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418. 
420. 
421. 
423- 
425. 
442. 



ligne 34. 

— 35- 

— 23. 

3- 

— 33- 

37- 
17 
24 
40 

37 

- 18 

- 12 



au lieu de 
Cl. echinospora. 



Cl. 



lises 
similis. 



Camalchal Canalet. 

confestis confertis. 

Dasua Dagua. 

Colin Cohn. 



. camplanatus complanatus. 

. Aguachi Aguanche. 

. Pubincha Pichincha. 

. calmo culmo. 

. Lattorqueta. , .... La Horqueta. 

. après Salix REPENS var. argentea, — ajoutes : 
est répandu dans lotîtes les dunes, dans les bas-fonds humides et un peu 
marécagfeux ! — Enfin le Setaria viridis — var. reclinata — a été trouvé 
à Cayeux par M. Debray; je Tai également récolté dans les dunes près 
d'Etaples! 



JOURNAL 



DE 



BOTANIQUE 



Directeur : M. Louis MOROT 

Docteur ès-sciences. 



Toin-e II. — 1888. 



PRIX DE L'ABONNEMENT 

12 francs par an pour la France 
15 francs par an pour l'Etranger 



Les Abonnements sont reçus 

AUX BUREAUX DU JOURNAL 

9, Rue du Regard, 9 

et à la Librairie J. LECHEVALIER, 23, Rue Racine 

PARIS 



2 e ANNEE N° 1 i pr JANVIER 1888 



JOURNAL DE BOTANIQUE 

Directeur: M. Louis MOROT 



OBSERVATIONS SUR LE DEVELOPPEMENT DES FLEURS 

DANS LES BOURGEONS 
Par M. Louis MANGIN 

On sait que la plupart des organes présentent, depuis leur 
ébauche jusqu'à l'état adulte, deux phases successives de crois- 
sance. La première pendant laquelle l'organe en voie de forma- 
tion acquiert, tout en gardant des dimensions parfois très restrein- 
tes, les caractères anatomiques fondamentaux qui le caracté- 
risent ; la seconde pendant laquelle une énergique croissance 
intercalaire amène en peu de temps l'organe à l'état adulte sans 
modifier sensiblement sa structure. 

Dans la première phase, qui prend fin au moment où l'organe 
apparaît à l'extérieur, c'est-à-dire à l'éclosion, celui-ci reste caché 
dans les tissus ou protégé par les feuilles : il est soustrait aux 
influences immédiates du milieu extérieur. Dans la seconde phase, 
qui commence à l'éclosion, l'organe plongé dans l'air ou dans 
l'eau obéit aux influences du milieu et peut subir toutes les modi- 
fications anatomiques qui sont compatibles avec la structure 
déjà acquise. 

La durée de la première phase, les caractères anatomiques 
acquis par les fleurs et les feuilles à la fin de cette phase, sont 
mal connus pour un grand nombre d'espèces ; on sait, à la vérité, 
que l'ébauche de certains organes est, dans certains cas, bien 
antérieure a l'éclosion ; mais les données que l'on possède à ce 
sujet sont peu nombreuses et incertaines. 

J'ai entrepris une série de recherches sur le développement 
des feuUles ei des fleurs dans les bourgeons et je viens présenter 
au lecteur quelques observations sut le développement des fleurs. 
Je m'occuperai d'abord des arbres "rui tiers (Amygdalées, Poma- 
cées) intéressants à étudier en raison de la précocité de la florai- 
son chez certaines espèces; ces plantes offrent, en outre, de 



2 JOURNAL DE BOTANIQUE 

grandes facilités pour l'observation parce qu'on peut aisément 
distinguer les bourgeons à fleurs et les bourgeons à feuilles. 

I. Amygdalées. — Développement des fleurs dît Cerasus 
vulgaris. — Pour se procurer les matériaux nécessaires à cette 
étude, on recueille tous les 10 ou 15 jours à partir du commen- 
cement du printemps les bourgeons qui doivent former plus tard 
les bourgeons à fleurs, et on continue jusqu'au printemps suivant ; 
pendant l'hiver on peut espacer davantage les périodes où l'on 
recueille les bourgeons. On place ces bourgeons dans l'alcool 
absolu et au moment de les étudier on les oriente dans la moelle 
de sureau en les fixant avec de la gomme durcie par l'alcool, de 
manière aies couper dans la direction la plus convenable. 

Le développement des bouigeons au printemps et dans la 
première partie de l'été est le même pour les bourgeons à fleurs 
et à feuilles. On voit (fig. 1) sur la coupe longitudinale d'un bour- 
geon à fleurs du 23 juin 1885, que le point végétatif s , est pro- 
tégé par quatre ou cinq rangées d'écaillés à face externe forte- 
ment cutinisée, tandis que la face interne est revêtue d'unépiderme 
à parois minces faiblement cutinisées ; sur les côtés du point 
végétatif se forment les écailles internes des bourgeons dont 
la face supérieure et interne est garnie de nombreux poils uni- 
cellulaires. A part le nombre des écailles, qui augmente gra- 
duellement, l'aspect des bourgeons reste le même jusqu'à la 
fin de juillet, époque de l'apparition des fleurs. 

A cette époque (2 août 1885) on voit, sur une coupe longi- 
tudinale (fig. 2 et 2'), que le point végétatif s'est élargi ; tandis 
que le sommet ^ cesse de croître, il se forme autour du sommet, 
et à l'aisselle d'écaillés encore très petites, un certain nombre de 
mamelons cellulaires/"; chaque mamelon représente une fleur. 
Leur formation est successive comme celle des feuilles ; aussi 
dans les bourgeons recueillis le 2 août peut-on trouver des 
fleurs formées seulement d'un mamelon arrondi (fig. 2), tandis 
que d'autres (fig. 2') montrent des mamelons aplatis, sur les bords 
desquels se sont formés cinq protubérances m représentant 
l'ébauche du calice ; la partie aplatie du mamelon forme le récep- 
tacle floral. 

Dans les bourgeons à fleurs du 16 août (fig. 3,3') la base des 
protubérances calicinales s'est accrue de manière à former un 



L. Mangin. — Sur le développement des flettrs dans les bourgeons. 3 

tube sur les bords duquel les pointes du calice sp sont plus déve- 
loppées ; en même temps à la face interne du tube et à la base 
de l'échancrure séparant deux dents du calice, apparaissent des 
émergences^ qui représentent les pétales. Enfin sur le fond du 
réceptacle jusqu'alors aplati on voit (fîg. 3" ) se dessiner une 
protubérance cp excentrique par rapport à l'axe de la fleur : 




Développement des fleurs du Cerasus vulgarisa — 1, coupe longitudinale d'un bourgeon à 
fleurs (23 juin 1885), gr. 25/1. — 2, 2', bourgeons à fleurs du 2 août 1885, coupe longi- 
tudinale : 2, gr. 10/ 1; 2', gr. 50/1.— 3, 3', 3', 3'", bourgeons du 16 août 1885; 3, coupe 
longitudinale; 3' coupe transversale, gr. 25/1; 3", 3", ébauches florales isolées, gr. 50/1. 
4, 4', 4", fleurs du 31 août 1885, gr. 50/1. — 5, 5', 5", fleurs du 17 septembre 1885, 
gr. 50/1. — 6, fleur du 4 octobre 1885, gr. 25/1. 

éc écailles, « point végétatif de la tige, b bractées florales, f fleurs, m ébauche du calice, 
sp sépales, p pétales, st étamines, cp carpelle, o, ovaire. 

c'est l'ébauche du carpelle. Tel est l'état le plus ordinaire des 
fleurs au 16 août. 

Certaines fleurs, notamment celles qui sont au voisinage du 
sommet de la tige, peuvent présenter un état plus avancé qui se 
traduit par l'apparition sur les faces internes du tube, et au- 
dessous des mamelons représentant les pétales, de protubéran- 
ces st représentant le vestige du cycle d'étamines opposées au 
calice . 

D'autres ébauches florales présentent par contre un état 



4 JOURNAL DE BOTANIQUE 

moins avancé que l'état moyen (fig. 3) et caractérisé seulement 
par l'apparition des pétales. 

L'examen des coupes longitudinales et de coupes transver- 
sales passant au milieu des ébauches florales montre bien que les 
fleurs représentent autant de rameaux latéraux à la tige. On voit, 
en effet, le sommet s (fig* 3') de celle-ci, accompagné d'une 
feuille à l'aisselle de laquelle le bourgeon avorte souvent, puis 
tout autour quatre fleurs munies de leur bractée axillante, b; 
tout autour se trouvent des écailles e disposées en préfoliaison 
quinconciale et munies de poils à la face supérieure ou interne ; 
les écailles à faces lisses ont subérifié leurs tissus. 

Le 31 août 1885 (fig. 4, 4') les pétales et les sépales se sont 
accrus, les protubérances staminales st sont plus prononcées 
et développées sur deux rangées ; le carpelle cp a pris l'aspect 
d'une gouttière largement ouverte sur le côté et dont le sommet 
arrive jusqu'à la hauteur de l'insertion des pétales. Sur une 
coupe transversale de la fleur, on voit que la section du carpelle 
(fig. 4") présente la forme d'un croissant dont les pointes corres- 
pondent aux bords de la feuille carpellaire. 

Le 17 septembre 1885, les dimensions linéaires de la fleur 
sont presque le double de celles du 3 1 août (fig. 5) . Trois rangées 
de mame'ons représentent les cycles d'etamines 3^/dans chacune 
un étranglement basilaire indique la séparation de l'anthère et 
du filet. La croissance de la feuille carpellaire ayant continué, 
les bords de celle-ci sont au contact et laissent au milieu un canal 
qui s'élargit à la base en une cavité, la cavité ovarienne (fig. 5', 5"). 

Le 4 octobre 1885, l'aspect général n'a pas beaucoup changé 
(fig. 6) ; sauf l'apparition, sur les bords de la feuille carpellaire, 
des émergences de parenchyme destinées à former les ovules , 
nous n'avons guère à signaler qu'une croissance générale de la 
fleur. Désormais les diverses pièces de la fleur sont individuali- 
sées ; nous n'aurons plus à constater que des modifications dans 
la structure interne des étamines ou du pistil. 

Voici l'état des fleurs le 27 octobre 1885 (fig. 7 et 7'). Dans 
l'ovaire on aperçoit un mamelon cellulaire qui représente le nu- 
celle; il n'offre encore aucun vestige des téguments ni du sac 
embryonnaire. Dans les étamines, la différenciation, qui a com- 
mencé vers le milieu de septembre, présente à ce moment le 
stade suivant : quatre sacs polliniques formés par les cellules- 



L. Mangin. — Sur le développement des fleurs dans les bourgeons. 5 

mères des grains de pollen ; autour de chaque mass ; f de cellules- 
mères, on voit, sous 1'épiderme, trois assises de cellules destinées 
à former l'assise fibreuse et les assises nourricières comme le 
montre la fig. 6'". 

A partir de ce moment et jusqu'au printemps la structure des 
fleurs ne se modifie pas. En comparant les bourgeons au 27 octo- 




Développcment des fleurs du Cerasus vulgaris (suite). — 7, fleur du 17 octobre 1885, coupe 
longitudinale; 7' coupe transversale de l'ovaire, gr. 25/1. — 8, fleur du 15 décembre 1885, 
coupe longitudinale ; 8', coupe transversale de l'ovaire, gr. 25/1. — 9, fleur du 16 mars 
1886, coupe longitudinale; 9', coupe transversale de l'ovaire, gr. 25/1; 9", état de l'ovule 
(:6 mars 1886), gr. 120/1; 9'", état de l'étamine, gr. 120/1. — 10 et il, pistil des fleurs 
du 30 mars 1886, gr. 25/1; 10', 11", état de l'ovule, gr. 120/ 1 ; 11', état de l'étamine, 
gr. 120/ 1. 

sp sépales, p pétales, st étamines, ov ovule, n nucelle, pr primine, se secpndine, s sac em- 
bryonnaire, ép épiderme, cm cellules mères du pollen, an assises nourricières, af assise 
fibreuse, pi grains de pollen. 

bre, au 15 décembre et au t6 mars 1886, on ne constate qu'une 
croissance lente de tous les organes (fig. 7, 8, 9); les bourgeons 
présentent pendant cette période une longue phase de vie ralentie. 
Le 16 mars (fig. 9, 9', 9", 9'"), les ovules sont un peu plus déve- 
loppés qu'au 27 octobre et l'on voit, sur les côtés du nucelle, un 
bourrelet formant l'ébauche de la secondine se (fig. 9' et 9''); la 
coupe transversale des é* aminés montre (fig - . 9'") le même état 
qu'au 27 octobre, mais les cellules de l'assise interne ont beau- 
coup grandi. 



6 JOURNAL DE BOTANIQUE 

C'est à la fin du mois de mars que les bourgeons passent à 
l'état de vie active et en consommant leurs réserves amylacées, 
présentent une croissance intercalaire très rapide pendant laquelle 
s'achève la formation des grains de pollen et de l'ovule. 

Si l'on examine, en effet, des bourgeons au 30 mars 1886 
(fig\ 10 et 11), au moment où l'épanouissement va avoir lieu, 
certaines fleurs (fig. 4") montrent des ovules, dont le nucelle, 
presque recouvert par les téguments, contient un sac embryon- 
naire très développé et des anthères dont les grains de pollen 
sont libres au milieu de granulations protoplasmiques ; d'autres 
fleurs présentent un état moins avancé (fig. 10'), car la secondine 
est seule bien développée, et les cellules-mères des grains de 
pollen n'ont pas encore résorbé leur membrane. Les différences 
individuelles qui s'étaient atténuées pendant la période de vie 
ralentie, s'exagèrent au moment de la reprise de la végétation, 
de telle sorte que dans le môme bourgeon on peut trouver des 
stades assez différents. 

Le système fasciculaire se différencie tardivement quoique 
déjà à la fin d'août les faisceaux de procambium soient indivi- 
dualisés dans le parenchyme homogène qui constitue, les jeunes 
fleurs ; mais l'apparition des vaisseaux n'a lieu qu'au commence- 
ment de mars. La distribution des faisceaux peut être étudiée 
soit avant, soit après la différenciation du bois et du liber; cha- 
que fleur reçoit un certain nombre de faisceaux disposés en un 
cercle d'où se détachent, à la base du carpelle, les faisceaux desti- 
nés à celui-ci, tandis que les faisceaux du cercle primitif s'enga- 
gent dans le tube formé par le réceptacle de la fleur; là ces fais- 
ceaux envoient des ramifications dans les étamines, les pétales 
et les sépales. 

L'examen de la distribution des faisceaux dans le pistil joint 
aux états successifs du développement de cet organe (fig. 3*"., 
4'> 4"i 5> 5') etc -) montre nettement l'origine foliaire du carpelle 
unique du Cerisier, malgré sa situation sur le prolongement de 
la fleur. 

On voit en somme que l'apparition des fleurs chez le Cerisier 
est très précoce ; ébauchés au commencement d'août, ces organes 
sont constitués presque complètement à la fin de septembre ou 
au commencement d'octobre ; ils passent l'hiver dans une période 
de vie ralentie qui s'observe dans tout le bourgeon et c'est seule- 



E. Roze. — La Flore parisienne att commencement du XVII siècle. 7 

ment au printemps, quand les conditions climatériques sont con- 
venables, que les fleurs se dégagent, par une énergique crois- 
sance intercalaire, des écailles qui ont protégé leur évolution 
première. On conçoit que les conditions climatériques qui pro- 
voquent, au printemps et d'une manière normale, l'éclosion des 
fleurs puissent se trouver réalisées à la fin de septembre ou au 
mois d'octobre, et l'on s'explique ainsi la floraison précoce de 
quelques Cerisiers qu'on a parfois constatée à l'automne. 

{A suivre.} 

LA FLORE PARISIENNE 

Au commencement du XVII" siècle 

d'après \1 Enchiridùcni botanicum parisiense de jacob cornuti 

Par M. Ernest ROZE 

On sait que l'auteur de YHistoria canadensium planlarum (1 vol. 
in-4 , Parisiis, 1635) a fait suivre cette histoire de l'indication des 
plantes qu'il avait observées aux environs de Paris, sous le titre de : 
Énckiridium botanicum parisiense, continens indicem plantant m quœ 
in pagis, silvis, pratis et montosis juxla Parisios lotis, nascuuiur, per 
Jacobum Cornuti, Doc tore m medicum parisiensem. 

Or, cet Enckiridium ne parait pas avoir appelé l'attention avant 
que Mérat l'ait signalé dans sa Flore, en 1S36 ; il est également resté 
dans l'oubli depuis la traduction qu'en a donnée Germain de Saint- 
Pierre, en 1S52, dans son Guide du Botaniste. Il nous a semblé, dès 
lors, qu'il y aurait intérêt à reconstituer cet Enchiridium dans l'ordre 
suivi par nos Catalogues actuels, c'est-à-dire en subordonnant les indi- 
cations de localités aux plantes, tandis que Germain de Saint-Pierre 
s'était contenté, comme l'avait fait l'auteur, de distribuer les plantes 
par localités. Nous avons pensé, d'autre part, que.l'intérêt qui pourrait 
résulter de ce travail, devait s'accroître de ce fait que le Guide du 
Botaniste n'avait publié que la moitié à peine des noms de plantes 
imprimés par Cornuti, et que la Liste complète de ces plantes pourrait 
être consultée avec plus de fruit à titre de Premier Catalogue de la 
Flore parisienne. 

Nous croyons inutile tout d'abord de parler ici des difficultés que 
présentait la traduction, dans la nomenclature moderne, des noms ou 
phrases spécifiques dont s'était servi Cornuti. Nous dirons seulement 
que toutes les fois que G. Bauhin a inscrit ces phrases comme syno- 
nymes de ses propres dénominations, et que Linné, à son tour, a cité 



8 JOURNAL DE BOTANIQUE 

dans sa synonymie les phrases spécifiques de G. Bauhin, nous avons 
considéré comme acceptables les noms de Linné ou ceux de ses succes- 
seurs. Dans le cas contraire, nous avons exprimé notre doute par un 
point d'interrogation. De même, lorsque nous nous sommes trouvé en 
contradiction, pour l'adoption des noms linnéens, avec Germain de 
Saint-Pierre, nous avons pai' des renvois rappelé les noms admis par 
cet auteur. 

On remarquera que Cornuti, comme devait le faire plus tard 
Tournefort, a évité de répéter les noms des mêmes plantes qu'il ne 
pouvait manquer de rencontrer dans diverses localités, ce qui a singu- 
lièrement facilité la confection de notre Catalogue, puisqu'il était 
pour ainsi dire tout préparé dans V Enchiridium. Il est à regretter seu- 
lement que Cornuti ait parfois tronqué ses phrases spécifiques, em- 
pruntées çà et là aux ouvrages des Pères de la Botanique, et d'ordi- 
naire à ceux de L'Obel, et qu'il ait ajouté quelques localités ou même 
certains végétaux qui ne se trouvaient pas dans la région parisienne. 
Mais, ce qui est intéressant à noter, c'est la relation en général exacte 
que présentent les plantes avec leurs stations naturelles : nous les 
avons reproduites, comme les noms spécifiques de Cornuti, en carac- 
tères italiques. 

Enfin nous avons cru devoir annoter ce Catalogue des quelques 
plantes parisiennes que Clusius avait observées vers 156 1 et qu'il se 
plaisait à rappeler dans son Rariorum plantarum Historia (1601), ce 
qui leur donne avant toutes autres un droit d'inscription dans la Flore. 
Et, d'un autre côté, en raison de la relation assez étroite, au point de 
vue de la nomenclature, qui existe entre Y Enchiridium de Cornuti, 
paru en 1635, et le Catalogue des plantes cultivées au Jardin dit roy, à 
Paris, publié par Guy de la Brosse en 1636, nous avons pensé qu'on 
pourrait faire des constatations intéressantes sur les espèces qui figu- 
rent à la fois dans les deux Catalogues : ces espèces sont désignées par 
un astérisque. 

Nous ferons observer, en terminant, que l'on sera évidemment 
surpris de ne pas trouver, dans V Enchiridium, des plantes qu'à bon 
droit on doit placer au nombre de celles que l'on rencontre le plus 
communément dans nos environs. Ainsi, on y chercherait vainement 
le Chelidonium maj'us, les Viola, le Lychnis dioica, le Stéllaria 
holostea, les arbres fruitiers (Rosacées), X Hedera Hélix, le Cale/ulula 
arvensis, les Primula, le Glechoma hederacea, les Stachys, YUrtica 
major, le Populus Tremula, les Lemnacées, le Convallaria majalis, les 
Typha, etc. Cornuti en a-t-il jugé quelques-unes comme inutiles à 
signaler ? A-t-il omis involontairement d'en citer d'autres ? Il faut se 
montrer indulgent pour une œuvre primordiale, écrite dans la langue 



E. Roze. — La Flore parisienne au commencement du XVII e siècle. g 

multiple des Pères de la Botanique, à ure époque où 1 'étude compa- 
rative des espèces ne se faisait que su les caractères les plus apparents 
des plaines, où l'on ignorait enfin les principes fondamentaux de 
nos classifications, et ne pas laisser que d'admiré*-, toutes autres diffi- 
cultés vaincues, les premiers résultats de la stricte observation de la 
nature. 

PHANÉROGAMES ANGIOSPERMES 

DICOTYLÉDONÉES 

Renonculacées. 

Clematis Vitalba L. {Viorna vulgi s. Clemalis altéra Matth.). Saint-Prix. 
Thalictrum flavum L. {Thalictrum maj'us). Gentilfy, in prato, sec. rivu- 

lum (i). 
Thalictrum minus L. {Thalictrum minus). B. de Boulogne. 
Anémone Pulsatilla L. (*Pulsalilla flore violaceo et atropurpureo flore) . Id . 
— nemorosa L. {* Ranunculus nemorosus flore albo et carneo). Id. 
Adonis autumnalis L. ( * Eranthemum Gesneris. Flos Adonis). Inter segetes. 
Myosurus minimus L. (* Myosouros Lobelij s. Cauda mûris). Meudon, inter 

segetes. 
Ranunculus aquatilis L. {Ranunculus aquaticus Hepaticze taciè). Montmo- 
rency, in aquis (2). 
Ranunculus fluitans Lam.? {Hepatica aquatica). Saint-Cloud, mediis in 

aquis Sequanae. 
Ranunculus Lingua L. {*Lingua major Dalechampi). Id., sec. ripas 

Sequanas. 
Ranunculus Flammula L. {Ranunculus palitstris s. Flammula aquatica, 

rotundiore folio et angustiore folio). Gentilly, in prato, sec. rii>ulum. 
Ranunculus auricomus L. {Ranunculus dulcis Tragi s. Mors us Equi). 

Couvent des Chartreux, à Paris. 
Ranunculus acer L. (* Ranunc . prat. surrectis cauliculis). Id. 
Ranunculus repens L. (* Ranunculus pralensis reptante cauliculo, urens et 

dulcis). Id. 
Ficaria ranunculoides Mœnch (Chelidonium minus). Meudon, in pratis ir- 

riguis, et Ivry {in silvis domesticis). 
Caltha palustris L. {*Caltàa palustris Gesneri). Gentilly, in prato sec. ri- 

vulum . 
Helleborus fœtidus L. {Consiligo Ruellij s. Elleborastrum). Butte de 

Sèvres. 
Nigella arvensis L. {*Melantkium s. Nigella romand). Inter segetes. 
Delphinium Consolida L. {^Consolida regia s. Calcaris flos récent.). Id. 

Berbéridées. 

Berberis vulgaris L. (* Oxyacantha s. Berberis). Meudon, in apricis locis. 

1. Il s'agit de la Bièvre. 

2. On sait que par Montmorency, localité aquatique, il faut entendre Eng-hien 
et Saint-Gratien. 



io JOURNAL DE BOTANIQUE 

Nymphéacées. 

Nymphaea alba L. {*Nymphaea alba). Montmorency, in stagnantibus aquis. 
Nuphar luteum Sibth. et Sm. (*Nymphaea luted). Ibid. 

Ces deux espèces : {Nymphaea iitraque). Saint-Cloud, secundum 
ripas Scquanae. 

Papavéracées. 

Papaver Rhœas L. {*Papaver erraticum). Inter segetes. 

— Argemone L. {* Argemone capitulo longiore). Chaillot, in colliculis 
incultis. 
Papaver hybridum L. {Argemone capitulo torulis canulato). Ibid. 
Glaucium flavum Crantz (* Papaver corniculatum flore luteo). Bois de 
Boulogne. 

Fumariacées. 
Fumaria officiualis L. {Capnos s. Fumaria). Per margines viarum. 

Crucifères. 

Sinapis alba L. et S. arvensis L. (* Sinapi sativum et agreste). Auber- 

villiers. 
Brassica orientalis L. (i). (Perfoliata siliquosa). Bois de Boulogne. 
Eruca sativa Lam. {*Eruca sativa). Aubervilliers. 
Sisymbrium Alliaria Scop. {*Alliaria). Meudon, in pratis irriguis, et Bois 

de Boulogne. 
Sisymbrium officinale Scop. (2) {*Irio s. Erysimum Dioscorid.). Aubervilliers 

et Chaillot. 
Sisymbrium Sophia L. {*Sophia chirurgorum). In maceriis. 
Cheiranthus Cheiri L. {*Keiri arabnm s. Leucoium flore luteo). In maceriis. 
Barbarea vulgaris R. Br. {*Barbarea s. Pseudo-Bunias). Per margines via- 
ravi. 
Cardamine pratensis L. (*Cardamiue altéra s. Sisymbrium). Gentilly, in 

prato. 
Arabis hirsuta Scop. ? (Turritis). In maceriis. 
Nasturtium officinale R. Br. {^Nasturtium aquaticum et Cratevae Sion Eru- 

cTfolium s. Berula minor aquat.). Gentilly, in prato sec. rivulum. 
Nasturtium amphibium R. Br. ? {Erysimum açuaiiçum) . Vincennes, in 

silvis. 
Alyssum calycinum L. {Thlaspi minimum flore luteo). Chaillot, in aggeri- 

bus la pi du m. 
Draba verna L. {*Parouyc/uia Alsine folio). Vincennes, in silvis. 
Iberis amara L. ( * Thlaspi umbellatum floribus albis). Brevane, int. segetes. 
Capsella Bursa-pastoris Mœnch {*Bursa pastoris major). Per margines 

viarum. 
Thlapsi arvenseL. (* Thlaspi Draba? folio Lobelij, quod peltatumvocant). Id. 
Lepidium Draba Roth (* Draba arvensis). Mont-Valérien,^?*-©/«*0.y. 

1. Thlaspi perfoliatum G. 

2. Sisymbrium Irio G. 



E. Roze. — La Flore parisienne au commencement du, XVII" sieele. i\ 

Lepidium campestre R. Br. ( Thlaspi vulgatissimum Vac carias folio). Per 

margincs viarum. 
Lepidium campestre R. Br.? (Mille grana Tklaspi species.) Mont-Valérien, 

per vineas (i). 
Teesdalia nudicaulis R. Br. {Bursa pastoris minima). Butte de Sèvres. 
Isatis tinctoria L. (*Glastum sativum). B. de Boulogne et Varenne-Saint- 

Maur, in campo. (Cuit.) 

Cistinées. 
Helianthemum vulgare Gaertn. (Cistus humilis s. Flos solis). Bois de 

Boulogne. 
Helianthemum guttatum Mill. (* Cistus humilis annuus foliis Salie is). Id. 

Violariées. 

[Cornuti ne signale aucune espèce de cette famille]. 

Résédacées. 

Reseda Luteola L. (Lufeola). Per margincs viarum. 
— lutea L. (* Reseda Plinij s. Herba amoris). Id. 

Droséracées. 

Drosera rotundifolia L. (Rorida s. Ros solis). Meudon, in pratis irriguis. 
Parnassia palustris L. (*Gramen Parnassi). Montmorency, in vicinis locis 
piscinarum. 

Polygalées. 
Polygala vulgaris L. (*Flos ambervalis s. Astragaloides herbariorum). 

Meudon, in apricis locis. 
Polygala vulgaris L. {Polygala s. Flos ambervalis, cœrtileus et rubellus). 
Vincennes, in silvis. 

Caryophyllées. 

Dianthus prolifer L. (* Arme ria proliféra). Charenton. 

id. ( Tuuica s. Caryophyllus sylvestris minimus). Meudon, in dumetis. 
Dianthus Carthusianorum L. {Caryophyllus uemorosus viiuor). Ibid. 

id. (2) (Caryophyllus silvestris minor). Monttaucon. 
Gypsophila Vaccaria Sibth. et Sm. {^Isatis silvestris s. Vaccaria). Interse- 

getes. 
Gypsophila Saxifraga L. (Sàxifragia) . B. de Boulogne. 
Saponaria officinalis L. (*Sapouaria vulgaris). Ivry, per vineas. 
Cucubalus baccifer L. {*Alsiue repens, forte Cucubalum Plinij). Chat, de 

la chasse, inler silvas. (3) 
Sdene inflata Smith {*Behen album s. Papaver spumasum). Mont Valérien, 

per vineas. 

id. {^Papaver spumœum s. Behen album Monspel.).Per margines viarum. 

1. Il faut peut-être lire : Herniaria glabra L. {Mille grana) ; Lepidium cam- 
pestre R. Br. ? ( Thlaspi species). 

2. Dianthus prolifer G. 

3. Par Château de la chasse, il faut entendre Forêt de Motitmorency, dans la 
partie où se trouvait ce château. 



12 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Silène Otites Sm. ( Viscaria s. Muscipula flore muscoso). Charenton. 

— conoidea L. (i) (Lychnis silvestris 3 a Clusij caliculis strialis). Mont 
Valérien, in vertice. 

Lychnis Flos-cuculi T /. ? (Armoraria s. Vetonica pratensis). Gentilly, in 

prato. 
Agrostemma Githago L. (Nigellastrum Dodonxi). Inter segetes. 
Spergula arvensis L. (*Saginse Spergula). Meudon, in dmnetis. 
Stellaria média Vill. (Alsine). Per margines viarum. 
Cerastium vulgatum L. {Alsine Myosotis hirsuta). Meudon, in dumetis. 
? (Lychnis repens). Bois de Boulogne. 

Paronychiées. 

Herniaria glabra L. (Herba turca s. Herniarià) . Meudon, in pralis. 

Crassulacées. 

Sedum Telephiurn L. (* Telephium s. Crassula). Meudon, in editioribus locis. 

— Cepaea L. (*Cepa?à). Ibid. 

— album L. [*Illecebra major). In maceriis. 

— acre L. (* Sempervivum minimum s. Illecebrd). In tegulis. 

— reflexum L. (Sedum scorpioides). In maceriis. 
Sempervivum tectorum L. (Aisoon majus). Id. [Planté]. 

Linées. 

Linum catharticum L. (Chamcelinum silvestre). Varenne St-Maur, in campo. 

id. ? (Chamselinumserotinumfloribusalbis). Gentilly, in prato. 
Linum usitatissimum L. (*Linum). La Barre. [Cuit.]. 

— tenuifolium L. (2) (Linum silvestre flor. albis). Butte de Sèvres. 

(A suivre.) 



QUELQUES POINTS 

DE LA 

CLASSIFICATION DES AGARICINÉES 

Par M. N. PATOUILLARD 

Le peu de constance des caractères tirés de l'appareil végé- 
tatif des Champignons en général rend leur classification très 
difficile, et les différents systèmes suivis ont tous l'inconvénient 
de donner des groupes hétérogènes à côté de séries parfaitement 
naturelles. Chez les Agaricinées surtout, les genres établis à 

1. Silène nutans G. 

2. L. catharticum G. — « Primum mihi hoc genus observatum in anteriore Ma- 
dritianas silvae parte, quae secundo ab urbe Lutetia lapide distat, inter gramina 
loco aperto, et nullis arboribus obsito, florens Julio, maturum semen proferens 
Augusto». \Clusius, Hist. p. 319]. 



N. Patouillakd. — Quelques points de la classification des Agaricinees. 13 

l'aide des caractères tirés de la forme du chapeau, des lames, de 
la consistance, de la présence ou de l'absence d'une volve ou 
d'un anneau, sont depuis longtemps relégués au second rang. 

Une donnée moins fugace est fournie par la coloration des 
spores : ce caractère a permis de les distribuer en séries paral- 
lèles qui sont la base de la classification méthodique des Agari- 
cinees actuellement adoptée par presque tous les mycologues. 

Cette distribution des genres en séries de même couleur est 
très commode pour l'étude , mais elle est loin de répondre à 
toutes les exigences des affinités naturelles : comme dans tous les 
systèmes de classification dont le caractère essentiel n'est pas 
suffisamment dominateur, on trouve dans certains genres des es- 
pèces, ou même des groupes d'espèces, qui n'ont de commun avec 
les autres du même genre qu'un caractère unique. Ce caractère 
commun peut être de première importance chez quelques-unes 
et n'avoir qu'une valeur tout à fait secondaire chez d'autres. 

Considérons le genre Lepiota dans la série des Agaricinees à 
spores blanches. Il est déterminé par l'absence de volve distincte, 
par un stipe annulé, facilement séparable de l'hyménophore, des 
lames liûres et des spores blanches. 

Comparons maintenant ces caractères avec ceux du genre 
Coprinns de la série des Mélanosporées, en faisant abstraction 
de la couleur des spores : absence de volve souvent, stipe sépa- 
rable du chapeau, un anneau quelquefois, des lames libres, exac- 
tement comme dans les Lepiota. Mais les Coprins ont en outre 
un tissu mou tout spécial, une station et un port particuliers, 
une croissance rapide, en somme un ensemble de caractères qui 
permet de les reconnaître à simple vue comme tous les groupes 
naturels. 

Si maintenant nous observons que beaucoup d'espèces de 
Lepiota ont, outre les caractères propres de leur genre, caractères 
communs aux deux groupes, cet ensemble de données qui carac- 
térisent les Coprins, nous serons obligés de reconnaître que 
parmi les Lépiotes de Pries il y a des Coprins, mais des Coprins 
à spores blanc lies. 

Depuis longtemps les mycologues ont entrevu cette analogie 
et plusieurs Lépiotes sont indiquées comme ayant le faciès copri- 
noïde. Ces espèces, très abondantes dans les régions tropicales, 
où elles ont une croissance très rapide et une durée éphémère, 



i4 JOURNAL DE BOTANIQUE 

ne sont représentées chez nous que par une plante de la tannée 
des serres : Lepiota cepsestipes et sa vaxiêtéflos-sulfurïs. 

D'autres termes de la série des Leucosporées permettent d'éta- 
blir avec les Coprins un parallèle analogue au» précédent : ce 
sont les Hiatula. Comme ils ont le stipe dépourvu d'anneau, on 
les a placés à côté des Mycènes ; quelquefois même ils ont été en- 
globés dans ce genre. Par leur stipe séparable de l'hyménophore 
et leurs lames libres, il serait plus logique d'en faire des Lépiotes 
exannulées ; mais eux aussi ont le faciès coprinoïde ; ce sont des 
Coprins du groupe des vehform.es } mais à spores blanches. 

Dans la série des Dcrmini nous voyons le genre Bolbîtiiis 
faire tache à côté des Cortinaires, des Inocybes, etc. , chez lui nous 
retrouvons non seulement le faciès des Coprins', mais jusqu'à la 
déliquescence des lames : ce sont des Coprins à spores jaunes. 

Toute la série des Pratelles se rapproche des Coprins et a 
les spores pourpres. 

Dans les Mélanosporées tous les genres semblent avoir des 
affinités très grandes avec le genre Coprinus . Cependant, nous 
trouvons parmi eux les Gomphidms qui sont tout différents et 
qui se relient d'une part aux E ygrophorus •, à spores blanches, et 
d'autre part aux Paxillus, à spores jaunes. 

Les considérations précédentes nous ont conduit à rechercher 
s'il existe un caractère organique qui rapproche ou sépare tous 
ces genres que la coloration des spores a dispersés ou réunis 
sans tenir compte de leurs affinités. 

L'examen des basides ne pouvait donner aucun résultat à 
cause de la grande uniformité de cet organe dans les Agaricinées, 
qui sont toutes homobasidiées. (i) 

La présence des cystides n'est pas assez constante. De plus 
la forme en est variable d'une espèce à l'autre, à tel point que 
dans certains genres (Pluteus) les cystides peuvent presque 
permettre de caractériser les espèces. Dans quelques cas leur 
forme peut servir de caractère générique (Inocybe). 



i. Dans l'espèce les variations de la forme de la baside sont extrêmement 
limitées; ces variations consistent seulement dans un développement plus ou 
moins considérable de l'organe, dans l'augmentation ou la diminution du nombre 
des stérig-mates par suite de soudures ou d'avortements, et lorsqu'il y a des « acci- 
dents de structure de l'hynienium » suffisants, la baside ne change pas de forme : 
elle avorte et donne un poil. Dans un même genre, sauf ces écarts insignifiants, 
le type de la baside est constant d'une manière absolue. 



N. Patouillard. — Quelques points de la. classification des Agaricinées. 15 

L^Jorme de la spore, très fixe dans quelques genres (Russula, 
Lactarms), n'est clans la plupart des cas qu'un caractère 
d'espèce. 

Les indications tirées de la présence ou de l'absence du pore 
germinatif au sommet de la spore sont beaucoup plus impor- 
tantes et nous semblent devoir donner le critérium cherché. 

Lorsqu'on examine avec un peu d'attention le sommet d'une 
spore de Coprin, on observe aisément un point circulaire qui est 
une ouverture de l'exospore ; c'est le pore germinatif, dont 
l'existence et le rôle sont bien connus. 

Il est toujours très facile de se rendre compte de sa présence, 
soit en faisant mouvoir les spores dans le liquide sur la lamelle 
du microscope, soit en les regardant de profil : le sommet de la 
spore semble tronqué ou prolongé en un tube très court. 

Dans les divers genres d' Agaricinées que nous avons exami- 
nés voici ceux dont les spores nous ont montré un pore germinatif. 

Dans les Mélanosporées, les genres Coprinus, Panœolus, 
Psathyrella, genres ayant entre eux les relations les plus in- 
times, ont tous trois un pore germinatif; le genre Montagnites 
qui touche au genre Coprimts et au genre Gyrophragmitim, dans 
les Gastéromycètes, en est également pourvu. Seul le genre 
Gomphidius manque de cet organe. 

Toutes les Pratelles étant plus ou moins alliées aux Coprins 
en sont également munies. 

Dans les Dermiui, le genre Bo/bitius, qui est un Coprin à 
spores jaunes, présente un pore germinatif. Il en est de même du 
genre Ga/era, plus éloigné des Coprins, mais proche parent des 
Bolbititts. Le g-enre PJwliota est très hétérogène et réclame une 
étude spéciale ; on trouve des espèces pourvues de pore'' ger- 
minatif (celles qui se rapprochent des Gale7 r a), à côté d'autres 
qui en sont privées. 

Les genres Cortinarius , Irwcybe, Hebeloma, Crepidotus, 
etc., ne nous ont donné aucun résultat. 

La série des Rhodosporées s'est montrée également dépour- 
vue du caractère cherché, au moins dans les genres que nous 
avons examinés. 

Dans les Leucosporées, nous ne le retrouvons que dans les 
deux genres signalés plus haut comme ayant l'aspect copri- 
noïde : Hiatula et quelques espèces de Lepiota. Ces dernières 



i6 JOURNAL DE BOTANIQUE 

ne sauraient demeurer avec les véritables Lépiotes ; aussi pro- 
posons-nous de les séparer pour en former un genre à part sous 
le nom de Leticocoprinus . 

De ce qui précède il résulte que le caractère de la couleur 
des spores doit cesser d'être le pivot de la division des Agari- 
cinées; il doit être retenu seulement comme caractère de genres. 

On peut diviser la famille en deux sous-familles, d'après la 
présence ou l'absence du pore germinatif. Ces deux sous-familles 
peuvent, à leur tour, se diviser en séries parallèles d'après la 
coloration des spores. 

Pour la section des Coprinoïdées nous aurions le tableau 
suivant : 



LEUCOSPORÉES 


RHODOSPORÉES 


ochrosporées 


PRATELLÉES 


SlÉLANOSPORÉES 


Lcucocopt inus 
Hiatula 


} 


Bolbitms 
Galera 

Pholiota (partie) 


Psaihyra 
Hypholoma 
Psalliota 
Psilocybe 


Coprinus 

Panœolus 
Psathyrella 

Monlagniies 



Un tableau analogue renfermerait les autres genres de la 



famille. 



CHRONIQUE 



M. L. Petit a soutenu devant la Faculté des sciences de Paris, le 23 décem- 
bre 1887, pour obtenir le grade de docteur és-sciences naturelles, une thèse ayant 
pour sujet : Le pétiole des Dicotylédones au point de vue de l'anatomie et de 
la taxinomie. 

La Société nationale d'Horticulture de France, dans sa séance du 22 décembre 
a réélu comme président M. Léon Say, et comme secrétaire général M. Alfred 
Bleu. 

La Société botanique de France, dans sa séance du 23 décembre, a également 
procédé à ses élections annuelles. Ont été élus pour l'année 1888 : Président, 
M. Duchartre; premier vice-président, M. Henry de Vilmorin; vice-présidents, 
MM. Leclerc du Sablon, Maugeret et J. Vallot. 

Le Gérant : Louis Morot. 



Paris J Merscfc, lmp. a -: J, H . heuferl  lîw h> i '-:iu 



2" ANNEE 



N' 2 



15 JANVIER 1888 



JOURNAL DE BOTANIQUE 

Directeur : M. Louis MOROT 



ALGUES DU VOYAGE AU GOLFE DE TADJOURA 

RECUEILLIES PAR' M. L. FAUROT 
Par M. Ed. BORNET. 

Dans les numéros du Journal de Botanique du premier et du 15 juin 
1887, M. Franchet a publié une liste des plantes phanérogames récol- 
tées par M. Faurot dans les environs d'Obock et de Tadjoura. Mais ce 
ne sont pas les seules plantes qu'ait récoltées M. Faurot. Au cours de 
ses recherches de zoologie marine, le zélé explorateur a ramassé un 
certain nombre d'Algues qu'il a bien voulu me remettre à son retour. 
Les unes proviennent de l'île de Kamarane, où M . Faurot a séjourné 
du 13 novembre au 3 décembre 1SS5, les autres ont été prises à Ooock. 
Ce sont en général des espèces déjà signalées dans ces régions; toute- 
fois, parmi les Sargassum, M. Grunow, qui connaît mieux que per- 
sonne les espèces de ce genre, a reconnu plusieurs variétés nouvelles. 
Nous lui devons les diagnoses qui accompagnent l'énumération 
suivante. 

PHVCOCHROMOPHVCE^E 

1 . Lyngbya prasina Montagne in Kiitzing, Species Algar., p. 284. 

Ile de Kamarane. 
M. Kiitzing attribue aux filaments du Lyngbya prasina une épaisseur de 
45-50 u (i/5Q e à i/45 e de ligne). L'Algue rapportée par M. Faurot est beau- 
coup plus grosse : son diamètre est de 60-70 y.. De telles différences n'ont 
rien de surprenant chez ces plantes ; on en trouve de même ordre dans le 
Lyngbya majuscula de nos cotes. 

CHLOROSPORE/E. 

2. Ulva reticulata Forskâl, Flora jEgypt.-arab., p. 187. 

Obock. 

3. Halimeda macroloba Decaisne, PI. arab., p. 118. 

Ile de Kamarane, Obock. 

4. Caulerpa Frsycinstii Ag., Species Algar ., p. 446. 

Obock. 

5. C. plumaris Ag., Sfiecies Algar., p. 436. 

Obock. 



V^V&»*A. À». 



jf JOURNAL DE BOTANIQUE 

MELANOSPORE^Î. 

6. Sphaceiaria cervicornis Ag., Species Algar.^ p. ^. 

Ile de Kamarane, sur le Tterbinaria triquetra. 
Les exemplaires sont pourvus de sporanges uni- et plurilocu- 
laires. Je n J ai pu trouver de propagules. 

7. Hormosira articulata Zanardini, Planiarum maris rubri 
enum., p. 35. 

Obock. 

Echantillon bien fructifié. 

8. Cystosira Myrica J. A., Species A/gar. } I, p. 222. 

lie de Kamarane. 

Les échantillons commencent à fructifier. 

9. Turbinaria triquetra Decaisne, PL arab., p. 145. 

Ile de Kamarane, Obock. 
Echantillons en fruit. 

10. Sargassum cylindrocystum Figari et de Notaris, Alg. mar. 
ross., p. 15. 

Var. Fauroti Grunow 

Ramosissima, ramis teretiusculis laevibus; foliis lanceolatis, hinc 
inde subobliquis, obtusis vel acutiusculis, dentatis vel denticulatis, 
sparsim glandulosis, dilute fuscescentibus, membranaceis, supremismi- 
noribus et angustioribus, biseriatim glandulosis. raris; vesiculis fusi- 
formibus apiculatis; receptaculis masculis creberrimis cylindraceis 
inermibus paniculato-racemosis. 
Obock. 

Var. Obockiana Grunow 

Foliis inferioribus?, mediis majoribus late lanceolatis, denticulatis 
vel dentatis, acutiusculis," superioribus anguste lanceolatis subinteger- 
rimis acutis; omnibus parce et minute glandulosis, sordide fuscis, 
membranaceis; vesiculis subclavatis, fusiformibus vel cylindraceis, 
muticis, apiculatis vel folio coronatis; receptaculis fœmineis singulis 
vel subracemosis, subclavatis, inermibus vel sursum minute spinulosis. 

5". cyhndrocysti genuino simrKor, receptaculis autem diversa, quae 
in illo (forsan abnormia) subfoliacea et sporas paucas continentia 
observantur. — Fragmentulum unicum. 
Obock. 

11. S. Fresenianum J. Ag., Nova? spec. Algar. p. 172. 
Var. integerrima Grunow 

Foliis e basi obliqua lanceolatis acutiusculis integerrimis, sordide 
fuscis, membranaceis vel rigidulis ; vesiculis obovatis vel oblongis, 
obtusis vel hinc inde acutiusculis, numerosis; receptaculis 



Eu. Bornet. — Algues du ravage au golfe de Tadjoura. 19 

A 6 1 . Freseniano ). Ag. Musei Senkenbergiani (T. Agardhio hodie 
ignoto) differt foliis integerrimis acutiusculis. 
Ile de Kamarane. 

Var. Kamaranensis Grunow 

•Foliis angustioribus, lanceolatis acutiusculis, integerrimis vel sub- 
runcinato-dentatis, obscure vel sordide fuscis membranaceis ; vesiculis 
obovatisvel subsphaericeis, muticis vel breviterapiculatis; receptaculis? 

6". Freseniani varietati Dorice (S. Doriœ Grunow in Piccone, 
Alg. mar. rubr.) similis, foliis hinc inde profunde dentatis et vesiculis 
parum latioribus diversa. 
Ile de Kamarane. 

12. S. latifolium Ag., Species Algar., p. 13. 
Var. Zanzibarica Grunow 

Foliis remote dentatis vel subintegerrimis, parce et minus conspi- 
cue glandulosis ; vesiculis hinc inde subovatis et subapiculatis. 
Ile de Kamarane. 

13. S. Acinaria (L.) Ag., Systema Algar., p. 301. 
Var? Hildebrandti Grunow 

Ramis compressis vel teretiusculis ; foliis inferioribus lanceolatis 
acutiusculis seminervibus sparsim glandulosis , superioribus anguste 
lineari-ianceolatis seminervibus vel enervibus acutis biseriatim <dan- 
dulosis, omnibus integerrimis vel remote dentatis, obscure sordide 
fuscis, membranaceis; vesiculis sphsericis vel subovatis muticis, vel 
apiculatis ; receptaculis androgynis cylindraceis furcato-ramosis sub- 
cymosis inermibus vel hinc inde parce et minute spinulosis. 

Hab ad litus Somaliense, Lasgori (leg. Hildebrandt). 

Species forsan distincta inter 5. Boveanum et .S. Wrîgktii inter- 
media. 

Forma Obockiana Grunow. Foliis magis conspicue et longius 
costatis, receptaculis androgynis brevioribus, inermibus. 
Obock. 

5. Acinaria var. dentaia Grunow (S. Boveanum Grunow, var. den~ 
iaïa Grun. in Piccone Alg. mar. rubr.) est forma similis et transitum 
in 5. Acinariam docens. 

14. Padina pavonia Gaillon, Dict. des Se. nal. } vol. 53, p. 371. 

Ile de Kamarane. 

FLORIDEjE. 

15. Halymenia Ceylanica Harvey, Friendly tel. Algœ, n° 55. 

Obock. 
Echantillons stériles ayant beaucoup de ressemblance avec le Me- 
risiotheca papulosa J. Ag. 



20 JOURNAL DP: BOTANIQUE 

16. Melobesia pustulata Lamouroux, Polypiers flex., p. 315. 

Obock, sur diverses Algues. 

17. Lithothamnion crassum Philiopi in Wiegmann's Arch. t 
p. 388. 

Ile de Kamarane, Obock. 

18. Jania rubens Lamouroux, Polypiers flex,, p. 272. 

Obock. 

19. Gracilaria arcuata Zanardini, Planiarum mar. rubr. euum., 
p. 57, tab. III, fig. 2. 

Obock. 

20. G. corticata J. Ag., Spec. Algar., t. II, p. 602. 

Obock. 
Les échantillons sont abondamment pourvus de tétraspores. 

21. Galaxaura rugosa Lamouroux, Polypiers flex., p. 263. 

Obock. 

22. G. marginata Lamouroux, Polypiers flex., p. 264. 

Obock. 

23. Actinotrichia rigida Dejaisne, Essai, etc., p. 106. 

Obock. 

24. Gelidium corneum Lamouroux, Essai, p. 41. 
Yar. setaceum Kûtzing, Species Algar., p. 765. 

Obock. 
En grosses touffes sur les récifs. Stérile. 

25. G. rigidum J. Ag., Species Algar., II, p. 468. 

Obock. 

26. Laurancia papillosa Greville, Synopsis, p. lii. 

Ile de Kamarane, Obock. 



OBSERVATIONS SUR LE DEVELOPPEMENT DES FLEURS 

DANS LES BOURGEONS 

(Suite.) 
Par M. Louis MANGIN 

Le développement des fleurs du Cerasus vulgaris, tel que 
nous venons de le faire connaître, permet de préciser la nature 
morphologique des diverses parties du bourgeon. 

Nous avons vu que celui-ci est protégé par deux sortes 
d'écaillés : les plus extérieures, les plus anciennes, sont lisses 



L. Mangin. — Sur le développement des fleurs dans les bourgeons. 21 

et leur face externe est fortement cutinisée; les écailles inté- 
rieures, formées un peu avant l'apparition des fleurs, sont cou- 




Développement des fleurs du Cerasus vulgaris (suite). — 12, 12'. 12", formes intermédiaires 
entre les écailles des bourgeons à fleur et les feuilles végétatives normales : / limbe, stp 
stipules. — 13, section transversale de la coupe réceptaculaire d'une jeune fleur de Ceri- 
sier, prise au moment où les étamines apparaissent à la face interne. ; e région e xterne con 

'■X tenant les cordons du procambium ; i région interne, siège du cloisonnement, qui va donner 

T naissance aux étamines. — 13' fragment grossi de la section précédente; si cloisonnement 
du parenchyme interne formant les étamines, F cordons de procambium; gr. 250/1. — 
14, fleur du 30 mars 1886 étalée dans un plan et montrant la distribution du système con- 

f ducteur dans la coupe réceptaculaire, dans les sépales, les pétales et les étamines; sp sé- 
pales, p pétales, si trace des étamines à la surface de la coupe réceptaculaire, Fs faisceaux 
des sépales, Fp faisceaux des pétales, fp fs f's f"s faisceaux des étamines, F' F" bran- 
ches des faisceaux des pétales destinées aux sépales. 

NOTA. — Dans cette figure, les faisceaux des étamines (fs, fp) superposés aux faisceaux Fs et 
Fp ont été rejetés un peu à gauche de ces derniers, pour les mettre en évidence. En outre 
dans tous les pétales, sauf un, on a simplifié les faisceaux destinés à ces organes pour 
mieux montrer la nervation des sépales. 

15, section transversale de la coupe réceptaculaire d'une fleur du 30 mars 1886; Fs faisceau 
des sépales, Fp faisceaux des pétales, fs fp faisceaux des étamines superposés aux fais- 
ceaux des sépales et des pétales, f's f's faisceaux staminaux intercalaires. — 16, frag- 
ment grossi de la section précédente; Fs faisceau d'un sépale à bois interne, fs faisceau 
des étamines superposées, à bois externe, ép épiderme extérieur de la coupe, vl vaisseaux 
ligneux, lib liber, -m méristème secondaire intercalé entre la région ligneuse et la région 
libérienne. 



22 JOURNAL DE BOTAXIOlfh 

vertes sur la face interne de poils unicellulaires courbés à angle 
droit, la petite branche engagée entre les cellules épideraiiqnes 
et la grande branche dirigée vers le sommet des écailles. 

Les écailles externes se subérifient peu à peu ; la subérifica- 
tion, commençant à la pointe, progresse peu à peu vers la base, à 
mesure que, par suite de la croissance des parties internes du 
bourgeon, une plus grande surface des écailles est mise à décou- 
vert; bientôt, les écailles externes ayant cessé de croître, les 
écailles internes se subérifient à leur tour de la même manière 
lorsqu'elles sont exposées à l'air. 

La nature de ces écailles est facile à connaître par l'examen 
des bourgeons prêts à éclore. Si Ton enlève dans ces bourgeons 
(30 mars 1885) les diverses écailles, on reconnaît que les plus 
extérieures sont lancéolées, mais les plus internes ont une forme 
un peu différente. Les unes (fig. 12) ont leur sommet échancré 
et présentant trois dents séparées par deux sillons, une dent mé- 
diane / et deux dents latérales stp ; d'autres, peu nombreuses et 
placées tout contre les fleurs, sont nettement trilobées : le lobe 
médian l, plus ou moins large (fig. 12 1 et 12"), est plié en deux 
et présente l'aspect et la nervation des feuilles végétatives nor- 
males, tandis que les deux lobes latéraux représentent des sti- 
pules stp. En raison des nombreuses formes de passage qui 
existent entre les écailles externes, entières, et les feuilles nor- 
males, stipulées, on considère les écailles protectrices des bour- 
geons florifères comme des feuilles réduites à leur partie basi- 
laire formant une gaine, le limbe étant absent ou réduit à une 
petite dent située au sommet des écailles internes. 

Nous avons vu que les jeunes fleurs se présentaient sous 
l'aspect de coupes sur le fond desquelles s'ébauche la feuille 
carpellaire, tandis que les parois internes sont, dans toute leur 
hauteur, le siège d'un bourgeonnement qui donne naissance 
aux pétales et aux étamines. 

Dans son important et remarquable ouvrage sur la structure 
du pistil, M. Van Tieghem a montré (1) que cette coupe eât de 
nature appendiculaire : elle résulte de la concrescençe des enve- 
loppes et des différents verticilles staminaux. Malgré l'autorité 
du botaniste éminent auquel nous devons la connaissance de la 

1. Ph. Van Tieghem, Recherches sur la structure du pistil, p. 37, fig. 50-55. 



L. Mangin. — Sur le développement des fleurs dans les bourgeons. 23 

nature morphologique des diverses parties de la fleur, je me 
permettrai de signaler, dans le développement de la coupe ré- 
ceptaculaire et dans la structure des faisceaux qu'elle renferme, 
des faits qu'il semble difficile de concilier avec l'hypothèse d'une 
concrescence d'appendices telle que la conçoit M. VanTieghem. 

Si l'on examine la section transversale de cette coupe dans une 
fleur très jeune (fleur du 16 août), on constate que le paren- 
chyme qui la compose (fig. 13 et 13'), se partage nettement en 
deux couches. La couche externe est formée de 4 à 5 assises 
dont les cellules ont des parois relativement épaisses, à angles 
un peu arrondis et laissant entre elles des méats intercellulaires 
très petits; dans cette couche, on aperçoit déjà à cette époque 
dix cordons de procambium (F) représentant l'ébauche des fais- 
ceaux libéroligneux des enveloppes florales. La couche interne 
est formée de 4 à 6 assises de cellules à cloisons minces, étroite- 
ment appliquées les unes contre les autres, ayant l'aspect d'un 
méristème; les cellules de cette couche dirigent leur plus grande 
longueur normalement à la face interne de la coupe et l'on n'y 
voit aucune trace de cordons de procambium. En comparant à 
cette époque (16 août) des bourgeons de stades différents, on 
voit se produire, dans les cellules de la couche interne, un cloi- 
sonnement intense suivant une direction normale à la surface de • 
la coupe; bientôt, par suite d'un changement de croissance, de 
petits mamelons st se produisent dans tous les points où le cloi- 
sonnement a eu lieu : ce sont les ébauches des étamines. On 
peut constater que toutes les assises de la couche interne pren- 
nent part à ce phénomène. Ainsi commencée, la formation des 
étamines s'achève dans les conditions et aux dates que nous 
avons fait connaître. A partir du mois de mars, au moment de 
l'éclosion, il se produit un accroissement intercalaire au-dessous 
du lieu de naissance du verticille staminal inférieur, qui déter- 
mine l'agrandissement de la coupe réceptaculaire de manière à 
amener l'insertion des étamines au bord de celle-ci. 

Si l'on veut considérer la coupe du Cerisier comme une for- 
mation appendiculaire, il faudra admettre que les étamines nais- 
sent, non plus sur la tige, mais sur la face interne du tube formé 
par les enveloppes soudées, puisque l'accroissement interca- 
laire qui agrandit la coupe s'est produit au-dessous du lieu de 
naissance des étamines; celles-ci seraient alors, non plus autant 



24 JOUKNAL DE BOTANIQUE 

de feuilles, mais des ramifications radiales des enveloppes, 
quelque chose de semblable à des ligules. Cependant M. Van 
Tieghem dit (i) « que c'est bien à tort que l'on a considéré la 
coupe réceptaculaire comme étant la base du calice gamosépale 
sur la gorge duquel on regardait les autres organes comme 
insérés. » 

Avant de faire connaître ce qui, dans la structure des faisceaux, 
semble encore devoir modifier les vues de M. Van Tieghem, 
nous décrirons la distribution des faisceaux dans la coupe récep- 
taculaire du Cerastis vulgaris, distribution qui concorde en 
partie avec celle que ce botaniste a donné pour le Spiraea lœvi- 
gata et le Prunus Lauro-cerasus. La figure 14 montre une 
fleur de Cerisier supposée développée dans un plan, le pistil 
étant enlevé. On voit à la base, à l'endroit où se dégage le 
cercle de faisceaux destinés au carpelle, dix faisceaux qui pénè- 
trent dans la coupe réceptaculaire, cinq (Fs) occupant l'axe de 
symétrie des sépales, les cinq autres (Fp) occupant l'axe de 
symétrie des pétales. 

Chacun des faisceaux des sépales (Fs) se divise à la base de 
la coupe et dans le plan tangent à celle-ci en trois branches, l'une 
médiane toujours volumineuse Fs, et deux latérales grêles /"'.y, 
fs qui viennent se placer au milieu de l'espace séparant les fais- 
ceaux des sépales et ceux des pétales; il se forme ainsi dix fais- 
ceaux surnuméraires intercalés entre les dix faisceaux princi- 
paux. Ces faisceaux se bifurquent suivant une direction radiale 
et se terminent dans deux étamines superposées, de sorte qu'il 
existe deux verticilles de dix étamines placées entre les dix fais- 
ceaux principaux. Quant au faisceau médian Fs, il laisse déta- 
cher sur la face interne et en direction radiale un rameau grêle 
fs qui chemine parallèlement au rameau principal et devant lui, 
pour se terminer dans deux étamines superposées. Il existe donc 
encore deux verticilles de cinq étamines superposées aux sépales. 

Le faisceau médian des pétales Fp est plus simple : on voit 
se détacher en avant de lui un rameau grêle, fp, qui chemine 
parallèlement et se termine dans deux étamines superposées 
placées à la même hauteur que les étamines superposées aux 
sépales; le faisceau principal Fp continue sa course jusqu'à la 

1. Loc. cit.) p. 39. 



L. Mangin. — Sur le développement des fleurs dans les bourgeons. 25 

base des pétales, et là il se divise en trois branches : une branche 
médiane destinée au pétale et deux branches latérales F\F" se 
dirigeant chacune dans le sépale voisin. 

Les 40 étamines du Cerasus vulgarïs forment donc : 

i° deux verticilles de 5 étamines chacun, opposés aux pétales 
et formés par un dédoublement radial ; 

2 deux verticilles de 5 étamines chacun, opposés aux sépa- 
les et formés par un dédoublement radial ; 

3 enfin deux verticilles de 10 étamines chacun, dus à un 
dédoublement tangentiel des étamines opposées aux sépales. 

La distribution du système conducteur montre déjà que les 
faisceaux destinés aux étamines sont individualisés, dans le Cera- 
sus vulgarïs, dès la base de la coupe réceptaculaire; par suite 
l'insertion apparente et l'insertion anatomique de ces organes 
sont éloignées l'une de l'autre de toute la hauteur de la coupe. 

En examinant (fig. 15 et 16) la section transversale de cette 
coupe, on voit que chacun des faisceaux destinés aux sépales Fs 
ou aux pétales Fp est orienté normalement, le liber en dehors, 
le bois en dedans, séparés l'un de l'autre par les premières assises 
de méristème secondaire. Un peu en dedans de chacun de ces 
faisceaux, et séparés de ceux-ci par quelques cellules de paren- 
chyme, on aperçoit un ou deux faisceaux plus grêles fs, fp, 
représentant les faisceaux des étamines superposées aux sépales ; 
ces faisceaux ont leur liber en dedans et leur bois en dehors. 
Cette orientation, qui s'observe dans presque tout l'espace qui 
sépare l'insertion vraie de l'insertion apparente, se modifie seu- 
lement à l'endroit où les faisceauxy"^^, se dirigent dans les éta- 
mines : le bois redevient interne en glissant entre deux îlots 
libériens. 

Les dix faisceaux principaux de la coupe réceptaculaire 
représentent donc des faisceaux doubles à bois opposé, l'externe 
Fs, Fp, d'orientation normale destiné aux sépales ou aux pétales, 
l'interne/!?, fp, d'orientation inverse, destiné aux étamines. Dans 
certains de ces faisceaux doubles, les îlots libériens se dissémi- 
nent autour du bois en formant un cercle plus ou moins régulier, 
de telle sorte que l'ensemble prend l'aspect d'un cylindre central. 

L'orientation des faisceaux des étamines que nous montre le 
Cerasus vidgaris, ne paraît pas exister dans le Prunus Lattro- 
cerasus et le Spirœa lœvigata, ou bien elle a peut-être échappé 



26 JOURNAL DF: BOTANIQUE 

à M. Van Tieghem, car dans les figures relatives à ces deux 
espèces (i) les faisceaux des étamines ont leur bois interne et 
leur liber externe. 

Daprès ce qui précède, nous ne pouvons donc pas accepter 
au sujet de la nature de la coupe réceptaculaire les vues suivantes 
que M. Van Tieghem a émises pour les Spiréa^ées et les Amyg- 
dalées (2) : 

« La coupe réceptaculaire des Spiréacées (et des Amygda- 
lées) est donc appendiculaire, puisqu'elle s'insère par sa base 
sur l'axe floral qui s'épanouit au-dessus d'elle en cinq carpelles, 
sans se prolonger au-delà. Mais son organisation est complexe 
à divers degrés : 1" parce qu'elle renferme à la fois, dès sa base, 
les faisceaux de deux verticilles distincts et alternes, réunis par 
une gaine commune de parenchyme; 2. parce que ces laisceaux 
n'y restent pas simples, mais s'y divisent, les uns en deux, les 
autres en quatre, pour former autant d'appendices libres. » 

Si l'on envisage les faisceaux principaux de la coupe comme 
des faisceaux doubles, à bois opposés, cette coupe serait bien 
de nature appendiculaire, mais les étamines, au lieu de consti- 
tuer des feuilles autonomes, représenteraient des appendices 
ligulaires ramifiés des sépales et des pétales. 

Si l'on envisage, au contraire, ces faisceaux comme autant de 
cylindres centraux, ou stèles, analogues à ceux dont MM. Van 
-Tieghem et Douliot ont récemment fait connaître l'existence chez 
les Primulacées, la coupe réceptaculaire serait de nature axile et 
porterait, sur ses bords, les sépales," les pétales et les étamines, 
insérés comme autant de feuilles autonomes . 

Je ne me prononcerai pas, pour l'instant, entre ces deux 
hypothèses, me réservant de publier prochainement de nouvelles 
observations sur ce sujet. 

J'ai comparé, au point de vue du développement, un certain 
nombre d'autres Amygdalées au Cerasus vtUgaris ; elles présen- 
tent toutes les mêmes faits que cette dernière espèce, comme il 
sera facile de s'en convaincre à l'inspection des figures. 

Cerasus avùim (fig. 17). — La coupe longitudinale d'une 
fleur de cette espèce le 25 septembre 1885 présente le même 

1. Loc. cit., pi. II, rig-. 50 à 55. 

2. Loc. cit., p. 39. 



L. Masgin. — Sztrle développement: des fleurs dans les bourgeons. 27 

aspect que celle du Çerasus vulgaris du 17 septembre; les 
diverses parties du bourgeon sont semblables en tous points. 

Prunus domesiica (fig. 18 et 19). — L'apparition des fleurs 
est plus tardive chez cette espèce, car au 19 septembre 1885 
elles présentent l'état des fleurs du Cerasusvuigaris au 31 août. 
Le carpelle constitue encore une gouttière ouverte sur le côté; 
les pétales et les étamines forment des mamelons à la face in- 
terne de la coupe réceptaculaire. Le 20 décembre (fi g. 18) le 







£9 j/btertih 



17, Cerasus avittm, coupe longitudinale d'une fleur (25 septembre 1885), gr. 50/1. — 18, 18'i 
Prunus domestica : 18, fleur du 10 septembre, gr. 50/1 ; 18' fleur du 20 décembre, gr. -'5/1. 
19, Prunus spùiosa, fleur du 3 octobre 1885, gr. 50/1. -±- 20, 21, 21', 21'', 21'", Aiuyj- 
dalus persica : 20, coup : longitudinale des bourgeons du Pêcher montrant les deux bour- 
geons à fleurs placés de chaque côté du bourgeon à feuilles, gr. ijs/ï; 21, jeune fleur le 
I er septembre 1885, gr. 50/1; 21', fleur du 4 octobre, gr. 25/1; 21", fleur du 29 novembre, 
gr. 25/1; 21'", fleur du 20 décembre, gr. 25/1, 

sp sépales, p pétales, st étamines, cp carpelles, ovaire, ov ovule. 

carpelle est presque clos, et dans la cavité ovarienne on voit 
déjà les mamelons cellulaires destinés à constituer les ovules; 
mais dans l'ensemble la fleur présente toujours un état un peu 
moins avancé que dans le Cerasus vulgaris. 

Prunus spùiosa (fig. 19). — Les mêmes observations s'appli- 
quent au Prunus spùiosa, dont la fleur présente, le 3 octo- 



28 JOURNAL DE BOTANIQUE 

bre 1885, l'état réalisé chez les Cerisiers au commencement de 
septembre. 

Amygdalus persica (fig. 20 à 21'"). — Les bourgeons à fleurs 
du Pêcher sont, comme l'on sait, disposés par couples de deux, 
l'un à droite, l'autre à gauche du bourgeon à feuilles (fig. 20). 
L'apparition des fleurs est plus tardive aussi que dans les Cera- 
sus, car le i er septembre (fig. 21) elles se présentent à l'état de 
mamelons, sur les bords desquels se trouvent placées les protu- 
bérances calycinales; mais bientôt les fleurs regagnent l'avance 
qu'avaient sur elles celles du Cerasus, car le 4 octobre 1885 
(fig. 2 1 ') elles réalisent le même stade que ces dernières. A partir 
de cette époque, leur développement est plus rapide; déjà le 

29 novembre, elles présentent une certaine avance (fig. 21") et le 
20 décembre leur croissance réalise presque le stade que nous 
avons observé le 30 mars chez le Cerasus : (fig. 21'") en effet 
les anthères offrent des tétrades polliniques noyées dans la mem- 
brane gélifiée de la cellule mère. Le développement des ovules 
seul est resté stationnaire, car ceux-ci sont à peine apparents 
à la surface interne de l'ovaire. Par contre, le système conduc- 
teur est différencié déjà à cette époque, tandis qu'il n'apparaît 
chez le Cerasus qu'au mois de mars. Cette différence ne doit pas 
étonner si l'on remarque d'abord que les bourgeons à fleurs du 
Pêcher sont moins bien protégés que ceux des Prunus et des 
Cerasus contre les variations extérieures ; ' ensuite que les 
observations ont porté sur des Pêchers cultivés en espaliers, 
tandis que les Cerisiers et les Pruniers sont en plein vent. 

En somme la formation des fleurs chez les Amygdalées a lieu 
d'une manière uniforme. L'apparition de ces organes est déter- 
minée par des causes internes qui nous échappent. C'est au mois 
d'août ou au commencement de septembre que ces organes se 
constituent, sans que nous puissions accélérer ou retarder leur 
apparition. L'évolution de ces fleurs est d'abord rapide, de ma- 
nière qu'à la chute des feuillles elles soient presque toujours 
constituées; pendant l'hiver elles s'accroissent lentement, jus- 
qu'au moment où les conditions extérieures leur permettent de 
se dégager des tissus qui ont protégé leur évolution première. 

Dans un prochain article nous examinerons de la même ma- 
nière le développement des Pomacées. 



E. Roze. — La Flore parisienne au commencement du XVII e siècle. 29 

LA FLORE PARISIENNE 

Au commencement du XVII siècle 
d'après \J Enchiridùtm botanicum parisiense de jacob cornuti (Suite) 
. , Par M. Ernest ROZE 

Maîvacées. 

Malva Alcea L. (*Alcea). Saint-Prix. 

— svlvestris L. (Malva vulgaris). Per margines viarum. 

— rotundifolia L. {Malva silvestris repens pumila). Saint-Prix. 
Althaea officinalis L. (*Althœa). Id. 

Tiliacées. 

Tilia platyphyllos Scop. (*Tilia mas et fœmina. — Tilleau). Saint-Prix. 

Hypériciné:^s. 

H3 perieum perforatum L. {*Hy perieum). Bois de Boulogne. 

— Androsaemum L. \*Androsccmum majus s. Periclymenon Italo- 
runi). Ch it. de la chasse, inter silvas. 

Géraniacées. 

Géranium pratense L (Géranium Batrachioides minus). B. de Boulogne. 

— molle L.? {Géranium facie pedis Columbini). Meudon, in silvis 
majoribus. 

Géranium rotundifolium(*<S : £>-7z«/«/« pes Colunibinus). Per niargines viarum. 

— Robertianum L. {Géranium Robcrtianum). Id. 

Oxalidées. 

Oxalis Acetosella L. (Oxys Pliniana s. Oxyitripkyllon officinarum,. Meu- 
don, in dumetis humidis. 

Rutacées. 

Ruta graveole.ns L. (Ruta kortensis). Couv. des Chartreux. [Cuit.]. 

Tribulus terrestris L. {Tribulus lerrestris). Croix Faubin, près Charonne. 

[Cuit.]. 

Acérinées. 

Acer Pseudo-Platanus L. (*Acer majus. — Sycomore). Saint-Prix. [Planté]. 

Rhamnées. 

Rhamnus catharticus L. {*Ràamtt:ts catharticus). Chaillot, inter sepes vi- 

nearum. 
Rhamnus Frangula L. (*Praugula s. Alnus nigra bacciferà). Saint-Prix. 

Célastrinées. 

Evonymus europaeus L. (*Evonymos T.ïeophrasti). Chat, de la chasse, inter 

silvas. 

Buxacées. 

Buxus sempervirens L. {*Buxus). Saint-Prix. [Planté]. 



3 o JOURNAL DE BOTANIQUE 

Ilicinées. 

Ilex Aquifolium L. (* Aquifolium s, Agrifoliuni) . Chat, de la chasse, intcr 
silvas. 

(A suivre.*) 



NOTE SUR L'IDENTITE SPECIFIQUE 
DU Polyporus abietinus Fr. et DE Vlrpex fusco-violaceus Fr. 

Par M. Louis MOROT 

De Faveu de Fries, le Polyporus abietinus est susceptible de 
revêtir des formes très diverses qui peuvent devenir une source 
d'erreurs : immensœ confusioiiis mater , dit-il, en parlant de ce 
Polypore. Il est vrai qu'il ajoute aussitôt : « mais, bien qu'il soit 
tantôt complément résupiné, tantôt réfléchi, il n'y a pas d'espèce 
plus facile à distinguer pour peu qu'on l'ait observé vivant au 
lieu de chercher à faire des espèces différentes d'échantillons des- 
séchés et décolorés » (i). 

Eh bien, le célèbre mycologue suédois n'a pas su éviter la 
confusion contre laquelle il mettait en garde ses lecteurs, et c'est 
bien une forme du Polyporus abietinus qu'il a désignée sous le 
nom & Irpex fusco-violaceus , rapportant cette forme particulière 
non pas seulement à une espèce distincte, mais à un genre qui, 
dans sa classification, est assez éloigné des Polypores. L'idée du 
rapprochement qu'on pourrait établir entre ces deux formes 
lui est pourtant venue à l'esprit, puisqu'il insiste sur la néces- 
sité de les distinguer l'une de l'autre, par cette phrase caracté- 
ristique de sa description de VI. fusco-violaceus : « a Polyporo 
abietino certe differt. » (i). En effet, VI. fusco-violaceus est, à 
première vue, bien distinct du P. abietinus, l'un étant pourvu de 
pores, l'autre de dents ou replis lamelleux. Mais j'ai eu la bonne 
fortune de récolter dans la forêt de Sénart des échantillons très 
nombreux de ces deux formes, échantillons qui m'ont permis 
d'observer le passage de chacune d'elle à l'autre et, par suite, 
d'affirmer leur identité. Je résumerai brièvement mes obser- 
vations sur ce sujet. 

Lorsque le P. abietinus se développe sur des troncs de Pins 
encore debout, il est réfléchi et présente une multitude de petits 

i. E. Fries : Hymeiiomycetes Euro p se i, 1874, p. 569. 
2. Loc. cit., p. 620. 



Identité spécifique du Polyporus abietinus Fr: et de /'Irpex fusco-violaceus Fr. 31 

chapeaux horizontaux imbriqués, qui peuvent recouvrir finale- 
ment une grande étendue du tronc. Quand l'arbre, qui ne tarde 
pas à périr, vient à tomber, le Polypore continue à l'envahir de 
plus en plus ; mais alors, au lieu de continuer à former des cha- 
peaux réfléchis distincts, il s'étale du côté regardant le sol en lar- 
g-es plaques qui s'étendent indéfiniment : c'est la forme résupinée 
habituelle du P. abietinus. 

D'autre part, les pores en vieillissant s'allongent irrégulière- 
ment, se déchirent, aussi bien sur les échantillons réfléchis que 
sur les échantillons résupinés, phénomène qui, du reste, s'ob- 
serve également chez d'autres espèces, par exemple chez le 
Polyporus versicolor ; seulement dans le P. abietinus l'allonge- 
ment des dents provenant du déchirement des pores peut être 
extrêmement prononcé, surtout sur les échantillons résupinés, ce 
qui semble dû aux conditions dans lesquelles ils végètent, et il en 
résulte que beaucoup de ces échantillons présentent tout à fait 
l'aspect d'un Irpex. 

Ce n'est pas tout : des troncs tombés depuis longtemps m'ont 
présenté, toujours sur le côté regardant le sol, sans être en con- 
tact avec lui, de véritables Irpex jusco-violaccus (du moins ce 
que Fries désigne sous ce nom) à tous les états de développe- 
ment, sans trace aucune de pores. Certains de ces troncs por- 
taient en même temps des Polypores résupinés entremêlés aux 
Irpex, d'autres des Irpex seulement. Or sur l'un de ces derniers 
troncs j'ai observé un Irpex encore jeune, mais parfaitement carac- 
térisé, qui s'était développé comme les autres à la face inférieure 
de l'arbre, mais près d'une de ses faces latérales, et qui conti- 
nuait à s'accroître sur cette face en y affectant la forme de Poly- 
pore. 

En présence de ces faits, je n'hésite pas à conclure, malgré 
la grande autorité de Fries, que le Polyporus abietinus et Y Ir- 
pex fusco-vioiaceus ne sont qu'une seule et même chose. Il y 
aurait lieu seulement de chercher à déterminer sous l'influence de 
quelles conditions le P. abietinus se développe sous la forme 
d'Irpex au lieu de prendre simplement la forme d'un Polypore 
résupiné. Mes observations à ce sujet ne sont malheureusement 
pas assez complètes. 

J'ajoute que l'opinon que j'ai osé émettre est absolument 
confirmée par la comparaison des échantillons conservés sous le 



32 JOURNAL DR BOTANIQUE 

nom de P. abietinus et d'7". fusco-vïolaceîts dans l'herbier du 
Muséum d'histoire naturelle de Paris ; elle l'est aussi par l'examen 
microscopique de ces deux formes. 

En terminant je ferai remarquer que d'autres espèces encore 
pourraient faire l'objet d'une semblable réduction et qu'un cer- 
tain nombre d'/rfiex, de Sïstotrema^ de Dsedalea me semblent 
destinés à disparaître comme tels pour faire retour soit aux Poly- 
por?/s, soit aux Lenzites. La révision complète de ces différents 
genres serait un travail difficile, sans doute, mais intéressant et 
utile. 



CHRONIQUE 

L'Académie des sciences, dans sa séance publique annuelle du lundi 26 décem- 
bre 1887, a entre autres prix, décerné les suivants : 

Prix Barbier, à MM. Heckel et Schlagdenhauffen pour un ensemble de 
mémoires sur les végétaux utiles de l'Afrique tropicale ; le Bondac et ses 
graines ; le Danaïs fragrans, liane jaune des îles Mascareignes ; le Kola • le 
M'Bentamaré du Fedegosa ; la galle de /'Acacia spirorbis Latreille ; le vrai et 
le faux jéquirity ; le café du Soudan tiré du Clarkia biglobosa; le Thapsia 
villosa (au point de vue botanique et thérapeutique) comparé au Thapsia 
garganica. 

Prix Desmasièrcs, partagé entre M. Ardissone pour son ouvrage intitulé 
Phycologia mediterranea et M. Dangeard pour deux mémoires ayant pour titre, 
l'un Recherches sur les organismes inférieurs, l'autre Recherches sur la 
famille des Volvocinées. 

Prix Montagne à M. Boudier pour onze mémoires relatifs à la famille des 
Champignons. L'attention de la Section de botanique, dit le rapporteur, a été 
particulièrement sollicitée par le travail intitulé : Nouvelle classification des 
Discomycètes charnus, connus généralement sous le nom de Pesises, et il 
ajoute : « Il est à souhaiter que, après en avoir tracé le cadre, l'auteur complète 
son œuvre en publiant une monographie descriptive du vaste groupe qu'il con- 
naît si bien. » Nous sommes tout particulièrement heureux de voir récompenser 
les savants travaux d'un des plus zélés collaborateurs du Journal de Botanique. 
Qu'il nous permette, en lui a iressant nos félicitations, de nous associer au vœu 
exprimé plus haut, vœu qui est celui de tous les mycologues. 

L'un des prix Montyon (médecine et chirurgie) à M. Lei.oir pour son Traité 
de la, lèpre ; un autre à MM. Nocard et Moi.lekeau pour leur mémoire Sur la 
mammite contagieuse des vaches laitières, maladie causée par un microbe d'une 
nature particulière, un Streptococcus  L'une des mentions honorables est attri- 
buée à MM. Cornu, et Babès pour leur ouvrage intitulé : Les Bactéries et leur 
rôle dans l'anatomie et l'histologie pathologiques des maladies infectieuses. 

Une partie du prix Bréant \ MM. Chanie.messe et Vidal pour leurs Recher- 
ches sur le Bacille typhique et l'éliologie de la fièvre typhoïde. 

Le Gérant : Louis Morot. 



2° ANNEE N' 3 i" FEVRIER 1888 



JOURNAL 




Directeur: M. Louis MOROT 



NOTE SUR LE P A RM ELI A PERLAT A 

ET QUELQUES ESPÈCES AFFINES 
Par M. W. NYLANDER 

1. Le Parmelia perlata L. est un des Lichens les plus com- 
muns et qu'on voit partout en France étaler ses frondes blan- 
châtres sur les troncs et branches des arbres dans les bois, 
ainsi que sur les rochers siliceux. Son thalle est souvent sorédié 
c'est-à-dire portant des pulvinules ou bourrelets pulvérulents 
aux bords des lobes ; quand il est muni de cils marginaux noirs 
on y reconnaît la forme ciliata DC. La médulle jaunit avec la po- 
tasse et ne réagit pas si l'on ajoute ensuite du chlorure de chaux. 
Les apothécies sontrares; les spores longues de 0,020-30, épaisses 
de 0,011-16 millim.;les spermaties bifusiformes (en forme de 
fuseau et atténuées au milieu), longues de 0,005-7, épaisses 
0,0005-7 million. 

2. Le Parmelia crinita Ach. ressemble au ciliata DC, mais 
son thalle, qui n'est jamais sorédié, porte un isidium fréquent, 
c'est-à-dire de petites excroissances papilliformes simples ou 
rameuses, et les spermaties sont cylindriques, longues de 0,006-9, 
épaisses de 0,0008-10 millim. 

3. Le Parmelia cetrarioides (Del.) Nyl. a le thalle vague- 
ment marqué de ponctuations blanches, les lobes entiers ou 
sorédiés aux bords. Il diffère aussi des précédents par des spores 
plus petites. 

4. Le Parmelia olivetortim (Ach.) Nyl. ne se distingue 
guère du P. cetrarioides que par une forte réaction érythrinique 
de la médulle avec le chlorure de chaux et par des spores plus 
turgescentes, longues de 0,011 -14, épaisses de 0,008-0,010 mil. 

5. Le Parmelia saccatiloba Tayl., Nyl. in Flora 1885, 
p. 608, est une espèce très répandue dans les pays exotiques et 
qu'on observe encore dans l'Europe occidentale près de la mer, 



34 JOURNx^L DE BOTANIQUE 

en Portugal, en Espagne et en France. C'est une belle, grande 
espèce à thalle g-lauque sans ponctuations et caractérisée surtout 
par des spermaties sublagéniformes, longues de 0,005-6, épaisses 
de 0,0005 millim. 

6. Le Parmelia Nilgherrensis Nyl. in Flora 1869, p. 291, 
1885, p. 608, est une autre espèce exotique qui se trouve en- 
core en Bavière et ressemble beaucoup au P. perlata. Sa médulle 
se teint en rouge érythrinique avec la potasse et le chlorure de 
chaux combinés. Les spermaties sont cylindriques, longues de 
0,011-16, épaisses de 0,0005-7 millim. 

LES HERBORISATIONS AUX ENVIRONS DE MONTPELLIER 

(Suite.) 
Par M. Ch. FLAHAULT 

II. — Les Garigues. 

De même que les forêts d'arbres à feuilles caduques, parmi 
lesquels le Hêtre et le Chêne-rouvre {Qu&rcùs ftedunculaia 
Ehrhart) occupent la première place, paraissent caractériser au 
point de vue botanique, le centre de l'Europe, de même la Gari- 
gtce représente le type de la végétation du bassin méditerranéen. 
Lorsque le voyageur venant du Nord pénètre pour la première 
fois dans le Midi, par quelque voie qu'il y vienne, il est désa- 
gréablement affecté par la nudité du sol et l'aridité des collines 
calcaires, de beaucoup les plus répandues tout autour de notre 
grande mer intérieure ; qu'il suive les routes naturelles de la 
vallée du Rhône ou qu'il y pénètre par le seuil de Naurouse, il 
a toujours l'impression d'un sol âpre et dévasté, et doute qu'il 
soit bien dans ce Midi tant vanté, dans cette terre promise qui 
exerça sur tant de peuples son influence d'irrésistible attraction ; 
il ne voit que des terres brûlées, des roches nues comme des 
murailles, parmi lesquelles l'œil cherche en vain un arbre qui 
fournisse un peu d'ombre et de fraîcheur. Il semble que la mer 
d'azur soit seule capable de compenser la sévère nudité de ces 
amas de pierres et de rochers. 

Partout on retrouve le même aspect ; des côtes de France à 
celles de l'Afrique, des falaises de Carthagène aux rivages de 
Grèce et de Syrie, le soleil de la Méditerranée détermine le même 
climat, la même végétation, la même aridité. 



Ch. Flahault. — Les herborisations aux environs de Montpellier. 35 

La Garigue est partout, dans le Midi ! Les alluvions des val- 
lées s'étendent parfois et fournissent à l'agriculture un champ 
plus ou moins étendu ; mais souvent aussi le lit des cours d'eau 
s'est creusé dans la roche même et rien dans le paysage n'en 
révèle le passage ; dans tous les cas, dès qu'on s'éloigne des 
alluvions, les roches calcaires, jurassiques ou crétacées, se mon- 
trent à nu, formant un sol mouvementé, anguleux, rocailleux, 
qu'une végétation grise ne parvient pas à faire ressortir; c'est la 
Garigue. C'est elle qui a valu son nom au Vallespir, le pays des 
Aspres, comme on l'appelle encore; le massif des Corbières en 
est presque entièrement formé ; elles se développent autour de 
la plaine littorale du Bas-Languedoc en ceintures successives qui 
vont s'adosser aux Cévennes ; on les retrouve de l'autre côté du 
Rhône, partout où les accidents géologiques n'ont pas mis au 
jour les contreforts siliceux des grandes Alpes. 

La Garigue ne donne pas pourtant le plus souvent la note 
exacte du paysage normal du Midi méditerranéen, pas plus qu'un 
taillis ne donne le caractère de la forêt du Nord. Si, dans l'Europe 
centrale, le chauffage et l'industrie ont détruit les forêts, les pâtu- 
rages sont rares au pays du soleil et les troupeaux nombreux. 
De grands bois dont l'histoire et la tradition nous ont conservé 
le souvenir couvraient autrefois les bords de la Méditerranée ; 
des circonstances diverses les ont détruits presque partout. Les 
guerres, le besoin d'extension qu'éprouvent des populations 
serrées sur d'étroits territoires, les bouleversements sociaux qui 
les ont livrés ailleurs au pillage et à la destruction ont donné 
aux rives de la Méditerranée leur aspect désolé. La protection 
des forêts, que de tristes expériences y imposent comme une né- 
cessité urgente, ne suffit pas à les rétablir. Le Chêne-vert, l'essence 
fondamentale de ces bois, pousse avec une extrême lenteur; et 
dans beaucoup de régions, en France, en particulier, la libre 
pâture semble être devenue un droit que les communes et les 
pâtres revendiquent comme inaliénable. Les inondations subites, 
qui, chaque année, ravagent quelques provinces, les catastrophes 
qui désolent le pays, sont impuissantes à éclairer les habitants 
sur leurs intérêts réels. Les patients efforts de l'Administration 
des Forêts sont trop souvent déjoués par la malveillance, et les 
lois dictées par la prévoyance demeurent sans effets. 

Quoi qu'il en soit d'ailleurs des causes qui l'ont amenée, la 



3 6 JOURNAL DE ROTANIQUE 

dévastation des bois est générale autour de la Méditerranée. 
Tout au plus, peut-on en trouver quelques traces encore, 
lorsque, par une fortune rare, les anciens bois ne sont pas deve- 
nus des biens communaux, ou qu'ils sont situés en des points si 
éloignés des routes, qu'ils ont échappé jusqu'ici à la destruction 
méthodique à laquelle ils paraissent condamnés. 

On reconnaît alors que le Chêne-vert en est toujours la prin- 
cipale essence; le Chêne-Kermès, le Garoulia du Languedoc, 
auquel la Garigue doit son nom, suivant toute vraisemblance, et 
le Pin d'Alep {Pinus halepensis) s'associent plus ou moins au 
Chêne-vert. 

La Garigue, telle que nous la voyons, c'est le bois au sol 
calcaire, mais sans les arbres; tout effort de culture y serait 
d'ailleurs inutile, les arbres verts n'y formant pas d'humus et la 
roche se montrant presque partout à nu ; des arbrisseaux et des 
herbes s'échappent des fentes de la roche et s'emparent du peu 
de terre que la configuration du sol a retenue dans les cuvettes 
et les moindres dépressions. 

Quelle variété pourtant et quelle richesse sous cette apparente 
pauvreté! Toute la flore propre au Midi trouve là sa place; cha- 
que espèce s'y développe et s'y épanouit, non pas, comme dans 
le Nord en quelques semaines, mais depuis les premiers beaux 
jours de janvier jusqu'aux frimas delà Noël! 

La végétation est h peine suspendue pendant quelques se- 
maines au cœur de l'hiver. Bon nombre d'espèces dont la végé- 
tation se trouve complètement arrêtée par le froid dans l'Europe 
centrale et occidentale se développent ici sans interruption à 
travers la période hivernale. C'est le cas du Ruscits aculeatus; 
ses tiges apparaissent au commencement de l'été et n'atteignent 
leur complet développement qu'au milieu de l'année suivante ; 
elles peuvent atteindre une hauteur de i met. 50, tandis qu'aux 
environs de Paris, lorsqu'elles ne sont pas tuées par le froid, elles 
sont du moins complètement arrêtées dans leur accroissement. 

Au contraire, l'absence à peu près complète de pluies pendant 
l'été détermine, au moment où les températures sont le plus éle- 
vées, un arrêt de la végétation beaucoup plus profond ; c'est en 
juillet-août que la végétation semble se reposer complètement 
dans cette région; il faut aux plantes qui l'habitent des moyens 
de protection tout particuliers contre la dessication. La douceur 



C. Flahault. — Les herborisations aux environs de Montpellier. 37 

de l'hiver et la sécheresse de l'été impriment donc à la région 
méditerranéenne un caractère spécial et nécessitent pour les végé- 
taux des qualités exceptionnelles de résistance à la sécheresse. 
Les plantes peuvent réaliser cette protection de différentes ma- 
nières, soit en accumulant des réserves de nourriture et d'eau, 
comme font les plantes grasses et bulbeuses, soit en réduisant 
leur transpiration à un minimum; beaucoup de plantes à feuilles 
persistantes y parviennent, grâce à l'épaisseur de la cuticule qui 
recouvre leurs feuilles, grâce au petit nombre relatif de leurs 
stomates, grâce aussi peut-être aux poils, sécréteurs ou non, 
qui les tapissent fréquemment. 

Des expériences ont été entreprises sur ce point délicat ; sans 
vouloir donner dès maintenant la solution du problème, il nous 
suffit de savoir que, sauf un arrêt de quelques semaines, la flore 
se renouvelle et se remplace pendant l'année entière. 

Il en résulte qu'on voit se succéder, aux différentes saisons, 
une flore d'une variété si grande que notre savant confrère, 
M. Barranclon, a pu recueillir aux garigues deMontmaur, près de 
Montpellier, sur une superficie de huit hectares, 560 espèces 
phanérogames ; c'est plus de la moitié de la flore phanérogamique 
de certains départements du Nord de la France. 

Nous ne pouvons dès lors songer à nommer beaucoup des 
plantes de nos garigues ; cette nomenclature serait fastidieuse ; 
les flores donnent sur ce point des renseignements plus ou moins 
précis ; ils ne laissent rien à désirer quand il s'agit de la flore de 
Montpellier; nous serions, au surplus, débordés par l'abondance 
des matières et la difficulté de faire un choix parmi les huit cents 
espèces qui paraissent répandues sur les garigues de la France 
méridionale. Ce n'est pas telle ou telle espèce, c'est l'ensemble 
de la flore qui leur donne leurs caractères essentiels ; nous allons 
essayer d'en donner la physionomie. 

Les espèces ligneuses y sont, par ordre de fréquence : 



'Quercus llex 

— coccifera 
Cistus monspeliensis 
Genista Scorpius 
Thymus vulgaris 
Dorycnium suffruticosum 
Cistus albidus 
Lavandula latifolia 



Smilax aspera 
Phillyrea angustifolia 
Daphne Gnidium 
Pistacia Terebinthus 
Rosmarinus officinalis 
Juniperus Oxycedrus 
Lonicera implexa, 



38 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Tous ces végétaux, ou peu s'en faut, ne dépassent pas les 
dimensions d'arbrisseaux. Il en est quelques-uns qui sont répan- 
dus avec moins de profusion, bien qu'on les trouve dans les ga- 
rigues de toute la région : 



Pistacia Lentiscus 
Pinus halepensis 
Acer mouspessulanum 
Paliurus australis 
Cercis Siliquastrum 
Rhamuus Alateruus 
Cytisus sessilitolius 
Viburnum Tinus 
Coronilla ylauca 



Laurus nobilis 

Celtis australis 
Ficus Carica 
Rhus Coriaria 
Spartium junceum 
Arbutus Unedo 
Coriaria myrtifolia 
Phillyrea média 



D'autres enfin paraissent liés à de certaines conditions qu'ils 
ne rencontrent pas partout, et sont, par cela même, plus localisés; 
tels sont : 



Mvrtus communis 
Cneorum triccocum 
Globularia Alypum 
Vitex Ag-nus-castus 
Dorycnium hirsutum 
Calycotome spinosa 



Erica multiflora 
Ulex parviflorus 
Santolina Chamœcyparissus 
Rhamnus infectorius 
Anthyllis cytisoides. 



Les végétaux ligneux apparaissent même dans nos garigues 
parmi des familles qui n'en renferment pas dans la région de 
l'Europe centrale : chez les Ombellifères {Buplevrum frutico- 
suvi), les Labiées (Romarin, Thym, Lavandes), les Borraginées 
(Lùhosperiuiim frutïcosuni), les Globulariées {Globularia Aly- 
puuï), les Plantaginées (Plantago Cynops), les Santalacées (Osy- 
rïs alba), les Euphorbiacées [Euphorbia spinosa, E. dendroides) ; 
c'est là l'un des caractères physionomiques les plus intéressants 
de la flore méditerranéenne; plus elle est sèche et aride, et plus 
le nombre relatif des arbrisseaux y augmente. 

Les plantes bulbeuses ou tuberculeuses sont d'autant plus 
nombreuses que le climat est plus chaud ; abondantes dans les 
garigues du Bas-Languedoc, elles deviennent plus nombreuses 
en espèces représentées par un plus grand nombre d'individus 
dans le Roussillon, depuis la vallée de l' Agi y jusqu'aux Albères ; 
mais c'est dans la Ligurie surtout que les Orchidées, les Nar- 
cisses, les Iris, les Asphodèles, les Muscaris et les Tulipes émail- 
lent les rochers au printemps. 



C. Flahault. — Les herborisations aux environs de Montpellier 39 

Parmi les plantes herbacées, quelques familles occupent clans 
la flore des garigues une place tout à fait prépondérante. Les 
Graminées, les Composées, les Papilionacées et les Labiées sont 
si nombreuses en espèces presque toutes répandues à profusion, 
qu'il faut les noter comme contribuant pour une large part à la 
physionomie de la flore. On peut observer, aux garigues de 
Montmaur près de Montpellier, 89 espèces de Composées, 
66 Papilionacées (parmi lesquelles 8 Medicago, 9 Trifoliitm, 
12 Vicia, et 8 Lathyrus), 20 Labiées, 55 Graminées; les Eu- 
phorbes sont fort nombreuses aussi dans cet étroit espace et se 
répartissent entre 14 espèces. 

Les Jasminées (Jasminum fruticans) , diverses Asparaginées 
(Smilax aspera, Asparagus aaiiifoliiis), les' Cistes, la Vigne, 
les Coriarées, les Térébinthacées nous apparaissent comme des 
types nouveaux dont la flore de l'Europe centrale ne nous 
fournit pas d'exemples. 

Les Rosacées sont moins abondantes au contraire que dans 
la région' forestière. L'infime Saxi/raga tridactylites demeure 
comme le dernier représentant de sa famille. Des Primulacées, il 
ne reste plus qu'une espèce ubiquiste, X Anagallis cœrulca , un 
type tout spécial à corolle zygomorphe, bien différent par son 
port de toutes les autres espèces de la même famille, le Coris 
mojispclieusis, et le modeste Asterolinum stellatum. 

Pour donner une idée exacte de la flore qui nous occupe, il 
faut ajouter encore que les plantes aromatiques y acquièrent 
une importance extraordinaire. Qui n'a été frappé des senteurs 
balsamiques que dégagent les garigues pendant les jours d'été? 
Les Ombellifères, les Rues, les Composées, mais surtout les 
Labiées, les Cistes, les Térébinthacées et lePsora/ea bitumiiwsa 
répandent dans l'atmosphère une odeur chaude et pénétrante. 

La prédominance des arbustes et des arbrisseaux apparte- 
nant aux familles les plus diverses ; la grande abondance des 
Graminées, Composées, Papilionacées, Labiées etEuphorbiacées 
parmi les plantes herbacées ou de faible dimension ; l'apparition 
des Térébinthacées, des Jasminées et de quelques autres plantes 
appartenant à des types inconnus dans les régions plus septen- 
trionales caractérisent par conséquent la flore des garigues, et 
en font la station la plus nettement tranchée parmi les stations 
méditerranéennes. 



40 JOURNAL DE BOTANIQUE 

La gangue a donc partout le même caractère général ; elle 
présente, à travers toute la région méditerranéenne une physio- 
nomie commune, grâce à la prédominance des mêmes formes de 
végétation des mêmes espèces. 

Elle présente cependant des différences dignes de remarque, 
suivant les points où on la considère. 

Du niveau de la mer à la limite de l'Olivier, où finissent les 
garigues, s'étagent, suivant les conditions géologiques et topo- 
graphiques, une série de reliefs calcaires séparés par des vallées 
ou par des plaines cultivées. Leur altitude, très faible en général, 
s'élève pourtant peu à peu jusqu'au niveau des basses monta- 
gnes. Une comparaison attentive permet de reconnaître que cer- 
taines plantes, abondantes dans la flore des garigues voisines du 
littoral, disparaissent à mesure qu'on s'élève. 

Aux environs de Montpellier, les collines de la Gardiole 
forment la première ligne de garigues ; nous savons qu'elles sont 
le refuge de plusieurs plantes propres à des régions plus chaudes 
que ne le sont d'ordinaire celles qui nous avoisinent. 

Vers le nord-est, s'étendent les garigues de la Colombière, de 
Montmaur, de la Valette, devenues célèbres parmi les botanistes, 
non qu'elles soient plus riches que d'autres, mais parce que, 
touchant aux faubourgs de notre ville, elles sont plus facilement 
accessibles. 

On s'élève ainsi successivement vers la région montagneuse 
où la flore méditerranéenne s'éteint peu à peu ; la garigue con- 
serve son caractère jusque vers 600 mètres, à l'exposition du 
midi ; là commence la flore des basses montagnes ; le Chêne 
blanc [Qiiercîis sessih'flora var. pubesccns) se mêle de plus en 
plus au Chêne vert qu'il tend à supplanter ; c'est vers 900 mètres 
que ce dernier trouve sa limite au pied de nos Cévennes. 

L'altitude n'est pas seule à faire sentir son influence sur la 
répartition de la flore des garigues ; elle subit aussi des interven- 
tions géographiques. Elle acquiert par voisinage quelques es- 
pèces provenant des régions avec lesquelles elles sont en contact. 
Le massif des Corbières en fournit de remarquables exemples ; 
il est entouré d'une ceinture de garigues si continue qu'il n'en 
est pas de plus étendues en France. Plus chaudes que ne le sont 
d'habitude celles du Bas-Languedoc, elles ressemblent beaucoup 
aux collines de la Gardiole ; mais les garigues des Corbières 



R. Roze. — La Flore parisienne au commencement du XVII' siècle. 41 

possèdent aussi quelques plantes dont la présence ne s'explique 
que par le voisinage des Pyrénées et de l'Espagne ; telles sont 
Y Alkanna hitea et le Parïetaria lusitaniea qu'on rencontre dans 
les Corbières en même temps qu'un certain nombre d'autres 
plantes de la flore espagnole de stations différentes de celle qui 
nous occupe. 

Ces influences géographiques s'étendent aux différentes par- 
ties de notre région méditerranéenne française et donnent à cha- 
cune d'elles quelques particularité qu'une connaissance appro- 
fondie de la région permet de reconnaître aussitôt. 

Nous l'avons dit en commençant, on peut herboriser pendant 
toute l'année dans les garigues. Brûlées par le soleil au cœur de 
l'été, elles fourniront des récoltes moins riches en cette saison 
qu'en toute autre ; l'hiver aussi réduit singulièrement le champ 
des observations ; leur sol, pourtant, s'échauffe d'autant plus 
qu'il est plus perméable ; à moins de froids exceptionnels dont 
le midi n'est pas exempt, on peut y faire d'utiles récoltes même 
en décembre et janvier. C'est notre recours pendant la saison 
froide. Il nous est arrivé de recueillir en une herborisation de 
trois heures, à la Colombière, 57 espèces phanérogames en fleur, 
pendant la seconde quinzaine de décembre ; c'est plus qu'il n'en 
faut pour préparer les débutants à tirer profit de leurs récoltes, à 
l'époque où la moisson sera trop riche, et pour encourager les 
botanistes expérimentés à attendre patiemment le retour du 
printemps et le réveil de la végétation. 



LA FLORE PARISIENNE 

Au commencement du XVII" siècle 
d'après \J Enchiridiuiii botanicum parisieiise DE JACOB cornuti (Suite) 

Par M. Ernest ROZE 

Papilionacées. 

Ulex europaeus L. (*Scorpius s. Genista aculeata major). Meudon, in apri- 

cis locis. 
Sarothamnus scoparius Kcch [Genista scoparia s. Spartium). Vincennes. 

in silvis. 
Genista tinctoria L. {Genistella tinctorum). Mont Valérien, in vertice. 
— — (1) (* 'Genistella iufectorum). Meudon, in apricis locis» 

x. Genista sagittalis G. 



42 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Genista anglica L. [Genistella aculeatà). Ibid. 

— tridentata L. {fGenistella pinnata). Chat, de Grignon. [Plante]. 
Ononis spinosa L. (Ononis). Meudon, ïn a prias /oc/s. 

— Columna; Ail.? (i) (* Ononis minor non spinosa lutea). Butte de 
Sèvres. 

Ononis Natrix L. {* Natrix Flinii). B. de Boulogne. 

Anthyllis Vulneraria L. {fAnthyllis leguiuinosa). Chaillot, in coiiiçulis in- 
cuit is. 

Medicago sativa L. {Fœnum Burgondiacum). Croix Faubin, près Cha- 
ronne. [Cuit.]. 

Medicago arabica Ail. (fTrifoliaiu 7nac?datuin flore iuieo). Meudon. 
Lupulina L. (Trifol/iun luieum minimum). Inter segetes. 
orbicularis Ail. (Trifolium cochteatiim). Chaillot, in aggeribus 
lapidum. 

Melilotus officinalis Desr. (* Melilotus). Inter segetes. 

Trifolium fragiferum L. (* Trifolium fragiferum). Gentilly, ?//( prato . , 

— arvense L. [Lagopus minor). Inter segetes. 

— rubens L. (Lagopus major). Saint-Prix. 

— pratense L. {Trifolium pratense). Gentilly, inprato. 
Lotus corniculatus L. [Melilotus coronata). B. de Boulogne. 
Tetragonolobus siliquosus Roth ( Trifolium pratense siliquosunn. Meudon, 

in praiis irriguis. 
Astragalus glvcvphyllos L. [*Glaux viclgaris s. G/ycyrr/i/sa silvestr/s). 

Meudon, in ed/tior/bus /oc/s. 
Vicia hirsuta Koch (*Aracus s. Cracca minima). Inter segetes . 

— sativa L. (2) (Aracus). Montmorency. 
Lathyrus Aphaca L. (*Apkaca). Inter segetes. 

— - sativus L. (Lathyris /egum/nosa). Montmorency. 

pratensis L. ? (C/iam;t'balanos fore luteo). Gentilly, in prato. 
Coronilla minima L. {Lotus Enneapliyllos s. Corou/lla et Colutea 111 in /ma). 

Butte de Sèvres. 
Ornithopodium perpusillum L. (*Ornil//opodium verum). Vincennes, in 

s/lv/s. 
Hippocrepis comosa L. (*Sferro cavallo). Butte de Sèvres. 
Onobrychis sativa Lam. (fOnobryckis). Inter segetes. 
Trigonella Fœnum-graxum L. (*Fœnum grœcum). Aubervilliers. [Cuit.]. 

Rosacées. 

Prunus spinosa L. (* Prunus silvestris). Saint-Prix. 
Spirasa Filipendula L. (Œnantke s. Filipenduld). B. de Boulogne. 
— Ulmaria L. (* Ulmaria s. Regina Prati). Gentilly, in prato. 
Geum urbanum L. (Caryopkyllata). Saint-Prix. 

Tormentilla erecta L. (* Tor ment/lia). Meudon, in edilioribus locis. 
Potentilla reptans L. {Pentaphyllum vulgare). Saint-Prix. 

1. Ononis Natrix G. 

2. Vicia cracca G. 



M. Gomont. — Sur les enveloppes cellulaires dans les Nostocacées filamenteuses. 43 

Potentilla argentea L. ( *Pentapkyllum argentatum). Meudon, in apricis 
locis , et Saint-Prix. 

Potentilla Anserina L. (*Argen/iua). Gentilly, in prato, sec. rivul/nu. 

Fragariastrum Ehrh. (F/agaria quadrifolia et irifolia minime 
vesca). B. de Boulogne. 

Fragaria vesca L. (*Fragaria). Saint-Prix et B. de Boulogne. 

Rubus fruticosus L. (Ruâus). Per margines viarum. 

Rosa canina L. {Rosa canina). Id. 

Agrimonia Eupatoriâ L. if Agrimonia offic. s.Eupatoria Graecorum). Saint- 
Prix. 

Poterium Sanguisorba L. ( *Pi»ipinella). Couv. des Chartreux. 

Crataegus Oxyacantha L. (* Oxyacantha. — Aulbespine). Saint-Prix. 

Sorbus domestica L. (*Sorbus). Meudon, in silvis majoribus. 

— [Sorbus domestica). Chat, de la Chasse, inter silvas. 

Lythrariées. 

Lythrum Salicaria L. (*Lysimachia purpureà). Gentilly, in prato. 

— Hyssopifolia L. (Gratiola minor Baukini). Meudon, in sylvis 
Castelli. 

Peplis Portula L. (*Glaux exigua maritima Dioscorid.). Ibid. 

Onagrariées. 

Epilobium montanum L. (Lysimac/iia siliquosa silvestris). Meudon, in du- 

métis. 
Epilobium hirsutum L. {Lysitiiachia siliquosa pratensis). Gentilly, in prato. 

— angustiiolium L. (* Chamaenerion Gesneri). Chat, de la Chasse, 
inter silvas. 

Circaea Lutetiana L. {*Circ;ra Luietiana). Ibid. 

Haloragées. 

Myriophyllum yerticillatum L. ? (Maratriphy/lou aquaticum). Saint-Cloud, 
sec. Sequan/r ripas. 

Grossulariées. 

Ribes Uva-crispa L. {*Uva-crispa. — Groiselles sauvages). Saint-Prix. 
— rubrum L. (*Ribes. — Groiselles rouges). Saint-Prix. 

[A suivre.) 



NOTE SUR LES ENVELOPPES CELLULAIRES 

DANS LES 

NOSTOCACÉES FILAMENTEUSES 

Par M. Maurice GOMONT 

Le thalle des Nostocacées filamenteuses se compose, comme 
on le sait, d'une partie essentielle, le trichome, généralement 
constituée par une simple file de cellules, et d'une enveloppe 



44 JOURNAL. DC BOTANIQUE 

protectrice plus ou moins définie, tantôt simplement mucilagi- 
neuse, tantôt condensée en un tube à contours nettement définis. 
On la distingue ordinairement sous le nom de gaine, quelle que 
soit l'apparence qu'elle revête. Permanente pendant la période 
végétative de la plante, la gaine se dissout, en totalité ou en 
partie, au moment où les hormogonies se dispersent. Celles-ci 
semblent en être tout à fait dépourvues pendant tout le temps où 
elles sont mobiles. Rappelons encore que certaines cellules du 
trichome peuvent se différencier en hétérocystes ou s'allonger 
en poil terminal. Ce travail a pour but de définir à l'aide de 
caractères précis l'enveloppe propre de la cellule et la gaine 
protectrice. 

Les ouvrages systématiques ne font qu'une mention très suc- 
cincte du tégument cellulaire et paraissent même quelquefois le 
confondre avec la gaine. Ce que l'on sait sur l'une et sur l'autre 
se borne à quelques renseignements vagues, épars dans des 
mémoires consacrés à d'autres sujets; on n'y trouve aucune 
donnée sur les propriétés chimiques de ces enveloppes. Il est 
vrai que, dans une communication récente (i), M. Borzi a été 
amené par son sujet même à en dire quelques mots ; mais, là aussi, 
la question n'a été traitée qu'incidemment et de manière à rester 
à peu près intacte. 

M'occupant depuis plusieurs années de la famille des Oscil- 
lariées au point de vue systématique, j'ai été conduit à déter- 
miner d'une manière plus précise la nature des divers organes 
qui constituent ces végétaux, en étendant cette étude aux prin- 
cipaux genres du groupe tout entier. Je donnerai ici un court 
résumé de ces recherches, me réservant d'en exposer le détail 
dans un mémoire plus étendu. 

Prenons pour exemple une espèce du genre Scytouema, le 
Se. myochrous qui se prête bien à ce genre d'étude. Si on traite 
la plante par une dissolution fortement concentrée d'acide chro- 
mique, à 33 0/0 ou à 50 0/0 par exemple, on provoque rapide- 
ment dans la gaine la dissolution des extrémités et le gonflement 
des couches internes, qui sont les parties les plus récemment 
formées. Par suite de ce gonflement et de la pression qui en 
résulte, le trichome se rompt par places et est expulsé en partie. 

1. A. Borzi : Le communie a zi oui intracellulari dellç Nostochiim, Malpighia, 
Anno I, Fasc. 11, v. 



M. Gomont. — Sur les enveloppes cellulaires dans les Nostocacées filamenteuses . 45 

L'action prolongée de l'acide finit par dissoudre entièrement les 
couches intérieures de la gaine, ne laissant plus subsister que la 
mince pellicule externe, sous forme d'un tube. Les portions du 
trichome qui n'ont pas été expulsées flottent maintenant libre- 
ment dans ce tube au lieu d'occuper une position centrale comme 
dans la gaine intacte. En cet état, n'était la présence des hété- 
rocystes, le trichome présenterait l'aspect d'un filament d'Oscil- 
laire. En même temps son protoplasma subit de profondes modi- 
fications. Il se dissout peu à peu presqu'en entier et les parties 
qui subsistent se rassemblent enuneg-outte réfringente d'aspect 
huileux, qui n'occupe plus qu'un très petit espace dans l'intérieur 
de chacune des cellules. Un certain nombre de celles-ci, surtout 
dans les parties âgées du filament, se montrent absolument vides. 
Cette dissolution du plasma permet de distinguer parfaitement, 
surtout lorsque la préparation a été lavée, le tégument ou mem- 
brane propre de la cellule. Celui-ci est mince, parfaitement 
transparent, à contours d'une netteté et d'une pureté remarqua- 
bles, tant sur sa paroi interne que sur sa paroi externe. 

Le tégument, ainsi isolé, peut être étudié au point de vue de 
ses propriétés chimiques, et présente des réactions intéressantes 
qui lui donnent une place intermédiaire entre la membrane des 
hyphes chez les Champignons et la cutine des végétaux supé- 
rieurs. Sa propriété la plus remarquable est sa résistance à 
l'action des acides. Soumis à celle de l'acide chromique d'une con- 
centration de 33 0/0, ou de l'acide sulfurique concentré, il reste 
sans altération pendant plus de vingt-quatre heures. Cependant 
l'acide chromique à 50 0/0 amène la dissolution du tégument, 
mais seulement au bout de plusieurs heures. 11 est insoluble dans 
la liqueur cupro-ammoniacale, dans les acides chlorhydrique, 
azotique et acétique. Il ne se dissout pas dans la potasse, si la 
plante est intacte, mais si elle a été soumise préalablement à 
l'action de l'acide chromique, la potasse, même à froid, dissout 
immédiatement le tégument. Celui-ci se colore beaucoup moins 
vivement que la vraie cutine par les couleurs d'aniline et notam- 
ment par la fuchsine. En présence des réactifs iodés, il prend une 
teinte jaune très légère, ou reste incolore, mais je ne lui ai vu 
prendre en aucun cas une coloration bleue, si faible que ce soit. 

La membrane extérieure de la gaine, qui a résisté à l'action 
de l'acide chromique, se rapproche plus encore de la vraie cutine, 



46 JOURNAL DE BOTANIQUE 

par ses propriétés chimiques, que le tégument propre de la cel- 
lule. Elle se colore tout de suite en rouge intense par la fu- 
chsine et présente vis-à-vis des acides une résistance aussi 
grande que celle de l'enveloppe cellulaire. Il en est de même de 
la paroi extérieure des hétérocystes. Au contraire la paroi in- 
terne de ces organes, chez la plante à l'état naturel, montre avec 
le chloroiodure de zinc la réaction de la cellulose, réaction qui 
s'atténue beaucoup après un séjour prolongé dans l'acide 
chromique ou dans l'acide sulfurique. 

j'ai étudié ces différentes parties de la cellule dans les princi- 
paux genres de Nostocacées filamenteuses et j'ai trouvé que le 
tégument offre une remarquable uniformité, sous le rapport de 
la résistance aux acides, de l'épaisseur et de la consistance. Il 
ne diffère en réalité, au point de vue chimique, que par une apti- 
tude plus ou moins grande à se teinter par les couleurs d'aniline, 
ou par les réactifs iodés. Sous le rapport morphologique, il 
offre des modifications dont le détail nous entraînerait trop loin 
dans cette courte note. Nous dirons seulement que les poils par 
lesquels se termine le trichome dans quelques g-enres du groupe 
en question, sont en parfaite continuité avec la membrane cellu- 
laire de celui-ci; les hormogonies sont, comme les filaments à 
l'état de repos, revêtus d'une membrane propre; en un mot, le 
protoplasma n'est jamais nu, comme il paraît l'être dans les 
zoospores chez les Algues qui possèdent ce mode de reproduction. 

Dans le mémoire que nous avons cité en commençant, 
M. Borzi exprime à différentes reprises cette opinion que la mem- 
brane propre de la cellule est inséparable du plasma, et qu'elle 
doit être regardée comme une partie périphérique de celui ci, 
dans laquelle la différenciation est à peine ébauchée. Par ce qui 
précède, nous voyons qu'il est loin d'en être ainsi. Le tégument 
cellulaire peut être complètement séparé du corps protoplasmi- 
que, dont il diffère profondément par son insolubilité dans les 
acides et dans la potasse ; il n'y a aucun passage de l'un à l'autre 
et la membrane est parfaitement délimitée aussi bien vers la par- 
tie interne que vers la partie externe de la cellule. 

En regard de l'uniformité que présente dans le groupe entier 
l'enveloppe dont nous venons de parler, la gaîne, considérée 
d'une manière générale, nous présente une diversité beaucoup 
plus grande sous le rapport de la forme et des propriétés chimi- 



M. Gomont. — Sur les enveloppes cellulaires dans les Nostocacées filamenteuses . 47 

ques. Elle est beaucoup plus soluble dans les acides que le tégu- 
ment. Elle paraît l'être complètement dans l 1 acide sulfurique et 
dans l'acide chromique suffisamment concentré, toutes les fois 
que la plante vit dans une localité continuellement immergée. Au 
contraire lorsqu'il existe une période assez longue de vie 
aérienne, les gaines subissent une véritable cutinisation dans les 
parties en contact avec l'atmosphère. Ces parties .deviennent in- 
solubles dans les acides, prennent une teinte jaune par les réac- 
tifs iodés, quand elle ne l'ont pas naturellement, et se colorent 
d'une manière intense par les couleurs d'aniline. 

La façon dont les gaines se comportent avec le chloroiodure 
de zinc est très variable et ne m'a paru liée d'une manière indis- 
cutable ni à la station aérienne, ni à la station aquatique. Elles ne 
sont jamais solubles en quantité appréciable dans le liquide 
cupro-ammoniacal. Cependant, si on soumet les filaments à 
l'action de ce réactif, le trichome est expulsé immédiatement, ce 
qui semble indiquer un gonflement des couches internes de la 
g-aîne. 

On admet ordinairement que les caractères de la véritable 
cellulose sont la solubilité dans la liqueur de Schweitzer et le 
bleuissement par le chloroiodure de zinc ou par l'iode et l'acide 
sulfurique. Cependant des filaments de Scytonema cincinnatum 
que j'ai soumis pendant plusieurs heures à l'action du liquide 
cupro-ammoniacal n'ont pas perdu la faculté de bleuir par les 
réactifs iodés. Ce fait indiquerait que certaines variétés de cellu- 
lose possèdent cette dernière propriété sans pour cela être solu- 
bles dans la liqueur de Schweitzer. 

En traitant les spores des Nostocacées par l'acide chromique 
concentré, on provoque dans le plasma les mêmes changements 
que dans les cellules végétatives. J'ai étudié ces organes dans 
deux genres appartenant à des tribus différentes, et j'ai pu 
constater au moyen de ce réactif la présence d'une membrane 
interne, ou endospore, bien distincte du plasma et résistant aux 
acides. Par l'action du réactif, l'exospore, malgré son épaisseur, 
se déchire fréquemment à l'extrémité et laisse échapper l'endos- 
pore, qui se présente alors sous la forme d'un sac rempli 
d'un fluide incolore au milieu duquel flotte le plasma réduit à un 
très petit volume. 

Comme on peut le remarquer, les résultats auxquels je suis 



4 « JOURNAL DE BOTANIQUE 

parvenu diffèrent à certains égards des opinions émises par 
M. Borzi. Je ne discuterai pas ici les points sur lesquels je me 
trouve en désaccord avec cet auteur, me réservant de le faire 
lorsque j'exposerai avec tous leurs détails l'ensemble de ces 
recherches. 



CHRONIQUE 

Société botanique (Séance du 27 janvier 1888). —M. Luiset annonce qu'il 
a trouvé le Lotus drepanocarpus sur la route de la Corniche à Marseille, et fait 
le récit d'une herborisation intéressante qu'il a faite dans le canton du Tessin. 

M. Dufour expose le mode de germination du 7> ichocladium asperum. Des 
cultures successives lui ont permis de voir tous les changements dont la spore 
brune et bicellulaire est capable; elle peut devenir incolore et quelquefois uni- 
cellulaire. 

M. Colomb montre comment, en se servant simplement de la forme des fais- 
ceaux des Fougères de France, on peut arriver à reconnaître les genres de notre 
flore. Il montre que l'on peut avoir de cette manière un caractère nouveau pour 
reconstituer le genre Lastraza. 

M. Leclerc du Sablon montre que des racines de Melampyrum développées 
dans l'air humide peuvent présenter des poils radicaux ce qui n'arrive pas d'or- 
dinaire, quand les suçoirs se développent, lorsque la plante rencontre dans le sol 
un hôte au dépens duquel elle se nourrit. 

M. Gav, dans une note sur les Ulotlirix aériens, montre l'importance des 
caractères tirés de la structure des cellules pour l'étude de Algues. Il en donne 
une application en exposant comment il est arrivé à établir que le passage des 
Uloihrix aux Prasiola et aux Schiso gonium ne s'applique qu'à une seule espèce 
d'Ulotkrix. Le polymorphisme des Algues n'est donc pas général comme l'avait 
indiqué Hansgirg. 

M. Duchartre, en étudiant l'organisation florale du Delphininm elatum et de 
ses fleures doubles, est arrivé au résultat suivant : la fleur est composée d'un 
calice quinconcial toujours le même, puis d'un cercle de faux pétales qui sont des 
dépendances des sépales, et de pétales véritables ciliés et de formes spéciale qui 
avortent entièrement dans les Heurs pleines. On a donc, dans ce cas, le spectacle 
singulier d'une fleur en apparence remplie de pétales par la transformation des 
étamines, et dans laquelle les pétales véritables manquent. 



La Botanique a fait récemment deux pertes considérables : M. Asa Gray et 
M. de Barv viennent de mourir. Nous publierons prochainement une notice sur 
ces deux illustres savants. 



La 10 e centurie de YHerbariuni grsecum normale, publiée par M. Th. oe Hel- 
dreich (Athènes), sera livrée à la fin de février. Elles contiendra des plantes 
très rares et intéressantes, dont 6 ou 7 espèces nouvelles, notamment : Ferulago 
Sartorii Boiss. Held., Campanula Sartorii Boiss. Held., Convolvnlus radicosus 
Held. et Sart. 

Le Gérant : Louis Morot. 



farls J MRrscfc. nnp.. 22, pi. Uenfert- Roultcreaa. 



2 e ANNÉE N° 4 16 FEVRIER 1888 



VWWWWVlVWSWV.V 



JOURNAL DE BOTANIQUE 

Directeur : M. Louis MOROT 



FRAGMENTS MYCOLOGIQUES 

Par M. N. PATOUILLARD 

Le genre Camillea et ses alliés. 

F ries , dans le Summa Veget. Scandin., p. 322, établit le genre 

' Camilleaponr des Pyrénomycètes caractérisés essentiellement par 

un stroma vertical, carbonacé, creusé à son sommet d'une cupule 

au pourtour de laquelle s'ouvrent des périthèces membraneux 

plongés dans le stroma. 

Montagne, dans les Annales des Sciences naturelles, 2 e sér., 
XIII, p. 352, rapproche sous le nom de Bacillaria les Hypoxylon 
Leftrzeurù'Mtg, H. Bacillum Mtg. et H. Cyclops Mtg. Plus tard 
dans le Cryptogamia Gnyanensis et dans le Sylloge cryptoga- 
marùim, adoptant la désignation Friesienne, il donne de nou- 
veaux détails sur la forme et le développement de ces trois plan- 
tes et principalement sur le Camillea Leprieurii. Dans ce même 
Crypt. Gnyanensis il décrit deux autres espèces, C. muer ouata 
et C, Labellum, portant ainsi à cinq le nombre des Camillea con- 
nus, tous originaires des Guy ânes ou des régions voisines : Au- 
tilles, Orénoque et Amazones. 

Deux espèces des mêmes régions, C. surinamensis Bk. et 
Curt. et C. Sagraea7ia(Mont.)'Bk.et Curt., sont encore mal con- 
nues et s'éloignent à plus d'un titre des Camillea vrais. 

Nous allons reprendre, dans la présente note, la description 
du C. Leprieurii et montrer que cette espèce, et probablement 
aussi les autres, peut se présenter sous deux formes bien diffé- 
rentes : l'une à stroma dressé {Camillea Leprietirii Auct.) et 
l'autre à stroma étalé (Sphcvria melanaspis Mtg.). 

a , — Camillea Leprietirii Mtg. forme dressée. 
Le stroma naît dans l'écorce au voisinage du bois, à la surface 
duquel s'étale un mycélium noir; en s'allongeant le cylindre 



5 o JOURNAL DE BOTANIQUE 

stromatique perce l'écorce et entraîne avec lui une rondelle net- 
tement découpée qui reste fortement soudée au sommet de la 
plante. Lors du complet développement, le Champignon a la 
forme d'un cylindre noir de i à 2 cm. de longueur sur 5-8 mm. 
de diamètre, ayant à sa base un renflement annulaire et à son 
sommet un opercule dont la couche externe est formée par la 
rondelle d'écorce enlevée à la branche support. 

Ces deux parties, anneau basilaire et opercule, sont réunies 
par une membrane très mince, rigide et fragile, qui forme un 
voile général tombant par fragments. A la chute du voile corres- 
pond celle de l'opercule et la plante se présente sous l'aspect 
d'un bâtonnet cylindrique, creusé en haut d'une cupule à bords 
épais et pourvu à sa base d'un anneau persistant. Ce bâtonnet 
est d'abord couvert d'une matière blanche de nature cireuse qui 
qui ne tarde pas à disparaître et laisse à nu une surface noire, 
luisante, lisse ou légèrement striée dans la longueur. 

Montagne {Guy. p. 139) regarde l'opercule comme unique- 
ment constituée par un « bouchon d'écorce »; en réalité cet or- 
gane est formé d'une partie carbonacée qui se moule exactement 
sur la surface de la cavité apicale du bâtonnet en donnant en 
relief une empreinte des détails de cette surface et qui fait une 
légère saillie sur les bords du cylindre. La rondelle d'écorce est 
incrustée à la partie externe de l'opercule et fait corps avec elle. 

L'anneau basilaire et l'opercule ne formaient à l'origine qu'un 
corps unique qui s'est brisé en deux parties par suite du dévelop- 
pement du stroma dressé dans son intérieur. 

Examinons maintenant la constitution du cylindre stroma- 
tique. 

Il est formé d'un tissu central brun-noir limité en dehors par 
une couche noire beaucoup plus dure ; il est creusé à son som- 
met d'une cavité à bords épais au pourtour de laquelle viennent 
s'ouvrir les ostioles ; chaque ostiole est entourée d'une dépres- 
sion circulaire, marginée; ces dépressions sont souvent con- 
fluentes et forment ainsi un sillon au fond de la cavité. Le tissu 
du sommet du stroma est creusé de logettes allongées, disposées 
en un cercle périphérique; chaque logette est remplie par un 
périthèce membraneux, mou, qu'on peut enlever facilement et 
qui vient s'ouvrir au centre d'une dépression du sillon de la cavité. 

Le contenu des périthèces est blanc, et est formé de thèques 



N. Patouh.lard. — fragments mycologiques. 51 

linéaires, très allongées (280-300X7-8 , y ), atténuées intérieure- 
ment, arrondies au sommet, munies d'un obturateur bleuissant 
par l'iode et qui est placé à une distance considérable du sommet 
de la thèque : cette position de l'obturateur est caractéristique 
et permet de reconnaître facilement les thèques de notre Cham- 
pignon. 

Les spores sont au nombre de huit par thèque; elles sont dis- 
posées sur une seule série; leur forme est celle d'un fuseau obtus 
à une extrémité et étiré en une pointe allongée à l'extrémité 
opposée ; d'abord incolores elles deviennent brunâtres en mûris- 
sant; leur longueur varie de 25 à 35 </■ sur 6-8 f* d'épaisseur. 

Les paraphyses sont nombreuses, très longues, simples, 
larges à la partie inférieure et insensensiblement atténuées vers 
le sommet; elles contiennent un grand nombre de masses réfrin- 
gentes, subglobuleuses, de protoplasma. 

b. — forme ét.alÉR. {Sphceria melanaspis Mtg., Ann. Se. 
nat., 2 e série, Xlll,p. 358, t. 10, f. 7 ; Hypoxylon melancispis Mtg.~, 

Guy. A p. 149)- 

En étudiant des spécimens de Camillea Leprieurii récoltés par 
M. Gaillard sur des branches mortes mais non tombées, dans les 
forêts des environs de San-Fernando de Atabapo, j'ai remarqué 
que ces spécimens dressés étaient mélangés de plaques étalées 
de même couleur, dont les caractères répondaient à ceux de 
V Hypoxylon melancispis Mtg. Ces plaques avaient tellement l'as- 
pect et la disposition des formes dressées du Camillea qu'une 
note de M. Gaillard, écrite sur place, indiquait ces deux produc- 
tions comme devant appartenir à la même plante : c'est ce qu'un 
examen minutieux est venu démontrer. 

\J Hypoxylon mela?iaspis naît dans l'épaisseur de l'écorce au 
travers de laquelle il se fait jour pour former une plaque allon- 
gée de 1 à 2 cent, sur 5-8 millim. de largeur, légèrement convexe 
et entourée d'un bourrelet cortical. En dessous de l'écorce, à la 
surface du bois, on observe une tache noire formée par le mycé- 
lium, identique à celle que nous avons indiquée plus haut pour 
la forme dressée. Dans un cas où les deux formes croissaient 
côte à côte, nous avons observé que les deux taches mycé- 
liennes étaient fusionnées en une tache unique correspondant à 
la fois à l'état Camillea et à l'état Hypoxylon. 



52 JOURNAL DE BOTANIQUE 

La face supérieure de YHypoxylon melanaspis montre au 
au centre une série d'aréoles marginées, disposées côte à côte ; 
chaque aréole présente une ostiole en son milieu; tout le 
restant de la surface de la plante est nu et stérile. Une coupe 
du stroma nous montre qu'il est formé extérieurement d'une 
couche noire et dure, recouvrant un tissu plus mou, brun-noi- 
râtre : ces deux couches correspondent exactement à ce qu'on 
trouve dans la forme dressée. 

Le tissu du stroma est creusé, vers le milieu de la plante seu- 
lement, de logettes allongées, contenant chacune un périthèce 
mou, à contenu blanc et qui vient s'ouvrir au centre d'une 
aréole de la surface. 

La forme et les caractères des périthèces sont comparables à 
ceux du Camillea dressé, et si les dimensions sont un peu infé- 
rieures, cela tient précisément au peu d'épaisseur de la forme 
étalée. 

Les périthèces contiennent des thèques, des paraphyses" et 
des spores qui sont identiques à celles du type cylindrique, tant 
par leur forme que par leurs dimensions et leurs caractères 
propres. Ici encore l'obturateur des thèques est placé à une 
distance considérable du sommet de l'organe. 

En présence de cette identité complète dans les caractères 
microscopiques des deux formes et de la connexité des mycé- 
liums, nous sommes obligés de les considérer comme appar- 
tenant à la même espèce de Champignon. 

Dans la forme étalée, les aréoles sont disposées seulement 
au centre de la plante ; cette partie correspond à la cavité de la 
forme dressée, cavité dont la partie centrale stérile a disparu par 
suite de la réduction dans le développement de toutes les par- 
ties. De même la partie stérile marginale de la forme étalée 
représente la partie cylindrique du stroma dressé. 

Depuis longtemps, Montagne avait remarqué l'analogie de 
forme des organes de reproduction du Camillea Lepriettrii et 
de YHypoxylon melanaspis , car il dit en parlant de ce dernier : 
« Je n'ai représenté ni les thèques, ni les sporidies du C. Le- 
prieurn, parce que, chose remarquable, elles sont identiques à 
celles que l'on voit ici. » Mais il n'a pas eu en main de quoi iden- 
tifier les deux plantes. 

Il est probable qu'un certain nombre d'espèces placées 



N. Patouillard. — Fragments myco logiques. 53 

actuellement dans les genres Hypoxylou et Nummularia vien- 
dront se ranger à côté des Camillea ; ainsi le fait parait certain 
pour l'//y/. microsticlum Mtg., dont les spores sont de même 
forme' que celle du C. Leprieurii. 

L'assimilation d'autres espèces est plus difficile, car les Ca- 
millea Bacillum, Cyclops, Labellum et mucronatum ont des 
spores de même forme que celles des Hypoxylou; mais en se 
basant sur la disposition centrale des périthèces, sur l'ostiole 
placée au centre d'une dépression marginée et sur une marge 
stérile, on peut penser que quelques espèces dont la place est 
ambiguë entre les Hypoxylou et les Nummularïa doivent être 
considérées commes des formes étalées de Camillea. 

De ce nombre sont les Hypoxylou macromphahim Mtg., H. 
fossulatum Mtg., H. scriblila, H. cycliscu-m, etc. 

Enfin dans le genre Hypoxylou on retrouve un dernier reflet 
de la forme Camillea dans les espèces à ostiole marginée : H. 
margiuatum, H. annulàlum, etc. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE I. 

a. Port gr. nat. de la forme dressée entourée du voile et surmontée de 

l'opercule. 

b. Le même montrant le voile tombant par fragments. 

c. Le même après la chute du voile et de l'opercule. 

d. Coupe grossie de la forme dressée. 

e. Opercule vu en dessous. 

f. Coupe de l'opercule. 

g. Coupe transversale du stroma dressé montrant la disposition circu- 

laire des périthèces. 
h. Un périthèce isolé. 
i. Thèques et paraphyses. 
j. Tissu du stroma. 
k. Spores. 

/. Port gr. nat. de la forme étalée. 
m. Le même grossi. 
u. Coupe du même. 
o. Deux sommets de thèques montrant la position de l'obturateur. 

{A suivrai) 



54 JOURNAL DE BOTANIQUE 

LA FLORE PARISIENNE 

Au commencement du XVII" siècle 
d'après i? Enchiridiûm botanicum parisiense de jacob cornutï (Suz/e) 

Par M. Ernest ROZE 

Saxifragées. 

Saxifraga tridactylites L. {Paronychia altéra rutaceo folio). Vincennes, in 

silvis. 
Saxifraga granulata L. {*Saxifraga alba Ckelidonides). B. de Boulogne. 

Ombellifères. 

Turgenia latifolia Hoffm. {*Caucalis flore rubro). Inter segetes. 

Orlaya grandiflora L. (Caucalis a ibis jloribus). Id. 

Daucus Carota L. (Pastinaca Dioscorid. et Pastinaca sativa atrorubens). 

Aubervilliers. 
Pastinaca sativa L. (Pastinaca domesticd). Id. 
Apium graveolens L. {*Eleoselinum s. Paludapium, G. Asche). Meudon, in 

pratis irriguis. 
Ammi majus L. {*Ammi vulgatius). B. de Boulogne. 
Carum Carvi L. {Daucus pratcnsis s. Carvi, Gai lis Cherrys). Gentilly, in 

prato. 
Angelica sylvestris L. {Ange lie a sihestris). Saint-Prix. 

— ? {Angelica pratcnsis minima). Meudon, in pratis ir- 
riguis. 

Angelica sylvestris ? {Angelica Fucksij). Meudon, in pratis irriguis. 

— ? (* Angelica aquatica major). Ibid. 

Peucedanum parisiense DC {*Peuccdanum). Meudon, in silvis majoribus. 

— Oreoselinum Mœnch (* Oreoselinum t . Mont Valérien, in vertice. 
Heracleum Sphondylium L. (* Sphondyliuni). Couv. des Chartreux. 

— Panaces L. [*Pauax Heracleum). Id. [Cuit.]. 

Silaus pratensis Bess. [*Seseli pratense). Gentilly, in prato, sec. rivulum. 
Seseli montanum L. {Meum spurium). Chaillot, in colliculis ineultis. 
Fceniculum officinale Ail. {*Fœniculum). Ibid. 
Œnanthe Pimpinelloides L. ? ( * Œnanthe aquatica tuberosa, major et minor). 

Gencillv, in prato. 
Œnanthe fistulosa L. {Œnanthe aquatica repens). Gentilly, in prato, sec. 

rivulum. 
Œnanthe Phellandrium Lam. {Phellandrium Dodon.). Ibid. 
Buplevrum rotundifolium L. (* Perfoliata) . Montfaucon. 

— falcatum L. ( *Bupleuron s. Costa bovis). Chaillot, in colliculis 
ineultis. 

Petroselinum sativum Hoffm. {*Peiroselinum). Aubervilliers. [Cuit.]. 
^Egopodium Podagraria L. {Podagraria). Saint-Prix. 

Scandix Pecten-Veneris L. {*Scaudix s. Pecten-Veneris Plin.). Inter se- 
getes. 



E. Roze. — La Flore parisienne au commencement du XVII" siècle. 55 

Conium maculatum L. {*Cicula). Per margines viarum. 

— ? (*Cicutaria maxima). B. de Boulogne. 

Hydrocotyle vulgaris L. {Aquatica Cotylédon). Montmorency, in piscina- 

rnm vieillis locis. 
Hyclrocotyle vulgaris ? {Cotylédon minus repens). Meudon, in praiis ir- 

rignis. 
Saniçula europaea L. {*Sanicula). Saint-Prix. 
Eryngium campestre L. (*Eryngi>nu). Per margines viarum. 

? {Myriophyllum aut Marathriphyllum palustre). Montmorency, 

in slagnantibiis aquis. 

Cornacées. 

Cornus mas L. (* Cornus Dioscorid.). Chat, de la Chasse, inter silvas. 

— sanguinea L. ( * Cornus fœmina s. Virga sanguine à). Ibid. 

Caprifoliacées, 

Sambucus Ebulus L. (*Ebulus). Montmorency. 

nigfa L. (*Sambucns). Id. 
Viburnum Opulus L. (* Sambucus aquatica). Saint-Prix. 
Lonicera Periclymenum L.? (*Capri/olium s. Matrisilva). B. de Boulogne. 

Rubiacées. 

Asperula Cynanchica L. iCyuanclu'ca Daleckampij). Chaillot et Gentilly, 
in prato. 

Asperula odorata L. (* Asperula aut Aspergula). Saint-Prix et Meudon, in 
dumelis irriguis. 

Asperula arvensis L. {Asperula cgsvuleis flosculis et purpureis). Meudon, 
inter se gelés. 

Vaillantia Cruciata L. {*Cruciata minor s. Asperula aureà). B. de Bou- 
logne. 

Galium verum L. (* Gallium). Chaillot. 

Aparine L. {*Asperugo s. Philautliropos). Per margines viarum. 

— Mollugo L. {* Mollugo vulgaris). B. de Boulogne. 

— Mollugo L. {Rubia minor silvestris). Saint-Prix. 

Rubia tinctorum L. {*Rubia major s. Rttbia tinctorum officinarum). Chail- 
lot. [Cuit.]. 

Valérianées. 

Valeriana dioica L. {Valeriana minima pratensis). Meudon, m praiis ir- 
rigîiis. 

Valeriana officiualis L. (* Valeriana major, mas, et V. silvestris, fœmina). 
Meudon, in silvis majoribus. 

Valerianella olitoria Mœnch {Olus album DodonaH s. Plut minimum) . In- 
ter segetes. 

Dipsacées. 

Scabiosa Succisa L. {Mors us Diaboli s. Succisa). B. de Boulogne. 

— Columbaria L. ? {Scabiosa minima glabra). Id. 

— arvensis L. ( * Scabiosa satorum). Inter segetes. 

— — ? {Scabiosa silvestris inciso folio). B. de Boulogne. 



56 JOURNAL DE 30TANIQUE 

Dipsacus sylvestris Mill. (*Zabrum Vcneris, Virga pastoris et Cardans Ful- 
lonum). Bois de Boulogne. 

Composées. 

Eupatorium cannabinum L.(* Cannabis aquatica et Eupatoria cannabinà). 

Gentilly, in prato. 
Tussilago Farfara L. {Tussilago). Mont Valérien, per vineas. 
Linosyris vulgaris DC. {Linosyris nuperorum et Linaria aurea Tragi). 

Chat, de la Chasse, inter silvas. 
Solidago Virga-aurei L. ( Virga aurea). B. de Boulogne. 
Doronicum plantagineum L. ? {Doronici varietas). Belè.(i) 
Senecio vulgaris L. ( * Senecio). Per margines viarum, 

— Jacobaea L. (* Jacobasa). Gentilly, in prato. 
Bellis perennis L. (* Bellis minor). lb'\(\. 

Artemisia campestris L. {Absynthinm tenuifoliuiii). Croix Faubin, près 

Charonne. 
Artemisia Absinthium L. {*Absyn(kium vulgare). Couv. des Chartreux. 

[Cuit.]. 
Artemisia Abrotanum L. (*Abrotanum mas), Id. [Cuit.]. 
Tanacetum vulgare L. {*Tanacetum). Saint-Prix. 
Leucanthemum vulgare Lam. (* Bellis major). Gentilly, in prato. 
Chrysanthemum segetum L. [*Ckrysantke>mim segetum s. Bellis papaveri- 

folia). Inter segetes. 
Chrysanthemum corymbiferum L. (* Tanacetum') inodorum). Saint-Prix. (2) 
Matricaria Chamomilla L. (* 'Anthémis vulgaiior s. Camomilla). Id. 

— Parthenium L. {*Arthemisia tenuifolid). Charenton. 

— — {* Matricaria nostras). Saint-Prix. 

Santolina Chamaecyparissus L. (* Abrotanum fœmina). Couv. des Char- 
treux. [Cuit.]. 
Achillea MillefoliumL. ( * Mille foliumflortb . albiselrubris).B. de Boulogne. 

— Ptarmica L. (Plarmica s. Sternionenioria). Gentilly, in prato. 
Inula Helenium L. {Heleniitm s. Enula campana). Montmorency, à l'étang 

sec. 
Inula salicina L. ? (3) {Aster conyzoides montantes minor). Butte de Sèvres. 
Conyza squarrosa L. (4) [*Conyza major). La Barre, juxta salicta. 
Pulicaria vulgaris Gaertn. (*Conysa minor). Ibid. 
Antennaria dioica Ga;rtn. '(*Gnap/ialium jlore rubro et flore albo). Meu- 

don, in locis apricis. 
Filago germanica L. i*Cotonaria s. Gnap/ialium vulgare et herba impia). 

Pré Saint-Gervais. 
Silybum Marianum Gaertn.J(* Silybum sive Carduus lacteus. Leucographis). 

Chaillot. 

(A suivre.) 



1. Aucun village de ce nom aux environs de Paris. — 2. L'adjectif inodorum 
est seul, dans le texte, mais il est placé sous le mot Tanacetum. — 3. Erigeron 
acre G. — 4. Inula britannica G. 



Ed. Bornet. — A. de Bary. 57 

A. de BARY 

Par M. Ed. BORNET. 

Henri Antoine de Bary, qui est mort le 19 janvier dernier, à peine 
âgé de 57 ans, était né à Francfort le 26 janvier 183 1. Fils de médecin, 
il étudia lui-même la médecine et reçut le titre de docteur le 30 mars 
1853. A Berlin, où il acheva ses études, il eut pour professeur de 
Botanique A. Braun dont il devint bientôt l'ami et l'un des meilleurs 
élèves. Il n'avait encore que 21 ans lorsqu'il donna son premier mé- 
moire, et les botanistes qui le voyaient de près s'accordaient à lui 
reconnaître des aptitudes scientifiques peu communes. Les promesses 
du jeune étudiant n'ont pas été trompeuses ; la variété et la valeur de 
ses découvertes, la sagacité dont il a fait preuve dans ses recherches, 
la netteté avec laquelle il exposait ses observations, ont placé M. de 
Bary parmi les savants les plus connus et les plus estimés de notre 
temps. Il fut en outre un chef d'école remarquable, si l'on en juge par 
le nombre et la distinction des élèves dont il a dirigé les études. Parmi 
eux une place à paît est occupée par M. Woronin qui fut son associé 
dans la publication des Beilraege zur Morphologie und Physiologie der 
Pilse, où sont réunis tant de faits intéressants relatifs à la biologie des 
Champignons. 

C'est de cette classe de végétaux que M. de Bary s'est plus spécia- 
lement occupé et, dès ses -débuts, en cultivant leuis spores dans des 
milieux appropriés, il donna la première démonstration expérimentale 
de la polymorphie des Champignons (Aspergillus et Eurotium). Il 
inaugurait ainsi une nouvelle méthode d'observation qui lui servit à 
déterminer plus tard, au moyen de semis opérés artificiellement sur les 
plantes hospitalières, la manière dont les espèces endophytes y pénètrent, 
s'y établissent et s'y comportent (Urédinées, Péronosporées, Sclerotinia). 
— En 1858 ses recherches sur les Myxomycètes dévoilèrent des faits si 
étranges, une telle ressemblance, pour ne pas dire une si complète iden- 
tité, entre leur état jeune et certains Protozoaires, que l'auteur crut de- 
voir ranger ces êtres parmi les animaux et qu'il fit paraître son mémoire 
dans un Journal de Zoologie. — Rappelons encore ses observations sur 
les zoospores des Cysiopus^ déjà entrevues par B. Prévost, la décou- 
verte d'organes semblables dans les Peronospora, ses études sur le dé- 
veloppement du fruit des Ascomycètes, sur la génération sexuelle des 
Champignons, qui ont eu pour couronnement la publication de l'ouvrage 
intitulé : Morphologie und Physiologie der Pilze^Flechten und Myxomy- 
cètes. Ce livre, qui parut en 1866, est un résumé magistral des con- 
naissances précises acquises sur ces végétaux, dont les éléments étaient 
épars .dans une foule de mémoires particuliers. Il eut un grand succès 



58 JOURNAL DE BOTANIQUE 

et les études mycologiques en reçurent une vive impulsion. Aussi, 
quand une seconde édition devint nécessaire, dix-huit années plus tard, 
le volume de l'ouvrage fut presque doublé et les questions qu'il s'agis- 
sait d'exposer et de discuter avaient singulièrement augmenté en 
nombre et en importance. En comparant les titres des deux éditions, 
on est frappé des curieux changements qu'un si court espace de temps 
avait introduits dans l'étude des Champignons. Un groupe entier, 
celui des Lichens, a perdu son autonomie et disparu du premier rang; 
un autre groupe s'y est substitué, celui des Bactéries, qui avait pris 
rapidement une place énorme dans les préoccupations des savants par 
la grandeur extraordinaire dn rôle que ces organismes jouent dans la 
nature vivante et morte. Ce nouveau chapitre a constitué le noyau des 
Vor les un ge/i fiber Bactérien^ dont la première édition a été épuisée en 
moins de deux années. 

Les observations de M. de Bar y sur la fécondation des Œdogo/ii/nn 
et des Bulbochœle, confirmatives des découvertes que Thuret, Al. 
Pringsheim et M. Cohn venaient de publier sur la fécondation des 
Algues, un mémoire étendu sur 1rs Conjuguées, fondement de nos 
connaissances actuelles sur cette famille, ses études relatives à la ger- 
mination des Glœotrichia, ses recherches sur Y Acetabularia mediter- 
ranea, publiées en commun avec M. Strasburger, sont au nombre des 
meilleurs travaux dont s'honore la littérature algologique. 

Ne pouvant tout citer et pour ne pas être trop incomplet, nous 
mentionnerons encore ses observations sur la fécondation des Chara et 
la germination des Lycopodes qui n'avaient pas été vues avant lui, ses 
articles sur l'apogamie des Fougères et l'apogamie en général, sur la 
symbiose, sur la classification des Thallophytes. 

Tous les travaux énumérés jusqu'à présent appartiennent à la 
Cryptogamie, mais AI. de Bary s'est fait aussi une place éminente 
parmi les auteurs d'anatomie végétale. Son traité d'anatomie comparée 
(Vergleichende Anatomie der Végétation sorgane der Phaiierogamen 
tmd Farne), où il a condensé, dans une série de chapitres bien définis, 
les résultats les mieux établis récemment publiés par les botanistes les 
plus autorisés ou provenant de ses propres recherches, est devenu le 
Manuel de tous ceux qui s'occupent de cet ordre d'études. Ce travail 
lui demanda beaucoup de temps et déjà, en 187 1, six ans avant l'appa- 
rition de son livre, il en publiait, dans le Botauiscke Zeitung s un 
paragraphe sur les sécrétions cireuses de l'épiderme. 

Pendant 20 ans M. de Bary a dirigé la publication du journal que 
nous venons de nommer. Il y a inséré, indépendamment d'une partie 
des mémoires mentionnés plus haut, un grand nombre de notes, des 
notices biographiques sur Sehlechtendal, Hugo von Mohl, Schimper, 



Ed. Borxet. — A. de Bary. 59 

des examens critiques d'ouvrages récemment parus. Le numéro du 21 
octobre 1S87 contient son dernier article. 

La liste suivante des ouvrages de M. de Bary, que nous avons cher- 
ché à rendre complète, sans avoir la certitude d'avoir réussi, donnera 
mieux que toute notice une idée de l'activité scientifique du savant qui 
vient de disparaître. 

ANATOMIE GÉNÉRALE 

Ueber die Wachsùberzûge der Epidermis. — Botan. Zeitung, XXIX, 187 1 , 
pp. 129, 145, 161, 566, 573, 589, 605, pi. MI. 

Vergleichende Anatomie der Vegetationsorgane der Phanerogamen 
und Farne. — Leipzig, 1877. 1 vol. in-8, de 663 p., avec 2\\ bois, in Hof- 
meister Handbuch der physiologische Botanik, Bd. III. 

PHANÉROGAMES 

Ueber Orchis mililaris, si/nia, fusca unde ihre Bastarde. -- Berichte 
d. naturf. Gesellsch. su Freiburg. i. Br. I, 1858, n° 28, pp. 477-482. 

Prosopanche Bitrmcisteri, eine ueue Hvdnoree aus Siid-America. — 
Abhandl. der naturf. Gesellschaft su Halle, Bd. X, Halle, 1868. 

Notizen ûber die Bluthen einiger Cycadeen. — Botan. Zeitung,"KXVnî, 
1870, p. 574, pi. vin B. 

Ueber eine bemerkenswerthe Umbelliferen-Form. — Botan. Zeitung, 
XXIX, 1871, p. 23. 

CRYPTOGAMES VASCULAIRES 

Ueber die Keimung der Lycopodien. Berichte d. naturf. Gesellsch. su 
Freiburg i. Br. 1858, n° 28, pp. 467-572, tab. XI. — Ann. des Se. nat., 
4 e sér., Bot., IX, 1858, pp. 30-35. (Trad.) 

Ueber apogame Farne und die Erscheinung der Apogamie in Allge- 
meinen. — Botan. Zeitung, XXXVI, 1878, pp. 449, 465, 481, tab. XIV. 

Notiz ûber d. Elateren von Equisetum. — Botan. Zeitung, XXXIX, 1881, 

p. 780. 

ALGUES 

Ueber die Algengattungen Œdogouium und Bulbochœte. — Abhandl. 
d. Senkenb. naturf. Gesellschaft, 1854-55, pp. 29-105, tab. II-IV. 

Ueber den geschlechtlichen Zeugungsprozess bei Algen. — Berichte d. 
naturf. Gesellsch. su Freiburg i. Br. 1856, n° 13, pp. 215-230, tab. V. —  
A1111. des se. nat., 4 e sér. Bot. V, 1856, p. 262. 

Bericht ûber die Fortschritte der Algenkunde in den Jahren 1855-57. 
— Botan. Zeitung* XVI, 1858; suppl. pp. 55-99. 

Untersuchungen ûber die Familie der Conjugaten (Zygnemeen und 
Desmidien). — Leipzig, 1858. In-4, 91 p., 8 pi. 

Beitrag zur Kenntniss der Nostocaceen inbesondere der Rivularien, — 
Flora. XLVI, 1863, pp. 553, 577, tab. VII. 

Ueber Cosmocladium. — Flora, XLV1II. 1865, p. 321, tab. IV. 

Ueber Paarung von Schwermsporen etc. — Botan. Zeitung, XXVIII. 
7870, p. 90. — Ann. des se. nat., 5 e sér., Bot., XII [1869], p. 208. 



60 JOURNAL DE BOTANIQUE 

(En collaboration avec M. Strasburger.) Acetabularia mediterranea. — 
Botan. Zeitung, XXXV, 1877, pp. 713-736. 

Ueber den Befruchtungsvorgang bei den Çharen. — Monastb. Pretiss. 
Akad. 1871, pp. 227-239, 1 tab. — Conf. Botan. Zeitung, XXIX, 1871, 
p. 871. 

Aus Sporen erzogene Çhara crinita. — Botan. Zeitung, XXX, 1872, 

P- 737- 

Zur Keimungsgeschichte der Charen. — Botan. Zeitung, XXXIII, 1875, 

PP- 377, 393 et 409, pi. v et vi. 

CHAMPIGNONS 

Beitrag zur Kenntniss der Achlya proliféra Nées. —  Botan. Zeitung, X, 
I852, pp. 473, 489, 505, pi. VII. 

Untersuchungen ûber die Brandpilze. Berlin, 1853, in-8, 144 p., 8 pi. 

Ueber die Entwickelung und Zusammenhang von Aspergillus glaucus 
und Eurotium. — Botan. Zeitung. XII, 1854, pp. (.25., 441, 465, tab. II-IV. 

Ueber die Myxomyceten. — Botan. Zeitung, XVI, 1858, pp. 357, 361, 
365. — Ann. des se. Hat., 4 e sér., Bot., XI, 1859, p. 153. (Trad.) 

Zur Kenntniss einiger Agaricinen. — Botan. Zeitung, XVII, 1859, 
PP- 3 8 5> 393, 4o ii tab. XIII. fig. 1-24. 

Die Mycetozoen u. s. w. - - In Zeiischrifl fur zvisseusek. Zoologie, X, 
1859, p. 88. tab. -- Ann. and Alag. of uat. Ilisl., V., 1860, pp. 233-243, 
tab. VI. — fournal of ihe Microscop. Soc., VIII, 1860, pp. 97. (Analyse,) 

Einige neue Saprolegnieen. — In Pringsheim''s Jahrbiïcher fur w. Bo- 
tanik, II, 1860, pp. 169-192, tab. XIX-XXI. 

Ueber Schwarmsporebildung bei einigen Pilze. — Berichte d. naturf. 
Gesellsch. in Freiburg i. Br., II, 1860, p. 17, 1862. — Ann. des se. 7iat. y 
4 e sér.. Bot., XIII, 1860, pp, 236-251, tab. XIII. (Trad.) 

Ueber die Geschlechtsorgane von Peronospora. — Botan. Zeitung, 
XIX, 1861, pp. 8g, 91. 

Die g-egenwartige herrschende Kartoffelkrankheit. — Leipzig-. 1861, 
in-8, IV, 75 p., 1 pi. 

Die neueren Arbeiten ûber die Schleimpilze und ihre Stellung in System. 
— Flora, XLV, 1862, pp. 264, 282, 301, 304. 

Die neuesten Arbeiten ûber Entstehung und Végétation der niederen 
Pilze. --Flora, XLV, 1862, pp. 355-365. — XLVI, 1863, pp. 9, 17, 43. 

Recherches sur le développement de quelques Champignons parasites. 
 — Ann. des se. nat., 4 e sér. Bot., XX, 1863, pp. 5-148, pi. i-xm. 

Untersuchungen ûber die Entwickelung einiger Schmarotzenpilze. — 
Flora, XLVI, 1863, pp. 161, 177. (Résumé du mémoirejjrécédent.) 

Ueber die Entwickelung der Sphœria typhina Pers. - - Flora, XLV^ 
1863, p. 4; 11. 

Ueber die Frnchtentwickelung der Ascomyceten. — Leipzig, 1863, in-4, 
IV, 38 p., 2 pi. 

Ueber einen in der Mark und in Hannover beobachteten, der Kiefer 
verderblichen Pilz, Cœoma pinitorquum. — Monatsber. Preuss.Akad., 1863, 
pp. 624-640, 1 tab. — Cœoma pinitorquum, ein neuer der Kiefer verderbli- 
cher Pilze. Tirage à part, Berlin, 1864. 



Ed. Bornet. — A. de Bary. 61 

Die Mycetozoen (Schleimpilze). — 2 e édit. Leipzig-. 1864. 1 vol. in-8, 
XII, 132 p., 6 pi. 

Die Schrift der Hadriani Junii juber die Phallus u. s. w. — Botan. Zei- 
tung, XXII, 1864, p. 114. 

Beitraege zur Morphologie und Physiologie der Pilze. — Zweite Reihe : 
Zur Kenntniss der Mucorineen, pp. 12-34, tab. V-VI. — Zur Kenntniss 
der Peronosporeen, pp. 35.-43, tab. VII, VIII. Abhandluugeu d. Senkenb. 
naturf. Gesellsch., V. 1864-65 [1866]. 

Beitrag zur Kenntniss der Chytridieen. — Berichte d. naturf. Gesellsch. 
su Freiburg-i.-Br., Rd. III, 1865, p. 1-40, pi. I et II. — (Traduct.) Ami. 
des Se. nat., 5 sér., Bot. III, 1865, pp. 239-269, pi. 9 et ir . 

Bericht ùber neue Entdeckungen im Gebiet der Freiburger Flora. — 
Berichte d. naturf. Gesellsch. in Freiburg-i.-Br. III, 1H65. 
Ueber den Getreiderost. — Annal. Landwirth. XLV. 1865. 
Neue Untersuchungen ùber die Uredineen inbesondere die Entwike- 
lung der Puccinia Graminis und den Zusammenhang dersalbe mit JEci- 
dium Berberidis. — Monatsberichtc Preuss . Akad, 1865, p. 15. — 1866, 
p. 205. — (Ce dernier mémoire est traduit dans les Ami. des Se. nat. 
5 e sér., Bot., V. p. 262, tab. 11). 

Morphologie und Physiologie den Pilze, Flechten und Myxomyceten. —  
1866, 1 vol. in-8, 316 p., 1 pi., in Hofmeister Handbuch der physiologischen 
Botanik, Bd II, erste Abtheilung. 1866. 

De la génération sexuelle dans les Champignons. Aun. des Se. nat., 
5 e sér., Bot., 1866, V, p. 343, tab. 12. (traduction du chapitre V, pp. 155- 
172 de l'ouvrage précédent). — On trouve dans le Grcvillea, I, 1873, des 
traductions des chapitres suivants : — On Saprolegniae, p. 117; — On 
sexual reproduction in the Peronospora;, p. 150; — On sexual reproduc- 
tion Eryisphei, p. 152; — On sexual reproduction in the Mucorini, p. 167; 
— On cystidia, p. 181. 

Ueber die Keimung einiger grossporiger Flechten. — fahrbiïcher fur 
wissenschaftliche Botanik, V, iiS66, p. 201, pi. XVII-XIX. 

Zur Kenntniss insectentoedtender Pilze. — Botan. Zeitung, XXV, 1867, 
pp. 1, 9 et 17, tab. I. —  Botan. Zeitung, XXVII, 1869, PP- 583 et 601. 

Bemerkungen ùber Arthrobotrys oligospora Miiuster. — Botan. Zei- 
tung, XXV, 1867, p. 75. 

Ueber den Krebs und die Hexenbesen der Weisstanne (Abies pectinaia 
DC) Botan. Zeitung, XXV, 1867, p. 257. 

Bericht ûber die in den Choiera- Ausleerungen g-efundenen Pilze. — 
Botan. Zeitung, XXVI, 1868, pp. 686, 713, 736, 761, 787. 

Die Traubenkrankheit. — Hildb. Ergaenzungsblaetter, 1867, II, p. 365- 
371, c. tab. — Conf. Botan. Zeitung, XXVII, 1869, p. 228. 
Schimmel und Hefe. — 1869. 

(En collaboration avec M. Woronin.) Beitraege zur Morphologie 
und Physiologie der Pilze. — Dritte Reihe. — Eurotium, Erysiphe und 
Cincinnobolus ; nebst Bemerkungen ùber die Geschlechtsorgane der 
Askomyceten. pp. 1-95, tab. vii-xii. — Abhandl. d. Senkenb. Naturfor, 



62 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Gesellsck., Bd VII. 1870. — Analysé dans Bot. Zeit., XXVIII, 1870, 
pp. 838, 856. 

On Mildew and Fermentation. — Quarterly Germain Magasine, 1872, 

n° II, 3 P- 

Notiz ûber Cronartium ribicola — Botan. Zeitung, XXXII, 1874, p. 79. 

Protomyces microsporus und seine Verwandten. — Botan. Zeitung, 
XXXII, 1874, pp. 81 et 97, tab. II. 

Ueber den Sogenannten Brenner (Pech) der Reben. — Botan. Zeitung, 
XXXII, 1874, p. 451. 

Researches into the Nature of the Potato-Fungus {Phyiophtkora iu- 
festans). — Journal of the Roy. Agricultural Society of London, vol. XII, 
part I, 1876. — The Journal of Botany brilish and foreigu. 1876. 

^Ecidium abietinum — Botan. Zeitung, XXXVII, 1879, pp. 761, 777, 
801, 825, 841, tab. X. 

(En collaboration avec M. Woronin). Beitraege zur Morphologie und 
Physiologie der Pilze. Vierte Reihe. —  Untersuchungen ûber die Peronos- 
poreen und Saprolegnieen und die Grundlagen eines natûrlichen System 
der Pilze, p. 1-145, tab. I-VI. -- Abkandl. d. Senkenb. Gesellsck. Bd. XII, 

PP- --5-37°! lSSl - 

Zur Kenntniss der Peronosporeen. — Botan. Zeitung, XXXIX, 1881, 

pp. 521, 537, 569, 585, 601, 617, tab. V. (résumé des Beitraege u. s. w., 

Vierte Reihe). 

Zu Pringfsheim's Neuen Beobachtungen ûber den Befruchtuntfsact der 

o <rs ci 

Gattung'en Achlya und Saprolegnia. — Botan. Zeitung, XLI, 1883, 

PP- 38, 54- 

Vergleichende Morphologie und Biologie der Pilze, Mycetozoen und 

Bactérien. — Leipzig, 1884, in-8. pp. VIII, 558, avec 198 bois 

Vorlesungen ûber Bactérien. - Leipzig, 1885, & r - ' n "^i VIII, 152 pp., 

av. 18 fig. — (Trad.) Leçons sur les Bactéries. Pans, 1886, in-8, 328 p., 

av. 23 fig. — 2 e édit. Leipzig, 1887, pp. IV, 158, av. 20 fig. 

Ueber einige Sclerotinien und Sclerotinien-Krankheiten. — Botan. 

Zeitung, XLIY, 1886, pp. 377, 303, 409, 433, 449, 465. 

PUBLICATIONS DIVERSES 

De plantarum generatione sexuali. - Berolini, [1853]. in-8, 35. o. 

Ueber die Copulationprocesse im Pflanzenreich. — Berichte d. nalurf. 
Gesellschaft zu Freiburg i. Br. I. 1857, pp. 325-344. 

Zur Geschichte der Naturbeschreibung im Elsass. — Strasbourg, 1872. 
— 2° édit. Strasbourg, 1884, in-8, VIII et 134 p. cum fig. 

Mikro-Photographien nebst botan. Praeparaten. —  I. Strasbourg, 1878, 
in-4, 10 pi. 

Die Erscheinung der Symbiose. — Strasbourg, 1879, in-8. 

Zur Systematik der Thallophyten. — Botan. Zeitîing, XXXIX, 1881, 

PP- 1-33- 

COMPTES RENDUS 

Zur Beurtheilung der Pilrzchriften des Herrn Hallier. — Botan. Zei- 
tung, XXVI, 1868, p. 294. 



Chronique . 63 

Das botanische Practicum, von E. Strasburger. — Annonce du livre. 
Botan. Zeitung, XLV, 1887, p. 539. 

Die naturlichen Pflanzentamilien nebst ihren Gattungen u. s. \v., bear- 
beitet von A. Engler und K. Prantl. — Examendes 7 premières livraisons, 
Botan. Zeitung, XLV, 1887, p. 675. 

Seubert's Lehrbuch der gesammten Pflanzenkunde, bearbeitet von W. 
v. Ahles — Examen critique du livre de Seubert, — Botan. Zeitung, XLV, 
1887, p. 692 (octob.). 

NOTICES BIOGRAPHIQUES 

D. F. L. von Schlechtendal. — Botan. Zeitung, XV, 1867, p. 321. 

Hugo von Mohl. — Botan. Zeitung, XXX, 1872, p. 561. 

August Rosse. —  Botan. Zeitung, XXXI, 1873, P- 75°- 

Wilhelm Philipp Schimper. — Botan. Zeitung, XXXVIII, 1880, p. 441. 



CHRONIQUE 



Société botanique de France (Séance du 10 février 1888). — MM. Van 
Tieghem et Douliot font part de leurs observations sur la nature morphologique 
des tubercules radicaux des Légumineuses. Le mode d'origine et la situation 
de ces organes montrent que ce sont des radicelles renflées en tubercules. Mais 
ce ne sont pas des radicelles ordinaires, car elles ont un certain nombre de cylin- 
dres centraux disposés en cercle au voisinage de la périphérie et provenant de 
la dichotomie répétée du cylindre central qui en occupe la base : ce sont des ra- 
dicelles polystéliques. 

Les tubercules radicaux des Eléagnées et des Cycadées ont la même valeur 
morphologique. 

M. Leclero du Sablon explique la reviviscence du Selaginella lepidophylla ainsi 
que ses mouvements La reviviscence est due au contenu plasmique dense des 
cellules de la tige, contenu comparable à celui des graines. L'enroulement est 
en rapport avec l'existence d'un tissu à parois très épaisses, localisé à la face 
supérieure de la tige. 

M. Niel rend compte d'une herborisation à Saint-Evroult. 

M. Duchartre signale un hybride de deux Palmiers, le Phœnix daclylijera 
et le Ph. canariensis, qui a été présenté à la Société d'Horticulture. 



M. L. Dufour nous adresse la note suivante destinée à rectifier et à complé- 
ter le compte rendu que nous avons donné dans notre dernière Chronique de sa 
communication sur le Trichocladium asperum : 

<• La spore, telle qu'on l'obtient en faisant une culture, dans un ballon Pasteur, 
sur du crottin de cheval stérilisé, est identique à celle qu'on rencontre dans la 
nature, c'est à dire bicellulaire, un peu étranglée au milieu, noire et pourvue 
d'aspérités. Dans certaines cultures en cellules, au contraire, dans une solution de 
sucre candi, de glucose, par exemple, la spore est souvent monocellulaire, lisse, 
jaune, mais jamais incolore. » 



Nous sommes heureux d'apprendre à nos lecteurs que, grâce surtout à l'ini- 
tiative de la Société royale Toscane d'Horticulture, il vient de se fonder en Italie 
une Société botanique Italienne. Cette Société doit comprendre une Direction 



6 4 JOURNAL DE BOTANIQUE 

générale administrative, ayant son siège à Florence, et des sections particulières 
à organiser par province, M. Caruel a été nommé président, et MM. Ricasoli 
et Arcangeli vice-présidents du Conseil de direction. Le Bulletin de la Société 
sera publié dans le « Nuovo Giornale botanico Italiano. « 

Que la nouvelle Société nous permette de lui souhaiter la bienvenue et ac- 
cepte les vœux que nous formons pour son plevn succès. 



M. le D r Gixo Cugini, assistant au Jardin botanique de Bologne, vient d'être 
nommé Directeur la Station agraire de Modène. 



Il y a un an, nous annoncions à nos lecteurs que M. Ch. Flahault, professeur 
de Botanique à la Faculté des sciences de Montpellier, s'occupait de constituer 
dans cette ville un Herbier de la région méditerranéenne, et nous leur commu- 
niquions la circulaire par laquelle il faisait appel dans ce but au concours de 
tous les botanistes, leur offrant, en échange de leurs dons, les plantes méditer- 
ranéennes qui pourraient les intéresser. 

L'œuvre entreprise par M. Flahault est en bonne voie d'exécution, et aujour- 
d'hui il publie une liste d'environ 750 espèces en double qu'il tient à la disposi- 
tion des bienfaiteurs de l'Herbier méditerranéen, qui devront lui adresser leurs 
demandes avant le 10 mars. Nous remarquons notamment dans cette liste les espè- 
ces suivantes : Thalictrum tuberosum L., Ratiunculns laieriflorus DC, Coryda- 
lis enneaphylla DC, Diplotaxis humilis Gren. et Godr., Moricandia arvensis 
DC., Ara bis cebennensis DC. Alyssum serpyllifolium Desf., Seiiebicra pinnati- 
fida DC., Reseda Jacquini R,eich., Poly gala rupes tris Pourret, Saponaria belli* 
difolia Smith, Erodium chium Wild., E. littoreum Léman, E. inacrade?itim 
L'Héritier, Zygophyllum Fabago L., Anagyris fœtida L., Sarotha>nnus catalo- 
nicus Webb., Cytisus triflorns L'Héritier, Ononis rotundifolia L., Anthyllis 
Barba-Jovis L., Medicago secundiflora Durieu, Lotus edulis L., Astragahis 
narbonensis Gouan, Potentilla polytricha Jord., P. caulescens L., P. rupestris 
L., Rubus callinus DC, Jussiwa grandiflora Mich., Sclerantkus hamosus Pou- 
?.o\s, Umbilicus sedoides DC, Xatardia scabra Meissn., Centaurea tenuisecta 
Jord., Hyoseris radiata L., Scorconera crispa Bieberstein, vS\ crispatula Boiss., 
6". coronopifolia Desf., Scolymus grandiflorns Desf., Convolvulus lanuginosits 
Desv. var. argenteus, Alkanna lutea DC, Heliotropium curassavicum L., Teu- 
crium fmticans L., Armeria ruscinonensis Girard, Cytinus Hypocystis L. var. 
kermesinus Gussone, Parietaria lusitanica L., Theligonuiyi Cynocrambe L., 
Allium Moly L., A. Ckamiemoly L., Narcissus dubius Crouan, N. niveus Loi- 
seleur, Aceras deusiftora Boissier, Orchis longibracteata Biv., O tridentata 
Scop., Juncus slriatus Schousb.,y. multiflorus Desf., Cyptrus distachyos Ail., 
Panicnm Digitaria Laterr., Glyceria convoluta f n tenuijolia Boissier, Vulpia 
Michelii Reich., Hordeum Caput-Medus;e Lor. et Barrandon, Notochltena vcllea 
Desv., Asplenium Petrarchœ DC, plus 14 espèces de Statice, 8 espèces ou hy- 
brides de Cistes, etc. Toutes ces espèces ont été recueillies dans la région médi- 
terranéenne française. 

Comme on le voit, il y a là une série de plantes qui ne peuvent manquer de 
tenter les amateurs, et nous espérons que leur énumération encouragera les 
botanistes qui n'ont pas encore répondu à l'appel de M. Flahault et les décidera 
à lui prêter leur concours pour l'aider à mener son œuvre à bonne fin. 

Le Gérant : Louis Morot. 



»»r!s. — J Mersofc. Imp-, 22, pj. Dâofert* Rocfeerea». 



2 e ANNEE N° 5 i" MARS 1888 



JOURNAL DE BOTANIQUE 



Directeur: M. Louis MOROT 



LES MUTISIACEES DU YUN-NAN 

Par M. A. FRANCHET 

Le groupe des Composées-Mulisiacées paraît devoir prendre 
dans l'Asie centrale et orientale une importance plus grande 
qu'on aurait pu tout d'abord le supposer (1). Sans doute c'est 
toujours l'hémisphère austral qui demeure en possession de la 
plus grande part de formes spécifiques. Néanmoins le continent 
Asiatique et les grandes îles dont est formé le Japon peuvent, 
dès maintenant, en revendiquer 35 espèces pour leur flore, chiffre 
qui serait plus élevé si le quart des espèces signalées dans ces 
régions ne devait, après examen, être reléguées au rang de 
variétés ou même de simples formes. 

Ce chiffre de 35 espèces est réparti entre 10 genres qu'on 
pourrait sans doute réduire à 8, par l'adjonction des Peiiya et 
des Macroclim'dium aux Ai'nslïœa, comme l'a fait M. Bâillon, 
mais que je conserve, provisoirement du moins, parce qu'il est 
toujours facile de les distinguer. 

Sur ces 10 genres, 7 n'ont pas de représentants en dehors du 
continent Asiatique, de la petite île de Hong-Kong et du Japon; 
ce sont : Leucomeris , 2 esp. (Himalaya) ; Nouelïa, 1 esp. (Yun- 
nan); Ainsliwa, 14 esp. (Himalaya 4; Chine 5, dont 1 hima- 
layenne; Japon 5); Pertya, 2 esp. (Japon (2); Afghanistan); 
Macrocliuidium , 2 esp. (Japon) ; Myripnois, 2 esp. (Chine sept, et 
Mongolie); Catamzxïs, 1 esp. (Himalaya). 

Les 3 autres genres se retrouvent dans l'Afrique tropicale ou 

I 

i.Cf. Miquel, Prolusio Florx Japoniae ,- F ranchet et Sa vatier, Enu meratio 
plantarum in Japonia sponte crescentium ; Savatier, Sur les Mutisiacées die 
Japon ; C. B. Clarke, Composite Indicée ; J. D. Hooker, The Flora op Britisk 
India. C'est surtout avec ces différents ouvrages qu'on se rendra compte de 
l'accroissement numérique des Mutisiacées asiatiques. 

2. Je n'attribue ici qu'une seule espèce de Pertya au Japon parce que je con- 
sidère le' P. ovata Maxim, seulement comme un état particulier du P. scandons 



66 JOURNAL DE BOTANIQUE 

australe, mais non pas toujours sous des formes spécifiques dif- 
férentes; ce sont : Dicoma, i esp. (Inde et Afrique tropicale); 
Hochstetteria, i esp. (Scinde, Arabie et Nubie); Gerbera, 9 esp. 
dont une seule, G. piloselloides, est répandue dans toute l'Afri- 
que australe. 

Au point de vue du nombre des espèces, la région hima- 
layenne, l'Afghanistan et la péninsule Indienne en possèdent 15, 
dont 3 existent aussi sur le continent Africain : Dicoma tomen- 
tosa, Hochstetteria Schimperi et Gerbera piloselloides ; 2 leur 
sont communes avec la Chine : Ainslisea pteropoda et Gerbera 
piloselloides. 

Le Yun-nan et les provinces du centre de la Chine, d'ailleurs 
encore très imparfaitement connues, possèdent 10 espèces, dont 

2 citées plus haut se retrouvent en Chine, et une autre, Gerbera 
Anandria, est dispersée depuis le Japon jusque dans la Sibérie. 

L'île de Hong-Kong n'a que 2 espèces; l'une, Gerbera pilosel- 
loides , commune à F 'Asie et à F Afrique tropicale, l'autre, Ainsliœa 
fragrans, qui a été observée aussi sur le continent Chinois . 

Le nord de la Chine, la Mongolie et la Sibérie n'ont que 

3 espèces; les 2 Myripnois sont très localisés, l'un dans la région 
de Pékin, l'autre dans le Kansu; le Gerbera Anandria est 
largement dispersé, comme on l'a vu plus haut. 

Enfin le Japon possède 9 espèces, toutes autonomes, à l'ex- 
ception du Gerbera Anandria . 

En résumé, d'après les données actuellement acquises, sur un 
total de 35 espèces, 31 sont absolument propres à l'Asie orien- 
tale. Il est à présumer que des recherches ultérieures modifieront 
ces chiffres, en les accentuant plus encore dans le sens de l'auto- 
nomie des types spécifiques. 

Nouei.ia (1), Gea. nov. — PL II. 

(Gerbereœ.) Flores homomorphi, omnes hermaphroditi ; corollai 
raclii bilabiatae, labio antico longe ligulato, patente, tridentato vel 
trilobo, lobo postico bifido, lobis linearibus circinatis ; corollae disci 
ex ambitu ad centrum sensim minus distincte bilabiatae, centrales 
subaequaliter 5-fidaî, lobis linearibus revolutis ; antherarum auriculae 
longe caudatae, ciliatae; stylus glaber apice breviter bifidus, lobis 

1. A la mémoire de M. A. -A. Nouel, directeur du Musée d'Orléans, zélé natu- 
raliste auquel la Flore du Loiret est redevable de découvertes importantes et 
que la mort a enlevé à ses nombreux amis le 25 décembre 1887. 



A. Franchet. — Les Mutisiacées du Yun-Nan. 6y 

leviter incrassatis, apice diu conniventibus ; achaenia oblonga, costata 
(matura non vidi), adpresse sericeae ; pappi setae uniseriatae, achgenio 
longiores, scabrae, sordide albescentes. — Frutex vel arbor parva, 
ramosa, tortuosa ; rami novelli striati, glabri, apice tantum tomentelli, 
cordce pallido vel fusco ; folia alterna, pedolata, intégra ; capitula 
magna, multiflora, ad apicem ramulorum solitaria ; involucrum cam- 
panulatum, squamis coriaceis, exterioribus ovatis brevibus, gradatim 
longioribus, multiseriatis ; receptaculum plano-depressum, glabrum, 
areolis elevatis. Species i chinensis, e regione subalpina yunnanensi. 

Leucomerïs, genus himalaicum affine, jam differt inflorescentia 
corymbosa et praesertim capitulis discoideis, corollis omnibus regula- 
ribus, nec bilabiatis exterioribus radiantibus ; folia in utroque génère 
simillima. 

N. insignis. — Folia petiolata, e basi rotunda lanceolata acuta vel 
parum obtusa, subtus tenuiter albo-tomentosa, supra glabra ; capitula 
erecta inter folia suprema sessilia, e basi obtusa campanulata; squamae 
tomento pallide fulvo vestitae, acutae, exteriores abbreviatae ovato- 
deltoideae, interiores anguste lanceolata; ; llores albi, radiantes paten- 
tissimi. 

Frutex vel arbor 3-5 metr., ramis pennae corvinae crassitie ; petiolus 
2-^ cent. ; limbus 8-15 cent, longus, 3-5 cent, latus; capitulum 20-25 
mill. basi latum ; ligula llorum radii 15-18 mill. longa. 

In silvis et collibus apertis circa Tapin-tze ; fl. 14 mart. 18S7 
(Delavay, n. 2498, 619 et 245.) 

Gerbera Gronov. 

G. raphanifolia, sp. nov. — Rhizoma crassum, lignosum, ad 
collum fulvo-lanuginosum ; folia ambitu oblongo-lanceolata, glaber- 
rima, ampla, pedunculum subaequantia, runcinata, petiolo brevi late 
alato, lobis dissitis, ovato-dimidiatis vel subtriangularibus, lobo ter- 
minali amplo, e basi late truncata ovali-deltoideo, duplicate dentato, 
dentibus argutis, vel subinciso, lobulis reflexis ; pedunculus basilaris, 
monocephalus, laxe araneosus, praesertim in parte superiore bracteolis 
adpressis lineari subulatis conspersus ; capitulum campanulatum, inferne 
paulo attenuatum, squamis scariosis multiseriatis gradatim longiori- 
bus, exterioribus linearibus, interioribus lanceolatis, longe acuminatis, 
margine et apice purpurascentibus ; corollae radii rubescentes, eximie 
bilabiati, ligula elongata ; flores disci albi ; achaenia pilosula, pappo 
sordide rufescente, pilis scabridis. 

Pedunculus 3-5 decim., incluso petiolo, lobo terminali usque 10-15 
cent, longo, 6-10 cent, basi lato ; capitulum diam. circiter 2 cent. 

In silvis ad Mo-che-tsin (Delavay, n. 597, 1922). 

Port du G. macrophylla Benth., dont il est d'ailleurs très dif- 



68 JOURNAL DE BOTANIQUE 

férent par ses feuilles lyrées, tout à fait glabres, à pétiole ailé 
à peine distinct du limbe. Celles du G. macrophylla ont leur 
pétiole toujours plus long que le limbe, très étroitement ailé, 
avec quelques lobules très petits qui, le plus souvent, font 
complètement défaut. 

G. ruficoma, sp. nov. — Folia longe peliolata, petiolo anguste 
alato, supra glabra, subtus albo-tomentella, lirabo ambitu oblongo, 
paucilobo, lobis lateralibus subcontiguis (sinu obtuso interjecto), 
rotundatis, lobo terminali multo majore, repando-crcnato ; pedunculus 
foliis multo longior, bracteis subulatis sparsis vestitus, praesertim 
apice albo-lanuginosus ; eapitulum ovato-campanulatum, squamis 
pauciseriatis, mollibus, albo-lanuginosis, exterioribus multo brevio- 
ribus lineari-subulatis, interioribuslinearibus pappum intense violaceo- 
rufum sensim superantibus ; achamia sericea. 

Folia 10-30 cent, longa, incluso petiolo limbumsubsequante ; pedun- 
culus usque 50 cent, longus, gracilis ; eapitulum 15 mill. diam. 

Inter dumeta in monte Che-tcho-tze, supra Tapin-tze ; io oct. 
1882 (Delavay). 

Rappelle beaucoup le G. Runzeana; il s'en distingue surtout 
par ses écailles involucrales lanugineuses, linéaires, subulées et 
dépassant assez sensiblement l'aigrette qui est d'un roux-brun, 
avec des reflets violacés. 

G. Anandria Schult. Bip. in Walp., Rep., vol. II, p. 782. 

In pratis montanis ad Tchen-fong-chang ; maj. 1882 (Delavay, 
n. 629; forma autumnalis) ; in pascuis ad collum montis Lo-pin- 
chan, ait. 3200 m. ; maj. 1886 (id. n. 2065); in calcareis montis Che- 
tcho-tze, supra Tapin-tze, ait. 2000 m. (forma vernalis). 

Le G. Anandria n'avait pas encore été signalé dans la région 
himalayenne où il paraît être remplacé par le G. nivea Benth. 

G. Delavayi, sp, nov. — Rhizoma lignosum ; folia coriacea, 
crassiuscula, supra mox glabrata, pallide virentia, subtus dense niveo- 
lanuginosa, petiolo anguste alato cum lobulis nonnullis dissitis sensim 
abeuntibus in lobum terminalem multo majorem, e basi truncata vel 
leviter cordata vel etiam levissime producta lanceolatum, acutum vel 
obtusum, margine subintegrum vel leviter sinuatum, nunc repando- 
crenatum vel dentatum, dentibus mucronulatis retrorsis ; pedunculus 
folia paulo superans, rigidus, lanuginosus, bracteis subulatis minutis 
conspersus ; eapitulum e basi conica campauulatum, squamis coriaceis 
multiseriatis, gradatim majoribus, arcte adpressis, dorso lanuginosis, 



A. Fran'chet. — Les Mutisiacccs du Yuu-Nan. 6g 

margine et apice violaceis, exterioribus ovatis, interioribus lanccolatis 
acutis ; flores heterogami, raclii fœminei, disci hermaphroditi, omnes 
bilabiati ; eorollae radii iigulatae, labio interiore bifide-, staminibus ad 
fi lamenta 4 apiee leviter clavata adductis ; eorollae disci brevius Iigu- 
latae, ligula fissa, lobis omnibus linearibus ; achaenia setulosa, apice 
truncata nec attenuata ; pappi setae scabridae, albidae, mox rufescentes. 

Folia, incluso petiolo, 15-20 cent, longa, lobo terminali 8-12 cent.; 
pedunculus 20-50 cent.; capitulum 25 mill. (parte latiore), diam., cum 
ligulis expansis. fere 3 cent. 

In silvisad Choui-tsin-yn, ait. 1800 m. (Delavay, n. 1918). 

Très belle espèce, à capitule largement rayonnant. Les 
feuilles sont encore plus coriaces que celles du G. lanuginosa et 
d'une forme sensiblement différente, moins nettement lobées- 
lyrées, le lobe terminal, dans le G. Delavayi, paraissant au pre- 
mier coup d'ceil constituer toute la feuille ; la forme des écailles 
de l'involucre est aussi tout autre dans les deux espèces, celles 
du G. lanuginosa étant assez molles, plus tomenteuses et linéaires- 
lancéolées. 

Ainsllea D C. 

A. pteropoda DC, Prod. vu. p. 14; Hook. fil., FI. of. Brit. Ind. 
m, p. 388. 

Var. obovata: — Caulis erectus, simplex, gracillimus, parce brac- 
teatus ; folia basilaria papyracea, subsessilia, late obovata, sparse 
pilosa, subtus vix pallidiora ; capitula solitaria, remota, omnibus 
bractea minuta suffultis. 

In silva Mo-che-tchin, supra Tapin-tzé, ait. i8o"> m. (Delavay, 
n. 1921). 

Var. platyphylla. — Folia tenuiter papyracea, parce villosa vel 
glabrescentia, vix discoloria, longe petiolata, petiolo late alato ; lim- 
bus profunde cordatus, late ovatus, obtusus ; capitula solitaria vel 
gemina, nunc ramulo abbreviato aggregata. 

In silvis montanisad Mo-che-Tehin, supra Tapin-tze; 30 nov. 1886 
(Delavay, n. 1029) ; in quercetis supra Mi-chaï-lo, prope Tapin-tze ; 
3 oct. 1882 (Delavay, n. 607). 

Var. leiophylla. — Folia firma, crassa, limbo ovato abrupte in 
petiolum alatum producto, utraque facie levissimo, nunc glabro, nunc 
ad nervum médium pilis longis rufis parce vestito ; caulis paucifolia- 
tus, foliis parvis ; inflorescentia inferne ramosa. 

In monte Che-tcho-tze, supia Tapin-tze, 3 oct. 1882 (Delavay, 
n. 608). 

La variété obovata est bien caractérisée par ses larges feuilles 



7 o JOURNAL DE BOTANIQUE 

obovales arrondies au sommet, à pétiole ailé peu distinct du 
limbe. La variété platyphylla se distingue des formes de l'Hima- 
laya par le limbe élargi, cordiforme, de ses feuilles minces, à 
réseau de nervures peu saillant. Enfin la variété leiopJiylla paraît 
bien caractérisée par ses feuilles épaisses absolument dépourvues 
sur les deux faces de poils et d'aspérités. 

A. Yunnanensis, sp. nov. — Rhizoma abbreviatum ad collum 
dense lanatum ; caulis virgatus simplex, lanuginosus ; folia basilaria 
adpresse villosa, longe petiolata, petiolo aptero ; limbus lanceolatus 
vel ovato-lanceolatus, basi breviter secus petiolum productus, supra 
tuberculis setiferis asperatus, subtus albescens et pnesertim ad nervos 
strigoso-pilosus ; folia caulina pauca (i vel. 2) basilaribus conformia 
sed multo minora ; capitula triflora, oblonga, secus caulem vel ramos 
abbreviatcs 3-6 conferta, horizontalia vel pendula, unilateralia ; squamœ 
scariosae margine membranaceo et apicepurpurascentes, acutae; flores 
rubescentes ; pappus rufus. 

Caulis 3-6 decim. ; petiolus 1-3 poil., limbo usque duplo longior. 

In silvis montis Che-tcho-tze, supra Tapin-tze ; 3 oct. 1882 (Dela- 
vay, n. 608). 

Voisin de VA. pteropoda, dont il a les capitules, il en diffère 
surtout par ses pétioles grêles et non ailés. \J A . angitstifolia a 
les feuilles plus étroites et plus longuement atténuées, caractères 
d'une valeur assez médiocre, mais en même temps ses capitules 
sont une fois plus petits. L'A. lancifolia, de Moupine, s'éloigne 
davantage par ses feuilles lisses, bordées de dents calleuses et 
par ses capitules pédicellés moitié plus petits, assez semblables à 
ceux de VA. angustifolïa. 

A. pertyoides,sp. nov. — PL III. — Frutex humilis pilis rufis stri- 
gosishirtellus, ramosissimus, ramis virgatis, distichis, plus minus paten- 
tibus; folia secus ramos conferta, disticha, brevissime petiolata, e basi 
cordata ovata vel lanceolata, acuminata, obscure paucidentata cum 
mucronibus callosis nonnullis secus marginem, supra glabrescentia, 
subtus pilis rufescentibus adpressis ad margines magis densis vestita ; 
ramuli floriferi 2-6-cephali, omnes axillares, foliis duplo breviores vel 
inferiores illa subsequantes ; capitula nunc erecta, nunc pendula, tri- 
flora, oblongo-lanceolata ; squamae 4-5 seriatae, scariosae cum margine 
membranaceo, glabrae; flores rosei ; pappus sordide albus, selis longe 
phimosis; achaenia sericea. 

Frutex 60-S0 cent. ; folia pollice vel sesquipollice longa, petiolo 
2-3 mill. 



H. Douliot. — Sur le périderme des Légumineuses. 71 

In duraetis, solo calcareo, ad fauces Kien-miii-keou prope Mo-so- 
yn; 23 jan. 1SS5 (Delavay, n. 1218) ; in umbrosis silvarum ad Pee- 
tsao-lo, supra Mo-so-yn ; 9 april 1886 ; in silvis ad Ta-long-tan prope 
Tapin-tze, ait. iSoom. ; 20 jan. 1887 (Delavay, n. 2313). 

Très singulière espèce d'un aspect tout différent de celui des 
Ainsliasa connus jusqu'ici. Il ressemble plutôt à un Pertya; 
mais il n'en a ni les capitules, ni l'aigrette à poils seulement 
scabres. 

EXPLICATION DES PLANCHES 

Planche II. — Nouelia insignis Franch. — a. Section longitudinale du 
capitule. — b. Fleur du rayon. — b' Fleur du disque. — d. Portion supé- 
rieure du style. — e. Anthère. — /. Poil de l'aigrette. 

Planche III. — Ainslisea perfyoides Franch. — a. Capitule. — b. Fleur. — 
c. Anthère. — d. Portion supérieure du style. — e. Akène avec son ai- 
grette. — f. Poil de l'aigrette. 



SUR LE PERIDERME DES LEGUMINEUSES 

Par M. H. DOULIOT 

On sait que, dans la famille des Rosacées, on peut distinguer 
quatre groupes de plantes chez lesquels le périderme se forme 
en des endroits différents de la tige ; trois de ces groupes corres- 
pondent à des tribus parfaitement limitées déjà, tandis que le 
quatrième contient toutes les autres tribus de la famille : le péri- 
derme des Pomacées prend naissance dans l'épiderme, celui des 
Amygdalées dans l'assise sous-épidermique, l'exoderme, celui 
des Rubées dans l'endoderme, tandis que le périderme des Fra- 
gariées, Potentillées, Rosées, Sanguisorbées, etc., se forme aux 
dépens du péricycle. Ce résultat m'a conduit à rechercher si 
d'autres familles n'étaient pas susceptibles d'être ainsi divisées 
en plusieurs groupes, d'après l'origine du périderme, ou du moins 
dans quels cas l'origine du périderme serait un caractère anato- 
mique bon à invoquer dans le classement des plantes. J'ai pris 
la famille des Légumineuses pour exemple et mes études ont 
porté sur une trentaine de genres de cette famille. 

I. Périderme êfiidermique. — Rarement le périderme se 
forme aux dépens des cellules épidermiques. C'est cependant un 
cas que l'on peut observer dans le Sarothamutts scoparius et 




Fig. i. — Périderme du 
Myroxylon Perdra. 



72 JOURNAL- DE BOTANIQUE 

dans le Myroxylon Pereira (fig. 1). Dans une branche âgée d'un 
an de Myroxylon on peut observer un périderme formé exté- 
rieurement de liège centripète sub. dont les cellules restent plates 

et conservent généralement leurs parois 
minces, et d'un phelloderme centrifuge 
qeaucoup moins abondant. Les files de 
cellules du liège et du phelloderme sont 
disposées en séries radiales parfaitement 
régulières. Ce périderme se forme norma- 
lement quand l'épiderme n'a subi aucune 
meurtrissure ou que les cellules ne sont 
pas déjà spécialisées. Aux points où exis- 
taient des stomates ce ne sont point les cellules épidermiques 
qui se cloisonnent pour fournir le périderme, mais celles de la 
deuxième ou troisième assise corticale. En ces points le suber 
fourni plus abondamment et moins régulièrement se dissocie 
comme on sait pour former des lenticelles. 

II. Périderme cxodernu'que (1). — Ce deuxième cas nous a été 
offert par un bien plus grand nombre de genres que le premier : 
Hyi7i f, iicra Courbaril, Copaifera Langdolfii, Dalbergia stipula- 
cea, Inga biglaudulosa, Pterocarpus Marsupium , Geoffrsea iner- 
mis , Albyzzia eburnea, Bauhinia racemosa, etc. 

Dans V Hymentea Courbaril, comme dans la majorité des cas, 
le liège conserve minces les parois de ses cellules souvent tabu- 
laires, les cloisons tangentielles étant plus rapprochées les unes 
des autres que les parois radiales des cellules mères du péri- 
derme. Parfois cependant des cloisons radiales divisent les cel- 
lules de l'assise génératrice et le liège formé présente une forme 
cubique. Le phelloderme n'a que deux ou trois assises de cellules 
alors que le liège en a une douzaine, et ces cellules se remplissent 
de cristaux d'oxalate de chaux comme ceux qu'on rencontre si fré- 
quemment dans l'endoderme des Légumineuses. Les mêmes phé- 
nomènes peuvent être observées dans le Copaifera Langdolfii. 
Dans le Dalbergia stipula cea , le liège épaissit très for- 
tement ses cloisons tangentielles, tandis que les cloisons radiales 
restent beaucoup plus minces. 



1. Nous désignons, conformément à la nomenclature proposée par M. Vuille- 
min, l'assise sous-épidermique par le nom <Xexoderme et le périderme qui s'y 
forme par le nom de périderme exodermique. 




Fig. 2. Péri lerme «le Vli/g-a biglandttlosa. 



H. Douliot. — Sur le pêriderme des Légumineuses. 73 

Dans Y Inga biglandttlosa (fig. 2), les cellules du liège gardent 
leurs parois minces, tandis que celles du phelloderme s'épaissis- 
sent fortement sur toute' leur surface et se lignifient. L'assise gé- 

entière en cessant de 
fonctionner après avoir 
produit une demi-dou- 
zaine d'assises subéreu- 
ses, tandis que l'assise 
corticale sous-jacente 
allonge ses cellules ra- 
dialement et les cloisonne tangentiellement pour fournir un se- 
cond pêriderme suppléant le premier. 

Dans le Geoffrsea 
inermis, l'écorce sou- 
lève çà et là l'épiderme 
en émergences qui por- 
tent des poils. En ces 
points, ce n'est pas l'exo- 
derme qui se cloisonne, 
mais l'assise corticale 
placée sur le prolonge- 
ment des arcs d'exoder- 
me non soulevé (fig. 3). 

Dans le Bail lu m'a raccmosa , le pêriderme ne se forme pas 
régulièrement sur toute la périphérie de la tige : nul en certains 
points, il est très épais en d'autres et quelquefois même plusieurs 
assises corticales, outre l'exoderme, prennent part simultanément 
à sa formation. 

III. Pêriderme cortical. — Il faut faire deux groupes parmi 
les Légumineuses dont 



le pêriderme se forme 
dans l'écorce, suivant 
qu'elles sont arbores- 
centes ou qu'elles ne le 
sont pas. Dans le pre- 
mier groupe se placent 
le Gleditschia , le Cyti- 
sus, le Robiuia, seules 




Fig. 3. Pêriderme du Geoffrœa inermis. 




Fig. 4. Pêriderme du Cytisùs Labumum. 




Fig. 5. Périderme de 1' ' Onobrychis pctnca (tigr aérienne 



74 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Légumineuses étudiées par Sanio (i), et dans lesquelles le] péri- 
derme se forme aux dépens de l'assise corticale placée immédia- 
tement sous l'exoderme (fig. 4) ; dans les autres, le périderme se 
forme soit irrégulièrement dans l'écorce, soit dans l'endoderme. 
Dans les tiges souterraines du Lotus corm'culatus , du Cz'cer 
arielinum, du Galega orientales > du Trifolium alpestre, M. Cos- 
tantin(2) a observé la formation du périderme aux dépens de l'en- 
doderme lui-mê- 
me et ses expé- 
riences prouvent 
que le périder- 
me se développe 
beaucoup plus 
tôt et plus rapi- 
dement dans les 
tiges souterrai- 
nes que dans les 
tiges aériennes des mêmes plantes. J'ai pu observer que dans 
ces mêmes exemples le phelloderme renij li d'amidon prenait un 
développement bien plus considérable sous terre que dans les 

i .meaux aériens, mais 
t n voulant étendre mes 
observations à un plus 
grand nombre de gen- 
1 es j'en ai trouvé chez 
<jui le périderme n'of- 
1 . re pas la même régu- 
larité, ni dans la posi- 
1 on des cellules mères, 
ni dans leur mode de 
cloisonnement. Dans 
1 ' Onoiifs rotundifolici , 
V OiwbrycJiis pétrie a , 
le Medicago satz'va, 

Fig. 6. Péridermede i Onobrychis petrxa{\\%£ souterraine;. ' HlpPOCI'CplS tOinOSCl , 




■Lv» - 



1. C. Sanio, Vergleichende Untersuchungen ûber den Bau und die Emwicke- 
luug des Korkes, Pring-sheim's Jahrbucher fur wisse schaftliche Botanik, 1860. 

2. J. Costantin. Etude comparée des tiges aérien, .'es et souterraines, Ann. se. 
nat., Bot., 5 e s., t. XVI, 1883. 



H. Douliot. — Sur le périderme des Légumineuses. 75 

V Orobus tuberosns , le Lalhyrits grandifloms, etc., c'est rarement 
l'endoderme qui présente les premiers cloisonnements tangen- 
tiels du périderme ; souvent même ce sont des cellules du milieu 
de l'écorce {Onobrychis petrœa). Les cloisonnements sont sou- 
vent irréguliers, obliques, surtout dans le phelloderme, dont 
les éléments s'arrondissent et se dissocient. Les faisceaux fo- 
liaires écartés du centre de la tige ont leur endoderme propre ; 
le périderme qui se forme en dehors d'eux se fait aux dépens de 
leur endoderme, mais à droite et à gauche ce sont des cellules 
quelconques de l'écorce qui sont génératrices du périderme. 
Souvent aussi c'est une assise voisine de l'épiderme qui fournit 
le périderme, notamment dans les tiges aériennes de Coronilla 
et & Onobrychis, tandis que, dans les tiges souterraines de ces 
mêmes plantes, le périderme se forme plus profondément dans 
l'écorce (fig. 5 et 6). 

IV. Périderme péricyclique. — Le périderme se forme dans 
certaines espèces aux dé- 
pens des cellules du péri- 
cycle; telles sont le Co- 
lutea arborescens , Y Ulex 
européens et le Soja his- 
pida (fig. 7). Il y a deux 
zones à considérer dans le 
péricycle : une zone ex- 
terne fibreuse et une zone 
interne parenchymateuse. 
C'est dans la zone interne 
parenchymateuse qu'une 
assise de cellules en con- 
tact avec les fibres al- 
longe radialement ses cellules et les cloisonne tangentiellement 
pour fournir un liège et un phelloderme abondants. Le liège du 
Cohitea arborescens est formé de cellules très plates, mortes de 
bonne heure, et très abondantes, tandis que dans le Soja hispida 
les éléments sont à peu près isodiamétriques, du moins dans les 
cas que j'ai pu observer. 

Dans les plantes que nous venons de passer en revue, où se 
rencontrent tous les cas de formation du périderme dans un 




Fig. 7. Périderme du Soja hispida. 



76 JOURNAL DE BOTANIQUE 

tissu primaire, existe-t-il une relation entre cette formation et 
les autres caractères morphologiques qui ont permis d'établir les 
tribus actuellement adoptées? 

Le fait d'avoir un périderme épidermique ne permet aucun 
rapprochement entre le Myroxylon, qui possède une quarantaine 
de canaux sécréteurs, et le Sarôtkamnus, qui en est totalement 
dépourvu; dans la tribu des Galegées de Bentham et Hooker, 
nous rencontrons le Robïm'a, chez qui le périderme a pour as- 
sise génératrice la deuxième de l'écorce, X Astragahis, où le pé- 
riderme se forme soit dans l'écorce, soit dans l'endoderme, le 
Galega, où il se forme dans l'endoderme, et le Colutea, où il se 
forme dans le péricycle. Dans les tribus des Hédysarées, des 
Trifoliées, des Lotées, l'homogénéité est plus grande : c'est 
dans l'écorce, au voisinage de l'endoderme, que le périderme 
se forme chez ces plantes. Il en est de même chez les Viciées. 
Dans les Dallbergïées, les Césalpiniées , les Mimosées, le péri- 
derme se forme aux dépens de l'exoderme, sauf dans le Gledit- 
schia, où il appartient à la deuxième assise corticale. A cause 
de toutes ces variations, le périderme dans la famille des Lé- 
gumineuses ne saurait entrer en ligne de compte pour la divi- 
sion de la famille en tribus ; c'est tout au plus un caractère 
générique. 

•*• 

LA FLORE PARISIENNE 

Au commencement du XVII" siècle 
d'après \J Enchiridiur/i botanicum parisietise de jacob cornuti (Suite) 

Par M. Ernest ROZE 

Onopordum Acanthium L. {*Acanthium). Pcr margines viarum. 

Cirsium acaule AU. (Carduus acaulis se p t cutrionalium). Butte de Sèvres. 

— anglicum Lob. (* Cirsium anglicum). Meudon, in pratis irriguis. 

— oleraceum Scop. (ij [Cirsium aHcru.ni s. Carduus pratensis Tragi). 
Ibid. 

Carduus erispus L-. (2) (Carduus vulgaiissimus viarum). Per margines 

viarum. 
Centaurea nigra L. (*Jacea nigra vulgaris). Gentilly, in prato. 

— Cyanus L. (*Cyanus vulgaris)-. Inter segetes. 

1. Cirsium palustre G. 

2. Carduus nutans G. 



E. Roze. — La Flore parisienne au commencement dn XVII e siècle. 77 

Centaurea Calcitrapa L. (Carduus stellatns s. Calcitrapa. — Chaussetrape.) 

Per margines viarum. 
Centaurea ? (Stœbe capitata). Chaillot. 

— Jacea L. ? (Stiebe vulgaris). B. de Boulogne. 
Carthamus lanatus L. (Attractilis). Chaillot, in scrobibus. 
Serratula tinctoria L. (* Serralula Matthioli). B. de Boulogne. 
Carlina vulgaris L. (Acarnœ varietas). Chaillot, in scrobibus. 

Lappa major Gïertn. (* Lappa major s. Persouata. Bardana). B. de Bou- 
logne. 

Lapsana communis L. (*Lampsaua). Per margines viarum. 

Cichorium Intybus L. (*Seris silvestris s. Cichorium silvestre). Id. 

Hypocharis radicata L. (Hieracium longius radicatum). B. de Boulogne. 

Leontodon autumnalis L. (Hieracium minus prxmorsa radice) . Id. 

vScorzonera humilis L. ? (*Scorsonera pratensis). Gentilly, in prato, sec. 
rivulum. 

Tragopogon pratensis L. (* Tragopogon luteum ma/us). Ibid. 
— ( Tragopogon minus). Chaillot. 

Sonchus oleraceus L. et S. asper Ail. ('Soncktis ziterque). Per margines 
viarum. 

Chondrillea Juncea L. (Chondrilla viminea). Mont Valérien, per viueas. 

Taraxacum Dens Leonis L. ( Taraxacon s. Deus leom's). Per margines 
viarum. 

Hieracium Pilosella L (Pilosclla). Couv. des Chartreux. 

— umbellatum L. (1) (Hieracium Sabaudum). B. de Boulogne. 

— murorum L. (Pulmonaria Gallorum). Id. 

Ambrosiacées. 

Xanthium Strumarium L. (*Xautln'um s. Lappa miuor). La Roquette. 

• Campanulacées. 

Campanula rotundifolia L. {Campa uula rotuudifolia). Mont Valérien, iuler 

saxas pullulât. 
Campanula glomerataL. (* Trac lie h uni minus). Butte de Sèvres. 

— Trachelium L. (Trachclium s. Cervicaria). Chat de la Chasse, 
in 1er silvas. 

Campanula RapunculusL. {*Rapuntium minus) .Meudon, in lacis edilioribus. 
Phvteuma spicatum L. (Rapuntium majus s. Alopecuroides). Chat, de la 
Chasse, iuler silvas. 

Cucurbitacées. 

Bryonia dioica Jacq. [*Bryonia s. Vitis alba). Meudon, in edilioribus loch_ 

Cucumis Melo L. {Melo). Aubervilliers [Cuit.]. 

Cucurbita Pepo Ser. (Pepo). Id. [Cuit.]. 

Cucurbita (Cucurbita, omnis generis). Id. [Cuit.]. 

Vacciniées. 
Vaccinium Myrtillus L. et V. Vitis-kkea L. (* Vacciuia uigra et rubra). 
Saint-Prix. 

1. Hieracium Sabaudum G. 



78 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Ericinées. 

Erica scoparia # L. {Et ica se o paria flosçulis herbaceis). Saint-Prix. 

— cinerea L. (i) {Erica pumila). Saint-Prix. 
Calluna vulgaris Salisb. ? (Erica flore purpura/i/c)AA. 

Pyrolacées. 

Pyrola rotundifolia L. (* Pyrola s. Limonîum Cordi). Chat, de la Chasse, 
inter si /va s. 

Primulacées. 

Lysimachia vulgaris L. [Lysimachia hitea s. Salicaria trifolia et quadri- 

folia). Gentilly, in prato. 
Lysimachia Nummularia L. (Nummularia). Ibid. 
Anagallis phaenicea Lam. {* Anagallis phxnicca mas). Inter segetes. 

— cserulea Lam. (^Anagallis cœrulea fœmiua). Id. 
Samolus Valerandi L. (2) {Anagallis aquatica altéra). Montmorency, in 

stagnantibus aquis. 
Hottonia palustris L. (Myriophyllum equisetifolium). Ibid. 

Oléacées. 

Ligustrum vulgare L. (Liguslru7n). Saint-Prix. 

Fraxinus exeelsior L. (Fraxinus). Chat, de la Chasse, inter silvas. 

Apocynées. 
Vinca minor Mcench (*ClematiS Daphnoides s. Pervinca). Saint-Prix. 

Asclepiadées. 

Vincetoxicum officinale Mœnch(* Asclepias s . Hirundinarid). B. de Boulogne. 
— var... ? {Asclepias non script uni, foliis nigris, in 

summo t/ispidis). Mont Valérien, in vertice.' 

Gentianées. 

Gentiana lutea L. (*Gentiana uiajor). Saincte René {sic). (3) 

Cruciata L. {Gentiana Cruciatd). Fontainebleau. 

Pneumonanthe L. (4) {Pneumonanihe). Butte de Sèvres. 

Chlora perfoliata L. (Centanrium luteum perfoliatum). Montfaucon. 
Erythrsea Centaurium Pers. {Centanrium minus flor. rubris). B. de Bou- 
logne. 
Menyantbes trifoliata L. (Trifolium paludosum). Gentilly, in prato sec. 
rivulum. 

Convolvulacées. 

Convolvulus sepium L. (*Smilax Icevis). Meudon, in editioribzts locis. 

arvensis L.' (* Convolvulus minor purpureus). Ibid. 

Cuscuta europaeaL. {*Epitkymbra s. Cassitha). Montmartre. 

1. « Nascentem hanc vidi... supra Lutetiam Galliae. » (Clusius, Hist. p. 43.J 

2. Anagallis tenella G. 

3. Aucun village de ce nom aux environs de Paris. 

4. Gentiana germanica G. 



Chronique. 7q 

Boraginées. 

Borago ofticinalis L. ( *Eckium s. Borrago officinarum). Per margines 
viarum. 

Symphytum officinale L. {Symphytum majus). B. de Boulogne. 
— i * Symphytum majus offic. s. Consolida major). Id. 

Pulmonaria angustifolia L. ( *Pulmonaria maçtilosd). Ici. 

Lithospermum officinale L. (* Lithospermon minus jlorealbo, purpurante). 
Inter segctes. 

Lithospermum purpureo-caeruleum L. (* 'Lithospermon ma jus). B. de Bou- 
logne. 

Myosotis palustris With. (Alsiue Myosotis scorpioides). Gentilly, in prato, 
sec. rivulum. 

Cynoglossum officinale L. {*Cynoglossum). B. de Boulogne. 

Asperugo procumbens L. [Alysson germanicum Echioides). St-Prix. 

Heliotropium europsum L. i * Heliotropium majus s. Verrucaria). Inter 

segetes. 

Solanées. 

Solanum Dulcamara L. ( *Solanum lignosum s. Dulcamara). Gentilly, in 

prato. 
Solanum nigrum L. (* Solanum hortense s. Morella). Per margines viarum. 
Physalis Alkekengi L. (Solanum Alchekengi). Ivry, per vineas. 
Hyoscyamus niger L. {*Hyoscyaiuus niger). Ibid. 

(A suivre.) 



CHRONIQUE 

Société botanique de France (Séance du 24 février 1888). — M. Camus 
entretient la Société de quelques espèces critiques du genre Pote7itilla dans la 
flore parisienne (P. nemoralis, P. rnixta.). 

M. Rouy rend compte d'excursions botaniques en Espagne. 

M. de Sevnes fait une communication sur la nature du Fibrillaria subterranea, 
qui n'est autre chose que le Cercomyces terrestris, espèce très rare trouvée à 
Meudon et dans le centre de la France. Il espère montrer bientôt à la Société 
que ce n'est pas une espèce autonome, mais probablement une forme conidiophore 
d'un Polypore. 

M. Chastaingï adresse une énumération des Rosiers croissant spontanément 
dans le département de l'Indre, et M. Le Grand un Essai de réhabilitation des 
genres de Tournefort. 

M. Dangeakd fait part de ses observations sur les Cryptomonadinées. Il n'a 
pas reconnu chez ces êtres la structure compliquée que leur attribue M. Kunstler, 
et il serait assez tenté de les rapprocher des Algues. 



Société dés Sciences de Nancy (Séance du I er février 1888). — M. Fliche 
entretient la Société de recherches faites par MM. Bleicher, Barthélémy et lui- 
même aux environs du château de Lasné, à Villers-les-Nancy. Des travaux de 
terrassement, après avoir traversé 50 à 60 centimètres de terre végétale, ont mis 
à nu des tufs datant de la période actuelle; ceux-ci ont une épaisseur de i m 5o et 



^o JOURNAL DE BOTANIQUE 

en dessous d'eux on a trouvé une couche de tourbe de 80 à 90 cent. Gràce'i 
l'obligeance du propriétaire du terrain, M. de Montjoie, de nombreux échantil- 
lons d'empreintes, ou de débris, soit animaux, soit végétaux, ont été recueilli* 
méthodiquement dans les deux formations ; ils ont donné lieu à des constatations 
intéressantes. Les coquilles sont nombreuses, elles appartiennent toutes à des 
mollusques actuels, à des espèces terrestres ou d'eau douce, aussi bien dans la 
tourbe et du tuf. Une élytre de coléoptère a été trouvée au contact de la tourbe 
et du tuf; elle appartient presque certainement au Plateumaris {Doiiacia) dis- 
color Pa., insecte à peu près confiné aujourd'hui dans la montagne, au moins en 
Lorraine. Les plantes dont on trouve les restes dénotent une flore différente de 
celle qu'on observe aujourd'hui dans les environs. Ces végétaux ont vécu sous un 
climat plus froid et surtout plus humide, ce qui est prouvé par l'abondance du 
Bouleau et du Sureau noir qui n'existent plus à Lasné à l'état spontané. Il 
semble qu'il faille voir dans cette tourbe l'équivalent du lit forestier infé- 
rieur des tourbes de la vallée de la Seine et de ses affluents, ce qui est confirmé 
par la présence de silex taillés des types de la pierre polie. Quant aux tufs, leur 
âge récent est prouvé par leur position et par la présence d'ossements apparte- 
nant aux animaux domestiques, au bœuf notamment. Ils renferment en quantité 
des empreintes de feuilles de Hêtre. Avec elles on ne voit qu'un petit nombre de 
feuilles d'un Erable, probablement le Sycomore; une feuille de Bourdaine a été 
aussi rencontrée. Cette abondance du Hêtre aux environs de Lasné confirme ce 
que l'étude des charbons, conservés dans les tombeaux et les retranchements pré- 
historiques en Lorraine, avait indiqué au sujet du règne presque exclusif de cette 
essence dans les forêts de l'époque actuelle, jusqu'au jour où l'homme en a mo- 
difié profondément les conditions d'existence par les exploitations. On a obtenu 
aussi dans les tufs trois niveaux différents de sols végétaux correspondant évi- 
demment à des périodes de moindre humidité, pendant lesquelles le dépôt de 
carbonate de chaux se trouvait suspendu. Il y a là un fait complètement analogue 
à ceux sur lesquels M. Blytt a si justement appelé l'attention dans les tourbières 
de Norvège. Le dépôt de tourbes et de tufs de Lasné pourra être l'objet d'un 
supplément d'études puisque les travaux en cours seront poursuivis. Dès à pré- 
sent on peut dire qu'il offre un réel intérêt, puisqu'il complète en Lorraine la 
série des couches quaternaires ou actuelles dans lesquelles on a trouvé des docu- 
ments pour l'étude de la flore. Sa place est en effet au-dessus des tufs quater- 
naires qui eux-mêmes sont supérieurs, cela semble de plus en plus certain, aux 
lignites de la même période trouvés à Jarville et à Bois-1'Abbé avec leur végéta- 
tion de caractère franchement boréal. 



M. Bureau, professeur au Muséum, a commencé son cours le samedi 25 février. 
Il traitera, comme les années précédentes, des plantes fossiles et des plantes 
vivantes dans deux séries de leçons. 

Les leçons sur les plantes fossiles phanérogames et leurs affinités dans la 
flore actuelle auront lieu dans le grand amphithéâtre, tous les samedis, à 2 heures 
jusqu'au 21 avril inclusivement, et à midi et demi du 28 avril à la fin du cours. 

Les leçons sur les plantes vivantes porteront sur les familles de plantes dico- 
tylédones gamopétales. Elles se feront au laboratoire de Botanique, 63, rue de 
Buffon, et seront à la fois théoriques et pratiques. Elles commenceront le mardj 
24 avril et se continueront les samedis et mardis suivants. Les feçons du mardi 
auront lieu à midi et demi, celles du samedi à 1 heures et demie. 

Le Gérant : Louis Mokot. 



farts - J MerMfc. nup.. 22, pi. Ddut«rt* Rocherea*. 



2 e ANNÉE N° 6 16 MARS 1888 

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JOURNAL DE BOTANIQUE 



Directeur: M. Louis MOROT 



SUR LA DIVISION DES NOYAUX CELLULAIRES, 
LA DIVISION DES CELLULES ET LA FÉCONDATION 

Par M. Ed. STRASBURGER 

Lors de la publication, en 1875, de la première édition de mon 
livre sur la formation et la division des cellules, je n'ai presque pas 
trouvé de bibliographie botanique à mentionner, et la bibliographie zoo- 
logique ne m'offrit que peu de chose. L'opinion régnant alors était que 
chez les plantes le noyau-mère se dissout et que les noyaux-filles se 
produisent par formation libre, tandis que pour les animaux la divi- 
sion du noyau par étranglement était généialement admise. Mes obser- 
vations, basées sur de nouvelles méthodes, ayant bientôt démontré 
que des différenciations très complexes accompagnent la division nu- 
cléaire, les publications antérieures ne mentionnant pas ces différen- 
ciations perdaient pour moi leur portée. Depuis, l'état des choses a 
bien changé, et la bibliographie qu'il faut connaître et citer a atteint des 
dimensions considérables. C'est que l'éclaircissement de faits aussi 
complexes exigeait le concours de nombreux observateurs, dont les 
efforts réunis n'ont du reste encore réussi qu'à soulever en partie le 
voile qui couvre tous ces problèmes. Ces derniers ont encore gagné de 
l'importance depuis qu'il a été reconnu combien ils sont étroitement 
liés avec ceux de la fécondation et de l'hérédité. Les observations 
publiées tout récemment par les zoologistes sur la division des noyaux 
et sur la fécondation ont suggéré de nouvelles questions qui m'ont 
engagé à reprendre mes recherches interrompues depuis plusieurs 
années. Le but de ce petit travail est de donner un court aperçu de ces 
nouvelles recherches et de leurs résultats. 

On sait que le noyau, dans les plantes supérieures, se montre, 
à l'état de repos, formé d'une charpente d'hyaloplasme dans laquelle 
sont englobées de nombrexises granulations qui absorbent avec avidité 
les réactifs colorants. La charpente, renfermée dans une cavité remplie 
de suc nucléaire, est enveloppée par la membrane nucléaire. Se basant 
sur des recherches microchimiques, Frank Schwarz a proposé 'récem- 
ment d'appeler linine (™ Xt'vov) la substance des filaments hyaloplasmi- 



p 2 JOURNAL DE ROTANIQUP: 

ques et chromatinè celle des granulations; ce sont les termes dont nous 
nous servirons également dans notre travail. Les filaments de linine 
forment de si nombreux replis et s'anastomosent si fréquemment dans 
le noyau à l'état de repos que celui-ci présente l'aspect d'une trame à 
mailles serrées, dont il serait impossible de suivre les fils sur une partie 
un peu longue de leur parcours. Aussi ai-je cru jadis que la cavité 
nucléaire ne contenait qu'un seul filament, et de nombreux observa- 
teurs ont adopté cette manière de voir, qui cependant n'était pas con- 
forme à la réalité. Ce n'est pas, il est vrai, dans le noyau en repos que 
l'on pourra se convaincre du véritable état des choses, mais bien dans 
les prophases de la division, alors que les filaments nucléaires com- 
mencent à se contracter et à s'épaissir. Ce phénomène n'est pas accom- 
pagné, comme je le croyais jadis, de la segmentation d'un filament 
unique, mais seulement de la dissociation de filaments déjà distincts 
dans la charpente. C'est à l'emploi de l'eau de Javelle que je dois d'avoir 
pu tirer cette question au clair. Ce réactif dissout, il est vrai, toutes les 
matières protoplasmiques, mais souvent les filaments nucléaires lui ré- 
sistent plus longtemps que le cytoplasme. Si on l'emploie avec pru- 
dence, on pourra fréquemment observer, après la disparition de la mem- 
brane, la dissociation des filaments. Il est évident que la persistance de 
filaments distincts dans le noyau à l'état de repos donne l'explication 
la plus simple de la constance du nombre des segments dans les stades 
successifs de la division. Il me faut cependant tout de suite ajouter que, 
dans les cellules végétatives, la possibilité d'un changement dans le 
nombre des segments n'est point exclue ; le cas se présente au contraire 
souvent par suite de modifications dans la nutrition ou de la fusion des 
noyaux. Par contre, dans les cellules génératrices le nombre des seg- 
ments reste toujours le même. 

Il a été généralement reconnu que le pouvoir absorbant du noyau 
pour les réactifs colorants augmente pendant les prophases. Ce chan- 
gement provient de ce que la chromatinè y devient alors plus abon- 
dante qu'à l'état de repos. Une étude plus approfondie du phénomène 
nous apprend que la linine diminue en proportion de l'augmentation 
de la chromatinè, de sorte que l'on en arrive à conclure que celle-ci se 
forme aux dépens de la première. Le phénomène inverse se produit 
dans les noyaux-filles, lorsque ceux-ci passent de l'état pelotonné à 
celui du repos : la quantité de chromatinè y est souvent à la fin sensi- 
blement inférieure à celle des segments secondaires du noyau-mère. 

On pourra toujours constater que les cordons nucléaires, lors de leur 
épaississement et de leur contraction pendant les prophases de la divi- 
sion, se différencient en disques de réfraction inégale et ne possédant 
pas le même pouvoir absorbant pour les réactifs colorants. Un examen 



Ed. Strasburgek. — Sur la division des noyaux cellulaires, etc. 83 

attentif nous montre que, pendant la contraction de ces cordons, leurs 
granulations se rapprochent et se fusionnent pour s'enrichir en même 
temps aux dépens de la linine, qui finalement ne forme plus que des 
bandes étroites entre les disques bien plus épais de chromatine. Nous 
voyons ensuite de nouveau le phénomène inverse se produire dans les 
noyaux-filles. La différenciation des filaments en disques aussi régu- 
liers doit être en tout cas considérée comme un préliminaire de leur 
scission longitudinale, rendant seul possible la formation de produits 
vraiment égaux par voie de cette scission. 

On n'a pas jusqu'ici fait assez attention à la forme et à la disposi- 
tion des filaments nucléaires pendant leur contraction. On constate en 
effet que les filaments se montrent alors infléchis en anses à branches 
sensiblement égales, et que leurs courbures sont orientées vers un point 
correspondant au pôle du noyau-fille lors de la dernière division. 
C'est Rabl qui, dans une étude de la Salamandre, a le premier reconnu 
cette disposition, que l'on retrouve chez toutes les plantes supérieures. 
Les branches onduleuses de ces anses en fl rampent sur la membrane 
nucléaire des flancs du noyau, ou traversent sa cavité et atteignent 
ainsi la membrane du côté antipolaire. Elles s'y appliquent en serpen- 
tant et souvent s'y terminent, ou bien elles se replient vers l'intérieur 
pour y finir en contact avec d'autres filaments. Cette disposition des 
filaments nucléaires est surtout évidente dans le stade du peloton lâche, 
alors, par conséquent, que les filaments nucléaires se sont considéra- 
blement contractés et raccourcis. Elle est le résultat direct de l'état 
de choses existant dans le noyau-fille lors de sa formation; car c'est là, 
en effet, la façon dont les segments secondaires sont groupés quand 
ils arrivent aux pôles du fuseau ; cette disposition ne cesse d'être 
reconnaissable qu'après la formation du réseau. 

La disposition des filaments clans le stade du peloton lâche de la 
prophase n'est cependant pas toujours conforme à celle que nous ve- 
nons de décrire. On voit en effet les noyaux-mères des cellules géné- 
ratrices (cellules-mères du pollen, cellules-mères du sac embryonnaire) 
se comporter d'une autre manière, évidemment par suite d'une nutrition 
spéciale et de la croissance considérable du. noyau avant la prophase. 
La différence consiste en ce que dans le stade du peloton lâche les fila- 
ments subissent une très forte contraction, se séparent entièrement et 
effectuent déjà leur scission longitudinale. On les voit alors disposés 
en forme de segments relativement courts contre la membrane nucléaire, 
montrant leurs deux moitiés plus ou moins accolées. 

Les deux modes extrêmes qui viennent d'être décrits sont reliés 
par de nombreuses formes intermédiaires que l'on trouve surtout chez 
les noyaux-filles des cellules-mères du pollen. 



8 4 JOURNAL- DE BOTANIQUE 

Suivant la marche qu'à suivie la formation du peloton lâche, les 
phases qui s'y rattachent présentent aussi certaines différences. Admet- 
tons d'abord que nous ayons affaire au peloton lâche tel qu'il se pré- 
sente ordinairement dans les cellules végétatives, avec les courbures 
des anses tournées vers le pôle. Nous verrons finalement dans ce cas 
les anses se grouper dans le futur plan équatorial, perpendiculaire au 
champ polaire. En même temps leur courbure change de place, dé 
sorte que les branches deviennent inégales ; les plus longues sont diri- 
gées vers les nouveaux pôles. Ces phénomènes ne se présentent qu'a- 
près la disparition de la membrane nucléaire, tandis que le cytoplasme 
a pénétré dans la cavité. Les déplacements qui amènent la formation 
de la plaque nucléaire peuvent aussi s'exécuter de telle façon que le 
plan équatorial de la figure karyokynétique devienne parallèle au champ 
polaire ; dans ce cas, une partie des segments restent presque en place, 
tandis que les autres émergent du champ polaire. Dans ce cas aussi les 
branches des anses deviennent inégales. Les plaques nucléaires formées 
d'après ce second mode sont remarquables par l'inégalité du nombre des 
segments des deux côtés du plan équatorial. Cette différence disparaît 
plus tard; mais elle peut persister aussi sans préjudice pour le résultat 
final, comme les deux segments secondaires formés par la scission de 
chaque segment primaire sont répartis entre les deux noyaux-filles. 

Dans le cas où la phase du peloton lâche est combinée avec la sépa- 
ration complète des filaments, leur dédoublement et leur répartition 
sur la membrane nucléaire, les déplacements conduisant à la formation 
de la plaque nucléaire devront aussi se faire suivant un mode différent. 
Le cytoplasme qui pénètre dans la cavité nucléaire, après la disparition 
de la membrane, rapproche plus ou moins les unes des autres les paires 
de segments. Leur groupement régulier ne devient possible qu'après la 
formation des filaments du fuseau. 

Les filaments du fuseau se forment toujours, chez les plantes supé- 
rieures, aux dépens du cytoplasme qui a pénétré dans la cavité nucléaire. 
Cette manière de voir, que j'ai soutenue dès mes premiers travaux, à été 
fréquemment combattue; je me réjouis d'autant plus de constater qu'un 
des savants qui ont le plus contribué à faire avancer notre connaissance 
de la division nucléaire, M. Guignard, s'en est fait le défenseur et l'a 
appuyée par de remarquables recherches. De quelque façon que se dé- 
roule la prophase, la structure de la plaque nucléaire ne se présente 
dans toute sa régularité qu'après l'apparition des filaments du fuseau. Ce 
n'est même qu'alors que la disposition en plaque nucléaire est recon- 
naissable, dans le cas où les segments, auparavant séparés, ont été rap- 
prochés d'abord sans ordre par le cytoplasme envahissant la cavité 
nucléaire. On peut se convaincre que la différenciation des filaments du 



Ed. Strasburger. — Sur la division des noyaux cellulaires, etc. 85 

fuseau se fait toujours de manière que chacune d'elle appuie sur son 
parcours sur une paire de segments; celle-ci glisse alors le long du fila- 
ment jusqu'au plan équatorial. C'est aussi seulement alors que la dispo- 
sition des filaments devient régulière dans le fuseau. 

Le phénomène que nous venons de décrire est l'indice certain d'une 
influence réciproque des filaments nucléaires et des filaments du fuseau ; 
nous voulons profiter de cette occasion pour discuter la question des 
forces en jeu pendant la division du noyau. Pour me résumer briève- 
ment, je dirai de suite qu'à mon avis les changements que subissent les 
filaments nucléaires, ainsi que les mouvements qu'ils exécutent, sont 
de nature active et que les pôles ne font que régler ce mouvement. 

Les mouvements qu'exécutent les filaments nucléaires dans la phase 
du peloton se font indépendamment des pôles futurs, ce qui nous montre 
que ces éléments sont pourvus de forces propres, capables de modifier 
leur structure et de les faire changer de place. Pendant que ces phéno- 
mènes se produisent, la membrane nucléaire est encore intacte. L'im- 
pulsion nécessaire pourrait, il est vrai, provenir du cytoplasme envi- 
ronnant, qui souvent s'amasse déjà autour du noyau, mais dont l'in- 
flence n'est certainement pas encore régulatrice. Les deux pôles du 
futur fuseau se forment dans le cytoplasme environnant, pendant la 
phase du peloton lâche. Généralement ils ne sont pas encore visibles 
dans les préparations ; cependant j'ai pu les distinguer quelquefois et 
constater ce fait important que la situation des pôles est tout à fait 
indépendante de la direction des filaments nucléaires. Ce n'est qu'après 
la disparition de la membrane et l'irruption du cytoplasme, dans la 
cavité nucléaire que l'influence des pôles se fait sentir, et les change- 
ments de position que subissent alors les filaments nucléaires en sont 
évidemment dépendants. Lorsque les segments sont tout à fait séparés 
et disposés sur la paroi nucléaire, l'influence des pôles n'est recon- 
naissable qu'après la différenciation des filaments du fuseau, car c'est 
alors seulement que les segments trouvent l'appui nécessaire, pour exé- 
cuter leurs évolutions. 

Après la formation du fuseau et de la plaque nucléaire, les segments 
se dédoublent dans les cas où ce dédoublement n'a pas eu lieu anté- 
rieurement, et leurs moitiés se répartissent entre les deux jeunes 
noyaux-filles. Je n'ai rien à ajouter d'important à la description de ce 
phénomène donnée par M. Guignard dans sa dernière publication, et 
par conséquent je ne m'y arrêterai pas. Je ferai seulement observer qu'à 
mon avis il faut considérer encore comme actifs les mouvements exé- 
cutés par les segments le long des filaments du fuseau, et que l'influence 
des pôles pourrait bien ne consister qu'en une action chimique, comme 
celle qui fait que les mouvements des Bactéries ou des Oscillaires 
prennent, dans certains cas, une direction déterminée. * 



86 JOURNAL DE BOTANIQUE 

La séparation des segments secondaires est accompagnée d'un 
changement dans leur courbure ; finalement leurs branches acquièrent 
de nouveau une longueur sensiblement égale. 

Les segmenls secondaires de chaque noyau-fiUe se rapprochent et 
le cytoplasme ambiant les entoure d'une membrane. On peut se con- 
vaincre avec la plus grande certitude qu'il n'entre pas dans la formation 
des noyaux-filles d'autres éléments figurés que les segments secondaires. 
Ainsi que nous l'avons déjà remarqué, les extrémités des filaments nu- 
cléaires restent libres dans les noyaux-filles et ne se fusionnent pas. 
L'emploi de l'eau de Javelle permet de s'en convaincre. Les filaments 
nucléaires ne recourbent leurs extrémités vers l'intérieur que pour 
arrondir le noyau en voie de formation avant l'apparition de la mem- 
brane. Il n'est pas rare de voir les extrémités de quelques-uns des fila- 
ments faire saillie à l'extérieur tandis que les autres se sont déjà inflé- 
chies. S'il devait y avoir soudure des extrémités, on pourrait à bon 
droit se demander comment ces retardataires s'y prendraient pour 
retrouver le bout correspondant. L'observation des pôles du fuseau 
nucléaire pendant ces phénomènes nous montre avec évidence que la 
substance polaire ne persiste pas après que la division est accomplie, 
mais se mêle au cytoplasme ambiant. Il était important de retenir ce 
fait, parce que, comme l'ont démontré Van Beneden et Boveri, il y a 
persistance des masses polaires sous forme de « sphères attractives » 
dans les œufs de Y Ascaris megalocephala. 

J'ai déjà fait observer qu'on ne saurait aucunement douter que, 
chez les' plantes supérieures, le cytoplasme ne pénètre dans la cavité 
nucléaire pour y servir à la formation des fibres du fuseau. On a opposé 
à ma manière de voir le fait que, pendant toute la durée de la division 
nucléaire, la cavité reste, sous l'apparence d'un espace clair, distincte 
du cytoplasme ambiant; on voulait en tirer la conclusion que la limite 
n'aurait pu être franchie. Cette conclusion est certainement erronée. 
L'aspect clair de l'espace correspondant à la cavité nucléaire s'explique 
par ce fait que le suc nucléaire persiste clans cet espace même après 
l'irruption du cytoplasme et que le cytoplasme qui pénètre dans la 
cavité est dépourvu de grosses granulations et n'y arrive pas à la den- 
sité du cytoplasme ambiant. 

On a prétendu aussi, dans ces derniers temps, que les filaments 
connectifs n'auraient rien de commun avec les filaments du fuseau. Il est 
étonnant que pareilles assertions puissent se produire après les travaux 
de M. Guignard et les miens. Il ne peut faire l'objet d'aucun doute que 
les filaments du fuseau ne persistent en qualité de filaments connectifs 
primaires entre les segments secondaires et ne reçoivent plus tard une 
addition de filaments secondaires formés aux dépens du cytoplasme 



Ed. Strasburger. — Sur la division des noyaux cellulaires, etc. 87 

entré dans leurs interstices. L'ensemble des filaments se sépare en géné- 
ral plus tard des noyaux-filles et forme entre ceux-ci un corps de forme 
lenticulaire, entouré par le cytoplasme. Dans les cellules à cavité rem- 
plie de suc cellulaire, le cytoplasme ne forme finalement autour des 
filaments connectifs qu'un tube à paroi plus ou moins mince, appuyant 
ses bords sur les masses cytoplasmique;; qui englobent les noyaux- 
filles; j'appellerai ce tube le tube connectif\ grâce à lui, les filaments 
connectifs restent toujours séparés de la cavité cellulaire. 

Nous avons négligé jusqu'à présent les nucléoles; ils vont faire 
maintenant l'objet de notre attention spéciale. Les nucléoles se dissol- 
vent pendant les prophases, tantôt de bonne heure, tantôt plus tard, 
souvent seulement dans le stade du peloton lâche, après que les fila- 
ments nucléaires ont traversé toutes les phases de leur différenciation. 
On peut déjà conclure de ce fait que les nucléoles ne jouent point un 
rôle marqué dans la nutrition des filaments nucléaires. Par suite de la 
dissolution des nucléoles, le suc nucléaire prend souvent la propriété 
de se teindre avec les réactifs colorants, ce qui permet de le suivre dans 
ses destinées ultérieures. Les principes colorables accompagnent 
d'abord les segments secondaires dans leurs mouvements et vont s'ac- 
cumuler dans les régions polaires, qui prennent par suite une teinte 
très foncée dans les réactifs colorants. Plus tard nous voyons ces mê- 
mes principes s'avancer entre les filaments connectifs vers le plan équa- 
torial, l'atteindre et s'y concentrer; ce moment est aussi celui où, par 
l'épaississement des filaments connectifs, se forme la plaque cellulaire. 
On pourrait être disposé à croire que ces épaississements proviennent 
des principes colorables du suc nucléaire ; cependant il n'en est point 
ainsi : car ils réagissent d'abord comme les filaments eux-mêmes. Ce 
n'est que plus tard, après la formation de la plaque cellulaire, qu'ils 
changent de nature, ainsi qu'il est aisé de s'en convaincre par l'emploi 
de l'eau de Javelle, qui d'abord fait disparaître les épaississements 
comme les filaments, mais plus tard cesse de les dissoudre. Ce dernier 
phénomène s'explique par la transformaiion de la plaque cellulaire en 
membrane. 

Je suis disposé à croire que cette transformation chimique des élé- 
ments de la plaque cellulaire se fait sous l'influence de la substance du 
nucléole et que c'est là le rôle qui revient à ce dernier dans ce phéno- 
mène. Comme la jeune membrane se forme par fusion des éléments de 
la plaque cellulaire, je proposerai pour ces derniers la désignation de 
dermatosomes. Comme les dermatosomes consistent d'abord en subs- 
tances protéiques, leur transformation en cellulose est un phénomène 
de dédoublement chimique, dans lequel la substance nucléolaire joue 
certainement un rôle. 



88 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Dans les cellules remplies de cytoplasme, la plaque cellulaire tra- 
verse bientôt toute l'étendue du plan équatorial, et la transformation 
des dermatosomes en membrane progresse rapidement du centre vers 
la périphérie. Dans les cellules à cavité remplie de suc cellulaire, on 
voit le tube connectif s'élargir et la formation de la membrane marcher 
de pair avec cet élargissement. La substance des filaments connectifs 
et les principes colorables des nucléoles se retirent des parties termi- 
nées de la membrane pour former au pourtour de la plaque cellulaire de 
nouveaux filaments connectifs et de nouveaux dermatosomes. La façon 
dont le tube connectif augmente de volume, ainsi que la forme qu'il 
prend en même temps, indique la présence en son intérieur de matières 
avides d'eau, cause de son gonflement. Ces matières prennent probable- 
ment leur origine dans le suc nucléaire. Un accroissement considérable 
en diamètre du tube connectif peut être accompagné d'un aplatissement 
tel que les jeunes noyaux qu'il réunit en arrivent presque à toucher la 
nouvelle membrane. Une fois la cloison formée, le tube se scinde en 
cordons plasmatiques. 

Les principes nucléolaires non employés se retrouvent dans les 
noyaux-filles, souvent évidemment d'abord du côté dirigé vers l'équa- 
teur. L'identité du nombre, de la grosseur et de la position des nu- 
cléoles dans les noyaux-filles est souvent remarquable. 

Le rôle qui revient à la substance nucléolaire dans la formation de 
la membrane nous explique aussi les relations qui, d'après les recher- 
ches d'Haberlandt, existent entre la position du noyau et l'épaississe- 
ment de la paroi. Il nous fait aussi comprendre pourquoi, ainsi que 
G. Klebs l'a démontré, les fragments de cellules de Spirogyra et de 
Zygnema ne s'entourent d'une membrane que lorsqu'ils contiennent un 
noyau. Les principes nucléolaires paraissent en effet continuer de par- 
ticiper à la formation de la membrane, et nous aurions donc à voir dans 
les nucléoles un produit du noyau destiné à la cellule, et jouant certai- 
nement un rôle dans d'autres phénomènes encore. Des observations 
plus anciennes rendent probable leur participation à la formation de 
l'amidon, et il est vraisemblable que leur rôle n'est pas limité à l'éla- 
boration des hydrocarbures, ainsi qu'il ressort de différents phéno- 
mènes présentés par les cellules des glandes, et dont des recherches 
ultérieures auront à s'occuper, ainsi que de la présence de nucléoles 
dans les cellules animales qui ne forment pas d'hydrocarbures. Ce que 
nous savons du nucléole nous permet du reste de supposer qu'il n'est 
pas toujours formé d'un seul corps chimique, ni toujours du même. 

Il est aujourd'hui presque impossible de parler de la division cel- 
lulaire sans toucher aux phénomènes de la fécondation ; je désire leur 
consacrer ici quelques mots. 



Ed. Strasburger. — Sur la division des noyaux cellulaires, etc. 89 

Les recherches des zoologistes, en première ligne celles d'Ed. Van 
Beneden, ont démontré que la division du noyau spermatique et du 
noyau de l'oosphère n'est pas accompagnée d'une soudure de leurs fila- 
ments nucléaires. Ce fait cesse d'être étonnant, depuis que nous savons 
que, lors de la formation des noyaux-filles aussi, les fdaments nucléaires 
restent distincts. Nous avons vu que dans les cellules génératrices des 
plantes supérieures le nombre des filaments nucléaires est constant. 
L'explication de ce phénomène est que c'est là le moyen le plus simple 
de réunir des quantités déterminées de la substance nucléaire dans 
l'acte de la fécondation. J'ai recherché clans le Chlorophylum Stern- 
bergiaiium et le Convallaria majalis si le nombre des filaments nu- 
cléaires contenus dans les cellules-mères du pollen était modifié dans 
le cours des divisions subséquentes, et _pai pu m'assurer qu'il n'en était 
point ainsi. Chez le Chlorophvtum le nombre 12 persiste jusqu'à la der- 
nière division, laquelle s'accomplit normalement dans le tube pollini- 
que, mais, dans les cultures artificielles, ordinairement déjà dans le 
grain du pollen, et donne lieu à la formation de deux noyaux généra- 
teurs, dont l'un effectue la fécondation. Il en est de même dans le Cou- 
vallarïa, où le nombre 16 persiste jusqu'à la fin, de sorte que le noyau 
spermatique amène 16 filaments dans l'oosphère. D'après ces résultats je 
dois admettre qu'il en est de même chez les diverses espèces de Lis et 
d'Ail, chez les Orchidées et V Helleborus fœlidus, et que là aussi le 
nombre des filaments nucléaires que l'on peut compter dans les cel- 
lules-mères du pollen reste le même. Ce nombre est de 12 pour les Lis, 
de 16 pour les Orchidées, de 8 pour YAlliuui Jïslulosum, de 12 pour 
Y Hellebornsfœtirfus. Or M . -Guignard a montré que les noyaux géné- 
rateurs qui donnent naissance à l'appareil sexuel dans le sommet du 
sac embryonnaire des Lis contiennent 12 segments. On peut conclure 
de ce fait que chez le Lis le noyau spermatique et le noyau de l'oos- 
phère participent avec 1 2 segments chacun à la formation du noyau 
de l'œuf. De nouvelles recherches m'ont permis de reconnaître que 
le nombre des filaments nucléaires est de 16 dans l'appareil sexuel du 
sac embryonnaire des Orchidées, de 8 dans le noyau de la cellule-mère 
du sac embryonnaire de Y Alliant fistulosum, de 12 dans ce même noyau 
chez YHelleborus fcetidus. Je peux donc en conclure avec grande vrai- 
semblance que, chez les plantes supérieures, les organes mâle et femelle 
participent à la fécondation avec le même nombre de filaments nu- 
cléaires. Ces observations concordent parfaitement avec celles des zoo- 
logistes sur les Nématodes, et il semble par conséquent probable que 
la participation d'un nombre égal de filaments nucléaires dans la fécon- 
dation est un fait très général dans le règne organique. 

Il faut cependant se garder d'en conclure qu'il doive toujours en être 



90 JOURNAL DE BOTANIQUE 

ainsi, car certaines observations ont donné un autre résultat : ainsi, 
d'après Platncr, chez YArïon empiricorum, le nombre et le volume des 
filaments nucléaires seraient moindres dans le noyau spermatique que 
dans le noyau de l'oosphère. 

Certains zoologistes prétendent que les divisions qui donnent lieu 
à la formation du noyau spermatique et du noyau de l'oosphère ne sont 
point des divisions ordinaires, vu qu'elles consisteraient en une répar- 
tition des filaments nucléaires non dédoublés entre les noyaux-sœurs. 
Chacun des noyaux ne serait donc en réalité qu'une moitié de noyau, 
et de leur fusion naîtrait de nouveau un noyau parfait. Mes observations 
ne concordent point avec cette manière de voir. J'ai pu me convaincre, 
en suivant le développement du noyau spermatique et du noyau de 
l'oosphère, que jusqu'à la dernière division inclusivement il y a tou- 
jours scission longitudinale des segments, et que les produits sont tou- 
jours parfaitement identiques. Les divisions consécutives n'avaient donc 
pour résultat, autant que l'observation directe permettait d'en juger, 
qu'une diminution progressive de la masse de la substance nucléaire. 

Une autre question controversée est de savoir si, dans la féconda- 
tion, il y a nécessairement copulation des noyaux. Je suis d'avis qu'il 
en est toujours ainsi, car je considère comme telle la réunion des fila- 
ments nucléaires du noyau spermatique et du noyau de l'oosphère dans 
le noyau de l'oeuf. Ce qui pourrait encore faire l'objet de quelques 
doutes, c'est la fusion des cavités nucléaires; chez les plantes, on peut 
toujours se convaincre qu'elle a lieu, mais il n'en est pas de même 
chez Y Ascaris megalocephala^ de sorte que Ed. Van Beneden conteste 
la nécessité de cette fusion, je crois qu'en réalité les phénomènes sont 
partout les mêmes et que la fusion des produits de l'activité des deux 
noyaux, du suc nucléaire et de son contenu, est nécessaire pour mettre 
en jeu le développement ultérieur du noyau de l'œuf. Chez Y Ascaris 
megalocephala les filaments nucléaires des deux noyaux ne se réunis- 
sent que dans un stade avancé de la prophase, de sorte qu'il est impos- 
sible de s'apercevoir de la fusion du suc nucléaire des deux cavités. 
Lorsque, comme c'est souvent le cas chez les animaux, les deux noyaux 
ne se trouvent pas au même stade de développement au moment où 
ils se réunissent, et que le noyau spermatique copule à l'état de corps 
dense et sans cavité nucléaire avec le noyau de l'oosphère, les produits 
dont la fusion avec ceux de ce dernier est nécessaire ne seraient for- 
més par le noyau spermatique qu'api es sa réunion avec le noyau de 
l'oosphère. 

Un grand nombre de faits nous obligent à considérer les filaments 
nucléaires comme le siège des propriétés héréditaires. Il est de toute 
évidence que la fusion en nombre égal et à volume égal des filaments 



J. Costantin. — Note sur tin Papulaspora. 91 

nucléaires dans la fécondation, ainsi qu'elle a été constatée chez les 
Nématodes et chez les plantes supérieures, est le moyen le plus simple 
d'y assurer au père et à la mère une part égale. Lorsque, au contraire, 
comme dans XArion etiipiricorum, le père fournit un nombre et un 
volume moindres de filaments nucléaires que la mère, je serais disposé 
à croire que l'influence héréditaire de la mère est plus grande que celle 
du père. Des cas semblables amèneraient peu à peu à la parthénoge- 
nèse, où la mère fournit à elle seule à l'enfant la substance à laquelle 
l'hérédité est liée. 

Le travail détaillé dont j'ai exposé ici brièvement les résultats va 
prochainement paraître. 



NOTE SUR UN PAPULASPORA 

Par M. J. COSTANTIN 

Le Champignon que j'ai observé s'est développé, après un certain 
nombre d'autres (Mucor, Boùyosporium, etc.), sur un tubercule de 
Dahlia. Ce tubercule avait été mis dans une coupelle poreuse placée 
dans une assiette remplie d'eau et recouverte d'un disque de verre. 
Après s'être étalé pendant un certain temps sur le tubercule et la bran- 
che du Dahlia, le mycélium s'est étendu jusqu'à la coupelle en formant 
comme une toile d'araignée imperceptible manifestée seulement par 
une multitude de petites têtes sporulifères colorées en pourpre violacé. 
Le fond de la coupelle apparaissait à ce moment comme saupoudré 
d'une poussière très fine de cette dernière couleur. 

Lorsqu'on examine ce Champignon au microscope, on voit qu'il 
est composé de filaments incolores et cloisonnés, dont les cellules ont 
en moyenne 5 y- de large et 28 y. de long ; au milieu de ce mycélium 
apparaissent des boules sphériques d'un rouge brunâtre (fig. 1 et 2) 
qui sont détachées presque constamment du mycélium. Au centre de 
ces sphères, on distingue un nombre variable (2-3 jusqu'à 6) de cel- 
lules plus colorées (fig. 1) et qui apparaissent très manifestement quand, 
après avoir traité ces sphères par l'hypochloritede soude, on les colore 
par l'hématoxyline (fig. 3 et 4) : les cellules périphériques sont deve- 
nues transparentes, tandis que les cellules centrales sont fortement 
colorées en violet ; elles contiennent de nombreuses gouttelettes 
huileuses. 

La description qui vient d'être donnée s'accorde avec celle des Papu- 
laspora de Preuss (1). Depuis 1851, époque de l'établissement de ce 
genre par Preuss, deux autres espèces ont été décrites, l'une par Sac- 

1. Sturm. Deutschlands Flora. Pi'lse. 3 e partie, p. 89, fig. 45. C'est sur des 
fruits en décomposition (pomme, etc.) - qu'il a rencontré cette plante. 



9 2 JOURNAL DR BOTANIQUE 

cardo sous le nom de P. candida (i), l'autre par Eidam sous le nom de 
P. aspergilliformis (2). Cette dernière espèce mérite une mention 
spéciale, car les boules précédentes y sont associées à deux autres 
formes reproductrices, des chlamydospores et des sortes à'Aspergilli/s. 

Guidé par cette dernière étude, j'ai cherché si le Papulaspora actuel 
était associé à d'autres formes reproductrices. En examinant le mycé- 
lium de cette plante, j'ai trouvé toujours mélangés aux sphères rou- 
geâtres des filaments plus ou moins ramifiés et terminés par des spores 
incolores, cloisonnées, amincies aux deux bouts, et qui se rapportent 
assez bien à la définition du genre Dactylaria telle qu'elle est donnée 
par Saccardo (3). Ces spores, fréquemment réunies au nombre de deux 
à l'extrémité d'un filament (fig. 1 1-13), tombent, se divisent par un 
certain nombre de cloisons (fig. 12-14) et germent bientôt en donnant 
presque directement des conidies. J'ai trouvé ces appareils reproduc- 
teurs en relation dans quelques cas (deux fois) avec d'autres petits 
corpuscules incolores représentés par les figures 14-18. Or il m'a paru 
que ces dernières sphérules étaient les débuts des grosses sphères rou- 
geâtres (fig. 1-2). En effet, dans certaines régions, la toile aranéiforme, 
qui n'avait pas pris sa coloration rouge pourpre, présentait un nombre 
immense de ces petits corpuscules à tous les états de développement. 
J'avais donc été amené à penser que j'avais affaire à un nouveau Papu- 
laspora, associé à une forme conidienne de Dactylaria, comme celui 
de Eidâm était associé à un Aspergillus (4). 

On sait combien il faut se mettre en garde contre les faits de poly- 
morphisme mal établis. J'ai donc essayé de cultiver avec pureté le 
Champignon que je possédais. Je l'ai semé impur sur des substances 
nutritives parfaitement stérilisées. Après un certain nombre d'essais 
infructueux je suis arrivé, par plusieurs cultures successives, à avoir le 
Champignon complètement pur. J'ai obtenu son développement : i° sur 
de la pomme de terre stérilisée à 1 io° et imbibée préalablement d'un 
jus de citron (dans ces conditions j'ai observé un développement très 
manifeste au bout de 14 jours); 2" sur des milieux solides formés de 
gélatine et de jus de pruneau, d'agar et de jus d'orange (5), de gélatine 
et de bouillon de veau. 

1. Saccardo. Sylloge f un gorum, t. IV, p 59. 

2. Eidam. Ztcr Kenntniss der Entzvickelungs geschichte der Ascomyceten 
(Cohn's Beitraege zur Biologie der Pflanzen, t. III, p. 414 avec une planche). 

3. Sylloge, p. 194. 

4. J'ai même trouvé fréquemment des spores isolées (fig. 21) qui représente- 
raient les chlamydospores d'Eidam; mais la démonstration n'est pas donnée sur 
ce point. 

5. Il faut avoir soin de neutraliser l'orange avant de mélanger à l'agar. J'ai 
préparé et stérilisé tous ces milieux d'après le procédé très simple employé au 
laboratoire de M. Pasteur. Je remercie ici M. Wasserzug de tous les renseignements 
qu'il m'a donnés à ce sujet. 



J. Costantin. — Note sur un Papulaspora. 93 

Je suis donc maintenant en possession de la plante actuelle et je 
pourrai l'étudier indéfiniment. Voici les résultats que j'ai pu obtenir 
dans ces nouvelles observations. Le mycélium pénètre à une certaine 
profondeur dans l'agar ou la gélatine ; il s'étend bientôt à l'air à la 
surface de ces derniers milieux, ou sur la pomme de terre, atteint la 
surface de tube de verre et y forme un nombre considérable de boules 
rougeâtres qui se dressent sur un réseau de mycélium blanc qui couvre 
la surface du tube. Ces appareils reproducteurs doivent donc se former 
à l'ail et uniquement à l'air. 

J'ai donné, avec intention, le nom d'organes reproducteurs à ces 
sphérules, car, en isolant une d'entre elles, j'ai obtenu sa germination 
dans les chambres humides. La figure 6 donne une idée de la germi- 
nation obtenue dans ce cas dans une goutte de décoction de crottin, 
de liquide de Raulin ou de levure de bière. Toutes les cellules de la 
sphère peuvent pousser des tubes incolores qui se ramifient indéfini- 
ment sous la lamelle. Mais, dans ces conditions, je n'ai obtenu qu'un 
mycélium. Cette méthode, qui réussit pour l'étude des Mucorinées, à 
développement rapide, ne m'a pas donné de bons résultats pour l'étude 
de Champignons à évolution lente, car la stérilisation est toujours 
incomplète et les Bactéries apparaissent rapidement. 

C'est donc par des cultures en grand sur des milieux stérilisés que 
je suis arrivé à obtenir la reproduction de ces sphérules. Le dévelop- 
pement de ces boules rappelle celui des périthèces des Ascomycètes. 
On voit de courts filaments se courber au sommet (fig. 9), s'enrouler 
quelquefois autour d'eux-mêmes (fig. 10), bourgeonner autour d'une 
partie centrale qui se différencie (fig. 7 et 8), se colorer bientôt en 
jaune clair puis en rouge orangé. 

Je ne suis pas arrivé à obtenir la forme Dactylaria ; aussi crois-je devoir 
encore laisser un point de doute sur l'identité des deux formes. Il 
m'avait cependant paru d'autant plus vraisemblable d'assimiler les 
corpuscules tels que ceux qui sont représentés par la figure 18 à des 
débuts de sphérules à l'état libre, qu'il y aune série de transitions entre 
ces masses incolores et les boules colorées. On observe fréquemment des 
sphérules assez semblables qui se colorent légèrement en jaune. Quoi 
qu'il en soit de cette dernière question sur laquelle j'espère revenir, 
l'espèce actuelle est certainement différente de toutes celles qui ont été 
décrites jusqu'ici, car les sphérules mesurent 30 à 40 ^ au lieu de 200 
à 400 y. comme pour le P. aspergilliformis et 10 à 15 p pour le P. sepe- 
donioides (1)/ je lui donnerai le nom de P. Dahlias. 

Une question se pose après l'étude qui vient d'être faite. Quelle 
place systématique ou quelle valeur morphologique faut-il attribuer à 

1. Saccardo. Loc. cit. 



9+ JOURNAL DE BOTANIQUE 

ces végétations? Deux hypothèses se présentent entre lesquelles on 
peut hésiter. i° Les sphérules sont des organes de propagation d'As- 
comycètes, comme des espèces de sclérotes permettant à la plante 
d'attendre des conditions plus favorables dans lesquelles elles formera 
des asques, peut-être aux dépens mêmes de ces sphérules transformées. 
Dans ce cas, l'étude de la plante actuelle et des organes semblables 
est intéressante, car elle met en évidence un mode de propagation 
spécial qui est intermédiaire entre les spores et les sclérotes, puisque 
les sphérules actuelles se développent immédiatement et en produisent 
de nouvelles avec une très grande rapidité et très abondamment. Le 
nom de Papulaspora sera utile à conserver, comme celui & Aspergillus 
ou de Pénicillium, tant qu'on n'aura pas trouvé les périthèces s'ils 
existent. 2° Il peut se faire que les périthèces n'existent pas et que le 
Champignon actuel soit autonome. On ne voit pas, à priori, pourquoi 
on ne dirait pas qu'un Urocystis qui ressemble beaucoup au Papulas- 
pora, qui germe comme lui, n'est pas un sclérote d'Ascomycète. Dans 
cette hypothèse, les Papulaspora devraient constituer une nouvelle 
famille intermédiaire entre les Ascomycètes et les Ustilaginées. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE IV 

Fig. i. et 2. —  Sphérules détachées. La fig. i montre les cellules internes 
de coloration plus foncée. 

Fig". 3 et 4. — Jeunes sphérules traitées par Thypochlorite et l'hématcxy- 
line montrant les cellules internes. 

Fig". 5. — Cellule interne isolée. 

Fig. 6. — Germination d'une sphérule en chambre humide. 

Fig. 7, 8, 9 et 10. — Débuts de sphérules en culture pure sur de la gélatine 
et du bouillon de veau. 

Fig. 11 et 13. — Forme conidienne associée au Papulaspora et qui en dé- 
pend peut-être. 

Fig. 12. — Spore de cette forme de Dactylaria. 

Fig. 14. — Germination de cette spore. 

Fig. 15 à 19. — Corpuscules qui paraissent être les débuts des grosses 
sphérules à l'état libre. 

Fig. 20. — Germination d'une sphérule; les cellules internes ne sont pas 
complètement recouvertes par les cellules de l'enveloppe. 

Fig. 21. — Chlamydospores fréquemment associées au mycélium précédent. 

■*- 

LA FLORE PARISIENNE 

Au commencement du XVII- siècle 

d'après l " Enchiridium botanicum parisie?ise de jacob cornuti (Suite) 

Par M. Ernest ROZE 

Verbascées. 

Verbascum Thapsus L. (* Verbascum mas). B. de Boulogne. 



E. Roze. — La Flore parisienne an commencement du XVII e siècle. 95 

Verbascum Phlomoides L. (* Ver bas c um fœ mina). B. de Boulogne. 

— Blattaria L. ( *Blattaria flore luteo et albo). Id. 

Scrophularinées. 

Scrophularia nodosa L. (Scrophularia major). B. de Boulogne. 

— aquatica L. (*Betouica aquatica septenirionalium).Q<?.i\C\\\\\ 
in praio, sec. rivulum. 

Gratiola otïicinalis L. (* Gratiola major). Ibid. 

Antirrhinum Orontium L. [Antirrhinum médium). Chaillot, fer viani. 

Linaria vulgaris Mœnch (*Linaria s. Osyris). Chaillot. 

— spuria Mill. (Elatine Dioscorid. s. Veronica fœmi7ia Fuc/is.). Inter 

segetes. 
Linaria minor Desf. (Antirrhiiut m minimum). Chaillot, in scrobibus. 
Linaria ? (1) (* Linaria purpurea). B. de Boulogne. 

? (2) (Linosyris purpuro-cœrulea). Butte de Sèvres. 

Euphrasia officinal is L. (*Euphrasia minor). Gentilly, in praio. 

— Odontites L. (*Euphrasia altéra). Inter segetes . 
Melampyrum pratense L. 1 *Cra/<rogouum). Meudon, in silvis majoribus. 

— arvense L. (3) {Melampyrum s. Triiicum vaccinum). Inter 
segetes . 

Rhinanthus major Ehrh. (Crisla galli herbariorum). Gentilly, in praio 

sec. rivulum. 
Pedieularis sylvatica L. (Pedicularis). Ibid. 
Veronica Anagallis L. (4) (*Berula major). La Roquette. 

— Beccabunga L. (* Anagallis aquatica). Gentilly, in praio sec. ri- 
vulum. 

Veronica Chama;drys L. (* Teucrium pratense). Ibid. 

— officinalis L. (* Veronica mas). B. de Boulogne. 

— spicata L. (5) (* Veronica recta minima). Id. 

— serpyllifolia L. ( Veronica serpi/li/olia). Meudon, in dumetis . 

— hederaefolia L. (Mors us Galliiur folio Hederulse). Ibid. 
Digitalis purpurea L. (*L)igitalis purpurea). Butte de Sèvres. 

Orobanchées. 

Orobanche major L. (*Orobanche). Vincennes, in silvis. 

Labiées. 

Mentha Pulegium L. (* Pulegium regium). La Barre, y'«.rfo salie ta. 

— rotundifolia L.? (Mentha rotundi/olia). Montmorency, in piscina- 
rum vicinis. 

Mentha aquatica L. (Mentha aquatica). Gentilly, in praio, sec. rivulum. 

— — (Mentha Sisymbria) . Montmorency, in stagna ntibus aquis. 
Mentha aquatica L. (*Calamiulha aquatica). Ibid. 

— sativa L. (f Mentha vulgaris). Ibid. 

Lycopus europaus L. (Marrubium aquaticum). Gentilly, in praio, sec. ri- 
vulum . 

1. Epilobium tetragonum G. — 2. Linaria striata G. — 3. Melampyrum pratense G 
— 4. Sium angustifolium G. — 5. Veronica arvensis G. 



9 6 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Salvia pratensis L. {*Horminum silvestre). B. de Boulogne. 

O ri garnirai vulgare L. {* Agriori gaimm). Id. 

Thymus Serpyllum L. (* Serpillum majus et minus). Vincennes, in si/vis. 

Melissa Nepeta L. [Calamintha altéra odore gravi Pulegij). Meudora, in 
pratis ir ri guis. 

Clinopodium vulgare L. {Acinos s. Bethonica Pauli et Clino podium). Mont- 
morency, per si/vas. 

Nepeta Cataria L. (* Meniha Cataria). Meudon, in pratis irrigtiis. 

Leonorus Cardiaca L. {Cardiaca s. Agripalma). Gentilly, in prato. 

Lamium purpureum L. {Galeopsis s. Urtica non mordax purpurea). Per 
margincs viarum. 

Lamium album L. (* Lamium s. Angelica flore albo). Id. 

Galeobdolon luteum Huds. (* Lamium luteum repens). Meudon, in dumetis 
(kumidis) et in pratis irriguis. 

Ballota nigra Sm. (*Marrubium nigrum s. Ballote). Permargines viarum, 

Sideritis hirsuta L. ? (* Tetrahit s. Heraclea Syderitis Dioscorid.). Inter se- 
geles. 

Betonica officinalis L. {*Betonica). B. de Boulogne. 

Galeopsis Tetrahit L. {Cannabis spuria). St-Prix. 

Marrubium vulgare L. (*Afarrubium album). Per margines viarum. 

Melittis Melissophyllum L. (* Melissophy lion Fuchsij). Meudon, in dumetis 
(humidis). 

Brunella vulgaris L. {Prune/la s. Symphytum petrœum minus). B. de Bou- 
logne. 

Scutellaria galericulata L. (*Lysimachia galericulata). Gentilly, in prato. 

Ajuga reptans L. (* Symphytum petrœum majus s. Bugla fl. albis, casruleis 
et carneis). B. de Boulogne. 

Ajuga Chamaepitys Schreb. (*Chatna?pilys mas s. Ajuga). Inter segetes. 

Teucrium Chamaedrys L. (* Chamsedrys). Vincennes, in silvis (i). 

— Scordium L. (*Scordium). La Roquette. 

— Botrys L. {Chamasdrys laciuiatis foliis). Ivry, in novalibus. 

— — {Chamœdrys laciuiatis foliis flore purpureo et albo). 
Meudon, inter segetes. 

TeucriumScorodoniaL. ( * Scordium alterum s. Salvia Bokij). B. de Boulogne. 
Teucrium montanum L. (2) {Polium Lavendulas folio). Grignon. 

— — L. {Polium montanum). Charenton. 

(A suivre?) 

1. In silvis Vitae sana? quae vernacule Visaine dicuntur. — 2. Hyssopus offici- 
nalis G. 



CHRONIQUE 



Faculté des Sciences de Paris. — Le cours de Botanique de M. Gaston 
Bonnier aura lieu le mercredi et le vendredi, à 10 heures et demie, à partir dn 
vendredi 16 mars. Le Professeur étudiera les principaux groupes de plantes ap- 
partenant à la Flore européenne. 

Le Gérant ; Louis Morot. 



»»ris. - 1 Mertck, uoi>., 22, pi. ceufert- nockereu. 



2 e ANNÉE N° 7 i cr AVRIL 1888 



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JOURNAL DE BOTANIQUE 

Directeur: M. Louis MOROT 



LES HERBORISATIONS AUX ENVIRONS DE MONTPELLIER 

(Suite.) 

Par M. Ch. FLAHAULT 

III. — La plaine méditerranéenne an premier printemps. 

L'hiver tient encore sous son pouvoir presque toute l'Europe 
ciel et terre se confondent dans une brume glacée ; le sol gonflé 
de neiges et de pluies reste sans verdure, les buissons sans cou- 
leur. Les prés sont des marais ; les ruisseaux roulent des eaux 
grises; les grandes forêts elles-mêmes s'estompent sans relief sur 
le ciel gris. Les grandes fougères jonchent les mousses de leurs 
débris. La nature a perdu ses joyeux accents. Le ricanement de 
la pie, le cri lugubre des corbeaux ajoutent encore au sentiment 
de deuil qui plane sur la terre ; le rouge-gorge craintif demande 
au voisinage de l'homme l'abri que les bois lui refusent ; le roi- 
telet seul, toujours actif, voletant parmi les ronces et les brous- 
sailles, semble chercher dans une constante agitation, la chaleur 
que le ciel lui dénie. 

Il n'en est pas de même aux pays de l'Olivier; si parfois en- 
core quelque journée de pluie promet au vigneron la richesse, 
le soleil printanier a pour le midi des faveurs particulières. L'at- 
mosphère, chargée de fines vapeurs, n'a pas cette transparence 
absolue qui, plus tard, confondra tous les plans; le paysage 
n'est pas encore noyé dans cette étincelante lumière qui le lais- 
sera sans relief; le soleil oblique ménage des ombres et des 
pleins ; les lointains bleuâtres forment un fond paisible sur lequel 
se détachent les collines couronnées de Pins et les bois de Chênes- 
verts ; les champs d'Oliviers aux tons cendrés donnent eux-mê- 
mes plus de douceur aux rochers calcaires, qui disparaissent 
sous les herbes parfumées. 

Les torrents que l'été tarira étendent leurs nappes limpides 
sur les champs de galets ou se creusent en profondeurs bleuâ- 



98 JOURNAL DE ROTANIO,UE 

très. Les oiseaux s'essaient à redire leurs chants longtemps ou- 
bliés; la nature tressaille. Les plantes bulbeuses qui ont trouvé 
dans le sol un refuge contre les ardeurs de la canicule sortent de 
leur tombeau et risquent timidement au dehors leurs premières 
feuilles. Mille rosettes appliquées sur le sol s'étalent à sa surface ; 
les buissons bourgeonnent et reverdissent. 

On ne résiste pas à ces premières séductions du printemps. 
On se laisse conduire par le hasard; il n'y a pas de choix à faire 
quand tout revit à la fois ; les champs les plus proches sont le 
meilleur but; on y trouvera sûrement des plantes aimées et des 
sujets d'étude sans nombre. Nous voici, en février, sur l'une des 
routes qui rayonnent autour de notre ville ; le soleil dissipera 
bientôt les vapeurs légères qui donnent au ciel des tons d'une 
remarquable finesse ; une goutte de cristal perle à la pointe de 
chaque herbe. Quelques Lichens enflés par l'humidité de la nuit 
étendent sur les murs de pierres sèches leur thalle gélatineux ; ce 
sont des Collema, dans lesquels il nous sera facile de constater 
l'association d'une Algue cyanophycée et d'un Champignon as- 
comycète qui nous montre ses fructifications disséminées à la 
surface en petites coupes brunes. L'Algue est un Nostoc ; le voici 
formant des lames gélatineuses rousses dans les fossés qui bor- 
dent les chemins (N. commune). Plus loin, l'eau stagnante d'une 
mare est colorée en vert ; on dirait une dissolution de chloro- 
phylle provenant de feuilles ; ce sont des Euglènes (Euglena 
viridis), êtres considérés par les uns comme des infusoires, par 
d'autres comme des Algues volvocinées. Voici le Porphyridium 
cruentum couvrant la base d'un mur humide d'une couche san- 
guinolente. Une mousse, dont les petites feuilles sont prolongée* 
en un poil incolore auquel elle doit son nom (Barbula muralis), 
forme des coussinets d'où s'échappent les sporogones abrités 
sous la coiffe. 

Des fentes mêmes du mur s'échappent quelques feuilles nou- 
velles. \J Umbilicîis pendulimis , les Sedum dasyphyllum et al- 
tissimum, le Muscari neglectum viennent là sans terre ou à peu 
près. Où trouvent-ils les principaux éléments de leur nutrition? 
Dans l'air où cette lumière du premier printemps leur permet de 
les puiser. Bientôt les broussailles cacheront sous leur ombre les 
feuilles de l' Umbilicus qui tomberont jaunes et flétries au mo- 
ment où ses fleurs s'ouvriront. Les Sedum brûlés par le soleil 



Ch. Flahault. — Les herborisations aux environs de Montpellier. 99 

résisteront à peine à ses ardeurs ; on ne verra plus du Muscari 
qu'une hampe grise portant quelques capsules desséchées. Ces 
plantes vivent maintenant aux dépens de réserves qu'elles ont 
accumulées au printemps dernier et qu'elles ont élaborées sous 
le sol pendant l'été; elles en emmagasinent maintenant de nou- 
velles. Le moindre effort exercé par la main sur ces feuilles 
d' Umbilïcus permet d'arracher un bulbe blanchâtre à peine re- 
couvert d'un peu de poussière sèche et aride ; c'est dans ce bulbe 
que les feuilles accumulent leurs réserves, là aussi qu'elles 
puisent les principaux éléments de leur accroissement actuel ; 
car on ne trouve à sa base que quelques racines fort courtes 
tapissées de poils absorbants. Le Muscari possède un oignon 
qui remplit la même fonction. Quant aux Sedum, ils ne pos- 
sèdent point de bulbe ; ils sont attachés au sol par des racines 
très fines ; mais leurs feuilles épaisses sont défendues contre une 
transpiration trop active par un épiderme puissamment cutinisé; 
elles sont gorgées d'eau et de substances nutritives. Le soleil 
brûlant ne desséchera donc pas ces plantes, et ce sera au plus 
fort de l'été qu'elles développeront leurs hampes florifères, 
grâces à la grande quantité d'eau et de principes nourriciers 
qu'elles amassent aujourd'hui. La plupart des plantes qui vivent 
sur nos murs et sur nos rochers partagent ce mode d'existence. 
C'est encore le cas des Agave, suspendus aux falaises de Men- 
ton, qui détachent sur le ciel bleu leurs candélabres éminem- 
ment décoratifs. A coup sur, ils n'attendent pas le moment de 
leur expansion pour en préparer les éléments, car ils atteignent 
en quelques jours des dimensions étonnantes, et pourtant les ro- 
chers qui leur servent de support sont arides au point de pa- 
raître brûlés. 

Cette observation n'est pas sans intérêt. En effet elle fournit 
l'explication du développement exceptionnel que prennent dans 
le midi de la France les plantes pourvues de rhizomes, comme 
les Iris s les Asparaginées, ou de bulbes, comme la plupart des 
Liliacées, Amaryllidées, Orchidées et Aroidées. Plus l'été y est 
habituellement chaud et sec, plus ces plantes bulbeuses et tubé- 
reuses sont abondantes; plus une localité est aride, plus on y 
rencontre de représentants de ces formes végétales qui, dans les 
pays du Nord, sont à peu près confinées dans les endroits humi- 
des. Sans quitter le territoire français, on remarque que les plan- 



ioo JOURNAL DE BOTANIQUE 

tes bulbeuses sont beaucoup plus nombreuses sur les collines 
chaudes du Roussillon et surtout de la Provence maritime que 
dans les terrains analogues du Bas-Languedoc et du delta du 
Rhône. Cet accroissement est bien plus notable encore en Corse, 
en Sardaigne et de l'autre côté de la Méditerranée. 

Ce n'est pas, d'ailleurs, uniquement aux Monocotylédones 
qu'appartiennent ces plantes bulbeuses. Les Composées et les 
Ombellifères du Midi présentent fréquemment le même carac- 
tère physiologique. Aucune plante n'est plus remarquable à cet 
égard que le Crépis bulbosa. On le rencontre uniquement dans 
les éboulis et les débris des falaises exposées au soleil, sous 
forme de bulbes disséminés librement au milieu des cailloux, 
d'où s'échappent quelques feuilles. Ces bulbes développent des 
coulants qui vont produire plus loin un nouveau bulbe; mais il 
est rare qu'on les trouve en rapport avec la plus petite quantité 
de terre végétale. 

Tout en devisant, nous voici dans un de ces chemins creux, 
comme il en existe partout dans le Midi. Peu nous importe à 
quelle Campagne, Bastide ou Maset il pourrait nous conduire. 
Contentons-nous de nous arrêter aux haies du chemin. Dès l'a- 
bord, nous rencontrons trois plantes dont la comparaison vaut 
qu'on s'y arrête : Rusats aculeatns, Asparagtis acutifolius et 
Smilax aspera. Le Petit-houx (Ruscus aculeatns) nous montre 
à la fois ses fruits d'un beau rouge corail et ses fleurs appliquées 
à l'aisselle d'une très petite écaille contre un cladode; voici les 
grappes de fruits noirs du Smilax, en même temps que ses 
fleurs; l'asperge aussi possède des fruits, encore verts. Il nous 
sera facile de reconnaître que les fleurs du Smilax et du Petit- 
houx sont diclines; les fleurs à pistil s'y montrent beaucoup 
plus abondantes que les fleurs à étamines. Prenons d'abord celles 
du Smilax ; dans la fleur mâle, on voit six étamines disposées en 
deux cycles alternes, sans trace de pistil entre elles; dans la 
fleur femelle, il existe un ovaire triloculaire surmonté d'un sti- 
gmate trilobé; chacune des loges renferme un ovule. La fleur 
mâle du Rusais n'a que trois étamines, alternes avec le cycle in- 
terne du périanthe ; il n'y existe pas non plus de pistil au centre ; 
la fleur femelle possède un ovaire à une seule loge avec deux 
ovules ; le type floral y est plus réduit que dans le Smilax. Une 
comparaison de ces plantes avec des espèces voisines nous ap- 



Ch. Flahault. — Les herborisât ions aux environs de Montpellier. 101 

prendrait qu'elles sont diclines par avortement. En effet plu- 
sieurs Rusais possèdent entre les étamines de leurs fleurs mâles 
une trace de pistil, et les fleurs femelles de la plupart des Smilax 
conservent la base des étamines avortées. L'Asperge appartient à 
un type plus élevé ; à l'intérieur d'un périanthe formé de six peti- 
tes feuilles, se trouvent ensemble six étamines et un ovaire à trois 
loges renfermant chacune deux ovules. C'est une fleur normale 
de Liliacée; mais l'ovaire y est particulièrement court. Les trois 
plantes que nous avons sous les yeux ont des fruits pulpeux ren- 
fermant une, deux, parfois trois graines; ce sont des drupes ou 
des baies. Elles se distinguent par là des Liliacées proprement 
dites, du Scilla aiitumnalis par exemple, dont voici des capsu- 
les sèches réduites à leurs cloisons. Toutefois ce caractère du 
fruit n'est pas absolu : les Asphodèles de nos garigues ont des 
fruits qui ressemblent à des baies ; mais, parvenus à maturité, 
ils se dessèchent et s'ouvrent à la façon des capsules. 

A côté, voilà le Frêne, le Jasmin, le Lilas, le Troène réunis sur 
un espace de quelques mètres, et qui tous ont des fruits en ce mo- 
ment; l'Olivier lui-même nous en réserve quelques-uns, échap- 
pés à la cueillette. Le Frêne est seul en fleur; il nous fournit 
l'occasion de faire de nombreuses observations sur le groupe 
des plantes Gamopétales dicarpellées, sur les caractères de la 
famille des Oléacées, sur l'importance des caractères fournis par 
le fruit pour la distinction des tribus, sur le peu de valeur qu'il 
convient d'accorder au calyce et à la corolle, quand il s'agit d'ap- 
précier les rapports des plantes phanérogames entre elles ; en 
effet notre Frêne (F. excelsior) n'a ni calyce ni corolle, tandis 
que le Fraxinus Or nus possède 4 sépales et 4 pétales, tous les 
autres caractères étant communs à ces deux plantes. Le Frêne 
répandu autour de nous n'est pas le type linnéen du Fraxîuus 
excelsior; il n'existe que dans nos montagnes. Celui-ci, plus 
trapu, à folioles plus étroites, a été distingué, à tort à ce qu'il 
paraît, comme une espèce; c'est la forme aitstralis des auteurs 
de la flore de France. 

La Grande-Pervenche {Viiica major) nous permet de com- 
parer les Apocynées avec les Oléacées. 

Lorsque, pendant toute l'année, nous aurons saisi les mille 
occasions fournies par le hasard de nos courses pour expliquer 
les caractères des plantes que nous rencontrons, les affinités qui 



ib2 JOURNAL DR BOTANIQUE 

les unissent, les particularités de leur distribution géographi- 
que, etc., il nous deviendra singulièrement aisé de grouper 
toutes ces notions concrètes par un enseignement méthodique 
et de les fixer pour toujours dans l'esprit. C'est là, bien plus que 
dans la récolte des plantes rares, qu'est l'intérêt des herborisa- 
tions. Que le plaisir soit parfois augmenté par la découverte 
d'une espèce qu'on ignorait jusque là, c'est fort bien, mais ce 
n'est pas là notre but. Voilà pourquoi les herborisations de l'hi- 
ver et des premiers beaux jours nous semblent plus favorables 
que celles de la saison chaude. Le débutant est débordé quand 
il se trouve en présence de plusieurs centaines d'espèces déve- 
loppées en même temps ; il veut tout voir, tout recueillir et tout 
étudier ; il ne fait le plus souvent que tout effleurer. 

Ne quittons donc pas le sentier où nous sommes sans com- 
parer entre eux le Buis, les Mercuriales (Mercicrz'alis anima et 
tomentosà) et X Eîiphorbia segetalïs, qui s'y pressent côte à côte. 
Nous pourrons, à leur occasion, poser et résoudre en partie les 
difficultés qu'offre la morphologie florale des Tricoccées. Grâce 
à l'Amandier, au Prunus frutîçans t au Rhamnus Alatemus et 
au Laurier-Tin , nous caractériserons les plantes calyciflo- 
res, etc., etc. 

Ce procédé de l'étude comparative sur place n'est guère ap- 
plicable que dans les pays où la flore est riche, car il faut se limi- 
ter à ce que l'on peut voir et mettre en présence des objets assez 
voisins scientifiquement pour être comparables. 

Les exemples précédents suffisent pour offrir une idée de la 
méthode qui nous donne les résultats les plus encourageants. 
Du reste, la liste suivante des espèces que nous trouvons abon- 
damment fleuries aux abords immédiats de Montpellier, pendant 
les mois de février et de mars, permettra de concevoir quels 
enseignements on peut tirer de tant d'objets d'étude : 



Ficaria ranunculoides. 
Draba verna. 
Capsella Bursa-pastoris. 
Cardamine hirsuta. 
Thlaspi perfoliatum. 
Diplotaxis muralis. 
Hutchinsia petrasa. 
Arabis Thaliana. 
Alyssum maritimum. 



Fumaria officinalis. 
Viola sepincola. 
Oxalis corniculata. 
Géranium molle. 

rotundifolium. 
Erodium cicutarium. 

milacoides. 

romanum. 
Malva sylvestris. 



Ch. Flahault. — Les herbor, 

Potentilla verna. 
Scandix Pecten-Veneris. 
Taraxacum laevigatum. 
Calendula arvensis. 
Pterotheca nemausensis. 
Senecio vulgaris. 
Sonchus oleraceus. 
Bellis perennis. 
Vinca major. 
Veronica polita. 



isations aux environs de Montpellier. 

Veronica hederaefolia. 
— Cymbalaria. 
Buxbaumii. 
Linaria Cymbalaria. 
Anagallis coerulea. 
Lamium amplexicaule. 
Urtica urens. 
Muscari neglectum. 
Carex Halleriana. 
Mibora verna. 



103 



Beaucoup de plantes plus tardives étalent sur le sol leurs ro- 
settes de jeunes feuilles. On contracte l'habitude, en s'exerçant 
à les reconnaître, de ne pas considérer l'étude des plantes comme 
limitée à la fleur. Lorsqu'on s'est familiarisé avec la physionomie 
de ces jeunes plantes appartenant aux Composées, aux Labiées, 
aux Borraginées, aux Crucifères, etc., de manière à ne plus s'y 
tromper, on est bien préparé pour apprendre à les distinguer 
lorsqu'elles seront complètement développées. 

Ce n'est là pourtant qu'une faible partie de nos richesses; à 
côté des fleurs nouvelles, il reste encore tant de précieux débris 
de la saison dernière que nous pouvons passer en revue toutes 
les formes d'inflorescences et de fruits, souvent même recon- 
naître tous les caractères distinctifs des espèces. Après les gelées 
de l'hiver, les bords des chemins et des champs conservent 
longtemps les restes desséchés des plantes dont les froids de 
l'hiver ont arrêté la floraison; nous rencontrons, à chaque pas, 
outre les plantes que nous prenions tout à l'heure pour exem- 
ples, des représentants de beaucoup de familles indigènes, 
presque tous en fruit : ce sont les Cistes, les Chênes, les Coni- 
fères {Piiius, Junipertis , Ctipresstis), une foule de Graminées, 
d'Euphorbes, de Centaurées {Ceniaurea panïctdata, aspera, 
meliteiisis, solstitialis, Calcitrapa,) et 



Clematis Vitalba. 
Nigella damascena. 
Helleborus fœtidus. 
Diplotaxis tenuifolia. 
Lepidium graminifolium. 
Glaucium luteum. 
Dianthus longicaulis. 
Ruta angustifolia. 
Psoralea bituminosa. 



Ononis minutissima. 
Rosa sempervirens. 
Eryngium campestre. 
Fœniculum piperitum. 
Daucus Carota. 
Seseli tortuosum. 
Bupleurum fruticosum. 
Hedera Hélix. 
Sedum altissimum. 



104 

Dipsacus silvestris. 
Scabiosa maritima. 
Cephalaria leucantha. 
Picridium vulgare. 
Picris stricta. 
Lactuca viminea. 
Scolymus hispanicus. 
Carlina corymbosa. 
Onopordon illyricum. 1 
Cirsium lanceolatum. 
Helichrysum Stœchas. 
Çataaanche cœrulea. 
Inula viscosa. 



JOURNAL DE BOTANIQUE 



Microlonchus Clusii. 
Solanum nigrum. 

Dulcamara. 
Linaria striata. 
Antirrhinum majus. 
Echium vulgare. 
Heliotropium europa^um. 
Calamintha Clinopodium. 
Marrubium vulgare. 
Lavandula latifolia. 
Plantago Cynops. 
Scilla autumnalis. 
Scirpus holoschœnus. 



La plupart de ces plantes sont de celles qu'on appelle ubi- 
quistes et abondent dans l'Europe entière. On les méprise par- 
fois; nous les en aimons devantage, car ce sont elles qu'il im- 
porte le plus de bien connaître. En matière de sciences naturelles, 
la connaissance complète des objets les plus vulgaires est le 
commencement de la sagesse. Toutefois, à ceux que les plantes 
dites rares intéresseraient plus que les espèces communes, nous 
pouvons signaler une longue liste de plantes communes ou très 
communes aux environs de Paris qui font complètement défaut 
aux environs de Montpellier : 

Astragalus glycyphvllos. 
Ornithopus perpusillus. 
Scleranthus annuus. 
Sedum Telephium. 



Anemoue nemorosa. 
Ranunculus auricomus. 
Caltha palustris. 
Delphiuium Consolida. 
Sagina procumbens. 
Holosteum umbellatum. 
Mœhringia trinervia. 
Stellaria Holostea. 
graminea. 
Malachium aquaticum. 
Géranium Robertianum. 
Hypericum humifusum. 

— pulchrum. 

Thlaspi arvense. 
Viola canina. 

— hirta. 
Rhamnus catharticus. 

Frangula. 
Sarothamnus scoparius. 
Ulex europaîus. 
Lotus major. 



Spiraea Ulmaria. 
Potentilla Fragaria. 

Tormentilla. 
Sorbus tormiualis. 
Epilobium montanum. 
Circaea lutetiana. 
Conium maculatum. 
Angelica silvestris. 
Heracleum Sphoudylium. 
Torilis Anthriscus. 
Viscum album. 
Ribes rubrum. 
Saxifraga granulata. 
Myosotis palustris. 
Pulmonaria angustifolia. 
Scrofularia nodosa. 
Digitalis purpurea. 



Ch. Flahault. — Les herborisations aux environs de Montpellier. 105 



Linaria vulg"aris. 
Pedicularis silvatica. 
Rhinanthus major. 
Melampyrum pratense. 
Lamium album. 
Galeopsis Tetrahit. 
Stachys silvatica. 
Campanula rotundifolia. 
Adoxa Moschatellina. 
Lonicera Xylosteum. 
Cirsium palustre. 

— acaule. 

— oleraceum. 
Matricaria inodora. 
Solidago Virga-aurea. 
Leontodon autumnalis. 
Picris hieracioides. 



Chenopodium polyspermum. 

Bonus-Henricus. 
Fagus silvatica. 
Quercus pedunculata. 
Scilla nutans. 
Couvallaria maialis. 
Polyg-onatum officinale. 

— multiflorum. 

Narcissus pseudo-Narcissus.j 
Orchis maculata. 
Plantanthera chlorantha. 
Eriophorum latifolium. 
Alopecurus g^eniculatus. 
Melica uniflora. 
Polystichum Filix-mas. 
Aspidium spinulosum. 



Oui ! vraiment, l'Herbe-à-Robert, le Sagina prommbens, 
que l'habitant du Quartier-latin foule aux pieds sur la place du 
Panthéon, le Sclerantlms anmtus , la Reine-des-Prés, le Myoso- 
tis des marais, l'Ortie blanche, la Jacinthe des bois dont les Pa- 
risiens rapportent des bottes de leurs promenades printanières, 
toutes ces plantes éminemment vulgaires dans le Nord, sont in- 
trouvables aux environs de Montpellier et dans presque toute la 
plaine de la Méditerranée. Nous nous rappelons volontiers l'en- 
thousiasme avec lequel un fidèle habitué de nos promenades du 
dimanche, nous citait le Linaria vulgaris comme l'une des 
plantes les plus précieuses qu'il eût recueillies dans une pre- 
mière herborisation en dehors de la région méditerranéenne. 

Quelques autres sont fort rares dans le Midi. Nous allons 
chaque année, au moment favorable, recueillir avec un soin re- 
ligieux le Lierre-terrestre (Glechoma hed^raced) sur le point 
unique où il soit possible de le trouver dans nos environs. Les 
Nasturtium sylvestre, Sysimbrium Sophia , Géranium pusil- 
hitfty Stachys arvensis, Chasrophyllum temiilum ne sont pas 
plus répandus autour de nous. Si instructif qu'il puisse être à 
divers points de vue d'apprécier les . différences qu'on peut ob- 
server dans le tomenUim d'un Rubus ou dans la villosité d'un 
Hieracium, cette inégalité dans la répartition des espèces nous 
attire davantage. N'est-ce pas un fait frappant que certaines 
espèces, fort répandues dans le Nord de la France, et très rares 



io6 JOURNAL DE BOTANIQUE 

dans le Midi, s'y rencontrent exclusivement dans le voisinage 
des grandes étendues d'eau, le long des rivières, sur les bords 
des marais, tandis que, dans le Nord, elles foisonnent dans les 
stations les plus diverses ; telles sont : 



Cucubalus baccifer. 
Cardamine pratensis. 
Genista tinctoria. 
Potentilla Anserina. 
Anthriscus vulgaris. 
Conium maculatum. 



Inula dysenterica. 
Vinca minor. 
Lysimachia nummularia. 
Ajuga reptans. 
Glechoma hederacea. 
Euphorbia amygdaloides. 



A mesure qu'on s'élève vers les montagnes, la zone de ces 
plantes s'étend ; elles s'éloignent de l'eau ; vers l'altitude de 
300 mètres déjà, on les trouve en bon nombre dans les bois aux 
expositions fraîches ; nous irons les y chercher plus tard. 

D'autre part, quelques espèces classiques du Nord de la 
France sont remplacées dans le Midi méditerranéen par des es- 
pèces voisines, qui en tiennent lieu, en quelque sorte : 

Anémone Pulsatilla est remplacé par A. Coronaria L. 
Géranium Robertiamum — G. purpureum Villars. 

Sagina procumbens — S. apetala L. 

Cardamine pratensis — C. hirsuta L. 

Ornithopus perpusillus O. compressus L. 

Heracleum Sphondylium H. Lecokii Gren. et Godr. 

Il ne faudrait pas croire pourtant que la disparition de tant 
de plantes communes dans les pays plus froids ne soit pas com- 
pensée dans la région de l'Olivier par la présence de beaucoup 
d'espèces qui font défaut au Nord de cette région. Quelques- 
unes d'entre elles sont précisément plus importantes au point de 
vue du paysage, soit par leurs dimensions, soit par le nombre 
des individus. C'est pour cela, sans aucun doute, qu'on a cru 
parfois pouvoir tirer du Chêne- vert la caractéristique de la ré- 
gion méditerranéenne. Ces espèces méridionales vulgaires in- 
connues à la flore spontanée du Nord forment une longue série : 



Nigella damascena L. 
Cistus salviaîfolius L. 

monspelientis L. 

— albidus L. 
Rhamnus Alaternus L. 
Pistacia Terebinthus L. 

— Lentiscus L. 



Genista Scorpius L. 
Spartium junceum L. 
Trifolium stellatum L. 
Psoralea bituminosa L. 
Vicia hybrida L. 
Lathyrus ensifolius Badaro. 
Coronilla scorpioides Koch. 



Ch. Flahault. — Les herborisations aux environs de Montpellier. 107 



Hippocrepis unisiliquosa L. 
Ecballium Elaterium Richard. . 
Scabiosa m2ritima L. 
Campanula Erinus L. 
Buphthalmum spinosum L. 
Centaurea aspera L. 
Microloncbus Clusii Spach. 
Carlina corymbosa L. 
Hedypnois cretica Willdenow. 
Rhagadiolus stellatus DC. 
Urospermum Delechampii Desfon- 
taines. 
Picridium vulgare Desfontaines. 
Pterotheca nemausensis Cassini. 
vScolymus hispanicus L. 
Jasminum fruticans L. 
Convolvulus cantabrica L. 
Rosmarinus officinalis L. 
Lavandula latifolia Villars. 
Thymus vulgaris L. 
Sideritis romana L. 
Plantago Cynops L. 



Ficus Carica L. 
Celtis australis L. 
Euphorbia nicaeensis L. 

— serrata L. 
Characias L. 

Quercus Ilex L. 

— coccifera L. 
AlliumpolyanthumRcemeretSchult. 

— roseum L. 
Muscari neglectum Gussone. 
Aphyllanthes monspeliensis L. 
Asparagus acutifolius L. 
Juncus conglomérats L. 
Lagurus ovatus L. 

Avena barbata Brotero. 
Bromus madritensis L. 
Brachypodium ramosum Rœmer et 

Schult, 
Lolium rigidum Gaudin. 
Pinus halepensis L. 
Juniperus Oxycedrus L. 



Si nous y ajoutons encore quelques plantes rares dans le Nord 
et très fréquentes dans le Midi, comme : Biscutella laevigata, 
Lepidium Draba, Cardamine hirstita, Glaucùuu luieum, Ré- 
séda Phyteujiia, Astragalits monspessiilamis , Salvm verbenaca, 
Calamintha Nepeta, Odoutites lutea, ScropJmlaria cam'iia, Ru- 
bia peregrùia , Lappago racemosa, Stipa pemiata, yEgi'lops 
ovata, jE. triwicialis , Ceterach ofjïcinarum, nous en pourrons 
déduire les caractères botaniques de la plaine méditerranéenne, 
comparativement aux plaines du Nord de la France. On est sur- 
pris de la diminution qu'y subissent certaines familles, telles que 
les Renonculacées, Caryophyllées, Rosacées, Saxifragées, Cam- 
panulacées et Fougères. Les Scrophulariées de la tribu des Rhi- 
nanthées y sont peu nombreuses; les genres Myosotis, Epilo- 
bùrni et Sorbus y sont rares ; les Papilionacées sont représentées 
par un très grand nombre d'espèces en majeure partie annuelles 
ou ligneuses ; les Labiées frutescentes tendent à prédominer sur 
le type herbacé. Les Composées, les Oléacées, les Euphorbia- 
cées occupent une place beaucoup plus large que du côté de 
Paris. 

La Flore des plaines méridionales ne rappelle celle des 



io8 JOURNAL DE BOTANIQUE 

plaines septentrionales qu'au moment où la végétation printa- 
nière apparaît; c'est un fait qui nous semble des plus remarqua- 
bles. Beaucoup d'espèces sont communes alors aux deux ré- 
gions ; ce sont pour la plupart des plantes annuelles, au feuillage 
tendre, se développant rapidement et mûrissant leurs graines 
avant la période de la sécheresse. A mesure que la saison de- 
vient plus chaude, les plantes du Nord font place aux espèces 
spéciales du Midi, aux plantes frutescentes ou couvertes de poils 
ainsi qu'aux plantes bulbeuses. En mai déjà, en juin surtout, il 
n'existe presque plus de ces exilées des pays froids. Nous pou- 
vons cependant en retrouver quelques échantillons encore sur 
les berges de nos rivières ou dans nos grands marais du littoral, 
où elles trouvent, à ce qu'il semble, la fraîcheur souterraine qui 
leur est nécessaire. On les rencontrera plus nombreuses dans 
nos basses montagnes où les Chênes à feuilles caduques se mê- 
lent aux Chênes verts ; mais, pour peu que nous atteignions la 
région montagneuse, nous les reverrons toutes, ou peu s'en 
faut, mélangées aux plantes subalpines. Leur végétation y est 
courte ; elles y jouissent des longs hivers, des pluies et des brouil- 
lards qui leur conviennent. Plus tard, le soleil, en brûlant notre 
plaine, nous ramènera vers elles. 



SUR LE FRUIT DES SOLANEES 

Par M. A. G. GARCIN 

Si, au point de vue morphologique et chimique, les fruits 
ont été longuement et soigneusement examinés, leur anatomie et 
surtout leur histogenèse ont été jusqu'à ce jour l'objet de recher- 
ches assez restreintes. 

Le travail le plus important sur ce sujet est dû à Ch. Cave. 
Je ne discuterai pas ici les théories de ce botaniste, me réservant 
de le faire dans un travail plus étendu, actuellement en prépara- 
tion. Citons dans le même ordre d'idées : les mémoires de Ca- 
ruel sur la pulpe des fruits ; de Portele sur le développement du 
fruit des Ampélidées; de Penzig sur les Aurantiacées, et enfin, 
les recherches de Pfeffer, Schmitz, Barcianu, recherches qui, 
bien que ne se rapportant qu'à l'ovaire, n'en intéressent pas 
moins notre sujet. 



A. G. Garcin. — Sur le frtiit des Solanées. 109 

Récemment M.Strasburger, dans son Botanische Practicum, 
a abordé tout particulièrement une phase de la question qui fait 
l'objet de cette note. L'éminent botaniste décrit le développe- 
ment de la baie de deux Solanées: la Morelle et laDouce-amère. 
Il le fait avec une précision de détails remarquable. Néanmoins, 
j'ai cru que, même après lui, on pouvait reprendre ce sujet, car 
pour bien saisir l'origine des tissus, il est nécessaire de remonter 
plus haut qu'il ne l'a fait dans le développement du carpelle même. 

Les Solanées possèdent, on le sait, trois sortes de fruits : des 
baies, des capsules, des pyxides. Ce que je me propose d'établir 
dans cette note, c'est le développement comparé de ces divers 
fruits et les homologues de leurs tissus respectifs. Je ne m'occu- 
perai point du mode de déhiscence, pas plus que de lanatomie 
et du système mécanique, les travaux de M. Leclerc du Sablon 
nous ayant suffisamment éclairés sur ce point. 

Pour se rendre un compte exact de l'histologie et du déve- 
loppement du fruit des Solanées, il est indispensable de choisir 
un certain nombre de types ; nous en prendrons quatre : Solonum 
citrullifolitim , Capsicum annuum, Atropa Belladona, Pétunia 
violacea. Dans cette étude, nous avons constamment employé le 
système des coupes transversales en série, contrôlées par les 
coupes longitudinales, l'épaisseur variable de la paroi suivant la 
hauteur où est pratiquée la section pouvant facilement induire 
en erreur. 

A. — Solanum citrullifolium. 

Famitzin, dans son travail sur les feuilles, montre que tous 
leurs tissus proviennent de quatre assises situées entre les deux 
épidermes. Le carpelle n'étant qu'une feuille modifiée, nous 
avons recherché ces initiales. Ces assises sont-elles originaire- 
ment autonomes ? Proviennent-elles d'une seule assise, de deux 
ou de trois ? C'est ce que nous ne chercherons point à élucider 
dans cette note. Ce point est d'ailleurs éclairci par nous pour un 
assez grand nombre de carpelles ; nos résultats seront publiés 
dans une étude ultérieure. Quoi qu'il en soit, nous avons pris 
pour point de départ les quatre assises décrites par Famitzin. 
Nous les nommerons, en allant de l'extérieur vers l'intérieur, 
(fig. 1) : (a) hypodermiqtie externe , (b) moyenne externe, 
(c) moyenne interne, (d) hypodermique interne. 




Fig. i. 



uo JOURNAL DE BOTANIQUE 

Ces quatre assises semblent alterner assez régulièrement ; 
leurs cellules sont remplies d'un protoplasma granuleux et pos- 
sèdent de volumineux noyaux. Si l'on sectionne une série d'o- 
vaires de plus en plus âgés, on pourra suivre pas à pas le déve- 
loppement des faisceaux. Le pre- 
mier qui se forme est le faisceau 
dorsal des carpelles (fig. i). C'est 
de l'assise moyenne interne qu'il 
tire son origine. Une des cellules 
de cette dernière se divise en qua- 
tre par deux cloisons cruciales, 
les deux voisines en deux par une cloison tangentielle, puis la 
segmentation se poursuivant aboutit bientôt à la formation d'un 
procambium. En face de celui-ci, la paroi carpellaire fait saillie, 
repoussée qu'elle est par la pression exercée par le faisceau en 
voie de formation. A une petite distance de la face interne du 
procambium, on voit tout d'abord apparaître une trachée, puis 
deux, et les premiers tubes criblés externes ; enfin, le liber interne 
se forme le dernier au dépens des cellules ménagées à la face in- 
terne du procambium. Les autres faisceaux suivent la même 
marche et se développent dans la même assise. 

Pendant ce temps, les autres assises se sont allongées et ont 
pris des cloisons tangentielles. La moyenne interne fait de même 
entre les faisceaux. Ces dédoublements ne sont pas aussi régu- 
liers que semble l'indiquer la description et varient suivant l'en- 
droit de la préparation qu'on examine. Tel point présente une 
cellule dédoublée, tel autre point de la même assise une cellule 
indivise, mais deux fois plus grande. Il suffit de jeter les yeux 
sur la figure 2 pour se rendre compte de ce fait. Jusqu'à la fécon- 
dation, le nombre des cellules 
s'accroît peu et, dans un bouton 
prêt à s'ouvrir, il existe huit ou neuf 
assises seulement. 11 est vrai que 
dans certaines autres Solanées (le 
Solamim Dukamara, par exem- 
ple), le cloisonnement est bien 
plus actif et amène la formation de 16 à 17 assises, dont 8 environ 
proviennent de l'hypodermique externe , 4 de l'hypodermique 
interne, 2 de la moyenne externe et 2 de la moyenne interne. 




■g. 2. 



A. Ci. Garcin. — Sur le fruit des Solanées. ni 

Mais, à partir de la fécondation, des transformations actives 
se font sentir. L'hypodermique interne se divise assez peu, les 
moyennes prennent aussi quelques rares cloisons, mais c'est de 
l'hypodermique externe que provient la plus grande partie de la 
paroi et partant de la chair. Chacune des cellules qui en dérivent 
s'allonge et prend une cloison tangentielle. Ce mécanisme con- 
tinuant très régulièrement, il en résulte sous l'épiderme externe 
un massif présentant le faciès d'un puissant cloisonnement subé- 
reux. Finalement, on arrive à une trentaine d'assises, dont envi- 
ron 7 ou 8 viennent de l'hypodermique interne, 3 ou 4 de la 
moyenne interne, 3 ou 4 de la moyenne externe, 14 à i7 de l'hy- 
podermique externe. 

D'autres Solanées multiplient davantage leurs cellules. Ainsi, 
le Solanum robiistum compte dans sa paroi une cinquantaine 
d'assises dont 15 a 16 proviennent de l'hypodermique interne. 
Si nous coupons le fruit adulte, nous voyons que les graines sont 
entièrement noyés dans une pulpe abondante, et l'on est en droit 
de se demander d'où provient cette chair. M. Strasburger, qui 
l'a étudiée dans le Solanum nigrum, dit qu'elle est le résultat de 
la soudure de prolongements de deux ordres : les uns venant de 
la paroi, les autres du placenta. Après nous être assuré qu'elle 
se forme ainsi dans toutes les Solanées qui présentent ce phéno- 
mène, nous l'avons examinée de plus près : c'est de l'hypoder- 
mique interne que proviennent les prolongements, aussi bien les 
placentaires que les pariétaux. 

Dans la paroi correspondant aux intervalles que laissent entre 
eux les ovules, des cloisonnemements très actifs se produisent 
dans l'assise ci-dessus, à la suite desquels apparaissent des lames 
limitant des sortes d'alvéoles qui coiffent les ovules . Puis la por- 
tion de la même assise comprise dans le placenta envoie à son 
tour des prolongements vers les précédents, et bientôt les deux 
systèmes, se soudant par leur épiderme, forment un tout con- 
tinu. Ces phénomènes achevés, tout cloisement cesse, et c'est dé- 
sormais par amplification des cellules que le fruit atteint son vo- 
lume définitif. Finalement, le fruit adulte présente, en allant de 
l'extérieur vers l'intérieur : i° un épiderme résistant; 2 des cel- 
lules tangentiellement allongées et présentant des épaississe- 
ments collenchymateux ; ce tissu fait insensiblement place à : 
3 un massif de cellules très grandes, à parois minces, laissant 



ii2 JOURNAL DE BOTANIQUE 

entre elles de volumineux méats, qui s'étend jusqu'à l'épiderme 
interne ; c'est dans son épaisseur que sont logés les faisceaux ; 
4° l'épiderme interne. 

« B. — Capsicum ammum. 

Le Capsicum adulte ayant été l'objet d'une étude de M. V. 
Bonnet, je m'occuperai presque exclusivement de son dévelop- 
pement en partant des quatre assises initiales décrites. Dans la 
moyenne interne s'organisent les faisceaux. Le jeu de l'hypo- 
dermique externe et des moyennes est identique à ce que nous 
avons vu dans le cas précédent, mais l'hypodermique interne se 
comporte d'une façon toute particulière. De bonne heure cha- 
cune des cellules de cette assise se dédouble par une cloison 
tangentielle et forme ainsi 2 assises superposées (fig. 3 et 4). 





Eig. 3. Fig. 4. 

Toutes les deux grandissent radialement et tangentiellement, 
mais tandis que les cellules de l'assise a se cloisonnent comme 
celles de l'hypodermique externe, les cellules de l'assise P de- 
meurent indivises et par le fait acquerront des dimensions énor- 
mes. Au moment de la fécondation, nous trouvons quinze à vingt 
assises de cellules dont huit à neuf proviennent de l'hypodermi- 
que externe. Le cloisonnement interne se continue encore quel- 
que temps après la fécondation, mais il est peu actif et s'arrête 
bientôt; le cloisonnement de l'hypodermique externe est celui 
qui persiste le plus longtemps. 

Tardivement on voit l'épiderme interne entrer à son tour en 
jeu (fig. 5). Les grosses cellules sous-jacentes, en grandissant, ar- 
rondissent leur paroi interne, de sorte que, si rien n'y remédiait, 
il se formerait entre elles et l'épiderme de grands méats triangu- 
laires. Mais l'épiderme, en se sectionnant, produit un tissu com- 
blant qui se présente dans l' endroit de la plus grande épaisseur 




A. G. Garcin. — Sur le Jruit des Solane'es. 113 

sur trois ou quatre rangs. Les cellules épidermiques situées dans 
Taxe des grandes cavités ne se sectionnent pas et finissent par se 
solidifier ; les autres restant molles. 

Le fruit mûr du Capsicum annuuin 
montre, en allant de l'extérieur vers l'in- 
térieur : i° Un épiderme ; 2 quatre ou cinq 
assises de cellules collenchymateuses ; 3" 
un parenchyme puissant dans lequel cou- 
rent les faisceaux libéro-ligneux ; 4 vers Fi 
la face interne, d'immenses cellules réunies 

à leur face profonde par des massifs cunéiformes de petites 
cellules provenant de l'épiderme; 5 l'épidémie interne, scléreux 
en face des cavités, mou dans leusr intervalles . 

C. — Atropa Belladona. 

Des quatre assises cellulaires, deux se comportent d'une fa- 
çon toute autre que dans les plantes précédentes. Elles ne se di- 
visent pas ; à peine prennent-elles accidentellement une cloison, 
La moyenne interne se dédouble; quant à l'hypodermique in- 
terne, elle, donne environ six couches de cellules, de sorte que 
les faisceaux, comme toujours organisés dans la moyenne in- 
terne, sont par le fait rejetés vers la partie extérieure du car- 
pelle. Tout cela se passe bien avant la fécondation. Lorsque cet 
acte est accompli, tout cloisonnement a cessé, et c" 1 est unique- 
ment par amplification des cellules que le fruit se développera. 
Aussi est-on surpris, en coupant une baie mûre de Belladone, 
de n'y trouver que 8 à 9 épaisseurs de cellules. Dans le fruit 
adulte, nous ne trouvons plus ces quelques assises collenchy- 
mateuses sous-épidermiques qu'on voit dans presque toutes les 
baies des Solanées ; les alvéoles charnues entourant les graines 
manquent également. Toutes les cellules ont leurs parois minces. 
Plus petites près de l'épiderme externe, elles vont en augmen- 
tant de volume en avançant vers l'intérieur et diminuent de nou- 
veau en se rapprochant de l'épiderme interne. 

D. — Pétunia violacea. 

Le point de départ est encore le même ; la moyenne interne 
donne toujours les faisceaux. L'hypodermique interne ne tarde 



i,4 JOURNAL DE BOTANIQUE 

pas à se dédoubler, la moyenne interne fait de même. Quant aux 
autres, elles peuvent prendre accidentellement une cloison, mais 
presque constamment elles ne le font pas, de sorte qu'au moment 
de la fécondation, la paroi ne possède que 6 ou 7 assises entre 
les épidermes. Bien avant ce moment, tout cloisonnement a cessé 
et l'acte générateur ne pourra le réveiller. 

Si, après la fécondation, nous faisons agir sur nos coupes la 
teinture d'iode, nous voyons que l'amidon, disparu de presque 
toutes les cellules, s'est localisé dans les deux ou trois assises 
provenant du cloisonnement de l'hypodermique interne. L'épi- 
derme interne en possède également. Cette réserve amylacée est 
bientôt employée à l'épaississement des parois des cellules qui 
la contiennent. En effet, ces dernières prennent rapidement un 
aspect collenchymateux et, plus tard, se lignifient pour former 
le système mécanique de la capsule. A mesure que cette diffé- 
renciation s'accomplit, l'amidon est peu à peu résorbé et l'état 
définitif coïncide avec sa disparition complète. La cellule ligni- 
fiée meurt alors ; en vain y chercherait-on le protoplasma pa- 
riétal ou le noyau. 

Le fruit mûr présente de dehors en dedans : i° un épiderme 
externe ; 2 quatre assises de cellules à parois minces, elliptiques, 
et contenant de la chlorophylle ; 3 deux assises de cellules li- 
gnifiées, parfois trois; 4° un épiderme interne également lignifié. 
Les faisceaux se rencontrent dans la dernière couche molle. 

Le Tabac présente le même développement. 

La Jusquiame montre un faciès différent suivant qu'on consi- 
dère le couvercle de la pyxide ou sa partie inférieure. Dans les 
deux régions, le cloisonnement antérieur à la fécondation est le 
même, il est identique au cas précédent ; mais tandis que dans la 
coupe les assises provenant de l'hypodermique interne restent 
molles, l'épiderme seul se lignifiant, dans le couvercle ces assises 
s'épaississent ainsi que l'épiderme. 

CONCLUSIONS 

En résumé, dans le fruit des Solanées, tous les tissus provien- 
nent de quatre assises cellulaires, la moyenne interne donnant 
toujours les faisceaux. Les cloisonnements peuvent être nom- 
breux comme dans le Solanum robustum ou presque nuls comme 
dans le Pétunia. Mais le fait le plus important qui ressort de 



E. Roze. — La Flore parisienne au commencement du XVII e siècle. 115 

cette note, fait qui peut être généralisé et étendît aux autres 
familles, est le suivant : 

Dans certains fruits, le nombre définitif des cellules est entiè- 
rement atteint avant la fécondation, c'est-à-dire que l'ovaire, 
pour se transformer en fruits, ne fera qu'amplifier la dimension 
de ses cellules sans les multiplier. 

Dans d'autres, au contraire, l'ovaire adulte ne possède qu'un 
nombre restreint d'assises, comparativement à celui que doit 
posséder le fruit : c'est donc surtottt après la fécondation que se 
produisent les cloisonnements les plus intenses. 

Les fruits secs appartiennent au premier type, cela n'a rien 
qui doive surpendre, mais le fait curieux est de voir certaines 
baies volumineuses, celles de la Belladone, par exemple, se com- 
porter de même. 

Le plus grand nombre de fruits charnus des Solanées ren- 
trent par contre dans le second type. 

Le tableau suivant résume les faits que nous venons d'ex- 
poser : 

! augmente la division de ses ( Capsule. — Pétunia, Tabac, etc. 
éléments < Pyxide. — Jusquiame. 

sans en accroître le nombre (Baie. — Belladone, etc. 
augmente la dimension de ( Baie. — Solarium nigruni, S. 
ses éléments après < citrullifolium, S. robustum, 

en avoir accru le nombre' etc. 



LA FLORE PARISIENNE 

Au commencement du XVII" siècle 
d'après \J Eiichiridium botanicum parisiense de jacob cornuti (Suite) 

Par M. Ernest ROZE 

Verbénacées. 

Verbena officinalis L. (* Verbena et Verbena Diosc). B. de Boulogne et 
Croix-Faubin (Charonne). 

Globulariées. 
Globularia vulgaris L. (Globularia Mpnspeliensis). Butte de Sèvres. 

Plombaginées. 

Armeriaplantaginea Willd.(i ){Caryop/tyllus montanus). Meudon, in dumetis. 
— — {Statice Daleckamp.). Montfaucon. 

1. a Memini colligere in regio illo vivario Madritiana silva vulgo nuncupato, 
secundo ab urbe Lutetia miliari, unde erutum amicis in Belgicam mittebam. » 
(Clt(sius,.Uist. p. 2 8 y.) 



n6 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Plantaginées. 

Plantago major L. {^Plantago major). Meudon, in apricis locis. 

— média L. {Plantago incana). Ibi d. 

lanceolata L. (' 'Plantago minor s. quinquenervià). Meudon, in 
pratis irriguis. 
Plantago arenaria Waldst. ( *Psyllium majus et minus). Pré St-Gervais. 

— Coronopus L. {* Coronopus silvestris et Coronopus repens Rtiel- 
lij). Vincennes, in si/vis. 

Amaranthacées. 

Amaranthus Blitum DC. (*Blilum). Per margines viarum. 

Salsolacées. 

Chenopodium Vulvaria L. {*Atriplex olida). Inter segetes. 

album L:? (*Atriplex vulgaris). Per margines viarum. 
— urbicum L. (Alrip/ex s. Pes anserinus). Id. 

Bonus Henricus L. ( * Tota bona s. Bonus Henricus, et Spi- 
nacia silvestris). Meudon, in apricis locis. 

Polygonées. 

Rumex Acetosella L. (*Oxal/s vervecina). Meudon, in apricis locis. 

— Hydrolapathum Huds. {Hydrolapatluiiu majus). Porte St-Antoiue, 

in aquis stagiiautibns. 
Polygonum Persicaria L. (Persicaria utraque, maculata et immaculata). 

Gentilly, in praio, sec. rivulum. 
Polygonum Hydropiper L. (Hydropiper s. Persicaria urens). Ibid. 

— aviculare L. {Polygonum). Per ntargines viarum. 

— Convolvulus L. (i) (Helxine Cissampelos altéra^ triplicis efji- 
gie). Chat, de la Chasse, intcr silvas. 

Polygonum Fagopyrum L. (*Fagopyrum Dodouœi, vulgo Bled sarrazin). 
Varenne-St-Maur, in campo. 

Santalacées. 

Thesium linophyllum L. (2) (Anouymos Lini folio Clus. non Cornuti). 

Daphnoidées. 

Daphne Laureola L. (*Dapkuoides s. Laureola). Chat, de la Chasse, inter 

silvas. 

Aristolochiées. 

Asarum europa;um L. (*Asarum). St-Prix. 

Aristolochia Clematitis L. (Aristolocliia Clematitis). Ivry, per vineas-. 

Euphorbiacées. 

Euphorbia helioscopia L. ( Tithy malus kclioscopius). Vincennes, in silvis. 

— Cyparissias L. (Tit/ty malus Cyparissias). Ibid. 

— Esula L. (Esula minor). Varenne St-Maur, in campo. 

1. Polygonum dumetorum G. 

2. « Memini et Madritiana silva, secundo ab urbe Lutetia miliari, cum Lino 
silvestri, Hyacinthoque autumnali minore colligere. » (Clusius. Hist.p. 324). 



E Roze. — La Flore parisienne au commencement du XVII" siècle. 1 17 

Euphorbia Peplus L. (Peplus s. Esula rotunda). Aubervilliers. 

— exigua L. (Titliy malus leptopkyllos). Chat, de la Chasse, inter 
silvas. 

Euphorbia exigua L. (1) (Titkymalus leptopkyllos). Pré St-Gervais. 

— — {Euphorbia exigua Tragi). Aubervilliers. 

— amygdaloides L. (* Titl/ymalus Ckaracias). Meudon, in sylvis 
majoribus. 

Euphorbia Lathyris L. (Cataputia major). B. de Boulogne. 

Mercurialis annua L. {Mercurialis mas et fœ mina). Per margines viarum. 

— perennis L. (Cynocrambe s. Merctirialis silvestris). Chat, de la 
Chasse, inter silvas. 

Urticées. 
Urtica urens L. {Urtica minor s. gr.vca). Per margines viartim. 
Parietaria officinalis L. (*Parietaria). Id. 
Humulus Lupulus L. (* 'Lupus saliclarius). Meudon, in dumctis. 

— — (Lupus saliclarius s. Lupulus). St-Prix. 

Ulmacées. 

Ulmus campestris L. [Ulmus. — Orme). St-Prix. 

Juglandées. 

Juglans regia L. {Nux Juglans). Montmorency. 

Cupulifères. 

Fagus sylvatica L. (*Fagus). Chat, de la Chasse, inter silvas. 
Castanea vulgaris Lam. ( *Castanea). lbid. 
Quercus Robur L. (*Querc/is vulgaris). Ibid. 
Corylus Avellana L. (*Corylus). St-Prix. 
Carpinus Betulus L. (*Carpiuus). Id. 

Salicinées. 

Salix alba L. (*Salix). Montmorency, in stagnantibus aquis. 
Populus alba L. (*Populus alba). St-Prix. 

— nigra L. (* Populus nigra). Id. 

Bétulacées. 

Betula alba L. (*Betula. — Boulleau). St-Prix. 

Alnus glutinosaGsertn.(*^////« aquatica). Gentilly, in prato, sec. rivulum. 

MONOCOTYLÉDONÉES 

Alismacées. 

Alisma Plantago L. (*Plantago aquatica). Gentilly, in prato, sec. rivulum. 
Butomus umbellatus L. (*Juncus Cyperoides Jloridzis, paludosus). Ibid. 

Hydrocharidées. 

Hydrocharis Morsus-Ranae L. (Morsus Ranas). Montmorency, in stagnan- 
tibus aquis. 

1. Euphorbia Gerardiana G. 



n8 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Potamées. 

Potamogeton natans L. (* Potamogeton Persicarias folio). St-Cloud, sec. 

ripas Sequanas. 
Potamogeton perfoliatus L. [Potamogeton perfoliatum). Ibid. 

Iridées. 

Iris germanica L. {*Iris vulgaris). In maceriis. [Planté.] 
— Pseudo-Acorus L. [*Acorus nostras palustris). {Gentilly, in prato, 
sec. rivulum. 

Colchicacées. 

Colchicum autumnale L. [* Colchicum vulgare et Colchicum amaranthino 
flore.) Palaiseau, in pratis. 

Amaryllidées. 

Galanthus nivalis L. ! (i) {Leuco-Narcissolirium minimum). Montmartre. 

[Planté?] 
Narcissus Pseudo-Narcissus L. (JVarcissus luteus silvestris Dodonasi). Vin- 

cennes, Couv. des Minimes. 

Orchidées. 

Orchis maculata L. (*Serapias montana maculatis foliis). Meudon, in silvis 
majoribus. 

Orchis latifolia L. (*Serapias palustris latifolia). Gentilly, in prato, sec. 
rivulum. 

Orchis ? [Satyrij multas species, folio maculato aut non- maculato). 

Meudon, in pratis irrigtiis. 

Loroglossum hircinum Rich. ( * Tragorchis s. Testiculus hircinus). Meudon, 
in editioribus locis. 

Ophrys aranifera Huds. {Orchis sphegodes c. Gemmas obscuris floribus). 
Vincennes, z» silvis. • 

Ophrys Arachnites Willd. [Orchis sphegodes Cornelij Gemmas rubentibîis 
florum alis). Butte de Sèvres. 

Spiranthes aestivalis Rich. [Orchis spiralis odorat, c. Gemmas). Fontaine- 
bleau. 

Neottia ovata Rich. (*Bifolium s. Ophrys). Meudon, in pratis irriguis. 

Epipactis latifolia Ail. ( *Elleborine s. Epipactis flore viridi major). Ivry, 
in silvis domesticis. 

Epipactis palustris Willd. [*Elleborine pratensis flore rubicundiore). Meu- 
don, in pratis irriguis. 

Limodorum abortivum S\v. [Limodorum). Vincennes, in silvis. 

Asparaginées. 

Asparagus officinalis L. (* Asparagus domesticus) . Aubervilliers. 
Polygonatum vulgare Desf. [* Polygonatum mas). B. de Boulogne, 
multiflorum AU.? {* Polygonatum terlium Clusii). Id. 
Paris quadrifolia L. (*Solanum tetraphyllon s. Herba Paris). Meudon, in 
pratis irriguis. 

i. Ornithogalum umbellatum G. 



E. Roze. — La Flore parisienne au commencement du XVII" siècle. 119 

Ruscus aculeatus L. (*Bruscus). Meudon, in sylvis major ibus. 
— (Bruscus s. Myrtus aculeata). St-Prix. 

Dioscorées. 

Tamus commuais L. {*Tamus s. Siçillum Beata? Maria;). Meudon, inedi- 
tioribus locis. 

Liliacées. 

ScillaautumnalisL. (1) (* Hyacinthus stellaris autumnalis). B. de Boulogne. 

Endymion nutans Dum. [E. non scriptus Garke.] Hyacinthus non scriptus 
Dodonœi). Meudon, in silvis majoribus. 

Muscari comosum Mil!. (* Hyacinthus comosns). Inter segetes. 

racemosum DC. {* Hyacinthus botryoides s. comosus minor). Mont- 
martre. 

Allium ursinumL. [^Allium ursinum). Chat, de la Chasse, inter silvas. 

vineale L. (*Ampe loprason) . Meudon, in apricis locis. 

Scorodoprasum L. {*Moly serpentinum). Chat, de la Chasse, inter 

silvas. 
Ornithogalum pyrenaicum L. ( *Asphodelus Hyacinthimis forte Galleni). 

Ibid. 
Ornithogalum umbellatum ~L.(* Ornithogalum flore albo). Varenne St-Maur, 

in campo. 
Gagea arvensis Schultes (Omithogalum flore luteo). Ivry, in novalib-ts, 

primo vere. 
Phalangium Liiiago Schreb. ( *Phalangium non ramosuni). Butte de Sèvres. 
ramosum Lam. (*P/talaugium ramosum). Id. 

Joncées. 

luncus effusus L. (2) {Juncus lœvis vulgatus). La Barre, juxta salicta. 

articulatus L. [Gramen junceum palustre articulato folio Bauhini). 

Gentilly, in prato. 
Luzula campestris DC? (Gramen villosum). Meudon, in pratis irriguis. 

nivea DC? {Gramen Leucanthemum Dodomei). Meudon, in silvis 

majoribus (3). r - 

Typhacees. 

Sparganium ramosum Huds. (* Sparçranium s. Butomos Theophrasti). 

Gentilly, in prato sec. rivulum. 
Sparganium simplex Huds. [Sùarganij secunda species). Ibid. 

Aroïdées. 

Arum maculatum L. (*Arum officinarum s. Pes vituli.) Meudon, in editio- 
ribus locis. 

1. a ... Sub initium Septembris, eruebam... Madritiana Parisiorum silva, ea 
parte qua ad Bononiense cœnobium vergit, arenoso solo et salebroso. » (Clusius, 
Hist.p. 185.) 

2. Juncus communis G. 

3. Cornuti a dû se tromper ; il aurait dû écrire : Gramen Leucanthemum Da- 
leckampii. Les Bauhins et Tournefort n'ont aucun synonyme de Gramen Leucan- 
themum Dodonasi. 



120 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Cypéracées. 

Cyperus longus L. ? (*Cy pet-us lougus odoratior). Gentilly, inprato sec. ri- 

vulum. 
Eriophorum polystachion L. (Gramen bombycinum). Meudon, in pratis ir- 

riguis. 
Carex acuta L. (Gramen Cyperoides). Ibid. et Gentilly, in prato. 

Graminées. 

Alopecurus pratensis L. (Gramen Phalarioides). Gentilly, in prato. 
Panicum sangriinale L. (i) (Ischsemon s. Galli crus ApuleiJ). Inter segetes. 

— — * {Ischsemon vulgaré). Id. 

Aira canescensL.? {Gramen exile durius). Pré Saint-Gervais. 
Avena fatua L. (.Egylops Bromoides) . Inter segetes. 
Arrhenatherum elatius M. et Koch var. bulbosum. (Gramen nodostim bulbo- 

sum). Varenne St-Maur, in campo. 
Poa pratensis L. ou P. annua L. (Gramen pratense). Per margines viarum. 
Briza Eragrostis L.? {Gramen paniculosuni). Gentilly, in prato (2). 
Bromus sterilis L. (Bromos s. sterilis Avena). Inter segetes. 
Hordeum murinum L. (Hordeum spontané um spurium). Per margines 

viarum. 
Triticum rcpens L. (Gramen canin um). Inter segetes. 
Lolium perenneL.? (*Lolium). Per margines viarum. 

— temulentum L. (*Lolium). Inter segetes. 

? [Millefolium tuberosum, qiiod tertio è satu anno in hortis nostris 

dégénérât.) B. de Boulogne. 

[A suivre.) 

1. Panicum Crus-galU G. 

2. Glyceria aquatica G. Nous pensons que Cornuti aurait dû écrire : Gramen 
paniculosum phalarioides, ce qui répond à Briza Eragrostis L. — « ... Memini 
etiam id graminis genus observare et colligere Parisiensi agro, non procul a 
trajectu Sequanae, qui fere est ex adverso monasterii vulgo dicti Les bons hommes, 
secundum semitas frequentissimum, ubi a rusticis non Chien-dent, sed Amourettes 
appellatur, ob panicularum, ub opinor, elegantiam. » (Clusius, Hist.p. ccxviij.^ 



CHRONIQUE 



Nous avons le regret d'annoncer à nos lecteurs la mort 'de deux fervents 
botanistes, MM. Ed. Timbal-Lagrave et Jeanbernat. 



M. le Comte de Solms Laubach vient d'être nommé professeur à l'Université 
de Strasbourg, en remplacement de M. de Bary. 



M. J. B. Balfour a succédé à M. le professeur Dikson à Oxford. 



Le cours de M. Bureau au Muséum est suspendu à l'occasion des fêtes de 
Pâques et reprendra le samedi 14 avril à deux heures. 

Le Gérant ; Louis Morot. 



Paris — J Mefscfc, Unr . 22. pi. Dânfert- RocbereàB. 



2 e ANNEE N» 8 16 AVRIL 1888 



JOURNAL DE BOTANIQUE 



Directeur: M. Louis MOROT 



NOTICE SUR LES PLANTES FOSSILES 

DES 

GRÈS TERTIAIRES DE SAINT-SATURNIN (Maine-et-Loire) 

Par M. l'Abbé BOULAY 

Desvaux avait recueilli autrefois des spécimens de plantes 
fossiles dans la plupart des gisements tertiaires de Maine-et-Loire, 
mais il n'a rien publié sur ce sujet. Millet de la Turtaudière, qui 
l'avait accompagné dans ses explorations et s'occupait spéciale- 
ment de paléontologie, donne sur ces végétaux fossiles des 
approximations qui, même à l'heure présente, ne sont pas dé- 
pourvues de tout intérêt. Il avait saisi la physionomie tropicale 
de la flore de ces grès et ses déterminations permettent de re- 
connaître la plupart des espèces qu'il avait en vue. Il en signale 
huit, en particulier, pour la localité de Saint-Saturnin, qui fait 
seule l'objet de cette notice (i). 

En 1877, les Recherches de M. Crié sur la végétation de 
l'Ouest de la France à l'époque tertiaire marquent un progrès 
considérable dans cette direction (2). Il semble toutefois que les 
matériaux mis en œuvre par l'auteur lui soient venus principale- 
ment de la Sarthe et en proportion beaucoup moindres de Maine- 
et-Loire. A une date plus récente, M. Crié a mis à profit des 
matériaux importants provenant de Cheffes et communiqués 
par MM. Bouvet, Gallois et Préaubert (3). 

Une ligne presque droite, partant de Cheffes et aboutissant 
à Baugé, passe par Etriché, Montreuil-sur-Loir, Soucelles, Sei- 
ches et Beauvau, en sorte que les localités de Maine-et-Loire au» 

1. La Paléontologie de Maine-et-Loire, par P. A. Millet, Angers, 1854, pp. 
126 et suiv. 

2. Ann. des Se. géol., t. IX, 1877, 72 p. et 16 pi. 

3. Crié : Essai descriptif sur les plantes fossiles de Cheffes (Maine-et- 
Loire). Bull. Soc. d'Et. scientif. d Angers, 1884, pp. 402 et suiv. 



122 JOURNAL DE BOTANIQUE 

nord du fleuve qui ont fourni des empreintes fossiles sont com- 
prises dans une bande étroite parallèle à la Loire. Au sud, se 
trouvent Saint-Saturnin et Gennes, qui laissent entrevoir une 
autre bande parallèle à la première. 

Dans le courant de l'année dernière, grâce aux actives re- 
cherches de M. l'abbé Hy à Gennes et surtout à Saint-Saturnin, 
j'ai été mis en possession d'une belle série de spécimens pré- 
parés et de blocs fossilifères que j'ai pu étudier à loisir. 

Le village de Saint-Saturnin, situé à 13 kil. sud-est d'Angers, 
occupe le sommet d'un coteau qui domine la Loire de 67 mètres. 
La masse principale du monticule appartient au crétacé moyen 
(cénomanien), couronné par un mince dépôt en place de grès 
éocènes. Par sa dislocation, la couche gréseuse a donné nais- 
sance à des blocs qui ont glissé de tous les côtés sur la pente, au 
nombre de plusieurs milliers. Un seul de ces blocs, de grandes 
dimensions, il est vrai, s'est trouvé fossilifère jusqu'ici. Il n'y a 
d'empreintes que vers la face inférieure sur une zone d'épaisseur 
variable. 

La sédimentation et le dépôt des feuilles et objets divers, 
fruits, tiges et branches cassées de toutes dimensions, se sont 
opérés dans des conditions assez irrégulières, sous les eaux sans 
doute peu profondes et fréquemment agitées d'un estuaire. 

Millet dit de ces grès qu'ils sont toujours sans coquilles. 
M. Crié dit également que ces grès ne renferment aucun fossile. 
En débitant un des blocs de Saint-Saturnin, j'ai recueilli plu- 
sieurs petits Ostrea dans un lit à éléments roulés plus grossiers 
que le reste, mais au contact presque immédiat des feuilles fos- 
siles et sans aucune zone de démarcation. Je n'entrerai dans 
aucune considération générale de stratigraphie au sujet des grès 
de Saint-Saturnin. Ils sont évidemment de même âge que ceux 
de Cheffes et des autres localités de Maine-et-Loire et de la 
Sarthe étudiées par M. Crié. On pourra consulter sur ce sujet les 
Recherches du savant professeur de Rennes et les Observations 
de M. T. S. Gardner sur la formation éocène de l' Angleterre (1), 
où les assises du Bagshot moyen, de Bracklesham, etc., sem- 
blent correspondre aux grès de l'Ouest en France. M. Gardner 
a commencé, dans les mémoires de The palseontographical 

1. Bull. Soc. géol. de France, 3 e sér., t. 11 (1882-1883), pp. 195 et suiv. 



Abbé Boulay. — Plantes fossiles de Saint-Saturnin (Maine-et-Loire). 123 

Society, la publication d'une flore éocène de l'Angleterre, qui ne 
nous laisserait à peu près rien à glaner, si elle était achevée (1). 

Énumèration des plantes fossiles des grès de Saint-Saturnin 

et de Gennes. 

CRYPTOGAMES 

CJiaracces. 

1. Ghara Fyeensis Crié, Ami. se. gcol., t. IX, p. 21, pi. 8, 
f. 1. 

Sur la même plaque une tige avec nœud, duquel partent cinq à sept 
ramules, et d'autres empreintes grêles, moins bonnes. Le nom géné- 
rique ne constitue qu'une approximation ; des sporocarpes mûrs seraient 
nécessaires pour donner plus de consistance à cette détermination. 

Fougères. 

2. Aneimia suberetacea Gard. Brit. eoc. FI., I, p. 45, 
t. VIII et IX; Asplenittm suberetaceum Sap. FI. foss. Ses., 
pi. XXIII, f. 4. 

Cette espèce est représentée à Saint-Saturnin et à Gennes par de 
nombreux fragments qui ne laissent aucun doute sur leur assimilation 
avec la plante de Bournemouth figurée par M. Gardner. Celle de Sé- 
zanne dont je possède un beau spécimen a des lobes plus allongés avec 
des lobules plus aigus; cependant la similitude est très grande, et on 
peut considérer la plante de Maine-et-Loire et d'Angleterre comme 
constituant une forme contractée subissant l'influence d'un climat plus 
sec. YJAsplen. cenomanense Crié, signalé à Cheffes, a été décrit au 
début sur des fragments très restreints qui ne permettent guère de s'en 
faire une idée exacte. 

3. Podoloma... (spec). 

4. Glossochlamys... (spec). 

Trois ou quatre fragments; ils suffisent pour montrer qu'ils appar- 
tiennent bien à ce groupe de Fougères récemment décrites dans le 
British eocen Flora, mais non pour asseoir avec certitude une détermi- 
nation spécifique. L'un de ces échantillons correspond à la partie 
moyenne du Glossochlamys transmuta/is Ett. a. Gardn. Un autre se rat- 
tache mieux au Podoloma affine des mêmes auteurs. Un autre encore 
indique un genre différent. Il y a donc des recherches nouvelles à faire 
dans cette direction. 

1. A monograph of the British eocene Flora. I, Filices, 1879, II, Gymnos- 
permie, 1883-1886. 



,24 JOURNAL DE BOTANIQUE 

P H A N É R O G A M E S 
Gymnospermes . 

5. Cryptomeria Sternbergii Gardn. Brit. eoc. FI., II, 
p. 85, t. XX et XXI. 

Nombreux cônes applatis vus par le dos et correspondant bien aux 
figures 2, 3, 4 et 5 de la pi. XXI ci-dessus. On trouve çà et là dans 
les mêmes blocs, mais sans connexion avec les cônes, des fragments 
de rameaux et de ramules qui vérifient exactement les figures de VArau- 
caritcs Sternbergii données par Unger (Foss. FI. v. Sotzka. t. KL et IV), 
par C. v. Ettingshausen (Eoc. FI. d. m. Promina, t. V et Foss. FI. 
v. Hsering, t. VIII, f. 1, 6 et 7). Les branches figurées par M. Gardner 
sous le nom de Cryptomeria Sternbergii (op. cit.) sont plus trapues, 
plus épaisses, garnies de feuilles plus denses et plus étalées. La simi- 
litude serait plus grande à l'égard du rameau de Doliosti obus Stern- 
bergii (ib. t. XXII) . M. Crié n'indique pas de Gymnospermes à Cheffes. 
UAraucarites Roginei Sap. An?i. se. géol. t. IX, pi. 14, f. 26-28, a des 
feuilles plus larges et plus courtes, exactement imbriquées, incurvées 
par une pointe mousse et courte. Cette espèce est indiquée par M. Crié 
à Montreuil-sur-Loir. 

6. Podocarpus eocenica Ung. Foss. FI. v. Sotzka, t. II, 
f. 11-16; P. siiessionensis Wat. Plant, foss., pi. 32, f. 13-15; 
Crié, Ami. se. géol., pi. 14, f. 32. 

Feuilles rares, semblablesaux moyennes et aux plus petites figurées 
par M. Crié; une autre, au contraire, longuement atténuée à la base et 
au sommet- dépasse 7 centim. de long et 4 mm. de large au milieu. C'est 
sans doute le P. s uessio7ien sis Wat. ; cependant c'est mieux encore le 
P. eocenica Ung. et ce dernier nom a- la priorité. Mes spécimens, comme 
d'ailleurs ceux que figure M. Crié, sont moins atténués aux deux extré- 
mités que Watelet ne le représente; ils sont de forme plus plane, moins 
carénée, particularités qui coïncident avec les figures d'Unger. 

Monocotylédones . 

7. Bambusa Fyeensis Crié, Ami. se. géol., p. 25, pi. 9, 
f. 12. 

Tiges assez fréquentes; les dimensions et les noeuds sont les mêmes. 
— On trouve, dans les grès de Saint-Saturnin, de nombreux débris de 
tiges et de feuilles qui semblent appartenir à des Graminées, à des Cy- 
péracées ou à des Typhacées, mais dont la détermination même géné- 
rique ne serait pas suffisamment appuyée. 

8. Flabellaria Saportana Crié, Ami. se. géol., pi. 12, f. 24. 
Fragments de lobes identiques à ceux qui sont figurés par M. Crié, 



Abbé Boulay. — Plantes fossiles de Saint-Saturnin (Maine-et-Loire). 125 

9. FI. Milletiana Crié {nomeii), Bull. Soc. (V Et. 1884^.404. 

Rayons nombreux, près de 50 sur mon spécimen, par suite minces 
et étroits à leur base, à carène aiguë; le pétiole atteint un diamètre de 
20-25 nim. M. Crié rapprochant ses échantillons de Cheffes du FI. eoce- 
nica Lesq. Tert. Flora, pi. XIII, f. 1 et 2 qui est en effet très semblable, 
j'ai lieu de croire qu'il s'agit bien de la même espèce. 

Dicotylédones . 

MYRICACÉES 

10. Myrica (Dryandroides) Meissneri Heer, FI. v. Sko- 
pau, t. V, f. 12 et 15. 

CC. Les feuilles moyennes s'appliquent très exactement à lafîg. 12 
de Heer. Ces feuilles ont de même la base atténuée, des nervures se- 
condaires courant en ligne droite ou presque droite, vers les bords, les 
dents espacées de même et bien marquées, la texture coriace et lisse. 
Ces feuilles moyennes mesurent 14-15 centim. de long et 20 mm. de large, 
avec des nervures secondaires espacées de 7 à 8 mm. D'autres feuilles sont 
notablement plus grandes, atteignant 25-28 mm. de large avec des ner- 
vures distantes de 10-14 mm. Unger avait décrit auparavant (Foss. FI. 
v. Sotska, t. XX) plusieurs Myrica (Dryandroides) dont le M. angus- 
tifolia rappelle les petites feuilles et le M. hakeœfolia les grandes feuilles 
du M. Meissneri; malheureusement la nervation n'est pas figurée et 
nous manquons, pour trancher la question, d'un caractère important. 

11. M. {Dryandroides) aemula Heer, FI. v. Skop., p. 9, 
t. VI, f. I2 a . 

CC. Bien distinct du M. Meissneri par les nervures secondaires 
arquées, sortant de la médiane sous un angle droit et non aigu, puis 
courbées ascendantes et ordinairement flexueuses; la surface de la feuille 
paraît rugueuse et non lisse comme dans l'espèce voisine ; les dents sont 
souvent difficiles à bien voir et en général moins aiguës ; les dimensions 
varient à peu près dans la même mesure. Certaines feuilles, de longueur 
inconnue, ont 30-35 et même 40 mm. de large ; les nervures secondaires 
sont toujours distantes de 6 à 7 mm. Les figures de la pi. 15 et la plu- 
part de la pi. 16 des Ann. se. géol. t. IX conviennent au M. Meissneri 
et non au M. œmula, à cause de la direction des nervures secondaires. 

12. M. long-if olia Ung. Foss. FI. v. Sotska, t. VI, f. 2; 
M. Opàir, ib., f. 12-16 ; M. angustata Schimp. Traité de Pal., 
II, p. 550 et III, p. 690. 

Gennes. — M. de Saporta donne (Ann. se. nal., 5 e série, t. XVIII, 
1873, P- 2 7) divers détails qui s'appliquent très bien à la plante de 
Gennes dont le réseau nerveux apparaît en creux dans ses moindres 



126 JOURNAL DE BOTANIQUE 

détails et montre, dans l'intervalle des nervures, des bosselures sans 
doute résineuses. La fig. du Myricophyllum Zachariense Sap. (Ann, 
se. nat. 4 e série, t. XIX, pi. 8, f. 2 B, var. a) y correspond très bien; 
les bords sont de même entiers jusque vers le milieu et les dentelures 
ne se manifestent que vers le sommet. Dans les fig. du M. longifolia 
Ung. dont la forme est la même, la nervation fait défaut. D'après la 
description succincte que M. Crié en donne, le M. amiegavensis de 
Cheffes {Bull. Soc. d'Bt.^ 1884, p. 405) n'est pas autre chose. 

13. M. latipes N. Boul. 

Espèce voisine du M. Zacharieiisis Sap. A?in. se. nat. 4'' série, 
t. XIX, pi. 5, f. 1 B, mais plus encore de l'espèce actuelle, M. califor- 
nica Hort., ib. f. 1 ', par la vigueur et la direction courbe, fléchie et as- 
cendante des nervures secondaires. Elle se distingue de toutes les es- 
pèces connues par la base atténuée en un pétiole court, ailé et très 
épaissi. Limbe lancéolé, dépassant 8 centim. de long et 12-13 ram - de 
large ; bords garnis au-dessus du quart inférieur de dents un peu moins 
saillantes que dans le M. califoruica\ nervures secondaires sortant sous 
un angle de 6o° fléchies brusquement au-delà des 2/3 et ascendantes 
avant d'entrer dans les dents. (A suivre.') 



LES PERTDINIENS ET LEURS PARASITES 

Par M. P. A. DANGEARD 

Les Péridiniens forment un groupe très intéressant, mais 
encore bien imparfaitement connu, malgré les travaux de Clapa- 
rède et Lachmann (1), Warming (2), Bergh (3), Stein (4), Bùt- 
schli(5), Gourret (6), Pouchet (7), Klebs (8), pour ne citer que 
les plus importants. 

1. Ed. Claparède et J. Lachmann. — Etudes sur les Infusoires et les Rhiso- 
■podes (Mémoires de l'Inst. national genevois, tomes V-VII. 1858-1 861). 

2. E. Warming. — Om 110 gle ved Danniarks kyster leveude Bactéries (Vidensk. 
Medd. fra naturhist Foren. i Kjoebenhavn for Aaret 1875). 

3. Bergh. — Dcr Organismus der Cilioflagellaten (Morphologisches Jahrbuch, 
1882). 

4. Fr. Stein. — Der Organistmts der Infusions thiere. III. Abth. II. Heft. Die 
Naturgeschichte der arthrodelen Flagellaten. Leipzig, 1883. 

5. O. Butschli. — Einige Berner huit gen ûber gewisse Organisations- Ver- 
haeltnisse der sog. Cilioflagellaten und der Noctiluca (Morphologisches Jahr- 
buch, 1885). 

6. Gourret. — Les Péridiniens du golfe de Marseille (Annales du Musée 
d'histoire naturelle de Marseille, 1883). 

7. Pouchet. — Contribution a l'histoire de Cilioflagellés (Journal de l'anatomie 
et de la physiologie, 1883-1887). 

8. Klebs. — Organisation einiger Flagellatengruppen u. ihre Besriekungen 
su Algen 71. Iufusorieu (Untersuchungen aus dem Botanischen Institut zu Tûbin- 
gen von D r W. Pfeffer. 1881-1885), et Ein kleincr Beitrag sur Keiintniss der Pe- 
dineen (Bot. Zeitung, 1884, p. 721). 



A. Dangeard. — Les Péridiniens et leurs parasites. 127 

Avant d'aborder le sujet particulier qui va nous occuper, il 
est utile de faire connaître succinctement l'espèce qui a fourni 
en grande partie les matériaux de cette étude. 

Le Glenodinium cinctum Ehrb. est une espèce d'eau douce 
très commune; j'ai pu l'obtenir à toutes les époques de l'année 
dans le bassin du Jardin botanique de Caen. 

M. Klebs (1) a montré que les Péridiniens ont deux cils, 
l'un traîné à l'arrière, l'autre placé horizontalement : ce dernier, 
en s'agitant, produit l'illusion d'une couronne de cils; de là 
l'erreur des observateurs précédents qui avaient figuré cette 
couronne de cils; les études plus récentes de MM. Bùtschli et 
Pouchet ont confirmé la manière de voir de M. Klebs : c'est un 
fait qu'il est d'ailleurs facile maintenant de vérifier soi-même. 

Le corps du Glenodinium cinctum Ehr. est recouvert d'une 
membrane de cellulose : sa partie antérieure est beaucoup plus 
courte que sa partie postérieure (fig\ 1) ; sous la membrane on 
distingue une couche de chromatophores colorés en jaune par 
de la diatomine; ces chromatophores ont pu être isolés par 
M. Bùtschli (2) : au milieu du protoplasma de la cellule se trouve 
le noyau. On remarque fréquemment un nombre variable de 
petites masses colorées en rouge ; il ne faut pas confondre ces 
substances de nature oléagineuse et qui affectent des positions 
variables avec ce que l'on appelle « l'œil des Péridiniens. » 
M. Pouchet a signalé chez le Gymnodinium Polyphemus un œil 
assez différencié formé d'un cristallin coiffé de pigment (3) ; 
M. Bùtschli a noté à la base des cils chez le Glenodinium cinctum 
un point oculiforme, composé d'un assemblage de globules 
colorés par du pigment ; il me paraît encore impossible de se 
prononcer nettement sur la valeur et la signification de cet organe. 

Le Glenodinium cinctum se multiplie par division longitudi- 
nale : à cet effet, il s'arrête, perd ses cils et, sous la membrane, le 
protoplasma se divise en deux par une ligne longitudinale (fig. 2) ; 
après un temps plus ou moins long, la membrane se rompt 
en un point sous l'effort de la tension interne ; la première zoos- 
pore effectue sa sortie, reste quelques secondes près du spo- 



1. Klebs,/. cit. Organisation einiger Flagellatengruppen, etc. 

2. Biitschli, /. cit. 

3. Pouchet. — Quatrième contribution a l'histoire des Péridiniens (Journal 
de l'anatomie et de la physiologie, mars-avril, 1887. n° 2). 



ia8 JOURNAL DE BOTANIQUE 

range et s'échappe ensuite rapidement; la seconde zoospore sort 
à son tour par la même ouverture (fig. 3). 

Parfois le Glenodinium ciuctum s'entoure d'une couche épaisse 
de gélatine limitée extérieurement par une membrane (fig. 4); 
l'action de l'iode fait apparaître dans cette couche de nombreuses 
stries concentriques : la division du corps peut s'effectuer à l'in- 
térieur de cette enveloppe (Bergh) : on trouve de ces couches 
gélatineuses chez un grand nombre d'algues : Cosmarium, 
Glœocystis, etc. 

Il se passe quelque chose d'analogue dans le Cryptomonas 
erosa; M. Cienkowski avait déjà signalé des formations palmel- 
loïdes dans le Cryptomonas ovata; les cellules se divisent à l'in- 
térieur d'une enveloppe gélatineuse comme chez les Tetraspora, 
les Glœocystis {y). J'ai observé que la germination des kystes dans 
le Cryptomonas erosa donnait également lieu à de nouvelles for- 
mations palmelloïdes ; la membrane du kyste d'abord nette et 
peu épaisse s'élargit considérablement et à l'intérieur le proto- 
plasma se divise en deux, puis en quatre individus ; la division 
peut se continuer encore quelque temps et les Cryptomonas ainsi 
formés se trouvent mis plus tard en liberté par dissolution de la 
couche gélatineuse qui les entoure. 

J'ai pu mettre en évidence également la nature cellulosique 
de la membrane du kyste par l'action de l'iode et de l'acide sulfu- 
rique ; j'ai obtenu une coloration bleue très intense ; mes premiers 
essais avaient été infructueux, ce qui montre à quel point est 
variable l'action des réactifs que nous possédons pour dénoter 
la présence de la cellulose. Ces faits viennent à l'appui de nos 
idées sur la différenciation déjà sensible des Cryptomonas dans 
le sens des Algues inférieures. 

Revenons à l'étude du Glenodinium cinctum : pour la con- 
servation de l'espèce, il y a formation de spores de repos sphé- 
riques à membrane épaisse (fig. 5); la couleur de ces kystes est 
noirâtre, on voit au centre le noyau sphérique et souvent plu- 
sieurs vacuoles; d'après une observation de M. Askenay publiée 
par M. Bûtschli, ces spores de repos proviendraient de la copu- 
lation de deux individus ; je n'ai pu vérifier ce fait qui deman- 
derait cependant confirmation. 

1. Pour l'histoire et les développements, voir : P. A. Dangeard, Observations 
sur les Cryptomonadinées (Bulletin de la Société botanique de France, séance 
du 24 février 1888). 



A. Dangeakd. — Les Péridiniens et leurs parasites. 129 

Le développement d'un Péridinien ne s'arrête pas là pour 
tous les auteurs : ainsi M. Stein a décrit dans ce groupe une 
production d'embryons (1) : il y aurait conjugaison de deux 
individus qui confondraient leurs noyaux ; il en résulterait des 
germes que M. Stein désigne sous le nom de « keimkugel » ; ces 
germes, en se développant, produisent, par division de leur pro- 
toplasma un grand nombre de zoospores ; ces zoospores, dans la 
théorie' de M. Stein, se développeraient en nouveaux Péridi- 
niens. 

M. Bergh fait remarquer combien cette production d'em- 
bryons s'accorde peu avec ce que nous savons sur la manière 
d'être de la cellule ; il réclame une étude plus attentive du phéno- 
mène. (L. cit., p. 191.) 

M. Klebs, dans un premier travail, émet aussi des doutes 
sur la valeur de l'interprétation de M. Stein; ayant rencontré ces 
germes chez les Gymnodinium et X Hemidim'jim, il montre qu'ils 
diffèrent du noyau dans la façon de se comporter avec les réactifs ; 
M. Klebs, d'ailleurs, n'arrive point à une solution de la question; 
il ignore si ces germes sont parasites ou appartiennent en propre 
aux Péridiniens (2). 

Dans un second travail, ce savant se retrouve en face du 
même problème; chez les Péridiniens marins qu'il étudie, ces 
germes existent assez fréquemment ; il expose ses observations 
personnelles, rappelle que M. Pouchet a vu s'agiter des zoos- 
pores dans ces germes ; dans le Ceratiumfustts il a observé lui- 
même un petit organisme ayant la forme d'un Gymnodinium 
qui est devenu libre ; la signification du fait lui échappe ; M. Klebs 
ajoute d'ailleurs en note (3) que, dans l'observation de M. Pouchet, 
il s'agissait peut-être d'un Chytridùim. 

M. Bûtschli plus récemment (1885) étudie les germes endo- 
gènes du Ceratium fusus et du Ceratùtm Trïpos et en fait 
connaître les particularités d'organisation et de développement ; 

1. Fr. Stein, loc. cit. 

2. Klebs, /. cit. « Was dieser weisse Koerper fur eine Bedeutung hat, ist mir 
unbekannt, eine Entwicklung zu Chytridiumzoosporen ist bisher nicht von mir 
bemerkt worden und ich weiss daher nicht, ob er ein fremder odet ein der Peri- 
dineen eigenst zugehoeriger Koerper ist. » P. 354-355). 

3. Moeglich waere es auch, dass die fraglichen fremdartigen Koerper in den 
Peridineen verschiedenen Ursprungens sind. Pouchet hat einmal beobachtet dass 
in einera solchen Koerper ploetzlich die Kûgelchen desselben in lebhafte Bewe- 
gung geriethen. Vieleicht handelte es sich in diesem Falle um ein Chytridmm. 



130 JOURNAL DE BOTANIQUE 

sans se prononcer sur leur nature ; il pense qu'il serait très inté- 
ressant d'être fixé sur ce point délicat. 

J'ai déjà eu l'occasion de combattre la théorie de M. Stein 
sur la reproduction sexuelle des Flagellés; j'ai montré que 
M. Stein avait été induit en erreur par un parasite de la famille 
des Chytridinées, parasite que j'ai désigné sous le nom de Sphse- 
rita eiîdogena (i); plus récemment j'ai indiqué comment les 
kystes se forment dans ce genre (2), de sorte qu'il ne saurait 
plus y avoir de doute sur l'interprétation des germes endogènes 
des Flagellés. 

Mais, dans les Péridiniens, les germes endogènes qui ont 
jusqu'ici fort embarrassé les auteurs, — comme nous venons de 
le voir, — sont-ils également de nature parasitaire et appartien- 
nent-ils au genre Sp/isenta) La question ainsi posée, nous allons 
d'abord la résoudre ; nous indiquerons ensuite quelques autres 
faits de parasitisme concernant les Péridiniens. 

Les conditions dans lesquelles j'ai pu observer en grand 
nombre les germes endogènes sont les suivantes : pendant l'hiver 
de 1886, ayant cassé la glace dans le bassin du Jardin botanique 
de Caen, j'enlevai toutes les Algues qui se trouvaient fixées aux 
parois et je les conservai au laboratoire pendant quelque temps ; 
bientôt tous les Péridiniens qui se trouvaient dans les cultures 
présentèrent ces germes endogènes ; on les rencontrait plus par- 
ticulièrement sur les individus qui, ayant perdu leurs cils, se 
préparaient à la division ; je pensai tout d'abord avoir affaire au 
Sphaerita endogena et ce n'est qu'au moment de la formation des 
zoospores que je reconnus le développement d'un Olpidium. 

Le protoplasma du Glenodinium cinctum peut renfermer de 
un à quatre germes (fig. 6 et 7), quelquefois on peut en observer 
un plus grand nombre', mais alors il est rare qu'ils arrivent tous 
à un complet développement (fig. 8) ; ces germes sont sphériques, 
parfois elliptiques : ils peuvent coexister avec le noyau : leur 
protoplasma s'épaissit, devient de plus en plus réfringent : bien- 
tôt la cellule nourricière présente des altérations nombreuses : 
son protoplasma disparaît ainsi que le noyau : il ne reste plus 

1. P. A. Dangeard. — Recherches sur les organismes inférieurs (Annales des 
sciences naturelles, 7 e série, Bot., tome IV), travail que l'Académie des sciences 
a bien voulu récompenser dans sa séance du 26 décembre 1887. 

2. P. A. Dangeard. — Notes mycologiques (Bulletin de la Société botanique 
de France, session mycologique, 1887). 



A. Dangeakd. — Les Péridiniens et leurs parasites. 131 

à la fin que quelques résidus jaunâtres extérieurs au corps du 
parasite (fig - . 7) ; la fructification va se faire; les germes devien- 
nent très denses, homogènes; puis un réseau apparaît, limitant 
chacune des zoospores (fig - . 8) ; à ce moment, le sporange de 
X Olpidium produit une papille plus ou moins allongée qui perce 
la membrane du Péridinien ; par cette papille, les zoospores sont 
émises en une masse à l'extérieur (fig. 9) ; elles se dégagent du 
mucus qui les réunit et, au bout de quelques secondes, se dis- 
persent dans toutes les directions (fig. 10). Le nombre de ces 
zoospores est variable, une centaine environ; elles sont sphé- 
riques au début, mais prennent bientôt une forme allongée; 
elles possèdent deux cils insérés latéralement et dirigés l'un en 
avant, l'autre en arrière ; le globule oléagineux existe, mais il 
est beaucoup moins net que dans les Chytridium. Le mouvement 
de ces zoospores est assez doux et ne ressemble que d'assez loin 
à celui des zoospores des Chytridium. 

L'épidémie causée par cet Olpidium s'est développée si rapi- 
dement qu'au bout de trois semaines, il ne restait plus que quel- 
ques rares individus dans des cultures cependant très florissantes 
au début. 

Nous désignerons cette espèce sous le nom à.' Olpidium gleno- 
diniamtm sp. nov.; son développement ne diffère pas de celui des 
Olpidium et des Olpidiopsis (1) qui vivent, soit à l'intérieur des 
cellules d'Algues, soit à l'intérieur des Saprolégniées. 

On ne saurait douter que les germes endogènes qui existent 
chez les Péridiniens marins, en particulier chez les Ceratium 
fusus et Ceratium Tripos, n'appartiennent également à la fa- 
mille des Chytridinées ; le développement de ces corps, tel que 
l'indique M. Bûtschli est identique à celui de XOlpidùtm gleno- 
dinianum: il est prudent cependant d'observer le mode de sortie 
des zoospores et leur forme avant de créer une nouvelle espèce. 

L'important était de montrer que les germes endogènes 
n'appartiennent point en propre aux Péridiniens, mais sont des 
formations parasitaires; il est possible d'ailleurs que tous ces 
germes ne soient pas des Olpidium : on pourra même rencontrer 

1. Au sujet de ces genres, consulter : 

Maxime Cornu. — Monograp/ue des Saproiegniées (Annales des Sciences 
naturelles, 5 e série, xvi, 1872) ; 

A. Fischer. — Untersuchungen iïber die Parasiten der Saprolegnieen 
(Prinçsheim'sjahrh. Bd XIV). 



I3 2 JOURNAL DE BOTANIQUE 

des genres différents, comme chez les Saprolégniées où, à côté 
des Olpidïopsù, M. Maxime Cornu a découvert les genres 
Rose lia et Woronina. (A sta'vre.) 

LA FLORE PARISIENNE 

Au commencement du XVII" siècle 

d'après 'CEnchiridium botanicum parisiense de jacob CORNUTi (Fin) 

Par M. Ernest ROZE 

PHANÉROGAMES GYMNOSPERMES 

CONIFÈRES 

Abiétinées. 

Pinus sylvestris L. [*Pinus silvestris). Vincennes, in sylvis. 
Juniperus communis L. (*/uniperus major et minor). St-Prix. 

CRYPTOGAMES VASCULAIRES 

LYCOPODIACÉES 

Ophioglossées. 

Ophioglossum vulgatum L. (* Ophioglossum). [Meudon, in praiis irriguis. 

FOUGÈRES 

Osmondacées. 

Osmunda regalis L. (Osmunda regalis). Montmorency, in stagnantibus 

aquis. 

Polypodiacées. 

Polypodium vulgare L. [*Poly podium murale et quercintim). Meudon, in 

editioribus locis. 
Aspidium aculeatum Dœll. (Fi/ix aculeata major). Meudon, in si/vis majo- 

ribus. 
Polystichum Thelypteris Roth? {Filix aquatica repens). Malzerbe (sic.) 
— Filix mas Roth. (Filix mas). Meudon, in silvis majoribus. 

Asplenium Trichomanes L. ( Trichomanes). St-Prix. 

— Ruta-muraria L. (i) (*Salvia vita). Porte St- Antoine, in intersti- 

tiis lapidum. 
Scolopendrium officinale Sm. (*Phyllitis s. Lingua cervina). Ivry, inputeis. 
Pteris aquilina L. (Filix fœmind). B. de Boulogne. 

equisétAcées 

Equisetum palustre L. (2) (Equisetum s. Hippttris). Montmorency, in sta- 
gnantibus aquis. 

1. Salvia pratensis G. 

2. Equisetum Telmateja G. 



P. Duchartre. — Asa Cray. 133 

CRYPTOGAMES CELLULAIRES 

MUSCINÉES 

Hypnacées. 

Hypnum fluitans Hedw.? (Muscus aquaticus ferulaceus). St-Cloud, mediis 
in aquis Sequanœ. 

Polytrichacées. 

Polytrichum formosum Hedw. [Polylriclwn ^//Wt'z/j.Meudon, in silvis ma- 

joribus. 

ALGUES 

Characées. 

Chara fœtida A. Braun (Hippuris fœtens). St-Cloud, sub aquis Sequanas. 

CHAMPIGNONS OU MYCÈTES 

BASIDIOMYCÈTES 

Hyménomycètes. 

Fungd lamellati (Fuugi clypeif ormes). Vincennes, in silvis. 

Ustilaginées. 

Ustilago Carbo Tul. (Ustilagines segetum). Inter segetes. 

— Antherarum Fr. (Saponaria altéra, pulvere nigro Jloris infesta). 
Ivry, per vineas. 

ASCOMYCÈTES 

Morchellacées. 

Morchella esculenta Pers. (Fungifavis similes, Gallis Morilles). Vincennes, 
in silvis. 

Lichens. 

Cenomyce pyxidata Ach. (Muscus cyphoides). Meudon, in apricis locis. 
— rangiferina Ach. (Muscus corallinoides). Ibid. 



ASA GRAY 

Par M. P. DUCHARTRE 



Le mois de janvier dernier a été funeste à la Botanique : pendant 
sa durée, à onze jours seulement d'intervalle, elle a perdu deux de 
ses plus illustres représentants : de Bary, en Allemagne, le 19; Asa 
Gray, aux Etats-Unis, le 30. Par la plume élégante de M. le docteur 
Bornet, ce journal a déjà relevé les immenses services qu'a rendus à la 
science des plantes le célèbre professeur de Strasbourg ; je vais, de 
mon côté, essayer d'y retracer le plus succinctement possible la car- 
rière scientifique du savant botaniste américain. 



134 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Gray (Asa) était né, le 10 novembre 1810, (i) à Vauquoit, terri- 
toire de Paris, comté d'Oneida, New -York, non loin d'Utica. Sa pre- 
mière éducation subit un retard considérable. Son père, ayant établi 
une tannerie, y employa l'enfant à un travail manuel, et ce fut seule- 
ment vers 1 âge de douze ans qu'il l'envoya à l'école. S'étant ensuite 
décidé à le diriger vers la carrière médicale, au bout de deux années, 
il le fit entrer à l'Ecole de Médecine de Fairfield, et le jeune homme, 
ayant poursuivi avec succès ses études dans cette voie, fut reçu doc- 
teur en médecine, en 183 1, par conséquent à l'âge de vingt et un ans. 
Ce fut là pour lui un simple titre honorifique, car jamais il n'a songé à 
exercer la profession à laquelle il semblait s'être destiné. 

Le goût pour la Botanique et l'amour des plantes prirent nais- 
sance, chez Asa Gray, à la lecture d'un article de Y Edinburgh Ency- 
clopéedia. Il avait alors dix-sept ans. Il se procura aussitôt l'ouvrage 
de Eaton, Manu al of Botany for North America, et commença sans 
retard à herboriser. Il a toujours gardé le souvenir de la première 
plante qu'il put déterminer avec le secours de son Manuel. C'était le 
Claytoiiia virginica, tel que le considérait Eaton. Sa vocation fut fixée 
dès ce moment, et lorsqu'il eut obtenu le grade de docteur en méde- 
cine, il chercha dans l'enseignement, d'abord de l'Histoire naturelle 
en général, puis spécialement de la Botanique, les moyens de se livrer 
sans réserve aux études pour lesquelles il avait une véritable passion, 
et auxquelles il est resté fidèle pendant tout le reste de son existence. 
A l'automne de 183 1, il fut chargé d'enseigner la Chimie, la Minéra- 
logie et la Botanique à la Haute Ecole de Bartlett; puis, en 1S34, il 

r 

devint aide de Torrey au laboratoire chimique de l'Ecole de médecine 
de New- York, et là commencèrent pour lui, avec ce savant, les rela- 
tions intimes et la collaboration qui n'ont pris fin qu'en 1873, à la 
mort de son ami. En 1S3S, il fut appelé à une chaire de Botanique à 
l'Université, alors récemment créée, de Michigan; mais il n'accepta 
cette position qu'à la condition expresse d'avoir d'abord une année de 
congé. Il utilisa cette période de liberté en venant étudier, dans tous 
les grands herbiers d'Europe, les plantes américaines qui s'y trou- 
vaient. Ce fut pendant ce voyage qu'il fit, à Glascow, la connaissance 
de Will. Hooker et surtout du fils de ce savant, qui est resté jusqu'au 
bout son ami intime, et avec qui même il a fait plus tard de fructueuses 
explorations. 

L'université de Michigan ne possédant ni herbier, ni bibliothèque 
qui lui permissent de mener ses travaux à bonne fin, Asa Gray ne 

1. Les détails biographiques qui suivent ont été puisés dans une excellente 
notice sur Asa Gray, publiée par M. J. Dana, dans The American Journal of 
science, 3 e série, XXXV, cahier de mars 1888, p. 181-203. 



P. Duchartre. — Asa Gray. 135 

tarda pas à l'abandonner sans y avoir jamais professé, et, en 1842, il 
fut appelé par le Harvard Collège à la chaire de Botanique ainsi qu'à 
la direction du Jardin botanique de Cambridge. Il y professa jusqu'en 
1872, époque à laquelle il prit sa retraite, tout en conservant la qualité 
honorifique de professeur. 

Asa Gray a fait en Europe plusieurs grands voyages dont le der- 
nier a eu lieu en 1887. C'est pendant ce dernier qu'il fut nommé doc- 
teur honoraire des Universités d'Oxford, de Cambridge et d'Edim- 
bourg. Il était déjà correspondant de la Société royale de Londres, de 
notre Académie des Sciences, section de Botanique, ainsi que de beau- 
coup d'autres Académies et Sociétés savantes. Pendant toute la durée 
de son excursion il ne cessa de jouir d'une parfaite santé, et il aurait 
pu répéter alors, avec tout autant de raison, ce qu'une année aupara- 
vant il écrivait à M. Dana : J'ai une vieillesse très confortable et heu- 
reuse (I hâve a most comfortable and happy old âge). Néanmoins, ren- 
tré en Amérique au mois d'octobre 18S7 et s'étant remis immédiatement 
au travail, il fut frappé, le 27 novembre suivant, d'une attaque de para- 
lysie qui le laissa dès cet instant inerte et sans parole. Enfin, il s'est 
éteint doucement le 30 janvier 1888, dans la soirée, laissant, à ceux 
qui l'ont connu, le souvenir des précieuses qualités morales qui l'ont 
fait aimer de tous, et, dans le monde botanique, le juste renom de 
professeur habile, de phytographe rigoureux, de travailleur infati- 
gable. 

L'œuvre botanique d'Asa Gray est considérable. Elle a été pour- 
suivie pendant cinquante-trois années, sans autre interruption que 
celles de ses voyages en Europe, pendant lesquels même il complétait 
ses études pour des travaux déjà entrepris ou recueillait des éléments 
pour de nouveaux travaux. Aussi, dans le cours de sa longue et labo- 
rieuse existence, non seulement il a donné à la science des ouvrages 
importants et de nombreux mémoires, mais encore il a fait paraître 
dans divers journaux scientifiques beaucoup de simples notes ou ar- 
ticles de peu d'étendue, qui ont été publiés les uns isolément, les au- 
tres réunis plusieurs ensemble sous le titre général de Communications 
bota.mques(Boianical Contributions). Ces notes se trouvent dans le Jour- 
nal of Botany <\ç. Trimen, dans la Botanical Gazette, dans Y American 
Naturalist, dans le Bulletin of the Torrey botanical Club, dans le 
journal Nature, etc. Il serait au moins difficile, avec les seules res- 
sources que nous offrent les bibliothèques parisiennes, d'en faire un 
relevé complet. 

Les nombreux écrits du célèbre botaniste américain ont eu pour 
principal objet la flore phanérogamique, surtout celle de TAmérique 
du Nord , dont il a considérablement avancé la connaissance ; mais on 



136 JOURNAL DE BOTANIQUE 

lui doit aussi de bons livres généraux destinés à répandre de saines 
notions sur l'organisation des plantes et sur les phénomènes de leur 
existence ; enfin il a publié quelques travaux relatifs à la philosophie 
de notre science, particulièrement au Darwinisme dont il n'acceptait 
les théories qu'avec certaines réserves. 

Son premier mémoire botanique parut en 1834. Il avait pour sujet 
les espèces du genre Rhynchospora Vahl qui croissent dans l'Amé- 
rique du Nord, et il eut pour résultat de doubler le nombre de celles 
qui avaient été signalées auparavant. Par une conséquence naturelle, 
la parfaite connaissance qu'il avait acquise de ces Cypéracées l'amena 
à en donner la description, ainsi que celle des Ceratoschœuus Nées, 
qui en sont très voisins, dans le grand ouvrage de Torrey sur les Gra- 
minées et les Cypéracées de l'Amérique, qui forme deux volumes pu- 
bliés en 1S34 et 1835. Cette collaboration circonscrite en détermina 
dès lors une plus complète qui s'étendit à un champ beaucoup plus 
vaste. 

En 1S24, Torrey avait publié le premier volume d'une Flore des 
Etats-Unis, mais limitée aux parties septentrionales et moyennes de ce 
grand pays. Après avoir fait paraître ce volume, qui renfermait l'his- 
toire des plantes comprises dans les douze premières classes du sys- 
tème de Linné, il avait arrêté la publication de l'ouvrage pour en pré- 
parer une nouvelle édition qui devait embrasser l'ensemble de la végé- 
tation des Etat-Unis. Il associa Asa Gray à son œuvre, et le résultat 
de leurs efforts réunis fut la publication de la Flore de l'Amérique du 
Nord [Flora of North America), dont il parut, de 1S38 à 1S40, un 
premier volume consacré aux Dicotylédones polypétales, en 1S43, un 
second volume allant jusqu'à la fin des Composées, mais qui n'a pas 
été terminée. 

En dehors de toute collaboration, Asa Gray a écrit ensuite succes- 
sivement deux ouvrages généraux sur la Flore des Etals-Unis. L'un, 
destiné aux herborisations et pour cela réduit à un volume in-S, a paru 
en 1848, sous le titre de Manuel de la Botanique des Etats-Unis sep- 
tentrionaux {A Manual of the Botany of the Northern United States) ; 
il a eu quatre autres éditions dont chacune embrasse une plus grande 
surface de pays, et dont la dernière, accompagnée de 20 planches, a 
été publiée en 1868. L'autre est conçu d'après un plan beaucoup plus 
large, mais malheureusement la mort de l'auteur en a empêché la ter- 
minaison. Il est intitulé : Flore synoptique de l'Amérique du Nord 
{Synoptical Flora of North America). Il en a paru un volume en 1S78, 
un second en 18S4. Les deux réunis comprennent les Gamopétales 
jusqu'aux Composées inclusivement. 

Ces travaux sur l'ensemble de la végétation de l'Amérique du 



P. Duchartke. — Asa Gray. 137 

Nord ne sont pas les seuls qu'ait entrepris Asa Gray. En 1846, sous 
le titre de Chloris boreali-americana , il avait fait paraître un fascicule 
in-4 de dix planches coloriées qu'accompagnait un texte descriptif; 
ce fascicule n'a été suivi d'aucun autre. Trois ans après, en 1840, il 
commença la publication d'un magnifique ouvrage dans lequel il se 
proposait d'illustrer, avec le concours d'Isaac Sprague, dessinateur 
d'un rare talent, tous les genres de la Flore de l'Amérique du Nord 
[Gênera Flores boreali-americana illnstrata); mais les frais considéra- 
bles qu'entraînait l'exécution des nombreuses planches de ce livre es- 
sentiellement iconographique ne lui permirent pas de le mener plus 
loin que son second volume qui porte la date de 1849. 

Obligé de me restreindre, je passerai sous silence les mémoires 
dans lesquels le botaniste américain a décrit, soit des genres ou des 
groupes plus étendus de la Flore des États-Unis, soit les plantes re- 
cueillies tantôt par lui-même, tantôt par divers explorateurs dans des 
parties de ce vaste pays qui étaient restées jusqu'alors peu ou pas con- 
nues. Je laisserai également de côté, pour le même motif, les écrits dans 
lesquels il s'est occupé de la distribution géographique des végétaux 
nord-américains; et je terminerai cette notice en y mentionnant les 
principaux d'entre les ouvrages par lesquels il a contribué plus que 
tout autre à populariser parmi ses concitoyens la connaissance de l'or- 
ganisation et de la vie des plantes. 

Dès 1836, c'est-à-dire presque au début de ses publications, il avait 
fait paraître un volume intitulé Eléments de Botanique {Eléments oj 
Botany) qui eut un vrai succès. Il fut ainsi amené à en donner, en 1842, 
une nouvelle édition remaniée, qui reçut même un titre différent, celui 
de Botanical Text-Book. Trois autres éditions en ont paru plus tard 
successivement. Suivant pas à pas la marche progressive de la science, 
leur auteur en a sans cesse élargi le cadre, à ce point que la dernière 
doit former trois volumes. Le premier de ces trois a seul été écrit par 
Asa Gray ; il porte la date de 1879 et le titre de Botanique structurale 
ou Organographie basée sur la Morphologie {Stricctural Botany or Or- 
ganography on the oasis of Morphology) ; le second, dû à M. G.-L. Goo- 
dale, et traitant de la Physiologie, a été publié en 1885; quant au 
troisième, que rédige en ce moment M. W.-G. Farlow, il sera consa- 
cré à la Cryptogamie. 

Un autre ouvrage du même ordre qu'Asa Gray avait écrit pour pré- 
parer en quelque sorte les élèves à se servir de son Manuel, a eu 
comme celui-ci, cinq éditions dont la première date de 1868; il porte 
le titre de Leçons élémentaires de Botanique et de Physiologie végé- 
tale {Elementary Lessons in Botany and vegetable Physiology). Enfin 
dans l'intervalle entre les dates de publication des deux livres dont il 



138 JOURNAL DE BOTANIQUE 

vient d'être question, en 1857, le savant américain n'avait pas dédai- 
gné d'en écrire un dont le titre dit assez le but et le niveau : Premières 
leçons de Botanique et de Physiologie végétale {First Lessons in Bo- 
tany and vegeiable Physiology) . 

Quant aux mémoires physiologiques d'Asa Gray, ils sont fort peu 
nombreux, et ils constituent des œuvres de vulgarisation plutôt que 
des travaux originaux. Je me bornerai à mentionner celui qui est inti- 
tulé : Comment les plantes croissent (How Plants grow), en date de 
185S, et celui beaucoup plus récent (1875) qui a pour titre : Comment 
les plantes se comportent : {How Plants behavé)\ il est question dans 
celui-ci des plantes insectivores, de la fécondation des Orchidées, du 
dimorphisme, etc. J'y joindrai, bien qu'il ne se rattache pas aussi di- 
rectement à la physiologie végétale, le travail sur la chimie de la vé- 
gétation (The Chemistry of Végétation), dans lequel, en 1845, il a ré- 
sumé de nombreuses observations dues à Dumas, Boussingault, Johns- 
ton et Draper. 

Pour terminer cette notice, dans laquelle il existe certainement 
bien des lacunes, j'y donnerai une liste des principaux écrits d'Asa 
Gray. Je me garde fort de présenter cette liste comme complète; pour 
la faire telle, il aura fallu posséder des éléments qui me manquent. 
Toutefois, j'ose dire que, telle qu'elle est, elle comprend à fort peu 
près tous les travaux sur lesquels est basée la légitime renommée de ce 
botaniste; d'ailleurs, Y American Journal of 'Science annonce, dans son 
numéro de mars 1808 (p. 193), qu'il publiera prochainement l'énumé- 
ration des écrits du savant américain ; celle-ci sera certainement assez 
complète pour donner satisfaction à toutes les exigences botaniques 
ou même purement bibliographiques. 

Liste des ouvrages et des principaux mémoires d'Asa Gray. 

A Monograph of the North American species of Rhynchospora (Armais 
of the Lycœum of natur. Hist. of New York, 1834). 

New, rare and otherwise interesting Plants of northern and western New 
York (Ibid., 1834). 

Eléments of Botany. In-8 de xiv et 428 p., fig. New York, 1836. 

Melanthacearum Americae septentrionalis revisio ; 8°, 1837. 

Remarks on the structure and affinities of the order Ceratophyllacese 
(Annals of the Lycœum of natur. Hist. of New York, IV, 1831; p. 41-60). 

Notice on europaean Herbaria (Amer.Journ. of Scien.,XL, 1841; 18 p.). 

Torrey and Gray (Asa) : A Flora of North America, containing abridged 
descriptions of ah the known indigenous and naturalized plants growing 
north of Mexico. New York; 8°; I, 1838- 1840; II, 1843. 

Notice of the botanical writings of the late C. S. Rafmesque (Amer. 
Journ. of Scien., XL, 1841; 21 p.). 



P. Duchartre. — Asa Gray. 139 

Notes of a botanical excursion to the mountains of North Carolina 
(Amer. Journ. of Scien., XLII, 1842, 49 p.). 

The Botanical Text-book for collèges, schools and private students 
(2 e édit. des Eléments of Botany) ; 8", New York; 1842. 

The chemistry of végétation. New York, 1845; ^° de 4 2 P- (North Ame- 
rican Review). 

Chloris boreali-americana, decas 1,4° de 56 p., 10 tab. color. Cambridge; 
1846. 

Gênera Florae Americce boreali-orientalis illustrata; 2 in-8°, 1848, 184g, 
230, 239 p., tab. 1-186 paris. Sprague. 

A Manual of the Botany of the northern United States, from New England 
to Wisconsin and south to Ohio and Pennsylvania inclusive. Boston and 
Cambridge, 1848, 8° de lxxii et 710 p. — 2 d édition including Virginia, 
Kentucky and ail east of the Mississippi. New York, 1856, 8° de xxvm et 
739 p., 14 tab. — Edit. V, including the district east of the Mississippi and 
north of North Carolina and Tennessee. New York, 1868 ; 8° de 701 p. , 20 tab. 

Plantae Wrightianae Texano-neo-Mexicana;, anaccountofa collection ot 
Plants made by Charl. Wright, in the summer and autumn of 1849, with 
critical Notices and characters of other new and interesting Plants of adja- 
cent régions; 4 . Part I, 1852, 146 p., tab. 1-10 ; Part II, Plants collected in 
western Texas, New Mexico and Sonora, in the years 185 1- 1852 ; 1853, 
119 p., tab. 11-14 (Smithsonian Contributions, III et V). 

Botany of the United States Expédition, 1838-1842, under the command 
of Charl. Wilkes. Philadelphie, 1854; 4 , 777 p.; 100 tab. in-folio. 

Statistics of the Flora of the northern United States (Amer. Journal of 
Scien., 1856 et 1857). 

First Lessons in Botany and vegetable Physiology. New York, 1857; 
8°, vu et 236 p. 

How Plants grow ; a simple Introduction to structural Botany. New 
York, 1858; 8°, 233 p., fig. 

Account of the Botanical species collected in the Expédition of the 
American squadron to the China Seasand ]apan, performed in 1852-1854 
under the command of Commodore M. C. Perry; in Narrative, &c. Wash- 
ington, 1856; 4°, vol. II, p. 203-352. 

Account of the Botanical specimen-list of dried Plants collected in Japan ; 
4 , 1859. 

Report upon the Colorado River of the West, explored in 1857 and 
1858 by Lieutenant Jos. Ives. Washington, 1861, 4 ; Part IV, Botany, 30 p. 

Field, Forest and Garden Botany. 8°, 1868. 

Plants of United States and Europe (Appendix to the Address to the 
American Association, 1872). 

Notes on Compositae and characters of certain Gênera and Species 
(Proceed. of the Amer. Acad. of Arts and Scien. of Boston ; new séries, I, 

1874). 

Revision of the genus Symphoricarpus (Journ. of the Linn. Soc, XIV, 

i875). 

How Plants behave; 1875. 



140 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Synopsis of N. American Thisler. Notes on Borraginaceae. 
Synopsis of N. American species of Physalis. Characters of varions new 
species (Proceed. of the Amer. Acad. of Arts and Scienc, new séries, II, 

i8 7 5)- 

Heteromorphism in Epigxa (Amer, journ. of Scienc, 1876). 

Synopsis of North American Ribes (The American Naturalist, 1876). 

Darvviniana, Essays and Reviews pertainingto Darwinismus; 8°, 376 p., 
1876. 

Characters of some little known or new Gênera of Plants (Proceed. of 
the Amer. Acad. of Arts and Scienc, XII, 1877). 

Remarks on the Genus Torreya (Bulletin of the philos. Soc. of Wash- 
ington, II, 1875-1880). 

Forest Geography and Archeology (Amer. Journ. of Scienc, 3 e série, 
XVI, 1878). — Traduit dans les Annal, des Scien. natur., 6 e série, XII, 1878, 
p. 126-163. 

Synoptical Flora of North America; I, 1878; II, 1884. 

Contributions to the Botanyof North America (Proceed. of Amer. Acad. 
of Arts and Scienc, 1878). 

Characters of some new species of Compositae in the Mexican. Collec- 
tion made by C. C. Parry and Edward Palmer (Proceed. of the Amer. Acad. 
of Arts and Scienc, new séries, VII, 1880). 

Some new North American Gênera, Species, &c. (Ibid.). 

Structural Botany, or Organo Jraphy on the basis of Morphology, with 
Glossary of Botanical terms. Londres; 1880; 8°. 

Tennessee Plants (The Botanical Gazette, V, 1880). 

Charactei istics of the North Flora (Nature, XXXI, n us 793, 794). 

Contributions to North American Botany (The American Naturalist, 
XVIII, 1884). 

A revision of the North American Ranunculi. Sertum chihuahuense. 
Miscellaneous (Proceed. of the Amer. Acad. of. Arts and Scienc, XXI, 
1886, p. 363-413). 

CHRONIQUE 

Nous avons encore à enregistrer une nouvelle perte que vient de faire la 
Botanique. M. ). E. Planchon, correspondant de l'Institut, professeur à l'Ecole 
de Médecine et à l'Ecole supérieure de Pharmacie, directeur du Jardin des 
Plantes de Montpellier, est mort dans cette ville le i er avril, à l'âge de 65 ans. 

Nous avons aussi le vif regret d'annoncer à nos lecteurs qu'une mort préma- 
turée vient d'emporter en quelques jours un de nos collaborateurs dévoués, 
M. Et. Wasserzug, ancien élève de l'Ecole normale supérieure, préparateur au 
laboratoire de M. Pasteur, enlevé à la science à l'âge de 28 ans. 



M. Flahault nous communique le programme des herborisations qu'il a le 
projet de diriger, d'ici la tin de l'année scolaire, dans les environs de Montpel- 
lier, et auxquelles il convie toutes les personnes qui s'intéressent à la Botanique. 
Les prochaines auront lieu le 22 avril aux coteaux de Grabels, le 29 avril aux 
environs du Mas-d'Estor ; nous annoncerons les autres ultérieurement. 

Le Gérant : Louis Morot. 



Parts — i Mersch, Imp., 22, pi. fieurert- Rocberea». 



2 e ANNEE N° 9 i<* MAI 1888 



JOURNAL DE BOTANIQUE 



Directeur: M. Louis MOROT 



LES PERTDINIENS ET LEURS PARASITES 

(Pin.) 

Par M. P. A. DANGEARD 

Nous allons étudier maintenant des espèces dont le spc*- 
range reste extérieur à l'hôte. 

Chytridium echijiatum sp. nov. — J'ai rencontré cette espèce 
sur le Glenodinium cincium; elle se distingue facilement des 
autres Chytridium connus par la forme de son sporange : ce 
sporange, en effet, ne présente aucune papille et son extrémité 
antérieure est fortement obtuse (fig. 11) ; les dimensions sont en 
moyenne : longueur 1 3 y- , 5 ; largeur 10 «, 8; de la base du spo- 
range part un mince filament nourricier sans renflement, ce qui 
le distingue de celui des Rhizidium ; je n'ai pu voir s'il se rami- 
fiait à l'intérieur de la cellule de l'hôte. 

Le nombre des sporanges que l'on peut trouver sur le même 
individu varie ; le plus souvent ces sporanges sont en contact 
avec la paroi du Péridinien (fig. 12); parfois ils se trouvent à 
quelque distance et le filament nourricier s'allonge d'autant 
(fig. 11). 

Les zoospores se forment comme dans les autres espèces : 
le protoplasma devient de plus en plus dense, montre une consti- 
tution homogène : on voit apparaître de fines ponctuations et 
les zoospores se différencient : toute la partie antérieure du spo- 
range s'enlève, laissant passage à la masse des zoospores. Les 
bords du sporange se recourbent alors vers l'extérieur (fig. 13). 
Ces zoospores (fig. 13') mesurent 2 /*, 5 ; à mesure que le mucus 
qui les retient se dissout dans l'eau, elles s'échappent dans toutes 
les directions ; leur nombre est souvent considérable. On peut, 
avec un peu de patience, assister à leur germination : ayant déjà 
décrit ces phénomènes pour d'autres espèces, je n'y reviendrai 
pas ; mais je désire appeler l'attention sur la formation des kystes. 



i 4 2 JOURNAL DE BOTANIQUE 

J'ai obtenu les kystes du Chytrïdium echinatum en grande 
quantité; à maturité ils possèdent une forte membrane munie 
d'épines assez longues, incolores (fig. 14); le plasma intérieur 
est très dense, faiblement jaunâtre; il renferme quelquefois un 
globule oléagineux ; ces kystes sont sphériques ; leur dimension 
moyenne est de 10 y-. Il est assez facile de les distinguer dès le 
début des sporanges : à la vérité, la paroi est encore lisse ; mais 
le protoplasma est déjà plus dense que celui des sporanges et a 
des reflets jaunâtres ; puis les aspérités s'indiquent, la membrane 
s'épaissit et les proéminences épineuses qui en sont une dépen- 
dance prennent leurs dimensions normales (fig. 15^. 

Cette espèce devra prendre place près du Chytrïdium Brauni 
Dangeard et du Chytrïdium goophto-rum Dangeard (1). 

Les Péridiniens sont encore attaqués par le Chytrïdium 
globosum A. Braun; cette espèce a été signalée (2) sur YŒdo- 
gonium fonticola A. Braun, Y Œdogoiiïum rivulare, sur le 
Melosira 7)iriaiis, X Eunotia amphioxys. M. Cohn l'a rencontrée 
sur des CSr>:néries {Cl. Diaiue, Cl. Digitus) et sur la Navicula 
viridis (3: ; je l'ai moi-même étudiée sur les Chlamydomouas où 
ses dimen: : >n5 sont très faibles (4). — Lorsqu'elle attaque les 
Glenodiuiï'.i:: , elle atteint une grosseur relativement considéra- 
ble; ainsi les sporanges mesurent 15 à 20 y.; lorsqu'ils sont 
jeunes, ils montrent des globules oléagineux plus ou moins 
nombreux ; cette huile disparaît plus tard dans le plasma (fig. 16). 

La formation et la sortie des zoospores (fig. 17) n'offre rien 
d'intéressant. 

Des kystes, dans le cas qui nous occupe, se sont produits 
en grand nombre dans les cultures ; leur paroi est lisse, le plasma 
est jaunâtre, finement granuleux et très dense ; leur grosseur 
est de 10 à 12 ; J - environ (fig. 18). 

On se figure difficilement avec quelle rapidité se propage 
cette espèce; c'est par milliers que s'agitent dans une seule 
cellule humide les zoospores du Chytrïdium globosum et 
le Gleuodiiiiîim cinctÙM finirait par disparaître complètement, 
s'il ne jouissait de la propriété de pouvoir s'enkyster ; le 

1. P. A. Dangeard. — Notes mycologiques, l. cit. 

2. A. Braun. — Ueber Chytrïdium. 

3. F. Cohn. — Ueber Chytrïdium (N. Act. Leop. Carol. vol. XXIV, pars I, 
p. 142). 

4. P. A. Dangeard. — Notes mycologiques, l. cit. 



A. Dangeard. — Les Péridiniens et leurs parasites. 143 

parasite n'a plus d'action en effet sur la membrane des kystes. 

Dans l'état actuel de la science, le genre Chy iridium peut 
être subdivisé de la manière suivante, en trois sections. 

Dans les deux premières, le sporange ne présente qu'une 
ouverture pour la sortie des zoospores. 

Pre7iiière section. — Le sporange possède plusieurs filaments 
nourriciers partant de points différents de sa surface. 

Type : Chy iridium heliomorphum Dangeard. Sporanges 
sphériques de 10 à 20 f*, munis de six ou sept troncs radiculaires 
qui partent de points différents de la surface ; ces filaments nour- 
riciers sont quelquefois masqués (fig. 23). Zoospores sphériques 
sortant par un col plus ou moins long ; grosseur des zoospores : 
3 y- (fig. 19). Kystes sphériques munis comme les sporanges de 
troncs radiculaires nourriciers (fig. 20); paroi formée de deux 
membranes dont l'extérieure plus épaisse; protoplasma conte- 
nant de nombreux globules oléagineux. 

Habitat : Nitella tcuuissima , Vaucheria, Chara. 

Je n'avais pas eu l'occasion jusqu'ici de figurer cette espèce 
que j'ai signalée en juillet 1886 (1). Les figures 21 représentent 
déjeunes sporanges ; les figures 22 de jeunes kystes. 

Autres espèces : Chytridium Conferva? glomeratse (2) Dan- 
geard, Chy iridium MastigolrichisNo\va.kowski. 

Deuxième section. — Le sporange ne possède qu'un filament 
nourricier qui part de sa base. 

Type : Chytridium echiualum sp. nov. 

Sporanges obtus; longueur, 1 y-, 5 , sur ioy-, 8 de largeur ; partie 
terminale du sporange s'enlevant en forme de calotte pour la 
sortie des zoospores; diamètre des zoospores, 2y-, 5 ; filament 
nourricier ordinairement très court. Kystes sphériques à mem- 
brane unique garnie de longues épines : grosseur moyenne, 107. ; 
protoplasma intérieur granuleux, jaunâtre, renfermant parfois 
un globule oléagineux. 

Habitat : Péridiniens d'eau douce. 

Autres espèces : Chytridium Brauui Dangeard et Chytri- 
dium Zooplitliorum Dangeard, ces deux espèces étant décrites, 
mais non encore figurées (Notes mycologiques, Société bota- 
nique de France, session extraordinaire, 1887). 

1. Bulletin de la Société botanique de France, séance du 23 juillet 1886. 

2. Rhizidinii coiiferyœ glomeratx. Cienkowski (Bot. Zeit., 1857). 



i 4 4 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Troisième section. — Plusieurs ouvertures au sporange, 
filament nourricier simple ou ramifié. 

Type : Chytridium globosum A. Braun. 

Sporanges sphéricités, munis d'un plus ou moins grand 
nombre de filaments nourriciers. Zoospores sortant par trois ou 
quatre ouvertures. Kystes sphériques, à membrane unique, 
lisse, épaisse ; protaplasma finement granuleux, jaunâtre; gros- 
seur des kystes, 10 ?■. 

Habitat : Œdogouium, Clostéries, Diatomées, Chlamydomo- 
11a s, Péridiniens. 

Chytridium subangulosum A. Br., sur les Oscillaires et 
les Lyngbia (1); Chytridium pollinis A. Br., sur les grains 
de pollen ; Rhizophidium sphéerotheca Zopf, sur les microspo- 
res d'Isoètes ; Rhizophidium Cyclotellœ Zopf, sur les Cyclo- 
tella (Diatomées) . 

Nous ne connaissons ces dernières espèces que par une 
analyse du travail de M. Zopf (2); mais il nous est bien difficile 
de croire que le Rhizophidium Cyclotellœ soit différent du R. 
globosum, qui a le même habitat ; autrement il faudrait afor- 
tiori créer également des espèces nouvelles, lorsque ce dernier 
attaque les Clostéries, les Chlamydomonas , les Péridiniens, etc. ; 
de même pour le Chytridium heliomorphum, selon qu'il habite 
sur les Nitella, les Vaucheria ou les Char a. 

Il est facile de distinguer maintenant les espèces des trois 
genres Olpidium, Chytridium et Rhizidiuni; il n'a point été 
question ici de quelques espèces décrites par M. Sorokine (3) ; 
ce savant a en effet créé un grand nombre d'espèces sur la sim- 
ple rencontre de sporanges vides, ce qui est insuffisant et ne 
peut que guider pour la recherche de matériaux d'étude. 

11 nous est bien difficile de terminer cette étude sur les Pé- 
ridiniens, sans dire un mot de leurs affinités. Rappelons d'abord 
brièvement les opinions qui se sont produites jusqu'à ce jour. 

Claparède et Lachmann ont fait des Péridiniens la classe des 
Cilioflagellés (4). 

1. P. A. Dangeard, /. cii. — Recherches sur les org-. infér., fîg. 1-5, pi. 13. 

2. Zopf. — Ueber einige niedere Atgenpilse [Phycomyceten) iiud eine neue 
Méthode, ihre Keime aus dem Wasser su isoiiren. Mit 2 Tafeln (Analysé dans 
le Botan. Centralblatt, Band XXXIII, n' n, 1888). 

3. N. Sorokine — Aperçu systématique des Ckytridiacées, etc. (Archives 
botaniques du Nord de la France, n os 19 et 20, 1882). 

4. Claparède et Lachmann, toc. cit. 



A. Dangeard. — Les Péridiniens et leurs parasites. 145 

M. Stein les place également dans le règne animal (1). 

M. Bergh les. considère comme faisant la transition entre les 
Flagellés et les Infusoires ciliés, particulièrement entre les Thé- 
caflagellés et les Péritriches (2). 

M. Warming place les Péridiniens dans le règne végétal 
entre les Diatomées et les Desmidiées (3). 

M. Pouchet a comparé ces êtres aux Noctiluques ; plus 
récemment, il insiste sur leurs affinités végétales (4). 

M. Gourret arrive à cette conclusion (5) : « On pourrait peut- 
être considérer les Péridiniens comme une adaptation de certai- 
nes formes larvaires d'Infusoires flagellés, chez lesquelles les 
cils ne tomberaient pas. » 

M. Klebs est partisan de la nature végétale des Péridiniens ; 
ayant d'abord pensé qu'ils occupaient une place isolée dans la 
classification (6), il arrive dans son second travail (7) à une au- 
tre conclusion ; l'étude de X Exuviaclla marina Cuk le conduit 
à considérer les Péridiniens comme un groupe de Thallophytes 
qui s'est détaché des Flagellés par l'intermédiaire du Prorocen- 
trutu, de X Exuviaclla et des Cryptomonadinées. 

C'est à cette dernière opinion que nous nous arrêtons ; avec 
la théorie de M. Stein sur la reproduction sexuelle, avec le rôle 
mal déterminé des corps endogènes, on aurait pu croire que le 
développement des Péridiniens s'éloignait sensiblement de ce 
que l'on connaît chez les Thallophytes; il devient possible, 
maintenant que nous avons donné la preuve du parasitisme des 
germes endogènes, de se faire une idée plus exacte des vérita- 
bles affinités de ces êtres ; il suffît de jeter un coup d'œil sur le 
développement du Glenodinium ciuctum pour voir comme il 
correspond bien à celui d'une Chlamydomonadinée (8). 

On y trouve une membrane de cellulose, un protoplasma 
renfermant de l'amîdon, un sporange dans lequel se forment 
deux zoospores, et enfin des spores de repos : que ces spores 

1. Stein, /. cit. 

2. Bergh, /. cit., p. 273. 

3. Warming , /. cit. 

4. Pouchet, /. cit. 

5. Gourret, /. cit., p. 95. 

6. Klebs. — Organisation, etc., /. cit. 

7. Klebs. — Ein kleiner, etc., /. cit. 

8. Au sujet des affinités des Chlamydomonadinées, voir : P. A. Dang-eard, Sur 
l'importance du mode de nutrition an point de vue de la distinction des animaux 
et des végétaux (Comptes-rendus, 28 novembre 1887). 



146 JOURNAL DE BOTANIQUE 

de repos soient des kystes ou des œufs, la chose importe peu 
au point de vue des affinités. Enfin, il n'y a pas introduction de 
substances solides à l'intérieur du corps pour la nutrition; ce 
caractère est le plus important, et les autres n'en sont proba- 
blement qu'une conséquence. 

Avec M. Klebs, nous pensons que les Péridiniens se relient 
aux Flagellés par les Cryptomonadinées ; nous avons montré 
que chez ces derniers êtres, la différenciation végétale est déjà 
fortement accusée ; il ne faudra pas d'ailleurs s'étonner si l'on 
vient à rencontrer un grand nombre de points de contact des 
groupes primaires du règne végétal avec les Flagellés ; la clas- 
sification est loin d'être définitive dans cette partie de la science 
et elle nous réserve encore probablement plus d'une surprise. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE Y 

Fig. 1. Glenodinium cinctum. — Fig. 2. Sporange de cette espèce. — 
Fig. 3. Sortie des deux zoospores. — Fig. 4. Individu entouré d'une couche 
épaisse de gélatine. — Fig. 5. Un kyste. — Fig. 6. Olpidium glenodiniauum 
sp. 110 v. à l'intérieur du Glenodinium ; il y a deux germes sphériques. — 
Fig. 7. Un sporange à forme irrégulière.— Fig. 8. Un grand nombre d' Ol- 
pidium dans le même individu. — Fig. 8'. Sporange arrivé à maturité. — 
Fig. g. Sortie des zoospores. — Fig. 10. Zoospores libres. — Fig. 11. Chy- 
iridium echinatum sp. nov.; trois sporanges avec leur filament nourricier. 
— Fig. 12. Développement des sporanges. — Fig. 13. Sortie des zoospores. 
— Fig. 13'. Zoospores libres. — Fig. 14. Un kyste mûr. — Fig. 15. Dévelop- 
pement des kystes. — Fig. 16. Chy Iridium globosum A. Braun; jeunes spo- 
ranges. — Fig. 17. Sortie des zoospores. — Fig. 18. Trois kystes. — 
Fig. 19. Chytridium heliomorphum Dangeard ; sortie des £oospores. — 
Fig. 20. Un kyste. — Fig. 21. Développement de jeunes sporanges. — 
Fig. 22. Développement de jeunes kystes.— Fig. 23. La même espèce dont 
les filaments nourriciers sont masqués; elle simule alors un Olpidium. —  
Fig. 24 et 25. Développement d'un Olpidium indéterminé dans un Péridi- 
nien : les zoospores sont formées dans le sporange a, fig. 5; je n'ai pu 
observer leur sortie. 

FRAGMENTS MYCOLOGIQUES 

(Suite.) 
Par M. N. PATOUILLARD 

Quelques espèces nouvelles ou peu connues de Champignons 

extra - européens . 

Hydnum (Sarcodon) padinseforme (Mtg.) — Thelephora 
paa 'in as fo rmis Montag. Crypt. Guy. n° 401. — Stipe coriace, 



N. Patouillard. — Fragments mycologiques. 147 

canaliculé en dessus, long de 3-4 centim., épais de 5-8 mm. 
élargi au sommet en un chapeau étalé, profondément divisé 
en 5-6 lobes cunéiformes, imbriqués. La face supérieure est 
glabre ou couverte d'une courte villosité fauve. Hyménium 
s'étendant sur la face inférieure du chapeau et le sommet du 
pied, d'abord formé de papilles serrées, qui bientôt s'allongent 
en aiguillons cylindriques, aigus à l'extrémité, longs de 2-3 mm. 
facilement détersiles, couverts de basides claviformes, petites 
(10X4-5 f*)> à 4 stérigmates. Spores anguleuses arrondies, fauves 
(4-5 y de diam.), à une gouttelette. 

Toute la plante est de couleur rouge brunâtre, un peu 
ocracée en dessous. 

Sur le bois mort, à terre. Guyane française. 

Hyaloderma subastomum Pat. nov. sp. — Perithèces 
ovoïdes ou arrondis (100X90 ,"), trans- 
lucides, àpeine jaunâtres, subastomes, 
formés d'hyphes enchevêtrées en une 
membrane à surface irrégulière, ru- 
gueuse, plus ou moins filamenteuse. 
Thèques abondantes , claviformes 
(40X6 ['■) ; paraphyses nulles; spores 
8, incolores, ovoïdes, non septées, 
mais à protoplasme souvent divisé 
(10-12 X3-4 y). 

En troupes parasites sur le mycélium de diverses Meliola. 
Chili. (Herb. Mus. Par.). 

Hyaloderma tricholomum Pat. nov. sp. — Subglobuleux 
ou ovoïde, volumineux (1/4-1/2 mm.), 
blanc à peine jaunâtre et translucide, 
velu hispide par des poils incolores, 
grêles, longs, simples ou rameux ; as- 
tome? Thèques allongées, claviformes, 
stipitées (80X15 ,'-'•), nombreuses, entou- 
rées de paraphyses diffuses; spores 8, 
bisériées, hyalines verdàtres, fusiformes, 
obtuses à une extrémité , triseptées 

(30X5-7 y-)- 

Epars ou réunis par groupes de 4-5 
surle mycélium de Meliola corallina Mtg\ Chili. (Herb. Mus. Par.). 




1. Hyaloderma subastomum Pat. 
Périlhèce, thèques et spores. 




2. Hyaloderma tricholomum 
Pat. — Thèque, sporesetpoils 
du périlhèce. 




3. Asterina spleudens Pat. — Thèque, spores 
spermâties et soies. 



148 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Asterina splendens Pat. nov. sp. — Croûtes noires for- 
mant des taches circu- 
laires de 1, 5 È2 centim. 
de diam., éparses ou 
confluentes et couvrant 
alors toute la surface du 
support d'un enduit fra- 
gile, tomenteux, rayon- 
né sur les bords. Péri- 
thèces abondants, glo- 
buleux, noirs, astomes ; 
thèques ovoïdes, sub- 
sessiles (90X50 !*), au 
nombre de 4-6 par péri- 
thèce ; spores 8, grandes 
(48-55X18-20 7.), brunes, à deux loges inégales. Soies dressées, 
nombreuses, noires, opaques, droites ou flexueuses. Spermo- 
gonies globuleuses pourvues d'une ostiole obtuse ; spermâties 
petites, ovoïdes, incolores. 

Sur feuilles de Monocotylédones. Chili. (Herb. Mus. Par.). 
L'eau iodée est sans action sur les thèques. 
Asterina Leveillei Pat. nov. sp. — Epiphylle. Taches 
crustacées, adhérentes, noires, orbiculaires, éparses ou confluen- 
tes. Périthèces petits (80- 120 y. de diam.), noirs, globuleux 
astomes, épars ou agglomérés, portant à leur base des soies 
couchées, rigides, brunes, grêles et aiguës (70-120X5-6;^-). 
Thèques claviformes (40 X 10 y), subsessiles, à 8 spores bisériées ; 
paraphyses nulles. Spores brunes (17-15X4-5 y), à deux loges 
égales, séparées par un sillon. 

Pycnides {Septoria macularis Lev.) de même forme mais un 
peu plus grandes que les périthèces ; stylospores cylindriques, à 
gouttelettes, linéaires, droites ou courbées (18-20X2,5-3 {■>■)-. 

Mycélium rampant, brun, grêle, rameux, fortement appliqué 
sur la feuille. 

Feuilles de Graminées. Chili. (Herb. Mus. Par.). 

Asterina furcata Pat. nov. sp. — Taches étalées, ténues, 

noirâtres; périthèces nombreux, globuleux, astomes, bruns 

(90-120;;.), Mycélium rampant, brun, sep té, à hyphopodies alternes, 

en tête, stipitées, rameux. Thèques claviformes (33X10-12 y-), 




N. Patouillard. — Fragments mycologiques. 149 

octospores; paraphyses nulles. Spores incolores (8-10X2-3/*), à 
deux loges égales. Soies dressées, 
rigides, à extrémité bi ou tricho- 
tome, chaque division étant elle- 
même bi-tridentée. 

Sur des feuilles vivantes. Cuba. 
(Coll. Wright.). 

Ce Champignon a été distribué 
sous le nom de Meliola ftircaia 
Lev. mélangé à d'autres feuilles 
portant réellement cette dernière 
plante. 

AsteHna Vibumi Pat. nOV. J t .AsterinafurcataVa.t.—T\\èque, spores, 
. 1 11 1 soies rameuseset fragmentdemvcélium. 

sp. — Taches hypophylles, bru- 
nes, ténues; périthèces noirs, ponctiformes, superficiels asto- 
mes, glabres, globuleux puis affaissés cupuliformes, entourés à 
la base de fibrilles mycéliennes brunes, grêles et rameuses. 
Thèques allongées, claviformes, ne bleuissant pas par l'eau iodée, 
à 8 spores; paraphyses nombreuses, filiformes, simples ou 
rameuses. Spores hyalines verdàtres, d'abord uniseptées puis à 
3 cloisons (15-17X5-6^). 

Sous les feuilles d'un Vt'btirnum. Yun-nan (Abbé Delavay). 

Le mycélium rampe entre les poils de la feuille et quelque- 
fois pénétre dans leur intérieur. 

Asterina Lindigii Pat. nov. sp. — Taches petites (2-4 mm.), 
noires, rayonnantes, appliquées. Périthèces groupés, nombreux, 
luisants, globuleux (1 80-200 z*), astomes. Thèques claviformes, 
substipitées (40X13/^), à 8 spores; paraphyses filiformes, 
rameuses; spores incolores, uniseptées (10X3^). Soies dressées 
nulles, Mycélium rampant, volumineux, septé, rameux, portant 
des hyphopodies alternes, arrondies, stipitées; ce mycélium est 
souvent entouré d'hyphes grêles, incolores ou brunâtres. 

Sur des feuilles vivantes. Nouvelle-Grenade. (Coll. Lindig, 
n° 2876 pr. p.). 

Asterina? confluens Pat. nov. sp. — Périthèces isolés, 
orbiculaires, 1/2 mm. de diamètre, ou confluents et formant des 
plaques fragiles noires de 2-3 mm. de largeur, aplatis, minces, 
facilement séparables de la feuille ; la surface de ces plaques est 
ponctuée par des papilles astomes plus ou moins nombreuses. 



i 5 o JOURNAL DE BOTANIQUE 

Le tissu de la paroi est rayonnant à la façon de celui des Micro- 
thyrium. Thèques claviformes, à parois épaisses, à 8 spores 
(60-66X 18-20 v) ; paraphyses nulles ; spores incolores, uniseptées 
(12-15X4^), non étranglées à la cloison. Pas de mycélium ram- 
pant à la surface de la feuille; action de l'iode nulle. 

Sur les deux faces des feuilles de Salvadora persica. Yemen. 
(Coll. A. Deflers). 

Microthyrium asterinoides Pat. nov. sp. — Taches 
hypophylles, ténues, brunes, formées par un mycélium grêle, 
brun, rameux, portant des périthèces orbiculaires, ostiolés, 
aplatis, à structure rayonnante (200-300 [ J de diam.). Paraphyses 
nulles; thèques globuleuses (30-351-1), à parois épaisses, bleuis- 
sant entièrement par l'eau iodée; spores 8, brunes, uniseptées, 
étranglées à la cloison, obtuses aux extrémités; parfois les deux 
loges sont un peu inégales. 

Sous les feuilles de Graminées. Chili. (Herb. Mus. Par.). 

Ce Champignon croit sur les mêmes feuilles que V Asterina 
Leveillet, mais sur la face opposée. 

Leptosphaeria Gorae Pat. nov. sp. — Périthèces nombreux, 
épars, ponctiformes, noirs, subglo- 
buleux, 1/3- 1/2 mm. de diamètre, 
d'abord immergés, puis saillants, os- 
tiolés, à la fin largement ouverts, at- 
tachés au support par quelques fibril- 
les mycéliennes brunes; tissu cellu- 
leux, très serré, brun noir. Thèques 
ventrues, subsessiles, épaisses et ob- 
tuses au sommet (80X25/*), bleuis- 
sant entièrement par l'eau iodée s 
(parfois la partie basilaire seule spores dont deux soni en g erminatîon - 
bleuit, le restant se colore en rose violacé). Spores 8, 
ovoïdes, à 5 cloisons et sans étranglement, fuligineuses pâles 
(20-24X6-7;>.). En germant elles émettent un tube à chaque 
extrémité, s'étranglent aux cloisons et se cloisonnent longitudi- 
nalement. 

Sur le thalle du Cora pavonia Fr. Amérique Centrale (Herb. 
Mus. Par.). 

Hendersonia papillataPat. nov. sp. — Périthèces poncti- 
formes, noirs, sous-épidermiques puis érumpents, (1/2 mm.). 




Abbé Boulay. — Plantes fossiles de Saint-Saturnin {Maine-et-Loire). 151 

Spores nombreuses (20 X 10, u ), stipitées, brunes, ovoïdes, tron- 
quées à la base, portant au sommet une papille hyaline, biseptées, 
à peine étranglées aux cloisons ; la loge moyenne est un peu 
plus petite que les deux extrêmes. 

Tiges mortes d'un Lespedeza. Yun-nan. (Abbé Delavay). 

Uromyces rugulosus Pat. nov. sp. — Sores petits, noirs, 
entourés par l'épiderme soulevé. Téleutospores brunes foncées, 
papillées au sommet, arrondies ou ovoïdes, bosselées rugueuses 
(non échinées), caractéristiques (22-26X16-20^). Stipe hyalin 
de même longueur que la spore. 

Sur les deux faces des feuilles du Lespedeza yunnanensis. 
Yun-nan (Abbé Delavay). 



NOTICE SUR LES PLANTES FOSSILES 

DES 

GRÈS TERTIAIRES DE SAINT-SATURNIN (Maine-et-Loire) 

(Suite.) 

Par M. l'Abbé BOULAY 

CUPULIFÈRES 

14. Quercus Heberti Crié, Ann. Sc.géoL, t. IX, pi. 17, 
f. 58 b. 

Mes spécimens sont un peu plus forts que ceux de M. Crié, mais 
vérifient cependant les caractères principaux de l'espèce ; les feuilles 
sont lancéolées, insensiblement rétrécies vers le sommet et terminées 
en pointe mousse ; les nervures secondaires bien marquées, espacées, 
se détachent de la médiane sous un angle de 60-65 et courent' directe- 
ment vers les bords ; elles s'anastomosent brusquement vers la fin de 
leur trajet. 

15. Q. cenomanensis Sap. Ami. Se. géol., IX, p. 34, 
pi. 17, f. 54-56. 

Les empreintes de Saint-Saturnin ont toujours une forme obovée, 
assez longuement atténuée vers la base et terminée par un long et 
fort pétiole; elles correspondent en général à la fig. 55 ci-dessus; les 
nervures secondaires sont très saillantes et caractéristiques. L'attribu- 
tion générique des feuilles de ces deux derniers numéros, vu l'absence 
totale de glands et de leurs cupules, n'est pas absolument hors de doute. 



i 5 2 JOURNAL DE BOTANIQUE 

MORÉES 

16. Ficus Dehayesi Wat. Plant, foss., pi. 39 et 40. 

Deux feuilles mesurant 11 centim. de large et dépassant (la moins 
incomplète) 30 centim. de long ; la base se rétrécit comme sur la fig. 2 
de la pi. 40 de Watelet. Plante semblable à un Ser salifia de la Nou- 
velle-Calédonie rapporté par M. Vieillard, n° 2891. 

17. F. Giebeli Heer, FI. v. Skop., p. 6, t. II et V, f. 8 et 9. 

C. A l'état de fragments et de feuilles bien conservées, presque 
entières. Cette espèce semble n'avoir été rencontrée dans l'Ouest qu'à 
Soucelles; sa fréquence à Saint-Saturnin est d'autant plus remar- 
quable. 

18. F. Schlechtendalii Heer, Skop., p. 6, t. VIII, f. 20. 

Heer fait observer que cette espèce est très voisine du F. apocy- 
noides Ettingsh., de Sotzka. Il est même possible qu'elle n'en diffère 
pas : cependant je préfère la dénomination de Heer parce que sur la fi- 
gure citée du F. Schlechtendalii les nervures secondaires remontent par 
leurs extrémités longuement très près du bord de la feuille avant de 
s'anastomoser, comme on le voit sur mon échantillon, tandis que les 
anastomoses ont lieu à une distance très notable des bords sur la figure 
du F. apocynoides. La divergence des nervures secondaires passe ici par 
6o° et 50 , ce qui se rapproche plus encore du F. Schlechtendalii . 

19. F. pachyneura N. Boul. 

Feuilles largement elliptiques, plus ou moins obovées, rétrécies vers 
la base, entières; long. 6-8 centim., larg. 4-51/2; nervure médiane 
large al épaisse, ligneuse (3 mm. de large) ; nervures secondaires denses 
(distantes de 3-5 mm.) , laissant sur le sédiment une empreinte profonde, 
courbes, passant successivement par 60, 50, 40 par rapporta la nervure 
médiane, suivant longuement le bord de la feuille sans anastomose bien 
marquée. 

Deux de mes feuilles montrent au premier abord une similitude 
frappante avec le Chrysophyllum reticulosum Heer (Pfl . v. Weissenf. 
t. IX, f. 14 et 16). Heer attribue à sa plante des nervures secondaires 
fines (nervis subtilibus), ce qui est incompatible avec mes échantillons 
dont la nervure très prononcée rappelle celle de beaucoup de Ficus. 
Il serait possible, à la rigueur, que Heer n'ait eu entre les mains que 
des empreintes de la face supérieure des feuilles, dans ce cas, il pourrait 
bien s'agir de la même espèce ; mais en toute hypothèse, il ne peut être 
question d'un Chrysophyllum. 

Les figures de Heer montrent des feuilles irrégulièrement émarginées- 
bilobéesau sommet, comme les miennes. Cette particularité se rencontre 



Abbé Boulay. — Plantes Jossiles de Saint-Saturnin {Maine-et-Loire). 153 

sur les premières feuilles de la plupart des pousses annuelles d'un grand 
nombre d'espèces tropicales, surtout dans la famille des Sapotacées et 
dans celle des Myrsinées. Je ne l'ai pas retrouvée sur les Ficus assez 
nombreux de l'Afrique australe qui sont à ma disposition. Elle consti- 
tue dès lors une différence aux moins provisoire à l'égard du Ficus 
Rogowiczi Schmalh. (1); quelques autres divergences dans la course 
des nervures secondaires, et surtout leur distance entre eHes plus grande 
sur le F. Rogowiœi que sur le F. pachyneura m'engagent à conserver 
celui-ci, quoiqu'il soit très voisin du premier. On peut rapprocher 
encore le F. pachyneura du F. Pseudo-jynx Ett. (Beitr. Radob. 
p. 875); cependant Unger ayant rattaché au début les feuilles en ques- 
tion au genre F/rus, la nervation semble beaucoup moins prononcée 
que sur les empreintes de Saint-Saturnin. 

LA URINÉES. 

20. Laurus Forbesi de la H. inHeer, FI. tert, III, p. 315; 
Crié, Ami. Se. géol, t. IX, p. 39, pi. 18, f. 60. 

Feuilles de dimensions un peu moindres que celle figurée par 
M. Crié ; long. 9-10 cent., larg. 30 mm. Cette espèce se rapproche bien, 
comme M. Crié l'a fait observer, du L. prsecellens Sap. de Saint-Za- 
charie. Le L. Lalages Ung. (F. FI. v. Soizka, t. XIX, f. 6-9) n'en dif- 
fère que par un pétiole plus long. D'autres prétendues espèces touchent 
encore à celle-ci. 

21. L. Decaisneana Heer in Crié, Ami. Se. géol. t. IX, 
p. 39, pi. 18, f. 61. 

Feuilles de forme oblongue, un peu plus larges que celles du /,. 
Forbesi, atteignant 4 centim. de large; la nervation est peu distincte. 
J'ai observé à coté de ces feuilles des fruits ovales, pédoncules, qui pour- 
raient appartenir à des Laurus. 

22. L. primig-enia Ung. Foss. FI. v. Sotzka., t. XIX, f. 1 
à 4. 

Plusieurs feuilles semblent appartenir à cette espèce; les nervures 
secondaires, particulièrement les inférieures, sont très ascendantes. 

23. Daphnogene patulinervis N. Boul. 

Deux feuilles ovales lancéolées, stibarrondies à la base, entières, 
triiierves à la base ; les deux nervures basilaires latérales, relativement 
courtes, n'atteignent pas le milieu de la feuille, largement arquées as- 
cendantes, sortant sous un argle de 40" et passant par 30 et 20 , s'ar- 

1. I. Schmalhausen : Beitraege sur Tertiaerflora Sùd-West-Russlands, 1884, 
p. 23, t. VII, f. 1, 2, 4-7. 



J54 JOURNAL DE BOTANIQUE 

rètant bientôt sans connexion visible et sans émettre en dehors de ra- 
mifications notables ; nervures latérales supérieures 4 et 5 de chaque 
côté sur des feuilles incomplètes et sans doute plus nombreuses sur les. 
feuilles entières, très étalées^ sortant sous des angles de 60-70 , arquées, 
s'avançant près des bords ; longueur conservée d'une feuille, 8 centim., 
larg. 25 mm., largeur d'une autre plus grande, 30 mm'. 

Les similitudes les plus marquées à l'égard d'espèces déjà connues 
sont avec le Cinnamomum lanceolatum deBovev-Tracey, tel que Heer 
le figure, pi. XVI, f. 1 et S. Ici la feuille n'est pas atténuée, mais arron- 
die à la base, les nervures basilaires sont beaucoup plus courtes, les 
supérieures font avec la médiane un angle beaucoup plus ouvert. Bien 
que d'autre part le Cinnamomum polymorphum Heer soit très variable, 
il me semble bien difficile de faire cadrer les feuilles de Saint-featurnin 
avec l'une ou l'autre des formes de cette dernière espèce. — La nerva- 
tion de ces feuilles se retrouve sur des Ficus actuels, en sorte que la 
détermination générique est loin d'être certaine. 

OLÉACÉES. 

24. Notelea eocenica Ett., Beitr. z. Sotzka, t. II, f. 4; 
Heer, Skop., t. X, f. 1. 

Mes spécimens me paraissent bien concordants. 

APOCYNÉES. 

25. Echitonium cuspidatum Heer, Flot-, tert., t. III, 
p. 192, pi. 154, f. 4-6; Bovey-Tracey , p. 50, pi. 13, f. 3 b et 5, 
pi. 14, f. 12". 

Mon échantillon correspond à la f. 5 de la pi. XIII ci-dessus ; à l'ex- 
ception de la base qui est atténuée en un fort pétiole ; ce pétiole n'est 
pas visible sur la fig. 5 de la plante de Bovey-Tracey, mais il est bien 
représenté pi. 154 du Flora fertiaria. Cette espèce a été trouvée dans 
la 17 e couche des lignites de Bovey-Tracey; au Locle elle monterait 
jusqu'à l'œningien. 

26. Nerium sarthacense Sap. in Crié, Ami. Se. géol., 
t. IX, pi. 19, f. 70. 

A. C. Il y a d'assez petites feuilles mesurant 6-8 centim. de long 
sur 1 5-20 mm. de large et d'autres notablement plus grandes. ISOc/trosia 
borbonica Gmel. présente des feuilles très semblables sous tous les rap- 
ports, de façon à faire penser que la détermination générique n'exclut 
pas d'autres possibilités. La filiation des espèces dans le genre Nerium 
n'est pas chose aussi facile que certains paléobotanistes inclinent à le 
penser. 



Abbé Boulay. — Plantes Jossiles de Saint-Saturnin (Maine-et-Loire.) 155 

27. Apocynophyllum neriifolium Heer, Skop. t. VIII, 
f. 1-8. 

M. Crié a, de son côté, décrit et figuré l'A. cenomanense. « Nous 
comprenons, dit M. Crié, sous le nom (VA. cenomanense, toutes les 
Apocynées à limbe élargi et à nervures secondaires perpendiculaires 
à la médiane. » Sur les fig. 75, 76, 77, 78, les nervures secondaires font, 
en effet, avec la médiane, un angle presque droit, mais sur la fig. 74, 
l'angle se réduit à 75 , à peine 80". Sur mes spécimens de Saint-Saîur- 
nin, l'angle est plus faible encore et ne dépasse pas 6o°, la similitude 
est dès lors plus grande à l'égard de VA. neriifolium de Skopau. Le 
Neritinium dubiuin Ung. Syll., III, t. V, f. 5 me paraît identique. 

28. A. ligerinum N. Boul. 

C. C. à Saint-Saturnin. — Feuilles longues de 7-9 centim. sur 6- 
10 mm. de large, par suite très étroitement lancéolées ', linéaires, atténuées 
à la base en un long et mince pétiole (1. 15 mm.), rétrécies très aiguës 
ou même acuminées au sommet, plus ou moins canaliculées en dessus, 
■planes et entières aux bords, munies d'une nervure médiane ferme et de 
nervures secondaires très denses (env. 15 par 10 mm.) se détachant sous 
un angle de 65-70 et courant directement aux bords sans aucune anas- 
tomose apparente, rarement bifurquées; ces nervures, d'abord noyées 
dans le mésophylle, ont laissé leur trace en relief par suite d'une résis- 
tance plus grande à la macération, mais sans impression dans le sédi- 
ment . 

Ces feuilles sont semblables pour la base longuement pétiolée et les 
dimensions à celles de Y Echi/onium Michelot Wat., pi. 53, f. 16; 
mais ces dernières sont obtuses et la nervation est trop différente pour 
justifier une assimilation même générique. Heer a décrit de Skopau des 
fragments de feuilles analogues, mais la base et le sommet faisant dé- 
faut, il est impossible de s'y arrêter. La nervation est celle de beaucoup 
d'Apocynées; toutefois, dans le monde actuel, c'est la famille des As- 
clépiadées qui fournit pour la forme des feuilles le plus d'espèces sem- 
blables. On peut citer en particulier le Secamone saligna Dec, le 
GompkocarpusJrulicosus'R. Br., etc. 

MYRSINÉES. 

29. Myrsine Doryphora Ung. Syllog., III, p. 19, t. VI, 

f. 1, 5, 6, 7, 8, 10. 

Une très belle feuille coriace, très semblable aux figures ci-dessus. 
D'autres feuilles analogues, mais avec quelques divergences se ratta- 
cheraient plutôt au Rhododendron mègiston Unger ib. t. XII, f. 16-20. 
D'autres encore, mais à l'état de fragments, font supposer que le nombre 
des Myrsinées de Saint-Saturnin est à compléter. 



156 JOURNAL DE BOTANIQUE 

SAPOTACÉES. 

30. Bumelia minor Ung., Sy//., III, p. 25, t. VI, f. 12- 
19; Pyrus minor Ung., Foss. FI. v. Sotzka, t. XXXVIII, f. 23- 
24. 

Un spécimen très semblable à la fig, 23 ci-dessus d'une feuille de 
Sotzka. de dimensions seulement un peu plus grandes. 

ÉBÉNACÉES. 

Diospyros... M. Crié a dit avec raison que l'abondance des 
calyces fructifères de ce genre dans les grès de l'ouest constitue 
un des traits les plus saillants de cette flore. En suivant Tordre 
admis par M. Crié dans l'exposition des faits, je puis signaler 
dans les grès de Saint-Saturnin : 

31 . D. senescens Sap. in Crié, A nu. Se. géol., p. 50, pi. 20. 
f. 80-81. 

Les feuilles correspondant à la fig. 79 manquent, mais les calices 
fructifères sont fréquents. Ils ont les sépales réfléchis, subobtus ou su- 
baigus et montrent une large cicatrice laissée par la chute de l'ovaire. 
Un autre calice, laissant de même voir cette cicatrice très marquée, a 
les sépales très aigus. Ces empreintes font voir le calice par la face 
supérieure ; trois autres montrent des calices vus par la face externe et 
munis d'un pédoncule long de 10 mm. La surface des lobes n'est pas 
chagrinée-bosselée comme dans les Diospyros à calices rugueux décrits 
et figurés par M. Crié (f. 84), mais plutôt plissée et ridée. On trouve 
ces particularités sur des calices de Diospyros actuels de Madagascar, 
mais ceux que j'ai vus ont les lobes très courts, tandis que ces lobes 
étalés-dressés sont profonds presque comme dans le D. senescens. C'est 
sans doute une espèce nouvelle ; Unger (Foss. F/or. v. Kumi. t. XI, 
f. 47-49) a figuré, sous le nom de Roy en a grseca, des calices assez 
semblables. 

RUBIACÉES (?). 

32. Morinda Brongniarti Crié, Âuu. Se. géol. t. IX, pi. 20, 
f. 88-96. 

On trouve à Saint-Saturnin soit des fragments, soit des coupes de 
ce fruit problématique, comme le montrent les fig. 88 et 89 ou encore 
l'empreinte extérieure f. 94 ci-dessus. 

TILIACÉES. 

33. Apeibopsis Decaisneana Crié, A un. Se. géol., t. IX, 
p. 54, f. 98-107. 



Abbé Boui>Av. — Plantes fossiles de Saint-Saturnin [Maine-et-Loire). 157 

Fruit d'un diamètre de 10-12 mm., muni d'un pédicule gros et court, 
à surface réticulée ; correspond spécialement à la fig. 102 ci-dessus. 

LÉGUMINEUSES. 

34. Gassia Phaseolites Ung., Foss. FI. v. Sotzka, p. 58, 
t. XLV, f. 6 et 7. 

La forme asymétrique de la base et du contour et ce qui est conservé 
de la nervation établissent avec les figures d'Unger un rapprochement 
qui mérite d'être pris en considération. C. d'Ettingshausen a fait obser- 
ver plus tard que ces feuilles pourraient appartenir à une espèce du 
genre Sapnidus ; c'est une autre probabilité qu'il juxtapose à la première. 
L'état de mes spécimens ne permet pas de rien ajouter. 

35. Acacia Brong-niarti Wat., Plant, foss. p. 246, pi. 60, 
f. 2/ 

Un légume, cassé aune extrémité, mesurant 25 mm. de large, dépas- 
sant 9 centim. de long et atteignant sans doute 11-12 centim. à l'état 
d'intégrité, plissé-bosselé en travers, tout à fait comme le montre la 
figure citée de Watelet. 

36. A. Saportae Wat., Plant, foss. p. 246, pi. 59, f. io, 11 
et 12. 

Légume entier, brièvement pédicule (long. 9 centim., larg. 24 mm ). 
On distingue vaguement les emplacements de 7-8 graines: ces empla- 
cements paraissent distants de 7-8 mm. , tandis que dans VA. Brongniartï, 
ils sont distants à peine de 5-6 mm. La réticulation considérée par Wate- 
let comme caractéristique du légume de cette espèce répond à un cer- 
tain degré de macération ; de fait, cet auteur représente (f. 10) un légume 
réticulé à la base et lisse plus haut. Je possède de Saint-Saturnin plu- 
sieurs fragments qui rentrent dans les deux espèces précédentes ou sont 
trop imparfaits pour justifier une détermination. 

LA. microphylla\Jng. (FI. v. Sotzka, t. XLVI, f. 11) offre une 
certaine similitude avec VA. Saportœ, cependant la figure d'Unger ne 
montre pas les marges suturales épaissies et striées figurées par Wate- 
let et qui se retrouvent ici. 

M. Crié a signalé à Cheffes un fruit de la même famille sous le nom 
de Leguminosites aiidegave>isis (Bull. Soc. d'Et., 1804, p. 410). 

Dans les mêmes blocs, on rencontre, mais sans connexion, des fo- 
lioles de Légumineuses qui indiquent deux espèces, mais peuvent appar- 
tenir à des genres variés. Les unes lancéolées-elliptiques, obtuses aux 
deux extrémités, légèrement asymétriques à la base, ont 1 5 mm. de large. 
D'autres, plus grandes, atteignent 20 mm. de long et 8 mm. de large. 

{A suivre.} 



iS» JOURNAL DE BOTANIQUE 

NOTE SUR LA FORMATION DU PÉRIDERME 

Par M. H. DOULIOT 

Sanio, dans son mémoire sur le développement du liège, dis- 
tingue cinq cas dans la formation du périderme. 

Le liège, selon lui, peut prendre naissance : i° dans l'épi- 
derme; 2° dans la première assise corticale ; 3° dans la deuxième 
ou la troisième assise corticale; 4" plus profondément dans le 
tissu de Técorce primaire; 5 dans l'écorce secondaire. 

J'ai été amené, dès le début de mes recherches, à la conclu- 
sion suivante : aux deux derniers cas de Sanio il convient d'en 
substituer deux autres, le cas où la formation du périderme est 
endodermique et celui où elle est péricyclique. 

En premier lieu, il est hors de doute que lorsque Sanio parle 
d'écorce secondaire il entend parler de liber secondaire et par 
suite le cinquième cas qu'il distingue n'existe pas; en effet, il cite 
comme exemples de ce cinquième cas les Bpirasa opulifolia, 
PhiladelpJius corouarius , Melaleuca siyphelioidcs, et j'ai pu 
«m'assurer que non seulement dans ces plantes, mais encore dans 
plusieurs autres espèces de Spirsea, de PhiladelpJius et de Me~ 
laletica, dans 7 genres de Myrtacées, un grand nombre de Rosa- 
cées et plusieurs Saxifragées {Hydrangea, Saxifragd) le péri- 
derme se formait dans le péricycle, soit en contact immédiat avec 
l'endoderme, soit séparé de lui par quelques fibres péricycliques 
situées nettement en dehors des premiers tubes criblés. En second 
lieu, Sanio range dans une même catégorie, le quatrième cas, 
les Ru bus, Lycium, Berberis, Deutzia et Louicera, alors que 
chez certaines de ces plantes (Rubus, Lycium) le périderme est 
endodermique, tandis que chez les Berberis, Deuizia et Louicera 
il est péricyclique. 

Nous sommes donc conduits à rejeter le quatrième et le cin- 
quième cas dont il fait mention et à les remplacer par deux autres 
plus conformes aux découvertes récentes de morphologie interne : 
périderme endodermique, périderme péricyclique. C'est ce que 
nous avons fait dans deux notes sur le périderme des Rosacées 
et celui des Légumineuses. 

Bien que le troisième cas dont parle Sanio soit de médiocre 



H. Douliot. — Noèe sur la formation du périderme. 1^9 

importance, il convient de le séparer de ceux où le liège est 
exodermique et endodermique. Il y a donc cinq cas à considérer 
dans l'origine du liège, ou mieux, du périderme : 

1" périderme épidermique, 

2 périderme exodermique, 

3" périderme cortical, 

4" périderme endodermique, 

5" périderme péricyclique. 

Dans le courant de mes recherches sur la position du péri- 
derme, j'ai découvert que dans les Rosacées où le périderme est 
péricyclique il se forme des assises de liège dur qui, dès le début 
de leur apparition, présentent sur leurs parois radiales des plis- 
sements analogues à ceux de l'endoderme. Le même fait m'a 
été fourni par les Œnothérées (drcsea mollis, C. Lutetiana; 
Œnothera sinuata; Œ.suaveolens; CE. Drummondii ; Epilobium 
tetragonum ; Fuchsia syringa'folia ; Lopczïa racemosa) et par 
plusieurs genres de Myrtacées où le périderme est péricyclique. 
Sanio cite en effet chez les Melalcma la présence sur certaines 
cellules du liège d'une bande hyaline homogène sur les maté- 
riaux frais, plissée sur les matériaux âgés; cette bande hyaline 
je l'ai observée moi-même chez les Melaleuca diosnuejolia, Jiype- 
ricifolia , geuistifolïa, ainsi que sur d'autres genres de la même 
famille, Barringlonia , Eugc-iiia, Callïstemoii, Myrlus, où le 
périderme est péricyclique. 

Cette bande est parfois fortement subérifiée, se colore en 
rouge plus intense que le reste du liège quand on fait agir la fuch- 
sine ammoniacale, parfois lignifiée comme le sont souvent les 
plissements endodermiques et dès lors se colore bien par le vert 
d'iode. Dans plus de vingt familles de Dicotylédones j'ai observé 
des exemples de périderme péricyclique, sans découvrir le phé- 
nomène des plissements ailleurs que dans les trois familles que 
je viens de citer, Myrtacées, Rosacées, Œnothérées, qui n'ont 
d'ailleurs aucune parenté entre elles. 

Cette formation est indépendante du milieu ; j'ai pu l'obser- 
ver sur des rameaux d'âge différent, sur des rhizomes jeunes ou 
âgés, aussi bien que sur des tiges aériennes. L'endoderme n'est 
pas toujours également net, mais cependant chez les Myrtacées, 
Eugenia Ugui par exemple, on voit très bien l'assise génératrice 
du périderme entre les fibres péricyliques et les tubes criblés 



160 JOURNAL DE BOTANIQUE 

externes. Plusieurs assises de cellules existent même entre le pé- 
riderme et les tubes criblés. 

Dans les Mëlaleïica le phelloderme de la première année, ré- 
duit à une seule assise, se lignifie quelquefois et l'année suivante 
le périderme se forme aux dépens d'une assise sous-jacente four- 
nissant une ou deux assises de liège dont l'interne présente les 
plissements lignifiés. 

Dans les Œnothérées, le périderme est en contact immédiat 
avec l'endoderme; il en est de même dans les Rosacées. 



CHRONIQUE 

Société des Sciences de Nancy (Séance du 16 mars 1888). — M. Fliche 
entretient la Société de ses observations botaniques et forestières sur le reboi- 
sement de la forêt de Champfètu, près de Sens, et présente sur ce sujet un Mé- 
moire qui paraîtra dans le Bulletin de la Société. 

M. Thouvenin fait une communication préliminaire sur la structure des Rham- 
nées. Des réservoirs à gomme ont été observés dans la moelle et l'écorce des 
tiges, ainsi que dans le parenchyme des pétioles et des nervures foliaires des 
Zisyphus, Paliunts et Hovenia. Le développement suivi sur VHovenia dulcîs 
montre que les masses gommeuses résultent de la transformation de cellules 
isolées ou groupées, soit en files, soit en cordons plurisériés. Elles rentrent donc 
dans la catégorie des glandes lysigènes de de Bary. Le genre Rhamnus en est 
dépourvu. 

Des botanistes parisiens, désireux d'étudier les plantes litigieuses et d'explo- 
rer les localités de la flore des environs de Paris sur lesquelles il n'a rien été 
publié, ont formé un comité de recherches sous la direction de M. Chatin, mem- 
bre de l'Institut. Les personnes qui voudraient prendre part aux herborisations 
organisées par les soins de ce comité pourront se renseigner auprès de 
M. Camus, 58, boulevard Saint-Marcel. 



Les herborisations organisées par les botanistes de Montpellier auront lieu 
le 6 mai, aux bords de la Mosson à Lavérune ; le 13 mai, à Mézouls; le 21 mai, 
à Saint-Guilhem-le-Désert ; le 27 mai, aux Aresquiers, près de Vie; le 3 juin, à 
Montarnaud ; le 24 juin, aux environs d'Aiguesmortes; le 1" juillet, aux garrigues 
de Montmaure; le 8 juillet, au col de Montdardier et au pic d'Anjeau. 



On annonce la mort de M. H. Leitgeb, professeur de botanique à l'Institut de 
Graz, décédé le 5 avril, à Tàge de 53 ans. 



Le Gérant ; Louis Morot. 



Farts. — I. Merick, lmp„ 22, pi. Denfert- Bocfcerea». 



2 e ANNEE N" 10 16 MAI 1888 

IWW Wf ^- u - u - tn-IV ovvv^T.-uvvianrin^^ 

JOURNAL DE BOTANIQUE 



Directeur: M. Louis MOROT 



NOTE 

SUR 

DEUX NOUVEAUX GENRES D'ALGUES PERFORANTES 

Par MM. BORNET et FLAHAULT 

Quoique les zoologistes aient signalé depuis longtemps la 
présence de végétaux perforants dans le test calcaire d'un grand 
nombre de mollusques, aucun botaniste, jusqu'à une date toute 
récente, ne s'était occupé de ces plantes. M. de Lagerheim (1) 
est le premier qui les ait étudiées en algologue. Dans deux mé- 
moiresintéressantspubliésen 1885 et 1886, iladécritun Codwlum 
fort singulier (C. polyrhizum) et un nouveau genre de Sirosipho- 
niacées, le Mastigocoleus iestarum, vivant l'un et l'autre dans 
l'épaisseur des coquilles mortes. Ces Algues ne croissent pas 
seulement en Suède, elles abondent sur les côtes de France où 
nous les avons rencontrés aussi bien dans la Méditerranée que dans 
l'Océan. Il est peu de coquilles où on ne les trouve, et en outre 
mêlées à elles, souvent d'une manière presque inextricable, plu- 
sieurs autres espèces qui ne sont pas encore connues. Nous avons 
commencé leur étude et, pour deux d'entre elles, les résultats 
que nous avons obtenus sont assez complets pour que nous les 
exposions brièvement en attendant que nous puissions les publier 
en détail dans une note accompagnée de figures indispensables. 

Le Mastigocoletis iestarum Lagerheim forme des taches orbi- 
culaires, puis confluentes, d'un gris bleuâtre ou violacé qui le 
rendent facile à reconnaître à la mer. Nos observations confir- 
ment tout à fait celles de M. de Lagerheim, sauf sur un point qui 
n'est pas sans importance dans la question du polymorphisme 

1. Codiolum polyrhizum n. sp. in Oefversigt of Kongl. Vetenskaps-Akade- 
miens Foerhandlingar, 1885, n° 8, p. 21, tab. xxviii, Stockholm. 

Note sur le Mastigocoleus, etc., in Notarisia, 1886, n" 2, p. 65, tab., 1, Venezia. 



i62 JOURNAL DE BOTANIQUE 

des Algues. Les filaments dont l'auteur dit que les cellules se 
transforment « en un état ressemblant à des Chroococcacées » 
(loc. cit. p. 68, tab. I, fig 13), n'appartiennent pas au Mastigo- 
coleus. Ce sont les filaments d'une Algue fort différente, qui con- 
stitue un genre nouveau auquel nous. avons donné le nom de 

Hyella. 

Hyella csespitosa. 

\J Hyella cœspîtosa est une Phycochromacée coccogonée se 
rattachant à la famille des Chamaesiphoniées dont elle est, pour 
le moment, le représentant le plus élevé. A l'état jeune elle forme 
des taches à peu près semblables à celles du Masligocoleus ; tou- 
tefois ces taches sont plus nombreuses, plus petites, disposées 
en cercle et d'une teinte plus olivâtre. Plus tard elles confluent 
en réseau et finissent par couvrir de grandes parties de la coquille. 
On rencontre X Hyella aussi bien dans les coquilles vivantes que 
dans les coquilles mortes ; c'est une des Algues perforantes les 
plus répandues. 

Son thalle est composé d'une lame de filaments rayonnants, 
entrelacés, étalés horizontalement dans l'épaisseur de la couche 
chitineuse de la coquille et de branches verticales qui s'enfoncent 
profondément dans le test. Ces filaments ont la même structure 
que les Confervées, les CJiaiitransia, etc., c'est à dire que 
les cellules dont elles sont formées sont indépendantes, sé- 
parées par des cloisons complètes et ne sont pas soudées en files 
inséparables comme celles des Nostocacées hormogonées. Cette 
structure, ainsi'que l'absence d'hétérocystes, distingue nettement 
V Hyella des Stïgonema avec lesquels il a, dans certains états, une 
très grande ressemblance. Les articles du plexus horizontal sont 
plus courts que ceux des filaments dressés. Il leur arrive fré- 
quemment de se diviser, à l'intérieur delà membrane, en un plus 
ou moins grand nombre de cellules secondaires. Ils présentent 
alors un aspect chroococcoïde remarquable. Un petit nombre 
d'articles, tout un rameau, un filament entier peuvent subir cette 
transformation. Bien que nous n'ayons pas encore réussi à le 
constater expérimentalement, en raison des difficultés toutes spé- 
ciales de l'observation, il ne nous semble pas douteux que les cel- 
lules ainsi formées ne soient aptes à multiplier la plante. — Indé- 
pendamment de ce mode de propagation, X Hyella produit des 
sporanges semblables à ceux des Dermocarpa. Ils sont le plus 



Bornet et Flahault. — Sur deux nouveaux genres d'Algues perforantes. 163 

souvent terminaux, piriformes, et contiennent une grande quan- 
tité de spores globuleuses très petites. Le pédicelle du sporange 
et la moitié inférieure de celui-ci sont ordinairement entourés 
d'une épaisse membrane lamelleuse et gélifiée, dans laquelle se 
ramifient souvent des ramuscules nés des cellules sous-jacentes. 
Nous donnerons du nouveau genre la diagnose suivante. 

Hyella. Thallus radiatim expansus orbicularis, e filis duplicis 
indolis compositus. Primarii horizontales, intricati, tortuosi, in stratum 
pannosum demum densissime implicati ; secundarii verticales per tes- 
tam longe excurrentes; vagina septata, ad basin filorum crassiuscula, 
superne tenuior. Articuli disjuncti, id est in trichomate continuo Nosto- 
cacearum modo non catenati, inferiores brèves, haud raro longitudina- 
liter divisi, superiores longiores. Ramificatio vera. Heterocystae nullae. 
Propagatio fit per cellulas vegetativas vagina liberatas, et per sporas 
in sporangiis evolutas, cytioplasmatis divisione succedanea formatas. 

Genus ab omnibus hucusque notis recedens, cl. F. Hy, florulae 
cryptogamicae andegavensis solertissimo indigatori, dicatum voluimus. 

Gomontia polyrhiza. 

La seconde Algue perforante sur laquelle nous désirons ap- 
peler l'attention est une Chlorosporée filamenteuse ayant la struc- 
ture d'une Siphonocladée, mais se distinguant de toutes les 
plantes de cette famille par ses sporanges qui n'ont point d'a- 
nalogues ailleurs. Ces sporanges sont les corps que M. de La- 
gerheim a décrits, comme plantes autonomes, sous le nom de 
Codiolum polyrhizum. 

Le Gomontia constitue ces taches d'un vert clair, chlorophyl- 
lien, ne disparaissant pas par le frottement, qu'on remarque si 
communément sur les coquilles mortes, à toute hauteur de la 
marée. Le thalle est formé de filaments articulés, rameux, rayon- 
nant autour d'un point central. Ces filaments ont une ramification 
dorsiventrale très nette. Du côté interne ils produisent des ra- 
maux qui plongent dans le test calcaire, du côté externe ils 
émettent, assez fréquemment chez les articles végétatifs, toujours 
chez les articles reproducteurs, un certain nombre de rhizoïdes. 
— Les articles renferment un protoplasme chlorophyllien réti- 
culé, pourvu de 1 à 5 noyaux suivant qu'ils sont plus ou moins 
longs. 

Les sporanges résultent du gonflement total ou partiel, ordi- 
nairement unilatéral, de quelques-uns des articles qui composent 



i6 4 JOURNAL DE BOTANIQUE 

les filaments horizontaux. La saillie du gonflement est dirigée 
vers l'intérieur du test. Tantôt les articles sporangiaux sont sé- 
parés par des cellules végétatives, tantôt ils sont contigus et se 
succèdent en file serrée. A mesure qu'ils grandissent, les spo- 
ranges tendent à s'individualiser; leurs points d'attache s'obli- 
tèrent ou se changent en rhizoïdes ; d'autres rhizoïdes naissent 
de leur face inférieure ; dès lors ils vivent d'une vie propre et 
continuent à se développer longtemps d'une manière indépen- 
dante. 

Deux sortes de corps reproducteurs naissent de ces sporanges 
radicants. Les uns sont des zoospores à deux cils antérieurs, qui 
germent, — sans copulation préalable, — en formant un filament 
germinatif qui perfore la couche chitineuse de la coquille et se 
ramifie au-dessous d'elle. Les autres sont les aplanospores déjà 
vues et décrites par M. de Lagerheim. A la différence des zoo- 
spores, ces spores immobiles ne s'allongent pas immédiatement 
en un filament ; elles produisent un corps semblable au sporange 
d'où elles sont sorties. Elles vivent sous cette forme et s'accrois- 
sent pendant quelque temps, puis certaines de ces aplanospores 
enfoncent dans la coquille un de leurs rhizoïdes qui se comporte 
comme un filament germinatif de zoospore; d'autres, en grand 
nombre, meurent et leur contenu se détruit; d'autres enfin divi- 
sent leur contenu en 2 à 8 corps pourvus chacun d'un noyau et 
d'une membrane, qui ressemblent tout à fait aux aplanospores 
germées. Ces corps ne tardent pas à émettre des rhizoïdes et ne 
se distinguent pas, extérieurement, des individus sortis des apla- 
nospores primaires. 

Comme on le voit par ce court résumé, le Gomontia fournit 
un nouvel et curieux exemple d'alternance déformes qui s'ajoute 
à ceux que fournissent les Botrydium , Vaiicheria, Cutleria, 
Lemanea, Bairàchospermum, etc. Les particularités qu'il pré- 
sente ne permettant pas de le réunir à aucun des groupes déjà 
établis, nous proposons de le placer dans une tribu particulière 
qui se classera à côté et à la suite des Cladophorées et des Pitho- 
phoracées. 

Voici la diagnose du nouveau genre : 

Gomontia. Thallus minutus e filis radiantibus ramosis, articulatis, 
compositus. Sporangia magna articulorum transformatione exorta, 
radicantia, demum libéra et seorsim crescentia. Sporœ duplicis indolis : 



E. Mer. — Du développement des couches annuelles dans les Sapins. 165 

i° zoosporae, divisione succedanea formatse, numerosissimse, piriformes, 
ciliis binis polo antico ornatae; 2° sporae immobiles (aplanosporae) 
orlobosae. 

Nomen genericum ex am. Maurice Gomont, Algarum, imprimis 
Oscillariearum, diligentissimo scrutatori, depromptum. 



DE L'INFLUENCE DE L'EXPOSITION 
sur le développement 

DES COUCHES ANNUELLES DANS LES SAPINS 

Par M. Éinile MER 

Buffon et Duhamel, dans les expériences qu'ils entreprirent en 
1734 (1) pour rechercher les causes de l'inégalité d'épaisseur des 
accroissements annuels dans les végétaux ligneux, se sont bornés à 
étudier l'influence de l'exposition, à laquelle on attribuait alors une 
grande importance, puisqu'on regardait comme nécessaire, lors de la 
transplantation des arbres, de placer ceux-ci suivant l'orientation qu'ils 
avaient eue jusque-là. A la suite de diverses expériences faites princi- 
palement sur des Chênes et en terrain plat, Buffon et Duhamel recon- 
nurent d'abord qu'il est inutile de prendre cette précaution, puis ils 
déclarèrent que l'exposition ne leur paraissait jouer aucun rôle dans 
l'excentricité de la moelle. Cette excentricité serait uniquement due, 
suivant eux, à l'irrégularité de répartition et de dimensions des racines 
et des branches. Aux grosses racines correspondraient dans la partie 
inférieure du tronc de larges accroissements, de même que ceux-ci 
seraient le résultat à la partie supérieure du développement exagéré 
de quelques branches sur une face de l'arbre. Ils avaient en effet tou- 
jours constaté sur leurs sujets d'expérience que la partie la plus large 
des couches annuelles se trouvait du côté où existaient les racines et 
les branches les plus volumineuses, et cela quelle que fût d'ailleurs 
l'exposition, qu'il s'agît d'arbres isolés, en massifs, ou placés sur la 
lisière. Toutefois ils eurent-soin de faire cette réserve que leur conclu- 
sion n'était peut-être pas applicable aux individus végétant sur les 
pentes rapides. Quant aux autres causes pouvant exercer une influence 
sur le développement des couches annuelles, Buffon et Duhamel se 
bornent à en indiquer quelques-unes, telles que la présence de branches 
et les mutilations produites par l'homme ou par des accidents météo- 
riques (gélivures, lunures). Du reste ces causes ne furent de leur 
part l'objet d'aucune recherche particulière. 

1. Œuvres de Buffon. — Troisième mémoire relatif aux expériences sur 
les végétaux. 



i66 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Les observations de Buffon et Duhamel paraissent avoir été con- 
cluantes aux yeux de leurs contemporains et même des générations 
suivantes, car aucune étude spéciale n'a été, à ma connaissance, faite 
depuis cette époque sur la matière. Dans un travail de publication 
toute récente (2), R. Hartig a recherché incidemment sur des Pins syl- 
vestres de 147 ans, végétant en massif, si la largeur des couches d'ac- 
croissement ainsi que la densité du bois varient suivant l'exposition. 
Il n'a pu reconnaître aucune différence bien caractérisée. Toutefois, 
sur l'un de ces arbres, que le vent avait, depuis un certain temps, 
fait pencher vers le S. E., il constata que les couches annuelles se trou- 
vaient plus larges de ce côté et formées d'un bois plus dur. 

Des recherches que j'ai entreprises dans les sapinières des Vosges 
sur les causes d'excentricité de la moelle, il ressort que ces causes 
sont bien plus nombreuses que ne le croyaient Buffon et Duhamel. J'ai 
naturellement été amené à étudier l'influence de l'exposition; je vais 
rendre compte du résultat de mes observations sur ce dernier point. 



Je n'examinerai pour le moment que le cas le plus simple, celui d'ar- 
bres situés en terrain peu incliné, afin de n'avoir pas à tenir compte 
de l'influence de la rampe, que j'ai reconnue être l'une des principales 
causes produisant l'inégalité d'épaisseur des couches ligneuses sur les 
arbres qui peuplent les versants rapides. 

Une place d'observation fut choisie dans un massif d'Epicéas de 
40 ans, couronnant le sommet d'un monticule, à une altitude de 8oo m 
environ. Cette place formait une bande rectangulaire, longue d'une 
centaine de mètres, large de quarante. L'un des petits côtés aboutissait 
à une lisière exposée à FOuest. l'autre à une lisière exposée à l'Est, 
bordant une assez vaste enclave dépourvue d'arbres. Le monticule 
était placé à l'entrée d'une vallée ouverte dans la directions. O. Les 
arbres de la lisière O. étaient pendant les mois de juin, juillet et août 
exposés au soleil jusqu'à une heure avancée de la soirée. L'influence 
de l'exposition se trouvait donc, par suite du choix de cet emplace- 
ment, aussi accentuée que possible. Il n'en eût pas été de même sur 
un versant exposé à l'O. bordant une vallée ouverte dans le sens N.S. 
La radiation solaire aurait été alors moins prolongée et, par suite, l'in- 
fluence de l'exposition moins appréciable. Les arbres figurant au Ta- 
bleau IV se trouvent dans ce cas. J'insiste sur ces détails parce qu'ils 
montrent combien en montagne les conditions de milieu se modifient 
facilement, et ce quelles précautions il faut user pour rendre les obser- 
vations comparables. Le tronc des Epicéas situés sur la lisière O. 

2. Allg-emeine Forst-und Jagd-Zeitung-. Janv. 1888. 



E. Mer. — Du développement des cotiches annuelles dans les Sapins. 167 

était dénudé jusqu'à une hauteur de 8 à 10 mètres, par suite de l'abla- 
tion des branches basses pratiquée quelques années auparavant. Je fis 
abattre et débiter à différents niveaux plusieurs de ces arbres. Sur cha- 
que section je mesurai la longueur des rayons correspondant aux quatre 
points cardinaux. Les résultats obtenus sur trois de ces arbres sont ins- 
crits au Tableau I. Je choisis des individus qui me parurent à l'abri de 
toute cause produisant l'excentricité de la moelle, telle que lésions, 
courbures, etc. J'eus soin surtout de ne m'adresser qu'à ceux qui étaient 
écartés d'au moins i m ,5o de tout autre arbre, pour n'avoir pas à tenir 
compte de l'influence perturbatrice causée par le voisinage (1). C'est 
sans doute parce qu'ils n'ont pas pris toutes ces précautions dans le 
choix de leurs sujets d'observations que les résultats des auteurs qui 
m'ont précédé dans l'étude de cette question présentent peu de net- 
teté (2). 

TABLEAU I. 



Numéros 
des arbres 



I. 



II. 



III. 
Moyennes 



DISTANCE 
des sections 


LONGUEUR DES RAYONS 


au-dessus du sol 


NORD 


EST 


SUD 


OUEST 


Base (3) 


72 


98 


69 


76 


,m 


75 


80 


53 


59 


2 


68 


83 


58 


60 


3,3° 


58 


73 


55 


55 


4 


53 


63 


48 


49 


5 


» 


55 


» 


40 


6 


» 


40 


» 


40 


Base 


98 


130 


78 


68 


i m 


87 


107 


7i 


57 





74 


100 


12 


60 


3 


69 


88 


68 


55 


4 


68 


70 


58 


60 


5 


58 


67 


52 


55 


6 


47 


5 2 


42 


43 


Base 


» 


100 


» 


5° 




68 


80 


60 


55 



RAPPORT 


entre les rayons 


est et ouest 


1,28 


i,35 

1,28 


1,32 
1,28 


i,37 


1 


1,91 

1,87 
1,66 


1,60 


1,16 


1,21 


1,21 


1,44 



RAPPORT 

entre les rayons 

nord et sud 

1,05 
1,41 

M7 

1,05 
1,10 

» 

» 

1,25 

i,4" 
1,02 
1,04 

1,17 
1,11 



1,14 



1. En effet, lorsque deux arbres sont très rapprochés, la moelle de chacun 
d'eux est plus ou moins excentrique du côté des faces voisines. 

2. R. Hartig dans son travail (Das H0I2 der deutschen Nadelwaldbaeume, 
1885) reconnaît que l'exposition paraît avoir une certaine influence sur l'accrois- 
sement ainsi que sur la qualité du bois. Mais les conditions de milieu ayant été, 
pour la plupart de ses arbres d'observation, modifiées à plusieurs reprises et 
dans des sens différents, par suite des éclaircies successives pratiquées dans les 
massifs où ils se trouvaient, il est impossible, dit-il, de tirer de leur examen des 
conclusions.certaines à cet égard. 

3. Dans ce tableau, comme dans tous ceux qui suivent, je désigne par base la 



]68 JOURNAL DE BOTANIQUE 

C'est sur la face tournée vers l'O. que les couches annuelles 
étaient le plus étroites, tandis qu'elles atteignaient leur largeur ma- 
xima sur la face orientée à l'E. De ce côté la proportion de bois d'au- 
tomne était dans chacune d'elles plus considérable et la coloration plus 
foncée, ce qui est toujours l'indice d'une imprégnation "abondante en 
tannin et en résine. Il en était ainsi surtout à la partie inférieure du 
tronc (depuis la base jusqu'à une hauteur de 2 à 3'"). Dans cette région 
les zones d'accroissement étaient presque entièrement composées de 
bois d'automne, le bois de printemps n'étant représenté que par un 
mince liseré blanc qui sur certains points faisait même complètement 
défaut. La teinte de ce bois d'automne n'était cependant pas uniforme. 
Elle allait s'accentuant vers le bord externe de chaque couche. Cette 
augmentation de coloration correspondait à une augmentation de den- 
sité et de dureté, à en juger du moins par la structure du tissu. Les 
trachéides y avaient en effet un lumen plus étroit et des parois plus 
épaisses. Même dans les parties supérieures du fût, la zone de bois 
d'automne, quoique ayant moins d'importance qu'à la base, était plus 
large à l'E. qu'à l'O (1). 

Tous ces caractères indiquent que la nutrition avait été bien plus 
active sur la face orientale des arbres que sur la face occidentale. Elle 
l'avait été aussi davantage, quoique dans de moindres proportions, 
sur le côté N. que sur le côté S. C'est ce que montrent les deux der- 
nières colonnes du tableau précédent. L'exposition S. avait donc pro- 
duit sur le développement du cambium un effet analogue, moins ac- 
centué toutefois, à celui de l'exposition O. 

section d'abatage pratiquée à 10 ou 15 centimètres du sol, un peu au-dessus du 
renflement formé par le voisinage des grosses racines. La longueur des rayons 
est exprimée en millimètres. 

1. Le diamètre E. O. était en général supérieur à tous les niveaux au dia- 
mètre N. S., ce qui donnait aux sections une forme ovale. C'est, du reste, ce qui 
arrive généralement dans les Sapins quand le développement de la zone cam- 
biale est ralenti sur une face par une cause quelconque. Sur la face symétrique 
elle devient le siège d'un surcroît d'activité : le rapport entre le diamètre abou- 
tissant à ces faces et le diamètre perpendiculaire est alors supérieur à l'unité. 

Le résultat est le même quand le fonctionnement du cambium s'exagère sur 
un côté de l'arbre, par exemple à la suite de l'influence de la rampe. Les cou- 
ches annuelles étant presque toujours plus développées vers la rampe que vers 
la pente, le tronc est, à la base surtout, aplati latéralement, parce que le dia- 
mètre longitudinal (parallèle à la ligne de pente) est plus grand que le diamètre 
transversal (perpendiculaire à cette ligne). Cette différence persiste souvent 
dans les parties élevées de l'arbre, bien que s'atténuant toujours à partir de la 
base. Aussi, d'après la vue d'une section transversale d'un arbre s'étant déve- 
loppé sur un versant assez rapide, est-il possible de reconnaître la situation dans 
laquelle il a végété. 

Mais quand le fonctionnement du cambium est presque complètement arrêté sur 
un point, par exemple à la suite d'une compression ou d'une mutilation, c'est sur 
les flancs de la plaie que la zone génératrice travaille avec le plus d'énergie; il se 
forme ainsi des bourrelets latéraux. Le diamètre aboutissant à la tace comprimée 
ou mutilée est alors le plus souvent inférieur au diamètre perpendiculaire. 



E. Mer. — Du développement des couches annuelles dans les Sapins. 169 

Ces résultats sont tout à fait contraires à ceux qu'on aurait prévus. 
La cime de ces arbres possédait en effet du côté libre des branches 
nombreuses et fournies, tandis que du côté du massif elle ne portait 
que quelques rameaux et encore ceux-ci se trouvaient-ils peu garnis 
de feuilles. Ces feuilles étaient en outre très grêles comme cela arrive 
dans la plupart des arbres, et surtout dans les Epicéas, quand elles se 
développent à l'ombre (1). Enfin, ne recevant qu'une lumière affaiblie, 
elles fonctionnaient beaucoup moins activement que celles recevant la 
vive lumière du soleil couchant. Toutes ces circonstances devaient 
naturellement faire supposer que les couches annuelles se développe- 
raient davantage du côté libre. On sait en effet que c'est ce qui arrive 
en général sur les arbres de lisière. Cette influence de la lisière est une 
des causes qui produisent l'excentricité de la moelle dans certains 
arbres ; mais elle peut être annulée par d'autres influences et c'est le 
cas pour l'exemple dont je m'occupe (2). 

J'ai cherché à savoir si la différence dans la largeur des couches 
E. et O. s'était manifestée dès la jeunesse des arbres. Pour cela j'ai 
mesuré sur les diverses sections de l'arbre n° 2 du Tableau I les rayons 
E. et O. de 5 ans en 5 ans. Ces mesures sont consignées dans le Ta- 

TABLEAU II. 



37 
ans 

32 

26 

2 3 
20 
18 

15 
Moyennes 



Longueur 

des 
rayons de 
1 à 5 ans 



7 
17 

15 

M 
15 
13 



9 

7 

20 

M 
12 

15 
10 



23 



o 

s. 



0,88 

I 

o,8 5 
1,07 
1, 16 
I 

1,30 
1,04 



Longueur 

des 
rayons de 
1 à 10 ans 



21 
23 
3 1 

3 2 
35 
35 
33 



20 

34 
27 
2 7 
34 
"26 



cm 

Q.CJ 
<3 o 
PS f» 



0,91 

l 5 

0,91 
1,18 
1,29 

i,P3 
1,26 
1,10 



Longueur 

des 
rayons de 
1 à 15 ans 



36 
40 
50 

52 
52 
55 
52 



36 

32 
44 
40 

43 

52 
42 



a 

— -I. 
U 03 



PS s» 



1,25 
1,13 
1,3° 
1,21 

l ,°5 

I,2J 

1,16 



Longueur 

des 
rayons de 
1 à 20 ans 



48 

57 
75 
73 
72 



42 
4" 
50 
54 
59 



2s 

O) O 



t. a 

S- a 



1,14 

1,42 
',5° 

t,35 
i, 22 



1,32 



longueur 

des 
rayons de 
1 à 25 ans 



l- 
77 
97 



5' 

48 

58 



~- - 

ca o 
PS f» 



I.4I 
i,6o 
1,67 



1,56 



Longueur 

des 
rayons de 
1 à 30 ans 



98 

102 



58 
56 



1,68 
1,82 



1.75 



Longueur 

des 
rayons de 
1 à 35 ans 



127 



65 



ta 
«^» 

*_ ta 
V, « 
o 

ftcO 

ftfl 

es o 

C3 



i,95 



1,95 



1. V. Bull. Soc. bot. de France, T. XXX, p. 40-51. 

2. Buffon et Duhamel connaissaient l'influence de la lisière; ils en font men- 
tion dans le mémoire précité et cependant, dans plusieurs de leurs observations 
faites sur des arbres de bordure, ils ne constatèrent pas un développement plus 
grand des couches annuelles de ce côté. Ils auraient dû en rechercher le motif. 
11 y avait probablement d'autres influences qui entraient en antagonisme avec 
celles de la lisière, telles que le voisinage d'arbres, etc. 



170 JOURNAL DE BOTANIQUE 

bleau II. Considérant la couche la plus interne de chaque section 
comme âgée de un an, j'ai désigné par longueur des rayons de i à 
5 ans, de i à 10 ans, de i à 15 ans, etc., la longueur des rayons cor- 
respondant aux 5, 10, 15 premières couches annuelles à partir du centre. 
De l'examen de ce tableau et de celui du tableau I ressortent les 

faits suivants : 

■p 

i° L'excentricité de la moelle représentée par le rapport — entre 

v 

les rayons E. et O. décroît de la base jusqu'à la hauteur de 4 111 environ, 
à partir de laquelle elle conserve à peu près la même valeur : 1,9-1; 
1,87 ; 1,66; 1,60; 1,16; 1,21, etc. (Tableau I.) 

2 A un même niveau, elle augmente avec l'âge. Ainsi à i m du sol 
elle était à 5 ans égale à 1 ; à 10 ans égale à 1,15; à 15 ans égale à 1,25; 
à 20 ans égale à 1,42, etc. (Tableau II.) 

3 Pour chacune des périodes considérées, elle va croissant depuis 
la base jusqu'à la hauteur de 3 à 4 1 " au-dessus de laquelle elle varie 
peu. Ainsi pour les quinze premières années elle était de 0,97 à la base ; 
de i,.?5 à i m ; de 1,30 à 3™; de 1,21 à 4" 1 (1). 



NOTICE SUR LES PLANTES FOSSILES 

DES 

GRÈS TERTIAIRES DE SAINT-SATURNIN (Maine-et-Loire) 

(Fin.) 
Par M. l'Abbé BOULAY 

CARPOLITHES. — On rencontre à Saint-Saturnin et à 
Gennes des fruits ou des fragments de fruits en assez grand 
nombre. 

Les uns me paraissent se rattacher à ce que M. Crié a décrit 

1. Le tableau ci-dessus met en évidence une particularité de l'accroissement 
assez générale dans les Sapins. On remarque que, pour chacune des périodes 
envisagées et quelle que soit l'exposition, la largeur des couches annuelles va en 
augmentant jusqu'à 2 ou 3 mètres du sol, puis se maintient à peu près constante. 
Ce fait est dû à ce que dans les dix ou quinze premières années de son existence 
un Sapin est encore peu vigoureux. Ses branches et ses racines, qui ne sont pas 
très développées, fabriquent ou absorbent peu de matières nutritives. Les cou- 
ches annuelles formées dans ces conditions ne peuvent donc pas être bien larges. 
Plus tard, la vigueur de l'arbre ayant augmenté par suite de l'extension des 
racines et des rameaux, les substances plastiques se forment en abondance, mais 
elles se portent de préférence à la partie supérieure du tronc où elles sont atti- 
rées par la grande activité végétative de la cime. On comprend que les couches 
annuelles constituées à partir de cette époque soient moins larges dans la région 
inférieure que dans les parties plus élevées de l'arbre. 

Il en est souvent de même dans l'Epicéa et le Pin sylvestre. Dans le Mélèze, 
au contraire, du moins quand il végète à de basses altitudes, les zones d'accrois- 
sement sont larges dès les premières années et plus étroites à partir de l'âge de 
k à 20 ans. 



Abbé Boulay. — Plantes jossilcs de Saint-SaUirnin {Maine-et-Loire). 171 

et figuré sous le nom de Carpolithes Saportana (Ann. se. géol. 
t. IX, p. 6, pi. 21, f. 108-116). D'autres assez fréquents pour- 
raient être des loges d'une espèce de Diospyros . 

Des feuilles entières ou à l'état de fragments, trop difficiles à 
interpréter, ont été laissées de côté ; elles montrent cependant la 
présence à Saint-Saturnin de cinq ou six espèces de plus que 
celles qui ont été nommées, en sorte que sur une seule dalle de 
grès mesurant quatre à cinq mètres carrés, quarante espèces ter- 
tiaires s'étaient donné rendez-vous et y avaient laissé des vestiges 
non douteux. 

Cette accumulation de tant d'espèces sur un point si restreint 
ferait croire à une flore relativement très riche pour la contrée 
à cette époque. 

Cependant, sur ces 36 espèces, 10 ou 11 avaient été consta- 
tées déjà par M. Crié à Cheffes, à 27 kilom. de Saint-Saturnin, 
17 ou 18 figurent également sur la liste générale établie par le 
même paléontologiste pour l'ensemble des localités de laSarthe 
et de Maine-et-Loire explorées en 1877. Il résulte de là que les 
grès de Saint-Saturnin sont très exactement de même âge que 
ceux de Cheffes, de Soucelles (Maine-et-Loire), de Fyé, Saint- 
Pavace (Sarthe) et appartiennent à un même étage. Les recher- 
ches déjà nombreuses et approfondies, effectuées sur des points 
distants montrent ensuite que, malgré l'accumulation de débris 
abondants en chacune de ces localités, la flore était assez pauvre 
en espèces, vu que ce sont toujours les mêmes trente ou quarante 
espèces que l'on rencontre sur une zone dont le développement 
dépasse 100 kilom. et la largeur 20 à 30. 

Il est d'autant plus remarquable, et c'est le principal résultat 
de ce travail, que les explorations de M. l'abbé Hy à Saint-Sa- 
turnin aient permis d'ajouter 17 espèces nouvelles à ce qui était 
déjà connu de la flore des grès tertiaires de l'Ouest. Ce sont : 

Notelea eocenica Ett. 



Podoloma (spec). 
Glossochlamys (spec). 
Myrica a;mula Heer. 

— latipes N. Boul. 
Ficus Dehayesi Wat. 

— Schlechtendalii Heer. 

— pachyneura N. Boul. 
Laurus primigenia Ung\ 
Daphnogene patulinervis N. Boul. 



Echitonium cuspidatum Heer. 
Apocynophyllum neriifolium Heer. 
— lig-erinum N. Bou!. 

Myrsine doryphora Ung-. 
Bumelia rninor Ung". 
Cassia Phaseolites Ung". 
Acacia Brongniarti Wat. 
— Saporta; Wat. 



i 7 2 JOURNAL- DE BOTANIQUE 

Si les flores successives et souvent très distinctes que M. Gard- 
ner nous a laissé entrevoir dans le système eocène de l'Angle- 
terre (i) étaient bien connues et bien délimitées, il serait facile de 
vérifier si la flore des grès tertiaires de l'Ouest en France se rat- 
tache à l'une ou à l'autre de celles des îles voisines. Dans l'inter- 
valle, et sans vouloir développer longuement des considérations 
générales à l'occasion d'une localité unique, je~ne puis omettre 
de signaler en quelques mots des rapprochements qui se sont 
imposés en quelque sorte dans le cours de mes recherches. 

La flore de Saint-Saturnin, et par suite celle des grès tertiaires 
de l'Ouest, offre à peine quelques espèces communes avec les 
flores éocènes de Sézanne et de Soissons (Bclleu). La flore de 
Belleu présente au premier abord plus d'analogies que celle de 
Sézanne avec les plantes fossiles de Saint-Saturnin, mais quand 
on procède à une comparaison détaillée, on arrive difficilement 
à l'identité spécifique. D'autre part, on ne trouve pas non plus 
de base un peu étendue à des similitudes avec l'un ou l'autre des 
termes de la série des flores oligocènes du sud-est de la France 
si bien étudiées et illustrées par M. de Saporta. Non seulement 
les espèces ne sont pas les mêmes, mais la physionomie de l'en- 
semble est disparate. A Aix, à Saint-Zacharie et jusqu'à Manos- 
que, le feuillage d'un très grand nombre d'espèces est maigre, 
étroit. Dans l'Ouest, les feuilles semblent bien coriaces pour la 
plupart, mais elles montrent une ampleur tout autre. Dans le Sud- 
Est, des feuilles dentées ou lobées appartenant à des types euro- 
péens actuels, Betnla, Carpinus, Ulmns , Planera, Aluns, appa- 
raissent de très bonne heure ; à Saint-Saturnin, toutes les feuilles, 
à l'exception des Myrica, sont entières, et les genres ci-dessus 
n'ont pas de représentant. 

La physionomie de l'ensemble est absolument tropicale. Par- 
mi les diverses flores fossiles bien connues du continent, c'est 
celle des grès de Skopau (Saxe) qui offre avec celle qui nous 
occupe les affinités les plus réelles et les plus nombreuses. M. Crié 
a déjà fait valoir cette conclusion à laquelle cette notice fournit 
un nouvel appui. Mais un autre rapprochement non encore signalé 
reste à établir à l'égard de la flore fossile de Sotzka en Styrie. 
Les affinités de la flore de Saint-Saturnin avec celle de Sotzka 
deviennent palpables à l'aide du tableau suivant : 
i. Bull. Soc. géol. de France, 3" sér., t. XI, p. 195. 



Abbé Boulay. — Plantes fossiles de Saint-Saturnin (Maine-et-Loire). 173 
Saint-Saturnin. Sotzka. 

Espèces identiques ou très voisines. 

Cryptomeria Sternbergii Gardn. . Id. (Araucarites Sternbergii Gœpp.) 

Podocarpus eocenica Ung Id. 

Flabellaria Milletiana Crié FI. Haeringiana Ung-. 

Myrica Meissneri Heer Dryandroides hakeaefolia Ung-. 

— longifolia Ung Id. 

Ficus Dehayesi Wat F. Morloti Ung. 

— Schlechtendalii Heer F. apocynoides Ett. 

— pachyneura N. B F. pseudo-jynx Ett. 

Laurus Forbesi de la H L. Lalages Ung. 

— primigenia Ung Id. 

Daphnogene patulinervis N. B. . . D. melastomacea Ung. (ex parte). 

Notelea eocenica Ett Id. 

A'pocynophyllum neriifolium Heer. A. ochrosioides Ett. 

Bumelia minor Ung Id. 

Acacia Saportse Wat A. microphylla Ung. 



Six espèces identiques et environ 10 autres très semblables 
sinon identiques du moins pour plusieurs, laissent entrevoir entre 
les deux localités des relations assez étroites. 

M. Schmalhausen a groupé récemment dans ses Beitraege 
zur Tertiaer-Flora Sud- West-Russlands , la description de trois 
florules fossiles qui s'étagent en Russie, de l'éocène jusqu'au 
miocène. 

La première caractérisée par Nipadites Burtiiii, Seçuoia car- 
bonaria (qui ne diffère pas de V Arattcarites Duchartrei Wat.), 
des plantes marines, Zostera, Posidom'a, Chondriles, a tout à 
fait la physionomie de celle des grès de Belleu (suessonien). 

La seconde, recueillie dans les travaux d'une exploitation de 
lignites à Jekaterinopolje (gouvernement de Kiew), correspond 
à celle des grès de l'Ouest, bien que le nombre des espèces réel- 
lement identiques soit peu élevé. 

Outre le Ficus Rogowiczi très semblable au F. pachyneura, 
V Echiionium cuspidahtm pourrait bien être représenté fig. 34 de 
la pi. VIII. Il faudrait discuter enfin la question si épineuse du 
Quercus furcinervis qui fait suite aux Dryophyllum plus anciens 
et dont certaines feuilles laissées ici au compte du Myrica Meiss- 
neiriHeer se distinguent difficilement. 

M. Schmalhausen, en étudiant cette florule, a été frappé de 
ses affinités avec la flore oligocène, comme je l'ai été pour les 
plantes de Saint-Saturnin. S'il la range dans l'éocène, c'est en se 



i 7 4 JOURNAL DE BOTANIQUE 

basant sur des parallélismes stratigraphiques qu'il n'y a pas lieu 
d'examiner ici. 

Bans un tableau général, dressé par étages, des flores fossiles 
tertiaires, M. P. Friedrich rapproche Sotzka des grès de Sko- 
pau, Altsattel, Grasseth; mais il range ces localités dans l'oligo- 
cène supérieur. Il place, d'autre part, les grès de la Sarthe et de 
Maine-et-Loire sur le même niveau que Haering dans l'oligocène 
inférieur (i). Le tableau de M. Friedrich laisse ressortir avant 
tout l'extrême difficulté que l'on éprouve à vouloir systématiser 
prématurément des faits complexes et dont la connaissance dé- 
taillée nous échappe. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE VI 

Fig. i. — Podoloma (spec). 

Fig*. 2. — Myrica latipes N. Boul. — Empreinte de la face inférieure d'une 
feuille. 

Fig. 3. — Id. — Empreinte de la face supérieure d'une autre feuille de 
forme plus oblongue. 

Fig". 4. — Ficus pachyneura N. Boul. 

Fig. ^ et 6. — Daphnogene patulinervis N. Boul. 

Fig. 7-1 1. — Apocynophyllii m ligerinum N. Boul. — La fig. 7 montre une 
feuille cassée aux deux extrémités, pouvant atteindre, si elle était en- 
tière, 8-9 cent.; elle correspond aux feuilles d'assez fortes dimensions; 
•fig. 8, une base de feuille munie de son pétiole; ce pétiole est atténué 
à l'excès dans sa région moyenne par suite du mode de fossilisation; 
fig. 9, autre base de feuille avec pétiole cassé, montrant la nervation; 
fig. 10, également pour la nervation; fig-. 11, sommet de la feuille. 

Observation. — Dans le cours de cette notice, quand la provenance 
d'une espèce n'est pas indiquée, elle est de Saint-Saturnin, Gennes 
n'ayant encore fourni qu'un petit nombre d'empreintes reconnaissables. 



CHRONIQUE 



Société des Sciences de Nancy (Séance du i cr mai 1888). — M. P. Vuillemin 
décrit, sous le nom d'Ascospora Beijerinckii, le Champignon qui a causé der- 
nièrement en Lorraine une grave maladie sur les Amygdalées. Les périthèces 
mûrissent au printemps. (Nous donnerons dans un prochain numéro une note 
complétant l'étude publiée fans le Journal de Botanique, tome I er , page 315.) 

Séance du 15 mai. — M. P. Vuillemin décrit un Champignon vivant dans les 
racines des Légumineuses. C'est une Chytridinée qu'il nomme Ctadochytrium 

1. Beitraege sur Kenntniss d. Terliaerftora d. Prov. Sachsen. Berlin, 1883, 
p. 10. 



Chronique. 175 

tuberculorum. Il expose les motifs qui l'amènent à penser que cette cryptogame, 
vivant en symbiose, détermine le renflement si caractéristique des radicelles de 
cette famille. 



La Société botanique de France tiendra cette année sa session extraordinaire 
dans les Corbières pendant le courant du. mois de juin. Le Comité d'organisa- 
tion, composé de MM. Flahault, Gaston Gautier, Barrandon, Galavielle, Oliver et 
Gab. Vidal, s'est préoccupé de rendre aussi faciles que possible les excursions 
portées au programme provisoire suivant : 

Samedi 9 juin. — A 8 heures et demie, rendez-vous à la mairie de Nar- 
bonne; séance préparatoire consacrée à l'organisation de la session. — A 9 neu- 
res, séance publique. — Ai heure, excursion au Pech de l'Agnèle (4-6 kilom. à 
pied, aller et retour). 

Dimanche 10 juin. — A midi, départ en^ chemin de fer pour Ylle Sainte- 
Lucie, où l'on s'embarquera à la vieille jetée romaine pour Y Ile de l'Aute. — 
Retour à Narbonne en chemin de fer à 7 heures du soir. 

Lundi 11 juin. — A 5 heures, départ en voiture par la route de Saint-Lau- 
rent de la Cabrérisse, Jonquières et Albas, jusqu'à la Pinède de Durban / arrivée 
pn voiture à Durban. — Déjeuner à midi. — A 1 heure et demie, herborisation 
aux Garigues de Villeneuve (6 kilom. à pied, aller et retour). — A4 heures, dé- 
part en voiture par Gléon, Portai et Peyriac-de-Mer, pour Narbonne, où l'on 
arrivera vers 7 heures et demie. 

Mardi 12 juin. — A midi, départ en chemin de fer pour Salces; herborisa- 
tion à la Font-Estramer. — Retour à Narbonne à 7 heures (8 kilom. à pied, aller 
et retour). 

Mercredi 13 juin. — A 4 heures du matin, départ en chemin de fer pour 
Capendu; à 5 heures et demie, départ en voiture de Capendu pour la Montagne 
d'Alaric (635 m. d'alt.), par Comigne. — Herborisation dans les plantations do- 
maniales de l'Alaric. Déjeunera midi, à la Font Saint-Antoine. Herborisation dans 
la Combe des Baux. Retour à pied jusqu'à la gare de Moux; arrivée à Narbonne 
à 7 heures (8 kilom. à pied). 

Jeudi 14 juin. — Séance publique à 9 heures. — A midi, départ en chemin 
de fer pour Fitou. — Herborisation aux Sidrières (ilôts) de Filoti et de Leucate. 
— Retour à Narbonne en chemin de fer à 7 heures. 

Vendredi 15 juin. — A4 heures du matin, départ de Narbonne en chemin 
de fer pour Quillan, par Carcassonne; arrivée à 9 heures et demie. — A midi et 
demi, herborisation à Belvianes et aux Gorges de la Pierre-Lisse (6-8 kilom, 
à pied, aller et retour). 

Samedi 16 juin. — A 5 heures du matin, départ en voiture pour la Forêt 
des Fanges, par Laval et le col Saint-Louis. — Herborisation dans la foret des 
Fanges, l'une des plus belles forêts de Sapins de la France (1000 m. d'altit.); dé- 
jeuner à la maison forestière du Prat del Rey. — Retour à volonté : i° en voiture, 
par le col de Campérier et les gorges de la Pierre-Lisse; 2 à pied, en herbori- 
sant, par lecol del Fraîche et Belvianes (10 kilom.). 

Dimanche 17 juin. — A 9 heures et demie, séance publique à la mairie 
de Quillan. 

Lundi 18 juin : à 5 heures du matin, départ en voiture pour Saint-Paul de 
Fenouillet, dans la vallée de l'Agly; à 11 heures, herborisation au Pont de la 
Foux. — Mardi 19 juin : herborisation à Saint-Antoine de Galatnus (8 kilom. à 
pied, aller et retour). — Mercredi 20 juin : à 6 heures du matin, départ en voi- 
ture pour Casas de Penas / herborisation à la Chapelle (4 kilom. à pied, aller et 



176 JOURNAL DE BOTANIQUE 

retour). — Jeudi 21 juin : départ en voiture à 9 heures du matin pour Sournia ; 
herborisation à Esquino d'Ase; retour à Saint-Paul de Fenouillet. — Vendredi 
22 juin : départ pour Axât ; herborisation à la Forêt d' En-Malo et au Pla d'Es- 
table (1500 m. d'altit.); retour à Axât. — Samedi 23 juin : départ d'Axat en voi- 
ture pour la Vallée du Rêbenty ; retour à Quillan à 5 heures du soir. — 
Dimanche 24 juin : Clôture. 

Le détail de ces excursions pourra être ultérieurement décidé. 

Les listes ci-après présentent, à titre de spécimen de la flore des Corbières, 
quelques-unes des espèces qu'on rencontrera, au mois de juin, dans les localités 
sus-mentionnées : 

Samedi 9 juin. — Pech de l'Agnele. — Erodium petraeum, Alyssum spinosum, 
Dictamnus albus, Astragaius narbonensis, Vicia atropurpurea, V. onobry- 
chioides f. elegans, Medicago leiocarpa, Cachrys laevigata, Santolina Chamae- 
cyparissus, Scorzonera crispa, "Euphorbia flavicoma, Uropetalum serotinum. 

Dimanche 10 juin. — 1 les Sainte-Lucie et de l 'A ute. — Erodium chium,Myrtuscom- 
munis f. microphylla, Narcissus niveus, Arundo Pliniana; — Erodium littoreum, 
Polygala rupestris, Limoniastrum monepetalum, Narcissus dubius, Iris spuria. 

Lundi 11 juin. — Pinède de Durban. — Cistus albidus, C. crispus, C. albido- 
crispus, C. crispo-albidus, C. monspeliensis, C. salvifolius, C. salvifolio-mons- 
peliensis (florentinus), C. populifolius, C. salvifolio-populifolius (corbariensis), 
C. laurifolius, C. laurifolio-monspeliensis (Ledon), C. monspeliensi-laurifolius, 
C. nigricans (longifolius) ; Medicago reticulata, Orobanche Benthami, Trago- 
pogon stenophyllus, Adenocarpus grandiflorus, Brassica montana, Lactuca 
ramosissima. 

Mardi 12 juin. — Font-Es tramer. — Phragmites gigantea, Alkanna lutea, 
Cyperus distachyos, Theligonum Cynocrambe, Anthyllis cytisoides. 

Mercredi 13 juin. — Montagne d'Alaric. — Bifora radians, Thalictrum tube- 
rosum, Ranunculus gramineus f. asphodeloides, Allium Moly, Tulipa gallica, 
Serratula nudicaulis, Genista Villarsii, Dianthus virgineus. 

Jeudi 14 juin. — Sidrières de Fitou et de Leucate. — Medicago secundiflora, 
Scorzonera crispatula, Senecio Cineraria, Convolvulus lanuginosus var. argen- 
teus, Iris olbiensis, I. chamaeiris, Ferula nodosa, Thapsia villosa, Allium 
ampeloprasum. 

Vendredi 15 juin. — Georges de la Pierre-Lisse. — Alyssum macrocarpum, 
Silène saxifraga, Viburnum Tinus, Saxifraga corbariensis, Galium maritimum, 
Lonicera pyrenaica, Lysimachia Ephemerum, Juniperus phœnicea, Campanula 
speciosa. 

Samedi 16 juin. — Forêt des Fanges. — Sideritis tomentosa, Trigonella 
hybrida, Asperula laevigata, Rhamnus alpina, Dentaria pinnata, Cynoglossum 
montanum, Euphorbia hyberna, Orobus luteus, Arabis alpina, Scrophularia 
alpestris, Meconopsis cambrica, Valeriana montana, Myrrhis odorata, Lunaria 
rediviva. (On y récoltera, en outre, une grande quantité de Muscinées, de 
Lichens et de Champignons.) 

Nous souhaitons qu'un aussi attrayant programme décide un grand nombre de 
botanistes à prendre part à ces excursions. 



Le Gérant : Louis Morot. 



rarts. — 3. Merscfc. Imp., 22, pi. Deûfert* Rockerea». 



2 e ANNEE N° ii i" JUIN 1888 

JOURNAL DE BOTANIQUE 



Directeur: M. Louis MOROT 



ETUDES SUR LA GEOGRAPHIE BOTANIQUE DU NORD 

de la France 

Par M. l'abbé MASCLEF 

Le Nord de la France, tel que l'entendent la plupart des géo- 
graphes (1), est une région naturelle de peu d'étendue, d'une 
superficie à peine supérieure à celle des trois départements du 
Nord, du Pas-de-Calais et de la Somme. Constituée par les bas- 
sins côtiers de la Somme et du Boulonnais et par la partie fran- 
çaise du bassin de l'Escaut, cette région figure à la pointe septen- 
trionale de la France une espèce de triangle curviligne irrégu- 
lier, nettement limité à sa base, de l'ouest au sud-est, parla ligne 
demi-circulaire formée par le cours de la Bresle et les collines 
d'Artois et de Belgique et de son côté nord-ouest par les côtes 
de la Manche et de la mer du Nord, du Tréport à la Belgique. 
Au nord-est, au contraire, la frontière belge ne présente plus 
qu'une ligne de séparation purement artificielle, et les plaines de 
Flandre se continuent au-delà avec le même aspect et la même 
végétation qu'aux environs de Lille ou d'Hazebrouck. 

La région du Nord ainsi considérée comprend le départe- 
ment du Nord, moins l'arrondissement d'Avesnes qui fait partie 
du bassin de la Meuse et de la région ardennaise, les départe- 
ments du Pas-de-Calais et de la Somme dans leur entier, la por- 
tion du département de X Aisne arrosée par la Somme, c'est-à- 
dire l'angle septentrional de l'arrondissement de Saint-Quentin, 
enfin la bande étroite du département de Y Oise comprise entre 
le département de la Somme et la ligne de faîte formée par les 
collines de Picardie. 

La végétation du Nord de la France, encore peu connue lors 
de la publication de la dernière flore générale de la France, par 

1. Cfr. Elisée Reclus, Nouvelle Géographie universelle, II, la France, p. 787 
et suivantes. 



I7 8 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Grenier et Godron, est aujourd'hui assez bien étudiée. Il serait 
superflu de refaire ici une bibliographie déjà établie plusieurs 
fois et à laquelle il est facile de se reporter (i) ; j'ajouterai seule- 
ment que de nombreuses herborisations dirigées systématique- 
ment pendant ces dernières années sur les points les plus intéres- 
sants ou encore peu explorés, comme certaines parties du dépar- 
tement du Nord, sont encore venues compléter les résultats déjà 
acquis par tant de travaux. Inutile de m'appesantir davantage 
sur ces découvertes, dont l'importance est presque la seule 
raison déterminante de ces études de géographie botanique; qu'il 
me suffise pour le moment de pouvoir exprimer toute ma recon- 
naissance à mes amis et zélés collaborateurs : le D r Carpentier; 
MM. les abbés Godon et Queulain; MM. de Lamarlière, Rem- 
bert, T. Delattre, Ch. Magnier, B. Riomet, etc. 

Avec des documents aussi nombreux, très souvent contrôlés 
par mes recherches personnelles, il me sera, j'ose l'espérer, assez 
facile d'établir la géographie botanique proprement dite d'une 
région aussi restreinte et aussi pauvre au point de vue de sa flore 
indigène que celle du Nord de la France. Le but principal que je 
me propose est de montrer que la végétation de cette région 
présente un certain nombre de caractères assez importants et 
assez distincts pour qu'on la considère comme une région bota- 
nique naturelle de la flore française. 

A cet effet, je ne pouvais mieux faire que d'adopter le plan 
si nettement tracé par A. de Candolle dans sa Géographie bota- 
niqtie. « La végétation d'un pays ou d'un district quelconque 
offre toujours, nous dit le législateur de la botanique descriptive, 



i. Principaux ouvrages a consulter : Abbé Boulay, Révision de la Flore du 
département du Nord, 3 fascicules 1878-1880; Eloy de Vicq, Flore du départe- 
ment de la Somme, 1883; Ch. Magnier, Catalogue des Plantes intéressantes des 
marais de la Somme auprès de Saint-Quentin, 1884; A. Masclef, Catalogue rai- 
sonné des Plantes vasculaires du département du Pas-de-Calais, 1886; G. Bonnier 
et G. de Layens, Nouvelle Flore du nord de la France et de la Belgique, 1887; 
Graves 'p. part.), Catalogue des Plantes observées dans l'étendue du départe- 
ment de l'Oise, 1857. 

Je dois à l'obligeance de plusieurs de mes collègues de la Société royale de 
Botanique de Belgique la communication d'un travail important qui, vu son an- 
cienneté et sa rareté, avait échappé jusqu'ici aux botanistes du Nord. Il s'agit des 
Delicias Gallo-Belgica? sylvestres sive tractatus geueralis plantarum Gallo-Bel- 
gicarum ad gênera relatarum, cum differentiis spécifie is, nominibus trivialibus, 
locis natalibus, etc., Natalis Josephi de Necker, Strasbourg, 1768, 2 vol. in-18. 
Les intéressants renseignements contenus dans cet ouvrage, le plus ancien sur la 
flore du Nord de la France, seront cités et discutés dans le cours de ce travail. 



Abbé Masclef. — Sur /a géographie botanique du Nord de la France. 179 

des caractères plus ou moins importants, plus ou moins distincts. 
Ces caractères se rapportent aux conditions des classes ou 
grandes catégories du règne végétal, des familles, des genres et 
des espèces dans le pays dont on s'occupe ; aux analogies et 
aux différences qui en résultent relativement à d'autres régions ; 
enfin, à l'origine probable des espèces. » 

Pour rendre plus facile l'étude des « conditions d'existence » 
des espèces de la flore du Nord, et aussi celle de « leurs analo- 
gies et de leurs différences » avec les flores voisines, je section- 
nerai ce travail en plusieurs articles suivant les subdivisions 
naturelles de la région, et je considérerai ainsi successivement la 
végétation du littoral, des collines d'Artois et de Picardie, des 
marais, des plaines de Flandre, etc. Quant à la question de 
« l'origine probable des espèces, » où une si large part devra 
nécessairement être laissée à l'hypothèse, je la réserve pour un 
dernier article, dont un paragraphe sera consacré à établir la liste 
des espèces disparues depuis les temps historiques et à rechercher 
les causes de cette destruction. 

I. — Le Littoral. 

Le littoral du Nord de la France, du Tréport à la frontière 
belge, attire le botaniste de préférence à tout autre point de la 
région, non seulement par l'attrait des sites charmants que 
présentent tour à tour ses falaises taillées à pic, ses larges 
estuaires, ses dunes profondes ou ses belles levées de galets, 
mais surtout par la richesse de sa' végétation, puisque plusieurs 
espèces ou variétés intéressantes de la flore française ne se 
trouvent que là et que bien d'autres méritent l'attention à diffé- 
rents titres. Aussi, est-ce la partie de la région qui a été la 
mieux étudiée. Après les travaux de Boucher de Crèvecœur, de 
Dovergne, de de Vicq, deRigaux, de l'abbé Boulay, de Wignier 
"et de plusieurs autres botanistes, il devait nécessairement rester 
peu de chose à glaner et cependant j'ai voulu en reprendre l'ex- 
ploration complète; je l'ai parcouru, soit seul, soit en compa- 
gnie de mes meilleurs amis, MM. Boulay, Queulain, Carpentier 
et Dubois, et si je n'y ai fait qu'un nombre relativement restreint 
de découvertes, j'ai au moins pu facilement me rendre compte 
des caractères de la végétation que je vais essayer d'esquisser. 



180 JOURNAL DE BOTANIQUE 

i°. — Végétation des terrains sot unis à l'action directe 
des eaux salées ou saiimàtres. 

A. Zone marine. — Une seule espèce phanérogame carac- 
téristique de cette zone toujours recouverte par la mer, le Zos- 
tera marina L. , se rencontre quelquefois sur les plages sableuses 
ou aux embouchures des rivières, rejetée par le flux en compa- 
gnie de diverses espèces d'Algues, mais jamais je ne l'ai vu vé- 
géter sur nos côtes et y former de véritables prairies sous- 
marines, comme dans l'Ouest et le Midi de la France. Sa station 
dans le Nord paraît donc être exclusivement le fond de la mer, 
à une assez grande distance du rivage ; la grande largeur de 
Ycstran, qui atteint souvent de 1.000 à 1.500 m. n'est probable- 
ment pas sans influence sous ce rapport. 

B. Zone des vases, des ports et des embouchures. 
— Dans cette zone, je range toutes les espèces particulières aux 
terrains arrosés par le flot, soit chaque jour, soit seulement aux 
plus grandes marées, ou même qui ne reçoivent ordinairement 
que l'écume des vagues, comme les digues, les talus et les extré- 
mités gazonnées ou sableuses des prairies salées et des bassins 
de chasse. On comprend facilement tout le développement que 
prend cette zone sur un littoral aussi découpé par les cours d'eau 
que celui du Nord de la France et présentant des estuaires, 
comme ceux de la Canche, de l'Authie et de la Somme. Dans ce 
dernier, en particulier, l'on voit des prairies salées ou molières 
de plusieurs lieues de longueur, et des points encore baignés 
tous les jours par la marée, comme Noyelles-sur-Mer, se trou- 
vent à plus de quinze kilomètres de la haute mer. 

On peut diviser les espèces de cette zone en trois catégories 
correspondant à autant de zones secondaires. 

A. — La première est représentée par Salicomia herbacea 
L. {S.patula et LmericiDuv . Jouv.), Suasda maritima Dumort. , 
Glyceria maritima Mert. et Koch et Aster Tripoli? im L. Ces 
quatre espèces occupent seules la première bande des limons 
argileux, argilo- sableux ou marneux, chaque jour entièrement 
recouverte par le flot ; V Aster Tripoli???;? ne s'avance ordinaire- 
ment pas aussi près de la mer que les trois autres. Les plages 
exclusivement sableuses ou caillouteuses sont stériles. 

B. — Avec ces espèces se mélangent de suite celles de la 



Abbé Masclef. — Sur la géographie botanique du Nord de la France. 181 

seconde catégorie; ce sont, ordinairement dans l'ordre suivant : 
Spergularia marina Bor., >S\ marginata Bor . , Glaux maritima 
L., Plautago maritima'L,., Triglochin maritiiuumY^., Glyceria 
dis/ans Whlbg. , Lepturus filiformis Trin. , Artemisia maritima 
L., Carex extensa Good., Armerîa maritima Wild., Statice 
Limoninm L., Atriplex hastata L. var. satina Wallr., Obione 
portulacoides Moq. Tand. et 0. pedunculata Moq. Tand. Ces 
plantes habitent les marécages et constituent les prés salés, non 
plus recouverts chaque jour par la mer, mais arrosés à l'heure 
du flux par une multitude de petites rigoles, le long desquelles 
végètent toujours les espèces de la catégorie précédente. On ne 
les rencontre jamais, comme ces premières, sur les vases propre- 
ment dites, elles ne recherchent pas, comme elles, des terrains 
immergés, mais un sol simplement imprégné par l'eau de mer; 
aussi s'écartent-elles bien plus de l'eau salée et elles prospèrent 
encore à l'extrémité des molières et sur les digues où le flot 
n'arrive plus qu'aux plus grandes marées. En somme elles for- 
ment une catégorie intermédiaire; au bord des prairies salées, 
elles accompagnent les espèces de la première catégorie, à leur 
extrémité, au contraire, on les rencontre mélangées avec celles 
de la troisième. 

C. — Les stations recherchées par ces dernières ne sont 
plus marécageuses; ce sont les digues, les renclotures, les extré- 
mités gazonnées ou sableuses des prairies salées et des bassins 
de chasse, là où l'eau de mer n'arrive plus qu'accidentellement, 
mais où parvient encore souvent l'écume des flots. Dans ces 
stations un peu vagues se plaisent, quelquefois au milieu des dé- 
bris rejetés par la mer : Matricaria maritima L., Beta mariti- 
ma L., Atriplex crassifolia C. A. Mey. (A.fariuosa Dumort.), 
A. littoralis L. et Hordeum maritimum With. 

Toutes les espèces de la première catégorie (zone secondaire 
des vases salées) sont communes dans le Nord, X Aster Tripolium 
un peu moins toutefois que les trois autres. 

Dans la seconde catégorie (zone secondaire des prairies salées) 
on peut considérer comme communes les espèces suivantes : 
Spergularia marginata, Plantago maritima, Atriplex hastata 
var. salina, Triglochin maritimum, et Glyceria distans. Les 
Spergularia marina, Glaux maritima et Artemisia maritima 



182 JOURNAL DE BOTANIQUE 

se trouvent également répandues, mais en moins grande abon- 
dance. La dispersion des six autres espèces mérite une mention 
spéciale. 

L' Armeria MARITIMA abonde dans toute la baie de la Somme 
et dans les prairies salées de Calais! . Entre ces deux points ex- 
trêmes sa station change et il devient fréquent sur les pelouses 
au sommet des falaises. 

Le STATICE Limonium n'existe également quVz Calais et 
dans la baie de la Somme! . Je ne' l'ai pas revu au Crotoy et à 
Saint-Firmin où le signale de Vicq ; mais il est très abondant à 
Saint-Valery-sur-Somme, dans la prairie salée en avant du Cap 
Hornu et à Noyelles-sur-Mer. 

L'Obione portulacoides manque dans le département du 
Nord, existe dans le Pas-de-Calais à Calais et aux embou- 
chures de la Slack et du Wimereux et dans la Somme au Hour- 
del et à Saint-Valéry , près le parc aux moules!. Il se retrouve 
également au Tréport (de Vicq.). Il paraît disparu complète- 
ment des autres localités citées dans la flore de la Somme et le 
Catalogue du Pas-de-Calais. 

L'O. PEDUNCULATA est encore abondant sur quatre points 
du littoral de la région du Nord : à Saint- Valéry -sur- Somme, 
à l'extrémité de la prairie salée du Cap Hornu, le long de l'an- 
cienne falaise!; à Etaples , à peu près au milieu de la baie, 
dans une dépression marécageuse demi-circulaire formée par les 
dunes du Touquet ! ; à Calais, dans la prairie salée près le Séma- 
phore, à gauche du chemin des Baraques, à une centaine, de 
mètres en dehors des nouveaux remparts ! ; enfin aux environs 
de Gravelines, où il a été trouvé vers Oye (Rouy) et dans la 
direction de Dunkerque par MM. Maugin et Mouillefarine. — 
je n'ose rien affirmer à propos de la localité du Tréport (de 
Brébisson, de Vicq, Lloyd), que M. Rouy ne cite pas dans ses 
« Suites à la flore de France ». En 1877 (1) de Vicq avait signalé 
la disparition de l' Obione pedunadata du bassin de retenue du 
Tréport, à la suite de travaux d'approfondissement; nous ne l'y 
avons effectivement pas revu au mois d'août dernier (2). Mais en 
1883, dans sa « Flore de la Somme, » il indique encore cette 

1. « Les Plantes intéressantes de la vallée de la Bresle et de ses deux versants. >• 
Amiens, 1877. 

2. J'étais accompagné du D r Carpentier et de M. Dubois. 



Abbé Masclef. — Sur la géographie botanique du Nord de la France. 183 

espèce sur les bords de la Bresle entre Mers et le Tréport. Si l'on 
rapproche cette indication de celle de la « Flore de Normandie » 
(environs de la ville d' Eti, le Tre'port) , de nouvelles recherches 
minutieuses, que nous n'avons pas eu le temps d'entreprendre, 
paraissent nécessaires pour contrôler d'une manière certaine la 
présence ou la disparition de Y Obione pedunculata dans la vallée 
de la Bresle, de la ville d'Eu au Tréport. 

Quant à la localité du Croloy (Boucher de Crèvecceur, Bâillon), 
sa destruction paraît certaine ! . 

Yi Obione pedunculata se trouve à l'extrémité des prairies 
salées où la mer n'arrive plus ; dans les parties encore un peu ma- 
récageuses ou dans les ornières il est très développé et ramifié 
et atteint jusqu'à 20 et 25 c. de hauteur, mais sur les pelouses à 
peine humides et calcaires, il n'a que quelques centimètres et ces 
formes naines peuvent très facilement rester inaperçues. Partout 
il paraît rechercher l'exposition du nord. 

Le Carex EXTENSA se rencontre dans les terrains impré- 
gnés d'eau saumâtre, principalement à la base des talus her- 
beux des digues, çà et là dans le département de la Somme, dti 
Crotoy à V Authie (de Vicq, Wignier), et dans le Pas-de-Calais 
à Wimereux! . Je ne l'ai pas rencontré sur les bords de la Slack, 
où il avait été signalé à Rigaux par de Vicq (1). 

Le LEPTURUS FILIFORMIS est plus dispersé que le précé- 
dent, mais il est beaucoup moins stable et moins abondant dans 
ses habitations. On le trouve entre Mers et le Tréport) (de 
Vicq), sur divers points de la baie de la Somme! (de Vicq), 
à Etaples et à Dimkerque (Boulay). Il paraît disparu des autres 
localités citées dans les auteurs. 

Dans la troisième catégorie (zone secondaire des dignes et des 
lieux vagues maritimes), nous ne trouvons qu'une espèce com- 
munément répandue, Y Hordeum maritimzim ; les autres sont 
rares ou inégalement distribuées sur le littoral du Nord. 

Le Matricaria MARITIMA est assez commun de la frontière 
belge à la Canche (Cfr. Catalogue du Pas-de-Calais); mais au- 
delà il n'est plus signalé qu'au Crotoy (?) et à Noyé lies-sur- Mer 
(de Vicq). Les localités de Quend et de Saint-Quentin- en-Tour- 
mont doivent être rayées de la flore de la Somme. 

1. « Catalogue des Plantes vasculaires et des Mousses observées aux environs 
de Boulogne-sur-Mer », par Aut. Rigaux, 1877. 



184  JOURNAL- DE BOTANIQUE 

Le BETA maritima existe çà et là tout le long du littoral à 
Dunkerqîie (Queulain), à Calais! ', Wimereux! ', à Fort-Mahon 
(Cage) et sur la rive droite de la baie de la Somme, au Crotoy! 
et à Noyelles-sur-Mer (de Vicq). Je ne l'ai pas rencontré dans 
les autres localités signalées par les anciens botanistes. Je l'ai re- 
cueilli dans une station un peu différente, mais toujours dans des 
terrains vagues, à l'extrémité des falaises d'Ault, vers Onival. 

L'Atriplex CRASSIFOLIA a été dans ces derniers temps 
revu à Dunkerque par M. l'abbé Boulay et à Calais par 
M. l'abbé Queulain (!) ; il est signalé à Fort-Mahon près Quend 
(Cage in de Vicq). Je l'ai vainement recherché à Boulogne, à 
Etaples, au Crotoy et à Saint- Valéry, où il avait été autrefois 
recueilli par Dovergne, Tillette de Clermont-Tonnerre, Rigaux 
et de Vicq. 

Enfin l'A. LITTORALES paraît également disparu (!) de la 
plupart de ses anciennes localités, Le Portel près Boulogne, 
Berck, Chateau-Neuf près Quend et Ault; on ne le retrouve plus 
qu'à Dunkerque (Boulay) dans le département du Nord, et à 
Calais! ', Wissant (Boulay) et Etaples! dans celui du Pas-de- 
Calais. {A suivre.) 

DE L'INFLUENCE DE L'EXPOSITION 

sur le développement 

DES COUCHES ANNUELLES DANS LES SAPINS 

(Fin.) 
Par M. Emile MER 

Le tableau suivant, dans lequel les données qui précèdent sont 
coordonnées différemment, fait encore mieux ressoriir les variations de 
l'excentricité pour les diverses parties de la masse de cet arbre. 

De l'examen attentif de ce tableau découlent, si l'on néglige quel- 
ques irrégularités, les conclusions suivantes : 

i° Pour un même niveau et dans les limites d'âge considérées, 
l'excentricité augmente du centre à la périphérie. 

2° Pour des périodes correspondantes l'excentricité diminue à 
mesure que le niveau s'élève. 

Afin d'interpréter ce double résultat, il faut remarquer d'abord que, 
à chaque niveau, l'accroissement annuel moyen augmente sur la face 
orientale d'une période à la suivante et, dans une même période, di- 
minue à mesure que le niveau s'élève; ensuite que sur la face occiden- 
tale il suit une allure à peu près inverse. 



E. Mer. — Du développement des coîtckes annuelles dans les Sapins. 185 

De ce double jeu résulte nécessairement que l'excentricité corres- 
pondant à chaque période (1) croît du centre à la périphérie et, pour 
une même période, décroît de la base au sommet (2). La progression 
est donc dans le premier cas centrifuge et centripète dans le second. 

3 Pour un même niveau et d'une période à la suivante, l'excentri- 
cité varie dans le même sens que la grandeur de l'accroissement annuel 
moyen relatif à chaque période. On a là un nouvel exemple de la 
proportionnalité entre l'excentricité et l'activité végétative. 

TABLEAU III. 



Ages 

Largeur totale des 5 accroiss" 
Accroissement annuel moyen . 
Excentricité 

Ages 

Largeur totale des 5 accroiss" 
Accroissement annuel moyen. 
Excentricité 

Ages 

Largeur totale des 5 accroiss" 
Accroissement annuel moyen. 
Excentricité 

Ages 

Largeur totale des 5 accroiss" 
Accroissement annuel moyen. 
Excentricité . 

Ages 

Largeur totale des 5 accroiss" 
Accroissement annuel moyen. 
Excentricité 

Ages . , 

Largeur totale des 5 accroiss" 
Accroissement annuel moyen. 
Excentricité 

Ages 

Largeur totale des 5 accroiss" 
Accroissement annuel moyen . 

Excentricité 



1 à 5 ans 



E. 



O. 
9 
. 1.8 
0,88 



i,6 



Distança 

au- dessus 

du sol. 



Base. 




i. Par excentricité relative à une période, il faut entendre le rapport entre îa 
largeur des couches annuelles formées pendant cette période, d'une part sur la 
. face exposée à l'Est, d'autre part sur celle exposée à l'Ouest. 

2. Si ce résultat paraît différer de la 3 e conclusion ressortant du tableau II, 



i86 



JOURNAL DE BOTANIQUE 



II 
Il était intéressant de s'assurer si l'excentricité de la moelle existait 
aussi dans les Epicéas situés dans le massif à proximité de la lisière, si 
elle diminuait à mesure que les arbres s'éloignaient de cette lisière, 
enfin jusqu'à quelle distance elle se faisait sentir. Le peuplement était, 
comme je l'ai dit, assez clair; il était naturel de supposer que l'exposi- 
tion exercerait son influence assez loin dans le massif. Dans ce but j'ai 
fait abattre un certain nombre d'arbres à des distances de plus en plus 
grandes de la lisière. Sur chacun d'eux j'ai mesuré à divers niveaux 
les rayons E. et O. comme je l'avais fait pour les arbres de lisière (3). 
Ces mesures sont inscrites au tableau IV. 

TABLEAU IV. 



Jjjo. 


Distance 


Hauteurs 
des sections 


Longueurs des rayons aux ex 


positions 


Rapports 
entre 


Rapports 


des 








en're 


arbres. 


à la licière. 


au-dessus 
du sol. 


NORD 


EST 


SUD 


OUEST 


les rayons 
£. et 0. 


les rayons 
N. et S. 


I 


3 m 


Base 


75 


«5 


75 


50 


1,70 


1 




» 


i m 


75 


70 


75 


45 


i,55 


1 




» 


2 


60 


75 


55 


35 


2,14 


1,09 


II 


6 


Base 


» 


«5 


» 


55 


i,54 


» 




» 


4 m 


» 


55 


s 


45 


1,22 


» 




» 


6 


» 


45 


» 


40 


1,12 


» 


m 


13 


Base 


100 


115 


85 


95 


1,21 


1,05 




» 


i m 


» 


65 


9 


75 


0,86 


» 




» 


3 


65 


70 


60 


75 


o,93 


1,08 


IV 


i7 


Base 


1 


100 


» 


75 


*,33 


» 




» 


3 ra 


» 


55 


» 


60 


0,91 


» 


V 


20 


Base 


80 


100 


70 


75 


i,33 


1,14 


VI 


30 


Base 


115 


80 


90 


90 


o,88 


1,27 




s 


i m 


70 


«5 


75 


65 


!,3° 


o,93 




» 


2 


70 


80 


70 


65 


1,23 


I 




? 


3 


70 


75 


65 


65 


M5 


1,08 




» 


4 


70 


70 


60 


60 


1,16 


i,-i6 


VII 


40 


Base 


80 


80 


80 


«5 


0,94 


1 




» 


i m 


60 


65 


65 


65 


1 


0,92 




» 


3 


60 


65 


65 


60 


1,08 


0,92 


Mo 


yennes 


s 


75 


75 


70 


64 


J.23 


1,04 



c'est parce que dans ce tableau l'excentricité relative à chaque période est cal- 
culée à partir du centre de chaque section. Ce mode d'appréciation affaiblit la 
valeur de l'excentricité relative aux régions inférieures du tronc, puisqu'on fait 
entrer en ligne de compte l'excentricité correspondant aux deux premières pé- 
riodes quinquennales, laquelle est très faible, comme on l'a vu. 

3. J'ai eu soin également de choisir des individus écartés d'au moins 1 m , 50 des 
plus rapprochés, pour n'avoir pas à tenir compte de l'influence perturbatrice causée 
par le voisinage. 



E. Mer. — Du développement des couches annuelles dans les Sapins. 187 

On voit que, jusqu'à une distance de 30"' de la lisière, le rayon O. 
est plus court que le rayon E. L'excentricité cependant diminue à me- 
sure que la distance augmente. C'est à 40'" seulement qu'elle a complè- 
tement disparu (i).De 1,70 qu'il était à 3™ de la lisière pour la section 
de base, le rapport -| a atteint successivement les valeurs suivantes : 
1,54; 1,21; 1,33; 0,88; 0,94. En même temps le rapport entre les 
rayons N. et S. diminuait aussi. C'est généralement à la base, ou du 
moins dans le premier mètre, que l'excentricité était le plus accentuée. 
Sauf quelques oscillations légères, elle diminuait dans les parties plus 
élevées de l'arbre. 

En continuant à s'éloigner de la lisière O. et à une cinquantaine de 
mètres à peu près de l'arbre n° 7 (tabl. IV) on arrivait à la lisière E. 
bordant l'enclave dénudée dont j'ai parlé. Sur cette lisière j'ai fait 
abattre un Epicéa qui m'a donné les mesures suivantes : 

BASE A I m DU SOL A 2 m DU SOL 



Rayon Nord . 

— Est. . 

— Sud. . 

— Ouest. 



6 

8 
7 
5>5 



6 
6 
6 
6 



5.5 

5 

5 

5 



C'est du côté de la lisière cette fois que les couches annuelles étaient 
le plus développées. L'influence de la lisière n'était plus combattue 
par celle de l'exposition. Mais la différence n'était appréciable que sur 
la section de base. Plus haut la moelle était centrale. * 

Je crois utile de donner encore ci-dessous les mesures fournies par 
des Sapins situés sur une autre lisière exposée aussi à l'O. en terrain 
peu incliné sur le bord du lac de Longemer. L'inspection de ce tableau 
rapprochée de celle du tableau I fournira des comparaisons instructives . 

TABLEAU V. 



Hauteurs 


Longueur des rayons aux expositions 


Rapports 


des sections 






entre 


au-dessus du sol. 


EST 


OUEST 


les rayons E. et 0. 


Base 


95 


95 


1 


1 


75 


55 


1,36 


1 


90 


50 


i,80 


» 


180 


130 


1,38 


» 


80 


75 


1,66 


» 


85 


50 


1,70 


» 


160 


160 


1 


 » 


230 


90 


2,55 


i 


IIO 


!5o 


o,73 


Moyennes 


122 


95 


1,26 



1. L'examen des mesures relatives à l'Epicéa n° VII (Tabl. IV), montre qu'il 



188 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Ici encore le rayon O. était moins développé que le rayon E. mais 
l'excentricité était moindre que dans les arbres figurant au tableau I, 
puisqu'elle n'atteignait pour la section de base que le chiffre 1,26 au 
lieu de 1,54 qui représente l'excentricité moyenne à la base pour les 
trois individus de ce dernier tableau. 

III 

Il me reste maintenant à interpréter les résultats qui viennent d'être 
mentionnés. 

L'influence de l'exposition O. comme cause de ralentissement ou 
même d'arrêt dans le développement de la zone cambiale située de ce 
côté est manifeste d'après les exemples que j'ai cités. Je crois devoir 
l'attribuer à la fois à l'action directe du soleil sur le tronc et à réchauf- 
fement du sol de la lisière. 

a). Action du soleil sur le tronc. — Les recherches anciennes de 
T. Hartig et celles plus récentes de son fils (1) ont montré que l'acti- 
vité de la couche cambiale d'un arbre est influencée par la radiation 
solaire et la température du sol. C'est ainsi qne l'époque à laquelle ce 
tissu entre en activité au printemps varie pour un même arbre suivant 
les niveaux. Il fonctionne plus tôt à la partie supérieure qu'à la base, 
parce que la première reçoit plus directement la lumière et que l'écorce 
y étant plus mince s'échauffe plus facilement. Il peut y avoir dans le 
développement du cambium de ces deux régions un écart de plusieurs 
semaines. 

Des différences analogues, et c'est ce dont je compte m'assurer pro- 
chainement, doivent se manifester suivant les côtés de l'arbre. Il est 
probable que sur ceux qui sont exposés au S. et àl'O. le cambium entre 
plus tôt en activité que sur ceux qui sont orientés au N. et à l'E. Mais, 
par contre, sur les premiers cette activité doit être singulièrement ra- 
lentie ou même arrêtée pendant les grandes chaleurs de l'été. Les 
exemples précédents semblent le montrer. On a vu que les couches du 
côté de l'O. étaient très minces et formées presque uniquement de bois 
de printemps. C'est donc surtout dans les mois de mai et de juin 
qu'elles se développent, alors que la réserve alimentaire ainsi que 
l'amidon nouvellement formé par les feuilles étant en grande partie 

n'y avait pas lieu de tenir compte de l'influence de la rampe, bien que le terrain 
fût légèrement incliné vers l'O., puisque dans cet arbre la moelle était centrale. 
Se trouvant éloigné de la lisière, sur un sol presque horizontal, plongé dans le 
massif tout en étant distant de 2 mètres au moins de l'arbre le plus voisin, n'étant 
le siège d'aucune courbure, ni d'aucune lésion, cet Epicéa ne présentait aucune 
condition pour que sa moelle fût excentrique. Aussi sa croissance était-elle régu- 
lière et son bois homogène. Une semblable réunion de circonstances est très rare, 
il faut le reconnaître. 

1. R. Hartig : Dos H0I2 der deutscken Nadehvaldbaeume , 1885. 



E. Mer. — Du développement des couches annuelles dans les Sapins. 189 

employés au développement des jeunes rameaux, les matériaux nutri- 
tifs n'arrivent qu'insuffisamment au cambium du tronc. Plus tard, en 
juillet et août, quand les branches ont cessé de s'accroître et que les 
feuilles vivement insolées fonctionnent activement, le cambium de la 
face exposée à l'O. est frappé d'inertie par l'intensité des rayons so- 
laires qu'il reçoit et ne bénéficie pas de la nourriture abondante mise 
alors à sa disposition par la cime (1). Sur la face opposée, au contraire, 
le cambium est moins précoce, parce que, ne recevant que de la lumière 
diffuse, il est plus lent à s'échauffer. Il ne forme guère de bois de prin- 
temps ; mais en revanche il continue à fonctionner en été et à utiliser 
la grande somme de nourriture rendue disponible précisément par 
suite de l'arrêt de développement de la face occidentale. Voilà pour- 
quoi non seulement les couches annuelles y sont très larges mais en- 
core formées en grande partie de bois d'automne présentant une grande 
densité et une vive coloration (2). Le côté éclairé a ainsi travaillé pour 
le côté ombragé. On a là un exemple frappant de la solidarité établie 
entre les diverses régions d'un arbre. En remarquant que souvent les 
grosses racines correspondent aux grosses branches, on a été trop dis- 
posé à croire que les matériaux nutritifs se répartissent presque tou- 
jours dans un arbre suivant la verticale. L'observation montre qu'ils 
peuvent souvent dévier de cette direction. 

(à). Echauffeineni du sol. — L'échauffement du sol que traversent 
les racines du côté de la lisière agit dans le même sens que celui du 
tronc. Au printemps il contribue à activer la végétation de la couche 
cambiale située du côté libre, parce que les racines se trouvant dans 
un sol chaud entrent plus tôt en fonction et envoient dans la région 
correspondante du tronc une eau portée à une température assez éle- 
vée. Le sol de lisière que traversaient les racines des arbres d'observa- 
tion est peu profond, parsemé de roches, formé de débris granitiques 
et s'échauffe très facilement. En été il devient brûlant et la chaleur 
réfléchie à sa surface frappe le bas du tronc des arbres. C'est sans doute 
en partie pour ce motif que l'excentricité de la moelle est plus accen- 

1. Il m'est encore impossible de préciser quel est l'effet de cette action du 
soleil. La quantité d'eau mise à la disposition du cambium serait-elle insuffisante? 
Y aurait-il dessication, comme on le croyait du temps de Buffon? Ne serait-ce pas 
plutôt à une souffrance passagère du protoplasma sous l'influence d'une chaleur 
excessive qu'il faudrait attribuer le ralentissement ou même l'arrêt momentané 
des fonctions du tissu cambial? On sait que parfois les pêchers cultivés en espa- 
liers dépérissent sur la face libre exposée aux rayons du soleil, tandis que la face 
tournée vers le mur continue à végéter. 

2. La dénomination de bois d'automne n'est pas exacte, au moins d'une ma- 
nière générale, car l'automne est loin d'être toujours la saison dans laquelle se 
forme ce tissu. J'ai constaté que dans des branches d'Epicéa il était complètement 
constitué vers le 15 Août. Il continue à se développer au-delà de cette date dans 
le haut du tronc, plus tard encore à la partie inférieure de celui-ci, enfin même 
au commencement de l'hiver dans les racines de certains arbres. 



i 9 o JOURNAL DE BOTANIQUE 

tuée à la base. De plus, comme ce sol se dessèche rapidement, les ra- 
cines superficielles de l'Epicéa n'ont de ce côté à leur disposition que 
très peu d'eau pendant les grandes chaleurs. L'échaufïement du sol en 
dehors du massif doit donc être considéré comme une des causes ralen- 
tissant le développement du cambium dans les arbres de lisière. 

Si ce ralentissement est moins accusé dans les parties supérieures 
du ironc, c'est parce qu'elles se trouvent, à cause de leur éloignement 
du sol, moins échauffées que les parties basses et qu'elles sont d'ail- 
leurs sous l'ombre des branches. Celles-ci semblent garantir si efficace- 
ment le tronc que c'est à leur présence pendant la formation, à chaque 
niveau, des dix ou quinze premières couches annuelles qu'il faut attri- 
buer, je crois, la faible excentricité de la moelle pendant le cours de 
cette période. Plus tard la végétation de ces branches basses se ralen- 
tissant par suite de leur âge et du couvert de celles qui les dominent, 
elles se dégarnissent peu à peu de leurs feuilles et protègent moins 
efficacement la partie du tronc sur laquelle elles sont insérées. Mais 
c'est surtout lorsqu'elles ont été coupées que celui-ci s 2 trouve 
exposé au soleil ; or c'est précisément le cas pour les Epicéas d'obser- 
vation, puisqu'ils se trouvaient dénudés, comme je l'ai dit, jusqu'à une 
hauteur de 8 mètres. 

Si l'excentricité de la moelle était moins accusée dans les arbres 
du tableau V que dans ceux du tableau I, c'est parce que leurs racines 
s'étendaient sur la lisière dans un sol plus humide, puisqu'ils se trou- 
vaient sur le bord d'un lac, et que d'ailleurs ils n'avaient pas été dé- 
pouillés de leurs branches basses. En outre, par suite du voisinage 
d'une montagne, l'irradiation solaire y était de moins longue durée. 

On sait que sur les versants S. et O. les résineux ont en général un 
bois plus dense que sur les versants N. et E. On voit qu'il en est au* 
trement si l'on considère les diverses faces d'un arbre situé sur une 
lisière exposée à l'O. C'est au contraire sur la face insolée que le bois 
a le moins de qualités. Cette différence qui semble étrange peut s'ex- 
pliquer ainsi : Au N. et à l'E. la couche cambiale est très active parce 
qu'elle a beaucoup d'eau à sa disposition et que la terre dans laquelle 
plongent les racines est généralement assez riche. Mais les feuilles 
étant relativement peu éclairées ne fonctionnent pas avec une grande 
activité. Or l'observation montre que le rapport entre l'épaisseur des 
parois des éléments et le calibre de leur lumen (d'où dépend dans les 
Conifères la densité du bois) est lié d'une part à l'activité du cambium 
et d'autre part à l'abondance des matériaux, qui lui parviennent. On 
conçoit donc que le bois acquière une faible densité au N. et à l'E. Au 
S. et à l'O. au contraire, les feuilles fonctionnent activement et mettent à 
la disposition de la couche cambiale beaucoup de substances nutritives, 
mais ce tissu, par suite du manque d'eau, a un développement assez 



E. Roze. — Le Jardin des Plantes en 1636. 191 

lent quoique ininterrompu. Il lui arrive plus de matériaux qu'il ne 
peut en employer pour la production de nouveaux éléments ; ces maté- 
riaux disponibles servent alors à épaissir les parois des éléments déjà 
formés. Mais quand l'activité cambiale est complètement suspendue 
sur un point par suite d'une chaleur excessive, ainsi que cela arrive 
sur la face des troncs trop vivement frappés par le soleil, la formation 
du bois est arrêtée et les matériaux plastiques se rendent en excès à 
la face opposée où, mis en œuvre par un cambium encore actif, ils 
servent à édifier un bois d'une grande densité (1). 

Il n'est pas toujours aussi facile que dans les exemples qui précè- 
dent de mettre en évidence l'influence de l'exposition, parce qu'il faut 
souvent tenir compte de l'intervention d'autres éléments antagonistes. 
C'est surtout quand le terrain est incliné que cette influence se trouve 
presque toujours masquée par celle de la rampe. Aussi convient-il 
auparavant de bien étudier cette dernière. 



LE JARDIN DES PLANTES EN 1636 

Par M. Ernest ROZE 

Comment doit-on se représenter, d'une part, le Jardin des Plantes 
dix années après sa création, qui date de 1626, de l'autre, les végétaux 
qui y étaient cultivés ? Nous avons pensé qu'on pourrait s'en faire une 
idée d'après ce que nous en a laissé celui qui, disait Fontenelle, « en 
fut proprement le fo>i dateur, qui passa dix ans à disposer les lieux, à 
en faire les bâtiments et à y rassembler des plantes au nombre de plus 
de deux mille, » c'est à-dire d'après la Description du Jardin royal 
des plantes médicinales ', estably par le roy Louis le Juste à Paris, et le 
Catalogue des plantes qui y sont de présent cultivées, publiés en 
1636 par Guy de la Brosse, premier Intendant de ce jardin. 

Quelques extraits de cette description, reproduits avec le style 
même de l'auteur, suffiront à nous faire brièvement connaître la manière 
dont le jardin était disposé à cette époque. Mais le Catalogue, rédigé 
dans la langage des Pères de la botanique et en particulier de L'Obel, 
ne pouvait être compris actuellement qu'après avoir été traduit dans la 

1. C'est ce qui, chez les résineux, arrive généralement dans les cas où il se 
produit sur un point un ralentissement dans le fonctionnement du cambium (au 
niveau des courbures, quand un arbre se trouve trop rapproché d'un autre, etc.). 
Les matières nutritives se portant alors en excès dans les parties voisines, il s'y 
forme de larges accroissements composés presque uniquement de bois d'automne 
(bois rouge), même au printemps. De semblables exemples montrent que c'est 
surtout la nutrition qui influe sur la constitution du bois et que si cette constitu- 
tion varie suivant qu'il se forme dans une saison ou dans une autre, c'est parce 
que la nutrition elle-même est différente à ces époques. 



192 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Nomenclature linnéenne à l'aide de la synonymie de G. Bauhin. C'est 
d'après cette traduction, assez difficultueuse par elle-même, que nous 
avons pu reconstituer la liste presque complète des plantes qui faisaient 
alors l'objet des cultures dont Guy de la Brosse était fier à juste titre. 

Et, en effet, l'auteur, dans sa description, commence par faire res- 
sortir l'importance du Jardin des plantes officinales ; il expose ensuite 
que ce Jardin, ayant trois docteurs pour y enseigner les vertus des 
plantes, une officine pour les préparations, un sous-démonstrateur des 
plantes et autres officiers, devait être considéré comme une très néces- 
saire et utile Ecole de la matière médicinale. 

Il dit « qu'il est vray qu'il y a plus de soixante ans que le sieur 
Robin, herboriste du Roy, très curieux en la culture des plantes, dont 
plusieurs Autheurs font honorable mention, a cultivé un petit Jardin (i) 
qui n'a jamais excédé 300 toises [2) de terre, et pour lequel, et pour 
sa pension, il n'avait que 400 livres par an; aussi est-il vray que s'il 
n'eust eu autre revenu pour se maintenir, et sa louable curiosité au fait 
des plantes, qu'il n'eust pas eu de quoy cultiver des choux... Que de- 
puis luy, son fils, le sieur Vespasien Robin succédant à son héritage, à 
sa capacité et à sa charge, ne faisait estât de ce petit appointement que 
pour payer les ports de lettres de ses correspondances et les voitures 
des plantes nouvelles qui luy estaient envoyées... qu'aussi le Roy, re- 
connaissant son mérite, luy a donné la charge de sous-démonstrateur 
des plantes en son royal Jardin, avec très honneste appointement, où 
il s'applique maintenant avec honneur, mettant en évidence les grâces 
que Dieu luy a faictes en la connaissance et culture des végétaux... » 

Mais, ajoute t-il plus loin, on ne peut en rien comparer ce petit 
Jardin au nouveau, auprès duquel ceux-mêmes de Montpellier, de 
Leyde, de Padoue ne paraissent être que des jardinets, le Jardin de 
Montpellier ne contenant que six arpents au plus, et celui de Paris 
dix -huit. 

1 Ce Jardin royal, poursuit Guy de la Brosse, est situé au faux- 
bourg Saint- Victor lez Paris, en la grand rue que l'on nomme Coy- 
peaux... La rivière de Seine l'avoisine de deux cents pas et son mur 
est baigné de la petite rivière des Gobelins (1)... Sa superficie est de 
16,200 toises (2)... Il a son entrée au couchant et son logement sur 
la rue... Dans une première court, l'on rencontre deux portes cochères : 
par la première, l'on entre au Jardin suivant une allée plantée de charmes 
et de tilleux de 160 toises de long sur 5 de large (3); par l'autre, l'on 

1. Le Jardin royal du Louvre, fondé vers 1590 par Henri IV. 

2. 585 mètres. 

1. La Bièvre. 

2. 31,574 mètres. 

3. 312 mètres sur 9 m. 75. 



E. Roze. — Le Jardin des Plantes en 1636. 193 

entre en la seconde court devant la face du logàs... Le logement a de- 
vant sa -face un parterre divisé en quatre parties, au milieu duquel est 
une fontaine, les deux premières plantées de toutes sortes d'arbrisseaux 
toujours verds et de plantes vivaces, tant à fleurs plaisantes qu'autres, 
et les deux autres de plusieurs portes d'arbrisseaux se dépouillant de 
feuilles l'hyver, et de toutes sortes de plantes vivaces, demi-vivaces et 
annuelles que l'on a pu recouvrer. Les plantes sont tellement dispo 
sées en leurs quarreaux, et les parterres de telle symétrie, qu'elles y sont 
ordonnées en leurs espèces selon leurs genres, de sorte que quiconque 
connaist une espèce peut assurément dire que le genre connu est là- 
dedans (1). 

« Ce parterre est environné d'un haye plantée de toutes sortes 
d'arbres et arbrisseaux domestiques, et des estrangers qui se peuvent 
naturellement et sans art cultiver en nostre climat, dont le nombre ex- 
cède 250... Sur deux autres parterres, de chacun mille toises (2), sont 
cultivées en grande quantité les plantes usuelles et plusieurs autres en 
assez bon nombre pour les expériences... Toutes les allées qui croisent 
les parterres où sont cultivées toutes les plantes potagères, sont plan- 
tées en justes distances de toutes sortes d'arbres fruictiers, et bordées 
de Lavandes, d'Aspics, de Rosmarins, de Sauges, de Rues, d'Auronnes 
masles et femelles, de Saviniers et autres. 

1 Un peu plus loin, se trouve un pré de 14 14 toises (3), fait en 
sorte qu'il ressemble à un grand plat, où il y a un peu d'eau, car en 
ayant à son milieu un peu de vive, fouillée exprès pour les plantes 
aquatiques, il retire en quelque manière à cette figure : c'est là que 
sont mises toutes les plantes qui chérissent un pareil solage. Ce pré est 
voisin et contigu d'un bois de 1125 toises (4) : dedans luy sont plan- 
tées et cultivées les plantes ombrageuses et booagères... De l'autre 
costé de l'allée en parallèle du pré et du bois est un verger planté de 
toutes sortes d'arbres fruictiers, ayant en l'un de ses angles une gentille 
cerisée, et contient ce verger 1450 toises (5) de superficie. 

« Au costé de la grande allée de l'entrée est un escallier où peut 
aisément monter un cheval qui vous porte sur la montagne, laquelle 
est divisée en deux croupes. La première et plus haute sur laquelle est 
un petit monticule en ligne spirale de trois toises de haut, regardant 

1. Le mot espèce doit être pris ici dans un sens très large : il faut l'entendre 
à la fois comme type spécifique et ses variétés. Guy de la Brosse, dans son Cata- 
logue, ne les distingue pas, en effet, et les place sur le même rang ; il dit aussi 
bien, par exemple : Lapathi varia gênera, Pyrornm varias species, que Cicho- 
riitm sativum varire species. 

2. 1950 mètres. 

3. 2756 mètres. 

4. 2193 mètres. 

5. 2826 mètres. 



,94 JOURNAL DE BOTANIQUE 

par-dessus Paris, et ayant pour objet toutes les campagnes des envi- 
rons à plus de six ou sept lieues loing, est plantée de Vignes de plu- 
sieurs rares espèces (4), et environnée de doubles allées et petits val- 
lons plantés d'arbres fruictiers et Cyprès, et toutes bordées de rosiers. 
Au bas de cette grande montagne est entaillé un parterre en demy lune, 
exposé au midy, où sont plantés les Orangez, Citronniers, Myrtes, 
Acacia d'Egypte, Palmes, Cannes de sucre et autres plantes qui veulent 
du chaud. Ce petit parterre se couvre en hyver d'une charpente faicte 
exprez pour garantir les plantes mises en plaine terre des injures des 
hyvers (5). 

« L'autre croupe est bordée d'une terrasse : du costé qui regarde le 
Septentrion, elle est plantée d'arbres et d'arbrisseaux toujours verds, 
comme Pins, Sapins, Ifs, Houx, Chesnes verds, Lièges, Genévriers, 
Phyllirea, Pyracantha et autres; de l'autre qui reçoit le midy, sont 
toutes les plantes et arbrisseaux que nourrissent les païs chauds, comme 
Sabines baccifères, Lentisques, Térébinthes, Cytisus, Cistus Ledon, 
Stechas, Labdanes, Lavandes, Rosmarins, Sauges, Thym, Thymbra 
et autres, s 

• • 1 

Telle était, en résumé, la disposition générale du Jardin. Le Cata- 
logue, qui fait suite à la Description qu'en donne Guy de la Brosse, 
comprend, sauf quelques répétitions, plus de deux mille noms d'espè- 
ces ou variétés de plantes, dont les phrases nominatives sont classées 
par lettres alphabétiques. Ce qui frappe d'abord dans ce Catalogue 
c'est le grand nombre de variétés horticoles des plantes à bulbe ou à 
rhizome qui y figurent. Ainsi on ne compte pas moins de 1 12 variétés 
de Narcisses, appartenant aux Narcissus Tazetta (1), poeticus, tri/o- 
bus, Pseudo-Narcissus,Ju)iqiiillus, Bulbocodium etc. ; de 66 variétés de 
Jacinthes, réparties entre Hyacinthus uo)i-scriptus, amethystiiius, orie?i- 
talis, Polyanthes tuberosa, MuscarïcomosumMWX. et racemosum DC, 
Scilla amœna, unifolia, bifolia, italica, Lilio-Hyacinthus , autumnalis } 
peruviana etc.; de 16 variétés des Tulipa sylvestris et Gesnerfana;de 
16 variétés des Allium victoriale, satïvum, ursmum, subhirsnticm, 
Moly, Scorodoprasurn, triquetrum etc.; de 32 variétés des Lilium can- 

4. D'après le Catalogue : Vitis vinifcra varia? species ; Vitis vinifera foliis 
laciuiatis frac ht albo prascox ; Vitis corintiaca fmctu rubro et albo . 

5. On sait que la première serre chaude n'a été construite, à la demande de 
Séb. Vaillant, qu'en 1714. Mais Tournefort, dans son Histoire des plantes des en- 
virons de Paris (1698), p. 195, fait connaître le procédé antérieurement employé. 
« On n'a rien trouvé de plus propre, dit-il, que le son de la farine du Blé sarra- 
zin pour tenir bien sèches les serres dans lesquelles on conserve les plantes pen- 
dant l'hyver. Il faut faire boiser ces serres, en sorte qu'il reste un vuide de la 
largeur de 2-3 pouces entre les planches et les murailles, et remplir soigneuse- 
ment cet espace avec du son de Blé sarrazin. » 

1. Les noms spécifiques sans noms d'auteurs sont des noms linnéens. 



E. Roze. — Le Jardin des Plantes en 1636. 195 

didum, bulbiferum, pomponium, chalcedonïcum, superbum, Martagon 
etc.; de 5 variétés des Hemerocallis Jîava et fulva; de 19 variétés des 
Fritillaria imperialis, Meleagris, pyrenaica et persica ; de 20 variétés 
de Crocus salivus; de S variétés de Gladiolus; de 12 variétés de Col- 
chic um ; de 3 variétés d'Asphodelus ramosus et Iule us; de 16 variétés 
des Ornithogalum pyrenaicum, umbellatum, arabicum, nutans, mini- 
mum, etc.; de 51 variétés des Iris tuberosa, Pseudo-Acorus, bijlora, 
susiana, fœtidissima, germa/iica, Xiphium, Sisyrinchium etc.; puis de 
16 variétés de Cyclamen europseum; de 64 variétés des Anémone He- 
patica^ Pulsatilla, vernalis, Aorlensis, palmala, Iri/olia, sylveslris, 
apennina, coronaria\ de diverses variétés de Primula Auricula et de 
12 variétés des Arum maculatum, tenui/olium, triphyllicm ) Dracun- 
culus, Arisarum et Colocasia. Il faut y joindre 36 variétés des Ranun- 
culus asiaticus^ creticus, illyricus, gramineus, polyanthemos^ bulbosus, 
acer etc., 9 variétés de Pseonia officinalis et 26 variétés des Rosa alba, 
pimpinellifolia, cenfifolia, ciunamomea, canina, alpina etc. C'est la 
partie plus spécialement horticole du Catalogue qui comprend, en ou- , 
tre, à ce point de vue, diverses variétés de Canna indica ou Balisier, 
la Citronelle, le Santolina Chamœcyparissus , lesffeliauthus annuus et 
muliijiorus, le petit Œillet d'Inde, diverses variétés de la Grande et 
de la Petite Pervenche, la Camomille, le Laurier rose et sa variété 
blanche, la Polémoine, X Ipomœa Quamoclit, X Acanthus mollis ou 
Branc-Ursine, les Jasmin uni ojjîcinale et grandijlorum^ le Basilic, le 
Chèvrefeuille, le Jasmin de Virginie, le Rhododendron Jerrugiueum, la 
Balsamine, les Gera?iium macrorhisum et tuberosum ) \esRhus Cotinus 
et typhinum, l'Oranger et sa var. sinensis^ le Limonier, le Grenadier, 
diverses variétés d'Œillet (Jlore pleno el Jïore simplici), le Clemafis 
Vilicella, la Julienne, la Monnoyère, la Croix de Jérusalem, XAgros- 
temma coronaria, le Nigella damascena, le Passiflora incarnala, le 
Câprier, diverses variétés d'Ancolies {Aquilegia vulgaris et canaden- 
sis), les Amarantus caudatus et tricolor, le Genêt d'Espagne, l'Arbre 
de Judée et le Sainfoin d'Espagne. 

Quant aux arbres fruitiers, Guy de la Brosse signale : l'Amandier 
à fruits doux et amers, diverses variétés de Cerisiers, le Coignassier, 
l'Abricotier, le Néflier, diverses variétés de Pêchers et de Pommiers, 
le Sorbier, le Cratsegus torminalis et diverses variétés de Pommiers. 
Les Ribes rubrum, avec sa var. album, R. nigrum, R. Alpinum et 
R. Uva-crispa, ainsi que le Framboisier à fruits blancs et rouges et un 
Framboisier américain, s'y trouvent également. 

Parmi les plantes potagères, Guy de la Brosse indique : l'Ail ordi- 
naire, l'Echalotte et la Rocambole, l'Asperge (1), l'Oseille, la Bette- 

1. Le Catalogue mentionne Y Asparagus ojficinalis et sa var. maritimus. 



i 9 6 JOURNAL DE BOTANIQUE 

rave, l'Arroche ou Bonne-Dame, la Pimprenelle, le Thym, la Petite 
Capucine, diverses variétés de Fraisiers, le Cresson alénois, le Cresson 
de fontaine, plusieurs variétés de Choux, la Roquette, diverses variétés 
de Radis, la Moutarde, la Raiponce, plusieurs variétés de Concombres, 
la Tomate, la Lentille, le Haricot, diverses variétés de Pois et de 
Fèves, le Persil, le Céleri, deux variétés de Carottes, le Panais, le 
Cerfeuil, le Chervis, l'Angélique, l'Estragon, le Salsifis, diverses 
variétés de Laitues et de Chicorées, l'Endive, quelques variétés d'Ar- 
tichauts, et le Topinambour. 

Le pré humide, assez vaste, réservé aux plantes aquatiques, devait 
présenter, d'après le Catalogue, en dehors de quelques-unes des espè- 
ces citées plus haut : divers Car ex, les Scirpus lacustris et maritimus, 
divers Juncus, les Acorus Calamus, Typha latifolia, Sparganium 
ramosum, Orchis latifolia, Ophrys spiralis, Epipactis palustris, les 
Alisma Plant 'ago et Damasonium, les Butomus umbellatus , Potamo- 
geton natans, Triglochin palustre, Sagittaria sagittifolia, Hydrocharis 
Morsus-Ranœ, Straiiotes aloides, Scorsonera humilis, Tragopogoti 
' ' praiensis, Sonchus palustris, Cirsium anglicuni, Serratula tinctoria, 
Achillea Ptarmica, Initia salie in a, Valeriana dioica, Galium palus- 
tre, Menyant/ies nympkoïdes, Gentiana Pnèumonanthe, Chlora per- 
foliata, Scrophularia aquatica, Graliola officinalis, Veronica Becca- 
bunga, Ping/tic ula vulgaris, Teucrium Scordium, Sciilellaria galéri- 
en lata, Mentha aquatica, Salvia glulinosa, Lysimachia tenellaçX Num- 
mularia, Oxalis Acetosella, Par >i as si a palus tris, Cardamine vulgaris 
et amara, Cochlearia ofjîcijialis, Sisymbrium Nasturtium et amphi- 
bium, Caltha palustris, Trollius européens, Nymphsea alba et lutea, 
Polygonum Persicaria et Hydropiper, divers Rumex, les Cicuta virosa, 
Œnauthe Jistulosa, Phellandrium aquaticitm, Sison Amomum, Myrio- 
phyllum spicatum, Hippuris vulgaris, Peplis Portula, Lythrum Hys- 
sopifolia et Salicaria, Spirœa Ulmaria, Sanguisorba officinalis, 
Lotus telragonolobus, Chrysospleniuiu oppositifolium, Myrica Gale, 
Equisetum palustre, Lomaria spicanl Desv. etc. 

{A suivre.) 

Tournefort et Vaillant affirment que depuis un temps fort long que l'on entretient 
Tune à côté de l'autre, dans le Jardin, l'Asperge cultivée et l'Asperge sauvage, 
celle-ci n'avait point changé. 

CHRONIQUE 

M. Millardet, professeur à la Faculté des sciences de Bordeaux, vient d'être 
nommé membre correspondant de l'Institut dans la section de Botanique. 

Le Gérant : Louis Morot. 



taris. — t. Mersofc, Imp., 22, pi. Leufert- Bocbereaa. 



2 e ANNEE N* 12 16 JUIN i838 . 

JOURNAL DE BOTANIQUE 



Directeur: M. Louis MOROT 



QUELQUES MOTS SUR LA COURBURE DES PLANTES 

Par M. F. ELFVING 

Tout le monde sait que les plantes croissent dans une direc- 
tion qui est déterminée par la pesanteur, la radiation, l'humidité, 
etc., et qu'elles cherchent à reprendre par des courbures caracté- 
ristiques leur position normale, si on les en a écartées. Cepen- 
dant on ne connaît guère ce qui se passe dans l'intérieur d'un 
organe en voie de se courber. 

Dans un article récemment publié dans le Botauische Zeitung 
(1887, n us 48 et suivants) M. Wortmann a cherché à éclaircir cette 
question. 

Supposons qu'il s'agisse d'un organe unicellulaire droit, d'un 
tube de Phycomyces m'tens, par exemple, et qu'on l'ait placé 
horizontalement, de sorte que la pesanteur exerce son action 
fléchissante sur la région de croissance intercalaire. D'après 
M. Wortmann, le premier effet de la pesanteur est un mouve- 
ment du protoplasma vers la paroi supérieure de la cellule, mou- 
vement analogue à celui qu'exécute le protoplasma d'un myxo- 
mycète qui rampe de bas en haut. En effet, M. Kohi a déjà 
observé, ce qui a été confirmé par M. Wortmann, que, dans les 
tubes de Phycomyces qui se sont courbés géotropiquement, le 
protoplasma de la région courbée se trouve amassé vers la paroi 
supérieure. A cause de l'entassement du protoplasma la crois- 
sance de la membrane en épaisseur est favorisée dans la moitié 
supérieure du tube comparativement à l'autre. C'est ce que 
M. Wortmann a trouvé en examinant des tubes fortement cour- 
bés : là, la membrane présente quelquefois au côté concave une 
épaisseur double de celle du côté opposé. Comme le côté plus 
solide offre une résistance plus grande que l'autre à la pression 
hydrostatique qui s'exerce dans la cellule et qui distend la mem- 
brane, il en résulte une courbure du tube telle que le côté supé- 



198 JOURNAL DE BOTANIQUE 

rieur devient convexe. C'est la courbure géotropique. — Il en est 
de même pour les courbures héliotropiques, etc. 

Pour des organes constitués par un tissu cellulaire, les choses 
se passent d'une manière analogue. Par exemple, dans une tige 
placée horizontalement, le protoplasma de la région en crois- 
sance se dirige vers le côté supérieur de l'organe, en se servant 
des canaux extrêmement fins dont les membranes sont percées. 
Entassé dans les cellules de ce côté-ci, le protoplasma y pro- 
voque un épaississement des parois, d'où résulte, la turgescence 
étant supposée la même dans toutes les cellules, un redressement 
de la tige. Toutefois l'examen microscopique des organes géo- 
tropiquement courbés ne révèle guère l'entassement du proto- 
plasma ni l'épaississement des membranes ; mais M. Wortmann 
a recours à un artifice pour démontrer sa thèse. 

Il dispose horizontalement une tige épicotylée de Phaseolus 
multiflortis et l'empêche de se redresser, au moyen d'un poids 
convenablement attaché. Il donne, pour ainsi dire, au protoplas- 
ma le temps d'accomplir son mouvement et d'agir sur les mem- 
branes. En 24 heures ou plus, la structure de la tige est profon- 
dément modifiée, comme on le voit déjà à l'œil nu sur une section 
transversale de la région en croissance. Les cellules du côté su- 
périeur, remplies de protoplasma, forment une sorte de collen- 
chyme à parois rigides, tandis que celles du côté opposé consti- 
tuent un tissu très mou, pauvre en protoplasma, à parois très 
minces. Selon M. Wortmann, il s'établit entre les deux côtés 
d'une tige libre qui va se redresser une différence analogue, mais 
moins prononcée à cause de la durée plus courte de la position 
horizontale, et c'est à cette différence qu'est dû le redressement. 

Tels sont les principaux traits de la théorie que M. Wortmann 
a exposée avec beaucoup de talent. 

Pour ma part, je citerai quelques observations qui me sem- 
blent démontrer que les faits qui servent de base à cette nouvelle 
théorie ne suffisent pas pour l'établir solidement et qu'il faut par 
suite attendre des preuves plus décisives avant de l'accepter. 

Si l'on place au-dessus d'une culture de Phycomyces une 
plaque de verre, de sorte que les sporanges viennent s'y heurter, 
et si l'on met le tout dans l'obscurité, les tubes sporangifères, 
qui continuent à pousser, subissent peu à peu des flexions irré- 
gulières, comme le fait un bâton flexible qu'on pousse vers une 



F. Elfving. — Quelques mots sur la coîirbure des plantes. 199 

paroi solide. Ces courbures, d'abord passagères, se fixent dans 
le développement ultérieur du Champignon. Examinée au mi- 
croscope, la partie courbée d'un tel tube présente absolument 
la même répartition du protoplasma qu'on observe dans des cel- 
lules courbées sous l'influence de la pesanteur, etc. De même 
que là, le protoplasma, qui dans le tube droit est uniformément 
répandu sur les parois, est amassé sur la paroi qui forme la con- 
cavité du tube. De même aussi on observe souvent que la mem- 
brane du côté concave est plus épaisse que celle du côté opposé, 
quelquefois dans la proportion de 2 : 1 . 

Comme dans ce cas-ci l'amas du protoplasma et l'épaississe- 
ment de la membrane sont la conséquence de la courbure pure- 
ment mécanique qu'on fait subir à l'organe, on n'est point auto- 
risé à soutenir, comme le fait M. Wortmann, que, pour les 
inflexions géotropiques, héliotropiques, etc., les mêmes modifi- 
cations, qu'on observe dans des tubes courbés, précèdent la 
courbure et en sont la cause. On doit plutôt, jusqu'à preuve du 
contraire, les regarder comme des conséquences de l'inflexion, 
dont la cause immédiate nous échappe encore. 

Les observations de M. Wortmann sur des organes multi- 
cellulaires sont de même susceptibles d'une interprétation diffé- 
rente de celle que leur donne l'auteur. Il est clair que, quand au 
moyen d'un poids on maintient horizontale la tigelle d'un Haricot 
qui normalement se serait redressée, on exerce sur l'organe, au 
point de vue mécanique, une influence de même nature que quand 
on fléchit un organe droit. On est donc autorisé à se demander 
si les changements dans la structure anatomique, qu'a observée 
M. Wortmann et qu'il attribue à l'influence de la pesanteur, etc., 
ne sont pas dus à la simple flexion mécanique. C'est ce qui a lieu 
en effet. Si on courbe en arc une tigelle de Haricot en voie 
de croissance, qu'on fixe la partie courbée par une ficelle 
et qu'on soumette la plante entière à une rotation lente autour 
d'un axe horizontal, afin de la soustraire à l'action fléchissante 
de la pesanteur, on trouvera au bout de quelques jours, ou même 
plus tôt, dans la structure anatomique absolument les mêmes 
modifications qu'indique M. Wortmann pour ses plantes. Le 
flanc le plus courbé — il faut remarquer que, par suite des 
torsions, celui-ci est souvent déplacé — est formé par un tissu 
résistant, collenchymateux, riche en protoplasma, tandis que le 



2oo JOURNAL DE BOTANIQUE 

côté opposé est constitué par un parenchyme très mou, à grandes 
cellules, à parois très minces. 

Il semble que d'une manière générale la flexion d'une tige 
favorise le développement du collenchyme sur le flanc convexe 
et en entrave la formation sur le flanc opposé. J'ai constaté qu'il 
en est ainsi dans les Cyclamen, Meliantlms , Bridgesia, Myo- 
sotis, etc. 



ETUDES SUR LA GEOGRAPHIE BOTANIQUE DU NORD 

de la France 

(Suite.) 

Par M. l'abbè MASCLEF 

G. Zone des falaises : éboulis le long des côtes. — Il 

ne peut être question ici, à propos des terrains soumis à l'action 
directe des eaux salées, de toutes les espèces de falaises en 
général ; aussi est-ce seulement aux espèces spéciales aux por- 
tions des falaises assez rapprochées de la mer pour recevoir au 
moins l'écume des vagues, que je fais allusion pour le moment. 
Ces espèces ne se trouvent pas, comme celles du sommet, sur la 
roche nue ou dans de simples anfractuosités, elles recherchent 
les ébotilis et végètent sur les argiles et les terres entraînées avec 
les débris de la falaise. Elles sont rares sur les falaises crayeuses; 
on les rencontre, au contraire, assez fréquemment sur les fa- 
laises portlandiennes et kimméridiennes , dont la constitution 
géologique et la désagrégation facile se prêtent admirablement 
pour constituer ce genre de station. Ces amas argilo- calcaires 
se laissent facilement imprégner par l'eau de mer et constituent 
alors un sol aussi favorable à la végétation des espèces halophiles 
que celui de la zone secondaire des dignes. 

D'ailleurs les espèces qui habitent ces éboulis ont de grands 
rapports avec celles de cette zone; leur mode de végétation, 
leur aspect physique et leurs affinités chimiques paraissent iden- 
tiques et quelques-unes se retrouvent indifféremment dans la 
zone des digues ou sur les éboulis des falaises, de sorte qu'il 
devient presque impossible d'établir entre ces deux zones, 
d'autre différence que celle de la station. 

C'est ainsi que le Matricaria ?naritima, précédemment cité, 



Abbé Masclef. — Sur la géographie botanique du Nord de la France. 201 

se trouve çà et là sur les éboulis des falaises entre Boulogne et 
Wimereux!, au Gris- Nez (de Lamarlière) et au Blanc- Nez 
(Boulay). 

Une autre espèce, X Apiitm graveolens L., qui se rencontre 
aussi quelquefois sur les digues (digue des bains à Saint- Va- 
léry !J, mais que nous allons voir surtout caractériser une station 
importante de la zone des eaux saumâtres, est également abon- 
dante sur les falaises du Boulonnais près de Wimereux et au 
Cran-aux-Œufs près du cap Gris-Nez!. 

Trois espèces paraissent cependant rechercher plus spéciale- 
ment dans le Nord de la France la zone dont nous nous occu- 
pons actuellement; ce sont les Silène maritima With., Chrith- 
mum maritimum L. et Statice occidentalis Lloyd. 

Le Silène maritima existe à la base des falaises entre Bou- 
logne et Wimereux et d'Audrcsselles au Gris-Nez! . Je ne l'ai pas 
retrouvé dans les autres localités citées dans le Pas-de-Calais. 
Dans la Somme sa station change un peu ; il se retrouve très 
disséminé dans les galets qui ne sont d'ailleurs que des débris de 
falaises, et assez près de la mer, entre la pointe du Hottrdel et 
Ault, surtout vers Ouivalf. 

Le Crithmum maritimum est abondant au Cran-aux- Œufs, sur 
les amas argilo-calcaires, au milieu des grosses masses rocheuses 
qui se détachent de la falaise portlandienne ! . Il a aussi été récolté 
dans le Nord, sur la digue de Mardyck près de Dunkerque, mais 
sa présence dans cette localité est considérée comme purement 
accidentelle (Ch. Flahault, Boulay). Il a encore été signalé à 
Étaples, à l'embouchure de la Canche (de Vicq) ; M. Boulay l'y 
a recherché en vain et je n'ai pas été plus heureux malgré une 
exploration minutieuse des deux rives de la rivière. 

Le Statice occidentalis accompagne le Crithmum mari- 
tùmim au Cran-aux- Œuf s\ (1). Son abondance, sa station et 
son mode de végétation ne peuvent laisser croire à une intro- 
duction récente dans cette localité unique dans tout le Nord de la 
France. 

D. Zone des eaux saumâtres. — Bien que cette zone 
se trouve principalement développée aux embouchures des 

1. L'indication de la localité des Chrithmiim maritimum et Statice occidentalis 
contenue dans la « Flore de la Somme » de de Vicq est fautive ; ces deux espèces 
ne se trouvent qu'au Cran-aux-Œufs et non au Cran-Barbier. 



202 JOURNAL DE BOTANIQUE 

rivières et qu'il y ait dans sa végétation de grands rapports avec 
celle des deux zones précédentes, je crois toutefois pouvoir 
l'établir avec raison. En effet les stations qui la caractérisent 
diffèrent essentiellement de celles des deux zones précédemment 
étudiées, et un certain nombre d'espèces lui sont spéciales. Ici 
la mer n'a plus d'influence directe; nous ne trouvons plus des 
terrains arrosés plus ou moins régulièrement par les vagues, 
comme les vases des embouchures et la base des falaises, mais 
des dépressions marécageuses, des mares, des fossés remplis 
d'une eau saumâtre qui acquiert le plus souvent des propriétés 
salines par son contact immédiat avec la haute mer. Dautres fois 
cependant, de grandes masses d'eau saumâtre, comme le Hable 
d'Ault, entre Cayeux et Ault, se trouvent complètement em- 
prisonnées à l'intérieur des terres ; ce sont d'anciens bras de 
mer, aujourd'hui isolés par des modifications récentes des côtes; 
leurs eaux ont conservé une partie du chlorure de sodium dont 
elles étaient chargées et en reçoivent probablement aussi une 
certaine quantité par des infiltrations marines souterraines. 

Il ne faut pas confondre les marécages de la zone des eaux 
saumâtres avec ceux que l'on rencontre si fréquemment dans la 
région des dunes : les eaux de ces derniers sont quelquefois légè- 
rement salées; mais cette minime quantité de sel marin en disso- 
lution, qui provient presque exclusivement du lavage des sables 
des dunes par les eaux de pluie, est la plupart du temps trop 
faible pour avoir une influence décisive sur la végétation. 

Les espèces particulières à la zone des eaux saumâtres habi- 
tent, soit les eaux elles-mêmes, soit les terrains voisins qu'elles 
imprègnent de sel marin. Les espèces aquatiques sont : Ranun- 
cuhis Baudoin Godr., Ruppia rostellata Koch et Zannichellia 
palustris L. ; X Apium graveolens L. est la seule espèce terrestre 
caractéristique. 

Le RANUNCULUS BAUDOTII me paraît assez rare dans la région 
du Nord; je ne l'ai jamais rencontré dans le Pas-de-Calais; il a 
été trouvé dans le Nord à Dunkerque (Boulay) et dans quelques 
localités du département de la Somme, à Laviers, au faubourg 
Menchecourt à Abbeville (de Yicq), et entre Ault et Cayeux, 
en particulier au Hable d'Ault (Debray). — Le Ranunculus 
Baudoin n'est, à mon avis, qu'une simple forme halophile du 
Ranunculus aquatilis L. J'avais déjà, après l'étude de nombreux 



Abbé Masclef. — Sur la géo graphie botanique du Nord de la France. 203 

spécimens d'herbier, adopté, dans mon « Catalogue des plantes 
vasculaires du Pas-de-Calais », cette opinion admise par Clavaud 
et quelques autres auteurs ; depuis, j'ai eu la bonne fortune 
-d'observer au Pollet près Dieppe, à l'extrémité du bassin de 
retenue, de beaux échantillons présentant toutes les formes de 
passage entre le R. aquatilis (L.) Gren. et Godr. et le R. Bau- 
doin Godr. 

Le Ruppia ROSTELLATA a été anciennement signalé dans un 
nombre assez considérable de localités sur le littoral du Nord de 
la France (Cfr. FI. de la Somme et Catalg. du Pas-de-Calais). Dans 
ces dernières années, il n'a été observé qu'à Gravelines (Boulay), 
à r embouchure de la SlackJ ', dans le vieux port de Wimereux! \ 
et entre le Hourdel et Ault (de Vicq). 

Le Zannichellia PALUSTRIS est une espèce qui paraît assez 
indifférente à la composition chimique des eaux, aussi bien sur 
le littoral qu'à l'intérieur; comme cependant elle recherche plus 
spécialement le voisinage de la mer, sans doute à cause de cer- 
taines conditions climatériques plus favorables, on la trouve assez 
fréquemment répandue dans les étangs et les fossés de la zone 
des eaux saumàires . 

L'Apium GRAVEOLENS se rencontre sur le bord des fossés et 
dans les marécages d'eau saumâtre, dans le Nord à Dunkerque 
et à Gravelines (Boulay) ; dans le Pas-de-Calais à Etaples près 
des phares!, entre Merlimont et Verton! et à Berck (Wignier) ; 
dans la Somme aux environs de Saint- Queutin-en-Tourmont et 
de Quend (de Vicq), au Crotoy (Pauquy) où il est très abon- 
dant près de la gare !, à Noy elles et au Hourdel) (de Vicq). — Il 
paraît disparu d'un certain nombre de localités anciennes. 

E. Zone des dunes : sables grossiers au bord de la 
mer. — Deux espèces de la zone des dunes qui fera presque 
exclusivement l'objet du paragraphe suivant, Y Honkeneja pe~ 
ploides Ehrh. et le Salsola Kali L., doivent aussi être rangées 
dans la catégorie des plantes qui recherchent l'action directe des 
eaux salées. Ces espèces croissent au pied des dunes touchant à 
la mer, sur le sable grossier mélangé de coquilles et de cailloux 
roulés, encore humecté par les vagues à l'heure du flux. La quan- 
tité de chlorure de sodium contenue dans ces sables est consi- 
dérable par rapport à celle des sables des dunes proprement 
dites ; ainsi un échantillon recueilli au pied des dunes de Con- 



204 JOURNAL DE BOTANIQUE 

dette, près Boulogne, a indiqué à l'analyse 0,351 p. 0/0 de NaCl, 
tandis qu'un autre pris en pleine dune n'a plus donné que 0,041, 
p. 0/0. Quoique cette analyse ne puisse être donnée comme 
s' appliquant d'une manière générale à tous les sables de la pre- 
mière ligne des dunes, elle montre au moins que les espèces qui 
les habitent recherchent une quantité déjà sensible de sel marin; 
elles se rapprochent donc par ce point essentiel des espèces pré- 
cédemment étudiées, leur station seule est différente. 

Le Salsola Kali végète par pieds isolés, Y Honkeneja pe- 
ploides, au contraire, forme souvent de larges tapis de verdure, 
presque circulaires, qui tranchent sur la monotone aridité de cette 
zone; toutes deux pénètrent quelquefois à l'intérieur des dunes, 
plus ou moins loin, suivant les proportions du sel qui y est con- 
tenu. 

Caractères de la végétation des terrains soumis à V ac- 
tion directe des eaux salées ou saumâtres. — Si l'on ne tient pas 
compte de quelques cas fort rares d'introduction, souvent passa- 
gère, de plantes des zones voisines ou même quelquefois de l'in- 
térieur, la végétation de ces terrains n'est représentée dans le 
Nord de la France que par 33 espèces phanérogames dont 24 
dicotylédones et 9 monocotylédones . 

Ces espèces appartiennent à 13 familles différentes, dans les 
proportions suivantes : 



1 Renonculacée, 

1 Primulacée, 

1 Plantaginée, 

1 Joncaginée, 

1 Potamée, 

1 Cypéracée. 



9 Salsolacées, 
4 Caryophyllées, 
4 Graminées, 
3 Composées, 
3 Plumbaginées, 
2 Ombellifères, 
2 Zostéracées, 

En se basant sur le nombre d'espèces que compte chacune de 
ces familles dans le rayon de la flore du Nord, les familles vrai- 
ment dominantes et caractéristiques des terrains salés sont les 
Plumbaginées et les Zostéracées avec la proportion de 100 0/0, les 
Joncaginées avec 50 0/0, les Salsolacées avec près de 40 0/0 et 
les Caryophyllées avec environ 10 0/0. Les proportions devien- 
nent, au contraire, très minimes et même insignifiantes pour les 
grandes familles des Ombellifères , des Graminées (4 0/0), des 
Composées (3 0/0) et des Cypéracées (pas 2 0/0). 



Abbé Masclkf. — Sur la géographie botanique du Nord de la France. 205 

Les espèces particulières aux terrains soumis à l'action directe 
des eaux salées étant distribuées dans sept stations principales, 
auxquelles j'ai donné le nom de zones, la question la plus inté- 
ressante de Géographie botanique qui se pose ici est de recher- 
cher les principales causes locales qtii les déterminent ( 1 ) . 

Zone marine. — h'eau salée de la mer est certainement la 
cause locale d'ordre primaire qui détermine la station àxxZostera 
marina. C'est une espèce tout à la fois aquatique et halophile, 
qui paraît avoir besoin pour vivre d'une grande masse d'eau 
salée, et ne végète par conséquent qu'en pleine mer ou sur nos 
côtes. 

Zones secondaires des plages et des prairies salées. — 
\Jeati salée, ou au moins la grande qtiantité de chlorure de 
sodium déposée dans les marécages qu'elle forme, est certaine- 
ment encore la cause locale d'ordre primaire déterminant la sta- 
tion des espèces particulières à ces deux zones fort peu distinctes ; 
seulement, cette fois l'eau de la mer ne paraît plus nécessaire. La 
plupart de ces espèces, en effet, n'ont plus besoin, pour prospé- 
rer, du voisinage de la mer, n'importe quel marécage salé leur 
suffit, et si elles sont beaucoup plus abondantes sur le littoral, 
c'est parce qu'elles trouvent là, bien mieux qu'ailleurs, une sta- 
tion physique et chimique favorable. Ce ne sont donc pas à pro- 
prement parler des espèces maritimes , mais seulement des 
halophytes . 

Sur dix-huit espèces qui habitent les zones des vases et des 
prairies dans le Nord, onze se retrouvent dans les marais salants, 
auprès des sources d'eaux minérales ou dans les terrains qui con- 
tiennent du sel, à l'intérieur des terres. 

Autour des salines du Jura (Grenier), on trouve : 

Spergularia marina, Glyceria distans. 

Atriplex hastata, var. salina, 

Dans les marais salés de l'Allier (du Buysson) : 
Glaux maritima. | Glyceria distans. 

Autour des sources minérales du Puy-de-Dôme (Lamotte, 
F res Gustave et Héribaud-Joseph) : 



Spergularia marina, 
S. marginata, 
Glaux maritima, 



Plantago maritima, 
Atriplex hastata, var. salina. 
Glyceria distans. 



1. Cfr. Alph. de Candolle, « Géographie botanique raisonnée », chapitre vi, 
p. 419 à 453. 



2o6 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Près des sources salées des Hautes-Alpes (Cariot) : 
Sperg-ularia marginata, | Glyceria distans. 

Dans les marais salants de la Lorraine (Godron) : 



Atriplex hastata, var. salina, 
Triglochin maritimum, 
Glyceria distans, 



Spergularia marina, 

Aster Tripolium, 

Salicornia herbacea (S. Emerici 

Duv. Jouv., l'un des types du 

Nord de la France), 

Dans les marais salants de l'Alsace (Kirschleger) : 
Glaux maritima. 

Dans les marais salants du Palatinat (Kirschl.) : 
Triglochin maritimum, | Glyceria distans. 

Dans les salines de la Thuringe (Koch) : 
Artemisia maritima, | Obione pedunculata. 

L'action du sel marin sur les espèces des zones des vases et 
des prairies, se manifeste extérieurement par la consistance plus 
ou moins charnue (excepté chez les Glumacées) des tiges et des 
feuilles et par X aspect glauque de la plante entière ; ces particula- 
rités sont caractéristiques des espèces soumises par leurs racines à 
l'action directe du sel marin. Au contraire toutes les espèces de 
ces deux zones secondaires sont glabres ; ce nouveau caractère 
est, à mon avis, fort important à noter, la plupart des espèces 
du littoral devenant velues et hispides quand, s'éloignant du bord 
de la mer et de l'action directe du sel marin, elles ne subissent 
guère plus que l'influence des brumes et des vents de la mer. 

Zone des digues et des lieux vagues maritimes , base des 
falaises. — Le sel marin agit encore comme cause première 
sur les espèces de ces différentes stations ; mais son action se 
trouve combinée avec l'influence non moins directe de la pré- 
sence de la mer qui agit surtout, dans ce cas, par ses brumes et 
ses émanations salines. Ces deux actions se manifestent exté- 
rieurement, toujours par la consistance charnue des plantes 
(action de l'eau salée) et aussi par un aspect glauque beaucoup 
plus prononcé, les tiges et les feuilles étant souvent recouvertes 
d'un tomentum blanchâtre, comme farineux ou argenté (action 
des brumes). Ce nouveau caractère se remarque déjà sur les der- 
nières espèces de la zone des prairies que j'ai indiquées comme 
se mélangeant souvent avec celles de la zone des digues. 



Abbé Masci.ef. — Sur la géographie botanique du Nord de la France. 207 

On ne retrouve plus les espèces de ces différentes stations 
dans les terrains salés de l'intérieur ; je leur réserverai volontiers, 
comme à beaucoup d'autres des zones qui sont encore à étudier, 
le nom de maritimes . 

Zone des eaux saumâtres . — Le chlorure de sodium con- 
tenu dans ces eaux paraît agir seul comme cause locale d'ordre 
primaire sur les Raminculus Baudotii, Apium graveolens et 
Ruppia rostellata ; ce sont des espèces halophiles, moins exclu- 
sives que celles des vases et des prairies salées : on les retrouve 
toutes trois à l'intérieur dans les eaux saumâtres et les marais 
salants de la Lorraine (Godron) ; X Apium graveolens seul, au- 
tour de quelques sources salées du Jura (Grenier). 

Quant au Zannichellia palus/ris, espèce indifférente à la 
composition chimique des eaux, elle paraît simplement fixée de 
préférence sur le littoral par Xinfluence du climat. 

Sables à la base des dunes. — Les deux espèces spéciales à 
cette station sont charnues et glabres ; elles paraissent fixées 
dans leur station physique sablonneuse par l'influence du sel ma- 
rin. Le Salsola Kalise retrouve dans le Rhône, l'Isère, la Drôme, 
« sur les terrains où il peut trouver du sel marin, c'est-à-dire sur 
les décombres ou près des fabriques de produits chimiques » 
(Cariot), et dans quelques autres stations analogues de France 
et d'Allemagne. C'est une espèce halophile; X Honkeneja 
-peploides, au contraire, me paraît plutôt maritime. 

Sur les trente-trois espèces des terrains ou des eaux franche- 
ment salées, vingt sont semi-ligneuses ou vivaces, les autres 
sont annuelles ou bisannuelles. 

Une seule, le Zannichellia palustris est indifférente à la na- 
ture chimique de l'eau et du sol ; elle prospère aussi bien à l'in- 
térieur des terres que sur le littoral. 

Deux autres, les Ranunculus Baudotii et Ma trie aria .mari - 
iima, ne sont que des formes maritimes remarquables de deux 
types intérieurs linnéens, le Ranunculus aquatilis et le Matri- 
caria inodora; les deux espèces de Spergularia sont peut-être 
aussi dans le même cas. 

Enfin la variété satina de X Atriplex hastata est exclusive aux 
terrains salés, mais le type se retrouve partout à l'intérieur dans 
les décombres, les lieux cultivés et au voisinage des habitations. 



2o8 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Toutes les autres espèces peuvent être considérées comme 
étant plus ou moins exclusivement halophiles ou maritimes . 

Au point de vue de X étude générale de la Géographie bota- 
nique une première conclusion relative à l'influence du sel ma- 
rin sur la végétation semble clairement se dégager de ces di- 
verses considérations sur la flore des terrains directement soumis 
à l'action des eaux salées : Le sel marin contenu dans une sta- 
tion maritime quelconque, en quantité nettement appréciable, en 
écarte la plupart des espèces de la flore terrestre, de la même 
manière que le calcaire ou la silice repoussent certaines espèces 
exclusives. Quant aux quelques espèces de l'intérieur qui pénè- 
trent dans ces premières zones éminemment salées, elles sont 
presque toujours profondément modifiées, souvent même suffi- 
samment pour avoir déterminé la création de certaines espèces. 
La concurrence vitale ne paraît nullement s'opposer à l'introduc- 
tion des plantes de la flore terrestre dans la plupart des zones 
précédemment étudiées, de grands espaces libres, presque sans 
aucune végétation, s'y rencontrant fréquemment ; d'autre part le 
climat du littoral, plus favorable, semblerait devoir attirer cer- 
taines espèces dans les stations physiques qui leur plaisent; comme 
c'est le fait contraire qui se produit, il ne reste qu'à l'expliquer 
par X action répulsive de la soude eu quantité sensible. 

Son action attractive , au contraire, ou mieux sa nécessité 
pour un certain nombre d'espèces, est loin d'être aussi bien éta- 
blie; presque toutes les espèces du littoral, même les plus émi- 
nemment halophiles, peuvent, en effet, très bien vivre et pros- 
pérer dans un milieu complètement privé de sels de soude. Il 
suffit pour s'en assurer de consulter les Catalogues des divers 
Jardins botaniques. M. Contejean a déjà relaté dans sa « Géo- 
graphie botanique » (i) un nombre considérable de faits de ce 
genre; je n'en citerai plus qu'un seul, l'existence dans le Jardin 
botanique des Facultés libres de Lille, d'espèces des vases et des 
prairies salées, comme Aster Tripolium, Statice Limonium, 
Plantago maritima, Salicornia fruticosa, Suseda maritima et 
Obione portulacoides. D'autres espèces halophiles, notamment 



i. Ch. Contejean; Géographie botanique. Influence du terrain sur la végéta 
tion. — Paris, 1881. — Cfr. p. 60 et suiv. 



Abbé Masclef. — Sur la géographie botanique du Nord de la France. ^09 

des Plumbaginées, se trouvent souvent dans les jardins d'agré- 
ment, d'autres enfin sont cultivées. Sans doute, toutes ces espèces 
perdent, dans ces conditions nouvelles, une partie de leurs carac- 
tères extérieurs dûs à la présence du sel marin, mais elles ne se 
portent pas moins bien. 

Si l'on veut essayer de chercher l'explication de ces faits, il 
faut certainement tenir le plus grand compte de X influence arti- 
ficielle de la cultîire, dont les procédés arrivent quotidiennement 
à changer les climats et les stations des végétaux ; mais je crois 
que beaucoup peuvent s'expliquer par une hypothèse assez 
simple, celle de la substitution de l'influence chimique de l'azote 
à celle de la soude; ces deux substances agiraient au même titre 
sur un certain nombre d'espèces halophiles comme causes locales 
déterminant la station; leur action ne serait pas combinée, mais 
successive, la soude se laissant très facilement remplacer par 
l'azote, de façon à ce qu'une espèce privée de sa station salée 
peut encore vivre et même prospérer dans une autre franche- 
ment azotée. Cette opinion semblera peut-être fort hasardée; 
mais elle s'appuie sur un grand nombre de faits de géographie 
botanique qui, sans elle, s'expliquent difficilement; leur exposé 
détaillé serait trop considérable pour trouver place dans un tra- 
vail local comme celui-ci, je me contente de résumer les princi- 
paux dans les quelques propositions suivantes : 

1 . Les espèces halophiles du littoral ou des marais salants 
que l'on cultive dans les jardins botaniques ou d'agrément, 
trouvent toujours dans ces nouvelles stations un milieu relative- 
ment riche en azote. 

2. Un certain nombre d'espèces cultivées comme le Chou 
ordinaire (Brassica oleracea), le Chou marin (Crambe mari- 
tima), le Céleri (Apium graveolens), la Betterave (Beta vulgaris 
et B. marilima) et l'Asperge {Asparagus officinalis et A. 
maritimïts), n'existent à l'état spontané que sur nos côtes ou 
dans les marais salants ; ailleurs on ne les retrouve plus que cul- 
tivées dans les champs et les jardins potagers, ou subspontanées 
dans d'anciennes cultures, c'est-à-dire, toujours dans des terrains 
azotés. 

3. Quelques espèces de la famille des Salsolacées, comme 
Atriplex hastata et Chenopodium rubrum A prospèrent indiffé- 
remment dans des milieux azotés ou salés ; on ne peut expliquer 



2io JOURNAL. DE 30TANIQUE 

ce fait qu'en admettant une certaine identité dans l'action chimi- 
que de la soude et de l'azote sur ces espèces. 

Je ferai remarquer, en terminant, que je n'ai nullement la 
prétention de soutenir cette hypothèse à un point de vue phy- 
siologique et surtout de la généraliser; j'ai simplement voulu 
attirer l'attention sur un fait de géographie botanique observé 
seulement à propos d'une catégorie fort restreinte d'espèces. Il 
semble même prouvé, au contraire, que la soude est, sinon nui- 
sible, au moins fort peu utile à la plupart des végétaux terrestres 
et qu'elle ne saurait remplacer l'azote dans les procédés ordi- 
naires de la culture. (A suivre.) 



LE JARDIN DES PLANTES EN 1636 

(Suite.) 
Par M. Ernest ROZE 

Il nous serait difficile de donner la liste de toutes les plantes « om- 
brageuses et bocagères « que le petit boiô (1) devait abriter; mais on y 
aurait assurément trouvé certaines espèces inscrites au Catalogue, telles 
que : Arum maculatum, Polygonatum multiflorum, Co)ivallaria ma- 
jalis et bifolia, Rusais aculeatus et Hypoglossum, Tamus communis, 
Phalangium ramosum et Liliago, Phyteuma spicatum, Doronicum 
Pardalianches, Valeriana officinalis, Dipsacus pï/osus, Pulmonaria 
angustifolia, Atropa Belladonna, Pyrola rotundifolia, Androsœmum 
officinale, Impatiens Noli-tangere, Dentaria pentapkyllos&t bulbifera, 
Sisymbrium Alliaria, Actœa spicata, Cucubalus baccifer, Sanicula 
européea, Asarum europasum, Tormentilla erecta, Polytrichum for- 
mosum Hedw. etc. , ainsi que les Orchidées, savoir : Orchismaculata, 
militaris, bifolia, Serapias longifolia, Loroglossum hircinum, Epi- 
pactis latifolia. Ail., Neottia ovata Rich., Cypripedium Calceolus, et 
les Fougères suivantes : Polypodium rhâsticuvt, Lonchitis, Adiantum 
pedatum, Scolopendrium officinale avec sa var. multifidum, Asple- 
nium Ruta-muraria et Adiantum-nigrum, Ceterach officinarum . 
Willd., Botrychium LunariaSw. et Ophioglossum vulgatum. 

Les soins apportés à la culture n'avaient pas fait négliger les plantes 
maritimes. Le Catalogue mentionne en effet : Pancratium maritimum, 

1. Le pré humide et le petit bois existaient encore un siècle après. Séb. Vail- 
lant, dans son Botanicon, cite deux espèces de Champignons qu'il avait récoltées 
dans la prairie du Jardin royal, et dit, à propos du Galanthus nivalis : <■ Cette 
plante croist en abondance dans le petit bois du Jardin du Roy de Paris ». 



E. Roze. — Le Jardin des Plantes en 1636. 211 

Triglochin maritimum, Cineraria maritima, Artemisia maritima, 
Athenasia maritima, Ambrosia maritima, Convolvulus Soldanella, 
Plantago maritima, Statice Limonium et cordata, Bunias Cakile, 
Chenopodium maritimum, Salicomia fruticosa et kerbacea, Salsola 
Soda, Eryngium maritimum, Crithmum maritimum. 

Les parasites y avaient aussi des représentants, tels que discuta 
europsea, Lathrœa Squamaria et Orobanche major. 

Quant aux Conifères, on ne trouve signalées dans le Catalogue que 
Taxus baccata, Cupressus sempervirens, Thuya occidentalis, Juni- 
per us Sabina et communis, Pinus Picea et sylvestris. 

Enfin, comme plantes intéressantes à divers titres, la plupart étran- 
gères, et d'un entretien assez difficile, parmi lesquelles quelques-unes 
étaient même d'introduction récente, nous trouvons dans le Catalogue : 
Saccharum ofjicinarum, Phéenix dactylifera, Chaméerops humilis, 
Coix Lacryma, Yucca gloriosa, Uvularia perfoliata et amplexifolia, 
Agave americaîta (1), Centaurea Salmantica, splendens et rhapontica, 
Achillea Ageratum, cretica, nobilis et tomentosa, Aster Tradescanti, 
Scabiosa cretica, stellata et lencantha, Periploca grseca, Asclepias 
syriaca, Apocynum cainiabinum et venetum, Convolvulus Nil, Capsi- 
cum annuum, Atropa Alandragora, Nicotiana Tabacum et rustica (2), 
Solanum Pseudo-capsicum et Melongena, Verbascum Myconi, Vitex 
Agnus-castus, Molucella lœvis et spinosa, Marrubium Pseudo-Dictam- 
nus, Thymus Mastichina, Origanum Majorana, Diospyros Lotus, 
Reaumuria vermiculata, Cistus Ladaniferus, populifolius, kalimit 
folius et umbellatus, Cor chorus olitorius, Gossypium herbacèum, Hi- 
biscus Sabdariffa, Lavatera Olbia et triloba, Sida Abutilon, Peganum 
Harmala, Gayacum o/Jicinale, Dictamnus albus, Morus alba et nigra, 
Zygophyllum Fabago, Cneorum tricoccum, Me lia Azedarach, Car- 
diospermum Halicacabum, vEsculus Hippocastanum (3), Staphylea 
pinnata, Argemo/ie mexicana, Aconitum Cammarum, Delphinium 
Staphisagria, Ficus Carica, Chenopodium Botrys et ambrosioides, 
Chelidonium corniculatum, Theligonum Cynocrambe, Cactus Opuntia 
et curassavicus, Sempervivum arboreum, Liquidambar Styracijlua, 
Ferula Ferulago, Pastinaca Opopanax, Cuminum cyminum, Thapsia 
villosa, Lagoecia cuminoides, Cucurbita Citrullus, Momordica Bal- 
samina, Lawsonia inermis, Prunus Laurocerasus, Sanguisorba ca- 

1. Introduit en Europe en 1561. 

2. Introduit en Europe en 1560. 

3. Introduit en Europe en 1550. Voici ce qu'en dit Fabregon, en 1740, dans sa 
Desc. des platites des Env. de Paris : « Le Marronnier des Indes fleurit et graine 
en Avril et May, et quelquefois en Septembre et Octobre. Les fruits ne sont mûrs 
qu'en Automne; les fruits qui viennent en Automne sont toujours avortés. Rien 
de plus commun dans tous les environs de Paris : il se multiplie par ses fruits 
qui viennent sans aucune culture ». 



212 JOURNAL DE. BOTANIQUE 

nadensis, Psoralea americana, Ornithopus scorpioides et compressus, 
Coronilla Securidaca, Ebenus cretica, Scorpiurus su/cala, Astraga- 
lus hamosus, Bisserrula Peleci'mus, Glycme Apios et Abrus, Tama- 
ri?idus indica, Mimosa nilotica, etc. 

(A suivre.) 



CHRONIQUE 



La Société mycologique de France a inauguré des séances régulières qui, 
avec les herborisations que dirige chaque semaine M. Boudier, son zélé et si 
sympathique président, ne pourront manquer d'avoir sur son développement la 
plus heureuse influence. Ces séances se tiennent le premier jeudi de chaque mois 
à l'Hôtel des Sociétés savantes, 28. rue Serpente, à Paris. 

La première a eu lieu le 5 avril. Elle a été ouverte par une allocution de 
M. Boudier qui a fait ressortir les avantages qui devaient résulter de ces réunions 
mensuelles. M. Patouillard a fait une communication sur des Champignons 
exotiques. M. Costantin a entretenu la Société d'un Botryospormm et des moyens 
de constituer par des cultures artificielles un herbier de Mucédinées. M. Le Breton 
a présenté quelques observations sur diverses espèces de Champignons des envi- 
rons de Rouen et sur le polymorphisme de certains Polypores. 

La deuxième séance s'est tenue le 3 mai. A la suite d'une circulaire adressée 
aux sociétaires par le bureau, un grand nombre de Champignons avaient été 
envoyés de différents points de la France, notamment de Nice, Autun, Fontaine- 
bleau ( Volvaria, Verpa, Gyromitra, Polyporus conckatus, etc.). M. Rolland a 
décrit trois Ascobolées nouvelles. M. Prillieux a annoncé la découverte de la 
forme parfaite du Black Rot, une Sphériacée à rattacher aux Physalospora. Il a 
également présenté un échantillon de Blé du Brésil attaqué par une Puccinie dont 
les ravages ont dû faire renoncer dans ce pays à la culture de cette céréale. M. 
Costantin a fait ensuite une communication sur la fasciation des Mucédinées. 



L'Académie des sciences a élu membres correspondants dans la section de 
Botanique M. Masters, de Londres et M. Treub, de Batavia. 



Encouragé par le succès qu'a obtenu la publication du Sylioge Fungorum de 
M. Saccardo, M. de Toni, assistant à l'Institut botanique de l'Université de Pa- 
doue, rédacteur de la revue algologique Notarisia, se propose de publier un 
Sylioge Algarum omnium hucusque cognitarum, où seront reproduites textuel- 
lement et dans un ordre systématique, toutes les diagnoses d'Algues disséminées 
dans un grand nombre de livres, de mémoires ou de notes qu'il est souvent fort 
difficile de se procurer. Dans ce but, M. de Toni fait appel au zèle scientifique 
des auteurs, en les priant de vouloir bien, autant que possible, lui adresser 
deux exemplaires de chacun de leurs ouvrages. Le Sylioge Algarum paraîtra 
par volumes grand in-8°, au prix de un franc par feuille d'impression. La publica- 
tion en sera commencée très prochainement. 

Le Gérant .• Louis Morot. 



farta. — I. Herse*, hnp.. 22. p4. beofert- Reckerean. 



2* ANNÉE N' 13 1" JUILLET 1888 

JOURNAL DE BOTANIQUE 



Directeur : M. Louis MOROT 



SUR UN FIGUIER A FRUITS SOUTERRAINS 

Par M. Ed. BUREAU 

Les magnifiques collections botaniques recueillies dans le 
Yunnan (Chine) par M. l'abbé Delavay ne renferment que deux 
Figuiers. Ce petit nombre n'a rien dont on doive s'étonner. En 
songeant aux localités froides et élevées où herborise cet habile 
et courageux botaniste, on devrait plutôt être surpris qu'il y 
puisse croître un seul représentant du genre Ficus, si l'on ne 
savait que, dans les vallées des hautes chaînes de montagnes 
situées dans les pays chauds, les effets de la latitude peuvent 
fort bien se faire sentir. 

Malgré le petit nombre des Figuiers du Yunnan, une des 
deux espèces présente un réel intérêt : elle me paraît nouvelle 
et offre des caractères assez anomaux. En voici la diagnose et 
la description. 

Diagn. Ficus repens ramis radicantibus, semi-subterraneis ; foliis 
obovato-ellipticis, sinuato-dentatis, scabris; receptaculis subterraneis, 
globosis; floribus masculis superioribus, perigonio tubuloso, limbo bi- 
lobato, staininibus duobus ; femineis perigonio tripartito v. 2-phyllo, 
ovario stipitato, stylo laterali, stigmate truacato, leviter concavo. 

Habitat in collium saxosorum latere septentrionem siraul et orien- 
tem spectante, supra lacum Lon Kong provincise Yunnanensis imperii 
Sinarum, ubi medio mense Maio flores et fructus immaturos gerentem 
speciem legebat cl. Delavay. 

Descr. Arbuscula repens. Rami radicantes, majores pennâ anse- 
rinâ paululum crassiores. Ramuli tenues, ascendentes, pubescentes 
pilis inaequilongis, latérales brèves, terminales breviores flexuosi. 
Folia alterna, parva. Petiolus gracilis, 5-20 millim. longus, iisdem pilis 
ac ramuli pubescens. Limbus 15-30 millim. longus, 10 15 millim. la- 
tus, obovato-ellipticus, basi obtusus vel subcordatus, apice acutus vei 
subobtusus, apiculatus, marginibus sinuato dentatus, pagina utrâque 



2i 4 JOURNAL DE BOTANIQUE 

scaberrimus, penninervis, nervis secundariis aliis majoribus ex utro- 
que nervi medii latere 6-7, patentibus, ab ortu rectis, exterius curyis 
et prope marginem arcuatim junctis, cluobus inferioribus magis obli- 
quis, aliis minoribus interpositis, omnibus anastomosantibus etinreticu- 
lum venularura distinctissimum desinentibus, nervis venulisque omnibus 
supra depressis, infra valde promihentibus. Stipulai geminae, triangu- 
lari-lanceolatse, acutissimae, scariosae, glabrœ, parallelinerves, nervo 
medio majori, foliis delapsis adhuc persistentes. Receptacula solitaria, 
globosa, sub lente brevissime et discrète puberula, pedunculata, flori- 
fera 10-15 naillim. diam. ; fructiferà (ex. cl. Delavay) mali dicti d'api 
crassitudine, rosea vel rubra, edulia. Os apicis bracteis triangularibus 
obtusis subocclusum. Pedunculus 5millim. circiter longus, basi et apice 
bracteis aliquot latis subtriangularibus applicatis onustus. Flores mas- 
culi sessiles, tertiam et imo dimidiam fere superiorem partem faciei in- 
terioris receptaculi tegentes; singuli in axilla bracteae latre, concavae, 
ovato-ellipticae, apice subacutae insidentes. Perigonium magnum, te- 
nuissimum, pellucidum, glabrum, tubuloso-oblongum, stamina arcte 
involvens, apice bilobatum, lobis semirotundatis, late imbricatis. Sta- 
mina 2 inclusa, lobis perigonii opposita. Filamenta brevia, basi con- 
riata. Antherae quam filamenta longiores, basifixae, ellipticae, obtusae, 
biloculares, introrsae, loculo nempe quoque prie centrum floris in lon- 
gitudinem fisso, altéra ad alteram perigonii Cingentis causa facie in-' 
teriore applicatae, sed non cohoerentes. Flores feminei dimidiam sal- 
tem inferiorem partem faciei interioris receptaculi tegentes, ebracteati. 
Perigonium plerumque trifidum, lobis inaequilongis, triangulari-lanceo- 
latis, acuminatis, intcrdum 2-phyllum sepalis minimis lanceolatis acu- 
minatis vel acutis bracteas mentientibus. Ovarium subglobosum, sti- 
pîtatum. Stylus lateralis. Stigma truncatum, leviter concavum. Ovulum 
anatropum, sub styli basi insertum, pendulum. Achaenium globosum, 
stipitatum, stylo persistenti a latere auctum. Semen (immaturum) pen- 
dulum. 

Ce Figuier porte dans les collections de M. l'abbé Delavay le 
ri? 2666 et est accompagné des indications suivantes : « Tiges 
« rampantes, radicantes, à demi-souterraines. Fruits souterrains- 
ce de la grosseur et de la forme d'une pomme d'api, roses ou 
« rouges, comestibles. Les Chinois appellent ces Figues Ti 
« Koua (courge de terre). » 

Il est assez remarquable que les tiges soient à demi souter- 
raines et les fruits tout à fait souterrains. Cela peut tenir, soit à 
la position des figues, qui seraient sur les rameaux les plus en- 
foncés en terre, soit à un changement de direction se produisant 



Ed. Bureau. — Sur un Figuier a fruits souterrains . 215 

pendant la maturation et ayant pour résultat de cacher le fruit^ 
sous le sol, comme cela a lieu pour le Trifolium sîtbterraneuui 
L. et pour X Avachis hypog^ea L. Des observations ultérieures 
nous renseigneront saris doute à cet égard. 

Cette espèce ne rentre bien dans aucun des cinq sous-genres 
(Urostigma, Erythrogyne, Synœcia, Eusyce et Covellia) entre 
lesquels se trouvent répartis, d'après la classification admise 
par Miquel, les Ficus de l'Ancien Monde. Ses fleurs mâles à 
deux étamines l'écartent des Urostigma et des Covellia, dont 
les fleurs mâles sont monandres. Ces mêmes fleurs bien séparées 
des fleurs femelles, et non pas mêlées avec ces dernières, ne'pe'r- 
mettent pas de la rapprocher des Synœcia. On ne peut songer 
davantage à la joindre aux Eryl/irogyue, dont le périanthe 
femelle est à 2-3 divisions rouges et charnues. On se trouve donc 
conduit par exclusion à placer le Ficus Ti-Koua parmi les 
Ettsyce; mais il faut reconnaître qu'il ne pourra y rester que 
si l'on modifie la caractéristique de ce sous- genre. En effet, 
le stigmate tronqué de l'espèce nouvelle s'écarte des formes; 
connues dans les Ettsyce, et ressemble au contraire à celui de 
quelques Urostigma, tels que X U . lutettm Miq. ; le périanthe de 
ses fleurs mâles, en forme de sac ou de manchon embrassant et 
contenant les étamines, paraît lui être spécial et ne se retrouve, 
à ma connaissance, pas plus daris les Ettsyce que dans les autres 
sous-genres. La réduction du périanthe des fleurs femelles rap- 
pelle plutôt les Covellia. Le F. Ti-Koua est donc une espèce 
de transition ; car elle réuriit des caractères qui jusqu'ici apparte- 
naient à des sous-genres différents ; mais elle a de plus des carac- 
tères qui lui sont propres. C'est seulement dans une révision 
générale du genre Ficus que Ton pourrait apprécier la valeur de 
ces traits d'organisation et en tirer convenablement les consé- 
quences au point de vue du classement. Ce que l'on peut entre- 
voir pour le moment, c'est que, si le .F. Ti-Koua ne devient pas 
le type d'un sous-genre, il exigera vraisemblablement la forma- 
tion d'une section ou d'une sous-section. 

Le F. ssemocarpa Miq., du Sikkim et de la Birmanie, paraît 
aussi 1 d'après un échantillon de l'herbier du Muséum, avoir des 
réceptacles naissant sur des rameaux enracinés; mais c'est un 
Vf ai Covellia , à feuilles opposées et lancéolées, qui ,n'a aucune 
ressemblance avec le F. Ti-Koua. Celui-ci rappelle un peu l'as- 



2i6 JOURNAL DE 30TANIQUE 

pect des rameaux stériles du F. pumila L., avec lequel ses 
feuilles dentées et très scabres rendent, du reste, même en l'ab- 
sence des réceptacles, toute confusion impossible. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE VII 



6. — 

7- — 

8. — 

9- — 

io. — 



Ficus Ti-Koua n. sp. 

Port de la plante. 

Coupe longitudinale du réceptacle. 

Fleur mâle à l'aisselle de sa bractée. 

Fleur mâle avec les deux lobes du périanthe artificiellement écartés. 

Coupe longitudinale de la fleur mâle, montrant les deux étamines 
opposées aux lobes du périanthe et soudées par la base de leurs 
filets. 

Anthère vue par sa face interne. 

Fleur femelle. 

Périanthe de cette même fleur, tripartit, à divisions de longueurs 
différentes. 

Jeune fruit. Un périanthe de deux sépales très petits ressemblant à 
des bractées entoure la base du podogyne. 

Coupe longitudinale du même jeune fruit passant par le point d'at- 
tache de la graine. 



FRAGMENTS MYCOLOGIQUES 

(Suite.) 
Par M. N. PATOUILLARD 

Espèces nouvelles de Champignons. 

Ptychogaster efïusus Pat. nov. sp. — Couche épaisse 
de 1-2 millimètres, pulvérulente, jaune crème, 
étalée à la surface du bois en forme de plaques 
© irrégulières atteignant deux ou trois centimè- 
tres de longueur. Elle est formée d'hyphes 
incolores, rameuses, septées, terminées par 
des bouquets de conidies souvent disposées 
en chapelets. Ces conidies sont ovoïdes et api- 
culées à une extrémité, ou subglobuleuses, 
ou encore très allongées (10-14X8-12^). 

Comme le montre la figure ci-jointe, l'as- 
pect et la disposition des conidies, ressemblent 
exactement à ce qu'on observe dans les formes primordiales des 




Ptychogaster effusus. 
Conidies. 




N. Patouillaed. — Fragments mycolo giqnes : 217 

Polypores réunies sous le nom de Ptychogaster ; aussi nous n'hé- 
sitons pas à placer notre plante dans ce même groupe à côté 
de P. citrinus Boud. 

Sur du bois dénudé et pourri. Yun-nan (abbé Delavay). 

Uncinula Delavayi Pat. nov. sp. — Périthèces globuleux, 
noirs ou roussâtres (100-130^); ap- 
pendices peu nombreux (10-12), fili- 
formes, hyalins, simples, contournés 
en crosse à l'extrémité et d'une lon- 
gueur sensiblement égale au diamètre 
des périthèces. Thèques ovoïdes ob- 
tuses (60X32/ 7 -), atténuées en un stipe 
très court, à 6 spores. Spores incolo- 
res, ovoïdes, contenant une ou deux 
gouttelettes internes (20-22X8-10/^). 

En troupes nombreuses à la face 
inférieure des feuilles d'un Aila*ms. u ^?^^- a ^.f£^ 
Yun-nan (abbé Delavay). c - Un a PP endice très g rossi - 

Les périthèces ne sont pas entourés de mycélium. 

Erysiphe Populi Pat. nov. sp. — Mycélium ténu formant 
des taches blanches. Pé- „ 
rîthèces globuleux, d'a- 
bord jaunes, puis noirs 
(130/* de diamètre). Ap- 
pendices nombreux, in- 
colores , rayonnants , 
simples, droits, d'une 
longueur égale au dia- 
mètre des périthèces. 
Thèques subglobuleu- 
ses (60X50^), pédicel- 

IéeS au nombre de 8-12 Srysi/>he Pofuli. — a. Un périthèce avec ses appendices. 
' — b. Thèque. — c. Spores. — d. Un nppendice grossi. 

par périthèce et conte- 
nant chacune 6 à 8 spores. Spores ovoïdes, incolores, obtuses 
aux extrémités (25X8-10/*). 

A la face supérieure des feuilles du Popuhis Tremula. Yun- 
nan (abbé Delavay). 

Rosellinia Puig-garii Pat. nov. sp. — Périthèces globu- 
leux, noirs bruns, ternes ou luisants (2-3 millim. de diamètre), 




ii 8 JOURNAL DE BOTANIQUE 

'atténués à la base en un stipe épais et court (i militai.), épars 

ou accolés par le stipe ; ostiole conique 
très saillante, non marginée. Subiculum 
formé par une matière brune, grume- 
leuse, étendue entre les périthèces et les 
entourant parfois jusqu'au milieu de leur 
hauteur. Thèques très longuement stipi- 
tées (250X8-10/*), cylindracéeSj obtuses 
au sommet, à 8 spores unisériées. Point 
amyloïde bleuissant par l'eau iodé, 

grand, nat. — b. Sommet d'une OVOÏ'de (l2X8. u ). ParaphySeS filiformes, 
thèque. — c. Spores. v # . , 

peu distinctes. Spores brunes, allongées 
(32-40X8-10^), atténuées aux extémités, entourées d'une gaine 
muqueuse hyaline. 

Sur le bois pourri. Apiahy (Brésil.). Coll. Puiggari. 

{A suivre.) 




Rosellinia Puiggarii. — a. Port, 



LE JARDIN DES PLANTES EN 1636 

(Fin.) 
Par M. Ernest ROZE 

Si l'on ajoute à ces diverses listes celle des plantes parisiennes que 
nous avons marquées d'un astérique dans le Catalogue de J.Cornuti(i), 
et un assez bon nombre de végétaux désignés pour les usages phar- 
maceutiques et provenant de divers pays, en particulier des jardins 
botaniques de l'Italie ou de celui de Montpellier, on se représentera 
assez bien l'ensemble des premières cultures du Jardin des plantes 
médicinales. Mais l'étude du catalogue de Guy de la Brosse offre un 
autre intérêt, c'est de permettre d'y constater certaines omissions assez 
instructives par elles-mêmes. Ainsi, c'est d'abord le Faux-Acacia dont 
le premier arbre, planté dans le Jardin par Vespasien Robin en 1635, 
par conséquent trop jeune encore pour figurer dans le Catalogue de 
• 1636, a néanmoins survécu et, témoin vivant de deux siècles et demi, 
semble défier encore l'action meurtrière du temps. C'est ensuite le 
Lilas que G. Bauhin venait seulement quelques années auparavant de 
faire connaître. C'est enfin la Pomme de terre, qui cependant, depuis 
près d'un demi-siècle, avait été déjà introduite en Angleterre et dans 
les Pays-Bas. On trouverait aisément d'autres omissions à signaler, 
mais elles nous entraîneraient trop loin. D'un autre côté, et tout en 



1. Journal de Botanique (1888). 



E. Roze. — Le Jardin des Plantes en 1626. 219 

nous en tenant à ces trois végétaux si répandus aujourd'hui, il ne sera 
peut-être pas sans intérêt de consigner ici quelques témoignages de 
l'extension qu'ils avaient prise, un siècle après, aux environs de Paris. 
Nous relèverons ces témoignages : i° dans le Schola botanica sive Ca- 
talogus plantarum quas ab aliquot annis in Horto regio parisiensi 
studiosis indigitavit J. Pitton Tour nef or t, publié en 1689 et attribué 
à W. Sherard; 2° dans le Botanicon parisiense de Vaillant, édité par 
Boerhaave en 1727 ; et 3 dans l'ouvrage déjà cité de Fabregou, paru 
en 1740. 

Le Faux-Acacia figure dans le Schola botanica sous le nom 
& Acacia americana Robini Cornuti. Vaillant, dans le Botanicon, dit 
« qu'il cite le Pseudo-Acacia vulgaris Inst. parce qu'il l'a trouvé en 
campagne. Il faut donc nommer cet arbre, ajoute- t-il, afin que les 
Ecoliers qui le trouvent le puissent connaître. » Fabregou rappelle que 
les premiers pieds de l'Acacia d'Amérique ont été élevés au Jardin 
des plantes par Vespasien Robin qui en reçut le premier la semence : 
il le signale au jardin du Roy, rue Saint-Marrin, autour de Vaugirard, 
à Saint Cloud et presque dans tous les environs de Paris. 

Le Lilas et sa variété blanche et le Lilas de Perse figurent dans le 
Schola botanica. Vaillant les a également inscrits dans son Botanicon 
et dit que les premières remises ou taillis de la Plaine de Grenelle en 
sont remplies. D'après Fabregou, on cultivait le Lilas dans les jardins 
à cause de la beauté de sa fleur, et tous les jardins et bosquets des 
environs de Paris le possédaient. 

Quant à la Pomme de terre, on la trouve citée dans le Schola bota- 
nica sous les noms de Solanum tuberosum esculentum G. Bauhin et 
Papas americanum J. Bauhin (Truffe rouge). Elle est simplement si- 
gnalée comme une plante d'usage dans le Botanicon de Vaillant. Mais 
Fabregou parle des tubercules de la Pomme de terre « qui sont, dit-il, 
gros comme des poires, de figures inégales, charnus, rougeâtres en 
dehors (1), blancs en dedans, d'un goût doux et agréable, approchant 
quand ils sont cuits de celui de l'Artichaut . On les accommode, ajoute- 
t-il, de diverses manières pour les manger : il y a des Provinces où on 
relève leur goût par quelque gousse d'ail. 

Pour en revenir au Jardin des plantes, on pourrait encore se deman- 
der dans quel ordre les végétaux que l'on y cultivait s'y trouvaient instal- 
lés. Or, la description que donne Guy de la Brosse nous apprend que les 
plantes n'y étaient pas classées, mais réunies par catégories utilitaires ou 
par stations naturelles, aquatiques ou bocagères, ce qui du moins de- 
vait en faciliter la culture.. Il est probable que cette disposition générale 

" 1. On remarquera qu'il n'est question que de la Pomme de terre rouge et non 
de la jaune. 



220 JOURNAL DE BOTANIQUE 

du Jardin a dû être conservée par les successeurs de Guy de la Brosse 
qui ont été, comme intendants, les archiâtres Cousinot, Vautier et 
Vallo', puis Colbert, Louvois, de Villacerf et enfin Fagon. Ce dernier 
s'adjoignit, en 1683, Tournefort comme professeur de botanique. Or, 
depuis un demi-siècle, le nombre des plantes de toutes sortes, cul- 
tivées dans le Jardin, s'était grandement accru, puisqu'on l'évaluait 
alors à près de quatre mille. Aussi, pour l'esprit de classification de 
Tournefort, que de sujets d'étude, que de comparaisons à établir, que 
de rapprochements à effectuer! C'est sur le terrain même, du reste, 
qu'il parvint à jeter les premières bases de son système ; car nous trou- 
vons dans \eSchola botamca(i6 { èç)) un arrangement nouveau du Jardin, 
où se retrouvent assez bien réparties dans les vingt-deux classes de son 
système, publié seulement en 1694 dans les Eléments de botanique, 
toutes les plantes qui y étaient alors cultivées (1). La distribution de 
ces plantes dans le Jardin, rappelant ainsi la classification de Tourne- 
fort, ne paraît avoir été à son tour abandonnée qu'en 1773, lorsque 
Laurent de Jussieu fit replanter l'école de botanique d'après la Méthode 
naturelle, qu'il ne fit d'ailleurs connaître définitivement qu'en 1789, 
après s'être également servi, dans les plate-bandes mêmes, de la com- 
paraison des végétaux vivants, pour en étudier plus nettement les rap- 
ports et les affinités . On sait que cet ordre de choses ne fut modifié 
qu'en 1824 par Desfontaines et en 1850 par Ad. Brongniart. Quoi qu'il 
en soit, ce n'est pas une des moindres gloires du Jardin des plantes 
d'avoir ainsi périodiquement permis de découvrir, par des cultures 
appropriées et pour ainsi dire à l'aide des végétaux eux-mêmes, systé- 
matiquement groupés, les principes rationnels de leur classification. 



NOTICE SUR JULES-EMILE PLANCHON 

Par M. Louis MOROT 

N'ayant pas l'autorité nécessaire pour retracer, comme il con- 
viendrait, la vie si bien remplie de M. Planchon, dont ce journal 
annonçait dernièrement à ses lecteurs la mort inopinée, j'ai dû 
me borner à un résumé succinct dans lequel on voudra bien voir 
un faible hommage rendu à un grand savant et à un homme de 
bien. 

Jules-Emile Planchon, né en 1823, a commencé ses études 

1. Boerhaave nous apprend, dans la préface du Botanicon parisiense, qu'en 
1692, Séb. Vaillant apportait souvent des plantes de la campagne qui manquaient 
au Jardin, et qu'il les plaçait chacune selon son genre à la réquisition de Tour- 
nefort qui les démontrait aux étudiants. 



L. Morot. — Notice sur Jules-Emile Planchon. 221 

botaniques à Montpellier, sous la direction de Dunal, Auguste 
de Saint-Hilaire et Delile. Doué d'un ardent amour du travail, il 
conquit à 21 ans le grade de docteur es sciences, en même temps 
qu'il poursuivait ses études médicales et pharmaceutiques. 

De 1844 à la fin de 1848, il s'occupa de l'arrangement de l'im- 
mense herbier de M. Hooker, directeur du ]ardin royal de Kew. 
Il trouva, dans cette position, l'occasion de se familiariser avec 
les diverses formes de la végétation du globe, ce qui lui permit 
d'aborder la solution d'un certain nombre d'intéressants pro- 
blèmes de botanique philosophique. 

En I849, il devint professeur de Botanique, de Zoologie et 
d'Horticulture théorique à l'Institut horticole du gouvernement, 
à Gand. En même temps il collabora à la publication du Journal 
des serres et des jardins de l'Eitrope dirigé par Van Houtte, re- 
cueil dont il est resté jusqu'en 1881 l'un des principaux rédac- 
teurs. Il dirigea aussi avec J. Linden, Luddmann et Reichembach, 
le Pescatorea, publication de luxe éditée à Bruxelles, les années 
1854 et suivantes. 

Après avoir professé quelque temps à la Faculté des sciences 
de Nancy, il vint recueillir à celle de Montpellier la succession 
de son maître, Dunal, et enfin, en 1881, il passa à la Faculté de 
médecine de cette même ville, et prit à cette époque la direction 
du Jardin des plantes. 11 était en même temps professeur à l'Ecole 
supérieure de pharmacie. 

Nommé chevalier de la légion d'honneur en 1866, associé 
étranger de la Société linnéenne de Londres, correspondant de 
l'Académie de médecine, il était, depuis 1872, correspondant de 
Flnstitut dans la section de botanique. 

L'oeuvre scientifique d'Emile Planchon est considérable. On 
a de lui notamment la monographie des Simaroubées, des Gutti- 
fères, des Ampélidées, des travaux sur la flore de la Colombie, 
de la Nouvelle-Grenade, et un très grand nombre de mémoires 
et de notes sur la Botanique systématique et la géographie des 
plantes. 

Je n'aurais garde d'oublier ses recherches sur le Phylloxéra, 
poursuivies avec une ténacité si remarquable, recherches qui 
constituent un de ses plus beaux titres de gloire et lui ont mérité 
la reconnaissance des populations agricoles du Midi de la France. 
Lorsque, en 1 869, la Société d'agriculture de l'Hérault fut appelée 



222 JOURNAL DR BOTANIQUE 

en Provence pour y étudier la maladie nouvelle qui devait ruiner 
les vignobles méridionaux, il fit partie de la Commission qui, la 
première, découvrit la cause du mal. C'est à combattre l'invasion 
du Phylloxéra, puisa réparer les désastres produits par ce fléau 
qu'il consacra la meilleure partie de ses dix-huit dernières 
années ; c'est à lui que l'on doit principalement l'introduction en 
France des Vignes américaines, à la suite d'une mission qu'il 
remplit en Amérique. 

Travailleur infatigable, il promettait de donner encore beau- 
coup à la science. Mais le i cr avril dernier, après une soirée 
passée au milieu des siens, la mort est venue le saisir à l'impro- 
viste, le ravissant brusquemement à l'affection de sa famille et de 
tous ceux qui, ayant eu l'occasion de l'approcher et de le con- 
naître, étaient devenus autant d'amis. C'était, en effet, un homme 
d'une remarquable bienveillance, universellement aimé, et on 
peut dire que sa mort a laissé un grand vide dans la ville de 
Montpellier. 

Je termine cette notice par la liste des publications botaniques 
d'Emile Planchon, liste pour laquelle M. le D r L. Planchon, son 
fils, a eu l'obligeance de me fournir de précieux renseignements. 
Je me suis efforcé de rendre cette énumération la moins incom- 
plète possible; toutefois j'ai laissé systématiquement de côté la 
presque totalité des notes relatives à la question du Phylloxéra, 
et les descriptions, au nombre de plusieurs centaines, d'espèces 
nouvelles ou intéressantes pour l'Horticulture, publiées dans la 
Flore des serres. • 

LISTE DES PUBLICATIONS BOTANIQUES DE J. E. PLANCHON 

Sur le genre Godoya et les Ochnacées. — Hooker's London Journ. of Bot:, 

,-* '59P-i 2 P'm in- 
observations sur le genre Aponogeton, et sur ses affinités naturelles. — 

. Ann. des Se. nat., Bot. 3 e s., t. I, p. 107; 1844. 

Description of a new species of the genus Eudema. — Hooker's London 
Journ. of Bot., 2 p. avec fig., t. III; 1844. 

On a new british species of Heliauthemum. — Hooker's London Journal 
of Botany, 2 p. in-8, 1 pi., t. III; 1844. 

Sur les développements et les caractères des vrais et des faux arilles; suivi 
de considérations sur les ovules de quelques Véroniques et de VAvî- 
cennia (Thèse pour le doctorat ès-sciençes naturelles). — 53 p. in-4, 3 pi., 
Montpellier, chez Bœhm, 1844. (La première partie de ce mémoire a 



L. Morot. — Notice sur Jules Emile Planchon. 223 

•-été reproduite dans les Annales des Sciences naturelles, Bot. '3 e s. 

t. III, p. 275; 1845). 

'Description de deux genres nouveaux de la famille des Euphorbiacées 

•- {Stackystemon et Bertya). — Hooker's London Journ . of Bot., t.; IV, 

p. 471; 1845. 

Sur les affinités des genres Henslovia Wall., Raleighia Gardn., et Alâatea 

Ruiz et Pav. — Hooker's London Journ. of Bot., t. IV, p. 474; I &45' 
Description d'un nouveau genre de la famille des Diosmées {Rabelaisià) . 

— Hooker's London Journ. oj Bot., t. IV, p. 519; 1845. 
Description d'un genre nouveau (Purdiaza), voisin du Cli/touia, avec des 
~- observations sur les affinités des Saurauja, des Sarracenia et du Sta- 

chyurus. — Ann. des Se. natur. Bot., 3 e s., t. VI, p. 123; 1846. — Hoo- 
ker's London Journ. of Bot., t. V, p. 250; 1846. 
Sur le genre Godoya et ses analogues, avec des observations sur les limites 
des Ochnacées, et une revue des genres et des espèces de ce groupe. 

— Ann. des Se. nat. Bot., 3 s., t. VI, p. 247; 1846. 

.Sur la famille des Simaroubées. — Hooker's London Journ. of Bot., t. V, 

p. 560; 1846. 
"Observations sur V Amoreuxia DC. et description des nouveaux genres 

Roucheria et Lobbia. — Hooker's London Journ. of Bot., t. VI, p. 13g", 

1846. 
' Sur là nouvelle famille des Cochlospermées. — Hooker's London Journ. 

of Bot., t. VI, p. 294; 1847, 
*^>ùr deux espèces de Lin confondues sous le nom de Lin usuel. — Bull, de 

la Soc. d'Agric. de l'Hérault, 1847. 
* Sur la famille des Linées. — Hooker's London Journ. of Bot., t. VI, p. 588 j 

1847; et t. VII, p. 165, 473, 507; 1848. 
Synopsis specierum Anacharidis et Apalanthes. — Annals of natural His- 

tory, ser. 2, vol. I, p. 81, 1848, et Ann. des Se. nat., Bot., 3 e s. t. XI, 

P- 73; l8 49- 
Sur l'ovule et la graine des Acanthes. — Ami. des Se. nat. Bot., 3 e s., 

t. IX, p. 72; 1848. 
Sur la famille des Droséracées. — Ann. des Se. nat., Bol., 3 e s., t. IX, 

p. 79, i85, 285-, 1848. 

Sur la famille des Salvadoracées. — Compt. rend, de l'Acad. des Se, 

t. XXVII, p. 367, et Ann. des Se. nat., Bot., 3 e s., t. X, p. 189; 1848. 

Sûr les Ulmacées (Ulmacées et Celtidées de quelques auteurs), considérées 

. comme tribu de la famille des Urticées. — Ann. des Se. nat., Bot., 3 e s., 

•', t. X, p. 245; 1848. 

Remarks on the European Species of Ulmus. — Phytologist, III, p. 34; 

1848. 
Notice sur la vie et les travaux de J. B. van Mons. — Flore des serres, t. V, 
" " "1849. 
Notice sur la vie et les ouvrages botaniques de St. L. Endlicher. — Flore 

des serres, t. V, p. 441 ', 1849. 
Notice nécrologique sur Georges Gardner. — Flore des serres, t. V, 
P- 4775 1849. 



22 4 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Notice sur la vie et les travaux de W. Griffith. — Flore des serres, t. V, 

1849. 
Observations sur les Ulex et description d'une nouvelle espèce de ce 

genre commune à la Bretagne et à la région Sud-Ouest de l'Angleterre. 

— Ann. des Se. nat., Bot., 3 e s., t. XI, p. 202, 1 pi.; 1849. 

Sur les affinités de VOphyocaryon paradoxum Schomb. — Flore des serres, 

t. V, 1849. 
Les Rhododendrons de l'Inde continentale et insulaire. — Flore des serres, 

t. V, 1849. 
On Meliantheas, a new natural order of plants, proposed and defined. — 

Linn. Soc. Froc, I, p. 361; 1849, et Linn. Soc. Trans., XX, p. 403; 

185 1. 
Essai monographique d'une nouvelle famille de plantes proposée sous le 

nom d'Ancistrocladées. — Ann. des Se nat., Bot., 3°s., t. XIII, p. 316; 

1850. 
Prodromus monographiae ordinis Connaracearum. — Linnsea, XXIII, 

p. 411, Halle, 1850, 
La Victoria regia, au point de vue horticole et botanique, avec des consi- 
dérations sur la structure et les affinités des Nymphéacées. — Flore des 

sertes, t. VI, p. 193; 1850; et t. VII, p, 25; 1851. 
Des limites de la concordance entre les formes, la structure, les affinités 

des plantes et leurs propriétés médicinales (Thèse pour le doctorat 

en médecine). 56 p. in-8. Montpellier, chez Bœhm, 185 1. 
Qnelques mots sur les Yucca, les Agave, les Furcrasa et les Dasylirium. 

Flore des serres, t. VII, p. 2; 1851. 
Nouveaux détails sur la synonymie des plantes connues sous le nom de 

Dracœna et de Cordyline. — Flore des serres, t. VI, p. 131; 1851. 
Description d'un nouveau genre (Stenomeris) du groupe des Thismiées. 

— Ann. des Se. nat., Bot., 3 e s., t. XVIII, p. 319; 1852. 

Note sur le Pyrola rotundifolia, var. arenaria Koch. — Ann. des Se. nat., 

Bot., 3 e s., t. XVIII, p. 379; 1852. 
Quelques mots sur les inflorescences épiphylles à l'occasion d'une espèce 

nouvelle ftErythrochiton. — Mém. de l'Acad. Stanislas, Nancy, 

p. 403; 1852. 
Études sur les Nymphéacées. — Ann. des Se. nat., Bot., 3 e s., t. XIX, 

P- 17; 1853. 
Enumération succincte ces espèces de la famille des Nymphéacées. — 

Revue horticole, 1853. 
Praeludia Florse Columbianae ou matériaux pour servir à la partie botanique 

du Voyage de J. Linden (En collaboration avec Linden). — Ann. des 

Se. nat., Bot., 3 e s., t. XIX, p. 74; 1853. 
Notice sur Aug. de Saint-Hilaire. — Flore des Serres, t. IX, 1853. 
Affinités et synonymie de quelques genres nouveaux ou peu connus. — 

Ann. des Se. nat., Bot., 4 e s., t. II, p. 256, 1854, et t. III, p. 292, 1855. 
Esquisse d'une monographie des Araliacées. (En collaboration avec 

J. Decaisne). — Revue horticole, 1854. 
Histoire botanique et horticole des plantes dites Azalées de l'Inde. — 



L. Morot. — Notice sur Jules-Emile Planchon. 225 

Revue horticole, i or et 16 février 1854. — Flore des Serres, t. XXIII, 

p. 230; 1880. 
Sur la végétation spéciale des dolomies dans les départements du Gard et 

de l'Hérault. — Bull. Soc. bot. de France, t. I, p. 218; 1854. 
Sur la végétation des terrains siliceux dans les départements du Gard et 

de l'Hérault. — Bull. Soc. bot. de France, t. I, p. 351; 1854. 
Des Hermodactes au point de vue botanique et pharmaceutique. — Ann. 

des Se. nat., Bot., 4° s., t. IV, 1 pi. ; 1855. 
Note sur le faux arille de la noix muscade. — Bull. Soc. bol. de France, 

t. II, p. 677; 1855. 
Sur les rapports de la structure florale des Santalacées, Olacinées, Loran- 
. thacées et Protéacées. (En collaboration avec J.Decaisne). — Bull. Soc. 

bot. de France, t. II, p. 86; 1855. 
Les Lobéliacées de l'Amérique centrale. (En collaboration avec Œrsted). 

— Videnskabelige Meddelelser fra den naturhistoriske Foreming i 
Kjoebelhavn, p. 152 ; 1857. 

Rapport sur l'herborisation dirigée par lui, le g juin, au Pic de Saint-Loup. 

— Bull. Soc. bot. de France, t. IV, p. 588; 1857. 

Rapport sur l'herborisation dirigée par lui, le 1 1 juin, à Saint-Guilhem-du- 

Désert. — Bull. Soc. bot. de France, t. IV, p. 601 ; 1857. 
Quelques mots sur l'origine du Styrax calamité des anciens. — Bull. Soc. 

. bot. de France, t. IV, p. 658; 1857. 
Sur l'hybridation des Mgilops. — Bull. Soc. bot. de France, t. IV, p. 573, 1857 ; 

. t. V, p. 448, 1858. 
Sur une nouvelle espèce de Clypeola appartenant à la flore de France. — 

Bull. Soc. bot. de France, t. V, p. 494; 1858. 
Sur le parasitisme de YOsyris alba. — Bull. Soc. bot. de France, t. V, 

p. 445; 1858, et Compt. rend, de l'Acad. des Sciences, t. XLVII, 

p. 164; 1858. 
Hortus Donatensis. Catalogue des plantes cultivées dans les serres de 

S. Exe. le prince A. de Démidoff, à San Donato près Florence. — 

In-4 de XXIX et 255 pag., avec un atlas in-fol. de 6 planches, Paris, 

1858. 

Mémoire sur la famille des Guttifères. (En collaboration avec M. Triana). — 

Ann. des Se. nat., Bot., 4 e s., t. XIII, p. 306, 2 pi., 1860; t. XIV, 

p. 226, 4 pi., 1860; t. XV, p. 240, 1861; t. XVI, p. 263, 1861. 
Sur la famille des Guttifères. (En collaboration avec M. Triana). — Bull. 

Soc. bot. de France, t. VIII, pp. 26, 66, 965 1861. 
La vraie nature de la fleur des Euphorbes expliquée par un nouveau 

genre d'Euphorbiacées. — Bull. Soc. bot. de France, t. VIII, p. 29; 1861. 
Les pseudospores des Fougères. — Compt. rend, de la 4^ session de la 

Société suisse des Se. nat., 1861. 
Réponse aux critiques de M. le Professeur Grisebach relativement aux 

genres Rheedia et Mammea. (En collaboration avec M. Triana). — Ann. 

des Se. nat., Bot., |4 C s., t. XV, p. 236; 1861. 
Note additionnelle à un travail d'A. Gris sur les téguments de la graine du 

Ricin. — Ann. des Se. nat., Bot.^ 4 e s., t. XVII, page 317, 1862. 



226 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Observations sur les Cistinées. \ — Bull. Soc.' L bot. de France, t. IX, 
p. 509; 1862. 

Prodromus Floral Novo-Granatensis,- ou énumération des plantes de la 
Nouvelle-Grenade, avec description des espèces nouvelles. (En colla- 
boration avec M. Triana). — Anti. des Se. nat., Bot., 4 e s., t. XVII, 
pp. 5 et 319, 1862; t. XVIII, p. 256, 1862 ; 5 e s., t. XIV, p. 286, 1872; 
t. XV, .p. 352, 1872; t. XVI, p. 361, 1873; t. XVII, p. m, 1873. 

Rapport sur la Canne à sucre .cultivée en plein air dans le jardin de M. le 
v Curé de Castelnau. — Ann. Soc. d'Hortic. de l'Hérault. 1862. 

Une excursion botanique au Mont Caroux près les ,bains de Lamalou 
• (Hérault). — Bull. Soc. bot. de France, t. LX, p. 578; 1862. 

Rapport sur l'herborisation faite le 8 juin au Pech-de-1'Agnel. — Bull, 
Soc. bot. de France, t. IX, p. 620; 1862., ' 

Notice sur la vie et les travaux de Jacques Cambessèdes. — Bull. Soc. bot. 
de France, t. X, p. 543; 1863. 

Sur les bractées des Marcgraviées. (En collaboration avec M. Triana). — 
.'■•Mém. de la Soc. impér. des Se. nat. de Cherbourg, t. IX, p. 69; 1863^- 

Note sur les fossiles de Meximieux. — Bull. Soc. Vaud., t. VI, p. -254, 
- Lausanne, 1864. 

Sur deux plantes confondues sous le nom de Pista-cia narbonensis. — 
. Bull, de la Soc. bot. de France, t. XI, p. XLVI; 1864. 

Note sur les observations faites au Jardin des Plantes de Montpellier pen- 
dant l'éclipsé totale de soleil du 18 juillet I860. (En collaboration avec 
M. G. Planchon. — Lausanne, Bull. Soc. Vaud., VII, pp. 149-152; 1864. 

Note sur la symétrie florale des Crucifères. — Bull. Soc. Vaud, t. VII, ' 
p. 410, Lausanne, 1864.  

De l'abus des moyennes thermométriques comme expression de la tempéra- ' 
ture dans ses rapports avec la végétation. — Congrès international- des 
hortictilteurs à Bruxelles, 1864. -  ' 

Sur la végétation des plateaux calcaires appelés Causses, et en particulier" 
"du plateau du Caylar. — Mém. Acad. Montpellier, t. VI, 1864-66. • 

Rondelet et ses disciples, ou la botanique à Montpellier auxvi 8 siècle. Dis- 
cours prononcé dans la séance solennelle de rentrée des Facultés et de 7 
l'École de pharmacie de Montpellier, le ij novembre 1865. — In-8 clé 
21 pages, Montpellier, 1866. (Tirage à part extrait du Montpellier mé- 
dical.') — Appendice en collaboration avec M. G. Planchon (Extrait du, 
Montpellier médical, 1866, tirage à p2rt, in-8 de 43 pages). 

Plantes à aires restreintes ou fractionnées. — Cougr. scientif de France^ . 
t. XXXIII, p. 296, 1866. 

Sur des fleurs anormales de la Vigne cultivée. — Ann. des Se. nat., Bot., . 
S s., t. VI, p. 228, 1 pi., 1866. 

Sur une monstruosité des ovaires du Cydonia vulgaris. — Bull . Soc. bot.., 
" de France, t. XIII, p. 234; 1866. 

Sur la floraison et la fructification de la Vigne. (En collaboration avec M. H. 
,Mar.ès). — Compt. rend, 'de l'Ac. dès Se., t. LXIV, p. 254; 1867. 

Des plantes à aires localisées ou disjointes dans la flore de Montpellier.— " 



L. Morot. — Notice sur Jules-Emile Planchon. 227. 

Annx de la Soc. d'hortic, et d'hist. tint, de l'Hérault, 2 e s., t. I, n° 1, 
p. 48; 1869. 

Pierre Richer de Belleval, fondateur du jardin des plantes de Montpellier. 
Discours prononcé à la séance solennelle de rentrée des Facultés et de 
l'Ecole supérieure de pharmacie,, le 15 novembre i86p, avec un Appen- 
dice coDiprenant les notes, et pièces justificatives. — In-8 de 72 p. , 1 pi. 
Montpellier; 1869. 

Des limites naturelles des flores et en particulier de la flore locale de Mont- 
pellier. — Actes du Congres scientifique de France ; 1871. 

Sur l'Orme épineux des Chinois (Hemiptelea Davidii Plarich.). — Comptes 
rend, de l'Acad. des Se, t. LXXIV, p. 131; 1872. 

Le Cratœgus Aronia Spach dans ses rapports avec l'Aubépine et l'Azero- 
lier d'Italie. — Compt. rend, de l'Acad. des Se, t. LXXIV, p. 673; 1S72. 

Sur la distribution géographique des Ulmidées ou Ulmacées proprement 
dites. — Compt. rend, de l'Acad. des Se., t. LXXIV, p. 1495; 1872. 

Monographie des Ulmacées. — Prodrome de De Candolle; 1873. 

Sur les espèces de Fritillaires de France, à propos des Icônes et d'un ma- 
- nuscrit inédit de Pierre Richer de Belleval. — Bull. Soc. bot. de France^ 
t. XX, p. 96; 1873. 

Le Phylloxéra et les Vignes américaines à Roquemaure (Gard).— Comptes 
rend, de l'Acad. des Se., t. LXXVIII, p. 1093; 1874. 

Les. Vignes sauvages des États-Unis de l'Amérique du Nord. — Bull. Soc, 
bot. de France, t. XXI, p. 107; 1874. 

Le. Phylloxéra en Europe et en Amérique. — Revue des Deux-Mondes ; 
1874. 

Le morcellement de l'espèce en botanique et le Jordanisme. — Revue des 
Deztx-Mondes, sept. 1,874.. 

U 1 Eucalyptus globulus . — Revue des Deux mondes ; 1875. 

Les Vignes américaines. — Gr. in-18 de 240 p., Montpellier et Paris (Delà-, 
baye); 1875. 

La question du Phylloxéra en 1876.  — Revue des Deux-Mondes; 1877. 

La maladie du Châtaignier dans les Cèvennes, — Compt. rend- de l'Acad. 
des Se, t. LXXXVII, p. 583; "1878. 

Lft Mildezv, ou faux Oïdium américain, dans les vignobles de France. — 
Compt. rend, de l'Acad. des Se., t. LXXXIX, p. 600; 1878. 

Le polymorphisme de YAgaricus mclleus Vahl. — Compt, rend, de l'Acad. 
des Se, t.-LXXXVIII, p. 65; 1878. 

Sur les principaux types de Vignes américaines. — Assoe franç.pour l'a- 
vancement des Sciences ; Montpellier, 187g. 

Excursion à l'Aigoual, distribution géographique des plantes. — Bull, de 
la Soc. languedocienne de Géographie ; 1879. 

La végétation de Montpellier et des Cèvennes dans ses rapports avec la 
nature du sol. — Bull, de la Soc. languedocienne de Géographie ; 1879. 

Les plantes carnivores. — Revue des Deux-Mondes ; 187?. 

La Truffe et les truffières. — Revue des Deux-Mondes ; 187?. 

Sur une fasciation en forme de crête du Chou-fleur. — Flore des çerres, 
t. XXIII, p. 273; 1880. 



228 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Le Vilis Berlandieri, nouvelle espèce de Vigne américaine . — Comptes 
rend, de VAcad. des Se., t. XCI, p. 425; 1880. 

Sur une nouvelle espèce de Cissus (Rocheana Planch.) originaire de Tinté- 
rieur de Sierra Leone et supportant les hivers de Marseille. — Compt. 
rend, de PAcad. des Se., t. XCIII, p. 369; 1881. 

Les Vignes du Soudan de feu Th. Lécard. — Compt. rend, de l'Acad. des 
Se, t. XCII, p. 1324; 1881. 

Joseph Decaisne, notice biographique. — Flore des serres, t. XXIII; 1882. 

Notes mycologiques : I. La maladie du Châtaignier dans les Cévennes; 
II. L' Agaricus convivarum Del. et le Clavaria polymorpha Touchy, 
formes monstrueuses de V Agaricus ostreatus Jacq. — Bull. Soc, bot. de 
France, t. XXIX, p. 17; 1882. 

Lettres et fragments de correspondance de feu Jacques Gay avec le bota- 
niste collectionneur Philippe Salzmann. — Bull. Soc. bot. de France, 
t." XXX, p. 4; 1883. 

Deux lettres inédites de Victor Jacquemont. — Bull. Soc. bot. de France, 
t. XXX, p. 64; 1883. 

La Botanique à Montpellier. L'Herbier de Chirac. — Rcv. des Se. nat. de 
Montpellier ; 1884. 

La Botanique à Montpellier. Une vie inédite de Pierre Magnol par son fils 
Antoine Magnol. — Montpellier médical; 1884. 

Les Vignes des tropiques du genre A mpeloc issus . — La Vigne américaine; 
1884-85. 

Note sur deux plantes critiques de la flore monspeliaco-cébennique : X Aqui- 
legia viscosa Gouan et le Ferula glauca Auct. Monspel. — Bull. Soc. 
bot. de France, t. XXXIII, p. 40; 1886. 

Monographie des Ampélidées. — Prodrome de De Candolle ; 1887. 



CHRONIQUE 



M. Malbranche, bien connu pour ses publications cryptogamiques, est mort 
à Rouen, le 16 mai, à l'âge de soixante-douze ans. 



Un mois plus tard, mourait M. Forquignon, professeur de Chimie à la Faculté 
des sciences de Dijon, l'un des fondateurs et des membres les plus zélés de la 
Société mycologique, auteur d'un excellent petit livre intitulé : Les Champignons 
supérieurs {physiologie, or gano graphie, classification, détermination du genre). 



M. de Solms-Laubach, professeur à l'Université de Strasbourg-, prend, à partir 
du i er juillet, avec M. J. Wortmann, la direction de la Bolanische Zeitung. 

Le Gérant : Louis Morot. 



twb. - J Morte». Imp.. 22. pi. Beofcrl- Rackereu. 



2" ANNÉE N° 14 16 JUILLET 1888 

JOURNAL DE BOTANIQUE 



Directeur: M. Louis MOROT 



OBSERVATIONS CRITIQUES 

SUR LES 

CHAMPIGNONS HÉTÉROBASIDIÉS 

Par M. J. COSTANTIN 

Un compte-rendu de l'important et intéressant travail de 
MM. Brefeld, Istvanfïfy et Johan-Olsen sur les Protobasidiomy- 
cètes a paru récemment dans ce Journal. Je n'ai pas à revenir 
sur cette analyse qui a été très bien faite, mais je désire appeler 
l'attention des lecteurs sur différentes remarques que j'ai pu faire 
en étudiant ce mémoire. 

La première observation est relative aux Pilacre. On sait 
que cet ancien groupe a été longtemps regardé comme composé 
de trois espèces : Pilacre sublerranea (ou Friesii), Faginea et 
Petersii ' (1). Les recherches de MM. Boudier et Richon (2) ont 
établi que la première espèce était un Discomycète et ce résul- 
tat a été confirmé par M. Quélet (2). Le nom de Pilacre ne peut 
donc plus être appliqué aux deux dernières espèces et il y au- 
rait lieu de reprendre l'ancien nom ôiEcchyna de Fries qui leur 
a déjà été attribué, sous peine de ranger dans un même genre 
un Ascomycète et un Basidiomycète. 

Une seconde remarque doit être faite à l'égard des genres 
Gyrocephalum et Gtiepinia. Les auteurs du mémoire ont cru 
devoir diviser le genre Gtiepinia en deux; cette division est 
pleinement justifiée : il est parfaitement exact que le Gtiepinia 
rtifa a les basides des Trémelles et que le Gtiepinia Pezizas a les 

1. Tulasne (An», se. nat., 1875, pi XII) a figuré exactement les basides du 
Pilacre Petersii, mais ses idées sur le polymorphisme des Ascomycètes l'ont em- 
pêché de tirer parti de cette observation. 

2. Richon. Rapport sur la maladie de la Vigne connue dans la Marne sous 
le nom de Morille. (Soc. de Vitry-le-Français, 4 décembre 1881.) 

3. Assoc. franc, pour l'a vanc. des se, 1885, p. 8, n os 50, 51, 52, pi. XII, fig. 15, 
16, 17. 



230 JOURNAL DE BOTANIQUE 

basines des Dacryomyces ; mais cette distinction a déjà été faite 
par M. Patouillard (i), qui a très bien séparé ces deux types 
sous les noms de Guepinia et Giiepiniopsis. En tenant compte 
de l'ancienneté du nom de Gyrocephalum Persoon, on doit donc 
conserver ce nom pour les espèces à basides cloisonnées, et 
celui du Gîtepimopsis Pat. pour les espèces à basides non cloi- 
sonnées. 

Il est regrettable que M. Brefeld et ses collaborateurs n'aient 
pas eu connaissance du petit ouvrage concis de M. Patouillard, 
où les Hétérobasidiés sont classés avec beaucoup de soin. Ils 
auraient pu constater que leur genre C7'(iterocolla était connu 
depuis longtemps et parfaitement décrit, aussi bien à l'état coni- 
difère qu'à l'état basidifère. En 1846, Fries (2) décrivait sous le 
nom & Ombrophïla un genre comprenant un Pezize et une es- 
pèce nouvelle, YO. p?tra, qui est probablement celle qu'ont 
étudiée les auteurs allemands. Depuis cette époque. Karsten a 
distribué en exsiccata Y Ombrophila pura sous le nom de Diian- 
gimn. Ce nom doit être conservé, car celui oY Ombrophila a été 
attribué à des Ascomycètes bien définis. On retrouve la trace de 
cette espèce dans l'ouvrage de M. Quélet sur « les Champignons 
du Jura et des Vosges », où elle est figurée sous ses deux as- 
pects de Trémelle et de Pezize (3). Tulasne, en 1875, a décrit la 
plante à l'état conidial et à l'état basidifère, sous le nom de 
l^remclla Cerasi, mais sans indiquer le cloisonnement des ba- 
sides (4). En 1882, M. Quélet (5) reconnut que Y Ombrophila 
pura devait être rangé parmi les Basidiomycètes et il le plaça 
parmi les Trémellinées, à cause de sa consistance gélatineuse. 
Mais c'est M. Patouillard (6) qui, le premier, a donné la raison 
du rapprochement en montrant que la coupe contenait un état 
conidial et la Trémelle des basides cloisonnées. La même plante 
avait déjà été décrite sous les noms de : Poroidea pithyophila 
Winter (7) et Dacryomyces conglobatum Peck (8). D'après les 

1. Les Hyménomycètes d'Europe, 1887, p. 161. 

2. Suntma vegetab., p. 357. 

3. Quélet. Champignons du Jura et des Vosges, 1873, 2 e part., pi. V, fig-. "12. 

4. Ann. se. nat., Bot., 5 e s., t. XV, 1875, p. 229, pi. XI. 

5. Assoc. franc, pour l'avancent, des se., 1882, p. 16. 

6. Hyménomycètes d'Europe, p. 161, pi. IV, fig. 9. 

7. Kryptogamen- Flora von Deutschland, Pilse, p. 271. C'est pour l'auteur un 
état conidial d'une Trémellinée. 

8. 32 Report 0/ the New-York Muséum of ' N attirai History. 



J. Costantin. — Sur les Champignons hétérobasidiés. 231 

règles de la nomenclature, le nom de Ditangïum doit être con- 
servé. 

Par ce qui précède ,on voit que la découverte des deux états 
de la plante revient à Tulasne ; l'étude complète de l'appareil 
conidifère et de la structure de la baside est due à M. Patouillard. 
MM. Brefeld, Istvanffy et Johan-Olsen ont seulement vérifié des 
faits déjà connus ; le nom qu'ils proposent est à supprimer. 

La parfaite concordance des résultats de M. Patouillard avec 
ceux publiés par les auteurs allemands nous amène à penser que 
le mycologue français ne s'est pas trompé en plaçant les Tre~ 
mellodon parmi les Hétérobasidiés (1). M. Brefeld et ses colla- 
borateurs n'ont pas observé cette plante, car ils la rangent parmi 
les Hydnes. S'ils avaient eu l'occasion de l'examiner, ils n'eus- 
sent pas hésité à la placer à côté des Trémelles, dont elle a les 
basides cloisonnées longitudinalement. J'ai eu l'occasion de vé- 
rifier dans le Jura la parfaite exactitude de l'observation de 
M. Patouillard. On peut regretter, à ce propos, que M. Quélet 
n'ait pas tenu compte de cette observation qu'il a pu vérifier et 
qu'il ait continué, comme par le passé, à placer le Tremellodon 
parmi les Hydnacées (2). Il n'y a plus aucune hésitation à avoir 
sur l'importance du cloisonnement de la baside, surtout après le 
beau travail de MM. Brefeld, Istvanffy et Johan-Olsen. 

On peut enfin ajouter que, par la découverte des genres He- 
licobasidiiim (3) et Delortia (4) et par celles des espèces rangés 
à tort parmi les Laschia (5) qui ont la structure des Auriculaires, 
la famille des Hétérobasidiés se trouve singulièrement élargie. Il 
n'y a pas à confondre les basides cylindriques, cloisonnées trans- 
versalement et circinnées de X Helicobasidium avec des conidies, 
car les conidies apparaissent d'abord sur cette espèce de Corli- 
ciiim et sont remplacées plus tard par les basides. Quant au De- 
lortia, rapporté par M. Gaillard de l'Amérique du Sud, c'est un 



1. Winter range les Tremellodon parmi les Trémellinées; il dit que les basides 
sont celles des Exidia qui sont cloisonnées (Krypt. Flora v. Deutschl., pp. 284 
289). 

2. Enchiridion et Flore mycologique. 

3. Patouillard. Tabulée analytiae Fungorum, 461. 

Tulasne avait déjà décrit et très bien figuré cette plante dans son mémoire sur 
les Trémellinées sous le nom de Hypochnus purpureus. V. Ann. se. nat., Bot., 
5« s., t. XV, p. 228, pi. X, fig. 1, 1875. 

4. Patouillard. Bull. Soc. mycol. de France, 1888, pi. XIII, fig. 5. 
. 5. Patouillard. Journal de Botanique, t. I, n° 15, 1887. 



232 JOURNAL DE BOTANIQUE 

des genres les plus curieux de cette famille : la baside y présente 
une seule spore, arquée et cloisonnée. 

On voit donc par tout ce qui précède combien est intéres- 
sante l'étude des Hétérobasidiés qui sont aussi remarquables, 
comme tous les groupes de passage, par les variations de leur 
forme extérieure que par celle de leur structure. Ce groupe com- 
prend des formes rappelant les Hydnes, les Pezizes ou les Cy- 
phelles, les Corticium, les Lycoperdons ou les Polypores. La 
baside peut y être unicellulaire ou quadricellulaire, à cloisons 
transversales ou longitudinales, droite ou circinnée, et porter une 
ou quatre spores. 

En terminant, je vais passer en revue les formes conidiennes 
filamenteuses décrites dans le mémoire de M. Brefeld et essayer 
de les rapprocher, sinon des espèces, du moins des genres con- 
nus de Mucédinées. 

i° Pilacre. — Les auteurs ont cultivé les basidiospores du 
Pilacre Petersii ou Ecchyna Petersii et ont obtenu un état co- 
nidial formé de filaments fructifères un peu ramifiés et supportant 
des conidies latérales sur une assez grande longueur vers l'ex- 
trémité des dernières ramifications. Les spores étant ovoïdes, 
cette forme conidienne rentre dans la définition des Haplarià ; 
elle se distingue des sept espèces connues jusqu'ici par sa cou- 
leur franchement jaune citrin quand elle apparaît en grandes 
masses et par ses spores que porte un court pédicelle. 

2° Auricularia. — Les Auriculaires possèdent un appareil 
conidien irrégulièrement ramifié dont les dernières ramifications 
supportent des capitules de spores arquées. Cette définition est 
celle des Botrytis, avec cette différence que les spores sont 
toujours ovoïdes ou sphériques dans toutes les espèces de ce 
dernier genre. 

3° Exidia. — Les auteurs ont figuré la germination des basi- 
diospores dans un milieu nutritif; elle est absolument identique 
à celle des Auriculaires ; mais ils n'ont pas représenté d'arbus- 
cule conidifère comme dans le genre précédent. Ils disent dans 
le texte (i) que les spores naissent très abondamment sur le my- 
célium, mais on ne sait pas exactement comment elles se for- 
ment sur leur support. 

i. Untersuch. aus d. gesamt. Geb. der Mykol. — Protobasidiomyceten, p. 86' 



J. Costantin. — Sur les Champignons Itcfcrobasidi'ês. 233 

4 Ulocolla. - — L'appareil conidial des Ulocolla est composé 
d'un très court filament, à peu près de. la longueur des spores, 
surmonté d'un capitule de conidies en bâtonnets, écartées les 
unes des autres en étoiles, au nombre de cinq à six. Harz a dé- 
crit autrefois sous le nom de Cephalosporïiim stcllaliim une Mu- 
cédinée qui est très voisine de celle qui vient d'être décrite (1). 
On savait déjà d'ailleurs par les recherches d'Œrsterd (2) que 
certains Cephalosporïtim peuvent être regardés comme des for- 
mes conidiennes de Basidiomycètes. 

5 — Quant aux formes conidiennes qui naissent à la surface 
de la plante, comme dans les Sebacina ou dans les Ditaiigiuvi 
(Craterocolla, Oîiibi-ophila), elles ne peuvent pas être confon- 
dues avec des Mucédinées puisqu'elles ne sont pas isolées. Les 
premières, si elles étaient indépendantes, rentreraient dans la 
définition des Spicularia et les secondes ne se rapprochent de 
rien de bien connu; leur mode de ramification est en verticille, 
mais les spores paraissent naître, soit en chapelet, soit en capi- 
tule, à l'extrémité ou aux articulations d'un filament. 

6° Tremella. — Les Trémelles en germant sont susceptibles 
de bourgeonner à la manière des levures. Cette nouvelle obser-. 
vation s'ajoute à toutes celles que l'on connaît déjà et qui peu- 
vent inspirer des doutes très sérieux sur la valeur du genre 
Saccharomyces. On sait maintenant que les Trémelles, les Utila- 
ginées et le Cladospormm hcrbarum bourgeonnent à la ma- 
nière des espèces de ce genre. 

7 — Quant aux Daayomyces, la découverte, chez le D. de- 
lïquescens, de deux états conidiens, observés, il est vrai, indé- 
pendamment l'un de l'autre, le premier formé de chapelets de. 
conidies bicellulaires, et le second composé de fascicules de spo- 
res naissant sur le mycélium, pourraient faire penser à un rap- 
prochement des Epochnium, mais des recherches nouvelles se- 
raient nécessaires sur ce point. Chez les autres DacryomyceSy 
l'appareil conidien rappelle les Cephalosporium. La même ob- 
servation s'applique aux Calocera. 

Les formes conidiennes de ces différents genres ont été obte- 



1. Ueber einig-e neue Hyphomyceten {Bull, de la Soc, des nat. de Moscou, 
1871, p. 118, pi. II, fig. 5). 

2. Ovcrsigt d. Verhandl d. k. Dansch Cesell. d. Wiss., janv. 1865. Voir de 
Bary {Morph. und Phys. d. Pilse, p. 359.) 



234 JOURNAL DE BOTANIQUE 

nues, le plus souvent, par des cultures sur des milieux artificiels, 
mais on pourra peut-être les rencontrer dans la nature à l'état 
isolé; aussi m'a-t-il paru utile d'indiquer à quelle place il fau- 
drait les chercher dans la classification provisoire et pratique 
des Mucédinées. 



ETUDES SUR LA GEOGRAPHIE BOTANIQUE DU NORD 

de la France 

(Suite.) 

Par M. l'abbè MASCLEF 

2° Végétation des sables maritimes : Dunes et galets. 

La flore des sables maritimes est loin de posséder les carac- 
tères d'uniformité que vient de nous offrir celle des terrains sou- 
mis à l'action directe des eaux salées; tandis que cette dernière, 
en effet, semble presqu'exclusivement dépendre de la présence 
dans ses diverses stations d'une quantité nettement appréciable 
de sel marin, la flore des dunes et des levées de galets, au con- 
traire, est toujours fixée par un grand nombre de causes locales 
secondaires, d'ordre physique, chimique ou climatérique. Dans 
le premier cas, la constitution physique du sol, le climat et l'ex- 
position ne paraissent avoir qu'un rôle accessoire, dominé par 
l'influence chimique du Chlorure de Sodium ; dans le second, la 
nature physique des sables maritimes agit comme cause locale 
d'ordre primaire, et les espèces y sont diversement distribuées 
suivant telle ou telle influence secondaire qui prédomine. Quel- 
ques mots sur la répartition géographique et la composition mi- 
néralogique des sables maritimes dans le nord de la France 
vont nous donner une explication suffisante de ces faits. 

Les dunes constituent la majeure partie du littoral de la ré- 
gion du Nord. Après avoir formé, de l'embouchure de la Somme 
à la pointe d'Alprech, au sud de Boulogne, une des plus belles 
régions maritimes de ce genre que l'on puisse voir en Europe, 
elles reparaissent d'une manière interrompue aux environs de 
Wimereux, d'Audresselles et de Wissant, pour reprendre au-delà 
du Blanc-Nez jusqu'à la frontière belge, où elles se continuent. 
Leur profondeur varie entre un et cinq kilomètres et leur hau- 



Abbé Masclef. — Sur la géographie botanique du Nord de la France. 235 

teur est quelquefois très considérable, principalement entre Eta- 
ples et Boulogne (1). 

Rien n'est plus varié et plus pittoresque, mais en même temps 
plus difficile à décrire, que l'aspect des dunes. Près de la mer, ce 
sont ordinairement des monticules presque complètement dénu- 
dés, formés de sables mouvants que le vent emporte à chaque 
instant et entasse plus avant à l'intérieur, soit en éminences ar- 
rondies et en crêtes ondulées, soit sous forme de larges et pro- 
fondes trouées aux pentes abruptes ; c'est à peine si quelques 
espèces, comme le Convolvulus Soldanella et Y Euphorbïa Para- 
lias, peuvent se fixer çà et là sur ces sables mobiles que les plan- 
tations & Oyats arrivent à grand peine à arrêter dans leur marche 
envahissante. C'est la première zone des dunes ou des sables 
mouvants. Sur une seconde ligne, dont la profondeur varie à 
chaque instant, les sables, enfin fixés par X Ammophila arena- 
ria, associé à plusieurs autres plantes à racines traçantes, ou par 
de magnifiques forêts de pins maritimes, comme aux environs 
d'Etaples, se couvrent d'un bon nombre d'espèces particu- 
lières aux dunes; c'est la zone la plus développée, celle des 
sables fixés. Enfin, au milieu des dunes, on rencontre fré- 
quemment des dépressions souvent circulaires, des espèces de 
cirques sablonneux, dont le fond humide et même marécageux, 
attire, au milieu des buissons d' Hippophae rhamnoides , les Ra- 
nunculus Flammula var. reptans (R. reptans L.), Cochlearia 
danica, Carex trinervis et autres espèces intéressantes du lit- 
toral. Ces dépressions des dunes constituent la zone des lieux 
humides et des marécages. 

Ordinairement les dunes se fondent insensiblement avec les 
terrains cultivés et les champs de l'intérieur; quelquefois, au 
contraire, elles présentent en arrière des marais dont la flore 
semble encore se ressentir du voisinage de la mer. Je dirai quel- 
ques mots de la végétation de ces marais dans l'un des paragra- 
phes suivants. 

La composition physique et chimique des sables des dunes 
varie suivant les divers points où on les recueille. Près de la 
plage, les sables sont grossiers, remplis de galets plus ou moins 
gros et de débris de coquilles marines ; à l'intérieur ils sont beau- 

1. Cfr. Notions sur la Géographie botanique du Pas-de-Calais in Catalogue 
des plantes vasculaires de ce département, p. xxxvi. 



236 JOURNAL. DC BOTANIQUE . 

coup plus fins, et seulement mélangés de quelques coquilles lé- 
gères que le vent a pu facilement emporter. Grâce à la présence 
de ces débris de test calcaire, les sables des dunes font presque 
toujours effervescence avec les acides, .et se comportent vis-à-vis 
de certaines espèces à la façon des terrains calcaires. La pro- 
portion de Carbonate de Chaux contenue dans ces sables, varie 
nécessairement avec leur nature physique. Ainsi une analyse de 
sable grossier pris au bord de la mer a donné 7,70 °/ , tandis que 
deux autres échantillons de sables plus lins, recueillis à 150 et 
1500 mètres environ de la mer, n'ont plus indiqué que 5,67 et 
2,28 °/ 0? 

Le Chlorure de Sodium existe dans les sables des dunes en 
quantité non moins variable. Ce sel, facilement entraîné par les 
eaux de pluie, ne peut s'accumuler dans un milieu aussi per- 
méable, et ses proportions diminuent rapidement avec l'éloi- 
gnement de la mer. Les mêmes échantillons qui avaient servi 
aux analyses précédentes ont donné successivement 0,351, 0,117 
et 0,041 °/ de Na Cl. Si cette diminution se continue toujours 
dans les mêmes proportions, à une distance de quelques kilo- 
mètres, la quantité de sel marin devient excessivement minime, 
et son influence absolument nulle. On comprend dès lors, que 
cette substance n'a plus dans les dunes qu'un rôle purement se- 
condaire, et que d'autres influences peuvent, au même titre, atti- 
rer ou repousser dans les sables maritimes un certain nombre 
d'espèces. 

Les différentes espèces que l'on rencontre dans les sables des 
dunes, diversement distribuées suivant qu'elles recherchent plus 
ou moins d'humidité, peuvent se diviser en quatre catégories, 
subissant chacune des influences locales secondaires distinctes. 
La première comprend les espèces exclusivement maritimes, 
soumises à l'action combinée du sel marin et du voisinage de la 
mer; la seconde renferme les espèces de X intérieur , modifiées 
plus ou moins profondément, soit encore par les influences précé- 
dentes, soit surtout par celle de Y exposition aux vents de la mer, 
ou même simplement par X aridité de la station. Les animaux 
eux-mêmes, peuvent avoir une action en ce sens; les lapins, 
qui pullulent dans les dunes, déterminent souvent, en broutant 
les plantes à leur convenance, la formation de formes rabougries 
qu'au premier abord on attribuerait à d'autres causes. Dans la 



Variété : Maladie vcrmiculaire des Avoines. 237 

troisième catégorie, je range toutes les espèces qui, n'apparte- 
nant pas à la flore intérieure du nord de la France, sont exclusi- 
vement littorales dans cette région et y paraissent fixées surtout 
par l'influence du climat maritime. Enfin le quatrième groupe 
est représenté par un certain nombre d'espèces de Y intérieur , 
non modifiées, qui sont venues simplement rechercher dans les 
parties des dunes où le sel marin est en trop minime quantité pour 
exercer son action répulsive, une station sablonneuse favorable , 
qu'ils auraient trouvé beaucoup plus difficilement à l'intérieur, 
où la concurrence vitale est beaucoup plus grande. L'influence 
chimique du Carboitate de Chaux se manifeste souvent d'une 
manière très sensible sur plusieurs espèces de cette catégorie. 

{A suivre.) 



VARIETE 



Maladie vermiculaire des Avoines. 

M. Prillieux a adressé à l'Académie des sciences, dans la séance 
du 2 juillet dernier, une note sur une maladie de l'Avoine observée 
depuis longtemps par les cultivateurs de la Brie, auxquels elle fait 
éprouver parfois des pertes notables, et dont la cause n'était pas 
connue. 

Les pieds attaqués tallent beaucoup, forment touffe, mais ne mon- 
tent pas; ils sont arrêtés dans leur croissance et meurent sans pro- 
duire ni paille ni grappe. Non seulement les pousses ne s'allongent 
pas, mais elles présentent un aspect tout spécial qui permet de dis- 
tinguer une touffe atteinte par la maladie, même quand elle est encore 
bien verte et vigoureuse, d'une touffe jeune dont la tige n'a pas encore 
grandi : le rudiment de chaume et la partie inférieure des gaines de 
feuilles qui l'entourent se renflent de façon à former une sorte de bulle; 
en outre, souvent les jeunes pousses de tallage, tout en se gonflant à 
leur base, se contournent et se déforment. Les pieds d'Avoine malade, 
devenus ainsi bulbeux, ont été comparés par les cultivateurs à de petits 
Poireaux. Aux environs de la Ferté-sous-Jouarre, où cette maladie 
cause d'importants dégâts dans les terres d'alluvion des bords de la 
Marne, on dit que ces Avoines sont poireautées. 

On a attribué le mal au manque de consistance du sol, à la séche- 
resse, aux fumures, etc. L'examen anatomique des pieds malades a 
permis à M. Prillieux de reconnaître que l'altération en est due à l'in- 



238 JOURNAL DE BOTANIQUE 

traduction dans la jeune tige et à la base des gaines des feuilles de 
Vers nématoïdes d'une extrême finesse. C'est une maladie vevmiculaire 
analogue à celle que M. Kùhn a décrite en Allemagne sur la Cardère 
et sur les Seigles, à celle que M. Joannès Chatin a étudiée sur l'Oignon 
ordinaire et que M. Prillieux a observée sur les Jacinthes, etc. 

Les maladies vermiculaires des plantes cultivées sont produites par 
des Anguillules se rapportant, soit au genre Tylenchus, soit au genre 
Heterodera. Les premières ont, même à l'état adulte, la forme de fil 
ou de serpent; dans les Anguillules du genre Heleroder a, au contraire, 
les femelles, après avoir été filiformes à l'état de larve, comme les 
Tylenchus, se gonflent après la fécondation au point de perdre leur 
forme nématoïde et de prendre celle d'un petit ballon ou d'un citron 
rempli d'œufs. C'est au genre Heterodera qu'appartient le Nématode 
de la Betterave, dont les ravages ont, depuis quelques années, attiré 
vivement l'attention des cultivateurs et des savants. Parmi les Anguil- 
lules appartenant au genre Tylenchus, qui attaquent les plantes culti- 
vées, il convient de distinguer deux types différents. Les unes vivent 
à l'état de larve à la surface des feuilles et des tiges jeunes, puis font 
naître des galles à l'intérieur desquelles elles prennent la forme adulte 
et se reproduisent. Telle est l' Anguillule bien connue du Blé ; ce qu'on 
nomme les grains niellés du Blé sont des galles remplies de larves du 
Tylenchus Tritici. Les autres Tylenchus pénètrent dans l'intérieur des 
tiges et des feuilles, y vivent et s'y multiplient en causant dans la 
plante dont ils se nourrissent l'altération des tissus entres les cellules 
desquels ils se glissent. 

Dans l'Avoine poireautée, les cellules de la tige et de la base des 
gaines de feuilles sont courtes, gonflées, peu adhérentes les unes aux 
autres et laissent entre elles des lacunes où l'on trouve à la fois des 
Tylenchus adultes mâles et femelles, des œufs et des larves à tout état 
de développement. Il en est de même pour les Oignons, les Cardères, 
les Trèfles et les Seigles attaqués par des Anguillules. Ces petits Vers 
qui attaquent ces diverses plantes ont été rapportés, bien que fort 
semblables, à des espèces différentes, mais il n'est pas certain que 
plusieurs ne soient séparées à tort. M. Kùhn a prouvé expérimentale- 
ment que l'Anguillule qui désorganise les têtes des Cardères peut 
infecter les pieds de Seigle. 

A la Ferté-sous-Jouarre, les cultivateurs n'ont pas observé que la 
maladie des Avoines gagnât d'autres plantes; mais ils ne cultivent 
guère, sur les terres où le mal est intense, que du Blé et de l'Avoine alter- 
nativement, l'Avoine revenant tous les deux ans dans le même champ. 
Le moyen qui semble le plus simple et le plus efficace pour arrêter la 
propagation delà maladie est, dit M. Prillieux, de cultiver dans les 
champs infestés des plantes sur lesquelles l'Anguillule de l'Avoine ne 



Chronique. 239 

puisse pas vivre, ce qui est certainement le cas pour les Betteraves et 
les Pommes de terre. Quant au Trèfle et à la Luzerne, ils peuvent être 
attaqués par un Tylenchus. Il est vrai qu'il a été considéré comme es- 
pèce spéciale et décrit sous le nom de T. Hdvensteinii ; cependant des 
expériences de culture paraissent nécessaires pour constater si l'An- 
guillule de l'Avoine ne peut pas attaquer soit le Trèfle, soit d'autres 
plantes. M. Prillieux a installé dans ce but, à l'aide de nombreux 
pieds d'Avoine poireautée qu'il a rapportés de la Ferté-sous-Jouarre, 
des essais d'infection de plantes fort diverses dans les champs d'expé- 
rience de l'Institut agronomique. Comme il le fait remarquer, il est 
permis d'en attendre les renseignements utiles pour fixer l'ordre des 
cultures qu'il conviendra d'adopter dans les terres ou règne la maladie 
vermiculaire de l'Avoine (1). 

CHRONIQUE 



Société mycologique de France. Séance du y juin 1888. — M. Patouil- 
lard présente un certain nombre de Champignons rapportés d'Algérie par M. le 
docteur Bonnet. Ce sont : i° le Pleurohis Fertdse qu'il regarde comme étant le 
même que le PL Eryngii ; 2" le Tcrfesia Leonis, vivant à demi enterré; 3 le Tti- 
lostoiua Boissieri Kalch., qui se distingue du T. finibriatum par son péridium 
glabre; il a un pied strié et présente un petit voile à la base du péridium; 4" le 
Xylopodium Delestrei, qui a les spores safranées et qui vit dans le sable ; son 
pied est ligneux; le péridium, suivant M. Patouillard, qui en a vu des échantil- 
lons frais, serait en réalité simple ; seulement il porte de grosses écailles qui 
simulent un péridium externe ; 5 le Gyrophragmium Delillei, Gastéromycète à 
part d'Agaric ; 6° le Montagnites Candollei, dont les spores sont semblables à celles 
des Coprins ; y" le Montagnites Hausskuechtii, qui présente un rudiment de cha- 
peau très mince recouvrant le sommet des lames et dont les spores diffèrent de 
celles du M. Candollei. 

 M. de Seynes fait observer qu'il a constaté la présence d'un collier aranéeux 
chez le Montagnites Candollei à l'état jeune. Il insiste sur la nécessité d'examiner 
les spores à un fort g-rossissement pour en reconnaître la forme exacte. 

M. Prillieux présente une tige de Pommier affectée d'un chancre qu'il attribue 
au Nectria dilissima. Les Pommiers, dans certaines régions, sont ravagés par 
cette maladie, que M. Prillieux propose de combattre par le sulfate de fer acide. 

M. Boudier fait observer que la Nectrie pourrait bien ne pas être la cause de 
la maladie, et qu'elle s'est peut-être développée sur un organe déjà mortifié par 
une cause quelconque. 

. M. de Seynes, en offrant à la Société son travail sur les Polypores qui forme 
le deuxième fascicule de ses Recherches pour servir à l'histoire naturelle des 
végétaux inférieurs, fournit quelques détails sur le Ceriomyces tet-restris qu'il 
démontre n'être que le réceptacle conidifère (pycnide) du Polyporus biennis Bull. 

M. Boudier présente des dessins de quelques espèces nouvelles : un Helotium 
observé au mois de février sur des écailles de bourgeons de Peupliers; 2" un 
Orbilia à spores courbées; 3 une Mollisiée Velue, voisine du genre Coronellaria 

1. Compt. rend, des séances de l'Académie des se, 1888, t. CVII, n° 1, p. 51. 



240 JOURNAL DE BOTANIQUE 

de Karsten ; 4 un Urccolella ( U. Richonis) développé sur du bois pourri ; cette 
espèce, de couleur de sang-, n'est bien visible qu'à la loupe. 

Un certain nombre de Champignons ont été envoyés de divers points de la 
France ou apportés par les membres présents, notamment Volvaria média, Po- 
lyporus sulfureiis, Gomphidius viscidus, Boletns grannlatics et htridus, Sar- 
cosphœr'a Coroua, Gyromitra esculenta, etc. 

Au sujet du Boletns luridus, M. Hermary fait remarquer que cette espèce est 
comestible, ce qui réduit à néant le préjugé qui fait considérer comme vénéneuses 
les espèces bleuissant à l'air. M. Boudier ajoute que le B. cyanescens est pro- 
bablement aussi comestible et que le B. badius, dont la chair bleuit aussi, est 
très bon et sans aucun danger. Quant au B. luridus, on ne peut pas le recom- 
mander à cause des quelques traits de ressemblance qu'il présente avec le B. 
Satanas qui est très vénéneux. 

Congrès des Sociétés savantes en 1888 (1). — M. de Saporta commu- 
nique le résultat de récentes découvertes de végétaux fossiles faites dans le gi- 
sement aquitanien de Manosques (Basses-Alpes) Il convient notamment de citer 
parmi ces végétaux un Phœnix qui rappelle le Ph. syhestris des Indes orien- 
tales, ainsi que des débris d'un Nymphoea de petite taille, d'un Villarsia et d'un 
Rumex. 

M. Renault fournit des renseignements sur le gisement d'Enost, petit hameau 
situé à 10 kilomètres environ d'Autun, où ont été recueillies des graines qui ne 
peuvent être attribuées qu'aux Bornia. 

M. Crié, dans une communication sur les conditions géologiques des îles de 
la Sonde, rattache à l'époque miocène un grand nombre de végétaux considérés 
par Goeppert, Heer et Geyler comme éocènes. Dans ces mêmes contrées, notam- 
ment à java, le terrain pliocène présente une grande extension et renferme des 
empreintes de Palmiers, de Glumacées, de Lauriers, de Rubiacées, etc., rappe- 
lant la flore actuelle de cette région. 

Dans une seconde communication, M. Crié fait connaître la flore fossile de 
l'île de Kerguelen. On y trouve, dans les couches tertiaires, des troncs silicifiés 
dont la structure interne rappelle celle des Cyprès. Ces anciennes forêts contras- 
tent avec l'absence des conifères et de végétaux arborescents dans la flore ac- 
tuelle de cette région. Les mêmes troncs de Conifères se retrouvent dans les 
dépôts tertiaires de l'île de Crozet et démontrent une certaine connexion entre 
ces deux îles antarctiques. Dans la flore miocène de la Tasmanie, M. Crié a re- 
connu des formes australiennes, japonaises et nord-américaines. 

M. Mangin rend compte de ses observations sur l'absorption des gaz par les 
plantes et le rôle des stomates. 

M. Lemoine, au cours de ses recherches sur la flore des terrains tertiaires in- 
férieurs des environs de Reims, a recueilli une Vigne d'un type américain, ce qui 
n'est, d'ailleurs, pas surprenant, les poissons du même gisement ayant aussi une 
sorte de parenté avec les poissons d'Amérique. Il y a recueilli également des 
Champignons avec leurs spores, des Algues, des fruits, des graines, etc. Cette 
flore, qui indique une température relativement élevée, a disparu de la contrée 
vers la fin de l'époque tertiaire et c'est seulement beaucoup plus tard que la 
Vigne, retrouvant des conditions favorables à son développement, s'est acclimatée 
de nouveau. 

M. Musset s'est occupé de l'influence des nectaires floraux. 

1. Revue scientifique. 23 juin 1888. 

Le Gérant : Louis Morot. 



rarte. — J. Merscfc, Unp.. 22, pi. Daafert- Rocherea». 



2" ANNEE 



N- i 5 



1" AOUT 1888 



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Directeur: M. Louis MOROT 



SUR LE GENRE EUGLENA 

ET SUR SA n,ACE DANS LA CLASSIFICATION 
Par M. A. G. GARCIN 

In graod nombre d'organismes inférieurs, les Mastigophores 
(lu fusoir es flagellés) surtout, ont été l'objet de vives discus- 
sions entre les zoologistes et les botanistes, ceux-ci les récla- 
mant comme des végétaux, ceux-là leur déniant cette nature et 
les classant dans le règne animal. 

Hœckel avait trouvé un expédient commode pour mettre 
tous les savants d'accord en créant le règne des Protistes dans 
lequel étaient groupés tous les êtres à position douteuse. Mais 
cette transaction, qui tournait le problème sans le résoudre, ne 
satisfit que peu d'esprits et la controverse continue encore au- 
jourd'hui aussi vive que le premier jour. 

La note que je présente ici est, je crois, de nature à jeter 
quelque lumière sur la question et plaide en faveur de la végé- 
tabilité de ces êtres, ou tout au moins de celle du genre Eu- 
gloia sur lequel a porté notre étude. 

Les phases de l'évolution de ces organismes chlorophylliens 
ont été déjà fort étudiées, et Stein, dans son ouvrage fondamental 
sur les Infusoires (i), les figure d'une manière aussi rigoureuse 
que détaillée. Ce sont des êtres à corps variable, portant à leur 
partie antérieure un cil enroulé ; un point oculiforme, placé au- 
dessus d'une vacuole incolore et contractile, tranche vivement 
sur le ton vert du reste du corps. 

L'Euglène, ou bien se divise par bipartition, ou bien s'ar- 
rondit et s'enkyste. Le kyste à un moment donné se rompt, et 
par l'ouverture ainsi produite s'échappent une foule de petits 
Euolènes provenant de la division du protoplasma enkysté ; ils 

i. Der Organisraus der Infusionsthiere, tome III, i re partie, 1878. 



2 4 2 JOURNAL DP: BOTANIQUE 

grossissent et deviennent rapidement en tout semblables à leurs 
parents. Ceci se passe dans l'eau, leur milieu normal; mais si 
nous venons à changer les conditions extérieures de l'être en 
question, le mode de reproduction change aussi complètement. 

Ayant abandonné dans une chambre humide une lame por- 
tant une goutte d'eau chargée d'Euglènes, le liquide s'évapo- 
rait, mais la lame, se trouvant dans un milieu saturé de vapeur, 
restait humide. Quinze jours après, ayant jeté un coup d'ceil sur 
la préparation, je vis que les Euglènes, loin d'avoir tous péri, 
s'étaient multipliés, et cela par un procédé fort analogue à celui 
qu'on observe chez les Protococcus placés dans les mêmes condi- 
tions. Je repris l'expérience par un procédé plus rigoureux, me 
servant pour cela de la chambre humide de M. Van Tieghem. 

Je déposai sur la lamelle une très petite goutte d'eau conte- 
nant six à sept Euglènes. Je m'assurai qu'il n'y avait aucune 
trace de Protococcus. Quelques Navicules seulement étaient mêlés 
aux Euglènes tous à l'état flagellé. 

Je laissai la goutte s'évaporer presque entièrement, et ayant 
renversé la lamelle sur le récipient contenant de l'eau, je fixai un 
Euglène et j'en suivis le développement. 

11 commença par s'arrondir en un kyste à mince paroi, puis, 
après un certain temps de repos, ce kyste se partagea en deux. 
Il ne s'agit point ici, comme dans les ligures 23 et 24 de la 
planche XX du traité de Stein, d'une bipartition du proto- 
plasma seul, les deux nouveaux individus demeurant recouverts 
d'une membrane commune, mais d'une division du kyste tout 
entier par une paroi diamétrale cellulosique produisant ainsi 
deux kystes nouveaux. 

Puis la bipartition, se continuant par un procédé que je 
comparerai à la segmentation de l'œuf des Mammifères, aboutit 
à la formation d'une sorte de morula fort régulière. A un mo- 
ment donné, chacune des petites sphères qui forment la morula 
se détache. Si les conditions restent les mêmes, ces petits kystes 
peuvent demeurer dans cet état; mais si l'on vient à introduire 
sous la lamelle une goutte d'eau, ils grossissent, éclatent et 
donnent naissance à une foule de zoospores ou Euglènes flagel- 
lés qui se développent et reproduisent des individus semblables 
aux parents. 11 arrive souvent aussi, et surtout si l'on ne fait pas- 
ser que peu de liquide, que le kyste, au lieu de donner de petits 



A. G. Garcix. —Sur le genre Euglena. 343 

Euglènes. divise son protoplasma en deux (comme le figure 
Stein dans la planche XX, fig. 23 et 24) et chacune de ces 
parties devient après rupture de la paroi commune un nouvel 
individu flagellé. 

Parfois, ce développement présente une légère variante : le 
kyste, s'étant divisé en quatre, gélifie la partie moyenne de 
ses cloisons et s'émiette en quatre sphères secondaires qui se 
comportent chacune comme si elles étaient restées unies. C'est 
dans ce mode de développement qu'il faut chercher sans doute 
l'explication d'un phénomène qu'il est facile d'observer. 

Certains ruisseaux qui bordent les trottoirs des rues mal 
entretenues sont souvent, lorsqu'il pleut, de riches stations 
d'Euglènes. Quand arrive le beau temps, la terre se dessèche 
complètement et reste parfois fort longtemps dans cet état. 
Vienne une pluie, et quelques heures après les Euglènes ont 
reparu en aussi grande quantité qu'auparavant. La masse de 
petits kystes, dont je parlais plus haut, a dû se former dans la 
terre humide; l'être, ayant résisté sous cet état à la sécheresse, 
évolue au retour de l'eau, pour donner de nouveaux Euglènes 
selon le procédé précédemment indiqué. 

Remarquons tout d'abord qu'ici la durée de la phase immo- 
bile l'emporte sur celle de la phase mobile. 

Ce mode de développement ne se produit pas exclusivement 
dans l'air humide; on peut également l'obtenir en faisant des 
cultures dans l'eau convenablement salée. Ce fait a encore son 
analogue dans l'histoire des Protococcus et des Botrydiuui . 

Maintenant que nous connaissons les deux modes d'évolu- 
tion des Euglènes, cherchons à en tirer parti pour fixer leur 
place dans la classification. Pour cela, comparons-les à une 
Algue de la famille des Siphonées, dont j'ai parlé déjà" plusieurs 
fois, et qui, celle-là, est bien nettement un végétal : le Protococ- 
cus viridis. 

Nous prendrons pour point de départ, d'une part, la cellule 
du Protococcus et d'autre part, le kyste de Y Euglena, qui est 
moins rare dans l'eau qu'on pourrait le croire : tandis que la 
forme flagellée nage dans le liquide, la forme immobile va au 
fond, et c'est là qu'il faut la chercher. 

Quoi qu'il en soit, la cellule du Protococcus et le kyste de 
l'Euglène sont tellement semblables qu'il est aisé de les prendre 



244 JOURNAL DE BOTANIQUE 

l'un pour l'autre; tous les deux sont verts et globuleux, tous 
les deux possèdent une membrane de cellulose. C'est là un pre- 
mier état, phase végétative, que nous appellerons le thalle. Sui- 
vons l'évolution de ces individus. 

« La cellule des Proiococcns , dit M. Van Tieghem (Traité de 
Botanique, page 1.131), parvenueà sa dimension définitive, pro- 
duit une génération de zoospores à deux cils qui s'échappent 
par un orifice de la membrane, nagent dans l'eau, se fixent et 
deviennent autant de nouveaux thalles. » 

Le kyste adulte de l'Euglène se rompt et produit une géné- 
ration de zoospores à un cil (Euglènes proprement dits) qui 
grossissent, nagent dans le liquide et plus tard s'arrondissent 
et constituent autant de nouveaux thalles. 11 me semble que nous 
•sommes là en face d'une analogie frappante, et qu'il est difficile 
d'admettre que deux êtres aussi semblables, présentant une évo- 
lution aussi voisine, ne soient pas de même nature. Mais allons 
plus loin, et continuons à citer M. Van Tieghem : 

« Dans l'air humide, la cellule du Protoeoecus produit, par 
bipartition répétée de son proloplasma, nue masse de spoi-es 
immobiles, enveloppées d'une membrane de cellulose, qui 
s'échappent, se dispersent et deviennent autant de nouveaux 
thalles. » 

Dans l'air humide, la cellule de V Euglena produit, par bipar- 
tition répétée de son protoplasma , une masse de spores immobiles 
qui se dispersent et, dans des circonstances favorables, gran- 
dissent et donnent de nouveaux thalles. 

Cette fois l'analogie devient telle qu'on pourrait presqu'avec 
la même phrase exprimer l'évolution dans l'air humide soit du 
Protococcus, soit de Y Euglena. De plus, la masse de spores 
immobiles se produit également dans l'eau salée pour l'un et 
l'autre genre. Tous les deux possèdent de la chlorophylle, de 
l'amidon et de la cellulose. 

Tel est l'ensemble des faits qui militent en faveur de la végé- 
tabilité des Euglènes. Examinons une à une les raisons qu'op- 
posent nos adversaires à cette manière de voir. Les partisans de 
l'animalité des Euglènes objectent la présence d'un tube digestif, 
la variabilité du corps, la rareté dans le règne végétal des zoos- 
pores à un cil, l'existence d'une vacuole contractile, la prédo- 
minence delà durée de la phase mobile sur la durée de la phase 



A. G. Garçïn. — Sztr le genre Euglena. 245 

immobile. Voyons ce qu'il faut penser de ces faits qui, d'après 
certains zoologistes, semblent probants, tandis que la présence 
de l'amidon, de la chlorophylle et de la cellulose n'a, selon eux, 
aucune valeur. 

Tout d'abord, il nous est impossible de croire à l'existence 
d'un tube digestif, et, en cela, nous sommes d'accord avec la 
plupart de ceux qui se sont occupés de ces organismes. 

Pour bien nous en rendre compte, nous avons cultivé des • 
Euglènes dans l'eau distillée. Ces êtres, ne pouvant prendre 
aucune nourriture au milieu ambiant, vécurent sur leur provi- 
sion de paramylon qui fut bientôt complètement épuisée. A 
partir de ce moment, leur corps devenu parfaitement trans- r 
parent, par suite de la disparition des granulations amylacées, 
ne montre, aux plus forts grossissements, aucune trace de tube 
digestif. vSi l'on sème dans le liquide des particules de carmin 
parfaitement broyé, c'est en vain qu'on cherche à les voir 
pénétrer dans le corps de l'Euglène comme chez d'autres Infu- 
soires de même taille. Il peut sembler tout d'abord qu'on en 
aperçoit dans le protoplasma, mais en ag'itant le liquide on les 
voit se détacher de l'enveloppe externe sur laquelle elles s'étaient 
fixées. 

D'ailleurs, on n'a donné jusqu'à ce jour aucune preuve irré- 
cusable de la pénétration chez les Euglènes de l'aliment par un 
tube œsophagien, fait auquel on attribue, et avec raison, une 
grande importance pour la détermination de l'animalité de 
certains êtres. 

La variabilité du corps ne prouve absolument rien. Les 
zoospores des Myxomycètes, des Vaiicheria, des CladopJwra, 
les anthérozoïdes du Volvox globator, se meuvent par contrac- 
tilité générale aussi bien que l'Euglène. 

Les zoospores à un cil sont rares, il est vrai, dans le règne 
végétal, mais il en existe, et quand on remarque que c'est préci- 
sément un genre fort voisin des Protococcus, le genre Boiryduim , 
qui en présente, on s'aperçoit que c'est encore une preuve de 
plus en faveur de notre théorie, et même les Botrydiiuu ne ' 
présentent-ils pas aussi un développement dans l'air humide 
analogue à celui de l'Euglène? 

Dautres plantes, d'ailleurs, possèdent aussi des zoospores 
monociliées. La présence d'une vacuole contractile, qui semble 



24*. JOURNAL DE BOTANIQUE 

être une des pierres angulaires de la théorie de l'animalité, n'est 
pas plus probante. Les zoospores des Endomyxées, des 
Cératiées, etc. en présentent une également. 

Quant à la durée inégale des phases, nous avons montré que, 
dans l'air humide, la phase immobile était bien plus longue 
que la phase mobile et du reste la durée de ces phases est sous 
la dépendance immédiate du milieu. On peut provoquer la for- 
mation de l'une et de l'autre et les conserver à volonté aussi 
longtemps qu'on peut le désirer. 

Est-il une seule de ces raisons qui apporte à la théorie de nos 
adversaires un fait convaincant, une preuve palpable, même une 
probabilité? Je ne le crois pas, et, en examinant d'une façon 
tout impartiale les résultats précédents, en pesant sans parti 
pris les objections en faveur de l'une ou de l'autre opinion, nous 
sommes forcément amené à conclure que TEuglène est bien un 
végétal, dont nous pouvons dresser la diagnose ainsi qu'il suit. 

Genre Euglena. Algue de la famille des Siphonées, tribu 
des Sciadiées. Le thalle est une cellule globuleuse (kyste) qui, 
après avoir végété, donne naissance à une foule de zoospores 
(Euglènes proprement dits) qui grossissent, s'arrondissent et 
reproduisent le thalle. 

Les zoospores peuvent se diviser par bipartition. 

Dans l'air humide, le thalle produit, par bipartitions succes- 
sives, une masse de spores immobiles qui, dans l'eau, se dis- 
persent, grossissent et reproduisent un nouveau thalle. 



ETUDES SUR LA GEOGRAPHIE BOTANIQUE DU NORD 

de la France 
(Suite.) 

Par M. l'abbé MASCLEF 

Les levées des galets n'ont pas un développement compa- 
rable à celui des dunes; elles ne forment, dans le département 
de la Somme, qu'un cordon littoral d'une quinzaine de kilomètres 
de longueur, entre le Tréport et Mers et du bourg d'Ault au 
Hourdel. Sur le bord de la mer, les galets roulés par les vagues 
et mélangés avec les sables de la plage forment une véritable 
digue naturelle de quelques mètres seulement de hauteur, et d'une 



Abbé Masclef. — Sur la géographie botanique du Nord de la France. 247 

profondeur fort variable. Derrière cette première digue de for- 
mation tout à fait moderne, on peut en observer un grand 
nombre d'autres plus anciennes, qui se continuent en lignes si- 
nueuses, soit à l'embouchure de la Bresle, soit surtout jusqu'au 
pied de la falaise crayeuse qui, d'Ault, va en ligne droite se ter- 
miner au cap Hornu, près Saint-Valéry- sur-Somme. Comme il 
est facile de s'en assurer en parcourant cette dernière partie du 
littoral, tout le grand triangle d'une quarantaine de kilomètres 
carrés, compris entre cette ancienne falaise d'une part, l'embou- 
chure actuelle de la Somme et la mer d'autre part, a été formé 
de cette manière; mais la fixation facile du sable par les galets, 
les alluvions de la Somme au nord, les nombreux ruisseaux et 
marécages disséminés au milieu des anciennes digues entre Ault 
et Cayeux-sur-Mer, la culture, ont complètement modifié la por- 
tion intérieure, de sorte qu'aujourd'hui les galets ne présentent 
plus de caractères maritimes capables de nous intéresser que tout 
près de la mer, à une distance maximum de quelques centaines 
de mètres. 

Malgré ces différences dans le mode de formation, l'aspect 
et la constitution physiques, tout ce qui vient d'être dit à propos 
de la végétation des dunes peut s'appliquer, au moins dans ses 
traits généraux, à celle des galets. Le sable maritime, ici comme 
dans les dunes, agit comme cause locale d'ordre primaire; sa 
composition minéralogique est nécessairement la même ; les ga- 
lets qui le recouvrent rendent simplement plus difficile la fixa- 
tion de certaines espèces. Les trois zones secondaires distinguées 
dans les dunes ont sur les levées de galets leurs portions cor- 
respondantes, et les quatre catégories d'espèces énumérées plus 
haut s'y trouvent également distribuées suivant les mêmes in- 
fluences secondaires . 

Il n'y a donc pas lieu d'établir de distinction fondamentale 
entre la flore des dunes et celle des galets, et il me paraît plus 
rationnel d'étudier la végétation des sables maritimes en général, 
en groupant les espèces en quatre catégories nettement tran- 
chées. 

A. Espèces maritimes. — Ces espèces véritablement 
maritimes, fixées dans les sables des dunes et sur les digues de 
galets par £ influence combinée du sel marin contemi dans le sol 



34» JOURNAL DR BOTANIQUE 

et des brumes de la mer, sont au nombre d'une, vingtaine dans 
la région du Nord. Leur dispersion dans les sables maritimes est 
loin d'être régulière. Quelques-unes sont localisées dans une zone 
spéciale; le plus grand nombre, au contraire, se trouvent dis- 
persées un peu partout. En tenant compte cependant, des faits 
les plus généraux de distribution, et à l'aide de certaines subdi- 
visions, on peut essayer un classement géographico-botanique 
de ces espèces. 

i . En premier lieu, on peut placer deux espèces que l'on ne 
rencontre que dans la première zone des dunes, sur les sables 
mouvants assez près de la mer; ce sont le Convolvuhts Soldanella 
L. et Y Euphorbia Para lias L. 

Le Convolvulus Soldanella se rencontre cà et là, presque 
toujours par pieds isolés, au bord de toutes les dunes de la 
région du Nord, de la frontière belge à la Somme! 

L'Euphorbia Paralias est assez commun dans les dunes de- 
puis Boulogne (JVimereux) jusqu'au Crotoyl Plus au nord on le 
rencontre encore à l'embouchure de la Stac/c, aux environs 
d ' Ambleteuse ! et de Wissant (Boulay) ; mais on ne l'a pas revu 
depuis longtemps à Calais et au-delà. Au sud, cette espèce, 
comme la précédente, ne dépasse pas la Somme dans la région 
du Nord ; cette lacune est simplement due au défaut de station 
favorable. 

A côté de ces deux espèces, et presque dans des conditions 
identiques, on trouve ordinairement le Cakile maritima Scop. 
Cette espèce pénètre cependant à l'intérieur plus avant que les 
deux précédentes ; elle est commune de la Belgique à la Somme! 
Je ne l'ai pas revue au-delà, à Cayeux, ou elle a été signalée 
par de Vicq. 

Les Convolvulus Soldanella, Euphorbia Paralias et Cakile 
maritima ont les feuilles épaisses, charnues et glabres, leur as- 
pect est glauque; ils présentent donc tous les caractères exté- 
rieurs des espèces soumises parleurs racines à l'action directe du 
sel marin. Ces espèces habitent, en effet, les sables maritimes les 
plus riches en Chlorure de Sodium ; elles ont ainsi de grands rap- 
ports avec Y Honkeneja peploides et le Salsola Kali, que l'on ren- 
contre à la base des dunes, et même des levées de galets, sur le 
sable grossier, où l'influence des vagues se fait encore sentir. 
Elles relient, par une transition insensible, la végétation des ter- 



Abbé Masclef. — Sur la géographie botanique du Nord de la France. 249 

rains soumis à l'action directe des eaux salées, avec celle des 
sables maritimes. D'autre part, comme elles végètent seules dans 
le voisinage de la mer, ou sont accompagnées seulement de quel- 
ques autres espèces presqu'aussi exclusivement maritimes, elles 
montrent combien il faut peu de sel marin dans le sol pour re- 
pousser les espèces de la flore terrestre; 0,3 à 0,1 0/0 semblent 
suffire. On ne peut attribuer cette action répulsive à l'influence 
du voisinage de la mer; un grand nombre d'espèces de l'in- 
térieur peuvent en effet très bien prospérer au bord de la mer, 
sur les falaises, du moment où les vagues ne peuvent plus les 
atteindre. 

2. Immédiatement derrière ces trois premières espèces, quel- 
quefois même en leur compagnie, on trouve dans les sables 
maritimes, avec YEryngium maritiniuni L., une belle série de 
Graminées, représentées par A 'mmophila arenaria Link., Fes- 
Utca oraria Dumort. (F. sabtilicola L. Duf. ; F. arenaria Gren. 
et Godr., non Osbeck), Elymus arenarius L., Agropyrum 
junceum P. Beauv., A. acutitm Rœm. et Schultz., A. pnngens 
R. et S. {A. littorale Rchb.), A . pycnanthum Gren. et Godr. et 
Scleropoa loliacea Gren. et Godr. {Triticum Rotlbœlla D. C.). 
Ces neuf espèces habitent encore de préférence les sables mou- 
vants, mais on les rencontre aussi dans les dunes fixées et sur 
les digues de galets, YElymus arenarius excepté. Toutes sont 
glauques et glabres ; elles sont évidemment soumises à l'influence 
du sel marin contenu dans le sol, ou déposé par les buées de la 
mer. 

L'Eryngium MARITIMUM est commun dans tous les sables 
maritimes du littoral de la région du Nord. J'ai observé quelques 
pieds de cette espèce, en dehors de leur station habituelle et à 
plus d'une lieue de la haute mer, à Saint- V alery- sur- Somme ; 
ils végétaient entre des rocailles crayeuses, au pied de la falaise 
du Cap-Hormi, à l'extrémité de la grande prairie salée où 
abondent le Statice Limonmm et YObione pedtmcîilata. Ce fait 
singulier de dispersion n'a rien de bien extraordinaire ; les 
terrains mi-sableux, mi-rocailleux de la base de la falaise, étant 
encore imprégnés des eaux salées de la prairie. 

L'AMMOPHILA ARENARIA, vulgairement appelé Oyat, est très 
commun dans les dîmes ; il y est souvent planté en lignes 
régulières pour fixer les sables mouvants. 



250 JOURNAL DE 30TANIQUE 

Le Festuca oraria et I'Agropyrum pungens, sont à peu 
près aussi communs dans les dunes que l'espèce précédente; 
comme elle, ils ne se rencontrent que plus rarement entre les 
galets, et, pour ainsi dire, accidentellement. 

L'AGROPYRUM ACUTUM, anciennement signalé dans le Nord à 
Dunkerque , par Lestiboudois, y a été retrouvé ces dernières 
années, par M. l'Abbé Boulay. Il n'a point été revu dans le Pas- 
de-Calais, ou il a été indiqué à Calais (Grenier et Godron), à 
Boulogne (Gren. et Godr., Rigaux) et sur les bords de l'Authie 
(Pauquy). Il est assez fréquent sur le littoral de la Somme (Cfr. 
de Vicq, FI.). 

L'A. PUNGENS est une espèce rare sur notre littoral. Il a été 
récolté à Dunkerque par M. l'abbé Boulay, et à Mers, Cayeux 
et le Hourdel (?), entre les galets, par de Vicq. Dovergne, dans 
son Catalogue manuscrit, le signale sur plusieurs points du Pas- 
de-Calais, où on ne l'a pas revu depuis. 

L'A. PYCNANTHUM est commun à Calais (!); Rigaux l'indique à 
Boulogne sur les bords de la Liane (?). On le rencontre abondant 
dans un certain nombre de localités du littoral de la So7nme! 

Le SCLEROPOA LOLIACEA croît au milieu des galets, entre 
Mers et le Hourdel, auprès du Crambe maritima! (de Vicq.). Il 
a aussi été signalé, plus ou moins anciennement, aux environs 
d'Etaples, de Boulogne et du Gris-Nez (Dovergne, Rigaux, 
Giard), à Calais (Beaupré in Dov.) et entre Dunkerque et Gra- 
velines (Necker). 

L'Elymus ARENARIUS est une des espèces les plus intéres- 
santes du littoral de la région du Nord. Disparue des dunes de 
Quend, près Fort-Mahon (de Vicq) et des sables maritimes de 
Châtillon près Boulogne (!), elle croît à Tardigheu (de Lamar- 
lière), à Wissant (Rigaux), centre Sangatte et Calais (!). Elle 
vient d'être retrouvée près de Dunkerque, par M. Leyss; elle y 
avait déjà été signalée il y a 1 20 ans par Necker. Cette découverte, 
dont je dois la connaissance à une obligeante communication de 
M. de Lamarlière, est d'autant plus importante que les échan- 
tillons recueillis étaient fructifies; ce fait, à ma connaissance, 
n'avait pas encore été observé dans notre région. 

3. Deux bonnes espèces maritimes, le Lathyrus maritimus 
Bigelow et le Crambe maritima L. , caractérisent plus spéciale- 
ment la végétation des digues de galets . Sans elles, cette portion 



Abbé Masclef. — Stir la géographie botatuqtie du Nord de la France 25 1 

de nos côtes serait la plus insignifiante au point de vue bota- 
nique; grâce à leur présence, elle acquiert un cachet tout spé- 
cial, et devient même l'une des plus privilégiées du littoral fran- 
çais. Inutile d'insister sur ce point; tout le monde sait que le 
Lathyrtis maritimus est exclusivement localisé, en France, aux 
environs de Cayeux -sur- Mer , et que le Crambe maritima, très 
abondant sur un espace de plusieurs kilomètres, entre le Bourg 
d'Ault et Cayeux, présente au milieu des galets du département 
de la Somme, un de ses habitats français les plus remarquables. 

Voici, d'ailleurs, la distribution géographique détaillée et 
l'indication précise des localités de chacune de ces deux espèces 
dans la région du Nord. 

Le LATHYRUS MARITIMUS existe sur deux points différents, 
distants l'un de l'autre de quelques kilomètres, le premier au 
nord et le second au sud de Cayetix. La localité classique (Til- 
lette de Clermont-Tonnerre, Pauquy, Grenier et Godron, de 
Vicq, etc.) est celle du nord, ou de la pointe du Hourdel, entre 
le phare de Cayeux et le hameau du Hourdel, à cinq cents mè- 
tres environ de l'embouchure de la Somme, auprès d'une petite 
guérite de douane ! Le Lathyrus maritimus forme là, à une cen- 
taine de mètres de la mer, et sur un espace d'une vingtaine de 
mètres carrés, un véritable tapis de verdure qui tranche agréa- 
blement sur l'aridité et la teinte gris-bleuàtre de la digue de ga- 
lets, très large en cet endroit. La disparition de cette belle loca- 
lité ne paraît guère à craindre d'ici longtemps : le L. maritimus 
est, en effet, admirablement armé pour résister soit aux récoltes 
exagérées de quelques botanistes, soit aux autres causes de des- 
truction; ses racines s'enfoncent entre les galets, à une profon- 
deur tellement grande qu'il est presque impossible de les arra- 
cher intactes, et d'autre part, il fructifie parfaitement chaque 
année, et peut ainsi facilement se multiplier. 

La seconde localité du L. maritimus est plus à l'intérieur, 
elle se trouve entre Cayeux et la caserne de Hautebut, près le 
Hable d'Ault (de Vicq). Elle est beaucoup moins facile à décou- 
vrir que la précédente; c'est probablement la plus ancienne. 

Le Crambe MARITIMA, peu abondant à l'embouchure de la 
Bresle, au Trêport près Eu (de Brébisson) et sur le petit banc 
de galets de Mers (de Vicq), est, au contraire, très répandu du 
Bourg d'Ault à Càyeùx; il abonde surtout, à peu de distance 



252 JOURNAL DE BOTANIQUE 

de la nouvelle plage &0 nival, et à la hauteur du Hable d'Ault! 
Il ne s'écarte guère des bords de la mer; il est cependant signalé 
au pied de l'ancienne falaise, à Hcmtebut{F . Debray). Je regarde 
encore cette dernière localité comme la plus ancienne. 

Le C. maritima a été anciennement signalé dans le Pas-de- 
Calais, sur les falaises de Boulogne, par Desmazières; Rigaux, 
dans son Catalogne, dit encore l'y avoir « trouvé une seule 
fois », mais depuis on ne l'a plus revu. Cependant, M. Delvallée, 
étudiant en pharmacie, m'a affirmé en avoir trouvé un pied près 
de Wimereux l'été dernier, pendant une excursion de la Faculté 
des Sciences de Lille ; cette assertion a besoin d'être contrôlée à 
nouveau. 

Le Lathyrus maritimus et le Crambe maritima sont deux 
espèces essentiellement maritimes. Elles paraissent fixées dans 
les sables du littoral par l'influence du sel marin ; toutes deux, 
en effet, sont glabres et glauques, leurs feuilles, surtout celles 
du Crambe, sont épaisses et charnues, et elles vont par leurs 
racines profondes rechercher dans le sable humide, au milieu 
des galets, avec l'eau nécessaire à leur nutrition, le Chlorure de 
Sodium qui s'y trouve en solution. 

4. C'est au milieu des sables Jîxés des dîmes que la végéta- 
tion des sables maritimes est la plus riche, et cependant, à côté 
des quelques espèces des sables mouvants qui y pénètrent cons- 
tamment, on ne trouve qu'une seule espèce maritime caractéris- 
tique, Y Asparagus ofjïcinalis L. {A. offtcinalis , p. maritimus 
L. et A. prostratns Du Mortier) (1). 

Les deux formes littorales de cette espèce encore mal définie 
se trouvent çà et là, par pieds isolés, dans presque toutes les 
dunes de notre littoral : dans le Nord, à Dunkerque (Queulain); 
dans le Pas de-Calais, à Tardinghen{à& Lamarlière), à Condette 
et à Etaples, près des phares! dans la Somme, à Saint- Qtœntin- 
en-Tourmont et Quend (de Vicq). J'en ai, au mois d'août der- 
nier, observé quelques pieds récemment introduits, dans une 
station toute différente, sur la digue du Crotoy. 

\J Asparagus officinalis de nos sables maritimes, semble bien 
moins sensible à l'influence du sel marin que les espèces précé- 
dentes ; c'est toutefois, du moins la forme à tige couchée {A. pros- 

1. Cfr. Du Mortier, Bouqtiet du littoral belge, p. 48. 



Abbé Masclef. — Sur la géographie botanique du Nord de la France. 25 ? 

ratus), une bonne espèce maritime qui ne s'écarte pas de la 
ner. Cette forme, à tige recourbée dès sa sortie du sable et con- 
fiée à plat sur le sol, aujourd'hui si bien acquise qu'elle se main- 
ient encore après une culture de près de cinquante années (Du 
Mortier), est probablement due primitivement à l'influence des 
/ents de la mer. A l'origine, il ne devait exister qu'un type lit— 
coral unique, d'où sont dérivés X Asperge cultivée et sa variété 
sauvage ou campes tris ; au lieu, d'admettre, avec de Vicq et 
quelques autres auteurs, que la forme à tige dressée (A. q(/ïci- 
nalis, ■?. mari/im//sL., Du Mort., non Auct.) est toujours, dans 
nos dunes, introduite de graines apportées par les oiseaux, je 
suis plutôt porté à croire qu'elle y est la plupart du temps indi- 
gène et qu'elle y continue le type primitif non modifié. 

5. Dans les dépressions humides et les petits marécages des 
dunes, au milieu d'un grand nombre d'espèces de l'intérieur qui 
recherchent dans ces stations de l'humidité, un peu d'humus et 
un abri contre les vents de la mer, se fixent trois espèces mari- 
times intéressantes : le Cochlearia danica L. , X Erythrœa littora- 
lis Fries et le Car ex triuervis Desgl. ; toutes trois trouvent en- 
core dans ce milieu imperméable une minime quantité de sel 
marin. 

Le Cochlearia danica est très inégalement répandu dans 
le Nord de la France. Dans le département du Nord, il a autre- 
fois été signalé à Dunkerque par Lestiboudois, mais il n'a pas 
été retrouvé dans ces derniers temps; dans le Pas-de-Calais, il, 
est assez commun dans toutes les dunes, de Calais à l'Autkie{\}\ 
dans la Somme, il ne dépasse pas le fleuve de ce nom, on le 
trouve à Saint- Quentin-en- Tournwnt et aux environs de Quend 
(de Vicq). 

Le Cochlearia danica ne parait pas tant rechercher l'influence 
du sel marin que le voisinage de la mer; il végète aussi bien à 
plusieurs kilomètres de profondeur que près de la plage. Ce 
qu'il recherche surtout sur notre littoral c'est l 'humidité et un 
abri contre les vents de la mer; aussi ow le recueille presque 
toujours au milieu des buissons d' Ilippophae et de Salix. Quel- 
quefois, pour trouver ces deux conditions réunies, il s'écarte 
des dunes, et on le rencontre dans les anfractuosités des falaises, 
au pied des haies ou sur les murs des habitations voisines de la 
mer; M. l'abbé Boulay en a même récolté quelques pieds sur les 



2 54 JOURNAL DR BOTANIQUE 

rochers de la Vallée Heureitse, près de Marquise, à trois lieues 
environ de la mer. 

L * Erythrsea liltoralïs existe dans le Nord à Dunkerque 
(Boulay); dans le Pas-de-Calais, à Tardiugheii (de Lamarlière), 
Ambleteuse (de Bruteiette in Billot, exsic, Giard), et à Etaples, 
un peu en avant des phares! dans la Somme, à Samt-Quentin- 
-en-Totirmont et à Quend (de Vicq). Cette espèce habite 
dans les dunes, tantôt les marécages proprement dits, tantôt 
seulement les lieux herbeux un peu humides. 

Le Carex trinervis est assez commun dans les dunes entre 
la Somme et la Canche, au Crotoy (!), à Saint- Quentin- en- Tour- 
mont et Quend '(de Vicq), à Berck (Wignier) et à Etaples! 

MM. Boulay et Queulain l'ont trouvé dans le Nord à Dun- 
kerque. 

6. A côté des espèces maritimes qui habitent les endroits 
humides et marécageux des dunes, on peut tout naturellement 
placer le Glyceria procumbens Sm. , espèce spéciale aux endroits 
sablonneux humides des bords de la mer. Elle a autrefois été 
récoltée sur plusieurs points du littoral de la Somme, sur la 
digue des galets, de Hautebut à Cayeux (Tillette de Clermont- 
Tonnerre, herb.), dans la région des dunes à Quend et à Fort- 
Mahon (Bâillon, herb.), etc. ; mais elle n'a pas été revue dans ce 
département depuis plus de cinquante ans. M. l'abbé Boulay l'a 
recueillie en 1877 dans le Pas-de-Calais, « entre Calais et Saint- 
Pierre, sur les bords d'une mare remplie d'eau saumàtre, à 
gauche de la route. » 

Le Glyceria procumbens est encore une de nos bonnes es- 
pèces maritimes ; elle présente de nombreux points de ressem- 
blance avec quelques plantes de la zone des vases et des embou- 
chures. 

7. Pour clore cette première liste, je dois dire un mot du 
Tamarix anglica Webb. ; on le trouve planté en haies, et quel- 
quefois comme naturalisé dans les sables maritimes, sur plusieurs 
points du littoral de la région du Nord, en particulier auprès de 

Cayeux -sur -Mer et du Bourg d , Auli{\). 

{A suivre.) 



P. Vuir.LEMiN. — Z'Ascospora Beijerinckii et la maladie des Cerisiers. 255 

UASCOSPORA BEIJERINCKII 

ET LA 

MALADIE DES CERISIERS 
Par M. Paul VUILLEMIN 

Nous avons entretenu l'an dernier les lecteurs de ce Journal (1) 
d'une maladie parasitaire qui venait de causer de graves ravages, 
en Lorraine et dans d'autres points de la France, sur les Cerisiers 
et les Pruniers et, à un moindre degré, sur les autres Amygda- 
lées. 

A cette époque nous avions pu démontrer que l'agent de 
cette maladie était le Champignon connu, d'après son appareil 
conidien, sous le nom de Coryueum Beijerinckii Oud., d'où le 
nom de Corynéum proposé pour désigner la maladie elle-même. 
A la fin de l'automne, les taches des feuilles s'étaient couvertes 
de pycnides appartenant au même Champignon. D'après notre 
description, M. Prillieux (2) a pensé que cette forme pouvait 
être identifiée avec le Phyllosticta Persicœ Sacc. Cette assimi- 
lation ne nous paraissant pas suffisamment établie, nous avons 
proposé (3) pour les conceptacles à stylospores le nom de Phyl~ 
losticta Beijerinckii. Peut-être serait-ce Y Asteroma Cerasi Kob. 
et Desm. ? La question n'est pas facile à trancher, cet Asteroma 
ayant été défini simplement d'après son mycélium développé sur 
des taches des feuilles de Cerisier, par analogie avec les As- 
teroma Mespili et Virgilise, et les conceptacles n'étant pas 
décrits. 

Il nous restait à suivra le Champignon après la chute des 
feuilles, en hiver et au printemps. A en juger par la marche du 
développement de ses congénères, on pouvait s'attendre à ren- 
contrer son appareil ascophore vers l'époque de l'épanouisse- 
ment des nouvelles feuilles. Une difficulté se présentait pour sui- 
vre le Cryptogame à travers ses métamorphoses : c'est que les 
feuilles de Cerisier se détruisent rapidement. Les préserver de 
la pourriture en les gardant dans un appartement n'était point 
pratique, car au sec toute vie s'éteignait et dès qu'on rendait le 

1. Journal de Botanique, tome I", page 315. 

2. Société nat. d'Agriculture. Séance du 9 décembre 1887. 

3. Société des Sciences de Nancy. Séance du 21 décembre 1887. 



256 JOURNAL DE BOTANIQUE 

milieu humide, tout un monde de Champignons saprophytes 
envahissait les tissus mortifiés. 

Ces causes d'erreur nous engagèrent à concentrer notre at- 
tention sur les fruits desséchés de bonne heure et restés adhérents 
à l'arbre. Sur les disques noirs développés à leur surface, on 
trouve diverses adaptations du mycélium à la vie latente. Les 
filaments bruns violacés à parois épaisses prennent fréquemment 
un aspect moniliforme et leurs cellules se désagrègent par places 
comme des sortes de spores. Ces cellules isolées, ou plus souvent 
appairées, avaient en partie germé dès la fin de l'automne en 
donnant, non pas un mycélium capable de s'étendre sur place, 
mais des conidîes analogues, comme aspect et comme dimen- 
sions , aux stylospores 
des pycnides. Ces coni- 
dies naissaient fréquem- 
ment au nombre de deux 
aux dépens de chaque 
cellule (fig. 2, d.) ; comme 
elles partaient de la même 
extrémité et s'atténuaient 
en une sorte de pédicelle 
semblable à un stérig- 
mate, elles rappelaient 
assez bien l'aspect des 
basidiospores. Au reste 
leur naissance sur des 
cellules dérivées du my- 
célium par simple fragmentation doit les faire rapprocher des 
stylospores véritables ; les pycnides ne sont en effet qu'un amas 
de mycélium condensé en un organe conservateur et apte à dis- 
séminer des corps à germination immédiate. De plus les conidies, 
à peine détachées, prenaient fréquemment une cloison transver- 
sale, comme celle qui apparaît tardivement dans les stylospores. 
Outre ces cellules à conidies et les pycnides elles-mêmes, nous 
avons rencontré sur les taches des fruits un autre organe inter- 
médiaire aux deux précédents par sa structure et jouant comme 
eux le rôle conservateur. Sur les croûtes mycéliennes il se for- 
mait, par entrelacement et segmentation des hyphes, de petits 
tubercules (fig. 2, b.J, dont les éléments externes, étroitement 




Fier. I. 



P. Vuillemin. — Z'Ascospora Beijerinckii et la maladie des Cerisiers. 257 

serrés, constituaient une véritable écorce, tandis que les éléments 
internes arrondis et munis d'une épaisse membrane (fig. 2, c), 
étaientphysiologiquement comparables à des spores hivernantes. 
Cette redoutable espèce est donc bien prémunie, par les dif- 
férenciations de son mycélium, contre les influences atmosphé- 
riques. Les pycnides à elles seules auraient suffi à en assurer la 
transmission d'une année à l'autre, car, malgré les gelées intenses 
et continues du dernier hiver, les stylospores s'échappaient en 
abondance, au premier printemps, des conceptacles qui avaient 
passé l'hiver, sans aucun abri, sur les fruits desséchés et adhé- 
rents aux arbres. Les conidies du type Corynezun reparaissaient 
en coussinets et germaient aussitôt. 

Les périthèces se développèrent à la même époque, et à la 
fin d'avril ils com- 
mençaient à mûrir, 
rares d'ailleurs au 
milieu des pycni- 
des, dont ils ne 
sont pas une trans- 
formation , bien 
qu'ils couvrent les 
mêmes filaments 
mycéliens. En voi- 
ci les caractères : 

Périthèces (fig. 
2, a .^inégaux, me- 
surant en moyenne 

100-130 u, noirs, charbonneux, sphériques-déprimés, à orifice 
très petit ou nul, sans papille, insérés sur une croûte de filaments 
bruns, plus ou moins moniliformes, se ramifiant et s'étalant de 
tous côtés ; ils font éruption entre les débris de l'épiderme ou de 
la cuticule. 

Asques nombreux (jusqu'à 40) en coussinet qui rayonne du 
fond du périthèce. Point de paraphyses. Au début l'asque mûr 
est ovoïde (fig. 1 , a.) fixé par l'extrémité large, prolongé en bec 
mousse du côté libre ; il renferme 8 spores entourées, même à la 
maturité, d'une petite quantité d'épiplasma expulsif. La paroi est 
formée en grande partie de cellulose ferme ; le sommet présente 
une calotte gélifiable, peu distincte, au début, du reste de la 




Fi- ->. 



258 JOURNAL DE BOTANIQUE 

membrane. Au moment de la dissémination, cette calotte s'étire 
en un long tube, séparé du corps primitif de l'asque par une ligne 
fine, mais très nette (iîg. i, b.)\ la base du tube cylindrique, 
moins malléable elle-même que le sommet, garde une membrane 
plus épaisse et bientôt une ligne de démarcation aussi nette que 
la précédente la distingue de la portion entièrement ramollie 
(fig. i, c). Les spores s'engagent dans le long col, pressent de 
plus en plus sur la portion gélifiée ; la résistance cédant brusque- 
ment, les spores sont projetées à une grande distance. Nous les 
avons vues lancées à 2 millimètres sous un couvre- objet, malgré 
la résistance de l'eau et de la lamelle de verre. Dans ces condi- 
tions, les asques étaient aussi soustraits à la compression à 
laquelle ils sont soumis dans l'orifice très étroit du périthèce. 

Quand l'asque est vidé, on ne voit plus aucune trace de l'ex- 
trémité du col gélifié; l'asque proprement dit s'est notablement 
contracté et raccourci en longueur et en largeur (comparez la 
fig. 2, ci, aux figures a, â, c , qui représentent les états successifs 
d'un seul asque). L'ajutage delà base est aussi revenu sur lui- 
même et la masse expulsive fait en partie saillie hors du sac. 
Dans de l'eau additionnée de teinture d'iode sous un couvre- 
objet, les spores étaient lancées par paires à des distances diffé- 
rentes. La fig. 2, d. montre une spore demeurée à une faible 
distance de l'orifice de l'asque. 

La longueur d'un même asque adulte et non vidé varie ainsi 
de 43 u. à 1 10 <*; la largeur, plus constante au niveau du renfle- 
ment basilaire, est d'environ 20 y. 

Ascospore incolore, sans cloison, elliptique-fusiforme, obtuse 
aux deux extrémités, mesurant 17/*, 5 X 7 y- Le contenu pré- 
sente 5 ou 6 vésicules hyalines (fig. 1, b, c.)\ mais l'iode y fait 
apparaître deux sporidioles peu nettes dans une masse granu- 
leuse (fig. 1, d.). 

Ces caractères établissent un lien très étroit entre notre 
Champignon et les Lœstadia. Le développement considérable 
du mycélium crustacé qui supporte les périthèces et lespycnides 
en fait plutôt un Ascospova. Pour simplifier la nomenclature, en 
même temps que pour rendre hommage au botaniste qui a fait 
de si intéressantes recherches sur les relations du Cryptogame 
qui nous occupe avec la gommose, nous le nommons Ascospora 
Beijerinckiï. 



Chronique. 259 

Cette étude montre une fois de plus combien il serait témé- 
raire de se prononcer sur l'affinité de deux Champignons, en se 
basant exclusivement sur l'appareil conidien; les Melanconis 
auxquels se rattachent d'autres Coryneum sont en effet assez 
éloignés des Ascospora. Au reste la forme conidienne elle-même, 
en dehors de la direction et du nombre des cloisons, est loin 
d'être identique chez le Champignon du Cerisier et les autres 
Coryneum. Le nom de coryneum peut être conservé sans incon- 
vénient, comme nom commun, pour désigner un type conidien 
spécial, et nous continuerons à dire que les Amygdalées sont 
sujettes aux attaques du coryneum de Y Ascospora Beijerinckii, 
comme nous attribuons la Rouille du Blé à l'urédo du P7icc7'nïa 
Graminis. 

Le parasite du Cerisier, nous venons de le voir, est doué 
d'un puissant appareil de projection ; il ne le cède guère à cet 
égard au Gnomomia erythrostoma, ce fléau des vergers d'Alle- 
magne, qui, heureusement, se contente jusqu'ici, en Lorraine, 
des Merisiers sauvages dans les bois. Il n'est pas moins bien 
partagé au point de vue de la conservation que de la multiplica- 
tion. Sa végétation puissante aux dépens de feuilles mortes et 
autres éléments inertes lui assure une immense extension. 

Néanmoins nous persistons à croire que, malgré tous ses 
avantages, le Coryneum ne devient nuisible qu'à titre exception- 
nel et dans des conditions toutes spéciales. Aidé par un printemps 
sec et chaud, les Cerisiers ont repris cette année une grande vi- 
gueur et l'abondance de la récolte a fait oublier les désastres 
précédents. L'influence des actions météorologiques, si claire- 
ment révélée par cette différence, est devenue plus sensible en- 
core par les conséquences de la longue période de pluie que 
nous traversons depuis le début de l'été. Les feuilles les plus 
jeunes se couvrent de nouveau de taches ; mais en général la 
frondaison est trop robuste pour offrir beaucoup de prise à l'en- 
nemi; d'ailleurs les premières atteintes ont été trop tardives pour 
compromettre soit la maturation des fruits, soit la santé des 
arbres. 



CHRONIQUE 

Société des Sciences de Nancy. — Séance du s juillet 1888. — 
M. Monal fait une communication sur le talon des Nyctaginées. Chez ces plantes 



«So JOURNAL DE BOTANIQUE 

et en particulier chez les Mirabilis, le talon apparaît sous la forme d'une ex- 
croissance unilatérale quand la radicule a déjà perforé les téguments. Les cellules 
épidermiques du talon se prolong-ent en poils absorbants, articulés, bien diffé- 
rents des poils de la tige proprement dite. Ces poils s'enfoncent dans l'albument 
qui, digéré à leur contact, devient gluant. Tant que dure la résorption de l'al- 
bumen, la liqueur de Barreswill décèle la présence d'une grande quantité de 
glucose dans le talon, quoique ce sucre fasse défaut dans le reste de la tigelle. 
Outre ce rôle digestif et absorbant, le talon des Nyctaginées, comme celui 
des Cucurbitacées, maintient la tigelle et les cotylédons en place, tant que dure 
la résorption de l'albumen. La chute des poils et même l'exfoliation totale du 
talon suivent de près l'épanouissement de la jeune plantule. 



Académie des science:. Séance du g juillet 1X88. — M. Gaston- Bo.xnier, 
poursuivant ses études sur la synthèse des Lichens, présente à l'Académie le 
résultat de ses dernières observations, dans lesquelles son attention s'est princi- 
palement portée sur la période de l'évolution du Lichen qui succède aux pre- 
mières phases de la germination. Ii a pu suivre j:>ur par jour, sur une même cul- 
ture, l'association de l'Algue et du Champignon, jusqu'à la formation du thalle 
différencié, notamment pour le Physcia parietiua. 

M. Louis Mangin a entrepris sur la constitution de la membrane cellulaire une 
série de recherches dont les résultats lui ont permis de généraliser ceux qu'avait 
indiqués M. Frérny au sujet de la présence dans les tissus des fruits et des racines 
d'un principe immédiat nommé par lui pectose. M. Mangin a constaté dans les 
tissus des végétaux les plus différents l'association de deux substances : la cel- 
lulose et une substance ternaire, incolore, insoluble dans l'eau, soluble dans les 
alcalis, colorable en violet par i'hématoxyline alunée, et à laquelle il conserve 
provisoirement le nom de pectose, bien qu'elle ne présente pas toutes les réac- 
tions attribuées par M. Frémy au corps qu'il a nommé ainsi. 

Séance du 23 juillet. — M. Henri Jumelle a fait sur la constitution du fruit 
des Graminées des recherches qui lui ont fourni les conclusions suivantes : 

« i° A aucun moment, pendant la maturation du grain des Graminées, il n'y 
a soudure entre les téguments de la graine et le péricarpe; 

» 2' 1 Le péricarpe se résorbe en partie; les téguments de la graine disparais- 
sent complètement ; 

■• 3° Le fruit des Graminées ne mérite pas un nom spécial; c'est un akène 
renfermant une graine sans tégument. » 

M. P. A. Dangeard, dans une note sur l'anatomie des Tmesipteris, Crypto- 
games vasculaires vivant sur le tronc des Fougères arborescentes, démontre que 
ces plantes ne sont pas, comme on le croyait, des parasites; elles possèdent un 
rhizome qui, par sa structure et son mode de ramification, est analogue à celui 
des Psilotiiii/. 

La Société linnéenne de Londres a célébré dernièrement le centième anni- 
versaire de sa fondation. Elle a créé à cette occasion sous le nom de « médaille 
de Linné », une médaille d'or dont un exemplaire a été remis à M. J. Hooker et 
un autre à M. Richard Owen. Cette médaille porte d'un côté le portrait de Linné- 
de l'autre les armes de la Société entourées de Linmea borealis ; elle sera dé- 
cernée chaque année, alternativement, à un botaniste et à un zoologiste, en com- 
mençant par un botaniste. 



M. Courchkt, chargé de cours à l'Ecole supérieure de Pharmacie de Mont- 
pellier, vient de soutenir d'une façon brillante à la Sorbonne, pour obtenir le 
grade de docteur ès-sciences, une thèse très intéressante ayant pour objet l'étude 
des chromoleucites. 

Le Gérant : Fouis Morot. 



22, yl. [euf^t Roi'h<:rf*a 



2 e ANNEE N" 16 ici AOUT 1888 

JOURNAL DE BOTANIQUE 



Directeur: M. Louis MOROT 



NOTE SUR LE VRAI GENRE PILACRE 

ET LA PLACE QU'IL DOIT OCCUPER DANS LES CLASSIFICATIONS 

Par M. E. BOUDIER 

Quand Elias Fries créa, en 1829, dans son Systema myco- 
logicum son genre Pilacre pour quelques petits Champignons 
trouvés par Weinmann dans des endroits obscurs ou souterrains, 
et qu'il les décrivit sous le nom de Pilacre Weinmanni, avec 
quelques variétés présentées plus tard par ce dernier auteur sous 
les noms de P. subterranea et de P. Friesii, il n'indiqua pas sa 
nature thécasporée, mais il avait certainement en vue un Cham- 
pignon de cette classe, puisque plus tard, dans son Summa vege- 
tabilium Scandinavie?-, p. 301, il le place immédiatement après 
le genre Vibrissea, et lui reconnaît exactement la même struc- 
ture, ayant eu soin d'indiquer que ce dernier genre est pourvu 
d'asques et de paraphyses. Il fait suivre, il est vrai, les Pilacre 
du genre Tttberctilaria, mais par ressemblance extérieure seu- 
lement, puisqu'il spécifie bien que ce dernier en est dépourvu. 
Déjà, dans son Systema mycologicum, il avait indiqué les rap- 
ports d'aspect et de végétation que son genre présentait avec les 
Vibrissea, comme aussi, mais d'une manière moins nette, avec 
les Gnygena. 

Il est bon de remarquer que Fries, auteur de Y O nygena fagi- 
nea, n'avait pas sans doute trouvé des rapports suffisants entre 
cette espèce et celles de Weinmann, puisqu'il a cru ne pas de- 
voir les rapprocher et qu'il a fait des dernières un genre nou- 
veau. Bien que dans le Summa vegetabilium il range encore 
YEcchyna faginea parmi les O nygena auxquels il reconnaît des 
spores endothèques, il ajoute à propos de cette espèce une note 
qui tend à établir le genre Ecchyna à capitule villeux et pulvé- 



262 JOURNAL DE BOTANIQUE 

rulent, dépourvu de tbèques, dans lequel plus tard il fait rentrer 
son Onygena faginea ' (i). 

On doit donc s'étonner à bon droit de voir que ce genre 
Pilacre, bien établi depuis longtemps, ait été dénaturé et dé- 
tourné de son application véritable au point de devenir, pour un 
grand nombre d'auteurs, le type dans lequel rentrent les Ecchyna 
faginea, Petersii et autres espèces voisines, Champignons tout- 
à-fait différents des vrais Pilacre, tandis que ces derniers, délais- 
sés ou oubliés, ont été décrits à nouveau comme un autre genre 
par M. de Thumen sous le nom de Rœsleria Jiypogea, et même, 
suivant M. Williams Phillips, par M. Berkeley, en 1872, sous 
celui de Sphùictrina coremioides , ou encore rangés parmi les 
Vibrissea par M. Richon et même par Rabenhorst, si, comme je 
le pense, son V. jïavipes est la même espèce. De là une confu- 
sion très grande et très préjudiciable qui persiste encore, si l'on 
en juge par les nombreux mémoires qui ont paru même récem- 
ment sur ce sujet. C'est cette confusion que je vais tâcher de 
faire disparaître en réhabilitant le genre Pilacre. 

Le Pilacre Weinmannî Fr., espèce typique du genre dans 
lequel Weinmann rapporte comme je l'ai dit ses P. Pries ii et sub- 
terranea, qui n'en sont je crois que des variétés, est un Champi- 
gnon certainement thécasporé dans son état parfait. Les études 
que j'en ai faites, dès 1878, sur des échantillons récoltés à Blois 
et qui m'avaient été envoyés par M. l'abbé Séjourné, comme 
celles que j'ai faites depuis sur ceux que j'ai pu récolter, ne me 
laissent aucun doute à cet égard. Les thèques existent et sont bien 
visibles, et si plusieurs auteurs en ont fait un Hyphomycète, cela 
tient à ce que leurs études ont porté sur des spécimens trop avan- 
cés ou ayant déjà un commencement de dessication. Le liquide 
des thèques se résorbe facilement, et leur paroi, se collant par 
son retrait sur les spores, empêche leur séparation et leur fait 
simuler une série en chapelet de huit de ces organes. 

De là l'opinion émise primitivement par M. Saccardo d'en 
faire un Hyphomycète, opinion qu'il a franchement abandonnée 
depuis. Cette particularité est fréquente et mieux appréciable 
chez les Discomycètes de grande taille comme on peut s'en con- 
vaincre tous les jours. Il est bon de rappeler cependant que 

1. Fries, Calendrier des Champignons, traduction de Nylander. Ann. se. nat., 
P- 3i3- 



E. Boudier. — Sur le vrai genre Pilacre et sur sa classification. 263 

le Pilacre présente un état conidifère peu distinct par son 
apparence extérieure et qui a été bien décrit et figuré par 
M. Richon(i). 

Quant on étudie ce Champignon en état de végétation et de 
fraîcheur convenables, on trouve toujours des thèques et ces 
thèques ont été bien décrites et figurées par un certain nombre 
d'auteurs, parmi lesquels je ne citerai que M. Prillieux qui en a 
donné la meilleure reproduction, sous le nom de Rœsleria hypo- 
gea, dans la planche qui accompagne son mémoire sur le Pour- 
ridié de la Vigne, paru dans les Annales de l'Institut agronomi- 
que, 1879-1880. 

Je n'entrerai pas ici davantage dans ces discussions. Je suis 
convaincu depuis longtemps que les Pilacre Weùwianni ', sub- 
terranea et Friesii sont des Champignons de la famille des 
Discomycètes inoperculés, très voisins des Vibrissea dont ils 
diffèrent principalement par leurs spores petites et arrondies- 
lenticulaires, la longueur de leurs paraphyses contournées ou 
flexueuses, dépassant beaucoup les thèques, ce qui retient les 
spores à leur sortie et donne l'apparence pulvérulente au capi- 
tule, que de plus ce genre Pilacre est identique avec le Rœs- 
leria de M. de Thumen. 

C'est probablement parce que cet auteur n'a pas eu connais- 
sance de tous les caractères donnés par Fries, ou qu'il n'y a pas 
attaché assez d'importance, qu'il a créé son genre qui fait certai- 
nement double emploi. Il suffit de consulter les descriptions de 
Fries et celles de Weinmann pour se convaincre de l'identité 
des espèces. Déjà j'ai indiqué, dans une note insérée dans mon 
Essai d'une classification des Pezizes (2), mon opinion à ce su- 
jet et je crois avoir été le premier à signaler le fait. Depuis j'ai 
vu ma rectification adoptée par plusieurs de nos collègues. 

Le genre Pilacre est un bon genre ; quoiqu'il n'ait pas été 
suffisamment caractérisé dès le début par son auteur, ce n'est 
pas une raison pour le supprimer et lui en substituer un autre, 
comme c'était une erreur d'y faire rentrer les Ecchynafaginea, 
Peter sii et voisins, parce que son inventeur n'avait pas primiti- 
vement indiqué la présence des thèques. Les Pilacre faginea, 

1. Comptes rendus du comité d'études contre le Phylloxéra dans le départe- 
ment de la Marne, 1881. 

2. Bull. Soc. Mycolog. de France, t. I, 1883, p. m. 



264 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Petersn et quelques autres de Berkeley, ne sont pas des Pi- 
lacre vrais, mais bien des Ecchyna et c'est encore ce dernier 
nom qu'il faut substituer à celui de Pilacre dans les travaux 
importants de Brefeld sur la nature de ce genre, les Pilacre res- 
tant de vrais Champignons Discomycètes. 

Quant à la place parmi les Lichens que quelques auteurs, 
principalement en Angleterre, ont voulu donner au genre qui 
nous occupe, elle n'était pas admissible et je pense qu'aujour- 
d'hui elle n'a plus de partisans. Le manque complet de gonidies 
et la végétation habituellement souterraine de la plante, ce qui 
ne se voit pas à ma connaissance parmi les Lichens, forcent à 
l'en éloigner. Que le Pilacre soit identique au Conyocybe pallida, 
je ne le nie pas, mais, si le fait est exact, ce Conyocybe n'est pas 
un Lichen et doit être rejeté des Conyocybe vrais pour être 
reporté parmi les Champignons et y garder la place que lui a 
assignée Fries, son auteur. 



SUR UN ERANTHEMUM NOUVEAU DU GABON 

(Eranthemum plumbaginoides) 

Par M. P. MAURY 

Il y a actuellement en pleine floraison, dans les serres du 
Muséum d'Histoire naturelle, un Eranthemum que je pense être 
nouveau et qui faisait partie d'un très bel envoi de plantes du 
Gabon dû à l'obligeance de M. le D r Ballay. 

Voici la description de cette Acanthacée. 

Eranthemum frutescens ramis vagantibus, radicantibus vel sub- 
scandentibus, super nodos incrassatis; foliis ovatis, oppositis, parte 
inferiore in pétiole ad basi ramorum longo, ad summo brève, parte 
superiore in acumine obtuso attenuatis, supra glabris, nitidisque, sub- 
tus ad nervis pilosis, 8-15 cent, longis, 5-7 latis, racemis terminalibus, 
maxime elongatis, pilis glandulosis, siccitate fuscis, brevissimisque 
tectis; floribus pedunculatis, axillaribus in cymis congestis; bracteis 
triangularibus minimisque; sepalis parvis, linearibus, angustis, 
acuminatis, glandulosis, basi concrescentibus ; corollae totae hirtellae 
tubo longo 2-3 cent., fauce aucto reflexoque, limbo bilabiato, lobis 
lHacinis patentibus, 2 posticis brevioribus minutissime roseo macula- 
tis, 3 anticis majoribus, lateralibus concoloribus, medio ad faucem 



P. Maury. — Sur un Erantheraum nouveau du Gabon. 



26î 




Eranthemum plumbaginoides. 

I. Port de la plante. — 2. Fleur. — 3. Insertion des étamines. — 4. Pistil. — 5. Fruit. 



266 JOURNAL DE BOTANIQUE 

luteolo, maculisque rubellis punctato; stamiuibus 2 anticis ad posterio- 
rem faucis partem conjunctis vixque exsertis, antherarum violacearum 
lobis distinctis dorso papillosis glandulosisque ; staminodiis 2 posticis 
parvis; stylo filiformi vix bifido ; fructu 2-3 cent, longo, capsulari, 
acuminato parte inferiore elôngato; seminibus 2-4 lenticularibus, 
compressis, pallidis, papillosisque, ad placentis funiculo appendi- 
culato affixis. 

Circa Libreville legit Château et ad Muséum Par. viventem misit 
D r Ballay ; in calidariis culta sub n° 101. 

A cette espèce se rapportent certainement, malgré de 
légères différences, les échantillons & Eranthemum récoltés à 
Landana (Guinée méridionale) par le R. P. Duparquet et qui se 
trouvent dans l'Herbier du Muséum. Ils peuvent être considérés 
comme une variété grandiflora, distincte du type par des 
rameaux moins allongés, très légèrement renflés au-dessus des 
nœuds, par des feuilles plus molles, moins grandes et par des 
fleurs à tube plus long et à limbe un peu plus large. 

L'analogie des inflorescences de cet Eranthemum avec celle 
des P lumbago frutescents, notamment PL rosea, scandens^ etc., 
m'a fait penser à le désigner sous le nom de phi/ubagiuoides . 
Cette analogie d'inflorescence ou de port n'est du reste pas nou- 
velle dans la famille des Acanthacées. Elle a été indiquée pour 
des plantes rapportées d'abord au genre Jus tlc/a, les Beloperone 
plumbagînifolia Nées et Asystasia plumbagiuea Nées. 

La place de X Erauthemum phimbagiiwldes est dans le 
groupe p. pa7'vibracteat£e (Nées in D. C. Prodr., XI, 450). Ses 
affinités les plus rapprochées sont avec E. Audersoni et E. albi- 
Jïorum, tous deux de régions très éloignées de la sienne, Inde 
et Amérique 'méridionale ; et avec E. nigrïtianum de Fernando 
Po. Mais il se distingue de ces diverses espèces par des carac- 
tères très nets. 

De ME. Andersoni J. D. Hook. {Bot. Mag. n. 5771), il diffère 
par ses feuilles moins grandes, son inflorescence plus allongée, 
parviflore, par sa corolle à limbe plus petit, à lobes plus obtus 
d'un lilas pâle, l'intérieur légèrement jaunâtre en son milieu et 
marqué de petites taches carmin, enfin par ses étamines non 
exsertes. 

De YE. albiflorum J. D. Hook. {Bot. Mag. n. 4225), il dif- 
fère par ses feuilles atténuées en pétiole plus ou moins long, 



N. Patouiluard. — Fragments mycologiques. 267 

nullement auriculées, par ses inflorescences lâches et ses fleurs 
à tube long-, à limbe lilas, maculé et non bleuâtre. 

Enfin de YE. m'gritianum Anderson (in Journ. ofthè Limi. 
Soc, VII, 51), il diffère par ses feuilles pubescentes à la face infé- 
rieure le long- des nervures, par ses fleurs à corolle non hypocra- 
tériforme, recourbée à la gorg-e, à limbe plus grand et presque 
bilabié. 

UE. phimbagi'iwî'des ne sera probablement pas très en hon- 
neur auprès des horticulteurs, car le nombre de ses fleurs est petit 
et elles sont très facilement caduques. De plus la tendance qu'ont 
ses rameaux à se diriger de tous côtés et à émettre des racines 
adventives, jointe au g-oût. prononcé de la plante pour les sous 
bois chauds et humides, rend sa culture assez difficile. Les bota- 
nistes seuls auront quelque plaisir à noter cette espèce nouvelle 
de l'Afrique occidentale, qui porte à quatre le nombre des 
Eranthemum de cette région actuellement connus. 



FRAGMENTS MYCOLOGIQUES 

(Suite.) 
Par M. N. PATOUILLARD 

Prototremella, nouveau genre d' Hyménomycètes hétéroba- 

sidiés. 

En hiver et au printemps, on rencontre parfois sur le bois 
dénudé de Saule et de Peuplier, plus rarement sur l'écorce, des 
plaques minces, roses violacées, plus ou moins cendrées et 
pruineuses, de consistance molle presque g-élatineuse, parais- 
sant à la loupe comme formées de petits tubercules hémisphé- 
riques, épars ou confluents, placés sur un tapis concolore. Cette 
production est considérée d'ordinaire comme étant le Corticium 
nvidum Fr. Elench. p. 218. 

L'examen microscopique montre que la constitution de cette 
plante est la même dans toute son étendue, soit qu'on examine 
les parties tuberculeuses, soit qu'on étudie la surface lisse : on 
observe une couche très mince de tissu filamenteux, incolore et 
délicat, reposant directement sur le substratum et portant à la 
face supérieure une zone hyméniale. Dans les parties saillantes, 
le tissu sous-jacent est un peu plus développé. 



368 JOURNAL DR BOTANIQUE 

Les éléments de l'hyméniiim sont d'une nature toute spéciale. 
Les basides jeunes sont subglobuleuses et atténuées inférieure- 
ment; elles naissent à l'extrémité des hyphes de la trame, soit 
isolément, soit en bouquets de 4-5. Notons que, dans cet état, 
elles sont gorgées d'un protoplasma abondant. Bientôt quatre 
mamelons arrondis naissent à la partie supérieure de la cellule 
basidiale qui ne se cloisonne jamais dans son intérieur. Ces 
quatre mamelons, premier état des stérigmates, deviennent 
ovoïdes et pourraient alors être confondus facilement avec quatre 
spores sessiles. 

Les stérigmates continuent à s'allonger et deviennent relati- 
vement énormes en prenant la forme de massues au sommet, puis 
celle de fuseaux ventrus. En même temps, la cellule basidiale, 
qui reste toujours de petites dimensions, se vide de son proto- 
plasma au profit des stérigmates. Ceux-ci ressemblent à ce mo- 
ment à quatre basides distinctes naissant en bouquet sur une 
cellule unique et qui seraient encore dépourvues de spores. 

Enfin ils atteignent leur développement complet en s'allon- 
geant beaucoup et s'effilant à l'extrémité. A ce moment, la spore 
commence à se montrer à leur sommet. Elle est exactement glo- 
buleuse et mesure 6 à 7 y- de diamètre. Sa coloration (les spores 
étant vues en tas) est d'un beau rose. 

Jusqu'ici, à part l'exagération du volume des stérigmates, on 
ne voit rien de bien différent de ce qui s'observe dans les Corti- 
cium ordinaires. L'étude de la germination va nous indiquer 
des différences profondes. 

La germination de la basidiospore a lieu directement dans 
l'eau simple; souvent on l'observe sur la plante même, comme 
cela a lieu dans beaucoup d'Hétérobasidiés. La spore commence 
par augmenter un peu de volume (elle atteint 8 à 9 y) et devient 
légèrement ovoïde, ensuite elle émet un pi'omycélitim effilé à 
l'extrémité, qui mesure de 20 à 25^ de longueur; ce promycé- 
lium se termine par une conidie exactement globuleuse, comme 
la spore dont elle dérive. 

Il peut arriver que la spore, en germant, donne directement 
un mycélium sans former de conidie. 

La présence d'un promycélium conidifère oblige de séparer 
notre plante des Hyménomycètes ordinaires pour la placer dans 
les Hétérobasidiés à côté du genre Tremella, dont elle diffère 



N. Patouillard. — Fragments mycolo giqttes . 269 

essentiellement par ses basides simples et non cloisonnées (1). 

Nous ferons de ce Champignon le type d'un nouveau genre, 
que nous caractériserons comme il suit : 

Prototremella nov. gen. — Hyménomycètes hétérobasi- 
diés à réceptacle étalé, subgélatineux , à basides simples portant 
quatre stérigmates volumineux; spores et conidies globuleuses. 

Si nous comparons la baside du Prototremella à celle des 
Homobasidiés, nous voyons que toutes deux sont semblables 
dans leur aspect général ; mais cette analogie n'est qu'apparente. 
En effet, dans un Corticium ordinaire, par exemple, la cellule 
basidiale reste l'organe essentiel pour la production de la spore, 
tandis que, dans le Prototremella , cette cellule semble ne servir 
que de simple support aux quatre stérigmates qui jouent alors le 
rôle de quatre basides distinctes et monospores. 




Prototremella Ttdasnei. 
1. Basides à divers âges. — a. Baside montrant des cloisons accidentelles dans les stérigmates, 

— 3. Spores en germination. 

Dans les Tremella vrais, la baside se divise en quatre par- 
ties qui s'éaartent plus ou moins les unes des autres et dévelop- 
pent chacune un stérigmate sporifère ; chacune de ces parties 
considérée isolément est une véritable baside monospore, corres- 
pondant à un des stérigmates basidiformes du Prototremella. 

Enfin cette séparation des parties primitives de la cellule 

1. Nous avons observé quelquefois des cloisons transversales accidentelles 
dans les stérigmates, comme on en rencontre chez plusieurs Hyménomycètes. 



270 JOURNAL, DE BOTANIQUE 

basidiale peut aller plus loin : dans le Delortia, qui a des basides 
unicellulaires et monospores, chaque baside peut être considérée 
comme provenant de la disjonction complète des quatre parties 
constituant la baside ordinaire des Tremella ou des Prototre- 
mella. 

Dans le mémoire de Tulasne, Fungi tremellini et leurs alliés 
{Annales des Sciences nat. 1872, 5 e série, tome XV, p. 227), on 
voit signalé et figuré (PI. 10, fig. 3, 4 et 5) un Corticium incar- 
natum (pinicola) Fr. « où sur des basides globuleuses comme 
celles des Trémelles, mais entières, naissent des stérigmates ovoï- 
des et épais, qui simulent de grosses spores avant de s'allonger 
pour devenir fertiles. » 

Ces caractères correspondent exactement à ceux du Proto- 
tremella et la plante doit rentrer dans le même genre; d'autant 
mieux que la figure 5 représente deux spores globuleuses des- 
quelles naissent deux promycélium et deux conidies arrondies. 
Nous n'avons pu voir la plante même de Tulasne qui manque 
dans sa collection conservée dans l'herbier du Muséum, mais 
il est possible, sans que nous puissions l'affirmer, que la plante 
de Tulasne et la nôtre soient une seule et même espèce, dans 
tous les cas très éloignée du Corticium incarna tum. 

Nous désignerons la plante du Saule et du Peuplier sous le 
nom de Prototrcmella Tulasnei, pour consacrer la première in- 
dication de ce genre curieux. 

Quel est le véritable Corticium uvidum Fr . ? 

Dans les Hymenomycetes Europasi de cet auteur, ce Corti- 
cium est signalé sur bois de Hêtre ; l'indication de la couleur et 
de la disposition générale correspond bien aux spécimens du 
Saule et du Peuplier, mais la désignation hymenio Uevissimo 
fait naître quelques doutes sur l'identité des deux plantes. 

De plus, M. Brefeld pense que son Exidiopsis effusa de 
l'Aulne, qui a les basides cloisonnées et les spores arquées, 
pourrait être également le Corticium ttvidum Fr. 

ïl est donc probable que l'espèce Friesienne est une troisième 
plante différente de celle de M. Brefeld et de la nôtre. 

(A suivre.) 



Abbé Masclef. — Contributions nouvelles à la flore des collines d'Artois. 271 

CONTRIBUTIONS NOUVELLES 
A LA FLORE DES COLLINES D'ARTOIS 

(Cambrésis, Artois, Haut-Boiclonnais) 
Par M. l'abbé A. MASCLEF 

Desmazières et Th. Lestiboudois sont les premiers qui aient 
donné dans leurs ouvrages sur la flore du Nord de la France (1) 
quelques renseignements positifs sur la végétation des collines 
d' Artois. Ces auteurs avaient très peu herborisé en dehors des 
limites de la Flandre, mais ils eurent soin de citer les principales 
découvertes faites en Artois par Dovergne, Alavoine, le docteur 
Deschamps et quelques autres botanistes qui explorèrent cette 
région avec succès, pendant toute la première moitié de ce siècle. 
Après eux, le baron de Mélicocq fit paraître un intéressant cata- 
logue des environs de Béthune et de Lens ('2), mais ce travail, pu- 
blié dans l'Annuaire du département du Pas-de-Calais, fut peu lu 
et partant peu connu ; aussi le a Catalogue » de Desmazières et la 
« Botanographie Belgique » de Th. Lestiboudois faisaient-ils 
encore seuls autorité quand, en 1877, M. l'abbé Boulay entre- 
prit, sur des bases scientifiques sérieuses, une nouvelle explora- 
tion des départements du Nord et du Pas-de-Calais. La publi- 
cation des trois fascicules de sa « Révision » (3) produisit le 
résultat que méritait un travail aussi consciencieux. Le goût de 
la botanique descriptive fut remis en honneur dans une région 
fort peu faite, il faut bien l'avouer, pour le développer; de nom- 
breux botanistes artésiens, M. l'abbé Queulain, MM. Dumon, 
Gérard et de Lamarlière, le docteur Carpentier, celui qui écrit 
ces lignes, et bien d'autres encore, se mirent à l'œuvre avec ar- 
deur; nous nous partageâmes la besogne, et déjà à la fin de 1885, 
d'importantes découvertes, sur un grand nombre de points du 
plateau d'Artois, étaient venues récompenser nos efforts. 

1 . /■-B. ) H.-J. Desmazières. — Catalogue des plantes omises dans la Botano- 
graphie Belgique (de F.-J. Lestiboudois) et dans les flores du Nord de la France. 

— Lille, 1823. 

Th. Lestiboudois. — Botanographie Belgique ou Flore du Nord de la France. 

— Paris et Lille, 1827. 

2. A. de la Fons, baron de Mélicocq. — Plantes croissant spontanément aux 
environs de Béthune. — Annuaire du Pas-de-Calais, 1848-49. 

3. N. Boulay. — Révision de la flore des départements du Nord de la France 

— Lille, 1878, 1879, 1880. 



272 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Ces premiers résultats furent alors consignés dans le « Cata- 
logue du Pas-de-Calais » (i), mais d'importantes lacunes res- 
taient à combler. Ne voulant pas laisser inachevé notre travail 
d'exploration, nous avons continué de concert (2) l'étude des 
différentes parties des collines d' Artois restées jusque-là inex- 
plorées, tandis que d'autres botanistes non moins zélés, M. 
l'abbé Godon, professeur à l'Institution libre de Notre-Dame de 
Grâce à Cambrai, et MM. Rembert et T. Delattre, venaient nous 
apporter un nouveau et bien précieux concours, en achevant de 
nous faire connaître, le premier, la végétation du Cambrésis, les 
seconds, celle des environs d'Hucqueliers, à l'extrémité ouest 
du plateau d'Artois. 

Les documents inédits réunis ainsi en deux années de nou- 
velles herborisations sont tellement considérables qu'il m'a 
paru préférable de les publier séparément, avant d'entreprendre 
dans un prochain travail où ils cadreraient très difficilement, 
X étude de la Géographie botanique comparée des collines d'Ar- 
tois et de Picardie; je le fais sous la forme peu intéressante, à 
la vérité, d'un catalogue, mais de beaucoup la plus commode 
pour les recherches ultérieures. J'y cite non-seulement les loca- 
lités des espèces rares, mais encore de toutes celles dont la dis- 
tribution n'est pas encore parfaitement connue ou présente des 
lacunes dans certains cantons. Chaque localité est suivie, entre 
parenthèses, de l'initiale du botaniste qui l'a découverte (3). 
MM. Godon, Rembert et Delattre ont bien voulu me confier la 
détermination de leurs récoltes, j'en prends donc la responsabi- 
lité à ma charge. 

RENONCULACÉES 

Clematis Vitalba L. — Clenleu et Sempy entre Hucqueliers et Montreuil 
(R. et D.); talus de la voie ferrée entre Saint-Pol et Petit-Honvin ; co- 
teaux calcaires à Rcellecourt près Saint-Pol ; Heuchin (4) ; bruyères 

1. A. Masclef. — Catalogue raisonné des plantes vasculaires du département 
du Pas-de-Calais. — Paris et Arras, 1886. 

2. M. Gérard avait déjà quitté l'Artois depuis plusieurs années, appelé dans 
l'Est par de nouvelles fonctions. 

3. D r C. = D r Carpentier ; D. = T. Delattre; Dum. = P. Dumon; G. = abbé 
Godon; de L. = de Lamarlière; M. = A. Masclef; Q. = abbé Queulain; R. = 
Rembert; R. et D. = Rembert et T. Delattre. 

4. Les racines de l'unique exemplaire observé dans cette localité allaient 
chercher le calcaire à plus d'un mètre de profondeur ; les couches argilo-sableuses 
au-dessus de la craie ne faisaient aucune effervescence avec l'acide ! 



Abbé Masclef. — Contributions nouvelles a la flore des collines d'Artois. 273 

d'Hesdignetil près Béthune, sur la pente calcaire (M.) ; bois du Quesnoy 
à Oisy-le- Verger, sur la craie ; fortifications de la citadelle de Cambrai, 
bois Couillet près Marcoing, coteaux d'Esnes, de Vaucelles et de Ban- 
teux, sur le calcaire (G.). 

Thalictrum flavum L. — Marais de la Sensée entre Aubigny-au-Bac, 
Brunemont et Palluel (G). 

Anémone Pulsatilla L. — Bois Couillet entre Marcoing et Villers- 
Plouich; abond. sur un espace de 6 à 700 m. q. dans une clairière 
auprès du ravin, sur le calcaire (G.). 

Adonis autumnalis L. — Bourlon (R. et D.), Anneux (R.), champs 
crayeux à Graincourt-les-Havr incourt y four à chaux de Bertry (G.). 

A. sestivalis L. — Cambrai, champs calcaires près la porte Saint- 
Sépulcre ; Haucourt, champs crayeux au fond du Ravin Warnelle ; four 
à chaux de Bertry (G.). 

A. flammea Jacq. — Marcoing, vers Ribécourt (G.). 

Myosurus minimus L. — Andinghen ; Renés cure (deL.); Havrinconrt, 
champs sablonneux du Quesnoy; Noyelles-sur-l' Escaut, champs sablon- 
neux entre le village et le bois des Neuf (G.). 

Ranunculus divaricatus Schrk. — Marais de Rœux, sur la vase cal- 
caire (M.); marais d'Arleux (Q.), de Palluel et de Marquion ; Bourlon 
(R. et D.); fossés autour de Cambrai et à la Folie près Cantaing; for- 
tifications de Bouchain (G.). 

R. aquatilis (L.) Godr. et Gren. Var. a fluitans G. et G.; R. aquatilis, 
var. heterophyllus DC. — Dohcm (de L.) ; Isbergues près Berguettes (D r 
C); marais de Vitry (M.); maraisde la Sensée entre Aubigny-en-Bac et 
Brunemont (G.). — Cette variété paraît rare dans la région des col- 
lines d'Artois; elle n'a été observée que dans ces quatre localités. 

R. trichophyllus Chaix, Godr. et Gren., var. heterophyllus Freyn; 
7?. Godroni Grenier (R. radians Revel?). — Cambrai, dans les fossés 
du faubourg Saint-Roch (G.). 

R. fluitans Lamk. — Heuchin, près le moulin (D r C. et M.) ; abond. dans 
Y Escaut, de Cambrai à Marcoing (G.). 

R. Lingua L. — Marais de Marquion (R. et D.); Cambrai (G.). 

R. nemorosus DC. — Coteaux de Marqueffles près Bouvigny, vis-à-vis 
le bois de Noulette (D r C. et M.). 

R. sardous Crautz; R. Philonotis Ehrh. — Dohem, Upen (de L.); Bais- 
sent, Clenleu, Alettr. (R. et D.); environs d'Anvin, vers Bergueneuse 
(D r C. et M.); champs argileux entre Pas-en-Artois et Mondicourt et à 
Fatneckou (M.); Havrincourt (Q.); bois du Quesnoy près Oisy-le- Ver- 
ger; Cambrai, Haucourt, Caudry, Honnecourt et la Terrier e (G.). 

Helleborus viridis (L.) Gren. et Godr. ; H. occidentalis Reut. — Clenleu, 
dans un enclos (R. et D.); prairie à Lattre- Saint-Quentin (D r C); Neu- 



274 JOURNAL DE BOTANIQUE 

ville-Saint-Remy près Cambrai, dans la maison de campagne du Grand 

Séminaire (i) (G.). 
Aquilegia vulgaris L. — Bois de l'Eperche près Samer; Bouvelinghem ; 

Elites et Wavrans (de L.); Clenleu (R. et D.); abond. sur les coteaux 

calcaires le long de la rivière d'Heuchin, entre Anvin et Heuchin (D r C. 

et M.). 
Delphinium Consolida L. — Moissons des terrains calcaires autour de 

Cambrai (G.). 

Actaea spicata L. -- Bois du Châtelet à Pas-en-Artois ; très peu abond. 

(M.). 

BERBÉRIDÉES 

Berberis vulgaris L. — Taillis du Mont de Trescault dans le bois 
d'Havrincourt (G.) (2) 

NYMPHÉACÉES 

Nymphaea alba L. — Marais de la Sensée d'Arleux à Bouchait! ; manque 
dans la vallée de l'Escaut autour de Cambrai et en amont de cette 
ville (G.). 

Nuphar luteum Sibth. et Sm. — Vallée de l'Escaut autour de Cambrai 

(G.) 

PAPAVÉRACÉES (3) 

Papaver dubium L. — Lotiinghen ; Nielles-les-Ardres ; Tkérouanize (de 
L.); Bimont, Quilen, Clenleu (R. et D.); Colonne-Ricouart (D.); mois- 
sons des terrains calcaires à Marœuil, murs d 1 Ansin-Saint- Aubin , sur 
le mortier calcaire (M.); remparts de Bouchain; vieux murs à Bévillers ; 
fortifications de Cambrai, sur la craie; coteaux calcaires d'Esnesy talus 
de la voie ferrée à Mar coing (G.). 

P. hybridum L. — Aleite (D.) ; moissons des terrains calcaires à Bul/y- 
Grenay et entre Ansin-Saint- Aubin et Marœuil (M.) ; Ackicourt, le long 
de la ligue du chemin de fer (D r C); Havrincourt ; fortifications de 
Cambrai (G.). 

FUMARIACÉES 

Corydalis lutea DC. — Vieux murs du jardin du presbytère de la Ville- 

1. Un petit jardin botanique avait autrefois été créé et existait encore il y a 
une quarantaine d'années dans cette propriété; YHcllebortts viridis et quelques 
autres espèces qui y seront indiquées dans le cours de ce travail, en sont proba- 
blement les derniers vestiges. 

2. Cet arbrisseau si nuisible à l'agriculture en se prêtant à la propagation 
de la rouille du Blé (Puccinia graminis), est encore, malgré les règlements 
actuels, planté en haies sur plusieurs points, en particulier dans la plaine de 
Leus, le long de la ligne du chemin de fer des mines de Lens à Pont-à-Vendin. 

3. M. l'abbé Godon a recueilli à Escaudœuvres près Cambrai, dans les lieux 
incultes, deux Papavéracées méridionales, le Rcemeria hybrida DC. et le 
Glaucium corniculaturn Curt. Ces deux espèces se maintiennent dans cette 
localité depuis plusieurs années. Le Glaucium corniculaturn d'Escaudceuvres est 
beaucoup moins velu que les échantillons de cette espèce que je possède du Midi 
et des environs de Clermont-Ferrand. 



Variété : Sur la place de /'Adoxa Moschatellina dans la classification. 275 

basse à Montreuil-sur-Mer (M.) ; presbytère de Scmpy (R. et D.); vieux 
murs de l'ancienne abbaye Saint-Martin, au Cateau; murs du Grand 
Séminaire à Cambrai; Beauvois (G.). 

Fumaria capreolata L. Var. albiflora Hamm.; F. pa 'llidiflora Jord. 
— Naturalisé dans la maison de campagne du Grand Séminaire à 
Neuville-Saint-Remy près Cambrai (G.). 

F. densiflora DC. ; F . micrantka Lag. — Flapies (R. et D.) ; Cambrai, 
Neuville-Saint-Remy ; coteaux calcaires d'Esnes ( s G.) 

F. par\iflora Lamk. — Moissons des terrains calcaires à Ansin-Saint- 
Aubiu et à Marœuil (M.); Havrincourt, près le four à chaux; fortifica- 
tions de la citadelle de Cambrai et Escaudœuvres près la Sucrerie cen- 
trale, sur la craie ; coteaux calcaires ftEsnes à Lesdain et de Crèvecœur 
à Mas nier es (G.). 

CRUCIFÈRES 

Arabis hirsuta Scop. ; A. sagittata DC. — Vieux murs à Lens et à 
Sainte-Catherine près Arras (M.); murs à Cambrai ; lieux herbeux des 
marais de la Sensée à Aubigny-au-Bac (G). — Murs à Valenciennes (M.). 

Cardamine hirsuta L. — Marais de la Sensée à Aubigny-au-Bac et 
Brunemoni ; prairies à Cambrai ; Neuville-Saiul-Rémy (G.). 

Nasturtium sylvestre R. Br. — Marais entre Tardinghen et Wissant 
(de L.); Calonne-Ricouart (D.)| marais de Marquion, Rumaucourt et 
Fcouri-Saint Quentin (R. et D.)', abond. dans la vallée de l'Escaut à 
plus de deux lieues en aval et en amont de Cambrai (G.). 

(. I suivre.) 

VARIÉTÉ 



Remarque sur la place de l'« Adoxa Moschatellina» 
dans la classification. 



Rattaché autrefois aux Araliacées, V Adoxa Moschatellina est 
aujourd'hui communément rangé parmi les Caprifoliacées dans la tribu 
des Sambucées. Toutefois M. Bâillon (1) a émis l'avis que ce genre 
anormal semblerait mieux placé parmi les Saxifragacées, non loin des 
Chrysospleniiim dont il a, dit-il, presque le port; ceci est surtout vrai 
de certains Chrysosple/u'um exotiques, plus encore que de nos 
espèces indigènes (Ch.. alternifolium et opposilifolium). En présence 
de cette diversité d'opinions, il m'a semblé intéressant de rechercher 
quelles données pouvait fournir l'anatomie pour éclaircir ce point de 
classification. 

1. H. Bâillon, Traité de Botaniqtie médicale phanérogamique, 1884, p. 773, 
et Bulletin mensuel de la Société linnéenne de Paris, n° 89, p. 707, 1887. 



276 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Je ferai tout d'abord remarquer que, sous ce rapport, l'absence 
chez YAdoxa des canaux sécréteurs caractéristiques des Araliacées 
interdit de le rattachera cette famille. Au contraire sa structure anato- 
mique permet parfaitement de le rapprocher des Chrysosplenium. 

Dans l'un et l'autre genre, le rhizome possède une écorce volu- 
mineuse, formée de cellules larges, sauf celles de l'épiderme et de 
l'assise sous-jacente ainsi que celles de l'endoderme, et ne laissant 
entre elles que quelques méats très petits. Sous l'endoderme est un 
cylindre central étroit dont le diamètre ne dépasse guère le cinquième 
du diamètre total; le péricycle est parenchymateux, homogène, à une 
seule assise (i); vient ensuite une zone libérienne présentant des 
petits cordons de tubes criblés épars dans une masse parenchymateuse, 
puis le bois dont les vaisseaux sont isolés ou disposés par petits 
groupes épars, et enfin une moelle très réduite. 

Le limbe de la feuille présente également dans les deux genres une 
structure analogue : le parenchyme y est bifacial, palissadique en 
haut, avec deux assises de palissades, très lacuneux en bas; les 
cellules de l'épiderme ont la même forme; les stomates affectent la 
même disposition. Les poils dont sont pourvues certaines espèces de 
Chrysosplenium., tandis que YAdoxa est glabre, manquent chez 
d'autres espèces. 

Quant au pétiole, il présente, il est vrai, trois faisceaux libéro- 
ligneux chez YAdoxa et un seul chez les Chrysosplenium que j'ai 
examinés. Mais la structure du faisceau unique de ceux-ci est la même 
que celle de chacun des faisceaux de YAdoxa. D'ailleurs on retrouve 
les trois faisceaux de ce dernier genre dans le genre Saxifraga, si 
voisin des Chrysosplenium. 

Les différences anatomiques sont au contraire plus considérables 
entre YAdoxa Moschatellina et les Sambucées, que l'on considère soit 
la feuille soit le rhizome. 

En résumé, et c'est là ce que je me proposais simplement de montrer 
dans cette petite note, les caractères tirés de l'anatomie ne s'opposent 
en rien à ce que l'on rattache YAdoxa Moschatellina aux Saxifragées, 
dont l'ensemble de ses caractères extérieurs ne l'éloigné d'ailleurs pas 
plus que des Sambucées. L. Morot. 

i. J'entends par là qu'en certains points les tubes criblés les plus externes ne 
sont séparés de l'endoderme que par une assise de cellule'; appartenant au tissu 
conjonc.tif, bien que, sur la plus grande partie de la périphérie du cylindre cen- 
tral, on observe nettement deux ou trois assises de ce tissu conjonctif entre l'en- 
doderme et les paquets de tubes criblés. 

Le Gérant : Louis Morot. 



»arte — 1. Mersch, Imp., 22, ri. Dwnfurt- Bocfaereaa. 



2" ANNEE N° 17 r r SEPTEMBRE 1888 

- i -n-i -  -  -»- - . - — —1— 1 — 1 — — — — ■* — --------—----■-■-'■ ■* ! -■- » — - ^ ^- » -. ^ » j » »..» »-—...■. nw<yi -------- - i - , - i - - - , -^»- »--,—»--- - l - 1 - , - - , ti- i - i-i - — h — m — h — 1 - i n ri nn.-.^ *. — 1 -ii.- 1 — u-« 

JOURNAL DE BOTANIQUE 



Directeur: M. Louis MOROT 



D'AÎN-SEFRA A DJENIEN-BOU-RES Q 
Voyage botanique dans le Sud-Oranais 
Par MM. Ed. BONNET et P. MAURY 

La voie ferrée que la Compagnie Franco-Algérienne prolon- 
geait il y a un an à peine jusqu'à Aïn-Sefra permet au voyageur 
de franchir en deux jours la distance qui sépare Oran de la région 
des Ksour; au mois d'avril dernier, nous avons voulu profiter 
des avantages que nous offraient cette ligne de chemin de fer et la 
présence de l'Association Française en Algérie, pour étudier la 
végétation du Sud-Oranais dans la partie qui confine au territoire 
Marocain. L'Association Française, toujours disposée à encou- 
rager et à soutenir les recherches scientifiques, avait bien voulu, 
sur la recommandation de M. le docteur Cosson, membre de 
l'Institut, nous accorder une subvention, et diminuer ainsi les 
charges assez lourdes que devait entraîner pour nous la réalisa- 
tion de notre projet. 

Néammoins, notre exploration aurait certainement rencontré 
de nombreuses difficultés, si l'autorité militaire de laquelle relève 
la région que nous devions parcourir ne nous avait prêté un ap- 
pui aussi empressé qu'efficace ; grâce à cet appui qui ne nous a 
jamais fait défaut pendant le cours de notre voyage, nous avons 
trouvé partout, non seulement aide et protection, mais encore 
l'accueil le plus sympathique et le plus cordial. Aussi est-ce avec 
un sentiment de profonde gratitude que nous nous plaisons à ci- 
ter au début de ce travail le nom de M. le général Détrie, com- 
mandant la division d'Oran, qui avait bien voulu prendre notre 
exploration scientifique sous son haut patronage ; nous offrons 
en outre nos remerciements les plus sincères à tous les officiers du 
Cercle d' Aïn-Sefra, notamment à MM. de Montholon comman- 
dant supérieur, Godron capitaine et Lacroix lieutenant, détachés 
aux. affaires indigènes, Saingery capitaine d'armes et Gantzcapi- 



278 JOURNAL DE BOTANIQUE 

taine du génie à Djenien-bou-Resq, Thevenet capitaine à Fou- 
nassa, Marc de Bary sous-lieutenant à Mograr-Tahtani. 

La région que nous avons explorée s'étend du djebel Aïssa, 
montagne placée au nord d'Aïn-Sefra, à Djenien-bou-Resq, der- 
nier poste français sur la route du Figuig, à 44 kil. N. E. de 
ce groupe d'oasis; elle se compose d'une série de plaines pier- 
reuses et stériles de 900 à 1 100 mètres d'altitude, encadrées de 
montagnes nues, sur le flanc desquelles se détache la sombre ver- 
dure de quelques rares Genévriers ; de loin en loin, le feuillage 
plus clair d'un Betoum {Pistacta atlanlica Desf.) rompt la mono- 
tonie de l'horizon. Ça et là de profondes coupures, d'étroits dé- 
filés divisent la montagne et livrent passage aux routes ou aux 
sentiers arabes qui se dirigent vers le sud ; dans quelques replis 
de terrain, s'abritent, auprès d'une source ou sur le bord d'un 
oued, des oasis dont la fraîche verdure contraste violemment 
avec la stérélité qui les environne. Quant à la constitution du 
sol, le grès (1) en est l'élément dominant, soit qu'il forme les asv 
sises des montagnes, soit qu'il se présente au milieu des plaines 
en amas isolés plus ou moins volumineux, ou bien encore que, 
désagrège et rendu pulvérulent par l'action des agents atmos- 
phériques, il constitue des dunes mobiles et d'étendue variable; 
en plusieurs points cependant le calcaire affleure, mais nulle part 
nous ne l'avons vu s'élever en masses puissantes au-dessus du 
niveau du sol. Telle est, rapidement esquissée, la physionomie 
du pays dans lequel nous allons prier le lecteur de nous suivre. 

Le 10 avril nous quittons Oran par le premier train; le soir 
nous sommes à Saïda où nous passons la nuit ; nous en repartons 
le lendemain matin à 5 heures 1/2 par un froid très vif qui dispa- 
raît bientôt sous les premiers rayons du soleil. 

L'aspect des Hauts-Plateaux et des Steppes désertiques est 
trop connu pour que nous essayons de le décrire ici, nous ren- 
voyons le lecteur aux travaux de M. Cosson (2) et à la notice 
publiéeplus récemment par notre confrère M. le docteur Trabut(3). 
À èl Biod nous profitons d'un moment d'arrêt pour rechercher, 

• î. M. Pomel [Texte expl. de la cafte géol. de l'Algérie, p. 22) pense que ces 
gfès appartiennent au Néocomien. 

2. Rapport sur un voyage, botanique d'Oran au Chott el Chergui. — Itinéraire 
d'un voyage botanique dans lé Sud dés provinces d'Oran et d'Alger. — Le Règne 
végétal en Algérie. — Cqrnpendiuni Flora; Atlantic.e. .-. 1. ! 

. 3. D'Oran à Mécheria; Alger- 1887. 



Ed. Bonnet et P. Maury. — D ' Aïn-Sefra a Djenien bou-Resq . 27g 

malheureusement sans succès, le Sisymbrium hispanicuui Jacq., 
indiqué par M. Trabut au voisinage de la voie ferrée. Au delà de 
Mécheria, l'aspect du pays se modifie, la stérilité augmente et 
la végétation devient plus rare, par places le sol se montre à nu; 
l'Halfa, moins dense que sur les Hauts-Plateaux, est mélangé 
de Drin et de Sparte {Artlirathcrum pungcus, Lygeum Spar- 
tu m) ; au dessus de ces Graminées, s'élèvent quelques buissons 
de Jujubiers sauvages, de Rétama et les tiges d'une Férule non 
encore fleurie; enfin dans le lointain l'œil distingue la cime de 
quelques rares Pistachiers de l'Atlas: Nous utilisons, du reste, 
toutes les haltes du train pour noter les plantes qui croissent au 
voisinage des gares. A Naàma, sur la limite des Hauts-Plateaux, 
une légère avarie survenue à la locomotive nécessite une station 
un peu plus longue et nous permet une herborisation plus fruc- 
tueuse ; parmi les espèces recueillies citons : 



Ceratocephalus falcatus. 
Sisymbrium runcinatum. 

var. villosum. 
Matthiola tristis. 
Alyssum scutigerum. 

— linifoHum. 
Malva aegyptia. 
Astragalus polyactinus. 



Telephium Imperati. 
Ka;lpinia linearis. 
Kalbtussia Salzmanni. 
Nonnea micrantha. 
Echinospermum patulum. 
Kœleria Salzmanni. 
Sehismus calycinus. 
P'estuca memphitica. 
Triticum orientale, etc. 



Aux appels réitérés du chef de gare nous regagnons notre 
wagon et le train reprend sa marche ; entre Bon-Ghellaba et Tir^ 
kount la ligne traverse de larges espaces que X Helianthemum 
virgatum couvre de ses fleurs d'un rose intense. Bientôt nous 
apercevons, au pied du djebel Mekter, la longue chaîne de dunes 
qui domine le Ksar et l'oasis d'Aïn-Sefra (ait. 1.100 m.) et dont 
le sable se colore, sous les rayons du soleil couchant, d'une belle, 
teinte orangée; quelques instants après nous sommes arrivés, il 
est 7 h. et demie du soir, nous avons donc mis 14 heures pour 
franchir les 283 kil. qui séparent Saïda d'Aïn-Sefra. \ 

Le 1 2 , dans la matinée, nous allons rendre visite à M. de Mon- 
tholon, commandant supérieur du cercle d'Aïn-Sefra et lûipor- 
ter la lettre que M. le général Détrie nous a remise ; M. 4e Mon- 
tholon nous reçoit avec beaucoup d'affabilité et .veut bien, mal- 
gré ses nombreuses occupations, arrêter séance tenante notre iti- 



2 8o JOURNAL DE BOTANIQUE 

néraireet donner les ordres nécessaires pour que notre départait 
lieu dès le lendemain matin. L'après-midi est employée à orga- 
niser nos bagages et notre matériel de campement et à une recon- 
naissance rapide du Ksar et des Jardins. Depuis 1856, époque à 
laquelle M. le docteur Cosson visitait Aïn-Sefra, cette oasis n'a 
pas changé d'aspect, ce sont toujours les mêmes masures en 
briques crues, menaçant ruine, les mêmes murailles à demi écrou- 
lées ; sur la rive droite de l'oued et en avant du village arabe, 
une solide redoute abrite la garnison, tandis que sur l'autre rive, 
au voisinage de la gare, s'est élevé un village européen, où do- 
mine l'élément espagnol et composé uniquemeut de débitants de 
boissons et de toutes ces petites industries qui viennent toujours 
se grouper autour d'un campement militaire. 

Le 13 avril, à 7 heures du matin, nous quittons Aïn-Sefra et 
nous nous dirigeons vers Aïn-el-Hadjadj, source située à 35 kil. 
environ au S. E. près de laquelle nous devons camper ; notre pe- 
tite caravane se compose d'un Spahi, d'un tirailleur indigène de 
la compagnie montée, de deux chameaux de bât avec leur sokhar 
et enfin de deux excellentes mules arabes qui nous servent de 
montures, hommes et bêtes mis gracieusement à notre disposition 
par M. le commandant de Montholon. Nous suivons d'abord le 
lit de l'oued Sefra puis la route de Tyout; la plaine rocailleuse 
au milieu de laquelle s'allonge cette route est une sorte de ha- 
mada d'une altitude moyenne de 1.000 mètres, la végétation 
assez rare qui la couvre est formée en majeure partie d'espèces 
communes dans la zone désertique, bien que pour la plupart ca- 
ractéristiques de cette zone ; ce sont notamment : 

Reseda arabica. 
Silène rubella. 



Adonis microcarpa. 

Papaver hybridum. 

Rcemeria hybrida var. orientalis. 

Glaucium corniculatum. 

Matthiola livida. 

Moricandia arvensis. 

Carrichtera Vellae. 

Riscutslla didyma var. raphanifolia 

Muricaria prostrata. 

Helianthemum salicifolium. 

var. brevipes. 

— Lippii var. micranthum. 

— virgatum. 
Reseda neglecta. 



Malva parviflora. 

Erodium laciniatum var. pulveru- 

lentum. 
Zizyphus Lotus. 
Rétama Raetam. 
Ononis angustissima. 
Medicago laciniata. 
Astragalus pseudostella. 

— armatus. 

Lœflingia hispanica. 
Thelephium Imperati. 
Herniaria cinerea. 



Ed. Bonnet et P. Maury. — D'Aïn-Sefra a Djenien-bou-Resq. 



281 



Paronychia nivea var. macrosepala. 
Gymnocarpum decandrum. 
Scabf sia monspeliensis. 
Rhanterium adpressum. 
Asteriscus pygrnasus. 
Anvillea radiata. 
Cladanthus arahicus. 
Cyrtolepis alexandrina. 
Artemisia herbaalba. 
Chlamydophora pubescens. 
Ifloga spicata. 

Filag-o spathulata var. prostrata. 
Senecio coronopifolius. 
Calendula sellata var. hymenocarpa. 
Scorzonera alexandrina. 
Spitzelia Sahara;. 
Catananche caerulea. 
Convolvulus supinus. 



Echium humile. 
Echiochilon fruticosum. 
Nonnea phaneranthera. 
Echinospermum patulum. 
Statice Thouini. 
Bubania Feei. 
Plantago albicans. 
Anabasis aretioides. 
Caroxylon articulatum. 
Thymelata microphylla. 
Iris Sisyrinchium. 
Lygeum Spartum. 
Stipa tenacissima. 

— tortilis. 
Arthratherum pungens. 
— obtusum. 

Bromus rubens, etc., etc. 



A 6 kil. d'Aïn-Sefra se dresse, sur notre gauche, une série de 
petits gour (Garet ed Deba) dont l'un, vu à distance, offre l'as- 
pect d'une forteresse démantelée. L'exploration de la gara la 
plus rapprochée de notre chemin ne nous fournit guère en 
dehors des espèces déjà mentionnées que : 



Alsine procumbens. 
Pistacia atlantica. 
Coronilla juncea. 
Galium ephedroides. 
Phagnalon purpurascens. 
Pyrethrum Gayanum. 
Atractylis coespitosa. 



Antirrhinum ramosissimnm. 
Rumex vesicarius. 
Ephedra altissima. 

— fragilis. 
Asparagus stipularis. 
Pennisetum orientale. 



Nous continuons notre route, ajoutant de temps en temps 
une nouvelle plante à nos récoltes {Alyssum campestre, Brassica 
fruU'culosa var. Cossom'aua, Astragalus Gumbo, Atractylis 
cancellata, Marrubium Deserti, Phelipéea lutea , Plantago ovata , 
Asphodelus tenutfolius, Ferula longipes) . Bientôt nous aper- 
cevons les Palmiers de Tyout dont la tête émerge de la dépres- 
sion au fond de laquelle se cache le ksar ; nous obliquons alors à 
droite pour gagner le défdé d'Aïn-el-Hadjadj où nous arrivons 
vers 1 h. et demie. 

Le Kheneg el Hadjadj est une gorge étroite mais peu pro- 
fonde, resserrée entre le djebel Djara et les derniers contreforts 
du djebel Mekter; une source (Aïn-el-Hadjadj), légèrement sul- 



282 JOURNAL DE BOTANIQUE 

fureuse, donne naissance à un petit oued (o. el Hadjadj) qui 
parcourt le fond de la gorge pour se rendre dans l'oued es Selam 
dont il est tributaire; des Tamarix, des Lauriers-roses, quelques 
Pistachiers et plusieurs centaines de Dattiers, débris d'une an- 
cienne oasis depuis longtemps abandonnée, ombragent la source 
et le cours de l'oued; dans quelques points, la vallée est telle- 
ment étroite qu'il n'y a place entre les berges de l'oued et les 
pentes de la montagne que pour une seule ligne de Dattiers, 
mais un peu plus loin la gorge s'élargit, notamment au voisinage 
de la source qui s'étale sur le sol en formant un petit marais 
rempli de Juncus mavitimus, Frankenia pulvei ulenta, Sper- 
gularia média et diandra, Plant a go Coronopus, Atriplex hali- 
mus „ etc. En dehors de cette petite prairie dont le vert intense 
tranche agréablement sur la nudité des pentes voisines, la végé- 
tation est maigre et clairsemée; nous retrouvons là presque 
toutes les plantes observées le matin dans le trajet d'Aïn-Sefra 
à Aïn-el-Hadjadj, auxquelles il faut cependant ajouter : 

Crucianella hirta. 

Callipeltis cucullaria. 

Lasiopogon muscoides. 

Leyssera capillifolia. 

Senecio Decaisnei. 

Amberboa crupinoides. 

Centaurea macracantha* 

Kœlpinia linearis. 

Arnebia decumbeus var. macroca- 

Linaria micrantha. 
Antirrhinum Oruntium. 
Salvia œgyptiaca. 
Statice Bonduellii. 
Avena barbata. 



Diplotaxis virgata. 
Notoceras canariense. 
Morettia canescens. 
Ërucastrum incanum. 
Eruca sauva, forma stenocarpa. 
Helianthemum cahiricum. 
Malva aegyptia. 
Erodiu.n guttatum. 
Fagonia glutiaosa. 
Hippocrepis ciliata. 
Paronychya Cossoniana. 

— iongiseta. 

Pteranthus echinalus. 
Sedum altissimum. 
Mesembryanthemum nodiflorum. 
Daucus pubescens. 

et enfin deux espèces nouvelles pour l'Algérie les Matthiola 
maroccana Coss. et Linaria heterophylla Spreng (non Desf.) qui 
n'étaient encore connues qu'au Maroc et cette dernière à l'île de 
Lancerotta. 

Le 14 nous sommes debout avec le jour et à 5 h. et demie 
du matin notre petite caravane se met en marche ; en sortant du 
Kheneg-el-Hadjadj, nous suivons la route militaire des Mograr 
qui côtoie, dans une partie de son trajet, l'oued es Selam à peu 



Rd. Bonnet et P. Maurv. — D'A'ïn-Sefm a Djenicn-bou-Resq. 283 

près à sec et traverse une série de petits plateaux pierreux dont 
X Anabasis aretioî'des forme le fonds de la végétation ; l'abon- 
dance de cette Salsolacée est d'un fâcheux augure pour nos 
récoltes de la matinée, aussi, après deux arrêts successifs qui ne 
nous fournissent aucune espèce intéressante autre que celles déjà 
constatées hier, nous nous dirigeons directement sur Mograr- 
Tahtani (1) ; toutefois, au moment où nous gravissons le dernier 
monticule rocheux qui nous sépare de l'oasis, nous découvrons, 
parmi les blocs degrés, quelques pieds de Zilla macroptera et 
de Gem'sïa capitellata. A 10 h. et demie nous sommes àMograr- 
Tahtani où nous recevons de M. Marc de Bary, sous-lieutenant 
commandant le poste de Spahis, la plus gracieuse hospitalité. 
L'après-midi est partagée entre les soins que réclament nos ré- 
coltes et une reconnaissance rapide des environs du ksar. 

L'oasis de Mograr-Tahtani (ait. 800 m. env.) se cache dans une 
dépression environnée de tous côtés par des monticules rocheux 
et des pentes couvertes de blocs de grès rouge; sa superficie 
que l'on peut évaluer à 28 ou 30 hectares est divisée en nom- 
breux jardinets limités par des murs en tob; 14.000 Dattiers 
abritent sous leur ombrage la série habituelle des cultures 
oasiennes : arbres fruitiers, légumes et céréales. Les Figuiers, 
Grenadiers, Abricotiers, Cognassiers, Pêchers, sont les arbres les 
plus communs dans les jardins, il faut y ajouter un peu de Vigne 
et quelques Caroubiers; la culture maraîchère comprend l'Oi- 
gnon, la Carotte, le Navet, les Fèves, les Pastèques, les Concom- 
bres, les Tomates et les Piments ; l'Orge à six rangs représente à 
lui seul les céréales. L'oued Mograr traverse l'oasis dans toute 
son étendue se dirigeant vers le sud; un peu plus loin il se réunit 
à l'oued es Selam pour former l'oued en Namous qui lui-même 
va se perdre dans les areg. Deux sources limpides, mais peu 
abondantes, prennent naissance sous les Palmiers à l'extrémité 
septentrionale des cultures; dérivées au moyen d'un aqueduc 
de construction ancienne, elles sont distribuées par de nom- 
breuses seguias dans les jardins, en même temps que des puits à 
bascule, disséminés dans l'oasis, suppléent à l'insuffisance de 
leur débit. Le ksar est formé d'une réunion de masures cons- 
truites en briques crues et en troncs de Palmiers, entouré d'une 

1. Entre Aïn-el-Hadjadj et Mograr-Tahtani on compte 24 kilomètres. 



284 JOURNAL DE BOTANIQUE 

muraille également en tob, flanquée de quelques tours à demi- 
écroulées, il confine à l'oasis par sa partie ouest; dans tout le 
reste de son pourtour il est dominé par les pentes et les monti- 
cules dont nous avons déjà parlé ; à quelques pas de l'enceinte 
s'élève, sur un petit mamelon, la Koubba de Sidi Brahim, aïeul 
de Bou-Amana, le célèbre agitateur du Sud. 

Sur les instances de M. de Bary nous décidons de passer la 
journée du 15 avril à Mograr-Tahtani et de la consacrer à l'ex- 
ploration botanique de l'oasis et des monticules environnants 
ainsi qu'à l'étude des curieux dessins préhistoriques gravés sur 
les blocs de grès rouge qui dominent la rive droite de l'oued. 

L'exploration des jardins, des bords de l'oued et des parties 
sablonneuses de l'oasis nous fournit les espèces suivantes : 



Hypecoum Geslini. 
Fumaria parviflora. 
Morettia canescens. 
Sisymbrium Irio. 
Erucastrum incanum. 
Reboudia erucarioides. 
Erucaria aegiceras. 
Alyssum campestre. 

macrocalyx. 
Crambe Kralikii. 
Cleome arabica. 
Frankenia pulverulenta. 
Silène inflata. 

— villosa var. micropetala. 
Stellaria média var. major. 
Spergularia média. 

— diandra. 
Medicago sativa. 
Trigonella polycerata. 
Vicia sativa var. angustifolia. 
Nemada procumbens. 
Cucumis Colocynthis. 
Mesembryauthemum nodiflorum. 
Rubia tinctorum. 

Galium Aparine. 



Gnaphalium kiteoalbum. 
Leyssera capillifolia. 
Centaurea dimorpha. 
Kœlpiuia linearis. 
Hedypnois cretica. 
Souchus glaucescens. 
Samolus Valerandi. 
Arnebia decumbensz'tfr. macrocalyx 
Veronica anagalloides. 
Statice globularia:folia. 
Atriplex dimorphostegia. 
Blitum virgatum. 
Echinopsilon muricatus. 
Salsola vermiculata. 
Emex spinosa. 
Euphorbia cornuta. 
— calyptrata. 
Guyoniana. 
Juucus maritimus. 
Polypogon monspeliensis. 
Cynodon Dactylon. ' 
Phragmites communis var. Isiacus. 
Festuca memphitica. 
Chara fœtida. 



Tandis que sur les monticules rocheux nous récoltons : 



Notoceras canariense. 
Farsetia agyptiaca. 
Koniga lybica. 



Zilla macroptera. 
Erodium guttatum. 
Fagonia glutinosa. 



Ed. Bosnet et P. Mauky. — D'Aïn-Sefra a Djenicn-bou-Resq. 



285 



Ononis serrata. 
Medicago tribuloides. 
lirvngium ilicifolium. 
Umbilicus peudulinus. 
Cruc.ianella hirta. 
Phagnalon piirpurascens. 
Perralderia purpurascens. 
Bvax pygjnaea. 
Asteriscus graveolens. 
Kchinops spinosus. 
Centaurea sicula. 

macracantha. 
Centrophyllum lanatum. 
CardunCellus eriocephalus. 
Cardaus àrabicus. 



Carliiia involucrata. 

Catananche arénârin. 

Zollikoferia augustitolia. 

Microrhynchus nudicaulis. 

Audryala integrifolia var. tenuifolia. 

Cuscuta episonchum. 

Litiaria fruticosa. 

Antirrhinûm ramosissimum. 

Salvia aigyptiaca. 

Micromeria microphvlla. 

Marrubium Deserti. 

Teucrium Polium var. capitatum. 

Pennisetum ciliare. 

Andropogon hirtus. 



Enfin, les plantes ubiquistes de la région se retrouvent à peu 
près toutes aux environs de Mograr-Tahtani. 

De toutes les espèces qui composent la précédente liste, la 
plus intéressante est sans aucun doute le Perralderia purpu- 
rascens Coss. qui n'était encore connu qu'au Maroc et dont la 
découverte constitue une importante acquisition pour la Flore 
Algérienne. 

Le 16 avril, à 7 heures du matin, après avoir fait nos adieux 
à M. Marc de Bary, nous quittons Mograr-Tahtani pour aller à 
Djenien-Bou-Resq, où, suivant l'itinéraire que nous a tracé M. le 
commandant de Montholon, nous devons coucher ce soir. La 
distance qui sépare ces deux points est d'environ 37 kil. 

En sortant de Mograr-Tahtani, nous contournons l'extrémité 
supérieure de l'oasis; un peu au-delà, les sables déposés par les 
crues de l'Oued ou accumulés par l'action des vents nous offrent 
trois plantes que nous n'avons pas encore observées depuis le 
début de notre voyage, mais que nous allons retrouver dissémi- 
nées jusqu'à Djenien-bou-Resq, ce sont : Genista Saharée , Calli- 
goimm comosum et Ephedra a/a fa; une montée assez rude nous 
conduit ensuite sur un plateau à végétation & Anabasîs aretioi- 
des; à 10 heures, nous atteignons l'extrémité de ce plateau et 
nous apercevons à nos pieds les jardins et le ksar de Mograr- 
Foukani (ait. 920 m.). Cette oasis occupe le fonds d'une vallée 
ouverte au N. E. et formée par les Djebal Guethab et Karrouba, 
dont les pentes inférieuresviennent mourir, d'un côté au niveau 
des cultures, de l'autre contre les murs du ksar. Placée à 12 kil. 



286 JOURNAL DE BOTANIQUE 

à l'ouest de Mograr-Tahtani, Mograr-Foukani présente dans sa 
physionomie générale la plus grande ressemblance avec sa sœur 
de l'est; ses productions sont les mêmes, mais la superficie de 
son territoire cultivable n'excède pas 18 à 20 hectares; son ksar 
est également plus petit et l'on peut évaluer à 12.000 le nombre 
de ses Palmiers; par contre, la culture de l'Orge nous y a paru 
plus développée et plus productive qu'à Mograr-Tahtani ; comme 
dans cette dernière, les sources de Mograr-Foukani sont insuffi- 
santes pour l'irrigation de l'oasis et des puits à bascule creusés 
dans les jardins fournissent le complément d'eau nécessaire aux 
cultures. 

Vers midi, nous quittons Mograr-Foukani. En sortant du ksar, 
nous avons à gravir une pente ardue par un étroit sentier encom- 
bré de gros blocs de grès et couvert de cailloux qui roulent sous 
les pieds de nos montures, puis, nous atteignons un large plateau, 
véritable hamada semée de pierres noirâtres et limitée à droite 
par le djebel Mzi, à gauche par les djebal Karrouba et Zarif. 
Cette plaine, d'une altitude moyenne de 1.000 à 1.100 m., étend 
sa désespérante monotonie jusqu'auprès du Figuig ; elle est cou- 
pée par deux points d'eau : les ogla Tahtani et ogla Foukani, 
dont les abords sont complètement dénudés par le passage des 
caravanes et le séjour des troupeaux ; partout ailleurs la végéta- 
tion est rare et très uniforme ; sur ce sol aride et brûlé du soleil ( 1 ) , 
Y Auabasis aretïoides règne en maître presque absolu ; admira- 
blement organisé pour résister aux extrêmes de température et 
de sécheresse, il forme des touffes denses et hémisphériques qui 
peuvent atteindre jusqu'à 80 cent, de diamètre sur 40 cent, de 
hauteur. Entre ces touffes, contre lesquelles buttent à chaque 
instant nos montures, quelques arbustes tels que Rétama, Gym- 
nocarpon, Passerina, Ephedra ont pu, de loin en loin, avec le 
Sparte, l'Halfa et le Drin, implanter leurs racines; sous leur 
abri, une petite colonie de plantes herbacées s'empressent de 
fleurir et de fructifier avant que les brûlantes ardeurs de l'été ne 
viennent les dessécher ; c'est ainsi que nous pouvons récolter : 



Hypecoum Geslini. 
Matthiola livida. 
Morettia cauescens. 



Sisymbrium runcinatum. 
Diplotaxis vîrgata forma humïlis. 

Reboudia erucarioides. 



1. A Djenien-bou-Resq, pendant les mois de juillet et d'août, il n'est pas rare 
de voir le thermomètre atteindre et même dépasser + 5°° à l'ombre. 



Ed. Bonnet et P. Maury. — D ' Aïn-Sefra a Djenîen-bou-Resq. 



287 



Apteranthes Gussoneana. 
Echium humile. 

Arnebia decumbens var. macrocalyx 
Nonnea phaneranthera, 
Echinospermum pataluhr. 

— Vahlianum. 

Linaria fruticosa. 
Orobanche cernua. 
Marrubium Deserti. 
Statice Bonduellii. 
Echinopsilon muricatus. 
Euphorbia calyptrata. 
— Guyoniana. 
Cynomorium coccineum. 
Arthratherum obtusum. 
Eestuca memphitica. 
Xylopodium Delestrei. 
Terfezia leonis. 



Erucaria a;g"iceras. 
Earsetia a;gyptiaca. 
Alyssum macrocalyx. 
Crambe Kralikii. 
Helianthemum Lippii. 
Reseda arabica. 

— propinqua. 
Erodium pulverulentum. 
Fagonia glutinosa. 
Medicag-o tribuloides. 
Neurada procumbens. 
Daucus pubcscens. 
Ferula longipes. 
Nolletia chrysocomoides. 
Ifloga spicata. 
Centaurea dimorpha. 
Scorzonera alexandrina. 
Spitzelia Sahara;. 
Zollikoferia mucronata. 

Vers 5 heures et demie, nous pénétrons dans la redoute de 
Djenien-bou-Resq, où M. le capitaine Saingery, prévenu de 
notre arrivée, a eu l'aimable attention de nous faire préparer 
des chambres. 

Djenien-bou-Resq est une redoute de construction toute ré- 
cente, solidement assise à 1.150 m. d'altitude sur un petit ma- 
melon qui domine la plaine et commande la route du Figuig; à la 
base de ce mamelon, du côté sud, s'échappe une source d'un faible 
débit (Ain Zerga) qui se perd bientôt après avoir arrosé quelques 
Palmiers ; un gros Caroubier et d'autres Dattiers disséminés le 
long du lit desséché de l'oued Zerga indiquent l'emplacement 
d'une ancienne oasis ; les ruines d'un petit ksar gisent tout à côté. 

Nous passons la journée du 17 avril à Djenien-bou-Resq; le 
matin est consacré à l'exploration des environs de la redoute et 
de l'oasis ; nous y retrouvons toutes les plantes observées hier 
pendant la traversée de la hamada et nous ne pouvons ajouter à 
la liste que nous en avons donnée qu'une quinzaine d'espèces ; 



Zilla macroptera. 

Cleome arabica. 

Helianthemum hirtum var, Deserti. 

Silène setacea. 

Trigonella polycerata. 

Paronychia Cossoniana. 

Retinolepis louadioides. 



Centaurea pubescens. 

Hypochairis g\ahva.var . arachnoidea 

Antirrhinum ramosissimum. 

Plantago ciliata. 

Pancratium Saharae. 

Asphodelus pendulinus. 

Trisetum pumilum. 



288 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Dans l'après-midi, nous allons explorer la Montagne Verte. 
La veille, nous avions remarqué à 4 kil. environ de Djénien et 
en avant du djebel Mzi, trois collines dont la couleur uniformé- 
ment verte tranchait sur la teinte fauve des terrains environ- 
nants; à la distance où nous nous trouvions, on aurait pu croire 
que ces monticules étaient couverts d'une végétation herbacée 
assez dense ; voulant nous rendre compte de ce phénomène, nous 
avions manifesté le désir de visiter la plus importante de ces 
collines, et M. le capitaine du génie Gantz s'était obligeam- 
ment offert pour nous servir de guide dans cette localité qui lui 
était familière. 

Dès que la préparation de nos récoltes du matin est terminée, 
nous montons à cheval et un temps -de trot nous a bientôt con- 
duits au pied de la Montagne Verte ; nous confions alors nos 
montures aux spahis qui nous accompagnent et nous commen- 
çons à gravir la pente. Dès le début de notre ascension, nous 
pouvons reconnaître que la teinte qui a valu à la Montagne Verte 
le nom caractéristique qu'elle porte n'est pas due à la densité de 
la végétation, mais à l'abondance d'une roche verdàtre (ophite) 
contenant de nombreux cristaux d'épidote (silicate de fer) d'une 
belle couleur émeraude; sous l'influence des agents athrnosphé- 
riques, roche et cristaux se désagrègent et revêtent les flancs de 
la colline d'un enduit pulvérulent vert sombre mélangé de cris- 
taux de quartz et de sulfate de chaux. Quant à la flore de la 
Montagne Verte, elle est remarquablement pauvre et nous 
n'avons pu, malgré d'attentives recherches, y recueillir que vingt- 
sept espèces parmi lesquelles vingt-deux se retrouvent dans la 
plaine sous-jacente, tandis que les cinq autres sont fournies par 
les Farsetia lincaris, Heliantliei7ium cahirium, Pteranthtis echi- 
natus, Seuecz'o Decaisnei et Liiiaria sagittata var. heteropJiylla, 
cette dernière assez abondante ; enfin on peut encore y ajouter le 
Genista Saharèv qui croît au pied de la Montagne Verte dans les 
alluvions sableuses de l'oued Zerga. 

Le 18 avril, à 6 heures et demie du matin, nous quittons Dje- 
nien-bou-Resq avec MM. Saingery et Gantz qui nous accompa- 
gnent jusqu'auprès des ruines du ksar; nous nous y arrêtons un 
moment pour examiner les restes de murailles dans la construc- 
tion desquelles on a fait entrer des blocs de tufs quaternaires 
contenant de nombreuses empreintes de feuilles de glumacées ; 



Ed. Bonn'et et P. Maury. — D ' Aïn-Sejra a Djcmen-bou-Rcsq. 289 

puis, après avoir une dernière fois serré la main de ces messieurs, 
nous continuons notre route au N. O. vers le poste deFounassa, 
distant d'environ 17 kil. ; nous y arrivons vers 10 heures et demie, 
sans avoir pu récolter aucune plante intéressante pendant le tra- 
jet, mais heureux de retrouver auprès de M. le capitaine The- 
venet, qui commande le poste, la franche cordialité qui nous avait 
accueillis à Djenien. 

Le Teniet Founassa est un défilé étroit et profond, orienté 
N. O. S. E. et limité au S. par le djebel Mzi, au N. par le Mir 
ed Djebel ; le lit desséché de l'oued Founassa occupe le fonds de 
la vallée ; le camp placé à 1 .205 m. d'altitude sur un petit plateau 
dépendant du Mir ed Djebel, domine la source (Aïn Founassa) 
et l'emplacement d'une ancienne oasis reconnaissable à la pré- 
sence d'un certain nombre de Palmiers; sur le versant opposé 
on trouve les ruines d'un petit ksar et les débris d'un blockhaus 
abandonné. Au reste, cette vallée a dû être très anciennement 
habitée, c'est du moins ce que semble indiquer la présence de 
silex taillés et de plusieurs monuments de forme circulaire, cons- 
truits en pierres sèches, mais dont il ne nous a pas été possible 
de déterminer exactement la destination. 

Aussitôt après déjeuner, nous explorons en premier lieu les 
abords du camp où nous constatons, dans les fragments de grès 
disséminés à la surfacedu sol, quelques empreintesd'Equisétacées 
fossiles ; remontant ensuite le versant sud de la vallée, nous esca- 
ladons les premiers contreforts du Mir ed Djebel. Le flanc de 
cette montagne est composé de plusieurs assises en forme de 
gradins terminés par une plateforme et limités par de hautes 
murailles de grès à pic ; arrivés sur le deuxième gradin nous y 
constatons avec plaisir l'abondance du Warioiiia Saharœ Coss. ; 
cette magnifique Composée arborescente se présente sous l'aspect 
de buissons rameux d'un mètre et plus de hauteur; ses souches 
tortueuses, dont les plus grosses atteignent facilement 7 à 8 cent. 
de diamètre, pénètrent profondément dans les fissures du roc; 
ses tiges blanchâtres, pourvues d'une moelle très développée, 
laissent échapper, lorsque nous les brisons, un abondant latex 
d'un blanc de lait ; les rameaux qui se développent chaque année 
sur le vieux bois portent des feuilles alternes et se terminent par 
un ou plusieurs gros capitules d'un jaune safrané. Toutes les 
parties vertes de cette plante sont visqueuses et exhalent une 



2 9 o JOURNAL DE BOTANIQUE 

odeur aromatique pénétrante rappelant celle de la Fraxinelle. 
Les indigènes donnent à cet arbuste le nom de Kobbar, dénomi- 
nation que les Chaànba de Methlili appliquent au Cappan's spi- 
nosa var. corïacea. La Gazelle de montagne (Gasella kevella Pall.) 
est, paraît-il, très friande des jeunes pousses de cette plante, 
aussi est-il rare d'en rencontrer des individus qui n'aient pas été 
broutés. A côté du Wariom'a , nous trouvons son fidèle compa- 
gnon, le Pulicaria maurelanica. 

Encouragés par ces premières découvertes, nous reprenons 
notre ascension avec l'espoir d'atteindre le plateau supérieur; 
mais bientôt nous sommes obligés de nous arrêter, une haute 
muraille de grès se dresse devant nous et nous barre le passage ; 
c'est en vain que nous cherchons un sentier ou une coupure qui 
nous permette d'arriver jusqu'au sommet, nous ne rencontrons 
que le roc vertical et sans solution de continuité. Nous prenons 
alors le parti de redescendre et, traversant la vallée, nous en 
explorons le versant nord jusqu'au dessus des ruines du ksar, 
puis nous rentrons au camp après avoir visité la source et l'oasis. 

Dans cette herborisation qui a rempli toute notre après-midi, 
nous avons récolté : 



Ceratocephalus falcatus. 
Matthiola tristis. 
— lunata. 
Arabis auriculata va/-, dasycarpa. 
Malcolmia afiicana var. trichocarpa. 
Eruca satisra forma stenocarpa. 
Alyssum campestre. 



granatense. 



Oapparis spinosa var. coriacea. 
Helianthemum Lippii var. ellipticum 

— virgatum. 

Silène ambigua. 
Alsine procumbens. 
Géranium rotundifolium. 
Medicago trîbuloides. 
Hippocrepis ciliata. 
Arthrolobium scorpioides. 
Umbilicus horizontalis. 
Caucalis leptophylla. 
Ferula longipes. 
Crucianella hirta. 
Centranthus Calcitrapa. 



Pallenis spinosa. 
Atractylîs cancellata. 
ca-.spitosa. 
Amberboa crupinoides. 
Centaurea amurensis. 

— infestans. 
Souchus spinosus. 
Seriola laevigâta. 
Picridium tingitanum. 
Andryala iutegrifolia var. tenuitolia. 
Anagallis arvensis var. ca;ru]ea. 
Lithospermum tenuiflorum. 
Nonnea micrantha. 
Echinospermum Vahlianum. 
Statice Bonduellii. 
Plantago ovata. 

— amplexicaulis. 

— Psyllium. 
Polycnemum Fontanesii. 
Erythrostictus punctatus. 
Muscari comosum. 
Dipcadi serotinum. 



Ed. Bonnet et P. Maury. — D'Aïu-SeJra à Djenien-bon-Resq. 29 r 

Allium sativum. 



Asphodelus microcarpus. 
Asparagus stipularis. 



Echinaria capitata. 
^Egilops ovata. 
Cheilanthes fraçans. 



Enfin, nous ne mentionnerons pas un certain nombre de 
plantes de la hamada de Djenien qui pénètrent dans la gorge de 
Founassa et remontent assez haut sur le versant sud de la vallée. 

Le 19 à 6 h. et demie du matin nous faisons nos adieux au 
capitaine Thevenet et nous quittons Founassa. La route côtoie 
d'abord la pente sud du défilé, puis, passant sur le versant 
opposé, décrit quelques lacets pour arriver au point culminant 
du col ; un troupeau de moutons appartenant à une fraction des 
Béni Amour campée dans la plaine, broute le gazon ras qui 
revêt une petite pelouse traversée par la route ; nous nous 
arrêtons un moment pour explorer cette localité, mais c'est à 
peine si nous pouvons trouver quelques plantes épargnés par la 
dent des moutons : Valeriaiiclla discoidea, Bcllis anima var. 
im'crocephala , Micropus bombycïims Rhapouticum acaitle , 
Androsdce maxima, Ccratocephalus falcatns. Toutes ces 
espèces sont du reste remarquables par l'exéguité de leur taille 
qui paraît atteindre ici son extrême limite. 

En sortant du col de Founassa nous entrons dans une laree 
plaine où domine l'Halfa, tantôt seul, tantôt mélangé de Drin 
et de Sparte; pressés par le temps, car nous avons à fournir 
aujourd'hui une étape de 47 kil., nous ne faisons que de rares et 
très courts arrêts qui ne nous procurent aucune plante digne 
d'être mentionnée. Vers midi et demi nous sommes à Si Sliman 
où nous faisons halte pour déjeuner sommairement et prendre 
un peu de repos. Si Sliman-ben-Mouça, ainsi appelé du nom 
d'un marabout qui repose en cet endroit sous une modeste 
haouïta(i), est un camp installé sur une petite éminence entre 
Founassa et Aïn Sefra ; les abords en sont arides et désolés ; 
aucune source, aucun Palmier ne tempère par sa fraîcheur ou 
par un peu d'ombre les rayons d'un ardent soleil ; un seul puits, 
creusé près du camp, fournit l'eau nécessaire aux besoins de la 
troupe et d'un débitant de boissons installé tout à côté sous un 
misérable gourbi. 

Vers 3 heures nous quittons Si Sliman; la plaine plus 

1. Littéralement : petite muraille; enceinte en pierres sèches élevée sur la 
tombe d'un marabout. 



2 9 2 JOURNAL DE BOTANIQUE 

dénudée que dans la partie traversée ce matin, est de temps en 
temps coupée de zones sableuses qui offrent une grande ana- 
logie de végétation avec les environs d'Aïn-Sefra; du reste, cette 
région a déjà été parcourue par M. le D r Cosson alors qu'il se 
rendait de Sfissifa à Aïn-Sefra et, après un observateur aussi 
sagace, il ne nous reste plus qu'à glaner; nous nous arrêtons 
cependant pour récolter X Erysimiim grandiflorum et quelques 
cryptogames : Moutagniles Candolleï, Tulostoma Boissieri, 
Xylopodium Deïestrei; mais la journée s'avance et nous sommes 
encore éloignés du terme de notre voyage ; c'est en vain que 
nous essayons d'activer la marche de nos mules, l'une d'elles 
n'avance plus qu'avec peine et butte à chaque instant; la nuit 
nous surprend même sur les bords de l'oued Monilah ; enfin 
nous voyons luire àpeu de distance les lumières de la gare d'Aïn- 
Sefra et bientôt nous sommes arrivés. Au moment où nous 
mettons pied à terre devant la modeste auberge où nous avons 
pris gîte, les premières notes de la nouba indigène sonnant la 
retraite s'élèvent de la redoute, répercutées par les échos du 
Ksar; malgré la fatigue qui nous accable, nous restons un 
moment à écouter cette harmonie bizarre qui emprunte au silence 
d'une belle nuit saharienne un charme étrange et pénétrant. 

Nous passons toute la journée du 20 avril à Aïn-Sefra 
occupés par la mise en ordre de nos collections et par les soins 
que réclament nos dernières récoltes ; entre temps, nous allons 
rendre visite à M. le commandant supérieur et arrêter avec lui 
l'itinéraire de notre excursion à Tyout et au djebel Aïssa. Dans 
la soirée nous visitons les dunes les plus rapprochées du ksar et 
en partie consolidées par les soins du capitaine Godron. 

Le 21, vers 6 heures du matin nous quittons de nouveau 
Aïn-Sefra accompagnés par les deux indigènes qui précédem- 
ment composaient notre escorte ; un mulet du train suffit cette 
fois pour porter nos presses et nos bagages réduits au strict 
nécessaire. 

Nous nous dirigeons sur Aïn-Aïssa, source située à une tren- 
taine de kilomètres dans une gorge du djebel Aïssa. Nous 
remontons la plaine que nous avons traversée, il y a huit jours, 
pour aller d'Aïn-Sefra à Aïn-el-Hadjadj ; en passant près des 
gours que nous avons déjà mentionnés, mais jjqui cette fois 
sont à notre droite, nous explorons le plus rapproché; nous y 



Ed. Bonnet et P. Maury. — D' Aïn-Sefra a Djenien-bou-Resq. 203 

retrouvons toutes les plantes observées la semaine précédente sur 
une autre gara sans en excepter les Galium epJiedroides et Pha- 
gnalori purpurascens ; nous quittons ensuite la route d'Asla que 
nous avions suivie jusqu'alors et obliquant à gauche nous arrivons 
vers 1 1 heures àTiloula où nous nous arrêtons pour déjeuner. 

Tiloula est une colline dépendant du djebel Aïssa, mais 
placée en avant de celui-ci comme une sentinelle qui domine la 
plaine ; le sommet en est occupé par les débris d'un blockhaus 
élevé lui-même sur les ruines d'un ancien ksar; tout à coté, 
sur l'un des flancs de la colline, sous un épais massif de Lauriers- 
rose, une source limpide (Aïn-Tiloula) dont les eaux, reçues 
d'abord dans un bassin en maçonnerie, vont ensuite se perdre 
sur la pente; quelques beaux Betoum, des Palmiers, des Figuiers, 
des Oliviers marquent l'emplacement de l'oasis. La végétation 
spontanée se compose en majeure partie des espèces qui 
croissent un peu plus bas dans la plaine auxquelles il faut 
cependant ajouter : 



Fumaria densiflora. 
Nasturtium officinale. 
Sisymbrium eivsimoides. 
Alyssum macroealyx. 
Fraukenia pulverulenta. 
Silène ambigua. 
Alsine procumbens. 
Malva sylvestris. 
Lotus cytisoides. 
Astragalus tenuifolius. 
Vicia sativa. 
Aizoon hispanicum. 
Caucalis leptophylla. 
Galium ephedroides. 
Chrysanthemum coronarium. 
Centaurea pubescens. 
Hypocbaïris glabra. 
Sonchus tenerrimus. 



Cynoglossum cheirifolium. 
Echinospermum Vahlianum. 
vSideritis montana. 
Plantago Psyllium. 
Atriplex parvifolia. 
Rlitum virgatum. 
Cynomorium coccineum. 
Muscari comosum. 
Juncus bufonius. 
Carex divisa. 
— distans. 
Scirpus Holoschœnus. 
Cyperus long-us var. badius. 
Polypogon monspeliensis. 
Kœleria Salzmanni. 
Hordeum muiinum. 
Lepturus incurvatus, etc. 



Nous quittons Tiloula vers une heure et nous continuons 
notre chemin en nous rapprochant insensiblement du djebel 
Aïssa; la végétation change alors d'aspect, l'Halfa jusqu'alors 
clair semé se montre plus dense et plus touffu, le Fevula 
commum's remplace le F. longïpes et X Asphodelus microcarpus 
devient abondant. 



294 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Bientôt nous entrons clans la gorge d'Aïn-Aïssa, pittoresque 
coupure qui pénètre profondément dans le revers sud-est du 
djebel Aïssa; un torrent s'est creusé un lit sinueux dans le fond 
delà vallée; les crêtes, limités par des bancs de rochers, sont 
couronnées de magnifiques Pins d' Alep ; les pentes abruptes sont 
ombragées de Chênes Ballote, de Pistachiers de l'Atlas, de 
Genévriers de Phénicie et d'Oxycèdres mélangés de gros 
Caroubiers et d'Oliviers sauvages; sous ces arbres, la Clématite, 
le Ciste velu, le Jujubier sauvage, le Baguenaudier, le Rosier, 
le Chèvrefeuille, le Laurier-Rose, le Jasmin et le Romarin 
forment, par place, d'épais buissons; le chemin serpente au 
milieu de ce fouillis de verdure, contournant à chaque instant de 
gros blocs de grès, et, par une série de courbes, arrive sur les 
gradins où s'étagent les maisonnettes d'une ambulance en ce 
moment abandonnée. 

La source, captée par une équipe de puisatiers militaires, se 
déverse dans un bassin en maçonnerie, puis forme un ruisseau 
qui serpente à l'ombre de quelques Peupliers blancs et va se 
perdre dans le fond de la vallée. 

A 5 heures du soir nous nous installons dans la maisonnette 
la moins délabrée et nous profitons des quelques heures de jour 
qui nous restent pour explorer les environs de la source et les 
pentes qui avoisinent l'ambulance. 

Le lendemain, à 5 h. et demi du matin, nous quittons Aïn- Aïssa 
encore transis par le froid de la nuit contre lequel notre abri, 
dépourvu de portes et de fenêtres, ne nous a qu'imparfaitement 
protégés. Nous envoyons en avant nos hommes et nos bêtes et 
nous descendons la gorge à pied en herborisant ; les espèces 
observées dans cette rapide exploration constituent, avec les 
récoltes d'hier, la liste suivante : 



Clematis Flammula. 
Ranunculus bulbosus. 

sceleratus. 
Platycapnos spicatus. 
Nasturtium officinale. 
Arabis auriculata. 
Sisymbrium Sophia. 

— crassîfolium. 

Erysimum Kunzeanum. 
Alyssum granatense 



Capsella Bursapastoris. 
Thlaspi perfoliatum. 
Hutchinsia petrœa. 
Lepidium Draba. 
Koniga maritima. 
Neslia paniculata. 
Cistus villosus. 
Arenaria serpyllifolia. 
Stellaria média var. major. 
Cerastium glomeratum. 



Ed. Bonnet et P. Maury. — D'Aïn-Sefra a Djenien-boii-Resq. 



^95 



Erodium Ciconium. 

— cicutarium. 
Géranium rotundifolium. 
Rhamnus Alaternus var. prostratus. 
Pistacia atlantica. 
Onouis angustissima. 
Erinacea pungens. 
Medicago secundiflora. 

— minima. 
Melilotus sulcata. 
Trifolmm tomentosum. 
Lotus cytisoides. 
Astragalus armatus. 
Colutca arborescens. 
Vicia sativa var. angustifolia. 
Ceratonia Siliqua. 
Poterium Magnolii. 
Rosa Pouziui. 
Bryonia dioica var. acuta. 
Sedum altissimum. 
Paronychia argentea. 
Ferula communis. 
Deverra scoparia. 
Carum incrassatum. 
Anthriscus vulgaris. 
Lonicera implexa. 
Rubia laevis. 
Galium Aparine. 
Valerianella microcarpa. 
Centranthus Calcitrapa. 
Pallenis spinosa. 
Pulicaria raauretanica. 
Pyrethrum Maresii. 
Artemisia campestris. 
Anacvclus Pvrethrum. 

J 

Helichrysum Fontanesii. 
Senecio vulgaris. 
Atractylis caespitosa. 

Aïn-Aïssa est, de toutes les localités que nous avons visitées, 
celle où la végétation nous a paru présenter le plus de variété et, 
nous sommes persuadés qu'elle réserve encore d'intéressantes 
découvertes à ceux qui pourront lui consacrer un temps moins 
limité que celui dont nous disposions. 

En sortant de la Gorge d'Aïn-Aïssa nous retrouvons la plaine 
monotone que nous avons déjà parcourue hier et qu'il nous faut 



Centaurea amurensis. 
Rhaponticum acaule. 
Podospermum laciuiatum. 
Sonchus glaucescens. 
Taraxacum la-vigatum. 
Barkhausia taraxacitolia. 
Androsace maxima. 
Jasmjnum fruticans. 
Convolvulus supinus. 

— altha^oides. 

Olea europaia. 
Lithospermum apulum. 

tenuiflorum. 
Cynoglossum cheirifolium. 
Echinospermum Vahlianum. 
Veronica anagalloides. 
Phelipœa violacea. 
Rosmarinus officinalis. 
Salvia verbenaca. 
Lamium amplexicaule. 
Plantago Lagopus. 
Blitum virgatum. 
Arceutobium Oxycedri. 
Euphorbia helioscopia. 
Quercus Ilex var. Ballota. 
Populus alba. 
Juniperus Oxycedris. 
phœnicea. 
Pinus halepensis. 
Ephedra nebrodensis. 
Muscari comosum. 
Asphodelus microcarpus. 
Asparagus stipularis. 
Ruscus aculeatus. 
Juncus bufonius. 
Carex divisa. 
Triticum orientale. 
Pleurotus Ferulae. 



296 JOURNAL DE BOTANIQUE 

de nouveau traverser, sur une étendue de 16 à 17 kilomètres, 
pour arriver à Tyout. 

L'oasis de Tyout (ait. 1.037 m -) est certainement la plus 
pittoresque de toute la région des Ksours Oranais ; mais, en rai- 
son de sa proximité d'Aïn-Sefra, c'est aussi la plus connue. Au 
point de vue botanique, elle a été explorée dès 1856 par M. Cos- 
son et en 1875 par Warion; enfin, quinze jours avant nous, une 
section de l'Association Française, comprenant quelques bota- 
nistes, s'était rendue à Aïn-Sefra et à Tyout; en nous arrêtant 
dans cette localité, nous nous proposions principalement d'étu- 
dier des gravures rupestres analogues à celles de Mograr et d'y 
rechercher le JJ "ariom'a Sahara?, observé pour la première fois 
par Warion, et que la section de l'Associatton Française n'avait 
pu retrouver. 

Vers midi nous franchissons la porte mauresque de Sidi 
Ahmed ben Youçef et nous pénétrons dans le ksar; le caïd nous 
installe dans l'un de ses jardins arrosé d'un ruisseau d'eau cou- 
rante et ombragé de Dattiers, de Figuiers et de Grenadiers; 
c'est avec plaisir que nous trouvons sous ces arbres un abri 
contre le siroco qui, depuis une heure, souffle avec assez de 
violence. Nous espérions acheter quelques provisions à Tyout, 
mais il nous est impossible de nous procurer du pain, même à 
prix d'argent, et nous devons nous contenter, pour notre 
déjeuner, d'une qouffe de dattes et d'une outre de lait que le 
caïd veut bien mettre à notre disposition. 

Après déjeuner nous sortons du ksar sous la conduite d'un 
indigène et nous contournons la partie N.-O. de l'oasis pour 
atteindre le barrage en forme de bassin qui retient les eaux de 
l'oued Tyout et les distribue par de nombreuses seguias dans 
les jardins ; bientôt nous atteignons une série de rochers verti- 
caux, disposés en gradins, qui dominent le barrage et l'extrémité 
des cultures; c'est sur un gros bloc degrés rouge, dépendant du 
gradin inférieur, que se trouvent les curieuses gravures 
signalées dès 1847, par le D' Jacquot médecin-major attaché à 
l'expédition du général Cavaignac dans le Sud-Oranais. 

Sans grands efforts nous escaladons ce premier gradin et 
nous arrivons en face d'un second banc rocheux, d'un abord 
plus difficile, contre lequel se dressent de gros buissons de 
VVarionia Sahara; cette Composée est là moins abondante qu'à 



Ed. Bonnet et P. Maury. — D' Aïn-Sefra à Djenieu-boit-Resq. 297 

Founassa, mais elle croît dans les mêmes conditions, c'est-à-dire 
à l'exposition sud et en compagnie du Pulicaria mauretanica; 
à peu de distance nous notons le Forskalea teuacissima et un 
peu plus loin dans les dunes les Diplotaxis Harra, X Argyrolo- 
biiun unïflorum , et toute une série d'espèces que M. Cosson y 
avait observées avant nous. 

Vers 3 heures, nous rentrons à Tyout et après une courte 
promenade dans le ksar nous partons pour Aïn-Sefra par la 
route la plus directe ; pour la troisième fois nous traversons la 
plaine qui s'étend du djebel Mekter au djebel Aïssa; aussi, cette 
localité ne nous offrant plus aucun intérêt nous franchissons 
d'une seule traite les 17 kil. qui séparent Tyout d'Aïn-Sefra, où 
nous arrivons à 6 heures du soir. 

Les deux jours que nous passons encore à Aïn-Sefra sont 
employés à mettre en ordre nos collections et nos bagages et à 
quelques herborisations sur les dunes et à l'ouest de la station de 
chemin de fer. La veille de notre départ, M. Lacroix, lieutenant 
du Bureau arabe, nous remet quelques rameaux de Popitlus 
euphratîca recueillis par un indigène sur les bords de l'oued Som, 
à une dizaine de kilomètres du Kheneg- el Hadjadj. 

Le 25 avril, nous quittons définitivement Aïn-Sefra et, après 
un arrêt d'une journée au Khreider, nous rentrons à Oran par 
Tizi et Mascara. 

Le lecteur trouvera consignés dans la liste qui termine ce 
travail les résultats complets de notre exploration ; nous n'avons 
nullement la prétention d'avoir tout vu, bien au contraire; beau- 
coup de plantes ont échappé à nos recherches, d'abord en raison 
de l'époque printanière à laquelle nous herborisions et ensuite, 
parce que la saison des pluies s'étant, cette année, prolongée 
plus que de coutume, la végétation avait subi un retard d'une 
quinzaine de jours; pour les mêmes motifs, nous avons dû, à 
notre grand regret, renoncer à l'exploration des hautes mon- 
tagnes de la région ; on comprendra, sans qu'il soit besoin 
d'insister davantage, que le mois d'avril était peu favorable 
pour visiter des sommets tels que leRasech Chergui et le djebel 
Mzi dont l'altitude dépasse 2.000 mètres. 



298 JOURNAL DE BOTANIQUE 

RENONCULACÉES. 

Clematis Flammula L. — Aïn-Aissa. 
Adonis aestivalis L. — Mograr Tahtani. 

— microcarpa D. C. — C. d'Aïn-Sefra à Djenien. 
Ranunculus bulbosus L. — Aïn-Aïssa. 

— sceleratus L. — Aïn-Aïssa. 

Ceratocephalus falcatus Pers. — Naâma, Aïn-Sefra, Founassa. 
Delphinium pubescens D. C. — Tyout. 

PAPAVÉRACÉES. 

Papaver dubium L. — Aïn-Sefra. 

— hybridum L. — T. C. dans toute la région. 
Rœmeria hybrida D. C. — Aïn-Sefra. 

— var. orientalis Coss. — T. C. d'Aïn-Sefra à Djenien. 

Glaucium corniculatum Curt. — C. depuis Aïn-Sefra et Aïn-Aïssa jus- 
qu'à Djenien. 

FUMARIACÉES. 

Hypecoum procumbens L., var. albescens Coss. — Tyout. 

— Geslini Coss. et Kral. — Aïn-Sefra, de Mograr à Djenien. 
Fumaria parviflora Lam. — Tyout, Mograr-Tahtani. 

— densiflora D. C. — Aïn- Tiloula. 
Platycapnos spicatus Rernh. — Aïn-Aïssa. 

CRUCIFÈRES. 

Matthiola tristis R. Br. — Naâma, Founassa. 

— maroccana Coss. — Aïn el Hadjadj. 
Matthiola livida D. C. — C. d 1 Aïn-Sefra à Djenien. 

—  lunata D. C. — Founassa. 

Nasturtium officinale R. Br. — Aïn-Aïssa, Aïn-Tiloula, Tyout, Aïn- 
Sefra. 
Arabis auriculata Lam. — Aïn-Aïssa. 

var. dasycarpa Andrz. — Founassa. 
Notoceras canariense R. Br. — Tyout, Aïn el Hadjadj, Mograr. 
Morettia canescens Boiss. — Tyout, Aïn el Hadjadj, Mograr, Djenien. 
Malcolmia Africana R. Br. var. irichocarpa Boiss. — Founassa. 

— œgyptiaca Spreug. var. longisiliqua Coss. — Aïn-Sefra, 
Tyout. 

Sisymbrium Sophia L. — Aïn-Aïssa. 

— torulosum Desf. — Tyout. 

— Irio L. — Aïn-Sefra, Tyout, Mograr. 

— irioides Boiss. — Aïn-Sefra, Tyout, Djenien. 

— Columnae Jacq. — Aïn-Sefra. 

— crassifolium Cav. — Aïn-Aïssa. 

— erysimoïdes Desf. — Aïn-Tiloula. 

— runcinatum Lag. — De Mograr à Djenien. 

— var. villosnm Coss. — Naâma, Tyout. 



Ed. Bonnet et P. Maury. — D ' Ain-Sefra a Djenieii-bou-Resq. 299 

Erysimum grandiflorum Desf. — Entre Si Sliman et Aïn-Sefra. 

— Kunzeanum B. et R. — Aïn-Aïssa. 

Moricandia arvensis D. C. — T. C. depuis Aïn-Sefra jusqu'à Djenien. 
Diplotaxis virgata D. C. — DVVïn el Hadjadj à Djenien. 

— forma humilis Coss. — Aïn-Sefra, de Mograr à 

Djenien. 
Diplotaxis Harra Roiss. — Tyout. 

Erucastrum incanum Kch. — Tyout, d'Aïn el Hadjadj à Mograr. 
Brassica fruticulosa Cyr. var. Cossouiana Coss. — Entre Aïn-Sefra et 

Aïn el Hadjadj, Tyout. 
Brassica Tournefortii Gouan. — Aïn-Sefra, Tyout. 
Eruca sativa Lam. forma steuocarpa Coss. — Tyout, Aïn el Hadjadj, 

Founassa, Djenien. 
Reboudia erucarioides Coss. et D. R. — Entre Aïn-Sefra et Tyout, 

C. de Mograr à Djeaien. 
Erucaria .^giceras Gay. — Aïn-Sefra, Tyout, C. de Mograr à Djenien. 
Enarthrocarpus ciavatus Del. — Aïn-Sefra, Tyout. 
Farsetia linearis Dcsne.  — Montagne Verte. 

— aegyptiaca Turr. — Tyout, Mograr, Djenien. 

Alyssum campestre L. — Disséminé depuis Aïn-Sefra jusqu'à Djenien, 
Founassa. 

— macrocalyx Coss. et D. R. — Aïn-Sefra, Tiloula, Tyout, de 
Mograr à Djenien. 

— scutigerum D. R. — Naâma. 

— granatense Boiss. — Naàma, Aïn-Sefra, Tiloula, Aïn-Aïssa, 
Tyout, Founassa. 

— linifolium Steph. — Naàma. 
Koniga maritima R. Br. — Aïn-Aïssa. 

— lybica R. Br. — Mograr Tahtani. 
Thlaspi perfoliatum L. — Aïn-Aïssa. 
Hutchinsia petraea R. Br. — Aïn-Aïssa. 
Capsella Bursapastoris Mœnch. — Aïn-Aïssa. 

— procumbens Fr. — Aïn-Sefra, Tyout. 
Lepidium Draba L. — Aïn-Aïssa. 

Carrichtera Vellee D. C. — T. C. dans toute la région. 

Savignya longistyla B. et R. — Tyout. 

Biscutella didyma L. var. raphauifolia Coss. — T. C. dans toute la 

région. 
Neslia paniculata Desv. — Aïn-Aïssa. 
Zilla macroptera Coss. — Tyout, Mograr, Djenien. 
Crambe Kralikii Coss. — Aïn-Sefra, les Mograr, entre Mograr Foukani 

et Djenien. 
Muricaria prostrata Desv. — C. depuis Naâma jusqu'à Djenien. 

CAPPARIDÉES 

Capparis spinosa L. var. coriacea Coss. — Founassa. 
Cleome arabica L. — Aïn-Sefra, Tyout, Mograr, Djenien. 



300 JOURNAL DE BOTANIQUE 

CISTINÉES 

Cistus villosus L. — Aïn-Aïssa. 

Helianthemum salicifolium Pers. var, brevipes Coss. — C. depuis 
Naàma et Aïn-Aïssa jusqu'à Djenien. 
segyptiacum Pers. Aïn-el-Hadjadj. 
Lippii Pers. var. micranthum Boiss. — C. dans toute 
la région. 

— Lippii var. cllipticum Roiss. — Tyout, Aïn-el-Hadjadj, 

Mograr, Djenien. 

— cahiricum Del. — Aïn-el-Hadjadj, Montagne Verte. 
virgatum Pers. var. racemosum Coss. — Naàma, Aïn- 
Aïssa. Tiloula, Founassa. 

hirtum Pers. var. Deserti Coss. et D. R. — Djenien 
bou Resq. 

RÉSÉDACEES 

Reseda neglecta Mull. — C. depuis Aïn-Sefra et Tiloula jusqu'à Djenien. 

— propinqua R. Br. (sensu Boiss.). — Tyout, de Mograr à Dje- 

nien. 

— alba L. — Aïn-Aïssa. 

— arabica Boiss. — Disséminé d 1 Aïn-Sefra et Tyout à Djenien. 

FRANKÉNIACÉES 

Frankenia pulverulenta L. — Aïn-Sefra, Tiloula, Aïn-el-Hadjadj, 
Mograr. 

CARYOPHYLLÉES 

Dianthus serrulatus Desf. — Entre Aïn-el-Hadjadj et Mograr. 
Silène ambigua Camb. — Aïn-Tiloula, Founassa. 

— rubella L. — C. dans toute la région. 

— inflata L. — Mograr Tahtani. 

— setacea Viv. — D'Aïn-Sefra à Tiloula, Djenien. 

— viilosa Forsk. var. micropetala Coss. — Aïn-Sefra, Tyout, Mo- 

grar Tahtani. 
Arenaria serpyllifolla L. — Aïn-Aissa. 
Alsina procumbens Vahl. — D'Aîn-Sefra à Aïn-el-Hadjadj, Tiloula, 

Founassa. 
Stellaria média Vill. var. major Kch. — Aïn-Aïssa, Mograr Tahtani. 
Spergularia média Pers. — Aïn-Sefra, Aïn-et-Hadjadj, Mograr Tahtani. 

diandra Heldr. — Aïn-Sefra, Aïn-el-Hadjadj, Mograr. 
Cerastium glomeratum Thuill. — Aïn-Aïssa. 

MAUVACÉES 

Malva parviflora L. — C. d'Aïn-Sefra à Djenien. 

— sylvestris L. — Aïn-Tiloula. 

— aegyptia L. — Naàma, Aïn-Sefra, Aïn-el-Hadjadj. 



P. Maury. — Sur un Prasophyllum. 30 1 

GÉRANIACÉES 

Erodium laciniatum Cav. — Founassa. 

— — vax,jpuherulentwm Coss, — C. dans toute la région. 

— guttatum Willd. — Disséminé d'Aïn-Sefra et Aïn-Aïssa à 

Djenien. 

— Ciconium Willcl. — Aïn-Aïssa. 

— cicutarium L'Her. var. microphyllum Pom. — Aïn-Aïssa. 
Géranium rotundifolium L. — Aïn-Aïssa, Founassa. 

r ZYGOPHYLLÉES 

Fagonia glutinosa Del. — Disséminé d'Aïn-Safra à Djenien. 

(A suivre.) 



SUR UN PRASOPHYLLUM 

CULTIVÉ AU MUSÉUM D'HISTOIRE NATURELLE 

Par M. P. MAURY 

M. Lauffer a envoyé au Muséum d'Histoire naturelle, en 1888, 
un certain nombre de plantes vivantes d'Australie, parmi les- 
quelles un Prasophyllum qui a fleuri depuis le milieu du mois 
de juillet dernier jusque vers le 15 août. L'analyse que j'ai faite 
de cette plante et les recherches auxquelles je me suis livré pour 
déterminer son espèce me portent à croire qu'elle n'a pas en- 
core été décrite. 

Je ne pense pas que l'incertitude habituelle dans laquelle on 
se trouve pour déterminer une Orchidée inconnue ou peu connue, 
par suite de l'absence de tout ouvrage général et de la disper- 
sion dans de nombreux recueils de la plupart des descriptions 
et figures publiées jusqu'ici, soit bien grande dans le cas pré- 
sent. Les Prasophyllum, Orchidées terrestres d'Australie et de 
Tasmanie, au nombre de 25 à 30 espèces au plus, ont donné lieu 
à trop peu de travaux pour que les recherches bibliographiques 
puissent s'égarer tout-à-fait à leur sujet. Il suffit de recourir au 
Gênera and Species of Orchidaceous plants de Lindley, à la 
Flore de Tasmanie de Hooker, à la Flore d'Australie de Ben- 
tham, au Xeiiia Orchidacea de Reichenbach pour avoir la des- 
cription de toutes les espèces de Prasophyllicm actuellement 
connues. Or, ainsi qu'on va le voir, l'espèce de M. Lauffer 
diffère nettement de toutes celles-là. J'ai donc pensé pouvoir 
proposer pour cette plante un nom particulier. 



3oa JOURNAL DE BOTANIQUE 

PraNophyllnm Lauft'erianiim sp. n. 

Prasophyllum folio cylindrico, erecto, acuto, unico latere sulcato, basi 
brevibus vaginis constricto, e bulbo subterraneo ad 20-35 cent, elato, 
viridi; inflorescentia spicata, laxa, e tertia vel quarta parte superiore 
folii orta et hoc ultimo tempore efflorescentia superante; bracteis trian- 
gularibus, acuminatis, ovario brevioribus, viridibusque; foliis erectis 
pi. m. numerosis, vix pedicellatis; ovario i-cent. longo, turgido pau- 
lulum torto; sepalis lateralibus liberis vel ad medio connatis, acutis, 
lineari lanceolatis, fusco viridibus, impari patenti, forma praeceden- 
tium; petalis lateralibus recurvatis, linearibus, acuminatis, brunneo vi- 
ridibus; labello late ovato, oblongo, lanceolato, rellexo, marginibus 
undulatis, integris, lamella adnata média fimbriata, marginibus apice 
confluentibus, lamella inferiore versus basin in auriculis 2 crassis desi- 
nente, altéra parte evanescente, pedunculo cylindraceo-compresso cum 
columna continuo; staminocliis seu rostelli appendiculis brevibus, acu- 
minatis nec truncatis, obovatis, integris; rostelli margine superiore 
emarginato dentata; polliniis oblongis obtusis retinaculo lato affixis. 
Ex plantis Australiensibus Laufferianis in calidariis Hort. Mus. 
Par. cuit. sub. n" 52. 

Cette espèce fait partie de la section Podochilus (Benth., 
FI. Austral, VI, p. 336) et prend place tout à côté du P. Fini- 
bria Rechb. f. {Beitràg. 60 et Xenia Orchid., II, p. 115, t. 190, 
f. 7-1 2) dont elle se distingue surtout par sa taille plus petite, par 
ses fleurs incolores ou verdàtres et non d'un violet pâle, par la 
forme des lames de son labelle, enfin par ses appendices entiers 
et un peu plus longs que le rostellum. 

On pourra encore lui trouver de grandes analogies avec les 
P. trtmcaium Lindl. (Gen. et Sp. Orchid, pi., p. 513 et Hook 
f., FI. Tasm., II, p. 12, f. 109 B.), P., païens R. Br. (Prodr., 
p. 318, et Hook f. , 1. c, p. 11, t. m), P. lutescens Lindl. (1. c. 
p. 514; Hook. f. , 1. c, p. 10) maison ne saurait en aucune façon 
le confondre avec l'une ou l'autre de ces espèces qui présentent 
des caractères de port, de coloration, de forme des fleurs et sur- 
tout des labelles très différents. 

Le Prasophyllum Laufferiajium est loin d'être ce que l'on 
est convenu d'appeler une espèce horticole, rien en elle ne ten- 
tera les amateurs de coloris brillant ou de forme étrange. Ce 
n'en est pas moins une intéressante espèce botanique qui, par son 
étroite affinité avec le P. Fimbria, nous indique sans doute une 
vie peu distincte et une différenciation de forme peut-être locale, 
rappelant la variation de nos Orchidées également terrestres. 



P. Maury. — Sur un Prasophyllum. 



303 




Prasophyllum Laufferianum. 

Port d'un jeune individu et d'un adulte. — 2. Une fleur vue de face. — 3. Labe.lla. 
4. Fleur coupée longitudinalement. — 5. Face supérieure du stigmate. 



304 JOURNAL DE BOTANIQl I- 

CONTRIBUTIONS NOUVELLES 
A LA FLORE DES COLLINES D'ARTOIS 

(Cambrésis, Artois, Haut-Boulonnais .) (Suite.) 
Par M. l'abbé A. MASCLEF 

Sisymbrium (i) Sophia L. — Cambrai, abond. à la bifurcation des 
routes d'Arras et de Bapaume, sur remplacement d'un ancien dépôt de 
sables de mer, avec lesquels il a probablement été apporté. Quelques 
exemplaires dans les décombres auprès du canal (G.). 

Braya supina Koch. — Plaine de Lens (Herb. M. ex herb. de Mélicocq); 
Carrières d'Hulluch (de Mélic. in Puel et Maille). 

Erysimum cheiranthoides L. — Marais d'Atkies (M.) ; B our Ion ; ma- 
rais de la Sensée et de l'Agache (R. et D. ; G.); abond. dans la vallée 
de l'Escaut à plusieurs lieues en aval et en amont de Cambrai (G.). 

E. perfoliatum Crantz; E. orientale R. Br. — Bords des chemins, lieux 
incultes, décombres, autour de Cambrai : près la porte Saint- Sépulcre, à 
Escaudœuvres. — Introd. et peu stable (G.). 

Hesperis matronalis L. — Pas-en- Artois, coteau calcaire près d'un 
jardin (M.) ; coteaux calcaires d'Esnes et de Lesdain, au voisinage des 
habitations (G.). 

Diplotaxis tenuifolia DC. — Abond. à Cambrai, sur les fortifications et 
au bord des chemins ; voie ferrée à Iwuy, Bertry (G.). 

D. muralis DC. — Arras, de la porte des Soupirs à la gare (M.). 

Sinapis alba L. — Tardinghen ; Guînes ; Tournehem (de L.); Cambrai, 
lieux incultes près la porte Cantimpré (G.). 

Alyssum calycinum L. — Vieux murs à mortier calcaire à Souches, 
auprès de l'Hôpital, et à Ansin- Saint- Aubin (M.); Fampoux, bords du 
chemin près le village, sur le calcaire (D r C); abond. sur les coteaux 
calcaires d'Esnes, de Masnières, de Saint- Souple t et à Montigny-les- 
Clary, près d'un four à chaux (G.). 

A. incanum L. — Lieux incultes, bords des chemins à Saint-Druon et à 
Escaudœuvres près Cambrai (G.). 

Gochlearia Armoracia L. — Naturalisé depuis très longtemps à Mar- 
conne, sur le bord d'un sentier, de la route de Saint-Pol à l'Eglise 
(D'C.). 

Roripa nasturtioides Spach. — Clairmarais (Q.); marais de la Sensée, 
d y Aubigny-au-Bac à Brunemont ; Arleux ; Cambrai et environs, à Es- 
caudœuvres, Proville, etc. (G.). 

R. amphibia Bess. — Marais d'Oisy et de Palluel (R. et D.); commun à 

i. Le S. pannonicum Jacq. a été trouvé en 1885 par M. l'abbé Godon dans 
les décombres à Escaudœuvres près Cambrai. Il a été revu depuis chaque année. 



Abbé Masclef. — Contributions nouvelles a la flore des collines d'Artois. 305 

Cambrai et sur les bords de l'Escaut, en amont de la ville, sur l'espace 
d'une lieue (G.). 

Thlaspi arvense L. — Renescure (de L.) ; Marquion, Ecourt- Saint- 
Quentin (R. et D.); champs près d 1 Oisy-le- Verger ; lieux incultes à 
Cambrai et Escaudœuvres (G.). 

T. perfoliatum L. — Coteaux calcaires entre Esnes et Lesdain et entre 
Esnes et le bois de Longsart ; Reauvois, abond. dans un champ vers 
Caudry (G.). 

Iberis amara L. — Abondant dans les moissons des terrains calcaires 
sur les coteaux entre Esnes et le bois de Longsart (G.). 

Lepidium (1) campestre R. Br. — Terrains vagues près la gare (TArras 
(D 1- C. et M.); Renescure (de L.); Clairmarais ; Cambrai (Q.); voie fer- 
rée à Solesmes et à Rieux (G.). 

L. ruderale L. — Décombres a Escaudœuvres, près Cambrai (G.). 

L. Draba L. — Commun à Cambrai, dans les lieux vagues ; voie ferrée de 
Marcoing à Masnières ; coteaux d'Esnes/ lieux arides à Iwuy (G.). — 
Wasquehal (Q.). 

Neslia paniculata Desv. — Cambrai, lieux incultes entre la porte Can- 
timpré et la porte de Selles; Escaudœuvres (G.). 

Galepina Corvini Desv. — Coteaux calcaires d'Esnes, dans les moissons 
et sur les pentes non cultivées (G.) (2). 

CISTINÉES 

Helianthemum vulgare Gaertn.; H. chamsecistus Mill. — Dejourny à 
Tournehem; Waterdal (de L.); Toutendal, Alette, Enquin, Boyaval 
(R. et D. ) ; coteaux calcaires sur la lisière des bois Couillet près Mar- 
coing, des Cheneaux et de Vaucelles près Vaucelles, du Gard à Walin- 
court; coteaux calcaires d 1 'Esnes à Caudry (G.). 

VIOLARIÉES 

Viola hirta L. — Quesques (de L.). 

V. canina L. — Tardinghen; Thérouanne ; Dohem ; Ecques (de L.) ; 
bruyères SAngres à Souches (M.). 

DROSÉRACÉES 

Parnassia palustris L. — Coteaux du Haut-Boulonnais à Escœuilles, 

1. Le L. perfoliatum L. espèce de Y Autriche-Hongrie, probablement intro- 
duite avec les grains de ce pays, a été trouvée plusieurs fois dans les décom- 
bres aux environs de Cambrai et à Escaudœuvres, par M. l'abbé Godon. 

2. On peut encore citer deux Crucifères manifestement introduites : 
Bunias orientalis L. — Cambrai, lieux incultes, remparts ; Caudry, talus de 

la voie ferrée (G.). 
Rapistrum rugosum Ail. — Lieux incultes des environs de Cambrai, anciens 
fours à chaux à? Escaudœuvres (G.). — Les deux formes hérissée et glabre 
{R. glabrum Host.) se trouvaient mélangées dans les échantillons qui m'ont 
été communiqués. 



3o6 . JOURNAL DE BOTANIQUE 

Quesques, Lottinghen^ Viel-Mouiier, Samer, Nesles et Neufchàtel (de 
L.); lisière de \a forêt d'Hesdin entre Guisy et Saint- Va ast (D r C). 

SILÉNÉES 

Dianthus (i) Armeria L. — Bois Ratel à Beussent, Alette ; Saint-Aubin 
près Saint-Josse (R. etD.j. 

Saponaria Vaccaria L. — Sachin près Pernes (Dum.); Escaudœuvres 
près Cambrai, moissons et décombres, sur le calcaire (G.). 

Silène (2) gallica L. — Tardinghen (de L.); Saint- Aubin, Sorrus (R. 
et D.) ; décombres à Arras (M.). 

Melandrium diurnum Dumort. ; M. Sylvestre Rœhl. — Bois Ratel à 
Beussent, Clenleu (R. et D.); coteaux boisés d" 'Anvin à Henchin; bois 
des Dames à Lapugnoy (M.); bois du Quesnoy près Oisy-le-Verger; 
prairies des bords de la Selle entre le Coteau et Saint-Souplet ; bois 
l'Evêque près du Cateau ; bois de Busigny (G.). — Manque aux envi- 
rons d 1 Arras (M.) et de Cambrai (G.), sur un assez grand rayon. 

ALSINÉES 

Spergularia rubra Pers. — Tardinghen (de L.) ; champs sablonneux à 
Oisy-le- Verger près le bois du Quesnoy, kMarcoinget à Clary\ Caudry 

(G.). 

Holosteum umbellatum L. — Plaine de Lens (Desmazières, 1823), sur 
les petits coteaux crayeux auprès de la Ville, derrière la fosse Ste-Elisa- 
beth (M. 1887). — Abondant sur plusieurs points du Cambrésis -.forti- 
fications de Cambrai, sur de vieilles murailles auprès du Grand Carré; 
champs entre Marcoing et Ribécourt / Villers-Plouich, champ et chemin 
auprès de la station; bords des chemins et champs des coteaux calcaires 
entre Esnes et la station de Caudry ; Iiv'uy, sur les talus de la voie fer- 
rée; bords des chemins entre Fressies et Aubiguy-au-Bac (G.). 

Stellaria uliginosa Murr. — Alette (R. et D.) ; Boiry-N.-Dame, dans un 
petit ruisseau au bas du bois, du cùté de Pelves (M.). 

Malachium aquaticum Pries. — Guînes ; Nesles (de L.) ; Saint-Pol ; 
Wavrans (R. etD.); Cambrai; marais de la Sensée, d'Aubigny-au-Bac 
à A rie il x (G.). 

PARONYCHIÉES 

Herniaria glabra L. — Arras, champs auprès de l'Hippodrome des 
Hauts-Blancs-Monts (D r C). 

MALVACÉES 
Malva moschata L. — Bonvelinghen ; forêt C^Hardelot (de L.) ; Clenleu, 

1. M. Duraon n'a pu retrouver cette année le D. deltoides, dans le bois 
Henry à Camblaiii-Chàtelain, où il l'avait recueilli en 1884 et dont j'avais reçu 
des échantillons authentiques. 

2. Le S. dichotoma Ehrh. est assez répandu autour & Arras, dans les dé- 
combres (M.). — : M. l'abbé Queulain l'a recueilli l'année dernière, dans une station 
analogue, à Roscndael près Dunkerque. 



Abbé Masci.ef. — Contributions nouvelles a la flore des collines d'Artois. 307 

Alelte (R. et D.); A. C. dans le Cambrésis : bois de Bourlon, voie fer- 
rée à Cambrai, Marcoing au bois Couillet, bois de Vaucelles, Crève- 
cœur, bois de Busigny, etc. (G.). 

HYPÉRICINÉES 

Hyperiçum humifusum L. — Clenleu, Alelte, Sempy (R. et D.) ; Busi- 
gny. champs auprès du bois (G.). 

H. quadrangulum L. — Clenleu, Bimont (R. et D.)., ; 

H. pulchrum L. — Aletie ; Sorrus (R. et D.); plateau <SHelfaut (Q.); 
bois de Terremonde près Walincourt (G.). 

GÉRANIACÉES 

Géranium nodosum L. — Terrains vagues de la gare de Brimeux (D r 
C.). — Disparu de la localité d 1 * Heuchin (1), où sa présence était proba- 
blement accidentelle (D 1 ' G. et Al.). 

G. pratense L. — Abond. et parfaitement naturalisé dans les oseraies 
cuire Béthune et Armes in (M.). 

G. phseum L. Cambrai, terrains incultes et boisés près du canal (G.). 

G. pyrenaicum L. — A. G. aux environs de Cambrai : Cambrai, sur la 
berge du canal vers Proville et dans les lieux incultes entre la porte 
Gantimpré et la porte de Selles (G.), la Folie (R. et D.), Cautiiug, 
dans lés haies (G.), Marcoing, sur la voie ferrée (Q. et G.) ; Caudry, sur 
la voie ferrée; lieux herbeux klzvuy, etc. (G.). 

OXALIDÉES 

Oxalis Acetosella L. — Clenleu (R. et D.); Givencky-le-Noble (R.); bois 
de Busigny (G.). 

O. stricta L. — Abond. dans les jardins à Ncuville-Saint-Remy près. 
'Cambrai (G.). 

O. corniculata L. — Jardins, cours et vieux murs à Cambrai ; jardins au 
Catèau (G.). 

BALSAMINÉES 

Impatiens (?) Noli-tangere L. — Lieux ombragés dans la maison de 
campagne du Grand Séminaire à Neuville-Sàint-Remy près Cambrai ; " 
naturalisé (G). 

ILICINÉES. • 

Ilex aquifolium L. — Bois de Busigny. Manque complètement aux 
environs de Cambrai (G.). 

1. Je possède en herbier l'échantillon qui y avait été recueilli en 1885 par le 
\y Carpentier. 

2. L'I. Roylei Walp.. (/. glandulifera Royle; Balsamina Roylei Seringe) se 
rencontre fréquemment aux environs de Cambrai, auprès des habitations, des 
fumiers et dans les lieux incultes (G.). 



308 . JOURNAL DE BOTANIQUE 

RHAMNÉES 

Rhamnus catharticus L. — Quesques, Watterdal, Lottinghen, Nielles- 
iés-Bléquiu, Samer (de L.). 

PAPILIONACÉES 

Ulex europaeus L. — Pas-en-Artois (M.); Havrincourt (Q.); Ribécourt ; 
Busigny (G.). 

Genista anglica L. — Dohem, Quiestéde ; Rettescure (deL.;. 

G. tinctoria L. — Lottinghen (de L.); forêt d' ' Hesdin (D r C); bois de 
Bourlon (R. et D.). 

Anthyllis Vulnenaria L. — R. R. aux environs d^Heuchin, sur un rayon 
de plusieurs lieues (D r C. et M.). — R. dans le Cambrésis : bois Couillct 
près Marcoing, sur la craie; coteaux calcaires $ Esnes ; talus de la voie 
terrée de Naves à Soles mes (G.). 

Melilotus altissima Thuill. ; M. macrorhisa Pers. — Marquion (R.). 

M. alba Desr. — Voies ferrées : Auxi-le-Château ; Ligny-Saint-Flochel ; 
Marœuil; Farbus-Vimy (M.) ; Aubigny-au-Bac ; Solesmes / de Cambrai 
à Busigny ; Cambrai à la gare de Picardie-Flandre, et dans les lieux 
vagues à la porte Cantimpré et à Escaudœuvres (G.). 

Astragalus glycyphyllos L. — Escœuilles (de L.). 

Vicia tenuifolia Roth. ; Cracca temiifolia Gren. et Godr. — Fortifica- 
tions de Cambrai (G.). 

Lathyrus sylvestris L. — Escœuilles, Lottinghen (de L.) ; Clenleu (R. 
etD.); Givenchy-le-Noble (R.); bois d'Oisy-le- Verger, sur la lisière cal- 
caire vers Palluel; coteaux calcaires de Bonavy, au bois Laleau, et de 
Vauc elles ; bois dé Terremonde, entre Esnes et Waîincourt, sur le cal- 
caire (G.). 

L. hirsutus L. — Voie ferrée à Caudry, abond. sur une longueur d'une 
centaine de mètres environ (G.). 

L. Nissolia L. — Voie ferrée à Caudry, abond. de la station au premier 
pont vers Cattenières (G.). 

Ornithopus perpusillus L. — Tardinghen ; Lottinghen (de L.). 

Hippocrepis comosa L. — Havrincourt (Q.) ; coteaux calcaires à Esnes 
et entre Waîincourt et Malincourt (G.). 

PORTULACÉES • 

Montia minor Gmel. — Tardinghen (de L.) ; Havrincourt, champs argilo- 
sablonneux du Quesnoy (G.). 

(A suivre.) 

Le Gérant : Louis Morot. 



**rrt. - J Xenok. Imp., 22, fi. Caoferl- RertcrM». 



2' ANNEE N' 18 16 SEPTEMBRE 1888 



JOURNAL DE BOTANIQUE 



Directeur: M. Louis MOROT 



NOTE SUR LES SAVSSUREA DU YUN-NAN 

Par M. A. FRANCHET 

On connaît dès maintenant 19 Saussurea de la région monta- 
gneuse du Yun-nan occidental. Ce nombre est loin sans doute 
de représenter la totalité des espèces de cette région, encore si 
peu explorée; mais en réalité il est considérable, puisque tous 
ces Saussurea ne proviennent que de deux localités : des monta- 
gnes de Likiang et des hautes chaines situées au N. du lac Tali. 

Leurs affinités se partagent inégalement. Comme l'on doit s'y 
attendre, l'élément hymalayen s'y manifeste d'une façon prédo- 
minante, soit par la présence, dans les deux régions, de mêmes 
espèces, telles que : S. KuniJu'aiia, S. taraxacïfolia, S. Sughoo, 
S. gossipiphora, soit aussi par l'existence, dans l'Yun-nan, de 
certains types qui, sans être identiques avec ceux de l'Himalaya, 
ont néanmoins avec eux plus d'analogie qu'avec tout autre; 
c'est ainsi que le ,S\ ywmanetisîs a des rapports surtout avec le 
►S\ taraxacïfolia , le £\ villosa avec le 6\ hieracioides , le .S. spatuli- 
folia avec le S. Thompsoni Clark e et le 6\ TVemerïoides . 

Mais à côté de ces espèces appartenant si évidemment au 
groupe des ^Srtz^swrtYzhimalayens, il en est d'autres qui se ratta- 
chent de la même façon aux formes sibériennes ou japonaises ; je 
veux parler de celles qui présentent des capitules plus ou moins 
nombreux, souvent agglomérés, toujours petits, et dont l'invo- 
lucre est constitué par des écailles courtes, coriaces, strictement 
appliquées les unes sur les autres. A ce type se rapporte le 
,S. discolor DC, si répandu dans toute la Sibérie; cette forme 
spécifique n'a pas été trouvée, il est vrai, jusqu'ici dans l'Yun-nan : 
mais elle y est représentée par deux formes correspondantes, 
,S. vestita et vS\ chetchozensis qui lui sont très affines. De même 
le 6\ lampsanifolia et le £\ pedunctdaris , l'un et l'autre du 



3io JOURNAL DU BOTANIQUE 

Yun-nan, ont leur plus grande somme de similitudes avec le 
S. Tanak^Yr. et S av., du Japon. 

Il est à remarquer que ces formes sibériennes ou japonaises 
n'ont pas encore -été signalées dans l'Himalaya. Mais on pouvait 
s'attendre à les rencontrer dans la Chine occidentale, où la flore 
de l'Himalaya et celle de l'Asie orientale ont leur point de jonc- 
tion. 

A côté de ces types qu'il possède en commun avec divers 
pays, il en est d'autres, dans l'Yun-nan, qui ont une physionomie 
bien spéciale. Je citerai surtout : le J?. cdulïs, qui, dans sa forme 
acaule, rappelle le Berardia de nos Alpes; le ►S'. Delavayî, curieuse 
espèce à feuilles linéaires et dont les nombreux capitules agglo- 
mérés sont entourés d'un cercle de bractées foliacées, qui les 
dépassent longuement ; le .S. romuleifolia, avec ses feuilles raides 
incurvées, rappelant, comme le nom l'indique, celles de nos 
Romulea* 

Pour faire saisir plus facilement les rapports et les différences 
des espèces dont il est ici question, soit entre elles, soit avec 
d'autres antérieurement connues, je les ai réparties en 4 sections; 
celles qui ont été proposées par Cassini et par de Candolle ont 
l'inconvénient d'être établies sur des caractères peu précis et l'on 
sait depuis longtemps qu'il est parfois impossible de se pronon- 
cer entre les Lagurostemon, dont les anthères ont les appendices 
velus ou barbus, et les Beiicdictia qui les ont ciliés. Quant aux 
Apiotaxis on ne saurait les conserver, même à titre de section; 
leur réduction aux Saussurea a été faite avec beaucoup de raison. 

L'absence de paillettes sur le réceptacle semble fournir un 
élément de distinction plus net, bien qu'il présente l'inconvénient 
de ne s'appliquer qu'à un très petit nombre d'espèces ; la section 
que la présence de paillettes caractérise comprend au contraire 
la majorité des formes spécifiques, qu'il est heureusement assez 
facile de disposer en groupes, en se basant sur la forme ou la 
disposition lâche ou serrée des écailles de l'involucre. 

D'autre part, Hooker à fait un sous-genre, Briocoryne, avec 
les espèces dont le singulier .S 1 , gossipiphora est le prototype, 
sous-genre établi d'ailleurs plutôt à cause d'un port tout spécial, 
que sur des caractères bien tranchés. J'en dirai tout autant de 
la section Carduella, que je propose ici, dont la particularité la 
plus saillante, outre son aspect, est d'avoir une aigrette formée 



A. Franchet. — Note sur les Saussurea du Yuu-nan. 311 

de poils exactement intermédiaires entre ceux qu'on dit plumeux 
et ceux qu'on appelle scabres ; les premiers ont été jusqu'ici 
seuls signalés chez les Sausstirea. 

Dispositio Saussure arum e provincia Yun-nan. 

A. Gymnoclyne. — Receptaculum nudum. 
►S. ciliaris , sp. nov. 

B. Garduella, sect. nov. — Receptaculi paleae brèves, rigi- 

dae, subpungentes ; pappi setae vix plumosae, barbellis 
brevissimis. 

,S\ edulis, sp. nov. 

C. Ghaetocline. — Receptaculi paleae squarrosas, plus 
minus elongatas, lineares; pappi setae longe plumosae. 

a. Involucri squamae laxe imbricatae, nisi basi coriacea 
plus minus foliaceae, saepius angustae, extimae interio- 
ribus vix vel tantum dimidio breviores. 

f Acaules ; monocephalae. 
>S\ spatulifolia , sp. nov. 

ff Caulescentes ; monocephalae. 

1. Caricifoliae. 
6 1 . romuletfolia , sp. nov. 

2. Taraxacifoliae. 
6 1 . Sughoo Clarke. t 

S. taraxacifolia Wall. 

►S. Kunthi'aua Clarke. 

iS". yunnaneiisis , sp. nov. 

3. Villosae. 
►S 1 , villosa, sp. nov. 

»S\ longifolia, sp. nov. 

»S\ grosseserrata, sp. nov. 

ftf Caulescentes; pleiocephalae. 

1 . Capitula congesta. 
S. Delavayt, sp. nov. 
►S. likiangensis , sp. nov. 

2. Capitula ramos terminantia solitaria. 
S. radia ta, sp. nov. 



3 i2 JOURNAL DE BOTANIQUE 

(i. Involucri squamae coriaceae, ovatae, arcte adpressae, 
extimae interioribus 4-5 plo breviores. 

►S 1 , lampsaiiifolia , sp. nov. 
S. pediincularis , 5p. nov. 
►S 1 , vestita, sp. nov. 
►S*, chetckozeiisïs, sp. nov. 

D. Eriocoryne Hooker. — Eximie lanigerae ; caulis clava- 
tus foliis obsessus ; capitula inter folia suprema nidulantia 
arcte congesta. 

►S. gossypiphora Don. {A suivre.) 

^s 

D'AÏN-SEFRA A DJENIEN-BOU-RES Q 
Voyage botanique dans le Sud-Oranais 

(Fin.) 

Par MM. Ed. BONNET et P. MAURY 

RUTACÉES 
Peganum Harmala L. — Disséminé entre Aïn-Sefra et Djenien. 

RHAMNEES 

Rhamnus Alaternus L. var. J>rosïratus Coss. — Aïn-Aïssa. 
Zizyphus Lotus L. —  Disséminé cT Aïn-Sefra à Djenien. 

TÉRÉBINTHACÉES 

Pistacia atlantica Dcsf. — Disséminé dans toute la région. 

LÉGUMINEUSES 

Rétama Raetam Webb. — G. dans toute la région. 
Genista capitellata Coss. — Mograr, TâhtaniJ 

— Saharae Coss. — Aïn-Sefra, Mograr, Djenien. 
Argyrolobium uniflorum Jaub. et Spach. — Tyoût. 

Ononis angustissima Lam. — C. depuis Aïn-Sefra et Aïn-Aïssa jusqu'à 
Djenien. 

— serrata Forsk. — Aïn-Sefra, Tyout, Mograr. 
Erinacea pungens Boiss. — Aïn-Aïssa. 
Medicago secundiflora D. R. — Aïn-Aïssa. 

— laciniata Ail. — A. C. d'Aïn-Sefra à Djenien. 

— minima Lam. — Aïn-Aïssa. 

— tribuloides Lam. — De Mograr à Djenien, Founassa. 
—  sativa L. — Spont. dans toutes les oasis. 

Trigonella polycerata L. — De Mograr à Djenien. 
Melilotus sulcata Desf. — Aïn-Aïssa. 
Trifolium tomentosum L. — Aïn-Aïssa. 



Ed. Bonnet et P. Maury. — D' Aïn-Sefra à Djenieu-boii-Resq. 313 

Lotus cytisoides L. — Aïn-Tiloula, Aïn-Aïssa. 

— pusillus Viv. — Aïn-Sefra. 
Astragalus tenuifolius Desf. — Mekalis, Aïn-Tiloula, Aïn-Sefra. 

— pseudostella Desf. — C. d 1 Aïn-Sefra à Djenien. 

— polyactinus Boiss. — Naâma. 

Gombo Coss. et D. R. — Aïn-Sefra, Tyout, Aïn-el-Hadjadj. 

— lanigerus Desf. — Naâma, Aïn-Sefra. 

— armatus Willd. — C. d 1 Aïn-Sefra à Djenien. 
Colutea arborescens L. — Aïn-Aïssa. 

Vicia sativa L. — Aïn-Tiloula, probablement introduit. 

— var. ahgustifolia Ser. — Aïn-Aïssa, Mograr, Tahtani. 
Coronilla juncea L. — D 1 Aïn-Sefra à Mograr Tahtani. 
Arthrolobium scorpioides D. C. — Founassa. 
Hippocrepis ciliata Willd. — Aïn-el-Hadjadj, Founassa. 

— bicontorta Lois. — Ain-Sefra, Tyout. 
Ceratonia Siliqua L. -- Aïn-Aïssa, où il est commun et spontané. 

ROSACÉES 

Potentilla reptans L. — Aïn-Sefra au bord des seguias. 

Poterium Magnolii Spach. — Aïn-Aïssa. 

Rosa Pouzini Tratt. — Aïn-Aïssa. 

Neurada procumbens L. — De Mograr à Djenien. 

TAMARISCINÉES 

Tamarix gallica L. — C. auprès des sources et aux bords des oueds.- 

CUCURBITACÉES 

Cucumis Golocynthis L. — Mograr Tahtani. 

Bryonia dioica L. var. acuta Coss. — Entre Aïn-Sefra et Tiloula, Aïn- 
Aïssa. 

PARONYCHIÉES 

Lœflingia hispanica L. — A. C. d'Aïn-el-Hadjadj à Djenien. 
Telephium Imperati L. — Disséminé de Naâma à Djenien. 
Herniaria cinerea D. C. — C. de Naâma à Djenien. 

— fruticosa L. — Aïn-Sefra. 
Paronychia argentea Lam. — Aïn-Aïssa. 

— nivea Desf. var. macroscpala Coss. — C. d 1 Aïn-Sefra et Ti- 

loula à Djenien. 

— Cossoniana Gay. — Disséminé d' Aïn-Sefra à Djenien. 

— longiseta Webb. — Aïn-el-Hadjadj. 
Gymnocarpon decandrum Forsk. — C. dans toute la région. 
Pteranthus echinatus Desf. — Aïn-el-H?.djadj, Montagne Verte. 
Polycarpaea fragilis Del. — Aïn-Sefra, Tyout. 

CRASSULACÉES 

Sedum altissinum Poir. — Aïn-el-Hadjadj. Aïn-Aïssa. 
Umbilicus horizontalis Guss. — Garet ed Deba, Mograr Tahtani, 
Founassa. 



314 JOURNAL DE BOTANIQUE 

FICOIDÉES 

Mesembryanthemum nodiflorum L. — D'Aïn-el-Hadjadj à Mograr. 
Aizoon hispanicum L. — Aïn-Tiloula, Mograr Tahtani. 

OMBELLIFÈRES 

Daucus pubescens Kch. — Tyout, d'Aïn-el-Hadjadj à Djenien. 

— maximus Desf. — Aïn-Sefra dans l'oasis. 
Caucalis leptophylla L. — Garet cd Deba, Tiloula, Founassa. 
Deverra scoparia Coss. et D. R. — Aïn-Sefra, Aïn-el-Hadjadj, Aïn-Aïssa. 
Ferula communis L. — Aïn-Aïssa. 

— longipes Coss. in herb. — C. entre Aïn-Sefra, Tyout et Djenien. 
Cette plante, signalée dès 1856 par M. le D 1 ' Cosson {Bull. Soc. Bot. 
Fr. 3, p. 665), est très voisine du F. tuitctana Porael (loc. cit. 33, 
p. 478); elle s'en distingue, ainsi que de toutes les autres espèces algé- 
riennes du groupe, par ses fruits oblongs, une fois plus longs que 
larges (15-17 mill. long, sur 5-7 mill. larg.), toujours plus courts que les 
pédicelles, ceux-ci atteignant une longueur moyenne de 20 mill.; vallé- 
cules à 4 bandelettes dont Tune quelquefois peu distincte. Nous ne 
mentionnons que pour mémoire les nombreuses aspérités qui couvrent 
les feuilles du F. longipes; nous les avons retrouvées plus ou moins 
abondantes chez le F. tunetàna, bien que M. Pomel n'en ait pas fait 
mention dans sa description. Enfin, cette dernière espèce qui nous est 
connue par de nombreux échantillons florifères récoltés sur les bords 
du Chott Fedjedj, en mars 1886, par M. Letourneux, ne nous a pas, 
sous cet état, présenté l'allongement remarquable des pédicelles que 
nous avons constaté dès l'anthèse chez le F. longipes. 

Carum incrassatum Boiss. — Aïn-Aïssa. 
Ammi Visnaga L. — Aïn-Sefra. 
Anthriscus vulgaris Pers. — Aïn-Aïssa. 
Orlaya maritima Kch. — Aïn-Sefra. 
Eryngium ilicifolium Lam. — Mograr Tahtani. 

CAPRIFOLIACÉES 

Lonicera implexa Santi. — Aïn-Aïssa. 

RUBIACÉES 

Callipeltis cucullaria Stev. — Aïn-el-Hadjad, Tiloula. 
Rubia Tinctorum L. — Oasis de Tyout et des Mograr, probablement 
restes d'anciennes cultures. 

— lsevis Poir. — Aïn-Aïssa. 

Galium ephedroides Willk. — Garet ed Deba, Tiloula, Tyout. 

— Aparine L. — Aïn-Aïssa, Mograr Tahtani. 

Crucianella hirta Pomel. — Aïn-el-Hadjadj, Mograr Tahtani, Founassa. 

VALERIANÉES 

Centranthus Calcitrapa Dufr. — Aïn-Aïssa. Founassa. 
Valerianella microcarpa Lois. — Aïn-Aïssa. 
—  discoidea Lois. — Founassa. 



Ed. Bonnet et P. Maury. — D 'Aïn-Sefra a Djenien-bou-Resy. 315 

DIPSACÉES 

Scabiosa monspeliensis Jacq. — C. d 1 Aïn-Sefra à Djenien. 

arenaria Forsk. — Entre vSi Sliman et Aïn-Sefra, lyout. 

COMPOSÉES 

Bellis annua L. var. microcephala Coss. (B. microcephala Lge\ — Fou- 
nassa. 

Nolletia chrysocomoides Coss. — Aïn-Sefra, Tyout, de Mograr à 
Djenien. 

Phagnalon purpurascens Schltz. bip. — Garet ed Deba, Tyout, Mo- 
grar Tahtani. 

Evax pygmaea Pers. — Mograr Tahtani. 

Micropus bombycinus Lag. — Founassa. 

Rhanterium adpressum Coss. et D. R. — C. dans toute la région. 

Perralderia purpuracens Coss. — Mograr Tahtani. 

Pulicaria mauretanica Coss. — Aïn-Aïssa, Tyout, Founassa. 

— arabica Coss. — Tyout. 

Asteriscus pygmseus Coss, et D. R. — T. C. dans toute la région, 
graveolens D. C. — Mograr Tahtani, Montagne Verte. 
—  aquaticus Mœnch. — Aïn-Aïssa, Mograr Tahtani. 

Pallenis spinosa Coss. — Aïn-Aïssa, Aïn-Sefra, Aïn-el-Hadjadj, Fou- 
nassa, Djenien. 

Anvillea radiata Coss. et D. R. — C. ri' Aïn-Sefra à Djenien. 

Cladanthus arabicusi'oss. — T. C. dans toute la région. 

Pyrethrum Gayanum Coss. et D. R. — Garet ed Deba. 
Maresii Coss. — Aïn-Aïssa. 
— glabrum Coss. et D. R. — Aïn-Aïssa. 

Anacyclus Pyrethrum Coss. — Aïn-Aïssa. 

Relinolepis lonadioides Coss. — Tyout. Djenien. 

Cyrtolepis alexandrina D. C. — C. du Djebel Aïssa à Djenien. 

Chrysanthemum coronarium L. — Aïn- Tiloula. 

Artemisia herba-alba Asso. — C. de Naàma à Djenien. 
— campestris L. — Aïn-Aïssa. 

Chlamydophora pubescens Coss. et D. R. — C. dWïn-Sefra et Tyout 
à Dj "-nien. 

Lasiopogon muscoides D.C.—Aïn-dTIadjadj, Tyout, Tiloula, Aïn-Sefra. 

Helichrysum Fontanesii Camb. (//. rupicolum Pom.). — Aïn-Aïssa. 

Gnaphalium luteo-album L. — Oasis de Mograr Tahtani. 

Filago spathulata Presl. var. prp 'ira-la Coss.— C. de Naâma à Djenien. 

Ifloga spicata Schltz. bip. — C. d 1 Aïn-Sefra et 'Tyout à Djenien. 

Leyssera capillifolia D. C. - - DWïn-Sefra à Tyout, Aïn-el-Hadjadj, 
Mograr. 

Senecio vulgaris L. — Aïn-Aïssa. 

— Decaisnei D. C. — Aïn-el-Hadjadj, Montagne Verte. 

— coronopifolius Desf. — C. dans toute la région. 
Calendula stellata Cav. var. hymetiocarfia C-^ss. — C. d'Aïn-Sefra à 

Djenien. 



3i<5 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Echinops spinosus Desf. — Aïn-el-Hadjadj, Mograr. 
Atractylis cancellata L. — Entre Aïn-Sefra et Aïn-el-Hadjadj. 

caespitosa Desf. — Aïn-Aïssa, Garet ed Deba, Aïn-el-Had- 
jadj, Mograr. 

serratuloïdes Sieb. — Entre Aïn-Sefra, Tyout et Mograr. 

— citrina Coss. et Kral. — Tyout. 
Amberboa crupinoides D. C. — Aïn-el-Hadjadj, Founassa. 
Centaurea pubescens Willd. — Tiloula, Djenien. 

— amurensis Pom. ? — Aïn-Aïssa, Founassa. 

— sicula L. — Mograr Tahtani. 

macracantha Coss. et D. R. — Aïn-Sefra, Tyout, Aïn-el- 
Hadjadj, Mograr. 

— infestans D. R. — Founassa. 

— dimorpha Viv. — Aïn-Sefra, Tyout, de Mograr Tahtani à 

Djenien. 

Centrophyllum lanatum D. C. — De Mograr à Djenien. 
Carduncellus eriocephalus Boiss. — Aïn-Sefra, Tyout, Mograr. 
Onopordon Sibthorpianum B. et R. — Aïn-Sefra. 
Carduus arabicus Jacq. — DWin-el-Hadjadj à Mograr. 
Rhaponticum acaule D. C. — Aïn-Aïssa, Founassa. 
Warionia Saharae Coss. et Benth. — Tyout, Founassa. 
Carlina involucrata Poir. — Tyout, Mograr Tahtani. 
Kœlpinia linearis Pall. — Disséminé de Naâma à Djenien. 
Hedypnois cretica Willd. - • Mograr Tahtani. 
Catananche caerulea L. — A. C. d' Aïn-Sefra à Djenien. 

arenaria Coss. et D. R. — Entre Aïn-Sefra, Tyout et Mograr. 
Seriola laevigata L. — Aïn-Sefra, Aïn-el-Hadjadj, Mograr, Founassa. 
Podospermum laciniatum D. C. — Aïn-Aïssa. 

Hypochœris glabra L. var. arachuoidea Coss. \ — Tiboula, Djenien. 
Scorzonera alexandrina Boiss. — C. d 1 Aïn-Sefra à Djenien. 
Spitzelia SaharagCoss. et Kral. — C. d'Aïn-Sefra et Tyout à Djenien. 
Kalbfussia Salzmanni Schltz. bip. — Naâma. 
Picridium tingitanum Desf. — D'Aïn-Sefra à Mograr, Founassa. 

— intermedium Schltz. bip. — Montagne Verte. 
Zollikoferia resedifolia Coss. — Aïn-Sefra. 

— angustifolia Coss. et D. R. — D'Aïn-el-Hadjadj à Mograr. 
mucronata Boiss. — De Mograr à Djenien. 

Sonchus glaucescens Jord. — Aïn-Aïssa, Mograr Tahtani. 

— tenerrimus L. — Tiloula. 

— maritimus L. — Aïn-Sefra. 

spinosus D. C. — A. C. dans les rochers d'Aïn-Sefra à Tyout 
et Djenien. 
Taraxacum leevigatum D. C. — Aïn-Aïssa. 

Microrhynchus nudicaulis Less. — DAïn-el-Hadjadj à Mograr. 
Barkhausia taraxacifolia D. C. — Aïn-Aïssa. 

Andryala integrifolia L. var. tetmifolia Coss. — Aïn-el-Hadjadj, 
Mograr, Founassa. 



Ed. Bonnet et P.Maury. — D' Aïn-Sefra à Djenien-bou-Resq. 317. 

PRIMULACÉES 

Audrosace maxima L. — Aïn-Aïssa, Founassa.. 

Anagallis arvensis L. var. cxrulea Boiss. — >■ Aïn-Sefra, Founassa. 

Samolus Valerandi L. — Aïu-Sefra, Mograr. 

OLEACÉES 

Olea europœa L. — C. et spont. à Aïn-Aïssa. 

JASMINBES 

Jasminum fruticans L. — Aïn-Aïssa. 

APOCYNÉES 

Nerium Oleander L. — C. au bord des sources et des oueds dans Jtoute 
la région. 

ASCLÉPIADÉES 

Apteranthes Gussoneana Mik. — Entre Mograr Foukani et Djenien,. 
Montagne Verte. 

CONVOLVULACÉES 

Convolvulus arvensis L. — Aïn-Se!ra. 

— supinus Coss. et Kral. — C. depuis Aïn-Aïssa jusqu'à 

Djenien. 

— althseoides L. — Aïn-Sefra, Mograr, Aïn-Aïssa. 
Cuscuta episonchum Webb. (C. planiflora Ten. var. Webbii Eng.). — 

Mograr Tahtani sur le Sonckus sp'nosus. 

BORAGINÉES 

Echium humile Desf. — C. dans toute la région. 

Echiochilon fruticosum Desf. -- DWin-Sefra à Djenien. 

Arnebia decumbens Coss. et Kral. var. macrocalyx Coss. et Kral. — 

Tyout, Aïn-el-Hadjadj, Mograr, Djenien. 
Lithospermum apulum L. — Aïn-Aïssa. 

— tenuiflorum L. f. — Aïn-Aissa, Founassa. 

Nonnea phaneranthera Viv. — D'Ain-Setra à Mograr, et Djenien. 

— micrantha B. et R. — Naâma, Founassa. 
Cynoglossum cheirifolium L. — Tiloula, Aïn-Aïssa. 
Echinospermum patulum Lehm. — C. de Naâma à Djenien. 

— Vahlianum Lehm. — A. C. d' Aïn-Aïssa à Djenien et 

Founassa. 

SCROPHULARIÉES 

Linaria reflexa Desf. var. agglutinans {L. agglutinans Pomel.). — Aïn- 
Sefra. 

— frutiçosa Desf. — D\Ain-el-Hadjadj à Djenien. 

-r— sagittata Hook. f. var. heterophylla {L. heterophylla Spreng. 
non. Desf.). — Aïn-el-Hadjadj, Montagne Verte. Le L. sagit- 
tata Hook. se présente au Maroc et aux Canaries sous deux 
formes, l]une à feuilles toutes sagittées, l'autre à feuilles toutes 



318 JOURNAL DE BOTANIQUE 

linéaires sauf les radicales qui sont lancéolées-sagittées; c'est 
à cette dernière variété, qui représente le L. heterophylla 
Spreng". (non Desf.), qu'appartiennent tous les individus que 
nous avons observés dans le Sud-Oranais. 

Linaria micrantha Spreng. — Aïn-el-Hadjadj. 

Antirrhinum ramosissimum Coss.et D. R. — Disséminé d'Aïn-Sefra et 
Tyout à Djenien. 

— Oruntium L. — Aïn-el-Hadjadj. 
Scrophularia Deserti Del. — Aïn-Sefra, Tyout, 
Veronica agrestis L. — Aïn-Sefra, dans l'oasis. 

— anagalloides Guss. — Aïn-Aïssa, Mograr Tahtani. 

OROBANCHÉES 

Phelipaea lutea Desf. — D'Aïn-Sefra à Aïn-el-Hadjadj et Aïn-Aïssa. 

— violacea Desf. — Disséminé d'Aïn-Sefra à Djenien. 
Orobanche cernua Lœfl. — Entre Mograr Foukani et Dfenien. 

LABIÉES 

Mentha rotundifolia L. — Aïn-Sefra, au bord des seguias. 

Rosmarinus offîcinalis L. — Aïn-Aïssa. 

Salvia verbenaca L. — C. d'Aïn-Sefra et Aïn-Aïssa à Djenien. 

— lanigera Poir. — Tyout. 

— aegyptiaca L. — Tyout, Aïn-el-Hadjadj, Mograr. 
Micromeria microphylla Benth. — Tyout, Mograr Tahtani. 
Lamium amplexicaule L. — Aïn-Aissa. 

Sideritis montana L. — Tiloula. 

Marrubium Deserti de Noe. — A. C. d'Aïn-Sefra et Tyout à Djenien. 

— supinum L. — Tiloula. 

Teucrium Polium L. var. capitatu?n de Noe. — Aïn-el-Hadjadj, Mograr, 

Djenien. 
Ajuga Iva Scbreb. — A. C. dans la région. 

PLUMBAGINÉES 

Statice Thouini Viv. — C. d'Aïn-Sefra à Djenien. 

— Bonduellii Lestib. — C. d'Aïn-Sefra et Tyout à Djenien. 

— pruinosa L. — Entre Aïn-Sefra et Tyout, et d 'Aïn-el-Hadjadj à 

Mograr. 

— echioides L. — Entre Aïn-el-Hadjadj et Mograr. 

— globulariaefolia de Gir. — Mograr Tahtani, dans l'oasis. 
Bubania Feei de Gir. — C. d'Aïn-Sefra et Tyout à Djenien. 

PLANTAGINÉES 

Plantago albicans L. — C. dans toute la région. 

— ovata Forsk. — D'Aïn-Sefra à Tyout et Mograr. 

— ciliata Desf. — D'Aïn-Sefra à Tyout, Djenien, Montagne Verte. 

— Lagopus L. Tiloula, Aïn-Aïssa. 

— amplexicaulis Cav. — Founassa. 

— Coronopus L. — Aïn-el-Hadjadj, Tiloula. 



Ed. Bonnet et P. Maurv. — D'Aïn-SeJra à Djeniett-bou-Resq. 319 

Plantag-o Coronopus var. simplex Dcsne. — D 'Aïn-el-Hadjadj à Mograr 

Tahtani. 

— Psyllium L. — A. C. d' Aïn-Aïssa à Mograr et Founassa- 

SALSOLACÉES 

Atriplex dimorphostegia Kar. et Kir. — Tyout, Mograr Tahtani. 

— parvifolia Lowe. — Aïn-Tiloula. 

— Halimus L. — Aïn-el-Hadjadj. 

Blitum virgatum L. — Tiloula, Aïn-Aïssa, Mograr. 
Chenopodium album L. — Aïn-Sefra. 
Echinopsilon muricatus Moq. — De Mograr à Djenien. 
Sueeda vermiculata Forsk. — d' Aïn-Sefra à Tyout et aux Mograr. 
Caroxylon articulatum Moq. — C. dans toute la région. 
Salsola vermiculata L. — D'Aïn-el-Hadjadj aux Mograr. 
Polycnemum Fontanesii D. R. et Moq. — Founassa. 
Anabasis aretioides Moq. — T. C. d'Aïn-Sefra et Tyout jusqu'au 
Figuig. 

POLYGONÉES 

Calligonum comosum L'Hér. — Tyout, les Mograr. 

Emex spinosa Campd. — Mograr. 

Rumex tingitanus L. — Aïn-Sefra, Garet-ed-Deba. 

— vesicarius L. — Garet-ed-Deba, Tyout, Aïn-el-Hadjadj, Founassa. 

THYMÉLÉES 

Thymelaea microphylla Coss. et D. R. — T. C. depuis Naâma jusqu'au 
Figuig. 

LORANTHACÉES 

Arceutobium Oxycedri M. B. — Aïn-Aïssa. 

BALANOPHORÉES 

Cynomorium coccineum L. — Tiloula, Tyout, de Mograr à Djenien. 

EUPHORBIACÉES 

Euphorbia cornuta Pers. — Mograr, Djenien. 

— calyptrata Coss. et D. R. — Aïn-Sefra, Tyout, Mograr, Dje- 

nien, Founassa. 

— Heliscopia L. — Aïn-Aïssa. 

— falcata L. — Aïn-Sefra, Si Sliman. 

— Guyoniana B. et R. — Disséminé d' Aïn-Sefra à Djenien. 

URTICÉES 

Forskalea.tenacissima L. — Tyout. 

CUPULIFÈRES 

Quercus Ilex L. var. Ballota D. C. — Aïn-Aïssa. 

SALICINÉES 

Populus alba L. — Aïn-Aissa. 

— euphratica Oliv. — Oued Som. 



3 20  . JOURNAL DE BOTANIQUE 

:].'. ' .CONIFÈRES 

Juniperus Oxycedrus L,. — Aïn-Aïssa. 

— phœnicea L. — Dans toutes les montagnes de la région. 
Pinus halepensis Mill. — Aïn-Aïssa. 

GNÉTACÉES 

Ephedra fragilis Desf. — Disséminé d 1 Aïn-Sefra à Djenien et à Founassa. 

— altissima Desf. — Garet ed Deba, de Mograr à Djenien. 

— nebrodensis Tin. — Aïn-Aïssa. 

— alata Dcsne. — De Mograr à Djenien, Montagne Verte. 

COLCHICACÉES 

Erythrostictus punctatus Schlecht. — Founassa. 

IRIDÉES 

Iris Sisyrinchium L. — T. C. dans toute la région. 

AMARYLLIDÉES 

Pancratium Saharae Coss. — Djenien. 

LILIACÉES 

Muscari comosum Mill. — Tiloula, Aïn-Aïssa, Founassa. 
Dipcadi serotinum Medik. — Aïn-el-Hadjadj, Mograr, Founassa. 
Allium sativum L. — Founassa, subsp. 
Asphodelus microcarpus Viv. — Aïn-Aïssa, Founassa. 

— tenuifolius Cav. — C. d' Aïn-Sefra à Djenien. 

— pendulinus Coss. et D. R. ^— Aïn-Sefra, Djenien. 

ASPARAGINÉES 

Asparagus stipularis Forsk. — Garet ed Deba, Aïn-el-Hadjadj, Aïn- 
Aïssa, Founassa. 
Ruscus aculeatus L . — Aïn-Aïssa. 

JONCÉFS 

Juncus maritimus Lam. — Aïn-Sefra, Tyout, Aïn-el-Hadjadj, Mograr. 

— striatus Schousb. — Tyout. 

— bufonius L. — Aïn-Sefra, Tiloula, Aïn-Aïssa, Mograr. 

CYPÉRACÉES 

Carex divisa Huds. — Aïn-Aïssa, Tiloula. 

— distans L. — Tiloula. 
Scirpus Holoschœnus L. — Tiloula. 

Cyperus conglomeratus Rottb. var. arenarius Dcsne. — Aïn-Sefra, 
Tyout. 

— longus L. var. badius Coss. et D. R. — Aïn-Sefra, Tiloula, Tyout. 

— lsevigatus L. var. distachyus Coss. et D. R. — Aïn-Sefra. 

GRAMINÉES 

Lygeum Spartum L. — C. dans toute la région. 
Pennisetum ciliare Link. — Mograr Tahtani. 

— orientale Rich. — Garet ed Deba, Tyout. 



Ed. Bonnet et P. Maury. — D' Aïn-Sefra a Djeuieii-bou-Resq . 321 

Andropogon hirtus L. — Mograr Tahtani. 

— laniger Desf. — Tyout. 

Polypogon monspeliensis Desf. — Tiloula, Mograr. 
Stipa barbata Desf. — Mékalis. 

— parviflora Desf. — Tyout, Aïn-et-Hadjadj, Mograr. 

— tortilis Desf. — C. dans la région. 

— tenacissima L. — A. C. jusqu'à Djenien. 
Arthratherum pungens. P. B. — Disséminé dans toute la région. 

— ciliatum Nées. — Tyout. 

— plumosum Nées, var floccosum Coss. et D. R. — Tyout. 
obtusum Nées. — A. C. d 1 Aïn-Sefra à Tyout et Djenien. 

Cynodon Dactyïon Ricli. — Mograr. 

Echinaria capitata Desf. — Pounassa. 

Ammochloa subacaulis Bal. — Aïn-Sefra. 

Sieglingia Forskali (Danthonia Forskalii Trin.). — Aïn-Aïssa. 

Avena barbata B'rot. — DWïn-el-Hadjadj à Mograr. 

Trisetum pumilum Knth. — Djenien. 

Kœleria Salzmanni B. et R. — Naâma, Tiloula. d 1 Aïn-Sefra à Djenien. 

Phragmites communis Trin. var. Isiacus Coss. et D. R. — Aïn-Sefra, 

Tyout, Mograr, Pounassa. 
Schismus calycinus Coss. ctD. R. — Naâma, Aïn-Sefra, Aïn-el-Hadjadj. 
Atropis distans Griseb. var. vulgaris Coss. et D. R. — Aïn-Sefra. 
Bromus tectorum L. — Aïn-Sefra, Mograr, Djenien. 

— rubens L. — C. depuis Naâma jusqu'à Djenien. 

— squarrosus L. — d' Aïn-el-Hadjadj à Mograr. 

Festuca memphitica Coss. — Disséminé depuis Naâmajusqu'à Djenien. 
Brachypodium distachyon R. et S. — D'Aïn-el-Hadjadj à Mograr. 
Hordeum murinum L. — Tiloula, Aïn-el-Hadjadj, Mograr. 
Triticum orientale M. B. — Naâma, Aïn-Aïssa. 
-<Egilops ovata L. — Pounassa. 
Lepturus incurvatus Trin. — Tiloula. 

FOUGÈRES 

Cheilanthes fragrans Hook. — Pounassa. 

EQUISÉTACÉES 

Equisetum ramosissimum Desf. — Aïn-Sefra. 

CHA RACÉES 

Chara fœtida L. — Oued Mograr. 

CHAMPIGNONS (i) 

Pleurotus Ferulae Lanz. — C. à Aïn-Aïssa sur les souches du Feyula 

communis. 
Montagnites Candollei Pr. — Entre Si Sliman et Aïn-Sefra. 
Gyrophragmium Delilei Mont. — Mograr Poukani. 

1. Déterminés par M. N. Patouillard. 



323 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Tulostoma Boissieri Kalbr. — Entre Si Sliman et Aïn-Sefra et entre 
Aïn-Sefra et Aïn-el-Hadjadj. 

Xylopodium Delestrei Mont. — Entre Aïn-Aïssa et Tyout, de Mograr 
à Djenien, entre Si Sliman et Aïn-Sefra. 

Terfezia Leonis Tul. — Entre Mograr et Djenien. 

Pleospora Bardanae Nieesl. — C. Sur le Farsciia linearis à la Mon- 
tagne Verte. 



REMARQUES 



SUK 



LES GENRES OMBROPHILA ET GUEPINIA 

Par M. L. QUÉLET 

Le Journal de Botanique (2 année, n° 14) vient de publier 
des Observations critiques sur les Champignons héfe'robasidie's, 
par M. Costantin. Je désirerais, dans cette note, exprimer mon 
opinion sur la nomenclature et la taxinomie de quelques-uns des 
genres traités par le savant professeur de l'Ecole normale. 

I. — Le genre Ombrophila, fondé par Pries en 1849 (Sum- 
ma vegetabilium Scandinaviae , page 357), paraît avoir été com- 
pris par son auteur, comme je l'ai établi en 1873 {Champignons 
du Jura et des Vosges, 2'' partie, page 408), avec deux espèces : 
violacea Fr? = rubella P. et lilacina (Wuli) Quel. pi. $,{. 12(1). 
Ne voulant pas toucher à la classification du maître dont la doc- 
trine, à cette époque, régnait en souveraine sans rivale, — ce 
qui, du reste, n'était pas ma principale préoccupation, — en dé- 
plaçant un seul genre, encore moins en le faisant passer des ascos- 
porés, aux basidosporés. j'avais laissé ce genre à la place assi- 
gnée dans le Summa vegetabilium , quoique j'aie reconnu pour- 
tant qu'il appartenait aux Trémellinés par sa nature gélatineuse 
et par ses organes reproducteurs. Mais en 1882 (Association 
française pour l'avancement des sciences, 11 e supplément), en 
décrivant YO. rubella Pers., pi. 1 1 , f . 17., puis en 1886 (Enchiri- 
dion, page 23) et en 1888 (Flore mycologique de la France , page 
20), avec les deux autres espèces />//777 et lilacina, j'ai placé dé- 
finitivement le genre Ombrophila parmi les basidosporés. Le genre 
Ombropliila si bien caractérisé par Pries : « gelafiua disteut<e , 

1. Absolument différente de YO. para qui pourrait plutôt être assimilée à 
YO. rubella, de même couleur. 



L. Quklet. — Sur /es genres Ombrophila et Guepinia. 323 

stibtre-multe , disco truncato margiuato, primitus aperto, dein 
ascis profluentibus viscido, » ne peut s'appliquer qu'à des Cham- 
pignons gélatineux, tel que . lilacina, etc. S'il m'était permis 
d'invoquer la tradition par ma correspondance d'autrefois, je 
pourrais ajouter que l'illustre professeur d'Upsal a reconnu 
comme membre de ce genre V 0. lilaciua que je lui avais envoyé. 
Ne serait-il pas injuste et contraire au droit de l'antériorité de 
substituer à ce nom générique celui de Ditcuigfum Karst. {Sym- 
bolée, 1884?) ou de Craterocolla Brefeld (L'utersuchiuigoi aus- 
dem Gebieie der Mycologie , 1888) et de le transporter à un autre 
genre, souvent peu caractérisé ou mal délimité, dont aucune 
espèce ne fournit les caractères saillants de la diagnose géné- 
rique de Fries? 

En effet, le genre Ombrophila Karsten, 187 1 (Mycologia 
Fennica , Discomycetes , page 86), réunit des espèces apparte- 
nant aux genres Bulgaria comme sarcoides Jacq., Cndo:iia 
(Helotium pour certains auteurs) comme Clavus A. S. (1) et 
Heloiium, comme strobiliiia Fries. Le premier est gélatineux- 
coriace, non « gelatiua distenta », le deuxième charnu- ce racé et 
le troisième charnu-coriace. 

Le genre Ombrophila Bouclier, 1885, {Discomycetes char- 
nus, page 24), mieux circonscrit, est caractérisé par sa « consis- 
tance ferme et céracée » avec une espèce : 0. Clavus A. S. 

Le genre Ombrophila Phillips, 1887 {A manual 0/ the british 
Discomycetes , page 222), réunit aussi des espèces tirées de trois 
genres : Bulgaria sarcoides jacq., Cudou'a Clavus A. S., et 
Calloria atrovirens Pers. 

Il me semble donc rationnel et nécessaire de conserver au 
nom générique imposé à ce groupe le sens que je lui ai d'abord 
donné. M. Patouillard, si je me souviens bien, aurait aussi adopté 
dans ses Tabula? anozlyticae la même interprétation. 

II. — M. Brefeld a partagé le genre Guepinia Fries, en 

Gyrocephalus Pers. (Journal de Botanique, 1809?) et en Dacry- 
inyces Nées., division pleinement justifiée, dit M. Costantin. Par- 
tant d'un autre principe, celui delà structure générale tant externe 
qu'interne des appareils végétatif et reproductif, j'avais déjà sé- 
paré du même Guepinia F., le Phlogioiis ru fa (Jacq.) (Euchi- 

1. Il est douteux que Fries ait bien connu cette intéressante espèce. 



324 JOURNAL DE BOTANIQUE 

ridion, page 202) en lui laissant deux espèces qui ne me parais- 
sent avoir aucun caractère commun avec les Dacrymyccs. 

Je n'ai pas adopté le terme de Persoon, qui m'a paru im- 
propre, nomen ineptum (1). L'hyménophore du Gitepim'a hel- 
velloidcs Fr. n'affecte pas la forme chiffonnée, contournée ou 
arrondie qu'implique le sens du mot Gyrocephalus, synonyme 
de Gyromitra ; mais il est au contraire spatule ou semi-infundi- 
bulé et présente des surfaces unies, à peine veinées quelquefois. 

M. Patouillard aurait aussi divisé, en 1887, avant M. Brefeld, 
{Hymenomycetes Europseï) ce même genre en Guepiuia et 
Guepiniopsis. Il conviendrait de garder l'expression Guepinia 
deFries pour le genre GîiepimopsisVdX.^ ce qui n'enlèverait rien 
au mérite de la création générique de l'auteur des Tabula? aiici- 
lyticœ et serait une restitution à l'auteur du Systema mycologi- 
cum. Il resterait à rechercher si le Giiepiiiia merulina (Pers.) 
doit rester à côté du G. Peziza Tul., que je ne connais pas, et 
qui pourrait avoir plus d'affinité avec le genre Ditiola {Fcm- 
Sî'om'a.) 

CONTRIBUTIONS NOUVELLES 
A LA FLORE DES COLLINES D'ARTOIS 

(Cambrésis, Artois, Haut-Boulonnais .) (Suite.) 
Par M. l'abbé A. MASCLEF 

CRASSULACÉES 

Sedum (2) reflexum L. — Mont de Vimy, sur les coteaux calcaires du 
chemin du château, près l'ancienne route de Lens (D v C.)- 

S. album L. — Vieux murs à Hénin-Liétard (M.); Villers-en-Caticky / 
Masnières, Mar coing ; Wambaix ; Bevtry ; vieux murs de l'abbaye 
Saint-Martin au Caieau (G.). 

S. micranthum Bast., Godr. ; 6". album, var. micranthum DC. et Auct. 
plur. — Sommet du Mont de Vimy, sur les coteaux calcaires du chemin 
du Château, près l'ancienne route de Lens (D r C). 

S. purpurascens Koch; 6". Telepàiumh,. pro part. — Guînes ; Dohem / 

1. En créant ce nom de genre, Persoon a dû avoir en vue des Champignons 
d'une toute autre conformation que le Treinella ru/a, qu'il a décrit dans sa 
Mycologia Europxa, I, p. 103, sous le nom de Tremella ru/a, paraissant avoir 
oublié cette première appellation. 

2. Le S. dasyphillum L., échappé des jardins, se trouve à Arras sur 
quelques vieux murs où il tend à se naturaliser. 



Abbé Masclef. — Contributions nouvelles a la flore des collines d'Artois. 325 

Lotiinghen; Escœuilles (de L.) ; Clenleu (R. et D.); bois de la Char- 
treuse de Neuville-s .-Montreuil ; bnis de Roëllecourt et forêt de Saint- 
Michel près Saint-Pol; Aubigny (M.); vallée de l'Escaut à Noyé lies, Mar- 
coing, au bois Laleau et à Vaucelles ; bois de Gatlignies près Clary (G.). 

Sempervivum tectorum L. — Toits de chaume et vieux murs à Cam- 
pigneulcs, Raug-du-Fliers ; Annesin près Béthuue et Rœux (M.); Ca- 
lonue-Ricouart (D.); Cantaing (Q.)» vieux murs à Saint-Druon près 
Cambrai, Marcoing, Clary ', Caudry, Avesnes-les-Auberi et Rieux (G.). 

POMACÉES 

Sorbus terminalis Crantz. — Bois Couillct près Marcoing- (G.). 

ROSACÉES 

Rubus Idaeus L. — Bois d'Himel à Alette (R. etD.); bois d' ' Havrincourt 
au Mont deTrescault (G.), bois de Bourlon (R. et D.). 

Potentilla verna L. — Environs d'Arras : coteau près le bois de Ma~ 
rœuil (D r C), Etrun, sur les bords du chemin près la fabrique de Louez 
(D.)- — A. C. sur les coteaux du Cambrésis : Cambrai, entre le faubourg 
de Bapaume et Saint-Olle, sur le calcaire; Marcoing, Villers-Plouich, 
coteau calcaire près le bois Couillet, Bonavy, entre l'abbaye et le bois 
de Vaucelles ; entre Lesdain, Esnes et la station de Caudry (G.). 

P. argentea L. — Bois sablonneux du Qucsnoy, entre Palluel et Oisy-le- 
Verger (G.). 

Rosa micrantha Sm. — Coteaux calcaires vis-à-vis le village de Famé- 
chou, près Pas-en-Artois (M.). 

SANGUISORBÉES 

Alchemilla vulgaris L. — Bois de l'Eperche près Samer (de L.) ; bois 
Noël à Preures, forêt du Bois-Ratel près Beussent, Bimont (R. et D.). 

ONAGRARIÉES 

Epilobium spicatum Lmk. — Bois de Clenleu, forêt du Bois-Ratel près 
Beussent (R. et D.) ; bois de Bourlon et de Vaucelles (G.). — Voies fer- 
rées entre Leus et Bully-Grenay, entre Far bus- Vimy et Arras, à Ecoi- 
vres près la halte de Mont-Saint-Eloi, à Tincques, Ligny-Saint-Flochel, 
Frévent, Fortel (M.) ; de Cambrai à Busiguy (G.). 

E. roseum Schreb. — Naturalisé dans les lieux humides et ombragés à la 
maison de campagne du Grand Séminaire à Neuville-Saint-Remy près 
Cambrai (G.). 

E. tetragonum L. — Lotiinghen, Nielles-les-Bléquin (de L.); Clenleu, 
Bimont (R. et D.)", Béthune (ex herb. de Mélicocq in herb. M.), bois 
des Dames près Lapuguoy (M.); bois de Bourlon; Cambrai, voie ferrée 
de Picardie-Elandre; bois des A r *?«/près Marcoing; bois de Gatlignies 
près Clary (G.). 

E. palustre L. — Cambrai, petite prairie marécageuse auprès de la porte 
Cantimpré (G.). 



326 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Œnothera biennisL. — Entre Dainville et Bcaumets-les-Loges (D r C); 
Bourlon, près du bois (R. et D.) ; voie ferrée à Solesmes (G.). 

HALORAGÉES 

Myriophyllum verticillatum L. — Fossés du faubourg- Saint-Roch à 
Cambrai; marais de la Sensée, entre Aubigny-au-Bac et Brunemont (G.). 

M. spicatum L. — La Bassée; flot de Wingles (V. Personnat et de Mé- 
licocq in herb. M.); Cambrai près l'écluse Oantimpré et étang de la 
Folie entre Proville et Marcoing- (G.). 

OMBELLIFÈRES 

Bupleurum falcatum L. — Abond. au bois du. Haut entre Ourton et 
Marest (Dum.); entre Marcoing, Villers, Plouich et Banteux, au bois 
Couillet, dans une clairière, et au bais Lalean, sur la lisière du bois près 
la route de Cambrai à Gouzeaucourt, sur des affleurements calcaires (G.). 

Cicuta virosa L. — Marais de la Sensée à Aubigny-au-Bac, Féchain et 
Hem-Lenglet (G.). 

Ammi majus L. — Abond. dans les fortifications de Cambrai^ près la 
porte Saint-Georges (G.); introd. 

Carum Bulbocastanum Koch. — Dohem (de L.) ; Havrincourt ; coteaux 
calcaire d'Esnes et de la vallée de la Selle (G.). 

Petroselinum segetum Koch. — Cambrai, abond. dans un champ entre 
Saint-Olle et Ncuville-Saint-Remy (G.). 

Helosciadium inundatum Koch. — Les bois de Lapugnoy (Dum.); ma- 
rais de Douvriti (ex herb. de Mélicocq in herb. M.). 

Pimpinella magna L., Var. dissecta Wallr. ; P. dissecta Retz. — Lot- 
tinçlien, forêt de Nielles-les-Bléquin (de L.); Clenleu, Aletie, Beussent 
[R. etD.). 

Œnanthe Lakenalii Gmel. — Gonnchem (Dum.). 

Œ. Phellandrium Lamk. — Montreuil-stir-Mer, Brimcux, dans la vallée 
de la Candie (R. et D.) ; fossés entre Annezin et Bétkune (M.). 

Fœniculum capillaceum Gilib. — Terrains vagues de la gare d'Aubi- 
gny ; introd. (M.). 

Silaus pratensis Bess. — Renescure ; Samer (de L.); Sorrus (D.). — 
Abond. dans les prairies entre Marcq-en-Barœul et Wasquehal près 
Lille (Q. et M.). 

Selinum carvifolium L. — Bois des Dames à Lapugnoy, auprès de la 
maison du garde (D.). 

Peucedanum palustre Mœnch. — Marais de la Sensée, entre Palluel et 

Arleux (G.). 
Orlaya grandiflora Hoffm. — Escœuilles^ Blcquin^ Senlecques (de L.). 

Torilis infesta Duby. — Escœuilles, Lottinghen (de L.); Eiaples (M.); 
moissons des terrains calcaires entre Marcoing et le bois Couillet. G.). 



Abbé Masclek. — Contributions nouvelles a la flore des collines d'Artois. 327 
T. nodosa Gartn. — Sangatte; Tardinghen; Quesques (de L.). 

Anthriscus vulgaris Pers. — Remparts à'Arras. à la porte Baudimont 

(M.). 

Conium maculatum L. — Fortifications de Montrcuil ; cimetière de 
Fontaine-Notre-Dame (R. et D.); Cambrai; endroits rocailleux du bois 
du Quesnoy près Oisy-le- Verger (G.). 

LORANTHACÉES 

Viscum album L. — Manque complètement aux environs de Cambrai jus- 
qu'au bassin de la Meuse (G.). 

GROSSULARIÉES 

Ribes rubrum L. — Abondamment naturalisé près d'Anvin dans le bois 
sur la rive gauche de la rivière d'Heuchin (D 1 ' C. et M.). 

SAXIFRAGÉES 

Saxifraga granulata L. — A. C. dans le Cambrésis : prairies sur la rive 
de l'Escaut à Iwuy et à Proville ; coteaux de Bonavy ; prairies le long 
du bois de Gattignies près Gary, Busigny ; prairies de la vallée de la 
Selle entre le Cateau et Saint-Souplet (G.). 

Chrysosplenium oppositifolium L. — Loitinghcn (de L.) ; Alette au 
bois d'Himel (D.); Bois l'Evêque près des ruines de l'Ermitage, entre le 
Cateau et la vallée de la Sambre (G.). 

C. alternifolium L. — Lottinghen (de L.). 

CAPRIFOLIACÉES 

Sambucus Ebulus L. — Thérouanne ; Escœuilles ; le Breuil près Sa- 
mer (de L.); Enquin, Preures, Clenleu, Alette (R. et D.) ; coteaux cal- 
caires le long de la rivière d'Heuchin près Bergueuneusc ; coteaux 
calcaires et boisés d' Ablain-Sa in i-Nacaire (D r C. et M.). — R. R. dans le 
Cambrésis : bosquet sur le haut du coteau calcaire de Vaucelles (G.). 

RUBIACÉES 

Asperula odorata L. — Bois à Esquerdes ; forêt de Tournehem (de L.) ; 
Clenleu (R. et D.) ; bois de Camblain-Chàtelain ; bois du Chatelet à Pas- 
en- Artois et coteaux boisés entre Pas et Famée hon (M.); bois de Vau- 
celles; bois de Terremonde et bois du Gard près Walincourt (G.). 

Galium Gruciata Scop. — Quiestéde ; Tortefontàine (de L.) ; Clenleu (R. 
et D.); coteaux boisés entre Anvin et Heuchin ; abond. à Viel-Fort, en- 
tre Divion et Houdain ; coteaux calcaires des environs de Pas-en-Ar- 
tois (M.); Cambrai au faubourg Saint-Roch, bois des Neuf à Marcoing, 
Rues des Vignes; vallée de la Selle du Cateau à Molain (G.). 

G. sylvestre Poil. — Landes d'Ablain-Sainl-JVasaire, sur le plateau entre 
la chapelle de N.-D. de Lorette et Bouvigny — form. kirtum — (M.); 
Havrincoîirt dans le bosquet à poux — form. kirtum ; — coteaux cal- 
caires de Vaucelles — form. glabrum et kirtum — (G.). 



328 JOURNAL DE BOTANIQUE 

G. tricorne With. — Fréquent dans les moissons des terrains calcaires 
du H'aut-BoîUonnais (de L.). (A suivre.) 



CHRONIQUE 

Académie des Sciences. Séance du 20 août. — M. Pkillieux rend compte 
de l'expérience qu'il a faite dans les champs de l'Institut agronomique, à Join- 
ville-le-Pont, sur l'efficacité des traitements au cuivre pour combattre la maladie 
de la Pomme de terre. Bien que restreinte à un petit nombre de pieds, l'expé- 
rience a paru à M. Prillieux tout à fait démonstrative, et il ne doute pas du suc- 
cès, pourvu que le remède soit appliqué préventivement, ou tout au moins dès 
la première apparition du mal. 

D'ailleurs l'emploi de la bouillie bordelaise au traitement des Tomates, atta- 
quées par la même Peronospora que la Pomme de terre, est aujourd'hui d'un 
usage générale dans les grandes cultures du Midi. 

Séance du 10 septembre. — M. A. Chatin a eu l'occasion de faire tant aux 
environs de Paris que dans le Lyonnais et en Dauphiné, et plus spécialement à 
Meyzieux (Isère), des observations présentant un vif intérêt pour la viticulture 
qu'elles tendent à engager dans une voie pratique qui serait le salut de la Vigne 
française, devenue, par une grande vigueur, résistante au Phylloxéra et au 
moins à plusieurs de ses parasites végétaux. 

A Meyzieux un vignoble de plus de 4 hectares forme, dit-il, une belle oasis 
pleine de fraîcheur et de promesses, au milieu d'un canton où le Phylloxéra n'a 
même rien laissé au Mildew et au Black Root. Parmi les cépages de ce vignoble 
se trouvent la Marsanne, le Pinot, la Mondeuse, la Bâtarde, le petit Gamai du 
Beaujolais et le Corbeau. Tous résistent au Phylloxéra, bien qu'on l'observe sur 
leurs racines; aucun ne parait avoir été attaqué par le Mildew; quelques grains 
atteints par la maladie noire se sont éliminés d'eux-mêmes, laissant la place aux 
grains sains qui l'ont bientôt occupée en grossissant. 

« La pratique sur laquelle repose la constitution et la conservation du beau 
vignoble de Meyzieux se compose de la combinaison d'une taille à long bois trien- 
nale, avec pincements anticipés, ou mieux éborgnements, et d'un engrais très 
puissant, dans lequel entrent, avec du phosphore granulé, des produits à base 
d'azote, de potasse et de chaux. » „ 

Des expériences faites aux Essarts-le-Roi (Seine-et-Oise\ il résulte, ajoute 
M. Chatin, que l'engrais seul ne met pas à l'abri du Mildew, tandis que la double 
action de la taille et de l'engrais parait au contraire un efficace préservatif. 

La Société mycologiquc de France tiendra cette année à Blois sa session 
extraordinaire, dont voici le programme provisoire : 

Lundi 15 octobre. — Séance à g heures (organisation de la session). Excur- 
sion dans la forêt de Blois (départ à 11 heures). 

Mardi 10. — Excursion dans la forêt de Russy (départ à 7 heures du matin). 

Mercredi 17. — Exposition publique à 10 heures des Champignons récoltés 
ou envoyés. Séance publique à 3 heures (Conférences sur les nombreuses appli- 
cations de la science mycologique). 

Jeudi 18. — Excursion à Chambord. 

Vendredi 19. — Départ pour Vendôme. 

Samedi 20 et Dimanche 21. — Excursions aux environs de Vendôme. 

Le Gérant : Louis Morot. 

Parts. - J Meriefc, liap.. 22, yi. banfert- RDChereaiâ. 



a* ANNEE N" 19 i* r OCTOBRE 1888 

-I-Y- I -1- . - . - I - — — 1 — 1 — —  — - 1 - 1 - 1 * 1 - 1 - 1 - -- ! -*■* -- — "-- «»»»»»»»»»»**«»»»»*««a««»»»»**^— *-.--— -»«---------.. ~^^ J i ^^~rh->n^ i -v\^^nj-unJ'UTJVVX i X i VM»rxf\ i ^-uxfU»« 

JOURNAL DE BOTANIQUE 



Directeur: M. Louis MOROT 



UE JUNIPER US PHŒNICEA A FORME SPICULAIRE 

Par M. J. VALLOT 

Il y a cinq ou six ans, au cours d'une herborisation dans les 
Cévennes, je rencontrai, dans une localité peuplée de Juniperus 
comimmis et à&J. phœm'cea, un jeune Genévrier d'aspect bizarre : 
toutes les feuilles étaient spiculaires, comme celles du J. corn- 
munis, mais les rameaux de l'année ne présentaient que des 
feuilles concrescentes, semblables à celles du J. phœm'cea. Il n'y 
avait là qu'une transformation connue. La forme à feuilles spi- 
culaires est signalée par Grenier et Godron et d'autres auteurs, 
qui disent, avec raison, que c'est la forme jeune de la plante. 
On sait que les Junipertts, Cuprcssus, Cryptomeria, etc., à 
feuilles courtes et concrescentes, naissent avec des feuilles spicu- 
laires, et qu'ils se transforment vers la deuxième année pour 
prendre leurs feuilles définitives. Mais ici l'inspection des couches 
annuelles donnait environ quinze ans à l'arbuste; il y avait eu 
sans doute arrêt de développement. 

L'année suivante, je trouvai un autre pied semblable dans la 
même localité. Ce pied, arraché, fut mis en observation, en 
pleine terre, dans le jardin de l'Ecole normale supérieure, à Paris. 
Il souffrit beaucoup de la transplantation, et les rameaux portant 
les feuilles courtes se desséchèrent. La plante continua à se dé- 
velopper sous la forme spiculaire, et ce n'est que quatre ans après 
la transplantation que les feuilles courtes viennent de reparaître. 
La transformation a donc été arrêtée parla transplantation, mais 
elle s'est opérée dès que la plante a été assez forte. 

Désireux de suivre le développement de la plante jeune et de 
comparer ses feuilles à celles du J. communis, j'avais fait des se- 
mis qui me fournirent les éléments du travail que je viens de ter- 
miner au laboratoire de la Sorbonne. Cette étude a été complétée 
par l'examen d'un pied de /. phœnicea anomal, de trois mètres 



330 JOURNAL DE BOTANIQUE 

de hauteur, qui se trouve à l'Ecole de Botanique du Muséum. 
Il importe de faire ressortir les différences entre cet arbuste et 
ceux que j'ai recueillis dans les Cévennes. 

Dans les arbustes des Cévennes, les rameaux sont garnis de 
feuilles larges, aplaties, blanches en dessus, très semblables à 
celles du y. communis , et seulement un peu plus petites. Sur un 
rameau de l'année précédente, naît un rameau à feuilles courtes, 
sans transition aucune. On ne voit jamais de feuilles intermé- 
diaires, et désormais tous les rameaux seront à feuilles concres- 
centes, car un rameau à feuilles spiculaires ne paraît jamais sor- 
tir d'un rameau à feuilles courtes. Il y a donc seulement passage 
brusque et définitif de la forme jeune à la forme adulte. La transfor- 
mation peut être retardée, comme nous l'avons vu, par des cir- 
constances dépendant du sol ou des agents atmosphériques. 

Dans l'arbuste du Muséum, les choses se passent tout autre- 
ment. Ce Genévrier est transformé depuis longtemps; il possède 
ses feuilles adultes, mais, tandis qu'une partie des rameaux 
conserve les feuilles courtes, les autres subissent la transforma- 
tion suivante : chaque rameau porte des feuilles courtes, à sa nais- 
sance et sur une certaine longueur, puis, à mesure qu'on avance 
vers l'extrémité, les feuilles augmentent de plus en plus de lon- 
gueur, jusqu'à atteindre un centimètre. 

Ainsi, sur l'arbuste du Muséum, les rameaux à feuilles spicu- 
laires naissent sur les rameaux à feuilles courtes, et le même 
rameau porte tous les intermédiaires entre les deux formes ex- 
trêmes de feuilles. Il y a donc ici modification progressive de la 
feuille courte. De plus, la feuille spiculaire se présente sous forme 
d'une aiguille extrêmement étroite et toujours assez rapprochée 
de la tige. 

Il y a donc à se demander : i° si les feuilles spiculaires des 
plantes des Cévennes sont bien celles de la plante jeune, ce qui 
prouverait que la transformation n'a pas encore eu lieu ; 2° si les 
feuilles de la plante du Muséum sont aussi identiques à celles de 
la plante jeune, ce qui prouverait qu'il y a retour à la forme jeune ; 
3° si ces feuilles spiculaires ne résulteraient pas d'une transfor- 
mation anomale, n'ayant aucun rapport avec l'état jeune ; 4 si la 
plante du Muséum ne résulterait pas d'une hybridation avec le 
J. communis . L'étude anatomique de la feuille peut seule nous 
éclairer et permettre d'élucider ces questions. 



J. Vallot. — Lie Juniperus phœnicea h Jorme sptculaire.. 331 

Juniperus communis (fig. i, 2, 3.). La feuille a la forme 
d'une aiguille aplatie, parcourue, sur la face intérieure, par une 
bandelette blanchâtre, unique et très large. Elle n'éprouve guère 
de variations que lorsque l'arbre vieillit. Elle se compose (fig. 1, 
coupe transversale) d'un faisceau indivis a, noyé au milieu du 
parenchyme à grosses cellules et sans traces de gaine. Les détails 
de ce faisceau sont représentés dans les figures 2 et 3. Le liber u 
est bordé à la partie extérieure par une étroite bande de cellules 
sclérifiées extrêmement aplaties (1). A cette bande est accolé 
un amas très considérable de très grosses cellules sclérifiées de 
formes irrégulières p, formées par l'épaississement des cellules 
du parenchyme. Ces cel- 



r 



a 




Juniperus communis. 



Iules constituent le péri- 
cycle. La sclérification de 
ces cellules n'existe pas 
dans les premières feuilles 
de la jeune plante, mais 
les cellules aplaties y sont 
déjà visibles. 

De part et d'autre du 
faisceau se trouve, chez la. 
plante adulte, un amas de 
cellules b, épaissies irrégu- 
lièrement, formant un tis- 
su, connu chez les Cupres- 
sinées, intermédiaire entre le tissu réticulé et le tissu aréole. Un 
canal résinifère arrondi c, formé d'un ou deux rangs de cellules, 
parcourt la feuille dans toute sa longueur, accolé à l'épiderme 
inférieur; ce canal n'existe pas dans le cotylédon. 

L'hypoderme d est formé d'une rangée de cellules sclérifiées, 
occupant les deux angles latéraux et toute la face extérieure, 
excepté au point où le canal résinifère est en contact avec l'épi- 
derme. Dans les angles, l'hypoderme est renforcé d'un ou deux 
rangs de cellules. 

L'épiderme est formé d'une seule rangée de cellules, recou- 
verte d'une cuticule peu épaisse. La face intérieure de la 
feuille est occupée par la bandelette, qui s'étend jusqu'à une 

1. Cette bande de fibres forme, dans les préparations colorées, comme un vi- 
goureux trait de crayon rouge entre le liber et les grosses fibres voisines. 



332 JOURNAL DF: BOTANIQUE 

petite distance des angles latéraux ; cette bandelette est cou- 
verte de stomates dans toute sa largeur, même en face du fais- 
ceau. 

Juniperus phœnicea, forme jeune (fig. 4, 5). — La feuille 
(fig. 4, coupe transversale) a aussi la forme d'une aiguille aplatie. 

Elle est parcou- 
rue, en dessus, par 
deux bandelettes 
blanchâtres, lais- 
sant entre elles 
une petite nervu- 
re. Le faisceau est 
indivis, semblable 
à celui du J. com- 
mwiis, mais il n'est 
pas bordé par la 
bande de grandes 
cellules sclérifiées 
aplaties, suivie de 
l'amas péricycli- 
que de grosses 
cellules sclérifiées. 
Cette formation est 
représentée seule- 
ment par deux ou 
trois cellules sclé- 
rifiées, qui souvent 
manquent absolu- 
ment. De part et 
d'autre du faisceau 
se trouve aussi un 
amas de cellules différenciées b, mais dans cette espèce elles 
sont nettement aréolées. 

Le canal résinifère c est semblable à celui du^. commimïs et 
parcourt aussi la feuille dans toute sa longueur. La répartition 
des cellules hypodermiques est plus compliquée : elles forment 
d'abord, de part et d'autre du canal sécréteur, accolé à l'épi- 
derme, une bande assez courte, suivie d'une lacune, puis la 
bande recommence jusqu'à l'angle de la feuille, où elle tourne 




Juniperus phœnicea (jeune.) 



J. Vallot. — Z^Juniperus phœnicea a forme spîculaire. 333 

sur la face intérieure jusqu'à un quart de la largeur ; après une 
large lacune, elle reprend au milieu de cette face, en face du 
faisceau. On voit donc que, contrairement à ce qui se passe chez 
le J. communis , l'hypoderme existe au milieu de la face supé- 
rieure, et qu'il est interrompu sur deux points à la face infé- 
rieure. Les stomates occupent les quatre lacunes, mais sont plus 
nombreux à la face supérieure. L'épiderme est semblable dans 
les deux espèces. 

On voit sur la coupe verticale (fig. 5) que le canal sécréteur 
est assez gros dans la partie de la feuille concrescente avec la 
tige, pour devenir beaucoup plus mince dès qu'il entre dans la 
partie libre. 

Chez les feuilles de la plante âgée d'au moins cinq ans, culti- 
vée à l'Ecole normale, et qui n'avait pas encore subi sa trans- 
formation, j'ai trouvé la même structure que je viens de décrire 
chez les premières feuilles de la plante jeune. 

En résumé, voici les différences anatomiques les plus sail- 
lantes entre les feuilles des y. communis et pJuvnicea. 

J. communis. — Pas d'hypoderme à la face intérieure ; sto- 
mates occupant toute cette face. Pas de stomates à la face exté- 
rieure, hypoderme continu. Péricycle très développé. 

J. phœnicea. — Une bande hypodermique au milieu de la 
face supérieure, en face du faisceau. Stomates seulement de part 
et d'autre de cette bande, sur les bandelettes. Hypoderme inter- 
rompu en deux points de la face inférieure, en face des bande- 
lettes supérieures, et formant deux lacunes couvertes de sto- 
mates. Péricycle nul ou très peu développé. 

Juniperus phœnicea, feuille adulte (fig. 6, 7, 8, 9). — 
La feuille normale du J. phœnicea étant concrescente avec le 
rameau, nous serons obligés de les considérer ensemble. Cette 
feuille est large et courte, triangulaire, soudée à l'axe d'un bout 
à l'autre, excepté à l'extrême pointe et au-dessous de la base, 
où elle présente un petit éperon caché entre les feuilles infé- 
rieures. La soudure, qui occupe toute la largeur de la feuille à 
la base (fig. 6), diminue en montant (fig. 7), jusqu'à se réduire à 
rien à la pointe (fig. 8). Le canal résinifère c, court et très élargi, 
a la forme d'une, large glande ovale. 

Si l'on considère une coupe exécutée vers le bas de la feuille 
(fig. 6), on voit que le faisceau est réuni au cylindre central. Il 



f. 



f. 



334 JOURNAL DE BOTANIQUE 

ne présente pas ordinairement l'amas de grosses cellules péricy- 
cliques du_/. commuais. De part et d'autre du faisceau, on re- 
trouve les cellules aréolées b que nous avons vues dans le jeune 
âge. La glande résinifère est très grosse et n'est pas accolée 
directement à l'épiderme ; elle en est presque toujours séparée 
par un rang de cellules hypodermiques. 

L'hypoderme occupe seulement la face antérieure; les côtés 
en sont dépourvus et sont couverts de stomates s. L'épiderme 
est formé d'un seul rang de cellules, et est recouvert par une 
cuticule d'une épaisseur très considérable. 

Si l'on opère des coupes successives en montant, on voit 

peu à peu un faisceau se dé- 
tacher du cylindre central 
pour entrer dans la feuille qui 
se détache à mesure du ra- 
meau en formant une face 
postérieure. En même temps, 
l'hypoderme s'avance vers les 
angles et les atteint lorsque la 
feuille est presque détachée 
(fîg. 7) ; à ce moment, tous les 
stomates se trouvent sur la 
face postérieure de la feuille, 
vis-à-vis du rameau. Plus haut 
enfin (fig. 7 et 8), la glande 
résinifère n'existe plus et la 
feuille se termine par un petit 
cône présentant les mêmes ca- 
ractères que la feuille, mais dépourvu cie glande. Nous verrons 
plus loin que ce cône terminal peut acquérir dans certains cas 
une grande importance. 

La coupe verticale de la feuille (fig. 9) montre la grande 
dimension de la glande et la direction du faisceau a vers le som- 
met du cône terminal. 

En résumé, la feuille définitive du J. phœnicea présente les 
caractères les plus saillants de la feuille jeune, savoir : l'absence 
de stomates au milieu de la face postérieure, et l'absence pres- 
que complète de péricycle. 

D'après la disposition des éléments anatomiques, il est vrai- 




Juniperus phœnicea (adulte). 



J. Vallot. — Le Juniperus phœnicea à forme spiculaire. 335 

semblable d'admettre que. la feuille définitive est une feuille 
jeune en partie avortée. Il y a eu arrêt de développement, et la 
partie spiculaire de la feuille est représentée par le petit cône 
terminal. On remarque, il est vrai, à l'aisselle de la feuille jeune 
un petit renflement qui semblerait représenter ce cône terminal, 
mais ce renflement ne contient que du parenchyme et n'est jamais 
parcouru par le faisceau. 

Il me paraît probable que toutes les feuilles concrescentes 
des Cupressinées résultent ainsi de l'avortement du limbe des 
feuilles primitives. 

Juniperus phœnicea, forme anomale (fig. 10, 11, 12, 13, 
14). — Voici les 
caractères de cette 
forme, cultivée au 
Muséum. La feuille 
est d'abord con- 
crescente, comme 
toutes les feuilles 
de Juniperus , puis 
se détache du ra- 
meau et se conti- 
nue en aiguille 
étroite. 

Si l'on opère 
une coupe dans 
la partie concres- 
cente avec la tige 
(fig. 10), on trou- 
ve exactement la 
structure du J. 
phœnicea âgé. En 
opérant des cou- 
pes successives 
(fig. 10, 11), on 
voit que la glande 
résinifère est localisée dans la partie concrescente, comme dans 
les feuilles définitives du J. phœnicea. Si l'on opère une coupe 
dans la partie spiculaire libre de la feuille (fig. 11, 12, 13), 
même à la base, on voit que la structure de cette aiguille 




Juniperus phœnicea (/orme anomale). 



336 JOURNAL DE BOTANIQUE 

diffère de celle de la feuille jeune, par l'absence du canal 
sécréteur et des stomates à la face inférieure, et par la conti- 
nuité de l'hypoderme sur cette même face. On peut donc affir- 
mer qu'il n'y a pas retour à la feuille primitive. Au contraire, si 
l'on compare la feuille anomale (fig. 13) au petit cône qui sur- 
monte la feuille tronquée normale (fig. 8), on voit que la struc- 
ture est absolument la même. 

On peut en conclure que cette feuille anomale est toujours la 
feuille tronquée ordinaire, dans laquelle le cône terminal déta- 
ché du rameau s'est allongé plus que de coutume. 

Une coupe longitudinale de la feuille et de la tige (fig. 14) 
confirme ce que j'ai dit d'après les coupes transversales. On voit 
aussi, à l'aisselle de la feuille, un léger renflement, mais entiè- 
rement composé de parenchyme. 

En résumé, la feuille adulte du J \ phœnicea est une feuille pri- 
mitive à limbe avorté ; le cône terminal de cette feuille adulte 
prend un accroissement exagéré pour produire la forme anomale. 

La question d'hybridité n'est même pas à soulever, car la 
feuille anomale spiculaire, celle qu'on pourrait confondre à l'ex- 
térieur avec la feuille duy. communis , offre les caractères de la 
feuille du J. phœnicea, et ne présente pas ceux qui caractérisent 
la feuille définitive du J. cominunis . Ces derniers caractères : 
stomates au milieu de la face supérieure, en face du faisceau, 
double formation de grosses cellules du péricycle, les unes apla- 
ties, les autres normales et très nombreuses (1), canal résinifère 
tout le long de la feuille, font ici complètement défaut. 

Le /. phœnicea n'est pas le seul à présenter la déformation 
dont il vient d'être question. Plusieurs autres espèces, cultivées 
au Muséum sont affectées d'anomalies du même genre, qui, vrai- 
semblablement, doivent se rapportera une structure anatomique 
analogue. 

Ces expansions foliacées ne sont pas rares chez les arbres 
résineux; j'en ai vu, entre autres, chez le Cryptomei'ia japo- 
nica; je n'ai pas eu la possibilité d'étudier l'anatomie de cette 
feuille anomale, mais l'examen extérieur suffisait pour montrer 



1. Dans la feuille anomale du J. phœnicea, on rencontre, comme dans les 
feuilles jeunes, trois ou quatre cellules péricycliques ; mais ces quelques cellules ne 
peuvent être comparées à la double formation du J. communis, aussi considérable 
que le liber lui-même. 



A. Franchet. — Note sur les Saussurea du Yun-nan. 337 

qu'elle était entièrement différente de la feuille primitive. Te 
crois que le fait est général chez les Conifères, qu'il peut y avoir 
expansion foliacée, mais jamais retour à la feuille primitive. 

L'examen de ces formes de feuilles montre une fois de plus 
le parti que l'on peut tirer de l'anatomie végétale pour différen- 
cier des formations qui paraissent semblables extérieurement. 



NOTE SUR LES SAUSSUREA DU YUN-NAN 

(Suite.) 
Par M. A. FRANCHET 

1. Saussurea ciliaris, sp. nov. 

Rhizoma crassiusculum, non cespitans, fibris validis; caulis nullus; 
folia lineari-oblonga, obtusa, supra glabrescentia, marginibus mox 
revolutis pilis longis sordidis dense ciliata, subtus valide uninervia, 
glabra; capitulum inter folia sessile, solitarium, ovato-oblongum, 
parvum; squamae lanceolatœ majuscule, pauciseriatae, inferne coriaceae 
lutescentes, e medio foliacea?, coloratae, ciliatae, extimae interioribus 
vix duplo brevîoribus ; receptaculum nudum ; flores caerulei ; pappus 
niveus, plumosus, pilis seriei exterioris tenuissimis facile deciduis. 

Folia 1-2 1/2 poil, longa, 4-6 mill. sub apice lata; capitulum 15-18 
mill. longum, 8-10 mill. latum. 

Yun-nan, ad collum Yen-tze-hay, supra Lankong, ait. 3.500 m. 
(Delavay, n° 2.105). 

Bien caractérisé par l'absence de paillettes au réceptacle, 
comme il arrive dans quelques autres espèces, 6 1 . elliptica, S. 
polystichoides, S. Atkinsoni etc. Le 6\ ciliaris rappelle un 
peu par son port le ^. werncrioides ; mais il ne forme pas de 
touffes, ses feuilles sont étalées en rosette et les écailles de l'in- 
volucre sont plus grandes. 

2. S. edulis, sp. nov. 

Caulis parce lanuginosus, foliosus; folia ampla tenuiter papyracea, 
prsesertim subtus ad nervos pilis multicellularibus conspersa, lon^e 
petiolata ; caulina petiolo latiusculo vix semiamplectantia, limbo late 
ovato, basi truncato vel breviterattenuato, plus minus inciso-crenato, 
lobis ovatis irregulariter dentatis ; folia suprema in involucrum approxi- 
mata caulinis paulo magis membranacea, pallidiora, capitulum saepius 
longe superantia, ovato -ianceolata, crenato-dentata ; capitulum solita- 



338 JOURNAL DE BOTANIQUE 

rium, magnum, ovatosubglobosum ; involucri squamae nunc nisi ima 
basi foliaceae, coloratae, nunc fere totae lutescentes, marginibus tantum 
anguste membranaceae, fuscae, late lineari-lanceolatae, acutae, vel nunc 
apice valde obtusae, extimae interioribus vix duplo breviores; recep- 
taculi paleae rigescentes, subpungentes, achaenio triplo breviores; 
pappus rufescens, pilis elongatis vix plumosis dicendis, apice paulo 
incrassatis longiusque barbellatis, exterioribus paucis, brevissimis ; 
corolla caeruleo-violacea ; antherarum caudae glabrae, apice tantum 
fimbriatae; achaenia pro génère magna, angulata, paucicostata, costis 
corrugatis; areola lata, recta. 

Variât : caule brevissimo vel nullo; foliis fere orbiculatis, basi dis- 
tincte cordatis subintegris; petiolo nunc limbo longiore, nunc illo 
triplo breviore ; nonnulla specimina 3-4 plo minora evadunt, et tune 
capitulum fere duplo minus et folia angustiora. 

Rhizomaelongatum ; caulis in speciminibus majoribususquepedalis, 
digiti minoris fere crassitie; foliorum inferiorum limbus usque 15 cent, 
longus, 10-12 cent, latus; capitulum usque 7 cent. diam. ; squamae in- 
teriores pollicares, 5-6 mill. latae; setae receptaculi vix 2 mill.; achae- 
nium 7-8 mill. 

Yun-nan, ad cacumina montis Tsang-chan, ait. 4.000 m. (Delavay, n. 
715); in calcareis infra juga nivalia Likiang, ait. 2.500 m. (Delavay, n. 
1.032); Lankong, in calcareis montis Hee-chan-men, ait. 3.000 m. 
(Delavay, n. 1.689); m pascuis ad collum Koua-la-po, prope Hokin, 
ait. 3.000 m. (forma minor; Delavay, n. 1.690, 2.462). 

Espèce très remarquable parmi les Satissurea. Elle a le port 
d'un Berardia avec des feuilles glabrescentes lorsque ses tiges 
sont très raccourcies ou molles ; ses paillettes receptaculaires ri- 
gides, presque piquantes et surtout les poils de l'aigrette très 
brièvement barbellés en font un type particulier entre ses con- 
génères. D'après une note de M. Delavay, le réceptacle du S. 
eduh's se mange au Yun-nan et son goût se rapproche beaucoup 
de celui de l'artichaut. 

3. S. spatulifolia, sp. nov. 

Rhizoma crassiusculum, fibris validis ; caulis nullus; folia parva, 
oblongo-spatulata, integerrima, supra cinereo-lanuginosa, subtus dense 
albo-tomentosa ; capitulum solitarium, parvum, inter folia rosulata ses- 
sile; squamae ovato-lanceolatae, e medio foliaceae, coloratae, subacutae, 
praesertim apice pilosulae, extimae interioribus subduplo breviores ; 
paleae receptaculi setiformes, achaenio circiter aequilongae, nonnullae 
paulo longiores; flores violacei; pappus albidus, setis interioribus plu- 
mosis, exterioribus duplo brevioribus, scabridis. 



A. Franchet. — Note sur les Saussurea du Yun-nan. 339 

Planta vix pollicaris; folia (adjuncto petiolo) 10-15 mill. longa, 
4-5 mill. parte latiore lata; capitulum 10 mill. longum et fere latum. 

In rupibus regionis altissimas tractus Likiang Suesschan, ait. 
4.500 m. (Delavay, n. 2. 121). 

Le 6 1 . spatidifolia est surtout voisin du .S". Thompsoni Clarke ; 
mais il s'en distingue bien par ses feuilles tomenteuses et par les 
paillettes allongées du réceptacle. 

4. S. romuleifolia, sp. nov. 

Rhizoma ad collum vestigiis foliorum delapsorum crasse vestitum ; 
caulis rigidus, angulatus, villosus, paucifoliatus ; folia glabra incurva, 
rigescentia, angustissime linearia, nervo subtus crasso, marginibus 
revolutis, infimis caule longioribus; capitulum solitarium basi nudum, 
majusculum, e basi rotundata ovatum; involucri squamse extus lanu- 
ginosae, lanceolatae, longe acumiuatae, in spinulam lutescentem desi- 
nentes, fere ex toto coloratae, extimis interioribus fere aequilongis; 
paleae receptaculi setiformes, elongati, fere dimidium pappi aequantes; 
flores caerulei ; pappus sordide albus, pilis interioribus plumosis, exte- 
rioribus scabris triplo brevioribus; achaenia levia. 

Caulis 1-6 poil.; folia 3-10 poil, longa, 3 mill. lata; capitulum 
3 cent, longum, 2 cent, fere basi latum ; squamae 20-25 cent, longae, 
3-4 mill. basi latae; receptaculi setae 10-14 mill. longae. 

Yun-nan : Likiang in collibus calcareis (Delavay) ; in dumetis 
montis Che-tzo-tze, supra Tapin-tze (Delavay, n. 490); in pratis siccis 
calcareis montis Hee-chan-men, prope Lankong, ait. 2.300 m. (Dela- 
vay, n. 1.005 et n. 58). 

Très singulière espèce bien caractérisée par ses feuilles ri- 
gides et étroites et par ses écailles involucrales qui se terminent 
en longue pointe foliacée, étroite, spinuleuse au sommet. Le rhi- 
zome est chargé de fibrilles à son sommet, comme celui du Scor- 
zonera austriaca. La plante ne rappelle que de loin le .S*. pyg- 
nicea, à côté duquel elle doit cependant être placée. 

5. S. Sughoo Clarke, Compend. Ind. p. 125. 

Yun-nan, Likiang Suee-chan, ait. 4.000 m. (Delavay, n. 2103). 

Espèce largement dispersée depuis le Sikkim jusqu'au Thi- 
bet chinois, où M. l'abbé David l'a rencontrée dans les monta- 
gnes de Moupine, 

6. S. taraxacifolia Wall., Cal. 2.914. Var. depressa Hook. 
Yun-nan, in collibus calcareis prope collum Yen-tze-hay, prope 

Lankong, ait. 3.200 m. (Delavay). 



340 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Forme naine, à tige de 3 à 4 cent.; elle se rapproche singu- 
lièrement des formes à feuilles roncinées du ^S. yumianensis ; 
elle s'en distingue néanmoins assez facilement à ses écailles invo- 
lucrales plus larges à la base, ovales-lancéolées et non pas lan- 
céolées-linéaires. Les achaines lisses séparent bien nettement 
cette forme du £. Kîinthiana, dont elle a l'aspect. 

7. S. Kunth.'ana Clarke, Comp. lad. p. 225. Vax.Jîlictfolia Hook. 
fil., FI. ofBrit. lad. III, p. 369. 

Yun-nan, inpratisumbrosis montis Fang-yang-tchang, ait. 3.000m. 
(Delavay) ; in collibus, supra collum Koua-la-po (Delavay, n. 55). 

Feuilles divisées presque jusqu'au rachis en lobes linéaires, 
très rapprochés, obtus ou arrondis au sommet, entiers ou pour- 
vus d'une petite oreillette à leur base antérieure ; capitule un peu 
velus extérieurement ; écailles de l'involucre longuement folia- 
cées-linéaires ; achaines muriqués sur toute leur surface ; paillettes 
du réceptacle assez inégales, plus courtes que l'achaine ou le dé- 
passant; tige de 3 à 20 centimètres. 

8. S. yunnanensis, sp. nov. 

Rhizoma saepius simplex unicaule, vestigiis petiolonim dense ves- 
titum; caulis erectus, gracilis, lanuginosus; folia supra glabra, intense 
viridia, subtus niveo-tomentosa, inferiora in petiolum longum atte- 
nuata, caulina média et superiora auriculis parvis semiamplectantia ; 
capitulum solitarium, majusculum, ovatum; involucri squamœ extus 
villosulae, e basi breviter ovata coriaceae, longe lanceolato-lineares, a- 
cuminatae, prassertim ad marginem coloratse, extimse nonnullse fere se- 
taeese, exteriores interioribus parum breviores, omnes rigide mucronu- 
latae; flores caeruieo-violacei ; receptaculi paleae lineares, elongatse, 
pappi fere dimidium aequantes; pappus sordidus, pilis seriei exterioris 
abbreviatis seabris, interioribus longe plumosis ; achsenium laeve. 

Caulis 2-4 decim., pennae corvinse crassitie; folia inferiora 10-20 c. 
longa; capitulum 20-25 mill. long., 18-20 mill. latum. 

Quoad folia eximie varians. 

a. iategrifolia. — Folia omnia linearia vel lineari-lanceolata, 
4-8 mill. parte latiore lata, longe acuminata, marginibus revolutis 
integerrimis. 

Yun-nan, ad collum montis Hee-chan-men, ait. 3.000 m. (Delavay, 
n. 59); in collibus supra Tapin-tze, inter frutices (Delavay, n. 609). 

$..runcwata. — Folia runcinata, lobis linearibus elongatis deorsum 
flexis, nunc paucis et tune terminali longissimo, nunc utrinsecus usque 
ad 15, terminali vix longiore. 



E. Boudier et N. Patouillard. — Sur deux espèces nouvelles de Clavaires. 341 

Yun-nan, in monte Che-tcho-tze, supra Tapin-tze (Delavay,n. 491); 
in pratis regionis altissimae montis Koua-la-po supra Hokin (Delavay, 
n. 56). 

Voisin du £. taraxacifolia ; il s'en distingue facilement par 
ses tiges grêles et élancées et surtout par la forme beaucoup plus 
étroite et plus allongée des écailles de l'involucre. Les poils ex- 
térieurs de l'aigrette sont très fragiles et peuvent paraître faire 
défaut dans certains exemplaires. {A sziz'vre.) 



NOTE SUR DEUX ESPECES NOUVELLES DE CLAVAIRES 
Par MM. E. BOUDIER et N. PATOUILLARD 

Clavaria (Clavariella) echinospora Boud. et Pat. — Minuta aut 
média, 3-4 cm. alta, simplex sed fastigiata, aurea, basi vix pallidiore, 
mycelio luteo parum conspicuo suffulta. Clavulis elongatis, cylindricis, 
rarius subcanaliculatis, ad apicem et basim subattenuatis, rectis, rarius 
flexuosis. Sporis luteis, rotundatis, junioribus laevibus, maturis verru- 
cosis, intus guttula crassa praeditis, hylo conspicuo et in basidiis elon- 
gatis sterigmatibus quaternim dispositis suffultis, diametro 7 p œquan- 
tibus. 

Ad terram argillosam inter gramina et muscos in montibus Jurants 
(Patouillard) et dein in Cebennisà doctore Martin reperta. Sept. 1888. 

Obs. — Plante jaune d'or ayant parfois le sommet brunâtre, 
blanchâtre à la partie inférieure qui est souvent un peu renflée ; 
ordinairement elle est simple et cylindrique, mais on rencontre 
quelques spécimens fourchus et comprimés ; clavule pleine, à 
tissu intérieur filamenteux et pâle. Les spores sont d'abord inco- 
lores et globuleuses, puis prennent une teinte jaune brillante en 
même temps qu'apparaissent de grosses verrues qui les rendent 
anguleuses. Le port et l'aspect général de cette Clavaire sont les 
mêmes que ceux du Cl. inseqiialis avec laquelle notre plante a 
été confondu jusqu'ici; les deux espèces sont bien distinctes par 
la forme et la couleur des spores ; de plus le Cl. inasqualis a une 
teinte plus orangée ou ferrugineuse. 

2. Clavaria cardinalis Boud. et Pat. — Media, 4-5 cm. alta, sim- 
plex sed fastigiata, pure miniata, siccitate pallescens praecipue ad ba- 
sim. Clavulis elongatis, rarissime furcatis, intus fistulosis aut farctis, 
cylindricis, dein canaliculatis aut compressis et tune 3-5 millim. latis, 



342 JOURNAL DE BOTANIQUE 

ad apicera aut ad basim saepius attenuatis, glabris, minute sed conspi- 
cue striatis. Sporis rotundatis, albis, intus nucleo oleoso crasso prae- 
ditis, hylo bene conspicuo, 5-7 y- crassis, in basidiis elongatis cylindri- 
cis, tetrasporis suffultis. Cystidiis filarnentosis, flexuosis, sterigmatibus 
vix superantibus. 

Ad humum truncorum Todeœ barbares ex Australia missae abun- 
dans, in caldariis Horti Plantarum Parisiensis. Sept. 18S8. 

Obs. — Lorsqu'elle est jeune cette plante est fistuleuse; avec 
l'âge elle devient comprimée, striée longitudinalement, et paraît 
farcie à l'intérieur et même pleine. Son tissu est charnu, fibreux, 
et se détache facilement. D'abord d'un rouge intense, elle ne 
tarde pas à pâlir vers la base qui semble recouverte d'une pruine 
blanche laissant voir par transparence ses parties colorées sous- 
jacentes. Dans l'alcool elle jaunit entièrement et ce liquide se 
colore en jaune. L'extrémité est quelquefois obtuse ou même 
tronquée et échancrée, mais le plus souvent elle est simple et 
atténuée. Elle croît par groupes nombreux, entre les racines 
adventives mortes sur le tronc d'un Todea barbara récemment 
arrivé d'Australie aux serres du Muséum de Paris. Il est probable 
qu'elle doit se trouver sur le tronc d'autres Fougères arbo- 
rescentes. 

EXPLICATION DES FIGURES (PL VIII). 

I. Clavaria echinospora Boud. et Pat. ; grand, nat. 
I a . Basides; gross. 475. 

I". Spores ; gross. 820. 

II. Clavaria cardinal is Boud. et Pat. ; grand, nat. 

II a . Hyménium avec basides tétraspores etbispores, et cystides; gross. 475. 
II b . vSpores; gross. 820. 

CONTRIBUTIONS NOUVELLES 
A LA FLORE DES COLLINES D'ARTOIS 

(Cambrésis, Artois, Haut-Boulonnais .) (Suite.) 
Par M. l'abbé A. MASCLEF 

VALÉRIANÉES 

Centranthus ruber DC. — Etaples, Montreuil; murs du cimetière de 
Marquion (R. et D.). 

DIPSACÉES 

Dipsacus pilosus L. — Menneville (de L.); Hesdin vers Marconnelle 



Abbé Masclef. — Contributions nouvelles à la flore des collines d'Artois. 343 

(D r C); Fameckon (M.); bois du Quesnoy près Oisy-le-Verge? ; bois 
Couillet près Marcoing (G.). 

COMPOSÉES 

Onopordon Acanthium L. — Etaples (R. et D.) ; coteaux calcaires près 
la Chartreuse de Neuville-sous-Moutreuil(yA.)\ Havr incourt (Q.); Cam- 
brai, abond. sur plusieurs points ; Villcrs-Plouich, Vaucelles, Esnes 
près de F Eglise, Solesmes (G.). 

Cirsium er'ophorum Scop. — Bours, coteaux calcaires à l'extrémité du 
bois de la Lihne iDum. et M.); bords des chemins aux environs de 
Sauchy-Cauchy et de Saiichy-Lcstrêe près la ferme de Sauchicourt; for- 
tifications de Cambrai, Rues des Vignes, coteau calcaire à Lesdain, \ r au- 
c elles près de la crypte de l'ancien monastère; Saint- Bénin (G.) 

C. arvense Scop. Var. mite Koch. — Abond. à Cambrai dans les lieux 
incultes et les décombres à la porte Cantimpré (G.). 

Cantaurea solsticialis L. — Bords du canal à Leus (M.) ; berge de la 
Sensée entre Pallnel et Âùbigny-au-Bac (D r C.) ; entre Havrincouvt et 
Ribécourt (?); fortifications de Cambrai (G.). 

C. pratensis Thuill. — Bourlon, pelouse entre la chapelle de Cambrai et 
le bois (R, et D.). 

Bidens tripartitus L. — Sempy, Saint-Aubin près Saint-Josse (R. et 
D.); la Bassée (V. Personnat in herb. M.); Arleux, Cambrai, Busigny 
(G.)- 

B. cernuus L. — Arleux; fossés à Cambrai; les Faux-Viviers près 
Busigny (G.). 

Achillea Ptarmica L. — Rivière de Sempy, gare d 1 Aubin-Saint- Vaast 
(R. et D.V, vallée de la Scarpe entre Saiut-A^icolas et Saint-Laurent 
près Arras et à Athies (D 1 ' C.); marais de Sains et de Marquion (R. et 
D.); prairies le long de l'Escaut autour de Cambrai, à Saint-Rock et à 
Proville ; abond. dans les prairies humides au bois de Gatiignies près 
Clary; les Faux-Viviers près Busigny (G.). 

Cota tinctoria J. Gay. — Cambrai, terrains calcaires sur la route d'Es- 
caudœuvres (G.). 

Matricaria inodora L. — Lotlinghen (de L.); Château d ' Au tigueul près 
Valhuon (Dum.); Cambrai près d'Escaudœuvres ; Solesmes, sur la voie 
ferrée; Forest près le Cateau (G.I. 

Chrysanthemum segetum L. — Clcnlcu, près le bois d'Himel (R. et 
D.) ; abond. aux environs d'Hesdin (D r C); moissons de la plaine de 
Lens près Bully-Grenay , sur le calcaire (M.). 

Tanacetum vulgare L. — Upen d'Aval; Lotlinghen (de L.); Alette, 
Remortiu près Clenleu (R. et D.) ; commun à Cambrai; Bouchain (G.). 
— Voies ferrées à Aubin-Saint- Vaast, Tincoucs, Savy-Berlettes, Bully- 
Grenay (M.), de Cambrai à Busigny (G.). 

Filago spath ulata Presl. — Aix-en-Lssart (D.). 



344 JOURNAL DE BOTANIQUE 

F. germanica L. (F. canescens et F. lutescens Jord.) . — Quilen, Mar- 
quiou (R. et D.) ; Bertincourt, Cantaing (Q.); champs près le bois des 
Neuf à Mar coing ; Busigny (G.). 

F. minima Pries. — Champs siliceux sur la lisière des bois des Neuf près 
Marcoing et de Busigny (G.). 

Gnaphalium sylvaticum L. — Forêt de Guînes,- forêt de Nielles-les- 
Bléquin, Lottinghen (de L.) - , Clenleu, forêt du Bois-Ratel à Beussent, 
bois SEnquin (R. et D.) ; forêt de Saint-Foi (M.); Givenchy- le- Noble, 
Bourlon (R.)', bois Couillet: bois de Gattignies et de Busigny (G.). 

Pulicaria vulgaris Gaertn. — Nielles-les-Ardres (de L.). 

Inula Helenium L. — Lottinghen (de L.). 

I. Conyza DC. — Guînes, Dohem, Seninghen (de L.); coteaux des envir. 
de Pas-en-Artois (M.); A. C. dans le Cambrésis (G. et Q.). 

Erigeron acris L. — Bois de Bourlon (R.), Flesquières (Q. et G.); vieux 
murs à Cambrai, remparts de Bouchain (G.). 

Senecio sylvaticus L. — Bois de Bimont (R. et D.). 

S. erucaefolius L. — Lottinghen et localités voisines (de L.)*, Clenleu, 
Quilen (R. et D.); la Caloterie, gare d 1 Auchy-les-Hesdin, Pernes, Cam- 
blain- Châtelain, Colonne- Rie ouart (D.) ; coteaux entre Anvin et Heuchin 
(D r C. et M.). 

S. aquaticus Huds. — Lottinghen et localités voisines (de L.) ; Enquin, 
Mont-Cavrel, Alette (R. et D.) ; Rang-du-Fliers (M.). 

S. saracenicus L. — Bois de Marets, du côté de Busigny (G.). 

Petasites officinalis Mœnch. — Desvres, Queslrecques et le Breuil près 
Samer (de L.) ; Angres, en bas des bruyères, le long de la Souchez; 
marais de la Scarpe entre Saint-Laurent et Athies (D 1 * C). 

P. fragrans Presl. — Bords de la Canche à Aubin-Saint- Vaast; Cappelle, 
sur le plateau entre la Canche et TAuthie (D r C.) ; Camblain-Châtelain 
(Dum.) ; Gosnay, bords du chemin du bois des Dames, près la Char- 
treuse (M.). 

Helminthia echioides Gaertn. — Dohem (de L.) ; Havrincourt (Q.), Bour- 
lon (R. et D.), Cambrai; Caudry; bords du canal de la Sensée à Hem- 
Lenglet (G.). 

Scorzonera humilis L. — Prairies sablonneuses au bois de Gattignies 
près Clary (G.). 

Lactuca perennis L. — Enquin (R. et D.) ; moissons des terrains cal- 
caires à Etrun, Arras, entre Achicourt et Wailly, sur les coteaux en- 
tre Pas-en- Artois et Famechon (M.). — C. dans le Cambrésis : Bourlon, 
Fontaine-Notre-Dame, Marquion (R. et D.), Cantaing (Q.), coteaux 
calcaires à Marcoing, Masnières, Esnes, Lesdain, Caudry, Bévillers, 
Clary, voie ferrée de Cambrai a Busigny, sur les talus calcaires (G.). 

L. muralis Presen. — Alette, Loutendal (R. et D.); Lumbres (Gérard) ; 



Abbé Masclef. — Contributions nouvelles a la flore des collines d'Artois. 345 

Aix-Noulette (Boulay) ; vieux murs à Anne2in près Béthune ; talus du 
chemin de fer à Athies (M.); vieux murs à Havrincourt près du Châ- 
teau; murs de l'Archevêché à Cambrai; Varicelles (G;.). — Cette espèce 
est rare dans la région des collines d'Artois où elle paraît toujours in- 
troduite; elle est beaucoup plus commune en Flandre. 

Lactuca Scariola L. — Berg-e du canal de la Sensée à Paillencourt (G.). 

Crépis biennis L. — Etrun (R.). 

Hieracium vulgatum Pries. — Bois Noël à Preures (R. et D.); Havrin- 
court (Q.). 

H. amplexicaule L. — Se répand de plus en plus aux environs d'Arras 
où il abonde : talus de la voie ferrée entre Athies et Farbus- Vimy (M.) ; 
Achicourt, le long de la ligne du chemin de fer (D r G.). 

H. boréale Fries. — Forêt de Nielles-les-Bléquin (de L.); forêt de Saint- 
Mie hel près Saint-Pol (M.). 

H. umbellatum L. — La Caloterie, Sorrus ; bois des Riets près Divion 
(D.); bois de Bourlon (R.). 

CAMPANULACÉES 

Campanula rapunculoides L. — Bully-Grenay, talus de la voie ferrée 
près la station (D r C. et M.) ; Achicourt, le long de la ligne du chemin 
de fer (D r C). 

C. Rapunculus L. — Forêt du Bois-Ratel près Beussent; Eps, Bours 
(R. etD.); bords des chemins près Pas-en-Artois (M.); Havrincourt 
près le bois du Femy; petit bois sur les bords de l'Escaut entre Noyelles 
et Marc oing ; Iwuy, prairies le long du canal; abond. aux environs de 
Busigny (G.). 

C. grlomerata L. — A. C. aux environs de Cambrai : coteau calcaire à 
Paillencourt, bords d'un chemin à Ribécourt, entre Mat-coing et Noyelles, 
bois Couillet, coteaux calcaire de Bonavy près Banteux et d'Bsnes (G.). 

Specularia hybrida Alph. DC. — Dohem (de L.) ; Loues, entre Arras et 
Etrun (R. et D.); champs argilo-calcaires à Havrincourt et Graincourt, 
coteaux calcaires de Caudry a Esnes (G.). 

VACCINIÉES 

Vaccinium Myrtillus L. — Bois des Dames près Lapugnoy (M.) ; bru- 
yères entre Angres et Souches (D r C. et M.). 

PYROLACÉES 

Pyrola rotundifolia L. — Bois entre Dohem et Upen (de L.) ; coteau cal- 
caire de Bergueuneuse, le long de la rivière d'Heuchin à Anvin (D r C.) ; 
coteaux calcaires de Marqueffles près Bouvigny, vis-à-vis le bois de 
Noulette (D r C. et M.). 

MONOTROPÉES 

Monotropa Hypopitys L. — Bois de Bourlon, parasite sur les Chênes 
(R. et D.). 



346 JOURNAL DE BOTANIQUE 

ASCLÉPIADÉES 

Vincetoxicum officinale Mœnch. — Abond. dans le bois du Châtelc.t à 
Pas-en- Artois, sur les pentes rocailleuses et calcaires (M.). 

GENTIANÉES 

Menyanthes trifoliata L. — Enquin (R. et D.) ; Cambrai dans une petite 
prairie marécageuse auprès de la porte Cantimpré (G.). 

Chlora perfoliata L. — Escœuilles, Loitinghen, Dohem, Belette (de L.) ; 
Clenleu (Ri et D.); coteaux calcaires vis-à-vis le village de Fomeçhon 
près Pas-en- Artois (M.). 

Gentiana germanica Willd. — Clenleu, Quilen (R. et D.) ; foumy, Cléty, 
Dohem, Belette (de L.); bois Couillet près Marcoing, dans une clairière, 
sur le calcaire (G.). 

Erythraea pulchella Fries. — Lottinghen (de L.); Cambrai, bords du 
chemin de Bourlon (G.). 

BORRAGINÉES 

Anchusa sempervirens L. — Naturalisé dans la maison de campagne 
du Grand Séminaire à Neuville- Saint- Remy près Cambrai; abond. sur 
un espace d'une dizaine d'hectares (G.). 

Myosotis versicolor S m. — Bois sablonneux du Qucsuoy près Oisy-le- 
Verger, entre Palluel et Sauchy-Lestrée, Havi-iucourt au Mont de 
Trescault; bois sablonneux des Neuf près Marcoing, de Mont-aux- 
Villes près Bertry et de Busigny (G.). 

Myosotis arenaria Schrad. — Champs argileux à Haynecourt et à Iwuy 

(G.). 
Echinospermum Lappula Lehm. — Lieux incultes des environs de 

Cambrai, vers Escaudœuvres (G.). 

Cynoglossum officinale L. — Bords des chemins entre Aubiguy-au-Bac 
et Fressies, entre Oisy-le- Verger et Sauchy-Lestrée et à Rieux, sur le 
calcaire ; fortifications de Cambrai, bois Couillet et coteaux calcaires de 
Bonavy entre Marcoing etBanteux, murs de l'abbaye de Vaucelles (G.). 

Lithospermum officinale L. — Taillis calcaires du bois du Châtelet à 

Pas-en-Artois (M.). 

SOLANÉES 

Phy salis Alkekengi L. — Saint-Bruon près Cambrai, au bord d'un 
chemin, près d'une ancienne habitation (G.). 

Atropa Belladona L. — Saint-Roch près Cambrai, au pied d'un vieux 
mur (G.). 

Hyoscyamus niger L. — Entre Oisy-le-Verger et la ferme de Sauchi- 
court près Sauchy-Lestrée, sur le calcaire ; Bourlon, bords des chemins' 
Cambrai à la porte Cantimpré, Proville, Cantaing, Marcoing, Ribé- 
courl, Ba7iteux, Vaticelles près l'abbaye et à Mont-Eco uvez; coteaux 
d'Esnes près de l'Église (G.). 



Abbé Masclef. — Contributions nottvelles a laflore des collines d'Artois. 347 

VERBASCÉES 

Verbascum phlomoides L. — Décombres à Cambrai (G.). 

V. fïoccosum Waldst. et Kit. — Abond. à Cambrai sur les terrains cal-' 
caires des fortifications, entre la porte Saint-Georges et. la porte de 
Selles (G.). 

V. Lychnitis L. — Terrains calcaires incultes entre Marcoing et M'as- 
mères, bois Couillel, coteaux de Vauc elles ; coteaux calcaires entre 
Esnes et Lesdain (G.). 

V. nigrum L. — Saint- Tricat (de L.); Preures (R. etD.); Montreuil-sur- 
Mer ; gare d' Aubin- Saint- Vaast (D.); abond. sur la craie dans le ci- 
metière de Rœllecourt près Saint-Pol (M.); Saint-Nicolas près Arras 
(D.); Pas-en-Artois (M.); Ecourt-Saint-Qiteulin (R. et D.); fortifica- 
tions de Cambrai, bois Couillet près Marcoing; coteaux calcaires d 1 'Esnes 
à Cr'evecœur et à Walincourt (G.). — Paraît manquer au sud-ouest des 
collines d'Artois vers Frévent et Auxi-le- Château (M.). 

X V. Schiedeanum Koch; V. nigro-Lychuitis Schied. — Fortificatiqns 
de Cambrai (G.). 

V. Blattaria L. — Jardin inculte de la Chartreuse de Nenville-sous 
Montreuil (D 1 ' C. 1886. — M. 1887); pelouse de l'Institution Notre-Dame 
de Grâce à Cambrai (G.). 

SCROPHULARIÉES 

Veronica triphyllos L. — Fontaine-Notre-Dame près Cambrai, abond. 
dans un champ à l'entrée du village; Cambrai, terrains calcaires entre 
la route de Bapaume et Saint-Olle ; champs argileux près Cambrai {G.). 

V. praecox Ail. — Arras (D 1- C). A. G. aux environs de Cambrai : Rail- 
lencourt, Fontaine-Notre-Dame, Cambrai, Noyé lies-sur- l'Escaut, Mar- 
coing, Havr incourt, Cr'evecœur, Esnes, Haucourt, Beauvois, Iwuy, etc., 
principalement sur l'argile à silex (G.). 

V. acinifolia L. — Champs argilo-sablonneux à Bourlon et à Busigny 

(G.). 
V. montana L. — Viel-Moutier (de L.); C/euleu, bois d'Himel à Alette 

(R. et D.) ; bois de Marets et de Busigny (G.). 

V. scutellata L. — Bourlon, près des tuileries ; les Faux- Viviers près 
Busigny (G.). 

V. Teucrium L. — Lisière calcaire du bois de Marœuil (M.) ; Dainville, 
bords du chemin de Berneville, sur le calcaire (D 1 ' C); bois & Havr in- 
court, pelouse calcaire de Saint-Hubert (R. et D.); coteaux calcaires 
d'Esnes (G.). 

Digitalis purpurea L. — Abond. aux environs d' Hue a ue tiers dans le 
bois Noël à Preures, la forêt du Bois-Ratel à Béassent et le bois 
d'Himel à Alette (R. et D.). 

Antirrhinum Orontium L. — Lieux cultivés à Neiwille près Cambrai 
(G.). 



348 JOURNAL DE BOTANIQUE 

A. majus L. — Vieux murs à Annezin près Béthune (M.). 

Linaria Cymbalaria Mill. — Vieux murs à Cambrai (G.). 

L. striata DC. — Abond. au Pont-du-Gy près Etrun et aux environs, sur 
la craie (M.); passage à niveau SAchicourt (D r C.)', Marcoing, mois- 
sons des terrains calcaires; coteaux calcaires d'Esnes à Lesdain (G.). 

Pedicularis sylvatica L. — Prairie sablonneuse au Mont-aux-Villes 
près Bertry (G.). 

P. palustris L. — Enquin, Sorrus (R. et D.). 

OROBANCHÉES 

Orobanche Rapum Thuill. — Boisd'Himel à Alette, sur le Sarothamnus 
scoparms (R. et D.). 

O minor Sutt. — Plaine de Lens, près l'arbre de Condé (M.) ; Êavrincourt 
(Q-) '■> Grainconrl, Bourlon, Marquion (R. et D.). 

Lathraea squamaria L. — Forêt de Saint-Michel près Saint-Pol, bois 

> de Ramecourt (!) (D r Planque). 

LABIÉES 

Mentha sylvestris L. — Cambrai, bords des chemins vers Escaudoeu- 
vres (G.). 

Salvia (i) pratensis L. — Marœuil (M,)] fortifications de Cambrai (Les- 
tiboudois, G.); voie ferrée à Caudry (G.); pré à Iwuy (Ch. Delloye). 
— Lille (D r C). 

Calamintha Acincs Clairv. — Humbert, Sempy (R. et D.); Calonne- 
Ricouart (D.); A. C. dans le Cambrésis sur les coteaux et dans les 
champs calcaires : moissons près du bois Couillet près Marcoing, Vau- 
celles, coteaux d' Esnes, etc. (G.). 

C. menthaefolia Host. : C. ascendens Jord. — Cambrai, abond. sur le 
haut des remparts entre la porte Saint-Sépulcre et la porte Saint-Geor- 
ges, dans les lieux herbeux (G.). 

C. Nepeta Hoffm. et Lamk. — Cambrai, abond. sur les coteaux du Mont- 
des-Bœufs, entre la Citadelle et Saint-Druon (G.). 

Melissa officinalis L. — Bords des chemins et haies autour de Cambrai 

(G. ttQ.). 

{A suivre.) 

i. Le S. verticillata L. se maintient depuis plusieurs années à Arras, dans 
les terrains vagues de la gare et dans les fortifications près le tir militaire (M). 
M. l'abbé Godon l'a recueilli auprès de Cambrai, dans des terrains vagues sur la 
route d'F^scaudœuvres. 

Le S. ofScinaliî L. a été observé à Lillers, dans une station analogue, par 
M. P. Dumon. 

Le Gérant ; Louis Morot. 



Puis. — I. Merseft. Imp.. 22, pi. Deofert- RecfcereaM. 



2' ANNEE N- 20 16 OCTOBRE 1888 



JOURNAL DE BOTANIQUE 

Directeur: M. Louis MOROT 



X ORCHIS TIMBALIANA (O. MO RIO X O. MACULA TA) 

Par M. E. G. CAMUS 

Les époques de floraison, aux environs de Paris, de Y Orchis 
Morio L. et de Y O. maculata L. offrent des conditions peu favo- 
rables à l'hybridation de ces deux espèces (1). Aussi n'a-t-on 
pas encore, à ma connaissance, signalé d'hybride produite par 
la fécondation de l'un de ces Orchis par l'autre. Sur le littoral 
de la Manche, la floraison de YO. Morio se trouvant ordinaire- 
ment retardée, les chances d'hybridation deviennent alors plus 
grandes. 

Dans une herborisation faite, le 17 juin, aux environs de 
Dieppe, sur la falaise qui se trouve à gauche du village de Pour- 
ville, en faisant face à la mer, j'ai trouvé, dans une prairie dont 
l'altitude est de cent mètres environ-, une grande quantité d'(9. 
maculata et d'(9. Morio croissant ensemble. Le sol de la prairie 
partant de l'arête de la falaise offre une dépression en forme de 
cuvette où le sol conserve facilement l'humidité. Voyant dans la 
coïncidence de la floraison des deux Orchis et leur abondance 
des circonstances favorables à l'hybridation, je regardai un à un 
tous les pieds à' Orchis qui ornaient la prairie. Tous les individus 
de YO. maculata appartenaient à une même forme, à labelle 
trilobé, à lobes profonds, le médian dépassant les latéraux ; ceux 
deYO. Morio étaient à fleurs d'un violet purpurin. 

Deux pieds n'appartenaient à aucune de ces deux plantes et 
rappelaient l'une et l'autre par leur forme intermédiaire; j'avais 
là deux hybrides de YO. Morio et de YO mactilata, mais sans 
pouvoir rien préjuger sur le rôle des parents dans la fécondation. 

La diagnose de ces plantes peut se résumer ainsi : plante de 
20 à 25 centim. de hauteur; port de YO. maculata ; bulbes pal- 

1. O. Morio, du 10 avril à la lin de mai, rarement aux premiers jours de juin ; 
O. maculata, de juin à juillet. 



35 o JOURNAL DE BOTANIQUE 

mes; feuilles lancéolées, canaliculées, portant à la face interne 
des macules brunâtres, comme dans Y O. macttlata^vo^xs faiblement 
marquées; bractées herbacées, la plupart plus grandes que 
l'ovaire; périanthe à divisions supérieures conniventes, les laté- 
rales un peu écartées, mais non étalées; labelle à trois lobes, les 
latéraux refléchis en arrière, le médian au plus de la longueur 
des latéraux, un peu moins large et émarginé au sommet ; labelle 
et divisions extérieures du périanthe marqués de ponctuations 
légères comme dans MO. maculata. Fleurs d'un rose lilas en épi 
oblong, conique. 

Je dédie cette belle plante à feu mon confrère M. Timbal- 
Lagrave, auteur de plusieurs mémoires sur les hybrides d'Or- 
chidées. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE IX 

i. X Orchis Timbaliana ; grand, nat. 

2. Fleur vue de face. 

3. Fleur vue de côté. 

4. Gynostème. 



LA SEXUALITÉ CHEZ QUELQUES ALGUES INFÉRIEURES 

Par M. P. A. DANGEARD 

Les phénomènes sexuels sont encore inconnus chez un grand 
nombre d'organismes inférieurs ; les causes en sont multiples ; 
ces phénomènes ne se produisent en effet qu'à de longs inter- 
valles, sous l'influence de conditions mal déterminées : ils durent 
souvent fort peu de temps et sont difficiles à observer. Il faut 
de toute nécessité arriver au moment opportun et suivre alors 
sans interruption les modifications qui se produisent. D'après 
les quelques remarques que j'ai pu faire, c'est au commencement 
du printemps ou à la fin de l'été qu'il y a le plus de chances 
de pouvoir obtenir dans les cultures la formation des oospores ; 
il n'est d'ailleurs pas douteux que toute circonstance défavo- 
rable à la vie de l'espèce : défaut de nutrition, dessication pro- 
gressive du milieu, action de substances nuisibles, etc., ne 
puisse amener ou du moins hâter le moment de la reproduction 
sexuelle. Examinons comment cette reproduction a lieu dans 
quelques espèces d'Algues et voyons s'il n'est pas possible d'en 
tirer quelques conséquences au point de vue de la classification. 



P. A. Dangeard. — La sexualité chez quelques Algues Inférieures. 351 

Phacotus angulosus Stein. 

Le genre Phacotus est dû à Perty (1) qui le créa pour une 
espèce ayant un contour sphérique, une forme biconvexe et 2 
ou 4 cils ; il la désigne sous le nom de Phacotus viridis et la 
place entre les Cryptomouas et les Anisonema. 

Carter étudie deux espèces appartenant à ce genre; il les 
rapporte au genre Cryptoglcna sous le nom de C. angulosa et 
C. lenticularis (2); il décrit en ces termes ce qu'il considère 
comme la reproduction sexuelle de cette espèce : « I hâve seen 
to day the incorporation of the spermatozoïd with the macro- 
gonidium of Cryptoglena lenticularis take place several times 
and once so satisfactorily that I am able to assert the fact 
without réservation. » 

M. Stein place avec raison ces deux espèces dans le genre 
Phacotus (4) ; il ne peut rien affirmer en ce qui touche la repro- 
duction sexuelle. 

Jusque dans ces derniers temps, les Phacotus ont été considé- 
rés comme des Protozoaires; dans nos Recherches sur les Algues 
inférieures (4), après avoir décrit avec détails la reproduction 
asexuelle d'une espèce, nous avons été conduit à placer ces êtres 
tout près des Chlamydomoiias ; en même temps nous avons 
signalé, chez le Phacotus angulosus Stein, l'existence de kystes 
en indiquant leur mode de germination. 

Ces cellules de repos étaient-elles toutes des kystes, ou bien 
provenaient-elles d'une copulation de gamètes? Nous ne saurions 
rien affirmer et on comprendra, par ce qui va suivre, les raisons 
de notre réserve. 

J'ai recueilli dans une excursion faite aux environs de Caen, 
à Bernières, une récolte de Phacotus angulosus (fig. 1), qui, par 
exception, était presque pure; je n'avais guère à espérer trou- 
ver du nouveau sur cette espèce que j'avais déjà longuement 
étudiée les années précédentes; cependant, à tout hasard, j'en- 
trepris quelques cultures ; dès les premiers jours, je m'aperçus 
que la marche du développement ne suivait pas son cours nor- 

1. Perty. Zur Kenntniss klsiusler Lebcusform. Berne 1852. 

2. Carter. On tke fecundation in Eudorina elegans and Cryptoglena (Ann. of 
natural history, 1858). 

3. Stein. Der Orgauismus der Infusionstkiere, 1878, Flagellaten. 

4. Annales des sciences naturelles, Bo.., 7'' sér., t. VII. 



352 JOURNAL DE BOTANIQUE 

mal; la reproduction asexuelle était presque nulle; par contre 
quelques individus, après avoir perdu leurs deux cils, formaient 
quatre ou huit petites zoospoies par bipartitions successives 
(fig. 2 et 7); ces zoospores s'agitaient assez longtemps à l'inté- 
rieur des deux valves légèrement écartées (fig. 2) ; puis elles 
finissaient par se dégager et devenir libres; elles étaient ovales 
ou fréquemment allongées en petits bâtonnets, avec deux cils à 
l'avant ; elles présentaient avec les gamètes que j'avais eu l'occa- 
sion de voir jusqu'ici une différence frappante; la chlorophylle, 
au lieu d'être localisée à la partie postérieure, se trouvait à l'a- 
vant, l'extrémité postérieure étant incolore (fig. 3). Comme elles 
étaient peu nombreuses, je fus assez longtemps sans pouvoir 
saisir leur signification; enfin je réussis plusieurs fois à observer 
la fusion de ces gamètes. 

Elis est excessivement rapide : deux gamètes se réunissent 

par leurs cils, et se pressent l'une 
\ contre l'autre un peu obliquement 

(fig. 4) : elles peuvent, pendant deux 
minutes environ, se mouvoir vive- 
ment ; elles s'arrêtent ensuite, per- 
dent leurs cils; on croirait alors 
avoir affaire à une seule zoospore 
arrivée au repos (fig. 5) : la fusion 
s'opère, l'oospore s'arrondit (fig. 6). 
— Le développement de ces oospores 
et leur germination sont exactement ceux que j'ai décrits comme 
appartenant aux kystes. — J'ignore donc si réellement il y a des 
kystes dans ce genre ; il a fallu pour observer la fusion des ga- 
mètes deux conditions : trouver des cultures assez pures, et 
d'autre part arriver juste à la minute précise où s'effectuaient les 
copulations; dans ces conditions, il est presque impossible 
d'affirmer qu'une cellule an repos ne provient point d'une fusion 
de deux gamètes. 

Existe-t-il entre ces gamètes une différence de sexe? on 
trouve des sporanges qui fournissent tantôt quatre, tantôt huit 
zoospores ; on pourrait croire qu'il y a dans ce fait une indica- 
tion ; n'ayant remarqué dans la taille et dans l'aspect aucune dif- 
férence sensible entre gamètes, je ne puis dire en quoi peut con- 
sister ici la différence de sexe. 




Phacotiis aiipitlosus Stein. 



A. Fkanchet. — Note sur les Saussurea du Yun-nan. 353 

Je n'ai point cherché également à voir la fusion des deux 
noyaux en un seul : tout se passe certainement comme dans le 
Chlamydomonas Reiuhardti Dangeird; cette fusion des deux 
noyaux en un seul dans les oospores paraît d'ailleurs générale (1). 

En résumé le. genre Phacotus forme donc ses œufs comme 
les Chloi'ogo)iiui7i, Cercidium, Chlamydomonas ; nous avions 
donc raison de rapprocher ces genres les uns des autres et de 
les placer dans le règne végétal; il est bien probable que le Pha- 
cotus leulicularis a une reproduction sexuelle semblable à celle 
du Phacotus angulosus ; nous pensons que les observations de 
Carter sur la première espèce, tout en étant fort incomplètes, 
sont susceptibles d'une autre interprétation. (A suivre.) 



NOTE SUR LES SAUSSUREA DU YUN-NAN 

(Fin.) 
Par M. A. FRANCHET 

9. S. villosa, sp. nov. 

Rhizoma plus minus elongatum, unicaule, ad collum vestigiis petio- 
lorum anni prœteriti dense obtectum; caulis erectus patenlim villosus, 
sub capitulo paulo incrassatus et lanuginosus, paucifoliatus ; folia basila- 
ria rosulam efficientia, in petiolum brevem attenuata, anguste lanceolata 
vel oblonga, obiusa vel subacuta, integerrima, utraque facie sparse et 
longe pilosa, folia caulina 1-3, linearia, supremo saepius a capitulo 
distante; capitulum solkarium, ovatum, vix inter majuscula; involucri 
squamae extus haud dense villosae, fere ex toto foliaceae, coloratae, 
e basi ovata longe lanceolata;, extimis interioribus vix brevioribus, 
omnibus distincte et anguste marginatis; ilores violaceo-caerulei; 
receptaculi paleco lanceolato-subulata^, elongatae, dimidium pappi 
saltem aequant.es; pappus sordidus, setis exterioribus scabridis, interio- 
ribus plumosis, triplo lougioribus; achaenium lœve. 

Caulis 3-6 poil.; folia basilaria 2-7 poil, longa (incluso petiolo vix 
semipollicari), 1-2 1/2 cent, lata; capitulum vix 15 mill. diam. 

Yun-nan, in pratis regionis altissimas montis Koua-la-po, ait. 
3.200 m. (Delavay, n. 54). 

Le 6 1 . villosa paraît être voisin du 6\ liicracifolia, auquel M. 

1. C. E. Overton. Ueber den Conjugationsvorgang bel Spyrog-yra (Berichte 
(L-r deutschen botan. Gesellschaft, 1888, Band VI, Heft 2). — H. Klebahn. Ueber die 
Zy^osporen einiger Coiijugateii (Berichte der Deutsch. Bot. Gesell. 1888, Band 
vCHeft 4 ). 



354 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Hooker attribue des capitules au moins une fois plus gros et des 
paillettes réceptaculaires très courtes, ce qui n'est point le cas 
de l'espèce décrite ici. 

10. S. longifolia, sp. nov. 

Rhizoma crassum, ad collum vestigiis petiolorum vestitum; caulis 
robustus, sub capitulo incrassatus, pilis albis longis patentibus apice 
magis dense villosus; folia basilaria mine ultra pedalia, subtus sericea, 
anguste lanceolata vel oblonga, in petiolum alatum longe attenuata, 
acuta, integerrima, marginibus mine nndulata; folia caulina 4-7, 
oblongo-lanceolata vel oblongo ovata, apice breviter attenuata semi- 
ampleclantia secus caulem erecta et marginibus plus minus involventia, 
suprema fere membranacea, colorata, sed capitulum non nidulantia; 
capitulum solitarium magnum, ovato-campanulatum praesertim basi 
longe piloso-lanatum ; involucri squamoe foliaceae e basi ovata lanceo- 
latce, longe acumiratae, coloratae, extus et ad marginem sparse pilosae; 
setse receptaculi lanceolato-lineares, achaenium superantes; flores atro- 
violacei ; pappus sordidus, pilis seriei exterioris scabris, interioribus 
longe plumosis; achaenia laevia. 

Caulis 8-14 poil.; folia basilaria 6-16 poil, longa, 1-2 poil, lata ; 
capitulum 3-3 1/2 cent, latum. 

Yun-nan, ad collum Yen-tze-kay, prope Lankong, ait. 3200 m. 
(Delavay, n. 1.659). 

Très belle espèce, rappelant assez bien par son aspect le S. 
Roylei. Elles'en distingue d'ailleurs trèsnettement par ses feuilles 
entières à bords ondulés, les caulinaires élargies, dressées le long 
de la tige qu'elles enveloppent plus ou moins, les supérieures 
presque membraneuses et parfois légèrement colorées comme 
celles du *S\ iodostegïa Hance. Le S. longifolia s'éloigne d'ailleurs 
du S. obvallaia et de toutes les espèces de ce groupe par ses 
feuilles supérieures qui ne sont point rapprochées sous le capi- 
tule et disposées en bractées involucrantes. 

n. S. grosseserrata, sp. nov. 

Rhizoma gracile, saepius apice divisum, pluriceps, vestigiis petiolo- 
rum dense vestitum; caulis gracilis, sparse pilosus, ascendens vel 
erectus, paucifoliatus; folia pilis conspersa, basilaria longe et graciliter 
petiolata, petiolo in auriculas membranaceas latiusculas dilatato; 
limbus petiolo nunc fere usque duplo brevior, obovatus vel obovato- 
laneeolatus, obtusus vel etiam apice rotundatus, dentatus, dentibus 
grossis, inaequalibus, triangularibus, acutissimis et longe mucronatis, 



A. Franchet. — Note sur les Saussurea du Yun-natt. 355 

inferioribus praesertim deorsum flexis; iolia caulina saepius duo, 
suprerao lineari, inferiore basilaribus vix dissimili, petiolo late alato 
semiaraplexicauli ; capitulum solitarium, vix inter majuscula, ovatum; 
involucri squamae nisi ima basi herbaceae, parce pilosae, coloratae, e 
basi ovata longiter lanceolato-acuminatae, exdmis intcrioribus vix 
brevioribus; flores violacei ; receptaculi setae achaenio paulo longiores, 
pappus sordidus, pilis seriei exterioris scabris, brevioribus, interioribus 
plumosis; achaenia laevia eximie nigro-vittata. 

Caulis 6-12 poil.; foliorum basilarium pedolus 2-6 poil., limbo 
2-2 1/2 poil, longo, 2-4 cent, lato; capitulum diam. 15-20 mill. 

Yun-nan : Likiang Suee-chan, in pascuis, ait. 3500 m. (Delavay, 
n. 2.102). 

Appartient au même groupe que le S. hieracioides Hook, le 
►S. villosa et le 6\ lougifolia ; mais il s'en distingue bien parla 
forme et le mode de dentelure de ses feuilles longuement pétio- 
lées. Le port de la plante rappelle celui de Y Hieracùwijacquini, 
avec des feuilles non incisées, seulement fortement dentées à la 
base. 

12. S. Delavayi, sp. nov. 

Rhizoma crassum vestigiis petiolorum densissimis vestitum, haud 
raro apice divisum, multiceps ; caulis erectus, rigidus, lanuginosus, ad 
apicem usque dense foliatus; folia supra glabra, subtus albo - 
lanuginosa, roarginibus revolutis, linearia, acuta, in petiolum indis- 
tinctum basi dilatatum desinentia. caulina anguste et breviter decurren- 
tia ; folia suprema sub capitulis approximata radiantia et inflorescentiam 
superantia, e basi ovata abrupte et longe acuminato-subulata ; capitula 
parva, ovata, 20-50 dense congesta, subsessilia; involucri squamae 
ovatae adpressae extus glabrescentes, ovatae, e medio tantum foliaceae, 
lanceolatae, acutae, coloratae, nunc apice parum reflexae, extimis interio- 
ribus subduplo brevioribus ; flores caeruleo-violacei ; receptaculi paleae 
lineares pappi dimidium aequantes ; pappus rufescens, pilis subtriseriatis, 
exterioribus scabris vel breviter barbatis, interioribus longe plumosis. 

Caulis pedalis vel paulo humilior, pennae validae anserinae crassitie; 
folia ad médium 3-5 mill. lata, supremis capitula cingentibus basi usque 
8 mill. latis, acumine 2-4 cent, longo; capitula 12-15 mill. longa. 

Yun-nan in monte Tsang-chan, supra Tali, ait. 4.000 m. (Delavay, 
n. 691 et 996). 

Espèce bien caractérisée par ses feuilles étroites, très rap- 
prochées sur la tige, les supérieures de forme un peu différente 
élargies à la base sur le tiers de leur longueur, puis brusquement 



356 JOURNAL DE BOTANIQUE 

et longuement acuminées et formant sur plusieurs rangs, sous les 
capitules, une sorte d'involucre rayonnant. 

13. S. likiangensis, sp. nov. 

Rhizoma crassum, unicaule; caulis lanuginosus, paucifoliatus; folia 
basilaria ambitu anguste oblonga, supra glabra, subtus albo-lanuginosa, 
petiolata, inciso-lobata, rachide latiuscula, lobis deltoideis, deorsum 
flexis, mucronulatis, integris vel rarius adjectis 1-2 denticulis; folia 
caulina 3-4, basilaribus haud dissimilia, supremis capitulis contiguis; 
capitula 6-8 dense glomerata, subsessilia, parva, ovata; involucri 
squamae extus pilosae, fere ex toto foliaceae, e basi ovata longe 
lanceolata, acuminata, colorata, extimis interioribus subaequilongis ; 
flores violacei; receptaculi paleae setaceae pappi dimidium aequantes; 
pappus sordide rufescens, setis exterioribus scabridis, interioribus 
plumosis. 

Yun-nan : Likiang Suee-chan, ait. 4.500 m. (Delavay, n. 2104). 
Caulis 2-4 poil.; folia basilaria 8-10 cent, longa 12-15 niill. lata; 
capitula vix ultra 1 cent, longa, 6-8 mill. lata. 

Port et feuilles du S. taraxacifolia Wall. , ou du 6\ Kimtliiana 
Clarke, avec des capitules agglomérés et trois fois plus petits. 

14. S. radiata, sp. nov. 

Caulis elatus, striato-sulcatus, pilis multicellularibus fulvis pubes- 
cens et parce lanuginosus, foliatus; folia mollia, supra scabriuscula, 

subtus albo-lanuginosa, infîma , inferiora et média runcinata, lobis 

lateralibus paucis (utrinsecus 1 vel 2), distantibus, terminali triangulari, 
maximo, insequaliter serrato-dentato, in petiolum elongatum anguste 
cuneato-alatum vix vel non amplexicaulem desinentia ; folia superiora 
lanceolata, inaequaliter argute dentata, suprerna parva, lanceolato- 
spatulata, capitulo arcte contigua, radiantia et illud paulo superantia 
vel aequantia; ramuli floriferi axillares, nunc abbreviati, nunc elongati 
et tune foliacei, monocephali ; capitula majuscula, late campanulata; 
involucri squamae extus lanuginosae e basi ovata coriacea mox 
foliaceae, squarrosae, virides vel parum coloratae; receptaculi paleae 
lineares, pappi dimidium subaequantes ; pappus albus, mollis, pluri- 
serialis, pilis exterioribus scabris, interioribus plumosis; aehaenium 
brève, glabrum, areola lata, horizontali. 

Caulis 2-5 ped., digiti minoris nunc fere crassitie; folia inferiora 
et média (in speciminibus elatis) 20-25 cent, longa, lobo terminali 
ultra 10 cent, longo et basi fere lato; capitulum diam. eirciter 2 cent. 

Yun-nan, in silvis ad fauces San-tchang-kiou, prope llokin (Dela- 
vay, n. 271e). 



A. Franchet. — Note sur les Saussurea du Yun-nan. 357 

Habitat etiam, in provincia Hupeh, circa Tchang (Henry, n. 2470, 
ex distr. kew.). 

Rappelle beaucoup par la forme de ses feuilles le 6\ hypo- 
leuca Spreng; mais bien différent par la présence de feuilles 
rayonnant à la base des capitules comme on le voit dans le Bi- 
deus radiata , par exemple; par la forme des écailles de l'invo- 
lucre et par l'aigrette blanche qui rappelle celle des Jurinea à 
cause de ses poils multisériés. 

15. S. lampsanifolia, sp. nov. 

Rhizoma crassum; caulis erectus, scabridus, apicem usque foliatus; 
folia omnia conformia, lyrata, supra scabrida, subtus dense albo- 
tomentosa; lobi foliorum latérales pauci (utrinsecus 2 vel 3), ovati vel 
deltoidei, integri vel dentati, terminali ovato subtriangulari, basi 
truncato vel subcordato; petiolus alato-dentatus secus caulem in 
alara angustam productus; ramuli floriferi in parte caulis superiore 
axillares, aphylli, polycephali; capitula parva, ovata, 3-4 congesta, 
subsessilia ; involucri squamae arcte adpressae , ex toto coriaceae, 
pallidae, margine ciliatae, caeterum glabrescentes, ovatae, longiuscule 
acuminatae; receptaculi paleae lineares; pappus albidus, pilis exterio- 
ribus brevissimis scabris, interioribus plumosis. 

Caulis pedalis; folia caulina média 8-10 cent, longa, lobo terminali 
usque 5 cent.; capitula vix 1 cent. 

Yun-nan, in silvaticis supra Tapin-tze (Delavay, n. 604). 

Espèce facilement distincte entre celles dont les feuilles sont 
décurrentes et les capitules agglomérés, par ses feuilles toutes 
semblables et rappellant celles du Lampsana covimwris. 

16. S. peduncularis, sp. nov. 

Caulis erectus, scabridus; folia papyracea, subtus pallida, inaequa- 
liter crenato-dentata, lobulis paucis nunc basi adjectis, basilaria sub 
anthesi emarcida, caulina omnia plus minus late alato-decurrentia; 
inflorescentia varia, nunc ramulos floriferos graciles axillares saepius 
monocephalos terminans, pedunculo elongato, nunc ad pedunculos 
racemum longum efficientes adducta ; capitulum parvum, e basi fere 
rotundata ovatum; involucri squamae 6-7 seriatae, arcte adpressae, 
scariosae, parce lanuginosae, breviter ovatae, mucronulatae, interiores 
apice parum coloratae, omnes margine saepius angustissime fuscae; 
flores caeruleo-violacei ; setae receptaculi lineares, elongatae, dimidio 
capituli longiores; pappus sordide albidus, pilis exterioribus scabris, 
interioribus plumosis ; achaenia laevia. 



358 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Caulis ultra sesquipedalis ; capitulum 15 mill. longum, 7-8 raill. 
latum; pedunculus 6-7 cent, longum. 

Planta mire varians : 

a. lobata. — Caulis ad apicera usqne dense foliatus, folia infima 
15 cent, longa, 5-7 cent, lata, superioribus tantum paulo minoribus, 
supra scabrida, subtus sparse et breviter pilosa, omnia grosse serrato- 
dentata, in alam latam sinuato-dentatam secus caulem decurrentia; 
limbus (nisi in foliis supremis) late ovatus, adjunctis lobulis 1 vel 2, 
parvis, e petioli ala ortis, ovatis; ramuli floriferi foliati. 

Yun-nan, in rupibus adumbratis montis Pee-ngay-tze, supra Tapin- 
tze (Delavay, n. 615). 

(i. diversifolia. — Foliorum limbusj ovato-lanceolatus, basi non 
lobatus; folia superiora abrupte 3-4 plo minora, suprema linearia, 
anguste decurrentia. 

Yun-nan, cum varietate praecedente mixta. 

y. arachnoidea. — Folia subtus laxe araneosa; pro caeteris varietati 
diversifoliae simillima. 

Yun-nan, in monte Che-tcho-tze, supra Tapin-tze, ait. 2000 m. 

8. corymbosa. — Folia pra?sertim supra scaberrima, subtus pilosulo- 
scabra, illis varietatis diversifolia? conformia; capitula paulo minora, 
racemoso-corymbosa. 

Yun-nan, circa Tapin-tze. 

Espèce bien caractérisée par ses tiges complètement ailées, 
par ses grandes feuilles papyracées, peu ou point lanugineuses 
en dessous, souvent très scabres en dessus ; par son inflorescence 
en grappe, tantôt formée de pédoncules allongés, espacés, tan- 
tôt de rameaux portant plusieurs feuilles, mais dans tous les cas 
toujours axillaires ; les feuilles caulinaires sont fermes dans les 
variétés a et 8, plus minces dans les variétés [E et y, La variété a 
lobata, avec ses feuilles presque lyrées et les larges ailes de sa 
tige, présente un aspect tout particulier. 

17. S. vestita, sp. nov. 

Erecta rigida; caulis angulatus, polyphyllus; folia supra scabrata 
subtus albo-pannosa, argute dentata, inferiora breviter petiolata, limbo 
cordato, ovata, média e basi obtusa ovata, superiora lanceolata, in 
petiolum alatum sub medio paulo dilatatum sensim abeuntia et secus 
caulem in alam latam longe producto; folia suprema linearia; inflorès- 
centia breviter racemosa, subcorymboso-congesta, pedunculis vix vel 
non capitula aequantibus; capitula parva ovato-campanulata, basi plus 



Abbé Masclef. — Contributions nouvelles a la flore des collines d'Artois. 359 

minus conica; involucri squamae extus griseo-sericeae, subsexseriatae, 
arcte adpressae, ovatae, coriaceae cum appendiculo foliaceo lineari, 
plus minus recurvato, colorato ; receptaculi paleas albidas, lineares 
involucro nunc usque axmilongae; flores violacei; pappus albidus, 
pilis interioribus longe plumosis, exterioribus scabris brevissimis ; 
achaenia laevia. 

Caulis semipedalis usque ad bipedalem; foliorum inferiorum 
petiolus 1 vel rarius 2-pollicaris, limbo vix brevior; capitula 12-16 
mill. longa, 6-S mïll. lata. 

Yun-nan, in calcareis ad collum monlis Hee-chan-men, prope 
Lankong, ait. 3000 m. (Delavay, n. 2145); ad collum Pi-iou-se, supra 
Tapin-tze (id ); ad pedem montis Yang-in-chan (id.). 

18. S. chetchozensis, sp. nov. 

Adspectus omnino S. discoioris ; differt caule magis et usque ad 
apicem folioso, foliis argute dentatis supra valde asperatis, infra albo- 
lanuginosis, inferioribus et mediis leviter cordato-vel truncato-ovatis, 
praeter superiora lanceolata sessilia longiter petiolatis, omnibus angus- 
tissime decurrentibus, ala caulina nunc vix conspicua ; capitula longe 
pedunculata, racemoso-corymbosa ; flores caeruleo-violacei. 

Yun-nan, in umbrosis montis Che-tcho-tze, supra Tapin-tze, ait. 
2000 m. (Delavay, n. 2510 et 605.) 

Port du >S. discolor ; feuilles beaucoup plus épaisses, comme 
drapées en dessous; ailes de la tige larges, souvent sinuées, 
dentées. 

19. S. gossypiphora Don, Prodr., p. 168. 

Yun-nan : Likiang, ad rupes calcareas, paulo infra nives perpétuas, 
ait. 4000 m. (Delavay, n. 2452). 

Forme très robuste de cette plante étrange ; rhizome épais, 
long de 20 à 30 centimètres; feuilles divisées jusqu'au rachis en 
lobes linéaires presque contigus ; corymbe de 6 à 7 centimètres 
de diamètre, fleurs d'un beau bleu. 



CONTRIBUTIONS NOUVELLES 
A LA FLORE DES COLLINES D'ARTOIS 

(Cambrésis, Artois, Haut-Boulonnais \) (Fin.) 
Par M. l'abbé A. MASCLEF 

Nepeta Cataria L. — Haies et bords das chemins à Cambrai^ Escau- 
dœ livres, Esnes et Raillencourt (G.). 



3 6o JOURNAL DE BOTANIQUE 

Lamium hybridum Vill.; L. incisum Willd.— Tardinghen, abond. dans 
un champ de pommes de terre légèrement sablonneux (de L.). — Cette 
espèce existe certainement sur d'autres points des collines d'Artois 
où elle aura été confondue avec le L. purpurenm L. — M. l'abbé 
Boulay vient de la recueillir à Lille dans les terrains vagues du Jardin 
botanique des Facultés catholiques. — Elle a été distribuée dans V 'Her- 
bier du Nord de H. Lechartier, avec cette note : « recueillie prè§ 
de Boulogne-sur- Mer dans un terrain meuble sablonneux, planté de 
pommes de terre, où elle était en grande quantité; ses tiges étaient 
fortes, très rameuses, étalées. Elle se trouve encore çà et là aux 
environs de cette ville ». 

Galeopsis versicolor Curt. — Lottmghen\ forêt de Desvres (deL.); Cam- 
brai, dans les moissons au faubourg de Paris (G.). 

Stachys germanica L. — Coteaux calcaires à Lesdain, aux Rues-des- 
V ignés et entre Esnes et Haucotirt (G.). 

S. annua L. — Coteau calcaire à Rœllecourt près Saint-Pol (M.); bois 
Henry à Camblain-Chàtelain (Dum.); abond. dans les champs des ter- 
rains calcaires de la Plaine de Lens, après la moisson (M.); Vimy (Bou- 
la)'); Marœuil (M.). — R. R. dans le Cambrésis: coteaux calcaires entre 
Esnes et Lesdain (G.). 

S . recta L. — Coteaux calcaires entre Marcoing et le bois des Neuf et 
de Vauc elles (G.). 

Leonurus Cardiaca L. — Mamets, bois Saint-Pierre entre Auchel et 
Ferfay (Dum.). (Je n'ai pas vu de spécimens provenant de ces localités.) 

Ajuga Chamœpitys Schreb. — Bourlon, sur le contour inférieur du 
monticule, vers Auneux, où le calcaire affleure; Marcoing, moissons 
des terrains calcaires près du bois des Neufs et du bois Couillet (G.). 

Teucrium Botrys L. — Fontaine-Notre-Dame, entre le village et le bois 
de Bourlon ; champs crayeux entre Marcoing et Noyelles et à Ribécourt; 
abond. dans les moissons sur les coteaux calcaires (TEsnes (G.). 

LENTIBULARIÉES 

Utricularia vulgaris L. — Marais de Douvrin (V. Personnat et de Mé- 
licocq in herb. M.); marais de PAgache à Marquion et Rumaucourt 
(R. et D.); marais de la Sensée entre Aubigny-au-Bac et Fechain; les 
Faux-Viviers près Busigny (G.). 

U. minor L. — Marais tourbeux de Bauvin (V. Personnat, 1852, in herb. 
M.); marais de Gorre (1) près Beuvry (de Mélicocq in herb. M.). 

i. Les échantillons recueillis par de Mélicocq dans les marais de Gorre sont 
étiquetés de sa main : U. intermedia Hayne. Cette erreur de détermination me 
fait douter de l'existence possible de YUtricîilaria intermedia dans les marais de 
Vendin-le- Vie/ et de Cuinchy où ce botaniste indique cette espèce comme «assez 
fréquente ». [Plantes croissant spontanément dans les environs de Bét/tune^ 
p. 227.) 



Abbé Masclef. — Contributions nouvelles a la flore des collines d'Artois. 361 

PRIMULACÉES 

Primula grandiflora Link. — Forêt de Clairmarais (de L.). 

Hottonia palustris L. — La Calotterie, Sorrus (D.) ; Annesin près Bé- 
thune; marais d'Athies (M.); fossés le long- du canal à Noyelles-sur- 
l' Escaut près Cambrai (G.). 

Lysimachia vulgaris L. — Aix-en-Issart^ Montreuil-sur-Mer , Beau- 
merie (R. et D.); marais de Rœux (M.); Sains-les-Marquion (R. et D.), 

L. nemorum L. — Forêt du Bois-Ratel près Beussent, Clenleu, Aleite 
(R. et D.); bois sur le plateau argileux entre Heuchin et Prédefin; bois 
des Daines près Lapugnoy (M.) ; bois argilo-sablonneux du Gard près 
Walincourt (G.). 

Samolus ValerandiL. — Marais de la Sensée près Brunemont (G.). 

Anagallis arvensis L., Var. p. cœrulea Gren. et Godr.; A. cœrulea 
Schreb. — Clenleu, Sempy (R. et D.). A. C, dans les moissons sur les 
coteaux calcaires du Cambrésis : Trescaiilt (Q.), Grainco7iri-les-Havr in- 
court, Bourlon, Cambrai vers Escaudœuvres, Marcoing, coteaux de 
Bonavy et d 1 Esncs (G.). 

PLANTAGINÉES 

Plantago arenaria Waldst et Kit. — Escaudœuvres (G.), 

AMARANTACÉES 

Amarantus retroflexus L. — Cambrai, lieux incultes, assez répandu 

(G.). 

SALSOLACEES 

Chenopodium Vulvaria L. — Havrincourt (Q.) ; fréquent à Cambrai et 
aux environs, aux bords des chemins et au pied des murs (G.). 

Ch. opulifolium Schrad. — Cambrai, à la porte Saint-Sépulcre, autour 
des fumiers (G.). 

Gh. glaucum L. — Cambrai, décombres, lieux incultes, au Grand Carré 

et près la ports Saint-Sépulcre; bords des chemins à Neuville-Saint- 
Remy (G.). 

POLYGONÉES 

Polygonum Bistorta L. — Bois du Quesnoy à Oisy-le-Verger, auprès 
d'une source (G.). 

URTICÉES 

Parietaria diffusa Mert. et Koch. — Sangatte ; Pihen (de L.); Etaples 
(R. et D.). 

DAPHNOIDÉES 

Daphne Laureola L. — Bois de la Chartreuse de Notre-Dame des Prés 
à Neuville-sous-Montreuil (R. et D.) ; a été autrefois signalé comme com- 
mun dans les bois des environs de Montreuil (Baillet in Vandamme). Il 
est probablement indigène dans ce bois. 



362 JOURNAL DE BOTANIQUE 

HIPPURIDÉES 

Hippuris vulgaris L. — Dans la Ternoise à Saint- Pol et à Saint- Michel 
(M.); Cambrai; dans la Selle entre le Cateau et Saint- Bénin (G.). 

EUPHORBIACÉES 

Euphorbia platyphyllos L. - Tardinghen\° Quesques, Lottinghen\ 
Samer, Tingry (deL.); Clarmarais (Q.). 

E. dulcis L. — Forêt de Saint-Michel près Saint-Pol (D r G.). 

CUPULIFÈRES 

Castanea vulgaris Lamk. — Bois de Ver ton; bois du Châtelet à Pas- 
en- Artois. Dans ce dernier bois, où il est manifestement planté, il ac- 
quiert un très beau développement sur le plateau argilo-siliceux; sur 
les pentes calcaires, au contraire, il est très rabougri, ne dépasse 
guère un mètre de hauteur et a un feuillage beaucoup plus pâle (M.). 

ALISMACÉES 

Alisma ranunculoides L. — La Chaussée près Calais (de L.). 

BUTOMÉES 

Butomus umbellatus L. — Marais de la Sensée à? Aubigny-au-Bac à 
Brune mont ; Cambrai, fossés à la porte Cantimpré (G.). 

COLCHICACÉES 

Colchicum autumnale L. — Vallée de la Scarpe de Saint-Michel à 
Athies (M.); marais ftArleux (Q.)j Bourlon (R.); très abond. dans les 
prairies le long de l'Escaut en amont et en aval de Cambrai, à Escau- 
dœuvres, Saint-Roc h, Proville, Noyellcs et Marcoiug ; bois de Gattignies 
près Clary (G.). 

LIL1ACÉES 

Ornithogalum umbellatum L. — Coteaux herbeux et champs cultivés 
des coteaux calcaires d 1 Ablain-Saint-Nasaire , très abond. (D r C. et M.) ; 
prairies à Lattre-Saint-Quentiti (D r C); champs à Sauchicourt près 
Sauchy-Lestrée ; Neuville-Saint-Remy ; Cambrai, abond. dans les prai- 
ries sur les bords de l'Escaut vers Proville; bois des A T ettf et bois Couil- 
let près Marcoing, sur le calcaire; Bcauval près Crèvecœur, dans les 
haies; Caudry, haies de la voie ferrée; Bertry, coteau calcaire près le 
four à chaux (G.). 

Gagea arvensis Schult. — Ecurie près Arras (D r C); champs argilo- 
calcaires à Bourlon, Anneux, Raillencourt et près de Cambrai, entre 
la route de Bapaume et Saint-Olle (G.). 

Endymion nutans Dumort. (floribus a Ibis). — Clenleu, Humbert (R. et 
D.); bois des Dames près Lapugnoy (M.). 

Allium ursinum L. — Cléty, Avroult (de L.); bois d'Himel à Aletlc (R. 
et D.). 



Abbé Masclef. — Contributions nouvelles a la flore des collines d'Artois. 363 

A oleraceum L. — Champs des coteaux calcaires de Caudry à Esnes, 
assez répandu (G.). 

A. vineale L. — Quesques, Lottinghen (de L.); Saint-Olle près Cambrai; 
champs entre Marcoing et Noyelles (G.). 

Muscari comosum Mill. - Abond. dans les moissons des coteaux cal- 
caires entre Pas-en-Artois et Famée lion (M.) 

ASPARAGINÉES 

Convallaria maialis L. — Humereuil, Givenchy-le-Noble (R.) ; forêt de 
Saint-Michel près Saint-Pol (D 1 " C.) ; bois des Dames près Lapugnoy, 
sur la silice; bruyères siliceuses SAngres à Souches; bois siliceux de 
Boiry-Notre-Dame (M.) ; bois du Quesnoy entre Palluel et Oisy-le- Verger ; 
bois des Ne uf près Marcoing" (G.). 

Maianthemum bifolium Schmidt. — Helfaut (Q.); abond. dans le bois 
du Quesnoy près Oisy-le- Verger, sur la silice (G.). 

Paris quadrifolia L. — Clemeu (R. et D.) ; Sentis, Hézecques, Dohem 
(Piedfort) ; coteaux boisés entre Heuckin et Anvin (M.). 

DIOSCORÉES 

Tamus communis L. — Çlenleu (R. et D.); Lottinghen, Dohem, Upen 
(de L.) ; coteaux calcaires boisés entre Heuchin et Anvin (D r C. et M.) ; 
bois du Châtelet à Pas-en- Artois (M.). — Parait manquer dans le Cam- 
brésis et à Test d'Arras. 

AMARYLLIDÉES 

Narcissus Pseudo-Narcissus L. — Clenleu, dans un enclos (R. et D.) ; 
prairie à Lattre-Saint-Quentin (D r C). 

Galanthus nivalis L. — Prairie à Latlre-Saint-Quentiu (D r C). 

ORCHIDÉES 

Loroglossum hircinum Rich. — Est certainement disparu d\4rras et 
SHesdin où il a été autrefois signalé par Dovergne et Lestiboudois. — 
La seule localité actuellement connue dans les collines d'Artois est 
celle de Cambla in- Châtelain, qui paraît, elle aussi, bien près de dispa- 
raître. J'ai visité Tété dernier, en compagnie de M. P. Dumon, le coteau 
herbeux et calcaire où se trouve cette espèce; il ne restait plus que 
quatre ou cinq pieds distribués sur un espace de deux m. q. environ, 
près de la route, à quelques pas du bois. Ce coteau, qui sert de pré 
communal, est très fréquenté, surtout par les enfants; les fleurs si sin- 
gulières de cette espèce ne manquent pas d'attirer leur attention, aussi 
sont-elles toujours détruites aussitôt leur première apparition. 

Orchis purpurea Huds. ; O. fuse a Jacq. — Coteaux calcaires boisés à 

Heuchin, et le long de la rivière entre ce village et Anvin (D r C. et M.); 

forêt de Saint-Michel près Saint-Pol (D r Planque) ; coteaux calcaires à 

Vicl-Forl, entre Divion et Houdain, et à Bours, à l'extrémité du bois 



364 JOURNAL DE BOTANIQUE 

de la Lihne (Dum. et M.); coteaux calcaires boisés entre Pas-en-Artois 
et Famée hon (M.); bois d' Havr incourt, au Mont de Trescault, sur la 
craie; coteaux calcaires boisés de. Vaucelles et du bois Couillet entre 
Marcoing et Villers-Plouich. (G.). 

— Forma : albiflora. Casque d'un blanc un peu verdàtre ; labelle 
d'un blanc très pur, à lobes latéraux un peu plus larges que dans 
les autres formes colorées.  — J'ai recueilli cette forme remar- 
quable (mai 1887), en compagnie de M. P. Dumon, sur le coteau 
calcaire à l'entrée du bois de Camblain-Châtelain, à quelques 
mètres du Loroglossum hircinum. 

Orch. militaris L. (excl. var. (3. y. 8. s.); O. Riviui Gouan; O. galeala 
Poir. in Lamk. — Forêt d' Hesdin, sur la lisière exposée au midi, à la 
hauteur de Guizy; ruines de Viel-Hesdin, peu abond. (D r C.) ; abond. 
sur les coteaux calcaires qui dominent le village <S Heuchin, et quelques 
exemplaires sur ces mêmes coteaux vers Berguenezise (D r C et M.). 

X Orch. Jacquini Godr. ; O. purpureo-militaris Gren. et Godr. 3 sub- 
purpureo-militaris Timb. ; O. hybrida Bœngh. ap. Rchb.; O pur pure a 
var. Jacquini Coss.et Germ. — Coteaux calcaires qui dominent Heuchin, 
au milieu des parents (D r C. et M.). 

Orch. Morio L. - — Dohem, Thérouanne (de L.); Gosnay, sablière k]V en- 
trée du bois des Dames, près la Chartreuse (M.). — On peut observer 
sur les bruyères entre Angres et Souches de nombreux exemples du 
grand polymorphisme de cette espèce. Les formes y varient pour la 
taille depuis quelques centimètres jusqu'à plus de trois décimètres, et 
pour la couleur des fleurs depuis le pourpre le plus foncé jusqu'au blanc 
le plus pur, avec toute les teintes violettes et lilas intermédiaires (D r C, 
et M.). 

Orch. mascula L. — Coteaux boisés entre Heuchin et Anvin (C p C. et 
M.) ; forêt de Saint-Michel près Saint-Pol (D r Planque). 

Ophrys muscifera Huds. — Coteaux calcaires entre Heuchin et Anvin 
(D r C. et M.); forêt de Saint-Michel près Saint-Pol (D r Planque); co- 
teaux calcaires d'Ablain-Saint-Nazaire et entre Pas-en-Artois et Fame- 
chon (M.) ; bois Couillet près Marcoing, dans un taillis, sur le calcaire '-, 
coteaux cale. d 1 Es/tes à Caudry (G.). 

Ophr. aranifera Huds. — Coteaux calcaires boisés à Viel-Fort, entre 
Divion et Houdain; quelques exemplaires seulement. — Il est fort 
abond. sur les coteaux calcaires arides, au milieu des Genévriers, à l'ex- 
trémité du bois de la Lihne, derrière le village de Bours (Dum. et M.)- 

Ophr. apifera Huds. — Coteaux calcaires le long de la rivière d'Heu- 
chin à la hauteur de Bergueneuse (D 1- C. et M.). 

Gymnadenia conopea R. Brw. — Escœuilles (de L.) ; coteaux calcaires 
entre Heuchin et Anvin (D r C. et M.) ; coteaux calcaires arides près 
Rcellecourt (M.); marais d'Arleux (R. et D.); prairies de Mont-aux- 
Villes entre Gary et Bertry (G.) . 



Abbé Masclef. — Contributions nouvelles a la flore des collines d'Artois. 365 

Platanthera bifolia Rich. — Bruyères d'Ancres (M.) ; prairies humides 
de Mont-aux-Villes, près du chemin de Clary à Bertry (G.I. 

Cephalanthera grandiflora Babingt. — Coteaux boisés entre Heuchin 
et Anvin, sur le calcaire (D 1 ' C. et M.) ; Villers-Plouich, coteau près du 
vill.ïtre. et au bois Couillet, sur la craie: coteaux calcaires d^Esnes dans 
le bois de Longsart (G.). 

Epipactis latifolia Ail. — Forêt de Saint-Michel, près Saint-Pol ; bois 
du Châtelet à Pas-en- Artois (M.). 

Neottia Nidus-avis Rich. — Forêt de Xiclles-lcs-Bléquin (de L.); bois 
de Marets près Busigny (G.). 

LEMNACÉES 

Lemna arrhiza L. ; Wolffia Michelii Schleid; W. arrkica Coss. et 
Germ. — Marais d\4tkies (M.). 

TYPHACÉES 

Typha angustifolia L. — Montreuil-sur-Mer, Brimeux (R. et D.) ; ma- 
rais de Rœux (M.); Rumaucourt, Ecourt-Saint-Quentin (R. et D.); forti- 
fications de Bouchain (G.). 

Sparganium simplex Huds. — Marquion (R. et D.). 

JONCÉES 

Juncus supinus Mcench. — Petits marécages des bruyères d'Ancres à 

Souches (M.). 

Luzula sylvatica Gaud. ; L. maxima DC. — Lottinghen, forêt de Nielles- 
les-Bléquin; forêt de Clairmarais (de L.); bois des Dames près la Char- 
treuse de Gosnay (M.). 

CYPÉRACÉES (I) 

Heleocharis acicularis R. Brwn. Link. — Cambrai (G.). 

Garex pulicaris L. — Petit marais au bas de la bruyère de Beuvry (M. 
— Déjà signalé par de Mélicocq). 

C. paniculata L. — Marais de la Sensée de Sauchy-Lcstrée a Palluel; 
Cambrai, vers Proville (G.). 

C. leporina L. — Bois de Bourlon (R. et D.); bois siliceux de Gattignies 
près Clary (G.). 

C. remota L. — Bords d'un ruisseau à Lottinghen (de L.) ; Bauval près 
Crèvccœur, les Faux- Viviers près Busigny (G.). 

C. Goodenoughii J. Gay. — Marcoing, petite prairie marécageuse le long 
du canal, près de la gare (G.). 

C. pendula Huds. ; C. maxima Scop. — Forêt de Clairmarais (de L.). 

1. M. Dumon m'affirme avoir trouvé l'Eriophorum gracile dans le bois des 
Dames près Lapug-noy; je n'ai pas vu d'échantillon authentique. — Je n'ai ren- 
contré dans ces bois que VF. angustifolium Roth. 



366 JOURNAL DE BOTANIQUE 

C. pilulifera L. — Bois du Quesnoy près Oisy-le-Verger; bois des Neuf 
près Marcoing- (G.). 

C. flava L. Var. Œderi Coss. et Germ.; C. Œderi Ehrh. — Marais de 
Rumaucourt (R. et D.). 

C. Pseudo-Cyperus L. — Moutreuil-stir-Mer, Brimeux^ Oisy-le- Verger 
(R. etD.); environs de Cambrai ■& Saint-Roch et vers Proville; fortifi- 
cations de Bouc/tain] les Faux- Viviers près Busigny (G.). 

C. vesicaria L. — Marais de Bauvin (V. Personnat in herb. M.). 

C. filiformis L. — Marais d' 'Aubiguy-au-Bac (G.). 

GRAMINÉES 

Setaria viridis Pal. Beauv.; Panicumviride L. — Havrincourt, Cantaing 
(Q.), Bourlon, Cambrai dans les champs entre Saint-Druon et la Cita- 
delle, près de la lig-ne de Picardie-Fiandre ; Neuville-Saini-Remy ; Mar- 
coing (G.). 

S. glauca Pal. Beauv. ; Panicum glaucum L. — Bourlon, assez fréquent 
dans les champs après la moisson, près du bois vers Anneux ; Cambrai, 
lieux incultes, décombres ; Ribécourt, champs argilo-sablonneux près du 
bois Couillet (G.). 

Panicum Crus-galli L. — Bourlon, près de la sablière ; Cambrai, bords 
d'un chemin vers Morenchies et vers Escaudœuvres (G.). 

Aira caryophyllea L. — Tardinghcu, Audinghen, Lottingheu, Nielles- 
les-Ardres (de L. ). 

A. prsecox L. — Tardingken (de L.). 

Avena pratensis L. — Arras (R.). 

Catabrosa aquatica Pal. Beauv. — Tardingken^ Lottingheu; Etrun 
(de L.). 

Poa pratensis L. Var. angustifolia Smith.; P. angu^tifolia (L. r) 
Smith. — Bords de la chaussée Brunehaut entre Dohem et Cle'ly (de L.). 

Scleropoa rigida Griseb. ; Festuca rigida Kunth. — Vieux murs à Eirzm 
(M.) ; murs de Péglise de Trescault ; champs crayeux entre Ribécourt 
et Beaucamp; bords d'un champ sur la pente du coteau de Caudry à 
Esnes, à peu de distance de la station de Caudry (G.). 

Molinia cœrulea Mcench. — Tardingken (de L.); bois du Quesnoy près 
Oisy-le-Verger (G.). 

Danthonia decumbens DC. — Nielles-les-Ardres (de L.) 

Bromus erectus Huds. — Fortifications d' 'Arras (R.). 

Lolium multiflorum Lamk. — Moissons des coteaux calcaires entre Pas- 
en- Artois et Fameckon (M.) ; champs crayeux près la station de Caudry 

(G.). 

FILICACÉES 

Ophioglossum vulgatum L. — Marais de Guînes (de L.). 



Abbé Masclef. — Contributions nouvelles à la flore des collines d'Artois. 367 

Polypodium Dryopteris L. — Cambrai, vieux murs à l'intérieur de la 

ville (G.). 

Scolopendrium officinale Sm. — Cléty, Do hem, Qziestrecques (deL.); 
Eglise de Preures, Aletie, Alontrettil-sur-Mer (R. et D.); murs du Châ- 
teau à Pas-en-Artois (M.); Avesnes-le-Sec, anciens puits d'extraction de 
la craie; Cambrai, vieux murs des fortifications, près de la Citadelle; 
murs de l'abbaye de Vaucelles ; station de Beriry, dans le puits; le 
Cateau, dans le puits du presbytère (G.). 

Asplenium Trichomanes L. — Enquin, Hiicqueliers, Eglise de Clenleu, 
Sempy (R. et D.); Givenchy-le-Noble (R.) ; Duisans (D r C.); Pas-en- 
Artois (M.) ; Marquion (R.); Anneux; vieux murs de la crypte de l'ab- 
baye de Vaucelles ; Cambrai, vieux murs des fortifications, près de la 
Citadelle ; Hordain près Bouchain (G.). 

A. Adianthum-nigrum L. — Murs de l'Eglise de Berck (M.) ; Avesnes- 
Ies-Aubert, dans le puits du presbytère (G.). 

Polysticum spinulosum DC. — Bois siliceux de Boiry-Notre-Dame 

(M.). 
Aspidium aculeatum Dœll., Var. lobatum Kuntz. ; A. lobatum Sw. 

A. aculeatum, var. vulgare Gren. et Godr. — Anvin, au pied d'un vieux 

mur auprès de la gare (D r C. et M.) ; Manin (D r C). 

Il y aurait, à la suite de cette liste, bien des remarques nou- 
velles et intéressantes à faire sur la Géogi'aphie botaniqtie des 
collines d'Artois , au double point de vue de la distribtition 
géogi-aphique des espèces et de X influence chimiqtte du sol, mais 
ne voulant pas sortir du cadre que je me suis tracé en commen- 
çant ce petit travail, je m'abstiendrai pour le moment de toute 
généralisation. Je me bornerai simplement, pour terminer cet 
article, à énumérer les espèces dont la présence vient d'être si- 
gnalée pour la première fois ou n'avait plus été constatée depuis 
très longtemps dans la région des collines d'Artois. 

\ T ingt-deux me paraissent devoir y être considérées comme 
indigènes ou au moins fort anciennement naUtralisées , ce sont : 
Anémone Pulsatilla, Ranuncuhis Godroui, TJilaspi perfoliahim, 
Holosteum umbcllatum, Sedum micranthttm , Potentilla ar- 
gentea, Myriophyllum spicatum, Ceutaurea pratensis ', Senecio 
saracenicus, Vincetoxicum officinale, Verbascum floccostim, 
V. Schiedeauit/u, Veronica tripliyllos, Digitalis purpîtrea, Ca- 
lamintha ment hœfo lia, C. Nepeta, Lamium hybridum, Orchis 
Jacquini, HeleocJiaris acicttlaris , Carex vesicaria, Poa angus- 
tifolia, Aspidium lobatum. 



3 68 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Treize autres sont manifestement introduites et plus ou moins 
bien naturalisées, ce sont : Fumaria pallidiflora , Neslia pani- 
culata, Calepina Corviui, Géranium pratense , Vicia tenuifolia, 
Petasites fragrans, Lactuca Scariola, Verbascttm Blattaria, 
Amarantus retroflexits, Cheuopodùtm opulifolium\ Ch. glaucum, 
Allium oleraceum, Setaria glauca. Je suis également porté à 
considérer comme telles le Galeopsis versicolor et le Poly podium 
Dryopteris . 

Enfin une dizaine d'espèces, comme Rœmeria hybrida, Glau- 
cium corniculatttm, Sisymbrium panuonicum , Erysimum perfo- 
liatum, Rapistrwu rugosum, Silène dichotoma et quelques 
autres signalées en note, doivent être regardées comme pure- 
ment adventives, bien qu'elles se conservent depuis plusieurs 
années dans les décombres et près des habitations ou des terrains 
cultivés où elles ont été observées la première fois. 

Je voudrais encore citer les nombreuses espèces rares dont 
de nouvelles localités ont été découvertes et dont la distribution 
se trouve ainsi mieux étudiée, mais les botanistes du nord, que 
ces quelques pages pourront intéresser, les distingueront aisé- 
ment. Puisse cette publication de leurs découvertes les porter à 
entreprendre de nouvelles recherches dans une circonscription 
florale qui, si petite et si pauvre qu'elle soit, n'est pas encore 
connue dans tous ses détails, et dont la patiente exploration leur 
réserve certainement encore des surprises d'autant plus agréa- 
bles qu'elles deviennent de plus en plus rares. 

CHRONIQUE 

Société mycologique de France. Séance du 4 octobre. — M. Patouillard 
tait une nouvelle communication sur les Champignons de l'Orénoque recueillis 
par M. Gaillard. 

M. Rolland entretient la Société des Champignons de la vallée de Chamounix. 
Parmi les espèces intéressantes qu'il a observées on peut citer : Mycena rosella, 
Rzissula mustelina, Cortinarius traganus, Polyporus cavipes, P. copjîuens, 
P. ovimus, Tramâtes odorata, Craiercllus clavatus, Spalladaria flavida, 
Cudotua circinans, etc. 

M. F. W. Oliver remplace son père, M. Daniel Oliver, au collège de l'Uni- 
versité de Londres. 

M. Sydney Vines succède à M. Balfour dans la chaire de Botanique d'Edim- 
bourg. 

Le Gérant : Louis Morot. 



Parla. — I. Mercah. linp., 22, W- Ueufurt- RMUerou. 



2 e ANNÉE N" 21 i' r NOVEMBRE 1888 



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JOURNAL DE BOTANIQUE 

Directeur: M. Louis MOROT 



SUR LA LIMITE DU CYLINDRE CENTRAL ET DE L'ECORCE 

DANS LES 

CRYPTOGAMES VASCULAIRES 

Par M. Ph. VAN TIEGHEM 

On sait que les plantes vasculaires ont en dehors du liber une 
assise de cellules ordinaires, entourée d'une assise de cellules 
plissées. Chez les Phanérogames, l'assise supralibérienne appar- 
tient, comme le liber, au cylindre central, ou au faisceau libéro- 
ligneux si le membre considéré estastélique ; elle dérive, en effet, 
des initiales du cylindre central, dont elle est l'assise périphé- 
rique : en un mot, elle est le péricycle '. L'assise plissée, au con- 
traire, appartient à l'écorce ; elle dérive, en effet, des initiales 
de l'écorce, dont elle est l'assise interne : en un mot, elle est l'en- 
doderme. La limite du cylindre central et de l'écorce est donc 
située, chez les Phanérogames, entre ces deux assises superpo- 
sées. En est-il de même chez les Cryptogames vasculaires ? L'ana- 
logie porte à répondre affirmativement à cette question ; mais 
l'analogie, quand on passe d'un embranchement à un autre, est 
souvent trompeuse et il est nécessaire de résoudre directement le 
problème. C'est ce qu'on se propose de faire dans cette petite 
Note, en considérant successivement la racine, la tige et la feuille 
de ces plantes (i). 

Racine. — J'ai décrit, en 187 1, l'assise plissée dans la racine 
des diverses Cryptogames vasculaires et constaté qu'elle est sépa- 
rée des faisceaux ligneux et libériens par une autre assise, simple 
ou multiple, de cellules ordinaires, assise qui ne manque que chez 
les Equisetum. En même temps, j'ai admis que l'assise plissée 
appartient à l'écorce, l'autre au cylindre central, ou pour em- 



1. On se bornera ici aux points essentiels, réservant le détail des observations, 
les dessins à l'appui et la critique des opinions émises par les auteurs précédents 
pour un Mémoire étendu, actuellement en cours d'impression. 



370 JOURNAL DE BOTANIQUE 

ployer les termes usités aujourd'hui, qu'elle est l'endoderme, 
l'autre le péricycle. La limite du cylindre central et de l'écorce 
passe donc dans la racine des Cryptogames vasculaires, comme 
dans celle des Phanérogames, en dedans de l'assise plissée (i). 

Cette opinion, conforme à celle que MM. Naegeli et Leitgeb 
avaient émise en 1868, bien que ces anatomistes n'eussent pas 
aperçu les plissements caractéristiques del'assise corticale interne, 
a été adoptée par tous les auteurs qui ont suivi, notamment par 
M. Russow (1872 et 1875), par A. de Bary (1877), par M. Treub 
pour les Selaginella (1877), etc. C'est tout récemment qu'elle a 
été, pour la première fois, contredite par M. Lachmann. Suivant 
ce botaniste, dans la racine des NepJirolepis et de beaucoup 
d'autres Fougères, l'assise plissée et l'assise sous-jacente ont une 
origine commune et appartiennent toutes deux au cylindre cen- 
tral (2). La limite entre le cylindre central et l'écorce passerait 
donc en dehors de l'assise plissée, laquelle ne mériterait plus dès 
lors le nom d'endoderme, puisqu'elle serait l'assise externe du 
péricycle ; c'est l'assise située en dehors d'elle qui serait l'endo- 
derme. 

Devant une contradiction aussi formelle, il y avait lieu de re- 
prendre la question en étudiant la marche du cloisonnement tan- 
gentiel dans les segments issus de la cellule terminale ou de la 
cellule-mère de la racine, ce que j'ai fait de trois manières : par 
des coupes longitudinales axiles du sommet de la racine latérale 
développée, par des coupes longitudinales de la tige passant 
par l'axe d'une racine latérale encore incluse, par des coupes 
transversales de la racine latérale développée passant par l'axe 
d'une radicelle encore incluse, trois méthodes qui conduisent au 
même résultat. 

Considérons d'abord les Fougères et prenons pour premier 
exemple un Pteris (Pt. cretica, Pt. Blumeand). Les segments 
découpés parallèlement aux trois faces planes de la cellule termi- 
nale ou de la cellule-mère, qui s'empilent en trois séries pour for- 
mer le corps de la racine ou de la radicelle, se cloisonnent tan- 
gentiellement dansl'ordresuivant. Unepremière cloison dédouble 

1. Ph. Van Tieçhem : Mémoire sur la racine (Ann. des se. nat., 5 e série, xiii, 
p. 59 et suiv., 1871J. 

2. Lachmann : Recherches sur la morphologie et l'anatomie des Fougères 
(Comptes rendus, CI, p. 603, 1885). 



Ph. Van Tieghem. — Limite de l'écorce dans les Cryptogames vasculaires. 371 

le segment, puis une seconde cloison en dédouble de nouveau la 
moitié interne. Des trois cellules ainsi formées, l'interne, sé- 
parée en second lieu, produit le cylindre central, et la première 
cloison tangentielle qui s'y fait découpe en dehors l'assise de 
parenchyme qui recouvrira plus tard les faisceaux ligneux et 
libériens; cette assise est donc, et est seule, le péricycle. La 
cellule moyenne, séparée en même temps que l'interne, prend 
de très bonne heure une cloison tangentielle ; l'assise interne 
demeure simple et acquiert bientôt les plissements caractéris- 
tiques; l'assise externe se dédouble ensuite une seule fois. L'as- 
sise plissée a par conséquent une origine commune non pas avec 
l'assise située en dedans d'elle, mais avec les deux assises situées 
en dehors d'elle ; à elles trois elles constituent la zone corticale 
interne. L'assise plissée est donc l'assise la plus interne de 
l'écorce, c'est-à-dire l'endoderme. Quant à la cellule externe, 
séparée la première, elle prend d'abord une cloison tangentielle 
qui découpe en dehors l'exoderme, puis elle se dédouble de nou- 
veau ; sa moitié externe se divise ensuite à deux reprises et 
donne trois assises corticales ; sa moitié interne fait de même et 
en donne trois autres ; ces six assises constituent la zone corticale 
externe, dont le développement ne peut être dit, comme on voit, 
ni centripète, ni centrifuge. L'ensemble du tissu qui recouvre le 
cylindre central, et qui procède des deux cellules externes du 
segment, comprend donc en définitive dix assises; les sept 
externes sont séparées tout d'abord des trois internes, avant 
même que celles-ci ne soient séparées du cylindre central ; puis 
l'exoderme se découpe le premier en dehors du groupe externe, 
en même temps qne l'endoderme se découpe le premier en dedans 
du groupe interne. La différenciation de l'endoderme est donc 
très précoce et c'est là une différence marquée par rapport aux 
Phanérogames ; mais c'est la seule et elle n'est après tout que 
secondaire. Pour être séparé de très bonne heure au bord interne 
de l'écorce, en même temps ou même avant que le péricycle ne 
se sépare au bord externe du cylindre central, l'endoderme n'en 
dérive pas moins de l'écorce aussi certainement que chez les 
Phanérogames; cette circonstance rend seulement la chose un 
peu plus difficile à constater. 

La marche du cloisonnement tang-entiel des segments trian- 
gulaires est la même dans plusieurs autres genres, notamment 



372 JOURNAL DE BOTANIQUE 

dans les Scolopendrium , Platycerium, Lonchiiis, Adianttwi, 
Lygodium, Aneimîa, Hymenophyllum, etc. Chez toutes ces 
plantes, la cellule externe du segment, une fois l'exoderme 
séparé, se dédouble un plus ou moins grand nombre de fois, 
comme chez les Pteris, pour donner une épaisse zone corticale 
externe; la cellule moyenne, au contraire, une fois l'endoderme 
séparé, ne se dédouble qu'une seule fois ou demeure simple, de 
façon que la zone corticale interne est très mince. 

Ailleurs, c'est le contraire qui a lieu, mais c'est la seule diffé- 
rence. Dans le Struthiopteris germanica, par exemple, la pre- 
mière cloison tangentielle du segment se fait plus près de l'exté- 
rieur et la cellule plus petite ainsi découpée, une fois l'exoderme 
séparé, demeure simple indéfiniment ou ne se dédouble qu'une 
seule fois. Au contraire, la cellule moyenne, découpée par la 
seconde cloison du segment, une fois l'endoderme séparé vers 
l'intérieur, se dédouble à plusieurs reprises et forme une zone 
corticale interne qui compte en définitive dix assises, onze avec 
l'endoderme. Il en est de même dans les Microlepia , Aspidium , 
Davallia, Polypodîum, Asplenium, Bleclmum, Nephrolepis, 
Cyathea, etc. 

Il en est encore de même dans les Osmuuda et Todea , avec 
cette différence qu'ici la cloison séparatrice du cylindre central 
se forme la première, tandis que la cloison qui sépare l'écorce en 
une zone externe mince et une zone interne épaisse n'apparaît 
qu'en second lieu. 

En somme, la marche du cloisonnement tangentiel des seg- 
ments triangulaires offre, il est vrai, trois modifications chez les 
Fougères; mais ces modifications sont sans importance pour 
l'objet que nous avons en vue. Que la cloison corticale naisse la 
première ou la seconde, que la zone corticale externe soit plus 
mince ou plus épaisse que la zone interne, peu importe. L'essen- 
tiel est que partout l'assise plissée procède de la cellule moyenne 
du segment, qui est corticale, et mérite le nom d'endoderme, 
tandis que partout l'assise qu'elle recouvre procède delà cellule 
interne du segment, constitutive du cylindre central, et mérite 
le nom de péricycle. En ce qui concerne les Fougères, l'ancienne 
opinion relativement àjla limite du cylindre central et de l'écorce 
dans la racine est donc bien fondée et se trouve maintenant direc- 
tement démontrée. 



Ph. Van Tikohkm. — Limite de l'écorce dans les Cryptogames vasculaires. 373 

Les choses se passent de même dans la racine des Marattia- 
cées (Marattia, Angiopteris), des Ophioglossées (Botrychium) 
et des Hydroptérides (Marsilia, Pilularia, Azolla) . Dans le 
Marsïh'a Drummondiï, par exemple, chaque segment triangu- 
laire prend d'abord une cloison tangentielle vers l'extérieur, 
puis une seconde cloison tangentielle en dedans de la première. 
Des trois cellules ainsi formées, l'interne produit le cylindre 
central et découpe de bonne heure l'assise qui enveloppera plus 
tard le liber et le bois, assise qui est par conséquent, et qui est 
seule, le péricycle. L'externe ne prend qu'une cloison tangen- 
tielle, qui sépare l'exoderme et l'assise externe de l'écorce pro- 
prement dite. La moyenne enfin prend une première cloison 
tangentielle qui sépare en dedans l'assise plissée, puis divise à 
plusieurs reprises sa cellule externe de dehors en dedans pour 
former les assises, au nombre de six ordinairement, qui com- 
posent la zone interne de l'écorce proprement dite; l'assise plis- 
sée appartient donc à l'écorce, bien qu'elle s'y différencie de 
très bonne heure ; elle est l'endoderme. Dans sa totalité, l'écorce 
comprend neuf assises, l'exoderme, l'endoderme et sept assises 
intermédiaires, et de ces neuf assises les deux externes sont sé- 
parées des autres avant que celles-ci ne le soient du cylindre 
central. En un mot, les choses se passent dans les Marsïh'a 
comme dans ces Fougères que nous avons groupées plus haut 
autour du type Asplenium. Dans les Marattia et Angiopteris, 
c'est aussi la zone corticale externe qni est mince, la zone cor- 
ticale interne qui est épaisse, mais la cloison séparatrice du 
cylindre central s'y forme la première, la cloison médio-corticale 
la seconde; sous ce rapport, comme sous plusieurs autres, ces 
plantes ressemblent aux Osmîtuda et Todea. 

Dans les Equisetum (E. variegatum, trachyodon, palustre, 
etc.), c'est la première cloison tangentielle des segments triangu- 
laires qui sépare en dedans le cylindre central, et non la seconde 
comme dans la plupart des Filicinées ; de plus, les premiers 
vaisseaux et les premiers tubes criblés s'y forment plus tard di- 
rectement contre cette cloison ; il n'y a pas de péricycle. La cel- 
lule externe issue de ce premier dédoublement prend ensuite 
une cloison tangentielle qui sépare directement l'exoderme en 
dehors. Puis, la cellule moyenne, comprise entre le cylindre cen- 
tral et l'exoderme, prend une série de cloisons tangentielles 



374 JOURNAL DE BOTANIQUE 

centrifuges et constitue l'écorce ; l'assise plissée est la première 
des assises ainsi formées; elle est donc l'endoderme. Seulement 
elle ne reste pas simple comme dans toutes les Filicinées ; un 
peu plus tard elle prend une cloison tangentielle en dedans des 
plissements, qui se trouvent ainsi reportés sur l'avant-dernière 
assise corticale. La tardivité de ce cloisonnement montre bien 
qu'il s'agit ici d'un endoderme dédoublé. 

Dans les Selagînella (S. ïiiccqualifolia, }Uallichn, etc.), 
chaque segment triangulaire issu de la cellule terminale prend 
d'abord une cloison tangentielle, puis une seconde cloison exté- 
rieure à la première. Des trois cellules ainsi constituées, l'interne, 
séparée la première comme dans les Osmunda, Eqw'setimi, etc, 
produit le cylindre central et découpe de bonne heure en dehors 
l'assise qui enveloppera plus tard le liber et le bois, assise qui 
est, par conséquent, et qui est seule, le péricycle. L'externe ne 
prend qu'une cloison tangentielle et sépare l'exoderme avec 
l'assise externe de l'écorce proprement dite. La moyenne se 
dédouble d'abord et tandis que la moitié interne devient l'assise 
plissée, la moitié externe se divise un certain nombre de fois 
pour former la zone interne de l'écorce proprement dite ; l'assise 
plissée appartient donc à l'écorce, elle est l'endoderme. En un 
mot, les choses se passent sous ce rapport dans les Selagînella 
comme dans les Fougères du type Aspleniinii, comme dans les 
Marsilia , ou mieux comme dans les Osmuuda et Todea. 

Enfin dans les Isoetes et les Lycopodïiim, où Técorce et le 
cylindre central ont, comme on sait, des initiales distinctes, 
l'assise plissée procède des initiales de l'écorce,, elle est l'endo- 
derme; l'autre dérive des initiales du cylindre central, elle est le 
péricycle. 

De ce qui précède il résulte que, dans la racine de toutes les 
Cryptogames vasculaires, l'assise extérieure aux faisceaux li- 
gneux et libériens dérive de la même origine que ces faisceaux, 
appartient par conséquent au cylindre central, en un mot est le 
péricycle, tandis que l'assise plissée dérive de la même origine 
quelazone corticale interne, appartient par conséquent à l'écorce, 
en un mot est l'endoderme. La limite du cylindre central et de 
l'écorce passe entre ces deux assises, comme dans la racine des 
Phanérogames. Les radicelles, qui naissent ici dans l'endoderme, 
sont donc d'origine corticale, tandis que chez les Phanérogames, 



Ph. Van Tieghem. — Limite de l' croire dans les Cryptogames vasculaires. 375 

où elles procèdent du péricycle, elles sont d'origine stélique. 
Quand on passe de l'un de ces embranchements à l'autre, ce qui 
se déplace dans la racine, c'est le. lieu de formation des ra- 
dicelles, comme il était admis, et non pas la limite du cylindre 
central, comme il paraissait d'après les recherches les plus 
récentes. 

Tige. — Contrairement à ce qui a lieu pour la racine, l'opi- 
nion généralement admise au sujet de l'assise plissée et de l'assise 
qui entoure le liber dans la tige des Cryptogames vasculaires est 
que ces deux assises ont une origine commune, qu'elles appar- 
tiennent soit toutes deux à l'écorce, soit toutes deux au cylindre 
central, en d'autres termes, que la limite du cylindre central doit 
être tracée soit en dedans, soit en dehors d'elles. Pour M. Russow, 
elles appartiennent toutes les deux à l'écorce (1). A. de Bary 
admet bien leur origine commune, mais sans dire la région à 
laquelle il les rattache (2). M. Treub, dans les Selaginella, les at- 
tribue toutes deux à l'écorce, comme M. Russow (3). Au con- 
traire, M. de Janczewski les rattache toutes deux au faisceau, 
c'est-à-dire au cylindre central, dans les Fougères et les Marsi- 
liacées (4). Il dit notamment, à propos du Pteris aqui'Iiiia : « La 
couche du parenchyme amylifère extérieure au liber possède 
une origine commune avec l'endoderme et constitue avec lui une 
partie intégrante du faisceau » (/oc. cit., p. 60). Enfin M. Lach- 
mann a émis récemment la même opinion au sujet des Fou- 
gères (5). 

Voyons donc comment s'opère le cloisonnement tangentiel 
des segments issus de la cellule terminale, d'abord dans la tige 
des Fougères, en prenant pour exemple les stolons aphylles des 
Nefihrolepis (N. davalliodes, exaltai a, etc.), qui étant monos- 
téliques se prêtent plus facilement aux recherches. Les coupes 

1. Russow : Vergleichen.de Untersuchungeu (Mém. de l'Acad. de Saint-Pé- 
tersbourg-, xi\, p. 1Q5, 1872) et Betrachtungen i'iber Leitbiïndel (Dorpat, 1875, 
P- 77)- 

2. A. de Bary : Vergleichende Analomie, p. 359, 1877. 

3. Treub : Recherches sur les organes de végétation du Sela.çinella Marten- 
sii, Leyde, 1877, p. 11. 

4. E. de Janczewski : Etudes comparées sur les tubes cribreux (Ann. des se. 
nat., 6° série, xiv, p. 50, 1882). 

( 5. Lachmann : Recherches .sur la morphologie et l'anatomic des Fougères 
Comptes rendus, CI, p. 603, 1885) et Sur l'origine des racines latérales dans les 
Fougères (Comptes rendus, CV, p. 135, 1887). 



376 JOURNAL DE BOTANIQUE 

axiles de l'extrémité d'un pareil stolon montrent la cellule ter- 
minale tétraédrique se cloisonnant parallèlement à ses trois faces 
planes. Chacun des segments ainsi produits prend d'abord une 
cloison tangentielle vers l'intérieur, puis une seconde cloison 
tangentielle extérieure à la première. Des trois cellules ainsi 
formées, l'interne, séparée la première, contrairement à ce qui 
a'iieu'dans la racine de la même plante et de la plupart des 
Fougères, produit le cylindre central et découpe bientôt en 
dehors l'assise qui entourera plus tard le liber, assise qui est par 
conséquent, et qui est seule, le péricycle. La cellule moyenne 
donne l'assise plissée et la zone corticale interne ; l'assise plissée 
appartient donc à l'écorce, elle est l'endoderme. La cellule 
externe donne l'épiderme et la zone corticale externe. La 
limite du cylindre central et de l'écorce passe donc entre l'assise 
supralibérienne et l'assise plissée. 

Le'cloisonnement tangentiel des segments issus de la cellule 
terminale suit la même marche dans la tige des Alarsilia, qui 
est, comme on sait, polystélique gamostèle. Dans le M. Drum- 
nwndiï, par exemple, le segment prend d'abord une cloison 
tangentielle vers l'intérieur, puis une nouvelle cloison tan- 
gentielle extérieure à la première. La cellule interne, séparée 
la première, contrairement à ce qui a lieu dans la racine de la 
même plante, produit le cylindre central et découpe à l'extérieur 
l'assise qui entourera plus tard le liber; cette assise est donc, et 
est seule, le péricycle. La cellule moyenne produit l'assise plissée 
et la zone corticale interne; l'assise plissée est donc l'endoderme. 
La cellule externe produit l'épiderme et la zone corticale 
externe. Ici encore, la limite du cylindre central et de l'écorce 
passe entre l'assise supralibérienne et l'assise plissée. 

Il en est de même dans la tige des Equisetum. Il en est de 
même aussi dans celle des Selaginella, bien que l'endoderme, 
dépourvu de plissements, y prenne, comme on sait, un caractère 
tout particulier. 

On voit donc, contrairement à l'opinion admise, que dans la 
tige des Cryptogames vasculaires l'assise supralibérienne dérive 
de la même origine que le liber, appartient par conséquent au 
cylindre central, en un mot est le péricycle, tandis que l'assise 
plissée procède de la même origine que la zone corticale interne, 
appartient par conséquent à l'écorce, en un mot est l'endoderme. 



A. Franchet. — Lefrovia, genre nouveau de MuHsiacées. 377 

La limite du cylindre central et de l'écorce passe entre ces deux 
assises, comme dans la tige des Phanérogames. Les racines laté- 
rales, qui naissent ici de très bonne heure dans l'assise produc- 
trice de l'écorce interne et de l'endoderme définitif, dans ce 
qu'on peut appeler l'endoderme actuel, sont donc d'orig-ine 
corticale, tandis que chez les Phanérogames, où elles procèdent 
du péricycle, elles sont d'origne stélique. Quand on passe d'un 
embranchement à l'autre, ce qui se déplace dans la tige c'est 
le lieu de formation des racines latérales et non pas, comme il 
était admis, la limite du cylindre central. 

Cette limite est la même dans la racine et la tige des Phané- 
rogames. Elle est aussi la même dans la racine et la tige des 
Cryptogames vasculaires, contrairement à l'opinion générale- 
ment adoptée. On a vu, en effet, qu'à l'exception de M. Lach- 
mann, tous les autenrs qui admettent la communauté d'origine 
des deux assises limites dans la tige leur attribuent une origine 
entièrement distincte dans la racine. 

Fetnile. — Résolue pour la tige, la question l'est évidem- 
ment du même coup pour la feuille, et il n'y a pas lieu d'y 
insister ici. 

Concluons en disant que, dans toute l'étendue du corps des 
Cryptogames vasculaires, l'assise supralibérienne appartient au 
cylindre central (ou au faisceau), l'assise plissée à l'écorce (ou au 
tissu fondamental). La première mérite donc partout le nom de 
péricycle, la seconde celui d'endoderme. 



LEFROVIA, genre nouveau de MUTISIACEES 

Par M. A. FRANCHET 

(O)ioserideée). — Capitula homogama, radiatiformia, floribus om- 
nibus hermaphroditis. Involucrum late campanulatum ; bracteœ multi- 
seriales, exterioribus gradatim brevioribus, arcte imbricatae, rigide 
coriacese, lucidae, fuscae, praeter intimas crasse et rigide mucronatse, 
extimis breviter obovato-spatulatis, laciniatis, mediis et interioribus 
appendiculatis, appendice concava, spatulata, margine parum tenuiore 
erosis, intimis linearibus apice vix dilatatis; receptaculum leviter con- 
vexum, alveolarum mar<dne elevato, dentato, ciliolato. Flores ra- 



378 JOURNAL DE BOTANIQUE 

diantes albi (?), omnes extus sparse papillosi; corollae radii bilabiatœ, 
labio exteriore liguliforme, tridentato, labio interiore angustissimo, 
integro, apice revoluto, quam exterius subduplo breviore; corolke 
disci ultra médium in lobos 5 angustissimos, aequâles, apice revolutos 
partitae. Antherae longe exsertae basi caudatae, eaudis elongatis, subu- 
latis, glabris. Styli rami breviusculi, oblongi obtusi; pappus sordidus, 
setis pluriserialibus, inaequalibus. Achgenia oblonga, io-costata, dense 
villoso-seriçea. — Species 1. 

L. rhaponticoides. — Frutex (probabiliter) elatus, ramis capitu- 
ligeris pennae anserinae erassitie, fusco-rubris, brevissime lanuginosis; 
folia alterna, ampla (4-8 poil, longa), breviter petiolata, ovata vel 
ovato-elliptica, rigide papyracea, intégra, pallida, supra scabrata, sub- 
tus praesertim ad nervos pilosula, crebre reticulato nervosa; capitula 
magna (diam. 5 cent.), ac apieem ramorum solitaria, subsessilia, foliis- 
que sa?pius vix diminuas suffulta. — Planta speciosa. 

Hab. - — America meridionalis, in provincia Tarija (Bolivia), ubi 
detexit Weddell, mens. Tul. et Aug. 1S46 (Herb. Mus. paris.; Wedd. 
n. 4040, sub D/'aseuxis). 

Voisin du genre Hyalis et surtout du Plazia ; il diffère de 
l'un et de l'autre par la forme des fleurons, ceux du rayon ayant 
leur lobe intérieur entier et non bifide et ceux du disque étant 
tous divisés jusqu'aux 3/4 en lobes presque filiformes, dressés et 
converg-ents par leur sommet enroulé. En outre dans les Plazia 
les rameaux du style sont allongés, linéaires et dans les Hyalis 
l'appendice caudiforme des anthères est cilié. Le port du Lefro- 
vi a est d'ailleurs très différent de celui des diverses espèces 
des deux genres précités. 

Les capitules du L. rhaponticoides rappellent ceux du Rha- 
ponticum scariosum Dill. et les écailles ont la plus grande ana- 
logie de forme dans les deux plantes, celles du Lefrovia étant 
seulement plus brunes et d'une consistance plus coriace ; les 
feuilles sont aussi assez semblables, si ce n'est qu'elles sont 
brièvement pétiolées dans la Mutisiacée . 

Ce nouveau genre est dédié à la mémoire de Lefrou qui fut 
l'ami et le premier guide d'Aucher-Eloy dans ses recherches bota- 
niques, ainsi que l'auteur d'un catalogue très estimé des plantes 
de Loir-et-Cher, publié en 1837. 



G. Macqret. — Le tissu sécréteur des Aloès. 379 

LE TISSU SÉCRÉTEUR DES ALOÈS 

Par M. G. MACQRET 

On sait depuis longtemps que les feuilles de différentes espèces 
d'Aloès fournissent un suc employé en médecine et préparé 
principalement sur la côte sud de l'Afrique, dans les îles avoisi- 
nantes et aux Antilles. C'est à M. Trécul(i) qu'on doit les 
notions les plus précises sur l'origine et la localisation de ce 
produit dans la feuille de ces plantes. Parmi les observateurs qui 
s'en étaient occupés auparavant, Schultz croyait que le « suc 
propre » des Aloès était contenu dans un système de canaux 
réticulés ou laticifères occupant toute l'étendue de la plante. 
Unger et Gasparrini avaient aperçu les relations du tissu sécré- 
teur avec les faisceaux libéro-ligneux des feuilles. M. Trécul 
constata qu'il accompagne toujours les faisceaux foliaires et est 
situé dans leur partie externe : toutefois la nature morpholo- 
gique des éléments dont il est formé restait encore incertaine. 
Plus récemment, M. de Lanessan a figuré (2) un faisceau foliaire 
d'Aloès accompagné d'une description qui n'indique pas d'une 
façon plus précise la nature ou l'origine des éléments cellulaires 
qu'elle représente; de Bary (3), citant les résultats obtenus par 
M. Trécul, n'avait pas osé se prononcer sur la question. 

Il nous a semblé que, pour un groupe de plantes aussi 
connues par leurs propriétés, il n'était pas inutile d'éclaircir les 
points douteux ou controversés et de préciser nettement la 
nature du tissu auquel elles doivent leur principal intérêt. La 
présente note (4) a pour but d'indiquer brièvement les résultats 
auxquels nous sommes arrivés à ce sujet. 

La feuille des Aloès comprend une zone externe à chloro- 
phylle et un parenchyme interne incolore ; ce dernier est formé 
de cellules beaucoup plus volumineuses que celles de l'étui 
chlorophyllien qui l'entoure. Entre ces deux régions corticale 
et médullaire sont répartis, en une série simple et continue sur 

i. Trécul, Du- Suc propre dans les feuilles d'Aloès (Ann. des se. nat., Bot.» 

1871). 

2. Fluckiger et Hanbury, Histoire des drogues d'origine végétale ; traduction 
par M. de Lanessan, t. II, p. 500; 1878. 

3. De Bary, Vergleichende Anatomie, p. 155; 1877. 

4. Nous extrayons ce résumé de l'étude d'ensemble que nous avons faite du 
groupe des Aloès au laboratoire et sur les conseils de M. le professeur Guignard- 





3 8o JOURNAL DE BOTANIQIT. 

tout le pourtour de la feuille, un grand nombre de faisceaux 
libéro-ligneux qui tournent tous leur bois vers le centre de 
l'organe (fi g-. I, 4). Chaque faisceau, sur la coupe transversale, a 
la forme d'un ovale qui s'élargit du côté externe et se rétrécit à 
la partie interne, le tiers environ s'enfonçant dans le paren- 
chyme médullaire. 

Considéré en particulier, chacun de ces faisceaux présente : 
en dedans, du côté du parenchyme médullaire, le bois, b (fig. II), 

représenté par des vais- 
seaux peu nombreux ; du 
côté externe, au contact 
de ces derniers, le liber, /; 
derrièrele liberun groupe 
de cellules, t. al, d'autant 
plus larges qu'elles sont 
plus extérieures, et dont 
la longueur est beaucoup 
dIus grande que celle des 
cellules ambiantes. A la 
périphérie de ces trois 
sortes de tissus, est une 
assise particulière de cel- 
lules, end, qui les entoure 
complètement et délimite 
nettement le faisceau par 
rapport au parenchyme 
foliaire. Le groupe des 
grandes cellules, /. al, a 
été appelé par divers ob- 
servateurs tissu chromo- 
gène, en raison de la teinte jaune, puis brunâtre que la section 
prend à l'air libre dans la plupart des espèces d'Aloès. L'assise 
environnante est souvent désignée, chez ces plantes, sous le nom 
de gaine; ses cellules sont un peu plus longues que larges, elles 
' n'ont jamais la longueur de celles du tissu chromogène ; elles 
renferment, outre leur noyau, un gros globule réfringent, remar- 
qué depuis longtemps, formé, pour certains auteurs, par de 
l'aleurone, et, pour beaucoup, fournissant le suc d'Aloès. 

Ainsi constitué, le faisceau semble assez différent de ceux 





Fm. I. 



Coupes transversales d>: 
de Y A/oc vulgaris. 



la feuille 



G. Macqret. — Le tissu sécréteur des Aloes. 



381 



qu'on observe dans les feuilles de la plupart des Monocotylé- 
dones. Les parties intéressantes à considérer sont le tissu chro- 
mogène et la gaîne. Pour déterminer la nature, l'origine et le 
rôle de chacune d'elles, il fallait en étudier le développement et 
les rapports avec la tige et arriver, par les réactifs, à caracté- 
riser l'aloès dans les cellules-mêmes où il se forme. Voyons 
d'abord le passage des faisceaux de la tige à la feuille. 

Dans la tige, le cylindre central comprend, en dehors de ses 
nombreux faisceaux libéro-ligneux, un péricycle simple et un 
endoderme à plissements bien visibles. En quittant le cylindre 
central pour se 
rendre à la feuille, 
qui s'insère par 
une large surface, 

chaque faisceau 
entraîne avec lui 
une partie de l'en- 
doderme de la tige 
et se constitue bien • 
tôt un endoderme 
propre, qui diffère 
de celui de la tige 
par l'absence des 
plissements carac- 
téristiques et, aus- 
si, par l'appari- 
tion, dans chacune 
de ses cellules, des 
gros globules réfringents dont il a été question plus haut à pro- 
pos de la gaine : cette dernière n'est donc pas autre chose qu'un 
endoderme. 

La partie du péricycle correspondant est également entraînée 
en même temps que l'endoderme; mais, au lieu de rester simple, 
comme dans la tig-e, elle se dédouble et se cloisonne dans le 
faisceau foliaire, de manière à former, derrière le liber, les 
longues et larges cellules du tissu chromogène, tandis qu'elle 
reste réduite à une assise simple, autour du bois du faisceau 
(fig. 16); le tissu chromogène n'est donc pas autre chose qu'un 
péricycle dédoublé localement, devenant sécréteur dans la feuille. 




Fig. II. — Coupe transversale d'un faisceau de la feuille dans 
YAloe socotorina : end., endoderme ; gl. t., globules à tannin ; 
/. al., tissu chromogène ou aloïfère ; b, bois; /, liber. 



382 JOURNAL DE BOTANIQUE 

On constate, en effet, que, clans la tige, le péricycle ne renferme 
pas de produit de sécrétion même dans les espèces qui four- 
nissent le plus d'aloès ; c'est seulement dans les faisceaux de la 
feuille qu'existe le suc propre. 

A la partie inférieure de la surface d'insertion de la feuille, 
les faisceaux sortis de la tige sont disposés en un seul rang 
(fig\ I, i) et conservent l'orientation qu'ils avaient dans l'axe, 
c'est-à-dire présentent leur bois en dedans et leur liber en dehors. 
Un peu plus haut, de nouveaux faisceaux entrent dans la feuille 
en tournant sur eux-mêmes, de façon à prendre une orientation 
inverse de celle qu'ils avaient d'abord et que les autres faisceaux, 
qui se rendaient à la partie inférieure de la feuille, ont conservée 
(fig. I, 2, 3,4). Bien avant la rotation complète de ces faisceaux 
supérieurs, on voit se différencier, au centre de la base de la 
feuille, quelques cellules incolores, première trace du parenchyme 
médullaire si considérable dans les parties les plus âgées. Re- 
marquons en outre qu'il existe, entre les faisceaux qui courent 
parallèlement dans toute la longueur de la feuille, d'autres 
faisceaux horizontaux ou un peu obliques, très ténus, qui éta- 
blissent des anastomoses entre les premiers. En plongeant pen- 
dant quelques instants dans une solution de bichromate de 
potasse à 10 °/ une coupe tangentielle comprenant les faisceaux 
de l'une des deux faces de la feuille, on colore en violet foncé le 
réseau fasciculaire qu'on peut voir alors très nettement par 
transparence. Nous allons constater maintenant que ce réactif ne 
colore que certains éléments du faisceau et permet de préciser 
l'origine de l'aloès. 

En effet, lorsqu'on a plongé pendant quelques jours des 
fragments de feuille d'Aloès dans la solution de bichromate de 
potasse et qu'on en examine ensuite des coupes transversales, 
le tissu chromogène ou péricycle se montre seul coloré en vio- 
let et cette réaction lui est tout à fait spéciale. Mais si l'on fait 
macérer les fragments de feuille dans l'alcool au lieu de les trai- 
ter par le bichromate, le résultat est tout différent : le tissu 
chromogène ne se colore plus, parce que son contenu a été dis- 
sout dans l'alcool et a diffusé dans le liquide en excès. Or, on 
sait que l'aloès est soluble dans l'alcool. A la réaction qui pré- 
cède nous avons ajouté d'autres recherches chimiques qu'il serait 
trop long de détailler ici et qui montrent que le suc propre est 



P. A. Dangeakd. — La sexualité rlies quelques Algues inférieures. 383 

contenu dans le tissu chromogène, lequel mériterait plutôt le 
nom de tissu aloïfère, s'il ne suffisait de dire simplement que, 
chez les Aloès, le péricycle dans la feuille est devenu sécréteur. 
Mais le suc propre existe-t-il exclusivement dans le péricycle? 
Le bichromate de potasse colore également les globules réfrin- 
gents de la gaine ou endoderme, ce qui paraît confirmer au pre- 
mier abord, l'opinion de M. Trécul qui les considère comme 
formés par de l'aloès. Mais la coloration n'atteint pas le suc 
cellulaire ; en outre, les globules ne se dissolvent pas dans l'alcool 
et la teinte qu'ils doivent à l'action du bichromate est brunâtre. 
Les cellules corticales voisines de la gaine peuvent d'ailleurs 
renfermer, dans plusieurs espèces, de petits globules de même 
nature. On constate qu'outre la réaction indiquée, les globules 
présentent une coloration noire par les persels de fer, jaune- 
brun par le chloromolybdate d'ammoniaque, etc., ce qui montre 
qu'ils sont formés, tout au moins en majeure partie, par du 
tannin, et non par de l'aloès, encore moins par de l'aleurone, 
comme on l'a aussi supposé. D'ailleurs, les cellules de la gaine 
endodermique sont, comme on l'a vu, beaucoup plus courtes, 
que celles du péricycle; les globules en question ne peuvent, 
par la section de la feuille qu'on pratique pour l'extraction de 
l'Aloès, s'écouler comme le suc propre du péricycle. Qu'ils 
contribuent à l'élaboration de ce produit, la chose est possible, 
mais le rôle essentiel est dévolu au péricycle, et ce qui confirme 
encore cette opinion, c'est que, dans certains cas où le péricycle 
est totalement sclérifié, alors même que l'endoderme est pourvu 
de ses globules, le suc propre fait totalement défaut . 



LA SEXUALITE CHEZ QUELQUES ALGUES INFERIEURES 

(Suite.) 

Par M." P. A. DANGEARD 

Phacotus lenticularis Stein. 
Cryptomonas lenticularis Ehr. Phacotus viridis Perty. 

Ce dernier se distingue très facilement du précédent; j'ai 
signalé ailleurs quelques caractères différentiels, mais très im- 
parfaitement parce que je n'avais pas eu l'occasion d'étudier cette 
espèce. Depuis cette époque, je l'ai récoltée à plusieurs reprises 




384 JOURNAL DE BOTANIQUE 

aux environs de Caen, mais jamais en grande masse ; les zoos- 
pores comme l'a bien vu Perty, ont exactement la forme d'une 
petite lentille biconvexe (fig. 1 et 2) ; la membrane est rugueuse, 
épaisse, de couleur sombre, elle est formée de deux valves. Le 

protoplasma, coloré en vert par de la chloro- 
phylle, est au contact de la membrane sur les 
jeunes zoospores ; plus tard il en est séparé 
l par un espace plus ou moins large. 

La reproduction asexuelle a lieu par une 
division du protoplasma en deux ou en quatre 
zoospores (fig. 3), ainsi que l'a décrit Carter; 
les deux valves s'écartent beaucoup l'une de 
l'autre et dans l'intervalle, les zoospores ac- 

P/iacotits lenticularis. L 

quièrent bientôt une membrane épaisse ; à ce 
moment on peut en voir très bien la surface régulièrement dentée. 
Je n'ai pu obtenir jusqu'ici la reproduction sexuelle; il est 
fort probable cependant qu'il existe dans cette espèce des ga- 
mètes semblables à celles du Phacotus angulos7is et non des sper- 
matozoïdes et des oosphères comme le pensait Carter. 

Gorbierea vulgaris sp. nov. (1). 

L'espèce qui m'a servi à créer ce genre se trouvait dans des 
mares situées non loin du bord de la mer ; le fond de ces mares 
est constitué par des bancs de calcaire recouvert de sable marin ; 
elles n'ont, il est vrai, aucune communication directe avec les ca- 
naux d'eau saumàtre qui se trouvent au voisinage ; je pense qu'il 
y a là cependant un habitat particulier qu'il est bon de 
signaler. 

Les zoospores ont une forme ovale (fig. 1), parfois presqne 
sphérique ; le protoplasma est coloré en vert par de la chloro- 
phylle ; cette chlorophylle ne paraît pas être fixée sur des chro- 
matophores spéciaux ; on trouve à la partie antérieure du corps 
une ou deux vacuoles contractiles et un point rouge latéral qui 
d'ailleurs manque fréquemment. Les zoospores possèdent quatre 
cils un peu plus longs que le corps lui-même ; le protoplasma est 
assez fréquemment séparé de la membrane par un espace in- 
colore. 

1. Je dédie ce genre à M. Corbière, professeur au Lycée de Cherbourg-, bien 
connu par ses travaux sur la flore de Normandie. 



P. A. Uangeakd. — La sexualité chez quelques Algues inférieures. 385 

jusqu'ici rien ne permet de distinguer cette espèce d'un 
Chlamydomonas quelconque ; la structure interne est dans cette 
circonstance d'un grand secours. On sait que dans ce dernier 
genre, le noyau est situé au-dessus du corpuscule amylifère, 
dans un espace ordinairement moins coloré que le reste du corps ; 
ici le corpuscule amylifère est central, mais le noyau occupe la 
partie postérieure de la cellule ; il se trouve parfois presque au 
contact de la membrane ; on ne peut 
le voir sans réactif : il faut donc fixer 
et colorer d'après les méthodes em- 
ployées en histologie végétale, ce 
qui ne laisse pas, dans ce cas, de 
présenter quelques difficultés ; il se 
colore uniformément et nous n'avons 
point réussi à observer un nucléole. 
Ces particularités de structure 
n'auraient pu suffire à justifier la 
création d'un nouveau genre ; mais 
la suite du développement montre 
bien l'importance qu'il faut accor- 
der à la structure interne. 

La reproduction asexuelle se fait 
par une division en deux du corps ; ette division peut avoir lieu 
pendant la phase d'activité ; le plus souvent elle se produit après 
la disparition des cils (iig 3), j'ai observé dans ce cas, assez ra- 
rement, quatre zoospores provenant d'une même cellule-mère. 
Les gamètes se forment comme les zoospores ordinaires par 
une division en deux de la cellule-mère. Elles sont à peu près 
de même grosseur ; elles se conjuguent soit deux grosses en- 
semble soit une grosse avec une plus petite ; il est impossible de 
distinguer aucune différence de sexe. Les deux gamètes s'unis- 
sent par leurs cils, elles restent ainsi fort longtemps en effectuant 
un mouvement de balancement (fig. 5) ; la fusion des' deux pro- 
toplasmas se fait très lentement ; il en résulte une oospore sphé- 
rique, les membranes des gamètes sont utilisées complètement. 
Le protoplasma est granuleux, il conserve pendant quelques 
jours une couleur verte, puis il semble s'y former un précipité; 
l'aspect devient de plus en plus sombre et finalement l'oospore 
acquiert une couleur |brun rougeàtre foncée, semblable à celle 




Corbicrea vulgaris. 



3 86 JOURNAL DE BOTANIQUE 

des téleutospores des Urédinées; la membrane est double, il y a 
une exospore et une cndospore, celle-ci est de beaucoup la plus 
épaisse; les corpuscules amylifères restent longtemps distincts. 

Si l'on cherche à suivre ce que deviennent les noyaux, voici 
ce que l'on observe : ce sont les deux corpuscules amylifères 
qui arrivent d'abord au contact l'un de l'autre en conservant leur 
structure : ils offrent une plage centrale dense et sont entourés 
d'une auréole plus claire (fig. 7 et 8. c) ; les noyaux se portent 
beaucoup plus tard l'un vers l'autre, ils subisent un allongement 
suivant le sens de la direction suivie (fig. 7, ri)\ leur masse est 
homoo-ène sans nucléole : il faut bien se garder de les confondre 
avec les deux corpuscules ; une étude préalable faite sur les ga- 
mètes avant la fusion et la différence d'affinité pour les réactifs 
colorants permettent d'éviter toute erreur. 

Les noyaux arrivés au contact se fusionnent en une masse 
ano-uleuse qui s'arrondit ensuite et ne montre plus aucune trace 
de soudure (fig. 8, 11). 

Il est utile d'examiner avec attention quelques unes des ques- 
tions que peut soulever la création de ce genre. 

1" On pourrait croire que notre espèce n'est autre que le 
Chlamydo)iiojias iimliijïlis décrit par Frésenius (1) ; nous avons 
étudié le véritable Chlamydomonas multifilis; les zoospores ont 
la structure normale, les gamètes sont de petite dimension, elles 
ne peuvent être confondues avec celles du Corbïerea ; quoique 
M. Rostafinski n'ait point donné de figure (2), il n'est pas difficile 
de voir que sa description ne peut correspondre à celle de ce 
dernier genre. 

2 Le genre Tetrasclims ayant été créé (3) pour des espèces 
possédant quatre cils, n'aurait-il point été préférable d'y placer 
la nôtre? Mais le Tetrasclims cord? forints, le seul connu, a une 
structure interne bien différente ; le noyau occupe le milieu du 
corps; il est situé au dessus du corpuscule amylifère ; le dévelop- 
pement est mal connu. 

La place du genre Corbterea est sans contredit dans la fa- 
mille de Chlamydomonadinées, mais il se distingue de tous les 
autres genres par deux caractères de premier ordre : la position 

1. Frésenius. Abhandlimgen der Senkenberg'scheti Gesellschaft. 

2. Rostafinski. Bcob. ùber Paarung der Schwarmsporen (Bot. Zeitung., 1871). 

3. Stein, loc. cit. 



Variété. 387 

du noyau et la structure de l'oospore. Dans les Chlorogonùim, 
Cercidium, Phacotus, etc (1), les oospores n'ont qu'une mem- 
brane, leur couleur est jaune, elle devient plus tard rouge ; dans 
le genre Corbierea, la membrane est double et la couleur est 

brun rougeàtre. La différence est fort nette. 

{A suivre.) 

VARIÉTÉ 

L'emploi des substances résineuses pour la conservation 
des préparations microscopiques. 

L'histologie tire de grands services de l'emploi, comme subtstance 
conservatrice des préparations, de la résine Dammar, préférable, 
dans certains cas, au baume de Canada. La résine Dammar se dis- 
sout, à chaud, dans parties égales d'essence de térébenthine et de ben- 
zine. Cette solution, qui présente de grands avantages, a toutefois l'in- 
convénient de se troubler au bout de quelque temps. Pour y remédier, 
M. Martinotti, de Turin, propose d'employer comme dissolvant le 
xylol, qui lui a donné des résultats satisfaisants. Voici comment il 
prépare sa solution : 

« On prend 40 gr. de résine Dammar et 40 gr. de xylol, on les 
laisse trois ou quatre jours à la température ordinaire dans un vase de 
verre fermé, puis on filtre. On recueille environ 70 gr. de liquide qu'on 
fait évaporer au bain-marie, de manière à obtenir 45 gr. (ou un peu 
moins) de substance . Le but de cette concentration est de laisser dans 
la solution la plus petite quantité possible de xylol, tout juste ce qui 
est nécessaire pour maintenir la résine dissoute. » 

La solution ainsi concentrée jaunit, mais sans perdre, même avec 
le temps, sa limpidité. Pour l'employer on la dilue avec de l'essence 
de térébenthine, dont l'adjonction a entre autres avantages celui de 
faire disparaître, au moins en partie, la coloration jaunâtre de la solu- 
tion; on pourrait même, de cette manière, la faire disparaître complè- # 
tement, mais il vaut mieux ne pas ajouter trop d'essence de térében- 
thine, et d'ailleurs la coloration n'a aucun inconvénient et est toujours 
moins intense que celle des solutions ordinaires de baume de Canada. 

D'autre part, l'auteur a cherché des dissolvants du baume de Ca- 
nada susceptibles de donner des solutions plus blanches que celles 
qu'on obtient par l'emploi du chloroforme, de l'essence de térében- 
thine, de la benzine, du xylol, etc., et avec un indice de réfraction 
plus faible. Il recommande à cet effet Yessence d'aspic rectifié, qu'on 
retire du Lavandula spica. (Extrait du Ma/pighia, Vol. II, p. 270.) 

1. P. A. Dangeard, toc. cit. 



3§8 JOURNAL DE BOTANIQUE 

CHRONIQUE 

La Société mycologique de France a tenu cette année à Blois, du 15 au 
20 octobre, sa session extraordinaire annuelle. Malgré le froid et la sécheresse 
de la session, la récolte a été assez abondante, et la végétation spéciale de la 
Sologne a beaucoup intéressé les membres de la Société par ses rapprochements 
avec la flore mycologique des Alpes et du jura. Les espèces recueillies pendant 
les deux premières journées dans la forêt de Blois et à Cheverny ont été suffi- 
samment nombreuses pour permettre à la Société d'organiser une exposition 
brillante de Champignons dans une des grandes salles du château de Blois, gra- 
cieusement offerte par la municipalité. Près de trois cents espèces comestibles 
ou vénéneuses y figuraient, car on avait pu joindre à celles de la région de nom- 
breux et intéressants Champignons envoyés de Nice par M. Barla (Polyporus 
c on fi tiens, P. ovinus, Armillaria caligata, etc.), des Vosges et du Jura par 
M. Quélet (Lepiota Jellina, Trickoloma virgata, Paxiilus amarellus, etc.), du 
Tyrol par M. l'abbé Bresadola (Boletus tridentinus, B. cavipes, Armillaria cin- 
gulata, etc.), de Fontainebleau par M. Hermary {Trickoloma acerbum etc.), de 
Bourges par M. Bernard (Botetus torosus, Trickoloma tumidum, etc.), de diverses 
localités par MM. Guillemot, Niel, etc. Les murs de la salle étaient décorés par 
de belles aquarelles de MM. Boudier, l'abbé Séjourné, Rolland et par des photo- 
graphies de MM. Bourquelot et Morot. L'exposition a été précédée d'une séance 
publique où un nombreux auditoire a écouté avec un vif intérêt deux conférences 
faites par MM. Boudier et Costantin sur les principales applications de la myco- 
logie à l'industrie et à l'étude des maladies des végétaux et des animaux. 

Parmi les espèces remarquables rencontrées dans la forêt de Blois, on peut 
citer Poiyporus incanus, P. frondosus, Clitocyie tabescens, Cortinarius limo- 
nius, etc. ; dans le parc de Cheverny et dans les bois des environs, Tnber œsti- 
vmn, Lensite versicolor, Tremeilodon gelatinosuni, Spathularia fiavida, etc. ; 
dans la forêt de Chambord, Stropharia squarrosa, Pleurotus Eryngii, Lenfinus 
tigrinus, Bolctus piperatus, Tremeilodon gelatmosum, Polyporus radiatus, etc. 

Le vendredi 19 a été consacré à l'exploration de la forêt de Russy et le 
samedi à la visite de Vendôme. 

Avec la variété de la flore mycologique, la beauté des bords de la Loire, les 
nombreux châteaux historiques qu'on y rencontre, et enfin un temps splendide 
ont contribué au succès de cette session qui doit compter parmi les plus bril- 
lantes de celles qu'a déjà organisées la jeune et prospère Société mycologique. 



Nous avons le regret d'annoncer à nos lecteurs la mort de M. Morière, doyen 
honoraire et ancien professeur de Botanique à la Faculté des sciences de Caen, 
décédé le 19 octobre 1888, à l'âge de 71 ans. 



On annonce également la mort de M. P. Bubani, auteur du Flora Virgiliana, 
commentaire des plantes signalées par Virgile, et celle de M. le D r Delajiare, 
qui s'est occupé de la ilore de Miquelon. 



M. G. Haberlandt a été nommé professeur ordinaire et directeur du Jardin 
botanique de l'Université de Graz. 

Le Gérant ; Louis Morot. 



Paris. — J Mersofc, 1111p., 22, pi. Deofert- flecfaerean. 



2* ANNEE N- 22 16 NOVEMBRE 1888 

JOURNAL DE BOTANIQUE 



Directeur: M. Louis MOROT 



LES CYPERACEES 
DE L'ECUADOR ET DE LA NOUVELLE-GRENADE 

DE LA COLLECTION DE M. E. ANDRE 
Par M. P. MAURY 

L'importance des collections botaniques faites par M. E. André, 
au cours de son voyage dans l'Ecuador et la Nouvelle-Grenade, a 
déjà été signalée à l'attention des botanistes par les études de MM. Mar- 
well Masters et Cogniaux sur les Passillorées et les Mélastomacées 
qu'elles renfermaient. L'énumération des Cypéracées que nous présen- 
tons aujourd'hui au lecteur et surtout la monographie des Broméliacées 
qui sera prochainement publiée par M. André, achèveront certainement 
de montrer le réel intérêt qu'elles offrent pour la connaissance de la 
flore de l'Amérique équinoxiale. 

Les Cypéracées récoltées par M. André représentent environ les 
deux cinquièmes du nombre total des plantes de cette famille qui 
croissent dans le Venezuela, la Colombie et l'Ecuador. En l'absence 
d'une flore générale de ces régions, il est difficile de donner un chiffre 
exact pour le total des Cypéracées ; néanmoins l'évaluation que j'ai 
pu en faire, d'après les échantillons de l'Herbier du Muséum et le 
relevé des espèces décrites dans diverses publications, m'autorise à 
penser que cette proportion est bien près de la vérité. Je ne crois pas 
qu'en dehors des récoltes de Humboldt et Bonpland et de M. J. Triana 
un autre voyageur ait réuni, dans les mêmes régions, un aussi grand 
nombre de plantes de cette famille. 

Au point de vue de la distribution géographique, il convient de 
faire remarquer que la plupart des espèces de cette récolte ont une 
aire comprise entre la République Argentine et le Chili, au Sud, le 
Mexique, au Nord. Bien que quelques-unes appartiennent au versant 
occidental des Andes et aux bassins de l'Amazone et de l'Orénoque 
jusqu'à la Guyane, le plus grand nombre cependant parait peu s'écar- 
ter des deux versants des Andes et avoir ainsi une aire plus étendue du 
Nord au Sud que de l'Est à l'Ouest. Enfin la prédominance des Cype- 
ri/s, puis des E/eocharis, des Rhynchospora et des Carex, conforme à 



39Q JOURNAL DE BOTANIQUE 

ce que mes relevés m'ont permis d'établir pour l'ensemble des Cypé- 
raeées, mérite également d'être signalée. 

Comme les Cypéracées de l'Amérique équinoxiale n'ont encore 
donné lieu à aucune étude complète, il m'a paru intéressant de citer, 
à la suite des indications détaillées de M. E. André, les localités où 
d'autres voyageurs ont récolté les mêmes espèces. L'Herbier du Mu- 
séum possède, outre les échantillons originaux de Humboldt et Bon- 
pland des collections encore complètement ou en partie inédites et 
fort importantes. Ce sont celles qui ont été faites par Justin Goudot, en 
1S43. dans la Nouvelle-Grenade; par M. J. ïriana en 1851-57 et dont 
une partie seulement a été utilisée pour la publication du rodromus 
Flora? Novœ-Granatensis de MM. J. E. Planchon et J. Triana; par le 
D 1 ' Duchassaing, en 1851, aux environs de Panama; par Plée, à Mara- 
cavbo; par M. Rémy, en 1856, dans l'Ecuador et le Pérou ; par le 
D'' de Grosourdy, en 1864, dans le Venezuela; par M. Grisar, en 1872, 
dans l'Ecuador. Enfin j'ai cru devoir indiquer les numéros correspon- 
dants des collections bien connues de Hartweg, Purdie, Linden, 
Eunek et Schlim, Jameson, Spruce, qui existent dans l'Herbier du Mu- 
séum. Je laisse intentionnellement de côté les récoltes récentes faites 
par MM. Chaffanjon et L. Gaillard dans le Haut-Orénoque et qui doi- 
vent être de ma part l'objet d'une publication prochaine. 

CYPERUS 

1. C. melanostachyus H. B. K., Nov. Geu. et Spec.^ I, p. 207. — 
C. variegatus H. B. K., /. <:., p. 208. 

« Salenlo, Quindio (prov. Cauca, in Andibus central., Nov. Granat.), 
n° 23-6; Guarauda, in pratis, in decliviis montis Ckimboraso (Ecuador), 
n" 27,2b bis ; Moscosio, ait. circa 202S m. in Andibus orient., (Nov. Granat.), 
n° 827. » 

In Herb. M. P. .• Sauta Fc, Bonpland; Cordillère de Bogota, ait. 2700 m., 
J. Triana, n° 414; Plantes de l'Equateur et du Pérou, Grisar. 1872; Nov. 
Granat., Purdie. 

Les échantillons de l'Amérique équinoxiale, en particulier ceux 
qu'en a rapportés M. E. André, sont en général de taille plus faible 
que les spécimens de la même espèce provenant du Mexique ou du 
Nicaragua. 11 n'y a là qu'une simple variation locale insuffisante pour 
donner lieu à l'établissement d'une variété spécifique. 

2. C. amabilis Vahl, Euum., II, p. 318. — C. aureus H. B. K., /. r., 
p. 205; Kunth, Enum., II, p. 21 ; Boeckeler, in Liunœa, XXXV, p. 494; — 
C. auriantacus H. B. K., /. r., p. 205; — C. oligostachyus H. B. K., /. <r., 
p. 204. 

« Honda (Magdalena, Nov. Granat.), ad colles arenaceas, n' J 632. » 



P. Mauky. — Sur les Cypéracées de l'Ecuador et de la Nouvelle-Grenade. 391 

In. Herb. M. P. : Savannes de Guanaguana, pro. Cumana, Colombie, 
Funck, n° 701 ; Magdalena, J. Goudot. 

3. C. elegans Lin., .SJ>. PL, p. 68. — C. toluccensis H. B. K., /. c, 
p. 206. 

« Panama, in part, lacustr., planta o m ,50 — o m ,75, n° 4708 bis. » 

In Herb. M. P. : Nov. Granat., Bonpland; Cordillère orientale, Prandi, 

J. Goudot; Guanagtiana (Caracas), Funck, n° 237; Panama, D r Duchas- 

saing. 

4. C. prolixus H. B. K., /. c, p. 206. 

« Las Cruces, Quindio, in Andibus central. (Nov. Granat.), prope silvas 
madefactas a Ceroxylone andicola habitatas, ait. circa 2508 m., n° 2107 bis. » 
In Herb. M. P. : Bogota, Bonpland ; Villavicensio (prov. Bogota), ait. 
circa 400 m., J. Triana, n° 406; Caracas, Plée, n° 66. 

5. C. compressus Lin., Sp. PL, p. 46; Rottb., Descr. et le., p. 27, 
t. 9, fig. 3; Boeckeler, in Linnœa, XXXV, p. 517. 

« Carare (Magdalena, Nov. Granat.), n°3ii. » 

In Herb. M. P. : Tuquerres (prov. Pasto), ait. 2500 m., J. Triana, n° 411. 

Les spécimens de M. E. André sont petits (o"' # , 30 au plus), mais 
assez robustes; leurs ombelles sont presque toutes simples, non ra- 
diées, à épis réunis en une sorte de capitule plus ou moins dense. 

6. C. ferax A. Rich., in Act. Soc. hist. uat. Paris, I, p. 106; Kunth, 
/. c, p. 8q. 

« Camalchal (Magdalena, Nov. Granat.), ad ripas fluminis in paludosis, 
n° 24g; Cartago (Nov. Granat. 1, in valle del Rio de la Viega, secus ripas 
fluminis, n° 2428. » 

In Herb. M. P. : Quito, Cumana, Bordones, Bonpland; Cumana (Cara- 
cas), Funck, n" 40; Nov. Cranat., J. Triana, n" 404!; Panama, D r Duchas- 
saing. 

7. G. Luzulse Rottb., Descr. et Icon., p. 23, t. 13, fig. 2. 
« Naranjo (Magdalena, Nov. Granat.), n" 326. » 

In Herb. M. P. : Nov. Granat., Bonpland; prov. Cauca, ait. 1000 m., 
prov. Choro, ait. 700 m., J. Triana, n is 415 et 416; Maracaybo, Plée; Pa- 
nama, D 1 ' Duchassaing. 

8. C. flavus Boeckeler. in Linnasà, XXXVI, p. 384. — Mariscus con- 
fertus H. B. K., /. c, p. 213; — M. flavus Vahl, Enum., II, p. 374; — • 
M. elatus Kunth, /. c, p. 116. 

« Cerca de Piedras, in decliviis oriental, montis Tolima (Nov. Granat.), 
ait. 390 m., n° 1883 bis. » 

In Herb. M. P. : Guyaquil, Quindiu, de Humboldt et Bonpland. 

9. C. meyenianus Kunth, /. c. p. 88. — C. Kunthianus Nées ab 
Esenb., in Meyen il., p. 108; — Mariscus Meyenianus Nées, in Mart. 
Bras il., Cyp., p. 49. 



392 JOURNAL DE BOTANIQUE 

VAR. brcviradiaius. 

Planta brevis sed robustior, involucri phyllis latis, umbellae radiis mi- 
noribus, siuxequalibus, subscssilibus ; spicis numerosioribus, confestis, bre- 
vibus; squamis oblongato-rotuudatis, sub apice evidenter mucrouatis ; rha- 
cheola? flexuossK alis latis, hyalinis; caryopsi forma; typica; simili. 

« In jugo central. Andium a;quatoralium, ait. circa 2500 m., n° 396. » 

Il ne me paraît guère possible de rapporter les échantillons de 
M. E. André à une autre espèce qu'au C. Meyem'anus malgré les diffé- 
rences qu'ils présentent avec ce dernier. En effet, si par quelques ca- 
ractères ils semblent se rapprocher de C. strigosus L., ils s'en écartent 
par la dimension plus petite des rayons de l'ombelle et des épillets, 
par la forme des bractées et de l'achaine. Au contraire, leurs affinités 
avec le C. Meyem'anus sont telles qu'on ne peut pas ne pas les consi- 
dérer comme une variété de cette espèce. 

IO. C. flexibilis n. sp. 

Culmo basi bulboso foliatoque, triangulari, gracili, sulcato, glabro, 
valde elongato (o ra ,3o — o m ,6o) flexibili; foliis paucis, longiuscule vagi- 
natis, linearibus, angustis, convolutis flagellitormibus, glabris, versus api- 
cem margiue carinaque scabris, acuminatis, culmum a?quantibus vel supe- 
rantibus, vaginis flavescentibus ore oblique truneatis,ferrugineo-punctulatis; 
involucro tetraphyllo, duobus exterioribus longissimis, alteris tenuissimis, 
folii characteres pra:bentibus; umbella pluriradiata, radiis abbreviatis vel 
inaequalibus, simplicibus; spiculis densis, oblongo-ellipticis vel teretiuscu- 
lis, pateutibus, 2-4 floris, o cm. 1 — ocm. 15 longis; ochreis rufis trans- 
verse truncatis, in aristam spinosulanx productis; squamis adpressis, obo- 
vatis, apice oblusis, q-i 1 nerviis, lateribus fucescentibus vel albidis carinaque 
viridi; caryopsi squama circiter 1/2 breviore, triangulari, elliptica, basi 
apiceque breviter acuminata, minutissime punctulata, castanea vel ferrugi- 
nea ; stylo trifido, stigmatibus longe exsertis ; racheola flexuosa late hyalino- 
alata. — Variât dispositione radiorum plus minusve breviorum atque forma 
plus minusve elongata sp'culorum. 

« San Miguel, in Andibus orient. (Nov. Granat.), ait. circa 1800 m., in 
regione saxosà, n" 855; Jimcncs, ad ripas sinistras fluminis Dasua (Nov. 
Granat.), n" 855 bis,- Armada in Cordilera meridion. (Nov. Granat.), ait. 
circa 1040 m., n° 855 ter. » 

Cette espèce offre de nombreux rapports avec les C. Duchassain- 
gii Steud., C. Caracassanus Kunth, C. tetragom/s Eli. auprès des- 
quels elle prend place dans le groupe des Mariscoidei Kunth. Néan- 
moins elle ne saurait être confondue avec l'un ou l'autre ; ses caractères 
propres l'en distinguent suffisamment. Les numéros 855 et 855 bis de 
de M. E. André diffèrent du n° 855 ter par les rayons de l'ombelle plus 
courts, subsessiles, à épillets plus gros et plus denses. Je ne crois pas 
cependant cette variation assez accentuée pour donner lieu à un sec- 
tionnement de l'espèce. 



P. Maurv. — Sur les Cypcracécs de l'Ecuador et de la Nouvelle-Grenade. 393 

U.C. esculentus Lin., Sp. PL. p. 67; Boeckeler, in Linmea, XXXVI. 
p. 287; C. B. Clarke, in The Jouru. of ' the Linn. Soc. Bot., XXI, p. 178, 
— C. Hydra H. B. K., /. c, p. 205 ; — C. phymatodes Muehl., Gram., 
p. 23; Kunth, /. r., p. 62. 

« Ad littus Oceani pacifici prope Guyaquil (Ecuador), sub n° 4358 bis 
cum sequenti. » 

Cette espèce n'a encore été rencontrée dans l'Amérique équinoxiale 
que sur le littoral occidental. Spruce a récolté à Chanduy, dans la 
même région de Guyaquil, des échantillons (n° 6414) que M. C. B. 
Clarke est tenté de considérer comme une espèce distincte et pour les- 
quels il a établi sa variété y. Spruce/. Bien que l'unique échantillon 
de M. E. André soit encore jeune et défectueux, il ne paraît pas se rap- 
porter à cette variété, mais au type. 

12. G. distans Lin. f., SuppL, p. 103; C. B. Clarke, /. <:., p. 144. 

« Ad littus Oceani pacifici, prope Guyaquil (Ecuador), sub n° 4358 bis 
cum pra:cedenti. » 

(Individu jeune se rapprochant beaucoup plus de la forme distinguée par 
Steudel sous le nom de C. squamulatus (Cyp., p. 49) que du type.) 

In Herb. M. P. : Galipau, Caracas, Funck, n" 355. 

13. C. Andreanus n. sp. 

Culmo 50 cm. alto, ei ecto, tenui, triangulari, sulcato, basi plurifoliato ; 
radice fibrosa; foliis herbaceis, externis brevibus, internis vel recentioribus 
cuknum a-quantibus, sa-pius superantibus, 10 mm. 15 mm. latis, planis, 
subtus carinatis, lateralibus 12-14 nerviis, superne levibus, margine 
carinaque spinulosis, acuminatis; vaginis membranaceis, basi rubris; invo- 
lucro 3-5 phyllo, phyllis duobus infimis longioribus, latis, carinà margini- 
busque ad apicem serrulato-dentatis; umbella composita, 10-15 cm. radiis 
erecto-patulis, 4-6 cm. longis; ochreis Iaxis, rubris, sa^pe biacuminatis; um- 
bellula 5-7 radiata; spiculis 3-8, subdigitatis, 2-8 mm. longis, 1-2 mm. latis, 
aggregatis, ovato-oblongis, 8-10 floris, compressis; squamis laxe imbrica- 
tis, ovatis, acutis, subcarinatis, dorso viridibus, lateribus fusco-purpureis 
obsoletissime sulcatis; staminibus 3, antheris linearibus, llavidis, apice ob- 
tusis, 2/3 squama brevioribus; caryopsi immatura triangulari, ellipsoidea, 
1/2 squama breviore; stylo parum exserto, trifido, papilloso. — Tota planta 
viridis glabraque. 

« Tambo de Sabanilla (P^cuador central.), in regione temperata, 
n° 3 6 5- » 

Cette espèce, du groupe des Hasflam'Kunth, est voisine de C. den- 
tatus Torr. de* l'Amérique du Nord et de C. dénudai it s Vahl (C. trisli 
Kunth adjuncto) de l'Afrique australe. Mais elle diffère de l'un et de 
l'autre par son port plus robuste, ses feuilles plus longues et plus 
larges; ses écailles moins étroitement imbriquées, aiguës et non mu- 
cronées, très obscurément sillonnnées sur les côtés ; ses étamines à an- 



394 JOURNAL DE BOTANIQUE 

thères plus longues, simplement obtuses au sommet et non munies 
d'appendice apical. 

KYLLINGA 

K. brevifolia Rottb., Descr. et Ic.^ p. 13, t. IV, %. 3; Boeckeler, in 
Linnœa, XXXV, p. 424. 

« Propter urbem Honda, in valle fluminis Magdalena (Nov. Granat.), 
ait. 220 m., n° 614; Facatativa, in pratis siccis, arenosis, iu alte planitie 
bog'Otensi (Nov. Granat.), ait. circa 2630 m., n° 614 bis ; in jugo centrali 
Audium aequator., ait. 2400 m., n° 614 ter. » 

In Herb. M. P. : Nov. Granat., Ronpland. 

ELEOCHARIS 

1. E. tenuissima Boeckeler, in Linnsea, XXXV, p. 419.-- Chfrtocy- 
■perus vivi parus Nées ab Esenb., in Mari. Bras il., Cyper., p. 93. 

« San Pablo, in via Tuquerrcs, Barbacoas (Nov. Granat. J, ait. 1280 m., 
n° 4275 



» 



In Herb. M. P. : In monte Quindiu, Bonpland; Savannes de San Au- 
gustin, prov. de Cumaua, Eunck, n° 698. 

2. E. Ghaetaria Roem. et Schult., Syst., II, p. 154; Boeckeler, /. <r., 
p. 429. — E. trichoides Kunth, /. <r., p. 141. 

« Guaranda, in descensu montis Chimboraso (Ecuador), ait. circa 2680m., 
n° 4275'-; ad littus Oceani pacifici, prope Guayaquil (Ecuador), n n 4275 '"; 
prope Ibaqué, ad ped. oriental, montis Tolima (Nov. Cranat.), ait. 1350m., 
n° 4275 \ » 

In Herb. M. P. : In monte Quindiu, Bonpland; Isthme de Panama, Wed- 
dell, sine numéro. 

Si l'on conserve distinct VJS. trichoides Kunth, et il me semble que 
ce nom désigne une forme assez bien caractérisée, on devra lui rappor- 
ter les échantillons de M. E. André récoltés à Ibacqué (n° 4^75*) qui 
diffèrent des autres par leurs écailles hyalines non teintées de brun 
rougeâtre et par leur port. 

3. E. ocreata Nées ab Esenb., /. c. p. 102 (sub Eleogeuus). — Heleo- 
charis albivaginata Boeckeler,/. <r., p. 436, var. y stricta. 

a. San Jasé, in decliviis occidental, montis Chimboraso (Ecuador), ait. 
2700 va., n° 4436. » 

In Herb. M. P. : Galipàn, Caracas, Funck et Schlim, n° 178; Cumana, 
Funck, n° 596. 

4. E. montana Rœm. et Schult., /. c. p. 153; Boeckeler, /. r., p. 456. 
— Scirpus montauus H. B. K., /. c, p. 226. 

« Guaranda, in pratis humidis, ad ped. montis Chimboraso (Ecuador), 
n° 4182 ter ; in jugo central. Audium aequatoral., urbem Riobamba versus, 
n° \\2,bbis. » 



P. Maury. — Sur les Cypêracces de l'Ecuador et de la Nouvelle-Grenade. 395 

In Herb. M. P. : Bogota,]. Triana, n° 432; in Andibus Ecuadorensibus, 
Spruce, n° 5912. 

5. E. atropurpurea Kunth, /. c, p. 151; Roeckeler, /. <r., p. 458. — 

— Elcogcnus atropurpureus Nées ab Esenb., in Linnœa, IX, p. 273. 

« Ccrca de Pledras, in regïone sicca, arenosa (Nov. Granat.), ait. 800 m., 
n° igoo. » 

In Herb. M. P. : Chanduy, in litore Maris Pacifia, Spruce, n° 641g. 

6. E. capitata R. Br., Prodr., I, p. 225; H. H. K., /. c, p. 225; 
Boeckeler, /. r., p. 461. — Scirpus capitatus Willd., .9/. P/., 1, p. 2g4< 

« Catamayo, in locis inundatis (Ecuador), ait. 2060 m., n° 4352. » 
In Herb. M. P. : Cartkagene, Nouv. Grenade, J. Goudot; Villavicensio, 
prov. Bogota, ait. 450 m., J. Triana, n° 42g. 

7. E. nodulosa Rœm. et Schult., Mant.^ II, p. 87; Kunth, /. c, p. 156; 
Boeckeler, /. ^., p. 46S. 

« In locis humidioribus Cordillerarum oriental., prope Moscosio (Nov. 
Granat.), ait. 2028 m., n* 028. » 

8. E. geniculata Rœm. et Schult., Syst. II, p. 154; Kunth, /. c, 
p. 152; Boeckeler, /. c, p. 46g. — Scirpus geniculat us Vahl., Enum., II, 
p_ 250; — Se. elegans H. B. K., /. c, p. 226; — Limnochloa consiricta 
Nées ab Esenb., in Mart. Brasil., Cyper., p. gg. 

« In regïone frigïda prope Tuqtierres, in Andibus meridion. (Nov. 
Granat.), 11" 3465. » 

In Herb. M. P. : Marécages de Jorje, entre Guaranda et Bodegas, 
Remy; Guayaquil, Hartweg-, n° 101 ; — Truxillo Peruvianorum, Bonpland. 

DICHROMENA 

1. D. globosa Rœm. et Schult., Syst., II, p. go; Kunth, /. <r., p. 276. 

— Schœnus globosus H. B. K., /. <:., p. 22g. 

« In humidis partibus svlvarum prope Viola, in Andibus oriental. (Nov. 
Granat.), ait. 1800 m., capit. brunnei, n 9 1656; Miudo (Ecuador), ait. 
1265 m., n° 1656 bis ; Armada (Nov. Granat.), ait. 1040 m., n" 338g bis. » 

lu Herb. M. P. : In monte Quindiu, Bonpland. 

Cette espèce bien caractérisée par ses feuilles aussi longues ou plus 
longues que le chaume, à gaine glabre, par son involucre entière- 
ment vert, par ses capitules globuleux, denses, à épillets nombreux 
d'égale dimension, légèrement colorés en brun, a été réunie, à tort 
ce me semble, au Dichroniena nervosa Vahl., par Boeckeler {in Lin- 
nœa, XXXVII, p. 529) sous le nom de Rhynchospora nervosa Boecklr. 
Les échantillons de M. E. André, de tout point identiques à ceux de 
Humboldt et Bonpland que possède l'Herbier du Muséum, confir- 
ment la distinction que ces auteurs, et Kunth avec eux, avaient cru 
devoir établir entre leur Schœnus globosus et le D. ciliala Vahl. qui, 
lui, est bien un D. nervosa. 



3 9 6 JOURNAL DR 30TANIQUE 

2. D. nervosa Vahl., Emun., II, p. 209. — D. ciliata Vahl., /. <r., 
p. 240; Kunth, /. T., p. 276. — Rliynchospora nervosa Boeckeler, /. c, 
p. 526, partim. 

« Honda (Magdalena, Nov. Granat.), secus ripas fluminis ad colles are- 
naceas, n° 525 ; Picdras, ad ped. oriental, montis Toi/ma (Nov. Granat.), 
in regione sicca, ait. 430 m., foliorum involucralium basis lactea, n" 525 bis; 
prope Urbem Panama (Nov. Granat.), ait. 40 m., n° 525 ter ; Cartago 
(Nov. Granat.), folia involucralia basi candida, folia radicalia planta 
Hondae angustiora, n° 2385 ; Rio Cofrc (Nov. Granat. meridion.), ait. 1790m., 
n" 2385 bis. » 

In Herb. M. P. : Plateau de Bogota, ait. 2700 m., J. Triana, n°40i; 
Panama, D 1 " Duchassaiug. 

3. D. fasciata n. sp. 

Culmo solitario vel paucis fasciculatis, basi in rhizoïnate brevi producto, 
erecto, flexuoso, 3 vel plurifoliato, tenui, subtereti vel obsoletissime tri- 
g"ono, ad nodos incrassato, striato, piloso; foliis brevioribus, vaginatis, 
herbaceis. latis, acuminatis, haud carinatis sed subtus evidenter septem- 
nerviis (nervis hirsutis siccitate albescentibus, folia venosa quasi fasciata 
videntur), superne sublsvibus, striatulis; vaginis conformibus, fissis, mar- 
g-ine pilosis; involucro 4-6 phyllo; phyllis latis, longis, foliis similibus, vi- 
ridibus; spiculis pluribus, magnis, 6-12 mm., strobiliformibus, acutis, multi- 
floris; squamis subcoriaceis, margine scariosis, ovatis, carinatis, late acu- 
minatis, mucronatis, pallide brunneis; staminibus 3, filamentis lnngioribus, 
exsertis; caryopsa lato-obovata, turgidula, transversim rugulosa, metal- 
loideo-nitida, atro-fucescenti ; rostro basi latissimo, atrato; stylo longo, 
bifido, stigmatibus minutissime papillosis. -- Planta omnino hirsuta. 

« Armada (Nov. Granat.), ait. 1040 m., bracteae virides, haud albidae, 
n° 3389. » 

Cette espèce présente de très grands rapports avec la précédente, 
D. nervosa Vahl, mais elle s'en distingue nettement par ses caractères 
propres : feuilles caulinaires et involucrales semblables, parallèliner- 
viées, ce qui donne à la plante un aspeet rayé, couvertes de poils si- 
nueux, blancs; épillets gros et multiflores; caryopses gros, non mar- 
ginés, d'un éclat métallique prononcé. (A suivre.) 



SUR UN CAS DE PROTOPLASME INTERCELLULAIRE 

Par M. C. SAUVAGE AU 

Depuis plusieurs années, un assez grand nombre de travaux 
ont été faits dans le but d'étudier les relations du protoplasme 
entre les cellules contigûes d'un même tissu (1). On est arrivé à 

1. Pour la bibliographie du sujet consulter Schaar^chmidt : Proloplasm (Na- 
ture, 20 janvier 1885, p. 2qo) et Gardiner : The continnity oj the Protoplasm in 
fiant tissue (Xature, 20 février [885, p. 390). 



C. Sautageau. — Sur un cas de protoplasme intercellulaire. 3^7 

ce résultat, que les membranes cellulaires présentent très souvent 
des ponctuations fermées par une membrane cellulosique très 
mince {pit-closing membrane)^ percée elle-même d'orifices très 
étroits qui la rendent semblable à un crible et par lesquels s'éta- 
blissent les relations entre deux cytoplasmes voisins. Chacun de 
ces cytoplasmes envoie un prolongement dans la cavité de la 
ponctuation, et les deux prolongements opposés se réunissent au 
moyen de filaments protoplasmiques très délicats passant par les 
pores de la membrane. Cette communication entre les cyto- 
plasmes voisins serait un fait général dans les tissus ; la cellule 
perdrait son individualité, etle corps delà plante ne serait qu'un 
symplaste segmenté par des cloisons incomplètes. Mais ces résul- 
tats ne sont pas universellement adoptés, et pour certains au- 
teurs les pores ou mailles des membranes cellulosiques fermant 
les ponctuations seraient bouchés par une membrane azotée mi- 
toyenne primitive, et les protoplasmes voisins « communique- 
raient là plus librement entre eux que partout ailleurs, sans être 
pour cela en continuité directe. (1) » 

Quelques-uns des auteurs qui ont admis la première manière 
de voir, ont cherché si du protoplasme se trouvait aussi dans 
les espaces intercellulaires. Il y a d'ailleurs longtemps que l'on 
s'est occupé de cette question, et Caspary dit « qu'il n'a pu recon- 
naître l'existence de substance intercellulaire (2) » dans la tige 
ni la feuille de X Hydrilla verticillata, en traitant les coupes par 
l'action successive de l'iode et de l'acide sulfurique. Cette même 
réaction a permis au contraire à M. Russovv, en 1883, de men- 
tionner, dans les espaces intercellulaires de l'écorce de plusieurs 
plantes ligneuses, l'existence du protoplasme sous l'aspect 
d'une mince pellicule de revêtement, pouvant même par- 
fois communiquer avec le cytoplasme voisin, de la même ma- 
nière que le cytoplasme de deux cellules contigûes. 

Sous l'action de ce traitement par l'iode et l'acide sulfurique, 
le cytoplasme prend la teinte brun jaunâtre, les parois cellulo- 
siques se gonflent et se colorent en bleu, et les espaces intercel- 
lullaires paraissent recouverts sur leur pourtour d'une mince 
pellicule souvent lisse et unie, d'autres fois plus ou moins den- 
telée, d'une couleur se rapprochant de celle du cytoplasme, et 

1. Van Tieghem, Éle'metits de Botanique, t. I, p. 20. 

2. Les Hydrillées, Ann. Se. nat., Bot. 4 e série, t. IX, 1858, p. 338. 



398 JOURNAL DE BOTANIQUE 

que M. Russow a considérée comme du protoplasme intercellu- 
laire. 

Ces observations ont été confirmées et étendues à un plus 
grand nombre de plantes par d'autres auteurs (Berthold, Ter- 
letzki, Frommann. . .). 

M. Schaarschmidt (i) a décrit du protoplasme dans les 
espaces intercellulaires de la plupart des tissus, et il a vu non seu- 
lement le protoplasme intercellulaire communiquer avec le cyto- 
plasme, mais les différents espaces intercellulaires être direc- 
tement en relation entre eux par du protoplasme. Il trouve en 
effet, dans les feuilles du Gui « des fils protoplasmiques délicats, 
correspondant exactement à la lamelle médiane, et entourant les 
cellules comme un cadre entoure un tableau » (loc. cit. p. 292). 
Chaque cellule est ainsi revêtue d'un manteau plasmatique. Il 
avance aussi que ce protoplasme intercellulaire, qui conserve sa 
vitalité et renferme des grains de chlorophylle peut se cloison- 
ner et être l'origine de « cellules intercellulaires ». Il expose 
enfin d'une façon fort ingénieuse l'origine probable de ce proto- 
plasme intercellulaire et médiolamellaire. « Pendant la division 
cellulaire, alors que la division est presque terminée, de petites 
portions cytoplasmiques restent engagées dans la jeune cloison 
cellulaire, et il est bien probable aussi qu'en beaucoup de cas 
les fils de communication sont les restes des fils connectifs 
nucléaires et que le protoplasme de la lamelle médiane est le reste 
de la plaque cellulaire. » 

Depuis, M. W. Gardiner (2) et M. H. Schenck (3) ont 
démontré d'une façon irréfutable que le protoplasme intercellu- 
laire de M. Russow n'est autre chose qu'un revêtement de nature 
cuticulaire, et d'autre part, ils considèrent les faits avancés par 
M. Schaarschmidt comme dûs à des erreurs d'observation et 
comme ne devant même pas être discutés. La question parais- 
sait donc jugée : le protoplasme n'existerait pas en dehors des 
cellules. 



i. Cet auteur a publié différents mémoires sur ce sujet; il les a résumés dans 
Nature, loc. cit. 

2. Gardiner, loc. cit. 

3. H. Schenck : Ueber die Auskleidiiug der Intercellulargaenge (Berichte der~ 
deut. Bot. Gesell. Band III, 1885, p. 217) et : Ueber die Staebchen in den Pareil 
chym intercellularen der Marattiaceen (Ber. der deut. Bot. Gesell. Band IV 
1886, p. 80). 



C. Sauvageau. — Sur un cas de protoplasme intercellulaire. 399 

Mes observations prouvent au contraire que du protoplasme 
peut parfois exister dans les espaces intercellulaires de grandes 
dimensions appelés canaux aérifères, et non seulement sous 
forme d'une simple pellicule de revêtement, mais en masses rela- 
tivement volumineuses, pouvant renfermer des grains d'amidon, 
et même exceptionnellement un noyau. Mais il n'est point le 
même que celui reconnu par M. Russow, et n'a point l'origine 
assignée par M. Schaarschmidt au protoplasme intercellulaire. 

La tige traçante du Najas major, produit aux nœuds, et sur 
sa face inférieure, des racines toujours simples, pouvant atteindre 
une assez grande longueur. Ces racines possèdent un cylindre 
central très étroit et une écorce beaucoup plus large. Des coupes 
transversales faites à leur extrémité, montrent un parenchyme 
cortical à plusieurs 
rangées de cellules, 
disposées régulière- 
ment en séries ra- 
diales et concentri- 
ques, laissant entre „ 
elles de tout petits 
méats losangiques. 
Mais plus haut, l'é- 
corce s'élargit par 
l'augmentation du 
nombre des cellules, 
et les méats s'agran- 
dissent. Pour cela, 
de nouvelles cloisons longitudinales se produisent, qui ne sont 
ni radiales, m tangentielles, mais obliques et dirigées à travers 
les cellules, d'un méat à un autre méat situé à la droite ou à la 
gauche du premier. Les méats s'agrandissent et deviennent des 
canaux aérifères, séparés par des murs à une seule épaisseur 
de cellules ; le parenchyme cortical d'une région adulte est formé 
de cellules arrondies à protoplasme pariétal très peu épais, lais- 
sant entre elles de nombreux canaux aérifères, dont la section 
est celle de polygones à autant de côtés convexes vers l'inté- 
rieur qu'ils ont de cellules de bordure. Les plus rapprochés de 
l'endoderme ou de l'assise pilifère sont, en coupe, de simples 
méats triangulaires ou quadrangulaires, les autres, souvent plus 




Fig. 



4 oo JOURNAL DE BOTANIQUE 

larges que les cellules elles-mêmes, ont de 4 à 8 côtés. (Fig\ 1.) 
Une coupe transversale très mince, faite à la base d'une 
racine âgée, traitée par la méthode de Russow, et observée à un 
assez fort grossissement, montre bien nettement le revêtement 
cuticulaire des canaux aérifères, il est lisse, mince, uniforme, 
mais plus épais aux angles où il forme des coins arrondis vers 
l'intérieur du canal (Eckleisteii) et tranche par sa couleur jaune 
sur les parois des cellules, gonflées et colorées en bleu. Les 
canaux ne renferment aucune trace de protoplasme. Au moment 
où commence l'action de l'acide, on voit, au milieu de la paroi 
de séparation de deux cellules contiguës, une ligne blanche qui 
jaunit ensuite et qui est la lamelle médiane. Le cytoplasme, en 
quantité très faible, apparaît comme une mince couche pariétale, 

à contour interne irrégulier, de cou- 
leur plus foncée que celle du revête- 
ment intercellulaire. 

Si l'on traite une coupe par l'acide 
sulfurique concentré, les parois cel- 
lulosiques disparaissent presque ins- 
tantanément, les revêtements inter- 
cellulaires restent inattaqués, reliés 
l'une à l'autre par les lamelles moyen- 
nes qui séparaient deux cellules con- 
tiguës : mais les parois arrondies des 
cellules et des canaux sont devenues nettement rectilignes. Les 
côtés des polygones se rejoignent aux points plus épais qui or- 
maient les coins des canaux aérifères dans les coupes traitées 
par la méthode de Russow (Fig. 2). 

Après l'action de l'acide sulfurique, on peut colorer et conser- 
ver le réseau délicat qui reste de la coupe, par le procédé sui- 
vant qui, à ma connaissance, n'a pas encore été indiqué. 

Si l'on met dans de l'acide sulfurique quelques grains de 
fuchsine, le liquide devient jaune orangé, et même brun foncé 
si la quantité de fuchsine est assez grande. Une goutte de cette 
liqueur mise dans beaucoup d'eau, la colore en rose, comme le 
ferait une goutte de fuchsine à l'alcool. On dépose les coupes 
très minces dans une goutte de fuchsine sulfurique brun foncé, 
et l'on recouvre d'une lamelle. On place quelques gouttes d'eau 
d'un côté de la lamelle, et un papier buvard de l'autre côté pour 




C. Sauvageau. ^Sur nu cas de protoplasme intercellulaire. 401 

enlever le liquide acide et le remplacer lentement par de l'eau. 
Mais le papier buvard ordinaire de cellulose est impropre à cet 
usage, à cause de l'action que l'acide sulfurique concentré exerce 
sur lui; aussi faut-il le remplacer par le papier d'amiante, qui 
aspire très bien l'acide. L'eau remplace peu à peu l'acide, et 
quand elle baigne la coupe, celle-ci d'abord jaune orangé devient 
rouge, comme si elle avait été colorée directement par la fuchsine. 
Elle est alors composée uniquement, comme je l'ai dit plus haut, 
des revêtements cuticulaires des canaux aérifères, reliés par 
les lamelles moyennes. Le dessin ainsi formé, correspond au 
manteau plasmatique vu par M. Schaarschmidt autour des 
cellules. 

Si l'on traite les coupes, comme M. Schaarschmidt le re- 
commande, par l'acide sulfurique et 
l'éosine, les parois cellulaires se gon- 
flent, la lamelle moyenne et le revê- 
tement cuticulaire se distinguent de 
la cellulose d'une façon bien tran- 
chée par leur plus grande réfrin- 
gence. Le cytoplasme pariétal se co- 
lore en rose, et rend les ponctuations 
faciles à observer ; il y en a généra- 
lement une ou deux très étroites sur 
la paroi qui sépare deux cellules 
corticales contiguës, mais je n'en ai 
jamais vu sur les parois communes à 
une cellule et à un canal aérifère. 
L'observation est rendue plus facile 
par une immersion de quelques ins- 
tants dans l'hématoxyline à l'alcool; le protoplasme conserve 
la couleur rose que lui a donnée l'éosine, la cellulose gonflée 
devient violet clair, et les revêtements cuticulaires, les coins, les 
lamelles moyennes sont colorés en violet foncé. 

La base d'une racine ne possède donc point de protoplasme 
intercellulaire. Mais, si par des coupes transversales, on étudie 
la racine à 1-2 centimètres de l'extrémité, on voit les canaux 
aérifères avec la forme qu'ils conserveront plus tard , les cellules 
corticales renferment un protoplasme assez abondant avec un 
gros noyau et quelques rares canaux montrent un protoplasme 




Fig. 3. 



4Q2 JOURNAL DE BOTANIQUE 

granuleux pariétal dont il est facile de retrouver l'origine (i). 
(Fig. 3 a.) 

En effet, on voit fréquemment 1-2 cellules de bordure qui font 
hernie dans la lumière d'un canal (fig. 3 ô). Parfois une même 
cellule produit ainsi une proéminence dans les deux canaux 
qu'elle sépare. Ces protubérances semblent produites par une 
sorte de poussée protoplasmique vers l'espace intercellulaire ; 
elles sont recouvertes par une membrane cellulosique tantôt 
aussi épaisse que la paroi de la cellule, d'autres fois beaucoup 
plus mince, surtout au sommet, et dont on reconnaît facilement 
l'existence par la méthode de Russow qui la colore en bleu ; elles 
peuvent être assez volumineuses pour remplir toute la lumière 
du canal, et s'appliquer sur presque tout son pourtour. Certaines 

renferment quelques grains d'amidon, et 
aussi, mais très rarement et exceptionnel- 
lement, le noyau de la cellule. Parfois, la 
paroi de la protubérance est crevée, déchi- 
rée, le protoplasme a difflué dans le canal 
aérifère, et s'est répandu le long des parois 
en une couche plus ou moins épaisse, 
comme on le voit dans la lumière de cer- 
tains de ces canaux. C'est là du proto- 
plasme devenu intercellulaire. Mais les es- 
paces intercellulaires tapissés de proto- 
plasme ou contenant une hernie déchirée 
à protoplasme ditfluent, sont beaucoup 
moins nombreux que ceux possédant une hernie close, et beau- 
coup de coupes en sont dépourvues, tandis que les proémi- 
nences closes sont toujours assez fréquentes. 

Sur des coupes longitudinales, on se rend encore mieux 
compte du phénomène. On observe en effet les canaux à air 
bordés par des cellules beaucoup plus longues que larges, et 
séparées l'une de l'autre par des cloisons horizontales. Beaucoup 
de ces cellules produisent une protubérance (fig. 4) qui peut 
prendre naissance en un point quelconque de la longueur de la 
cellule, mais très généralement à la partie inférieure tout près et 

i.Ce protoplasme pariétal ne doit point être confondu avec une couche jaunâtre 
plus ou moins épaisse et irrégulière que l'on trouve parfois dans les canaux aéri- 
fères, due à une modification et à un gonflement du revêtement, et qui est d'ail- 
leurs toujours facile à reconnaître à sa couleur. 




Fig. 4- 



C. Sauvageau. — Sur un cas de protoplasme intercellulaire. 403 

contre la cloison de séparation de la cellule sous-jacente. Une 
même cellule peut produire à la fois une protubérance dans 
chacun des deux canaux voisins qu'elle sépare. Ces hernies sont 
de forme variable, régulièrement arrondies ou irrégulières et 
mamelonnées ; fréquemment rétrécies à la base et terminées par 
une tête plus renflée, elles pendent dans la cavité du canal. Leur 
protoplasme est granuleux et dans son mouvement vers le canal 
il entraine parfois des grains d'amidon, plus rarement le noyau, 
et le corps de la cellule en est alors dépourvu. 

La production de ces hernies a lieu de très bonne heure, car 
des coupes faites à travers le sommet de la racine en présentent, 
alors que les espaces intercellulaires viennent de se former et 
que les cellules sont deux fois plus larges que hautes, mais elles 
sont moins nombreuses que quelques millimètres plus haut. 

Les hernies entières, closes, sont fréquentes; mais parfois on 
en trouve qui à leur extrémité ont une blessure béante, c'est le 
point où la rupture s'est faite. D'autres fois, c'est la partie termi- 
nale de la hernie, sous forme d'un globule protoplasmique plus 
ou moins complètement endigué, qui se sépare de la cellule pour 
tomber dans le canal aérifère. J'ai vu dans un canal l'un de ces 
globules dont le protoplasme renfermait un noyau et quelques 
crains d'amidon. Dans l'observation de ces faits, il faut d'ailleurs 
avoir soin de distinguer les globules qui ont pu se détacher d'eux- 
mêmes, qui sont toujours assez rares, et ceux qui dans la même 
préparation ont été tranchés par le rasoir et isolés de la hernie. 

Il est probable qu'une fois dans le canal, le globule doit se 
désagréger pour donner naissance au revêtement protoplas- 
mique dont j'ai parlé plus haut. 

Les phénomènes que je viens de décrire ne sont point dus à 
des accidents de préparation, et la rupture des cellules ne pro- 
vient pas de la compression subie par la racine pendant la prépa- 
ration des coupes, car je me suis toujours servi de matériaux 
dont le protoplasme était préalablement fixé par un séjour dans 
l'alcool. Ils ne sont point davantage un cas pathologique isolé, 
car je les ai observés sur des racines recueillies pendant toute la 
végétation de la plante et provenant de localités diverses. 

D'ailleurs la racine du Najas minor, dont l'écorce s'accroît 
de la même manière que celle du Najas major montre des her- 
nies semblables mais moins nombreuses. 



404 JOURNAL DE BOTANIQUE 

SUR LE DÉDOUBLEMENT DE L'ENDODERME 

DANS LES 

CRYPTOGAMES VASCULAIRES 

Par M. Ph. VAN TIEGHEM 

On sait que dans la racine des Equisetum l'endoderme, 
d'abord simple, divise bientôt ses cellules par une cloison tangen- 
tielle située en dedans des plissements et se dédouble ainsi en 
une assise externe plissée et une assise interne non plissée. A 
partir de ce moment, peut-être devrait-on réserver à la dernière 
seule le nom d'endoderme et direque l'assise sus-endodermique 
est plissée ; mais il paraît plus naturel de continuer à exprimer 
la chose, comme je l'ai fait en 187 1, en disant que l'endoderme 
s'est dédoublé en dedans de ses plissements. Dans la racine, un 
pareil dédoublement de l'endoderme n'a pas été observé jusqu'à 
présent ailleurs que chez les Eqitisetum, où il coïncide avec 
l'absence d'un péricycle. Dans la tige et les feuilles au contraire, 
on le rencontre chez diverses Cryptogames vasculaires et le phé- 
nomène y est trop intimement lié à la question de limite traitée 
dans le dernier numéro de ce Journal pont qu'il ne soit pas néces- 
saire d'en dire ici quelques mots. 

Considérons d'abord une tige monostèle de Fougère, par 
exemple la tige feuillée d'un Hymeiwpliyllum ou un stolon 
aphylle de Nephrolepis. L'endoderme, d'abord simple, y accroît 
radialement ses cellules vers l'intérieur, les plissements lignifiés 
demeurant contre la face externe, puis les divise par une cloison 
tangentielle en dedans des plissements. Il se trouve par là dédou- 
blé en une assise externe à cellules plates, munies de plissements, 
et en une assise interne à cellules à peu près aussi hautes que lar- 
ges, dépourvues de plissements, exactement superposées aux 
premières. Entre celle-ci et l'anneau de liber qui entoure la stèle, 
il y a une rangée de cellules alternes avec celles de l'endoderme ; 
c'est le péricycle. Il faut donc bien se garder ici de rattacher au 
péricycle, en disant qu'il est double, l'assise interne non plissée de 
l'endoderme primitif, c'est-à-dire de tracer la limite du cylindre 
central et de l'écorce à la cloison intérieure aux plissements qui a 
dédoublé l'endoderme. 

Il en est de même dans la tig-e, également monostèle, des 
Azolla, avec cette différence qu'ici, à cause de l'extrême ténuité 



Sur le dédoublement de l'endoderme dans les Cryptogames vasculaires. 405 

de la stèle, les éléments libériens qui entourent le petit paquet 
vasculaire axile sont en contact direct avec l'assise interne de 
l'endoderme dédoublé; en un mot, comme dans la racine des 
Eqtasetum, il n'y a pas de péricycle. Dans ces plantes, il faut 
donc éviter de regarder comme étant un péricycle l'assise sans 
plissements qui sépare le liber de l'assise plissée. 

Ce dédoublement de l'endoderme en dedans des plissements, 
que nous venons d'observer dans certaines tiges ou feuilles mo- 
nostèles, tantôt ave péricycle simple, tantôt sans péricycle, sui- 
vant le diamètre de la stèle unique, se retrouve, sous ces deux 
mêmes aspects, dans diverses tiges ou feuilles polystèles. Chez 
la plupart des Poly podium, par exemple, la tige contient, comme 
on sait, un plus ou moins grand nombre de stèles libres, dispo- 
sées en cercle. Dans certaines espèces, comme le P. vaccinifG- 
lùtm, qui en a quatre, le P. glauciun, qui en a huit ou neuf, etc., 
ces stèles sont toutes très étroites. Autour de chacune d'elles, 
l'endoderme s'est dédoublé en dedans des plissements lignifiés ; 
dans chacune d'elles, les deux faisceaux libériens et les deux 
faisceaux ligneux confluents s'appuient directement contre 
l'assise interne non plissée issue de ce dédoublement. Comme 
la stèle unique de la racine des Equisetum ou de la tige des 
Azolla, toutes ces stèles sont donc dépourvues de péricycle. 
Chez d'autres Polypodiitm, comme le P. vtilgare, où il y en a 
treize, etc., les stèles sont de grosseur un peu différente. Autour 
de chacune d'elles, l'endoderme se dédouble encore, comme il 
vient d'être dit ; mais tandis que dans les stèles les plus grosses 
l'assise non plissée de l'endoderme est séparée du liber et du bois 
par un rang de cellules formant un péricycle, dans les plus 
étroites cette assise touche directement le liber ou le bois et il n'y 
a pas de péricycle. Cette différence entre les stèles constitutives 
de la même tige est bien plus frappante ailleurs, notamment dans 
les Davallia. La tige rampante du Davallia canariens/s, par 
exemple, contient deux grosses stèles aplaties, une en haut, 
l'autre en bas, reliées de chaque côté en ellipse par des stèles 
très étroites au nombre de huit. Autour de toutes ces stèles, l'en- 
doderme se dédouble en dedans des plissements ; mais entre 
l'assise interne non plissée et le liber les deux grandes stèles ont 
une assise de péricycle, qui manque à toutes les petites. Il serait 
facile de multiplier ces exemples. 



4 o6 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Les tiges ou feuilles polystèles à endoderme dédoublé offrent 
donc, suivant le diamètre de leurs stèles, tantôt dans toutes un 
péricycle, comme dans la stèle unique des Hynieiiophylltim et 
des NepJirolepis, tantôt dans toutes un défaut de péricycle, 
comme dans la stèle unique des Azolla, tantôt à la fois les deux 
dispositions. 

Qu'il s'agisse d'une racine, d'une tige ou d'une feuille, que le 
membre considéré soit monostèle ou polystèle, toutes les fois 
que l'endoderme se dédouble en dedans de ses plissements, la 
limite du cylindre central et de l'écorce est donc à tracer, non 
pas immédiatement en dedans de l'assise plissée actuelle, mais 
en dedans de l'assise non plissée qui est superposée à sa face in- 
terne et qui ne fait qu'un avec elle. S'il y a quelque chose entre 
cette dernière assise et le liber, c'est le péricycle ; s'il n'y a rien, 
il n'y a pas de péricycle : ces deux manières d'être pouvant, lors- 
qu'il est polystèle, se rencontrer côte à côte dans le même membre, 
suivant le diamètre des stèles considérées. 



FRAGMENTS M YCOLOGIQUES 

(Suite.) 
Par M. N. PATOUILLARD 

Une nouvelle espèce de Nevrophyllum. 

Nevrophyllum viride Pat. — Chapeau charnu coriace, 
d'un vert sombre, intense, orbiculaire, déprimé au centre, 
relevé sur les bords qui sont déchirés en lobes profonds, atté- 
nué régulièrement en un stipe central, concolore, plein, fibreux, 
villeux à la partie inférieure. Hyménium infère, formé de plis 
épais, nombreux, anastomosés, rameux, décurrents sur le som- 
met du pied. Tissu formé d'hyphes jaunes verdàtres (sub lente). 
Basides claviformes, à deux où quatre stérigmates ; cystides 
cylindracées, obtuses arrondies en haut, très saillantes, contenant 
au sommet des granulations verdàtres. Spores ovoïdes, api- 
culées à la base, d'abord lisses, puis couvertes de crêtes sail- 
lantes anastomosées en un réseau à larges mailles ; leur couleur 
est d'un jaune verdàtre; dimensions : 13-14 X 6-7 y-. 

Sur la terre dans les bois humides de la Guyane française. 
(Melinon 1876.) 



Sur une forme à grandes fleurs de /'Anémone nemorosa. 407 

» 

Obs. — Plante entièrement d'un vert foncé, ayant exacte- 
ment le port du Cantharellus cibarùis ; sa longueur est de 10-12 
centimètres, le diamètre du chapeau est de 6-8 centim., l'épais- 
seur du stipe est de 8 millim. à la base, et de 15 millimètres 
au sommet. 

Le port et la disposition pliciforme de l'hyménium feraient 
de notre plante un Cantharellus, mais les spores colorées et 
bien différentes de celles des Chanterelles , la présence de 
cystides nombreuses, obligent de la séparer de ces dernières 
pour la placer dans un genre spécial caractérisé par un hymé- 
nium veiné plissé, au moins à la fin, et des spores colorées, lisses 
ou verruqueuses, à côté du Nevrophyllum c lavai uni (Fr.) et de 
quelques autres espèces, d'ordinaire réunies aux Chanterelle 
ou aux Craterelles. 

VARIÉTÉ 



Sur une forme à grandes fleurs de V Anémone nemorosa L. 

observée dans le département du Nord. 

Par M. L. Morot 

M. Niel adressait à la Société botanique, dans sa séance du 8 juin 
1883, des échantillons d'une forme remarquable de X Anémone nemo- 
rosa qu'il avait observée depuis trois ans dans un petit bois au Mesnil- 
Esnard, près de Rouen. 1 Cette plante, disait-il dans la notice accom- 
pagnant son envoi, avait attiré mon attention par sa forme singulière 
et sa floraison tardive (elle fleurit trois semaines environ après VA. ne- 
morosa), ses feuilles larges d'un vert glauque et ses grandes feuilles 
d'un blanc mat. M. l'abbé Letendre m'a dit l'avoir déjà remarquée, il 
y a quelques années, dans une autre localité. » 

Cette forme très intéressante avait d'autre part été recueillie dans 
le département de la Somme par Eloy de Vicq ; il n'en fait pas men- 
tion, il est vrai, dans son Catalogue ni dans sa Flore, mais l'Herbier 
de France du Muséum d'Histoire naturelle en renferme de beaux échan- 
tillons récoltés par ce botaniste, au mois d'avril 18S2, dans le bois de 
Belloy, près de Huppy. 

Enfin la même forme a été rencontrée, au mois de mai 1885, dans 
le bois de Verlinghen, près de Lille, par MM. le D r Carpentier et Du- 
bois, et celui-ci l'y a retrouvée en 1887. Cette découverte, non plus 
que la précédente, n'a pas été signalée jusqu'ici. Aussi, ayant eu l'oc- 



408 JOURNAL DE BOTANIQUE 

casion, grâce à l'obligeance de M. l'abbé Masclef, qui a bien voulu me 
les communiquer, d'examiner des échantillons provenant de cette der- 
nière localité, j'ai pensé qu'il ne serait pas sans intérêt d'en faire l'ob- 
jet d'une petite note. 

Certains de ces échantillons présentent une particularité tératolo- 
gique observée assez fréquemment chez un grand nombre de plantes : 
les sépales, plus ou moins profondément découpés, ont fait un retour à 
la forme des feuilles normales, cm même temps que sur plusieurs fleurs 
les étamines se sont transformées en languettes stériles. Notons que la 
plante des environs de Rouen avait aussi ses sépales en partie décou- 
pés ; les étamines au contraire n'étaient pas modifiées (i). 

Cette modification est d'ailleurs un simple accident qui n'a atteint 
que certains des échantillons de l'Anémone de Verlinghen. Les autres 
n'ont rien de monstrueux, au sens propre du mot, non plus que les 
pieds recueillis par E. de Yieq dans la Somme qui figurent dans 
l'herbier du Muséum. Ce qui les distingue c'est la longueur de leur 
tige florale et de leurs feuilles, l'ampleur de ces dernières, la largeur 
de leurs segments comparativement à ceux des feuilles ordinaires de 
VA. nemorosa, les grandes dimensions des fleurs, dont le diamètre 
atteint et dépasse parfois 8 centimètres. L'ensemble de ces caractères 
donne à la plante un faciès notablement différent de celui du tvpe : on 
pourrait, à première vue, la prendre pour Y Anémone sylvesiris ; mais 
elle a bien les sépales glabres et non velus extérieurement comme ceux 
de cette espèce. L'idée d'une hybridation, qui se présente à l'esprit, 
doit être rejetée, puisque VA, sylvesiris n'existe pas dans le dépar- 
tement du Nord (2) et n'a pas été non plus signalée dans la localité 
de la Somme où E. de Vicq a recueilli ses échantillons. 

Il s'agit donc d'une forme spéciale de VA. nemorosa; mais ce n'est 
pas simplement une forme accidentelle et tératologique (abstraction, 
faite des modifications secondaires indiquées plus haut), puisqu'on la 
retrouve dans des régions différentes, où elle se reproduit régulière- 
ment avec les mêmes caractères essentiels. Il semble, par conséquent, 
que l'on serait en droit de la considérer comme une variété bien déter- 
minée, propre, jusqu'à plus amples renseignements, au nord et au 
nord- ouest de la France. 

1. Bull. Soc. bot. de Fr., t. xxx, 1883, p. 197. 

2. C'est, comme on le sait, par erreur que la présence de VA. sylvesiris avait 
été indiquée dans le bois d'Hasnon, près de Valenciennes. La plante trouvée dans- 
cette localité était en réalité VA. nemorosa ; il s'agissait probablement de la 
forme qui nous occupe ici. 

Le Gérant : Louis Morot. 



►•ris - J Merscfc. imp.. 22, pi. Ddnftct- RocfeoreaB 



2 e ANNÉE N" 23 I e ' DECEMBRE 1888 



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JOURNAL DE BOTANIQUE 

Directeur : M. Louis MOROT 



ETUDES SUR LA GEOGRAPHIE BOTANIQUE DU NORD 

de la France 

(Suite.) 

Par M. l'abbé MASCLEF 

B. Espèces de l'intérieur modifiées : formes litto- 
rales. — Sous V influence dît milieu, quelques-unes des espèces 
appartenant à la flore intérieure de la région du Nord, qui par- 
viennent à se fixer dans les dunes ou sur les levées de galets, s'y 
modifient plus ou moins profondément et y acquièrent un certain 
nombre de caractères nouveaux. On considère ordinairement 
ces formes spéciales aux sables maritimes comme des variétés 
f Var. littoralis, maritima , satina, arenaria, sabulosa, crassi- 
folia, etc.); cette dénomination paraissant faire supposer qu'elles 
doivent toujours être considérées comme dérivées des types 
intérieurs, çuand le contraire peut très bien être la vérité, je les 
comprendrai toutes dans ce travail sous le nom général de formes 
littorales. Comme je l'ai déjà indiqué plus haut, trois causes 
locales, le sel marin, les vents de la mer et V aridité de la sta- 
tion, agissant soit isolément, soit d'une manière simultanée, ont 
pu les déterminer dès le moment de l'introduction des types 
primitifs dans les sables du littoral, ou simplement assurer 
leur conservation sans variations sensibles. Je vais essayer, 
en même temps que j'étudierai leur dispersion, de recher- 
cher laquelle de ces trois causes a été et est toujours la plus 
influente sur chacune d'elle. La chose est assez aisée pour les 
formes peu importantes qui disparaissent rapidement avec un 
simple changement de station; elle devient au contraire fort 
difficile dans le cas, assez rare il est vrai, de modifications consi- 
dérables si bien fixées qu'il y a formation d'une bonne race nou- 
velle, se maintenant par une culture de plusieurs années. Dans 
cette dernière alternative, la forme littorale est souvent consi- 



4 io JOURNAL DE BOTANIQUE 

dérée comme une espèce distincte par bon nombre de botanistes. 
Pour rapporter « cette mauvaise espèce » avec quelque chance 
de probabilité à un autre type spécifique auquel elle paraît se 
rattacher par certaines transitions, l'on doit, à mon sens, pro- 
céder par comparaison, et, les mêmes causes produisant toujours 
les mêmes effets dans des conditions identiques, conclure à la 
parenté si d'autres faits déjà bien connus produisent des modi- 
fications analogues. C'est ce principe que j'appliquerai dans un 
instant à propos du Viola sabulosa Boreau. Ainsi entendue, 
l'étude de certains points de Géographie botanique pourrait 
être d'un grand secours au botaniste descripteur et l'aider à re- 
connaître la valeur de certaines formes sur lesquelles la culture 
elle-même ne peut le renseigner. 

i . — Le sel marin contenu dans le sol ou distribué par les 
buées de la mer, est évidemment la cause unique de l'existence 
dans les sables maritimes des quatre formes suivantes : Sagina 
nodosa Fenz. — Var. maritima Pers., Lotus comiculattis L. — 
Var. crassifolius Pers., Chenopodium. rubrum L. — Var. cras- 
sifolium Moq. Tand. et Polygonum aviculare L. — Var. litto- 
rale Koch. Toutes ont, en effet, les feuilles épaisses et charnues 
et leur physionomie générale rappelle celle de plusieurs halo- 
phyles précédemment étudiées; de plus, soustraites à l'influence 
du chlorure de sodium elles perdent rapidement ces caractères et 
retournent au type intérieur. La présence du Chenopodium ru- 
brtim Var. crassifolium dans les prés salés de Dieuze en Lorraine 
vient encore confirmer cette assertion. 

\J Arenaria serpyllifolia\^. — Var. macrocarpa Lloyd {A. 
Lloydii Jord.), avec ses capsules plus épaisses que dans le type, 
sa taille robuste et un ensemble de caractères plus faciles à appré- 
cier sur les échantillons qu'à définir, me paraît évidemment sou- 
mis à la même influence. 

Le Kœleria cristata Pers. — Form. albescens {K. albescens 
DC), à feuilles glauques et enroulées comme chez la plupart des 
Graminées halophyles, me semble dans le même cas. 

Enfin le Viola sabulosa Boreau, communément regardé 
comme une assez bonne espèce, n'est également pour moi 
qu'une simple variété littorale du V. tricolor L. déterminée par 
la même action. 

Signalée pour la première fois en 1824 à l'attention des bota- 



Abbé Masclef. — Sur la géographie botanique du Nord de la France. 411 

nistes par P. et A. de Candolle précisément comme variété du 
V. tricolor (1), cette forme remarquable des dunes du Nord de 
la France fut décrite comme espèce distincte en 1853 par Bu- 
reau (2) sur des échantillons envoyés de Dunkerque par M. Cus- 
sac, puis successivement par de Vicq (3) et Dumortier (4) avec 
quelques variantes occasionnées par l'étude d'un nombre trop 
restreint d'échantillons. 

Le V. sabulosa est constamment caractérisé par ses feuilles 
inférieures petiolées, ovales-obtuses, largement crénelées, ses 
stipules à lobes latéraux linéaires et à lobe médian assez sem- 
blable aux feuilles, ses pédoncules fructifères, beaucoup plus 
longs que les feuilles, s 'étalant à la maturité, ses sépales lancéolés- 
aigus un peu plus courts que la capsule et ses pétales dépassant 
toujoitrs le calice, les supérieurs ordinairement d'un beau violet 
un peu velouté, les latéraux et l'inférieur (élargi au sommet) 
plus pâles, nuancés de blanc, de jaune et d'orangé. 

Certains points de détail doivent être éclaircis pour faire 
concorder les différentes descriptions. Boreau indique la plante 
comme parsemée, surtout dans ses parties supérieures , d'unepu- 
bescence très fine, transparente ; c'est de beaucoup le cas le moins 
fréquent, ordinairement la plante est glabre. De Candolle est 
aussi trop exclusif en la décrivant en ces termes : cattlibus pluri- 
mis diffusis... sepalis cor lia vix brevioribus, car l'on rencontre 
une foule d'échantillons ne possédant qu'une seîile tige et où les 
pétales sont une fois plus longs que les sépales. Pour la longueur 
comparée des sépales, le meilleur caractère se trouve dans la 
diagnose de Dumortier; ils sont toujours, comme il l'affirme, un 
peu plus courts que la capsule « capsula vix brevioribus » . Enfin 
le V. sabulosa, annuel pour Boreau, est, selon de Vicq, bisan- 
nuel ou vivace, et c'est même ce dernier caractère qu'il donne 

1. P. et A. de Candolle, Prodromus systematis naturalis regni vegetabilis, 1. 1, 
p. 304 : Viola tricolor L. \. sabulosa DC. « caulibus plurimis diffusis, foliis remo- 
us ovatis elongastive, sepalis anguste lanceolatis corolla vix brevioribus. — In 
arenosis raaritimis Belgii et Galliae. » 

2. A. Boreau, Notes sur quelques espèces de plantes françaises : V. sabulosa 
Bor. - V. tricolor, Var. sabulosa DC. (Bulletin de la Société industrielle d'Angers 
et du département de Maine-et-Loire, XXIV e année — IV de la 2' série — 1853, 

p. ^S - ) 

3. E. de Vicq et Blondin de Brutelette, Catalogue raisonné des plantes vas- 

culaires du département de la Somme, 1865, p. 30. — E. de Vicq, La végétation 
sur le littoral du département de la Somme, 1876, p. 15, et Flore du département 
de la Somme, 1883, p. 52. 

4. B. Dumortier, Bouquet du littoral belge, 1869, p. 40. 



4 i2 JOURNAL DE BOTANIQUE 

dans sa flore de la Somme pour distinguer sûrement le V. sabu- 
losa des différentes variétés du V. tricolor. L'étude que j'ai 
faite d'un très grand nombre de spécimens, soit sur place, soit 
dans différents herbiers, en particulier dans celui de de Yicq 
lui-même, est loin de venir confirmer cette assertion. Quelques 
racines ayant été profondément enterrées dans le sable et pour- 
vues de nombreuses fibrilles peuvent bien au premier abord être 
considérées comme bisannuelles, mais elle ne portent, une seule 
exceptée, aucune trace de tiges anciennes, et soumises à l'examen 
anatomique elles n'ont présenté aucun caractère qui puisse sûre- 
ment les distinguer de celles des V. agrestis et segetalis Jord. Le 
V. sabulosa est donc normalement annuel; il ne devient bisan- 
nuel ou vt'vace qu'accidentellement, sous l'influence du milieu. 
Des exemples de transformations analogues dans les sables des 
dunes ont déjà été signalés plusieurs fois, en particulier par 
MM. Cosson et Bonnier (i). Une altitude élevée et la culture pro- 
duisent souvent des effets analogues ; il serait intéressant de re- 
chercher si c'est la même cause qui préside à ces modifications 
identiques, dans des conditions si différentes. 

Les caractères du V. sabulosa une fois bien définis, il 
devient plus facile de se prononcer sur sa valeur spécifique. Par 
ses pétales plus longs que le calice et la vive coloration, un peu 
veloutée, qui caractérise les fleurs d'un grand nombre d'indi- 
vidus, il offre de grands rapports avec le V. tricolor — Var. vul- 
garis Koch ; au contraire par ses formes peu colorées et à pétales 
quelquefois à peine plus longs que le calice, il se rapproche sou- 
vent des V. agrestis et segelalis]ord. ( V. tricolor — Var. ag7'estis 
et segetalis Gren et Godr.). Nous sommes donc en présence 
d'un Viola qui offre de nombreux points de ressemblance avec 
plusieurs variétés du V. tricolor, entre lesquelles on peut très 
bien le placer comme intermédiaire. Appartient-il également à 
cette espèce? Je le crois pour la raison suivante. Les formes de 
Viola à pétales dépassant le calice et à coloration très vives 
se rencontrent de préférence dans les jardins ou au voisinage des 
habitations, c'est-à-dire sur des terrains plus ou moins riches en 
azote; les formes à petites corolles, ne présentant le plus sou- 
vent qu'une coloration uniforme d'un jaune pâle, abondent au 

i. Cfr. Bîdletin de la Société botaniqtie de France, tome XXIX, p. 49 et 
tome XXXI, p. 381. 



Abbé Masclef. — Sur la géographie botanique du Nord de la France. 413 

contraire dans les terrains maigres (1). Or, comme je l'ai fait 
remarquer précédemment à propos des caractères de la végéta- 
tion des terrains soumis à l'action directe des eaux salées (2), 
la soude et Y azote ont souvent sur certains végétaux une action 
identique; pourquoi, cette fois encore, n'agiraient-ils pas au 
même titre et ne serait-ce pas le Chlorure de Sodium qui, sans 
parler de l'influence combinée du terrain et des vents venant 
encore modifier les racines et le port, donnerait au Viola localisé 
dans nos dunes les principaux caractères qui le distinguent et 
que nous retrouvons dans les formes des lieux cultivés ou 
azotés (3) ? Si l'on admet la possibilité de cette hypothèse, le V . 
sabulosa, qui se relie si bien aux autres formes du V. tricolor, 
a sa place toute marquée au milieu d'elles, et le type linnéen 
doit, dans nos flores du Nord de la France, être subdivisé comme 
il suit : 

Viola tricolor L. 

Forma a. tricolor ( V. tricolor L. — Var. vulgaris Koch ; V. tri- 
color Boreau). 

Forma p. sabulosa ( V. tricolor L,. — Var. sabulosa D C ; V. sabu- 
losa Boreau, Dumortier et de Vicq.) (4). 

Forma y. agrestis ( V . agrès tis Jordan). 

Forma 8. segetalis [V. segetalis Jordan). 

Au témoignage de Boreau et de Dumortier, le V. sabîilosa a 
été cultivé longtemps sans subir « le moindre changement », 
mais ce fait ne vient nullement contredire ma conclusion et 
établir que ce soit une espèce distincte. Je viens de rappeler, en 
effet, que la culture ne modifie pas un grand nombre de plantes 

1. Cfr. A. Franchet, Flore de Loir-et-Cher, p. 67. 

2. Cfr. Journal de Botanique, 2"" année, n° 12 (16 juin 1888). 

3. On pourrait objecter que certaines formes spéciales aux sables maritimes 
de l'Ouest ( V. nana DC, V. Foucaudi Savatier) sont à fleurs petites et généra- 
lement peu colorées, mais sans avoir à me prononcer sur leur valeur scientifique, 
je ferai remarquer qu'elles subissent souvent dans leurs parties florales des mo- 
difications qui viennent confirmer mon hypothèse ; les pétales, en effet, surtout 
chez le V. Foucaudi, deviennent beaucoup plus grands, dépassent sensiblement 
le calice et acquièrent une coloration plus vive et plus veloutée. 

4. Il faut tenir compte, en lisant les descriptions de ces auteurs, des corrections 
indiquées plus haut. On pourra étudier avec profit le V. sabulosa sur les échan- 
tillons distribués dans Y Herbier des flores locales de Puel et Maille, les Planta? 
Gallias septenlrionalis de Ch. Magnier et par la Société dauphinoise pour 
l'échange des plantes. 



4 i 4 JOURNAL DE BOTANIQUE 

maritimes ; d'autre part le V. sabulosa peut très bien être consi- 
déré comme une bonne race parfaitement fixée. 

Quelques mots maintenant sur la distribution géographique 
dans les sables maritimes du Nord de la France, des sept formes 
ou variétés littorales dont il vient d'être question. 

Le SAGINA NODOSA — Var. maritima — est commun dans les 
sables humides des dunes et des levées de galets, de la Nor- 
mandie à la Belgique! C'est une des plantes les plus répandues 
sur notre littoral. 

L'ARENARIA SERPYLLIFOLIA — Var. macrocarpa — se rencon- 
tre également sur toute la longueur de nos côtes! ; il est cependant 
un peu moins abondant. Sa station s'étend aux vieux murs et 
aux lieux vagues voisins de la mer. 

Le Lotus corniculatus — Var. crassifolius — se trouve 
çà et là dans la région des dunes comprise entre la Canche et la 
Somme! ; de Vicq l'a recueilli sur les éboulis des falaises de Mers. 
Le Chenopodium RUBRUM — Var. crassifolium — recherche 
les endroits humides et un peu marécageux des dunes ; il est 
surtout localisé en arrière des dunes profondes qui s'étendent de 
chaque côté de V Authie! 

Le Polygonum AVICULARE — Var. littorale — abonde sur 
certains points dans les dunes et sur les digues de galets, de 
préférence dans les endroits herbeux et au bord des chemins ! 

Le KŒLERIA CRISTATA — Form. albescens — très commun 
dans les dunes de la Belgique est encore fort répandu au nord 
de notre littoral dans celles de Dunkerque (Boulay), de Gr ave- 
lines et de Calais! ; on le rencontre encore assez fréquement de 
Boulogne à Wimereux et dCEtaples à Berck! Il devient plus 
rare dans le département de la Somme où on ne l'a plus recueilli 
qu'à Saint- Quentin-en- Tourmont, dans les dunes (de Vicq), et 
entre le Hourdel et Cayeux sur les levées de galets, dans les 
endroits les plus sablonneux ! 

Le VIOLA TRICOLOR — Form. sabulosa — végète de pré- 
férence dans lessablesunpeumouvants, presque toujours par pieds 
solitaires et fort disséminés. On le trouve dans presque toutes les 
dunes des trois départements de la Somme, du Pas-de-Calais et 
du Nord : de Saint- Quentin-en- Tourmont (Somme) à Condette, 
près de Boulogne (Pas-de-Calais) sur une longueur d'une qua- 
rantaine de kilomètres! (Tillette de Clermont, de Vicq, etc.); 



P A. Dangeard. — L.a sexualité ckes quelques Algues inférieures. 415 

à Wimereux, au nord de Boulogne (Giard) ; à Wissant (Boulay) ; 
enfin de Sangatte, au sud de Calais, jîisqit'à la frontière belge, 
sur une nouvelle ligne de plus de huit lieues! (Boreau, Boulay, 
etc.). Je ne l'ai pas observé dans les dunes du Crotoy (Somme) 
ni dans celles d' ' Ambleteuse, de chaque côté de la Slack (Pas-de- 
Calais) ; sa présence dans ces deux petites régions de dunes n'a 
pas encore été constatée, à ma connaissance. 

C'est Pauquy, dans sa Flore du département de la Somme, 
en 1 83 1 , qui a le premier signalé le V. tricolor — form. sabtt- 
losa — comme une forme spéciale aux sables maritimes du 
Nord ; il l'indique, sous le nom de V. tricolor L. — Var. sabu- 
losa D C. — dans les dunes de Saint-Quentin-en-Tourmont. 
Après lui, il fut successivement signalé sur d'autres points par 
Tillette-de-Clermont-Tonnerre, Mutel, de Vicq, Rigaux, l'abbé 
Boulay et les autres botanistes du Nord de la France. Les au- 
teurs de la dernière Flore de France, Grenier et Godron, ne 
paraissent pas avoir eu connaissance de cette forme remarquable ; 
il la passent complètement sous silence. C'est probablement à 
elle que Lamarck et De Candolle veulent faire allusion en si- 
gnalant le V. rothomagensis Desf. « dans les dunes de Dun- 
kerque ». Cette erreur a été reproduite par Th. Lestiboudois 
dans sa Botanographie Belgique. Ce dernier auteur avait cepen- 
dant observé à Dunkerque même le Viola décrit par De Candolle 
trois ans avant la publication de son travail ; il l'y indique comme 
le type du V. tricolor L., paraissant ne pas connaître la variété 
nouvellement créée dans le Prodrome. C'est également sous le 
nom de V. tricolor qu 'il a été signalé en 1803 dans les dunes de 
Qtiend (Somme) par Boucher de Crèvecœur, et en 1835 à Ca- 
lais par Steinheil. 

{A suivre.) 

LA SEXUALITÉ CHEZ QUELQUES ALGUES INFÉRIEURES 

(Fin.) 
Par M. P. A. DANGEARD 

Chlamydomonas minima sp. nov. 

Cette Algue s'est montrée en grande quantité dans un vase 
où je conservais diverses Algues marines ; elle formait sur les 
parois de verre, du côté de la lumière, une croûte d'une belle 



4i6 JOURNAL DE BOTANIQUE 

couleur rouge qui resta ainsi pendant plus d'un an ; cette croûte 
était formée par une multitude de petites cellules sphériques à 
membrane épaisse (fig. i); pendant le mois d'août dernier, je 
renouvelai l'eau des cultures, et presque immédiatement ces 
cellules de repos commencèrent à germer : tout en conservant 
leur couleur rouge, elles se divisèrent en deux, puis en quatre 
(fig. 2 et 3); la membrane montrait à ce moment des stries con- 
centriques ; chacune des cellules ainsi formées devint une zoos- 
pore à protoplasma vert. 

Ces zoospores ont tous les caractères d'un Chlamydomonas 
(fig. 4); leur longueur moyenne est de 8 p-; leur largeur de 5 \>-\ 
la partie antérieure du corps est souvent presque incolore, elle 
présente quatre cils ; à leur insertion existe souvent une légère 
dépression qui semble rendre l'individu légèrement asymétrique ; 
à la partie postérieure se trouve un corpuscule amylifère et des 
granules d'amidon. 

La reproduction asexuelle se fait par une division en deux 
suivant l'axe du corps (fig. 5); je n'ai réussi à observer que ce 
stade et j'ignore si une même cellule-mère peut donner plus de 
deux zoospores. 

A l'automne dernier les cultures ont présenté un grand nom- 
bre de cellules sphériques ayant tous les 
caractères de cellules de repos (fig. 6) ; 
elles ont conservé plus d'un mois leur 
couleur verte, puis elles ont offert une 
complète ressemblance avec les autres ; 
je pense que ces cellules sont des oospo- 
res, qu'elles proviennent comme dans les 
autres espèces du genre d'une copulation 
de gamètes, mais il m'a été impossible de l'observer. 

Il faut remarquer que les zoospores de cette espèce ont des 
mouvements très violents : elles disparaissent en un instant du 
champ du microscope, elles tournent sur elles-mêmes, pirouet- 
tent ou filent avec une si grande rapidité qu'il est absolument 
impossible de compter le nombre des cils sans l'emploi des 
réactifs. 

M. Colin a décrit deux Chlamydomonas marins : le C. ma- 
rina et le C. Dtmaliï (1). Dans ces espèces le nombre des cils 

1. Hedwigia, 1865. 




P. A. Dangeard. — La sexualité ches qrielques Algues inférieures. 417 

est de deux; il sera donc toujours facile de distinguer de ces 
dernières le Chlam.ydom.onas minima, qui en possède quatre. 

On ne peut affirmer que ces espèces marines soient bien à 
leur place dans ce genre ; elles paraissent former leurs cellules 
de repos beaucoup plus rapidement que les espèces d'eau douce; 
leur phase active (zoospore) est plus courte et à ce point de 
vue les rapproche des Glœocystis ; il serait donc fort intéressant 
de chercher si elles possèdent un mode de reproduction sexuelle. 

En résumé, on peut dégager de nos recherches les consé- 
quences principales qui suivent. 

i° La reproduction sexuelle offre un grand caractère de gé- 
néralité dans les Chlamydomonadinae ; on la connaît dans les 
genres Chlorogoiiium. , Cercidnwn, Phacotus, Corbierea. Il est 
d'ailleurs certain qu'il n'existe aucune différence sensible entre 
la formation des œufs par gamètes semblables et celle qui a lieu 
par anthérozoïdes et spores ; en effet nous avons signalé, dans 
une séance récente de la Société Linnéenne de Normandie, com- 
ment, dans le genre Eudorina, la formation des anthérozoïdes, 
qui se fait ordinairement comme chez les Volvox, pouvait dans 
certains cas ressembler en tous points à une production de ga- 
mètes; nous pensons que la copulation d'individus semblables 
est le mode de reproduction sexuelle primitif et que la distinc- 
tion en spermatozoïdes ou anthérozoïdes et oosphère est une 
modification tout à fait secondaire. On peut même croire que la 
conjugaison, souvent passagère, que l'on observe chez quelques 
Rhizopodes ( Vainpyrella, Nuclearïa, Actinophrys) et chez plu- 
sieurs Infusoires, est en réalité une reproduction sexuelle pri- 
maire et qu'elle peut n'être pas sans influence sur la formation des 
cellules de repos, considérées généralement comme des kystes. 

2 La connaissance assez complète que nous avons mainte- 
nant du développement des Chlamydomonadinées ne permet 
plus de les considérer comme des Protozaires ; ce sont des Al- 
gues inférieures, composant une famille très homogène. 

Nous espérons arriver à faire admettre au même titre parmi 
les Algues inférieures les Cryptomonàdînse et les Euglena? et 
prouver peut-être que la chlorophylle normale n'appartient 
qu'au règne végétal (1). 

1. Voira ce sujet nos Recherches sur les Cryptomonadinae et les Euglenze 
{Le Botaniste, 1" fascicule, libr. Massif, Caen, 1888). 



4 i8 JOURNAL DE BOTANIQUE 

LES CYPÉRACÉES 
DE L'ECUADOR ET DE LA NOUVELLE-GRENADE 

DE LA COLLECTION DE M. E. ANDRÉ 
(Fin.) 

Par M. P. MAURY 

FIMBRISTYLIS 

1. F. diphylla Vahl, Enum., p. 289; Nées ab Esenb. in Vigth., p.fioo. 
— Scirpus diphyllus Retz, Observ. V, p. 15; — Fimbristylis communis 
Kunth, /. <r.,p. 234; — F. polymovpha Boeckler, in Linnsea, XXXVII, p. 14. 

« Cerca de Piedras (Nov. Granat.), ait. 800 m., in regione sicca adped. 
montis Tolima, n° 1927; Rio Quilcaa (Cauca, Nov. Granat.), in paludibus 
obvia, n° 2829. » 

In Herb. M. P. : Susamuco, pr. Bogota, ait. 1000 m,, J. Triana, sine nu- 
méro; Caripe, Cacacas, Funck, n° 232; Panama, D r Duchassaing. 

2. F. autumnalis Rœm. et Schult., /. c., II, p. 97; Kunth, /. c, 
p. 227; Boeckeler, /., c. p. 38. — Isolepis complanata Rœm. et Schult., 
/. t., I, p. 119; — Scirpus camplanatus Retz., Observ., V, p. 14; — 
S. autumnalis L. Cod. n p. 64; — Fimbristylis complanata Link, Hort, I, 
p. 292; Kuntk, /. c. y p. 228. 

« Prope Attaques, in Cordillera meridion. (Nov. Granat.), in paludibus 
frequens, n° 3420 et 3294 bis; Jbaque (Nov. Granat.). ad ped. montis To- 
lima, ait. 1350 m., n° 3294. » 

In Herb. M. P. : Guyana Angostura o ciudad Bolivar, Venezuela, D r de 
Grosourdy. 

3. F. glomerata Nées ab Esenb., in Mari. Brasil., Cyper., p. 77; 
Boeckeler, /. ç., p. 47; — Scirpus glomeratus Retz., Observ., IV, p. 11; 
Vahl, /. c, p. 274; — Fimbristylis spathacea Roth., Nov. pi. sp., p, 24; — 
F. rigida Kunth, /. c, p. 231. 

< Savanilla, ad ostium fluminis Magdalena, prope littus maris (Nov. 
Granat.), n° 192. » 

Cette espèce n'a pas encore été, à ma connaissance, récoltée dans 
cette région. Bien qu'elle soit assez répandue dans la région tropicale 
de l'ancien continent, elle avait été signalée, en Amérique, sur le lit- 
toral brésilien seulement. 

4. F. monostachya Hassk., PI. /av. Par., p. 61 ; Bentham, FI. austr., 
VII, p. 308. — Abilgaardia monostachya Vahl, /. c, p. 296; Kunth, /. c, 
p. 247; Boekeler, /. c, p. 53; — Cyperus monostachyus L., Mant., p. 180; 
H. B. K., /. c, p. 203. 

1 Cerca de Piedras (Nov. Granat.), in arenosis, ad ped. montis Tolima, 
ait. 800 m M n° 1928. » 

In Herb. M. P. : Prope Hondam, Humboldt et Bonpland. 



P. Maur y . — Sur les Cype'race'es de l'Ecuador et de la Nouvelle- Grenade, 419 

SCIRPUS 

1. Se. cernuus Vahl, /. c, p. 245. — Isolepis cernua Roem. et Schult., 
/. c, p. 106; Is. pygmœa Kunth, /. c„ p. igi ; Steud., /. <:., p. 92. 

t Guaranda, in pratis humidis, ad ped. montis Chimboraso (Ecuador), 
n° 4182 bis. 

, 2. Se. inundatus Spreng-., Spec, I, p. 207 ; — Isolepis inundata R. Br., 
iV0<£r.,II,p.222;Kunth, /.^.,p.2i7 ; Steud., /. c.,p. 97; — Is. angachillensis 
Steud., /. c, p. 94; — Is. nigricans H. B. K., /. c, p. 220; — Is. Valdivias 
Steud., I. c,, p. 94; — Is. Urvillei Steud., /. c, p. 94; — Is, Gaudichau- 
diana Kunth, /. c, p. 201. 

« Laguna Cocha, ad littus lacus Cocha, in regione frigida, in Andibus 
orient. (Nov. Granat.), ait. 3000 m., n° 3107. » 

En adoptant le nom de Sprengel, je me range à l'opinion de 
M. C. B. Clarke qui a récemment, dans l'Herbier du Muséum, réuni 
sous la dénomination de Se. inundatus Spreng. des plantes considé- 
rées jusqu'ici comme distinctes. Ainsi comprise, cette espèce présente 
une aire de dispersion fort étendue, elle devient presque ubiquiste. — 
Tous les échantillons de M. E. André sont vivipares, particularité fré- 
quente dans cette espèce et qu'avait seule en vue Schrader lorsqu'il la 
désigna sous le nom de Isolepis vivipara, adopté par Em. Desvaux 
dans la Flore du Chili. 

3. Se. lacustris L., Cod., p. 64; Kunth, /. e.,'p. 164; Boeckeler, in 
Linnsea, XXXVI, p. 712. 

« Laguna Cocha, ad littus lacùs subandinus prata immensa constituens 
(Nov. Granat.), planta 2-3 m. alta, n° 2954. 3 

In Herb. M. P. : Plateau de Bogota^ ait. 2700 m., J. Triana, n° 418. 

FUIRENA 

F. umbellata Rottb., Gram., [p. 70, t. 19, fig-. 3; H. B. K., /. c, 
p. 219; Boeckeler, in Linnsea, XXXVII, p. 110. 

« Pasa, in sylvis humidis Andium Orient. (Nov. Granat.), ait. 2500 m., 
n° 1560. » 

In Herb. M. P. : Nov. Granat., Bonpland; Guyana, Angostura o Ciudad 
Bolivar, savannes, D r de Grosourdy. 

HEMICARPHA 

H. subsquarrosa Nées ab Esenb., /. c, p. 61, t, 4, fig-. 1. — Scirpus 
tnicranthus Vahl, /. c., p. 254; Kunth, /. c, p. 203; Boeckeler, in Linnasa, 
XXXVI, p. 499; — Isolepis squarrosa H. B. K., /. c, p. 321 ; — Is. Hum- 
boldtii Rœm. et Schutt., /. c, p. 112; Kunth, /. c, p. 203. 

« Naranjo^ secus ripas fluminis Magdelena (Nov. Granat.) n° 325 et 
1869", Piedras, in paludosis ad ped. montis Tolima (Nov. Granat.). 

In Herb. M. P. : Guyana, canton de Repata, Puerto de Tabla, lieux 



420 JOURNAL DE BOTANIQUE 

humides de la savanne, Venezuela, D r de Grosourdy; Chanduy, in littore 
Maris pacifici, Spruce, n° 6420. 

LIPOCARPHA 

1. L. sellowiana Kunth, /. c, p. 267 ; Nées ab Esenb., /. c, p. 64; 
Boekeler, in Linnasa,, XXXVII, p. 115. 

« Ibaque, ad ped. montis Tolima, in humidis (Nov. Granat.),alt. 1420 m., 
capitula albida, n° 2012. » 

2. L. sphacelata Kunth, /, c„ p. 267; Boeckeler, /. c, p. 116. — 
Hypœlytrum sphacelatum Vahl, /. c, p. 283; — Lipocarpha gracilis Nées 
ab Esenb., /. c, p. 64. 

« Piedras, Ibaque, in regione sicca, post tempus pluviosum (Nov. Gra- 
nat.), ait. 1100 m., n° 1977. » 

HYPOLYTRUM 

H. latifolium A. Rich., in Pers. Syn., I, p. 70; Kunth, /. c, p. 271 ; 
Boeckeler, /. c., p. 129. 

« Car are, secus ripas fluminis Magdalena (Nov. Granat.), planta 
2 m. 50 cm. alta, n° 316. » 

In Herb. M. P. : Villavicensio, prov. Bogota, ait 450 m., J. Triana, 
sine numéro. 

RHYNCHOSPORA 

1. R. globosa Rœm. et Schult, /. c., p. 89; Kunth, /. c, p. 288; 
Boeckeler, in Linnsea, XXXVII, p. 538. — Ckœtospora globosa H. B. K., 
/. c, p. 230. 

« Aguacki (Cauca., Nov. Granat.), planta 1 m. alta floribusalbis, n°2730. » 
In Herb. M. P. : Almaguer prov. Pasto, ait. 2200 m., J. Triana, n° 426; 

Panama, D r Duchassaing; Caripe, Caracas, Funck, n° 234; savanne de 

San Augustin, Colombie, Funck, n° 697. 

2. R. barbata Kunth, /. c, p. 290; Boeckeler, /. c, p. 546. — 
Schœnus barbatus Vahl, Eclog., II, p. 4 ; —  Ckœtospora pterocarpa H. B. 
K., /. c, p. 230; — Rhynchospora pterocarpa Rœm. et Schult., /. c, p. 89; 
Steud., /. c, p. 143. 

a Prope Ibaque, in regione petrœa ad ped. montis Tolima (Nov. Gra- 
nat.), ait. 1000 m., n° 1979. * 

In Herb. M. P. : Llano de San Martin, ait. 250 m., J. Triana, n° 424; 
Guyana, villa de Upata, dans la Savane, Venezuela, D r de Grosuordy. 

Les spécimens de M. E. André sont identiques à ceux que Hum- 
boldt et Bonpland ont récoltés à Attires, sur POrénoque; les uns et les 
autres sont glabres. Il y aurait donc Heu d'établir dans cette espèce 
deux variétés distinctes : i° var. glabra {Ckœtospora pterocarpa H. 
B. K.), à laquelle se rapportent les échantillons de Humboldt et Bon- 
pland et de M. E. André; — 2 var. pilosa (Sckœmis pïlosus Vahl 



P. Maury. — Sur les Cypéracées de l'Ecuador et de la Nouvelle-Gt enade. 421 

mss. in Hcrb. Mus. Par.), à laquelle se rapportent les spécimens de 
J. Triana et de Grosourdy. 

3. R. glauca Vahl, Enum., II, p. 233; Boeckeler, /. c, p. 585. — 
Chsetospora ferruginea H. B. K,, /. c, p. 230. 

« Platanales, ad Rio Dasua, in Cordillera occident. (Nov. Granat.). 
n° 3636; propter pagum Zamborondon, secus ripas fluminis Guayas (Ecua- 
dor), n ù 4192. » 

InHerb. M. P. : Quindiu, Bonpland;in Andibus Ecuadorensibus, Spruce, 
n° 5907 ; Savannes de Merida, ait. 7000 ped. Venezuela, Funck et Schlim, 
n° 1137. 

4. R. aurea Val, /. c., p. 229; Kunth, /. c, p. 293; Boeckeler, /. c, 
p. 626. — Schœnus surinamensis Rottb., /. c , p. 68, t. 21, tïg. 1. 

« Inter Cartago et Naranjo, in humidis (Nov. Granat.), planta 1 m. 
alta, n" 2572. » 

In Herb. M. P. : In prov. Cauca et Popoyan, ait. 1300 m., J. Triana, 
n° 395; Magdalena, ad Rio Soasa , la Sej'a, Nouvelle-Grenade, J. Goudot. 

Par leurs épillets nombreux et pressés les uns contre les autres, les 
individus récoltés par M. E. André se rapportent à la forme décrite 
sous le nom de Schœnus surinamensis et paraissent ainsi confirmer 
l'existence d'une variété . 

5. R. cariciformis Nées ab Esenb., /. c., p. 145; Boeckeler, /. c, 
p. 631. — R. trichophora Nées ab Esenb, /. c, p. 145. 

« In monte ignivomo Asufral ( Nov. Granat.), planta 1 m. 50 cm. alta, 
n° 3278. » 

In Herb. M. P. : Amérique équatoriale, Bonpland. 

6. R. polyphylla Vahl, /. c, p. 230; Kunth, /. c, p. 299; Boeckeler, 
/. c, p. 635. 

« Arbelaes^ prope abyssum Pandi, ad ripas fluminis Sumapas (Nov. 
Granat.), ait. 1300 m., n° 1576; San Pablo, prope pagum, in Andibus 
meridion. (Nov. Granat.), ait. 1275 m., planta subscandens, in humidis, 
n° 3512; Rto Cuaique, in Andibus meridion. (Nov. Granat.), ait. 1035 m., 
n° 3512 bis ; Niebli, in decliviis occident, montium Pululagua (Ecuador), 
ait. 2000 m., n° 3512 ter.; in Andibus occident. Quitensibus, ad Mindo 
(Ecuador), ait. 1260 m., sine numéro; prope Salento, Quindio (Cauca, 
Nov. Granat.), ait. 3000 m., in humidis, n° 2174; in sylvis primœvis prope 
Salitre, ad ped. orient. Andium bogotensium, flumen Meta versus (Nov. 
Granat.), ait. circa 450 m., n° 1058. » 

In Herb. M. P. : Susumuco, prov. Bogota, ait. 1000 m.,J. Triana, sine 
numéro; Bogota, J. Triana, n° 433; Ibaque, Bogota, J. Goudot; in diversis 
montis Pubincha, ait. 10-11000 ped., Jameson, n° 621 ; bords des forêts à 
Caripe, ait. 3000 ped., — Cortadera incolarum, — Funck, n° 708; San 
Sébastian, Caracas, Funck, n° 290. 

Kunth a cru devoir faire remarquer que les spécimens de cette es- 



422 JOURNAL DE BOTANIQUE 

pèce, provenant du Pérou, offraient une variation spéciale; épillets 
plus petits et plus pâles. Cette variation existe, en effet, mais n'est pas 
spéciale aux plantes du Pérou ; presque tous les individus récoltés par 
M. E. André la présentent. On peut l'observer en outre sur nombre 
d'échatillons du Nicaragua et du Mexique. Il me paraît y avoir là un 
fait général, intéressant à noter, dont la cause doit être l'exposition 
particulière dans laquelle croît cette forme. J'achèverai de la caractéri- 
ser en disant que ses inflorescences sont plus denses, moins longue- 
ment pédicellées, que les épillets sont plus nombreux et les bractées 
axillantes plus courtes. 

7. R. panicifolia n. sp. 

Culmo ultra 80 cm. longo, trigono, lœvi, minute sulcato; foliis ri- 
gidis, exacte lanceolatis, ad médium 2-4 cm. latis, longe acuminatis, 
planis, superne margine carinaque scaberrimis, minutissime hirtellis, 
junioribus quasi velutinis; vaginis 4-9 cm. longis, ore truncatis antice bre- 
viter lobatis; paniculis 4-5 distantibus, subcorymbosis vel lateralibus pyra- 
midatis; pedunculis subteretibus, tenuibus, hirtellis; ramis obliquis, semi- 
teretibus, basi bracteatis; spiculis pedicellatis, basi bracteola acuminata, 
scabrida pilosaque munitis, solitariis, 2 vel rarius 3 floris, lanceolatis, 
teretibus ; squamis ovato-oblongis, carina margineque -scabridis, brève 
mucronatis, canescentibus; caryopsi lenticulari, submarginata, basi atte- 
nuata, apice rotunda, rostro brevi, subconico, cinerascente coronata, 
obsolète costulata, nitida, pallida vel atrata; stylo exserto, bifido; setis 
6 subtilibus, scabriusculis, caryopsi longioribus, rufescentibus ; filamentis 3. 

« Altaques^ in deciiviis Occident. Andium meridion. (Nov. Granat.), 
n°3 3 83. » 

Cette espèce offre de grands rapports avec R. polyphylla Vahl et 
R. Moritsiana Boeckler (/. c. p. 640). Mais le petit nombre et la forme 
de ses feuilles, les caractères de son inflorescence et de son achaine la 
distinguent nettement de l'une et de l'autre. 

8. R. ruiziana Boeckeler, /. c, p. 641. 

« In Andibus central. Reipublicaî ^Equatorialis, ait. cire 2000 m., 
n° 2978. » 

Il se pourrait que la plante de M. E. André soit une variété de 
l'espèce décrite par Boeckeler. Elle me paraît, en effet, s'en distinguer 
par ses panicules plus rapprochées, à épillets plus nombreux, non 
comprimés et ses styles plus longuement exsertes. 

SCLERIA 

1. S. hirtella Swartz, FI. Ind. Occid, I, p. 93; Kunth, /. c, p 353; 
H. B, K., /. c, p. 232; Boeckeler, in Linnœa, XXXVIII, p. 439. — Hypo- 
porzim hirtellum Nées ab Esenb., /. c, p. 170; — Scier ia interrupta A. 
Rich., in Act. Soc. hist. nat. Paris, I, p. 112. 



P. Maury. — Sur les Cypéracées de l'Ecuador et de la Nouvelle-Grenade. 423 

A gauche (Cauca, Nov. Granat.), ait. 1275 m., n° 272g. » 

In Herb. M. P. : Susumuco, prov. Bogota, ait. 1000 m., J. Triana, — 

vulgo Curibauo, — n u 399; Llanos de San Martin, prov. de Bogota, ait. 

400 m., J. Triana, n° 400; Ibaque, J. Goudot; Guyana, villa de Upata, 

endroits un peu humides de la Savanne, Venezuela, D r de Grosourdy; 

San Augustin, Colombie, — Giugibrillo incolarum, — Funck, n 69ô. 

2. S. pratensis Lindl. ex Nées ab Esenb., /. c., p. 179, t. 23 ; Boeckeler, 
/. c., p. 482. — .S. communis Kunth, /. c, p. 340. 

« Prope Guarumo, ad ripas fluminis Magdalena (Nov. Granat.), n° 494. » 
In Herb. M. P. : Nova Granata, Bonpland. 

3. S. reflexa H. B. K., /. c., p. 232; Boeckeler, /. c, p. 504. — 
Mastigoscleria reflexa Nées ab Esenb., /. <?., p. 177. 

« In descensu oriental. Andium bogotensium, in regione sicca, prope 
Chipaque (Nov. Granat.), ait. 2500 m., n° 953. » 

In Herb. M. P. : Suçumuco, prov. de Bogota, ait. 1000 m., J. Triana, 
sine numéro. 

4. S. macrocarpa Salzm. ex Boeckeler, /. c., p. 521. — Opkioscleria 
paludosa Nées ab Esenb., /. c, p. 185. 

« San Nicolas, ad ped. occident, montis ignivomi Corason (Ecuador), 
ait. 1100 m., herba plus 1 m. alta, in sylvis primeevis humidioribus rara, 
n° 3689. 

In Herb. M. P. : Amérique équatoriale, Bonpland. 

UNCINIA 

U. jamaicensis Pers. Syn., II, p. 534; Liebmann, Mexic. Halvgr., 
p. 84; Boeckeler, in Linnœa, XLI, p. 347. 

« Alto del Tabauo, in Andibus orient. Pastoensibus (Nov. Granat.), 
planta ferox ob tructum appendiculatum hamatum, n° 3063. » 

In Herb. M. P. : Fraygonal, J. Goudot; in Andibus Ecuadorensibus, 
Spruce, n° 5405. 

CAREX 

1. C. bonariensis Desf.,in Encycl. méth., Supl., III, p. 250; Bott, ///. 
of. gen. Carex, I, p. 76, t. 209; Steud., /. c, p. 191 ; Boeckeler, in Linmpa, 
XXXIX, p. 58. — C. papillosa Nées ab Esenb., in Hooker's Journ. Bot., 
II, p. 398. 

VAR. lolimensis. 

Rhizomate elongato, fibroso, crasso, obliquo; culmo stricto, tenui, 
subtereti, o m. 15 cm. alto, plurifoliato; foliis calmo brevioribus, rigidibus, 
margine scabridis, spica obovata, densa; squamis lateribus hyalinis, late 
ovatis, acuminatis, uninerviis, pallide rufescentibus; utriculo squamas 
excedente, longo, ovato-lanceolato, marginato, haud spinuloso, plurinervio, 
inter nevos tuberculoso, virido-luteo. 

« Cerca de Piedras, in decliviis montis, Tolima (Nov. Granat.), ait. 
390 m., n° 1883 1er. » 



4 2 4 JOURNAL DE BOTANIQUE 

L'unique échantillon de M. E. André, un peu rabougri, semble, par 
son port et ses dimensions, se rapprocher davantage du C. bracteosa 
Kunze que du C. bonariensis. Toutefois la présence de tubercules sur 
Tutricule, sa forme, celle des écailles et des bractées ne me paraissent 
laisser aucun doute sur la valeur d'un rapprochement avec cette der- 
nière espèce. 

2. C. heptastachya Boeckefer, in Linmea, XXXIX, p. 114. 

« Casapamba, in Andibus orient. Pastoensibus (Nov. Granat.), ad 
littus lacus Cocha, n° 3127. » 

Malgré le mauvais état des échantillons de M. E. André je ne crois 
pas qu'il soit possible de les rapporter à une autre espèce que le G. 
heptastachya Boecklr. qui n'a encore été trouvé qu'à Mérida par 
Moritz. 

3. C. Pichinchensis H. B. K., /. c, p. 233; Kunth, /. c, p. 392; 
Boott, /. c., p. 73, t. 19g; Bocckeler, in Linmea, XXXIX, p. 147. 

« In monte ignivomo Asufral, propter Tuquerres (Nov. Granat.), 
n° 3227'; Corazon (Ecuador), ait. 3400 m., n° 3742'. » 

In Herb. M. P. : Rucu-Pichincha, Humboldt et Bonpland; Amérique 
méridionale, Bonpland, n° 2029; lieux humides au pic de Tolima, n° 48, et 
bords des fosssés à Bogota, J. Goudot; Cordillère de Bogota, ait. 2700 m., 
J. Triana, sine numéro ; Cotopaxi, Equateur, Rémy ', crescit in diversis 
rnontis Pichincka et Antisana, ait. 13.000 ped., Jameson. n° 290; Colombie, 
Hartweg. n° 1446; Sillas de Caracas, Funck,n° 479; Mer Ida, ait. 12000 ped M 
Venezuela, Funck et Schlim, n° 163 1. 

Boeckeler distingue deux formes, séparées autrefois spécifiquement 
par Boott, à chacune desquelles se rapportent des échantillons de 
M. E. André et qui me paraissent assez distinctes : i° forma macra 
(C. pichinchensis, var. p. Boott et C. dura ejusdem, /. <?., t. 200, fig. 1), 
— E. André, n° 3227'; 2° forma longispicata (C. Lema?iniana Boott, 
/. c, p. 72, t. 198), — E. André, n° 3742*. 

4. C. Humboltiana Steud., /. c, p. 208; Boekeler, in Linnœa, XL, 
p. 360. — C. polystachya Vahl, in Kunth, /. c, p. 507, pro parte. 

« San Miguel, in decliviis orient. Andium Bogotensium (Nov, Granat.), 
ait. 1800 m., n° 1022: Snsumuco, in Andibus orient. (Nov. Granat.), ait. 
1165 m., n° 1022 bis. » 

In Herb. M. P. : Amérique équatoriale, Bonpland; Silla de Caracas, 
Funck, n° 356; Caripe, Caracas, Funck, n° 231. 

5. C. acutata Boott, in Hook. FI Anlarct., p. 366, et /. c, IV, p. 138, 
t. 446-447: Em. Derv., FI. Chil, VI, p. 217; Boeckeler, in Linnsea, XLI, 
p. 265; 

« Laguna Cocha, in Andibus orient. Pastoensibus (Nov. Granat.), 
n° 3079. » 



Extrait d'un mémoire d'Antoine de Jtissieu. 425 

6. C. Jamesoni 'Boott, in Trans. of the Linu. Soc, XX, p. 124 et 
/. c, p. 109. t. 3Z+-337. 

« Corason (Ecuador), ait. 3400 m., n° 3742 1 et 3742-; prope Salento, 
Quindio (Cauca, Nov. Granat.), in Andibus central., n 2i75; prope Tulcan 
(Ecuador), hauc procul linea sequinoctial., ait. 3990 m., n° 2227 ' et 3227 i . » 

7. G. aematorhyncha Em. Desv., Fl. Ckil., VI, p. 224, t. 73, fig\ 32; 
Boott, /.. c, I, p. 67, t. 183, ûg. 1. 

« Laguna Cocha, in Andibus orient. Pastoensibus (Nov. Granat.), in 
paludosis, ad littus lacus Cocha, n° 3021. » 

Doit-on rapporter cette espèce au C. Jîliformis L. avec les C. lanu- 
ginosa Michx, et C. Wallichiana Prescott, comme le voudrait Boott, 
ou bien au C. acutifor?nisYh.x\\. ainsi qu'il semble ressortir de la syno- 
nymie proposée par Boeckeler? Je ne me prononcerai pas sur ce point. 
Je ferai simplement observer qu'en adoptant la nomenclature de Em. 
Desvaux j'ai tenu à désigner une forme qui paraît être spéciale à 
l'Amérique du Sud. 

8. ? Car ici tristichse Spruce, ex Boott, /. c, IV, p. 153, species affinis. 
« Lattorqueta, prope Dolores, il alta valle Cauca (Nov. Granat. \ ait. 

1850 m., n° 2778 ois. » 

Les caractères vagues que présentent l'unique échantillon de 
M. E. André ne me permettent pas d'en donner une détermination 
certaine. L'affinité que je signale avec le C. tristicha me paraît fondée 
sur la forme de l'utricule, qui est bien celle décrite par Boott, un peu 
plus petite cependant, sur le mode de végétation de la plante, la situa- 
tion de l'inflorescence et sa forme, je dois ajouter que l'échantillon 
s'écarte de l'espèce décrite par Booth par la forme des feuilles et de 
leur gaine. 

VARIÉTÉ 

Extrait d'un mémoire d'Antoine de Jussieu sur le livre 
d'Heures d'Anne de Bretagne, par M. E. Roze. 

M. Ludovic Lalanne a publié, dans le Bulletin du Comité des tra- 
vaux historiques et scientifiques de 1886, avec de savantes annota- 
tions, un mémoire jusqu'alors inédit d'Antoine de Jussieu (1). Nous 
avons pensé qu'on ne lirait pas sans intérêt, au point de vue de l'his- 
toire de la nomenclature botanique, l'extrait suivant de ce mémoire sur 
une ancienne paire d'Heures de vélin d'Anne de Bretagne (2). 

1. Lu à l'Académie des sciences le 14 novembre 1722, mais non inséré dans 
ses Mémoires. 

2. L'éditeur Curmer en a fait paraître, en 1859, une luxueuse reproduction 
dans laquelle M. Decaisne a donné les noms des plantes peintes sur les marges 
du manuscrit. 



4 26 JOURNAL- DE BOTANIQUE 

a Ces Heures, dit A. de Jussieu, écrites à la main, sont du volume 
d'un petit in-folio... Nul doute qu'elles n'aient été faites exprès pour 
Anne de Bretagne, peut-être au temps de son mariage avec Louis XII, 
sur la fin du xv' 1 siècle... 

« Sur chaque feuillet est peinte à la marge, en manière de vignette, 
une plante en miniature avec le nom latin au-dessus et le français au 
bas. Le nombre des plantes qui s'y trouvent dépeintes va jusqu'à 339. 
On peut