 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



N, pATODiLLABD. — Fragments mycalogiqttes. js7 

continue avec lui de manière à ramener l'hyménium vers la terre. 
Cette disposition donne au Champignon l'aspect d'une coquille 
de Gryphée arquée. 

— Polyporus pachyphlcBUS Pat. nov. sp. — Chapeau 
sessile, dimïdié, semi-orbiculaire, convexe, glabre, dur, sillonné 
concentriquement, tuberculeux, brun noir, un peu luisant, plus 
pâleenavant; marge obtuse. Il est recouvert d'une croûte épaisse 
de 3-4 millimètres, dure, à cassure compacte, noirâtre. Tissu 
&uve, très dur, rayonné fibreux et zone . Tubes très longs, dis- 
posés par couches, fauves; cystides allongées, aiguës, brunes, 
nombreuses ; spores subglobuleuses, lisses, incolores (sub lente), 
5-6 fi. Hyménium plan ou un peu concave, brun, pores arron- 
dis, petits, à cloisons entières. 

Sur les troncs. Iles Fidji (Fïlhol, 1 875), Herb. Mus. Paris ; Ka- 
merun (Afrique centrale), Herb. Mus. Berlin. 

Plante de grandes dimensions, atteignant 30*40 centimètres 
de largeur sur une épaisseur d'environ 10 centimètres au point 
d'insertion ; les tubes ont une longueur à peu près égale à l'épais- 
seur du tissu. Affine au Pot. senex Nées et Mtg., notre Champi- 
^on s'en distingue facilement par la grandeur relative des tubes 
et du tissu, la présence de cystides volumineuses, des spores à 
peu près incolores et une croûte très épaisse. 

— FolyporuB mfo-ochraceus Pat. nov. sp. — Chapeau 
coriace, rigide, peu épais, arrondi en avant, régulièrement atté- 
nué en arrière, jaune d'ocre, zone concentriquement, couvert de 
stries divergentes, nombreuses et tenues, à peine villeux, marge 
infléchie. Stipe latéral, cylindracé, ocre brun , pubérulent, élargi 
en disque à la base. Hyménium plan, non décurrent, brun roux; 
pores très petits, anguleux, àcloisons minces; tubescourts, fauves; 
spores ocracées, ovales, lisses, tronquées en avant (8-10X6-7 c). 
Tissu pâle, blanchâtre, mince. 

Sur les troncs. Brésil (Weddel), Herb. Mus. Par. 

Chapeau long de 3 centimètres sur s i /2 de large et épais de 
2 millimètres; stipe long de i centimètre environ sur 2-3 milli- 
mètres de diamètre. Ressemble au P. mutabilis Berk. et surtout 
wxP.Jibrtlloso-radxans'i&\jg,vas3S il est bien distinct de toutes les 
espèces voisines par ses tubes colorés et ses spores ocracées. 

— Polyporus Delavayi Pat. nov. ap. — Subéreux, con- 
vexe, infléchi vers le bord, sessile, rigide, orbiculaire, un peu 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



,S8 JOURNAL DE BOTANIQUE 

onduleiuc à la marge qui est aiguë, couvert d'une couche mince 
glabre ou un peu villeuse (à la loupe), châtain rougeâtre, noo 
luisante, tachée de noirâtre, plus pâle au pourtour; diamètre 
8-10 centimètres. Tissu soyeux, fauve pâle, épais de i centi- 
mètre en arrière et de 2 millimètres en avant. Hyménium ocracé 
pâle, plan concave; pores petits, quadrangulaires, à cloisons 
obtuses, très entières. Tubes longs de 5-8 millimètres, plus courts 
en avant et atteignant les bords du chapeau. Spores lisses, ovoï- 
des, apîculées à la base, contenant une gouttelette oléagineuse 
jaimâtre (6-8 X 3 1-). 

Sur les vieux troncs à Ta-long-tan (Yun-nan). Uelavay. 

Plante voisine du Pol. ockroleucus Berk., mais distincte par 
sa couleur, ses tubes moins longs, ses spores plus petites et de 
forme différente, etc. Les Pol. Delavayi Pat., Pol. ockralatcus 
Bk, Pol. volvatus Peck et quelques autres forment un groupe de 
Polypores à spores blanches exactement parallèle au Ganoderma 
parmi les espèces à spores colorées. 

— Hexagona secpialis Pat. nov. sp. — Sessile, subdimi- 
dié, inséré latéralement ;chapeaulauve brunâtre, plan, orbicidaire, 
glabre, sillonné pectine, scabre par des crêtes rayonnantes, 
nombreuses, couchées et peu saillantes ; marge droite, mince, 
sinueuse; diamètre 12 centimètres, largeur 8 centimètres; tissu 
subéreux, brun terne, également épais sur toute son étendue 
(2*3 millimètres). Hyménium convexe, bran rosé, stérile sous la 
marge; alvéoles larges (3-4 millimètres), à 4*5 angles arrondis, 
entières près des bords, anastomosées et sinueuses en arrière; 
cloisons subéreuses, épaisses (1/2 - 1 millimètre), obtuses, en- 
tières. Tubes bruns pâles, un peu violacés près de l'ouverture, 
profonds d'environ 15 millimètres vers le point d'insertion du 
chapeau et diminuant insensiblement en se rapprochant du pour- 
tour. 

Sur les troncs. San Carlos de Rio Negro (Venezuela). Leg. 
L. Savoye. 

Plante très voisine de VH. glabra Lév.; elle en diffère par 
son chapeau vergeté de lignes saillantes, par la coloration diffé- 
rente de son tissu, la teinte violacée de l'hyménium, etc. 

— Capnodium ûructicolum Pat. nov. sp. — Périthèces 
nombreux, noirs, rigides, dressés, subchamus, longs de \ milli- 
mètre environ, renflés à la base, étalés en disque au sommet, 



D,g,tza:Jb.GOOgle 



N. Patouillabu. — Fragments mycologiqucs. ïS9 

villeux. Thèques en massue, longuement stîpitées (60 X 12 ;»), 
à 8 spores. Spores subglobuleuses, lisses, non septées, brunes 
(6-8 p). 

Pycnîdes mélangées aux périthèces ascophores, noires, 
ovoïdes, obtuses et percées d'un pore au sommet ; stylospores 
fusoïdes ( 6 X i j*), nombreuses, à peine brunâtres. , 

Conidies ovoïdes, brunes, en chapelets partant du mycélium 
qui court entre les périthèces et les pycnides. 

Habite sur les fruits d'un Myrstne du Yun-nan {Leg. Dela> 
vay). 

Ces fruits sont entièrement couverts de périthèces et pa- 
raissent sétuleux à la loupe. Espèce voisine du C maximum Bk. 
et du C. arrkîsum Pat. et Gail-, mais en diffère par plusieurs 
caractères. 

— Acanthostigma? Hederœ Pat. nov. sp. — Epîphylle; 
mycélium brun-noir formé de filaments grêles, septés, rameux, 
plus ou moins moniUformes, rapprochés et entrelacés de façon à 
former une pellicule mince facilement séparable du support. Pé- 
rithèces épars sur le mycélium, globuleux {30-60 /n), subasto- 
mes ( ? ), bruns, à parois flexibles, celluleuses, portant 6*8 soies 
divergentes, éparses, effilées, brunes, d'une longueur égale à 
celle des périthèces et d'une largeur d'environ 3-4 n à sa base. 
Thèques claviformes, subsessiles, à 8 spores {60 X 10 fi); para- 
physes nulles. Spores incolores, droites ou un peu courbées, 
cylindracées, atténuées à une extrémité, à 3 cloisons ou plutôt 
à protoplasma divisé en quatre masses réfringentes (12 X 3 /«). 

Pycnides mélangées aux périthèces, de même forme qu'eux 
mais plus petites; elles sont également sétuleuses à la surface; 
stylospores hyalines, ovoïdes fusiformes, simples (3-4 X 1,5 p). 

Habite la lace supérieure des feuilles de Lierre qu'elle re- 
couvre d'un enduit fuligineux analogue à certains Caprwdium. 
Nantes {Loire-Inf.) Leg. Menier. 

Nous ne plaçons cette plante qu'avec doute dans le genre 
Acanthost^ma^ car ses affinités avec les Férisporiacées (Melioia 
et Capnodmm) sont indiscutables. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



a60 )OURNAL DE BOTANIQUE 

ÉNaMÉRATION 

PLANTES DU HAUT-ORÉNOQUE 
RâcolUes par HH. J. Cbaftanjon et A. Gaillard 

{SuiU.) 
Par M. P. HADRT 
COMMELYNÉES 

DICHORISAHDRA 

D. Aubletiana Rœm. et Schult., Sys/., xu, p. i i8i ; C. B. Clarke, 
in A. et C. DC Monogr, Pkanerogam., m, p. 373, 

Terrains humides des bords de l'OréQoque, J. Chaff., n. 302; 
Salvajito, Raudal d' Attires, Août, A. Gaill., n. 155. 



T. Spruoei C. B. Clarke, /. c, p. 387. 
L4eux humides, El Tomo, J. Chaff., n. 14S 

XYRIDÉES 

XYKIS 

Z. laoerata Pohl, ex desciipt. Seuber in FI. Brasil., m, pars i, 
p. 3l6. 

Savane humide d'Atures, J. Chaff., n. 34; savane d'Atures, Juillet, 
A. Gain., n. 106. 

Recte io prima generia sectione spccicm coUocavit Seuber, at figura 
saa n. 11, tabuUe xxvi, valvas medio placentiferas prasbet. An lapsus? 
Spcciminum aoatrorum semina fiindo capsula: ailiia sunt. 

ABOLBODA 

A. pulohella H. et B., PI. mquenoct,, m, p. 110, t. ii4;Kunth, 
&IUM., IV, p. 25. 

Puerlo-Zamuro, près Atures, Juill., A. Gaill., n. 107 

PONTEDERIACÉES 

EICHHORNIA 

E. tuitans Solms-Laubach, in A. et C. DC., Monog. Phanerog., 
IV, p. 536. 

Vak. ppaaeifiora Solms>Laubach. 
Raudal de Muou. J. Cbaff-, n. 134. 

{A suiore.) 
Lt CéroMi; Louis Mokot. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



JOURML DE BOTANIQUE 

Directeur: M. Louis MOROT 



COMMUNICATIONS PRÉLIMINAIRES 
LA STRUCTURE DE LA. TIGE DES SÉLAGINELLES 

Par M. VLADE8CU 

Je trouve dans le n' ra, du i6 juin 1889, de ce Journal une 
note de M. Leclerc du Sablon, sur l'endoderme de la tige des 
Sélaginelles. Ce fait m'a décidé à publier ces communications 
préliminaires, où sont exposés les résultats auxquels je suis 
arrivé sur la structure de la tige de ces plantes, que j'ai étudiée 
dans le laboratoire deM. Van Tieghem, pendant les années 1S86, 
1SS7, 1888, et que j'espère prochainement publier sur les Lyco- 
Podtnées. Je réserve donc les détails de description, les varia- 
tions qu'on observe suivant les espèces, les discussions et les 
figures pour ce dernier travail et je me contente d'exposer ici 
les points principaux. 

L — On sait, depuis les travaux d'Hofmeister, Pfeffer, Treub, 
etc., que la tige des Sélaginelles tire son origine d'une cellule 
(rarement plus) généralement à deux faces, qui produit alterna- 
tivement à droite et à gauche des segments. 

Chaque segment se divise d'abord, par une cloison anticltne 
verticale, en deux moitiés inégales, correspondant aux rangées 
des feuilles. 

Chaque moitié de segment ainsi formée se comporte comme 
il suit : par une cloison péricline tangentielle, située vers son 
tiers interne, elle se divise en deux cellules, dont une plus petite 
ioterne, et une autre plus grande externe. 

La grande cellule externe se divise ensuite encore une fois, 
par une autre cloison parallèle à la précédente, en deux cellules 
inégales. Chaque moitié de segment se trouve de la sorte divi- 
sée en trois cellules inégales, la plus grande étant la plils externe. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



ate JOUHNAL £Œ BOTANIQUE 

II. — La cellule externe, par des divisions ultérieures péri- 
cUoic^ues et aatîcliuiques, dans tous les sens, produiia.de dehors 
en dedans VépidermeeX ïécerce, qui fornieta f/as tard le selé- 
rcochyme de la tîge, 

III. — La cellîile interne donnera naissance aussi par des 
divisions répétées dans tous les sens, mais plus rares dans le 
sens transversal, à un ensemble de tissus, en forme d'ellîpsoïde 
allongé, qui se différencie comme il suit de dedans en dehors : 

a. Une lame centrale de tissu vasculaire, généralement 
diarche et à développement centripète, comme l'a déjà fait 
connaître Russow. 

b. Sur les deux côtés de la lame vasculaire, deux lames de 
tissu parenchymateux, formées de cellules allongées et très 
étroites, riches en contenu et qui vont en diminuant d'épaisseur 
vers les extrémités de la lame vasculaire, où elles dispar^aisseot 
souvent. C'est ce que j'appelle parenchyme fasciculaire du nora 
de Strangparenchym que Potonié a donné au tissu aualogiue 
des Fougères. 

c. Enveloppant de toute part ces lames, il y a un cylîadte de 
tissa formé de tubes criblés, plus larges sur les bords latéraux 
de l'ellipsoïde central et plus étroits aux extrémités. C'est )a 
zone libérienne, dont le développement montre la même marche 
que la lame vasculaire, c'est>à'dire commence aux extrémités 
de l'ellipsoïde central sous forme de deux ara, qui se réunissent 
plus tard sur les borda latéraux, à mesure que les cellules-de ces 
parties premieot le caractère des tubes crises, que j'ai tcouvéa 
exactement comme les a décrits M. de Jaaczswski. 

IV. — Tout le tissu coings entra le tiaeu formé par la cel- 
lule externe et celui formé par la eeliktl& interBC, que je Tiens 
d'indiquer, est foemé par la cellule moyeime des serments. 

Le mode de production de ce tissu étant particuUeir aux 
Sélag^elles, je déctisaï d.'abord la marche mènie de cecte pro- 
duction, pour précisée eosuite Ws diâetetUBsi zones qui-peurciK 
y être distinguées «t caractériaées. 

Tout d'abord la cellule meyemie commence à se diviser, par 
des cloisons antidines- transv«rses, en plusieurs- cellules super- 
ptksées. Chacune de celles-ci se divise par des cloisons aattclines 
radiales en plusieurs cellules qui enveloppent de toutes parts le 
masAÎC eUijpaoïdal central, issu de la cellule interne. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



VuDEscu. — Sm- Ia skfBciurgde lit tige dts SélagintlUs. léy 

ChacuQtt des ccUutca dece atAtK^loik se divise ensuite par de» 
doisoos périctine» tai^enticUes en un eettaia noiabre de cel' 
Iules (de troi» à cinq, et oùmc plus), et on peut voir sur de 
bonnes prépaxatMOs, par l'épaisseur dtfférenttt des membrane» 
cellulaires, le contour de l'ancienne cellule et la rangée radialA 
de 3-5 cellule» à laqocllit elle a dornié. n aî oo a n ee. Ce cloisonne- 
ment tangeoticl commeoce d'abord dan» lea cellules situées sur 
Ica cô^ de l'eUipsoide central, oiii le cleisoBoemeat est aussi 
plu» acceatuéy et s'étend Tcss le»eziréniîté8,.Ottil ne se produit 
généralement que trois ou même deiuc cellule» par rangée. 

V. — ' Les cellule» qui composent chat^ttc rangée radiale 
ainsi formée donnent naissance à troi» couches différentes : 

a. La ceiiule la phts interne, s'il y a trois ou quatre cellules 
dans la rangée ^u Us deux cellules ittiemes, s'il y a plss de 
quatre cellules dans la rangée), formera, par des divisions longi- 
tudinales perpendiculaires, un tissu à éléments allongés et uo 
peu plus larges que ceux qu'ils entourent, c'est-à-dire que cem 
de l'ellipsoïde central issu de la cellule interne des segments. Ce 
tissu, qui enveloppe de toutes parts la zone libérienne, n'est 
autre que le péricycU de la tige des Sélaginelles, ou du moins 
son représentant. 

b. La cellule la plus externe , tt'il y a trois cellules dans la 
rangée {pu les deux cellules les plia externes, s'il y a quatre ou 
plus de quatre cellules dans ta rangée), se divise aussi par des 
cloisons longitudinales et forme un tisaïc à éléments très larges, 
qui ressemblent en tout aux éléments de l'écorce, tissu qui n'est 
autte que la zoae corticale qui se tsouve en contact avec les tra- 
bécules. Elle se distingue du reste de l'écorce, qui provient delà 
cellule externe de» segnkcHts, par le diamètre plus faible de ses 
ccUoIe», par leur oMmbrane plus mince e« plo» longtemps cella- 
loaiqae et par leur contenu qui ressemble à celui des tissas j^us 
itttcsnc8' On peut bt désigner sou» \s non: ^ét erce interne. 

e. La ceilmie «utçue^ vgùaa trouve dans chaque rangée entre 
k> ceOide» qui prodaîroot le pérÏŒjele et c^les qoi formeront 
l'écorce interne, prend descacactèfespanisolievs. 

Tout d'aboffdeUe restfr indiviac, «commence à s'isoler sur 
son. pour^r qni touche auc rai^fces Vffisines, c'est-à-dire sur 
len face» iadiafe& et transversales,, et cela à cause du développe» 
ment du péricycle et de l'écorce interne. Il se forme de la sotte, 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



364 JOURNAL DE BOTANIQUE 

entre ces cellules uniques de chaque rangée et par leur sépara* 
tion, des espaces lacuneux qui constituent une atmosphère con- 
tinue, comprise entre l'écorce interne et le péricycle, interrom- 
pue seulement par les cellules isolées qui réunissent ces deux 
zones. 

Ces cellules isolées peuvent acquérir le caractère de cellules en' 
dodemtiques ; elles restent dans ce cas simples, indivises, s'allon- 
geant seulement pour suivre la croissance en épaisseur de la tige, 
et prennent en même temps une direction oblique à cause de 
l'allongement inégal des tissus qui sont en dehors d'elles et de 
ceux qui se trouvent en dedans. Dans ce cas, ce qu'on nomme les 
trabécules représente Xendoderme. 

Ou bien les cellules isolées se divisent de nouveau dans le 
sens tangentiel, produisant ainsi des rangées isolées de cellules. 
Ce nouveau cloisonnement se fait dans le sens centripète : la 
cellule se divise d'abord en deux, puis de ces deux cellules 
filles l'externe ne se divise que dans le sens radial ou transversal, 
tandis que la cellule interne se divise de nouveau dans le sens 
tangentiel; de ces deux nouvelles cellules filles l'externe se di- 
vise comme la précédente dans le sens radiât ou transversal, 
tandis que l'interne se divise de nouveau par une cloison tan- 
gentielle en deux cellules, et ainsi de suite, de trois à quatre fois. 

L'ensemble des cellules tormées par les divisions radiales ou 
transversales des cellules externes de divers ordres constituera 
la partie externe des trabécules, partie oii ces dernières sont 
constituées d'au moins deux files de cellules unies sur leurs faces 
radiales ou transversales. C'est ce qu'on peut nommer Xêcorce 
trahêculaire. 

D'autre part, la cellule interne simple, qui termine du côté 
interne chaque trabécule et qui a donné naissance par ses divi- 
sions tangentieltes à l'écorce trabéculaire, constituera l'endth 
derme. Il se trouve de la sorte que les trabécules sont simples à 
leurs extrémités internes — qui sont formées par l'endoderme — 
et composées à leurs extrémités externes (écorce trabéculaire). 
Chaque cellule eadodermique, à cause du mode même de déve- 
loppement que nous avons décrit, s'articule donc à chacune de 
ses deux extrémités avec deux cellules : du côté interne avec 
deux cellules péricycUques, du côté externe avec deux cellules 
ttabéculaires. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



Vladbïcu. — Siwta ilfuciitre de la itge des SélaginelUs. *65 

De part et d'autre, la cellule endodermique avance un peu 
entre les deux cellules avec lesquelles elle s'articule, de sorte que 
celles-ci sont amenées à s'insérer un peu sur les côtés de la cel- 
lule endodermique. Cela se voit très bien du côté de l'écorce 
trabéculaire, où l'extrémité de la cellule endodermique est en 
forme de dôme, présentant ainsi des surfaces d'insertion plus 
larges pour les deux cellules de l'écorce trabéculaire. Enfin les 
cellules endodermiques sont, le plus souvent, plus larges du 
côté de l'écorce trabéculaire et plus étroites du côté du péci- 
cycle; quelquefois même elles manifestent bien deux moitiés 
différentes : une interne plus longue, cylindrique, et une autre 
externe plus large, évasée en tronc de cône. Au point d'union 
de ces deux moitiés se trouve l'épaississement caractéristique, 
qui a ici la forme d'un anneau. Dans les jeunes cellules on voit 
cet épaississement sous forme de deux points latéraux {points 
obscurs de Caspary). 

C'est au mois de décembre de l'année 1887, quand je me 
trouvais dans le laboratoire de M. VanTîeghem, quej'ai eu l'oc- 
casion d'observer ce caractère et cette situation de l'endoderme 
dans la tige des Sélaginelles. 

La portion annulaire épaissie de la cellule endodermique se 
subérîfie de bonne heure et pour quelque temps c'est la seule 
partie subérifiée. Mais un peu plus tard tout le contour des cel- 
lules endodermiques se subérifie et cette subérification atteint 
tous les autres éléments qui limitent l'atmosphère intérieure, 
mais seulement sur les &ces qui touchent à cette atmosphère, ce 
qui prouve l'influence de cette dernière. 

Quant au rôle de cet endoderme particulier, ce ne peut pas 
être un rôle protecteur — dans le sens propre du mot — pour 
les tissus externes j bien plus, c'est un rôle conducteur. Ce rôle, 
d'ailleurs, nous le discuterons dans le travail général, dont j'ai 
fait mention plus haut, oii je montrerai aussi que tout le tissu 
provenant de la segmentation des cellules moyenne ei interne 
des segments, est un tissu conducteur, savoir : le tissu vascu- 
lettre, le tissu libérien et le parenchyme conducteur (Leitparen- 
chym des Allemands), ce dernier comprenant le parenchyme fas- 
ciculaire, le péricycle, l'endoderme, l'écorce trabéculaire et 
l'écorce interne. 

VI. — On voit donc que je trouve pour hitïgp ^ÇiS Sélaginelles 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



•66 fOntHAL DB WOTAViQrm 

une origine comffume pour le périeycle (tissu qui enveloppe la 
zone libérienne), pour Vendwterm^ et poor lui certaja Bosâtre 
de couches intenies 4e l'écorce <éoorce tiabéculaire et écorce 
interne). On ne peut donc pas, ponr les Sél^înellee du tnoîss, 
tracer la limite du cylindre central et de fécorce entre le péri- 
cycle et l'endoderme, comme te crmt le savant professeur du 
Muséum ; mais on peut rattacher tous les tissus qui se trouvent 
en dehors du liber à l'écorce, comme l'ont déjà fait Russow et 
Treub, mais avec les différences qui résultent de la description 
précédente, 

VII. — Tous ces rissus que j'ai reconnus dans la tige des 
Bélaginelles, je les ai trotrvés aussi dans leurs racines, et il y a 
une continuité parfaite entre les tissus du même nom, sauf les 
différences qui s'imroduisent par l'absence d'une atmosphèn; 
înteroe. 

Jàssy, le io juillet t68p. 



ÉNUMERATJON 



PLANTES DU H AUT-ORENOQUE 
McalUM pu HM. J. OufiMian « (. GnUard 

Par M. V. MAtlKT 

6MILACÉES 

8MII.AX 

>. ma^pomsis Willd., S^. PI^ H. S. K., /. £., p. 370^ A. 
DC., in Maaogr. PMoerag. \, p. n i. 

Specimina pertecta, mascula florifera, (œmmea frnctifera. LimbifolionnD 
variafoiles tum aculeati, tan iaiermm, 5-18 em. laRgH; flore* MMcMli pe^ 
odlu glifonsibus 3 cm. loagii; MaoMaa >/? pictalie breviora, antberis 
ellipaoideis, obtuBia^ âluoeotû jcqualibus; ilorea Ibcmiaei dcficieatcs; 
baccz pisi minoris magiikiidiDe, siccK oigresceotes. 

Bois de SaD-Fcmando de Aubapo, J. Cbaff., d. 343 ; bois de Sin- 
Fenutodo, apAt, A. Gaîll., a. 190. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



- Émmmirat»H 4es p/tuHas dm Haut-Oréwque. 
DIOSCOREACÉES. 



D. Holinfoiclea n. sp. (fig. ii). 

Planta volubilis mascula ramis sulcatis g^labris, iolîis altère 
deltoideo-cordatis, aut 
latîoribus aut oblong'is, 
maxime variis, mem- 
branaceis, 9-7 neniis, 
tribus aervîs mediis a- 
ream lanceolatam de- 
tcrminantibiia , apice 
cusfHdatia, basi et sinu 
plus minus ve au rie ut is 
roiundatis; petiolis sul- 
catis glabris 5-7 cm. 
longis basi tortis; ra- 
cornis axîllaribus sim- 
plicjbus 20-30 cm. lon- 
gis, subtilissimc sca- 
briusculis, filiformibus 
flezuosis, floribus re- 
(lciis,soUtariis,pedicel- 
latis, pedicello 1-3 mm. n 

longo basi bibractcato ; 
perigonio hypocrateri- WÎk 
formi 6-partito, glabro, ^ii 
viridulo, 3 mm. lato, '^ 

lobîs laDCeolato-obloo- ■ 

gîs, obtnaiuBculis; sta- *t' 
minibus tribus sepali- 
BÎS, petaliids nul lia, tî- 
lamento brevi, anthera 
iutrorsa luteo-albida, 
cilipdca, biloculari, du- 
plo longiore; rudimen- 
to styltao nullo. — Pla- 
rimis notis D. kepta- 
ueur» Vell., et magis 

SpeciebuSSecCionis^i;^ Fie.ii.-ZfùccffRaAaAwb^ftdap.a.: i.rrBERi.ntdcruBiiu; 
mim triandris aiïînis. ' *' '';'""' "«^"f d"d^'»ïli«;3, ctîniiiie;4,tiiat™na.ede la 

fltur tf. 

VuLGO : Bora. 

Taillis humides des bords de l'Orénoque, Salvagito, Aoilt, A. 
Gaill., o. 113. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



368 JOURNAL DE BOTANIQUE 

D. species. 

Spécimen fructilerum foliis D. megalobolrym, caytHnensis 3ut trackj- 
carpat, alternis, 7-nervii9, bast cordaiia, apice acuminatis, mucronulatis, 
6-7 cm. longis, petiolis ftliformibus 4-5 cra. lon^s, basi tords ; spicis axilla- 
ribus polycarpis ; capsula refleza brevi pedicetlau, trialata, rotunda, cerasi 
mag'nitudiae; seminibus parvis rotuodatis, bruimco-rubris, late membrana- 
ceo-alatis. 

Pceno-Zamuro, Juillet, A, Gaill., n. 126. 

AMARYLLIDÉES 



C. scoPzonerœfolia Benth., FI. Austr., VI, p. 449; Baker in 
Jûum. Littn. Soc, XVII, p. 124. — Hypoxis scorsonerafolia\jxaùi,, 
Encycl., III, p. 183. 

Boca del Pao, lieux humides,}. Chafl., n. 78. 

BARBACENIA 

B. Alexandriiua Rob. Schomb., Vergl., Bd. II, p. 343; Rich. 
Schomb., /. c, p. 1066. ~- Vellosia /uàiflora H. B. K,, /. c, p. 300; 
Radia tubiflora A. Rich., in KuDth, Syn. PI. ieguiiioct., I, p. 300. 

VuLGO ; Paja lucilla. 

Savane d'Atures, sur les rochers recouverts d'un peu de terre, 
Juillet, A, Gain., n. 100: Maipures, rochers secs, J. Chaff., □. 326. 

IRIDÉES 



C. paludosa Aubl., PI. Guyan.^ I, p. 38, t. 13; KlaU, in Fi. Bra^ 
si/., III, p. 514, t. 64, f. I. — Ci^ura humilis eXgracilts, H. B. K., 
/. c.,p. 320. 

Plante des lieux humides, savane d'Atures, Juillet, A. GaiU., D. 70 
et Puerto- Zamuro, ibld, n. loi. 

Var. [suif/otosa, floribus minimis, flavis; ovario longe pcdicellato; 
capsula su bglobosa, i cm. loDga, violaceo-punctata, triloculari, 

VuLGb : Paj'a. 

Puerto- Zamuro, Juillet, A. Gaill., n. 118. 

H^MODORACÉES 



S. orinocensis Meisn., Cen.. P/., p. 397 et Comment., p, 300. 
— Wackendorjia orinocensis H. B. K., /. c, I, p. 319, f. 698. 
Savane d'Atures, Salvajilo, Août, A. Gaill., n. 52". 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



p. Maubï. — ÊHUMéraHon des pianUs du Haul-Oré»oqm. 369 

S.flaTe80eiu □. sp. (fig. 12). 

Caule simplîce basi tuberoso, vitloso, pilis loogis flavcacentibus eglaa< 
dulîs, 30-55 cm. alto; foliis Uncaribus, plurinerviis, p]anîs, acumioatis, 





30-30 cm. longis, S-io mm. latis, radicalibus vagioantibus g-labriSi'cauIinis 
brcvibus squamsformibus, hirtîs; panîculœ tennmalis ramis abbrcTÎalis 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



«» SOURNAL DE BOTAMK^UG 

pcdicelliaque nuUis villosia, bractcis acuBÙsatts, fiCiiads, mêrfimK ■ am b ra - 
naccis; periantho sexpartito, hirto, mbro-flavescenti, partibus tribus ,ex- 
tcrnis pautlo latioribus, linearibus, subcoriaceis, iatemis glabris, nicinbra> 
■aceis, obtusis; staminibus bast insertis quinque quorum uaicum longius, 
Slameato crasso, aathcra ieriili; ovariî liberi stylo stamen maj us squante, 
cyliodrico, torio; capsula triquetra, angustc marginata, triloculari, loculis 
2-3 spermis. — A specte preecedeiUc msaifeste distiDcla. 

Endroits sablonneux et humides, Savane d'Atures, Salvajito, AoAt, 
A, Gaill., D. 53; savane humide, J. ChafT., n. 1S5. 

BROMÉLIACÉES 
prrcAiiuiiA 
P. pungens H. B. K. /. c, I, p. 294 ; J. G. Baker, in Journ. oj 
Bot., 1881, p. 230. 
Folia tantum. 
Rochers à Atures, J. Chaff-, n.331. 

P. armata n. sp. (fig. 13). 
Foliis 15-20 rosulatia, linearibus, 2i>30 cm. loa^s, i cm. latis, flexuosis, 
canalîcutatis, supra viridîbus, subtns pruinoso-ciaerascentibus, margine 
spinulosia, spïais tcnuibus patentïbus, rcmods; scapo 30-35 cm. alto, 
bracteis aut rudimentariis fbliis plurïbusmunito; racemo simpUci iu-i5cm. 
Iong;o, glabro, bractcato, bracteis ovato-lanccolatis, cuspîdatis, margîae 
scariosis; pedicellis brevibus glabris; sepalis linearibns 2 cm. loagis, acu> 
minatis; petali9 3 cm. longia, basî liberis nervosis; capsula ovato-acuta, 
loculicida, scminibus atro-brunneis, lateribus duobus angustc alb»-alatis. — 
AlGnîs P. vtmscosai Mart., et angusH/olis Soland., sed foliis asgustis spi- 
nosisquc Mtdistincta. 

TenaûiB arid«*, San-Feroaiido de Atabapo, Septembre, A. Gaill-, 
n. .76. 

SaXAMINÉES 

MARANT.% 

M. Mfuadinaeea L., Sp.^ éd. 1, p. 3; HoiaoÉBiow, Froé. Monogr. 
Scit., p. 9; R. Schomb,, /. c, IIl, p. 917 et io&^ 

SantjkiBarbara, J. Chaff., n. 5; dans les rocbers, Certo Carichaud, 
J. Chaff-, n. 141; Savane d'Aturcs, Salvaiito, Août, A. Gaill., n. 147; 
Puerto-2^muro, Juillet, A. Gaill., n^ 99. 

MVBOSUA, 

M. cannœfolium Lin. f., Suppl., p. 8, n. 1351 ; Willd., Sfec, 
I,p. 13. — Calaihea Myrosma Kcke, in Bail. Sac. lMp.Nat.Mase., 
iWi, ï, 'fit Honmâ., /. c, p. la, pro parte; — Marmida MyivsÊma 



D,g,tza:Jb.GOOgle 



p. Haubt. — ÈmmuiraHett •dte ■piattits du Maul-Orénoque. ■aji 

IMetr., Spec, I, p. 22; — Tia/ùuiiius macropus Klousch, in R. 
Schomb., /. c, III, p. 1135 (syn. ex Beath elHook., Ci?«, m, p. 651). 
Lieux hamides, bords de VOrénoque, J. Chaff., n. 158. 



fig.ri.'- Fileaé-Mn am— «« ^. a,: j.^Ht; *, ieur •téfeMe tfttàU; %, coBpe taosltiidl' 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



JOURNAL DE BOTANIQUE 



H. oannoidea A. Rich., N. Ad. Leop., p. 15, Suppl., t. 9-10; 
Horanin,, /. c, p. 39. 
VuLGo : Platanillo. 
La Hariquita, J. Chaff., n. 32. 

ORCHIDÉES (i). 

EPIDENDRUU 

E. bioomutumHook., BoL Mag,, t. 3333; Lindl., Fol, Orchid.^ 
I, p. 27. 

HauNOrénoque, J. ChaiT., n. 517. 

E. Schomburgkii Lindl., Bot. Reg., 1838, t. 53 et Fol. Orchid., 
I, p. 70. 

Savane d'Atures, J. Chaff., d. 306. 

E.floribunâumH. B. K., /. c, I, p. 353, t. 86; Hook., Bot. 
Mag., t. 3637 ; Lindl., Fol. Orchid., I, p- 91 . 

Var. foliis obtusis carnosb, petalis iincaribus nec filiformibus, labelli 
lubis latcralibus conformibus termioalibus, divaricatis latb. Magis ad B.den- 
si^oruM Hook {Bot. Mag., t. 3791) pcrtinet sed foliis obtusis et floribus 
paucioribus distinctum ; ad E. JiorièundutH verisimiliter rcfcrcndum carao 
teris alteris. 

Rochers de Maipures, J. Chaff. , n. 329. 



C. TÎolaoea H. B. K. (sub CymbidioJ, l. c, I, p. 341 ; Lindl., The 
Gen. andSp. of Orchid. Pl.,p. 163.— Caiileya superiaR. Schomb., 
in Lindl, Sert. Orchid., t. 22 (v. s.); — Ëpidétidrum violaceum 
Rchb. f., Walp. Ann„ VI, p. 318. 

VuLGO : Flor de Hoyo. 

Bois humides, bords de l'Orénoque, J. Chaff., n. 144. 

BRASSAVOLA 

B. CUCiillata R. Br., in Hort, Kew., éd. 2., V, p. 216; Lindl., 
Gen. and Spec.,p. II4. 

Haut-Orénoque, J. Chaff-, n. 518, 

I. Outre les espèces énumérées ici, M. ChaflaDjon a envoyé au Muséun d'his- 
toire nararelle un certain nombre d'Orchidées vivantes appanenaat à divers 
genres : Epidendrum, Cyrlopodium, CalasetitiH, SeMomSurgkia^ BraisoBola, 
CaUltya, Hcxadesmia. Jusqu'à présent les espèces suivantes, ayant fleuri, ont pu 
être déterminées : Epidendrunt iicamuluni, varUgatut», Rûcker^, Caill^ 
violaceOf Hexadesmia crurigtra, Catasehtm BungtroUi. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



p. Mauuï.-^ ÉHuméralioH tUs plantes dit Haul-OréHoque. 17,11 

POLYSTACHYA 

P.luteola Hook., Exot. Fl., Il, t. 103; Lîndl., Ge>i. and. Spec, 
p. 73. — Epidendrum minutum Aubl., PI. Gityaft., II, p. 824; — 
Dendrobium polystackion Sw.; Act. Hùlm,, iSoo, p. 387; Lindl., 
CqU. Bol., t. 20. 

Salvajilo, Août, A. GailU, n. 178 ; bois des bords de l'Oréaoque, 
J. Chaff-, n. 198. 

CAMPYLOCENTRON 

C. mioranthum Lindl., Bot. Rtg., t. 1772 {^\ih Ângrieco); Benth., 
mjourn. Linn. Soc, XVIII, p. 337 et Benth. et Hook., Gen., III, p. 
585 nomen tantum generîs. — Aeranlkus micranihus Rchb. f. in 
Walp. Attti. \T, p. 901. 

Sur les arbres des bords de l'Orénoque, J. Chaff., n. 305. 

HABENARIA 

H. triflda H. B. K., /. ^., I., p. 330; Lindl., Gen. and. spec, p. 
313. 

Savane sèche, bords de l'Orénoque, J. Chaff. , n. 419. 

H.quadrata Lindl., Gen. and spec, p. 316, ex descriptione. 
Forêt et savane, Caicara, J. Chaff-, n. 168 et 169. 

H. Sohomburgkii Lindl., in R. Scbonib., /. c, p. 1 123, nomen 
tantum (t. sp. Schomburgklanum). 

Au pied des roches granitiques, Salvajito, raudal d'Atures, Juillet, 
A.GaiU., u. 83. 

H. Tiridiaorea Lindl. 

Endroits btunides, savane d'Atures, Salvajito, Août, A. Gaill., 
n. 53- 

BURMANNIACÉES 

BURUANNIA 

B. bicolor Mart-, Nov. Gen. et Spec, I, p. 10, t. 5, f. i ; Seub. 
Fl. Brasil., III,p.55. 

Lieux humides, rochers, Atures, J. Chaff., n. 311. 

Od3. Meo sensu in uoam reducendz species ab auctoribus distinctee : 
\» B.qttadrifiora'^ïAA. hb. (Dîctr., Synaps., 1, p. 162), cujus specimiaa 
vidi Hostmanniaoa surinamcnsia; 3° B. brachyphytla Willd. hb., orinoccnsis 
(Dietr., /. c), ex diagaosi; 3" B. bicolor Mart. supra citata; ctiam nomen 
Martianum retînendum. 

(^_ suivre.) 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



374 fOUSKAI. UË BOTANK^US 

NOTE SUR LE GENRE CEPHALEUROS 

Par H. r. KAXIOT 

Le genre Cephaleuros a. été créé eo 1837 par Kunze, pour 
deux plantes rapportées de Surinam par Weigell. C'est dans 
l'exsîccata publié par ce voyageur qu'on trouve la premiire 
description du C. virescens. Je croîs utile de la reproduire ici :■ 

Cepkaleuros Kunze, n. g. Mucoroîdeoruin . 

« Hyphasma decumbens e floccis septatis. Flocci sporangi- 
feri erecti, simplices nonseptati, apîce demum clavato sporaa- 
giferi ; sporangîis pluribus. Sporidîa globosa. > 

La plante est dite hypophylle, quoiqu'elle se développe 
certainement à la face supérieure des feuilles. Pries a déjà fait 
remarquer cette erreur du descripteur. 

Le célèbre mycologue suédois reproduit en partie la des- 
cription de Kunze {Sysiema mycolo^'cum 3. p. 337) en 183g, et 
la fait suivre de quelques observations sur la place que le Cepha- 
leuros doit occuper dans le règne végétal : ■ Cœspites sistît in 
fotiis coriaceis perennibus vîvis determloatos, szpe radiantes, e 
floccis decumbentibus septatis contextes, colore viridi canes- 
cente. Hic color non est smaragdinus, xruginosus vel olivaceus 
Fungorum, sed laetus Alganim. Est itaque in Hoc ordine rece- 
dens, ut inter Lichenes Fungosque amphibola Strigula. > 

Cette comparaison avec les Strigula est intéressante, et 
nous verrons plus loin combien elle est justifiée. 

Il est boa de faire remarquer que, maigre l'afirmatk» de 
Kunze d'abord, puis de Pries, les filaments fmctïKTes- ne «nt 
pas continus, mais nettement septés, comme j'ai pu m'enassœr 
sur des spécimens authentiques axtacrrés dans l'herbier du 
Muséum. De ce côté, il n'y a donc aucun rapprochement à 
établir avec les Mucorinées, et l'ensemble des autres caractères 
éloignent également le Cepkaleuros de tous les autres groiq>es 
de Champignons. 

Pendant quelques années il ne fut plus question du genre 
Cepkaleuros. Montagne, dans la Flore de Cuba, (i) (p. 133)1 ^ 
pïopoa des Strigula, considère le CephaUu^s gokum. ul état 
c atypique 1 de ce gvire de Liebena dons ii oe wcait qfi'aR 

I. Histoire plçrique, politique et naturelle de Cuba. Plantes cellulaires par 
C. Montagne, C, atlas (1838-1841). 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



p. Habiot. — NoU stir U gt^re Cephaleuros. a^ 

c dégénérescence, nucbide ou une simple anambrphow. i Les 
dessins qui accompagnent les échantillons du Strigula com^liai' 
naia dans l'hcibier de- Montagne représentent très exacieoient 
les détails de la plante de Kunse. 

LéTciUé identifie également dans l'herbier du' Msséum le 
Cephaitmtros et le Sirigula. 

C'est l'opïoion qui va. régner désormais, et M. Nylaralsr dit 
implicitement « Cepkaieitrvs virescens a cel. Montagse,. jaoi 
recte, ut ytdetar, hue (vel St. compianata) rdataitt forma, leeeu 
don , anomala , di ifect plagula thallioa comrexitxe , aupca 
radtatim levitet qoasinervosaetdenmmsœpeplas nûausalbido^ 
pilosa, piln decumbentibus. Obvenit luec fbnna vtrescaus as^ 
typo sed oonnisi sterilis a me visa fuit. » Cf. Expositio syautpHca 
Pyreiwcarpeorimt p. 67 (1859). 

Nous arrÏTOns enfin à une période où l'étude des phmtcs 
vivantes remplace celle des échantillons d'herbier. Avant d'en 
exposer les résultats, je compléterai la description du Cepka' 
lettros virescens de Kunze, en disant que le thalle est orbicnlaii^r 
lobér formé de files de cellules rayonnantes comme celle d'an 
Coi^chsete ou d'un Melobeaa, que sa &c« inférieure est garnie 
de rhizoïdes à protoplasma coloré, que ses bords sont armas de 
soies aiguës et que, de son disque, s'élèveat de gn>s filaments 
eloMoimés temûnés au sommet par un booquet de sporanges. 

Cette description répond presque enrièrement à celle- que 
le docteur A. Ciunîngham(i) a donnée, en 1877, du Mycoàiaa 
farasiiic», sonvea* genre d'Algne éptphylle. qu.'il observa 
antoor de Calca re ii »gr les Cameilta, les CroUm,tstc. Jcn'aipas^ 
itcstiraircamtatffsar kl échantillons de Veigelt la sinuuâ» 
sou»«aOicidhipe aranfeace as- thalle du l^caideay m l&fnietifif 
cation sexoéeque t'aneor décrit ; mais il semUe très wansem" 
Uable que ces caiacsères sonc ioadés sur des obaenaaioas 
îscomplètes on. enoBces. 

Un pdseegr de l'imércsaBute étude de Caooîngiiam. 3 trait 
ZXOL T9ppbtta, que le Mycoidea peut présenter avec certaias 
Lichens : • The aoomalous subepidermidal site and se called 
cephaluroid conditions of the varions species of Str^^ul» aat 
probable explicable as-owing to their gonidial éléments betoa- 

I. On Myceùiea fiinisiiieM,lTtaaé al ûtt Ut^ Sm. tSSo). 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



Vj6 JOURNAL DE BOTANIQUE 

ging to Algse ïdeotical with or similar to the specîes hère des- 
cribed. * 

Cette allusion discrète de Cunningham ne tarda pas à rece- 
voir une entière confirmation. Dans un récent mémoire (18S4) 
sur le Strigula complanata, M. Ward (i) étudie successivement 
l'Algue qui en fournit les gonidies et le Lichen complet. Il 
reconnîût l'étroite affinité, sinon l'identité, de cette Algue avec 
le Mycoidea de Cunntngham, et conclut en ces termes : %. Je n'ai 
pas eu l'occasion d'examiner tes dessins originaux ni les prépa- 
rations des formes aberrantes telles que Strigula, Cephaleuros, 
etc., mais tout milite en faveur de la probabilité que le vieux 
genre Strigula comprend le Lichen que je viens de décrire, 
tandis que la forme Cephaleuros est simplement l'Algue couverte 
de ses poils stériles et de ses poils fertiles. > Les faits que nous 
avons rapportés plus haut changent cette probabilité en cer- 
titude. 

n m'a été permis d'examiner de nombreux échantillons de 
Strigula (2) et dans la plupart d'entre eux j'ai retrouvé facile- 
ment les caractères indiqués par Kunze et les deux botanistes 
anglais. Il arrive même quelquefois de rencontrer des Siriguia 
qui ne sont pas encore complètement lichenisés et dont une 
partie du disque est formée par l'Algue encore pure. Dans tous 
les cas, la plante (Algue ou Lichen)est solidement implantée dans 
la feuille sur laquelle elle vit, par l'intermédiaire de rhizoïdes 
bien figurés par MM. Cunningham et Ward, ce qui explique la 
difficulté que l'on éprouve pour enlever le thalle sans l'endom- 
mager. Montagne avait déjà fait cette remarque relative au 
contact du Cephaleuros avec le Lichen : « A côté des plaques 
dégénérées qui portent le Cephaleuros de/tsus de Surinam, on 
en trouve d'autres qui portent des périthèces et qui n'ont consé- 
quemment pas subi l'anamorphose qui transforme les premiers 
en fibrilles chargées d'utricules à leurs extrémités. > (Loc, cit. 
p. 133). n en est ici comme des TreKtepohlia par rapport aux 
Cenogonium. (A suivre.) 

1. Marshall Ward, Slruclure, âevchptnent and life hislory of a tropical efi- 
pilous Lichen (Trans. of the Lion. Soc, Janv. i8«4). 

i. Je n'ai remarqué qu'uD aeu] échantillon de Siriguia corticole [S. wuiano- 
>Mo/0MMoot.t Java, ZolUnger, d' 1119 fn herb.Mont.). 

L* Gérant : Louis Morov. 



D,g,tza:Jb.GOOgle 



3* ANNÉE N" 17 I" SEPTEMBRE 1SS9 



JOURNAL DE BOTANIQUE 

Directeur: M. LouiB MOROT 



NOTE 

SUR DEUX NOUVEAUX GENRES DE BAMBUSÉES 

Par M. A. FRANCHKT 

GLAZIOPHYTON, gem nov. 
(Bambusem-ArundinarÙB), 

Spiculzc secus ramalos ultimos spicatae, cylindrico-subulatœ, biflorse 
vcl nrius Dni-triilorae, racbilla elongata, glabra, sub âoribus artîculata; 
flores bermaphroditi, saperîore magis acutato ; glutna vacua ad basia 
spicula: ssEpius abortu uaica, vel nimc in splculis superioribus gliimae 
vaciue duae, trinervûc cum mucrocnlo brevi ; racbilla ultra florem supe- 
riorem fertilem in glumellas inanes subabortiyas produoa; glumella 
inferior 5-7 cervia, nervo dorsali in carinam proemi pente ; glumella 
superioracutcbicarinau, ad cannas et secus mar^em longe dliata; lo- 
dicuta: très, obovatae, apice integerrinue, Dec ciliatK; stamina 3 sub 
anihesi parum exsertx, filameotis liberis ; ovarinm glabrum subsessile, 
oblongum, apice paulo incrassatnm ; 9tyli 2 e basi liberi et loogissime 
plamosi ; caryops ignota. 

Ehizonia vix hypogxum cnlmos dimorphos edeos, alteros graciles 
fblistos Dunqnam ilorigeros raris^me erolutos, alteros elatos practer 
basin vaginatam perfecte aphyllos, enodes, intns transversim Œebre 
septalos, saepius stériles, passim e nodis apicalibus âorigeros ; inflo- 
rescentia jubseformis, amplissima, ramîs gracilibus elongatis numero- 
sissimis e nodis pluribus (3-7) supeipositis erumpentibus et (jnasî 
fasdculatis, elegantcrarcuato-dependentibus ; ramnli ultimi spiculigeri 
sspâns ad ^ayiH^fn bracteœ scarlosae genûai vel terni, ahero brevissîmo 
nnispiculato, alteris elongads plorispiculatls, spicuUs 3-3 sessilibus, 
dis^tis; ramull spicnligeiî omnes bractea propria stipati et praterna 
Isacteola dotso bicarinata glomellam snperiorem peifecte fingenie 
aAloe donaU, sed sîra et forma coin glnmis illi supeipositis misiine 
confundeoda. 

filaaiopltytoit mirabile. — Glabrum; folia anguste lanceolata, 

ta,Hiar0ne «n^hr^^ trinltiinM-gia i- iiin ngr y iilignfip ; mlH«i tTaDSTeT- 



D,B,i..ab,Google 



aT8 JOURNAL DE BOTANIQUE 

salibus, bas! cordata in petdolum brcrissimum contracta ; vagioas cylîn- 
dricas stricte adfU'esfix, ore pUosae ; culmi stériles vel florenies digiti 
minons viz crassitie, 8-13 pédales, strictissimi ; paoîcnla fere usque 
tripedalis; spiculse lucidae perfeae levés, 12-15 ""^l- loogas, vix 
3 mill. latœ. 

Hai». in vidnitate tirbis Rio de Janeiro, ad cacumina moatis Tingua 
(Glazîou, n. 8.999); ^ monte Mono da Bandeira prope Petropolln 
(id. n. 14.383) et ad cacumina Serra de Oi^os (id. n, 17.914). 

Le G. fHtraèile a été découvert aux environs de Rio de 
Janeiro par M. Glaziou, qui a dû suivre son évolution durant 
quinze années avant d'être suffisamment édifié sur ses affinités. 
M. Glaziou a bien voulu me faire part de toutes les observa- 
tions qu'il a faites et dont je présente ici le résumé. 

Cette Bambusée' affectionne les stations découvertes, éle- 
vées et sèches, où ses longs rhizomes rampent presque à la sur- 
face du sol, produisant de distance en distance de grosses nodo- 
sités revêtues de larges écailles luisantes et d'où sortent des 
tiges aériennesà peine de la grosseur du petit doigt, atteignant 
trois à quatre mètres, dressées, raides, insensiblement atté- 
nuées jusqu'au sommet ; dans cet état la plante rappelle absolu- 
ment le Sa'rpus lacusfris non Qeuri. 

Ces tiges aériennes ne portent Jamais de véritables feuilles ; 
seule leur portion inférieure, sur ime longueur d'environ o",4o à 
o'°,50, est recouverte d'écailles engainantes étroitement appli- 
quées ; ces tiges sont aussi absolument dépourvues de noeuds 
dans toute la longueur du mérithalle et n'en présentent qu'un seul 
sous forme d'un bourrelet terminal marquant le terme, ou plutôt 
l'arrêt de letir développement, lorsqu'elles sont stériles, ce qui est 
le cas le plus ordinaire. Enfin,autre particularité non moins inté- 
ressante chez une Graminée, cette tige, dont les parois sont très 
minces, est creuse intérieurement et, saut vers la base dans la ré- 
gion recouverte par les gaines, cloisonnée transversalement jus- 
qu'au sommet par des diaphragmes rapprochés. Ces diaphragmes 
produisent extérieurement des bourrelets annulaires, très appa- 
rents lorsque la plante est sèche ou qu'on la presse entre les 
doigts; c'est tout à bit ce qui se produit chez le Cyperus artt-, 
cuiaius et chez qudques autres espèces du même groupe. 

L'existence de doisons transvasâtes dans la tige des 
Graminées n*est pourtant pas un fait isolé et propre an 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



Glasiophyton ; M. Balansa en a constaté depuis- longtemps 
l'existence chez certains Zizania, tels que Z. aquaUca, et il est 
probable qu'ils seront observés dans d'autres espèces ; je ne les 
ai moi-même rencontrés d'ailleurs dans aucune autre Bambusée. 
C'est seulement dans cet état aphylle et stérile que; durant 




A. — I, bractée ram£>le; a. piéfcuille-, j, brutie Sorale (nérile); 4, glumcUe inférieure 
5, glnm'llï lupérieDrc; 6, fleur nidimenCairc. ~ ; fTileaWlt; i, gliune; c, glomelle infi' 
rienni J, Oeur. 

de longues années, M. Glazioua trouvé la plante ; le hasard le mit 
enfin sur la voie du mode de production des tiges feuillées. A la 
suite d'un de ces incendies, si fréquents dans les bois de ces 
régfions, toutes les xiges/onct/ormes stériles furent détruites 
presqu'au ras du sol et remplacées par d'autres tiges très grêles, 
peu élevées, également cloisonnées en dedans, présentant pour 
la plupart vers leur tiers supérieur, à l'aisselle d'une assez grande 
bractée scarieuse, des rameaux ^cîculés foliifères. Ces nou- 
velles tiges, dont le diamètre est de 3 à 4 mill. , ne dépassent guère 
0^,60 et les feuilles qu'elles portent sont toujours petites, étroi- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



38o ÏOURNAL DE BOTANIQUE 

tfement lancéolées ; cette sorte de tige foliifère est probablement 
appelée àdis{)àVaître prom{)tefflcnt, puisqu'on ne la trouve jamais 
simultanément avec les X\^tsyonci' formes, soit que Ces deiDi^res 
denieurent stériles, soit qu'elles deviennent florifères. 

n faut croire que ce dernier cas est ausû rare que celui de 
l'apparition des tiges feuillées et qu'il ne se produit que dans des 
conditions toutes particulières de végétation. M. Glaziou n'a en 
effet observé la floraison de la plante qu'une seule fois et seu- 
lement sur les tiges que j'appelle ici jonct'fonnes ; dans cette cir- 
constance elles lui ont semblé avoir atteint leur maximum de dé- 
veloppement en grosseur et en élévation. L'arrêt de développe- 
ment si nettement indiqué chez les tiges j'onaf ormes vouées à la 
stérilité par l'existence d'un nœud apical, est, en cas de florai- 
son, remplacé par une superposition de nœuds plus ou moins 
écartés et portant chacun, latéralement et à l'aisselle d'une brac- 
tée scarieuse, de longs rameaux florifères fascicules, qui consti- 
tuent par leur ensemble une grande panicule égalant parfois un 
mètre et courbée en élégant panache. 

L'inflorescence du Glaziophyiou offre quelques particularités 
intéressant l'inflorescence des Graminées en général. On sait en 
effetque,danspresque toutes les espèces qui composent cette &• 
mille, les divisions de l'inflorescence, au moins dans leurs der- 
nières ramiflcations, sont absolument nues à la base. Dans le Gla- 
ziophyton, tous les rameaux portant les épiUets sont accompagnés 
d'une bractée propre. Ce fait pourrait bien d'ailleurs se présenter 
dans un certain nombre de Bambusées dont l'inflorescence très 
compliquée, qui n'a pas été jusqu'ici nettement définie, semble 
de nature à éclaircir les doutes qui peuvent encca« exûter sur 
le mode de ramification de la paoicule des Graminées. 

Les rameaux spicîfères du Glazwphyton sont ordinairement 
rapprochés, comme fascicules, au nombre de 3-4, et leur base 
est incluse dans la bractée de l'axe primaire à l'aisselle de 'là^ 
quelle ils se produisent, de sorte que cette bractée semble au prê- 
rdier coup d'èeil leur être commune à tous. Chacun d'eux pré- 
sente d'autre part à sa base une bractée propre axâlante, ayabt 
là forme et la consistance d'une glume et de plus, à la partie 
àntérieurei tme Wactéole mince, ou préfeuîllé, bicarénéè (i) sûr 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



A. FeAMCBBT. — Sur â^us noaoeaux gtmvs- de Bam&uiéfS. iSi 

le dos, ciliolée sur les carènes et sur les bords, c'est-à-dire 
o&ant la plus complète similitude avec une glumelle supérieure 
florale. Il en résulte qu'arec ses rameaux spicifèrcs portant cha- 
cun à leur base une bractée et une préfeuille glumelliforme, per- 
sistant l'une et l'autre, chaque portion d'inflorescence est çqiis^ 
tituée absolument de la même façon qu'un épîUet, la ress.em-:i 
blance étant poussée jusqu'à la complète analogie de forme des 
organes axillants; seulement, dans l'épillet, c'est la fleur qui S9 
trouve substituée à un rameau. 

Cette persistance des bractées axillantes, qui, je crois, n'a été 
constatée dans aucune autre Graminée, permet peut-être d'ap- 
précier avec quelques justesse le mode d'inflorescence du Gla- 
ziophyton; d'une part chacun des rameaux portant des fleurs et 
d'autre part la disposition des rameaux étant unilatérale, il en 
résulte que les rameaux spicifères fournissent, dans cette espèce, 
uoe véritable cyme unipare. 

L'épillet des Glaziophyiott est étroit, cylindrique, subulé, 
luisant, long de 15 à 18 mill., sur i nùll. de largeur environ; i^ 
présente à sa base une ou deux glumea stériles, puis 1-3 (ordi- 
nairement'!) fleurs hermaphrodites; il est terminé [ar une fleur 
rudimentaire atrophiée, longuement pédicellée; le rachîs est 
toujours glabre, articulé, très fragile, assez allongé entre chaque 
fleur. 

La plante appartient incontestablement par son organisation 
florale au groupe des Bambusées-Arundinariées et peut prendre 
~ place entre les Arundinaria et \ts Phyilostachys, ces derniers 
présentant comme elle des bractées à la base des rameaux flori- 
fères, tout en s'en éloignant par son ovaite stipité et par ses styles; 
les Arundinaria ont des épîllets le plus souvent multiflores. 
IjlaÎQ c'est surtout par ^es car^tèrea végétatifs que le Gia^- 
fJ^ytoH se distingue pettemept àfi toutes le^ ^ambusées connues, 
«t à plus juste titre peutr«tre qi^e I9 plqp^rt des autres genres 
du groupe ^uque^ il appartiefl(. (1 y a longtemps du reste que 
tCuQtli a &it ob^icrver que, ct)çz les Crf^minées^ la grande n^or 
rite des genres qe pouvait ^re sépfi|çé çlaircmefit que E^vr I4 
considération d? çar^ctère§ pris ^aos leqrs orgai^^ ^^ végé- 
t^tioa, les orgafies floraui; f)e jCourqîss^çt soqyent que d^ ^lér 
mçfitç de distinctipp V9gV(! ^ <**KB? HPPTFÇlftîiPA (Ji^cu^ablç. 

opposé sur le dos de la bracléote ou prél«u!l!e: on sait que I4 carène dea g)%- 
mcUes supëileures florales est duc à une cause semblable. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



^t JOURNAL DE BOTANiQire 

MICROCALAMUS, gen. nov. 
(Bambusea-Arundinariéi) 

Spicula: ovatae, panim compressîe, bîflone, floribus dis^milibus, 
înferiore ovato neutro vel masculo, superiore subulato, subincano, 
hermaphrodito ; glumae2lateovatœcoiicav3?,inargmeciliolatae,brevls- 
sime mucronatŒ, inferiore trinervi, superiore daplo longiore 5-nervi; 
flos neuter vel masculus : glumella inferior ovato-lanceolata, 7-neTvis, 
conspicue carinata ; glumella superior tenuissime membranaceà, hya- 
lina, apicé fimbriata, carinis obtusis maigineque baud ciliolatis ; sta- 
mîna 3 ; flos hennaphroditus ; glumella inferior rigide chartacea obscure 
5-DerTis, glumellam superiorem illi ûoris masculi sinûllimam arcte 
involvecs; lodîculae très miQimae,obovat£,apice truncaUe; sUmiiia3, 
filamentis liberis haud exsertis; ovarium sessile axipilosa insideos, 
ovato-obloDgum, glabrum,apicerotuadatuin;sty]i3 latediscreti, elon- 
gati, gracillimi, parte superiore tantum longe plumosi. Flores pani- 
culatd, panicula pauciflora terminalis, rachide valde augulata, pîlosula, 
sab floribos articulata. — E cccspiie crassiusculo pluricaulis vel saepius 
unicauUs demum graciliter rhizomatosum ; culmi graciles, erecti, vel 
arcuati, striati, glabri, bas! vaginis foliorum amii prseterid vesdd, 
co^erum longe nudatl, apîcè tantum uniaodes et supra nodum bre- 
viter foliosi ûoriferique ; Dodus barbatus e squamis ramum sœpius hori- 
zontale edensj vagùue parum inilatae, undique pilosul^e, ore pilosae; 
limbus lauceolatus, acuminatus, iopetiolum breviter attenuatus, glaber, 
multioervis, venulls traosversis crebiis; petiolus cum vagina artûni- 
iatus, secus lioeam articuladonis pilosus. 

M. barbinodis. 

Hab. — ÂMca Iropica occldeotalis : Congo, Ogooué, in silvis 
ad Djobé (ThoUon, n. 765). 

Le Microcalamus àarÔittcdts est encore une de ces Bam- 
busées herbacées de très petite taille qui semblent, jusqu'ici du 
moins, être particulières à l'Afrique tropicale occidentale, ou 
même s'y montrer à l'exclusion des espèces robustes. Sa souche 
est assez épaisse et donne naissance à un petit nombre de tiges 
radicantes, qui deviennent promptement des rhizomes grêles. A 
chaque nœud il se produit une tige également grêle, haute 
de oi°,35 à o^iSo et à peine du diamètre d'une plume de pigeon. 
Cette tige est d'abord dressée ou arquée, pourvue à la base de 
qudques gaines appartenant aux feuilles de l'année précédente, 
-pi^is très long^iei^eot nue et présentant un seul nœud situé dans 



D,g,tza:Jb.GOOgle 



A. PuHCtiBt. — iSw d4ux nowMotfx genres de Bambusies. «83 

sa partie supérieure; ce nœud donne naissaùceàun rameau qui 
se développe en formant un angle droit avec la tige. 11 âemble 
qu'après la floraison la tîge devienne de plus en plus arquée 
jusqu'à toucher le sol et s'enraciner au nœud; le rameau dont 
l'évolution est commencée conserve sa position qui devient alors 
■verticale; c'est lui qui, l'année suivante, constituera la tige flori- 
fère. Ce mode de végétation demande sans doute une confir- 
mation ; mais il parait ressortir bien clairement de l'ensemble des 
spécimens envoyés par M. ThoUon.. 

C'est seulement au-dessus du nœud dont ÏI vient d'être ques- 




■iglame;», gluipc!leiar«r)eun; £, glomelle ««pirioars ds Im fleur ioririeiue; ^ Oei». 

tion, et dans une portion assez raccourcie de la tfge, que se pro- 
duisent les feuilles, généralement au nombre de 3 ou 4;. la 
pantcule terminale ne dépasse ordinairement pas la feuille supé- 
rieure; elle est pyramidale, formée derameauxinégaux, souvent 
rapprochés par s à 4 le long d'un axe très anguleux et finement 
scabre; les épillets petits (o"',i36), en partie avortés, sont 'arti- 
culés avec le rameau et très' caducs, 

lye Microcalantus .est la seule Bambusée africaine, connue' 
jusqu'ici, qui n'ait que 3 étamines. Elle paraît bien distincte dans 
la tribu des Arundinariées, à laquelle elle appartient, par ses 
épillets biflores dissembbbles et dont la fleur inférieure -est 
neutre oumâlé ; par ses longs styles très écartés, extrêmeriiént 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



«S4 ]OURMAL E>E BOTANIQUE 

grSles, plumenx seulement dans leur partie supérieure ; par ses 
jumelles snpérienres dépourvues de cils sur les carèoes et sur 
les bords, caractère qui a été rarement observé cheE les Bam- 
bosées ; enfin par son mode de végétation. 



NOTE SUR LE GENRE CEPHALEUROS 

(Fm.) 

Par M. P. HASIOT 

M. Ward a remarqué que le thalle du Strîgula complanaia 
contient souvent du carbonate de chaux en petits granules. 
Lorsqu'on examine par sa face inférieure un de ces thalles en- 
croûtés, le tissu opaque, avec ses lignes rayonnantes et concen- 
triques, rappelle à s'y méprendre les Corallinées du groupe des 
Mélobésiées. D'où vient cette abondance de matière minérale ? 
n serait intéressant d'en noter l'apparition et d'en suivre le déve- 
loppement sur la plante vivante. Les feuilles qui donnent asile à 
ces Lichens {Canteih'a, etc.), de nature coriace, contiennent fré- 
quemment dans leurs tissus des cristaux d'oxalate de chaux. Y 
a-t-il un rapport à établir ? 

Les gonidîes des Strigula sont-elles toujours fournies par le 
Cephaleuros virescens} L'examen des espèces contenues dans 
l'herbier du Muséum conduit à répondre négativement. Il est 
usé de voir que le Cephaleuros entre dans la composition des 
Strigula Feei, cotttpkmata^ nemathora, viridissima, ciliata et 
elegans. Dans le Striguia Rotula, de même que dans le Strigula 
racoplaca Mont, in herb. (Racoplaca tenuissima Fée), on trouve 
une Algue discoïde appartenant bien au même groupe que le 
précédent, mais elle en dîfière beaucoup par ses cellules plus 
petites, l'absence de rbizoïdes et de poils. C'est une plante iden- 
tique à celle qui donne les gonidîes de VOpegrapha fi^itut 
Mont, M. Bomet l'a provisoirement rapportée au genre Pkyllac- 
UtUum Kûtz. D'après M. Hansgirg, elle doit rentrer dans le 
genre P^t^ftiMillardet (i). 

Tout autres sont les gonîdies du Strigula actitwpiaca Nyl. 
n est probable qu'elles appartiennent au Protococcus viridis. 

I. ^omtiL, Rtcherekis smr Us ^mdies d*i hiehtits {tiia^^^ia3L.%i xvu, p.fia 
t. 1-6, 1 873}, — Hansg^lrgr, Uehtr dU CaOtmg CreaAcantfai Kût»., P«riphleKmatiQii> 
IBU^^ tmi Haueirgla dt Timi (Flora, 1* mars i>B9)* 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



p. Habim. — JK?* sur le gmra CephaJeuroa. iSj 

Les côtes rayonDantea qu'on aperçoit sur le disque du Lichen 
sont formées par des incrustations de carbonate de chaux. L« 
Striguia Babingiotti (Berk.) d'Angleterre n'est pas un Lichen, 
attendu qu'il n'a pas de gonldies. La couche entrelacée hori- 
zontale est constituée par les hyphes du Champignoa On volt 
sans peine leur connexion avec les filaments bruns qui produisent 
les spores. 

Le Striguia Mierothyrium Mont, est tout simplement un 



Flg. I. Flg. «. Pij. ), 

StHfuU tlUalm (Hant.). Ot*grafka^icin» (HoDt.). Hante^rgi* JI*Mtlg*n 

NDUYeUe-CïJidonle. Herb. Thuteu vx. Wildcmui. 

disque d'épiderme décoloré, ainsi qu'il est facile de le constater 
en coupant une feuille verticalement. Les petits conceptacles 
qu'on remarque sur quelques disques s'y trouvent comme sur les 
autres parties de la feuille. 

En terminant, il me sera permis de faire remarquer combien 
la description des Lichens laisse à désirer, puisque des diffé- 
rences aussi considérables que celles dont il vient d'être question 
ne s'y trouvent pas mentionnées. Je crois être dans la réalité 
eu concluant des observations précédentes que : 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



3» JOURNAL DE BOTANIQUE 

l'Le genre CepheUeuros est parfaitement autonome et non 
constitué par une anamorphoseou forme anormale d'un ^^-^k^. 

3° Le genre Mycotdea^ crée en 1877, doit être remplacé par 
le genre Cepkaleuros, plus ancien de 50 années, puisqu'il a été 
établi dès 1837. 

3° Le genre Cephaleuros participe à la formation de la plu- 
part des espèces du genre Strigula. D'autres espèces empruntent 
leurs gonidies à un Pkycopeltis et à une Frotococcacee. 

4° Les Strigula BabtngUmx et Microthyrium ne sont pas 
des Lichens. 

Les recherches que j'ai dû faire sur le Cephaleuros et les 
Strigula m'ont conduit à examiner certaines Algues du groupe 
des Trentepohliacées, caractérisées par leur disposition en disque 
plus ou moins flabelliforme. 

J'avais pensé tout d'abord que le Stnguia Rotula empruntait 



Fiï.4. FiE- S- 

PHyllactûlium trtfiSeMHUaib. — t. v., iporengu videa. UyeeUtafsrasIlica HvuE. 
Porto Rico. Pbjcotheca uniï.n'"?- 

ses gonidies à XHansgirgia jlabetligera (Wildeman). Mais cette 
dernière plante s'en distingue par ses cellules moins ténues et 
par leur disposition moins régulière, flabelliforme. Elle ne 
semble pas différer du Pkyllactidium signalé par M. Bomct; 
cette Algue ne m'a pas présenté de fructiâcations, de sorte qu'il 
est difficile de se former une idée arrêtée à son sujet. 

La comparaison entre XHansgirgta (Wildeman) et le Phyl- 
laciîdium tropt'cum, dont je dois des échantillons authentiques 
à l'obligeance de M, Mœbîus, d'Heîdelberg, montre nettement, 
endésaccord avec l'opinion deM.de Toni(i),queces deux Algues 

I. loterno all'ideotila del PiyUacltdiuM Iropieum Hœbiua con la Ha^P'V^ 
flabelligera (Rend. R, Ac. Lincd, iv, faac. 9, scni. a, dot. 1886). 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



p. Hariot. — Note sur U gam Cepbaleuros. 387 

sont différentes. La plante de M. de Toni présente des cellules 
beaucoup plus grandes. Dans le Phyllactidium. tropicunt que 
j'ai étudié, les sporanges sont terminaux, situés au sommet 
d'une file de cellules, tout comme M. Ward l'a représenté dans 
les figures 40 et 41 de la planche XX de son mémoire. M.Mœbius 
y a signalé des filaments nombreux, dressés, naissant à la sur- 
face de l'Algue, filaments que je n'ai pas rencontrés. D'ailleurs, 
dans VHansgirgia, dont on n'avait d'abord décrit que les spo- 
ranges intercalaires, M. de Wildeman vient de découvrir des 
filaments fructifères (i) qui présentent une grande ressemblance 
avec ceux de divers Trentepoklia. Les caractères tirés de la 
fructification rapproclient donc ces deux Algues du Mycoidea 
parasitica qui, entre autres caractères, s'en distingue néanmoins 
par ses cellules moins rigides et la présence de rhizoïdes quï 
fixent énergiquement l'Algue à son support. Dans VHansgirgia. 
et le Pkyllactidmm la croissance exclusivement superficielle du 
thalle permet de l'enlever facilement et dans toute son intégrité 
avec la pointe d'une aiguille, ce qui n'a pas lieu AVccXe. Mycoidea. 

Quant à la plante considérée par M. Hansgirg comme le 
Mycoidea parasitic<i{\), plante dont il regarde le Phycopeltis 
Millardet comme une première phase du 
développement, il est impossible d'y voir 
l'Algue décrite par A, Cunnîngham. Les 
échantillons distribués sous le n" 337 du 
Phycotheca universalis ne laissent aucun 
doute à cet égard. Elle doit être réimie 
au Phyllactidium tropicunt, dont elle 
présente les mêmes cellules, les spo- 
ranges de même dimension et semblable- 
ment disposés. 

n reste encore une autre espèce inté- 
ressante qui semble se rapprocher beau- 
coup de XHansgirgtaflabelligera: c'est 
le Phyllactidium arundinacema Monta- 
gne, recueilli par Durieu de Maison- y^^_ ^ 
neuve, en Algérie, sur les chaumes des ^''^^u^^).'aj^^'^'"' 
Pbragmites. Il présente, comme la plante 

I. Encore quelques mots & propos de VHiutsgirgia fiaielltetrtt (Soc Roj. àt 
Bol de Belgique, ittviii, p. 34, g.ftv. 1889). ^ 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



•88 JOURNAL DE BOTANIQUE 

de M, de Tonî, des cellules intercalaires qui pourraient bien 

être des sporanges. H est difficile de se prononcer avec certitude. 

En admettant, avec M. Hansgirg, que les genres Hansgt'rgia 
{de Toni) et Pkyllactidtum (Bornet) Mcebius non Kûtzing, 
doivent appartenir au genre PkycopelU's {}), ce dernier genre 
se tiouverait actuellement composé des espèces suivantes : 

1" Pkycopeltis epiphyton Millardet (1868); 2* Ph. flabelligera 
(de Toni) Hansgirg (1888) ; 3* Pk. tropt'ca (Mcebius) Hansg. — 
Mycoidea parasitica (Hansg.) non Cunningham {1889); 4" Pky- 
eopelh's {Pkyllactidiuftt sp. Bomet) dont les cellules entrent 
dans la composition de l' Opegrapha filicina et de certains Stri- 
gula; ^""i Ph. aruttdtmcea {tAont.) sub Phyltactidium, (1846). 
Mais aussi longtemps que la fructification de toutes ces plantes 
ne sera pas bien connue et qu'on ne saura pas si elles constituent 
des êtres définitifs ou seulement des formes passagères, leur 
rapprochement ne peut être que provisoire. 



NOUVELLES RECHERCHES 

PHYSIOLOGIQUES 

SUR LA GERMINATION DES GRAINES 
Par M. Edouard HECKEL. 

Il n'est pas indifférent, au début de cette étude, de faire con- 
naître les circonstances qui m'y ont conduit : on verra, par là, 
la filiation des faits et des recherches qui successivement m'ont 
amené à parcourir le cycle expérimental indiqué par le titre 
même du mémoire (a). 

Le 33 juin 1876, pendant un séjour à Nancy, je fus a[^>^ 
par un pharmacien de cette ville, pour constater dans son labo- 

I. Hansfirg. Loc. cit. 

n est probable que c'est ég^alerae'at une TreDtEpobUée du même groupa (pA 
fournit les g'onldies du genre Trtchofktlù^tt (HQII. Arg'.). Dans la diagnoM da 
genre, M. Mûller d'Argovle dit en effet • sysfema goitidiale pkyUaclideo-eAroo- 
UpoideuiH • et plos loin ■ gonldîa pHlekre pyllacHekalia ■. 11 en aérait de métac 
du StentKiUamys Ju>rrid*la <MaU. Arg.). (Cfr. Pyrenoearpt» attauM ia 
Eagler'9 botantschen Jarbùcbeca, vi. 4. p. 418. 18S5). 

3. J'ai pensÉ que ce procédé d'exposition, bien qu'lnualté, aérait accuditt favo- 
lablement, parce que, tout en rampant avec les traditions classiques, il donne 
ptoa de vie aux recherches, et permet plus fadlemeat la lecture toujoun pénible 
d'une longue série d'expériences physiologiquas. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



B. Hbcebl, — Sur la gemUHoiio» des graines, aSg 

ratoîre un phénomène de germination assez curieux dont une 
mauvaise interprétation, toute contraire à la vérité et aux intérêts 
de ce praticien, avait éveillé quelque crainte dans son esprit. 
Voici les ^ts ; on m'excusera de m'y appesantir un peu, je le 
crois nécessaire, non pas à cause de l'intérêt qu'ils peuvent pré- 
senter en eux-mêmes, mais en raison de ce que cette circonstance 
fortuite a servi de point de départ à toutes les recherches dont 
je me propose de donner ici le détail. 

Le 20 au matin, on avait préparé, pour les besoins de l'offî- 
àne, du soufre lavé destiné à l'usage interne (i). 

Cesoufre très humide (il venait de subir de nombreux lavages) 
fiit étendu à midi, le même jour, sur une large caisse en bois 
dans un des compartiments d'une étuve maintenue entre 40 et 
60° C. Immédiatement au-dessus du casier à soufre, se trouvaient, 
dans la même étuve, des semences de Brassica mgra (Moutarde 
noire), qui, placées là pour être desséchées en vue d'une plus 
&cile pulvérisation, furent le même Jour fréquemment agitées, 
afin de renouveler autant que possible les surfaces d'évaporation. 
Durant cette manœuvre rapide, [opérée par un garçon de labo- 
ratoire avec plus de précipitation que de soin, beaucoup de 
graines tombèrent sur le sou&e humide par dessus la boîte à 
petits bords qui les contenait, et à travers les mailles du grillage 
de séparation placé entre les deux cases de l'étuve. Dans ce mi- 
lieu, malgré la baisse de température de la nuit 0e thermomètre 
desoradit 3 30''C.)(3), elles germèrent très rapidement. Le 21 à 
10 heures du matin, c'est'à-dire après 33 heures, les grainea 
avaient poussé des germes de 0^,03 de long et le 2a à midi, 
quand je fus appelé par le pharma<ùen que ce luxe de végéta- 
tion étonnait et inquiétait d'autant plus qu'il l'attribuait à ua 
dâieloppemettt subit de Champignons capables de compromettre 
son soufre (sic), les semis avaient atteint o'',q35 et o'°,o30, mais 
ils étaient flétris, le 3ouû« ayant perdu toute son humidité et le 
milieu étant resté quelque temps à la température de 50'. L'ex- 

I. On «ait qoe la prâparatlon du MiufTAlavé apciii' buidcàibarraMec la/Snvr 
de soufre du coniinerce de Valide su^m-iq»* «t da Vadde stU/ttreux qu'elle 
renferme toujours, substances qui pourraient snlre à l'emploi midical. Cette 
maidpnladoa ae bXx oatoraUement avec le pliu sraad aoln et os peut, dis lors, 
cea^érer le aonEre qui proTtent de cette préparation comma étûit absolumoat. 
p«I oti i pea prèa. 

a. L'étuya itait probablement oomplètement abaadaDDfe la auit au cliauffie 
d'iae &ç(n lirfgfattice. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



300 JOURNAL DE BOTANIQUE 

^licatton du fait ne fut pas difficile à trouver ; elle calma les 
vaines alarmes du pharmacien, et je me promis de mettre à 
l'étude les différentes questions que cette observation singulière 
soulevait dans mon esprit. 

Il était évident que la germination d'abord, puis le développe- 
ment du jeune embryon avaient trouvé là pour se produire avec 
une si grande rapidité des conditions spéciales qui ne se re- 
trouvent pas à l'état de nature, même le plus favorable, et que 
les expérimentations n'ont point réalisées jusqu'ici, si on s'en rap- 
porte aux derniers documents fournis sur ce point de physio- 
logie végétale par les travaux de A. de CandoUe {De la gertiù- 
naHon sous des degrés divers de lempératuye constante, in * Bi- 
bliothèque universelle » et « Revue suisse » , novembre 1865). — 
Le soufre, en dehors de son action spéciale en tant que support 
bien approprié par sa ténuité, par sa porosité, par son humidité 
enfin, pour favoriser la germination, serait-il intervenu comme 
agent chimique en fournissant abondamment au jeune végétal ua 
des principaux éléments constituants de son organisme ? En un 
mot, le soufre, après avoir agi comme substratum germinatif 
favorable, aurait-il été absorbé par le jeune végétal? Mais alors 
80U5 quel état ? Aurait'il passé dans les tissus de la plante à l'état 
naturel ou sousla forme d'acide sulfureux oud'acidesul/urigue} 
On sait, en effet, que les lavages les plus consciencieusement 
opérés laissent toujours dans la fleur de soufre des quantités 
minimes, mais appréciables aux réactifs, de ces composés sulfu- 
reux. Dès lors /'ociVife f«^MJ^w«j à dose infinitésimale, aurait-il 
ta propriété d'activer la germination et agirait-il à l'égal de 
tacide cMorhydrique en permettant la pénétration plus rapide 
de l'eau d'imbtbition à travers le spermoderme (1)? Faudrait-il 
par suite admettre comme exactes les affirmations de Léa (2) qui 
déclare, antérieurement à Vogel (3) et contradictoirement aux 
observations |de ce dernier auteur, que les 'graines peuvent 
germer- en présence d'une faible quantité d'acide sulfurique(4)? 

I. Hûtstein. — Sur la germinaiùm des graines sous t'ùtfiutitet ^agtnis Chi- 
miques acides (GarUu-Flora. Mu^ 1855, p. So.J. 
3. Chêm. CenlralUall, p. 688, 1867. 

3. Das Keimen der Sanun (De la germination des grraîDes) ia SiUuMgsitrieht* 
dtr kônighch. it^er. Akad. der Wisseitschafien *» Mûnchett. 1870. Il, Heft iiS. 

4. Cette question de l'influence des acides à dose forte ou bible a préoccupé 
depuis 10D£teiiip« lés physiologistes bien avant les recherches des deux savanU 
allemands que je Tiens de citer. Je Us en effet, dans Mejen (JfeufS System der 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



E. Hbcibl. — Sur la ^rminàSo» dèS graitus. 391 

D'autre part, les faits observés dans l'étuve de Nancy 
semblent protester contre^ les résultats des expériences ctassi* 
ques dues à Edwards et Colin [De l'infiuence de la température 
iur la germination. — Annales des Sciences naturelles, a* Sé- 
rie, 1S34, pp. 257-370, Paris.] et contre ceux plus récents du 
Aiémoire déjà cité de A. de Candolle. On sait, en effet, que le 
^int saillant de ce dernier travail consiste surtout dans la déter- 
mination pour un certain nombre de graines d'une température 
de germination favorable au-dessus et au-dessous de laquelle le 
phénomène devient de plus en plus difficile et de plus en plus 
lent. Une généi^satîon a permis au savant botaniste genevois' 
d'établir, comme conséquence de ce travail, que, en général, de 
10 à ao^C, le processus germinatifs'opèreavec le plus de rapi- 
dité : or, dans le cas actuel, entouré il est vrai de circonstances' 
spéciales, le phénomène, affranchi de l'influence de la tempé- 
rature fevorable, loin de se ralentir au-dessus de 20" (temps fa- 
vorable maximum) a doublé de rapidité au-dessus de ce chiffre 
thermique. Quel est donc l'élément inconnu qui avait troublé la 
marche d'un phénomène à phases en apparence bien et rigou- 
reusement déterminées ; quelles conditions en avaient modifié si 
profondément les résultats? Tous ces points absolument nou- 
veaux ne pouvant être éclaïrcïs, dans l'état des recherches faites 
sur ces diverses questions, que par une série d'expériences, je 
les conduisis ainsi qu'il suit. 

La double influence de la température et de l'humidité étant 
pour le moment laissée de côté, la première question à étudier 
était de savoir si le soufre lavé &.\^ soufre en fleur du commerce 
(non lavé) présentent des différences en tant que substratum 
germinatif, c'est-à-dire si les substances que le soufre impur ren- 
ferme en abondance sont susceptibles, soit par leur nature 
même, soit par leur dose, de hâter ou de retarder la germination 
et, dans le cas de l'affirmative, à quelle dose leur action se mani- 
feste, à quelle autre ellecessedesefairesendr. Pour ces recherches, 
des graines de Brassica mgra L. et de Sinafn's alba L. furent 
choisies en bon état (une à une) et provenant de la récolte de 

PflaïueitpkyàologU. Berlin 183B, p. 309) la phrase snlranie : • Tout récenuueiil 

• H. Goeppert (Frorùp's Ifoti»»».'^* 861, mars 1834) a fait connattre des obser- 

• vadoos par lesquelles des acides, tda que sulfurique, tuoHpie, eilriqtu, i 
« faible dose, ont une action accélératrice sur la genninatlaa, tandis que l'intep- 

• vention des dcalis fixes agit en sens contralM. • ' 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



39a JUURNAL DE BOTANIQUE 

l'aonée (i). Soixante d'entre elles (60) et de chaque çspèce 

fureat semées le 13 mat 1877 (T:= 16° C.) simultanévent et 

réparties dans trois vases contenant, l'un du sabie granitique 

caUi»e{2), l'autre du sou/re sublimé et le troisième du soufre 

lavé. 

Ces vases, au nombre de 6, maintenus dans des coaditioos de 
température parfaitement identiques furent arrosés de la même 
quantité <^Vti«ià>/z7/Â;,' ils contenaient chacun le même poids di« 
substratum (soufre ou sable), et le soufre sublimé présentaU 
une réaction manifestement acide aux réactifs colorés. Ainsi 
semées ces graines se comportèrent comme suit : 

Le 14, à 1 heure du soir, les radicules apparaissent sîmulia- 
nément (poiu* Brassica aussi bien que pour Sinapt's) dans le 
sable et dans le soufre lavé. Rien dans le soufre sublimé. 
(T=,6-,s)(3). 

Le 15, à midi, le développement est, dans le sable, plus avancé, 
mais de peu, que dans le soufrelavé.Riendansle soufre sublimé 
(T-iyV). 

Le 16, à 4 heures du soir, le développement se poursuit 

I. J'ai considéré comme absolnment inutile de me préoccuper de l'origlDe 
autofïcondée ou croisée de ces graines, les recherches de Darwin (Des effets de 
la /écortdatioH croisée et de la /êeondatioit directe, trad. Ed. Heckcl, p. 359) 
ne donnant rien de certain suc la priorité germin«tive à accorder aui dernières 
aur les premières. Un point plus important consiste â n'employer que des graines 
de même volume ou à peu près. J'y arrivais en faisant passer les gTalnes de 
Brassica à travers les trous d'une passoire et en n'utilisant que celles qui avaient 
franchi ces ouvertures et rejetant les autres. 

3. Le choit du sable siliceux était ici imposé par la nécessité d'employer comme 
substratum une matière dépourvue d'action chimique sur l'acide sulfuriqae con- 
tenu dans le soufre sublimé. Quant à la calcinatlon, elle avait pour but de faira 
disparaître du sable tome matière organique pouvant agir comme engrais et de 
placer ce substratum dans les mêmes conditions que le soufre sublimé lavé qol 
ttc renferme pas de matière organique. 

3. 11 est à remarquer que, dafis cette expérience pinceurs fols répétée, la 
germination s'est produite en 45 h. à une température voisine de 17*; ce résultat 
est absolument contraire à ceux qna M. A. de Candolle dgiule dans son remar- 
quable travail déjà (ùté. Four Sina^is aJbn, un lap* de temps de 3 jours i/i 
serait nécessaire, dans ces conditions, pour arriver à la germination, et ta tempé- 
rature de II à 13*, d'après ce savant, serait celie qui fournirait les résultats que 
j'indique. A ce degré, d'après M. A. de Candolle, les graines de Simapts aiia 
germent en 4J heures. Je dois rappeler ici qu'une seule expérience de germina- 
tion sur le soufre lavé, la Heule signalée avant celle-ci, avait été pratiquée par 
M. O. Réveil qui l'indique dans ses recherches concernant l'Action des pûisoms 
atef Us plantes (Thèse pour le doctorat ès-scjeocos natyrelieg, L.jfon tS55, p. 86), 
mais la graine mise en cause était une Graminèe (OigeJ et l'expérimentateur, 
tmiquement préoccupé de constater, sans tendance explicative, rinQuence nodve 
du suisirvbtm, n'a indiqué ni la température, ni la durée delà germinatioo.C'e§t 
donc Ui une expérience inutile n point de vue qui nous occupe. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



E. HacuL. — Suf la germmalion des graines. 393 

lentement, mais d'une manière à peu près égale, dans le soufre 
laSré et dans le sable. Rien encore dans le soufre sublimé (T=io°). 
Le 17, à II heures du matin, même état; rien dans le soufre su- 
blimé. Les 19, 20 et 21, le développement a marché plus rapide- 
ment dans le sable que dans le soufre lavé. Rien n'a levé dans te 
soufre sublimé ■(T^i i°,5). 

Les 32 et 23, les jeunes plants ont jauni et se sont flétris. 
Kien encore dans le soufre sublimé. 

Soumis à l'analyse, ce soufre m'a donné ogr. 525 d'acide 
Bulfurique libre pour 100 grammes de son poids ; d'autres échan- 
tillons de diverses provenance et dcHinant aux réactifs colorés 
àpeu prèsle même rouge, ont fourni une moyenne de o gr. 45 du 
même acide (i). 

Cette première expérience, quoique laissant dans l'ombre l'in- 
fluence de l'acide sulfureux du soufre sublimé et la limite infé- 
rieure de l'action de l'acide sulfiirique, avait cependant pour ré- 
sultat démettre en évidence: 1° que, surle soufre sublimé, la ger- 
mination ne saurait se produire et que le fait est dû soit à la trop 
grande abondance d'acide sulfurique (5 gr.aSpour 1000) (3), soit 
à l'action de l'acide sulfureux (3) ; 2" que, sur le soufr« lavé et sur 
le sable, la gennïnation est simultanée ; que, par conséquent, le 
soufre n'a aucune action ni hàttve ni retardatrice sur le processus 
germinatif, même dans des graines qui renferment normalemeot 
cette substance. 

Ce soufre ne paraît pas non plus agir favorablement, qu'il 
soit absorbé ou non, après le développement de la jeune plan- 
tule, puisque l'accroissement de cette dernière est plus rapide, 
pendant le même laps de temps, les conditions ambiantes res- 
tant égales, dans le sable quartzeux que dans le soufre. 

n importait, ces points acquis, de détenniner expérimen- 
talement le mode d'action de l'acide sulfureux et la limite d'in- 
fluence nocive de l'acide sulfurique pour quelques graines d'ordre 

I. J'ai dosé l'acide sulfurique au moyen de sulfate de baiyte, dont le poids 
pour $0 gt. de soufre sublimé a été de o gr. 77, ce qui donne o f^t. 51S d'adde 
pour 100 gr. de soufre, et o gj. 03a poitr les 10 grammes de cttie substance qui 
ont serri de substratum, 

■a. Les auteurs classiques, et en particulier Van Tle{rhein[7>aA'^^ll«i^^iM', 
t. I. Pans, iSSi), soDt d'accord pour admettre que 1/500 d'acide aulfiirique suffit 
pour cuspeiidre la germlnatioa de toutes les graines. 

3. Aucun auteor ne s'est jasqu'ld, à ma connaissance, occupé de l'aoUoa de 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



394 JOURNAL UE BOTANIQUE 

différent. Pour ce qui a trait à l'action de ce dernier corps, qui 
offre surtout quelque intérêt quand son action s'applique à des 
semences renfermant normalement du soufre, il y a discordance 
entre les savants. Vogel {ioc. cit.) déclare que (des doses fort 
minimes d'huile de vitriol suffisent pour arrêter à tout jamais 
l'acte genninatif ». Voici du reste comment il appuie ses asser- 
.tions : «Pour ce qui a traita l'acide sulfurique, j'ai déterminé les 
limites dans lesquelles une solution agît ou n'agit pas sur la ger- 
mination des graines. J'ai employé d'abord une solution à 3 
pour loo d'acide sulfurique, puis une autre à ogr. 40 et enfin 
une troisième à o gr. 08 pour 100. Dans les deux premières so- 
lutions, pas de germination ; dans la troisième là moitié des se- 
mences germa, mais aucune plante n'arrira à complet développe- 
ment. > 

fA suivre J 



CHRONIQUE 

Le Congrès botanique. 

Le Coogffès botanique organisé par la Société botanique de France 
s'eat tenu à Paris, du 20 au 35 août, sous la présidence de M, Fischer de 
Waldheim, professeur à l'Université de Varsovie, assisté de MM. W. Bar- 
bey, de Genève, Th. Durand, de Bruxelles, C. Hansen, de Copenhague, 
M. HartOft, de Cork, KoJtz, de Luxembourg, O. Penzig, de Gênes, Timi- 
riazeff, de Moscou, Ed. Bureau et L. Guignard, de Paris, vice présidents; 
de MM. J. Daveau, de Lisbonne, Grccescu, de Bucharest, M, Kraus, de 
Luxembourg, E. Poniropoulos, d'Athènes, P. Maory, de Paris, et P. Vuil- 
lemin, de Nancy, secrétaires. 

Une commission composée de M. Ed. Bureau, président, de MM. le D' 
Cosson, de l'Institut, O. Peniig, P. P. y. Koltz, G. Rouy, et P. Maury, 
membres, a été chargée, dès la première séance, d'examiner les différents 
points compris dans la première question : De l'utiliié qu'il y aurait à et»- 
htirentrt Us différentes Sociétés, les différents Musées botaniques, une en- 
tente pour arriver à dresser des cartes de la répartition des espèces et des 
genres de végétaux sur le globe. A la suite du rapport présenté au Congrès 
par M. Ed. Bureau, au nom de cette commission, et après une discussion 
intéressante de la question, il a été pris par le Congrès un certain nombre 
de décisions dont voici les principales : Il y a lieu de faire du tracé des 
cartes de géographie botanique comprenant plusieurs pays, une ceuvre 
internationale. A cet effet, la commission nommée par le Congrès fonc- 
tionnera' en' permanence, avec son siège provisoire à Paris, jusqu'à ta réa- 
niond'un prochain Congrès international. EHle recevra et concentrera Les 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



Chronique: apj 

docamenU nécessaires, dirigera l'exécutioa de premiers projets de carte, 
fouroira à tous les botanistes qui le désireront les indipitions indispensables 
poor la pardcipatioQ à l'œuvre commuae et préparera un rapport sur les 
premiers efforts effectués. Le type de carte adopté est uoe carte au , gg^ om 
ou, à défaut, celle dont l'échelle s'en rapprochera le plus. Chaque botaniste 
pointera sur une carte de ce genre les espèces de sa région à raison d'une, 
de deux, trois ou quatre espèces par carte, de telle sorte que les pointages 
soient toujours nets et restent parfaitement distincts pour chaque espèce. 
La commission réunira ces divers pointages sur une carte délînitive. 

Ces propositions, adoptées par le Congrès, concordent avec les conciu' 
sîons d'un travail de M. le professeur Dnide, de Dresde, dont lecture a été 
donnée en séance. H y a également intérêt à noter un autre travail relatif 
à la même question présenté par M. E. Pâque, dans lequel l'auteur propose 
une notation universelle des espèces et des genres sur les cartes de géo- 
graphie botanique. 

La seconde question proposée par le comité d'organisation du Con- 
grès : Des caractères que l'anaiomie peut fournir a la classification des 
végétaux, a été traitée par M. Vesque et a été l'objet d'une discussion im- 
portante de la part d'un certain nombre de botanistes présents. M. Vesque 
a montré que l'anatomie, n'étant que la connaissance plus approfondie d'or- 
ganes déjà connus par un eiamen macroscopique, oc faisait qu'étendre, que 
préciser la caractéristique d'un type végétal, et que par conséquent elle ne 
pouvait être laissée de côté dans la classification. Reste à (aire choix des 
caractères anatomiques, à établir parmi eux un ordre hiérarchique, une 
subordination semblable à celle qui a été établie parmi les caractères ex- 
ternes et qui est d'une valeur taxonomique si grande. Dans la seconde 
partie deson travail, M. Vesque s'efbrce de faire cette distinction des ca- 



En dehors de ces deux questions, de nombreux travaux ont été présentés 
au Congrès. Nous nous bornerons à les indiquer. 

M. le professeur E. Pontropoulos a cherchéà établir, pour les plantes 
ligneuses de Grèce, une concordance entre les noms des anciens auteurs 
grecs, les noms vulgaires actuels et la nomenclature botanique. 

MM. Ed. Bomet et Ch. Flahault ont exposé les résultats de leurs remar- 
quables recherches sur les plantes dites perforantes qui vivent dans le test 
calcaire des mollusques et qu'ils rapportent à des Algues chlorosporées et 
phycocbromacées ou à des Champignons. Jusqu'à ce jour ces plantes étaient 
peu connues; le travail des deux savants al gologues révèle, sur leur organi- 
sation et leur vie, des faits importants. 

M. E. Roze s'est occupé de l'action d« la chaleur sur les enveloppes flo- 
rales. 

M. L. Guignard, poursuivant ses délicates recherches sur le noyau, ap- 
porte des aperçus tout nouveaux sur l'union, dans la fécondation, des deux 
noyaux qui doivent former l'embryon. Un résultat du plus haut intérêt, in- 
diqué par M. Guignard, est la possibilité entrevue de pouvoir déterminer 
la sexualité d'un embryon d'après la structure et le nombre des bâtonnets 
du filament des noyaux générateurs. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



agi JOURNAL DE BOTANIQUE 

M. D. Clos Tait consattre âe nouveaux eseaiplcs de lobadoo on anoma- 
lie de feuilles simples. 

M. Bescherelle décrit an certain nombre <le Mousses et Hépatiques des 
Colonies françaises, du Brésil et du Paraguay. 

M. Ad. Cbatin signale le Goodyera repens dans une piniëre du bob 
Saint-Pierre aux Essarts-le-Roy (Scine-et-Oise). 

M. Ed. André a étudié et déterminé les nombreuses Broméliacées qu'il 
avait récoltées au cours de son voya{^ d'exploration dans la Colombie et 
l'Ecuador. 

M. M. Hartog signale un réactif et un colorant nouveau pour l'étude des 
Saprolégniées. 

M. H^. Mer décrit les modifications de croissance et les altérations da 
bois consécutives aux lésions du tronc des Sapins et Epicéas. 

M. P. Rcinsch propose une écbellc universelle de micrographie. 

M. G. Camus présente une série d'hybrides d'Orchidées des environs 

M. E. Malinvaud annonce d'intéressantes découvertes pour la Qore de 
France et notamment pour le département du Lot. 

MM. Battandier et Trabutfont connaître un certain nombre de plantes 
rares ou nouvelles pour l'Algérie. 

M. H. Léveillé a fait dans les montagnes des Ncîlgheries, dans l'Inde, 
de curieuses observations sur la fleur d'un Œnoikera. 

M. le D''Edm. Bonnet a démontré que l'herbier conservé an Muséum sons 
le nom de Gaston d'Orléans devait être attribués P. Boccone. 

M. Th. Durand décrit un genre nouveau de Liliacées, de l'Afrique cen- 
trale. 

M. Roujou, enfin, s'est appliqué à rechercher les causes de ta variation 
de la taille chez les végétaux. 

Le Congrès a été très heureusement complété par des visites intéres- 
santes aux cultures de M. de Vilmorin, à Verrières-le -Buisson, aux herbiers 
du Muséum, de M. le Xy E. Cosson, de M. G. Rouy, enfin à l'Ezpoàtion 
universelle, P. M. 



NouvellsB diverses. 

Nons avons le regjet d'anooticer à nos lecteurs la mort dn Révéread Mom 
JosErs BiaKii.BT, le savant botaniste anglais si connu par ses travanz mycslft- 
«iq««- 

M. A. EirautB, de l'Unlverdtf de Breslau, est nommé professeur de Bota&lqae 
systématique et directeur du Jardin botanique et du Muséum de Berlin, en roa- 
pbcement de M. EicUer. 

U. J. Ubbam est nommé soos-directeur du Jardin botanique et du Muséum 
<k Berlli). 

Le GeroMl: Louis MoboI. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



i6 SEPTEMBRt i88i» 



JOURNAL DE BOTANIQUE 

Directeur : M. Louis MOROT 



NOUVELLES RECHERCHAS 

PHYSIOLOGIQUES 

SUR LA GERMINATION DES GRAINES 
Par M. Edouard RECKEL. 

Comme il me paraissait très important de connaître aussi 
exactement que possible la dose d'acide sulfunque capable de 
suspendre la germination (i) et que l'écart entre les chiffres de 
Vogel et de Van Tieghem {2) est comme i est à 2, pour la même 
quantité d'eau, je résolus de reprendre les expériences capables 
de me conduire à un chiffre exact. 

H m'intéressait aussi desavoir, je l'ai dit déjà, si, au-dessus de 
ia dose nocive, l'acide sulfurique n'agissait pas à l'égal de tous 
les autres acides, c'est-à-dire en tant qu'accélérateur du processus 
germinatif. Pour y arriver, je fis germer des graines de Brassica 
nigra L. et de Sinapis alba L. dans l'appareil de Nobbe, en les 
arrosant avec de l'eau distillée contenant des doses progressives 
d'acide sulfurique, en commençant par une goutte. Cet acide sul- 
furique avait été purifié au préalable avec le plus grand soin. 

i" Expérience. — Le 20 novembre 1879, à 9 h. 1/2 du ma- 
tin, mis simultanément à germer les graines bien choisies et de 
même calibre, de l'année, dans le liquide acidulé (rougissant 
manifestement le papier tournesol) et dans l'eau distillée pure; 
le tout mis dans une chambre maintenue à 13° le jour et à 9° la 
nuit. Les observations sont prises deux fois par jour : le soir à 
2 heures et le matin à 9 heures. 

1 . Cette connaissance m'élait de première nécessité pour suivre d'autres recher- 
ches sur la germination, cl en particulier concernatil l'iniluence de l'élecrridté 
sur ce processus. On verra qu'elles ont été uiilisées dans une étude concernant 
l'action du Duide électrique sur la germination des Kraines. 

3. Ce savant indique [Trailê de Botanique, 1H81, p. 105) l'acide sulfurique 
comme vénéneux à la dose de i pour 500 de liquide, tandis que la proportion la 
plus faible signalée ci-dessus par Vogel est de 3 pour jco (ou o gr. 40 pour 100). 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



3-j8 ' JOUUNAL UE BOTANiyUK 

Le 32, à 9 heures du matin, la germination s'est produite dans 
tous, les^ vaaes, mais die est un peuplas avancée- dans l'ea&aei- 
dulée.. 

z" EXPËRTCNnr. — Atec an;i<fe sdfuriqœ ? gfnKtes pour eau 
500 grammes. Le 23- novcmbce,. à nûdï, mis à. germer (T =: iS' le 
jour et g" la nuit). La germination, pour une cause restée incon- 
nue, ne s'est pas jiroduite du tout. Je crois à un accident. 

3" ExPÈRlENCK. — Àncc ^de- 5uii&ii:iqtie 3 gouttes pour 
500 grammes. Mis à germer le 23 novembre, à 10 h. i /4 du matin, 
simultanément (T= 16°) des graines de B. nigra et de Sînapis 
alba. Le 35, à 9 heures do- matin, germînatibn dans Stnœpis aléa 
et simultanément dans le témoin. Rien dans Brassica nigra. 

Le 26, à 9 heures du matin, dans Sitiapisalba développement 
complet de part et d'autre. Dans Brassica mgra commence- 
ment de g,ermioatron pour les graines non acidulées ; rien dans^ 
les autres. 

Le 27, le développement se poursuit dans les jetmes pfiui- 
tules de Sinapi's alba-, mais avec un retard pour- celles qui sont 
dans l'eau acidulée. Dans Brasilia nigra très peu de grainey 
ont germé dans l'eau acidulée, à peu près toutes dans l'eau non 
acidulée. 

4" Expérience. — Avec acide sulfurîque, 4 gourteff poor 
eau 500 gr. (T ^^ lo"). — Le 27 novembre, a detct heures 45 dur 
soii-, mis à germer Brassica dans l'appareil de Nobbe. Le 3 â>i- 
cembre au matin, germination comme dans l'eau acidulée, rien 
dans l'eau distillée. 

Le 5 (après 7 jours), la germination apparaft dans Ffeaii dis- 
tillée. 

5'^ EXPÉRIEN'CE. — Avec acide, 5 gouttes pour eau 50a gr. 
Le 30 novembre, à neuf heures 30 du matin, mis à gennei- 
Brassica {T^ 10"). Le 7 décembre, à huit heures du matinij ger- 
mination avancée dans Teau acidulée. Rien d'ans l'eau distâlYée, 
où le phénomène ne commence qu'à midi environ. 

6' Expérience. — Avec acide suffurique, 6 gouttes pour 
eatr distHlée 500 gr. Le 5 décante, mis à scsmcs; Bfssska 
m^nz. à. trois heures i/a du soir (T= 10"). Le iQ>à neuf heures 
du matin, germination dans l'eau acidulée ohfizdc nnwnJareuBes 
graia«s>; quelq;ues-uaea seulement ont Tevé d^ns fea-u. distillée. 

7* ËxpÉmiEncEf. — Avec ackle sid&iciqoKr & goitft^ pour 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



ir graines. 39 

500 gr. d'eata. BrassitA m^rm {X ^ 90°). Le 4 décetnbte, à 
neof heuEcs do. tnatia^ mis à gsemer. Le lOy à oeuf hcates da 
matùi, une^caiiuc: a gtrax à^Bs k'eau. arkhilft, rkn dans ïeaa 
disliUée. 

&' £XPKR1BKC£. — Afiidc, 9 £«uuc5 pou 5^00- gr, d'ean 
Sûta^aiSa etBmissiat mgra (T= 12°). Le 16 d&ccabre, àdix 
heures du matîn, mis à gczncc. Le 19, à nenf hetarea dK iMOr- 
tksr ^rpwttion des pncoûèrcs ladicsks daae rcw acidHlée pour 
Smttpfs aiéa, rîea poor .A^mf^ilia Mcjra. 

Ljt ao déctaàattf à dix hemcs du asalia, gcmisatioA daaft 
Brssskm acidirig- 

9° ËXPÉaiENCB. — Avec lo gonUes d'acide daas 50» gi, 
eau dîstîttce. — BwmssAoi migra et Simipis aiia~ — Le >> dé» 
ceidbre- iSt^,. niis à ^xma. Le 3 janriior 1880^ à actif Wnscs, 
gTxniaation da:». eau acsdolée, tiea daas cai diabUéc pow 
Brttssico:. Pour Siti^ts aiéa, le 3P décembre, mis à gcnncr ; le 
3: jaavier, à neuf hcaiesdu matîiiy getwinalMitt t^ns eau aeâdlolce ; 
le soir, les graiacs pincées daasl'caMdistméelêTcaL 

uf ËXKBEHCB. — Avec 1 1 goottes d'adde. Le & ttxàtr 
iSSa, à Biidi, mis à geimer; gexmiatîott ïe 10, à sept hoves àm 
seàr : daas eau distiUée, b^ genaànaûoa a'csk ^ipaieale qœ le 
1 [, à cinq heures dn soir. 

11'^ Expérience. — Avec 13 gouttes d'aàde daia5oogr. 
d'caa dîstittée. L^piàntm aatmaat- Le 10 fiénier, mis à ger- 
mec ^T = 12°). Le 1 1, à ome hearcs. du mania, gcrmÎKiiiott ea 
aoheiiscs. Dans le tcmiùn, la g ei i ai i alion se produit à bail 
Heofcs du. soir. 

N. B. — (Dbns les joms smraabs, et à paclâr de cette csEpé- 
rience, on remacqae que ka jeanes plants Levés dans, l'aciide s«l- 
fimcpse œ se dév«U9>peiit pas si bieit qne dans l'eau distillée 
pae.> 

Le 10 iàxâei, à tiais beuxcs 15 du soir, mcaie «Epérieace à 
la, Blême doae, arec Sfmt^'s: tûia~ dans Teau acidulée, geno»- 
natioD 1& 13 tévrier, à midi; dans l'eau distillée, le 13, à cinq 
heares du soie. 

t2* EXPERlEttCE. — Avec 1 6 gcwttes d'acide povrean S^ogr- : 
misàgevmei LeïmatsrSSo, à Erois beoies du soie; geruûitaiMa 
le 4 mare, à trots heares da smr, daas Tean acidulée. \>asx 
l'eau distillée, germination le 5 , à sept heures du. matia. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



30O JOURNAL UE BOTANIQUE 

1 3" Expérience. — Avec 20 gouttes d'acide pour eau 500 gr. 
Le 4 mars, 1880, à sept heures du soir (T = 18"). Germination 
le 6, à midi, dans une graine seulement. Rien dans eau distillée. 

14" Expérience, — Acide 21 gouttes pour eau 500 gr. Le 
6 mars 1880, à raidi (T= 17"). Germination le 8 mars, à sept 
heures du soir, dans l'eau distillée, rien daos l'eau acidulée. Le 
9, le îo, le II, rien dans l'eau acidulée. 

Il résulte de cette première série d'expériences que : 1° con- 
trairement aux assertions de Vogel et de Van Tieghem, l'acide 
sulfurique pur n'arrête pas définitivement l'acte de la germi- 
nation aux doses peu élevées que ces auteurs ont fixées (i) : il 
faut atteindre le chiffre de 2 pour 100 en poids du liquide immer- 
geant pour obtenir ce résultat ; 2° cet acide jouit de la propriété 
de hâter la germination jusqu'au moment où il la suspend, mais 
cette propriété est surtout accentuée aux petites doses (de 
5 à 8 gouttes pour 500 gr. d'eau), pour reprendre ensuite avec 
plus d'activité aux doses un peu plus fortes (15 à 20 gouttes 
pour 500 gr. d'eau); toutefois, dans ce dernier cas, les germes 
précocement développés meurent de bonne heure. C'est donc au 
détriment de la plantule que le processus germinatif est hâté, et 
on pourrait comparer le phénomène à un véritable avortement 
(expulsion prématurée du jeune embryon du milieu des enve- 
loppes de sa graine). 

Donc, dans notre expérience sur le soufre sublimé qui ren- 
ferme plus de 5 pour looo d'acide sulfurique, cet acide a pu, à 
lui seul, suspendre la germination. L'acide sulfureux aurait-il pu 
agir si énergiquement sur l'acte germinatif? Pour le connaître, 
(et c'était important, aucun auteur n'ayant porté son attention 
sur ce point) j'instituai les expériences suivantes, 

La grande difficulté était de trouver un substratum sur lequel 
l'acide sulfureux fût sans action rapide, mais qui pût absorber 
au fur et à mesure l'acide sulfurique qui se forme toujout^ dans 
les solutions de cet acide employées pour arroser les graines. 

t. Il me semble que la t;rande diSërence constatée eutrc ces résultats et 
ceux que je donne ici pourrait s'expliquer en admettant que l'acide eœpioyc par 
CCS expérimentateurs n'était pas absolument pur : il est certain qu'une très faible 
quantité d'arsenic (el l'acide sulfurique du commerce en renferme toujours) suffit 
à arrêter la germination d'une façon définitive, ainsi qu'il résulte des expériences 
de M. A. Chatin e( des miennes [Comptes-rendus de l'Académie des Sciences. 
3 mal 1875, t. LXXX, p. 1172). Je n'ai employé dans mes expériences que de 
l'acide sulfurique chimiquement pur. 



D,B,i..ab,.GoOglc 



E. Heckeu. — Sur la germination des graines. 301 

Je pris pour cela du calcaire pur (poudre de marbre blanc) et y 
semai Brasst'ca nigra et Sinapis alba (i). 

I" Expérience. — Le 16 novembre, à 3 heures du soir, rais 
à ^erraer dans 4 vases, dont 2 témoins arrosés d'eau distillée, et 
2 arrosés d'une solution d'acide sulfureux (T = 13° le jour et 
9° la nuit). Le 20 novembre, germination dans le vase témoin 
Sinapis alba, rien dans la solution sulfureuse. Le 21,39 heures 
, du matin, germination dans Brassica nigra arrosé d'eau dis- 
tillée, rien dans la solution sulfureuse. 

Le 22 novembre, la germination continue dans l'eau distillée. 
Dans l'acide sulfureux {T ^ 13* et 9°), je cesse de mettre de 
nouvelle solution sulfureuse. 

Le 23 novembre, la germination continue dans l'eau distillée, 
où les radicules sont pourvues de leurs poils. Dans l'acide sul- 
fureux quelques graines de Brassica nigra ont germé ; il n'y a 
du reste plus aucune odeur d'acide sulfureux dans le vase à 
germination, il n'est pas douteux que tout s'est évaporé ou s'est 
transformé en sulfite et sulfate de chaux. 

Le 24 novembre, ta germination continue très activement 
dans les vases à eau distillée. Dans Sinapis alba arrosé d'acide 
sulfureux, rien; dans Brassica nigra et acide sulfureux, germi- 
nation très accentuée. 

Le 25 novembre, le développement continue dans Brassica 
nigra traité par l'acide sulfiweux ; rien dans Sinapis alba ayant 
subi le même traitement. 

Les 26, 27 et 38 novembre, même observation. 

11° Expérience. — Les graines de Brassica nigra mises sur 
le sable calcaire arrosé d'acide sulfureux en solution, le 23 no- 
vembre, à 6 heures du soir, germent très vigoureusement le 27 
au soir. J'avais cessé le 25 de mettre de l'eau sullureuse. 

111" Expérience. — L'acide sulfureux paraissant agir sur les 

I. On pourrait m'objecter, U est vrai, que l'anhydride sullureux n'est pas san^ 
action si:r le cnrtionate de chaux humide et donne naissance à du sultîte, puis à 
du sulfate de chaux. Rien n'est plus exact, toutefois cette action de l'acide sulfu- 
reux sur le calcaire est assez lente; la solution qui arrosait les graines était renou- 
velée assez fréquemment pour avoir la certitude qur les semences mises en expé- 
rience ont été constamment en présence de l'acide sulfureux, et de l'acide suifu. 
reux seulement, car l'acide sulfurique était absorbé au fur et à mesure de sa 
formation. Quant au sulfite de chaux on sait qu'il est trop peu soluble dans l'eau 
(1 p. i<oa), même en présence de l'acide sulfureux qui augmente sa solubilité, pour 
avoir à craindre que son action retardatrice de la germination ait pu se faire 



D,B,i..ab,Google 



303 JOURNAL DG BOTANIQUE 

sonenoes de Simapù aifm d'wie manicffe nuisible, et en empêcher 
complètement la g;ermînation, j'ai agi spécialement sur ces 
graines dans one expériettoe qni knr est pr-opre. 

Le 2$ novembre 1S79, à 4 heaics du soir, mis des graines 
choisies à germer dans -j, appareils de Nobbc dont le gY>dct était 
■%KirTÀ de marbre |Mlé : deuK de ces godets âiieat arrosés de so- 
lution sulfureBse (t), le troisième Teçat de l'eau distillée <c>st 
letémoîn). L« so, àç henes da •atîii, wiem d'aucun côté; les 
graines arrosées de solutîo'n sidfiimiâe et <^i sOIlt^lo^nlalenleDt 
d'une couleur jauae-blancbe, devietnenc TeiOàtrcs, Le 30, à 
■9 heures d« matin, toi^ursrien ; œs graroesont pris une coolear 
plus verdâtre encore. Le 2 décembre, à x heures du soir, la 
geniiinaftton est «arqaéedansieténMim, tîen dans l'eau snUurée. 
Le 3 dcceirArre, rien encore dans l'ean suUnrée. je suspaids 
l'arrosage avec la solutioa d'acide snlfoieaK et la remplace par 
l'eau distillée. Malgré cette substivfttioa , rien dans les graines 
de Stnapis alba, traitées <par l'acide sulfureux, ne nioaitTe dé- 
sormais un commencentent de ger mi n a tion. 

D'awtres «xpérieoces sur Trapa!)ium rmajHS, Gcram'ma Ro- 
èerttanmm, Fagjffyfrttm esctUentum, qui renferment toutes du 
«orfre, ont dorme le même résultat que Sinapis alba. D'après 
ces faits, il me paraît évident que l'acide salfurenx, à la même 
dose, agit d'une fa^on très dffiEéivnte sur des graines similaires, 
en empêchant les unes (51k(7^> tutto) d'arriver jamais à germi- 
nation et en suspendant seulement daas les autres ce processus, 
pendant toute la dorée dxi contact avec ces graines, pour le 
laisser reprendre "quand il «st transfenné en acide sulfurique 
absorbé alore par le substratmn. 

L'^acide snWaFeax n'agit donc pets sur la gennination en tant 
que substance toKtqne aossi atti^Fcneot que sur les plantes, car, 
d'après Van Tïeghcm^s), < r»ôde sulfureux:, même à petite 
dose, nuit aux plantes vertes^ il détermine sur les feuilles des 
t»:he5 olivâtres qui bientôt denemeot brunes. ■ En unt que 
diangement de couleur, c'est généralement le contraire qui 
anÎTO, dans ies graioes. Nobs l'avons d^à vu. L'adde sulfureux 

I. ]e Tcrsai à tfhaqae iTTOSBge enTlreiB 15 f;r. de cette solution qui, on le 
sait, Tei rf erme à la pivssim de 0*76 <« 4 !■ tcmpéranire de lo*. 17 fois son 
vslame iTacide srilfnrenc - c'ea) Are <qie 15 ^. Pesa de Mlle solution renferment 
^05" de ce-^m. 

I. T»-culé de Botanique. Paris, 1881, p. 169. 



D,g,tza:Jb.GOOgle 



E. Heckkl, — Sm- la gntmmatàvt des graines. 303 

paraît-être eo assez pethc quantité dans le soufre suèlrtaé pour 
ne .pas suspendre à lui seul la germination ni J'axrèler déûaitî- 
vement. 

£a somtn&i si nous reveuans maintetiaQt aux faits particuliers 
à .l'étuve de J^îinicy, nous voyons ^ue : 1° le soufre n'a pas pu 
faàter vraisemblablement la germination (i) puisqu'il n'est j>as 
absorbé (2); 2" l'acide sulfurique qui aurait pu liàter la germina- 
tion manquait, et en tout cas il m'aurait pas suffi à déterminer la 
promptitude -étonnante du phénomène ; 3" l'acide sulfureux de- 
vait manquer aussi, mais, en tout cas, il eût été. par sa faible 
quantité et par son innocuité sur Brassica itigra, impuissant à 
■netardcr le pliénomène. 11 fallait donc rechercher ailleurs les 
conditions qui avalent favorisé le développement de Brassica 
m'gra dans l'expérience initiale et accidentelle. Etait-ce la tcm- 
■pérature au degré élevé de 40 à 60° C, atdée de l'humidité, qui 
avait pu déterminer cette exubérance de vitalité gerjninative ? 
Au contraire, devait-on attribuer ce phénomène peu commun 
de rapidité de germination et d'élongation hàiive à ce que les 
giatnefi de Moutarde noire avaient subi, avant de tomber sur le 
-SfMafre lavé et humide, une desaication de t{ueiqueâ heures de 
durée à la température de 60".' Les deux causes pourraierrt bien 
.avoir engendré cumulativcment ce résultat, mais l'une d'elles 
'était aussi capable de l'avoir produit isolément « sans lesecours 
synergique de l'autre 

'C'étaient là autant de questloiiE à résoudre. La .premièrerne 

^otiviait l'èire, pas plus que Ja seconde du reste, .avec les don- 

. .-nées acquises. La question de l'in&uenoe de la vapeur d'eau «t 

des températures élevées sur la .germination des graines de .mo- 



1. La foi en Tinïlnence du soiiFre sur la perminaiion est cependant tris pro- 
'feadc.'Car Ii>eiiner [VergliicA. Pb^. des Ksimangsfrrgaiss, fi. 513) s'cacprinic 
ainsi qu'il suit : • Baschfeimigend solUn au/ den Keitnungsproc&ss vieler 
■ Samtn einwirkcti .■ Schxefelblitiiten... • Mes expériences intîrmani celle ma 
ntire de -roir étaisnt acpenrtajit -puliliies dons Jeurs pniiicipaui TéaultatB dèe le 
mois de novempre iS;!), dans le Bulletin de la SociéU botanique et horlicole 
de Provence el l'ouvrage de Detmer datedeiHUo. 

a. J.^i .prouvé dans un mémeiie .anténieur inséiié «u Bulhiia de la Société 
i^mnipm fst korUcDle de Praoamce (nov. 187^) et intktuhc - HMClÊeroàes ■piÊ^sieio- 
■giqu^aur la .prm-imaHett de quelques graàtes de CrMc^ères • qu^-deeiemeDces 
de Sinapis albs et de Brassica aigra :geiaaBnî. aur le âouEre bieo la.vc et bien 
yfar àsits te.inèBieJaps de 'Unupe que «or le;eid>le quarticuK; qnE, d'aimv ^art, le 
■oufre Tonfeiniê dans .les jeiaies plantules -jarmeaaat de cette ferminatiui ny est 
pas en ph's jurande quanta d'un côté ^ue .de l'autre. 



D,B,i..ab,GoOglc 



304 JOURNAL DE BOTANIQUE 

nocotylédones et de dicotylédones a été à peine effleurée. On ne 
connaît de récents que les travaux de F. Hadebrandt (i) et 
encore n'ont-îls porté que sur 20 espèces cultivées. Il résulte des 
recherches de ce physiologiste viennois que les graines les plus 
résistantes, après un séjour de 10 heures dans l'eau à 50° C, ont 
germé dans la proportion de 39 0/0 (Colza) seulement, ou de 
40 0/0 (Brassica) au plus ; à 55° il n'y avait plus de germination 
possible. Pour le blé, 60 0/0 de graines germèrent après sheures 
d'immersion dans l'eau à 50° C, mais i 0/0 seulement après 
10 heures d'immersion, L'Orge, l'une des espèces les moins 
résistantes, après 10 heures de séjour dans l'eau à 30" n'eut que 
36 0/0 de ses graines qui germèrent ; après 5 heures, à 40°, 
50/0,; et après 10 heures, i 0/0. L'effet nocif produit d'après 
cet auteur était, en général, beaucoup plus fort et plus prompt 
quand les graines avaient subi au préalable un gonflement par 
l'humidité avant le commencement de l'expérience. 

Comme on le voit, les résultats ont été fort difiërents suivant 
les espèces, et il n'y aurait rien de surprenant que le Bras- 
sica ntgra eût pu supporter pendant 10 heures une température 
humide comprise entre 40 et 60", avec alternative de baisse 
à 22° pendant la nuit, sans déperdition des propriétés germina- 
tives. Mais ici, bien au contraire de ce qui se produit, la ger- 
mination a été considérablement hâtée, et ce résultat est plus 
surprenant. Il est vrai que les graines de Brassica nigra, loin 
d'avoir, avant l'expérience, été gonflées par l'humidité, se trou- 
vaient, ainsi que jel'ai indiqué, dans des conditions diamétrale- 
ment opposées : elles avaient subi une dessicatîon plus ou moins 
prolongée à l'air sec maintenu entre 40 et 60". 

Cette opération avait-elle prédisposé favorablement les 
graines à l'influence de l'humidité? Des expériences n'avaient 
point été faites en vue de résoudre cette question, mais l'action 
de la température sèche avait été reprise par Honel (z). Quoique 
les données sur ce sujet fussent déjà assez nombreuses, mais 

i. Def Einfltiss des Quellungswasser versckitdfticr Temperaiuren ouf dit 
Ktimjahigkeil der Samitt (De riniluence de l'eau de source à dift.irentes tempé- 
ratures sur les propriétés germinalives des graines). Wissenschafil. prakt. Umer- 
such. auf <lem Gebiel des l'Hanienbaues. Bd. Il, p. +7, 1^76. 

3. Welche IVarmgrade trockine Samen ertragea ohru dU KeimfâhigktU 
anuubûssen (Quel degré de (empérature sèche peuvent supporter les graines 
sans perdre leur faculté germinative). Ibld., p. 77, 1876. 



D,g,tza:ib.GOOg[e 



A. Khamchït. — Observation SurU genre Guaduella Feanch. 305 

spéciales il est vrai à quelques espèces, ce savant a examiné 
à ce point de vue 15 à 18 plantes indigènes et a trouvé que la 
plupart d'entre elles ayant leurs graines convenablement dessé- 
chées (contenant au plus 3 0/0 d'humidité) peuvent supporter 
pendant une heure une température de 1 10° C. sans inconvénient. 
Quant à la limite supérieure, il ne l'a pu fixer d'une façon ab- 
solue, ayant trouvé des différences énormes d'une espèce à 
l'autre, et, dans la même espèce, des difEerences individuelles 
marquées. En général, cependant, il a pu dire qu'un séjour de 
15 minutes entre iio et 125° est fatal. Comme on le voit, l'au- 
teur, uniquement préoccupé de la question de nocivité, n'a 
point recherché si une certaine dessîcation, à une température 
favorable et moins élevée que celle qu'il a fait intervenir, était 
capable de hâter le processus germînatif ; d'autre part, il n'a visé 
que les températures extrêmes. 

^^^^^^^ {A suivre.\ 

OBSERVATION SUR LE GENRE GUADUELLA Franch. 

Par M. A. FRANCHET 

M. Hackel, dans son travail sur la classification des Graminées, 
n'a pas cru devoir conserver le genre Gtiaduella autrement qu'à 
titre de section des Guadua. Le genre Gtmduella avait été 
établi pour une Bambusée herbacée du Gabon qui pouvait se 
distinguer des Guadua de l'Amérique du Sud non seulement par 
son port, mais aussi par quelques caractères floraux tels que la 
compression très sensible des épillets, la brièveté des glumetles, 
l'élongation des styles. A ces caractères, dont la valeur géné- 
rique peut sans doute être contestée, comme il arrive pour tant 
d'autres genres de Graminées, je puis aujourd'hui en ajouter un 
autre que j'avais méconnu à l'examen des premiers spécimens 
décrits. 

On sait que dans tousles genres de Bambusées, à l'exception 
d'un seul, le Planotia, les feuilles ont leur pétiole articulé avec 
la gaine. Cette articulation est très apparente chez les feuilles de 
tout âge et se montre sous la forme d'une ligne coupant trans- 
versalement la série des nervures au point précis ou le pétiole se 
joint à la gaine. Chez les Planotia, cette ligne transversale de 
scission n'existe pas et les séries de nervures parallèles se coati- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



Sa6 jOURNAI^ 3E BOTANIQUE 

Quem delà gaine àla feoHle. Dansle Guadttella marantijolia, la 
Ëgne de scission n'existe pas non plus et ne scmbJe pas même 
pouvoir exister; dans toulesiesBaiinbaâéesea effet, -et même chez 
ies Planatta, toutes œs nervures sortt parallèles, de sorte que, à 
l'exoeption de celles des feuilles de ce dernier genre, elles sem- 
blent comme juxtaposées bout à bout aapoÎDt deniptnredu pé- 
tiole et de la gaine. La jiervureHȎdianedesfcuJilesdu GuaducUa 
se comporte autrement; elle se divise en effet en denxdaitsla 
portion pétiolaire, de façon à figurer un V dont la potole pénètre 
assez profondément dans la région de la gaine. Dans ces condi- 
tions il semble qu'elle manque de prédisposition à se séparer 
transversale m em , et de fait aucun des nombretiK spécimens de 
Guadelîa que j'ai pu voir ne présente les gaines privées de leur 
limbe, particularité qui caractérise si bien les autres Bambiiaées. 

Tous les auteurs qui ont parlé des Planotia s'accordent pour 
donner une grande importance au fait de la continuité de la 
gaine avec la feuille; il semble donc logique de ne pas lui en 
attribuer une moindre chez toute autre Bambiisée présentant la 
même particularité, comme cest le cas du Gnaduella. 

Le G. jnarantifolia a été retrouvé dans le Congo français 
(Ogooué) dans l'île de N'Djolé (TboUon, n, 716); il croît dans 
les lieux humides et ombragés et atteint jusqu'à 2 m, d'élévatioD, 
sans pour cela cesser d'ùtre herbacé. 



SUR LES PROCÉDÉS POUR REPRÉSEN'l'ER 
DISTltlBUTION GÉOGRAPHIQUE DES PLANTES 

Par«. PaWAHT 

Une des questions les plus vastes et les pUis complexes de 
la botanique est celle qui touche à la répartition des espèces 
végétales à la suriace dn globe. La difficulté s'augmente ^encore, 
eamème temps que l'intérêt s'accroît, si, de l'état actuel de la 
natute, on essaye de remonter aux causes diverses qui ont dû le 
^Eoduire. La composition cbiraique du sol, les conditions clima- 
téci^Des, la localisation et le déplacement des oréations anté- 
riâUFes sont autant d'éléments qui doivent entrer dans l'équation 
de œ problème. De la seule plaoe .aictuellemeat occu_pée jtar 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



Abbé Hï. — Smr ia 4islri6ubtm giographiqae liôs piaules. 307 

«ne plante 00 pourra être conduit à conjectarer l'aliment qai 
lui est nécessaire, l'intensité et la qualité des radiations conve- 
■■ahW poar ses diverses foncdons, peut-être même l'cntgine et 
les migrations de sou espèce. 

Mais avant de passer ainsi des faits aux lois, il SaxA réunir des 
indications positives, nombreuses et exactes, qui permettent des 
généralisatioDs ultérieures; il tant pouvoir exprimer, par une 
aicthode simple et nette, la distribution présente des végétaux. 

Ce problème tout pratique figurait en tête du prog:ramme 
que la Société botanique de France proposait à l'examen des bo- 
tanistes réunis par ses soins en Congrès à Paris, au mois d'août 
dernier. A celte occasion, des projets ont été discutés, des réso- 
lutions votées; il semble donc que la question soit jugée sans 
appel. 

Malgré cela, le lecteur me pardonnera l'importunité ou la 
témérité d'en pai4er brièvement ici, persuadé que la solution 
reste tout entière à trouver, et que notamment les procédés 
adoptés par la Commission du Congrès soulèvent des difficultés 
d'exécution telles que le fonctionnement s'en trouvera fatale- 
ment paralysé. 

11 serait facile de contester d'abord la compétence législative 
d'une réunion qui se déclara internationale, à la dernière heure, 
sans que rien dans son mode de convocation, ni même dans sa 
composition effective, lui permit de justifier -ce titre. Mais ju- 
geons-la plutôt par ses .actes. 

La plupart des membres venaient, il faut bien le dire, dans 
l'intention de s'éclairer eux-mêmes, bien plus que pour apporter 
des lumières : deux mémoires seulement répondaient à la ques- 
tion posée. Celui du R. P. Pàque, de Charleroi, ne fut apprécié 
que par un petit nombre d'auditeurs attentifs ; la Commission 
n'en tint aucun compte. Celui de M. Drude, le savant spécialiste 
de Dresde, n'eut pas même les honneurs d'une lecture publique, 
car on jugeaà propos de passer outre, au lieu d'attendre l'arri- 
vée, annoncée comme prochaine, de cet important document. 

La Commissionavait, du moins, à faire preuve d'une connais- 
sance approfondie de la question, et à présenter au Congrès 
des propositions bien déânies, mûries préalablement par une 
étude attentive. 

La désillusion ne larda pas à devenir manifeste, pour tout 



db.Googlc 



3oB JOURNAL DK BOTANIQUE 

esprit non prévenu, en suivant la discussion incohérente et dif- 
fuse qui se prolongea au-delà des limites marquées au pro- 
gramme du Congrès. Mais Terreur principale fut de prendre 
comme point de départ l'imitation des procédés suivis par la 
Société géologique; c'est faute d'avoir su l'éviter que la Com- 
mission s'est heurtée par la suite à toutes sortes de difficultés. En 
fait, il n'y a rien de comparable entre la méthode suivie par les 
géologues pour la confection de leurs cartes et celles qui peuvent 
convenir aux botanistes. Au géologue une carte unique suffit à 
établir les affleurements, si variés qu'ils soient, des diverses for- 
mations terrestres sur une région déterminée. Le botaniste, pour 
une seule de ses espèces, aura besoin de cartes nombreuses, 
puisque les résultats n'ont d'intérêt que si l'on considère la dis- 
persion générale de cette espèce sur le globe. On voit de suite 
où peut conduire la répétition de ces cartes nombreuses autant 
de fois que l'exige le nombre considérable aussi des espèces vé- 
gétales. Et la Commission n'a pas reculé devant le nombre incal- 
culable de feuilles sacrifiées à un simple travail préparatoire d'in- 
ventaire (i). 

A dire vrai, cette méthode de pointage sur une carte n'est 
pas absolument à proscrire, lorsque, une lois arrivé au terme des 
recherches, il s'agit d'exprimer d'une façon saisissante aux yeux 
les résultats obtenus sur une espèce ayant un intérêt particuher. 
Encore faudrait-il l'amender, de façon à la rendre pratique, en 
restreignant ces tracés aux espèces notables et spécialement ca- 



i" L'éclielle adoptée pour les cartes par la Commission étant beaucoup trop 
grande, le nombre des caries exigées pour une même espèce se trouve propor- 
tion ne Hem ent raulliplic. Si l'on considère que certaines plantes rei^ouvrenl plus de 
la moitié de la surface du globe, et que chaque carte préconisée ne comprend 
pas une surface égale à i/Scx> de celle de la terre ferme, on voit que plus de 
403 cartes seront ainsi sacrifiées au pointage de celte seule espèce. En prenant 
une moyenne entre les aires dt dispersion des diverse^' plantes, od peut conjeC' 
lurer que chacune comporterait l'usage de 50 cartes au moins. 

a" La Commision n'ayant désigné aucune plante, ni groupe de plantes, pour 
diriger spécialement les recherches, l'observateur de bonne volonté se troune 
placé devant la perspective de 50 canes répétées autant de fois que l'exigent 
les 300.QO0 Phanérofjames connues. Et les plantes Cryptogames en plus ! 

L'imagination déjà se refuse à ce calcul, maïs la réalité dépasserait encore de 
beaucoup ces limites, car on suppose, dans cette première supputation, que tes 
mêmes cartes passent successivement entre les mains des divers collaborateurs à 
cette œuvre gigantesque. 



D,g,tza:Jb.GOOgle 



Abbé Hv. — Sur la dislriiulioit géographique des plantes. 30g 

ractérîstïques, en opérant surtout sur une échelle moins vaste, 
20 à 50 fois plus petite, par exemple, que celle adoptée. Mais 
vouloir l'appliquer au début, quand il s'agit de réunir des docu- 
ments, c'est une erreur complète, que le bon sens suffit à pros- 
crire ; c'est prendre à rebours une question qui semble cependant 
admettre un mode de solution plus pratique. 

Avant d'aborder cette seconde partie, à peine est-il besoin 
de le faire observer, toutes les idées émises ici ne peuvent avoir 
qu'une valeur purement indicative : elles suffiront à montrer, 
toutefois, qu'il est possible de trouver un mode de notation 
simple et suffisamment précis pour exprimer l'aire de disper- 
sion d'une plante donnée et la faire connaître par correspon- 
dance. 

Beaucoup de systèmes analogues ont été déjà proposés ; 
d'autres peuvent surgir, plus ingénieux et plus simples encore, 
entre lesquels une Commission dûment autorisée aurait la mis- 
sion de choisir pour l'imposer comme mesure générale. 

Toutes réserves faîtes sur la portée de cette méthode , en voi- 
ci quelques traits. 

L'habitat d'une espèce peut être exprimé par une formule 
donnant les trois éléments les plus importants à faire connaître : 
la latitude, la longitude et l'altitude. Ces formules, en outre, ont 
l'avantage de s'appliquer à n'importe quelle carte ou sphère 
terrestre. 

lo La latitude, condition dominante, peut s'indiquer par le 
nombre même marquant les degrés, de o" à 90", de l'équateur 
aux pôles. Ce sera le coefficient de la formule, avec le signe — ■ 
pour les latitudes australes. Pour plus grande précision, on peut 
faire suivre ce nombre d'un chiffre indiquant le dizième de degré. 
Ainsi tous les lieux situés sur la latitude de Paris auraient pour 
coefficient 49° ,9; celui de Buenos- Ayres serait — 34°, 6(1), 

2° La longitude, condition un peu secondaire ici, comporte 
par suite une moindre précision. Supposons la surface du globe 
divisée par les 12 principaux cercles horaires en 24 fuseaux, 
chaque lettre de l'alphabet latin peut les désigner brièvement, 
(Je dis 24 lettres de l'alphabet latin, /et /étant une même lettre.) 

I. Il est lacile de déduire ce dernier chiffre décimal de l'exprestiion de la lati- 
tude doonée ardiDairement en minutea : il sufiit de diviser le nombre de mlnules 
par 6, et d'ajouter au quotient une unité, quand il y a un reste. 



D,B,i..ab,Google 



jio )OUKl!l.\L DR BOT.4Nl<QUS 

a désignerait ainsi le premier fuseau à l'est de Paris, âcditi sibsé 
à Toaest du même méridien, arec tous les imennédiaires. Oa 
donnera une précisioa trèssufBsameàcette lettre en lut annexant 
un indice, de i kga, marquant Les sixièmes de degrés tenrestrcs. 

La loDgitode de Marseille s'indiquerait s,,» ccUe de Bor- 
deaux 2„, 

3" Enfin l'altitude, élément très important, puisqu'il comge 
d'une part l'indication trop absolue de la latitude, et qu'il fÙEc 
d'autre part la posttioa pcécise de l'habitat d'uœ plante, pcvc 
s'indiquer d'une &çon non moins simple et rapide. On poumil 
enqiloyer dans, ce but les lettres de ral[^bet grec : les dix pre- 
raàères de, x à x, désignaiK, de loa en loo mètres, les prioc^ax 
échelons jusqu'à i .000 mètres ; puis une seconde série, de * à-*, 
les échelons intermédiaires, de 200 en 300 mètres, entre 1.000 
mètres et 3. oou mètres ; en&n les dernières, de «f à ûi, réservées aux 
altitudes extrêmes, de 3.000 mètres à 5.00U notées par de|frés 
de 5(X) en 500 mètres. 

Ainsi, pour appliquer ce mode complet de notation à ma tieu 
visite récemment par la Société botanique, toute plante réccdtée 
au sommet du mont Alatic pourrait ètrectiquetée aB0si:43",z a,r^, 
qui indique la latitude à i/tuide de^rcprès, laloogitnde à 1/6 de 
degré p>rès, et enfin montre que l'altitude est comprise entre 600 
et 700 mètres. 

Notons que la même formule simplifiée, dépouillée de ses 
chiffres décimaux et indice, doiuierait encore le plus souvent un 
renseî^^ment svEâsanuoent exact quand il s'agit de la, rcpacû- 
tion générale à la. surÊice du globe (i). 

Inutile d'ajouter enfin que, pour un pa3rs décenninc, comme 
la France, on pinnrait encore simplifier les demandes de rcs- 



I. Ceux qui tiendraieDt absolument au moi^e de noLation graphique par poin- 
lage treuvcraïcnt <)ans l'eaploi de ces («ranles i* iDoyea de vaecr n^mlencM 
l'aire de dispersion d'aae piaule donaéa sur le premier papier quadrillé veso. Si 
Ton réHéchit, en effet, que, sous les latitudes de TEurope, le t/[o de degré de 
latitBde 0St sensiblemeat égal au r/â de degr^ de loDgitndc, que, par saile, las 
quadiilalères fJQrnLcs par l'eut reccoiseoieiit de ces coordonoécï géojj^raflùques 
sont presques des carrés parfaiis, on peut établir des sortes de cartea niueites, 
smvant la praiectiou dite de Mrrcator, où fes ré^oos de la lOD* tempérée hw 
relativemeuc peu défijrnkéea dans leur coot&guratioii. Par exemple, en uiilisaol m 
papier quadrillé en millimètres, que l'bn trouve partout, on peut donner à chaque 
division la valeur d'une des unités de longitude et de latitude employées dans les 
farmulea précédesiea, et représenter «le- nûmacule carte de France, nesureot 
(fO mai. MT 73 mm^ sm laquelle plu» de 4.000 petits carvéa 
autant de points de rtpèie. C'est pk& 4«e s'eugc la. pla^n, 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



Abbt Hr. — Sur la ^ttriSutioir géoginpAifae des plaaics. 311 

seig^nements, en substituant à ce mode de fonnutaire f éoécal nn 
système de notation s'adapcant, non plus à un» caote qnricoaque, 
mais à une carte-type pourvue de lég-endes détaillées, poetanir 
par exemple, outre^ l'altitude, la coo^osition ninécabig^iqiwr itn. 
terrain, etc. Ce setait lecôled'uncCoaunissioitspécîakrdrécràiUi) 
cette cane-modèle, sotv d'aptrès la con£giiratio« pkysiique- du 
sol, soit en tenant comjpte desdivisicms aidministratives:, «la: xai^ 
nicre à y rattacher lie plus «luplcmenc pos^ble les iodlLcacioas- 
qu'elle attend de ses eorre^xfodaats. Quelques fomanlies cir- 
culast ainsi entre la feule dss observatems *C on. bmcaiL oeiiMal ' 
permettraient de réunir avant peu, sans eocojBbcemeu: ai coo- 
fusiois, une tuasse- impofftaste de discDEBCiKsd'ioieincnpirÉtaiûon 
facile. 

Qud serait, ev dé£nitÎTe, le- rôle d'axe CotsmissioB pem»- 
note mi d'un boreau queloenqor cbaigé.dec8nCratt3erlt£9dDCB- 
meots ?, 

1 " Avast le commencement des opôcaiâoaBy, dââ^cir exacte- 
mcsl un petit nombre d'espèces sur lesquelles il est pdns iaté- 
ressaat de posséder actaeïLcnteac des rcsoltals précisa» La siai[^ 
consuJtation de publicaitioas qiécîales, de CfisriMsk, par 
exemple, ou de MM. Tchihatchef, Drude, pouir ne citer qiue Ira 
plus connues, faciliterait sing;ulièreinent ce choix. 

3" Désigner aux collaborateurs, outre l'espèce recommandée, 
son aire présumée de dispersion, L'expression en serait fort 
simple : il suffirait de marquer les latitudes et longitudes ex- 
trèmes actueUeiaent conaoes. Soit «omnie cxem|^ l'Oltvkr; la 

formule -+"1. indiquerait que ttm ne connaît pas de localité 

spontanée pour cet arbre en dehors des 32" et, 45'^ parallèles,, et 
que sa distribution orientale s'arrête au méridien marqué par 
c,i (43' de longitude Est). 

En face de pareilles données^ quel serait maintenant le rôle 
de l'obserrateor? Suivant qae le végétal en question se troicve 
ou non dans la région qu'il explore, il devra naturellement domicr 
les rcBsei^nemems suivants. 

i" Supposons que l'Olivier croisse dans son pays. Si ce pays 
est en dehors des limites fixées par là formule, il y a intérêt ma- 
jeur à faire coimaitre cette localité nouvelle qui agrandit d'au- 
tant l'aire de dispersion connue. Si le pays est compris dans les 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



jia JOURNAL DE BOTANIQUE 

limites indiquées, il y a un certain intérêt encore à signaler les 
localités authentiques, ne serait-ce que pour constater les cir- 
constahces de fréquence ou de rareté de la plante, ou encore 
pour mettre en évideuce les discontinuités qui sont inévitables 
dans Taire de dispersion d'un végétal quelconque. 

2" Supposons que l'observateur ne connaisse pas l'Olivier 
dans ses environs. Il n'a rien à faire, lorsque cette région est en 
dehors des limites marquées par la formule ; mais son rôle de- 
vient très important dans le cas contraire, car it faut signaler, 
comme lacune dans l'aire de dispersion générale, cette région 
d'oii l'Olivier est absent. 

Ainsi, par ce procédé ou tout autre analogue, la correspon- 
dance devient facile, l'on évite des renseignements inutiles ou 
encombrants, puisque tout se passe conformément à un pro- 
gramme déâni, et bientôt Ton acquiert des notions précises qui 
ne cessent progressivement de s'étendre. 

Malgré ses imperlections, le Congrès qui vient de se tenir à 
Paris a eu, du moins, l'avantage d'attirer l'attention publique 
sur un point d'un intérêt évident ; ce sera l'objet d'une Coramis- 
sion ultérieure de prendre les mesures les plus convenables à la 
vulgarisation cherchée. 



CHR0N1Q.UE 

Noua apprenons la mort de M. l'abbé Locahtb, secrétaire grënëral de la 
• Société française de BoiaDique ■, dont ii avait été l'un tles.pronoieurs. 

M. G. de Lagesbiih est nommé professeur et directeur du Jardin botanique 
à l'Université de Quito (Equateur). 

M. K. Pkahti. est appelé à remplacer M. Eug-ler comme professeur de Bota- 
nique et comme directeur du Jardia botanique de l'Univeraiié de Brcslau. 

M. Sauebeck succède à M. Keichenbach, dans la direction du Jardin botanique 

de Hambourg. 

Erratum. — Dans !e numéro du i6 août, une erreur s'est glissée dans la 

légende de la figure ii, page 269 ; il faut, au lieu de Sckïeckia cougesla, lire 
i". flavescens, comme dans le texte. 

Z« Gênait ! Louis MoBOT- 



D,B,i..ab,GoOglc 



JOURNAL DE BOTANIQUE 

Directeur: M. Louis MOROT 



SUR LA CULTURE DU NYCTALIS ASTEROPHORA 
Pat M. J. COSTANTIN 

Krombholz (i) a, le premier, essayé de cultiver le Nyctaiis 
asteropkora en semant la poussière jaune-brunâtre qui couvre 
son chapeau sur un Russuîa adusta, espèce à la suriace de la- 
quelle se rencontre d'ordinaire ce parasite ; au bout de neuf jours, 
3 obtint une ébauche de Champignon à l'endroit où le semis avait 
été iait, et le vingtième jour il eut un fruit bien développé. 

Cette méthode de culture très imparfaite n'était pas suffisam- 
ment rigoureuse : car riea ne prouvait qu'il n'y eût pas de spores 
AaNyeialts snr la Russule avant le semis. Les résultats de Kromb- 
holz, injustement méconnus ou ignorés, ne fixèrent la convic- 
tion de personne et, depuis Corda (2) jusqu'à Tulasne (3), tout 
le monde pensa que la poussière jaune-btunàtre qui couvre le 
chapeau du parasite était due à un parasite de deuxième ordre 
(Asteropkora pour Corda, Hypomyces asîerophorus pour Tu- 
lasne). 

En 1859, de Bary (4) revint à l'opinion de Krombholz et re- 
garda V Asteropkora comme composé de chlamydospores du 
Nyctaiis; mais, comme on ne connaissait pas dans les Agarici- 
nées d'autre exemple d'une pareille multiplicité d'organes repro- 
ducteurs, on conçoit que cette opinion ait été longtemps accueillie 
avec une incrédulité que la méthode de démonstration exclusive- 
ment anatomique de l'auteur justifiait peut-être un peu. On ne 
doit cependant repousser aucune méthode, et la vérité se trouve 
sur tous les chemins j c'est ce qu'ont montré M. Vuillemin (5) et 

I. Essbare Schwaemme, p, 5. 
3. Icônes fung., (V, p. 8. 

3. Anit. des se. nai., 4' série, t. XIII, p. 5. — Selecta FuDg. Carp. m, p. s+. 59- 

4. Zur Kenotoias einîger Ag-arlcinen {Bot. Zeitung., 1S59). 

5. Etudes biolog;iques sur les Cbamplgnons, p. \iy-ii6. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



314 JOURNAL DE BOTANIQUE 

M. deSeynes (i) en donnant de nouveaux ar^^umeats plaidant en 

faveur de l'opinion de de Bary. 

M. Brefeld (2) a clos définitivement le débat en étaWiasant 
par des cultures pures que la basidiospore du NycteUis peut, 
en germant, donner X Asteropkora, et le développement a été 
poussé jusqu'à la formation d'une ébauche de fruit d'Agaric. Au 
début de ses études sur cette question, l'auteur avait échoué, ce 
qui semble indiquer une grande difficulté dans cette recherche; 
il employait cependant, comme milieu nutritif, le liquide mysté- 
rieux dont il a tenu jusqu'ici, je crois, la composition secrète. Il 
avait lieu, à bon droit, de s'étonner de ses insuccès : car cette 
substance nutritive merveilleuse lui avait permis de cultiver avec 
succès un grand nombre de Champignons, et c'était aussi grâce 
à elle que M. Moeller avait obtenu ses intéressants résultats sur 
les Lichens. Ces échecs pouvaient être dus à la vie parasitaire 
du Nycialis, qui ne trouverait que dans les Russules les sub- 
stances nécessaires à sa nutrition ; ces idées ont conduit l'émi- 
nent mycologue allemand à extraire des Russules desséchées 
ces matières alimentaires, et t'est sur ce Uquide additionné de 
sucre que ses essais ont pu réussir. 

Ayant repris cette question au mois de juillet de cette année, 
j'ai été très étonné de réussir du premier coup la culture du 
Nycialis asterophora sur un milieu qui n'a rien de mystérieux et 
qui n'a aucun rapport avec les Russules. Il consiste en pommes 
de terre stérilisées plongeant dans du jus d'orange. La pomme 
de terre sur laquelle on sème les chlamydospores se couvre, au 
bout de très peu de temps, d'une petite plaque d'abord blan^ 
châtre, puis jaunâtre, sur laquelle se dressent rapidement de 
jeunes fruits. Ces derniers grandissent, présentent bientôt un 
pied et un chapeau et se reconnaissent très nettement comme 
Nycialis avec le chapeau couvert de chlamydospores. Une 
tranche de pomme de terre peut produire quatre à cinq Agarics 
bien différenciés et une multitude d'individus plus petits restés 
à l'état d'ébauche. 

A l'aide de mes premières cultures parfaitement pures, j'ai 
fait de nouveaux semis de chlamydospores et j'ai obtenu des 

I. Recherches pour servir à l'histoire Daturelle des végétaux inférieurs, IL 
3. Uniersuch. aus dem Gesammt(rebieCe der Hykolo^e. VIII. Autobasidlomj- 
ceten, p. 77 (avec la collab. de MM. OUeo et Istiranffy). 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



E. Hbckbi. — Slêr la gerutinatiûit des graines. 315 

développements de plus en plus remarquables par une sorte d'en- 
tnùnement (i). 

Ces résultats indîqaent une fois de pluâque le parasitisme est 
moins absolu qu'on ne le suppose d'ordinaire \ les progrès des 
méthodes de culture font tous les jours reculer les bornes du 
parasitisme nécessaire, et peut-être arrivera-t-on même à démon- 
trer qu'il n'existe pas (3). On peut se demander, en tous cas, 
pour le genre Nyctalis, quelle est la valeur des espèces du groupe 
>^«/?^ qui ne sont pas parasites {N. cryptarum- Secret, qui se 
développe sur la terre et N. Rhtzainorpka Fuck. rencontré sur 
des tiges mortes d'Aulne). 

Les Nyctalis sont-ils les seuls Agarics capables de produire 
des chlamydosporesP Cela paraît peu vraisemblable. Des re- 
cherches seront à faire dans cette voie. 



NOUVELLES RECHERCHES 

PHYSIOLOGIQUES 

SUR LA GERMINATION DES GRAINES 

(Suite.) 

Par M. âdouard HECKEL. 

J'ai cru devoir combler ces lacunes par l'expérimentation, en 
me servant d'une étuve de Wiesnegg, munie d'un régulateur de 
Schlœsing, permettant de maintenir la chaleur entre 40 et 60 
(conditions de l'expérience initiale). Des graines de Brassica 
n^a et de Stnapt's aléa en bon état y furent placées et main- 
tenues pendant 10 heuçes. Après avoir subi cette dessication, 
on les mit à germer dans les conditions normales, sur du sable 
quaitzeux du Drac (afQuent de l'Isère) arrosé d'eau ordinaire. 

Voici le relevé de mon cahier d'expériences. 

I. J'espère, en employant des vases de culture plus larges, avec un milieu nu- 
iritif plus abondant ei une atmosphtrc moins restreinte, obtenir des individus 
aussi grands et peut-être plus que les plus beaui échantillons observés dans la 

I. Les Nyclaiis, d'ailleurs, oe poussent pas seulement sur les Russules noires : 
on les observe sur certains Lactaires ei peut-êîte sur d'autres Ag-arics (Wlnier 
Piit, I. P- S'3)- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



3i6 lOURNAI. DE BOTANIQUE 

I* Expérience 

BraSSICA NIGRA. —Le 6 fmn 1817, à ît h. î\4 du matin, 
mis à germer (vase /), dans une chambre mamtetau à ta tem^ 
pérature de 2^4, des graines desséchées de cette fiante. Dans 
le vase II, témoin, je place en parallèle les mêmes semences 
n'ayant pas subi dedesstcation, toutes les autres conditions étant 
égales d'ailleurs. 

SiNAPiS ALBA. — Le même jour, à la mime heure, mis à 
germer, avec les mêmes précautions que ci-dessus, des graines 
dans deux vases, /' et IP. 

Le 7 juin, à 1 1 h. du matin (temp. s= 23° 8), rien d'un côté 
ni de l'autre ; 24 h. i /4 s'étaient déjà écoulées. 

Le 8 juin, à 9 heures du matin (temp. ^ 33° 8), c'est.à-dire 
après 46 h. 1/4, germination de part et d'autre dans les vases I 
et n (Brassica nigra). 

On doit admettre, après examen attentif, une légère avance 
pour les graines non desséchées. Pour le Sinapis al6a, une 
seule graine a germé dans le vase ir fsemences desséchées). 
Rien dans les autres. 

Le 9, à 1 1 heures du matin (temp. = 38" 5), pour le Bras- 
sica m'çra, la germination continue de part et d'autre, un peu 
plus développée dans les graines non soumises à la dessication. 

Le même jour, dans Sinapis aida, les radicules sont toutes 
émergeantes dans les deux vases I' et II'; ce résultat n'a été 
obtenu qu'après 73 heures. 

Le 10, le 1 1 et le 12 juin, à 1 1 heures du matin (T ^ 29°), 
dans Brassica nigra le développement continue de part et 
d'autre, mais inégalement, car les semis dont les graines n'ont 
pas été desséchées ont une légère avance. 

Durant les mêmes jours, dans les mêmes coaditiotts, de nom- 
breuses radicules se sont développées dans les graines de 
Sinapis aida de part et d'autre ; maïs un accident s'étant produit, 
tes jeunes plantes ont péri. 

Les 13, 14 et 15, à 11 heures (T ^30"), les jeunes pousses 
de Brassica nigra ont o m., 02 de longueur en moyenne, de 
part et d'autre. 

Les 16, 17 et 18 (T=ï 28°), les jeunes végétaux contînuentà 
s'accroître, mais les semis des graines qui ont subi la dessication 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



E. Hbckbl. — Sur la germinaiio» des graines. 31 j 

prennent de l'avance et sont un peu plus élevés (de o m., 005) 
que leurs congénères dont les graines n'ont pas été desséchées 
(de o m., 035 à o m., 03). 

!!• Expérience 

Le 33 mai t8Tj (T ^ îp" C), placé dans deux vases conte- 
nant du sable quartseux, arrosé d'eau distillée, 60 graines 
choisies de Brassica nigra. Elles sont projetées dans chaque vase, 
les unes (vase I) ayant été soumises à la dessication entre 40" 
et 6(f pendant 6 jours, et les autres {^ase II) dans les conditions 
normales. 

Le 33, 39 heures du matin (T^ 18°), rien n'a paru (16 h. 1/2 
se sont écoulées depuis te commencement de l'expérience). 

Le 24, à 9 heures du matin (T = 17" 5), les radicules font 
saillie de part et d'autre; cette saillie semble plus prononcée 
dans le vase II (graines non desséchées). La germination s'est 
produite en 40 heures. 

Le25, à 9 heures du matin (T^ iS°), état égal dans les deux 
vases ; la germination continue. 

Le a6, à 9 heures du matin (T = iS") même état de part et 
d'autre ; les graines qui n'ont pas subi la dessication {vase II) 
paraissent un peu plus avancées ; les cotylédons y sont bien 
déployés, tandis que les autres ont encore les cotylédons enve- 
loppés de membranes spermodermîques. 

Le 27 (T = 19" 5), état égal de part et d'autre, 

Le3S, à 9 heures du matin, état égal départ et d'autre; la 
différence entre les deux semis disparaît complètement. 

Le 39 et te 30 (T= 19" 8 et 20"), état égal. 

Le 31, à II heures du matin (T=: 31°), les semis du vase I 
(graines desséchées) sont décidément plus développés de om. 01 . 

Le i" juillet, à 11 heures du matin (T =: 22°), la différence 
s'accentue en faveur du vase I. 

Les 2, 3, 4 et 5 juillet, la différence s'accentue encore, mais 
les semis sont desséchés; le 6, après avoir jauni, ils sont morts 
d'inanition. 

ni' Expérience. 

Des graines de Sinapis alba. desséchées entre 3o et 40" pen- 
dant 34 heures ont été semées avec des graines ordinaires sépa- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



3i8 JOURNAL OB BOTANIQUE 

rément dans deux vases I et II contenant du sable cakaire. 

Vase I. — Graines de Siuapis alba n'ayant subi aucune des- 
siccation sont semées le 2 j mai, à i heure du soir {T=iifi'' S). 

Vase II. — Mêmes graines desséchées sont semées à la même 
heure. 

Le 28 mai, à 10 heures du matin, après 21 heures, rien ni d'un 
côté ni de l'autre. 

Le 29, à 10 heures du matin, (T = 19* 8) germination simul- 
iaitée après 4S heures. 

Le30,â iiheures du matin (T^20°), la genninatioa conti- 
nue, et le développement des cotylédons se fait plus rapidement 
dans les graines desséchées. 

Le 31, à 9 heures du matin (T =21"), le développement est 
plus avancé dans les graines desséchées. 

Le 1" juin, à 11 heures du matin (T =32"), état plus avancé 
dans les plants provenant des graines desséchées. 

Le 2, à 1 1 heures du matin (T := 23°), la différence entre les 
semis semble disparaître. 

Le 3, à II heures du matin (T := 22° 5), les plants issus de 
graines desséchées reprennent de l'avance. 

Les 4, 5 et 6 juin, tous les semis jaunissent et meurent. 

Il résulte de ces observations que l'action assez prolongée 
d'une température sèche de 40 et 60" sur les graines de Cruci- 
fères reste à peu près sans influence sur la rapidité de leur 
germination dans le soufre ou dans le sable, mais non sur l'ac- 
croissement primitif du jeune embryon. Si cette condition est 
donc intervenue pour la réalisation d'une partie du phénomèae 
observé à Nancy dans l'étude du pharmacien, elle a été cepen- 
dant insuffisante à le réaliser en entier (i). Il ne restait donc plus, 
par exclusion, qu'à connaître l'action de la chaleur combinée à 
l'humidité et il fallait donc chercher si les graines normales hâte- 

I. 11 est boD da retenir de cei expériences, au moins pour ce qui concenie 

les graines mises en cause (Brassica nigra), ce résultat important non men- 
tionne par Hôhnel, à savoir que si la germination n'est ni hâtée, ni retardée par 
cette Inflaence, les jeaaes plants qui en proviennent sont susceptibles de se déve- 
lopper plus rapidement que leurs congénères non succhauflés dans la graine. H 
sera utile de rechsrcher si cette action est générale. Dans l'état actuel de la 
science, il me semble difEcile de donner de ce phénomène une explication plau- 
sible, à moiDs d'admettre que les matériaux hydrocarbonés enfermés dans les 
cotylédons ont subi, sous l'inlluence de la chaleur, un commencement de transfert 
matlon qui évite à la plante un travail d' assimilation plus complet et détermine par 
coneéquent tuM plus facUe M plus prompte absorption de la nutiàre DntritlTe. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



p. M*mr. — L» tracé des Cartes dt Géographie iolaitique. 319 

raient leur germinarion sous l'influence d'un substratum spécial, 
faamecté et maintenu lui-même à cette température élevée dans 
une atmosphère humide. (A suivre.) 



LE 
TRACÉ DES CARTES DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 

AU CONGRÈS INTERNATIONAL DR BOTANIQUE TENU A PARIS 

EN AOUT 1889 

Pu M. P. HADRT 

Depuis longtemps, les botanistes occupés à rechercher la dis- 
tribution des végétaux à la surface du globe ont reconnu combien 
il leur était difHcîIe, le plus souvent impossible, d'arriver seuls à 
établir avec une rigoureuse exactitude la carte d'une espèce 
même peu répandue. La solution de ce problème si simple en » 
apparence, d'une donnée scientiâque si daire, se heurte à de 
nombreuses difficultés matérielles, qu'un seul homme ne saurait 
absolument faire disparaître, y consacrât-il le meilleur de son 
temps. La carte de l'aire d'une espèce suppose, en effet, la cons- 
tatation de cette espèce en tous les points du territoire où elle 
croît, indépendamment de toute autre considération. Or combien 
de botanistes ont pu récolter eux-mêmes, dans i'i??^;'^ ses stations, 
une plante quelconque ? Bien plus, quels herbiers, si riches 
soient-ils, possèdent des échantillons provenant de toutes les 
localités où telle plante a été constatée ? Et ce n'est envisager là 
que le côté statistique de la question, le seul du reste qui puisse 
fournir un fondement sûr aux comparaisons ultérieures des aires, 
aux déductions biologiques générales, etc. 11 reste encore à tenir 
compte de la fréquence ou de la rareté des individus de l'espèce 
considérée, en sa station ; de la spontanéité ou de la naturalisa- 
tion; des conditions climatériques, enfin de la nature du sol. 

n serait superflu d'insister davantage pour montrer que, dans 
le tracé des cartes de géographie botanique, une entente s'im- 
pose entre tous les botanistes, entre les différents herbiers, pour 
un échange constant de documents recueillis, une division du 
travail et aussi une concentration des résultats acquis. C'est là ce 
que divers savants ont tenté déjà avec un succès plus ou moins 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



320 JOURNAL DE BOTANIQUE 

grand, et parmi eux, qu'il sufiSsede rappeler simplement MM. Cot- 

trel Watson, en Angleterre, Regel, en Russie, Sargent, aux 

États-Unis. 

C'est une nouvelle tentative de ce genre que vient de foire la 
Société botanique de France en inscrivant à l'ordre du jour du 
Congrès botanique organisé par ses soins la proptosition suivante : 
De l'utilité qu'il y aurait à établir entre les différentes sociétés, 
les différents musées botaniques, une entente pour arriver à 
dresser des cartes de la répartition des espèces et des genres de 
végétaux sur le globe. 

Soumettre un tel problème à l'examen d'une assemblée de 
botanistes nombreux, de nationalités diverses, réunis dans le but 
de s'éclairer mutuellement et de tirer de leur union une aide réci- 
proque et une force certaine, c'était presque le résoudre, tout au 
moins hâter et assurer l'exécution de l'ceuvre qu'il suppQse. 
L'œuvre du tracé des cartes de géographie botanique est en effet 
entrée, depuis la réunion du Congrès, dans une voie nouvelle, 
celle de la réalisation. Ce sera donc l'honneur de la Société bota- 
nique de France d'avoir provoqué un mouvement qui ne saurait 
désormais ni cesser ni se ralentir. 

Avant d'examiner ce qu'a fait le Congrès, il convient d'établir 
nettement les divers points renfermés dans la question proposée. 
Dans l'esprit de la Société botanique, l'entente déjà plusieurs fois 
essayée ne pouvant faire de doute, il y avait lieu i" de décider de 
quelle manière elle se ferait ; 2*> de définir la tâche devant incomber 
à chaque collaborateur ; 3" de rechercher un moyen de centrali- 
sation et de généralisation des résultats partiels ou spéciaux. 

i" L'entente entre tous les botanistes peut se faire rapidement 
si chacun conserve sa liberté d'action dans des limites nettement 
définies pour tous et s'il ne perd pas de vue que ses observations 
seront comparées à d'autres et devront concourir à un résultat 
général. Cette pensée doit être le Uen même qui unira et guidera 
les nombreux collaborateurs que l'œuvre nécessite. Maintenant, 
au point de vue pratique, il serait préférable que tous adoptassent 
pour arriver au même but les mêmes moyens, par exemple que 
la constatation des localités se i\K partout d'une manière uniforme, 
sur des cartes très comparables entre elles, c'est-à-dire autant que 
possible à la même échelle ; qu'il ne soit tenu compte que des 
plantes dont il existe en herbier un spécimen d'une authenticité 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



p. Macbt. — Li tfoei d*s Caries de Céograpkie beiattique. 311 

incontestable quant à la localité et d'une détermination spécîGque 
certaine, ainsi que des espèces généralement reconnues et non des 
variétés ou des formes locales, ces dernières pouvant donner 
lieu plus tard à des tracés spéciaux, etc. On éviterait ainsi bien 
des causes d'erreurs. Mais, à la rigueur, il ne saurait y avoir un 
grand inconvénient à ce que les documents fussent préparés dif- 
féremment par chacun, parce qu'il est évident que leur concen- 
tration, leur comparaison et leur utilisation définitive ne peuvent 
être l'œuvre de tous, mais d'un petit nombre, d'une commission, 
qui sera l'intermédiaire entre tous. 

Si les moyens particuliers peuvent varier, il n'en est pas de 
même de ceux qui seront employés par la commission. En effet, 
les conclusions obtenues par elle devront toujours, pour être 
iacilement comprises et acceptées par tous, revêtir une uniformité 
rigoureuse dans la publication qu'elle aura à en faire. Ce sera la 
consécration de l'entente qui, sans cela, n'existerait plus. Quels 
devront être ces moyens? C'est ici que la discussion pourra 
s'ouvrir, serrée, approfondie, car ils apparaissent comme très 
divers et ils méritent un sérieux examen pour leur choix définitif. 

3° Ces premiers points établis, il est facile de définir la tâche 
des collaborateurs. Elle consiste simplement à pointer sur une 
carte les localités où ils ont pu récolter une espèce donnée, ou 
mieux, dont ils possèdent des échantillons non douteux. Cette 
constatation pourra s'accompagner de notes sur la fréquence de 
l'espèce, sur l'association qu'elle forme avec d'autres, sur les 
conditions climatériques de la station, sur son altitude, sur la 
nature du sol, etc. Ces documents seront transmis à la commissioa 
qui devra les utiliser, mais chaque collaborateur ayant intérêt à 
en conserver le double, il serait aisé, dans les herbiers publics ou 
privés, de joindre à l'enveloppe contenant les divers échantillons 
d'une même espèce, la carte sur laquelle on aura noté les localités 
représentées dans l'herbier. Ce serait une sorte de souche, de 
témoignage des documents fournis à la commission. 

3° La centralisation et la généralisation des résultats parti- 
culiers ne peuvent être effectuées, nous venons de le dire, que 
par une commission. Cette commission aura donc à étudier 
les divers systèmes proposés pour la solution la plus pratique 
du problème et à faire un choix. Certes les systèmes ne lui 
manqueront point ; il est à désirer qu'elle adopte le plus simple, 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



331 lOURNAL DE BOTANIQUE 

dût-elte en voir sa tâche augmentée. H dépendra certainement 
d'elle de conduire à bien, par sa direction, son activité, son 
travail, une entreprise considérable. 

Telles sont brièvement développées les données de la ques- 
tion soumise au Congrès. 

Dès la première séance, après la constitution du bureau, su- 
la proposition de M, le professeur Ed. Bureau à qui l'on doit 
l'initiative de la question . une commission a été nommée, chargée 
d'étudier dans ses détails la réalisation du projet et de déter* 
miner les points qu'il convenait surtout de soumettre à la dis- 
cussion. Cette commission a été ainsi composée : Président, 
M. le professeur Ed. Bureau ; membres : MM. le D' E. Cosson , de 
l'Institut; D'' O. Penzig, directeur du jardin botanique de Gènes; 
J. P. J. Koltz, vice-président de la Société botanique du Grand- 
Duché de Luxembourg ; Georges Rouy, P. Maury, membres de 
la Société botanique de France. 

Dans la séance suivante, M, Ed. Bureau a fait au Congrès 
l'exposé général de la question et a rendu compte du premier 
travail de la commission. Celle-ci, adoptant sans hésiter le prin- 
cipe de l'entente à établir, s'était surtout préoccupée, dans sa dé- 
libération, de rechercher le meilleur moyen pratique de réaliser 
cette entente. 11 lui avait paru qu'on pourrait l'obtenir par l'uni- 
formité et la simplicité des méthodes employées ; aussi appelait- 
elle la discussion générale sur la valeur de ces méthodes. La 
discussion ouverte a été longue; elle a dépassé les limites pré- 
vues, mais cela prouve que la question a été sérieusement étu- 
diée. On ne saurait donc regretter le temps employé. Dès le 
début il a été facile d'apprécier la tendance générale des idées 
exprimées. L'oeuvre à tenter apparaissant comme nouvelle, dans 
son caractère de généralité d'abord, et aussi dans son exécution, 
il importait peu de tenir absolument compte des travaux anté- 
rieurs qui n'avaient pas eu la même pensée pour guide. Les 
divers orateurs qui ont pris la parole paraissaient tous, en effet, 
dominés par la même pensée, que l'aîre d'une espèce devait s'ob- 
tenir par une notation rigoureuse des localités, abstraction faite 
des causes diverses qui l'y ont amenée et l'y maintiennent. 11 
faut, en un mot, réunir tout d'abord des faits ; les lois en décou- 
leront facilement ensuite. 

Trois systèmes ont été exposés et discutés. Le premier, pré- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



p. Mmbt. — Lt traei dts Caries de Géographie botani^Ht. 313 

sente par M. Ed. Bureau, consiste à pointer les localités sur une 
carte spéciale pour chaque espèce, carte de pointage, et à re- 
présenter l'aire ainsi obtenue par une teinte en couleur sur une 
carte définitive. La première devra forcément être à une échelle 
assez grande, tandis que la seconde pourra être de beaucoup 
réduite. Il est évident que ce système très simple exigera uo 
grand nombre de cartes : c'est là son point faible. 

M. E. Pàque, de Charleroi, qui proposait un second sys- 
tème, pense qu'il serait facile d'indiquer sur une même carte ua 
grand nombre d'espèces, en employant pour chaque espèce d'un 
même genre des lettres de diverses couleurs combinées diverse- 
ment. Cette méthode peut être applicable pour les genres ne 
renfermant qu'un petit nombre d'espèces, ou pour des espèces à 
aires très distinctes. Elle a d'ailleurs l'inconvénient de faire accom- 
pagner la carte d'une liste ou clé des espèces souvent fort lon- 
gue, dans tous les cas toujours incomplète, puisqu'on ne peut 
jamais dire, à un moment donné, que l'on connaît toutes les 
espèces d'un genre. 

Le troisième système est dû à M. G. Rouy. Il consiste à di- 
viser la surface de la planisphère en sections d'un quart de degré 
carré numérotées, pour l'hémisphère boréal, de droite à gauche 
à partir du méridien de Paris et de haut en bas. Ces quadrila- 
tères ont pour but de restreindre le travail de pointage des lo- 
calités. Il suffira en effet d'indiquer sur des listes que telle espèce 
se rencontre dans le quadrilatère»'; des signes conventionnels 
préciseront le point et feront connaître la fréquence ou la rareté. 

Il est assurément regrettable qu'un mémoire annoncé de 
M. le professeur Drude, de Dresde, ne soït parvenu au Congrès 
que le dernier jour de sa réunion et u'aît pu être lu que dans la 
séance de clôture. Mais on a été heureux de voir le savant bota- 
niste allemand, bien connu par ses travaux de géographie bota- 
nique, sans préconiser de système en particulier, exprimer dans 
ce mémoire des opinions générales qui étaient précisément celles 
du Congrès. Cette communion d'idées est intéressante à cons- 
tater : elle est d'un bon augure pour l'avenir de l'œuvre. 

Le Congrès ne s'est point tout d'abord prononcé sur ces 
divers systèmes; il a laissé le soin de les examiner à sa commis- 
sion, dont il a étendu les prérogatives. Il a été en effet adopté 
en principe dans cette première séance qu'il y avait lieu de faire 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



3*4 lOUKNAL DE BOTANIQUE 

du tracé des cartes de géographie botanique comprenant plu- 
sieurs pays une œuvre internationale. Il s'en suivait donc que la 
commission devait être déclarée permanente, ce qui a été fait, 
et on lui a donné la faculté de s'adjoindre tel membre qu'elle ju- 
gerait nécessaire. 

En s'inspirant des idées exposées dans cette séance, la com- 
mission a pu, à la séance suivante, présenter un rapport et sou- 
mettre à l'examen du Congrès une série de résolutions destinées 
à établir les principaux points relatifs au tracé des cartes. Ces 
résolutions ont été successivement discutées et votées ensuite 
telles qu'elles suivent. 

Résolutions votées par le Congrès international de Botanique 
de 1889. 

L.es botanistes réunis en Congrès à Paris, au mois d'août 1889, après 
avoir nommé une commission à l'cfiet d'étudier les questions qui se ratta- 
chent à l'exécution des cartes de géographie botanique, le rapport de 
cette commission ayant été entendu et suivi d'une délibération en séaoce 
générale, décident : 

Article frbuibr. — Il y a lieu de faire du tracé des cartes de géogra- 
phie botanique qui comprennent plusieurs pays une oeuvre internationale. 
Art. 3. — La commission mentionnée ci-dessus deviendra permanente 
et sera chargée d'organiser le travail des cartes et de centraliser les résul- 
tats. Ses fonctions dureront jusqu'au prochain Congrès international de 
Botanique en quelque lieu ei à quelque époque qu'il se tienne. Elle devra 
lui présenter un rapport sur les travaux accomplis. 

Art. 3. — 11 convient de s'occuper avant tout de la géographie bota- 
nique des espèces, l'aire des genres ou des familles résultant nécessairement 
de la surface occupée sur le globe par les espèces qui les composent. 

Art. 4. — Le procédé recommandé pour arriver a établir les canes 
donnant l'aire des espèces est celui usité depuis longtemps pour l'établis- 
sement des cartes géologiques, procédé qui consiste, pour cette science, à 
marquer en couleur, sur une carte dite carie de pointage, tous les alllen- 
remencs d'un même terrain et à recouvrir d'une teinte, sur une seconde 
carte, toute la surface occupée par l'ensemble de ces pointages. 

En botanique, les pointages seront obtenus en relevant, dans le plus 
grand nombre d'herbiers possible, les localités indiquées pour une même 
espèce. 

Art. 5, — 11 ne sera tenu compte que des échantillons rigoureusement 
déterminés et des localités indiquées avec précision. 

Art. 6. — On pourra pointer sur une même carte autant d'espèces 
qu'on voudra, pourvu que les aires de ces espèces ne se recouvrent pas. 

Art. 7. — Les botanistes de chaque pays exécuteront le travail de 
pointage relatif à leur propre flore. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



p. Mjimr. — Le Iraei des Caries de Géographtt botamqtu. 31$ 

Art. 8. — Chaque carte de pointage sera faite en deux exemplaires, 
dont un restera dau le paya, et l'autre sera transmis à la Commission inter* 
nationale des cartes botaniques. 

Akt. 9. — Le Congrès recommande, pour le travail de pointa^^, quel 
que soit le pays dont il s'agisse, l'emploi uniforme de cartes au — ,^aB 
et, à défaut, de cartes dont l'échelle se rapproche le plus de celle-ci. 

Art. 10. — Il recommande aussi l'emploi de cartes quadrillées de telle 
sorte que chaque quadrilatère soit égal à un quart de degré carré, et nu- 
tHéroté de gauche à droite et de haut en bas, le méridien adopté étant celui 
de Paris, le plus employé pour les cartes terrestres. 

Les prescriptions ci-dessus ont pour but de rendre les comparaisons et 
les reports plus faciles, lors du rapprochement des différentes cartes par- 
tielles pour tracer des cartes d'ensemble. 

Art. II. — Pour le tracé des cartes définitives qui représenteront l'aire 
de chaque espèce, le Congrès préfere à la méthode qui consiste à entourer 
l'ûre par un trait, celle qui consiste à recouvrir cette aire par une teinte; 
cette dernière montrant la répartition d'une manière plus apparente et ayant 
le grand avantage de permettre d'indiquer par la différence d'intensité des 
teintes le degré de fréquence ou de rareté des espèces. 

AST. 13. — La commission internationale des cartes botaniques aura 
provisoirement son siègfe à Paris. Toute ofh~e de collaboration et toute 
demande de renseignements devront être adressées au Président de cette 
commission (ij. 

Art. 13. — Cette commission sera formée de six membres élus en 
Congrès international de Botanique; elle pourra s'adjoindre tout savant 
dont le concours lui paraîtra utile. 

Art. 14. — La commission actuelle aura à rédiger, pour les actes dn 
Congrès, une notice explicative réglant les détaib du travail qui ne peti- 
vcnt trouver une place dans les présentes dédsions. 

Fait et arrêté à Paris, en séance du Congrès intematioual de Botani- 
que (2), auquel ont pris part des botanistes de la Russie, de la Grande- 
' Bretagne, de l'Allemagne, du Danemark, de la Belgique, du Grand-Duché 
de Luxembourg, de la France, de la Suisse, de l'Italie, de l'Espagne, du 
Portugal, de la Grèce, de la Roumanie, du Mexique, duBrésil, de la Répu- 
blique argentine. 

Le FrésideiU dit Congrès iniernaiûmal de Boianique^ 
FiSHER DE WALDBEIM. 

On se tromperait beaucoup si l'on voulait voir dans ces arti- 
cles autre chose que de simples indications ayant pour but de 
Ëidlliter un travail en commun. La pensée du Congrès, en les 
votant, n'a pas été de les imposer à tous les botanistes, maïs de 

I. H. Ed. Bureau, professeur au Muséum d'histoire naturelle, me CuHer, 57, 
Paria. 

3> Adopté par 54 voix sur 55 votauts. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



3*« JOURNAL DE BOTANIQUE 

les proposer à ceux qui voudront bien collaborer à l'exécutioa 

des cartes botaniques. 

Pour se conformer à ces résotutions, la commission a pensé 
qu'il serait préférable de commencer par les espèces arbores- 
centes, les arbres forestiers, par exemple, dont l'aire encore im- 
parfaitement connue peut fournir des indications pratiques im- 
médiates. On pourra encore dresser des cartes des espèces 
caractéristiques d'une région ou des espèces rares. Il est évident 
qu'il y a momentanément moins d'attrait à s'occuper des espèces 
très répandues ou herbacées susceptibles de s'acclimater facile- 
ment en divers endroits. 

Le type de carte provisoirement adopté pour le pointage des 
espèces trançaises est la carte de France au , ^i^o ^ «n quatre 
feuilles, publiée par la maison Hachette. Suivant qu'on s'occu- 
pera d'une région à l'est, ou à l'ouest, etc. , on n'aura à se munir 
que de la feuille correspondante. 

La commission fait appel à toutes les bonnes volontés ; elle 
cherchera les moyens les plus propres à faciliter la tâche com^ 
mune et s'efforcera de bien remplir le mandat qui lui a été 
confié. 



A propos du dernier Congrès de Botaniqiiè. 

M. Ed. Bureau, professeur au Muscum, nous adresse la lettre suivante 
que nous aous empressons de publier. 

Monsieur le Dikecteur et cher Confrère, 

M. l'abbé Hy, dans le dernier numéro de votre Journal, vient 
de publier une critique assez vive des travaux du Congrès interna- 
tional de Botanique qui s'est tenu à Paris au mois d'août dernier,de 
ceux du moins qui ont trait à l'établissement des cartes destinées 
à représenter la distribution géographique des plantes. Bien que, 
dans cet écrit, la commission que j'ai eu l'honneur de présider 
soit traitée un peu légèrement, et que le Congrès lui-même soit 
accusé d'être tombé dans « une erreur complète que le bon sens 
suffît à proscrire », je ne discuterai pas les articles de M. l'abbé 
Hy, persuadé que la polémique n'a jamais convaincu personne 
et prend inutilement un temps qui serait mieux employé au Ira- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



A propos At dernier Congrès de Botanique. 33^ 

vail. Mais si les opinions peuvent varier, il n'en est pas de même 
des faits ; il est nécessaire qu'ils soient exactement connus, et 
notre honoré confrère aime trop la vérité pour regretter qu'elle 
soit établie sur quelques points où il paraît insuffisamment reo- 
seigné. 

M. Hy dit que rien dans le mode de convocation, ni même 
dans la composition efiective du Congrès, ne justifie le titre 
d'international. 

Voici quel a été le mode de convocation : la Société bota- 
nique de France a envoyé des lettres d'invitation dans tous les 
pays, aux présidents de toutes les Sociétés s' occupant de Bota- 
nique, en les priant de transmettre l'invitation aux membres de 
ces Sociétés. Les invitations ont été renouvelées quelques se- 
maines avant le Congrès. Des annonces ont été mises longtemps 
à l'avance dans les journaux scientifiques et dans les journaux 
politiques. La publicité a. été aussi étendue que possible. 

Quant à la composition efiective du Congrès, les botanistes 
qui y ont assisté appartenaient à seize nationalités différentes. 
C'est exactement le chiffre des nationalités représentées au 
Congrès botanique international de Florence en 1876. Quinze 
pays ont pris part au Congrès international de Paris en 18(17, ^ 
onze seulement au Congrès international de Londres en 1866. Je 
n'établis pas de comparaison avec les Congrès mixtes de Bota- 
nique et d'Horticulture; mais il est clair que, parmi les Congrès 
spéciaux de Botanique, il n'y en a jamais eu de plus interna- 
tional que le Congrès de Paris en 1889. C'est cette constatation 
en séance qui a fait décider l'adjonction au titre du Congrès du 
mot miernaiional, lequel, du reste, n'est nullement indispen- 
sable ; personne, en effet, n'a contesté et ne contestera jamais le 
caractère international aux deux Congrès de Bruxelles : Congrès 
de Botanique horticole en 1877, Congrès de Botanique et d'Hor- 
ticulture en 1881, qui n'ont pas jugé nécessaire de faire figurer 
cet adjectif dans leiu" ritre, et dans chacun desquels quinze pays 
ont été représentés. Ce qui importe ce n'est pas le mot, mais le 
caractère de la réunion. 

Une autre rectification me parait indispensable. 

M. l'abbé Hy dit : « Le travail de M. Drude, le savant spé- 
datiste de Dresde, n'eut pas même -les honneurs d'une lecture 
publique ; > or, ce mémoire, traduit en français sur la demande 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



jaS lOURNAL DB BOTANIQUE 

de M. Drude lui-même, est parrenu au Congrès le samedi 
34 août, et a été lu dans la séance tenue le soir du même jour. 
Les idées qui y sont exposées ont été unanimement approuvées, 
et on a été &ai^ de leur concordance remarquable avec les 
conclusions auxquelles la commisâon était arrivée de son câté. 
n est bien probable que M. l'abbé Hy n'assistait pas à cette 
séance. Le désaccord entre son observation et les faits serait sans 
cela fort étonnant. 

Mais ce qui n'étonnera pas moins, c'est qu'ayant à proposer' 
une méthode pour désigner l'aire de dispersion des végétaux, il 
n'ait pas demandé la parole pour l'exposer et montrer par 
exemple comment la notation »j-e,. est, suivant lui, préférable au 
pointage sur une carte des localités où l'espèce est constatée. 
Nous espérons qu'il voudra bien développer ses idées dans le 
prochain Congrès. En attendant, nous connaissons assez notre 
laborieux et zélé confrère pour être convaincu qu'il ne mettra 
pas de divergences de vues dans la manière de procéder au 
dessus des intérêts de la science, et qu'il prendra la part qui lui 
revient dans une œuvre dont il reconnaît 1' < intérêt évident >. 
Qu'il emploie les procédés qui lui paraîtront les meilleurs. Le 
Congrès n'a rien imposé, rien proscrit. Une rétmion de cette 
nature n'est pas un tribunal. Le Congrès de 1867, qui a adopté 
les lois de la nomenclature, a simplement recommandé ces lois 
comme le meilleur guide à suivre pour la nomenclature dans le 
régne végétal. Le Congrès de 1889 recommande, pour arriver a 
connaître exactement l'aire de chaque espèce, le procédé qui lui 
paraît le plus clair et le plus précis ; voilà tout. Ceux qui vou- 
dront adopter la voie indiquée la prendront, d'autres suivront 
un autre chemin ; mais ce qu'il y a d'important c'est que tous 
nous marchons vers le même but et j'espère bien qu'avec du 
travail et de la patience, nous l'atteindrons. 

Veuillez recevoir, Monsieur le Directeur et cher Confrère, 
l'assurance de mes sentiments distingués. 

Ed. Bureau. 

Le Certml! Louis Mobot. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



[i6 OCTOBRE 1889 



JOURNAL DE BOTANIQUE 

Directeur; M. Louis MOROT 



UN NOUVEAU TYPE DE MUSA 
MUSA LASIOCARPA 

Par H. A. FRANCHET 

Le Bananier quî fait le sujet de cette note peut être considéré 
comme la plus petite des espèces du g^enre, parmi celles que 
nous connaissons jusqu'à présent ; la plante en effet, prise dans 
son ensemble, ne dépasse guère o^.ôo et le plus souvent même 
elle atteint à peine la moitié de cette hauteur. Sa végétation 
souterraine, autant qu'on en peut juger par les spécimens en- 
voyés à l'herbier du Muséum, consiste en un gros rhizome de 
o^jOS à o",©? de diamètre qui paraît se développer horizontalt;- 
ment, sans qu'on puisse dire encore si la plante est monocar* 
pieone et si elle reproduit, ou non, par rejet. M. Delavay écrit 
seulement à son sujet c La culture de cette plante est très facile ; 
mais, depuis 4 ans qu'elle végète trèsbîen dans mon jardin, elle 
ne m'a pas encore donné de fleurs >, 

1(6 Musa, lasiocarpa est acaule ou presque acaule ; les feuilles 
se développent toutes auras du sol; elles sont très glauques, 
lancéolées ou ovales-lancéolées, rétrécies en pétiole un peu plus 
court que le limbe, et ne présentent point la longue gaine si ca> 
ractérïstique dans les autres espèces de Bananier. Dans le M. la- 
siocarpa la partie inférieure dilatée du pétiole est très large, 
mais en même temps très courte, et persiste sous la forme d'un 
anneau circulaire, tronqué au sommet, résultant d'une sorte de 
désarticulation qui se produit chaque année au point même où 
le pétiole est le plus largement dilaté. 

L'inflorescence portée par un court pédoncule se développe 
entre les feuilles et demeure toujours longuement dépassée par 
elles ; cette inflorescence, accompagnée à sa base par quelques 
bractées foliacées presque planes, ovales-lancéolées, acimiinées, 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



330 JOURNAL DE BOTANIQUE 

atteint tout au plus o'°,25 de longueur chez les individus les plus 
robustes ; elle forme un thyrse largement ovale, ou ovale-coni- 
que, dressé, souvent un peu oblique, extrêmement dense, et 
dont les nombreuses bractées imbriquées, lancéolées ou ovales- 
lancéolées, minces et jaunâtres, sont absolument persistantes ; 
ces bractées accompagnent chacune 438 fleurs brièvement pé- 
dicellées et deux ou trois fois plus courtes qu'elles. 

Les fleurs, longues de oi^iO^ au plus, sont jaunes ponctuées de 
brun ; elles rentrent tout à fait dans le type de celles des autres 
Musa, avec cette différence pourtant que les 5 lobes révolutés 
du calice sont égaux entre eux ; les étamines sont au nombre de 
5 et exsertes; le staminode, court et subulé, égale à peine la 
moitié des fllets des étamines normales ; le stigmate est trilobé 
et inséré un peu excentriquement au sommet de l'ovaire ; le fruit 
est ovoide-trigone, couvert d'une pubescence brune, courte et 
serrée, nullement charnu, à péricarpe mince ; chacune des loges 
renferme 4 à 6 graines obscurément anguleuses, qui remplissent 
toute la cavité. 

On voit que le Musa lasiocarpa présente des caractères qui, 
jusqu'ici du moins, n'ont été signalés dans aucune autre espèce 
du genre et permettent de le considérer comme une section par- 
ticulière parmi les Bananiers. Sans parler de l'absence de tige et 
de la pubescence du fruit, la forme dense de l'inflorescence, la 
persistance des bractées, l'absence de pulpe dans les fruits, en 
font le type d'une section bien distincte. 

Cette curieuse espèce a été découverte en 1885, par M. De- 
lavay, dans les régions élevées du Yun-nan, sur les rochers de 
Loko-chan et sur ceux de Che-tong, près de Tapin-tze, à une 
altitude de 1.200 mètres environ. La plante s'y montre rare et 
très cantonnée'; les Chinois lui donnent le nom de Ngay fst'ao. 
Banane des rochers. Elle fleurit au mois de juin et ses fruits sont 
mûrs à la fin de juillet. 

MusËLLA (Mus^B sectio nova). 

Bractete tenues demum membranacese, in thyrsum ovatum arcte im- 
bricate, persistentes; tructus siccus, extus pubescenti-tomentellus. 
'Planta acaulis vel subacaulis; inflorescentîa foHis brcvior. 

Musa (Musella) lasiocarpa. — Planta rhizomatosa; folîa e basî 
attenuata lanceolata vel ovato-lanceolata, peliolo limbo subbreviore 
înfeme breviter et latissïme dilatato, pane inferlore annulum fingente 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



■ tyft de Musa : Musa lasiocarpa. 



bmie oifAiuuile des pétioles et unr acctlon vertkiilB dn mèmea. — 3. Fruit avec lei 
gnlnei. — 4. Fleur. — j. Calice et coralle, 

dintius persislente ; ihyrsus erectus, deosissimus, bracteis lanceolatis 
Tel ovato-lanceolatis, acutis, aplce parum reflexis, pallide lutescenti- 
bns, multistrîatis ; flores lutei ; calyx spathaceus apicc 5-lobus, lobis 
revolutis linearibus, multiDervis, intcr aervos fusco-punctatus ; corolla 
calyce pamm brevior vel illum îcquaDS, obovato-spathulata, subacuta, 
margine crispa ; stamina 5 exserta, staniiaodio subulato ; stigma trilo- 
bum; ovarium triloculare» loculis 8-io ovulatis; fimctus siccus, peri- 
earpio teaui, ovatiis, trigonus, extus sericeus; semîna in guoquc loculo 
4-6, obscure angulata, totam locnlnm Implentia. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



33» JOURNAL DE BOTANIQUE 

NOUVELLES RECHERCHES 

PHYSIOLOGIQUES 

SUR LA GERMINATION DES GRAINES 

(Fin.) 

Pv M. Edouard HECKEL 

Pour répondre à cette question, j'emDloyaî dans l'étuvede 
Wiesnegg, comme subtratum très humide et très spongfieux, 
capable de remplacer avantageusement le soufre en accentuant 
ses qualités, une éponge lavée et exempte de sel marin (ce der- 
nier corps hâte la germination). Bien imbibée d'eau distillée, 
cette éponge était placée sur le fond d'une assiette constamment 
recouvert d'une couche du même liquide et le tout placé dans 
l'étuve maintenue à une température constante au moyen du 
régulateur de Schlœsing. Des graines de Brassica mgra avaient 
été semées au préalable sur l'éponge et sur le fond de l'assîette. 
En moins de la heures, sous l'influence de cette température 
humide, des radicules s'étaient formées dans un grand nombre 
de graines semées sur l'éponge; par contre, rien de semblable 
ne s'était formé dans les graines plongées au milieu de l'eau à 48°, 
et, maintenues dans ces conditions, elles ne germèrent jamais. 
Les graines, après avoir émis leur radicule, s'arrêtaient là si la 
température était conservée à 48", mais en la faisant descendre à 
20 ou même 17° 5 (température favorable à ces graines), j'obte- 
nais un développement rapide de germes, comme dans l'étuve 
de Nancy. 

Ni avec Sinapis alba, ni avec Pisunt sati'vum, la reproduc- 
tion du phénomène n'a été possible, bien que l'une et l'autre de 
ces graines aient à peu près le même degré favorable de germi- 
nation que la Moutarde noire. Il est bon de dire que, dans les 
conditions normales, les graines, qu'elles soient immergées dans 
une faible quantité d'eau ou semées sur des éponges humides, 
germent dans le même laps de temps, ce qui nous conduit à 
admettre que le fait singulier, propre au Brassica nigra, ne 
reconnaît pas pour cause une plus prompte îmbibition des mem- 
branes, comme c'est le cas, par exemple, quand on fait agir de 
l'eau légèrement acidulée sur des graines amylacées. 

Evidemment, le phénomène sî remarquable de l'étuve de 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



E. Hbccbl. — Sur la girmiHatiùH des graints. 333 

Nancy s'était reproduit ici avec facilité sur des éponges qui 
sont plus poreuses (i) encore que le soufre, et je pus à mon aise 
le faire naître sur du soufre pur, bien humide, dans les mêmes 
conditions que sur l'éponge, mais avec un peu moins de rapidité. 

En dehors de l'explication qu'il vient donner d'un phéno- 
mène resté jusqu'alors inexplicable, ce fait, relatif à la Moutarde 
noire, n'est pas sans signification au point de vue de la valeur 
des températures favorables. Celles-ci ne seraient pas, en effet, 
im point rigoureusement fixé, ou du moins il pourrait varier 
avec l'état hygrométrique du milieu aérien. II est donc possible, 
pour certaines graines (2), d'abréger, par cet artifice expérimen- 
tal et d'une manière notable, la durée de la germination, surtout 
quand il s'agit de semences desséchées qui lèvent difficilement. 

M. le docteur Pauchon (3), dans sa thèse de doctorat ès- 
sciences, a confirmé mon interprétation pour un grand nombre 
de graines. « Dans une longue série d'expériences relatées dans 
« ce travail, dit-il, j'ai été frappé de la rapidité plus grande de 
« germination que présentent certaines graines, et celles de 
« Ricin en particulier, dans des appareils hermétiquement fer- 
« mes dont l'air était saturé de vapeur d'eau, comparativement 
« aux mêmes graines germant librement à l'air dans les mêmes 
■ conditions de température. > 11 est évident que, dans ce cas, 
le milieu était saturé d'humidité comme dans l'étuve de Nancy. 

Cette action des températures humides étant vidée, je jugeai 
utile de reprendre l'action des substances chimiques et en partî- 
éuUer celle des anlifermentescibles, la germination pouvant à 
boa droit, comme tous les phénomènes vitaux, dans leur essence, 
être considérée comme une fermentation, c'est-à-dire le résultat 
de dédoublements chimiques. 

J'ai expérimenté en employant les appareils à germination 
de Nobbe et des solutions de Benzoate et de Satycilate de Soude 
à des doses croissantes, jusqu'à o gr., 13 pour 100 gr. d'eau dis- 
tillée. Je ne crois pas nécessaire, ma méthode étant maintenant 

I. Sur cea épongées, les graines sont entourées d'une atmosphère saturée de 
vapeur d'eau chaude, tandis que les graines de l'assieite sont plongées dans 
l'eau à 48*. 

3. Je n'ai jusqu'ici encore rencontré que le Brassica nigra qui présente ce 
phénomène (le Siuapis aiba, bien que très rapproché, ne me l'a pas oETen), mais 
il n'est pas douteux qu'on ne le retrouve dans d'auirea graines. 

3. Rechtrehti sur le rôU de la tiimiire dans la germUUUioa. Paris, iSSo, 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



334 JOURNAL DR BOTANIQUE 

connue par le long exposé que j'en ai fait relativement à l'adde 
sulfurique et à l'acide sulfureux, d'indiquer de nouveau sur ce 
point mes procédés de recherche. A cette dose seulement, j'ai 
constaté pour le Bensoate de Soude, que, pendant toute la durée 
du contact de la solution avec les diverses graines (Brassi'ca 
Napus, B. nigra, Phaseolus vulgaris, Fagopyrum escuUnium)^ 
le processus a été suspendu. Après huit jours d'expérience, j'ai 
remplacé la solution saline par l'eau distillée et le phénomène a 
repris sa marche ordinaire; il y a eu germination. Expérimente 
à part pour dissocier son action dans le Benzaaie de Soude de 
celle de la Soude, \ Acide âensoîçue par^t agir plus activement. 
La germination n'a jamais repris son cours après suspension de 
Bon action à la dose de o gr., lo pour loo. 

Le Salycilaie de soude agit plus profondément. A des doses 
moindres de ogr.,o8 pour loo, il suspend complètement la végé- 
tation, non seulement dans les graines (Fagopyrum esculenium, 
Solanum m'grum, Brasstca Napus), maïs encore dans les tuber- 
cules de pomme de terre, àHHeliantkus tuberosus, etc. 

Il n'est pas douteux, d'après ces faits, que certains antifer> 
mentescibles suspendent ou arrêtent définitivement le processus 
germinatif. Ce point, ici du reste à peine effleuré, confirme abso- 
lument tout ce que nous ont appris les recherches de M. Duclaux 
touchant l'influence et l'intervention des microbes dans l'acte 
germinatif. Les composés chimiques ci-dessus indiqués sont des 
microbicides de degré variable : il n'y a dès lors rien d'étonnant 
à leur voir suspendre ou arrêter définitivement le processus 
germinatif, suivant leur degré de nocuité sur la vie microbienne. 
Ailleurs, j'ai démontré que l'acîde arsénieux et le bîchlonire de 
.mercure à faible dose arrêtent complètement l'acte germinatifl 
n y aurait, de ce chef, des recherches fort importantes à entre- 
prendre sur la natiu'e des microbes propres à chaque espèce 
ou à plusieurs d'entre elles, pour opérer la mise en œuvre des 
matériaux accumulés dans la graine. Cette matière fera l'objet 
d'un chapitre nouveau de nos études sur la germination. Quoi 
qu'il en soit, il découle de ce travail quelques faits importants 
qui méritent d'êtve signalés soit en eux-mêmes, soit dans leurs 
conséquences. — i° Contrairement aux affirmations de Detmer, 
les fleurs de soufre pur ne hâtent point la germination même 
des graines qui renferment du soufre dans leurs éléments consti* 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



N. Patouillabd. — Fragments vtyetHûgiques. 335. 

tutifs; 3° Xacide sulfureux en solution suspend ou arrête défî- 
nitivement l'acte germînatlf suivant les espèces auxquelles il 
s'adresse; 3' \ acide sulfurîque, contrairement aux assertions 
de plusieurs auteurs, à faible dose, loin d'arrêter la germination 
la hâte aux dépens de la vitalité du germe : il faut atteindre 
les doses élevées de 2 pour 1000 en poids pour voir le processus 
germinatif définitivement arrêté ; 4° la dessication des grainea- 
entre 40 et 60", à une température sèche, a pour résultat non de 
hâter la germination, mais de permettre aux jeunes plantules de 
se développer plus rapidement, sans doute parce que cette opé- 
ration préalable a mieux préparé les éléments hydrocarbonés de 
la graine à être utilisés promptement par l'embryon; 5° les tem- 
pératures humides élevées, de 40 à 60°, ont pourrésultatde hâter 
considérablement la germination ; les mêmes températures su- 
bies par les graines au sein de l'eau auraient pour conséquence 
de retarder le même processus. 

Ces résultats ont déjà en eux-mêmes leur importance parce 
qu'ils mettent en lumière l'action mal connue ou connue d'une 
façon erronée de quelques substances chimiques communes ou 
même de quelques agents physiques de haute influence. Mais 
si l'on veut bien ne pas perdre de vue que les phénomènes de 
germination du pollen sur les stigmates doivent être dépeiw 
dants des mêmes conditions (sécheresse, températures élevées 
humides, influence des substances chimiques renfermées dans les 
eaux de pluie, etc.), on reconnaîtra que ces recherches pourront 
jeter un jour utile sur celles plus importantes encore qui pour- 
raient être entreprises concernant les conditions ambiantes ca< 
pables d'influencer la germination du pollen et par conséquent 
l'acte fécondatif. 



FRAGMENTS MYCOLOGIQUES 

Pu M. N. PATOCILLABD 

Note sur quelques Champignons de la Martinique. 

Les espèces indiquées dans cette énumératioQ ont été récol- 
tées, pendant les mois de mars et d'avril 1889, par M. Dûss qtà 
nous les a communiquées directement ; elles prOTÏeiment soit des 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



336 JOURNAL DE BOTANIQUE 

environs immédiats de la ville de Saint-Pierre, soit des forêts de 

l'intérieur de l'He. 

1. Leucocoprinus cepsestïpes (Sow.). — Sur un vieux 
tronc de Cocotier pourri (n° 46), 

2. Marasmius coneolor Berk. etCurt. Cub. Fungt n" i^^. 
•^ Sur brindilles ^Heisteria coccinea à terre (n° 36). 

3. AndrosaceuB haeinatocephaluB (Mtg.) Syll. Crypt. 
n" 351. Fr. Epier, p. 382. — Sur feuilles mortes (n" 41). 

Ohs. — La pellicule du chapeau est formée de cellules à con- 
tenu rouge ; elles ont une forme ovoïde et sont couvertes de 
grosses pointes dans toute leur partie supérieure. La couleur 
plus ou moins rosée des lames est causée par la présence d'un 
certain nombre de cellules semblables à celles de la pellicule. 
Cystides saillantes, minces, incolores, ovoïdes ou étirées, obtu- 
ses au sommet. Spores allongées fusiformes, atténuées en pointe 
à la base, mesurant 20 X 5 ,", lisses et incolores. 

GRINIPELLIS nov. gen. — Agaricinés leucosporés plus ou 
moins coriaces, sessiles ou stjpités, à chapeau mince, glabre, vil- 
leux ou squamuleux, couvert d'une pellicule formée de fibres 
accolées, tenaces, longues, criniformes. 

Nous instituons ce nouveau groupe pour y ranger les es- 
pèces de Collybia voisines du C. stipiiaria, ainsi que quelques 
Marasmius à pellicule fibreuse. Il est probable qu'une étude at- 
tentive des formes sessiles ou résupînées de Z^niinus, Panus et 
Pleurotus fera découvrir d'autres espèces de CrinipelUs. 

A ce genre se rapportent les espèces suivantes : 

Collybia sHpitaria Fr. Syst. Myc. L p. 138. — Pat. Tab. 
n° 525. Europe, Amérique boréale, Cuba, Venezuela. 

Collybia bisukata Pat. et Gail. Bull. Soc. myc. 1888, p. 14, 
pi. VII, fig. 3. Venezuela. 

Collybia excentrica^s.\..tX^2S!i. Bull. Soc. myc. 1888, p. 15, 
pi. VII, fig. I. Venezuela. 

Marasmius nitiduius Berk. et Curt. Cub. Fungi n° 134. 
Cuba. 

Marasmius gaUatus Berk. et Curt. Nort. Pac. Expl. n" ^. 
Japon. 

4. Grinipellis aspeiifoUa Pat. nov. sp. — Chapeau ses- 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



V 



.^ 



I 



N. Patouillabd. — Fragments ittycologiques. 
SÏIe, résupiné ou réfléchi, gla- 
bre, coriace, sec, strié jusqu'au 
milieu, brun pâle; diamètre 
5-10 millimètres; pellicule for* 
mée de fibres très longues, in- 
colores, tenaces, cylîndracées ; 
àpeine amincies vers la pointe. 
Lames distantes, sèches, con- 
colores ou plus pâles, atté- 
nuées aux deux extrémités, 
inégales, insérées au pourtour I , I 
d'un tubercule stiptiforme, hé- — r*—^ 
rissées sur les deux faces e^ 
sur la tranche. Cystides abon- 
dantes, claviformes, saillantes, 
ayant le sommet rendu ru- 
gueux par des incrustations 
d'oxalate calcaire. 

Sur l'écorce du Murraya 
exotica vivant, après les gran- 
des pluies (n° 35). 

licule du chapeau. 

5. Heliomyces fœtens Pat. n. sp. — Fétide, fascicule, 
chapeau orbiculaire, ténu, membraneux, translucide au pour- 
tour, glabre, omboné au centre, roux, lacéré sur les bords. 
Lames nombreuses, très minces, égales, adnécs, non anasto- 
mosées. Stipe central, grêle, rigide, glabre, élargi au sommet, 
légèrement strié. Basides simples, à quatre stérigmates; spores 
Ovoïdes, incolores 6 X 4 i^' 

Sur le bois pourri du Prunus occidentalis (n' 58) . 

06s. — Chapeau de 1,5-3 centîm. de diamètre, formé d'une 
pellicule tiès mince qui, en séchant, se déchire près des bords et 
se contracte, laissant à nu la membrane hyméniale incolore. 
Lames molles, larges de 2 millimètres. Stipe long de 6-8 centim., 
épais de 1-2 millimètres. Plante distincte de toutes ses congé- 
Dères par son chapeau lacinié sur les bords. 

6. Heliomyces sp. — Le n" 51 de la collection appartient 
à ce genre, mais son mauvais état de conservation ne permet 
pas une étude suiâsante. Le chapeau est orbiculaire, large de 




D,g,tza:Jb.GOOg[e 



338 lOURNAL DE BOTANIQUE 

3-4centiin., transparent, très mince, couvert de stries rouges, 
pulvérulentes, allant du centre à la circonférence. Lames iné- 
gales, peu nombreuses, étroites. Stïpe long de 2-3 centim., 
épais de i 1/2 millim. 

Troncs pourris dans les grands bois. 

Obs. — Le genre Heliomyces est très voisin du genre Ma- 
rasmius; il n'en diffère que par la consistance plus molle de son 
chapeau. Un certain nombre de Marasmius à lames réticulées- 
anastomosées (Marasntius sleitopkyllus Mtg., Mar. tesseliatus 
Mtg., etc.), doivent rentrer dans le genre Heliomyces et former 
avec VHel. ptiropus Lev. une section spéciale {Dictyoploca Mtg.). 

7. Lentinus vellereus Berk. et Curt. Joum. Soc. Lin. X, 
p. 331. — Sur différents bois pourris : Artocarpus incisa, Te- 
coma peniapkylla, etc. (n" 21 et 64). 

Plante utilisée comme aliment dans son jeune âge. Spores 
ioX3-4f- 

8. Lentinus Berterîi Fr. EL, p. 46. — Sur le bois mort 
(n° 3)- 

Obs. — Les lames sont plus 'ou moins crénelées sur la tran- 
che et ont les deux faces couvertes de petites aspérités incrus- 
tées de calcaire. Ces aspérités sont formées par des touffes d'hy- 
phes fortement accolées qui émergent de la trame en traversant 
la couche hyménienne ; ces productions ne sont pas homologues 
des cystides et ne sauraient leur être comparées : elles sont ca- 
ractéristiques du genre Lentinus et de son proche voisin le genre 
Favolus. La présence de ces organes pileux n'exclue pas celle 
de véritables cystides dans l'un et l'autre genre. 

Dans le Lentinus Berterii les spores sont incolores, lisses, 
ovoïdes atténuées à la base et mesurent 6-7 X 3 f. 

9. Lentinus calvescens Berk. Dec.^ n" 536. — Troncs 
pourris (n"' 2 et 54). 

Comme dans l'espèce précédente, les lames sont hérissées de 
touffes pileuses. 

10. Fanns engrammus (Mtg.). — Lentinus Mtg. Cuba 
t. XVII, f. 2. — Sur différents bois tendres {Spondias AfonSùt^ 
etc.) (n' 56). 

11. Schisophyllum commune Fr. Syst., i. p. 333. 

Sur beaucoup de bots pourris, mais surtout sur les bois tendres. 



db.Googlc 



N. Patouili^kd. — Fragmettls tttytologiques. y^ 

12. Locellina hiatuloides Pat. □. sp. — Chapeau sépa- 
table du stipe, très mince, mou, campanule puis ét^é, mame- 
lonné au centre, ondulé et profondément incisé lobé sur les 
bords, glabre, luisant, brun fauve, plus foncé vers la partie 
moyenne, couvert de stries longues et serrées provenant de cra- 
quelures de la pellicule; marge droite ou à peine recourbée en 
dessous. Lames ocracées, minces, molles, serrées, atténuées aux 
deux extrémités, libres, insérées au pourtour d'un large coUa- 
rium. Basides à quatre stérigmates; spores ovoïdes, lisses, atté- 
nuées à la base, à une seule gouttelette, jaunes d'ocre (8-10 X 
5 ;i). Cystides peu nombreuses, saillantes, ventrues, étirées au 
sommet en on mucron aigu. Stipe central, grêle, blanchâtre, 
strié sur toute sa longueur, égal, élargi sous le mamelon ducha- 
peau. Anneau nul. Volve blanche, engainante, membraneuse, 
dressée, iaciniée sur les bords, un peu renflée à la base. 

Sur du fumier de cheval (n° 23). 

Chapeau mesurant 10 centim. de diamètre; lames larges de 
6-7 millim. , de la couleur de celles du Galera tener; stipe long 
de 10-12 centim., épais de 6 millim.; volve atteignant 5 àentim. 
de hauteur. 

Les espèces du genre Locellina sont rares et ont peu d'aiE- 
nités les unes avec les autres : celle qui nous occupe a exacte- 
ment le port d'un Hiatula, son chapeau est également réduit à 
une pellicule très mince ; d'autre part la forme des cystides la 
rapproche des Pluteus, mais ses spores jaunes et sa longue volve 
la distinguent suffisamment. 

13. Flammula vinicolor Pat. n. sp. — Chapeau charnu, 
convexe plan, orbîculaire, lisse, profondément ombiliqué au 
centre, rouge lie de vin à l'état frais, brun fauve sur le sec La- 
mes nombreuses, serrées, larges, horizontales, à peine décur- 
rentes, fauves. Spores ovoïdes, lisses, ocracées, mesurant 6-7 
X 3-4 r~ Stipe tenace, grêle, cylindrique, strié, brun rougeâtre, 
plus pâle au sommet. 

Fascicule sur le bois pourri (a° 44). 

Chapeau large de 1-2 centim. ; stipe épais de 2 millim., long 
de 3-4 centim. 

Espèce voisine du F. anepsia Mtg, 

14. Goprinus discipes Pat. n. sp. — Chapeau raioee, coa- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



:340 JOURNAL DE BOTANIQUE 

vexe plan, déprimé au centre, strié sillonné sur toute sa lon- 
gueur par des rides nombreuses et fines, villeux furfuracé, brun 
noir. Lames adnées au sommet du pied, linéaires^ étroites, ser- 
rées, noirâtres. Spores noires pourprées, ovoïdes obtuses, S-io 
X 6 f*, pourvues d'une gouttelette au centre. Stipe grêle, cyiin- 
dracé, émergeant d'un disque mycélien jaunâtre et villeux. 

Sur du fumier de cheval (n" 52). 

Plante marcescente ; chapeau large de 15 millim., stipe long 
de 3 centîm. environ, épais de 2 millim. 

15. Polyporus Tricholoma Mtg. Cent. I, n" 53. — Sur les 
troncs (n" i). 

Pores anguleux, 130-160 ," de diam.; cloisons mesurant 
30 /* d'épaisseur. Spores ovoïdes, incolores, lisses, à deux gout- 
telettes, 6-7 X 3-3 fi. 

16. Polyporus stipitarius Berk. et Curt. Journ. Lin. 
Soc. X, p. 304. — Avec le précédent (n" i"). 

Spores ovoïdes, lisses, incolores, à deux gou tel te , 8-k>>. 

17. Polyporus flavescens Mtg. Ceut. \ II, .>. 30. — .\u. 
pied des arbres (n" 14). 

Spores incolores, ovoïdes, lisses, 8-9 X 3 f*. 

18. Polyporus Aiiberianus Mtg. Sylloge n'soo. — Sur 
tronc de Magnolia Phtinieri. 

19. Polyporus scruposus Fr. Epicr.^. 473 (P. isidioïdes 
Bk., P. gtlvus Schw.). — Sur les souches de différents arbres 
(«<■ .8). 

20. Polyporus licnoîdes Mtg. Cuba p. 401. — Troncs 
d'arbres (d" 49). 

21. Polyporus hirsutus Fr. Syst. Myc. I, p. 367. — Sur 
divers arbres {Caryophyltus aromaticus, Bois lézard, etc.) 
(n°" 20, 29). 

32. Polyporus pinsitns Fr. Epier, p. 479. — Bois mort 
(n" 43)- 

23. Ganodenua lucidum (Leyss.) Krst. — Troncs d'ar- 
bres (d' 16). 

Nos spécimens sont remarquables par l'abondance des spores 
qui couvrent la face supérieure du chapeau : en certains points 
la couche atteint i centîm, d'épaisseur. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



N. Patouillabp. — FragtH^nlS mycologtqius. n,x- 

24. Poria cameo-pallens Bk. var. chterea. — Sur le bois 
mort, à terre (n" 12). 

Semblable au type, mais d'une couleur cendrée qui passe au 
rougeâtre par le froissement. 

35. PoriaobducensPers. J/^f. £'»»'. 3,p. lo^ivaicamea. 

— Sur les troncs de Cyathea arborea (n° 24). 

a6. Poria ferruginosa Fr. Syst. I. p. 378. — Troncs 
pourris (n"' 50, 62). 

37. Glœoporus conchoides Mtg. Syll. n" 561. — Form& 
résupînée, sur racines des arbres morts (n° 40). 

38. Lenzites repanda Fr. Epier, p. 404. — Sur les troncs 
(n» 19). 

39. Trametes sepium Berk. , Dsedatea Rav. Fung. Car; 
fàs. L n* 31, — Sur Spondias Mombin. 

30. Trametes hyduoides Fr. Epier, p. 490. — Sur les 
troncs (n" 63). 

31. MyrîadoporusDussiiPat. ^»//. Soç.myc.Fr.i'i^^. 

— Troncs d'arbres (n" 17), 

Forme vésiculaîre de P. igniarius ou de P. marmoratus. 

33. Dsedalea Burserae Pat. nov. sp. — Largement ré- 
supiné, tuberculeux; marge parfois réfléchie en petits cha- 
peaux bruns en dessus; tissu brun très mince. Pores très étroits, 
serrés, allongés, sinueux, contournés, à cloisons obtuses et épais- 
ses. Hyménium d'abord recouvert d'une pruine jaune citron, 
puis glabre et brun noir. 

Sur le bois pourri de Bursera gummifera (n" 38). Cette 
plante se distingue aisément de toutes ses congénères par la 
pulvérulence jaune qui recouvre les cloisons de l'hyménium. 

33. Stereujn ûisciatum Schw. Carol. n° 1013. — Sur 
les troncs (n" 57). 

34. Sterenm macrorrhiznm (Lev.) Champ, Mtts. p. 146. 
■"— Sur le bois pourri dans la terre (n° 34). 

35. Auricnlaria polytricha Mtg. Fr. Fung. Nat. p. 26. 

— Sur Magnolia Plumieri (n° 37). 

36. Quepinlopsis fissus (Berk.) Fung. BHt. Mus. p. 383. 

— Sur bois pourri (n" 33), 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



3*3 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Dans DOS spécimens, les spores ont l'aspect ordinaire, mais 

on peut observer un certain nombre de celles-ci qui sont septées 

dans leur partie moyenne ; quelques-unes d'entre elles ont même 

un léger étranglement à la cloison. Dans le genre 

W ^ Guepim'opsis, la présence ou l'absence de cloisons 

"M ^ "^^"^ ^^^ spores ne nous semble pas un caractère 

spécifique suiBsant ; aussi nous pensons que le G, 

S^Sm^i. P^^'^fi (Tul.) dont les spores sont septées n'est pas 

distinct du G. tnerulinus (Pers.)^ du reste le port 

de ces deux plantes est absolument identique. 

37. C3rathus microsporus Tul. — Sur le bois pouiri 

K 33)- 

Cette plante réduite en poudre est employée comme aphro* 
disiaque par les indigènes. 

38. Asterina pellîculosa Berk., mélaogée à un Capno- 
diufn stérile. — Sur feuilles vivantes de Sysygium calyptrantkes 
K6). 

39. Hypoxylon rubiginosum Fr, Sum. V. S. p. 384. — 
Sur écorce de Sursera balsainifera (n" 10). 

, 40. Hypoi^lon serpens Fr. Sum. V. S. p. 384. — Avec 
le précédent. 

41. Hypozylon margiaatum Berk. Cub. Fungi n" 830. 
— Sur bois mort (n" 53). 

42. Daldinia vemicosa Ces. et de Not. — Sur tronc de 
Pst'dtum {a" 66). 

43. Xylaria comuta Fr. forme cotùdifère. — Sur bois 
pourri provenant de France (n° 31). 

44. Valsa congesta Pat. nov. sp. — Férithèces noiis, 
ovoïdes, étirés en un long col, droit 
ou flexueux, groupés en nombre 
considérable, à peine immergés 
dans le support, longs d'environ 
3 millim. Thèques clavifonnes, 
courtes (20 X 4-5 f ) à 8 spores. 
Spores incolores , cylindràcées , 
dourbées (4 X i f»). 

Sur tronc pourri et déccxtiqué 
de Mangifera indica (d* 7). 




- d. Tbèqi 



D,g,tza:Jb.GOOgle 



A propos du Omgris botanique. 343 

45. N»ctria rbytidospora Pat, n. sp. — PérUhèces très 
petits {1/3 mîUîm.), ovoïdes, lisses, papilles au sommet, mous, 

orangés rouges, épars ou groupés par 3-4. Thèques 
' ^ cylindracées à 8 spores unisériées. Paraphyses nulles. 

tA Spores incolores, ovoïdes, divisées par une cloison 
^ moyenne en deux loges un peu inégales, étranglées à 
Nictrta i* cloison, couvertes de stries longitudinales fines et 
'^To^* serrées (13-16 X 6-7,-). 

Parasite sur l'espèce précédente. 

46. Trîblidiella ruftila Sacc. — Sur brindilles pourries 
(D"S). 

47- Fuligt> septîca Rosttki. — Sur la terre et les débris 

(■■•65). 

48. Stemonitîs flxsca Rostfkt. — Sur le bois mort^n" 45). 

49. Stilbum cinuabarinum Mtg, — Sur écorce de bois 
dur, pourri (n* 61). 



A propos du Congrès botanique. 

M. Tabbé Hy nous prie de communiquer à aos lecteurs, la lettre 
ndvaitte ; 

Monsieur le Directeur et cher Confrère, 

Permetlez-raoi de soumettre à vos lecteurs deux mots de réponse à 
la lettre de M. Bureau, insérée au dernier numéro de votre Journal. 

Le savant professeur du Muséum, président de la commission 
chargée de diriger, au dernier Congrès botanique, la discussion rela- 
tive à la répartition des espèces végétales, ne discute aucun des argu- 
ments, aucune des conclusions de la note où j'ai eu l'honneur d'appré- 
cier les travaux de cette commission. Il y relève seulement denx 
iaits, dont il conteste l'exatitude, et formule un seul reproche, auquel il 
me sera facile de répondre. 

Le premier fait contesté est relatif au mode de convocation du 
Congrès, Il est indiscutable que la formule de convocation ne faisait 
aucune mention de Congrès Hiternaiional. C'est tout ce que j'ai dit et 
voulu dire. Du reste, il ne m'appartient point de juger cette question 
purement nominale, à laquelle je faisais une simple allusion de quatre 
lignes. 

Le deuxième lait est relatif au mémoire de M. Drude. U est incon- 
testable — que le mémoire était annoncé dès le commencement du 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



J44 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Congrès, avant la fixation de l'ordre du jour; — que toute la discussion 
s'est faite et terminée, que les résolutions ont été votées , sans qu'on 
ait lu le mémoire. L*a-t-on lu plus tard, après la question vidée, dans 
une dernière séance de clôture? Cela est possible, maïs est-ce suffisant? 
Le public jugera. 

Quant au dernier reproche de n'avoir pas développé en séance les 
critiques que je me suis permises plus tard, ni exposé le système de 
cotation qui a lait le véritable objet de ma note, voici ce que j'ai à 
répondre : 

Les objections principales, au nombre de trois, que j'ai relevées 
dans ma note, ont toutes été formulées en séance, mais la Commission 
n'en a tenu aucun compte. 

i"Le R. P. Pâque a essayé de montrer le défaut capital du système 
adopté, en faisant ressortir le nombre excessif des cartes rendues né- 
cessaires. 

2° La nécessité d'attirer spécialement l'attention des observateurs 
sui un groupe limité de végétaux a été signalée par M. le ly Cosson, 
de l'Institut, qui a proposé notamment les arbres forestiers comme 
sujet très convenable pourles premières recherches. Ce fait est d'autant 
plus digne de remarque que M. le D' Cosson s'était vu associer, à la 
dernière heure, à la Commission d'initiative, désireuse sans doute de 
compter dans ses rangs un membre aussi compétent, mais moins sou- 
soucieuse, peut-être, de mettre à profit son expérience. 

3" Sur la question délicate de l'échelle à adopter, j'ai eu l'honneur 
d'exposer en séance mon humble avis, en proposant un quadrillé basé 
sur les coordonnées géographiques, ce qui éliminait tout désaccord, 
chacun restant libre d'adopter les proportions qui lui conviendraient 
pour les cartes. Au fond, le système de notation que j'ai eu l'occasion 
d'exposer depuis n'est que le développement de cette idée. 

Ces diverses observations seront-elles consignées au procès- verbal? 
C'est ce que nous montrera seulement la rédaction définitive des actes 
du Congrès. 

Ce qui est certain, c'est que, pour ma part, ayant formulé l'obser- 
vation précédente à la séance du mercredi 21 août, je n'ai pu m'assurer 
si l'on en avait tenu compte dans le procès-verbal, par la raison que 
lecture n'a pas été faite de ce procès-verbal au commencement de la 
séance suivante du 33 août. 

Agréez Je vous prie, M. le Dlretenr, l'assurance de mes meilleurs 
sentiments. 

F.-C. Hy. 

L* Gértml .* Louis Horoi. 



D,g,tza:Jb.GOOgle 



3* ANNEE N* ii i" NOVEMBRE iS8ff 

JOURNAL DE BOTANIQUE 

Directeur : M. Louis MOROT 
NOTES SUR LE GENRE TRENTEPOHLIA MARTIUS 

Par H. P. HARIOT 

Parmi les Chlorophycées, il en est quelques-unes, réunies sous 
le nom de Trentepohliacées , qui présentent un intérêt tout spécial 
par leur habitat, leurs caractères organoleptiques et, par dessus 
tout, par le rôle qu'elles jouent dans la composition des Lichens, 
Elles croissent partout autour de nous, sur la roche la plus 
aride, sur les plantes aquatiques, sur les feuilles aussi bien que 
sur les rameaux des arbres ; on ne saurait gratter une écorce 
sans en découvrir quelqu'une (i). Elles constituent la portion 
gonidiale d'un grand nombre de Lichens. Dans certains d'entre 
eux, même, les Trentepohh'a existent encore assez purâ pour 
qu'on puisse percevoir l'odeur caractéristique de violette qu'ils 
répandent et déterminer leurs caractères spéci6ques. Leur ancien 
nom {Chroolepus) est employé actuellement pour désigner une 
variété de système gonidial (gonidia chroolepoideà) (3), Qui plus 
est, cenains Cœnogont'um ne sont Lichens que de nom ; l'examen 
microscopique montre qu'ils sont entièrement formés d'une 
Algue parfaitement pure {Cœiwgonùim confervoides, di'alep- 
tum, etc.). 

Leur place dans la classification est à côté des Cladoplwra^ 
dont ils ont le faciès général, mais dont ils s'éloignent par leur 
coloration habituellement plus ou moins vive, leur station pres- 
que toujours terrestre, leur mode de fructification, 

t. ■ Les Trentepohlia prospèrent dans des circonstances où 00 n'aurait pas cru 
leur présence possible et j'en ai rencontré jusqu'au bord immËdial de la mer, sar 
des bois baignés par l'eau salée. - Bornel, ReckercAes sur ies gonidies des Zj- 
cluns (Ann. se. nai. 3. XVII. 1873, p. 51;.). 

Lyngbye a rencontré le T. aurea sur des morceaui de bois submergés dans 
les lacs de la Suède et M. Farlow, dans les nf^mes conditions, aux États-Unis. 

3. Nylander, De gonidiis et eontm formis diversis animadversùmes. (Flora, 
p. 358. ï877-) 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



346 JOURNAL DE BOTANIQUE 

L'odeur de violette doat ces Algues sont douées peut se ren- 
contrer dans toutes les espèces quand elles sont fraîches ou es 
bon état de conservation ; un long séjour en herbier ne les en 
prive pas toujours, car des échantillons du Tr. polycarpa, récoltés 
il y a plus d'un siècle (en 1767) par Commerson dans le détroit 
de Magellan, la laissent encore percevoir quand 00 les mouille. 
En Europe, le Tr . Joltlhus c:st particulièrement connu sous ce 
rapport, d'oii son nom et les désignations de VeiUkenntûos, Veil- 
ckenstein, dont il est affecté dans les parties montagneuses de 
l'Allemagne où on le rencontre. Le caractère tiré de l'absence 
ou de la présence d'odeur ne saurait être considéré comme 
sérieux, et devra être rejeté de la classi6cation. 

La couleur ne paraît pas non plus devoir entrer en ligne de 
compte, du moins pas autant que l'ont admis la plupart des algo- 
logues. La coloration varie dans la même plante avec l'état de la 
plante elle-même, avec le mode de conservation et de dessicatîon. 
Sur le vivant, elle diffère absolument de celle que revêtira la 
plante sèche. Le T .polycarpa, plus connu sous le nom de T.fiava, 
dans la nature est coloré en orangé vif; dans les herbiers, il est 
toujours jaune ou verdàtre. 

En6n un caractère, sur lequel on a beaucoup trop insisté, doit 
être énergiquement rejeté : c'est celui qui a été tiré de l'aspect 
de la membrane cellulaire. Dans les espèces européennes ( T. au- 
rea et surtout T. Joh'ihus)., cette enveloppe est presque tou- 
jours plus ou moins striée en spirales ; dans le T. polycarpa, c'est 
presque l'exception de trouver la plante à l'état normal. Cet 
aspect a été généralement mal interprété ; ou bien on en a tiré 
des caractères spécifiques, ou bien on y a vu des hyphes, hyphè- 
ineSy etc. et on a pris les échantillons ainsi déformés pour des 
productions lichéniques. La moindre observation attentiyie et 
l'emploi prudent des réactifs (chloroiodure de zinc, acide phos- 
phorique iodé) montrent nettement ce qu'il en est. Les plantes qui 
croissent dans les lieux arides, exposées à de longues intermit- 
tences de sécheresse et d'humidité, présentent habituellement 
cette déformation qui en change totalement l'aspect : la mem- 
brane cellulaire forme alors un sol artificiel qui est on ne peut 
plus propice au développement et à la germination de spores de 
Champignons- ou d'Algues inférieures. C'est pour avoir mécotuiu 
l'importance de ce caractère et sa véritable signification, qu'un 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



p. Habiot. — Noies sur le genre Trentepohlia Mariius. 347 

certain nombre de Cœnogonitim ont été publiés (C. corriigaium, 
cancellaium, etc.). 

Puisque j'en suis à parler des Cainogonium.y^a profiterai 
pour faire observer qu'il faudrait se garder de considér4^ tomme 
Lichens tout ce qui a été décrit sous ce nom. S'il est de vrais 
Cœfwgomum à gonidies revêtues par des hyphes de Champi- 
gnons, pourvus d'organes de fructification (apothécîes), il en est 
d'autres dans lesquels on rechercherait vainement ces caractères. 
Les descriptions des lichénographes indiquent en effet des 
Lichens de ce genre avec la mention « absque hypkis obducenti- 
bus » ; ce sont des Trentepohlia purement et simplement, sur 
lesquels j'aurai plus loin l'occasion de revenir. Le nombre est de 
plus en plus rare chaque jour des botanistes qui admettent encore 
que les ChrooUpus, Sirosiphon^ etc . , quoique non envahis par 
des filaments fongiques, sont des Lichens, stériles il est vrai, 
mais malgré tout des Lichens (1). Cette singulière théorie revien- 
drait à considérer les Algues les mieux caractérisées et les 
Lichens comme appartenant à un même groupe de crypto- 
games. 

On s'est beaucoup occupé, depuis quelques années, des végé- 
taux de cette famille. On a surtout étudié leurs formes à thalles 
rayonnants ou flabelliformes, si élégantes, si remarquables et 
encore si peu connues au point de vue de leur développe- 
ment (2). Les Trentepohlia n'ont pas été délaissés pour cela ; 
de nouvelles espèces ont été décrites ; on a cherché à suivre 
leur évolution, mais d'une manière qui ne satisfait pas complète- 
ment l'esprit. N'a-t-on pas dit, en effet, sans preuve à l'appui, 
que le Protococcus caldariorum n'était qu'un état uniccllulaîre du 
développement du T. lagenifera Hild, ? 11 est également certain 
que des protonemas de Mousses ont pu être confondus avec des 
Algues appartenant au groupe des Trentepohliacées (Gongro- 

• I. Haud pauca alia gênera sxpissime quoquesotumthallo sterili occurrunc, sic 
• quoad plurimas specles : Scylonenta, Sirosiphou, Chroolepus, Gongrosîra, go- 

■ nimiis et gonidiis iaier se valde dissimilia, Algis vulgo relata : sed apoihecîa 

■ lichenea apud certas species habent, (araquam in scripiis meis variis indicavi ». 
Nylander, Lichenes FuegUa el Falagonlx, p. 19 (:i)B8}. 

a. De Toni, Sopra un nuovo génère di Trenlepokiiacee (Notariaia, Ilf, p. 581, 
1888); Id., Inlomo ail' identita del Phyllaclidium iropicum con la Hansgirg-ia 
OabeUigera (Reod. R. Ac. Lincei, IV, 9, 18BH). — De Wildemao, Oiservatiaas sur 
quelques formes d'Algues terrestres épiphytes (Bull. Soc. Roy. Bot. Belgique, 
XXVII, p. 119, 1888); Id. Encore quelques mois a propos de /'Hansgirgia Ilabei- 
Ugera (lot:, cit., XXVUI, p. 34, 1889). . 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



348 JOURNAL DE BOTANIQUE 

stra ericeiorunt, Treniepoklia ilicùola, Chroolepus jticnndus 
d'après M, Hansgirg) (i). 

K m'a paru intéressant de tracer une monographie de ce 
genre polymorphe, sur lequel tout n'a pas été dît, tant s'en faut, 
et de publier les observations qu'il m'a été donné de faire siu* les 
nombreux échantillons d'herbier qui sont à ma disposition et sur 
les types authentiques qui m'ont été communiqués. 

Il ne me semble pas inutile de faire brièvement l'historique 
des espèces qui composent le genre Trentepahlia, Fondé en 
1817 par Martius (Flora erlangensis p. 351) pour le Byssvs 
aurea, ce genre fut rapidement adopté par C. Agardh (Sysiema 
Algarmn, 1824), mais avec adjonction d'Algues appartenant à 
une toute autre classe et au genre Chantransia. En même temps, 
C. Agardh créait le genre Chroolepus, qui se trouve faire double 
emploi et doit par suite être supprimé. Le Systenta Algarutx. 
indiquait sept espèces : Ck.Jolitkus, connu de Micheli dès 1739 
et de Linné; Ch. odoratus, également cité par Micheli et par 
Lyngbye(i8i9); Ch. lichenicola (Engîish botany^ t. 1609, 1808); 
Ch, rubicundîts (Roth Catalecia, 3. p. 298. 1806); Ch. cobcU- 
tigineus (Wûllfen in Jacquin Collectanea 2. p. 175, 1788); Ch, 
eùeneiis Micheli et Dillwyn et enfin le Trentepohlia aurea 
que signalaient Morison dès 1672 et Pétiver en 1702. En 
1836, Nées et Montagne décrivent leur Trentepohlia poly- 
carpa;en 1841, Hookeret Arnott font connaître la même plante 
sous le nom de Mycinema } fiava. Kûtzing, en 1 843, fait paraître 
son Phyeologia generalis où, en outre des espèces d'Agardh, il 
décrit les Ch. umbrïnus, kercym'cus, rupestris, sulphuretts, les 
variétés glomeratus, tomentoszis et alpinus du Ch. aureus, 
Ch. periivianus, flavus et villosus et le Proioçoccus ujnbrtmtsf^i 
plus tard est rentré dans la synonymie. Deux ans plus tard, 
en 1S45, le Phyeologia gcrmanica du même auteur renferme 
comme nouveautés les Ch. abietimis, velutinus, oleifertis, les 
■variétés pulvinatus, t'ncrassaius et lanostis du Ch. auretis, et 
Protococctis crustaceus, nouvelle désignation du Prot. umbrinus 
du précédent ouvrage. Le Sfecies Algarum, publié en 1849, 
contient toutes les espèces précédemment citées et en plus les 
Ch. cœnileum, riparium, irregulare, odoratum ?> aurantiacum, 

1. Haaaffirg, Ueàer TTentepoklia (Flora, p. 81, 18S7). 



D,g,tza:Jb.GOOgle 



p. Hahlot. — Noies sur le genre Trenlepohlia Martius. 349 

Jiavtim- p rigidulutn. Parmi les espèces douteuses ou peu connues, 
sont énumérés les Ch, fnelœnum, Arttottn, rubicunduvt, nteso- 
mêlas-, cobaHîgîneum, Uchemcola et iticicoîa. 

Flotow,en 1850, fait connaître le Ch.} Kœrèeri, et Montagne, 
en 1852, dans le Flora chtletta, donne les caractères distinctifs 
de son T. Tuckemianniana. En 1854, dans le quatrième volume 
des Tabulai phycologicse , Kûuing figure une partie des Algues 
énumérées dans son Species et décrit une nouvelle espèce, le Ch. 
momlifortne Naegeli. 

Puis viennent le Ch. cùterascens Montagne, 1856; le Ck. chi- 
nensis Harvey, 1859 ; le Ck. lageniferus Hildebrandt, 1861 ; le 
C^.^^-dc/ZeRabenhorst, 1S63, et, indiqué seulement de nom par 
Itzigsohn, en 1868, le Ch. megalorrhynchutn. 

Le Flora europiea Algarum de Rabenhorsi (1868) renferme 
deux nouvelles espèces, les Ch. Bleischii çxjucutidîts; M. Gobi, 
en 1 87 1 , publie un très intéressant mémoire sur les Chroolepus et 
décrit le Ck.uncinatus.'UHedwigia de 1883 énumère les Algues 
nouvelles rapportées de l'Inde anglaise par Kurz et énumère six 
espèces de Chroolepus : Ch. botryoides, elongatunt, fusco^ 
airum, tenue, Kursn et calamicola. 

On voit ensuite paraître : en 1874, le Ch. sinense de Raben- 
horst; en 1875, le Ch. polyarihrum d'Al, Braun et lesC^. ento- 
phyticus fX-muscùolaà.t.^A. Reinsch; en 1876, le Ck.capitellaius 
Ripart ; en 1878, le Ck. Bleischiiv. Piceai Wille, le Ch. siibstm- 
Plex Caspary etle Ch. ntontis-tabulx Reinsch. Nordstedt décrit, 
en 1882, une très curieuse espèce du Brésil le Tr. pleiocarpa ; 
M.Hansgirg,eni886,le Tr. IVilleana, eniSSSlcs Tr. ffilnschti 
et de Baryana; M. de Wildeman, en 1888, les Tr. Lagerkeimti , 
mom'h'a, torulosa et diffusa. Enfin, M. Farlow, en 1889, a 
distribué sous le N° 202 des Algse Ainericêe borealis exsiccatse , le 
Tr. setifera dont la description doit prochainement paraître, et 
MM. Wittrock et Nordstedt le Tr. recurvaia (Algse aquse dulcis 
exsiccatse. 19, n" 914). 

EnfinM.deToni,dansson^//c^iî^/fi2ra/«(I.p. 235 et 261), 
énumère 37 espèces de ce genre et en exclue 8 ; avec quatre 
autres plantes qui n'y figurent pas, on se trouve donc actuelle- 
ment en présence de 41 espèces, nombre qui sera certainement 
modifié par suite de plusieurs réductions et de quelques aug- 
mentations. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



350 JOURNAL DE BOTANrQUE 

Comme toutes les Algues vertes, les Treftiepoà/t'a sont des 
planteséminemment polymorphes; aussi ne faut-il pas s'étonner 
si les espèces ont été à ce point prodiguées. Quels sont donc les 
caractères sur lesquels oo peut les baser? Il ne faudrait pas tout 
d'abord accorder une trop grande confiance à la disposition des 
zoofporanges, qui peuvent être, dans une même plante, latéraux, 
sessiles ou pédîcellés, terminaux ou supponés par des cellules 
qui ont pris une forme spéciale f'T. UfUinata, pleiocarpa, etc.)i 
ainsi que le prouvent les recherches de M. de Wildeman et mes 
propres observations ; la dimension de ces organes est également 
fort variable. C'est à la forme des cellules du thalle qu'il faut 
avoir recours, à leurs dimensions relatives suivant les deux axes ; 
c'est là qu'on trouvera les données les plus sures pour l'établisse- 
ment des espèces ; ces cellules peuvent être cylindriques, toru- 
leuses, moniliformes ; l'extrémité des filaments et des rameaux 
peut aussi fournir de bons caractères; quant à l'épaisseur de la 
membrane, elle ne saurait entrer en ligne de compte : elle varie 
avec l'àgc et l'exposition. Certaines espèces présentent en outre 
une difi"érenciation tranchée entre les filaments horizontaux, ram- 
pant à la surface du substratum, pouvant même constituer un 
disque, et les filaments dressés qui en proviennent : ces caractères 
ne sauraient être passés sous silence. 

Je diviserai donc les Trentepohlia que j'ai étudiés en : i" Es- 
pèces à cellules cylindriques ; 2' Espèces à cellules toruleuses ou 
monilifonnes . Je ferai remarquer que la plupart des plantes à longs 
filaments se rencontrent dans le premier groupe, tandisque celles 
qui se développent en couche pulvérulente ou peu saillante peu- 
vent être généralement comprises dans le second. 

^ (A suivrez 

LA VÉGÉTATION A 165 LIKUES DU POLE NORD 

Par M. Ed. JARDIN 

En publiant, dans un autre recueil (i), la liste des plantes 
recueillies par l'expédition du lieutenant Greely dans la baie de 
Lady Franklin, nous l'avions fait précéder de quelques obser\'a- 
tions sur la végétation polaire. Cette liste était suivie de notes 
succinctes sur chacune des plantes ramassées autour de la 
1. BuUclin de la Société botanique de Franct, séance du 31 mars 1889, 



D,g,tza:Jb.GOOgle 



Ed. Jardin. — La végitalim à i6s iltues du pèle Nord. 351 

Station de l'expédition. Des motifs particuliers ont empêché 
cette seconde partie de notre travail de paraître dans ce recueil ; 
nous la donnons ici telle qu'elle avait été préparée. 

Mats avant, il nous semble utile de dire, en quelques mots^ 
ce que c'était que cette expédition. 

En 1881, une convention avait été passée entre les princi* 
pales nations maritimes d'Europe et d'Amérique, pour organiser 
des missions charg'ées de faire des observations météorologiques 
et magnétiques dans les régions les plus voisines des deux pôles. 
L'expédition préparée par les Etats-Unis, et composée de 
24 personnes, était commandée par le lieutenant Greely. Elle 
s'établit dans la baie de Lady Franklin, autour du fort Conger, 
par 81° 44' de latitude N. et 67° 18' de longitude O., le 13 
août 188a. Malgré toutes les précautions prises, le personnel, 
à bout de ressources, quitta le fort le y août 1883, et le peu de 
survivants, 7 seulement, put être rapatrié (i). 

Les plantes recueillies autour du fort et dans la baie de Lady 
Franklin ont pu, heureusement pour la science, parvenir aux 
Etats-Unis. Elles ont été déterminées par le savant botaniste 
docteur Georges Vasey, et elles sont actuellement déposées au 
Muséum d'Histoire naturelle de l'institution Smithsonienne à 
Washington, 13° département, n° 16064 (2)- 

FKANÉROGAMES 

1. Ranunoulus nivalis R. Br. — Croît depuis le bord de la mer 
jusqu'à 1800 pieds. Il s'élève de 5 à 6 pouces. C'est une des grandes 
plantes de cette terre de glace. Martins l'indique au cap Nord, dont le 
sommet le plus élevé est à 50S mètres au-dessus du niveau de la mer. Il 
végète aussi au Labrador, au Spitzberg, autour de rAlteofjord et dans 
les montagnes Rocheuses. 

2. Rauunculus afflnisR. Br, — Mime station. Cetteplante atteint 
jusqu'à 6 pouces. Torrcy et Gray l'indiquent au détroit de Koizebue 
etàl'îleMelville. 

Dans la Nouvelle-Zemble, par 68*76' de latitude N., on compte 
10 Rcnonculacées. 

3. Papaver nudicaule L. — Quelquefois toutes les fleurs sont 

I. Pour plus de détails, consulter Dans Us Glaces arctiques, journal de la 
nisûoD au pôle Nord, du lieut. Greely. Librairie Hachette, Paris, 

I. Le docteur Vasey en a publié la liste dans le Bofaaical Gasetle, vol. X, 
1SS5, p. 364-5C>6, et le général Greely l'a publiée de nouveau avec notes, comme 
appeiidice 11", dans son livre : Three years 0/ Arclic sea {Note du secrêtaire-od- 
joini de la Société Smllksonienne). 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



353 JOURNAL DE BOTANIQUE 

blaaches. Indiqué dans la Flore des États-Unis comme existant dans le 
Labrador, l'Amérique arctique, à Unalaska. Il existe dans la Sibérie 
au Spïtzberg et dans les montagnes du Finmarck. D'après de CandoUei 
deux espèces seulement appartiennent à la Sibérie (i). 

4. Coohlearia offloinalis L.? — De i à 3 pouces de haut. Cette 
petite plante a été trouvée au cap Nord, dans l'Amérique arcdque, 
autour de l'Altenfjord.La var. ^est le Cochlearia groenlandica à& Wi- 
thering. 

■5. Braya alpins Stenb. et Hoppe, v. glabeHafB.purpurascerts'^. 
Br.). — On trouve celte espèce sur les parties les plus glacées des mon- 
tagnes de Carinthie et de Laponie. Une variété est indiquée dans les 
montagnes Rocheuses, Est-ce la même que le B. glabella de l'Amé- 
rique arctique, dont fait mentioD Richard, dans le journal du voyage 
de Franklin? 

6. Vesicaria arotloa Ricb. — Croit depuis le bord de la mer jusqu'à 
une altitude de 1000 pieds. Les plus grands échantillons ont 4 pouces 
de haut et 6à 7 pouces de large. C'est VAlyssum arciicum de Worms- 
kiold, indiqué dans l'Amérique britannique depuis le Canada jusqu'aux 
régions arctiques, et dans l'ile d'Anticosti. 

7. Parrya arenioola Hook. f.? — N'est pas indiqué dans la Flore 
des États-Unis de Torrey et Gray, qui mentionnent les P. macrocarpa 
R. Br. et artica E. Br. 

8. Eutrema Ed'warsii R. Br. — Est signalé dans l'Amérique arc- 
tique et dans l'île Saint-Laurent. Ledebours l'indique dans le « Flora 
Rossica ». 

9.Clieiranthuspygmœu8Adans.{/fM/tfrïJ-/Kf'W'^«jHook.). — Se 
trouve depuis 50 jusqu'à 1000 pieds d'altitude. Les échantillons recueil- 
lis sont jeunes et presque tous de moins de 2 pouces de haut. Le pins 
grand a 6 pouces. Quelques pieds portent la tige et les siliques des 
années précédentes. La Flore des Etats-Unis signale cette espèce dans 
l'Amérique arctique et au détroit de Kotzebue. An id ac H. pygmceaSà- 
vigny, Encycl. metk.'î 

10. Draba hirta L. (D. ardica Wahl.). — Atteint de s à 3 
pouces de haut. Le D. kiria Sm. (nonLinn.) est le D. ruptstris 
d'Aiton. Les D, hirta FI. dan. et muriceila Whlbg. en sont voisins. 
La Flore des États-Unis indiquecette espèce dans l'Amérique arctique 
et subarctique, au détroit de Kotzebue et dansles montagnes Rocheuses. 
On l'a recueillie autour de l'Altenijord. 

11. Draba rupestrisR. Br, — Torrey et Gray indiquent cette es- 

I. M. Vio-ay {Soc. bot. de France, la avril iSgç) poKède cette plante delà 
Nouvelle-Zemble, des Alpes de Dovre, des montagnes de Laponie voiaines du 
lac Smandca et du Groenland. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



Ed. Jardin. — Z« vtgitaliimà tif^ litues du pôle Nord. 353 

pèce daas les montagnes Rocheuses, et ajoutent qu'elle ne se distingue 
pas bien du D. hirta^ var, 4 de Hooker (2* voy. dé Parry). Il y a beau- 
coup d'incertitude au sujet de la détermination de ces petites espèces. 
13. Draba alpina L. — Etait en fleurs le 16 juin. Les auteurs de la 
Flore des Etats-Unis distinguent dans cette espèce : a sillques glabres, 
P siliques velues, y fleurs blanches, 8 fleurs jaunes. Elle se trouveàlile 
Melville, sur les rivages de la mer Arctique et dans le détroit de 
Koizebue. 

13. Lyohuis apet&la L. — Depuis le rivage jusqu'à 1000 pieds 
d'altitude. Les échantillons ont de i à 5 pouces de haut, et portent 
rarement i à 3 fleurs. Cette plante existe au Spitzberg (lat, 79" 55'), au 
Groenland, au Labrador et dans la baie de Baffio. 

La liste du lîeutenanlGreely ne signale pasle5'î7e//*(ïirii«/tr, plante 
essentiellement hyperboréenne, qui a été vue en fleurs, par M. de 
Saussure, au milieu des neiges du mont Blanc (3470°' d'altitude). 

14. LyotinistrifloraR. Br. — Se trouve mêlé avec le L. apetala. 
La tige et les feuilles plus pubescentes ; le plus souvent i fleur, rare- 
ment 3. 

15. Arenaria groenlandioa Spriag.î — N'a été trouvé qu'en 
feuilles. 

16. Arenaria vema L. (non Ville) v. hirta^Alsiite verna Whlbg.). 
— Croît de 200 à 1000 pieds d'altitude. 

17. Cerastium alpinum L. (C. lanatum Lamk.?). — Indiqué au 
cap Nord, autour de rAltenfjord, et depuis le Groenland jusqu'à Sitka. 
Le type a deux variétés, l'une à feuilles et sépales presque glabres, 
l'autre (C. Fiszkerianum Ser. in DC.) velue, à poils plus rigides. La 
liste du lieutenant Greely n'indique pas ces légères différences. 

18. Stellaria loogipes Goldie, var. Bdwarsii T. et G, — On la 
ricolte dans la baie de Lady Franklin, depuis le bord de la mer jusqu'à 
1000 pieds d'altitude. Elle a de 2 à 4 pouces de haut. C'est le 5. Ed- 
warsii R.Bv., S. nitida et ovalifoliaf de Hooker. Elle est indiquée 
sur les rivages de ta mer Arctique, au détroit de Behring et dans les ■ 
montagnes Rocheuses. 

La Nouvelle-Zemble compte 14 Caryophyllées. 

19. Potentilla nivea L. — Se trouve depuis la côte jusqu'à 1000 
pieds d'altitude ; de 2 à 5 pouces de haut. C'est une espèce assez répan- 
due. Elle croit en Norwége, dansl'AUenQord, au cap Nord, en Sibérie, 
dans l'Amérique arctique. On ne l'a pas encore signalée en Islande. 
M. de Mohl l'indique au Lautaret, dans le DaUphiné, et dans une partie 
du Valais et du Tyrol, qui sont des terrains priraitife. Hooker [Bot. 
Mag.) décrit les difTérentes formes de cette espèce sporadlque, qui 
varie considérablement : les P. beionicmfolia Poir. et leucopkylla Pall. 
peuvent s'y rapporter. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



35* JOURNAL DE BOTANIQUE 

20. Pote&tJlla nivea L. var. guinaia Lange. — C'est le P. nivea 
Wahll^., qui croît autour de l'Altenfjord. 

21. Potentilla pulchella R. Br. — La Flore de l'Amérique du 
Nord indique cette espèce dans les îles de la mer Arctique et sur le 
littoral, entre les rivières Makcn^e et Coppermine. D'après R. Brown, 
ce serait le P. sericea de Gréville. 

{A suivre.) 



L'HERBIER ET LES MANUSCRITS D'ALBERT DE HALLER 
Par M. Ed. BONNET. 

Il existe, à U Galerie de Botanique du Muséum, un herbier assez 
important attribué à Albert de Haller, le contemporain et l'illustre ad- 
versaire de Linné; c'est tout ce que nous apprend une tradition soigneu- 
sement conservée, mais qui ne s'accompagne d'aucune preuve et reste 
muette sur les circonstances qui ont aroen^ cette collection de Berne à 
Paris. Les archives et les registres du Muséum gardent, sur ce sujet, 
le même silence ; quant aux deux auteurs qui se sont plus spécialement 
occupés de l'histoire des herbiers et des grandes collections publiques 
ou privées, les renseignements qu'ils nous fournissent sont loin de faire 
la lumière sur la question en lidge. 

Lasègue {Herb. Delesseri p. 342) affirme que « l'herbier du grand 
Haller est conser\-é à Milan » et M. Alphonse de Candolle {La Phyto- 
graphie p. 417), après avoir mentionné un seul herbier de Haller dé- 
posé à l'Université de Gœitingue, fait, remarquer que l'indication de 
Laségue doit être erronée: sur ce point, l'auteur de la Photographie a 
parfaitement raison, et j'ajouterai même que Laségue a vraisembla- 
blement puisé ce renseignement inexact dans un article anonyme 
de la Biographie Universelle (Suppl. tom, fJ6, p. 374). 

Que Haller ait composé un herbier pour l'Université dans laquelle 
il professa pendant 17 ans l'anatomie et la botanique, il n'y a là rien que 
de très naturel; mais il ne faut pas oublier que Haller, après avoir 
quitté Gottingue en 1 753, vint se fixer définitivement à Berne, sa pa- 
trie, et que c'est dans cette ville qu'il publia, en 176R, son ouvrage 
capital V Historié slirjiiiini indigeriavum He/veii/p; notre auteur avait 
dû nécessairement réunir, pour la rédaction de ce grand travail, une 
importante collection de plantes si'chcs. Que sont devenues ces collec- 
tions, doit-on leur identifier l'herbier conservé à Paris et, dans ce cas, 
par quel concours de circonstances le Muséum en est- il devenu proprié- 
taire? telles sont les questions que je me propose d'examiner et que je 
crois être en mesure de résoudre. 

Et d'abord, quelques mots sur la collection elle-même. L'herbîer 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



Ed. BoNNBT. — L'kerbieret Us manuscrils d'Alherl de Hallcr, 355 

attribuée Haller, forme 60 vol urnes io-folio de 47 cent, de haut sur33cent, 
de lai^e, à demi-reliure eu veau brun ; ctiaque volume porte au dos, outre 
im Dum^-ro d'ordre, l'indication de la classe ou du groupe, quelquefois 
des genresqu'il reufermc ; l'eusemble de ces iuscriptions donae la clef du 
sj-stème suivi dans l'arrangement de la collection et reproduit exacte- 
ment les grandes lignes et les principales divisions de la classification 
Hall^rienDC. L'iierbier dL-bute, comme VHistoria slirpiiim Hetvetim, 
par les PlanJpetaiïe (Cichoraccîc} et se termine par les Epiphyllo- 
spermae (Filices) et les Cryptogames cellulaires ; il présente, dans sa 
disposition générale, tous les défauts du système de Haller, c'est-à-dire 
qu'à c6té de quelques familles très naturelles il contient de nombreux 
groupes absolument artificiels. 

A l'intérieur de la plupart des volumes, on trouve un êx-libris 
anonyme mais très caractéristique ; c'est une élégante vignette qui var'e 
dans ses dimensions, dans sa forme et dans ses détails, mais dont le 
principal sujet exprime invariablement la même idée : au premier plan 
d'un paysage, une chenille, une chrysalide et un papillon les ailes dé- 



ployées; dans un cartouche, la devise « A'ow /^/n /^rïV ». Cette allusion 
à la vie future concorde parfaitement avec ce que nous connaissons du 
caractère de Haller, chrétien sincère, qui donna une édition delà Bible 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



3S6 JOURNAL DE BOTANIQUE 

€t prit la dCfense de la religion naturelle coutre La Metterie et de la 

révél a tioû contre Voltaire. 

Quant aux i^cliaotillons qui figurent dans la collection, ils pro- 
viennent (le divers pays de l'Europe centrale et septentrionale, du nord 
de l'Asie, du Canada, de plusieurs jardins botaniques, DOtamment de 
celui de Giiitiingue, mais les plantes de Suisse sont en grande majorité. 
Sur les étiquettes, j'ai relevé uQe strie de dates comprises entre les 
années 1732 et 1769; beaucoup ne sont pas datées; ces documents se 
divisent naturellement eu deux catégories : à la première correspond 
une série d'étiquellesaccompagnant les plantes reçues en<;changeon 
envoyées par des correspondanis, c'est ce qu'indiquent clairement les 
variétés d'écriture, le mode de rédaction et souvent les indications spé- 
ciales portées sur ces papiers. La seconde catégorie, la plus nombreuse, 
comprend des étiquettes d'une écriture fine, irrégulière et assez difScile 
à lire, dont les indications brèves, souvent même incomplètes, se rap- 
portent presque exclusivement à des espèces de Suisse et plus spécia- 
lement de la région Bernoise ; elles accompagnent les plantes récoltées 
par l'auteur de l'herbier et sont toujours dépour\Ties de signature. Ce- 
pendant, si l'on examine avec attention ces petits papiers, on ne tarde 
pas à reconnaître qu'ils ont été taillés dans des fragments de lettres et 
que quelques-uns portent encore au revers la suscription s Monsieur, 
Monsieur de Ilaller >, suivie d'un titre plus ou moins mutilé, mais 
qu'on peut, sans grande difficulté, restituer de la façon suivante : Direc- 
teur des salines de Or 03 sait que Hailef, de retour à Berne, 

exerça différentes chaînes publiques, judiciaires ou administratives, 
notamment celle de directeur des salines de Roche, et qu'il introduisit 
d'utiles perfectionnements dans l'exploitation de ces salines. 

Toutes ces particularités semblent, au premier abord, ne constituer 
que des présomptions; elles ont, en réalité, une importance capitale, 
comme il sera facile d'en juger par la suite de ce travail. 

Peu de temps après la mort de Haller, arrivée le 13 décembre 1777, 
les collections dépendant de sa succession furent achetées par Joseph H, 
empereur d'Autriche, et données à l'Université de Pavie; dix-huit ans 
plus tard, l'herbier et les volumes les plus précieux de la bibliothèque 
de Haller quittaient Pavie pourn'y plus rentrer. 

Dans la première moitié de l'année 1796, les commissaires de la 
République Française près l'armée d'Italie saisissaient dans les musées, 
dans les couvents el les universités des villes occupées par nos troupes, 
les objets d'art, de science et de curiosité qui leur paraissaient les plus 
dignes d'orner et d'enrichir les collections des grands établissements 
publics de Paris. Un article du Magasin Encyclopédique (2° année 1 796, 
tome 2, p. 276), dont les éléments sont empruntés au Moniteur Uni- 
versel, fournit, sur les prélèvements artistiques et scientifiques opérés 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



Ed. BoHNBT. — L'herbier et les manuscrils d'Albert de Haller. 357 

au nom de la République, de curieux renseignements que je crois 
d'autant plus utile de reproduire ici, qu'Us ne sont point entièrement 
étrangers à mon sujet : 

» Les commissaires du gouvernement à la recherche des objets des 
« sciences et arts ont adressé, au Directoire, la note des différents 
t objets de sciences et d'arts qu'ils ont recueillis et qui sont déjà en 
€ route pour la France 

« Les objets les plus importants pour les sciences sont Les ma- 

• nuscrits de Léonard de Vinci, L'herbier de Haller, en 60 volumes. 
f Trois ouvrages du même savant, avec les additions et les corrections 

■ de sa main. La collection des substances volcaniques recueillies par 
« Spallanzani. 

« La plus grande partie de ces objets est déjà à Tortone. Lescom- 
« missaires écrivent qu'ils font partir le reste pour la même ville, où 
« tout restera en dépôt jusqu'à ce qu'il soit décidé quelle sera la voie 
€ la plus facile et la plus siire pour le faire parvenir en France. • 

Après plusieurs mois et de nombreuses vicissitudes (i), les col- 
lections réunies par les commissaires français arrivèrent enfin à Paris 
et furent immédiatement réparties entre le Musée du Louvre, I3 Biblio- 
thèque nationale, le Jardin des Plantes et l'Institut; une note, insérée 
au Moniteur i/z/iferje/du Sfrimairean V {28 novembre 1796}, contient 
les détails les plus précis à ce sujet; c'est un document historique 
qui vaut la peine d'être mis sous les yeux du lecteur. 

« Notice des objets de sciences, d'arts et de curiosité arrivés d'I- 

< talie 

« Etat des caisses destinées pour le Jardin des Plantes : 1° L'her- 

< bier de Haller, en soixante volumes, provenant de l'Univecsité de 
« Pavic. 2° Une collection de substances volcaniques faite |>arSpallan- 

■ zani et extraite de l'Université de Pavie. 3" Quatre volumes de 
€ Haller et d'autres livres provenant de l'Université de Pavie, 4" Mi- 

■ néraux donnés par le P. Fini, de Milan ; deux aiguilles de crystal de 
« roche, provenant de la Bibliothèque Ambroisicnne de Milan; deux 
« cadres renfermant des lamelles de différents bois, provenant de la 
€ Société économique de Milan. Différentes graines de Milan. 5" Mi- 
« néraux provenant de l'Institut de Bologne. 6" L'herbier d'AIdro- 
f vande, en 16 volumes, provenant du même Institut. 7" Grande pierre 
€ de Florence, provenant de la Bibliothèque Ambroisienue de Milan. 
« 8" Collection de marbres et pierres fines, provenant de l'Institut de 
« Bologne. 9" Figures manuscrites d'AIdrovande, en dix-sept volumes, 

< provenant de l'Institut de Bologne. 

I. Voir pour plus de détails l'introduction placée en tête du travail de M. Ch. 
Ravaiseon-MolUen : l*S manuscrits de Léonard de Vinei; Paris iSSi, un 70I. 
U-foUo. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



àsB JOURNAL DE BOTANIQUE 

» Etat des caisses destinées pour l'Institut national :... Douze petits 
< manuscrits de Léonard de Vinci sur les sciences... Les tables anato- 
« iniques de Haller avec des corrections et additions de sa main. » 

Malgré leur importance et leur intérêt scientifique, ces collections 
ne furent point inscrites sur les registres du Muséum; cependant, les 
procès-verbaux des séances de l'assemblée des professeurs nous appren- 
nent qu'en 1815, tes objets provenant de l'Université de Bologne, ainsi 
que d'autres collections dont je n'ai pas à m'occuper en ce moment, 
furent rendus aux ayants-droit; toutefois, le procès-verbal qui constate 
cette restitution, le fait-il d'une manière tout à fait sommaire et sans 
entrer dans aucun détail. 

Malgré le laconisme des archives de notre grand établissement 
d'histoire naturelle, j'ai pu faire une constatation utile, à savoir que, 
tandis que la Prusse, la Hollande, les Etats-Poniificaux exigeaient la 
restitution de tous les objets de science, d'art ou de curiosité qui leur 
avaient été enlevés autrefois, l'empereur d'Autriche, donnant à ses 
co-alliés l'exemple d'une grande modération et d'un rare désintéresse- 
ment, renonçait spontanément à toute idée derevendication; bien plus, 
les registres de cette époque nous ont conservé le souvenir de deux 
visites que François II fit au Muséum, dans le but d'établir des relations 
d'échange entre le Jardin de Schœnbrunn et celui de Paris et de procurer 
â ce dernier un certain nombre de plantes rares qui manquaient dans 
ses cultures. 

Le Muséum et l'Institut conservèrent donc la paisible possession des 
collections saisies par le gouvernement de la République en Lombardie. 

Des trois ouvrages de Haller mentionnés dans le Magasin encyclo- 
pédique, deux furent attribués i la bibliothèque de l'Institut, où ils se 
trouvent encore ; ce sont les Icônes analomicœ (8 lascicules reliés en 
sept volumes in-folio) et la Bibliotheca aiialomica (3 tomes reliés en 
quatre volumes in-4) ; le troisième, représenté par les quatre volumes 
donnés au Jardin des Plantes, suivant la note du Moniteur, figure 
aujourd'hui sur le catalogue de la bibliothèque de cet établissement 
sous la cote B^ 13; c'est V Historia slirpium indigenarum Hehetis, 
Tous ces volumes sont inlerfoliés et chargés de notes de la main de 
Haller, qui a en outre apposé sa signature sur quelques-uns d'entre 
eux; à l'intérieur, ou trouve Vex-libris allégoriqueque j'ai déjà signalé 
,-. sur les fascicules de l'herbier con- 



serve à la Galerie de botanique, 
CL^ ^ /""^ avec la devise : non iota péril; 

' Lt ■^'i aueluues volumes sont en outre 



'' y^ avec la devise : non iota 

ù -"^ quelques volumes sont t 
/ ^*~-'^ munis d'un second ex-lib 



x-libris aux 
armes de l'Empire d'Autriche, 
avec la légende : Bibliolheca Ti- 



D,g,tza:Jb.GOOgle 



Ed. BoN.sBT. — L'herbier et les manuscrits d'Aiàerl de Halier. 359 

cenensis (Bibliothèque de Pavie). J'ajouterai enfin, comme dernier 
argument, que l'écriture des étiquettes de l'herbier est absolument iden- 
tique à celle des Dotes de VHistoria stirpium et des deux ouvrages de 
la Bibliothèque de l'Institut. 

Il me semble que les faits que je viens d'exposer sont assez pro- 
bants pour ne laisser aucun doute dans l'esprit du lecteur et qu'il m'est 
permis maintenant d'affirmer que la collection conservée au Muséum, 
sous le nom do Halier, est réellement l'œuvrcde cet illustre uaturaliste. 
On comprend toute l'imporunce que présente cet herbier pour la dé- 
termination des espèces mentionnées dans les travaux botaniques de 
Halier; mais, à côté de la grande série de plantes suisses et de celle 
du Jardin de Gœttîngue réunies par notre auteur, on trouve un nombre 
presque égal d'échantillons qu'il avait reçus de ses correspondants par- 
mi lesquels figuraient les phytographes les plus connus de cette époque. 
Malheureusement, suivant une coutume assez générale au siècle der- 
nier, les étiquettes qui accompagnent les spécimens envoyés à Halier 
sont très brièvement libellées et portent rarement une signature ; ce n'est 
donc que par une étude attendve et une vérification minutieuse qu'il 
sera possible d'en reconnaître les écritures et d'en déterminer les au- 
teurs. L'examen <le plusieurs fascicules de l'herbier m'a permis d'y 
reconnaître déjà les coUecdons suivantes ; plantes d'Autriche (Jacquin)ï 
du midi de la France (Gouan\ du Jardin de Berlin (Ludolfir?), du Jar- 
din de Trianon (B. de Jussieu), du Jardin particulier de Gronovius, 
du Jardin de Versailles (Lemonier), des environs de Madrid (Ortcga), ' 
des environs de Nice(Allione), de Sibérie (Gmelin), de Suède (Linné). 

Quant à VHistoria stirpium Helvelite de la Bibliothèque du Mu- 
séum, les nombreuses notes autographes de Halier inscrites sur cet 
exemplaire consistent surtout en : corrections et rectifications du texte 
et des diagnoses ; additions synonymlques ; mention d'espèces, de va- 
riétés et de localités nouvelles; indication des propriétés thérapeutiques 
et des usages de quelques plantes ; essai d'identification de certaines 
espèces avec celles de Dioscoride; indications de géographie bota- 
nique; renseignements bibliographiques (i), etc. 

Les auteurs le plus souvent cités sont Allione, Blackwell, Crantz, 
Gmelin, Gouau, Hill, Jacquin, Leers, Necker, Œder, Pollich, Rei- 
chard, Scopoli, Scheuchzer. Comme on pouvait le prévoir, le nom de 
Linné ne- se rencontre que rarement dans ces annotations. Parmi les 
correspondants suisses qui ont fourni des plantes ou des renseigne- 

1. On sait (jue les (rois volumes de VHtstoria stirpium portent lous la même 
date et le même nom de ville -.Bernaf rjrfj/ cette indication est, paralt-il, inexacte, 
car Halier a écrit en tt>te du deuxiËme volume : - Hic tomus Lausannœ edilus, 
1767 •, et à la fin du troisième: • Ex preto prodiit 35 mait, 176S et eodem tempore 
Lausannse •; le tome I aurait donc seul été édité à Berne et, comme le suivant, 
postdaté. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



3eo JOURNAL DE BOTANIQUE 

mcots à Haller pour la rédaction de son ouvrage, Gagocbin occupe le 
premier rang ; viennent ensuite J. Gesner, Thomas, Duvernoy, Huber. 
J'ai relevé çà et là, aussi bien dans VHiséoria sfirpium que daxts 
l'herbier, quelques noms linnéens d'une écriture différente de celle 
de Haller et d'flhe date postérieure, à en juger par ]a couleur de 
l'encre; ces notes, dont je n'ai pu déterminer exactement l'auteur, ont 
été \Taisemblablement ajoutées pendant le séjour des collections à 
l'Université de Pavie. ^ 

CHRONIQ.UE 

Session extraordinaire de la Société mycologique de France. 

La Société mycologîque de France a tenu sa session extraordinaire 
annuelle à Paris, du dimanche 6 au vendredi 1 1 octobre. Les deux premières 
journées ont été consacrées à une exposition pablique de Champignons quî 
a provoqué une grande afïluence de visiteurs. On y remarquait plusieors 
envois intéressants, notamment ceux de M. Barla, de Nice, de M. Méaier, 
de Nantes, etc. 

Le lundi soir a eu lieu une séance où ont été faites plusieurs communica- 
tions : Sur les ntatii-res sucrées dans Us Champignons, par M. Bourquelot; 
sur Une excursion à Zermait (Suisse), avec description de cinq CkatKpi- 
gnons nouveaux, par M. Rolland; sur Les parapkyses, leur roU et leurs 
rapports avec hs autres éléments d% l'kymimum^ par M. Boudier; Sur la 
place du genre Favolus dans la classification^ par M. Patouillard ; Sur quel- 
ques Champignons inférieurs nouveaux recueillis à l'exposition coloniale, 
par M, Delacroix. 

La journée du mardi 8 octobre a été employée à l'exploration de la. 
forêt de Villers-Collerels ; entre autres espèces intéressantes, YBeekyna 
faginca a été récolté au cours de cette excursion. Le lendemain, la Société 
a parcouru les en^'irons de Pierretonds; parmi les espèces remarquables 
qui y ont été rencontrées, on peut citer les Pleuroius lignaiilis, Pamttt 
Delaslri, etc. 

Le vendredi u, une excursion a été faite dans les bois d'Ecouen, où 
l'on a découvert le Mucronella calva. Le soir, la session a été close par 
une séance dans laquelle ont été entendues les diverses communicadons 
suivantes : Sur les premiers jnycologues parisiens^ par M. Rozc; Sur Us 
Champignons de Kameron, par M, l'abbé Bresadola; Sur une collection dt 
Champignons microscopiques figurant à VexpostUon mycologîque^ par U 
Costantin. M. Bertrand avait aussi envoyé une Clé dichotomique permet! 
tant d'arriver rapidement à la détermination des Bolets et des Agaridaées 
à spores blanches. 

Bien que les excursions aient été malheureusement contrariées par la 
pluie, cette nouvelle session n'en laissera pas moins de bons souvenirs 
à ceux qui ont pu y prendre part, et contribuera certainement à resserrer 
encore les liens d'amitié qui existent entre les membres de la Société my- 
cologique. 

Le Gérant : Louis MoKor. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



JOURNAL DE BOTil 



Directeur: M. Louis MORO' 



LA VEGETATION A 165 LIEUES DU : 
(Fin.) 
Par M. Ed. JARDIN 

22. Potentilla maculata Pourr. (P. salhbur^ 
aurea FI. dan-, P. crocea Haller). — C'est une de; 
le plus de noms ; on en compte uqc quinzaine, sai 
riétés. Hornemann l'Indique au Groenland, et Meyi 

33. Dryas octopetala L,, var. inlegrifoHa. — 
la côte jusqu'à 1000 pieds d'altitude. Les spéc 
3 pouces de haut ; les feuilles sont le plus souvent ei 
légèrement déniées. C'est la plante la plus commui 
acres de terrain, principalement dans l'intùrieur di 
vent beaucoup de pétales. Est-ce le D. chamsdr 
auteurs, Geum chamxdri/olium de Crantz? On t 
Rosacée en Europe, au cap Nord, autour de l'Alten 
tagnes granitiques des Carpathes, en Suisse, au m< 
dans l'Amérique arctique, le Groenland, le Labr: 
Behring et les montagnes Rocheuses (de 52 à 56° Le 

La Nouvelle-Zemble n'a que deux Rosacées de p 

24. Saxifragra oppositifolia L. {S. ceerulea 
la côte jusqu'à 1900 pieds d'altitude. Les fleurs, dt 
rient du rose au pourpre foncé. Celte plante est tr 
les régions arctiques de l'Europe, au Spitzberg, autc 
en Laponie, sur es monts Grampians en Ecosse, j 
d'altitude, sur les Carpathes, jusqu'à la limite des 
dans la Suisse centrale, à 6000 pieds d'altitude et 
En Amérique, on la voit à Terre-Neuve, dans le 
d'Aniicosti, sur les bords de la mer Arctique, dans 
zebue et dans les montagnes Rocheuses. 

Alph. de Candolle (Géogr. phys.j dit qu'elle n'i 
géter que de 4 à 5" à l'ombre. On la trouve dans les 
rochers, au niveau des neiges éternelles. Il en est 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



aga bryoides, Androsace gla- 
lute des Carex et des Poa, dit 

— Recueilli à une altitude de 

fleur. La Flore de l'Amérique 
espèce. Le S. Jiagfllaris croît 
: à l'île Melville, au détroit de 
que, dans les montagnes Ro- 
e trouve aussi dans les Alpes 
:, trouvé par Jacqucmoot dans 
singaultii fleurit dans les mon- 
lUS du niveau de la mer. 
. — N'a pas cti!) trouvé au- 
à 4 pouces de haut. Hooker 
:outes ses parties, qui serait le 

Amérique arctique, au Groen- 
; N.-O. et dans le sud du lac 

Mant. non Spec. {S. groenlati' 
au cap Nord; il a une variété 
R. Br. et le 5. vmosa Ilaw. 
rctique, depuis le Groenland 
Izberg, en Laponie, autour de 

nieilli entre Soo et 1200 pieds 
jnt de 2 à 3 pouces; quclques- 
le type, à fleurs en capitules 
édicellées? Le S. fiivaits cxoil 
Groenland, dans le Labrador, 
: Canada et les montagnes Ro- 

cueilli à une altitude de 200 à 

i var. jS est le 5. retusa Pers, 
e trouve au Spitzberg, autour 
jusqu'au dùtroit de Behring et 
pe, sur les monts Brcadalbane, 
s de Styrie et en Transylvanie. 
; espèce en Scandinavie, dans 
ihatka. 

typeriorea Hook. (non Town- 
cap Nord, à l'Alten^ord, an 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



Ed. JABDis, — La végélatioM à tôs l'eaes du pôle Nord. 363 

Groenland, au Labrador, au df-uoit de Kotzebue, dans les montagnes 
Rocheuses et les montagnes Bleues (New Hampshire). La var. hyper- 
borea, à l'île Melville, 

I^ Nouvelle-Zemble compte 1 1 Saxifrages. 

31. Epilobium latifolium L. (non Schmitt). — Depuis la cftte 
jusqu'à 1200 pieds d'altitude, sur un sol rocailleux. Spécimens de 2 à 
4 pouces de haut. Pursh a constat-^ une variété à feuilles étroites et 
lancéolées, faîtières, à tige et fleurs plus petites que Je type. Cette 
espèce a été recueillie dans l'Amérique arctique, au Groenland, an 
Labrador, à Sitka, au détroit de Kotzebue et dans les montagnes 
Rocheuses. C'est XE. eorymbosam, E. frigidum Retz, Cham^nerium 
kalimifoliunt Salisb. L'£'. angusli/olium croit au cap Nord. 

■3,2. Erigeron uniflorum L. — Depuis la cote jusqu'à 800 pieds 
d'altitude, plus fourni à mesure qu'il s'élève. C'est VE. polymorphum 
Scop. et VE. alpinum, v. •( Poir. On le voit au cap Nord, dans l'Alten- 
fjord. Il est indiqué par le pasteur Lœstadius à Karesuando, Laponie 
suédoise, par (i%°%(i' N, \JE. alpinum L. est signalé dans la Flore 
antarctique de Hooker, qui regarde VE. uniflorum comme une va- 
riété. C'est aussi l'opinion de de CandoUe (Prodr. V.). 

%l. Erigeron compositum Pursh, v. trijïdum Grev. — Re- 
cueilli à une altitude de 100 à Soo pieds. Spécimens de i/2à 3 pouces, 
généralement à une fleur. 

34. Arnica alpina OHv. — Depuis la côte jusqu'à 1500 pieds, 
de 2 à 6 pouces de haut. Est-ce VA. monlatia de Linné et 1'-^. alpina 
de Willdenow? 

35. Taraxaoum oflBcinale Web., var. lividum Koch. — Depuis 
la côte jusqu'à 1200 pieds d'altitude, de 2 à 4 pouces de haut. Les 
fleurs ont deux teintes de couleurs, jaune foncé et blanc jaunâtre. 

La Nouvelle-Zemble compte 14 Composées. 

36. Caaaiope tetragona L. — Trouvé à une altitude de 100 à 
500 pieds. 

37. Androsace septentrionalis L. — Croît de 50 à 500 pieds 
an-dessus du niveau de la mer. C'est VA. multijlora Lamk. qui a été 
obser\'é dans les montagnes de Ja Provence et cultivé au Jardin des 
Plantes (Ettcycl. melh.). Cette espèce a une variété j3 de Willdenow. 

On trouve 8 Primulacées dans la Nouvelle-Zemble. 

38. Pediculaiis capitata Adams. — Se développe à une hau- 
teur de 100 à 700 pieds, Hooker (FI. bor, am.) l'indique dans l'Amé- 
rique arctique de l'ouest, en Sibérie? Le P. lapponica existe au cap 
Nord. 

39. Pedkmtaris Langsdorfli Fish., var. lanata Grev. — Cette 
espèce, mêlée au Dryas, croit à une hauteur de 50 à 100 pieds au- 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



D,B,i..ab,Google 



Ed. JjtRDiN. — La végèlalioH à idj lieues du pSle 
Ce n'est pas VA. arclica de la flore d'Alaska, de Rc 
£xspHosa, V. arclica Auct. 

54- Trisetum subspicatum Beauv. — Recueilli 
jusqu'à 800 pieds d'altitude; de 3 à 7 pouces de haut, 
trouve dans le tiers au moins de la surface terrestre, de 
hyperboréennes jusqu'au Mexique, en Colombie, au 1 
gonie, aux Malouines et aux îles Caroiines (Géogr. bot 
subspicata, Lhérit, Aira subspicata L. Cette dernière 
l'AltenÇord. 

55. Poa cenisia Ail. [P. arclica R. Br.). — De 
haut. 

56. Poa abbreTiata R. Br.? 

57. Poa alpina L., var. vivipara Host, — C'est 
de Willd. IS'Agroslis alpina est au cap Nord, le P. i 
l'Altenljord. 

5S. Poa laxa Hasncke. — De 2 à 3 pouces de h 
var. Linn., Poa elegans Dcn. 

59. Poa cssia Smith, var. — Croit aussi dans l'A 

60. Festuca rubra L. — De 2 à 3 pouces de 
autour de rAltentjord, eu Lapouie, 

61. Agropynuu violaceumHornm. — Atteint 
de haut. 

CRYPTOGAMES 

1. Equisetum Tariegatum Schl. 

2. Equisetum arTense L. — Croît dans l'AlteD 
bleme nt dans plusieurs autres points de l'extrême Non 

3. Cystopterts fragilis Bernh. — Croît depuis 
1800 pieds d'altitude, et atteint de 3 à 6 pouces de hai 
{Aspidiumfr agile Svf.) s'accommode de températures 
puisqu'on la trouve en Normandie, près de Falaise, L 
et sur les Cordillières des Andes. 

Le capitaine Philipps a recueilli le Polytricha, 
Spitzberg. 

On pourra consnlier avec fruit : Les travaux du savant 
sur la flore du Groenland ei de la terre de Grinoell; Fellmann 
colaires de la Laponie orientale; l'Index de Norman sur les pla 
arctiques de la Norvfèg-e ; E. Durand, P. James et S. Ashmed 
plantes arctiques; la Botanique des voyages au pôle sud, de H 
elj. D. Hooker; Ch. Martin s, Voyage botanique depuis Dront 
Nord (Norwèg'e], La végéiation du Spiczberg comparée à celli 
Pyrénées; Michaux [Pr. Andr.),Flora borealisamerlcaoa; Parr 
Nord; etc. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



JOURNAL DE BOTANIQUE 

E GENRE TRENTEPOHLIA MARTIUS 
(Suite). 
Par M. P. HABIOT 

TRENTEPOHLIA. Martîus (1817). 
Sub^enus I. Eu-Trentepohlia. 

/" Articulis cylindricis 
pohlîa aureaZ."., Systema naturse, 2 p. 1347 
19; Martius, Flora crypiogamica Erlangensts, 
îitzîng, Tab. phycol., t. 93. 

ancieaaes espèces connues, puisqu'elle a déjà été 
:li, Petivcr, Morrison et Linné, le Tr. aurea est le 
est, comme la plupart des plantes abondamment 
s polymorphes tant au point de \-ue de l'apparence 
caractères microscopiques. Les nombreuses variétés 
s par Kfltzing reposent sur des variations qui sont 
et ne méritent guère d'être conservées. 
m être à peu près simple, comme le T. subsimplex 
ents plus ou moins ramcuz, à rameaux plus ou moins 
llemcut atténués flagelliformes (var. X, /afWsumKùtz., 
lissis au sommet (var. y tomentosum&. S intricalum 
peut également être disposée de diverses façons sur 
i eux-mêmes sont fort variables : Its écorces, les ro- 
. Tantôt elle (orme de petites touffes lâches ou ser- 
:roît en plaques plus ou moins étendues [Conferoa 
e inherb. Thuret). 

s des cellules qui constituent les filaments et les 
non seulement d'une plante à une autre, mais encore 
ntillon et suivant la région où croît le Trentepoklia. 
s froids qu'on trouve les plantes les plus dévelop- 
cimen des îles Féroe, provenant de Lyngbye, pré- 
arges de 27 f. sur 60 [i de longueur. Dans les régions 
neosions sont habitocUement moindres, pidsqn'oo 
us les intermédiaires entre 8 [i et 30 [j. d'épaisseni 
gueur; la moyenne des nombreux échantillons qu'il 
xaminer peut être fixée entre 12 - 16 j* X 32 - 40 [i. 
de nombreuses variations peuvent exister et qu'us 

let det Phys. oekonom. Gesellschaft zu Koeniesberg-, p. 153, 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



p. Habiot. — KoUs sur le genre TrcDtepoblia Martius. 367 

vaste champ se trouve à la disposition des créateurs d'espèces et de 
variélés{i). Il peut infime arriver, par suite du développement, que les 
cellules se trouvent être plus larges que longues (10- 14 ji X 8 - 10 ja). 

J'ai dit plus haut que le T. aurea n'était pas difficile sur le substra- 
tum qui lui convient; on l'a rencontré à diverses reprises, en effet, 
des fragments de bois immergés [lacs de la Suède (Lyngbye), de l'Alle- 
magne {T.subsimpUx Casp.), lacs des États-Unis (Farlow) in herb, 
Thuret J. I-a plante, dans ce cas, croît en plaque serrée, mais ne présente 
d'ailleurs pas d'autres caractères différentiels saillants. 

Les zoosfKiranges sont tantôt terminaux, tantôt latéraux, sessiles 
ou portés à l'extrémité de petits rameaux, Leiu^ pore de déhiscence 
esttacile à constater; il est assez large dans certains échantillons et 
quelquefois même il est pourvu d'un bec. Les dimeusions de ces 
oi^anes, habituellement globuleux (plus rarement ovales), varient entre 
20 et 38 u.. Les zoosporanges sont espacés, en petit nombre, le long des 
rameaux, ou bien, comme dans une espèce voisine, ils peuvent être as- 
sez rapprochés et, dans ce cas, fort nombreux. 

Hab. — Le Trentepohlia aurea a été indiqué dans toute l'Europe, 
en Amérique et en Nouvelle-Zélande d'après M. Nordsicdt. M. de 
Toni l'a s^oalé récemment à la Terre des États (Amérique australe). 
Je l'ai vu de plusieurs localités du Brésil, où il a été recueilli par M. le 
]> Wainio, des Antilles (Perrottei), de Cuba (in herb. Montagne), des 
Éuts-Unis (Farlow, Wolle), des Comores (Hildebrandt), de Suède 
(Areschoug, C. Agardh, Lyngbye), du Danemark (Lyngbye), de Nor- 
■wège (Hofmaim, Bang), d'Angleterre (Harvey), d'Italie (de Toni, 
Meu^hini, de Notaris), de différents points de l'Allemagne (Caspary, 
Rabenborst, Kunze, Al. Braun), de Suisse (Ed. Fischer), et d'un grand 
nombre de localités françaises (Paris, Vosges, Normandie, Yonne, Sa- 
voie, Aveyrou, Alpes- Maritimes, etc.). 

Obs. — Le TV. lïar^ii est souvent envahi par les hypcsd'unCbampi- 
glKm et en cet état il constitue le Cysiocoleus ebeneus Thwaites, qui n'a 
pas encore été vu Cructiâé. Le parasitisme ne parait pas nécessaire, car 
on rencontre fréquemment ces filaments mycéliens répandus à la sur- 
face de substances de nature diverse, telles que des Mousses, des 
plumes, des brindilles de bois, etc. On le rencontre aux Etats-Unis 
(Farlow) sous cette forme singulière que Kûtzing a figurée comme 
Buibairichia peruana (Tab. phycol., IV, t. 97, f. 3). 

1. On trouve en NormaB^e et ea Brctagae des fonnea à ûlancMs très étrtHts 
[frio{B) qai ont quelquefois été prises pour le T. aiUtiaa; il eu est de même 
dans l'Amérique (h) Nord, oà l'os a oonsidéré des variatioBS aaalogacs comaw 
appartenant au T. lageni/era. Le T. liehemieola appartient cenainemest â ane 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



D,B,i..ab,GoOglc 



P, Hakiot- — Notes sur le genre Treniepohiia Marlius. 369 

par M. Gobi (type), de Prague {M. Hansgirg), de Bourges parRipart 
( T. capiUiiala) ; je l'ai trouvé également sur une écorce recueillie au 
Chili par Cl. Gay. 

= Trentepokîia veluttna Kîitzing (sub Chroolepus), 1845 {^)- 
Le T. veluiina est assez rarement représenté dans les herbiers; 
aussi n'est-il pas facile desefaîreunejuste idée de sa valeur spt-cifique. 
J'ai reçu de l'herbier de Berlin, sous ce nom, une plante absolument 
identique à la figure de Kfltzing et correspondant exactement à la 
description qu'il en donne. Les filaments sont grêles, très ramifiés, 
chargés de zoosporanges abondants; le système des filaments couchés 
est manifestement toruleux. On ne saurait mieux comparer cette plante 
qu'avec les petites formes du T. aurea qu'on rencontre en Bretagne, 
en Normandie, aux Etats-Unis, ou encore avec celle qui croît sur les 
Lichens et constitue pour la plupart des aigologues, le Ch. lichenicola. 
Le T. veluiina, par tous ses caractères; doit donc rentrer comme 
synonyme dans le T. aurea. 

Les cellules mesurent 10- 14 [i X 28 [j. ; les zoosporanges sont sphé- 
riques et présentent comme dimension environ 20 f.. 

=s Trentepokîia Itckenicola Engl. Bot. (sub Cofi/erva), 
1808 (2). 

Cette forme partage avec laprécédente le privil^e d'être à peu près 
inconnue des botanistes, qui, pour la plupart, l'ont placée dans les 
species dubi/e, depuis C. Agardh (3) jusqu'à M. de Toni, Dilhvyn, 
en 180Ç (Brùisi ConJerviB, p. 56), dit en parlant de cette plante : 
f This species is nearly related to C. aurea, firom which some of ihe 
filaments seem scarcely to differ escept in their sraaller size. > Le 
jugement porté par Dillwyn paraît exact si on examine la figure citée 
de VEnglisk Botany, qui représente des touffes d'une petite espèce 
filamenteuse croissant à la surface des Lichens. Les dimensions indi- 
quées par M. Cooke (Brilish fresh waier Algw, p. 187) semblent 
encore corroborer le dire de Dilhvyn, d'autant plus que l'algologue 
anglais regarde cette piaule comme une variété du T. abielina, qui a 
été fréquemment confondu avec les formes grôles et chétives du T. 
aurea; de plus, il l'indique comme croissant non seulement sur les 
IJchens mais aussi sur les vieux arbres. Lafigure donnée par M, Cooke 
(t. 73, f. 3) représente une plante à cellules bien toruleuses pour un 
T. aurea ou un T. abielina; sauf cette petite différence, la descrip- 

I. KOiziof , Phyeolegia germanïca^ p. tzi. — Tabui, pkyeol., IV, t. 91, f. 4. — 
Hans^rg, Prodromus der Aigenfiora voh BoekmeH, p. 89 (iSâ6), 

3. Euglisk Botany, t. lâog. — De Toni, Sylloge Algarut», I, p. 347 {■BS9), 
3. C. Agardh, Syslema Algarum, p. 34 (1S34). 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



JOURNAL DE BOTANIQUE 

. anglais se rapporte parfeîtemeot à la fjante que l'OB 
ncrit sur les Lichens crustacés (Normandie, Bretagoe, 
le). Il y a plus : la plante lichi'nicole ne saurait être 
loi que ce soit du Tr. aurea qui croît dans les lieux 

non plus que du Tr. velulina. 

ITicrbier de Kew, par la bienveillante entremise de 
un fragment de la plante tj'pe deSowerby. J'ai éti très 
ntrer une espèce à cellules toruleuses-fu si formes, ana- 
•wc^« auquel je la rapporte. Je suppose que le même 
lit deux plantes distinctes, dont l'une, le vrai T. ticke- 
'ont dccrit et figuré les algologues anglais, ne saurait 
T. aurea. 

T. tickemcola a été Indiqué aux Etats-Unis par 
t complètement identifié au T. abielina. Je necoimais 
'a eue en vue le botaniste américain. 

intepohlia polycarpa Nées et Montagne (2), 

i;s et Montagne décrivaient sous le nom de T.fiatycar^ 
eillie à l'ile Juan Fernande! par Bertero. La description 
auteurs prouve qu'ils ont tenu un grand compte de la 
amentset'des zoosporanges « filîs longioribus modo 
cato-aspcris, articuîis yaldc irregalaribus et oblïteralis 
do tcnuissima pellucîda indicatis, maximcque fructibus 
im crebris sessilibns subcylindricis ant ovalîbus tuber* 
■ C'est cette même plante que M. Kûtzing reprend, Œ 
^nomination de Chroolepus Jlavus, dans le Phycologia 
.. Deux années auparavant, en i S41 , Hooker et Arnott(3) 

le nom de Mycinema? _flava pour une plante qui croîs- 
les du Qaadria keUropkylla et rapportée du Chili par 
chey. 

uies Algarum (1849), Kûtzing distingue deux variétés î 
'*m, originaire de la Terre de Feu et des Malouines, 
, déjà considérée, dès 1S43, comme espèce spéciale dans 
meralis. Nous verrons plus loin quelle est la valeiff 
accorder. 

1767, Commerson avait recudllî dans ?e détroit de 
1 Gallant, la même plante, qu'U appelait « Mucedofer- 
"um instar siipites frulicunt ssccos irtvestiens » . Bory 

\ watsr Atg» a/ Umtti StUa, p. i3a„ t. iid^ C 7, 8 (iS;). 

r, tS36]. — KatriDg-, TtO. pkjeol. IV. t.9^ f. i. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



p. Hakiot, — Notes sur k genre TreDtepohIta Marhus. 371 

de Saint -Vincent (i) la désignait sous le nom de Scylonema attraniia- 
cas, mais sans la moindre description. 

L'examen de nombreux types m'a parfaite- 
ment démontré que toutes ces plantes étaient ab- 
solument identiques et que la priorité revenait de 
droit au Treniepûhlia polycarpa, publié depuis 
1836. De plus, il est hors de doute, par l'inspec- 
tioo même d'échantillons authentiques, que le 
T. polycarpa de Montagne et le Ch.flavum v. ri- 
giduium ne sauraient être distingués d'aucune 
manière; tout est semblable dans ces deux plantes: 
même di^KisitJon des filaments et des rameaux, 
dimensions égales, même desquamation des cel- 
lules, fruits semblableroent placés. Il est impos- 
sible d'admettre l'opinion de M. de Wilde- 
man (2) qui semble vouloir séparer la variété 
P rigidulum du T. polycarpa^ et encore moins 
celle de M. de Toni (Syll., I, p. 239) qui consi- 
dère la variété dtée plus haut comme devant ren- 
trer dans le T. villosa Kûtz., qui me semble suf- 
fisamment distinct du T. polycarpa. M. de Wil- „. ~, , ^ .,■ ^ ,- 
àeaaa{loe~ cit.) dit qu'il lui parait naturel de """-*" "^e":^' "îk-R»"' 
fondre en une senle espèce les T.Jlava et villosa, «. zoosponogu pédiceilé» 
espèce qui s'appeUerait T. polycarpa. Je ne san- '*'°"' ^*''' 

rais souscrire à cette manière de voir, les T. flava et 
polycarpa ayant dès leur créadoo été destinés à re- 
présenter une seule et même plante. Quant au re- 
proche adressé à KQtzing {TaèuléE pkycologicm, IV, 
t. 90, f. I, a et (^ d'avoir figuré des filaments envahis 
parles byphes d'un Champignon, il ne saurait en au- 
cune façon être maintenu. Le célèbre algologue a par- 
faitement rendu l'aspect caractéristique que donne aux 
Trentepohlia cette desquamation caractéristique sur 
laquelle j'ai déjà eu l'occasion d'insister. 

En 1873, dans son remarquable mémoire sur les 

gonidies des Lichens, M. Bornet a fait voir que les 

TV^n/f^ji /l'a filamenteux de grande taille, viùsinsdu 

T. fiava, entraient dans la composidon de certains 

|i«wa Hook. et Ar- Ctetiogonium, Il a lui-même indiqué le T. villosa 

B*Khey) gt. 330' comme l'Algue du Can. confervoides. Les observa- 

1. Bory in dUrvilIe, Flûre des IllS Malouines, p. 59s (1S15], In Bull. Soc. 
Udd. de Paris. 

a. De Wildeman, OtservaHons sur quelques formes du genre TreotepohUa 
(BuU. Soc. Roy. de Botanique de Belgique, XXVII, 1SS8]. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



373 JOURNAL DE BOTANIQUE 

tions que j'ai faiies sur un grand nombre de Canogotiium m'ont montré 
que cette opinion était de tous points justifiée. Le T.pûlycarpa ne con- 
tribue pas seulement à former certains Lichens; on le rencontre admi- 
rablement pur dans de prétendus Camo- 
^Kî^À gonium. C'est encore lui qui constitue 
en réalité les C. cancellalum et corru- 
gatum de Leighton (i) et le C. pul- 
vinatum Krph. (2) du Pérou. Les < ele- 
menia obducentia grosse corrugàta et 
ntittute cancellala ■ ne sont que la con- 
séquence de la production de stries et 
de squames aux dépens de la membrane 
cellulaire, ainsi que j'ai pu m'en assurer 
^ par l'examen d'échantillons authcnti- 

S^ ques. Il est probable que le C. retislria- 

tum Leight. se trouve dans le même cas. 
Le T. Tuckertnaniana Mtg. (3) ne 
diffère pas non plus du T. polycarpa, 
dont Montagne ne te différenciait que 
par sa couleur verte, ses cellules trois à 
quatre fois plus longues que larges, ses 
j j zoosporanges sphëriques, lisses, ainsi 
FiE.3.-r™(*/»*/w lucktrmanicna quG Ics filaments. D cst impossible d'éta- 
Montg, — tems (Herb. Montagne), blir Une espècc sur dcs caractôres aussi 
variables. Je puis affirmer que le Ckr. 
tnontis tabulas Reinsch (4) n'en est pas non plus distinct. Cette der- 
nière plante, créée pour une Algue du Cap de Bonne-Espérance, se 
retrouverait également, d'après M. Reinsch, au Chili et au Pérou. La 
description ne permet guère de conserver quelques doutes à ce sujet 
(diam. filam. 16-22 |i., diam. spor. 39-45 fi}. La variété tenuior Grunow 
oe saurait non plus, à mon avis, être distinguée, quoique M. de Wilde- 
man la rattache au T. viliosa (5). 

Le T. foîycarpa est une plante au moins aussi polymorphe que le 

i. Leighton, Oa the Lichens of Ceylon (Trans. of the Linnean Society of 
London, 17, p. 171, 1S71-1871). 

3. V^etD^e\}iâhKi, Au/saehlungUHd Besc/irtHuttg der FUckiett welchê D H. 
Wavra RiiUr von Fernsee von swei Retsen um die Brde tnilirachle (Verbaadl. 
der k.k. zool. bot. Cesellschaft in Wien, XXVI, p. 44-;, 1877). 

3. CI. Gay, Historia pkysicay polytica de Ckile, VIII, p. 27+ [1851). 

4. P. Reinsch, Bresk tvater Algie Jrom Ike Cape of Good Uope (Pr, of the 
LInn. Soc., XVI, p. 145 (1878). 

5. Grunow, Reise seiner Majeslael Fregatte Novara, etc., Algen, p. 41 (1S67). 
— De Wildeman, Stif quelques espèces du genre Trenlepohiia (Soc. Roy. de 
Bot. de Belg., la octobre 1880, p. 97.) 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



p. Hahioi. — N'oies sur le genre Trentepohlia Marlius. 373 

T. aurea : l'aspect cxliîrieur varie à l'infini, ca rapport avec le terrain 
nourricier et les conditions de température. Tantôt c'est un gazon 
court, haut tout au plus de quelques millimètres; tantôt ce sont des fila- 
ments qui dépassent 3 ou 3 ceoiimètres. Quand cette Algue est fraîche, 
elle présente une coloration rouge-orangée, très vive, qui disparaît 
rapidement et passe au jaune plus ou moins pâle et même au vert gai. 
Les caractères microscopiques ne sont pas moins variables. Les dia- 
mètres des cellules présentent tous les intermédiaires entre 10 et 32 ^ 
sur 24 à 80 u. de longueur. La moyenne des dimensions dans les plantes 
que j'ai examinées peut tïtre fixée de 14-20 sur 40 [».. Quelquefois les fila- 
ments et les rameaux sont tellement obscurcis par les stries et les de- 
squamations qu'il devient impossible d'apercevoir les cloisons transver- 
sales. On trouve toutes les grosseurs de zoosporanges depuis 24 jus- 
qu'à 44 in.; la moyenne est généralement de 36 [».. 

La disposition adoptée pour la fructification n'est pas non plus uni- 
forme : si la plupart du temps les zoosporanges sont placés en files, en 
grand nombre le long des filaments, il peut en être souvent aussi tout 
autrement. On trouve en etïet des sporanges terminaux, d'autres f>édi- 
cellés à l'extrémité de ramules latéraux ou d'unecellule uncinëe. M. de 
Wildeman a signalé des grappes de zoosporanges sessiles disposés à 
droite et à gauche des rameaux. 

Il m'a été permis d'examiner des échantillons provenant des régions 
suivantes 1 Afrique : Cap de Bonne-Espérance (Lesson) ; Asie ; Ceylan 
(Ferguson, Thwaîtes), Java (Zollinger), Chine (Barthe), Philippines 
(Llanos); Ocêanie : TahxiS (Jardin, Lépine), Nouvelle-Calédonie (Ba- 
lansa); Amérique: Etats-Unis (Farlow), Mexique (Farlow, Mûllcr), 
■ Bolivie (Gaudichaud), Pérou (Wavra), Chili (Cl. Gay), Juan Fer- 
oandez (Bertero), Malouines (d'Urville, Hooker), Terre de Feu (Com- 
merson, Spegazzini,Savatier, Hariot), Brésil (Salzmann), Guadeloupe 
(Mazé et Schramm), 

Syn. — La synonymie du Treniepohlia polycarpa peut donc être 
fixée de la manière suivante : 

Treniepohlia polycarpa Nées et Mont., loc. cil. (1836). 

Scytonema? auraatiacus Bory in d'Urville, Flore des Malouiûes, 
p. 595 (1825). 

Mycinema ? flava W. Hooker et Arrioll, loc, cit. (1841). 

Chroolepus flavus (inclus var. fi et ■{) Kûts.y loc. cit. (1843 et 
1849). 

Chroolepus aureus Hooè. et Harv., FI. antarctica, L part II, 
p. 502(1847). 

Trentepohlia Tuckermaniana Moni.^ loc. cit. (1856). 

Cœnogonium cancellatum Leigklon, loc. cit., p. 172 (1872). 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



374 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Cœnogonîum comigalum Letghton, id, 
Chroolepus montis tabula: Rfi/tsck, loc, cit., (1875). 
Cœoogoiiîuni puIvÎDatum Krempelkûber, loc. dt., (1877). 

— coiifervoides ^MC/. mull., non Nyiander J 

— patagonJcum Mûller Arg., Lichen. Bcîtr. 1264 

(Flora, 18SS, p. 47). 
Une question se pose ici : le T.polycarpa est-il réellement distinct 
du T. aureaf Si l'on n'examinait que les extrêmes, on pourrait har- 
diment répondre oui. Mais il existe tant de variations, qu'après mûre 
réflexion il pourraîtOtre pennisd'hésiter.LesécbantillousautbeQtiques 
du T. potycarpa (ia plante de \V. Hooker, celle de Montagne) pré- 
sentent, il faut bien le reconnaitrc, des ressemblances telles avec la 
plante d'Europe qu'on ne peut manquer d'en être frappé. Le système 
de ramification est fréquemment le même; les dimensions des articles 
□c sauraient être prises en sérieuse considération, étant, dans bien des 
cas, identiques \ il en est de même de la gros.seur des zoosporanges, 
qui peuvent atteindre dans le T. aurea jusqu'à 38 [i. Peut-on tirer un 
caractère distinctif du nombre des zoosporanges ? Je ne le crois pas : à 
ces organes sont, d'une manière générale, plus nombreux dans le 
T. polycarpa, le Eait n'est pas sans exception. Montagne lui-même, 
en décrivant son T. polycarpa en 1836, ne le différenciait du T. aurea 
que par ses âlaments plus longs diversement ramifiés, muriqués, ver- 
ruqueux, par ses articles très irréguliers et oblitérés, à peine délimités 
par une ligne pcllucide très ténue, et surtout par ses fruits sessiles, 
abondamment rassemblés sur les ûancs des rameaux, tuberculeux- 
hérissés. Ici encore, c'est le caractère tiré des stries qui i"a emporté, rf 
nous savons maintenant ce qu'il en faut penser. En 1852, lemémcauteur 
ne sépare soc Ck. Tuckermantanum du T. aurea que par ses spores 
sessiles : or la plante de Monugne ne saurait être éloignée du 7". poly 
carpa. 

Il me semble qu'en présence de ces faits, à la suite de l'examen d'un 
grand nombre d'individus de diverses provenances, il m'est pennis de 
proposer de considérer les T. aurea eX polycarpa, sinon comme iden- 
tiques, tout au moins comme des races d'une même e^>èce. Le T. po- 
lycarpa serait, dans les pays chauds, le représentant du T, aurea 
d'Europe et en serait, par suite, une race européenne. Je croîs en 
conséquence qu'il n'est pas trop téméraire de diviser le T. aurea de 
la manière suivante, qui semble répondre à la distribution géogra- 
phique. 

ivar. genuina (inclus. TV, uncinata, velu- 
tina et lichemcola^. 
var. polycarpa. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



C, CoMsBAD. — NsU sur U Meum adonidifolium. 375 

Obs. — Oq a quelquefois considéré le Ckrysolkrix noli-iatigere ( i) 
et son thalle stérile, le Peribolrymn Pavom Fr. comme synonyme du 
. Mycineotai flojHi et par suite du T. polycarpa. Il y a là une erreur 
manifeste; les gonîdies de ce Lichen sont fournies par une Algue glo- 
buleuse protococcoide et les Hlameoiâ ae sont que des hyphes de 
nature fiingique. 

VARIÉTÉS 



Note SUT le Meum adonidifoHum. 

Le Meam adonidifoHunt Gay, dont M. Rony, vient de faire paraître 
la notice dans ses Suites à la Flore de Frcmce (Le Naturaliste, i"" oc- 
tobre 18S9), a toute une histoire fort utile à connaître. 

M. Chabert publia cette espèce dans le Bulletin de la Société bola- 
nique de France, 1860, p. 575 (et non 576), et M. Gay joignit au tra- 
vail de M. Chabert uoe longue note terminée par une seconde descrip- 
tion, fort détaillée, de l'espèce nouvelle. 

Le Conspectus de Nyman relègue (p. 292) le M. adonidifolium au 
rang de soos-espèce, dépendant du M. Mufeilina. 

La Flore des Alpes du D' Bouvier rétablit (p. 290 et non 2S9) le 
M. adonidifolium comme e^>èce. 

Enfin, en 18S4, M. Chabert indique au mont Iseran une nouvelle 
station (omise par M. Rouy) du M. adonidifolium, qu'il ne considère 
phis, lui-même, que comme une simple variété du M. Afulellina {Bull. 
Soc. Bol. de Fr. 1S84, p. 369). 

Mais un jugement plus sévère encore a été porté sur lui par son au- 
teur même, M. Gay, en même temps qu'il en signale la présence au 
Mont-Dore. En effet, nous lisons dans le Bulletin de la Société bola- 
niçue{i^(>2,p. ^) la rétractation suivante, qui ne peut qu'honorer celui 
qui l'a laite et que nous regretwns de ne pouvoir citer en entier : 

t J'ai été obligé dereconnaitre, aprèsétude, qu'il n'y avait pas 

■ lieu de se âer aux caractères indiqués, qu'ils étaient tous variables, 
• et que par conséquent l'espèce n'était pas tenable. Ce n'est qu'une 

< formeélancéedui1/«tffnAf»/.!//;>ta,qui,naindaiislazone alpine au col 
€ du Sancy, i 1 785 mètres d'altitude, comme dans toute la cliaine des 

< Alpes, allonge considérablement sa tige et ses feuilles radicales lors- 

< qu'il descend dans la zone subalpine, comme U le fait à Tigues et à 
« la Val-en-Tarantaise{ii20 et 1400 m. d'altitude) et sur les flancs de 

1. Massalon^o, Sulla Chrysothrix ooli-tanj^e Html. {Atti del Istitiita vmeto, 
V, sér. m, if(6o]. — De Tonl {Nolarisia, 1S88, p. 51S). ~ Strcîoz {Nontenela^r 
Fungormm, p. 407). — Montagne, i^Ami ckiùna, VIII, p. 313 (1852); Sylloge, 
p. 383 I1856). 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



376 JOURNAL DE BOTANIQUE 

« la gorge de l'Enfer au Mont-Dorc (ait. d'environ 1600 m. et an-des- 
« sous). Cette forme est pourtant bonne à conserver dans les herbiers 
« pour montrer quel aspect différent une différence de taille, accom- 
« pagoée de feuilles plus amples et plus longuement pétiolées, peut im- 
t primer aux individus d'une même espèce, croissant aux deux limites 
( extrêmes de leur zone. Celte différence de taille est souvent ici de 
( plus du double, etc. > 

11 n'est pas étonnant que ce passage ait échappé à beaucoup de 
botanistes, car il se trouve dans les récits de courses faites principale- 
ment à la recherche des Isoeles; mais il n'en est pas moins précieux à 
retenir, car on en doit tirer les conclusions suivantes ; 

Le Menin adonidifolium Gay n'est qu'une forme et doit être abso- 
lument supprimé à tout autre titre, au moins sous le nom de M. Gay, 
qui l'a répudié. 

En outre des habitats indiqués dans les Sui/es à la Flore <U France, 
cette forme a été signalée au Mont-Dore et au mont Iseran, et elle doit 
se trouver encore dans de nombreuses autres stations. 

C. Copine AU, 

La présence du CochUaria angUca L. dans le dàpartemeat du 
Pas-de-Calais. 
Les indications données dans la Flore de France de Grenier et 

Godron (1} sur la distribution sur !e littoral de la Manche et de la mer 
du Nord des CochUaria aiiglica et daiiica sont absolument fautives, 
11 suffit pour s'en convaincre de jeter les yeux sur les travaux publiés 
plus récemment sur la flore du nord et du nord-ouest de la France (2). 
Tandis que le C. daitica est assez communément répandu sur nos 
côtes occidentales, le C. anglica n'a pas encore été constaté d'une 
manière certaine vers le nord, au-delà de l'embouchure de la Seine (3). 
L'un de mes correspondants et amis, M. T. Delattre, en herbori- 
sant au mois d'août dernier sur le littoral du Pas-de-Calais, a recueilli 
de nombreux et très beaux spécimens de cette dernière espèce au pied 
du talus pierreux de l'étang de l'ancien port de Wimereux, près Bou- 
logni-sur-Mer. Bien qu'il y ait de nombreuses raisons pour douter de 
]'iudigi':iat de cette plante dans cette localité si restreinte et souvent 
explorée, je crois le fait digne de remarque. C'est la première fois, en 
efiet, que le'C". anglica est signalé dans le rayon de la flore du nord 
de la France. Il manque en Belgique, A. Masclef. 

1. Grenier et Godron; Flore de France, I, p. lîBet 135. {C. anglica I.. ; sur les 
côtes de l'Océan, depuis Calais jusqu'à Dayonae. — C. danica L. : sur les côtes 
de la Bretagne et de la Normandie.) 

ï. Lloyd : Flore de l'ouest de la France; de Brébisson : Flore de la Nor- 
mandie; de Vicq : Flore du départemenl de la Somme; Boanier el de Layens : 
Flore du Ford de la France el de la Belgique; Masclef: Catalogue des plantes 
vasculaires du département du Pas-de-Calais, et Eludes sur la géographie bo- 
tanique du Nord de la, France (i" pariie : le Lilloral). 

3. Niel : Catalogue des plantes planérogames vasculaires el des cryplogamts 
semi-vaseulaires croissant spontanément dans le département de l'Eure. 
Le Gérant: Louis Hobot. 



, Google 



' DECEMBRE iSS? 



JOURNAL DE BOTANIQUE 

Directeur : M. Louis MOROT 



UNE NOUVELLE ESPECE DE BOLET 

Par H. L. ROLLAND 

La description du Boletus piorans a été taîte à la Société 
mycologique de France dans sa séance extraordinaire du 7 oc- 
tobre 1889, et il y a été question de la variété que j'ai nommée 
EUuîhtros, pour rappeler, en même temps que le nom de la per- 
sonne qui me l'a apportée en nombreux spécimens, un Champi- 
gnon tout à fait distinct (1). 

Cette variété remarquable mérite un rapport plus détaillé 
que celui que j'ai donné en décrivant le type. 

Boletus piorans, var. Eleutheros. 

Chapeau large de un décimètre, jaune flave, comme celui du 
B. fiavus, maïs recouvert, dans la jeunesse, d'une viscosité 
épaisse d'un brun foncé, laquelle disparaît plus tard par l'actioQ 
des pluies. 

Il est charnu, mou, à chair jaune. 

Pied cylindrique, long de un décimètre, sur un centimètre et 
demi de large, s'épaississant vers la base qui s'amincit ensuite ea 
un prolongement radiciforme; j'ai toujours trouvé ce prolonge- 
ment rejeté sur le côté. 

Ce pied est d'une couleur jaune dorée surtout vers le haut ; 
il est couvert de larges granulations d'un brun rougeâtre qui, 
vers la base, prennent une teinte violacée. 

Nettement jaune au sommet et couvert de points rouges, il 
prend donc vers le bas une couleur violacée-grise. 

Farci d'une moelle blanchâtre, il se creuse ensuite. 

Les tubes, qui ont jusqu'à un centimètre de long, forment 
une dépression autour du pied, tout en étant décurrents. Les 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



37» JOURNAL DE BOTANIQUE 

pores sont grands, anguleux, composés, et présentent sur la 
tranche des granulations semblables à celles du pied. Quand ils 
sont jeunes et fermés, ils ont une forme sinueuse et dédaliforme, 
et ces points rougeâtres sont très apparents. 

Ceux-ci, tant sur le pied que sur l'hyménîum, sont fortement 
g^élatineux, et l'on peut reconnaître à l'aide du microscope qu'ils 
sont formés par des bouquets de cellules thécîformes, gorgées 
d'humeur; elles sont incolores, mais prennent avec l'iode une 
teinte jaune-verdàtre. 

Je crois devoir assimiler ces cellules à celles que l'on ren- 
contre sur la tranche des feuillets des Agarics et qui dans cer- 
taines espèces exsudent un liquide. 

Avec l'âge, les tubes s'élargissent et prennent une teinte 
jaune-verdàtre avec des pores rouilles. 

Les spores de ce Bolet sont légèrement flaves et ont 8 à 9 f^ 
de long sur 3 de large. 

Tandis que le type du B. plorans se rencontre sous bois, 
cette variété paraît occuper les lisières et les terrains tourbeux, 
mais toujours dans le voisinage des Mélèzes. — Zermatt , 
Août 1889. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE VII. 

A. Champiffnoa adulte avec sa coupe ; le chapeau est d'uo jaune flave, mais 

encore recouvert du voile visqueux brun. 

B. Champignon très jeune. 

C. Aspect à la loupie de la tranche des tubes d'un jeune individu; on voit 

le groupemeoC des granulations visqueuses. 

D. Une de ces granulations se résolvant, avec un grossissement de 2t)o dia- 

mètres, en un bouquet de cellules thécîformes. 

E. Spores grossies S80 fois. 



NOTES SUR LE GENRE TRENTEPOHLIA MARTIUS 

.(Suite). 

Par H. P. HARIOT 

3. — TrentepohUa chinensis Harvey (sub Chroolepus), 
1860 (i). 

Harvey a décrit sous ce nom, en 1860, une plante voisine de l'es- 

I. Harsey, CharaeUrs of nsm-Algm chufiy from Japo» and adjacent répons, 
coUected by Ck. Wright irt lAe Narth Pacific Exptoriag Expédition under 
Captait! J. Radgtrs (Proceedings of the American Academy of Arts ind Sciences, 
IV, p. 327, 1860). 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



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'L.v; 



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db.Gooi; 



s'C 



D,B,i..ab,Google 



p. Hariot. — Noits sur U fiwr» Trente poh 
pèce précédeate, mais qui parait cependant dev 
quelques caxactères qui m'ont semblé constants. 
par quelques hyphes, le T. cki- 
nensis peut encore être consi- 
déré comme une Algue, ses 
caractères généraux n'ayant été 
que peu modifiés. D'ailleurs 
j'ai rencontré la même espèce 
provenant de régions différen- 
tes (Brésil, Madagascar) et non 
lichénisée. La description don- 
née par l'illustre algologue an- 
glais, tout en étant exacte, 
□'indique pas les dimensions 
des articles. L'examen de types 
authentiques me permet de ré- 
parer cet oubli : les cellules 
varient entre i6 et 32 <f. d'épais- 
seur, sur 20 à 48 (1 de lougueui ; 
elles sont remarquables par 
leur brièveté et à peine une fois 
plus longues que larges; cer- 
taines d'entre elles sont à peu 
près égales dans les deux sens. 
Les zoosporanges, disposés le 
long des filaments, rappellent 
ceux du T. pùlycarpa et pré- P'î- -i- — Trenup 
sentent habituellement 2+ ■^ j" céûSa'srossîcï 
d'épaisseur. 

Je dois à l'obligeance de M, le professeur En 
muoication d'un échantillon authentique du C 
Brauu (i). Cette plante est absolument identique é 

H(Ui. — Hong-Kong (Ch. Wright); Comores 1 
gascar (Fr. Rodriguez) ; Océanie : île de Pâque 
Bahia (Blanchct). 

Le T. chinensis peut être saxicole ou corticol 

4. — Trentepohlia jucunda Cesatî 
1868 (3). 

Cette espèce est remarquable par le coloris 

1 , Al. Braun , SïlauugshgrichU Bot. Ver. Prmi. SroMdet 

a. Cesati, in Rabeahorst, Algen Saeksens, 34S; R 

Alg; 3, p. 373 (1868); de Toni, Sylloge Algarum, I, p. ; 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



38o JOUKMAL DE BOTANIQUE 

conserve après la dessîcaiion. Elle forme 
à la surface de l'écorce du Populus nigra 
un gazon court assez étendu. Les filaments 
sont alloHgés, peu rameux, à cellules cy- 
lindriques gt- né raie ment à peine plus lon- 
guesque larges, variantde dimensions entre 
16 - 20 ft X 20-34 l^- S*''' '^s rameaux les 
articles sont un peu plus longs et mesurent 
environ 16 X 36 f ■ Les zoosporanges sont 
arrondis, terminaux ou latéraux, compris 
entre 28 et 36(1. 

Par l'ensemble de ses caractères, le 
T. jucunda se rapproche du T. aurea, au- 
quel il paraît être ce que le T. chinensis 
est au T. polycarpa^ c'est-à-dire une espèce 
à cellules courtes. En tout cas on ne saurait 
le comparer au T. odorata, dont il s'éloigne 
manifestement. 

La valeur spécifique de cette plante a 
été contestée : on l'a considérée comme 
un protonema de Mousse, puis comme un 
stade de développement d'une espèce plus 
élevée (i). En effet, on rencontre dans les 
échantillons publiés par Rabenhorst des 
protonemas facilement reconnaisables; 
quant à la seconde hypothèse, elle ne 
pourrait être résolue que par des cultures 
menées à bonne fin. Avec M. Gobi (2), je 
crois qu'il faut la considérer comme espèce 
distincte. 
'''S *A~ ^'■""^"'•'J-^'^' Hab. — Ad cortices Populinitrs, Ver- 

cellis in Italia supenore (V. deCesati). 

5. — Trentepohlia TiUosa Kûtzing (sub Ckroolepus), 
'843 (3)- 

Je considère comme authentiques des échantillons provenant du 
Brésil et recueillis par Sello : ils concordent entièrement par leurs 
caractères et par leur habitat avec la description de Kûtzing, et surtout 
avec la figure publiée par cet auteur {Tab. pkyc. IV, t. 96, f. 2). Je ne 

I. Hansgirg, Ueber TrentepohUa (Flora, 1887, p. 81); Cesali, loc. cit. 

3. Gobi, Algologistke Siudien, p. 341. 

3. KQtÙDg, Phjcotogia genefolis, p. 384 (1843); ? de Ton!, Syllogt, I, p. 339 

(18B9) 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



p. Hariot. — Notes sur le genre Trentepohlla Mariius. 381 

crois pas que la plante décrite sous ce nom par M. de Toni {Sylioge, I, 
p. 239) puisse se rapporter à l'espèce de Kûtzing, dont les dimensions 
sont notablement plus considérables. En tout cas, il faut de toute né- 
cessité en retirer la variété ^ rigtdalum qui, ainsi que je l'ai montré, 
d'après l'examen d'échantillons authentiques, n'est autre chose que le 
7". polycarpa parfaitement typique. 

Les dimensions des cellules varient entre 28 - 30 X 64 - 68 n (M. 
de Toni n'attribue à sa plante que 12 à 18 p). Je n'ai pas observé les' 
zoosporanges de cette espèce. M. deWildemandit les avoir rencontrés 
sur un échantillon des Philippines considéré comme appartenant au 
Casnogoniam confervoides. Cette plante, qui m'a été communiquée, ne 
me semble différer en rien du T. polycarpa. Je ferai la même observa- 
tion au sujet du Ck.flavus var. Unmor Grunow, que M. de Wildeman 
rapporte également au T. villosa, se basant sur la disposition pédicel- 
lée des zoosporanges (1). 

J'ai rencontré de différentes autres localités des échantillons d'un 
Tretitepohlia que je ne puis éloigner du T. villosa : il n'en diffère que 
par la longueur moins considérable des cellules, qui parfois sont pres- 
que carrées. Leurs dimensions varient entre 28-33 X 48 - 52 f*. Je 
considère cette plante comme une variété, pour laquelle je propose le 
nom de T. villosa var. brachymeris, le type étant bien caractérisé par 
la longueur remarquable des cellules végétatives. 

M, le D' Bornet émet l'avis (2) que le T. villosa fournit les gonî- 
dies du Canogonium confervoides ; le fait est hors de doute. Toutefois 
M. Nylander a imposé à ce Lichen le nom de C. disjunctum qu'il dis- 
tingue du C. confervoides par la présence d'hyphes de nature fongique 
qui revêtent les filaments de l'Algue. J'ai pu constater que le C, co«- 
fervoides n'est pas un Lichen, mais une Algue parfaitement pure dont 
je parlerai plus loin. 

H<Ui. — Brésil (Sello) typusl — Var. : Java(Herb. Caen); Sikkim 
(Herb. Berlin); Indes Orientales (Walker Arnott); Nellighery (Per- 
rottel) ; Guadeloupe (Herb. Caen sub Rkisoclonium ele^ansOcQ\a.QX\, 

6. — TRENTEPOHLJA WAINIOI sp. n. 

T. caespitulîs flavo-viridibus, i/a centim. cîrcîter altis, ïntri- 
catis; fiUmentis cylindricis, i6-a8 f latis, 32-73 f* longïs, pellu- 
cidis, eodem fere diametro ac rami; ramis brevioribus vel lon- 

I. De Wildematt, Sur quelques espèces du getuv Trentepohlla (Soc. Rojr. de 
Bot. de Belg., 11 octobre 1889, p. 97). 

3. Bomet, RecMerches sur les ganidies des Uehens (loc. dt., p. 16, t. VIO, 
f. 3.4). 

3, NylaDJer, Quelques observaHûns sur le genre Caeao£oiiiuiD (loc.dt., p. 91). 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



liW3^ 



383 JOiniNAL DE BOTANrqUE 

gissîmis, sparsis, plus minus flexuosis, patentibus, secuadîsvel 
ex ut roque latere nascentîbus, aliquando brevissimîs uncinatis; 
articule apîcali leniter attenuato; zoosporangi'is non conformi- 
bus, aliis ut in T. poly- . 

carpa sphaericis 28-40 f 
crassis, alteris minoribus 
racemose in cellula (vel 
pluribus) laterali, quo- 
rum une terminali, dis- 
positis, 13(1 crassis. 




Corttcola in Brasilia, Sitio (Minas Geraës). Lgt. et comm. cl. 
D' Wainio cui libenter dicata. 

Cette forme, qui, par l'ensemble de ses caractères, se rapproche du 
T. polycarpa, me semble en différer par son double mode de fructifi- 
cation : d'un côté, on trouve des zoosporanges normalement disposés, 
sèssîles le long des filaments; d'un au:re, on rencontre des ramusculcs 
Uni- ou pluriccllulaires, placés sur les flancs des filaments, et qui por- 
tent latéralement et à leur sommet des zoosporanges (3 dans le cas le 
plus simple) de plus petites dimensions. Malgré leur faiUe diamètre, 
ces organes ont atteint leur entier développement, ainsi que le prouve 
le pore qu'on remarque à leur sommet. 

Uq échantillon de l'herbier Montagne (i), que je rapporte à la 
même plante, est particulièrement intéressant : la cellule latérale spo- 
langifère s'est transformée en un ramuscule composé-digité sur les 
divisions duquel s'insèrent les organes de fructification, qui gardent 
toujours, comme dans la plante du Brésil, de faibles dimensions. 

I . Herbier Hontagae, cmn Strifflila mfîA^a, Cajesn» (Lcprlenr). 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



p. Habiot. — NoUs sur le genre Treotepohiia Màr/ias. 383 

Ne serait-ce pas pour un cas analogue que M. de Wildemaû a 

signalé des grappes latérales de sporanges sessiles? 

Oij. — C'est également au T. Wai'moi qu'il faut rapporter le Ci. 

fiavum var. tahitense Grunow {Reise seiner Majeslaei Fregatte No- 

Tara um die Brde, Algen, p, 41, 1867), 

7. — Trent^ohlia arborum C. Agardh (siib Confervd)^ 
1824 (i). 

C. Agardb a décrit dans le Sysiema Algarum, sous le nom de 
Con/erva aborunt, une Algue rapportée des îles Mariannes par Gaudi< 




PIg. 9. — TritUtfioktla ar- 
turitm C^Aeirdb. 

a. ZoDtporangci pédiceIKa 
(fC-ÏJ^)' ~ t'" H'rluaM 
(Oudichlnd). 

chaud. La brièveté de la description ne révélant aucune particularité 
n'était pas faite pour donner une idée suffisante de cette plante, qui est 
restée à pen près inconnue jusqu'à ce jour. Kûtzing inspectes, p. 373) 
la range dans les « speeies non salis cogniise > ; M. de Toni {Sylloge, 
I, p. 224), en reproduisant la description de C. Agardh, n'insiste pas 



. C. Agardb, Sysiema Algarum, 



8 (18.+). 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



jg* JOOKNAL DE BOTANIQUE 

davaniage. C'est M. Nylander(i) le premier qui a attiré l'attentioa sur 

cette plante qu'il rapporta ec variété à son Ceenogoniam can/ervoides. 

J'ai pu étudier les types d'Agardh et de M. Nylander et j'ai parfai- 
tement constaté qu'ils sont identiques. Les diamètres des cellules 
rient de i6 - 28 f* X 4° - 60 f . Les zoosporanges arrondis ou plus sou- 
vent elliptiques présentent habituellement les dimensions suivantes 
18 - 24 ft X 24 - 32 /t. Ils sont quelquefois latéraux ou terminaux, mais, 
dans le plus grand nombre des cas, leur disposition remarquable rap- 
pelle assez exactement le mode de fructification du CepkaUurùs {My- 
coidea), c'est-à-dire qu'ils sont portés par une cellule allongée, géné- 
' ralement recourbée en crochet. Ils sont réunis par groupes de 2 à 6 ou 
7 à la surface d'une cellule spéciale dont les dimensions se sont accrues. 
Cette disposition présente également des rapports avec ce qu'on 
remarque dans le T. uncittaia. 

En 1882, M. Nordstedt (2} a fait connaître un Treniepohlia origi- 
naire du Brésil et l'a désigné sous le nom de T.pUiocarpa. Les carac- 
tères de la fructification sont les mêmes que dans la plante d'Agardh ; 
les dimensions des difiérents organes sont également identiques; il en 
résulte que les deux espèces doivent être réunies de la manière suivante ; 
Treniepohlia arborum C. Agardh, Sysi. Algar., p. 88 (1824). 
■ Syn .■CœnogoniumconfervoidesA^/., loc, 011,(1859). 
Trentepohiia pleiocarpa Nordsi., loc. cit. (1882). 

J'ai observé cette plante des localités suivantes ; Europe : Vienne 
(Autriche) de Lagerheim, in caldariis, absquc fructu ; Amérique : Gua- 
deloupe (Duchassaîng), Brésil (Weddell, Gaudichaud, Loefgren); 
Nouvelle Grenade (Lindig) ; Ocianie : Tahiti (Lépine), Iles Mariannes 
(Gaudichaud). 

8. — Trentepohiia abietina Flotovr (sub Chroolepus), 
Ï845 (3)- 

C'est en 1845, dans \t PAyeologia germattica de Kûtzing, que parut 
la description du T. abietina, espèce voisine des petites formes du T. 
aurea, et qai paraît assez fréquente dans le nord et le centre de l'Eu- 
rope et dans l'Amérique septentrionale. 

Les dimensions des articles varient entre 4 et 10 ;» sur 12 à 48 t^ de 
longueur. Souvent la cellule terminale, ou plutôt la cellule unique nais- 
sant directement du filament couché plus ou moins tonilcux, comme 

I. Nylander, Quelques oiservaHons sur le getire Cœnogomum (Ann. se. ost,, 
H' «., XVI, p. 9a, 1861). — CJr: Ann, uc. nat., 4' s., t, XI, p. 14J, 1859. 
3. WiltTOck et Nordsiedt, Algse aqus duicis, fasc. 9, n° 409 (18H1). 
3. Ih KQtiiog, Phycologia germanica, p. aiS (1845). ^ Tab. phyc, IV, t, 91, 
f. 3. — Hanagirg:, Prodromus der Algeufiora von Boekmen, I, p. S5 (18S6). 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



p. Hasiot. — Notes sur U genre Trentepohlia Martius. 385 

dans les formes grêles du T. aiirea, présente des dimensions beaucoup 
plus considérables qui peuvent atteindre jusqu'à 6 X 4^ [j- Les 
zoosporanges sont très variables comme disposition ; latéraux la plu- 
part du temps, ils peuvent Ctre situés à l'exuémité des filaments ou * 
même surmonter une cellule allongée qui naît direciemenC de la partie 
couchée. I^ur grosseur varie de 13 à 30 |j; sphil-riques dans le plus 
grand nombre des cas, ils se montrent quelquefois légèrement ovoïdes 
(12 X 16 ^) comme sur certains échantillons du Tyrol. 

Le T. abietina, qui paraît se rencontrer sur les Conifères, a été 
signalé également sur d'autres arbres, le Chêne entre autres (Angle- 
terre : Nordstedt). Ses filaments, tout en rappelant beaucoup ceux du 
T. aurea tel qu'on le trouve dans certains pays (Normandie, Bretagne, 
Etats-Unis, etc.), sont habituellement moins rigides, plus Ûexueux, plus 
contournés ; les zoosporanges y sont aussi moins régulièrement disposés 
et naissent fréquemment au point d'attache des rameaux entre eux ou 
avec les filaments. On a rapproché du T. abietina le T. Uckenicola que 
M. Cooke en considère même comme une variété; M. WoUe va plus 
loin et réunit les deux plantes (i). L'espèce à laquelle les botanistes 
français donnent ce dernier nom me paraît se rapporter plutôt aux 
petites formes du T. auma, dont il m'est impossible de la séparer. 

M. de Wildeman'a distingué dernièrement {3) du T. abietina, sous 
le nom de T. Lagerheimii, une plante récoltée sur l'écorce de \'Abies 
pectinata, à Frîbourg-en-Brisgau, par M, de Lagerheim. D'après l'au- 
teur, la nouvelle espèce se distinguerait par ses rameaux moins déve- 
loppés et par la cellule terminale de ces rameaux beaucoup plus longue 
que large, la longueur pouvant dépasser dix fois la largeur. Les gamé- 
tanges sont < sessiles, latéraux, globuleux, ou portés sur une cellule 
renflée à la base, rétrécie au sommet et souvent recourbée » . La plante 
deM.de Wildeman est sensiblement plus grêle dans toutes ^s par- 
ties, ainsi que j'ai pu le constater sur un exemplaire envoyé par l'au- 
teur; les cellules des filaments couchés sont plus franchement toni- 
leuses; les zoosporanges sont plus nombreux et rapprochés. Les autres 
caractères peuvent être observés sur le T. abietina, qui présente, aussi 
bien que d'autres espèces du même genre (T. flava), des cellules ter- 
minales très allongées. On peut donc à juste raison faire rentrer le 
T. Lagerkeimii dans le T. abietina à titre de variété. 

J'ai pu étudier le T. abietina sur des échantillons récoltés en £m- 
r^^.- Allemagne (Flotow, Rabenhorst, de Lagerheim), Tyrol (Kerner), 
Angleterre (Nordstedt) ; Amérique : Canada (Farlow). 

1. Cooke, Britisk Jreskwafer Alga, p. 187 (1883.18S3J. — Wolle, ^»-M*.W(Ufe»- 
Algx oflke United States, p. jîj (1B87). 

a. De Wildeman, Observations sur quelques /ormes du genre Trentepohlia 
(Bull. Soc. Roy. de Bot. de Belgique, XXVIl, p. 3, 6 mal i888>. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



^^J^- 



. 386 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Ois. — La plante indiquée par Ripart (i) daps les Pyrénées n' est 
que le T. aurea absolument normal, mais poussaat sur des Conif^es ; 
celle du département de l'Aube (3) appartient au groupe du T. um^ 

9. — • Trentepohlia dialepta Nylaoder (sub Cccno^mtum), 
1862 (3). 

C'est sous le nom générique de Ceeno^onium que M. Nylander a 
décrit cette espèce qui est, sans ie 
moindre doute, un Trentepohlia par- 
faitement caractérisé. L'aspect enté- 
rieur rappelle en effet un Cœnogo- 
ttium, mais là s'arrêtent les ressem- 
blances. Il est vrai que l'auteur lui- 
même avait ajouté • ineerta quoad 
genus ob apolhecia ignota «. 

Je compléterai la description de 
M. Nylander par les notes suivantes : 
les filaments sont plus ou moins atté- 
nués au sommet, obtusiuscules, pel- 
lucides, rameuz ; tes rameaux sont 
en petit nombre, quelquefois asseï 
rapprochés les uns des autres, et nais- 
sent habituellement du même côté des 
filaments; ils présentent sensiblement 
le roème diamètre que ces derniers, 
dont ils se déuchent à angle plus ou 





I. Ripart, in Bull. Soc. bot. de France, XV, p. ilii (1868). 
3, Briard, Florult cryplogantigue de tAube, p. 470 (1888). 
%. Nylander, Qiêti^itts observations sur le genre C<£aogoiiliuu (Aun. «c. nat, 
4, XVI, p. 90, i86j). 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



p. Hariot. — No Us sur h genrg Treiit«pohlia Mariais. ;87 

moins aigu. Les dimensions des Câllules varient entre 6-8 ji X 2S-40 j*. 
Les cloisons transversales, très transparentes, sont quelquefois dififi- 
ciles à apercevoir, ce qui explique ces mots de M. Nylander » arti' 
culafionibus ttullis vsl obsoUiis raris ». 1-es zoosporanges sont laté- 
raux, ou bien pédicellés à l'extrémité de ramules latéraux, ou bien, 
plus rarement, terminaux ; ils peuvent être assez rapprochés le long 
des rameaux. Ils sont sphériques et mesurent (eu raison probablement 
de leur développement) de 12 à 28 ji. J'aî observé aussi quelques 
fmctifi cations disposées sur les flancs d'un ramuscule latéral, rappelant 
ce gui a lieu habituellement dans le T. Waimoi. 

Les échantillons qu'il m'a été permis d'étudier proviennent des 
environs de Rio-de- Janeiro (Brésil) oii ils ont été recueillis, sur les 
feuilles des arbres, d'abord parWeddell (type!) et plus récemment 
par M. Glaziou (n" 3483 ex herb. Fée in herb. Weddell). 

10. — Trentepohlla setifera Farlow (sub Chroolepus), 
1889 (1). 

Cette espèce, qui n'a pas encore été décrite, est remarquable par la 
ténuité et l'extrême simplicité de toutes ses parties, par ses filaments 
longuement atténués (7". aiUnuata Farlow, mss. in herb. Thuret). 

C'est à la surface des écorces, où il forme une couche pulvérulente 
blaitchâire, â peine visible, que se développe le T. stiifera. I-es fila- 
ments mesurent de 120 à 315 ^\ ils sont très rarement rameux et 
naissent d'un filament primaire articulé, composé de cellules toruleuses ; 
ils sont terminés en pointe an sommet. Les cellules varient de dimen- 
sions entre 6-8 ja X 34-28 jji. Les zoosporanges sont généralement 
sphériqnes; quelquefois elliptiques (18 X ^4 l^)i ^ ^'^^ disposés 
latéralement, ou bien ils peuvent être terminaux, mais dans le plus 
grand nombre des cas on les rencontre A la base des filacuents dressés, 
ou même sur ceux qui sont couchés. Leur débisccnce se fait par un 
pore terminal assez large. 

En 1S76, Krempelhûber (2) a décrit sous le nom de Cctnogonium 

t. Farlow, Alga America bortaiis exsiccats, n'aoï. — Je reproduis ci-dessous 
la description encore inédite que M. le D' Farlow a bien voulu me communiquer : 
• Tr. Tronds diflorm \ basai TilaiDeotb Irregulary moniliform, irre^ulary braocbed, 
cdis r3-i6 fi by 6-g p average, at first ovoid-cylindrical, becoming shorter and 
broader and leoglb irregulary g-lobose ; vertical filaments 150-aoo \f- high, simple, 
setiform, compoaed of cells which become ^adually longer and narrower 
towards the tapering tips. Zoosporan£ia formed from the swaller basai crib, 
broadl/ ovate, 22-30 ft long; by tô-jo f broad, wkh ïhart neclts. — On »he bafk 
ol Quercus alia. Norwich, comm. Mr W. A. Setchtll. ■ 

- 3. KicmpelbQber,' LicMaus ôrasiHenses coilteH a IT* Gla»iou in provincia 
irasiliatsi Rio de Janeiro (Flora, 1886, p. ajo). Des deux autres Cctitogottium 
élément décrits dans ce numéro, je n'ai tu que k C. fnhinatum, (fui doit 
rentrer dans le T. polycarpa. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



JOURNAL DE BOTANIQUE 
effasum^ qu'il fait priréder et suivre de points de doute et qu'il accom- 



pagne de la mention » planta dnbia •, une petite Algue qui croît sur 




Uni» (F.,lo*). 



les écorces. Elle y forme une couche extrêmement mince dont les 
caractères concordent exactemcDl avec ceux du T. setifera. Dans la 
description originale, Krempelbùber dit, en parlant de cette plante : 
« loculis inter septa gonidits parvis viridibus repUtis », Ces préten- 
dues gonidies {microgontdtes) ne paraissent pas être autre chose que 
des granulations proioplasmiques . 

Jlab. — Etats-Unis (Farlow) ; Brésil, ad coriices (Glaziou, n" 3434) ; 
id., ad lacinias thalli Sûcxx cuj'usdam (în herb. Mus. Par.). 

{A' suivre.) 

NOTE 

SUR LES AFFINITÉS ANATOMIQUES DU GENRE PODOON 

Par H. LouU MOROT 

Le g;enre Poifocw, qui comprend jusqu'ici une seule espèce, 
le P. Delavayt, a été créé par M. Bâillon (i) pour une plante à 
caractères assez singuliers, découverte par M. l'abbé Delavay, 
au-dessus de Tapin-tze (Yun-nan), le 22 août 1883. La constitu- 
tion de la fleur femelle, seule connue à cette époque, avait 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



L. MoEOT. — Noie sur les affinilés analomiques du genre Podooo. 381) 
d'abord conduit M. Bâillon à rapporter ce genre, avec doute, il 
est vrai, à la famille des Phytolaccacées. Depuis, cet auteur a pu 
en étudier la fleur mâle et son étude, modifiant beaucoup sa 
première opinion sur les affinités de cette plante, l'a amené à la 
placer, comme type amoindri, à la fin de la famille des Sapin- 
dacées (i). D'autre part, sur ses indications, M. Franchet a publié 
ce genre comme constituant à loi seul une famille distincte, 
celle des Podoonacées (2). 

En présence de ces hésitations, il m'a semblé qu'il ne serait 
pas sans intérêt de contrôler et de compléter par l'étude de la 
structure anatomique les caractères fournis par l'organographie. 
Grâce à l'obligeance de M. Franchet, j'ai pu examiner dans ce 
but à la fois des échantillons secs de l'herbier du Muséum de 
Paris et des plantules fraîches provenant de germination. Voici, 
en quelques mots, les principaux résultats de cet examen. 

Racine. — La jeune racine du Podooa possède quatre fais- 
ceaux h'gneux, et au centre de chacun des faisceaux libériens 
alternant avec eux il existe un large canal sécréteur. C'est 
exactement la structure qu'a décrite M. Van Tieghem chez le 
Rkus Toxicodendron et qui, d'après ses indications, se retrouve 
chez les Ptstacta vera, P. Lenttscus, P. Terebinthus, Sckinus 
Molle, Spondias cytkerea, etc. {3). C'est, en un mot, la structure 
générale-de la racine des Anacardiacées. 

Tige. — La tige du Podoon présente également, dans chacun 
de ses faisceaux libériens primaires, un large canal sécréteur 
plongé au milieu même de la masse des tubes criblés. L'appari- 
tion de ces canaux est extrêmement précoce et précède de 
beaucoup la formation de l'arc fibreux qu'on voit, plus tard, 
adossé à chaque faisceau libérien. Dans le liber des faisceaux 
intercalaires aux faiïiceaux principaux, les canaux se montrent 
même avant la différenciation des vaisseaux du bois. Nous 
retrouvons donc encore ici une concordance parfaite avec la 
description que donne M. Van Tieghem de la structure d'une 
jeune tige de Pistacia Terebinthus ou de P. Lentiscus (4), et 

I. H. Bâillon, Les fleurs mâUs du Podoon {he. cit., n' 100, séance du 3 juil- 
let 1SS9). 

3. A. Franche», Plartlm Delavayatue, p. 14s, 1889- 

3. Van Tiegliem, Mémoire sur Us canaux sécréteurs des plantes (Ann. se. 
nai., Bot., 5' s., t. XVI, 1871). 

4. Van Tieghem, loc. cil. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



390 lOURNAL DK BOTANIQUE 

l'on sait que cette localisation des canaux sécréteurs dans le liber 
est caractéristique dans la famille des Anacardiacées. On sait 
aussi, par les travaux de M. Trécul et de M. Van Tieghem, que 
les Spondias et quelques Sumacs {Rhus Toxicodendron, typMna, 
etc.) possèdent en outre un cercle de canaux sécréteurs à la 
périphérie de la moelle, à la pointe des faisceaux liber olig-neux 
principaux (2). 

Indépendeniment des canaux libériens primaires, il se forme 
ultérieurement, comme l'ont observé les deujt auteurs cités plus 
haut, d'autres canaux sécréteurs dans le liber secondaire de la 
tige des Anacardiacées. Je n'en ai pas vu dans le liber secon- 
daire de la tige du Podoon. Celle-ci n'en présente pas non plus 
dans la moelle, mais il s'en forme plus ou moins tardivement 
dans l'écorce, au voisinage de l'épiderme. 

Feuille. — Dans le pétiole de la feuille du Podoon, il existe 
d'abord cinq faisceaux libéro-ligneux disposés en arc à sa 
face inférieure, et chacun d'eux possède, dans son liber, un canal 
sécréteur. Plus tard, on trouve dans ce pétiole un sixième 
faisceau étalé à sa face supérieure et aussi de petits faisceaux 
intercalaires; tous ces faisceaux possèdent également un canal 
sécréteur dans leur portion libérienne. En outre, il existe dans 
le pétiole des plantes adultes des canaux sécréteurs dans le 
parenchyme cortical. 

En résumé, au point de vue anatomique, le genre Podoon 
s'éloigne de la famille des Sapindacées par la présence dans ses 
divers membres, racine, tige et feuille, de canaux sécréteurs qui 
manquent dans cette famille. 

Par la situation de ces canaux dans le liber, il se rapproche 
au contraire de la famille des Anacardiacées, mais, en même 
temps, il en diffère par l'existence de canaux corticaux. 

Cette particularité, jointe aux caractères tirés de l'organisa- 
tion florale, semble donc justifier la création, pour ce genre, de 
la famille spéciale des Podoonacées. 



i 

db.Google". 



VaHéU. 

VARIÉTÉ 



L'emploi de TAgar-Agar comme fixatif des coupes 
inicrotomiqu«8. 

M. Gravis recommande, pour fixer sur porte-objet les sections d'or- 
ganes inclus dans la paraffine et coupés au microtoroe, l'emploi de 
l'Agar-Agar ou gélose, qu'il expérimente avec succès depuis plusieurs 
années (i). 

Préparaliùn. Un demi gramme d'Agar-Agar est découpé en petits 
morceaux qu'on jette dans 500 grammes d'eau distillée ; après quelques 
heures, lorsque la substance s'est gonflée dans l'eau, on- chauffe dou- 
cement jusqu'à l'ébullition que l'on maintient un quart-d'heure envi- 
ron, pour obtenir une dissolution complète. Après refroidissement, on 
filtre la liqueur à travers une toile fine et on la conserve dans de petits 
flacons bouchés à l'émeri, dans chacun desquels on ajoute un morceau 
de camphre pour empêcher le développement des moisissures et des 
bactéries. 

Mode d'emploi. Les lames porte-objet ont besoin d'une grande pro- 
preté pour être mouillées par le fixatif. Celui-ci y est étendu avec un 
pinceau en une couche sur laquelle les coupes sont rangées au moyen 
d'une pince fine; cette opération est très facile, surtout lorsque les 
coupes ont été obtenues en ruban continu. Aussitôt après, on chauffe 
doucement la préparadon au-dessus d'une très petite flamme de bec de 
Bunsen, pour ramollir la paiaidae sa^s fayondre. Les secdons s'éta- 
lent, les coupes enroulées se déroulent d'elles-mêmes. La lame se 
refroidit immédiatement; la paraffine se fige et on peut, si cela est né- 
cessaire, faire écouler l'excès de fixatif en tenant la préparation verti- 
calement pendant quelques instants. Il faut ensuite laisser sécher com- 
plètement le fixatif, ce qui exige plusieurs heures. 

Pour dissoudre la paraffine, on fait usage d'essence de térében- 
thine tiède ou de chloroforme, et le dissolvant est ensuite chassé pai 
quelques gouttes d'alcool fort qu'on fait couler d'une pipette sur la 
lame légèrement inclinée. 

Si l'objet a été coloré en ender avant l'inclusion, on dépose la lame 
dans un flacon contenant de l'alcool absolu pour déshydrater les cou- 
pes ; on les éclaircît au moyen d'une goutte d'essence de girofle et fina- 
lement on les couvre de baume de Canada et d'une lamelle. 

Si les coupes doivent être colorées sur le porte-objet, la lame est 

7upes microtomi^uss Oull, 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



393 (OURNAL DE BOTANIQUE 

placée dans un baia colorant, puis lavée à l'alcool et montée au baume. 
On peut aussi faire agir sur les coupes fixées te! réactif qu'on ji^e 
convenable : potasse, acide étendu, etc. On procède ensuite à la déshy- 
dratation par l'alcool absolu et au montage comme il vient d'être dit. 

Avantages du procédé. Le fixatif étant tout à (ait liquide à la tem- 
pérature ordinaire, les coupes se laissent ranger facilement sur la lame; 
les plis que forme parfois le rasoir disparaissent et il ne reste pas d'air 
sous les coupes. En outre les coupes sont dilatées avant de se coller 
au verre, et les cellules végétales, qui se déforment si facilement pen- 
dant l'inclusion dans la paraffine, reprennent leurs formes et leurs di- 
mensions primitives. 

L'Agar-Agar bien séché sur le verre est insoluble dans les diffé- 
rents réactifs : alcool, éther, chloroforme, glycérine, solutions salines, 
acides ou alcalines; seule l'eau distillée gonfle le fixatif et compromet 
la fixation. 

Enfin l'Agar-Agar ne se colore pas dans les bains colorants, si ce 
n'est parfois dans les intervalles qui séparaient les tranches de paraf- 
fine lorsque le fixatif a été employé en trop grande abondance. 

Quant au montage définitif il peut se laire, soit dans le baume de 
Canada, soit simplement dans la glycérine. 



CHRONIQUE 



M. Codechbt a été nommé professeur à l'Ecole supérieure de Pharmacie de 
Montpellier, et M. Gb4nbl à la Faculté de Médecine de la même ville. 

M. LiQMiBR est nommé professeur de Botanique à la Faculté des sciences de 
Caen. 

M. G. de Lagbrhbih a accepté la chaire de Botanique à l'Université de Quito 
(Equateur). 

M. BoBODiM remplace à l'Université de Saint-PéterEbourg- M. FaminUln, détnls- 



M. Palladih succède à M. Pitra, décédé, comme professeur d'analomie et de 
physiologie vég;étales à l'UnÎTerailé de Cbarkow. 

M. DiMGLBR a été nommé professeur de Botanique à l'Académie foreslliie 
d'Aschaflênbaarg. 

On annonce la mort de M. Sébastien Vidal, directeur du Jardin botanique de 
Hanille, connu par ses travaux sur la Qore des îles Philippines. On annonce éga- 
lement ta mort de M. -L. Lbsqubbbux, auteur de travaux de pal€ontoloi{ie bota- 
nique et de bryologie, décédé à l'âge de 89 ans. 

11 vient de se fonder en Italie, grâce à l'initiative de M. Hermann Ross, assis- 
tant au Jardin botanique de Païenne, une Société pour l'échange des plantes 
italiennes et du bassin méditerranéen. 

Le Gérant 1 Louis Mobot. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



N* 34 i6 DECEMBRE ■ 



JOURNAL DE BOTANIQUE 

Directeur: M. Louis MOROT 



NOTES SUR LE GENRE TRENTEPOHLIA MARTIUS 

Par M. P. HABIOT 

sf Cellulis tarulosis vel moniliformibus. 

II. — Trentepohlia lagenifera Hildebrandt (sub Chroo- 
lejms), 1861 (1). 

C'est pour ane plante rencontrée dans une serre d'Allemagne que 
cette espèce a été créée. Deux années pins tard, Rabenhorst l'a re- 
trouvée dans la serre aux Orchidées du Jardin botanique de Dresde et 
distribuée sous le nom de CAroolepus gracile (2). Depuis cette époque, 
elle parait avoir été fréquemment recueillie dans des conditions ana- 
logues. 

Antériearement, Leprieur avait envoyé de la Guyane, sous le 
n* 543, la même plante, que Montagne avait désignée sous le 00m 
A^Oidium aureum Link, ainsi qu'ea témoignent des échantillons con- 
servés dans l'herbier Thuret et dans celui du Muséum. - 

La âgure publiée par Rabenhorst (Flora europsa Algarum^ III, 
p. 300, f. 104) donne une bonne idée de cette Algue qui est très poly- 
morphe. Les filaments toruleux sont composés de cellulea plus ou 
moins allongées, tantôt moniliformes, tantôt fusîformes, assez forte- 
ment renflées au milieu et rétrécies aux deux extrémités; quelquefois 
aussi la partie supérieure des filaments est i peu près cylindrique. Ils 
naissent d'un filament basilaire toruleux. Les dimensions sont des plus 
variables et comprises entre 6 — 13 X 20 — 24 f. 

Les zoosporanges sont habituellement caractéristiques ; sphériques 
quelquefois, ils sont, la plupart du temps, en forme de bouteilles (d'où 
le nom imposé à la plante) et elliptiques; ils mesurent^ — laX^Of*. 
Ils sont latéraux , terminaux ou disposés à l'extrémité d'un ramuscule 

i. Hildebrandt, Botanisckt ZeiltMg, p. 85,1, III {tt6i\.— W\\i.c,Atgotoiiseke 
MittkeiimigeH (FriDgaheim's JabrbOcher fur wissensch. Bot., p. 437 (1887). 
a. RabcDhorst, Alp» Eutvpas, d° 1507 (Botan. Zell., 1863, p. 344). 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



JOURNAL DE BOTANIQUE 
souvent des dispositions différentes dans un môme 

er des échantillons des provenances suivantes : A»té- 
Leprieur) ; Europe : Ualie ; Padoue (de Toni) ; Alle- 
lennings), Dresde (Rabenhorst) ; Autriche : Prague 
e(Nordstedt); Finlande (Hisinger). — Les spécimens 
Dreede, de Suède et de Finlande sont développés 
;s autres croissent sur des feuilles (Curculigo, Pan- 

Lepohlia JoUthus L. (sub Byssus)^ 1763 (i). 

nciennemeot connu des Trentepo&lia, puisque, dès 
wenckfelt, le signale sous la dénomination àc/oh'iius 
t (3). Linné, en 17531 ^o fail un Syssus, et Acharius 
i Lichen sous les noms génériques de Lichen et de 
Lepraria (3). Eu 1811, C. Agardh rangea cetlc 
plante parmi les Conferva, et en 1824 parmi les 
ChrQolepus (4). L'iconographie ne l'a pas non 
plus négligée, depuis Micheli jusqu'à Kût2ing (5). 
Irf T.JoiHhus forme une croûte tomenteuse 
rougeâtre à l'état frais, verdâtre ou vert-olive 
quand elle est sèche, plus ou moins épaisse, ré- 
duite quelquefois à une mince pellicule. Ces dil' 
féiences ont donné Ueu à la création d'un certain 
nombre d'espèces qu'il n'a pas été possible de 
maintenir, La couleur plus ou moins variable avec 
la deesication ne saurait fournir d'udles indica- 
tions. L'odeur de violette qu'il répand — plus 
fg, encore que les autres espèces du même genre — 
jj; lui a iîùt donner les noms de VeiicAensleiny Veil- 

cAenmoos. 
sont plus ou moins longuement rameux, à rameaux 
I développés et raides. Les cellules à membrane 
rlée 6ont, dans le plupart des cas, doliiformes, ven- 
gèrcment rétrécies aux deux extrémités, quelquefois 
s dès filaments l>asilaii€B arrondies-tomleuses. Les 

'ont., éd. I (1753), p. 1169, a" 1. — Wallroth, 0>mp»ndium 

r, p. 151 (.833). 

Slù-pittm et fessiUum SUtsm Calaiegus (lâoo), p. 382. 

iHogyapkix SueeÛB Prodromus (1798), p. u. — Mel&ûdus 

8. 

■pMitio Algamm Suéci» (iBi i), p- 33- — Systtma Algarunt 

'M pMKûUgie», IV. t. 93, f. 3; l. 95, f. 1 o» a. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



p. Habiot. — If tin iw il gmrt TronUpoUla Mar/itu. 393 

dimensions varient entre 14 - 3sX 34— SOf*. Celles de la base 
atteignent 40 — 44 ,u. Les zoosporanges sont très variables de position , 
latéraux, intercalaires ou tcrmioaux ; ils peuvent être pédicellés sur une 
cellule recourbée en crochet ou simplement réuécie. On trouve ces 
différents modes de fructification sur le même échantillon. M. de Wilde- 
man a signalé le premier ceszoosporangeEpédicellés que j'ai retrouvés 
sur des échantillons d'Italie (Piccone) et des Pyrénées (Ripart). Les 
fructiâcadons de forme sphérique mesurent de 3o à 48 ^. Dans une 
forme de la Nouvelle-Zélande, séparée par M. Nordsledt (T.Jolithus 
f, crassiorj, ces organes varient de 36 — 40 X 45 — 54 f* (i)- Les zoos- 
poranges pédiccltés sont de plus faibles dimensions que les autres. 

Kûtiing proposa, dés i%\^(P&ycoiogia gêner alis-^ p. 384), le nom de 
Ch, ruptsfrs pour une plante créée précédemment par Nées; en 1845 
{Phycologiti germanica, p. 229), il fit connaître le Ch. Àtrcynieum. 
Flotow publia dans les Âlgen Sacksens de Rabenhorst {n° 203) le Ch. 60- 
vinam caractérisé « sifaio itnni, subpuherulenfo^ ferrugituo-sangui- 
neo, siccato colore vix mulato », Le même auteu;-, en 1850, avait ro- 
gardécommeespàcedisdncteet décrit comme telle le Ck. Keerieri {2). 
Ses caractères le rapprochent, d'après l'auteur lui-même, des Ch. her- 
cym'cum clrupes/re, dont il aurait la ténuité, mais ses filaments seraient 
plus épais, plus raides et plus noueuz, les articles plus longs et plus 
larges, aux cloisons plus étranglées, la teinte plus vive. Je n'ai pas vu 
cette plante, mais celles avec lesquelles on la compare ne m'ont abso- 
lument rien présenté de différentiel; aussi suivrai-je l'opinion de la 
plupart des algologues en les réunissant purement et simplement au 
T.Jolithus. Quant à la couleur, on ne saurait y attacher la moindre 
importance, Rabenhorst donnant, sous le n" 203 de ses Algen Sachsens, 
le type du Ch. bovinum qui est d'une teinte vert-olive, tandis qu'il 
devrait, d'après la description, être resté rouge. Sous le n° 201, regardé 
par Rabenhorst comme le véritable T. Jolilhus, on trouve une plante 
très mince qui a conservé sa coloration rouge primitive. La dessîcation 
semble se jouer des caractères de couleur attribués par les auteurs. 

Le T . Jolilkus parait doncêtiu une espèce assez polymorphe ; mal- 
gré cela elle est assez reconnaissable et il est certainement difficile de- 
là confondre avec une autre. M. Grunow, dans la relation du voyage 
de la Novara, a décrit, sous le nom de Ch. odoratum var, pulvinatum, 
une plante qui doit, sans le moindre doute, être rapportée au T.Jolithus, 
dont elle constitue une variation Insignifiante à filaments plus grêles, à 
cellules plus régulières. Les zoosporanges mesurent 30^1. 

Très répandu à la surface du globe, le T.JolUhus habite de préfé- 

I , NordBiedt, Fresh mater Algs colUcted by Mr Berggren ta Neat-Zeaiand 
{KoDgl. Sv«iwlu Veteiwkapa Akad. HaaÛiiagti, ai, a' 6, p. 16 (18SKJ. 
i. Flotow, Botan. Ztituttg, p. ^6 (1650J. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



JOURNAL DE BOTANIQUE 
>arois des rochers humides dans la rÉgîon montagneuse, 
il été i diverses reprises récolté sur des Mousses {C&. Jo- 
nuscicùla'&Ahtxih., Ch. odoratumvvt.palvinatumGiv.ao'w). 
examiné des localités suivantes : Europe : France : Vo^es 
, Pyrénées (Ripait), Savoie (Brard); Allemagne: Wurtem- 
uis), Saxe (Kûtzing); in A/g^en Sachsens, n" 201 et 203 
Algen Buropas, n° 3,096 (Rabenhoret) ; Autriche: Tyrol 
}, Moravie (Nave); Norwège (Areschoug, n°344, Witlrock); 
igardh); Italie (Piccone, Carestia); — Amérique: Bolivie 
— Océanie : Nouvelle-Zélande (Grunow), Australie (Wil- 



Sous le n" 921 3 des A/gw aqua dulcts de MM. Wittrock 
It a été pubÛé, sous la désignation de T. Joliikus, un T. au- 
aent normal. 

Trentepoblia di£Eîracta Krempelhûber (sub Cano- 
1876(1). 

On ne saurait éloigner du T. Jo- 
lithus une plante décrite par Krem- 
pelhûber sous le nom de Cœnogo- 
niutn diffractum, avec doute cepen- 
dant sur l'attribution générique. Un 
simple examen suffit pour montrer 
que ce prétendu Lichen est nnc 
Algue. La diagnose donnée par l'au- 
teur a besoin d'être complétée • thal- 
lus flavo-viridis e filamentis brevi- 
bus pulvinatis constitutus, pulvinu- 
lis inccqualltates substrati (corticis 
asperi expansi) late, ut videtur, et 
interrupte obtegentibus (ita ut thal- 
lus diffracto-pulvinatus appareat); fi- 
I ameuta crassiuscula, absque elcmen- 
tis obducentibus, septata, ad septa , 
nonnihil contracta, contentu viridi 
grumoso, crass. 0,02a — 0,023 ""/m ! 
apotheciadesunti. Les zoosporanges 
inufiahUa difft-aeia Kremp. - sphériques, volumiueux, sont laté- 
w.-.d.KioB.iio, ,Kr«.35<>. rau^^îmgj^iaji-çsQmefmJjiauxtan- 
tmité du filament principal, tantôt couronnant des rameaux 




ïlhflber, UekenêS érasiUensfs eoUeeh a Dre dasio» i 
'.io-Jimtiro (Flora, 1S76. p. 850). 



piw^ùt 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



p. Habiot. — NeUs sur U genr» Trentepohlia liarHus. 397 

latéraux allongés plus ou moins ûexueux. Us mesuieiit de 28 à 40 ^ et 
sont généralement un peu atténués à la base. Les cellules soot un peu 
pluslonguesquelarge5;ellesvarieiit en longueur entre 33 et40f ; elles 
sont doliiformes, à contenu granuleux réfringent ou huileux. 

Le T. aiffracta diffère du T. Jolithus par son aspect filamenteux 
qui le rapproche du 7", polycarpa^ par la membrane cellulaire moins 
épaisse, par ses filaments et ses rameaux plusdéveloppés, par son habitat. 

Hab. — Rio de Janeiro (Glaziou, n" 1.992) ad cortices arborum. 

14. — Trentepohlia odorata Wiggers (sub Lepra), 
1780 (i). 

Une des espèces les plus anciennement connues, puisque Micheli en 
fait mention, dès 1729 (3), sous le nom de Licken crusiaceus arbori- 
bus adnascens. Cinquante années plus tard, Wiggers la rapporte à son 
Lepra odoraia, et en 1819 Lyngbye la décrit et la figure sous la déno- 
mination de Conferva odoraia (Tentamen Hydrophyiologite danicce, 
p. 164, t. 57 D). En 1S24, dans son Syslema, C. Agaidh en fait le Chroo- 
lepus odoraius et Kûtzing l'adopte tel quel, en 1843, dans le Phyco- 
logia generalis. Massalongo en a fait le type du genre Ulocodium (3). 

Kûtzing, dans le Species Algarum (p. 427), y rapporte comme 
variété p auranHacum une plante recueillie en Normandie par de 
Brèbisson, et en sépare le Ch. okiferum, qui semble cependant ne 
point en différer, et que tous les auteurs y ont réuni purement et sim- 
plement. Il en est de même, de l'avis du créateur de l'espèce, du 
Ch. bêiulinum Rabenhorst. 

La première figure donnée par Lyngbye représente fidèlement le 
T. odorata (4) ; la figure de Kûtzing (Taà. pkyc. IV, t. 94, f. 3) est pa- 
iement bonne. On aurait quelque peine à y rapporter le Ci. oleiferum. 
si l'on ne savait combien, dans une même espèce, les caractères des 
organes végétatifs sont sujets à varier(i(^., t. 92, f. i). Quant à la variété 
auranHacum, j'aurai l'occasion d'en reparler bientôt. 

». Wiggers, PrimiHa fions Holsatùa, p. 96 (1780). 

3. Micheli, Nmxi filaniarum gtnera, p. 100, o" 73 (1739). 

3. Dans le Symvticta Lic)u»Km novorutH vei minus cognitorum, p. (a (1855). 
Hassolongo afiinnc avoir trouvé celte plante munie d'apothécies indubitablement 
attachées aux filamenta du thalle, et il le place dans on nouveau genre Ulocodium 
[U. odoratwm) voisin des Cixttogtmium. il serait du plua haut Intérêt de pouvoir 
vérifier l'observation de Massalongo, observation qui lui paraissait à lui-même 
tellement extraordinaire qu'il ne peut s'empêcher de faire suivre la description 
des lignes suivantes : • Sono plù de 15 messi che io raccoglleva questa pianil' 
cella fomita di apotedl... ma non prima d'ora osai di fare publics qucste mia 
scoperta, non sapeodo quasi credere ai miei occbi, e sempre lemeodo che i cre- 
duti apotecii polessero per avventura appartenere a qualche altro Llchene che 
vlvesse in comune, somigliando essi moltissimo a quelll délia Biatorina pineti, 
sia pe catalteri esteriori che intemi. • 
l>^4. Wittrock, Pomls-JorUckning oejvtr Skandmam^K vaexler, p. 16 (iSSo). 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



■7^«SÎ 



3^ JOURNAL DE BOTANIQUE 

Le T. odorala est essentiellement corticole et paraît se plaire de 
préférence sur les Hêtres et les Bouleaux. Le type de Lyngbye, qu'il 
m'a été permis d'étudier, est remarquable par ses filaments dressés, 
très rapprochés, parallèles, constitués par des cellules plus ou moins 
toruleuses, quelquefois plus ou moins reci angulaires, à peine resserrées, 
atténuées au sommet. Les filaments sont brièvement rameux ; quelques 
uns rappellent par la forme de leurs cellules le Ch. oleiferum figiu'é 
parKûtzing. Les zoosporanges sont terminaux, latéraux ou intercalaires, 
arrondis, quelquefois ovoïdes. Ils mesurent de 24. à 26 ^. Les dimen* 
siens des cellules varient de 10 — 16 X 16 — 20 fi. Dans d'autres échan- 
tillons de même provenance, recueillis par HornemannetparHofiman 
Bang, on trouve des organes de fructification arrondis {13 — 3i fi) ou 
ellipsoïdes (16 X 24 f ). 

Outre le type du Danemark (Fionic), je n'ai tu de plantes analogues, 
qu'on puisse avec probabilité rapporter au T. odorafa, que des localités 
suivantes : Europe : Berlin (Braun) ; France, département de l'Aube, 
ad Belulam. 

Le CA. odoratum^auraniiacum Kûtz. que son auteur en distingue 
comme il suit « slrato aurantio-rubrOi irichomatibus snôramosis... 
articulis ellipHcis, limbo kyalino lavi cittclis, nucUo auraniio », peut 
être regardé, par l'ensemble de ses caractères, comme appartenant 
au T. odorata^ mais ses filaments ne sont pas disposés aussi régulière- 
ment, SCS ramifications sont moins développées, et sous ce rapport il 
ne serait pas étonnant que ce fût un trait de passage au T. umbrina 
(Rabenhorst, Algen Europax^ n" 2.255). Les zoosporanges mesurent 
environ 20 /.. 

Obs. — La plante publiée par Rabenhorst sous le n" 616 deses 
Algen Saehsens n'appartient pas au T. odoraia et devra être rappor- 
tée au T. BUischii. 

Le Ck. odoratum. var. pulvinatum Gninow (i) n'est qu'une forme 
grêle du T. JoUihus. 

On rapproche également, depuis C. Agardh,du T.odorata, le Con- 
serva ruàicunda Roth. Cette espèce, que personne n'a jamais vue, et 
sur laquelle on ne peut que faire des hypothèses, pourrait tout aussi 
bien appartenir an T. umôrma, d'après certains détails thés de la des- 
cription et l'habitat indiqué. 

15. — Trentepohlia Bleiechii Rabenhorst (sub Chroole- 
pus), 1868 (2). 

Rabenhorst avait distribué, sous le n" 1.496 des Aigen Europas, 

1. Grunow, Reïse setner Majestset FregaUs Nowwa utrt die Brde. Al gin, 
p. 4- ('8671- 

2. Rabeoborst, Flora ettrapxa Algarum, DI, p. 373. — Wllle, à 
User, 6, p. 171 (1878). 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



p. Hariot. — Noies sar h g»urt TrentepohUa Marbus. 3^ 

une Trentepohliacée qu'il rapportait comme îorm& elongala sa CÂ. um- 
brinus. C'est elle qu'il éleva au rangd'espèce sous le nom de Ch. Bleis- 
chii. 

Le type de Rabenhorst, recueilli sur le Bouleau ea Silésîe, est re- 
marquable par ses filaments allongés flezueux, fameux, à cellules ellip- 
tiques, fusifonnes, fortement étranglées, environ i '/i à 3 fois plus 
longues que larges ; quelques-unes sout presque carrées; celles de la 
base des filaments, arrondies, sont revêtues d'une membrane assez 
épaisse, translucide. Elles mesurent 16 — 24X20 — 48/». Les zoos- 
poranges, de forme sphérique, présentent comme dimension de 24 
à30fi. Dans cette plante, comme dans le T. odorata^ on retrouve une 
certaine régularité de disposition des filaments et une cohérence assez 
grande des cellules (i). 

Avec de légères modifications, 
nous avons vu cette même plante des 
localités suivantes : 

Europe. France : Fontainebleau, 
ad Belulam (Roussel) ; Silésîe 
(Bleisch); Suède (Wittrock); Angle- 
terre ; cum T. licienicola (Soverby, 
ex. specim. authent.). 

Amérique. Etats-Unis et Canada, 
ad Belulam, AÔietem nigratn et Bal- 
sameam {Farlow, Ravenel). 

La plupart des échantillons que 
nous avons étudiés étaient étiquettes 
. CA. odoratus, espèce qui en est bien 
peu difi'érente. La plante de Suède 
publiée par Wittrock et Nordstedt 
est peu typique : ses cellules sont 
généralement arrondies et à peine 
fusifonnes. 

M . Wille, dans son mémoire sur la 
copulation des Treitlepohlia (p. 171), 
a proposé comme variété nouvelle 
la forme Pice^ du T. Bleischii et l'a 
figurée en fructification (fig. l0-i8). • 
II la caractérise de la façon suivante : 
< minus ramosa, gameiangiis distinciis majoribtts; diam. celluîarum 

1. Dans les espèces à cellules tomleuses, ces organes ont fréquemment une 
certaine tendance à te sépa.rer [tÀaiU pulvértiieMt, dttsoeU); dans d'autres cas 
elles adhèreoi assez solidement entre elles et demeurent cohérentes (IhalU eoMé. 
renf). 




D,g,tza:Jb.GOOg[e 



400 JOURNAL DE BOTANIQUE 

vegetantium '2\-2ri (i., cross, membr. 4-5 ji.; diam. gatnel. 27-37 f» ; 
orif.gamei. 4-5 [(, ». Les filaments sont moins réguliers que dans le 
type, mais ce qui rend cette forme remarquable, c'est l'épaisseur de la 
membrane d'enveloppe qui est lamelleuse et peut aller jusqu'à 6/1. 

Des échantillons d'Upsal publiés par MM. Wiitrock et Nordstedt 
(n" 221) présentent des cellules pour la plupart arrondies (24-28 fi), 
quelques-unes plus petites, plus régulièrement ^disposées (16 [l) et des 
zoosporanges qui peuvent atteindre jusqu'à 40 [x. Ces derniers orgaaes 
sont terminaux, latéraux ou intercalaires. C'est également à cette 
variété qu'il faut rapporter le n° 616 (ad Beiulam) des « Algen 
Sachsens » , ainsi qu'une plante sur écorce de Picea recueillie dans le 
département de l'Aube et publiée sous le 3om de T. aàiéiina. 

Obs. '— Ces deux formes ne sont probablement pas rares; il est à 
peu près certain qu'une grande partie des plantes conservées dans tes 
herbiers sous le nom de T. odoraia et récoltées sur l'écorce du Bou- 
leau appartient au type. 

Le T. BUischii var, Picem et le T. umbrina ont été de la part de 
M. Wille (i) l'objet d'observations intéressantes relatives à la copu- 
lation des zoospores. Dans la première de ces plantes, ces organes, de 
forme d'abord irrégulière, puis ovoïdes-elliptiques, munis de deux cils 
qui les dépassent, se réunissent deux à deux par leur extrémité ciliée 
et donnent naissance à un corps (zygote) d'abord trigone, puis glo- 
buleux, 4-cilié, dont les dimensions varient entre 13 et 15 f*. On y a 
signalé également des pseudozygotes, munis de 4 cils, qui tireraient 
leur origine non d'une copulation de zoospores, mais de la division 
imparfaite du contenu d'un zoosporange. Dans le T. umbrina, les 
choses se passent à peu près de même . Il arrive quelquefois dans cette 
dernière plante que les zoospores se recouvrent d'une membrane d'en- 
veloppe dans l'intérieur mCmc du zoosporange. 

16. — Treutepohlia umbrioa Kûtzing (sub Proiococctis), 

1843(2). —PI. VIII. 

C'est en 1843, dans le Phycologia generalis, que Kûtzing crée son 
Proiococcus umbrinus, et quelques pages plus loin il décrit la même 
plante sous un autre nom générique, comme Chrooleptts umbrinus. 
En 1845, dans le Phycologia germanica^ il conserve le nom de P, um- 
brinus pour une autre plante toute difiérente, et remplace le premier 
nom par celui de P. crusiaceus. L-es descriptions sont maintenues 

1. Wille, lac. cit., p. 171, Gg. 1-18. 

î. Kûtzing-, Phycologia generalis, p. 165, t. 7, fig. 1-3 {1843). — Id., p. «83, 
t. 7, f. I. — Phycologia germanica, p. \à,(> (1845). — Spêcies Algarut», p. 437 
(1849). — Tab. phycol., l, t. 2, f. 4; IV, t. 92, f. 1. 

Bomet, Recherches sur les gonidies des Lichens, p. 10 (1873), 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



Jn^u-nd H.fPutp. 




C^ 






TRENTEPQHLIA UMBRlîiA (KUTZINGl PORNET :U'R l'N MOH^^e; 

A.COIIPE MONTRA^T I,A PÉNÉTRATION DES FILAMENTS DAN? LE K'. 

B '00SP0RANGE3 _C ^COrpCRF.l'. °'3"^'i" 



i;,:c««^i 



•^^ 



D,B,i..ab,GoOglc 



p. Habio*. — Notes sur le getire Treotepohlia Martius. 401 

dans le Species Algarutn avec ta mention suivante < kmc species (Prot. 
crusteceus) in Chroolepiis aureum et Lecideam parasemam trans- 
maiatur ». 

Dans ce dernier ouvrage, Kûtiing fait une espèce nouvelle pour 
une plante qui lui avait été envoyée de Falaise par de Brébisson : le 
Ch. irregulare (p. 427 ; Tab. phyc. iv, t. 94, f. i.). En 1863, Raben- 
horst (i) sépare également du T. utnbritia le Ch, quercinum, mais 
en 1868, dans le Flora europœa Algarum, p. 373, il le lui réunit 
comme var. b. quercitta caractérisée « sirato lenuissimo rabello, arli- 
cuits ad ijtj^ crassis •. On verra plus loin ce qu'il en faut penser. 
C'est encore à ceUe espèce qu'il faut rapporter le Pleurococcus se- 
riatus ^yood (2). 

Le T. umbrina est la plus répandue de toutes les espèces dugenre, 
il n'est pas une écorce qui n'en soit recouverte ; 03 le trouve jusque 
sur les pieux des estacades recouverts par l'eau de mer à chaque 
marée. Il se développe, ainsi que le fait remarquer M, le Dr Bornet 
(loc. cit., p. 10), sous lescouchesextérieuresdesécorces, où il enfonce 
ses filaments rempants jusqu'à près d'un millimètre de profondeur, 
sans que rien trahisse sa présence au dehors. Quand la plante se trouve 
à l'abri de la lumière, les cellules, au lieu d'avoir un contenu orangé, 
mélangé de gouttelettes oléagineuses, renferment de la chlorophylle. 
Il est beaucoup plus rare de le rencontrer sur les rochers, où il n'a été 
qu'exceptionnellement mentionné {Ch. irregulare, in Rab. Alg. 
Europ., n°2o77; Moravie : Nave). 

Par son abondance, le T. umbrina est prédisposé à fournir les go- 
nidies de bon nombre de Lichens. On rencontre fréquemment ses 
cellules envahies par des hyphes; c'est certainement ce début de 
lichenîsatiou que Kûizing a représenté sous le nom de Ch. monili- 
forme (Tab. phyc, IV, t. 97, f. \). 

Le T. umbrina, malgré sa dispersion considérable, n'est f>as très 
polymorphe; il varie même fort peu dans les dimensions de ses diffé- 
rents organes. 

Le type de Kûtzing présente des filaments irréguliers non disposés 
en files parallèles comme dans le T. odorata; les cellules arrondies 
mesurent de 16 à 20 i*; les terminales, un peu plus longues (20-28 ji), 
sont généralement arrondies et rarement un peu atténuées. 

Ces caractères se retrouvent sensiblement identiques dans des 
échantillons recueillis dans de nombreux points de l'Europe et de 
l'Amérique du Nord, avec quelques légères variantes : les cellules 

I, Rabenhorst, Kryptogamin Floravon Sacisen, I, p. 235 (1863). — Algen 
Sacksetts, n* 415. 

a. Wood, A cottlribulion to the kistcry 0/ tke frtsh violer Alg» 0/ Nortk 
America, p. 78, t. X, f. a (187^), 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



403 JOURNAL DE BOTANIQUE 

peuvent être arrondies, ou plus ou moins elliptiques, ou ovoïdes, 
quelquefois même rectangulaires à peine étranglées aux cloisons ; elles 
peuvent renfermer ou non des gouttelettes huileuses; la membrane 
cellulaire est généralement assez épaisse; leurs dimensions varient 
entre 12- 14 et 30 11. 

Les zoosporanges sont latéraux, terminaux ou intercalaires, ouverts 
par un pore qui présente d'assez faibles dimensions ; ils peuvent être 
pédicellés (Belgique, Moravie), Ils mesurent de 18 à sS [n et sont géaé- 
ralement arrondis. 

Le CA. irregulare ne présente pas de caractères distinctîfs qui per- 
mettent de le maintenir même comme variété. L'examen du type de 
Brébisson fait voir des cellules arrondies variant de 16 à 24 ;i; la mem- 
brane assez épaisse est exactement identique avec ce que l'on volt 
dans le T. umbrina; il en est de même d'échantillons conservés Sous 
ce nom dans l'herbier Thuret et que je ne saurais différencier. 

Les précédentes observations s'appliquent exactement au Ck. qutT' 
cinum Rab. qui, du moins dans l'échantillon distribué et conservé dans 
l'herbier Thuret, est envahi par des hyphes et déjà passé à l'état de 
gonidles. 

Les espèces qui précèdent se distinguent facilement, si l'on étudie 
les formes extrêmes : impossible de confondre les T. odorata, umbrina 
et Bleisckii examinés sur des échandllons types. Mais dans la pra- 
tique, il n'en est plus ainsi, et quelquefois rien n'est embarrassant 
comme de rapporter une plante à Tune des trois espèces citées. La 
meilleure preuve est que, parmi les nombreux spécimens qui me sont 
passés sous les yeux, je n'ai pu en rapporter qu'un bien petit nombre 
avec sufQsamment de certitude au T. odorata tel que le connaissait 
Lyngbye. L,es plantes qui portent ce nom dans les herbiers n'y corres- 
pondent pas exactement et quelquefois aussi ne cadrent pas non plus 
d'une manière satisfaisante avec les deux autres espèces. Kûtzing a le 
premier montré la difficulté en étiquettant Ch. odorahis des échantil- 
Ions qui n'appartiennent pas à cette plante. 

Le Ch, odoratum j5 artraniiacum semble établir le passage entre le 
T. umbrina à filaments irrégulièrement disposés, à thalle plus ou moins 
pulvérulent et les T. odorata et Bleisckii plus réguliers (le premier 
surtout) et  thalle plus cohérent. Entre les deux dernières espèces, on 
trouverait des caractères distinctîfs dans la forme des cellules et leurs 
dimensions différentes. Il ne me paraît donc pas impossible de consi- 
dérer ces trois plantes comme appartenant à un même type spécifique 
(ainsi que le proposait déjà M. Gobi), divisible en deux sous-espèces, 
l'une odorala (comprenant le T. Bleisckii), l'autre umbrina, réunies 
entre elles par la variété auranfiacum. La synonymie pourrait dès lors 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



p. Habiot. — Nous sur le gtnre Trentepohlia Marbus. ^3 

être établie de la manière suivante eo conscrvaat le Qom le plus an- 
cien comme nom de l'espèce complexe (i) : 

f a odoraia {inclus. Ch, oleiferum, 
àelulitium). Forma : BUischii 
Rab. (incl. var. p Picew). For- 
T. ODORATA (Wiggers) Wittrock < ma intermedia : Ck. odoralum 
V. aurantiacum. 
P umbrina Kûtz. (incl. Ch, quer- 

Je résumerai les caractères distinctifs de ces sous-espèces dans un 
tableau synoptique qui complétera ce travail. 

17. — Trentepohlia rigldula Mûlier Arg. (sub Cœnogo- 
nium), 1883 (3). 

En 1S37, Fée dans la deuxième partie de son Essai sur Us Cryp- 
togames des écorces exotiques officinales, 
p. 1 13, t. XLII, n" 39, a signalé la singu- 
lière structure du thalle du Lecanora bys- 
siplaca qui se présente sous la forme de 
lîlamenls fameux en collier, étranglés à 
des distances égales et paraissant être 
d'une consistance molle. Ce que le cé- 
lèbre lichenologue a pris pour une struc- 
ture spéciale du thalle d'un Lichen, n'est 
autre chose qu'une espèce de Trentepohlia 
que M.[MiiUcr d'Argovie a fait connaître 
en 1882 sous le nom de Cœnogonium ri- 
gidulum. Les filaments sont habituelle- 
ment chargés de squames et de fibrilles 
qui ne sont que des dépendances de la 
membrane cellulaire. D'aiUeurs, sur le T,i.t^,_T»»up<,hiiarigidMi<.Wi.\. 
même échantillon, on trouve des cellules ^^%- — ciarcnee-Rivfr (wlicoi). 
parfaitement normales dont les parois 

n'ont point subi la singulière dégénérescence qu'on remarque chez 
un grand nombre d'espèces du même genre. 

1. Au moment où ce travail est à l'impressioa, je trouve, dans une nouvelle 
note de M. de Wildeman, l'expression d'idées du m^me ordre. M. de Wîldeman 
ne reconnaît dans les T. umbrina, Bleisckii ex odnrata que deui formes diffé- 
rentes, l'une se rapprochant du type T. umiriita, l'autre de la variété elongata 
(T. Bleisckii). Je suis aussi heureux de me trouver en parfaite communauté 
d'idées avec U. de Wildeman à propos des divisions absolument artificielles ad- 
mises par M. Hansgirg d'abord, puis par M. de Toni, pour classer les Trenle- 
poklia i,CJr. de Wildeman, Sur quelques espèces du genre Trentepohlia, in Soc. 
Roy. de Bol. de Belg., 12 ocl. .Sag, p. gs). 

I, MiiUer Arg;., Licheitolo gische Beitraege, in Flora (i88ï, p. 490, n° 517). 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



404 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Les filaments sont déûêcMs, ascendants, rigides, d'une couleur 
verdâtre ou jaunâtre, ramifiés en dichotomie; les cellules toruleuses, 
Aisiformes, plus ou moins globuleuses sont ventrues, fortement étran- 
glées aux deos extrémités, à membrane très mince, lisse ou hérissée- 
squamuleuse « superficie hypkemoideo-hirlella », Elles mesurent dans 
leur partie renflée de i6 à34 |i. et 12 à 15 dans leur portion rétrécie; 
leur longueur varie de 24 à 36 ■^. Les zoosporanges sont Inconnus. 

M, deWildeman (i)a fait connaître récemment la même plante 
sous le nom de T. iorulosa, en y rapportant d'ailleurs le Ceenogonium 
de M. Millier, dont le nom spécifiquejdoit rester, en vertu des droits 
de priorité. 

On le rencontre aussi bien à la surface des rochers que sur l'écorce 
des arbres, mais toujours associé à des thalles de Lichens sur lesquels 
il vit en parasite, que ces thalles renferment ou non des Chroolépidées 
comme éléments gonidiaux (Grapkis, Leptotrema, Lecanora, etc.). Il 
parait très tréquent au Brésil, où M. le docteur Waioio l'a aboïkdam- 
ment récolté. 

J'ai vu le T. rîgidula des localités suivantes : 

Asie .-Java (herb. Faculté de Caen) . — Océanie : Tahiti (Gninow), 
Clarence River (Wilcox), — A mériç ue .- Chili (Pœppîg); Paraguay: 
Cerro y aguaron (Balansa, n" 4243) ; Brésil : Minas Geraes (D' Wainio). 

Je ne serais pas étonné que cette espèce se rencontrât dans le sud 
des Etats-Unis et qu'il lui fallût rapporter la figure donnée par 
M. WoUe (2) comme appartenant à une forme du Z". umôriria. 

C'est du T. Bleischii que le T. rtgidula semble le plus se rappro- 
cher, mais il s'en distingue suffisamment par sa ramification plus déve- 
loppée, d'aspect plus régulier, par ses cellules plus étranglées à mem- 
brane moins épaisse. 

Obs. — C'est au T. rigiduia que doivent vraisemblablement être 
rapportées les gonidiesqui entrent dans la constitution du Ceenogonium 
monil^forme Tuckcrman (3). 

18. — Trentepohlia Mouilla de Wildeman, 1888 (4). 

M. de Wildeman a signalé, croissant avec le T. Iorulosa, une autre 

plante très voisine, trop voisine peut-être bien. Les cellules sont lisses, 

un peu plus petites, plus arrondies et mesurent généralement de 16 à 

38 ^. Fréquemment elles sont envahies par les hyphes d'un Champi- 

1, De ViiXA^maa, Sur quelques /ormes du j««re Trentepohlia (Bull. Soc. Roy. 
de Bot. de Belgique, XXVU, p. 4, iSflJt). 

I. Wolle, Fresk taaUr Algx 0/ Ihe United Slales, p. 123,1. ii6, f. 1.3 (1887). 

3. Nylander, Quelques observations sur le genre Cœnogoniuro (Ann. Se. nat., 
IV, 16, p. 91, iseij. 

4, De Wildeman, hc, cit., p. 4. 



D,B,i..ab,Google 




Vastes. ip% 

gnon qui les enserre et leur communique un aspect tout particulier. 
Sauf ces caractères d'une très mince va- 
leur, le T, monilia pourrait peut-être, 
avec juste raison, être r<^-unî à la plante 
précédente, dont on rencontre des spéci- 
mens à peu près identiques de forme et 
de dimensions. 

Hab. — Amérique : Chili (Pœppig^), 
en compagnie du T. rigidula et du T. au- 
rea {petite forme analogue au T. lickent- 
fc/a Auct.). 

06s, — Les hyphes qui recouvrent les 
cellules du T, Monilia se rencontrent dans 

d'autres espèces : T'.ffwrrfa (Chili, TjTol), ■ _ t- touu tt r 

polycarpa (Brésil, Guadeloupe, Tonkin), Wiidcman, - chiii (PieppÎe)! - 
etc. M. P. Reinsch (i), qui a signalé ce "™' '*°' 
parasitisme, a donné à ce Champignon le nom d'Erystàe ChrooUpidis, 

Dans le Sylloge de M. de Toni, les localités des T. rigidula eX. 
Monilia ont été en partie interposées. La désignation de Clarence 
River doit se rapporter au T. rigidula. 

VARIÉTÉS 
Ranunonliis Steveni Andrz. et R. aoris L. ; 

Par H. E. UALIHVADD 

M. Fr. Townsend a reproduit sous ce titre, dans le *■ Journal of 
Botany * de M. Britten (Vol. XXVII, p. 140), des observations pu- 
bliées par M. Kerner dans les * Scheds ad floram ezsiccatam austro- 
hungaricam >, recueil peu connu en France. La plupart de nos collè- 
gues de province n'ayant pas l'occasion de consulter le » Journal of 
Botany ■, nous croyons être agréable à ceux qui herborisent et sont 
obligés de s'occuper des espèces critiques, en résumant ici les remar- 
ques de M. Kerner d'après l'exposé que nous devons à M. Townsend. 
On y trouve, relativement à un groupe de formes très litigieuses du 
genre Ranunculus, des aperçus nouveaux ou s'ècartant notablement 
de la synonymie généralement admise par les botanistes français; il 
n'est donc pas sans intérêt de leur signaler celte divergence à titre de 
renseignement, et sans vouloir nous-mëme dès à présent nous pronon- 
cer sur le fond du débat. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



4o6 lOURNAL DB BOTANIQUE 

D'après M. Kemer, les diverses formes nommées Ranunculus 
acrïs L. par le plus grand nombre des botanistes se rapportent à deux 
espèces, R. Sleveni Andrz. et R. acris L., dpnt la première a été prise 
pour la seconde par M. Jordan et par d'autres botanistes français. 

Le R. Steveni Andrz. est caractérisé par ses rhizomes longs et 
charnus, couverts en dessus des vestiges des pétioles, et par la pubes- 
cence luisante de ses feuilles. M. Keraer en décrit trois variétés : i" la 
première correspond au R. Friesanus Jord. (et non Fritsianus, comme 
l'écrit à tort M. Townsend); elle a des rhizomes horizontaux longue- 
ment rampants et le bec des cai^JcUes très court; — 3° la deuxième est 
le R, vu/ga/us Jotd. in Boreau FI. du Centre, éd. 3, p. 15 {R. Sleveni 
Freyn in Willk. et Lange Prodr. flor. Aisp.) ; avec des rhizomes ho- 
rizontaux longuement rampants, elle offre des carpelles terminés par 
un bec recourbé en hameçon; — enfin 3° une troisième forme, qui est 
le R. acris Jord, Oèstrv., Êisc. VI (1846), présente des rhizomes courts 
et abondants, et le bec des carpelles courts. 

On cultive dans les jardins botaniques de Prague la variété n" i ci- 
dessus (sous le nom de R. serôicrts) et le n" 3, que les caractères des 
rhizomes, d'après M. Kerner, rapprocheraient du véritable R. acris L. 

Suivant le même auteur, le R. conslaniinopolitanus des botanistes 
de Transylvanie est une forme extrôme, dont les divisions des feuilles 
sont larges et obovales. Le R. silvaiicus Fries (non Thuill.) constitue 
un type intermédiaire, que M. Jordan, après l'avoir rapporté en pre- 
mier lieu à son R. Friesanus, distingua ensuite sous le nom de R. rie- 
morivagus. Schur, auteur d'une Flore estimée de Transylvanie, sut 
d'abord reconnaître le R. Steveni, puis le débaptisa en l'appelant R. slri- 
gulosus. l^ R. malacophyllus du même auteur n'est autre que le 
R. consianiinopolitanus déjà mentionné, et il y taisait aussi rentrer le 
véritable R. Steveni, qui est commun dans les jardins de Vienne ; son 
R. Csatoi est une forme à larges feuilles du R. Sleveni. 

Le R. Sleveni est commun en France et se retrouve, au Sud, sur 
les hautes montagnes de l'Aragon ; il existe aussi en Suisse II devient 
rare en Allemagne et dans le centre de l'Europe et n'y serait mcmc, 
comme en Suède, qu'à l'état sporadique et seulement au voisinage des 
habitations; par contre, il est commun dans la Hongrie et la Galicie 
orieaules, en Transylvanie, en Roumanie et en Voihynie; on ne l'a 
pas signalé en Italie. Deux espèces très voisines, le R. granatensts 
Boiss. et le R. serbicus Vis., lui sont associées, la première en Espa- 
gne, la seconde dans la péninsule des Balkans. 

M. Kerner décrit ensuite le R. acris L. Spec. plant, éd. i, p. 554 
(1753}, qui serait exactement le R. Borxanus de M. Jordan, ce der- 
nier ayant indûment considéré le R. Steveni comme représentant le 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



véritable R. aerts. Le type liODéec ainsi réubli est largement répandu 
dans l'Europe centrale et Jusque'dans les régions arctiques. 

M, Kerner attribue peu de valeur aux caractères tirés de la forme 
des divisions des feuilles ou du plus ou moins de rareté ou d'abondance 
des poils sur les tiges ou sur les petiotes. Au printemps, dil-il, on ren- 
contre des formes habituellement glabres, avec les divisions des feuilles 
étroites, tandis qu'en automne les tiges et les pétioles sont plutôt ve- 
lus et les divisions des feuilles sont larges. Le R. cohcensis Menyh. 
n'est qu'une forme des bois et lieux couverts. Le nom de R. neapoii- 
fanus serait plus anden que celui de R. Bormanus, mais la dénomina- 
tion linnéenne doit être conservée. 

M. Towsend croit que le R. aeris L. {R. Bor/tanus Jord.) est la 
forme la plus commune en Angleterre. On y trouve aussi certaines va ■ 
riétés du R. Sievtfti, mais il est probable que le R. Frùsatiits n'y 
existe pas. 

Cet exposé, où 11 n'est question que d'un groupe très restreint de 
formes du genre Ranuneulus, donne un aperçu des incertitudes et de» 
obscurités qu'on rencontre à chaque pas lorsqu'on s'engage dans les 
sentiers de l'Ecole analytique : i° Désaccord des auteurs les plus auto- 
risés sur les espèces fondamentales : te Aonuncu/uf aeris L., d'apris 
MM. Kerner et Towsend, correspondrait au R. Bor^anus de M. Jor- 
dan, qui relègue cette espèce linnéenne dans une variété du R, &ie- 
veut Andiz.; — 2* désaccord d'un auteur avec lui-même : telle plante, 
rapportée d'abord par M. Jordan à son R. Friesanus, change ce nom 
contre celui de R. nemorivagiis ; telle autre est nommée par Schur 
R. Sleveni, puis R. strigulatits ; — 3° citons, pour mémoire, les ap- 
préciations différentes sur la valeur qu'il convient d'accorder à tel ou 
tel caractère; — 4° les noms faisant double emploi, une des charges 
les plus lourdes sous lesquelles succombe la nomenclature botanique, 
et certains auteurs se complaisent à l'aggraver avec une insouciance 
qu'on ne saurait juger trop sévèrement. Schur a mérité, sous ce rap- 
f>ort, do justes reproches; ses R. strigulosus, tnaîacophyUus et Csdioi 
sont un échantillon de la facilité avec laquelle il rebaptisait à sa ma- 
nière d'innombrables formes étudiées précédemment par d'autres et 
possédant depuis longtemps leur état-civil. < Ab onomatomania libéra 
nos, Domine! • 

Note sur le liège des feuilles 
Par M. Louis Morot 
La formation de liège dans le pétiole des feuilles n'est signalée par 
les auteurs des ouvrages classiques que chez un petit nombre de plan- 
tes. Ainsi M. Van Tîeghem, dans son Traité de Botanique {2' édition, 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



V* JOURNAL DE BOTANIQUE 

p. 865), en cite seulement des exemples chez le Termînalia, le St' 

maba et VHoya carnosa. En réalité, 6n pourrait en ajouter beaucoup 

d'autres. 

Ainsi il convient d'indiquer, à côté du Sitnaba cité plus haut, un 
certain nombre d'autres Simarubacéés, tell es que Simaruba o/Jîcitiaiis, 
Bniceaferruginea,Picrœnafebrifuga^&.c., chez lesquelles l'assise 
sous-épidermique du pétiole devient génératrice de li*^e. Il en est de 
même, parmi les Sapindacées, de plusieurs espèces de Cufiania, no- 
tamment des C. canescens, emarginata, pseudorkus, qui développent 
sous leur épiderme une couche de six à huit assises de liège, parfois 
davantage; chez la dernière de ces espèces, cette production périder- 
mique est même très précoce. On trouve également du Uége, moins 
développé, il est vrai, à la périphérie du pétiole de diverses Dîptéro- 
carpées, comme le Vaieria indica, le Doona cordifùlia, les Dipiero- 
carpus alaluSGltur6inaius.Chez cette dernière espèce, j'ai en outre 
observé dans certaines feuilles la formation, probablement acciden- 
telle, d'une couche péridermique plus profonde. I.e liège y prenait 
naissance entre le liber des faisceaux et les groupes fibreux péricycli- 
ques qu'il débordait même, de manière à les entourer partiellement. 

D y aurait lieu de rechercher les conditions du développement du 
liège dans les feuilles. Le seul but de cène courte note est d'appeler 
l'attention des anatomistes sur un phénomène beaucoup plus liéquent 
qu'on ne le croit d'ordinaire. 



CHRONIQUE 



On'installe actueUement à Fontainebleau un laboratoire de biologie vég-étale 
auquel est affecté un terrain pris sut la lorèi et destiné aux cultures expêrimeD- 
taies en plein air. La direction en est confiée à M. Gaston Bonnier, professeur 
de Botanique à la Sorbonne. 

Il vient de se ionder dans la Haute-Vienne grâce â l'acdvité de M. Ch. 
Legendre, une Société botanique du Linumsin déjà très florissante, et à laquelle 
nous souhaitons le plus grand succès. 



Nous apprenons la mort de M. le professeur W. R. Me Nab, de Dublin. 



Le Gérant : Louis Hou». 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



1" JANVIER 1889 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE 



Bel» Bômet. — Noie sur une nouvelle espèce de Laminaire (Lamina- 
ria Rodriguezii) de la Méditerranée. (Bulletin de la Société bota- 
nique de France, L XXXV, 1 pi.) 

L'espèce nouvelle décrite par M, le D' Bomet a été décoaverte par 
M. J. Rodriguez, au S. E. de Port-Mahou. Ou la retrouve sur les côtes 
sud, est et nord de Mioorque et elle existe également à Syracuse. 
L'aspect général de cette Laminaire rappeUe celui &a.Laminaria saccha- 
rina; mais elle s'en distingue à première vue par sa fronde non bosse- 
lée et presque toujomrs composée de deux lames séparées par un étran- 
glement très étroit, lames qui coexistent pendant Ift plus grande par- 
tie de l'année. En outre, le Laminaria Rodriguezii^ contrairement à 
ce qui a lieu pour les Laminaires des côtes atlantiques de l'Europe, 
présente à sa partie inférieure à la fois des rhizoîdes, servant d'appa- 
reil fixateur, et des stolons ramifiés constituant des sortes de rhizomes 
SOT lesquels naissent les jeunes frondes. 

La plante atteint ses plus grandes dimensions en juin et juillet, A 
cette époque, la fronde de l'année a pris loute sa taille et celle de 
l'année précédente est encore presque entière. Chaque lame peut at- 
teindre 80 centimètres de long et 30 de large. La fronde est portée 
par un stîpe cylindrique, un peu comprimé au sommet où il conflue 
avec la lame, n'ayant pas plus de 10 centimètres de long et 4 milli- 
mètres d'épaisseur. 

Le stipe, les stolons et les rhizoîdes sont pourvus, dans leur zone 
sous-corticale, de canaux gommeux qui forment également un réseau 
à mailles polygonales dans la couche sous-corticale de la lame. 

Les sores fructifères se trouvent sur les bords inférieurs de la vieille 
lame; ils sont linéaires ou spatules, larges de 3 centimètres, longs de 
8 à 10 centimètres. Les sporanges et les paraphyses ont une grande 
ressemblance avec ceux du L. saccharina. 

M. Bomet fait remarquer que des cinq espèces de Laminariées si- 
gnalées dans la Méditenanée le L. Redriguesii est la seule qui soit 
spéciale à cette mer et la seule dont l'indîgénat ne soit pas contestable, 
et, d'autre part, que les Laminaires dont le mode de v^étation est le 
même que celui de la nouvelle espèce méditerranéenne habitent toutes 
l'Océan Pacifique. L. Morox. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



p. A. Dangeard. — Mémoires sur Us Chytridinies. (Le Botaniste, 
i" série, 2' fasc, , novembre i8SS, 2 pi.) 

Après un exposé des travaux publiés sur les Chytridioées, l'auteur 
passe en revue un certain nombre d'espèces nouvelles, en attribuant à 
chacune sa place dans la ûunille qu'il divise -eu deux grands groupes 
comprenant, l'un, les genres dépourvus de mycélium, l'auure, les genres 
qui possèdent des filaments nourriciers, fusseut-ils nidimentaires. Les 
genres du premier groupe sont nécessairement parasites à l'intérieur 
des cellules de l'hôte ; ce groupe se subdivise lui-même en deux sec- 
tions selon que le sporange est simple ou composé. Dans le second 
groupe, les sporanges ainsi que le mycélium peuvent affecter diverses 
dispositions par rapport à l'hôte : quelquefois le sporange seul est exté- 
rieur; parfois il n'y a que les extrémités du mycélium qui pénètreut 
dans la cellule hospitalière ; enfin il peut arriver que l'espèce soit com- 
plètement endogène. 

Les espèces nouvelles décrites par M. Dangeard dans ce mémoire 
so t : VOlpidium Spharilm, dans la première section (sporange 
simple) du premier groupe (pas de mycélium) ; le Micromyces Zygonii, 
dans la seconde section (sporange composé) du premier groupe; les 
Chyiridium Brauni, soopklhorum, Breàissonii, simplex, Etodem et 
Rhisidium catenatum, dans le second groupe (sporange pourvu de 
filaments nourriciers). 

M. F. Rosen avait établi dans le genre Chyiridium une section 
Dentigera pour des espèces caractérisées par des sporanges présentant 
à leur sommet des sortes de dents. M. Dangeard fait rentrer cette sec- 
tion dans le genre Rhistidium. 

Suivant M. Dangeard, le rôle des Chytridinées serait exclusivement 
destructeur. Aussi ne croit-il pas que les Nephromyces signalés dans le 
rein de certains Tuniders par M. Giard soient, comme le pense cet 
auteur, utiles à leur hôte. Il hésite aussi à rapporter au Cladochyirium 
tuberculorum observé par M. Vuiliemin dans les tubercules radicaux 
des Légumineuses les filaments mycéllens habitant ces tubercules avec 
lesquels ils constituent des mycorhizes endotropiques. 

En terminant son mémoire, l'auteur résume comme il suit les prin- 
cipaux points qui lui paraissent bien établis dans la biologie des Chy- 
tridinées. 

( Contrairement à ce que l'on pense généralement, les Chrytrîdinées 
ne se trouvent jamais dans un milieu eu putréfaction. 

( La lumière favorise l'émission des zoospores ; aussi est-ce après 
une journée bien ensoleillée que l'on a chance de pouvoir assister à la 
sortie des corps reproducteurs. 

< L'humidité ne peut être mise en cause que pour les espèces tep- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



restres ; or, oa sait que les Synciy/rmm habitait les endroits humides, 
le bord des rivières ; une rosée abondante est nécessaire à la dissémi- 
nation des spores motûles. 

( La températtire a aussi une înflueDce sur le développement ; mais 
son action paraît moins générale; eo effet, si la plupart des espèces 
vivent et se reproduisent pendant la belle saison, quelques-unes subis- 
sent leur évolution pendant l'hiver. L. M. 

A . OÙrd. — Noie sw deux types remarguoAUs d'Enlomopktkorées, 
Empusa Fresenii Nàw. et Basidiobolus Ranarum Eid., suivie de 
la description de quelques espèces nouvelles. (Extrait des comptes 
rendus des séances de la Société de Biologie, 34 novembre 1888.) 

Witlaczil a décrit (^Archiv. fâr Mikrosk. Anal., xxtv, 1885) sous 
le nom de Neosygites Aphidis un parasite des pucerons qu'il a classé 
parmi les Grégarinides. D'autre part, Nowakowsky a signalé en 1883 
{Comptes rendus de l'Académie de Cracovie, p. 171, pi. xii), sous le 
nom ^ Empusa freseniana^ une Entomophthorée étudiée de nouveau 
récemment par R. Thaxter qui l'a observée en diverses localités sur 
VApkis Malitl plusieurs autres espèces de pucerons, et qui, dans sa 
monographie des Entomophthorées d'Amérique {Memoirs 0/ Boston 
Society 0/ nat. Aist. Tol. IV, n" 6, 1888), la nomme Triplosporittm 
Fresenii. De ses propres observations et de la comparaison des figures 
de Thaxter avec celles de Witlaczil, M. Giard croit pouvoir conclure 
à l'identité au moins générique de cette Entomophthorée avec le 
Neosygites Apkidis, 

Quant aux espèces du genre Basidiobolus de Eidam, elles parais- 
sent à M. Giard ne représenter qu'une des phases du développement 
d'un groupe particulier d'Entomophtborées parasites des Muscides. Le 
Basidiobolus Ranarum Eîd. présente, comme on sait, des spores du- 
rables de deux sortes : les unes jaunes ou presque incolores, les autres 
d'un brun foncé à épispore épaissi et encroûté. M. Giard a retrouvé ce 
double aspect des hypnospores chez VEntomophlkora Calliphorm, 
avec des dimensions presque identiques pour les deux espèces. Or le 
Basidiobolus s'observe sur les excréments de grenouilles, de rainettes, 
de lézards', qiû renferment souvent en énorme quantité des débris de 
CalUphora. D'autre part, à l'intérieur du tube digestifde ces animaux, 
qui ne vivent que de proies vivantes, on ne trouve le Champignon 
qu'à l'état de spores ou d'hyphes très faiblement développés. M. Giard 
incline donc à penser que les spores durables de VE. Calliphorœ sont 
avalées avec le diptère ; ces spores germent dans le tube digestif et 
prennent leur complet développement sur les excrémenu où elles 
donnent des hyphes et des conidies plus un petit nombre d'hypnos- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



pores. Les Calliphora, à leur tour, s'iofesteat en cherchant leur nonr- 
ritarc sur ces excréments, leur seule présence, les mouvements de la 
trompe et des pattes suffisant pour favoriser la projection des conidles. 
A l'intérieur de la mouche, le Champignon donne exclusivement des 
spores durables incapables de reproduire directement le parasite cher 
un autre diptère sans une nouvelle migration. M. Giard se propose, 
d'ailleurs, de vérifier son hypothèse en ùisant avaler des diptères in- 
festés à des batraciens pris dans des localités où le Bastdiobolus n'existe 
pas et en essayant la culture des spores de !'£. Calliphm-m sur des 
excréments de batraciens préalablement stérilisés. 

Enfin l'auteur signale plusieurs Entomophthorées nouvelles : 

1° Entomophikora sacekarina, parasite de la chenille de XEuckelia 
yoctJiï^M, Les spores conidiennes, pyriformes, mesurant 17 à iS/tdans 
leur plus grande dimension, forment sur les poils de la chenille des 
petits amas d'aspect saccharin. 

3" EniùiKOpkihora Plusim, parasite de la chenille du Plusia gam' 
ma. Les chenilles atteintes présentent un aspect velouté comme certains 
végétaux à poils succulents; les touffes formées par les hyphes don- 
nent au tégument l'aspect ridé et vermiculé. Un acarien très abondant 
sur les chenilles infestées concourt probablement à la propagation du 
Champignon, dont il transporte les conidies. 

3" Meiarhisiam Chrysorrhem, parasite des chenilles du Liparts 
Chtysorrhea vivant sur les Chênes du Jardin d'acclimatation du bois 
de Boulc^ne. Les chenilles infestées renfermaient des hyphes unicel- 
lataires, d'une couleur bnin&tre, terminés par des conidies irrégulière- 
ment ovoïdes, mesurant s fi de long sur 3 f* de large et renfermant 
généralement deux globules huileux réfrii^;ents. 

4° Melarkisium? Leplopkyet, parasite du Leptophyes puncialis- 
sima, orthoptère assez rare vivant sur les Ormes. Le mycélium est net- 
tement cloisonné; les spores sont de deux sortes : les unes sont des 
conidies très petites et ovotdes courtes, les autres, un peu plus grandes, 
de 6 à 8f^, ovoïdes allongées et divisées en deux par une cloison trans- 
verse. Le Champignon présente des rhizoldes nombreux qui font adhé- 
rer largement l'insecte par toute sa face ventrale à la face inférieure des 
feuilles. L. M. 

L. Mangin. — Recherches sur la pinétraHon ou la sortie des gas 
dans les plantes. (Annales de la science agronomique fi-ançaise et 
étrangère, t. 1, 1888.) 

Les gaz absorbés ou dégagés par les végétaux pendant l'accomplis - 
sèment des phénomènes respiratoire et chlorophyllien peuvent péné- 
trer dans le corps de la plante par difiuùon à travers les membranes 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



cntmisèes qui recouvreiU la sniûice des otganes exposés à l'air, et diiec- 
tement par l'ostiole des stomates. M. Mai^in s'est proposé, dans une 
série de recherches, d'établir la part qui revient à chacune d«s voies 
dlntroduetion on d'exhalation des gaz, et il a tiré de ces recherches les 
coaclimons suivantes : 

1° La diffbâon des gaz à travers les surfaces culinisées est indépen- 
dante des variations de température oscillant dans les limites de la végé* 
tation. 

2" La diffusion est, pour chaque gaz, proportionnelle i la différence 
des pressions que ce gaz exerce sur les deux iaces de la membrane. 

3* La vitesse de diffusion est variable pour les différents gaz et les 
nombres trouvés ne dilfoent pas sensiblement de ceux que M. Graham 
a donnés pour le caoutchouc. 

4° Si l'on compare les coefficients de perméabilité de diverses 
espèces, c'est-à-dire la quantité d'adde carbonique qui difiitse par heure 
et par centimètre carré de surface, on trouve que : 

a) lecoefiScient de perméabilité est noublement plus grand pour les 
feuilles submergées que pour les feuilles aériennes ; 

^ la perméabilité des deux faces des feuilles dissemblables est iné- 
gale, elle est ordinairement plus forte pour la face inférieure que 
pour la face supérieure ; 

c) la valeur de cette perméabilité ne dépend pas de l'épaisseur de 
la cuticule, elle dépend surtout des matières cireuses qui imprègnent 
cette substance, et ces matières se reoccMitrent chez toutes les feuilles, 
aussi bien submei^ées qu'aériennes ; 

<i) la durée de la vie des feuilles influe sur la perméabilité, les 
feuilles tombantes étant souvent plus perméables que les feuilles pé- 
rennes; mais en même temps, il semble que le nombre on la grandeur 
des stomates augmentent, toutes choses égales d^illeurs, à mesure que 
diminue la perméabilité. 

5° L'occlusion des stomates par un enduit qui conserve intacte la 
perméabilité des membranes diminue les échanges gazeux respiratoires 
dans une proportion qui peut varier du dnquième à la moitié. Cette 
diminution, ibible pour les feuilles dont la respiration est peu active, 
peut devenir nulle quand la température est ba^se ; elle est au contraire 
considérable pour les feuilles jeunes ou les feuilles tombantes. L'affai- 
blissement du phénomène respiratoire, par l'occlusion des stomates est 
dû seulement à ce que l'oxygène n'arrive plus en quantité sufâsante ; 
les feuilles éprouvent ua commencement d'asphyxie qui se traduit par 
l'exhalation d'adde carbonique. 

6* L'ocdnsion des stomates affaiblit dans une très forte proportion 
l'échai^ gazeux chlorophyllien; la diminution peut aller jusqu'aux 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



deux tiers, elle est souvent égale à la moitié. Cette dimînatioo est dœ 
à ce que l'acide carbonique ne peut plus pénétrer que lentement, par 
diffusion, dansles tissus de la feuille. 

7* La valeur du coefficient de perméabilité des membranes est ordi- 
nairement, sauf pour la respiration à de basses températures, trop faible 
pour que la diffusion entretienne les échanges gazeux avec leur inten- 
site nonnate; les stomates sont donc indispensables à la circulation des 
gaz chez les plantes aériennes. 



PUBLICATIONS PÉRIODIQUES 



Arbflitdn des botaaisohen Instituts in Wûrzbarg. 
(,1« Bd., Hcft IV) 
Jnlim Sachs. Er&hmagen ûber die Behandlung chlorotischer Garten- 
pflanzen. — F. Hotl. Uebcr die Funktion der ZellstoffTasem der Cautirpa 
frolifera. — Id. Ucber den Eioflnss der Lage auf die morpdiologiscbe 
Ausbildun^ eioiger Siphoncen. — Id. Ocber das Leuchtcn der Sekislasiega 
osvtuMdaeea Schimp. — Id. Die Farbstoffe der ChromatophorCD von Bom- 
gia fusco-Purpurea Lyogb, — Id. Beitragzur KenntnissdcrpbysilcalischeD 
Vorg;aenge, welchedeaReizkrûmmungeazuGrundeliegen. — >E. Dstlslieo. 
Die Lichtabsorption in aasioiilireaden Blaettem. — JuUua Sachs. Nachtra^ 
za der AbhaadluDg < ûber chlorotische Garteapflaozea t. 

Berichte der deutsohen botanischcn GeseUsehaft 

Bd VI, H. 8 
W. PaUadin. Ueber Zersetztmgsproducte des Eiweiss-Stofie in des 
PSanzen beî Abweseaheit v«a freiem Sauerstoff. — finut H. L. KraUM 
Zwei fflr die deutsche Flora neuc Phancrogamen {Slaiiee àakusiensù Pries, 
Aliittm Kochii Laage). — Franz Sch&tt. Weitere Beitrae^e zur Keantiùss 
des Phycoerythrins. — Karl Roiohe.GcfluegelteStengclundhcraMaufcnde 
Blaetter,— T. F. Hananseck. Uebcr die Samenhautepidcrmis der Capsicum- 
Arten. — C. Celakovsk7. Uebcr eiaen IJastard rsn Anikemis colula L. und 
lialricaria inodora L. — Dottglai H. Campbsll. Eiaige Notizen ûber die 
Kfimaa^yaa MarsiUa^gyptiaca. — H. Klabahn. Zur Entwickelungsgeschi- 
chtc der Zwangsdrehungen. — H. Moliich und S. ZsImI. Ëin neues Vorkom- 
meavoa Cumarin. — ■.Moabfns. Berichdguc^zu meinerfrOherenMitthcil- 
lung ûber eine neue Sûsswasserfloridee. — Oscar Zherdt. Ueber das 
Pallissadenparenchym, — L. Wittmack. Die Heimath der Bohnen und der 
KQrbisse. — Fr. Koemicke. Bemerkuagen neber dcnFlachs des faeutigen 
und altea ^gyptens. — C. Steinliriiick. Ueber die Abbaeofrigkeit der 
RichtuDg hygroskopischer Spannkraefte von der Zellwandstniktur. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



Botanlsohes CentralbUtt (Sd XXXVI). 

J. G. 0. Tepp«r. Bemerkua^ea ûber die Kangaroo-Insel und einige 
Charaktcr-PtUiizcaderscibcii(i?M-/f.)- — R-VOnWfltUtein. NotizbctreECcnd 
die Vcrbreitungf der Laerchenkrankheit. 
n° 13. 

J. 6. 0. Tspper. Id. {Se*/uss). 

BotaniBohe Ztitung (i888). 
n* 50. 
■. W. Befarinek. Die Bactérien der Papilionaceenkaoellchea (SeÀ/iiss). 

Ed. Flschar. — Zur Kenatniss der Pilzgattung Çylisria. 

Bulletin de la Société botanique de France 

(1888, 4) 
L. Onlgnard et CoUn. Sur la présence de réservoirs à gomme chez les 

Rhamnées B. EmBiy. Le bourgeon du Tulipier. — J. DaTOan. Un 

Armtria nouveau: A. JfomyaHa. — A. Ponul. Etudes sur des espèces barba- 
resques des types des Soax et des Filago {Buax lineari/olia, B. psilantha, 
B, Mtteronala, Ewteopsis aifgusti/olia spp. nn.t Pseudevax subg. n.. Pi. 
mattritamiea sp. n., Filago numidica sp. a.). — Battandier et Trabat. Ex- 
cursion botanique dans le Sud de la Province d'Oran. — Ch. Sagagny. 
Sur l'antagonisme des madères chromatiques et du protoplasma à l'état 
naissant. — E. Gouon. De 9pedd>us; generis Polygala ad subgeaus 
Ctontxèitxut pertineatibus. — Sd. Bornât, Note sur une nouvelle espèce 
de Laminaire {Lammaria Rodrigue*u) de la Méditerranée. — P. A. Daa- 
geard. Sur la formation des renflements souterrains àawXBranikis hyettia- 
lis. — P Dachartn. Remplacement des étamines par des carpelles chez le 
iSn/ira* Mtgliewm, — G. Camu. Quelques localités nouvelles de plantes inté- 
ressantes deaeoTÎrons de Paris. — Ch. Flahaolt. Herborisations algologiques 
d'automne au Croiâc. 

Comptes rendus des séances de l'Académie des Soienoea 

(T. CVn, n« 23) 
Barthalot et G. Andrâ. Nouvelles expériences sur le dosage de l'azote 
dans les terres végétales. — Ch. Brongniart. Les Entomophthorées et leur 
application à la destruction des insectes nuisibles. — P. Vnilleinin, Sur 
une bactériocécidie ou tumeur bacillaire du Pin d' Alep. — Ant. Magnin. Sur 
l'hcnnaphrodisme parasitaire et le polymorphisme floral du Lycknii dioica. 

Hedwigia (Bd XXVD, 1888). 

Heft 7-8. 

0. Nordit«dt. Einige Characeeabestirooiuagen (Ckara tufmoiiusea, n. sp.) 

Heft 9-10. 

H. HmUos, Ueber einige in Portorico gesammelte SQsswasser-usd. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



Luh-Al^n (Pkyllaetidimm tropieitm, nov. ^en. dot. spec). —F. StapluilL 
Calyeularia crUpula MittCD. — AntOB Ha&igiig. De Spirogyra ittsigni 
Kte. noT. var, faUaci^ Zygitêmale clialyteospermui nov. sp. et Z. rkyneko- 
nemaie nov, sp., adjecto conspectu subgenerum, secttonum subsectionuin- 
que gencrta Spirogyrai Link et ZygneTHoUs De By. — P. A. Eanton. 
Prag^menta mycologica XXm (Paiinellaria suàOBruUseens, Meianopsam- 
ma syrmgiea, Dotidella PkiUdtlpki, Exosporiu^i deflecUns, Monoipormm 
erustaceumy spp. nn,). — Id. XXIV (Leptospkwia SpiraM, OtHùa Awu- 
lanchieris, Apospksfria AmulanchierU, Vtrmicitlaria mmima, spp. no.). 

— 6. Lagsrlieiiii. Eioe neue Bnlorrhùa {S. digitala). 

Journal ofBotanr (décembre 1888) 
Sponcer Le H. Moon. Phatolysis in Ltmna Irisulca. — George Hniraf . 
Catalogue of the marine Algx ol the West Indian région (C^Mttn.) — 6. 
Claridge Druce.' Notes on the Flora of Ben Laiogh.— C. C. Babington. On 
botanical nomenclature. — t. G. Baker. On a new AcrosUcJtmtit from Tri- 
nidad {A. J/ariii)). — James Britt«ll and G. S. Bonlger. Biographical Index 
ofBritish and Irish Botanists. — Wm. West. New County Records. — 
T. A. Preiton. Additions to the Flora of Wilts. — 8. A. Stewait. Botauical 
nomenclature. — T. B. Arclwr Biigga. Arum italicMm Mill. and A, macu- 
htum L. — W. H. Beebj. The two Valerians. — Edward S. Manhall. 
VaieriafM Mikemii, — C.C. Babington. Rttbus ikyrsigtr. — J. J. Hanball. 
Goodyera repeits ia Yorhshire. 

Meddelasden af SoaletsiB pro Fanna et Flora SuudGa 
(Fjortonde Hachet, 1888). 
E. Walnio. Revisio Lichenum in hcrbario Linnœi asservatontm. — Id. 
Revisio Licheoum Hoffmannianonun. — Id. Nolulz de synonymia Lîcbe- 
num. — Id. De subgenere Claditut. — M. Brennar. Om variations Iber- 
magan haa Primala o/ficinalis\ Finland. — E. Kisenger. Recherches anr 
les tubercules du Ruppia rostellaia et du ZatÊnichellia polyearpa provoqués 
parle Tetramyxaparasïlica, — S. 0. Lindborg, Bidragftillnordensmossfloral 

— P. A. KarBten. Syrabolse ad Mycologiam Fennicam. XVIH, XIX, XX, 
XXI. — A. Obw. Kihlman. Poiaittogeion vaginaltts l'urcz., ny foer Euro- 
pas Flora. — M. Brenner. Om (oerekomsten af FesUtca duriuseula \ Pin- 
land. — Th.Selan. Om an foervar florany froevaent, ^-itrichium villo- 
SMPt Bunge. — P. A. Eafrten. Symboix ad Mycolc^am Fennicam. XXII. 

— R. Huit. Die Atpinen Planzertlormationea des noerdlîchstea Pialands. 

"La Naturaliste. 
15 novembre i88t>. 
H. Joret. Le Bananier. 

1*' décembre. 

5. Rouy. Suites à la Flore de Prance de Grenier et Godron {Posa ecrif 
folia). 

15 décembre. 

6. Rony. Id, (Jiosa Salaivensis), 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE 



M. 'W. Beyerînok. Die Bactérien der Papilionaceen-Knoellcken. {Les 
Bactéries des iubercules de Lègumitiettses) [Botaoïsche ZelCung, 

1888, n« 46 à 53]. 

On sait qu'il existe dans les tubercules des Papilionactes des cor- 
puscules analogues à des Bactéries, qui ont reçu à cause de cette res- 
semblance le nom de bactérioîdes, que M. Bninchorst et difTi^reats 
auteurs regardent comme des dépendances du cytoplasme. Cette opi- 
nion n'est pas partagée par M. Beyerlnck : les bactérioldes sont, 
d'après lui, des Bactéries transformées par la vie intra-cellulaires qui 
ont perdu leur pouvoir évolutif et qui fonctionnent comme des corps 
albuminoldes; ils sont reliés à la forme normale, le Bacilliis radicicola, 
par une série d'états transition nels dans lesquels la puissance végétative 
va en croissant. Les Bactéries capables de se développer se trouvent 
soit dans les très jeunes tubercules, soit dans la zone de mérisième des 
tubercules âgés. 

La position dans laquelle naissent les tubercules semble d'abord 
justifier cette théorie, car ils se forment le plus souvent près d'une ra- 
cine principale à l'endroit de la sortie d'une racine secondaire, c'est-à- 
dire en un point où les Bacilles ont pu pénétrer. 

L 'expérience parait, d'autre part, justifier la théorie de M, Bcyerinck, 
car il a toujours vu naître les tubercules à la suite d'une infection. Si 
l'on sème dans un vase de fer blanc fermé et stérilisé avec la terre qu'il 
contient des graines de Vicia, Laihyrus, etc., et qu'on les arrose avec 
de l'eau du sol stérilisée, les plantes se développent, fleurissent, mais 
les tubercules n'apparaissent jamais. 

Le Bacillus radicicola qui produirait les tubercules se trouve par- 
tout dans le sol ; il a pu tire isolé et cultivé à l'Jtat de pureté ; c'est un 
microbe aérobie qui se développe bien sur différents milieux. Ses 
formes sont très variables et en rapport avec la puissance végétative ; 
cette dernière s'apprécie par les dimensions de la colonie issue d'un 
Bacille. On sait, en effet, que dans les cultures sur gélatine les micro- 
bes se développent en petites masses arrondies plus ou moins grosses 
issues d'un élément. Si la colonie est petite, elle se compose presqu^ 
entièrement de Bacilles ayant la forme des bactérioldes, c'est-à-dire de 
bâtons assez épais et ramifiés en Y. Si la colonie est grosse, on observe 
des bâtonnets et des formes bactériennes normales. On y distingué 
même, dans ce cas, des éléments tiès petits, mobiles, que l'auteur com- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



parc à des zoospores {Schwaermer) ; ce seraîl à l'aide de ces éléments 
d'une petitesse extr<>me que se propagerait rioft-ction. 

Le mcxle de pénétration des Bactéries à riniérieur des racines n'est 
pas décrit, car l'auteur admet que le Bacilliis radicicola n'attaque pas 
la cellulose ; il y a là un point obscur qui laisse le lecteur incertain sur 
la portée du traTail. Les Bactéries seraient d'abord très petites et peu 
distinctes des microsomesprotoplasaiiqaes, elles grandiraient et s'agen- 
ceraient en réseau et à ce moment on poiurait tout à fait les confondre 
avec le cytoplasme. Les bactérioïdes étant dus à des Bactéries, on doit 
les retrouver ailleurs, partout où peuvent pénétrer ces dernières. 
M. Beyerinck en a observé dans les poils radicaux, dans l'écorce des 
racines et même dans les r^iizomes, mais jamais dans les organes non 
souterrains. 

En résumé, il paraît établi qu'il exbte dans les tubercules des Lé- 
gumineuses une Bactérie très polymorphe qui, à certains états, prend 
une forme rappelant celle des bactérioïdes. Cette dernière observation 
peut conduire à penser que les bactéricides dérivent du Bacillits radi- 
cicola, mais celte hypothèse ne peut être établie par l'expérience puis- 
que les bactérioïdes auraient perdu la faculté d'évoluer (i). 

[. CoSTA.ITty. 

G. Colomb. — Sur la place de quelques Foaffères dans fa classificO" 
lion. (Comptes rendus des séances de l'Académie des scienccs> 
t. CVII, n" 35, 1888.) 

En se basant sur la disposition du bois dans les stèles du pétiole 
des Fougères, l'auteur est conduit à rétablir l'ancien genre Lastran 
avec cinq espèces françaises : L. Filix-fœatina (auquel se rattacherait 
comme variété, d'après Duval-Jou\'e, le Fotypodiutn rkastieuiii), L, 
Oreopteris, L. Tkelypieris, L. Pke^opleris et L. Dryopteris. Il en ré- 
sulte que, dans la flore française, le genre Folypodium ne comprendrait 
plus qu'une seule espèce, le P. vulgare. L. MoKUT. 

Oskar Kirchnor- — Ueber einen im Makitoet U&etiden Fils (Sur 
a» Oham.pigm)» vivant dans L'kuile d'oeillette) . (Berichte der deut- 
scheabotanischen Gesellschaft, Bd VI, 18SS, p. CI.) 

Le Champignon observé par M. Kirchner forme dans l'hoSe 
d'oeillette un précipité composé de petites cellules incolores, isolées 
ou groupées. Ces cellules, qui mesurent 1,5 à 3,5 |i de diamètre sur une 



r. Quant aux. tilamema muet lag;ineui. qui traversent Igï) cellules, ^t sur la Datura 
desquels on a beaucoup discuté, M. ReyerJnck ne les regarde pas comme étant 
de nature parasitaire, ils réunissent toujours les noyaux et seraient le résultat de 
Ib désorganisation du tonnelet nucléaire. 



D,B,i..ab,Google 



longueur 40 à 50 fois plus grande, se multiplient par bourgi;onnement 
à la manière des levures. Pendant leur végétation, on voit se foriner 
autour des groupes de cellules des gouttelett(;s d'un liquide doué d'un 
pouvoir réfringent un peu différent de celui de l'huile environnante et 
semblant provenir d'une décomposition de certains éléments de l'huile. 
On obser\'e aussi parfois des cristaux en aiguUles qui peuvent être 
formés par un acide gras. Enfin de petites bulles de gaz st* dégagent 
du précipité. 

Tant que le Champignon reste submergé dans l'huile, U végète et 
se multiplie à la façon d'un SaccAaromyces. Mais, au contact de l'air, 
par exemple, quand on a vidé les vases de culture, sur les parois des- 
quels reste le Champignon, celui-ci, selon V- Kirchner, entre dans 
une phase nouvelle de développement qui ne permet pas de le ranger 
parmi les Saccharomycétes. Aussi l'auteur en fait le représentant d'un 
groupe particulier, sous le nom à'El^omyces olei, et le regarde comme 
se rapprochant des Ustilagiaées. 

Voici en quoi consisterait ce développement particulier. Dans l'huile 
en voie de dessication, les cellules voisines se pressent les unes contre 
les autres en nombre parfois considérable, le plus souvent en un<; 
seule assise, aplatissent leurs faces en contact, et constituent des amas 
sans forme déterminée. Puis, tandis que la plupart de ces cellules se 
vident peu à peu, quelques-unes au contraire se renflent aux dépens, 
semble-t-il, des autres, et arrondissent leur contour en se remplissant 
d'un épais conicnu renfermant un grand nombre de granulations. Ces 
cellules deviennent des spores, dont la membrane s'épaissit et prend 
une vive coloration brune. A leur maturité, elles ont la forme d'un 
citron ; d'autres fois elles sont rondes ou un peu allongées et mesurent 
4 6 u suivant leur petit diamètre, et jusqu'à 8 suivant le grand. L'au- 
teur n'en a pas observé la germination. On peut dès lors se demander 
pourquoi il en fait des spiores, plutôt que de simples cellules enk\'st6es, 
et sur quel fondement sérieux repose l'opinion qui lui fait éloigner le 
Champignon en question des Saccharomycètes pour le rapprocher 
des Ustilaginées . Ajoutons que l'espèce décrite par lui semble, par la 
plupart de ses caractères, très voisine de celle qui a été décrite par 
M. Van Ticghem sous le nom de Saccharomyces olei (r). Cette 
levure, observée dans l'huile d'olive et cultivée dans l'huile d'olive et 
l'huile d'oeillette, se développait dans toute l'étendue du liquide sans 
s'étendre à la surlace, le rendait trouble, comme laiteux. Ën.méine 
temps, l'huile subissait une altération profonde, devenait acide et se 

I. Ph. Van Tie^em. Sttr la végétation dam l'hmU. 3' note, (Bull, de la 
Soc. bot. de France, t. XXVIII, p. 70, 1881) et Recherches sur la vie dans 
i'huile {14., p. 117). 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



saponifiait, en prenant l'aspect d'une pâte dont un lavage à l'eau 
extrayait de la glyctrinc II ne se dégageait pas de gaz pendant le 
phénomène (i). L. Morot. 

Abbé Masclef • — Compte-rendu des herborisations de la Faculté des 
sciences de Paris. {Bulletin scientifique de la Faculté des sciences 
de Paris, 1. 1, i8S8, et Bulletin des sciences naturelles de la Faculté 
des sciences de Paris, 1888, n"' 1,3, 4, 5.) 

Les herborisations dont il s'agit ont été faites, sous la direction de 
M. le professeur G. Bonnier, dans le cours de l'année 18S8, le 29 a\Til 
à l'Etang- la- Vil le et Marly-le-Roi, le 13 mai à Meulan et dans les bots 
deTriel, le 17 juin à Fontainebleau. 

Parmi les plantes récoltées dans la prcniîére de ces excursions, 11 
est intéressant d'en signaler trois nouvelles pour la localité : le Géra- 
nium pyreiiaicum, prés d'Etang, sur les talus de la route qui va du vil- 
lage à la forêt de Marly, et, dans cette forêt, le Daphne Me^ereum et 
le Ruscus aculeatns. Le Scolopendrium qfficinale, abondant sur les 
bords d'un ruisseau, près d'Etang, a été indiqué, non loin de là, dans 
le puits de l'ancien parc de Marly. 

Au cours de la deuxième excursion, une plante qui recherche 
constamment le calcaire dans certaines régions de la France, XAlyssunt 
calycinitm, a été récoltée dans un terrain siliceux, ne faisant aucune 
effervescence avec les acides. 

Beaucoup plus encore que les précédentes, l'excursion à Fontaine- 
bleauàfourni à M. î'abbé Masclef l'occasion de remarques intéressantes 
concernant la géographie botanique, au point de vue de la distribution 
des esf)éces en régions botaniques distinctes et surtout de Vinfluence 
du terrain sur la végétation. 

Ainsi, de la gare à la Croix du Grand-Veneur, la nature chimique 
variée du sol explique la grande proportion, 75 0/0 environ, des es- 
pèces indifférentes qu'on y rencontre. Pourtant sur bien des points, 
grâce précisémeut à cette constitution variée, on observe une végéta- 
tion tantôt nettement sJlicicole, tantôt franchement calcicole. Aux en- 
virons de Notre-Dame de Bon-Secours, par exemple, sur les parties 

T. M. Kircbner ne faisant mention d'aucun travail anlérleur au sien sur le 
même sujet, on serait tenté de croire qu'il a été le premier à observer la vég-é- 
tation dans l'huile. H n'est donc pas hors de propos de rappeler que M. Van 
Tieg^hem, outre les deux notes indiquées ci-dessus, en a publié deux autres sur 
cette question iBulleliti de la Société botanique de France, t. XXVII, p. 35S, 
18B0, el t. XXVHI, p. 300, 1881). Dans ces quatre notes il décrit ia végétation 
dans les huiles non épurées les plus diverses d'un certain nombre d'organismes; 
tels sont, outre le Sacckaromyces Olei, un VerlîcUium, un Cixtomium, ua 
Sterigmatocyslis, le Pénicillium glaucum, divers Mueor, notamment les 
M. spiuosits K\. pleitrocystis, une Uonère, etc. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



basses, où le calcaire de Brie est recouvert d'une couche épaisse de 
sable des terrasses, et surtout sur les pentes sablonneuses du grand pla- 
teau du nord-est, avant d'arriver au carrefour du Gros-Fouteau, on voit 
apparaître des espèces sîlicicoles plus ou moins préférentes, qui cou- 
vrent parfois seules de grands espaces, ou ailleurs se trouvent en com- 
pagnie d'espèces indifférentes qui, moins bien douées pour la lutte, 
sont toujours en faible proportion. Quand, au contraire, sur le plateau 
ou les terrasses, le calcaire affleure, ou est recouvert de limon calcaire, 
où merae simplement d'une légère couche de sable, on voit apparaître 
la végétation calcicole, avec des plantes indifférentes plus nombreuses 
que parmi les espèces silicicoles. Suivant M. l'abbé Masclef, la com- 
position chimique du sol ne doit entrer que pour une très faible part 
dans cette distribution inégale des espèces indifférentes, et il faut en 
chercher l'explicndon dans l'étude des conditions d'existence et dans 
l'influence physique du sol. 

La végétation des mares, vallon et rochers d'Apremont, ou mieux 
des sables et des grès de Fontainebleau en général, est caractérisée 
par la présence d'un grand nombre d'espèces silicicoles exclusives avec 
quelques indifférentes, et l'absence totale de calcicoles. 

De Barbîson aux mares de Bellecroix, sur les parties basses de la 
forêt, les espèces indifférentes prédominent. La végétation des maré- 
cages de Bellecroix, situés au milieu des sables et des grès de Fon- 
tainebleau, est presque exclusivement silicicole. 

Grâce à la présence du calcaire de Beauce qui afQeure ou est sim- 
plement recouvert d'une légère couche de limon, la flore du plateau de 
Bellecroix et de la Butte Saint-Louis est nettement calcicole, avec un . 
certain nombre d'espèces indifférentes, mais exclusion complète des 
sîlicicoles. Il convient de signaler ici que VArenart'a selacea, qui avait 
été indiqué comme manquant sur le calcaire, abonde à côté du Globit- 
laria vulgaris, au milieu des rocailles calcaires, sur la pente dénudée 
d'un coteau, au bord de la route des Monts de Truys. 

Disons en terminant ce court résumé qu'une partie non moins inté- 
ressante du compte rendu de M. l'abbé Masclef consiste dans ses remar- 
ques sur la répartition géographique en France des principales espèces 
récoltées au cours de ces diverses herborisations. L. Morot. 



PUBLICATIONS PÉRIODIQUES 

Beriohte d«r deutiwhen botanischen Gesellschaft. 

Bd VI. Heft 9. 
R. Dietel. Ueber eine neue auf Buphorhia duleis Jacq. vorkommendc 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



Melatupsara. — Joseph Bnmrais. Ueber den anatomisch«i Hau von Grin- 
delia robusia. 

Bd VI, Generalversammlung'S-Hefi. 

Jf. Seo». Anton de Bary. — E. Pfitur. Kobert Caapary. — W. fi. 
Farlow. .'Vsa Gray. — G. Haberlandt. Hubert Leitg^b. — H. KlekahD. 

Weitcre BcobachCunjfen ûber die Jilascoroste der Kiefern. — H. Bûsgen. 
Ueber die Art und Bcdeatunjj des Thierfangs bei Utricularia vulgaris L. 
— S. Zacbarias. Ueber Eatstehun^ und Wachsthum dcr Zellhaut. — 
HermanD Hoeller. Anatnmische Untersuchun^ea iiber das Vorkommen 
der Gerbsaeure. — L. Beisaner. Ueber Jug-endrormen von Pflanzeo, specieJl 
von (^oniferen. — B. FraniA. Ueber den Einfluss, velchen das Sterilisiren 
des Erdbodcns airf die Pllanien-linCwickelung ausûbt, — L. Kldn. Ein 
neues ti.ïkuraionsmikroidtop. — L. Klein. Beitraege rur Morphologie und 
Biolo^^ie der Gattung; Vahox, — Oakar Kirohnar. Ueber eiaen in Motinoel 
lebcnden Pilz. 

Botanù»! Gazette iDécembre (i88M). 

William R. Dndley. Strassburg and its botanical laboratorj-. — Emilr 
L. Gregoiy. Development of cork-wings on certain trees. TU. — L. H, 
Johnson. .^ iremp in Jthe North Caroline Mountains. II . — J. W. CMcke- 
ring. — Some Maine plants. — E. J. liU. Some Indiana piants. 

BotaniBches Centralblatt (Rd XXXVII iMSqi. 



F. G. Kohi. Wachstum uod Eiweissg'ehalt végéta bilischer Zellbaeute. 
- J. J. Kiefter. Neue Mittheilungen ûber lotringische Milbengallcn. 



Anton Hansgirg. — Noch einmal ûber Bacillus muralts l'om. ond Qber 
einigc neue Formen von Grott<:n-Schizophyten, 

Botaniache ZeÛtnog. 

(1H8H, n^sai 
B. Sartig. Ueber die Bedeutoog der Reservestoffe Iflr den Banni. — 
Ed. Fischer. Zur Kenntniss der Pilzgattung- Cytiarla (Schl.). 



J. Wiesner. Der absteîgcnde lA' 
Bedeutung. 

J. Wiesner. Id. (Schluss). — H. WoHsch. Ueber den Farbenwechse! 
anchokyanbaeltiger Blaetter bei rascli eiotreiendero 'l'ode. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



Journal of Botany (1889, janvier). 

J. G. Baker. New petaloid Monocotyledons from Cape Colony {Dios- 
corea Burchtlii, D. malifolia, D. Mundlii, D. undaiiloba^ D. Forbesii, 
D. Tysoni^ Hypoxis Scullyi, If. WoodU, H. acuminata, H. eolckicifalia, 
H. oUgoiricka, Vellosia villosa, V. kumilis, spp. no.). — G, Barrett- 
Halmîlton and L. S. GlasCDtt. Plants found near New Ross, Ireland. — 
AUred Fryer. Notes on Pondweeds {PoUntageloa eoriaceus). — David He 
Irdlfl. HtpitUcr of Wicklow. — W. Hoyle Rogers. Notes on the Flora ot 
South Hanls. — Jamu BriUea and G. S. Boulger. Biographical Index of 
British aod Irish Botanists. — C. H. Wright. Distribatîon of Catogloua 
LeprUurii — J. BenbOW. Crépis taraxaci/olia in Middlesex. — F. J. 
Gaor9a.Autuiiuialfloweri[^ofjV«rf«ri«/ij/«r<rH«û. — Burbert D- Geldart. 
NewBanfehireRecords.— "W. Mojl«Rog»r>. ^«11 j/j&javar. pseuda-rusti- 
catta Crep. — Frédéric Stratton. Arum ilalicum Mill. — litluir Bannstt. 
Potamogelon perfoliatus L. \ar. Rickardsonii. 

Notarisia (janvier 1880). 

G. B. de Toni- PiliniaKûu. ed Acroblaste Reinsch. — k. HansgiiT. 
Addenda in Sypnopsin gencrum subg'enerumque HTXOpbjcearum cuin 
descriptione spcc. noT. Cjatto/ierma rivulare et generis novi Phzeopfty- 
cearum Pkœodermaiium. — H. RaciboriU. Su alcune Deamidiacee 
lituane. — A. Ficcone. Notcrelle fîcologiche : I. Il Fucus vesiculosus L. 
vive spontaneo in Liguria? — II. Pugillo di AIghe sicule, — III. Se la 
costituzione chimica del corpo sul quale le Alg'hc sono affisse possa ialluîre 
suUa loro distribuiione geografica. 

Oesterreichtsche botanische Zeitachrift (1SB8). 



Br. Blocki. Rmmtx lUrutri n. hybr. — K. Yasdaft. Beitraege zur 
Kenntniss der Flora von Sûd-Hrrcegovina (Paris.). — A. F. Entlentner. 
Die periodiscben Lebenserscheinungen der PHanzenwelt in den Anlagen 
von Heran. — L. Sîmonkaî. Bcmerkungen mr Flora von Ungarn (Forts.'). 
H. Kronfatd. Bemerkongen ûber volksthûmliche Pftanzennamen. — 
F. B. Kiesaliag. Notizen zur Pflanzengeograpbie Nicdèr-Ocsierreichs, — 
E. Farmanek. Beitrag zur Flora von Bosnien und der Hcrcegovina {Farts.). 
— Winter. Scesaplana! (i^VTr/j.). 



Ant. Hflimerl. Beitrag zur niederoeaterrcichischen Pilz-Flora. — 
Br, Blocki. Potenlilla Andrsejomskii n. sp. — L. Simonkai. Id. (Forts.). 

— K. TaDdaa. Id. (Forts.). — A. F. Eotleotner. Id. (Forts.). — Tînceiu 
V, Borbas. Uebcr die Formen des Bromus erectus Huds. — Pr. Eocbek. 
Bildungsabweichungea m Paris quadrifolia L, — Ed. Formanek. Id. (Forts.), 

— Wlater. Id. {Sekluss). 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



Revue de Botanique (T. VII, n"' 78, 7g). 

H. Gay. Florule de Blida (fin). — L. Corbière. Mousses ei Hépatiques 
des environs de Blida récoltées en 1887 par M. H. Gay. — J. Bel. l^cs 
Champignons supérieurs du Tarn (suite). 

Revue mycolc^ique (janvier 1889). 

Abbé Barbicbe. Note sur VOmpÂalia relesla Fr. var. Lotharingie. — 
Briard. Champignons nouveaux de l'Aube (Vermicularia Ranurteult 
Briard, V. Davalliana Briard et Hariot, Cytospùra Harioti Briard, Cama^ 
rosporiunt Grossulariie Briard et Hariot, Pyrenochisla lefitespora Saccardo 
et Briard, Diplodia Âparine Briard, spp. nn.). — C. Roomegaére. La 
maladie des Châtaigniers. — M. Fatonillard. Le genre CoUopuecinta 
(C. siaensis Pat. sp. n.). 

Revue générale de Botanique (T. I, n° i, 1889I. 
Ed. fiomet. Note sur VEclocarpus {PylaUlla) fnlvescetts Thuret. — 
Léon Gnignard. Développement et constitution des anthérozoïdes. I. Cha- 
racées. — Gaston Bonnier. ittudes sur la végétation de la vallée de Gha- 
tnonix et de la chaîne du Mont-Blanc. — Henri Jumelle. Assimilation et 
transpiration chloiophylliennes. 



PUBLICATIONS DIVERSES 



Mémoires publiées par la Société phtlomathique é l'occasion 
du centenaire de sa fondation (1888). 

P. Dncbartre. Organisation de la fleur des Delphittium, en particulier 
du D. elaium cultive. — E. Roze. Recherches biologiques sur VAxoUa 
filiculoides. — Orake del Castillo. Note sur deux genres intéressants de la 
famille des Composées ; FitckiaWno^.. V.cXRemya Hillcbr. — Ed. Bnrean. 
Etudes sur flore fossile du calcaire grossier parisien. — A. Franchèt. 
Monographie du genre Paris. 



0. Brelsld. Untersuchungen aus dem Geaamratgebiete der Mykologie. 
Vlli. Heft, Basidiomyceten 111. A utobasidiomyceten. 

Charles B. Plowrigbt. .\ Monograph of the British Uredinese and Usii' 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



SuppUmtnt a» Journal de Botanique, 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE 



O. Brefeld. — BasidiomyceUn. Ilf. Autobasidiomyceten. UnUrsu- 
chungen aus dem Gfsantmigebiele der Mykologit. VÏIJ. \Basi- 
diomycèies. TII. AtttobasidiomycèUs, Recherches sur l'ensemble de 
la Mycologie, 8* iascicule] avec l'aide de MM. Istvanffy et Johan- 
Olsen. 390 pages et 12 planches, 1S88. 

Le dernier volame de M. Brefeld traitait surtout des ProtobasidJo- 
mycëtes; cetui-d renferme les résultats de ses études sur les Hyméno- 
mycètes que l'auteur appelle Autobasidiomycètes. 

Au milieu des faits innombrables consignés dans ce mémoire volu- 
mineux et très important, nous relèverons deux laits principaux d'un 
véritable intérêt se rapportant à l'histoire des Nyclalis et du Polyporus 
annosus. 

Nyclalis. — M. Breield a résolu d'une manière définitive la ques- 
tion pendante depuis les mémoires de de Bary et de Tulasne où se trou- 
vaient des explications différentes de la nature des Asteropkora. Il a 
montré que celte couverture d'un brun inarroQ qui s'observe sur le 
chapeau du Nyclalis aslerophora appartient bien à cette Agariciuée, 
et non à un Hypomyces comme l'avait cru Tulasne. Les astùrophores 
1 ne sont que les chlamydospores de l'Agaric. La démonstration a été 
faîte simplement en cultivant les bastdiospores du Nyclalis dans ua 
milieu obtenu en faisant unedécociion de la Russule (R. nigricans ou 
aditsla) sur laquelle se développe l'Agaric parasite. Ce milieu nutritif 
s'obtient en faisant macérer des tranches de la Russule noire qui ont 
été desséchées à l'étuve. On obtient dans ces conditions un riche 
développement du parasite jusqu'à la formation complète de l'appareil 
reproducteur. La démonstration de la véritable nature des chlamydo^ 
pores aurait d'ailleurs pu être donnée au début de la culture, car les 
auteurs ont trouvé sur des cultures issues de la basidiospore ta forma- 
tion presque immédiate de Y Aslerophora; dans un cas même, ils ont 
pu constater que la basidiospore en germant pouvait se transformer 
directement en chlamydoapore étoUée. Dans ces premiers états de 
développement les chlamydospores sont associées à un autre appareil 
reproducteur imparfait rappelant complètement les Oidium. En général, 
c'est la fonne oldiale qnl apparaît la première ; elle se maintient pen- 
dant quelques générations, puis est bientôt remplacée par la génération 
astéropborc. Sî cette dernière est uès riche, l'appareil du Nyclalis œ 
9e produit pas, ou, s'il se forme, les basidiospores ne se montrent pas. 
Ilyadoncune compensation entre le développement de l'appareil 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



basidial et celui des cblamydospores. Cbez le Nycialis parasilica, 
les basides manquent même presque toujours. Il y a lieu, en efiet, de 
distinguer deux Nyclaiis et non deux Hypomyces comme le peosaît 
Tulasne ; le N. parasilica est caractérisé, non seulement par les cbla- 
mydospores lisses, mais aussi par la répartition de ces derniers 
appareils : tandis qu'elles se trouvent surtout à la surface du chapeau 
chez le N. asteropkora, elles se localisent presque complètement dans 
la couche hyménîale chez le JV. parasilica, 

La découverte intéressante d'une forme oldiale chez les Baatdio- 
mycètes n'a pas été faîte uniquement dans le genre précédent; ua 
grand nombre d'Agaricinées (CoUybia, Pkoliota, StropHaria, Clilocybé, 
Psiloey&e, Psalkyra), de Polyporées {Polyporus, Trameles, Désdalea), 
d'Hydnées [Pklebia, etc.) présentent à la germination les mêmes cha- 
pelets. Ils affectent quelquefois une forme spiralée {Hypholoma, 
Pameolus, Galera et Naucoria)^ et comme ils sont réunis en fascicules, 
la forme conidienne rappelle dans ce cas, bien que les auteurs ne le 
disent pas, les Helicotnyces, 

Dans le Collybia conigena la forme ofdiale se produit de la ma- 
nière suivante. L^ basidiospore donne de courts filaments dont les 
extrémités se fragmentent en conidîes, en direction centripète. Cette 
transformation s'étend bientôt à toutes les parties filamenteuses jusqu'à 
la spore, de sorte qu'on ne disdngue plus cette dernière. L'une quel- 
conque des conîdies ainsi formées présente en germant les mêmes 
phénomènes et donne une deuxième génération oldiale, une troisième, 
etc. En un mot, si l'on ne connaissait pas le point de départ, on pour- 
rait penser que l'on a afiTaire à VOidium lactis ou aux formes voisines, 
qui présentent d'ailleurs d'assez grandes ressemblances avec certaines 
grosses Bacillariées. 

U paraîtrait donc résulter des laits précédents qu'un grand nombre 
A^OidiuM, et peut -être de formes affines rangées dans les Bacillariées, 
dériveraient de Basidîomycètes supérieurs. 

M. Brefeld a trouvé, dans une autre espèce, une forme conidienne 
beaucoup plus diâërenciée que les Oidium ou les AsUropkora précé- 
dents. 

Polyporus annosus, — C'est en cultivant les spores du Polyporus 
annosus (qui est identique au Tfameies radiciperda de Hartig) que les 
trois observateurs ont vu apparaître un appareil conidien filamenteux 
si curieux et si spécial qu'ils ont cru d'abord avoir affaire à une impu- 
reté comme il s'en glisse quelquefois même dans les cultures faites 
avec le plus de soin. Il n'en était rien, comme l'ont établi plus de 
soixante cultures nouvelles dans lesquelles ta même forme se déve- 
loppa. Elle se montre d'abord sous la forme d'une tige dressée, renflée 
à son extrémité en une tête cou verte de spores comme dans un Œdoce- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



phaium, mais cet aspect oe persiste pas longtemps ; bientôt la tète se 
ramifie ainsi que le pied qui s'allonge et 11 se produit une forme 
agrégée analogue aux formes corémiales qui oat été décrites dans les 
états imparfaits des Ascomycètes. Les truisformatlons observées par 
M. Brcfeid se sont arrêtées là. 

La découverte précédente mérite de fixer l'attention, car c'est la 
première fois qu'on rencontre chez les Basidiomycètes un appareil 
conidien aussi différencié et rappelant ceux qui ont été décriu chez les 
Ascomycètes, L'auteur a même cru devoir créer un genre nouveau 
pour l'espèce de Polypore dont nous parlons \ le genre Heterobasidion 
serait caractérisé par sa forme conidiale parmi les Polyporées comme 
les Aspergilius et les Sterigmatocystis le sont parmi les Périsporiacées. 

Otigopor'us. — C'est en s'appuyant sur un caractère de même ordre 
que l'auteur a créé le genre Oligoporus pour les Polypores connus à 
l'état conidial sous les-noms de Plychogasfer cUrtnus et rubescens qui 
ont été décrits il y a deux ans dans ce Journal par M. Boudier; on ne 
s'explique pas pourquoi le savant allemand en imposant ce nom de 
genre a cru devoir modifier le nom de la première espèce. On peut 
se demander aussi pourquoi M. Brefeld et ses collaborateurs passent 
sous silence les autres formes très nombreuses de PiycAogasler, 

Tomeniella. — Le genre Tomenlella à été également séparé des 
Hypochnus à la suite de la découverte d'une forme conidieane très 
curieuse qui a dû être décrite autrefois sous les noms de Botrytis 
argillacea ou S. epigaa. Cet appareil imparfait semble une transfor- 
mation de la baside dans laquelle les spores portées sur de courts 
stérigmates seraient devenues très nombreuses sur chaque cellule bad- 
diale. On voit ainsi comment on passe d'un Champignon filamenteux 
à un Basidiomycète. Cette observadon est très intéressante, mais on 
peut regretter de voir attribuer à ces espèces un nom nouveau, qui 
vient d'être, en iSSS, appliqué dans un autre sensparM.Schroeter; on 
peut se demander également ce que deviendront les autres Hypochnus 
si, ce qui n'est pas invraisemblable, l'on découvre chez eux des formes 
conidiales analogues. Tous les Hypochnus passeraient peu à peu dans 
les Tomentella, il n'y aurait plus qu'à supprimer ce nom. U me paraît 
que la création de ces noms nouveaux est faite un peu prématurément. 

Je ne puis m'étendre sur tous les points intéressants développés 
dans ce mémoire, mais je citerai en terminant un chapitre un peu 
théorique sur la comparaison des chlamydospores dans les différents 
groupes de Champignons. Celte révision amène M. Brefeld à donner 
un tableau général de la classificadon de ces végétaux inférieurs. 

L'examen des modiâcadons apportées à la forme de quelques 
Mucorinées et Coprins par la culture à l'obscurité termine cet impor- 
tant travail qui gagnerait un peu à être plus condensé. J. Costantdj. ■ 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



PUBLICATIONS PÉRIODIQUES 



(1889 n- 3.) 
H. Oraf ni Solnu-Laubacb. Anton de Bary. 

W. Zopl, Ueber Pilzikrbatofie, — H. Znktl. Hsmunoconidium pttasatum. 
Botanisehes CentralblaU pCXXVH). 
n'3. 
H. Eronfald. Bemerkungen liber ConifercD.— l. Amann. Lgpietriehmtt 
gtamctsctns Hampe 

Oicar Boreliard. Bryologiscbe Reiseskizzen aus Nordiaad. 
BoUetiii trimastriel de la Sodité Botanique de L^on 

(6» aonce, o" 1 « a, 1888). 

BflaaTifage. Discours d'ouverture. — Kialfer. Anomalies d'un Agro- 
fyrunt eai»p«stre. — Lonii Blaao. Flore dea environs d'Ajaccio.— ViTiand- 
Morel. Origine de la Mâche. — BsanTÛags. L'inulinc dans les loiUdium. 
Etude anatomique du faux Ipécacuauha blanc du Brésil {Iimidium If>eca~ 
euanka), — Léon Blanc. Excursion au Mont Granier. — Jacqaemet. Étude 
botanique, chimique et physiologique de l'Ipccacuanha strié noir, — Léon 
BUnc. Excursion au col de la Ruchère. — TiTiand-Morel. Divers cas de 
tératologie. — Garcin. E)éveloppement des fleurs et des fruits. — Léon 
nanc. Excursion aux environs de Givors.— Antoine Hajpiin. A propos de 
plantes silidcoles. — Léon Blano. Excursion à la forêt des Eparres. — 
Aotoine Hagnin. La famille de Jossieu. — Bonlln. Le Doum (Cttci/tra 
iitiaica) et l'Argan (Argania Sideroxylttn). — BeanTiuge et Léon Blanc 
Excursion à Donzère et Viviers. — TiTiand-Horel. Hybridations de Ro- 
aiera.— Heyran. Divers cas de tératologie. 

NtiOTO Oiomale botanioo Italiano <Vol. XXI, a" 1, 1889). 

G. Arcangali. Sopra alcune mostruosità osservate nei liori de! Nareis- 
jwf Tameit». — F. Poggi e C. Roiaetti. Contribuzione alla fiera délia parte 
nord-ovest délia Toscana. — P. Cennari. Florula di Palabanda.— J. Mnallar. 
Ucheaes Spegazùoiani in Statea Island, Fuegia et in regione fi-eti Magel- 
lanid lecti. — E. d« Toni. Note sulla flora del Belluncse. — A. Hori. 
Enumerazione dei Funghi délie prsvincie di Modena e di Reggio {Conii- 
»»aaioiU). — L. NiCAtTO. Elementi statbtici délia (lora Siciliana (Otm/m.) 

— BULLETINO DELI.A SOCIETA BOTANICA ITALIANA : 0. ArcangoU, Sopra 

alcune plante raccolte nel Monte Amiata; G. Arcangeli, Sulla struttura det 
scmi délia Nyvtphaa alta; G. B. de Tonl, Prima contribu^one diatomolo- 
gica sul lago di Allcgbe (Vencto); T. Caniel, Conspectus familiamm 
Phanerogamarum ; G. Arcangeli, Sulla struttura del semé del Nuphar 
lmi*um; G. Cnboni, Sulla erioosi nei grappoli délia Vite; A. Tnracfiiano, 
Le plante spontanée ddl'Isola Minore nel Lago Trasimeno; R. Pirotta, 
Sui pronubi AaWAmor^piailus Simeri Dur.; G, ColHMti, Sulla cosidetta 
tua in/avata dei colli Laziali, 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



Supplemtnt au Jou 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE 



Beauvisage. — Observations sur deux Roses prolifères (Annales de 
la Sociil-[é botanique de Lyon, 1887, avec 1 planche). 

Les obhcr valions de M, Beauvisage portent sur deux modes tràs 
différents di- prolirciation prési'nti^-s par deux Roses dont le réceptacle 
était ramifié, chez la première par son bord, dans la région stamiaifère, 
chez la si^condc par son fond, dans la région carpellaire. 

La prcinièrc de ces fleurs, appartenant à la variété connue sous le 
nom de Souvenir de la. Malmaison, montrait à l'analyse : 1° des parties 
hypertrophiées du bord de la coupe réceptaculaire, aplaties et très 
nettement localisées dans la région interne de la portion siaminifère; 
2" au bord supéro 'externe de chacune de ces ramifications récepta- 
cuiaii es, un groupe d'organes floraux (pétales, étamînes et carpelles) à 
inscriions unilatérales; ^ en dedans de chacun de ces groupes, une 
véritable fleur, incomplète par l'absence de calyce, mais pourvue d'un 
axe réceptaculaire bien caractérisé et d'une symétrie propre. 

L'auteur n'a pu arriver à reconnaître dans cettt- fleur les organes 
appendiculaires à l'aisselle desquels les ramifications réceptaculaires 
avaient pu prendre naissance, non plus qu'à trouver dans l'androcée 
des caractères de forme ou de disposition qui pussent venir à l'appui 
des théories émises sur la nature stipulaire ou folîolairc des étamines 
des Rosacées. 

La seconde fleur, appartenant au Rosa gallica, présentait dans sa 
région centrale un grand nombre de masses globuleuses exsertes, 
vertes et non rosées comme dans le premier cas. Le réceptacle en 
était large, court, ventru à la base et un peu rétréci vers son bord 
supé-rieur. Celui-ci donnait insertion à cinq sépales normaux et à de 
nombreux pétales d'amant plus petits qu'ils étaient situés plus en 
dedans, sans offrir toutefois aucune forme de passage aux étamines, qui 
manquaient absolument sous leur lorme normale. Les parois latérales 
de la cavité réceptaculaire étaient lisses, et son fond, à peu près plan, 
portait, au lieu de carpelles, un faisceau d'organes de deux sortes, des 
languettes foliacées, Hnéaires-aigfies ou subulées, entremêlées d'un 
grand nombre de pédicelles cylindriques terminés à une plus ou moins 
grande hauteur au-dessus de l'orifice du réceptacle par des boutons 
comprenant des sépales de forme et de dimensions variables, des 
pétales, des étamines et des carpelles. 

Plusieurs de ces pédicelles étaient entièrement libres et correspoa- 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



daientàla face interne d'une languette folîacL-e à l'aisselie de laquelle 
ils semblaient prendre naissance. D'autres étaient connés dans une 
cerwiiie étendue avec les deux bords de la languette foliacée. Dans ces 
deux cas le'bouton terminant le ptdicelle était pourvu de cinq sépales 
régulièrement quinconciaux. Dans d'autres cas, plusieurs pédicelles 
étaient connés entre eux jusqu'à une hauteur variable et paraissaient 
correspondre tantôt à une seule, tantôt à plusieurs languettes foliacées 
semblant connées avec eux, soit par leurs bords, soit par leur face 
interne. Enfin, pour plusieurs d'entre ceux-ci, la languette foliacée 
parais.=ant avoir son insertion réelle sur le fond du réceptacle veaait, 
par suite d'une concrescence assez étendue, constituer le premier sépale 
du cycle quînconcial du bouton terminal, et dans ce cas les quatre 
autres sépales se détachaient successivement, à des hauteurs variables, 
du pédicelle qui les portait. 

De ces observations, M. Beauvisage croit pouvoir conclure, sous 
toutes réserves d'ailleurs, que les languettes foliacées représentaient 
les carpelles, a)-ant repris leur caractère de feuilles, et les pédicelles, 
des ramifications réceptaculaires nées à l'aisselle de ces carpelles. • Le 
deuxième cas, ajoute-t-il, permettrait de supposer que le pédicelle 
n'est autre chose que le placenta accru et prolifère, ce qui tendrait à 
confirmer la théorie de la nature axilc du placenta, en ce qui concerne 
les Roses, Enfin le dernier cas, moulrant im carpelle qui devient sépale, 
pourrait &ire supposer que, malgré certaines apparences, il a son 
origine ré-elle sur le pédicelle, et établir une transition entre les deux 
h)'pothèses morphologiques suivantes : supposant admise la nature 
axile du placenta, celui ci naît-il à l'aisselle de la feuille carpellaire, ou, 
au contraire, lui donne t il insertion? Les deux hypothèses peuvent être 
vraies, comme aussi celle qui écarterait toute homologic entre les 
pédicelles en question et des placentas, et les envisagerait comme des 
productions entièrement nouvelles. > L. Morot. 

Aug. Dagllillon. — Sur U polymorphisme foliaire des Abiétiiiées 

{Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences, t. C VIII, 
ii°2, 1S89}. 

On sait que l'on a signalé chez plusieurs espèces de Pins deux 
formes différentes de feuilles : la forme primordiale, succédant immé- 
diatement aux cotylédons, qui se conserve pendant la première ou les 
premières années, et qui est représentée par des feuilles éparses, fine- 
ment dentelées sur leurs bords; la forme définitive, représentée par 
des feuilles à peu pri-s lisses, fasciculées, A ce polymorphisme exté- 
rieur correspondent des différences anatomiques analysées par l'auteur 
chez les divers genres qui composent les .A-biétinées vraies. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



De ses observations il conclut que « l'existeDce de feuilles primor- 
diales est assez constante chez les Abiétinées. Le passage de la forme 
primordiale à la forme définitive se fait sans transition, comme dans les 
Pins, ou par gradations insensibles, comme dans les Sapins. Ce pas- 
sage est caractérisé presque toujours par le développement progressif 
de l'hypoderme et du sclércnchyme adjacent au système libéro-lîgneux, 
et dans cetaJns genres par le dédoublement de la nervure centrale en 
deux faisceaux, sous un endoderme commun; en un mot, par une 
diffère nciadon croissante dans la morphologie interne de l'organe. • 

L. MOROT. 

H. Jumelle. — Assimilation et transpiraiioii cklorophyllieimes, 

(Re\'ue générale de Botanique, 1. 1, n" i , 1889.) 

L'auteur, dans wtte note, rend compte des expérience qu'il a faites 
en vue de rechercher s'il existe entre les deux phénomènes de l'assi* 
milation et de ta chlorovaporisation, provoqués tous deux par l'absorp- 
tion de radiations lumineuses, une dépendance réciproque, si l'arrêt de 
l'un d'eux modifie l'autre, et dans quel sens. La conclusion de ses 
recherches est que quand la fonclion chlorophyllienne persistant, 
2' assimilai ion est suspendue, l'intensité de la transpiration ckloro- 
^yllienne est augmentée. 

Une seule explication de ce fait, dit-il, semble possible. On sait 
que, d'après M. Wiesner, une partie seulement de la lumière qui tra- 
verse la chlorophylle sert à la décomposition de l'acide carbonique; 
la chaleur provenant de l'autre partie produit de la vapeur d'eau. Or, 
si l'assimilation est supjuriméc, la partie des radiations lumineuses qui 
servait à la décomposititm de l'acide carbonique reste libre. Il en 
résulte une plus grande quantité de chaleur emmagasinée dans la 
plante, et, par suite, une plus forte vaporisation. L. M. 



PUBLICATIONS PERIODIQUES 



Botanische Jabrbûcher fQr Systematik, Pflanzei^esohichte 
uod PAanzei^eographie (Bd X, H. iv, 18S8). 

Ed. Palla. Zur Kenntniss der Gattuog Scirpus. — S. Sofclimanii. Ucbcr 
«nigt verkannte oder wenig gekannte Geschlechter der Rubiaceen Sûd- 
Amerikas. — E. Warmiug. Ueber Grocnlands Végétation. — H. Soleredw. 
Bcitraege zur verglcichenden ,\natomie der Aristolochiaceen oebst 
Bcmcrkungen ûber den systematischen Wert der Secretzellcp bei dcn 
Piperaceen und ûber die Structur der Blattspreite bei den Gyrocarpeen. 



D,g,t.za:Jb.GOOg[e 



Bulletin de la Société phUomatfaique de Paris. 

(7* s., t. 12, D" 4, i«ys,) 

A. Franchet. Noie sur les Cypripedium de la t^hine occidentale (C, 
margarilaceum sp. n.). 

Bulletin of the Torre; botanical Club idée. iSifK). 

A. Holltck. A récent discovery of Hybrid Oaks on Staten Island. — 
F. S. Collins. .\lï* from Atlantic City, N. J. — J. F. James. Notes oa 
Dei'elopment of Caryailts Curiissîi. — Th. Meehaii. 'l'he bracl in Tilia. — • 
E. E. Stems. 'l'he bulblcts of Lycopodium lucidiiluta. 

Hedwi^ia (i88S, w-vi,. 

C. Warnstorl. Revision der Sphajna in der Bryotheca europœ.i von 
Rabenhorst und in einigen aeltercn Sammlungen. — F. Steptkanî. W'estin- 
dische Hepatica^ (^Atteura ZoUingeri^ A. Sckwaneckei, Kaitlin portaricen- 
sis, Taxiiejeunta anlillana, T. Eggersiana, Cololej'euttea slylosa, C. 
Sin/enisii, Micropterygium porlortceHse, M. Martianum, Radula porlori- 
censis, R. Uclilaia, Ba^siana Krugiana, EuUjeunea Urbani, Radula 
Eggersiana, nn. spp. — P. Dietel, Ueber einig'e auf (^mpositen vorkoni- 
mende Rostpiize. — ■ H. Elebahn. fkobachtung ûber die Sporen-Entleerung 
des AhoniruQzelschorfs Rhytisma acerinum Fr. — S. Nawaschtn. Ueber 
das auf Sphagnum sqitarrosum Pers. parasîtirende Helotium {M. Sckim- 
feri n. sp.). 

Journal of Botany (février i88g). 

AUred Fryor. Notes on Pimdweeds. — J. G. Baker. New petaloid Mono- 
cotyledons froro Cape Calony {Asparagus Sauadersiw, A. myn'ocladus, 
Knipkofia Norihia?, K. modesta, K. Tysoni, Gasteria radulosa, G. Irans- 
vaalensis, Aloe Uplopkylla, A. Sfoninii, Apicra lurgida.Hawoi-tkia colum- 
ftaris, nn. spp.) — James Britten and G. S. Boaiger. Biographical Index of 
British and Irish Biitanists (Coniin.). — J. W, White. Juncus Gef/irdiLois, 
— B. Daydon Jackson. Daboecia. — F. Ewing. Flora ni Beinn Laoigh. 



PUBLICATIONS DIVERSES 



C. Aigret ei V. François. Flore élémentaire des Cryptogames. 
V. A. Poulaen. Anatomiske Studier over Eriocaulaceerne. 
Ed. Strasburger. Histologische Beitracge, Heft. II. Ueber das Wacbs* 
thum vegetabilischer Zellhaeute. 

Hugo de Vries. Intracellulare Pangenesis. 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



N° 5, — 1" MARS i88<). Supp/emeni aa ^autaaX de Botanique. 

REVUE BIBLIOGRAPHIQUE 



H> Klebahn. — Weiiere Beobachiungen tuber die Blasenrosie der 
Kiefern (Nouvelles observations sur la Rouille des Pins) [Berichte 
dur deuisclien bot. Gcscll.; 6" anoèe, Assemblée ,générale; 
pago XLV]. 

La Rouille du Pin Weymoulh, étudiée principalement au Bûrger- 
park de Brème, est causée par la forme secidienne du Cronariium 
■RibicolaT>Kt.T. A cet éiat, l'Urédinée, nommée par l'auteur /'wf'rfiir- 
mium Strobi, attaque les rameaux âgés d'au moins 3 ans et provoque 
une tumé&ction de l'écorce bien plus notable que le Peridermium 
Pini corticola sur le Pin sylvestre. Le parasite du Wcymouth est 
aussi plus précoce que celui du Pin vulgaire. Les ravages causés par 
cette maladie sont assez graves pour compromettre la culture du Ptnus 
Sirobus en certains points. Pour la combattre, on écartera des pépi- 
nières les Groseillers et notamment le RiÔes nigrum; on proscrira des 
régions forestières les espèces improductives de Ribes; en brûlera les 
arbres malades. 

Les spermogonies du P. Sttobi laissent exsuder un liquide sucré et 
rép>andent un parfum qui doit attirer les insectes. L'auteur n'est pas 
éloigné d'admettre que cette attraction aurait pour effet le transport 
des spermaties sur un organe femelle. Il a vu, chez plusieurs Uiédinées, 
en relation avec les jeunes aecidies, des formations que l'on pourrait 
peut-être considérer comme des trichogynes. Si les spermaties repro- 
duisent le mycélium, les insectes en les transportant, transmettent la 
maladie d'arbre en arbre. |Kappelons que, d'après M. Woronio, il 
existe un mutualisme de même ordre entre les Sclerotima des Vacci- 
niées et les insectes]. 

Le Cronariium Ribicola est connu en Europe depuis 1872. D'après 
Magnus, il avait été récemment importé d'Amérique. U est bien dis- 
tinct du Cronariium asclepiadeum. Cette dernière espèce parait iaire 
déiaut dans des régions où l'on a observé le Peridermium. Pini Cor- 
ticola. M. Klebahn est disposé à croire qu'il existe une seconde 
espèce, confondue sous ce nom avec celle dont M. Cornu a découvert 
l'hétéraecie. P. Vuillemin. 

Paul Sorauar. — Der Mehltkau der Ap/elèaeume \^Le Meunier des 
Pommiers^ (Hedwigïa, 1889. Hft. i). 

Le Meunier des Pommiers a été attribué à divers gem'es d'Ery- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



sipht-cs. Pour l'auteur, il esl cause par le Spitmrolheca Caslagnei 
(forma ^/^r// voisine de forma i^f/-ow/V«de Rabenhorst). Il envahît les 
feuilles et les rameaux, les couvre de conidies et en arrête la crois- 
sance, II ne forme ses p6rithèces que sur les pousses tendres dont il a 
entrave- le développement et sur les p^-tïolcs des plus jeunes feuilles. 
I^s périthèces n'ont pas encore éti'' observés sur les Poiriers attaqués. 

P.VUILLEMIN. 

E. Roze. — Reckerclies biologiques sur /'Azolla filiculoides Lamark 
{Mémoires publii^s par la Société philomatliique à l'occasion de 
son centenaire, pp. 215-227, i pi,). 

Il résulte des observations de l'auteur que, contrairemeut à l'opi- 
nion admise, les massules à audrospores et les protubérances du iL^y- 
nosporange, loin de servir de flotteurs, ont au contraire pour but de 
faire descendre les spores au fond de l'eau, où s'effectue la féconda- 

Après une description détaillée des phénomènes qui précèdent et 
accompagnent la fécondation et du développement de l'embryon, 
M. Roze rend compte d'un certain nombre d'expériences d'où il 
résulte que des spores qui avaient supporté pendant l'Iiiver un froid 
de — 7" n'en ont pas moins donné au printemps des anthérozoïdes et 
des archégones, lesquels ont produits des embryons. Le froid détruit 
au contraire les organes reproducteurs du Salvivia, qui flottent à la 
surface de l'eau. D'autre part, la chaleur favorise la fécondatioi; , qui 
s'efiectue en quatre à cinq jours par une température de 30", en dix à 
treize jours à 14°, Une température plus basse arrête tout développe- 
ment. Enfin des embryons libres avec rudiments des deux feuilles 
primordiales ont en partie résisté pendant plusieurs mois à une tem- 
pérature basse descendue 3 + 5° seulement. L. Morot. 



PUBLICATIONS PÉRIODIQUES 

Bericlite der deutscben botanîachen Gesellschaft 

(Bd. VI, H. 10, 1888). 
A. Wielor, Ueber den Ort der Wasserleitung im Holzkoerper dico- 
tyler und gymnospermer Holzgewaechsc— Jatius Wortmann. Einige kurze 
Bemerkungen zu eincr Abhaodlung von Dr. Fr. NoU. 

Botanical Gazette (Vol. XIV, 18S9). . 

n° I, janvier. 

. Botany in thc University of Pennsylvania. — Emily L. Gregor;. Deve- 



D,g,tza:Jb.GOOg[e 



lopmcnC of :;ork-winfjs ori tf-Ttaîn irocs. IV. — L«8ter F, Ward. Tlic ■ King- 
Dtvil ". ^ A. A. Crozier. Anfith^r death from ealiog' Cicuta maculala, — 
H. E. MorUeld. Flornl rci:entricitie<!. — GOO- F. AtldDBOn. Annther phoa- 
pho récent miishroom. 

John Doanell Smith. Uade^cribrd phnts from Guatemala. VI. — Hea- 
rietU E. Hooker. On Cuscuia GronovU. — Emlly L. Grôgorjr. Develop- 
ment cif cork-win;ïs nn certain trees. V, — Charles B. Bames. Notes on 
North American Mosscs. — Walter Oeana. A few Cape Cod plants. 

Botanisolies Centralblatt (Bd. XXXVII) 

"'5- 
J. Bornmôller. Ein Beitra^ zur Bichenilora (Ici sûdoestlichun Europa. 

n»6. 
Vinc. de Borbas. Tilia Richteri^^rh. n. hybr. und zu der Geschichte 
der Silberlindn . 

Botanische Zeitung (1889). 
n-S- 
W. Zopf. Uebcr Pilzfarl.stnffc (Forts ) 

n"6. 
Id. (Schiuss.) 

Le Botaniste (1'^ s., fasc. III). 

P. A. Dangeard. Recherches sur le mode d'union de la tige de la racine 
chez les Dicotylédones. 

Bulletin de la Société botanique de France. 
(T. XXXV, 1888, Session extraordinaire à Narhonni.-.) 
Abbé H. Costa. Mes herborisations dans le bassin du Dourdou. — Abbé 
E. Baichére. Note sur la végétation des environs de Carcassnnne. — 
B. Martin. Sur une Euphorbe hybride. — Oliver. Lathyrus tenuifolias 
Desf.— Abbé L.Vincent. Note suri. Blanche.— E. Hooillelarine. Surune 
famille de botanistes : les Thomas de Be\. — .Abbé Baichéra. Herborisa- 
tions dans le Cabardès et le Miner\'ois (Versant oriental de la Montaj,'ne 
Noire, Aude;. — Ch. Flahanlt. L'herbier méditerranéen formé à la Faculté 
des Sciences de Montpellier. — P. Tnlllemin. Sur les Péïizes des chancres 
des ())*nifères. ^ G. Gantier. Rapport sur l'herborisation au l'ech de 
l'Ag-nèle. Hcrliorisation aux îles de Laute et de Sainte-Lucie. Escursioo 
aui pinèdes de Houtenac. Excursion au mont Alaric. Herborisation aux 
Sidrièrea de Fitou ei de Leucate. Excursion aux gorges de la Pierrc-Ksse. 
Excursion à Font-Esiramer. Herborisation à la forêt des Fanges. Her- 
borisation à la forêt et au Pla-d'Estable. Herborisation au Pont-de-la- 
Fous. — Copinean. Excursion à Saint-Antoine de Galamus. Excursion aux 



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Etroits d'Alet. I lerborisation dans la valléi; de Véraza. — Abl)c Hy . Notes 
sur les Lichens recueillis aux environs Ae. Quillan. — Abbé L. Chevalier. 
Liste des Mousses et des Hépatiques récoltées dans la forét des Fanges.— 
6. Gautier. Liste méthodique des plantes, Phanérogames et ("rs-ptogiimes 
supérieures, récoltées pendant la session des Corbières. — 6. R0117. 
Notice sur les collections botaniques de M. Gaston Gautier. 

Bulletin mensuel de la Société Linnéenne de Paris (n° 96}. 

H. Bâillon. Sur un mode particulier de propagation du Mildew. — 
L. Pierre. Sur le genre Melienlha. — H, Bâillon. Remarques sur le genre 
Tkenctrdia. — E. Bâillon. Snr le Dissohvna verliciltata Lour. 

Deutsche botanische MonatsBchrifl (janvier 1889). 

V. T. Borbas. Die Hybrldeu der pencapetalen Linden. — E. Sagorski. 
Plaotie criticae Thuringiœ, II. — G. VoerUin. Beitraege in bezug auf die 
Verbreitung der Poleniilla-.KTtcn.. — E. Figert. Menika paacijlof-a n. sp. 
— Th. Beling. Funfter Beitrag zur Pdanzenltunde des llarzes und seiner 
naechsten nordwestlichen Vnrbergç. 

Oesterreichisobe botanische Zeitschrifl 

(.889, n- 1). 
A. Hanagirg. Beitraege zur Ke«ntniss der quarnerischen und dalmati- 
nischcn Meeresalgcn. — Br. Blocki. PoUnlilla Knappii n. sp. — J. HniT. 
Wichtigere neue Funde von Phanerogamcn in Nordtirol. — L. Simonkai. 
Bemerkungen zur Flora von Uagarn. — K. Vandas. Beitraege zur Kennt- 
niss der Flora von SQd-Hercegovina. — A. F. Entleatner. Die periodi- 
scben Lebensercheinungen der Fflanzenwell in den Aniagen von Meran. — 
Ed. Fonnanek. Beitrag zur Flora von Bosnien und der Hetcegovina. 

Revue de Botanique (T. VU, n' 80). 

J. Bel. Les Champignons supérieurs du Tarn (SuHe). — Thdiiot. Relevé 
de mes observations bryologiques dans la Sarihe pendant l'année itS88. 

Revue générale de Botanique (T. I, n" 2). 



Koldenipe RoseoTinge. Influence des agents extérieurs sur l'organisa- 
tioD polaire et dorsiventrale des plantes. — L. Goignard. Développement 
et conatitntion des anthérozoïdes. II et in. Muscinées et Fougères. — 
fiaiton Bonniar. Etudes sur la végétation de la vallée de Cbamonix et de 
U chaîne du Mon^Blanc {Suite). — A. de Planta. Note sur la composition 
des tubercules de Crosnes du Japon. 



D,g,tza:Jb.GOOglC 



14* 6. — i6 MARS 1B89. Supplément 3\i Journal de Botanique. 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE 



H. Bâillon. — Sur un mode particulier de propagation da Mildew 
(Bulletin mensuel de la Société Linnéeane de Paris, n° 96). 

M. Bâillon, qui avait depuis longtemps cm observer la présence de 
l'œuf du Peronospora viiicola dans les fentes de l'écorce des sannents, 
rend compte d'une expérience, faite dans son laboratoire, qui semble, 
en effet, démontrer la réalité de la propagation du Mild